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251
p. 1456
SUR LE PORTRAIT de la Marquise de P***.
Début :
Votre Portrait, belle P.... [...]
Mots clefs :
Portrait
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texteReconnaissance textuelle : SUR LE PORTRAIT de la Marquise de P***.
SUR LE PORTRAIT
de la Marquise de P ***.
Votre Portrait , belle P ....
A rendu la joye à Cithere ;
Depuis long-temps les Ris , les Jeux ,
N'y voyoient plus l'Amour leur frere a
On le fit chercher , mais en vain.
Le voilà découvert enfin •
Au moyen de cette Peinture ;
Par elle on voit que le fripon
A changé de sexe et de nom
Sans avoir changé de figure.
de la Marquise de P ***.
Votre Portrait , belle P ....
A rendu la joye à Cithere ;
Depuis long-temps les Ris , les Jeux ,
N'y voyoient plus l'Amour leur frere a
On le fit chercher , mais en vain.
Le voilà découvert enfin •
Au moyen de cette Peinture ;
Par elle on voit que le fripon
A changé de sexe et de nom
Sans avoir changé de figure.
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252
p. 1505-1513
SECONDE LETTRE écrite de Châlons en Champagne, à M. *** au sujet des Peintres Flamands, &c.
Début :
Vos reproches sont justes, Monsieur, et il est de mon interêt de vous [...]
Mots clefs :
École flamande, Dessins, Tableaux, Collection, Génie, Imagination, Peinture, Dezallier d'Argenville, Peintres, Peintres flamands
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texteReconnaissance textuelle : SECONDE LETTRE écrite de Châlons en Champagne, à M. *** au sujet des Peintres Flamands, &c.
SECONDE LETTRE écrite de
Châlons en Champagne , à M. *** au 、
sujet des Peintres Flamands , &c .
V
Os reproches sont justes , Monsieur,
et il est de mon interêt de vous
répondre au sujet des Peintres de PEcole
Flamande dont j'ai parlé dans ma
Lettre inserée dans le Mercure du mois
de Mars dernier . Toutes mes inclinations,
dites - vous , semblent se renfermer dans
l'Ecole Flamande , et vous m'appliquez
ce Vers de Virgile :
Non omnes Arbusta juvant humilesque myrica
1506 MERCURE DE FRANCE
Je conviens avec vous , Monsieur , que
tous les Curieux ne sont pas du même
goût ; tous ne se contentent pas du naturel
, du simple , du naïf et du champêtre
; il leur faut du grand , du pathétique
, du sublime , de l'extraordinaire , et
la Nature toute seule ne fait presque jamais
uniquement l'objet de leur admiration
, que lorsqu'elle se présente dans ce
point de vue dans lequel les Grecs autrefois
et de nos jours les Italiens et les
François , ont eu l'art de la répresenter.
Le détail suivant suffira , je crois , pour
vous guérir de toute prévention pour
les Flamands ; et pour vous convaincre que
les Italiens et les François ont sçû trouver
dans mon estime la place qu'ils méritent.
Peut être même dois-je cette explication
au Public , aussi- bien quà vous,
pour être plus exact au sujet du Cabinet
de M. Dargenville , et justifier son goût ,
qu'on pourroit supposer , comme vous
avez fait du mien , de pancher trop pour
l'Ecole Flamande. C'est le Curieux de
tous les Pays, l'Amateur de tous les Arts ;
ses momens les plus chéris sont ceux que
des occupations plus sérieuses lui permettent
de donner au Dessein ,età la Peinture
; il sçait partager cet amour avec
tant de justesse entre les Ecoles qui ont
conJUILLET.
1733. 1507
contribué à faire fleurir les Arts , qu'on
ne peut point l'accuser de cette partialité
qui caractérise plutôt un homme préyenu
, qu'un vrai connoisseur. On ne
< voit en effet chez plusieurs Amateurs
que des Desseins et des Tableaux d'une
espece ; ils épousent , pour ainsi dire , une
Ecole et ils consacrent leur passion à ce
qu'elle a mis au jour , quelquefois au préjudice
de ce que toutes les autres ont produit.
Vous me dites si agréablement dans
votre Lettre , Monsieur , et ce sont vos
propres termes :» Vous vous êtes assez
promené dans les Paysages du Breughel,
» vous avez suffisamment pris part aux
»Scenes divertissantes de Teniers , de
» Brauver et de Van- Ostade , enfin vous
» avez assez rêvé dans les Antres sauvages
>> et au bord des Fontaines avec les Ber-
" gers de Bloemart et de Berghem ; il
faut que vous passiez des Grottes que
» la main de la Nature a creusées dans les
» Montagnes , dans les Temples dont la
» belle Architecture a décoré les céle-
»bres Villes de Rome , de Florence , de
»Venise , de Naples , de Genes et de Pa
> ris. Vous devez у considerer ce que la
>> Peinture et la Sculpture y ont fait de
plus beau , soit pour l'ornement des
>> voutes , soit pour la décoration des Au-
» tels
>>
1508 MERCURE DE FRANCE
» tels. Sortez des Cabanes et des Chau-
>> imines enfumées ; transportez - vous dans
» les Palais des Rois , dans les Hôtels des
» Grands , dans les Edifices publics , dans
» les Cabinets des Particuliers , et racontez-
>> nous ce que le Pinceau , le ciseau , la plume;
» le crayon et le burin ont produit , soit
» pour conserver la memoire des princi-
» paux évenemens de l'Antiquité sacrée
» et profane , pour donner un nouveau
» jour à l'Histoire , pour ajouter un nou-
» veau lustre à la vertu héroïque ; soit
» enfin pour faire les délices des yeux et
» pour relever les charmes de la Poësie.
»par les agrémens de la Peinture , & c.
Vous serez fatisfait , Monsieur , et
nous allons faire ensemble le voyage
d'Italie , en présentant à vos yeux ce que
la Collection de M Dargenville a de plus
favorable , pour faire voir que les grands
Maîtres d'Italie et de France dans leur
génie , leur goût , le tour d'imagination,
l'expression , la correction , et les grandes
ordonnances surpassent infiniment les
Flamands , qui n'ont de leur côté que la
couleur et le vrai en partage.
Trois cent desseins de l'Ecole Romaine
, depuis Raphaël jusqu'à Carlomarati
& ses Disciples , donnent l'idée la plus
juste de la correction et de la précifion
des
JUILLET. 1733. 1509
des contours dans ceux qui font arrêtez;
Cl ceux qui ne sont que l'effet du, premier
feu de l'imagination , secondée par une
main libre sure et legere , offrent ces
de traits hardis , ces touches fieres et spirituelles,
qui caracterisent l'impétuosité du
ezegenie ; et les uns et les autres contribuent
à faire sentir qu'elle a été la naissance
, le progrès et la perfection des plus
grands morceaux de Peinture .
On peut remarquer dans ces précieux
a restes des études des Peintres celebres , la
fécondité , la rapidité , l'exactitude , et là
netteté avec laquelle ils ont mis leurs idées
dau jour. La verité qu'ils ont donnée aux
airs de têtes , les contrastes qu'ils ont
cherchés dans les atitudes, les belles formes
equ'ils ont choisies , les graces qu'ils ont
étudiées , et les caprices ingénieux et les
bizareries élégantes dont ils se sont servis
pour reveiller l'attention du Spectateur ,
et pour jetter du vif et du piquant dans
leurs Tableaux .
Ici l'on aime la sagesse de la composition
de Raphaël ; là Jule Romain éton .
ae par les saillies de son imagination ,
l'un charme par la douce majesté de ses
figures , l'autre surprend par l'air impoant
qu'il donne aux siennes. Le premier
ffre dans ses Tableaux le sublime de
la
1510 MERCURE DE FRANCE
1
la Poësie ; le second en exprime le merveilleux,
la fureur et l'entousiasme . Leurs
Disciples se sont efforcez à l'envi de
les imiter , et dans les caracteres de douceur
ou de fierté qu'ils font sentir dans leurs
Desseins , on reconnoît lequel des deux en
particulier ils ont choisi pour modele.
Quel plaisir n'a - t'on pas d'éprouver en
quelque sorte l'impression du génie terrible
de Michel Ange , dans les Desseins de
sa main, que l'on voit à la tête de l'Ecole
Florentine ; la collection en monte à 200
pieces , dont les dernieres sont reconnues
pour être de Benedette Lutti , le plus habile
homme que cette Ecole ait produit
de nos jours vous sçavez , Monsieur ,
combien les Poëtes Toscans se sont rendus
recommandables par le beau feu de
leur imagination , l'agrément et la pureté
de leur stile. Les Peintres de cetre Nation
se sont distinguez par des qualitez
semblables ; j'en appelle à témoin les Ouvrages
du Rosso , d'André del Sarté , du
Pontorme , de Salviati , Procacini , Prietro,
de Cortone , Cyroferri , Tempeste , Stephano
della Bella , également celebres du côté des
riches inventions et des traits hardis et gracieux
sur lesquels ils ont sçû les produire.
L'Ecole Lombarde , depuis le Correge
jusqu'à Daniel Crespi , dit l'Espagnol ,
qui
JUILLET.. 1733. 1511.
*
qui est encore vivant , compose deux
gros volumes in folio , d'environ 390.
Desseins. Le nom du Correge ne vous présente-
t'il pas l'idée d'un homme qui doit
plus qu'un autre à la faveur particuliere
du genie ? et dont les Desseins portent le
caractere des graces dont personne n'a été
autant doué que lui ? excepté neanmoins le
Parmesan et le Baroche . Les Carache, le Guide
, le Dominiquain , le Lanfranc , le Guerchin
, ornent infiniment cette Ecole.
L'Ecole Venitienne , qui s'étend depuis
les Bellins jusqu'à Sebastien Ricci
encore vivant, offre environ 200. Desseins
dans un volume , où ceux de Paul Veronese
et duTintoret,brillent et par leur nombre et -
par leur choix . Vous sentez , M. combien
cet article est interessant , puisque
rien n'a été plus abondant que le génie ,
plus magnifique que l'ordonnance , et
plus fier que l'execution de ces Maîtres ,
dont les Tableaux surprenants font le
principal ornement des Eglises et des Palais
de Venise.
La cinquiéme Ecole est subdivisée en
trois autres , qui sont , l'Ecole Napolitaine
, la Genoise et celle de Luques . Cette
collection comprend environ 200. pieces,
entre lesquelles plusieurs grandes ordonnances
du Cangiage , se font remarquer
par
1512 MERCURE DE FRANCE
par la singularité de sa maniere. On y
voit aussi de beaux Morceaux de Salvator
Rosa , de Lucas fordans et de Solimene ;
Ensorte que l'Ecole d'Italie en general , en
y ajoûtant les Desseins de l'Ecole des Caraches
, est composée de 1500. Desseins.
L'Ecole Françoise , suivie depuis deux
cens ans sans interruption , est composée
de six volumes in folio , et comprend
près de 1000. Desseins choisis ; elle commence
à Freminet et à Jean Cousin , et
offrant des Ouvrages de Vouet , de Blanchan,
du Poussin , du Bourdon , de le Sueur,
de le Brun et autres , elle passe jusqu'aux
habiles Modernes actuellement vivans.
Les trois volumes de l'Ecole Flamande
dont je vous ai tant parlé précédemment ,
contiennent près de six cent Desseins , et
l'Ecole Allemande et Hollandoise , environ
400 ; de maniere qu'avec un vòlume
de Desseins d'après Nature , un autre
de Desseins à la plume , et un troisiéme
de Desseins d'Architecture ; la collection
de M. Dargenville , monte à 4000. Desseins
originaux et choisis , qu'il a apportés
de ses voyages et qu'il fait venir tous
les jours des Pays Etrangers.
4
Je ne vous dis rien de ses Tableaux
de ses Livres , de 100. volumes d'Estam-
>
pes choisies des meilleurs Maîtres , d'une
TopoJUILLET.
1733. 1513
Topographie très - ample,d'une collection
de Pierres , de Coquilles rares , de Mineraux
et d'autres Morceaux concernant
l'Histoire Naturelle .
•
Si je n'avois pas tant de preuves de
votre attachement à cette partie de l'Histoire
de l'Esprit humain , qui sert en particulier
à prouver l'ascendant du génie
la force de l'imagination , et les differens
caracteres que lui imprime la varieté des
climats , des préjugez des moeurs , et de
tout ce que M. l'Abbé du Bos entend
par Causes Phisiques et Causes Morales
je vous prierois de me pardonner un si
long détail. Mais je suis persuadé que
tout dépourvû qu'il est des graces du
stile , il vous fera quelque plaisir. Je
suis , & c.
Châlons en Champagne , à M. *** au 、
sujet des Peintres Flamands , &c .
V
Os reproches sont justes , Monsieur,
et il est de mon interêt de vous
répondre au sujet des Peintres de PEcole
Flamande dont j'ai parlé dans ma
Lettre inserée dans le Mercure du mois
de Mars dernier . Toutes mes inclinations,
dites - vous , semblent se renfermer dans
l'Ecole Flamande , et vous m'appliquez
ce Vers de Virgile :
Non omnes Arbusta juvant humilesque myrica
1506 MERCURE DE FRANCE
Je conviens avec vous , Monsieur , que
tous les Curieux ne sont pas du même
goût ; tous ne se contentent pas du naturel
, du simple , du naïf et du champêtre
; il leur faut du grand , du pathétique
, du sublime , de l'extraordinaire , et
la Nature toute seule ne fait presque jamais
uniquement l'objet de leur admiration
, que lorsqu'elle se présente dans ce
point de vue dans lequel les Grecs autrefois
et de nos jours les Italiens et les
François , ont eu l'art de la répresenter.
Le détail suivant suffira , je crois , pour
vous guérir de toute prévention pour
les Flamands ; et pour vous convaincre que
les Italiens et les François ont sçû trouver
dans mon estime la place qu'ils méritent.
Peut être même dois-je cette explication
au Public , aussi- bien quà vous,
pour être plus exact au sujet du Cabinet
de M. Dargenville , et justifier son goût ,
qu'on pourroit supposer , comme vous
avez fait du mien , de pancher trop pour
l'Ecole Flamande. C'est le Curieux de
tous les Pays, l'Amateur de tous les Arts ;
ses momens les plus chéris sont ceux que
des occupations plus sérieuses lui permettent
de donner au Dessein ,età la Peinture
; il sçait partager cet amour avec
tant de justesse entre les Ecoles qui ont
conJUILLET.
1733. 1507
contribué à faire fleurir les Arts , qu'on
ne peut point l'accuser de cette partialité
qui caractérise plutôt un homme préyenu
, qu'un vrai connoisseur. On ne
< voit en effet chez plusieurs Amateurs
que des Desseins et des Tableaux d'une
espece ; ils épousent , pour ainsi dire , une
Ecole et ils consacrent leur passion à ce
qu'elle a mis au jour , quelquefois au préjudice
de ce que toutes les autres ont produit.
Vous me dites si agréablement dans
votre Lettre , Monsieur , et ce sont vos
propres termes :» Vous vous êtes assez
promené dans les Paysages du Breughel,
» vous avez suffisamment pris part aux
»Scenes divertissantes de Teniers , de
» Brauver et de Van- Ostade , enfin vous
» avez assez rêvé dans les Antres sauvages
>> et au bord des Fontaines avec les Ber-
" gers de Bloemart et de Berghem ; il
faut que vous passiez des Grottes que
» la main de la Nature a creusées dans les
» Montagnes , dans les Temples dont la
» belle Architecture a décoré les céle-
»bres Villes de Rome , de Florence , de
»Venise , de Naples , de Genes et de Pa
> ris. Vous devez у considerer ce que la
>> Peinture et la Sculpture y ont fait de
plus beau , soit pour l'ornement des
>> voutes , soit pour la décoration des Au-
» tels
>>
1508 MERCURE DE FRANCE
» tels. Sortez des Cabanes et des Chau-
>> imines enfumées ; transportez - vous dans
» les Palais des Rois , dans les Hôtels des
» Grands , dans les Edifices publics , dans
» les Cabinets des Particuliers , et racontez-
>> nous ce que le Pinceau , le ciseau , la plume;
» le crayon et le burin ont produit , soit
» pour conserver la memoire des princi-
» paux évenemens de l'Antiquité sacrée
» et profane , pour donner un nouveau
» jour à l'Histoire , pour ajouter un nou-
» veau lustre à la vertu héroïque ; soit
» enfin pour faire les délices des yeux et
» pour relever les charmes de la Poësie.
»par les agrémens de la Peinture , & c.
Vous serez fatisfait , Monsieur , et
nous allons faire ensemble le voyage
d'Italie , en présentant à vos yeux ce que
la Collection de M Dargenville a de plus
favorable , pour faire voir que les grands
Maîtres d'Italie et de France dans leur
génie , leur goût , le tour d'imagination,
l'expression , la correction , et les grandes
ordonnances surpassent infiniment les
Flamands , qui n'ont de leur côté que la
couleur et le vrai en partage.
Trois cent desseins de l'Ecole Romaine
, depuis Raphaël jusqu'à Carlomarati
& ses Disciples , donnent l'idée la plus
juste de la correction et de la précifion
des
JUILLET. 1733. 1509
des contours dans ceux qui font arrêtez;
Cl ceux qui ne sont que l'effet du, premier
feu de l'imagination , secondée par une
main libre sure et legere , offrent ces
de traits hardis , ces touches fieres et spirituelles,
qui caracterisent l'impétuosité du
ezegenie ; et les uns et les autres contribuent
à faire sentir qu'elle a été la naissance
, le progrès et la perfection des plus
grands morceaux de Peinture .
On peut remarquer dans ces précieux
a restes des études des Peintres celebres , la
fécondité , la rapidité , l'exactitude , et là
netteté avec laquelle ils ont mis leurs idées
dau jour. La verité qu'ils ont donnée aux
airs de têtes , les contrastes qu'ils ont
cherchés dans les atitudes, les belles formes
equ'ils ont choisies , les graces qu'ils ont
étudiées , et les caprices ingénieux et les
bizareries élégantes dont ils se sont servis
pour reveiller l'attention du Spectateur ,
et pour jetter du vif et du piquant dans
leurs Tableaux .
Ici l'on aime la sagesse de la composition
de Raphaël ; là Jule Romain éton .
ae par les saillies de son imagination ,
l'un charme par la douce majesté de ses
figures , l'autre surprend par l'air impoant
qu'il donne aux siennes. Le premier
ffre dans ses Tableaux le sublime de
la
1510 MERCURE DE FRANCE
1
la Poësie ; le second en exprime le merveilleux,
la fureur et l'entousiasme . Leurs
Disciples se sont efforcez à l'envi de
les imiter , et dans les caracteres de douceur
ou de fierté qu'ils font sentir dans leurs
Desseins , on reconnoît lequel des deux en
particulier ils ont choisi pour modele.
Quel plaisir n'a - t'on pas d'éprouver en
quelque sorte l'impression du génie terrible
de Michel Ange , dans les Desseins de
sa main, que l'on voit à la tête de l'Ecole
Florentine ; la collection en monte à 200
pieces , dont les dernieres sont reconnues
pour être de Benedette Lutti , le plus habile
homme que cette Ecole ait produit
de nos jours vous sçavez , Monsieur ,
combien les Poëtes Toscans se sont rendus
recommandables par le beau feu de
leur imagination , l'agrément et la pureté
de leur stile. Les Peintres de cetre Nation
se sont distinguez par des qualitez
semblables ; j'en appelle à témoin les Ouvrages
du Rosso , d'André del Sarté , du
Pontorme , de Salviati , Procacini , Prietro,
de Cortone , Cyroferri , Tempeste , Stephano
della Bella , également celebres du côté des
riches inventions et des traits hardis et gracieux
sur lesquels ils ont sçû les produire.
L'Ecole Lombarde , depuis le Correge
jusqu'à Daniel Crespi , dit l'Espagnol ,
qui
JUILLET.. 1733. 1511.
*
qui est encore vivant , compose deux
gros volumes in folio , d'environ 390.
Desseins. Le nom du Correge ne vous présente-
t'il pas l'idée d'un homme qui doit
plus qu'un autre à la faveur particuliere
du genie ? et dont les Desseins portent le
caractere des graces dont personne n'a été
autant doué que lui ? excepté neanmoins le
Parmesan et le Baroche . Les Carache, le Guide
, le Dominiquain , le Lanfranc , le Guerchin
, ornent infiniment cette Ecole.
L'Ecole Venitienne , qui s'étend depuis
les Bellins jusqu'à Sebastien Ricci
encore vivant, offre environ 200. Desseins
dans un volume , où ceux de Paul Veronese
et duTintoret,brillent et par leur nombre et -
par leur choix . Vous sentez , M. combien
cet article est interessant , puisque
rien n'a été plus abondant que le génie ,
plus magnifique que l'ordonnance , et
plus fier que l'execution de ces Maîtres ,
dont les Tableaux surprenants font le
principal ornement des Eglises et des Palais
de Venise.
La cinquiéme Ecole est subdivisée en
trois autres , qui sont , l'Ecole Napolitaine
, la Genoise et celle de Luques . Cette
collection comprend environ 200. pieces,
entre lesquelles plusieurs grandes ordonnances
du Cangiage , se font remarquer
par
1512 MERCURE DE FRANCE
par la singularité de sa maniere. On y
voit aussi de beaux Morceaux de Salvator
Rosa , de Lucas fordans et de Solimene ;
Ensorte que l'Ecole d'Italie en general , en
y ajoûtant les Desseins de l'Ecole des Caraches
, est composée de 1500. Desseins.
L'Ecole Françoise , suivie depuis deux
cens ans sans interruption , est composée
de six volumes in folio , et comprend
près de 1000. Desseins choisis ; elle commence
à Freminet et à Jean Cousin , et
offrant des Ouvrages de Vouet , de Blanchan,
du Poussin , du Bourdon , de le Sueur,
de le Brun et autres , elle passe jusqu'aux
habiles Modernes actuellement vivans.
Les trois volumes de l'Ecole Flamande
dont je vous ai tant parlé précédemment ,
contiennent près de six cent Desseins , et
l'Ecole Allemande et Hollandoise , environ
400 ; de maniere qu'avec un vòlume
de Desseins d'après Nature , un autre
de Desseins à la plume , et un troisiéme
de Desseins d'Architecture ; la collection
de M. Dargenville , monte à 4000. Desseins
originaux et choisis , qu'il a apportés
de ses voyages et qu'il fait venir tous
les jours des Pays Etrangers.
4
Je ne vous dis rien de ses Tableaux
de ses Livres , de 100. volumes d'Estam-
>
pes choisies des meilleurs Maîtres , d'une
TopoJUILLET.
1733. 1513
Topographie très - ample,d'une collection
de Pierres , de Coquilles rares , de Mineraux
et d'autres Morceaux concernant
l'Histoire Naturelle .
•
Si je n'avois pas tant de preuves de
votre attachement à cette partie de l'Histoire
de l'Esprit humain , qui sert en particulier
à prouver l'ascendant du génie
la force de l'imagination , et les differens
caracteres que lui imprime la varieté des
climats , des préjugez des moeurs , et de
tout ce que M. l'Abbé du Bos entend
par Causes Phisiques et Causes Morales
je vous prierois de me pardonner un si
long détail. Mais je suis persuadé que
tout dépourvû qu'il est des graces du
stile , il vous fera quelque plaisir. Je
suis , & c.
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Résumé : SECONDE LETTRE écrite de Châlons en Champagne, à M. *** au sujet des Peintres Flamands, &c.
La lettre, rédigée à Châlons en Champagne, répond à des critiques concernant une prétendue préférence pour l'école flamande de peinture. L'auteur reconnaît la diversité des goûts parmi les amateurs et justifie son inclination en se référant à la collection de M. Dargenville, un connaisseur qui apprécie toutes les écoles de peinture. La lettre décrit ensuite les différentes écoles italiennes, telles que les écoles romaine, florentine, lombarde, vénitienne, napolitaine, génoise et lucquoise, en mettant en avant la qualité et la diversité des œuvres. Elle mentionne également l'école française, suivie depuis deux cents ans, ainsi que les écoles flamande, allemande et hollandaise. La collection de M. Dargenville est impressionnante, comprenant environ 4000 dessins originaux et choisis, ainsi que des tableaux, des livres, des estampes et des objets d'histoire naturelle. L'auteur conclut en exprimant son attachement à l'histoire de l'esprit humain et aux diverses manifestations du génie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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253
p. 1624-1626
LETTRE de M. Duhan de Mezieres, Chanoine de la Cathédrale de Chartres, contenant la Description de cette Eglise, &c.
Début :
Dans le Voyage que la Reine a fait l'année passée à Chartres., S. M. fut si frappée de [...]
Mots clefs :
Cathédrale Notre-Dame de Chartres, Chartres, Église, Chapelle, Choeur, Chanoines, Voûtes, Croisée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Duhan de Mezieres, Chanoine de la Cathédrale de Chartres, contenant la Description de cette Eglise, &c.
LETTRE de M. Duhan de Mezieres ,
Chanoine de la Cathédrale de Chartres ,
contenant la Description de cette Eglise
& c.
?
D passée chaperequ,J. M. fut si frappéede
Ans le Voyage que la Reine a fait l'année
la beauté et de la grandeur de cet ancien Temple
, dédié suivant la Tradition par les Druïdes
La Vierge qui devoit enfanter , qu'elle ne pouvoit
se lasser de s'en faire raconter l'Histoire ansienne
et moderne ; mais comme ceux d'entre
nous qui eurent l'honneur d'entretenir cette
pieuse Princesse , n'étoient pas alors entierement
instruits de certaines choses qui concernent cette.
Eglise , nous avons d'abord jugé à propos d'en
faire prendre les dimensions avec la derniere
exactitude , et c'est au nom de la Compagnie
que je vous prie aujourd'hui de les inserer dans
votre Journal , en attendant l'Histoire generale
de cette Eglise à laquelle on travaille , laquelle
nous nous ferons un plaisir de vous communiquer.
Ce Temple superbe , que nous osons comparer
aux plus celébres Eglises de l'Europe ,
dans oeuvre depuis les Portes Royales de la Nef
jusqu'à la grande Chapelle de * Ś. .Piat exclusi-
* La Chapelle de S. Piat est tout - à -fait hors de
l'Edifice , située au chevet de l'Eglise , sans alterer
la beauté du Rond-point , qui s'éleve beaucoup
au- dessus. On monte par un escalier de 20 degrez
à cette Chapelle , qui est à peu près de la granvement
,
JUILLET. 173. 1525
ainsi que
vement , soixante et dix toises de longueur , et
huit de largeur sans parler des Aîles et des
Chapelles. La longueur de la Nef est de trentesix
toises , et sa hauteur de dix - neuf toises ,
celle du Choeur et de la Croisée .
Le Choeur , loin de 20 toises , et large de
huit , comme la Nef , passe pour un . Chefd'oeuvre
d'Architecture. Le Pourtour de ce
majestueux Edifice , et les sept grandes fenêtres
ceintrées , qui en forment le Rond- point , font
l'étonnement des Architectes et des Sculpteurs
les plus entendus.
>
Les Voûtes des doubles Aîles du Choeur , et
celles des bas côtez de la Croisée , et de la Nef
sont hautes de dix toises , depuis le pavé jusqu'à
l'extrémité de leurs clefs. La Croisée a trentedeux
toises et demie de long sur sept toises de
large sans y comprendre les Aîles ou bas
côtez .
>
Les Clochers de cette Eglise que l'on découvre
du Bourg de Palaiseau à quatre lieuës de
Paris , ont soixante et trois toises d'élevation
jusqu'aux Globes , qui portent des Croix , surmontées
, l'une d'un grand Soleil de Bronze doré
, et l'autre d'une Lune de Bronze argenté.
Les six grosses Tours dont l'Eglise est environnée
, et qu'on regarde avec raison comme
l'un des plus beaux Ouvrages Gothiques qu'il y
ait en France , sont hautes de trente toises : elles
sont bâties dans le goût de celles de Notre-
Dame de Paris , et attendent des Aiguilles ou des
deur de la Sainte-Chapelle de Paris. Enfin , la
Chapelle de S. Piat , élevée sur des voutes , fournit
au-dessous une vaste Sale où le Chapitre
tient ses Assemblées.
Рука-
1626 MERCURE DE FRANCE
Pyramides pareilles à celles des Clochers.
L'Eglise souterraine de Chartres , respectable
par cette haute antiquité , que personne n'igno-
. re a cent quarante - cinq toises de circuit , sous
de très- fortes voûtes. Elle est ornée , comme
les Catacombes de Rome et de Naples , d'un
grand nombre de Chapelles obscures , qui
sont enrichies des dons de nos Rois ; Reines
& c.
•
L'Eglise de Chartres est desservie par soixante)
et dix- huit Chanoines , y compris l'Abbé de
Cluny , et celui de S. Jean de Chartres , qui en
qualité de Chanoines , sont obligez de commertre
quelqu'un du Chapitre pour officier en leur
place et ce nombre de Chanoines est sans
compter les dix -sept Dignitez , les Chapelains ,
les Marguilliers - Prêtres , les Musiciens et les Enfans
de Choeur , ce qui fait un Clergé des plus
nombreux du Royaume.
:
Aux jours solemnels , les Chanoines portent
une Robbe de couleur de Pourpre , et on peut
dire qu'il n'est guères d'Eglises , où l'Office divin
se fasse avec tant de majesté. Entre les cerémonies
singulieres qui y sont en usage , celle - ci
est la plus marquée. A toutes les grandes Messes
du jour , le Celébrant , dans la plus humble
posture , et le Clergé entier à genoux , interrompent
le saint Sacrifice , pour demander à
Dieu , en chantant l'Exaudiat en Musique , la
conservation de la Personne sacrée du Roi , et
de toute la Famille Royale , ce qui ne se pratique
en aucune autre Eglise du Royaume que
nous sçachions.
A Chartres , le 10 Juin 1733.
Chanoine de la Cathédrale de Chartres ,
contenant la Description de cette Eglise
& c.
?
D passée chaperequ,J. M. fut si frappéede
Ans le Voyage que la Reine a fait l'année
la beauté et de la grandeur de cet ancien Temple
, dédié suivant la Tradition par les Druïdes
La Vierge qui devoit enfanter , qu'elle ne pouvoit
se lasser de s'en faire raconter l'Histoire ansienne
et moderne ; mais comme ceux d'entre
nous qui eurent l'honneur d'entretenir cette
pieuse Princesse , n'étoient pas alors entierement
instruits de certaines choses qui concernent cette.
Eglise , nous avons d'abord jugé à propos d'en
faire prendre les dimensions avec la derniere
exactitude , et c'est au nom de la Compagnie
que je vous prie aujourd'hui de les inserer dans
votre Journal , en attendant l'Histoire generale
de cette Eglise à laquelle on travaille , laquelle
nous nous ferons un plaisir de vous communiquer.
Ce Temple superbe , que nous osons comparer
aux plus celébres Eglises de l'Europe ,
dans oeuvre depuis les Portes Royales de la Nef
jusqu'à la grande Chapelle de * Ś. .Piat exclusi-
* La Chapelle de S. Piat est tout - à -fait hors de
l'Edifice , située au chevet de l'Eglise , sans alterer
la beauté du Rond-point , qui s'éleve beaucoup
au- dessus. On monte par un escalier de 20 degrez
à cette Chapelle , qui est à peu près de la granvement
,
JUILLET. 173. 1525
ainsi que
vement , soixante et dix toises de longueur , et
huit de largeur sans parler des Aîles et des
Chapelles. La longueur de la Nef est de trentesix
toises , et sa hauteur de dix - neuf toises ,
celle du Choeur et de la Croisée .
Le Choeur , loin de 20 toises , et large de
huit , comme la Nef , passe pour un . Chefd'oeuvre
d'Architecture. Le Pourtour de ce
majestueux Edifice , et les sept grandes fenêtres
ceintrées , qui en forment le Rond- point , font
l'étonnement des Architectes et des Sculpteurs
les plus entendus.
>
Les Voûtes des doubles Aîles du Choeur , et
celles des bas côtez de la Croisée , et de la Nef
sont hautes de dix toises , depuis le pavé jusqu'à
l'extrémité de leurs clefs. La Croisée a trentedeux
toises et demie de long sur sept toises de
large sans y comprendre les Aîles ou bas
côtez .
>
Les Clochers de cette Eglise que l'on découvre
du Bourg de Palaiseau à quatre lieuës de
Paris , ont soixante et trois toises d'élevation
jusqu'aux Globes , qui portent des Croix , surmontées
, l'une d'un grand Soleil de Bronze doré
, et l'autre d'une Lune de Bronze argenté.
Les six grosses Tours dont l'Eglise est environnée
, et qu'on regarde avec raison comme
l'un des plus beaux Ouvrages Gothiques qu'il y
ait en France , sont hautes de trente toises : elles
sont bâties dans le goût de celles de Notre-
Dame de Paris , et attendent des Aiguilles ou des
deur de la Sainte-Chapelle de Paris. Enfin , la
Chapelle de S. Piat , élevée sur des voutes , fournit
au-dessous une vaste Sale où le Chapitre
tient ses Assemblées.
Рука-
1626 MERCURE DE FRANCE
Pyramides pareilles à celles des Clochers.
L'Eglise souterraine de Chartres , respectable
par cette haute antiquité , que personne n'igno-
. re a cent quarante - cinq toises de circuit , sous
de très- fortes voûtes. Elle est ornée , comme
les Catacombes de Rome et de Naples , d'un
grand nombre de Chapelles obscures , qui
sont enrichies des dons de nos Rois ; Reines
& c.
•
L'Eglise de Chartres est desservie par soixante)
et dix- huit Chanoines , y compris l'Abbé de
Cluny , et celui de S. Jean de Chartres , qui en
qualité de Chanoines , sont obligez de commertre
quelqu'un du Chapitre pour officier en leur
place et ce nombre de Chanoines est sans
compter les dix -sept Dignitez , les Chapelains ,
les Marguilliers - Prêtres , les Musiciens et les Enfans
de Choeur , ce qui fait un Clergé des plus
nombreux du Royaume.
:
Aux jours solemnels , les Chanoines portent
une Robbe de couleur de Pourpre , et on peut
dire qu'il n'est guères d'Eglises , où l'Office divin
se fasse avec tant de majesté. Entre les cerémonies
singulieres qui y sont en usage , celle - ci
est la plus marquée. A toutes les grandes Messes
du jour , le Celébrant , dans la plus humble
posture , et le Clergé entier à genoux , interrompent
le saint Sacrifice , pour demander à
Dieu , en chantant l'Exaudiat en Musique , la
conservation de la Personne sacrée du Roi , et
de toute la Famille Royale , ce qui ne se pratique
en aucune autre Eglise du Royaume que
nous sçachions.
A Chartres , le 10 Juin 1733.
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Résumé : LETTRE de M. Duhan de Mezieres, Chanoine de la Cathédrale de Chartres, contenant la Description de cette Eglise, &c.
La lettre de M. Duhan de Mezieres, chanoine de la Cathédrale de Chartres, met en lumière la beauté et la grandeur de cette église, traditionnellement dédiée par les Druïdes à la Vierge qui devait enfanter. Lors de son voyage, la Reine fut impressionnée par ce temple et demanda des récits sur son histoire. Pour répondre à cette demande, les dimensions de l'église furent mesurées avec précision. La cathédrale de Chartres est comparée aux plus célèbres églises d'Europe. Elle mesure 1525 toises de longueur. La nef mesure 36 toises de longueur et 19 toises de hauteur. Le chœur, long de 20 toises et large de 8, est considéré comme un chef-d'œuvre d'architecture. Les voûtes des doubles ailes du chœur et celles des bas-côtés de la croisée et de la nef atteignent 10 toises de hauteur. La croisée mesure 32 toises et demie de long sur 7 toises de large. Les clochers, visibles depuis le bourg de Palaiseau, atteignent 63 toises d'élévation. L'église est entourée de six tours gothiques hautes de 30 toises. La chapelle de Saint-Piat, située au chevet de l'église, mesure 70 toises de longueur et 8 de largeur. L'église souterraine, ornée de nombreuses chapelles, a un circuit de 145 toises. La cathédrale est desservie par 68 chanoines, en plus des dignités, chapelains, marguilliers-prêtres, musiciens et enfants de chœur. Lors des jours solennels, les chanoines portent des robes pourpres et interrompent le saint sacrifice pour prier pour la conservation du Roi et de la famille royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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254
p. 1627
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Moyreau, vient de graver une nouvelle Estampe, sous ce titre, le Passage de l'Eau, [...]
Mots clefs :
Passage de l'eau, Moyreau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le sieur Moyreau , vient de graver une nou
velle Estampe, sous ce titre , le Passage de l'Eau,
d'après un excellent Tableau de Wauremens ,
de 16 pouces de large , sur 13 de haut , du Cabinet
de M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de
S. Michel . C'est peut- être l'unique Tableau de
ce Maître où il n'y ait point de Chevaux ; c'est
cependant un de ses plus beaux. L'Estampe qui
est de la même grandeur que l'Original , a trèsbien
réussi. Elle se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis - à- vis S. Blaise.
On trouve chez lui une autre Estampe qu'il a
gravée depuis peu d'après un beau Tableau de
le Sueur , du Cabinet de M. Fortier , Notaire ,
le Sujet est le Triomphe de l'Amour sur les qua-
´tre Elémens , l'Original a 41 pouces de haut
sur 33 .
velle Estampe, sous ce titre , le Passage de l'Eau,
d'après un excellent Tableau de Wauremens ,
de 16 pouces de large , sur 13 de haut , du Cabinet
de M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de
S. Michel . C'est peut- être l'unique Tableau de
ce Maître où il n'y ait point de Chevaux ; c'est
cependant un de ses plus beaux. L'Estampe qui
est de la même grandeur que l'Original , a trèsbien
réussi. Elle se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis - à- vis S. Blaise.
On trouve chez lui une autre Estampe qu'il a
gravée depuis peu d'après un beau Tableau de
le Sueur , du Cabinet de M. Fortier , Notaire ,
le Sujet est le Triomphe de l'Amour sur les qua-
´tre Elémens , l'Original a 41 pouces de haut
sur 33 .
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Moyreau a gravé deux estampes. La première, 'Le Passage de l'Eau', d'après Wauremens, mesure 16 pouces sur 13 et provient du cabinet de M. Hallée. La seconde, 'Le Triomphe de l'Amour sur les quatre Éléments', d'après le Sueur, mesure 41 pouces sur 33 et appartient à M. Fortier. Les estampes sont disponibles chez l'auteur, rue Galande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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255
p. 1811-1822
EXPLICATION de quelques Marbres antiques, dont les Originaux sont dans le Cabinet de M...... Brochure in 4[o.] de 50 pages. A Aix, chez Joseph David, 1733.
Début :
Une sçavante Dissertation, sous le nom de Lettre, addressée à M... [...]
Mots clefs :
Inscription, Smyrne, Monument, Marbres, Inscriptions, Homme, Monuments, Couronnes, Tombeau, Explication, Couronne, Marbre, Hicesius, Symbole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION de quelques Marbres antiques, dont les Originaux sont dans le Cabinet de M...... Brochure in 4[o.] de 50 pages. A Aix, chez Joseph David, 1733.
EXPLICATION de quelques Marbre's
antiques , dont les Originaux sont dans
le Cabinet de M...... Brochure in 41
de 50 pages. A Aix , chez Joseph David
, 1733 .
U
Ne sçavante Dissertation , sous la
nom de Lettre , addressée à M ...
Possesseur des Marbres en question , contient
toute l'Explication de ces Monu
mens d'Antiquité. On ne sçauroit rien lire
en ce genre de plus curieux , de plus ins
tructif, de plus clairement et de plus modestement
exposé . On n'en sera pas sur
pris quand on sçaura que cette Explication
est l'Ouvrage de M. Bouhier , ancien
Président à Mortier au Parlement de Dijon
, de l'Académie Françoise ; Homme
aussi distingué dans la République des
Lettres que dans la Magistrature.
La Personne illustre à qui la Dissertation
est addressée , est aussi un de ces
Hommes dont on ne sçauroit trop louer
les grandes qualitez ; mais dont nous sommes
forcez de respecter icy la modestie ;
F iij c'est
1812 MERCURE DE FRANCE
c'est presque à cette condition que la
Piece nous a été envoyée , et qu'il nous
est permis , pour ainsi dire , d'en orner
notre Journal.
Les Marbres , dont les Bas-Reliefs , et
les Inscriptions sont gravez et expliquez
dans cet Ouvrage , sont au nombre de
sept , et fournissent de quoi exercer la sagacité
des Antiquaires , sur tout le dernier
, sur lequel l'illustre Auteur s'est le
plus étendu , après avoir dit , avec raison
, que c'est un des plus curieux Monumens
qui ayent jamais été dé errez .
Comme il ne nous est pas possible d'entrer
dans le détail de toutes ces différentes
explications , nous nous contenterons
de mettre sous les yeux de nos Lecteurs
une Interprétation entiere et suivie , de
P'un de ces Marbres , t lle qu'on la trouve
dans ce Livre , page 15. et c'est celle
du second Monument que nous avons
choisie, comme la plus propre à ne point
trop nous jetter au - delà de nos bornes
ordinaires.
Ce Marbre apporté de Smyrne , dont
la hauteur est de 3 pieds , 3 pouces , 3 -ligres
; et la largeur d'un pied , 2 pouces , 6
lignes est chargé de 3 figures en bas relief.
Un homme y touche dans la main
d'une femme , laquelle est accompagnée
d'un
AOUST. 1733.
1813
d'un enfant qui tient un Livre fermé
devant lui ; et au dessus des 3 figures est
l'Inscription
sur laquelle l'habile Interprête
a xercé sa capacité de la maniere
qui suit :
t
Ο ΔΗΜΟΣ
Α ΘΗΝΑΙΟΝ
ΙΚΗΣΙΟΥ
Ο ΔΗΜΟΣ
NANNION
Α ΘΗΝΑΙΟΥ
Populus ( coronat ) Populus ( coronat )
Atheneum
Higesii filium.
Nannium
Athenei filiam.
Pour l'intelligence de cette Inscription
il faut remarquer avant toutes choses ,
que ces mots , O AHMOΣ , sont entourez
d'une Couronne.
voir
Cela étoit fort d'usage à Smyrne ; on
le reconnoît par divers Monumens qui
y ont été trouvez , et qu'on peut
dans différens Recueils d'Inscriptions *
Antiques , quoiqu'on n'y ait pas toujours
fait mention des Couronnes , comme on
auroit dû le faire . Cela s'appelloit cepav&v
ονομαςί
Mais quelle est la raison qui a pû faire
accorder des Couronnes , soit en ce Monument
soir en d'autres semblables ,
* Reinasius , Spon , les Marbres d'Oxford.
F iiij
aux
1814 MERCURE DE FRANCE
aux Particuliers qui y sont nommeż ?
C'est ce qu'il faut essayer de découvrir.
Car de croire que te n'étoit qu'un simple
ornement , dépendant de la fantaisie du
Sculpteur , c'est ce qu'il est difficile de
penser' , quand on considére l'uniformité
qui regne sur ce point dans tous ces divers
Marbres.
J'ai cru quelques temps que ces Couronnes
étoient celles dont on honoroit
les Vainqueurs aux Jeux solemnels ; car
il s'en faisoit de celebres à Smyrne, comme
il paroît par une Inscription du Recueil
de Gruter , pag. 314. n. 1. on y entretenoit
même des combats de Poësie ,
suivant Aristide , tom. 1. Oration . et cela
pouvoit regarder les femmes comme les
hommes.
Cependant en examinant la chose de
plus près , j'ai reconnu que cette idée ne
pouvoit compatir avec les bas - reliefs qui
accompagnent la plupart de ces Inscriptions
, et entr'autres celle- cy ; car on
n'y voit rien qui ait rapport à une victoire
remportée dans des Jeux .Au contraire,
un mari qui touche dans la main de sa
femme , avec un enfant qui est à leur
côté a tout à- fait l'air d'un Monument
sépulchral.
Ce n'étoit autre chose, en effet , suivant
qu'en
A O UST . 1733. 1815
qu'en a tres-bien jugé notre illustre ami
le P. de Montfaucon , dans son Supplément
des Antiquitez , tom . 5. pag. 27.en
parlant d'un autre Monument ; et ce qui
me confirme dans ce sentiment , c'est un
Passage de Ciceron , pro Flacco , cap. 31.
qui justifie que l'un des honneurs funebres
, que rendoit quelquefois la Ville
de Smyrne à ceux qu'elle en jugeoit dignes
, étoit la Couronne d'or , que ses
Magistrats faisoient mettre sur le corps
du deffunt : Postremò ut imponeretur aurea
Corona mortuo Honneur dont on conservoit
, sans doute , la mémoire , en faisant
graver sur le Tombeau une Couronne de
la même forme ; car encore qu'il fut d'u- .
sage de couronner * les morts , en les portant
au Tombeau , on n'avoir pas coutu
me de graver des Couronnes sur leurs
monumens , sans quelque raison particuliere.
Or cette Couronne représente divers
feuillages , suivant les personnes dont i
s'agissoit , mais plus souvent les feuilles
d'Olivier , ainsi que d'autres l'ont remar
qué. Ils en donnent pour raison , que POlivier
est le symbole de la Victoire , er
qu'on en couronnoit les Morts , com ne :
* Kirchman , de Funere L. II. Aringbi , Roma
subter. lib. 1. cap. 2.5.
Fy ayant
1816 MERCURE DE FRANCE
ayant
surmonté tous les travaux de cette
vie. Mais il me paroît plus naturel de
dir qu'on leur donnoit des Couronnes
d'Olivier , parce que cet Arbre est le
symbole de la Paix . C'est ce qui a fait
dire au Poëte Prudence :
Verticem flavis oleis revincta,`
Pacis honore.
"
Or on sçait que le Tombeau a été regardé
par tous les Peuples comme un séjour
de repos et de paix éternelle. Delà
ces formules des Inscriptions Sépul- .
chrales. QUIETI AFTERNE PERPETUE
SECURITATI ; EN EIPH NH , et cllecy
du Recueil de Fabretti , pag. 113. n.
180. Inscription. D. Q. ETERNAM , &c .
Ce qu'il explique fort bien : Dom.um
Quietis AEternam . A quoi on peut ajoûter
le sentiment formel de Clement d'Alexandrie
Pa lag. I I. qui , parlant en general
de l'usage de couronner les Morts ,
dit que c'étoit le symbole d'une tranquillité
exemte de tout trouble , A'oxλáre
αμεριμνίας συμβολον .
Mais avant que de finir , je crois que
vous ne serez pas fâché que j'insere ici
une Inscription qui confirme à merveille
ce qui vient d'être avancé , et qu'on dit
être à Arles sur un Marbre , qui sert à
present
AOUST. 1733. 1817
present de Lavoir au Refectoire des
Minimes .
PAX ETERNA
DULCISSIMÆ ET INN
OCENTISSIM. FILIE CH .
RYSOGONE. JUNIOR SIRICI
'QUÆ VIXIT ANN. III . M. II. DIE
B. XXVII. VALERIUS. ET. CHRYSE
GONE PARENTES FILIE RARI
SSIME . ET OMNI TEMPORE VI
TÆ. SUE. DESIDERANTISSI
ME.
Je rapporte au long cette Inscription ,
tant parce que je ne crois pas qu'elle
ait encore été imprimée , que pour y
corriger quelques petites fautes. Car je
suis persuadé , qu'au lieu de SIRICI , il
faut SIRICE , pour SIRICE. C'est un second
surnom de Chrysogone , connu
par d'autres Inscriptions ; entr'autres
une Latine de Gruter , pag. 609. n . 2. et
par
* Il semble que les Minimes de Marseille ont
encore plus dégradé l'Antiquité que ceux d'Arles.
Ici le Monument sert de Lavoir pour le Réfectoire ;
à Marseille un Tombeau antique , orné aussi d'une
Inscription,sert d' Auge auPuits du Monastere.M.de
Ruffy, Hist. de Marseille. T. II. L. XIII p . 320..
F vj par
1818 MERCURE DE FRANCE
par une Grecque de Fabetti , pag. 59r.
7. 108. il est évident qu'il faut aussi
CHRYSOGONE à la sixième ligne. A l'égard
de DESIDERANTISSIME pour DESIDERATISSIMÆ
, c'est une méprise du Graveur
, mais qui n'est pas sans exemple ,
comme il paroît par une Inscription du
Recueil de Reinesius IX . 33. D'ailleurs
les Anciens mêloient souvent des N superflues
dans leur Orthographe , comme
quand ils écrivoient Formonsus Cherronensus
, &c. Mais je reviens à notre Inscription.
*
A OHNAION ) ce nom étoit fort
commun parmi les Grecs. Le sçavant. ét
laborieux Auteur de la nouvelle Bibliotheque
Grecque , inm . 3. p . 630. a dorz
né la Liste de tous les Gens de Lettres
qui l'ont porté. Mais je n'y en ai trouvé
aucun de Smyrne.
Au reste on sent bien que dans cette
Inscription , ainsi que dans les autres pareilles
, il manque un Verbe qu'il est nécessaire
de suppléer . Personne , que je
scache , n'a encore . enseigné celui qui y
étoit sous - entendu . Mais je crois l'avoir
trouvé dans deux Inscriptions qui nous
viennent d'autres Villes , et que Spon
nous a con´ervées , Miscel , p. 335. Elles
* Jean Albert Fabricius.
prou
A OUST. 1733. 1819
prouvent de plus- en - plus que c'est ici un
Monument Sépulchral . Il suffira d'en rape
porter l'une.
Η ΒΟΥΛΗΚΑΙ ΟΔΗΜΟΣ
ΣΤΕΦΑΝΟΙ ΧΡΥΣU CTE
ΦΑΝΟ ΕΥΡΥΘΜΟΝ ΕΠΙ
ΤΥΧΩΣ ΠΡΟΜΟΙΡΟΣ
BIOCANTA
C'est à - dire Senatus et Populus coro→
nant aurea Corona Eurythmum , Epitychis
F. pra naturatâ morte defunctum . Delà
il est aisé de juger que ce qui est énoncé
tout du long dans ce Monument , l'étoit
en abregé dans ceux de Smyrne , où
il faut par conséquent sous - entedre T-
φαιδί χρυσώςεφάνω. Comme des Courone
nes d'or y étoient apparemment d'un
usage plus fréquent , cela s'entendoit à
demi mot.
ΙΚΗΣ
IKHE IOT , il y a ici , ce me semble;
une faute du Marbrier , qui auroit dû graver
I KEZIOr , car ce nom est écrit
par tout de cette maniere , comme il pa
roît par la Géographie de Strabon , L. 13 .
lorsqu'il parle d'un Hicesius , qui tenoit
peu de temps avant lui une Ecole céle
bre de Medecine à Smyrne. Et ce qui
prouve que ce n'est point par une faute
du
1820 MERCURE DE FRANCE
du Copiste , que Son est écrit , Ixámog
dans ce Géographe , c'est qu'il est représenté
ainsi sur deux Médailles Grecques
du même Medecin , que M. Mead nous
a données depuis peu . Dans une autre
Inscription en Vers , qui est parmi les
Marbres d'Oxfort , pag. 78. le nom d'un
autre Hicesius est encore écrit de la même
maniere. C'étoit pareillement celui du
Pere du fameux Cynique Diogêne. Mais
il n'est pas rare de trouver l'E et l'H
employez l'un pour l'autre dans ces sortes
de Monumens . Cela est trop connu
pour m'arrêter à le prouver.
Pour ce qui est de notre Hicesius , si
c'étoit le Médecin dont je viens de pa
ler , et que je ne crois pas different de
l'Icesius , dont il est fait mention dans
Pline et ailleurs , quoique le sçavant Fabricius
, Bibliot. Gr . Tom. 13. p. 189. et
253. semble les avoir distinguez , votre
Inscription seroit du siecle d'Auguste ,
et auroit été posée pour faire honneur au
fils d'un homme qui en a beaucoup fait
à la Ville de Smyrne. Mais c'est ce qu'on
ne peut assurer sur un Argument aussi
foible que celui de la conformité des
noms.
NANNION ) c'est un nom de femme ,
témoin la fameuse Courtisane Narrior ,
dont
A O UST. 17330 1821
dont il est parlé dans Athénée XII. 3 .
et 6. et ailleurs . Ce nom est un diminutif
de Navy , comme Nicium de Nico, Myrtium
de Myrto , Glycerium de Glycera , &c.
il est encore fait mention d'une Nannium ,
fille d'Isagoras , dans un autre Marbre de
Smyrne , qu'a publié Jacques Gronovius
Memor Cosson , p. 149.
On ne peut douter que la nôtre ne
soit l'une des Figures représentées dans
le bas- relief qui est au - dessous de l'Inscription
, où elle donne la main à un
homme qui paroît l'Athénée , fils de Hicesius
, dont il a été parlé cy - dessus. Cet
homme à l'air trop jeune pour être son
Pere. Il est plus probable que c'est son
Mary ; et cela étant il faut qu'elle fût
fille d'un autre Athénée. Pour l'Enfant
qui est à côté d'elle , c'est apparemment
son fils , il tient devant lui un Livre qui
peut faire juger qu'il avoit commencé ses
Etudes , et même qu'il y avoit déja fait
quelque progrès ; mais cela ne vaut pas
la peine que je m'y arrête davantage.
Nous reiterons que nous sommes fâchez
de ne pouvoir pas rapporter d'autres
Parties ou d'autres Morceaux du même
Ouvrage , sur tout de l'Explication
du dernier de ces Monumens , le plus
considerable de tous, apporté de Tripoly
de
1822 MERCURE DE FRANCE
gue
de Barbarie. On en jugera par le mérite de
l'Inscription Grecque , laquelle contient
Decretun fait en l'honneur d'un Gouverneur
d'Egypte par les Chefs de la Synagodes
Juifs de la Ville de Berenice , en
reconnoissance des bienfaits qu'ils en
avoient reçûs.Pour en faire connoître l'importance
et les singularitez , il falloit tout
P'heureux génie et toute l'érudition de
notre sçavant Auteur , et nous ne risquons
rien d'assurer que les Lecteurs les
plus intelligens seront particulierement
satisfaits de cette partie de son
travail.
antiques , dont les Originaux sont dans
le Cabinet de M...... Brochure in 41
de 50 pages. A Aix , chez Joseph David
, 1733 .
U
Ne sçavante Dissertation , sous la
nom de Lettre , addressée à M ...
Possesseur des Marbres en question , contient
toute l'Explication de ces Monu
mens d'Antiquité. On ne sçauroit rien lire
en ce genre de plus curieux , de plus ins
tructif, de plus clairement et de plus modestement
exposé . On n'en sera pas sur
pris quand on sçaura que cette Explication
est l'Ouvrage de M. Bouhier , ancien
Président à Mortier au Parlement de Dijon
, de l'Académie Françoise ; Homme
aussi distingué dans la République des
Lettres que dans la Magistrature.
La Personne illustre à qui la Dissertation
est addressée , est aussi un de ces
Hommes dont on ne sçauroit trop louer
les grandes qualitez ; mais dont nous sommes
forcez de respecter icy la modestie ;
F iij c'est
1812 MERCURE DE FRANCE
c'est presque à cette condition que la
Piece nous a été envoyée , et qu'il nous
est permis , pour ainsi dire , d'en orner
notre Journal.
Les Marbres , dont les Bas-Reliefs , et
les Inscriptions sont gravez et expliquez
dans cet Ouvrage , sont au nombre de
sept , et fournissent de quoi exercer la sagacité
des Antiquaires , sur tout le dernier
, sur lequel l'illustre Auteur s'est le
plus étendu , après avoir dit , avec raison
, que c'est un des plus curieux Monumens
qui ayent jamais été dé errez .
Comme il ne nous est pas possible d'entrer
dans le détail de toutes ces différentes
explications , nous nous contenterons
de mettre sous les yeux de nos Lecteurs
une Interprétation entiere et suivie , de
P'un de ces Marbres , t lle qu'on la trouve
dans ce Livre , page 15. et c'est celle
du second Monument que nous avons
choisie, comme la plus propre à ne point
trop nous jetter au - delà de nos bornes
ordinaires.
Ce Marbre apporté de Smyrne , dont
la hauteur est de 3 pieds , 3 pouces , 3 -ligres
; et la largeur d'un pied , 2 pouces , 6
lignes est chargé de 3 figures en bas relief.
