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1
p. 165-173
LETTRE. de Catalogne.
Début :
Il y a long-temps, Monsieur, que je n'ay eu l'honneur [...]
Mots clefs :
Catalogne, Rebelles, Troupes, Comte de Montemart, Duc de Popoli, Plaine de Vic
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE. de Catalogne.
LETTRE.
de Catalogne.
| Ilya long-tem ps, Moru.
sieur, que je n'a y eu l'honneur
de vous escrire, parce
qu'il n'y a rien eu quifust
digne de vous e stre mandé,
mais ce qui se passe icy
presentement merite bien
que vousen soyezinformé;
tous les peuples de la Catalogne
se sont soulevés&
ont pris les armes. Mr. le
Duc de Popoly a fait de
gros détachements,l'un
pour envoyer sur laViguerre
deVillaFranca,& l'autre
dans leValles.
J'a pprends par unCourier
qu'il m'envoye qu'ils
ontfort bien fait l'un ôc
l'autre,queceluy de Valles
commandé par le Comte
de Montemart aprés
avoir chassé les rebelles de
plu sieurs postes qu'ils oc-
CUPOIent ,
bruslé entieremenc
Caldas de Montbouy
& une partie de S.
Manat
,
le calme paroifsoit
restably de ce costé Ii.
Il est depuis entre dans la
plaine de Vich, & comme
l'arrivée des troupes dans
celuy-cy avoit attiré tous
les rebelles de ce costé
pour nous disputer un paC.
fage que l'on appelle le
Col Secabra, il trouva celuy
du Congostlibre &
sans resistance, il chassa les
Miquelets & rebelles qui
en formoient le blocus &
qui tenoient Mr de Bracamonte
très resserré dans
cette Ville. :., Il les suivit avec toute la
Ji'
diligence possible & lesattaqua
cLns un poste
avantageux que l'on appelleN.
Senorade laGleva,
il les y força. aprés en
avoir tué 200. & 104. faits
prisonniers
,
& a prèsayoir
chasséun corps de revoltés.
qui croient dans la montagne
de S. Hypolite,il fie"
piller ce Village& le fit
ddbréuéspleper en&ndtoôdutioccei.-qtu.i»en
J'avois envoyé un déftachemenr
assez considerableàl'Equerol
pour dissiper
les rebellesqui le pourroient
roient trouver de ce costé,
mais ils n'attendirent pas
l'arrivée des troupes & tout
se retira dans le moment,
cela paroist encore finie
pour un temps dans la
plaine de Vich à la reserve
des Villages du Mont
Senis qui ont encore les
armes à la main, le Comte
de Montemart doit aller
- dans le Lluzanes y
joindre le Brigadier Dom
JosephVallejo. Tous les
rebelles se sont retirés de
ce costé - là & de celuy
de Manresa& de Solsonne
J
il me paroist que le
costé de Solfonne est celuyqui
donne le plus d'inquiétude
; Dom Joseph
Vallejoavoit beaucoup, de
troupes à ses ordres & les
avoit fort divisées dans des
quartiersdifferens pour,
resserrer autant qu'il pourroit
la garnison de Cardonne,
mais tout d'un
coup elles se trouverent
inverties sans se pouvoir
donner la main l'un à l'autre
,
mesme Vallejo ayant
assembleun Corps de troupes
assez considerable, ne
pusty aller luy mesme leur
porter du secours, le grand
nombre des rebelles qu'il
y a de ce coftc-sa
,
luy en
ayant fermé le partage.
Dom Diego Gonzales
qui estoit party du Camp
avec un autre destachement
arriva tres à propos
pour secourir le Regiment
de Brabant Cavalerie Walone,
qui estoit assiegé
dans Yqualada où il se
deffendoit, & ayant bruslé
le Village de S. Quintinil
marcha à laPuëbla
oùles rebelles s'étoient
retirés & fortifiez, & les
y ayantforcé &passé au
fil de l'espée toutce qui se
rencontroit, il y avoit mis
le feu, il estoitrevenudepuis
à Mattorell oùil attendoit
du Canon & des
mineurs pour attaquer
trois Chasteaux qui sont
prés de-là, occupés par les rebelles, tres- bons
pour leurs situations ôc
qui incommodent fort la
communication du Camp.
La nouvelle la plus inw
portante, est celle de l'arrivée
de la Flotte de Cadix
à Tarragone avec
toutes les munitions de
guerre & de bouche que
l'on attendoit dont M. le
Duc de Popoly me fait
part par son dernier Courrier
, il compte quelle fera
incessamment devant Barcelonne.
J'ayl'honneur d'estre
avec un respectueux attachement,
Monsieur, vostre
trés- humble & tresobéïssant
Serviteur
FiEN NIis.
de Catalogne.
| Ilya long-tem ps, Moru.
sieur, que je n'a y eu l'honneur
de vous escrire, parce
qu'il n'y a rien eu quifust
digne de vous e stre mandé,
mais ce qui se passe icy
presentement merite bien
que vousen soyezinformé;
tous les peuples de la Catalogne
se sont soulevés&
ont pris les armes. Mr. le
Duc de Popoly a fait de
gros détachements,l'un
pour envoyer sur laViguerre
deVillaFranca,& l'autre
dans leValles.
J'a pprends par unCourier
qu'il m'envoye qu'ils
ontfort bien fait l'un ôc
l'autre,queceluy de Valles
commandé par le Comte
de Montemart aprés
avoir chassé les rebelles de
plu sieurs postes qu'ils oc-
CUPOIent ,
bruslé entieremenc
Caldas de Montbouy
& une partie de S.
Manat
,
le calme paroifsoit
restably de ce costé Ii.
