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p. 106-156
NEUVIÉME PARTIE DU TRAITÉ DES LUNETES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr Comiers, d'Ambrun, Professeur des Mathematiques à Paris.
Début :
Nous avons démontré dans les Traitez précedens, comment la Baze [...]
Mots clefs :
Lunettes, Rayon, Optique, Image, Verres, Construction, Télescopes, Radiation, Rétine, Diaphragme, Objectifs, Clarté, Binocles, Savant, Définition, Avantages, Auteur, Livres, Instruments, Vision, Microscope, Yeux, Soleil, Astres, Physique, Observation, Expérience, Roi de France, D. Chorez
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texteReconnaissance textuelle : NEUVIÉME PARTIE DU TRAITÉ DES LUNETES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr Comiers, d'Ambrun, Professeur des Mathematiques à Paris.
NEUVIE' ME PARTIE
DU TRAITE
DES LUNETES,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE
Par M² Comiers , d'Ambrun, Profeffeur
des Mathematiques à Paris.
NOU
Ous avons demontré dans
lesTraitez précedens, comment
la Baze du cone des rayons
de la Radiation particuliere émanée
de chaque point de l'objet,
eftant entrée dans l'oeil par l'ouverture
de la prunelle , & penétré
jufques fur l'humeur Chriftallin :
du Mercure Galant. 107
qui eft convexe des deux coftez,
les rayons de la Radiation de
chaque point de l'objet , forment
, par la réfraction qu'ils
fouffrent en penétrant le Criftallin
, leur cone renverfé , ou
pinceau optique , la pointe du
quel fe terminant fur la Retine ,,
y forme l'image de fon point de
L'objet , & tous ces pinceaux optiques
, dont le nombre eft égal
au nombre des points vifibles de
la furface de l'objet , y forment
l'image entiere de l'objet , mais .
renverfée .
Nous avons demontré l'effet :
des verres des Bezicles , tant conconcaves
pour l'ufage des Miopes
ou courtes veues qui ne peuvent
voir diftinctement que des
objets fort proches , que des con108
Extraordinaire
vexes , pour l'ufage des Presbi
tes , Vieillards , & autres qui ont
la veuë longue , & ne peuvent
voir bien diftinctement que les
objets notablement éloignez .
Nous avons donné la Con
ftruction de toutes les efpeces de
Teleſcopes ou Lunetes de longue
veuë , & tout ce qui les concerne.
Nous avons demontré. que leur
effet confifte à faire voir les ob
jets qui font tres éloignez comme
ils feroient veus eſtant à la portée
de la veuë naturelle , c'eft
à dire que par la veuë artificielle
que produifent les Lunetes , lesobjets
nous doivent paroistre fort
grands , fort diftinctement , &
bien éclairez .
Nous avons démontré que
L'augmentation de l'image arti
du Mercure Galant. 109
Acielle de l'objet , formée fur la
Retine par le moyen des verres
qui compofent la Lunete , procede
de ce que les deux axes des
deux cones des radiations émanées
des deux points extrémes
du diamétre de l'objet , fe croifent
beaucoup plûtoft au derriere
de l'humeur criſtallin , & forment
un plus grand angle ; & que ce
point d'interfection eftant plus
éloigné de la Retine , y forme
par conféquent une plus grande
baze ou peinture du diamétre de
l'objet.
Nous avons demontré que la
vifion diftincte qui eft la perception
diſtincte de cette image de
l'objet peinte fur la Retine , dépend
de la diftinction de cette
image artificicielle , & qu'elle
ILO Extraordinaire
dépend de la bonté de la matiere
des verres , & de la bonté
de leur travail , de leur jufte ouverture
, de leur proportion mutuelle
, de leur pofition bien pa-.
ralle & centrale , & en deuë diftance
dans un tuyau tres - large ,
noircy mat en dedans , & garny
de plufieurs diafragmes de metme.
J'ay dit que l'apparence di- .
ftincte de l'objet dépend de la
proportion du Verre Objectif au
Verre Oculaire , car fi la raifon
de l'objectif à fon oculaire eft
trop grande , l'apparence artificielle
de l'objet augmentée exceffivement,
ne peut eftre diftinte
, par ce que les rayons de
l'image aërienne de l'objet qui fe
forme renversée dans le Tuyau
tombant trop inclinez fur les
du Mercure Galant. I
bords de l'oculaire trop convexe,
leur refraction ne peut eftre réguliere,
c'eft pourquoy ces rayons
femeflant fur la Retine avec ceux
des autres points de l'objet , y
rendent l'image confuſe, & paroît
colorée ; & en outre , à moins
que l'objet ne foit lumineux ou
fortement éclairé , l'apparence
ne peut eſtre bien claire ; car la
même quantité de rayons de la
radiation de chaque point de
l'objet ne fuffit pas pour peindre
fortement une fi grande image.
Enfin nous avons demontré,
que la clarté de l'apparence de
l'objet dépend de l'ouverture du
verre objectif , qui eft de beaucoup
plus grande que l'ouverture
de la prunelle de l'oeil , ainfi
l'ouverture du verre objectif reIT2
Extraordinaire
cevant plus grande quantité de
rayons de chaque point de l'ob.
jet , & les refferrant par les loix
de la Refraction en les rendant
convergens , en fait entrer autant
de fois plus dans l'oeil, que l'ouverture
du verre objectif contient
de fois l'ouverture de la
prunelle , qui n'a ordinairement
que 3 lignes de diamètre ; & vous
fçavez par la Propofition 2. du
XII. Livre d'Euclide , que les
Cercles font entr'eux en mefme
raifon que les Quarrez de leurs
Diamétres. C'est pourquoy connoiffant
le diamètre de l'ouver
ture du verre objectif , il eft fa.
cile d'en faire le Calcul. Il nous
refte à traiter
du Mercure Galant.
DES BINOCLES
Telescopiques, leur Ancienneté,
& leur facile Conftruction.
Da tout temps on a efté per
fuadé
par raifon
& par
experience
, que
la viſion
d'un
objet
veu
en melme
temps
par
les deux
yeux
également
bien
conformez
,
eft
beaucoup
plus
forte
que
lors
que
l'objet
n'eft
veu
que
d'un
oeil , & on voit
en mefme
temps
des
deux
yeux
parfaitement
&
diftinctement
un objet
à la portée
de la
veüe
, lors
que
les
deux
axes
concourent
en un feul
point
de
l'objet
.
-
Il y a fix cens ans que le fçavant
Arabe ALHAZEN , c'eft¹à¹
dire Bon Homme , en parloit dans »
Q. deJanvier 1685. K.
114
Extraordinaire
fon Tréfor Optique , imprimé à
Bafle en l'année 1572. Le 2. Cha
pitre du troifiéme Livre page 76 .
num . 2. porte ce Titre , Axes Pyramidum
Opticarum utriufque vifus,
per centrumforaminis vue a tranfeuntes
in uno vifibili puncto femper
concurrunt , & c. Le Numero 10 .
page 80. a pour Titre , Concurfus
Axium Opticorum in Axe communi
facit vifionem certiffimam : extrà,
tanto certiorem , quantò Axi propinquior
fuerit. Enfin le Numero 15.
page 85. a pour Titre , vifibile in
Axium Opticorum.concurfu certiffimè
videtur , extrà tantò certius , quantò
concurfui fuerit propinquius.
Vitellon Thuringo - Polonus, qui
vivoit en l'année 12.69 .. dans fon
Livre d'Optique , imprimé à Bafle
en l'année 1572. au livre troifiéme
du Mercure Galant. is
Numero 32. page 100. a pour titre,
Neceffe eft Axes Pyramidum vifualum
amborum vifuum tranfeuntes
per centra foraminum vuea , femper
conjungi in une puncto fuperficiei
rei vifa . Le docte & R. P. Miller
Dechales,dansle deuxièmeTome
de fon Mundus Mathematicus , imprimé
à Lyon en l'année 1674.
dans la page 381. en la 30. Propofition
, avoit demontré que
Axes Optici concurrunt in unum
#demque objectum' ; & dans la Propofition
40. que Duo oculi commuiter
melius vident , quam unus
tantùm.
3
La demangeaifon d'écrire , &
de paroiftre fçavant , fit qu'en
l'année 1678. un grand Perfon.
nage croyant les Livres d'Albazen
& de Vitellon perdus , en voulut
Kij
116 Extraordinaire
publier quelque chofe comme du
fien , & pour nouveau , dans un
Livre tres bien imprimé , & qui
a pour titre , De Vifione Perfecta,
Live de amborum Vifionis Axium
Concurfu in eodem objecti puncto.
jvce
Puis que communement la vie.
naturelle d'un objet eft plus forte
eftant regardé des deux yeux , la
veüe artificielle d'un objet veu
des deux yeux à travers des Binocles
, fera auffi plus forte
que les Bezicles , qui font les fimples
Binocles qu'on met für le
nez , ont fait voir par expérience
depuis l'année 1285. qu'ils furent
inventez , comme j'ay demontré
dans la 247. page du XIX . Tome
du Mercure Etraordinaire..
du Mercure Galant. 117
Definition du Binocle Telesco
pique , ou de longue veie.
L
E Binocle Telescopique eft
ane cfpece de Bezicles compoice
de deux Lunetes de lomgue
veüe , d'égale force ou puiffance
, c'est à dire de dix pieds
au plus de Foyer Solaire , & de
mefme genre , car bien que les
deux verres objectifs foient de
melme longueur de Foyer , de
mefme matiere & bonté de tra
vail , fi le verre oculaire de l'une
des deux Luncres eftoit concave,
& l'oculaire de l'autre Lunete
eftoit convexe , on verroit l'objet
double , car la Lunete à oculaire
concave le feroit paroiftre en fa
firuation naturelle , & la Lunete
118 Extraordinaire
à oculaire convexe le feroit paroiftre
renverfé .
Ces deux Lunetes de meſme
genre & mefme proportion des
objectifs à leurs oculaires , doivent
eftre affemblées dans un
Tuyau ou Etuy parallelipipede
rectangle , en forte que deuxrayons
partant d'un mefme point
de l'objet , tombent perpendicu
lairement fur le centre des verres
, afin qu'ils les penétrent,,
comme auffi la prunelle & Phumeur
criftallin des deux yeux du
Regardant, & arivent fur lesReti
nes fans avoir fouffert aucune rerefraction
. Ainfi ces deux rayons
formeront un triangle Ifofcelle ,
dont la Baze eft la diftance comprife
entre les centres des deux
prunelles , & le fommet du triandu
Mercure Galant.
119 :
gle eft au point principal de l'objet
veu par le Binocle .
L'Autheur de fes Vifions Par-.
faites m'accufe de n'avoir pas fceu
definir le Binocle dans le Journal
des Sçavans du Lundy 20. Decembre
1677. & dit en parlant
Phoebus dans la 397. page de fa
Csntiquité des Corps , de l'année
1679. que Le Binocle est un affem .
blage de deux Oculaires Dioptriques
de mefme cfpece & d'égale puiffance,
MONTEZ SUR L'ANGLE DES
DEUX AXES DE LA VISION.
La Nature a fourny elle -mefme
des Binocles naturels aux Limaçons
& aux Ecreviffes de mer.
Petrus Berellus , dans la feconde
Partie de fon Livre De vero Telefcopii
inventore , imprimé à la
Haye en l'an 1655. apres avoir
120 Extraordinaire
enfeigné dans la page 22. l'oculin
Aftropicus Binoculis , &c. & dans
la page 23. De confectione Tubi Binoculi
, a donné dans la troifiéme
Partie de fon Livre , en la XC .
Obfervation Microfcopique De
Limacibus , la defcription des Binocles
naturels . Voicy fes termes,
Dentes acerrimos non folùm in Li
macibus effe ; fed quod mirum esty
& nullo alio forfan à natura animali
conceffum , oculos habent in cornibus,
& videbis nigrum eorum ab inferiori
cornuum parte , feu à cerebro ad corum
apices afcendere , cùm moveri
cupiunt , & greffum fuum dirigere
quò oculi convertuntur , &c. Cancri
Marini oculos bibent etiam in cornibus
feu tubis quibufdam duris , ubi
forfan codem pacto recurrunt. ·
ĽAvantages
du Mercure Galant. 127
A
L'Avantage des Binocles Telefcopiques
fur les Teleſcopes
Simples , & leur Ancienneté.
T
Out l'avantage qu'on peut
tirer de l'affemblage des
deux Lunetes de mefme efpece,
longueur,force & puiffance , confifte
à faire voir du moins auffi
clairement & fortement les ob .
jets terreftres , qu'avec une feule
Lunete deux fois plus longue.
Daniel Chorez, ce fçavant Dioptricien
Artiſte , en l'année 1625.
dans fon Imprimé in Folio , qui
a pour Titre , Les Admirables Lunetes
d'Approche réduites en petit volume
, avec leur vray usage, & leurs
utilitez préferables aux Grandes , &
le moyen de les ajuster à l'endroit des
2. deJanvier 1685 .
L
122 Extraordinaire
deux yeux , parle en ces termies
dans la 20. ligne . L'expériencefait .
connoiftre qu'on voit beaucoup mieux
avec deux Lunetes qu'avec une , car
les objets paroiffent plus gros & plus
prés. L'Autheur de la Veüe Dif
tincte de 1681. dit dans la page
195. qu'ayant préſenté à M¹ de Monmaur
Maistre des Requeftes , un Exemplaire
du premier Volume de cet Ouvrage,
dans lequelj'ay donné, dit- il ,
l'invention du Binocle , il me dit
quil croyoit en avoir déja quelque.
Ecrit du nommé Chorez . Mais ce
moderne Inventeur des vieux Binocles
, ne voulut pas voir cet
Imprimé , ny le Binocle monté
d'argent , & travaillé par Chorez,
Le R. P. Anthonius - Maria de
Rheita , dans fon Livre in Folio,
intitulé Oculus Enoch & Elia , imdu
Mercure Galant.
123
0,
1-
!
primé dans Anvers en 1645. page
356, au Titre Oculus Aftropicus Binooulus
, dit , Hujus Oculi Enech &
Elia Binoculum Telescopium , quòd
ejus ope admagnalia , etfi remotiffimè
à nobis in Calo elongata , non amplius
femi- caco , fed novo modo ambobus
oculis quafi prafentiafpectanda
inducamur , inflruamurque . Et dans
la page 355. Tali profectò Binoculo
Tubo à nobis confecto, objecta duplo,
triplò , imo quadruplò majora , lucidiora
atque clariora confpeximus,
quàm per Tubum Monoculum ; &
certè nifi ipfimet experti fuiffemus
qua fcribimus , utique fcribere puderet
, qua ad praxim redacta non
fubfifterent.
Le fçavant , curieux & R. P.
Gafpar Schott, dans le premier Tome
de fon Magia Univerfalis Na-
Lij
424
Extraordinaire
A
tura & Artis , imprimé en l'année
1657. fait dans le X. Livre le
Titre du fecond Chapitre en ces
termes , De Teleſcopii Aftronomici,
tam Monoculi , quàm Binoculi , Origine
, ejufque Auctore. Et dans les
pages 494. & 495. parle en ces
termes, Anthonius- Maria de Rheita,
vir aquè Religiofus ac doctus, mihique
familiariter notus , neque Monoculo
Tubo contentus , fed alterumfocium
conjunxit, & quidem feliciffima
aufu , feliciorique fucceffu , ut mecum
fateri coguntur quotquot ejus rei experimentum
fumpferunt. Talis quippe
inter hunc & priorem est differentia,
qualis effe communiterfolet inter Monoculum
& Binoculum hominem . Ex
perimentumfeci in Tubo Binoculo ab
ipfo Auctore elaborato . Et dans la
page 496. vous trouverez ces terdu
Mercure Galant. 125
mes. Foannes Vvifel , Augufta Vindelicorum
inftructus à Reyta , facit
Tubos tam Monoculos quàm Binocu
los . Carle P. de Reyta , ajoûte-t- il ,
non tantùm in ea arte excellit , eamque
fcriptis tradidit , fed alios etiam
inftruxit ; & cùm humaniffimusfit,
fine invidia non paucis fua communicavit.
Le R. P. Millet Dechales , dans
le 2. Tome de fon Mundus Mathematicus
, imprimé à Lyon en l'année
1674 au Theoréme TELESCOPIUM
BINOCULUM , page 672.
parle en ces termes . Mirum est
quantumjuvetur vifio, præcipuè verò
adjudicandum de objects ' Diftantia,
& confequenter de Magnitudine à
geminis oculis...... Fiant igitur duo
Teleſcopia omnimodò fimilia , quæ
conjungantur ita ut fim fibi invicem
Liij
126 Extraordinaire
parallela. Je demontreray ailleurs ,
que les deux Binocles de longue
veuë doivent eftre phyfiquement
paralleles , & qu'il n'y a point
d'Inftrument qui puiffe marquer
la diférence entre la diftance des
centres des deux verres objectifs ,
& celle des centres des deux ver
res oculaires. Expertus fum ( c'eſt
le P. Dechales qui continuë ) in
Telescopio Binoculo duorum pedum,
cerium est , diftinctius incompa
rabiliter& majus , & vicinius apparere
; & quod mirum est , non duo
Telefcopii gemina foramina videban
tur , fed unicum . Il ajoûte encore
ces termes, Pater Reyta infigne Telefcopium
Binoculum circumferebat....
Erat autem decem circiter palmorum
ejus longitudo.... Referunt autem Lunam
hoc tubo in magnitudinem prodigiofam
excreviffe.
du Mercure Galant. 127
la
Nonobftant tous ces authen
tiques témoignages de l'ancienneté
des Binocles , & de la bonté
de ceux du R. P. De Rheyta Capucin
Alleman,un fameuxAdiop .
tricien a dit en l'année 1677. dans
47. page de fa Viſion Parfaite,
que le Pere Rheita fe contentoit de
faire voir avec fon Binocle tellement
quellement des deux yeux quelques
objets du Ciel , comme la Lune , par
une feule inverfion d'efpece . Lemef
me Autheur Ageométre , dans
fon mefme Livre latinifé en l'année
1678. parle en ces termes dans
la 47. page. P. Rheita rudi atque
fine arte mechanica quatuor vitra,
ambo videlicet objectiva ; & ambo
immediata convexa , vel concava,
in ambo tuki oblongi extrema , nullo
abfque regulari horum vitrorum motu
Liiij
#28 Extraordinaire
aut fitu , palpando difponere fuerat
contentus ; qui quali quali modo binis
aculis ( Terreftria , ajoûte- t - il , nequaquam
objecta ) fed Lunam dumtaxat
confpiciendam præberet.
Quand il y auroit quelque
chole de veritable en tant d'Alleguez
de l'Autheur des Viſions ,
& quand mefme le tout feroit.
vray , le P. Rheita auroit du moins
avec fon Binocle fait voir en l'année
1645. la Lune & quelques
autres objets du Ciel quali quali
modo binis oculis . Cela eftant avoué
& reconnu par luy mefme, dans
quel fens en l'année 1679. a t ik
ofé dire dans la 401. page de
fa Contiquité des Corps , Que le
Binocle n'eftoit nullement connu, bien
loin d'eftre en ufage avant l'impref
fron de la Vifion Parfaite de l'année
du Mercure Galant.
129
les
1677.comment a- t-il pû dire dans
pages 190. & 191. defa Vifion
Parfaite de l'année 1681. Quc toutes
les Nations Etrangeres n'ont jamais
pu faire de Binocle, n'y en ayant ,
ajoûte- t - il, jamais paru aucun, jufques
à l'impreffion de mon Livre de
la Vision Parfaite , imprimé en l'année
1677. dans lequel j'en ay donné
l'invention ? Comment a t- il pû
écrire dans la 411. page du même
Livre , les termes fuivants. CHORES
& le P. RHEYTA ont tenté le
Binocle , je n'en fais aucun doute,
mais aucun n'y avoit reüfly avant
moy ; par conféquent aucun n'a inventé
le Binocle avant moy. Pourquoy
avoit-il dit eftre l'Inventeur
de la penfée mefme de faire
des Binocles . Voicy fes propres
termes , dans la premiere page de
130
Extraordinaire
la Préface de fa Vifion Parfaite
de l'année 1677. F'avois dés longtemps
médité & trouvé la maniere
pour diminuer la longueur de l'oculaire
Dioptrique , par NOSTRE
OCULAIRE , qui fait voir l'objet
des deuxyeux conjointement. Eftoitce
avant CHORES qui l'inventa
& pratiqua heureufement , & le
publia en l'année 1625 ; ou avant
le P. RHEITA, qui les fit admi.
rer à tous les Sçavans , & en écrivit
tres doctement en l'année-
1645?
Où trouvera- t-il que la Ma
chine du P. Rheita eftoit une rude-
Mécanique fans art ? Nous demontrerons
le contraire . Com
ment pourra-t-il impofer à dix
mille Curieux ce qu'il dit , que
le Binócle du P. Rheita Terreftria
du Mercure Galant. BI
nequaquam objecta,fed Lunam dumtaxat
confpiciendam
præberet. Puis
que ces mille Curieux ont auffi
veu les objets terreftres avec le
Binocle du P. Rheyta .
Monfieur de Caffini, ce celébre
& heureux Efpion des Aftres , &
l'un des Aſtronomes du Roy , m'a
autrefois affuré , qu'eſtant à Ravenne
en 1657. il avoit veu & admiré
avec le Binocle du P. de
Rheyta , la prunelle de l'oeil d'un
Pigeon qui eftoit fur un Colombier
fort éloigné . Mille bons Religieux
Capucins , dans les Convents
d'Allemagne , d'Italie , de
Paris , & de Lyon , portent fincere
témoignage de la bonté des
Binocles du P. Rheyta , avec lef
quels ils voyent les Objets Terreftres.
F32
Extraordinaire
Monfieur de Regnaud , ce fça
vant Philofophe Mathematicien,
fuffit entre mille autres Perfonnes
de mérite de laVille de Lyon,
pour témoigner qu'au mois dé
Juillet 1654 le R. P. de Rheyta,
Togé au Grand Convent des Capucins,
faifoit voir tres - diftinctement
& lire à tous les Curieux
l'Ecriteau qui eft en Lettres d'or
au Frontispice de l'Eglife S. Nizier.
Mon témoignage feroit fufpect
à l'Autheur des Vifions , puis
que dans les 196. & 198. pages.
de fes Vilions de 1681. il a dit
qu'à préfent je ne puis juger de
la bonté des Binocles , n'ayant
pas les deux yeux également bons
depuis l'année 1666. par l'effer,
comme il avoue dans la Table
des Matieres du mefme Livre aut
du Mercure Galant.
133.
penultiéme article de la Lettre N,
de l'IRA Kabale Toxicantoria. Il
ne laiffe pas de fe fouvenir que
pour corriger & rectifier ſon Teleſgraphe,
Oculus fui Cace , comme
dit Job au chap . XXIX . verf. 15.
Je n'ay pas oublié que toute
l'Italie difoit autrefois , Plus unum
Federicum uno oculo videre , quàm
Cateros omnes Principes duobus. Socios
habeo Horatios , Annibales , Sertorios.
Alii non femper virtatis fue
infignia fecum ferunt , fed haftas,
Torques , Coronas domi relinquunt.
Ego verò rei militaris pro falute Patrie
infummo , & omnibus bonis civilibus
periculo tremendo , infignia
mecum affiduè porto , cofdemque &
virtutis mea& fortuna habcofocios.
Le fameux Autheur Adioptricien
mépriſe à tort le Binocle du
134
Extraordinaire
-
P. Rheyta dans l'endroit fufcotté,
parce que ces deux Lunetes n'étant
compofées chacune que de
deux verres convexes , faifoient
voir les objets du Ciel comme la Lune
par unefeule inverfion d'efpeces puis
que luy mefme dans le mefme
Livre de fes Viſions Parfaites
de 1677 , dit dans la page 140.
Que l'Oculaire de deux convexes
peut fort bien fervir pour l'obferva.
tion des Aftres , eftant indiférent qu'il
les repréfente droits ou renverfez,
puis qu'ils font ronds , avoit - il oublié
ce qu'il avoit appris d'un Aftronome
, & inferé dans fa Dioptrique
de 1671. en la page 284.
L'oculaire duquel on fe fertpour l'obfervation
des Aftres , ne doit eftre
composé que de deux verres feulement.
Je m'étonne bien davandu
Mercure Galant,
135
tage de ce que dans une mefme
page de faViſion Parfaite de 1681.
il fe contrediſe luy- mefme. C'eſt
dans la 23. page . Il dit que l'oculaire
qui doit eftre appliqué aux Inftrumenspour
obferverfimplement les
objets du Ciel, fuffit qu'il foit conftrait
d'un bon objectif & d'un feul
verre immédiat à l'oeil , afin qu'il
venverfe nettement l'efpere, cela eftant
indiferent pour cette forte d'objets,
de la rondeur defquets on obferve,
à ce qu'il dit , feulement le centre,
comme le milieu de l'Aftre. Et en
la marge , il dit, L'Oculaire qui fert
à voir ou regarder lafigure des objets
du Ciel, doit redreffer l'espece par deux
inverfions. Cet Autheur est tout
particulier, il fait marcher enfemble
le ovr & le NON fur un même
fait. Jugez par là de fa grande
capacité dans les chofes difficiles.
136
Extraordinaire
LA FACILE
CONSTRUCTION
DES BINOCLES TELESCOPIQUES
ET MICROSCOPIQUES .
LA
la
'Autheur des Vifions Parfaites
de 1681. pour paffer pour
'Inventeur des Binocles , a voulu
perfuader aux Ouvriers , que
Conftruction des Binocles eftoit
fort miftérieufe . Cependant com.
me la verité échape quelquefois
à ceux qui la veulent étouffer,
on la trouve dans la page 192. en
en ces termes, conformes à ceux
de Chorez de l'année 1625. & du
R. P. De Rheita de l'année 1645-
Pour avoir un Binocle , il ne faut que
deux fimples Lunettes d'approche d'édu
Mercure Galant.
137
gale puissancefeulement, difpoféesfur
quelque plan , pour les appliquer conjointement
chacune à chacun oeil , &
ne voir par les deux enfemble qu'un
meſme objet
Pour mieux expliquer la Conftruction
des Binocles dont cet
Autheur n'a jamais travaillé les
verres , ny formé les Tuyaux ny
leur Etuy , le Sieur Querreau
Marchand Mirotier & Lunetier
luy ayant fait les premiers ; je
dis que la Conſtruction des Binocles
confifte à l'affemblage de
deux Lunetes en tout femblables ,
en forte qu'ayant appliqué les
deux centres des prunelles des
deux yeux tour- contre les centres
des fuperficies desverres oculaires
s'ils font concaves, ou aux centres ⚫
des ouvertures de trois lignes de
2. deJanvier 1685. M.
138 Extraordinaire
"
4 diamétre chacune , que portent
les boëtes de recouvrement des
Oculaires convexes , & lefquelles
ouvertures font un peu moins
éloignées des verres , que n'eſt la
longueur de leur Foyer folaire; en
forte, dis- je, qu'on ne voye qu'une
ouverture des deux tuyaux ,
& que le Soleil ne paroiffe pas
double.
Pour quoy obtenir , il faut que
les centres des ouvertures des
dioptres aufquelles on appliqne
les yeux , foient à la diftance l'un
de l'autre , égale à la diftance des
centres des prunelles , lors que
les yeux font naturellement contournez
pour bien voir le mefme
objet fans Binocle ; or cette diftance
entre les centres des deux
prunelles n'eft pas à tous la mef
du Mercure Galant. 139
me , bien qu'ordinairement pour
voir les objets éloignez , elle foit
d'environ deux pouces & demy.
Il faut encore que les deux :
axes des Lunetes aillent concou
rir en un meſme point de l'objet
, & fi l'objet eft fort éloigné,.
les Lunetes feront toûjours Phi
fiquement paralleles ; ce que je
demontreray geométriquement :
cy- apres par le calcul .
Les deux Lunetes eftant ainfi
affemblées , deux axes ou rayons.
principaux des deux radiations
coniques du mefme point vifible:
de l'objet , chacune defquelles a.
pour baze l'ouverture de l'un des
deux verres objectifs , tomberont
à plomb fur les centres de leurs .
fuperficies ; & paffant auffi per..
pendiculairement par les centress
Mij,
140
Extraordinairede
tous les autres verres qui compofent
les deux Lunettes , comme
auffi par les centres des dioptres.
ou ouvertures rondes qui font au
fonds de chaque boëre de recouvrement
des Oculaires des
deux Lunettes , pafferont auffi
perpendiculairement par les centres
de l'ouverture des deux pru
nelles & de l'humeur criftallin
des deux yeux ; & ainfi fans avoir.
fouffert aucune refraction , ces
deux axes ou rayons principaux :
des deux radiations d'un mefme
point viſible de l'objet , arriveront
au milieu du fonds de la
Retine des deux yeux . Par conféquent
ce point principal de
l'objet eftant peint fur les deux
Retines , & en femblables endroits
, fi les deux yeux font éga
du Mercure Galànt. 140
ment bien conformés , il fera
veu tres - diftinctement ; car comme
dit l'Arabe ALHAZEN au
troifiéme Livre de fon Optique ,
au Titre du Numero 15. page 85
Vifibile in Axium Opticorum concurfu
certiffimè videtur ; extra tantò certius
, quantò concurfui fucrit propinquius.
Car les autres points de
P'objet , par les pointes de leurs
pinceaux optiques renverfez , le
peignent en des femblables lieux
fur les deux Retines , tout- autour
du point principal de l'objet auquel
fe termine & aboutit le con
cours des deux axes optiques, on
ne verra par conféquent qu'un
objet total par le Binocle aini
difpofé , mais eftant veu en même
temps des deux yeux , l'objet
total paroistra beaucoup plus
J
14.2
Extraordinaire
clairement & plus grand , que
lors qu'on ne le regarde que d'un
ocil avec une des deux Lunettes;.
ce que M' Hubin , Emailleur du
Roy , & fi connu de tous les fçavans
Curicux de l'Europe , & par
l'excellence de fes Barométres ,
Poftiches , & par fon adreffe incomparable
, accompagnée de
folides raifonnemens , lors qu'il
montre gratuitement & publi
quement mille expériences qu'il
fait avec la Machine vulgaire
ment appellée du Vüide , pour
demontrer la pefanteur de l'air ,
reconnut d'abord par expérience
au mois de Juin 1681. eftant chez
le S Querreau , le merveilleux
effet du Binocle de fix à fept pou
ces de longueur , que CHOREZ
avoit fait en l'année 1625, monté.