Un homme y touche dans la main
d'une femme , laquelle est accompagnée
d'un
AOUST. 1733.
1813
d'un enfant qui tient un Livre fermé
devant lui ; et au dessus des 3 figures est
l'Inscription
sur laquelle l'habile Interprête
a xercé sa capacité de la maniere
qui suit :
t
Ο ΔΗΜΟΣ
Α ΘΗΝΑΙΟΝ
ΙΚΗΣΙΟΥ
Ο ΔΗΜΟΣ
NANNION
Α ΘΗΝΑΙΟΥ
Populus ( coronat ) Populus ( coronat )
Atheneum
Higesii filium.
Nannium
Athenei filiam.
Pour l'intelligence de cette Inscription
il faut remarquer avant toutes choses ,
que ces mots , O AHMOΣ , sont entourez
d'une Couronne.
voir
Cela étoit fort d'usage à Smyrne ; on
le reconnoît par divers Monumens qui
y ont été trouvez , et qu'on peut
dans différens Recueils d'Inscriptions *
Antiques , quoiqu'on n'y ait pas toujours
fait mention des Couronnes , comme on
auroit dû le faire . Cela s'appelloit cepav&v
ονομαςί
Mais quelle est la raison qui a pû faire
accorder des Couronnes , soit en ce Monument
soir en d'autres semblables ,
* Reinasius , Spon , les Marbres d'Oxford.
F iiij
aux
1814 MERCURE DE FRANCE
aux Particuliers qui y sont nommeż ?
C'est ce qu'il faut essayer de découvrir.
Car de croire que te n'étoit qu'un simple
ornement , dépendant de la fantaisie du
Sculpteur , c'est ce qu'il est difficile de
penser' , quand on considére l'uniformité
qui regne sur ce point dans tous ces divers
Marbres.
J'ai cru quelques temps que ces Couronnes
étoient celles dont on honoroit
les Vainqueurs aux Jeux solemnels ; car
il s'en faisoit de celebres à Smyrne, comme
il paroît par une Inscription du Recueil
de Gruter , pag. 314. n. 1. on y entretenoit
même des combats de Poësie ,
suivant Aristide , tom. 1. Oration . et cela
pouvoit regarder les femmes comme les
hommes.
Cependant en examinant la chose de
plus près , j'ai reconnu que cette idée ne
pouvoit compatir avec les bas - reliefs qui
accompagnent la plupart de ces Inscriptions
, et entr'autres celle- cy ; car on
n'y voit rien qui ait rapport à une victoire
remportée dans des Jeux .Au contraire,
un mari qui touche dans la main de sa
femme , avec un enfant qui est à leur
côté a tout à- fait l'air d'un Monument
sépulchral.
Ce n'étoit autre chose, en effet , suivant
qu'en
A O UST . 1733. 1815
qu'en a tres-bien jugé notre illustre ami
le P. de Montfaucon , dans son Supplément
des Antiquitez , tom . 5. pag. 27.en
parlant d'un autre Monument ; et ce qui
me confirme dans ce sentiment , c'est un
Passage de Ciceron , pro Flacco , cap. 31.
qui justifie que l'un des honneurs funebres
, que rendoit quelquefois la Ville
de Smyrne à ceux qu'elle en jugeoit dignes
, étoit la Couronne d'or , que ses
Magistrats faisoient mettre sur le corps
du deffunt : Postremò ut imponeretur aurea
Corona mortuo Honneur dont on conservoit
, sans doute , la mémoire , en faisant
graver sur le Tombeau une Couronne de
la même forme ; car encore qu'il fut d'u- .
sage de couronner * les morts , en les portant
au Tombeau , on n'avoir pas coutu
me de graver des Couronnes sur leurs
monumens , sans quelque raison particuliere.
Or cette Couronne représente divers
feuillages , suivant les personnes dont i
s'agissoit , mais plus souvent les feuilles
d'Olivier , ainsi que d'autres l'ont remar
qué. Ils en donnent pour raison , que POlivier
est le symbole de la Victoire , er
qu'on en couronnoit les Morts , com ne :
* Kirchman , de Funere L. II. Aringbi , Roma
subter. lib. 1. cap. 2.5.
Fy ayant
1816 MERCURE DE FRANCE
ayant
surmonté tous les travaux de cette
vie. Mais il me paroît plus naturel de
dir qu'on leur donnoit des Couronnes
d'Olivier , parce que cet Arbre est le
symbole de la Paix . C'est ce qui a fait
dire au Poëte Prudence :
Verticem flavis oleis revincta,`
Pacis honore.
"
Or on sçait que le Tombeau a été regardé
par tous les Peuples comme un séjour
de repos et de paix éternelle. Delà
ces formules des Inscriptions Sépul- .
chrales. QUIETI AFTERNE PERPETUE
SECURITATI ; EN EIPH NH , et cllecy
du Recueil de Fabretti , pag. 113. n.
180. Inscription. D. Q. ETERNAM , &c .
Ce qu'il explique fort bien : Dom.um
Quietis AEternam . A quoi on peut ajoûter
le sentiment formel de Clement d'Alexandrie
Pa lag. I I. qui , parlant en general
de l'usage de couronner les Morts ,
dit que c'étoit le symbole d'une tranquillité
exemte de tout trouble , A'oxλáre
αμεριμνίας συμβολον .
Mais avant que de finir , je crois que
vous ne serez pas fâché que j'insere ici
une Inscription qui confirme à merveille
ce qui vient d'être avancé , et qu'on dit
être à Arles sur un Marbre , qui sert à
present
AOUST. 1733. 1817
present de Lavoir au Refectoire des
Minimes .
PAX ETERNA
DULCISSIMÆ ET INN
OCENTISSIM. FILIE CH .
RYSOGONE. JUNIOR SIRICI
'QUÆ VIXIT ANN. III . M. II. DIE
B. XXVII. VALERIUS. ET. CHRYSE
GONE PARENTES FILIE RARI
SSIME . ET OMNI TEMPORE VI
TÆ. SUE. DESIDERANTISSI
ME.
Je rapporte au long cette Inscription ,
tant parce que je ne crois pas qu'elle
ait encore été imprimée , que pour y
corriger quelques petites fautes. Car je
suis persuadé , qu'au lieu de SIRICI , il
faut SIRICE , pour SIRICE. C'est un second
surnom de Chrysogone , connu
par d'autres Inscriptions ; entr'autres
une Latine de Gruter , pag. 609. n . 2. et
par
* Il semble que les Minimes de Marseille ont
encore plus dégradé l'Antiquité que ceux d'Arles.
Ici le Monument sert de Lavoir pour le Réfectoire ;
à Marseille un Tombeau antique , orné aussi d'une
Inscription,sert d' Auge auPuits du Monastere.M.de
Ruffy, Hist. de Marseille. T. II. L. XIII p . 320..
F vj par
1818 MERCURE DE FRANCE
par une Grecque de Fabetti , pag. 59r.
7. 108. il est évident qu'il faut aussi
CHRYSOGONE à la sixième ligne. A l'égard
de DESIDERANTISSIME pour DESIDERATISSIMÆ
, c'est une méprise du Graveur
, mais qui n'est pas sans exemple ,
comme il paroît par une Inscription du
Recueil de Reinesius IX . 33. D'ailleurs
les Anciens mêloient souvent des N superflues
dans leur Orthographe , comme
quand ils écrivoient Formonsus Cherronensus
, &c. Mais je reviens à notre Inscription.
*
A OHNAION ) ce nom étoit fort
commun parmi les Grecs. Le sçavant. ét
laborieux Auteur de la nouvelle Bibliotheque
Grecque , inm . 3. p . 630. a dorz
né la Liste de tous les Gens de Lettres
qui l'ont porté. Mais je n'y en ai trouvé
aucun de Smyrne.
Au reste on sent bien que dans cette
Inscription , ainsi que dans les autres pareilles
, il manque un Verbe qu'il est nécessaire
de suppléer . Personne , que je
scache , n'a encore . enseigné celui qui y
étoit sous - entendu . Mais je crois l'avoir
trouvé dans deux Inscriptions qui nous
viennent d'autres Villes , et que Spon
nous a con´ervées , Miscel , p. 335. Elles
* Jean Albert Fabricius.
prou
A OUST. 1733. 1819
prouvent de plus- en - plus que c'est ici un
Monument Sépulchral . Il suffira d'en rape
porter l'une.
Η ΒΟΥΛΗΚΑΙ ΟΔΗΜΟΣ
ΣΤΕΦΑΝΟΙ ΧΡΥΣU CTE
ΦΑΝΟ ΕΥΡΥΘΜΟΝ ΕΠΙ
ΤΥΧΩΣ ΠΡΟΜΟΙΡΟΣ
BIOCANTA
C'est à - dire Senatus et Populus coro→
nant aurea Corona Eurythmum , Epitychis
F. pra naturatâ morte defunctum . Delà
il est aisé de juger que ce qui est énoncé
tout du long dans ce Monument , l'étoit
en abregé dans ceux de Smyrne , où
il faut par conséquent sous - entedre T-
φαιδί χρυσώςεφάνω. Comme des Courone
nes d'or y étoient apparemment d'un
usage plus fréquent , cela s'entendoit à
demi mot.
ΙΚΗΣ
IKHE IOT , il y a ici , ce me semble;
une faute du Marbrier , qui auroit dû graver
I KEZIOr , car ce nom est écrit
par tout de cette maniere , comme il pa
roît par la Géographie de Strabon , L. 13 .
lorsqu'il parle d'un Hicesius , qui tenoit
peu de temps avant lui une Ecole céle
bre de Medecine à Smyrne. Et ce qui
prouve que ce n'est point par une faute
du
1820 MERCURE DE FRANCE
du Copiste , que Son est écrit , Ixámog
dans ce Géographe , c'est qu'il est représenté
ainsi sur deux Médailles Grecques
du même Medecin , que M. Mead nous
a données depuis peu . Dans une autre
Inscription en Vers , qui est parmi les
Marbres d'Oxfort , pag. 78. le nom d'un
autre Hicesius est encore écrit de la même
maniere. C'étoit pareillement celui du
Pere du fameux Cynique Diogêne. Mais
il n'est pas rare de trouver l'E et l'H
employez l'un pour l'autre dans ces sortes
de Monumens . Cela est trop connu
pour m'arrêter à le prouver.
Pour ce qui est de notre Hicesius , si
c'étoit le Médecin dont je viens de pa
ler , et que je ne crois pas different de
l'Icesius , dont il est fait mention dans
Pline et ailleurs , quoique le sçavant Fabricius
, Bibliot. Gr . Tom. 13. p. 189. et
253. semble les avoir distinguez , votre
Inscription seroit du siecle d'Auguste ,
et auroit été posée pour faire honneur au
fils d'un homme qui en a beaucoup fait
à la Ville de Smyrne. Mais c'est ce qu'on
ne peut assurer sur un Argument aussi
foible que celui de la conformité des
noms.
NANNION ) c'est un nom de femme ,
témoin la fameuse Courtisane Narrior ,
dont
A O UST. 17330 1821
dont il est parlé dans Athénée XII. 3 .
et 6. et ailleurs . Ce nom est un diminutif
de Navy , comme Nicium de Nico, Myrtium
de Myrto , Glycerium de Glycera , &c.
il est encore fait mention d'une Nannium ,
fille d'Isagoras , dans un autre Marbre de
Smyrne , qu'a publié Jacques Gronovius
Memor Cosson , p. 149.
On ne peut douter que la nôtre ne
soit l'une des Figures représentées dans
le bas- relief qui est au - dessous de l'Inscription
, où elle donne la main à un
homme qui paroît l'Athénée , fils de Hicesius
, dont il a été parlé cy - dessus. Cet
homme à l'air trop jeune pour être son
Pere. Il est plus probable que c'est son
Mary ; et cela étant il faut qu'elle fût
fille d'un autre Athénée. Pour l'Enfant
qui est à côté d'elle , c'est apparemment
son fils , il tient devant lui un Livre qui
peut faire juger qu'il avoit commencé ses
Etudes , et même qu'il y avoit déja fait
quelque progrès ; mais cela ne vaut pas
la peine que je m'y arrête davantage.
Nous reiterons que nous sommes fâchez
de ne pouvoir pas rapporter d'autres
Parties ou d'autres Morceaux du même
Ouvrage , sur tout de l'Explication
du dernier de ces Monumens , le plus
considerable de tous, apporté de Tripoly
de
1822 MERCURE DE FRANCE
gue
de Barbarie. On en jugera par le mérite de
l'Inscription Grecque , laquelle contient
Decretun fait en l'honneur d'un Gouverneur
d'Egypte par les Chefs de la Synagodes
Juifs de la Ville de Berenice , en
reconnoissance des bienfaits qu'ils en
avoient reçûs.Pour en faire connoître l'importance
et les singularitez , il falloit tout
P'heureux génie et toute l'érudition de
notre sçavant Auteur , et nous ne risquons
rien d'assurer que les Lecteurs les
plus intelligens seront particulierement
satisfaits de cette partie de son
travail.
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Résumé : EXPLICATION de quelques Marbres antiques, dont les Originaux sont dans le Cabinet de M...... Brochure in 4[o.] de 50 pages. A Aix, chez Joseph David, 1733.
La brochure 'Explication de quelques Marbres antiques', publiée en 1733 à Aix chez Joseph David, est une dissertation de 50 pages sous forme de lettre adressée à M..., propriétaire des marbres. L'auteur, M. Bouhier, ancien Président au Parlement de Dijon et membre de l'Académie Française, est reconnu pour ses compétences en antiquités. La brochure analyse sept marbres antiques, avec des bas-reliefs et inscriptions gravés et interprétés. L'auteur se concentre particulièrement sur le dernier marbre, considéré comme l'un des plus curieux jamais découverts. Il présente une interprétation complète d'un marbre apporté de Smyrne. Ce marbre mesure 3 pieds, 3 pouces et 3 lignes de haut, et 1 pied, 2 pouces et 6 lignes de large. Il est orné de trois figures en bas-relief accompagnées d'une inscription en grec traduite comme suit : 'Le peuple couronne le fils d'Higésius, Athénée, et la fille d'Athénée, Nannion.' L'auteur discute de la signification des couronnes entourant les noms dans l'inscription, soulignant que cet usage était courant à Smyrne. Il explore diverses hypothèses sur la raison de ces couronnes, concluant qu'elles étaient probablement des honneurs funèbres. Il cite des passages de Cicéron et d'autres auteurs pour appuyer cette interprétation. Une inscription à Arles, servant de lavoir, confirme ses conclusions sur les couronnes funéraires. Le document se termine par une réflexion sur les noms grecs et les erreurs potentielles dans les inscriptions, illustrant la complexité de l'interprétation des antiquités.
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256
p. 1850-1851
Nouveau Pont de Compiegne, Inscription, [titre d'après la table]
Début :
Le [1?]9 du mois de Juin dernier le Roy suivi de S. E. M. le Cardinal de Fleury, alla visiter [...]
Mots clefs :
Roi, Pont de Compiègne, Cardinal de Fleury, Louis XV, Dubois, Lahire
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Pont de Compiegne, Inscription, [titre d'après la table]
Le 9 du mois de Juin dernier le Roy suivi
de S. E. M. le Cardinal de Fleury , alla visiter
le Pont de Compiegne , nouvellement construit
par les Ordres de S. M. sur la Riviere
d'Oise . Ce Pont est composé de trois Arches
fort grandes et plus surbaissées que toutes celles
qui ont été faites en ce genre, de deux Pille
et de deux Culées . L'Arche du milieu est de 12
tois s d'ouverture , et celles d'à côté de onze
toises ; la largeur du Pont est d'environ 27 pieds
entre les murs des Parapets ; îl est orné de
Tours rondes , ou Paus arrondis aux 4 coins >
pour lui donner des évasemens aux Entrées.
,
4
Les Armes du Roy paroissent au haut de la
grande Arche , sculptées par le Sr Coustou le
Cadet et au dessus s'éleve sur un Piedestal
une Pyramide de 30 pieds de hauteur , portant
moitié de son épaisseur en dehors des Parapets,
et moitié en dedans. Les deux Panneaux du
Piedestal sont chargez d'Inscriptions , dont la
premiere peut être lûe de dessus le Pont, et contient
ces mots :
LUDOVICO XV.
Quod via publicâ , hinc Lutetiam, line Noviedunum
, correctâ , stratâ et munitâ , Compendium
novo Ponte lapideo decoravit. Anno M. DCC . XXX.
La seconde Inscription ne peut être lûë que
de dessus la Riviere ; Elle est ainsi gravée sur le
côté opposé :
Iter tutum viatoribus,et Nautis facilè commercium.
La
1
AOUST. 17337 1851
La Piramide est couronnée d'un Globe de cuivre
doré ; au dessus duquel , selon l'usage des
Ponts , est élevée une Croix de fer , dont les extrêmitez
sont aussi ornées d'ouvrages de . Cuivre
doré.
Ce Pont a été conduit par le Sr de la Hire ,
Inspecteur General, et sous les Ordres de M.Dubois
, Directeur General des Ponts et Chaussées
de France. Il étoit entierement achevé au mois
de May dernier ; mais comme il avoit été , pour
ainsi dire , bâti sous les yeux de S. M. qu'elle
en avoit posé la premiere Pierre en 1730. et
qu'il y a eu des Méda lles frappées la même (a )
année sur ce sujet, posées dans l'Edifice en 1732 .
M. Dubois n'a pas voulu que le Pont fut livré
au Public que le Roy ne l'eut honoré de sa visite
, et n'eut passé dessus le premier. Sa Majesté
le considera par dessus et par dessous , avec
beaucoup d'attention , lût les Inscriptions , et
parut enfin satisfaite de cet Edifice public , dont
la construction est en effet hardie , d'une noble
simplicité et d'une solidité à toute épreuve ; aussi
son Eminence et tous les Seigneurs qui accompagnoient
le Roy , dirent là - dessus des choses
fort obligeantes à M. Dubois.
( a ) La Médaille du Roy , dont le Revers represente
le nouveau Pont de Compiegne , est gravée
dans le Mercure de May 1732.
de S. E. M. le Cardinal de Fleury , alla visiter
le Pont de Compiegne , nouvellement construit
par les Ordres de S. M. sur la Riviere
d'Oise . Ce Pont est composé de trois Arches
fort grandes et plus surbaissées que toutes celles
qui ont été faites en ce genre, de deux Pille
et de deux Culées . L'Arche du milieu est de 12
tois s d'ouverture , et celles d'à côté de onze
toises ; la largeur du Pont est d'environ 27 pieds
entre les murs des Parapets ; îl est orné de
Tours rondes , ou Paus arrondis aux 4 coins >
pour lui donner des évasemens aux Entrées.
,
4
Les Armes du Roy paroissent au haut de la
grande Arche , sculptées par le Sr Coustou le
Cadet et au dessus s'éleve sur un Piedestal
une Pyramide de 30 pieds de hauteur , portant
moitié de son épaisseur en dehors des Parapets,
et moitié en dedans. Les deux Panneaux du
Piedestal sont chargez d'Inscriptions , dont la
premiere peut être lûe de dessus le Pont, et contient
ces mots :
LUDOVICO XV.
Quod via publicâ , hinc Lutetiam, line Noviedunum
, correctâ , stratâ et munitâ , Compendium
novo Ponte lapideo decoravit. Anno M. DCC . XXX.
La seconde Inscription ne peut être lûë que
de dessus la Riviere ; Elle est ainsi gravée sur le
côté opposé :
Iter tutum viatoribus,et Nautis facilè commercium.
La
1
AOUST. 17337 1851
La Piramide est couronnée d'un Globe de cuivre
doré ; au dessus duquel , selon l'usage des
Ponts , est élevée une Croix de fer , dont les extrêmitez
sont aussi ornées d'ouvrages de . Cuivre
doré.
Ce Pont a été conduit par le Sr de la Hire ,
Inspecteur General, et sous les Ordres de M.Dubois
, Directeur General des Ponts et Chaussées
de France. Il étoit entierement achevé au mois
de May dernier ; mais comme il avoit été , pour
ainsi dire , bâti sous les yeux de S. M. qu'elle
en avoit posé la premiere Pierre en 1730. et
qu'il y a eu des Méda lles frappées la même (a )
année sur ce sujet, posées dans l'Edifice en 1732 .
M. Dubois n'a pas voulu que le Pont fut livré
au Public que le Roy ne l'eut honoré de sa visite
, et n'eut passé dessus le premier. Sa Majesté
le considera par dessus et par dessous , avec
beaucoup d'attention , lût les Inscriptions , et
parut enfin satisfaite de cet Edifice public , dont
la construction est en effet hardie , d'une noble
simplicité et d'une solidité à toute épreuve ; aussi
son Eminence et tous les Seigneurs qui accompagnoient
le Roy , dirent là - dessus des choses
fort obligeantes à M. Dubois.
( a ) La Médaille du Roy , dont le Revers represente
le nouveau Pont de Compiegne , est gravée
dans le Mercure de May 1732.
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Résumé : Nouveau Pont de Compiegne, Inscription, [titre d'après la table]
Le 9 juin, le roi Louis XV, accompagné du cardinal de Fleury, visita le pont de Compiègne, nouvellement construit sur la rivière Oise. Ce pont, ordonné par le roi, comprend trois grandes arches surbaissées, deux piles et deux culées. L'arche centrale mesure 12 toises d'ouverture, et les arches latérales 11 toises. La largeur du pont est d'environ 27 pieds entre les murs des parapets. Il est orné de tours rondes aux quatre coins pour faciliter les entrées. Les armes du roi sont sculptées au sommet de la grande arche par le sieur Coustou le Cadet. Au-dessus, une pyramide de 30 pieds de hauteur porte des inscriptions. La première inscription, visible depuis le pont, mentionne la construction du pont sous Louis XV. La seconde inscription, visible depuis la rivière, parle de la sécurité des voyageurs et de la facilité du commerce. La pyramide est couronnée d'un globe de cuivre doré surmonté d'une croix de fer. La construction du pont, commencée en 1730, fut achevée en mai et inaugurée par le roi en juin 1733. Le roi examina le pont avec attention, lut les inscriptions et parut satisfait de cet édifice public.
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257
p. 2008
Architecture des Eglises, &c. [titre d'après la table]
Début :
ARCHITECTURE des Eglises, anciennes et nouvelles : Par M. H. le Blanc, in 12. [...]
Mots clefs :
Architecture, Goût, Églises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Architecture des Eglises, &c. [titre d'après la table]
ARCHITECTURE des Eglises , anciennes.
et nouvelles : Par M. H. le Blanc , in 12.
A Paris , chez la veuve Pissot , Quai de
Conti.. 1733
Cet Ouvrage contient des observations
sur le goût de l'Architecture , dans lesquelles
l'Auteur , après avoir fait voir les
défauts de l'Architecture Gothique , et
son irrégularité, fait un Parallele des deux
plus beaux morceaux de l'Architecture ,
ancienne et moderne sçavoir , selon lui,
le Portail de N. D. de Rheims , et celui
de S. Paul de Londres , et il soutient que
le goût nouveau surpasse infiniment , et
pour la solidité et pour la régularité , tout
ce que l'ancien nous présente d'imposant.
et nouvelles : Par M. H. le Blanc , in 12.
A Paris , chez la veuve Pissot , Quai de
Conti.. 1733
Cet Ouvrage contient des observations
sur le goût de l'Architecture , dans lesquelles
l'Auteur , après avoir fait voir les
défauts de l'Architecture Gothique , et
son irrégularité, fait un Parallele des deux
plus beaux morceaux de l'Architecture ,
ancienne et moderne sçavoir , selon lui,
le Portail de N. D. de Rheims , et celui
de S. Paul de Londres , et il soutient que
le goût nouveau surpasse infiniment , et
pour la solidité et pour la régularité , tout
ce que l'ancien nous présente d'imposant.
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Résumé : Architecture des Eglises, &c. [titre d'après la table]
En 1733, M. H. le Blanc publie 'Architecture des Églises, anciennes et nouvelles' à Paris. Il critique l'architecture gothique pour ses défauts et son irrégularité. Il compare le portail de la cathédrale Notre-Dame de Reims et celui de la cathédrale Saint-Paul de Londres, affirmant que le goût architectural moderne est supérieur en solidité et régularité.
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258
p. 2027-2030
Le Progrez de la Sculpture, Ode, [titre d'après la table]
Début :
Nous avons appris au Public dans le dernier Mercure, que l'Académie Françoise [...]
Mots clefs :
Sculpture, Ode, Académie française, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Progrez de la Sculpture, Ode, [titre d'après la table]
Nous avons appris au Public dans le
nier Mercure , que l'Académie Franise
avoit adjugé cette année le Prix
de la Poësie , à une Ode de la composition
de M. Isnard , de l'Oratoire , Professeur
de Réthorique à Soissons . On
sera , sans doute , bien aise de trouver
Ici une idée de cette Piece , dont le Sujet
est : les Progrès de la Sculpture sous le Regne
de Louts LE GRAND .
Le Poëte s'adressant à la Sculpture
même , commence ainsi :
O Toy , dont le Ciseau Rival de Promethét ,
Anume le métal transformé sous tes doigts ,
Et fait sortir au Marbre à ma vûe enchantée ,
Les Dieux , les Héros et les Rois.
Quelle est de ton pouvoir l'agréable imposture !
Tantôt d'une Action retraçant la peinture ,
Tu fais mouvoir tous ses ressorts.
Tantôt , des passions Interprète sublime ,
Sur le docile airain ton Art qui les exprime ,
En allume en moi les transports.
Vien , dis- moi les progrès de tes sçavantes
veilles ,
Dis -moi qui t'a rendu cette antique splendeur ,
Qui d'un Regne fameux , le centre des merveilles,
Doit éterniser la grandeur.
Fiiij Sur
2028 MERCURE DE FRANCE
Sur les débris de Rome élevant son Empire ,
Un Vainqueur (a) odieux contre les Arts conspire
,
Tu suivis ses barbares Loix.
Mais affranchie (6 ) enfin du joug de l'ignorance,
Le Destin , pour ta gloire et celle de la France ,
Fait naître le plus grand des Rois.
Il étale ensuite en plusieurs strophes
les merveilles de la Sculpture perfectionnée
sous ce grand Prince , en retraçant
les Morceaux les plus exquis qui ont
été executez par ses ordres , et par les
plus celebres Auteurs qu'il nomme , à
la tête desquels est Girardon , souvent
répeté dans ce dénombrement. L'Auteur,
qui est Provençal , a marqué une attention
particuliere pour le fameux P. Puget
, son compatriote , qui fut lui - même
son modele , et fut préferé aux plus habiles
Sculpteurs d'Italie . Voici comment
il parle de ses deux plus beaux Ouvrages ,
Infortuné Milon , un piege inévitable ,
Triomphe de ta force et va livrer tes jours ;
La pitié m'interesse à ton sort déplorable ;
par
( a ) Arts anéantis depuis le sac de Rome
Alaric , la Sculpture Gotique , introduite , &c.
(b) La belle Sculpture recommence sous Franfois
I se perfectionne sous Louis XIV. ¿c.
Attends
SEPTEMBRE . 1733. 2029
Attends : je vole à ton secours ...
Aimable illusion ! plus mon oeil t'envisage ,
Plus mon coeur s'attendrit , et ta vivante image
Me transmet tes vives douleurs.
Tout parle , tout me touche en ce divin Modele,
LOUIS Seul put former une main immortelle ,,
Digne de peindre tes malheurs.
Est-ce assez ? Quel objet plus effrayant encore !!
Andromede périt : un Monstre la dévore ...
C'en est fait ; Destin rigoureux !
Mais non. Un demi - Dieu vient signaler son zele,,
Fend les Airs , la délivre , et ce Marbre fidele
Mieux que lui la rend à mes voeux.
L'Ode est suivie de cette Priere pour
LE ROY .
Grand Dieu , ce Roy selon ton coeur ,,
Epuisa les beaux Arts * à décorer tes Temples .
Et porta ses Sujets , par d'augustes exemples ,
A rendre hommage à ta grandeur ..
Du Prince héritier de son zele ,.
Récompense la pieté :
Statues des Apôtres , des Vertus , &c. de la
Chapelle de Versailles , et celles de Notre- Dame:
de Paris.
Fv Que
2030 MERCURE DE FRANCE
Que son Regne cheri de son Peuple fidele ,
Fasse encor le bonheur de la Postérité.
Excudent alii spirantia molliùs ara,
Vivos ducent de marmore vultus.
Virg. Æneid. L. VI.
nier Mercure , que l'Académie Franise
avoit adjugé cette année le Prix
de la Poësie , à une Ode de la composition
de M. Isnard , de l'Oratoire , Professeur
de Réthorique à Soissons . On
sera , sans doute , bien aise de trouver
Ici une idée de cette Piece , dont le Sujet
est : les Progrès de la Sculpture sous le Regne
de Louts LE GRAND .
Le Poëte s'adressant à la Sculpture
même , commence ainsi :
O Toy , dont le Ciseau Rival de Promethét ,
Anume le métal transformé sous tes doigts ,
Et fait sortir au Marbre à ma vûe enchantée ,
Les Dieux , les Héros et les Rois.
Quelle est de ton pouvoir l'agréable imposture !
Tantôt d'une Action retraçant la peinture ,
Tu fais mouvoir tous ses ressorts.
Tantôt , des passions Interprète sublime ,
Sur le docile airain ton Art qui les exprime ,
En allume en moi les transports.
Vien , dis- moi les progrès de tes sçavantes
veilles ,
Dis -moi qui t'a rendu cette antique splendeur ,
Qui d'un Regne fameux , le centre des merveilles,
Doit éterniser la grandeur.
Fiiij Sur
2028 MERCURE DE FRANCE
Sur les débris de Rome élevant son Empire ,
Un Vainqueur (a) odieux contre les Arts conspire
,
Tu suivis ses barbares Loix.
Mais affranchie (6 ) enfin du joug de l'ignorance,
Le Destin , pour ta gloire et celle de la France ,
Fait naître le plus grand des Rois.
Il étale ensuite en plusieurs strophes
les merveilles de la Sculpture perfectionnée
sous ce grand Prince , en retraçant
les Morceaux les plus exquis qui ont
été executez par ses ordres , et par les
plus celebres Auteurs qu'il nomme , à
la tête desquels est Girardon , souvent
répeté dans ce dénombrement. L'Auteur,
qui est Provençal , a marqué une attention
particuliere pour le fameux P. Puget
, son compatriote , qui fut lui - même
son modele , et fut préferé aux plus habiles
Sculpteurs d'Italie . Voici comment
il parle de ses deux plus beaux Ouvrages ,
Infortuné Milon , un piege inévitable ,
Triomphe de ta force et va livrer tes jours ;
La pitié m'interesse à ton sort déplorable ;
par
( a ) Arts anéantis depuis le sac de Rome
Alaric , la Sculpture Gotique , introduite , &c.
(b) La belle Sculpture recommence sous Franfois
I se perfectionne sous Louis XIV. ¿c.
Attends
SEPTEMBRE . 1733. 2029
Attends : je vole à ton secours ...
Aimable illusion ! plus mon oeil t'envisage ,
Plus mon coeur s'attendrit , et ta vivante image
Me transmet tes vives douleurs.
Tout parle , tout me touche en ce divin Modele,
LOUIS Seul put former une main immortelle ,,
Digne de peindre tes malheurs.
Est-ce assez ? Quel objet plus effrayant encore !!
Andromede périt : un Monstre la dévore ...
C'en est fait ; Destin rigoureux !
Mais non. Un demi - Dieu vient signaler son zele,,
Fend les Airs , la délivre , et ce Marbre fidele
Mieux que lui la rend à mes voeux.
L'Ode est suivie de cette Priere pour
LE ROY .
Grand Dieu , ce Roy selon ton coeur ,,
Epuisa les beaux Arts * à décorer tes Temples .
Et porta ses Sujets , par d'augustes exemples ,
A rendre hommage à ta grandeur ..
Du Prince héritier de son zele ,.
Récompense la pieté :
Statues des Apôtres , des Vertus , &c. de la
Chapelle de Versailles , et celles de Notre- Dame:
de Paris.
Fv Que
2030 MERCURE DE FRANCE
Que son Regne cheri de son Peuple fidele ,
Fasse encor le bonheur de la Postérité.
Excudent alii spirantia molliùs ara,
Vivos ducent de marmore vultus.
Virg. Æneid. L. VI.
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Résumé : Le Progrez de la Sculpture, Ode, [titre d'après la table]
L'Académie Française a décerné le Prix de la Poésie à une ode de M. Isnard, professeur de rhétorique à Soissons. Cette œuvre, intitulée 'Les Progrès de la Sculpture sous le Règne de Louis le Grand', célèbre les avancées de la sculpture durant le règne de Louis XIV. L'ode décrit la sculpture comme capable de transformer le métal et le marbre en représentations divines et héroïques. Le poète mentionne les progrès de cet art sous Louis XIV et cite des sculpteurs célèbres comme Girardon et Puget. L'ode met en lumière des œuvres majeures commandées par le roi, telles que 'L'Infortuné Milon' et 'Andromède'. Le texte se conclut par une prière pour le roi, louant ses contributions aux arts et exprimant le souhait que son règne continue de bénéficier à la postérité.
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259
p. 2030-2031
« NOUVELLE HISTOIRE de l'Abbaye Collegiale de S[.] Filibert de la Ville de [...] »
Début :
NOUVELLE HISTOIRE de l'Abbaye Collegiale de S[.] Filibert de la Ville de [...]
Mots clefs :
Nouvelle, Abbaye, Critiques, Remarques, Abbaye Saint-Philibert de Tournus, Égyptiens, Temple des muses, Réflexions critiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NOUVELLE HISTOIRE de l'Abbaye Collegiale de S[.] Filibert de la Ville de [...] »
NOUVELLE HISTOIRE de l'Abbaye
Collegiale de S Filibert de la Ville de
Tournus , enrichie de figures , avec une
Table Chronologique , et quelques Remarques
Critiques sur le IV . Tome de
la nouvelle Gaule Chrétienne ; les Preuves
de l'Histoire , un Recueil d'Epitaphes
choisies , le Poüillié des Benefices
dépendans de l'Abbaye , et un Essai sur
l'Origine et la Généalogie des Comtes
de Châlons et de Mâcon , et des Sires
de Bauge. Par M. Pierre Juenin , Chanoine
de la même Abbaye , 1733 in 4.
2. vol. A Dijon , chez Antoine de Fay ,
Imprimeur des Etats , de la Ville et de
l'Université .
HISTOIRE ANCIENNE DES EGYPTIENS ,
des Carthaginois , des Assyriens , des
Babyloniens , des Medes et des Perses ,
des Macédoniens , des Grecs . Par M. Rollin
, ancien Recteur de l'Université de
Paris , Professeur d'Eloquence au College
SEPTEMBRE. 1733 .
2031
lege Royal , et As ocié à l'Académie
Royale des Inscriptions et Belles- Lettres
. Tome V. A Paris , chez la Veuve
Etienne , Libraire , ruë S. Jacques , 1733 .
pp . 650.
LE TEMPLE DES MUSES , orné de 60.
Tableaux, où sont représentez les Evenemens
les plus remarquables de l'Antiqui
té fabuleuse ; dessinez et gravez par B.
Picart le Romain , et autres habiles Maîtres
, et accompagnez d'Explications et
Remarques , qui découvrent le vrai sens
des Fables et le fondement qu'elles ont
dans l'Histoire. A Amsterdam , chez Zacharie
Chatelain , 1733. in fol.
Cet Ouvrage est fort different de celui
que l'Abbé de Marolles fit imprimer
à Paris en 1655. sous le titre de Ta
bleaux du Temple des Muses , tirez du Cabinet
de M. Favereau , & c.
REFLEXIONS CRITIQUES sur la
Poësie et sur la Peinture . Nouvelle Edition
, revûë , corrigée et considerablement
augmentée. A Paris , ruë S. Facchez
Mariette, aux Colomnes d'Her
cule , 1733. 3. volumes in 12. de plus de
1400. pages.
Collegiale de S Filibert de la Ville de
Tournus , enrichie de figures , avec une
Table Chronologique , et quelques Remarques
Critiques sur le IV . Tome de
la nouvelle Gaule Chrétienne ; les Preuves
de l'Histoire , un Recueil d'Epitaphes
choisies , le Poüillié des Benefices
dépendans de l'Abbaye , et un Essai sur
l'Origine et la Généalogie des Comtes
de Châlons et de Mâcon , et des Sires
de Bauge. Par M. Pierre Juenin , Chanoine
de la même Abbaye , 1733 in 4.
2. vol. A Dijon , chez Antoine de Fay ,
Imprimeur des Etats , de la Ville et de
l'Université .
HISTOIRE ANCIENNE DES EGYPTIENS ,
des Carthaginois , des Assyriens , des
Babyloniens , des Medes et des Perses ,
des Macédoniens , des Grecs . Par M. Rollin
, ancien Recteur de l'Université de
Paris , Professeur d'Eloquence au College
SEPTEMBRE. 1733 .
2031
lege Royal , et As ocié à l'Académie
Royale des Inscriptions et Belles- Lettres
. Tome V. A Paris , chez la Veuve
Etienne , Libraire , ruë S. Jacques , 1733 .
pp . 650.
LE TEMPLE DES MUSES , orné de 60.
Tableaux, où sont représentez les Evenemens
les plus remarquables de l'Antiqui
té fabuleuse ; dessinez et gravez par B.
Picart le Romain , et autres habiles Maîtres
, et accompagnez d'Explications et
Remarques , qui découvrent le vrai sens
des Fables et le fondement qu'elles ont
dans l'Histoire. A Amsterdam , chez Zacharie
Chatelain , 1733. in fol.
Cet Ouvrage est fort different de celui
que l'Abbé de Marolles fit imprimer
à Paris en 1655. sous le titre de Ta
bleaux du Temple des Muses , tirez du Cabinet
de M. Favereau , & c.
REFLEXIONS CRITIQUES sur la
Poësie et sur la Peinture . Nouvelle Edition
, revûë , corrigée et considerablement
augmentée. A Paris , ruë S. Facchez
Mariette, aux Colomnes d'Her
cule , 1733. 3. volumes in 12. de plus de
1400. pages.
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Résumé : « NOUVELLE HISTOIRE de l'Abbaye Collegiale de S[.] Filibert de la Ville de [...] »
En 1733, plusieurs ouvrages historiques et littéraires ont été publiés. 'Nouvelle Histoire de l'Abbaye Collegiale de Saint-Filibert de la Ville de Tournus' par Pierre Juenin, chanoine de l'abbaye, inclut des figures, une table chronologique, des remarques critiques, des preuves historiques, des épitaphes choisies, un recueil des bénéfices dépendants de l'abbaye, et un essai sur l'origine et la généalogie des comtes de Châlons et de Mâcon, ainsi que des sires de Bauge. Cet ouvrage est publié à Dijon par Antoine de Fay. Charles Rollin, ancien recteur de l'Université de Paris et professeur d'éloquence au Collège Royal, a publié 'Histoire Ancienne des Égyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des Babyloniens, des Mèdes et des Perses, des Macédoniens, des Grecs', un livre de 650 pages édité à Paris par la Veuve Étienne. Le 'Temple des Muses', illustré par Bernard Picart et d'autres maîtres, présente 60 tableaux représentant des événements remarquables de l'antiquité fabuleuse, accompagnés d'explications et de remarques sur le sens des fables et leur fondement historique. Cet ouvrage est publié à Amsterdam par Zacharie Chatelain. Enfin, 'Réflexions Critiques sur la Poésie et sur la Peinture' de Pierre-Jean Mariette est une nouvelle édition revue, corrigée et augmentée, publiée à Paris en trois volumes.
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260
p. 2036-2037
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une nouvelle Estampe d'après Wauvermans, faite sur le Tableau Original du Cabinet [...]
Mots clefs :
Estampe, Composition, Roman comique, Surugue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Il paroît une nouvelle Estampe d'après Wauvermans
, faite sur le Tableau Original du Cabinets
? SEPTEMBRE. 1733. 2037
binet de M. Hallée , de 19. pouces de large , sur
15. représentant une Course de Bague , d'une
très- belle ordonnance et d'une composition riche
et ingénieuse. Le sieur Moyreaus , qui a grave
"cette Estampe , la vend chez lui , ruë Galande ,
vis- à- vis S. Blaise.
Deux autres nouvelles Estampes en large , de
la suite du Roman Comique de Scarron , paroissent
chez Surugue , rue des Noyers , d'après les
Tableaux du sieur Pater ; la composition en est
heureuse et bien executée. Le premier Sujet gravé
par le sieur Lépicié , est tiré du Chap. 10. du
2. Tome du Roman Comique , et représente la
Piramide d'ailes et de cuisses de Poulets , élevée sur
l'assiete du Destin par Mad . Bouvillon.
Le second Sujet , gravé par le sieur Surugue
représente Mad. Bouvillon , qui , pour tenter le
Destin , le prie de lui chercher une puce , tiré du
même second Tome , Chap . XI ,
, faite sur le Tableau Original du Cabinets
? SEPTEMBRE. 1733. 2037
binet de M. Hallée , de 19. pouces de large , sur
15. représentant une Course de Bague , d'une
très- belle ordonnance et d'une composition riche
et ingénieuse. Le sieur Moyreaus , qui a grave
"cette Estampe , la vend chez lui , ruë Galande ,
vis- à- vis S. Blaise.
Deux autres nouvelles Estampes en large , de
la suite du Roman Comique de Scarron , paroissent
chez Surugue , rue des Noyers , d'après les
Tableaux du sieur Pater ; la composition en est
heureuse et bien executée. Le premier Sujet gravé
par le sieur Lépicié , est tiré du Chap. 10. du
2. Tome du Roman Comique , et représente la
Piramide d'ailes et de cuisses de Poulets , élevée sur
l'assiete du Destin par Mad . Bouvillon.
Le second Sujet , gravé par le sieur Surugue
représente Mad. Bouvillon , qui , pour tenter le
Destin , le prie de lui chercher une puce , tiré du
même second Tome , Chap . XI ,
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
En septembre 1733, une estampe de Wauvermans représentant une course de bague est publiée. Elle est gravée par Moyreaus et vendue rue Galande. Deux autres estampes du Roman Comique de Scarron, inspirées des tableaux de Pater, sont disponibles chez Surugue rue des Noyers. Elles illustrent des scènes du deuxième tome, gravées par Lépicié et Surugue.
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261
p. 2037-2039
« Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Début :
Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...]
Mots clefs :
Tableaux, Peinture, Remède, Sieur Grégoire, Toile, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le sieur Grégoire , Peintre , et seul Restaura
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
Je suis au comble de mes voeux.
BRU
IT
IR NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
teur des Tableaux de l'Eglise de Paris , a trouvé
le secret de nettoyer les Tableaux sans y causer
la moindre altération , ce qu'il a fait voir sur
ceux de Notre-Dame , qui ont été vûs et examinez
par Mrs de l'Académie Royale de Peinture
et Sculpture , qui lui en ont donné un Certificat.
Il nettoye et rétablit aussi toutes sortes de Tableaux
peints sur Toile , sur Cuivre , sur Bois ,
sur Verre , sur Papier ; Peinture en huile sur
Plâtre , et couleurs à fresque. Il nettoye aussi
toutes sortes d'Ouvrages en Marbre , comme
Statues , Bustes , Bas- Reliefs et autres , sans diminuer
aucunement l'esprit de la figure ; il entreprend
également toutes sortes de Tableaux
d'His
2018 MERCURE DE FRANCE
d'Histoire Sainte et Profane , Portraits , Paysages
, Tableaux de Fleurs , de Fruits et de Perspectives
et Tableaux d'Aurel ; et pour les Mai
sons particulieres , Dessus de Portes et de Che
minées ; entreprend géneralement tout ce qui
concerne la Peinture , Sculpture et Dorure ; remet
aussi sur toile toutes sortes de Tabicaux en
quelque état qu'ils puissent être .
Le sieur Grégoire , demeure à Paris , Parvis
Notre Dame , entre un Notaire et un Perruquier
du côté du Claire , au troisieme Appartement.
Le sieur Lescure , cy -devant Chirurgien des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , continue
de distribuer avec Privilege du Roy , un
Remede en forme de Sel , specifique pour la guérison
de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs , soit
convulsives , histeriques ou simples vertiges et
étourdissemens , paralisie , tremblement et foiblesses
de nerfs. Il est très bon dans toutes les
maladies qui attaquent le genre nerveux . La
preuve de son excellence , sont les Experiences
qui en ont été faites , tant à l'Hôpital General ,
que sous les yeux de plusieurs celebres Médecins
de la Faculté de Paris sur un grand nombre de
malades de tout sexe, de differens âges, et temperamens.
Ce Remede opere la guérison de ces fâcheuses
maladies avec douceur , il purifie la masse du
sang , dissipe les obstructions et corrige lès humeurs
acides et gluantes qui picottent et embarassent
les nerfs ; il est facile à prendre et n'agit
que suivant la disposition des humeurs , conser
ve toujours sa vertu et peut se transporter par
tout sans souffrir la moindre altération .
Le sieur Lescure demeure ruë du Jour , vis-àvis
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
Je suis au comble de mes voeux.
BRU
IT
IR NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
Are demeure rue du Jour , vis-àvis
8 SEPTEMBRE
. 1733. 2019
H
vis le grand Portail d: S. Eustache , à Paris ,ceux
qui lui écriront des Provinces, auront soin d'affranchir
leurs Fettres.
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, donne avis qu'il a fait la découverte du
Remede qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; il donne la maniere facile d'en faire
usage , et met son nom et le prix sur ses boëtes.
Il en a de deux , de trois et de quatre livres . Sa
demeure , avec Tableau , est à Paris „ ruë du Four .
près S. Eustache.
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Résumé : « Le sieur Grégoire, Peintre, et seul Restaurateur des Tableaux de l'Eglise de Paris, a trouvé [...] »
Le texte met en avant trois figures principales : le sieur Grégoire, le sieur Lescure et le sieur Dugeron. Le sieur Grégoire, peintre et restaurateur des tableaux de l'Église de Paris, a développé une méthode de nettoyage des tableaux sans les altérer, validée par l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Il restaure divers types de tableaux et d'œuvres en marbre, et propose ses services pour des maisons particulières. Il réside au Parvis Notre-Dame, à Paris. Le sieur Lescure, ancien chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, distribue un remède en forme de sel pour traiter l'épilepsie, les vapeurs, la paralysie, les tremblements et les faiblesses nerveuses. Ce remède a été testé avec succès à l'Hôpital Général et sous les yeux de médecins parisiens. Il habite rue du Jour, vis-à-vis du grand portail de Saint-Eustache à Paris. Le sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, annonce avoir découvert un remède pour préserver les dents et réside rue du Four, près de Saint-Eustache à Paris.
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262
p. 2085-2109
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Antoine Paris, Ecuyer, Conseiller d'Etat, cy-devant Trésorier général [...]
Mots clefs :
Marquis de Mirepoix, Gaston Pierre de Lévis-Mirepoix, Anne-Gabrielle-Henriette Bernard de Rieux, Roi, Fille unique, Paris, Seigneur, Marquis, Comte, Épouser, Mariée , Chambre, Salle, Finances, Brigadier des armées du roi, Parlement de Paris, Lampions, Terrines, Rez-de-chaussée, Fer à cheval, Façade, Fronton, Pourtour, Pilastres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
et Mariages.
Ntoine Paris , Ecuyer , Confeiller
Ad'Etat , cy- devant Tréforier géné
ral des Finances de la Province de Dauphiné
, mourut en sa Terre de Sampigny,
près de Commercy , en Loraine , le
29 Juillet 1733. Il étoit veuf de Marie-
Elizabeth - Jeanne de la Roche , fille de
Geoffroi de la Roche , vivant Ecuyer ,
Commandant les Gardes des Plaifirs du
Roy , dans les Parcs de Verfailles , & de
feué Élizibeth Hérault, de laquelle il n'a
laissé qu'une fille unique mariée avec
Jean Paris de Montmartel , son oncle
Ecuyer , Confeiller d'Etat et Garde du
Tréſor Royal , cy- devant Tréforier General
des Ponts et Chaussées , qui avoit
épousé en premieres nôces Marguerite-
Françoiſe Megret , foeur de Jean -Nicolas
Mégret de Sérilly , Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy.
Le 25 Août , Dame Sufanne de Louvat
,veuve de Meffire Raoul des Champs,
Chevalier, Seigneur de Boishebert , qu'elle
it épousé le 23 Juillet 1691. mourut
gée d'environ 61 ans. Elle étoit fille de
Clau
100% MERCURE DE FRANCE
Claude de Louvat , Maréchal des Champs
& Armées du Roy , Gouverneur de Bellc-
Isle , & de Geneviève Robert de Lay.
Le même jour Chrétien - Nicolas de
Lamoignon , Seigneur de Bournau , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy depuis 1728. et auparavant Confeiller
au Parlement de Paris, où il avoit été
reçu le 23 Juillet 1721. mourut d'une
fiévre maligne à Paris , dans sa 33 année,
étant né le 25 Decembre 1700. fans avoir
été marié. Il étoit fecond fils d'Urbain-
Guillaume de Lamoignon , Comte de
Launay Courfon & de Montrevaux ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & au Confeil
Royal des Finances , et de D. Marie-
Françoife Méliand , fon épouſe.
-
Le 30 Août , Jean - François- Paul le Févre
de Caumartin , Evêque de Blois , Abbé
commandataire de l'Abbaïe de Buzai
-de l'Ordre de Circaux , Diocèse de Nantes
, Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris, l'un des quarante de l'Académie
Françoise , et Honoraire de celle des Infcriptions
et Belles- Lettres , mourut d'une
attaque d'Apoplexie , dans la 65 année
de fon âge, étant né le 16 Decemb.1668 .
Ce Prélat qui eft univerfellement regretté
à caufe de ses belles qualitez,avoit han
bord été deftiné à l'Ordre de Malthe 8 .
reçu
SEPTEMBRE. 1732. 2087
·
reçu de minorité au grand Prieuré deFrance
en 1669. Depuis il embrassa l'état Ecclésiastique
, et fut pourvu de l'Abbaïe
de Buzai , par la démiffion de Jean François-
Paul de Gondi , Cardinal de Retz ,
fon parain.Il fut reçu à l'Académie Françoise
le May 1694. reçut le Bonnet de
Docteur en Théologie le 7 Février 1697.
et fut admis au mois d'Août 1701. au
nombre des Honoraires de l'Académie
des Inscriptions et Belles Lettres . Etant
Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Tours; et l'un des grands Vicaires du Siége
vacant , il fut nommé à l'Evêché de
Vannes le 17 Septembre 1717. et après
avoir été facré le 17 Juillet 1718. à Dinant
par l'Evêque de S. Malo , en préfence
des Etats de Bretagne , il préta ferrent
de fidélité entre les mains du Roy
le 11 Decembre fuivant. Il fut transféré
à l'Evêché de Blois le 27 Août 1719. et
prêta un nouveau serment de fidélité le
17 Juillet 1720.Il assista au Sacre du Roy
le 25 Octobre 1722. ayant été un des Prélats
qui y furent invitez .
e1 Septembre , Charles de Y de
Seraucourt , cy-devant Capitaine au Ré
ciment des Gardes Françoises , mourut à
is , ágé de 78 ans. Il étoit fils d'Antoi
e Y , sieur de Seraucourt, Lieutenant
Cri2088
MERCURE DE FRANCE
Criminel du Bailli de Vermandois , au
Siége Préfidial de Reims , et d'Isabelle
P'Epagnol.
Le. 8. Jean le Boulanger , Maître ordinaire
en la Chambre des Comtes de Paris
, où il avoit été reçû le 28. Mars 1686.
et auparavant Conseiller au Châtelet ,
mourut septuagenaire ; il avoit épousé au
mois de Février 1695. Marie- Agnès Soulet
, soeur de Nicolas Soulet , Conseil
1er en la Grand'Chambre du Parlement
'de Paris , et fille de Nicolas Soulet , Con
seiller - Secretaire du Roy , et d'Agnès
Gaillard. Il a laissé un fils , reçû Maître
en la même Chambre des Comptes en
1729. et une fille , mariée au mois d'Avril
1727. avec Pierre Charpentier , Scigneur
de Royennes , aussi Maître des
Comptes aàllParis.
2
t
Le 11. D. Marie- Christine- Victoire de
Prougent , Epouse d'Anne- François de
Vandeuil , Chevalier , Seigneur d'Estel
fay, Ecuyer de la grande Ecurie du Roy
et Chef d'Académie Royale à Paris , mourut
âgée d'environ 48. ans ; elle avoit été
mariée le 16. May 1715. et étoit fille
unique de Marie Joseph de Prougent
Ecuyer, Seigneur de Mongivroux , Întendant
des Maisons et Finances de feües
leurs Altesses Sérenissimes la Prince orae
SEPTEMBRE, 1738. 2089
Condé et la Duchesse de Brunswik Ha
nover , mort le 26. Avril dernier , et de
D. Catherine Davy de la Pailleterie , sa
femme, auparavant Chanoinesse et Dame
de Remiremont , morte le 2. Décembre
1729. âgée de 81. ans.
Le 12. de ce mois , Dame Françoise le
Gendre , Epouse de M. Jean Baptiste.
Bosc , Seigneur de Souscarriere , Conseiller
du Roy en ses Conseils , Secretaire.
de la Chambre et du Cabinet de S M.
Procureur Géneral en la Cour des Aydes
de Paris , Commandeur et Chancelier ,
des Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. du Mont- Carmel et de
S. Lazare de Jérusalem , mourut à Paris
après une longue, maladie , âgée de 49 .
15 ; elle étoit fille de feu François le
Gendre , Ecuyer , Fermier Géneral des.
Fermes du Roy , mort le 11 , Juin 1696.
t de feüe D, Marguerite le Roux , morte,
' e 11.Décembre 1726. et avoit pour soeurs
înées la D. Crozat , la D. Doublet et la
D. Présidente Durey ; elle avoit été mariée
au mois de Janvier 1704. et n'a laissé
que deux filles , qui sont la D. de Sourrière
et Marguerite Bosc , mariée le 9 .
évrier 1728. avec Bertrand - Cesar du
Guesclin , Seigneur de la Roberie, Colo-
Infanterie, Chevalier de l'Ordre Militaire
6
2090 MERCURE DE FRANCE
litaire de S. Louis , et Gentilhomme de
la Chambre du Duc d'Orleans.
Le 13. D. Marie Elizabeth Daret de
Chevry , Veuve depuis le 18. Juin dernier
, d'Antoine - François de la Trémoille
de Noirmontier , Duc de Royan , dont
on a rapporté la mort dans le Mercure
de Juin dernier , premier vol . p . 1246.
mourut à Paris , âgée de 61. ans , sans posterité
; elle étoit fille de feu Charles François
Duret , Seigneur de Villefranche et
de Chevry , qui avoit été Mestre de Camp
d'un Régiment d'Infanterie pour le service
du Roy en Portugal , et de feüe D.
Marie - Elizabeth Bellier de Platbuisson
et avoit été mariée le 22. Mars 1700.
·· Le 19. D. Henriette Louise Col-"
bert , Duchesse de Beauvillier , qui avoit
été Dame du Palais de la Reine Marie-
Thérese d'Autriche , mourut en son Hôtel
rue sainte Avoye à Paris , âgée de 76.
ans , 9. mois , et le 21. son corps fut
transporté à Montargis , pour y être inhumé
dans le Monastere des Benedictines
auprès du feu Duc son Mary . Elle étoit
seconde fille de Jean- Baptiste Colbert
Marquis de Seignelay de Château - Neufsur
- Cher , et de Blainville , Baron de
Monétau de Chény , d'Ormoy , de
Sceaux , de Linieres , &c. Conseiller
dinal...
SEPTEMBRE . 1733 2091
dinaire du Roy en tous ses Conseils : et
au Conseil Royal des Finances , Ministre
et Secretaire d'Etat , Contrôleur General
des Finances , Commandeur et Grand-
Trésorier des Ordres du Roy , Sur- Intendant
et Ordonnateur general des Bâ →
timens de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , &c. mort le 6. Septembre
1683. et de D. Marie Charron ,
morte le 7. Avril 1687. elle avoit été
mariée le 21. Janvier 1671. avec Paul de.
