Résultats : 1588 texte(s)
Détail
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751
p. 2007
SUÈDE.
Début :
On écrit de Stokolm que le 16. Juillet, vers les dix heures du soir, le Roy après avoir [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Stockholm, Commerce des Indes orientales, Naturalisés
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texteReconnaissance textuelle : SUÈDE.
SUEDE.
>
>
N écrit de Stokolm que le 16. Juillet , vers
les dix heuresdu soir
le Roy après avoir
soupé avec la Reine , partit pour Cassel , prenant
sa route par Warbi , Nickoping et Norkoping
pour aller s'embarquer à Isted. La suite de S. M.
est de 190. personnes , du nombre desquelles
sont le Lieutenant General Verson , l'Amiral
Taube , les Majors Generaux Ocrensted , Diering
, et Bubembourg , Mr. de Dubem , Grand-
Maréchal de la Cour Mr. Wechel Grand
Ecuyer , &c.
> >
On a publié les Lettres Patentes accordées par
de Roy auCommissaire Konig et à sa Compagnie,
pour faire pendant quinze ans le commerce des
Indes Orientales dans tous les Ports situés audelà
du Cap de Bonne-Esperance , excepté dans
ceux où les Puissances d'Europe ont des Comptoirs
ou des Etablissemens. Ceux qui voudront
prendre part à ce commerce doivent être nés
dans le Royaume , ou naturalisés Suedois.
>
>
N écrit de Stokolm que le 16. Juillet , vers
les dix heuresdu soir
le Roy après avoir
soupé avec la Reine , partit pour Cassel , prenant
sa route par Warbi , Nickoping et Norkoping
pour aller s'embarquer à Isted. La suite de S. M.
est de 190. personnes , du nombre desquelles
sont le Lieutenant General Verson , l'Amiral
Taube , les Majors Generaux Ocrensted , Diering
, et Bubembourg , Mr. de Dubem , Grand-
Maréchal de la Cour Mr. Wechel Grand
Ecuyer , &c.
> >
On a publié les Lettres Patentes accordées par
de Roy auCommissaire Konig et à sa Compagnie,
pour faire pendant quinze ans le commerce des
Indes Orientales dans tous les Ports situés audelà
du Cap de Bonne-Esperance , excepté dans
ceux où les Puissances d'Europe ont des Comptoirs
ou des Etablissemens. Ceux qui voudront
prendre part à ce commerce doivent être nés
dans le Royaume , ou naturalisés Suedois.
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Résumé : SUÈDE.
Le 16 juillet, le roi de Suède quitta Stockholm pour Cassel, accompagné de 190 personnes, dont des dignitaires militaires et civils. Il accorda des Lettres Patentes au commissaire Konig pour commercer dans les Indes Orientales pendant quinze ans, excluant les ports européens au-delà du Cap de Bonne-Espérance. Les commerçants doivent être nés ou naturalisés Suédois.
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752
p. 2012-2013
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le 14. du mois dernier, le Roy donna Audience publique [...]
Mots clefs :
Séville, Roi de Maroc, Trône, Oran, Tanger, Cadix, Escadre
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
mande de Seville que fe 14. du mois
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
dernier, le Roy donna Audience publique
à Muley - Hamet , Prince Maure , fils de Muley-
Bonfar et Neveu de Muley- Ismael : ce Prince
qui est un des prétendans à la Couronne du Feu
Roy de Maroc, a demandé un secours pour remonter
sur le Trône de ses ancêtres , en promettant
de ceder à S. M. Cath. les Villes d'Oran
et de Tanger , et quelques autres Places le long
de la Mer. Après l'Audience du Roy , il eut Audience
de la Reyne , du Prince , de la Princesse
des Assuries et des Infans , qui le reçurent avec
beaucoup d'accueil .
Le 28. de Juin , il arriva à Seville un Ambassadeur
de Muley- Abdallah , actuellement Roy
de Maroc , au nom duquel il est chargé de faire
au Roy des propositions fort avantageuses pour
détourner S. M. d'accorder du secours au Prince
Maure dont on vient de parler.
Le Roy a fait demander à la Chambre du
Commerce de Cadix un emprunt de 1100. mille
pieces de huit , avec promesse de faire délivrer
incessamment le reste des Effets de la Flotille.
On a publié une Ordonnance du Roy dans
les Ports d'Espagne , par laquelle S M. Cath
déclare que tous les effets appartenants à des ALgeriens
qu'on trouvera sur des Vais caux por
tant Pavillon Anglois , seront confisqués , le
Roy d'Espagne ne voulant pas permettre que les
Negocians d'Alger puissent faire aucun commerce
dans ses Etats directement ny indirectement.
2.
Qn
༢ །།
A O UST. 1731. 2013
On écrit de Cadix que le 14, Juillet , les trois
Vaisseaux de Guerre et la Fregate commandés
par le Chef d'Escadre Don Rodrigue de Torres ,
étoient arrivés de la nouvelle Espagne , et en
dernier lieu de la Havane , avec une charge très
considerable, qu'on fait monter à trois milions
sa mille , 888. Pieces de huit , sans comprendre
les autres marchandises qui sont pour
compte du Roy et pour celui des Negocians interessés
dans cette Flotille. Ces Vaisseaux avoient
été joints à quelques heues de la Baye de Cadix
par le Comte de Clavijo qui croisoit avec son
Escadre à la hauteur du Cap de S. Vincent et de
Sainte Marie.
L'Escadre du Roy , à laquelle doit se joindre
PEscadre Angloise qu'on attend à Cadix , sera
de 10. Vaisseaux de Guerre: Les Regimens qui
doivent composer les 6000 : hommes que S. M.-
envoye en Italie sont nommés; le Comte de Charny,
Lieutenant - General des Armées du Roy, doit.
les commander ; le Duc de Castro Pignano let
Marquis d'Hautefort et deux autres Officiers
Generaux serviront sous lui en qualité de Marechaux
de Camp
La nuit du 21. au 2. on essuya une Tempte
terrible du côté de Palencia , où le Tonnerre
tomba sur le Convent de la Sainte Epine,, de
P'Ordre de Citeaux , et mit le feu à plusieurs
endroits de ce Monastere , qui fut consumé par
les flammes en moins de deux heures. Les Religieux
qui furent obligés de se sauver à moitié
habillés , n'eurent que le temps d'emporter avec
eux le S. Sacrement et la Sainte Epine , qu's .
mirent en dépot dans un Hermitage des en
virons ,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 14 du mois précédent, le roi d'Espagne a reçu Muley-Hamet, prince maure et prétendant au trône du Maroc, qui a sollicité un soutien pour récupérer son trône en échange de la cession des villes d'Oran et de Tanger. Muley-Hamet a également été accueilli par la reine et les membres de la famille royale. Le 28 juin, un ambassadeur de Muley-Abdallah, roi actuel du Maroc, est arrivé à Séville pour proposer des offres au roi d'Espagne afin de dissuader son soutien à Muley-Hamet. Le roi a demandé un emprunt de 1 100 000 pièces de huit à la Chambre du Commerce de Cadix et a publié une ordonnance royale pour confisquer les effets algériens trouvés sur des vaisseaux anglais. Le 14 juillet, trois vaisseaux de guerre et une frégate sont arrivés à Cadix avec une cargaison évaluée à trois millions et 888 pièces de huit. L'escadre royale, renforcée par l'escadre anglaise, comptera 10 vaisseaux de guerre. Les régiments envoyés en Italie seront commandés par le comte de Charny et d'autres officiers généraux. Le 21 juillet, une tempête a détruit le couvent de la Sainte-Épine à Palencia.
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753
p. 2014
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 17. Juillet, le Chevalier Charles Wager partit des Dunes pour aller joindre le reste [...]
Mots clefs :
Escadre, Vaisseaux de guerre, Traité de Séville
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
E17 Juillet , le Chevalier Charles Wager
Lpartit des Dunes pour aller joindre le reste
de l'Escadre qu'il commande à Spithead , d'où
il partit le 27. à la pointe du jour . L'Escadre est
composée de 13. Vaisseaux de Guerre . On la vit
passer le 30. à la hauteur du Port de Falmouth.
Le 1. de ce mois , un Méssager d'Etat dépê
ché par M. Robinsson , Ministre Plenipotentiaire
du Roy auprés de l'Empereur , arriva de
Vienne à Hamptoncourt , avec la Copie d'un
Traité signé à Vienne le 22. de Juillet entre les
Ministres de l'Empereur et ceux du Roy d'Espagne
et de S. M. Brit. pour l'éxecution des Engagements
pris par le Traité de Seville , et par
le dernier Traité de Vienne , concernant la succession
de l'Infant Don Carlos aux Etats de
Toscane et de Parme.
E17 Juillet , le Chevalier Charles Wager
Lpartit des Dunes pour aller joindre le reste
de l'Escadre qu'il commande à Spithead , d'où
il partit le 27. à la pointe du jour . L'Escadre est
composée de 13. Vaisseaux de Guerre . On la vit
passer le 30. à la hauteur du Port de Falmouth.
Le 1. de ce mois , un Méssager d'Etat dépê
ché par M. Robinsson , Ministre Plenipotentiaire
du Roy auprés de l'Empereur , arriva de
Vienne à Hamptoncourt , avec la Copie d'un
Traité signé à Vienne le 22. de Juillet entre les
Ministres de l'Empereur et ceux du Roy d'Espagne
et de S. M. Brit. pour l'éxecution des Engagements
pris par le Traité de Seville , et par
le dernier Traité de Vienne , concernant la succession
de l'Infant Don Carlos aux Etats de
Toscane et de Parme.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 17 juillet, le Chevalier Charles Wager quitta les Dunes pour rejoindre son escadre à Spithead. Le 30 juillet, cette escadre de 13 vaisseaux fut aperçue au large de Falmouth. Le 1er août, un messager apporta à Hampton Court un traité signé à Vienne le 22 juillet entre l'empereur, le roi d'Espagne et le roi de Grande-Bretagne. Ce traité concernait la succession de l'Infant Don Carlos aux États de Toscane et de Parme.
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754
p. 2014-2015
HOLLANDE ET PAYS-BAS.
Début :
Le Duc de Lorraine partit de Bruxelles le 23. Juillet , il arriva le même jour à Namur, [...]
Mots clefs :
Duc de Lorraine, Fortifications
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texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS-BAS.
HOLLANDE ET PAYS-BAS.
E Duc de Lorraine partit de Bruxelles le
L23. Juillet , il arriva le même jour à Namur,
où il fut receu par le Géneral de Colliard qui
lui fit voir toutes les fortifications de la Ville er
du Chateau dont il est Commandant.
Le 25. quelques Bourgeois montés sur des
Echasses fort élevées , donnerent au Duc de
Lorraine le divertissement d'un combat : ce Prince
parut y prendre beaucoup de plaisir , et fit
aux Bourgeois un present considerable.
Le 26. ce Prince en partit pour Charleroy
d'où il ira à Mons , à Ath, à Tournay , à Oudenarde
, à Courtray , à Menin , à Ypres , à Furwit
nes
A OUS T. 1731. 2015
nes , à Nieuport, à Ostende , à Bruges , à Gand,
et à Anvers.
E Duc de Lorraine partit de Bruxelles le
L23. Juillet , il arriva le même jour à Namur,
où il fut receu par le Géneral de Colliard qui
lui fit voir toutes les fortifications de la Ville er
du Chateau dont il est Commandant.
Le 25. quelques Bourgeois montés sur des
Echasses fort élevées , donnerent au Duc de
Lorraine le divertissement d'un combat : ce Prince
parut y prendre beaucoup de plaisir , et fit
aux Bourgeois un present considerable.
Le 26. ce Prince en partit pour Charleroy
d'où il ira à Mons , à Ath, à Tournay , à Oudenarde
, à Courtray , à Menin , à Ypres , à Furwit
nes
A OUS T. 1731. 2015
nes , à Nieuport, à Ostende , à Bruges , à Gand,
et à Anvers.
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Résumé : HOLLANDE ET PAYS-BAS.
Le duc de Lorraine visita Namur le 23 juillet, accueilli par le général de Colliard. Il assista à un combat sur échasses le 25 juillet et partit pour Charleroi le 26 juillet. Son itinéraire incluait ensuite Mons, Ath, Tournai, Oudenarde, Courtrai, Menin, Ypres, Furnes, Nieuport, Ostende, Bruges, Gand et Anvers.
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755
p. 2086-2104
EXTRAIT d'une Lettre contenant la Relation de la défaite des Natches (a) par M. Perier, Commandant General à la Loüisianne, au mois de Janvier 1731.
Début :
Notre General jugeant qu'il étoit necessaire avant de rien entreprendre, [...]
Mots clefs :
Défaite, Chactas, Natches, Louisiane, Traités de commerce et d'alliance, Guerre, Détachement des troupes de la Marine, Sauvages, Rivière-Rouge, Embuscades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre contenant la Relation de la défaite des Natches (a) par M. Perier, Commandant General à la Loüisianne, au mois de Janvier 1731.
EXTRAIT d'une Lettre contenant la
*
Relation de la défaite des Natches (a)
par M. Perier, Commandant General à
la Louisianne , au mois de Janvier 1731 .
No
,
Otre General jugeant qu'il étoit ne
cessaire avant de rien entreprendre ,
de s'éclaircir avec les Chactas , Nation
Sauvage la plus considerable de la Loüisianne
sur les differens bruits qui s'étoient
répandus de leur mauvaise volonté
pour nous , se rendit à la Mobile , Fort
occupé par les Françóis , à la Côte de l'Est
de la Louisianne , où il avoit fait avertir
leurs Chefs de se rendre dans les premiers
jours de Novembre , et les ayant trouvez
bien disposez , il renouvella en la manie◄
re ordinaire , les Traitez de Commerce et
d'Alliance que nous avons depuis longtemps
avec eux , et leur proposa de re
connoître pour Grand- Chef de la partie
du Ouest , qu'on appelle Bas- Chacra , le
Chef des Castacha , Village de la mêmę
( a ) C'est une Nation Sauvage , qui au mois
de Decembre 1729. massacra les François qui
étoient établis auprès d'elle , quoiqu'elle fût en
paix avec eux.
Nation,
SEPTEMBRE. 1731 2087
Nation. Ils l'accepterent avec plaisir et
promirent de nous renvoyer le reste des
Negres qu'ils avoient pris sur les Natches
, et de payer tout ce qu'ils devoient
aux François , avec lesquels ils avoient
négocié. Ils lui demanderent ensuite d'aller
en guerre contre les Natches , mais i'
leur répondit seulement qu'il les feroit
avertir s'il avoit besoin d'eux , étant bien
résolu de ne s'en pas servir pour les tirer
de l'erreur où ils étoient , que nous ne
pouvions nous passer de leur secours , et
que sans leur appui nous serions obligez:
d'abandonner nos établissemens.
Après les avoir renvoyez chez eux
il partit pour la nouvelle Orleans , où il
arriva le 13. Novembre 1730. il y trouva
M. de Salvert son frere , Lieutenant de
Vaisseau , commandant un Détachement
des Troupes de la Marine , très - avancé
dans les préparatifs dont il l'avoit chargé
pour aller attaquer les Natches. L'Equipage
du Vaisseau du Roi , qu'il commandoit
, y avoit travaillé fort utilement , et
on peut assurer que sans lui nous n'eussions
pas été si-tôt prêt à marcher contre
l'Ennemi .
Le 9. Decembre M. de Salvert partit à
la tête du Détachement de la Marine ,
qui formoit un petit Bataillon , il avoit
ordre
2088 MERCURE DE FRANCE
ordre d'attendre au Village de Carlestin
Habitations françoises , situées à environ
15. lieües au-dessus de la nouvelle Orleans
, en montant le Fleuve , le General
qui le joignit le 13. avec les Troupes de
la Colonie et les Munitions de guerre.
Le 14. ils marcherent ensemble jus
qu'aux Bayagoulas , où ils resterent quatre
jours pour attendre le Détachement
des Milices du Pays , commandé par M. de
Benac , Officier retiré du Service , qui
s'est établi dans la Colonie , et les grands
Bateaux chargez de vivres qui ne pou
voient suivre..
Le General avoit divisé ses forces en
trois Corps , pour éviter toute tracasseric
et donner plus d'émulation . Le premier
étoit commandé par M. de Salvert ; il
étoit composé de iso . Soldats de la Marine
et d'environ 40. hommes de son
Equipage . Le second étoit commandé par
le Baron de Crenay , Lieutenant - Colo❤
nel , et étoit composé d'un Détachement
de 150. hommes des Troupes de la Co-
Ionie ; et le troisième étoit commandé par
le sieur de Benac , et étoit composé de
120. habitans qui s'étoient offerts d'aller
à la guerre
.
Le 22. tout étant rassemblé , on se mit
en marche et on fat coucher à Manchac
où
SEPTEMBRE. 1731. 2089
ù le sieur de Laye , Habitant , attendoit
le General , il lui dit que s'il vouloit se
servir des Sauvages Tonnicas , petite Nation
située sur les bords du Fleuve ,
environ 70. lieuës au - dessus de la nouvelle
Orleans , en suivant le Fleuve , il
étoit necessaire qu'il se rendît lui -même
chez eux pour les faire marcher ; ce qu'il
fit en laissant la conduite de la petite
armée à M. son frere , qui malgré la
neige et le verglas , le joignit aux Tonnicas
le 27.
Le 28. il continua sa marche jusqu'à
l'entrée de la Riviere Rouge , (a ) où étoit
le rendez - vous general. Le Vaisseau le
Prince de Conty , sur lequel on avoit fai ■
faire des Fours , y arriva le même jour.
Le General fut obligé de rester jusqu'au .
3. de Janvier aux Tonnicas pour leur
faire achever leurs préparatifs de guerre ,
ils étoient d'autant plus lents , que la
peur les avoit saisis sur la nouvelle qu'ils
venoient d'apprendre que le sieur de Coulange
, ( Canadien , frère d'un Officier des
Troupes de la Colonie , et fils du sieur
de Livilliers , Officier des Troupes de Ca
nada , ) qui avoit été envoyé dans une
grande Pirogue , armée de zo. hommes :
(a) A 9. lieues au- dessus du Village des Tonnicas
, situé à present au portage de la Croix .
grande
2090 MERCURE DE FRANCE
volontaires Sauvages , et Negres libres ,
pour faire porter les ordres du General
aux Arkansas , avoit été attaqué à quelques
journées de chez eux par les Natches , qui
lui avoient tué ou blessé la moitié de ses
gens , parmi lesquels les sieurs de la Touche
,Beaulieu et Cochart, ( le premier, Gen--
tilhomme Breton ; le second , Officier de
Marine de la Compagnie , ) ont eu le
malheur de se trouver au nombre des
morts. Le sieur de Coulange y reçût deux
coups de fusil , dont un au travers du
été mortel. Cette accorps
, qui n'a pas
tion , qui ne décidoit de rien , avoit cependant
si fort abattu le courage de nos
Sauvages , qu'il ne s'en trouva que iso .
des plus braves à l'Armée , les autres s'étant
retirez peu à peu sous differens pré
textes.
Le 4. Janvier , le General joignit l'Ar
mée à la Riviere Rouge , où il trouva les
Détachemens des Garnisons des Natches
et Natchitoches (a) arrivez , et la division
des Habitans , partie pour se montrer à
la hauteur des Natches , (b) afin de faire
(a) Forts François qui portent le nom des Na→
tions Sauvages auprès desquelles ils ont éte cons
truits.
(b) C'est la Nation même qui depuis qu'elle se
vit menacée d'être châtiée par les Frauçois , aban--
croire
SEPTEMBRE . 1731. 209%
croire à leurs découvreurs s'ils nous rencontroient
, que notre intention étoit de
les aller attaquer par le Fleuve , quoique
notre parti fût pris , d'aller par la Riviere
Rouge.
Le 11. l'Armée entra dans cette Riviere
pour chercher l'Ennemi , car nous n'avions
pû sçavoir depuis 9. mois l'endroit
positif où les Natches avoient fait leur
Fort , quoique le General y eût envoyé
zo . Partis differens , tant forts que foi
bles ; ensorte que ce ne fut que sur le
peu de connoissance qu'il avoit tirée d'un
enfant de 12 à 13. ans , qui avoit deserté
de cette Nation , qu'il se hazarda à l'aller
- chercher , contre le sentiment general des
Sauvages , vers la Riviere Rouge , dans ,
des Pays marécageux et coupez , jusques
là inconnus à nos Sauvages du Fleuve .
Cependant l'Armée guidée par l'esperance
et encouragée par son General dans
les peines inexprimables que le mauvais
temps et la difficulté du Pays, lui faisoient
souffrir , se trouva le 19. sans le sçavoir ,
précisement à une lieuë du Fort de Valeur
, c'est le Fort de la Nation Natches.
donna le lieu de sa demeure ordinaire et se transporta
dans un autre endroit qu'elle croyoit inconnu
à tous autres Sauvages et inaccessibles aux
François.
Le
2092 MERCURE DE FRANCE
Le General prenoit toutes sortes de me
sures pour éviter les embuscades qu'il
étoit aisé de nous dresser , y ayant apparence
que les Ennemis sçavoient notre
marche , puisque le 18. quelques - uns de
nos Sauvages qui étoient allez à la découverte
, ( car ils s'étoient un peu rassurez
par l'exemple des François qu'ils voyoient
marcher courageusement par terre ) étant
venus avertir qu'ils avoient appefçû un
. Parti de Natches à deux lieuës au - dessous
de nous , de l'autre côté de la Riviere,
le General y envoya un Détachement de
François et de Sauvages , pour tâcher de
le surprendre , mais on ne put y réussir
par la jalousie de six Sauvages Houmas ;
qui tirerent dessus avant que nos gens
fussent arrivez ; ensorte que ce Parti prie
la fuite et s'éloigna en peu de temps. Si
nous avions pû l'attaquer , on se flattoit
de pouvoir faire quelque prisonnier et
d'apprendre des nouvelles positives du
lieu où la Nation s'étoit retirée .
Nous restâmes le 19. dans la même in
quietude , quoique nos Sauvages vissent
encore plusieurs Natches , dont ils tuerent
un homme et une femme , mais le
20. le General ayant envoyé à la découverte
un Parti d'Habitans et de Sauvages,
soutenus par les Compagnies de Mrs de
la
S
SEPTEMBRE. 1731. 2093
la Giroüardiere et de Lusser ; le premier
Capitaine d'une Compagnie de la Marine,
l'autre Capitaine d'une Compagnie des
Troupes de la Colonie. On vint lui dire
une demie heure après leur départ qu'ils
se trouvoient dans un chemin battu ;
aussi-tôt on ne douta point que ce ne fût
celui du Fort , et on se prépara à marcher.
Le General fit monter les Bateaux vis-àvis
cet endroit , et ayant ordonné au Baron
de Crenay d'y rester avec 100. hommes
, il se tenoit prèt à marcher avec
M. Salvert , pour aller investir le Fort
dès qu'il en auroit quelque nouvelle. A
peine les Bateaux et Pirogues furent- ils
arrivez l'on entendit la Mousqueteque
rie du Fort et celle des Escarmoucheurs
du Détachement qui avoit toûjours suivi
le chemin battu ; dans l'instant on marcha
et on rencontra les sieurs Marin et
Outlas , qui venoient dire que nos gens
avoient trouvé le Fort , nous y arrivâmes
en une heure de marche par un Pays
tout couvert de bois ; dès que nous
l'apperçûmes , le General fit battre aux
champs . A ce bruit les Tonnicas se sentant
soutenus , attaquerent quelques Cases
aux environs du Fort , d'où ils chasserent
les Natches et y mirent le feu."
Pendant ce temps M. de Salvert marcha
pan
094 MERCURE DE FRANCE
1
35.
la droite avec partie des Troupes
par
et le General par la gauche pour rejoindre
Mrs de la Giroüardiere et de Lusser,
Il les trouva qui s'étoient avancez à
toises du Fort , à la faveur de plusieurs
arbres , où ils resterenr jusqu'à ce qu'il
leur dit de venir se mettre derriere une
butte qui étoit à 120. toises du Fort , lieu
qui lui étoit très- favorablement situé pour
mettre une partie de notre Camp à cou
vert. Il fut aussi - tôt joindre M. de Salvert
, et ils passerent ensemble une petite
Riviere ou gros Ruisseau , auprès duquel
les Natches avoient construit leur Fort ;
ils étoient suivis par les Compagnies de
Dartaguette et de Sanzei , la premiere
de la Colonie , l'autre , de la Marine. Ils
rangerent ce Fort de très-près , à la faveur
de quelques Cabanes , et après avoir
reconnu le terrain , ils firent l'un et
l'autre le tour du Fort par les derrieres
jusqu'à la butte dont on vient de parler,
et ils convinrent d'y établir le Quartier
general , par rapport à la facilité qu'il y
avoit de recevoir là nos besoins qui venoient
du bord de la Riviere , sans que
l'on fût obligé de passer le Ruisseau.
Le 21. le General envoya ordre au Baron
de Crenay de venir le joindre pour
commander l'attaque de la gauche , et le.
même
SEPTEMBRE. 1731 2095
même jour il fit arborer un Drapeau blanc
pour demander aux Sauvages qu'ils eussent
à lui remettre des Negres qu'ils
avoient pris ; ils tirerent sur le Drapeau
en disant à l'Interprete qu'ils ne vouloient
pas parler à des chiens comme nous.
Sur les deux heures un de nos Mortiers
de bois arriva. ( a) On jetta sur le champ
quelques Grenades Royales , dont deux
tomberent dans le Fort , sur une de leurs
maisons et y mit le feu. Après qu'elles
eurent crevé , nous entendîmes de grands
cris et des pleurs de femmes et d'enfans,'
ce qui nous fit redoubler notre feu de
Mousqueterie et de double Grenade , mais
malheureusement nos Mortiers furent
trop tôt hors de service par les cercles
qui manquerent.
A 5. heures et demie du soir , les Natches
firent une sortie sur un de nos Postes, oùil
y avoit 15. hommes retranchez derriere un
gros arbre qui n'étoit qu'à 20 toises du
Fort ; ils le prirent à revers et tuerent un
Grenadier de la Marine, Un Sergent des
Troupes de la Colonie y reçut un coup
de fusil qui lui perça les deux épaules.
Dès que nous eûmes connoissance de
(a) C'étoit des Mortiers portatifs , que le sieur
Baron , Ingenieur , avoit inventez , ils étoient
faits d'un bois fort dur , et çerçlez de fer.
cette
20961 MERCURE DE FRANCE
cette sortie , nous crûmes que les Ennemis
alloient tenter de se sauver dans les
Bois par l'intervale du Camp des Habitans
au nôtre , ce qui détermina M. Salvert à
prendre la Compagnie de Lusser , pour
les couper. Mais voyant qu'ils n'en vouloient
qu'à notre Poste , il donna dessus
avec quelques Habitans et les obligea de
rentrer avec précipitation dans leur Fort.
Dans cette Action le sieur Dehaye ,
Capitaine de Milice , reçut deux coups.
de fusil , et un Negre fut tué.
A 8. heures du soir , quoique le tems
fût très- mauvais , le General fit ouvrir de
son côté la Tranchée à 30. toises du Fort,
et nous ne la poussâmes qu'à 15. toises,
faute de Gabions.
Le 22. on fit venir le Canon et le der
nier Mortier ; nous en tirâmes quelques
coups sur la fin du jour en redoublant
le feu de notre Mousqueterie , qui ne discontinua
point toute la nuit.
Avant que de continuer le travail de
la Tranchée , le General fit visiter sur le
soir une maison forte , qui enfiloit nos
travaux ; il envoya un Officier avec 12 .
Grenadiers et autant de Sappeurs armez
pour s'en emparer , mais ils furent repoussez
par le feu des Ennemis , qui étoit
extrémement vif. M. de Salvert y accou
rug
SEPTEMBRE. 1731. 2097
rut ; et se mettant à la tête des Assaillants
, il recommença si vivement l'attaque
, qu'en un quart d'heure il força l'Ennemi
d'abandonner la maison . Il trouva
que c'étoit une espece de redoute à l'épreuve
du coup de fusil , avec des meurtrieres
tout autour ; il la fit garder , jugeant
qu'elle serviroit bien à deffendre la
tête de notre Tranchée.
En effet le 23. nous poussâmes trèsvigoureusement
le travail de la Tranchće,
à la faveur de cette redoute , de façon que
le General comptoit achever le lendemain
la communication de ses Travaux avec
ceux de M. le Baron de Crenay , qui de
son côté travailloit aussi avec beaucoup
de vigueur.
Le 24. les Natches voyant que nous
les serrions de fort près , et se trouvant
fort incommodez par nos doubles Grenades
et par le Canon , ( quoique notre
petite Artillerie ne tirât que de loin en
Loin , ) ( a ) arborerent un Drapeau blanc
7. heures du matin , et nous envoyeà
(a ), Ils avoient bien trouvé le secret de se garantir
du Canon et de la Mousqueterie , en faisant
des trous en terre , dans lesquels te tenoient
leurs femmes et leurs enfans , et où ils se reposoient
eux-mêmes , mais ces trous étant ouverts
par le haut , les Grenades ou leurs éclats qui y
tomboient y causoient beaucoup de desordre.
C rent
2098 MERCURE DE FRANCE
rent un Sauvage qui parloit un peu François.
Le General lui dit qu'il ne les écouteroit
point qu'ils ne lui eussent renvoyé
tous les Negres qui étoient dans le Fort.
Ce Député retourné , on vit arriver avec
lui un moment après 19. Negres et une
Negresse , qui rapporterent que six autres
Negres étoient à la Chasse avec des Natches
, et que le reste avoit été tué. Le General
dit au même Sauvage qu'il ne vou
loit donner sa parole sur rien qu'il n'eût
les Chefs de sa Nation dans son Camp ;
après quoi il le renvoya.
Il vint ensuite un autre Sauvage nommé
S. Côme , (a) mais il le renvoya aussi
sans l'entendre , en lui disant , que si le
Grand - Chef, celui de la Farine et lui (b)
ne venoient pas bien - tôt ensemble , il-fe-
(a ) Quand les Sauvages sont bien avec les
François , ils se font honneur de prendre des
noms que ceux- cy portent.
(b) Avant que cette Nation eût frappé les François
, elle étoit divisée en 5. Villages , le premier
nommé la Valeur ; le 2. la Farine ; le 3 ° . la
Pomme ; le 4. les Gris , et le se . le grand Village
.Chaque Village avoit son Chef, et cependant
tous étoient soumis à un Grand - Chef , et tous
ces Chefs particuliers s'appelloient Soleil par Excellence
; ces Sauvages ayant une dévotion toute
particuliere pour cet Astre , en l'honneur duquel
ils entretenoient un feu perpetuel.
ne
SEPTEMR E. 1731. 2099
-
roit recommencer à tirer sur eux . Malgré
le mauvais temps ils se rendirent à
notre Camp sur les 4. heures du soir ; on
les conduisit au General ; ils l'aborderent
avec toutes les façons qui parmi eux peuvent
marquer le repentiret la soumission,
et ils dirent qu'ils ressentoient la grandeur
du crime qu'ils avoient commis ,
qu'ils n'osoient demander la vie , mais
qu'ils s'estimeroient heureux en mourant,
si on vouloit l'accorder à leurs femmes
et à leurs enfans.
Le General leur répondit qu'il la donneroit
à tous ceux de la Nation , même
aux hommes qui se rendroient à lui le
lendemain , mais que passé ce jour là , il
feroit bruler ceux qui ne profiteroient
pas de la grace qu'il vouloit bien leur
faire ; ils répliquerent que sa résolution
étoit juste. Cependant à minuit le Chef
de la Farine , qui étoit dans une Tente
gardée par 12. hommes , tant François
que Sauvages des plus alertes , doutant
de la parole du General , se sauva à la faveur
de la nuit , qui étoit la plus obscure
que l'on ait jamais vûë , et du temps effroyable
qu'il faisoit , la pluye tombant
si furieusement , qu'il falloit être Sauvage
et craindre le bucher pour tenir dehors ;
on tira sur lui sans l'atteindre.
Cij Le
2100 MERCURE DE FRANCE
Le 25. quoique le temps continuât d'être
mauvais , ( ce qui nous incommodoit
extrémement ) la femme du Grand- Chef
et sa Famille , sortirent le matin du Fort
avec 450. femmes ou enfans , et vinrent
se rendre. A l'égard des hommes , ils ne
venoient que l'un après l'autre , ensorte
que le soir il en restoit encore dans le
Fort environ 20. qui demanderent qu'on
les laissât jusqu'au lendemain , ce qui leur
fut accordé , parce que le temps ne permettoit
pas de les aller prendre. Nous
étions alors entre deux eaux ; car là pluye
ne cessa que vers les 9 , heures du soir. A
8. he es , presque tous ceux qui étoient
restez dans le Fort s'évaderent. Le quartier
des Habitans s'en apperçut ,
fut impossible ni de tirer sur eux un seul
coup de fusil , ni de les faire poursuivre
par nos Sauvages , l'eau du Ciel nous ayant
réduits en tel état que nos gens ne pouvoient
ni marcher , ni faire usage de leurs
armes. Cependant la pluye ayant cessé
nous entrâmes dans le Fort , où nous
trouvâmes seulement deux hommes et
une femme , et nous apprîmes que ceux
qui s'étoient enfuis , étoient au nombre
de 16. hommes et de 4. femmes.
mais il
Le General fit ensuite le recensement
de ses Prisonniers qu'il avoit résolu pour
l'exemple
SEPTEMBRE. 1731. zioł
;
l'exemple d'envoyer dans une autre Colonie
pour y être vendus comme Esclaves
; et voyant qu'il ne se trouvoit que
45. hommes , il demanda ce que les autres
étoient devenus , parce que cette Nation
devoit être forte d'envirom 500. Guerriers
,lorsqu'elle surprit le Poste François .
le principal d'entr'eux dit qu'ils avoient
perdu du monde dans cette malheureuse
Action , qu'ensuite les Partis des Nations
Sauvages qui sont dans notre Alliance ,
les ayant attaquez en differens endroits ,
et nous-mêmes les ayant assiegez dans
leurs anciens Forts , ils y avoient encore
fait de grandes pertes que depuis s'étant
venus établir dans l'endroit où nous venons
de les prendre , la fatigue du chemin
et le mauvais air du lieu , avoient
fait périr par maladie plus de la moitié
de leurs gens. Que tandis qu'ils souffroient
tant de miseres , les Partis de nos Sauvages
leur avoient détruit peu à peu et en
differens Cantons beaucoup de Guerriers,
que nous venions de leur en tuer encore
un grand nombre en les forçant de se rendre
; et qu'enfin il n'en restoit point d'autres
que ceux que l'on voyoit prisonniers ,
que les 16. qui s'étoient sauvez du Fort ,
et qu'un très- petit nombre qui étoit à la
Chasse , lorsque nous les avons assiegez
C iij .
il
2102 MERCURE DE FRANCE
dizil
fut facile de juger que le
compte
Sauvage étoit juste , et le General en parut
content.
Le lendemain 26 , nos Sauvages qui
étoient en course , prirent deux Ñatches
qu'ils brulerent , et enleverent la chevefure
d'un autre qu'ils avoient tué.
Ce jour- là et le suivant furent employez
à démolir le Fort , et à bruler les
bois dont il étoit construit. Le General
envoya M. son frere avec le Bataillon de
la Marine et 25o . Esclaves , au Camp qui
gardoit les Bateaux.
Le 28. tout ce qui appartenoit aux Natches
se trouvant détruit , le General partit
avec le reste de son monde et des Esclaves
pour joindre M. de Salvert , et le
29. tout se mit en mouvement pour se
rendre dans le Fleuve de Mississipy , ou
chacun avoit grand besoin d'arriver en
un lieu commode , pour se remettre des
fatigues qu'il avoit essuyées.
On jugera aisément par cette Relation
que si nous n'avions pas pressé l'Ennemi
aussi vivement que nous avons fait , nous
cussions couru grand risque de ne pas
réüissir et de perdre la plus grande partie
de notre petite Armée par la fatigue et
par le mauvais temps , ce qui infailliblement
auroit causé des maladies , qui toutes
SEPTEMBRE. 1731. 2103
tes auroient été mortelles dans un lieu où
les hommes les plus vigoureux souffriroient
beaucoup.
Jamais Expedition ne fut plus utile ;
elle a vangé la Nation Françoise d'un horrible
massacre fait d'une partie de ses Habitans
à la Louisianne par des Sauvages
qui étoient en pleine Paix avec eux , et
qui pour les surprendre s'étoient répandus
dans leurs maisons , sous l'apparence
de l'amitié et sous le prétexte de leur
rendre service . Elle a servi en même-temps
à faire connoître à tous les Sauvages du
Continent , que les François ne trouvent
rien d'impossible lorsqu'il s'agit de punir
le crime , et qu'ils sçavent trouver et
dompter leurs Ennemis dans les lieux les
plus écartez , les plus difficiles à abor
der et les mieux fortifiez .
Et enfin cette Expedition a dû effacer
de l'esprit des Sauvages Chaetas , Nation
très- nombreuse et la plus redoutable du
Continent , l'opinion qu'elle avoit que
nous ne pouvions châtier nos Ennemis.
sans son secours , ce qui la rendoit le
plus souvent si insolente , que M. Perrier
s'étoit déterminé à ne la point employer
dans l'entreprise qu'il avoit projettée
contre les Natches , ainsi qu'on l'a
dit dans le commencement de cette Re-
Lation C iiij Tous
2104 MERCURE DE FRANCE
Tous ces objets animoient tellement
nos gens dans cette affaire , qu'il n'y a
eû aucun Officier ni Soldat , tant des
Troupes reglées , que des Milices , qui
n'ait fait tout ce qui a dépendu de ses
forces pour avancer le travail , chacun
ayant mis la main à l'oeuvre , et qui n'ait
agi avec toute la valeur imaginable . Il
est vrai que le bon exemple des Chefs
y a beaucoup contribué , et certainement
les deux frères ont bien Fait connoître
qu'ils sçavent former une entreprise difficile
, et qu'ils sont également habiles et
courageux dans l'execution. Ils ont donné
beaucoup de loüanges à M. le Baron
de Crenay , et generalement à tous les
Officiers qui ont eû part à cette Expedition.
*
Relation de la défaite des Natches (a)
par M. Perier, Commandant General à
la Louisianne , au mois de Janvier 1731 .
No
,
Otre General jugeant qu'il étoit ne
cessaire avant de rien entreprendre ,
de s'éclaircir avec les Chactas , Nation
Sauvage la plus considerable de la Loüisianne
sur les differens bruits qui s'étoient
répandus de leur mauvaise volonté
pour nous , se rendit à la Mobile , Fort
occupé par les Françóis , à la Côte de l'Est
de la Louisianne , où il avoit fait avertir
leurs Chefs de se rendre dans les premiers
jours de Novembre , et les ayant trouvez
bien disposez , il renouvella en la manie◄
re ordinaire , les Traitez de Commerce et
d'Alliance que nous avons depuis longtemps
avec eux , et leur proposa de re
connoître pour Grand- Chef de la partie
du Ouest , qu'on appelle Bas- Chacra , le
Chef des Castacha , Village de la mêmę
( a ) C'est une Nation Sauvage , qui au mois
de Decembre 1729. massacra les François qui
étoient établis auprès d'elle , quoiqu'elle fût en
paix avec eux.
Nation,
SEPTEMBRE. 1731 2087
Nation. Ils l'accepterent avec plaisir et
promirent de nous renvoyer le reste des
Negres qu'ils avoient pris sur les Natches
, et de payer tout ce qu'ils devoient
aux François , avec lesquels ils avoient
négocié. Ils lui demanderent ensuite d'aller
en guerre contre les Natches , mais i'
leur répondit seulement qu'il les feroit
avertir s'il avoit besoin d'eux , étant bien
résolu de ne s'en pas servir pour les tirer
de l'erreur où ils étoient , que nous ne
pouvions nous passer de leur secours , et
que sans leur appui nous serions obligez:
d'abandonner nos établissemens.
Après les avoir renvoyez chez eux
il partit pour la nouvelle Orleans , où il
arriva le 13. Novembre 1730. il y trouva
M. de Salvert son frere , Lieutenant de
Vaisseau , commandant un Détachement
des Troupes de la Marine , très - avancé
dans les préparatifs dont il l'avoit chargé
pour aller attaquer les Natches. L'Equipage
du Vaisseau du Roi , qu'il commandoit
, y avoit travaillé fort utilement , et
on peut assurer que sans lui nous n'eussions
pas été si-tôt prêt à marcher contre
l'Ennemi .
Le 9. Decembre M. de Salvert partit à
la tête du Détachement de la Marine ,
qui formoit un petit Bataillon , il avoit
ordre
2088 MERCURE DE FRANCE
ordre d'attendre au Village de Carlestin
Habitations françoises , situées à environ
15. lieües au-dessus de la nouvelle Orleans
, en montant le Fleuve , le General
qui le joignit le 13. avec les Troupes de
la Colonie et les Munitions de guerre.
Le 14. ils marcherent ensemble jus
qu'aux Bayagoulas , où ils resterent quatre
jours pour attendre le Détachement
des Milices du Pays , commandé par M. de
Benac , Officier retiré du Service , qui
s'est établi dans la Colonie , et les grands
Bateaux chargez de vivres qui ne pou
voient suivre..
Le General avoit divisé ses forces en
trois Corps , pour éviter toute tracasseric
et donner plus d'émulation . Le premier
étoit commandé par M. de Salvert ; il
étoit composé de iso . Soldats de la Marine
et d'environ 40. hommes de son
Equipage . Le second étoit commandé par
le Baron de Crenay , Lieutenant - Colo❤
nel , et étoit composé d'un Détachement
de 150. hommes des Troupes de la Co-
Ionie ; et le troisième étoit commandé par
le sieur de Benac , et étoit composé de
120. habitans qui s'étoient offerts d'aller
à la guerre
.
Le 22. tout étant rassemblé , on se mit
en marche et on fat coucher à Manchac
où
SEPTEMBRE. 1731. 2089
ù le sieur de Laye , Habitant , attendoit
le General , il lui dit que s'il vouloit se
servir des Sauvages Tonnicas , petite Nation
située sur les bords du Fleuve ,
environ 70. lieuës au - dessus de la nouvelle
Orleans , en suivant le Fleuve , il
étoit necessaire qu'il se rendît lui -même
chez eux pour les faire marcher ; ce qu'il
fit en laissant la conduite de la petite
armée à M. son frere , qui malgré la
neige et le verglas , le joignit aux Tonnicas
le 27.
Le 28. il continua sa marche jusqu'à
l'entrée de la Riviere Rouge , (a ) où étoit
le rendez - vous general. Le Vaisseau le
Prince de Conty , sur lequel on avoit fai ■
faire des Fours , y arriva le même jour.
Le General fut obligé de rester jusqu'au .
3. de Janvier aux Tonnicas pour leur
faire achever leurs préparatifs de guerre ,
ils étoient d'autant plus lents , que la
peur les avoit saisis sur la nouvelle qu'ils
venoient d'apprendre que le sieur de Coulange
, ( Canadien , frère d'un Officier des
Troupes de la Colonie , et fils du sieur
de Livilliers , Officier des Troupes de Ca
nada , ) qui avoit été envoyé dans une
grande Pirogue , armée de zo. hommes :
(a) A 9. lieues au- dessus du Village des Tonnicas
, situé à present au portage de la Croix .
grande
2090 MERCURE DE FRANCE
volontaires Sauvages , et Negres libres ,
pour faire porter les ordres du General
aux Arkansas , avoit été attaqué à quelques
journées de chez eux par les Natches , qui
lui avoient tué ou blessé la moitié de ses
gens , parmi lesquels les sieurs de la Touche
,Beaulieu et Cochart, ( le premier, Gen--
tilhomme Breton ; le second , Officier de
Marine de la Compagnie , ) ont eu le
malheur de se trouver au nombre des
morts. Le sieur de Coulange y reçût deux
coups de fusil , dont un au travers du
été mortel. Cette accorps
, qui n'a pas
tion , qui ne décidoit de rien , avoit cependant
si fort abattu le courage de nos
Sauvages , qu'il ne s'en trouva que iso .
des plus braves à l'Armée , les autres s'étant
retirez peu à peu sous differens pré
textes.
Le 4. Janvier , le General joignit l'Ar
mée à la Riviere Rouge , où il trouva les
Détachemens des Garnisons des Natches
et Natchitoches (a) arrivez , et la division
des Habitans , partie pour se montrer à
la hauteur des Natches , (b) afin de faire
(a) Forts François qui portent le nom des Na→
tions Sauvages auprès desquelles ils ont éte cons
truits.
(b) C'est la Nation même qui depuis qu'elle se
vit menacée d'être châtiée par les Frauçois , aban--
croire
SEPTEMBRE . 1731. 209%
croire à leurs découvreurs s'ils nous rencontroient
, que notre intention étoit de
les aller attaquer par le Fleuve , quoique
notre parti fût pris , d'aller par la Riviere
Rouge.
Le 11. l'Armée entra dans cette Riviere
pour chercher l'Ennemi , car nous n'avions
pû sçavoir depuis 9. mois l'endroit
positif où les Natches avoient fait leur
Fort , quoique le General y eût envoyé
zo . Partis differens , tant forts que foi
bles ; ensorte que ce ne fut que sur le
peu de connoissance qu'il avoit tirée d'un
enfant de 12 à 13. ans , qui avoit deserté
de cette Nation , qu'il se hazarda à l'aller
- chercher , contre le sentiment general des
Sauvages , vers la Riviere Rouge , dans ,
des Pays marécageux et coupez , jusques
là inconnus à nos Sauvages du Fleuve .
Cependant l'Armée guidée par l'esperance
et encouragée par son General dans
les peines inexprimables que le mauvais
temps et la difficulté du Pays, lui faisoient
souffrir , se trouva le 19. sans le sçavoir ,
précisement à une lieuë du Fort de Valeur
, c'est le Fort de la Nation Natches.
donna le lieu de sa demeure ordinaire et se transporta
dans un autre endroit qu'elle croyoit inconnu
à tous autres Sauvages et inaccessibles aux
François.
Le
2092 MERCURE DE FRANCE
Le General prenoit toutes sortes de me
sures pour éviter les embuscades qu'il
étoit aisé de nous dresser , y ayant apparence
que les Ennemis sçavoient notre
marche , puisque le 18. quelques - uns de
nos Sauvages qui étoient allez à la découverte
, ( car ils s'étoient un peu rassurez
par l'exemple des François qu'ils voyoient
marcher courageusement par terre ) étant
venus avertir qu'ils avoient appefçû un
. Parti de Natches à deux lieuës au - dessous
de nous , de l'autre côté de la Riviere,
le General y envoya un Détachement de
François et de Sauvages , pour tâcher de
le surprendre , mais on ne put y réussir
par la jalousie de six Sauvages Houmas ;
qui tirerent dessus avant que nos gens
fussent arrivez ; ensorte que ce Parti prie
la fuite et s'éloigna en peu de temps. Si
nous avions pû l'attaquer , on se flattoit
de pouvoir faire quelque prisonnier et
d'apprendre des nouvelles positives du
lieu où la Nation s'étoit retirée .
Nous restâmes le 19. dans la même in
quietude , quoique nos Sauvages vissent
encore plusieurs Natches , dont ils tuerent
un homme et une femme , mais le
20. le General ayant envoyé à la découverte
un Parti d'Habitans et de Sauvages,
soutenus par les Compagnies de Mrs de
la
S
SEPTEMBRE. 1731. 2093
la Giroüardiere et de Lusser ; le premier
Capitaine d'une Compagnie de la Marine,
l'autre Capitaine d'une Compagnie des
Troupes de la Colonie. On vint lui dire
une demie heure après leur départ qu'ils
se trouvoient dans un chemin battu ;
aussi-tôt on ne douta point que ce ne fût
celui du Fort , et on se prépara à marcher.
Le General fit monter les Bateaux vis-àvis
cet endroit , et ayant ordonné au Baron
de Crenay d'y rester avec 100. hommes
, il se tenoit prèt à marcher avec
M. Salvert , pour aller investir le Fort
dès qu'il en auroit quelque nouvelle. A
peine les Bateaux et Pirogues furent- ils
arrivez l'on entendit la Mousqueteque
rie du Fort et celle des Escarmoucheurs
du Détachement qui avoit toûjours suivi
le chemin battu ; dans l'instant on marcha
et on rencontra les sieurs Marin et
Outlas , qui venoient dire que nos gens
avoient trouvé le Fort , nous y arrivâmes
en une heure de marche par un Pays
tout couvert de bois ; dès que nous
l'apperçûmes , le General fit battre aux
champs . A ce bruit les Tonnicas se sentant
soutenus , attaquerent quelques Cases
aux environs du Fort , d'où ils chasserent
les Natches et y mirent le feu."
Pendant ce temps M. de Salvert marcha
pan
094 MERCURE DE FRANCE
1
35.
la droite avec partie des Troupes
par
et le General par la gauche pour rejoindre
Mrs de la Giroüardiere et de Lusser,
Il les trouva qui s'étoient avancez à
toises du Fort , à la faveur de plusieurs
arbres , où ils resterenr jusqu'à ce qu'il
leur dit de venir se mettre derriere une
butte qui étoit à 120. toises du Fort , lieu
qui lui étoit très- favorablement situé pour
mettre une partie de notre Camp à cou
vert. Il fut aussi - tôt joindre M. de Salvert
, et ils passerent ensemble une petite
Riviere ou gros Ruisseau , auprès duquel
les Natches avoient construit leur Fort ;
ils étoient suivis par les Compagnies de
Dartaguette et de Sanzei , la premiere
de la Colonie , l'autre , de la Marine. Ils
rangerent ce Fort de très-près , à la faveur
de quelques Cabanes , et après avoir
reconnu le terrain , ils firent l'un et
l'autre le tour du Fort par les derrieres
jusqu'à la butte dont on vient de parler,
et ils convinrent d'y établir le Quartier
general , par rapport à la facilité qu'il y
avoit de recevoir là nos besoins qui venoient
du bord de la Riviere , sans que
l'on fût obligé de passer le Ruisseau.
Le 21. le General envoya ordre au Baron
de Crenay de venir le joindre pour
commander l'attaque de la gauche , et le.
même
SEPTEMBRE. 1731 2095
même jour il fit arborer un Drapeau blanc
pour demander aux Sauvages qu'ils eussent
à lui remettre des Negres qu'ils
avoient pris ; ils tirerent sur le Drapeau
en disant à l'Interprete qu'ils ne vouloient
pas parler à des chiens comme nous.
Sur les deux heures un de nos Mortiers
de bois arriva. ( a) On jetta sur le champ
quelques Grenades Royales , dont deux
tomberent dans le Fort , sur une de leurs
maisons et y mit le feu. Après qu'elles
eurent crevé , nous entendîmes de grands
cris et des pleurs de femmes et d'enfans,'
ce qui nous fit redoubler notre feu de
Mousqueterie et de double Grenade , mais
malheureusement nos Mortiers furent
trop tôt hors de service par les cercles
qui manquerent.
A 5. heures et demie du soir , les Natches
firent une sortie sur un de nos Postes, oùil
y avoit 15. hommes retranchez derriere un
gros arbre qui n'étoit qu'à 20 toises du
Fort ; ils le prirent à revers et tuerent un
Grenadier de la Marine, Un Sergent des
Troupes de la Colonie y reçut un coup
de fusil qui lui perça les deux épaules.
Dès que nous eûmes connoissance de
(a) C'étoit des Mortiers portatifs , que le sieur
Baron , Ingenieur , avoit inventez , ils étoient
faits d'un bois fort dur , et çerçlez de fer.
cette
20961 MERCURE DE FRANCE
cette sortie , nous crûmes que les Ennemis
alloient tenter de se sauver dans les
Bois par l'intervale du Camp des Habitans
au nôtre , ce qui détermina M. Salvert à
prendre la Compagnie de Lusser , pour
les couper. Mais voyant qu'ils n'en vouloient
qu'à notre Poste , il donna dessus
avec quelques Habitans et les obligea de
rentrer avec précipitation dans leur Fort.
Dans cette Action le sieur Dehaye ,
Capitaine de Milice , reçut deux coups.
de fusil , et un Negre fut tué.
A 8. heures du soir , quoique le tems
fût très- mauvais , le General fit ouvrir de
son côté la Tranchée à 30. toises du Fort,
et nous ne la poussâmes qu'à 15. toises,
faute de Gabions.
Le 22. on fit venir le Canon et le der
nier Mortier ; nous en tirâmes quelques
coups sur la fin du jour en redoublant
le feu de notre Mousqueterie , qui ne discontinua
point toute la nuit.
Avant que de continuer le travail de
la Tranchée , le General fit visiter sur le
soir une maison forte , qui enfiloit nos
travaux ; il envoya un Officier avec 12 .
Grenadiers et autant de Sappeurs armez
pour s'en emparer , mais ils furent repoussez
par le feu des Ennemis , qui étoit
extrémement vif. M. de Salvert y accou
rug
SEPTEMBRE. 1731. 2097
rut ; et se mettant à la tête des Assaillants
, il recommença si vivement l'attaque
, qu'en un quart d'heure il força l'Ennemi
d'abandonner la maison . Il trouva
que c'étoit une espece de redoute à l'épreuve
du coup de fusil , avec des meurtrieres
tout autour ; il la fit garder , jugeant
qu'elle serviroit bien à deffendre la
tête de notre Tranchée.
En effet le 23. nous poussâmes trèsvigoureusement
le travail de la Tranchće,
à la faveur de cette redoute , de façon que
le General comptoit achever le lendemain
la communication de ses Travaux avec
ceux de M. le Baron de Crenay , qui de
son côté travailloit aussi avec beaucoup
de vigueur.
Le 24. les Natches voyant que nous
les serrions de fort près , et se trouvant
fort incommodez par nos doubles Grenades
et par le Canon , ( quoique notre
petite Artillerie ne tirât que de loin en
Loin , ) ( a ) arborerent un Drapeau blanc
7. heures du matin , et nous envoyeà
(a ), Ils avoient bien trouvé le secret de se garantir
du Canon et de la Mousqueterie , en faisant
des trous en terre , dans lesquels te tenoient
leurs femmes et leurs enfans , et où ils se reposoient
eux-mêmes , mais ces trous étant ouverts
par le haut , les Grenades ou leurs éclats qui y
tomboient y causoient beaucoup de desordre.
C rent
2098 MERCURE DE FRANCE
rent un Sauvage qui parloit un peu François.
Le General lui dit qu'il ne les écouteroit
point qu'ils ne lui eussent renvoyé
tous les Negres qui étoient dans le Fort.
Ce Député retourné , on vit arriver avec
lui un moment après 19. Negres et une
Negresse , qui rapporterent que six autres
Negres étoient à la Chasse avec des Natches
, et que le reste avoit été tué. Le General
dit au même Sauvage qu'il ne vou
loit donner sa parole sur rien qu'il n'eût
les Chefs de sa Nation dans son Camp ;
après quoi il le renvoya.
Il vint ensuite un autre Sauvage nommé
S. Côme , (a) mais il le renvoya aussi
sans l'entendre , en lui disant , que si le
Grand - Chef, celui de la Farine et lui (b)
ne venoient pas bien - tôt ensemble , il-fe-
(a ) Quand les Sauvages sont bien avec les
François , ils se font honneur de prendre des
noms que ceux- cy portent.
(b) Avant que cette Nation eût frappé les François
, elle étoit divisée en 5. Villages , le premier
nommé la Valeur ; le 2. la Farine ; le 3 ° . la
Pomme ; le 4. les Gris , et le se . le grand Village
.Chaque Village avoit son Chef, et cependant
tous étoient soumis à un Grand - Chef , et tous
ces Chefs particuliers s'appelloient Soleil par Excellence
; ces Sauvages ayant une dévotion toute
particuliere pour cet Astre , en l'honneur duquel
ils entretenoient un feu perpetuel.
ne
SEPTEMR E. 1731. 2099
-
roit recommencer à tirer sur eux . Malgré
le mauvais temps ils se rendirent à
notre Camp sur les 4. heures du soir ; on
les conduisit au General ; ils l'aborderent
avec toutes les façons qui parmi eux peuvent
marquer le repentiret la soumission,
et ils dirent qu'ils ressentoient la grandeur
du crime qu'ils avoient commis ,
qu'ils n'osoient demander la vie , mais
qu'ils s'estimeroient heureux en mourant,
si on vouloit l'accorder à leurs femmes
et à leurs enfans.
Le General leur répondit qu'il la donneroit
à tous ceux de la Nation , même
aux hommes qui se rendroient à lui le
lendemain , mais que passé ce jour là , il
feroit bruler ceux qui ne profiteroient
pas de la grace qu'il vouloit bien leur
faire ; ils répliquerent que sa résolution
étoit juste. Cependant à minuit le Chef
de la Farine , qui étoit dans une Tente
gardée par 12. hommes , tant François
que Sauvages des plus alertes , doutant
de la parole du General , se sauva à la faveur
de la nuit , qui étoit la plus obscure
que l'on ait jamais vûë , et du temps effroyable
qu'il faisoit , la pluye tombant
si furieusement , qu'il falloit être Sauvage
et craindre le bucher pour tenir dehors ;
on tira sur lui sans l'atteindre.
Cij Le
2100 MERCURE DE FRANCE
Le 25. quoique le temps continuât d'être
mauvais , ( ce qui nous incommodoit
extrémement ) la femme du Grand- Chef
et sa Famille , sortirent le matin du Fort
avec 450. femmes ou enfans , et vinrent
se rendre. A l'égard des hommes , ils ne
venoient que l'un après l'autre , ensorte
que le soir il en restoit encore dans le
Fort environ 20. qui demanderent qu'on
les laissât jusqu'au lendemain , ce qui leur
fut accordé , parce que le temps ne permettoit
pas de les aller prendre. Nous
étions alors entre deux eaux ; car là pluye
ne cessa que vers les 9 , heures du soir. A
8. he es , presque tous ceux qui étoient
restez dans le Fort s'évaderent. Le quartier
des Habitans s'en apperçut ,
fut impossible ni de tirer sur eux un seul
coup de fusil , ni de les faire poursuivre
par nos Sauvages , l'eau du Ciel nous ayant
réduits en tel état que nos gens ne pouvoient
ni marcher , ni faire usage de leurs
armes. Cependant la pluye ayant cessé
nous entrâmes dans le Fort , où nous
trouvâmes seulement deux hommes et
une femme , et nous apprîmes que ceux
qui s'étoient enfuis , étoient au nombre
de 16. hommes et de 4. femmes.
mais il
Le General fit ensuite le recensement
de ses Prisonniers qu'il avoit résolu pour
l'exemple
SEPTEMBRE. 1731. zioł
;
l'exemple d'envoyer dans une autre Colonie
pour y être vendus comme Esclaves
; et voyant qu'il ne se trouvoit que
45. hommes , il demanda ce que les autres
étoient devenus , parce que cette Nation
devoit être forte d'envirom 500. Guerriers
,lorsqu'elle surprit le Poste François .
le principal d'entr'eux dit qu'ils avoient
perdu du monde dans cette malheureuse
Action , qu'ensuite les Partis des Nations
Sauvages qui sont dans notre Alliance ,
les ayant attaquez en differens endroits ,
et nous-mêmes les ayant assiegez dans
leurs anciens Forts , ils y avoient encore
fait de grandes pertes que depuis s'étant
venus établir dans l'endroit où nous venons
de les prendre , la fatigue du chemin
et le mauvais air du lieu , avoient
fait périr par maladie plus de la moitié
de leurs gens. Que tandis qu'ils souffroient
tant de miseres , les Partis de nos Sauvages
leur avoient détruit peu à peu et en
differens Cantons beaucoup de Guerriers,
que nous venions de leur en tuer encore
un grand nombre en les forçant de se rendre
; et qu'enfin il n'en restoit point d'autres
que ceux que l'on voyoit prisonniers ,
que les 16. qui s'étoient sauvez du Fort ,
et qu'un très- petit nombre qui étoit à la
Chasse , lorsque nous les avons assiegez
C iij .
il
2102 MERCURE DE FRANCE
dizil
fut facile de juger que le
compte
Sauvage étoit juste , et le General en parut
content.
Le lendemain 26 , nos Sauvages qui
étoient en course , prirent deux Ñatches
qu'ils brulerent , et enleverent la chevefure
d'un autre qu'ils avoient tué.
Ce jour- là et le suivant furent employez
à démolir le Fort , et à bruler les
bois dont il étoit construit. Le General
envoya M. son frere avec le Bataillon de
la Marine et 25o . Esclaves , au Camp qui
gardoit les Bateaux.
Le 28. tout ce qui appartenoit aux Natches
se trouvant détruit , le General partit
avec le reste de son monde et des Esclaves
pour joindre M. de Salvert , et le
29. tout se mit en mouvement pour se
rendre dans le Fleuve de Mississipy , ou
chacun avoit grand besoin d'arriver en
un lieu commode , pour se remettre des
fatigues qu'il avoit essuyées.
On jugera aisément par cette Relation
que si nous n'avions pas pressé l'Ennemi
aussi vivement que nous avons fait , nous
cussions couru grand risque de ne pas
réüissir et de perdre la plus grande partie
de notre petite Armée par la fatigue et
par le mauvais temps , ce qui infailliblement
auroit causé des maladies , qui toutes
SEPTEMBRE. 1731. 2103
tes auroient été mortelles dans un lieu où
les hommes les plus vigoureux souffriroient
beaucoup.
Jamais Expedition ne fut plus utile ;
elle a vangé la Nation Françoise d'un horrible
massacre fait d'une partie de ses Habitans
à la Louisianne par des Sauvages
qui étoient en pleine Paix avec eux , et
qui pour les surprendre s'étoient répandus
dans leurs maisons , sous l'apparence
de l'amitié et sous le prétexte de leur
rendre service . Elle a servi en même-temps
à faire connoître à tous les Sauvages du
Continent , que les François ne trouvent
rien d'impossible lorsqu'il s'agit de punir
le crime , et qu'ils sçavent trouver et
dompter leurs Ennemis dans les lieux les
plus écartez , les plus difficiles à abor
der et les mieux fortifiez .
Et enfin cette Expedition a dû effacer
de l'esprit des Sauvages Chaetas , Nation
très- nombreuse et la plus redoutable du
Continent , l'opinion qu'elle avoit que
nous ne pouvions châtier nos Ennemis.
sans son secours , ce qui la rendoit le
plus souvent si insolente , que M. Perrier
s'étoit déterminé à ne la point employer
dans l'entreprise qu'il avoit projettée
contre les Natches , ainsi qu'on l'a
dit dans le commencement de cette Re-
Lation C iiij Tous
2104 MERCURE DE FRANCE
Tous ces objets animoient tellement
nos gens dans cette affaire , qu'il n'y a
eû aucun Officier ni Soldat , tant des
Troupes reglées , que des Milices , qui
n'ait fait tout ce qui a dépendu de ses
forces pour avancer le travail , chacun
ayant mis la main à l'oeuvre , et qui n'ait
agi avec toute la valeur imaginable . Il
est vrai que le bon exemple des Chefs
y a beaucoup contribué , et certainement
les deux frères ont bien Fait connoître
qu'ils sçavent former une entreprise difficile
, et qu'ils sont également habiles et
courageux dans l'execution. Ils ont donné
beaucoup de loüanges à M. le Baron
de Crenay , et generalement à tous les
Officiers qui ont eû part à cette Expedition.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre contenant la Relation de la défaite des Natches (a) par M. Perier, Commandant General à la Loüisianne, au mois de Janvier 1731.
En janvier 1731, M. Perier, Commandant Général en Louisiane, entreprit de clarifier les relations avec les Chactas, une nation amérindienne influente, après des rumeurs de mauvaise volonté. Il se rendit à la Mobile pour renouveler les traités de commerce et d'alliance avec les Chactas, qui acceptèrent de renvoyer des esclaves capturés sur les Natches et de payer leurs dettes aux Français. Perier se rendit ensuite à la Nouvelle-Orléans, où il retrouva son frère, M. de Salvert, commandant un détachement des troupes de la marine. Le 9 décembre, M. de Salvert partit pour le village de Carlestin, où il rejoignit Perier avec les troupes de la colonie et les munitions. Ils marchèrent ensuite vers les Bayagoulas, où ils attendirent les milices du pays et les bateaux de vivres. Les forces françaises furent divisées en trois corps : le premier commandé par M. de Salvert, le second par le Baron de Crenay, et le troisième par le sieur de Benac. Le 22 décembre, ils se mirent en marche vers les Tonnicas, une petite nation amérindienne. Perier dut rester jusqu'au 3 janvier pour permettre aux Tonnicas de finaliser leurs préparatifs de guerre, retardés par la peur après une attaque des Natches. Le 4 janvier, Perier rejoignit l'armée à la Rivière Rouge, où il trouva des détachements des garnisons des Natches et des Natchitoches. Le 11 janvier, l'armée entra dans la Rivière Rouge pour chercher les Natches, dont le fort était inconnu. Guidés par un jeune déserteur, ils découvrirent le fort des Natches le 19 janvier. Le 20 janvier, après avoir repéré le chemin menant au fort, les Français se préparèrent à l'attaquer. Le 21 janvier, ils trouvèrent le fort et commencèrent à le bombarder avec des mortiers et des grenades. Les Natches firent une sortie, tuant un grenadier et blessant un sergent. Les Français ouvrirent une tranchée à 30 toises du fort. Le 22 janvier, ils continuèrent à bombarder le fort avec du canon et un mortier. En septembre 1731, les troupes françaises engagées dans une expédition contre les Natches ont affronté des conditions difficiles. La nuit précédant une attaque, la mousqueterie française continua sans interruption. M. de Salvert captura une redoute ennemie, utilisée pour défendre la tête de la tranchée française. Le 23 septembre, les travaux de la tranchée furent poussés vigoureusement à l'abri de cette redoute. Le 24 septembre, face à la pression des Français et aux attaques de grenades et de canon, les Natches arborèrent un drapeau blanc à 7 heures du matin. Ils demandèrent la paix en échange de la reddition de leurs esclaves noirs. Le général exigea la présence des chefs de la nation Natché pour négocier. Malgré le mauvais temps, les chefs Natches se rendirent au camp français en fin d'après-midi. Ils exprimèrent leur repentir et leur soumission, demandant la clémence pour leurs femmes et enfants. Le général accorda la vie à tous ceux qui se rendraient le lendemain, mais menaça de brûler ceux qui refuseraient. Le 25 septembre, de nombreux Natches se rendirent, mais environ 20 hommes restèrent dans le fort. La nuit suivante, la plupart des hommes restants s'enfuirent. Les Français démolirent ensuite le fort et brûlèrent les bois. Le 26 septembre, des Sauvages alliés capturèrent et brûlèrent deux Natches, et en tuèrent un autre. Les jours suivants furent consacrés à la démolition du fort et à la préparation du départ. Le 29 septembre, l'expédition quitta les lieux pour rejoindre le fleuve Mississippi. Cette expédition venger un massacre perpétré par les Natches et renforça la réputation des Français auprès des autres nations sauvages.
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756
p. 2157-2161
« COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
Début :
COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...]
Mots clefs :
Coutumes, Avocat, Grèce, Sermons, Psaume, Jésus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
NOUVELLES LITTERAIRES
C
DES BEAUX ARTS , &c.
OUTUME des Bailliages de Sens et de
Langres,commentée et conferée avec
les Coûtumes voisines , et specialement
avec celle de Clermont en Bassigni . Par M.
Juste Delaistre , Avocat en Parlement. à
Paris , Quay des Augustins , chez les Freres
Osmont. 173 1. in 4 °.
PAU2г58
MERCURE DE FRANCE
PAUSANIAS , ou Voyage Historique de
la Grece , traduit en François avec des
Remarques par M. l'Abbé Gedoyn
Chanoine de la Sainte Chapelle , et Abbé
de Baugenci , de l'Académie Françoise
et de l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles-Lettres . A Paris , chez Didot ,
Quay des Augustins , 1731. in 4°. 2 vol .
Tom. 1. pp. 478. Tom . 2. pp . 523 , Plan
ches détachées 7.
SERMONS de M. l'Abbé Anselme , &c.
Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques ,
chez MM. Gandouin et Giffart 1731.6.
vol. in 12.
LES Gémissemens d'un coeur Chrétien ;
exprimez dans les Paroles du Pseaume
118. Beati immaculati in via &c. avec de
courtes Prieres touchantes sur differens
sujets. Par M. H *** ruë S. Jacques ,
Ph. N. Lottin , 1731. 2. vol . in 12.
cher
JESUS AU CALVAIRE , ou Pratiques pour
adorer et suivre Jesus daus sa Passion
avec une Instruction sur les Pelerinages
et l'Office et la Messe de la Croix en faveur
de ceux qui font le Pelerinage dis
Calvaire , in 18. A Paris , chez Jacques
Chardon , Imprimeur- Libraire , rue S. Severin
, à la Croix d'Or₂
HIS
SEPTEMRE. 1741. 2159
HISTOIRE DE L'ISLE ESPAGNOLE , ou de
S. Domingue , écrite particulierement
sur des Memoites manuscrits du P. Jean-
Baptiste Le Pers , Jesuite Missionnaire à
S. Domingue , et sur les Pieces originales
qui se conservent au dépot de la Marine,
Parle P. Pierre-François de Charle
voix , de la Compagnie de Jesus . 2. vol.
in 4 ° . lc I. en 1730. et le H. en 1735
Ces deux Volumes sont enrichis de Plans
et d'un bon nombre de Cartes Géographiques
, dressées par M. d'Amoille. A
Paris , Quay des Augustins , chez Jacques
Guerin.
ESSAI SUR L'ESPRIT , ses differens carac
teres et ses differentes operations. Place
du Pont S. Michel , chez André Cailleau.
1731. in 12. de 410. Pages.
LA VIE ET LE DEVOIR DES EVESQUES
suivant la Doctrine de S. Paul , la Discipline
constante et l'Esprit de l'Eglise . Par
le P. Thomas- Marie Alfani , de l'Ordre
des Freres Prêcheurs , Theologien de S.
M. I. et de la Ville de Naples. A Naples ,
shez Janvier Maziot , 1728. in 8. de
249. Pages. Cet ouvrage est en Italien.
EXPLICATION de l'ouverture du côté et
de
2160 MER CURE DE FRANCE
de la sepulture de J. Ch. suivant la concorde.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée
et considerablement augmentée. A
Bruxelles , chez la veuve Foppens. 1731
vol. in 12. d'environ 600. pages.
TRAITE' OU ESSAI sur la Nature et
le choix des Alimens , suivant les differens
Temperamens. Par M. Arbuthnot .
Docteur en Medecine , Membre du College
des Medecins de la Societé Royale.
A Londres , chez J. Tonson , 1731. in 8 °.
en Anglois.
DISSERTATION HISTORIQUE , dans laquelle
on prouve que l'Eglise n'a point
refusé l'Absolution pendant les trois pre
miers siécles à ceux qui étoient coupables
de crimes capitaux . Par le P. Jofeph- Augustin
Orsi , de l'Ordre des FF . Prêcheurs.
A Milan , chez Joseph Malatesta , 1730.
in 4°. L'Ouvrage est en Latin.
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie , et Observations
sur les usages locaux de la même Coûtu
me , et sur les Articles placitez ou Arrêtez
du Parlement de Roiien , avec une
explication des termes difficiles ou inusitez
qui se trouvent dans le Texte de cette
Сой-
SEPTEMBRE 1731. 2161
Coûtume ; et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me .
Pierre de Merville , ancien Avocat au
Parlement. A Paris , chez Gabr. Valleyre
ruë de la Vieille Bouclerie , 1731 , in fol.
PP . 747. sans les Tables.
>
Nouveau systême su la maniere de dé-
Fendre les Places , par le moyen des Contremines.
Ouvrage posthume de M. ***
dédié au Roy . A Paris , rue S. Jacques ,
chez Jacques Clousier. 1731. in 12. de 182 .
Pages , sans le Discours préliminaire , de
152. Pages.
,
TRAITE' des Operations de Chirurgie ,
fondé sur la Mécanique des Organes de
l'homme , et sur la Theorie et la Pratique
la plus autorisée enrichi de Cures trèssingulieres
et de figures en Taille douce ,
representant les attitudes des Operations.
Par René Jacques Croissant de Garengeot ,
Maître ès Arts et en Chirurgie , Démonstrateur
Royal en matiere chirurgicale , et
Membre de la Societé Royale de Londres,
2º Edition , revûë , corrigée et augmentée
par l'Auteur. A Paris , chez G. Cavelier
ruë S. Jacques , 1731. trois Vol. in 12 .
1. vol . pp. 476. 2 vol . pp . 468. 3. vol.
pp. 472 .
C
DES BEAUX ARTS , &c.
OUTUME des Bailliages de Sens et de
Langres,commentée et conferée avec
les Coûtumes voisines , et specialement
avec celle de Clermont en Bassigni . Par M.
Juste Delaistre , Avocat en Parlement. à
Paris , Quay des Augustins , chez les Freres
Osmont. 173 1. in 4 °.
PAU2г58
MERCURE DE FRANCE
PAUSANIAS , ou Voyage Historique de
la Grece , traduit en François avec des
Remarques par M. l'Abbé Gedoyn
Chanoine de la Sainte Chapelle , et Abbé
de Baugenci , de l'Académie Françoise
et de l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles-Lettres . A Paris , chez Didot ,
Quay des Augustins , 1731. in 4°. 2 vol .
Tom. 1. pp. 478. Tom . 2. pp . 523 , Plan
ches détachées 7.
SERMONS de M. l'Abbé Anselme , &c.
Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques ,
chez MM. Gandouin et Giffart 1731.6.
vol. in 12.
LES Gémissemens d'un coeur Chrétien ;
exprimez dans les Paroles du Pseaume
118. Beati immaculati in via &c. avec de
courtes Prieres touchantes sur differens
sujets. Par M. H *** ruë S. Jacques ,
Ph. N. Lottin , 1731. 2. vol . in 12.
cher
JESUS AU CALVAIRE , ou Pratiques pour
adorer et suivre Jesus daus sa Passion
avec une Instruction sur les Pelerinages
et l'Office et la Messe de la Croix en faveur
de ceux qui font le Pelerinage dis
Calvaire , in 18. A Paris , chez Jacques
Chardon , Imprimeur- Libraire , rue S. Severin
, à la Croix d'Or₂
HIS
SEPTEMRE. 1741. 2159
HISTOIRE DE L'ISLE ESPAGNOLE , ou de
S. Domingue , écrite particulierement
sur des Memoites manuscrits du P. Jean-
Baptiste Le Pers , Jesuite Missionnaire à
S. Domingue , et sur les Pieces originales
qui se conservent au dépot de la Marine,
Parle P. Pierre-François de Charle
voix , de la Compagnie de Jesus . 2. vol.
in 4 ° . lc I. en 1730. et le H. en 1735
Ces deux Volumes sont enrichis de Plans
et d'un bon nombre de Cartes Géographiques
, dressées par M. d'Amoille. A
Paris , Quay des Augustins , chez Jacques
Guerin.
ESSAI SUR L'ESPRIT , ses differens carac
teres et ses differentes operations. Place
du Pont S. Michel , chez André Cailleau.
1731. in 12. de 410. Pages.
LA VIE ET LE DEVOIR DES EVESQUES
suivant la Doctrine de S. Paul , la Discipline
constante et l'Esprit de l'Eglise . Par
le P. Thomas- Marie Alfani , de l'Ordre
des Freres Prêcheurs , Theologien de S.
M. I. et de la Ville de Naples. A Naples ,
shez Janvier Maziot , 1728. in 8. de
249. Pages. Cet ouvrage est en Italien.
EXPLICATION de l'ouverture du côté et
de
2160 MER CURE DE FRANCE
de la sepulture de J. Ch. suivant la concorde.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée
et considerablement augmentée. A
Bruxelles , chez la veuve Foppens. 1731
vol. in 12. d'environ 600. pages.
TRAITE' OU ESSAI sur la Nature et
le choix des Alimens , suivant les differens
Temperamens. Par M. Arbuthnot .
Docteur en Medecine , Membre du College
des Medecins de la Societé Royale.
A Londres , chez J. Tonson , 1731. in 8 °.
en Anglois.
DISSERTATION HISTORIQUE , dans laquelle
on prouve que l'Eglise n'a point
refusé l'Absolution pendant les trois pre
miers siécles à ceux qui étoient coupables
de crimes capitaux . Par le P. Jofeph- Augustin
Orsi , de l'Ordre des FF . Prêcheurs.
A Milan , chez Joseph Malatesta , 1730.
in 4°. L'Ouvrage est en Latin.
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie , et Observations
sur les usages locaux de la même Coûtu
me , et sur les Articles placitez ou Arrêtez
du Parlement de Roiien , avec une
explication des termes difficiles ou inusitez
qui se trouvent dans le Texte de cette
Сой-
SEPTEMBRE 1731. 2161
Coûtume ; et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me .
Pierre de Merville , ancien Avocat au
Parlement. A Paris , chez Gabr. Valleyre
ruë de la Vieille Bouclerie , 1731 , in fol.
PP . 747. sans les Tables.
>
Nouveau systême su la maniere de dé-
Fendre les Places , par le moyen des Contremines.
Ouvrage posthume de M. ***
dédié au Roy . A Paris , rue S. Jacques ,
chez Jacques Clousier. 1731. in 12. de 182 .
Pages , sans le Discours préliminaire , de
152. Pages.
,
TRAITE' des Operations de Chirurgie ,
fondé sur la Mécanique des Organes de
l'homme , et sur la Theorie et la Pratique
la plus autorisée enrichi de Cures trèssingulieres
et de figures en Taille douce ,
representant les attitudes des Operations.
Par René Jacques Croissant de Garengeot ,
Maître ès Arts et en Chirurgie , Démonstrateur
Royal en matiere chirurgicale , et
Membre de la Societé Royale de Londres,
2º Edition , revûë , corrigée et augmentée
par l'Auteur. A Paris , chez G. Cavelier
ruë S. Jacques , 1731. trois Vol. in 12 .
1. vol . pp. 476. 2 vol . pp . 468. 3. vol.
pp. 472 .
Fermer
Résumé : « COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
Le document recense diverses publications littéraires et scientifiques parues entre 1728 et 1741. Parmi les ouvrages notables, on trouve 'Usages des Bailliages de Sens et de Langres', commenté par Juste Delaistre, avocat au Parlement, publié en 1731. Le 'Mercure de France' mentionne également 'Pausanias, ou Voyage Historique de la Grèce', traduit par l'Abbé Gedoyn, publié en deux volumes en 1731. D'autres publications incluent les 'Sermons' de l'Abbé Anselme, 'Les Gémissements d'un cœur Chrétien' par M. H***, et 'Jésus au Calvaire' par Jacques Chardon. Le document liste également des ouvrages historiques et scientifiques tels que 'Histoire de l'Isle Espagnole' par le Père Pierre-François de Charlevoix, enrichi de plans et de cartes géographiques, et 'Essai sur l'esprit' publié par André Cailleau en 1731. D'autres publications notables incluent 'La Vie et le Devoir des Évêques' par le Père Thomas-Marie Alfani, 'Explication de l'ouverture du côté et de la sépulture de J. Ch.' en nouvelle édition, et 'Traité sur la Nature et le choix des Aliments' par M. Arbuthnot. Le document mentionne également des ouvrages juridiques et médicaux, comme 'Décisions sur chaque Article de la Coutume de Normandie' par Pierre de Merville, et 'Traité des Opérations de Chirurgie' par René Jacques Croissant de Garengeot, publié en trois volumes en 1731.
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757
p. 2234-2236
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On a appris par des Lettres de Constantinople, que la nuit du 19 au 20. Juillet le feu [...]
Mots clefs :
Jésuites, Janissaires, Constantinople, Gouverneur, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
Na appris par des Lettres de Constantino-
Ople, appe pauitdu 19 au go. Juillet le feu
avoit pris au Faubourg de Tophana , que le vent
étoit si violent , qu'on n'avoit pû arrêter les suites
de l'Incendie , malgré les secours qu'y
firent apporter le Grand Seigneur , le G. Viz, et
le Capitan Pacha , qui s'y étoient rendus à cheval;
que le 20. à dix heures du matin , les flammes
qui s'étoient communiquées au Fauxbourg de
Galata , avoient réduit en cendres quantité de
maisons , l'Eglise et le Convent des Capucins ,
celui des Récolets , &c..
Les Lettres arrivées depuls , marquent que
PIncendie avoit commencé par la grande Fonderie
des Canons , et que le vent l'ayant communiqué
aux Magazins , Maisons et Boutiques qui:
sont contigues, il y en avoit eu près de sooo . de
brûlées en moins de trois heures , avec tous les
Meubles , Marchandises et autres Effets ; que les
Négocians François y avoient beaucoup perdu ,
mais que les Palais des Ambassadeurs n'avoient
point été endommagez.
Ces Lettres ajoûtent que le G. S. étoit malade
d'une fievre lente dont on craignoit les suites.
Par ces mêmes Lettres , on apprend que le Roy
de Perse , dont l'armée depuis sa derniere deffaite
avoit été renforcée jusqu'à 140 mille hommes
avoit attaqué le secours de 5000. hommes que
le G.. S..envoyoit du côté d'Erivan , pour obliger
les
SEPTEMBRE . 1731. 2235
tes Persans à en lever le Siege ; qu'après un combat
très-opiniâtré , les Turcs qui étoient fatiguer
d'une longue marche , avoient été forcez de se
retirer en désordre ; qu'ils avoient eu 16000 .
hommes de tuez sur la place ; qu'ils avoient perdu
20. Pieces de Canon et tous leurs Bagages ;
qu'on leur avoit fait 2000 Prisonniers ; et qu'après
cette Victoire le Roy de Perse étoit retourné
devant Erivan avec son armée , et qu'il avoit fait
sommer le Gouverneur de lui rendre la Place
dans trois jours , à peine d'être passé au fil de
l'épée , lui et toute sa Garnison. On ajoûte que
cette nouvelle avoit jetté toute la Ville de Constantinople
dans une grande consternation , et ranimé
les. Janissaires qui avoient demandé avec
hauteur que le G. S. fit la Paix avec le Roy de
Perse.
Par une autre Lettre de Constantinople du 30
Juillet , on apprend que le 21. du même mois
entre deux et trois heures du matin , le feu prit
à Topana , l'air étant alors assez calme. On travailla
d'abord dans le Palais de France à retirer
dans le Magazin vouté , ce qu'il y avoit de plus
précieux. Sur les cinq heures un vent du Nord
s'étant levé , porta l'Incendie du côté de Galata ,
où il a consumé les deux tiers de ce Quartier , et
toutes les Maisons que les François y habitoient ,
il n'en est resté que cinq ou six d'entieres ; à la
verité ils ont eû le loisir de transporter dans des.
Magazins de pierre ce qu'ils avoient de plus cònsiderable.
Les Jesuites ont perdu la maison qu'ils.
occupoient et toutes celles de leur enclos , qui
leur appartenoient ; on ne sçavoit même si le feu
n'auroit pas penetré jusqués dans l'Eglise où ils
ont mis tout ce qu'ils avoient ; les Capucins ont :
auffi perdu leur Maison, et leur Eglise est dans
la
2236 MERCURE DE FRANCE
le même état que celle des Jesuites ; à l'égard des
Dominiquains , le dommage qu'ils ont souffert
est beaucoup moins considerable.
Na appris par des Lettres de Constantino-
Ople, appe pauitdu 19 au go. Juillet le feu
avoit pris au Faubourg de Tophana , que le vent
étoit si violent , qu'on n'avoit pû arrêter les suites
de l'Incendie , malgré les secours qu'y
firent apporter le Grand Seigneur , le G. Viz, et
le Capitan Pacha , qui s'y étoient rendus à cheval;
que le 20. à dix heures du matin , les flammes
qui s'étoient communiquées au Fauxbourg de
Galata , avoient réduit en cendres quantité de
maisons , l'Eglise et le Convent des Capucins ,
celui des Récolets , &c..
Les Lettres arrivées depuls , marquent que
PIncendie avoit commencé par la grande Fonderie
des Canons , et que le vent l'ayant communiqué
aux Magazins , Maisons et Boutiques qui:
sont contigues, il y en avoit eu près de sooo . de
brûlées en moins de trois heures , avec tous les
Meubles , Marchandises et autres Effets ; que les
Négocians François y avoient beaucoup perdu ,
mais que les Palais des Ambassadeurs n'avoient
point été endommagez.
Ces Lettres ajoûtent que le G. S. étoit malade
d'une fievre lente dont on craignoit les suites.
Par ces mêmes Lettres , on apprend que le Roy
de Perse , dont l'armée depuis sa derniere deffaite
avoit été renforcée jusqu'à 140 mille hommes
avoit attaqué le secours de 5000. hommes que
le G.. S..envoyoit du côté d'Erivan , pour obliger
les
SEPTEMBRE . 1731. 2235
tes Persans à en lever le Siege ; qu'après un combat
très-opiniâtré , les Turcs qui étoient fatiguer
d'une longue marche , avoient été forcez de se
retirer en désordre ; qu'ils avoient eu 16000 .
hommes de tuez sur la place ; qu'ils avoient perdu
20. Pieces de Canon et tous leurs Bagages ;
qu'on leur avoit fait 2000 Prisonniers ; et qu'après
cette Victoire le Roy de Perse étoit retourné
devant Erivan avec son armée , et qu'il avoit fait
sommer le Gouverneur de lui rendre la Place
dans trois jours , à peine d'être passé au fil de
l'épée , lui et toute sa Garnison. On ajoûte que
cette nouvelle avoit jetté toute la Ville de Constantinople
dans une grande consternation , et ranimé
les. Janissaires qui avoient demandé avec
hauteur que le G. S. fit la Paix avec le Roy de
Perse.
Par une autre Lettre de Constantinople du 30
Juillet , on apprend que le 21. du même mois
entre deux et trois heures du matin , le feu prit
à Topana , l'air étant alors assez calme. On travailla
d'abord dans le Palais de France à retirer
dans le Magazin vouté , ce qu'il y avoit de plus
précieux. Sur les cinq heures un vent du Nord
s'étant levé , porta l'Incendie du côté de Galata ,
où il a consumé les deux tiers de ce Quartier , et
toutes les Maisons que les François y habitoient ,
il n'en est resté que cinq ou six d'entieres ; à la
verité ils ont eû le loisir de transporter dans des.
Magazins de pierre ce qu'ils avoient de plus cònsiderable.
Les Jesuites ont perdu la maison qu'ils.
occupoient et toutes celles de leur enclos , qui
leur appartenoient ; on ne sçavoit même si le feu
n'auroit pas penetré jusqués dans l'Eglise où ils
ont mis tout ce qu'ils avoient ; les Capucins ont :
auffi perdu leur Maison, et leur Eglise est dans
la
2236 MERCURE DE FRANCE
le même état que celle des Jesuites ; à l'égard des
Dominiquains , le dommage qu'ils ont souffert
est beaucoup moins considerable.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En juillet 1731, un incendie dévastateur a frappé Constantinople, débutant au faubourg de Tophana et se propageant à Galata. L'incendie, parti d'une fonderie de canons, a détruit près de 3000 bâtiments en trois heures, incluant des maisons, églises et couvents des Capucins et des Récolets. Les négociants français ont subi des pertes importantes, mais les palais des ambassadeurs ont été épargnés. Parallèlement, une bataille a opposé les forces turques et perses près d'Erivan. Le roi de Perse, à la tête de 140 000 hommes, a vaincu un contingent turc de 5 000 hommes, causant 16 000 morts, la perte de 20 pièces d'artillerie et 2 000 prisonniers. Le roi de Perse a ensuite assiégé Erivan. Cette défaite a provoqué une grande consternation à Constantinople, ranimant les Janissaires qui ont exigé la paix avec le roi de Perse. Un nouvel incendie à Tophana a détruit deux tiers du quartier de Galata et plusieurs maisons françaises, affectant également les Jésuites, Capucins et Dominicains.
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758
p. 2237-2241
ALLEMAGNE.
Début :
Le 28. Août, à l'occasion de l'Anniversaire de la Naissance de l'Imperatrice, qui est entrée [...]
Mots clefs :
Impératrice, Protestants, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
E 28. Août , à l'occasion de l'Anniversaire de
la Naissance de l'Imperatrice , qui est entrée
dans sa 40 année , on représenta sur un Théatre
élevé dans les Jardins du Palais de la Favorite un
nouvel
2238 MERCURE DE FRANCE
nouvel Opera intitulé , Enée dans les Champs
Elisées.
L'Empereur a accordé des Troupes à l'Evê
que de Saltzbourg pour prévenir les suites du
soulevement des Protestans de son Diocèse ; et on
reçoit avis de Saltzbourg , qu'on y avoit publié
un Mandement Imperial , datté du 26. d'Août ,
par lequel l'Empereur deffend aux Lutheriens de
ce Diocése qui se sont soulevez contre leur Archevêque
, d'employer les voyes de fait , et leur
ordonne de s'adresser à S. M. Imp . qui promet
de faire examiner leurs griefs et de leur donner
satisfaction , selon l'équité , et conformément
aux. Constitutions de l'Empire.