ว
du Mercure Galant. 143
1
en argent . Il appartient à Monfieur
de Monmaur , de qui je
l'avois par emprunt, pour le faire
voir aux Curieux , car M' Hubin
l'ajufta d'abord à la diftance de
fes deux prunelles.
La raifon pour laquelle regar-.
dant des deux yeux un meſme
objet , on n'en voit qu'un , eft
par ce que chaque oeil repréfente
cet objet en un mefme
lieu . Les doctes Anciens ALHA…
ZEN & VITELLON , creurent
que le concours des deux
Nerfs optiques , eftoit le fiege de
la vifion ; mais bien que ces deux
Nerfs s'uniffent , ils ne compo-
#fent pas en tous les Hommes un
mefme Nerf , outre que Aquillonius
affeure avoir connu un
Homme lequel ne s'eftoit jamais
544
Extraordinaire "
plaint de voir les objets doubles,
bien qu'apres fa mort on ait trouvé
que ces deux Nerfs optiques
ne concouroient pas enfemble.
Jay connu particulierement il y a
vingt ans Monfieur le Chevalier
de Freze , prés de Bourbon-
Lanci , à qui , dans fes deux der
nieres années , à l'âge de 48 ans,
ou environ , furvint une maladie
qui le fit voir tous les objets dou
bles, tellement qu'il eftoit obligé,
eftant à pied ou à cheval , de
fermer un des deux yeux.
Dans l'Hiftoire de la Societé
Royale de Londres , établic pour l' Enrichiffement
de la Science naturelle,
écrite en Anglois par Thomas
Sprat , & traduite en François ,
& imprimée à Genéve l'an 1669
dans l'Enumération des Inftru
mens
du Mercure Galand, 145
mens de la Societé , il fait mention
de leur TELESCOPE DOVBLE.
C'eſt dans la page 307.
Voyons maintenant tout le
miftere de la facile Conftruction .
des Binocles, tant Telescopiques
que Microſcopiqués , & commençons
par Daniel Chorez qui les
inventa & exécuta heureuſement
, & les publia en 1625. par
une Feüille imprimée , que j'eus
en 1681. de la liberalité du tout
fçavant Monfieur Juftel , Secretaire
du Roy , fi regretté en
France , & qui voulut bien écrire
de fa main tout au haut, ces termes
, Ex chartis Henrici Fußtelli,
avec fa Paraphe , pour me fervir.
contre l'Autheur de la Vifion
Parfaite de 1681. lequel dans la
page 195. en veritable Habitant
Q. de Janvier 1685. N
146
Extraordinaire
de Candie , que S. Paul dans fon
Epître à Titus, chapitre 1. verf.12.
appelle Cretenfes , femper M. M. B.
V. P. impofant à M' Borely de
l'Académie Royale des Scien
Aces , & à tous les Lecteurs du
Livre de la Vifion Parfaite , y
avoit publié que dans l'Imprimé
de Chores , j'y avois ajoûté une
Dédicatoire au Roy , & que j'en
avois augmenté le Difcours de
plus de la moitié. Voicy donc
la Coppie de l'Original que j'en
eus de M' Juftel , que l'Autheur
des Vifions fut contraint de reconnoiftre
veritable par fa Lettre
de fatisfaction du 11. Juin
1681. imitant en cela Saint Auguftin
, qui au Prologue de fes
Retractations , dit , Si quis dicit,
non ca debuiffe à me dici , qua poftea
DE
LA
NOAT
BLIO
THERE
VILLE
1893
asA
}
7
P
1
2
DC
-E
3
da du Mercure Galant. 147
mihi etiam difplicent , verum dicit
, &c.
LES ADMIRABLES
Lunettes d'approche reduites
en petit Volume , avec leur
vray Ufage & leurs Utilitez
préférables aux grandes , & le
moyen de les accommoder à
l'endroit des deux yeux , ainfi
qu'elles font repreſentées
par les Figures fuivantes. De.
dié au Roy , l'an 1625. Pár
D. CHOREZ.
AU ROY ,
SIRE
.
Ily a prés de cinq ans que j'eus
bonneur de présenter à Voftre Ma-
7
Nij
$48 Extraordinaire
jefté les prémices de mon travail , en
ce qui eft communement appellé Lunettes
d'approche ; & voyant que
Voftre Majesté en avoit fait cas,
encore qu'elles ne fuffent dans la perfection
qu'elles font à present : jay
crú eftre obligé doublement à luy dédier
ce que j'ay depuis obfervé estre
neceffaire pour jour du plaifir que
l'on enpeut recevoir , les ayant mifes
en pratique telles que leurs Figures les
repréfentent cy- deffous. J'efpere que
Voftre Majesté ne dédaignera pas de
voir la preuve de ce qui eft propofe de
leur vray usage , par celuy qui eft ,
Son tres humble , & tresobeïffant
Serviteur &
Sujet, D. CHOREZ .
La Figure eft icy dans l'Imprimé, Original
de Chorez.
du Mercure Galant. 149
1
L
Es Lunettes d'approche
font ainfi appellées à cauſe
de leurs effets , parce que les Objets
veus par icelles paroiffent
fort proches , encore qu'ils foient
fort éloignez . Cela procede de
la forme des Verres , & de leur
netteté & fituation , & de l'éloignement
qui eft entre eux . L'un
d'iceux eft convexe , ou boffu ,
comme il eft figuré fous A. L'autre
en concave, ou creufé, comme
il eft figuré fous B. Le Tuyau
dans lequel font enchaffez ces
Verres , eft fait ordinairement
de deux pieces , dont l'une peut
couler dans l'autre , comme il eft
figuré fous I , afin qu'on le puiffe
alonger ou accourcir autant qu'il
eft befoin pour fervir à diverfe
forte de veuë , & pour voir à di
N iij
Extraordinaire
›
verfes diſtances ; & fon point de
rencontre qui eft marqué fous la
piece de dedans à l'endroit de C,
dénote la longueur qu'il doit
avoir pour ceux qui ont la veuë
ordinaire quand l'Objet qu'il
faut voir eft éloigné plus de cent
pas , foit de mil ou dix mil , ou
cent mil pas & au deffus . Mais
pour voir les Objets proches , il
faut alonger le Tuyau jufqu'à ce
qu'on rencontre la longueur qui
eft requiſe pour y voir le mieux .
Si c'elt pour voir de dix pas loin ,
il faut alonger d'environ l'épaif
feur d'un Tefton ; & pour voir de
fix pas , il faut alonger de l'épaiffeur
de trois Teftons ; & ainfi tant
plus l'Objet eft proche , tant plus
il faut alonger le Tuyau , & ainu
L'Objet apparoift tant plus gros,
du Mercure Galant. isi
4
Comme cela un Ciron apparoift
auffi gros qu'un Pois , en forte
qu'on difcerne fa tefte , fes pieds
& fon poil , chofe qui fembloit
fabuleuse à plufieurs auparavant
l'avoir veuë avec admiration,
quoy que l'experience n'en foit
pas beaucoup difficile à qui en
voudra prendre le loifir. Quant
aux Perfonnes qui ont la veuč
courte de leur naturel , il faut
accourcir le Tuyau jufques à ce
qu'ils rencontrent de quelle lonils
gueur ils
voyent le mieux : Mais
il le faut alonger pour ceux qui
ont des tayes aux yeux , ou quelque
autre accident , ou qui font
à l'extréme vieilleffe , & obſerver
de quelle longueur il leur faut
pour leur ufage. Si on veut lirede
loin à la clarté de la Chandelle,
N iiij
152
Extraordinaire
il faut que la Chandelle foit le
plus prés qu'on peut de ce qu'on
veut lire , & fi la Lunette eft pofée
fixement , on voit bien mieux
que quand on la tient à la main,
à caufe qu'il y a toûjours du
tremblement. Les plus grandes
Lunettes font voir les Objets plus
gros que ne font les petites
( moyennant qu'elles foient faites
avec la perfection requiſe ; ) &
partant on voit plus loin par la
premiere 1. que par la feconde 2.
& encore moins par la troifiéme
3. Mais les plus petites font voirplus
large efpace que les grandes,
& l'objet qu'on defire voir eft
plus aifé à trouver par les petites
que par les grandes , qui eft une
utilité préferée , au moins par
ceux qui font incommodez de la
du Mercure Galant.
153
veuë , & qui ne fe foucient pas
tant de voir fort loin , que d'eftre
foulagez pour voir moyennement
loin.
L'experience fait connoiftre
qu'on voit beaucoup mieux avec
deux Lunettes , qu'avec une ; car
les Objets paroiflent plus gros &
plus prés . La quatriéme Figure
quieft marquée 4. montre comme
l'on les peut accommoder à
l'endroit des deux yeux , les faifant
pafferau travers d'une Lame
de métail , ou autre matiere reprefentée
par L, dans laquelle eft
renfermée la petite Platine P,
qui fert à porter la Lunette M ,
qui eft mobile , pour la pouvoir
approcher ou éloigner de la Lu
nette F , qui eft fixe , par le moyen
de la Vis D , qui eft retenue en
154
Extraordinaire
ladite Platine. Ces deux Lunettes
doivent eftre paralleles entr'elles
pour un Objet éloigné de plus de
cent pas, tant loin puiffe - t - il étre;
mais pour voir un Objet proche ,
elles doivent faire angle à iceluy
Objet , dont la baze eſt l'eſpace
qui eft entre les deux yeux de
celuy qui le regarde.par icelles.
Si elles ne font bien accommodées
, on voit deux objets pour
un , mais cela ne fait pas de beau.
coup fibien qu'il doit ; partant if
y faut remedier , foit en dégauchiffant
les Tuyaux , ou en les
approchant ou éloignant l'un de
l'autre,ainfi qu'il eft requis . Toutes
les Operations précedentes fe
font plus aifément quand les Lu.
nettes font arreftées fermement
droit aux Objets qu'on voit ; c'eft.
j
1
du Mercure Galant.
ISS
pourquoy j'ay préſenté le moyen
de les planter fur un Bâton , ou
autre chofe propre à les foûtenir
par le moyen des Vis G & H, qui
portent Charniere , ou petite
Boule enchaffée & mobile , pour
porter lefdites Lunettes , de forte
qu'on les puiffe incliner où il fera
requis. Mais il faut obferver foigneufement
de tenir les Verres les
plus nets qu'il eft poffible ; & fi
on les a touchez du doigt , ou
pouffé l'haleine deffus , on les doit
effuyer avec un linge blanc & net;
& fi on les ofte du Tuyau , il faut
remettre le cofté convexe du
grand Verre en dehors, car autrement
il faudroit alonger le Tuyau
de l'épaiffeur dudit Verre , outre
fon point marqué en C. Il n'importe
pas tant du petit , car la re156
Extraordinaire
fraction fe fait à fort peu prés du
milieu , encore qu'il ne foit creux
que d'un cofté , lequel on doit
mettre dehors.
Lefdites Lunettes , avec leur vray
Ufage & Figures, fe vendent chez l'Autheur
, à Paris , en l'Ifle Noftre- Dame,
à l'Enfeigne du Compas .
On donnera la fuite du Traité des
Lunctes, dans les Extraordinairesfuivans
du Mercure Galant.
DU TRAITE
DES LUNETES,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE
Par M² Comiers , d'Ambrun, Profeffeur
des Mathematiques à Paris.
NOU
Ous avons demontré dans
lesTraitez précedens, comment
la Baze du cone des rayons
de la Radiation particuliere émanée
de chaque point de l'objet,
eftant entrée dans l'oeil par l'ouverture
de la prunelle , & penétré
jufques fur l'humeur Chriftallin :
du Mercure Galant. 107
qui eft convexe des deux coftez,
les rayons de la Radiation de
chaque point de l'objet , forment
, par la réfraction qu'ils
fouffrent en penétrant le Criftallin
, leur cone renverfé , ou
pinceau optique , la pointe du
quel fe terminant fur la Retine ,,
y forme l'image de fon point de
L'objet , & tous ces pinceaux optiques
, dont le nombre eft égal
au nombre des points vifibles de
la furface de l'objet , y forment
l'image entiere de l'objet , mais .
renverfée .
Nous avons demontré l'effet :
des verres des Bezicles , tant conconcaves
pour l'ufage des Miopes
ou courtes veues qui ne peuvent
voir diftinctement que des
objets fort proches , que des con108
Extraordinaire
vexes , pour l'ufage des Presbi
tes , Vieillards , & autres qui ont
la veuë longue , & ne peuvent
voir bien diftinctement que les
objets notablement éloignez .
Nous avons donné la Con
ftruction de toutes les efpeces de
Teleſcopes ou Lunetes de longue
veuë , & tout ce qui les concerne.
Nous avons demontré. que leur
effet confifte à faire voir les ob
jets qui font tres éloignez comme
ils feroient veus eſtant à la portée
de la veuë naturelle , c'eft
à dire que par la veuë artificielle
que produifent les Lunetes , lesobjets
nous doivent paroistre fort
grands , fort diftinctement , &
bien éclairez .
Nous avons démontré que
L'augmentation de l'image arti
du Mercure Galant. 109
Acielle de l'objet , formée fur la
Retine par le moyen des verres
qui compofent la Lunete , procede
de ce que les deux axes des
deux cones des radiations émanées
des deux points extrémes
du diamétre de l'objet , fe croifent
beaucoup plûtoft au derriere
de l'humeur criſtallin , & forment
un plus grand angle ; & que ce
point d'interfection eftant plus
éloigné de la Retine , y forme
par conféquent une plus grande
baze ou peinture du diamétre de
l'objet.
Nous avons demontré que la
vifion diftincte qui eft la perception
diſtincte de cette image de
l'objet peinte fur la Retine , dépend
de la diftinction de cette
image artificicielle , & qu'elle
ILO Extraordinaire
dépend de la bonté de la matiere
des verres , & de la bonté
de leur travail , de leur jufte ouverture
, de leur proportion mutuelle
, de leur pofition bien pa-.
ralle & centrale , & en deuë diftance
dans un tuyau tres - large ,
noircy mat en dedans , & garny
de plufieurs diafragmes de metme.
J'ay dit que l'apparence di- .
ftincte de l'objet dépend de la
proportion du Verre Objectif au
Verre Oculaire , car fi la raifon
de l'objectif à fon oculaire eft
trop grande , l'apparence artificielle
de l'objet augmentée exceffivement,
ne peut eftre diftinte
, par ce que les rayons de
l'image aërienne de l'objet qui fe
forme renversée dans le Tuyau
tombant trop inclinez fur les
du Mercure Galant. I
bords de l'oculaire trop convexe,
leur refraction ne peut eftre réguliere,
c'eft pourquoy ces rayons
femeflant fur la Retine avec ceux
des autres points de l'objet , y
rendent l'image confuſe, & paroît
colorée ; & en outre , à moins
que l'objet ne foit lumineux ou
fortement éclairé , l'apparence
ne peut eſtre bien claire ; car la
même quantité de rayons de la
radiation de chaque point de
l'objet ne fuffit pas pour peindre
fortement une fi grande image.
Enfin nous avons demontré,
que la clarté de l'apparence de
l'objet dépend de l'ouverture du
verre objectif , qui eft de beaucoup
plus grande que l'ouverture
de la prunelle de l'oeil , ainfi
l'ouverture du verre objectif reIT2
Extraordinaire
cevant plus grande quantité de
rayons de chaque point de l'ob.
jet , & les refferrant par les loix
de la Refraction en les rendant
convergens , en fait entrer autant
de fois plus dans l'oeil, que l'ouverture
du verre objectif contient
de fois l'ouverture de la
prunelle , qui n'a ordinairement
que 3 lignes de diamètre ; & vous
fçavez par la Propofition 2. du
XII. Livre d'Euclide , que les
Cercles font entr'eux en mefme
raifon que les Quarrez de leurs
Diamétres. C'est pourquoy connoiffant
le diamètre de l'ouver
ture du verre objectif , il eft fa.
cile d'en faire le Calcul. Il nous
refte à traiter
du Mercure Galant.
DES BINOCLES
Telescopiques, leur Ancienneté,
& leur facile Conftruction.
Da tout temps on a efté per
fuadé
par raifon
& par
experience
, que
la viſion
d'un
objet
veu
en melme
temps
par
les deux
yeux
également
bien
conformez
,
eft
beaucoup
plus
forte
que
lors
que
l'objet
n'eft
veu
que
d'un
oeil , & on voit
en mefme
temps
des
deux
yeux
parfaitement
&
diftinctement
un objet
à la portée
de la
veüe
, lors
que
les
deux
axes
concourent
en un feul
point
de
l'objet
.
-
Il y a fix cens ans que le fçavant
Arabe ALHAZEN , c'eft¹à¹
dire Bon Homme , en parloit dans »
Q. deJanvier 1685. K.
114
Extraordinaire
fon Tréfor Optique , imprimé à
Bafle en l'année 1572. Le 2. Cha
pitre du troifiéme Livre page 76 .
num . 2. porte ce Titre , Axes Pyramidum
Opticarum utriufque vifus,
per centrumforaminis vue a tranfeuntes
in uno vifibili puncto femper
concurrunt , & c. Le Numero 10 .
page 80. a pour Titre , Concurfus
Axium Opticorum in Axe communi
facit vifionem certiffimam : extrà,
tanto certiorem , quantò Axi propinquior
fuerit. Enfin le Numero 15.
page 85. a pour Titre , vifibile in
Axium Opticorum.concurfu certiffimè
videtur , extrà tantò certius , quantò
concurfui fuerit propinquius.
Vitellon Thuringo - Polonus, qui
vivoit en l'année 12.69 .. dans fon
Livre d'Optique , imprimé à Bafle
en l'année 1572. au livre troifiéme
du Mercure Galant. is
Numero 32. page 100. a pour titre,
Neceffe eft Axes Pyramidum vifualum
amborum vifuum tranfeuntes
per centra foraminum vuea , femper
conjungi in une puncto fuperficiei
rei vifa . Le docte & R. P. Miller
Dechales,dansle deuxièmeTome
de fon Mundus Mathematicus , imprimé
à Lyon en l'année 1674.
dans la page 381. en la 30. Propofition
, avoit demontré que
Axes Optici concurrunt in unum
#demque objectum' ; & dans la Propofition
40. que Duo oculi commuiter
melius vident , quam unus
tantùm.
3
La demangeaifon d'écrire , &
de paroiftre fçavant , fit qu'en
l'année 1678. un grand Perfon.
nage croyant les Livres d'Albazen
& de Vitellon perdus , en voulut
Kij
116 Extraordinaire
publier quelque chofe comme du
fien , & pour nouveau , dans un
Livre tres bien imprimé , & qui
a pour titre , De Vifione Perfecta,
Live de amborum Vifionis Axium
Concurfu in eodem objecti puncto.
jvce
Puis que communement la vie.
naturelle d'un objet eft plus forte
eftant regardé des deux yeux , la
veüe artificielle d'un objet veu
des deux yeux à travers des Binocles
, fera auffi plus forte
que les Bezicles , qui font les fimples
Binocles qu'on met für le
nez , ont fait voir par expérience
depuis l'année 1285. qu'ils furent
inventez , comme j'ay demontré
dans la 247. page du XIX . Tome
du Mercure Etraordinaire..
du Mercure Galant. 117
Definition du Binocle Telesco
pique , ou de longue veie.
L
E Binocle Telescopique eft
ane cfpece de Bezicles compoice
de deux Lunetes de lomgue
veüe , d'égale force ou puiffance
, c'est à dire de dix pieds
au plus de Foyer Solaire , & de
mefme genre , car bien que les
deux verres objectifs foient de
melme longueur de Foyer , de
mefme matiere & bonté de tra
vail , fi le verre oculaire de l'une
des deux Luncres eftoit concave,
& l'oculaire de l'autre Lunete
eftoit convexe , on verroit l'objet
double , car la Lunete à oculaire
concave le feroit paroiftre en fa
firuation naturelle , & la Lunete
118 Extraordinaire
à oculaire convexe le feroit paroiftre
renverfé .
Ces deux Lunetes de meſme
genre & mefme proportion des
objectifs à leurs oculaires , doivent
eftre affemblées dans un
Tuyau ou Etuy parallelipipede
rectangle , en forte que deuxrayons
partant d'un mefme point
de l'objet , tombent perpendicu
lairement fur le centre des verres
, afin qu'ils les penétrent,,
comme auffi la prunelle & Phumeur
criftallin des deux yeux du
Regardant, & arivent fur lesReti
nes fans avoir fouffert aucune rerefraction
. Ainfi ces deux rayons
formeront un triangle Ifofcelle ,
dont la Baze eft la diftance comprife
entre les centres des deux
prunelles , & le fommet du triandu
Mercure Galant.
119 :
gle eft au point principal de l'objet
veu par le Binocle .
L'Autheur de fes Vifions Par-.
faites m'accufe de n'avoir pas fceu
definir le Binocle dans le Journal
des Sçavans du Lundy 20. Decembre
1677. & dit en parlant
Phoebus dans la 397. page de fa
Csntiquité des Corps , de l'année
1679. que Le Binocle est un affem .
blage de deux Oculaires Dioptriques
de mefme cfpece & d'égale puiffance,
MONTEZ SUR L'ANGLE DES
DEUX AXES DE LA VISION.
La Nature a fourny elle -mefme
des Binocles naturels aux Limaçons
& aux Ecreviffes de mer.
Petrus Berellus , dans la feconde
Partie de fon Livre De vero Telefcopii
inventore , imprimé à la
Haye en l'an 1655. apres avoir
120 Extraordinaire
enfeigné dans la page 22. l'oculin
Aftropicus Binoculis , &c. & dans
la page 23. De confectione Tubi Binoculi
, a donné dans la troifiéme
Partie de fon Livre , en la XC .
Obfervation Microfcopique De
Limacibus , la defcription des Binocles
naturels . Voicy fes termes,
Dentes acerrimos non folùm in Li
macibus effe ; fed quod mirum esty
& nullo alio forfan à natura animali
conceffum , oculos habent in cornibus,
& videbis nigrum eorum ab inferiori
cornuum parte , feu à cerebro ad corum
apices afcendere , cùm moveri
cupiunt , & greffum fuum dirigere
quò oculi convertuntur , &c. Cancri
Marini oculos bibent etiam in cornibus
feu tubis quibufdam duris , ubi
forfan codem pacto recurrunt. ·
ĽAvantages
du Mercure Galant. 127
A
L'Avantage des Binocles Telefcopiques
fur les Teleſcopes
Simples , & leur Ancienneté.
T
Out l'avantage qu'on peut
tirer de l'affemblage des
deux Lunetes de mefme efpece,
longueur,force & puiffance , confifte
à faire voir du moins auffi
clairement & fortement les ob .
jets terreftres , qu'avec une feule
Lunete deux fois plus longue.
Daniel Chorez, ce fçavant Dioptricien
Artiſte , en l'année 1625.
dans fon Imprimé in Folio , qui
a pour Titre , Les Admirables Lunetes
d'Approche réduites en petit volume
, avec leur vray usage, & leurs
utilitez préferables aux Grandes , &
le moyen de les ajuster à l'endroit des
2. deJanvier 1685 .
L
122 Extraordinaire
deux yeux , parle en ces termies
dans la 20. ligne . L'expériencefait .
connoiftre qu'on voit beaucoup mieux
avec deux Lunetes qu'avec une , car
les objets paroiffent plus gros & plus
prés. L'Autheur de la Veüe Dif
tincte de 1681. dit dans la page
195. qu'ayant préſenté à M¹ de Monmaur
Maistre des Requeftes , un Exemplaire
du premier Volume de cet Ouvrage,
dans lequelj'ay donné, dit- il ,
l'invention du Binocle , il me dit
quil croyoit en avoir déja quelque.
Ecrit du nommé Chorez . Mais ce
moderne Inventeur des vieux Binocles
, ne voulut pas voir cet
Imprimé , ny le Binocle monté
d'argent , & travaillé par Chorez,
Le R. P. Anthonius - Maria de
Rheita , dans fon Livre in Folio,
intitulé Oculus Enoch & Elia , imdu
Mercure Galant.
123
0,
1-
!
primé dans Anvers en 1645. page
356, au Titre Oculus Aftropicus Binooulus
, dit , Hujus Oculi Enech &
Elia Binoculum Telescopium , quòd
ejus ope admagnalia , etfi remotiffimè
à nobis in Calo elongata , non amplius
femi- caco , fed novo modo ambobus
oculis quafi prafentiafpectanda
inducamur , inflruamurque . Et dans
la page 355. Tali profectò Binoculo
Tubo à nobis confecto, objecta duplo,
triplò , imo quadruplò majora , lucidiora
atque clariora confpeximus,
quàm per Tubum Monoculum ; &
certè nifi ipfimet experti fuiffemus
qua fcribimus , utique fcribere puderet
, qua ad praxim redacta non
fubfifterent.
Le fçavant , curieux & R. P.
Gafpar Schott, dans le premier Tome
de fon Magia Univerfalis Na-
Lij
424
Extraordinaire
A
tura & Artis , imprimé en l'année
1657. fait dans le X. Livre le
Titre du fecond Chapitre en ces
termes , De Teleſcopii Aftronomici,
tam Monoculi , quàm Binoculi , Origine
, ejufque Auctore. Et dans les
pages 494. & 495. parle en ces
termes, Anthonius- Maria de Rheita,
vir aquè Religiofus ac doctus, mihique
familiariter notus , neque Monoculo
Tubo contentus , fed alterumfocium
conjunxit, & quidem feliciffima
aufu , feliciorique fucceffu , ut mecum
fateri coguntur quotquot ejus rei experimentum
fumpferunt. Talis quippe
inter hunc & priorem est differentia,
qualis effe communiterfolet inter Monoculum
& Binoculum hominem . Ex
perimentumfeci in Tubo Binoculo ab
ipfo Auctore elaborato . Et dans la
page 496. vous trouverez ces terdu
Mercure Galant. 125
mes. Foannes Vvifel , Augufta Vindelicorum
inftructus à Reyta , facit
Tubos tam Monoculos quàm Binocu
los . Carle P. de Reyta , ajoûte-t- il ,
non tantùm in ea arte excellit , eamque
fcriptis tradidit , fed alios etiam
inftruxit ; & cùm humaniffimusfit,
fine invidia non paucis fua communicavit.
Le R. P. Millet Dechales , dans
le 2. Tome de fon Mundus Mathematicus
, imprimé à Lyon en l'année
1674 au Theoréme TELESCOPIUM
BINOCULUM , page 672.
parle en ces termes . Mirum est
quantumjuvetur vifio, præcipuè verò
adjudicandum de objects ' Diftantia,
& confequenter de Magnitudine à
geminis oculis...... Fiant igitur duo
Teleſcopia omnimodò fimilia , quæ
conjungantur ita ut fim fibi invicem
Liij
126 Extraordinaire
parallela. Je demontreray ailleurs ,
que les deux Binocles de longue
veuë doivent eftre phyfiquement
paralleles , & qu'il n'y a point
d'Inftrument qui puiffe marquer
la diférence entre la diftance des
centres des deux verres objectifs ,
& celle des centres des deux ver
res oculaires. Expertus fum ( c'eſt
le P. Dechales qui continuë ) in
Telescopio Binoculo duorum pedum,
cerium est , diftinctius incompa
rabiliter& majus , & vicinius apparere
; & quod mirum est , non duo
Telefcopii gemina foramina videban
tur , fed unicum . Il ajoûte encore
ces termes, Pater Reyta infigne Telefcopium
Binoculum circumferebat....
Erat autem decem circiter palmorum
ejus longitudo.... Referunt autem Lunam
hoc tubo in magnitudinem prodigiofam
excreviffe.
du Mercure Galant. 127
la
Nonobftant tous ces authen
tiques témoignages de l'ancienneté
des Binocles , & de la bonté
de ceux du R. P. De Rheyta Capucin
Alleman,un fameuxAdiop .
tricien a dit en l'année 1677. dans
47. page de fa Viſion Parfaite,
que le Pere Rheita fe contentoit de
faire voir avec fon Binocle tellement
quellement des deux yeux quelques
objets du Ciel , comme la Lune , par
une feule inverfion d'efpece . Lemef
me Autheur Ageométre , dans
fon mefme Livre latinifé en l'année
1678. parle en ces termes dans
la 47. page. P. Rheita rudi atque
fine arte mechanica quatuor vitra,
ambo videlicet objectiva ; & ambo
immediata convexa , vel concava,
in ambo tuki oblongi extrema , nullo
abfque regulari horum vitrorum motu
Liiij
#28 Extraordinaire
aut fitu , palpando difponere fuerat
contentus ; qui quali quali modo binis
aculis ( Terreftria , ajoûte- t - il , nequaquam
objecta ) fed Lunam dumtaxat
confpiciendam præberet.
Quand il y auroit quelque
chole de veritable en tant d'Alleguez
de l'Autheur des Viſions ,
& quand mefme le tout feroit.
vray , le P. Rheita auroit du moins
avec fon Binocle fait voir en l'année
1645. la Lune & quelques
autres objets du Ciel quali quali
modo binis oculis . Cela eftant avoué
& reconnu par luy mefme, dans
quel fens en l'année 1679. a t ik
ofé dire dans la 401. page de
fa Contiquité des Corps , Que le
Binocle n'eftoit nullement connu, bien
loin d'eftre en ufage avant l'impref
fron de la Vifion Parfaite de l'année
du Mercure Galant.