Beauvillier , Duc de S. Aignan , Pair de
France , Grand d'Espagne , Comte de
Busançois et de Palluan , Seigneur des
Terres et Baronies de la Ferté saint
Aignan , la Salle , les Cléri , Lucè en
Beauce , et des Terres et Châtellenies
des Aix , d'Angillon , Séri , Humbligni ,
Chemeri , la Grange , Montigny , haut
et bas Foullé, Chanterennes et Neufvres,
Vicomte de Valognes, Chevalier des Ordres
du Roy, et cy -devant Premier Gentilhomme
de fa Chambre ,Brigadier de fest
Armées , Ministre d'Etat , Chef du Confeil
Royal des Finances , Gouverneur des
nfans de France , Premier Gentilhomme
de leur Chambre , et Maître de leur
Warde-robe, Gouverneur pour le Roy des
Ville et Citadelle du Havre de Grace et
as en dépendans , Gouverneur et Bailli
des
2092 MERCURE DE FRANCE
,
des Villes et Chateau de Loches et Beaulieu,
mort le 31 Août 1714 Elle en avoit
eu plusieurs enfans , dont il n'y a cu
qu'une seule fille de mariée, qui étoit feuë .
Marie-Henriette de Beauvillier , morte le
4 Septembre 1718. laissant de Louis de
Rochechouart , Duc de Mortemart , Pair
de France , Premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy, Chevalier de ses Ordres,
et Lieutenant Général de ſes Armées,
son cousin germain maternel , qu'elle avoit
épousé le 20 Décembre 1703. deux fils
et trois filles , l'aîné des fils mourut
en 1731. sans enfans; le second est Charles
- Auguste Duc de Rochechouart, premier
Gentilhomme de la Chambre du
Roy , né le 11 Octobre 1714- qui n'est
pas encore marié,
>
Le 20. D. Charlotte de Rohan , Epouse
depuis 1729 , de Jean Antoine de Créqui
, Comte de Canaples , et auparavant
veuve depuis le 14 Mars 1720 d'Antoine-
François de Colins , Comte de Mortaigne
, Seigneur de Justingue et d'Ham
premier Ecuyer de feuë Elizabeth-Charlotte
de Baviere , Duchesse Doüairiere
d'Orleans, et auparavant Capitaine- Lieutenant
de la Compagnie des Gens d'Armes
de Bourgogne , qu'elle avoit épousé
au mois de Mars 1717 , mourut d'une
ApoSEPTEMBRE
. 1733. 2093 .
Apoplexie de sang en son Château de
Beaumont au Perche , dans la 53 année
de son âge , étant née le 20 Decembre
1680. Elle étoit fille de Charles de Rohan,
Prince de Guimené, Duc de Montbazon ,
Pair de France mort le 10 Octobre 1727,
et de Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vauvineux , morte le 24 Décembre
1719. Elle a laissé de son premier mari
Loüise Elizabeth de Colins de Mortaigne,
fille unique ,née au mois de Février 1713.
et mariée le 6 May 1733 , avec le Comte
de Montboissier , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Clermont , Prince ,
Cavalerie , fils aîné de Philippe Claude ,
Marquis de Montboissier Canilliac , Capitaine
Lieutenant de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du
Roy.
·
Le 21. D. Marie- Anne Tronçon, veuve
depuis le 17 Novembre 1704. de Mathieu
Garnier, Seigneur de Monthereau ,
Président au Parlement de Metz , et fille.
d'Ennemond Tronçon , Seigneur de Chaumontel
- la- Ville , et du Preslay , Maître
d'Hôtel ordinaire du Roy , et Trésorier
de France à Orleans , et d'Anne Boyer ,
mourut à Paris , âgée d'environ 89 ans ,
laissant une fille unique , qui est D.Marie-
Jeanne Garnier de Monthereau , ma-
I riéc
2094 MERCURE DE FRANCE .
›
riée le 20 Avril 1689 , avec Etienne Canaye
, Seigneur de Malval , des Roches ,
&c . Conseiller en la Grand'Chambce du
Parlement de Paris.
و
Le 28 , François le Maistre , Seigneur
de Persac en Poitou , de Belloc , et en
partie du Marquisat de Ferrieres , Conseiller
Honoraire au Parlement de Paris ,
où il avoit été reçu le 2 Juillet 1692. fils
de François le Maistre , Seigneur des mê
mes Lieux, mort Conseiller en la Grand-
Chambre du même Parlement , le 14 Septembre
1685. et de D. Marie le Feron , fa
seconde femme , morte le 4 Decembre
1720 femme alors en secondes nôces de
Claude de Thyard , Comte de Bissy , frere
du Cardinal de ce nom mourut au
Chateau de Mont rouge , près de Paris,
âgé d'environ 65 ans , et le lendemain au
soir son corps fut apporté à Paris , et inhumé
aux Cordeliers , dans la fépulture
de fa famille. Il desaendoit du celebre
Gilles le Maistre , premier Président au
Parlement de Paris , qui étoit son 4 aïeul,
et qui mourut le 5 Decembre 1562. François
le Maistre qui vient de mourir ,avoit
été marié le 1 Août 1695 , avec Marie-
Marguerite Boucher , morte le 2 Avril
1721.dans la 47 année de son âge,fille de
Nicolas Boucher , vivant Secretaire du
Roy ,
J
SEPTEMBRE. 1733. 2095
Roy , Grand Audiancier de France, et de
Mario Bannelier. Il n'en a laissé que Marie-
Anne le Maistre ,née le 27 Mars 1700.
et mariée le 22 Décembre 1722. avec Nicolas
le Camus , premier Président en la
Cour des Aydes de Paris , et Seigneur de
Mont-rouge , qui avoit épousé en premieres
nôces Magdeleine- Charlotte Baugier
, morte le 2 Decembre 1722 .
Le 25. Août , est née Augustine-Julie , fille
d'Anne- Gabriel de Cugnac , Chevalier , Baron de
Reuilly , Sous - Lieutenant au Régiment des Gar
des Françoises , et de D. Jeanne Marie - Joseph
Guyon de Disier , son Epouse. Ses Parains et
Maraines ont été Antoine- Hiacinte de Mainville
, Comte de Marigny , Brigadier des Armées
du Roy et Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux- Legers d'Orleans , et Dlle Ju-
Tie- Augustine Hurault de Vibraye.
Le 13. Septembre , fut baptisée Marie - Charlotte-
Dorothée , née le jour précedent , fille de
Michel - Charles - Dorothée de Roncherolles ,
Chevalier , Comte du Pont S. Pierre , Mestre de
Camp du Régiment Royal des Cravates, Cavalerie
, de D. Charlotte - Marguerite de Romilley de
la Chesnelaye , son Epouse , qui ont été mariez
le 25. May 1728. elle a eu pour Parain Adolphe
Charles de Romilley , Chevalier , Marquis de la
Chesnelaye et d'Amy , Comte de Mausson , Seigneur
de la Chaise , d'Ardesne, & c. Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , et Gouverneur des Ville et Château
de Fougeres en Bretagne , son Ayeul maternel
et pour Maraine , D. Marie- Anne Dorothée
Erard
I ij.
1
2016 MERCURE DE FRANCE
Erard le Gris,Marquise d'Echauffour et de Montreuil
, Comtesse de Cisey , &c. Epouse de Mi
chel de Roncherolles, Marquis du Pont S. Pierre,
premier Baron de Normandie , et Conseiller
'honneur-né au Parlement de Roücn , son Ayeu
le paternelle. Nous avons parlé de cette Maison
de Roncherolles , aussi bien que de celle de Romilley
, dans le Mercure de Juin 1728. premier
vol.p. 1255. à l'occasion tant du Mariage des Pere
et Mere de P'Enfant qui vient de naître , que de
celui de D. Marie - Catherine de Roncherolles,
soeur du Comte du Pont S. Pierre , avec François
de Rivoire , Marquis du Palais , Brigadier
des Armées du Roy , Lieutenant des Gardes du
Corps de S. M. qui fut celebré le 3. Juin 1728 .
Le 15. il est né un fils à Louis - François de
Laurens , Comte de Montserin , de son Mariage
avec Françoise Louise de Laurens , qui a été
nommé au Baptême par Thomas Rivier , et par
D. Joseph de Rebé , veuve de Leonor du Maine
Marquis du Bourg,
-Le 12. Septembre , Charles- Guillaume- Louis
de Broglio , âgé de 17. à 18. ans , seul fils de
Charles Guillaume , Marquis de Broglio , Lieu
tenant General des Armées du Roy , et Gouver
neur de Graveline , cy- devant Directeur general
d'Infanterie , et de feue D. Marie Magdeleine
Voysin , son Epouse , fille du Chancelier de
France de ce nom , morte le 11. Janvier 1722,
fut marié avec Dlle Theodore - Elizabeth de Besenval
de Bronstat , fille de Jean- Victor Baron
de Besenval Bronstat , du Canton de Soleure ,
Lieutenant General des Armées du Roy, et Colo
nel des Gardes Suisses de S. M. et de D, Cathe
ine , née Comtesse de Biclinski.
Le 15. Pierre- Jacques - Louis de Becdelievre ,
Marquis
Marquis de Quevilly , fils de Louis de Becdelievre,
Baron de Cany , et de feüe D. Anne- Henriette
Catherine Toustaing d'Herbeville , épousa Dlle
Charlotte Paulmier de la Bucaille , fille de Pierre
Paulmier de la Bucaille , Seigneur de Prestreval ,
et de D. Genoviéve Marette.
-
>
La nuit du Dimanche au Lundi 17.
d'Août dernier , Charles Pierre Gaston
de Lévis de Lomagne , Maréchal hé
reditaire de la Foy , Chevalier , Marquis
de Mirepoix , Comte de Terrides , Vicomte
de Gimoix , Baron de Mont- Fourcaul
, &c. Colonel du Régiment de Saintonge
; fils de feu Charles- Pierre de Lévis
, Marquis de Mirepoix , Prince de
Pescheseul , Comte de Terredes , Maréchal
héréditaire de la Foy , et de feüe
Dame Gabrielle d'Olivier , épousa Anne-
Gabrielle-Henriette Bernard , fille de Gabriel
. Bernard . Comte de Rieux , Baron
et Seigneur de la Liviniere , Ferals , Fief-
Madame , &c. Conseiller du Roy en ses
Conseils , Président au Parlement , Deu
xiéme Chambre des Enquêtes , et de Dame
Suzanne-Marie- Henriette de Boulainvilliers
, petite fille du côté Paternel de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'État , Comte
de Coubert , Marquis de Merry , &c. en
du côté Maternel , de feu Henry de Boulainvilliers
, Comte de S. Saire , si celebret
1 ii
par
L
par le grand nombre de ses Ouvrages
dont la plupart ont été rendus publics
depuis sa mort.
On ne s'étendra pas sur la grandeur
de la Maison de Lévis , dont le Marquis
de Mirepoix est l'aîné. Ce ne seroit rien
apprendre au Public ; personne n'ignore
qu'elle est une des plus anciennes et des
plus illustres du Royaume . On en trouve
la Généalogie détaillée dans le 4. volume
de l'Histoire Généalogique du P.
Anselme , page 15 .
11 suffira d'observer que Guy de Lévis
I. du nom , Chef de toutes les Branches
de cette Maison , qui subsistent au→
jourd'hui , fit paroître tant de valeur et
de zele pour la Religion dans la guerre
contre les Albigeois , où il commandoit
en qualité de Maréchal des Croisez , au
commencement du 13. siecle , qu'il y
mérita pour lui et pour l'aîné de ses Enfans
mâles , à perpétuité , le Titre de Maréchal
de la Foy Titre que nos Rois
ont depuis confirmé en plusieurs occa
sions , entre autres , par un Arrêt du
Grand Conseil du 10.Juin 1651. et c'est
en qualité de Maréchal héréditaire de la
Foy , que le Marquis de Mirepoix porte
derriere l'Ecu de ses Armes , qui sont
d'or à trois chevrons de sable , deux Bâtons
SEPTEMBRE. 1733 2099
tons d'azur en sautoir , semez de Croix
et de Fleurs de Lys d'or.
Le Chevalier Bernard , toujours magnifique
dans ce qu'il fait , donna à l'occasion
de ce Mariage dans son Hôtel ,
ruë neuve Notte -Dame des Victoires
une Fête qui a fait l'étonnement et l'ad
miration de tous ceux qui y ont assisté.
Le matin du Dimanche 16. Août , un
grand nombre de Suisses furent postez
aux portes de l'Hôtel et des Apparte
mens , et un détachement d'autres Suisses
fut chargé de la garde des Cour, Jar
dins , Passages , &c.
La Fête commença sur les 6. heures
du soir , par un Concert , qui ne pouvoit
manquer d'être parfaitement bien
executé , M. Bernard ayant eu soin d'y
rassembler en grand nombre les plus belles
Voix et les meilleurs Instrumens , et
l'on peut dire de ces excellens Sujets ,
que le zele se joignant à leurs talens , ils
se surpasserent pour répondre aux intentions
de M. Bernard .
Sur les 7. heures du soir , toutes les
façades de l'Hôtel furent illuminées d'u
ne quantité prodigieuse de Lampions et
de Terrines , qui profiloient toutes les
Corniches , les Croisées , les Plintes et
les autres principaux Membres de l'Ar-
I iiij
chi2100
MERCURE DE FRANCE
chitecture , depuis le faîte jusqu'au rezde
- chaussée. La principale façade de la
Cour , étoit surmontée d'une Etoite de
Lampions , si grande et si brillante que
les yeux avoient peine à en soutenir l'éclat.
L'Illumination qui décoroit le devant
de l'Hôtel sur la ruë , formoit plusieurs
Pilastres , et le pourtour de la
Porte Cochere , au haut de laquelle étoit
un Fronton entre deux grandes Pirami
des de Lampions , qui jettoient une lumiere
très-agréable ; et pour éclairer de
plus loin les Carosses , on avoit garni le
mur du Jardin des Petits - Peres de la
Place des Victoires , de terrines posées
sur des Consoles , depuis l'Eglise jusqu'à
l'angle et très-avant dans la ruë neuve
S. Augustin. On n'aura pas de peine à
s'imaginier le brillant de cette Illumina
tion , quand on sçaura que tous les lampions
et les terrines étoient en cire blanche
, précaution que l'on a crû devoir
prendre pour éviter la mauvaise odeur
et pour garantir les habits des Dames
et des autres Conviez qui étoient obligez
de passer sous des Arcades illuminées .
Après le Concert , vers les neuf heures
, toute la Compagnie descendit et traversa
une enfilade d'Appartement à rezde-
chaussée , pour se rendre dans une
Sale
Echelle
de
Le Roux inv.
PEL
618 wifes
P
C
LIBRARY
.
A, LENOX
AND
TELEEN
FOUNDATIONS
.
pou endre dans une
Sale
DRAKY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
TEMPLE DE MARS
Mademoifelle
uis de
Mirepoix avec
Bernard
Comte de Coubert .
DEO NT
REG
REGI
SEPTEMBRE. 1733. 2102
Sale , où l'on avoit servi un Repas des
plus somptueux. C'est ici qu'a parû dans
tout son éclat , le goût et la magnificence
du Chevalier Bernard ,
Cette Sale , dont tout le monde a
admiré la grandeur et les proportions ,
avoit été construite dans le Jardin par
les soins et sur les Desseins de M. le Roux,
Architecte du Roy et de l'Académie
Royale d'Architecture , qui a employé
avec succès son Art et ses talens pour
executer les idées de M. Bernard .
L'étendue de la Sale étoit de 12. toises
de longueur , sur sept de largeur , et elle
avoit 22. pieds et demi d'élevation depuis
le plancher jusqu'au Plafond. 1. a
La décoration du Frontispice repré
sentoit en camayeu le Temple de Mars ,
dont une Porte cintrée formoit la prin
cipale Entrée. Aux deux côtez étoient
quatre grands Pilastres d'une très- belle
Architecture, ornez de Trophées de
guerre , et entre les Pilastres , deux grandes
Arcades vitrées , qui laissoient jouir
un grand nombre de Spectateurs du coup
d'oeil de la Sale , et donnoient aux Conviez
le plaisir de voir la Façade illuminée
du dedans de l'Hôtel. Au - dessus
de ces deux Arcades , on voyoit des
Trophées d'Amour et les Chiffres des
21
I y now
1102 MERCURE DE FRANCE
nouveaux Epoux , sous une Corniche
feinte de pierre de taille , surmontée d'un
grand Fronton de la largeur de l'Edifice;
dans le Timpan duquel étoient les Ar
mes du Marquis de Mirepoix , accolées
avec celles de sa nouvelle Epouse , dans.un
Cartouche , avec la Couronne Ducale,
un Griphon et un Lion pour supports ,
et les Bâtons de Maréchal de la Foy
mis en sautoir derriere les deux Ecus
le tout peint et très bien exprimé en
bas - relief, par les clairs et les ombres.
Sur un des cô ez du Fronton et à la
droite du Cartouche , on lisoit dans une
Banderole la Devise : Aide Dieu an second
Chrétien Lévis , à la gauche dans
une autre Banderole : Deo ut Regi , Regi
ut Deo ; et au- dessous des Armes , Callar
Vale Mas. Ces trois Devises appartiennent
depuis un temps immémorial à la
Branche aînée de Lévis , et ne sont pas
moins des marques de son ancienneté ,
que des grands services qu'elle a rendus
au Roy et à la Religion .
Enfin , aux deux extrémitez du Fron
ton , sur la Corniche , s'élevoient deux
bouts de balustrade , chargez de deux
Trophées d'Armes en ronde-bosse.
Au fond de cette Sale , en face de la
grande Porte , on avoit pratiqué un enfonSEPTEMBRE.
1733 . 2103
foncement pour un grand Buffet d'appa
rat , aux côtez duquel il y en avoit
deux autres. Au - dessus de ces deux Buf
fers étoient deux Tribunes spacieuses ,
destinées pour la Symphonie.
Au pourtour du bas de la Sale regnoit
un Lambris de quatre pieds de hauteur ;
le Plafond étoit soutenu d'un Frise et Cor
niche , interrompuës au- dessus du grand
Buffet , des Armes groupées des Mariez,
entre deux Emblêmes, peints en camayeu
gris-de- lin ; et du côté opposé , c'est - àdire
, au- dessus de la grande Porte , on
voyoit les Armes de M. Bernard , placées
entre deux Chiffres dans des Čartouches.
Le reste de la Frise , le long des
deux grands côtez,étoit orné de Cartouches
et de Devises .
Outre la principale Porte d'entrée dont
nous avons parlé, il y en avoit encore
4.autres de 15. pieds de hauteur sur 8. de
largeur dans les grands côtez de la Sale;
et à la premiere à droite , aboutissoit une
Galerie couverte , longue de 4. toises et
demie , et large d'environ 2. toises , qui
communiquoit aux Appartemens du rezde-
chaussée , par le moyen de laquelle
la Compagnie passa des Appartemens
dans la Sale, sans être exposée à la pluye
ni au mauvais temps.
I vj Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
Dans le milieu de la Sale étoit une Table
en fer à cheval , qui avoit 150. pieds
de pourtour par les dehors , pout 70.
Couverts. Il y en avoit encore quatre au
tres de 9. pieds de long dans les encoignures
du côté de la grande Entrée , qui
servoient de Buffet pour poser les Services
, avant que de les porter sur la grande
Table. La Sale étoit décorée avec tout
l'art possible ; un grand nombre de Lustres
et de Girandoles dans les plus ingénieux
arrangemens , y répandoit une lumiere
très- éclatante.
Le Fer à cheval étoit entouré par- dehors
de 70, tant chaises que fauteuils , de
même parure , en velours cramoisi , chamaré
en or et argent , les chaises placées.
alternativement entre les fauteuils.
L'arrivée des Conviez dans la Sale fut
annoncée par un bruit de Timbales et
de Trompettes , qui ne cessa que quand
tout le monde fut à table. Les nouveaux
Epoux étoient placez au milieu du Fer à.
cheval ; les fauteuils étoient occupez par
les Dames et les chaises par les Messieurs. ,
Il n'étoit guére possible de voir une.
Assemblée plus brillante , ni un Spectacle
plus magnifique . Cette Table reünissoit
sous un seul point de vûë un grand.
nombre de personnes des plus qualifiées .
et:
SEPTEMBR E. 1753. 210
et des plus considérables du Royaume.
Nous nous croyons dispensez d'entrer
dans le détail du Festin ; on n'aura pas
de peine à imaginer qu'il étoit des plus
somptueux et des mieux servis ; M. Bernard
fit éclarer en cette occasion sa magnificence
ordinaire . 7
Nous observerons seulement , pour
donner une idée de l'ordre établi , que
les Plats et Services étoient apportez par
des Suisses et remis entre les mains d'un
grand nombre d'Officiers , qui les posoient
sur la Table par le milieu du fer
à cheval.
Rien n'étoit plus beau à voir que le
Service du fruit , la Table se trouva en
un instant métamorphosée en une espece
de Jardin délicieux , où les yeux et le
goût trouvoient également de quoi se sa
tisfaire , par l'abondance des fleurs et des
fruits de toute espece qui couvroient
toute l'étendue de la Table ; sans parler
des formes variées et de la délicatesse des
mets , & c.
Les deux Buffets étoient servis par de
hors, ct il y avoit à chacun plusieurs Officiers
qui n'étoient occupez qu'à donner
les Vins les plus rares et les plus exquis. ཏ མ ཉི
A. la Musique guerriere , succeda une
Symphonic mélodieuse , placée dans les
Tri
1
&
2106 MERCURE DE FRANCE
Tribunes , qui dura pendant tout le souper
, interrompuë par intervales par les
Fanfares des Trompettes et des Timbales,
placées sur un Théatre hors de la Sale
du côté de la Galerie couverte. Les sieurs
Charpentier et Danguy , dont tout le
monde connoît les talens ,
l'un pour
la
Musette et l'autre pour la Viele , vinrent
pendant le Souper au milieu du fer
à cheval , et y joüerent ensemble avec
tous les agrémens comiques dont on les
sçait capables ; ce qui fit un intermede
des plus amusants.
Au sortir de table à minuit , toute
la Compagnie monta en carosse pour se
rendre à S. Eutsache Paroisse de la
Mariée .
>
Le devant de l'Hôtel étoit bordé de
plusieurs Escoüades de Guet à pied , et
l'on trouvoit des Brigades de Guet à che
val à chaque coin des rues aboutissant à
celles par où passoit la suite des Carosses.'
Il y en avoit encore un plus grand nom-'
bre au grand Portail de l'Eglise pour
empêcher le tumulte et la confusion.
L'attention de M. Bernard s'étoit éten
due jusqu'à faire éclairer toute la Place
qui est vis-à- vis l'Eglise ; elle étoit en
tourée de quantité de Terrines , dont la
grande lumiere dissipoit entierement les
énebres de la nuit.
SEPTEMBRE. 1733. 2107
P
Le grand Autel et le Choeur étoient surbement
décorés * et éclairés d'une si
grande quantité de Cierges et de Bougies,
po ées sur Candelabres et des Girandoles,
qu'on avoit peine à s'imaginer que l'on
fût au milieu de la nuit. Une longue suite
de Lustres , suspendus au milieu de
la Nef, accompagnez de Bras à plusieurs
branches , attachez à chaque Pilier , n'y
produisoient pas une clarté moins brillante.
Mais la plus belle Décoration de l'Eglise
, et celle qui devoit le plus flatter
M. Bernard , c'étoit la multitude prodigieuse
de monde, de tout rang et de tout
etat qui s'y rendit de tous les quartiers
de Paris , pour prendre part et voir cette
pompeuse Nôce. Jamais Ceremonie de
cette espece n'attira en effet tant de
Spectateurs. Le Choeur er la Nef étoient
templis de personnes de la premiere distinction
, qui cependant n'étoient pas de
la Noce. Il y avoir dans le reste de l'Eglise
un peuple aussi nombreux qu'aux
jours des plus grandes Fêtes . Une foule
de Carosses occupoir , à une très-grande
distance , toutes les rues qui aboutissent
à S. Eustache.
Par le sieur Guilleaumon , Tapissier ordinaire
de la Ville , qui avoit aussi décoré et illuminé la
Sale.
2708 MERCURE DE FRANCE
Tous ceux qui ont assité à cette sainte
et éclatante Ceremonie , ont parû en être
pleinement satisfaits . Le Marquis de Mirepoix
est un des Seigneurs les mieux
faits et des plus polis de la Cour , et
rien n'est plus charmant que sa jeune
Epouse , qui dans cette occasion ajoûta
aux graces de sa personne , une douceur
et une modestie , qui firent l'admiration
de tout le monde.
M. le Curé de S. Eustache fit la Célebration
du Mariage dans le Choeur de
son Eglise et dit ensuite la Messe , pendant
laquelle M. Forcroy toucha POr
gue.
Quelque étonnante que soit la magnificence
que M. le Chevalier Bernard ait
fait paroître à l'occasion de ce Mariage,
on sera encore plus surpris de la rapidité
avec laquelle tous les préparatifs de la
Fête ont été faits.. La construction et la
décoration de la Sale , toutes les Illumi
nations au dedans et au dehors de l'Hô
tel , tout le travail des Cuisines et des
Offices , tout cela a été l'ouvrage de cinq
jours , pendant lesquels on a vû près de
deux mille Ouvriers travailler à des opé
rations differentes , sans trouble ni confusion.
Le jour de la Fête se passa avec le même
SEPTEMBRE. 1733. 2109
me ordre , quoique toute la Maison fût
dans un grand mouvement , et entierementeremplie
de monde ; mais par le
bon ordre , il n'y eut ni accident , ni
cohue ni embarras , ce qui est assez rare
dans de pareilles circonstances .
Nous joignons ici à cette Description
un Plan gravé , tant de l'Hôtel de M. Bernard
, que de la grande Sale , et une
élevation ou façade du Temple.
et Mariages.
Ntoine Paris , Ecuyer , Confeiller
Ad'Etat , cy- devant Tréforier géné
ral des Finances de la Province de Dauphiné
, mourut en sa Terre de Sampigny,
près de Commercy , en Loraine , le
29 Juillet 1733. Il étoit veuf de Marie-
Elizabeth - Jeanne de la Roche , fille de
Geoffroi de la Roche , vivant Ecuyer ,
Commandant les Gardes des Plaifirs du
Roy , dans les Parcs de Verfailles , & de
feué Élizibeth Hérault, de laquelle il n'a
laissé qu'une fille unique mariée avec
Jean Paris de Montmartel , son oncle
Ecuyer , Confeiller d'Etat et Garde du
Tréſor Royal , cy- devant Tréforier General
des Ponts et Chaussées , qui avoit
épousé en premieres nôces Marguerite-
Françoiſe Megret , foeur de Jean -Nicolas
Mégret de Sérilly , Maître des Requêtes
Ordinaire de l'Hôtel du Roy.
Le 25 Août , Dame Sufanne de Louvat
,veuve de Meffire Raoul des Champs,
Chevalier, Seigneur de Boishebert , qu'elle
it épousé le 23 Juillet 1691. mourut
gée d'environ 61 ans. Elle étoit fille de
Clau
100% MERCURE DE FRANCE
Claude de Louvat , Maréchal des Champs
& Armées du Roy , Gouverneur de Bellc-
Isle , & de Geneviève Robert de Lay.
Le même jour Chrétien - Nicolas de
Lamoignon , Seigneur de Bournau , Maître
des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du
Roy depuis 1728. et auparavant Confeiller
au Parlement de Paris, où il avoit été
reçu le 23 Juillet 1721. mourut d'une
fiévre maligne à Paris , dans sa 33 année,
étant né le 25 Decembre 1700. fans avoir
été marié. Il étoit fecond fils d'Urbain-
Guillaume de Lamoignon , Comte de
Launay Courfon & de Montrevaux ,
Confeiller d'Etat ordinaire , & au Confeil
Royal des Finances , et de D. Marie-
Françoife Méliand , fon épouſe.
-
Le 30 Août , Jean - François- Paul le Févre
de Caumartin , Evêque de Blois , Abbé
commandataire de l'Abbaïe de Buzai
-de l'Ordre de Circaux , Diocèse de Nantes
, Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris, l'un des quarante de l'Académie
Françoise , et Honoraire de celle des Infcriptions
et Belles- Lettres , mourut d'une
attaque d'Apoplexie , dans la 65 année
de fon âge, étant né le 16 Decemb.1668 .
Ce Prélat qui eft univerfellement regretté
à caufe de ses belles qualitez,avoit han
bord été deftiné à l'Ordre de Malthe 8 .
reçu
SEPTEMBRE. 1732. 2087
·
reçu de minorité au grand Prieuré deFrance
en 1669. Depuis il embrassa l'état Ecclésiastique
, et fut pourvu de l'Abbaïe
de Buzai , par la démiffion de Jean François-
Paul de Gondi , Cardinal de Retz ,
fon parain.Il fut reçu à l'Académie Françoise
le May 1694. reçut le Bonnet de
Docteur en Théologie le 7 Février 1697.
et fut admis au mois d'Août 1701. au
nombre des Honoraires de l'Académie
des Inscriptions et Belles Lettres . Etant
Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Tours; et l'un des grands Vicaires du Siége
vacant , il fut nommé à l'Evêché de
Vannes le 17 Septembre 1717. et après
avoir été facré le 17 Juillet 1718. à Dinant
par l'Evêque de S. Malo , en préfence
des Etats de Bretagne , il préta ferrent
de fidélité entre les mains du Roy
le 11 Decembre fuivant. Il fut transféré
à l'Evêché de Blois le 27 Août 1719. et
prêta un nouveau serment de fidélité le
17 Juillet 1720.Il assista au Sacre du Roy
le 25 Octobre 1722. ayant été un des Prélats
qui y furent invitez .
e1 Septembre , Charles de Y de
Seraucourt , cy-devant Capitaine au Ré
ciment des Gardes Françoises , mourut à
is , ágé de 78 ans. Il étoit fils d'Antoi
e Y , sieur de Seraucourt, Lieutenant
Cri2088
MERCURE DE FRANCE
Criminel du Bailli de Vermandois , au
Siége Préfidial de Reims , et d'Isabelle
P'Epagnol.
Le. 8. Jean le Boulanger , Maître ordinaire
en la Chambre des Comtes de Paris
, où il avoit été reçû le 28. Mars 1686.
et auparavant Conseiller au Châtelet ,
mourut septuagenaire ; il avoit épousé au
mois de Février 1695. Marie- Agnès Soulet
, soeur de Nicolas Soulet , Conseil
1er en la Grand'Chambre du Parlement
'de Paris , et fille de Nicolas Soulet , Con
seiller - Secretaire du Roy , et d'Agnès
Gaillard. Il a laissé un fils , reçû Maître
en la même Chambre des Comptes en
1729. et une fille , mariée au mois d'Avril
1727. avec Pierre Charpentier , Scigneur
de Royennes , aussi Maître des
Comptes aàllParis.
2
t
Le 11. D. Marie- Christine- Victoire de
Prougent , Epouse d'Anne- François de
Vandeuil , Chevalier , Seigneur d'Estel
fay, Ecuyer de la grande Ecurie du Roy
et Chef d'Académie Royale à Paris , mourut
âgée d'environ 48. ans ; elle avoit été
mariée le 16. May 1715. et étoit fille
unique de Marie Joseph de Prougent
Ecuyer, Seigneur de Mongivroux , Întendant
des Maisons et Finances de feües
leurs Altesses Sérenissimes la Prince orae
SEPTEMBRE, 1738. 2089
Condé et la Duchesse de Brunswik Ha
nover , mort le 26. Avril dernier , et de
D. Catherine Davy de la Pailleterie , sa
femme, auparavant Chanoinesse et Dame
de Remiremont , morte le 2. Décembre
1729. âgée de 81. ans.
Le 12. de ce mois , Dame Françoise le
Gendre , Epouse de M. Jean Baptiste.
Bosc , Seigneur de Souscarriere , Conseiller
du Roy en ses Conseils , Secretaire.
de la Chambre et du Cabinet de S M.
Procureur Géneral en la Cour des Aydes
de Paris , Commandeur et Chancelier ,
des Ordres Royaux , Militaires et Hospitaliers
de N. D. du Mont- Carmel et de
S. Lazare de Jérusalem , mourut à Paris
après une longue, maladie , âgée de 49 .
15 ; elle étoit fille de feu François le
Gendre , Ecuyer , Fermier Géneral des.
Fermes du Roy , mort le 11 , Juin 1696.
t de feüe D, Marguerite le Roux , morte,
' e 11.Décembre 1726. et avoit pour soeurs
înées la D. Crozat , la D. Doublet et la
D. Présidente Durey ; elle avoit été mariée
au mois de Janvier 1704. et n'a laissé
que deux filles , qui sont la D. de Sourrière
et Marguerite Bosc , mariée le 9 .
évrier 1728. avec Bertrand - Cesar du
Guesclin , Seigneur de la Roberie, Colo-
Infanterie, Chevalier de l'Ordre Militaire
6
2090 MERCURE DE FRANCE
litaire de S. Louis , et Gentilhomme de
la Chambre du Duc d'Orleans.
Le 13. D. Marie Elizabeth Daret de
Chevry , Veuve depuis le 18. Juin dernier
, d'Antoine - François de la Trémoille
de Noirmontier , Duc de Royan , dont
on a rapporté la mort dans le Mercure
de Juin dernier , premier vol . p . 1246.
mourut à Paris , âgée de 61. ans , sans posterité
; elle étoit fille de feu Charles François
Duret , Seigneur de Villefranche et
de Chevry , qui avoit été Mestre de Camp
d'un Régiment d'Infanterie pour le service
du Roy en Portugal , et de feüe D.
Marie - Elizabeth Bellier de Platbuisson
et avoit été mariée le 22. Mars 1700.
·· Le 19. D. Henriette Louise Col-"
bert , Duchesse de Beauvillier , qui avoit
été Dame du Palais de la Reine Marie-
Thérese d'Autriche , mourut en son Hôtel
rue sainte Avoye à Paris , âgée de 76.
ans , 9. mois , et le 21. son corps fut
transporté à Montargis , pour y être inhumé
dans le Monastere des Benedictines
auprès du feu Duc son Mary . Elle étoit
seconde fille de Jean- Baptiste Colbert
Marquis de Seignelay de Château - Neufsur
- Cher , et de Blainville , Baron de
Monétau de Chény , d'Ormoy , de
Sceaux , de Linieres , &c. Conseiller
dinal...
SEPTEMBRE . 1733 2091
dinaire du Roy en tous ses Conseils : et
au Conseil Royal des Finances , Ministre
et Secretaire d'Etat , Contrôleur General
des Finances , Commandeur et Grand-
Trésorier des Ordres du Roy , Sur- Intendant
et Ordonnateur general des Bâ →
timens de S. M. Jardins , Arts et Manufactures
de France , &c. mort le 6. Septembre
1683. et de D. Marie Charron ,
morte le 7. Avril 1687. elle avoit été
mariée le 21. Janvier 1671. avec Paul de.
Beauvillier , Duc de S. Aignan , Pair de
France , Grand d'Espagne , Comte de
Busançois et de Palluan , Seigneur des
Terres et Baronies de la Ferté saint
Aignan , la Salle , les Cléri , Lucè en
Beauce , et des Terres et Châtellenies
des Aix , d'Angillon , Séri , Humbligni ,
Chemeri , la Grange , Montigny , haut
et bas Foullé, Chanterennes et Neufvres,
Vicomte de Valognes, Chevalier des Ordres
du Roy, et cy -devant Premier Gentilhomme
de fa Chambre ,Brigadier de fest
Armées , Ministre d'Etat , Chef du Confeil
Royal des Finances , Gouverneur des
nfans de France , Premier Gentilhomme
de leur Chambre , et Maître de leur
Warde-robe, Gouverneur pour le Roy des
Ville et Citadelle du Havre de Grace et
as en dépendans , Gouverneur et Bailli
des
2092 MERCURE DE FRANCE
,
des Villes et Chateau de Loches et Beaulieu,
mort le 31 Août 1714 Elle en avoit
eu plusieurs enfans , dont il n'y a cu
qu'une seule fille de mariée, qui étoit feuë .
Marie-Henriette de Beauvillier , morte le
4 Septembre 1718. laissant de Louis de
Rochechouart , Duc de Mortemart , Pair
de France , Premier Gentilhomme de la
Chambre du Roy, Chevalier de ses Ordres,
et Lieutenant Général de ſes Armées,
son cousin germain maternel , qu'elle avoit
épousé le 20 Décembre 1703. deux fils
et trois filles , l'aîné des fils mourut
en 1731. sans enfans; le second est Charles
- Auguste Duc de Rochechouart, premier
Gentilhomme de la Chambre du
Roy , né le 11 Octobre 1714- qui n'est
pas encore marié,
>
Le 20. D. Charlotte de Rohan , Epouse
depuis 1729 , de Jean Antoine de Créqui
, Comte de Canaples , et auparavant
veuve depuis le 14 Mars 1720 d'Antoine-
François de Colins , Comte de Mortaigne
, Seigneur de Justingue et d'Ham
premier Ecuyer de feuë Elizabeth-Charlotte
de Baviere , Duchesse Doüairiere
d'Orleans, et auparavant Capitaine- Lieutenant
de la Compagnie des Gens d'Armes
de Bourgogne , qu'elle avoit épousé
au mois de Mars 1717 , mourut d'une
ApoSEPTEMBRE
. 1733. 2093 .
Apoplexie de sang en son Château de
Beaumont au Perche , dans la 53 année
de son âge , étant née le 20 Decembre
1680. Elle étoit fille de Charles de Rohan,
Prince de Guimené, Duc de Montbazon ,
Pair de France mort le 10 Octobre 1727,
et de Charlotte Elizabeth de Cochefilet
de Vauvineux , morte le 24 Décembre
1719. Elle a laissé de son premier mari
Loüise Elizabeth de Colins de Mortaigne,
fille unique ,née au mois de Février 1713.
et mariée le 6 May 1733 , avec le Comte
de Montboissier , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Clermont , Prince ,
Cavalerie , fils aîné de Philippe Claude ,
Marquis de Montboissier Canilliac , Capitaine
Lieutenant de la seconde Compagnie
des Mousquetaires de la Garde du
Roy.
·
Le 21. D. Marie- Anne Tronçon, veuve
depuis le 17 Novembre 1704. de Mathieu
Garnier, Seigneur de Monthereau ,
Président au Parlement de Metz , et fille.
d'Ennemond Tronçon , Seigneur de Chaumontel
- la- Ville , et du Preslay , Maître
d'Hôtel ordinaire du Roy , et Trésorier
de France à Orleans , et d'Anne Boyer ,
mourut à Paris , âgée d'environ 89 ans ,
laissant une fille unique , qui est D.Marie-
Jeanne Garnier de Monthereau , ma-
I riéc
2094 MERCURE DE FRANCE .
›
riée le 20 Avril 1689 , avec Etienne Canaye
, Seigneur de Malval , des Roches ,
&c . Conseiller en la Grand'Chambce du
Parlement de Paris.
و
Le 28 , François le Maistre , Seigneur
de Persac en Poitou , de Belloc , et en
partie du Marquisat de Ferrieres , Conseiller
Honoraire au Parlement de Paris ,
où il avoit été reçu le 2 Juillet 1692. fils
de François le Maistre , Seigneur des mê
mes Lieux, mort Conseiller en la Grand-
Chambre du même Parlement , le 14 Septembre
1685. et de D. Marie le Feron , fa
seconde femme , morte le 4 Decembre
1720 femme alors en secondes nôces de
Claude de Thyard , Comte de Bissy , frere
du Cardinal de ce nom mourut au
Chateau de Mont rouge , près de Paris,
âgé d'environ 65 ans , et le lendemain au
soir son corps fut apporté à Paris , et inhumé
aux Cordeliers , dans la fépulture
de fa famille. Il desaendoit du celebre
Gilles le Maistre , premier Président au
Parlement de Paris , qui étoit son 4 aïeul,
et qui mourut le 5 Decembre 1562. François
le Maistre qui vient de mourir ,avoit
été marié le 1 Août 1695 , avec Marie-
Marguerite Boucher , morte le 2 Avril
1721.dans la 47 année de son âge,fille de
Nicolas Boucher , vivant Secretaire du
Roy ,
J
SEPTEMBRE. 1733. 2095
Roy , Grand Audiancier de France, et de
Mario Bannelier. Il n'en a laissé que Marie-
Anne le Maistre ,née le 27 Mars 1700.
et mariée le 22 Décembre 1722. avec Nicolas
le Camus , premier Président en la
Cour des Aydes de Paris , et Seigneur de
Mont-rouge , qui avoit épousé en premieres
nôces Magdeleine- Charlotte Baugier
, morte le 2 Decembre 1722 .
Le 25. Août , est née Augustine-Julie , fille
d'Anne- Gabriel de Cugnac , Chevalier , Baron de
Reuilly , Sous - Lieutenant au Régiment des Gar
des Françoises , et de D. Jeanne Marie - Joseph
Guyon de Disier , son Epouse. Ses Parains et
Maraines ont été Antoine- Hiacinte de Mainville
, Comte de Marigny , Brigadier des Armées
du Roy et Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux- Legers d'Orleans , et Dlle Ju-
Tie- Augustine Hurault de Vibraye.
Le 13. Septembre , fut baptisée Marie - Charlotte-
Dorothée , née le jour précedent , fille de
Michel - Charles - Dorothée de Roncherolles ,
Chevalier , Comte du Pont S. Pierre , Mestre de
Camp du Régiment Royal des Cravates, Cavalerie
, de D. Charlotte - Marguerite de Romilley de
la Chesnelaye , son Epouse , qui ont été mariez
le 25. May 1728. elle a eu pour Parain Adolphe
Charles de Romilley , Chevalier , Marquis de la
Chesnelaye et d'Amy , Comte de Mausson , Seigneur
de la Chaise , d'Ardesne, & c. Brigadier des
Armées du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , et Gouverneur des Ville et Château
de Fougeres en Bretagne , son Ayeul maternel
et pour Maraine , D. Marie- Anne Dorothée
Erard
I ij.
1
2016 MERCURE DE FRANCE
Erard le Gris,Marquise d'Echauffour et de Montreuil
, Comtesse de Cisey , &c. Epouse de Mi
chel de Roncherolles, Marquis du Pont S. Pierre,
premier Baron de Normandie , et Conseiller
'honneur-né au Parlement de Roücn , son Ayeu
le paternelle. Nous avons parlé de cette Maison
de Roncherolles , aussi bien que de celle de Romilley
, dans le Mercure de Juin 1728. premier
vol.p. 1255. à l'occasion tant du Mariage des Pere
et Mere de P'Enfant qui vient de naître , que de
celui de D. Marie - Catherine de Roncherolles,
soeur du Comte du Pont S. Pierre , avec François
de Rivoire , Marquis du Palais , Brigadier
des Armées du Roy , Lieutenant des Gardes du
Corps de S. M. qui fut celebré le 3. Juin 1728 .
Le 15. il est né un fils à Louis - François de
Laurens , Comte de Montserin , de son Mariage
avec Françoise Louise de Laurens , qui a été
nommé au Baptême par Thomas Rivier , et par
D. Joseph de Rebé , veuve de Leonor du Maine
Marquis du Bourg,
-Le 12. Septembre , Charles- Guillaume- Louis
de Broglio , âgé de 17. à 18. ans , seul fils de
Charles Guillaume , Marquis de Broglio , Lieu
tenant General des Armées du Roy , et Gouver
neur de Graveline , cy- devant Directeur general
d'Infanterie , et de feue D. Marie Magdeleine
Voysin , son Epouse , fille du Chancelier de
France de ce nom , morte le 11. Janvier 1722,
fut marié avec Dlle Theodore - Elizabeth de Besenval
de Bronstat , fille de Jean- Victor Baron
de Besenval Bronstat , du Canton de Soleure ,
Lieutenant General des Armées du Roy, et Colo
nel des Gardes Suisses de S. M. et de D, Cathe
ine , née Comtesse de Biclinski.
Le 15. Pierre- Jacques - Louis de Becdelievre ,
Marquis
Marquis de Quevilly , fils de Louis de Becdelievre,
Baron de Cany , et de feüe D. Anne- Henriette
Catherine Toustaing d'Herbeville , épousa Dlle
Charlotte Paulmier de la Bucaille , fille de Pierre
Paulmier de la Bucaille , Seigneur de Prestreval ,
et de D. Genoviéve Marette.
-
>
La nuit du Dimanche au Lundi 17.
d'Août dernier , Charles Pierre Gaston
de Lévis de Lomagne , Maréchal hé
reditaire de la Foy , Chevalier , Marquis
de Mirepoix , Comte de Terrides , Vicomte
de Gimoix , Baron de Mont- Fourcaul
, &c. Colonel du Régiment de Saintonge
; fils de feu Charles- Pierre de Lévis
, Marquis de Mirepoix , Prince de
Pescheseul , Comte de Terredes , Maréchal
héréditaire de la Foy , et de feüe
Dame Gabrielle d'Olivier , épousa Anne-
Gabrielle-Henriette Bernard , fille de Gabriel
. Bernard . Comte de Rieux , Baron
et Seigneur de la Liviniere , Ferals , Fief-
Madame , &c. Conseiller du Roy en ses
Conseils , Président au Parlement , Deu
xiéme Chambre des Enquêtes , et de Dame
Suzanne-Marie- Henriette de Boulainvilliers
, petite fille du côté Paternel de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'État , Comte
de Coubert , Marquis de Merry , &c. en
du côté Maternel , de feu Henry de Boulainvilliers
, Comte de S. Saire , si celebret
1 ii
par
L
par le grand nombre de ses Ouvrages
dont la plupart ont été rendus publics
depuis sa mort.
On ne s'étendra pas sur la grandeur
de la Maison de Lévis , dont le Marquis
de Mirepoix est l'aîné. Ce ne seroit rien
apprendre au Public ; personne n'ignore
qu'elle est une des plus anciennes et des
plus illustres du Royaume . On en trouve
la Généalogie détaillée dans le 4. volume
de l'Histoire Généalogique du P.
Anselme , page 15 .
11 suffira d'observer que Guy de Lévis
I. du nom , Chef de toutes les Branches
de cette Maison , qui subsistent au→
jourd'hui , fit paroître tant de valeur et
de zele pour la Religion dans la guerre
contre les Albigeois , où il commandoit
en qualité de Maréchal des Croisez , au
commencement du 13. siecle , qu'il y
mérita pour lui et pour l'aîné de ses Enfans
mâles , à perpétuité , le Titre de Maréchal
de la Foy Titre que nos Rois
ont depuis confirmé en plusieurs occa
sions , entre autres , par un Arrêt du
Grand Conseil du 10.Juin 1651. et c'est
en qualité de Maréchal héréditaire de la
Foy , que le Marquis de Mirepoix porte
derriere l'Ecu de ses Armes , qui sont
d'or à trois chevrons de sable , deux Bâtons
SEPTEMBRE. 1733 2099
tons d'azur en sautoir , semez de Croix
et de Fleurs de Lys d'or.
Le Chevalier Bernard , toujours magnifique
dans ce qu'il fait , donna à l'occasion
de ce Mariage dans son Hôtel ,
ruë neuve Notte -Dame des Victoires
une Fête qui a fait l'étonnement et l'ad
miration de tous ceux qui y ont assisté.
Le matin du Dimanche 16. Août , un
grand nombre de Suisses furent postez
aux portes de l'Hôtel et des Apparte
mens , et un détachement d'autres Suisses
fut chargé de la garde des Cour, Jar
dins , Passages , &c.
La Fête commença sur les 6. heures
du soir , par un Concert , qui ne pouvoit
manquer d'être parfaitement bien
executé , M. Bernard ayant eu soin d'y
rassembler en grand nombre les plus belles
Voix et les meilleurs Instrumens , et
l'on peut dire de ces excellens Sujets ,
que le zele se joignant à leurs talens , ils
se surpasserent pour répondre aux intentions
de M. Bernard .
Sur les 7. heures du soir , toutes les
façades de l'Hôtel furent illuminées d'u
ne quantité prodigieuse de Lampions et
de Terrines , qui profiloient toutes les
Corniches , les Croisées , les Plintes et
les autres principaux Membres de l'Ar-
I iiij
chi2100
MERCURE DE FRANCE
chitecture , depuis le faîte jusqu'au rezde
- chaussée. La principale façade de la
Cour , étoit surmontée d'une Etoite de
Lampions , si grande et si brillante que
les yeux avoient peine à en soutenir l'éclat.
L'Illumination qui décoroit le devant
de l'Hôtel sur la ruë , formoit plusieurs
Pilastres , et le pourtour de la
Porte Cochere , au haut de laquelle étoit
un Fronton entre deux grandes Pirami
des de Lampions , qui jettoient une lumiere
très-agréable ; et pour éclairer de
plus loin les Carosses , on avoit garni le
mur du Jardin des Petits - Peres de la
Place des Victoires , de terrines posées
sur des Consoles , depuis l'Eglise jusqu'à
l'angle et très-avant dans la ruë neuve
S. Augustin. On n'aura pas de peine à
s'imaginier le brillant de cette Illumina
tion , quand on sçaura que tous les lampions
et les terrines étoient en cire blanche
, précaution que l'on a crû devoir
prendre pour éviter la mauvaise odeur
et pour garantir les habits des Dames
et des autres Conviez qui étoient obligez
de passer sous des Arcades illuminées .
Après le Concert , vers les neuf heures
, toute la Compagnie descendit et traversa
une enfilade d'Appartement à rezde-
chaussée , pour se rendre dans une
Sale
Echelle
de
Le Roux inv.
PEL
618 wifes
P
C
LIBRARY
.
A, LENOX
AND
TELEEN
FOUNDATIONS
.
pou endre dans une
Sale
DRAKY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
TEMPLE DE MARS
Mademoifelle
uis de
Mirepoix avec
Bernard
Comte de Coubert .
DEO NT
REG
REGI
SEPTEMBRE. 1733. 2102
Sale , où l'on avoit servi un Repas des
plus somptueux. C'est ici qu'a parû dans
tout son éclat , le goût et la magnificence
du Chevalier Bernard ,
Cette Sale , dont tout le monde a
admiré la grandeur et les proportions ,
avoit été construite dans le Jardin par
les soins et sur les Desseins de M. le Roux,
Architecte du Roy et de l'Académie
Royale d'Architecture , qui a employé
avec succès son Art et ses talens pour
executer les idées de M. Bernard .
L'étendue de la Sale étoit de 12. toises
de longueur , sur sept de largeur , et elle
avoit 22. pieds et demi d'élevation depuis
le plancher jusqu'au Plafond. 1. a
La décoration du Frontispice repré
sentoit en camayeu le Temple de Mars ,
dont une Porte cintrée formoit la prin
cipale Entrée. Aux deux côtez étoient
quatre grands Pilastres d'une très- belle
Architecture, ornez de Trophées de
guerre , et entre les Pilastres , deux grandes
Arcades vitrées , qui laissoient jouir
un grand nombre de Spectateurs du coup
d'oeil de la Sale , et donnoient aux Conviez
le plaisir de voir la Façade illuminée
du dedans de l'Hôtel. Au - dessus
de ces deux Arcades , on voyoit des
Trophées d'Amour et les Chiffres des
21
I y now
1102 MERCURE DE FRANCE
nouveaux Epoux , sous une Corniche
feinte de pierre de taille , surmontée d'un
grand Fronton de la largeur de l'Edifice;
dans le Timpan duquel étoient les Ar
mes du Marquis de Mirepoix , accolées
avec celles de sa nouvelle Epouse , dans.un
Cartouche , avec la Couronne Ducale,
un Griphon et un Lion pour supports ,
et les Bâtons de Maréchal de la Foy
mis en sautoir derriere les deux Ecus
le tout peint et très bien exprimé en
bas - relief, par les clairs et les ombres.
Sur un des cô ez du Fronton et à la
droite du Cartouche , on lisoit dans une
Banderole la Devise : Aide Dieu an second
Chrétien Lévis , à la gauche dans
une autre Banderole : Deo ut Regi , Regi
ut Deo ; et au- dessous des Armes , Callar
Vale Mas. Ces trois Devises appartiennent
depuis un temps immémorial à la
Branche aînée de Lévis , et ne sont pas
moins des marques de son ancienneté ,
que des grands services qu'elle a rendus
au Roy et à la Religion .
Enfin , aux deux extrémitez du Fron
ton , sur la Corniche , s'élevoient deux
bouts de balustrade , chargez de deux
Trophées d'Armes en ronde-bosse.
Au fond de cette Sale , en face de la
grande Porte , on avoit pratiqué un enfonSEPTEMBRE.
1733 . 2103
foncement pour un grand Buffet d'appa
rat , aux côtez duquel il y en avoit
deux autres. Au - dessus de ces deux Buf
fers étoient deux Tribunes spacieuses ,
destinées pour la Symphonie.
Au pourtour du bas de la Sale regnoit
un Lambris de quatre pieds de hauteur ;
le Plafond étoit soutenu d'un Frise et Cor
niche , interrompuës au- dessus du grand
Buffet , des Armes groupées des Mariez,
entre deux Emblêmes, peints en camayeu
gris-de- lin ; et du côté opposé , c'est - àdire
, au- dessus de la grande Porte , on
voyoit les Armes de M. Bernard , placées
entre deux Chiffres dans des Čartouches.
Le reste de la Frise , le long des
deux grands côtez,étoit orné de Cartouches
et de Devises .
Outre la principale Porte d'entrée dont
nous avons parlé, il y en avoit encore
4.autres de 15. pieds de hauteur sur 8. de
largeur dans les grands côtez de la Sale;
et à la premiere à droite , aboutissoit une
Galerie couverte , longue de 4. toises et
demie , et large d'environ 2. toises , qui
communiquoit aux Appartemens du rezde-
chaussée , par le moyen de laquelle
la Compagnie passa des Appartemens
dans la Sale, sans être exposée à la pluye
ni au mauvais temps.
I vj Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
Dans le milieu de la Sale étoit une Table
en fer à cheval , qui avoit 150. pieds
de pourtour par les dehors , pout 70.
Couverts. Il y en avoit encore quatre au
tres de 9. pieds de long dans les encoignures
du côté de la grande Entrée , qui
servoient de Buffet pour poser les Services
, avant que de les porter sur la grande
Table. La Sale étoit décorée avec tout
l'art possible ; un grand nombre de Lustres
et de Girandoles dans les plus ingénieux
arrangemens , y répandoit une lumiere
très- éclatante.
Le Fer à cheval étoit entouré par- dehors
de 70, tant chaises que fauteuils , de
même parure , en velours cramoisi , chamaré
en or et argent , les chaises placées.
alternativement entre les fauteuils.
L'arrivée des Conviez dans la Sale fut
annoncée par un bruit de Timbales et
de Trompettes , qui ne cessa que quand
tout le monde fut à table. Les nouveaux
Epoux étoient placez au milieu du Fer à.
cheval ; les fauteuils étoient occupez par
les Dames et les chaises par les Messieurs. ,
Il n'étoit guére possible de voir une.
Assemblée plus brillante , ni un Spectacle
plus magnifique . Cette Table reünissoit
sous un seul point de vûë un grand.
nombre de personnes des plus qualifiées .
et:
SEPTEMBR E. 1753. 210
et des plus considérables du Royaume.
Nous nous croyons dispensez d'entrer
dans le détail du Festin ; on n'aura pas
de peine à imaginer qu'il étoit des plus
somptueux et des mieux servis ; M. Bernard
fit éclarer en cette occasion sa magnificence
ordinaire . 7
Nous observerons seulement , pour
donner une idée de l'ordre établi , que
les Plats et Services étoient apportez par
des Suisses et remis entre les mains d'un
grand nombre d'Officiers , qui les posoient
sur la Table par le milieu du fer
à cheval.
Rien n'étoit plus beau à voir que le
Service du fruit , la Table se trouva en
un instant métamorphosée en une espece
de Jardin délicieux , où les yeux et le
goût trouvoient également de quoi se sa
tisfaire , par l'abondance des fleurs et des
fruits de toute espece qui couvroient
toute l'étendue de la Table ; sans parler
des formes variées et de la délicatesse des
mets , & c.