On a appris par un Courrier arrivé de Naples ,
que le Pinque qu'on avoit envoyé à Tunis pour
y porter un Present à la Regence , est revenu avec
ce Present que le Dey a refusé , prétendant qu'on
devoit lui donner de la Poudre et des Boulets.
L'Electeur de Mayence étant attendu à Vienne
le 25. de ce mois , tous les Chambellans de la
Clef d'or , les Conseillers d'Etat et les Ministres
de l'Empereur se rendirent au Palais de la Favo
rite avec leurs Carosses à six chevaux , afin d'augmenter
le Cortege de l'Empereur lorsqu'il iroit
au - devant de ce Prince. Vers les quatre heures
après midi S. M. Imp. partit de ce Palais dans un
Carosse à huit chevaux , précedé de 70. Carosses
des Seigneurs de sa Cour , et suivi des Trabans.
de sa Garde à cheval , avec leurs Trompettes et
Timbales. La Marche se fit par le Fauxbourg de
Leopoldstad et par l'Isle de Prater . L'Empereur
s'arrêta au premier Pont du Danube , hors des
lignes de cette Ville,dans un endroit qu'on nomme
le Tabor. L'Electeur de Mayence arriva dans
un autre Carosse de l'Empereur qu'on avoit envoyé
SEPTEMBRE. 1731. 2239
voyé au-devant de lui, étant à 60. pas de celui de
l'Empereur , l'Electeur mit pied à terre et marcha
vers S , M. Im. Lorsqu'il fut à 18. ou 20. pas du
Carosse de S. M. Imp . l'Empereur descendit et
alla au-devant de l'Electeur qui étoit découvert ;
S. M. Imp. se decouvrit aussi en l'embrassant , er
le complimenta en Italien ; l'Electeur lui ayant
répondu dans la même Langue , l'Empereur se
couvrit , le prit par le bras et le conduisit à son
Carosse, od S.M, Imp. monta la premiere, et y fit
monter l'Electeur , qui se mit sur le devant et se
couvrit, l'Empereur lui ayant fait signe de le faire.
Le Cortege s'étant mis en marche , on fit des
salves réitefées des Canons des Remparts jusqu'à
ce que le Carosse de l'Empereur fût entré dans la
premiere Cour du Palais. Toutes les ruës du passage
de S. M. Imp. et de l'Electeur , étoient remplies
d'une multitude prodigieuse de peuple ; et
pour prévenir le desordre , on avoit placé de distance
en distance des Détachemens du Regiment
de Dragons de Philippi. L'Electeur entra dans le
Cabinet de l'Empereur , avec lequel il s'entretint
quelque temps. Le soir il soupa avec L. M Imp.
et les Archiduchesses , dans l'Appartement de
P'Imperatrice.
Le 11. du mois dernier , le Roy de Suede partit
du Château d'Ameliendahl , et à quelque distance
S. M. trouva au sortir du Bois un Arc de
Triomphe que des Paysans et Paysanes de ces
Contrées y avoient dressé , et qui donnerent à
S. M. le divertissement d'un Concert , composé
de plusieurs Instrumens champêtres , pendant
lequel quantité de filles et de garçons formerent
diverses danses à leur maniere. Le Roy étant arrivé
au Village d'Obervilmar , y trouva un autre
Arc de Triomphe dressé par les Habitans de ce
lieu ,
2240 MERCURE DE FRANCE
lieu , qui n'oublierent rien pour témoigner la
joye que leur inspiroit la vue de leur Souverain.
Aú sortir de ce Village , S. M. fut complimentée
par M. Vasserhuhn , Grand Bailly du Village
de Cassel , et par le Receveur Eppé , qui
l'accompagnerent jusqu'à la portée du canon de
cette Ville , où le Roy fut reçû par le Lieutenant
General de Berlepsch , Commandant de Cassel ,
par le Lieutenant General Kutzleben , et par un
grand nombre des principaux Officiers , tous à
Cheval. S. M. sortit de son Carosse , & entra
avec le Prince Maximilien dans un Phaëton ;
conduit par le Comte de Hohenfeld , Vice - Grand
Ecuyer , un Ecuyer servant de Postillon.
Vers les 6. heures du soir le Roy fit son entrée
dans la Ville de Cassel au bruit de toute l'Artillerie
et aux acclamations d'un nombre infini de
Peuple . Les rues par où S. M. passa , étoient ornées
de quelques Arcs de Triomphe , et les trois
Regimens qui sont en garnison dans cette Ville,
étoient rangés en haye depuis la Porte de la Ville
jusqu'au Palais , où le Roy fut reçu par la Princesse
, Epouse du Prince Maximilien, par les Princes
ses Enfans , par les Ministres et par les Colleges
de Regence et de Justice , en Corps . S. M.
ayant été conduite dans son Appartement , y fut
complimentée par le Chancelier au nom des Colleges.
Pendant ce temps- là les trois Compagnies de
Grenadiers qui êtoient rangées en parade devant
le Palais , et le reste de la Garnison , firent une
triple décharge de la Mousqueterie . Le Roy soupa
à une table de 24. couverts. Aprés le repas , S. M.
accompagnée du Prince Guillaume et de toute la
Cour , alla en chaise ouverte faire le tour de la
Ville pour en voir les illuminations , dont on ne
peut assez admirer la diversité et la beauté , &c .
Les
SEPTEMBRE. 1731. 1341
Les Lettres qu'on a reçues depuis de Cassel , por
ent que la Cour du Roy de Suede y étoit fort
nombreuse ; que S. M. avoit donné le Gouver
nement et le Commandement general du Landgraviat
au Prince de Hesse- Cassel son Frere ; que
le Roy avoit confirmé dans l'exercice de leurs
Charges , tous ceux qui avoient des Provisions du
feu Landgrave son Pere; qu'il avoit promis d'accorder
des Pensions à ceux qui s'étoient distinguez
dans leurs differens Emplois , tant Civils que
Militaires , et qu'on croyoit que le Prince Guillaume
de Hesse- Cassel quitteroit le Service des
Etats Generaux , et leur remettroit son Gouver
nement de Maestricht.
E 28. Août , à l'occasion de l'Anniversaire de
la Naissance de l'Imperatrice , qui est entrée
dans sa 40 année , on représenta sur un Théatre
élevé dans les Jardins du Palais de la Favorite un
nouvel
2238 MERCURE DE FRANCE
nouvel Opera intitulé , Enée dans les Champs
Elisées.
L'Empereur a accordé des Troupes à l'Evê
que de Saltzbourg pour prévenir les suites du
soulevement des Protestans de son Diocèse ; et on
reçoit avis de Saltzbourg , qu'on y avoit publié
un Mandement Imperial , datté du 26. d'Août ,
par lequel l'Empereur deffend aux Lutheriens de
ce Diocése qui se sont soulevez contre leur Archevêque
, d'employer les voyes de fait , et leur
ordonne de s'adresser à S. M. Imp . qui promet
de faire examiner leurs griefs et de leur donner
satisfaction , selon l'équité , et conformément
aux. Constitutions de l'Empire.
On a appris par un Courrier arrivé de Naples ,
que le Pinque qu'on avoit envoyé à Tunis pour
y porter un Present à la Regence , est revenu avec
ce Present que le Dey a refusé , prétendant qu'on
devoit lui donner de la Poudre et des Boulets.
L'Electeur de Mayence étant attendu à Vienne
le 25. de ce mois , tous les Chambellans de la
Clef d'or , les Conseillers d'Etat et les Ministres
de l'Empereur se rendirent au Palais de la Favo
rite avec leurs Carosses à six chevaux , afin d'augmenter
le Cortege de l'Empereur lorsqu'il iroit
au - devant de ce Prince. Vers les quatre heures
après midi S. M. Imp. partit de ce Palais dans un
Carosse à huit chevaux , précedé de 70. Carosses
des Seigneurs de sa Cour , et suivi des Trabans.
de sa Garde à cheval , avec leurs Trompettes et
Timbales. La Marche se fit par le Fauxbourg de
Leopoldstad et par l'Isle de Prater . L'Empereur
s'arrêta au premier Pont du Danube , hors des
lignes de cette Ville,dans un endroit qu'on nomme
le Tabor. L'Electeur de Mayence arriva dans
un autre Carosse de l'Empereur qu'on avoit envoyé
SEPTEMBRE. 1731. 2239
voyé au-devant de lui, étant à 60. pas de celui de
l'Empereur , l'Electeur mit pied à terre et marcha
vers S , M. Im. Lorsqu'il fut à 18. ou 20. pas du
Carosse de S. M. Imp . l'Empereur descendit et
alla au-devant de l'Electeur qui étoit découvert ;
S. M. Imp. se decouvrit aussi en l'embrassant , er
le complimenta en Italien ; l'Electeur lui ayant
répondu dans la même Langue , l'Empereur se
couvrit , le prit par le bras et le conduisit à son
Carosse, od S.M, Imp. monta la premiere, et y fit
monter l'Electeur , qui se mit sur le devant et se
couvrit, l'Empereur lui ayant fait signe de le faire.
Le Cortege s'étant mis en marche , on fit des
salves réitefées des Canons des Remparts jusqu'à
ce que le Carosse de l'Empereur fût entré dans la
premiere Cour du Palais. Toutes les ruës du passage
de S. M. Imp. et de l'Electeur , étoient remplies
d'une multitude prodigieuse de peuple ; et
pour prévenir le desordre , on avoit placé de distance
en distance des Détachemens du Regiment
de Dragons de Philippi. L'Electeur entra dans le
Cabinet de l'Empereur , avec lequel il s'entretint
quelque temps. Le soir il soupa avec L. M Imp.
et les Archiduchesses , dans l'Appartement de
P'Imperatrice.
Le 11. du mois dernier , le Roy de Suede partit
du Château d'Ameliendahl , et à quelque distance
S. M. trouva au sortir du Bois un Arc de
Triomphe que des Paysans et Paysanes de ces
Contrées y avoient dressé , et qui donnerent à
S. M. le divertissement d'un Concert , composé
de plusieurs Instrumens champêtres , pendant
lequel quantité de filles et de garçons formerent
diverses danses à leur maniere. Le Roy étant arrivé
au Village d'Obervilmar , y trouva un autre
Arc de Triomphe dressé par les Habitans de ce
lieu ,
2240 MERCURE DE FRANCE
lieu , qui n'oublierent rien pour témoigner la
joye que leur inspiroit la vue de leur Souverain.
Aú sortir de ce Village , S. M. fut complimentée
par M. Vasserhuhn , Grand Bailly du Village
de Cassel , et par le Receveur Eppé , qui
l'accompagnerent jusqu'à la portée du canon de
cette Ville , où le Roy fut reçû par le Lieutenant
General de Berlepsch , Commandant de Cassel ,
par le Lieutenant General Kutzleben , et par un
grand nombre des principaux Officiers , tous à
Cheval. S. M. sortit de son Carosse , & entra
avec le Prince Maximilien dans un Phaëton ;
conduit par le Comte de Hohenfeld , Vice - Grand
Ecuyer , un Ecuyer servant de Postillon.
Vers les 6. heures du soir le Roy fit son entrée
dans la Ville de Cassel au bruit de toute l'Artillerie
et aux acclamations d'un nombre infini de
Peuple . Les rues par où S. M. passa , étoient ornées
de quelques Arcs de Triomphe , et les trois
Regimens qui sont en garnison dans cette Ville,
étoient rangés en haye depuis la Porte de la Ville
jusqu'au Palais , où le Roy fut reçu par la Princesse
, Epouse du Prince Maximilien, par les Princes
ses Enfans , par les Ministres et par les Colleges
de Regence et de Justice , en Corps . S. M.
ayant été conduite dans son Appartement , y fut
complimentée par le Chancelier au nom des Colleges.
Pendant ce temps- là les trois Compagnies de
Grenadiers qui êtoient rangées en parade devant
le Palais , et le reste de la Garnison , firent une
triple décharge de la Mousqueterie . Le Roy soupa
à une table de 24. couverts. Aprés le repas , S. M.
accompagnée du Prince Guillaume et de toute la
Cour , alla en chaise ouverte faire le tour de la
Ville pour en voir les illuminations , dont on ne
peut assez admirer la diversité et la beauté , &c .
Les
SEPTEMBRE. 1731. 1341
Les Lettres qu'on a reçues depuis de Cassel , por
ent que la Cour du Roy de Suede y étoit fort
nombreuse ; que S. M. avoit donné le Gouver
nement et le Commandement general du Landgraviat
au Prince de Hesse- Cassel son Frere ; que
le Roy avoit confirmé dans l'exercice de leurs
Charges , tous ceux qui avoient des Provisions du
feu Landgrave son Pere; qu'il avoit promis d'accorder
des Pensions à ceux qui s'étoient distinguez
dans leurs differens Emplois , tant Civils que
Militaires , et qu'on croyoit que le Prince Guillaume
de Hesse- Cassel quitteroit le Service des
Etats Generaux , et leur remettroit son Gouver
nement de Maestricht.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 28 août, à l'occasion du quarantième anniversaire de la naissance de l'impératrice, un nouvel opéra intitulé 'Énée dans les Champs Élysées' a été représenté dans les jardins du Palais de la Favorite. L'empereur a envoyé des troupes à l'évêque de Salzbourg pour réprimer un soulèvement protestant et a publié un mandement interdisant aux protestants de recourir à la violence tout en promettant d'examiner leurs griefs. À Naples, un navire envoyé à Tunis avec un présent pour la régence est revenu avec le présent refusé, le Dey exigeant de la poudre et des boulets. L'électeur de Mayence, attendu à Vienne le 25 août, a été accueilli par l'empereur lors d'une cérémonie solennelle. L'empereur, accompagné d'une escorte de 70 carrosses et de gardes à cheval, a rencontré l'électeur au pont du Danube. Ils ont ensuite traversé Vienne sous les salves de canons et les acclamations du peuple. Le roi de Suède a quitté le château d'Amelienburg le 11 août et a été accueilli par des arcs de triomphe et des concerts de musique. À Cassel, il a été reçu par des officiers et des habitants, et acclamé par la population. Le roi a ensuite soupé et fait le tour de la ville pour admirer les illuminations. Les lettres reçues de Cassel indiquent que la cour du roi de Suède y était nombreuse et qu'il a confirmé plusieurs personnes dans leurs charges et promis des pensions.
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759
p. 2247-2249
ESPAGNE.
Début :
Le Comte de Charni, Lieutenant General des Armées du Roy, qui doit commander les [...]
Mots clefs :
Comte, Escadre anglaise, Frégates
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE,
E Comte de Charni , Lieutenant General des
Larmos du Roy,qui doit commander les
6000. Espagnols qu'on transportera en Italie
est arrivé de son Gouvernement de Ceuta , et Sa
M. lui a fait remettre ses instructions.
L'Escadre Angloise, commandée par le Vice-
Amiral Wager , et qui est composée de 12. Vaisseaux
de guerre et de trois Fregates , est arrivée
dans la Baye de Cadix , avec quelques autres Vaisseaux
Anglois qui venoient de Gibraltar.
Quelques Vaisseaux Espagnols de l'Escadre du
Comte de Clavijo , ayant pris il y a quelque
temps le Vaisseau le S. Charles de Gibraltar , qui
avoit à bord des Maures allant d'Alger à Tetuan
avec des Marchandises ; le Roy a envoyé des ordres
pour faire rendre ce Vaisseau et tous les Passagers
qui étoient dessus.
S. M. Catholique a accordé en même temps à
la Compagnie de la Mer du Sud la restitution
d'une somme considerable qu'on lui avoit saisie
pendant les derniers troubles.
Les Regimens que le Roy a nommez pour
être transportez en Italie , sont ceux de Castille ,
de Lombardie , de Naples et de Bourgogne , de
deux Bataillons chacun , un Regiment Suisse ,
I iiij
aussi
2248 MERCURE DE FRANCE
aussi de deux Bataillons , et le Regiment de Ba
tavia Dragons ; de trois Escadrons , faisant ensemble
dix Bataillons et trois Escadrons. Le
Comte de Charny , Lieutenant General et Commandant
, aura sous lui en qualité de Marêchaux
de Camp , le Marquis de Pozzoblanco , le Marquis
de Châteaufort , le Duc de Castro Pinhano
et le Marquis de Torre Major,
Le Comte de Sant - Estevan , Chevalier des Ordres
du Roy Très- Chrétien , et Grand Ecuyer
du Prince des Asturies , a été nommé par le Roy
' Espagne pour accompagner l'Infant Don Carles
en Italie , où il demeurera auprès de ce Prince
pendant sa Minorité , en qualité de son Gouver
neur. Sa Charge de Grand Ecuyer du Prince des
Asturies lui est conservée, i
On écrit de Seville , que M. de Patino alla le
25. Août dîner avec l'Amiral Wager , il vit trois
Vaisseaux Anglois dont il fut trés- content ; le
-lendemain il mena ce General voir sa Garaca ; il
lui donna à dîner à bord de la Galice , Vaisseau
de 70. Canons , et il lui en fit voir trois d'Espagne
de 80. 70. et 64. que les Anglois trouverent
Trés-beaux .
*
La Flotte d'Espagne doit être composée de
25. Vaisseaux , sçavoir , 11. de Cadiz , 8. du
-Ferol , qu'on attend à chaque instant , et 6. qui
sont à Cartagene , grands et petits , et tout doit
être prêt pour le 15. Septembre , qu'on se rendra
à Barcelone , où se doit faire l'Embarquement
des 6000. Espagnols
Le Marquis Mary a les honneurs de Capitaine
General , pour être en grade égal avec l'Amiral
Anglois , et il a fait arborer Pavillon quarré au
grand mast du Vaissau la Sainte Isabelle de 80.
Canons. Il est décidé que les Anglois n'aurout
que
SEPTEMBRE. 1731. 2249
que douze Vaisseaux et trois Fregates. Ils sont
partis le 27. pour Gibraltar , où ils embarquent
deux Bataillons , n'ayant amené aucunes troupes
d'Angleterre .
E Comte de Charni , Lieutenant General des
Larmos du Roy,qui doit commander les
6000. Espagnols qu'on transportera en Italie
est arrivé de son Gouvernement de Ceuta , et Sa
M. lui a fait remettre ses instructions.
L'Escadre Angloise, commandée par le Vice-
Amiral Wager , et qui est composée de 12. Vaisseaux
de guerre et de trois Fregates , est arrivée
dans la Baye de Cadix , avec quelques autres Vaisseaux
Anglois qui venoient de Gibraltar.
Quelques Vaisseaux Espagnols de l'Escadre du
Comte de Clavijo , ayant pris il y a quelque
temps le Vaisseau le S. Charles de Gibraltar , qui
avoit à bord des Maures allant d'Alger à Tetuan
avec des Marchandises ; le Roy a envoyé des ordres
pour faire rendre ce Vaisseau et tous les Passagers
qui étoient dessus.
S. M. Catholique a accordé en même temps à
la Compagnie de la Mer du Sud la restitution
d'une somme considerable qu'on lui avoit saisie
pendant les derniers troubles.
Les Regimens que le Roy a nommez pour
être transportez en Italie , sont ceux de Castille ,
de Lombardie , de Naples et de Bourgogne , de
deux Bataillons chacun , un Regiment Suisse ,
I iiij
aussi
2248 MERCURE DE FRANCE
aussi de deux Bataillons , et le Regiment de Ba
tavia Dragons ; de trois Escadrons , faisant ensemble
dix Bataillons et trois Escadrons. Le
Comte de Charny , Lieutenant General et Commandant
, aura sous lui en qualité de Marêchaux
de Camp , le Marquis de Pozzoblanco , le Marquis
de Châteaufort , le Duc de Castro Pinhano
et le Marquis de Torre Major,
Le Comte de Sant - Estevan , Chevalier des Ordres
du Roy Très- Chrétien , et Grand Ecuyer
du Prince des Asturies , a été nommé par le Roy
' Espagne pour accompagner l'Infant Don Carles
en Italie , où il demeurera auprès de ce Prince
pendant sa Minorité , en qualité de son Gouver
neur. Sa Charge de Grand Ecuyer du Prince des
Asturies lui est conservée, i
On écrit de Seville , que M. de Patino alla le
25. Août dîner avec l'Amiral Wager , il vit trois
Vaisseaux Anglois dont il fut trés- content ; le
-lendemain il mena ce General voir sa Garaca ; il
lui donna à dîner à bord de la Galice , Vaisseau
de 70. Canons , et il lui en fit voir trois d'Espagne
de 80. 70. et 64. que les Anglois trouverent
Trés-beaux .
*
La Flotte d'Espagne doit être composée de
25. Vaisseaux , sçavoir , 11. de Cadiz , 8. du
-Ferol , qu'on attend à chaque instant , et 6. qui
sont à Cartagene , grands et petits , et tout doit
être prêt pour le 15. Septembre , qu'on se rendra
à Barcelone , où se doit faire l'Embarquement
des 6000. Espagnols
Le Marquis Mary a les honneurs de Capitaine
General , pour être en grade égal avec l'Amiral
Anglois , et il a fait arborer Pavillon quarré au
grand mast du Vaissau la Sainte Isabelle de 80.
Canons. Il est décidé que les Anglois n'aurout
que
SEPTEMBRE. 1731. 2249
que douze Vaisseaux et trois Fregates. Ils sont
partis le 27. pour Gibraltar , où ils embarquent
deux Bataillons , n'ayant amené aucunes troupes
d'Angleterre .
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
En 1731, l'Espagne prépare une expédition militaire en Italie. Le Comte de Charny, Lieutenant Général, doit commander 6000 soldats espagnols, incluant les régiments de Castille, Lombardie, Naples, Bourgogne, un régiment suisse et les Batavia Dragons. L'escadre anglaise, dirigée par le Vice-Amiral Wager, composée de 12 vaisseaux de guerre et trois frégates, est arrivée à Cadix. Des vaisseaux espagnols ont capturé le 'S. Charles' à Gibraltar, transportant des Maures et des marchandises entre Alger et Tétouan. Le roi a ordonné la restitution du vaisseau et des passagers. Il a également autorisé la restitution d'une somme saisie par la Compagnie de la Mer du Sud. Le Comte de Charny sera assisté par plusieurs maréchaux de camp, dont le Marquis de Pozzoblanco et le Duc de Castro Pinhano. Le Comte de Sant-Estevan accompagnera l'Infant Don Carles en Italie et servira de gouverneur pendant sa minorité. À Séville, M. de Patino a rencontré l'Amiral Wager et lui a montré plusieurs vaisseaux espagnols. La flotte espagnole, composée de 25 vaisseaux, doit être prête pour le 15 septembre et se rendre à Barcelone pour l'embarquement des troupes. Le Marquis Mary a reçu les honneurs de Capitaine Général pour être en grade égal avec l'Amiral anglais. Les Anglais n'auront que douze vaisseaux et trois frégates, et ils ont embarqué deux bataillons à Gibraltar sans troupes supplémentaires d'Angleterre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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760
p. 2249-2253
EXTRAIT du Traité d'Alliance conclu à Vienne le 22. Juillet 1731. entre l'Empereur, le Roy d'Espagne & le Roy d'Angleterre.
Début :
D'autant que l'Introduction des Garnisons Espagnoles dans les Places fortes de la Toscane [...]
Mots clefs :
Déclarations, Engagements, Garnisons, Conséquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Traité d'Alliance conclu à Vienne le 22. Juillet 1731. entre l'Empereur, le Roy d'Espagne & le Roy d'Angleterre.
EXTRAIT du Traité d'Alliance conclu
à Vienne le 22. Juillet 1731. entre
l'Empereur , le Roy d'Espagne & le Roy
•&Angleterre.
Autant que l'Introduction des Garnisons
D'Espagnoles dans les Places fortesde la Los
cane , de Parme et de Plaisance , au lieu des Troupes
neutres specifiées par le Traité de la Quatruple
Alliance, pouvoit rencontrer quelque obstacle
qui auroit pu avoir des suites capables de troubler
la tranquillité publique , L. M. Imperiale er
Britanique , pour prévenir ces maux , ont pris
des mesures par l'Article III. du Traité conclu
Vienne le 16. Mars de cette année , et par deux
Déclarations qui y ont rapport , dont voici le
contenu :
Ici font inferez l'Article 111. du Traité de
Vienne du 16. Mars dernier , la Déclaration
fur la Succeffion de Parme , celle fur l'Introduction
des Garniſons Eſpagnoles dans la Tof
cane, & une fpecification des Engagemens du
Traité de Seville , tirée des Articles IX. X. XI)
XII. et XHI
L'Article et les Déclarations susdits ayant été
communiquez au Roy Catholique, et S. M. aïant
trouvé qu'on y satisfaisoit pleinement , tant aư
desir qu'Elle avoit de mieux assurer à l'Infant
Don Carlos la Succession éventuelle de Toscane ,
Parme et Plaisance , qu'aux Conventions faites
entre Elle et S. M. Britannique, Elle a bien voulu
de
2250 MERCURE DE FRANCE
de son côté contribuer à tout ce qui peut servin
à mieux assurer la tranquillité publique. Pour cet
effet Leurs Majestez Imperiale , Catholique et
Britannique ont donné leurs pleins pouvoirs ;
sçavoir , S. M, Imperiale au Prince Eugene de
Savoye , au Comte de Zinzendorff , au Comte de
Staremberg , au Comte de Kinigsegg ; S. M. Catholique
au Duc de Liria ; er S. M. Britannique
à M. Robinsons ; lesquels après quelques Confe-..
rences , et l'échange de leurs pleins pouvoirs
sont convenus des Articles suivans.
ARTICLE I. S. M. Catholique après un mur
examen de l'Article III. du Traité du 16. Mars
dernier , et des deux Déclarations en consequence
dont la teneur est sur le point d'être executée, témoigne
qu'Elle ne desire rien de plus , et déclare.
que ce Traité de Quadruple Alliance et celui de
Vienne conclu le 7. Juin 172 5. sont ici renouvellez
et confirmez dans tous leurs Articles, clauses
et conditions , excepté seulement en ce qui
regarde le changement des Garnisons neutres en
Espagnoles ; dont on est convenu par le susdie
Article 111. et les Déclarations en consequence,
S. M. Catholique promet pour Elle et ses Heritiers
et Successeurs d'accomplir tout ce qui est
réglé dans lesdits Traitez.
1. L'Empereur et le Roy de la Grande Bre
tagne s'engagent envers le Roy, Catholique , ses
Heritiers et Successeurs , d'executer tout ce qui.
est, stipulé par l'Articles du Traité du 16.
Mars dernier , et les deux Déclarations en conse
quence, en faveur des Descendans mâles de la Reine
d'Espagne , appellez à la Succession de Toscane,
Parme et Plaisance. L'Empereur et le Roy de
la Grande- Bretagne , en acceptant le renouvelle→
ment de la Quadruple Alliance , et S. M. Im
sú v 1 periale
SEPTEMBRE. 1731. 2751
periale en acceptant de plus le renouvellement da
Traité de Vienne du 7. Juin 1725. s'obligent envers
le Roy d'Espagne à l'exécution de tous les
engagemens qu'ils renferment.
III. Tout ce qui a été arrêté jusqu'ici par le
consentement réciproque et irrevocable des Par
ties contractantes, servira de regle , soit qu'il s'a
gisse de l'introduction des Garnisons Espagnoles,
ou de mettre , en cas de Succession ouverte , l'Infant
Don Carlos en possession des Duchez de
Parme et de Plaisance , de sorte neanmoins que
le, dernier cas arrivant , ledit Infant soit pleinement
mis en possession desdits Duchez , sur le
pied reglé dans les Leures de l'Investiture éven
tuelle du 9. Décembre 1773.
IV . Comme tout ce qui a été stipulé en faveur
de l'Infant Don Carlos par le cinquiéme Article
de la Quadruple Alliance , par les Conventions:
faites à ce sujet entre Leurs Majestez Catholique et
Britannique , et par le troisiéme Article du Traite
du 16. Mars dernier , et les deux Déclarations en
consequence , a été communiqué aux Cours de
Toscane et de Parme , et qu'il ne reste rien plus
à desirer pour l'affermissement de la tranquillitépublique
, que de prévenir les obstacles qui pour--
roient retarder l'exécution des Engagemens dont
les Parties contractantes sont convenues entre
elles , Leurs Majestez Imperiale , Catholique et
Britannique s'obligent d'employer leurs bons of
fices auprès du Grand Duc, aussi- tôt que ce Traite
sera signé, afin de l'engager à consentir à l'introduction
des Garnisons Espagnoles , et à tout ce
qui est reglé par les Traitez , Conventions et Déclarations
ci - dessus nommées , en faveur de le
Posterité masculine de la Reine d'Espagne , à condition
neanmoins que le consentement du Grand.
I vi Dus
2252 MERCURE DE FRANCE
Duc avenant , tout ce qui vient d'être cité n'aura
lieu qu'après l'échange des Ratifications respectives
de ce Traité.
V. Les trois Parties contractantes déclarent ,
que n'ayant rien plus à coeur que de voir le Grand
Duc consentir à toutes les mesures prises par le
Traité ci - dessus mentionné , tant pour sa Dignité
et son repos , que pour celui de ses Sujets et la
sûreté de ses Etats , promettent et s'obligent entre
Elles et envers le Grand Duc , de remplir et
garentir toutes les susdites dispositions.
VI. Les Parties contractantes ont trouvé
necessaire pour le repos public d'inviter le Grand
Duc de la maniere la plus engageante à acceder
au present Traité , &c.
Article séparé et secret.
Quoique l'onn'ait rappellé au commencement
de ce Traité que les Engagemens pris
autrefois par les Rois d'Espagne et d'Angleterre
sur l'introduction des Garnisons Espagnoles , if
a été neanmoins convenu entre les Parties qui
ont fait ce present Traité , qu'à l'égard des autres
Engagemens représentez séparement à l'Empereur ,
et qui sont annexez au present Article ; la tencur
de PArticle III. du Traité du 16., Mars dernier
et des deux Déclarations en consequence aura
Tieu , comme si cette partie secrette d'Engagement
étoit inserée mot à mot au commencement
de ce Traité.
2
Cette Partie fecrette des Engagemens entre
LeursMajeftez Catholique & Britannique, coacerne
les Garnifons Espagnoles dans les Places
de Tefcane de Parme le ferment qu'elles
prêteronipour la sûreté , la conſervation & la
remife
SEPTEMBRE. 1731. 2253
remife defdites Places , afin de ne préjudicier
en rien anx Droits de l'Infant Don Carlos . Ony
eft convenu que danglesPlaces où elles feront réparties
, les Troupes des Poffeffeurs feront de deux
tiers moindres que celles de S. M. Catholique ;
que les Morts & déferteurs feront librement
remplacez , & que faute de pouvoir obtenir lefdits
arrangemens, les Parties contractantes les
feront exécuter par la force , S. M. Catholique
s'obligeant d'entretenir & de payer lesdites
Troupes
Dans un autre Article secret et separé , il est
dit, que si après les deux mois énoncez pour requerir
le consentement du Grand Duc à toutes
les dispositions ci - dessus , il paroissoit encore
douteux de l'obtenir ; S. M. Imperiale ne s'opposera
en aucune façon à l'effectuation pleine et
entiere de tous les Engagemens pris entre L. M.
Catholique et Britanique , rapportez ci - dessus.
dans l'Article secret et separé , et exhibez à l'Empereur
, et expliquez par la Déclaration entre
Espagne et l'Angleterre sur lesdites Garnisons
Espagnoles.
à Vienne le 22. Juillet 1731. entre
l'Empereur , le Roy d'Espagne & le Roy
•&Angleterre.
Autant que l'Introduction des Garnisons
D'Espagnoles dans les Places fortesde la Los
cane , de Parme et de Plaisance , au lieu des Troupes
neutres specifiées par le Traité de la Quatruple
Alliance, pouvoit rencontrer quelque obstacle
qui auroit pu avoir des suites capables de troubler
la tranquillité publique , L. M. Imperiale er
Britanique , pour prévenir ces maux , ont pris
des mesures par l'Article III. du Traité conclu
Vienne le 16. Mars de cette année , et par deux
Déclarations qui y ont rapport , dont voici le
contenu :
Ici font inferez l'Article 111. du Traité de
Vienne du 16. Mars dernier , la Déclaration
fur la Succeffion de Parme , celle fur l'Introduction
des Garniſons Eſpagnoles dans la Tof
cane, & une fpecification des Engagemens du
Traité de Seville , tirée des Articles IX. X. XI)
XII. et XHI
L'Article et les Déclarations susdits ayant été
communiquez au Roy Catholique, et S. M. aïant
trouvé qu'on y satisfaisoit pleinement , tant aư
desir qu'Elle avoit de mieux assurer à l'Infant
Don Carlos la Succession éventuelle de Toscane ,
Parme et Plaisance , qu'aux Conventions faites
entre Elle et S. M. Britannique, Elle a bien voulu
de
2250 MERCURE DE FRANCE
de son côté contribuer à tout ce qui peut servin
à mieux assurer la tranquillité publique. Pour cet
effet Leurs Majestez Imperiale , Catholique et
Britannique ont donné leurs pleins pouvoirs ;
sçavoir , S. M, Imperiale au Prince Eugene de
Savoye , au Comte de Zinzendorff , au Comte de
Staremberg , au Comte de Kinigsegg ; S. M. Catholique
au Duc de Liria ; er S. M. Britannique
à M. Robinsons ; lesquels après quelques Confe-..
rences , et l'échange de leurs pleins pouvoirs
sont convenus des Articles suivans.
ARTICLE I. S. M. Catholique après un mur
examen de l'Article III. du Traité du 16. Mars
dernier , et des deux Déclarations en consequence
dont la teneur est sur le point d'être executée, témoigne
qu'Elle ne desire rien de plus , et déclare.
que ce Traité de Quadruple Alliance et celui de
Vienne conclu le 7. Juin 172 5. sont ici renouvellez
et confirmez dans tous leurs Articles, clauses
et conditions , excepté seulement en ce qui
regarde le changement des Garnisons neutres en
Espagnoles ; dont on est convenu par le susdie
Article 111. et les Déclarations en consequence,
S. M. Catholique promet pour Elle et ses Heritiers
et Successeurs d'accomplir tout ce qui est
réglé dans lesdits Traitez.
1. L'Empereur et le Roy de la Grande Bre
tagne s'engagent envers le Roy, Catholique , ses
Heritiers et Successeurs , d'executer tout ce qui.
est, stipulé par l'Articles du Traité du 16.
Mars dernier , et les deux Déclarations en conse
quence, en faveur des Descendans mâles de la Reine
d'Espagne , appellez à la Succession de Toscane,
Parme et Plaisance. L'Empereur et le Roy de
la Grande- Bretagne , en acceptant le renouvelle→
ment de la Quadruple Alliance , et S. M. Im
sú v 1 periale
SEPTEMBRE. 1731. 2751
periale en acceptant de plus le renouvellement da
Traité de Vienne du 7. Juin 1725. s'obligent envers
le Roy d'Espagne à l'exécution de tous les
engagemens qu'ils renferment.
III. Tout ce qui a été arrêté jusqu'ici par le
consentement réciproque et irrevocable des Par
ties contractantes, servira de regle , soit qu'il s'a
gisse de l'introduction des Garnisons Espagnoles,
ou de mettre , en cas de Succession ouverte , l'Infant
Don Carlos en possession des Duchez de
Parme et de Plaisance , de sorte neanmoins que
le, dernier cas arrivant , ledit Infant soit pleinement
mis en possession desdits Duchez , sur le
pied reglé dans les Leures de l'Investiture éven
tuelle du 9. Décembre 1773.
IV . Comme tout ce qui a été stipulé en faveur
de l'Infant Don Carlos par le cinquiéme Article
de la Quadruple Alliance , par les Conventions:
faites à ce sujet entre Leurs Majestez Catholique et
Britannique , et par le troisiéme Article du Traite
du 16. Mars dernier , et les deux Déclarations en
consequence , a été communiqué aux Cours de
Toscane et de Parme , et qu'il ne reste rien plus
à desirer pour l'affermissement de la tranquillitépublique
, que de prévenir les obstacles qui pour--
roient retarder l'exécution des Engagemens dont
les Parties contractantes sont convenues entre
elles , Leurs Majestez Imperiale , Catholique et
Britannique s'obligent d'employer leurs bons of
fices auprès du Grand Duc, aussi- tôt que ce Traite
sera signé, afin de l'engager à consentir à l'introduction
des Garnisons Espagnoles , et à tout ce
qui est reglé par les Traitez , Conventions et Déclarations
ci - dessus nommées , en faveur de le
Posterité masculine de la Reine d'Espagne , à condition
neanmoins que le consentement du Grand.
I vi Dus
2252 MERCURE DE FRANCE
Duc avenant , tout ce qui vient d'être cité n'aura
lieu qu'après l'échange des Ratifications respectives
de ce Traité.
V. Les trois Parties contractantes déclarent ,
que n'ayant rien plus à coeur que de voir le Grand
Duc consentir à toutes les mesures prises par le
Traité ci - dessus mentionné , tant pour sa Dignité
et son repos , que pour celui de ses Sujets et la
sûreté de ses Etats , promettent et s'obligent entre
Elles et envers le Grand Duc , de remplir et
garentir toutes les susdites dispositions.
VI. Les Parties contractantes ont trouvé
necessaire pour le repos public d'inviter le Grand
Duc de la maniere la plus engageante à acceder
au present Traité , &c.
Article séparé et secret.
Quoique l'onn'ait rappellé au commencement
de ce Traité que les Engagemens pris
autrefois par les Rois d'Espagne et d'Angleterre
sur l'introduction des Garnisons Espagnoles , if
a été neanmoins convenu entre les Parties qui
ont fait ce present Traité , qu'à l'égard des autres
Engagemens représentez séparement à l'Empereur ,
et qui sont annexez au present Article ; la tencur
de PArticle III. du Traité du 16., Mars dernier
et des deux Déclarations en consequence aura
Tieu , comme si cette partie secrette d'Engagement
étoit inserée mot à mot au commencement
de ce Traité.
2
Cette Partie fecrette des Engagemens entre
LeursMajeftez Catholique & Britannique, coacerne
les Garnifons Espagnoles dans les Places
de Tefcane de Parme le ferment qu'elles
prêteronipour la sûreté , la conſervation & la
remife
SEPTEMBRE. 1731. 2253
remife defdites Places , afin de ne préjudicier
en rien anx Droits de l'Infant Don Carlos . Ony
eft convenu que danglesPlaces où elles feront réparties
, les Troupes des Poffeffeurs feront de deux
tiers moindres que celles de S. M. Catholique ;
que les Morts & déferteurs feront librement
remplacez , & que faute de pouvoir obtenir lefdits
arrangemens, les Parties contractantes les
feront exécuter par la force , S. M. Catholique
s'obligeant d'entretenir & de payer lesdites
Troupes
Dans un autre Article secret et separé , il est
dit, que si après les deux mois énoncez pour requerir
le consentement du Grand Duc à toutes
les dispositions ci - dessus , il paroissoit encore
douteux de l'obtenir ; S. M. Imperiale ne s'opposera
en aucune façon à l'effectuation pleine et
entiere de tous les Engagemens pris entre L. M.
Catholique et Britanique , rapportez ci - dessus.
dans l'Article secret et separé , et exhibez à l'Empereur
, et expliquez par la Déclaration entre
Espagne et l'Angleterre sur lesdites Garnisons
Espagnoles.
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Résumé : EXTRAIT du Traité d'Alliance conclu à Vienne le 22. Juillet 1731. entre l'Empereur, le Roy d'Espagne & le Roy d'Angleterre.
Le traité d'Alliance signé à Vienne le 22 juillet 1731 entre l'Empereur, le Roi d'Espagne et le Roi de Grande-Bretagne a pour objectif de prévenir les troubles publics liés à l'introduction de garnisons espagnoles dans les places fortes de Toscane, Parme et Plaisance. Les mesures prises par l'Article III du traité de Vienne du 16 mars 1731 et deux déclarations associées ont été communiquées au Roi Catholique, qui les a trouvées satisfaisantes. Ce traité renouvelle et confirme la Quadruple Alliance et le traité de Vienne du 7 juin 1725, à l'exception du changement des garnisons neutres en garnisons espagnoles. Les parties signataires s'engagent à exécuter les stipulations en faveur des descendants mâles de la Reine d'Espagne pour la succession de Toscane, Parme et Plaisance. Elles s'obligent également à employer leurs bons offices auprès du Grand Duc pour obtenir son consentement à l'introduction des garnisons espagnoles. Un article secret précise les engagements concernant les garnisons espagnoles et les mesures à prendre en cas de refus du Grand Duc. Les parties contractantes promettent de garantir toutes les dispositions prises pour assurer la tranquillité publique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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761
p. 2429-2436
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On a eu avis que le Pacha qui commande dans Erivan, avoit donné parole au Roy de Perse [...]
Mots clefs :
Pacha , Roi de Perse, Garnison, Shah, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE .
Orivan , avoit donné parole au Roy de Perse
Na eu avis que le Pacha qui commande dans
de se rendre prisonnier de Guerre avec toute sa
Garnison , qui est encore de 15000 hommes , si
dans dix jours il ne recevoit pas le secours qu'il
attendoit ; et on ajoûte que le Roy de Perse
avoit détaché de son armée , qui est devant Erivan
, 30000 hommes de Cavalerie , et qu'il les
avoit envoyez du côté de Bagdad , pour occuper
les passages par lesquels il pourroit arriver du
secours au Gouverneur de cette Place.
On a appris presque en même tems que ce détachement
de l'armée de Perse avoit taillé en
pieces le secours que le Pacha du Grand Caireenvoyoit
pour renforcer la Garnison de Bagdad..
Une autre Lettre de Constantinople , du 31
Juillet , porte que la Sultane Validé , qui protege
Djanum Codgea , a obtenu sa grace du Sultan
, qui lui a donné le Pachalik , ou Gouverne
ment en Chef de Rétimo, où sa Hautesse l'avoit
d'abord relegué. Le Kiaya ou Lieutenant et les
neveux de ce Pacha , qui avoient été arrêtez er
COL
2430 MERCURE DE FRANCE
Consignez sur une Galere , le même jour qu'on
lui ôta la Charge de Capitan Pacha , ont depuis
recouvré leur liberté , mais la confiscation qui
avoit été faite de tous ses biens , a subsisté au
profit du Trésor Imperial.
LETTRE écrite de Constantinople ,
le 26 Juin 1731 .
·
E vous ai écrit , Monsieur , le 17 Avril dérnier
, que les Ministres de la Porte avoient eu
Le bonheur de dissiper la seconde sédition arrivée
à Constantinople le jour de Pâques dernier ,
& qu'on étoit redevable de cette action de vigueur
à Djanum Codgea , qui avoit conduit toute
cette grande affaire , et qui par là affermissoit sur
le Trône le Sultan Mahmout son Maître , lequel
en reconnoissance d'un si grand service lui avoit
fait l'honneur de l'aller visiter à l'Arsenal ; honneur
que Codgea , qui n'étoit pas riche , avoit
( payé fort cher puisqu'il lui en coûta cent
bourses..
>
On auroit eru , sans doute , qu'après des services
si signalez , Djanum Codgea auroit joui
tranquillement du fruit de ses travaux : point
du tout. Ce nouveau Capitan Pacha , dans le
tems qu'il s'y attendoit le moins , fut enlevé de
P'Arcenal le 17 de May
, et conduit à la pointe du
Sérail pour y être etranglé à la vvuûeë du Sultan
son Maître , qui , pour être à portée de voir ce
tragique spectacle , étoit allé dans un Kiosque
qui est situé au bord de la Marine , avec la Ŝultane
Validé ( ou Reine Mere. )
Djanum Codgea y fut à peine arrivé que le-
Bostangi Bachi , chargé de l'exécution , lui ôta
sa Pelisse ou Robbe fourrée , lui disant de ne faire
aucun mouvement , parce que le G. S. qui étoit
present
OCTOBRE. 1737. 2431
present examinoit ses actions. Le Capitan Pacha
sans être intimidé par ce discours , se mit à crier
de toute sa force , suppliant son Maître de ne le
point faire mourir sans au moins l'entendre, ajoûtant
que cinquante ans de services , rendus à cer
Empire , et ceux qu'il venoit de rendre personnellement
à S.H. et son grand âge parloit en sa faveur;
que si nonobstant toutes ses considerations
il persistoit à vouloir le faire étrangler
il en étoit le maître ; mais qu'il réfléchît auparavant
qu'il alloit se baigner dans le d'un
sang
innocent , duquel il seroit obligé de rendre com-
-pte à Dieu , et que par cette action inhumaine il
flétriroit au commencement de son regne sa ré
putation , qu'il consideroit bien plus que sa vie.
Soit que ces discours eussent touché le Sultan ,
soit que la Validé s'interessât pour lui , le G. S.
ouvrit une des Fenêtres de son Kiosque , et fit signe
de la main qu'on ne lui ôta pas la vie , mais
qu'il fut conduit à la pointe de Calcedoine os
l'on attendroit ses ordres.
Alors le Bostangi Bachi lui remit sa Pelisse et
le fit embarquer dans son grand Canot, sans vouloir
souffrir qu'aucun de ses gens qui l'avoient.
suivi , l'accompagnât.
D
Cette Scene se passa sur les deux heures après
midi , et cinq heures après on vit passer une
Galere qui alla mouiller à la pointe de Calcedoine
; un Capigi Bachi alla prendre Djanum
Codgea et le fit embarquer sur la Galere , l'assurant
qu'il avoit ordre de le conduire à Retimo
lieu de son exil , et de mener à Constantinople
Abdicapadań, Pacha de Retimo, que le G.S.avoit
nommé Capitan Pacha à sa place. La Galere mit
à la voile à onze heures du soir , sans qu'on put
sçavoir si ce malheureux Codgea devoit être
étranglé , ou si effectivement on se contentoit de
l'exiler. Le
2432 MERCURE DE FRANCE
Le lendemain 18 May , on nomma le plus anclen
des Officiers de l'Arcenal par interim , pour
administrer les affaires de la Marine , et le Grand
Vizir envoya un de ses principaux Officiers au
Divan Kané , pour faire l'inventaire des effets de
Codgea , son Kiaya , de même que ses domestiques
les plus affidez , ils furent conduits prisonniers
sur differentes Galeres , où on leur a donné
plusieurs fois la question pour leur faire déclarer
où étoient les biens de leur Maître, mais quelque
recherche qu'on ait pu faire jusques à present,
il ne s'est trouvé que cinquante - huit bourses et
quelques Montres d'or, et d'autres bijoux de moindre
valeur.
Cinq ou six jours après on apprit que la Galere
avoit mouillé à Héraclée, et que dans le tems
que le Capigi Pachi se disposoit à faire mourir
Djanum Codgea , qui avoit même la corde au
col , il arriva encore un ordre du G. S. de ne le
pas faire , et que la Galere remit à la voile pour
aller à Candie , ou l'ordre portoit qu'il seroit
relégué dans la forteresse. On a depuis vû une
Lettre de D. Codgea , écrite de Venedos à son
neveu , par laquelle il lui marque à peu près les
mêmes choses , et le prie de dire à ses domestiques
, que s'il y en a quelqu'un qui veuille l'aller
joindre à Candie , il peut le faire en toute sureté.
Voici , au reste , les motifs dont on s'est servi
pour le perdre auprès du G. S. On a fait entendre
à S. H. que le grand armement que D. Codgea
venoit de faire, n'avoit pour
but que des vues
particulieres , et non pas la gloire de l'Empire ,
que le Capitan Pacha ne desiroit si ardemment de
sortir dans la Mer blanche que pour s'enfuir avec
la Flotte du G. S. et pour s'aller rendre maître
de quelques unes des Républiques de Barbarie,et s'y
établin
OCTOBRE. 1731. 2433
établir en toute souveraineté , comme il en avoit
déja fait l'entreprise en 1723. que les discours
qu'on lui avoit entendu tenir , qu'il ne se soucioit
plus des Ordres du G. S. lorsqu'il auroit
passé la pointe du Serail , marquoient assez qu'il
n'étoit pas un Sujet moins dangereux que les Rebelles
qu'on avoit exterminez ; qu'il avoit fait
bâtir des Cazernes et des Caffez du côté de l'Arcenal
, où il tenoit un nombre infini de Levantis
Qu Soldats de Marine armez , malgré les deffenses
du Sultan ; enfin que tant qu'il vivroit le
Corps des Janissaires qui étoit rentré de bonne
foy dans son devoir , seroit sensible à la méfiance
que le G. S. auroit euë par ses insinuations ,
& c.
Cette derniere raison , ou pour mieux dire la
satisfaction qu'on a voulu donner aux Janissaires
a le plus contribué à la disgrace de Djanum
Codgea , et rien ne le prouve plus que l'ordre du
Sultan donné le jour même qu'on enleva D.Codgea
, de raser toutes les Cazernes , ce qui fut
executé avec une espece de fureur. Il est bien
vrai que le Capitan Pacha , sur tout depuis la
dernière révolution , ne gardoit presque aucune
mesure dans ses discours. Il étoit , à l'entendre ,
le seul brave , le seul restaurateur de l'Empire ;
son Maître étoit un imbecile , et le Vizir peu
propre pour l'emploi qu'il faisoit , & c. ses amis
Lui representoient quelquefois les consequences de
ces discours ; mais au lieu d'en profiter il s'emportoit
contr'eux et faisoit encore pis : aussi
peut on dire que c'est l'intemperance de sa langue
qui l'a perdu.
Le Vizir étoit devenu par là son mortel ennemi,
quoiqu'ils se fussent juré une amitié de frere
étant ensemble à Lamecque. Le P. Ministre a
tou2434
MERCURE DE FRANCE
toujours dissimulé , et sous des caresses feintes
il cachoit le plus cruel poison. Par surcroît de
mal il se trouvoit auprès de Djánum Codgea
une infinité de flateurs qui le confirmoient dans la
folle opinion que jamais cet Empire n'avoit eu le
bonheur d'avoir une personne de son courage er
de sa réputation , et que le Vizir auprès de lui
n'étoit absolument rien ; le jour même de sa disgrace
il alla à la Porte pour recevoir des mains
du Vizir la Pélisse , dont on a coutume de revêtir
les Capitans Pachas , lorsqu'ils sortent à la
Mer. Le Vizir lui fit mille caresses , et lui dit entre
autres choses que comme il avoit rendu des
services signalez, les marques d'honneur devoient
être proportionnées , que le Sultan Mahmout ne
le consideroit pas comme un Bacha ordinaire ; et
que S. H. se proposoit de le revêtir elle - même
de la Pélisse. Djanum Codgea la reçut cependant
à l'Arcenal . Un instant aprés on l'envoya
chercher du Sérail , et au lieu de le revêtir de la
Robe d'honneur , le G. S. le disgracie , comme je
Pai dit.
Abdicapadan est attendu incessamment ici
On croit qu'on sera content de lui , il est for
doux et fort poli.
On a sçu que les Turcs avoient reçû Pagréable
nouvelle de la défaite de Parmée de Thamas
Schah , qui faisoit le Siége d'Erivan , et que plusieurs
Kams ou Seigneurs Persans , des plus distinguez
, avoient été fait prisonniers, et qu'on les
conduisoit à Constantinople pour les faire servir
à quelque grand Triomphe ; mais.ce grand nombre
de Prisonniers de marque , s'est enfin réduit à
un seul , qui arriva icy le 22 du mois passé ; il
fur dabord conduit a la Porte chez le Grand Vizir
qui le reçût asséz , bien et lui fit rendre quelques
OCTOBRE. 1731. 2135
Enes honneurs par son Kiaya. Ce Kam , nom.
mé Velikoulikam , étoit un des plus considerables
Seigneurs de Perse ; il avoit été fait
Kam du temps de Schah - Suleiman , pere de
Schah - Hussein , et sous le regne de ce dernier
Roy il avoit exercé la Charge d'Eatemad Doulet,
ou de G. V. Il commandoit en dernier lien
l'armée de Schah- Thamas, et par son courage er
par son attachement pour ce Prince ; il avoit un
peu rétabli ses affaires . C'étoit le plus cruel ennemi
que
les Turcs pussent jamais avoir ; aussi
le Sultan Mahmout lui fit trancher la tête , le 24
du mois passé dans la grande Place du Sérail .
Les Turcs sont , dit on , résolus de continuer
cette Guerre , et font des efforts extraordinaires.
On ajoute qu'il vient d'être donné un Fetfa ou
Ordre suprême de faire mourir tous les Persans
qui seront pris en guerre.
Schah Thamas a couru grand risque. Ce Prince
étoit en personne devant Erivan , mais le Kam
qui vient d'avoir la tête tranchée, se méfiant du
courage de ses Troupes , conseilla à son Maître
de se retirer dans un lieu nommé les trois Eglises
, ce qu'il fit , avec quelques -uns des siens , et
la veille de sa défaite il passa la Riviere , qui
n'est étoignée que de huit lieuës , ce qui fut sa
seureté.
Depuis ces avantages remportez par les Turcs ,
on dit que Schah Thamas a écrit à Achmet ,
Pacha de Babilonne, pour demander la paix ;mais
que la Porte a refusé toute ouverture d'accomtmodement,
et même qu'elle a fait arrêter les Ambassadeurs
Persans qui étoient partis d'icy il y a
trois mois. On ajoute qu'un nouvel Ambassadeur
, qui devoit se rendre à Constantinople , a
été arrêté à Icoram , et qu'après s'être saisi de
seo
2436 MERCURE DE FRANCE
ses dépêches, on la conduit en exil dans une dos
Isles de l'Archipel. Je suis , &c.
Orivan , avoit donné parole au Roy de Perse
Na eu avis que le Pacha qui commande dans
de se rendre prisonnier de Guerre avec toute sa
Garnison , qui est encore de 15000 hommes , si
dans dix jours il ne recevoit pas le secours qu'il
attendoit ; et on ajoûte que le Roy de Perse
avoit détaché de son armée , qui est devant Erivan
, 30000 hommes de Cavalerie , et qu'il les
avoit envoyez du côté de Bagdad , pour occuper
les passages par lesquels il pourroit arriver du
secours au Gouverneur de cette Place.
On a appris presque en même tems que ce détachement
de l'armée de Perse avoit taillé en
pieces le secours que le Pacha du Grand Caireenvoyoit
pour renforcer la Garnison de Bagdad..
Une autre Lettre de Constantinople , du 31
Juillet , porte que la Sultane Validé , qui protege
Djanum Codgea , a obtenu sa grace du Sultan
, qui lui a donné le Pachalik , ou Gouverne
ment en Chef de Rétimo, où sa Hautesse l'avoit
d'abord relegué. Le Kiaya ou Lieutenant et les
neveux de ce Pacha , qui avoient été arrêtez er
COL
2430 MERCURE DE FRANCE
Consignez sur une Galere , le même jour qu'on
lui ôta la Charge de Capitan Pacha , ont depuis
recouvré leur liberté , mais la confiscation qui
avoit été faite de tous ses biens , a subsisté au
profit du Trésor Imperial.
LETTRE écrite de Constantinople ,
le 26 Juin 1731 .
·
E vous ai écrit , Monsieur , le 17 Avril dérnier
, que les Ministres de la Porte avoient eu
Le bonheur de dissiper la seconde sédition arrivée
à Constantinople le jour de Pâques dernier ,
& qu'on étoit redevable de cette action de vigueur
à Djanum Codgea , qui avoit conduit toute
cette grande affaire , et qui par là affermissoit sur
le Trône le Sultan Mahmout son Maître , lequel
en reconnoissance d'un si grand service lui avoit
fait l'honneur de l'aller visiter à l'Arsenal ; honneur
que Codgea , qui n'étoit pas riche , avoit
( payé fort cher puisqu'il lui en coûta cent
bourses..
>
On auroit eru , sans doute , qu'après des services
si signalez , Djanum Codgea auroit joui
tranquillement du fruit de ses travaux : point
du tout. Ce nouveau Capitan Pacha , dans le
tems qu'il s'y attendoit le moins , fut enlevé de
P'Arcenal le 17 de May
, et conduit à la pointe du
Sérail pour y être etranglé à la vvuûeë du Sultan
son Maître , qui , pour être à portée de voir ce
tragique spectacle , étoit allé dans un Kiosque
qui est situé au bord de la Marine , avec la Ŝultane
Validé ( ou Reine Mere. )
Djanum Codgea y fut à peine arrivé que le-
Bostangi Bachi , chargé de l'exécution , lui ôta
sa Pelisse ou Robbe fourrée , lui disant de ne faire
aucun mouvement , parce que le G. S. qui étoit
present
OCTOBRE. 1737. 2431
present examinoit ses actions. Le Capitan Pacha
sans être intimidé par ce discours , se mit à crier
de toute sa force , suppliant son Maître de ne le
point faire mourir sans au moins l'entendre, ajoûtant
que cinquante ans de services , rendus à cer
Empire , et ceux qu'il venoit de rendre personnellement
à S.H. et son grand âge parloit en sa faveur;
que si nonobstant toutes ses considerations
il persistoit à vouloir le faire étrangler
il en étoit le maître ; mais qu'il réfléchît auparavant
qu'il alloit se baigner dans le d'un
sang
innocent , duquel il seroit obligé de rendre com-
-pte à Dieu , et que par cette action inhumaine il
flétriroit au commencement de son regne sa ré
putation , qu'il consideroit bien plus que sa vie.
Soit que ces discours eussent touché le Sultan ,
soit que la Validé s'interessât pour lui , le G. S.
ouvrit une des Fenêtres de son Kiosque , et fit signe
de la main qu'on ne lui ôta pas la vie , mais
qu'il fut conduit à la pointe de Calcedoine os
l'on attendroit ses ordres.
Alors le Bostangi Bachi lui remit sa Pelisse et
le fit embarquer dans son grand Canot, sans vouloir
souffrir qu'aucun de ses gens qui l'avoient.
suivi , l'accompagnât.
D
Cette Scene se passa sur les deux heures après
midi , et cinq heures après on vit passer une
Galere qui alla mouiller à la pointe de Calcedoine
; un Capigi Bachi alla prendre Djanum
Codgea et le fit embarquer sur la Galere , l'assurant
qu'il avoit ordre de le conduire à Retimo
lieu de son exil , et de mener à Constantinople
Abdicapadań, Pacha de Retimo, que le G.S.avoit
nommé Capitan Pacha à sa place. La Galere mit
à la voile à onze heures du soir , sans qu'on put
sçavoir si ce malheureux Codgea devoit être
étranglé , ou si effectivement on se contentoit de
l'exiler. Le
2432 MERCURE DE FRANCE
Le lendemain 18 May , on nomma le plus anclen
des Officiers de l'Arcenal par interim , pour
administrer les affaires de la Marine , et le Grand
Vizir envoya un de ses principaux Officiers au
Divan Kané , pour faire l'inventaire des effets de
Codgea , son Kiaya , de même que ses domestiques
les plus affidez , ils furent conduits prisonniers
sur differentes Galeres , où on leur a donné
plusieurs fois la question pour leur faire déclarer
où étoient les biens de leur Maître, mais quelque
recherche qu'on ait pu faire jusques à present,
il ne s'est trouvé que cinquante - huit bourses et
quelques Montres d'or, et d'autres bijoux de moindre
valeur.
Cinq ou six jours après on apprit que la Galere
avoit mouillé à Héraclée, et que dans le tems
que le Capigi Pachi se disposoit à faire mourir
Djanum Codgea , qui avoit même la corde au
col , il arriva encore un ordre du G. S. de ne le
pas faire , et que la Galere remit à la voile pour
aller à Candie , ou l'ordre portoit qu'il seroit
relégué dans la forteresse. On a depuis vû une
Lettre de D. Codgea , écrite de Venedos à son
neveu , par laquelle il lui marque à peu près les
mêmes choses , et le prie de dire à ses domestiques
, que s'il y en a quelqu'un qui veuille l'aller
joindre à Candie , il peut le faire en toute sureté.
Voici , au reste , les motifs dont on s'est servi
pour le perdre auprès du G. S. On a fait entendre
à S. H. que le grand armement que D. Codgea
venoit de faire, n'avoit pour
but que des vues
particulieres , et non pas la gloire de l'Empire ,
que le Capitan Pacha ne desiroit si ardemment de
sortir dans la Mer blanche que pour s'enfuir avec
la Flotte du G. S. et pour s'aller rendre maître
de quelques unes des Républiques de Barbarie,et s'y
établin
OCTOBRE. 1731. 2433
établir en toute souveraineté , comme il en avoit
déja fait l'entreprise en 1723. que les discours
qu'on lui avoit entendu tenir , qu'il ne se soucioit
plus des Ordres du G. S. lorsqu'il auroit
passé la pointe du Serail , marquoient assez qu'il
n'étoit pas un Sujet moins dangereux que les Rebelles
qu'on avoit exterminez ; qu'il avoit fait
bâtir des Cazernes et des Caffez du côté de l'Arcenal
, où il tenoit un nombre infini de Levantis
Qu Soldats de Marine armez , malgré les deffenses
du Sultan ; enfin que tant qu'il vivroit le
Corps des Janissaires qui étoit rentré de bonne
foy dans son devoir , seroit sensible à la méfiance
que le G. S. auroit euë par ses insinuations ,
& c.
Cette derniere raison , ou pour mieux dire la
satisfaction qu'on a voulu donner aux Janissaires
a le plus contribué à la disgrace de Djanum
Codgea , et rien ne le prouve plus que l'ordre du
Sultan donné le jour même qu'on enleva D.Codgea
, de raser toutes les Cazernes , ce qui fut
executé avec une espece de fureur. Il est bien
vrai que le Capitan Pacha , sur tout depuis la
dernière révolution , ne gardoit presque aucune
mesure dans ses discours. Il étoit , à l'entendre ,
le seul brave , le seul restaurateur de l'Empire ;
son Maître étoit un imbecile , et le Vizir peu
propre pour l'emploi qu'il faisoit , & c. ses amis
Lui representoient quelquefois les consequences de
ces discours ; mais au lieu d'en profiter il s'emportoit
contr'eux et faisoit encore pis : aussi
peut on dire que c'est l'intemperance de sa langue
qui l'a perdu.
Le Vizir étoit devenu par là son mortel ennemi,
quoiqu'ils se fussent juré une amitié de frere
étant ensemble à Lamecque. Le P. Ministre a
tou2434
MERCURE DE FRANCE
toujours dissimulé , et sous des caresses feintes
il cachoit le plus cruel poison. Par surcroît de
mal il se trouvoit auprès de Djánum Codgea
une infinité de flateurs qui le confirmoient dans la
folle opinion que jamais cet Empire n'avoit eu le
bonheur d'avoir une personne de son courage er
de sa réputation , et que le Vizir auprès de lui
n'étoit absolument rien ; le jour même de sa disgrace
il alla à la Porte pour recevoir des mains
du Vizir la Pélisse , dont on a coutume de revêtir
les Capitans Pachas , lorsqu'ils sortent à la
Mer. Le Vizir lui fit mille caresses , et lui dit entre
autres choses que comme il avoit rendu des
services signalez, les marques d'honneur devoient
être proportionnées , que le Sultan Mahmout ne
le consideroit pas comme un Bacha ordinaire ; et
que S. H. se proposoit de le revêtir elle - même
de la Pélisse. Djanum Codgea la reçut cependant
à l'Arcenal . Un instant aprés on l'envoya
chercher du Sérail , et au lieu de le revêtir de la
Robe d'honneur , le G. S. le disgracie , comme je
Pai dit.
Abdicapadan est attendu incessamment ici
On croit qu'on sera content de lui , il est for
doux et fort poli.
On a sçu que les Turcs avoient reçû Pagréable
nouvelle de la défaite de Parmée de Thamas
Schah , qui faisoit le Siége d'Erivan , et que plusieurs
Kams ou Seigneurs Persans , des plus distinguez
, avoient été fait prisonniers, et qu'on les
conduisoit à Constantinople pour les faire servir
à quelque grand Triomphe ; mais.ce grand nombre
de Prisonniers de marque , s'est enfin réduit à
un seul , qui arriva icy le 22 du mois passé ; il
fur dabord conduit a la Porte chez le Grand Vizir
qui le reçût asséz , bien et lui fit rendre quelques
OCTOBRE. 1731. 2135
Enes honneurs par son Kiaya. Ce Kam , nom.
mé Velikoulikam , étoit un des plus considerables
Seigneurs de Perse ; il avoit été fait
Kam du temps de Schah - Suleiman , pere de
Schah - Hussein , et sous le regne de ce dernier
Roy il avoit exercé la Charge d'Eatemad Doulet,
ou de G. V. Il commandoit en dernier lien
l'armée de Schah- Thamas, et par son courage er
par son attachement pour ce Prince ; il avoit un
peu rétabli ses affaires . C'étoit le plus cruel ennemi
que
les Turcs pussent jamais avoir ; aussi
le Sultan Mahmout lui fit trancher la tête , le 24
du mois passé dans la grande Place du Sérail .
Les Turcs sont , dit on , résolus de continuer
cette Guerre , et font des efforts extraordinaires.
On ajoute qu'il vient d'être donné un Fetfa ou
Ordre suprême de faire mourir tous les Persans
qui seront pris en guerre.
Schah Thamas a couru grand risque. Ce Prince
étoit en personne devant Erivan , mais le Kam
qui vient d'avoir la tête tranchée, se méfiant du
courage de ses Troupes , conseilla à son Maître
de se retirer dans un lieu nommé les trois Eglises
, ce qu'il fit , avec quelques -uns des siens , et
la veille de sa défaite il passa la Riviere , qui
n'est étoignée que de huit lieuës , ce qui fut sa
seureté.
Depuis ces avantages remportez par les Turcs ,
on dit que Schah Thamas a écrit à Achmet ,
Pacha de Babilonne, pour demander la paix ;mais
que la Porte a refusé toute ouverture d'accomtmodement,
et même qu'elle a fait arrêter les Ambassadeurs
Persans qui étoient partis d'icy il y a
trois mois. On ajoute qu'un nouvel Ambassadeur
, qui devoit se rendre à Constantinople , a
été arrêté à Icoram , et qu'après s'être saisi de
seo
2436 MERCURE DE FRANCE
ses dépêches, on la conduit en exil dans une dos
Isles de l'Archipel. Je suis , &c.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le texte décrit des événements militaires et politiques impliquant la Turquie et la Perse. En Turquie, Djanum Codgea, après avoir réprimé une sédition à Constantinople, est arrêté et condamné à mort par le Sultan Mahmout. Grâce à l'intervention de la Sultane Validé, sa peine est commuée en exil à Rétimo. Ses biens sont confisqués, mais ses proches sont libérés. En Perse, le gouverneur d'Erivan menace de se rendre si aucun secours n'arrive. Le roi de Perse envoie 30 000 cavaliers vers Bagdad pour bloquer les renforts turcs. Ces cavaliers attaquent et détruisent les secours envoyés par le Pacha du Grand Caire à Bagdad. À Constantinople, Abdicapadan est nommé nouveau Capitan Pacha. Les Turcs célèbrent la défaite de l'armée perse devant Erivan et exécutent un seigneur perse notable, Velikoulikam. La Turquie refuse les offres de paix du roi perse Schah Thamas et arrête les ambassadeurs perses.
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762
p. 2436-2438
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, sur l'incendie &c.
Début :
Le 21. du mois de Juillet dernier, à deux heures du matin, le feu prit à Topana dans [...]
Mots clefs :
Feu, Roi de Perse, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, sur l'incendie &c.
EXTRAIT d'une Lettre de Constanti
nople , sur l'incendie &c.
L
E 21. du mois de Juillet dernier , à deux
heures du matin , le feu prit à Topana dans
la partie de ce Fauxbourg , qui est congue à
ceux de Pera et de Galata ; le temps étoit assez
calme et on peut assurer que cet Incendie
n'auroit causé la perte que de quelques Maisons .
si l'on y cut apporré du remede dès qu'on s'en
apperçût.
Jusqu'à quatre heures du matin , le feu n'avoit
encore fait que peu de progrès , on étoit
beaucoup plus allarmé à Pera , qui est confondu
avec Topana , qu'on ne l'étoit à Galata , parceque
ce dernier Fauxbourg étant entouré de Murailles
fort élevées et plus éloigné du Feu , on
avoit lieu de se flatter qu'il seroit éteint avant
que d'y avoir pû pénetrer ; mais un Vent du
Nord , qui s'éleva tout à coup avec violence ,
décida du sort de ces deux Fauxbourgs , en por
tant du côté de Galata de longs tourbillons de
flammes qui embraserent d'abord les Maisons
adossées exterieurement aux Murs , et qui se
communiquerent bien-tôt à celles qui y étoient
appuyées en-dedans. Alors, les Marchands François
et les autres Habitans du même quartier ,
connoissant le danger ausquels ils étoient exposez
, chacun s'empressa de transporter à la hâte
ses effets en des lieux de sûreté ,
bien des gens
ne pûrent y parvenir , soit par la difficulté qu'il
avoit de passer dans les rues qui sont fort
étroites
OCTOBRE 17 ཏཱ 1 , 2437
Etroites , et qui étoient remplies d'une Populace
que nulle autorité ne réprimoit , soit par la
rareté des Portefaix , qui , se prévalant du besoin
qu'on avoit d'eux , exigeoient un salaire
exhorbitant.
Par un Reglement de la Police de ce Payscy
, les Jannissaires sont particulierement préposez
pour éteindre les Incendies ; mais on a
reconnu par une expérience réïterée , qu'ils font
pl . de mal que de bien dans ces occasions ;
heureusement le feu , après avoir duré 11. ou
12. heures , s'éteignit comme de lui - même.
On compte qu'il peut y avoir eu 4 à 500 Maisons
de brûlées >
plusieurs Bains , Moulins et
Fruits , trois Eglises Grecques , deux Armenienes
, quelques Synagogues de Juifs , et deux.
petites Mosquées .
Les François ont eu le bonheur de sauver .
dans des Magazins à l'épreuve du Feu , toutes
lears Marchandises er la plus grande partie de
leurs Meubles , de sorte qu'à deux ou trois maisons
près qui appartenoient à quelques - uns
d'eux , les autres Nationaux en seront quittes
pour peu de chose. La perte la plus considerable
de notre Nation , tombe sur les Religieux. Les
Jesuites ont non - seulement perdu la Maison
qu'ils habitent , mais encore 9 ou 10 autres
Maisons dont le loüage faisoit tout leur revenu
feur Eglise qui est toute de pierre , et ce qu'ils'
y voient renfermé , ont été garantis des flam
mes , de même qu'une petite maison qui leur
servoit d'Infirmerie ; les Capucins ont aussi
sauvé leur Eglise et perdu , leur Couvent. Pour
les Dominicains , quoique le feu les ait épargnez
ils n'en ont pas moins souffert dans le
tumulte ; tout Pinterieur de leur Couvent et de
leur Eglise a été détruit,
·
H O₂
2438 MERCURE DE FRANCE
On ne dit pas s'il a péri beaucoup de monde
dans cet Incendie ; on sçait seulement que beaucoup
de Jannissaires échauffez par le vin , ont
été écrasez sous les ruines des maisons , et que
d'autres tout-à - fait yvres ont été consumez par
los flammes. On assure qu'il y en a entr'autres
une Troupe de 29 , qui s'étant acharnez à briser
los Tonneaux d'une Taverne , furent tous ense
velis sous les ruines de ce Cabaret.
Selon des Lettres reçues depuis cet Incendie
a été plus considerable qu'on ne croyoit , ayant
consumé près de 11000. Maisons.
On a appris par des Lettres d'Allemagne ,
que le Grand Visir, avoit été déposé ; que le
Pacha de Nizza avoit été nommé G. V. à sa
place , et que le Commandant du Bannat Turc
de Temeswar exerçoit cette Charge par
interim.
>
On apprend aussi que le grand Mogol avoit
envoyé au Roy de Perse rooo . hommes de sai
meilleure Cavalerie et un Million en or pous
Faider à chasser les Turcs de ses Etats.
nople , sur l'incendie &c.
L
E 21. du mois de Juillet dernier , à deux
heures du matin , le feu prit à Topana dans
la partie de ce Fauxbourg , qui est congue à
ceux de Pera et de Galata ; le temps étoit assez
calme et on peut assurer que cet Incendie
n'auroit causé la perte que de quelques Maisons .
si l'on y cut apporré du remede dès qu'on s'en
apperçût.
Jusqu'à quatre heures du matin , le feu n'avoit
encore fait que peu de progrès , on étoit
beaucoup plus allarmé à Pera , qui est confondu
avec Topana , qu'on ne l'étoit à Galata , parceque
ce dernier Fauxbourg étant entouré de Murailles
fort élevées et plus éloigné du Feu , on
avoit lieu de se flatter qu'il seroit éteint avant
que d'y avoir pû pénetrer ; mais un Vent du
Nord , qui s'éleva tout à coup avec violence ,
décida du sort de ces deux Fauxbourgs , en por
tant du côté de Galata de longs tourbillons de
flammes qui embraserent d'abord les Maisons
adossées exterieurement aux Murs , et qui se
communiquerent bien-tôt à celles qui y étoient
appuyées en-dedans. Alors, les Marchands François
et les autres Habitans du même quartier ,
connoissant le danger ausquels ils étoient exposez
, chacun s'empressa de transporter à la hâte
ses effets en des lieux de sûreté ,
bien des gens
ne pûrent y parvenir , soit par la difficulté qu'il
avoit de passer dans les rues qui sont fort
étroites
OCTOBRE 17 ཏཱ 1 , 2437
Etroites , et qui étoient remplies d'une Populace
que nulle autorité ne réprimoit , soit par la
rareté des Portefaix , qui , se prévalant du besoin
qu'on avoit d'eux , exigeoient un salaire
exhorbitant.
Par un Reglement de la Police de ce Payscy
, les Jannissaires sont particulierement préposez
pour éteindre les Incendies ; mais on a
reconnu par une expérience réïterée , qu'ils font
pl . de mal que de bien dans ces occasions ;
heureusement le feu , après avoir duré 11. ou
12. heures , s'éteignit comme de lui - même.
On compte qu'il peut y avoir eu 4 à 500 Maisons
de brûlées >
plusieurs Bains , Moulins et
Fruits , trois Eglises Grecques , deux Armenienes
, quelques Synagogues de Juifs , et deux.
petites Mosquées .
Les François ont eu le bonheur de sauver .
dans des Magazins à l'épreuve du Feu , toutes
lears Marchandises er la plus grande partie de
leurs Meubles , de sorte qu'à deux ou trois maisons
près qui appartenoient à quelques - uns
d'eux , les autres Nationaux en seront quittes
pour peu de chose. La perte la plus considerable
de notre Nation , tombe sur les Religieux. Les
Jesuites ont non - seulement perdu la Maison
qu'ils habitent , mais encore 9 ou 10 autres
Maisons dont le loüage faisoit tout leur revenu
feur Eglise qui est toute de pierre , et ce qu'ils'
y voient renfermé , ont été garantis des flam
mes , de même qu'une petite maison qui leur
servoit d'Infirmerie ; les Capucins ont aussi
sauvé leur Eglise et perdu , leur Couvent. Pour
les Dominicains , quoique le feu les ait épargnez
ils n'en ont pas moins souffert dans le
tumulte ; tout Pinterieur de leur Couvent et de
leur Eglise a été détruit,
·
H O₂
2438 MERCURE DE FRANCE
On ne dit pas s'il a péri beaucoup de monde
dans cet Incendie ; on sçait seulement que beaucoup
de Jannissaires échauffez par le vin , ont
été écrasez sous les ruines des maisons , et que
d'autres tout-à - fait yvres ont été consumez par
los flammes. On assure qu'il y en a entr'autres
une Troupe de 29 , qui s'étant acharnez à briser
los Tonneaux d'une Taverne , furent tous ense
velis sous les ruines de ce Cabaret.
Selon des Lettres reçues depuis cet Incendie
a été plus considerable qu'on ne croyoit , ayant
consumé près de 11000. Maisons.
On a appris par des Lettres d'Allemagne ,
que le Grand Visir, avoit été déposé ; que le
Pacha de Nizza avoit été nommé G. V. à sa
place , et que le Commandant du Bannat Turc
de Temeswar exerçoit cette Charge par
interim.
>
On apprend aussi que le grand Mogol avoit
envoyé au Roy de Perse rooo . hommes de sai
meilleure Cavalerie et un Million en or pous
Faider à chasser les Turcs de ses Etats.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, sur l'incendie &c.
Le 21 juillet, un incendie s'est déclaré à Topana, dans le faubourg proche de Pera et Galata. Initialement contrôlable, le feu s'est propagé rapidement en raison d'un vent violent du nord, embrasant les maisons adjacentes aux murs. Les habitants, notamment les marchands français, ont tenté de sauver leurs biens, mais ont rencontré des obstacles dus aux rues étroites et à la raréfaction des portefaix. Les Jannissaires, chargés d'éteindre les incendies, ont aggravé la situation en causant des dommages supplémentaires. L'incendie a duré environ 12 heures, détruisant environ 4 à 500 maisons, plusieurs bains, moulins, fruits, églises, synagogues et mosquées. Les Français ont réussi à sauver la plupart de leurs marchandises. Les Jésuites ont perdu plusieurs maisons et leur couvent, tandis que les Capucins ont sauvé leur église mais perdu leur couvent. Les Dominicains ont vu leur intérieur détruit. Plusieurs Jannissaires ivres ont péri sous les ruines ou dans les flammes. Des lettres ultérieures ont révélé que l'incendie avait détruit près de 11 000 maisons. Par ailleurs, des nouvelles politiques indiquaient la déposition du Grand Visir et l'envoi de renforts par le Grand Mogol au roi de Perse.
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763
p. 2438-2439
POLOGNE.
Début :
On mande de l'Ukraine, que le Comte Kalzinski, Regimentaire, avoit fait rendre [...]
Mots clefs :
Ukraine, Cosaques, Crimée, Princesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
ر
N mande de l'Ukraine , que le Comte
Kalzinski , Regimentaire , avoit fait rendre
les Chevaux et les Bestiaux que les Cosaques
avoient enlevés sur les frontieres ; que ces
Brigands étoient environnez par l'Armée du
Kan des Tartares de Crimée , qui avoit résolu
de les réduire à la derniere extrêmité , pour se
vanger de plusieurs insultes qu'ils ont faites à
ses sujets , et de l'Assassinat d'un de ses principaux
Officiers ; qu'à l'arrivée du Kan dans l'U
Krainė
OCTOBRE. 1731 .
1731. 2439
>
kraine , le General des Cosaques , nomané Maloczivicez
, étoit allé se jetter à ses pieds pour
lui demander pardon au nom de toute sa Nation
et lui offrir une satisfaction convenable ,
avec 11. Cosaques pour être ses Esclaves ; mais
que toutes ses offres ayant été rejettées , ce General
avoit envoyé des Députez à la Czarine
pour lui offrir de mettre toute la Nation des
Cosaques sous sa protection , et de lui payer
un tribut
et qu'en attendant la réponse de
cette Princesse les principales Familles des
Cosaques s'étoient retirées dans des Bois de la
Pologne , mais qu'on y avoit envoyé quelques
Compagnies franches pour les en chasser .
ر
N mande de l'Ukraine , que le Comte
Kalzinski , Regimentaire , avoit fait rendre
les Chevaux et les Bestiaux que les Cosaques
avoient enlevés sur les frontieres ; que ces
Brigands étoient environnez par l'Armée du
Kan des Tartares de Crimée , qui avoit résolu
de les réduire à la derniere extrêmité , pour se
vanger de plusieurs insultes qu'ils ont faites à
ses sujets , et de l'Assassinat d'un de ses principaux
Officiers ; qu'à l'arrivée du Kan dans l'U
Krainė
OCTOBRE. 1731 .
1731. 2439
>
kraine , le General des Cosaques , nomané Maloczivicez
, étoit allé se jetter à ses pieds pour
lui demander pardon au nom de toute sa Nation
et lui offrir une satisfaction convenable ,
avec 11. Cosaques pour être ses Esclaves ; mais
que toutes ses offres ayant été rejettées , ce General
avoit envoyé des Députez à la Czarine
pour lui offrir de mettre toute la Nation des
Cosaques sous sa protection , et de lui payer
un tribut
et qu'en attendant la réponse de
cette Princesse les principales Familles des
Cosaques s'étoient retirées dans des Bois de la
Pologne , mais qu'on y avoit envoyé quelques
Compagnies franches pour les en chasser .
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Résumé : POLOGNE.
En 1731, en Pologne, le Comte Kalzinski a récupéré des chevaux et du bétail volés par les Cosaques aux frontières de l'Ukraine. Les Cosaques étaient encerclés par l'armée du Kan des Tartares de Crimée, qui cherchait à les punir pour des insultes et l'assassinat d'un de ses officiers. À l'arrivée du Kan en Ukraine, le général des Cosaques, Maloczivicez, s'est jeté à ses pieds pour demander pardon et a offert une satisfaction ainsi que 11 Cosaques comme esclaves. Ces offres ayant été rejetées, Maloczivicez a envoyé des députés à la Czarine pour proposer de placer les Cosaques sous sa protection et de lui payer un tribut. En attendant la réponse, les principales familles cosaques se sont réfugiées dans des bois en Pologne, mais des compagnies franches y ont été envoyées pour les en chasser.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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764
p. 2440-2446
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire du 3. Septembre, le cardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Consistoire, Lyon, Diocèse, Infant d'Espagne, Cardinal, Troupe, Conseil collatéral de Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ans le Consistoire du 3. Septembre , le
Dcardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de
Nôtre-Dame de Ham Diocèse de Noyon
pour l'Abbé de Sesmaisons ; il préconisa ensuite
I'Evêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon
P'Abbé de S. Simon pour l'Evêché de Noyon
et l'Abbé de Laubrieres pour l'Evêché de
Soissons.
› A la fin du Consistoire le Pape par une
grace particuliere ' , accorda le Pallium à l'Evêque
de Marseille.
Dans le Consistoire tenu au Quirinal le 240.
Septembre , le Cardinal Orthoboni , Protecteur
des affaires de France › proposa l'Evêché de
Mackarska pour M. Etienne Blascowich , Prêtre
du Diocèse de Spalatro ; l'Abbaye de N. D. de
Canderly , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Alby ,
pour l'Abbé de Foucaud ; celle de Dalone
même Ordre , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé
de Vignau , et celle de Senanques , même Ordre
, Diocêse de Cavaillon' › pour l'Abbé de
Pins de Roquefort. Il préconisa ensuite l'Abbé
de Tilly pour l'Evêché d'Orange , et l'Archevêque
de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Rodez
Le 27. du même mois , le Pape tint un autre
ConOCTOBRE.
1731 : 2441
Consistoire public , dans lequel S. S. donna le
Chapeau de Cardinal à Joseph Firrao , Napolitain
, Evêque d'Aversa et à Antoine - Xavier
Gentile , Romain , Archevêque de Petra.
>
L'Abbé Segardi a été nommé pour porter
le Bonnet au Cardinal Vincent Bichi de Sienne,
Archevêque de Laodicée , cy-devant Nonce en
Portugal ; l'Abbé Pasch au Cardinal Sinibald
Doria , Genois , Archevêque de Benevent , et
M. Altoviti au Cardinal Antoine Guadagni ,
Carme Déchaussé de Elorence Neveu de S. St
et à present Evêque d'Arezzo .
Le 18. Septembre , on reçût avis à Rome que
la Duchesse Douairiere de Parme n'êtant point
grosse , M. Oddi , Commissaire du Pape , avoit
fait afficher des Actes de prise de Possession an
nom de S. S. par lesquels il étoit declaré que
les Duchés de Parme et de Plaisance étant Fiefs
relevant du S. Siege , il étoit deffendu aux Peuples
de ces Duchés de reconnoître d'autre Souverain
que le Pape ; mais que le General Stampa,
Commissaire de l'Empereur
"
et son Ministre
Plénipotentiaire , avoit pris possession de ce
même Duché au nom de l'Infant Don Carlos ,
et fait ôter les Actes affichés par les soins de
' M. Oddi.
3
On écrit de Venise , que la Duchesse Douairiere
de Parme étoit retournée auprès du Duc
de Modene son Pere et que le General Stampa
avoit donné des Ordres pour la reception de
F'Infant Don Carlos .
,
>
Par d'autres avis " on a appris que la même
Duchesse Douairiere de Parme avoit declaré
le 13. Septembre qu'elle n'étoit point grosse ,
que le lendemain le General Stampa avoit pris
possession des Duchés de Parme et de Plaisance
Hiij au
2442 MERCURE DE FRANCE
au nom de l'Infant d'Espagne Don Carlos ; qu'
Notaire Imperial , accompagné d'autres Officiers -
de Justice , avoit la l'Edit publié à cet effet daz
Balcon de la maison du Gouverneur de Parme ,
qui est situé sur la grande Place de cette Ville
od il y avoit an grand concours de Peuple , er
que le même jour ce General avoit écrit à tous
Jes Magistrats des Tribunaux de ces Duchés
de continuer les fonctions de leurs Charges
jusqu'à nouvel ordre.
La citation faite au Cardinal Coscia , de comparoître
devant la Congregation de Non Nullis
étant prête à expirer , ce Cardinal a envoyé á
Rome des Certificats de ses Medecins à Naples ,
qui déclarent qu'il est au lit par la Goûte , et
qu'il n'est pas en état de faire le Voyage.
Le 1. Octobre > on publia un Decret de la
Congregation de Non Nullis ; par lequel tous
les Benefices du Cardinal Coscia sont déclarez
vacants , et à la nomination de S. S.
La Donation que le feu Pape Benoît XIII.
avoit faite au Seminaire de Montalto , de quelques
revenus affectés au soulagement des Pauvres
de la même Ville a été annullée le
par
Pape
>
}
On ajoûte que le Commandant d'Ajaccio
avoit défait un Corps de Rebelles , qui s'étoient
assemblés à Mazzanaz , que depuis la Garnison
de la même Ville avoit fait une sortie dans
Laquelle elle avoit tué plusieurs Rebelles , et
leur avoit pris quantité de Chevaux et d'autres
Bestiaux.
Le bruit court que l'Empereur a resolu de
terminer par un Ttaité , les differends de cette
Republique avec les Rebelles de Corse , et qu'on
avoit dépêché de Vienne un Courier chargé
d'InsOCTOBRE.
1731 2443
d'Instructions pout le General Wachtendoncs ,
qui commande les Troupes de S. M. 1. dans
cette Isle.
3.
, pour
Le Courier depêché par le Cardinal Alexandre
Albani , à Turin informer le Roy de
·Sardaigne de ce qui s'étoit passé dans le Consistoire
ou le Pape supprima les Privileges accordés
à de Prince sous le précedept Pontificat , remint
le 3 à Rome , et le bruit s'est répandu adepuis ,
que le Roy de Sardaigne avoit declaré qu'il
étoit inutile de penser à aucun accommode-
• ment ; qu'il croyoit que le Pape n'avoit pas
Te pouvoir de supprimer une Bulle de son Prédecesseur
et qu'il étoit resolu de se servir de
cette Bulle pour demeurer en possession de tout
ce que le feu Pape lui avoit accordé.
>
la Le Duc Cesarini a obtenu du Pape per-
`mission d'emprunter 22000. Ecus dans les
Monts de Piété , pour achever la construction
-de son Nouveau Theatre.
Le bruit court à Rome , que le Cardinal
d'Althan , qui y doit atriver dans peu , et loger
dans le Palais du Cardinal Belluga , s'est attiré
la disgrace de l'Empereur , pour avoir deffendu
aux Protestans de son Diocèse d'épouser des
filles de leur Secte , et pour avoir voulu des
obliger de faire baptiser leurs Enfans par des
Ecclesiastiques Catholiques , quoique par les Constitutions de l'Empire ils eussent des Privileges
contraires ; pour éviter que ces Innovations
n'excitâssent quelques désordres dans ce
Diocèse , S. M. I supprime par un Edit toutes
Jes Ordonnances de ce Cardinal.
Le Cardinal Bentivoglio ayant reçu de Seville
les pleins pouvoirs du Roy d'Espagne , pour
prendre possession au nom de l'Infant Don
Hiiij Carlos
2444 MERCURE DE FRANCE
Carlos , des Biens Allodiaux dépendans du Do
ché de Parme , qui sont situez a Rome et dans
P'Etat Ecclesiastique , ce Cardinal fit faire le
22. Septembre cette prise de Possession par
PAvocat Ferruci , assisté d'un Notaire et d'au
tres Officiers de Justice ; et le 29. cette Emimence
alla en grand Cortege prendre possession
du Palais Farnese au nom de l'Infant Don
Carlos.
>
>
Le Tribunal de la Rote se rassembla le premier
d'Octobre , selon la coûtume , et l'Abbé de
Gamaches , Auditeur de Rote pour la France ,
en fit l'ouverture par un Discours trés- éloquent.