129
les
1677.comment a- t-il pû dire dans
pages 190. & 191. defa Vifion
Parfaite de l'année 1681. Quc toutes
les Nations Etrangeres n'ont jamais
pu faire de Binocle, n'y en ayant ,
ajoûte- t - il, jamais paru aucun, jufques
à l'impreffion de mon Livre de
la Vision Parfaite , imprimé en l'année
1677. dans lequel j'en ay donné
l'invention ? Comment a t- il pû
écrire dans la 411. page du même
Livre , les termes fuivants. CHORES
& le P. RHEYTA ont tenté le
Binocle , je n'en fais aucun doute,
mais aucun n'y avoit reüfly avant
moy ; par conféquent aucun n'a inventé
le Binocle avant moy. Pourquoy
avoit-il dit eftre l'Inventeur
de la penfée mefme de faire
des Binocles . Voicy fes propres
termes , dans la premiere page de
130
Extraordinaire
la Préface de fa Vifion Parfaite
de l'année 1677. F'avois dés longtemps
médité & trouvé la maniere
pour diminuer la longueur de l'oculaire
Dioptrique , par NOSTRE
OCULAIRE , qui fait voir l'objet
des deuxyeux conjointement. Eftoitce
avant CHORES qui l'inventa
& pratiqua heureufement , & le
publia en l'année 1625 ; ou avant
le P. RHEITA, qui les fit admi.
rer à tous les Sçavans , & en écrivit
tres doctement en l'année-
1645?
Où trouvera- t-il que la Ma
chine du P. Rheita eftoit une rude-
Mécanique fans art ? Nous demontrerons
le contraire . Com
ment pourra-t-il impofer à dix
mille Curieux ce qu'il dit , que
le Binócle du P. Rheita Terreftria
du Mercure Galant. BI
nequaquam objecta,fed Lunam dumtaxat
confpiciendam
præberet. Puis
que ces mille Curieux ont auffi
veu les objets terreftres avec le
Binocle du P. Rheyta .
Monfieur de Caffini, ce celébre
& heureux Efpion des Aftres , &
l'un des Aſtronomes du Roy , m'a
autrefois affuré , qu'eſtant à Ravenne
en 1657. il avoit veu & admiré
avec le Binocle du P. de
Rheyta , la prunelle de l'oeil d'un
Pigeon qui eftoit fur un Colombier
fort éloigné . Mille bons Religieux
Capucins , dans les Convents
d'Allemagne , d'Italie , de
Paris , & de Lyon , portent fincere
témoignage de la bonté des
Binocles du P. Rheyta , avec lef
quels ils voyent les Objets Terreftres.
F32
Extraordinaire
Monfieur de Regnaud , ce fça
vant Philofophe Mathematicien,
fuffit entre mille autres Perfonnes
de mérite de laVille de Lyon,
pour témoigner qu'au mois dé
Juillet 1654 le R. P. de Rheyta,
Togé au Grand Convent des Capucins,
faifoit voir tres - diftinctement
& lire à tous les Curieux
l'Ecriteau qui eft en Lettres d'or
au Frontispice de l'Eglife S. Nizier.
Mon témoignage feroit fufpect
à l'Autheur des Vifions , puis
que dans les 196. & 198. pages.
de fes Vilions de 1681. il a dit
qu'à préfent je ne puis juger de
la bonté des Binocles , n'ayant
pas les deux yeux également bons
depuis l'année 1666. par l'effer,
comme il avoue dans la Table
des Matieres du mefme Livre aut
du Mercure Galant.
133.
penultiéme article de la Lettre N,
de l'IRA Kabale Toxicantoria. Il
ne laiffe pas de fe fouvenir que
pour corriger & rectifier ſon Teleſgraphe,
Oculus fui Cace , comme
dit Job au chap . XXIX . verf. 15.
Je n'ay pas oublié que toute
l'Italie difoit autrefois , Plus unum
Federicum uno oculo videre , quàm
Cateros omnes Principes duobus. Socios
habeo Horatios , Annibales , Sertorios.
Alii non femper virtatis fue
infignia fecum ferunt , fed haftas,
Torques , Coronas domi relinquunt.
Ego verò rei militaris pro falute Patrie
infummo , & omnibus bonis civilibus
periculo tremendo , infignia
mecum affiduè porto , cofdemque &
virtutis mea& fortuna habcofocios.
Le fameux Autheur Adioptricien
mépriſe à tort le Binocle du
134
Extraordinaire
-
P. Rheyta dans l'endroit fufcotté,
parce que ces deux Lunetes n'étant
compofées chacune que de
deux verres convexes , faifoient
voir les objets du Ciel comme la Lune
par unefeule inverfion d'efpeces puis
que luy mefme dans le mefme
Livre de fes Viſions Parfaites
de 1677 , dit dans la page 140.
Que l'Oculaire de deux convexes
peut fort bien fervir pour l'obferva.
tion des Aftres , eftant indiférent qu'il
les repréfente droits ou renverfez,
puis qu'ils font ronds , avoit - il oublié
ce qu'il avoit appris d'un Aftronome
, & inferé dans fa Dioptrique
de 1671. en la page 284.
L'oculaire duquel on fe fertpour l'obfervation
des Aftres , ne doit eftre
composé que de deux verres feulement.
Je m'étonne bien davandu
Mercure Galant,
135
tage de ce que dans une mefme
page de faViſion Parfaite de 1681.
il fe contrediſe luy- mefme. C'eſt
dans la 23. page . Il dit que l'oculaire
qui doit eftre appliqué aux Inftrumenspour
obferverfimplement les
objets du Ciel, fuffit qu'il foit conftrait
d'un bon objectif & d'un feul
verre immédiat à l'oeil , afin qu'il
venverfe nettement l'efpere, cela eftant
indiferent pour cette forte d'objets,
de la rondeur defquets on obferve,
à ce qu'il dit , feulement le centre,
comme le milieu de l'Aftre. Et en
la marge , il dit, L'Oculaire qui fert
à voir ou regarder lafigure des objets
du Ciel, doit redreffer l'espece par deux
inverfions. Cet Autheur est tout
particulier, il fait marcher enfemble
le ovr & le NON fur un même
fait. Jugez par là de fa grande
capacité dans les chofes difficiles.
136
Extraordinaire
LA FACILE
CONSTRUCTION
DES BINOCLES TELESCOPIQUES
ET MICROSCOPIQUES .
LA
la
'Autheur des Vifions Parfaites
de 1681. pour paffer pour
'Inventeur des Binocles , a voulu
perfuader aux Ouvriers , que
Conftruction des Binocles eftoit
fort miftérieufe . Cependant com.
me la verité échape quelquefois
à ceux qui la veulent étouffer,
on la trouve dans la page 192. en
en ces termes, conformes à ceux
de Chorez de l'année 1625. & du
R. P. De Rheita de l'année 1645-
Pour avoir un Binocle , il ne faut que
deux fimples Lunettes d'approche d'édu
Mercure Galant.
137
gale puissancefeulement, difpoféesfur
quelque plan , pour les appliquer conjointement
chacune à chacun oeil , &
ne voir par les deux enfemble qu'un
meſme objet
Pour mieux expliquer la Conftruction
des Binocles dont cet
Autheur n'a jamais travaillé les
verres , ny formé les Tuyaux ny
leur Etuy , le Sieur Querreau
Marchand Mirotier & Lunetier
luy ayant fait les premiers ; je
dis que la Conſtruction des Binocles
confifte à l'affemblage de
deux Lunetes en tout femblables ,
en forte qu'ayant appliqué les
deux centres des prunelles des
deux yeux tour- contre les centres
des fuperficies desverres oculaires
s'ils font concaves, ou aux centres ⚫
des ouvertures de trois lignes de
2. deJanvier 1685. M.
138 Extraordinaire
"
4 diamétre chacune , que portent
les boëtes de recouvrement des
Oculaires convexes , & lefquelles
ouvertures font un peu moins
éloignées des verres , que n'eſt la
longueur de leur Foyer folaire; en
forte, dis- je, qu'on ne voye qu'une
ouverture des deux tuyaux ,
& que le Soleil ne paroiffe pas
double.
Pour quoy obtenir , il faut que
les centres des ouvertures des
dioptres aufquelles on appliqne
les yeux , foient à la diftance l'un
de l'autre , égale à la diftance des
centres des prunelles , lors que
les yeux font naturellement contournez
pour bien voir le mefme
objet fans Binocle ; or cette diftance
entre les centres des deux
prunelles n'eft pas à tous la mef
du Mercure Galant. 139
me , bien qu'ordinairement pour
voir les objets éloignez , elle foit
d'environ deux pouces & demy.
Il faut encore que les deux :
axes des Lunetes aillent concou
rir en un meſme point de l'objet
, & fi l'objet eft fort éloigné,.
les Lunetes feront toûjours Phi
fiquement paralleles ; ce que je
demontreray geométriquement :
cy- apres par le calcul .
Les deux Lunetes eftant ainfi
affemblées , deux axes ou rayons.
principaux des deux radiations
coniques du mefme point vifible:
de l'objet , chacune defquelles a.
pour baze l'ouverture de l'un des
deux verres objectifs , tomberont
à plomb fur les centres de leurs .
fuperficies ; & paffant auffi per..
pendiculairement par les centress
Mij,
140
Extraordinairede
tous les autres verres qui compofent
les deux Lunettes , comme
auffi par les centres des dioptres.
ou ouvertures rondes qui font au
fonds de chaque boëre de recouvrement
des Oculaires des
deux Lunettes , pafferont auffi
perpendiculairement par les centres
de l'ouverture des deux pru
nelles & de l'humeur criftallin
des deux yeux ; & ainfi fans avoir.
fouffert aucune refraction , ces
deux axes ou rayons principaux :
des deux radiations d'un mefme
point viſible de l'objet , arriveront
au milieu du fonds de la
Retine des deux yeux . Par conféquent
ce point principal de
l'objet eftant peint fur les deux
Retines , & en femblables endroits
, fi les deux yeux font éga
du Mercure Galànt. 140
ment bien conformés , il fera
veu tres - diftinctement ; car comme
dit l'Arabe ALHAZEN au
troifiéme Livre de fon Optique ,
au Titre du Numero 15. page 85
Vifibile in Axium Opticorum concurfu
certiffimè videtur ; extra tantò certius
, quantò concurfui fucrit propinquius.
Car les autres points de
P'objet , par les pointes de leurs
pinceaux optiques renverfez , le
peignent en des femblables lieux
fur les deux Retines , tout- autour
du point principal de l'objet auquel
fe termine & aboutit le con
cours des deux axes optiques, on
ne verra par conféquent qu'un
objet total par le Binocle aini
difpofé , mais eftant veu en même
temps des deux yeux , l'objet
total paroistra beaucoup plus
J
14.2
Extraordinaire
clairement & plus grand , que
lors qu'on ne le regarde que d'un
ocil avec une des deux Lunettes;.
ce que M' Hubin , Emailleur du
Roy , & fi connu de tous les fçavans
Curicux de l'Europe , & par
l'excellence de fes Barométres ,
Poftiches , & par fon adreffe incomparable
, accompagnée de
folides raifonnemens , lors qu'il
montre gratuitement & publi
quement mille expériences qu'il
fait avec la Machine vulgaire
ment appellée du Vüide , pour
demontrer la pefanteur de l'air ,
reconnut d'abord par expérience
au mois de Juin 1681. eftant chez
le S Querreau , le merveilleux
effet du Binocle de fix à fept pou
ces de longueur , que CHOREZ
avoit fait en l'année 1625, monté.
ว
du Mercure Galant. 143
1
en argent . Il appartient à Monfieur
de Monmaur , de qui je
l'avois par emprunt, pour le faire
voir aux Curieux , car M' Hubin
l'ajufta d'abord à la diftance de
fes deux prunelles.
La raifon pour laquelle regar-.
dant des deux yeux un meſme
objet , on n'en voit qu'un , eft
par ce que chaque oeil repréfente
cet objet en un mefme
lieu . Les doctes Anciens ALHA…
ZEN & VITELLON , creurent
que le concours des deux
Nerfs optiques , eftoit le fiege de
la vifion ; mais bien que ces deux
Nerfs s'uniffent , ils ne compo-
#fent pas en tous les Hommes un
mefme Nerf , outre que Aquillonius
affeure avoir connu un
Homme lequel ne s'eftoit jamais
544
Extraordinaire "
plaint de voir les objets doubles,
bien qu'apres fa mort on ait trouvé
que ces deux Nerfs optiques
ne concouroient pas enfemble.
Jay connu particulierement il y a
vingt ans Monfieur le Chevalier
de Freze , prés de Bourbon-
Lanci , à qui , dans fes deux der
nieres années , à l'âge de 48 ans,
ou environ , furvint une maladie
qui le fit voir tous les objets dou
bles, tellement qu'il eftoit obligé,
eftant à pied ou à cheval , de
fermer un des deux yeux.
Dans l'Hiftoire de la Societé
Royale de Londres , établic pour l' Enrichiffement
de la Science naturelle,
écrite en Anglois par Thomas
Sprat , & traduite en François ,
& imprimée à Genéve l'an 1669
dans l'Enumération des Inftru
mens
du Mercure Galand, 145
mens de la Societé , il fait mention
de leur TELESCOPE DOVBLE.
C'eſt dans la page 307.
Voyons maintenant tout le
miftere de la facile Conftruction .
des Binocles, tant Telescopiques
que Microſcopiqués , & commençons
par Daniel Chorez qui les
inventa & exécuta heureuſement
, & les publia en 1625. par
une Feüille imprimée , que j'eus
en 1681. de la liberalité du tout
fçavant Monfieur Juftel , Secretaire
du Roy , fi regretté en
France , & qui voulut bien écrire
de fa main tout au haut, ces termes
, Ex chartis Henrici Fußtelli,
avec fa Paraphe , pour me fervir.
contre l'Autheur de la Vifion
Parfaite de 1681. lequel dans la
page 195. en veritable Habitant
Q. de Janvier 1685. N
146
Extraordinaire
de Candie , que S. Paul dans fon
Epître à Titus, chapitre 1. verf.12.
appelle Cretenfes , femper M. M. B.
V. P. impofant à M' Borely de
l'Académie Royale des Scien
Aces , & à tous les Lecteurs du
Livre de la Vifion Parfaite , y
avoit publié que dans l'Imprimé
de Chores , j'y avois ajoûté une
Dédicatoire au Roy , & que j'en
avois augmenté le Difcours de
plus de la moitié. Voicy donc
la Coppie de l'Original que j'en
eus de M' Juftel , que l'Autheur
des Vifions fut contraint de reconnoiftre
veritable par fa Lettre
de fatisfaction du 11. Juin
1681. imitant en cela Saint Auguftin
, qui au Prologue de fes
Retractations , dit , Si quis dicit,
non ca debuiffe à me dici , qua poftea
DE
LA
NOAT
BLIO
THERE
VILLE
1893
asA
}
7
P
1
2
DC
-E
3
da du Mercure Galant. 147
mihi etiam difplicent , verum dicit
, &c.
LES ADMIRABLES
Lunettes d'approche reduites
en petit Volume , avec leur
vray Ufage & leurs Utilitez
préférables aux grandes , & le
moyen de les accommoder à
l'endroit des deux yeux , ainfi
qu'elles font repreſentées
par les Figures fuivantes. De.
dié au Roy , l'an 1625. Pár
D. CHOREZ.
AU ROY ,
SIRE
.
Ily a prés de cinq ans que j'eus
bonneur de présenter à Voftre Ma-
7
Nij
$48 Extraordinaire
jefté les prémices de mon travail , en
ce qui eft communement appellé Lunettes
d'approche ; & voyant que
Voftre Majesté en avoit fait cas,
encore qu'elles ne fuffent dans la perfection
qu'elles font à present : jay
crú eftre obligé doublement à luy dédier
ce que j'ay depuis obfervé estre
neceffaire pour jour du plaifir que
l'on enpeut recevoir , les ayant mifes
en pratique telles que leurs Figures les
repréfentent cy- deffous. J'efpere que
Voftre Majesté ne dédaignera pas de
voir la preuve de ce qui eft propofe de
leur vray usage , par celuy qui eft ,
Son tres humble , & tresobeïffant
Serviteur &
Sujet, D. CHOREZ .
La Figure eft icy dans l'Imprimé, Original
de Chorez.
du Mercure Galant. 149
1
L
Es Lunettes d'approche
font ainfi appellées à cauſe
de leurs effets , parce que les Objets
veus par icelles paroiffent
fort proches , encore qu'ils foient
fort éloignez . Cela procede de
la forme des Verres , & de leur
netteté & fituation , & de l'éloignement
qui eft entre eux . L'un
d'iceux eft convexe , ou boffu ,
comme il eft figuré fous A. L'autre
en concave, ou creufé, comme
il eft figuré fous B. Le Tuyau
dans lequel font enchaffez ces
Verres , eft fait ordinairement
de deux pieces , dont l'une peut
couler dans l'autre , comme il eft
figuré fous I , afin qu'on le puiffe
alonger ou accourcir autant qu'il
eft befoin pour fervir à diverfe
forte de veuë , & pour voir à di
N iij
Extraordinaire
›
verfes diſtances ; & fon point de
rencontre qui eft marqué fous la
piece de dedans à l'endroit de C,
dénote la longueur qu'il doit
avoir pour ceux qui ont la veuë
ordinaire quand l'Objet qu'il
faut voir eft éloigné plus de cent
pas , foit de mil ou dix mil , ou
cent mil pas & au deffus . Mais
pour voir les Objets proches , il
faut alonger le Tuyau jufqu'à ce
qu'on rencontre la longueur qui
eft requiſe pour y voir le mieux .
Si c'elt pour voir de dix pas loin ,
il faut alonger d'environ l'épaif
feur d'un Tefton ; & pour voir de
fix pas , il faut alonger de l'épaiffeur
de trois Teftons ; & ainfi tant
plus l'Objet eft proche , tant plus
il faut alonger le Tuyau , & ainu
L'Objet apparoift tant plus gros,
du Mercure Galant. isi
4
Comme cela un Ciron apparoift
auffi gros qu'un Pois , en forte
qu'on difcerne fa tefte , fes pieds
& fon poil , chofe qui fembloit
fabuleuse à plufieurs auparavant
l'avoir veuë avec admiration,
quoy que l'experience n'en foit
pas beaucoup difficile à qui en
voudra prendre le loifir. Quant
aux Perfonnes qui ont la veuč
courte de leur naturel , il faut
accourcir le Tuyau jufques à ce
qu'ils rencontrent de quelle lonils
gueur ils
voyent le mieux : Mais
il le faut alonger pour ceux qui
ont des tayes aux yeux , ou quelque
autre accident , ou qui font
à l'extréme vieilleffe , & obſerver
de quelle longueur il leur faut
pour leur ufage. Si on veut lirede
loin à la clarté de la Chandelle,
N iiij
152
Extraordinaire
il faut que la Chandelle foit le
plus prés qu'on peut de ce qu'on
veut lire , & fi la Lunette eft pofée
fixement , on voit bien mieux
que quand on la tient à la main,
à caufe qu'il y a toûjours du
tremblement. Les plus grandes
Lunettes font voir les Objets plus
gros que ne font les petites
( moyennant qu'elles foient faites
avec la perfection requiſe ; ) &
partant on voit plus loin par la
premiere 1. que par la feconde 2.
& encore moins par la troifiéme
3. Mais les plus petites font voirplus
large efpace que les grandes,
& l'objet qu'on defire voir eft
plus aifé à trouver par les petites
que par les grandes , qui eft une
utilité préferée , au moins par
ceux qui font incommodez de la
du Mercure Galant.
153
veuë , & qui ne fe foucient pas
tant de voir fort loin , que d'eftre
foulagez pour voir moyennement
loin.
L'experience fait connoiftre
qu'on voit beaucoup mieux avec
deux Lunettes , qu'avec une ; car
les Objets paroiflent plus gros &
plus prés . La quatriéme Figure
quieft marquée 4. montre comme
l'on les peut accommoder à
l'endroit des deux yeux , les faifant
pafferau travers d'une Lame
de métail , ou autre matiere reprefentée
par L, dans laquelle eft
renfermée la petite Platine P,
qui fert à porter la Lunette M ,
qui eft mobile , pour la pouvoir
approcher ou éloigner de la Lu
nette F , qui eft fixe , par le moyen
de la Vis D , qui eft retenue en
154
Extraordinaire
ladite Platine. Ces deux Lunettes
doivent eftre paralleles entr'elles
pour un Objet éloigné de plus de
cent pas, tant loin puiffe - t - il étre;
mais pour voir un Objet proche ,
elles doivent faire angle à iceluy
Objet , dont la baze eſt l'eſpace
qui eft entre les deux yeux de
celuy qui le regarde.par icelles.
Si elles ne font bien accommodées
, on voit deux objets pour
un , mais cela ne fait pas de beau.
coup fibien qu'il doit ; partant if
y faut remedier , foit en dégauchiffant
les Tuyaux , ou en les
approchant ou éloignant l'un de
l'autre,ainfi qu'il eft requis . Toutes
les Operations précedentes fe
font plus aifément quand les Lu.
nettes font arreftées fermement
droit aux Objets qu'on voit ; c'eft.
j
1
du Mercure Galant.
ISS
pourquoy j'ay préſenté le moyen
de les planter fur un Bâton , ou
autre chofe propre à les foûtenir
par le moyen des Vis G & H, qui
portent Charniere , ou petite
Boule enchaffée & mobile , pour
porter lefdites Lunettes , de forte
qu'on les puiffe incliner où il fera
requis. Mais il faut obferver foigneufement
de tenir les Verres les
plus nets qu'il eft poffible ; & fi
on les a touchez du doigt , ou
pouffé l'haleine deffus , on les doit
effuyer avec un linge blanc & net;
& fi on les ofte du Tuyau , il faut
remettre le cofté convexe du
grand Verre en dehors, car autrement
il faudroit alonger le Tuyau
de l'épaiffeur dudit Verre , outre
fon point marqué en C. Il n'importe
pas tant du petit , car la re156
Extraordinaire
fraction fe fait à fort peu prés du
milieu , encore qu'il ne foit creux
que d'un cofté , lequel on doit
mettre dehors.
Lefdites Lunettes , avec leur vray
Ufage & Figures, fe vendent chez l'Autheur
, à Paris , en l'Ifle Noftre- Dame,
à l'Enfeigne du Compas .
On donnera la fuite du Traité des
Lunctes, dans les Extraordinairesfuivans
du Mercure Galant.
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Résumé : NEUVIÉME PARTIE DU TRAITÉ DES LUNETES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr Comiers, d'Ambrun, Professeur des Mathematiques à Paris.
M. Comiers d'Ambrun, professeur de mathématiques à Paris, explique dans un traité dédié au Duc de Bourgogne le fonctionnement des lunettes et des télescopes. Il décrit comment les rayons lumineux provenant d'un objet pénètrent dans l'œil et forment une image sur la rétine. Les verres correcteurs permettent de corriger la myopie et la presbytie. Les télescopes augmentent la taille et la clarté des images des objets éloignés. La qualité de la vision dépend de la précision des verres, de leur ouverture et de leur position. La vision binoculaire est plus efficace que la vision monoculaire. Les binocles télescopiques, composés de deux lunettes de même puissance, offrent une vision plus claire et distincte. Le texte mentionne des références historiques, notamment les travaux d'Alhazen et Vitellon sur la vision binoculaire. Le Père Millet Dechales, dans son ouvrage 'Mundus Mathematicus' (1674), souligne l'utilité des binocles pour juger des distances et des magnitudes des objets. Le Père Rheita, un capucin allemand, a fabriqué et utilisé des binocles dès 1645, permettant d'observer des objets célestes et terrestres. Plusieurs témoignages confirment la qualité et l'efficacité des binocles de Rheita. Un auteur anonyme contredit ces témoignages dans 'Vision Parfaite' (1677), affirmant que Rheita ne pouvait voir que la Lune avec son binocle. Cependant, des témoignages de religieux capucins et de savants attestent de la capacité des binocles de Rheita à observer des objets terrestres. Le texte explique également la construction des binocles, composés de deux lunettes simples disposées de manière à aligner les centres des prunelles des yeux avec les centres des verres oculaires. Cette configuration permet une vision distincte et claire des objets observés. Les Anciens, comme Alhazen, Zenon et Vitellon, croyaient que la vision résultait du concours des deux nerfs optiques. Cependant, des cas exceptionnels remettent en question cette théorie. Le Chevalier de Freze voyait double en raison d'une maladie. Le texte mentionne le télescope double de la Société Royale de Londres et l'invention des binocles par Daniel Chorez en 1625. Chorez a dédié son invention au roi et a publié une feuille imprimée décrivant la construction et l'usage des binocles. Les lunettes d'approche permettent de voir des objets éloignés comme s'ils étaient proches, et peuvent être ajustées pour différentes distances et conditions de vision.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 205-283
ONZIÉME DU TRAITÉ DES LUNETTES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr COMIERS d'Ambrun, Prevost de Ternant, Professeur és Mathematiques à Paris.
Début :
Nous avons démontré dans les deux derniers Mercures Extraordinaires [...]
Mots clefs :
Binocles, Chérubin, Lunettes, Invention , Construction, Témoignages, Inventeur, Princes allemands, Ambassadeur, Empereur, Philosophes, Préface, Panégyrique, Lune, Firmament, Microscope, Axe, Parallélisme, Verres, Vision, Pupille, Yeux, Angle, Usages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ONZIÉME DU TRAITÉ DES LUNETTES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr COMIERS d'Ambrun, Prevost de Ternant, Professeur és Mathematiques à Paris.
ONZIE'ME PARTIE
DUTRAITE'
DES LUNETTES,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE
Par M* CoMIERS d'Ambrun,
PrevotsdeTernant) profeffiur
es Mathématiques 4 Paris. NOusavons démontré dans
les deux derniers Mercures
Extraordinaires, par le temou
gnageancien Ic irréprochable
de plusieurs doctes Autheurs
François & Latins, qui ont fait
imprimer leurs Livres,plusieurs
années auparavant que leR.P.
Cherubind'Orléans
,
grand Adioptricien,
eut donné au Public ses
ParfaitesVisions des années 1677.
678. & 1681. iQue la premiere
Invention des Binocles, celoit deuë
à Daniel CHORES, qui les presensa
au Roy, & en publia la facile
construction en l'année i6iy.
Nous avons aussi demoncré que
tous les véritables Sçavans reconnoissoient
devoir l'invention
des Binocles, dont les verres
oculaires font convexes , au R.
P. Anthoine Maria de Rheita,
ce-doc'te &Religieux Capucin
Allemand, qui après avoir fait
admirer à tous les Sçavans Curiéux
le prodigieux effet de ses
Binocles, en donna en l'année
1645. la construction dans le premier
Volume de son Livre in fo-
-
lio ; intitulé Oculus ErucS & Elia.
Je veux - encores démontrer
l'Anciennetédes Binocles, par le témoignage
d'un tres sçavant Autheur
Italien, c'est le P. F. LANA
de la Compagnie de Jesus.
Voicy ses termes que j'ay tirez
de la 209 page de fou Livre infolio
, qui a pour Titre PRODROMO,
ALL' ARTE MAESTRA
imprimé in Brescia en
l'année M. DC. LXX.
Resta, dit cét Autheur
,
di dire
alcunacofa, délit Cannoebiali,*con>
i qualisityirano gl* oggetti con tutti
e due gl' Occhi che per cio adimafJd(
iamo BINOCULI. EjJendo dunque certa che quando mi miriam,
alcttn' o-ggetto con embi gl1 occhi l,
vediamo piu chiaro, Particolarmente.
in molta diflanza
,
Stquitacbeft--\
cendo noi un Cannochiale conilqua~\
le Jt pojfa rapprcfentarel'oggetto avb
tutti due gl' oahi
, non solo ci com-x
farira pia chiaro
, ma faremo men"
fatica.
Si fara dunque in questa
, o altrav
jimilforma, &c.Iverniobjcctivi^x
devono ejjere di una medefima L#fJ"-
&bez,za di diametro
, ç l'lino totale
mentesimile aU'Illtrl) ncllafia figurai
COllveffi ; fmi/mente coUocheraivicino
à gl' occhi due vettri concavité
overo due lenti, o anche fei, cerne tiew
T411nochiafj di quattro vettri
,
si chc&
Jîano DUO CANNOCHIALI INTC
UNO;ma quefit vicini a gl' êccbûù
devonoessereccllocatic&n taldijîaza^h
cbeIL CENTRO LORO CORRIS-2
FONDA"ESATTAMENTEAL CEN-fr
r&0 DELLA PUPILLA DE GL"
JCCHij ail' incontro li due vettri
b.ec-tivi devono tffire ira dise al
ju&ntopiuvicini, 0 meno,conforma
d lontananza dell' oggetto ,
che vorliamo
quardarei puiche in maggiore
Vietnam,A delT oggetto ,
ancb* tJfi:
icvono tjflre piu vicini tra di sa
lecio in tal modo i raggi vifuali
d'amhidue gl'occhi
,
paffando per li.
vettri objettivi,vadano à terminare:
nel medefieioogeetto. onde, &c..
Voila pour me servir des mefmes
termes du P. Cherubin daus-i
la 54 page de la Vision Parfairede
1678. LA veritable & unique
Cênftruttion de CoculaireBinocle.t' tous les Verres ysoient, il a oublié
de dire dans chacune des deux:
Lunettes, centralementtoujours partiellesentreux.
2. £)uilsyfoien#
centrdementptrpendicuUires 4fti
Axes.3. elis,déllX-Axes/eNI
soientréciproquement toujours centralement
perpendiculaires,à que.diftanct quepuijpseflre tl.ohje
D'où est évidentque lesVerrts immea
diatsjX veut dire les oculaires plus
proches desyeu%^eftantcentrdemet
ajustez, aux papilles- des yeux. C.
que leP. Lana dit par ces morsj
che il cento loro corn/fonda effimente
d centro délit pupille de gÊ
occhi. Reprenonstes termes
du
P. Chérubin, les Axes pénétre*
ntcejfaircment, enfnite perptndiem
Idirement,&très, direffemtnt toutk
U profondeurdes yeux , jujquesm
tomber sur lemilieu des deux letinés
sansseromprei ce qui efi t'tfill-.
ciel de la VisionpArfaite, &pdrtutM
ftquem AIIJfl delàconjkrufîh»l"r:
faite de l'oculaireBinocle. Ce que
Daniel Choyes, & leP. de Rhei_-
ta, ce sçavant & Religieux Capucin
Allemand, & Je P. Lan*
en 1670. & le P. de chales em
1674. avoient enseigné & pratiqué
en 1645. dansla construction
de leurs anciens Binocles. C'est
pourquoy M. le Marquis deSeignelay
Secretaire d'Etat, dit au
R.P; Chérubin, ce que luy mesme
a publié en Tannée16-jy*.
dans la 412 page de sa Contiquité
des Corps. Ilfaut avouer que,--
le Binocle est une belle invention;
mais franchement elle nejîpas nouuelle
; néanmoins nostre Autheur
Adioptricienajoute ,
qu'il repliqua,
qu'ilyavoit plus de vingt tms;,
qu'il avoit inventé & construit le?