Il est depuis entre dans la
plaine de Vich, & comme
l'arrivée des troupes dans
celuy-cy avoit attiré tous
les rebelles de ce costé
pour nous disputer un paC.
fage que l'on appelle le
Col Secabra, il trouva celuy
du Congostlibre &
sans resistance, il chassa les
Miquelets & rebelles qui
en formoient le blocus &
qui tenoient Mr de Bracamonte
très resserré dans
cette Ville. :., Il les suivit avec toute la
Ji'
diligence possible & lesattaqua
cLns un poste
avantageux que l'on appelleN.
Senorade laGleva,
il les y força. aprés en
avoir tué 200. & 104. faits
prisonniers
,
& a prèsayoir
chasséun corps de revoltés.
qui croient dans la montagne
de S. Hypolite,il fie"
piller ce Village& le fit
ddbréuéspleper en&ndtoôdutioccei.-qtu.i»en
J'avois envoyé un déftachemenr
assez considerableàl'Equerol
pour dissiper
les rebellesqui le pourroient
roient trouver de ce costé,
mais ils n'attendirent pas
l'arrivée des troupes & tout
se retira dans le moment,
cela paroist encore finie
pour un temps dans la
plaine de Vich à la reserve
des Villages du Mont
Senis qui ont encore les
armes à la main, le Comte
de Montemart doit aller
- dans le Lluzanes y
joindre le Brigadier Dom
JosephVallejo. Tous les
rebelles se sont retirés de
ce costé - là & de celuy
de Manresa& de Solsonne
J
il me paroist que le
costé de Solfonne est celuyqui
donne le plus d'inquiétude
; Dom Joseph
Vallejoavoit beaucoup, de
troupes à ses ordres & les
avoit fort divisées dans des
quartiersdifferens pour,
resserrer autant qu'il pourroit
la garnison de Cardonne,
mais tout d'un
coup elles se trouverent
inverties sans se pouvoir
donner la main l'un à l'autre
,
mesme Vallejo ayant
assembleun Corps de troupes
assez considerable, ne
pusty aller luy mesme leur
porter du secours, le grand
nombre des rebelles qu'il
y a de ce coftc-sa
,
luy en
ayant fermé le partage.
Dom Diego Gonzales
qui estoit party du Camp
avec un autre destachement
arriva tres à propos
pour secourir le Regiment
de Brabant Cavalerie Walone,
qui estoit assiegé
dans Yqualada où il se
deffendoit, & ayant bruslé
le Village de S. Quintinil
marcha à laPuëbla
oùles rebelles s'étoient
retirés & fortifiez, & les
y ayantforcé &passé au
fil de l'espée toutce qui se
rencontroit, il y avoit mis
le feu, il estoitrevenudepuis
à Mattorell oùil attendoit
du Canon & des
mineurs pour attaquer
trois Chasteaux qui sont
prés de-là, occupés par les rebelles, tres- bons
pour leurs situations ôc
qui incommodent fort la
communication du Camp.
La nouvelle la plus inw
portante, est celle de l'arrivée
de la Flotte de Cadix
à Tarragone avec
toutes les munitions de
guerre & de bouche que
l'on attendoit dont M. le
Duc de Popoly me fait
part par son dernier Courrier
, il compte quelle fera
incessamment devant Barcelonne.
J'ayl'honneur d'estre
avec un respectueux attachement,
Monsieur, vostre
trés- humble & tresobéïssant
Serviteur
FiEN NIis.
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Résumé : LETTRE. de Catalogne.
La lettre, rédigée en Catalogne, relate les récents soulèvements dans la région. Les habitants se sont armés et ont été confrontés par des détachements militaires envoyés par le Duc de Popoly. Le Comte de Montemart a dirigé une opération dans le Valles, chassant les rebelles de plusieurs postes et rétablissant l'ordre après avoir brûlé Caldas de Montbouy et une partie de Saint-Manat. Il a également libéré le Col Secabra et débloqué la ville de Bracamonte. Dans la plaine de Vich, les rebelles se sont retirés, mais les villages du Mont Senis restent armés. Le Comte de Montemart doit rejoindre le Brigadier Dom Joseph Vallejo dans le Lluzanes. La situation à Solsonne est critique, car les troupes de Vallejo sont divisées. Dom Diego Gonzales a secouru le régiment de Brabant Cavalerie Walone assiégé à Yqualada et repoussé les rebelles à la Puëbla. Une flotte de Cadix, chargée de munitions, est arrivée à Tarragone et se dirigera prochainement vers Barcelone.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 197-211
LETTRE de M. le C. D. F... à S. Feliou de Pallerols le II. Février.
Début :
Depuis ma Lettre écrite du 25. du mois passé, le [...]
Mots clefs :
Détachement, Troupes, Rebelles, Marine, Llusanés, Saint-Féliu, Comte de Montemart, Duc de Popoli
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. le C. D. F... à S. Feliou de Pallerols le II. Février.
LETTRE ; deM.leC.D.F.. ?
à S. Feliou de Pallerols le II.
Février.
Depuisma Lettreécrite
du 25. du moispassé, le
Comte de Montemart ne
setrouvant pas affé fort avec
le détachement qu'il
avoit pour entrer dans le
Llusanes, s'en fut à Moya,
& delà ayant marché par
Manrefa du côtédeSolsone,
j'aisçu qu'après avoir
rassembléles quartiers dispersées
de Vallejo
, & s'être
joint à lui,il avoit secouru
Bergue &le Château
de Gironelleque les
Rebelles avoient bloqué,
de maniere qu'il n'y pouvoir
rien entrer, & que
les affaires de Llusanes
l'ayant obligé d'y revenir
diligemment il y estoit en- trésansbeaucoup de resistance,
& y avoit bruslé prés
de Llusanes
,
S. Feliou,
Cassera, Orista, plusieurs
autres Villages & plusieurs
Fermes repandus dans le
Pays, il estoit arrivé le 7.
a Austot où il attendoit
de nouveauxordres de M.
de Popoli.