M. Charles Fornary , arriva à Genes le 13 .
du mois dernier , rapporta au grand Conseil ,
que pendant les pluyes continuelles qui tomboient
depuis plusieurs jours dans l'Isle de Corse,
il avoit été impossible de poursuivre les Re
belles dans le quartier de Vescovado mais
qu'un Détachement des Troupes de la Republique
leur avoit enlevé beaucoup de Bestiaux ,
et fait un grand nombre de Prisonniers ; que
la Garnison d'Ajaccio avoit fait aussi plusieurs
sorties contre les Rebelles , et qu'elle avoit toujours
emporté sur eux quelque avantage ; que
la Republique de Genes avoit envoyé dans cette
Isle une Compagnie de Grisons de 200. hommes
, et qu'elle frettoit des Bâtiments pour le
transport de plusieurs autres Compagnies qu'on
leve actuellement chez les Grisons , dont on
devoit former un Regiment. Elle a obtenu de
l'Empereur le second Corps de Troupes qu'elle
lui a fait demander , composé d'un Bataillon
du Regiment d'Oneille , d'un autre du Regiment
de Walsegg , de deux Compagnies des
Grenadiers de ces Regimens , d'une Compagnie
détachée
OCTOBRE 1731. 2445
" détachée de 6o . Hommes et de 150. Hussars.
Ces Troupes partirent de Genes le 24. Septembre
, embarquées sur un Convoy de transport ,
qui doit être arrivé à la Bastia.
Les dernieres Nouvelles de Genes portent
les 2000. hommes de Troupes Imperiales
dont on a parlé , ont débarqué à la Bastia ,
d'où ils ont marché depuis pour aller joindre
le premier Corps de Troupes que l'Empereur
avoit accordé à cette Republique . !
Le Don gratuit de 300000. Ducats , offerts
à l'Empereur par les differentes Communautez
de la Ville de Naples n'a pas été accepté ,
et S. M. I. a déclaré qu'elle avoit besoin cette
aunée d'une Somme de 485 mille florins pour
l'entretien de ses Troupes.
On apprend de Naples , qu'on y avoit publié
un Ordre de l'Empereur , qui deffend aux Offi
ciers de la Nonciature de passer
à pied ,
cheval , ou en voiture devant le Palais du Conseil
Collateral , sous peine d'encourir son indignation
; que ce Conseil avoit fait publier des
Lettres inhibitoires , par lesquelles il ordonne
à tous les Amodiateurs , Receveurs , Agens , ou
Administrateurs des Biens Ecclesiastiques et Seculiers
du Cardinal Coscia , de lui remettre incessamment
les revenus qu'ils ont reçûs depuis:
la saisie qui a été faite par le Nonce du Pape ,
sans qu'il leur soit permis de retarder leurs .
Payemens , sous pretexte de la peine d'excommunication
dont ils ont été menacez.
On meuble actuellement à Rome le Palais
Bonelli pour le Duc de S. Aignan , Ambassa→
deur du Roi T. Ch ,
Le 9. Septembre , il y eut à Rome une
Congrégation extraordinaire , composée des
H Car2446
MERCURE DE FRANCE
Cardinaux Imperiali , Davia , Corsini , Gri
maldi , et Aldobrandini , au sujet des Officiers
de la Nonciature de Naples , que l'Empereur
a exilés.
Le Conseil Collateral de Naples prétend
que le Nonce du Pape lui remette les procedures
qu'il a faites contre le Cardinal Coscia , qui
ont été déclarées nulles , ayant été commencées
à l'insçu de ce Tribunal er sans avoir demandé
le consentement de l'Empereur.
>
Il est aussi survenu de grands differends
entre ce Conseil et le nouvel Archevêque de
Benevent , au sujet de la convocation d'un Synode
que ce Prélat a indiqué sans la permission
de ce Conseil , et il a été deffendu aux Curés
et aux autres Beneficiers de la partie du Diocèse
de Benevent qui est située dans le Royaume
de Naples , d'y assister , sous peine de la saisie
de leur Temporel.
Ans le Consistoire du 3. Septembre , le
Dcardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de
Nôtre-Dame de Ham Diocèse de Noyon
pour l'Abbé de Sesmaisons ; il préconisa ensuite
I'Evêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon
P'Abbé de S. Simon pour l'Evêché de Noyon
et l'Abbé de Laubrieres pour l'Evêché de
Soissons.
› A la fin du Consistoire le Pape par une
grace particuliere ' , accorda le Pallium à l'Evêque
de Marseille.
Dans le Consistoire tenu au Quirinal le 240.
Septembre , le Cardinal Orthoboni , Protecteur
des affaires de France › proposa l'Evêché de
Mackarska pour M. Etienne Blascowich , Prêtre
du Diocèse de Spalatro ; l'Abbaye de N. D. de
Canderly , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Alby ,
pour l'Abbé de Foucaud ; celle de Dalone
même Ordre , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé
de Vignau , et celle de Senanques , même Ordre
, Diocêse de Cavaillon' › pour l'Abbé de
Pins de Roquefort. Il préconisa ensuite l'Abbé
de Tilly pour l'Evêché d'Orange , et l'Archevêque
de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Rodez
Le 27. du même mois , le Pape tint un autre
ConOCTOBRE.
1731 : 2441
Consistoire public , dans lequel S. S. donna le
Chapeau de Cardinal à Joseph Firrao , Napolitain
, Evêque d'Aversa et à Antoine - Xavier
Gentile , Romain , Archevêque de Petra.
>
L'Abbé Segardi a été nommé pour porter
le Bonnet au Cardinal Vincent Bichi de Sienne,
Archevêque de Laodicée , cy-devant Nonce en
Portugal ; l'Abbé Pasch au Cardinal Sinibald
Doria , Genois , Archevêque de Benevent , et
M. Altoviti au Cardinal Antoine Guadagni ,
Carme Déchaussé de Elorence Neveu de S. St
et à present Evêque d'Arezzo .
Le 18. Septembre , on reçût avis à Rome que
la Duchesse Douairiere de Parme n'êtant point
grosse , M. Oddi , Commissaire du Pape , avoit
fait afficher des Actes de prise de Possession an
nom de S. S. par lesquels il étoit declaré que
les Duchés de Parme et de Plaisance étant Fiefs
relevant du S. Siege , il étoit deffendu aux Peuples
de ces Duchés de reconnoître d'autre Souverain
que le Pape ; mais que le General Stampa,
Commissaire de l'Empereur
"
et son Ministre
Plénipotentiaire , avoit pris possession de ce
même Duché au nom de l'Infant Don Carlos ,
et fait ôter les Actes affichés par les soins de
' M. Oddi.
3
On écrit de Venise , que la Duchesse Douairiere
de Parme étoit retournée auprès du Duc
de Modene son Pere et que le General Stampa
avoit donné des Ordres pour la reception de
F'Infant Don Carlos .
,
>
Par d'autres avis " on a appris que la même
Duchesse Douairiere de Parme avoit declaré
le 13. Septembre qu'elle n'étoit point grosse ,
que le lendemain le General Stampa avoit pris
possession des Duchés de Parme et de Plaisance
Hiij au
2442 MERCURE DE FRANCE
au nom de l'Infant d'Espagne Don Carlos ; qu'
Notaire Imperial , accompagné d'autres Officiers -
de Justice , avoit la l'Edit publié à cet effet daz
Balcon de la maison du Gouverneur de Parme ,
qui est situé sur la grande Place de cette Ville
od il y avoit an grand concours de Peuple , er
que le même jour ce General avoit écrit à tous
Jes Magistrats des Tribunaux de ces Duchés
de continuer les fonctions de leurs Charges
jusqu'à nouvel ordre.
La citation faite au Cardinal Coscia , de comparoître
devant la Congregation de Non Nullis
étant prête à expirer , ce Cardinal a envoyé á
Rome des Certificats de ses Medecins à Naples ,
qui déclarent qu'il est au lit par la Goûte , et
qu'il n'est pas en état de faire le Voyage.
Le 1. Octobre > on publia un Decret de la
Congregation de Non Nullis ; par lequel tous
les Benefices du Cardinal Coscia sont déclarez
vacants , et à la nomination de S. S.
La Donation que le feu Pape Benoît XIII.
avoit faite au Seminaire de Montalto , de quelques
revenus affectés au soulagement des Pauvres
de la même Ville a été annullée le
par
Pape
>
}
On ajoûte que le Commandant d'Ajaccio
avoit défait un Corps de Rebelles , qui s'étoient
assemblés à Mazzanaz , que depuis la Garnison
de la même Ville avoit fait une sortie dans
Laquelle elle avoit tué plusieurs Rebelles , et
leur avoit pris quantité de Chevaux et d'autres
Bestiaux.
Le bruit court que l'Empereur a resolu de
terminer par un Ttaité , les differends de cette
Republique avec les Rebelles de Corse , et qu'on
avoit dépêché de Vienne un Courier chargé
d'InsOCTOBRE.
1731 2443
d'Instructions pout le General Wachtendoncs ,
qui commande les Troupes de S. M. 1. dans
cette Isle.
3.
, pour
Le Courier depêché par le Cardinal Alexandre
Albani , à Turin informer le Roy de
·Sardaigne de ce qui s'étoit passé dans le Consistoire
ou le Pape supprima les Privileges accordés
à de Prince sous le précedept Pontificat , remint
le 3 à Rome , et le bruit s'est répandu adepuis ,
que le Roy de Sardaigne avoit declaré qu'il
étoit inutile de penser à aucun accommode-
• ment ; qu'il croyoit que le Pape n'avoit pas
Te pouvoir de supprimer une Bulle de son Prédecesseur
et qu'il étoit resolu de se servir de
cette Bulle pour demeurer en possession de tout
ce que le feu Pape lui avoit accordé.
>
la Le Duc Cesarini a obtenu du Pape per-
`mission d'emprunter 22000. Ecus dans les
Monts de Piété , pour achever la construction
-de son Nouveau Theatre.
Le bruit court à Rome , que le Cardinal
d'Althan , qui y doit atriver dans peu , et loger
dans le Palais du Cardinal Belluga , s'est attiré
la disgrace de l'Empereur , pour avoir deffendu
aux Protestans de son Diocèse d'épouser des
filles de leur Secte , et pour avoir voulu des
obliger de faire baptiser leurs Enfans par des
Ecclesiastiques Catholiques , quoique par les Constitutions de l'Empire ils eussent des Privileges
contraires ; pour éviter que ces Innovations
n'excitâssent quelques désordres dans ce
Diocèse , S. M. I supprime par un Edit toutes
Jes Ordonnances de ce Cardinal.
Le Cardinal Bentivoglio ayant reçu de Seville
les pleins pouvoirs du Roy d'Espagne , pour
prendre possession au nom de l'Infant Don
Hiiij Carlos
2444 MERCURE DE FRANCE
Carlos , des Biens Allodiaux dépendans du Do
ché de Parme , qui sont situez a Rome et dans
P'Etat Ecclesiastique , ce Cardinal fit faire le
22. Septembre cette prise de Possession par
PAvocat Ferruci , assisté d'un Notaire et d'au
tres Officiers de Justice ; et le 29. cette Emimence
alla en grand Cortege prendre possession
du Palais Farnese au nom de l'Infant Don
Carlos.
>
>
Le Tribunal de la Rote se rassembla le premier
d'Octobre , selon la coûtume , et l'Abbé de
Gamaches , Auditeur de Rote pour la France ,
en fit l'ouverture par un Discours trés- éloquent.
M. Charles Fornary , arriva à Genes le 13 .
du mois dernier , rapporta au grand Conseil ,
que pendant les pluyes continuelles qui tomboient
depuis plusieurs jours dans l'Isle de Corse,
il avoit été impossible de poursuivre les Re
belles dans le quartier de Vescovado mais
qu'un Détachement des Troupes de la Republique
leur avoit enlevé beaucoup de Bestiaux ,
et fait un grand nombre de Prisonniers ; que
la Garnison d'Ajaccio avoit fait aussi plusieurs
sorties contre les Rebelles , et qu'elle avoit toujours
emporté sur eux quelque avantage ; que
la Republique de Genes avoit envoyé dans cette
Isle une Compagnie de Grisons de 200. hommes
, et qu'elle frettoit des Bâtiments pour le
transport de plusieurs autres Compagnies qu'on
leve actuellement chez les Grisons , dont on
devoit former un Regiment. Elle a obtenu de
l'Empereur le second Corps de Troupes qu'elle
lui a fait demander , composé d'un Bataillon
du Regiment d'Oneille , d'un autre du Regiment
de Walsegg , de deux Compagnies des
Grenadiers de ces Regimens , d'une Compagnie
détachée
OCTOBRE 1731. 2445
" détachée de 6o . Hommes et de 150. Hussars.
Ces Troupes partirent de Genes le 24. Septembre
, embarquées sur un Convoy de transport ,
qui doit être arrivé à la Bastia.
Les dernieres Nouvelles de Genes portent
les 2000. hommes de Troupes Imperiales
dont on a parlé , ont débarqué à la Bastia ,
d'où ils ont marché depuis pour aller joindre
le premier Corps de Troupes que l'Empereur
avoit accordé à cette Republique . !
Le Don gratuit de 300000. Ducats , offerts
à l'Empereur par les differentes Communautez
de la Ville de Naples n'a pas été accepté ,
et S. M. I. a déclaré qu'elle avoit besoin cette
aunée d'une Somme de 485 mille florins pour
l'entretien de ses Troupes.
On apprend de Naples , qu'on y avoit publié
un Ordre de l'Empereur , qui deffend aux Offi
ciers de la Nonciature de passer
à pied ,
cheval , ou en voiture devant le Palais du Conseil
Collateral , sous peine d'encourir son indignation
; que ce Conseil avoit fait publier des
Lettres inhibitoires , par lesquelles il ordonne
à tous les Amodiateurs , Receveurs , Agens , ou
Administrateurs des Biens Ecclesiastiques et Seculiers
du Cardinal Coscia , de lui remettre incessamment
les revenus qu'ils ont reçûs depuis:
la saisie qui a été faite par le Nonce du Pape ,
sans qu'il leur soit permis de retarder leurs .
Payemens , sous pretexte de la peine d'excommunication
dont ils ont été menacez.
On meuble actuellement à Rome le Palais
Bonelli pour le Duc de S. Aignan , Ambassa→
deur du Roi T. Ch ,
Le 9. Septembre , il y eut à Rome une
Congrégation extraordinaire , composée des
H Car2446
MERCURE DE FRANCE
Cardinaux Imperiali , Davia , Corsini , Gri
maldi , et Aldobrandini , au sujet des Officiers
de la Nonciature de Naples , que l'Empereur
a exilés.
Le Conseil Collateral de Naples prétend
que le Nonce du Pape lui remette les procedures
qu'il a faites contre le Cardinal Coscia , qui
ont été déclarées nulles , ayant été commencées
à l'insçu de ce Tribunal er sans avoir demandé
le consentement de l'Empereur.
>
Il est aussi survenu de grands differends
entre ce Conseil et le nouvel Archevêque de
Benevent , au sujet de la convocation d'un Synode
que ce Prélat a indiqué sans la permission
de ce Conseil , et il a été deffendu aux Curés
et aux autres Beneficiers de la partie du Diocèse
de Benevent qui est située dans le Royaume
de Naples , d'y assister , sous peine de la saisie
de leur Temporel.
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Résumé : ITALIE.
En septembre et octobre 1731, plusieurs événements ecclésiastiques et politiques marquants se sont produits. Le 3 septembre, lors d'un consistoire, le cardinal Ottoboni proposa diverses nominations, notamment l'Abbaye de Notre-Dame de Ham pour l'Abbé de Sesmaisons, l'Évêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon, l'Abbé de Saint-Simon pour l'Évêché de Noyon, et l'Abbé de Laubrières pour l'Évêché de Soissons. Le Pape accorda également le Pallium à l'Évêque de Marseille. Le 24 septembre, lors d'un autre consistoire, le cardinal Ottoboni proposa plusieurs autres nominations, dont l'Évêché de Mackarska pour Étienne Blascowich, l'Abbaye de Notre-Dame de Canderly pour l'Abbé de Foucaud, l'Abbaye de Dalone pour l'Abbé de Vignau, et l'Abbaye de Sénanques pour l'Abbé de Pins de Roquefort. Il préconisa également l'Abbé de Tilly pour l'Évêché d'Orange et l'Archevêque de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval. Le 27 septembre, le Pape attribua le chapeau de cardinal à Joseph Firrao et Antoine-Xavier Gentile. Des tensions politiques émergèrent concernant les Duchés de Parme et de Plaisance. La Duchesse Douairière de Parme déclara ne pas être enceinte, permettant au Général Stampa de prendre possession des duchés au nom de l'Infant Don Carlos, malgré les actes de prise de possession affichés par le Commissaire du Pape, M. Oddi. En Corse, des opérations militaires furent menées contre des rebelles, et des troupes impériales furent envoyées pour renforcer la garnison d'Ajaccio. Il fut également rapporté que l'Empereur envisageait un traité pour résoudre les différends avec les rebelles corses. À Rome, le Duc Césarini obtint la permission d'emprunter des fonds pour achever la construction de son théâtre. Le Cardinal d'Althan, en disgrâce auprès de l'Empereur, vit ses ordonnances supprimées. Le Cardinal Bentivoglio prit possession de biens allodiaux au nom de l'Infant Don Carlos. Le Tribunal de la Rote se rassembla le 1er octobre, et des nouvelles militaires concernant la Corse furent rapportées. À Naples, des ordres de l'Empereur et des lettres inhibitoires furent publiés, et des différends surgirent entre le Conseil Collateral et le nouvel Archevêque de Benevent.
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765
p. 2446-2448
ESPAGNE.
Début :
Il a été résolu dans le Conseil du Roy, que Infant Dom Carlos partiroit pour l'Italie le [...]
Mots clefs :
Escadre, Rade, Or, Conseil du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
L a été résolu dans le Conseil du Roy , que
Infant Dom Carlos partiroit pour l'Italie le
20 ou le 21. de ce mois , et que ce Prince passeroit
par les Provinces Méridionales de France
pour aller s'embarquer à Antibes.Le détachement
des Gardes du Corps qui ont été choisis pour sa
Garde ordinaire , est déja parti avec ses équipages
pour se rendre à Barcelone par deux differentes
routes.
On mande de Malaga que le 3 au soir il y
étoit arrivé un Courier de la Haye,avec un ordre
des Etats Generaux au Contre- Amiral Schryver ,
Commandant des trois Vaissaux de Guerre Hollandois
qui étoient dans ce Port, de joindre l'Es
cadre
OCTOBRE. 1731. 2447
Cadre Angloise qui est dans la Méditerrannée ;
que le 4 au matin cette Escadre avoit passé à la
vue de Malaga , au nombre de quatorze Vaisseaux
de Guerre , qu'elle avoit à bord mille hommes
qu'on avoit embarquez à Gibraltar, et qu'elle
faisoit route vers Barcelone ; que le même jour le
Contre- Amiral Hollandois avoit fait appareiller
ses Vaisseaux pour suivre cette Escadre.
Tous les Officiers qui doivent servir sur l'Escadre
du Roy, sont partis pour se rendre à Barcelone
, où l'on croit qu'elle est arrivée . Cette Escadre
est composée de vingt - deux Vaisseaux de
Guerre et de Bâtimens légers. Le Marquis de
Mari qui la commande , doit monter le Vaisseau
Pisabelle.
3
S. M. Cath. ayant donné les Ordres necessaires
pour faire délivrer l'or , l'argent et autres effets
de la Flotte , et de ceux du dernier retour des
Vaisseaux des Assogues ; on a commencé à délivrer
ces effets sur lesquels on retient , tant pour le
droit d'Indult que pour un don gratuit accordé
au Roy par la Chambre du Commerce , environ
quinre pour cent.
Le is Septembre , l'Escadre du Roy d'Angletérte
, commandée par le Chevalier Charles Wager
, entra dans le Port de Barcelonne , où on lui
rendit le salut qu'elle avoit fait en jettant l'Ancre
dans la Rade . Le Gouverneur et le Conseil suprêine
de la Province allerent le même jour compli
menter le Commandant de cette Escadre et lui
offrir tous les rafraichissemens dont il avoit besoin.
Le soir , le Gouverneur envoya , suivant les
ordres qu'il en avoit reçûs du Roy Cath . à tous
les Vaisseaux Anglois des Vins pour les Officiers,
et des Moutons pour les Equipages.
Le 16 , le Vice- Amiral Wager , accompagné
H vj de
2448 MERCURE DE FRANCE
de plusieurs Officiers , alla rendre visite au Gou
verneur , qui lui donna un Repas magnifique.
Le 17 , l'Escadre de S. M. Cath. commandée
par le Marquis de Mari , et composée de seize
Vaisseaux de Guerre , arriva de Cadix dans le
Port de Barcelone.
Les dernieres Lettres de Barcelone portent que
le Marquis de Mari y étoit arrivé avec son Escadre
; et que le IS de ce mois on devoit commencer
l'embarquement des Troupes.
L a été résolu dans le Conseil du Roy , que
Infant Dom Carlos partiroit pour l'Italie le
20 ou le 21. de ce mois , et que ce Prince passeroit
par les Provinces Méridionales de France
pour aller s'embarquer à Antibes.Le détachement
des Gardes du Corps qui ont été choisis pour sa
Garde ordinaire , est déja parti avec ses équipages
pour se rendre à Barcelone par deux differentes
routes.
On mande de Malaga que le 3 au soir il y
étoit arrivé un Courier de la Haye,avec un ordre
des Etats Generaux au Contre- Amiral Schryver ,
Commandant des trois Vaissaux de Guerre Hollandois
qui étoient dans ce Port, de joindre l'Es
cadre
OCTOBRE. 1731. 2447
Cadre Angloise qui est dans la Méditerrannée ;
que le 4 au matin cette Escadre avoit passé à la
vue de Malaga , au nombre de quatorze Vaisseaux
de Guerre , qu'elle avoit à bord mille hommes
qu'on avoit embarquez à Gibraltar, et qu'elle
faisoit route vers Barcelone ; que le même jour le
Contre- Amiral Hollandois avoit fait appareiller
ses Vaisseaux pour suivre cette Escadre.
Tous les Officiers qui doivent servir sur l'Escadre
du Roy, sont partis pour se rendre à Barcelone
, où l'on croit qu'elle est arrivée . Cette Escadre
est composée de vingt - deux Vaisseaux de
Guerre et de Bâtimens légers. Le Marquis de
Mari qui la commande , doit monter le Vaisseau
Pisabelle.
3
S. M. Cath. ayant donné les Ordres necessaires
pour faire délivrer l'or , l'argent et autres effets
de la Flotte , et de ceux du dernier retour des
Vaisseaux des Assogues ; on a commencé à délivrer
ces effets sur lesquels on retient , tant pour le
droit d'Indult que pour un don gratuit accordé
au Roy par la Chambre du Commerce , environ
quinre pour cent.
Le is Septembre , l'Escadre du Roy d'Angletérte
, commandée par le Chevalier Charles Wager
, entra dans le Port de Barcelonne , où on lui
rendit le salut qu'elle avoit fait en jettant l'Ancre
dans la Rade . Le Gouverneur et le Conseil suprêine
de la Province allerent le même jour compli
menter le Commandant de cette Escadre et lui
offrir tous les rafraichissemens dont il avoit besoin.
Le soir , le Gouverneur envoya , suivant les
ordres qu'il en avoit reçûs du Roy Cath . à tous
les Vaisseaux Anglois des Vins pour les Officiers,
et des Moutons pour les Equipages.
Le 16 , le Vice- Amiral Wager , accompagné
H vj de
2448 MERCURE DE FRANCE
de plusieurs Officiers , alla rendre visite au Gou
verneur , qui lui donna un Repas magnifique.
Le 17 , l'Escadre de S. M. Cath. commandée
par le Marquis de Mari , et composée de seize
Vaisseaux de Guerre , arriva de Cadix dans le
Port de Barcelone.
Les dernieres Lettres de Barcelone portent que
le Marquis de Mari y étoit arrivé avec son Escadre
; et que le IS de ce mois on devoit commencer
l'embarquement des Troupes.
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Résumé : ESPAGNE.
En octobre 1731, il a été décidé que l'Infant Dom Carlos se rendrait en Italie via les provinces méridionales de France, avec des Gardes du Corps déjà en route vers Barcelone. À Malaga, un courrier a ordonné au Contre-Amiral Schryver de rejoindre une escadre angloise dans la Méditerranée, composée de quatorze vaisseaux de guerre et suivie par des vaisseaux hollandais. Tous les officiers destinés à servir sur l'escadre royale se sont rendus à Barcelone, où cette escadre, composée de vingt-deux vaisseaux, était attendue sous le commandement du Marquis de Mari. Le roi catholique avait ordonné la délivrance de l'or, de l'argent et autres effets de la flotte, avec une retenue d'environ cinquante pour cent pour le droit d'indult. Le 1er septembre, l'escadre du roi d'Angleterre, commandée par le Chevalier Charles Wager, est entrée dans le port de Barcelone. Le 17 septembre, l'escadre royale, commandée par le Marquis de Mari et composée de seize vaisseaux de guerre, est arrivée de Cadix à Barcelone. Les dernières lettres confirmaient l'arrivée du Marquis de Mari et l'imminence de l'embarquement des troupes.
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766
p. 2456-2459
PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
Mots clefs :
Officiers de marine, Vaisseaux, Chevaliers, Brigades, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
PROMOTION d'Officiers de Marine,
du 30 Septembre 1731 .
M
Capitaines de Vaisseaux , z4.
ESSIEURS de Sesmaisons. Des
quilles.Comte du Quesne.La Chaire
Beaupoirier. Galiffet. de Kermada
Huon. Ravenel. De Cheylus. De Sabran
Bagnols. Bisault.De Joganville. Baraudin
Breugnon. S. Clair. La Maisonfort du Bois
des Cours. Chevalier de S. Hermine. Toranl.
Comtes des Gouttes. La Jonquiere.
Coulombe . Mauclere. Du Quesnel . Chevalier
d'Albert. De Pardaillan.
Taissea Lieutenans de Vaisseaux , 49.
Messieurs Du Plessis Faucherie. De
Réals. La Prévalais. De Vassan. De Liesta.
Davaleau . Destry. Clancy. De Selve l'aîné.
Desbois. Beaumont le Normant., La
Grandiere. Rousier de Bellisle. Courat de
SurOCTOBR
E. 1731. 2457
Surmont. Pepiner . Vincheguerre. Droualen.
De Cussy, Desgrez Mont S. Pere
Rambures. Bodon de Moisan. Champ-`
martin. Du Tillet. Fonsenai Ruillé. De
Fraïgne. Chevalier du Mené. Chevalier
de Meré. Boisrond d'Orignac. Du Gaspern.
Silly de Louvigny. S. Légier Despannes.
Francfort Mesnier. D'Ypreville.
Pepin de Maisonneuve. Chevalier de
Réals . Longueval d'Haraucourt . Luzenno
de Kersalaun . De Brague. Chevalier
d'Ervaux . Chevalier de Montlovet , Ayde
Major. Du Houlbec. De Rossel . Penandref
de Kersȧuzon . De Rimberlieu . Chevalier
de Kerlorec. De Chabannes. De
Martonne. Chevalier de Flavacourt. Mar
quis de Florensac.
Enseignes de Vaisseaux , 116.
Messieurs Desgots , cadet. Chabert de
Burgues. Daubigny , l'aîné . Téodat de Sossionde.
De Kervenny . La Chivert la Bossierre.
De Gats. De Bournonville. De
Granvil. Clavier . Du Chesineur . Poutevez
cadet. Chevalier de Kersauzon . Du Gémeaux
. La Fregonniere. Keramel Patcevaux
. De Montalet . Dessonville . Marcouville.
La Villeon . De Barazer. Bréchart.
Chevalier de Cogolin. Kerjeanmol. Damblart
2458 MERCURE DE FRANCE
blart de Lasmatre . De Rochemaure la
Devese. De Drucourt. Du Bois de Macquillé
. De Marolies .Ripert.Des Goutte la
Salle. Viry de Lacerée. Chevalier de Pannat.
Chevalier de Villiers.De Mine Quinson.
Muzino: Du Chateau, Beaulieu Thivas
Rolland. Dacher. Chevalier de Requiston.
De Mézières . S. Hilaire . De Sabran
Grammont. Colbert de Turgis.Chevalier
de Parcevaux . De Coetsaillan.D'Herville.
Droüalen. Kersa de Boisgerlin . Kerjean
Kerjean. De Cabannous. De Guerros
. De Molien. Saint- Laurens de Sartres.
Darcy Montfriol. Beaudouvin . De Gouyon
miniac. Chevalier de Castillon, Chevalier
de la Routiere. S. André Montmejean,
S. Allouarne. De Font Rivaux. La
Maisonfort le cadet. Kermabon. Montfort
Gaillardbois , Darquemont, De Tour
Sagny. Cogolin le cadet. De Saliez. Du
Mesnil Norey. Kerlerec de Kerrasegan .
Motheux le cadet. De Merville . Cheva
lier de Vence. Chevalier de Villevieille.
De Gourselas. Thiersant. De Tetreneyre.
Beaussier de Quiez . De Chezac. Jubert de
Bouville. De Chancy . De Kersaint. Tredern
du Drence. De Savigny. De Castillon
l'aîné. Neveu de Roulon . Odon des
Goutes. La Garigue la Tournerie. Bailly
S. Mars. Bart. Chapiseaux . De Fransures.
De
OCTOBRE . 1731. 2459
De Blacas . De Moisset . Boutteville Sebville.
D'Urtubie- Fagosse. Keroulas . Marquis
des Gouttes . Mesnard du Plessix .
Chevalier Damfreville . Roquefeüil . Chevalier
de Mercy . Gabarret. Chevalier de
Tessé. Chevalier de Surgeret .
Chefs de Brigades.
Messieurs Pezeron de Kervenigant. La
Balme.La Clocheterie.Chevalier de Montlevrier.
Chevalier de la Rue du Fresnay.
De Guidy. De Viray. De la Filliere. Du
Castelet Perez .
Artillerie.
Messieurs de Massiac , Capitaine . S.Su
rin de Mortagne , Lieutenant. S. André
du Verger. Chevalier de Guébriant, Sous-
Lieutenant. De Castillon , cadet. Kergui
ziau de Kervasdoué , Aydes.
du 30 Septembre 1731 .
M
Capitaines de Vaisseaux , z4.
ESSIEURS de Sesmaisons. Des
quilles.Comte du Quesne.La Chaire
Beaupoirier. Galiffet. de Kermada
Huon. Ravenel. De Cheylus. De Sabran
Bagnols. Bisault.De Joganville. Baraudin
Breugnon. S. Clair. La Maisonfort du Bois
des Cours. Chevalier de S. Hermine. Toranl.
Comtes des Gouttes. La Jonquiere.
Coulombe . Mauclere. Du Quesnel . Chevalier
d'Albert. De Pardaillan.
Taissea Lieutenans de Vaisseaux , 49.
Messieurs Du Plessis Faucherie. De
Réals. La Prévalais. De Vassan. De Liesta.
Davaleau . Destry. Clancy. De Selve l'aîné.
Desbois. Beaumont le Normant., La
Grandiere. Rousier de Bellisle. Courat de
SurOCTOBR
E. 1731. 2457
Surmont. Pepiner . Vincheguerre. Droualen.
De Cussy, Desgrez Mont S. Pere
Rambures. Bodon de Moisan. Champ-`
martin. Du Tillet. Fonsenai Ruillé. De
Fraïgne. Chevalier du Mené. Chevalier
de Meré. Boisrond d'Orignac. Du Gaspern.
Silly de Louvigny. S. Légier Despannes.
Francfort Mesnier. D'Ypreville.
Pepin de Maisonneuve. Chevalier de
Réals . Longueval d'Haraucourt . Luzenno
de Kersalaun . De Brague. Chevalier
d'Ervaux . Chevalier de Montlovet , Ayde
Major. Du Houlbec. De Rossel . Penandref
de Kersȧuzon . De Rimberlieu . Chevalier
de Kerlorec. De Chabannes. De
Martonne. Chevalier de Flavacourt. Mar
quis de Florensac.
Enseignes de Vaisseaux , 116.
Messieurs Desgots , cadet. Chabert de
Burgues. Daubigny , l'aîné . Téodat de Sossionde.
De Kervenny . La Chivert la Bossierre.
De Gats. De Bournonville. De
Granvil. Clavier . Du Chesineur . Poutevez
cadet. Chevalier de Kersauzon . Du Gémeaux
. La Fregonniere. Keramel Patcevaux
. De Montalet . Dessonville . Marcouville.
La Villeon . De Barazer. Bréchart.
Chevalier de Cogolin. Kerjeanmol. Damblart
2458 MERCURE DE FRANCE
blart de Lasmatre . De Rochemaure la
Devese. De Drucourt. Du Bois de Macquillé
. De Marolies .Ripert.Des Goutte la
Salle. Viry de Lacerée. Chevalier de Pannat.
Chevalier de Villiers.De Mine Quinson.
Muzino: Du Chateau, Beaulieu Thivas
Rolland. Dacher. Chevalier de Requiston.
De Mézières . S. Hilaire . De Sabran
Grammont. Colbert de Turgis.Chevalier
de Parcevaux . De Coetsaillan.D'Herville.
Droüalen. Kersa de Boisgerlin . Kerjean
Kerjean. De Cabannous. De Guerros
. De Molien. Saint- Laurens de Sartres.
Darcy Montfriol. Beaudouvin . De Gouyon
miniac. Chevalier de Castillon, Chevalier
de la Routiere. S. André Montmejean,
S. Allouarne. De Font Rivaux. La
Maisonfort le cadet. Kermabon. Montfort
Gaillardbois , Darquemont, De Tour
Sagny. Cogolin le cadet. De Saliez. Du
Mesnil Norey. Kerlerec de Kerrasegan .
Motheux le cadet. De Merville . Cheva
lier de Vence. Chevalier de Villevieille.
De Gourselas. Thiersant. De Tetreneyre.
Beaussier de Quiez . De Chezac. Jubert de
Bouville. De Chancy . De Kersaint. Tredern
du Drence. De Savigny. De Castillon
l'aîné. Neveu de Roulon . Odon des
Goutes. La Garigue la Tournerie. Bailly
S. Mars. Bart. Chapiseaux . De Fransures.
De
OCTOBRE . 1731. 2459
De Blacas . De Moisset . Boutteville Sebville.
D'Urtubie- Fagosse. Keroulas . Marquis
des Gouttes . Mesnard du Plessix .
Chevalier Damfreville . Roquefeüil . Chevalier
de Mercy . Gabarret. Chevalier de
Tessé. Chevalier de Surgeret .
Chefs de Brigades.
Messieurs Pezeron de Kervenigant. La
Balme.La Clocheterie.Chevalier de Montlevrier.
Chevalier de la Rue du Fresnay.
De Guidy. De Viray. De la Filliere. Du
Castelet Perez .
Artillerie.
Messieurs de Massiac , Capitaine . S.Su
rin de Mortagne , Lieutenant. S. André
du Verger. Chevalier de Guébriant, Sous-
Lieutenant. De Castillon , cadet. Kergui
ziau de Kervasdoué , Aydes.
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Résumé : PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
Le document, daté du 30 septembre 1731, liste les promotions d'officiers de marine réparties en trois catégories : capitaines de vaisseaux, lieutenants de vaisseaux et enseignes de vaisseaux. Parmi les capitaines promus figurent le comte du Quesne, Beaupoirier, Galiffet, de Kermada, Huon, Ravenel, de Cheylus, de Sabran, Bagnols, Bisault, de Joganville, Baraudin, Breugnon, S. Clair, La Maisonfort du Bois des Cours, Chevalier de S. Hermine, Toranl, comte des Gouttes, La Jonquiere, Coulombe, Mauclere, Du Quesnel, Chevalier d'Albert et de Pardaillan. Les lieutenants promus incluent Du Plessis Faucherie, de Réals, La Prévalais, de Vassan, de Liesta, Davaleau, Destry, Clancy, de Selve l'aîné, Desbois, Beaumont le Normant, La Grandiere, Rousier de Bellisle, Courat de Surmont, Pepiner, Vincheguerre, Droualen, de Cussy, Desgrez, Mont S. Pere, Rambures, Bodon de Moisan, Champ-martin, Du Tillet, Fonsenai, Ruillé, de Fraïgne, Chevalier du Mené, Chevalier de Meré, Boisrond d'Orignac, Du Gaspern, Silly de Louvigny, S. Légier Despannes, Francfort Mesnier, d'Ypreville, Pepin de Maisonneuve, Chevalier de Réals, Longueval d'Haraucourt, Luzenno de Kersalaun, de Brague, Chevalier d'Ervaux, Chevalier de Montlovet, Ayde Major, Du Houlbec, de Rossel, Penandref de Kersȧuzon, de Rimberlieu, Chevalier de Kerlorec, de Chabannes, de Martonne, Chevalier de Flavacourt et marquis de Florensac. Les enseignes promus comprennent Desgots, cadet, Chabert de Burgues, Daubigny, l'aîné, Téodat de Sossionde, de Kervenny, La Chivert la Bossierre, de Gats, de Bournonville, de Granvil, Clavier, Du Chesineur, Poutevez cadet, Chevalier de Kersauzon, Du Gémeaux, La Fregonniere, Keramel Patcevaux, de Montalet, Dessonville, Marcouville, La Villeon, de Barazer, Bréchart, Chevalier de Cogolin, Kerjeanmol, Damblart, blart de Lasmatre, de Rochemaure la Devese, de Drucourt, Du Bois de Macquillé, de Marolies, Ripert, des Goutte la Salle, Viry de Lacerée, Chevalier de Pannat, Chevalier de Villiers, de Mine Quinson, Muzino, Du Chateau, Beaulieu, Thivas, Rolland, Dacher, Chevalier de Requiston, de Mézières, S. Hilaire, de Sabran Grammont, Colbert de Turgis, Chevalier de Parcevaux, de Coetsaillan, d'Herville, Droüalen, Kersa de Boisgerlin, Kerjean Kerjean, de Cabannous, de Guerros, de Molien, Saint-Laurens de Sartres, Darcy Montfriol, Beaudouvin, de Gouyon miniac, Chevalier de Castillon, Chevalier de la Routiere, S. André Montmejean, S. Allouarne, de Font Rivaux, La Maisonfort le cadet, Kermabon, Montfort Gaillardbois, Darquemont, de Tour Sagny, Cogolin le cadet, de Saliez, Du Mesnil Norey, Kerlerec de Kerrasegan, Motheux le cadet, de Merville, Chevalier de Vence, Chevalier de Villevieille, de Gourselas, Thiersant, de Tetreneyre, Beaussier de Quiez, de Chezac, Jubert de Bouville, de Chancy, de Kersaint, Tredern du Drence, de Savigny, de Castillon l'aîné, Neveu de Roulon, Odon des Goutes, La Garigue la Tournerie, Bailly S. Mars, Bart. Chapiseaux, de Fransures, de Blacas, de Moisset, Boutteville Sebville, d'Urtubie-Fagosse, Keroulas, marquis des Gouttes.
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767
p. 2459-2461
EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
Début :
Comme l'amour cause quelquefois la guerre ou du moins simpatise avec elle, je vous [...]
Mots clefs :
Mariage, Permission du roi, Cavalerie, Régiment, Élixir efficace, Reine
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
EXTRAIT d'une Lettre de Mons ;
sur une Ceremonie Guerriere.
W
Omme l'amour cause quelquefois la guerre
Co
ou du moins simpatise avec elle , je vous
dirai que dans les premiers jours d'Août de cette
annee , à Maubeuge , Ville frontiere de France
L'amour a causé un évenement agréable, dont s'est
ensuivi
240 MERCURE DE FRANCE
ensuivi une image de la guerre , fort interessante
pour les Gens du métier. C'est à l'occasion du
Mariage d'un Capitaine de Cavalerie au Regiment
de Bretagne , avec la permission du Roy
et d'une Chanoinesse , Dame d'une aussi grande
naissance que de mérite , et qui a des biens consi
derables. En réjouissance de ce Mariage, le Regi-.
ment a fait deux jours après des Exercices en
représentation de bataille , par des manoeuvres si
bien ordonnez et si parfaitement executez en présence
d'une infinité de personnes de tout sexe , et
particulierement de quantité d'Officiers , que l'on
na pû refuser à ce Regiment une approbation generale
, aussi les Gens de métier et les Connoisseurs
avoient n'avoir jamais vû de mouvemens
de Cavalerie et de manoeuvres de guerre si
prompts , si vifs et si avantageux pour les Assaildants
, que tout ce qui a été executé dans cette occasion
par ce Régiment , qui est magnifique en
tout. Il est commandé et, instruit depuis longtemps
dans ces exercices par M. de Tocqueville ,
qui en est le Lieutenant Colonel , et qui est un
Officier de mérite , consommé dans le métier .
particulierement dans la pratique de ces sortes de
manoeuvres vives et expeditives devant l'Ennemi;
aussi a-t'il été parfaitement bien secondé par les
Officiers du Régiment , dont plusieurs sont des
personnes de distinction fort actifs , et agissants
par émulation et par la confiance qu'ils ont en ce
Lieutenant-Colonel.
Beaucoup de nos Officiers et d'autres des environs
, se proposent le plaisir d'aller voir les
premiers Exercices que doit encore faire ce même
Régiment , en faisant les civilitez dûës à cet Offcier
au sujet de son Mariage.
Le sieur de Fleury, seul possesseur d'un Elixir,
efficace
OCTOBRE. 1731. 2461
efficace , d'une odeur agréable , avec lequel il
blanchit parfaitement les dents sans aucune douleur
, arrête la carie , fond dans l'instant le tartre
qui y est attaché , purifie les gensives sans les
couper ni alterer , il en chasse la mauvaise matiere
et sans se servir d'aucun ferrement .
Les effets de ce Remede se font sur le champ ; il
arrête la douleur des dents cariées , sans aucune
suite fâcheuse ni autre inconvenient . Après un
très- grand nombre d'experiences , ayant été à la
Cour, par ordre de la Reine , il a fait usage de
son Elixir pour plusieurs personnes de grande
consideration. L'application de ce Remede
est très facile , il ne se fait qu'avec de
petits morceaux de bois en forme de curedent ;
après qu'on en a fait usage une seule fois , on
peut aisément se conserver les dents blanches et
les gensives saines , en prenant les précautions
suivantes.
-
1º . Se ratisser la langue tous les matins avec
un coûteau d'yoire ou autre. 2 ° . Se laver la bouche
et les dents avec une petite éponge . 3 ° . Se
frotter les dents avec du papier , fin brulé et se
rincer la bouche ensuite. Le sieur de Fleury de-.
meure vis-à- vis M. le Président de Luber, chez
Madame Moulé , ruë de Clery,
sur une Ceremonie Guerriere.
W
Omme l'amour cause quelquefois la guerre
Co
ou du moins simpatise avec elle , je vous
dirai que dans les premiers jours d'Août de cette
annee , à Maubeuge , Ville frontiere de France
L'amour a causé un évenement agréable, dont s'est
ensuivi
240 MERCURE DE FRANCE
ensuivi une image de la guerre , fort interessante
pour les Gens du métier. C'est à l'occasion du
Mariage d'un Capitaine de Cavalerie au Regiment
de Bretagne , avec la permission du Roy
et d'une Chanoinesse , Dame d'une aussi grande
naissance que de mérite , et qui a des biens consi
derables. En réjouissance de ce Mariage, le Regi-.
ment a fait deux jours après des Exercices en
représentation de bataille , par des manoeuvres si
bien ordonnez et si parfaitement executez en présence
d'une infinité de personnes de tout sexe , et
particulierement de quantité d'Officiers , que l'on
na pû refuser à ce Regiment une approbation generale
, aussi les Gens de métier et les Connoisseurs
avoient n'avoir jamais vû de mouvemens
de Cavalerie et de manoeuvres de guerre si
prompts , si vifs et si avantageux pour les Assaildants
, que tout ce qui a été executé dans cette occasion
par ce Régiment , qui est magnifique en
tout. Il est commandé et, instruit depuis longtemps
dans ces exercices par M. de Tocqueville ,
qui en est le Lieutenant Colonel , et qui est un
Officier de mérite , consommé dans le métier .
particulierement dans la pratique de ces sortes de
manoeuvres vives et expeditives devant l'Ennemi;
aussi a-t'il été parfaitement bien secondé par les
Officiers du Régiment , dont plusieurs sont des
personnes de distinction fort actifs , et agissants
par émulation et par la confiance qu'ils ont en ce
Lieutenant-Colonel.
Beaucoup de nos Officiers et d'autres des environs
, se proposent le plaisir d'aller voir les
premiers Exercices que doit encore faire ce même
Régiment , en faisant les civilitez dûës à cet Offcier
au sujet de son Mariage.
Le sieur de Fleury, seul possesseur d'un Elixir,
efficace
OCTOBRE. 1731. 2461
efficace , d'une odeur agréable , avec lequel il
blanchit parfaitement les dents sans aucune douleur
, arrête la carie , fond dans l'instant le tartre
qui y est attaché , purifie les gensives sans les
couper ni alterer , il en chasse la mauvaise matiere
et sans se servir d'aucun ferrement .
Les effets de ce Remede se font sur le champ ; il
arrête la douleur des dents cariées , sans aucune
suite fâcheuse ni autre inconvenient . Après un
très- grand nombre d'experiences , ayant été à la
Cour, par ordre de la Reine , il a fait usage de
son Elixir pour plusieurs personnes de grande
consideration. L'application de ce Remede
est très facile , il ne se fait qu'avec de
petits morceaux de bois en forme de curedent ;
après qu'on en a fait usage une seule fois , on
peut aisément se conserver les dents blanches et
les gensives saines , en prenant les précautions
suivantes.
-
1º . Se ratisser la langue tous les matins avec
un coûteau d'yoire ou autre. 2 ° . Se laver la bouche
et les dents avec une petite éponge . 3 ° . Se
frotter les dents avec du papier , fin brulé et se
rincer la bouche ensuite. Le sieur de Fleury de-.
meure vis-à- vis M. le Président de Luber, chez
Madame Moulé , ruë de Clery,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Mons, sur une Ceremonie Guerriere.
En août, à Maubeuge, un mariage a eu lieu entre un capitaine de cavalerie du régiment de Bretagne et une chanoinesse de haute naissance et de mérite, possédant des biens considérables. Avec la permission du roi, le régiment a organisé deux jours après le mariage des exercices militaires représentant une bataille. Ces manœuvres, exécutées en présence de nombreuses personnes et d'officiers, ont été saluées par une approbation générale. Les mouvements de cavalerie et les manœuvres de guerre ont été jugés prompts et avantageux pour les assaillants. Le régiment, commandé par M. de Tocqueville, lieutenant-colonel, est réputé pour son excellence dans ces exercices. Plusieurs officiers du régiment ont également été loués pour leur émulation et leur confiance en leur lieutenant-colonel. De nombreux officiers des environs prévoient de se rendre aux prochains exercices du régiment pour rendre hommage à l'officier à l'occasion de son mariage. Par ailleurs, le sieur de Fleury propose un élixir efficace pour blanchir les dents, arrêter la carie, fondre le tartre et purifier les gencives sans douleur. Cet élixir a été testé à la cour sur ordre de la reine et est appliqué facilement avec des cure-dents. Pour maintenir des dents blanches et des gencives saines, il recommande de se ratisser la langue, de se laver la bouche avec une éponge, et de se frotter les dents avec du papier fin brûlé. Le sieur de Fleury réside vis-à-vis de M. le Président de Luber, chez Madame Moulé, rue de Clery.
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768
p. 2488-2516
MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
Début :
LES AGHUANS, ces fameux Rebelles, qui pendant près de huit [...]
Mots clefs :
Mémoire historique, Schah, Rebelles, Barbares, Turcs, Moscovites, Alcoran, Mahomet, Armée royale
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
MEMOIRE HISTORIQUE , sur la dé
faite des Rebelles de Perse , et l'élevation
de Schah Thamas sur le Trône de ses
Ancêtres , &c. Par M. D. G. témoin
⚫culaire.
LR
ES AGHUANS ( 1 ) , ces fameux
Rebelles , qui pendant près de huic
années ont tenu sous le joug , et désolé la
plus grande partie du Royaume de Perse ,
n'étoient rien moins que ce qu'ils avoient
la réputation d'être ; leur nombre n'a ja➡
mais été audessus de 30000 hommes; leur
valeur étoit audessous de la commune, et
toute leur politique n'alloit qu'à massa→
crer impitoyablement tous les Persans ,
de quelque consideration qu'ils fussent
quand ils leur faisoient le moindre ombrage.
On pourroit même dire que leur
saccès et leur prosperité tenoient bien.
plus du miracle que d'aucun effet d'une
conduite réglée et bien concertée.
Ces Barbares conduits , pour ainsi dire,
"
(1 ) Nation originaire de la Province de Szyr
van , située entre la Mer Caspienne et le Mong
Caucase, depuis transportée par Tamerlan dans
Le Candabar , Frontiere de Perse et du Mogol.
pat
NOVEMBRE 1731. 2489
,
par la main de la fortune , s'étoient cependant
imaginez qu'après avoir pris la Ville
d'Hispaham , détrôné Schah Hussein , et
battu une armée de 120 mille Turcs , il
n'y avoit plus de Puissance au monde capable
de les abbatre ; la paix que le Grand
Seigneur avoit ensuite faite avec eux
l'Ambassade aussi honteuse que solemnel,
le , qu'il leur avoit envoyée pour reconnoître
leur chef Acheraf , les avoient tellement
éblouis, et les avoient rendus si
vains , qu'ils s'estimoient les plus grands
hommes de la terre , et ne regardoient
plus Schah Thamas fils et successeur du
Sultan Hussein que comme un petit sujet
qu'ils anéantiroient , s'il avoit jamais la
hardiesse de se presenter pour soutenir ses
droits , l'apellant par mépris et par dérision
, au lieu de Chazade , qui signifie
fils de Roy ; Tekzadé , c'est- à- dire , fils de
chien.
Il est vrai que la fermeté et la valeur des
Moscovites , lesquels non contens de ne
vouloir pas donner le titre de Roy à leur
chef Acheraf , avoient défait avec trois
cens hommes seulement , 5 à 6000 Aghuans
, leur avoit causé quelque troubles
mais le General Russien qui commandoit
dans le Guilan , leur ayant accordé ure
espece de Trêve,et réglé avec eux certai-
A v nes
2490 MERCURE DE FRANCE
nes limites , jusqu'à ce qu'il eut reçu des
Ordres plus précis du Czar , ils s'étoient
entierement rassurez de ce côté - là , de
sorte qu'Achetaf, qui dans le fonds n'étoit
, pour ainsi dire , qu'un chef de Brigands
, malgré la beauté de son nom , qur
signifie le Noble par excellence , dont les
forces étoient assez médiocres , commença
dèslors à se donner pour un grand Prince
, il ne faisoit plus la Guerre que par ses
Generaux ; c'est ainsi que le Château
d'Iesd fut soumis , après une année et demie
de Siége . Cette Place n'auroit tenu en
Europe devant une Armée , qu'autant de
tems qu'il en faut pour la disposition de
l'attaqué ; mais cette sorte de Guerriers
ne sçavoient ce que c'est que d'enlever
l'Epée à la main , le moindre petit retran
chement . L'Officier qui avoit deffendu
Iesd , et qui ne s'étoit rendu que par famine
, fut cruellement traité , et la Garni
son passée au fil de l'épée , malgré la
role qu'on leur avoit donnée , avec serment
fait sur l'Alcoran , qu'il ne leur seroit
fait aucun mal .
pa-
C'est encore de cette maniere qu'ils s'étoient
ouvert le chemin jusqu'à Benderabassi
* en trompant Sayd Amid ·
Kan qui occupoit će poste. Ce Kan
>
* Fameux Port de Mer , à deux lieuës d'or.
mas , Isle du Golfe Persique.
étoit
NOVEMBRE. 1731. 2491
étoit Prince du Sang Royal , du côté des
femmes ; il étoit bien fait , d'une taille et
d'une force extraordinaire , et rempli de
valeur , il s'étoit révolté contre Schah
Thamas , etavoit pris le titre de Roy dans
le Kirman , au commencement des troubles
, mais son armée n'étant composée
que de gens ramassez , il en étoit ordinairement
abandonné dans les actions.
décisives ; de sorte que réduit à deux ou
trois cens hommes , et ne sçachant plus comment
se maintenir , il aima mieux se rendre
aux Rebelles sur leurs belles promesses ,
que de recourir à la clemence de son Roy
legitime. Il eut le sort que son infidelité
méritoit , et la paya peu de jours après
de sa tête. Plusieurs Villes , sans deffenses,
se rendirent en même - temps , et tout le
pays fut ouvert , comme on l'a dit , jusqu'au
Benderabassi.
Ces prospéritez enfloient tellement le
coeur des Rebelles qu'Acheraf ne daignoit
plus se mettre en campagne,il restoit tranquille
dans Ispaham , faisant bâtir des
Maisons de plaisance , allant pompeuse
ment à la chasse, et vivant, en un mot,com.
me si la fortune eut été inébranlable.A son
exemple tous les grands Seigneurs et les
premiers Officiers qui composoient sa
Cour , vivoient de la même maniere ; ils
A vj avoient
8
2492 MERCURE DE FRANCE .
avoient tous parfaitement oublié leur premiere
origine et leur vile condition de.
Chameliers ou d'Esclaves. Les richesses
immenses dont ils avoient dépouillé les.
Persans , la beauté des femmes et des filles.
qu'ils leur avoient enlevées , et dont cha-.
cun d'eux avoit bon nombre , les super-.
bes bâtimens qu'ils habitoient , les habits:
somptueux dont ils se paroient, et la bonne
chere, à laquelle ils s'étoienr adonnez ;
tout cela comparé à leur premier état
leur constituoit en ce monde , selon leur
propre aveu , un Paradis de délices , tel
que Mahomet l'a promis dans l'autre à ses
Sectateurs dans l'Alcoran.
Tandis qu'Acheraf faisoit ainsi le grand
Monarque , Schah Thamas de son côté
travailloit au rétablissement de ses affaires.
On peur dire que la maniere dont it
s'étoit sauvé d'Ispaham, dans le plus fort du
Siége , avec une escorte de cinq cens hommes
, quoique les Aghuans eussent été
précisément avertis par les Arméniens
du jour et de l'heure de sa sortie ; que le
choix que Schah Hussein avoit fait ,
au préjudice de deux de ses aînez , et le
bonheur qu'il eut dans la suite de se tirer
du Piége qu'Acheraf lui avoit tendu à Teïoù
if prétendoit l'enveloper' , sous
prétexte de venir lui rendre homma ge
ron
NOVEMBRE. 1731. 2493
'de lui remettre la Couronne que Mahmont
lui avoit enlevée. On peut, dis- je ,
croire que tous ces évenemens étoient autant
de signes certains que Dieu l'avoit
choisi pour regner, et qu'il le destinoit à
remonter sur le Trône de ses Peres.
Ce Prince , élevé comme le sont ordinairement
les Fils de Roy dans l'Orient
n'avoit vû autre chose, lorsqu'il sortit d'Ispaham
, que l'interieur du Sérail , c'est-àdire
, des Femmes et des Eunuques . If
trouva un dérangement affreux dans tout
le Royaume , pas un Gouverneur de Province
qui eut la moitié des Troupes qu'il
étoit obligé d'entretenir les Finances
épuisées et mal réglées , des Ennemis de
tous côtez,et par surcroit de malheursune
foule de flateurs qui n'avoient en vûë que
leur propre interêt , sans songer en aucune
façon aux besoins de l'Etat.Cependant
Schah Thamas ne laissa pas de lever des
Troupes avec lesquelles il eut plusieurs
fois à faire aux Moscovites , aux Georgiens
, aux Osmanlous , et à d'autres Rebelles
, mais presque toujours avec desavantage
, quoiqu'il combattit lui- même
à la tête de ses plus braves soldats. Enfin
ne pouvant plus résister à tant d'ennemis
à la fois , il fut obligé , pour ainsi dire
abandonner la partie. Les Osmanlous
list
2494 MERCURE DE FRANCE
lui enleverent tout le Païs , qui est depuis
Erivan jusqu'à Tauris , et depuis Tauris
jusqu'à Hamadam. Les Moscovites se rendirent
maîtres du Guilan , la plus riche
Province de Perse , et celle qui donne les
Soyes. Les Géorgiens secouerent entiercment
le joug ; et les Afdalis , autres Re
belles , s'emparerent de Herat et de Machat
, dans le Corassan. Ce malheureux
Prince se trouva ainsi réduit à la Province
de Mazandran , à une partie du Chirvan
, et à une autre partie du Corassan-
Tant de revers , capables d'abatre tout
aatre courage que celui de Thamas , ne
servirent , pour ainsi dire , qu'à le fortifier
et à le corriger de quelques vices ausquels
il s'étoit adonné ; enfin, lorsque ses
affaires paroissoient les plus desesperées ;
le ciel qui le favorisoit , lui suscita un Liberateur
en la personne de Thamas Kouli
Kan. Ce Kan est un Seigneur d'environ
quarante ans , élevé dès son enfance dans
le métier des armes ; brave , s'il en fut jamais
, homme de bon esprit , franc et sincere,
récompensant bien ceux qui se comportent
vaillamment , et punissant de
mort ceux qui lâchent le pied dans les occasions
où ily a moyen de résister. Il donna
d'abord des preuves constantes de sa capacité
, de sa valeur et de sa fidelité , dans
diverNOVEMBRE.
1731 . 2495
diverses occasions où il fut employé ; et
quand il se vit entré assez avant dans les
bonnes graces du jeune Roy , il lui apprit
à discerner les flatteurs et les traîtres ,
l'obligeant à châtier les uns et à éloigner
les autres. Il osa de plus insinuer au Prince
la necessité de se corriger de ces vices
honteux , qui ternissoient ses belles qualitez,
sans quoi , ajontoit- t- il, Dieu ne be
niroit jamais ses Armes. Le Roy écouta
ses conseils , les goûta , les suivit , et ses
affaires commencerent dèslors à prendre
une meilleure face.
L'Armée Royale n'étoit pas nombreuse
, mais elle étoit bien payée et bien disciplinée
; la plus petite desobeïssance étoit
severement punie , et on payoit de la tête
la moindre lâcheté. Les principaux Officiers
et la plupart des Subalternes, étoient
tous d'une valeur à toute épreuve , gens
bien connus et choisis par Thamas Koulikan.
C'est avec une telle Armée et le genie
de ce Kan , que dans le cours de l'année
1729. Schah Thamas avant les prospéritez
qu'il eut depuis contre les Aghuans
, avoit gagné en personne trois Batailles
contre les Afdalis , repris Hérat et
Machat , et soumis tous les Rebelles du
Corassan et des environs. Dans ces expeditions
on passa au fil de l'épée tout ce
qui
2496 MERCURE DE FRANCE
qui fut trouvé portant les Armes ; mais
ceux qui les mirent bas et implorerent la
clemence du Roy,furent épargnez,à condition
qu'ils serviroient dans ses Troupes
, et que les chefs remettroient leurs
familles en otage , pour garants de leur fidelité
.Tout étant ainsi pacifié de ce côtélà
, on commença à songer à la destruction
des Aghuans. Pour commencer, le
Roy fit marcher son Armée de leur côté
dans l'intention cependant de ne plus rien
entreprendre de cette campagne , mais de
donner des quartiers d'hyver à ses Troupes
sur les Frontieres , pour qu'elles fussent
plus à portée d'agir au Printemps
prochain.
Acheraf de son côté , bien informé des
victoires du Roy , et de la marche de son
Armée , crut d'abord qu'on venoit l'atta
quer ; il rappella les Officiers et les Troupes
, qui étoient dispersez en divers lieux,
rassembla toutes ses forces , es se mit ea
campagne avec un grand appareil ; dès le
commencement du mois d'Aouft 1730.
il ne laissa dans Ispaham que deux ou
trois cens hommes , nombre plus que
suffisants pour tenir en bride tout ce qui
restoit d'habitans ; car on en avoit chassé
tous les Persans qui étoient en état de manier
les armes ; on avoit pris la même
préNOVEMBRE.
1731. 2497
que
précaution dans Cachan , Kon , Casbin
Teiron , et autres Villes , où on ne laissa
les vieillards , les femmes et les enfans.
Quoique ce fussent-là des indices de
crainte , les Aghuans ne laissoient pas de
témoigner une grande joie de ce que le
Tekzade , ( c'est ainsi qu'ils appelloient le
Roy ) leur épargnoit la peine de l'aller
chercher dans le Mazandran ; le moindre
des exploits dont ils se flattoient , c'étois
de le prendre en vie , et ceux qui parois
soient les plus raisonnables , plaignoient
disoient- ils , cette pauvre victime qui ve
noit ainsi se livrer à la mort. C'est avec
ces belles idées que les Aghuans se mirent
en campagne.
Schah Thamas qui bruloit d'impatien
ce d'en venir aux mains avec les Rebelles,
et qui n'avoit consenti qu'à regret à terminer
la campagne de si bonne heure , fur
ravi d'apprendre leur résolution , et se
disposa à les bien recevoir ; il n'avançoit
pourtant que lentement , affectant même
quelque crainte , pour attirer Acheraf le
plus avant qu'il pourroit ; celui-cy de son
côté , qui n'avoit jamais vû les Persans tenir
ferme devant lui en pleine campagne;,
s'avança , plein de confiance.
Enfin les Armées se joignirent à Damguam
, petite Ville sur les frontieres du
Chir2498
MERCURE DE FRANCE
Chirvan. L'attaque des Rebelles fut d'ar
bord assez vigoureuse ; les Persans animez
par la présence de leur Roy, l'a soutinrent
sans s'ébranler. Cette fermeté étonna un
peu Acheraf; il pratiqua alors ce qui lut
avoit réussi à la défaite des Turcs. Il fit
quelques détachemens de 2 ou 3000 hommes
, chacun, commandé par deux de ses
plus braves chefs , avec ordre de prendre
un détour et de venir attaquer l'enne
mi en flanc et en queuë ; mais les Rebelles
trouverent par tout le même ordre et lá
même résistance. Ces détachemens furent
repoussez et défaits ; le Corps où Acheraf
commandoit en personne , commença à
s'ébranler ; les Persans redoublerent leur
feu , et après une décharge faite à propos
de toute leur Artillerie , ils s'avancerent
sur les Rebelles qui prirent aussi - tôt
la fuite ; et abandonnant leur Canon et
leurs Equipages , ils se sauverent avec tant
de précipitation qu'en 24 heures ils firent
sept journées de chemin ordinaire et vinrent
jusqu'à Tairon , où ils s'arrêterent un
jour entier pour prendre halcine , après
quoi redoublant toujours les journées , ils
continuerent leur marche jusqu'à Ispaham .
Leur entrée dans cette Ville fut assez
paisible, mais le lendemain Acheraf donna
ordre à tous les siens de se retirer avec
leurs
NOVEMBRE. 1731. 2499
leurs effets et leurs familles , dans le Château.
Ce Château ,au reste ,n'est autre chose
qu'une enceinte de murailles de terre
élevées au centre de la Ville , avec des
Tours de même fabrique , de douze en
douze pas ; il renferme la vieille Citadelle
, la grande Place , le Palais du Roy ,
et peut avoir une lieuë de circuit. C'est
Youvrage d'Acheraf , dès qu'il se fut déclaré
Roy ; ouvrage vraiment misérable
s'il en fut jamais ; on ne sçauroit bien
décrire la précipitation , le tumulte et la
confusion avec laquelle les Rebelles s'y
retirerent. Ils en chasserent tous les Persans
, pillerent , ravagerent et brulerent
tout ce qui leur appartenoit, Et comme
c'est dans cette enceinte que se trouvoient
les plus riches Boutiques , ce fut aussi le
lieu des plus grands dommages qu'air
souffert cette malheureuse Ville. D'abord
que les Rebelles eurent ainsi retiré leurs
effets et leurs familles , ils se remirent en
campagne et allerent établir leur Camp à
neuf ou dix lieues d'Ispaham , près d'un
Village nommé Machakor.
Cependant l'Armée Royale avançoit
toûjours à journées reglées. Thamas Kou
likan , ce fidele et valeureux General
s'étant apperçu dans les Batailles précedentes
, que le Roy s'exposoit trop , ou
peute
665170
2500 MERCURE DE FRANCE
, ce
peut - être voulant avoir seul la gloire
d'achever la défaite des Aghuans , representa
à ce Prince que sa presence n'étoit
plus necessaire pour animer les Troupes ,
et il le supplia au nom de toute l'Armée
de rester à Teiron , avec un Corps de
reserve de 9 ou 10 mille hommes
que le Roy fit. Le Kan muni d'un plein
pouvoir , continua sa marche sans aucun
trouble , et comme les Rebelles avoient
abandonné tout le pays depuis le champ
de bataille jusqu'à Ispaham , les Villa
geois venoient en foule au - devant de
P'Armée Royale , et apportoient sans
être mandés tous les rafraîchissemens
dont elle avoit besoin les Villes ouvrirent
leurs Portes , et tous les Sujets
generalement témoignerent la joye qu'ils
avoient de leur heureuse délivrance .
>
Les deux armées se trouverent en presence
le Dimanche 13. Novembre 1729.
à 8. heures du matin celle des Rebelles.
avoit eû tout le temps qu'il lui falloit
pour se poster avantageusement ; leur
Batterie étoit bien rétranchée et bien
soutenue ; Acheraf se flattoit de rétablir
ses affaires de recouvrer enfin par une
pleine victoire tout le pays qui lui avoit
été enlevé ; mais le General Persan , qui
connoissoit sa foiblesse et qui le mépri-
›
soit ·
NOVEMBRE. 1731. 250r.
soit , ne daigna pas seulement se servir
de son Artilleric. Après avoir essuyé
toute la décharge des Rebelles , il marcha
droit à eux , à travers tout le feu
de leur Mousqueterie , sans tirer un seul
coup , jusqu'à ce qu'il fût arrivé près
de leur batterie , où il fit presqu'à bout
touchant sa premiere et unique décharge.
Les Rebelles furent tellement épou
wantés de cette hardiesse , qu'ils prirent
la fuite , et se sauverent à Ispaham ,
les premiers Fuyards commencerent d'ariver
à trois heures après midi ; ils dirent
d'abord , n'osant avouer leur défaite
, que les Persans avoient été battus ;
mais peu de temps après , les cris et les
lamentations des femmes et des enfans
qu'on entendit dans le Château
fierent le contraire. Acheraf
->
و
>
où
certi-
› qui
par respect
humain
ne fuyoit
pas si
vire que les autres
, n'entra
dans la Ville qu'à la nuit close
, pour
cacher
sa honte
,
Le bruit
de cette
défaite
courut
bien- tôt par toute
la Ville
, et tant les Etran- gers que les Gens
du Pays , tout le mon❤ de prit des mesures
pour
se soustraire
à la fureur
des Barbares
, et pour
se garantir
du massacre
general
dont
ils
avoient
souvent
menacé
au cas qu'ils
fussent
trop
pressés
; mais
Dieu
répandit
sur
2502 MERCURE DE FRANCE
sur eux une telle frayeur , qu'ils ne songerent
alors qu'à leur propre salut. Le
calme et le silence , qui , depuis l'entrée
d'Acheraf , avoient succedé au bruit et
au tumulte , étonnoient tout le monde
mais la surprise fut bien plus grande
quand dès le grand matin du lendemain
la nouvelle de leur fuite se répandit
personne n'osoit pourtant encore sortir
jusqu'à ce que quelques femmes envoyées
de divers endroits dans le Château , pour
sçavoir ce qui se passoit , en rapporterent
quelques meubles qu'elles avoient
enlevez dans les logemens abandonnés.
Ces Femmes furent bien- tôt suivies par
d'autres , et les hommes commencerent
enfin à s'en mêler , de sorte qu'en deux
heures de temps les rues furent pleines
de la Populace allant et venant tout
chargés de Butin . Le jour suivant , les
Villageois des environs se mirent de la
partie , et le pillage fut general . On ne
vît jamais un tel désordre et pas un
homme d'autorité pour l'arrêter , ce qui
dura près de trois jours jusqu'à l'arrivée
du General Persan , qui envoya d'abord
des gens de guerre dans le Château pour
en chasser cette canaille , et on mit à divers
endroits , pour la sûreté publique ,
des Corps-de-garde. On vit alors ,
›
,
› par
un
NOVEMBRE . 1731 2503
un effet admirable de la Divine Providence
, les mêmes Denrées que les Aghuans
tenoient, enfermées dans les Magazins
pour entretenir la cherté , tellement
répandues dans les rues , que pendant
plusieurs jours on ne pouvoit plus
у faire un pas sans marcher sur des tas
de ris , de froment , d'orge , &c.
On a sçu par des Esclaves échapés des
mains des Rebelles , que le jour de leur
fuite ils marcherent pendant quinze
lieues entieres sans s'arrêter , ce qui joint
aux autres dix lieues qu'il y a du champ
de Bataille à Ispaham , fait une traite
très - considerable pour des Fuyards chargez
de leurs bagages et de leurs familles ,
&c. Ils avoient d'abord pris le chemin
du Kiman mais ayant appris que tous
les passages étoient gard: z de ce côté llàà ,
ils se rendirent à Chiras , où ils massacrerent
tous les Persans qu'ils y rencontrerent.
Acheraf emporta la charge de
300. Chameaux , à ce qu'on dit , d'or ,
d'argent , et de meubles précieux de la
Couronne ; il emmena outre la famille
de Mahmoud et la sienne , toutes les
Princesses du Sang Royal , excepté la
Mere de Schah Thamas qu'il ne connoissoit
pas , et qui pendant la Domination
des Rebelles , a toujours fait l'office
de
2504 MERCURE DE FRANCE
de Servante dans le Serrail , sans que les
autres Femmes ni les Ennuques ayent jamais
voulu la déceler , rare exemple de
fidelité , et signe évident de l'esperance
que ces sujets nourissoient dans leur
coeur. On assure que la fuite du Tyran
causa de tels transports de joye à cette
Princesse , qu'elle en fut entierement
aliénée d'esprit pendant trois jours , et
qu'elle ne s'est bien remise qu'après avoir
vû et embrassé ce cher Fils , pour lequel
elle avoit si souvent tremblé avec le
reste du Royaume.
Cependant une grande quantité d'Aghuans
, et d'autres Rebelles , qui n'ayant
pû ou osé suivre les Fuyards , s'étoient
cachez en divers endroits , trouverent
bien- tôt la mort qu'ils tâchoient d'éviters
on sçavoit les déterrer, et sans égard
à l'âge , ils étoient tués par tout où on
les trouvoit. Ceux qui étoient de quelque
consideration , étoient présentez au
General Persan , qui pardonna à quelques-
uns sur les bons témoignages qu'on
rendoit d'eux ; mais ce nombre fût bien
petit , et nous avons vû pendant plusieurs
jours les rues d'Ispaham pleines
des Cadavres des Rebelles , comme nous
des avions vûës remplies cy - devant de
ceux des Habitans de cette miserable
Ville. Le
१
*
"
NOVEMBRE. 1731. 2505
Le Tombeau de Mahmout , qu'on
avoit élevé avec beaucoup de faste dans
un Enclos , au-delà du Pont de Chiras ,
et que les Rebelles respectoient comme
un lieu sacré et de pelerinage , fût démoli
pour en faire des Latrines publiques.
Le Peuple étoit tellement animé
de l'esprit de haine et de vangeance ,
qu'en deux heures de temps , il ne resta
pas pierre sur pierre , d'un ouvrage auquel
des milliers d'ouvriers avoient travaillé
des mois entiers. Chacun vouloit
avoir quelque morceau des os du Tyran
pour vomir chaque jour dessus des imprécations
et des maledictions. Il n'y a
peut- être aucun homme dans Ispaham ,
qui pour marquer sa haine n'ait fait
servir ce lieu à l'usage pour lequel j'ay
dit qu'il étoit destiné.
و
>
le 9 .
Le Roy n'arriva à Ispaham que
Decembre ; son Entrée ne fut pas magnifique
mais elle fut toute guerriere.
Il marcha depuis Gaze , Village à deux
lieuës et demi de la Ville , à la tête de
son Corps de reserve qu'il conduisit
lui- même en bataille jusqu'à la rencontre
de Thamas Koulikan , qui vint au- devant
à la tête de 20. mille hommes. Les
deux Corps avant que de se joindre ,
firent plusieurs mouvemens et diverses
B ένος
2506 MERCURE
DE FRANCE
.
,
,
,
et courut vers son
évolutions
que le Roy commandoit
d'un côté et le General Koulikan de
l'autre. Celui - ci dès qu'il fut à portée ,
mit pied à terre
Maître pour l'empêcher de descendre de
Cheval ; mais ce Prince lui dit gracieusement
: Arrête , arrête ; j'ai fait van de
la pre- marcher sept pas au- devant de toy ,
miere fois que je te reverrois , après avoir
chassé mes ennemis d'Ispaham. LeRoy descendit
effectivement
, marcha quelques pas
puis s'assit sur des Coussins , et prit du
Caffé avec son General , après quoy ils
remonterent
à Cheval , et continuerent
leur marche vers la Ville ; avec cette difference
, que les Troupes défiloient non
pas dans ce bel ordre que l'on observe
en Europe , et qui est inconnu ici , mais
pressez et comme entassez les uns sur
les autres. On laissa pourtant un assez
grand intervalle au milieu , dans lequel
le Roy marchoit seul précedé de ses
Valets de pied , et suivi à dix ou douze
pas de distance de Thamas Koulikan :
tout le reste n'étoit qu'un tas confus
d'Officiers et de Soldatesques qui se pres
soient et se serroient tant qu'ils pouvoient.
Le Peuple de tous états , de tour
sexe et de tout âge étoit en foule aux avenuës
; les rues depuis la porte de Jokgi ,
>
jusNOVEMBRE.
1731. 2507
›
jusqu'à l'interieur du Palais étoient
couvertes de pieces d'Etoffe , que les Soldats
enlevoient d'abord que le Roy étoit
passé ; le * Nagara retentissoit par toute
la Ville ; on jettoit par tout des cris d'allegresse
; en un mot,on ne vit jamais une
joye plus vive et plus universelle. Ce qui
étoit bien opposé à ce qui se passoit à
l'Entrée du Rebelle Acheraf , au retour
de quelque expédition ; car alors
tout le monde fuyoit , toutes les portes
des maisons étoient fermées et aucun
des Habitans ne paroissoit , si ce n'est
les gens de Boutique que l'on forçoit à
les tenir ouvertes aux endroits où le
Tyran devoit passer.
→
Le Roy , après avoir satisfait dans
l'interieur du Serrail , à ce que la bonté
de son coeur , et sa tendresse naturelle
pouvoient exiger , passa les premieres
journées à recevoir les hommages des
differens Ordres de l'Etat ; il reçut aussi
les complimens des Etrangers de distinction
, et traitta tout le monde avec
une douceur qui lui gagna d'abord l'affection
publique. Les Persans aiment naturellement
, et cherissent leur Roy jusqu'à
l'excès ; les bonnes qualitez qu'ils
remarquent en Schah Thamas , leur font
* Longue Trempette à l'usage des Persans.
Bij
COR2508
MERCURE DE FRANCE
>
concevoir les plus flatteuses esperances.
Le Peuple nonobstant la misere où la
longue tyrannie des Rebelles l'avoit réduit
, paya gayement la Taxe qu'on lui
imposa , et supporta sans beaucoup d'inquietude
les petites insolences du Soldat ;
tout respiroit la joye et r'allegresse dans
Ispaham ; mais le Roy au milieu des plaisirs
qu'on tâchoit de lui procurer , paroissoit
toûjours inquiet et chagrin et
quand Thamas Kan voulut lui representer
qu'il devoit désormais oublier ses
disgraces passées , ce Prince lui fit entendre
, que quand même les malheurs
publics , et ses disgraces domestiques
pourroient être oubliés , il ne pouvoit
pas ignorer que le Meurtrier de son
Pere et les Bourreaux de ses Freres
étoient encore à Chiras : le General tou .
ché de ce Discours , donna dans le moment
même ses ordres pour un prochain
départ tout fut prêt en quatre jours ;
en sorte que l'Armée se remit en Campagne
sur la fin du même mois de Decembre.
و
Les Mahometans n'aiment pas à faire
la Guerre l'Hyver , mais ce Ġeneral est
un homme de toutes les Saisons , et comme
il ne se donne presque aucune commodité
au- dessus du simple Soldat , il
>
fur
NOVEMBRE 1732. 2509°
Fut servi dans cette expédition avec tant
de zele et d'ardeur , qu'il força tous les
obstacles de la saison ; enfin , malgré les
pluyes , les neiges et les glaces , il s'ou
vrit un chemin par tout ; il perdit véritablement
beaucoup d'hommes et de
chevaux dans sa marche , mais après des
fatigues et des travaux infinis , il joignit
20. jours après son départ d'Ispaham ,
les Rebelles qui s'étoient avancez à deux
journées en - deçà de Chiras : il les battic
malgré l'avantage du poste qu'ils avoient
choisi , et les obligea . de fuïr devant lui .
Il ne les poursuivit pas crainte de
quelque embuscade ; il avoit même pour
maxime , de ne jamais séparer ses Troupes
, de peur que quelque détachement
venant à être battu , ne mît l'épouvente
dans le reste de l'armée ; il avoit aussi
coûtume de dire que les Victorieux joignent
au petit pas l'Ennemi qui fuit à
toute bride.
et
Les Rebelles eurent donc le temps de
se rallier à Chiras , mais ce n'étoit plus
les mêmes hommes , ils étoient dépouillez
de cette feroce fierté , qui leur faisoit
mépriser le reste des hommes
dédaigner les conseils des plus habiles ;
ils prioient et supplioient les mêmes
personnes qu'ils avoient auparavant ac-
Biij cou2510
MERCURE DE FRANCE
3
coutumé de commander , le Sabre ou le
Bâton à la main ; ils prenoient conseil
de tout le monde , même de leurs femmes
et de leurs Esclaves ; mais il n'y
avoit plus de remede l'heure fatale
étoit arrivée ; ils résolurent cependant
de faire un dernier effort. Le jour qu'ils
sortirent pour venir au devant des Persans
, Acheraf et ses principaux Officiers
se tinrent aux Portes de la Ville , où ils
faisoient jurer les Soldats et les Officiers
de vaincre ou de mourir ; mais ils promettoient
les uns et les autres plus qu'ils
ne pouvoient ni ne vouloient tenir ; ils
n'avoient plus assez de force pour vainere
, ni de courage pour mourir aussi
ils furent battus dès le premier choc , et
cette bataille , si on peut donner ce nom
à quelques actions , ooùù iill nn''yy aa pas eu
mille hommes de tués de part et d'autre.
Cette bataille , dis- je , fut la derniere
et la moins sanglante de toutes. Les Rebelles
épouvantez , oublierent leur promesse
et leur serment ; ils attaquoient
tumultueusement et par pelotons , mais
à peine étoient- ils arrivez à la portée du
fusil , qu'ils faisoient leurs décharges
et se retiroient en désordre. Enfin voyant
que les Persans s'avançoient toujours fierement
, ils prirent la fuite tout de bon.
:
Le
NOVEMBRE. 1731 2511
Le General Persan les laissa fuïr suivant
sa coûtume , et ne les suivit qu'au
petit pas ; mais cette maxime n'étoit plus
de saison ; Acheraf s'en prévalut pour le
tromper , car si- tôt qu'il fut rentré dans
Chiras , il envoya deux de ses principaux
Officiers pour traitter d'accommodement.
Ils offrirent d'abord de rendre tous les
trésors de la Couronne à condition
qu'on les laisseroit retirer avec leurs familles
où bon leur sembleroit. Koulikan
>
leur répondit qu'il auroit pû accepter
cette proposition dans un autre temps ,
mais qu'aujourd'hui il les passeroit tous
au fil de l'Epée , s'ils ne lui remettoient
Acheraf entre les mains. Les députez
qui n'avoient d'autre dessein que celui
de l'amuser pour gagner du temps , promirent
tout ce qu'on voulut , pourvû
qu'il leur fût permis d'en aller conferer
avec les autres Officiers ; mais quand ils
furent de retour tout étoit prêt pour la
fuite. Ils se sauverent tous ensemble
avec leurs Familles et leur Butin ; ils
étoient déja bien loin , quand le General
Persan fut averti de leur retraite.
Il fit quelques détachemens , l'un desquels
les joignit au passage d'un Pont :
mais les Aghuans firent volte à face
faire passer leurs familles et leurs équi-
B iiij pages.
pour
2512 MERCURE DE FRANCE
pages . Ils chargerent ensuite les Persans
qui furent battus .
›
Les Fuyards continuerent leur marche,
mais comme ils ne tenoient aucune route
certaine , et que tout le pays étoit contre
eux les Paysans les harcelloient continuellement
le moindre petit Village
qui pouvoit assembler dix Fusiliers leur
disputoit le passage ; il n'y avoit point
de défilé où ils ne laissassent quelqué
chose. Au commencement c'étoient les
gros Equipages , ensuite leurs Femmes
Persannes et leurs Enfans. Pendant la
nuit les Esclaves détournoient toujours
quelques Chameaux
et c'est de cette
façon que furent ramenées à l'Armée
Royale la Tante et la Soeur de Schal
Thamas , avec quelques autres Princesses
. Enfin , ces miserables ne trouvant
plus de subsistance pour eux ni pour
leurs Chevaux , pressés de tous côtez
commencerent à se débander les uns
tirant d'un côté , les autres de l'autre.
Acheraf resta avec 4. ou 5. cent de ses
plus fideles amis ; son dessein étoit de
se retirer aux Indes ; mais comme il faloit
necessairement passer aux environs
de * Candahar , Hussein Kan , frere de
Mahmout , qui étoit en possession de
* Capitale de la Province de même nom.
›
,
cette
OCTOBRE. 1731. 2513
,
>
cette Place , averti de son dessein lui
coupa le chemin avec un bon corps de
Troupes , le combattit lai enleva le
reste de ses trésors , et le tua. C'est ainsi
que perît cet Usurpateur , qui , après
des cruautez inoüies avoit osé tremper
ses mains dans le sang de Schah Hussein ,
le meilleur , le plus débonnaire et le
plus pacifique Prince qui ait jamais regné.
C'est ainsi qu'ont été détruits et dispersés
les plus détestables et les plus sanguinaires
Usurpateurs qui ayent jamais
été sur la Terre.
,
Koulikan trouva les portes de Chiras
ouvertes ; dès qu'il y fut entré on vit
bien - tôt dans cette Ville ce qu'on avoit
vû auparavant à Ispaham , c'est - à- dire ,
les rues pleines de cadavres des Aghuans
et de leurs alliez , qui n'avoient pû se
sauver avec les autres ; il n'y eut plus
aucun endroit qui pût leur servir d'azile
; on ne pardonna qu'à trois ou quatre
des plus apparents , qui furent envoyez
au Roy ; on passa tout le reste au
fil de l'Epée. Les Persans qui voyoient
tous les jours arriver quelques restes des
Rebelles , dont ils apprenoient à tout
moment le désordre et la misere se
consolerent bien - tôt de la faute que
Koulikan avoit faite de les laisser écha-
By per
>
2514 MERCURE DE FRANCE
per , et quoique c'eût été un coup de
la derniere importance de reprendre les
Trésors de la Couronne ce General
n'en reçût aucun reproche du Roy , qui
le ménage et le considere toujours.
>
Cette grande affaire étant ainsi terminée
, toute l'attention des Persans se
tourna du côté des Turcs. On laissa reposer
les troupes pendant le reste de
Hyver ; mais à peine le Printemps fûtil
arrivé , que Koulikan , qui étoit toujours
resté à Chiras , où l'Armée étoit en
quartier , se remit en Campagne ; et
lorsque nous partîmes d'Ispaham , au
commencement de May 1730. les nouvelles
courantes étoient qu'après avoir
visité en chenin - faisant le Loristan et
les Arabes du Coquilon , il prenoit sa
route du côté d'Hamadan . Nous avons
appris depuis qu'il a battu pendant
la Campagne les Turcs en deux
differentes batailles ; qu'il a repris Hamadan
, Tauris , et presque tout le Pays
que les Turcs avoient usurpé pendant
les troubles jusqu'à Erivan .
>
Un Roy rétabli , neuf batailles gagnées
, presque tout un Royaume de l'étendue
de la Perse reconquis dans moins
de deux années un prodigieux nombre
de Rebelles exterminez ; ce sont des
>
faits
NOVEMBRE 1731. 2515.
faits qui peuvent effacer ceux des Héros
des siècles passés , et égaler les plus
beaux traits de l'histoire ancienne . Les
rares talens qu'a ce General pour la Guerre
le bonheur qui l'accompagne dans
ses expéditions la confiance du Soldat
>
,
qui l'aime et le craint , tout cela joint
ensemble , l'a rendu redoutable chez les
Ennemis mais enfin suspect dans la
Cour du Roy son Maître ; j'ai observé
plus d'une fois , et reconnu que depuis
Bassora jusqu'à Bagdat , et depuis Bagdat
jusqu'aux portes d'Alep , tout tremble
au seul nom de Thamas Koulikan . Cette
haute réputation et certe grande fortune
ne sont - elles point les présages de quelque
prochaine décadence ? Le Peuple et la
Cour,le Roy lui- même , ( à ce qu'on publie
, tous craignent que ce General
n'ait l'ambition de monter plus haut ; il
est lui seul toute chose. Le Roy n'a encore
nommé à aucun des premiers Employs
, sous pretexte que les appointemens
immenses que ces Charges emportent
, seront bien mieux employez au
payement des Troupes. A l'Armée Koulikan
est le seul Officier General , tous
les autres sont des Subalternes qu'il abaisse
, eleve , punit , recompense , casse et
rétablit comme il lui plaît ; il semble
Bv) même
2516 MERCURE DE FRANCE
1
même que depuis ses dernieres victoires ,
il abuse de l'autorité sans bornes que le
Roy lui a confiée dans la necessité de ses
affaires ; on peut même dire qu'il tient
ce Prince en une espece de tutelle ; mais
je sçai par des personnes qui ont l'honneur
de l'approcher , qu'il se reserve à
parler en Maître quand la Guerre du
Turc sera terminée. Ce General de son
côté n'est pas sans crainte ; il sçait qu'il
a beaucoup d'ennemis , et qu'il y a des
plaintes contre lui , sur- tout de la part
des Peuples qu'il a achevé de ruiner
des impositions extraordinaires , et c'est
pour cela , cela , dit-on , qu'il se tient à l'Armée
autant qu'il le peut. Telle est actuellement
la face des affaires de Perse
c'est-à-dire au mois de Mai 1730.
faite des Rebelles de Perse , et l'élevation
de Schah Thamas sur le Trône de ses
Ancêtres , &c. Par M. D. G. témoin
⚫culaire.
LR
ES AGHUANS ( 1 ) , ces fameux
Rebelles , qui pendant près de huic
années ont tenu sous le joug , et désolé la
plus grande partie du Royaume de Perse ,
n'étoient rien moins que ce qu'ils avoient
la réputation d'être ; leur nombre n'a ja➡
mais été audessus de 30000 hommes; leur
valeur étoit audessous de la commune, et
toute leur politique n'alloit qu'à massa→
crer impitoyablement tous les Persans ,
de quelque consideration qu'ils fussent
quand ils leur faisoient le moindre ombrage.
On pourroit même dire que leur
saccès et leur prosperité tenoient bien.
plus du miracle que d'aucun effet d'une
conduite réglée et bien concertée.
Ces Barbares conduits , pour ainsi dire,
"
(1 ) Nation originaire de la Province de Szyr
van , située entre la Mer Caspienne et le Mong
Caucase, depuis transportée par Tamerlan dans
Le Candabar , Frontiere de Perse et du Mogol.
pat
NOVEMBRE 1731. 2489
,
par la main de la fortune , s'étoient cependant
imaginez qu'après avoir pris la Ville
d'Hispaham , détrôné Schah Hussein , et
battu une armée de 120 mille Turcs , il
n'y avoit plus de Puissance au monde capable
de les abbatre ; la paix que le Grand
Seigneur avoit ensuite faite avec eux
l'Ambassade aussi honteuse que solemnel,
le , qu'il leur avoit envoyée pour reconnoître
leur chef Acheraf , les avoient tellement
éblouis, et les avoient rendus si
vains , qu'ils s'estimoient les plus grands
hommes de la terre , et ne regardoient
plus Schah Thamas fils et successeur du
Sultan Hussein que comme un petit sujet
qu'ils anéantiroient , s'il avoit jamais la
hardiesse de se presenter pour soutenir ses
droits , l'apellant par mépris et par dérision
, au lieu de Chazade , qui signifie
fils de Roy ; Tekzadé , c'est- à- dire , fils de
chien.