Binoclt. Et n'ayant point de
preuve par témoin ny par écrit,
d'avoir inventé ou construit
quelque Binocle,il gagneroit (a.
cause s'iltrouvoit un Juge qui le
voulut croire, dajudicem qui me,
credat, & ego convincam. Maispar
malheur, il a luy mesme démenty
en l'année 1681. par termes
formels &tres décisifs le témoignage
avantageux qu'il s'étoit
donné,d'avoir inventé &
construit le Binocle vingt ans auparavant
l'année 1679. Voicy
ses termes couchez au commencement
de la 191 page de ses parfaites
Visions imprimées en 1681.
ny'ayant, dic-il,jamais paru aucun
Binoclejusques a l'impreon du LivredelaVision
Parfaite de1677. dat
lequelj'en ay donnél'invention. Ce
noj/j.m Inventeur delà vieille
invention des Binocles, fit ailleurs
une réponse autanr juste
que la précedenre. Quelqu'un
luy ayantditque M. Da/encé Secrétaire
du Roy, estant à Vifbourg
en l'année 1668. eut pendant
trois semaines
,
l'excellent
Binocle de quatorze pieds de M.
l'Electeur de Mayence, & luy
ayant de plus faitvoir sur son
Agenda, ce qu'il avoit tire du 2.
Livre Chap. 11. page 241, de M.
F.R.A.B. J^ueMejjîeursdesCoptes
neconvenoientpas dans sa Sommationdes
Tlu(tesd'Allemand> dont on
avoitbâti les Lunettes des Princes nouvellemetimpriméesàAnvers.
Il protesta
que c'estoitluyquiavoit
donné ces Binocles à des Princes
d'Allemagne, & qu'il estoit vray
qu'on luy avoit fourny de Flustes
d'Allemagne pour luy servir de
tuyaux pour chacune Lunette
du Binocle. Quelque Rieur ajouta,
qu'asseurémêt ces grandsBinoclesàFlustes
d'Allemagne,avoiée
enfanté le perit Binocle de deux
pieds de longueur, du P. Dechales-
Savoyard, & comme aussi celuy
de decemcirciterpalmorum de longueur,
dont il parle dans la 673
page du fecond Tome de son
Mundus Matkemntieut, imprimé à
Lyon en l'année 1674. Ainsices
deux Binocles étrangers sont ail
moins de vingt ans plus anciens
que la Vision Parfaite de 1677:
du P. Chérubin. C'est pourquoy
comme il est facile d'estre Prophere
des choses payées, &. Inventeur
des vieilles choses, il a eu
raison en l'année 1678. de donner
vers la fin de la 27 page de
tes Visions latinisées, cét Avis si
important au Public,Certe, ditil,
hujus Geniisumfatcor qui in pr.e.
dilyiis ac pulchris adinveniendis
simmedelcetor. En effet, y a.t.il
truUrim ? Que la transformation
en Ange de lumiere dans les Vi-
,
gnetes de ses Visions de 1677. &
de 1681. Y a-t il rien pulchriu?
que Ía Meremsicosation en teste
d'Apollon
,
dans les Culs de lampedesesVisionsde1677.
Quid
froecUriué ac pulcbrius ? que cette
belle Anagramme ou renversement
de nom autour de cette
teste creuse
,
mais Apollonifiée;
CHERV&BINWS AVRELIANENSIS.
UNA IN VERIS
HABERIS LUCENS.
Mais toute cette force d'espritn'est
rien en comparaisondes
ce qu'en l'année 1671. dans lu]
296 p. de sa Dioprrique oculaire,
il asseure avoir vû dans laLune
mais par un moyen tout particulier
jusques ici inconnu; que je firaJ
voir, aj oute-t'il, ensonlieu : ce sera
pour lors qu'il prendra ouvertement
laqualité d'Ambanadeurti
de l'Empereur dela Lune.Ce sera
pour lors que donnant laRelationn
au Public de son Voyage dans Ia,
Lune, il confirmera ce qu'il al)
dit en 1679. dans la ni page des
la Contiquité des Corps: j'ayv
trouvé, dlr-]I,_fenf,;blcmcnt, quel'a¡r,,'\
agit naturellementsportivement e.
montant, dr seulementnegativement
en descendant, ce font ses propres v.
termes, qui par leur cadences
payent leur manque de raison,
bienn
bien qu'il en ait prononcé un arrest
solemnel contre tous les veritables
Philosophes, qui ayant
la teste trop dure & bien timbrés,
ne peuvent ressentirles influences
de ce Soleil nocturne,
mysimpathiser à la legereté de
Jair. Voicy les termes de son rell: tirez du fecond Article de troisiéme page de la Préface
Eê Ces Parfaites ViJiensàQ l'année 681. Pour desabuser dit-il, le
ondepréoccupé d'une êpinion éga- nent nouvelle
,
je. maiségaUment ; de laprétenduepefauteurde
£air,quequelques Philosophesrecens
croyoient avoir tres solidement Iflfblie
parmy les Sç&vans,
La. Nature luy a de tres grandiûimes
obligations, puis qu'il
estoitleseuldansluniverscapable,
commeil diten1679. dans
la septiéme page desa Contiquité
des Corps pour démontrerlaveritécontraire.
J'avoue,dit-il, que
ce n'est pas sans un travail
,
& qui
demande mefîtoe des connoissances tres
étendues
,
& une très vivepénétration
d'esprit. Voila enpeude mots
le Panégyrique que luy mesme
fait de sonesprit,il le faut croire
sans hésiter aussi fermement que
lors que dans la399 pagedumesme
Livre, il prononce que l'oculaire
pourservir aux objets de terre, -
nedoit point excederla longueur de
dix pieds environ : Et par confequirttattjji
le Binocle ; mais pour les.
tû9jits du*font, ajoûtet'il,
édtlinz., par eux mt/mes, c'estàdire,
ajoute-t'il encores, qui sont lumineux
: le Binoclepeut estre tant l()ng
que Con voudra. Philosophes &
A stronomes que je vousplains!
d'avoir creu que les objets du
Ciel, ces Planettes que vous observez
avec tant de vigilance &
de précaution avec vos simples
Telescopes
,
& non pas avec des
Binocles, n'avoient qu'une lumiere
empruntéedu Soleil, apprenez
enfin que cét Autheur
ayant faitenfin son vôyage d<ins
la Lune, à reconnu en observant
les objets du Ciel avec des Binocles,
que laLune, Mercure, Jupiter
&. ses quatre Satellites
, Saturne
son Anneau, &' ses sept Lunes,
font commeil asseure
,
éclai-
TrZo par eux mesmes,c'est à dire qu'ils
sont lumineux.
Voila le fruit & les découvertesque
l'Aucheur des Visions a
fait avec les Binocles de quoy il
doit se contenter, car pouravoir
continué à crier pour l'invention
des Binocles, comme les Fauxperdeurs
de cognées à Jupiter, il
luyest arrivé lamesme cho[e,&.
ses Amis luy ont conseillé de de-.
mander plutost à Jupiter comme;
les AberReids;la reftitutio* de son
premierbony£/?.f,commeadit M.F..
R. au Prologue de son quatrièmes
Livre page239.« Du Paraleliijhte de l'Axe des
deux Lunettes du Binocle
TekJèopique.,
,
pique.,
Nous avons dit dans le derniers
Mercure, que laconstruction diuj
Binocle pour voir les objets cloi—
gnez ;
estoit fort facile, puis qu'il
lutEr de mettre paralellement sunt
un mesme plan deux LunetCe
en tout semblables
,
& d'égale
forcé & longueur, & que leurs
Axes estent paralelles ne soient
éloignez l'un de l'autre, que de
la distance qu'il y a entre les centresde
deux prunelles
,
laquelle
n'est ordinairement que de deux
pouces & demy au plus, lors
mesmeque les
-
yeux font dans la
situation pour voir les objets
Rlffi éloignez que les Astres de
l'immobile Firmament, il s'agit
doncdedemontrerle paralellismePhysique
des Axes (lesdeux,
Lunettes du Binocle,mesme
JOur les objets terrestres fort
:loignez,-
Tous les Sçavans reçoivent
Axiome qui est en l'Article
IVÏI page 21 ,de la Dioptrique
le Keppeler de l'impression de
( - 7 ]61I.Áx-es fer centra, Pupilloe^C2"
humomm-oculorum tranfeuntes natu
rali motuvel poiitu quiete ,paraieUt
funt, volanttrie vero conterqneturad)
propinquacomemplanda.
Vopiscus Fortunatus Plein,
pius Medecin d'Amfteldam
, a,
parlé comme Keppler. Voicy
ces irermes tirez de la.97,Page du -
Lib. 3. càf.^.vde fcm
grdpbiti de l'année 16yy. car aise--
moto oculedurfimid*deamdcmpar-\
tcm '"zoveatur répond. ZJt,
direéta in unum idemquc pun-Bum
dmborumLuminumacie
,
idemobjeffum
utrumquc oculum uno rempote
ftmiléraJiorum infltxioneingrediatur,
quo unaelhitur diflinBa.vJJto
aïque acuratn dignotio, & au Livre
4 Problème LV. page 176 il
ajoute,Vtfn4 ad multumpropinqm
dgrius id efilaboriofius& molejiius
dr dolcntiusrefpicit quant ad rcmctiora
, parce que, in vifione rtrum
fropinquarum contorqutri
,
feu adJe
invicim mnuèreoculos
,
értantomagis
contorqueri quanto res visa provins
vifîtm confifiit: In vifione -dutem
objeciorum longinquorum eculos
Uneri paralellos; at situs hic oculorum
paraieIIus naturalis 11
, quetn
Jpontesuarepetuntoculi vi mufculorum
aliorsum non difiracii. Vndè
in meditabundis eo quodhimufiulos
oculorum rimittant,qito minusad res
proximas contorqucantur ,
recurrunt
ipsiad istum paraitHum : qua nota,
voicy qui est digne de remarque,
exflatici isis facile dignofeuntur ab
omnibus, &sianon cmnibm, not*
ratio intelligatur. Contorfio nonnisi
rnufçulorum ope Uboriose pfrficitur:
quare flquituream fatigatioj &quo 4
major fucritilla contortio
,
eo major i
fatigatio ac lalor. Deprchendimw t
autem non camdem omnibu* incjfc ;
eculos contrahendi facultatem
,
fid
quibusdam longilrem
,
aliii breviorem
terminnm à natura pojïtumesse,
quo propimadducercoculosnequeunt
prout feiliect Ad TlJdgisvtlmin#s
propinqua vifionemfe affue fecerint.
C'est - pourquoy il y a plus de
trente années que j'ay déclaré le
Binocle miscroscopique, sinon
inutile du moins d'un usage tres
penible & fatigant à bien des
gens, qui ne peuvent qu'avec
grande violence contourner sussisamment
les yeux pourvoir un
objet fort proche; mais le P Chérubin
par certaine Antipatie qui
estentre iuyôc lebon sens, a dit
;-n iéSi. dans la 1 page de les Vivions
, JVuc tout les mouvcwènsdes
:dcux yeux conjointementr se fai-
Soient avec une Ji douce activité*
toujours accompagnée de sa délectation
& duplaisir
,
quilsparoissent
infatigables en leurs actions.
Reuenons au paralellis--me de
l'Axedes deux Lunettes du Binocle
Telescopique, pour voir en
mesme temps des deux yeux les
objets qui sont cres éloignez.
Pousledct-nontrerje poiede faits
rnconteftables.
1. Le P. de Chales, après Alazen,
Vtellion 5c plusieurs
autres Autheurstant anciens que
Modernes, avoit démontré en
l'année 1674. depuisla 381 page
de son Mundm Maïkmaticu*<^uc
Axes optici concurrunt inunumidem
punctum
,
le P. Cherubin ayann
étudié, cét Autheur en a voulu!
en 1677. & 1681. regalerles ignoo
rans, ce qu'il a fait par un excella
lent verbiage &ennuyanre Mac
rologiedans ses Visions pdrfai.i;
tes, où le concours des deux À.f"
xes de la Vision en un seul poinin
de l'obj et.
20. Le R. P. Chérubindanin
ses Visions Latinisées 5c augmentéesen
l'aimée 1678. parle en cerj
ternies dans la 66 p ig Totalem Si.\i
vmuli fieflri cxhrfarcmînbum trirtms
dintaxat icd/un, qtiotf.1licet
ccoumlihmuidjuiosrtiistbmejp v(Jl/Ji, qui ufk&\
,
& nibil hominùs a&x
ttrrcftriaJingulanscjfeffu-4forets
r^rro,ajoute-t'll,Binoculumhnn&\
très,tantum peds longum,etiam dj-\
Jiificiu'm adfexleucarum inîcYVùl2\\
lun; objaftlm prxbcrc, curisus 'l'Û-:
[";etartyre poterit experiri.
Supposons que nostre Au-
Ihcur ait la veuë aussi force, que
l'ay euë autrefois, qui voyois
,lif1:iLlél:emnt les objets colorez
wC bien éclairez, à la distance de
deux cens cinquante pas Geonetriques
qui valentdeux stades
iilc 615 pieds chacune. Voyez.
wlineffifi. Nat. lib.2. cap. 234 Supposons encores quenostre
grand Autheur Adioptricienparf.;
juste
,
lors qu'il asseure qu'arec
son Binocle de trois pieds de
Sftngueur,il voyoitdistinctement
ses objets qui font éloignez de six
euës. Voila un Binocle excelsentissime
poursa petite taillé,&c.
dont la gloire en reviendra toû-
M)-.îrs toute, entiere au Maistre
lunetier-, puis que le R.: P. Cherubinn'ajamais
fait dtEtiJY
, ny
travaille aucun des Verres, 1
vray que par sa Lettre écrite du
Convent de Saint Honoré à Pa
ris cUttée du 2. Décembre 1676
&-adressee à M. gmrrchu M.:i:,:
treMiroëtier& Lunetier,aux
deux Croissans d'argent sur le
Quay de l'Horloge, qu'il a miau
nombre des minutes de M. le
Franc le jeune Notaire Royall
par Acte dedépostdu 17. Janvier
1*678. Je P. Cherubin parleau
SieurQuerrreau en ces termes
Lundy Sa Majejfe me commanda 4
luy faire un.Binocle ,jt me feron
trouvétnpeintdeflttisfaire au corm
mandement- de saMajeÏÏe,.J-IlJ-""
plus de vingt ans quefay defefté tl1
travailler, au Verre*'Mais je me ftù
fouiâgé fefprit aufîtjet de ce travail
fer Pefttme queje fais du vofrr,,
ysipourquoyje vous prie de me faim t grace de mefairedesVerrespour
monter lesoculaires que le Roy desire
tueje luy fissi
,
qui font un oculaire
Winocle, dr un Autre pour Mffigner,
Semblable à celuy que je vousfis faire
fl.le Nonce Bargellini
, pour mettre
r la Machine à dejfmerdeloin,je
mus prie de voussouvenir que c'est
Jour le Boy, t? en cette consideration -- Hy apportertout lefoin&exactitude
wjjikle, vous en aurez de l'honneur,
vutre que, drc.
Cette Machine à dessiner de
de loin est mon Telesgraphe, qu'il
déguisa pour s'en dire l'inventeur
,
mais ille rendit irregulier
g&c sesopérations fausses
, par la
taillie qu'il donna à l'index,&
n'en ayant pû reconnoiflre la
fausseté
,
il en sir en l'année1677.
dans la 144 page de les Vision
parfaites
, un grand prelcnÇ.Ali,
Personnes que leurs Chargesexpi
sentperilleusiment dans les Armée.
Et deplus, a-t'il ajoute dans f.
187 page de ses Visions de 1681
Aux Ingénieurs dans les Armées,
centretirer &" dessiner les dehor
des Places, mefmcr ajjiegée
hors de la portée du Canon. Cette
invention est autant admirable
& utile que celle dont M.F
RAB. fait mention, dans sou
quatriéme Livre ChapitreLXIII
Comment Gajhrmvehivit art ck
moyen denon estreblissénytouchépaq
Coups de Canon.
- Il ne reste plusqu'àconsideres:
dans l'excellent effet de ce BiJ
nocle, duquel a parlé leR. P.'
Cherubin, que lajufte proporion
des Verres, & leurjufte arcengementdanschacune
Lunet- te.NostreCommissionnairedes
Binocles n'en doit encore tirer
aucune vaine gloire, puis qu'il
appris le tout de moy , en voicy
ses preuves incontestables.
Dans mon Livre de la nouvelle
ience de la Nature & Presage des
demettes ,
imprimé à Lyon en
année 1665. est mon Traité sucint,
de la PFon de faireles grands
dunettes a, trois.¿&.. à quatre Verres
convexes, je me fuis servy des ternnes
suivans dans la 486 page
Articlevu. Ftlú qu'unVerreecusaire
tant pins il est d'un moindre
wjcr, tantplusil agrandit lu objets
un les rendant en échangeplustrou-
Mes ; ilfaut gardercertaine proportion
entre les longueurs des foyersdes
Verres, laquelleproportion neconjiflh
icy enrigueur &précifionMathemax*
tique
,
puis quelle commence d'iftnv
bonnedepuM unjusquesà ;f.& 40, A
Foctu du Verreoculaireétaïd'unpou«
ce y
le foyerdu Verreobsessifdoiteflrrï
depuis36jufques.kquarantepouces.
Le P. Chérubin dans les Vi-i"
fions parfaites de 1677. Page140A
a parlé en ces termes. Pourmon-*
ter L'oculaire de quatre Verres con-u
vexes, qui redresse excellemment
l'espece très augmentée & tres diftimK
ÏÏe,pourfervir aux objets de la, terrey
il faut remarquer que les trou der.
niers Verres doivent estre de petit."
SSppbhecre,ccoommparez, au Verre objc£lif\\
aufquclsils doiventservir: ils peu-*
vent bien eflre tous trois égaux,db
fifre en proportion avec leur objctlif\:
emme 1. à sf. 38. ou 40. au ïluam
il ajoute du si-rn ,ces mots, au
plia, ce qui est tres faux; car, par
exple,un Verre objectif de mille
pieds de longueur de foyer, &.
qui a 21 pouce de diamettre en sa
surface, que nostre bon Amy M.
Hotsoker a travailléil luy faudroit
un Oculaire de 27
pieds &
neuf pouces, pour estre avec son
àobjectif en meim* raison comme 36
, ou du moins illuy faudroitun
Oculaire de 15 pieds, pour
il
estreà son objectifcomme 1 à 40,
ainsi cette prodigieuse Lunette
n'augmenteroit que quarante'
fois l'apparition naturelledel'ob- jet, & n'auroic par dessus ma
Lunette de poche
,
dont l'objectifàun
pouce d'ouverture,augtreavantage
quede me Lirevoirun
objet 411 foisplusclair, c cil:
à dire, autantdefois que la furfa^;
ce del'onverturedwt'objjéHfd«t
ma petite Lunette, est contenuë
dus la surface de 21 pouce d'ouverture
de ce grand objectif.
Il reste à examiner si le P. Che-3
ruban a trouvé ou donné quelque
chose du sien
, concernant l'arrengement
desVerres convexe
dans les Lunettes.
En l'année 1665. dans la 497
page de mon Livre de la nouvcUo\
Sc'tnce de la Nature d* Fnfige dù&
Cnna/es" je donnay l'arrangement
des quatre Verres en cea^
termes ,
Toute la perfection de nosv*
grandes Lunettes, consisteen quatre
Verres,&c. Ayant vos quatre Ver—*\
res, fin objectif, trois oculaires
-qu,,-ts oculaires peuventeflretoustroislw
cPunmcjme Ftlçm, pour les logent
dans un Tube en
deue distance,puis
qui'ls ne font que deux Lunettes a
partquircnvirfcut les objets
, T<?M
mettrez lapetite Lunette
,
qui efteomposée
de deux derniers Foresoculaires
, au bout de l'autre Lunette ,
qui
est plus longue
, pour estre composée
dungrandohjecîtf& a'unoculaire,
0 & él()inez.en ^euapeu la petiteLunette,
jusques
atant
que njout voyez,
lesebtetstrèsdiftinciefhent.
En l'année 1678. le P. Cherubin
dans ses Visions latinisées, &
augmentées dans la 141dit, Jd•
construendum quatuor vitris conve- xisocularedioptricum,animadvertendumesttria
postrema vitrasuoobjeefivoxemparata
;pari/queinterfefacuitutissimulcum
-ejfiEfti ejje
posse,suo videlicet objectivo,utfsnt5
comme j'avois dit en l'année
iGGyJtcat i.ad36.vel 37.38.&c.r
ufcjucJummum40cjfvdendo.Voiiala
me(me erreur, ufyucfummum
40 que nous avons remarquéjçydessus.
Il pourfuic pour l'arrengement
certèpofuivefacilitts cornsoussi
can/îi ejfirie¡¡dUl/J. est
, M fecuïidum
viirum convexum cum pri.
mo objectum, il oublie de dire bien
éclairé 6ctres éloigné) difltnftif-
Jime invetftmreddatr, demum hoc
idemtertium, cumpreccdente secundo
; cfu&rtttm dénique cumprecedente
tertio
, tôt quasi jingNlis horum vu
trorum combinationibus pArticulàrÏA
nimirum ocu/dritl objcffttmnitidijjlmeinverjum
proejiantia comportendoy
.f<!!£ tandem simulconjttnÏÏÂ Prd-
Jlantijjiwum constituentOculare Dioptricum
dUabuseverjïonibus oculo
eiettum prabens objcéfum. Ildevoit
ajouter que les trois oculaires ne
doivent plus changer entr'eux, &
que pour cela on les peut mettre
dans un seul tuyau. Mais il faut
que la Lunette des deuxderniers
oculaires, ait esté faite en regardantun
objet tres eloigné ,c'eil:"
pourquoy le plus ~sur est de les
mettre à la c\ifiarJce de leurs foyers
- solaires. -
Enfin le P. Cherubin n'a rien
contribué aux Binocles. Leur invention
& leur usage est d'une
ancienneté au de là du jour de sa
Baiuance. Il n'a jamais construit
lestuyaux
, ny travaillé les Verres
, & leur proportion & leur arrangement
n'est pas de luy
, en
ayant presquedemotà rpot emprunté
ce que j'en avois dit en
1665.
DïtnonftrationduPuralcllifme
*
des Axes des deux Lunettes du -
BinocleTcLcfeofique.. sUpposons quele Binocle qui
n'a quetroispieds delongueur
,
fasse voir distinctement
un objetéloignéde six: lieuës,
comme le R; P. Cherubin Tailèuredansla
66 page deses Visions
augmentées& latinisées en l'année1678.
jedémontre queladistance
qui est entre les centres
des deux Verres objeél.i.fs de ce
Binocle, estphisiquementég.alçr
à la distance qui est entre les centres
des deux Verres oculaires
immediats, c'est à dire plus proches
des yeiix ,
puis que la distance
d'entre les centres de ces.
erres n'est pas plus grande que
distance d'entre les centres des
rerres objectifs, d'une partie
es 1730.d'uneligne. Voyez 14 igl#re premiere.
1°. La distance A B d'entre les
centres des deux prunel les, A &
~se des J cux du P. Chérubinn'est
auplus que de30 puisque
luy mesmedans la 136 pagede ses
Visionsde1681. dit, ladistancedes
centradespupilles de mes yeux est de
eux pouces cinq'lignes environ
,
&
u'il ajoûte dans la deuxiéme des
pagecottées 2t7.e lA distance
Misi trouve plus ordinairement entre
les centres des ouvertures desyeux,
comme £expérience me l'a fait connoistre
dansles meilleures veuës, DId'environ
deux pouces & demy.
2°. La distance d'entre les centres
des deux prunelles,efl: tOU1
jours plus grande que ladistance
d'entre les centres des Verres
oculaires, mesme des immédiats;
mais puis que nostre Adioptrieien
& Ageomerre
,
les a proponcées
égales dans la zos page
de ses Visions de 1681. Suppôt
sonslà égale, 6c disonspour luy
complaire , que la distance des
Verres immediats estde trente lu-i
gnes.
3:\ Il faut détermine-renlig-nes
la distance ou longueur deliaKi
lieuës. Bienquedansla195 page
du XXVII. Tome du Mercure
Extraordinaire, Quartier de Juillet
1684. au sujet du NivelâncnQt
pour la conduite des eaux , j'ayyj
donné 57100Toises du Châtelet
à chacun degré d'uir^randGer-o
~elol
pie de la terre où elleest moyenpement
élevée,puis que par tout
superficie n'est pas également
éloignée de son centre,ce que le
cpohuisrisqudeems eRntivieres demontrent
; neanmoins dans
rerre rencontre, je veux bien ne
donner au x environs de Paris que
~7060 toises à chacun degré, lui.
vant le calcul de Messieurs de
VAcademie Royale des Sciences,
?0 puis qu'un degré terrestre con-
:riet suivant ces Me ssieurs25lieuës
xommunes de France, chaque
îllieuë ne contient que 2282 toises
h pieds 4 pouces, 9 lignes & trois
cinquiémes d'une ligner C'est
Ipourq uoy chaque lieuë commume
de France, ne contient en
llongueur que 1971993 lignes &
dtrois cinquiémes de ligne, lefquelles
estantmultipliées parsixx
le nombre des lieuës, à la distan
ce desquelles le P. Cherubinau
lieu fus cotté de sa Visiõ latiniséo
en1678. dit que sonBinocle longr
feulement de trois pieds ou 43:^
lignes,faisoitvoir l'objet distincte
ment: vous aurez dans la Fig. J.\
N~11831961 lignes & trois cinquiémes
pourladistance dumilieu
d'entre ces deux yeuxàl'objet.
Et AB la distance d'entre Jeso
centres des prunelles des yeuxdu
P. Cherubin,n'est pas de 30 lignes
, comme il dit luy mesme
dansla136 pagedeses Visionsde
1681. Sippofons là néanmoins»]
estre de trente lignes, qui eM
deuxpouces ÔC demy
,
puis que
dans la page 117 ,
il la dit relief
dans les meilleures veuës
, 6e~
'ayans point égard que le conournement
des yeux vers cét
objet diminüe cette distance, i:nfm pour donner tout l'avantage
ossibleau P. Cherubin, fuppoons
A B 30 lignes.
Donc A B est la baze d'un
riangle Isocelle A + B : & ne
orenant pour N que 11831961
iignes,pour femidiamettre d'un
Cercle la circonference fera
74341410, & comme A B est un
les 2478080 costez du Poligone
gulier inscriptible l'âgle A B
JIU sommet du triangle isoscelle,
quiestauCentredu Cercle n'est
quela 6883 partied'un degré, & ar côsequét insensible. Donc les xes des deux lunettes de ce Binocle,
qui font les deux costez du
riangleisoscelle A tjfB sont paralelles.
Ce calcul desabuser
ceux qui ont creu pouvoir cond
noistre ladistance des objets ~pq
la difference de l'inclinaison dob
Axes des deux Lunettes du B
nocle.
Je veux icy rendre encores l
démonstration plus évidente db
paralellisme phisique
,
des Axo
des deux Lunettesdu Binocle db
trois pieds de longueur du Fl
Cherubin,disposé pour voir dib
stinctement comme il dit un ob
jetéloigné de sixlieuës, suppo
sâtmesme seslunettesdu Binoclb
tant soit peu plus longues que db
trois pieds, en sorte que la ligne
jyF foit precisément de 3 pied
ou 431lignes.
Donc NIoIl831961lignes
NF 432=F~ H&3T529lignes.,?:
I Donc par la 4. prop. du VI. Euchdei'
N.NA:: t F.FC
Lf. lignes plus 11825481 parties
l'une ligne partagée en 11831961
arties égales.
Mais FC =FD,tlkFC
FD =CD. Donc CDdu
allce descentres des Verres objectifs
est 19 lignes plus 11819001
parties d'une ligne divisëe en
^831961 parties égales; mais la
iftèrence des termes de cette
fraction qui font nombres premiers
entr'eux, est 12960, & cette
différenceestcontenue 912
fois -t 11441de11960. dans le
eénominatlur. Tellement qu'il
De s'en manque pasla913partie
d'une ligne, que ladisdtancedes
centres C & D des Verres objectifs,
ne foit égale à la distance
A B des centres des prunelMl
par le/quels passent les des!
rayons principaux, Axes de 3
Vision du point de l'objet t a£
quel concourent les Axes db
deux Lunettes du Binocle. LJ
Machinesdonneront-elles cetr
precision ? Bien plus elleest inn
possibleaux Binocles du P. Chor
rubin, puis que luy mesme en
marge de sa 206 page de ses VI'
fions de 1681. dit, !f!.!!,e les deit*
tuyaux des deux oculaires du Binées
doivent estreun peu vagues les im
sur lesautres.S'ilsfontvagues of
est la precision qu'il a voulu cltrt
sinecessaire ? La nature ne laiss
pas de faire ses fondions sans le'
precisionsMathématiques, par.
ce que ses organes font phifi
ques,jeveuxdire matériels
,
rayque dans l'usage des Lunetés
estant allongées, suivant qu'il
strequis pour bien voir un ob t, on peut l'alonger ou racourir
unpeu ,
sans que l'on recoii.-
loilTede la differenceà la visîon,
i raison en est, que les rayons se
eiiniflanf pour formerles piaeaux
optiques, ils se croisent si
orten biaisant, que leur interfe-
Uon a de l'ccenduëphiuque.
Je veux encores établir icyla.
qantitédel'angle, que les Axes
esdeux Lunettes de ce Binocle
e trois pieds, forment, par leur
oncours à un point de l'objet
loi-gnédesixlieues.Voicyl'A- alogie.
Comme N 11831961.
Està N A 15.