La plaine de Wic paroist
presentement tranquille
parce que nous y touchons
)
M. de Caraffa est
encore à l'Esquerol qui
est à deux lieuës du Pont de
la Roda qui est à l'entrée
de cette plaine, & tient
par là tout le Pays. Il n'y
a que les Villages du
Montfeny qui font encore
les armcs à la main, furtout
depuis qu'Armengol
qui est venu débarquer à
S. Pol avec 600. hommes
les a joint
y ce petit secours
a donné de l'audace a cette
canaille
) & il s'est joint à
lui beaucoup de volontaires
& de Révoltés, je ne
scay si Montemart prendra
la rcfolution d'aller les
chasser & chastier les ViU
lages coupables
,
où d'allerà
Castelciudadouil n'y
avoit le S. que pour quinze
jours de vivres. D'un
autre costé le Marquis de
i Firmacon que j'ayenvoyé
d'icy avec un gros destaj
chement du costé de Campredon
est à S. Jean de
las Vabades, sa marche a
[ fait un tres bon effet; plusieursVallées
& d'autres
t qui avoient pris les armes
font venus demander misericorde
mais toute la vif
guerie de Ripole continuë
dans sa rebellion, &tout
(si retiré dans les montagnes
, en sorte que l'on sera
obligé de les y forcer,
pour les réduire. Pour ce
qui regarde le costé de la
Marine,ily a eu de différentes
actions dans lesquelles
.les Troupes de Sa Majesté
Catholique ont eu l'avantage
, neanmoins le poste
de S. Pol qui nest qu'à trois
quarts de lieuës de Castella
qui est le plus avancéque
nous a yons a esté pris & repris
plusieurs fois. ilest actuellement
aux rebelles qui
qui s'y font si fortifiez qu'il
faut du canon pour le reprendre.
Dom Gabriel Cano
Maréchal de Camp qui
commande sur cetteCoste,
attend un renfort de l'Armée
du Duc de Popoli, &
de l'artillerie pour les y attaquer
& lesenchasser.On
a envoyé Dom Diégo Gonsales
avecun gros détachement
pour empêcher leur
communication avec ceux
qui font au Montseny
,
&
pour les prendre par derriere
dans le temps que M.
de Cano attaquera ce poste.
Les vents d'ER ontesté si
violens depuis plusieurs
jours que jusqu'à present on
n'a pû faire passer le canon
destiné pour l'attaque de
S. Pol,si -
tost qu'ilscesseront,
c'est une affaire de
quatre ou cinq heures.
Mr. de Valouse que
j'avois laissé du côré de la
Marine
* pour veillerà ce
qui se passoit de ce coftélà,
a rassemblé tout ce qui
l'a pû de troupes, & s'est
venu cantonnerà Tordera
pour soutenirOstalric, nos
postes de Pineda-Calella&
Malgrat, & en même tems
ceux de Sancta-Colomba
& autres qui sont vers la
montagne, & pourvoir ce
qui se passe du costé de la
Marine. Jay fait passer
quelques troupes du Roufsillon
à M. Gandolfe pour
conserver les deux Sardaignes,
mais il n'y en a pas
assez pour envoyer à CaC
telciudad qui doit estre bloqué
par tous les Sommetans
de la Conque de Tremp , du Marquisat de Paillas qui
ont pris les armes &, qui
doivent se joindre à ceux
de Baronie de Baga & Portella.
Je ne puis y en envoïer
d'avantage, mais je fuis
persuadé que leComte de
Montemart y marchera
bien-tost ,il a le temps
de le faire,attendu qu'il y
a pour plusde15jours de vivres
dans Castelciudad,lorsque
le Comte de Montemart
fera prest d'y arriver, M.
de Gandolfprofitera de cette
occasion pour y faire entrer
un convoy que l'on a
assemblé à Puïcerda pour y
envoïer.
On assureque Monsieur
de Thouydoit venir incessamment
à Lerida pour
commander depuis Solfone
jusques dans lesmontagnes
de la Conque de Tremp
ôcde Paillas, il doit amener
avec luy les Troupes Walones,
douze Escadrons Se
douze Bataillons de celles
qui font venu d'Estramadure.
Les Lettres de Perpignan
du 16. Février portent que
les Troupes que commande
le Comte de F ennesa-
VOlentcee attaquéespar un
gros corps de Rebellessi à
l'im pourvû qu'ellesavoient
plié d'abord,mais ques'étãt
ralliées
,
ellesavoient mis
les Rebelles en déroute,
qu'il en étoit resté sur la
place plus de trois cens, &
cent trente faits prisonniers.
Celles de Catalogne
portent que les Barcelonois
au nombre de fîx cens hommes
étoient venus attaquer
une redoute occu pée par les
Espagnols du costé des Capucins,
laquelles'étoit bien
deffenduë, quoiqu'il n'y eut
que quarante hommes dedans
dans, les Rebelles ont perdus
cinquante hommes
dans cette action glorieuse
pour les Troupes Espagnoles,
& un grand nombre
blessez.
On écrit de Landau du
14. Février, que le Marquis
de Vieuxpont détacha le12.
deux cens hommes des Grenadiers
qui y font en quartier
,
& un pareil nombre
de Dragons fous les ordres
d'un Colonel: Ils prirent
la route de Spire, où ils
furent joint par un pareil
détachement. Ils marcherente
ensuite - du costé de
Vorms, où ils trouverent
120. Houssards ennemis qui
prirent la fuite à l'arrivée
du détachement de nostre
Garnison; nos Dragons les
poursuivirent, & en prirent
deux qui dirent qu'il estoit
forti de Maïence un Convoi
considerable de toutes
sortes de munitions pour
Philibourg : nostredétachement
marcha ensuite le
long du Rhin,&nousvenons
d'apprendre que la
plûpart de ces bateaux avoient
coulez à fond,& que
les autres avoient regagné
Maïence; on sçaura le détail
au retour du détachement.