Il est vrai que la fermeté et la valeur des
Moscovites , lesquels non contens de ne
vouloir pas donner le titre de Roy à leur
chef Acheraf , avoient défait avec trois
cens hommes seulement , 5 à 6000 Aghuans
, leur avoit causé quelque troubles
mais le General Russien qui commandoit
dans le Guilan , leur ayant accordé ure
espece de Trêve,et réglé avec eux certai-
A v nes
2490 MERCURE DE FRANCE
nes limites , jusqu'à ce qu'il eut reçu des
Ordres plus précis du Czar , ils s'étoient
entierement rassurez de ce côté - là , de
sorte qu'Achetaf, qui dans le fonds n'étoit
, pour ainsi dire , qu'un chef de Brigands
, malgré la beauté de son nom , qur
signifie le Noble par excellence , dont les
forces étoient assez médiocres , commença
dèslors à se donner pour un grand Prince
, il ne faisoit plus la Guerre que par ses
Generaux ; c'est ainsi que le Château
d'Iesd fut soumis , après une année et demie
de Siége . Cette Place n'auroit tenu en
Europe devant une Armée , qu'autant de
tems qu'il en faut pour la disposition de
l'attaqué ; mais cette sorte de Guerriers
ne sçavoient ce que c'est que d'enlever
l'Epée à la main , le moindre petit retran
chement . L'Officier qui avoit deffendu
Iesd , et qui ne s'étoit rendu que par famine
, fut cruellement traité , et la Garni
son passée au fil de l'épée , malgré la
role qu'on leur avoit donnée , avec serment
fait sur l'Alcoran , qu'il ne leur seroit
fait aucun mal .
pa-
C'est encore de cette maniere qu'ils s'étoient
ouvert le chemin jusqu'à Benderabassi
* en trompant Sayd Amid ·
Kan qui occupoit će poste. Ce Kan
>
* Fameux Port de Mer , à deux lieuës d'or.
mas , Isle du Golfe Persique.
étoit
NOVEMBRE. 1731. 2491
étoit Prince du Sang Royal , du côté des
femmes ; il étoit bien fait , d'une taille et
d'une force extraordinaire , et rempli de
valeur , il s'étoit révolté contre Schah
Thamas , etavoit pris le titre de Roy dans
le Kirman , au commencement des troubles
, mais son armée n'étant composée
que de gens ramassez , il en étoit ordinairement
abandonné dans les actions.
décisives ; de sorte que réduit à deux ou
trois cens hommes , et ne sçachant plus comment
se maintenir , il aima mieux se rendre
aux Rebelles sur leurs belles promesses ,
que de recourir à la clemence de son Roy
legitime. Il eut le sort que son infidelité
méritoit , et la paya peu de jours après
de sa tête. Plusieurs Villes , sans deffenses,
se rendirent en même - temps , et tout le
pays fut ouvert , comme on l'a dit , jusqu'au
Benderabassi.
Ces prospéritez enfloient tellement le
coeur des Rebelles qu'Acheraf ne daignoit
plus se mettre en campagne,il restoit tranquille
dans Ispaham , faisant bâtir des
Maisons de plaisance , allant pompeuse
ment à la chasse, et vivant, en un mot,com.
me si la fortune eut été inébranlable.A son
exemple tous les grands Seigneurs et les
premiers Officiers qui composoient sa
Cour , vivoient de la même maniere ; ils
A vj avoient
8
2492 MERCURE DE FRANCE .
avoient tous parfaitement oublié leur premiere
origine et leur vile condition de.
Chameliers ou d'Esclaves. Les richesses
immenses dont ils avoient dépouillé les.
Persans , la beauté des femmes et des filles.
qu'ils leur avoient enlevées , et dont cha-.
cun d'eux avoit bon nombre , les super-.
bes bâtimens qu'ils habitoient , les habits:
somptueux dont ils se paroient, et la bonne
chere, à laquelle ils s'étoienr adonnez ;
tout cela comparé à leur premier état
leur constituoit en ce monde , selon leur
propre aveu , un Paradis de délices , tel
que Mahomet l'a promis dans l'autre à ses
Sectateurs dans l'Alcoran.
Tandis qu'Acheraf faisoit ainsi le grand
Monarque , Schah Thamas de son côté
travailloit au rétablissement de ses affaires.
On peur dire que la maniere dont it
s'étoit sauvé d'Ispaham, dans le plus fort du
Siége , avec une escorte de cinq cens hommes
, quoique les Aghuans eussent été
précisément avertis par les Arméniens
du jour et de l'heure de sa sortie ; que le
choix que Schah Hussein avoit fait ,
au préjudice de deux de ses aînez , et le
bonheur qu'il eut dans la suite de se tirer
du Piége qu'Acheraf lui avoit tendu à Teïoù
if prétendoit l'enveloper' , sous
prétexte de venir lui rendre homma ge
ron
NOVEMBRE. 1731. 2493
'de lui remettre la Couronne que Mahmont
lui avoit enlevée. On peut, dis- je ,
croire que tous ces évenemens étoient autant
de signes certains que Dieu l'avoit
choisi pour regner, et qu'il le destinoit à
remonter sur le Trône de ses Peres.
Ce Prince , élevé comme le sont ordinairement
les Fils de Roy dans l'Orient
n'avoit vû autre chose, lorsqu'il sortit d'Ispaham
, que l'interieur du Sérail , c'est-àdire
, des Femmes et des Eunuques . If
trouva un dérangement affreux dans tout
le Royaume , pas un Gouverneur de Province
qui eut la moitié des Troupes qu'il
étoit obligé d'entretenir les Finances
épuisées et mal réglées , des Ennemis de
tous côtez,et par surcroit de malheursune
foule de flateurs qui n'avoient en vûë que
leur propre interêt , sans songer en aucune
façon aux besoins de l'Etat.Cependant
Schah Thamas ne laissa pas de lever des
Troupes avec lesquelles il eut plusieurs
fois à faire aux Moscovites , aux Georgiens
, aux Osmanlous , et à d'autres Rebelles
, mais presque toujours avec desavantage
, quoiqu'il combattit lui- même
à la tête de ses plus braves soldats. Enfin
ne pouvant plus résister à tant d'ennemis
à la fois , il fut obligé , pour ainsi dire
abandonner la partie. Les Osmanlous
list
2494 MERCURE DE FRANCE
lui enleverent tout le Païs , qui est depuis
Erivan jusqu'à Tauris , et depuis Tauris
jusqu'à Hamadam. Les Moscovites se rendirent
maîtres du Guilan , la plus riche
Province de Perse , et celle qui donne les
Soyes. Les Géorgiens secouerent entiercment
le joug ; et les Afdalis , autres Re
belles , s'emparerent de Herat et de Machat
, dans le Corassan. Ce malheureux
Prince se trouva ainsi réduit à la Province
de Mazandran , à une partie du Chirvan
, et à une autre partie du Corassan-
Tant de revers , capables d'abatre tout
aatre courage que celui de Thamas , ne
servirent , pour ainsi dire , qu'à le fortifier
et à le corriger de quelques vices ausquels
il s'étoit adonné ; enfin, lorsque ses
affaires paroissoient les plus desesperées ;
le ciel qui le favorisoit , lui suscita un Liberateur
en la personne de Thamas Kouli
Kan. Ce Kan est un Seigneur d'environ
quarante ans , élevé dès son enfance dans
le métier des armes ; brave , s'il en fut jamais
, homme de bon esprit , franc et sincere,
récompensant bien ceux qui se comportent
vaillamment , et punissant de
mort ceux qui lâchent le pied dans les occasions
où ily a moyen de résister. Il donna
d'abord des preuves constantes de sa capacité
, de sa valeur et de sa fidelité , dans
diverNOVEMBRE.
1731 . 2495
diverses occasions où il fut employé ; et
quand il se vit entré assez avant dans les
bonnes graces du jeune Roy , il lui apprit
à discerner les flatteurs et les traîtres ,
l'obligeant à châtier les uns et à éloigner
les autres. Il osa de plus insinuer au Prince
la necessité de se corriger de ces vices
honteux , qui ternissoient ses belles qualitez,
sans quoi , ajontoit- t- il, Dieu ne be
niroit jamais ses Armes. Le Roy écouta
ses conseils , les goûta , les suivit , et ses
affaires commencerent dèslors à prendre
une meilleure face.
L'Armée Royale n'étoit pas nombreuse
, mais elle étoit bien payée et bien disciplinée
; la plus petite desobeïssance étoit
severement punie , et on payoit de la tête
la moindre lâcheté. Les principaux Officiers
et la plupart des Subalternes, étoient
tous d'une valeur à toute épreuve , gens
bien connus et choisis par Thamas Koulikan.
C'est avec une telle Armée et le genie
de ce Kan , que dans le cours de l'année
1729. Schah Thamas avant les prospéritez
qu'il eut depuis contre les Aghuans
, avoit gagné en personne trois Batailles
contre les Afdalis , repris Hérat et
Machat , et soumis tous les Rebelles du
Corassan et des environs. Dans ces expeditions
on passa au fil de l'épée tout ce
qui
2496 MERCURE DE FRANCE
qui fut trouvé portant les Armes ; mais
ceux qui les mirent bas et implorerent la
clemence du Roy,furent épargnez,à condition
qu'ils serviroient dans ses Troupes
, et que les chefs remettroient leurs
familles en otage , pour garants de leur fidelité
.Tout étant ainsi pacifié de ce côtélà
, on commença à songer à la destruction
des Aghuans. Pour commencer, le
Roy fit marcher son Armée de leur côté
dans l'intention cependant de ne plus rien
entreprendre de cette campagne , mais de
donner des quartiers d'hyver à ses Troupes
sur les Frontieres , pour qu'elles fussent
plus à portée d'agir au Printemps
prochain.
Acheraf de son côté , bien informé des
victoires du Roy , et de la marche de son
Armée , crut d'abord qu'on venoit l'atta
quer ; il rappella les Officiers et les Troupes
, qui étoient dispersez en divers lieux,
rassembla toutes ses forces , es se mit ea
campagne avec un grand appareil ; dès le
commencement du mois d'Aouft 1730.
il ne laissa dans Ispaham que deux ou
trois cens hommes , nombre plus que
suffisants pour tenir en bride tout ce qui
restoit d'habitans ; car on en avoit chassé
tous les Persans qui étoient en état de manier
les armes ; on avoit pris la même
préNOVEMBRE.
1731. 2497
que
précaution dans Cachan , Kon , Casbin
Teiron , et autres Villes , où on ne laissa
les vieillards , les femmes et les enfans.
Quoique ce fussent-là des indices de
crainte , les Aghuans ne laissoient pas de
témoigner une grande joie de ce que le
Tekzade , ( c'est ainsi qu'ils appelloient le
Roy ) leur épargnoit la peine de l'aller
chercher dans le Mazandran ; le moindre
des exploits dont ils se flattoient , c'étois
de le prendre en vie , et ceux qui parois
soient les plus raisonnables , plaignoient
disoient- ils , cette pauvre victime qui ve
noit ainsi se livrer à la mort. C'est avec
ces belles idées que les Aghuans se mirent
en campagne.
Schah Thamas qui bruloit d'impatien
ce d'en venir aux mains avec les Rebelles,
et qui n'avoit consenti qu'à regret à terminer
la campagne de si bonne heure , fur
ravi d'apprendre leur résolution , et se
disposa à les bien recevoir ; il n'avançoit
pourtant que lentement , affectant même
quelque crainte , pour attirer Acheraf le
plus avant qu'il pourroit ; celui-cy de son
côté , qui n'avoit jamais vû les Persans tenir
ferme devant lui en pleine campagne;,
s'avança , plein de confiance.
Enfin les Armées se joignirent à Damguam
, petite Ville sur les frontieres du
Chir2498
MERCURE DE FRANCE
Chirvan. L'attaque des Rebelles fut d'ar
bord assez vigoureuse ; les Persans animez
par la présence de leur Roy, l'a soutinrent
sans s'ébranler. Cette fermeté étonna un
peu Acheraf; il pratiqua alors ce qui lut
avoit réussi à la défaite des Turcs. Il fit
quelques détachemens de 2 ou 3000 hommes
, chacun, commandé par deux de ses
plus braves chefs , avec ordre de prendre
un détour et de venir attaquer l'enne
mi en flanc et en queuë ; mais les Rebelles
trouverent par tout le même ordre et lá
même résistance. Ces détachemens furent
repoussez et défaits ; le Corps où Acheraf
commandoit en personne , commença à
s'ébranler ; les Persans redoublerent leur
feu , et après une décharge faite à propos
de toute leur Artillerie , ils s'avancerent
sur les Rebelles qui prirent aussi - tôt
la fuite ; et abandonnant leur Canon et
leurs Equipages , ils se sauverent avec tant
de précipitation qu'en 24 heures ils firent
sept journées de chemin ordinaire et vinrent
jusqu'à Tairon , où ils s'arrêterent un
jour entier pour prendre halcine , après
quoi redoublant toujours les journées , ils
continuerent leur marche jusqu'à Ispaham .
Leur entrée dans cette Ville fut assez
paisible, mais le lendemain Acheraf donna
ordre à tous les siens de se retirer avec
leurs
NOVEMBRE. 1731. 2499
leurs effets et leurs familles , dans le Château.
Ce Château ,au reste ,n'est autre chose
qu'une enceinte de murailles de terre
élevées au centre de la Ville , avec des
Tours de même fabrique , de douze en
douze pas ; il renferme la vieille Citadelle
, la grande Place , le Palais du Roy ,
et peut avoir une lieuë de circuit. C'est
Youvrage d'Acheraf , dès qu'il se fut déclaré
Roy ; ouvrage vraiment misérable
s'il en fut jamais ; on ne sçauroit bien
décrire la précipitation , le tumulte et la
confusion avec laquelle les Rebelles s'y
retirerent. Ils en chasserent tous les Persans
, pillerent , ravagerent et brulerent
tout ce qui leur appartenoit, Et comme
c'est dans cette enceinte que se trouvoient
les plus riches Boutiques , ce fut aussi le
lieu des plus grands dommages qu'air
souffert cette malheureuse Ville. D'abord
que les Rebelles eurent ainsi retiré leurs
effets et leurs familles , ils se remirent en
campagne et allerent établir leur Camp à
neuf ou dix lieues d'Ispaham , près d'un
Village nommé Machakor.
Cependant l'Armée Royale avançoit
toûjours à journées reglées. Thamas Kou
likan , ce fidele et valeureux General
s'étant apperçu dans les Batailles précedentes
, que le Roy s'exposoit trop , ou
peute
665170
2500 MERCURE DE FRANCE
, ce
peut - être voulant avoir seul la gloire
d'achever la défaite des Aghuans , representa
à ce Prince que sa presence n'étoit
plus necessaire pour animer les Troupes ,
et il le supplia au nom de toute l'Armée
de rester à Teiron , avec un Corps de
reserve de 9 ou 10 mille hommes
que le Roy fit. Le Kan muni d'un plein
pouvoir , continua sa marche sans aucun
trouble , et comme les Rebelles avoient
abandonné tout le pays depuis le champ
de bataille jusqu'à Ispaham , les Villa
geois venoient en foule au - devant de
P'Armée Royale , et apportoient sans
être mandés tous les rafraîchissemens
dont elle avoit besoin les Villes ouvrirent
leurs Portes , et tous les Sujets
generalement témoignerent la joye qu'ils
avoient de leur heureuse délivrance .
>
Les deux armées se trouverent en presence
le Dimanche 13. Novembre 1729.
à 8. heures du matin celle des Rebelles.
avoit eû tout le temps qu'il lui falloit
pour se poster avantageusement ; leur
Batterie étoit bien rétranchée et bien
soutenue ; Acheraf se flattoit de rétablir
ses affaires de recouvrer enfin par une
pleine victoire tout le pays qui lui avoit
été enlevé ; mais le General Persan , qui
connoissoit sa foiblesse et qui le mépri-
›
soit ·
NOVEMBRE. 1731. 250r.
soit , ne daigna pas seulement se servir
de son Artilleric. Après avoir essuyé
toute la décharge des Rebelles , il marcha
droit à eux , à travers tout le feu
de leur Mousqueterie , sans tirer un seul
coup , jusqu'à ce qu'il fût arrivé près
de leur batterie , où il fit presqu'à bout
touchant sa premiere et unique décharge.
Les Rebelles furent tellement épou
wantés de cette hardiesse , qu'ils prirent
la fuite , et se sauverent à Ispaham ,
les premiers Fuyards commencerent d'ariver
à trois heures après midi ; ils dirent
d'abord , n'osant avouer leur défaite
, que les Persans avoient été battus ;
mais peu de temps après , les cris et les
lamentations des femmes et des enfans
qu'on entendit dans le Château
fierent le contraire. Acheraf
->
و
>
où
certi-
› qui
par respect
humain
ne fuyoit
pas si
vire que les autres
, n'entra
dans la Ville qu'à la nuit close
, pour
cacher
sa honte
,
Le bruit
de cette
défaite
courut
bien- tôt par toute
la Ville
, et tant les Etran- gers que les Gens
du Pays , tout le mon❤ de prit des mesures
pour
se soustraire
à la fureur
des Barbares
, et pour
se garantir
du massacre
general
dont
ils
avoient
souvent
menacé
au cas qu'ils
fussent
trop
pressés
; mais
Dieu
répandit
sur
2502 MERCURE DE FRANCE
sur eux une telle frayeur , qu'ils ne songerent
alors qu'à leur propre salut. Le
calme et le silence , qui , depuis l'entrée
d'Acheraf , avoient succedé au bruit et
au tumulte , étonnoient tout le monde
mais la surprise fut bien plus grande
quand dès le grand matin du lendemain
la nouvelle de leur fuite se répandit
personne n'osoit pourtant encore sortir
jusqu'à ce que quelques femmes envoyées
de divers endroits dans le Château , pour
sçavoir ce qui se passoit , en rapporterent
quelques meubles qu'elles avoient
enlevez dans les logemens abandonnés.
Ces Femmes furent bien- tôt suivies par
d'autres , et les hommes commencerent
enfin à s'en mêler , de sorte qu'en deux
heures de temps les rues furent pleines
de la Populace allant et venant tout
chargés de Butin . Le jour suivant , les
Villageois des environs se mirent de la
partie , et le pillage fut general . On ne
vît jamais un tel désordre et pas un
homme d'autorité pour l'arrêter , ce qui
dura près de trois jours jusqu'à l'arrivée
du General Persan , qui envoya d'abord
des gens de guerre dans le Château pour
en chasser cette canaille , et on mit à divers
endroits , pour la sûreté publique ,
des Corps-de-garde. On vit alors ,
›
,
› par
un
NOVEMBRE . 1731 2503
un effet admirable de la Divine Providence
, les mêmes Denrées que les Aghuans
tenoient, enfermées dans les Magazins
pour entretenir la cherté , tellement
répandues dans les rues , que pendant
plusieurs jours on ne pouvoit plus
у faire un pas sans marcher sur des tas
de ris , de froment , d'orge , &c.
On a sçu par des Esclaves échapés des
mains des Rebelles , que le jour de leur
fuite ils marcherent pendant quinze
lieues entieres sans s'arrêter , ce qui joint
aux autres dix lieues qu'il y a du champ
de Bataille à Ispaham , fait une traite
très - considerable pour des Fuyards chargez
de leurs bagages et de leurs familles ,
&c. Ils avoient d'abord pris le chemin
du Kiman mais ayant appris que tous
les passages étoient gard: z de ce côté llàà ,
ils se rendirent à Chiras , où ils massacrerent
tous les Persans qu'ils y rencontrerent.
Acheraf emporta la charge de
300. Chameaux , à ce qu'on dit , d'or ,
d'argent , et de meubles précieux de la
Couronne ; il emmena outre la famille
de Mahmoud et la sienne , toutes les
Princesses du Sang Royal , excepté la
Mere de Schah Thamas qu'il ne connoissoit
pas , et qui pendant la Domination
des Rebelles , a toujours fait l'office
de
2504 MERCURE DE FRANCE
de Servante dans le Serrail , sans que les
autres Femmes ni les Ennuques ayent jamais
voulu la déceler , rare exemple de
fidelité , et signe évident de l'esperance
que ces sujets nourissoient dans leur
coeur. On assure que la fuite du Tyran
causa de tels transports de joye à cette
Princesse , qu'elle en fut entierement
aliénée d'esprit pendant trois jours , et
qu'elle ne s'est bien remise qu'après avoir
vû et embrassé ce cher Fils , pour lequel
elle avoit si souvent tremblé avec le
reste du Royaume.
Cependant une grande quantité d'Aghuans
, et d'autres Rebelles , qui n'ayant
pû ou osé suivre les Fuyards , s'étoient
cachez en divers endroits , trouverent
bien- tôt la mort qu'ils tâchoient d'éviters
on sçavoit les déterrer, et sans égard
à l'âge , ils étoient tués par tout où on
les trouvoit. Ceux qui étoient de quelque
consideration , étoient présentez au
General Persan , qui pardonna à quelques-
uns sur les bons témoignages qu'on
rendoit d'eux ; mais ce nombre fût bien
petit , et nous avons vû pendant plusieurs
jours les rues d'Ispaham pleines
des Cadavres des Rebelles , comme nous
des avions vûës remplies cy - devant de
ceux des Habitans de cette miserable
Ville. Le
१
*
"
NOVEMBRE. 1731. 2505
Le Tombeau de Mahmout , qu'on
avoit élevé avec beaucoup de faste dans
un Enclos , au-delà du Pont de Chiras ,
et que les Rebelles respectoient comme
un lieu sacré et de pelerinage , fût démoli
pour en faire des Latrines publiques.
Le Peuple étoit tellement animé
de l'esprit de haine et de vangeance ,
qu'en deux heures de temps , il ne resta
pas pierre sur pierre , d'un ouvrage auquel
des milliers d'ouvriers avoient travaillé
des mois entiers. Chacun vouloit
avoir quelque morceau des os du Tyran
pour vomir chaque jour dessus des imprécations
et des maledictions. Il n'y a
peut- être aucun homme dans Ispaham ,
qui pour marquer sa haine n'ait fait
servir ce lieu à l'usage pour lequel j'ay
dit qu'il étoit destiné.
و
>
le 9 .
Le Roy n'arriva à Ispaham que
Decembre ; son Entrée ne fut pas magnifique
mais elle fut toute guerriere.
Il marcha depuis Gaze , Village à deux
lieuës et demi de la Ville , à la tête de
son Corps de reserve qu'il conduisit
lui- même en bataille jusqu'à la rencontre
de Thamas Koulikan , qui vint au- devant
à la tête de 20. mille hommes. Les
deux Corps avant que de se joindre ,
firent plusieurs mouvemens et diverses
B ένος
2506 MERCURE
DE FRANCE
.
,
,
,
et courut vers son
évolutions
que le Roy commandoit
d'un côté et le General Koulikan de
l'autre. Celui - ci dès qu'il fut à portée ,
mit pied à terre
Maître pour l'empêcher de descendre de
Cheval ; mais ce Prince lui dit gracieusement
: Arrête , arrête ; j'ai fait van de
la pre- marcher sept pas au- devant de toy ,
miere fois que je te reverrois , après avoir
chassé mes ennemis d'Ispaham. LeRoy descendit
effectivement
, marcha quelques pas
puis s'assit sur des Coussins , et prit du
Caffé avec son General , après quoy ils
remonterent
à Cheval , et continuerent
leur marche vers la Ville ; avec cette difference
, que les Troupes défiloient non
pas dans ce bel ordre que l'on observe
en Europe , et qui est inconnu ici , mais
pressez et comme entassez les uns sur
les autres. On laissa pourtant un assez
grand intervalle au milieu , dans lequel
le Roy marchoit seul précedé de ses
Valets de pied , et suivi à dix ou douze
pas de distance de Thamas Koulikan :
tout le reste n'étoit qu'un tas confus
d'Officiers et de Soldatesques qui se pres
soient et se serroient tant qu'ils pouvoient.
Le Peuple de tous états , de tour
sexe et de tout âge étoit en foule aux avenuës
; les rues depuis la porte de Jokgi ,
>
jusNOVEMBRE.
1731. 2507
›
jusqu'à l'interieur du Palais étoient
couvertes de pieces d'Etoffe , que les Soldats
enlevoient d'abord que le Roy étoit
passé ; le * Nagara retentissoit par toute
la Ville ; on jettoit par tout des cris d'allegresse
; en un mot,on ne vit jamais une
joye plus vive et plus universelle. Ce qui
étoit bien opposé à ce qui se passoit à
l'Entrée du Rebelle Acheraf , au retour
de quelque expédition ; car alors
tout le monde fuyoit , toutes les portes
des maisons étoient fermées et aucun
des Habitans ne paroissoit , si ce n'est
les gens de Boutique que l'on forçoit à
les tenir ouvertes aux endroits où le
Tyran devoit passer.
→
Le Roy , après avoir satisfait dans
l'interieur du Serrail , à ce que la bonté
de son coeur , et sa tendresse naturelle
pouvoient exiger , passa les premieres
journées à recevoir les hommages des
differens Ordres de l'Etat ; il reçut aussi
les complimens des Etrangers de distinction
, et traitta tout le monde avec
une douceur qui lui gagna d'abord l'affection
publique. Les Persans aiment naturellement
, et cherissent leur Roy jusqu'à
l'excès ; les bonnes qualitez qu'ils
remarquent en Schah Thamas , leur font
* Longue Trempette à l'usage des Persans.
Bij
COR2508
MERCURE DE FRANCE
>
concevoir les plus flatteuses esperances.
Le Peuple nonobstant la misere où la
longue tyrannie des Rebelles l'avoit réduit
, paya gayement la Taxe qu'on lui
imposa , et supporta sans beaucoup d'inquietude
les petites insolences du Soldat ;
tout respiroit la joye et r'allegresse dans
Ispaham ; mais le Roy au milieu des plaisirs
qu'on tâchoit de lui procurer , paroissoit
toûjours inquiet et chagrin et
quand Thamas Kan voulut lui representer
qu'il devoit désormais oublier ses
disgraces passées , ce Prince lui fit entendre
, que quand même les malheurs
publics , et ses disgraces domestiques
pourroient être oubliés , il ne pouvoit
pas ignorer que le Meurtrier de son
Pere et les Bourreaux de ses Freres
étoient encore à Chiras : le General tou .
ché de ce Discours , donna dans le moment
même ses ordres pour un prochain
départ tout fut prêt en quatre jours ;
en sorte que l'Armée se remit en Campagne
sur la fin du même mois de Decembre.
و
Les Mahometans n'aiment pas à faire
la Guerre l'Hyver , mais ce Ġeneral est
un homme de toutes les Saisons , et comme
il ne se donne presque aucune commodité
au- dessus du simple Soldat , il
>
fur
NOVEMBRE 1732. 2509°
Fut servi dans cette expédition avec tant
de zele et d'ardeur , qu'il força tous les
obstacles de la saison ; enfin , malgré les
pluyes , les neiges et les glaces , il s'ou
vrit un chemin par tout ; il perdit véritablement
beaucoup d'hommes et de
chevaux dans sa marche , mais après des
fatigues et des travaux infinis , il joignit
20. jours après son départ d'Ispaham ,
les Rebelles qui s'étoient avancez à deux
journées en - deçà de Chiras : il les battic
malgré l'avantage du poste qu'ils avoient
choisi , et les obligea . de fuïr devant lui .
Il ne les poursuivit pas crainte de
quelque embuscade ; il avoit même pour
maxime , de ne jamais séparer ses Troupes
, de peur que quelque détachement
venant à être battu , ne mît l'épouvente
dans le reste de l'armée ; il avoit aussi
coûtume de dire que les Victorieux joignent
au petit pas l'Ennemi qui fuit à
toute bride.
et
Les Rebelles eurent donc le temps de
se rallier à Chiras , mais ce n'étoit plus
les mêmes hommes , ils étoient dépouillez
de cette feroce fierté , qui leur faisoit
mépriser le reste des hommes
dédaigner les conseils des plus habiles ;
ils prioient et supplioient les mêmes
personnes qu'ils avoient auparavant ac-
Biij cou2510
MERCURE DE FRANCE
3
coutumé de commander , le Sabre ou le
Bâton à la main ; ils prenoient conseil
de tout le monde , même de leurs femmes
et de leurs Esclaves ; mais il n'y
avoit plus de remede l'heure fatale
étoit arrivée ; ils résolurent cependant
de faire un dernier effort. Le jour qu'ils
sortirent pour venir au devant des Persans
, Acheraf et ses principaux Officiers
se tinrent aux Portes de la Ville , où ils
faisoient jurer les Soldats et les Officiers
de vaincre ou de mourir ; mais ils promettoient
les uns et les autres plus qu'ils
ne pouvoient ni ne vouloient tenir ; ils
n'avoient plus assez de force pour vainere
, ni de courage pour mourir aussi
ils furent battus dès le premier choc , et
cette bataille , si on peut donner ce nom
à quelques actions , ooùù iill nn''yy aa pas eu
mille hommes de tués de part et d'autre.
Cette bataille , dis- je , fut la derniere
et la moins sanglante de toutes. Les Rebelles
épouvantez , oublierent leur promesse
et leur serment ; ils attaquoient
tumultueusement et par pelotons , mais
à peine étoient- ils arrivez à la portée du
fusil , qu'ils faisoient leurs décharges
et se retiroient en désordre. Enfin voyant
que les Persans s'avançoient toujours fierement
, ils prirent la fuite tout de bon.
:
Le
NOVEMBRE. 1731 2511
Le General Persan les laissa fuïr suivant
sa coûtume , et ne les suivit qu'au
petit pas ; mais cette maxime n'étoit plus
de saison ; Acheraf s'en prévalut pour le
tromper , car si- tôt qu'il fut rentré dans
Chiras , il envoya deux de ses principaux
Officiers pour traitter d'accommodement.
Ils offrirent d'abord de rendre tous les
trésors de la Couronne à condition
qu'on les laisseroit retirer avec leurs familles
où bon leur sembleroit. Koulikan
>
leur répondit qu'il auroit pû accepter
cette proposition dans un autre temps ,
mais qu'aujourd'hui il les passeroit tous
au fil de l'Epée , s'ils ne lui remettoient
Acheraf entre les mains. Les députez
qui n'avoient d'autre dessein que celui
de l'amuser pour gagner du temps , promirent
tout ce qu'on voulut , pourvû
qu'il leur fût permis d'en aller conferer
avec les autres Officiers ; mais quand ils
furent de retour tout étoit prêt pour la
fuite. Ils se sauverent tous ensemble
avec leurs Familles et leur Butin ; ils
étoient déja bien loin , quand le General
Persan fut averti de leur retraite.
Il fit quelques détachemens , l'un desquels
les joignit au passage d'un Pont :
mais les Aghuans firent volte à face
faire passer leurs familles et leurs équi-
B iiij pages.
pour
2512 MERCURE DE FRANCE
pages . Ils chargerent ensuite les Persans
qui furent battus .
›
Les Fuyards continuerent leur marche,
mais comme ils ne tenoient aucune route
certaine , et que tout le pays étoit contre
eux les Paysans les harcelloient continuellement
le moindre petit Village
qui pouvoit assembler dix Fusiliers leur
disputoit le passage ; il n'y avoit point
de défilé où ils ne laissassent quelqué
chose. Au commencement c'étoient les
gros Equipages , ensuite leurs Femmes
Persannes et leurs Enfans. Pendant la
nuit les Esclaves détournoient toujours
quelques Chameaux
et c'est de cette
façon que furent ramenées à l'Armée
Royale la Tante et la Soeur de Schal
Thamas , avec quelques autres Princesses
. Enfin , ces miserables ne trouvant
plus de subsistance pour eux ni pour
leurs Chevaux , pressés de tous côtez
commencerent à se débander les uns
tirant d'un côté , les autres de l'autre.
Acheraf resta avec 4. ou 5. cent de ses
plus fideles amis ; son dessein étoit de
se retirer aux Indes ; mais comme il faloit
necessairement passer aux environs
de * Candahar , Hussein Kan , frere de
Mahmout , qui étoit en possession de
* Capitale de la Province de même nom.
›
,
cette
OCTOBRE. 1731. 2513
,
>
cette Place , averti de son dessein lui
coupa le chemin avec un bon corps de
Troupes , le combattit lai enleva le
reste de ses trésors , et le tua. C'est ainsi
que perît cet Usurpateur , qui , après
des cruautez inoüies avoit osé tremper
ses mains dans le sang de Schah Hussein ,
le meilleur , le plus débonnaire et le
plus pacifique Prince qui ait jamais regné.
C'est ainsi qu'ont été détruits et dispersés
les plus détestables et les plus sanguinaires
Usurpateurs qui ayent jamais
été sur la Terre.
,
Koulikan trouva les portes de Chiras
ouvertes ; dès qu'il y fut entré on vit
bien - tôt dans cette Ville ce qu'on avoit
vû auparavant à Ispaham , c'est - à- dire ,
les rues pleines de cadavres des Aghuans
et de leurs alliez , qui n'avoient pû se
sauver avec les autres ; il n'y eut plus
aucun endroit qui pût leur servir d'azile
; on ne pardonna qu'à trois ou quatre
des plus apparents , qui furent envoyez
au Roy ; on passa tout le reste au
fil de l'Epée. Les Persans qui voyoient
tous les jours arriver quelques restes des
Rebelles , dont ils apprenoient à tout
moment le désordre et la misere se
consolerent bien - tôt de la faute que
Koulikan avoit faite de les laisser écha-
By per
>
2514 MERCURE DE FRANCE
per , et quoique c'eût été un coup de
la derniere importance de reprendre les
Trésors de la Couronne ce General
n'en reçût aucun reproche du Roy , qui
le ménage et le considere toujours.
>
Cette grande affaire étant ainsi terminée
, toute l'attention des Persans se
tourna du côté des Turcs. On laissa reposer
les troupes pendant le reste de
Hyver ; mais à peine le Printemps fûtil
arrivé , que Koulikan , qui étoit toujours
resté à Chiras , où l'Armée étoit en
quartier , se remit en Campagne ; et
lorsque nous partîmes d'Ispaham , au
commencement de May 1730. les nouvelles
courantes étoient qu'après avoir
visité en chenin - faisant le Loristan et
les Arabes du Coquilon , il prenoit sa
route du côté d'Hamadan . Nous avons
appris depuis qu'il a battu pendant
la Campagne les Turcs en deux
differentes batailles ; qu'il a repris Hamadan
, Tauris , et presque tout le Pays
que les Turcs avoient usurpé pendant
les troubles jusqu'à Erivan .
>
Un Roy rétabli , neuf batailles gagnées
, presque tout un Royaume de l'étendue
de la Perse reconquis dans moins
de deux années un prodigieux nombre
de Rebelles exterminez ; ce sont des
>
faits
NOVEMBRE 1731. 2515.
faits qui peuvent effacer ceux des Héros
des siècles passés , et égaler les plus
beaux traits de l'histoire ancienne . Les
rares talens qu'a ce General pour la Guerre
le bonheur qui l'accompagne dans
ses expéditions la confiance du Soldat
>
,
qui l'aime et le craint , tout cela joint
ensemble , l'a rendu redoutable chez les
Ennemis mais enfin suspect dans la
Cour du Roy son Maître ; j'ai observé
plus d'une fois , et reconnu que depuis
Bassora jusqu'à Bagdat , et depuis Bagdat
jusqu'aux portes d'Alep , tout tremble
au seul nom de Thamas Koulikan . Cette
haute réputation et certe grande fortune
ne sont - elles point les présages de quelque
prochaine décadence ? Le Peuple et la
Cour,le Roy lui- même , ( à ce qu'on publie
, tous craignent que ce General
n'ait l'ambition de monter plus haut ; il
est lui seul toute chose. Le Roy n'a encore
nommé à aucun des premiers Employs
, sous pretexte que les appointemens
immenses que ces Charges emportent
, seront bien mieux employez au
payement des Troupes. A l'Armée Koulikan
est le seul Officier General , tous
les autres sont des Subalternes qu'il abaisse
, eleve , punit , recompense , casse et
rétablit comme il lui plaît ; il semble
Bv) même
2516 MERCURE DE FRANCE
1
même que depuis ses dernieres victoires ,
il abuse de l'autorité sans bornes que le
Roy lui a confiée dans la necessité de ses
affaires ; on peut même dire qu'il tient
ce Prince en une espece de tutelle ; mais
je sçai par des personnes qui ont l'honneur
de l'approcher , qu'il se reserve à
parler en Maître quand la Guerre du
Turc sera terminée. Ce General de son
côté n'est pas sans crainte ; il sçait qu'il
a beaucoup d'ennemis , et qu'il y a des
plaintes contre lui , sur- tout de la part
des Peuples qu'il a achevé de ruiner
des impositions extraordinaires , et c'est
pour cela , cela , dit-on , qu'il se tient à l'Armée
autant qu'il le peut. Telle est actuellement
la face des affaires de Perse
c'est-à-dire au mois de Mai 1730.
Fermer
Résumé : MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
Le texte relate la rébellion des Aghuans en Perse et l'ascension de Schah Thamas au trône. Les Aghuans, originaires de la province de Szyrvan, avaient dominé une grande partie du royaume de Perse pendant près de huit ans avec une armée de 30 000 hommes. Leur succès était davantage dû à la fortune qu'à une stratégie bien concertée. Ils avaient pris la ville d'Hispaham, détrôné Schah Hussein et battu une armée turque de 120 000 hommes. Leur arrogance fut renforcée par la paix et l'ambassade du Grand Seigneur, qui les reconnaissait comme une puissance majeure. Schah Thamas, fils de Schah Hussein, travailla à rétablir ses affaires malgré les revers. Il fut aidé par Thamas Kouli Kan, un seigneur brave et loyal, qui l'aida à discipliner son armée et à corriger ses vices. En 1729, Schah Thamas remporta plusieurs victoires contre les Afdalis et soumit les rebelles du Corassan. En 1730, il affronta les Aghuans à Damguam. Malgré une attaque vigoureuse des rebelles, les Persans tinrent ferme, repoussant les détachements ennemis et défaisant le corps principal commandé par Acheraf. Cette victoire marqua le début de la fin pour les Aghuans et permit à Schah Thamas de remonter sur le trône de ses ancêtres. En novembre 1731, une armée royale persane, dirigée par le général Thamas Koulikan, affronta des rebelles près de Tairon. Les rebelles, menés par Acheraf, prirent la fuite après une brève bataille, abandonnant leurs canons et équipages. Ils se réfugièrent à Ispaham, où ils se retranchèrent dans une enceinte fortifiée, pillant et ravageant les biens des Persans. Les rebelles se déplacèrent ensuite vers Machakor, établissant leur camp à proximité. L'armée royale avança sans obstacle, accueillie favorablement par les habitants des villes libérées. Le 13 novembre 1729, les deux armées se rencontrèrent. Les rebelles, bien positionnés, furent rapidement vaincus par la charge audacieuse des Persans. Acheraf et ses partisans fuirent vers Chiras, massacrant les Persans sur leur passage. La ville d'Ispaham fut ensuite pillée par la population locale. Le roi de Perse, Shah Thamas, arriva à Ispaham en décembre, accueilli avec joie par les habitants. Il reçut les hommages des différents ordres de l'État et des étrangers de distinction. Malgré la misère causée par la tyrannie des rebelles, le peuple paya volontiers les taxes imposées. Cependant, le roi resta préoccupé par la présence des meurtriers de son père et de ses frères à Chiras. Le général Thamas Koulikan prépara une nouvelle expédition, et l'armée se remit en campagne à la fin du mois de décembre, malgré les conditions hivernales défavorables. Le général persan Koulikan, après avoir perdu de nombreux hommes et chevaux lors de sa marche depuis Ispaham, rejoignit les rebelles près de Chiras après 20 jours. Malgré l'avantage du terrain des rebelles, il les battit et les força à fuir. Il ne les poursuivit pas pour éviter les embuscades et pour maintenir la cohésion de son armée. Les rebelles se rallièrent à Chiras, mais avaient perdu leur féroce fierté et cherchaient des conseils auprès de tous, y compris leurs femmes et esclaves. Ils tentèrent une dernière bataille, mais furent rapidement vaincus. Acheraf, leur chef, tenta de négocier, mais Koulikan refusa toute proposition sauf la reddition d'Acheraf. Les rebelles s'enfuirent, mais furent harcelés par les paysans et les détachements persans. Acheraf fut finalement tué près de Candahar par Hussein Kan. Koulikan entra à Chiras et fit exécuter les rebelles restants. Après cette victoire, les Persans se tournèrent vers les Turcs, battant les Turcs en deux batailles et reprenant plusieurs villes. Koulikan, bien que redouté et respecté, suscitait des craintes à la cour du roi en raison de son pouvoir et de son ambition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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769
p. 2611-2616
Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Début :
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire Metallique des Pays-Bas, qui s'imprime à la [...]
Mots clefs :
Histoire métallique, Histoire civile, Histoire généalogique, Histoire ecclésiastique, Police, Église gallicane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
PROJET DE SOUSCRIPTION pour l'Histoire
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
Metallique des Pays - Bas , qui s'imprime à la
Haye , chez P. Gosse , J. Neaulme ; et Pierre
de Hondt.
Cet Ouvrage doit être regardé , non - seulement
comme une simple Histoire Metallique
mais encore comme une Histoire Civile , Militaire
Ecclésiastique , et Genéalogique des
XVII. Provinces des Pays-Bas , tirée des His-
F vj roriens
2612 MERCURE DE FRANCE
"
> toriens les plus fideles et les plus exacts tang
généraux que particuliers , et confirmée par les
Monumens les plus certains et les plus authentiques
, tels que les Résolutions des Etats - Generaux
des Provinces - Unies , les Résolutions des
Provinces Particulieres les Statuts et Ordonnances
des Villes , les Reglemens de leur Police ,
les Chartres et Diplomes des Eglises et des Monasteres
, les Donations et Testamens des Souverains
et autres Seigneurs , les Memoires Généalogiques
des principales Familles , les Vies
et Eloges de leurs Hommes Illustres ; en un mot,
de tous les Actes et Documens tant publics que
particuliers , dont l'Auteur a pû tirer quelque
secours . Et lorsqu'on voudra bien prendre la
peine de faire quelque attention à l'étendue considerable
du Temps que cette Histoire embrasse ,
à l'Abondance des Evenemens éclatans qu'elle
renferme à l'Authenticité des preuves qu'elle
employe , à la Réputation et au Mérite des Auteurs
choisis qu'elle cite et particulierement au
Nombre en quelque sorte étonnant de Medailles
qui lui servent de Base , à la Rareté notable de
quelques-unes d'entr'elles et enfin à la Difficulté
presque insurmontable de les rassemble
ainsi des divers Cabinets où elles sont renfermées
; nous ne faisons aucun doute qu'on ne la
préfere de beaucoup à toutes les Histoires des
Pays - Bas qui ont paru jusqu'à ce jour , es
peut -être même à tout ce qu'on a encore vû de
plus curieux en ce genre.
"
>
>
›
Le grand succès qu'elle a eû dans sa Langue
originale , nous ayant porté à la faire traduire
en François , nous proposons aujourd'huy an
Public l'Edition de cette Traduction , sous les
Conditions suivantes,
NOVEMBRE." 1731. 2613
1. Cette Edirion sera divisée en 5. Volumes
in folio , et elle consistera en 675. Feuilles de
Papier semblable à celui du Projet , imprimées
de Caracteres neufs ; en 1945. Médailles
et leurs Revers , gravées par les meilleurs Maítres
du Pays et expliquées par l'Auteur avec
toute la netteté et toute la précision possibles
et en divers autres petits Ornemens nécessaires.
II. Ces 675. Feuilles , estimées
à i sol chacune , font
Ces 2945. Médailles , estimées
à sol , font
La Planche du Titre
Le Portrait de l'Auteur
Cinq Vignettes au commencement
de chaque Volume.
Le Gobelet Vivent les Gueux .
La Clef d'or accordé à la Ville
de Louvain en 1710.
Cinq Titres rouges et leurs Vignettes.
Ce qui fait en tout
33 A. S..
73 12
I
I
2
10
f II S
8.
, par voye Mais que le Public pourra avoir
de Souscription , pour 90. Florins courants
d'Hollande , pour le petit Papier ; et pour 135
pour le grand Papier ce qui est un Tiers de
plus que le petit Papier , suivant la coûtume.
›
Ces Souscriptions se pourront faire chez les
principaux Libraires , tant de ces Provinces que
des Pays Etrangers , et ne se payeront qu'en
quatre Termes sçavoir , pour le petit Papier.
1. En recevant les deux premiers Volumes 490
florins
2614 MERCURE DE FRANCE
florins. 2. En recevant le troisiéme , 20. florins.
3. En recevant le quatrième , 15. florins. 4. En
recevant le cinquième , 15. florins.
Pour le grand Papier. 1. En recevant les deux
premiers Volumes , 60. florins. 2. En recevant
le troisiéme 2 30. forins.
,
3 .
En recevant le
quatriéme 22 flor ns 10 s. 4. En recevant le
cinquiéme , 22 florins 10 s.
IV. Ceux qui n'auront point souscrit
, seront obligez de payer pour
le petit Papier. f113 S.
170
Et pour le grand Papier.
suivant l'Estimation cy- dessus donnée.
le
V. Les deux premiers Volumes paroítront le
premier jour d'Avril 1732 ; le troisiéme
premier jour d'Octobre suivant ; et les deux
derniers dans le courant de l'Année 1733 .
>
3
Le Nouvelliste du Parnasse continuë
toujours sur le même ton . Dans sa 38 .
Lettre › page 122. on lit une Lettre
écrite , dit- on , par un Conseiller au Parlement
de Grenoble , contre l'Auteur
d'une Lettre inserée dans le Mercure ,
d'Août , dans laquelle on attaque les .
sentimens du Pere le Brun , qui condamne
les Spectacles : Lettre où cet illustre
Auteur n'est pas bien traité
sur laquelle le Magistrat de Grenoble
nous a seulement prévenus étant nousmêmes
interessez à ne pas la laisser sans
réponse. Ceux de nos Lecteurs qui ont
و
et
lû
NOVEMBRE 1731 ′ 2815
lû les deux Extraits que nous avons faits
du Livre du Pere le Brun , inserez dans
deux Mercures , et les justes Eloges que
nous avons donnés à l'ouvrage et à l'Auteur
, quoique mort , sont pleinement
en état de juger , si ce morceau de Critique
du Nouvelliste , dont tout le déguisement
consiste à le faire venir de
Dauphiné , est accompagné de cette droiture
de coeur , et de cette modération
qui doit autant marquer la superiorité de
l'Esprit , que la douceur du caractere
d'un Ecrivain estimé.
Le Sieur Gaetano Pio , Italien , arrivé
depuis peu en cette Ville , donne avis au
Public , qu'il est l'Auteur d'une nouvelle
Méthode , par le moyen de laquelle on
peut apprendre la Langue Italienne en
fort peu de temps , et sans se donner
beaucoup de peine. Il demeure chez Mr.
Manceau , Perruquier , rue des Cordeliers ;
au coin de la rue du Paon .
M. Tartarin , Repetiteur en Droit à
Rennes , propose un ouvrage en huit
tomes , dédié à M. de Breteuil , Evêque
de Rennes , et Grand- Maître de la Chapelle
du Roy.
Les deux premiers Tomes seront les
Insti
4616 MERCURE DE FRANCE
Instituts de Justinien , par preuves et objections
tirées des anciens Juristes , et réponduës
par les nouveaux , avec les principes
du Droit François à chaque titre.-
Les deux autres contiendront les Insti
tuts du Droit Canon , avec la même Méthode
et les Principes des Loix de l'Eglise
Gallicane. Il donnera aussi le Droit
François , raisonné avec le Romain , et
une compilation du Droit Canon , et des
Droits de l'Eglise Gallicane : où l'on verra
les principaux Arrêts touchant les
Matietes Beneficiales. Ceux qui voudront
souscrire , pourront en donner avis , et
payer le Port ; car on n'en fait imprimer
que 4000. Exemplaires.
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Résumé : Histoire métallique des Pays-Bas, [titre d'après la table]
Le document décrit un projet de souscription pour une œuvre intitulée 'Histoire Métallique des Pays-Bas', imprimée à La Haye. Cet ouvrage offre une histoire complète des XVII provinces des Pays-Bas, couvrant les aspects métallique, civil, militaire, ecclésiastique et généalogique. Il repose sur des sources historiques fiables et des documents authentiques, tels que les résolutions des États-Généraux, les statuts des villes, les chartes des églises et les mémoires généalogiques des familles illustres. L'auteur a également intégré un grand nombre de médailles rares et authentiques pour enrichir son travail. L'édition française de cette œuvre est proposée en cinq volumes in-folio, comprenant 675 feuilles de papier, 1945 médailles gravées et expliquées, ainsi que divers ornements. Le coût de la souscription est de 90 florins pour le petit papier et 135 florins pour le grand papier, à payer en quatre termes. Les deux premiers volumes sont prévus pour le 1er avril 1732, le troisième pour le 1er octobre 1732, et les deux derniers pour 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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770
p. 2640-2642
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Depuis la déposition du Grand Visir, on assure que le Divan a pris la résolution de faire [...]
Mots clefs :
Conspiration , Janissaire, Troupes, Mufti
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERS E.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
Fermer
Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En Turquie, après la déposition du Grand Vizir, le Divan a conclu un traité de paix avec le roi de Perse et accepté l'abandon de la Géorgie. Le Grand Vizir déposé a été nommé Pacha de Négrépont, conservant ses effets malgré les rumeurs initiales de confiscation. Les nouvelles de Perse restent incertaines : les Turcs ont célébré la prise des villes de Sina et de Kirmenscha, mais des lettres ultérieures suggèrent que les Persans les ont abandonnées volontairement. Le Grand Vizir Ibrahim Pacha a été déposé le 10 novembre et remplacé par le Janissaire Aga. Cette décision a été motivée par des accusations selon lesquelles Ibrahim Pacha cherchait à devenir maître absolu de l'Empire. La population de Constantinople, irritée par les massacres et l'insolence des troupes, était prête à se révolter. La déposition du Grand Vizir a apaisé le peuple et rétabli la tranquillité. Le Grand Seigneur a également mis en place une garde de Janissaires pour protéger les ambassadeurs chrétiens et interdit aux officiers des douanes d'exiger des droits supplémentaires aux vaisseaux chrétiens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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771
p. 2642-2647
LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
Début :
Le 18. du mois passé, on déposa le Mufti Mirza zade, vieillard, encore plus respectable [...]
Mots clefs :
Déposition, Mufti, Sentences de mort, Conspiration , Pacha , Flotte ottomane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
LETTRE écrite de Constantinople , ce 226
Juin 1731.
E 18. du mois passé , on déposa le Mufti
Mirzazade,vieillard , encore plus respectable
par sa droiture , que par son grand âge.
On dit pour motif de sa déposition , qu'il ne
convenoit point au present Ministere › parte
qu'il étoit trop scrupuleux , et ne vouloit don-
* mer qu'avec connoissance de cause , les Ferfas ,
NOVEMBRE 1731. 2648
• Ou
u Sentences de mort , qu'on lui demandoit journellement
contre des personnes accusées
soupçonnées d'avoir trempé dans les deux dermieres
conspirations. Il n'a point été exilé come
me il arrive d'ordinaire aux Muftis qu'on dépose
, parce que dans les conjonctures presentes
, on a voulu menager les gens de Loi , qui
Pont en grande véneration , et il est resté dans
son Palais , où il jouit paisiblement de tous ses
biens. Son successeur se nomme Pasmadgi-
Zadé : c'est un Emir d'environ 40 ans qui a
beaucoup d'esprit , qui est Courtisan habile
et se prête avec complaisance à tout ce que
le G, S. et le G. V. exigent de lui .
Le même jour , Djanum- Codjca , Capitan-
Pacha > si celebre par ses adversités , et par les
services qu'il a rendus à ses Souverains pendant
plus de 40. années , sur- tour au nouveau Sultan ,
fut pareillement déposé. Comme depuis le mois
de Mars , il avoit fait partir à diverses fois , du
Port de Constantinople , quinze Vaisseaux de
Guerre , qui avoient leur rendez-vous aux Isles
de Sapience , et qu'il comptoit de les aller joindre
dans peu lui-même , avec trois autres Vaisseaux
et 8 ou 10 Galeres 1 sans qu'on aît pa
pénetrer le sujet d'un si grand armement en
temps de Paix ; le Public a attribué sa disgrace
au dessein qu'on prétend qu'il avoit formé de
passer en Barbarie avec la Flotte Ottomane
de s'y faire déclarer Bey de Tunis ou de Tripoli
mais peu de gens se persuadent qu'il eût
effectivement cette intention , et l'on croit avec
plus de vrai -semblance , que cer infortuné Capitan-
Pacha ne s'est attiré son malheur , que faute
d'avoir gardé assez de ménagemens pour les per
sonnes en place , et par l'extrême liberté avec
1
et
laquelle
2644 MERCURE DE FRANCE,
laquelle il déclamoit contre le Gouvernement
d'aujourd'hui.
>
>
1
On assure que l'ordre donné pour sa déposition
, portoit aussi celui de sa mort et qu'en
conséquence , lorsque le 18 May il se rendit à
la Porte , où le G. S, l'avoit mandé on renvoya
d'abord tous ceux qui l'avoient accompa
gné ; on le fit passer seul à la pointe du Serrail ,
où il devoit être étranglé , et où le Bostandgi
Bachi lui avoit même déja fait ôter sa Pelisse ;
mais que dans cette extremité , ayant apperçu
le Sultan dans un Kiosk , il s'étoit tourné vers
fui , le suppliant à très haute voix d'épargner le
peu de jours qui restoient à un Vieillard de 80
ans , qui lui avoit toujours été fidele , et qui ,
dans tant d'occasions avoit exposé sa vie pour
le service de Sa Hiutesse , et qu'alors le G. S
touché de compassion , avoit fait surseoir l'éécution.
>
, rap
Quo :qu'il en soit de ces circonstances
portées par plusieurs personnes dignes de foy ;
ce qu'il y a de certain , c'est que le même jour
de sa déposition , il fut embarqué à onze heures
du soir sur une Galere , sans aucun Domestique ,
et avec un Capigi- Pachi , qui l'a conduit à Retimo
où il doit rester jusqu'à nouvel ordre ;
que son Kiaja , et ses Neveux furent arrêtez dans
la journée , et consignez sur une Galere dans le
Port , et que tous ses biens qui ne se sont pas
trouvez considerables ont été confisquez au
Miry , ou Trésor Imperial.
>
>
Il ne paroit point encore de détail , sur lequel
on puisse compter , des deux grandes Victoires
que les Turcs disent avoir remportées en Perse
au mois d'Avril dernier , la premiere sous les
murs d'Erivan , que Schah-Thamas étoit vena
assieger
NOVEMBRE 1731
2645
assieger ; la seconde sur les bords du Kouchab ,
que l'on croit être l'Araxe , où ce Prince rallioit
les débris de son armée . On débite seulement en
gros que les Turcs ont battu les Persans dans ces
deux actions , et qu'ils y ont fait plusieurs Prisonniers
de conséquence , entr'autres , Veli- Kouli-
Kham , d'une des plus considerables familles
de Perse , et qui avoit été autrefois Grand- Visir
du vieux Schah - Ussein , Pere de Schah- Thamas.
Ce Seigneur arriva à Constantinople le 22 du
mois passé , sous la Garde d'Abdi- Pacha- Oglou ,
Salakor , ou Ecuyer Cavalcadour du G. S. 11
fut aussi-tôt consigné au Kiaja du G. V. qui le
reçut avec beaucoup de politesse , et lui témoi
gna de grands égards ; mais deux jours après ,
sans qu'on en ait bien sçû la raison , il eût la
tête tranchée. On le fit mettre à genoux au milieu
de la ruë , les mains liées derirere le dos
et le visage tourné , à découvert , vis - à - vis un
Kiosk du Serrail , où le G. S. étoit , et d'où il
fit signe de la main , au Boureau , de donner le
coup de la mort au Patient , qui la souffrit avec
beaucoup de fermeté. Ce Kham étoit un homme
de bonne mine , d'environ 60. ans , et il avoit
la réputation d'être aussi brave que spirituel .
→
Depuis cette Exécution , dont les Turcs mê
mes ont été touchez , on a résolu dans plusieurs
Conseils , qu'on à tenu sur les affaires de Perse ,
de continuer la Guerre avec vigueur contre
Schah- Thamas . On prétend même que deux
Pachas ont ordre , l'un d'aller faire le Siege de
Tauris , l'autre celui d'Ispaham , et l'on ajoute
que sur la nouvelle , que le Roy de Perse envoyoit
un Ambassadeur au G. S , la Porte l'ayoit
d'abord fait arrêter en chemin à Cogui ;
qu'ensuite on ayoit dépêché un Officier à ce Ministre
2646 MERCURE DE FRANCE
nistre , pour lui demander ses Lettres de creance
; que sur le réfus qu'il avoit fait de les remet
tre , ( alleguant qu'il avoit ordre de les presen
ter lui- même au Sultan , et au G. V. ) on les lui
avoit enlevées de force avec tous ses autres effets
et qu'on l'avoit conduit au Château de Tenedos
ou il étoit fort durement traité.
Ces jours passez , le Pain manqua à Constan
tinople , ce qui occasionna quelque émotion po
pulaire , qui fut cependant bien-tôt dissipée , par
les Corps de Garde distribuez dans les differens
quartiers de la Ville et par les ordres que le
G. V. donna aux Boulangers , de fournir , sous
peine de la vie , la quantité de Pain nécessaire
pour la substance du Peuple. Ce premier Ministre
alla faire lui-même la visite de plusieurs
Fours et Magazins , où il avoit été informé
qu'on cachoit du Bled et de la Farine , qu'il fit
délivrer à ceux des Boulangers qui n'en avoient
pas. Il fit partir en même temps tous les Bâti
mens qui se trouverent à Constantinople , pour
aller charger du Bled , tant sur les Côtes de la
Mer -Noire , que sur celles de la Mer-Blanche ;
et comme par la vérification qu'il fit faire de la
quantité qu'il y en avoit dans la Ville , il reconnut
qu'elle seroit bien-tôt consommée
qu'on pourroit en manquer totalement , pour
peu que les Bâtiments qui en étoient allé chercher
, fussent retenus par les Vents contraires
il ordonna que jusqu'à ce qu'ils eussent ramené
l'abondance par leur retour on mêleroit à l'avenir
, dans tout le Pain qui se paîtriroit
tiers d'Orge , avec un tiers de Millet et un tiers
de Froment. Ce commencement de disette a fait
renouveller les anciennes deffenses pour la sortie
des grains ; on a expedié des Agas , et d'autres
Officiers
et
Un
NOVEMBRE. 1731.2647.
Officiers , pour aller par tout les faire executer
à la rigueur , et il leur a été enjoint sur tout
d'empêcher que les Bâtimens des Européens ne
chargeassent de cette Denrée.
Le 19. de ce mois , Abdi- Pacha , qui , le jour
même de la déposition de Djanum Codjea , avoit
té nommé pour lui succeder arriva à Constantinople
vers les cinq heures du soir. C'est le
même qu'on connoissoit ci-devant sous le nom
Abdi-Capoudan , lorsqu'il n'étoit que Vice-
Amiral. Le second jour de la révolution , dans
laquelle Achmet III fut déposé , ce Sultan l'avoit
fait Capitan-Pacha ; mais quelques jours
aprés , le nouveau G. S. le dépouilla de cette
charge et l'envoya Pacha à Retimo , où il
étoit resté jusqu'à present , et l'on assure pour
certain ,, que Djanum- Codgea l'a relevé dans la
même qualité Sultan Mahmoud , qui , ce diton
, fait grace â celui-ci , s'étant contenté de
ne le condamner qu'à cet honorable exil.
•
Ce nouveau Capitan- Pacha en a parfaitemene
bien usé envers son Prédecesseur . Outre tous les
honneurs possibles qu'il lui a faits à son arrivée
à Retimo , il lui a laissé sa maison toute meu
blée une partie de ses Domestiques pour le
servir , et lui a donné l'argent dont il pourroit
avoir besoin. Il est revenu ici sur la même Ga❤
fere qui avoit transporté Djanum- Codjea, Avant
que d'entrer dans ce Port , on le débarqua près
du Serrail : il alla d'abord chez le G. V , qui
le révetit d'un Caftan , suivant l'usage , et le
conduisit chez le G. S. après quoi montant sur
la Galliote affectée aux Capitans- Pachas , il se
rendit à l'Arcenal , où il reçut les complimens
et les hommages des Officiers de la Marine
avec les honneurs usitez en pareille occasion .
Juin 1731.
E 18. du mois passé , on déposa le Mufti
Mirzazade,vieillard , encore plus respectable
par sa droiture , que par son grand âge.
On dit pour motif de sa déposition , qu'il ne
convenoit point au present Ministere › parte
qu'il étoit trop scrupuleux , et ne vouloit don-
* mer qu'avec connoissance de cause , les Ferfas ,
NOVEMBRE 1731. 2648
• Ou
u Sentences de mort , qu'on lui demandoit journellement
contre des personnes accusées
soupçonnées d'avoir trempé dans les deux dermieres
conspirations. Il n'a point été exilé come
me il arrive d'ordinaire aux Muftis qu'on dépose
, parce que dans les conjonctures presentes
, on a voulu menager les gens de Loi , qui
Pont en grande véneration , et il est resté dans
son Palais , où il jouit paisiblement de tous ses
biens. Son successeur se nomme Pasmadgi-
Zadé : c'est un Emir d'environ 40 ans qui a
beaucoup d'esprit , qui est Courtisan habile
et se prête avec complaisance à tout ce que
le G, S. et le G. V. exigent de lui .
Le même jour , Djanum- Codjca , Capitan-
Pacha > si celebre par ses adversités , et par les
services qu'il a rendus à ses Souverains pendant
plus de 40. années , sur- tour au nouveau Sultan ,
fut pareillement déposé. Comme depuis le mois
de Mars , il avoit fait partir à diverses fois , du
Port de Constantinople , quinze Vaisseaux de
Guerre , qui avoient leur rendez-vous aux Isles
de Sapience , et qu'il comptoit de les aller joindre
dans peu lui-même , avec trois autres Vaisseaux
et 8 ou 10 Galeres 1 sans qu'on aît pa
pénetrer le sujet d'un si grand armement en
temps de Paix ; le Public a attribué sa disgrace
au dessein qu'on prétend qu'il avoit formé de
passer en Barbarie avec la Flotte Ottomane
de s'y faire déclarer Bey de Tunis ou de Tripoli
mais peu de gens se persuadent qu'il eût
effectivement cette intention , et l'on croit avec
plus de vrai -semblance , que cer infortuné Capitan-
Pacha ne s'est attiré son malheur , que faute
d'avoir gardé assez de ménagemens pour les per
sonnes en place , et par l'extrême liberté avec
1
et
laquelle
2644 MERCURE DE FRANCE,
laquelle il déclamoit contre le Gouvernement
d'aujourd'hui.
>
>
1
On assure que l'ordre donné pour sa déposition
, portoit aussi celui de sa mort et qu'en
conséquence , lorsque le 18 May il se rendit à
la Porte , où le G. S, l'avoit mandé on renvoya
d'abord tous ceux qui l'avoient accompa
gné ; on le fit passer seul à la pointe du Serrail ,
où il devoit être étranglé , et où le Bostandgi
Bachi lui avoit même déja fait ôter sa Pelisse ;
mais que dans cette extremité , ayant apperçu
le Sultan dans un Kiosk , il s'étoit tourné vers
fui , le suppliant à très haute voix d'épargner le
peu de jours qui restoient à un Vieillard de 80
ans , qui lui avoit toujours été fidele , et qui ,
dans tant d'occasions avoit exposé sa vie pour
le service de Sa Hiutesse , et qu'alors le G. S
touché de compassion , avoit fait surseoir l'éécution.
>
, rap
Quo :qu'il en soit de ces circonstances
portées par plusieurs personnes dignes de foy ;
ce qu'il y a de certain , c'est que le même jour
de sa déposition , il fut embarqué à onze heures
du soir sur une Galere , sans aucun Domestique ,
et avec un Capigi- Pachi , qui l'a conduit à Retimo
où il doit rester jusqu'à nouvel ordre ;
que son Kiaja , et ses Neveux furent arrêtez dans
la journée , et consignez sur une Galere dans le
Port , et que tous ses biens qui ne se sont pas
trouvez considerables ont été confisquez au
Miry , ou Trésor Imperial.
>
>
Il ne paroit point encore de détail , sur lequel
on puisse compter , des deux grandes Victoires
que les Turcs disent avoir remportées en Perse
au mois d'Avril dernier , la premiere sous les
murs d'Erivan , que Schah-Thamas étoit vena
assieger
NOVEMBRE 1731
2645
assieger ; la seconde sur les bords du Kouchab ,
que l'on croit être l'Araxe , où ce Prince rallioit
les débris de son armée . On débite seulement en
gros que les Turcs ont battu les Persans dans ces
deux actions , et qu'ils y ont fait plusieurs Prisonniers
de conséquence , entr'autres , Veli- Kouli-
Kham , d'une des plus considerables familles
de Perse , et qui avoit été autrefois Grand- Visir
du vieux Schah - Ussein , Pere de Schah- Thamas.
Ce Seigneur arriva à Constantinople le 22 du
mois passé , sous la Garde d'Abdi- Pacha- Oglou ,
Salakor , ou Ecuyer Cavalcadour du G. S. 11
fut aussi-tôt consigné au Kiaja du G. V. qui le
reçut avec beaucoup de politesse , et lui témoi
gna de grands égards ; mais deux jours après ,
sans qu'on en ait bien sçû la raison , il eût la
tête tranchée. On le fit mettre à genoux au milieu
de la ruë , les mains liées derirere le dos
et le visage tourné , à découvert , vis - à - vis un
Kiosk du Serrail , où le G. S. étoit , et d'où il
fit signe de la main , au Boureau , de donner le
coup de la mort au Patient , qui la souffrit avec
beaucoup de fermeté. Ce Kham étoit un homme
de bonne mine , d'environ 60. ans , et il avoit
la réputation d'être aussi brave que spirituel .
→
Depuis cette Exécution , dont les Turcs mê
mes ont été touchez , on a résolu dans plusieurs
Conseils , qu'on à tenu sur les affaires de Perse ,
de continuer la Guerre avec vigueur contre
Schah- Thamas . On prétend même que deux
Pachas ont ordre , l'un d'aller faire le Siege de
Tauris , l'autre celui d'Ispaham , et l'on ajoute
que sur la nouvelle , que le Roy de Perse envoyoit
un Ambassadeur au G. S , la Porte l'ayoit
d'abord fait arrêter en chemin à Cogui ;
qu'ensuite on ayoit dépêché un Officier à ce Ministre
2646 MERCURE DE FRANCE
nistre , pour lui demander ses Lettres de creance
; que sur le réfus qu'il avoit fait de les remet
tre , ( alleguant qu'il avoit ordre de les presen
ter lui- même au Sultan , et au G. V. ) on les lui
avoit enlevées de force avec tous ses autres effets
et qu'on l'avoit conduit au Château de Tenedos
ou il étoit fort durement traité.
Ces jours passez , le Pain manqua à Constan
tinople , ce qui occasionna quelque émotion po
pulaire , qui fut cependant bien-tôt dissipée , par
les Corps de Garde distribuez dans les differens
quartiers de la Ville et par les ordres que le
G. V. donna aux Boulangers , de fournir , sous
peine de la vie , la quantité de Pain nécessaire
pour la substance du Peuple. Ce premier Ministre
alla faire lui-même la visite de plusieurs
Fours et Magazins , où il avoit été informé
qu'on cachoit du Bled et de la Farine , qu'il fit
délivrer à ceux des Boulangers qui n'en avoient
pas. Il fit partir en même temps tous les Bâti
mens qui se trouverent à Constantinople , pour
aller charger du Bled , tant sur les Côtes de la
Mer -Noire , que sur celles de la Mer-Blanche ;
et comme par la vérification qu'il fit faire de la
quantité qu'il y en avoit dans la Ville , il reconnut
qu'elle seroit bien-tôt consommée
qu'on pourroit en manquer totalement , pour
peu que les Bâtiments qui en étoient allé chercher
, fussent retenus par les Vents contraires
il ordonna que jusqu'à ce qu'ils eussent ramené
l'abondance par leur retour on mêleroit à l'avenir
, dans tout le Pain qui se paîtriroit
tiers d'Orge , avec un tiers de Millet et un tiers
de Froment. Ce commencement de disette a fait
renouveller les anciennes deffenses pour la sortie
des grains ; on a expedié des Agas , et d'autres
Officiers
et
Un
NOVEMBRE. 1731.2647.
Officiers , pour aller par tout les faire executer
à la rigueur , et il leur a été enjoint sur tout
d'empêcher que les Bâtimens des Européens ne
chargeassent de cette Denrée.
Le 19. de ce mois , Abdi- Pacha , qui , le jour
même de la déposition de Djanum Codjea , avoit
té nommé pour lui succeder arriva à Constantinople
vers les cinq heures du soir. C'est le
même qu'on connoissoit ci-devant sous le nom
Abdi-Capoudan , lorsqu'il n'étoit que Vice-
Amiral. Le second jour de la révolution , dans
laquelle Achmet III fut déposé , ce Sultan l'avoit
fait Capitan-Pacha ; mais quelques jours
aprés , le nouveau G. S. le dépouilla de cette
charge et l'envoya Pacha à Retimo , où il
étoit resté jusqu'à present , et l'on assure pour
certain ,, que Djanum- Codgea l'a relevé dans la
même qualité Sultan Mahmoud , qui , ce diton
, fait grace â celui-ci , s'étant contenté de
ne le condamner qu'à cet honorable exil.
•
Ce nouveau Capitan- Pacha en a parfaitemene
bien usé envers son Prédecesseur . Outre tous les
honneurs possibles qu'il lui a faits à son arrivée
à Retimo , il lui a laissé sa maison toute meu
blée une partie de ses Domestiques pour le
servir , et lui a donné l'argent dont il pourroit
avoir besoin. Il est revenu ici sur la même Ga❤
fere qui avoit transporté Djanum- Codjea, Avant
que d'entrer dans ce Port , on le débarqua près
du Serrail : il alla d'abord chez le G. V , qui
le révetit d'un Caftan , suivant l'usage , et le
conduisit chez le G. S. après quoi montant sur
la Galliote affectée aux Capitans- Pachas , il se
rendit à l'Arcenal , où il reçut les complimens
et les hommages des Officiers de la Marine
avec les honneurs usitez en pareille occasion .
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
En juin 1731, Mirzazade, le Mufti de Constantinople, fut démis de ses fonctions pour excès de scrupulosité dans l'émission de sentences de mort. Il fut remplacé par Pasmadgi-Zadé, un courtisan habile et complaisant. Le même jour, Djanum-Codjca, Capitain-Pacha, fut déposé en raison de son manque de prudence et de ses critiques ouvertes du gouvernement. Initialement condamné à mort, il fut exilé à Retimo après que le sultan eut suspendu son exécution. En novembre 1731, des victoires turques en Perse furent annoncées, notamment près d'Erivan et sur les bords du Kouchab. Veli-Kouli-Kham, ancien Grand-Vizir, fut exécuté à Constantinople après avoir été capturé. Malgré cette exécution, les Turcs décidèrent de poursuivre la guerre contre le Shah Thamas. Des préparatifs pour les sièges de Tauris et d'Ispahan furent signalés. Un ambassadeur perse fut arrêté et maltraité au château de Tenedos. À Constantinople, une pénurie de pain en novembre 1731 provoqua des troubles rapidement réprimés. Le Grand Vizir ordonna la distribution de pain sous peine de mort et fit inspecter les fours et magasins pour libérer le blé caché. Des navires furent envoyés chercher du blé sur les côtes de la mer Noire et de la mer Blanche. Les sorties de grains furent interdites et des officiers furent envoyés pour faire respecter cette interdiction. Le 19 novembre, Abdi Pacha arriva à Constantinople pour succéder à Djanum Codjea comme Capitain-Pacha. Il traita son prédécesseur avec respect, lui laissant sa maison meublée et des domestiques. À son arrivée, il fut accueilli par le Grand Vizir et reçut les hommages des officiers de la marine à l'arsenal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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772
p. 2648-2653
RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
Début :
Depuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les Janissaires donnerent encore des marques [...]
Mots clefs :
Aga des Janissaires, Incendie, Révolte, Pacha , Persans
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texteReconnaissance textuelle : RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
2648 MERCURE DE FRANCE
RELATION de la conspiration découverte
à Constantinople , le 1 Septembre 1731.
Epuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les
Janissaires donnerent encore des marques
de leur disposition à la révolte , on n'avoit eu aucun
indice qu'il se tramât rien contre le Gouvernement
cependant le 1 Septembre le ( 1 )
Dgebedgi Bachi vint avertir le G. V. qu'il s'étoit
formé une nouvelle conspiration à Constantinople,
et qu'elle devoit éclater le lendemain à la
pointe du jour.
·
1
Sur cet avis ce Ministre , qui ne put être informé
alors du nombre ni de la qualité des Rebelles
, se contenta de renforcer les Patrouilles pour
la nuit suivante , et d'augmenter considerablement
la garde , tant au Sérail , que chez lui , et
chez le Janissaice Aga. Celui- ci étant allé faire
sa ronde à l'ordinaire , rencontra à deux heures
de nuit, deux Dgebedgis bien armez , il les fit arrêter
, et sur leur air embarrassé et les réponses
qu'ils lui firent , îl les envoya chez le G. V.
Ce premier Ministre les ayant interrogez à son
tour , ils furent encore plus déconcertez , et jugeant
bien eux-mêmes , qu'après les défenses séveres
qui avoient été faites de marcher la nuit
avec des armes , il ne leur restoit aucun espoir
de se sauver , ils lui dirent franchement : Nous
sçavons bien , Seigneur , que c'est fait de notre
vie , mais avant que de mourir , nous voulons
vous déclarer tour. Nous sommes 1500 hommes
qui devions demain matin exciter une troisiéme
(1) C'est le Chef d'un Corps de Milice par.
ticuliere.
séditioni
NOVEMBRE. 1731. 2649
sédition , Nous avons vingt Etendarts , qui fuivis
chacun d'une bonne Troupe , se seroient répandus
par tous les quartiers de la Ville , et en
auroient fait soulever le Peuple . Le G. V. leur
ayant demandé , par quel motif ils avoient formé
un si noir dessein : Notre but , répondirentils
, étoit de nous faire une réputation dans le
monde , de nous enrichir et d'obliger notre Empereur
àfaire la paix avec nos freres les Persans,
et à faire la guerre aux Chrétiens . Quels
sont vos Chefs ? reprit le G. V. Ils repliquerent
qu'ils n'en connoissoient que six , qu'ils lui désignerent,
et qui leur avoient dit de ne s'embarrasser
de rien et de suivre seulement leurs ordres .
On envoya aussi-tôt du monde pour se saisir de
ces six Chefs. Ils n'étoient point alors chez eux ,
mais on y trouva beaucoup d'armes et plusieurs
Drapeaux , dont on s'empara. Ils furent ensuite
prix eux- mêmes , ainsi qu'un grand nombre de
jeurs complices avant la fin de la nuit . On alla en
même- tems prendre tous ceux qui furent accusez
ou soupçonnez , lesquels furent étranglez ou eurent
la tête coupée. On jetta les cadavres à la
Mer , et il y en eût quelques- uns exposez dans
les endroits les plus frequentez de Constantinople.
On dit que de ces 1500 Révoltez
, tous gens de
la lie du peuple , sans une seule personne
de marque, il y en avoit soo du Corps des Dgebed- gis , que la plus grande partie des autres étoit des Albanois
, et d'autres Gens , connus icy sous le nom general d'Arnautes
, qui avoient été chas- sez de Constantinople
après la seconde sédition , et qui y étoient rentrez successivement
, dégui- sez sous differens habits , et avec de grandes barbes
qu'ils s'étoient laissé croître pour être moins
H faci2650
MERCURE DE FRANCE
facilement reconnus ; le reste étoient des Janissaires
du Caire , dont il en est arrivé environ
4000 depuis peu , pour aller en Perse par la
Mer noire , et dont quelques- uns s'étoient débarquez
malgré les ordres prècis qu'on avoit
donnez , d'empêcher qu'aucun d'eux ne mit pied à
terre.
Comme ces derniers sont la plupart des déterminez
qui ne reconnoissent point de subordination
, qu'il y en avoit d'ailleurs cinq ou six
cent d'embarquez sur trois Bâtimens François ,
frétez à Aléxandrie, pour les transporter jusqu'ici
seulement , et qu'il est arrivé d'ailleurs d'autres
incidens inutiles à rapporter ; il n'a pas été possible
d'éviter qu'il ne s'en échapât journellement
plusieurs. Il y en eut même dix , qui la veille du
jour que la sédition devoit éclater, vinrent s'enyvrer
à Bey-Oglou , à l'extrémité de Péra. La Garde
qui est établie dans ce quartier , étant accourue
pour les saisir , ils se deffendirent si bien ,
qu'ils ne furent pris qu'après avoir blessé 1s
hommes, de plus de 150 , dont cette Garde étoit
composée.
Bien des gens assurent que les deux Dgebedgis
qui furent trouvez la nuit du 1 de ce mois
par le Janissaire Aga , lui ayant dit qu'ils avoient
quelque chose de conséquence à communiquer au
G. S. on les conduisit sur le champ au Serail ,
où ils déclarerent à S H. que tant qu'elle laisseroit
en place le G. V. et le Janissaire Aga , elle ne
devoit pas se flater d'être jamais tranquille sur le
Trône; que quant à eux , ils sçavoient bien qu'ils
n'avoient point de grace à esperer et qu'ils
étoient tout résignez à la mort , mais que ce seroit
sans cesse recommencer et que pour deux
hommes que l'on feroit mourir , il en renaîtroit
cinquante.
à
QuoiNOVEMBRE.
1731. 265!
"
Quoiqu'il en soit de ces differens rapports , il
est toujours certain que cette derniere conjuration
été découverte assez à temps pour la ayant
faire avorter il est à présumer que le G. V. l'a
entierement dissipée, par les promptes exécutions
qu'il a fait faire de tous ceux qu'on a pû surprendre,
qui y ont eu quelque part. Cela ne l'empûche
pas pourtant de prendre toutes les précautions
imaginables , pour prévenir de pareils complots
, et il a entr'autres donné de nouveaux ordres
d'arrêter généralement tous ceux qu'on trouveroit
la nuit dans les rues , en conséquence de
quoi le Topgi-Bachi , ou Chef des Canoniers ,
envoya lea de ce mois prier les Ministres qui
demeurent à Pera , d'ordonner aux Gens de leurs
Palais , à leurs Nationaux et à leurs Protegez
de se retirer de bonne - heure , et de ne sortir la
nuit , en cas de nécessité , qu'avec de la lumiere
et en compagnie d'un Janissaire.
Les Lettres de Constantinople , du ; et du 18
Septembre , portent qu'on continue toujours la
recherche et les exécutions des derniers Rebelles.
On avoit cru d'abord , comme il a été dit cidessus
, qu'il n'y avoit que de la Canaille parmi
cux ; mais on a découvert par les dépositions de
ceux qu'on a pris depuis , que cette conspiration
étoit d'une bien plus grande conséquence,puisque
beaucoup de gens de Loy en étoient les véritables
Chefs ; qu'ils s'étoient même distribuez dans
les différens quartiers de la Ville d'où devoient
partir les Etendarts , et qu'ils avoient si fort compté
sur le succès de leur entreprise , qu'ils étoient
déja convenu du partage, qu'ils se proposoient de
faire entr'eux , des principales Charges de l'Empire
Hij EX
2652 MERCURE DE FRANCE
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
, écrite le 15 Septembre 1731 .
L s'est formé depuis pen un nouveau com-
Iplot de soulevement , dont les Chefs étoient
un Vizir , un Aga Albanois et quelques gens
de Loy ; ils avoient projetté de commencer la révolte
par le massacre du premier Vizir , universellement
abhorré à cause de sa cruauté et de
son avarice, Mais ce Ministre ayant pénétré leur
secret , donna des ordres avec tant de promptitude
que les Conjurez avant que d'avoir pu s'assembler
, furent partie taillez en pieces , et partie
traînez dans les Prisons ; tout le reste est en
fuite et entierement dissipé,
Le G. V. voyant cependant que cette tempête
menaçoit principalement sa tête , et voulant prévenir
ses ennemis cachez , presenta d'abord au
Sultan une liste d'environ 30 personnes , qui ,
comme créatures du gouvernement précédent
étoient censées être les Auteurs de la Rebellion
, prètendant de les faire transporter sur deux
Caleres , dans un exil éloigné , et d'en obtenir
Pordre du G. S.
Dans cette Liste il y avoit entr'autres noms
celui du Kislar-Agassi , lequel voyant le danger
qui le menaçoit , songea à le prévenir en perdant
son ennemi. Pour cet effet il gagna d'abord l'esprit
du G. S. par le moyen de la Sultane Validéş
il gagna aussi les Janissaires ; et par le conseil du
grand Trésorier et du Mufti , on demanda le rétablissement
de l'ancienne Coûtume , de tenir
deux Divans par semaine enfin à force d'intrigues
, la nuit du 10 du courant , le G. V. fut luimeme
embarqué sur la Galere qu'il avoit desti
néc
NOVEMBRE
1731. 2653-
1
Lee pour le transport de ses principaux ennemis ,
pour être conduit à Négrépont , en qualité de
Pacha de cette Province . Grace particuliere qu'il
doit à quelque reste de faveur auprès de la Reine
Mere , et du Sultan.
1 Le grand Sceau de l'Empire ôté au G. V. fut
donné le même temps à l'Aga des Janissaires, dé
claré par provision Caïmaran , jusqu'à l'arrivée
1 du sujet destiné à remplacer le Vizir déposé. On
parle fort de Issouf , Pacha de Silistrie , homme
septuagenaire , qui a été fort cher à Mustapha ,
Père du Sultan regnant.
Les Lettres d'Achmet , Pacha de Babilone, portent
qu'on s'est rendu maître de Chirmansach.
Cette nouvelle a été célébrée icy pendant trois
jours , au bruit du Canon ; mais on sçait que ce
poste avoit été abandonné par les Persans ; er on
est informé d'ailleurs que du côté d'Erivan , où
estle fort de la guerre , l'Armée d'Ali Pacha est
fort délabrée , tant par la désertion , que par les
maladies ; pendant que celle de Schach Thamas
est , dit- on , forte de 150000 combattans, qui se
trouvent campez sous le Canon de Tauris , dans
une situation avantageuse , et fortifiée d'une nom❤❤
breuse Artillerie.
D'autres Lettres marquent que deux Pachas
Turcs se sont jettez du côté des Persans , avec un
Corps de plus de 20000 hommes.La Porte ayant
été informée qu'ils entretenoient une secrete correspondance
avec les Ennemis , dépêcha des Capigis
pour apporter leurs têtes ; de quoi ayant
été avertis , ils ont pris le parti de se retirer tout
à-fait chez les Persans.
RELATION de la conspiration découverte
à Constantinople , le 1 Septembre 1731.
Epuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les
Janissaires donnerent encore des marques
de leur disposition à la révolte , on n'avoit eu aucun
indice qu'il se tramât rien contre le Gouvernement
cependant le 1 Septembre le ( 1 )
Dgebedgi Bachi vint avertir le G. V. qu'il s'étoit
formé une nouvelle conspiration à Constantinople,
et qu'elle devoit éclater le lendemain à la
pointe du jour.
·
1
Sur cet avis ce Ministre , qui ne put être informé
alors du nombre ni de la qualité des Rebelles
, se contenta de renforcer les Patrouilles pour
la nuit suivante , et d'augmenter considerablement
la garde , tant au Sérail , que chez lui , et
chez le Janissaice Aga. Celui- ci étant allé faire
sa ronde à l'ordinaire , rencontra à deux heures
de nuit, deux Dgebedgis bien armez , il les fit arrêter
, et sur leur air embarrassé et les réponses
qu'ils lui firent , îl les envoya chez le G. V.
Ce premier Ministre les ayant interrogez à son
tour , ils furent encore plus déconcertez , et jugeant
bien eux-mêmes , qu'après les défenses séveres
qui avoient été faites de marcher la nuit
avec des armes , il ne leur restoit aucun espoir
de se sauver , ils lui dirent franchement : Nous
sçavons bien , Seigneur , que c'est fait de notre
vie , mais avant que de mourir , nous voulons
vous déclarer tour. Nous sommes 1500 hommes
qui devions demain matin exciter une troisiéme
(1) C'est le Chef d'un Corps de Milice par.
ticuliere.
séditioni
NOVEMBRE. 1731. 2649
sédition , Nous avons vingt Etendarts , qui fuivis
chacun d'une bonne Troupe , se seroient répandus
par tous les quartiers de la Ville , et en
auroient fait soulever le Peuple . Le G. V. leur
ayant demandé , par quel motif ils avoient formé
un si noir dessein : Notre but , répondirentils
, étoit de nous faire une réputation dans le
monde , de nous enrichir et d'obliger notre Empereur
àfaire la paix avec nos freres les Persans,
et à faire la guerre aux Chrétiens . Quels
sont vos Chefs ? reprit le G. V. Ils repliquerent
qu'ils n'en connoissoient que six , qu'ils lui désignerent,
et qui leur avoient dit de ne s'embarrasser
de rien et de suivre seulement leurs ordres .
On envoya aussi-tôt du monde pour se saisir de
ces six Chefs. Ils n'étoient point alors chez eux ,
mais on y trouva beaucoup d'armes et plusieurs
Drapeaux , dont on s'empara. Ils furent ensuite
prix eux- mêmes , ainsi qu'un grand nombre de
jeurs complices avant la fin de la nuit . On alla en
même- tems prendre tous ceux qui furent accusez
ou soupçonnez , lesquels furent étranglez ou eurent
la tête coupée. On jetta les cadavres à la
Mer , et il y en eût quelques- uns exposez dans
les endroits les plus frequentez de Constantinople.
On dit que de ces 1500 Révoltez
, tous gens de
la lie du peuple , sans une seule personne
de marque, il y en avoit soo du Corps des Dgebed- gis , que la plus grande partie des autres étoit des Albanois
, et d'autres Gens , connus icy sous le nom general d'Arnautes
, qui avoient été chas- sez de Constantinople
après la seconde sédition , et qui y étoient rentrez successivement
, dégui- sez sous differens habits , et avec de grandes barbes
qu'ils s'étoient laissé croître pour être moins
H faci2650
MERCURE DE FRANCE
facilement reconnus ; le reste étoient des Janissaires
du Caire , dont il en est arrivé environ
4000 depuis peu , pour aller en Perse par la
Mer noire , et dont quelques- uns s'étoient débarquez
malgré les ordres prècis qu'on avoit
donnez , d'empêcher qu'aucun d'eux ne mit pied à
terre.
Comme ces derniers sont la plupart des déterminez
qui ne reconnoissent point de subordination
, qu'il y en avoit d'ailleurs cinq ou six
cent d'embarquez sur trois Bâtimens François ,
frétez à Aléxandrie, pour les transporter jusqu'ici
seulement , et qu'il est arrivé d'ailleurs d'autres
incidens inutiles à rapporter ; il n'a pas été possible
d'éviter qu'il ne s'en échapât journellement
plusieurs. Il y en eut même dix , qui la veille du
jour que la sédition devoit éclater, vinrent s'enyvrer
à Bey-Oglou , à l'extrémité de Péra. La Garde
qui est établie dans ce quartier , étant accourue
pour les saisir , ils se deffendirent si bien ,
qu'ils ne furent pris qu'après avoir blessé 1s
hommes, de plus de 150 , dont cette Garde étoit
composée.
Bien des gens assurent que les deux Dgebedgis
qui furent trouvez la nuit du 1 de ce mois
par le Janissaire Aga , lui ayant dit qu'ils avoient
quelque chose de conséquence à communiquer au
G. S. on les conduisit sur le champ au Serail ,
où ils déclarerent à S H. que tant qu'elle laisseroit
en place le G. V. et le Janissaire Aga , elle ne
devoit pas se flater d'être jamais tranquille sur le
Trône; que quant à eux , ils sçavoient bien qu'ils
n'avoient point de grace à esperer et qu'ils
étoient tout résignez à la mort , mais que ce seroit
sans cesse recommencer et que pour deux
hommes que l'on feroit mourir , il en renaîtroit
cinquante.
à
QuoiNOVEMBRE.
1731. 265!
"
Quoiqu'il en soit de ces differens rapports , il
est toujours certain que cette derniere conjuration
été découverte assez à temps pour la ayant
faire avorter il est à présumer que le G. V. l'a
entierement dissipée, par les promptes exécutions
qu'il a fait faire de tous ceux qu'on a pû surprendre,
qui y ont eu quelque part. Cela ne l'empûche
pas pourtant de prendre toutes les précautions
imaginables , pour prévenir de pareils complots
, et il a entr'autres donné de nouveaux ordres
d'arrêter généralement tous ceux qu'on trouveroit
la nuit dans les rues , en conséquence de
quoi le Topgi-Bachi , ou Chef des Canoniers ,
envoya lea de ce mois prier les Ministres qui
demeurent à Pera , d'ordonner aux Gens de leurs
Palais , à leurs Nationaux et à leurs Protegez
de se retirer de bonne - heure , et de ne sortir la
nuit , en cas de nécessité , qu'avec de la lumiere
et en compagnie d'un Janissaire.
Les Lettres de Constantinople , du ; et du 18
Septembre , portent qu'on continue toujours la
recherche et les exécutions des derniers Rebelles.
On avoit cru d'abord , comme il a été dit cidessus
, qu'il n'y avoit que de la Canaille parmi
cux ; mais on a découvert par les dépositions de
ceux qu'on a pris depuis , que cette conspiration
étoit d'une bien plus grande conséquence,puisque
beaucoup de gens de Loy en étoient les véritables
Chefs ; qu'ils s'étoient même distribuez dans
les différens quartiers de la Ville d'où devoient
partir les Etendarts , et qu'ils avoient si fort compté
sur le succès de leur entreprise , qu'ils étoient
déja convenu du partage, qu'ils se proposoient de
faire entr'eux , des principales Charges de l'Empire
Hij EX
2652 MERCURE DE FRANCE
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
, écrite le 15 Septembre 1731 .