Ainsi~*Nfiiius total10000000
Fft à N A Tangente n—H-
-801^-4^8 fraction à negliger
11831961
6c dautant que la Tangente d'une
minute eil 2909. & qu'une minute
= 3600 minutes tierces, fautes
cette Analogie.
Donc 1agleN«2?Aetf14m.tierces
plus la fraction.
Maisl'angleNA =l'angle N
B'.
Donc l'angle AtD n'estque de
29 tierces & une fraction
,
dont
l'Angle A i' B que les Axes
des deux Lunettes font au point
duconcours,c stinsensible. Donc
les Axes des deux Lunettes de ce
Bmociefont phisiquement para.
selles,cfhnc ajustées pour voir
un objet qui n'est éloigné que de
fn lieuës, combien à plus sorte
raison feront encore phisiquement
plus paralelles les Lunettes
d'un Binocle poutvoir les Astres,
tel qu'estoit celuy du P. Rheira.
Que P. Cherubin sans penser à la
consequence
, a avoüé estre
Inventeur &. Publicateur depuis.
1-année1645.Binocles à lunettes
composées de Verres convexes,
mais enmefme temps il a
vouJu ternir lareputationde l'excellencedes
anciens Binocles de
ce P. Rheita^&voicicomment,/!?
P.-Rbeita
,
dit-il dans la 47 page'
daf--sVisions de l'année 1.677.se
contentoitdefairevoiravec son Bi--
nocle tellementquemlment des deux
yeux quelques objets du Ciel,comme
la Lune parunefeuleinversiond'Ef
pe.
Pour épuisercette matiere du
paralellifme des Axes des deux
lunettes des Binocles Telescopiques,
je remarque.
Primo que Daniel Chores qui en
l'année1615. presenta aa Roy
Loüis XIII. ses Binocles, & en
publia la construction
, a esté
grand Ingenieur, Geometre,Ma.
chiniste & le plus estimé des
Ouvriers pour le travail des Verres
de lunettes, qu'il faisoit de
toute longueur. Néanmoins le
P. Chérubin, dans la 196 page de
ses Visions de l'année 1681. dit
hardiment,JZuechores faisoit des
Lunettes
,
qui n'ont jamais excedé
deux ou troispouces de longueur comme
elles sont dépeintes en si figure,
quand on luy permetrroit de con.
clurre que les lunettes de Chores
-
Õnt: il composoit ces Binocles
n'eussent que la longueur des Figures
qu'il en a donné, il auroit
toujours-parlé contre la vcriré)
puis qu'une des Figures de Chores
a beaucoup plus de trois pouces
de longueurle Binocle
qu'il monta en argent pour Mr
de Monmaur Maistre des Reguestes,
que j'ay montré & fait experimenrer
leur excellent effet
par plusieurs Sçavans, ont plus
de neuf pouces delongeur.
Secundo, Je fais remarquer que,
cbms dans son imprimé concernant
lafacileconftru&ion de son
Binocle Telescopique pour voir
les objets éloignez, que vous
trouverez au long avec ses Fig.
dans le XXIX. Tome du Mercure
Extraordinaire, parloit en
ces termes. Ces deux Lunettes d()t'
vent eflre fardeliesentreelles, PO(
un$bjet éloigné de plus de centP(
tantloinpuiffe-tilefire.• [
Le P. Chérubin a voulu faim.
acroiré à ces Lecteurs, que le/ai
Binocles de choresn'excedoienn
pas la longueur de trois pouceszo
bLà ce faux allégué ,il en ajoûteii
unautredans le cinquième Arti-iî
de de la Letrre A, dans les Ta..£'
bles des Matieres de ses Visioonn
de l'année 1681. & l'experience,
dit h,faitvoir qu'ellesfonttoujours:
un anglefcnfible peur en voiries ofc\
jets les plus éloignez: que l'on en ptlA
si voir. Il m'est facile de démen-r
tir par le calcul l'exp,::r-jenco'
qu'il a controuvé, pour tâchera
d'avilir la bonté des Binocles deo
Ghorez. 4
SUPPofOL.par complaisance
Pour le P. Chérubin, que les Binocles
de Chorez n'eussent que
[.pouces ou 36 lignes de longueur
,
& que les deux lunettes
manrajufiées
pour bien voir un Sbjet feulemét éloigné de cet pas
-E=500 piedszz6 000 pouces ta-
71000 lignes, & pour mettretout
l'avantage dans le parry du Pere
Chérubin,'supposonsencor que
nonobstant le contournement
des yeux, necessaire pour faire.
concourir les deux Axes de la
Vilion àunmême point de l'objet
éloigné de 72,000 fig. la diflance
des centres des prunelles foit en- orde deux pouces & demy ':=,
30 lignes.
-
Vous aurez dans la Figure
II. le triangle ifofcelle Atys
faites cette Analogie.
Cemme rS? N 72000 -EfiaN A -. iy.
AinîlfbV-ftnMtotal 10000000
Ejia1YATangentc 2083
plus un tiers,
&dautantquela Tangent d'une
minuteest2909, & qu'une pre-,^
miere minute =60 secondes,~faites
cette Analogie.
2909. 60. m.s. :: 2083 H- un
tiers. 42. m. s. & une fraction;
mais l'angle N+ A = iV«î»2?..?
Donc tout l'angle A i' B n'est
pas une minute &26 secondes..
Par quelinstrument, &par quelle
experience nostre Adioptricien rj
& grand A geometre a-t'il veu
qu'un angle d'une minute 8c 26
secondes soit sensible?
Pour connoistregeometriquement
la distance C D d'entre les x
entres des Verres objectifs, des
~eux Lunettes de ce mesme Bi-
~ncle de trois pouces de longueur
,
disposé pour bien voir
~objet téloigné de cent pas ou
"1000 lignes,supposant mesme
que nonobstant le contourne-
~ment des yeux, les centres des
orunelles fussent éloignez de
lieux pouces&demy :;= 30 Ii.;ncs
~aites cette Analogie.
N. 72000 lignes. NA 15::
mais N -NF36 ::::l' F.
71964. FC 14 lignes 397quatre
centièmes.
MaisFD ==Fc. DoncCD
..9lig.—H 394 quatre centièmes,
mais la différence des termes de
cette fraction est 6, que le dénominateur
contient 66 fois 8t deux
hwierSjii ne s'en faut donc pas la 66
partied'une ligne, que la distanceCDdescetresdes
Verres obectifs,
ne foit aussi grande que I)
distance AJJ des centres des Pru-u
nelles. Donc les deux IlJnc[[e:
de ce Binocle feront phisique.
ment parelelles.Voustrouverez
le mesme paralellisme des deux
lunettes des Binocles les plulongs,
lors qu'ils feront en états
defaire voir un obj et tres éloigné
à proportion de leur longueur
,& enfin ce paralellisme
phisique seroit encore plus ap-q
prochant du geometrique dama
les BinoclesAstropiques.
Enfin il faut conclurre que lôlj
P. Cherubin en écrivant tant dôl]
Volumes de Visions qu'il a reill-q
ply de tantd'articlesatrabilieres
qu'on peut dire comme Senemehb.
i. de Clementia 5. Muliebre
furere in iras. Quecet Aueur
si Religieux avoirignoré ce
~uedit Saint Jerôme, sur le pre-
~ierChapitre du PropheteDa-
Siéjuûadnj'erfw Mathematis.
vclitfcriltrt imfttrhw Mathe-
Atts, Rijuifatcbit, ce quiestmes- erapporté dans le Canon
, Qui li. dict. dïft. XXXVII. ç'e£l::
~ourquoy pourmeservirdes téres
de M. de Balzac dans sa 26
ttre à Hidafpe, Je -pietofine
~u'on permette de violer impuncrtiint*
=rj Veritez*mathzmaiiques-,dontkvulgairene,
se devroit non plus aï--
%YO.,bcr
, lite du gouvernement des
Mats&dzstifyfteres de la Religicnr>
estimebicnflm,ajoute-t3rlJeef~<
desChartreux que les Vificns de;'
T.tAu(bmrAdioptricien-.
DeCInutilité& dangereuxZJ/age^
des Binocles. pEndant les deux ou trois
nées que jem'amusayà tras*
vailler au Journal des Sçavant
je dis dans le XXXIII. Journ~
du Lundy 20 Décembre 1677.
la page 249. Que le P. Cher
bin donnoitunnouveau jourauBinocle
oculaire, ou double tJncttc, a(lÍÍ\1)
le P. Rheitha avoit parléamplemens
en l'année1645. dans son Livre 00 culusENOCH ELIÆ, 63
j'ajoûtay, dans la page 250.
toutes ces difficultés en avoient faàtl
négliger l'usage
, ce que l'experience
moderne prouve encoreîo
puis que le Sçavans n'ont jann,,ii
regardé le Binocle comme un
hose utile. C'est pourquoy ,
le
çavant A stronome M. Heve-
ILtS de Danzic
,
dans la 25page
le la Selenographie imprimée en
1647. dit minimeproestantissimum
d, Cttjll u/ùs adifficultatibus mamis
dependet
,
& ajoûte dans la
page 53 en parlant des Binocles.
Voh estquidoculo Enochiano,tantum
ribuat, & M. l'EvesqueCaramuel
Lobkouvitzius dans la p. 1603 de
on Mathesis Nova imprimé Cam-
~anioe en l'année 1670. parlant de
ces lunettes, ditlongaexperientia
didici, in omni genere, non esseproetantissima,
quorum usus à difficultaibusmagnis
dependent. Ceux qui
Dnc des Binocles le reconnossent
par leur propreexperience.
J'ajoûte, Que l'usage des Binocles
suppose deux yeux également
bons bien conformés, Mali
le nombre de tels yeux est très
petit, & mesmetresrare, un ch.J
cun pourra examiner les siens
en la maniere suivante, que je tire
du Giornale Romano de LettcrAI).
di 29. Gennarioenl'Article
ob/crvariene del Sig. Gio. Alfonsi
BoriUiNeapelitano,intorne 484 vir
tuinequalc d'egliocchi. Si sambu
co rotondo,riclia fi/st(Irad'macamera
chinfa daper tuito ,
o si pone Nlt.'
pallay baie, nerapcndtntc net mlZ..
d'unafneliraaperta ,
la qudie passi
l'occhio dero ,
Jiriquardi ber coll'occhto dejlro hA
h"
colJîiriflroy-e parangonatej compas
rez, insieme que/te vedate si trovt ejftrnetabilmcnndiversa.fïmagin*
perche Cocchiê sinistro vtde le cosipià
grande, e plu diBinfe, -che il defin
the rapprefcrttaunimagine cm c-ert.
hltdtura atmnp. Cette inégalidevision
en la grandeur, bL
~n la distinction de l'apparence
~el'objet
,
vient de la disparité
esyeux, puisqu'unmesme objet
~tant veu conjointement de
eux yeux , l'apparence n'est pas
~distincte, & qu'estant regardé
~successivement d'un oeilseul, &
ouis de l'autre
,
l'apparence du - mesme objet fera inégale,ce qui
arriveou par la differente ouverture
desprunelles, ou par les differentes
convexitez de ses humeurs
cristallines, ou par leur dif-
&r£ntcioignement de la Retine.
C'est pourquov^Egnatiopanùen
J:s Commetaires sur le Due Regole
Wfelta Prospettivepratica di M. Jacomo
Barrozzi da vignola imprimé
~n folioà Romeen l'année 15S5/
dit dansla page54 Chevolendo
mirareuna cosasquisitamente, la miriamo
con un fil, occhio
, per che cio
lo facciamo per eslcuere ogn* altro
objetto ~& vederesolamente quella co- sa
,
che mi intendiamo di mirare ; il
che molto meglio opéra cm una foU
piramidevifuale che con due. Voila
un Arrest solemnel prononcé à
Rome depuis plus de cent ans
contre les Binocles.
M. Gassendi Prevost de l'Egli
se Collégiale de Digne, & Professeurdes
Mathématiques à Paris
, avoit experimenré cette différente
force des deux yeux.
Voicy comme il en parle dans son
Livre de Apparente Magnitadine
Solishorizontalis en sa 2. Lettre
ad Ferumatum Licetum N. 7. Possum
ipîe dit-il, cette de me ,
oculisque
uàtefiari, qui dcxtro oculo res video
onnibil quidcm obfcuraiiores,fed
majores tamen , qitamsinistro, quinlâ
prexime magnitudinis parte. ./od casu d(?num adverti, cùm in
mrttm wtuens,sacroque oeuliJiniflri
v.onfrtffu, dcxtro legens ebaracieres
ideprebendi jcnjihilttermajores,
fjuàm visi moxfuijftnt,&il ajoute,
\(îniftro(ego oculo quo charafferesminiores
quiaem, fcdelariùJ ramen intfucor
i dextro otulo neque magnitudi-
,nt.(, uique obfeuriiatà
,
1) quicquam ad- cùm "f.)/o atiiwt opéra data
Mcxtro oculo legire
,
tumwutari iliiuo
fîtnmjubfuhuquodam(entio>aetum
mequepayviiatem , neque titi; itatem
ttff!ia confuete, ccq ue l'sfïîdu travail
&àobserver lesasiresd'un ieul roiJ,
Uuy avoir causé,ajnG cette gran-
)d<: difficulté du contoumement
des Axes de ses yeux, ne pouvoit,
l'attribuer qu'à la très grande diih
parité de la conformation de fo)
yeux, c'est pourquoy il ajoûto
Nonpoterlsforte, vir eximie, tat..:
tlemlegendfJ experiri
,
& mixité
quidem si exiquafitoculorum difpAv.
rÙtU. C'est pourquoy en suppo.o
fant que cous les hommes ont ges;
neralement les yeux differement
ment conformés, y ayant uneno.o
table disparicéd'un oeilà l'aurre
il a mal tiré cette conclusion ges
nerale,Rationem duco, ex paralel.
lifin? motusocuterum
,
à tuimfachy
ut demirer, ajoûte-t'il
,
cfiitOptiez"
non advtrimntimpojjlbilem cjfèsquam
depredicant Axium (oÏti(jnem\
Il en dit autant au N. 15. desa38
Lettre Ad Bnllialdnm.
Bien des Sçavans ont crû qUrJf
nonobftam»-
onobsrant que les deux yeux
fussent ouverts l'on ne voyoit en
nême tems un objecque d'un oeil,
l'a esté l'opinion de Ioa.Bap. Porta,
ib; vr. deRefract. de Sennert lib.I.
nsfit. cap.12.
„
Bien que le P. Dechales dans
on lrJlIlJdlU Malhematicus
,
imprimé
en 1674. ait demontré dans
Prop. 49 page 382, qu'Axesepet
concurrunt in unum idemque obvftum
y
bien loin de douter de
experience de M. Gassendi
iIlÍnjmmo eam aliis
,
dit il, expeientiisconfirmo.
Habemus hic fra-
-rem aliquem janitorem
, qui lin,
:Cf!() est myops ,
alio vero Presbyta,
ta ut distintissimè objecta diJJit-s
ercipiat uno oculo, qu* aliovix dis'inguit
, & vicissim cum legendum
$altero utatur oculo.idem mea,
ajoure-t'il, conjirmo experiemidx
quam quilibct facere pOferit. Stln
Myops, oculos tamen habtosatis Pt")
fccteJîmiles
,
quotiefcumquc
alterutiv
ocitlorum lenttm concavam adhibet\
nonclaufoaitHa>objecta lus vidcùi
dijlincic per lentem concavàm j 0
confuse alto oculo
,
quo cîiam wajom
mihiapparent,fedopus cfi alïqua îljb
tentione. Negosa experientiapr$k\ b.iriAxiumopîtictrumulriujtf®^ oculiparaleilifmum,
ia &e. tamin non puffint flm!6
Axes optici quomodolibet concurrent
quando nempe oljetfum efi valde VI'':
rinum oeillo1nonpotesi ut /IdÁ
invicem inctinentur oculi, 6" dirix
gant utrumqi Axemopticum adideto
objeffum,indefit ut myàpihtal
ilccidat, unum tantum oculum ad oA
jeefum dirigi ; & eo tantum legem
seso quident cculo qua-siferidnte
,
si
t benenon vident
,
hoc efisi tanta
difpruportio interejaJvifiontm,
oculi bene affeffivifionem,utunium
non. afficiat. Jhtod si oequales
rtQCNli ,
orieturmultiplicatif objeornm
lufizpe experier & ofiendam
fra. Trop. LVII. pag. 415. si Axes
niciin nullo propofitoobjeffo, conciliant
omnia gemimri videntur,
fc qu'il dit- arriver plus facile-
Itent Miopes
1)
ment aux ,qui ut difiinôte
yegant tbjefôa multum oculis admovientytuneenim
ut fere qaotidieex-
"'erior, objetta geminantur.
Le Pere Chérubin luy niesme
dans la 44 page de les Visions de
677. reconnoit dans les deux
dernieres lignes,Qu'ilfaut avoir
tes deuxyeuxsains,&mesme,ajoure-
t'il,médiocrementbien conformez
pour éprouver par experience (]A"
l'objet eji veu des deux yeux pl,,\c
grand, plus fortement, e--plui ab
ttinttementqued'unseul
, si les dei/n:
yeux fontfiins & bienconformez
Mais peu de Personnes ont loi
fdeuox yeurx émgalemenet biezn co.nc Le Pere zlIcehim dans la 100
pige de la seconde Partie de 4 :
Philosiophia Optica imprimée e3
1656. remarque que ,
Si alter oeltA)
lorumfitfiujfuifonetantifper ObfteJè.
tus, tuneferapparentiam exhibitaxs;
per apprehenfionem in oculo jùffujio
ne vitiate, inficitur alia
,
correspond
dens apprehensions exerciteià
ro , qut statim ac toUitur apprehenfiy*
per vitiatum co clausio
,
adsuum nim
toremrestituitur.;Ilrestreàdémontre
trer.
lemauvaisEffet, & le dangereux
Vsigt du Binocle.
pErfonne n'ignore qu'on ne
peut voir distinctement en
mesme remps un grand objet,
'!!,indi procédé, comme dit Danti
lia 54 page de ses Annotations
la Perspective pratique de Vipole
impriméeà Rome en l'an-
Ic 1583. che volendo noi vedere
al sivoglidcofa minuta mente,
diamo girando glhi eccbi, &mundo
la Bdza délia piramide
, per
scorrere con l'Assesopra tutta la covifibile,
&c. & che nella prospetva
fia un punèfô solo designando
la quel che si vede in un occbiata;
uza moverfipunffo. Puis que
Binocle arreste fixement les
deux Axes de laVision en nu
mesme point de l'objet, il s'enM
fuit que les autres objets qui nid
font pos dans 1'Horëftere_rfoniri
veus doubles, & paroissent en
deux différents endroits. Biem:
que le Pere Cherubin ait fait umi
perpetuel divorce, avec le borne
fcns & la raison ,"il convient
néanmoins de cette experience fil
defavantagetife à l'usage des Bi-1
noclesrVoiey sestermes tirez de-il
ses Visions de1677. depuis la 15Zi
-
ligne de la 42 page.c'est. 'lIr.
quoy,dity.-il avec raison,laforce de 14 t.
meue&l'attention de l'effrit, efiant ,-
alors arrejlez,&fixez* à voirunK\
à* specialementsonpoint auquelcon—j
courent les deux Axesy ils verrtnt,y
par exemple,lesommet d'un bktm *
double , mis entre les Axes de la ji
mon ou dehors, 6C enfin de tous
jers qui ne feront pas dans le
an de l'Horoptere
,
à caufey
.n1me il dit, que les rayons qui leur
portent 'pece,ysont receus des
rtics des deux yeux qui ne font pas
monyrnes & les deux peintudu
sommet du btÎtorJsi trouvent
fertmment situées dans les deux
tines\&pourqueyl'on voit nccef
t,ement cet objet double.
Pour vous convaincre facileent
de ce doublement d'objet,
evez vostre doigt index,vis à
le milieu de vos deux yeux, à
distance d'environ huit pous
,
& vis à vis d'un objet plus
Digne
,
regardez fixement vô-
; oigt, pour lors les deux Axes
la vision y concourror, & l'au-
: objet qui eftplus éloigné que
ledoigt, vous paroiftra en deuxi
differens lieux, & par consequent
double, & si peu à peLD
vous détournez vos yeux pount
porter la réunion des deux Axeas
sur.l'objer plus éloigné, ces deuxx
apparences s'approcheront aufluF
peu à peu, & enfin il vous femblera
que deux semblables bjetn
se penetrenc pour n'en faires
qu'un seul. C'est pourquoy re---
gardant fixement cét objet éloi
gné, vostre doigt vous paroiftraè
double, & en contournant peu à J;
peu les yeux pour apporter la«
réiinion des deux Axes de la Vi- - lion sur le doigt, vous verrez 3
aussi que ses apparences s'appro- cberont - peu à peu, & enfin s'é- '.- tant comme penetrées
,
n'en fe- -
rontvoir qu'un seul.
L'expérience qui est la seule
riaiftrefle des ignorans
,
qui ne
1 euvent rien comprendre nier, ny
rvoiïer fins son secours 8c hors de
n presence,leur montre,que nous
rapportons tout ce que nous
t'oyons bien dlftlndcmentàl'Ho-
Koptere, qui efluneligne tirée par le
wintdu concours des Axes optiques,
",arA/eUrment A la ligne qui conjoin-
11roit les centres desyeux, telle est la
iigne G H 1 de la Figure III.
Un objet K mis entre les deux
Axesfera veu en deux
différents
endroits,en L&en M.
Pi Deux objets comme AT. o.mis uflîhorsderHoroptere, & hors
Hutriangledes Axes de lavifion,
::haque objet paroiftra en deux
HirFjrencsendroics, car l'objet IV
eparoiftra en P 6c j ,
6c l'objet
otpraroaifti-iareneK 8.t s,ô£ au co
.-
SisurchacunAxedelaViflO"
vous mettez un objet T. v ,
lei
deux objets ayant leurs apparat
ces peintes chacune sur le fonç
de la Retine d'un oeil, ils ne p
roiftront que comme un seul si
le point de H de l'Hoptere 0'
reiinion des Axesde la visîon.
Le P. Dechales danslefeconc
Livre deTon Optiqueen larPro
48. Problème wJÎYuwcntumconfia
re quo quæcumque de Horoptere cLÂ
cuntnrexperiri pojjimm
, mettez
plom les deux planches A B B
chacune â0 deux pieds de lônÉ
güeur, & d'un pied de largeurtn
faites plusieurs trous en différenciai
endroits, pour y planter le fiiloJ,
CM qui servira d'objet en diffe»:>
entes polirions; car il ne parle
que d'un sèul objet veu à la fois
dans le mesme temps, que les
deux Axes des deux yeux1Kcon.
courent au point F de laligne
horizontale GFH & l'Horoptcrey
& la planche BD de l'Horoptee,
donr la Planche B D estle Plan
aioli le point M fera veu es points
J & H" & paroistra double.
Le bon homme Alhazen Araoe,
dans son TheftiurmCpticoe lib.
N. 12. page- 81 de l'imprenion
lie 1572. dit.vifibile aliks unum:
dicis geminum videri, organo ojîen*
Mirur. Je l'explique & le rends inelligible
en moins de paroles.
Soit dans la Figure V. la planche
ADIS d'une coudée de longueur
, & de quatre pouces de
margeur, tracez les Diagonales
ADIS,que vous remplirez d'une
mesme couleur à huile, tracez
aussilestraverses BOCM, que
vousremplirezde différente couleur
à huile, faites l'entaile FR
pour recevoir l'élninence du nez,
fin qu'en regardant sur la planche
, les centres des prunelles
soient en FR) faites trois petites
colomnes comme dans les Figu
res 1.1. 3. de 3 lignes dediamettre
, & de deux pouces environ
de hauteur
,
peignez-en une en
bleu, l'autre en rouge, & l'autre
en jaune, faitesen la planche es
points C. O. M.T.N.F..!¿L.x.des:
trous qui fervent à y planter les
trois petites colomnes.
Plantez premièrement vos
trois colomnes dans les trous C.,
Q. M. appliquez ensuite les yeux
proches des pointsFR. Fixez la
veuë,c'est à dire, regardez attentivement
la colomne en -o. 8c
regardez ensuite tout ce qui est
sur la planche, rien ne vous paraîtra
double, parce que les trois
objets ou colomnes font sur la ligne
Horoptere c. 0. M. Regardez
ensuite fixement l'objet ou
colomne en c. ou en M. les colomnes
ne paroiftront pas dou.
bles,parce qu'elles sont toujours
sur l'Horoptere, mais la ligne N B.
l&les deuxdiametres AS. DI paroiftront
doubles.
Laissez toûjours une colomne
sur l'Horoptere en0, &plantez
leeux autres dans les trous N,
L. & regardez fixement la colomne
o. pour lors chaque co
lomne N. L. paroiftra double,
ainfïdeux en feront voir qllatreu
deux de chaque couleur, & poc
fées obliquement deux à costés
droit, & deux à cofté gauche des
la veritable ligne B. o. N. laquêl-l
le aussi paroiftra double.
Que si ayant planré vos deuxx
colonines sur une mesme Diagonale,
par exemple sur A.s.dans lese*
trousp.j^_vousregardésfixemenm
la colomne 0, les deux autres P&
vous paroiftronr doubles,canj
Ja Diagonale paroiftra en deuxx
lieux dirrerens.
Il en arrivera de mesme si vouszi
plantez vos deux colomnes danszi
les trousT.des deux-Diagonales,
elles doublerontaussi, puisai
que les Diagonales paroistront
doubles.
Que si vous mettez une des
colomnes dans le trou X,fait sur le
nord de la planche, & bien au de
:à de l'Horoptere CO M en regar.
dant fixement la colomne O ,
la
colomneX doublera,&au contraire
en regardant fixement la.
colomne plantée dans le trou X,
les deux colomnes c. O0. paroî-
::ront doubles, & la ligne C. O.
Wl. aussi
,
n'estant plus l'Horotere.
Ayant démontré que les
Lieux Axes de la vision concouranten
unmesme point d'un obet,
les objets qui ne font pas sur t'Horopfere, paroissent en deux
differents endroits, & par consequent
font veus doubles, il
s'enfuit que le Binocle faisant
concourir les deux Axes de la
vision à un mesme point de l'objet)
envoyant distinctement un
Vaisseau sur la Mer, tous les au-ru
tres Vaisséaux qui ne se trouveront
pas sur l'Horoptere paroi
stront doubles,&peu de Vain
seaux paroistrontune Armée Na-sl
vale ; jugez de la consequence
sisonusagen'est pas dangereux.
L'experience que le Binoclo
fait voir le double des Vaisseaux
sur la Mer est tres confiante. Parmy
les Sçavans quis'assembloient
les apresdisnées chez M.Justel Se-3<
cretaireduroy.M.ChibertdeMontigny,
Frere de M.l'Auditeurde
Comptes, y raconta le Samedy 30
Aoust 1681. queM.de Sauvage.y^
tres sçavant Mathématicien ôoô
Ingenieur du Roy,l'avoit .af-l*
seure que les Binocles ne POUU4
voient estre d'aucun usage sur lai
Mer, puis que M. le Maréchal
Estréevoyoit huit Navires des
ennemis avec son excellent Bi-
Iode, bien qu'à la verite,il n'yen
ont que 4. comme tous ceuxqui
voient de simples Lunettes 1'cd:'
auroient,ilajouta quele P. Chemin
demandoit400 livres vun
~nocle; mais pourquoy acheter
cherement une chose, tres ditcileàajuster
,
inutileà laplus
grande partie du monde qui ont
lesyeuxd'inégale bonté & consommation
,
& enfin qui noust'ompe
dans son usage
,
dans les
Affaires de la derniere importande
,
lors qu'il s'agit de reconnoîre
le nombre des Vaisseaux des
ennemis,
Enfin, voila tout ce que j'ay à
tire concernant les Binocles,
vec lesquels le R. P. Cherubin
voit toujours son image devant
luy, commeAïitiphcfôtt o~~w~
par la raison dont Aristote fait
mentionau Chap. 1.DeMemori
& R miniscentià. ; 6c Galien lib.1
delocis tiss,ctis Ctlf. 6. Illuy eil ar-u
rivé la mesme chose qu'au Mila-js]
nois dont parle Cardan Lib.1. aU
Subtilitatepag.34. Galeasde Rabeam,
civis nostercum jam olim inventa
Cochleam Archimedis ad elevandums
aquam, ipse QUAIFprimu*AUÎOYvellei^
existimarireperiisse, prx loetitia illl.\-
&c. C'est pourquoy il voir cou.tj'
teschoses d'une autre maniero
que les Sçavans, demesmequ'un
celebre Medecin à Dresde, donne
parle Senert lib. 1. Prax. p.
sect.2.cap. 45 lequelestantmont
sur une échelle pour prendre unu
Livre
,
çculefqtte fortiùs fursumJ*
r¡j)wneret) il vit depuis pendant
,Wois mois toutes choses en ifruation
renversée
,
&homines, ini>U- ,â in capite ambulare:aussi le R.
Cherubin asseure dans sa Diototrique
Oculaire de 1671. page
-34 ligne 2. voir les chiens courans
Surledos.Jelaisseàunautreàrépondreauxfaits
particuliers qui le
raegardçc,&quelePv.P.Cheriabia
cotte depuis la 7.lignedela 392
age,desonLivdela Contiqukêdes
X:orJH impriméen 1679. Et dans
Er Art.de la lettre H. dela Table
des Matieres des Visionsde iéSu
Nom donnerons dans le ¡r(Jchai,,-
Mercure Extraordinaire, la confira*
tlion des Lunettes polemoflopes) &-
Je toutes les Lunettes au/quelles w
employélesmiroirs*C<oMIÊkSi
DUTRAITE'
DES LUNETTES,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE
Par M* CoMIERS d'Ambrun,
PrevotsdeTernant) profeffiur
es Mathématiques 4 Paris. NOusavons démontré dans
les deux derniers Mercures
Extraordinaires, par le temou
gnageancien Ic irréprochable
de plusieurs doctes Autheurs
François & Latins, qui ont fait
imprimer leurs Livres,plusieurs
années auparavant que leR.P.
Cherubind'Orléans
,
grand Adioptricien,
eut donné au Public ses
ParfaitesVisions des années 1677.