On mande de la Haye
du 19.Fevrier que le Com-
A te de Strafford qui y estoit
arrivéavoit eu une longue
conférence avec les Plenipotentiaires
d'Espagne &
ensuite avec les Estats Generaux.
* On écrit du Port de
Scette en Languedoc que
l'on y charge plusieurs Bastimens
de bleds 6c- de
foins pour l'armée d'Espagne.
à S. Feliou de Pallerols le II.
Février.
Depuisma Lettreécrite
du 25. du moispassé, le
Comte de Montemart ne
setrouvant pas affé fort avec
le détachement qu'il
avoit pour entrer dans le
Llusanes, s'en fut à Moya,
& delà ayant marché par
Manrefa du côtédeSolsone,
j'aisçu qu'après avoir
rassembléles quartiers dispersées
de Vallejo
, & s'être
joint à lui,il avoit secouru
Bergue &le Château
de Gironelleque les
Rebelles avoient bloqué,
de maniere qu'il n'y pouvoir
rien entrer, & que
les affaires de Llusanes
l'ayant obligé d'y revenir
diligemment il y estoit en- trésansbeaucoup de resistance,
& y avoit bruslé prés
de Llusanes
,
S. Feliou,
Cassera, Orista, plusieurs
autres Villages & plusieurs
Fermes repandus dans le
Pays, il estoit arrivé le 7.
a Austot où il attendoit
de nouveauxordres de M.
de Popoli.
La plaine de Wic paroist
presentement tranquille
parce que nous y touchons
)
M. de Caraffa est
encore à l'Esquerol qui
est à deux lieuës du Pont de
la Roda qui est à l'entrée
de cette plaine, & tient
par là tout le Pays. Il n'y
a que les Villages du
Montfeny qui font encore
les armcs à la main, furtout
depuis qu'Armengol
qui est venu débarquer à
S. Pol avec 600. hommes
les a joint
y ce petit secours
a donné de l'audace a cette
canaille
) & il s'est joint à
lui beaucoup de volontaires
& de Révoltés, je ne
scay si Montemart prendra
la rcfolution d'aller les
chasser & chastier les ViU
lages coupables
,
où d'allerà
Castelciudadouil n'y
avoit le S. que pour quinze
jours de vivres. D'un
autre costé le Marquis de
i Firmacon que j'ayenvoyé
d'icy avec un gros destaj
chement du costé de Campredon
est à S. Jean de
las Vabades, sa marche a
[ fait un tres bon effet; plusieursVallées
& d'autres
t qui avoient pris les armes
font venus demander misericorde
mais toute la vif
guerie de Ripole continuë
dans sa rebellion, &tout
(si retiré dans les montagnes
, en sorte que l'on sera
obligé de les y forcer,
pour les réduire. Pour ce
qui regarde le costé de la
Marine,ily a eu de différentes
actions dans lesquelles
.les Troupes de Sa Majesté
Catholique ont eu l'avantage
, neanmoins le poste
de S. Pol qui nest qu'à trois
quarts de lieuës de Castella
qui est le plus avancéque
nous a yons a esté pris & repris
plusieurs fois. ilest actuellement
aux rebelles qui
qui s'y font si fortifiez qu'il
faut du canon pour le reprendre.
Dom Gabriel Cano
Maréchal de Camp qui
commande sur cetteCoste,
attend un renfort de l'Armée
du Duc de Popoli, &
de l'artillerie pour les y attaquer
& lesenchasser.On
a envoyé Dom Diégo Gonsales
avecun gros détachement
pour empêcher leur
communication avec ceux
qui font au Montseny
,
&
pour les prendre par derriere
dans le temps que M.
de Cano attaquera ce poste.
Les vents d'ER ontesté si
violens depuis plusieurs
jours que jusqu'à present on
n'a pû faire passer le canon
destiné pour l'attaque de
S. Pol,si -
tost qu'ilscesseront,
c'est une affaire de
quatre ou cinq heures.
Mr. de Valouse que
j'avois laissé du côré de la
Marine
* pour veillerà ce
qui se passoit de ce coftélà,
a rassemblé tout ce qui
l'a pû de troupes, & s'est
venu cantonnerà Tordera
pour soutenirOstalric, nos
postes de Pineda-Calella&
Malgrat, & en même tems
ceux de Sancta-Colomba
& autres qui sont vers la
montagne, & pourvoir ce
qui se passe du costé de la
Marine. Jay fait passer
quelques troupes du Roufsillon
à M. Gandolfe pour
conserver les deux Sardaignes,
mais il n'y en a pas
assez pour envoyer à CaC
telciudad qui doit estre bloqué
par tous les Sommetans
de la Conque de Tremp , du Marquisat de Paillas qui
ont pris les armes &, qui
doivent se joindre à ceux
de Baronie de Baga & Portella.
Je ne puis y en envoïer
d'avantage, mais je fuis
persuadé que leComte de
Montemart y marchera
bien-tost ,il a le temps
de le faire,attendu qu'il y
a pour plusde15jours de vivres
dans Castelciudad,lorsque
le Comte de Montemart
fera prest d'y arriver, M.
de Gandolfprofitera de cette
occasion pour y faire entrer
un convoy que l'on a
assemblé à Puïcerda pour y
envoïer.