L s'est formé depuis pen un nouveau com-
Iplot de soulevement , dont les Chefs étoient
un Vizir , un Aga Albanois et quelques gens
de Loy ; ils avoient projetté de commencer la révolte
par le massacre du premier Vizir , universellement
abhorré à cause de sa cruauté et de
son avarice, Mais ce Ministre ayant pénétré leur
secret , donna des ordres avec tant de promptitude
que les Conjurez avant que d'avoir pu s'assembler
, furent partie taillez en pieces , et partie
traînez dans les Prisons ; tout le reste est en
fuite et entierement dissipé,
Le G. V. voyant cependant que cette tempête
menaçoit principalement sa tête , et voulant prévenir
ses ennemis cachez , presenta d'abord au
Sultan une liste d'environ 30 personnes , qui ,
comme créatures du gouvernement précédent
étoient censées être les Auteurs de la Rebellion
, prètendant de les faire transporter sur deux
Caleres , dans un exil éloigné , et d'en obtenir
Pordre du G. S.
Dans cette Liste il y avoit entr'autres noms
celui du Kislar-Agassi , lequel voyant le danger
qui le menaçoit , songea à le prévenir en perdant
son ennemi. Pour cet effet il gagna d'abord l'esprit
du G. S. par le moyen de la Sultane Validéş
il gagna aussi les Janissaires ; et par le conseil du
grand Trésorier et du Mufti , on demanda le rétablissement
de l'ancienne Coûtume , de tenir
deux Divans par semaine enfin à force d'intrigues
, la nuit du 10 du courant , le G. V. fut luimeme
embarqué sur la Galere qu'il avoit desti
néc
NOVEMBRE
1731. 2653-
1
Lee pour le transport de ses principaux ennemis ,
pour être conduit à Négrépont , en qualité de
Pacha de cette Province . Grace particuliere qu'il
doit à quelque reste de faveur auprès de la Reine
Mere , et du Sultan.
1 Le grand Sceau de l'Empire ôté au G. V. fut
donné le même temps à l'Aga des Janissaires, dé
claré par provision Caïmaran , jusqu'à l'arrivée
1 du sujet destiné à remplacer le Vizir déposé. On
parle fort de Issouf , Pacha de Silistrie , homme
septuagenaire , qui a été fort cher à Mustapha ,
Père du Sultan regnant.
Les Lettres d'Achmet , Pacha de Babilone, portent
qu'on s'est rendu maître de Chirmansach.
Cette nouvelle a été célébrée icy pendant trois
jours , au bruit du Canon ; mais on sçait que ce
poste avoit été abandonné par les Persans ; er on
est informé d'ailleurs que du côté d'Erivan , où
estle fort de la guerre , l'Armée d'Ali Pacha est
fort délabrée , tant par la désertion , que par les
maladies ; pendant que celle de Schach Thamas
est , dit- on , forte de 150000 combattans, qui se
trouvent campez sous le Canon de Tauris , dans
une situation avantageuse , et fortifiée d'une nom❤❤
breuse Artillerie.
D'autres Lettres marquent que deux Pachas
Turcs se sont jettez du côté des Persans , avec un
Corps de plus de 20000 hommes.La Porte ayant
été informée qu'ils entretenoient une secrete correspondance
avec les Ennemis , dépêcha des Capigis
pour apporter leurs têtes ; de quoi ayant
été avertis , ils ont pris le parti de se retirer tout
à-fait chez les Persans.
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Résumé : RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
En juillet 1731, un incendie à Constantinople révéla la disposition des Janissaires à la révolte. Le 1er septembre, le Dgebedgi Bachi informa le Grand Vizir d'une nouvelle conspiration prévue pour le lendemain. Le Grand Vizir, ignorant le nombre et la qualité des rebelles, renforça les patrouilles et la garde. Deux Dgebedgis armés furent arrêtés et avouèrent faire partie d'une conspiration impliquant 1500 hommes, 20 étendards, et un plan pour soulever le peuple. Leur objectif était de se faire une réputation, s'enrichir, et forcer l'Empereur à faire la paix avec les Persans et la guerre aux Chrétiens. Six chefs et de nombreux complices furent identifiés et arrêtés. Les rebelles étaient principalement des Janissaires du Caire et des Albanais récemment revenus à Constantinople. Des exécutions massives suivirent, et les cadavres furent jetés à la mer ou exposés. Malgré ces mesures, des incidents continuèrent, et le Grand Vizir prit des précautions supplémentaires pour prévenir de futurs complots. Une nouvelle conspiration impliquant un Vizir et des gens de loi fut également découverte et réprimée. Le Grand Vizir fut finalement exilé, et le Grand Sceau de l'Empire fut donné à l'Aga des Janissaires. Parallèlement, des nouvelles de la guerre contre les Persans mentionnaient des désertions et des maladies dans l'armée turque, ainsi que des défections de deux Pachas turcs.
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773
p. 2654-2655
RUSSIE.
Début :
Les Capucins arrivez à Moscou depuis peu pour y établir une Mission, ont été reçus [...]
Mots clefs :
Capucins, Monastère, Tsarine, Noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Es Capucins arrivez à Moscou depuis peu
pour y établir une Mission , ont été reçus
avec beaucoup d'accueil et la Czarine leur a
accordé un terrain assès considerable pour y bâ
tir un Monastere.
Il s'est tenu à Ismalow plusieurs conférences
particulieres des principaux Ministres , en présence
de S. M. Cz. , et il s'est depuis répandu
un bruit que cette Princesse , à l'exemple du
Czar Pierre I. vouloit nommer un successeur
au Trône.
>
Suivant l'état qu'on a arrêté des Troupes que
la Czarine a sur pied , il paroit qu'il y as sooo.
hommes en Moscovie , 44000. tant dans les
Provinces cedées par la Couronne de Suede , que
dans la Curlande , et 66000. hommes à Astracan
, à Derbent et dans les autres Villes conquises
en Perse sans compter les Cosaques et
fes Tartares , qui peuvent monter à 150000 .
Cette Princesse peut aussi mettre en Mer 460
Vaisseaux de Guerre et 60. Fregatės.
>
>
Les Lettres de Moscou portent qu'on y avoit
reçu avis , qu'une Caravane partie il y a mois
de Nanquin , dans la Chine , étoit arrivée à
Tobolska , et que les Passagers qui viennent
avec cette Caravanne , confirment le grand Tremblement
de Terre arrivé il y a quelque temps.
dans cet Empire , lequel y avoit causé des dommages
inexprimables , la Pagode , bâtie de Porcelaine
qui est dans la Plaine de Pekin en
ayant entr'autres été renversée , au grand regret
des Chinois , qui la regardoient comme un ou-
>
›
›
viage
NOVEMBRE . 1731. 2655
vrage sans pareil. Quant au nombre de ceux qui
ont péri , on le fait monter à 36000 .
On assure que la Czarine a promis aux Députez
de la Noblesse de Curlande , d'entretenir
Toujours un certain nombre de Troupes dans ce
Duché , afin d'empêcher que la Republique de
Pologne ne le divise en Palatinat après la mort
du Souverain.
Es Capucins arrivez à Moscou depuis peu
pour y établir une Mission , ont été reçus
avec beaucoup d'accueil et la Czarine leur a
accordé un terrain assès considerable pour y bâ
tir un Monastere.
Il s'est tenu à Ismalow plusieurs conférences
particulieres des principaux Ministres , en présence
de S. M. Cz. , et il s'est depuis répandu
un bruit que cette Princesse , à l'exemple du
Czar Pierre I. vouloit nommer un successeur
au Trône.
>
Suivant l'état qu'on a arrêté des Troupes que
la Czarine a sur pied , il paroit qu'il y as sooo.
hommes en Moscovie , 44000. tant dans les
Provinces cedées par la Couronne de Suede , que
dans la Curlande , et 66000. hommes à Astracan
, à Derbent et dans les autres Villes conquises
en Perse sans compter les Cosaques et
fes Tartares , qui peuvent monter à 150000 .
Cette Princesse peut aussi mettre en Mer 460
Vaisseaux de Guerre et 60. Fregatės.
>
>
Les Lettres de Moscou portent qu'on y avoit
reçu avis , qu'une Caravane partie il y a mois
de Nanquin , dans la Chine , étoit arrivée à
Tobolska , et que les Passagers qui viennent
avec cette Caravanne , confirment le grand Tremblement
de Terre arrivé il y a quelque temps.
dans cet Empire , lequel y avoit causé des dommages
inexprimables , la Pagode , bâtie de Porcelaine
qui est dans la Plaine de Pekin en
ayant entr'autres été renversée , au grand regret
des Chinois , qui la regardoient comme un ou-
>
›
›
viage
NOVEMBRE . 1731. 2655
vrage sans pareil. Quant au nombre de ceux qui
ont péri , on le fait monter à 36000 .
On assure que la Czarine a promis aux Députez
de la Noblesse de Curlande , d'entretenir
Toujours un certain nombre de Troupes dans ce
Duché , afin d'empêcher que la Republique de
Pologne ne le divise en Palatinat après la mort
du Souverain.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, les Capucins, nouvellement installés à Moscou, ont été bien accueillis par la Czarine, qui leur a octroyé un terrain pour construire un monastère. Des conférences privées avec les principaux ministres ont eu lieu à Ismalow, alimentant des rumeurs sur la volonté de la Czarine de désigner un successeur au trône, à l'instar du Czar Pierre I. Les forces armées de la Czarine comptent 500 000 hommes en Moscovie, 44 000 dans les provinces suédoises et en Curlande, et 66 000 à Astracan, Derbent et dans les villes persanes conquises. Environ 150 000 Cosaques et Tartares complètent ces troupes. La Russie dispose également de 460 vaisseaux de guerre et 60 frégates. Par ailleurs, une caravane venue de Nanquin a rapporté un tremblement de terre en Chine, causant 36 000 victimes et détruisant la pagode de porcelaine près de Pékin. La Czarine a assuré aux députés de la noblesse de Curlande qu'elle maintiendrait des troupes dans ce duché pour empêcher la Pologne de le diviser après la mort du souverain.
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774
p. 2655-2656
SUÈDE.
Début :
Le Roy a actuellement sur pied 40000. hommes, tant d'Infanterie que de Cavalerie. Les [...]
Mots clefs :
Infanterie, Ratification, Convention préliminaire, Traité de Commerce
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texteReconnaissance textuelle : SUÈDE.
SUEDE.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
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Résumé : SUÈDE.
En Suède, les magasins de la Finlande sont bien approvisionnés en grains, assurant la subsistance jusqu'à la prochaine récolte. Au Danemark, une convention préliminaire a été conclue entre le roi et les États Généraux des Pays-Bas, probablement concernant le commerce.
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775
p. 2871-2872
AFFRIQUE.
Début :
On a appris par les Lettres de Mazagaon, du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de [...]
Mots clefs :
Roi de Maroc, Ceuta, Séville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFFRIQUE.
AFFRIQUE.
Na appris par les Lettres de Mazagaon ,
du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de
Maroc , avoit fait marcher des Troupes du côté
de Ceuta et de Mazagaon , pour n'être point
Surpris par les Troupes qu'il croyoit que le Roy
1. Vol. H vj d'Es2872
MERCURE DE FRANCE
d'Espagne auroit pû accorder au Prince Maure
neveu Abdallah , qui étoit allé à Seville il y
a quelques mois , demander du secours
Na appris par les Lettres de Mazagaon ,
du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de
Maroc , avoit fait marcher des Troupes du côté
de Ceuta et de Mazagaon , pour n'être point
Surpris par les Troupes qu'il croyoit que le Roy
1. Vol. H vj d'Es2872
MERCURE DE FRANCE
d'Espagne auroit pû accorder au Prince Maure
neveu Abdallah , qui étoit allé à Seville il y
a quelques mois , demander du secours
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776
p. 2872
RUSSIE.
Début :
Le Gouverneur de Derbent a écrit à la Czarine, que plusieurs Kans de Tartarie qui [...]
Mots clefs :
Tsarine, Armée du roi de Perse, Christianisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE .
E. Gouverneur de Derbent a écrit à la Cza
Linrine , que plusieurs Kans de Tartarie qui
sont sous la protection de cette Princesse , lui
ayant demandé la permission d'aller servir dans.
P'Armée du Roy de Perse , il avoit crû qu'il ne
devoit pas les en empêcher, et qu'ils étoient partis
avec differentes Troupes de leurs sujets , qui
pouvoient monter ensemble à 20. ou 25. mille
hommes .
L'Archevêque de Novogrood est , depuis trois
mois , en grand credit auprès de la Czarine , et
on croit qu'il sera déclaré dans peu , Patriar
che de toutes les Eglises de Moscovie. C'est par
ses avis qu'on a envoyé des Missionnaires Moscovites
chez les Tartares Idolâtres , qui parois
sent disposez à embrasser le Christianisme .
E. Gouverneur de Derbent a écrit à la Cza
Linrine , que plusieurs Kans de Tartarie qui
sont sous la protection de cette Princesse , lui
ayant demandé la permission d'aller servir dans.
P'Armée du Roy de Perse , il avoit crû qu'il ne
devoit pas les en empêcher, et qu'ils étoient partis
avec differentes Troupes de leurs sujets , qui
pouvoient monter ensemble à 20. ou 25. mille
hommes .
L'Archevêque de Novogrood est , depuis trois
mois , en grand credit auprès de la Czarine , et
on croit qu'il sera déclaré dans peu , Patriar
che de toutes les Eglises de Moscovie. C'est par
ses avis qu'on a envoyé des Missionnaires Moscovites
chez les Tartares Idolâtres , qui parois
sent disposez à embrasser le Christianisme .
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Résumé : RUSSIE.
Le gouverneur de Derbent a autorisé plusieurs khans de Tartarie à rejoindre l'armée perse avec 20 000 à 25 000 hommes. L'archevêque de Novgorod, favori de la czarine, sera bientôt patriarche. Il a envoyé des missionnaires chez les Tartares, qui envisagent de se convertir au christianisme.
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777
p. 2873-2874
ALLEMAGNE.
Début :
Le 18 Novembre, on fit partir de Vienne pour l'Evêché de Saltzbourg un Bataillon [...]
Mots clefs :
Évêché, Troupes impériales, Service militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLE MA GN E.
LE18 Novembre
on fit partir de Vienne
pour l'Evêché de Saltzbourg un Bataillon
du Regiment de Wurmbrand , arrivé depuis peu s
d'Italie , de sorte qu'il y a presentement dans .
cet Evêché 2000. hommes de Troupes Impe-
Ja Vol
riales
2874 MERCURE DE FRANCE
riales , qui sont campées dans les environs de
Rastat.
On écrit de Berlin , que le 28 Novembre
tous les Generaux et Colonels de l'Armée , qui
sont dans cette Ville , ayant à leur tête le Prince
d'Anhalt , se rendirent dans l'appartement du
Roy , et supplierent S. M. de permettre que le
Prince Royal rentrat dans le Service Militaire
vû que s. A. R. faisoit évidemment connoître le
regret qu'elle avoit d'avoir déplu à S. M. Le
Roy fit là - dessus un Discours fort pathetique ,
et ayant fait venir le Prince Royal , S. M. lui
pardonna tout le passé , lai rendit l'Uniforme
et le Porte- Epée , et l'embrassa avec beaucoup
de tendresse. Le Prince s'étant jetté aux genoux
du Roy son Pere , Passura de sa profonde soûmission
et obéissance.
LE18 Novembre
on fit partir de Vienne
pour l'Evêché de Saltzbourg un Bataillon
du Regiment de Wurmbrand , arrivé depuis peu s
d'Italie , de sorte qu'il y a presentement dans .
cet Evêché 2000. hommes de Troupes Impe-
Ja Vol
riales
2874 MERCURE DE FRANCE
riales , qui sont campées dans les environs de
Rastat.
On écrit de Berlin , que le 28 Novembre
tous les Generaux et Colonels de l'Armée , qui
sont dans cette Ville , ayant à leur tête le Prince
d'Anhalt , se rendirent dans l'appartement du
Roy , et supplierent S. M. de permettre que le
Prince Royal rentrat dans le Service Militaire
vû que s. A. R. faisoit évidemment connoître le
regret qu'elle avoit d'avoir déplu à S. M. Le
Roy fit là - dessus un Discours fort pathetique ,
et ayant fait venir le Prince Royal , S. M. lui
pardonna tout le passé , lai rendit l'Uniforme
et le Porte- Epée , et l'embrassa avec beaucoup
de tendresse. Le Prince s'étant jetté aux genoux
du Roy son Pere , Passura de sa profonde soûmission
et obéissance.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 18 novembre, un bataillon du régiment de Wurmbrand, récemment arrivé d'Italie, fut envoyé de Vienne à l'Évêché de Salzbourg, qui abritait alors 2 000 hommes de troupes impériales, principalement cantonnés près de Rastatt. Le 28 novembre, à Berlin, tous les généraux et colonels de l'armée, dirigés par le Prince d'Anhalt, se rendirent dans les appartements du roi. Ils supplièrent Sa Majesté de permettre au Prince Royal de réintégrer le service militaire, celui-ci ayant exprimé son regret d'avoir déplu au roi. Le roi prononça un discours émouvant, pardonna au Prince Royal, lui rendit son uniforme et son épée, et l'embrassa avec tendresse. Le Prince Royal, à genoux, exprima sa soumission et son obéissance.
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778
p. 2874-2877
ITALIE.
Début :
Le Pere Colloredo, Religieux du Convent, dit de l'Eglise Neave, qui avoit d'abord [...]
Mots clefs :
Pape, Promotion de Cardinaux, Abbé, Forteresse, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Pere Colloredo , Religieux du Convent ;
Ldit de l'Eglise Neave , qui avoit d'abord
refusé l'Archevêché de Lucques , auquel le Pape
Favoit nommé , s'est déterminé à l'accepter
par soumission aux Ordres de S. S. Elle lui a
accordé depuis une pension de 1500. Ecus sur
l'Evêché vacant de Plaisance .
Le Courier qu'on avoit dépêché de Rome à
Lisbonne › pour y porter la nouvelle de la derniere
promotion de Cardinaux , en est revenu
avec des Lettres par lesquelles on apprend que
le Roy de Portugal avoit levé l'interdiction publiée
en 1728 ; qu'on y avoit rouvert le Tribunal
de la Nonciature au bruit de cinq décharges
de Boëtes , et que le soir la Place du Palais du
Nonce avoit été magnifiquement illuminée. Le
I. Vol. CarDECEMBRE
1731. 2875
Cardinal Cienfuegos , auquel ces Lettres étoient
adressées , alla le soir les communiquer au Pape ,
qui en parût très- satisfait.
La Congregation du bon Gouvernement s'est
Encore assemblée au sujet de la proposition qui
a été faite au Pape , de rendre le Port d'Ancone
un Port franc .
2 Dans le Consistoire du 19 Novembre le
Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché de
Lyon pour l'Evêque de Noyon , PÉvêché d'Orange
pour l'Abbé de Tilly , l'Abbaye de S. Jean
d'Angely , dans le Diocèse de Xaintes , pour
l'Abbé de Pezé , celle de Saint Pierre de Chezi
dans le Diocèse de Soissons , pour l'Abbé Joly
de Fleury , Chanoine de l'Église Métropolitaine
de Paris et celle de Saint Pierre de Lesterp ,
Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de Maillé de
la Tour Landry. I préconisa ensuite l'Abbé
Salomon pour celle de S. Gervais et S. Protais
d'Essey , Diocèse d'Agen ; l'Abbé de Bernon
de Charand , pour celle de S. Pierre de Vierson ,
Diocèse de Bourges , et l'Abbé Neret pour celle
-de S. Etienne de Vaux , Diocèse de Xaintes,
>
On mande de la Bastia en Corse , que depuis la
- réduction de la Forteresse de San Pelegrino , on
étoit convenu de part et d'autre d'une suspension
d'armes pour trois mois , et que pendant ce temps
les Rebelles auroient la liberté de se retirer dans
leurs maisons , sans pouvoir y être inquietés en
aucune manière.
On a appris depuis que les Troupes de la République
de Genes et les Troupes Auxiliaires de
P'Empereur qui sont dans l'Isle de Corse , ont
abandonné le Poste de San Pelegrino , parce qu'il
est trop exposé , et que ces Troupes étoient trop
éloignées de la Bastia , pour en recevoir du sé-
Cours , si les Rebelles les avoient attaqués.
I. Vol.
Оя
2876 MERCURE DE FRANCE
On a appris en dernier lieu de la Bastia , que
les hostilités y avoient entierement cessé depuis
la suspension d'Armes , et que le General Wach,
rendonc avoit dépêché un Courier à Vienne ,
pour y porter le résultat des dernieres confe
rences qu'il a eues avec les Chefs des Rebelles ,
qui se sont plaint de ce que les Troupes de la
République s'étoient retranchées dans le Poste
de San Pelegrino , quoiqu'on cût stipulé le con
traire dans l'Acte de suspension d'Armes.
,
Le 1. Novembre , le Comte de Charni , qui
commande les Troupes du Roy d'Espagne en
Italie , a prêté Serment au Grand Duc entre
les mains du General Capponi , Gouverneur de
Livourne , au nom des Troupes de S. M. Cath. -
qui resteront dant la Toscane. Ce Serment est
conçu en ces termes ::
I
i
Je Emanuel d'Orleans , Comte de Charni , &c.
promets , jure et m'engage , tant pour moi que
les Officiers et Soldats de S. M. Cath. que
pour
j'observerai toûjours inviolablement la plus réligieuse
fidelité et obéissance aux Ordres du Sere
nissime Jean- Gaston , Grand Duc de Toscane,, .
comme légitime et unique Souverain des Etats
de Toscane ; que chacun de nous , en entrant
au service de S. A. R , s'employera à défendre
sa personne , sa souveraineté , son authorité , ses
Etats , Biens et Sujets , et tout ce qui peut lui
appartenir , pourvû qu'il n'y ait rien de contraire
à la succession immediate du Serenissime
Prince et Infant Don Carlos , que nous devons
défendre et soûtenir conjointement avec les forces
de Toscane , que nous ne ferons rien qui
puisse empêcher ou retarder l'éxecution des ordres
des Gouverneurs et Ministres de S. A. R ,
conformément aux Reglemens faits à ce sujet ,
La Volo décla→ -
DECEMBRË. 1731. 1731 . 2877
déclarant en outre que nous serons toûjours
prêts à leur donner assistance à la premiere sommation
et à leur fournir tous les sécours nécessaires
& c.
>
2
Les Officiers de distinction qui sont arrivés
à Livourne avec l'Escadre du Roy d'Espagne ,
sont le Marquis de Mari , qui la commande
le Comte Don Fernand de Nunnez , Comman◄
dant sous le Marquis de Mari ; Don Joseph
de los Bosquos , Commandant des Galeres , le
Comte de Charni , le Marquis de Châteaufort ,
le Marquis del Pozzo - Blanco , le Marquis de
Torre Mayor , le Duc de Castro Pinnano , Don
Joseph de Flor de Viola , Commissaire General
des Guerres , Don François Utigers , et Don
Joseph Univars , Inspecteur , et le Colonel du
Regiment de Castille,
On a preparé dans la Maison Professe des Jesuites
de Livourne un Appartement pour le Car
dinal Belluga , qui doit venir y recevoir l'Infant
Don Carlos , accompagné d'un grand nom
bre de Gentilshommes Romains
La Garnison de Livourne est composée presentement
de 2200. Espagnols et de 1100. Toscans,
ces derniers sont commandez par le Colonel
Velluti. Il y aura à Porto Ferraïo 800.
Espagnols sous le commandement du Colonel
Ferreti , et à Pişe un Détachement d'Infanterie
Espagnole avec 400. hommes de Cavalerie de la
même Nation .
Les dernieres Lettres de Livourne portent , que
les Troupes destinées à la Garnison de cette Ville,
étoient composées les deux tiers d'Espagnols
et le tiers de Toscans ; et que le service des uns
et des autres étoit si bien concerté et reglé , qu'il
ne pouvoit survenir aucun sujet de dispute entre
les deux Nations.
E Pere Colloredo , Religieux du Convent ;
Ldit de l'Eglise Neave , qui avoit d'abord
refusé l'Archevêché de Lucques , auquel le Pape
Favoit nommé , s'est déterminé à l'accepter
par soumission aux Ordres de S. S. Elle lui a
accordé depuis une pension de 1500. Ecus sur
l'Evêché vacant de Plaisance .
Le Courier qu'on avoit dépêché de Rome à
Lisbonne › pour y porter la nouvelle de la derniere
promotion de Cardinaux , en est revenu
avec des Lettres par lesquelles on apprend que
le Roy de Portugal avoit levé l'interdiction publiée
en 1728 ; qu'on y avoit rouvert le Tribunal
de la Nonciature au bruit de cinq décharges
de Boëtes , et que le soir la Place du Palais du
Nonce avoit été magnifiquement illuminée. Le
I. Vol. CarDECEMBRE
1731. 2875
Cardinal Cienfuegos , auquel ces Lettres étoient
adressées , alla le soir les communiquer au Pape ,
qui en parût très- satisfait.
La Congregation du bon Gouvernement s'est
Encore assemblée au sujet de la proposition qui
a été faite au Pape , de rendre le Port d'Ancone
un Port franc .
2 Dans le Consistoire du 19 Novembre le
Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché de
Lyon pour l'Evêque de Noyon , PÉvêché d'Orange
pour l'Abbé de Tilly , l'Abbaye de S. Jean
d'Angely , dans le Diocèse de Xaintes , pour
l'Abbé de Pezé , celle de Saint Pierre de Chezi
dans le Diocèse de Soissons , pour l'Abbé Joly
de Fleury , Chanoine de l'Église Métropolitaine
de Paris et celle de Saint Pierre de Lesterp ,
Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de Maillé de
la Tour Landry. I préconisa ensuite l'Abbé
Salomon pour celle de S. Gervais et S. Protais
d'Essey , Diocèse d'Agen ; l'Abbé de Bernon
de Charand , pour celle de S. Pierre de Vierson ,
Diocèse de Bourges , et l'Abbé Neret pour celle
-de S. Etienne de Vaux , Diocèse de Xaintes,
>
On mande de la Bastia en Corse , que depuis la
- réduction de la Forteresse de San Pelegrino , on
étoit convenu de part et d'autre d'une suspension
d'armes pour trois mois , et que pendant ce temps
les Rebelles auroient la liberté de se retirer dans
leurs maisons , sans pouvoir y être inquietés en
aucune manière.
On a appris depuis que les Troupes de la République
de Genes et les Troupes Auxiliaires de
P'Empereur qui sont dans l'Isle de Corse , ont
abandonné le Poste de San Pelegrino , parce qu'il
est trop exposé , et que ces Troupes étoient trop
éloignées de la Bastia , pour en recevoir du sé-
Cours , si les Rebelles les avoient attaqués.
I. Vol.
Оя
2876 MERCURE DE FRANCE
On a appris en dernier lieu de la Bastia , que
les hostilités y avoient entierement cessé depuis
la suspension d'Armes , et que le General Wach,
rendonc avoit dépêché un Courier à Vienne ,
pour y porter le résultat des dernieres confe
rences qu'il a eues avec les Chefs des Rebelles ,
qui se sont plaint de ce que les Troupes de la
République s'étoient retranchées dans le Poste
de San Pelegrino , quoiqu'on cût stipulé le con
traire dans l'Acte de suspension d'Armes.
,
Le 1. Novembre , le Comte de Charni , qui
commande les Troupes du Roy d'Espagne en
Italie , a prêté Serment au Grand Duc entre
les mains du General Capponi , Gouverneur de
Livourne , au nom des Troupes de S. M. Cath. -
qui resteront dant la Toscane. Ce Serment est
conçu en ces termes ::
I
i
Je Emanuel d'Orleans , Comte de Charni , &c.
promets , jure et m'engage , tant pour moi que
les Officiers et Soldats de S. M. Cath. que
pour
j'observerai toûjours inviolablement la plus réligieuse
fidelité et obéissance aux Ordres du Sere
nissime Jean- Gaston , Grand Duc de Toscane,, .
comme légitime et unique Souverain des Etats
de Toscane ; que chacun de nous , en entrant
au service de S. A. R , s'employera à défendre
sa personne , sa souveraineté , son authorité , ses
Etats , Biens et Sujets , et tout ce qui peut lui
appartenir , pourvû qu'il n'y ait rien de contraire
à la succession immediate du Serenissime
Prince et Infant Don Carlos , que nous devons
défendre et soûtenir conjointement avec les forces
de Toscane , que nous ne ferons rien qui
puisse empêcher ou retarder l'éxecution des ordres
des Gouverneurs et Ministres de S. A. R ,
conformément aux Reglemens faits à ce sujet ,
La Volo décla→ -
DECEMBRË. 1731. 1731 . 2877
déclarant en outre que nous serons toûjours
prêts à leur donner assistance à la premiere sommation
et à leur fournir tous les sécours nécessaires
& c.
>
2
Les Officiers de distinction qui sont arrivés
à Livourne avec l'Escadre du Roy d'Espagne ,
sont le Marquis de Mari , qui la commande
le Comte Don Fernand de Nunnez , Comman◄
dant sous le Marquis de Mari ; Don Joseph
de los Bosquos , Commandant des Galeres , le
Comte de Charni , le Marquis de Châteaufort ,
le Marquis del Pozzo - Blanco , le Marquis de
Torre Mayor , le Duc de Castro Pinnano , Don
Joseph de Flor de Viola , Commissaire General
des Guerres , Don François Utigers , et Don
Joseph Univars , Inspecteur , et le Colonel du
Regiment de Castille,
On a preparé dans la Maison Professe des Jesuites
de Livourne un Appartement pour le Car
dinal Belluga , qui doit venir y recevoir l'Infant
Don Carlos , accompagné d'un grand nom
bre de Gentilshommes Romains
La Garnison de Livourne est composée presentement
de 2200. Espagnols et de 1100. Toscans,
ces derniers sont commandez par le Colonel
Velluti. Il y aura à Porto Ferraïo 800.
Espagnols sous le commandement du Colonel
Ferreti , et à Pişe un Détachement d'Infanterie
Espagnole avec 400. hommes de Cavalerie de la
même Nation .
Les dernieres Lettres de Livourne portent , que
les Troupes destinées à la Garnison de cette Ville,
étoient composées les deux tiers d'Espagnols
et le tiers de Toscans ; et que le service des uns
et des autres étoit si bien concerté et reglé , qu'il
ne pouvoit survenir aucun sujet de dispute entre
les deux Nations.
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Résumé : ITALIE.
En décembre 1731, plusieurs événements politiques et militaires ont marqué l'Italie et la Corse. En Italie, le religieux Pere Colloredo a accepté l'Archevêché de Lucques après avoir reçu une pension de 1500 écus du Pape. Le Roi de Portugal a levé l'interdiction de 1728, permettant la réouverture du Tribunal de la Nonciature à Lisbonne, ce qui a satisfait le Pape. La Congrégation du bon Gouvernement a examiné la proposition de transformer le Port d'Ancone en Port franc. Lors du Consistoire du 19 novembre, diverses nominations ecclésiastiques ont été proposées, notamment pour les archevêchés de Lyon et les abbayes de Saint-Jean-d'Angély et Saint-Pierre de Chezi. En Corse, une suspension d'armes de trois mois a été conclue après la réduction de la forteresse de San Pellegrino, permettant aux rebelles de se retirer chez eux sans être inquiétés. Les troupes de la République de Gênes et les troupes auxiliaires de l'Empereur ont abandonné le poste de San Pellegrino en raison de son exposition. Les hostilités ont cessé à Bastia, et le général Wach a envoyé un courrier à Vienne pour rapporter les résultats des conférences avec les chefs rebelles. Le Comte de Charni, commandant des troupes espagnoles en Italie, a prêté serment au Grand-Duc de Toscane, affirmant fidélité et obéissance aux ordres du Grand-Duc et à la succession du Prince Don Carlos. Plusieurs officiers espagnols de distinction sont arrivés à Livourne avec l'escadre du Roi d'Espagne. La garnison de Livourne est composée de 2200 Espagnols et 1100 Toscans, avec des détachements à Porto Ferraio et Pise. Un appartement a été préparé pour le Cardinal Belluga à Livourne, où il doit recevoir l'Infant Don Carlos.
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779
p. 2878-2880
ADDITION.
Début :
On a eû avis par la voye de Russie, que le grand secours attendu par les Tures, croit [...]
Mots clefs :
Lettres, Vienne, Persans, Constantinople, Armée ottomane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Na cu avis par la voye de Russie , que fè
grand secours attendu par les Tures , croit
arrivé à 30 lieuës de Bagdad , et que le Roy de
Perse ayant rassemblé toutes ses Troupes qui
étoient dispersées en differens endroits , étoit
allé au-devant de ce secours pour le combattre
Les dernieres Lettres de Vienne portent , que
le bruit y étoit répandu que les Turcs ont rem²
porté une Victoire complette sur les Persans ;
que le Roi de Perse a perdu près de 40000 hommes
dans le combat ; que les Tures lui ont pris
cent pieces de canon , et tour son bagage , et
& Volo
qu'on
DECEMBRE. 1731. 2879
qu'on ne croyoit pas que ce Prince fût en état -
de continuer la guerre.
وت
Des Lettres de Constantinople portent , que
le 22 Septembre dernier , Topal Osman Pacha ,
nouveau Grand Vizir fie en cetre qualité son
Entrée publique dans cette Capitale. Elle fut des
plus superbes et des plus nombreuses : non- seulement
tous les Grands de l'Empire y assisterent
, mais aussi PAga des Janissaires , quoique
ce dernier ne paroisse ordinairement dans ces
sortes de cérémonies qu'à la suite du Grand Seigneur.
On a observé que lorsque ce premier
Ministre fut arrivé à PHôtel ordinaire des
Grands Vizirs , il en monta l'Escalier , appuyé.
sur l'Aga des Janissaires, et sur le Cafmacan , ou
Gouverneur de Constantinople , ce qu'on remarque
comme une distinction particuliere done
on n'a gueres vû d'exemples , et qui prouve l'estime
qu'on fait de ce premier Ministre , lequel ,
par sa douceur et par son affabilité , a sçu se
faire aimer de toute la Nation.
>
lui
Après que le G. V. se fut reposé quelque tems
dans son appartement › il se rendit au Serrail
où le G. S. le réçut fort gracieusement
remit les Sceaux de l'Empire , lui déclara en
même temps , à ce qu'on assure » qu'il le laissoit
le maître d'agir comme il le jugeroit à pro
pos dans la conjoncture presente. Il alla ensuite
au Divan , où il fur revêtu du Caftan d'hon
en presence des principaux Officiers de
l'Empire , qui le complimenterent sur sa nou
velle dignité , en lui baisant le bas de sa Robe.
neur ›
Le lendemain le G. V. alla à l'Audience du
G. S , avec lequel il fut long-temps en conféfence.
A son retour dans son Hôtel , il donna
I. Vol. Audience
2880 MERCURE DE FRANCE
Audience aux Interpretes des Ambassadeurs et
Ministres Etrangers , qui s'y étoient rendus pours
le complimenter au nom de leurs Maîtres : il
les reçut tous fort gracieusement.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit reçu avis de
Perse , qu'il s'étoit donné deux sanglantes Batailles
près d'Erivan , Ville assiegée par les Persans
; que dans la premiere , ceux - cy avoient été
les Vainqueurs , mais que dans la seconde ils
avoient éré battus par les Turcs. Cette Victoire,
a causé à Constantinople une joye generale , et ,
on a fait à ce sujet de grandes réjouissances
cependant on assure que le Divan a pris la ré◄
solution de faire de nouvelles offres fort avantageuses
au Roi de Perse pour l'engager à faire,
la Paix avec la Porte ; ce qui fait craindre que
cette Victoire , ne soit pas si complette qu'on le
publi . Quoiqu'il en soit cette nouvelle , jointe
au doux Gouvernement du nouveau G. V , et a
l'Amnistie generale accordée par S. H. à tous
ceux qui ont eû part aux dernieres révoltes , a
beaucoup contribué à rétablir la tranquillité dans
Constantinople.
,
ة ي ر
Ces Lettres ajoûtent encore que la derniere,
Bataille qui s'étoit donnée en Perse avoit été
très-sanglante , ayant duré plus de sept heures
que les Turcs commandez par le Pacha de Babilone
, avoient perdu plus de 12000 hommes
de leurs meilleures Troupes , et quantité d'Offi
ciers de distinction ; mais qu'enfin l'Armée Ot
tomane avoit remporté la Victoire après avoir
entierement défait l'Infanterie Persane ; que les
Turcs avoient fait un butin considerable , tout
le précieux: Bagage du Roi de Perse étant resté :
aux Vainqueurs , &C..
Na cu avis par la voye de Russie , que fè
grand secours attendu par les Tures , croit
arrivé à 30 lieuës de Bagdad , et que le Roy de
Perse ayant rassemblé toutes ses Troupes qui
étoient dispersées en differens endroits , étoit
allé au-devant de ce secours pour le combattre
Les dernieres Lettres de Vienne portent , que
le bruit y étoit répandu que les Turcs ont rem²
porté une Victoire complette sur les Persans ;
que le Roi de Perse a perdu près de 40000 hommes
dans le combat ; que les Tures lui ont pris
cent pieces de canon , et tour son bagage , et
& Volo
qu'on
DECEMBRE. 1731. 2879
qu'on ne croyoit pas que ce Prince fût en état -
de continuer la guerre.
وت
Des Lettres de Constantinople portent , que
le 22 Septembre dernier , Topal Osman Pacha ,
nouveau Grand Vizir fie en cetre qualité son
Entrée publique dans cette Capitale. Elle fut des
plus superbes et des plus nombreuses : non- seulement
tous les Grands de l'Empire y assisterent
, mais aussi PAga des Janissaires , quoique
ce dernier ne paroisse ordinairement dans ces
sortes de cérémonies qu'à la suite du Grand Seigneur.
On a observé que lorsque ce premier
Ministre fut arrivé à PHôtel ordinaire des
Grands Vizirs , il en monta l'Escalier , appuyé.
sur l'Aga des Janissaires, et sur le Cafmacan , ou
Gouverneur de Constantinople , ce qu'on remarque
comme une distinction particuliere done
on n'a gueres vû d'exemples , et qui prouve l'estime
qu'on fait de ce premier Ministre , lequel ,
par sa douceur et par son affabilité , a sçu se
faire aimer de toute la Nation.
>
lui
Après que le G. V. se fut reposé quelque tems
dans son appartement › il se rendit au Serrail
où le G. S. le réçut fort gracieusement
remit les Sceaux de l'Empire , lui déclara en
même temps , à ce qu'on assure » qu'il le laissoit
le maître d'agir comme il le jugeroit à pro
pos dans la conjoncture presente. Il alla ensuite
au Divan , où il fur revêtu du Caftan d'hon
en presence des principaux Officiers de
l'Empire , qui le complimenterent sur sa nou
velle dignité , en lui baisant le bas de sa Robe.
neur ›
Le lendemain le G. V. alla à l'Audience du
G. S , avec lequel il fut long-temps en conféfence.
A son retour dans son Hôtel , il donna
I. Vol. Audience
2880 MERCURE DE FRANCE
Audience aux Interpretes des Ambassadeurs et
Ministres Etrangers , qui s'y étoient rendus pours
le complimenter au nom de leurs Maîtres : il
les reçut tous fort gracieusement.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit reçu avis de
Perse , qu'il s'étoit donné deux sanglantes Batailles
près d'Erivan , Ville assiegée par les Persans
; que dans la premiere , ceux - cy avoient été
les Vainqueurs , mais que dans la seconde ils
avoient éré battus par les Turcs. Cette Victoire,
a causé à Constantinople une joye generale , et ,
on a fait à ce sujet de grandes réjouissances
cependant on assure que le Divan a pris la ré◄
solution de faire de nouvelles offres fort avantageuses
au Roi de Perse pour l'engager à faire,
la Paix avec la Porte ; ce qui fait craindre que
cette Victoire , ne soit pas si complette qu'on le
publi . Quoiqu'il en soit cette nouvelle , jointe
au doux Gouvernement du nouveau G. V , et a
l'Amnistie generale accordée par S. H. à tous
ceux qui ont eû part aux dernieres révoltes , a
beaucoup contribué à rétablir la tranquillité dans
Constantinople.
,
ة ي ر
Ces Lettres ajoûtent encore que la derniere,
Bataille qui s'étoit donnée en Perse avoit été
très-sanglante , ayant duré plus de sept heures
que les Turcs commandez par le Pacha de Babilone
, avoient perdu plus de 12000 hommes
de leurs meilleures Troupes , et quantité d'Offi
ciers de distinction ; mais qu'enfin l'Armée Ot
tomane avoit remporté la Victoire après avoir
entierement défait l'Infanterie Persane ; que les
Turcs avoient fait un butin considerable , tout
le précieux: Bagage du Roi de Perse étant resté :
aux Vainqueurs , &C..
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Résumé : ADDITION.
En 1731, des événements militaires et politiques impliquent l'Empire ottoman et la Perse. Des nouvelles de Russie signalent l'arrivée de renforts turcs près de Bagdad et la mobilisation des troupes persanes. Des lettres de Vienne rapportent une victoire ottomane à Bagdad, avec des pertes lourdes pour les Persans, incluant 40 000 hommes et cent pièces de canon, remettant en question la capacité du roi de Perse à poursuivre la guerre. À Constantinople, Topal Osman Pacha est nommé Grand Vizir et reçoit les sceaux de l'Empire, marquant son entrée publique par une cérémonie grandiose. En Perse, deux batailles près d'Erivan voient d'abord une défaite turque, suivie d'une victoire. Cette victoire est célébrée à Constantinople, mais le Divan envisage des offres de paix au roi de Perse. La dernière bataille, très sanglante, dure plus de sept heures et se solde par une victoire ottomane. La tranquillité est rétablie à Constantinople grâce à cette victoire et à une amnistie générale accordée par le sultan.
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780
p. 2881-2883
LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
Début :
Notre nouveau Grand Vizir Topal Osman Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Ministre, Grand Trésorier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
LETTRE écrite de Constantinople , le 2 .
Novembre 1731 .
Otre nouveau Grand Vizir Topal Osman
,
Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur
assès moderée et très- genereuse ; il est fort
porté en faveur des Chrétiens , tant Catholiques
que Grecs Schismatiques , de quoi il a déja
donné quelques marques , en leur accordant la
permission de rébâtir leurs Eglises consumées
dans le dernier Incendie .
Ce Ministre s'est d'abord appliqué à rétablir
icy l'abondance des Vivres ; plusieurs Navires
étant déja partis de ce Port pour aller chercher
des Bleds ; et comme la Viande commençoit à
être à un trop haut prix , il a fait dire au Chef
des Bouchers qu'il le feroit pendre si on en manquoit.
Cette ménace a produit un merveilleux
effet ; la Viande étant presentement bien plus
abondante , et à son prix ordinaire. Ainsi l'une
des principales causes du mécontentement étant
ôtée , nous nous trouvons dans une assez grande
tranquillité , et on n'entend plus parler de rébellion
ni d'incendie.
Il y a quelques jours que le Prince de Valachie
a été déposé , la Porte a mis à sa place le
fils du Waivode Nicolas Maurocordato , ce dernier
étant mort de la Peste quelques jours avant
la derniere Rebellion .
Il y a eu quelque mutinerie dans l'Armée des
Turcs sur la Frontiere de Perse , et le bruit a
même couru que le Seraskier ou Commandant
en chef avoit passé par le sabre des Mutins . On
a tenu là- dessus de fréquentes Conferences à la
Porte.
I. Vol.
Le
2882 MERCURE DE FRANCE
Le Tefterdar ou Grand -Trésorier , qui étoit
sur la Liste du dernier Vizir déposé , pour ceux
qui devoient être releguez, a été élevé à la Charge
de Pacha à trois queues , conservant cependant
sa Charge de Grand- Trésorier ; on croit même
qu'il pourra succeder au Grand- Vizir. C'est un
homme de beaucoup d'esprit et de mérite.
Le Patriarche de Constantinople en charge , a
été d'abord confirmé par le nouveauG. V. ce qui
affoiblit l'esperance dont se flatoit le Patriarche
Jeremie son Concurrent , de remonter à ce Poste
éminent ; cependant ce Prélat s'est accommodé
et promis de se retirer ; sur quoi on lui a conferé
l'Archevêché de Negrepont : il est encore actuellement
chez les PP. Capucins de Pera , sans qu'on
dise que son départ soit fixé.
ou
Aujourd'hui le Prince de Scherbataf,, envoyé
de la Czarine , est arrivé à Ponte- Piccolo
il doit rester deux jours , et le S. de ce mois faire
son Entrée publique dans Pera-lès - Constantinople.
1
Suivant les dernieres nouvelles de l'Armée , les
Persans étoient retranchez sous le Canon de
Tauris avec 1 5oooo. Combattans , et paroissoient
n'avoir nulle envie de donner bataille; mais nous
apprenons aujourd'hui qu'elle a été donnée sans
qu'on dise qui des Turcs ou des Persans a commencé
l'attaque , ni ce qui peut l'avoir occasionnée;
on assure seulement que l'action a été trèsconsiderable
et au désavantage des Persans. Voici
les principales circonstances qu'on public.
La Bataille dont on ne fixe pas le jour , a duré
heures entieres. Le Pacha de Babylone y commandoit
en chef l'Armée de la Porte, comme Seraskier.
Les deux premieres heures se sont passées
dans un feu continuel du Canon et de la Mous-
I. Vol. queterie
DECEMBRE 1731. 2883
queterie, et les cinq dernieres à combattre à
Coups de Sabre. La victoire a cu de la peine à se
déterminer ; les Turcs ont perdu 12 mille hommes
, parmi lesquels étoit l'élite des plus braves
Officiers que le Commandant avoit cu soin de
placer auprès de lui.
✓
Du côté des Persans , toute l'Infanterie est
presque restée sur le champ de bataille ; leur Bagage
est tombé entre les mains des Turcs , qui
ont trouvé dans les dépouilles les Ornemens
Royaux de Schach Thamas ; ce Monarque s'étant
à peine sauvé du debris de son Armée, Sans
parler de 30 Pieces de Canon de fonte , qui sont
d'une telle beauté , que les Turcs croyent que
c'est l'ouvrage des Chrétiens. Outre ce butin si
considerable , les Turcs ont trouvé dans Hamadan
100. Pieces de Canon ; sçavoir , 70. qu'ils y
avoient laissez , et 30. dont les Persans avoient
augmenté l'Artillerie de cette Place.
Cette nouvelle a été annoncée au Peuple pen
dant trois jours consecutifs et par trois décharges
par jour de toute l'Artillerie du Serrail.
Nonobstant la publication de ce grand avanta
ge , il semble. que cette Guerre ne soit pas du
goût de la Nation. Les Lettres qui nous appren
nent ces circonstances , confirment qu'il y a eu
quelque mutinerie dans l'Armée des Turcs , mais
elles ne confirment pas que le Seraskier ait été sabré
par les Mutins , comme on l'avoit dit ; on voir
au contraire , que ce General a conduit toute
P'Action , et que c'est à lui qu'est duë la victoire
dont on fait ici tant de bruit.
Novembre 1731 .
Otre nouveau Grand Vizir Topal Osman
,
Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur
assès moderée et très- genereuse ; il est fort
porté en faveur des Chrétiens , tant Catholiques
que Grecs Schismatiques , de quoi il a déja
donné quelques marques , en leur accordant la
permission de rébâtir leurs Eglises consumées
dans le dernier Incendie .
Ce Ministre s'est d'abord appliqué à rétablir
icy l'abondance des Vivres ; plusieurs Navires
étant déja partis de ce Port pour aller chercher
des Bleds ; et comme la Viande commençoit à
être à un trop haut prix , il a fait dire au Chef
des Bouchers qu'il le feroit pendre si on en manquoit.
Cette ménace a produit un merveilleux
effet ; la Viande étant presentement bien plus
abondante , et à son prix ordinaire. Ainsi l'une
des principales causes du mécontentement étant
ôtée , nous nous trouvons dans une assez grande
tranquillité , et on n'entend plus parler de rébellion
ni d'incendie.
Il y a quelques jours que le Prince de Valachie
a été déposé , la Porte a mis à sa place le
fils du Waivode Nicolas Maurocordato , ce dernier
étant mort de la Peste quelques jours avant
la derniere Rebellion .
Il y a eu quelque mutinerie dans l'Armée des
Turcs sur la Frontiere de Perse , et le bruit a
même couru que le Seraskier ou Commandant
en chef avoit passé par le sabre des Mutins . On
a tenu là- dessus de fréquentes Conferences à la
Porte.
I. Vol.
Le
2882 MERCURE DE FRANCE
Le Tefterdar ou Grand -Trésorier , qui étoit
sur la Liste du dernier Vizir déposé , pour ceux
qui devoient être releguez, a été élevé à la Charge
de Pacha à trois queues , conservant cependant
sa Charge de Grand- Trésorier ; on croit même
qu'il pourra succeder au Grand- Vizir. C'est un
homme de beaucoup d'esprit et de mérite.
Le Patriarche de Constantinople en charge , a
été d'abord confirmé par le nouveauG. V. ce qui
affoiblit l'esperance dont se flatoit le Patriarche
Jeremie son Concurrent , de remonter à ce Poste
éminent ; cependant ce Prélat s'est accommodé
et promis de se retirer ; sur quoi on lui a conferé
l'Archevêché de Negrepont : il est encore actuellement
chez les PP. Capucins de Pera , sans qu'on
dise que son départ soit fixé.
ou
Aujourd'hui le Prince de Scherbataf,, envoyé
de la Czarine , est arrivé à Ponte- Piccolo
il doit rester deux jours , et le S. de ce mois faire
son Entrée publique dans Pera-lès - Constantinople.
1
Suivant les dernieres nouvelles de l'Armée , les
Persans étoient retranchez sous le Canon de
Tauris avec 1 5oooo. Combattans , et paroissoient
n'avoir nulle envie de donner bataille; mais nous
apprenons aujourd'hui qu'elle a été donnée sans
qu'on dise qui des Turcs ou des Persans a commencé
l'attaque , ni ce qui peut l'avoir occasionnée;
on assure seulement que l'action a été trèsconsiderable
et au désavantage des Persans. Voici
les principales circonstances qu'on public.
La Bataille dont on ne fixe pas le jour , a duré
heures entieres. Le Pacha de Babylone y commandoit
en chef l'Armée de la Porte, comme Seraskier.
Les deux premieres heures se sont passées
dans un feu continuel du Canon et de la Mous-
I. Vol. queterie
DECEMBRE 1731. 2883
queterie, et les cinq dernieres à combattre à
Coups de Sabre. La victoire a cu de la peine à se
déterminer ; les Turcs ont perdu 12 mille hommes
, parmi lesquels étoit l'élite des plus braves
Officiers que le Commandant avoit cu soin de
placer auprès de lui.
✓
Du côté des Persans , toute l'Infanterie est
presque restée sur le champ de bataille ; leur Bagage
est tombé entre les mains des Turcs , qui
ont trouvé dans les dépouilles les Ornemens
Royaux de Schach Thamas ; ce Monarque s'étant
à peine sauvé du debris de son Armée, Sans
parler de 30 Pieces de Canon de fonte , qui sont
d'une telle beauté , que les Turcs croyent que
c'est l'ouvrage des Chrétiens. Outre ce butin si
considerable , les Turcs ont trouvé dans Hamadan
100. Pieces de Canon ; sçavoir , 70. qu'ils y
avoient laissez , et 30. dont les Persans avoient
augmenté l'Artillerie de cette Place.
Cette nouvelle a été annoncée au Peuple pen
dant trois jours consecutifs et par trois décharges
par jour de toute l'Artillerie du Serrail.
Nonobstant la publication de ce grand avanta
ge , il semble. que cette Guerre ne soit pas du
goût de la Nation. Les Lettres qui nous appren
nent ces circonstances , confirment qu'il y a eu
quelque mutinerie dans l'Armée des Turcs , mais
elles ne confirment pas que le Seraskier ait été sabré
par les Mutins , comme on l'avoit dit ; on voir
au contraire , que ce General a conduit toute
P'Action , et que c'est à lui qu'est duë la victoire
dont on fait ici tant de bruit.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
La lettre datée du 2 novembre 1731 de Constantinople relate divers événements politiques et militaires. Le nouveau Grand Vizir, Topal Osman, se distingue par son attitude modérée et généreuse envers les Chrétiens, permettant la reconstruction de leurs églises détruites par un incendie. Il a également pris des mesures pour rétablir l'abondance des vivres et stabiliser les prix de la viande, contribuant ainsi à apaiser les tensions et éviter les rébellions. Le Prince de Valachie a été déposé et remplacé par le fils de Nicolas Maurocordato, décédé de la peste. Des mutineries ont été signalées dans l'armée turque à la frontière perse, mais le Seraskier a mené une bataille victorieuse contre les Persans, capturant des trésors et des canons. Le Tefterdar a été promu au rang de Pacha à trois queues tout en conservant son poste, et est considéré comme un potentiel successeur au Grand Vizir. Le Patriarche de Constantinople a été confirmé dans ses fonctions, tandis que son concurrent, Jérémie, a accepté un archevêché à Negrepont. L'envoyé de la Czarine, le Prince de Scherbataf, est arrivé à Ponte-Piccolo et doit faire son entrée publique à Pera-lès-Constantinople. Les nouvelles de l'armée indiquent que les Persans étaient retranchés à Tauris, mais une bataille a eu lieu, dont les détails exacts restent flous. Les Turcs ont subi des pertes importantes, mais ont finalement remporté la victoire, capturant des trésors et des canons persans. Malgré cette victoire, la guerre semble impopulaire parmi la population.
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781
p. 3045
« Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Début :
Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...]
Mots clefs :
Perse, Gouverneur, Château, Salzbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Lle Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage,
une partie du secours que le Grand- Seigneur
envoyoit au Pacha , Gouverneur d'Erivan ; mais
que le reste de ce secours étant arrivé , les Turcs
avoient battu les Persans.
Ont écrit de Stokolm , que M. Finch , Ministre
du Roy d'Angleterre , avoit reçu ordre de
déclarer aux Directeurs de la nouvelle Compa
gnie des Indes , que S. M. B. et la Nation Angloise
prendroient toutes les mesures imaginables
pour empêcher le succès de leur nouveau
Commerce , si on venoit à découvrir que quelques-
uns des principaux Interessez de la Compagnie
d'Ostende y eussent mis des fonds.
On mande de Saltzbourg , que le 27. Novembre
, deux Compagnies de Dragons y avoient,
amené 460. Montagnards avec leurs femmes ,
leurs enfans et leurs domestiques , et que le len
demain ces mêmes Compagnics étoient retournées
dans les Montagnes pour en chercher d'autres
que le même jour > 2.5. de leurs Chefs
avoient été enfermez dans le Château ; qu'on
avoit embarqué les autres pour les envoyer en
Hongrie , et qu'à l'égard de leurs enfans , les
Bourgeois de Saltzbourg les avoient pris chez
eux pour les faire élever .
une partie du secours que le Grand- Seigneur
envoyoit au Pacha , Gouverneur d'Erivan ; mais
que le reste de ce secours étant arrivé , les Turcs
avoient battu les Persans.
Ont écrit de Stokolm , que M. Finch , Ministre
du Roy d'Angleterre , avoit reçu ordre de
déclarer aux Directeurs de la nouvelle Compa
gnie des Indes , que S. M. B. et la Nation Angloise
prendroient toutes les mesures imaginables
pour empêcher le succès de leur nouveau
Commerce , si on venoit à découvrir que quelques-
uns des principaux Interessez de la Compagnie
d'Ostende y eussent mis des fonds.
On mande de Saltzbourg , que le 27. Novembre
, deux Compagnies de Dragons y avoient,
amené 460. Montagnards avec leurs femmes ,
leurs enfans et leurs domestiques , et que le len
demain ces mêmes Compagnics étoient retournées
dans les Montagnes pour en chercher d'autres
que le même jour > 2.5. de leurs Chefs
avoient été enfermez dans le Château ; qu'on
avoit embarqué les autres pour les envoyer en
Hongrie , et qu'à l'égard de leurs enfans , les
Bourgeois de Saltzbourg les avoient pris chez
eux pour les faire élever .
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Résumé : « Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Le roi de Perse a attaqué avec succès une partie des renforts envoyés par le Grand Seigneur au Pacha d'Erivan. Cependant, les Turcs, renforcés par le reste des troupes, ont vaincu les Persans. À Stockholm, il a été rapporté que M. Finch, ministre du roi d'Angleterre, avait reçu l'ordre de déclarer aux directeurs de la nouvelle Compagnie des Indes que la Grande-Bretagne empêcherait le succès de leur commerce si des fonds de la Compagnie d'Ostende étaient impliqués. À Salzbourg, le 27 novembre, deux compagnies de dragons ont amené 460 montagnards avec leurs familles. Le lendemain, ces compagnies sont retournées chercher d'autres montagnards. Vingt-cinq chefs ont été emprisonnés, tandis que les autres montagnards étaient envoyés en Hongrie. Les enfants des montagnards ont été confiés aux bourgeois de Salzbourg pour être élevés.
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782
p. 3047-3050
REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
Début :
Les Troupes Espagnoles qu'on introduira dans les Places de la Toscane, seront payées et entretenues [...]
Mots clefs :
Toscane, Bataillons, Dragons, Garnisons, Lisbonne, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
REGLEMENT fait et publié à
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
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Résumé : REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
Le règlement de Livourne, daté de décembre 1731, traite de l'introduction et de l'entretien des troupes espagnoles dans les places de la Toscane. Les troupes espagnoles seront financées et entretenues par le roi d'Espagne, sans implication du trésor du Grand-Duc ou du pays. Deux bataillons de troupes espagnoles, accompagnés de 300 dragons, entreront à Pise, tandis que deux autres bataillons iront à Porto-Ferrajo. À Livourne, 60 à 70 dragons et autant d'infanterie seront stationnés en attendant la décision du Comte de Charni et du gouverneur concernant les quartiers des autres troupes. Le Comte de Charni exercera le commandement militaire suprême à Livourne, où les troupes espagnoles et toscanes serviront alternativement. Les galères du Grand-Duc resteront sous le commandement de Son Altesse Royale, qui pourra également ajuster le nombre de troupes toscanes dans la garnison de Livourne. Le salut sera rendu selon les coutumes locales, et les officiers espagnols et toscans partageront l'autorité à Porto-Ferrajo. Un inventaire de l'artillerie et des équipements du Grand-Duc sera dressé, et les commandants espagnols en recevront une copie. Son Altesse Royale pourra se procurer des provisions et des munitions à Livourne et Porto-Ferrajo, à condition qu'elles lui appartiennent. En cas de besoin, les Espagnols pourront acheter des provisions des magasins du Grand-Duc à un prix raisonnable. Le document est signé par Frère Sauveur Ascanio, Emmanuel Comte de Charni, le Marquis de Mari, Charles Renuccini, Charles Wager, et François Colman. Par ailleurs, des nouvelles de Lisbonne signalent l'arrivée de vaisseaux de la flotte de Rio de Janeiro apportant une grande quantité d'or et de marchandises.
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783
p. 3051-3052
Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Début :
Les dernieres Lettres de Constantinople ne confirment pas les premiers avis qu'on avoit [...]
Mots clefs :
Constantinople, Armée du roi de Perse, Traité de paix, Puissance chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Lconfirment
pas les premiers avis qu'on avoit
cûs de la Victoire remportée par les Turcs sur
P'Armée du Roi de Perse : elles ne font mention
que de quelques avantages peu considerables.
Par un Courier arrivé à Vienne le 23 Decembre
de Constantinople , on a appris qu'il y avoit
un Traité de Paix conclu entre le G. S. et le
Roi de Perse , qu'on devoit faire incessamment
des réjouissances à ce sujet , et que comme on
continuoit d'y faire de grands préparatifs de
Guerre on croyoit que S. H, avoit résolu ,
pour contenter le Peuple et les Janissaires de
déclarer la Guerre à quelque Puissance Chrézienne.
II, Vol .
,
On
3052 MERCURE DE FRANCE
On apprend aussi de Vienne , que le Roy de
Pologne , l'Electeur Palatin , et l'Electeur de Ba
viere s'étoient excusés de signer les Garanties de
la Pragmatique-Sanction , par laquelle l'Empereur
veut assurer à l'Archiduchesse , sa Fille ainée
, la succession des Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche.
On apprend de Coppenhague , que le Roi de
Dannemarck a accordé à la Reine le revenu de
la pêche des Perles de Drontheim en Norwegue
dont la Reine Douairiere joüissoit , et qui a rapporté
quelquefois jusqu'à 80000 Ecus.
2
Le 8 de ce mois , il arriva à Naples un Courier
de Vienne , avec les Lettres Patentes de l'Empereur
, par lesquelles le Comte d'Harrach est
continué dans les fonctions de Viceroy dans co
Royaume pendant trois ans & c.
pas les premiers avis qu'on avoit
cûs de la Victoire remportée par les Turcs sur
P'Armée du Roi de Perse : elles ne font mention
que de quelques avantages peu considerables.
Par un Courier arrivé à Vienne le 23 Decembre
de Constantinople , on a appris qu'il y avoit
un Traité de Paix conclu entre le G. S. et le
Roi de Perse , qu'on devoit faire incessamment
des réjouissances à ce sujet , et que comme on
continuoit d'y faire de grands préparatifs de
Guerre on croyoit que S. H, avoit résolu ,
pour contenter le Peuple et les Janissaires de
déclarer la Guerre à quelque Puissance Chrézienne.
II, Vol .
,
On
3052 MERCURE DE FRANCE
On apprend aussi de Vienne , que le Roy de
Pologne , l'Electeur Palatin , et l'Electeur de Ba
viere s'étoient excusés de signer les Garanties de
la Pragmatique-Sanction , par laquelle l'Empereur
veut assurer à l'Archiduchesse , sa Fille ainée
, la succession des Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche.
On apprend de Coppenhague , que le Roi de
Dannemarck a accordé à la Reine le revenu de
la pêche des Perles de Drontheim en Norwegue
dont la Reine Douairiere joüissoit , et qui a rapporté
quelquefois jusqu'à 80000 Ecus.
2
Le 8 de ce mois , il arriva à Naples un Courier
de Vienne , avec les Lettres Patentes de l'Empereur
, par lesquelles le Comte d'Harrach est
continué dans les fonctions de Viceroy dans co
Royaume pendant trois ans & c.
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Résumé : Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et politiques. Initialement, les informations sur une victoire des Turcs contre l'armée perse étaient exagérées. Un courrier du 23 décembre à Vienne a révélé un traité de paix entre le sultan ottoman et le roi de Perse, mais des préparatifs de guerre continuaient, suggérant une possible déclaration de guerre contre une puissance chrétienne pour apaiser le peuple et les janissaires. Par ailleurs, le roi de Pologne, l'électeur palatin et l'électeur de Bavière ont refusé de signer les garanties de la Pragmatique Sanction, un acte visant à assurer la succession des pays héréditaires de la Maison d'Autriche à l'archiduchesse, fille aînée de l'empereur. Enfin, le roi de Danemark a accordé à la reine le revenu de la pêche des perles de Drontheim en Norvège, une source de revenus ayant rapporté jusqu'à 80 000 écus. Le 8 du mois, un courrier de Vienne à Naples a apporté les lettres patentes de l'empereur nommant le comte d'Harrach vice-roi du royaume de Naples pour trois ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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784
p. 3052-3056
Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné son agrément pour le Mariage du Prince de Conti avec [...]
Mots clefs :
Duc, Roi, Orateur, Course de traîneaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
FRANCE ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
En décembre 1731, le roi de France approuva le mariage du Prince de Conti avec Mademoiselle de Chartres, sœur cadette du Duc d'Orléans, et de Mademoiselle de Beaujolais. Une demande de dispenses fut envoyée à Rome pour permettre la célébration prévue le 22 janvier. Le Comte d'Ayen prêta serment pour la charge de Capitaine de la première Compagnie des Gardes du Corps, en survivance de son père, le Duc de Noailles, et commença à exercer conjointement avec lui. Le roi accorda également au Marquis de Ximenés, Brigadier des Armées, l'agrément pour la charge de Maréchal Général des Logis des Camps et Armées. Le 10 décembre, une course de traîneaux se tint dans le parc de Versailles, avec la participation du roi et de plusieurs nobles. Le 18 décembre, de nouveaux membres furent intégrés aux Chambres du Parlement, dont M. Talon, Président à Mortier, et M. Joly de Fleury, Avocat Général. Le jour de Noël, un incendie détruisit une maison à Estrées-Saint-Denis, près de Compiègne, appartenant au Sr. de Ste Croix. La veille de Noël, le roi communia et toucha un grand nombre de malades. Le 25 décembre, le roi et la reine assistèrent à la grande-messe et à la prédication du Père Boursault, Supérieur des Théatins, qui reçut une admiration unanime pour ses sermons.
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785
p. 3075-3077
Promotion d'Officiers Géneraux.
Début :
Le Roy a fait Lieutenant Generaux. Messieurs Le Marquis de Livry. [...]
Mots clefs :
Régiment, Lieutenant, Brigadier, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Promotion d'Officiers Géneraux.
Le Roy a fait Lieutenant Generaux.
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
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Résumé : Promotion d'Officiers Géneraux.
En décembre 1731, le roi a procédé à plusieurs nominations et promotions militaires. Les Marquis de Livry, Ceberet, M. de Louville, M. de Mallebois et le Comte de Belle-Île ont été nommés lieutenants généraux. Les Marquis de Lille et le Chevalier de Rocausel ont été promus maréchaux de camp. Le Chevalier de l'Isle a reçu le Régiment de la Fère, tandis que le Marquis de Fleury a obtenu celui d'Angoumois. M. Bosnier a cédé sa charge de maréchal général des logis des camps et armées au Marquis de Ximenes. Le Gouvernement de Seyne a été confié au Comte de Chastellux, celui de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon à M. de Montalembert, la majorité d'Arras à M. du Roure, et la lieutenance royale de Sisteron à M. de Leautaud. Le Comte de Casteja a été nommé sous-lieutenant de la Compagnie des Chevaux légers d'Orléans et ministre plénipotentiaire auprès du roi de Suède. Enfin, le Marquis de Vassy a été nommé enseigne de la Compagnie des Gendarmes de Bretagne, et M. de la Chaise, cornette de la Compagnie des Chevaux légers de la Reine.
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786
p. 315-316
LOGOGRIPHE.
Début :
Mon nom a fait trembler Paris, [...]
Mots clefs :
Cartouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE.
MonOn- noma fait trembler Paris
J'ai même vú ma tête à prix :
Je fus depuis Heros de Comédie ,
•
Le Monde apprit par là l'histoire de mavie,
Je suis encor propre au Soldar.
En tout tems , dans la Ville , en Campagne , a
Combat.
Tranche mon dernier tiers, je presente une Fille,
Connuë à l'Opera , fort tendre , et fort gentille,
Rends moy vite dans mon entier •
De mes tiers tranche le premier ›
Et fais ce que fait un bon Maître ,
C'est le seul moyen de connoître ,
Si le corps quel qu'il foit , est dur , mol , froid
ou chaud.
Dans matotalité remets moi de nouveau ;
Je suis connu du Genealogiste ,
Le Peintre m'a fait naître , et sans que je resiste,
L'Architecte m'ordonne et dispose de moi ,
Contraint
316 MERCURE DE FRANCE
Contraint d'obéir à sa loy ;
2 j
Autrefois dans un corps aussi fameux qu'habile
Mon premier tiers tout seul causa tant de debat ,
Que sans avoir égard à son ancien état ,
On voulut le chasser comme membre inutile,
La Font
MonOn- noma fait trembler Paris
J'ai même vú ma tête à prix :
Je fus depuis Heros de Comédie ,
•
Le Monde apprit par là l'histoire de mavie,
Je suis encor propre au Soldar.
En tout tems , dans la Ville , en Campagne , a
Combat.
Tranche mon dernier tiers, je presente une Fille,
Connuë à l'Opera , fort tendre , et fort gentille,
Rends moy vite dans mon entier •
De mes tiers tranche le premier ›
Et fais ce que fait un bon Maître ,
C'est le seul moyen de connoître ,
Si le corps quel qu'il foit , est dur , mol , froid
ou chaud.
Dans matotalité remets moi de nouveau ;
Je suis connu du Genealogiste ,
Le Peintre m'a fait naître , et sans que je resiste,
L'Architecte m'ordonne et dispose de moi ,
Contraint
316 MERCURE DE FRANCE
Contraint d'obéir à sa loy ;
2 j
Autrefois dans un corps aussi fameux qu'habile
Mon premier tiers tout seul causa tant de debat ,
Que sans avoir égard à son ancien état ,
On voulut le chasser comme membre inutile,
La Font
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787
p. 920-932
LETTRE d'un Officier General des Armées du Roy à un de ses Amis, qui est en Province, au sujet d'un Ouvrage Historique.
Début :
Pour satisfaire, Monsieur, à ce que vous souhaitez de moi, [...]
Mots clefs :
Prince Eugène, Histoire militaire, Ouvrage historique, Dumont, Batailles, Historiens, Guerre, Louis XIV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Officier General des Armées du Roy à un de ses Amis, qui est en Province, au sujet d'un Ouvrage Historique.
LETTRE d'un Officier Genera' des
Armées du Roy à un de ses Amis , qui
est en Province , au sujet d'un Ouvrage
Historique.
Our satisfure , Monsieur , à ce que
Pvous souhait z de moi , touchant
P'Histoire Militaire du Prince Eugene de
Savoye , du Duc de Malbourough, et du
Prince de Nassau-Frise , qui a été annoncée dans les Nouvelles publiques ,
j'aurai l'honneur de vous dire que ce Livre est une suite des Batailles que le
Prince Eugene a gagnées en Hongrie et
contre la France , qui ont paru en l'année 1728. Elles ont été données par
M. Dumont , qui se qualifie de Baron de
Calescroon , et Historiographe de S.M.I. Comme
MAY. 17321 921
Comme je n'ai point vâ ce Livre des Batailles , je ne vous en dirai rien , je me
contenterai de vous dire quelque chose
de l'Histoire Militaire en question , dont
on a emprunté le Titre de l'Histoire Militaire de Louis XIV. que vous avez , et
qui a commencé à paroître en l'année
1726.
Cet Ouvrage est divisé en deux Parties ; la premiere porte le Titre de Supplement aux Batailles du Prince Eugene ,
par le même M. Dumont , et à la tête est
une Préface de l'Editeur ; elle comprend
une Histoire particuliere de ce Prince en
61. pages , dans laquelle il ne se contente
pas de marquer le grand nombre de conquêtes que ce Prince a faites et des Batailles qu'il a veritablement gagnées ; mais
pour donner encore un plus grand lustre
à la gloire qu'il a si justement acquise , il
lui attribue le gain de plusieurs Batailles qu'il a perdues contre l'Armée des
deux Couronnes. Vous le trouverez mal
instruit des Maisons de France , puisqu'il
fait le Prince de Turenne fils du Duc de
Crequy , et qu'il donne le Prince de Talmont comme étant de la Maison de Lorraine.
La seconde Partie a 338. pages. Elle
est de M. Rousset , qui ne prend aucune
qualité,
922 MERCURE DE FRANCE.
qualité; il dit seulement qu'il a été témoin de la plupart des évenemens qui
se sont passez dans la guerre qu'il décrit.
>>Nous n'avons pû citer en marge, dit- il
» dans son Avertissement , les Auteurs
>> dont nous avons emprunté nos Maté-
» riaux, parce qu'outre l'Histoire Mili-
» taire de Louis XIV. par M. Dequincy ,
>> et les Mémoires du Tems , nous n'avons
»eu recours qu'à des Relations manus-
>> crites que nous tenons de bonnes mains,
» et à des Lettres de Generaux et d'autres
» Officiers.... Nous avons évité , autant
» que nous avons pû , la coûtume de tant
» d'Historiens qui ne parlent de leurs Hé-
»ros que l'Encensoir à la main. Les basses
»flateries dont M. Dequincy a soupoudré
»toute l'Histoire Militaire de Louis XIV.
»> nous ont montré un écueil
» avons bien résolu d'éviter.
que nous
M. Rousset a mal suivi sa résolution ,
puisqu'il est tombé lui même dans ce
prétendu deffaut qu'il reproche à l'Auteur de l'Histoire Militaire , et qu'il a
cependant bien résolu d'éviter ; vous le
connoîtrez visiblement par la lecture de son Livre , que j'offre de vous
envoyer; si vous ne trouvez pas à propos
de l'achepter , vous verrez que non- seulement il ne se contente pas des loüanges
outrées
M. A Y. 1732. 523
outrées qu'il donne aux trois Princes dont
il donne l'Histoire Militaire , et aux autres Generaux des Alliez ; il ne les soupoudre point , à la verité , de loüanges
( expression qui est nouvelle , et qui , je
crois , ne fera pas fortune ) mais accompagnée d'épithetes quine sont plus , pour
ainsi dire , consacrez qu'à la Poësie ,
et sur tout aux Romans. Il croit même
les Victoires que le Prince Eugene a
remportées ne suffisent pas à sa gloire ,
s'il ne lui donne , de sa propre autorité ,
le gain de quelques Batailles qu'il a perduës , entr'autres celles de Luzara et de
Cassano.
que
Vous sçavez que dans le Combat de
la Villorsa , qui préceda la Bataille de
Luzara , les Alliez y perdirent plus de
2000. Cuirassiers de l'Empereur , que
commandoit le General Vo comti. Cet
Auteur ne fait perdre aux Alliez que
5oo. hommes , pendant qu'il trouve à propos de faire monter la perte des deux Couronnes à 2000. Il vient ensuite à la Bataille
de Luzara , dont il donne le gain au Prince
Eugene , étant resté Maître , dit- il , du
Champ de Bataille, quoiqu'il soit d'une notorieté inévitable que ce Prince fut obligé,
près de grands efforts , et après avoir fait
une perte considerable, dese retirer sur les
bords
924 MERCURE DE FRANCE
bords du Zero , où il se retrancha , il n'y
a cependant qu'à refléchir sur ce qui se
passa , pour détruire ce que M. Rousset
a osé avancer. Le dessein du Roi d'Espagne, lorsqu'il marcha à Luzara , fut de
s'emparer de ce poste ; parce que les Ennemis y avoient de gros Magazins , d'y
faire un Pont pour communiquer avec
l'Armée du Prince de Vaudemont , et de
couper toute communication de Bresello
avec l'Armée du Prince Eugene ; tout
cela fut executé , quoique le Prince Eugene n'eût décampé d'Osliglice que pour
s'y opposer , la Prise de Luzara n'a pû
être contestée , puisque le Marquis de
Crequy y fut enterré en presence de sso
Prisonniers qu'on y avoit fait le jour précedent , et de tous ceux qu'on avoit faits
le jour de la Bataille. Il est vrai que le
Roy d'Espagne fit retirer un peu en rrière la droite de son Armée , où elle
resta en Bataille toute la nuit , mais aussi
la gauche , composée de la Brigade de
Piémont , la passa dans l'endroit qu'elle
avoit combattu.
preuves ,
attribuer
Voyons présentement si M. Rousset a
pû, sur de meilleures
le gain de la Bataille deCassano au Prince
Eugene. Vous sçavez , Monsieur , puisque vous y étiez, que le Prince Eugene
n'avoit
MAY. 1732 925
n'avoit d'autre but que de joindre le Duc
de Savoye ; il ne le pouvoit faire qu'en
passant l'Adda ; après avoir fait plusieurs
tentatives inutiles en plusieurs endroits ,
il crut pouvoir le faire à Cassano, M. le
Duc de Vendôme y marcha avec ce qu'il
put ramasser de Troupes , pour s'y opposer. Le Prince Eugene , après un Combat des plus vifs et des plus sanglants , et
après avoir fait une perte considerable,fut
obligé d'abandonner le Champ de bataille
et de se retirer à Tréviglio , où il se couvrit de Naville et de Canande , ce qui
fit qu'on ne le put suivre dans sa retraite.
En un mot , ce Prince veut passer l'Adda,
il est répoussé , il y perd cinq ou six
mille hommes , abandonne le Champ de
Bataille. Un Auteur après cela ose- t'il
avancer qu'il la gagna,cette Bataille?Vous
le trouverez aussi infidele dans le récit
qu'il fait de la Bataille de Castigliane ,
que gagna M. de Vendôme en l'année
1706. contre le General Raventlau. Il
traite cette Action comme un petit Combat , quoique les Ennemis y eussent laissé
300. hommes sur le Champ de Bataille ,
et qu'on leur eût fait environ le même
nombre de Prisonniers.
Il en est de même dans le détail qu'il
fait de la Bataille d'Ekereu , que gagna
le
326 MERCURE DE FRANCE
le Maréchal de Bouflers , contre le Baron
Dobdam , qui voyant ses Troupes forcées
dans les Postes qu'elles occupoient , se retira avec les premieres et ne parut plus.
Il n'y a pas jusqu'à la Bataille de Fredelingue , dont il attribüę le gain au Prince
de Bade , en le favorisant du Champ de
Bataille ; tout le monde sçait que ce Prince , après une Action qui mérita le Bâton
de Maréchal de France à M. de Villars ,
fut contraint de se retirer avec son Armée dans les Montagnes Noires ; cet Auteur perd même le respect qui est dû à
un General si renommé par un si grand
nombre d'Actions éclatantes , en le traitant dans plusieurs endroits de fanfaron
et sujet à des gasgonades ; vous croyez
bien que de pareils traits dans un Historien , ne peuvent qu'attirer l'indignation des honnêtes g ns , et ne sont pas ca- gns,
>
pables de donner la moindre atteinte à
réputation d'un General qui a joué un
si grand Rôle dans l'Europe.
Mais doit- on attendre autre chose d'un
Auteur qui pousse l'audace , pour ne rien
dire de plus , jusqu'à vouloir flétrir la
réputation d'un Prince aussi respectable
qu'il est malheureux , c'est du Prétendant,
dont il fait, une peinture aussi odieuse
qu'elle est fausse , c'est avec peine que je
me
MAY 1732. 927
me trouve obligé de vous en rapporter
les mêmes termes , que je renfermerois
dans l'oubli , si M. Rousser ne les avoit
rendus publics , en donnant son Histoire. Les voici , mot pour mot
trouverez à la page 245.
› que vous
Louis XIV. dit - il , qui étoit l'ame
»de tous les projets de ses Généraux , en
» avoit formé d'aussi magnifiques qu'ils
» étoient vastes , pour cette Campagne ;
»mais par malheur , tout dépendoit du
» premier, et celui - cy dépendoit du vent,
» et de l'homme le plus lâche de tous
ceux qui ont jamais porté le nom de
» Prince. Ce premier mobile de tous les
» projets du Roy de France , étoit une
» descente en Ecosse , pour une Flotte
» Françoise, armée à Dunkerque, qui devoit
» porter le Prétendant. S.M.T.C. croyoit
» qu'aussi- tôt que la Flotte auroit mis à
» terre ce prétendu Roy , toute l'Ecosse
» se souleveroit , et que le moindre avan-
» tage qu'il en tireroit , seroit la supérion rité qu'acqueroient ces Troupes en Flan
dres; d'où la Reine Anne auroit été obii-
» gée de tirer au moins trente Bataillons;
» et d'où il s'en seroit suivi , que l'on au-
»roit aisément contraint les Hollandois
>> à quitter la grande alliance et à faire
» leur paix. Mais Louis XIV. éprouva
qu'il
928 MERCURE DE FRANCE
» qu'il n'étoit pas le maître des Vents, qui »devinrent contraires , et l'idée d'aller
tirer l'Fpe en Ecosse , donna la fiévre
» au Prétendant, qui ne put s'embarquer,
» quand il l'auroit fallu , et qui s'embar-
» qua lorsqu'il n'étoit plus temps.
Quelle idée cet Auteur veut il donner
à l'Europe d'un Prince que nous avons
vu dans les dernieres Campagnes, donner
des marques d'une si grande valeur , et
d'une si grande intrépidité ; principalement à la Bataille de Malplaquet , où il
resta pendant toute l'action avec une
grande fermeté , à la tête du premier EsCadron de la Maison du Roy , malgré un
feu épouventable , dont un des deux Of
ficiers qu'on avoit mis auprès de sa Personne , fut tué à ses côtez. Il chargea même, avec la Maison du Roy , plusieurs fois les Ennemis.
Ce n'est pas tout , la témérité de cet
Auteur l'a porté à changer le discours
que Louis XIV. fit au Dauphin avant sa
mort , et qui est écrit en Lettre d'Or , à
coté du lit de Louis XV. Souffrez que je
vous le rappelle pour vous faire voir combien il est different de celui que M.Rousset fait tenir à ce grand Prince.
Mon enfant, vous allez être un grand
Roy, ne m'imitez pas dans le goût que
j'ai
MAY. 1732. 929
j'ai eu pour la Guerre; tâchez d'avoir la
paix avec vos voisins ; rendez à Dieu ce
que vous lui devez; reconnoissez les obligations que vous lui avez, faites- le honorer par ces Sujets, suivez toujours les bons
conseils , tâchez de soulager vos peuples ,
ce que je suis assez malheureux de n'avoir
pû faire.
Et voicy ce que M. Rousset trouve à
propos de lui faire dire ; vous y trouverez une difference qui n'est pas excusable dans un Auteur : Ne suivez pas les
mauvais exemples que je vous ai donnez;
j'ai souvent entrepris la Guerre trop lé
gerement , et je l'ai soutenue par vanité.
Après tant d'infidélités , qui ne sont pas
pardonnables dans un Historien , vous reconnoîtrez sa mauvaise foy , par rap
port aux Citations de la plupart des faits
qu'il rapporte. Il dit dans son Avertissement, comme je vous l'ai déja marqué
qu'il n'a pû citer les Auteurs dont il a
emprunté les matériaux , parce qu'outre
l'Histoire Militaire de Louis XIV. et les
Mémoires du temps , il n'a eu recours
qu'à des Relations manuscrites, que nous
tenons , dit- il , de bonnes mains.
Il commence son Histoire par les deux
Traitez de partage de la Monarchie d'Espagne, dont il à tiré mot à mot, 10 pag.
de
30 MERCURE DE FRANCE
de suites , de l'Histoire Militaire de Louis
XIV. Il a , à la vérité , la bonne foy de
marquer par un renvoi au bas de la page,
le nom de son Auteur; mais il n'a pas eu
la même exactitude , à l'égard de plusieurs autres articles du même Historien
entremêlez , avec ce qu'il a tiré des Mémoires de la Torve. La même bonne foy
paroît dans la Relation qu'il donne de la
bataille d'Hochetet, qui contient 16 pag.
ayant pareillement , par un renvoi , cité
l'Auteur de l'Histoire Militaire ; mais il
en demeure- là dans tout le reste de son
Ouvrage, croyant que cela étoit suffisant
pour la fidelité qu'il avoit promise et qu'il
n'a pas tenuë.
Vous en serez convaincu dès la page
65 , où il donne une Relation de l'action
de Crémone qui est en 16 pag. et qu'il
prise toute entiere dans l'Histoire Militaire , sans aucune citation. Toutes les dispositions pour le Siége de Turin , qui commencent à la page 135. ce qui s'est passé
à l'attaque de cette Place ; les mouvemens
du Duc de la Feüillade pendant ce Siége ;
ceux du Prince Eugêne , à la tête de
l'armée Impériale , pour joindre le Duc
de Savoye ; et ceux que le Duc d'Orleans
a faits pour s'y opposer ; aussi bien que
les dispositions des Alliez , pour attaquer
les
MAY. 1732 937
les Lignes ; et le récit de cette grande ac
tion , le tout contenant 72 pag. est ti
ré du même Auteur , sans l'avoir cité.
La tentative que le Prince Eugêne a
faite pour surprendre Brisac , est copiée
mot à mot de l'Histoire Militaire , en 4
pages. Vous trouverez à la page 242. la
levée du Siége de Toulon toute entiere
dans le même Historien , en 26 pag.aussibien que la surprise de Gand , par l'Elec
teur de Baviere , en s pag. le Combat de
Vincudal , en 4 la description des Lignes
de l'Escarpes , et la disposition des Troupes pour leurs deffenses , en 5.le Siege de
la Citadelle de Tournai , en 6. Ce qu'il
donne du Siége de Doüay , en 4. et enfin
à la page 320. L'action entiere de Denain,
en douze pages et le tout sans nulle citation ; par le petit détail que je vous
donne de cet Ouvrage , vous connoîtrez
qu'il a tout tiré de l'Histoire Militaire de Louis XIV . et que dans 335. pages
qui composent l'Histoire de M. Rousser,
y en a 180. qu'il a prises dans cet Historien, et qu'il n'a cité que les deux Traitez de partage ; et la Relation de la Bataille d'Ochstet , qui contiennent ensemble 46 pag. comme les ayant tirées de cet
Auteur. Au reste , ce Livre est en grand
Papier Imperial, de belle Impression
E orné
932 MERCURE DE FRANCE
orné de trois Cartes Géographiques de la
Flandre , et de 53 Planches bien gravées ,
dont quelques Plans , commeceux de Cléves, de Huy et de la Kenocque, et de plusieurs une pareil- autres , ne meritent pas
le dépense. Si vous prenez , Monsieur , le
parti de l'achepter , vous aurez une Histoire infidelle ; écrite par un Plagiaire , entremêlée de quelques traits de Satyres fort
imprudens ; mais en récompense vous
pourrez vous vanter d'avoir quelques Rames de magnifique papier et de tres- belles
Images. J'ay l'honneur d'être , &c.
Armées du Roy à un de ses Amis , qui
est en Province , au sujet d'un Ouvrage
Historique.
Our satisfure , Monsieur , à ce que
Pvous souhait z de moi , touchant
P'Histoire Militaire du Prince Eugene de
Savoye , du Duc de Malbourough, et du
Prince de Nassau-Frise , qui a été annoncée dans les Nouvelles publiques ,
j'aurai l'honneur de vous dire que ce Livre est une suite des Batailles que le
Prince Eugene a gagnées en Hongrie et
contre la France , qui ont paru en l'année 1728. Elles ont été données par
M. Dumont , qui se qualifie de Baron de
Calescroon , et Historiographe de S.M.I. Comme
MAY. 17321 921
Comme je n'ai point vâ ce Livre des Batailles , je ne vous en dirai rien , je me
contenterai de vous dire quelque chose
de l'Histoire Militaire en question , dont
on a emprunté le Titre de l'Histoire Militaire de Louis XIV. que vous avez , et
qui a commencé à paroître en l'année
1726.
Cet Ouvrage est divisé en deux Parties ; la premiere porte le Titre de Supplement aux Batailles du Prince Eugene ,
par le même M. Dumont , et à la tête est
une Préface de l'Editeur ; elle comprend
une Histoire particuliere de ce Prince en
61. pages , dans laquelle il ne se contente
pas de marquer le grand nombre de conquêtes que ce Prince a faites et des Batailles qu'il a veritablement gagnées ; mais
pour donner encore un plus grand lustre
à la gloire qu'il a si justement acquise , il
lui attribue le gain de plusieurs Batailles qu'il a perdues contre l'Armée des
deux Couronnes. Vous le trouverez mal
instruit des Maisons de France , puisqu'il
fait le Prince de Turenne fils du Duc de
Crequy , et qu'il donne le Prince de Talmont comme étant de la Maison de Lorraine.
La seconde Partie a 338. pages. Elle
est de M. Rousset , qui ne prend aucune
qualité,
922 MERCURE DE FRANCE.
qualité; il dit seulement qu'il a été témoin de la plupart des évenemens qui
se sont passez dans la guerre qu'il décrit.
>>Nous n'avons pû citer en marge, dit- il
» dans son Avertissement , les Auteurs
>> dont nous avons emprunté nos Maté-
» riaux, parce qu'outre l'Histoire Mili-
» taire de Louis XIV. par M. Dequincy ,
>> et les Mémoires du Tems , nous n'avons
»eu recours qu'à des Relations manus-
>> crites que nous tenons de bonnes mains,
» et à des Lettres de Generaux et d'autres
» Officiers.... Nous avons évité , autant
» que nous avons pû , la coûtume de tant
» d'Historiens qui ne parlent de leurs Hé-
»ros que l'Encensoir à la main. Les basses
»flateries dont M. Dequincy a soupoudré
»toute l'Histoire Militaire de Louis XIV.