678. & 1681. iQue la premiere
Invention des Binocles, celoit deuë
à Daniel CHORES, qui les presensa
au Roy, & en publia la facile
construction en l'année i6iy.
Nous avons aussi demoncré que
tous les véritables Sçavans reconnoissoient
devoir l'invention
des Binocles, dont les verres
oculaires font convexes , au R.
P. Anthoine Maria de Rheita,
ce-doc'te &Religieux Capucin
Allemand, qui après avoir fait
admirer à tous les Sçavans Curiéux
le prodigieux effet de ses
Binocles, en donna en l'année
1645. la construction dans le premier
Volume de son Livre in fo-
-
lio ; intitulé Oculus ErucS & Elia.
Je veux - encores démontrer
l'Anciennetédes Binocles, par le témoignage
d'un tres sçavant Autheur
Italien, c'est le P. F. LANA
de la Compagnie de Jesus.
Voicy ses termes que j'ay tirez
de la 209 page de fou Livre infolio
, qui a pour Titre PRODROMO,
ALL' ARTE MAESTRA
imprimé in Brescia en
l'année M. DC. LXX.
Resta, dit cét Autheur
,
di dire
alcunacofa, délit Cannoebiali,*con>
i qualisityirano gl* oggetti con tutti
e due gl' Occhi che per cio adimafJd(
iamo BINOCULI. EjJendo dunque certa che quando mi miriam,
alcttn' o-ggetto con embi gl1 occhi l,
vediamo piu chiaro, Particolarmente.
in molta diflanza
,
Stquitacbeft--\
cendo noi un Cannochiale conilqua~\
le Jt pojfa rapprcfentarel'oggetto avb
tutti due gl' oahi
, non solo ci com-x
farira pia chiaro
, ma faremo men"
fatica.
Si fara dunque in questa
, o altrav
jimilforma, &c.Iverniobjcctivi^x
devono ejjere di una medefima L#fJ"-
&bez,za di diametro
, ç l'lino totale
mentesimile aU'Illtrl) ncllafia figurai
COllveffi ; fmi/mente coUocheraivicino
à gl' occhi due vettri concavité
overo due lenti, o anche fei, cerne tiew
T411nochiafj di quattro vettri
,
si chc&
Jîano DUO CANNOCHIALI INTC
UNO;ma quefit vicini a gl' êccbûù
devonoessereccllocatic&n taldijîaza^h
cbeIL CENTRO LORO CORRIS-2
FONDA"ESATTAMENTEAL CEN-fr
r&0 DELLA PUPILLA DE GL"
JCCHij ail' incontro li due vettri
b.ec-tivi devono tffire ira dise al
ju&ntopiuvicini, 0 meno,conforma
d lontananza dell' oggetto ,
che vorliamo
quardarei puiche in maggiore
Vietnam,A delT oggetto ,
ancb* tJfi:
icvono tjflre piu vicini tra di sa
lecio in tal modo i raggi vifuali
d'amhidue gl'occhi
,
paffando per li.
vettri objettivi,vadano à terminare:
nel medefieioogeetto. onde, &c..
Voila pour me servir des mefmes
termes du P. Cherubin daus-i
la 54 page de la Vision Parfairede
1678. LA veritable & unique
Cênftruttion de CoculaireBinocle.t' tous les Verres ysoient, il a oublié
de dire dans chacune des deux:
Lunettes, centralementtoujours partiellesentreux.
2. £)uilsyfoien#
centrdementptrpendicuUires 4fti
Axes.3. elis,déllX-Axes/eNI
soientréciproquement toujours centralement
perpendiculaires,à que.diftanct quepuijpseflre tl.ohje
D'où est évidentque lesVerrts immea
diatsjX veut dire les oculaires plus
proches desyeu%^eftantcentrdemet
ajustez, aux papilles- des yeux. C.
que leP. Lana dit par ces morsj
che il cento loro corn/fonda effimente
d centro délit pupille de gÊ
occhi. Reprenonstes termes
du
P. Chérubin, les Axes pénétre*
ntcejfaircment, enfnite perptndiem
Idirement,&très, direffemtnt toutk
U profondeurdes yeux , jujquesm
tomber sur lemilieu des deux letinés
sansseromprei ce qui efi t'tfill-.
ciel de la VisionpArfaite, &pdrtutM
ftquem AIIJfl delàconjkrufîh»l"r:
faite de l'oculaireBinocle. Ce que
Daniel Choyes, & leP. de Rhei_-
ta, ce sçavant & Religieux Capucin
Allemand, & Je P. Lan*
en 1670. & le P. de chales em
1674. avoient enseigné & pratiqué
en 1645. dansla construction
de leurs anciens Binocles. C'est
pourquoy M. le Marquis deSeignelay
Secretaire d'Etat, dit au
R.P; Chérubin, ce que luy mesme
a publié en Tannée16-jy*.
dans la 412 page de sa Contiquité
des Corps. Ilfaut avouer que,--
le Binocle est une belle invention;
mais franchement elle nejîpas nouuelle
; néanmoins nostre Autheur
Adioptricienajoute ,
qu'il repliqua,
qu'ilyavoit plus de vingt tms;,
qu'il avoit inventé & construit le?
Binoclt. Et n'ayant point de
preuve par témoin ny par écrit,
d'avoir inventé ou construit
quelque Binocle,il gagneroit (a.
cause s'iltrouvoit un Juge qui le
voulut croire, dajudicem qui me,
credat, & ego convincam. Maispar
malheur, il a luy mesme démenty
en l'année 1681. par termes
formels &tres décisifs le témoignage
avantageux qu'il s'étoit
donné,d'avoir inventé &
construit le Binocle vingt ans auparavant
l'année 1679. Voicy
ses termes couchez au commencement
de la 191 page de ses parfaites
Visions imprimées en 1681.
ny'ayant, dic-il,jamais paru aucun
Binoclejusques a l'impreon du LivredelaVision
Parfaite de1677. dat
lequelj'en ay donnél'invention. Ce
noj/j.m Inventeur delà vieille
invention des Binocles, fit ailleurs
une réponse autanr juste
que la précedenre. Quelqu'un
luy ayantditque M. Da/encé Secrétaire
du Roy, estant à Vifbourg
en l'année 1668. eut pendant
trois semaines
,
l'excellent
Binocle de quatorze pieds de M.
l'Electeur de Mayence, & luy
ayant de plus faitvoir sur son
Agenda, ce qu'il avoit tire du 2.
Livre Chap. 11. page 241, de M.
F.R.A.B. J^ueMejjîeursdesCoptes
neconvenoientpas dans sa Sommationdes
Tlu(tesd'Allemand> dont on
avoitbâti les Lunettes des Princes nouvellemetimpriméesàAnvers.
Il protesta
que c'estoitluyquiavoit
donné ces Binocles à des Princes
d'Allemagne, & qu'il estoit vray
qu'on luy avoit fourny de Flustes
d'Allemagne pour luy servir de
tuyaux pour chacune Lunette
du Binocle. Quelque Rieur ajouta,
qu'asseurémêt ces grandsBinoclesàFlustes
d'Allemagne,avoiée
enfanté le perit Binocle de deux
pieds de longueur, du P. Dechales-
Savoyard, & comme aussi celuy
de decemcirciterpalmorum de longueur,
dont il parle dans la 673
page du fecond Tome de son
Mundus Matkemntieut, imprimé à
Lyon en l'année 1674. Ainsices
deux Binocles étrangers sont ail
moins de vingt ans plus anciens
que la Vision Parfaite de 1677:
du P. Chérubin. C'est pourquoy
comme il est facile d'estre Prophere
des choses payées, &. Inventeur
des vieilles choses, il a eu
raison en l'année 1678. de donner
vers la fin de la 27 page de
tes Visions latinisées, cét Avis si
important au Public,Certe, ditil,
hujus Geniisumfatcor qui in pr.e.
dilyiis ac pulchris adinveniendis
simmedelcetor. En effet, y a.t.il
truUrim ? Que la transformation
en Ange de lumiere dans les Vi-
,
gnetes de ses Visions de 1677. &
de 1681. Y a-t il rien pulchriu?
que Ía Meremsicosation en teste
d'Apollon
,
dans les Culs de lampedesesVisionsde1677.
Quid
froecUriué ac pulcbrius ? que cette
belle Anagramme ou renversement
de nom autour de cette
teste creuse
,
mais Apollonifiée;
CHERV&BINWS AVRELIANENSIS.
UNA IN VERIS
HABERIS LUCENS.
Mais toute cette force d'espritn'est
rien en comparaisondes
ce qu'en l'année 1671. dans lu]
296 p. de sa Dioprrique oculaire,
il asseure avoir vû dans laLune
mais par un moyen tout particulier
jusques ici inconnu; que je firaJ
voir, aj oute-t'il, ensonlieu : ce sera
pour lors qu'il prendra ouvertement
laqualité d'Ambanadeurti
de l'Empereur dela Lune.Ce sera
pour lors que donnant laRelationn
au Public de son Voyage dans Ia,
Lune, il confirmera ce qu'il al)
dit en 1679. dans la ni page des
la Contiquité des Corps: j'ayv
trouvé, dlr-]I,_fenf,;blcmcnt, quel'a¡r,,'\
agit naturellementsportivement e.
montant, dr seulementnegativement
en descendant, ce font ses propres v.
termes, qui par leur cadences
payent leur manque de raison,
bienn
bien qu'il en ait prononcé un arrest
solemnel contre tous les veritables
Philosophes, qui ayant
la teste trop dure & bien timbrés,
ne peuvent ressentirles influences
de ce Soleil nocturne,
mysimpathiser à la legereté de
Jair. Voicy les termes de son rell: tirez du fecond Article de troisiéme page de la Préface
Eê Ces Parfaites ViJiensàQ l'année 681. Pour desabuser dit-il, le
ondepréoccupé d'une êpinion éga- nent nouvelle
,
je. maiségaUment ; de laprétenduepefauteurde
£air,quequelques Philosophesrecens
croyoient avoir tres solidement Iflfblie
parmy les Sç&vans,
La. Nature luy a de tres grandiûimes
obligations, puis qu'il
estoitleseuldansluniverscapable,
commeil diten1679. dans
la septiéme page desa Contiquité
des Corps pour démontrerlaveritécontraire.
J'avoue,dit-il, que
ce n'est pas sans un travail
,
& qui
demande mefîtoe des connoissances tres
étendues
,
& une très vivepénétration
d'esprit. Voila enpeude mots
le Panégyrique que luy mesme
fait de sonesprit,il le faut croire
sans hésiter aussi fermement que
lors que dans la399 pagedumesme
Livre, il prononce que l'oculaire
pourservir aux objets de terre, -
nedoit point excederla longueur de
dix pieds environ : Et par confequirttattjji
le Binocle ; mais pour les.
tû9jits du*font, ajoûtet'il,
édtlinz., par eux mt/mes, c'estàdire,
ajoute-t'il encores, qui sont lumineux
: le Binoclepeut estre tant l()ng
que Con voudra. Philosophes &
A stronomes que je vousplains!
d'avoir creu que les objets du
Ciel, ces Planettes que vous observez
avec tant de vigilance &
de précaution avec vos simples
Telescopes
,
& non pas avec des
Binocles, n'avoient qu'une lumiere
empruntéedu Soleil, apprenez
enfin que cét Autheur
ayant faitenfin son vôyage d<ins
la Lune, à reconnu en observant
les objets du Ciel avec des Binocles,
que laLune, Mercure, Jupiter
&. ses quatre Satellites
, Saturne
son Anneau, &' ses sept Lunes,
font commeil asseure
,
éclai-
TrZo par eux mesmes,c'est à dire qu'ils
sont lumineux.
Voila le fruit & les découvertesque
l'Aucheur des Visions a
fait avec les Binocles de quoy il
doit se contenter, car pouravoir
continué à crier pour l'invention
des Binocles, comme les Fauxperdeurs
de cognées à Jupiter, il
luyest arrivé lamesme cho[e,&.
ses Amis luy ont conseillé de de-.
mander plutost à Jupiter comme;
les AberReids;la reftitutio* de son
premierbony£/?.f,commeadit M.F..
R. au Prologue de son quatrièmes
Livre page239.« Du Paraleliijhte de l'Axe des
deux Lunettes du Binocle
TekJèopique.,
,
pique.,
Nous avons dit dans le derniers
Mercure, que laconstruction diuj
Binocle pour voir les objets cloi—
gnez ;
estoit fort facile, puis qu'il
lutEr de mettre paralellement sunt
un mesme plan deux LunetCe
en tout semblables
,
& d'égale
forcé & longueur, & que leurs
Axes estent paralelles ne soient
éloignez l'un de l'autre, que de
la distance qu'il y a entre les centresde
deux prunelles
,
laquelle
n'est ordinairement que de deux
pouces & demy au plus, lors
mesmeque les
-
yeux font dans la
situation pour voir les objets
Rlffi éloignez que les Astres de
l'immobile Firmament, il s'agit
doncdedemontrerle paralellismePhysique
des Axes (lesdeux,
Lunettes du Binocle,mesme
JOur les objets terrestres fort
:loignez,-
Tous les Sçavans reçoivent
Axiome qui est en l'Article
IVÏI page 21 ,de la Dioptrique
le Keppeler de l'impression de
( - 7 ]61I.Áx-es fer centra, Pupilloe^C2"
humomm-oculorum tranfeuntes natu
rali motuvel poiitu quiete ,paraieUt
funt, volanttrie vero conterqneturad)
propinquacomemplanda.
Vopiscus Fortunatus Plein,
pius Medecin d'Amfteldam
, a,
parlé comme Keppler. Voicy
ces irermes tirez de la.97,Page du -
Lib. 3. càf.^.vde fcm
grdpbiti de l'année 16yy. car aise--
moto oculedurfimid*deamdcmpar-\
tcm '"zoveatur répond. ZJt,
direéta in unum idemquc pun-Bum
dmborumLuminumacie
,
idemobjeffum
utrumquc oculum uno rempote
ftmiléraJiorum infltxioneingrediatur,
quo unaelhitur diflinBa.vJJto
aïque acuratn dignotio, & au Livre
4 Problème LV. page 176 il
ajoute,Vtfn4 ad multumpropinqm
dgrius id efilaboriofius& molejiius
dr dolcntiusrefpicit quant ad rcmctiora
, parce que, in vifione rtrum
fropinquarum contorqutri
,
feu adJe
invicim mnuèreoculos
,
értantomagis
contorqueri quanto res visa provins
vifîtm confifiit: In vifione -dutem
objeciorum longinquorum eculos
Uneri paralellos; at situs hic oculorum
paraieIIus naturalis 11
, quetn
Jpontesuarepetuntoculi vi mufculorum
aliorsum non difiracii. Vndè
in meditabundis eo quodhimufiulos
oculorum rimittant,qito minusad res
proximas contorqucantur ,
recurrunt
ipsiad istum paraitHum : qua nota,
voicy qui est digne de remarque,
exflatici isis facile dignofeuntur ab
omnibus, &sianon cmnibm, not*
ratio intelligatur. Contorfio nonnisi
rnufçulorum ope Uboriose pfrficitur:
quare flquituream fatigatioj &quo 4
major fucritilla contortio
,
eo major i
fatigatio ac lalor. Deprchendimw t
autem non camdem omnibu* incjfc ;
eculos contrahendi facultatem
,
fid
quibusdam longilrem
,
aliii breviorem
terminnm à natura pojïtumesse,
quo propimadducercoculosnequeunt
prout feiliect Ad TlJdgisvtlmin#s
propinqua vifionemfe affue fecerint.
C'est - pourquoy il y a plus de
trente années que j'ay déclaré le
Binocle miscroscopique, sinon
inutile du moins d'un usage tres
penible & fatigant à bien des
gens, qui ne peuvent qu'avec
grande violence contourner sussisamment
les yeux pourvoir un
objet fort proche; mais le P Chérubin
par certaine Antipatie qui
estentre iuyôc lebon sens, a dit
;-n iéSi. dans la 1 page de les Vivions
, JVuc tout les mouvcwènsdes
:dcux yeux conjointementr se fai-
Soient avec une Ji douce activité*
toujours accompagnée de sa délectation
& duplaisir
,
quilsparoissent
infatigables en leurs actions.
Reuenons au paralellis--me de
l'Axedes deux Lunettes du Binocle
Telescopique, pour voir en
mesme temps des deux yeux les
objets qui sont cres éloignez.
Pousledct-nontrerje poiede faits
rnconteftables.
1. Le P. de Chales, après Alazen,
Vtellion 5c plusieurs
autres Autheurstant anciens que
Modernes, avoit démontré en
l'année 1674. depuisla 381 page
de son Mundm Maïkmaticu*<^uc
Axes optici concurrunt inunumidem
punctum
,
le P. Cherubin ayann
étudié, cét Autheur en a voulu!
en 1677. & 1681. regalerles ignoo
rans, ce qu'il a fait par un excella
lent verbiage &ennuyanre Mac
rologiedans ses Visions pdrfai.i;
tes, où le concours des deux À.f"
xes de la Vision en un seul poinin
de l'obj et.
20. Le R. P. Chérubindanin
ses Visions Latinisées 5c augmentéesen
l'aimée 1678. parle en cerj
ternies dans la 66 p ig Totalem Si.\i
vmuli fieflri cxhrfarcmînbum trirtms
dintaxat icd/un, qtiotf.1licet
ccoumlihmuidjuiosrtiistbmejp v(Jl/Ji, qui ufk&\
,
& nibil hominùs a&x
ttrrcftriaJingulanscjfeffu-4forets
r^rro,ajoute-t'll,Binoculumhnn&\
très,tantum peds longum,etiam dj-\
Jiificiu'm adfexleucarum inîcYVùl2\\
lun; objaftlm prxbcrc, curisus 'l'Û-:
[";etartyre poterit experiri.
Supposons que nostre Au-
Ihcur ait la veuë aussi force, que
l'ay euë autrefois, qui voyois
,lif1:iLlél:emnt les objets colorez
wC bien éclairez, à la distance de
deux cens cinquante pas Geonetriques
qui valentdeux stades
iilc 615 pieds chacune. Voyez.
wlineffifi. Nat. lib.2. cap. 234 Supposons encores quenostre
grand Autheur Adioptricienparf.;
juste
,
lors qu'il asseure qu'arec
son Binocle de trois pieds de
Sftngueur,il voyoitdistinctement
ses objets qui font éloignez de six
euës. Voila un Binocle excelsentissime
poursa petite taillé,&c.
dont la gloire en reviendra toû-
M)-.îrs toute, entiere au Maistre
lunetier-, puis que le R.: P. Cherubinn'ajamais
fait dtEtiJY
, ny
travaille aucun des Verres, 1
vray que par sa Lettre écrite du
Convent de Saint Honoré à Pa
ris cUttée du 2. Décembre 1676
&-adressee à M. gmrrchu M.:i:,:
treMiroëtier& Lunetier,aux
deux Croissans d'argent sur le
Quay de l'Horloge, qu'il a miau
nombre des minutes de M. le
Franc le jeune Notaire Royall
par Acte dedépostdu 17. Janvier
1*678. Je P. Cherubin parleau
SieurQuerrreau en ces termes
Lundy Sa Majejfe me commanda 4
luy faire un.Binocle ,jt me feron
trouvétnpeintdeflttisfaire au corm
mandement- de saMajeÏÏe,.J-IlJ-""
plus de vingt ans quefay defefté tl1
travailler, au Verre*'Mais je me ftù
fouiâgé fefprit aufîtjet de ce travail
fer Pefttme queje fais du vofrr,,
ysipourquoyje vous prie de me faim t grace de mefairedesVerrespour
monter lesoculaires que le Roy desire
tueje luy fissi
,
qui font un oculaire
Winocle, dr un Autre pour Mffigner,
Semblable à celuy que je vousfis faire
fl.le Nonce Bargellini
, pour mettre
r la Machine à dejfmerdeloin,je
mus prie de voussouvenir que c'est
Jour le Boy, t? en cette consideration -- Hy apportertout lefoin&exactitude
wjjikle, vous en aurez de l'honneur,
vutre que, drc.
Cette Machine à dessiner de
de loin est mon Telesgraphe, qu'il
déguisa pour s'en dire l'inventeur
,
mais ille rendit irregulier
g&c sesopérations fausses
, par la
taillie qu'il donna à l'index,&
n'en ayant pû reconnoiflre la
fausseté
,
il en sir en l'année1677.
dans la 144 page de les Vision
parfaites
, un grand prelcnÇ.Ali,
Personnes que leurs Chargesexpi
sentperilleusiment dans les Armée.
Et deplus, a-t'il ajoute dans f.
187 page de ses Visions de 1681
Aux Ingénieurs dans les Armées,
centretirer &" dessiner les dehor
des Places, mefmcr ajjiegée
hors de la portée du Canon. Cette
invention est autant admirable
& utile que celle dont M.F
RAB. fait mention, dans sou
quatriéme Livre ChapitreLXIII
Comment Gajhrmvehivit art ck
moyen denon estreblissénytouchépaq
Coups de Canon.
- Il ne reste plusqu'àconsideres:
dans l'excellent effet de ce BiJ
nocle, duquel a parlé leR. P.'
Cherubin, que lajufte proporion
des Verres, & leurjufte arcengementdanschacune
Lunet- te.NostreCommissionnairedes
Binocles n'en doit encore tirer
aucune vaine gloire, puis qu'il
appris le tout de moy , en voicy
ses preuves incontestables.
Dans mon Livre de la nouvelle
ience de la Nature & Presage des
demettes ,
imprimé à Lyon en
année 1665. est mon Traité sucint,
de la PFon de faireles grands
dunettes a, trois.¿&.. à quatre Verres
convexes, je me fuis servy des ternnes
suivans dans la 486 page
Articlevu. Ftlú qu'unVerreecusaire
tant pins il est d'un moindre
wjcr, tantplusil agrandit lu objets
un les rendant en échangeplustrou-
Mes ; ilfaut gardercertaine proportion
entre les longueurs des foyersdes
Verres, laquelleproportion neconjiflh
icy enrigueur &précifionMathemax*
tique
,
puis quelle commence d'iftnv
bonnedepuM unjusquesà ;f.& 40, A
Foctu du Verreoculaireétaïd'unpou«
ce y
le foyerdu Verreobsessifdoiteflrrï
depuis36jufques.kquarantepouces.
Le P. Chérubin dans les Vi-i"
fions parfaites de 1677. Page140A
a parlé en ces termes. Pourmon-*
ter L'oculaire de quatre Verres con-u
vexes, qui redresse excellemment
l'espece très augmentée & tres diftimK
ÏÏe,pourfervir aux objets de la, terrey
il faut remarquer que les trou der.
niers Verres doivent estre de petit."
SSppbhecre,ccoommparez, au Verre objc£lif\\
aufquclsils doiventservir: ils peu-*
vent bien eflre tous trois égaux,db
fifre en proportion avec leur objctlif\:
emme 1. à sf. 38. ou 40. au ïluam
il ajoute du si-rn ,ces mots, au
plia, ce qui est tres faux; car, par
exple,un Verre objectif de mille
pieds de longueur de foyer, &.
qui a 21 pouce de diamettre en sa
surface, que nostre bon Amy M.
Hotsoker a travailléil luy faudroit
un Oculaire de 27
pieds &
neuf pouces, pour estre avec son
àobjectif en meim* raison comme 36
, ou du moins illuy faudroitun
Oculaire de 15 pieds, pour
il
estreà son objectifcomme 1 à 40,
ainsi cette prodigieuse Lunette
n'augmenteroit que quarante'
fois l'apparition naturelledel'ob- jet, & n'auroic par dessus ma
Lunette de poche
,
dont l'objectifàun
pouce d'ouverture,augtreavantage
quede me Lirevoirun
objet 411 foisplusclair, c cil:
à dire, autantdefois que la furfa^;
ce del'onverturedwt'objjéHfd«t
ma petite Lunette, est contenuë
dus la surface de 21 pouce d'ouverture
de ce grand objectif.
Il reste à examiner si le P. Che-3
ruban a trouvé ou donné quelque
chose du sien
, concernant l'arrengement
desVerres convexe
dans les Lunettes.
En l'année 1665. dans la 497
page de mon Livre de la nouvcUo\
Sc'tnce de la Nature d* Fnfige dù&
Cnna/es" je donnay l'arrangement
des quatre Verres en cea^
termes ,
Toute la perfection de nosv*
grandes Lunettes, consisteen quatre
Verres,&c. Ayant vos quatre Ver—*\
res, fin objectif, trois oculaires
-qu,,-ts oculaires peuventeflretoustroislw
cPunmcjme Ftlçm, pour les logent
dans un Tube en
deue distance,puis
qui'ls ne font que deux Lunettes a
partquircnvirfcut les objets
, T<?M
mettrez lapetite Lunette
,
qui efteomposée
de deux derniers Foresoculaires
, au bout de l'autre Lunette ,
qui
est plus longue
, pour estre composée
dungrandohjecîtf& a'unoculaire,
0 & él()inez.en ^euapeu la petiteLunette,
jusques
atant
que njout voyez,
lesebtetstrèsdiftinciefhent.
En l'année 1678. le P. Cherubin
dans ses Visions latinisées, &
augmentées dans la 141dit, Jd•
construendum quatuor vitris conve- xisocularedioptricum,animadvertendumesttria
postrema vitrasuoobjeefivoxemparata
;pari/queinterfefacuitutissimulcum
-ejfiEfti ejje
posse,suo videlicet objectivo,utfsnt5
comme j'avois dit en l'année
iGGyJtcat i.ad36.vel 37.38.&c.r
ufcjucJummum40cjfvdendo.Voiiala
me(me erreur, ufyucfummum
40 que nous avons remarquéjçydessus.
Il pourfuic pour l'arrengement
certèpofuivefacilitts cornsoussi
can/îi ejfirie¡¡dUl/J. est
, M fecuïidum
viirum convexum cum pri.
mo objectum, il oublie de dire bien
éclairé 6ctres éloigné) difltnftif-
Jime invetftmreddatr, demum hoc
idemtertium, cumpreccdente secundo
; cfu&rtttm dénique cumprecedente
tertio
, tôt quasi jingNlis horum vu
trorum combinationibus pArticulàrÏA
nimirum ocu/dritl objcffttmnitidijjlmeinverjum
proejiantia comportendoy
.f<!!£ tandem simulconjttnÏÏÂ Prd-
Jlantijjiwum constituentOculare Dioptricum
dUabuseverjïonibus oculo
eiettum prabens objcéfum. Ildevoit
ajouter que les trois oculaires ne
doivent plus changer entr'eux, &
que pour cela on les peut mettre
dans un seul tuyau. Mais il faut
que la Lunette des deuxderniers
oculaires, ait esté faite en regardantun
objet tres eloigné ,c'eil:"
pourquoy le plus ~sur est de les
mettre à la c\ifiarJce de leurs foyers
- solaires. -
Enfin le P. Cherubin n'a rien
contribué aux Binocles. Leur invention
& leur usage est d'une
ancienneté au de là du jour de sa
Baiuance. Il n'a jamais construit
lestuyaux
, ny travaillé les Verres
, & leur proportion & leur arrangement
n'est pas de luy
, en
ayant presquedemotà rpot emprunté
ce que j'en avois dit en
1665.
DïtnonftrationduPuralcllifme
*
des Axes des deux Lunettes du -
BinocleTcLcfeofique.. sUpposons quele Binocle qui
n'a quetroispieds delongueur
,
fasse voir distinctement
un objetéloignéde six: lieuës,
comme le R; P. Cherubin Tailèuredansla
66 page deses Visions
augmentées& latinisées en l'année1678.
jedémontre queladistance
qui est entre les centres
des deux Verres objeél.i.fs de ce
Binocle, estphisiquementég.alçr
à la distance qui est entre les centres
des deux Verres oculaires
immediats, c'est à dire plus proches
des yeiix ,
puis que la distance
d'entre les centres de ces.
erres n'est pas plus grande que
distance d'entre les centres des
rerres objectifs, d'une partie
es 1730.d'uneligne. Voyez 14 igl#re premiere.
1°. La distance A B d'entre les
centres des deux prunel les, A &
~se des J cux du P. Chérubinn'est
auplus que de30 puisque
luy mesmedans la 136 pagede ses
Visionsde1681. dit, ladistancedes
centradespupilles de mes yeux est de
eux pouces cinq'lignes environ
,
&
u'il ajoûte dans la deuxiéme des
pagecottées 2t7.e lA distance
Misi trouve plus ordinairement entre
les centres des ouvertures desyeux,
comme £expérience me l'a fait connoistre
dansles meilleures veuës, DId'environ
deux pouces & demy.
2°. La distance d'entre les centres
des deux prunelles,efl: tOU1
jours plus grande que ladistance
d'entre les centres des Verres
oculaires, mesme des immédiats;
mais puis que nostre Adioptrieien
& Ageomerre
,
les a proponcées
égales dans la zos page
de ses Visions de 1681. Suppôt
sonslà égale, 6c disonspour luy
complaire , que la distance des
Verres immediats estde trente lu-i
gnes.
3:\ Il faut détermine-renlig-nes
la distance ou longueur deliaKi
lieuës. Bienquedansla195 page
du XXVII. Tome du Mercure
Extraordinaire, Quartier de Juillet
1684. au sujet du NivelâncnQt
pour la conduite des eaux , j'ayyj
donné 57100Toises du Châtelet
à chacun degré d'uir^randGer-o
~elol
pie de la terre où elleest moyenpement
élevée,puis que par tout
superficie n'est pas également
éloignée de son centre,ce que le
cpohuisrisqudeems eRntivieres demontrent
; neanmoins dans
rerre rencontre, je veux bien ne
donner au x environs de Paris que
~7060 toises à chacun degré, lui.
vant le calcul de Messieurs de
VAcademie Royale des Sciences,
?0 puis qu'un degré terrestre con-
:riet suivant ces Me ssieurs25lieuës
xommunes de France, chaque
îllieuë ne contient que 2282 toises
h pieds 4 pouces, 9 lignes & trois
cinquiémes d'une ligner C'est
Ipourq uoy chaque lieuë commume
de France, ne contient en
llongueur que 1971993 lignes &
dtrois cinquiémes de ligne, lefquelles
estantmultipliées parsixx
le nombre des lieuës, à la distan
ce desquelles le P. Cherubinau
lieu fus cotté de sa Visiõ latiniséo
en1678. dit que sonBinocle longr
feulement de trois pieds ou 43:^
lignes,faisoitvoir l'objet distincte
ment: vous aurez dans la Fig. J.\
N~11831961 lignes & trois cinquiémes
pourladistance dumilieu
d'entre ces deux yeuxàl'objet.