On assureque Monsieur
de Thouydoit venir incessamment
à Lerida pour
commander depuis Solfone
jusques dans lesmontagnes
de la Conque de Tremp
ôcde Paillas, il doit amener
avec luy les Troupes Walones,
douze Escadrons Se
douze Bataillons de celles
qui font venu d'Estramadure.
Les Lettres de Perpignan
du 16. Février portent que
les Troupes que commande
le Comte de F ennesa-
VOlentcee attaquéespar un
gros corps de Rebellessi à
l'im pourvû qu'ellesavoient
plié d'abord,mais ques'étãt
ralliées
,
ellesavoient mis
les Rebelles en déroute,
qu'il en étoit resté sur la
place plus de trois cens, &
cent trente faits prisonniers.
Celles de Catalogne
portent que les Barcelonois
au nombre de fîx cens hommes
étoient venus attaquer
une redoute occu pée par les
Espagnols du costé des Capucins,
laquelles'étoit bien
deffenduë, quoiqu'il n'y eut
que quarante hommes dedans
dans, les Rebelles ont perdus
cinquante hommes
dans cette action glorieuse
pour les Troupes Espagnoles,
& un grand nombre
blessez.
On écrit de Landau du
14. Février, que le Marquis
de Vieuxpont détacha le12.
deux cens hommes des Grenadiers
qui y font en quartier
,
& un pareil nombre
de Dragons fous les ordres
d'un Colonel: Ils prirent
la route de Spire, où ils
furent joint par un pareil
détachement. Ils marcherente
ensuite - du costé de
Vorms, où ils trouverent
120. Houssards ennemis qui
prirent la fuite à l'arrivée
du détachement de nostre
Garnison; nos Dragons les
poursuivirent, & en prirent
deux qui dirent qu'il estoit
forti de Maïence un Convoi
considerable de toutes
sortes de munitions pour
Philibourg : nostredétachement
marcha ensuite le
long du Rhin,&nousvenons
d'apprendre que la
plûpart de ces bateaux avoient
coulez à fond,& que
les autres avoient regagné
Maïence; on sçaura le détail
au retour du détachement.
On mande de la Haye
du 19.Fevrier que le Com-
A te de Strafford qui y estoit
arrivéavoit eu une longue
conférence avec les Plenipotentiaires
d'Espagne &
ensuite avec les Estats Generaux.
* On écrit du Port de
Scette en Languedoc que
l'on y charge plusieurs Bastimens
de bleds 6c- de
foins pour l'armée d'Espagne.
Fermer
Résumé : LETTRE de M. le C. D. F... à S. Feliou de Pallerols le II. Février.
La lettre de M. le C. D. F. à S. Feliou de Pallerols, datée de février, décrit les mouvements militaires et les événements récents dans diverses régions. Le Comte de Montemart, après avoir échoué à entrer dans Llusanes, a secouru Bergue et le Château de Gironelle, puis a incendié plusieurs villages et fermes avant de se rendre à Austot pour attendre de nouveaux ordres. La plaine de Wic est actuellement calme, mais les villages du Montfeny restent rebelles, renforcés par l'arrivée d'Armengol avec 600 hommes. Le Marquis de Firmacon a eu un impact positif dans plusieurs vallées, mais la rébellion persiste dans la région de Ripole. Sur le front maritime, les troupes espagnoles ont obtenu des succès, mais le poste de S. Pol reste aux mains des rebelles. Dom Gabriel Cano attend des renforts pour attaquer ce poste, mais les vents violents ont empêché le transport du canon nécessaire. M. de Valouse a rassemblé des troupes à Tordera pour soutenir divers postes. Des renforts ont été envoyés à M. Gandolfe pour conserver les Sardaignes, mais il manque de troupes pour bloquer Castelciudad. Le Comte de Montemart est attendu pour cette mission. Monsieur de Thouy doit arriver à Lerida pour commander les troupes dans les montagnes. Des lettres de Perpignan rapportent une victoire des troupes espagnoles contre les rebelles, avec plus de trois cents morts et cent trente prisonniers. À Barcelone, les Espagnols ont repoussé une attaque des Barcelonois. En Allemagne, un détachement français a intercepté un convoi ennemi sur le Rhin. À La Haye, le Comte de Strafford a eu des conférences avec les plénipotentiaires espagnols et les États Généraux. Enfin, des navires sont chargés de blé et de foin pour l'armée d'Espagne au Port de Scette en Languedoc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 792-793
ESPAGNE ET PORTUGAL.
Début :
Le Roy a nommé le Comte de Montemar pour commander [...]
Mots clefs :
Comte de Montemart, Expédition, Compagnie des Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE ET PORTUGAL.
ESPAGNE IT PORTUGAL.
pour commander les Troupes qui s'assembloient en Catalogne , et qui ont reçû ordre de
puis peu de défiler du côté de Malaga et d'Alicant.
Le Marquis de Villadarias , le Marquis de
Santa-Cruz , le Comte de Suedegen et le Baron.
de Saudraski , Maréchaux de Camp , qui doi
vent servir sous le General Comte de Montemar,
sont partis pour s'y rendre. Toute la jeune Noblesse de la Cour , sollicite des Permissions pour.
aller servir dans cette Armée , qui s'embarquera
dans le courant du mois d'Avril, sans qu'on sçaThe encore à quelle Expedition elle est destinée. 42
Ce Corps d'Armée qui est composé de 32. Bataillons à 700. hommes et de 24. Escadrons à
720. hommes , d'une Compagnie de Travailleurs.
et de 33. Ingénieurs , est déja en marche vers la
Valence , pour s'y embarquer sur l'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guerre et de deux
Gallions à Bombes , sans les Galeres et les Bâtimens de transport ; l'Artillerie consiste en fo.