»> nous ont montré un écueil
» avons bien résolu d'éviter.
que nous
M. Rousset a mal suivi sa résolution ,
puisqu'il est tombé lui même dans ce
prétendu deffaut qu'il reproche à l'Auteur de l'Histoire Militaire , et qu'il a
cependant bien résolu d'éviter ; vous le
connoîtrez visiblement par la lecture de son Livre , que j'offre de vous
envoyer; si vous ne trouvez pas à propos
de l'achepter , vous verrez que non- seulement il ne se contente pas des loüanges
outrées
M. A Y. 1732. 523
outrées qu'il donne aux trois Princes dont
il donne l'Histoire Militaire , et aux autres Generaux des Alliez ; il ne les soupoudre point , à la verité , de loüanges
( expression qui est nouvelle , et qui , je
crois , ne fera pas fortune ) mais accompagnée d'épithetes quine sont plus , pour
ainsi dire , consacrez qu'à la Poësie ,
et sur tout aux Romans. Il croit même
les Victoires que le Prince Eugene a
remportées ne suffisent pas à sa gloire ,
s'il ne lui donne , de sa propre autorité ,
le gain de quelques Batailles qu'il a perduës , entr'autres celles de Luzara et de
Cassano.
que
Vous sçavez que dans le Combat de
la Villorsa , qui préceda la Bataille de
Luzara , les Alliez y perdirent plus de
2000. Cuirassiers de l'Empereur , que
commandoit le General Vo comti. Cet
Auteur ne fait perdre aux Alliez que
5oo. hommes , pendant qu'il trouve à propos de faire monter la perte des deux Couronnes à 2000. Il vient ensuite à la Bataille
de Luzara , dont il donne le gain au Prince
Eugene , étant resté Maître , dit- il , du
Champ de Bataille, quoiqu'il soit d'une notorieté inévitable que ce Prince fut obligé,
près de grands efforts , et après avoir fait
une perte considerable, dese retirer sur les
bords
924 MERCURE DE FRANCE
bords du Zero , où il se retrancha , il n'y
a cependant qu'à refléchir sur ce qui se
passa , pour détruire ce que M. Rousset
a osé avancer. Le dessein du Roi d'Espagne, lorsqu'il marcha à Luzara , fut de
s'emparer de ce poste ; parce que les Ennemis y avoient de gros Magazins , d'y
faire un Pont pour communiquer avec
l'Armée du Prince de Vaudemont , et de
couper toute communication de Bresello
avec l'Armée du Prince Eugene ; tout
cela fut executé , quoique le Prince Eugene n'eût décampé d'Osliglice que pour
s'y opposer , la Prise de Luzara n'a pû
être contestée , puisque le Marquis de
Crequy y fut enterré en presence de sso
Prisonniers qu'on y avoit fait le jour précedent , et de tous ceux qu'on avoit faits
le jour de la Bataille. Il est vrai que le
Roy d'Espagne fit retirer un peu en rrière la droite de son Armée , où elle
resta en Bataille toute la nuit , mais aussi
la gauche , composée de la Brigade de
Piémont , la passa dans l'endroit qu'elle
avoit combattu.
preuves ,
attribuer
Voyons présentement si M. Rousset a
pû, sur de meilleures
le gain de la Bataille deCassano au Prince
Eugene. Vous sçavez , Monsieur , puisque vous y étiez, que le Prince Eugene
n'avoit
MAY. 1732 925
n'avoit d'autre but que de joindre le Duc
de Savoye ; il ne le pouvoit faire qu'en
passant l'Adda ; après avoir fait plusieurs
tentatives inutiles en plusieurs endroits ,
il crut pouvoir le faire à Cassano, M. le
Duc de Vendôme y marcha avec ce qu'il
put ramasser de Troupes , pour s'y opposer. Le Prince Eugene , après un Combat des plus vifs et des plus sanglants , et
après avoir fait une perte considerable,fut
obligé d'abandonner le Champ de bataille
et de se retirer à Tréviglio , où il se couvrit de Naville et de Canande , ce qui
fit qu'on ne le put suivre dans sa retraite.
En un mot , ce Prince veut passer l'Adda,
il est répoussé , il y perd cinq ou six
mille hommes , abandonne le Champ de
Bataille. Un Auteur après cela ose- t'il
avancer qu'il la gagna,cette Bataille?Vous
le trouverez aussi infidele dans le récit
qu'il fait de la Bataille de Castigliane ,
que gagna M. de Vendôme en l'année
1706. contre le General Raventlau. Il
traite cette Action comme un petit Combat , quoique les Ennemis y eussent laissé
300. hommes sur le Champ de Bataille ,
et qu'on leur eût fait environ le même
nombre de Prisonniers.
Il en est de même dans le détail qu'il
fait de la Bataille d'Ekereu , que gagna
le
326 MERCURE DE FRANCE
le Maréchal de Bouflers , contre le Baron
Dobdam , qui voyant ses Troupes forcées
dans les Postes qu'elles occupoient , se retira avec les premieres et ne parut plus.
Il n'y a pas jusqu'à la Bataille de Fredelingue , dont il attribüę le gain au Prince
de Bade , en le favorisant du Champ de
Bataille ; tout le monde sçait que ce Prince , après une Action qui mérita le Bâton
de Maréchal de France à M. de Villars ,
fut contraint de se retirer avec son Armée dans les Montagnes Noires ; cet Auteur perd même le respect qui est dû à
un General si renommé par un si grand
nombre d'Actions éclatantes , en le traitant dans plusieurs endroits de fanfaron
et sujet à des gasgonades ; vous croyez
bien que de pareils traits dans un Historien , ne peuvent qu'attirer l'indignation des honnêtes g ns , et ne sont pas ca- gns,
>
pables de donner la moindre atteinte à
réputation d'un General qui a joué un
si grand Rôle dans l'Europe.
Mais doit- on attendre autre chose d'un
Auteur qui pousse l'audace , pour ne rien
dire de plus , jusqu'à vouloir flétrir la
réputation d'un Prince aussi respectable
qu'il est malheureux , c'est du Prétendant,
dont il fait, une peinture aussi odieuse
qu'elle est fausse , c'est avec peine que je
me
MAY 1732. 927
me trouve obligé de vous en rapporter
les mêmes termes , que je renfermerois
dans l'oubli , si M. Rousser ne les avoit
rendus publics , en donnant son Histoire. Les voici , mot pour mot
trouverez à la page 245.
› que vous
Louis XIV. dit - il , qui étoit l'ame
»de tous les projets de ses Généraux , en
» avoit formé d'aussi magnifiques qu'ils
» étoient vastes , pour cette Campagne ;
»mais par malheur , tout dépendoit du
» premier, et celui - cy dépendoit du vent,
» et de l'homme le plus lâche de tous
ceux qui ont jamais porté le nom de
» Prince. Ce premier mobile de tous les
» projets du Roy de France , étoit une
» descente en Ecosse , pour une Flotte
» Françoise, armée à Dunkerque, qui devoit
» porter le Prétendant. S.M.T.C. croyoit
» qu'aussi- tôt que la Flotte auroit mis à
» terre ce prétendu Roy , toute l'Ecosse
» se souleveroit , et que le moindre avan-
» tage qu'il en tireroit , seroit la supérion rité qu'acqueroient ces Troupes en Flan
dres; d'où la Reine Anne auroit été obii-
» gée de tirer au moins trente Bataillons;
» et d'où il s'en seroit suivi , que l'on au-
»roit aisément contraint les Hollandois
>> à quitter la grande alliance et à faire
» leur paix. Mais Louis XIV. éprouva
qu'il
928 MERCURE DE FRANCE
» qu'il n'étoit pas le maître des Vents, qui »devinrent contraires , et l'idée d'aller
tirer l'Fpe en Ecosse , donna la fiévre
» au Prétendant, qui ne put s'embarquer,
» quand il l'auroit fallu , et qui s'embar-
» qua lorsqu'il n'étoit plus temps.
Quelle idée cet Auteur veut il donner
à l'Europe d'un Prince que nous avons
vu dans les dernieres Campagnes, donner
des marques d'une si grande valeur , et
d'une si grande intrépidité ; principalement à la Bataille de Malplaquet , où il
resta pendant toute l'action avec une
grande fermeté , à la tête du premier EsCadron de la Maison du Roy , malgré un
feu épouventable , dont un des deux Of
ficiers qu'on avoit mis auprès de sa Personne , fut tué à ses côtez. Il chargea même, avec la Maison du Roy , plusieurs fois les Ennemis.
Ce n'est pas tout , la témérité de cet
Auteur l'a porté à changer le discours
que Louis XIV. fit au Dauphin avant sa
mort , et qui est écrit en Lettre d'Or , à
coté du lit de Louis XV. Souffrez que je
vous le rappelle pour vous faire voir combien il est different de celui que M.Rousset fait tenir à ce grand Prince.
Mon enfant, vous allez être un grand
Roy, ne m'imitez pas dans le goût que
j'ai
MAY. 1732. 929
j'ai eu pour la Guerre; tâchez d'avoir la
paix avec vos voisins ; rendez à Dieu ce
que vous lui devez; reconnoissez les obligations que vous lui avez, faites- le honorer par ces Sujets, suivez toujours les bons
conseils , tâchez de soulager vos peuples ,
ce que je suis assez malheureux de n'avoir
pû faire.
Et voicy ce que M. Rousset trouve à
propos de lui faire dire ; vous y trouverez une difference qui n'est pas excusable dans un Auteur : Ne suivez pas les
mauvais exemples que je vous ai donnez;
j'ai souvent entrepris la Guerre trop lé
gerement , et je l'ai soutenue par vanité.
Après tant d'infidélités , qui ne sont pas
pardonnables dans un Historien , vous reconnoîtrez sa mauvaise foy , par rap
port aux Citations de la plupart des faits
qu'il rapporte. Il dit dans son Avertissement, comme je vous l'ai déja marqué
qu'il n'a pû citer les Auteurs dont il a
emprunté les matériaux , parce qu'outre
l'Histoire Militaire de Louis XIV. et les
Mémoires du temps , il n'a eu recours
qu'à des Relations manuscrites, que nous
tenons , dit- il , de bonnes mains.
Il commence son Histoire par les deux
Traitez de partage de la Monarchie d'Espagne, dont il à tiré mot à mot, 10 pag.
de
30 MERCURE DE FRANCE
de suites , de l'Histoire Militaire de Louis
XIV. Il a , à la vérité , la bonne foy de
marquer par un renvoi au bas de la page,
le nom de son Auteur; mais il n'a pas eu
la même exactitude , à l'égard de plusieurs autres articles du même Historien
entremêlez , avec ce qu'il a tiré des Mémoires de la Torve. La même bonne foy
paroît dans la Relation qu'il donne de la
bataille d'Hochetet, qui contient 16 pag.
ayant pareillement , par un renvoi , cité
l'Auteur de l'Histoire Militaire ; mais il
en demeure- là dans tout le reste de son
Ouvrage, croyant que cela étoit suffisant
pour la fidelité qu'il avoit promise et qu'il
n'a pas tenuë.
Vous en serez convaincu dès la page
65 , où il donne une Relation de l'action
de Crémone qui est en 16 pag. et qu'il
prise toute entiere dans l'Histoire Militaire , sans aucune citation. Toutes les dispositions pour le Siége de Turin , qui commencent à la page 135. ce qui s'est passé
à l'attaque de cette Place ; les mouvemens
du Duc de la Feüillade pendant ce Siége ;
ceux du Prince Eugêne , à la tête de
l'armée Impériale , pour joindre le Duc
de Savoye ; et ceux que le Duc d'Orleans
a faits pour s'y opposer ; aussi bien que
les dispositions des Alliez , pour attaquer
les
MAY. 1732 937
les Lignes ; et le récit de cette grande ac
tion , le tout contenant 72 pag. est ti
ré du même Auteur , sans l'avoir cité.
La tentative que le Prince Eugêne a
faite pour surprendre Brisac , est copiée
mot à mot de l'Histoire Militaire , en 4
pages. Vous trouverez à la page 242. la
levée du Siége de Toulon toute entiere
dans le même Historien , en 26 pag.aussibien que la surprise de Gand , par l'Elec
teur de Baviere , en s pag. le Combat de
Vincudal , en 4 la description des Lignes
de l'Escarpes , et la disposition des Troupes pour leurs deffenses , en 5.le Siege de
la Citadelle de Tournai , en 6. Ce qu'il
donne du Siége de Doüay , en 4. et enfin
à la page 320. L'action entiere de Denain,
en douze pages et le tout sans nulle citation ; par le petit détail que je vous
donne de cet Ouvrage , vous connoîtrez
qu'il a tout tiré de l'Histoire Militaire de Louis XIV . et que dans 335. pages
qui composent l'Histoire de M. Rousser,
y en a 180. qu'il a prises dans cet Historien, et qu'il n'a cité que les deux Traitez de partage ; et la Relation de la Bataille d'Ochstet , qui contiennent ensemble 46 pag. comme les ayant tirées de cet
Auteur. Au reste , ce Livre est en grand
Papier Imperial, de belle Impression
E orné
932 MERCURE DE FRANCE
orné de trois Cartes Géographiques de la
Flandre , et de 53 Planches bien gravées ,
dont quelques Plans , commeceux de Cléves, de Huy et de la Kenocque, et de plusieurs une pareil- autres , ne meritent pas
le dépense. Si vous prenez , Monsieur , le
parti de l'achepter , vous aurez une Histoire infidelle ; écrite par un Plagiaire , entremêlée de quelques traits de Satyres fort
imprudens ; mais en récompense vous
pourrez vous vanter d'avoir quelques Rames de magnifique papier et de tres- belles
Images. J'ay l'honneur d'être , &c.
Fermer
Résumé : LETTRE d'un Officier General des Armées du Roy à un de ses Amis, qui est en Province, au sujet d'un Ouvrage Historique.
La lettre d'un officier général des armées du roi à un ami en province critique un ouvrage historique sur les batailles du Prince Eugène de Savoie, du Duc de Marlborough et du Prince de Nassau-Frise. Cet ouvrage est une suite des batailles gagnées par le Prince Eugène en Hongrie et contre la France, publiées en 1728 par M. Dumont, baron de Calescroon et historiographe de Sa Majesté Impériale. L'officier général n'ayant pas lu le livre de Dumont, il se concentre sur l'Histoire Militaire en question, qui est une continuation de l'Histoire Militaire de Louis XIV, commencée en 1726. L'ouvrage est divisé en deux parties. La première, intitulée 'Supplément aux Batailles du Prince Eugène', est écrite par M. Dumont et comprend une histoire particulière du Prince Eugène sur 61 pages. Dumont attribue au Prince Eugène des victoires qu'il a en réalité perdues et fait des erreurs sur les maisons de France, comme faire du Prince de Turenne le fils du Duc de Crequy et du Prince de Talmont un membre de la maison de Lorraine. La seconde partie, de 338 pages, est écrite par M. Rousset, qui affirme avoir été témoin des événements décrits. Rousset critique les flatteurs excessifs dans les histoires militaires mais tombe lui-même dans cette erreur en louant excessivement les trois princes et les généraux alliés. Il attribue également au Prince Eugène des victoires qu'il a perdues, comme celles de Luzara et de Cassano. Rousset minimise les pertes des alliés et exagère celles des ennemis, et traite de manière injurieuse des généraux et des princes, comme le Prétendant. L'officier général critique également la mauvaise foi de Rousset concernant les citations des sources. Rousset affirme n'avoir pu citer les auteurs des matériaux empruntés, sauf pour l'Histoire Militaire de Louis XIV et les Mémoires du temps, mais il ne cite pas toujours ses sources pour d'autres passages. L'officier général souligne que 180 des 335 pages du livre de Rousset sont directement copiées de l'Histoire Militaire de Louis XIV sans aucune citation. Parmi les passages copiés, on trouve la tentative du Prince Eugène contre Brisac, la levée du Siège de Toulon, la surprise de Gand par l'Électeur de Bavière, le combat de Vincudal, la description des lignes de l'Escarpe, le siège de la citadelle de Tournai, le siège de Douai, et l'action de Denain. L'ouvrage est imprimé sur du grand papier impérial, avec une belle impression et orné de trois cartes géographiques de la Flandre et de 53 planches gravées. Cependant, certaines planches, comme celles de Clèves, Huy et la Kenocque, sont jugées de mauvaise qualité. L'auteur de la critique conseille de ne pas acheter ce livre, le qualifiant d'infidèle et écrit par un plagiaire, mêlé de traits de satire imprudents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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788
p. 1024-1027
A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
Début :
Est-ce un charme trompeur Mercure fend la nuë, [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres de Marseille, Hélicon, Mercure, Maréchal de Villars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
A Mrs de l'Académie des Belles- Lettres
de Marseille.
E
OD E.
St-ce un charme trompeur. Mercure (a) fend
la nuë ,
Apeine accessible à ma vuë ,
Une Guirlande en main , il coule dans les airs...
Il s'approche ... ozerai-je croire
Que j'ai surpris enfin un trait de cette gloire,
Dont ses favoris sont couverts ?
› C'en est fait ; ta présence accomplit mes présages ,
En ce jour , d'éclatans suffrages
De mes foibles travaux consacrent le succès
Et déja ta main immortelle ,
(a ) Mercure est comme on sçait , le Dien de
Eloquence.
M.A, Y. 1732. 1025
En m'offrant ces Rameaux , vient , pour prix de
mon zéle ,
M'offrir le prix de ses bienfaits.
Mon sort fut moins heureux , quand la Nymphe Lyrique ,
Me fit
M'embrazant d'un feu Poëtique ,
rompre ( ) une Lance au pied du double
Mont ;
La victoire fut incertaine ;
Mais , mon Rival vainqueur , je n'eus que Kom bre vaine ,
Du Laurier qui para son front.
Dèslors de l'Hélicon , dédaignant les trophées,
J'abjurai les sçavantes Fées ,
Pour chercher l'Eloquence en vos divins écrits :
Heureux (b ) Interpretes des graces ,
Pouvois-je m'égarer ? J'ai trouvé sur vos traces,
Le chemin de leurs favoris.
Sur ces doctes trésors établissant sa gloire
Marseille verra sa mémoire ,
Echaper aux efforts du temps er de l'oubli t
a ) L'Auteur avoit concouru l'année derniere¿
pour le prix de Poësie.
(b) Les 20 de l'Academie de Marseille,
Phébus
To26 MERCURE DE FRANCE
Phébus lui verse ses richesses ,
Et pour elle Plutus ( a ) épuisant ses largesses ,
Déja semble s'être appauvri.
Ainsi par vos ( a ) Aïeux , depuis long - temps illustre ,
Son nom va prendre un nouveau lustre ;
J'en crois de vos talens , le rapport glorieux ;
Si la tige a touché la nuë ,
Bien-tôt les rejettons échapez à la vue;"
N'auront de bornes que les Cieux.
Pour remplir cet Augure , achevez votre ouvrage ;
Formez un sçavant héritage ,
Digne du ( a ) Conquerant que célebrent vos
voix :
L'Envie au front ceint de Couleuvres ,
Suspend leurs siflemens , en voïant vos chefd'œuvres
Marquez au coin de ses Exploits.
Que pouvoit-il encor ajouter à sa gloire # 1
Déja P'ornement de l'histoire ,
(a )Le Commerce, source de richesses à Marseille.
(b ) L'ancienne Académie de Marseille.
(c) M. le Maréchal de Villars , Protecteur de
Académie.
Pouvoit-
MAY. 1732 1027
Pouvoit- il s'élever au dessus de son nom
Des beaux Arts il se rend le Pere ;
Puisse chacun de vous devenir son Homere,
Comme il devient votre Apollon.
Ainsi le vrai Héros qui fit le sort des Armes,
Des neuf Sœurs cultivant les charmes ,
Sçait encor dans la Paix , moissonner des Laus riers ;
Gloire doublement immortelle !
VILLARS , à l'avenir , tu fournis le modele ,
Et des Sçavans et des Guerriers.
Mais quelle ardeur m'entraîne ? Arrête, Muse;
arrête >
Quand leurs mains couronnent ma tête,
Achanter leur Mécene oses- tu te borner ?
Des cœurs interprete fidele ,
De ma reconnoissance exprime tout le zéle ,
Si tu suffis pour l'exprimer.
Quedis-je? L'équité dirige vos suffrages ;
Si le prix seul de nos ouvrages ,
Nous rend victorieux de nos jaloux Rivaux ,
Vos Lauriers sont-ils une grace ?
Non. La reconnoissance , arbitre du Parnasse,
· Est d'en mériter de nouveaux
de Marseille.
E
OD E.
St-ce un charme trompeur. Mercure (a) fend
la nuë ,
Apeine accessible à ma vuë ,
Une Guirlande en main , il coule dans les airs...
Il s'approche ... ozerai-je croire
Que j'ai surpris enfin un trait de cette gloire,
Dont ses favoris sont couverts ?
› C'en est fait ; ta présence accomplit mes présages ,
En ce jour , d'éclatans suffrages
De mes foibles travaux consacrent le succès
Et déja ta main immortelle ,
(a ) Mercure est comme on sçait , le Dien de
Eloquence.
M.A, Y. 1732. 1025
En m'offrant ces Rameaux , vient , pour prix de
mon zéle ,
M'offrir le prix de ses bienfaits.
Mon sort fut moins heureux , quand la Nymphe Lyrique ,
Me fit
M'embrazant d'un feu Poëtique ,
rompre ( ) une Lance au pied du double
Mont ;
La victoire fut incertaine ;
Mais , mon Rival vainqueur , je n'eus que Kom bre vaine ,
Du Laurier qui para son front.
Dèslors de l'Hélicon , dédaignant les trophées,
J'abjurai les sçavantes Fées ,
Pour chercher l'Eloquence en vos divins écrits :
Heureux (b ) Interpretes des graces ,
Pouvois-je m'égarer ? J'ai trouvé sur vos traces,
Le chemin de leurs favoris.
Sur ces doctes trésors établissant sa gloire
Marseille verra sa mémoire ,
Echaper aux efforts du temps er de l'oubli t
a ) L'Auteur avoit concouru l'année derniere¿
pour le prix de Poësie.
(b) Les 20 de l'Academie de Marseille,
Phébus
To26 MERCURE DE FRANCE
Phébus lui verse ses richesses ,
Et pour elle Plutus ( a ) épuisant ses largesses ,
Déja semble s'être appauvri.
Ainsi par vos ( a ) Aïeux , depuis long - temps illustre ,
Son nom va prendre un nouveau lustre ;
J'en crois de vos talens , le rapport glorieux ;
Si la tige a touché la nuë ,
Bien-tôt les rejettons échapez à la vue;"
N'auront de bornes que les Cieux.
Pour remplir cet Augure , achevez votre ouvrage ;
Formez un sçavant héritage ,
Digne du ( a ) Conquerant que célebrent vos
voix :
L'Envie au front ceint de Couleuvres ,
Suspend leurs siflemens , en voïant vos chefd'œuvres
Marquez au coin de ses Exploits.
Que pouvoit-il encor ajouter à sa gloire # 1
Déja P'ornement de l'histoire ,
(a )Le Commerce, source de richesses à Marseille.
(b ) L'ancienne Académie de Marseille.
(c) M. le Maréchal de Villars , Protecteur de
Académie.
Pouvoit-
MAY. 1732 1027
Pouvoit- il s'élever au dessus de son nom
Des beaux Arts il se rend le Pere ;
Puisse chacun de vous devenir son Homere,
Comme il devient votre Apollon.
Ainsi le vrai Héros qui fit le sort des Armes,
Des neuf Sœurs cultivant les charmes ,
Sçait encor dans la Paix , moissonner des Laus riers ;
Gloire doublement immortelle !
VILLARS , à l'avenir , tu fournis le modele ,
Et des Sçavans et des Guerriers.
Mais quelle ardeur m'entraîne ? Arrête, Muse;
arrête >
Quand leurs mains couronnent ma tête,
Achanter leur Mécene oses- tu te borner ?
Des cœurs interprete fidele ,
De ma reconnoissance exprime tout le zéle ,
Si tu suffis pour l'exprimer.
Quedis-je? L'équité dirige vos suffrages ;
Si le prix seul de nos ouvrages ,
Nous rend victorieux de nos jaloux Rivaux ,
Vos Lauriers sont-ils une grace ?
Non. La reconnoissance , arbitre du Parnasse,
· Est d'en mériter de nouveaux
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Résumé : A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
En mai 1732, l'auteur adresse une lettre à l'Académie des Belles-Lettres de Marseille pour exprimer sa gratitude après avoir reçu un prix littéraire, symbolisé par une guirlande apportée par Mercure. Il rappelle une précédente compétition poétique où il n'avait pas remporté la victoire, mais avait depuis cherché l'éloquence dans les écrits des membres de l'Académie. L'auteur célèbre Marseille et son commerce, source de richesses. Il mentionne également le soutien du maréchal de Villars, protecteur de l'Académie, et loue ses talents et ses exploits. La lettre se conclut par une expression de reconnaissance envers l'Académie et ses membres, soulignant que les lauriers reçus ne sont pas seulement une grâce, mais le fruit du mérite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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789
p. 1621-1627
LETTRE écrite de Constantinople, le 8. Juin 1732.
Début :
Quoique vous soyez déjà, sans doute, informé, Monsieur, de la [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Chef des Eunuques noirs, Kaïkman, Sultan, Canon, Constantinople, Topal Osman Pacha
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 8. Juin 1732.
LETTRE écrite de Constantinople ,
le 8. Juin 1732.
Qué,Monsieur , de la déposition duGrandUoique vous soyez déja , sans doute , infor-
•
Vizir Topal Osman Pacha , arrivée le 12 Mars
lernier , je ne laisse pas de vous la rappeller ici ,
our vous mander quelques particularitez sur ce
ujet, que vous ignorez peut- être, et qui méritent
Votre curiosité.
Le Kislar- Aga ou Chef des Eunuques noirs, qui
ossede toûjours toute la confiance du G.S.lui dit,
nlui redemandant le SceauImperial de la part de
, H. qu'il ne devoit par regarder ce qui lui arivoit comme une disgrace ; que le Sultan l'ainoit toûjours et étoit très-satisfait de ses services,
t qu'en lui ôtant la Charge de Premier Ministre,
avoit eu moins en vûë de l'en dépouiller , que de
soulager du fardeau qui l'accompagnoit, et qui ar rapport à son âge , à ses infirmitez et aux connctures où se trouvoit l'Empire , étoit devenué
un poids à l'acabler. Qu'il n'avoit non-seulement
rien à craindre ni pour lui ni pour les siens , mais
que l'intention du G.S. étoit que le Bey , son cher
fils unique, qui est Capigi Bachi , restat à la Cour
pour lui faire du bien , et que lui-même KislarAga
1622 MERCURE DE FRANCE
Aga, l'assuroit qu'il en prendroit autant de soin que s'il étoit son propre enfant.
Topal-Osman , qui reçût cette nouvelle avec
ne fermeté admirable , répondit , après l'avoir
remercié de ses sentimens , que sa conscience
ne fui reprochant rien , et que connoissant l'équité du G. S. qu'il avoit servi avec zele , il étoit
en repos sur ses jours , et que d'ailleurs n'ayant
jamais craint de les perdre dans tant de périls
qu'il avoit courus à la guerre pendant toute sa
vie, il étoit trop vieux à present pour s'en- inquieter.
Il fut ensuite conduit à Calcedoine pour y attendre sa destination , et dans le même temps,
c'est-à- dire entre zo. et 11 heures du matin
Ali-Pacha Defterdar , nommé Kaïmakan , pour
exercer les fonctions du Viziriat pendant l'interim , alla tenir le Divan en sa place.
D
Apeine Topal-Osman fut- il arrivé à Calcedoi.
ne , que ses Amis et ses Domestiques s'y rendirent et se présenterent devant lui , la plupart les
yeux baignez de larmes. Pourquoi pleurez- vous
leur dit- il avec un air de satisfaction peint sur le
visage , de me voir délivré d'un Emploi , que
comme vous le sçavez bien , je n'étois venu remplir qu'avec répugnance ? Il s'entretint ensuite
avec eux le plus tranquillement du monde , entrant même dans de grands détails sur des affaires particulieres , et pour mieux marquer la sincerité de la joye que lui causoit son changement
de fortune ; il fit égorger une douzaine de Moutons en action de grace , comme c'est la coûtume chez les Mahométans , de faire de ces sortes de
Sacrifices , pour remercier Dieu des bons évenemens qui leur arrivent , ou pour lui demander un heureux succès dans leurs entreprises.
JUILLET
. 173.2. 1523
H fut nommé le même jour Pacha de Trébizonde , et partit le lendemain de Calcédoine pour
Smit
, autrefois Nicomédie
, où il demeura jusqu'après le Beiram ou la Pâque des Turcs. Le Tchaoux- Bachi , qui étoit son neveu , fut aussi
déposé et devint son Kiaya ou Lieutenant
, par
ordre de la Porte
, qui en cette derniere qualité le
chargea d'assembler les Equipages et toute la
Maison de son Oncle
à Calcedoine
, et de l'aller
joindre ensuite
à Nicomédie
.
L'amour que Topal Osman conservoit toujours pour le bien public , ne lui permettant pas
de le négliger et de rester oisif pendant environ
15. jours qu'il demeura dans cette Ville
, il s'appliqua à remedier aux desordres qui s'y commertoient dans la Police , et ayant appris qu'entr'autres abus nouvellement introdus , il y avoit des
gens qui achetoient tous les œufs du Pays
, dont ils faisoient des réserves et qu'ils n'en envoyoient
qu'en petite quantité
à la fois
à Constantinople
,
où par ce moyen ils étoient devenus fort chers . Il
fit pendre ces Monopoleurs
, et saisir tous leurs
œufs
, qui furent portez par son ordre
à cette
Capitale où ils devinrent
à très
- grand marché
.
Il partit de Smit les premiers jours d'Avril
,
avec une Maison magnifique
, composée de plus
de 600. Domestiques
, car le G. S. lui ayant laissé
generalement tous ses biens
, il est
, malgré ses
liberalitez continuelles
, un dés plus riches Particuliers de l'Empire ; et plus de 6000. personnes
le conduisirent bien loin hors de la Ville
.
Je ne puis
, Monsieur
, me dispenser de vous
rapporter ici un trait de Topal
- Osman
, qui suffiroit seul pour vous donner une juste idée de la
grandeur de son ame
. Quelques jours avant celui auquel on le déposa , qui fut le 15. de la Lu-ne
L
1624 MERCURE DE FRANCE
de Ramasan ou du Jeûne , il avoit déja fait préparer tous les Présens que les Grands Visirs sont en
usage de faire au Serrail à la fin de ce Carême des
Mahometans , et il se trouvoit parmi ceux qu'il
vouloit donner au G. S. un Harnois de Cheval ,
garni de Pierreries , qui lui coûtoit seul près de
170. mille livres. Quoique ces, Présens n'eussent
point été consignez et qu'il les eût encore entre
ses mains au moment de sa déposition , il ne
laissa pas moins ses ordres en partant de Calcedoine , pour qu'ils fussent distribuez à la tête du
Beiram , à ceux à qui il les avoit destinez , comme s'il eût encore été en place. Il est vrai que le
Sultan , de son côté , pour lui marquer qu'il n'avoit point perdu les bonnes graces de S. H. lui envoya aussi à Nicomédie les mêmes Présens
qu'elle fait toujours dans ces Fêtes au G. Visir.
A l'égard du nouveau G. V. Ali- Pacha , outre
ce nom , on lui donne encore par un usage fort ordinaire chez les Turcs , celui de Ekim-Oglou,
c'est- à- dire , fils de Medecin. Son pere , à ce
qu'on assure , étoit Venitien et s'appelloit Cornero ; il fut fait Esclave en Candie , étant encore
jeune, mais professant déja la Medecine, et desesperant de pouvoir jamais recouvrer sa liberté , il
embrassa le Mahometisme , et se maria avec une
Turque. La réputation qu'il acquit dans son Art
ayant été portée jusqu'au Serrail , il y fut appellé et devint Ekim- Bachi , ou Premier Medecin du
dernier Sultan déposé , au service duquel il est
mort dans un âge fort avancé. Entre plusieurs
enfans qu'il avoit eus de sa femme , il introduisit
deux de ses fils auprès de ce Sultan , par la faveur
du Kislar Aga , qui avoit été autrefois son Esclave ; l'aîné en qualité de Gerrah-Bachi , ou
Premier Chirurgien , qui remplit encore le même
Poste
JUILLET. 1732. 1625
poste auprès du G. S. regnant ; le second qui fut
d'abord fait Capigi- Bachi ; et qui après avoir essuyé bien des revers sous le Regne precedent ,
parvint il y a quelques années au Generalat de Arme Othomane .sur les Frontieres , et vient
d'être élevé à l'éminente Charge de Grand Visir.
C'est un homme d'environ 45. ans, d'assez bonne
mine, qui passe pour aimer la magnificence, et qui
est liberal jusqu'à la prodigalité. Il arriva à Scu- tary de Perse , le 10. May au matin , où tous les
Grands de l'Empire l'attendoient sous des Tentes
dans la campagne. 11 s'y trouva un concours de plus de 6000. femmes ou filles , attirées par la
Curiosité que leur donna le renom qu'a ce Visir
d'être aussi galant que feu Ibrahim Pacha , et en
nême-temps pour se dédommager un peu de la
retraite rigoureuse que son Prédecesseur Topal- Osman faisoit observer au beau Sexe. Après avoir fîné là , il remonta à cheval et traversa Scutary
avec un magnifique et nombreux cortege , jusqu'à la Marine , jettant de temps en temps des
poignées de Sequins au Peuple.
Il se mit ensuite dans le Caïc ou la Gondole à
Tendelet des G. Visirs ; le Vaisseau Contre- Amiral bien pavoisé , et qu'on avoit fait avancer à
son occasion près de la Tour de Leandre , le salua de 15. coups de Canon à son passage , et cette
Tour de cinq ; il vint débarquer au Kiosc ou Pavillon du Serrail qui est au bord de la Mer , ou
la Maison du G. S. étoir rangée en haye pour le
recevoir ; il eut sur le champ audience de S. H.
avec laquelle il demeura plus de deux heures ; le
G. S. après lui avoir confié le Sceau Imperial et
= l'avoir fait revêtir des autres marques de dignité
attachées à sa Charge , le fit conduire par ses prog
pres Officiers au Palais des G. V. où il se rendit,
marchans
1626 MERCURE DE FRANCE
où
marchant à la droite du Mufti , et répandant
toujours à pleines mains les Sequins sur sa route.
Le même jour Ismaël- Pacha , Janissaire- Aga ,
fut fait Pacha à trois Queues en plein Divan ,
le G. V. lui fit donner une Pelisse de Samour ,
couverte d'un drap d'or du Pays. Le Kiaya ou
Lieutenant de Topal Osman , qui étoit resté en
fonction jusqu'alors , fut déposé , et celui d'AliPacha prit sa place.
Ce Premier Ministre fit rouvrir tous les Caffez publics , qui depuis la grande Révolution de 1730. avoient presque toûjours été fermez , et sur
les plaintes qu'on lui porta des fraudes qui s'étoient renouvellées dans le débit des Vivres et des
Denrées depuis la déposition de Topal- Osman ,
quoique dans l'interim le Kaimakan eût fait pendre plusieurs prévaricateurs en ce genre , il alla
faire une tournée dans Constantinople chez les
Bouchers et les Boulangers ; il fixa le prix de la
viande, qui se vendoit fort cher , et dont on manquoit même souvent , fit augmenter le poids du
pain , envoya aux Galeres ceux des Boulangers
qu'il trouva en contravention , et donna dix Sequins à chacun de ceux qui étoient en regle , ce
qui lui attira de grandes louanges.
Le 22. du même mois de May , ayant mandé
le Defterdar ou Trésorier Ali- Pacha , cy-devant
Kaimakan, il le fit revêtir d'une Pelisse de Samour, en lui disant que le G. S. l'avoit nommé
Pacha de Cutaya , (' en Asie , près de Brousse ,
qui est une espece d'exil ) et qu'il se préparât à
partir dans deux jours. L'ancien Reis Effendi du
temps d'Achmet III. qui étoit devenu TefterEmini, ou Garde des Rôles de la Milice , sous le
G. S d'apresent , et que ce Ministre avoit aussi
mandé, reçut le Caftan ou Robe d'honneur ,-
avec
JUILLET. 1732. 1627
avec la Charge de Defterdar , et ceda la sienne de
Tefter- Emini à SerdensiEffendi , qui avoit été Se- cretaire de la Porte aux Conferences de Passarowitz. Le Tchaoux- Bachi et le Bostandgi- Bachi ,
furent pareillement déposez : le poste du premier fut donné à l'ancien General de la Cavalerie, resté
depuis quelque temps sans emploi, et celui du second , a l'Asseki- Aga, qui fut relevé dans le sien
par l'Oda-Bachi. Voilà, Monsieur , en quoi consistent jusqu'à present les principaux changemens survenus à la Porte , depuis l'arrivée du nouveau
G. Visir. Je suis , &c.
L
E -25
P. V. D.
le 8. Juin 1732.
Qué,Monsieur , de la déposition duGrandUoique vous soyez déja , sans doute , infor-
•
Vizir Topal Osman Pacha , arrivée le 12 Mars
lernier , je ne laisse pas de vous la rappeller ici ,
our vous mander quelques particularitez sur ce
ujet, que vous ignorez peut- être, et qui méritent
Votre curiosité.
Le Kislar- Aga ou Chef des Eunuques noirs, qui
ossede toûjours toute la confiance du G.S.lui dit,
nlui redemandant le SceauImperial de la part de
, H. qu'il ne devoit par regarder ce qui lui arivoit comme une disgrace ; que le Sultan l'ainoit toûjours et étoit très-satisfait de ses services,
t qu'en lui ôtant la Charge de Premier Ministre,
avoit eu moins en vûë de l'en dépouiller , que de
soulager du fardeau qui l'accompagnoit, et qui ar rapport à son âge , à ses infirmitez et aux connctures où se trouvoit l'Empire , étoit devenué
un poids à l'acabler. Qu'il n'avoit non-seulement
rien à craindre ni pour lui ni pour les siens , mais
que l'intention du G.S. étoit que le Bey , son cher
fils unique, qui est Capigi Bachi , restat à la Cour
pour lui faire du bien , et que lui-même KislarAga
1622 MERCURE DE FRANCE
Aga, l'assuroit qu'il en prendroit autant de soin que s'il étoit son propre enfant.
Topal-Osman , qui reçût cette nouvelle avec
ne fermeté admirable , répondit , après l'avoir
remercié de ses sentimens , que sa conscience
ne fui reprochant rien , et que connoissant l'équité du G. S. qu'il avoit servi avec zele , il étoit
en repos sur ses jours , et que d'ailleurs n'ayant
jamais craint de les perdre dans tant de périls
qu'il avoit courus à la guerre pendant toute sa
vie, il étoit trop vieux à present pour s'en- inquieter.
Il fut ensuite conduit à Calcedoine pour y attendre sa destination , et dans le même temps,
c'est-à- dire entre zo. et 11 heures du matin
Ali-Pacha Defterdar , nommé Kaïmakan , pour
exercer les fonctions du Viziriat pendant l'interim , alla tenir le Divan en sa place.
D
Apeine Topal-Osman fut- il arrivé à Calcedoi.
ne , que ses Amis et ses Domestiques s'y rendirent et se présenterent devant lui , la plupart les
yeux baignez de larmes. Pourquoi pleurez- vous
leur dit- il avec un air de satisfaction peint sur le
visage , de me voir délivré d'un Emploi , que
comme vous le sçavez bien , je n'étois venu remplir qu'avec répugnance ? Il s'entretint ensuite
avec eux le plus tranquillement du monde , entrant même dans de grands détails sur des affaires particulieres , et pour mieux marquer la sincerité de la joye que lui causoit son changement
de fortune ; il fit égorger une douzaine de Moutons en action de grace , comme c'est la coûtume chez les Mahométans , de faire de ces sortes de
Sacrifices , pour remercier Dieu des bons évenemens qui leur arrivent , ou pour lui demander un heureux succès dans leurs entreprises.
JUILLET
. 173.2. 1523
H fut nommé le même jour Pacha de Trébizonde , et partit le lendemain de Calcédoine pour
Smit
, autrefois Nicomédie
, où il demeura jusqu'après le Beiram ou la Pâque des Turcs. Le Tchaoux- Bachi , qui étoit son neveu , fut aussi
déposé et devint son Kiaya ou Lieutenant
, par
ordre de la Porte
, qui en cette derniere qualité le
chargea d'assembler les Equipages et toute la
Maison de son Oncle
à Calcedoine
, et de l'aller
joindre ensuite
à Nicomédie
.
L'amour que Topal Osman conservoit toujours pour le bien public , ne lui permettant pas
de le négliger et de rester oisif pendant environ
15. jours qu'il demeura dans cette Ville
, il s'appliqua à remedier aux desordres qui s'y commertoient dans la Police , et ayant appris qu'entr'autres abus nouvellement introdus , il y avoit des
gens qui achetoient tous les œufs du Pays
, dont ils faisoient des réserves et qu'ils n'en envoyoient
qu'en petite quantité
à la fois
à Constantinople
,
où par ce moyen ils étoient devenus fort chers . Il
fit pendre ces Monopoleurs
, et saisir tous leurs
œufs
, qui furent portez par son ordre
à cette
Capitale où ils devinrent
à très
- grand marché
.
Il partit de Smit les premiers jours d'Avril
,
avec une Maison magnifique
, composée de plus
de 600. Domestiques
, car le G. S. lui ayant laissé
generalement tous ses biens
, il est
, malgré ses
liberalitez continuelles
, un dés plus riches Particuliers de l'Empire ; et plus de 6000. personnes
le conduisirent bien loin hors de la Ville
.
Je ne puis
, Monsieur
, me dispenser de vous
rapporter ici un trait de Topal
- Osman
, qui suffiroit seul pour vous donner une juste idée de la
grandeur de son ame
. Quelques jours avant celui auquel on le déposa , qui fut le 15. de la Lu-ne
L
1624 MERCURE DE FRANCE
de Ramasan ou du Jeûne , il avoit déja fait préparer tous les Présens que les Grands Visirs sont en
usage de faire au Serrail à la fin de ce Carême des
Mahometans , et il se trouvoit parmi ceux qu'il
vouloit donner au G. S. un Harnois de Cheval ,
garni de Pierreries , qui lui coûtoit seul près de
170. mille livres. Quoique ces, Présens n'eussent
point été consignez et qu'il les eût encore entre
ses mains au moment de sa déposition , il ne
laissa pas moins ses ordres en partant de Calcedoine , pour qu'ils fussent distribuez à la tête du
Beiram , à ceux à qui il les avoit destinez , comme s'il eût encore été en place. Il est vrai que le
Sultan , de son côté , pour lui marquer qu'il n'avoit point perdu les bonnes graces de S. H. lui envoya aussi à Nicomédie les mêmes Présens
qu'elle fait toujours dans ces Fêtes au G. Visir.
A l'égard du nouveau G. V. Ali- Pacha , outre
ce nom , on lui donne encore par un usage fort ordinaire chez les Turcs , celui de Ekim-Oglou,
c'est- à- dire , fils de Medecin. Son pere , à ce
qu'on assure , étoit Venitien et s'appelloit Cornero ; il fut fait Esclave en Candie , étant encore
jeune, mais professant déja la Medecine, et desesperant de pouvoir jamais recouvrer sa liberté , il
embrassa le Mahometisme , et se maria avec une
Turque. La réputation qu'il acquit dans son Art
ayant été portée jusqu'au Serrail , il y fut appellé et devint Ekim- Bachi , ou Premier Medecin du
dernier Sultan déposé , au service duquel il est
mort dans un âge fort avancé. Entre plusieurs
enfans qu'il avoit eus de sa femme , il introduisit
deux de ses fils auprès de ce Sultan , par la faveur
du Kislar Aga , qui avoit été autrefois son Esclave ; l'aîné en qualité de Gerrah-Bachi , ou
Premier Chirurgien , qui remplit encore le même
Poste
JUILLET. 1732. 1625
poste auprès du G. S. regnant ; le second qui fut
d'abord fait Capigi- Bachi ; et qui après avoir essuyé bien des revers sous le Regne precedent ,
parvint il y a quelques années au Generalat de Arme Othomane .sur les Frontieres , et vient
d'être élevé à l'éminente Charge de Grand Visir.
C'est un homme d'environ 45. ans, d'assez bonne
mine, qui passe pour aimer la magnificence, et qui
est liberal jusqu'à la prodigalité. Il arriva à Scu- tary de Perse , le 10. May au matin , où tous les
Grands de l'Empire l'attendoient sous des Tentes
dans la campagne. 11 s'y trouva un concours de plus de 6000. femmes ou filles , attirées par la
Curiosité que leur donna le renom qu'a ce Visir
d'être aussi galant que feu Ibrahim Pacha , et en
nême-temps pour se dédommager un peu de la
retraite rigoureuse que son Prédecesseur Topal- Osman faisoit observer au beau Sexe. Après avoir fîné là , il remonta à cheval et traversa Scutary
avec un magnifique et nombreux cortege , jusqu'à la Marine , jettant de temps en temps des
poignées de Sequins au Peuple.
Il se mit ensuite dans le Caïc ou la Gondole à
Tendelet des G. Visirs ; le Vaisseau Contre- Amiral bien pavoisé , et qu'on avoit fait avancer à
son occasion près de la Tour de Leandre , le salua de 15. coups de Canon à son passage , et cette
Tour de cinq ; il vint débarquer au Kiosc ou Pavillon du Serrail qui est au bord de la Mer , ou
la Maison du G. S. étoir rangée en haye pour le
recevoir ; il eut sur le champ audience de S. H.
avec laquelle il demeura plus de deux heures ; le
G. S. après lui avoir confié le Sceau Imperial et
= l'avoir fait revêtir des autres marques de dignité
attachées à sa Charge , le fit conduire par ses prog
pres Officiers au Palais des G. V. où il se rendit,
marchans
1626 MERCURE DE FRANCE
où
marchant à la droite du Mufti , et répandant
toujours à pleines mains les Sequins sur sa route.
Le même jour Ismaël- Pacha , Janissaire- Aga ,
fut fait Pacha à trois Queues en plein Divan ,
le G. V. lui fit donner une Pelisse de Samour ,
couverte d'un drap d'or du Pays. Le Kiaya ou
Lieutenant de Topal Osman , qui étoit resté en
fonction jusqu'alors , fut déposé , et celui d'AliPacha prit sa place.
Ce Premier Ministre fit rouvrir tous les Caffez publics , qui depuis la grande Révolution de 1730. avoient presque toûjours été fermez , et sur
les plaintes qu'on lui porta des fraudes qui s'étoient renouvellées dans le débit des Vivres et des
Denrées depuis la déposition de Topal- Osman ,
quoique dans l'interim le Kaimakan eût fait pendre plusieurs prévaricateurs en ce genre , il alla
faire une tournée dans Constantinople chez les
Bouchers et les Boulangers ; il fixa le prix de la
viande, qui se vendoit fort cher , et dont on manquoit même souvent , fit augmenter le poids du
pain , envoya aux Galeres ceux des Boulangers
qu'il trouva en contravention , et donna dix Sequins à chacun de ceux qui étoient en regle , ce
qui lui attira de grandes louanges.
Le 22. du même mois de May , ayant mandé
le Defterdar ou Trésorier Ali- Pacha , cy-devant
Kaimakan, il le fit revêtir d'une Pelisse de Samour, en lui disant que le G. S. l'avoit nommé
Pacha de Cutaya , (' en Asie , près de Brousse ,
qui est une espece d'exil ) et qu'il se préparât à
partir dans deux jours. L'ancien Reis Effendi du
temps d'Achmet III. qui étoit devenu TefterEmini, ou Garde des Rôles de la Milice , sous le
G. S d'apresent , et que ce Ministre avoit aussi
mandé, reçut le Caftan ou Robe d'honneur ,-
avec
JUILLET. 1732. 1627
avec la Charge de Defterdar , et ceda la sienne de
Tefter- Emini à SerdensiEffendi , qui avoit été Se- cretaire de la Porte aux Conferences de Passarowitz. Le Tchaoux- Bachi et le Bostandgi- Bachi ,
furent pareillement déposez : le poste du premier fut donné à l'ancien General de la Cavalerie, resté
depuis quelque temps sans emploi, et celui du second , a l'Asseki- Aga, qui fut relevé dans le sien
par l'Oda-Bachi. Voilà, Monsieur , en quoi consistent jusqu'à present les principaux changemens survenus à la Porte , depuis l'arrivée du nouveau
G. Visir. Je suis , &c.
L
E -25
P. V. D.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 8. Juin 1732.
Le 8 juin 1732, une lettre rapporta la déposition de Topal Osman Pacha, Grand Vizir de l'Empire ottoman, survenue le 12 mars 1732. Le Kislar Aga, chef des eunuques noirs, rassura Topal Osman en expliquant que cette déposition visait à soulager le vizir de ses responsabilités en raison de son âge et de ses infirmités. Topal Osman accepta cette décision avec sérénité, affirmant n'avoir rien à se reprocher et avoir toujours servi avec zèle. Après sa déposition, Topal Osman fut conduit à Calcédoine, où il reçut la visite de ses amis et domestiques. Il exprima sa satisfaction de se voir délivré d'un emploi qu'il remplissait avec répugnance. Il organisa un sacrifice pour remercier Dieu et partit ensuite pour Trébizonde, où il fut nommé pacha. Pendant son séjour à Nicomédie, il s'occupa de remédier aux désordres dans la police locale, notamment en faisant pendre des monopoleurs d'œufs. Ali Pacha, également connu sous le nom d'Ekim-Oglou, fut nommé Kaïmakan pour exercer les fonctions du vizirat pendant l'interim. Il rouvrit les cafés publics et s'occupa des fraudes dans le débit des vivres et des denrées. Ali Pacha arriva à Scutari de Perse le 10 mai, accueilli par les grands de l'Empire et une foule curieuse. Il fut reçu par le sultan, qui lui confia le sceau impérial et les marques de sa dignité. Ismaël Pacha fut nommé pacha à trois queues en plein Divan, et plusieurs autres nominations et démissions eurent lieu parmi les hauts fonctionnaires. Ali Pacha fit également une tournée à Constantinople pour réguler les prix des vivres et punir les contrevenants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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790
p. 1736-1755
TRADUCTION d'une Relation Turque, sur ce qui s'est passé dans les Conferences teuuës pour la Paix entre les Turcs et les Persans, à l'Armée du Grand-Seigneur, près d'Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse, et ceux de Chah Thamas, Roy de Perse.
Début :
Achmet-Pacha, Seraskier ou General de l'Armée Otomane, et [...]
Mots clefs :
Traduction, Achmet Pacha, Sérasker, Province de Babylone, Conférences, Paix, Turques, Persans, Plénipotentiaires, Empires, Royaume de Perse, Moscovites, Cours, Gratitude, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION d'une Relation Turque, sur ce qui s'est passé dans les Conferences teuuës pour la Paix entre les Turcs et les Persans, à l'Armée du Grand-Seigneur, près d'Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse, et ceux de Chah Thamas, Roy de Perse.
TRADUCTION d'une Relation Turque,
sur ce qui s'est passé dans les Conferences tennës pour la Paix entre les Turcs et les
Persans , à l'Armée du Grand- Seigneur,
près d' Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse , et ceux de ChabThamas , Roy de Perse.
Chmer- Pacha, Seraskier ou General
Adel'armée Otomane, et BeylerBey,
( c'est-à- dire Gouverneur ) de la Province de Babylone , en vertu des pleins
pouvoirs que le G. S. lui envoit envoyez pour faire la paix avec les Persans,
ayant nommé Achmet- Pacha , Beylerbey
de Rika, (1) Abdi- Pacha-Zadé- Ali- Bey,
Salahor ( 2 ) de S. H. Kassim- Effendi ,
Defterdar ( 3 ) de l'Armée , et Raghib
Effendi , Defterdar de Bagdat , pour PleB
( 1) Rika , est un des 17. Beylerbeys ou
Grand - Gouvernemens d'Asie , qu'on appelle
Hassilez. Voyez Ricaut , et le 3. du Diarbekir ,
consideré seulement comme l'ancienne Mesopotamie , renfermée entre le Tygre et l'Euphrate.
(2) Salahor, Ecuyer Cavalcadour , qui exerceet travaille les Chevaux du G. S. il y en a″12.
( 3 ) Defterdar , Intendant des Finances et Trésorier. 1
nipo
A O UST. 1732. 1737
nipotentiaires de la Poste > et ChahThamas , ayant choisi pour les siens ,
Mehemet-Riza-Khan , ( 1 ) _ Kouroudgi
Bachi, et Mustapha Khan. Tous ces Ministres se rendirent au quartier du Beylerbey de Rika , où ils s'assemblerent
sous sa Tente , le premier de Janvier de
la présente année 1732.
PREMIERE CONFERENCE.
Après que les Plenipotentiaires respectifs se furent fait les complimens et les
politesses d'usage en pareille occasion .
ceux de la Porte ouvrant la Conférence
dirent à ceux du Roy de Perse.
7
Le Seraskier Achmet-Pacha , nous. a
donné pouvoir d'entrer avec vos Excellences , dans une négociation dont le
succès ne peut être que très- avantageux
à la Perse. Nous sommes disposez de notre part à travailler si éfficacement a la
paix qu'il ne dependra certainement pas
de ncs foins que nous n'en voyions bientôt une heureuse conclusion. Ainsi c'est
à vos Excellences à nous faire connoître
jusqu'à quel point elles sont autorisées de
(1 ) Khan , est la même chose en Perse qu'un Pacha ou un Gouverneur de Province en Turquie, et Kouroudgi Bachi , y fait l'équivalent da
Janissaire Aga chez les Turcs.
leur
1738 MERCURE DE FRANCE
leur Maître , et quelles sont leurs pré- tentions.
Les Plenipotentiaires de Perse, prenant
alors la parole , répondirent que de tout
temps l'illustre Maison des Rois de Perse
avoit été liée d'amitié avec l'illustreMaison
Otomane , et que cette amitié n'avoit jamais été interrompuë que par la fatalité
du destin , qui avoit quelquefois produit
des évenemens surnaturels , suivis de la
discorde , et contre toute attente. Mais
ajoûterent- ils , nous desirons aujourd'hui
avec ardeur de faire revivre entre nous une
union si intime, qu'elle puisse rétablir
une tranquillité inalterable entre ces deux
Empires.
C'est aussi le même motif qui nous
anime, répliquerent les Ministres Turcs ;
mais pour parvenir au but que nous nous
proposons tous, il faut commencer par
convenir de certains points fondamentaux
qui puissent servir de base au Traité qui
nous assemble , et il est necessaire pour
cela que vous nous découvriez d'abord
sans détour, vos véritables intentions, afin
qu'après en avoir informé le très heureux
Seraskier , nous puissions , sur les ordres
que nous en recevrons , donner quelque
forme à la Négociation que nous enta
mons aujourd'hui.
Puisque
1
A O UST. 1732. 1739
Puisque vos Excellences souhaitent
que nous nous expliquions nettement ,
reprirent les Ministres de Perse , nous
demandons que generalement tous les
Pays que vous nous avez prís nous soient
restituez , et que la Paix et nos Frontieres avec l'EmpireOtoman soient reglées
sur le même pied qu'elles le furent sous
le Regne du Sultan Soliman , ( 1 ) de
glorieuse memoire.
Ce discours a de quoi nous surprendre,
répartirent les Turcs , et vous nous faiteslà une proposition des plus nouvelles. Il
a toûjours été d'usage , lorsque des Princes ennemis font la paix ensemble , que
non-seulement le vainqueur conserve les
conquêtes dont il est en possession , mais
que le vaincu lui fasse encore des avantages. C'est le cours ordinaire ; les Histoires , tant anciennes que modernes ,
en fournissent mille exemples , et nous
nedoutons pas que vous ne sçachiez tout
cela comme nous. D'ailleurs dans la Paix
que vous nous citez , qui fut concluë entre nos devanciers et les vôtres sous l'Emperéur Soliman , on y convint pour Préliminaires , que les Provinces de Tchildir , ( 2 ) de Cars , ( 3 ) de Van , ( 4 ) et
(1) Soliman II. prit et pilla Tauris en 1535
( 2 ) Tchildir est le ye Gouvernement d'Asie ,
plu-
1740 MERCURE DE FRANCE
plusieurs autres lieux resteroient à la Porte ; et vous , bien loin de nous offrir au
moins quelques Places au- delà des Pays
que le sort des armes a mis entre nos mains , vous demandez que nous vous
rendions ces mêmes Pays , qui subis
sent nos Loix depuis long - temps et
dont la conquête nous a coûté des trésors immenses et des torrens de notre
sang.
Vous avez raison , dirent les Persans ;
` nous convenons de la justesse de vos rai
sonnemens, mais un Empire aussi puissant et d'une aussi prodigieuse érenduë
que le vôtre , ne doit pas s'attacher , ni
même daigner faire attention à quelques
coins de terre si ruinez , qu'ils sont devenus plus propres à servir de retraite à
de tristes Hiboux , que de demeure à
de valeureux Soldats comme les- Otomans. Neanmoins quoique ces contrées
désolées ne puissent êtte considerées
1
que
de ceux qu'on appelle Hasilé. Il est sur les Frontieres de la Georgie.
(3) Cars , Ville de la grande Armenie , dans
cette partie qu'on appelle aujourd'hui Iran , ou
Carabag , entre l'Araxe et le Cyrus.
(4) Van , Ville de la même contrée que Cars,
et située sur un Lac du même nom , que l'on
appelle la Mer de Van ou d'Armenie , à cause
de son extréme grandeur... comme
A O UST. 1732. 1740
.
comme un rien pour votre Empire il est
pourtant vrai qu'elles sont un objet fort
considerable pour le nôtre , et que nous
en regarderons la restitution comme une
grace singuliere , purement émanée de
la clémence du G. S. que nous osons implorer aujourd'hui ; au surplus vous êtes
les Maîtres et nous nous en remettons
à vous avec une entiere confiance.
II. CONFERENCE, tenu le lendemais
entre les mêmes Ministres et au même
endroit.
Les Plénipotentiaires Turcs adressant
la parole à ceux de Perse , leur dirent :
si vous êtes effectivement dans le dessein
de finir la guerre , ( 1 ) ne vous amusez pas,
comme vous fites hier , à battre le fer
froid. Mais au lieu de vous entretenir
dans la vaine idée de la pouvoir terminer sur le même plan que nos Ancêtres
suivirent sous Soliman , songez plutôt à
joindre à nos conquêtes quelques Pro
vinces qui puissent nous convenir , ainsi
que les vaincus en ont toûjours agi envers leurs vainqueurs.
Et que nous reste-t'il , pour vous don
ner de nouvelles Provinces , se récrierent
(1 )Proverbe Arabe , qui revient au nôtre , il
faut battre le fer tandis qu'il est chaud,
les
1742 MERCURE DE FRANCE
les Persans ? Nous venons humblement
vous demander grace ; nous reclamons
la misericorde de la Porte ; notre intention n'est pas de marchander ni de chicaner avec vous ; nous connoissons.trop
l'état d'humiliation où l'enchainement de
nos malheurs nous a réduits , pour avoir
la présomption de vous rien contester
mais si la décadence de nos affaires , arrivée par le concours de mille fâcheux évenemens , a été cause que vous nous avez
traitez de la maniere la plus cruelle, pourriez vous laisser échapper la belle occasion que le Ciel vous offre aujourd'hui de
réparer nos maux , en faisant autant de
bien à notre Monarque , que vous lui
-avez porté de préjudice ? non , au lieu
de lui rien demander davantage , réta
blissez-le sur son Trône , avec autant de
puissance et de splendeur qu'y brillerent
autrefois ses illustres Ayeux , et persua
dez- vous que la gloire de votre Empire.
et de votre Empereur y est interessée. Du
reste, à notre égard, nous serons toujours
satisfaits de tout ce que feront vos Excellences.
Nous voulons bien le croire ainsi , répondirent les Plénipotentiaires de la
Porte , et votre modestie nous confirme
dans l'opinion que nous avions déja conçuë
A O UST. 1732. 1743
çue de votre prudence et ' de votre capacité. C'est pourquoi nous vous déclarons de la part de l'Empereur notre Maî
tre, que par un excès de bonté pour vous,
il veut bien , non- seulement vous accorder la Paix et se désister des justes prétentions qu'il auroit comme victorieux
d'exiger de nouveaux Païs qui seroient
à sa bienseance , outre ceux qu'il a conquis sur vous , il veut encore faire plus
en votre faveur , et pour vous marquer
jusqu'où va son extrême generosité , il
vous donne le choix entre les derniers
Pays que ses Armes lui ont acquis en
deçà de l'Araxe , et à l'exception de la
Province de Tauris , ( ) vous n'avez qu'à
demander , tout vous sera accordé.
Nous vous avons exposé ce que nous
desirions , répliquerent les Persans , et
sans varier dans l'unique point- de- vûë
qu'il nous est permis d'avoir , nous continuons à vous prier de rétablir notre Roy
dans tous ses Etats. Faites cependant ce
que vous jugerez de plus digne de vous
et de la gloire de votre Empire. Mais
comme nous nous app rcevons que nos
instances les plus vives ne produisent pas
(1) Tauris ou Tebris , grande Ville et Provin- ce enclavée dans l'Airbeitzan ou Edzerbaijan
qui fait partie de l'ancienne Médie,
sur
1744 MERCURE DE FRANCE
sur vos Excellences l'effet que nous avions
crû pouvoir nous en promettre , qu'elles
nous donnent , s'il leur plaît le reste du
jour pour consulter entre nous , et demain matin Mustapha Khan (. ) viendra
vous rendre compte de la résolution que
nous aurons prise.
III. CONFERENCE , où il n'y ent
que Mustapha - Khan , de la part de Chah-Thamas.
Le lendemain , ainsi que les Plénipotentiaires Persans l'avoient promis , Mustapha- Kan se rendit au lieu de l'Assemblée et dit aux Ministres Turcs qui l'y
attendoient. A la verité jusqu'à present
nous avions été obligez , Mehemet RizaKhan et moi , de nous en tenir , conformement à nos instructions , à vous
prier de restituer generalement à notre
Souverain tous les Pays que la Porte lui
a enlevez , mais ayant reconnu combien
vos Excellences étoient éloignées de remplir nos souhaits à cet égard , nous hous
sommes retranchez à les supplier d'agréer
une des deux propositions que je vais
avoir l'honneur de leur faire. La premie-
*
(1) N. B. c'étoir Mehemet Riza Khan , qui
tomme Premier Plénipotentiaire , portoit la parolc.
A O UST. 17327 1745
re, que la Perse payera annuellement à
la sublime Porte une certaine somme
dont on conviendra , moyennant quoi
les limites des deux Empires seront bor :
nées par les Rivieres d'Arpatchaï ( 1 ) et :
de Karct-Kalkan , et vous nous restituerez tous les Etats que vous avez conquis .
sur nous. La seconde , qui vous sera peutêtre plus agréable , que les Provinces de
Tiflis ( 2 ) d'Herdelan, resteront sous votre
domination , et que vous nous ferez la
grace de laisser rentrer le reste sous celle
de notre Roy.
Ni l'une ni l'autre de ces propositions
n'est acceptable , répondirent les Plenipotentiaires de Turquie , et il nous paroît si hors de propos , que vous fassiez
la moindre ouverture sur les Pays audelà del'Araxe qu'il ne nous convient ›
même pas d'ouvrir la bouche pour vous
répondre sur cet article. En verité , continua le Pacha de Rika , qui comme le
premier entre ses Collegues parloit pour
tous , il est bien étrange , que dans le
temps même qu'également touchez de
11) Ces deux Rivieres sont en Géorgie.
(2) Tiflis , ou Téffis , Capitaine du Gurgistan,
qui est la Géorgie , proprement dite. Elle est si- tuée sur le bord du Kur , anciennement le Cyrus.
Herdelan est dans le même Pays.
D YOS
1746 MERCURE DE FRANCE
vos malheurs et de vos prieres , nous
consentons , non- seulement à renoncer
en faveur de la Paix aux Provinces que
nous serions en droit d'exiger par- dessusnos conquêtes , mais que notre complaisance pour vous s'étend jusqu'à vous of→
frir de vous en rendre de celles que nous
venons d'acquerir ; il est bien étrange ,
dis-je , que vous nous fassiez sérieusement
des propositions si éloignées de toute raison. Vous voulez ceci , vous ne vou
lez pas cela , et vous prétendez disposer
des Pays qui sont entre nos mains, comme
si vous en étiez encore les paisibles possesseurs.N'avez vous donc pas de honte d'ê
tre si peu judicieux ? Le Pacha s'emporta
en proferant ces dernieres paroles , ou
du moins fit semblant de s'emporter ,
car il se radoucit bien- tôt , quand Mustapha l'interrompant d'un air humble et
flateur , s'exprima en ces termes : Nous
sommes venus implorer la générosité de
la sublime Porte , à laquelle nous nous
abandonnons sans réserve , et dont la
puissance s'étend d'un bout du Pole à l'au
tre; vous nous voyez accablez de revers,
sans appui , sans secours; nous ne possedons plus rien qui mérite de porter le
nom de Païs et de Provinces ; il n'est pas
étonnant que dans des circonstances si
affligeantes,
A O UST. 1732. 1747
affligeantes , nous vous fassions des demandes qui vous paroissent inconsiderées , mais vous ne devez pas nous en
sçavoir mauvais gré , et quelque extraordinaires que vous semblent nos prétentions , l'état violent où nous sommes,
doit les excuser auprès de vos Excellences.
Pourquoi , reprirent les Turcs , faites-vous tant les miserables ? Est- ce que
le Royaume de Perse est renfermé seulement dans les conquêtes que nous y
avons faites ? et peut-on appeller pauvre
un Souverain qui possede Ispaham , le
Guilhan , ( 1 ) Chiras , ( 2 ) le Korassan , (3)
et tant d'autres Contrées , qui forment
encore un vaste Empire ?
De tous les Etats , dont vous venez de
faire l'énumération , repartit Mustapha ,
en soupirant , une partie a passé sous les
Loix des Infideles Moscovites , et l'autre
est , pour ainsi dire , totalement boule-
(i) Le Guilhan ou Kilan , est le long de la
Mer Caspienne , et compose avec le Mazandran ,
l'ancienne Hyrcanie.
(2 ) Chiras ou Schiras , Ville sur le Kur, dans
le Farsistan ou la Perse proprement dite.
(3) Le Korassan , Corasan , ou Chorasan ,
comprend l'anciene Ariane , partie de la Bactriane , et du Païs des Parthes , c'est une des plus
Considerables Contrées de la Perse.
Dij versée
1748 MERCURE DE FRANCE
1
versée par les ravages et les désordres
qu'y ont faits , ou qu'y ont attirez les
cruels ( 1 ) Esghans. De sorte qu'à proprement parler , nous n'avons plus frien
de quelque conséquence que Coni ( 2 ) ,
Kiachan ( 3 ), et ( 4 ) Ispaham.
Mais si votre situation , repliquerent
les Turcs , est aussi déplorable que vous
nous la dépeignez ; si outre cela vous affectez dans toutes les occasions de vous
dire , nos Freres , de vous vanter d'être
avec nous dans la même unité de Religion, et si vous avez d'ailleurs tant d'embarras et d'ennemis sur les bras, d'où vient
ne vous pas appliquer à vous en délivrer?
Pourquoi vous acharner particulierement
contre nous , comme vous faites ? Car s'il
en faut juger par toutes vos démarches ,
il n'y a que nous seuls qui vous occu-
( 1 ) Esghans , Eughans , ou Aguans , Peuples
du Candahar , qui fait partie du Sablustan , autrefois le Paropamisus.
(2 ) Com , ou Kom , Ville dans l'Hierak ou
Yerak- Agemi , partie de l'ancien Royaume des
Parthes.
( 3 ) Kiachan ou Cachan, grande Ville du même Pais.
( 4 ) Ispaham , Spahan , ou Spahon , comme prononcent les Persans , est aussi dans le même
Païs. Les uns croient que cette Capitale de toute
la Perse , a été bârie sur les ruines d'HécatomPylos , et d'autres sur celles d'Aspa.
pions ;
AOUST. 1732. 1749
}
pions ; vos divisions , vos disputes , vos
guerres,votre empressement pour la Paix,
tout semble en vous n'avoir que Nous
pour unique objet.
C'est aussi , dit Mustapha , l'affaire qui
nous interesse le plus , et que nous prenons le plus à cœur. Vous êtes l'ennemi
le plus redoutable que nous ayions en tête;
si nous pouvons parvenir à cimenter avec
vous une Paix solide , nous nous démêlerons facilement de nos autres ennemis ;
et s'il plaît à Dieu, nous vérifierons bientôt le Proverbe Arabe, qui dit que l'hommese releve où il est tombé.
Mais enfin , continua- t-il , si les Otomans nous ont fait éprouver la fureur de
leurs armes , et s'ils nous ont maltraitez
au delà de ce que nous pouvions jamais
prévoir , nous esperons qu'à tant de calamitez qu'ils nous ont fait souffrir , ils feront succeder des dédommagemens qui
Ies égaleront. C'est uniquement dans cet
esprit, que nous venons négocier avec
vous, et non pour disputer sur le plus ou
le moins de Pais à prétendre et à ceder.
Nous vous retraçons au naturel l'image
de nos infortunes ; nos prieres y sont relatives ; c'est à vos Excellences , comme
nous leur avons déja dit, de prendre une
détermination à notre égard , qui distinDiij gue
1750 MERCURE DE FRANCE
gue d'une façon glorieuse , la grandeur et
la dignité de votre Empire.
Tout cela est excellent , répondirent les
Ministres Turcs , et vous avez raison de
vous attendre à recevoir des faveurs de la
Porte ; mais votre attente, pour être bien
fondée , ne doit pas être sans mesure , et
nous voyons avec peine , qu'au lieu de
resserrer vos désirs dans de justes bornes,
vous n'avez fait , jusqu'icy , que vous répandre en demandes indiscretes , qui
loin de nous approcher du but , nous en
écartent. Ainsi comme vous n'avancerez
jamais rien avec nous , si vous ne prenez
une autre route , nous voulons bien encore vous donner le loisir de réfléchir de
nouveau plus murement , sur vos véri
tables intérêts, et nous les discuterons vo
lontiers plus en détail dans la Conféren
ce que nous tiendrons demain.
IV. CONFERENCE , où tous les Ple
nipotentiaires des deux Cours assisterent.
Le 4 dudit mois de Janvier , les Ministres de la Porte , parlant toujours les
premiers , dirent à ceux de Perse : Nous
nous étions persuadez , qu'en agitant une
affaire d'aussi grande importance que celle.
de la Paix , nous ne devions rien négliger
pour la porter à son point de perfectionle
AOUST. 1732. 1791 8
le plutôt qu'il se pourroit ; et nous nous
étions flatez de trouver dans vos Excellences , des dispositions conformes aux
nôtres en cela. Mais nous reconnoissons ,
à regret , que nous avions mal pénétré
leurs intentions , puisqu'il paroît clairement , qu'elles ne cherchent qu'à éluder
les nôtres, et qu'à gagner du temps, pour
faire échouer la négociation à force de la
tirer en longueur. En effet , si ce n'étoit
pas là votre vûë, pourriez- vous vous opiniatrer , comme vous faites , à former des
prétentions , ausqu'elles vous sçavez bien
vous-même qu'il ne nous est pas possible
de souscrire ?
Nous sommes pleinement convaincus
de notre impuissance, répondirent les Persans, et que nous ne pourrons secoüer le
joug qu'il vous plaira de nous imposer.
Vous possedez tout, nous sommes privez
de tout ; c'est à vous d'ordonner,èt à nous
d'obéïr.
S'il étoit vrai , comme vous le dites, reprirent les Turcs , qu'il ne dépendit que
de nous d'achever heureusement cette
négociation , vous ne nous feriez pas des
demandes si peu mesurées , et toutes nos
prétentions réciproques seroient reglées
dans un moment. Il faut être équitable,
et que vos Excellences se restraignent à ce
Diiij qu'on
1752 MERCURE DE FRANCE
qu'on peut raisonnablement leur accorder. Ainsi, sans perdre davantage le temps
en discours specieux , qui ne conduisent
à rien de décisif, parlez- nous une bonne
fois positivement ; nous vous réïterons ,
que vous nous trouverez toujours disposez à nous prêter à tout ce que vous nous
proposerez de faisable. Mais nous devons
vous prévenir auparavant , qu'il ne faut
plus nous contester la possession des Païs
au-delà de l'Araxe , ni que vous insistiez
de nouveau sur la restitution de Tauris ,
qui est en deçà de ce Fleuve. Hors ces
deux articles , vous pouvez tout esperer
du désir sincere que nous avons de faire
tenaître entre les deux Empires une harmonie inalterable.
qui
Vous êtes les maîtres , encore un coup,
repliquerent les Persans ; nous continuons d'avouer que tout vous appartient chez nous ; mais dès que vous rejetteż la priere que nous vous faisons , de
-nous rendre nos Etats au delà de l'Araxe,
set la Province de Tauris en deçà ; surquoi
voulez-vous que roulent nos Conféren-
´ces, puisque tout ce qui nous reste de notre Monarchie , ne vaut pas seulement la
peine qu'on en fasse mention ?
Comment , s'écrierent les Plénipotentiaires de la Porte; n'y at- il pas encore
( 1)
A OUST. 1732. 1753
(1 ) Amadan , avec son vaste territoire ?
et si nous vous le rendons , ne devez- vous
pas être satisfaits ?
-
Nous avions toujours esperé , repartirent ceux de Perse , que vous fériez rentrer Chah Tahmas dans les Païs d'audelà de l'Araxe , et toute la faveur que
vous voulez lui faire , consiste à lui rendre Amadan , qui est en deçà. Dès que
vous montrez si peu d'égard à nos humbles et constantes supplications , nous ne
sçavons plus que vous proposer , et votre infléxibilité nous rend muets.
Que nous dites- vous-là , reprirent les
Turcs; avez- vous oublié , que lors même
que votre Maître se vantoit de nous avoir
battus , il envoïa à la Porte (2) Riza Kouli Khan et Méhémet-Veli - Khan, qui dans
leurs conférences, avec nos Ministres , cederent tous ces Païs Surquoi , s'il vous
plaît , aujourd'hui que vous vous confessez vaincus, pouvez appuïer votre obs
tination à les répéter ?
>
Nous convenons de ce fait , replique-
( 1 ) Hamadan , Ville des plus considérables de
Perse. Elle est dans l'Yerax - Agemi , qui est l'ancienne region des Parthes.
( 2 )Ils firent leur entrée à Constantinople le
18 Juin 1730. Riza- Kouli-Khan , qui étoit le
chef de l'ambassade , eut la tête tranchée peu
après son retour en Perse.
D v rent
1754 MERCURE DE FRANCE
rent les Persans ; mais peut-être feignezvous d'ignorer , que ce fut par l'habileté
et les adroites insinuations de vos négociateurs , que les nôtres consentirent im
prudemmentàce que ces Païs vous restassent ,en quoi ayant excedé leur pouvoir,
ils furent fort désaprouvez de notre Souverain. Aussi pouvons- nous dire , que ce
fut la source de tous les malheurs qui nous
ont accablez depuis ! Mais ne nous rapellez plus des temps funestes , que nous
voudrions pouvoir ensevelir dans un éternel oubli ; rappellez vous seulement que
l'infortuné Chah Tahmas a recours à la
clémence de la sublime Porte , et qu'il remet entierementson sort entre vos mains.
C'est sur ce principe que vous devez raisonner , et vous résoudre ensuite au parti
qui vous paroîtra le plus glorieux à votre
Empire.
>
N'est ce donc pas une grande grace de
notre part , dirent les Ministres Turcs
que tout ce que nous vous offrons ? Il est
vtai , répondirent ceux de Perse , qu'à ne
considerer , que la ruine presqu'universelle où notre Royaume est tombé , ce qué
vous voulez bien nous rendre , peut passer pour une faveur signalée , mais cette
faveur,toute rare qu'elle est , ne répond
pas encore ni à notre état , ni à nos prieres
AOUST. 17320 1755
res ; daignez - y faire plus d'attention , et
vous conviendrez que la Porte qui nous a
tant fait de maux , depuis l'inondation
des Esghans sur nos terres , est en quelque façon obligée pour son honneur de
réparer, autant qu'il est en elle, les dommages infinis qu'elle nous a causez , et que
la compassion qu'elle aura pour nous,doit
être au moins proportionnée à la reconnoissance que nous en conserverons éternellement. Nous osons même ajouter ,
que si votre tres-magnifique Empereur
reconnoit ,comme il le doit , que ses Vic.
toires et le bonheur de ses armes,sont des
bien faits qu'il a reçus de la Providence s
il est de sa piété d'en témoigner à Dieu
sa gratitude d'une maniere extraordinaire. Hé! comment peut-il mieux s'en acquitter , qu'en nous faisant ressentir de si
grands effets de sa magnanimité, que tous
les Monarques de la terre, surpris, soient
forcez deconvenir qu'ils n'ont jamais rien
vû , ni entendu parler de semblable ?
On donnera la suite dans le prochain
Mercure.
sur ce qui s'est passé dans les Conferences tennës pour la Paix entre les Turcs et les
Persans , à l'Armée du Grand- Seigneur,
près d' Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse , et ceux de ChabThamas , Roy de Perse.
Chmer- Pacha, Seraskier ou General
Adel'armée Otomane, et BeylerBey,
( c'est-à- dire Gouverneur ) de la Province de Babylone , en vertu des pleins
pouvoirs que le G. S. lui envoit envoyez pour faire la paix avec les Persans,
ayant nommé Achmet- Pacha , Beylerbey
de Rika, (1) Abdi- Pacha-Zadé- Ali- Bey,
Salahor ( 2 ) de S. H. Kassim- Effendi ,
Defterdar ( 3 ) de l'Armée , et Raghib
Effendi , Defterdar de Bagdat , pour PleB
( 1) Rika , est un des 17. Beylerbeys ou
Grand - Gouvernemens d'Asie , qu'on appelle
Hassilez. Voyez Ricaut , et le 3. du Diarbekir ,
consideré seulement comme l'ancienne Mesopotamie , renfermée entre le Tygre et l'Euphrate.
(2) Salahor, Ecuyer Cavalcadour , qui exerceet travaille les Chevaux du G. S. il y en a″12.
( 3 ) Defterdar , Intendant des Finances et Trésorier. 1
nipo
A O UST. 1732. 1737
nipotentiaires de la Poste > et ChahThamas , ayant choisi pour les siens ,
Mehemet-Riza-Khan , ( 1 ) _ Kouroudgi
Bachi, et Mustapha Khan. Tous ces Ministres se rendirent au quartier du Beylerbey de Rika , où ils s'assemblerent
sous sa Tente , le premier de Janvier de
la présente année 1732.
PREMIERE CONFERENCE.
Après que les Plenipotentiaires respectifs se furent fait les complimens et les
politesses d'usage en pareille occasion .
ceux de la Porte ouvrant la Conférence
dirent à ceux du Roy de Perse.
7
Le Seraskier Achmet-Pacha , nous. a
donné pouvoir d'entrer avec vos Excellences , dans une négociation dont le
succès ne peut être que très- avantageux
à la Perse. Nous sommes disposez de notre part à travailler si éfficacement a la
paix qu'il ne dependra certainement pas
de ncs foins que nous n'en voyions bientôt une heureuse conclusion. Ainsi c'est
à vos Excellences à nous faire connoître
jusqu'à quel point elles sont autorisées de
(1 ) Khan , est la même chose en Perse qu'un Pacha ou un Gouverneur de Province en Turquie, et Kouroudgi Bachi , y fait l'équivalent da
Janissaire Aga chez les Turcs.
leur
1738 MERCURE DE FRANCE
leur Maître , et quelles sont leurs pré- tentions.
Les Plenipotentiaires de Perse, prenant
alors la parole , répondirent que de tout
temps l'illustre Maison des Rois de Perse
avoit été liée d'amitié avec l'illustreMaison
Otomane , et que cette amitié n'avoit jamais été interrompuë que par la fatalité
du destin , qui avoit quelquefois produit
des évenemens surnaturels , suivis de la
discorde , et contre toute attente. Mais
ajoûterent- ils , nous desirons aujourd'hui
avec ardeur de faire revivre entre nous une
union si intime, qu'elle puisse rétablir
une tranquillité inalterable entre ces deux
Empires.
C'est aussi le même motif qui nous
anime, répliquerent les Ministres Turcs ;
mais pour parvenir au but que nous nous
proposons tous, il faut commencer par
convenir de certains points fondamentaux
qui puissent servir de base au Traité qui
nous assemble , et il est necessaire pour
cela que vous nous découvriez d'abord
sans détour, vos véritables intentions, afin
qu'après en avoir informé le très heureux
Seraskier , nous puissions , sur les ordres
que nous en recevrons , donner quelque
forme à la Négociation que nous enta
mons aujourd'hui.
Puisque
1
A O UST. 1732. 1739
Puisque vos Excellences souhaitent
que nous nous expliquions nettement ,
reprirent les Ministres de Perse , nous
demandons que generalement tous les
Pays que vous nous avez prís nous soient
restituez , et que la Paix et nos Frontieres avec l'EmpireOtoman soient reglées
sur le même pied qu'elles le furent sous
le Regne du Sultan Soliman , ( 1 ) de
glorieuse memoire.
Ce discours a de quoi nous surprendre,
répartirent les Turcs , et vous nous faiteslà une proposition des plus nouvelles. Il
a toûjours été d'usage , lorsque des Princes ennemis font la paix ensemble , que
non-seulement le vainqueur conserve les
conquêtes dont il est en possession , mais
que le vaincu lui fasse encore des avantages. C'est le cours ordinaire ; les Histoires , tant anciennes que modernes ,
en fournissent mille exemples , et nous
nedoutons pas que vous ne sçachiez tout
cela comme nous. D'ailleurs dans la Paix
que vous nous citez , qui fut concluë entre nos devanciers et les vôtres sous l'Emperéur Soliman , on y convint pour Préliminaires , que les Provinces de Tchildir , ( 2 ) de Cars , ( 3 ) de Van , ( 4 ) et
(1) Soliman II. prit et pilla Tauris en 1535
( 2 ) Tchildir est le ye Gouvernement d'Asie ,
plu-
1740 MERCURE DE FRANCE
plusieurs autres lieux resteroient à la Porte ; et vous , bien loin de nous offrir au
moins quelques Places au- delà des Pays
que le sort des armes a mis entre nos mains , vous demandez que nous vous
rendions ces mêmes Pays , qui subis
sent nos Loix depuis long - temps et
dont la conquête nous a coûté des trésors immenses et des torrens de notre
sang.
Vous avez raison , dirent les Persans ;
` nous convenons de la justesse de vos rai
sonnemens, mais un Empire aussi puissant et d'une aussi prodigieuse érenduë
que le vôtre , ne doit pas s'attacher , ni
même daigner faire attention à quelques
coins de terre si ruinez , qu'ils sont devenus plus propres à servir de retraite à
de tristes Hiboux , que de demeure à
de valeureux Soldats comme les- Otomans. Neanmoins quoique ces contrées
désolées ne puissent êtte considerées
1
que
de ceux qu'on appelle Hasilé. Il est sur les Frontieres de la Georgie.
(3) Cars , Ville de la grande Armenie , dans
cette partie qu'on appelle aujourd'hui Iran , ou
Carabag , entre l'Araxe et le Cyrus.
(4) Van , Ville de la même contrée que Cars,
et située sur un Lac du même nom , que l'on
appelle la Mer de Van ou d'Armenie , à cause
de son extréme grandeur... comme
A O UST. 1732. 1740
.
comme un rien pour votre Empire il est
pourtant vrai qu'elles sont un objet fort
considerable pour le nôtre , et que nous
en regarderons la restitution comme une
grace singuliere , purement émanée de
la clémence du G. S. que nous osons implorer aujourd'hui ; au surplus vous êtes
les Maîtres et nous nous en remettons
à vous avec une entiere confiance.
II. CONFERENCE, tenu le lendemais
entre les mêmes Ministres et au même
endroit.
Les Plénipotentiaires Turcs adressant
la parole à ceux de Perse , leur dirent :
si vous êtes effectivement dans le dessein
de finir la guerre , ( 1 ) ne vous amusez pas,
comme vous fites hier , à battre le fer
froid. Mais au lieu de vous entretenir
dans la vaine idée de la pouvoir terminer sur le même plan que nos Ancêtres
suivirent sous Soliman , songez plutôt à
joindre à nos conquêtes quelques Pro
vinces qui puissent nous convenir , ainsi
que les vaincus en ont toûjours agi envers leurs vainqueurs.
Et que nous reste-t'il , pour vous don
ner de nouvelles Provinces , se récrierent
(1 )Proverbe Arabe , qui revient au nôtre , il
faut battre le fer tandis qu'il est chaud,
les
1742 MERCURE DE FRANCE
les Persans ? Nous venons humblement
vous demander grace ; nous reclamons
la misericorde de la Porte ; notre intention n'est pas de marchander ni de chicaner avec vous ; nous connoissons.trop
l'état d'humiliation où l'enchainement de
nos malheurs nous a réduits , pour avoir
la présomption de vous rien contester
mais si la décadence de nos affaires , arrivée par le concours de mille fâcheux évenemens , a été cause que vous nous avez
traitez de la maniere la plus cruelle, pourriez vous laisser échapper la belle occasion que le Ciel vous offre aujourd'hui de
réparer nos maux , en faisant autant de
bien à notre Monarque , que vous lui
-avez porté de préjudice ? non , au lieu
de lui rien demander davantage , réta
blissez-le sur son Trône , avec autant de
puissance et de splendeur qu'y brillerent
autrefois ses illustres Ayeux , et persua
dez- vous que la gloire de votre Empire.
et de votre Empereur y est interessée. Du
reste, à notre égard, nous serons toujours
satisfaits de tout ce que feront vos Excellences.
Nous voulons bien le croire ainsi , répondirent les Plénipotentiaires de la
Porte , et votre modestie nous confirme
dans l'opinion que nous avions déja conçuë
A O UST. 1732. 1743
çue de votre prudence et ' de votre capacité. C'est pourquoi nous vous déclarons de la part de l'Empereur notre Maî
tre, que par un excès de bonté pour vous,
il veut bien , non- seulement vous accorder la Paix et se désister des justes prétentions qu'il auroit comme victorieux
d'exiger de nouveaux Païs qui seroient
à sa bienseance , outre ceux qu'il a conquis sur vous , il veut encore faire plus
en votre faveur , et pour vous marquer
jusqu'où va son extrême generosité , il
vous donne le choix entre les derniers
Pays que ses Armes lui ont acquis en
deçà de l'Araxe , et à l'exception de la
Province de Tauris , ( ) vous n'avez qu'à
demander , tout vous sera accordé.
Nous vous avons exposé ce que nous
desirions , répliquerent les Persans , et
sans varier dans l'unique point- de- vûë
qu'il nous est permis d'avoir , nous continuons à vous prier de rétablir notre Roy
dans tous ses Etats. Faites cependant ce
que vous jugerez de plus digne de vous
et de la gloire de votre Empire. Mais
comme nous nous app rcevons que nos
instances les plus vives ne produisent pas
(1) Tauris ou Tebris , grande Ville et Provin- ce enclavée dans l'Airbeitzan ou Edzerbaijan
qui fait partie de l'ancienne Médie,
sur
1744 MERCURE DE FRANCE
sur vos Excellences l'effet que nous avions
crû pouvoir nous en promettre , qu'elles
nous donnent , s'il leur plaît le reste du
jour pour consulter entre nous , et demain matin Mustapha Khan (. ) viendra
vous rendre compte de la résolution que
nous aurons prise.
III. CONFERENCE , où il n'y ent
que Mustapha - Khan , de la part de Chah-Thamas.
Le lendemain , ainsi que les Plénipotentiaires Persans l'avoient promis , Mustapha- Kan se rendit au lieu de l'Assemblée et dit aux Ministres Turcs qui l'y
attendoient. A la verité jusqu'à present
nous avions été obligez , Mehemet RizaKhan et moi , de nous en tenir , conformement à nos instructions , à vous
prier de restituer generalement à notre
Souverain tous les Pays que la Porte lui
a enlevez , mais ayant reconnu combien
vos Excellences étoient éloignées de remplir nos souhaits à cet égard , nous hous
sommes retranchez à les supplier d'agréer
une des deux propositions que je vais
avoir l'honneur de leur faire. La premie-
*
(1) N. B. c'étoir Mehemet Riza Khan , qui
tomme Premier Plénipotentiaire , portoit la parolc.
A O UST. 17327 1745
re, que la Perse payera annuellement à
la sublime Porte une certaine somme
dont on conviendra , moyennant quoi
les limites des deux Empires seront bor :
nées par les Rivieres d'Arpatchaï ( 1 ) et :
de Karct-Kalkan , et vous nous restituerez tous les Etats que vous avez conquis .
sur nous. La seconde , qui vous sera peutêtre plus agréable , que les Provinces de
Tiflis ( 2 ) d'Herdelan, resteront sous votre
domination , et que vous nous ferez la
grace de laisser rentrer le reste sous celle
de notre Roy.
Ni l'une ni l'autre de ces propositions
n'est acceptable , répondirent les Plenipotentiaires de Turquie , et il nous paroît si hors de propos , que vous fassiez
la moindre ouverture sur les Pays audelà del'Araxe qu'il ne nous convient ›
même pas d'ouvrir la bouche pour vous
répondre sur cet article. En verité , continua le Pacha de Rika , qui comme le
premier entre ses Collegues parloit pour
tous , il est bien étrange , que dans le
temps même qu'également touchez de
11) Ces deux Rivieres sont en Géorgie.