Et AB la distance d'entre Jeso
centres des prunelles des yeuxdu
P. Cherubin,n'est pas de 30 lignes
, comme il dit luy mesme
dansla136 pagedeses Visionsde
1681. Sippofons là néanmoins»]
estre de trente lignes, qui eM
deuxpouces ÔC demy
,
puis que
dans la page 117 ,
il la dit relief
dans les meilleures veuës
, 6e~
'ayans point égard que le conournement
des yeux vers cét
objet diminüe cette distance, i:nfm pour donner tout l'avantage
ossibleau P. Cherubin, fuppoons
A B 30 lignes.
Donc A B est la baze d'un
riangle Isocelle A + B : & ne
orenant pour N que 11831961
iignes,pour femidiamettre d'un
Cercle la circonference fera
74341410, & comme A B est un
les 2478080 costez du Poligone
gulier inscriptible l'âgle A B
JIU sommet du triangle isoscelle,
quiestauCentredu Cercle n'est
quela 6883 partied'un degré, & ar côsequét insensible. Donc les xes des deux lunettes de ce Binocle,
qui font les deux costez du
riangleisoscelle A tjfB sont paralelles.
Ce calcul desabuser
ceux qui ont creu pouvoir cond
noistre ladistance des objets ~pq
la difference de l'inclinaison dob
Axes des deux Lunettes du B
nocle.
Je veux icy rendre encores l
démonstration plus évidente db
paralellisme phisique
,
des Axo
des deux Lunettesdu Binocle db
trois pieds de longueur du Fl
Cherubin,disposé pour voir dib
stinctement comme il dit un ob
jetéloigné de sixlieuës, suppo
sâtmesme seslunettesdu Binoclb
tant soit peu plus longues que db
trois pieds, en sorte que la ligne
jyF foit precisément de 3 pied
ou 431lignes.
Donc NIoIl831961lignes
NF 432=F~ H&3T529lignes.,?:
I Donc par la 4. prop. du VI. Euchdei'
N.NA:: t F.FC
Lf. lignes plus 11825481 parties
l'une ligne partagée en 11831961
arties égales.
Mais FC =FD,tlkFC
FD =CD. Donc CDdu
allce descentres des Verres objectifs
est 19 lignes plus 11819001
parties d'une ligne divisëe en
^831961 parties égales; mais la
iftèrence des termes de cette
fraction qui font nombres premiers
entr'eux, est 12960, & cette
différenceestcontenue 912
fois -t 11441de11960. dans le
eénominatlur. Tellement qu'il
De s'en manque pasla913partie
d'une ligne, que ladisdtancedes
centres C & D des Verres objectifs,
ne foit égale à la distance
A B des centres des prunelMl
par le/quels passent les des!
rayons principaux, Axes de 3
Vision du point de l'objet t a£
quel concourent les Axes db
deux Lunettes du Binocle. LJ
Machinesdonneront-elles cetr
precision ? Bien plus elleest inn
possibleaux Binocles du P. Chor
rubin, puis que luy mesme en
marge de sa 206 page de ses VI'
fions de 1681. dit, !f!.!!,e les deit*
tuyaux des deux oculaires du Binées
doivent estreun peu vagues les im
sur lesautres.S'ilsfontvagues of
est la precision qu'il a voulu cltrt
sinecessaire ? La nature ne laiss
pas de faire ses fondions sans le'
precisionsMathématiques, par.
ce que ses organes font phifi
ques,jeveuxdire matériels
,
rayque dans l'usage des Lunetés
estant allongées, suivant qu'il
strequis pour bien voir un ob t, on peut l'alonger ou racourir
unpeu ,
sans que l'on recoii.-
loilTede la differenceà la visîon,
i raison en est, que les rayons se
eiiniflanf pour formerles piaeaux
optiques, ils se croisent si
orten biaisant, que leur interfe-
Uon a de l'ccenduëphiuque.
Je veux encores établir icyla.
qantitédel'angle, que les Axes
esdeux Lunettes de ce Binocle
e trois pieds, forment, par leur
oncours à un point de l'objet
loi-gnédesixlieues.Voicyl'A- alogie.
Comme N 11831961.
Està N A 15.
Ainsi~*Nfiiius total10000000
Fft à N A Tangente n—H-
-801^-4^8 fraction à negliger
11831961
6c dautant que la Tangente d'une
minute eil 2909. & qu'une minute
= 3600 minutes tierces, fautes
cette Analogie.
Donc 1agleN«2?Aetf14m.tierces
plus la fraction.
Maisl'angleNA =l'angle N
B'.
Donc l'angle AtD n'estque de
29 tierces & une fraction
,
dont
l'Angle A i' B que les Axes
des deux Lunettes font au point
duconcours,c stinsensible. Donc
les Axes des deux Lunettes de ce
Bmociefont phisiquement para.
selles,cfhnc ajustées pour voir
un objet qui n'est éloigné que de
fn lieuës, combien à plus sorte
raison feront encore phisiquement
plus paralelles les Lunettes
d'un Binocle poutvoir les Astres,
tel qu'estoit celuy du P. Rheira.
Que P. Cherubin sans penser à la
consequence
, a avoüé estre
Inventeur &. Publicateur depuis.
1-année1645.Binocles à lunettes
composées de Verres convexes,
mais enmefme temps il a
vouJu ternir lareputationde l'excellencedes
anciens Binocles de
ce P. Rheita^&voicicomment,/!?
P.-Rbeita
,
dit-il dans la 47 page'
daf--sVisions de l'année 1.677.se
contentoitdefairevoiravec son Bi--
nocle tellementquemlment des deux
yeux quelques objets du Ciel,comme
la Lune parunefeuleinversiond'Ef
pe.
Pour épuisercette matiere du
paralellifme des Axes des deux
lunettes des Binocles Telescopiques,
je remarque.
Primo que Daniel Chores qui en
l'année1615. presenta aa Roy
Loüis XIII. ses Binocles, & en
publia la construction
, a esté
grand Ingenieur, Geometre,Ma.
chiniste & le plus estimé des
Ouvriers pour le travail des Verres
de lunettes, qu'il faisoit de
toute longueur. Néanmoins le
P. Chérubin, dans la 196 page de
ses Visions de l'année 1681. dit
hardiment,JZuechores faisoit des
Lunettes
,
qui n'ont jamais excedé
deux ou troispouces de longueur comme
elles sont dépeintes en si figure,
quand on luy permetrroit de con.
clurre que les lunettes de Chores
-
Õnt: il composoit ces Binocles
n'eussent que la longueur des Figures
qu'il en a donné, il auroit
toujours-parlé contre la vcriré)
puis qu'une des Figures de Chores
a beaucoup plus de trois pouces
de longueurle Binocle
qu'il monta en argent pour Mr
de Monmaur Maistre des Reguestes,
que j'ay montré & fait experimenrer
leur excellent effet
par plusieurs Sçavans, ont plus
de neuf pouces delongeur.
Secundo, Je fais remarquer que,
cbms dans son imprimé concernant
lafacileconftru&ion de son
Binocle Telescopique pour voir
les objets éloignez, que vous
trouverez au long avec ses Fig.
dans le XXIX. Tome du Mercure
Extraordinaire, parloit en
ces termes. Ces deux Lunettes d()t'
vent eflre fardeliesentreelles, PO(
un$bjet éloigné de plus de centP(
tantloinpuiffe-tilefire.• [
Le P. Chérubin a voulu faim.
acroiré à ces Lecteurs, que le/ai
Binocles de choresn'excedoienn
pas la longueur de trois pouceszo
bLà ce faux allégué ,il en ajoûteii
unautredans le cinquième Arti-iî
de de la Letrre A, dans les Ta..£'
bles des Matieres de ses Visioonn
de l'année 1681. & l'experience,
dit h,faitvoir qu'ellesfonttoujours:
un anglefcnfible peur en voiries ofc\
jets les plus éloignez: que l'on en ptlA
si voir. Il m'est facile de démen-r
tir par le calcul l'exp,::r-jenco'
qu'il a controuvé, pour tâchera
d'avilir la bonté des Binocles deo
Ghorez. 4
SUPPofOL.par complaisance
Pour le P. Chérubin, que les Binocles
de Chorez n'eussent que
[.pouces ou 36 lignes de longueur
,
& que les deux lunettes
manrajufiées
pour bien voir un Sbjet feulemét éloigné de cet pas
-E=500 piedszz6 000 pouces ta-
71000 lignes, & pour mettretout
l'avantage dans le parry du Pere
Chérubin,'supposonsencor que
nonobstant le contournement
des yeux, necessaire pour faire.
concourir les deux Axes de la
Vilion àunmême point de l'objet
éloigné de 72,000 fig. la diflance
des centres des prunelles foit en- orde deux pouces & demy ':=,
30 lignes.
-
Vous aurez dans la Figure
II. le triangle ifofcelle Atys
faites cette Analogie.
Cemme rS? N 72000 -EfiaN A -. iy.
AinîlfbV-ftnMtotal 10000000
Ejia1YATangentc 2083
plus un tiers,
&dautantquela Tangent d'une
minuteest2909, & qu'une pre-,^
miere minute =60 secondes,~faites
cette Analogie.
2909. 60. m.s. :: 2083 H- un
tiers. 42. m. s. & une fraction;
mais l'angle N+ A = iV«î»2?..?
Donc tout l'angle A i' B n'est
pas une minute &26 secondes..
Par quelinstrument, &par quelle
experience nostre Adioptricien rj
& grand A geometre a-t'il veu
qu'un angle d'une minute 8c 26
secondes soit sensible?
Pour connoistregeometriquement
la distance C D d'entre les x
entres des Verres objectifs, des
~eux Lunettes de ce mesme Bi-
~ncle de trois pouces de longueur
,
disposé pour bien voir
~objet téloigné de cent pas ou
"1000 lignes,supposant mesme
que nonobstant le contourne-
~ment des yeux, les centres des
orunelles fussent éloignez de
lieux pouces&demy :;= 30 Ii.;ncs
~aites cette Analogie.
N. 72000 lignes. NA 15::
mais N -NF36 ::::l' F.
71964. FC 14 lignes 397quatre
centièmes.
MaisFD ==Fc. DoncCD
..9lig.—H 394 quatre centièmes,
mais la différence des termes de
cette fraction est 6, que le dénominateur
contient 66 fois 8t deux
hwierSjii ne s'en faut donc pas la 66
partied'une ligne, que la distanceCDdescetresdes
Verres obectifs,
ne foit aussi grande que I)
distance AJJ des centres des Pru-u
nelles. Donc les deux IlJnc[[e:
de ce Binocle feront phisique.
ment parelelles.Voustrouverez
le mesme paralellisme des deux
lunettes des Binocles les plulongs,
lors qu'ils feront en états
defaire voir un obj et tres éloigné
à proportion de leur longueur
,& enfin ce paralellisme
phisique seroit encore plus ap-q
prochant du geometrique dama
les BinoclesAstropiques.
Enfin il faut conclurre que lôlj
P. Cherubin en écrivant tant dôl]
Volumes de Visions qu'il a reill-q
ply de tantd'articlesatrabilieres
qu'on peut dire comme Senemehb.
i. de Clementia 5. Muliebre
furere in iras. Quecet Aueur
si Religieux avoirignoré ce
~uedit Saint Jerôme, sur le pre-
~ierChapitre du PropheteDa-
Siéjuûadnj'erfw Mathematis.
vclitfcriltrt imfttrhw Mathe-
Atts, Rijuifatcbit, ce quiestmes- erapporté dans le Canon
, Qui li. dict. dïft. XXXVII. ç'e£l::
~ourquoy pourmeservirdes téres
de M. de Balzac dans sa 26
ttre à Hidafpe, Je -pietofine
~u'on permette de violer impuncrtiint*
=rj Veritez*mathzmaiiques-,dontkvulgairene,
se devroit non plus aï--
%YO.,bcr
, lite du gouvernement des
Mats&dzstifyfteres de la Religicnr>
estimebicnflm,ajoute-t3rlJeef~<
desChartreux que les Vificns de;'
T.tAu(bmrAdioptricien-.
DeCInutilité& dangereuxZJ/age^
des Binocles. pEndant les deux ou trois
nées que jem'amusayà tras*
vailler au Journal des Sçavant
je dis dans le XXXIII. Journ~
du Lundy 20 Décembre 1677.
la page 249. Que le P. Cher
bin donnoitunnouveau jourauBinocle
oculaire, ou double tJncttc, a(lÍÍ\1)
le P. Rheitha avoit parléamplemens
en l'année1645. dans son Livre 00 culusENOCH ELIÆ, 63
j'ajoûtay, dans la page 250.
toutes ces difficultés en avoient faàtl
négliger l'usage
, ce que l'experience
moderne prouve encoreîo
puis que le Sçavans n'ont jann,,ii
regardé le Binocle comme un
hose utile. C'est pourquoy ,
le
çavant A stronome M. Heve-
ILtS de Danzic
,
dans la 25page
le la Selenographie imprimée en
1647. dit minimeproestantissimum
d, Cttjll u/ùs adifficultatibus mamis
dependet
,
& ajoûte dans la
page 53 en parlant des Binocles.
Voh estquidoculo Enochiano,tantum
ribuat, & M. l'EvesqueCaramuel
Lobkouvitzius dans la p. 1603 de
on Mathesis Nova imprimé Cam-
~anioe en l'année 1670. parlant de
ces lunettes, ditlongaexperientia
didici, in omni genere, non esseproetantissima,
quorum usus à difficultaibusmagnis
dependent. Ceux qui
Dnc des Binocles le reconnossent
par leur propreexperience.
J'ajoûte, Que l'usage des Binocles
suppose deux yeux également
bons bien conformés, Mali
le nombre de tels yeux est très
petit, & mesmetresrare, un ch.J
cun pourra examiner les siens
en la maniere suivante, que je tire
du Giornale Romano de LettcrAI).
di 29. Gennarioenl'Article
ob/crvariene del Sig. Gio. Alfonsi
BoriUiNeapelitano,intorne 484 vir
tuinequalc d'egliocchi. Si sambu
co rotondo,riclia fi/st(Irad'macamera
chinfa daper tuito ,
o si pone Nlt.'
pallay baie, nerapcndtntc net mlZ..
d'unafneliraaperta ,
la qudie passi
l'occhio dero ,
Jiriquardi ber coll'occhto dejlro hA
h"
colJîiriflroy-e parangonatej compas
rez, insieme que/te vedate si trovt ejftrnetabilmcnndiversa.fïmagin*
perche Cocchiê sinistro vtde le cosipià
grande, e plu diBinfe, -che il defin
the rapprefcrttaunimagine cm c-ert.
hltdtura atmnp. Cette inégalidevision
en la grandeur, bL
~n la distinction de l'apparence
~el'objet
,
vient de la disparité
esyeux, puisqu'unmesme objet
~tant veu conjointement de
eux yeux , l'apparence n'est pas
~distincte, & qu'estant regardé
~successivement d'un oeilseul, &
ouis de l'autre
,
l'apparence du - mesme objet fera inégale,ce qui
arriveou par la differente ouverture
desprunelles, ou par les differentes
convexitez de ses humeurs
cristallines, ou par leur dif-
&r£ntcioignement de la Retine.
C'est pourquov^Egnatiopanùen
J:s Commetaires sur le Due Regole
Wfelta Prospettivepratica di M. Jacomo
Barrozzi da vignola imprimé
~n folioà Romeen l'année 15S5/
dit dansla page54 Chevolendo
mirareuna cosasquisitamente, la miriamo
con un fil, occhio
, per che cio
lo facciamo per eslcuere ogn* altro
objetto ~& vederesolamente quella co- sa
,
che mi intendiamo di mirare ; il
che molto meglio opéra cm una foU
piramidevifuale che con due. Voila
un Arrest solemnel prononcé à
Rome depuis plus de cent ans
contre les Binocles.
M. Gassendi Prevost de l'Egli
se Collégiale de Digne, & Professeurdes
Mathématiques à Paris
, avoit experimenré cette différente
force des deux yeux.
Voicy comme il en parle dans son
Livre de Apparente Magnitadine
Solishorizontalis en sa 2. Lettre
ad Ferumatum Licetum N. 7. Possum
ipîe dit-il, cette de me ,
oculisque
uàtefiari, qui dcxtro oculo res video
onnibil quidcm obfcuraiiores,fed
majores tamen , qitamsinistro, quinlâ
prexime magnitudinis parte. ./od casu d(?num adverti, cùm in
mrttm wtuens,sacroque oeuliJiniflri
v.onfrtffu, dcxtro legens ebaracieres
ideprebendi jcnjihilttermajores,
fjuàm visi moxfuijftnt,&il ajoute,
\(îniftro(ego oculo quo charafferesminiores
quiaem, fcdelariùJ ramen intfucor
i dextro otulo neque magnitudi-
,nt.(, uique obfeuriiatà
,
1) quicquam ad- cùm "f.)/o atiiwt opéra data
Mcxtro oculo legire
,
tumwutari iliiuo
fîtnmjubfuhuquodam(entio>aetum
mequepayviiatem , neque titi; itatem
ttff!ia confuete, ccq ue l'sfïîdu travail
&àobserver lesasiresd'un ieul roiJ,
Uuy avoir causé,ajnG cette gran-
)d<: difficulté du contoumement
des Axes de ses yeux, ne pouvoit,
l'attribuer qu'à la très grande diih
parité de la conformation de fo)
yeux, c'est pourquoy il ajoûto
Nonpoterlsforte, vir eximie, tat..:
tlemlegendfJ experiri
,
& mixité
quidem si exiquafitoculorum difpAv.
rÙtU. C'est pourquoy en suppo.o
fant que cous les hommes ont ges;
neralement les yeux differement
ment conformés, y ayant uneno.o
table disparicéd'un oeilà l'aurre
il a mal tiré cette conclusion ges
nerale,Rationem duco, ex paralel.
lifin? motusocuterum
,
à tuimfachy
ut demirer, ajoûte-t'il
,
cfiitOptiez"
non advtrimntimpojjlbilem cjfèsquam
depredicant Axium (oÏti(jnem\
Il en dit autant au N. 15. desa38
Lettre Ad Bnllialdnm.
Bien des Sçavans ont crû qUrJf
nonobftam»-
onobsrant que les deux yeux
fussent ouverts l'on ne voyoit en
nême tems un objecque d'un oeil,
l'a esté l'opinion de Ioa.Bap. Porta,
ib; vr. deRefract. de Sennert lib.I.
nsfit. cap.12.
„
Bien que le P. Dechales dans
on lrJlIlJdlU Malhematicus
,
imprimé
en 1674. ait demontré dans
Prop. 49 page 382, qu'Axesepet
concurrunt in unum idemque obvftum
y
bien loin de douter de
experience de M. Gassendi
iIlÍnjmmo eam aliis
,
dit il, expeientiisconfirmo.
Habemus hic fra-
-rem aliquem janitorem
, qui lin,
:Cf!() est myops ,
alio vero Presbyta,
ta ut distintissimè objecta diJJit-s
ercipiat uno oculo, qu* aliovix dis'inguit
, & vicissim cum legendum
$altero utatur oculo.idem mea,
ajoure-t'il, conjirmo experiemidx
quam quilibct facere pOferit. Stln
Myops, oculos tamen habtosatis Pt")
fccteJîmiles
,
quotiefcumquc
alterutiv
ocitlorum lenttm concavam adhibet\
nonclaufoaitHa>objecta lus vidcùi
dijlincic per lentem concavàm j 0
confuse alto oculo
,
quo cîiam wajom
mihiapparent,fedopus cfi alïqua îljb
tentione. Negosa experientiapr$k\ b.iriAxiumopîtictrumulriujtf®^ oculiparaleilifmum,
ia &e. tamin non puffint flm!6
Axes optici quomodolibet concurrent
quando nempe oljetfum efi valde VI'':
rinum oeillo1nonpotesi ut /IdÁ
invicem inctinentur oculi, 6" dirix
gant utrumqi Axemopticum adideto
objeffum,indefit ut myàpihtal
ilccidat, unum tantum oculum ad oA
jeefum dirigi ; & eo tantum legem
seso quident cculo qua-siferidnte
,
si
t benenon vident
,
hoc efisi tanta
difpruportio interejaJvifiontm,
oculi bene affeffivifionem,utunium
non. afficiat. Jhtod si oequales
rtQCNli ,
orieturmultiplicatif objeornm
lufizpe experier & ofiendam
fra. Trop. LVII. pag. 415. si Axes
niciin nullo propofitoobjeffo, conciliant
omnia gemimri videntur,
fc qu'il dit- arriver plus facile-
Itent Miopes
1)
ment aux ,qui ut difiinôte
yegant tbjefôa multum oculis admovientytuneenim
ut fere qaotidieex-
"'erior, objetta geminantur.
Le Pere Chérubin luy niesme
dans la 44 page de les Visions de
677. reconnoit dans les deux
dernieres lignes,Qu'ilfaut avoir
tes deuxyeuxsains,&mesme,ajoure-
t'il,médiocrementbien conformez
pour éprouver par experience (]A"
l'objet eji veu des deux yeux pl,,\c
grand, plus fortement, e--plui ab
ttinttementqued'unseul
, si les dei/n:
yeux fontfiins & bienconformez
Mais peu de Personnes ont loi
fdeuox yeurx émgalemenet biezn co.nc Le Pere zlIcehim dans la 100
pige de la seconde Partie de 4 :
Philosiophia Optica imprimée e3
1656. remarque que ,
Si alter oeltA)
lorumfitfiujfuifonetantifper ObfteJè.
tus, tuneferapparentiam exhibitaxs;
per apprehenfionem in oculo jùffujio
ne vitiate, inficitur alia
,
correspond
dens apprehensions exerciteià
ro , qut statim ac toUitur apprehenfiy*
per vitiatum co clausio
,
adsuum nim
toremrestituitur.;Ilrestreàdémontre
trer.
lemauvaisEffet, & le dangereux
Vsigt du Binocle.
pErfonne n'ignore qu'on ne
peut voir distinctement en
mesme remps un grand objet,
'!!,indi procédé, comme dit Danti
lia 54 page de ses Annotations
la Perspective pratique de Vipole
impriméeà Rome en l'an-
Ic 1583. che volendo noi vedere
al sivoglidcofa minuta mente,
diamo girando glhi eccbi, &mundo
la Bdza délia piramide
, per
scorrere con l'Assesopra tutta la covifibile,
&c. & che nella prospetva
fia un punèfô solo designando
la quel che si vede in un occbiata;
uza moverfipunffo. Puis que
Binocle arreste fixement les
deux Axes de laVision en nu
mesme point de l'objet, il s'enM
fuit que les autres objets qui nid
font pos dans 1'Horëftere_rfoniri
veus doubles, & paroissent en
deux différents endroits. Biem:
que le Pere Cherubin ait fait umi
perpetuel divorce, avec le borne
fcns & la raison ,"il convient
néanmoins de cette experience fil
defavantagetife à l'usage des Bi-1
noclesrVoiey sestermes tirez de-il
ses Visions de1677. depuis la 15Zi
-
ligne de la 42 page.c'est. 'lIr.
quoy,dity.-il avec raison,laforce de 14 t.
meue&l'attention de l'effrit, efiant ,-
alors arrejlez,&fixez* à voirunK\
à* specialementsonpoint auquelcon—j
courent les deux Axesy ils verrtnt,y
par exemple,lesommet d'un bktm *
double , mis entre les Axes de la ji
mon ou dehors, 6C enfin de tous
jers qui ne feront pas dans le
an de l'Horoptere
,
à caufey
.n1me il dit, que les rayons qui leur
portent 'pece,ysont receus des
rtics des deux yeux qui ne font pas
monyrnes & les deux peintudu
sommet du btÎtorJsi trouvent
fertmment situées dans les deux
tines\&pourqueyl'on voit nccef
t,ement cet objet double.
Pour vous convaincre facileent
de ce doublement d'objet,
evez vostre doigt index,vis à
le milieu de vos deux yeux, à
distance d'environ huit pous
,
& vis à vis d'un objet plus
Digne
,
regardez fixement vô-
; oigt, pour lors les deux Axes
la vision y concourror, & l'au-
: objet qui eftplus éloigné que
ledoigt, vous paroiftra en deuxi
differens lieux, & par consequent
double, & si peu à peLD
vous détournez vos yeux pount
porter la réunion des deux Axeas
sur.l'objer plus éloigné, ces deuxx
apparences s'approcheront aufluF
peu à peu, & enfin il vous femblera
que deux semblables bjetn
se penetrenc pour n'en faires
qu'un seul. C'est pourquoy re---
gardant fixement cét objet éloi
gné, vostre doigt vous paroiftraè
double, & en contournant peu à J;
peu les yeux pour apporter la«
réiinion des deux Axes de la Vi- - lion sur le doigt, vous verrez 3
aussi que ses apparences s'appro- cberont - peu à peu, & enfin s'é- '.- tant comme penetrées
,
n'en fe- -
rontvoir qu'un seul.
L'expérience qui est la seule
riaiftrefle des ignorans
,
qui ne
1 euvent rien comprendre nier, ny
rvoiïer fins son secours 8c hors de
n presence,leur montre,que nous
rapportons tout ce que nous
t'oyons bien dlftlndcmentàl'Ho-
Koptere, qui efluneligne tirée par le
wintdu concours des Axes optiques,
",arA/eUrment A la ligne qui conjoin-
11roit les centres desyeux, telle est la
iigne G H 1 de la Figure III.
Un objet K mis entre les deux
Axesfera veu en deux
différents
endroits,en L&en M.
Pi Deux objets comme AT. o.mis uflîhorsderHoroptere, & hors
Hutriangledes Axes de lavifion,
::haque objet paroiftra en deux
HirFjrencsendroics, car l'objet IV
eparoiftra en P 6c j ,
6c l'objet
otpraroaifti-iareneK 8.t s,ô£ au co
.-
SisurchacunAxedelaViflO"
vous mettez un objet T. v ,
lei
deux objets ayant leurs apparat
ces peintes chacune sur le fonç
de la Retine d'un oeil, ils ne p
roiftront que comme un seul si
le point de H de l'Hoptere 0'
reiinion des Axesde la visîon.
Le P. Dechales danslefeconc
Livre deTon Optiqueen larPro
48. Problème wJÎYuwcntumconfia
re quo quæcumque de Horoptere cLÂ
cuntnrexperiri pojjimm
, mettez
plom les deux planches A B B
chacune â0 deux pieds de lônÉ
güeur, & d'un pied de largeurtn
faites plusieurs trous en différenciai
endroits, pour y planter le fiiloJ,
CM qui servira d'objet en diffe»:>
entes polirions; car il ne parle
que d'un sèul objet veu à la fois
dans le mesme temps, que les
deux Axes des deux yeux1Kcon.
courent au point F de laligne
horizontale GFH & l'Horoptcrey
& la planche BD de l'Horoptee,
donr la Planche B D estle Plan
aioli le point M fera veu es points
J & H" & paroistra double.
Le bon homme Alhazen Araoe,
dans son TheftiurmCpticoe lib.
N. 12. page- 81 de l'imprenion
lie 1572. dit.vifibile aliks unum:
dicis geminum videri, organo ojîen*
Mirur. Je l'explique & le rends inelligible
en moins de paroles.
Soit dans la Figure V. la planche
ADIS d'une coudée de longueur
, & de quatre pouces de
margeur, tracez les Diagonales
ADIS,que vous remplirez d'une
mesme couleur à huile, tracez
aussilestraverses BOCM, que
vousremplirezde différente couleur
à huile, faites l'entaile FR
pour recevoir l'élninence du nez,
fin qu'en regardant sur la planche
, les centres des prunelles
soient en FR) faites trois petites
colomnes comme dans les Figu
res 1.1. 3. de 3 lignes dediamettre
, & de deux pouces environ
de hauteur
,
peignez-en une en
bleu, l'autre en rouge, & l'autre
en jaune, faitesen la planche es
points C. O. M.T.N.F..!¿L.x.des:
trous qui fervent à y planter les
trois petites colomnes.
Plantez premièrement vos
trois colomnes dans les trous C.,
Q. M. appliquez ensuite les yeux
proches des pointsFR. Fixez la
veuë,c'est à dire, regardez attentivement
la colomne en -o. 8c
regardez ensuite tout ce qui est
sur la planche, rien ne vous paraîtra
double, parce que les trois
objets ou colomnes font sur la ligne
Horoptere c. 0. M. Regardez
ensuite fixement l'objet ou
colomne en c. ou en M. les colomnes
ne paroiftront pas dou.
bles,parce qu'elles sont toujours
sur l'Horoptere, mais la ligne N B.
l&les deuxdiametres AS. DI paroiftront
doubles.
Laissez toûjours une colomne
sur l'Horoptere en0, &plantez
leeux autres dans les trous N,
L. & regardez fixement la colomne
o. pour lors chaque co
lomne N. L. paroiftra double,
ainfïdeux en feront voir qllatreu
deux de chaque couleur, & poc
fées obliquement deux à costés
droit, & deux à cofté gauche des
la veritable ligne B. o. N. laquêl-l
le aussi paroiftra double.
Que si ayant planré vos deuxx
colonines sur une mesme Diagonale,
par exemple sur A.s.dans lese*
trousp.j^_vousregardésfixemenm
la colomne 0, les deux autres P&
vous paroiftronr doubles,canj
Ja Diagonale paroiftra en deuxx
lieux dirrerens.
Il en arrivera de mesme si vouszi
plantez vos deux colomnes danszi
les trousT.des deux-Diagonales,
elles doublerontaussi, puisai
que les Diagonales paroistront
doubles.
Que si vous mettez une des
colomnes dans le trou X,fait sur le
nord de la planche, & bien au de
:à de l'Horoptere CO M en regar.
dant fixement la colomne O ,
la
colomneX doublera,&au contraire
en regardant fixement la.
colomne plantée dans le trou X,
les deux colomnes c. O0. paroî-
::ront doubles, & la ligne C. O.
