LOGOGRYPHE .
JEE fuis l'amante des plaideurs .
Le coffrefort des Procureurs.
Par mes fecours divins , une amante novice ,
Cent fois à fon berger peint fes feux , fon tour
ment ;
Et le Sage , par eux , livrant la guerre au vice ,
Souvent dans le fecret fait rougir le méchant.
Faut- il encor , Lecteur , pour me faire connoître
Dans mes neuf élémens , décompofer mon être ,
J'offre, d'un nouveau né , la triſte expreſſion ;
Le fondement facré de la religion ;
Ce métal, dont l'afpect fouvent rendit perfide ;
Ce qui gêne nos pas , quand la terre eft humides
Le plus fimple des mets qu'on fert en nos repas 3
Le théâtre fanglant de mille affreux combats ;
L'élément primitif, principe de la femme ;
Un tranfport qui fouvent , opprime , abrutit l'â
me ;
3 Un enfant de l'efprit , par fois de la raiſon
Un lieu , dont la hauteur nous borne l'horifon ;
Ce qui s'offre à nos yeux ,du couchant à l'Aurore ;
Le produit des larcins , qu'un Peuple fait à Flores
Un fentiment , d'où naît un abord gracieux ;
Ce qui fert aux humains de bouffole en tous lieux
AVRIL. 1760. 79
Un mal , qui rend par fois d'humeur mélancolique
;
Et pour la rime , un ton qu'on connoît en muſique;
Un endroit, qui fouvent fe ferme avec grand foin ,
Devine , cher Lecteur : je ne vais pas plus loin.
Par M D. ***