Les deux Buffets étoient servis par de
hors, ct il y avoit à chacun plusieurs Officiers
qui n'étoient occupez qu'à donner
les Vins les plus rares et les plus exquis. ཏ མ ཉི
A. la Musique guerriere , succeda une
Symphonic mélodieuse , placée dans les
Tri
1
&
2106 MERCURE DE FRANCE
Tribunes , qui dura pendant tout le souper
, interrompuë par intervales par les
Fanfares des Trompettes et des Timbales,
placées sur un Théatre hors de la Sale
du côté de la Galerie couverte. Les sieurs
Charpentier et Danguy , dont tout le
monde connoît les talens ,
l'un pour
la
Musette et l'autre pour la Viele , vinrent
pendant le Souper au milieu du fer
à cheval , et y joüerent ensemble avec
tous les agrémens comiques dont on les
sçait capables ; ce qui fit un intermede
des plus amusants.
Au sortir de table à minuit , toute
la Compagnie monta en carosse pour se
rendre à S. Eutsache Paroisse de la
Mariée .
>
Le devant de l'Hôtel étoit bordé de
plusieurs Escoüades de Guet à pied , et
l'on trouvoit des Brigades de Guet à che
val à chaque coin des rues aboutissant à
celles par où passoit la suite des Carosses.'
Il y en avoit encore un plus grand nom-'
bre au grand Portail de l'Eglise pour
empêcher le tumulte et la confusion.
L'attention de M. Bernard s'étoit éten
due jusqu'à faire éclairer toute la Place
qui est vis-à- vis l'Eglise ; elle étoit en
tourée de quantité de Terrines , dont la
grande lumiere dissipoit entierement les
énebres de la nuit.
SEPTEMBRE. 1733. 2107
P
Le grand Autel et le Choeur étoient surbement
décorés * et éclairés d'une si
grande quantité de Cierges et de Bougies,
po ées sur Candelabres et des Girandoles,
qu'on avoit peine à s'imaginer que l'on
fût au milieu de la nuit. Une longue suite
de Lustres , suspendus au milieu de
la Nef, accompagnez de Bras à plusieurs
branches , attachez à chaque Pilier , n'y
produisoient pas une clarté moins brillante.
Mais la plus belle Décoration de l'Eglise
, et celle qui devoit le plus flatter
M. Bernard , c'étoit la multitude prodigieuse
de monde, de tout rang et de tout
etat qui s'y rendit de tous les quartiers
de Paris , pour prendre part et voir cette
pompeuse Nôce. Jamais Ceremonie de
cette espece n'attira en effet tant de
Spectateurs. Le Choeur er la Nef étoient
templis de personnes de la premiere distinction
, qui cependant n'étoient pas de
la Noce. Il y avoir dans le reste de l'Eglise
un peuple aussi nombreux qu'aux
jours des plus grandes Fêtes . Une foule
de Carosses occupoir , à une très-grande
distance , toutes les rues qui aboutissent
à S. Eustache.
Par le sieur Guilleaumon , Tapissier ordinaire
de la Ville , qui avoit aussi décoré et illuminé la
Sale.
2708 MERCURE DE FRANCE
Tous ceux qui ont assité à cette sainte
et éclatante Ceremonie , ont parû en être
pleinement satisfaits . Le Marquis de Mirepoix
est un des Seigneurs les mieux
faits et des plus polis de la Cour , et
rien n'est plus charmant que sa jeune
Epouse , qui dans cette occasion ajoûta
aux graces de sa personne , une douceur
et une modestie , qui firent l'admiration
de tout le monde.
M. le Curé de S. Eustache fit la Célebration
du Mariage dans le Choeur de
son Eglise et dit ensuite la Messe , pendant
laquelle M. Forcroy toucha POr
gue.
Quelque étonnante que soit la magnificence
que M. le Chevalier Bernard ait
fait paroître à l'occasion de ce Mariage,
on sera encore plus surpris de la rapidité
avec laquelle tous les préparatifs de la
Fête ont été faits.. La construction et la
décoration de la Sale , toutes les Illumi
nations au dedans et au dehors de l'Hô
tel , tout le travail des Cuisines et des
Offices , tout cela a été l'ouvrage de cinq
jours , pendant lesquels on a vû près de
deux mille Ouvriers travailler à des opé
rations differentes , sans trouble ni confusion.
Le jour de la Fête se passa avec le même
SEPTEMBRE. 1733. 2109
me ordre , quoique toute la Maison fût
dans un grand mouvement , et entierementeremplie
de monde ; mais par le
bon ordre , il n'y eut ni accident , ni
cohue ni embarras , ce qui est assez rare
dans de pareilles circonstances .
Nous joignons ici à cette Description
un Plan gravé , tant de l'Hôtel de M. Bernard
, que de la grande Sale , et une
élevation ou façade du Temple.
Fermer
Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Ntoine Paris, Écuyer et Conseiller d'État, ancien Trésorier général des Finances de la Province de Dauphiné, est décédé le 29 juillet à Sampigny, près de Commercy, en Lorraine. Il était veuf de Marie-Elisabeth Jeanne de la Roche et avait une fille unique mariée à Jean Paris de Montmartel, son oncle. Le 25 août, Dame Suzanne de Louvat, veuve de Raoul des Champs, Chevalier et Seigneur de Boishebert, est décédée à l'âge d'environ 61 ans. Elle était fille de Claude de Louvat, Maréchal des Champs et Armées du Roy, et de Geneviève Robert de Lay. Le même jour, Chrétien-Nicolas de Lamoignon, Seigneur de Bournau et Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy, est décédé à Paris à l'âge de 33 ans. Il était fils d'Urbain-Guillaume de Lamoignon, Comte de Launay Courfon et de Montrevaux, et de Marie-Françoise Méliand. Le 30 août, Jean-François-Paul Le Fèvre de Caumartin, Évêque de Blois et Abbé commandataire de l'Abbaye de Buzai, est décédé d'une attaque d'apoplexie à l'âge de 65 ans. Il avait embrassé l'état ecclésiastique après avoir été destiné à l'Ordre de Malthe. Le 1er septembre, Charles de Y de Seraucourt, ancien Capitaine au Régiment des Gardes Françoises, est décédé à l'âge de 78 ans. Il était fils d'Antoine de Y, sieur de Seraucourt, et d'Isabelle d'Epagnol. Le 8 septembre, Jean Le Boulanger, Maître ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris, est décédé septuagénaire. Il avait épousé Marie-Agnès Soulet et laissé un fils et une fille. Le 11 septembre, Marie-Christine-Victoire de Prougent, épouse d'Anne-François de Vandeuil, Chevalier et Seigneur d'Estelfay, est décédée à l'âge d'environ 48 ans. Elle était fille unique de Marie-Joseph de Prougent et de Catherine Davy de la Pailleterie. Le 12 septembre, Dame Françoise Le Gendre, épouse de Jean-Baptiste Bosc, Seigneur de Souscarriere, est décédée à Paris après une longue maladie à l'âge de 49 ans. Elle avait deux filles, Marguerite Bosc et la Dame de Sourrière. Le 13 septembre, Marie-Elisabeth Daret de Chevry, veuve d'Antoine-François de La Trémoille de Noirmontier, Duc de Royan, est décédée à Paris à l'âge de 61 ans sans postérité. Elle était fille de Charles-François Duret et de Marie-Elisabeth Bellier de Platbuisson. Le 19 septembre, Henriette-Louise Colbert, Duchesse de Beauvillier, est décédée à Paris à l'âge de 76 ans. Elle était seconde fille de Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay, et de Marie Charron. Le 20 septembre, Charlotte de Rohan, épouse de Jean-Antoine de Créqui, Comte de Canaples, est décédée d'une apoplexie à l'âge de 53 ans. Elle était fille de Charles de Rohan, Prince de Guimené, et de Charlotte-Elisabeth de Cochefilet de Vauvineux. Le 21 septembre, Marie-Anne Tronçon, veuve de Mathieu Garnier, Seigneur de Monthereau, est décédée à Paris à l'âge d'environ 89 ans. Elle avait une fille unique, Marie-Jeanne Garnier de Monthereau. Le 28 septembre, François Le Maistre, Seigneur de Persac et Conseiller honoraire au Parlement de Paris, est décédé à l'âge d'environ 65 ans. Il était marié à Marie-Marguerite Boucher et avait une fille, Marie-Anne Le Maistre. En termes de naissances, le 25 août, Augustine-Julie, fille d'Anne-Gabriel de Cugnac et de Jeanne-Marie-Joseph Guyon de Disier, est née. Ses parrains et marraines étaient Antoine-Hiacinte de Mainville, Comte de Marigny, et Mademoiselle Julie-Augustine Hurault de Vibraye. Le 13 septembre, Marie-Charlotte-Dorothée, fille de Michel-Charles-Dorothée de Roncherolles et de Charlotte-Marguerite de Romilley de la Chesnelaye, a été baptisée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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263
p. 2120-2134
CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
Début :
Depuis que les hommes, foibles par eux-mêmes, et malheureusement [...]
Mots clefs :
Rats, Rat, Animaux, Gravure antique, Préservatif, Amulette, Apollon, Guerre, Coq, Pauvres, Autel, Ténédos, Temple, Médailles, Peuples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
CONJECTURES sur une Gravûre
antique , qu'on croit avoir servi d'Amulete
an de Préservatif contre les Rats:
D
Epuis que
les hommes , foibles par
cux- mêmes , et malheureusement
esclaves de leur cupidité ,se furent écartez
de la vraye Religion
, ils eurent recours
à des Divinitez
arbitraires
ausquelles ils
assignetent
des fonctions
à proportion
de leurs besoins . Elles étoient chargées de
les garantir
de tout ce qui pouvoit leur
nuire. Les Nations entieres livrées à la superstition
la plus grossiere
, attribuerent
à
des Talismans
,à des Amuletes,à des Pierres
gravées
OCTOBRE. 1733 2123
gravées , des Vertus occultes et prétendues
efficaces contre les malheurs et les
maladies qui les menaçoient , et contre
les Animaux et les Insectes qui leur faisoient
la guerre. La multitude si aisée à
séduire par les apparences les plus foibles
d'un merveilleux , dont elle est.
toujours avide, s'empressoit d'attester les
effets de ces prétendus préservatifs. De
là ces Monumens de leur crédulité se
multiplierent à l'infini , et plusieurs d'entre'eux
se sont conservez jusqu'à nous.
C'est dans cette Classe que j'ai crû devoir
ranger la Gravûre singuliere qu'un
illustre Magistrat ( a ) vient d'ajouter à
la magnifique collection de tout ce que
' Antiquité peut fournir de plus rare et
de plus curieux en fait de Médailles et
de Gravûres antiques . C'est une Agathe
Sardonyx rouge et blanche , gravée en
relief , plus remarquable par la singu
larité du Type , que par la beauté du
Dessein et la délicatesse du travail . Elle
représente un Autel ou Cippus , sur lequel
on voit un Rat qu'un Cocq prend
par la queue pour l'attirer à soy et pour
le faire tomber au bas de l'Autel . Il paroît
résister ; et il semble tenir quelque
(a ) M. LE BRET , Premier Président , Inten--
ant et Commandant pour S. M. en Provence.
A. Y chose
2122 MERCURE DE FRANCE
chose à la bouche avec ses deux pattes.
De l'autre côté un autre Cocq tient un
second Rat de la même façon. Il a été
mis hors de combat , et amené par force au
pied de l'Autel . On lit au haut CYCKhne
BOHOI , et au bas ou à l'Exergue KPA-
ΤΟΥΜΕ. (4)
HNEBOHOT
ΚΡΑΤΟΥ ΜΕ
Grandeur
de
la Pierre
(a) On atrouvé à propos de faire graver ici sur la
même Planche le Dessein d'une Cornaline du Ca
binet de M. le P. Président Bon , de Montpellier ,
enchassée dans une Bague d'or antique , dont le Type
est singulier et a du rapport avec l'Agathe du Ca
binet de M. le Bret.
OCTOBR E. 1733
2123
C'est en supposant que cette Gravûre
est incontestablement antique , que je me
suis déterminé à en donner l'explication.
Je n'ose cependant rien prononcer à cet
égard. Qui ne sçait les moyens dont on
s'est servi et dont on se sert encore de
nos jours , pour en imposer aux Antiquaires
, et combien il est mal- aisé d'établir
, sur tout en fait de Pierres gravées ,
des preuves d'Antiquité qui ne puissent
être contestées et renduës problématiques?
Je crois pouvoir regarder cette Pierre
comme un Préservatif ou Amulete pour
détruire les Rats qui infectent si souvent
les Campagnes et les Maisons. L'Autel
est dédié à Apollon , les deux Cocqs en
font foy. Pausanias , in Eliac. Cap. xxv.
assure que cet Oiseau domestique , qui
annonce l'arrivée du jour , lui est consacré
; ainsi (a) ne faisons aucune difficulté
de le regarder comme un des attributs
de cette Divinité , qui sous le
nom d'Apollon Smynthien , ( b ) avoit
(a) Nostras hasce Gemmulas percurrendo , em
ferè omnes ad Mithram et solem spectare inveniniemus.
Fabretti , c. 7. pag. 531 ... Gallum inter
solaria animantia reposuit Antiquitas . Ibid .
(b) ΙΕΡΟΝ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΣΜΙΝΘΕΩΣ . Cujus
nominis Etymon deducit à Muribus . Strabo. L. 13
Apollo Sminthiorum pernicies Murium Arnob.
advers. Gentes. L. 3.P. 15No
A vi
Ran
2124 MERCURE DE FRANCE .
un Temple dans l'Ifle de Tenedos :
>
C'est sans doute en memoire de ce
culte que les Puples de Tenedos firent
frapper deux Médailles , l'une rapportée
par Goltzius où se voyent deux Rats
à côté d'une Hâche à doublé tranchant;
et l'autre où l'on voit la tête radiée d'A
pollon avec un Mulot ou Rat de Campagne
, et lå Hache ou Bipennis de Tenedos
au revers . Ce sont- là des symboles
caracteristiques de la Divinité Tutelaire.
de
Cette Ifle , et de l'inflexiblé séverité
de ceux qui y administroient la Justice.
Elien raconte que les Rats faisoient de
si grands dégâts dans les champs des
Troyens.ct des Eoliens , que l'on eut
recours à l'Oracle de Delphes , qui re
pondit que ces Peuples en seroient dêlivrez
s'ils sacrifioient à Apollon Smynthien.
Ce Dieu avoit aussi un Temple
scus le même nom dans la Ville de Chry
sa , qui étoit située dans la Troade , presque
vis - à- vis l'Ifle de Tenedos. On y
voyoit la Staruë d'Apollon avec un Rat
à ses pieds. C'étoit l'Ouvrage du fameux
Scopas de Paros. Ce fut en mémoire d'un
évenement assez singulier , que je crois
devoir rapporter
.
Certains Peuples (a) de l'Ifle de Crete
(a) Strab. L. XIII. Vide G. Cuperi , Mónu
vinren
OCTOBRE. TOB 1733. 22 J
vinrent aborder dans cette contrée , cherchant
à s'y établir. Incertains du lieu
où i´s devoient fixer leur demeure, ils s'adresserent
à l'Oracle , qui leur dit de
s'arrêter dans l'endroit où les Enfans de
la Terre viendroient les attaquer. Pendant
la nuit une prodigieuse multitude
de Rats survint près de la Ville d'Amaxitus
, et rongea les cordes de leurs Arcs ,
feurs Harnois et autres ustanciles de cuir.
Ce peuple crédule , jugeant l'Oracle accompli
, s'établit précisément dans cet
endrait.Un ancien Auteur, cité par Stra
bon , prétend qu'il y avoit un grand
nombre de Rats aux environs de ce
Temple , et qu'on les y regardoit avec
une espece de vénération . Chrises , dont
parle Homere au commencement de l'Iliade
, en étoit le Sacrificateur , et c'é oit
lui , sans doute , qui en dirigeoit le culte
dans la Ville de Chrysa.
ment. Antiq. post Harpocratem p. 209.nummum.
refert in quo conspicitur Apollo laurea coronatus ,.
in altera vero area , idem Deus stans , Arcum
manu tenens , pharetra à terga pendente et ab an-·
teriore corporis parte АПOÂúÑƆƐ , cam_litteris ›
ΣΔΕ , a posteriore vero nota aliqua e : ΤΜΙΘΕΩΣ,
infra vero ΑΛΕΞΑΝΔΡΕΩΝ .... Μ ΔΡ ..
Lege EXAMANAPON . Sic et ex alio simili nummo
apud March. Scipionem Maffeium in Verona il
lustrata , pag. 355
Le
2126 MERCURE DE FRANCE
Le Scholiaste d'Homere, raporte L.I.de
l'Iliade , qu'Apollon envoya une prodigieuse
quantité de Rats dans les Champs
de Crinis , son Prêtre , qui avoit encouru
son indignation.Ces Animaux ravagerent
tous ses fruits. Le Dieu s'appaisa , se mit
en devoir de les détruire , et les tua tous
en effet à coups de fleches. Ce fut en
reconnoissance que Crinis fit bâtir un
Temple à Apollon sous le nom de Smynthien.
-
Les deux Rats représentez sur cette
Pierre , sont de pauvres victimes dévoüées
à la colere d'Apollon. Ils publient
eux mêmes leur défaite. L'un d'eux
réduit aux abois par les violens efforts
de son Adversaire , s'écrie CYCKHNEBOHO
I. CONTUBERNALIS SUCCURRE
A l'aide Camarade . Le Rat enlevé par
l'autre Cocq , n'a pas la force de lui répondre
autrement que par ce mot KPA-
ΤΟΥΜΕ , mis pour ΚΡΑΤΟΥΜΕΘΑ., par
une abreviation forcée put-être par le
défaut de la couche blanche , qui seule
pouvoit donner aux Caracteres le relief
nécessaire pour les faire paroître. VINCIMUR
; C'est fait de nous , nous sommes
vaincus. On peut dire aussi , si l'on veut,
que le Graveur , trop servilement attaché
à certaine prononciation locale , a
mis
OCTOBR E. 1733. 2127
mis ΚΡΑΤΟΥΜΕ pour ΚΡΑΤΟΥΜΑΙ , qui
signitie VINCOR , je suis vaincu ; en ce
cas - là c'est un des Rats qui parle , comme
se trouvant hors d'état de secourir
son Camarade , qui reclame son assistance.
Je sçais qu'on pourroit objecter quelqu'autre
défaut dans la construction de
cette Légende , et dire qu'il devroit y
avoir BOHOEI , au lieu de BOHOI ; mais
sans vouloir entrer dans une discussion
grammaticale , qui n'est gueres de mon
ressort,il me seroit aisé de citer d´s exemples
dans les ( a ) Inscriptions Grecques
sur les Médailles et Gravures antiques, où
l'Epsilon se trouve supprimé . D'ailleurs il
me paroît qu'on peut aussi attribuer cette
omission à l'ignorance ou au peu d'exactitude
du Graveur , sur tout dans les Monumens
postérieurs au siécle d'Auguste.
Ce qu'il y a de positif, c'est que les Grecs
modernes ont conservé cette prononciation
qui pouvoit avoir lieu anciennement
dans certains Païs de la Grece.
Le Pois a fait graver une Agathe Onyx,
qui a quelque rapport avec celle que je
viens d'expliquer. On y voit un Cocq ,
un Rat et une Corbeille ouverte , avec le
mot Aprilis.
( a) Fabretti , pag. 740. n. 802.
Les
2128 MERCURE DE FRANCE
Les Rats que nous regardons avec me
pris , et que nous nous contentons de li
vrer à l'antipathie de certains animaux
d'une espece differente , étoient redoutables
dans divers Païs. Nous en avons un
témoignage précis dans l'Ecriture Sainte,
au 1 Liv. des Rois , où il est dit : Il sortit
tout d'un coup des Champs et des Villages
une multitude de Rats , et on vit dans
toute la Ville une confusion de mourans
et de morts. Les Philistins ne furent délivrez
de cette espece de fléau , que lorsqu'ils
eurent renvoyé l'Arche du Seigneur
avec cinq Rats d'or , selon le nombre de
feurs Provinces .
Les gros Rats s'étoient tellement empa
rez de l'Isle de ( a ) foura , qui est le lieu
le plus sterile et le plus désagréable de
tout l'Archipel , qu'ils obligerent les habitans
de l'abandonner , et s'il en faut
croire Théophraste , ces pauvres bêtes au
défaut de tout autre aliment , se virent
obligées de ronger le Fer , tel qu'il est
lorsqu'il sort des Mines. •
Les Romains tiroient des présages de la
vûë de ces animaux . Pline , liv. 8. ch.57.
nous apprend que de son temps la rencon
tre d'un Rat blanc étoit de bon Augure:
La Guerre des Marses ,selon le même
{ 3 ) ΓΥΑΡΟΣ,
Au
OCTOBRE. 1733. 2129
Auteur , fut annoncée par l'événement
bizaree que je vais raconter.Les Boucliers,
qui étoient à Lanuvium , se trouverent
rongez par les Rats ; et delà il fut conclu
qu'il se préparoit quelque funeste évenement
pour la République. La Guerre survint
bien tôt après; il n'en fallut pas
d'a
vantage pour justifier les frivoles conjectures
d'un Peuple superstitieux.
Ciceron , qui sur ces matieres pensoit
bien différemment de la multitude,se
moque avec esprit de la crédulité des Romains.
» Les Aruspices , dit- il liv. 11. de
Divinat. criérent au miracle , sur ce
que les Rats avoient rongé les Boucliers
» de Lanuvium , peu de temps avant la
» Guerre des Marses , comme s'il étoit
» bien important de sçavoir qu'un ani-
» mal , occupé nuit et jour à ronger tout
» ce qui se présente à lui , se fut attaché
» à des Boucliers, plutôt qu'à toute autre
» chose. En suivant leurs fausses idées ,
» ai- je dû craindre pour le sort de Rome,
lorsque les Rats ont rongé chez moi le
» Livre de la République de Platon , et
» s'ils eussent attaqué le Traité d'Epicure
sur la volupté , serois - je plus raison-
» nable de prédire sur cet événement la
>> cherté de toutes les Denrées qui se ven-
» dent au marché ?.
Pline
2130 MERCURE DE FRANCE
Pline rapporte , liv. 10. chap . 65. des
choses qui me paroissent incroïables sur
la prodigieuse propagation des Rats ; et
c'est en conséquence qu'il prétend qu'ils
parurent autrefois en si grand nombre
dans certain Païs de la Grece , qu'après en
avoir ravagé les moissons , ils en firent
déserter les habitans. ( a ) Un Auteur du
siécle passé prétend qu'à peu près la même
avanture est arrivée en Angleterre ,
en la Province d'Essex , en 1580 et 1648.
C'est dans de telles circonstances que les
Peuples ont pû recourir à des moyens
surnaturels pour être délivrez d'une engeance
si pernicieuse .
Gregoire de Tours , cet Historien qu'on
accuse , peut- être , avec raison , d'avoir.
inséré dans son Ouvrage un grand nombre
de faits fabuleux et d'opinions populaires
, ausquelles il paroît ajouter foy,fait
mention , liv . 8. ch. 14. de son Histoire
de deux figures de Bronze , trouvées à
Paris , vers la fin du sixième siècle , l'une
représentoit un Serpent , et l'autre un
Loir, qui est une espece de Rat velu , qui
habite dans les Bois . A peine furent - elles
enlevées de l'endroit où l'on prétendoit
qu'elles avoient une vertu de Talisman
( a ) Childreyus , lib. de Mirab . Natura in Anglia
Citat, in Ephem . Erud. ann. 1667. pag.113 ,
pour -
OCTOBRE . 1732. 2137
pour éloigner de la contrée les animaux
qu'elles représentoient , qu'on vit paroître
un nombre infini de Serpens et de
Loirs dans la Ville et dans les Campagnes
voisines.
Quoique l'Histoire que je vais rapporter
, ait l'air d'une Fable , elle convient
trop à mon sujet pour la passer sous silence.
La voici telle qu'on la trouve chez
les Centuriateurs de Magdebourg , vol. 3 .
Cent. 10 ch. 10.
Hatton , surnommé Bonosus , de Moine
de Fulde devint Archevêque de Mayence.
Il étoit dur envers les Pauvres , et au
lieu de les secourir pendant la famine , il
leur fit sentir les effets les plus cruels de
son avarice . Il fit assembler quantité de
Pauvres dans une Grange où il les fit brûler
, en disant que c'étoit une engeance
inutile, et qui n'étoit bonne qu'à manger
le pain necessaire aux autres. Fruges con
sumere nati. Il en fut bien- tôt puni. Les
Rats l'assaillirent de tous côtez et lui déclarerent
une guerre mortelle. Il eût beau
se retirer dans une Tour , bâtie au milieu
du Rhin , qu'on appelle encore à present
la Tour des Rats . ( Mausthuun ) Les Rats
l'y suivirent et passerent le Fleuve à la
nage ; ils entrerent dans la Tour , et firent
mourir l'Archevêque . On ajoute
qu'a2132
MERCURE DE FRANCE
qu'après la mort de ce Prélat, ces animaux
devenus les Instrumens de la Justice divine.
, rongerent tout jusqu'à son nom ,
qui étoit gravé sur le Marbre ou Ecrit
dans les Registres publics.
M. de Thou , liv. 5. pag 161. de son
Histoire , prétend que Barthelemi Chasseneuz
, devenu ensuite premier Président
du Parlement de Provence , se trouvant à
Autun , les habitans de quelques Villages
des environs demanderent qu'il plût à
l'Evêque Diocésain d'excommunier les
Rats qui désoloient cette contrée ; que ce
fameux Jurisconsulte se chargea de la défense
de ces animaux , et représenta que
le terme qui leur avoit été accordé étoit
trop court , d'autant mieux qu'ils risquoient
de se mettre en chemin , tous les
Chats des Villages voisins étant aux
aguets pour les arrêter en passant™, sur
quoi Chasseneuz obrint un plus long délai
pour venir répondre à la citation .
Quelques- uns révoquent en doute un
fait si singulier ; mais il me paroît que
le témoignage d'un Auteur aussi grave ,
et d'ailleurs presque contemporain , doit
prévaloir sur tout ce qu'on peut avancer
pour le détruire dans toutes ses circonstances
, d'autant mieux que la premiere
conOCTOBRE.
1733. 2133
consultation de ( a ) Chassencuz roule sur
tout ce qui s'observoit de son temps en
Bourgogne , au sujet de l'excommunication
des Animaux et des Insectes nuisi
bles , ausquels il assure qu'on donnoit un
Avocat pour les deffendre. Il y fait mention
de tout ce qui s'y pratiquoit de son
temps , avant que de proceder à leur excommunication
; et c'est peut être ce détail
qui a donné lieu à M, de Thou de
dire que Chasseneuz avoit rempli les
fonctions de leur Avocat en pareille occasion
.
Je dois parler aussi d'un Préservatif
contre les Rats , pieusement introduit
dans un siècle plein d'ignorance , par les
Moines de S. Hubert , dans les Ardennes.
On suppose que dans le Territoire de
cette Abbaye on ne voit aucun Rat ; et
on attribuë çette singularité aux mérites
de S. V lalric , Evêque d'Ausbourg ( b ) ,
( a ) Nonnulla Animalia immunda in formam
murium urbanorum existentia Grisei coloris , à nemoribus
circum vicinis exeuntia... Post modum
distribuitur Advocatus pro consilio dictorum Animalium
, qui respondet pradictam maledictionem ,
Anathematisationem , et Excommunicationem fieri
non debere, &c. Barth. à Chassaneo,Cons. 1.p.17.
(b ) Joan. Eusebius Nierem Bergius de Miracul
Nat. in Europâ . lib. 2. cap. 6. , ... Effecis
idem Episcopus (S. Udalricus) ut nulli magni Mu.
dont
2134 MERCURE DE FRANCE
dont cette Eglise possede les Reliques .
On rapporte à ce sujet des pratiques superstieuses
et des usages indécens ( c) qui
font tort à la Religion , qui leur sert de
prétexte ; et qu'on auroit dû abolir dans
un siècle aussi éclairé que le nôtre.
antique , qu'on croit avoir servi d'Amulete
an de Préservatif contre les Rats:
D
Epuis que
les hommes , foibles par
cux- mêmes , et malheureusement
esclaves de leur cupidité ,se furent écartez
de la vraye Religion
, ils eurent recours
à des Divinitez
arbitraires
ausquelles ils
assignetent
des fonctions
à proportion
de leurs besoins . Elles étoient chargées de
les garantir
de tout ce qui pouvoit leur
nuire. Les Nations entieres livrées à la superstition
la plus grossiere
, attribuerent
à
des Talismans
,à des Amuletes,à des Pierres
gravées
OCTOBRE. 1733 2123
gravées , des Vertus occultes et prétendues
efficaces contre les malheurs et les
maladies qui les menaçoient , et contre
les Animaux et les Insectes qui leur faisoient
la guerre. La multitude si aisée à
séduire par les apparences les plus foibles
d'un merveilleux , dont elle est.
toujours avide, s'empressoit d'attester les
effets de ces prétendus préservatifs. De
là ces Monumens de leur crédulité se
multiplierent à l'infini , et plusieurs d'entre'eux
se sont conservez jusqu'à nous.
C'est dans cette Classe que j'ai crû devoir
ranger la Gravûre singuliere qu'un
illustre Magistrat ( a ) vient d'ajouter à
la magnifique collection de tout ce que
' Antiquité peut fournir de plus rare et
de plus curieux en fait de Médailles et
de Gravûres antiques . C'est une Agathe
Sardonyx rouge et blanche , gravée en
relief , plus remarquable par la singu
larité du Type , que par la beauté du
Dessein et la délicatesse du travail . Elle
représente un Autel ou Cippus , sur lequel
on voit un Rat qu'un Cocq prend
par la queue pour l'attirer à soy et pour
le faire tomber au bas de l'Autel . Il paroît
résister ; et il semble tenir quelque
(a ) M. LE BRET , Premier Président , Inten--
ant et Commandant pour S. M. en Provence.
A. Y chose
2122 MERCURE DE FRANCE
chose à la bouche avec ses deux pattes.
De l'autre côté un autre Cocq tient un
second Rat de la même façon. Il a été
mis hors de combat , et amené par force au
pied de l'Autel . On lit au haut CYCKhne
BOHOI , et au bas ou à l'Exergue KPA-
ΤΟΥΜΕ. (4)
HNEBOHOT
ΚΡΑΤΟΥ ΜΕ
Grandeur
de
la Pierre
(a) On atrouvé à propos de faire graver ici sur la
même Planche le Dessein d'une Cornaline du Ca
binet de M. le P. Président Bon , de Montpellier ,
enchassée dans une Bague d'or antique , dont le Type
est singulier et a du rapport avec l'Agathe du Ca
binet de M. le Bret.
OCTOBR E. 1733
2123
C'est en supposant que cette Gravûre
est incontestablement antique , que je me
suis déterminé à en donner l'explication.
Je n'ose cependant rien prononcer à cet
égard. Qui ne sçait les moyens dont on
s'est servi et dont on se sert encore de
nos jours , pour en imposer aux Antiquaires
, et combien il est mal- aisé d'établir
, sur tout en fait de Pierres gravées ,
des preuves d'Antiquité qui ne puissent
être contestées et renduës problématiques?
Je crois pouvoir regarder cette Pierre
comme un Préservatif ou Amulete pour
détruire les Rats qui infectent si souvent
les Campagnes et les Maisons. L'Autel
est dédié à Apollon , les deux Cocqs en
font foy. Pausanias , in Eliac. Cap. xxv.
assure que cet Oiseau domestique , qui
annonce l'arrivée du jour , lui est consacré
; ainsi (a) ne faisons aucune difficulté
de le regarder comme un des attributs
de cette Divinité , qui sous le
nom d'Apollon Smynthien , ( b ) avoit
(a) Nostras hasce Gemmulas percurrendo , em
ferè omnes ad Mithram et solem spectare inveniniemus.
Fabretti , c. 7. pag. 531 ... Gallum inter
solaria animantia reposuit Antiquitas . Ibid .
(b) ΙΕΡΟΝ ΑΠΟΛΛΩΝΟΣ ΣΜΙΝΘΕΩΣ . Cujus
nominis Etymon deducit à Muribus . Strabo. L. 13
Apollo Sminthiorum pernicies Murium Arnob.
advers. Gentes. L. 3.P. 15No
A vi
Ran
2124 MERCURE DE FRANCE .
un Temple dans l'Ifle de Tenedos :
>
C'est sans doute en memoire de ce
culte que les Puples de Tenedos firent
frapper deux Médailles , l'une rapportée
par Goltzius où se voyent deux Rats
à côté d'une Hâche à doublé tranchant;
et l'autre où l'on voit la tête radiée d'A
pollon avec un Mulot ou Rat de Campagne
, et lå Hache ou Bipennis de Tenedos
au revers . Ce sont- là des symboles
caracteristiques de la Divinité Tutelaire.
de
Cette Ifle , et de l'inflexiblé séverité
de ceux qui y administroient la Justice.
Elien raconte que les Rats faisoient de
si grands dégâts dans les champs des
Troyens.ct des Eoliens , que l'on eut
recours à l'Oracle de Delphes , qui re
pondit que ces Peuples en seroient dêlivrez
s'ils sacrifioient à Apollon Smynthien.
Ce Dieu avoit aussi un Temple
scus le même nom dans la Ville de Chry
sa , qui étoit située dans la Troade , presque
vis - à- vis l'Ifle de Tenedos. On y
voyoit la Staruë d'Apollon avec un Rat
à ses pieds. C'étoit l'Ouvrage du fameux
Scopas de Paros. Ce fut en mémoire d'un
évenement assez singulier , que je crois
devoir rapporter
.
Certains Peuples (a) de l'Ifle de Crete
(a) Strab. L. XIII. Vide G. Cuperi , Mónu
vinren
OCTOBRE. TOB 1733. 22 J
vinrent aborder dans cette contrée , cherchant
à s'y établir. Incertains du lieu
où i´s devoient fixer leur demeure, ils s'adresserent
à l'Oracle , qui leur dit de
s'arrêter dans l'endroit où les Enfans de
la Terre viendroient les attaquer. Pendant
la nuit une prodigieuse multitude
de Rats survint près de la Ville d'Amaxitus
, et rongea les cordes de leurs Arcs ,
feurs Harnois et autres ustanciles de cuir.
Ce peuple crédule , jugeant l'Oracle accompli
, s'établit précisément dans cet
endrait.Un ancien Auteur, cité par Stra
bon , prétend qu'il y avoit un grand
nombre de Rats aux environs de ce
Temple , et qu'on les y regardoit avec
une espece de vénération . Chrises , dont
parle Homere au commencement de l'Iliade
, en étoit le Sacrificateur , et c'é oit
lui , sans doute , qui en dirigeoit le culte
dans la Ville de Chrysa.
ment. Antiq. post Harpocratem p. 209.nummum.
refert in quo conspicitur Apollo laurea coronatus ,.
in altera vero area , idem Deus stans , Arcum
manu tenens , pharetra à terga pendente et ab an-·
teriore corporis parte АПOÂúÑƆƐ , cam_litteris ›
ΣΔΕ , a posteriore vero nota aliqua e : ΤΜΙΘΕΩΣ,
infra vero ΑΛΕΞΑΝΔΡΕΩΝ .... Μ ΔΡ ..
Lege EXAMANAPON . Sic et ex alio simili nummo
apud March. Scipionem Maffeium in Verona il
lustrata , pag. 355
Le
2126 MERCURE DE FRANCE
Le Scholiaste d'Homere, raporte L.I.de
l'Iliade , qu'Apollon envoya une prodigieuse
quantité de Rats dans les Champs
de Crinis , son Prêtre , qui avoit encouru
son indignation.Ces Animaux ravagerent
tous ses fruits. Le Dieu s'appaisa , se mit
en devoir de les détruire , et les tua tous
en effet à coups de fleches. Ce fut en
reconnoissance que Crinis fit bâtir un
Temple à Apollon sous le nom de Smynthien.
-
Les deux Rats représentez sur cette
Pierre , sont de pauvres victimes dévoüées
à la colere d'Apollon. Ils publient
eux mêmes leur défaite. L'un d'eux
réduit aux abois par les violens efforts
de son Adversaire , s'écrie CYCKHNEBOHO
I. CONTUBERNALIS SUCCURRE
A l'aide Camarade . Le Rat enlevé par
l'autre Cocq , n'a pas la force de lui répondre
autrement que par ce mot KPA-
ΤΟΥΜΕ , mis pour ΚΡΑΤΟΥΜΕΘΑ., par
une abreviation forcée put-être par le
défaut de la couche blanche , qui seule
pouvoit donner aux Caracteres le relief
nécessaire pour les faire paroître. VINCIMUR
; C'est fait de nous , nous sommes
vaincus. On peut dire aussi , si l'on veut,
que le Graveur , trop servilement attaché
à certaine prononciation locale , a
mis
OCTOBR E. 1733. 2127
mis ΚΡΑΤΟΥΜΕ pour ΚΡΑΤΟΥΜΑΙ , qui
signitie VINCOR , je suis vaincu ; en ce
cas - là c'est un des Rats qui parle , comme
se trouvant hors d'état de secourir
son Camarade , qui reclame son assistance.
Je sçais qu'on pourroit objecter quelqu'autre
défaut dans la construction de
cette Légende , et dire qu'il devroit y
avoir BOHOEI , au lieu de BOHOI ; mais
sans vouloir entrer dans une discussion
grammaticale , qui n'est gueres de mon
ressort,il me seroit aisé de citer d´s exemples
dans les ( a ) Inscriptions Grecques
sur les Médailles et Gravures antiques, où
l'Epsilon se trouve supprimé . D'ailleurs il
me paroît qu'on peut aussi attribuer cette
omission à l'ignorance ou au peu d'exactitude
du Graveur , sur tout dans les Monumens
postérieurs au siécle d'Auguste.
Ce qu'il y a de positif, c'est que les Grecs
modernes ont conservé cette prononciation
qui pouvoit avoir lieu anciennement
dans certains Païs de la Grece.
Le Pois a fait graver une Agathe Onyx,
qui a quelque rapport avec celle que je
viens d'expliquer. On y voit un Cocq ,
un Rat et une Corbeille ouverte , avec le
mot Aprilis.
( a) Fabretti , pag. 740. n. 802.
Les
2128 MERCURE DE FRANCE
Les Rats que nous regardons avec me
pris , et que nous nous contentons de li
vrer à l'antipathie de certains animaux
d'une espece differente , étoient redoutables
dans divers Païs. Nous en avons un
témoignage précis dans l'Ecriture Sainte,
au 1 Liv. des Rois , où il est dit : Il sortit
tout d'un coup des Champs et des Villages
une multitude de Rats , et on vit dans
toute la Ville une confusion de mourans
et de morts. Les Philistins ne furent délivrez
de cette espece de fléau , que lorsqu'ils
eurent renvoyé l'Arche du Seigneur
avec cinq Rats d'or , selon le nombre de
feurs Provinces .
Les gros Rats s'étoient tellement empa
rez de l'Isle de ( a ) foura , qui est le lieu
le plus sterile et le plus désagréable de
tout l'Archipel , qu'ils obligerent les habitans
de l'abandonner , et s'il en faut
croire Théophraste , ces pauvres bêtes au
défaut de tout autre aliment , se virent
obligées de ronger le Fer , tel qu'il est
lorsqu'il sort des Mines. •
Les Romains tiroient des présages de la
vûë de ces animaux . Pline , liv. 8. ch.57.
nous apprend que de son temps la rencon
tre d'un Rat blanc étoit de bon Augure:
La Guerre des Marses ,selon le même
{ 3 ) ΓΥΑΡΟΣ,
Au
OCTOBRE. 1733. 2129
Auteur , fut annoncée par l'événement
bizaree que je vais raconter.Les Boucliers,
qui étoient à Lanuvium , se trouverent
rongez par les Rats ; et delà il fut conclu
qu'il se préparoit quelque funeste évenement
pour la République. La Guerre survint
bien tôt après; il n'en fallut pas
d'a
vantage pour justifier les frivoles conjectures
d'un Peuple superstitieux.
Ciceron , qui sur ces matieres pensoit
bien différemment de la multitude,se
moque avec esprit de la crédulité des Romains.
» Les Aruspices , dit- il liv. 11. de
Divinat. criérent au miracle , sur ce
que les Rats avoient rongé les Boucliers
» de Lanuvium , peu de temps avant la
» Guerre des Marses , comme s'il étoit
» bien important de sçavoir qu'un ani-
» mal , occupé nuit et jour à ronger tout
» ce qui se présente à lui , se fut attaché
» à des Boucliers, plutôt qu'à toute autre
» chose. En suivant leurs fausses idées ,
» ai- je dû craindre pour le sort de Rome,
lorsque les Rats ont rongé chez moi le
» Livre de la République de Platon , et
» s'ils eussent attaqué le Traité d'Epicure
sur la volupté , serois - je plus raison-
» nable de prédire sur cet événement la
>> cherté de toutes les Denrées qui se ven-
» dent au marché ?.
Pline
2130 MERCURE DE FRANCE
Pline rapporte , liv. 10. chap . 65. des
choses qui me paroissent incroïables sur
la prodigieuse propagation des Rats ; et
c'est en conséquence qu'il prétend qu'ils
parurent autrefois en si grand nombre
dans certain Païs de la Grece , qu'après en
avoir ravagé les moissons , ils en firent
déserter les habitans. ( a ) Un Auteur du
siécle passé prétend qu'à peu près la même
avanture est arrivée en Angleterre ,
en la Province d'Essex , en 1580 et 1648.
C'est dans de telles circonstances que les
Peuples ont pû recourir à des moyens
surnaturels pour être délivrez d'une engeance
si pernicieuse .
Gregoire de Tours , cet Historien qu'on
accuse , peut- être , avec raison , d'avoir.
inséré dans son Ouvrage un grand nombre
de faits fabuleux et d'opinions populaires
, ausquelles il paroît ajouter foy,fait
mention , liv . 8. ch. 14. de son Histoire
de deux figures de Bronze , trouvées à
Paris , vers la fin du sixième siècle , l'une
représentoit un Serpent , et l'autre un
Loir, qui est une espece de Rat velu , qui
habite dans les Bois . A peine furent - elles
enlevées de l'endroit où l'on prétendoit
qu'elles avoient une vertu de Talisman
( a ) Childreyus , lib. de Mirab . Natura in Anglia
Citat, in Ephem . Erud. ann. 1667. pag.113 ,
pour -
OCTOBRE . 1732. 2137
pour éloigner de la contrée les animaux
qu'elles représentoient , qu'on vit paroître
un nombre infini de Serpens et de
Loirs dans la Ville et dans les Campagnes
voisines.
Quoique l'Histoire que je vais rapporter
, ait l'air d'une Fable , elle convient
trop à mon sujet pour la passer sous silence.
La voici telle qu'on la trouve chez
les Centuriateurs de Magdebourg , vol. 3 .
Cent. 10 ch. 10.
Hatton , surnommé Bonosus , de Moine
de Fulde devint Archevêque de Mayence.
Il étoit dur envers les Pauvres , et au
lieu de les secourir pendant la famine , il
leur fit sentir les effets les plus cruels de
son avarice . Il fit assembler quantité de
Pauvres dans une Grange où il les fit brûler
, en disant que c'étoit une engeance
inutile, et qui n'étoit bonne qu'à manger
le pain necessaire aux autres. Fruges con
sumere nati. Il en fut bien- tôt puni. Les
Rats l'assaillirent de tous côtez et lui déclarerent
une guerre mortelle. Il eût beau
se retirer dans une Tour , bâtie au milieu
du Rhin , qu'on appelle encore à present
la Tour des Rats . ( Mausthuun ) Les Rats
l'y suivirent et passerent le Fleuve à la
nage ; ils entrerent dans la Tour , et firent
mourir l'Archevêque . On ajoute
qu'a2132
MERCURE DE FRANCE
qu'après la mort de ce Prélat, ces animaux
devenus les Instrumens de la Justice divine.
, rongerent tout jusqu'à son nom ,
qui étoit gravé sur le Marbre ou Ecrit
dans les Registres publics.
M. de Thou , liv. 5. pag 161. de son
Histoire , prétend que Barthelemi Chasseneuz
, devenu ensuite premier Président
du Parlement de Provence , se trouvant à
Autun , les habitans de quelques Villages
des environs demanderent qu'il plût à
l'Evêque Diocésain d'excommunier les
Rats qui désoloient cette contrée ; que ce
fameux Jurisconsulte se chargea de la défense
de ces animaux , et représenta que
le terme qui leur avoit été accordé étoit
trop court , d'autant mieux qu'ils risquoient
de se mettre en chemin , tous les
Chats des Villages voisins étant aux
aguets pour les arrêter en passant™, sur
quoi Chasseneuz obrint un plus long délai
pour venir répondre à la citation .
Quelques- uns révoquent en doute un
fait si singulier ; mais il me paroît que
le témoignage d'un Auteur aussi grave ,
et d'ailleurs presque contemporain , doit
prévaloir sur tout ce qu'on peut avancer
pour le détruire dans toutes ses circonstances
, d'autant mieux que la premiere
conOCTOBRE.
1733. 2133
consultation de ( a ) Chassencuz roule sur
tout ce qui s'observoit de son temps en
Bourgogne , au sujet de l'excommunication
des Animaux et des Insectes nuisi
bles , ausquels il assure qu'on donnoit un
Avocat pour les deffendre. Il y fait mention
de tout ce qui s'y pratiquoit de son
temps , avant que de proceder à leur excommunication
; et c'est peut être ce détail
qui a donné lieu à M, de Thou de
dire que Chasseneuz avoit rempli les
fonctions de leur Avocat en pareille occasion
.
Je dois parler aussi d'un Préservatif
contre les Rats , pieusement introduit
dans un siècle plein d'ignorance , par les
Moines de S. Hubert , dans les Ardennes.
On suppose que dans le Territoire de
cette Abbaye on ne voit aucun Rat ; et
on attribuë çette singularité aux mérites
de S. V lalric , Evêque d'Ausbourg ( b ) ,
( a ) Nonnulla Animalia immunda in formam
murium urbanorum existentia Grisei coloris , à nemoribus
circum vicinis exeuntia... Post modum
distribuitur Advocatus pro consilio dictorum Animalium
, qui respondet pradictam maledictionem ,
Anathematisationem , et Excommunicationem fieri
non debere, &c. Barth. à Chassaneo,Cons. 1.p.17.
(b ) Joan. Eusebius Nierem Bergius de Miracul
Nat. in Europâ . lib. 2. cap. 6. , ... Effecis
idem Episcopus (S. Udalricus) ut nulli magni Mu.
dont
2134 MERCURE DE FRANCE
dont cette Eglise possede les Reliques .
On rapporte à ce sujet des pratiques superstieuses
et des usages indécens ( c) qui
font tort à la Religion , qui leur sert de
prétexte ; et qu'on auroit dû abolir dans
un siècle aussi éclairé que le nôtre.
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Résumé : CONJECTURES sur une Gravûre antique, qu'on croit avoir servi d'Amulete ou de Préservatif contre les Rats.
Dans l'Antiquité, les superstitions et l'utilisation de talismans et d'amulettes étaient courantes pour se protéger contre divers maux, y compris les rats. Les hommes, éloignés de la véritable religion, recouraient à des divinités arbitraires pour se garantir des dangers. Les nations attribuaient des vertus occultes à des objets gravés, croyant qu'ils pouvaient les protéger contre les malheurs et les animaux nuisibles. Une gravure antique, une agate sardonyx rouge et blanche, représente un autel avec des rats et des coqs. Cette gravure est considérée comme un préservatif ou amulette contre les rats. Les coqs, dédiés à Apollon, sont représentés en train de capturer les rats, symbolisant la protection divine. Apollon, sous le nom de Smynthien, était connu pour protéger contre les rats, comme le montrent divers récits et monuments anciens. Les rats ont causé des ravages dans l'histoire, comme dans les champs des Troyens et des Éoliens, ou sur l'île de Foura. Les Romains tiraient des présages de la vue de ces animaux, et des auteurs comme Cicéron et Pline ont commenté la superstition entourant les rats. Des figures de bronze trouvées à Paris étaient censées protéger contre les serpents et les loirs. Des événements historiques impliquent des rats. Un archevêque, après avoir fait brûler des pauvres en les qualifiant d' 'engeance inutile', fut puni par des rats qui l'attaquèrent et le tuèrent, même après qu'il se soit réfugié dans une tour sur le Rhin, connue sous le nom de 'Tour des Rats'. Après sa mort, les rats détruisirent toute trace de son nom. Jacques Auguste de Thou mentionne que Barthélemi Chasseneuz, futur premier Président du Parlement de Provence, défendit des rats à Autun. Les habitants avaient demandé à l'évêque d'excommunier les rats qui ravageaient la région. Chasseneuz obtint un délai supplémentaire pour les rats afin qu'ils puissent répondre à la citation, arguant que les chats des villages voisins étaient prêts à les attaquer. Les moines de Saint-Hubert dans les Ardennes prétendaient que les rats étaient absents de leur territoire grâce aux mérites de Saint-Udalric, évêque d'Augsbourg. Cette pratique est critiquée pour ses aspects indécents et superstitieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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264
p. 2179-2183
LETTRE écrite de Dijon, à M. de T... sur le Cabinet de Médailles des RR. PP. Jesuites de Tournon.
Début :
MONSIEUR, Vou[s] auriez pû vous mieux adresser pour avoir l'analyse [...]
Mots clefs :
Médailles, Jésuites, Cabinet, Tournon, Revers, Bronze, Médaillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Dijon, à M. de T... sur le Cabinet de Médailles des RR. PP. Jesuites de Tournon.
LETTRE écrite de Dijon , à M. de
T... sur le Cabinet de Médailles des
RR. PP. Jesuites de Tournon.
MONSIEUR,
Vou auriez pû vous mieux adresser
pour avoir l'analyse des singularitez du
Médailler des P P. Jesuites de Tournon
dont on a depuis peu fait imprimer le
Catalogue à Avignon . Je n'ai eu ce Livre
que bien peu de temps
à ma disposition
, M. R. D. L. qui l'avoit apporté
de Paris , n'ayant fait ici qu'un
très petit séjour. Il auroit fallu n'être
pas si pressé pour examiner toutes les
karetez de ce Cabinet. Ce fut beaucoup
pour moi d'en remarquer une partie et
d'en faire à la hâte un Memoire. Ressouvenez-
vous- en bien , je vous prie , pour
que vous m'épargniez les justes reproches
que vous faites à ces demi - Sçavans
qui ont voulu vous faire connoître ce Médailler.
Vous ne trouverez pas du moins
dans mon Extrait ces grandes phrases
qui ne signifient rien , et qui laissent le
Lecteur aussipeu instruit qu'il l'étoit aųparavant.
Dans
2180 MERCURE DE FRANCE
Dans le Cabinet des Jesuites de Tournon
, il y a differentes suites de Médail
les ; 1 ° . de Rois , 2 ° . de Peuples et dé
Villes ; 3 ° . de Familles Romaines' ; 4º . de
l'As et de ses divisions ; 5. des Empereurs
Romains en or ; 6 ° . en argent ; 7 .
en grand ; 8 ° . moyen ; 9. et petit bronze
; 10° . de Medailles et de Monnoyes
modernes ; 11 ° . de Médailles contrefaites;
12 ° . de Pierres gravées , des Statuës , des
Urnes , &c. Il paroît qu'on ne s'est atë
taché à enrichir que les suites Imperiales
de bronze ; les autres , excepté celle
qui est en argent , sont peu nombreuses.
Dans le petit nombre on remarque cependant
des Médailles peu communes ;
il
y en a même qui n'ont pas été connues
jusques ici par les Antiquaires , et
qu'on peut avec eux appeller uniques.
Mon Mémoire me fournit une partie de
celles qui me parurent de ce genre dans
ce Cabinet. Peut-être vous feront- elles
naître le dessein de l'acheter ; on dit que
les Jésuites de Tournon veulent le vendre
pour rétablir leur Bibliotheque.
Une Chevre d'Afrique au Revers
ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΒΑΣΙΛΕΩΣ , Une Aigle
tenant la foudre dans ses serres Æ. III.
La tête de Diane. ( BAZIAEQE DINTIAZ.
Un Sanglier. A II .
A
La
OCTOBRE . 1733. 2181 .
La tête d'Anthiochus , ornée d'un Diademe,
Ο ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΚΟΥ ΕΠΙ-
ΦΑΝΟΥΣ ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ ΚΑΛΛΙΝΙΚΟΣ.
Une Victoire . Æ. 111.
Deux Médailles d'Homere.
La tête de Rome. ROMA RESTITVTA. X
Jupiter assis , la Foud e à la main : jv-
PITER LIBERATOR . Arg.
·
Parmi les Médailles Imperiales de
grand Bronze , une Contorniate d'Auguste
au revers de C. GALLVS
IIIVIRAA AFF ; dans le Champ, S. C.
Un Tibere , deux Vitellius , deux Antinous
, un Médaillon d'Aelius Caesar ,
au revers de la Concorde assise Con-
CORD . TR. POT. cos. 11. Un Antonin Pie,
qui a pour revers le Sphinx et l't poque
L. B. Un autre : EПI APXONTOC KA
ΕΝΤΙΛΙΟΥ ΧΥΖΙ ΝΕΩΚΟΡΩΝ , avec un
Temple. Pertinax , les deux Gordiens
Afriquains , un Médaillon de Gordien
Pie : L'Empereur avec Tranquilline , se
donnent la main , avec la Legende de
ΓΑΡ ΟΥ ΜΗΤΡΟΠΟΛΕΩΣ ΑΜΚ ΙΒ .
Trajan Dece au revers , LIBERTAS AVG La
ête de Q. Herennius : EPENN . ETPOYC .
MEC . AEKIOC KTINTOC KECAP ; au
vers , celle d'Hostilien ... OCTIAIAOC
KYINTOC KECAP . Deux Æmiliens.
Gallien au revers de AEQUITAS AVGG.
Un
2182 MERCURE DE FRANCE
Un autre : COL. TYRO . MET. Une Aigle
avec une Enseigne Militaire , dens laquelle
on lit ces mots : LEG. III. GAL.
Un Médaillon du même Prince : CONCORDIA
EXERCIT. La Déesse debout ,
avec une Patere à la main.
Dans le moyen Bronze , j'ai remarqué
un Othon , avec le revers d'une Tête
casquée , et l'Inscription POMH Vitellius
: IMP. VITEL. dans une contremarque
sans autre Legende 5 au revers : TPI-
ΠΟΛΕΙΤΩΝ. Les têtes accolées de Castor
et de Pollux . Hadrien : EITI COCOENOYC
APX. T. TIBEPIOHOA. Jupiter tenant
une Patere. M. Aurele : CONG. AVG. III,
TR.P. XX . IMP. 111. COS. 111. La Liberalité
debout ; elle tient une Tablette.
Un autre : MARTI VICTORI IM P. XI.
cos. 111. Le Dieu Mars , avec une Haste
et un Bouclier, Severe Alexandre : COL.
AVR. PIA. METR. SIO. au milieu d'une
Couronne, Gallien au revers de Salonine
et de Salonin. Diocletien avec cette Legende
: D. N. DIOCLETIANO AETER.
AVG. Val. Maximien : CONCORDIA FELIX
D D. N N. Val. Constantius : FORTVNAE
REDVCI AVGG NN. Deux autres Maximiens
: IMP. MAXIMIANVS JVN. AVG.
Maxence : SALVIS AVGG. Et Caess. FEL.
KART. Constantin : CONCORDIA PERPET.
DD.
NO
OCTOB
R E. 1733. 2183
Ci
DD. NN. Un autre : GENIO CAESARIS ,
un autre : TEMPORVM FELICITAS.
,
Dispensez moi , Monsieur , de m'étendre
davantage sur ces Médailles du
bas Empire. Les suites de moyen et de
petit Bronze de ces temps- là , sont trèsriches
par les têtes des Princes et par les
revers qu'elles contiennent . La plupart
sont rapportées dans le Numm sæculi
Constantiniani du P. Hardoüin , et par
le P. Bandury avec l'Etiquette , E.
Schedis D. Roman de Rives. Cet Abbé ,
à ce que m'a dit un de ses amis , a
vú plus d'une fois avec admiration ce
Cabinet. Sur l'avis qu'on en trouvoit le
Catalogue chez Bousquet , Libraire à
Geneve , j'ai pris des mesures pour en
faire venir deux Exemplaires ; il y en
aura un pour vous . La lecture que Vous
en ferez , sera plus agréable pour vous
que celle de ma Lettre. Je suis , & c.