(2) Tiflis , ou Téffis , Capitaine du Gurgistan,
qui est la Géorgie , proprement dite. Elle est si- tuée sur le bord du Kur , anciennement le Cyrus.
Herdelan est dans le même Pays.
D YOS
1746 MERCURE DE FRANCE
vos malheurs et de vos prieres , nous
consentons , non- seulement à renoncer
en faveur de la Paix aux Provinces que
nous serions en droit d'exiger par- dessusnos conquêtes , mais que notre complaisance pour vous s'étend jusqu'à vous of→
frir de vous en rendre de celles que nous
venons d'acquerir ; il est bien étrange ,
dis-je , que vous nous fassiez sérieusement
des propositions si éloignées de toute raison. Vous voulez ceci , vous ne vou
lez pas cela , et vous prétendez disposer
des Pays qui sont entre nos mains, comme
si vous en étiez encore les paisibles possesseurs.N'avez vous donc pas de honte d'ê
tre si peu judicieux ? Le Pacha s'emporta
en proferant ces dernieres paroles , ou
du moins fit semblant de s'emporter ,
car il se radoucit bien- tôt , quand Mustapha l'interrompant d'un air humble et
flateur , s'exprima en ces termes : Nous
sommes venus implorer la générosité de
la sublime Porte , à laquelle nous nous
abandonnons sans réserve , et dont la
puissance s'étend d'un bout du Pole à l'au
tre; vous nous voyez accablez de revers,
sans appui , sans secours; nous ne possedons plus rien qui mérite de porter le
nom de Païs et de Provinces ; il n'est pas
étonnant que dans des circonstances si
affligeantes,
A O UST. 1732. 1747
affligeantes , nous vous fassions des demandes qui vous paroissent inconsiderées , mais vous ne devez pas nous en
sçavoir mauvais gré , et quelque extraordinaires que vous semblent nos prétentions , l'état violent où nous sommes,
doit les excuser auprès de vos Excellences.
Pourquoi , reprirent les Turcs , faites-vous tant les miserables ? Est- ce que
le Royaume de Perse est renfermé seulement dans les conquêtes que nous y
avons faites ? et peut-on appeller pauvre
un Souverain qui possede Ispaham , le
Guilhan , ( 1 ) Chiras , ( 2 ) le Korassan , (3)
et tant d'autres Contrées , qui forment
encore un vaste Empire ?
De tous les Etats , dont vous venez de
faire l'énumération , repartit Mustapha ,
en soupirant , une partie a passé sous les
Loix des Infideles Moscovites , et l'autre
est , pour ainsi dire , totalement boule-
(i) Le Guilhan ou Kilan , est le long de la
Mer Caspienne , et compose avec le Mazandran ,
l'ancienne Hyrcanie.
(2 ) Chiras ou Schiras , Ville sur le Kur, dans
le Farsistan ou la Perse proprement dite.
(3) Le Korassan , Corasan , ou Chorasan ,
comprend l'anciene Ariane , partie de la Bactriane , et du Païs des Parthes , c'est une des plus
Considerables Contrées de la Perse.
Dij versée
1748 MERCURE DE FRANCE
1
versée par les ravages et les désordres
qu'y ont faits , ou qu'y ont attirez les
cruels ( 1 ) Esghans. De sorte qu'à proprement parler , nous n'avons plus frien
de quelque conséquence que Coni ( 2 ) ,
Kiachan ( 3 ), et ( 4 ) Ispaham.
Mais si votre situation , repliquerent
les Turcs , est aussi déplorable que vous
nous la dépeignez ; si outre cela vous affectez dans toutes les occasions de vous
dire , nos Freres , de vous vanter d'être
avec nous dans la même unité de Religion, et si vous avez d'ailleurs tant d'embarras et d'ennemis sur les bras, d'où vient
ne vous pas appliquer à vous en délivrer?
Pourquoi vous acharner particulierement
contre nous , comme vous faites ? Car s'il
en faut juger par toutes vos démarches ,
il n'y a que nous seuls qui vous occu-
( 1 ) Esghans , Eughans , ou Aguans , Peuples
du Candahar , qui fait partie du Sablustan , autrefois le Paropamisus.
(2 ) Com , ou Kom , Ville dans l'Hierak ou
Yerak- Agemi , partie de l'ancien Royaume des
Parthes.
( 3 ) Kiachan ou Cachan, grande Ville du même Pais.
( 4 ) Ispaham , Spahan , ou Spahon , comme prononcent les Persans , est aussi dans le même
Païs. Les uns croient que cette Capitale de toute
la Perse , a été bârie sur les ruines d'HécatomPylos , et d'autres sur celles d'Aspa.
pions ;
AOUST. 1732. 1749
}
pions ; vos divisions , vos disputes , vos
guerres,votre empressement pour la Paix,
tout semble en vous n'avoir que Nous
pour unique objet.
C'est aussi , dit Mustapha , l'affaire qui
nous interesse le plus , et que nous prenons le plus à cœur. Vous êtes l'ennemi
le plus redoutable que nous ayions en tête;
si nous pouvons parvenir à cimenter avec
vous une Paix solide , nous nous démêlerons facilement de nos autres ennemis ;
et s'il plaît à Dieu, nous vérifierons bientôt le Proverbe Arabe, qui dit que l'hommese releve où il est tombé.
Mais enfin , continua- t-il , si les Otomans nous ont fait éprouver la fureur de
leurs armes , et s'ils nous ont maltraitez
au delà de ce que nous pouvions jamais
prévoir , nous esperons qu'à tant de calamitez qu'ils nous ont fait souffrir , ils feront succeder des dédommagemens qui
Ies égaleront. C'est uniquement dans cet
esprit, que nous venons négocier avec
vous, et non pour disputer sur le plus ou
le moins de Pais à prétendre et à ceder.
Nous vous retraçons au naturel l'image
de nos infortunes ; nos prieres y sont relatives ; c'est à vos Excellences , comme
nous leur avons déja dit, de prendre une
détermination à notre égard , qui distinDiij gue
1750 MERCURE DE FRANCE
gue d'une façon glorieuse , la grandeur et
la dignité de votre Empire.
Tout cela est excellent , répondirent les
Ministres Turcs , et vous avez raison de
vous attendre à recevoir des faveurs de la
Porte ; mais votre attente, pour être bien
fondée , ne doit pas être sans mesure , et
nous voyons avec peine , qu'au lieu de
resserrer vos désirs dans de justes bornes,
vous n'avez fait , jusqu'icy , que vous répandre en demandes indiscretes , qui
loin de nous approcher du but , nous en
écartent. Ainsi comme vous n'avancerez
jamais rien avec nous , si vous ne prenez
une autre route , nous voulons bien encore vous donner le loisir de réfléchir de
nouveau plus murement , sur vos véri
tables intérêts, et nous les discuterons vo
lontiers plus en détail dans la Conféren
ce que nous tiendrons demain.
IV. CONFERENCE , où tous les Ple
nipotentiaires des deux Cours assisterent.
Le 4 dudit mois de Janvier , les Ministres de la Porte , parlant toujours les
premiers , dirent à ceux de Perse : Nous
nous étions persuadez , qu'en agitant une
affaire d'aussi grande importance que celle.
de la Paix , nous ne devions rien négliger
pour la porter à son point de perfectionle
AOUST. 1732. 1791 8
le plutôt qu'il se pourroit ; et nous nous
étions flatez de trouver dans vos Excellences , des dispositions conformes aux
nôtres en cela. Mais nous reconnoissons ,
à regret , que nous avions mal pénétré
leurs intentions , puisqu'il paroît clairement , qu'elles ne cherchent qu'à éluder
les nôtres, et qu'à gagner du temps, pour
faire échouer la négociation à force de la
tirer en longueur. En effet , si ce n'étoit
pas là votre vûë, pourriez- vous vous opiniatrer , comme vous faites , à former des
prétentions , ausqu'elles vous sçavez bien
vous-même qu'il ne nous est pas possible
de souscrire ?
Nous sommes pleinement convaincus
de notre impuissance, répondirent les Persans, et que nous ne pourrons secoüer le
joug qu'il vous plaira de nous imposer.
Vous possedez tout, nous sommes privez
de tout ; c'est à vous d'ordonner,èt à nous
d'obéïr.
S'il étoit vrai , comme vous le dites, reprirent les Turcs , qu'il ne dépendit que
de nous d'achever heureusement cette
négociation , vous ne nous feriez pas des
demandes si peu mesurées , et toutes nos
prétentions réciproques seroient reglées
dans un moment. Il faut être équitable,
et que vos Excellences se restraignent à ce
Diiij qu'on
1752 MERCURE DE FRANCE
qu'on peut raisonnablement leur accorder. Ainsi, sans perdre davantage le temps
en discours specieux , qui ne conduisent
à rien de décisif, parlez- nous une bonne
fois positivement ; nous vous réïterons ,
que vous nous trouverez toujours disposez à nous prêter à tout ce que vous nous
proposerez de faisable. Mais nous devons
vous prévenir auparavant , qu'il ne faut
plus nous contester la possession des Païs
au-delà de l'Araxe , ni que vous insistiez
de nouveau sur la restitution de Tauris ,
qui est en deçà de ce Fleuve. Hors ces
deux articles , vous pouvez tout esperer
du désir sincere que nous avons de faire
tenaître entre les deux Empires une harmonie inalterable.
qui
Vous êtes les maîtres , encore un coup,
repliquerent les Persans ; nous continuons d'avouer que tout vous appartient chez nous ; mais dès que vous rejetteż la priere que nous vous faisons , de
-nous rendre nos Etats au delà de l'Araxe,
set la Province de Tauris en deçà ; surquoi
voulez-vous que roulent nos Conféren-
´ces, puisque tout ce qui nous reste de notre Monarchie , ne vaut pas seulement la
peine qu'on en fasse mention ?
Comment , s'écrierent les Plénipotentiaires de la Porte; n'y at- il pas encore
( 1)
A OUST. 1732. 1753
(1 ) Amadan , avec son vaste territoire ?
et si nous vous le rendons , ne devez- vous
pas être satisfaits ?
-
Nous avions toujours esperé , repartirent ceux de Perse , que vous fériez rentrer Chah Tahmas dans les Païs d'audelà de l'Araxe , et toute la faveur que
vous voulez lui faire , consiste à lui rendre Amadan , qui est en deçà. Dès que
vous montrez si peu d'égard à nos humbles et constantes supplications , nous ne
sçavons plus que vous proposer , et votre infléxibilité nous rend muets.
Que nous dites- vous-là , reprirent les
Turcs; avez- vous oublié , que lors même
que votre Maître se vantoit de nous avoir
battus , il envoïa à la Porte (2) Riza Kouli Khan et Méhémet-Veli - Khan, qui dans
leurs conférences, avec nos Ministres , cederent tous ces Païs Surquoi , s'il vous
plaît , aujourd'hui que vous vous confessez vaincus, pouvez appuïer votre obs
tination à les répéter ?
>
Nous convenons de ce fait , replique-
( 1 ) Hamadan , Ville des plus considérables de
Perse. Elle est dans l'Yerax - Agemi , qui est l'ancienne region des Parthes.
( 2 )Ils firent leur entrée à Constantinople le
18 Juin 1730. Riza- Kouli-Khan , qui étoit le
chef de l'ambassade , eut la tête tranchée peu
après son retour en Perse.
D v rent
1754 MERCURE DE FRANCE
rent les Persans ; mais peut-être feignezvous d'ignorer , que ce fut par l'habileté
et les adroites insinuations de vos négociateurs , que les nôtres consentirent im
prudemmentàce que ces Païs vous restassent ,en quoi ayant excedé leur pouvoir,
ils furent fort désaprouvez de notre Souverain. Aussi pouvons- nous dire , que ce
fut la source de tous les malheurs qui nous
ont accablez depuis ! Mais ne nous rapellez plus des temps funestes , que nous
voudrions pouvoir ensevelir dans un éternel oubli ; rappellez vous seulement que
l'infortuné Chah Tahmas a recours à la
clémence de la sublime Porte , et qu'il remet entierementson sort entre vos mains.
C'est sur ce principe que vous devez raisonner , et vous résoudre ensuite au parti
qui vous paroîtra le plus glorieux à votre
Empire.
>
N'est ce donc pas une grande grace de
notre part , dirent les Ministres Turcs
que tout ce que nous vous offrons ? Il est
vtai , répondirent ceux de Perse , qu'à ne
considerer , que la ruine presqu'universelle où notre Royaume est tombé , ce qué
vous voulez bien nous rendre , peut passer pour une faveur signalée , mais cette
faveur,toute rare qu'elle est , ne répond
pas encore ni à notre état , ni à nos prieres
AOUST. 17320 1755
res ; daignez - y faire plus d'attention , et
vous conviendrez que la Porte qui nous a
tant fait de maux , depuis l'inondation
des Esghans sur nos terres , est en quelque façon obligée pour son honneur de
réparer, autant qu'il est en elle, les dommages infinis qu'elle nous a causez , et que
la compassion qu'elle aura pour nous,doit
être au moins proportionnée à la reconnoissance que nous en conserverons éternellement. Nous osons même ajouter ,
que si votre tres-magnifique Empereur
reconnoit ,comme il le doit , que ses Vic.
toires et le bonheur de ses armes,sont des
bien faits qu'il a reçus de la Providence s
il est de sa piété d'en témoigner à Dieu
sa gratitude d'une maniere extraordinaire. Hé! comment peut-il mieux s'en acquitter , qu'en nous faisant ressentir de si
grands effets de sa magnanimité, que tous
les Monarques de la terre, surpris, soient
forcez deconvenir qu'ils n'ont jamais rien
vû , ni entendu parler de semblable ?
On donnera la suite dans le prochain
Mercure.
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Résumé : TRADUCTION d'une Relation Turque, sur ce qui s'est passé dans les Conferences teuuës pour la Paix entre les Turcs et les Persans, à l'Armée du Grand-Seigneur, près d'Hamadan, par les Plénipotentiaires de Sa Hautesse, et ceux de Chah Thamas, Roy de Perse.
En 1732, des conférences de paix entre les Turcs et les Persans se tinrent près d'Hamadan. Du côté ottoman, Chmer-Pacha, gouverneur de Babylone, nomma plusieurs plénipotentiaires, dont Achmet-Pacha et Salahor. Du côté persan, Chah-Thamas choisit Mehemet-Riza-Khan et Mustapha Khan. Lors de la première conférence, les Turcs exprimèrent leur volonté de paix, tandis que les Persans souhaitaient rétablir une union intime entre les deux empires. Les Persans demandèrent la restitution des territoires conquis par les Turcs et la régulation des frontières comme sous le règne de Soliman II, ce que les Turcs refusèrent, arguant que les vainqueurs conservent généralement leurs conquêtes. Lors de la deuxième conférence, les Turcs insistèrent sur la nécessité de conclure la paix sans revenir aux conditions de Soliman II. Les Persans, reconnaissant leur état d'humiliation, demandèrent miséricorde et la restauration de leur roi sur son trône. Les Turcs offrirent aux Persans de choisir entre les derniers pays conquis, à l'exception de la province de Tauris. Lors de la troisième conférence, Mustapha Khan proposa deux solutions : un paiement annuel à la Porte ottomane ou la rétention des provinces de Tiflis et d'Herdelan par les Turcs. Les Turcs rejetèrent ces propositions, trouvant inappropriées les demandes persanes concernant les territoires au-delà de l'Araxe. En août 1732, les Persans demandèrent aux Turcs de considérer leurs prétentions malgré des circonstances affligeantes. Les Turcs rappelèrent que le Royaume de Perse possédait encore des territoires importants, mais Mustapha Khan expliqua que ces territoires étaient soit sous contrôle des Moscovites, soit ravagés par les Esghans. Les Turcs, sceptiques, interrogèrent la stratégie perse de les considérer comme frères tout en étant en conflit. Lors de la conférence du 4 janvier, les Turcs accusèrent les Perses de vouloir gagner du temps. Les Perses, reconnaissant leur impuissance, acceptèrent de se soumettre aux décisions turques. Les Turcs proposèrent de ne plus contester la possession des territoires au-delà de l'Araxe et la restitution de Tauris. Les Persans insistèrent sur la restitution de leurs États et se dirent prêts à accepter toute décision turque. Les Turcs rappelèrent la cession des territoires lors des négociations précédentes et la désapprobation du souverain perse. Les Persans demandèrent clémence et remirent leur sort entre les mains des Turcs, mais les Turcs trouvèrent les Persans ingrats et insistèrent sur la réparation des dommages causés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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791
p. 1846-1849
DE TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres de Constantinoples, de la fin du mois de Juin; portent qu'il avoit été résolu [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Divan, Constantinople, Topal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET PERSE.
DE TURQUIE ET PERSE.
Es Lettres de Constantinople , de la fin du
mois de Juin , portent qu'il avoit été résolu
dans le dernier Divan , de renvoyer en Perse un
Corps considérable de Janissaires et de Spahis ,
pour s'opposer au progrès de l'Armée du Roy
de Perse , qui a déja attaqué plusieurs Places ,
cedées à Sa Hautesse par le dernier Traité ;
faire équiper sur la Mer Noire 200 Navires pour transporter des Munitions de Guerre et des Provisions à Trébisonde , et de dresser un Rôle de
de
tous
A OUST. 17320 1847
tous les habitans de Constantinople, et des au
ores principales Villes de l'Empire Ottoman, qui
sont en état de porter les Armes , pour s'en servir en cas de besoin.
Ces Lettres ajoutent que le G. Viz. avoit fait
disgracier le Caïmacan, qui faisoit aussi les fonctions de Tefterdar, et que le G.S.lui avoit donné,
en Pexilant , le Gouvernement de Kintaïa , l'une
des plus considérables Places de l'Asie ; que la
Charge de Tefterdar avoit été donnée à Mehemet Effendi, qui a été Grand- Trésorier de l'Empire , sous le Regne du Sultan Achmet ; que,
Marabout , Capitan Pacha , ou grand Amiral
avoit été déposé le 11 Juin, et qu'on avoit nommé Bekir Pacha , pour exercer cette Charge
en sa place ; que le 12 , le nouveau Capitan Pacha avoit épousé la sœur du G S. qui étoit veuve du Vizir Numan Pacha Kuperli , et que le
Capitan, Pacha disgracié , avoit été fait Pacha
de Nicomédie.
On a appris en dernier lieu de Constantinople ,
que le 6. Juillet on avoit arboré la Queue de
Cheval à la porte du Serrail, et déclaré publiquement la guerre au Roy de Perse , qu'il étoit parti par la Mer Noire plus de 80000. hommes de
Troupes d'Europe ; qu'on en rassembloit encore
de tous côtez dans l'Asie , et que dans deux mois
au plus tard le G. S. auroit en Perse une Armée
de plus de 300. mille hommes
On apprend par les Lettres d'Ispahan , reçûës par la voye de Smirne , que la nouvelle de la Paix conclue avec les Turcs, n'avoit pas été bien
reçue des, Peuples ; qu'il y avoit eu à Ispahan , à
- Tauris et dans d'autres Villes plusieurs émotions
populaires à cette occasion ; que le Roy de Perse:
avoit tâché d'abord d'appaiser ses Peuples , en Hij leur
1848 MERCURE DE FRANCE
3.
leur faisant voir que le Traité étoit plus avantageux à la Nation qu'ils ne le croyoient , qu'il
avoit été contraint de prendre le parti de cette
Paix , pour sauver le reste de son Royaume , et
que les Villes qu'il avoit cedées au G. S. n'étoient
-pas d'aussi graude conséquence qu'on se l'imaginoit ; enfin qu'il exhortoit ses Peuples à ne point rompre une Paix , signée et ratifiée solemnellement , conformément à la Loy.
Ces remontrances n'ayant rien opéré sur l'esprit des Mécontens , le premier General des Persans fut contraint de déchirer en presence du
Muphti , tous les Traitez et Ecrits particuliers ,
qui avoient quelque relation à cette Paix , com- me contraires aux Constitutions fondamentales
du Royaume, et de déclarer la Guerre aux Turcs.
Quelques jours après , le Roy de Perse ayant
rassemblé ses Troupes , en forma deux Armées ,
avec l'une desquelles il se proposa de passer en
Géorgie, pour en faire la conquête ; pendant que
l'autre s'empareroit des Provinces d'Erivan et de Babilone.
Un Courier dêpêché par le Gouverneur de
Bagdad , et qui arriva le 16 Juin à Constantinople, a confirmé cette nouvelle, en apprenant aussi celle de la prise d'Erivan par les Persans.
Le 18 Juillet, le G. S. fit publier que tous ceux
de ses Sujets , qui sont en état de porter les Armes , eussent à se présenter aux Commissaires
qu'il avoit nommés , sous peine de la vie. Par
cet ordre , Sa Hautesse compte de rassembler en peu de temps une Armée de 20000 hommes , et
d'être en état de l'envoyer en Perse , à la fin du mois de Juillet.
En attendant , les vieilles Troupes qui sont en
quartiers , dans les Provinces voisines de Perse
ant ordre de joindre le Séraskier , qui comman-dc
>
AOUST. 1732 1849
•
de dans ce Païs -là , et elles seront remplacées par
des Milices. Sa Hautesse a fait dépêcher depuis ,
plusieurs Courriers , dans differentes Cours de
I'Europe , pour avertir les Princes Chrétiens , ses
voisins , de ne point prendre d'ombrage des
grands Armemens qu'elle fait faire dans toute P'étendue de son Empire ; parce qu'ils n'ont pour
objet , que de vanger la Porte de la perfidie des Persans.
On a appris depuis ces Lettres , que le G. S.
avoit nommé Topal , Osman-Bacha , cy- devant
G. V. et qui depuis sa déposition avoit été envoyé à Trébisonde , pour commander son Ar- mêe en Perse.
Es Lettres de Constantinople , de la fin du
mois de Juin , portent qu'il avoit été résolu
dans le dernier Divan , de renvoyer en Perse un
Corps considérable de Janissaires et de Spahis ,
pour s'opposer au progrès de l'Armée du Roy
de Perse , qui a déja attaqué plusieurs Places ,
cedées à Sa Hautesse par le dernier Traité ;
faire équiper sur la Mer Noire 200 Navires pour transporter des Munitions de Guerre et des Provisions à Trébisonde , et de dresser un Rôle de
de
tous
A OUST. 17320 1847
tous les habitans de Constantinople, et des au
ores principales Villes de l'Empire Ottoman, qui
sont en état de porter les Armes , pour s'en servir en cas de besoin.
Ces Lettres ajoutent que le G. Viz. avoit fait
disgracier le Caïmacan, qui faisoit aussi les fonctions de Tefterdar, et que le G.S.lui avoit donné,
en Pexilant , le Gouvernement de Kintaïa , l'une
des plus considérables Places de l'Asie ; que la
Charge de Tefterdar avoit été donnée à Mehemet Effendi, qui a été Grand- Trésorier de l'Empire , sous le Regne du Sultan Achmet ; que,
Marabout , Capitan Pacha , ou grand Amiral
avoit été déposé le 11 Juin, et qu'on avoit nommé Bekir Pacha , pour exercer cette Charge
en sa place ; que le 12 , le nouveau Capitan Pacha avoit épousé la sœur du G S. qui étoit veuve du Vizir Numan Pacha Kuperli , et que le
Capitan, Pacha disgracié , avoit été fait Pacha
de Nicomédie.
On a appris en dernier lieu de Constantinople ,
que le 6. Juillet on avoit arboré la Queue de
Cheval à la porte du Serrail, et déclaré publiquement la guerre au Roy de Perse , qu'il étoit parti par la Mer Noire plus de 80000. hommes de
Troupes d'Europe ; qu'on en rassembloit encore
de tous côtez dans l'Asie , et que dans deux mois
au plus tard le G. S. auroit en Perse une Armée
de plus de 300. mille hommes
On apprend par les Lettres d'Ispahan , reçûës par la voye de Smirne , que la nouvelle de la Paix conclue avec les Turcs, n'avoit pas été bien
reçue des, Peuples ; qu'il y avoit eu à Ispahan , à
- Tauris et dans d'autres Villes plusieurs émotions
populaires à cette occasion ; que le Roy de Perse:
avoit tâché d'abord d'appaiser ses Peuples , en Hij leur
1848 MERCURE DE FRANCE
3.
leur faisant voir que le Traité étoit plus avantageux à la Nation qu'ils ne le croyoient , qu'il
avoit été contraint de prendre le parti de cette
Paix , pour sauver le reste de son Royaume , et
que les Villes qu'il avoit cedées au G. S. n'étoient
-pas d'aussi graude conséquence qu'on se l'imaginoit ; enfin qu'il exhortoit ses Peuples à ne point rompre une Paix , signée et ratifiée solemnellement , conformément à la Loy.
Ces remontrances n'ayant rien opéré sur l'esprit des Mécontens , le premier General des Persans fut contraint de déchirer en presence du
Muphti , tous les Traitez et Ecrits particuliers ,
qui avoient quelque relation à cette Paix , com- me contraires aux Constitutions fondamentales
du Royaume, et de déclarer la Guerre aux Turcs.
Quelques jours après , le Roy de Perse ayant
rassemblé ses Troupes , en forma deux Armées ,
avec l'une desquelles il se proposa de passer en
Géorgie, pour en faire la conquête ; pendant que
l'autre s'empareroit des Provinces d'Erivan et de Babilone.
Un Courier dêpêché par le Gouverneur de
Bagdad , et qui arriva le 16 Juin à Constantinople, a confirmé cette nouvelle, en apprenant aussi celle de la prise d'Erivan par les Persans.
Le 18 Juillet, le G. S. fit publier que tous ceux
de ses Sujets , qui sont en état de porter les Armes , eussent à se présenter aux Commissaires
qu'il avoit nommés , sous peine de la vie. Par
cet ordre , Sa Hautesse compte de rassembler en peu de temps une Armée de 20000 hommes , et
d'être en état de l'envoyer en Perse , à la fin du mois de Juillet.
En attendant , les vieilles Troupes qui sont en
quartiers , dans les Provinces voisines de Perse
ant ordre de joindre le Séraskier , qui comman-dc
>
AOUST. 1732 1849
•
de dans ce Païs -là , et elles seront remplacées par
des Milices. Sa Hautesse a fait dépêcher depuis ,
plusieurs Courriers , dans differentes Cours de
I'Europe , pour avertir les Princes Chrétiens , ses
voisins , de ne point prendre d'ombrage des
grands Armemens qu'elle fait faire dans toute P'étendue de son Empire ; parce qu'ils n'ont pour
objet , que de vanger la Porte de la perfidie des Persans.
On a appris depuis ces Lettres , que le G. S.
avoit nommé Topal , Osman-Bacha , cy- devant
G. V. et qui depuis sa déposition avoit été envoyé à Trébisonde , pour commander son Ar- mêe en Perse.
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Résumé : DE TURQUIE ET PERSE.
En juin 1732, l'Empire Ottoman a pris des mesures pour renforcer ses troupes en Perse afin de contrer les attaques perses sur des places cédées par le dernier traité. Les préparatifs incluaient l'équipement de 200 navires sur la Mer Noire pour transporter des munitions et des provisions à Trébisonde, ainsi que la mobilisation des habitants capables de porter les armes. Le Grand Vizir a démis le Caïmacan, également Tefterdar, et l'a exilé à Kintaïa. Mehmet Effendi a été nommé nouveau Tefterdar, et Bekir Pacha a remplacé le Capitain Pacha déposé le 11 juin. Le 6 juillet, la guerre contre le roi de Perse a été déclarée publiquement, avec plus de 80 000 hommes de troupes européennes partis par la Mer Noire et des rassemblements continus en Asie. À Ispahan, la nouvelle de la paix avec les Turcs a suscité des émotions populaires. Le roi de Perse a tenté d'apaiser ses sujets en expliquant les avantages du traité, mais les mécontents ont forcé le général perse à déclarer la guerre aux Turcs. Les Perses ont formé deux armées, l'une pour la Géorgie et l'autre pour les provinces d'Erivan et de Babilone. La prise d'Erivan par les Perses a été confirmée par un courrier de Bagdad. Le sultan ottoman a ordonné à tous ses sujets capables de porter les armes de se présenter aux commissaires sous peine de la vie, visant à rassembler 20 000 hommes pour la fin juillet. Des courriers ont été envoyés en Europe pour rassurer les princes chrétiens sur les intentions ottomanes, qui visent à venger la perfidie perse. Topal Osman-Bacha a été nommé pour commander l'armée ottomane en Perse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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792
p. 1850-1856
POLOGNE.
Début :
Le 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décamper à l'armée qui occupe le Camp de Villanova [...]
Mots clefs :
Camp de Villanova, Pologne, Klingenberg, Infanterie, Palatin de Mazovie, Canon, Camp, Bataillons, Ligne
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
E 31 Juillet, le Roi fit donner l'ordre de décam
à
nova , près de Warsovie. On batit la Generale
et les Uhlans Tartares, la nouvelle Grande- Garde
et les Quartiers-Maîtres et Fourriers des Régimens respectifs , se rendirent sur le chemin du
nouveau Camp , et attendirent près de l'Hôpital
de Czerniakow , le Quartier - Maître General.
L'Armée ayant plié ses Tentes , se rangea en
bataille à la tête du Camp ' , et se mit ensuite en
marche sur cinq Colonnes ; 2 de Cavalerie et 3
d'Infanterie. La Colonne de la droite , comman- dée
A OUST 1732. 1851
dée par le Major General Klingenberg , étoit
composée de 8 Escadrons de Gotha et de Nassau , celle de la gauche , commandée par le Major General Mir ,
de 4 Escadrons du Régiment
de Mir, et de 4 Escadrons , détachez de differens '
Regimens de la Couronne.
La Colonne d'Infanterie de la droite , commandée par le Pr. Czartoriski , Palatin de Russie, consistoit en un Bataillon de Grenadiers , er
en deux des Gardes de la Couronne ; celle de la
gauche , commandée par le Major General Campenhausen , étoit composée d'un Bataillon de
Grenadiers,da 3e des Gardes de la Couronne, et
des Gardes de Lithuanie et celle du Centre
commandée par le Major General Flemming ,
du Bataillon de Flemming , et de ceux de Denhof et de Frise..
;
Les Colonnes de la droite défilerent par la
gauche , et celles de la gauche par la droite. Les
Bagages de chaque Colonne marchoient à la
queue , selon l'ordre des Corps qui la formoient,.
et la vieille grande Garde faisoit l'Arriere- Garde de tout.
"
Le Palatin de Mazovie , Regimentaire , marchoit à la tête de la Colonne du Centre , il étoit
suivi du Lieutenant General Comte de Denhof,
et on portoit devant lui le Bonzouk , ( c'est une
marque d'honneur , faite en forme de queue de Cheval attachée au bout d'une espece de Pique.) Il a été placé dans le nouveau Camp , entre
·les Drapeaux du centre ; mais comme le Roy en
´a aussi un devant son Pavillon , on le portera:
devant S.M. lorsqu'elle ira au Camp ; et alors on
baissera le Bonzoux du Regimentaire. Les trois
Colonnes d'Infanterie furent obligées de se rejoindre à quelque distance du vieux Camp pour
passer une Digue; mais après l'avoir passée ,.
Havj elless
1852 MERCURE DE FRANCE
!
elles se remirent dans leur premier ordre de Bataille , et s'arrêterent au lieu marqué, pour attendre les signaux.
le
Le Roy ayant fait donner le premier signal ,
par un coup de Canon , tiré de son Pavillon ,
Quartier- Maître - General alla reconnoître le
Camp, passa la nouvelle grande- Garde ; et ayant
distribué le terrain aux Quartiers-Maîtres des
Regimens , les Fouriers tracerent le Camp.
Pendant ce temps- là les Uhlans firent plusieurs
courses à la tête du Camp, imitant des Détachemens ennemis qui se rencontrent. Au second signal , les Colonnes se mirent en mouvement,
L'Artillerie composée de 38. Canons , et de 4
Mortiers , marcha à la queue de la Colonne du
centre , et elle étoit fermée par une Compagnie
franche de Dragons , qui lui est attachée.
L'Armée étant arrivée au terrain tracé , se mit
en Bataille à la tête du nouveau Camp , dans le
même ordre où elle avoit été rangée avant de
partir de l'autre , et au 3e signal elle entra dans le Camp; les Equipages y entrerent aussi par la
queue. L'Artillerie forma son Parc derriere le Bataillon du Centre. Dès que l'Armée fut entrée, la Cour passa à l'autre face du Pavillon, et vit faire l'Exercice aux grands Mousquetaires ,
et immédiatement après on vit toutes les Tentes
tendues , &c.
Le 2 Aoust on fit la Revûë generale de l'Armée après ; sitôt eut battu la Generale , l'Assemblée et le Bouteselle , chaque Corps se rangea à
la tête de son Camp; et après que l'ordre de marcher eut été donné , toute l'Armée s'avança vers
la Place d'armes , à 150 pas , devant le front du
Camp. Chaque Bataillon avoit 2 Pieces de Campagne avec un Chariot de Munitions, qui étoient
rangez
A O UST. 1732. 1853
噶
rangez en ordre de Bataille , dans les intervales
de l'Infanterie.
Les 38 Pieces de grosse Artillerie "sortirent en
même-temps de leur Parc , avec leurs Canoniers
et Fuzeliers , et se rangerent en 2 Colonnes, cent
pas derriere le Bataillon du centre de l'Armée ;
leurs Timbales étoient posées à leur droite , sur
un Char , traîné par 4 Chevaux de front , la
Compagnie de Dragons attachée à l'Artillerie ,
étant rangée à la gauche.
Les grands Mousquetaires étoient venus de
leur Camp du quartier du Roy, joindre la droite
de l'armée , et les 2 Compagnies des Comtes de Rutouski et Prominitz se rangerent à la droite ;
et à la gauche des Tentes destinées pour la Cour.
Quand tout fut en ordre , le Regimentaire le
fit sçavoir au Roy , qui précédé de son Bon- ZOUK se rendit à la droite de l'Armée; elle y fut
reçue par le Régimentaire , qui ayant pris la droite du Roy , pour lui laisser la vûë de la Ligne , le conduisit le long du front de la queue de l'Armée , pour passer devant l'Artillerie.
Quand S. M. tourna à la queue de la Ligne, le
dernier rang de la Cavalerie et les 2 derniers de
I'Infanterie firent face. Le Roy ayant regagné la
droite de l'Armée , le Régimentaire conduisit S.
M. aux Tentes qui lui étoient préparées , et re- tourna à l'Armée ordonner les feux de salut.
Ils commencerent par les Pieces de Campagne,
qui tirerent dans les intervalles où elles étoient rangées , l'une après l'autre , de la droite à la
gauche, ensuite la grosse Artillerie de la gauche
à la droite , et enfin le feu coulant de toute l'Armée de la droite à la gauche. Tout ce feu se répeta deux autres fois ; la premiere , de la gauche à la droite ; et la seconde de la droite à la
gauche,
;
Ensuite
1854 MERCURE DE FRANCE
Ensuire au signal donné avec le Canon , toute
la Ligne fit la conversion à droite , par Brigades.
et demi division , excepté la Compagnie des.
grands Mousquetaires , qui marcha en avant , et
qui par une conversion à gauche se trouva sur la
Ligne , où l'Armée devoit passer devant le Roy.
Le Régimentaire , précédé de son Bonzouk, marcha à la tête de toute l'Armée; le General Comte
de Denhofà la tête de l'Infanterie , et les Majors
Generaux à la tête de leurs Brigades. Les deux
Pieces de Campagne , et le Chariot de Munitions
marchoient à la tête de chaque Bataillon; la grosse Artillerie suivit la Ligne , et toute la marche
fut fermée par la Compagnie de Dragons , atta-
´chée à l'Artillerie. L'Armée s'étant remise en
marche sur son premier Terrain , rentra dans le
Camp.. Le 3 , le Roy celebra la Fête de l'Ordre de
l'Aigle blanc , les Chevaliers qui se trouverent à
portée , eurent l'honneur de dîner avec S. M. quifit ce jour-là 4 nouveaux Chevaliers.
Le 4 , P'Infanterie fit l'Exercice sur la Place
d'Arines ; les Grenadiers détachez» de l'Armée , -
qui composoient deux Bataillons , se joignirent.
leurs Corps , et formerent deux Pelotons sur
chaque aîle de leurs Bataillons. Le General ayant
averti par un signal de 2 coups de Canon que l'Infanterie étoit en Bataille , le Roy par un autre coup de Canon , lui donna le signal de se
mettre en marche , ce qu'elle fit sur 3 Colonnes dans l'ordre suivant.
Les 2 Bataillons des Gardes de la Couronne
et celui de Flemming , formoient la Colonne de
la droite. Le 3e Bataillon des Gardes de la Couronne, celui de Denhof, et les Gardes de Lithua
nie formoient la Colonne de la gauche , et le
Bataillon de Frise , renforcé de la Compagnie
détachée
AOUST. 1732. 1855
.
détachée du Régiment de Campenhausen, for→
moit celle du centre.
3
Les Colonnes s'avancerent en même · temps.
par demi division vers le Pavillon , et la Colon ne du centre s'étant arrêtée à une distance marquée , celles de la droite et de la gauche continuerent leur marche ; et étant arrivées à 40 pas
de la Batterie du Pavillon , la tête de celle de la
droite fit la conversion à droite et celle de la gauche la fit à gauche , pour former des Flancs.
Le premier Bataillon des Gardes de la Couronne formoit le flanc de la droite , et celui des
Gardes de Lithuanie celui de la gauche. La Colonne du centre , dont la tête étoit en ligne avec
la queue des 2 autres Colonnes, forma en même..
temps une Phalange.
Par un second signal , les demi Divisions for❤
merent à droite et à gauche des Bataillons , et la
Colonne du Centre rompit en même- temps sa.
Phalange, en faisant joindre aux deux demi-Divisions de la tête celles qui formoient les flancs de
la Phalange.
Par un troisiéme signal , la queue des Colonnes de la droitê et de la gauche , vint se joindre aux Aîles du Bataillon du centre.
Après ce mouvement , les Bataillons étant en
parade , presenterent les Armes , et les Officiers
saluerent de pied ferme , après quoi on donna
Pavertissement pour le maniement des Armes quis se fit au son du Tambour, et fut suivi de 3 feux..
Le fut le feu coulant de la droite à la gauche ;
ensuite le feu de Chaîne par demi Bataillon , et
enfin une décharge generale de toute l'Infante- rie.
I
Par un quatriéme signal , tous les Bataillons.
défilerent à droite et à gauche par demi - Division , et celui du centre se partagea en deux
pour
1856 MERCURE DE FRANCE
pour suivre la queue des trois Bataillons de la
droite , et des trois de la gauche, qui se mirent en
marche sur 2 Colonnes , pour passer devant le
Roy. La droite et la gauche des flancs formant
les têtes des Colonnes qui s'avancerent en mêmetemps , étant vis à-vis le Pavillon , les Officiers
saluerent , et par une autre conversion , à droite
et à gauche , les Colonnes retournerent par la
centre , et se remirent en marche sur une seule
Ligne.
Par un cinquiéme signal , l'Infanterie sur une Ligne fit feu par demi Division sur la Place , et
en avançant , et par un sixiéme signal , elle fit
demi tour à droite pour se retirer au Camp , et
continua à faire feu pendant la retraite.
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Résumé : POLOGNE.
Le 31 juillet, le roi ordonna à l'armée de quitter Nova, près de Varsovie. Les troupes se disposèrent en cinq colonnes : deux de cavalerie et trois d'infanterie. La colonne de droite, dirigée par le Major General Klingenberg, comprenait 8 escadrons de Gotha et de Nassau. La colonne de gauche, sous le commandement du Major General Mir, incluait 4 escadrons du Régiment de Mir et 4 escadrons de divers régiments de la Couronne. Les colonnes d'infanterie étaient commandées par le Prince Czartoriski, le Major General Campenhausen et le Major General Flemming. Les colonnes de droite avancèrent par la gauche et celles de gauche par la droite. Les bagages suivaient à l'arrière de chaque colonne, et la vieille grande garde formait l'arrière-garde. Le Palatin de Mazovie, régimentaire, menait la colonne du centre, suivi du Lieutenant General Comte de Denhof portant le Bonzouk, une marque d'honneur. Après avoir traversé une digue, les colonnes se remirent en ordre de bataille et attendirent les signaux. Le roi donna le premier signal par un coup de canon, et le Quartier-Maître Général reconnut le camp. L'artillerie, composée de 38 canons et 4 mortiers, suivit la colonne du centre, fermée par une compagnie de dragons. L'armée se mit en bataille à la tête du nouveau camp et y entra au troisième signal. Le 2 août, une revue générale de l'armée fut organisée. Les troupes se rangèrent à la tête de leur camp et avancèrent vers la place d'armes. Les pièces de campagne et l'artillerie se disposèrent en ordre de bataille. Le roi, précédé de son Bonzouk, passa en revue l'armée et regagna sa tente. Des feux de salut furent tirés par les pièces de campagne et l'artillerie, suivis d'un feu coulant de toute l'armée. L'armée effectua ensuite une conversion à droite et passa devant le roi. Le 3 août, le roi célébra la fête de l'Ordre de l'Aigle blanc. Le 4 août, l'infanterie fit l'exercice sur la place d'armes, effectuant divers mouvements et tirs en présence du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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793
p. 2037-2045
LETTRE écrite de Constantinople le 12. Juillet 1732. Suite des affaires de Perse et de Turquie.
Début :
Précisément le même jour, Monsieur, c'est-à-dire, le huit du mois passé, que je vous [...]
Mots clefs :
Pacha , Constantinople, Perse, Turquie, Lettre, Sérasker
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople le 12. Juillet 1732. Suite des affaires de Perse et de Turquie.
LETTRE écrite de Constantinople le 12 .
Juillet 1732. Suite des affaires
de Perse et de Turquie.
Récisément le même jour , Monsieur , c'estPadise,etle du mois passé ,que je vous envoyai la Relation desConferences tenues àAmadan , au mois de Janvier dernier , entre les Plénipotentiaires de Perse et de Turquie , et dont le GV Résul-
2038 MERCURE DE FRANCE
Résultat servit de base au Traité de Paix qu'ils
signerent quelque- tems après , un Chokadar
d'Achmet , Pacha de Babilonne , arriva ici en
douze jours seulement , diligence extrême , qui
répondoit à l'importance des dépêches dont son
Maître l'avoit chargé , et par lesquelles ce Pacha
informoit la Porte , que Thamas Kouli- Khan
Eatemad- Doulet , ou premier Ministre du Roi
de Perse , après avoir remporté plusieurs victoires sur les Efghans ou Aghuans , qu'il avoit rencognez dans leurs Montagnes du Candahar, étoit
revenu en triomphe à Ispaham , qu'enflé de ses heureux succès , et se prévalant de ce qu'il a mis
en quelque façon Chah- Thamas sur le Trône de
ses Ancêtres , il avoit déclaré avec hauteur on arrivant , qu'il ne vouloit absolument point ratifier Traité honteux qu'on venoit de faire avec
les Turcs sans sa participation , prétendant qu'il
étoit en état d'en obtenir un plus honorable et
plus avantageux à la Perse , et qu'en conséquence ce Ministre lui avoit écrit , à lui Achmet , une
Lettre conçue à peu près en ces termes :
Vous qui êtes Pacha de Babilonné , nous vous
faisons sçavoir en premier lieu , que nous voulons
et prétendons être les maîtres d'aller en pleine liberté
et toutes les fois qu'il nous plaira , visiter les Tom- beaux de ⋆ l'Imam- Ali , de Gherbelai-Mahaladé,
de Mousa et d'Hussein. Secondement , que pour
faire nos pélerinages à ces faints Lieux avec la déAli , Gendre de Mahomet , Gherbelaï , fils de la fille de ce dernier ; Mousa et Hussein , fils
d'Ali , ont chacun leur Sépulture aux environs
de Babilonne , et tous ces Tombeaux font l'objet
de la plus profonde véneration des Persans.
cence
SEPTEMBRE. 1732. 2039
il tence , et les dispositions que notre Loi demande ,
faut auparavant que tous les Persans , qui ont été
pris dans la derniere guerre soient délivrez de leur
esclavage , et que comme le sang de nos autres freres, qui y ont peri fume encore , et crie vangeance
à leur Souverain , il faut aussi qu'il y en ait autant
de répandu des Sujets du G. S. que ceux-ci en ont
fait couler des Sujets du Roi de Perse. Nous sommes
bien-aises de vous faire part de nos sentimens , afin
que vous ne puissiez pas nous accuser de vous avoir
surpris,et que vous vous teniez sur vos gardes, Quant
à nous,nous nous préparons à aller bien- tôt à la tête de uotre Armée goûter la douceur de l'air que l'on respire dans les belles plaines de Bagdat , etfaire repaser nos Troupes fatiguées à l'ombre de ses murs.
A cette extraordinaire Lettre du premier Ministre de Perse , Achmet-Pacha en avoit joint
une autre de Baki- Pacha , Gouverneur de Kirman-cha , par laquelle ce dernier se plaignoit que contre la foi du Traité on avoit voulu le dépoüiller de son Gouvernement. Il faut sçavoir
pour entendre ceci , que depuis longues années ce Gouvernement est dans la famille de BakiPacha , et qu'à la sollicitation d'Achmet- Pacha
son Protecteur , on étoit convenu par un article
du dernier Traité de Paix , qu'il resteroit en place , quoiqu'il fut Turc et Sujet du G. S. et quoi
que Kirmancha rentrât sous la domination Per- mais que l'Edatemad- Donlet s'étant recrié
avec quelque raison contre cet article , dont l'exécution pourroit être pernicieuse à la Perse , et
ne voulant point garder de mesures avec les´
Turcs , avoit déposé de son autorité ce Gouver- neur , et lui avoit fait ordonner de remettre le
Commandement à un Persan qu'il envoyoit pour G vi
sane ,
le
2040 MERCURE DE FRANCE
le relever. Baki- Pacha écrivoit donc tout cela au
Seraskier- Achmet , et ajoûtoit , que non- seule- ment il avoit refusé l'entrée de la Ville au Successeur qu'on lui avoit envoyé , mais qu'il en
avoit fait fermer les portes , et qu'il étoit résolu
de s'y deffendre jusqu'à la derniere extrémité
avant que de ceder son poste à personne , que
d'ailleurs il pouvoit l'assurer qu'il y avoit plus
de 20000. hommes dans le Kirman , qui lui
étoient entierement dévoüez , et qu'il attendoit
ses ordres pour sçavoir de quelle maniere il devoit se comporter ; surquoi Acmet- Pacha lui *
avoit répondu , qu'il ne pouvoit lui en donner
aucun qu'il n'en eut reçû lui-même de la Porte
où il alloit mander tout ce qui se passoit.
La Porte aussi surprise qu'indignée des faux
prétextes et de l'air de fierté que prenoit ThamasKouli- Khan pour rompre une paix recente , que
les Persans avoient demandée , pour ainsi - dire à
genoux , et cela dans le tems qu'elle venoit de licencier une partie de ses Troupes , et de retirer
l'autre des Frontieres , la Porte , dis-je , se trouva comme elle se trouve encore dans un grand
embarras Cependant le Grand-Visir ayant convoqué pendant plusieurs jours des Assemblées
générales au Serrail pour décider sur le partî
qu'il y avoit à prendre dans une conjoncture si
délicate , et celui de la guerre ayant parû d'une
nécessité inévitable , l'opinion génerale fut de la
recommencer avec plus de . vigueur que jamais
et de ne la finir que pour la destruction des Persans , de la part desquels il ne falloit plus écouter aucune proposition.
On expédia en même- tems des Courriers à Topal- Osman , Pacha de Trebisonde , ci-devant Grand
>
SEPTEMBRE. 1732. 2041
Grand Vizir , et a d'autres Pachas pour leur
porter des ordres d'assembler à la hâte le plus
de Troupes qu'ils pourroient , et de passer en
toute diligence en Géorgie , afin de mettre à
couvert , s'il étoit possible , Ghendge , Tiflis
Erivan , &c. des entreprises du premier Minis- tre Persan ; et le G. S. donna le Commandement
de la nouvelle Armée à ce même Topal - Osman ,
comme le plus capable de faire tête à l'en- nemi.
En effet , tout le monde convient que le Sultan
ne pouvoit en cette occasion honorer personne
de sa confiance qui en fut plus digne que TopalOsman : outre que ce Pacha est d'une bravoure
et d'une expérience éprouvée par un grand nombre de campagnes et de belles actions , il doit
être animé de la plus terrible vangeance contre
les violateurs de la derniere paix , proprement
son ouvrage , et pour la conclusion de laquelle
on peut dire , qu'il s'étoit comme sacrifié luimême ; sans compter que , s'il y a jour à la renoüer , il sera encore plus propre que personne
à profiter des moyens que les circonstances pour- ront lui en offrir.
-La Porte appréhendant d'un autre côté , que
Thamas Kouli Khan ne tombe sur Bagdad avec
son Armée , que l'on dit être de 60000. hommes , et qu'il ne sempare de cette importante
Place , quoiqu'Achmet- Pacha ait mandé en s'y
renfermant , qu'il étoit en état de tenir trois
mois , des ordres ont été expédiez par tout l'Empire , pour envoyer à ce Gouverneur des secours
d'hommes et de munitions ; et afin de vaincre la
répugnance que les Soldats témoignent de retourner en Perse , on leur a augmenté à tous.
leur paye de quelques aspres.
Од
2042 MERCURE DE FRANCE
On ne peut pas encore sçavoir de quel succès
aura été suivi ce renouvellement de guerre ,
soit
pour les Turcs , soit pour les Persans ; mais un
bruit se répandit ici le même jour qu'on y
apprit la rupture de la paix , sçavoir que ChahThamas n'y avoit aucune part , ce bruit vient
de se confirmer par les dernieres dépêches
d'Achmet- Pacha , qu'un Tartare a remises à la Porte le 4. de ce mois.
Ce Seraskier en envoyant une Lettre que le
Roi de Perse lui avoit adressée pour le G. S.
mande que ce Prince lui en avoit aussi écrit une
par laquelle il l'assuroit qu'il étoit dans la ferme
intention d'éxécuter de sa part tous les articles
du Traité conclu depuis peu ; qu'il désavoüoit
en tout son premier Ministre , et que le regar- dant comme un Sajet qui s'étoit soustrait à l'obéissance de son Roi , il alloit non- seulement le
poursuivre , mais que dans l'incertitude , si le
sort favoriseroit ses armes , il prioit le G. S. de
se joindre à lui , pour employer leurs forces de
concert à réduire ce rebelle , et à faire rentrer
dans leur devoir les Troupes qu'il commande ;
ajoutant que l'histoire fournissoit assez d'éxemples que des Pachas avoient désolé l'Empire Ottoman par des révoltes contre leurs Empereurs que l'Eatemad- Doulet les imitoit aujourd'hui
mais qu'il esperoit que Sa Hautesse ayant égard à la malheureuse situation des affaires de Perse
maintiendroit dans son entier le dernier Traité
de Paix qu'ils avoient conclu ensemble par leurs
Plénipotentia.res respectifs , et duquel il protes- toit de nouveauqu'il ne vouloit s'écarter en rien.
Malgré ces belles assûrances , et quoique d'autres avis portent , qu'effectivement Thamas-
>
Koali
SEPTEMBRE. 1732 2043 Kouli-Khan enorgueilli d'avoir subjugué le Candahar , fait mourir Acheraf , et extermine jusqu'au dernier de la race de ce fameux usurpateur,
abusoit du crédit qu'il s'étoit acquis en Perse , et
donnoit lieu de soupçonner par son humeur al- tiere et ambitieuse , qu'il songeoit à usurper la
Couronne de son Maître ; inalgré tout cela , dis-je , la bonne-foi des Persans est si fort
décriée , que bien des gens pensent ici , que c'est
un nouvel artifice , et que ce Prince d'intelligence avec son premier Ministre et avec quelques
Puissances voisines , ne cherche qu'à amuser les
Turcs , au moins à ralentir l'activite des mouvemens qu'ils se donnent , afin d'avoir le tems de
reprendre sur eux les pays qu'il leur a cedez par
la derniere paix , avant qu'ils ayent assemblé des forces suffisantes pour s'y opposer , ou pour se
préparer des voyes de raccommodement avec la
Porte , supposé qu'il échoue dans ses desseins
en rejettant sur l'Eatemaddoullet toute l'iniquité
de l'infraction du Traité. Je passe sous silence
beaucoup d'autres raisonnemens qui se font ici
sur les causes de cette infraction , en attendanţ
que le tems nous en ait dévoilé le mistere.
Bekir- Pacha , qui étoit Gouverneur de Cutaya,
ayant été nommé Capitan - Pacha , arriva ici
le 13 du mois passé , et fut instalé dans cette dignité avec les cérémonies ordinaires , Marabou ·
son Prédécesseur fut renvoyé chez lui. Le lendemain , ce nouveau Général de la Mer , épousa une
Sultane , sœur du G. S. régnant , et veuve du
G. V. Numan. Pacha , de la Famille des Cuperlis.
Les nouveaux mariez furent un peu troublez la
premiere nuit de leurs nôces par un incendie qui
arriva au Fauxbourg de Cassum-Pacha , et qui étant
2041 MERCURE DE FRANCE
étant dans le voisinage de l'Arcenal , obligea le
Pacha-Bekir , à quitter la couche nuptiale pour
aller donner du secours ; mais sa présence , ni
celle du G. V. ni même le G. S. qui vint jus
qu'au bord de la Mer , ne pûrent empêcher que
le feu ne consummât en peu de tems une centaine de maisons ou de boutiques , dont la plupart
étoient à peine rebâties depuis l'embrasement qui
détruisit une partie de ce Fauxbourg l'année
passée.
La nuit du 19 au 16. il y eut encore un autre
incendie aux environs : le feu prit dans l'Arcenal
même , chez le Tersana-Emini , ou Intendant
de la Marine ; son vaste Palais fut réduit en cendres avec tous ses meubles ; les Archives ; les
Registres , et les autres papiers de la Marine
dont on ne pût rien sauver du tout encore ce fut un grand bonheur que l'air se trouva calme: pour peu qu'il eut fait de vent , il auroit été
presqu'impossible de garantir des flammes tour
P'Arsenal , et les Vaisseaux du G. S. qui sont auprès.
Quoique Marabou , Capitan-Pacha déposé ,
soit généralement reconnu pour un bon homme,
ces deux incendies arrivez coup sur coup , firent
soupçonner que pour se vanger de sa déposition ,
il étoit complice des incendiaires ; car on trouva,
dit on , des matieres combustibles en plusieurs
endroits , mais on n'a pû découvrir aucun incendiaire. Quoiqu'il en soit , la Porte l'avoit éxilé
à Lemnos , et il y fut embarqué pour cet effer
sur une Galere ; cependant ses amis ayant intercedé fortement pour lui , et prouvé son innocence, on le renvoya dans sa maison pour la seconde fois , au bout de huit ou dix jours.
La
SEPTEMBRE. 1732. 2045
La peste , qui a fait beaucoup de ravages en
Sirie cette année- ci , s'est manifestée à Constantinople depuis le commencement de ce mois ,
d'où elle s'est répanduë à Galata , à Pera , et dans
les autres Fauxbourgs , et s'il en faut juger par
la Saison où elle commence , il est à craindre
qu'elle ne fasse de terribles progrès. Je suis , &c.
L
P. V. D.
Juillet 1732. Suite des affaires
de Perse et de Turquie.
Récisément le même jour , Monsieur , c'estPadise,etle du mois passé ,que je vous envoyai la Relation desConferences tenues àAmadan , au mois de Janvier dernier , entre les Plénipotentiaires de Perse et de Turquie , et dont le GV Résul-
2038 MERCURE DE FRANCE
Résultat servit de base au Traité de Paix qu'ils
signerent quelque- tems après , un Chokadar
d'Achmet , Pacha de Babilonne , arriva ici en
douze jours seulement , diligence extrême , qui
répondoit à l'importance des dépêches dont son
Maître l'avoit chargé , et par lesquelles ce Pacha
informoit la Porte , que Thamas Kouli- Khan
Eatemad- Doulet , ou premier Ministre du Roi
de Perse , après avoir remporté plusieurs victoires sur les Efghans ou Aghuans , qu'il avoit rencognez dans leurs Montagnes du Candahar, étoit
revenu en triomphe à Ispaham , qu'enflé de ses heureux succès , et se prévalant de ce qu'il a mis
en quelque façon Chah- Thamas sur le Trône de
ses Ancêtres , il avoit déclaré avec hauteur on arrivant , qu'il ne vouloit absolument point ratifier Traité honteux qu'on venoit de faire avec
les Turcs sans sa participation , prétendant qu'il
étoit en état d'en obtenir un plus honorable et
plus avantageux à la Perse , et qu'en conséquence ce Ministre lui avoit écrit , à lui Achmet , une
Lettre conçue à peu près en ces termes :
Vous qui êtes Pacha de Babilonné , nous vous
faisons sçavoir en premier lieu , que nous voulons
et prétendons être les maîtres d'aller en pleine liberté
et toutes les fois qu'il nous plaira , visiter les Tom- beaux de ⋆ l'Imam- Ali , de Gherbelai-Mahaladé,
de Mousa et d'Hussein. Secondement , que pour
faire nos pélerinages à ces faints Lieux avec la déAli , Gendre de Mahomet , Gherbelaï , fils de la fille de ce dernier ; Mousa et Hussein , fils
d'Ali , ont chacun leur Sépulture aux environs
de Babilonne , et tous ces Tombeaux font l'objet
de la plus profonde véneration des Persans.
cence
SEPTEMBRE. 1732. 2039
il tence , et les dispositions que notre Loi demande ,
faut auparavant que tous les Persans , qui ont été
pris dans la derniere guerre soient délivrez de leur
esclavage , et que comme le sang de nos autres freres, qui y ont peri fume encore , et crie vangeance
à leur Souverain , il faut aussi qu'il y en ait autant
de répandu des Sujets du G. S. que ceux-ci en ont
fait couler des Sujets du Roi de Perse. Nous sommes
bien-aises de vous faire part de nos sentimens , afin
que vous ne puissiez pas nous accuser de vous avoir
surpris,et que vous vous teniez sur vos gardes, Quant
à nous,nous nous préparons à aller bien- tôt à la tête de uotre Armée goûter la douceur de l'air que l'on respire dans les belles plaines de Bagdat , etfaire repaser nos Troupes fatiguées à l'ombre de ses murs.
A cette extraordinaire Lettre du premier Ministre de Perse , Achmet-Pacha en avoit joint
une autre de Baki- Pacha , Gouverneur de Kirman-cha , par laquelle ce dernier se plaignoit que contre la foi du Traité on avoit voulu le dépoüiller de son Gouvernement. Il faut sçavoir
pour entendre ceci , que depuis longues années ce Gouvernement est dans la famille de BakiPacha , et qu'à la sollicitation d'Achmet- Pacha
son Protecteur , on étoit convenu par un article
du dernier Traité de Paix , qu'il resteroit en place , quoiqu'il fut Turc et Sujet du G. S. et quoi
que Kirmancha rentrât sous la domination Per- mais que l'Edatemad- Donlet s'étant recrié
avec quelque raison contre cet article , dont l'exécution pourroit être pernicieuse à la Perse , et
ne voulant point garder de mesures avec les´
Turcs , avoit déposé de son autorité ce Gouver- neur , et lui avoit fait ordonner de remettre le
Commandement à un Persan qu'il envoyoit pour G vi
sane ,
le
2040 MERCURE DE FRANCE
le relever. Baki- Pacha écrivoit donc tout cela au
Seraskier- Achmet , et ajoûtoit , que non- seule- ment il avoit refusé l'entrée de la Ville au Successeur qu'on lui avoit envoyé , mais qu'il en
avoit fait fermer les portes , et qu'il étoit résolu
de s'y deffendre jusqu'à la derniere extrémité
avant que de ceder son poste à personne , que
d'ailleurs il pouvoit l'assurer qu'il y avoit plus
de 20000. hommes dans le Kirman , qui lui
étoient entierement dévoüez , et qu'il attendoit
ses ordres pour sçavoir de quelle maniere il devoit se comporter ; surquoi Acmet- Pacha lui *
avoit répondu , qu'il ne pouvoit lui en donner
aucun qu'il n'en eut reçû lui-même de la Porte
où il alloit mander tout ce qui se passoit.
La Porte aussi surprise qu'indignée des faux
prétextes et de l'air de fierté que prenoit ThamasKouli- Khan pour rompre une paix recente , que
les Persans avoient demandée , pour ainsi - dire à
genoux , et cela dans le tems qu'elle venoit de licencier une partie de ses Troupes , et de retirer
l'autre des Frontieres , la Porte , dis-je , se trouva comme elle se trouve encore dans un grand
embarras Cependant le Grand-Visir ayant convoqué pendant plusieurs jours des Assemblées
générales au Serrail pour décider sur le partî
qu'il y avoit à prendre dans une conjoncture si
délicate , et celui de la guerre ayant parû d'une
nécessité inévitable , l'opinion génerale fut de la
recommencer avec plus de . vigueur que jamais
et de ne la finir que pour la destruction des Persans , de la part desquels il ne falloit plus écouter aucune proposition.
On expédia en même- tems des Courriers à Topal- Osman , Pacha de Trebisonde , ci-devant Grand
>
SEPTEMBRE. 1732. 2041
Grand Vizir , et a d'autres Pachas pour leur
porter des ordres d'assembler à la hâte le plus
de Troupes qu'ils pourroient , et de passer en
toute diligence en Géorgie , afin de mettre à
couvert , s'il étoit possible , Ghendge , Tiflis
Erivan , &c. des entreprises du premier Minis- tre Persan ; et le G. S. donna le Commandement
de la nouvelle Armée à ce même Topal - Osman ,
comme le plus capable de faire tête à l'en- nemi.
En effet , tout le monde convient que le Sultan
ne pouvoit en cette occasion honorer personne
de sa confiance qui en fut plus digne que TopalOsman : outre que ce Pacha est d'une bravoure
et d'une expérience éprouvée par un grand nombre de campagnes et de belles actions , il doit
être animé de la plus terrible vangeance contre
les violateurs de la derniere paix , proprement
son ouvrage , et pour la conclusion de laquelle
on peut dire , qu'il s'étoit comme sacrifié luimême ; sans compter que , s'il y a jour à la renoüer , il sera encore plus propre que personne
à profiter des moyens que les circonstances pour- ront lui en offrir.
-La Porte appréhendant d'un autre côté , que
Thamas Kouli Khan ne tombe sur Bagdad avec
son Armée , que l'on dit être de 60000. hommes , et qu'il ne sempare de cette importante
Place , quoiqu'Achmet- Pacha ait mandé en s'y
renfermant , qu'il étoit en état de tenir trois
mois , des ordres ont été expédiez par tout l'Empire , pour envoyer à ce Gouverneur des secours
d'hommes et de munitions ; et afin de vaincre la
répugnance que les Soldats témoignent de retourner en Perse , on leur a augmenté à tous.
leur paye de quelques aspres.
Од
2042 MERCURE DE FRANCE
On ne peut pas encore sçavoir de quel succès
aura été suivi ce renouvellement de guerre ,
soit
pour les Turcs , soit pour les Persans ; mais un
bruit se répandit ici le même jour qu'on y
apprit la rupture de la paix , sçavoir que ChahThamas n'y avoit aucune part , ce bruit vient
de se confirmer par les dernieres dépêches
d'Achmet- Pacha , qu'un Tartare a remises à la Porte le 4. de ce mois.
Ce Seraskier en envoyant une Lettre que le
Roi de Perse lui avoit adressée pour le G. S.
mande que ce Prince lui en avoit aussi écrit une
par laquelle il l'assuroit qu'il étoit dans la ferme
intention d'éxécuter de sa part tous les articles
du Traité conclu depuis peu ; qu'il désavoüoit
en tout son premier Ministre , et que le regar- dant comme un Sajet qui s'étoit soustrait à l'obéissance de son Roi , il alloit non- seulement le
poursuivre , mais que dans l'incertitude , si le
sort favoriseroit ses armes , il prioit le G. S. de
se joindre à lui , pour employer leurs forces de
concert à réduire ce rebelle , et à faire rentrer
dans leur devoir les Troupes qu'il commande ;
ajoutant que l'histoire fournissoit assez d'éxemples que des Pachas avoient désolé l'Empire Ottoman par des révoltes contre leurs Empereurs que l'Eatemad- Doulet les imitoit aujourd'hui
mais qu'il esperoit que Sa Hautesse ayant égard à la malheureuse situation des affaires de Perse
maintiendroit dans son entier le dernier Traité
de Paix qu'ils avoient conclu ensemble par leurs
Plénipotentia.res respectifs , et duquel il protes- toit de nouveauqu'il ne vouloit s'écarter en rien.
Malgré ces belles assûrances , et quoique d'autres avis portent , qu'effectivement Thamas-
>
Koali
SEPTEMBRE. 1732 2043 Kouli-Khan enorgueilli d'avoir subjugué le Candahar , fait mourir Acheraf , et extermine jusqu'au dernier de la race de ce fameux usurpateur,
abusoit du crédit qu'il s'étoit acquis en Perse , et
donnoit lieu de soupçonner par son humeur al- tiere et ambitieuse , qu'il songeoit à usurper la
Couronne de son Maître ; inalgré tout cela , dis-je , la bonne-foi des Persans est si fort
décriée , que bien des gens pensent ici , que c'est
un nouvel artifice , et que ce Prince d'intelligence avec son premier Ministre et avec quelques
Puissances voisines , ne cherche qu'à amuser les
Turcs , au moins à ralentir l'activite des mouvemens qu'ils se donnent , afin d'avoir le tems de
reprendre sur eux les pays qu'il leur a cedez par
la derniere paix , avant qu'ils ayent assemblé des forces suffisantes pour s'y opposer , ou pour se
préparer des voyes de raccommodement avec la
Porte , supposé qu'il échoue dans ses desseins
en rejettant sur l'Eatemaddoullet toute l'iniquité
de l'infraction du Traité. Je passe sous silence
beaucoup d'autres raisonnemens qui se font ici
sur les causes de cette infraction , en attendanţ
que le tems nous en ait dévoilé le mistere.
Bekir- Pacha , qui étoit Gouverneur de Cutaya,
ayant été nommé Capitan - Pacha , arriva ici
le 13 du mois passé , et fut instalé dans cette dignité avec les cérémonies ordinaires , Marabou ·
son Prédécesseur fut renvoyé chez lui. Le lendemain , ce nouveau Général de la Mer , épousa une
Sultane , sœur du G. S. régnant , et veuve du
G. V. Numan. Pacha , de la Famille des Cuperlis.
Les nouveaux mariez furent un peu troublez la
premiere nuit de leurs nôces par un incendie qui
arriva au Fauxbourg de Cassum-Pacha , et qui étant
2041 MERCURE DE FRANCE
étant dans le voisinage de l'Arcenal , obligea le
Pacha-Bekir , à quitter la couche nuptiale pour
aller donner du secours ; mais sa présence , ni
celle du G. V. ni même le G. S. qui vint jus
qu'au bord de la Mer , ne pûrent empêcher que
le feu ne consummât en peu de tems une centaine de maisons ou de boutiques , dont la plupart
étoient à peine rebâties depuis l'embrasement qui
détruisit une partie de ce Fauxbourg l'année
passée.
La nuit du 19 au 16. il y eut encore un autre
incendie aux environs : le feu prit dans l'Arcenal
même , chez le Tersana-Emini , ou Intendant
de la Marine ; son vaste Palais fut réduit en cendres avec tous ses meubles ; les Archives ; les
Registres , et les autres papiers de la Marine
dont on ne pût rien sauver du tout encore ce fut un grand bonheur que l'air se trouva calme: pour peu qu'il eut fait de vent , il auroit été
presqu'impossible de garantir des flammes tour
P'Arsenal , et les Vaisseaux du G. S. qui sont auprès.
Quoique Marabou , Capitan-Pacha déposé ,
soit généralement reconnu pour un bon homme,
ces deux incendies arrivez coup sur coup , firent
soupçonner que pour se vanger de sa déposition ,
il étoit complice des incendiaires ; car on trouva,
dit on , des matieres combustibles en plusieurs
endroits , mais on n'a pû découvrir aucun incendiaire. Quoiqu'il en soit , la Porte l'avoit éxilé
à Lemnos , et il y fut embarqué pour cet effer
sur une Galere ; cependant ses amis ayant intercedé fortement pour lui , et prouvé son innocence, on le renvoya dans sa maison pour la seconde fois , au bout de huit ou dix jours.
La
SEPTEMBRE. 1732. 2045
La peste , qui a fait beaucoup de ravages en
Sirie cette année- ci , s'est manifestée à Constantinople depuis le commencement de ce mois ,
d'où elle s'est répanduë à Galata , à Pera , et dans
les autres Fauxbourgs , et s'il en faut juger par
la Saison où elle commence , il est à craindre
qu'elle ne fasse de terribles progrès. Je suis , &c.
L
P. V. D.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople le 12. Juillet 1732. Suite des affaires de Perse et de Turquie.
En juillet 1732, des tensions émergent entre la Perse et la Turquie. Le 12 juillet, un messager informe la Porte ottomane que Thamas Kouli Khan, premier ministre du roi de Perse, refuse de ratifier le traité de paix récemment signé avec les Turcs après avoir vaincu les Efghans. Il exige la liberté de visite des tombeaux sacrés des imams Ali, Gherbelai, Mousa et Hussein, la libération des Persans capturés, et des représailles pour les pertes subies. Parallèlement, Baki Pacha, gouverneur de Kirmancha, se plaint d'avoir été déposé malgré les accords de paix. La Porte ottomane, surprise et indignée, décide de reprendre les hostilités. Topal Osman est nommé commandant de la nouvelle armée pour défendre les territoires menacés. Des renforts sont envoyés à Bagdad pour contrer une éventuelle attaque perse. Cependant, des rumeurs circulent que le roi de Perse désavoue son ministre et souhaite maintenir le traité de paix, bien que la bonne foi des Persans soit mise en doute. Par ailleurs, Bekir Pacha est nommé Capitan Pacha et épouse une sultane. Deux incendies surviennent à Constantinople, mais les responsables ne sont pas identifiés. La peste, qui a ravagé la Syrie, apparaît à Constantinople et menace de se propager.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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794
p. 2045-2054
POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
Début :
Le bruit est commun à Warsovie, que les Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Mousquetaires, Armée, Compagnies
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
POLOGNE.
E bruit est commun à Warsovie , que les
Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé
depuis peu un nouveau Traité d'amitié pour la sûreté de leurs interêts communs.
Du Camp de Villa - Nova.
Suite du Journal.
'Armée n'ayant fait aucun mouvement le s
L'Armée, fain ufu 1 pairel'exercice
à la Cavalerie. Les grands Mousquetaires étant
venus se ranger au front du Centre de l'Armée
et la Cavalerie des 2 aîles s'étant mise en Bataille par Compagnie , à la tête de son Camp , alla
se joindre aux grands Mousquetaires par une
contre-marche , à droite et à gauche. Le Regiment de Nassau , qui formoit la gauche de Paîle
droite , prit la gauche de toute la Cavalerie , et
fut remplacé par 4 Escadrons détachez.
Tout étant en ordre, le Regimentaire en donna
le signal par 2 coups de Canon; sur quoi le Roy
en fit tirer un, qui donna le signal pour l'exercice de la Cavalerie , rangée par Compagnies.
Celles qui étoient impaires , ayant marché 100
pas en avant , la Cavalerie parut sur 2 lignes , et ! les
2016 MERCURE DE FRANCE
les Compagnies paires ayant passé dans les in
tervalles de la premiere Ligne , formerent la leur
110 pas devant celle- ci. Chaque Ligne ayant fait
3 fois ce mouvement , la 2 Ligne remplit au
3e mouvement ; les intervalles de la premiere , et
les Compagnies paires ayant fait demi- tour à
droite , sur le même terrain , formerent la premiere ligne en retournant vers le Camp.
Les Compagnies impaires firent le même demitour à droite , passant dans les intervalles de la
premiere Ligne ; en sorte que les deux Lignes
s'entrepasserent , comme elles avoient fait , en
venant vers le Pavillon , et à chaque fois qu'elfes s'arrêterent , elles firent demi - tour à droite
sur la Place, pour faire face au Pavillon du Roy, "
qui est scitué sur une Butte , dite des Lapins ; il
est occupé par S. M. depuis que ce Camp est formé.
Les Compagnies impaires de la 2e Ligne , ne passerent en retournant que 2 fois dans les Intervalles , afia de rester derricre les Compagnies
paires , qui alors formoient la premiere Ligne
laquelle ayant fait demi- tour à droite , rentra
dans le Pavillon ; et par ce dernier mouvement ,
la Cavalerie se retrouva sur une Ligne , comme
elle avoit été au commencement.
Les 8 Escadrons de la droite ayant ensuite fait
un mouvement à droite par Compagnies , & les
8 Escadrons de la gauche en ayant fait un autre
à gauche , ils marcherent quelques pas ; après
quoi la droite fit la conversion à gauche , et la
gauche à droite, pour venir en 2 colones vers le
Pavillon. Les grands Mousquetaires resterent à
leur place , et y furent dans l'inaction jusqu'au mouvement du centre. Les 2 Colones étant arrivées à une certaine distance , par une conversion
SEPTEMBRE. 1732. 2047
sion à droite et à gauche , formerent deux Lignes
qui se faisoient face et avoient le Flanc au Pavillon. Les Compagnies impaires de chaque Ligne ayant marché 80 pas en avant , chaque Ligne se partagea en 2 Lignes.
Les Trompettes ayant sonné la Charge , les 2
premieres Lignes marcheient l'une contre l'autres
elles s'entrepasserent dans les Intervalles , firent
demi tour à droite, se rechargerent une seconde
fois , et passerent dans les Intervalles des secondes I ignes, qui étoient déja en mouvement pour
se charger , et qui firent la même manœuvre
que ces premieres. Cette manoeuvre fut répétée
une seconde fois par l'une et l'autre Ligne. Les
secondes rentrerent ensuite dans les premieres ,
et par une conversion de chaque Ligne sur le
centre , elle se joignirent aux grands Mousque
taires , qui avoient marché en même temps en
avant ; en sorte que toute la Cavalerie se retrouva sur une même Ligne,faisant face au Pavillon.
·
Toute la Cavalerie , excepté les Mousquetaires qui resterent en place , ayant ensuite fait la
conversion à gauche par 4 Escadrons , où huit
Compagnies,forma 4 Lignes , qui marcherent en
avant , ayant le Pavillon à droite , qu'elles pas- serent, et ayant fait une conversion à droite elles
marcherent encore en avant jusqu'à une certaine
distance , où ces 4 Lignes ayant fait une autre
conversion à droite par Compagnies , formefent
4 Colones qui marcherent en avant , ayant le
Pavillon à gauche , et par une conversion par
Compagnie, formerent de nouveau 4 Lignes vis- à- vis du Pavillon. Les grands Mousquetaires
s'étoient avancez avant la marche des Colones
à une distance marquée pour se trouver au centre
des 4 Colones et des 4 Lignes.
Leg
2048 MERCURE DE FRANCE
Les 4 Lignes par un mouvement formerent un
Quarré, au Centre duquel étoient les Mousquetaires , et par une conversion à droite et à gau- che par Compagnie, les Troupes qui formoient le
Quarré se remirent en ordre pour le rompre , ce
qui se fit par une marche des Mousquetaires dans
Fenceinte. Ils furent suivis par le Regiment de Gog
tha, qui le fut du reste de la Cavalerie , et par plu
sieurs Marches en Coloñes faites dans l'enceinte ;
ils donnerent le temps au Quarté de se développer
et en sortirent pour passer devant le Pavillon.
Les Officiers saluerent le Roy et reconduisirent
leurs Troupes au Camp.
Le 8 , jour destiné pour l'exercice des Grenadiers , les deux Compagnies de Rutowki et ide
Promnitz, qui pendant tout l'exercice demeurerent unies , furent jointes à droite et à gauche
par les 8 Compagnies des deux Bataillons des
Grenadiers , et chaque Corps détacha ses Char
pentiers qui se rangerent à trois de hauteur , et formerent 4 Pelotons , 20 pas devant les Compagnies de Rutowki et de Promnitz.Les 10 Com,
pagnies de Grenadiers se rangerent sur 2 Lignes;
4 de ces Compagnies ; sçavoir , 3 des Cardes de
la Couronne , et une de celles de Lithuanie , s'ésant jointes à la droite et à la gauche de celles
de Rutowki et de Promnitz , firent la premiere
Ligne' ; et les 4 autres ; sçavoir , celles de Flemming, de Lublin , de Campenhausen et de Denhoff , formerent la seconde. Ce Corps étoit com mandé par le Major General le Prince de Czartoriski.
Au premier signal ordinaire , pour avertir le
Roy que tout étoit rangé , S. M. donna le sien
pour former la Phalange sur la droite. Les Charpentiers qui faisoient la pointe de la Phalange ,
ayant
SEPTEMBRE. 1732. 2049
Ayant marché en avant , les Compagnies de Rutowki et de Promnitz formerent la premiere
Ligne de la Phalange,celles de Lublin et de Campenhausen la seconde ; celles du second et du
troisiéme Bataillon des Gardes de la Couronne
la troisiéme , celles de Denhoff et de Flemining
la 4 , et celle du premier Bataillon des Gardes
de la Couronne avec celle des Gardes de Lithuanie la cinquième. La Phalange ainsi formée , elle
marcha dans cet ordre , vers le Pavillon , jusqu'à
une certaine distance,
Par un second signal , la Phalange se forma en
triangle par un demi-quart de conversion à gau- che et à droite des Corps qui la composoient, et
les Charpentiers passerent en même- temps à la
droite et à la gauche des Compagnies de Rutowki et de Promnitz qui marcherent en avant pour
prendre leur terrain. On fit ensuite le feu coulant
qui commença par l'Angle de la droite , et fut
répété par l'Angle de la gauche.
Par le troisiéme signal , les Troupes se remirent en Phalange , et chaque ligne fit une Salve
P'une après l'autre.
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
pour former 2 Lignes , ce qui s'exécuta ainsi.Les
4 Compagnies des Gardes marcherent en avant ,
et vinrent s'alligner avec celles de Rutowki et de
Promnitz , ce qui forma la premiere Ligne. Les
4 autres Compagnies marcherent aussi en avant
pour s'alligner avec les Charpentiers, ce qui forma la seconde Ligne ; et par une contre- imarche
à droite et à gauche , vers le Centre , les Compa
gnies qui formoient cette seconde Ligne, se trou- verent vis à- vis les Intervalles de la premiere, qui
cominença ensuite son feu par demi Compa
gnies , dont 2 rangs tirerent à la fois , ce qui se
Tépeta trois fois.
En
2050 MERCURE DE FRANCE
En même-temps que la premiere Ligne commençoit son feu , la seconde avança pas pas , et
ayant passé dans les Intervalles de la premiere
elle fit , 30 pas en avant , le même feu qu'avoit
fait la premiere Ligne ; celle- cy ayant repassé dans les Intervalles de la seconde Ligne , 30 pas
en avant , elle se prépara pour jetter les Grenanades , ce qui se fit par pelotons. Pendant cette
manœuvre , la seconde Ligue passa dans les Intervalles de la premiere , 20 pas en avant , et
jetta les Grenades de la même maniere.
Par le cinquiéme signal , les deux lignes formerent trois Brigades ; ce qui s'executa ainsi. La
Compagnie de la droite de la premiere Ligne
vint remplir l'Intervalle des deux Compagnies
de la droite de la seconde , ce qui forma la Brigade de la droite, La Compagnie de la droite de
la seconde ligne fit la même chose à l'égard de
la premiere , et forma ainsi la Brigade de la gauche ; ces 2 Brigades marcherent 40 pas en avant.
Les 2 autres Compagnies de la seconde ligne ,
joignirent la droite et la gauche de celles de Rutowki et de Promnitz , ce qui forma la Brigade
du Centre , qui passa dans l'Intervalle des deux
autres , 30 pas en avant , et les trois Brigades
s'étant mises sur une même ligne , toutes les
Compagnies jetterent en même-temps leurs Grenades , les Charpentiers s'étant placez à la droite
et à la gauche de ligne,
Au sixiéme signal , la ligne forma un zig-zag
à dix faces , avec un Drapeau sur chaque Angle.
Les Grenadiers ainsi rangez , firent le feu de
Haye , qui fut suivi d'une décharge generale ;
enfin les dix Compagnies s'étant remises sur une ligne par une conversion à droite par pelotons ,
se mirent en marche pour passer devant le Pavillon , et retourner au Camp.
LS
I
C
10
SEPTEMBRE. 1732. 2051
Le 9 , il n'y eut point de mouvement dans
l'Armée , et le 10 , jour destiné à l'exercice des
Piquiers,l'Infanterie ayant formé 9 Bataillons de
256 chacun , avec un Drapeau , un Officier de
P'Etat Major, 2 Capitaines , 6 Subalternes , 16
bas Officiers et 8 Tambours , chaque Bataillon se
rangea à la tête du Camp , en 8 pelotons , à 4 de
hauteur , de 32 hommes chacun. Les 2 Pelotons
du centre étoient de Piquiers. Ensuite chaque
Bataillon forma un Quarré plein , à 16 de hauteur et 16 de front , de sorte que les 64 Piquiers
formoient un Quarré dans le centre de celui du
Bataillon ,
par le
Les neuf Bataillons s'étant joints , se range,
rent à trois de hauteur et 8 de front ; ce qui forma un Quarré plein de 48 hommes de hauteur
et de 48 de front , chaque Bataillon ayant ses Piquiers au centre , et chaque file et chaque rang
étant à 3 pas de distance . Outre les Officiers
commandez à chaque Bataillon, il y avoit 4 Majors et 4 Ajudans. Les Majors se placerent aux
Angles du Quarré , qui étoit commandé
Major Ceneral Campenhausen.
Au signal donné du Quartier du Roy,le Quar
ré marcha dans cet ordre vers le Pavillon , jusqu'à une certaine distance , où le General Com- mandant ordonna les feux autour dn Quarré ,
qui se firent par les quatre premiers rangs , dont
le quatrième , qui s'étoit doublé dans le premier,
commença le feu ; s'étant retiré, il fut remplacé
par le troisiéme Rang; ensuite par le second , et puis par le premier ; ce qui se répeta trois fois
Après ce feu , le General fit occuper les 2 premiers Rangs autour du Quarré par les Piquiers
des coins et des faces des 8 Bataillons ; ce qui se
fir par une contre- marche de ceux- cy, et par unede
2052 MERCURE DE FRANCE
de ceux qui occuperent ces deux Rangs , et qui vinrent se ranger à la place des Piquiers. Le rèste de ces Piquiers , par une autre contre- marche
qui se fit en même-temps , formerent 2 Rangs
autour du Bataillon du Centre , celui cy gardant
ses Piquiers ne fit aucun mouvement.
Les Piquiers ainsi rangez , le General ordonna
le feu qui se fit par les 12 premiers Kangs , dont
doublerent dans les Rangs des Piquiers du tour
du Quarré , qui pendant les Salves , baisserent
tous leurs Piques , excepté ceux qui étoient dans
le centre ; ce feu se repeta 3 fois , et après le feu
des Rangs , on commanda la Salve generale de
tout le Quarré; ensuite on fit remettre les Piquiers
leur premiere place par les mêmes contie
marches qui la leur avoient fait quitter.
Par un second signal du Pavillon , le Quarré
se rompit en cette maniere ; Les 4 Bataillons des
coins ayant fait une contre- marche à droite et à
gauche , marcherent sur la ligne de la face qui
regardoit le Pavillon , et celle qui lui étoit op÷
posée , jusqu'à ce que leurs dernieres files fussent
3 pas hors du Quarre.
Au troisiéme signal , les deux Bataillons qui
étoient à droite et à gauche de celui du Centre ,
sortirent du Quarré par une contre - marche à
droite et à gauche , et marcherent jusqu'à ce que
leurs dernieers Files fussent 3 pas au delà des premieres Files des Bataillons des coins ; les 3 autres
Bataillons resterent en place , et après chaque
mouvement , les Bataillons faisoient face au Pavillon.
Au quatriéme signal , les 2 Bataillons des coins
qui faisoient face au Pavillon , ayant fait une
contre marche à droite et à gauche , marcherent
de nouveau sur la même ligne, jusqu'à ce que leurs
SEPTEMBRE. 1732. 2053
leurs dernieres Files fussent 3 pas au delà des 2
Bataillons , qui avoienr fait le dernier mouve ment.
Au cinquiéme signal , les 2 autres Bataillons
des Coins ayant marché en avant , jusqu'à ce
qu'ils fussent sur la ligne, qui faisoit face au Pa- villon , et le Batalllon du Centre , avec celui qui
étoit derriere , étant venu par une contre- marche se placer derriere les Intervalles de la droite
et de la gauche du Bataillon du Centre de la premiere ligne , en formerent une seconde avec les
deux autres Bataillons qui étoient demeurez cn
place.
Par un sixième signal , les 9 Bataillons se préparerent à se mettre à 8 de hauteur , ce qui se fit
ainsi : Les 4 Bataillons des aîles de la premiere
ligne , et les 4 qui formoient la seconde , gagne- rent , par une contre- marche à droite et à gauche,le terrain necessaire pour faire un plus grand
front , observant de garder toujours leurs trois
pas de distance ; après quoi , tous les Pelotons de
chaque Bataillon qui avoient doublé , se rangerent sur les Angles de leur Bataillon , et ceux de derriere ayant marché pour se joindre au Corps
dePiquiers, ils se trouverent à 8 de hauteur, ayant
ensuite doublé leurs rangs en avant , ils se trouverent à quatre de hauteur , les Officiers étant
à leurs places ordinaires. Au septiéme signal, les
4 Bataillons de la seconde ligne , ayant rempli
les Intervalles de la premiere , paiurent sur une
ligne, et le General ayant fait mettre les Piquiers
dans le quatrième rang , on commença les feux
qui finirent par une décharge geaerale ; les Piquiers présenterent leurs Piques pendant le feu.
Ces derniers étant ensuite rentrés dans le Centre,
toute la ligne fit la conversion à droite par PeloH tons
"
2054 MERCURE DE FRANCE
tons pour venir passer devant le Pavillon du
Roy, et s'enretourna au Camp , par la ligne da Centre.
E bruit est commun à Warsovie , que les
Maisons de Saxe et de Baviere avoient signé
depuis peu un nouveau Traité d'amitié pour la sûreté de leurs interêts communs.
Du Camp de Villa - Nova.
Suite du Journal.
'Armée n'ayant fait aucun mouvement le s
L'Armée, fain ufu 1 pairel'exercice
à la Cavalerie. Les grands Mousquetaires étant
venus se ranger au front du Centre de l'Armée
et la Cavalerie des 2 aîles s'étant mise en Bataille par Compagnie , à la tête de son Camp , alla
se joindre aux grands Mousquetaires par une
contre-marche , à droite et à gauche. Le Regiment de Nassau , qui formoit la gauche de Paîle
droite , prit la gauche de toute la Cavalerie , et
fut remplacé par 4 Escadrons détachez.
Tout étant en ordre, le Regimentaire en donna
le signal par 2 coups de Canon; sur quoi le Roy
en fit tirer un, qui donna le signal pour l'exercice de la Cavalerie , rangée par Compagnies.
Celles qui étoient impaires , ayant marché 100
pas en avant , la Cavalerie parut sur 2 lignes , et ! les
2016 MERCURE DE FRANCE
les Compagnies paires ayant passé dans les in
tervalles de la premiere Ligne , formerent la leur
110 pas devant celle- ci. Chaque Ligne ayant fait
3 fois ce mouvement , la 2 Ligne remplit au
3e mouvement ; les intervalles de la premiere , et
les Compagnies paires ayant fait demi- tour à
droite , sur le même terrain , formerent la premiere ligne en retournant vers le Camp.
Les Compagnies impaires firent le même demitour à droite , passant dans les intervalles de la
premiere Ligne ; en sorte que les deux Lignes
s'entrepasserent , comme elles avoient fait , en
venant vers le Pavillon , et à chaque fois qu'elfes s'arrêterent , elles firent demi - tour à droite
sur la Place, pour faire face au Pavillon du Roy, "
qui est scitué sur une Butte , dite des Lapins ; il
est occupé par S. M. depuis que ce Camp est formé.
Les Compagnies impaires de la 2e Ligne , ne passerent en retournant que 2 fois dans les Intervalles , afia de rester derricre les Compagnies
paires , qui alors formoient la premiere Ligne
laquelle ayant fait demi- tour à droite , rentra
dans le Pavillon ; et par ce dernier mouvement ,
la Cavalerie se retrouva sur une Ligne , comme
elle avoit été au commencement.
Les 8 Escadrons de la droite ayant ensuite fait
un mouvement à droite par Compagnies , & les
8 Escadrons de la gauche en ayant fait un autre
à gauche , ils marcherent quelques pas ; après
quoi la droite fit la conversion à gauche , et la
gauche à droite, pour venir en 2 colones vers le
Pavillon. Les grands Mousquetaires resterent à
leur place , et y furent dans l'inaction jusqu'au mouvement du centre. Les 2 Colones étant arrivées à une certaine distance , par une conversion
SEPTEMBRE. 1732. 2047
sion à droite et à gauche , formerent deux Lignes
qui se faisoient face et avoient le Flanc au Pavillon. Les Compagnies impaires de chaque Ligne ayant marché 80 pas en avant , chaque Ligne se partagea en 2 Lignes.