Pieces de Canon de 24. livres , 10. Pieces de 16.
livres , 8. Pieces de Campagne , 8, Pieces qu'on
peut transporter sur des Mulets , 8. Mortiers à
Bombes, et 4. autres pour jetter des pierres ;
L'Escadre qu'on équipe à Cadix , est prête à
mettre en Mer , le bruit court même qu'elle a
déja mis à la voile. On mande de Barcelone, que
les Equipages et les autres choses necessaires pour
éette Expedition , sont presque prêts , et qu'on
travailloit avec toute la diligence possible pour achever
AVRIL. 1732. 793
chever le peu qui reste encore à faire. Les Ba
taillons respectifs des Gardes Walonnes et Espagnoles , ayant eu ordre de tirer au sort pour
servir dans cette Expedition , les premieres l'ont
déja fait , le sort étant tombé sur le premier , le
aet le 4 Bataillon , et les autres sont occupez
à le faire : on assure qu'on doit encore y joindre
un 4 Bataillon des Gardes Walonnes. Tous les
Régimens d'Infanterie ont été mis à deux BatailFons de 700. hommes chacun. Les Escadrons ne sont que de 120. Maîtres
. On a aussi formé
plu
sieurs Bataillons d'Invalides , qui seront mis en
garnison à la place des Troupes reglées.
Le Comte de Montemar , après avoir pris con
gé du Roy, partit le 22. du mois dernier.
Le Roi de Portugal offrit à la nouvelle
Compagnie des Indes Orientales, établie à Stoc
olm, sa protection pour la réussite de son
Commerce , et le Port de Goa pour la retraite
de ses Vaisseaux , avec la permission d'y bâtir des Magazins pour ses Marchandises.
pour commander les Troupes qui s'assembloient en Catalogne , et qui ont reçû ordre de
puis peu de défiler du côté de Malaga et d'Alicant.
Le Marquis de Villadarias , le Marquis de
Santa-Cruz , le Comte de Suedegen et le Baron.
de Saudraski , Maréchaux de Camp , qui doi
vent servir sous le General Comte de Montemar,
sont partis pour s'y rendre. Toute la jeune Noblesse de la Cour , sollicite des Permissions pour.
aller servir dans cette Armée , qui s'embarquera
dans le courant du mois d'Avril, sans qu'on sçaThe encore à quelle Expedition elle est destinée. 42
Ce Corps d'Armée qui est composé de 32. Bataillons à 700. hommes et de 24. Escadrons à
720. hommes , d'une Compagnie de Travailleurs.
et de 33. Ingénieurs , est déja en marche vers la
Valence , pour s'y embarquer sur l'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guerre et de deux
Gallions à Bombes , sans les Galeres et les Bâtimens de transport ; l'Artillerie consiste en fo.
Pieces de Canon de 24. livres , 10. Pieces de 16.
livres , 8. Pieces de Campagne , 8, Pieces qu'on
peut transporter sur des Mulets , 8. Mortiers à
Bombes, et 4. autres pour jetter des pierres ;
L'Escadre qu'on équipe à Cadix , est prête à
mettre en Mer , le bruit court même qu'elle a
déja mis à la voile. On mande de Barcelone, que
les Equipages et les autres choses necessaires pour
éette Expedition , sont presque prêts , et qu'on
travailloit avec toute la diligence possible pour achever
AVRIL. 1732. 793
chever le peu qui reste encore à faire. Les Ba
taillons respectifs des Gardes Walonnes et Espagnoles , ayant eu ordre de tirer au sort pour
servir dans cette Expedition , les premieres l'ont
déja fait , le sort étant tombé sur le premier , le
aet le 4 Bataillon , et les autres sont occupez
à le faire : on assure qu'on doit encore y joindre
un 4 Bataillon des Gardes Walonnes. Tous les
Régimens d'Infanterie ont été mis à deux BatailFons de 700. hommes chacun. Les Escadrons ne sont que de 120. Maîtres
. On a aussi formé
plu
sieurs Bataillons d'Invalides , qui seront mis en
garnison à la place des Troupes reglées.
Le Comte de Montemar , après avoir pris con
gé du Roy, partit le 22. du mois dernier.
Le Roi de Portugal offrit à la nouvelle
Compagnie des Indes Orientales, établie à Stoc
olm, sa protection pour la réussite de son
Commerce , et le Port de Goa pour la retraite
de ses Vaisseaux , avec la permission d'y bâtir des Magazins pour ses Marchandises.
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Résumé : ESPAGNE ET PORTUGAL.
En avril 1732, des troupes se rassemblent en Catalogne pour une expédition vers Malaga et Alicante. Les maréchaux de camp Marquis de Villadarias, Marquis de Santa-Cruz, Comte de Suedegen et Baron de Saudraski doivent servir sous le général Comte de Montemar. La jeune noblesse de la cour demande des permissions pour rejoindre cette armée, qui doit s'embarquer en avril. Le corps d'armée, composé de 32 bataillons à 700 hommes, 24 escadrons à 720 hommes, une compagnie de travailleurs et 33 ingénieurs, se dirige vers Valence pour s'embarquer sur une escadre de 12 vaisseaux de guerre et deux gallions à bombes. L'artillerie inclut des pièces de divers calibres, des mortiers et des machines pour lancer des pierres. L'escadre équipée à Cadix est prête à prendre la mer. À Barcelone, les préparatifs sont presque achevés. Les bataillons des Gardes Walonnes et Espagnoles ont tiré au sort pour participer à cette expédition, avec les 1er et 4e bataillons des Gardes Walonnes sélectionnés. Tous les régiments d'infanterie ont été divisés en deux bataillons de 700 hommes chacun, et des bataillons d'invalides sont formés pour remplacer les troupes régulières en garnison. Le Comte de Montemar a quitté le roi le 22 mars. Par ailleurs, le roi du Portugal a offert sa protection à la nouvelle Compagnie des Indes Orientales établie à Stockholm, ainsi que le port de Goa pour la retraite de ses vaisseaux et la permission d'y construire des magasins pour ses marchandises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 1217-1222
DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Début :
Selon les Lettres du Royaume de Naples, ce Corps de Troupes, composé de 7000. hommes [...]