T... sur le Cabinet de Médailles des
RR. PP. Jesuites de Tournon.
MONSIEUR,
Vou auriez pû vous mieux adresser
pour avoir l'analyse des singularitez du
Médailler des P P. Jesuites de Tournon
dont on a depuis peu fait imprimer le
Catalogue à Avignon . Je n'ai eu ce Livre
que bien peu de temps
à ma disposition
, M. R. D. L. qui l'avoit apporté
de Paris , n'ayant fait ici qu'un
très petit séjour. Il auroit fallu n'être
pas si pressé pour examiner toutes les
karetez de ce Cabinet. Ce fut beaucoup
pour moi d'en remarquer une partie et
d'en faire à la hâte un Memoire. Ressouvenez-
vous- en bien , je vous prie , pour
que vous m'épargniez les justes reproches
que vous faites à ces demi - Sçavans
qui ont voulu vous faire connoître ce Médailler.
Vous ne trouverez pas du moins
dans mon Extrait ces grandes phrases
qui ne signifient rien , et qui laissent le
Lecteur aussipeu instruit qu'il l'étoit aųparavant.
Dans
2180 MERCURE DE FRANCE
Dans le Cabinet des Jesuites de Tournon
, il y a differentes suites de Médail
les ; 1 ° . de Rois , 2 ° . de Peuples et dé
Villes ; 3 ° . de Familles Romaines' ; 4º . de
l'As et de ses divisions ; 5. des Empereurs
Romains en or ; 6 ° . en argent ; 7 .
en grand ; 8 ° . moyen ; 9. et petit bronze
; 10° . de Medailles et de Monnoyes
modernes ; 11 ° . de Médailles contrefaites;
12 ° . de Pierres gravées , des Statuës , des
Urnes , &c. Il paroît qu'on ne s'est atë
taché à enrichir que les suites Imperiales
de bronze ; les autres , excepté celle
qui est en argent , sont peu nombreuses.
Dans le petit nombre on remarque cependant
des Médailles peu communes ;
il
y en a même qui n'ont pas été connues
jusques ici par les Antiquaires , et
qu'on peut avec eux appeller uniques.
Mon Mémoire me fournit une partie de
celles qui me parurent de ce genre dans
ce Cabinet. Peut-être vous feront- elles
naître le dessein de l'acheter ; on dit que
les Jésuites de Tournon veulent le vendre
pour rétablir leur Bibliotheque.
Une Chevre d'Afrique au Revers
ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ ΒΑΣΙΛΕΩΣ , Une Aigle
tenant la foudre dans ses serres Æ. III.
La tête de Diane. ( BAZIAEQE DINTIAZ.
Un Sanglier. A II .
A
La
OCTOBRE . 1733. 2181 .
La tête d'Anthiochus , ornée d'un Diademe,
Ο ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΚΟΥ ΕΠΙ-
ΦΑΝΟΥΣ ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ ΚΑΛΛΙΝΙΚΟΣ.
Une Victoire . Æ. 111.
Deux Médailles d'Homere.
La tête de Rome. ROMA RESTITVTA. X
Jupiter assis , la Foud e à la main : jv-
PITER LIBERATOR . Arg.
·
Parmi les Médailles Imperiales de
grand Bronze , une Contorniate d'Auguste
au revers de C. GALLVS
IIIVIRAA AFF ; dans le Champ, S. C.
Un Tibere , deux Vitellius , deux Antinous
, un Médaillon d'Aelius Caesar ,
au revers de la Concorde assise Con-
CORD . TR. POT. cos. 11. Un Antonin Pie,
qui a pour revers le Sphinx et l't poque
L. B. Un autre : EПI APXONTOC KA
ΕΝΤΙΛΙΟΥ ΧΥΖΙ ΝΕΩΚΟΡΩΝ , avec un
Temple. Pertinax , les deux Gordiens
Afriquains , un Médaillon de Gordien
Pie : L'Empereur avec Tranquilline , se
donnent la main , avec la Legende de
ΓΑΡ ΟΥ ΜΗΤΡΟΠΟΛΕΩΣ ΑΜΚ ΙΒ .
Trajan Dece au revers , LIBERTAS AVG La
ête de Q. Herennius : EPENN . ETPOYC .
MEC . AEKIOC KTINTOC KECAP ; au
vers , celle d'Hostilien ... OCTIAIAOC
KYINTOC KECAP . Deux Æmiliens.
Gallien au revers de AEQUITAS AVGG.
Un
2182 MERCURE DE FRANCE
Un autre : COL. TYRO . MET. Une Aigle
avec une Enseigne Militaire , dens laquelle
on lit ces mots : LEG. III. GAL.
Un Médaillon du même Prince : CONCORDIA
EXERCIT. La Déesse debout ,
avec une Patere à la main.
Dans le moyen Bronze , j'ai remarqué
un Othon , avec le revers d'une Tête
casquée , et l'Inscription POMH Vitellius
: IMP. VITEL. dans une contremarque
sans autre Legende 5 au revers : TPI-
ΠΟΛΕΙΤΩΝ. Les têtes accolées de Castor
et de Pollux . Hadrien : EITI COCOENOYC
APX. T. TIBEPIOHOA. Jupiter tenant
une Patere. M. Aurele : CONG. AVG. III,
TR.P. XX . IMP. 111. COS. 111. La Liberalité
debout ; elle tient une Tablette.
Un autre : MARTI VICTORI IM P. XI.
cos. 111. Le Dieu Mars , avec une Haste
et un Bouclier, Severe Alexandre : COL.
AVR. PIA. METR. SIO. au milieu d'une
Couronne, Gallien au revers de Salonine
et de Salonin. Diocletien avec cette Legende
: D. N. DIOCLETIANO AETER.
AVG. Val. Maximien : CONCORDIA FELIX
D D. N N. Val. Constantius : FORTVNAE
REDVCI AVGG NN. Deux autres Maximiens
: IMP. MAXIMIANVS JVN. AVG.
Maxence : SALVIS AVGG. Et Caess. FEL.
KART. Constantin : CONCORDIA PERPET.
DD.
NO
OCTOB
R E. 1733. 2183
Ci
DD. NN. Un autre : GENIO CAESARIS ,
un autre : TEMPORVM FELICITAS.
,
Dispensez moi , Monsieur , de m'étendre
davantage sur ces Médailles du
bas Empire. Les suites de moyen et de
petit Bronze de ces temps- là , sont trèsriches
par les têtes des Princes et par les
revers qu'elles contiennent . La plupart
sont rapportées dans le Numm sæculi
Constantiniani du P. Hardoüin , et par
le P. Bandury avec l'Etiquette , E.
Schedis D. Roman de Rives. Cet Abbé ,
à ce que m'a dit un de ses amis , a
vú plus d'une fois avec admiration ce
Cabinet. Sur l'avis qu'on en trouvoit le
Catalogue chez Bousquet , Libraire à
Geneve , j'ai pris des mesures pour en
faire venir deux Exemplaires ; il y en
aura un pour vous . La lecture que Vous
en ferez , sera plus agréable pour vous
que celle de ma Lettre. Je suis , & c.
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Résumé : LETTRE écrite de Dijon, à M. de T... sur le Cabinet de Médailles des RR. PP. Jesuites de Tournon.
La lettre, rédigée à Dijon, s'adresse à M. de T... et présente une analyse du Cabinet de Médailles des Jésuites de Tournon. L'auteur exprime son regret de n'avoir eu que peu de temps pour examiner le catalogue, récemment imprimé à Avignon. Il décrit diverses collections de médailles présentes dans le cabinet, incluant des séries de rois, de peuples et de villes, de familles romaines, de l'as et de ses divisions, ainsi que des médailles d'empereurs romains en or, argent et bronze. Le cabinet comprend également des médailles modernes et contrefaites. Certaines pièces sont particulièrement rares et uniques, jamais décrites par les antiquaires. L'auteur mentionne la présence de pierres gravées, statues et urnes. Parmi les médailles spécifiques notées figurent celles de Ptolémée, Antiochus, Homère, et plusieurs empereurs romains. Le cabinet possède aussi des médailles impériales de grand bronze, incluant des contorniates d'Auguste et des pièces de Tibère, Vitellius, Antonin le Pieux, et d'autres empereurs. L'auteur suggère que les Jésuites de Tournon envisagent de vendre le cabinet pour rétablir leur bibliothèque. Il conclut en précisant qu'il a commandé des exemplaires du catalogue pour M. de T... et pour lui-même.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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265
p. 2185-2189
REMARQUES sur le Combat de Cupidon, et d'un Cocq, gravé en creux sur une Cornaline antique.
Début :
Les Sçavans de l'ancienne Egypte ne communiquoient les particularitez [...]
Mots clefs :
Amour, Coq, Nuit, Chant, Dard, Soleil, Cupidon, Messager, Combat, Cornaline antique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur le Combat de Cupidon, et d'un Cocq, gravé en creux sur une Cornaline antique.
REMARQUES sur le Combat de
Cupidon , et d'un Cocq , gravé en creux
sur une Cornaline antique.
Les
Es Sçavans de l'ancienne Egypte ne
communiquoient les particularitez
de leur Histoire , les Misteres Sacrez ,
et les secrets de la Nature , dont ils
avoient acquis la connoissance par l'experience
ou par le secours de l'Astronomie
, qu'à ceux qui étoient destinez à
la Couronne , au Ministere , ou au Sacerdoce
.
Leur science étoit si profonde et si
singuliere , que les Sages de la Grece ne
dédaignoient point de les consulter , et
d'apprendre d'eux ce qu'ils ne pouvoient
acquérir par la lecture ni par la spécu-
D lation
1186 MERCURE DE FRANCE
lation la plus laborieuse . On voit même
dans les Livres Sacrez que Moyse ne dédaigna
point de s'instruire de toutes leurs
Sciences .
Ces anciens Sçavans donnerent des
roms divins aux choses créées , pour
leur attirer plus de respect et de vénétation
de la part des hommes . Ils formerent
en même temps des Hieroglifes ou
des figures misterieuses , sous lesquelles
ils cachoient leur morale , leur politique
et même leurs passions , et ils se servoient
de ces Figures pour leurs Sceaux,
leurs Cachers, leurs Bagues. Ils gravoient
ou frappoient des Talismans sous certaines
constellations , sur diff rens métaux
propres , selon eux , à recevoir les
influences des Astres ; et cela pour rendre
leurs projets heureux et fortunez .
Le Hierogliphe dont il s'agit représente
Cupidon aîlé , avec ses attributs ,
sçavoir , un Carquois , un Dard , un Bouclier
. On n'y voit point son flambeau ,
parce qu'il y paroît en posture de Combattant,
tenant un Dard en sa main droite
et un Bouclier en sa gauche. On y voit
en même temps un Cccq qui se présente
à lui , ayant le col fort tendu , la tête
haute , avec sa fierté ordinaire.
Pour entrer dans le sujet de leur querelle
OCTOBRE. 1733. 2187
relle , il est bon de remarquer que le
Cocq a été regardé des Anciens comme
le simbole de la vigilance. C'est pourquoi
il étoit consacré au Dieu Mars ,
parce qu'un General d'Armée doit toujours
veiller et être sur ses gardes ; ou
parce que , au rapport de Lucien , Mars
changea en Cocq le Soldat Alectrion ,
en punition de ce qu'il n'avoit pas fait
bonne garde la nuit , que ce Dieu fut
surpris avec Vénus par Vulcain , lequel
les ayant envelopp z dans un filet de sa
façon , les exposa à la risée de toutes les
Divinitez Celestes. Le Cocq étoit aussi
consacré à Esculape , pour marquer la
vigilance d'un parfait Médecin,
Pausanias écrit d'ailleurs que le, Cocq
étoit respecté chez les Grecs comme le
Messager d'Apollon , à cause que par
son chant du matin , il annonce le retour
du Soleil. Ils le respectoient aussi
parce qu'ils auguroient par son chant
plus fréquent ou par son silence , les
heeureux ou les malheureux Evenemens .
Les Boetiens , par exemple , prévirent la
celebre victoire qu'ils remporterent sur
les Lacédémoniens , parce que le Cocq
avoit chanté toute la nuit qui précéda le
combat ; et selon le témoignage d'Ennius
, qui suivit Scipion l'Affricain dans
Dij toutes
2188 MERCURE DE FRANCE
toutes ses guerres , lorsque cet Oiseau est
vaincu , il se cache et se tait , mais s'il est
victorieux , il se montre fier et chante
souvent. Galli victi silere solent , canere
victores.
Je crois done que le sujet du Combat
de Cupidon contre ce Cocq , exprimé
sur cette Cornaline , est que l'Empire de
l'Amour n'est jamais plus puissant que
la nuit. C'est à ceux qui sont versez dans
l'art de la galanterie d'en juger. Comme
le Cocq annonce par son chant la fin
de la nuit et l'approche du jour , l'Amour
outré d'être obligé de ne pouvoir poursuivre
ses victoires et de les suspendre ,
s'en prend au Messager du Soleil , et
d'un coup de son Dard , tâche de lui
percer le gosier pour éteindre sa voix
incommode.
L'Amour souvent troublé par le Cocq vigilant ,
Lui dit tout en colere , et d'un ton menaçant ,
Messager du Soleil , Cocq toujours incommode,
Ne sçais-tu pas , cruel , que la nuit m'est commode
!
Ton chant précipité vient troubler les douceurs
Et les transports charmants où je plonge les
coeurs.
Qu'à ta voix le Lion manifeste sa crainte .
Que l'Oiseau de Minerve en ressente l'atteinte ,
L'Amour
+
OCTOBR E. 1733. 2189
L'Amour toujours vainqueur méprise ta fierté ;
Tu vas sentir un coup de sa dexterité.
Qu'Apollon te protege et son Fils Esculape ;
Scache qu'à mon pouvoir ici bas rien n'échappe.
L'Amour tout en furie , ayant ainsi parlé ,
Éssaya , mais en vain , de son Dard enflâmé ,
De percer le gosier du Cocq , qui par adresse ,
Ayant sçû l'éviter , entonne d'allegresse :
Co- que-ri- co Co-queri- co
S'il plaisoit à quelque ingénieux Antiquaire
de donner une exposition plus
naturelle à ce Hieroglife , le Possesseur
en auroit une parfaite reconnoissance ,
puisqu'elle donnera un nouveau mérite
à sa Pierre gravée.
Cupidon , et d'un Cocq , gravé en creux
sur une Cornaline antique.
Les
Es Sçavans de l'ancienne Egypte ne
communiquoient les particularitez
de leur Histoire , les Misteres Sacrez ,
et les secrets de la Nature , dont ils
avoient acquis la connoissance par l'experience
ou par le secours de l'Astronomie
, qu'à ceux qui étoient destinez à
la Couronne , au Ministere , ou au Sacerdoce
.
Leur science étoit si profonde et si
singuliere , que les Sages de la Grece ne
dédaignoient point de les consulter , et
d'apprendre d'eux ce qu'ils ne pouvoient
acquérir par la lecture ni par la spécu-
D lation
1186 MERCURE DE FRANCE
lation la plus laborieuse . On voit même
dans les Livres Sacrez que Moyse ne dédaigna
point de s'instruire de toutes leurs
Sciences .
Ces anciens Sçavans donnerent des
roms divins aux choses créées , pour
leur attirer plus de respect et de vénétation
de la part des hommes . Ils formerent
en même temps des Hieroglifes ou
des figures misterieuses , sous lesquelles
ils cachoient leur morale , leur politique
et même leurs passions , et ils se servoient
de ces Figures pour leurs Sceaux,
leurs Cachers, leurs Bagues. Ils gravoient
ou frappoient des Talismans sous certaines
constellations , sur diff rens métaux
propres , selon eux , à recevoir les
influences des Astres ; et cela pour rendre
leurs projets heureux et fortunez .
Le Hierogliphe dont il s'agit représente
Cupidon aîlé , avec ses attributs ,
sçavoir , un Carquois , un Dard , un Bouclier
. On n'y voit point son flambeau ,
parce qu'il y paroît en posture de Combattant,
tenant un Dard en sa main droite
et un Bouclier en sa gauche. On y voit
en même temps un Cccq qui se présente
à lui , ayant le col fort tendu , la tête
haute , avec sa fierté ordinaire.
Pour entrer dans le sujet de leur querelle
OCTOBRE. 1733. 2187
relle , il est bon de remarquer que le
Cocq a été regardé des Anciens comme
le simbole de la vigilance. C'est pourquoi
il étoit consacré au Dieu Mars ,
parce qu'un General d'Armée doit toujours
veiller et être sur ses gardes ; ou
parce que , au rapport de Lucien , Mars
changea en Cocq le Soldat Alectrion ,
en punition de ce qu'il n'avoit pas fait
bonne garde la nuit , que ce Dieu fut
surpris avec Vénus par Vulcain , lequel
les ayant envelopp z dans un filet de sa
façon , les exposa à la risée de toutes les
Divinitez Celestes. Le Cocq étoit aussi
consacré à Esculape , pour marquer la
vigilance d'un parfait Médecin,
Pausanias écrit d'ailleurs que le, Cocq
étoit respecté chez les Grecs comme le
Messager d'Apollon , à cause que par
son chant du matin , il annonce le retour
du Soleil. Ils le respectoient aussi
parce qu'ils auguroient par son chant
plus fréquent ou par son silence , les
heeureux ou les malheureux Evenemens .
Les Boetiens , par exemple , prévirent la
celebre victoire qu'ils remporterent sur
les Lacédémoniens , parce que le Cocq
avoit chanté toute la nuit qui précéda le
combat ; et selon le témoignage d'Ennius
, qui suivit Scipion l'Affricain dans
Dij toutes
2188 MERCURE DE FRANCE
toutes ses guerres , lorsque cet Oiseau est
vaincu , il se cache et se tait , mais s'il est
victorieux , il se montre fier et chante
souvent. Galli victi silere solent , canere
victores.
Je crois done que le sujet du Combat
de Cupidon contre ce Cocq , exprimé
sur cette Cornaline , est que l'Empire de
l'Amour n'est jamais plus puissant que
la nuit. C'est à ceux qui sont versez dans
l'art de la galanterie d'en juger. Comme
le Cocq annonce par son chant la fin
de la nuit et l'approche du jour , l'Amour
outré d'être obligé de ne pouvoir poursuivre
ses victoires et de les suspendre ,
s'en prend au Messager du Soleil , et
d'un coup de son Dard , tâche de lui
percer le gosier pour éteindre sa voix
incommode.
L'Amour souvent troublé par le Cocq vigilant ,
Lui dit tout en colere , et d'un ton menaçant ,
Messager du Soleil , Cocq toujours incommode,
Ne sçais-tu pas , cruel , que la nuit m'est commode
!
Ton chant précipité vient troubler les douceurs
Et les transports charmants où je plonge les
coeurs.
Qu'à ta voix le Lion manifeste sa crainte .
Que l'Oiseau de Minerve en ressente l'atteinte ,
L'Amour
+
OCTOBR E. 1733. 2189
L'Amour toujours vainqueur méprise ta fierté ;
Tu vas sentir un coup de sa dexterité.
Qu'Apollon te protege et son Fils Esculape ;
Scache qu'à mon pouvoir ici bas rien n'échappe.
L'Amour tout en furie , ayant ainsi parlé ,
Éssaya , mais en vain , de son Dard enflâmé ,
De percer le gosier du Cocq , qui par adresse ,
Ayant sçû l'éviter , entonne d'allegresse :
Co- que-ri- co Co-queri- co
S'il plaisoit à quelque ingénieux Antiquaire
de donner une exposition plus
naturelle à ce Hieroglife , le Possesseur
en auroit une parfaite reconnoissance ,
puisqu'elle donnera un nouveau mérite
à sa Pierre gravée.
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Résumé : REMARQUES sur le Combat de Cupidon, et d'un Cocq, gravé en creux sur une Cornaline antique.
Le texte décrit une gravure antique sur cornaline représentant le combat entre Cupidon et un coq. Les savants de l'ancienne Égypte partageaient leurs connaissances en histoire, mystères sacrés et secrets de la nature uniquement avec ceux destinés à la couronne, au ministère ou au sacerdoce. Leur science était si profonde que les sages grecs les consultaient. Les Égyptiens attribuaient des noms divins aux créatures pour leur attirer respect et vénération, et utilisaient des hiéroglyphes pour cacher leur morale, politique et passions. La gravure montre Cupidon ailé, muni d'un carquois, d'un dard et d'un bouclier, mais sans son flambeau, car il est en posture de combattant. Le coq, symbole de vigilance, est consacré à Mars et Esculape, et est respecté comme messager d'Apollon. Le combat entre Cupidon et le coq symbolise la lutte entre l'amour et la vigilance. Le coq, annonçant le jour, trouble les activités nocturnes de l'amour. Cupidon, furieux, tente en vain de faire taire le coq avec son dard. Le coq, évitant l'attaque, chante victorieusement. Le texte invite un antiquaire à offrir une autre interprétation de ce hiéroglyphe pour enrichir la valeur de la pierre gravée.
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266
p. 2215-2217
« On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...] »
Début :
On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...]
Mots clefs :
Libraires, Animaux, Planches, Mémoires de l'Académie royale des sciences, Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des animaux, Académie royale des sciences
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texteReconnaissance textuelle : « On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...] »
On nous prie d'avertir que G. Martin,
Coignard et Guerin l'ainé , Libraires à
- Paris , rue S. Jacques , délivreront aux
Souscripteurs le 23. de Novembre 1733 .
les quatre derniers volumes du Recueil
des Mémoires de l'Académie Royale des
Sciences , depuis 1666. jusqu'en 1699. Sça,
voir , 1 °. l'Histoire de l'Académie de ces
années là , avec une Liste generale de
tous les Académiciens jusqu'à présent ,
et un Catalogue de leurs Ouvrages , en
2. volumes. 2 °. Les Memoires pour servir
à l'Histoire naturelle des Animaux , avec
68. Planches en Taille- douce , deux Tomes.
2216 MERCURE DE FRANCE
mes en un volume. 3 ° . Un Traité d'A
nalyse , par M. de Lagny , en un volume .
Les Souscripteurs sont invitez à retirer
incessamment ces volumes , afin de profiter
de l'avantage des premieres Epreuves
des Figures.
›
On ne donne point cette fois- cy la
Table des Volumes du présent Recueil ,
et on y a substitué le Traité d'Analyse
de M. de Lagny , dont la dépense a été
de plus du double pour les Libraires.
La raison est que comme ils ont actuellement
sous presse une suite de l'Histoire
Naturelle des Animaux , qui n'a
jamais parû , et que cette suite en fait,
dans l'ordre des temps , une de Recueil
qu'ils donnent ; il est nécessaire que la
matiere de ce nouveau Volume soit comprise
dans ce Tome de Tables .
On pourra voir chez les Libraires uydessus
nommez , les Planches qu'ils ont
falt graver de cette nouvelle suite des
Animaux , sur les Desseins Orignaux de
M. Perrault , qui leur ont été remis par
Mrs de de l'Académie. On donnera incessamment
ce nouveau Volume , qui
sera accompagné d'un Volume de Tables
pour tous ces anciens Mémoires et d'un
autre Volume de Tables de l'Histoire et
des Mémoires depuis 1720. jusqu'en 1730.
Ces
OCTOBRE. 1733. 2217
Ces mêmes Libraires achevent de faire
graver toutes les Machines ou Inventions
qui ont été approuvées par l'Académie
Royale des Sciences depuis son établis
sement jusqu'à présent. Il y en a actuellement
plus de 350. Planches gravées ; ce
Recueil sera accompagné de Descriptions .
Coignard et Guerin l'ainé , Libraires à
- Paris , rue S. Jacques , délivreront aux
Souscripteurs le 23. de Novembre 1733 .
les quatre derniers volumes du Recueil
des Mémoires de l'Académie Royale des
Sciences , depuis 1666. jusqu'en 1699. Sça,
voir , 1 °. l'Histoire de l'Académie de ces
années là , avec une Liste generale de
tous les Académiciens jusqu'à présent ,
et un Catalogue de leurs Ouvrages , en
2. volumes. 2 °. Les Memoires pour servir
à l'Histoire naturelle des Animaux , avec
68. Planches en Taille- douce , deux Tomes.
2216 MERCURE DE FRANCE
mes en un volume. 3 ° . Un Traité d'A
nalyse , par M. de Lagny , en un volume .
Les Souscripteurs sont invitez à retirer
incessamment ces volumes , afin de profiter
de l'avantage des premieres Epreuves
des Figures.
›
On ne donne point cette fois- cy la
Table des Volumes du présent Recueil ,
et on y a substitué le Traité d'Analyse
de M. de Lagny , dont la dépense a été
de plus du double pour les Libraires.
La raison est que comme ils ont actuellement
sous presse une suite de l'Histoire
Naturelle des Animaux , qui n'a
jamais parû , et que cette suite en fait,
dans l'ordre des temps , une de Recueil
qu'ils donnent ; il est nécessaire que la
matiere de ce nouveau Volume soit comprise
dans ce Tome de Tables .
On pourra voir chez les Libraires uydessus
nommez , les Planches qu'ils ont
falt graver de cette nouvelle suite des
Animaux , sur les Desseins Orignaux de
M. Perrault , qui leur ont été remis par
Mrs de de l'Académie. On donnera incessamment
ce nouveau Volume , qui
sera accompagné d'un Volume de Tables
pour tous ces anciens Mémoires et d'un
autre Volume de Tables de l'Histoire et
des Mémoires depuis 1720. jusqu'en 1730.
Ces
OCTOBRE. 1733. 2217
Ces mêmes Libraires achevent de faire
graver toutes les Machines ou Inventions
qui ont été approuvées par l'Académie
Royale des Sciences depuis son établis
sement jusqu'à présent. Il y en a actuellement
plus de 350. Planches gravées ; ce
Recueil sera accompagné de Descriptions .
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Résumé : « On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...] »
Le 23 novembre 1733, les libraires G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé annoncent la distribution des quatre derniers volumes du 'Recueil des Mémoires de l'Académie Royale des Sciences'. Ces volumes couvrent la période de 1666 à 1699 et se composent de plusieurs sections : l'histoire de l'Académie avec une liste des académiciens et un catalogue de leurs ouvrages en deux volumes, les 'Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle des Animaux' avec 68 planches en deux tomes, et un 'Traité d'Analyse' par M. de Lagny en un volume. Les souscripteurs sont invités à retirer ces volumes rapidement pour bénéficier des premières épreuves des figures. La table des volumes n'est pas incluse cette fois-ci, remplacée par le 'Traité d'Analyse' en raison des coûts élevés. Une suite de l''Histoire Naturelle des Animaux' est en préparation, accompagnée de planches gravées d'après les dessins originaux de M. Perrault. Un nouveau volume et des tables pour les mémoires de 1720 à 1730 seront également publiés. De plus, les libraires finalisent la gravure de plus de 350 machines ou inventions approuvées par l'Académie, accompagnées de descriptions.
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267
p. 2228-2230
Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux vont voir, avec satisfaction, un Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mont [...]
Mots clefs :
Jacques Dumont, Estampes, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
On écrit de Lisbonne , de la fin du mois dernier
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
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Résumé : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
En octobre 1733, plusieurs événements culturels et académiques ont eu lieu à Lisbonne et en France. À Lisbonne, l'Académie Royale de l'Histoire a organisé une assemblée publique présidée par Don François Xavier de Menezez, Comte d'Ericeira. Lors de cette réunion, Don Nuno de Siva-Teiles a présenté la vie d'un évêque du Diocèse de Porto, et Don Martin de Mendoca de Pina a lu une dissertation sur l'ancienneté et l'usage de tables de pierre quadrangulaires trouvées au Portugal, utilisées pour des sacrifices. En France, un tableau représentant la vocation de Simon-Pierre et d'André, peint par le Sr J. du Mons, a été installé dans le chœur de l'Église des Chartreux. Ce tableau, de 11 pieds de haut sur 8 de large, inclut des figures de Saint Jacques, Saint Jean et Zébédée. Par ailleurs, un portrait gravé par le Sr J. Daullé, d'après un tableau de M. de Troy, était disponible à la vente. Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, intitulées 'La Conversation' et 'Récréation Italienne', étaient également en vente. Les marchands Gersaint et Jourdan ont annoncé une vente aux enchères de dessins et estampes de grands maîtres, tels que Raphaël, Parmesan, Rubens et Poussin, le 16 novembre. Un catalogue des tableaux du cabinet de feu M. Corneille Witter, incluant des œuvres de Paul Véronèse, Annibal Carrache et Rubens, devait être publié et mis en vente à Rotterdam.
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268
p. 2230-2232
« Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...] »
Début :
Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...]
Mots clefs :
Nîmes, Académie de musique, Almanach de Paris, Cantatilles
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texteReconnaissance textuelle : « Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...] »
Le Sr le Maire , Maître de Musique à Paris ,
1
vient
OCTOBRE. 223f 1733.
vient de donner au public six nouvelles Cantaril
les , imprimées, qui sont l'Aurore, la Bergere ima
patiante , Acis , Hebé , le Sommeil de Climene , cr
PAmante persuadée.
Il y en a dix autres , du même Auteur , qui
forment le premier volume , intitulées : Le Sa
crifice d'Amour , Endimion , la Constance , Ariane,
Iris , Bouquet , Borée , le Printemps , l'Eté,
l'Automne et Hyver .Ces différens Ouvrages sont
actuellement en vente , chez Ballard , au Mont-
Parnasse ; chez l'Auteur , rue de la Bouclerie
Boivin , ruës . Honoré , et le Clerc , ruë du Roule.
24
Le prix de chacun est de sols.Les 12 derniers
Saluts , qui contiennent 36 Motets , avec Simphonie
et sans S.mphonie , chantez au Concert
des Tuilleries , sont actuellement sous Preset
se vendrout aux memes adresses , 30 sols.
se
>
On a établi depuis peu à Nismes une Académie
de Musique ; et dans quelle Ville n'en a- ton
pas établi ; vû le goût general et ardent qu'on
a aujourd'hui pour la Musique? Il y a lieu même
de s'étonner que cette Ville , pleine d'agrémens
,d'ailleurs ait tardé si long-temps à se pro-!
Curer presque le seul qui lui manquoit. Au reste
cette Académie réussit fort bien , et l'on donne
avis aux Musiciens , Musiciennes , et Joueurs
d'Instrumens , qu'ils y seront fort bien reçus et
récompensez selon leurs talens et leur capacité.
Papillon , Graveur en Bois, et de la Société des
Arts , demeurant à Paris, au milieu du Pont S.Michel
, au Papillon , donne avis que son petit Almanach
de Paris , pour l'année 1734. sera parfait
de toutes les grandes Planches des mois , et
augmenté des Antiquitez de Paris , des noms des
Dieux
1232 MERCURE DE FRANCE
Dieux et Héros , et de plusieurs choses curieuses
dans la Géographie et dans l'Histoire universelle.
Le Traité Historique et Pratique de la Gravure
en Bois , de sa composition , est achevé.
Comme plusieurs personnes s'y interessent, l'on
ne manquera pas lorsqu'il sera sous presse, d'en
donner avis .
1
vient
OCTOBRE. 223f 1733.
vient de donner au public six nouvelles Cantaril
les , imprimées, qui sont l'Aurore, la Bergere ima
patiante , Acis , Hebé , le Sommeil de Climene , cr
PAmante persuadée.
Il y en a dix autres , du même Auteur , qui
forment le premier volume , intitulées : Le Sa
crifice d'Amour , Endimion , la Constance , Ariane,
Iris , Bouquet , Borée , le Printemps , l'Eté,
l'Automne et Hyver .Ces différens Ouvrages sont
actuellement en vente , chez Ballard , au Mont-
Parnasse ; chez l'Auteur , rue de la Bouclerie
Boivin , ruës . Honoré , et le Clerc , ruë du Roule.
24
Le prix de chacun est de sols.Les 12 derniers
Saluts , qui contiennent 36 Motets , avec Simphonie
et sans S.mphonie , chantez au Concert
des Tuilleries , sont actuellement sous Preset
se vendrout aux memes adresses , 30 sols.
se
>
On a établi depuis peu à Nismes une Académie
de Musique ; et dans quelle Ville n'en a- ton
pas établi ; vû le goût general et ardent qu'on
a aujourd'hui pour la Musique? Il y a lieu même
de s'étonner que cette Ville , pleine d'agrémens
,d'ailleurs ait tardé si long-temps à se pro-!
Curer presque le seul qui lui manquoit. Au reste
cette Académie réussit fort bien , et l'on donne
avis aux Musiciens , Musiciennes , et Joueurs
d'Instrumens , qu'ils y seront fort bien reçus et
récompensez selon leurs talens et leur capacité.
Papillon , Graveur en Bois, et de la Société des
Arts , demeurant à Paris, au milieu du Pont S.Michel
, au Papillon , donne avis que son petit Almanach
de Paris , pour l'année 1734. sera parfait
de toutes les grandes Planches des mois , et
augmenté des Antiquitez de Paris , des noms des
Dieux
1232 MERCURE DE FRANCE
Dieux et Héros , et de plusieurs choses curieuses
dans la Géographie et dans l'Histoire universelle.
Le Traité Historique et Pratique de la Gravure
en Bois , de sa composition , est achevé.
Comme plusieurs personnes s'y interessent, l'on
ne manquera pas lorsqu'il sera sous presse, d'en
donner avis .
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Résumé : « Le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, vient de donner au public six nouvelles Cantatilles, [...] »
En octobre 1733, le Sr le Maire, Maître de Musique à Paris, a publié six nouvelles cantates : 'L'Aurore', 'La Bergère impatiente', 'Acis', 'Hébé', 'Le Sommeil de Climène' et 'L'Amant persuadée'. Dix autres cantates, formant le premier volume, sont également disponibles, incluant 'Le Sacrifice d'Amour', 'Endimion', 'La Constance', 'Ariane', 'Iris', 'Bouquet', 'Borée', 'Le Printemps', 'L'Été', 'L'Automne' et 'L'Hyver'. Ces œuvres sont vendues chez Ballard, au Mont-Parnasse, chez l'auteur rue de la Bouclerie, chez Boivin rue Honoré et chez le Clerc rue du Roule, au prix de 12 sols chacune. Les '12 derniers Saluts', contenant 36 motets chantés au Concert des Tuileries, sont également en vente aux mêmes adresses, au prix de 30 sols. Par ailleurs, une Académie de Musique a été récemment établie à Nîmes, récompensant les musiciens et musiciennes selon leurs talents. Papillon, graveur en bois et membre de la Société des Arts, a annoncé la publication de son almanach pour 1734 et l'achèvement de son 'Traité Historique et Pratique de la Gravure en Bois'.
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269
p. 2310-2329
Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Début :
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier, Mathieu François Molé, Chevalier, [...]
Mots clefs :
Mathieu-François Molé, Bonne-Félicité Bernard, Maison de Molé, Samuel Bernard, Justice, Salon, Arcades, Arcade, Marbre, Balance, Yeux, Armes, Bas-reliefs, Chevalier, Couronne, Attributs de la justice, Panneaux, Bassin, Colonne, Devise
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texteReconnaissance textuelle : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
La nuit du 21 au 22 Septembre dernier
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
, Mathieu François Molé, Chevalier,
Seigneur de Champlatreux , Luzarches ,
&c. Conseiller du Roy en tous ses Conseils
, Président du Parlement, fils de feu
Jean- Baptiste Molé , Chevalier, &c. Président
du Parlement , et de Dame Marie-
Nicole le Gorlier de Drovilly , épousa
Bonne- Félicité Bernard , fille de Samuel
Bernard , Chevalier de l'un des Ordres
du Roy , Conseiller d'Etat , Comte de
Coubert, Marquis de Merry , &c. et de
Dame Pauline Félicité de S. Chamant ,
fille de feu François de S. Chamant, Marquis
de Merry , Seigneur de Mériel , de
Saucourt, de Montabois , &c.et de Dame
Bonne de Chastelus sa veuve .
La Maison de Molé est , comme tout
le monde sait , une des plus anciennes et
des plus illustres du Parlement. Elle a
fourni dans le dernier siècle plusieurs
Grands Hommes , dont la mémoire sera
toujours en vénération , et l'on n'oubliera
OCTOBR Ë. 1733. 231º
ra jamais le nom de Mathieu Molé , qui
fut successivement Procureur Général ,
Premier Président du Parlement et Garde
des Sceaux de France ; et qui dans l'exercice
de ces différentes Charges, donna des
témoignages éclatans de zéle et d'attachement
au bien public , et à la gloire de l'Etat
, particulierement durant les troubles
de Paris. Sa principale occupation pendant
qu'il étoit Procureur Général , fut
de réprimer les désordres de l'ancienne
discipline , causez par une suite de Guerres
civiles. C'étoit un homme de probité ,
actif , vigilant et consommé dans les affaires.
M. Molé qui donne lieu à cet artiticle
, est successivement le sixième Président
à Mortier de son nom et de sa Maison
, depuis Edouard Molé , pere de Mathieu
, qui se trouvant enfermé dans Paris
et contraint par ceux de la Ligue
d'exercer la Charge de Procureur Général
, fut obligé de l'accepter , pour satisfaire
le peuple et appaiser ses cris , et à
qui le Roi Henri IV. donna cette Charge
en 1602 , pour le récompenser des grands
services qu'il lui avoit rendus. La Généalogie
de la Maison de Molé , se trouve
dans le P. Anselme , derniere Edition ,
tome 6. page $ 70.
La nouvelle Fête que M. le Chevalier
I iiij
Ber2311
MERCURE DE FRANCE ་
Bernard donna à l'occasion de ce second
mariage , ne fut ni moins magnifique ni
moins brillante que celle qu'il donna le
16 du mois d'Août dernier , pour le mariage
de M. et de Mde la Marquise de
Mirepoix , dont nous avons parlé dans
le Mercure précédent.
Elle commença comme la premiere ,
par un Concert , composé des mêmes
Voix et Instrumens ; il n'y eut rien de
changé à l'ordre et au dessein de l'illumination;
sur quoi nous renvoyons à la description
que nous en avons déja faite.
On soupa sur les neuf heures dans une
nouvelle Sale , construite dans le même
Jardin , et dont la décoration tant intéricure
, qu'extérieure ne ressembloit en
rien à celle de la premiere . Le Chevalier
Servandoni , Peintre et Architecte du
Roy , à qui M. Bernard en avoit confié
l'entreprise , y donna une preuve écla
tante de son génie et de son goût singu
lier pour ces sortes d'Ouvrages .
Le Frontispice offroit aux yeux une Architecture
rustique en bossage , d'une
vetusté majestueuse et simple , representant
la façade d'un ancien Palais , au
milieu de laquelle étoit une grande Arcade
, formée par des pierres de taille
d'inégales grandeurs , et saillantes d'environ
OCTOBRE. 1733. 2313
viron quatre pouces. Les deux fenêtres
à côté de l'Arcade étoient dans le même
goût , et portoient chacune une corniche
et un fronton surmonté d'une étoile'
en saillie qui paroissoit détachée du mur.
Au-dessus de l'Arcade régnoit d'un bout
à l'autre de la façade une corniche soutenant
un fronton qui servoit de couronnement
, et dans le timpan duquel on
voyoit un Cartouche avec les Armes des
nouveaux Epoux, surmontées du Mortier
avec la Couronne et le Manteau Ducal
pour soûtien deux Cornes d'abondance
renversées.
La Décoration interieure representoit
un Salon des plus superbes , orné d'Arcades
, de Colonnes , de Figures allegoriques
, de Bas - reliefs , de Médaillons , de
Cartels et de Trophées. Tout y avoit un
rapport marqué au nom et à la dignité
de M. Molé et de ses illustres Ancêtres .
Les Attributs de la Justice y étoient pa
tout exposez d'une maniere variée et in
genieuse , ce qui a fait nommer ce beau
Lieu le Salon de Themis.
- Ce Salon qui formoit un quarré long
de 12 toises et demie de longueur sur
7toises et demie de largeur , et de 6 toises
et demie de hauteur , étoit en marbré
blanc veiné , et ouvert par 12 Arcades.
Ly de
2314 MERCURE DE FRANCE
de 19 pieds de haut sur 8 de large , dis
tribuées par trois , sur chacun des quatre
côrez . Les Ceintres , ou Archivotes.
de ces Arcades soûtenoient chacun deux
figures de Femme couchées , en marbre
blanc , plus grandes que le naturel , et
qui exprimoient differens Attributs de
la Justice . Elles étoient au nombre de 24.
réduites à douze , parce qu'elles étoient
chacune repetées deux fois. On voyoit la
premiere tenant entre les mains une Base
sur laquelle étoit representée une Ville
pour faire entendre que la Justice est le
vrai fondement de toutes les societez .
"
La deuxième tenoit un Gouvernail
pour marquer qu'il n'y a que la Justice
qui puisse maintenir les Villes et les
Etats dans la tranquillité et la sûreté.
La troisième , les yeux attachés sur un
Livre , tenoit un Equerre de la main
droite , pour signifier l'attention que
les Magistrats doivent donner à l'Etude
des Loix , et l'équité avec laquelle ils
doivent agir.
La quatriéme tenoit une Balance
symbole de l'éxactitude et de la précision
des Magistrats , en pesant les divers.
interêts des hommes , et décidant sur
leurs vies et sur leurs biens,
La cinquième tenoit un plomb sus
pendu
OCTOBR E. 1733. 2315
pendu au bout d'un cordon , pour donner
à connoître qu'un Juge ne peut pas
être en état de rendre la justice , qu'il
ne se soit bien instruit des causes , et
qu'il n'en ait approfondi toutes les circonstances.
La sixième , qui étoit nuë avec un
Soleil sur la tête , representoit la Verité
qui doit être découverte et éclairer la
Justice.
La septième , superbement vêtuë ,
portoit une Couronne et un Sceptre , et
avoit la main sur un Globe , par où on
a voulu faire entendre que la Justice est
sur la terre comme la dépositaire de la
puissance divine.
La huitième, tenoit sur ses genoux un
Enfant qu'elle allaitoit , pour exprimer
que la Justice doit prendre pour ceux
qui ont recours à elle , les tendres sentimens
d'une mere , et devenir en quelque
sorte la nourice des peuples.
La neuviéme tenoit une Bride , pour
montrer que la Justice met un frein à
Pinsolence des méchans , et les empêche
de nuire.
*
La dixième , qui portoit un Faisceau
avec la hache , signifioit que la Justice
est armée pour punir les coupables et
deffendre les innocens.-
I vj
La
2316 MERCURE DE FRANCE
La onzième se couvroit les yeux d'un
bandeau , pour faire connoître que la
Justice doit fermer les yeux à la faveur
et au crédit , pour ne les ouvrir que sur
les Loix et l'équité lui prescri
ce que
vent.
La douzième enfin paroissoit se boucher
une oreille d'une main , et montrer
l'autre ouverte , pour exprimer l'impartialité
de la Justice , qui doit tout
écouter sans se laisser prévenir,
Le pourtour du Salon étoit decoré de
24 colonnes en relief , en bréche violette
, d'ordre Ionique , de 18 pieds de
haut , y compris Bases et Chapiteaux ,
sur deux pieds de diametre. Elles portoient
leur entablement , et elles étoient
posées à côté des Arcades sur des piedestaux
de quatre pieds de hauteur, dont
les paneaux aussi en brèche violette , les
Bases et Chapiteaux dorés ; elies avoient
chacune , au tiers de la hauteur , un
bandeau richement orné , soûtenant une
tige dorée à cinq branches , garnies de
bougies. A la place du Fleuron des chapiteaux
, étoit une Etoile , qui est une
piéce des Armes de M. Bernard et de
M. Molé .
Dans les quatre Entre colonnes des
grands côtés , qui avoient 7 pieds de
large
OCTOBRE . 1733. 2317
large , d'une Arcade à l'autre , on voyoit .
huit Bas reliefs en Marbre blanc , entourés
de Festons en fleurs artificielles ,
dont quatre étoient sous les Impos.es , et
quatre au-dessus.
1
2
·
Les quatre Bas reliefs sous les Impostes
, avoient chacun huit pieds de
haut sur 4 de large , representant les
principaux Attributs de la Justice , er
étoient couronnés chacun par un Cartel
ovale , dont les ornemens étoient dorés ,
et sur le fond , peint en émeraude , on'
lisoit des Inscriptions ou Devises latines:
relatives aux sujets exprimés dans les Basreliefs
.
Dans le premier on voyoit la Justice
sous la figure d'une Femme assise sur une
base quarrée , une Balance en équilibre.
à la main , la tête et le visage voilés , et
portant une Couronne par dessus son
voile. A ses pieds étoient , d'un côté un
Barbare , tenant une chaîne d'une main ,
et un poignard de l'autre , et paroissant
vouloir lui faire violence , et de l'autrecôté
une femme en action soumise , qui
pour la fléchir , lui offroit un vase plein
d'or , sur lequel la Justice posoit dédaigneusement
le pied , pour signifier que
la seule équité doit dicter ses jugemens ,
et qu'elle ne doit ni se laisser ébranler
par
2318 MERCURE DE FRANCE
par les menaces ,
ni se laisser corrompre
par les promesses : On lisoit dans le
Cartel , au- dessus de ce Bas- relief. Fatta
aquato examine pendit.
Dans le 2 Bas relief , la Justice sous.
la figure d'une Femme aîlée , paroissoit
descendre avec rapidité , la Foudre à la
main , pour terrasser un Cyclope que
l'on voyoit renversé à ses pieds , par où
on a voulu marquer qu'il appartient à la
Justice de punir les coupables , et d'être
la vangeresse des violentes oppressions ,
ce qui étoit exprimé dans le Cartel par
la devise : Quatit sontes accinctaflagello.
Le Sujet du 3 Bas - relief étoit un Roi
assis sur un Trône , la Couronne antique
sur la tête , et le Sceptre à la main , en
action de prononcer un jugement. A sa
gauche la Justice ayant devant elle une
Balance posée sur la base du Trône
sembloit le soûtenir. De l'autre côté
Minerve avec un Casque , la Lance et le
Bouclier , exprimoit d'une maniere sensible
que la Justice et la Sagesse sont les
plus fermes appuis des Rois. La Devise
au- dessus n'avoit rapport qu'à la Justice :
Regem foliumque tuetur.
Enfin on voyoit dans le 4 Bas- relief
la Justice avec un Diadême , assise sur
un Trône et entourée de personnes
>
de
OCTOBRE . 1733. 2359
de differens âges , dont les habillemens
dénotoient l'état malheureux , et qui
sembloient applaudir et marquer leur
joye. Elle tenoit la Balance d'une main ,
et montroit de l'autre une Corne d'abondance
, pour faite entendre que la Justiçe
est la ressource la plus assûrée des
pauvres , des veuves et des orphelins
et que c'est d'elle que dépend le bonheur
et la felicité des peuples ; c'est pourquoi
on lisoit au- dessus de ce Bas - relief :
Misero tutamen in arctis.
>
Les quatre Bas- reliefs au-dessus des
Impostes , et ayant chacun 4 pieds de
haut sur 4 de large , representoient des
Enfans badinans avec les Attributs de la
Justice. Dans le premier , des enfans délioient
un Faisceau , et en rompoient les
baguettes pour en faire des fléches , ausquelles
l'Amour attachoit lui- même les
pointes.
Dans le second un de ces Amours ayant
enlevé un bassin de la Balance , et y ayant
attaché un coeur au milieu , le tenoit
élevé pour servir de but aux autres qui
s'éxerçoient à y tirer leurs féches.
Dans le troisième , l'Amour assis surun
Globe , couronné de lauriers , tenoit
son Arc d'une main , et une Balance de
Pautre ; des enfans venoient mettre à ses
pieds
2320 MERCURE DE FRANCE
pieds les Symboles de toutes les conditions
, Couronnes , Casques , Faisceaux ,
& c. l'Amour sembloit en triompher t
leur donner la loi.
Le quatriéme offroit aux yeux des Enfans
qui avoient mis dans un des bassins
de la Balance un Globe , une Couronne ,
une Epée , des Livres , des richesses , & c .
et dans l'autre un coeur percé d'une fléche.
L'Amour ayant touché l'équilibre
de la balance , le bassin où étoit ce coeur
l'emportoit sur tout le reste.
- Dans les Entre - colonnes des angles qui
Pavoient que 4 pieds de largeur , il y
avoit au dessus des impostes , quatre Médaillons
ovales en Marbre blanc , repres
sentant d'après l'Antique , les têtes des
quatre Législateurs , Numa , Minos ,
Solon et Saleucus . Et à Paplomb de ces
Médaillons , au- dessous , on voyoit quatre
Trophées en Bas - reliefs , aussi en
Marbre blanc , composés des Attributs
de la Justice , de l'Amour et de la Victoire.
Les paneaux où étoient ces Médaillons
et ces Trophées , étoient entourés
, ainsi que les autres Bas- reliefs , de
Guirlandes de fleurs artificielles . Tous
ces Bas -reliefs et toutes les Figures en
camayeu , dont nous venons de donner
Pexplication , étoient de la main du sicut
André
OCTOBRE. 1733. 2327
André , Peintre Curlandois , ils ont fait
Fadhiration des Connoisseurs les plus
difficiles , et du meilleur goût , qui en
ent trouvé la composition sage et noble ,
le dessein aussi élégant que correct , er
le clair obscur si bien entendu que toutes
ces Figures ont parû de relief , et
nous ne croyons pas que depuis Polidore
de Caravage , Disciple de Raphaël ,
on ait rien vû de mieux en ce genre.
Les douze Arcades dont le Salon étoit
percé , à l'exception de celle de la principale
d'entrée , et de celle du fond ,
avoient chacune deux portieres , ou rideaux
de Satin verd , garnis de galons
et de franges d'or , et relevés en pavillons
par des cordons et des glands avec
beaucoup de goût. Celle du fond , visà
vis l'entrée , étoit en niche , peinte en
Marbre précieux , ayant 14 pieds de
haut sur 6 de large , le fond revêtu de
congellations en or. La Base de cette
Niche étoit un pied de Fontaine à pans ,
du même Marbre , orné de Festons et
de Consoles dorées de 4 pieds de haut
sur 9 de large , 7 d'enfoncement , et plus
de trois pieds de saillie. La surface de
cette Fontaine formoit un bassin revêtu
de plomb , de huit pouces de profondeur.
Da
222 MERCURE DE FRANCE
Du milieu de ce bassin s'élevoit une
tige ou pied droit , portant deux Coupes
, ou Coquilles dorées , d'inegale
grandeur la plus petite étoit la plus
élevée de celle ci sortoit uue grosse gerbe
d'eau vive , qui retombant en nappe
dans l'autre coquille , et de- là dans le
Bassin , formoit une cascade très - abondante
, et dont la vuë fit d'autant plus
de plaisir , qu'on devoit moins s'atten
dre à la trouver dans ce Salon.
Le pied qui soutenoit la premiere Coquille
étoit revêtu de trois mufles dorés ,
jettant de l'eau dans le Bassin , du milieu
duquel s'élevoient encore sept Jets d'eau ,
dont l'inégale hauteur formoit une figure
pyramidale. Celui du milieu s'élançoir
jusques dans la coquille d'en haut , et les
six autres retomboient inégalement dans
celle de dessous.
Au-dessus de la Gerbe , étoit suspendue
une Ancre d'argent , jettant de l'eau
par les deux pointes , et cette Ancre
étoit surmontée d'une Etoile lumineuse
de cristal , qui jettoit aussi de l'eau de
tous les côtez , ensorte qu'elle paroissoit
être au milieu d'un Soleil d'eau , ce qui
figuroit avec beaucoup d'artifice le blazon
des Armes de M. Bernard.
Le ceintre de la Niche étoit couvert
d'une
OCTOBRE . 1733. 2323
d'une Banderole peinte en émeraude , sur
laquelle on lisoit cette Devise : In patriam
populumque fluxit.
Sous les deux Arcades à côté de là
Niche étoient deux Buffets pour la distribution
du Vin , des Liqueurs , & c.
et au-dessus deux Tribunes avec des
Balustrades dorées à hauteur d'appui.
Les quatre Arcades aux extrêmitez des
grands côtez étoient entierement ouvertes.
A la premiere , à droite , aboutissoit
la Galerie couverte , qui communiquoit
de plein pied aux Appartemens du rezde
chaussée . Elle étoit tapissée de Damas
cramoisi , galonné d'or au dessus d'un
lambri à paneaux , et oruée de Trumeaux,
de Glaces , et de Girandoles . On avoit
pratiqué derriete les deux grands côtez
du Salon , des Galeries de sept pieds de
largeur , lambrissées , et richement tapissées
, qui communiquoient d'une Arcade
à l'autre , et l'on voyoit au fond de
chacune de ces Arcades des Tables de
Marbre , des Glaces , des Lustres ,
Torcheres et des Girandoles ce qui
trompoit agréablement les yeux , et faisoit
croire que ces Arcades formoient les
entrées d'autant d'Appartemens differens.
›
des
L'Arcade du milieu du grand côté , à
gauche
2324 MERCURE DE FRANCE
›
gauche , étoit fermé par un grand pa
neau de glaces , qui répétoient le Salon
dans toute son étenduë et celle qui
étoit vis à- vis à droite , étoit seulement
vitrée , pour donner passage au jour , et
laisser à un grand nombre de Spectateurs
la liberté de jouir du Spectacle du
Salon .
Les deux Arcades à côté de celle d'entrée
, embrassoient les deux- croisées vitrées
dont on a parlé en décrivant le
Frontispice,
Frontispice . Les fonds des Arcades ou
vertes ,des Tribunes et des Buffets étoient
meublés de Damas cramoisi , galonné
d'or.
en
La Frise qui régnoit tout autour du
Salon étoit ainsi que les Colonnes
bréche violette . Les ornemens de l'Architrave
et de la Corniche , selon l'ordre
Ionique , étoient en or. Au - dessus du
milieu des Arcades étoient différens
Cartouches d'Armes et Cartels de Devises
dorés en relief. Les Armes y étoient
blasonnées avec les émaux et couleurs propres,
et les devises étoient écrites dans les
carrels sur un fond vert. On voyoit les
armes des nouveaux Epoux répétées avec
tous leurs attributs et ornées de Guirlanlandes
de fleurs , en trois differens , endroits
; au dessus de l'Arcade de la Fontaine
,
OCTOBRE . 1733 2325
taine , et au dessus des Arcades du milieu
des deux grands côtez , celles de M. Bernard
étoient au dessus de l'Arcade d'entrée.
Dans le cartel posé sur l'Arcade à
gauche de la Fontaine , on lisoit cette devise
M. Molé : Hares virtutis avita.
pour
Sur l'Arcade voisine du grand côté ,
cellec- cy qui regardoit les deux époux :
trajecit utrumque sagitta.
Les deux qui étoient sur les mêmes Arcades
, de l'autre côté , convenoient à la
jeune Epouse : La premiere étoit : Magno
Patre nata puella est ; et la seconde : Quam
jocus Circumvolat et cupido.
La devise qui étoit sur l'Arcade à droi
te des Armes de M.Bernard , exprimée en
ces termes : Illum aget fama superstes , annonçoit
que ses grandes qualitez feroient
passer sa mémoire à la postérité ; et pour
marquer le noble usage qu'il fait de son
bien , on avoit mis au dessus de l'Arcade
de la Galerie des Appartemens : Beata
pleno copia cornu . Sur les mêmes Arcades,
du côté opposé , on lisoit ces deux devises
: Serus in coelum redeas , et Hic ames
dici pater, exprimoient les voeux de la famille
de M. Bernard , pour sa conservation
et la durée de ses jours .
Rien n'étoit plus brillant que le Plafond
de ce superbe Salon. Il avoit 25 .
pieds
2326 MERCURE DE FRANCE
pieds d'élevation et étoit composé de
plusieurs Travées en compartimens, alignées
d'une colonne à l'autre , et les
compartimens étoient formez par des Paneaux
quarrez et octogones , régulierement
assemblez , dont le milieu , les
moulures et les ornemens étoient en or.
Les Paneaux octogones avoient au centre
une grosse Etoile d'argent , et ils étoient
tous séparez les uns des autres , suivant
les lignes de leur direction aux colomdes
Guirlandes de fleurs peintes
par
au naturel, et par de grosses Roses dorées
en relief , qui couvroient les angles des
Paneaux , ce qui produisoit aux yeux un
effet aussi riche que varić ; ce Plafond,
aussi bien que l'Architecture de la façade
, avoit été peint par le sieur Pietre ,
Vénitien , très - habile en ce genre . C'est
le sieur Chouasse , qui a fait tous les
Ouvrages de Sculpture.
nes ,
Dans le milieu du Salon étoit la même
Table en fer à cheval qui avoit servi
pour la premiere Nôce. L'Illumination
de ce Salon répondoit parfaitement à la
magnificence de la Décoration ; il étoit
éclairé de toutes parts par un grand nombre
de Lustres et de Girandoles , dont
il est aisé d'imaginer le brillant effet.