Les Trompettes ayant sonné la Charge , les 2
premieres Lignes marcheient l'une contre l'autres
elles s'entrepasserent dans les Intervalles , firent
demi tour à droite, se rechargerent une seconde
fois , et passerent dans les Intervalles des secondes I ignes, qui étoient déja en mouvement pour
se charger , et qui firent la même manœuvre
que ces premieres. Cette manoeuvre fut répétée
une seconde fois par l'une et l'autre Ligne. Les
secondes rentrerent ensuite dans les premieres ,
et par une conversion de chaque Ligne sur le
centre , elle se joignirent aux grands Mousque
taires , qui avoient marché en même temps en
avant ; en sorte que toute la Cavalerie se retrouva sur une même Ligne,faisant face au Pavillon.
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Toute la Cavalerie , excepté les Mousquetaires qui resterent en place , ayant ensuite fait la
conversion à gauche par 4 Escadrons , où huit
Compagnies,forma 4 Lignes , qui marcherent en
avant , ayant le Pavillon à droite , qu'elles pas- serent, et ayant fait une conversion à droite elles
marcherent encore en avant jusqu'à une certaine
distance , où ces 4 Lignes ayant fait une autre
conversion à droite par Compagnies , formefent
4 Colones qui marcherent en avant , ayant le
Pavillon à gauche , et par une conversion par
Compagnie, formerent de nouveau 4 Lignes vis- à- vis du Pavillon. Les grands Mousquetaires
s'étoient avancez avant la marche des Colones
à une distance marquée pour se trouver au centre
des 4 Colones et des 4 Lignes.
Leg
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Les 4 Lignes par un mouvement formerent un
Quarré, au Centre duquel étoient les Mousquetaires , et par une conversion à droite et à gau- che par Compagnie, les Troupes qui formoient le
Quarré se remirent en ordre pour le rompre , ce
qui se fit par une marche des Mousquetaires dans
Fenceinte. Ils furent suivis par le Regiment de Gog
tha, qui le fut du reste de la Cavalerie , et par plu
sieurs Marches en Coloñes faites dans l'enceinte ;
ils donnerent le temps au Quarté de se développer
et en sortirent pour passer devant le Pavillon.
Les Officiers saluerent le Roy et reconduisirent
leurs Troupes au Camp.
Le 8 , jour destiné pour l'exercice des Grenadiers , les deux Compagnies de Rutowki et ide
Promnitz, qui pendant tout l'exercice demeurerent unies , furent jointes à droite et à gauche
par les 8 Compagnies des deux Bataillons des
Grenadiers , et chaque Corps détacha ses Char
pentiers qui se rangerent à trois de hauteur , et formerent 4 Pelotons , 20 pas devant les Compagnies de Rutowki et de Promnitz.Les 10 Com,
pagnies de Grenadiers se rangerent sur 2 Lignes;
4 de ces Compagnies ; sçavoir , 3 des Cardes de
la Couronne , et une de celles de Lithuanie , s'ésant jointes à la droite et à la gauche de celles
de Rutowki et de Promnitz , firent la premiere
Ligne' ; et les 4 autres ; sçavoir , celles de Flemming, de Lublin , de Campenhausen et de Denhoff , formerent la seconde. Ce Corps étoit com mandé par le Major General le Prince de Czartoriski.
Au premier signal ordinaire , pour avertir le
Roy que tout étoit rangé , S. M. donna le sien
pour former la Phalange sur la droite. Les Charpentiers qui faisoient la pointe de la Phalange ,
ayant
SEPTEMBRE. 1732. 2049
Ayant marché en avant , les Compagnies de Rutowki et de Promnitz formerent la premiere
Ligne de la Phalange,celles de Lublin et de Campenhausen la seconde ; celles du second et du
troisiéme Bataillon des Gardes de la Couronne
la troisiéme , celles de Denhoff et de Flemining
la 4 , et celle du premier Bataillon des Gardes
de la Couronne avec celle des Gardes de Lithuanie la cinquième. La Phalange ainsi formée , elle
marcha dans cet ordre , vers le Pavillon , jusqu'à
une certaine distance,
Par un second signal , la Phalange se forma en
triangle par un demi-quart de conversion à gau- che et à droite des Corps qui la composoient, et
les Charpentiers passerent en même- temps à la
droite et à la gauche des Compagnies de Rutowki et de Promnitz qui marcherent en avant pour
prendre leur terrain. On fit ensuite le feu coulant
qui commença par l'Angle de la droite , et fut
répété par l'Angle de la gauche.
Par le troisiéme signal , les Troupes se remirent en Phalange , et chaque ligne fit une Salve
P'une après l'autre.
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
pour former 2 Lignes , ce qui s'exécuta ainsi.Les
4 Compagnies des Gardes marcherent en avant ,
et vinrent s'alligner avec celles de Rutowki et de
Promnitz , ce qui forma la premiere Ligne. Les
4 autres Compagnies marcherent aussi en avant
pour s'alligner avec les Charpentiers, ce qui forma la seconde Ligne ; et par une contre- imarche
à droite et à gauche , vers le Centre , les Compa
gnies qui formoient cette seconde Ligne, se trou- verent vis à- vis les Intervalles de la premiere, qui
cominença ensuite son feu par demi Compa
gnies , dont 2 rangs tirerent à la fois , ce qui se
Tépeta trois fois.
En
2050 MERCURE DE FRANCE
En même-temps que la premiere Ligne commençoit son feu , la seconde avança pas pas , et
ayant passé dans les Intervalles de la premiere
elle fit , 30 pas en avant , le même feu qu'avoit
fait la premiere Ligne ; celle- cy ayant repassé dans les Intervalles de la seconde Ligne , 30 pas
en avant , elle se prépara pour jetter les Grenanades , ce qui se fit par pelotons. Pendant cette
manœuvre , la seconde Ligue passa dans les Intervalles de la premiere , 20 pas en avant , et
jetta les Grenades de la même maniere.
Par le cinquiéme signal , les deux lignes formerent trois Brigades ; ce qui s'executa ainsi. La
Compagnie de la droite de la premiere Ligne
vint remplir l'Intervalle des deux Compagnies
de la droite de la seconde , ce qui forma la Brigade de la droite, La Compagnie de la droite de
la seconde ligne fit la même chose à l'égard de
la premiere , et forma ainsi la Brigade de la gauche ; ces 2 Brigades marcherent 40 pas en avant.
Les 2 autres Compagnies de la seconde ligne ,
joignirent la droite et la gauche de celles de Rutowki et de Promnitz , ce qui forma la Brigade
du Centre , qui passa dans l'Intervalle des deux
autres , 30 pas en avant , et les trois Brigades
s'étant mises sur une même ligne , toutes les
Compagnies jetterent en même-temps leurs Grenades , les Charpentiers s'étant placez à la droite
et à la gauche de ligne,
Au sixiéme signal , la ligne forma un zig-zag
à dix faces , avec un Drapeau sur chaque Angle.
Les Grenadiers ainsi rangez , firent le feu de
Haye , qui fut suivi d'une décharge generale ;
enfin les dix Compagnies s'étant remises sur une ligne par une conversion à droite par pelotons ,
se mirent en marche pour passer devant le Pavillon , et retourner au Camp.
LS
I
C
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SEPTEMBRE. 1732. 2051
Le 9 , il n'y eut point de mouvement dans
l'Armée , et le 10 , jour destiné à l'exercice des
Piquiers,l'Infanterie ayant formé 9 Bataillons de
256 chacun , avec un Drapeau , un Officier de
P'Etat Major, 2 Capitaines , 6 Subalternes , 16
bas Officiers et 8 Tambours , chaque Bataillon se
rangea à la tête du Camp , en 8 pelotons , à 4 de
hauteur , de 32 hommes chacun. Les 2 Pelotons
du centre étoient de Piquiers. Ensuite chaque
Bataillon forma un Quarré plein , à 16 de hauteur et 16 de front , de sorte que les 64 Piquiers
formoient un Quarré dans le centre de celui du
Bataillon ,
par le
Les neuf Bataillons s'étant joints , se range,
rent à trois de hauteur et 8 de front ; ce qui forma un Quarré plein de 48 hommes de hauteur
et de 48 de front , chaque Bataillon ayant ses Piquiers au centre , et chaque file et chaque rang
étant à 3 pas de distance . Outre les Officiers
commandez à chaque Bataillon, il y avoit 4 Majors et 4 Ajudans. Les Majors se placerent aux
Angles du Quarré , qui étoit commandé
Major Ceneral Campenhausen.
Au signal donné du Quartier du Roy,le Quar
ré marcha dans cet ordre vers le Pavillon , jusqu'à une certaine distance , où le General Com- mandant ordonna les feux autour dn Quarré ,
qui se firent par les quatre premiers rangs , dont
le quatrième , qui s'étoit doublé dans le premier,
commença le feu ; s'étant retiré, il fut remplacé
par le troisiéme Rang; ensuite par le second , et puis par le premier ; ce qui se répeta trois fois
Après ce feu , le General fit occuper les 2 premiers Rangs autour du Quarré par les Piquiers
des coins et des faces des 8 Bataillons ; ce qui se
fir par une contre- marche de ceux- cy, et par unede
2052 MERCURE DE FRANCE
de ceux qui occuperent ces deux Rangs , et qui vinrent se ranger à la place des Piquiers. Le rèste de ces Piquiers , par une autre contre- marche
qui se fit en même-temps , formerent 2 Rangs
autour du Bataillon du Centre , celui cy gardant
ses Piquiers ne fit aucun mouvement.
Les Piquiers ainsi rangez , le General ordonna
le feu qui se fit par les 12 premiers Kangs , dont
doublerent dans les Rangs des Piquiers du tour
du Quarré , qui pendant les Salves , baisserent
tous leurs Piques , excepté ceux qui étoient dans
le centre ; ce feu se repeta 3 fois , et après le feu
des Rangs , on commanda la Salve generale de
tout le Quarré; ensuite on fit remettre les Piquiers
leur premiere place par les mêmes contie
marches qui la leur avoient fait quitter.
Par un second signal du Pavillon , le Quarré
se rompit en cette maniere ; Les 4 Bataillons des
coins ayant fait une contre- marche à droite et à
gauche , marcherent sur la ligne de la face qui
regardoit le Pavillon , et celle qui lui étoit op÷
posée , jusqu'à ce que leurs dernieres files fussent
3 pas hors du Quarre.
Au troisiéme signal , les deux Bataillons qui
étoient à droite et à gauche de celui du Centre ,
sortirent du Quarré par une contre - marche à
droite et à gauche , et marcherent jusqu'à ce que
leurs dernieers Files fussent 3 pas au delà des premieres Files des Bataillons des coins ; les 3 autres
Bataillons resterent en place , et après chaque
mouvement , les Bataillons faisoient face au Pavillon.
Au quatriéme signal , les 2 Bataillons des coins
qui faisoient face au Pavillon , ayant fait une
contre marche à droite et à gauche , marcherent
de nouveau sur la même ligne, jusqu'à ce que leurs
SEPTEMBRE. 1732. 2053
leurs dernieres Files fussent 3 pas au delà des 2
Bataillons , qui avoienr fait le dernier mouve ment.
Au cinquiéme signal , les 2 autres Bataillons
des Coins ayant marché en avant , jusqu'à ce
qu'ils fussent sur la ligne, qui faisoit face au Pa- villon , et le Batalllon du Centre , avec celui qui
étoit derriere , étant venu par une contre- marche se placer derriere les Intervalles de la droite
et de la gauche du Bataillon du Centre de la premiere ligne , en formerent une seconde avec les
deux autres Bataillons qui étoient demeurez cn
place.
Par un sixième signal , les 9 Bataillons se préparerent à se mettre à 8 de hauteur , ce qui se fit
ainsi : Les 4 Bataillons des aîles de la premiere
ligne , et les 4 qui formoient la seconde , gagne- rent , par une contre- marche à droite et à gauche,le terrain necessaire pour faire un plus grand
front , observant de garder toujours leurs trois
pas de distance ; après quoi , tous les Pelotons de
chaque Bataillon qui avoient doublé , se rangerent sur les Angles de leur Bataillon , et ceux de derriere ayant marché pour se joindre au Corps
dePiquiers, ils se trouverent à 8 de hauteur, ayant
ensuite doublé leurs rangs en avant , ils se trouverent à quatre de hauteur , les Officiers étant
à leurs places ordinaires. Au septiéme signal, les
4 Bataillons de la seconde ligne , ayant rempli
les Intervalles de la premiere , paiurent sur une
ligne, et le General ayant fait mettre les Piquiers
dans le quatrième rang , on commença les feux
qui finirent par une décharge geaerale ; les Piquiers présenterent leurs Piques pendant le feu.
Ces derniers étant ensuite rentrés dans le Centre,
toute la ligne fit la conversion à droite par PeloH tons
"
2054 MERCURE DE FRANCE
tons pour venir passer devant le Pavillon du
Roy, et s'enretourna au Camp , par la ligne da Centre.
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Résumé : POLOGNE. / Du Camp de Villa-Nova. Suite du Journal.
En septembre 1732, des événements militaires significatifs se déroulent en Pologne, notamment à Varsovie, où circulent des rumeurs concernant un nouveau traité d'amitié entre les Maisons de Saxe et de Bavière. L'armée, stationnée au camp de Villa Nova, effectue divers exercices militaires sous la supervision du roi. Les manœuvres impliquent plusieurs unités, dont la cavalerie dirigée par les grands Mousquetaires. La cavalerie exécute des formations en lignes et en colonnes, des charges simulées et des conversions. Les grenadiers, sous le commandement du Prince de Czartoryski, pratiquent des formations en phalange et en triangle, ainsi que des tirs de salve et des lancers de grenades. Les piquiers, organisés en bataillons, forment des carrés et exécutent des feux autour du carré. Les exercices sont minutieusement supervisés par le roi depuis un pavillon situé sur une butte. Les mouvements sont précis et coordonnés, avec des signaux donnés par le roi pour indiquer les changements de formation. Les manœuvres impliquent neuf bataillons. Initialement, deux bataillons avancent jusqu'à une ligne face au pavillon, tandis que deux autres effectuent une contre-marche pour se placer derrière les intervalles des bataillons de la première ligne, formant ainsi une seconde ligne. À un sixième signal, les neuf bataillons se préparent à former une ligne de huit de hauteur. Les bataillons des ailes de la première ligne et ceux de la seconde ligne gagnent du terrain par une contre-marche pour élargir le front tout en conservant une distance de trois pas. Les pelotons doublent ensuite leurs rangs, se rangeant sur les angles de leur bataillon, et se joignent aux piquiers pour atteindre une hauteur de huit. Après avoir doublé leurs rangs en avant, ils se trouvent à quatre de hauteur, avec les officiers à leurs places. Au septième signal, les quatre bataillons de la seconde ligne comblent les intervalles de la première ligne et se mettent en ligne. Les piquiers, placés dans le quatrième rang, présentent leurs piques pendant les feux, qui se terminent par une décharge générale. Les piquiers rentrent ensuite au centre, et toute la ligne effectue une conversion à droite par pelotons pour passer devant le pavillon du roi et retourne au camp par la ligne du centre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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795
p. 2254-2258
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du mois de Juin 1732.
Début :
Voici ce que des gens qui passent pour bien instruits assûrent quant à la cause principale [...]
Mots clefs :
Roi de Perse, Sultan, Ali Pacha, Sérasker, Armée, Traité, Grand vizir, Topal Osman Pacha
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du mois de Juin 1732.
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
du mois de Juin 1732.
Oici ce que des
Vinstruits assûlent quant à la causeprincipale
gens qui passent pour bien
de la déposition du G. Viz. Topal Osman Pa- cha , mettant à les
mauvais
offices le part
que
Kislar
-Aga
a pú lui
rendre
d'ailleurs
auprès
du
Sultan.
Topal- Osman , disent-ils , ne fut pas plutôt
appellé au Visiriat , qu'après avoir appaisé les
plaintes du peuple , et s'être acquis son affection
par le bon ordre qu'il rétablit dans la police , il
tourna tous ses soins et toute son application
trouver les moyens de terminer bientôt la
Guerre de Perse ; mais comme la distance des
lieux ne lui permettoit pas de pouvoir pro- fiter par lui-même des conjonctures favora
bles qui pourroient se présenter , s'il prenoit en
vie à Chah- Thamas , Roi de Perse , de demander la paix , il s'unit avec le Mufti Pasmadgiszade , pour insinuer de concert au G. S. qu'outre que cette Guerre étant tout- à- fait ruineuse à
PEmpire Sa Hautesse ne seroit jamais bien affermie sur le Trône qu'elle n'y mit fin .
Surquoi le Sultan leur ayant demandé quels
expédiens ils avoient à lui proposer pour y par venir. Le G. V. s'excusa d'abord de lui en indiquer aucun , dans la crainte , disoit- il , qu'il au
roit de se tromper , parce qu'ayant toujours ser- vi en Europe , il ne connoissoit point du tout la
Perse ; qu'il sçavoit seulement que les prédécesseurs de Sa Hautesse n'avoient jamais pû se conserver que très-peu des conquêtes qu'ils y avoient faites
OCTOBRE. 1732. 2255
faites , et qu'ayant reconnu par leur propre expérience , que ces contrées étoient le Cimetiere
des Turcs , ils avoient donné leur malediction
au pays et à ceux de leurs successeurs qui y por teroient la Guerre.
Après que Topal-Osman eut ainsi préparé l'esprit du G. S. le Mufti prenant la parole , dit
qu'Achmet , Pacha de Babilone , avoit toujours
montré beaucoup de capacité et d'attachement
l'Empire , et qu'ayant été élevé sous les yeux
d'Osman- Pacha , son pere , dont le zele s'étoit
pareillement signalé pendant 32 ans qu'il avoit
été Beglierbey de cette grande Province , il n'y
avoit personne qui connut mieux qu'Achmet , et
la Perse , et l'état où s'y trouvoient les affaires :
qu'ainsi il lui paroissoit ( ce qu'appuya le G. V.)
que S. H. n'avoit pas de meilleur parti à prendre
que celui de remettre entierement les interêts de
la Porte entre ses mains , en l'autorisant par des
pleins pouvoirs à traiter avec Schah Thamas ;
comme il le jugeroit le plus convenable , sans
s'amuser à contester sur le plus ou le moins de
pays à garder de ceux qu'on avoit conquis sur
Schah Thamas.
Le G. S. ayant goûté cet avis , fit expédier des
Plein-pouvoirs , effectivement si amples , que
S. H. s'y engageoit sans restriction à approuver
tout ce qu'Achmet régleroit. Il est à remarquer
qu'alors Tauris n'étoit pas encore pris , et que
Fayant été peu de tems après que ce Pacha eut
reçû ses Plein-pouvoirs , il se hâta de conclure
la paix avec les Persans , avant que la nouvelle
de cette derniere conquête eut pû arriver jusqu'à
la Porte , ou du moins qu'il eut pu en recevoir
de nouveaux ordres , dans la crainte qu'éblouie
par ce surcroît de victoires , elle n'en voulut tires
2256 MERCURE DE FRANCE
titer avantage , et n'étendit ses prétentions d'une
maniere à faire échouer le Traité qu'il médi
toit , et qu'il vouloit consommer promptement,
soit qu'il fut persuadé que l'Empire y trouveroit
son compte , soit qu'il eut des ordres secrets du
G. V. definir sans délai la Guerre à quelque prix
que ce fut.
,
Mais Ali Pacha , Seraskier de l'autre Armée
Turque , qui sur les informations que lui avoit
demandées Achmet, comme s'il n'eut voulu rien
conclure sans le consulter , et sans agir de concert
avec lui , avoit détaillé à son Collegue l'extrêmi
té où il venoit de réduire Schah Thamas par la
prise de Tauris , &c. apprenant tout d'un coupe
qu'au mépris de ses avis , ce Pacha avoit fait la
paix , en fut piqué au dernier point, Mortifié de
ce qu'on ne l'avoit pas employé dans cette négo¬
ciation , où il lui paroissoit si naturel qu'il fut
appellé; jaloux de ce qu'Achmet en recueilloit.
tout l'honneur , et ne pouvant se résoudre à
joiiir si peu des derniers succès de ses armes il.
écrivit à la Porte à l'occasion de ce Traité , que
lui et tous les Officiers de son Armée se confor→
meroient avec soumission aux volontez du G. S.….
mais qu'ils ne répondoient pas de trouver la mê
me obéissance dans les Soldats , qui bien loin
delà , commençoient déja à murmurer hautement sur la connoissance qu'ils avoient d'un
Traité , par lequel on restituoit Tauris et tous
les pays en- deçà de l'Araxe , dont ils ne s'é- toient rendus maîtres qu'au prix de leur sang
et qu'avec des travaux infinis ; que d'ailleurs on
ne pouvoit comprendre parmi ces Troupes pourquoi on avoit fait une paix si désavantageuse et
si peu honorable à l'Empire , dans le tems que
Schah Thamas étoit aux abois , et qu'il ne fai lois
OCTOBR E. 1732. 2257
Loit plus qu'une campagne pour envahir le reste de ses Etats.
Ce que mandoit Ali-Pacha étant venu à la connoissance du G. S. à l'insçû du G.V.les nouvelles.
dePerse arrivées le 2 Avril,portant d'ailleurs que la
Garnison et les habitans Turcs de Tauris s'étoient
révoltés, quand on avoit voulu évacuer cette place,,
S. H. craignit d'un côté d'indisposer les gens de
guerre contre Elle , et que leur rébellion ne devint contagieuse à tous ses Sujets , si elle paroissoit approuverla restitution de Tauris , et de l'au
tre elle appréhenda , comme on le lui representa.
fortement , de se deshonorer dans le monde , si
elle refusoit de ratifier ce qu'Achmet-Pacha n'avoit fait qu'en conséquence de l'autorité illimitée..
dont elle l'avoit revêtu.
Ces deux points si difficiles à concilier , furent
la matiere épineuse qui fut tant débattue dans ces.
Assemblées générales , convoquées au Serrail , et
dont les nouvelles publiques ont beaucoup parlé.. Tellement que le G. Sne trouva enfin d'autre.
moyen pour se tirer d'un pas si délicat , que de
déclarer en plein Conseil qu'on l'avoit séduit , en
le sollicitant d'envoyer des pouvoirs sans bornes à
Achmet , lesquels il n'auroit jamais signés , s'il
avoit pû prévoir que ce Pacha en eut fait un si mauvais usage ; mais que ce mal étoit sans re- mede , et que ne pouvant se rétracter sans blesser
Phonneur de la Majesté Imperiale , il étoit forcé
de confirmer ce que ses Plénipotentiaires avoient .
arrêté aux Conférences d'Hamadan.
Après bien des contestations , le plus grand nombre des avis s'étant enfin réüni à celui du
G. S. S. H. fit deux choses qui lui réussirent également. Premierement pour se disculper dans l'es
prit des Troupes et des Gens de Loi , qui n'étoient
2258 MERCURE DE FRANCE
J
J
toient pas moins opposés que la Soldatesque à
la ratification du Traité d'Achmet , elle déposa
d'abord le Mufti , et quelque tems après , Topal
Osman , comme une preuve qu'elle rejettoit sur
ces deux Ministres , la faute toute entiere que sa déference à leurs avis lui avoit fait commettre
et voulant donner par cette disgrace qui fut pourtant plus apparente que réelle , une espece de satisfaction aux mécontens de la paix ; en second
lieu , craignant que si le Seraskier Ali Pacha
restoit en Perse , il ne fomentat lui-même sous
main la disposition que les Soldats avoient à se
soulever , pour éluder l'éxécution du Traité fait
par Achmet , elle l'attira à Constantinople en le nommant G. V. et en lui ordonnant d'évacuer
Tauris , avant que de venir prendre les renes de
l'Empire , de sorte que cette évacuation se fit
sans autre obstacle ni inconvenient que celui de
la mutinerie de quelques séditieux , à sept ouhuit
des principaux , desquels Ali-Pacha ayant fait
couper la tête , le reste intimidé rentra dans le devoir.
du mois de Juin 1732.
Oici ce que des
Vinstruits assûlent quant à la causeprincipale
gens qui passent pour bien
de la déposition du G. Viz. Topal Osman Pa- cha , mettant à les
mauvais
offices le part
que
Kislar
-Aga
a pú lui
rendre
d'ailleurs
auprès
du
Sultan.
Topal- Osman , disent-ils , ne fut pas plutôt
appellé au Visiriat , qu'après avoir appaisé les
plaintes du peuple , et s'être acquis son affection
par le bon ordre qu'il rétablit dans la police , il
tourna tous ses soins et toute son application
trouver les moyens de terminer bientôt la
Guerre de Perse ; mais comme la distance des
lieux ne lui permettoit pas de pouvoir pro- fiter par lui-même des conjonctures favora
bles qui pourroient se présenter , s'il prenoit en
vie à Chah- Thamas , Roi de Perse , de demander la paix , il s'unit avec le Mufti Pasmadgiszade , pour insinuer de concert au G. S. qu'outre que cette Guerre étant tout- à- fait ruineuse à
PEmpire Sa Hautesse ne seroit jamais bien affermie sur le Trône qu'elle n'y mit fin .
Surquoi le Sultan leur ayant demandé quels
expédiens ils avoient à lui proposer pour y par venir. Le G. V. s'excusa d'abord de lui en indiquer aucun , dans la crainte , disoit- il , qu'il au
roit de se tromper , parce qu'ayant toujours ser- vi en Europe , il ne connoissoit point du tout la
Perse ; qu'il sçavoit seulement que les prédécesseurs de Sa Hautesse n'avoient jamais pû se conserver que très-peu des conquêtes qu'ils y avoient faites
OCTOBRE. 1732. 2255
faites , et qu'ayant reconnu par leur propre expérience , que ces contrées étoient le Cimetiere
des Turcs , ils avoient donné leur malediction
au pays et à ceux de leurs successeurs qui y por teroient la Guerre.
Après que Topal-Osman eut ainsi préparé l'esprit du G. S. le Mufti prenant la parole , dit
qu'Achmet , Pacha de Babilone , avoit toujours
montré beaucoup de capacité et d'attachement
l'Empire , et qu'ayant été élevé sous les yeux
d'Osman- Pacha , son pere , dont le zele s'étoit
pareillement signalé pendant 32 ans qu'il avoit
été Beglierbey de cette grande Province , il n'y
avoit personne qui connut mieux qu'Achmet , et
la Perse , et l'état où s'y trouvoient les affaires :
qu'ainsi il lui paroissoit ( ce qu'appuya le G. V.)
que S. H. n'avoit pas de meilleur parti à prendre
que celui de remettre entierement les interêts de
la Porte entre ses mains , en l'autorisant par des
pleins pouvoirs à traiter avec Schah Thamas ;
comme il le jugeroit le plus convenable , sans
s'amuser à contester sur le plus ou le moins de
pays à garder de ceux qu'on avoit conquis sur
Schah Thamas.
Le G. S. ayant goûté cet avis , fit expédier des
Plein-pouvoirs , effectivement si amples , que
S. H. s'y engageoit sans restriction à approuver
tout ce qu'Achmet régleroit. Il est à remarquer
qu'alors Tauris n'étoit pas encore pris , et que
Fayant été peu de tems après que ce Pacha eut
reçû ses Plein-pouvoirs , il se hâta de conclure
la paix avec les Persans , avant que la nouvelle
de cette derniere conquête eut pû arriver jusqu'à
la Porte , ou du moins qu'il eut pu en recevoir
de nouveaux ordres , dans la crainte qu'éblouie
par ce surcroît de victoires , elle n'en voulut tires
2256 MERCURE DE FRANCE
titer avantage , et n'étendit ses prétentions d'une
maniere à faire échouer le Traité qu'il médi
toit , et qu'il vouloit consommer promptement,
soit qu'il fut persuadé que l'Empire y trouveroit
son compte , soit qu'il eut des ordres secrets du
G. V. definir sans délai la Guerre à quelque prix
que ce fut.
,
Mais Ali Pacha , Seraskier de l'autre Armée
Turque , qui sur les informations que lui avoit
demandées Achmet, comme s'il n'eut voulu rien
conclure sans le consulter , et sans agir de concert
avec lui , avoit détaillé à son Collegue l'extrêmi
té où il venoit de réduire Schah Thamas par la
prise de Tauris , &c. apprenant tout d'un coupe
qu'au mépris de ses avis , ce Pacha avoit fait la
paix , en fut piqué au dernier point, Mortifié de
ce qu'on ne l'avoit pas employé dans cette négo¬
ciation , où il lui paroissoit si naturel qu'il fut
appellé; jaloux de ce qu'Achmet en recueilloit.
tout l'honneur , et ne pouvant se résoudre à
joiiir si peu des derniers succès de ses armes il.
écrivit à la Porte à l'occasion de ce Traité , que
lui et tous les Officiers de son Armée se confor→
meroient avec soumission aux volontez du G. S.….
mais qu'ils ne répondoient pas de trouver la mê
me obéissance dans les Soldats , qui bien loin
delà , commençoient déja à murmurer hautement sur la connoissance qu'ils avoient d'un
Traité , par lequel on restituoit Tauris et tous
les pays en- deçà de l'Araxe , dont ils ne s'é- toient rendus maîtres qu'au prix de leur sang
et qu'avec des travaux infinis ; que d'ailleurs on
ne pouvoit comprendre parmi ces Troupes pourquoi on avoit fait une paix si désavantageuse et
si peu honorable à l'Empire , dans le tems que
Schah Thamas étoit aux abois , et qu'il ne fai lois
OCTOBR E. 1732. 2257
Loit plus qu'une campagne pour envahir le reste de ses Etats.
Ce que mandoit Ali-Pacha étant venu à la connoissance du G. S. à l'insçû du G.V.les nouvelles.
dePerse arrivées le 2 Avril,portant d'ailleurs que la
Garnison et les habitans Turcs de Tauris s'étoient
révoltés, quand on avoit voulu évacuer cette place,,
S. H. craignit d'un côté d'indisposer les gens de
guerre contre Elle , et que leur rébellion ne devint contagieuse à tous ses Sujets , si elle paroissoit approuverla restitution de Tauris , et de l'au
tre elle appréhenda , comme on le lui representa.
fortement , de se deshonorer dans le monde , si
elle refusoit de ratifier ce qu'Achmet-Pacha n'avoit fait qu'en conséquence de l'autorité illimitée..
dont elle l'avoit revêtu.
Ces deux points si difficiles à concilier , furent
la matiere épineuse qui fut tant débattue dans ces.
Assemblées générales , convoquées au Serrail , et
dont les nouvelles publiques ont beaucoup parlé.. Tellement que le G. Sne trouva enfin d'autre.
moyen pour se tirer d'un pas si délicat , que de
déclarer en plein Conseil qu'on l'avoit séduit , en
le sollicitant d'envoyer des pouvoirs sans bornes à
Achmet , lesquels il n'auroit jamais signés , s'il
avoit pû prévoir que ce Pacha en eut fait un si mauvais usage ; mais que ce mal étoit sans re- mede , et que ne pouvant se rétracter sans blesser
Phonneur de la Majesté Imperiale , il étoit forcé
de confirmer ce que ses Plénipotentiaires avoient .
arrêté aux Conférences d'Hamadan.
Après bien des contestations , le plus grand nombre des avis s'étant enfin réüni à celui du
G. S. S. H. fit deux choses qui lui réussirent également. Premierement pour se disculper dans l'es
prit des Troupes et des Gens de Loi , qui n'étoient
2258 MERCURE DE FRANCE
J
J
toient pas moins opposés que la Soldatesque à
la ratification du Traité d'Achmet , elle déposa
d'abord le Mufti , et quelque tems après , Topal
Osman , comme une preuve qu'elle rejettoit sur
ces deux Ministres , la faute toute entiere que sa déference à leurs avis lui avoit fait commettre
et voulant donner par cette disgrace qui fut pourtant plus apparente que réelle , une espece de satisfaction aux mécontens de la paix ; en second
lieu , craignant que si le Seraskier Ali Pacha
restoit en Perse , il ne fomentat lui-même sous
main la disposition que les Soldats avoient à se
soulever , pour éluder l'éxécution du Traité fait
par Achmet , elle l'attira à Constantinople en le nommant G. V. et en lui ordonnant d'évacuer
Tauris , avant que de venir prendre les renes de
l'Empire , de sorte que cette évacuation se fit
sans autre obstacle ni inconvenient que celui de
la mutinerie de quelques séditieux , à sept ouhuit
des principaux , desquels Ali-Pacha ayant fait
couper la tête , le reste intimidé rentra dans le devoir.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople du mois de Juin 1732.
En juin 1732, la déposition du Grand Vizir Topal Osman Pacha est attribuée à l'influence du Kislar Aga auprès du Sultan. Topal Osman avait récemment apaisé les plaintes du peuple et rétabli l'ordre, puis s'était concentré sur la fin de la guerre de Perse. Il s'était allié avec le Mufti Pasmadgiszade pour convaincre le Sultan de mettre fin à cette guerre coûteuse. Conscient de son manque de connaissance de la Perse, Topal Osman suggéra de confier les négociations à Achmet Pacha de Babilone, reconnu pour ses compétences et sa loyauté envers l'Empire. Le Sultan accorda à Achmet les pleins pouvoirs pour négocier avec le Shah Thamas. Achmet parvint à conclure rapidement la paix avec les Persans, avant même que la nouvelle de la prise de Tauris n'arrive à Constantinople. Il craignait que de nouvelles victoires n'entravent les négociations. Cependant, Ali Pacha, Seraskier de l'autre armée turque, s'opposa à cette paix, la jugeant désavantageuse et peu honorable. Il exprima ses réserves au Sultan, qui redoutait une rébellion des troupes et une déshonoration internationale. Après des débats, le Sultan décida de confirmer le traité, blâmant Topal Osman et le Mufti pour leur conseil. Il les déposa pour apaiser les mécontents et rappela Ali Pacha à Constantinople afin d'éviter toute mutinerie. Ali Pacha évacua Tauris sans rencontrer de résistance majeure, réprimant quelques séditieux pour rétablir l'ordre.
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796
p. 2259-2267
POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
Début :
Le 11 Août, tous les mouvemens militaires du Camp furent suspendus; ce spectacle [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Compagnies, Klingenberg, Signal, Armée, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
POLOGNE.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
54 MERCURE DE FRANCE
ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
266 MERCURE DE FRANCE
avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
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ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
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avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
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Résumé : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
En août 1732, au camp de Villa-Nova en Pologne, plusieurs mouvements militaires significatifs ont été observés. Le 1er août, les exercices des lanciers furent suspendus puis repris le lendemain. Neuf compagnies de lanciers, sous le commandement du Major Général Klingenberg, exécutèrent diverses manœuvres, incluant des marches en colonnes et en lignes, des conversions et des charges simulées. Les lanciers étaient équipés de cuirasses, de casques à ailes et de lances garnies de flammes. Le 14 août, toute l'armée effectua divers mouvements. L'infanterie et la cavalerie se rejoignirent pour former deux lignes, et l'armée se mit en marche sur treize colonnes. Des exercices de tir furent réalisés, suivis de manœuvres de bataille mêlée entre l'infanterie et la cavalerie. Le 16 août, une attaque simulée d'un retranchement fut organisée. La cavalerie et l'infanterie exécutèrent des manœuvres coordonnées, incluant des charges de cavalerie et des tirs d'artillerie. L'infanterie forma une phalange en lozange pour l'attaque et se transforma ensuite en carrés pour repousser les charges de cavalerie. Le 17 août, le roi offrit un somptueux souper suivi d'un bal dans son pavillon, auquel assistèrent de nombreux seigneurs et dames. Par la suite, le texte décrit la séparation d'une armée et son départ du camp. Le jour de la séparation, les troupes plient leurs tentes et se mettent en bataille. Le roi donna le signal de départ en faisant tirer la grande batterie, suivie par l'artillerie de campagne et un feu coulant. Après trois salves, l'armée se mit en marche en cinq colonnes, chaque aile de cavalerie formant une colonne. Les grenadiers détachés rejoignirent leurs régiments. Les colonnes d'infanterie de droite et de gauche étaient composées de trois bataillons chacune, tandis que la colonne du centre était menée par le régiment de Frise, suivi par l'artillerie de campagne et fermé par les compagnies de grenadiers de Lublin et de Compenhagen. L'armée se dirigea vers un nouveau camp. Le 20 août, après le départ du roi pour Varsovie, les régiments retournèrent à leurs anciens quartiers. Les troupes étaient satisfaites des libéralités du roi de Pologne, qui avait offert de beaux présents aux officiers et deux mois de solde supplémentaires à chaque soldat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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797
p. 2472-2477
PRISE de la Sultane Neuve, Vaisseau de Guerre Turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732. par M. le Commandeur DE CHAMBRAY de l'Auberge de France, Lieutenantn Général de la Religion, et Commandant des Vaisseaux.
Début :
Mr le Grand-Maître m'ayant ordonné d'aller croiser dans le Mers du Levant [...]
Mots clefs :
Prise de la Sultane Neuve, Mers du Levant, Vaisseaux, S. George, Contre-amiral, Ali-Bey, Canon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRISE de la Sultane Neuve, Vaisseau de Guerre Turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732. par M. le Commandeur DE CHAMBRAY de l'Auberge de France, Lieutenantn Général de la Religion, et Commandant des Vaisseaux.
PRISE de la Sultáne Neuve , Vaissean
de Guerre Turc , commandé par le Contre- Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732.
par M. le Commandeur DE CHAMBRAY
de l'Auberge de France , Lieutenant Général de la Religion , et Commandant
des Vaisseaux.
M
R le Grand Maître m'ayant ordonné d'aller croiser dans les Mers du Levant
avec deux Vaisseaux de la Religion. Le S. Antoi
ne et le S. George, je partis de Malte le 23 Juillet
faisant route vers l'Isle de Chypre , d'où nous
étions informez que deux Vaisseaux de Tunis
étoient depuis long- tems dans ces Mers
qu'ils avoient fait plusieurs prises sur les Sujets de l'Empereur et de la République de Venise.
et
Je me trouvai le 3 Août à la hauteur de cette
Isle , assez près de terre. J'appris dans ce parage
que huit Sultanes , ou Vaisseaux de Guerre
étoient sortis depuis peu du Port de Constantinople. La Capitane , selon les mêmes avis.
Suivie de cinq autres Vaisseaux , devoit servir de convoi aux Bâtimens Marchands d'Alexandrie , et croiser contre les Armateurs Maltois. La
Réale de 70 piéces de Canon avec un équipage
proportionné, et une autre Sultane , devoient assûrer la navigation de ceux de Damiette , qui
n'attendoient que l'accroissement du Nil pour
partir.
Je fis route pour rencontrer la Réale , ayant
avec moi deux Tartanes Maltoises , armées en
cour-
NOVEMBRE. 1732. 2473
course , qui m'avoient joint à Chypre. Le 15
Août me trouvant près de Damiette , je donnai
ordre au S. George , mon second Vaisseau
commandé par le Chevalier Thomasi, d'attaquer quand il en seroit tems , la Sultane , me réservant de combattre la Réale , nominée aussi le
Contre-Amiral.
Le lendemain à la pointe dujour je ne vis qu'un
gros Vaisseau , qui à notre approche mit à la
voile. Peu de tems après il arbora ses Pavillons,
portant celui de Contre-Amiral , et tira un coup
de Canon. Je le suivis pendant cinq heures à une
portée et demie de Canon , lui donnant ainsi le
tems de prendre le large , pour éviter les bas
fonds qui sont sur cette Côte , et pour l'empêcher de prendre le moüillage
à
Dans cet intervale , j'ordonnai, aux deux petits Armateurs de donner sur les Bâtimens Marchands , ce qui fut si bien éxecuté , que malgré le Canon de la Forteresse de Damiette , ils en
pillerent et brûlerent une bonne partic.
Enfin , sur les onze heures du matin , quatre lienës seulement de Damiette , me trouvant à
fis commencer le portée du Contre- Amiral , je Combat , et dans deux heures de tems je le dé
mâtai de son grand Mât et du Perroquet de fougue. On s'apperçut aussi que ceux de l'avant
et de l'artimon chanceloient beaucoup. Cependant mon Vaisseau ayant beaucoup souffert d'un
si gros travail , je fis place au S. George pour reprendre mes manoeuvres , et pour assûrer ma Mâture , me trouvant dans le fonds du Levant
sans sçavoir où pouvoir me raccommoder en cas
d'accident .
Le S. George executa parfaitement bien mes
ordres , continuant un Combat des plus opiniâ- tres
2474 MERCURE DE FRANCE
tres. Je revins cependant à la charge , et j'abattis la Mizaine du Contre- Amiral : on vint bien- tôt
à l'abordage , qui fut rude et sanglant , en sorte
qu'en peu de tems on vit plutot un massacre
qu'un combat. L'intrépidité ou plutôt le désespoir du Contre-Amiral , a quelque chose de remarquable. On ne voyoit plus qu'un homme
qui résistoit encore , après avoir abandonné les
Gaillards et le Pont , s'étant retranché à la
premiere baterie avec un opiniâtre et téméraire
entêtement. Je lui criai moi-même que j'allois
le couler bas s'il continuoit dans son obstination.
Il répondit qu'un Contre- Amiral du G. S. ne
se rendoit jamais qu'à la derniere extrémité.
Alors j'envoyai ordre aux Officiers qui comman- doient les Batteries de faire tirer à couler à fond.
De la derniere bordée que je lui donnai après le
Soleil couché , il eut son timon coupé en deux .à quatre pieds de l'eau , et son Arcasse fracassée.
Je fis cesser le combat pour attendre le jour , ce
Vaisseau étant tout- à-fait hors d'état de nous
échaper.
En effet , le 17 au matin il mit Pavillon blanc,
et tira un coup de Canon ; je l'envoyai aussi-tôt
amariner , et je le fis mouiller sur la pointe des
bas fonds. On me rapporta que ce Bâtiment
étoit absolument hors d'état de naviger , faisant
de l'eau de tous côtez : je me déterminai donc
à embarquer sur mon bord toute son Artillerie
de Bronze , la Poudre , et quelques manœuvres
de rechange , abandonnant le reste à mon Equipage.
Le Combat a été si rude , et il y a péri tant de
monde , que nous n'avons fait que 117 Esclaves
en état de servir. 49 Chrétiens ont recouvré la
liberté.
Le
NOVEMBRE. 1732. 2473
Le Contre - Amiral Ali- Bey , Commandant de
>ce Vaisseau , est un homme d'environ soixante
ans , recommandable à la Porte par sa valeur
ayant rendu 16 différens Combats contre les Venitiens le dernier est celui de Passaux , portant le même Pavillon du Contre- Amiral. Il doit être
content, au reste, du bon traitement que nous lui
avons fait.
:
Dans cette action , le Chevalier du Lau de la
Coste , François , a été tué , ainsi que huit des
principaux bas Officiers , et je n'ai eu que hommes de blessez.
douze
Le 19. au soir , je mis à la voile , après avoir
envoyé brûler le Vaisseau ennemi ; et je fis route
vers la Caramanie où je devois faire de l'eau .
En doublant le Cap S. André de l'Isle de Chypres nous apperçûmes l'autre Sultane , conserve
du Contre-Amirai , laquelle venoit de Syrie pour
joindre le Convoy de Damiette. Je lui donnai
chasse pendant 16 heures , ce qui l'obligea de
gagner enfin le fonds duGolfe d'Antioche: mesPi
lotes, ne connoissant pas assez ceGolte, me conseillerent de cesser notre poursuite. Je m'apperçus
en même-tems que nos Vaisseaux n'étoient plus
guéres en état de croiser , et qu'il étoit tems d'al
ler décharger à Malte notre Artillerie , et nous
radouber.
Le 27. nous fîmes de l'eau au Port Orland ,
avec les précautions nécessaires en Pays ennemi
et je mis à la voile le lendemain.
Le 4 Septembre me trouvant à 36 lieuës au
Sud des Sept-Cavy, je découvris trois gros Vaisseaux , qui mirent en panne à trois lieuës au
vent à nous , portant Pavillon Turc : une heure
après ils manoeuvrerent pendant une demie heure
pour arriver sur nous. Je les attendis en bon or-
2476 MERCURE DE FRANCE
ordre , ayant à mon arriere le S. George , mais
à notre contenance ils forcerenr de voile , et firent route pour Alexandrie.
Je les chassai inutilement jusqu'au Soleil
couché que je les perdis de vue. Alors je fis tenir la bordée au Sud- Ouest. Le Contre-Amiral
Ali- Bey m'assûra que c'étoit la Capitane de 80.
Canons , suivie de deux autres Sultanes plus
grosses que nos Vaisseaux , qui devoient , selon mes avis , aller à Alexandrie,
Le lendemain je ne vis plus aucun Bâtiment
ce qui me détermina à profiter du premier tems
favorable pour nous retirer à Malte. Le 2 Octobre je me trouvai au Parage du Cap Passaro
en Sicile , où j'écrivis le détail de notre course ;
et enfin le 4. nous mouillâmes heureusement à
Malte.
...Depuis cette Lettre écrite , on a appris que
le Grand- Seigneur avoit fait sortir de ses Ports 12 Vaisseaux de Guerre , avec ordre de chercher dans les Mers du Levant , les deux Vaisseaux
Maltois qui ont pris devant Damiette la Sultanè Neuve,
M. de Chambrai qui a écrit la Lettre , dont
ou vient de voir l'Extrait , est Commandeur de
Vircour , et se signale depuis long- temps , avec
autant de prudence que de valeur , pour les interêts de son Ordre , qui sont ceux de la Religion et du Bien public. C'esr le même qui en l'année 1723. rendit un fameux combat , lequel
fat terminé par la prise de la Patrone ou Vaisseau Amiral de la Regence de Tripoli , dont le
détail fut alors rendu public. 11 est Frere du
Marquis de Chambrai, et de Dame N.de Chambrai ,Abbesse d'Alménéches , Diocèse de Séez .
Sh. La Maison de Chambrai a toujours été distia-
NOVEMBRE. 1732. 2477
tinguée parmi la haute Noblesse de la Province de Normandie. Elle est du Diocèse d'Evreux , et
tire son origine d'Amaury , Seigneur de Chambrai , qui en l'année 1099. accompagna le Duc
Robert à la Conquête de la Terre- Sainte. Cette distinction est fondée sur les Alliances illustres
et sur les Postes éminens , dont plusieurs Seigneurs de Chambrai ont été honorez , tant dans
P'Eglise, qu'auprès de la Personne de nos Rois er dans leurs Armées. Il y a eu aussi plusieurs Gou-'
verneurs et Baillifs d'Evreux , des Abbez et Ab- besses de diverses Abbayes de la Province, &c.
de Guerre Turc , commandé par le Contre- Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732.
par M. le Commandeur DE CHAMBRAY
de l'Auberge de France , Lieutenant Général de la Religion , et Commandant
des Vaisseaux.
M
R le Grand Maître m'ayant ordonné d'aller croiser dans les Mers du Levant
avec deux Vaisseaux de la Religion. Le S. Antoi
ne et le S. George, je partis de Malte le 23 Juillet
faisant route vers l'Isle de Chypre , d'où nous
étions informez que deux Vaisseaux de Tunis
étoient depuis long- tems dans ces Mers
qu'ils avoient fait plusieurs prises sur les Sujets de l'Empereur et de la République de Venise.
et
Je me trouvai le 3 Août à la hauteur de cette
Isle , assez près de terre. J'appris dans ce parage
que huit Sultanes , ou Vaisseaux de Guerre
étoient sortis depuis peu du Port de Constantinople. La Capitane , selon les mêmes avis.
Suivie de cinq autres Vaisseaux , devoit servir de convoi aux Bâtimens Marchands d'Alexandrie , et croiser contre les Armateurs Maltois. La
Réale de 70 piéces de Canon avec un équipage
proportionné, et une autre Sultane , devoient assûrer la navigation de ceux de Damiette , qui
n'attendoient que l'accroissement du Nil pour
partir.
Je fis route pour rencontrer la Réale , ayant
avec moi deux Tartanes Maltoises , armées en
cour-
NOVEMBRE. 1732. 2473
course , qui m'avoient joint à Chypre. Le 15
Août me trouvant près de Damiette , je donnai
ordre au S. George , mon second Vaisseau
commandé par le Chevalier Thomasi, d'attaquer quand il en seroit tems , la Sultane , me réservant de combattre la Réale , nominée aussi le
Contre-Amiral.
Le lendemain à la pointe dujour je ne vis qu'un
gros Vaisseau , qui à notre approche mit à la
voile. Peu de tems après il arbora ses Pavillons,
portant celui de Contre-Amiral , et tira un coup
de Canon. Je le suivis pendant cinq heures à une
portée et demie de Canon , lui donnant ainsi le
tems de prendre le large , pour éviter les bas
fonds qui sont sur cette Côte , et pour l'empêcher de prendre le moüillage
à
Dans cet intervale , j'ordonnai, aux deux petits Armateurs de donner sur les Bâtimens Marchands , ce qui fut si bien éxecuté , que malgré le Canon de la Forteresse de Damiette , ils en
pillerent et brûlerent une bonne partic.
Enfin , sur les onze heures du matin , quatre lienës seulement de Damiette , me trouvant à
fis commencer le portée du Contre- Amiral , je Combat , et dans deux heures de tems je le dé
mâtai de son grand Mât et du Perroquet de fougue. On s'apperçut aussi que ceux de l'avant
et de l'artimon chanceloient beaucoup. Cependant mon Vaisseau ayant beaucoup souffert d'un
si gros travail , je fis place au S. George pour reprendre mes manoeuvres , et pour assûrer ma Mâture , me trouvant dans le fonds du Levant
sans sçavoir où pouvoir me raccommoder en cas
d'accident .
Le S. George executa parfaitement bien mes
ordres , continuant un Combat des plus opiniâ- tres
2474 MERCURE DE FRANCE
tres. Je revins cependant à la charge , et j'abattis la Mizaine du Contre- Amiral : on vint bien- tôt
à l'abordage , qui fut rude et sanglant , en sorte
qu'en peu de tems on vit plutot un massacre
qu'un combat. L'intrépidité ou plutôt le désespoir du Contre-Amiral , a quelque chose de remarquable. On ne voyoit plus qu'un homme
qui résistoit encore , après avoir abandonné les
Gaillards et le Pont , s'étant retranché à la
premiere baterie avec un opiniâtre et téméraire
entêtement. Je lui criai moi-même que j'allois
le couler bas s'il continuoit dans son obstination.
Il répondit qu'un Contre- Amiral du G. S. ne
se rendoit jamais qu'à la derniere extrémité.
Alors j'envoyai ordre aux Officiers qui comman- doient les Batteries de faire tirer à couler à fond.
De la derniere bordée que je lui donnai après le
Soleil couché , il eut son timon coupé en deux .à quatre pieds de l'eau , et son Arcasse fracassée.
Je fis cesser le combat pour attendre le jour , ce
Vaisseau étant tout- à-fait hors d'état de nous
échaper.
En effet , le 17 au matin il mit Pavillon blanc,
et tira un coup de Canon ; je l'envoyai aussi-tôt
amariner , et je le fis mouiller sur la pointe des
bas fonds. On me rapporta que ce Bâtiment
étoit absolument hors d'état de naviger , faisant
de l'eau de tous côtez : je me déterminai donc
à embarquer sur mon bord toute son Artillerie
de Bronze , la Poudre , et quelques manœuvres
de rechange , abandonnant le reste à mon Equipage.
Le Combat a été si rude , et il y a péri tant de
monde , que nous n'avons fait que 117 Esclaves
en état de servir. 49 Chrétiens ont recouvré la
liberté.
Le
NOVEMBRE. 1732. 2473
Le Contre - Amiral Ali- Bey , Commandant de
>ce Vaisseau , est un homme d'environ soixante
ans , recommandable à la Porte par sa valeur
ayant rendu 16 différens Combats contre les Venitiens le dernier est celui de Passaux , portant le même Pavillon du Contre- Amiral. Il doit être
content, au reste, du bon traitement que nous lui
avons fait.
:
Dans cette action , le Chevalier du Lau de la
Coste , François , a été tué , ainsi que huit des
principaux bas Officiers , et je n'ai eu que hommes de blessez.
douze
Le 19. au soir , je mis à la voile , après avoir
envoyé brûler le Vaisseau ennemi ; et je fis route
vers la Caramanie où je devois faire de l'eau .
En doublant le Cap S. André de l'Isle de Chypres nous apperçûmes l'autre Sultane , conserve
du Contre-Amirai , laquelle venoit de Syrie pour
joindre le Convoy de Damiette. Je lui donnai
chasse pendant 16 heures , ce qui l'obligea de
gagner enfin le fonds duGolfe d'Antioche: mesPi
lotes, ne connoissant pas assez ceGolte, me conseillerent de cesser notre poursuite. Je m'apperçus
en même-tems que nos Vaisseaux n'étoient plus
guéres en état de croiser , et qu'il étoit tems d'al
ler décharger à Malte notre Artillerie , et nous
radouber.
Le 27. nous fîmes de l'eau au Port Orland ,
avec les précautions nécessaires en Pays ennemi
et je mis à la voile le lendemain.
Le 4 Septembre me trouvant à 36 lieuës au
Sud des Sept-Cavy, je découvris trois gros Vaisseaux , qui mirent en panne à trois lieuës au
vent à nous , portant Pavillon Turc : une heure
après ils manoeuvrerent pendant une demie heure
pour arriver sur nous. Je les attendis en bon or-
2476 MERCURE DE FRANCE
ordre , ayant à mon arriere le S. George , mais
à notre contenance ils forcerenr de voile , et firent route pour Alexandrie.
Je les chassai inutilement jusqu'au Soleil
couché que je les perdis de vue. Alors je fis tenir la bordée au Sud- Ouest. Le Contre-Amiral
Ali- Bey m'assûra que c'étoit la Capitane de 80.
Canons , suivie de deux autres Sultanes plus
grosses que nos Vaisseaux , qui devoient , selon mes avis , aller à Alexandrie,
Le lendemain je ne vis plus aucun Bâtiment
ce qui me détermina à profiter du premier tems
favorable pour nous retirer à Malte. Le 2 Octobre je me trouvai au Parage du Cap Passaro
en Sicile , où j'écrivis le détail de notre course ;
et enfin le 4. nous mouillâmes heureusement à
Malte.
...Depuis cette Lettre écrite , on a appris que
le Grand- Seigneur avoit fait sortir de ses Ports 12 Vaisseaux de Guerre , avec ordre de chercher dans les Mers du Levant , les deux Vaisseaux
Maltois qui ont pris devant Damiette la Sultanè Neuve,
M. de Chambrai qui a écrit la Lettre , dont
ou vient de voir l'Extrait , est Commandeur de
Vircour , et se signale depuis long- temps , avec
autant de prudence que de valeur , pour les interêts de son Ordre , qui sont ceux de la Religion et du Bien public. C'esr le même qui en l'année 1723. rendit un fameux combat , lequel
fat terminé par la prise de la Patrone ou Vaisseau Amiral de la Regence de Tripoli , dont le
détail fut alors rendu public. 11 est Frere du
Marquis de Chambrai, et de Dame N.de Chambrai ,Abbesse d'Alménéches , Diocèse de Séez .
Sh. La Maison de Chambrai a toujours été distia-
NOVEMBRE. 1732. 2477
tinguée parmi la haute Noblesse de la Province de Normandie. Elle est du Diocèse d'Evreux , et
tire son origine d'Amaury , Seigneur de Chambrai , qui en l'année 1099. accompagna le Duc
Robert à la Conquête de la Terre- Sainte. Cette distinction est fondée sur les Alliances illustres
et sur les Postes éminens , dont plusieurs Seigneurs de Chambrai ont été honorez , tant dans
P'Eglise, qu'auprès de la Personne de nos Rois er dans leurs Armées. Il y a eu aussi plusieurs Gou-'
verneurs et Baillifs d'Evreux , des Abbez et Ab- besses de diverses Abbayes de la Province, &c.
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Résumé : PRISE de la Sultane Neuve, Vaisseau de Guerre Turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Extrait d'une Lettre écrite de Malte le 5 Octobre 1732. par M. le Commandeur DE CHAMBRAY de l'Auberge de France, Lieutenantn Général de la Religion, et Commandant des Vaisseaux.
Le 23 juillet 1732, M. le Commandeur de Chambray, Lieutenant Général de la Religion et Commandant des vaisseaux, quitta Malte avec deux navires, le Saint Antoine et le Saint George, pour patrouiller dans les mers du Levant. Informé de la présence de vaisseaux tunisiens et turcs, il se dirigea vers Chypre, puis vers Damiette. Le 3 août, il apprit que huit vaisseaux turcs, dont la Réale de 70 pièces de canon, devaient escorter des bâtiments marchands et croiser contre les armateurs maltais. Le 15 août, près de Damiette, Chambray ordonna au Saint George d'attaquer une sultane turque, tandis qu'il se réservait de combattre la Réale. Le lendemain, il engagea un combat contre le vaisseau amiral turc, commandé par le Contre-Amiral Ali-Bey. Après cinq heures de poursuite, Chambray attaqua le vaisseau, qui fut démâté et endommagé. Le combat fut rude et sanglant, mais Ali-Bey résista farouchement avant de se rendre. Le 17 août, le vaisseau turc, gravement endommagé, hissa pavillon blanc. Chambray s'empara de l'artillerie et de la poudre, abandonnant le reste à son équipage. Le combat fit 117 esclaves et libéra 49 chrétiens. Chambray mit ensuite à la voile vers la Caramanie, où il fit de l'eau. En doublant le Cap Saint-André de Chypre, il aperçut une autre sultane turque, qu'il poursuivit pendant 16 heures avant de cesser la chasse. Le 4 septembre, il découvrit trois gros vaisseaux turcs, qui prirent la fuite. Chambray rentra à Malte le 4 octobre. Après cette expédition, il fut rapporté que le Grand Seigneur avait envoyé 12 vaisseaux de guerre pour chercher les vaisseaux maltais ayant pris la sultane devant Damiette. M. de Chambray est connu pour ses actions distinguées, notamment la prise d'un vaisseau amiral de Tripoli en 1723. Sa famille est renommée dans la haute noblesse normande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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797
798
p. 2903-2905
ESPAGNE.
Début :
On a appris d'Oran, depuis les dernieres nouvelles que nous en avons publiées, que [...]
Mots clefs :
Espagne, Oran, Cavalerie, Ceuta, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Na appris d'Oran , depuis les dernieres
nouvelles que nous en avons publiées , que les Maures , dans l'action du 21 de Novembre ,
étoient au nombre de 32000 hommes , y compris leur Cavalerie , qui pouvoit monter à 7500
hommes. Les Troupes Espagnoles ' continuent de travailler à combler les tranchées des Maures ,
principalement sur la Mazera ; élevation qui domine le Château de Ste Croix , auquel les Maures avoient fait quelques bréches , qu'on rétablit,
afin de mettre ce Fort à couvert de toute insulte.
On a appris par des Espions qui s'étoient intro1
II. Vol.
Hij duies
2904 MERCURE DE FRANCE
duits dans Oran , et qu'on y a arrêtez, que l'Armée des Maures étoit campée derriere une Mon- tagne , â deux lieues de cette Ville . Que dans
l'attaque du 21. Bigotillo et deux de ses parens
avoient été blessez ; que le fils du feu Dey d'Alger,
l'un des deux Generaux des Maures , se préparoit à retourner à Alger avec ses Troupes , et
qu'il ne laisseroit à Bigotillo , que 45 Escoüades
de Turcs , qui font environ 8 a 900 hommes.
Les Lettres d'Oran , du 13 Decembre , portent
que les Maures s'étoient encore éloignez d'une
lieue du Camp qu'ils occupoient , depuis la levée
du Siége de cette Place , et que tous leurs mouvemens faisoient croire qu'ils avoient dessein de
se retirer entierement ; que le 7 du même mois
on avoit transporté de la Maison de Don Philippe Ramirez d'Arellans , Maréchal de Camp , l'Image miraculeuse de N. D, de Penna de Francia,
Patrone d'Oran , à l'Eglise Paroissialle de cette
Ville ;que cette Image avoit été portée pendant
la ceremonie par Don Jean-Ans. Perés d'Aréillano , que le Roy et l'Archevêque de Tolede ont
nommé Vicaire General de la même Ville ; que
le Commandant de la Place , les Marêchaux de
Camp , les Colonels et les autres Officiers de la
Garnison , avoient assisté à la Procession , et le
lendemain à la Grande Messe , qui avoit été cé◄
lébrée dans la même Eglise. Cette Image avoit été conservée dans la Maison de ce Vicaire Ge
neral , depuis la prise d'Oran , par les Maures ,
en 1707.
Le Marquis de Villadarias a été nommé par
le Roy , pour succeder au Marquis de Santa- Cruz , en qualité de Gouverneur d'Oran ; et il
doit s'embarquer incessamment à Alicante , pour
se rendre à son Gouvernement. Ș. M. a aussi
II. Vol. nommé
DECEMBRE. 1732 2905
nommé Lieutenant General de ses Armées , le
Duc de Liria , cy-devant son Ambassadeur Extraordinaire auprès de la Czarine , et qui est aetuellement à Vienne.
Elle a accordé à la Marquise de Santa-Cruz qui est revenuë d'Oran à Cadix avec toute sa famille , une pension de mille Doublons ; une Com
manderie de 400 Doublons de revenu à son fils
aîné ; une Compagnie de Cavalerie à son second
fils , et une d'Infanterie à son troisiéme.
Par les Lettres d'Oran , du 16. de ce mois , on
apprend que la Garnison continuoit de travailler
aux Fortifications de cette Ville et des Châteaux ,
sans être inquiétée par les Maures , qui sont rou→
jours dans leur même Camp.
Celles de Ceuta du 19. portent que 6co. Cavaliers de l'Armée du Roy de Maroc , étoient
revenus près du Serrail , qui est voisin du Camp
qu'occupoit cy-devant le Détachement de la Cavalerie et de l'Infanterie de ce Prince ; qu'ils tiroient depuis huit jours sans discontinuer contre
la nouvelle Palissade qu'on a plantée près de leur
Camp , et qui est déja fort avancée , mais qu'on
n'avoit pu découvrir encore quel pouvoit être leur dessein.
duOn a appris par les dernieres Lettres de Ceuta
30. Novembre, que les Troupes du Roy de Marocs'étoient retirées aussi des environs de cettePlace,et que les differens partis de Dragons envoyez à
la découverte par le Gouverneur de la Ville ,
étoient rentrez sans en avoir appris aucune nou- velle ; mais que la Garnison se tenoit toujours
sur ses gardes , crainte de surprise.
Na appris d'Oran , depuis les dernieres
nouvelles que nous en avons publiées , que les Maures , dans l'action du 21 de Novembre ,
étoient au nombre de 32000 hommes , y compris leur Cavalerie , qui pouvoit monter à 7500
hommes. Les Troupes Espagnoles ' continuent de travailler à combler les tranchées des Maures ,
principalement sur la Mazera ; élevation qui domine le Château de Ste Croix , auquel les Maures avoient fait quelques bréches , qu'on rétablit,
afin de mettre ce Fort à couvert de toute insulte.
On a appris par des Espions qui s'étoient intro1
II. Vol.
Hij duies
2904 MERCURE DE FRANCE
duits dans Oran , et qu'on y a arrêtez, que l'Armée des Maures étoit campée derriere une Mon- tagne , â deux lieues de cette Ville . Que dans
l'attaque du 21. Bigotillo et deux de ses parens
avoient été blessez ; que le fils du feu Dey d'Alger,
l'un des deux Generaux des Maures , se préparoit à retourner à Alger avec ses Troupes , et
qu'il ne laisseroit à Bigotillo , que 45 Escoüades
de Turcs , qui font environ 8 a 900 hommes.
Les Lettres d'Oran , du 13 Decembre , portent
que les Maures s'étoient encore éloignez d'une
lieue du Camp qu'ils occupoient , depuis la levée
du Siége de cette Place , et que tous leurs mouvemens faisoient croire qu'ils avoient dessein de
se retirer entierement ; que le 7 du même mois
on avoit transporté de la Maison de Don Philippe Ramirez d'Arellans , Maréchal de Camp , l'Image miraculeuse de N. D, de Penna de Francia,
Patrone d'Oran , à l'Eglise Paroissialle de cette
Ville ;que cette Image avoit été portée pendant
la ceremonie par Don Jean-Ans. Perés d'Aréillano , que le Roy et l'Archevêque de Tolede ont
nommé Vicaire General de la même Ville ; que
le Commandant de la Place , les Marêchaux de
Camp , les Colonels et les autres Officiers de la
Garnison , avoient assisté à la Procession , et le
lendemain à la Grande Messe , qui avoit été cé◄
lébrée dans la même Eglise. Cette Image avoit été conservée dans la Maison de ce Vicaire Ge
neral , depuis la prise d'Oran , par les Maures ,
en 1707.
Le Marquis de Villadarias a été nommé par
le Roy , pour succeder au Marquis de Santa- Cruz , en qualité de Gouverneur d'Oran ; et il
doit s'embarquer incessamment à Alicante , pour
se rendre à son Gouvernement. Ș. M. a aussi
II. Vol. nommé
DECEMBRE. 1732 2905
nommé Lieutenant General de ses Armées , le
Duc de Liria , cy-devant son Ambassadeur Extraordinaire auprès de la Czarine , et qui est aetuellement à Vienne.
Elle a accordé à la Marquise de Santa-Cruz qui est revenuë d'Oran à Cadix avec toute sa famille , une pension de mille Doublons ; une Com
manderie de 400 Doublons de revenu à son fils
aîné ; une Compagnie de Cavalerie à son second
fils , et une d'Infanterie à son troisiéme.
Par les Lettres d'Oran , du 16. de ce mois , on
apprend que la Garnison continuoit de travailler
aux Fortifications de cette Ville et des Châteaux ,
sans être inquiétée par les Maures , qui sont rou→
jours dans leur même Camp.
Celles de Ceuta du 19. portent que 6co. Cavaliers de l'Armée du Roy de Maroc , étoient
revenus près du Serrail , qui est voisin du Camp
qu'occupoit cy-devant le Détachement de la Cavalerie et de l'Infanterie de ce Prince ; qu'ils tiroient depuis huit jours sans discontinuer contre
la nouvelle Palissade qu'on a plantée près de leur
Camp , et qui est déja fort avancée , mais qu'on
n'avoit pu découvrir encore quel pouvoit être leur dessein.
duOn a appris par les dernieres Lettres de Ceuta
30. Novembre, que les Troupes du Roy de Marocs'étoient retirées aussi des environs de cettePlace,et que les differens partis de Dragons envoyez à
la découverte par le Gouverneur de la Ville ,
étoient rentrez sans en avoir appris aucune nou- velle ; mais que la Garnison se tenoit toujours
sur ses gardes , crainte de surprise.
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Résumé : ESPAGNE.
En 1732, des événements militaires et politiques impliquaient l'Espagne et les Maures. Le 21 novembre, environ 32 000 Maures, dont 7 500 cavaliers, affrontaient les troupes espagnoles qui comblaient leurs tranchées, notamment sur la Mazera, près du Château de Sainte-Croix endommagé. Des espions signalèrent que l'armée maure était campée derrière une montagne à deux lieues d'Oran. Lors de cette attaque, Bigotillo et deux de ses parents furent blessés. Le fils du défunt Dey d'Alger, général maure, se préparait à retourner à Alger avec ses troupes, laissant Bigotillo environ 800 à 900 Turcs. Le 13 décembre, les Maures se retirèrent d'une lieue de leur camp. À Oran, l'image miraculeuse de Notre-Dame de Penna de Francia fut transportée à l'église paroissiale. Le Marquis de Villadarias succéda au Marquis de Santa-Cruz comme gouverneur d'Oran, et le Duc de Liria fut nommé Lieutenant Général des armées. La Marquise de Santa-Cruz reçut une pension et des commandements pour ses fils. Le 16 décembre, la garnison d'Oran continuait les fortifications sans être inquiétée. À Ceuta, 600 cavaliers marocains tiraient contre une nouvelle palissade, mais leurs intentions restaient inconnues. Les troupes marocaines s'étaient retirées des environs de Ceuta, mais la garnison restait en alerte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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799
p. 2929-2935
Histoire ou Carte generale du Militaire de France, [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION ABREGÉE de la Carte generale de la Monarchie Françoise, contenant [...]
Mots clefs :
Carte générale, Monarchie française, Histoire du militaire ancien et moderne, Description, Règne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire ou Carte generale du Militaire de France, [titre d'après la table]
Régimens de la Cavalerie legere Françoise et Etrangere ; des quinze Régimens de Dragons et les noms et dattes des Brévets de leurs
Officiers Generaux et Principaux , avec les Troupes formées en 823. Compagnies Françoises et Etrangeres , composées de Batail ons , d'Escadrons et de Brigades. Sçavoir , les cent Suisses ordinaires du Corps du Roy , les Gardes de la Porte
du Louvre , et les Gardes de la Prévôté de l'HỘtel du Roy , ou Hocquetons de Sa Majesté , qui
sont de la Maison du Roy , les Cadets Gentils→
hommes , l'Hôtel Royal des Officiers et Soldats
Invalides , les Milices du Royaume , les Compagnies franches et de Partisans , tant à pied qu'à
cheval, la Compagnie de la Connétablie de France , celle de la Prévôté generale des Monnoyes
de France , et les Compagnies des Maréchaussées
du Royaume, depuis leur création et institution,
avec les noms et dattes des Brévets de leurs Officiers • 10
29321
MERCURE DE FRANCE
10. Les Maréchaux de France ; les Lieutenans
Géneraux et Maréchaux de Camps des Armées
du Roy les Brigadiers d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons ; les Gouverneurs et Lieutenans
Généraux des Provinces ; avec les Armoiries en
Blazon de chaque Province ; et les Maréchaux :
Generaux des Logis , des Camps et Armées du
Roy , nommez jusqu'au 15. Février 1730. ensemble le nombre general des Officiers des Etats
Majors des Villes fortes et Places de Guerre , avec leurs créations et dattes des Promotions.
: 11. Commencement de l'Histoire abregée du
Regne de Louis XV. jusqu'au 15. Février 1730
le détail et les Institutions des Ordres Royaux ,
Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du
Mont Carmel et de S. Lazare de Jerusalem. Le
Corps de l'Artillerie de France , détaillé depuis
son origine ; celui des Officiers Ingénieurs ordinaires du Roy; la création et la nomination de las
Dignité de Ministre et Sec. d'Etat de la Guerre,
les Intendans et Commissaires départis du Roy ;
les grands Baillifs et Sénéchaux d'Epée , avec leurs Lieutenans ; les Commissaires ordinaires Provinciaux des Guerres , et géneralement tous les Officiers principaux en charge brévetez, et par Com→
mission du Roy , attachez au Militaire de France,
depuis leur Création et Institution..
12. Dénombrement géneral des Officiers , tant
en pied que réformez , et des Troupes de France.
sur pied , le 15 Février 1730. avec le nombre des
Officiers de chaque Corps de Troupes en particulier et en general ; l'abregé des Statuts et Institutions des Ordres du Roy, le trophée des Gra
des , honneurs et récompenses Militaires des
Officiers ; la Vûë et Description de l'Hôtel Royal
des Invalides, depuis sa fondation jusqu'à presents,
P'Institution et le détail de l'Ordre Royal et MiII. Vak litaire
DECEMBRE. 1732. 2933
litaire des Chevaliers de S. Louis, par Louis XIV.
pour honorer la valeur de ses Officiers , les origines et changemens arrivez jusqu'à présent dans
les Corps de Troupes qui subsistent ; et les observations pour la Regle et la discipline des Troupes , extraites des Ordonnances du Roy et des
Archives respectables de la Chambre des Comptes de Paris , avec les noms des Auteurs Militai
res , anciens et modernes , dont les Ouvrages ont
servi à la compilation et composition de cette Carte.
On trouvera au bas des trois dernieres feuilles
les Batailles mémorables , gagnées par les François , depuis le commencement de la Monarchie
jusqu'à présent; avec le vrai caractere d'un par- fait Homme de Guerre.
La grande Bordure de cette Carte contient sept :
feuilles , ou Tables en Tailles- douces , de pareille
grandeur , qui comprennent cent- dix Plans des
principales Places de Guerre et Villes maritimes
Frontieres du Royaume , distinguées par Dépar temens et Gouvernemens Géneraux des Provin--
ces , avec la Description, l'Etat Major, et les Armoiries en Blazon de chaque Place , et leur dis--
tance de Paris , ainsi que de l'une à l'autre , la
Description génerale desRoyaumes de France et
de Navarre , d'un côté , et de l'autre celle du s
Royaume de Pologne , d'où est sortie notre Auguste Reine ; l'Etat géneral des Garnisons ordi
naires de Gardes à Cheval , Hallebardiers et homa
mes de Guerre à pied , attachez aux Gouverneurs .
et Lieutenans Géneraux des Provinces du Royau--
me , détaillé depuis leur ancienne Institution jusqu'à présent , les quatre coins de la grande Bor
Jure de cette Carte , sont terminez par les Figu
res allégoriques des quatre principaux Vents dus
Levant,du Couchant; duMidy et du Septentrion ,
.
II Vol .
2934 MERCURE DE FRANCE
en forme de Renommée,aux Trompettes et Ban derolles de France et de Navarre , en Taille-douce;
on trouvera aussi au haut de la premiere Feuille de cette Bordure , le modele de l'effet ou de la réduction de la grande Carte rassemblée dans tou- te son étendue , avec deux Tableaux aux côtez
pour l'instruction nécessaire à son usage , gravez en taille- douce.
On a eu soin de graver au-dessus de la Maison Militaire du Roy , de la Gendarmerie , de
l'Infanterie, de la Cavalerie Françoise et Etrange
re, et des Dragons , ainsi que des Troupes for
mées en Compagnie , les differentes figures armées , tant à pied qu'à cheval , avec leurs Trophées d'armes anciennes et modernes;et au milieu
de chaque Corps de Troupes, la forme et couleur
de leurs Etendarts, Guidons etDrapeaux Colonels
et d'Ordonnance , représentez en Blazon , ainsi
que les Uniformes et Armures de toutes les Troupes du Roy qui subsistent, avec les Additions pour
la difference de chaque habillement et Equipage.
Cette Carte mise au jour en Janvier 1733. se
vend à Paris , chez l'Auteur , rue et près la Fontaine de Richelieu , avec les Supplémens annuels
pour expliquer les mutations ou changemens
Militaires , arrivez depuis le 15. Février 1730.
jusqu'au 15. Février 1732. et successivement
d'année en année le mêmejour , relatifs à cet Ouvrage, qui contient vingt grandes feuilles enri
chies de tailles- douces , réduites en un Livre broché et portatif, lesquelles feuilles se joignent en
une seule Carte de sept pieds en quarré, montée
sur Gorge et Rouleau.
L'Auteur annonce qu'attendu la dépense pour
la monture de sa Carte sur Gorge et Rouleau en
entier ou en trois parties , que chacun voudroit faire plus ou moins riche , ainsi que pour les difII. Vol ferentes
DECEMBRE. 1732 2935
ferentes façons de reliures des vingt feuilles , en
Maroquin ou en Veau , à l'usage des Bibliotheques , des Cabinets et du transport dans les Provinces , il s'est déterminé à ne le vendre qu'en
Livre en brochure , grand in folio , couvert de
Papier bleu d'Hollande , doublé de fort papier
blanc , dont le prix est fixé à vingt-quatre livres.
Et la feuille de Supplément aux mutations Militaires ; qui paroîtra chaque année , aussi gravée en taille- douce , sera de 24 sols seulement.
Le sieur Le Mau de la Jaisse , se chargera volontiers de faire ensuite accommoder sa Carte
proprement par ses Ouvriers , en telle forme qu'il
plaira , et à juste prix.
Officiers Generaux et Principaux , avec les Troupes formées en 823. Compagnies Françoises et Etrangeres , composées de Batail ons , d'Escadrons et de Brigades. Sçavoir , les cent Suisses ordinaires du Corps du Roy , les Gardes de la Porte
du Louvre , et les Gardes de la Prévôté de l'HỘtel du Roy , ou Hocquetons de Sa Majesté , qui
sont de la Maison du Roy , les Cadets Gentils→
hommes , l'Hôtel Royal des Officiers et Soldats
Invalides , les Milices du Royaume , les Compagnies franches et de Partisans , tant à pied qu'à
cheval, la Compagnie de la Connétablie de France , celle de la Prévôté generale des Monnoyes
de France , et les Compagnies des Maréchaussées
du Royaume, depuis leur création et institution,
avec les noms et dattes des Brévets de leurs Officiers • 10
29321
MERCURE DE FRANCE
10. Les Maréchaux de France ; les Lieutenans
Géneraux et Maréchaux de Camps des Armées
du Roy les Brigadiers d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons ; les Gouverneurs et Lieutenans
Généraux des Provinces ; avec les Armoiries en
Blazon de chaque Province ; et les Maréchaux :
Generaux des Logis , des Camps et Armées du
Roy , nommez jusqu'au 15. Février 1730. ensemble le nombre general des Officiers des Etats
Majors des Villes fortes et Places de Guerre , avec leurs créations et dattes des Promotions.
: 11. Commencement de l'Histoire abregée du
Regne de Louis XV. jusqu'au 15. Février 1730
le détail et les Institutions des Ordres Royaux ,
Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du
Mont Carmel et de S. Lazare de Jerusalem. Le
Corps de l'Artillerie de France , détaillé depuis
son origine ; celui des Officiers Ingénieurs ordinaires du Roy; la création et la nomination de las
Dignité de Ministre et Sec. d'Etat de la Guerre,
les Intendans et Commissaires départis du Roy ;
les grands Baillifs et Sénéchaux d'Epée , avec leurs Lieutenans ; les Commissaires ordinaires Provinciaux des Guerres , et géneralement tous les Officiers principaux en charge brévetez, et par Com→
mission du Roy , attachez au Militaire de France,
depuis leur Création et Institution..
12. Dénombrement géneral des Officiers , tant
en pied que réformez , et des Troupes de France.
sur pied , le 15 Février 1730. avec le nombre des
Officiers de chaque Corps de Troupes en particulier et en general ; l'abregé des Statuts et Institutions des Ordres du Roy, le trophée des Gra
des , honneurs et récompenses Militaires des
Officiers ; la Vûë et Description de l'Hôtel Royal
des Invalides, depuis sa fondation jusqu'à presents,
P'Institution et le détail de l'Ordre Royal et MiII. Vak litaire
DECEMBRE. 1732. 2933
litaire des Chevaliers de S. Louis, par Louis XIV.
pour honorer la valeur de ses Officiers , les origines et changemens arrivez jusqu'à présent dans
les Corps de Troupes qui subsistent ; et les observations pour la Regle et la discipline des Troupes , extraites des Ordonnances du Roy et des
Archives respectables de la Chambre des Comptes de Paris , avec les noms des Auteurs Militai
res , anciens et modernes , dont les Ouvrages ont
servi à la compilation et composition de cette Carte.
On trouvera au bas des trois dernieres feuilles
les Batailles mémorables , gagnées par les François , depuis le commencement de la Monarchie
jusqu'à présent; avec le vrai caractere d'un par- fait Homme de Guerre.
La grande Bordure de cette Carte contient sept :
feuilles , ou Tables en Tailles- douces , de pareille
grandeur , qui comprennent cent- dix Plans des
principales Places de Guerre et Villes maritimes
Frontieres du Royaume , distinguées par Dépar temens et Gouvernemens Géneraux des Provin--
ces , avec la Description, l'Etat Major, et les Armoiries en Blazon de chaque Place , et leur dis--
tance de Paris , ainsi que de l'une à l'autre , la
Description génerale desRoyaumes de France et
de Navarre , d'un côté , et de l'autre celle du s
Royaume de Pologne , d'où est sortie notre Auguste Reine ; l'Etat géneral des Garnisons ordi
naires de Gardes à Cheval , Hallebardiers et homa
mes de Guerre à pied , attachez aux Gouverneurs .
et Lieutenans Géneraux des Provinces du Royau--
me , détaillé depuis leur ancienne Institution jusqu'à présent , les quatre coins de la grande Bor
Jure de cette Carte , sont terminez par les Figu
res allégoriques des quatre principaux Vents dus
Levant,du Couchant; duMidy et du Septentrion ,
.
II Vol .
2934 MERCURE DE FRANCE
en forme de Renommée,aux Trompettes et Ban derolles de France et de Navarre , en Taille-douce;
on trouvera aussi au haut de la premiere Feuille de cette Bordure , le modele de l'effet ou de la réduction de la grande Carte rassemblée dans tou- te son étendue , avec deux Tableaux aux côtez
pour l'instruction nécessaire à son usage , gravez en taille- douce.
On a eu soin de graver au-dessus de la Maison Militaire du Roy , de la Gendarmerie , de
l'Infanterie, de la Cavalerie Françoise et Etrange
re, et des Dragons , ainsi que des Troupes for
mées en Compagnie , les differentes figures armées , tant à pied qu'à cheval , avec leurs Trophées d'armes anciennes et modernes;et au milieu
de chaque Corps de Troupes, la forme et couleur
de leurs Etendarts, Guidons etDrapeaux Colonels
et d'Ordonnance , représentez en Blazon , ainsi
que les Uniformes et Armures de toutes les Troupes du Roy qui subsistent, avec les Additions pour
la difference de chaque habillement et Equipage.
Cette Carte mise au jour en Janvier 1733. se
vend à Paris , chez l'Auteur , rue et près la Fontaine de Richelieu , avec les Supplémens annuels
pour expliquer les mutations ou changemens
Militaires , arrivez depuis le 15. Février 1730.
jusqu'au 15. Février 1732. et successivement
d'année en année le mêmejour , relatifs à cet Ouvrage, qui contient vingt grandes feuilles enri
chies de tailles- douces , réduites en un Livre broché et portatif, lesquelles feuilles se joignent en
une seule Carte de sept pieds en quarré, montée
sur Gorge et Rouleau.
L'Auteur annonce qu'attendu la dépense pour
la monture de sa Carte sur Gorge et Rouleau en
entier ou en trois parties , que chacun voudroit faire plus ou moins riche , ainsi que pour les difII. Vol ferentes
DECEMBRE. 1732 2935
ferentes façons de reliures des vingt feuilles , en
Maroquin ou en Veau , à l'usage des Bibliotheques , des Cabinets et du transport dans les Provinces , il s'est déterminé à ne le vendre qu'en
Livre en brochure , grand in folio , couvert de
Papier bleu d'Hollande , doublé de fort papier
blanc , dont le prix est fixé à vingt-quatre livres.
Et la feuille de Supplément aux mutations Militaires ; qui paroîtra chaque année , aussi gravée en taille- douce , sera de 24 sols seulement.
Le sieur Le Mau de la Jaisse , se chargera volontiers de faire ensuite accommoder sa Carte
proprement par ses Ouvriers , en telle forme qu'il
plaira , et à juste prix.
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Résumé : Histoire ou Carte generale du Militaire de France, [titre d'après la table]
Le document compile des informations détaillées sur les régiments et les officiers de l'armée française jusqu'au 15 février 1730. Il inclut les régiments de cavalerie légère française et étrangère, ainsi que les régiments de dragons. Les noms et dates des brevets des officiers généraux et principaux sont également mentionnés. Le texte énumère diverses unités militaires telles que les Suisses ordinaires du Corps du Roy, les Gardes de la Porte du Louvre, les Gardes de la Prévôté de l'Hôtel du Roy, les Cadets Gentilshommes, et les Milices du Royaume. Il détaille les différents grades militaires, incluant les Maréchaux de France, les Lieutenants Généraux, les Maréchaux de camp, les Brigadiers, les Gouverneurs des provinces, et les Maréchaux Généraux des logis. Le document aborde l'histoire abrégée du règne de Louis XV, les institutions des ordres royaux, militaires et hospitaliers, ainsi que le corps de l'artillerie de France. Il fournit un dénombrement général des officiers et des troupes, ainsi que des descriptions des places de guerre et des villes maritimes frontalières du royaume. La carte, mise à jour en janvier 1733, est vendue à Paris et inclut des suppléments annuels pour expliquer les mutations militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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800
p. 153-154
ESPAGNE.
Début :
On apprend par les dernieres Nouvelles reçûës d'Oran, que l'Armée des Maures étoit [...]
Mots clefs :
Oran, Galiotes, Canon, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
‘N apprend par les dtrnieres Nouvelles tel
çtîës d’Oran , que 'l’Arme'e des Maures étoit
toujours campée â trois lieuës de la Place, et
qu’elle faisoit des mouvemens continuels qui
paroissoient n’avoir pour objet que d’assurer la.
subsistance de leurs Troupes. Les mêmes Lettres»
marquent que la Garnisdn d’Oran avoit achevé
de rétablir les Fortifications de la Ville et des
Châteaux , et qu’on y avoit ajouté plusieurs
Ouvrages avancez qui étaient necessairlîls potä
Ü .
154; MERCURE ‘DTËFRÀNCE
h communication des Forts, et pour la plu!
grande sûreté de la Place , encas que les Man-i
12's prissent le parti de Passiéger une seconde.
is. ' '
‘ L’Escadre que les îlgeriens avoient équipée
ur aller au secours ’Orarii , et qui est la lu:
änsidemble que cette Régence ait jamais räite
en Mer , étoit commandée par Hasen-Acachi ,
et composée de n: Vaisseaux de Guerre , quatre
saîques , et 7 Galiotes. La Capitaine qui est un
fVaisseau neuf, étoit montée de 76 piéces du
Canon ., et les autres depuis t8. jusqurà.“ Pie.
ces , faisant en tout , y compris les sarqucs et,
l'es Galiotes, in. piéces de Canon , et ayant-â:
bord 295c. Turcs , 187e. Renegats , et 39a lis
claves Chrétiens , en tout 62.30 hommes; ccpcn
dan; quelque formidable que Fur cette Escadre .
elle n’a pas osé attendre celle des Espagnol: ,
quoiqifinferieurede beaucoup ; mais yéçan; en
suite éloignée de la Côte , elle a enlevé un grand
riombre de Bâtimens de diverses Nations, sous
prétexlte qu’ils aväiänt à bord des provisions
pour aGarnison rail.
‘N apprend par les dtrnieres Nouvelles tel
çtîës d’Oran , que 'l’Arme'e des Maures étoit
toujours campée â trois lieuës de la Place, et
qu’elle faisoit des mouvemens continuels qui
paroissoient n’avoir pour objet que d’assurer la.
subsistance de leurs Troupes. Les mêmes Lettres»
marquent que la Garnisdn d’Oran avoit achevé
de rétablir les Fortifications de la Ville et des
Châteaux , et qu’on y avoit ajouté plusieurs
Ouvrages avancez qui étaient necessairlîls potä
Ü .
154; MERCURE ‘DTËFRÀNCE
h communication des Forts, et pour la plu!
grande sûreté de la Place , encas que les Man-i
12's prissent le parti de Passiéger une seconde.
is. ' '
‘ L’Escadre que les îlgeriens avoient équipée
ur aller au secours ’Orarii , et qui est la lu:
änsidemble que cette Régence ait jamais räite
en Mer , étoit commandée par Hasen-Acachi ,
et composée de n: Vaisseaux de Guerre , quatre
saîques , et 7 Galiotes. La Capitaine qui est un
fVaisseau neuf, étoit montée de 76 piéces du
Canon ., et les autres depuis t8. jusqurà.“ Pie.
ces , faisant en tout , y compris les sarqucs et,
l'es Galiotes, in. piéces de Canon , et ayant-â:
bord 295c. Turcs , 187e. Renegats , et 39a lis
claves Chrétiens , en tout 62.30 hommes; ccpcn
dan; quelque formidable que Fur cette Escadre .
elle n’a pas osé attendre celle des Espagnol: ,
quoiqifinferieurede beaucoup ; mais yéçan; en
suite éloignée de la Côte , elle a enlevé un grand
riombre de Bâtimens de diverses Nations, sous
prétexlte qu’ils aväiänt à bord des provisions
pour aGarnison rail.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, les dernières nouvelles d'Oran rapportent que l'armée des Maures est toujours présente à trois lieues de la ville, effectuant des mouvements pour assurer la subsistance de ses troupes. La garnison d'Oran a achevé de restaurer les fortifications de la ville et des châteaux, ajoutant des ouvrages avancés pour renforcer la défense et la communication entre les forts. L'escadre algérienne, destinée à secourir Oran, est la plus importante jamais assemblée par la régence d'Alger. Elle est commandée par Hasen-Acachi et composée de neuf vaisseaux de guerre, quatre saïques et sept galiotes, totalisant 314 pièces de canon et 623 hommes à bord, incluant des Turcs, des renégats et des esclaves chrétiens. Malgré sa puissance, l'escadre algérienne n'a pas affronté l'escadre espagnole, inférieure en nombre, et s'est éloignée après avoir capturé plusieurs bâtiments sous prétexte qu'ils transportaient des provisions pour la garnison d'Oran.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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