Mots clefs :
Comte de Montemart, Troupes impériales, Cavalerie, Camp, Ennemis, Hommes d'infanterie, Régiments, Régiment, Comte Visconti, Bitonto
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
DEFAITE des Troupes Imperiales ,
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
commandées
par
le Comte Viscomti.
Elon les Lettres du Royaume de Naples , ce
Corps de Troupes , composé de 7000, hommes
d'Infanterie , de 2000. de Cavalerie , et de
40c . Hussarts , avoit marché de Bari à Bitonto,
où il s'etoit posté dans un Camp aussi avanta-
I.-Vol. geux , H iij
1218 MERCURE DE FRANCE
geux , tant par sa situation , que par les retran→
chemens qui le défendoient.
Le Comte de Montemar étant arrivé avec les
Troupes Espagnoles à la vue de ce Camp le 24
du mois dernier , attaqua les Ennemis le lende
main matin , il força leurs retranchemens et se
rendit maître de leur Camp , dans lequel ils ont
été obligez de laisser les Tentes et la plus grande
partie des Equipages.
Malgré la vivacité de cette Action , qui a duré
trois heures , on ne sçait pas encore si les Impe -
riaux ont cû grand nombre de Soldats de tuez
mais on a fait dans le Camp 1400. prisonniers
sans compter 1200. hommes d'Infanterie , qui
s'étant réfugiez dans les Convents de Bitonto ,
ont éte pris avec leurs Officiers . Le reste de l'Infanterie
est bloqué dans differens endroits. La
Cavalerie voyant le Camp forcé , a pris la fuite
et s'est dispersée , &c . On a appris depuis , le dé➡
tail suivant de l'Action .
Le Comte de Montemar , qui avoit été envoyé
par le Roy pour se mettre à la tête des Troupes
détachées pour suivre les Imperiaux , ayant été
informé que le Comte de Viscomti avoit déja
reçû quelques secours , et qu'il en attendoit encore
de nouveaux , prit le parti de marcher aux
Ennemis qui avoient quitté Tarente , où ils s'étoient
d'abord retirez , et qui s'étoient répandus
dans la Pouille pour en tirer des contributions .
Ce General regla sa marche sur les differens
mouvemens des Ennemis , et songeant principa
lement à leur ôter le moyen d'executer le dessein
dans lequel ils étoient de se ménager une retraite
du côté de la Mer , il marcha à Bary où il les
croyoit.
Les Imperiaux en étoient partis , et ils s'étoien
I. Vol. *avance z
JUIN. 1734- 1219
avancez à Bitonto , où ils roient campez dans
un poste aussi avantageux r sa situation ,
qu'impraticable pour la Cavaleri .
Le Comte de Montemar , qui n'étoit qu'à neuf
mille de Bitonto , détacha quelques Corps de
Cavalerie pour aller reconnoître les Ennemis , et
sur ce qu'on lui rapporta que leur Infanterie et
Jeur Cavalerie y étoient déja arrivées , il prit le
parti de marcher à eux avec toutes ses Trou
pes. Il les distribua en sept colonnes , com
mandées , la premiere par le Marquis de Pozo
blanco , la seconde par le Duc de Liria , la troisiéme
par le Duc de Castro Pignano , la quatrié
me par le Marquis de Bay , la cinquième par le
Marquis de Châteaufort , la sixiéme par le Com
te de Maceda , et la septième par le Marquis de
La Mina.
Ce Corps de Troupes étoit composé des six
Bataillons des Régimens des Gardes Espagnoles
et Vallones , des deux Bataillons du Régiment de
Lombardie , des deux de celui de la Couronne ,
des deux Bataillons du Régiment Suisse de Bet-
Jer , et de 20. Compagnies de Grenadiers de differens
Régimens.
Le Comte de Montemar , outre cette Infanterie
, avoit sous ses ordres 600. Carabiniers
Royaux, 150. Grenadieis Royaux , les 12. Escadrons
des Régimens de Bourbon , d'Estramadoure
, de Milan , de Malte , de Flandres et
d'Andalousie , les 4. Escadrons des Régimens de
Dragons de Pavie et de France , les Compagnies
des Grenadiers à Cheval des Regimens de Tarragone
et de Batavia , jo . Dragons de ces deux
Regimens , et un Détachement d'Artillerie de
150. hommes .
Le Comte de Montemar fit marcher toutes ces
I. Vol. Hj Trou
1220 MERCURE DE FRANCE
Troupes par differens chemins , afin de choisir
P'endroit le plus convenable pour attaquer les
Ennemis , et il fit avancer quelques Détachemens
de Cavalerie qui battirent les Hussarts qu'ils rencontrerent.
Les Imperiaux s'étant résolus à demeurer dans.
leurs retranchemens, Conite de Montemar s'en
approcha assez près pour reconnoître leurs dis.
positions sur lesquelles il se détermina à changer
la sienne , et à faire passer de la droite à la gau
che la plus grande partie de sa Cavalerie .