Les Conviez descendirent dans le Salon
;
OCTOBRE . 1733. 2327
ion , comme à la précédente Nôce , au
bruit des Timbales et Trompettes, L'Assemblée
ne fut ni moins nombreuse , ni
moins brillante ; les Ministres , les principaux
Seigneurs et Dames de la Cour y
assisterent. La magnificence du Chevalier
Bernard fut également admirée dans
l'abondance , la varieté et la délicatesse
des mets et des vins qui furent servis,
>
On avoit disposé dans trois endroits
differens du Salon , trois corps de Symphonie
, l'un de Violons , Haut- bois et
Flutes , l'autre de Trompettes ct Timbales
, et le dernier de Cors de - Chasse
lesquels se répondant alternativement les
uns aux autres pendant tout le souper
et se joignant au murmure des Eaux de la
Cascade , flaterent agréablement l'oreille.
Au premier Service les sieurs Charpen
tier et Danguy , habillez en Bergers , entrerent
dans le Fer- à- cheval , le premier
joüant de la Musette , et l'autre de la
Viele. La Dlle Salé , célebre Danseuse ,
très- galamment vétuë en Bergere , vint
se placer entre eux deux ; elle sembloit
exprimer son étonnement et leur demander
la cause d'une Fête si superbe . Les
deux Bergers la conduisirent auprès de
Ma nouvelle Epouse , à qui elle présenta
un magnifique Bouquet. Elle continua
de
2328 MERCURE DE FRANCE
guant
de former quelques . Pas de danse , feide
chercher encore une autre personne
, et s'arrêta vis- à - vis la place qu'oc◄
cupoit M. Bernard ; elle lui présenta un
autre Bouquet , après quoi elle se retira.
Elle revint au dessert , pendant lequel
elle dansa differentes Entrées dans la plus
grande perfiction et avec des applaudissemens
infinis.
On sortit de table à minuit pour se
rendre à S. Eustache , où les nouveaux
Epoux devoient être mariez. Il nous pa--
roît inutile de nous étendre sur l'Illumination
et la Décoration de l'Eglise . Tout
Paris en a été témoin , et d'ailleurs nous.
n'aurions rien à ajoûter à ce que nous en
avons dit dans le dernier Mercure.
..Ce fut encore M. le Curé de S. Eusta
che qui fit la célebration du Mariage
et pendant tout le temps qu'elle dura
on entendit le bruit des Timbales et des
Trompettes , mêlé avec l'harmonie de
l'Orgue.
Nous avions intention d'ajoûter à cette
Description quelques Estampes , pour
donner au Lecteur une idée de ce superbe
Salon de Thémis , comme nous l'avons
fait pour le Temple de Mars , mais let
peu de temps que nous avons eu pour
faire graver ces Morceaux dans la perfection
OCTOBRE . 1733. 2325
fection qu'ils auroient demandé , ne nous
a pas permis de donner cette satisfaction
au Public.
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Résumé : Fête donnée à l'occasion du Mariage de M. le Président Molé, [titre d'après la table]
Le 21 septembre 1733, Mathieu François Molé, Chevalier et Seigneur de Champlatreux et Luzarches, Conseiller du Roi et Président du Parlement, a épousé Bonne-Félicité Bernard. Cette dernière est la fille de Samuel Bernard, Chevalier et Conseiller d'État, et de Pauline Félicité de Saint Chamant. La famille Molé est l'une des plus anciennes et illustres du Parlement, ayant fourni plusieurs grands hommes au siècle précédent, notamment Mathieu Molé, Procureur Général, Premier Président du Parlement et Garde des Sceaux de France. Mathieu Molé, mentionné dans le texte, est le sixième Président à Mortier de sa famille. La fête organisée par le Chevalier Bernard à l'occasion de ce mariage a été aussi magnifique que celle célébrée le 16 août précédent pour le mariage de la Marquise de Mirepoix. Elle a commencé par un concert suivi d'un souper à neuf heures dans une nouvelle salle du jardin, décorée par le Chevalier Servandoni. La décoration extérieure représentait un ancien palais avec une arcade et des fenêtres ornées. La décoration intérieure, nommée le Salon de Thémis, était ornée de figures allégoriques et de bas-reliefs représentant les attributs de la justice. Le salon, de dimensions imposantes, était décoré de colonnes et de figures de femmes symbolisant divers aspects de la justice. Les bas-reliefs et médaillons étaient l'œuvre du peintre curlandois André. Le salon, considéré comme l'un des plus beaux depuis Polidore de Caravage, est percé de douze arcades, chacune ornée de rideaux de satin vert garnis d'or. L'arcade du fond, en forme de niche, est peinte en marbre précieux et ornée de congélations en or. Elle abrite une fontaine avec des coquilles dorées et des jets d'eau formant une cascade abondante. La niche est surmontée d'une ancre d'argent et d'une étoile lumineuse de cristal, symbolisant les armes de M. Bernard. Le salon est richement meublé avec des buffets pour la distribution de vin et de liqueurs, des tribunes avec des balustrades dorées, et des galeries lambrissées et tapissées. Les arcades sont décorées de damas cramoisi galonné d'or, et la frise ainsi que les colonnes sont en brèche violette. Les ornements de l'architrave et de la corniche sont en or, suivant l'ordre ionique. Des cartouches d'armes et des devises dorées en relief sont présents au-dessus des arcades. Le plafond, élevé de 25 pieds, est composé de travées en compartiments alignés d'une colonne à l'autre, ornés de guirlandes de fleurs et de roses dorées. La décoration a été réalisée par le sieur Pietre, et les sculptures par le sieur Chouasse. Une table en fer à cheval, utilisée lors d'une précédente noce, est placée au milieu du salon. L'illumination est assurée par de nombreux lustres et girandoles, et des corps de symphonie jouent pendant le souper. Après le souper, les convives se rendent à l'église Saint-Eustache pour la célébration du mariage, accompagnée de musique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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270
p. 2460-2461
Nouvelles Estampes &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Moyreau a gravé et mis en vente depuis peu une Estampe en hauteur, d'après le [...]
Mots clefs :
Estampe
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes &c. [titre d'après la table]
Le sieur Moyreau a gravé et mis en vente.
depuis peu une Estampe en hauteur , d'aprè ple
Tableau original de Ph. Wovermans , de 20
pouces de haut sur 17. de large , du Cabinet de
M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Elle est intitulée , les Marchands de Chevaux , et
se vend chez l'Auteur , ruë Galande , vis - à- vis .
S. Blaise.
depuis peu une Estampe en hauteur , d'aprè ple
Tableau original de Ph. Wovermans , de 20
pouces de haut sur 17. de large , du Cabinet de
M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Elle est intitulée , les Marchands de Chevaux , et
se vend chez l'Auteur , ruë Galande , vis - à- vis .
S. Blaise.
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271
p. 2507-2508
Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
Début :
En voyant le Portrait de celle qui m'est chere, [...]
Mots clefs :
Portrait, Diane, Vénus
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texteReconnaissance textuelle : Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
En voyant le Portrait de celle qui m'est chere,
6
H vj Venus
2508 MERCURE DE FRANCE
Venus dit : C'est le mien , le Peintre a réussi ;-
Mais Diane , croyant s'y reconnoître aussi ,
Leur débat , sur ce point , devint querelle amere
Amour les écoutoit , riant d'un . ris malin ;
Déesses , leur dit- il , vous disputés envain ;
Ce Tableau represente une simple mortelle ;
Ainsi donc sur ce point , cessez de quereller ;
Ce qui fait votre erreur , c'est qu'elle est sage et
belle.
Eh ! quelle autre par-là , peut mieux vous res
sembler ?
En voyant le Portrait de celle qui m'est chere,
6
H vj Venus
2508 MERCURE DE FRANCE
Venus dit : C'est le mien , le Peintre a réussi ;-
Mais Diane , croyant s'y reconnoître aussi ,
Leur débat , sur ce point , devint querelle amere
Amour les écoutoit , riant d'un . ris malin ;
Déesses , leur dit- il , vous disputés envain ;
Ce Tableau represente une simple mortelle ;
Ainsi donc sur ce point , cessez de quereller ;
Ce qui fait votre erreur , c'est qu'elle est sage et
belle.
Eh ! quelle autre par-là , peut mieux vous res
sembler ?
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Résumé : Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
Le poème 'Sur un Portrait sous la figure de Diane' relate une dispute entre Vénus et Diane au sujet d'un portrait. Chacune pense y être représentée. Amour intervient pour expliquer que le tableau montre une mortelle sage et belle, rendant les déesses semblables à cette femme. Il les incite à cesser leur querelle.
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272
p. 2662-2663
Nouvelles Estampes, &c[.] [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu une suite d'Estampes, dont les sujets sont tirez de [...]
Mots clefs :
Roland furieux, Roland amoureux, L'Arioste, Suite d'estampes, Renaud
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, &c[.] [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu une suite d'Estampes
, dont les sujets sont tirez de
Rolland l'Amoureux , du Boyard , de
Rolland le Furieux , et de l'Arioste , traités
d'une maniere interessante et agréable
; ils sont peints par J. Dumont le Romain
, Peintre de l'Académie Royale , et
gravés par les meilleurs Graveurs . L'Au
teur donnera les autres Sujers de suite,
La vente de ces Estampes se fait à Paris,
ruë S. Jacques , chez la veuve Cherean, am
J. Fal deux
DECEMBRE. 1733 : 2663
deux Pilliers d'or. Le premier de ces
Morceaux , représente Angelique , qui
vient trouver Maugis d'Aigrement , sur
Ic Rocher où il étoit enchanté , lui promettant
de le délivrer , s'il la fait aimer
de son cousin Renaud , gravé par C. N.
Cochin , et le second Renaud de Montau
ban , monté sur Rabican , qui combat
et tuë le Centaure , qui enlevoit la belle
Fleur de Lys , Maitresse de Brandimart ;
laquelle se sauva à la nage. Par S.F.Ravene.
, dont les sujets sont tirez de
Rolland l'Amoureux , du Boyard , de
Rolland le Furieux , et de l'Arioste , traités
d'une maniere interessante et agréable
; ils sont peints par J. Dumont le Romain
, Peintre de l'Académie Royale , et
gravés par les meilleurs Graveurs . L'Au
teur donnera les autres Sujers de suite,
La vente de ces Estampes se fait à Paris,
ruë S. Jacques , chez la veuve Cherean, am
J. Fal deux
DECEMBRE. 1733 : 2663
deux Pilliers d'or. Le premier de ces
Morceaux , représente Angelique , qui
vient trouver Maugis d'Aigrement , sur
Ic Rocher où il étoit enchanté , lui promettant
de le délivrer , s'il la fait aimer
de son cousin Renaud , gravé par C. N.
Cochin , et le second Renaud de Montau
ban , monté sur Rabican , qui combat
et tuë le Centaure , qui enlevoit la belle
Fleur de Lys , Maitresse de Brandimart ;
laquelle se sauva à la nage. Par S.F.Ravene.
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Résumé : Nouvelles Estampes, &c[.] [titre d'après la table]
Une suite d'estampes inspirées de 'Rolland l'Amoureux', 'Le Boyard' et de l'Arioste a été publiée. Peintes par J. Dumont le Romain et gravées par des artistes renommés, elles sont en vente à Paris chez la veuve Chereau. La première estampe, gravée par C. N. Cochin, montre Angélique promettant de délivrer Maugis. La seconde, gravée par S. F. Ravenet, représente Renaud tuant un centaure. La date est le 2 décembre 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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273
p. 2663
« M. Vivien, Peintre du Roy, et Conseiller de son Académie de Peinture et [...] »
Début :
M. Vivien, Peintre du Roy, et Conseiller de son Académie de Peinture et [...]
Mots clefs :
Grand tableau, Joseph Vivien, Maximilien-Emmanuel de Bavière
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texteReconnaissance textuelle : « M. Vivien, Peintre du Roy, et Conseiller de son Académie de Peinture et [...] »
M. Vivien , Peintre du Roy , et Conseiller
de son Académie de Peinture et
de Sculpture , vient d'achever un grand
Tableau , de la famille du feu Electeur
de Baviere , Maximilien Emanuel.
Ce Tableau est traité allégoriquement,
d'une maniere simple , avec beaucoup de
sagesse et de noblesse .Un grand concours
de monde va le voir , et les personnes de
la premiere qualité l'ont vû avec beau
coup d'applaudissement. Les plus habiles
de l'Art loüent fort cet Ouvrage et le regardent
comme une chose unique en son
genre ; ce qui fait beaucoup d'honneur à
ce Peintre.
de son Académie de Peinture et
de Sculpture , vient d'achever un grand
Tableau , de la famille du feu Electeur
de Baviere , Maximilien Emanuel.
Ce Tableau est traité allégoriquement,
d'une maniere simple , avec beaucoup de
sagesse et de noblesse .Un grand concours
de monde va le voir , et les personnes de
la premiere qualité l'ont vû avec beau
coup d'applaudissement. Les plus habiles
de l'Art loüent fort cet Ouvrage et le regardent
comme une chose unique en son
genre ; ce qui fait beaucoup d'honneur à
ce Peintre.
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Résumé : « M. Vivien, Peintre du Roy, et Conseiller de son Académie de Peinture et [...] »
M. Vivien, peintre du roi et conseiller de l'Académie de Peinture et de Sculpture, a achevé un tableau représentant la famille de l'électeur de Bavière, Maximilien Emanuel. Cette œuvre allégorique, simple, sage et noble, a attiré de nombreux visiteurs, y compris des personnes de haute qualité. Les experts en art la considèrent unique et honorent M. Vivien pour cet ouvrage.
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274
p. 2663-2666
Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 21 Novembre 1733. Loüis de Boullongne, Ecuyer, Chevalier de l'Ordre [...]
Mots clefs :
Louis de Boullogne, Tableaux, Académie royale de peinture et de sculpture, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Grands tableaux, Receveur général des finances, Tableaux de cabinet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le 21 Novembre 1733. Louis de Boullongne
, Ecuyer , Chevalier de l'Ordre
1. Val.
Fij de
2664 MERCURE DE FRANCE
de S. Michel , premier Peintre du Roy ,
Directeur et Recteur de l'Académic
Royale de Peinture et Sculpture , Pensionnaire
et Dessinateur de celle des Inscriptions
et Belles Lettres , mourut à Paris
, âgé de 79 ans.
Il avoit acquis la réputation d'un des
plus grands Peintres de son temps, par un
grand nombre d'excellens Ouvrages , dont
nous allons indiquer les Principaux .
Il a peint dans l'Eglise de l'Hôtel Royal
des Invalides la Chapelle de S. Augustin,
à Fresque , et un Choeur d'Anges dans la
croisée à droite; dans la Chapelle du Château
de Versailles , six Apôtres dans les
Voûtes de la Tribune, à droite, et la Chapelle
de la Vierge; dans le Cheur de Notre
- Dame de Paris , deux des huit grands
Tableaux , dont l'un represente la Purification
de la Vierge au Temple ; et l'autre
, la Fuite en Egypte. Il y a aussi deux
grands Tableaux de lui dans la Nef , représentant
le Miracle du Centènier et la
Samaritaine.
Il a peint dans le Salon de Marly , l'un
des quatre grands Tableaux , et beaucoup
d'autres dans les Châteaux de Fontainebleau
, Meudon , Trianon et la Ménagerie,
Il a excellé principalement dans l'élé
gance de la composition et dans la correction
I. Voh
DECEMBRE . 1735. 266
fection du dessein.Il a fait un tres- grand
nombre de Tableaux de Cabinet , qui sont
fort estimez , et dans lesquels on remarque
sur tout un caractere gracieux , qui
faisoit en général l'ame de sa composition .
Le Roy , pour récompenser ses talens,
l'avoit annobli , lui et sa posterité. Il a
laissé pour enfans Jean de Boullongne
Conseiller au Parlement de Mets et premier
Commis des Finances , et Marie-
Anne de Boullongne , femme de Jean-
Pierre Richard , Receveur General des
Finances de la Généralité de Tours. Il
avoit encore un fils qui mourut revêtu
de la même Charge de Receveur General
des Finances de Tours , au mois de
Decembre de l'année derniere , âgé de
30 ans , sans avoir laissé de posterité.
Les Vers qu'on va lire , sont de My
TANEVOT.
Ecoute-moi , Coustou , prends ton Ciseau
Et du fameux Boullongne éleve le Tombeau.
Place au milieu sa Muse désolée ,
Regardant les Graces en pleurs ,
Assises près du Mausolée ,
Qu'au pied , plus d'un Géme exprime ses dou
kurs
Par son air et son attitude ;
Fais-y voir la conftante Etude ,
I. Fol Fiij Lo
2866 MER CURE DE FRANCE
Le Coloris et la Correction ,
L'Ordonnance , l'Invention ,
Et qu'un Amour à tire -d'aîle ,
Forte jusqu'aux Cicux son image immortelle.
, Ecuyer , Chevalier de l'Ordre
1. Val.
Fij de
2664 MERCURE DE FRANCE
de S. Michel , premier Peintre du Roy ,
Directeur et Recteur de l'Académic
Royale de Peinture et Sculpture , Pensionnaire
et Dessinateur de celle des Inscriptions
et Belles Lettres , mourut à Paris
, âgé de 79 ans.
Il avoit acquis la réputation d'un des
plus grands Peintres de son temps, par un
grand nombre d'excellens Ouvrages , dont
nous allons indiquer les Principaux .
Il a peint dans l'Eglise de l'Hôtel Royal
des Invalides la Chapelle de S. Augustin,
à Fresque , et un Choeur d'Anges dans la
croisée à droite; dans la Chapelle du Château
de Versailles , six Apôtres dans les
Voûtes de la Tribune, à droite, et la Chapelle
de la Vierge; dans le Cheur de Notre
- Dame de Paris , deux des huit grands
Tableaux , dont l'un represente la Purification
de la Vierge au Temple ; et l'autre
, la Fuite en Egypte. Il y a aussi deux
grands Tableaux de lui dans la Nef , représentant
le Miracle du Centènier et la
Samaritaine.
Il a peint dans le Salon de Marly , l'un
des quatre grands Tableaux , et beaucoup
d'autres dans les Châteaux de Fontainebleau
, Meudon , Trianon et la Ménagerie,
Il a excellé principalement dans l'élé
gance de la composition et dans la correction
I. Voh
DECEMBRE . 1735. 266
fection du dessein.Il a fait un tres- grand
nombre de Tableaux de Cabinet , qui sont
fort estimez , et dans lesquels on remarque
sur tout un caractere gracieux , qui
faisoit en général l'ame de sa composition .
Le Roy , pour récompenser ses talens,
l'avoit annobli , lui et sa posterité. Il a
laissé pour enfans Jean de Boullongne
Conseiller au Parlement de Mets et premier
Commis des Finances , et Marie-
Anne de Boullongne , femme de Jean-
Pierre Richard , Receveur General des
Finances de la Généralité de Tours. Il
avoit encore un fils qui mourut revêtu
de la même Charge de Receveur General
des Finances de Tours , au mois de
Decembre de l'année derniere , âgé de
30 ans , sans avoir laissé de posterité.
Les Vers qu'on va lire , sont de My
TANEVOT.
Ecoute-moi , Coustou , prends ton Ciseau
Et du fameux Boullongne éleve le Tombeau.
Place au milieu sa Muse désolée ,
Regardant les Graces en pleurs ,
Assises près du Mausolée ,
Qu'au pied , plus d'un Géme exprime ses dou
kurs
Par son air et son attitude ;
Fais-y voir la conftante Etude ,
I. Fol Fiij Lo
2866 MER CURE DE FRANCE
Le Coloris et la Correction ,
L'Ordonnance , l'Invention ,
Et qu'un Amour à tire -d'aîle ,
Forte jusqu'aux Cicux son image immortelle.
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Résumé : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Louis de Boullongne, Écuyer et Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, décéda à Paris le 21 novembre 1733 à l'âge de 79 ans. Il occupait les postes de premier Peintre du Roi, Directeur et Recteur de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture, ainsi que Pensionnaire et Dessinateur de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres. Boullongne était renommé pour ses nombreuses œuvres remarquables. Parmi ses principales réalisations, on trouve des fresques dans l'église de l'Hôtel Royal des Invalides, notamment la Chapelle de Saint-Augustin et un chœur d'anges. À Versailles, il peignit six apôtres et la Chapelle de la Vierge. Dans le chœur de Notre-Dame de Paris, il réalisa deux des huit grands tableaux, représentant la Purification de la Vierge au Temple et la Fuite en Égypte, ainsi que deux grands tableaux dans la nef, illustrant le Miracle du Centurion et la Samaritaine. Il travailla également dans le Salon de Marly et dans les châteaux de Fontainebleau, Meudon, Trianon et la Ménagerie. Boullongne était apprécié pour l'élégance de ses compositions et la correction de ses dessins, et il réalisa de nombreux tableaux de cabinet très estimés. Le Roi le récompensa en l'anoblissant, lui et sa postérité. Il laissa deux enfants, Jean de Boullongne, Conseiller au Parlement de Metz et premier Commis des Finances, et Marie-Anne de Boullongne, épouse de Jean-Pierre Richard, Receveur Général des Finances de la Généralité de Tours. Un autre fils, également Receveur Général des Finances de Tours, décéda en décembre de l'année précédente à l'âge de 30 ans sans laisser de postérité.
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275
p. 2878-2879
Jetton frappé pour les Officiers du Guet, [titre d'après la table]
Début :
Le Jetton dont nous donnons ici la Graveure a été frappé depuis peu pour [...]
Mots clefs :
Officiers du guet, Jeton, Castor et Pollux, Repos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Jetton frappé pour les Officiers du Guet, [titre d'après la table]
Le Jetton dont nous donnons ici la
Graveure a été frappé depuis peu pour
Mrs les Officiers du Guet. On y voit d'un
côté les Atmes du Comte de Maurepas
Ministre et Sécretaire d'Etat ; ces Officiers
ayant l'honneur d'être dans son Département
; et sur le Revers Castor et
Pollux , tels qu'on les voit representez
sur les Medailles Romaines , à cheval
avec une petite étoile chacun au - dessus
du Casque , et cette Legende ALMA
SIGNA QUIETIS , et dans l'Exe gue ,
OFFICIERS DU GUET 1733 .
,
On ne peut gueres voir de Type d'une
invention plus ingenieuse , et dont l'application
soit plus heureuse. Tout le
monde çait que Castor et Pollux étoient
des Divinitez Titulaires des Romains ,
lesquelles annonçoient leurs victoires , et
II. Vol. assuroicnr
DECEMBRE. 1733. 2879
assuroient le repos de la Ville. Leur constellation
étoit aussi le Symbole de la tranquillité
, sur tout dans la Navigation , ce
qui peut faire encore une juste allusion
avec la Nef que porte dans ses Armes la
Ville de Paris.
Ce Type enfin paroît d'autant mieux
convenir aux Officiers du Guet , que
l'ancien ordre de l'Etoile subsiste encore
dans leur Corps , qui est aussi celui qui
contribue le plus au repos et à la tran
quillité des Citoyens. Arrêté par l'Académie
Royale des Inscriptions et Belles
Lettres dans l'Assemblée tenue au
Louvre le 22 May 17 33 .
,
SIGNA
QUIET
OFFICIERS DU GUET
1733.
Papell .
Graveure a été frappé depuis peu pour
Mrs les Officiers du Guet. On y voit d'un
côté les Atmes du Comte de Maurepas
Ministre et Sécretaire d'Etat ; ces Officiers
ayant l'honneur d'être dans son Département
; et sur le Revers Castor et
Pollux , tels qu'on les voit representez
sur les Medailles Romaines , à cheval
avec une petite étoile chacun au - dessus
du Casque , et cette Legende ALMA
SIGNA QUIETIS , et dans l'Exe gue ,
OFFICIERS DU GUET 1733 .
,
On ne peut gueres voir de Type d'une
invention plus ingenieuse , et dont l'application
soit plus heureuse. Tout le
monde çait que Castor et Pollux étoient
des Divinitez Titulaires des Romains ,
lesquelles annonçoient leurs victoires , et
II. Vol. assuroicnr
DECEMBRE. 1733. 2879
assuroient le repos de la Ville. Leur constellation
étoit aussi le Symbole de la tranquillité
, sur tout dans la Navigation , ce
qui peut faire encore une juste allusion
avec la Nef que porte dans ses Armes la
Ville de Paris.
Ce Type enfin paroît d'autant mieux
convenir aux Officiers du Guet , que
l'ancien ordre de l'Etoile subsiste encore
dans leur Corps , qui est aussi celui qui
contribue le plus au repos et à la tran
quillité des Citoyens. Arrêté par l'Académie
Royale des Inscriptions et Belles
Lettres dans l'Assemblée tenue au
Louvre le 22 May 17 33 .
,
SIGNA
QUIET
OFFICIERS DU GUET
1733.
Papell .
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Résumé : Jetton frappé pour les Officiers du Guet, [titre d'après la table]
Un jeton récemment frappé pour les Officiers du Guet présente sur une face les armes du Comte de Maurepas, Ministre et Secrétaire d'État, dont dépendent ces officiers. L'autre face montre Castor et Pollux, divinités tutélaires des Romains, montés sur des chevaux avec une étoile au-dessus de leur casque. La légende latine 'ALMA SIGNA QUIETIS' et l'exergue 'OFFICIERS DU GUET 1733' accompagnent cette représentation. Castor et Pollux symbolisaient les victoires et le repos de la ville, et leur constellation était un symbole de tranquillité, notamment en navigation, en écho à la nef présente dans les armes de la Ville de Paris. L'ordre de l'Étoile, existant parmi les Officiers du Guet, contribue au repos et à la tranquillité des citoyens. L'Académie Royale des Inscriptions et Belles Lettres a validé ce type de jeton lors d'une assemblée au Louvre le 22 mai 1733.
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276
p. 2879-2881
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Rien n'est plus ingenieux que le sujet et la composition d'une Estampe en large [...]
Mots clefs :
Tableau, Peinture, Sujet, Connaisseurs, Goût, Théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Rien n'est plus ingenieux que le sujet
et la composition d'une Estampe en lar
ge qui vient de paroître ; elle piquera
sans doute la curiosité des gens de goût
et des connoisseurs , elle est gravée par
M. Lepicié , d'après le Tableau qui fait
II. Vol.
Fiiij le
2880 MERCURE DE FRANCE
le pendant , des Enfans à la Toillette , par
M. Charles Coypel. Et se vend chez le
sieur Surugue , Graveur du Roy , ruc
des Noyers; elle porte pour titre THALIE
CHASSE'E PAR LA PEINTURE. Cette allégorie
a été imaginée au sujet d'une personne
qui a sacrifié à l'étude de la Peinture
, le goût qu'elle avoit à composer
des piéces de Theâtre .
D'un côté du Tableau la Peinture dans
une atitude noble et severe , ordonne à
la Poësie de sortir de son Atelier par ces
quatre Vers , gravez sur l'un des mor
ceaux de papier , déchirez sur le devant
du Tableau.
Muse , je plains votre avanture ;
Partez, emportez Prose et Vers :
Pour mettre une tête à l'envers ,
C'est bien assez de la Peinture.
De l'autre côté , la Poësie suivie de
plusieurs Génies , emportent un nombre
de Piéces de Theâtre, dont on lit les titres ,
pendant que d'autres Génies se cachent
sous une table , tenant des Plans à remplir.
Le fond du Tableau est orné de
Statues , de plusieurs Tableaux , et du
Portrait de l'Auteur.
Il paroît aussi deux nouvelles Estampes
II. Vol. dont
DECEMBRE. 1733. 2881
dont nous serions bien caution que les
connoisseurs mêmes les plus difficiles seront
contens. Ce sont les Portraits en
buste sans mains de deux illustres Artistes
de notre Académie. Sebastien Bourdon
, Peintre , et Michel Anguier , Sculp
teur , d'après les Tableaux de Mrs Hiacinthe
Rigaud et Gab. Revel ; tous deux
excellemment gravez , par le Sieur Laurent
Cars , pour sa reception à l'Académie
1733 .
et la composition d'une Estampe en lar
ge qui vient de paroître ; elle piquera
sans doute la curiosité des gens de goût
et des connoisseurs , elle est gravée par
M. Lepicié , d'après le Tableau qui fait
II. Vol.
Fiiij le
2880 MERCURE DE FRANCE
le pendant , des Enfans à la Toillette , par
M. Charles Coypel. Et se vend chez le
sieur Surugue , Graveur du Roy , ruc
des Noyers; elle porte pour titre THALIE
CHASSE'E PAR LA PEINTURE. Cette allégorie
a été imaginée au sujet d'une personne
qui a sacrifié à l'étude de la Peinture
, le goût qu'elle avoit à composer
des piéces de Theâtre .
D'un côté du Tableau la Peinture dans
une atitude noble et severe , ordonne à
la Poësie de sortir de son Atelier par ces
quatre Vers , gravez sur l'un des mor
ceaux de papier , déchirez sur le devant
du Tableau.
Muse , je plains votre avanture ;
Partez, emportez Prose et Vers :
Pour mettre une tête à l'envers ,
C'est bien assez de la Peinture.
De l'autre côté , la Poësie suivie de
plusieurs Génies , emportent un nombre
de Piéces de Theâtre, dont on lit les titres ,
pendant que d'autres Génies se cachent
sous une table , tenant des Plans à remplir.
Le fond du Tableau est orné de
Statues , de plusieurs Tableaux , et du
Portrait de l'Auteur.
Il paroît aussi deux nouvelles Estampes
II. Vol. dont
DECEMBRE. 1733. 2881
dont nous serions bien caution que les
connoisseurs mêmes les plus difficiles seront
contens. Ce sont les Portraits en
buste sans mains de deux illustres Artistes
de notre Académie. Sebastien Bourdon
, Peintre , et Michel Anguier , Sculp
teur , d'après les Tableaux de Mrs Hiacinthe
Rigaud et Gab. Revel ; tous deux
excellemment gravez , par le Sieur Laurent
Cars , pour sa reception à l'Académie
1733 .
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte présente une estampe gravée par M. Lepicié d'après un tableau de Charles Coypel intitulé 'Thalie chassée par la Peinture'. Cette œuvre est disponible chez le sieur Surugue, graveur du roi, rue des Noyers. L'allégorie de l'estampe montre une personne ayant privilégié l'étude de la peinture au détriment de la composition théâtrale. Dans le tableau, la Peinture, représentée avec noblesse et sévérité, ordonne à la Poésie de quitter son atelier, accompagnée de vers gravés sur des morceaux de papier déchirés. La Poésie, suivie de plusieurs Génies, emporte des pièces de théâtre, tandis que d'autres Génies se cachent sous une table avec des plans à remplir. Le fond du tableau est orné de statues, de tableaux et du portrait de l'auteur. Le texte mentionne également deux nouvelles estampes, des portraits en buste sans mains de Sébastien Bourdon, peintre, et Michel Anguier, sculpteur, gravés par Laurent Cars pour sa réception à l'Académie en 1733.
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277
p. 2881
« Nous apprenons de Rome que le Pape a acheté 60000 écus les Statuës antiques [...] »
Début :
Nous apprenons de Rome que le Pape a acheté 60000 écus les Statuës antiques [...]
Mots clefs :
Statues antiques, Cardinal Alexandre Albani
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Nous apprenons de Rome que le Pape a acheté 60000 écus les Statuës antiques [...] »
Nous apprenons de Rome que le Pape
a acheté 60000 écus les Statues antiques
qui apartenoient au Cardinal Alexandre
Albani , et qu'on doit les placer dans le
Capitole .
a acheté 60000 écus les Statues antiques
qui apartenoient au Cardinal Alexandre
Albani , et qu'on doit les placer dans le
Capitole .
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278
p. 2927-2928
Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
Début :
L'Ordre du S. Esprit vient de faire exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération [...]
Mots clefs :
Ordre du Saint-Esprit, Tableaux, Monastère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
L'Ordre du S. Esprit vient de faire
exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération
de Chapitre et Assemblées de
Commissaires , pour établir dans le Monastere
des Grands Augustins de Paris où
se sont faites les premieres Cérémonies
des Monumens de sa grandeur, aussi honorables
pour les Maisons Illustres du
Royaume,qu'interressans et curieux pour
les Etrangers. Ces Monumens sont :
1. Cinq grands Tableaux représentant
chacun une cérémonie de cet Ordre ,
sous les cinq Grands- Maîtres , qui ont re
gné depuis sa fondation ; sçavoir , Henry
III. fondateur , Henry IV. Louis XIII .
Louis XIV. et Louis XV. Ces Tableaux
ont été placez dans le Choeur de l'Eglise
de ce Monastere , et accompagnez de
Pilastres et autres Ornemens qui réünissent
une noble simplicité , avec beaucoup
de magnificence. Les habiles Maîtres, Auteurs
de ces Tableaux , sont les Srs Cham,
pagne , de Troyes , et Vanloo .
2º . On a décoré les deux Salles de co
II. Vol. Hiiij Me12928
292 MERCURE
DE FRANCE
Monastére , affectées à l'Ordre du S. Esprit
, de Boiserie , Sculpture, et Dorure ,
convenables à la dignité du sujet , autant
que l'étendue de ces Salles l'a permis.
On y verra par rang de receptions les
Portraits en Buste , avec les Armes et principales
qualitez de tous les Cardinaux ,
Prélats , Commandeurs et Chevaliers reçûs
dans cet Ordre , depuis son établissement
, jusqu'à ce jour. On avertit les
Maisons auxquelles on a demandé ceux de
ces Portraits qui manquent , de les fournir
le plutôt qu'elles pourront , et en attendant
ces Places resteront vuides.
On est redevable de l'exécution de ces
Ouvrages à la vigilance de M. l'Abbé de
Pomponne, Commandeur et Chancelier
des Ordres du Roy , et Conseiller d'Etat
ordinaire , et aux soins de M. le Marquis
de Breteuil , Commandeur et Prevôt ,
Maître des Cérémonies des mêmes Ordres
.
Ceux qui voudront voir ces Salles, s'adresseront
au R. P. Bouge, Religieux Augustin
, chargé par l'Ordre du ŠS.. Esprit ,
de les tenir ouvertes, et d'y accompagner
les Curieux tous les Mercredy et Jeudy
de chaque semaine , fête ou non fête , depuis
onze heures et demi du matin , jusqu'à
quatre heures après midi.
exécuter les Ouvrages ordonnez par délibération
de Chapitre et Assemblées de
Commissaires , pour établir dans le Monastere
des Grands Augustins de Paris où
se sont faites les premieres Cérémonies
des Monumens de sa grandeur, aussi honorables
pour les Maisons Illustres du
Royaume,qu'interressans et curieux pour
les Etrangers. Ces Monumens sont :
1. Cinq grands Tableaux représentant
chacun une cérémonie de cet Ordre ,
sous les cinq Grands- Maîtres , qui ont re
gné depuis sa fondation ; sçavoir , Henry
III. fondateur , Henry IV. Louis XIII .
Louis XIV. et Louis XV. Ces Tableaux
ont été placez dans le Choeur de l'Eglise
de ce Monastere , et accompagnez de
Pilastres et autres Ornemens qui réünissent
une noble simplicité , avec beaucoup
de magnificence. Les habiles Maîtres, Auteurs
de ces Tableaux , sont les Srs Cham,
pagne , de Troyes , et Vanloo .
2º . On a décoré les deux Salles de co
II. Vol. Hiiij Me12928
292 MERCURE
DE FRANCE
Monastére , affectées à l'Ordre du S. Esprit
, de Boiserie , Sculpture, et Dorure ,
convenables à la dignité du sujet , autant
que l'étendue de ces Salles l'a permis.
On y verra par rang de receptions les
Portraits en Buste , avec les Armes et principales
qualitez de tous les Cardinaux ,
Prélats , Commandeurs et Chevaliers reçûs
dans cet Ordre , depuis son établissement
, jusqu'à ce jour. On avertit les
Maisons auxquelles on a demandé ceux de
ces Portraits qui manquent , de les fournir
le plutôt qu'elles pourront , et en attendant
ces Places resteront vuides.
On est redevable de l'exécution de ces
Ouvrages à la vigilance de M. l'Abbé de
Pomponne, Commandeur et Chancelier
des Ordres du Roy , et Conseiller d'Etat
ordinaire , et aux soins de M. le Marquis
de Breteuil , Commandeur et Prevôt ,
Maître des Cérémonies des mêmes Ordres
.
Ceux qui voudront voir ces Salles, s'adresseront
au R. P. Bouge, Religieux Augustin
, chargé par l'Ordre du ŠS.. Esprit ,
de les tenir ouvertes, et d'y accompagner
les Curieux tous les Mercredy et Jeudy
de chaque semaine , fête ou non fête , depuis
onze heures et demi du matin , jusqu'à
quatre heures après midi.
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Résumé : Nouveaux Tableaux de l'Ordre du S. Esprit, aux Grands Augustins de Paris, [titre d'après la table]
L'Ordre du Saint-Esprit a entrepris des travaux dans le monastère des Grands Augustins à Paris, conformément à une délibération du Chapitre et des Assemblées de Commissaires. Ces travaux visent à établir des monuments célébrant la grandeur de l'Ordre et honorant les maisons illustres du royaume, tout en intéressant les étrangers. Les monuments comprennent cinq grands tableaux, chacun représentant une cérémonie de l'Ordre sous les cinq Grands-Maîtres successifs : Henri III, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV. Ces tableaux, réalisés par les maîtres Champagne de Troyes et Vanloo, sont placés dans le chœur de l'église du monastère et accompagnés de pilastres et autres ornements alliant simplicité et magnificence. Deux salles du monastère, dédiées à l'Ordre du Saint-Esprit, ont été décorées de boiseries, sculptures et dorures. Elles présentent les portraits en buste des cardinaux, prélats, commandeurs et chevaliers reçus dans l'Ordre depuis sa fondation, par ordre de réception. Les maisons concernées sont invitées à fournir les portraits manquants. L'exécution de ces travaux est attribuée à la vigilance de l'abbé de Pomponne, Commandeur et Chancelier des Ordres du Roi, et aux soins du marquis de Breteuil, Commandeur et Prévôt, Maître des Cérémonies des mêmes Ordres. Les visiteurs peuvent accéder à ces salles les mercredis et jeudis de chaque semaine, de onze heures et demie du matin à quatre heures de l'après-midi, sous la guidance du religieux augustin Bouge.
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279
p. 5-11
MEDAILLES de l'Empereur Gratien, sur lesquelles il est nommé AVGG AVG.
Début :
Tout le monde sçait les differentes explications que les Antiquaires [...]
Mots clefs :
Gratien, Médailles, Fils, Empereur, Prince, Famille, Temps, Médaille, Constantin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEDAILLES de l'Empereur Gratien, sur lesquelles il est nommé AVGG AVG.
MEDAILLES de l'Empereur Gratien
surlesquelles il estnommé AVGG AVG.
Out le monde sçait les differentes
Texplications que les Antiquaires
ont données aux Médailles de Gratien
qui ont pour Legende du côté de la tête
D. N GRATIANVS AVGG AVG. aussi sans
vouloir les repeter ici , je me contenterai
de dire que ceux qui ont expliqué les
Lettres AVGG AVG. qui su vent le nom du
Prince , par AVGVSTORVM AVGVSTVS.
me paroissent avoir donné dans la verible
leçon .
En effet cette explication se presente
d'elle- même la premiere à l'esprit , par
la
MERCURE DE FRANCE
la conformité qu'elle a avec l'usage constant
des Antiquaires , qui ont toujours
rendu l'AVGG des monumens anciens par
le plurier du mot AVGVSTVS . quand les
deux GG sont suivis , ainsi qu'ils le sont
dans les Médailles de Gratien ; car ceux
qui les ont crû separez se sont trompeż,
et ont pris pour des points certaines petites
queües , ou cedilles attachées à ces G
en cette maniere Ç . c'est ainsi du moins
qu'ils sont formez sur la Médaille de
Gratien que j'ai parmi les miennes .
1
Ces & à queue, pour le dire en passant,
ne sont pas rares sur les Monumens anciens
, on les y rencontre dans tous les
temps. J'ai une Médaille d'argent d'Auguste
, avec le Capricorne au revers où
le & du mot AVGVSTVS qui en fait la Légende
est de cette façon ; et l'on en voit
un pareil sur un poids du temps d'Honorius
qui étoit à M. Foucault , * enfin
ils sont ordinaires sur les Monnoyes Gottiques
, si l'on s'en rapporte à l'Alphabet
que Bouteroüe nous a donné dans ses
Recherches curieuses des Monnoyes de France.
Mais en approuvant qu'on lise sur la
Médaille de Gratien , Augustorum Augustus
, je ne sçaurois être du sentiment de
L'Antiquité du P. Montfaucon. Planche XIV.
du Tome III.
ceux
JANVIER 1734. 7
ceux qui expliquent ces termes par Augus
te qui domine sur d'autres Augustes , cela par
rapport à Valentinien le jeune et à
Théodose , dont Gratien avoit genereusement
consenti à recevoir le premier
pour Collegue et s'étoit associé le second.
Ce n'est pas qu'on ne rencontre assez
souvent des dénominations semblables.
prises dans le sens qu'on donne à celle
que j'examine ici ; et sans en chercher des
preuves ailleurs que dans les Médailles ,
quelques Rois des Parthes , d'Armenie
et du Bosphore sont appellez sur leurs
Médailles , Rois des Rois . BAZIA ENE
و
ΒΑΣΙΛΕΩΝ . ΑΡΣΑΚΟΥ . ΤΙΓΡΑΝΟΥΣ ,
APNAKOY . Mais ces titres fastueux , en
longtems avant eux et qui subsistent enusage
core aujourd'hui parmi les Rois de
l'Orient, ne conviennent gueres à un Prince
sage et modeste , tel
l'Histoire
que
nous represente Gratien ; aussi de toutes
les Explications de la Médaille de ce
Prince , celle - ci a été la moins suivie.
Je ne sçai si je me trompe , mais il
me semble que pour donner un sens convenable
à Augustorum Augustus , il ne
faut que sous-entendre le mot de Filius
ce qui voudra dire alors que Gratien Auguste
lui-même est fils de Peres Augustes.Les
noms de Parenté et d'alliance , comme
chacun
MERCURE DE FRANCE
chacun çait , sont assez souvent negli
gez sur les Médailles . Témoins ces exemples
ΚΑΙΣΑΡ . ΣΕΒΑΣΤΟΣ ΣΕΒΑΣΤΟΥ.
·
DOMITIA . AVGVSTA . IMP. DOMIT. CLEOPATRAE,
REGINAE REGVM FILIORVM REGVM.
où les noms de Fils, de Femme et de Mere
sont sous -entendus.
Ceci posé , il s'agit d'examiner ce qui
peut avoir engagé Gratien à prendre un
titre pareil. Ce Prince étoit fils d'un
Empereur , mais d'une famille nouvelle.
Son Grand- pere étoit un Soldat de fortune
qui s'étoit élevé par son mérite jusqu'à
commander les Armées d'Angleterre
, et avoit par ses emplois applani
à Valentinien son fils le chemin de l'Empire
, où il parvint après la mort de
Jovien. Quelque brillante que soit la
pourpre,Gratien en épousant Constantia ,
fille posthume de l'Empereur Constantius,
et la derniere de la maison de Constantin
sembloit encore en rehausser
l'éclat. La famille des Flaves étoit alors
ce qu'avoient été autrefois celles des Cesars
et des Antonins ; aimée , respectée ,
adorée même , le nom en étoit précieux,
aussi le premier soin de Jovien après
avoir été revêtu de la pourpre , fut de se
donner le nom de Flavius , pour persuader
en quelque maniere qu'il étoit de
?
cette
JANVIER 1734.
cette famille , à laquelle cependant il étoit
étranger ; son exemple fut suivi par Valentinien
son successeur ; et Gratien , રે
leur exemple , se trouve avec le même
nom dans quelques Inscriptions qu'on
peut voir dans les Mélanges de Spon . Les
Empereurs suivans encherirent encore
sur cet usage , en ajoutant à leur nom
celui de Constantin . D. N. HERACLIO.
CONST.
Gratien par son mariage justifioit le
nom de Flavius qu'il avoit pris ; il lui
devenoit propre ; et son alliance l'attachant
à tout ce que Rome reconnoissoit
alors de plus grand , il étoit naturel de
publier ces avantages. Pouvoit- il donc le
faire d'une maniere plus noble, plus juste,
er en même temps plus convenable au
Monument que nous examinons , qu'en
s'appellant par une espece d'antonomase
Fils des Augustes. Cette façon indeterminée
de s'exprimer avoit encore cela de
propre , qu'elle sembloit égaler la famille
de Gratien à celle de Constantin , et en
confondre , pour ainsi dire , la Noblesse
AVGG. AVG .
C'est donc à ce Mariage de Gratien
avec Constantia qu'il faut fixer l'époque
de la Médaille , l'an 375. de J. C. immédiatement
après la mort de Valentinien
B avant
MERCURE DE FRANCE.
avant que Gratien eut consenti à parta
ger l'Empire avec son Frere , et long
temps avant qu'il songeât à Théodose .
Dans cette Hypothese , il est aisé de
donner l'explication des revers qu'on
trouve aux Medailles de Gratien où il est
appellé AVGG. AVG. Ce Prince , quoique
déja Auguste , commence un nouveau
Regne à la mort de son Pere ; ce nouveau
Kegne reçoit un éclat considerable par
l'alliance que l'Empereur vient de contracter
, GLORIA. NOVI . SAECVLI . la gloire
en rejaillit sur les peuples , charmez de
voir , pour ainsi dire , renaître la famille
de Constantin, et les commander GLORIA
ROMANORVM. Rien n'assure davantage la
tranquillité des Etats , que les Enfans qui
naissent à ceux qui les gouvernent ; on
en espere de la nouvelle Imperatrice
SECVRITAS REIPVBLICAE. Enfin la Ville
de Rome comme la Capitale de l'Empire,
congratule son Empereur sur cet évenement
, VRBS ROMA.
On me demandera peut -être pourquoi
Gratien ne s'appella pas toujours Augustorum
Augustus , je réponds que ce titre
une fois connu devenoit inutile dans la
suite. Outre que Gratien ayant peu de
temps après consenti à recevoir pour
Collégué son jeune Frere , il ne devoit
plus
JANVIER . 1734. 17
plus y avoir de différence dans les titres
de ces deux Augustes , qui devant être
égaux , ne pouvoient en prendre aucun
de distingué, quelque légitime qu'il fut,
qui ne devint en quelque façon injurieux
à l'autre.
A Orleans , ce 30.
Avril 1733 .
surlesquelles il estnommé AVGG AVG.
Out le monde sçait les differentes
Texplications que les Antiquaires
ont données aux Médailles de Gratien
qui ont pour Legende du côté de la tête
D. N GRATIANVS AVGG AVG. aussi sans
vouloir les repeter ici , je me contenterai
de dire que ceux qui ont expliqué les
Lettres AVGG AVG. qui su vent le nom du
Prince , par AVGVSTORVM AVGVSTVS.
me paroissent avoir donné dans la verible
leçon .
En effet cette explication se presente
d'elle- même la premiere à l'esprit , par
la
MERCURE DE FRANCE
la conformité qu'elle a avec l'usage constant
des Antiquaires , qui ont toujours
rendu l'AVGG des monumens anciens par
le plurier du mot AVGVSTVS . quand les
deux GG sont suivis , ainsi qu'ils le sont
dans les Médailles de Gratien ; car ceux
qui les ont crû separez se sont trompeż,
et ont pris pour des points certaines petites
queües , ou cedilles attachées à ces G
en cette maniere Ç . c'est ainsi du moins
qu'ils sont formez sur la Médaille de
Gratien que j'ai parmi les miennes .
1
Ces & à queue, pour le dire en passant,
ne sont pas rares sur les Monumens anciens
, on les y rencontre dans tous les
temps. J'ai une Médaille d'argent d'Auguste
, avec le Capricorne au revers où
le & du mot AVGVSTVS qui en fait la Légende
est de cette façon ; et l'on en voit
un pareil sur un poids du temps d'Honorius
qui étoit à M. Foucault , * enfin
ils sont ordinaires sur les Monnoyes Gottiques
, si l'on s'en rapporte à l'Alphabet
que Bouteroüe nous a donné dans ses
Recherches curieuses des Monnoyes de France.
Mais en approuvant qu'on lise sur la
Médaille de Gratien , Augustorum Augustus
, je ne sçaurois être du sentiment de
L'Antiquité du P. Montfaucon. Planche XIV.
du Tome III.
ceux
JANVIER 1734. 7
ceux qui expliquent ces termes par Augus
te qui domine sur d'autres Augustes , cela par
rapport à Valentinien le jeune et à
Théodose , dont Gratien avoit genereusement
consenti à recevoir le premier
pour Collegue et s'étoit associé le second.
Ce n'est pas qu'on ne rencontre assez
souvent des dénominations semblables.
prises dans le sens qu'on donne à celle
que j'examine ici ; et sans en chercher des
preuves ailleurs que dans les Médailles ,
quelques Rois des Parthes , d'Armenie
et du Bosphore sont appellez sur leurs
Médailles , Rois des Rois . BAZIA ENE
و
ΒΑΣΙΛΕΩΝ . ΑΡΣΑΚΟΥ . ΤΙΓΡΑΝΟΥΣ ,
APNAKOY . Mais ces titres fastueux , en
longtems avant eux et qui subsistent enusage
core aujourd'hui parmi les Rois de
l'Orient, ne conviennent gueres à un Prince
sage et modeste , tel
l'Histoire
que
nous represente Gratien ; aussi de toutes
les Explications de la Médaille de ce
Prince , celle - ci a été la moins suivie.
Je ne sçai si je me trompe , mais il
me semble que pour donner un sens convenable
à Augustorum Augustus , il ne
faut que sous-entendre le mot de Filius
ce qui voudra dire alors que Gratien Auguste
lui-même est fils de Peres Augustes.Les
noms de Parenté et d'alliance , comme
chacun
MERCURE DE FRANCE
chacun çait , sont assez souvent negli
gez sur les Médailles . Témoins ces exemples
ΚΑΙΣΑΡ . ΣΕΒΑΣΤΟΣ ΣΕΒΑΣΤΟΥ.
·
DOMITIA . AVGVSTA . IMP. DOMIT. CLEOPATRAE,
REGINAE REGVM FILIORVM REGVM.
où les noms de Fils, de Femme et de Mere
sont sous -entendus.
Ceci posé , il s'agit d'examiner ce qui
peut avoir engagé Gratien à prendre un
titre pareil. Ce Prince étoit fils d'un
Empereur , mais d'une famille nouvelle.
Son Grand- pere étoit un Soldat de fortune
qui s'étoit élevé par son mérite jusqu'à
commander les Armées d'Angleterre
, et avoit par ses emplois applani
à Valentinien son fils le chemin de l'Empire
, où il parvint après la mort de
Jovien. Quelque brillante que soit la
pourpre,Gratien en épousant Constantia ,
fille posthume de l'Empereur Constantius,
et la derniere de la maison de Constantin
sembloit encore en rehausser
l'éclat. La famille des Flaves étoit alors
ce qu'avoient été autrefois celles des Cesars
et des Antonins ; aimée , respectée ,
adorée même , le nom en étoit précieux,
aussi le premier soin de Jovien après
avoir été revêtu de la pourpre , fut de se
donner le nom de Flavius , pour persuader
en quelque maniere qu'il étoit de
?
cette
JANVIER 1734.
cette famille , à laquelle cependant il étoit
étranger ; son exemple fut suivi par Valentinien
son successeur ; et Gratien , રે
leur exemple , se trouve avec le même
nom dans quelques Inscriptions qu'on
peut voir dans les Mélanges de Spon . Les
Empereurs suivans encherirent encore
sur cet usage , en ajoutant à leur nom
celui de Constantin . D. N. HERACLIO.
CONST.
Gratien par son mariage justifioit le
nom de Flavius qu'il avoit pris ; il lui
devenoit propre ; et son alliance l'attachant
à tout ce que Rome reconnoissoit
alors de plus grand , il étoit naturel de
publier ces avantages. Pouvoit- il donc le
faire d'une maniere plus noble, plus juste,
er en même temps plus convenable au
Monument que nous examinons , qu'en
s'appellant par une espece d'antonomase
Fils des Augustes. Cette façon indeterminée
de s'exprimer avoit encore cela de
propre , qu'elle sembloit égaler la famille
de Gratien à celle de Constantin , et en
confondre , pour ainsi dire , la Noblesse
AVGG. AVG .
C'est donc à ce Mariage de Gratien
avec Constantia qu'il faut fixer l'époque
de la Médaille , l'an 375. de J. C. immédiatement
après la mort de Valentinien
B avant
MERCURE DE FRANCE.
avant que Gratien eut consenti à parta
ger l'Empire avec son Frere , et long
temps avant qu'il songeât à Théodose .
Dans cette Hypothese , il est aisé de
donner l'explication des revers qu'on
trouve aux Medailles de Gratien où il est
appellé AVGG. AVG. Ce Prince , quoique
déja Auguste , commence un nouveau
Regne à la mort de son Pere ; ce nouveau
Kegne reçoit un éclat considerable par
l'alliance que l'Empereur vient de contracter
, GLORIA. NOVI . SAECVLI . la gloire
en rejaillit sur les peuples , charmez de
voir , pour ainsi dire , renaître la famille
de Constantin, et les commander GLORIA
ROMANORVM. Rien n'assure davantage la
tranquillité des Etats , que les Enfans qui
naissent à ceux qui les gouvernent ; on
en espere de la nouvelle Imperatrice
SECVRITAS REIPVBLICAE. Enfin la Ville
de Rome comme la Capitale de l'Empire,
congratule son Empereur sur cet évenement
, VRBS ROMA.
On me demandera peut -être pourquoi
Gratien ne s'appella pas toujours Augustorum
Augustus , je réponds que ce titre
une fois connu devenoit inutile dans la
suite. Outre que Gratien ayant peu de
temps après consenti à recevoir pour
Collégué son jeune Frere , il ne devoit
plus
JANVIER . 1734. 17
plus y avoir de différence dans les titres
de ces deux Augustes , qui devant être
égaux , ne pouvoient en prendre aucun
de distingué, quelque légitime qu'il fut,
qui ne devint en quelque façon injurieux
à l'autre.
A Orleans , ce 30.
Avril 1733 .
Fermer
Résumé : MEDAILLES de l'Empereur Gratien, sur lesquelles il est nommé AVGG AVG.
Le texte examine les médailles de l'empereur Gratien, sur lesquelles il est désigné par la légende AVGG AVG. L'auteur explore diverses interprétations proposées par les antiquaires et conclut que la meilleure explication est 'Augustorum Augustus', signifiant 'Auguste des Augustes'. Cette interprétation est soutenue par l'usage constant des antiquaires de rendre AVGG par le pluriel du mot AVGVSTVS. Certaines interprétations erronées considèrent les lettres GG comme des points ou des cedilles, mais l'auteur fournit des exemples de médailles anciennes où ces caractères sont présents. Il rejette l'idée que Gratien se proclame dominant sur d'autres Augustes, comme Valentinien le Jeune et Théodose, car cela ne correspond pas à son caractère modeste. L'auteur propose que 'Augustorum Augustus' signifie que Gratien est le fils d'Augustes, soulignant que les noms de parenté sont souvent sous-entendus sur les médailles. Il explique que Gratien, issu d'une famille nouvelle, a épousé Constantia, fille de Constantin, ce qui a rehaussé son éclat. La famille des Flaves, à laquelle Gratien appartenait par mariage, était respectée et adorée. L'époque de la médaille est fixée à l'année 375, juste après la mort de Valentinien et avant que Gratien ne partage l'Empire avec son frère. Les revers des médailles de Gratien, où il est appelé AVGG AVG, marquent le début d'un nouveau règne caractérisé par l'alliance avec Constantia, apportant gloire et sécurité à l'Empire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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280
p. 123-127
« Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Début :
Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Physique nouvelle en dialogues, Marquise de Sévigné, Académie des jeux floraux, Dictionnaire des termes de pratique, Peintre, Lettres, Pellegrini, Boucher, Louis de Boullogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Simart , Libraire , donnera dans le mois de
Mars prochain un Recueil des Lettres de Madame
la Marquire de Sevigné , en quatre Volumes in
12. Il y a à la tête un beau Portrait de cette
Illustre Auteur. On n'a rien oublié pour rendre
cette Edition parfaite , soit par rapport aux
Caracteres et au papier , soit par le soin qu'on a
pris de collationner exactement chaque Lettre
sur l'original.
Il a paru au commencement de l'Année deraiere
un nouveau Recueil des Piéces de Poësie et
d'Eloquence , présentées à l'Académie des Jeux
Floraux les Prix des Années 1729. et 1730. pour
imprimé à Toulouze , chez le Camus . On trouve
à la page 231. une Imitation en vers François
de la premiere Elégie des Tristes d'Ovide , commençant
par ce vers : Ouvrage infortuné , fruis
amer de mes larmes , &c . Mais ce qui a surpris le
plus , c'est qu'on lit dans l'Avertissement qui est
au-devant , que M. F.... Conseiller du Roy
Commissaire de la Marine au Département de
Toulon, s'est déclaré l'Auteur de cette Piéce. Il y
>
lic
224 MERCURE DE FRANCE
lieu de croire que cet Article y a été inseré sang
sa participation . Car on sçait que la même imisation
avoit déja paru dès 1727. au Tome III.
Pag. 363. de la continuation des Mémoires de
Littérature , qui s'imprime à Paris chez Simart
laquelle y avoit été donnée sous le nom de M.
Le P. B. L'Auteur de ces Mémoires l'appelle un
des plus grands et des plus sçavans Magistrats du
Royaume; et l'on a appris qu'en effet c'étoit M.
le Président Bouhier qui fut reçu la même année
à l'Académie Françoise. Dans cette nouvelle
Edition il y a quelques changemens , mais de peu
d'importance , qui n'empêchent pas qu'on ne
reconnoisse aisément que c'est la même Piéce
qu'on auroit mieux fait de laisser dans l'état où
l'Auteur l'avoit mise.
Le Pere Regnault J. qui a donné ici une nou
velle Edition de ses Entretiens Physiques , ou de
la Physique nouvelle en Dialogues , réimprimée à
Amsterdam , et traduite en Anglois à Londres ,
va donner l'origine ancienne de la Physique nouvelle.
L'Ouvrage est fait en forme d'entretiens par
Lettres ; et il s'imprime chez Jacques Clousier.
C'est un parallele de l'ancienne Physique et de la
Physique nouvelle , où l'on se propose de montrer
, sur tout , trois choses.
1. Ce que la Physique nouvelle a de la Physique
ancienne.
2. Le dégré de perfection de la Physique nouvelle
sur la Physique ancienne .
3. Comment la Physique est parvenue à ce
dégré de perfection .
Il a paru au commencement de cet année un
Rouvel Ouvrage de M. Claude-Joseph De Ferriere,
Doyca
JANVIER 1734. 125
,
Doyen des Docteurs Régens de la Faculté de
Droits de Paris . Ce Livre à pour titre : Nouvelle
Introduction à la Pratique ou Dictionnaire des
termes de Pratique , de Droit , d'Ordonnances et do
Coutumes , avec les Jurisdictions de France. Il est
en deux Volumes in quarto , et se vend à Paris ;
ehez Michel Brunet , et Claude Prudhomme , en la
grande Salle du Palais . Cet Ouvrage avoit déja
paru sous le titre d'Introduction à la Pratique ,
en deux Volumes in douze. Les réimpressions
qui en ont été faites , dans les tems qu'il n'étoit
qu'un simple projet , font assez connoître de
quelle utilité doit être celui qui paroît aujourd'hui
avec des augmentations si considérables ,
que l'Auteur a crû devoir faire ajouter à son titre
celui de Dictionnaire ; ensorte que c'est plutôt
un nouvel Ouvrage qu'une réimpression de celui
qui avoit paru jusqu'à présent.
On a réimprimé depuis peu à Londres , avec
un Apendix d'Edouard Baynard , Membre du
College des Médecins , l'Histoire des Bains froids.
tant anciens que modernes ; par le Chevalieg
Jean Floyer, 2 Vol . in 8.
Ambroise Haude , Libraire du Roy de Prusse
et de l'Académie des Sciences à Berlin, avertit les
Gens de Lettres qu'il imprime par souscription
un Ouvrage important , qui a pour titre La
Chronologie de l'Histoire Sainte et des Historiens
Profanes , qui la concernent , depuis la sortie d'Eypte
jusqu'à la Captivité de Babylone. Par Alphonse
de Vignoles , 2. Vol. 4. On distribue le
Programme dans plusieurs grandes Villes de
l'Europe, chez les principaux Libraires, et à Paris
chez Briasson , lesquels recevront les Souscrip
cione
126 MERCURE DE FRANCE
tions jusqu'à la fin d'Avril 1734. On promet que
l'Ouvrage sera achevé d'imprimer au commencement
d'Octobre de cette même année 1734. Le
prix pour le papier ordinaire sera de huit florins
de Hollande , et pour le grand papier de
onze florins.
&
Le 31. de Décembre dernier M. Pellegrini .
Peintre Venitien, fut reçu de l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , sur un Tableau
qu'il lui a envoyé. Le Sujet est allégorique: c'est
la Modestie qui présente l'Ouvrage de ce Peintre
à l'Académie , sous la figure de la Peinture , avee
le Génie de la France qui écrit le jugemeut
qu'elle en fait. M.Pellegrini avoit été agréé dès le
tems qu'il vint à Paris , où il peignit la Galerie de
la Banque.
Le même jour M. Cars de Paris , un de nos
meilleurs Graveurs , Graveur en Taille - douce
ayant presenté les Portraits de Mrs Sebastien
Bourdon Peintre , et Michel Anguier , Sculpteur,
tous deux de l'Académie, qu'il a gravez d'après
Mrs Rigaud et Revel, fut aussi reçu Académicien,
Le 30 Janvier M. Boucher , Peintre , digne
Eleve de M. le Moine , déja connu par quantité
d'Ouvrages qui font honneur à la feinture et à
ses heureux talens , fut reçu à l'Académie d'une
voix unanime sur un Tableau en large , représentant
Renaud et Armide dans les plaisirs , avec
un fond de Paysage , orné d'Architecture , les
figures sont demi nature.
Un autre excellent Sujet fut reçu le même
jour , sur les Portraits en hauteur jusqu'aux genoux
, de Mrs Galoche Peintre , et le Moine pere,
Sculpteur , c'est M. Tocquet qui a de grands talens
pour le Portrait.
JANVIER.
127 1724.
Eleve de feu M. Boul- M. Verdot , Peintre
longne Paîné , étant mort depuis peu Professeur
ałe l'Académie , M. Noël Coypel a été nommé
par l'Academie pour remplir cette place , er
M. du Mont le Romain , a été nommé Adjoin
Professeur .
La perte que cette Académie à faite depuis
peu de M. de Boullongne son Directeur , et premier
Peintre du Roy , n'a apporté aucun changement
; il n'a pas plû à S. M. de nommer de
Premier Peintre , et l'Académie n'a point éû dẹ
Directeur. Sur l'avis de M. Rigault , un des plus
dignes de remplir cette place , l'Académie a délibéré
que les quatre Recteurs feroient chacun
pendant trois mois les fonctions de Directeur.
Ce que cette Illustre Académie vient de faire
et qui a encore été generalement approuvé , c'est
l'Election d'Academicien Honoraire et Amateur,
de M. de Boullogne , Conseiller au Parlement
de Metz , Premier Commis des Finances , et fils
de feu M. de Boullongne , Premier Peintre du
Roy , dont nous avons parlé dans le premier
Volume du Mercure de Décembre dernier
page 2663.
Mars prochain un Recueil des Lettres de Madame
la Marquire de Sevigné , en quatre Volumes in
12. Il y a à la tête un beau Portrait de cette
Illustre Auteur. On n'a rien oublié pour rendre
cette Edition parfaite , soit par rapport aux
Caracteres et au papier , soit par le soin qu'on a
pris de collationner exactement chaque Lettre
sur l'original.
Il a paru au commencement de l'Année deraiere
un nouveau Recueil des Piéces de Poësie et
d'Eloquence , présentées à l'Académie des Jeux
Floraux les Prix des Années 1729. et 1730. pour
imprimé à Toulouze , chez le Camus . On trouve
à la page 231. une Imitation en vers François
de la premiere Elégie des Tristes d'Ovide , commençant
par ce vers : Ouvrage infortuné , fruis
amer de mes larmes , &c . Mais ce qui a surpris le
plus , c'est qu'on lit dans l'Avertissement qui est
au-devant , que M. F.... Conseiller du Roy
Commissaire de la Marine au Département de
Toulon, s'est déclaré l'Auteur de cette Piéce. Il y
>
lic
224 MERCURE DE FRANCE
lieu de croire que cet Article y a été inseré sang
sa participation . Car on sçait que la même imisation
avoit déja paru dès 1727. au Tome III.
Pag. 363. de la continuation des Mémoires de
Littérature , qui s'imprime à Paris chez Simart
laquelle y avoit été donnée sous le nom de M.
Le P. B. L'Auteur de ces Mémoires l'appelle un
des plus grands et des plus sçavans Magistrats du
Royaume; et l'on a appris qu'en effet c'étoit M.
le Président Bouhier qui fut reçu la même année
à l'Académie Françoise. Dans cette nouvelle
Edition il y a quelques changemens , mais de peu
d'importance , qui n'empêchent pas qu'on ne
reconnoisse aisément que c'est la même Piéce
qu'on auroit mieux fait de laisser dans l'état où
l'Auteur l'avoit mise.
Le Pere Regnault J. qui a donné ici une nou
velle Edition de ses Entretiens Physiques , ou de
la Physique nouvelle en Dialogues , réimprimée à
Amsterdam , et traduite en Anglois à Londres ,
va donner l'origine ancienne de la Physique nouvelle.
L'Ouvrage est fait en forme d'entretiens par
Lettres ; et il s'imprime chez Jacques Clousier.
C'est un parallele de l'ancienne Physique et de la
Physique nouvelle , où l'on se propose de montrer
, sur tout , trois choses.
1. Ce que la Physique nouvelle a de la Physique
ancienne.
2. Le dégré de perfection de la Physique nouvelle
sur la Physique ancienne .
3. Comment la Physique est parvenue à ce
dégré de perfection .
Il a paru au commencement de cet année un
Rouvel Ouvrage de M. Claude-Joseph De Ferriere,
Doyca
JANVIER 1734. 125
,
Doyen des Docteurs Régens de la Faculté de
Droits de Paris . Ce Livre à pour titre : Nouvelle
Introduction à la Pratique ou Dictionnaire des
termes de Pratique , de Droit , d'Ordonnances et do
Coutumes , avec les Jurisdictions de France. Il est
en deux Volumes in quarto , et se vend à Paris ;
ehez Michel Brunet , et Claude Prudhomme , en la
grande Salle du Palais . Cet Ouvrage avoit déja
paru sous le titre d'Introduction à la Pratique ,
en deux Volumes in douze. Les réimpressions
qui en ont été faites , dans les tems qu'il n'étoit
qu'un simple projet , font assez connoître de
quelle utilité doit être celui qui paroît aujourd'hui
avec des augmentations si considérables ,
que l'Auteur a crû devoir faire ajouter à son titre
celui de Dictionnaire ; ensorte que c'est plutôt
un nouvel Ouvrage qu'une réimpression de celui
qui avoit paru jusqu'à présent.
On a réimprimé depuis peu à Londres , avec
un Apendix d'Edouard Baynard , Membre du
College des Médecins , l'Histoire des Bains froids.
tant anciens que modernes ; par le Chevalieg
Jean Floyer, 2 Vol . in 8.
Ambroise Haude , Libraire du Roy de Prusse
et de l'Académie des Sciences à Berlin, avertit les
Gens de Lettres qu'il imprime par souscription
un Ouvrage important , qui a pour titre La
Chronologie de l'Histoire Sainte et des Historiens
Profanes , qui la concernent , depuis la sortie d'Eypte
jusqu'à la Captivité de Babylone. Par Alphonse
de Vignoles , 2. Vol. 4. On distribue le
Programme dans plusieurs grandes Villes de
l'Europe, chez les principaux Libraires, et à Paris
chez Briasson , lesquels recevront les Souscrip
cione
126 MERCURE DE FRANCE
tions jusqu'à la fin d'Avril 1734. On promet que
l'Ouvrage sera achevé d'imprimer au commencement
d'Octobre de cette même année 1734. Le
prix pour le papier ordinaire sera de huit florins
de Hollande , et pour le grand papier de
onze florins.
&
Le 31. de Décembre dernier M. Pellegrini .
Peintre Venitien, fut reçu de l'Académie Royale
de Peinture et de Sculpture , sur un Tableau
qu'il lui a envoyé. Le Sujet est allégorique: c'est
la Modestie qui présente l'Ouvrage de ce Peintre
à l'Académie , sous la figure de la Peinture , avee
le Génie de la France qui écrit le jugemeut
qu'elle en fait. M.Pellegrini avoit été agréé dès le
tems qu'il vint à Paris , où il peignit la Galerie de
la Banque.
Le même jour M. Cars de Paris , un de nos
meilleurs Graveurs , Graveur en Taille - douce
ayant presenté les Portraits de Mrs Sebastien
Bourdon Peintre , et Michel Anguier , Sculpteur,
tous deux de l'Académie, qu'il a gravez d'après
Mrs Rigaud et Revel, fut aussi reçu Académicien,
Le 30 Janvier M. Boucher , Peintre , digne
Eleve de M. le Moine , déja connu par quantité
d'Ouvrages qui font honneur à la feinture et à
ses heureux talens , fut reçu à l'Académie d'une
voix unanime sur un Tableau en large , représentant
Renaud et Armide dans les plaisirs , avec
un fond de Paysage , orné d'Architecture , les
figures sont demi nature.
Un autre excellent Sujet fut reçu le même
jour , sur les Portraits en hauteur jusqu'aux genoux
, de Mrs Galoche Peintre , et le Moine pere,
Sculpteur , c'est M. Tocquet qui a de grands talens
pour le Portrait.
JANVIER.
127 1724.
Eleve de feu M. Boul- M. Verdot , Peintre
longne Paîné , étant mort depuis peu Professeur
ałe l'Académie , M. Noël Coypel a été nommé
par l'Academie pour remplir cette place , er
M. du Mont le Romain , a été nommé Adjoin
Professeur .
La perte que cette Académie à faite depuis
peu de M. de Boullongne son Directeur , et premier
Peintre du Roy , n'a apporté aucun changement
; il n'a pas plû à S. M. de nommer de
Premier Peintre , et l'Académie n'a point éû dẹ
Directeur. Sur l'avis de M. Rigault , un des plus
dignes de remplir cette place , l'Académie a délibéré
que les quatre Recteurs feroient chacun
pendant trois mois les fonctions de Directeur.
Ce que cette Illustre Académie vient de faire
et qui a encore été generalement approuvé , c'est
l'Election d'Academicien Honoraire et Amateur,
de M. de Boullogne , Conseiller au Parlement
de Metz , Premier Commis des Finances , et fils
de feu M. de Boullongne , Premier Peintre du
Roy , dont nous avons parlé dans le premier
Volume du Mercure de Décembre dernier
page 2663.
Fermer
Résumé : « Simart, Libraire, donnera dans le mois de Mars prochain un Recüeil des Lettres de Madame [...] »
Le texte présente plusieurs publications et événements littéraires et artistiques. Simart, Libraire, prévoit de publier un recueil des lettres de Madame la Marquise de Sévigné en quatre volumes, incluant un portrait de l'auteur et une édition soignée. À Toulouse, un nouveau recueil des pièces de poésie et d'éloquence, présentées à l'Académie des Jeux Floraux pour les années 1729 et 1730, a été imprimé. Ce recueil contient une imitation en vers français de la première élégie des Tristes d'Ovide, dont l'auteur est contesté. Le Père Regnault prépare une nouvelle édition de ses Entretiens Physiques, comparant l'ancienne et la nouvelle physique. Claude-Joseph de Ferrière a publié une 'Nouvelle Introduction à la Pratique', un dictionnaire des termes juridiques. À Londres, l'Histoire des Bains froids de Jean Floyer a été réimprimée avec un appendice. Alphonse de Vignoles travaille sur une 'Chronologie de l'Histoire Sainte', dont la souscription est ouverte jusqu'à avril 1734. L'Académie Royale de Peinture et de Sculpture a accueilli plusieurs nouveaux membres, dont Pellegrini, Cars, Boucher et Tocquet. L'Académie a également nommé Noël Coypel et du Mont le Romain comme professeurs, et élu M. de Boullogne comme académicien honoraire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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281
p. 127-128
JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1734. avec l'Explication des Types, &c.
Début :
I. TRESOR ROYAL. Jason, tenant la Toison d'or. Legende : Nec [...]
Mots clefs :
Légende, Guerres, Jetons, Roi, Trésor royal, Parties casuelles, Chambre aux deniers, Ordinaire des guerres, Extraordinaire des guerres, Bâtiments du roi, Artillerie, Marine, Galères, Maison de la reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1734. avec l'Explication des Types, &c.
JETTONS FRAPPEZ pour
le premier jour de Janvier 1734. avec
Explication des Types , &c.
I. TRESOR ROY AL.
Jason , tenant la Toison d'or . Legende : Ne
desunt nec Amer.
*11.
#18 MERCURE DE FRANCE
II. PARTIES CASUELLES .
Un Cocq qui chante et bat des aîles à l'aspecs
de l'Etoile du matin. Legende : Sopitos suscitat.
II . CHAMBRE AUX DENIERS.
La Déesse de la Terre. Légende : Sua dona
rependit.
IV. ORDINAIRE DES GUERRES.
Des Aigles qui s'élevent vers le Soleil. Légen
de: Animis et viribus aquis.
V. EXTRAORDINAIRE DES GUERRES.
Des Foudres en l'air. Légende , Jussa volant,
V I. BATIMENS DU ROY.
Pallas debout tenant d'une main un Javelot, et
de l'autre une Equierre. Legende : Ad utrumqua
parata.
VII. ARTILLERIE .
Une Pallas , la main appuyée sur un Bouclier ,
dans un Parc d'Artilleric. Légende : Si vis pacem,
para bellum.
VIII. MARINE.
Des Oyseaux de Proye , revenant du Nord an
Midy. Légende : Non terruit Auster euntes.
IX.
GALERES,
Des Tritons qui embouchent la Trompette .
comme pour sortir du Port . Légende : Non jan
Littora tardant.
X. MAISON DE LA REINE.
Un Oranger chargé de fleurs et de fruits . Lo
gende : Non sterilis commendat honos.
LET
JETTONS DE 1 LANNEE 1734
11
SUSCITAT
REX
PES
DE
TRES OR ROYAL
1734 .
CHRIS
S UNT
NEC
AMOR
SUA
DON
III
REPENDIE
PARTIES CASUELLIS
IV
1734 .
ARIBUS
ANIMIS
QUIS
VII
PA
ORDINAIRE
DIS GUERRES
1734
CEN
PARA
STA15
αν
BELLUN
ARTILLERIE
VIII
I 734 .
TERRUTT
AUS
NON
MQUE VI
CHAMBRE
AUX DENIEKS
1734
JUSSA
OLANT
EXTRAORDINAIRE
DES GUERRES
1734 .
PARATA
BATIMENS DUROY
1734.
ON
JAM
TER
EUNTE
MARINE
173 4.
LITTORA
TARDANT
GALERES
1734.
IX
ERILIS
ET NAVKEVINA
COMNENDA
MAT SON DE
LA REINI
1734
le premier jour de Janvier 1734. avec
Explication des Types , &c.
I. TRESOR ROY AL.
Jason , tenant la Toison d'or . Legende : Ne
desunt nec Amer.
*11.
#18 MERCURE DE FRANCE
II. PARTIES CASUELLES .
Un Cocq qui chante et bat des aîles à l'aspecs
de l'Etoile du matin. Legende : Sopitos suscitat.
II . CHAMBRE AUX DENIERS.
La Déesse de la Terre. Légende : Sua dona
rependit.
IV. ORDINAIRE DES GUERRES.
Des Aigles qui s'élevent vers le Soleil. Légen
de: Animis et viribus aquis.
V. EXTRAORDINAIRE DES GUERRES.
Des Foudres en l'air. Légende , Jussa volant,
V I. BATIMENS DU ROY.
Pallas debout tenant d'une main un Javelot, et
de l'autre une Equierre. Legende : Ad utrumqua
parata.
VII. ARTILLERIE .
Une Pallas , la main appuyée sur un Bouclier ,
dans un Parc d'Artilleric. Légende : Si vis pacem,
para bellum.
VIII. MARINE.
Des Oyseaux de Proye , revenant du Nord an
Midy. Légende : Non terruit Auster euntes.
IX.
GALERES,
Des Tritons qui embouchent la Trompette .
comme pour sortir du Port . Légende : Non jan
Littora tardant.
X. MAISON DE LA REINE.
Un Oranger chargé de fleurs et de fruits . Lo
gende : Non sterilis commendat honos.
LET
JETTONS DE 1 LANNEE 1734
11
SUSCITAT
REX
PES
DE
TRES OR ROYAL
1734 .
CHRIS
S UNT
NEC
AMOR
SUA
DON
III
REPENDIE
PARTIES CASUELLIS
IV
1734 .
ARIBUS
ANIMIS
QUIS
VII
PA
ORDINAIRE
DIS GUERRES
1734
CEN
PARA
STA15
αν
BELLUN
ARTILLERIE
VIII
I 734 .
TERRUTT
AUS
NON
MQUE VI
CHAMBRE
AUX DENIEKS
1734
JUSSA
OLANT
EXTRAORDINAIRE
DES GUERRES
1734 .
PARATA
BATIMENS DUROY
1734.
ON
JAM
TER
EUNTE
MARINE
173 4.
LITTORA
TARDANT
GALERES
1734.
IX
ERILIS
ET NAVKEVINA
COMNENDA
MAT SON DE
LA REINI
1734
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Résumé : JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1734. avec l'Explication des Types, &c.
Le document décrit une série de jetons frappés le 1er janvier 1734, classés en diverses catégories avec des légendes spécifiques. Le 'Trésor Royal' montre Jason avec la Toison d'or et la légende 'Ne desunt nec America'. Les 'Parties Casuelles' représentent un coq face à l'étoile du matin avec 'Sopitos suscitat'. La 'Chambre aux Deniers' illustre la déesse de la Terre avec 'Sua dona rependit'. L''Ordinnaire des Guerres' présente des aigles montant vers le Soleil avec 'Animis et viribus aquis'. L''Extraordinaire des Guerres' montre des foudres avec 'Jussa volant'. Les 'Bâtiments du Roy' représentent Pallas avec un javelot et une équerre et la légende 'Ad utrumque parata'. L''Artillerie' illustre Pallas appuyée sur un bouclier avec 'Si vis pacem, para bellum'. La 'Marine' montre des oiseaux de proie avec 'Non terruit Auster euntes'. Les 'Galères' représentent des Tritons avec 'Non jam littora tardant'. Enfin, la 'Maison de la Reine' montre un oranger avec 'Non sterilis commendat honos'. Le document se termine par une liste des jetons de 1734 avec des abréviations des légendes et des catégories.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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282
p. 346-349
Morts illustres, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Peinture, a fait une perte très-considerable en la personne de Jean [...]
Mots clefs :
Tableaux, Tableau, Peinture, Séjour en Italie, Jean Raoux, Prince de Vendôme, Cabinets de Paris, Robert de Séry, Académie royale de peinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts illustres, [titre d'après la table]
L'Académie Royale de Peinture , a fait une
perte très - considerable en la personne de Jean
Raoux , Peintre , natif de Montpellier , mort le
10. de ce mois , âgé d'environ 57. ans , il étoit
Eleve de feu M. de Boullogne l'Aîné ; et il avoit
fait un long séjour en Italie , sur tout à Venise,
od les Tableaux qu'il y a faits sont fort estimez.
C'est feu M. de Vendôme , Grand - Prieur de
France , qui aimoit les Arts et qui avoit connu
tout des premiers le mérite de M. Raoux , qui
l'avoit engagé à faire quelque séjour en Italie.
Sa maniere de peindre étoit tendre , délicate
agréable à la vue et extrémement finie.Il fut reçu
àl'Académie le 28. Août 1717. et on y conserve
de lui un très - beau Tableau , où il a peint la
Fable de Pigmalion.
On voit dans les meilleurs Cabinets de Paris
quantité de ses Tableaux , voici ceux qui sont
venus à notre connoissance.
Un Portrait en grand du feu Prince de Vendôme
, ouvrage d'une grande composition , historié
, avec un fond de Paysage , et d'un beau
fini ; il est dans le Cabinet du Prince de Conti.
M.
FEVRIER. 1734. 347
M. Porlier , Maître des Comptes , demeurant au
Temple , Ami particulier de cet habile Artiste ,
conserve précieusément l'esquisse de ce Tableau ,
fini par l'Auteur , d'après nature.
Quatre Tableaux de Chevalet , faits à Bologne
pendant son séjour en Italie , représentant les
quatre Ages , sont dans le Cabinet de M. le Chevalier
d'Orleans , Grand- Prieur de France.
Le Portrait en pied du même Chevalier d'Or
leans , représenté comme General des Galeres ,
montant la Galere Reale, au bas duquel est un Esclave
qui lui présente son Bouclier ; cet Ouvrage
qui est d'une très - belle execution , est dans la
grande Salle du Palais Prieural du Temple.
On voit dans une autre Salle du même Palais ,
plusieurs excellens Tableaux de Chevalet , repré
sentant differens Sujets des Arts , comme la Mu.
sique , la Peinture , l'Astronomie , l'Histoire ,
l'Architecture , & c.
Le même M. Porlier , possede du même Auteur
les Originaux d'une Liseuse , du Silence ,
d'une Fille qui cherche une puce à une autre
fille qui fait rôtir des Marons , et de deux Filles
qui concertent ensemble.
M. lePeletier des Forts a deux excellens Tableaux
représentans des Vestales , conservant le Feu sacré,
M. Prat , Receveur General des Finances ,
possede dans sa Maison de Valenton auprès de
Paris , un grand Tableau qui représente une Ves
tale , un autre de même grandeur , qui est un
Retour de Chasse , et un autre où l'on voit les
cinq Sens de Nature.
On voit plusieurs Tableaux gracieux , peints.
par le même Peintre , dans le Cabinet de M. de
Senosan .
Le sieur Dupré , Chirurgien du Temple , a
Giiij 10-
348 MERCURE DE FRANCE
POriginal d'une Vierge , dont les Connoisseurs
font grand cas.
Il a fait aussi quantité d'excellens Portraits ,
ceux des Diles Journet , en Prêtresse de Diane ,
Prevôt , en Bacchante ,Quinault , en Amphitrite,
Sylvia , en Thalie , et tout récemment celui de
Mad. B *** morte depuis peu.
Mais ce que nous pouvons dire de plus avantageux
à la memoire de M. Raoux , c'est la maniere
dont feu M. le Duc d'Orleans , Amateur
éclairé des Beaux Arts , reçut le Tableau peint
par lui et présenté par feu M. le Prince de Vendôme
; S. A. R. le fit placer dans son grand Appartement
après avoir rendu justice au mérite
de l'Ouvrage. Ce Tableau représente Telemaque
dans l'Ile de Calypso , après son nauffrage , racontant
, &c . On peut voir la Description de
cette riche et variée composition , dans le Mercure
de Juillet 1722. page 120.
On a aussi perdu dans M. Robert de Sery , un
'Artiste qui avoit beaucoup de talents naturels pour
la Peinture , sur tout au jugement des Connoisseurs
, pour la belle disposition des Figures et les
expressions. Lorsque M. le Cardinal de Rohan
le ramena de Rome , où il avoit travaillé 18 ans ,
il en a rapporté une Collection importante de
Calques et d'Esquisses à huile , faites de sa main ,
des Tableaux des meilleurs Maîtres. Ces riches
études doivent être vendues dans peu , avec plusieurs
Statues et des Modelles de terre cuite , au
profit de ses heritiers .
Il a été enterré dans l'Eglise des Capucins du
Marais on lit sur sa Tombe l'Inscription que
Joici.
:
Cy git Paul-Ponce- Antoine Robert , Peintre de
S.
FEVRIER. 1714. 349
S.A. E. M. le C. de Rohan , né à Sery en Portien
, le 11. Janvier 1686. Reims l'a élevé , Rome
a perfectionné ses talens . Paris possede un petit
nombre de ses Ouvrages . Son Pinceau est regretté
de tous les Connoisseurs . Ses lumieres et sa probité
ne le sont pas moins de tous ses Amis. Il mourut le
29. Décembre 1733.
perte très - considerable en la personne de Jean
Raoux , Peintre , natif de Montpellier , mort le
10. de ce mois , âgé d'environ 57. ans , il étoit
Eleve de feu M. de Boullogne l'Aîné ; et il avoit
fait un long séjour en Italie , sur tout à Venise,
od les Tableaux qu'il y a faits sont fort estimez.
C'est feu M. de Vendôme , Grand - Prieur de
France , qui aimoit les Arts et qui avoit connu
tout des premiers le mérite de M. Raoux , qui
l'avoit engagé à faire quelque séjour en Italie.
Sa maniere de peindre étoit tendre , délicate
agréable à la vue et extrémement finie.Il fut reçu
àl'Académie le 28. Août 1717. et on y conserve
de lui un très - beau Tableau , où il a peint la
Fable de Pigmalion.
On voit dans les meilleurs Cabinets de Paris
quantité de ses Tableaux , voici ceux qui sont
venus à notre connoissance.
Un Portrait en grand du feu Prince de Vendôme
, ouvrage d'une grande composition , historié
, avec un fond de Paysage , et d'un beau
fini ; il est dans le Cabinet du Prince de Conti.
M.
FEVRIER. 1734. 347
M. Porlier , Maître des Comptes , demeurant au
Temple , Ami particulier de cet habile Artiste ,
conserve précieusément l'esquisse de ce Tableau ,
fini par l'Auteur , d'après nature.
Quatre Tableaux de Chevalet , faits à Bologne
pendant son séjour en Italie , représentant les
quatre Ages , sont dans le Cabinet de M. le Chevalier
d'Orleans , Grand- Prieur de France.
Le Portrait en pied du même Chevalier d'Or
leans , représenté comme General des Galeres ,
montant la Galere Reale, au bas duquel est un Esclave
qui lui présente son Bouclier ; cet Ouvrage
qui est d'une très - belle execution , est dans la
grande Salle du Palais Prieural du Temple.
On voit dans une autre Salle du même Palais ,
plusieurs excellens Tableaux de Chevalet , repré
sentant differens Sujets des Arts , comme la Mu.
sique , la Peinture , l'Astronomie , l'Histoire ,
l'Architecture , & c.
Le même M. Porlier , possede du même Auteur
les Originaux d'une Liseuse , du Silence ,
d'une Fille qui cherche une puce à une autre
fille qui fait rôtir des Marons , et de deux Filles
qui concertent ensemble.
M. lePeletier des Forts a deux excellens Tableaux
représentans des Vestales , conservant le Feu sacré,
M. Prat , Receveur General des Finances ,
possede dans sa Maison de Valenton auprès de
Paris , un grand Tableau qui représente une Ves
tale , un autre de même grandeur , qui est un
Retour de Chasse , et un autre où l'on voit les
cinq Sens de Nature.
On voit plusieurs Tableaux gracieux , peints.
par le même Peintre , dans le Cabinet de M. de
Senosan .
Le sieur Dupré , Chirurgien du Temple , a
Giiij 10-
348 MERCURE DE FRANCE
POriginal d'une Vierge , dont les Connoisseurs
font grand cas.
Il a fait aussi quantité d'excellens Portraits ,
ceux des Diles Journet , en Prêtresse de Diane ,
Prevôt , en Bacchante ,Quinault , en Amphitrite,
Sylvia , en Thalie , et tout récemment celui de
Mad. B *** morte depuis peu.
Mais ce que nous pouvons dire de plus avantageux
à la memoire de M. Raoux , c'est la maniere
dont feu M. le Duc d'Orleans , Amateur
éclairé des Beaux Arts , reçut le Tableau peint
par lui et présenté par feu M. le Prince de Vendôme
; S. A. R. le fit placer dans son grand Appartement
après avoir rendu justice au mérite
de l'Ouvrage. Ce Tableau représente Telemaque
dans l'Ile de Calypso , après son nauffrage , racontant
, &c . On peut voir la Description de
cette riche et variée composition , dans le Mercure
de Juillet 1722. page 120.
On a aussi perdu dans M. Robert de Sery , un
'Artiste qui avoit beaucoup de talents naturels pour
la Peinture , sur tout au jugement des Connoisseurs
, pour la belle disposition des Figures et les
expressions. Lorsque M. le Cardinal de Rohan
le ramena de Rome , où il avoit travaillé 18 ans ,
il en a rapporté une Collection importante de
Calques et d'Esquisses à huile , faites de sa main ,
des Tableaux des meilleurs Maîtres. Ces riches
études doivent être vendues dans peu , avec plusieurs
Statues et des Modelles de terre cuite , au
profit de ses heritiers .
Il a été enterré dans l'Eglise des Capucins du
Marais on lit sur sa Tombe l'Inscription que
Joici.
:
Cy git Paul-Ponce- Antoine Robert , Peintre de
S.
FEVRIER. 1714. 349
S.A. E. M. le C. de Rohan , né à Sery en Portien
, le 11. Janvier 1686. Reims l'a élevé , Rome
a perfectionné ses talens . Paris possede un petit
nombre de ses Ouvrages . Son Pinceau est regretté
de tous les Connoisseurs . Ses lumieres et sa probité
ne le sont pas moins de tous ses Amis. Il mourut le
29. Décembre 1733.
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Résumé : Morts illustres, [titre d'après la table]
Jean Raoux, peintre originaire de Montpellier, est décédé le 10 février 1734 à l'âge d'environ 57 ans. Élève de M. de Boullogne l'Aîné, Raoux a séjourné en Italie, notamment à Venise, où ses œuvres étaient très appréciées. Ce séjour en Italie a été encouragé par M. de Vendôme, Grand-Prieur de France. Son style de peinture était caractérisé par une manière tendre, délicate et extrêmement finie. Raoux a été reçu à l'Académie Royale de Peinture le 28 août 1717, qui conserve un tableau de lui représentant la fable de Pigmalion. Plusieurs de ses œuvres sont notables, notamment un portrait du Prince de Vendôme dans le cabinet du Prince de Conti, des tableaux représentant les quatre âges dans le cabinet du Chevalier d'Orléans, et divers autres tableaux dans les collections de M. Porlier, M. le Peletier des Forts, M. Prat, et M. de Senosan. Raoux a également réalisé plusieurs portraits, dont ceux des Dames Journet, Prévôt, Quinault, Sylvia, et Madame B***. Le Duc d'Orléans a reconnu le travail de Raoux en faisant placer un de ses tableaux dans son grand appartement. Par ailleurs, le texte mentionne la mort de Robert de Sery, un autre artiste talentueux ramené de Rome par le Cardinal de Rohan. Les œuvres et collections de Robert de Sery doivent être vendues au profit de ses héritiers. Robert de Sery est enterré dans l'église des Capucins du Marais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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283
p. 349
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une onzième Estampe, gravée par le sieur Moyreau, d'après le Tableau de Wauvremens, [...]
Mots clefs :
Cabinet de la Comtesse de Verrue, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Il paroît une onzième Estampe , gravée par
le sieur Moyreau , d'après le Tableau de Wauvremens
, du fameux Cabinet de la Comtesse de
Verrue ; c'est un Paysage en large , où l'on voit
des Passans qui boivent et font repaître leurs
Chevaux à la porte d'un Cabaret . C'est une des
plus heureuses et des plus picquantes compositions
de cet excellent Maître .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis- à- vis S. Blaise.
le sieur Moyreau , d'après le Tableau de Wauvremens
, du fameux Cabinet de la Comtesse de
Verrue ; c'est un Paysage en large , où l'on voit
des Passans qui boivent et font repaître leurs
Chevaux à la porte d'un Cabaret . C'est une des
plus heureuses et des plus picquantes compositions
de cet excellent Maître .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis- à- vis S. Blaise.
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284
p. 384-388
LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
Début :
Nous sommes ici M. entourez de Montagnes fort hautes, et sur le bord d'un Lac, où [...]
Mots clefs :
Grandeur, Loges, Théâtre, Dames, Paris, Temps, Pièce, Orchestre, Pittoresque, Chant
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
LETTRE d'un Officier de l'Armée
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
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Résumé : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
La lettre d'un officier de l'armée d'Italie, datée du 27 janvier, décrit la situation des soldats à Côme, une ville entourée de montagnes et bordée par un lac. Malgré un froid intense, les soldats disposent de bois pour se chauffer et de nourriture abondante, bien que coûteuse. Les poissons locaux, tels que les brochets et les agons, sont particulièrement appréciés. La viande de boucherie est de bonne qualité, mais les vins locaux sont jugés de mauvaise qualité. Les soldats sont bien logés et côtoient des dames raisonnables, tandis que les religieuses sont confinées dans leurs couvents sur ordre de l'évêque. L'officier mentionne également la beauté et la richesse des assemblées à Milan, où les Italiens se familiarisent avec les Français. Milan est décrite comme une grande ville, plus vaste qu'un tiers de Paris mais moindre que sa moitié. L'Opéra de Milan attire par son éclat et sa durée, commençant à sept heures du soir et se terminant après minuit. La salle de l'Opéra est comparée à celles du Château des Tuileries, avec des loges profondes et ornées. Les représentations incluent des prologues, des actes et des intermèdes, avec des décors changeants et une musique orchestrale riche. Cependant, les récits sont jugés longs et les ariettes répétitives. Les acteurs et actrices sont souvent français, et les costumes sont simples pour les ballets mais beaux pour les rôles tragiques. L'officier critique certains aspects de la représentation mais admire le maintien naturel d'un vieil eunuque, grand acteur et maître du théâtre.
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285
p. 509
AUTRE.
Début :
Superbe Monument que l'Univers admire, [...]
Mots clefs :
Louvre
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
Superbe Monument que l'Univers admire ,
Retranchants , fuyez , foibles Brebis ;
Mais ôtant 4 ou 3 , mon doux son vous attire
Devinez , Lecteur , qui je suis.
Superbe Monument que l'Univers admire ,
Retranchants , fuyez , foibles Brebis ;
Mais ôtant 4 ou 3 , mon doux son vous attire
Devinez , Lecteur , qui je suis.
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286
p. 544-546
CULTORIBUS ERUDITAE ANTIQUITATIS Auctores Editionis Musei Florentini.
Début :
Tout le Monde Litteraire est instruit du grand Ouvrage qui a été entrepris à Florence sous le [...]
Mots clefs :
Musei Florentini, Volumen
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texteReconnaissance textuelle : CULTORIBUS ERUDITAE ANTIQUITATIS Auctores Editionis Musei Florentini.
Tout le Monde Litteraire est instruit du grand
Ouvrage qui a été entrepris à Florence sous le
Titre de Museum Florentinum , lequel contiendra
la Description de tout ce qu'il y a de rare et
de veritablement curieux , soit pour l'antique ,
soit pour le moderne dans le Palais de S. A. S. le
Grand Duc de Toscane . Un Ecrit Latin qui
nous a été envoyé depus peu d'Italie , fait connoître
l'état présent de cette grande Entreprise
et les dispositions pour la suite. Nous croyons
que c'est faire plaisir aux Sçavans de le donner
ici dans les mêmes termes de l'Original.
CULTORIBUS ERUDITA ANTIQUITATIS
Auctores Elitionis Musei Florentini.
Mlumina,que GEMMAS ANTIQUAS
exhibent è Medicea præsertim Dactyliotheca ,
nostris sumptibus nuper Florentiæ in lucem edi-
USEI FLORENTINI priora duo VoMARS
1734. 545
ta , quum ab omnibus , qui hæc studia colunt ,
atque à Vobis , qui huic Operi , ut aiunt , subscribentes
, societatem nobiscum iniistis , non
probata solum , verum etiam humanissimo favore
, ac plausu excepta fuerint ; gratum , ut
decet , erga Vos animum nostrum , atque officii
plenum declarare cupientes , ultro nuntiamus
quod insequenti anno MDCCXXXIV . ejusdem
Operis Volumen III . duobus jam editis haud
dissimile , sive chartarum magnitudinem , sive
characterum , elegantiam , nitoremque , atque
operarum laborem spectare velitis , publici juris.
fier.
>
Complectitur hoc volumen CENTUм marmorea
Signa,sive STATUAS antiquas Regii Musei Magni
Ducis Etruriæ , eleganti ordine dispositas ; quas
Joannes Dominicus Campiglia summo studio
et diligentia delincavit , delectique in id opus
Chalcographi in æreis Tabulis Centum accuratissime
expresserunt. Ne quid etiam lucis , et
elegantiæ desit huic Operi , accedent ad singulas
Statuas OBSERVATIONES Cl. V. Antonii
Francisci Gorii , in patrio Gymnasio Florentino
Publici Historiarum Professoris.
Pretium , quo hoc III. Volumen prostabit ,
erit Scutorum Florentinorum sexdecim , nempe,
Paulorum CLXVIII. quod hi subibunt qui Societati
nomen suum dare noluerunt : Socii vero ,
quos nec plures , nec pauciores quam CCC. accipimus
, huic Volumini subscribentes , quarta
parte diminutum pretium persolvent , nempe
Scuta Florentina duodecim ; Paulos nimirum
CXXVI. Dummodo hanc pecuniæ summam
omni onere vacuam solvant , vel solvendam
Curent Florentiæ mense Martio insequentis anni
MDCCXXXIV. apud Typographum nostrum
Fran
546 MERCURE DE FRANCE
Franciseum Moücke ; qui dictam Sociorum
subscriptorum pecuniam accipiet , dabitque schedulam
pecuniæ datæ , et acceptæ pro syngrapha
seu cautione initæ nobiscum societatis , subscriptione
, et sigillo nostro munitam : quam postea
idem Socii referent , ut jam editum hoc Volumen
III. accipiant absque alia impensa : quæ
quidem Sociorum exemplaria curabimus ut optimè
sint impressa , itemque nitidissima , et absolutissima.
Ad hoc spondemus quod saltem
duobus mensibus anteaquam hoc Volumen in
lucem prodeat , proximo anno MDCCXXXIV.
id omnibus innotescet. Id ipsum quoque in-posterum
servabimus , monentes studiosos Viros, et
priscarum elegantiarum cultores quonam tempore
edituri simus cetera MUSEI FLORENTINI
Volumina , quæ jam enumeravimus atque descripsimus.
In votis quidem multo jam antea tempore ha
buimus ut id publice declararemus : sed quum
exteri Chalcographi præstantiores, quorum opera
uti voluimus , ( qui etiam ICONAS Pictorum
toto orbe celebrioruin , qui se -ipsos pinxerunt
extantque in regia Medicea Pinacotheca , æri
nunc incidunt ) serius , quam sperabamus , incisas
Statuas ad nos miserint , non nisi hoc ipso
tempore impensarum rationes inire potuimus, et
ad subscribendum huic Operi Socios invitare
qui quum id à nobis perhumaniter postularint
ipsis morem gerere , nec diutius hoc monitum
differre voluimus . Valete.
FLORENTIA Kal.Decembribus MDCCXXXIIE
Ouvrage qui a été entrepris à Florence sous le
Titre de Museum Florentinum , lequel contiendra
la Description de tout ce qu'il y a de rare et
de veritablement curieux , soit pour l'antique ,
soit pour le moderne dans le Palais de S. A. S. le
Grand Duc de Toscane . Un Ecrit Latin qui
nous a été envoyé depus peu d'Italie , fait connoître
l'état présent de cette grande Entreprise
et les dispositions pour la suite. Nous croyons
que c'est faire plaisir aux Sçavans de le donner
ici dans les mêmes termes de l'Original.
CULTORIBUS ERUDITA ANTIQUITATIS
Auctores Elitionis Musei Florentini.
Mlumina,que GEMMAS ANTIQUAS
exhibent è Medicea præsertim Dactyliotheca ,
nostris sumptibus nuper Florentiæ in lucem edi-
USEI FLORENTINI priora duo VoMARS
1734. 545
ta , quum ab omnibus , qui hæc studia colunt ,
atque à Vobis , qui huic Operi , ut aiunt , subscribentes
, societatem nobiscum iniistis , non
probata solum , verum etiam humanissimo favore
, ac plausu excepta fuerint ; gratum , ut
decet , erga Vos animum nostrum , atque officii
plenum declarare cupientes , ultro nuntiamus
quod insequenti anno MDCCXXXIV . ejusdem
Operis Volumen III . duobus jam editis haud
dissimile , sive chartarum magnitudinem , sive
characterum , elegantiam , nitoremque , atque
operarum laborem spectare velitis , publici juris.
fier.
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Complectitur hoc volumen CENTUм marmorea
Signa,sive STATUAS antiquas Regii Musei Magni
Ducis Etruriæ , eleganti ordine dispositas ; quas
Joannes Dominicus Campiglia summo studio
et diligentia delincavit , delectique in id opus
Chalcographi in æreis Tabulis Centum accuratissime
expresserunt. Ne quid etiam lucis , et
elegantiæ desit huic Operi , accedent ad singulas
Statuas OBSERVATIONES Cl. V. Antonii
Francisci Gorii , in patrio Gymnasio Florentino
Publici Historiarum Professoris.
Pretium , quo hoc III. Volumen prostabit ,
erit Scutorum Florentinorum sexdecim , nempe,
Paulorum CLXVIII. quod hi subibunt qui Societati
nomen suum dare noluerunt : Socii vero ,
quos nec plures , nec pauciores quam CCC. accipimus
, huic Volumini subscribentes , quarta
parte diminutum pretium persolvent , nempe
Scuta Florentina duodecim ; Paulos nimirum
CXXVI. Dummodo hanc pecuniæ summam
omni onere vacuam solvant , vel solvendam
Curent Florentiæ mense Martio insequentis anni
MDCCXXXIV. apud Typographum nostrum
Fran
546 MERCURE DE FRANCE
Franciseum Moücke ; qui dictam Sociorum
subscriptorum pecuniam accipiet , dabitque schedulam
pecuniæ datæ , et acceptæ pro syngrapha
seu cautione initæ nobiscum societatis , subscriptione
, et sigillo nostro munitam : quam postea
idem Socii referent , ut jam editum hoc Volumen
III. accipiant absque alia impensa : quæ
quidem Sociorum exemplaria curabimus ut optimè
sint impressa , itemque nitidissima , et absolutissima.
Ad hoc spondemus quod saltem
duobus mensibus anteaquam hoc Volumen in
lucem prodeat , proximo anno MDCCXXXIV.
id omnibus innotescet. Id ipsum quoque in-posterum
servabimus , monentes studiosos Viros, et
priscarum elegantiarum cultores quonam tempore
edituri simus cetera MUSEI FLORENTINI
Volumina , quæ jam enumeravimus atque descripsimus.
In votis quidem multo jam antea tempore ha
buimus ut id publice declararemus : sed quum
exteri Chalcographi præstantiores, quorum opera
uti voluimus , ( qui etiam ICONAS Pictorum
toto orbe celebrioruin , qui se -ipsos pinxerunt
extantque in regia Medicea Pinacotheca , æri
nunc incidunt ) serius , quam sperabamus , incisas
Statuas ad nos miserint , non nisi hoc ipso
tempore impensarum rationes inire potuimus, et
ad subscribendum huic Operi Socios invitare
qui quum id à nobis perhumaniter postularint
ipsis morem gerere , nec diutius hoc monitum
differre voluimus . Valete.
FLORENTIA Kal.Decembribus MDCCXXXIIE
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Résumé : CULTORIBUS ERUDITAE ANTIQUITATIS Auctores Editionis Musei Florentini.
Le texte annonce la publication du 'Museum Florentinum', un ouvrage décrivant les objets rares et curieux du Palais du Grand Duc de Toscane. Un écrit latin récent d'Italie détaille l'état actuel de cette entreprise et les dispositions pour la suite. Les auteurs du projet, adressant les érudits, annoncent la publication du troisième volume en 1734. Ce volume contiendra cent statues antiques du Musée du Grand Duc, gravées par Giovanni Domenico Campiglia et imprimées par des chalcographes. Chaque statue sera accompagnée d'observations de Vincenzo Antonio Francesco Gori, professeur d'histoire à Florence. Le prix du volume sera de seize scudi florentins, avec une réduction pour les membres de la société de souscription. Les souscripteurs devront payer avant mars 1734 pour recevoir leur exemplaire. Les auteurs promettent de publier les volumes suivants selon un calendrier précis et invitent les érudits à souscrire à cet ouvrage.
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287
p. 558-559
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une suite d'Estampes en large, dans le goût d'Etienne la Belle, qui doivent piquer la [...]
Mots clefs :
Estampes, Goût
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît une suite d'Estampes en large, dans le
goût d'Etienne la Belle , qui doivent piquer la
curiosité du Public et des Curieux du meilleur
goût. Ce sont des Fontaines , des Cascades ,
Ruines , des Rocailles , et Coquillages , des morceaux
d'Architecture , qui font des effets bizarres
, singuliers et pittoresques , par leurs formes
piquantes et extraordinaires , dont souvent aucune
partie ne répond à l'autre , sans que le sujet
en paroisse moins riche et moins agréable. Il y
a aussi des especes de plafonds avec figures et
animaux , groupez avec intelligence , dont les
bordures sont extrémement ingénieuses et variées.
MARS 1734. 559
riées. Le Cartouche qui sert de Frontispice, porte
ce Titre : LIVRE D'ORNEMENS , inventez et
dessinez par J. O. Moissonnier , Architecte,, Dessinateur
de la Chambre et Cabinet du Roy.
chez
Ces Estampes se vendent ruë S. Jacques ,
la veuve Chereau , aux deux Pilliers d'or . Il y en
a près de cinquante de gravées par Laureolli.
goût d'Etienne la Belle , qui doivent piquer la
curiosité du Public et des Curieux du meilleur
goût. Ce sont des Fontaines , des Cascades ,
Ruines , des Rocailles , et Coquillages , des morceaux
d'Architecture , qui font des effets bizarres
, singuliers et pittoresques , par leurs formes
piquantes et extraordinaires , dont souvent aucune
partie ne répond à l'autre , sans que le sujet
en paroisse moins riche et moins agréable. Il y
a aussi des especes de plafonds avec figures et
animaux , groupez avec intelligence , dont les
bordures sont extrémement ingénieuses et variées.
MARS 1734. 559
riées. Le Cartouche qui sert de Frontispice, porte
ce Titre : LIVRE D'ORNEMENS , inventez et
dessinez par J. O. Moissonnier , Architecte,, Dessinateur
de la Chambre et Cabinet du Roy.
chez
Ces Estampes se vendent ruë S. Jacques ,
la veuve Chereau , aux deux Pilliers d'or . Il y en
a près de cinquante de gravées par Laureolli.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
En mars 1734, une série d'estampes au format large, inspirées par Étienne Delafosse, a été publiée. Ces estampes représentent des fontaines, cascades, ruines et éléments architecturaux. Elles se distinguent par leurs formes originales et pittoresques, souvent asymétriques. La collection inclut aussi des motifs de plafonds et des bordures variées. Le frontispice porte le titre 'LIVRE D'ORNEMENTS, inventés et dessinés par J. O. Moissonnier'. Les estampes sont disponibles chez la veuve Chereau, rue Saint-Jacques. Près de cinquante estampes ont été gravées par Laureolli.
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288
p. 559
Nouveau Plan de Mantoüe, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une nouvelle Piéce de gravure, qui est tout à fait du temps ; c'est le Plan du Lac et [...]
Mots clefs :
Mantoue, Pièce de gravure
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Plan de Mantoüe, [titre d'après la table]
Il paroît une nouvelle Piéce de gravure , qui
est tout à fait du temps ; e'est le Plan du Lac et
de la Ville de Mantouë , avec les divers Ouvrages
de Fortification qui l'environnent présentement
; dressé sur les derniers Plans , gravez en
Italie, sur les Descriptions des Voyageurs, et sur
le rapport des gens du Païs, Par H. Liebaux ,
Géographe du Roy , et de S. A. S. Monseigneur
le Comte de Clermont. Il se vend chez le Sr Jaillot
, au bout du Pont- neuf , attenant les Grands
Augustins, Par ce secours les Curieux n'auront
rien à désirer pour ce qui regarde cette impor
tante Place.
est tout à fait du temps ; e'est le Plan du Lac et
de la Ville de Mantouë , avec les divers Ouvrages
de Fortification qui l'environnent présentement
; dressé sur les derniers Plans , gravez en
Italie, sur les Descriptions des Voyageurs, et sur
le rapport des gens du Païs, Par H. Liebaux ,
Géographe du Roy , et de S. A. S. Monseigneur
le Comte de Clermont. Il se vend chez le Sr Jaillot
, au bout du Pont- neuf , attenant les Grands
Augustins, Par ce secours les Curieux n'auront
rien à désirer pour ce qui regarde cette impor
tante Place.
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Résumé : Nouveau Plan de Mantoüe, [titre d'après la table]
Une nouvelle gravure montre le plan du lac et de la ville de Mantoue, ainsi que ses fortifications. Réalisée par H. Liebaux, elle est basée sur des plans récents, des descriptions de voyageurs et des rapports locaux. Disponible chez Jaillot au Pont-Neuf, elle informe les amateurs sur cette place importante.
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289
p. 559
Médaîlles à vendre, [titre d'après la table]
Début :
Nous sommes priez de donner avis au public, qu'il y a une suite de neuf cent Médailles Impériales [...]
Mots clefs :
Médailles impériales, Madame Papillon, Suite, M. de Servières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Médaîlles à vendre, [titre d'après la table]
Nous sommes priez de donner avis au public ,
qu'il y a une suite de neuf cent Médailles Impériales
en argent à vendre , chez Madame Papil--
lon , Cul de Sac de la rue Beaubourg. Cette suite
commence à Pompée , et finit à Posthume.On
trouvera au même Endroit plusieurs autres curiositez
, en particulier , des Ouvrages de Tour
en Yvoire , qui ont appartenu à M. de Servieres
de Lyon,
qu'il y a une suite de neuf cent Médailles Impériales
en argent à vendre , chez Madame Papil--
lon , Cul de Sac de la rue Beaubourg. Cette suite
commence à Pompée , et finit à Posthume.On
trouvera au même Endroit plusieurs autres curiositez
, en particulier , des Ouvrages de Tour
en Yvoire , qui ont appartenu à M. de Servieres
de Lyon,
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290
p. 747-751
Carte Chronologique et Portraits des Comtes de Provence, [titre d'après la table]
Début :
PORTRAITS et Carte Chronologique et Historique des anciens Comtes de Provence avant [...]
Mots clefs :
Provence, Comtes de Provence, Boson, Roi, Prince, Historiens, Berthe de Lorraine, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Carte Chronologique et Portraits des Comtes de Provence, [titre d'après la table]
PORTRAITS et Carte Chronologique et
Historique des anciens Comtes de Provence avant
Louis XI. Roy de France. A Paris , Quay de
l'Horloge du Palais , à la Sphere Royale.
Cet Ouvrage qui est de la composition du R.P.
Penchinat , Cordelier de l'Observance S. François
, est dédié au Roy , ayant au Frontispice le
Portrait de S. M. en Buste . Le Portrait est accompagné
d'un grand Cartouche de chaque côté.
Dans l'un est l'Epitre Dédicatoire , et dans l'autre
la Description abregée de la Provence. Suivent
quatre rangs de Portraits des Comtes de
Fiiij Provence
748 MERCURE DE FRANCE
Provence , ayant chacun audessous un Discours
Sommaire , relatif au Prince qui est représenté.