L'attaque commença par le centre de la colon.
ne , à la tête de laquelle étoit le Comte d'Uceda,
et qui étoit composée de trois Bataillons du Régiment
des Gardes Vallonnes , des deux Bataillons
du Régiment Suisses de Betler , et de huit
Compagnies de Grenadiers . Ces Troupes , quoique
plus foibles que celles que les Imperiaux leut
opposerent dans cet endroit de l'attaque , entrerent
dans les retranchemens avec tant de valeur ,
que les Ennemis , après une longue résistance ,
furent mis en déroute. Le Comte de Montemar
s'en étant apperçû , fit avancer toutes ces Troupes
qui mirent en fuite ce qui se présenta devant
elles , sans être arrêtées par les murailles et par
les fossez qui couvroient le Camp des Ennemis
et qui paroissoient le rendre inaccessible.
Le Comte de Montemar ayant penetré dans
Jeur Camp , détacha quelque Cavalerie pour suivre
celle des Imperiaux , qui dans le premier
moment de l'attaque avoit quitté le Camp , et
avoit pris la fuite avec un grand désordre .
Il fit ensuite attaquer differents postes dans
lesquels les Imperiaux qui s'y étoient retirez ,
furent faits prisonniers. Le General Rodeski ,
General de l'Infanterie se sauva dans Bitonto
66
I. Vol. qui
JUIN. 1734. 122 I
qui est entouré de murailles , et il s'y deffendit
jusqu'à la nuit , mais il fut obligé le lendemain
de se rendre.
La Cavalerie se sépara dans sa fuite en plusieurs
corps qui étant poursuivis par la Cavalerie
Espagnole , furent presque détruits . Le plus
considerable , après avoir perdu beaucoup de
monde , se refugia dans Bary où le Comte de
Monteinar ayant marché le 26 , le bloqua , et
obligea le Prince de Belmonte qui le commandoit
de se rendre.
Les Troupes Imperiales consistoient selon
l'état qu'on en a trouvé , en 6500 hommes d'Infanterie
, 1500 hommes de Cavalerie et 400
Hussarts , desquels 200 se sont sauvez dans les
Montagnes de la Calabre.
›
On a pris aux Ennemis 15 Drapeaux , 24
Etendarts , et deux paires de Timballes , leurs
Tentes , les vivres , les munitions de Gnerre et
la plus grande partie des équipages .
›
Les Espagnols n'ont pas eû un grand nombre
'de Soldats tuez ou blessez , mais ils y ont perdu
le Comte de Briard , et le Comte de Bonamour
, Capitaines au Regiment des Gardes Va.
lónnes , Don Louis de Porte Maréchal de
Camp , y a été blessé dangereusement. Il est
Capitaine des Grenadiers de ce Regiment , qui ,
ayant penetré le premier dans les retranchements
malgré la vigoureuse résistance des Ennemis , a
cû la plus grande part à cette victoire.
Le Détachement de Cavalerie que le Comte ,
de Montemar , après avoir forcé le Camp du
Comte Viscomti , avoit envoié à la poursuite
des Hussarts , qui dans le premier moment
de l'attaque avoient pris la fuite , n'a pû joindre
qu'au commencement de ce mois ceux qui
1. Vol.
HY s'é-
/
1222 MERCURE DE FRANCE
s'étoient sauvez dans la Calabre , et il les a entierement
défaits .
Le Comte de Viscomti qui s'étoit retiré à
Brindisi , s'y est embarqué dans une Felouque
avec une partie de ses Domestiques , mais on ne
sçait pas encore quelle route il a prise .
Le Roy a suprimé plusieurs Charges qui
avoient été accordées sous le précedent Gouvernement
, tant aux Napolitains , qu'à des Espagnols
, et dont les apointemens se montoient
par an à 900000 Ducats.
Le 27 May , il arriva dans ce Port sous
Pescorte de quatre Vaisserux de Guerre Espagnols
, plusieurs Bâtimens chargez d'une partie
des Troupes que le Roy d'Espagne envoye pour
renforcer celles qui sont dans le Royaume de
Naples , et l'on en attend incessamment de Livourne
quelques autres qui doivent apporter ici
des munitions de Guerre , et une somme considérable
d'argent.
Le Comte de Charny , Lieutenant General
du Royaume , a déja reçu au nom du Roy
T'hominage de la plus grande partie des Deputez
des Villes , et des Barons de cet Etat.
Sa Majesté a nommédes Commissaires pour
faire conjointement avec le Conseil Collateral
l'estimation des dommages que les Troupes Espagnoles
ont causez dans les lieux où elles ont
passé , et elle a fait expédier des ordres pour
qu'ils soient payez avec l'exactitude la plus ri
goureuse.
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Résumé : DEFAITE des Troupes Imperiales, commandées par le Comte Viscomti.
Le 24 mai 1734, les troupes espagnoles, dirigées par le Comte de Montemar, ont attaqué et vaincu les forces impériales du Comte Viscomti à Bitonto, près de Bari. Les impériaux, constitués de 7 000 hommes d'infanterie, 2 000 de cavalerie et 400 hussards, avaient établi un camp fortifié. Montemar, à la tête de 6 000 hommes d'infanterie et de diverses unités de cavalerie et d'artillerie, a réussi à forcer les retranchements ennemis en trois heures. Les impériaux ont abandonné leurs tentes et équipements, laissant derrière eux 1 400 prisonniers, dont 1 200 réfugiés dans des couvents. La cavalerie impériale s'est dispersée. Après cette victoire, Montemar a bloqué et capturé des troupes impériales à Bari. Les pertes espagnoles incluent les Comtes de Briard et de Bonamour, ainsi que le Maréchal de Camp Don Louis de Porte, blessé. Les impériaux ont perdu 15 drapeaux, 24 étendards et deux paires de timbales. Le Comte Viscomti a fui à Brindisi. En réponse à cette victoire, le roi d'Espagne a envoyé des renforts et des munitions à Naples et a nommé des commissaires pour indemniser les dommages causés par les troupes espagnoles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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