Au bas de l'Estampe et dans un espace ménagé ,
est une Carte du Gouvernement de Provence et
de la Generalité d'Aix. 1
Il paroît que l'Auteur a voulu donner dans
un seul coup d'oeil la connoissance du caractere
des anciens Comtes de Provence , de leurs principales
actions et de tout ce qui est passé de
plus considerable sous leur Regue. Il joint de
temps en temps à leur Histoire des faits qui y
paroissent étrangers , mais qui sont interessants
et honorables pour la Provence . La distribution
de l'Ouvrage est , comme on vient de le voir ,
très -gracieuse et dans un fort bon ordre . Dans
PEpitre au Roy , l'Auteur donne aux anciens
Comtes de Provence pour principal trait de leur
gloire , celui d'avoir donné à la France une Reine
(Marguerite de Provence ) de laquelle est
sortie l'Auguste Tige des Bourbons . La Description
de la Provence en découvre les beautez et
l'Origine ; et les Portraits des Comtes Souverains
de la Provence , au nombre de 24. finissent à
Charles III. d'Anjou , dit du Maine , qui donna
la Provence en héritage à Louis XI . Roy de
France , son proche Parent. Faisons deux ou
trois Remarques sur le fond de l'Ouvrage.
L'Auteur donne beaucoup de clarté à l'établissement
des premiers Comtes de Provence , en
cela d'autant plus loüiable , que l'on ne trouve
que des obscuritez dans la plupart des Historiens
qui ont écrit sur ce sujet . Son opinion sur
l'article de Boson premier , fils de Rotbold , paroît
solide . Boson , fils de Rotbold de Bourgogne
, et d'Ingerberge , fille de Boson premier ,
Duc de Bourgogne , Roy d'Italie et de Provence,
-comAVRIL.
1734 749
commença , dit-il , dit-il , à regner Pan 933. il épousa
Berthe , fille de Boson , Marquis de Toscane , et
Niece de Hugues , Roy d'Italie , l'un et l'autre
fils du Comte Thibaut et de Berthe de Lorraine.
Hugues ceda à sa Niece Berthe le droit qu'il prétendoit
avoir sur la Provence. Par ce Mariage
les deux Maisons se réunirent , et Boson devint
paisible et légitime possesseur du Pays. Ce raisonnement
paroît juste , puisqu'il n'est pas possible
de découvrir aucun autre motif qui en ait
rendu la possession tranquille aux Successeurs
de Boson.
La même solidité paroît dans ce qu'il die
au sujet de Boson II . qui succede immédiatement
à Boson I. c'est sans fondement dit l'Auteur
) que quelques Historiens prétendent que
Boson II. étoit frere de Boson I. mort sans Enfans.
De l'aveu de tous les Ecrivains , Berthe ,
Epouse de Boson 1. survécut à son Mari et épousa
en secondes nôces Raymond , Prince de Gothie
; si Berthe n'avoit laissé aucnn enfant de son
premier Mary , elle auroit , sans doute , repeté
sa dot , Hugues , son Oncle , auroit renouvellé
ses prétentions sur la Provence , et la guerre auroit
été vivement rallumée entre les descendans
de la Maison de Lorraine et ceux de la Maison
de Bourgogne. Cette sage refléxion développe les
difficultez que l'on peut trouver dans la succession
des premiers Comtes de Provence .
L'Auteur fait encore une remarque judicieuse
au sujet de Gilbert de Lorraine ,. qu'il fait huitiéme
Comte de Provence . Quelque obscurité ,
dit-il , que l'on trouve parmi les Historiens sur
l'origine de ce Prince et sur son avenement à
la Souveraineté de Provence , l'opinion la plus
sûre paroît celle qui le fait descendre de la Mai-
Ev Son
70 MERCURE DE FRANCE
son de Lorraine . C'est insulter à la pieté des
Descendans de Boson I. que de croire que Gilbert
étoit fils de Guillaume III. Comte de Provence
, et qu'étant encore fort jeune lors de la
mort de son Pere , Geoffroy son Oncle , lui usurpa
ses Etats. Cette usurpation n'auroit pas été
tranquille , et Gilbert devenu Majeur , n'auroit
pas souffert paisiblement cet enlevement si injuste.
Notre Auteur croit ce Gilbert fils d'Othon ,
Comte de Lorraine , et de Blanche Sidoine , fille
de Guillaume III . Comte de Provence ; il fait
sentir que l'origine et l'établissement de ce Comte
ne paroissent pas dans un grand jour , mais il
croit que l'opinion qu'il adopte , a plus de fondement
et de vrai- semblance .
On ne peut se refuser à ce qu'il ajoûte au sujet
d'Alphonse 1. Roy d'Arragon , et XII . Comte
de Provence. Il ne paroît pas en effet vrai- semblable
que ce Prince ait donné , au préjudice de
ses Enfans , la Souveraineté de Provence à Betenger
et Sance , ses freres , et à Huno , son neveu
, que tous les trois en ayent été Comtes
Souverains en même- temps ; qu'Alphonse luimême
ait regné avec eux , et qu'ensuite ce Prince
leur en ait ôté tout - à - coup la possession pour
la donner à Alphonse II . son fils , qui lui succeda.
Il est plus à présumer que les deux Freres
et le Neveu d'Alphonse I. n'ont gouverné la
Provence qu'en qualité de Comtes Commandans .
L'Auteur parle avec beaucoup de prudence de
la Comtesse Jeanne de Provence , et il la justifie
d'une maniere qui semble ne laisser aucun soupçon
sur l'innocence de cette Princesse , assez
maltraitée dans plusieurs Historiens.
On peut dire que cet Ouvrage , quoiqu'en ra-
Conci , ne peut être que très - atile , soit pour se
rappeller
AVRIL. 1734. 751
rappeller agréablement et en peu de temps ce
qu'on a lû sur l'Histoire de Provence , soit pour
en avoir une idée suffisante quand on ne peut
s'appliquer à de longues lectures. L'Auteur promet
de donner dans la suite un Abbregé de l'Histoire
de Provence , qui servira d'éclaircissement
à ce qu'il y a d'obscur dans les anciens Historiens
du Pays.
Historique des anciens Comtes de Provence avant
Louis XI. Roy de France. A Paris , Quay de
l'Horloge du Palais , à la Sphere Royale.
Cet Ouvrage qui est de la composition du R.P.
Penchinat , Cordelier de l'Observance S. François
, est dédié au Roy , ayant au Frontispice le
Portrait de S. M. en Buste . Le Portrait est accompagné
d'un grand Cartouche de chaque côté.
Dans l'un est l'Epitre Dédicatoire , et dans l'autre
la Description abregée de la Provence. Suivent
quatre rangs de Portraits des Comtes de
Fiiij Provence
748 MERCURE DE FRANCE
Provence , ayant chacun audessous un Discours
Sommaire , relatif au Prince qui est représenté.
Au bas de l'Estampe et dans un espace ménagé ,
est une Carte du Gouvernement de Provence et
de la Generalité d'Aix. 1
Il paroît que l'Auteur a voulu donner dans
un seul coup d'oeil la connoissance du caractere
des anciens Comtes de Provence , de leurs principales
actions et de tout ce qui est passé de
plus considerable sous leur Regue. Il joint de
temps en temps à leur Histoire des faits qui y
paroissent étrangers , mais qui sont interessants
et honorables pour la Provence . La distribution
de l'Ouvrage est , comme on vient de le voir ,
très -gracieuse et dans un fort bon ordre . Dans
PEpitre au Roy , l'Auteur donne aux anciens
Comtes de Provence pour principal trait de leur
gloire , celui d'avoir donné à la France une Reine
(Marguerite de Provence ) de laquelle est
sortie l'Auguste Tige des Bourbons . La Description
de la Provence en découvre les beautez et
l'Origine ; et les Portraits des Comtes Souverains
de la Provence , au nombre de 24. finissent à
Charles III. d'Anjou , dit du Maine , qui donna
la Provence en héritage à Louis XI . Roy de
France , son proche Parent. Faisons deux ou
trois Remarques sur le fond de l'Ouvrage.
L'Auteur donne beaucoup de clarté à l'établissement
des premiers Comtes de Provence , en
cela d'autant plus loüiable , que l'on ne trouve
que des obscuritez dans la plupart des Historiens
qui ont écrit sur ce sujet . Son opinion sur
l'article de Boson premier , fils de Rotbold , paroît
solide . Boson , fils de Rotbold de Bourgogne
, et d'Ingerberge , fille de Boson premier ,
Duc de Bourgogne , Roy d'Italie et de Provence,
-comAVRIL.
1734 749
commença , dit-il , dit-il , à regner Pan 933. il épousa
Berthe , fille de Boson , Marquis de Toscane , et
Niece de Hugues , Roy d'Italie , l'un et l'autre
fils du Comte Thibaut et de Berthe de Lorraine.
Hugues ceda à sa Niece Berthe le droit qu'il prétendoit
avoir sur la Provence. Par ce Mariage
les deux Maisons se réunirent , et Boson devint
paisible et légitime possesseur du Pays. Ce raisonnement
paroît juste , puisqu'il n'est pas possible
de découvrir aucun autre motif qui en ait
rendu la possession tranquille aux Successeurs
de Boson.
La même solidité paroît dans ce qu'il die
au sujet de Boson II . qui succede immédiatement
à Boson I. c'est sans fondement dit l'Auteur
) que quelques Historiens prétendent que
Boson II. étoit frere de Boson I. mort sans Enfans.
De l'aveu de tous les Ecrivains , Berthe ,
Epouse de Boson 1. survécut à son Mari et épousa
en secondes nôces Raymond , Prince de Gothie
; si Berthe n'avoit laissé aucnn enfant de son
premier Mary , elle auroit , sans doute , repeté
sa dot , Hugues , son Oncle , auroit renouvellé
ses prétentions sur la Provence , et la guerre auroit
été vivement rallumée entre les descendans
de la Maison de Lorraine et ceux de la Maison
de Bourgogne. Cette sage refléxion développe les
difficultez que l'on peut trouver dans la succession
des premiers Comtes de Provence .
L'Auteur fait encore une remarque judicieuse
au sujet de Gilbert de Lorraine ,. qu'il fait huitiéme
Comte de Provence . Quelque obscurité ,
dit-il , que l'on trouve parmi les Historiens sur
l'origine de ce Prince et sur son avenement à
la Souveraineté de Provence , l'opinion la plus
sûre paroît celle qui le fait descendre de la Mai-
Ev Son
70 MERCURE DE FRANCE
son de Lorraine . C'est insulter à la pieté des
Descendans de Boson I. que de croire que Gilbert
étoit fils de Guillaume III. Comte de Provence
, et qu'étant encore fort jeune lors de la
mort de son Pere , Geoffroy son Oncle , lui usurpa
ses Etats. Cette usurpation n'auroit pas été
tranquille , et Gilbert devenu Majeur , n'auroit
pas souffert paisiblement cet enlevement si injuste.
Notre Auteur croit ce Gilbert fils d'Othon ,
Comte de Lorraine , et de Blanche Sidoine , fille
de Guillaume III . Comte de Provence ; il fait
sentir que l'origine et l'établissement de ce Comte
ne paroissent pas dans un grand jour , mais il
croit que l'opinion qu'il adopte , a plus de fondement
et de vrai- semblance .
On ne peut se refuser à ce qu'il ajoûte au sujet
d'Alphonse 1. Roy d'Arragon , et XII . Comte
de Provence. Il ne paroît pas en effet vrai- semblable
que ce Prince ait donné , au préjudice de
ses Enfans , la Souveraineté de Provence à Betenger
et Sance , ses freres , et à Huno , son neveu
, que tous les trois en ayent été Comtes
Souverains en même- temps ; qu'Alphonse luimême
ait regné avec eux , et qu'ensuite ce Prince
leur en ait ôté tout - à - coup la possession pour
la donner à Alphonse II . son fils , qui lui succeda.
Il est plus à présumer que les deux Freres
et le Neveu d'Alphonse I. n'ont gouverné la
Provence qu'en qualité de Comtes Commandans .
L'Auteur parle avec beaucoup de prudence de
la Comtesse Jeanne de Provence , et il la justifie
d'une maniere qui semble ne laisser aucun soupçon
sur l'innocence de cette Princesse , assez
maltraitée dans plusieurs Historiens.
On peut dire que cet Ouvrage , quoiqu'en ra-
Conci , ne peut être que très - atile , soit pour se
rappeller
AVRIL. 1734. 751
rappeller agréablement et en peu de temps ce
qu'on a lû sur l'Histoire de Provence , soit pour
en avoir une idée suffisante quand on ne peut
s'appliquer à de longues lectures. L'Auteur promet
de donner dans la suite un Abbregé de l'Histoire
de Provence , qui servira d'éclaircissement
à ce qu'il y a d'obscur dans les anciens Historiens
du Pays.
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Résumé : Carte Chronologique et Portraits des Comtes de Provence, [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Portraits et Carte Chronologique et Historique des anciens Comtes de Provence avant Louis XI. Roy de France', rédigé par le R.P. Penchinat, un cordelier de l'Observance de Saint François. Cet ouvrage est dédié au roi de France et inclut un portrait du souverain, une épître dédicatoire et une description abrégée de la Provence. Il contient également des portraits de 24 comtes de Provence, chacun accompagné d'un discours sommaire relatant les actions et le caractère du prince représenté. Une carte du gouvernement de Provence et de la généralité d'Aix est également incluse. L'auteur vise à offrir une connaissance rapide des anciens comtes de Provence, de leurs actions principales et des événements marquants de leur règne. Il intègre des faits intéressants et honorables pour la Provence, bien que parfois étrangers à l'histoire des comtes. L'ouvrage est structuré de manière gracieuse et ordonnée, débutant par une épître au roi qui souligne la gloire des anciens comtes de Provence d'avoir donné à la France une reine, Marguerite de Provence, ancêtre des Bourbons. La description de la Provence met en lumière ses beautés et son origine. L'auteur clarifie plusieurs points obscurs de l'histoire des premiers comtes de Provence. Il affirme que Boson, fils de Rotbold de Bourgogne et d'Ingerberge, commença à régner en 933 et devint légitime possesseur de la Provence par son mariage avec Berthe, fille de Boson, marquis de Toscane. Il conteste également les affirmations selon lesquelles Boson II serait le frère de Boson I, mort sans enfants, et soutient que Berthe survécut à son premier mari et se remaria avec Raymond, prince de Gothie. L'auteur discute également de Gilbert de Lorraine, qu'il considère comme le huitième comte de Provence et descendant de la maison de Lorraine, contredisant les historiens qui le prétendent fils de Guillaume III et usurpateur des États de son oncle Geoffroy. Enfin, il remet en question la succession d'Alphonse I, roi d'Aragon et comte de Provence, et justifie la comtesse Jeanne de Provence, souvent mal traitée dans les écrits historiques. L'ouvrage est jugé utile pour rappeler ou découvrir l'histoire de la Provence de manière concise.
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291
p. 753
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
On a mis en vente chez la Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'or, et chez [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
On a mis en vente chez la Veuve Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, peintre flamand et membre de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, sont en vente. Intitulées 'Les Enfants de Bacchus' et 'Fête au Dieu Pan', elles sont disponibles chez la Veuve Chereau et Surrugues. Ces estampes sont en grand format et de la même taille que les originaux de M. Morel. Les vendeurs proposent également l'ensemble des estampes gravées d'après les œuvres de Watteau.
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292
p. 879-881
LA NATURE ET L'ART. FABLE. A Mlle de N***.
Début :
Enflé de ses progrès et fier de ses appas, [...]
Mots clefs :
Nature, Art
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA NATURE ET L'ART. FABLE. A Mlle de N***.
LA NATURE ET L'ART .
FABLE.
A Mile de N **
ENAé de ses progrès et fier de sés appas ;
On dit qu'un jour à la Nature ,
L'Art voulut disputer le pas ;
Qui de nous deux ( dit- il ) a de l'Architecture , ]
De l'ingénieuse Peinture
Et de l'agreable Sculpture ,
Reglé les operations.
C'est l'Art , sa science féconde
Do
380 MERCURE DE FRANCE
De nouvelles productions ,
Chaque jour enrichit le Monde.
Au corps le plus matériel ,
L'Art donne un air leger et d'agréables formes
Qu'on s'en tienne au contraire au simple naturel !
Que de confusion et que d'objets informes,
Que l'Art les mette en oeuvre : à peine ils son
polis
Que nous les trouvons embellis.
En un mot , sans cet Art en Beautez si fertile
Tout ce que parmi vous la Nature produit ,
Mortels , deviendroit inutile.
Ton amour propre te séduit ,
Dit la Nature ; ch ! quelle est ta folic,
De vouloir me donner la Loy ?
Mais , là , parlons de bonne foi ,
Ces chef- d'oeuvres fameux que ton orgueil public
Sçais -tu bien qu'ils ne sont jamais de bon alloi
Qu'autant qu'ils approchent de moi
Cette simplicite que ton affecterie ,
Contre moi tourne en raillerie ,
Mon cher , ne va pas t'y tromper ,
Il te faut du travail pour pouvoir l'attraper
Et souvent ta main l'estropie .
Je ris quand je vois l'Art me traiter en Rival ,
Il me semble voir la Copie ,
Se mocquer de l'Original .
ENMAY:
888 1734
ENVO r.
Vous, qui par un noble partage ,
Faites éclater à nos yeux
Le rare et brillant assemblage ,,
Des talens les plus précieux ;
Daignez , charmante Iris , en lisant cette Fable ,
L'honorer d'un regard affable ,
Jadis par ses naïvetez , }
Pleines de graces nouvelles ,
D'instructions et de beautez ,
La Fontaine auprès des Belles
S'ouvrit un favorable accès ;
Je travaille pour vous , comme il rimoit pour
elles ,
Peut-être , je l'avoue , avec moins de succès ,
Vous avez bien reçû des dons de la Nature ;
Mais il n'en est aucun ( tout en vous m'en assure)
Que l'Art n'ait aussi cultivé ;
Un petit differend entre eux s'est élevé ,
La Nature vous fit ce qui dépendit d'elle,
Et l'Art , de son côté , vous favorisa fort ;
Je vous fais aujourd'hui Juge de leur querelle ,
C'est le moyen, je croi , qu'ils soient bien- tôt
d'accord .
Pesselier, de la Ferté sous-Foüars .
FABLE.
A Mile de N **
ENAé de ses progrès et fier de sés appas ;
On dit qu'un jour à la Nature ,
L'Art voulut disputer le pas ;
Qui de nous deux ( dit- il ) a de l'Architecture , ]
De l'ingénieuse Peinture
Et de l'agreable Sculpture ,
Reglé les operations.
C'est l'Art , sa science féconde
Do
380 MERCURE DE FRANCE
De nouvelles productions ,
Chaque jour enrichit le Monde.
Au corps le plus matériel ,
L'Art donne un air leger et d'agréables formes
Qu'on s'en tienne au contraire au simple naturel !
Que de confusion et que d'objets informes,
Que l'Art les mette en oeuvre : à peine ils son
polis
Que nous les trouvons embellis.
En un mot , sans cet Art en Beautez si fertile
Tout ce que parmi vous la Nature produit ,
Mortels , deviendroit inutile.
Ton amour propre te séduit ,
Dit la Nature ; ch ! quelle est ta folic,
De vouloir me donner la Loy ?
Mais , là , parlons de bonne foi ,
Ces chef- d'oeuvres fameux que ton orgueil public
Sçais -tu bien qu'ils ne sont jamais de bon alloi
Qu'autant qu'ils approchent de moi
Cette simplicite que ton affecterie ,
Contre moi tourne en raillerie ,
Mon cher , ne va pas t'y tromper ,
Il te faut du travail pour pouvoir l'attraper
Et souvent ta main l'estropie .
Je ris quand je vois l'Art me traiter en Rival ,
Il me semble voir la Copie ,
Se mocquer de l'Original .
ENMAY:
888 1734
ENVO r.
Vous, qui par un noble partage ,
Faites éclater à nos yeux
Le rare et brillant assemblage ,,
Des talens les plus précieux ;
Daignez , charmante Iris , en lisant cette Fable ,
L'honorer d'un regard affable ,
Jadis par ses naïvetez , }
Pleines de graces nouvelles ,
D'instructions et de beautez ,
La Fontaine auprès des Belles
S'ouvrit un favorable accès ;
Je travaille pour vous , comme il rimoit pour
elles ,
Peut-être , je l'avoue , avec moins de succès ,
Vous avez bien reçû des dons de la Nature ;
Mais il n'en est aucun ( tout en vous m'en assure)
Que l'Art n'ait aussi cultivé ;
Un petit differend entre eux s'est élevé ,
La Nature vous fit ce qui dépendit d'elle,
Et l'Art , de son côté , vous favorisa fort ;
Je vous fais aujourd'hui Juge de leur querelle ,
C'est le moyen, je croi , qu'ils soient bien- tôt
d'accord .
Pesselier, de la Ferté sous-Foüars .
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Résumé : LA NATURE ET L'ART. FABLE. A Mlle de N***.
Le texte présente une fable intitulée 'La Nature et l'Art'. Dans cette fable, l'Art et la Nature discutent de leurs mérites respectifs. L'Art se vante de ses contributions à l'architecture, la peinture et la sculpture, affirmant qu'il enrichit le monde de nouvelles productions et embellit les formes naturelles. La Nature critique l'orgueil de l'Art et souligne que ses chefs-d'œuvre ne valent que s'ils se rapprochent d'elle. Elle ajoute que l'Art nécessite beaucoup de travail et peut souvent déformer ses créations. La Nature se moque de l'Art, le comparant à une copie de l'original. Le texte se conclut par une dédicace à une personne nommée Iris, comparant l'auteur à La Fontaine et soulignant que tant la Nature que l'Art ont contribué aux talents de cette personne. L'auteur invite Iris à juger la querelle entre la Nature et l'Art pour qu'ils puissent s'accorder.
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293
p. 914-918
« INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...] »
Début :
INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...]
Mots clefs :
Parlement, Jubilé de l'église primatiale de Saint-Jean de Lyon, Jardinier solitaire, Philosophie moderne, Traité de perspective, Vie des saints pères des déserts, Lettres édifiantes et curieuses, Traité de la communauté entre mari et femme, Vie des saints, Amours de Clitophon et de Leucippe, Plaidoyers de M. Erard, Histoire des conquêtes et découvertes des Portugais dans le nouveau monde, Phénix conjugal, Traité de chimie, Paysan parvenu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...] »
NSTRUCTION sur le Jubilé de l'E
Iglise Primatiale de S. Jean de Lyon ,
à l'occasion du concours de la Fête- Dieu
avec celle de la Nativité de S. Jean- Baptiste
, qui arrive le 24. de Juin de cette
année 1734. imprimée par ordre de
M. l'Archevêque. A Lyon , chez Pierre
Valfray , in 12. de 161. pages , et se trouve
à Paris , chez Antoine Chippier , Libraire
, rue du Foin.
LE
-M A Y. 1734.
915
LE JARDINIER SOLITAIRE , contenant
la Méthode de faire et cultiver un Jar-,
din Fruitier et Potager ; et plusieurs Experiences
nouvelles , avec des Refléxions
sur la culture des Arbres , cinquième
Edition , augmentée . Rue S. Jacques ,
chez le Mercier , fils , in 12. avec figu
res , 2. livres.
LA PHILOSOPHIE MODERNE , par Demandes
et par Réponses ; avec un Traité
de l'Art de persuader. Par M. de Lelevel
, Chez le même , 3. volumes in 12 .
4. livres ro. sols .
TRAITE DE PERSPECTIVE , où sont
contenus les fondemens de la Peinture ,
par le Pere Lamy , de l'Oratoire. Chez
le même , in 8. avec figures , 5. livres .
LES VIES DES SAINTS PERES DES DESERTS
, et de quelques Saintes , écrites
par des Peres de l'Eglise et autres anciens
Auteurs Ecclesiastiques , Grecs et
Latins. Traduites en François par M. Arnauld
d'Andilly. Nouv lle Edition . Chez
Louis Josse , rue S. Jacques , 1733. in 8 .
3. volumes .
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES ,
écrites
916 MERCURE DE FRANCE
&
écrites des Missions Etrangeres , par quel
ques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus. XXIe Recueil , 1734. in 12. Chez
Nicolas le Clerc , rue de la vieille Bouclerie
, et chez le Mercier , ruë S. Jacques.
TRAITE' de la Communauté entre
Mary et Femme , avec un Traité des
Communautez ou Societez tacites ; par
Maître Denis le Brun , Avocat au Parlement
, Ouvrage posthume , donné d'abord
au Public par les soins de Louis
Hideux , Avocat au Parlement. Nouvelle
Edition , augmentée considerablement
de nouvelles Décisions et de Notes Critiques
, par Me .... et M .... Avocats
au Parlement. A Paris , chez Claude Robustel
, rue S. Jacques , 1733. in folio de
648. pages pour le Traité de la Communauté
entre Mary et Femme , et 58 .
pages pour le Traité des Communautez
ou Societez tacites .
LES VIES DES SAINTS pour tous les
jours de l'année , avec l'Histoire des Mysteres
de N. S. Nouvelle Edition , augmentée
à la fin de chaque Vie , de differentes
Pratiques et Prieres , tirées des
principales actions des Saints. Chez Lotin ;
rue S. Jacques , et Dessaint , ruë S. Jean
de Beauvais. 2. vol. in 4.
LES
MAY 1734 917
LES AMOURS de Clitophon et de Leucippe
, Traduction libre du Grec d'Achilles
Tatius, avec des Notes . Par le sieur
D.... D .... A Paris , rue de la Harpe ,
chez André- François le Breton , in 12.
J
PLAIDOYERS DE M. ERARD , Avocat
au Parlement , avec les Arrêts du Parlement
donnez en interpretation des Articles
282. et 283. de la Coûtume de
Paris , touchant les avantages indirects
faits par l'un des Conjoints à l'autre , et
un Extrait du Testament de la Dame
Marquise de Torcy , contenant un Legs
universel au profit de la Dame de la Tour,
Mere de son Mary , et les Factums de
M. Erard , pour les Heritiers de ladite
Dame de Torcy , qui ont obtenu cet
Arrêt. Seconde Edition . Chez Mesnier ,
ruë S. Severin et au Palais , au Soleil
d'or , 1734. in 8.
HISTOIRE des Conquêtes et Découverres
des Portuguais dans le nouveau Monde
, avec des figures en taille - douce . Par
le R. P. J. F. Lafitau , de la Compagnie
de Jesus. A Paris , chez Saugrain , Pere ,
Quay des Augustins , et J. B. Coignard .
fils , rue S. Jacques , 1733. Grande Edition
, in 4. 2. volumes ; petite, in 12
4. volumes.
18 MERCURE DE FRANCE
LE PHENIX CONJUGAL , Nouvelle
du Temps . A Paris , Quay des Augus→
tins , chez le Breton , fils , 1734. brochure
in 12. de 94. pages .
TRAITE DE CHIMIE , contenant l'a
maniere de préparer les Remedes qui
sont les plus en usage dans la pratique
de la Médecine. Par M. Malouin , Docteur-
Regent de la Faculté de Medecine
de Paris . Chez G. Cavelier , ruë S. Jacques
, an Lys d'or , 1734. in 12.
, LE PAYSAN PARVENU ou les Memoires
de M ... Par M. de Marivaux. Chez
Prault , pere , Quay de Gêvres , $ 734. in 12 .
Iglise Primatiale de S. Jean de Lyon ,
à l'occasion du concours de la Fête- Dieu
avec celle de la Nativité de S. Jean- Baptiste
, qui arrive le 24. de Juin de cette
année 1734. imprimée par ordre de
M. l'Archevêque. A Lyon , chez Pierre
Valfray , in 12. de 161. pages , et se trouve
à Paris , chez Antoine Chippier , Libraire
, rue du Foin.
LE
-M A Y. 1734.
915
LE JARDINIER SOLITAIRE , contenant
la Méthode de faire et cultiver un Jar-,
din Fruitier et Potager ; et plusieurs Experiences
nouvelles , avec des Refléxions
sur la culture des Arbres , cinquième
Edition , augmentée . Rue S. Jacques ,
chez le Mercier , fils , in 12. avec figu
res , 2. livres.
LA PHILOSOPHIE MODERNE , par Demandes
et par Réponses ; avec un Traité
de l'Art de persuader. Par M. de Lelevel
, Chez le même , 3. volumes in 12 .
4. livres ro. sols .
TRAITE DE PERSPECTIVE , où sont
contenus les fondemens de la Peinture ,
par le Pere Lamy , de l'Oratoire. Chez
le même , in 8. avec figures , 5. livres .
LES VIES DES SAINTS PERES DES DESERTS
, et de quelques Saintes , écrites
par des Peres de l'Eglise et autres anciens
Auteurs Ecclesiastiques , Grecs et
Latins. Traduites en François par M. Arnauld
d'Andilly. Nouv lle Edition . Chez
Louis Josse , rue S. Jacques , 1733. in 8 .
3. volumes .
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES ,
écrites
916 MERCURE DE FRANCE
&
écrites des Missions Etrangeres , par quel
ques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus. XXIe Recueil , 1734. in 12. Chez
Nicolas le Clerc , rue de la vieille Bouclerie
, et chez le Mercier , ruë S. Jacques.
TRAITE' de la Communauté entre
Mary et Femme , avec un Traité des
Communautez ou Societez tacites ; par
Maître Denis le Brun , Avocat au Parlement
, Ouvrage posthume , donné d'abord
au Public par les soins de Louis
Hideux , Avocat au Parlement. Nouvelle
Edition , augmentée considerablement
de nouvelles Décisions et de Notes Critiques
, par Me .... et M .... Avocats
au Parlement. A Paris , chez Claude Robustel
, rue S. Jacques , 1733. in folio de
648. pages pour le Traité de la Communauté
entre Mary et Femme , et 58 .
pages pour le Traité des Communautez
ou Societez tacites .
LES VIES DES SAINTS pour tous les
jours de l'année , avec l'Histoire des Mysteres
de N. S. Nouvelle Edition , augmentée
à la fin de chaque Vie , de differentes
Pratiques et Prieres , tirées des
principales actions des Saints. Chez Lotin ;
rue S. Jacques , et Dessaint , ruë S. Jean
de Beauvais. 2. vol. in 4.
LES
MAY 1734 917
LES AMOURS de Clitophon et de Leucippe
, Traduction libre du Grec d'Achilles
Tatius, avec des Notes . Par le sieur
D.... D .... A Paris , rue de la Harpe ,
chez André- François le Breton , in 12.
J
PLAIDOYERS DE M. ERARD , Avocat
au Parlement , avec les Arrêts du Parlement
donnez en interpretation des Articles
282. et 283. de la Coûtume de
Paris , touchant les avantages indirects
faits par l'un des Conjoints à l'autre , et
un Extrait du Testament de la Dame
Marquise de Torcy , contenant un Legs
universel au profit de la Dame de la Tour,
Mere de son Mary , et les Factums de
M. Erard , pour les Heritiers de ladite
Dame de Torcy , qui ont obtenu cet
Arrêt. Seconde Edition . Chez Mesnier ,
ruë S. Severin et au Palais , au Soleil
d'or , 1734. in 8.
HISTOIRE des Conquêtes et Découverres
des Portuguais dans le nouveau Monde
, avec des figures en taille - douce . Par
le R. P. J. F. Lafitau , de la Compagnie
de Jesus. A Paris , chez Saugrain , Pere ,
Quay des Augustins , et J. B. Coignard .
fils , rue S. Jacques , 1733. Grande Edition
, in 4. 2. volumes ; petite, in 12
4. volumes.
18 MERCURE DE FRANCE
LE PHENIX CONJUGAL , Nouvelle
du Temps . A Paris , Quay des Augus→
tins , chez le Breton , fils , 1734. brochure
in 12. de 94. pages .
TRAITE DE CHIMIE , contenant l'a
maniere de préparer les Remedes qui
sont les plus en usage dans la pratique
de la Médecine. Par M. Malouin , Docteur-
Regent de la Faculté de Medecine
de Paris . Chez G. Cavelier , ruë S. Jacques
, an Lys d'or , 1734. in 12.
, LE PAYSAN PARVENU ou les Memoires
de M ... Par M. de Marivaux. Chez
Prault , pere , Quay de Gêvres , $ 734. in 12 .
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Résumé : « INSTRUCTION sur le Jubilé de l'Eglise Primatiale de S. Jean de Lyon, [...] »
Le document présente une liste d'ouvrages publiés en 1733 et 1734. Parmi les publications notables, figure une instruction sur le Jubilé de l'Église Primatiale de Saint-Jean de Lyon, à l'occasion de la Fête-Dieu et de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste, imprimée par ordre de l'archevêque. Plusieurs autres ouvrages sont mentionnés, couvrant divers domaines. 'Le Jardinier Solitaire' est une méthode de jardinage fruitier et potager. 'La Philosophie Moderne' est un traité de l'art de persuader, écrit par M. de Lelevel. Le document liste également des traités sur la perspective, des vies des saints, des lettres édifiantes des missions étrangères, et des plaidoyers juridiques. Des œuvres littéraires comme 'Les Amours de Clitophon et de Leucippe' et 'Le Paysan Parvenu' sont également mentionnées. Les publications couvrent des domaines variés tels que l'agriculture, la philosophie, la religion, le droit, et la littérature.
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294
p. 938
« On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...] »
Début :
On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...]
Mots clefs :
Audience, Pape, Académie royale espagnole, Dictionnaire de la langue castillane, Bullaire romain, Statue du gladiateur
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...] »
On apprend de Madrid , que le 16. du
mois dernier , les Académiciens de l'Académie
Royale Espagnole , ayant à leur tête le
Marquis de Villena , Directeur de leur Compagnie
, eurent Audience de Leurs Majestez , à qui
ils présenterent le quatriéme Tome du Dictionnaire
de la Langue Castillane. La même Académie
fut admise le lendemain à l'Audience du
Frince et de la Princesse des Asturies , et à celles,
des Infans Don Philippe et Don Louis , et des
Infantes Dona Marie - Thereze et Dona Marie-
Antoinette Ferdinande..
On écrit de Rome , qu'on a commencé sur la
fin du moir dernier , à distribuer le 8e Tome du
Bullaire Romain ce Volume contient 208..
Constitutions du feu Pape Innocent XI.
;
Sa Sainteté a fait achever la celebre Statuë du
Gladiateur , qui étoit dans le Palais de la Prinaesse
de Piombino , morte il y a quelque temps ;;
le Pape doit la faire placer dans le Capitole ..
mois dernier , les Académiciens de l'Académie
Royale Espagnole , ayant à leur tête le
Marquis de Villena , Directeur de leur Compagnie
, eurent Audience de Leurs Majestez , à qui
ils présenterent le quatriéme Tome du Dictionnaire
de la Langue Castillane. La même Académie
fut admise le lendemain à l'Audience du
Frince et de la Princesse des Asturies , et à celles,
des Infans Don Philippe et Don Louis , et des
Infantes Dona Marie - Thereze et Dona Marie-
Antoinette Ferdinande..
On écrit de Rome , qu'on a commencé sur la
fin du moir dernier , à distribuer le 8e Tome du
Bullaire Romain ce Volume contient 208..
Constitutions du feu Pape Innocent XI.
;
Sa Sainteté a fait achever la celebre Statuë du
Gladiateur , qui étoit dans le Palais de la Prinaesse
de Piombino , morte il y a quelque temps ;;
le Pape doit la faire placer dans le Capitole ..
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Résumé : « On apprend de Madrid, que le 16. du mois dernier, les Académiciens de l'Académie [...] »
Le 16 du mois dernier, les Académiciens de l'Académie Royale Espagnole ont présenté à Madrid le quatrième tome du Dictionnaire de la Langue Castillane au roi et à la reine. Ils ont également été reçus par le Prince et la Princesse des Asturies, ainsi que par les Infants et les Infantes. À Rome, la distribution du huitième tome du Bullaire Romain, contenant 208 constitutions du pape Innocent XI, a commencé. Le pape a fait achever la statue du Gladiateur pour le Capitole.
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295
p. 939-940
Le Château de Milan, Tableau présenté au Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le 3. de ce mois, le sieur de Grovembroeck, de l'Académie Royale de Peinture, présenta au [...]
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texteReconnaissance textuelle : Le Château de Milan, Tableau présenté au Roy, [titre d'après la table]
Le 3. de ce mois, le sieur de Grovembroeck ,
de l'Académie Royale de Peinture , présenta au
Roy un petit Tableau de sa composition , sur
cuivre , de 12. pouces de large sur 9. de haut ,
réprésentant l'Evacuation du Château.de Milan.
On y voit la Garnison Allemande marcher entre
deux files des Gardes du Roy de Sardaigne , er
une très - grande quantité d'autres figures de tout
âge et de tout sexe , qui dans leur petitesse , nonseulement
ne se confondent point , mais on distingue
dans chaque tête son vrai caractere . Ce
petit espace paroît très vaste et sans la moindre
confusion ; la perspective , la gradation des differens
plans , les jours et les ombres y sont ema
ployez très - heureusement. Le Roi , qui , comme
Pon sçait a beaucoup de goût et d'amour pour
Evj; les>
940 MERCURE DE FRANCE
les Beaux - Art , reçût très- favorablement ce Tableau
, et S. M. en parut si contente qu'elle l'a
fait placer dans son Cabinet.
M. Grevenbroeck, natif de Milan et originaire
de Roterdam , issu d'une Famille noble et distinguée
en Hollande, qui y a possedé de grands biens,
s'est adonné dès sa jeunesse à la Peinture , et il
y a fait de grands progrès , son principal talent
est pour les Marines et vûës de Païsages , dans la
maniere du Breugle de Velours.
de l'Académie Royale de Peinture , présenta au
Roy un petit Tableau de sa composition , sur
cuivre , de 12. pouces de large sur 9. de haut ,
réprésentant l'Evacuation du Château.de Milan.
On y voit la Garnison Allemande marcher entre
deux files des Gardes du Roy de Sardaigne , er
une très - grande quantité d'autres figures de tout
âge et de tout sexe , qui dans leur petitesse , nonseulement
ne se confondent point , mais on distingue
dans chaque tête son vrai caractere . Ce
petit espace paroît très vaste et sans la moindre
confusion ; la perspective , la gradation des differens
plans , les jours et les ombres y sont ema
ployez très - heureusement. Le Roi , qui , comme
Pon sçait a beaucoup de goût et d'amour pour
Evj; les>
940 MERCURE DE FRANCE
les Beaux - Art , reçût très- favorablement ce Tableau
, et S. M. en parut si contente qu'elle l'a
fait placer dans son Cabinet.
M. Grevenbroeck, natif de Milan et originaire
de Roterdam , issu d'une Famille noble et distinguée
en Hollande, qui y a possedé de grands biens,
s'est adonné dès sa jeunesse à la Peinture , et il
y a fait de grands progrès , son principal talent
est pour les Marines et vûës de Païsages , dans la
maniere du Breugle de Velours.
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Résumé : Le Château de Milan, Tableau présenté au Roy, [titre d'après la table]
Le 3 du mois, le sieur de Grovembroeck, membre de l'Académie Royale de Peinture, présenta au roi un tableau représentant l'évacuation du Château de Milan. Cette œuvre, réalisée sur cuivre et mesurant 12 pouces de large sur 9 de haut, montrait la garnison allemande marchant entre deux files des Gardes du Roy de Sardaigne, ainsi que diverses figures de tous âges et sexes, chacune distincte et caractérisée par un véritable caractère. Malgré la petite taille des figures, l'espace semblait vaste et sans confusion grâce à une perspective bien employée, une gradation des plans, et un usage judicieux des jours et des ombres. Le roi, connu pour son goût et son amour pour les Beaux-Arts, reçut favorablement ce tableau et le fit placer dans son cabinet. M. Grevenbroeck, natif de Milan et originaire de Rotterdam, issu d'une famille noble et distinguée en Hollande, s'est adonné à la peinture dès sa jeunesse et a fait de grands progrès, notamment dans les marines et les vues de paysages, à la manière de Breughel.
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296
p. 940-942
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Cochin, de l'Académie Royale de Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watteau, [...]
Mots clefs :
Nouvelles estampes, Tableaux, Estampe, Théâtre, Originaux, Cochin, Filloeul, Joullain
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texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le sieur Cochin , de l'Académie Royale de
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs gravures et estampes récemment réalisées par divers artistes. Le sieur Cochin, membre de l'Académie Royale de Peinture, a gravé deux tableaux de Watteau : 'L'Amour au Théâtre Français' et 'L'Amour au Théâtre Italien', appartenant au Cabinet de M. de Rosnel. Ces estampes sont vendues à Paris chez la veuve Chereau et chez Gautrot. Moyreau a gravé deux estampes d'après Wauvermans : 'La Buvette des Chasseurs' et 'La Fontaine des Chasseurs', cette dernière étant particulièrement remarquée pour sa composition. Ces œuvres se vendent chez le graveur, rue Galande. Filloul a gravé deux estampes d'après les tableaux du sieur Pater, inspirés de la Fontaine : 'Les Voeux indiscrets' et 'La Courtisanne Amoureuse'. Joullain a mis au jour deux chasses, 'Loup' et 'Sanglier', d'après Desportes, ainsi que plusieurs autres œuvres, dont un portrait de Desportes et des figures de la comédie italienne. Larmessin a gravé un portrait en pied du sieur Vanloo, représentant Catherine Opalinska, Reine de Pologne. Ces estampes sont disponibles chez leurs respectifs graveurs et marchands.
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297
p. 942-943
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
Début :
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel de S. Poüange, ruë neuve des Petits Champt [sic], [...]
Mots clefs :
Tableaux, Dents, Broderies de Constantinople, Sieur Durand, Opiat, Gencives
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
AVIS aux Personnes curieuses d'excellens
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
Tableaux , & c.
Il y en a un actuellement à vendre au petit Hôtel
de S. Poüange , ruë neuve des Petits Champt ,
Original de Vendick , représentant un sujet de pieté,
composé de treize fignres grandes comme Nature..
Cette Piece a dix pieds de haut sur sept et demi delarge
, et a été trouvée admirable partous les Connoisseurs
qui l'ont déja vûë.
Le sieur Porlier , de la Societé des Arts , demeure
présentement au Caffé qui fait le coin de la rue
des Nonaindieres , au bout du Pont Marie à Paris.
Il continue avec succès les Broderies de Constanti
nople , et blanchit , par un secret à lui particulier ;
toutes les Etoffes brodées , brochées en or , argent et
en Soye , auxquelles il conserve les couleurs , fausse
ou fine. Il ne se sert point de Calendre; on peut
avoir recours à lui pour toutes ces sortes d'Etoffes
qui auront été mal blanchies Il dessine aussi pour
toute sorte de Broderie dans le goût des Indes.
L'altération qui vient aux dents , selon le sieur
Durand , ne procede que de la carie on de l'ébranlement.
La premiere entame et fait une perforation
douloureuse , qui jette dans la nécessité de les faire
arrar
MAY. 173 . 943
arracher ; l'autre moins sensible , mais d'un plus
grand progrès , est engendrée par l'exhalaison des
mauvais levains de l'estomach . Cette vapeur qui
s'éleve et qui se condense , fait le tartre qui attaque
Les dents par le pied et prend peu à pen la place des
gencives qui sont leurs bases . Il ne faut point s'étonner
si la négligence ou l'inattention fait que les
personnes , quoique fort jeunes , perdent leurs dents.
Quand elles branlent et que la gencive est rangée,
on est obligé de les faire tirer ; et en effet si elles
sont sorties de leurs alveoles , il n'y a plus de remede,
mais hors ce cas, le sieur Durand, reçû à S.Côme, a
joint à son experience et à sa dexterité pour tout ce
qui concerne son Art,la découverte d'un Opiat trèssalutaire
, puisqu'en rendant et conservant l'émail
des dents , elle produit la régeneration des gencives
et les deffend contre le tartre , entretenant leur blancheur,
leur beauté et leur assiette naturelle . Il n'y a
dit- il, ni abscès ni chancres qui résistent à la vertu
de cet Opiat ; il dissout même le sang grossier , dont
Les gencives sont souvent.abreuvées et qui cause
d'ordinaire de petits abscès entre deux dents ; ensorte
qu'on croit avoir une dent gâtée , on la fait tirer
at au lieu d'une on en perd deux , comme ledit sieur
Durand l'a vu arriver plusieurs fois . D'ailleurs cet
Opiat nourrit la gencive et l'empêche de se retirer ,
fortifiant la dent la plus vacillante , il est aussi un
préservatif des maux de dents et empêche que l'on
ne sente de la bouche.
Les Pots d'Opiat rouge , dit des Sultannes , sont
de trois livres et de six livres , il se transporte dans .
les Provinces les plus éloignées ; on donne par écrit
la maniere de s'en servir. Le sieur Durand sort le:
matin , et l'après midi on le trouve chez lui , rue
S. Honoré, vis-à- vis la Croix du Traboir , à la
Coupe d'or , avec Tableau..
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Résumé : AVIS aux Personnes curieuses d'excellens Tableaux, &c.
L'avis concerne la vente d'un tableau original de Vendick, représentant un sujet de piété avec treize figures grandeur nature. Cette œuvre, mesurant dix pieds de haut sur sept pieds et demi de large, a été jugée admirable par les connaisseurs. Le sieur Porlier, membre de la Société des Arts, réside au Café au coin de la rue des Nonaindières, au bout du Pont Marie à Paris. Il excelle dans les broderies à la manière de Constantinople et blanchit les étoffes brodées en or, argent et soie sans altérer les couleurs. Il propose également ses services pour les étoffes mal blanchies et dessine des broderies au goût des Indes. Le texte aborde également les problèmes dentaires. Selon le sieur Durand, les altérations dentaires proviennent de la carie ou de l'ébranlement. La carie cause des perforations douloureuses nécessitant l'extraction des dents, tandis que l'ébranlement, moins douloureux mais progressif, est dû aux exhalaisons des mauvais levains de l'estomac, formant du tartre qui attaque les dents. Durand, reçu à Saint-Côme, a découvert un opiat salutaire qui régénère les gencives, prévient le tartre et conserve la blancheur des dents. Cet opiat dissout également le sang grossier causant des abscès et prévient les maux de dents. Les pots d'opiat rouge, appelés des Sultannes, sont disponibles en poids de trois et six livres et peuvent être expédiés dans les provinces éloignées. Durand est joignable le matin et l'après-midi à son domicile rue Saint-Honoré, vis-à-vis la Croix du Traboir, à la Coupe d'or.
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298
p. 1187
« Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...] »
Début :
Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...]
Mots clefs :
Thomas Fantel de Lagny, James Thornhill, Société royale de Londres
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texteReconnaissance textuelle : « Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...] »
Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel
de Lagny , Avocat en Parlement , Pensionnaire .
veteran de l'Académie Royale des Sciences de
Paris pour la Géométrie , reçû en/1696. Membre
de la Societé Royale de Londres , et Commis à
la Bibliotheque du Roy pour la recherche des
Livres de Mathématique , connu par plusieurs
Ouvrages de Mathématiques , dont les titres sont
rapportez dans la Liste Chronologique de l'Aca
démie des Sciences de Paris , p. 374. tom. 2. de
l'Histoire de cette Académie.
On a appris de Londres , que le Chevalier
Thomas Thornhill , le meilleur Peintre d'Histoire
que l'Angleterre ait produit , mourut le
15. du mois dernier à sa Terre dans le Comté
de Dorset , âgé d'environ 57. ans.
de Lagny , Avocat en Parlement , Pensionnaire .
veteran de l'Académie Royale des Sciences de
Paris pour la Géométrie , reçû en/1696. Membre
de la Societé Royale de Londres , et Commis à
la Bibliotheque du Roy pour la recherche des
Livres de Mathématique , connu par plusieurs
Ouvrages de Mathématiques , dont les titres sont
rapportez dans la Liste Chronologique de l'Aca
démie des Sciences de Paris , p. 374. tom. 2. de
l'Histoire de cette Académie.
On a appris de Londres , que le Chevalier
Thomas Thornhill , le meilleur Peintre d'Histoire
que l'Angleterre ait produit , mourut le
15. du mois dernier à sa Terre dans le Comté
de Dorset , âgé d'environ 57. ans.
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Résumé : « Le 12. Avril mourut à Paris Thomas Fantel de Lagny, Avocat en Parlement, Pensionnaire [...] »
Le 12 avril, Thomas Fantel de Lagny, avocat et membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris, décéda à Paris. Il était également membre de la Société Royale de Londres et chargé de la recherche de livres de mathématiques à la Bibliothèque du Roi. Le chevalier Thomas Thornhill, peintre d'histoire, est décédé le 15 du mois précédent à l'âge de 57 ans.
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299
p. 1189-1190
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Hecquet, Graveur et Marchand Imager, informé que plusieurs personnes, soit Professeurs [...]
Mots clefs :
Sujets, Paris, Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testaments, Hecquet, Moyreau, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le sieur Hecquet , Graveur et Marchand Imainformé
ger , que plusieurs personnes , soit Professeurs
de College , ou Marchands d'Estampes
de Province , sont souvent embarrassez pour les
Sujets de Theses , ne sçachant à qui s'adresser à
Paris pour en avoir qui soient convenables et
bien conditionnées ; il croit devoir leur donner
avis qu'il est actuellement très bien assorti d'un
très- grand nombre de Planches de toutes sortes
de grandeurs et d'une très - belle execution pour
les Sujets propres aux Theses , tirez de l'Histoire
de l'Ancien et du Nouveau Testament , qu'il est
aussi en état de fournir quantité de Passe - partout
pour les Dédicaces , accompagnez d'ornemens
des plus gracieux.
Il vient de mettre au jour une Planche en ce
genre , qui a été generalement applaudie à la
Cour et à Paris ; c'est une Dédicace au Roy ,
dont voici la description : le Portrait de Sa
Majesté , très - ressemblant , gravé d'après le
Tableau de M. Vanloo , par M , Dautlé , occupe
le milieu de la composition . Il est environné des
principales Vertus qui caracterisent ce Monarque.
La Prévoyance, reconnoissab e par son Sceptre
, surmonté d'un oeil ouvert , paroît descendre
du Ciel pour soutenir le Portrait ; la Force le
supporte aussi , et cette Vertu est accompagnée
de la Sagesse et suivie de l'Abondance. Du côté
opposé l'on voit la Justice , la Temperance et la
I. Vol G Renom1190
MERCURE DE FRANCE
Renommée , publiant les grandes actions du Prin
ce ; son amour pour les Lettres et les Beaux-
Arts , est exprimé par des Livres et des Instru
mens , qui sont répandus à terre.
Le sieur Hecquer , offre d'envoyer à ceux qui
s'adresseront à lui , des épreuves de ces Sujets ,
avec les prix de chacun ; il croit pouvoir se flater
que l'on sera content pour le choix et pour
Pexecution . Il donnera toute l'attention possible
aux fournitures qu'on lui demandera. Son adresse
est à l'Image S. Maur , sur la Place de Cambray,
proche la Fontaine 6. Benoit , à Paris.
Le sieur Moyreau , qui travaille continuelle
ment à graver l'OEuvre de Wauvermans , vient
de mettre au jour la 13 ° Estampe qu'il a gravée
d'après cet excellent Peintre , c'est un Paysage
en large , sous le titre de la petite Chasse du
Cerf, dont le Tableau est dans le Cabinet de la
Comtesse de Verrue. Le sieur Moyreau , grave
actuellement son Pendant. Toutes ces Estampes
se vendent chez l'Auteur , rue Galande , vis- via
S. Blaise.
ger , que plusieurs personnes , soit Professeurs
de College , ou Marchands d'Estampes
de Province , sont souvent embarrassez pour les
Sujets de Theses , ne sçachant à qui s'adresser à
Paris pour en avoir qui soient convenables et
bien conditionnées ; il croit devoir leur donner
avis qu'il est actuellement très bien assorti d'un
très- grand nombre de Planches de toutes sortes
de grandeurs et d'une très - belle execution pour
les Sujets propres aux Theses , tirez de l'Histoire
de l'Ancien et du Nouveau Testament , qu'il est
aussi en état de fournir quantité de Passe - partout
pour les Dédicaces , accompagnez d'ornemens
des plus gracieux.
Il vient de mettre au jour une Planche en ce
genre , qui a été generalement applaudie à la
Cour et à Paris ; c'est une Dédicace au Roy ,
dont voici la description : le Portrait de Sa
Majesté , très - ressemblant , gravé d'après le
Tableau de M. Vanloo , par M , Dautlé , occupe
le milieu de la composition . Il est environné des
principales Vertus qui caracterisent ce Monarque.
La Prévoyance, reconnoissab e par son Sceptre
, surmonté d'un oeil ouvert , paroît descendre
du Ciel pour soutenir le Portrait ; la Force le
supporte aussi , et cette Vertu est accompagnée
de la Sagesse et suivie de l'Abondance. Du côté
opposé l'on voit la Justice , la Temperance et la
I. Vol G Renom1190
MERCURE DE FRANCE
Renommée , publiant les grandes actions du Prin
ce ; son amour pour les Lettres et les Beaux-
Arts , est exprimé par des Livres et des Instru
mens , qui sont répandus à terre.
Le sieur Hecquer , offre d'envoyer à ceux qui
s'adresseront à lui , des épreuves de ces Sujets ,
avec les prix de chacun ; il croit pouvoir se flater
que l'on sera content pour le choix et pour
Pexecution . Il donnera toute l'attention possible
aux fournitures qu'on lui demandera. Son adresse
est à l'Image S. Maur , sur la Place de Cambray,
proche la Fontaine 6. Benoit , à Paris.
Le sieur Moyreau , qui travaille continuelle
ment à graver l'OEuvre de Wauvermans , vient
de mettre au jour la 13 ° Estampe qu'il a gravée
d'après cet excellent Peintre , c'est un Paysage
en large , sous le titre de la petite Chasse du
Cerf, dont le Tableau est dans le Cabinet de la
Comtesse de Verrue. Le sieur Moyreau , grave
actuellement son Pendant. Toutes ces Estampes
se vendent chez l'Auteur , rue Galande , vis- via
S. Blaise.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le sieur Hecquet, graveur et marchand d'estampes, signale que des professeurs de collège et des marchands d'estampes en province rencontrent des difficultés à trouver des sujets de thèses appropriés à Paris. Il propose ses services, disposant de nombreuses planches de diverses tailles et d'une belle exécution, adaptées aux sujets de thèses tirés de l'Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il offre également des passe-partout pour les dédicaces, accompagnés d'ornements gracieux. Hecquet a récemment publié une planche de dédicace au Roi, acclamée à la Cour et à Paris, représentant le portrait du Roi entouré des principales vertus du monarque. La dédicace met en avant l'amour du Roi pour les lettres et les beaux-arts. Hecquet propose d'envoyer des épreuves de ces sujets avec les prix correspondants et assure une attention particulière aux demandes de fournitures. Son adresse est à l'Image Saint-Maur, sur la Place de Cambray, proche la Fontaine Saint-Benoît, à Paris. Par ailleurs, le sieur Moyreau, graveur de l'œuvre de Wauvermans, a publié la 13e estampe intitulée 'La petite Chasse du Cerf', d'après un tableau du cabinet de la Comtesse de Verrue. Moyreau grave actuellement le pendant de cette estampe. Toutes ces estampes sont disponibles chez l'auteur, rue Galande, vis-à-vis Saint-Blaise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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300
p. 1378-1384
CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
Début :
Nous avons été instruits un peu tard de cette cérémonie ; mais [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Bordeaux, Statue du roi, Roi, Ville, Place royale, Écuyer, Statue, Sous-maire, Médailles
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texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
CEREMONIE faite à Bordeaux ;
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
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Résumé : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
En 1733, une cérémonie a été organisée à Bordeaux pour la pose de la première pierre du piédestal d'une statue équestre du roi. Cette cérémonie, dont le procès-verbal est conservé aux archives de l'Hôtel de Ville, a été orchestrée par plusieurs dignitaires, notamment le sous-maire Joseph de Segur et l'intendant Claude Boucher. La ville de Bordeaux, située à l'embouchure de la Garonne, a entrepris cette construction pour honorer le roi et embellir la ville. La statue, en bronze, a été réalisée par M. Lemoine de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. La cérémonie a commencé par une procession suivie de salves d'artillerie. Un coffre contenant des médailles commémoratives a été enterré sous la première pierre. Ces médailles, gravées par M. Duvivier, représentent la nouvelle Place Royale et la statue équestre du roi. La cérémonie s'est conclue par un feu d'artifice et des distributions d'argent au peuple. Cette initiative visait à célébrer la royauté et à marquer l'importance de Bordeaux dans le royaume.
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