Wl. aussi
,
n'estant plus l'Horotere.
Ayant démontré que les
Lieux Axes de la vision concouranten
unmesme point d'un obet,
les objets qui ne font pas sur t'Horopfere, paroissent en deux
differents endroits, & par consequent
font veus doubles, il
s'enfuit que le Binocle faisant
concourir les deux Axes de la
vision à un mesme point de l'objet)
envoyant distinctement un
Vaisseau sur la Mer, tous les au-ru
tres Vaisséaux qui ne se trouveront
pas sur l'Horoptere paroi
stront doubles,&peu de Vain
seaux paroistrontune Armée Na-sl
vale ; jugez de la consequence
sisonusagen'est pas dangereux.
L'experience que le Binoclo
fait voir le double des Vaisseaux
sur la Mer est tres confiante. Parmy
les Sçavans quis'assembloient
les apresdisnées chez M.Justel Se-3<
cretaireduroy.M.ChibertdeMontigny,
Frere de M.l'Auditeurde
Comptes, y raconta le Samedy 30
Aoust 1681. queM.de Sauvage.y^
tres sçavant Mathématicien ôoô
Ingenieur du Roy,l'avoit .af-l*
seure que les Binocles ne POUU4
voient estre d'aucun usage sur lai
Mer, puis que M. le Maréchal
Estréevoyoit huit Navires des
ennemis avec son excellent Bi-
Iode, bien qu'à la verite,il n'yen
ont que 4. comme tous ceuxqui
voient de simples Lunettes 1'cd:'
auroient,ilajouta quele P. Chemin
demandoit400 livres vun
~nocle; mais pourquoy acheter
cherement une chose, tres ditcileàajuster
,
inutileà laplus
grande partie du monde qui ont
lesyeuxd'inégale bonté & consommation
,
& enfin qui noust'ompe
dans son usage
,
dans les
Affaires de la derniere importande
,
lors qu'il s'agit de reconnoîre
le nombre des Vaisseaux des
ennemis,
Enfin, voila tout ce que j'ay à
tire concernant les Binocles,
vec lesquels le R. P. Cherubin
voit toujours son image devant
luy, commeAïitiphcfôtt o~~w~
par la raison dont Aristote fait
mentionau Chap. 1.DeMemori
& R miniscentià. ; 6c Galien lib.1
delocis tiss,ctis Ctlf. 6. Illuy eil ar-u
rivé la mesme chose qu'au Mila-js]
nois dont parle Cardan Lib.1. aU
Subtilitatepag.34. Galeasde Rabeam,
civis nostercum jam olim inventa
Cochleam Archimedis ad elevandums
aquam, ipse QUAIFprimu*AUÎOYvellei^
existimarireperiisse, prx loetitia illl.\-
&c. C'est pourquoy il voir cou.tj'
teschoses d'une autre maniero
que les Sçavans, demesmequ'un
celebre Medecin à Dresde, donne
parle Senert lib. 1. Prax. p.
sect.2.cap. 45 lequelestantmont
sur une échelle pour prendre unu
Livre
,
çculefqtte fortiùs fursumJ*
r¡j)wneret) il vit depuis pendant
,Wois mois toutes choses en ifruation
renversée
,
&homines, ini>U- ,â in capite ambulare:aussi le R.
Cherubin asseure dans sa Diototrique
Oculaire de 1671. page
-34 ligne 2. voir les chiens courans
Surledos.Jelaisseàunautreàrépondreauxfaits
particuliers qui le
raegardçc,&quelePv.P.Cheriabia
cotte depuis la 7.lignedela 392
age,desonLivdela Contiqukêdes
X:orJH impriméen 1679. Et dans
Er Art.de la lettre H. dela Table
des Matieres des Visionsde iéSu
Nom donnerons dans le ¡r(Jchai,,-
Mercure Extraordinaire, la confira*
tlion des Lunettes polemoflopes) &-
Je toutes les Lunettes au/quelles w
employélesmiroirs*C<oMIÊkSi
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Résumé : ONZIÉME DU TRAITÉ DES LUNETTES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr COMIERS d'Ambrun, Prevost de Ternant, Professeur és Mathematiques à Paris.
Le texte explore l'histoire et l'invention des lunettes et des binocles, en mettant en avant plusieurs figures clés et dates importantes. Daniel Choys est crédité de l'invention des binocles en 1619. En 1645, le Père Antoine Maria de Rheita, un religieux capucin allemand, a inventé les binocles à verres convexes. Le Père Francesco Lana, un jésuite italien, a également traité des binocles dans son ouvrage de 1670. Le Père Cherubin d'Orléans a publié des ouvrages sur les binocles en 1677, 1678 et 1681, mais ses affirmations sur la nouveauté de son invention sont contestées. Des controverses entourent la paternité des binocles, avec des mentions de modèles plus anciens, comme ceux du Père Dechales et décrits dans le 'Mundus Mathematicus' de 1674. Le Père Cherubin est critiqué pour ses affirmations non fondées et son arrogance. Certains savants, comme le Père Rheita et M. Hevelius, jugeaient les binocles inutiles et dangereux. Le texte discute des différences de perception visuelle entre les deux yeux, soulignant que chaque œil perçoit les objets différemment en termes de grandeur et de clarté. Plusieurs savants, dont M. Gassendi, le Père Dechales et le Père Cherubin, ont documenté ces disparités. Il explique les effets optiques des binocles, comme la vision double des objets, et introduit le concept de l'horoptère pour expliquer ce phénomène. Des expériences sont décrites pour illustrer ces observations, confirmées par des opticiens comme Alhazen. Le texte aborde également des observations visuelles spécifiques liées à des colonnes et des lignes sur une planche en rapport avec l'horoptère, ainsi que des cas particuliers de perception visuelle, comme celui d'un médecin à Dresde voyant des objets inversés pendant plusieurs mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 193-207
EXTRAIT du Discours de Monsieur de Reaumur sur la prodigieuse ductilité de diverses matieres, leu dans l'assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 15. Novembre.
Début :
Dans le Mercure dernier nous nous contentasmes de faire connoistre [...]
Mots clefs :
Réaumur, Académie royale des sciences, Ductilité, Métaux, Vers à soie, Araignées, Filage, Microscope, Métallurgie, Innovations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Discours de Monsieur de Reaumur sur la prodigieuse ductilité de diverses matieres, leu dans l'assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 15. Novembre.
EXTRAIT
du Discours-deMonsieurde
Reaumur sur la prodigieuse
ductilité dedinjerfesmatiè-
Ires) leu dans l'assemblée publique
de l'AcadémieRayale
des Sciences
,
le 15. Novembre.
'D Ans le Mercure dernier
nous nous contentasmes
de faire connoistre le
sujet de cettedissertation
d'indiquer lesmatierescu-,
rieusesqui y sont examinées;
nousavertismes aussi
RU'ellé estoitremplie d'un
grand nombre d'observations
singulieres, écrites
d'une maniere qui feule estoit
capable de les faire recevoir
agréablement, on
nous sçauroit mauvais gré
si nous en estions restez Jà,-
nous allons tascher d'en
donner une idée plus complette.
Pour embrasser tout ce
qui regarde lamerveilleuseductilité
dedivers corps,
M. deReaumur divisales
corps ductiles en deux
classes;dontlapremiere
comprend lecorpsqu'il
nommaductiles durs, &.
la seconde les ductiles
mous Les métaux quis'estendent
sans marteau, ou
en passant par la filiere,
luy fournirent des exemples
de la premiere cfpece
de ductilité. Le Pere Mersenne,
Furtiere
,
Rohault,
& divers Sçavans, que M.
de Reaumur eut foin de
citer, ont fait des calculs
pour montrer jusquesoù
les batteurs d'orestendent
l'orenfeüilles, & jusques
où les tireurs d'or estendent
les lingots dorez,dont ils
forment les fils que nous
employons dans une infinité
d'ouvrages. Mr de
Reaumur qui a décrit les
arts du batteur d'or & du
tireur d'or pour servir l'histoire
generale des arts, a
-
trouve pouffé la ductilité
des metaux bien plus loin
que les Anciens ne l'avoient
dit. Les artsse persectionnèrent
, nous nous
contenterons de rapporter
qu'il fit voir par des experiences
exactes que l'onestend
un lingot ou une especede
cylindre d'argent:
doré d'environ vingt deux
pouces de long,& de quinze
lignes de diametre, qu'-
on estend, dis
- je,ce cylindrejusqul'à
ce que sa longueur
parvienne à celle de
cent onze lieuës. Le calcul
quil donna de 1epaifseur
de lacouche d'or qui
couvre les lames d'argent
doré dans lesquels cit réduit
ce lingot, est encore
plus surprenant. Cette cou- -
che d'or n'a pas fouvenc
d'epaisseur la 300000. partie
d'une ligne; Mr de
Reaumuramesme fait des
experiencesoùilla reduite
à n'en avoir que la millionniéme
partie aprés avoir
examiné les duétiIes
durs, Mr de Reaumur passa
aux ductiles mous Entre
les corps il donna le premier
rang au verre; il avertit
au reste qu'on ne devoit
pas e stre surpris de ce qu'il
donnoit cette -place à la
plus cassante, & àla plus
roide de toutes les matieres
Lorsque le feu l'a penetrée
on la peut rravailler
comme une cire molle. Il
expliqua comment avec le
1
verre on forme des fils plus
déliez que les cheveux, &
qui se plientde mesme au
gréduvent. Enfinil montra
qu'on pouvoit rendre
flexibles ces fils à un point
estonnant; & que si nous
en sçavionsfaired'aussi déliées
que le sont ceux dont
les araignées forment les
coques qui enveloppent
leurs oeufs; que probablement
ils feroient propres à
entrer dans des tissus. De
forte
,
s'il est vray de dire
que le verre n'est pas malleable
,
qu'il n'est pas seur
,
de dire qu'il n'est pas textible.
Il raconta aussi la maniere
dont il avoir tiré de
pareils fils beaucoup plus
déliez que ceux que les ouvriers
filent, & plus fins
mesme que les fils des versr àfoye.
Aprés rout Mr de Reaumur
avoüa que nous estions
peu habiles à travailler
les corps ductiles mous,
mais qu'heureusement la
nature nous a dédommagé
de ce quenous ignorons
de ce costé-la, il dit qu'elle
instruitune infinité d'animaux
à les estendre pour
nous; nous n'avons qu'à
mettre en oeuvre les fils
qu'ils nous préparent. Les
Vers à foye sont ces animaux.
Ils tirent leurs fils
d'une matiere visqueuse
contenuë dans leurs corps.
- A mesure que cette matiere
s'estend elle prend de
la consistance, elle devient
soye. Pourfaire voir néanmoinsjusques
où la nature
sçait estendreune matiere
molle, Mr de Reaumur ne
crut pas devoir s'arrester à
la soye des Vers. Les Araignées
luy en fournirent de 1
meilleures preuves. Mais
avant de faire voir quelle i
ea la prodigieusefinesse
des fils de certaines especes
d'Araignées, il décrivit la
belle mecanique que la nature
employe pour former
ces fils, il entra dans le détail
de toutes les parties
destinées à cetusage. Dans
le corps d'un si vilain animal
il y a un appareil furprenant
prés du derriere
de l'Araignée; on voit six
mamelons, le bout de chaque
mamelon examiné au
microscope, paroist percé
d'un nombre de trous prodigieux
, Mr de Reaumur
crut trop dire en asseurant
qu'il n'y avoit pas un de ces
bouts qui n'eust plus demille
trous. Chaque trou donnepassage
à un fil séparé.
L'Araignée ayant six mamelons
peut donc faire fortir
de son corps plus desix
millefils à la fois, ou pluCtostces
six mille fils séparez
sont actuellement formezdans
son corps. Tout
déliez qu'ils sont, ils ont
chacun leur tuyau particulier
qui les conduit jusques
aux reservoirs où est contenuë
la liqueur dont ilssont
formez. A la sortie dumamelon
plusieurs de ces fils
se réunissent ensemble
, &
en compofenr un ,
tel que
font ceux dont les araignées
font leurscoques.
Mais quelle est la prodigieuse
finesse de ces fils
dont l'assemblagene compose
qu'un fil plus délié
que tout ce quenousconnoissons.
Enfin siau lieu de
considerer ces 6000. fils,
dans les grossesAraignées
on les confidere dans certainesAraignées
naissantes,
qui ne peuvent presqueestre
apperçuës ellesmêmes
qu'avec le Microscope, on
aura bien de quoy admirer
les ouvrages de la nature.
Nousajouterons icy
une chose
,
dont nousoubliâmes
à parler dans le
dernier Mercure, qui ne
doit pas estre indifferente
au Public. C'est que le Pere
Gouye, après avoir fait un
Extrait trésexact des Discours
précedens,annonça
au Public que M. de Reaumur
s'estoit charge en partie
de l'execution du projet
que l'Academie a formé de
donner des descriptions de
tous les Arts & Metiers,
de tous leurs procédez, de
tous leurs instrumens, leurs
machines
, &c. Ce projet
dans l'execution a esté generalement
souhaitté,soit
dans leRoyaume, doit dans
les Pays estrangers
, comme
trés-utile, soit pour le
progrez, foit pour la conservation
des Arts. Le Pere
Gouye annonça en rneme
Fernps que M. de Reaumur
*A
avoit des ja décrit un grand
nombre d'Arts des pluscurieux
,
dont il donneroit
bientostun grosvolume.
du Discours-deMonsieurde
Reaumur sur la prodigieuse
ductilité dedinjerfesmatiè-
Ires) leu dans l'assemblée publique
de l'AcadémieRayale
des Sciences
,
le 15. Novembre.
'D Ans le Mercure dernier
nous nous contentasmes
de faire connoistre le
sujet de cettedissertation
d'indiquer lesmatierescu-,
rieusesqui y sont examinées;
nousavertismes aussi
RU'ellé estoitremplie d'un
grand nombre d'observations
singulieres, écrites
d'une maniere qui feule estoit
capable de les faire recevoir
agréablement, on
nous sçauroit mauvais gré
si nous en estions restez Jà,-
nous allons tascher d'en
donner une idée plus complette.
Pour embrasser tout ce
qui regarde lamerveilleuseductilité
dedivers corps,
M. deReaumur divisales
corps ductiles en deux
classes;dontlapremiere
comprend lecorpsqu'il
nommaductiles durs, &.
la seconde les ductiles
mous Les métaux quis'estendent
sans marteau, ou
en passant par la filiere,
luy fournirent des exemples
de la premiere cfpece
de ductilité. Le Pere Mersenne,
Furtiere
,
Rohault,
& divers Sçavans, que M.
de Reaumur eut foin de
citer, ont fait des calculs
pour montrer jusquesoù
les batteurs d'orestendent
l'orenfeüilles, & jusques
où les tireurs d'or estendent
les lingots dorez,dont ils
forment les fils que nous
employons dans une infinité
d'ouvrages. Mr de
Reaumur qui a décrit les
arts du batteur d'or & du
tireur d'or pour servir l'histoire
generale des arts, a
-
trouve pouffé la ductilité
des metaux bien plus loin
que les Anciens ne l'avoient
dit. Les artsse persectionnèrent
, nous nous
contenterons de rapporter
qu'il fit voir par des experiences
exactes que l'onestend
un lingot ou une especede
cylindre d'argent:
doré d'environ vingt deux
pouces de long,& de quinze
lignes de diametre, qu'-
on estend, dis
- je,ce cylindrejusqul'à
ce que sa longueur
parvienne à celle de
cent onze lieuës. Le calcul
quil donna de 1epaifseur
de lacouche d'or qui
couvre les lames d'argent
doré dans lesquels cit réduit
ce lingot, est encore
plus surprenant. Cette cou- -
che d'or n'a pas fouvenc
d'epaisseur la 300000. partie
d'une ligne; Mr de
Reaumuramesme fait des
experiencesoùilla reduite
à n'en avoir que la millionniéme
partie aprés avoir
examiné les duétiIes
durs, Mr de Reaumur passa
aux ductiles mous Entre
les corps il donna le premier
rang au verre; il avertit
au reste qu'on ne devoit
pas e stre surpris de ce qu'il
donnoit cette -place à la
plus cassante, & àla plus
roide de toutes les matieres
Lorsque le feu l'a penetrée
on la peut rravailler
comme une cire molle. Il
expliqua comment avec le
1
verre on forme des fils plus
déliez que les cheveux, &
qui se plientde mesme au
gréduvent. Enfinil montra
qu'on pouvoit rendre
flexibles ces fils à un point
estonnant; & que si nous
en sçavionsfaired'aussi déliées
que le sont ceux dont
les araignées forment les
coques qui enveloppent
leurs oeufs; que probablement
ils feroient propres à
entrer dans des tissus. De
forte
,
s'il est vray de dire
que le verre n'est pas malleable
,
qu'il n'est pas seur
,
de dire qu'il n'est pas textible.
Il raconta aussi la maniere
dont il avoir tiré de
pareils fils beaucoup plus
déliez que ceux que les ouvriers
filent, & plus fins
mesme que les fils des versr àfoye.
Aprés rout Mr de Reaumur
avoüa que nous estions
peu habiles à travailler
les corps ductiles mous,
mais qu'heureusement la
nature nous a dédommagé
de ce quenous ignorons
de ce costé-la, il dit qu'elle
instruitune infinité d'animaux
à les estendre pour
nous; nous n'avons qu'à
mettre en oeuvre les fils
qu'ils nous préparent. Les
Vers à foye sont ces animaux.
Ils tirent leurs fils
d'une matiere visqueuse
contenuë dans leurs corps.
- A mesure que cette matiere
s'estend elle prend de
la consistance, elle devient
soye. Pourfaire voir néanmoinsjusques
où la nature
sçait estendreune matiere
molle, Mr de Reaumur ne
crut pas devoir s'arrester à
la soye des Vers. Les Araignées
luy en fournirent de 1
meilleures preuves. Mais
avant de faire voir quelle i
ea la prodigieusefinesse
des fils de certaines especes
d'Araignées, il décrivit la
belle mecanique que la nature
employe pour former
ces fils, il entra dans le détail
de toutes les parties
destinées à cetusage. Dans
le corps d'un si vilain animal
il y a un appareil furprenant
prés du derriere
de l'Araignée; on voit six
mamelons, le bout de chaque
mamelon examiné au
microscope, paroist percé
d'un nombre de trous prodigieux
, Mr de Reaumur
crut trop dire en asseurant
qu'il n'y avoit pas un de ces
bouts qui n'eust plus demille
trous. Chaque trou donnepassage
à un fil séparé.
L'Araignée ayant six mamelons
peut donc faire fortir
de son corps plus desix
millefils à la fois, ou pluCtostces
six mille fils séparez
sont actuellement formezdans
son corps. Tout
déliez qu'ils sont, ils ont
chacun leur tuyau particulier
qui les conduit jusques
aux reservoirs où est contenuë
la liqueur dont ilssont
formez. A la sortie dumamelon
plusieurs de ces fils
se réunissent ensemble
, &
en compofenr un ,
tel que
font ceux dont les araignées
font leurscoques.
Mais quelle est la prodigieuse
finesse de ces fils
dont l'assemblagene compose
qu'un fil plus délié
que tout ce quenousconnoissons.
Enfin siau lieu de
considerer ces 6000. fils,
dans les grossesAraignées
on les confidere dans certainesAraignées
naissantes,
qui ne peuvent presqueestre
apperçuës ellesmêmes
qu'avec le Microscope, on
aura bien de quoy admirer
les ouvrages de la nature.
Nousajouterons icy
une chose
,
dont nousoubliâmes
à parler dans le
dernier Mercure, qui ne
doit pas estre indifferente
au Public. C'est que le Pere
Gouye, après avoir fait un
Extrait trésexact des Discours
précedens,annonça
au Public que M. de Reaumur
s'estoit charge en partie
de l'execution du projet
que l'Academie a formé de
donner des descriptions de
tous les Arts & Metiers,
de tous leurs procédez, de
tous leurs instrumens, leurs
machines
, &c. Ce projet
dans l'execution a esté generalement
souhaitté,soit
dans leRoyaume, doit dans
les Pays estrangers
, comme
trés-utile, soit pour le
progrez, foit pour la conservation
des Arts. Le Pere
Gouye annonça en rneme
Fernps que M. de Reaumur
*A
avoit des ja décrit un grand
nombre d'Arts des pluscurieux
,
dont il donneroit
bientostun grosvolume.
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Résumé : EXTRAIT du Discours de Monsieur de Reaumur sur la prodigieuse ductilité de diverses matieres, leu dans l'assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 15. Novembre.
Le 15 novembre, Monsieur de Reaumur a présenté un discours à l'Académie Royale des Sciences sur la ductilité des matières. Il a classé les corps ductiles en deux catégories : les ductiles durs et les ductiles mous. Les métaux, tels que l'or et l'argent, appartiennent à la première catégorie. Reaumur a mentionné des expériences démontrant que l'argent peut être étiré jusqu'à atteindre une longueur de cent onze lieues à partir d'un cylindre initial. Il a également exploré la finesse des couches d'or sur l'argent doré, qui peuvent être réduites à des épaisseurs extrêmement minces. Pour les ductiles mous, Reaumur a pris l'exemple du verre, qui, une fois chauffé, peut être travaillé comme une cire molle. Il a décrit la formation de fils de verre très fins et flexibles, comparables à ceux produits par les araignées. Reaumur a souligné que, bien que les humains soient peu habiles à travailler ces matériaux, la nature compense en instruisant certains animaux, comme les vers à soie et les araignées, à produire des fils très fins. Enfin, le texte indique que le Père Gouye a annoncé que Reaumur participera à un projet de l'Académie visant à décrire tous les arts et métiers, leurs procédés et instruments. Ce projet est très attendu tant en France qu'à l'étranger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 80-92
RÊVE D'UN ANGLOIS, Sur la dissertation du Crane d'un PETIT-MAITRE, & du Coeur d'une COQUETTE, traduit de l'Anglois.
Début :
Je me trouvai hier engagé dans une Assemblée de Philosophes, dont [...]
Mots clefs :
Philosophe, Anatomie, Découverte, Cerveau, Rêve, Crâne, Microscope, Cavité, Glande pinéale, Épiderme, Poète, Dissection, Vaisseaux, Coeur, Péricarde, Anatomiste, Liqueur, Fibres, Soupir, Sommeil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÊVE D'UN ANGLOIS, Sur la dissertation du Crane d'un PETIT-MAITRE, & du Coeur d'une COQUETTE, traduit de l'Anglois.
REVE D'UN ANGLOIS ,
Sur la diffection du Crane d'un PETITMAITRE,&
du Can d'une COQUETTE,
traduit de l'Anglois.
JA
E me trouvai hier engagé dans une
Affemblée de Philofophes , dont l'un
nous étala quantité d'obfervations curiefes
, qu'il avoit faites depuis peu ,
dans l'Anatomie du corps humain. Un
autre nous fit part de plufieurs Découvertes
admirables , qu'il y a faites avec
DE DECEMBRE
le fecours de certains Microſcopes fort
exacts : Tout cela produifit diverfes
remarques peu communes , & fournit
matiére à difcourir tout le refte de la
journée .
Les différens Syftemes qu'on bâtic
là deffus , préfentérent tant de nouvelles
idées à mon imagination , que jointes
à celles qu'il y avoit déja , elles
ont donné de l'exercice à mon pauvre
cerveau toute la nuit paffée , & ont
formé le Rêve extravagant dont je vais
yous entretenir.
Je fus invité,à ce qu'il me fembloit ,
à voir la diffection du crane d'un petit-
Maître , & du coeur d'une Coquette ,
qui repofoient fur une table qu'il y avoit
devant nous. Un habile Anatomifte ouvrit
la tefte du premier avec beaucoup
d'art ; & quoi qu'elle parût d'abord ,
comme celle d'un autre homme , nous
fâmes bien étonnés de voir , qu'à l'approche
de nos Microfcopes , ce que
nous avions pris pour de la cervelle ,
n'en avoit que l'apparence , & n'eftoit
qu'un amas de matiéres étranges , empaquetées
enfemble , avec un art merveilleux
, dans les différentes cavités
du crane : De forte que, fi Homere nous
82 LE MERCURE
dit ,, que le fang des Dieux n'eft pas
du veritable fang , mais , quelque chofe
d'Analogue ; on peut dire auffi , que
la cervelle d'un petit- Maître n'en est
pas réellement une , mais quelque chofe
qui en a la figure .
La Glande pinéale , que plufieurs de
nos Philofophes modernes fuppofent
eftre le fiége de l'Ame , avoit une
odeur très forte d'Effence , & d'Eau
de Fleur d'Orange ; & paroiffoit d'une
fabftance qui approchoit de la corne,
taillée en mille petites facettes, ou miroirs
imperceptibles à l'oeil ; en forte
que l'Ame , sil y en avoit jamais û
une , devoit eftre toujours occupée à
s'admirer elle - mefme.
Nous remarquâmes fur le devant
de la tefte , une grande cavité pleine
de Rubans , de Dentelles & de Broderies
, qui formoient enfemble une
cfpéce de réfeau , fi artiftement travaillé
& fi fin , que le tiffu en êchapoit
à la vûë : Une autre de ces cavités
eftoit farcie de Billets doux , de
Lettres Amoureufes , de Chanfons notées
, & de pareilles gentilleffes , qu'on
n'appercevoit qu'à la faveur de nos
Microſcopes Dans un troifiéme , ·il
DE DECEMBRE. 8*
y avoit une espéce de Poudre , qui fit
éternüer toute la compagnie , & que
nous reconnûmes à l'odeur , pour du
veritable tabac d'Espagne. En un mot ,
car je ne veux pas ennuyer mes Lecteurs
par un inventaire trop exact ,
plufieurs autres cellules contenoient
divers autres matériaux , à peu prés
auffi curieux .
Cependant , une grande cavité fpacieufe
, qu'il y avoit à l'un & à l'autre
côté de la tefte , mérite quelque attention
Celle du côté droit estoit rem-
'plie de fictions , de flateries , & de menfonges
, de voeux , de promeffes & de
proteftations : Celle du côté gauche ,
renfermoit des imprecations & des fermens.
De chacune de ces cavités , on
voyoit fortir un conduit , qui aboutiffoit
à la racine de la Langue , où ils
fe joignoient tous deux , & ne formoient
enfuite qu'un canal jufqu'à ce
petit mobile. Nous obfervâmes divers.
petits fentiers , ou conduits , qui paſfoient
de l'oreille au cerveau ; & nous
ûmes un foin tout particulier , de les
fuivre dans tous leurs détours : L'un
de ces conduits fe rendoit à un paquet
de Sonnets , & d'autres menuës Poefies :
84 LE MERCURE
D'autres fe terminoient à un amas de
veffies pleines d'écumes & de vent :
Mais , le plus gros de ces tuyaux entroit
dans une grande cavité du crane ,
d'où un autre s'êchapoit vers la langue.
Cette derniére cavité êtoit le réſervoir
d'une fubftance molle & fpongieuſe,
que l'on nomme Galimathias.
Les cuirs du front , la Derme & l'Epiderme,
êtoient d'une épaiffeur & d'une
duteté extraordinaire ; & nous fumes
bien furpris , de ne pouvoir y découvrir
,ny ártéres ny veines ; d'où nous
conclûmes, que le propre de ce crane
avoit perdu la faculté de rougir , lorfqu'il
étoit en vie.
L'os cribleux êtoit prefque bouché ,
par un amas de Tabac en poudre , &
même endommagé en quelques endroits
. Nous remarquâmes furtout , ce
petit mufcle , qu'on a de la peine à
découvrir dans les diffections , & qui
fert à tirer le nés en haut ; lorfque le
Propriétaire vent témoigner le mépris
qu'il fent , à la vue de quelque chofe
qui lui déplaît , ou à l'ouie de quelque
chofe qu'il n'entend pas . Il eft inutile
d'avertir que ce mufcle eft le même,
qui produit le mouvement tant de fois
DE DECEMBRE.
fpécifié dans les Poëtes latins ; lorfqu'ils
parlent d'un homme qui retrouffe
le nés , ou qui fait le bec de
Rhinoceros .
;
Nous n'apperçumes rien de fort remarquable
dans l'oeil à cela prés
que les muſcles amoureux , ou fi l'on
veut , lorgneurs , êtoient extrémement
ufez ; au lieu que l'éleveur , ou le
mufcle , qui fait tourner l'oeil vers le
Ciel , ne paroiffoit point avoir êté mis
en oeuvre.
Je n'ai parlé dans certe diffection ,
que des nouvelles découvertes que
nous y fîmes , fans examiner aucune
de ces parties qui fe trouvent dans les
têtes ordinaires . A l'égard du crane ,
du vifage , & même de toute la figure
externe , nous ne remarquâmes rien
qui la diftinguât de la tête des autres
hommes : D'ailleurs , on nous dit que
le propriétaire de cette belle tête avoit
vécu 35 ans : Que durant tout cet intervalle
, il avoit mangé & bû comme
les autres : Qu'il fe mettoit fort bien :
Qu'il parloit fort haut : Qu'il éclatoit
fouvent de rire ; & qu'en certaines
occafions , il jouoit affés bien fon rôle
dans un Bal , ou dans une Affemblée :
86 LE MERCURE
9
à quoi un de la compagnie ajouta
qu'il y avoit un cercle de Dames qui
le prenoient pour un bel efprit . Il fut
affommé d'un coup de péle , à la fleur
de fon âge , par un vieux militaire ,
qui le trouva un peu trop civil à l'égard
de fa femme.
Après qu'on ûr examiné à fonds cette
tête,avec toutes fes appartenances & fa
fourniture; on remit le cerveau , tel qu'il
êtoit en fon lieu , & la têtefût laiffée à.
quartier , fous un grand morceau de
drap écarlatte , pour être préparée à
loifir , & gardée dans un beau cabinet .
de diffections Anatomiques . De plus ,
nôtre Opérateur nous dit , que la préparation
n'en feroit pas fi difficile que
celle d'une autre tête ; puifque , la plûpart
des petits vaiffeaux , qui traverfoient
la fubftance interne , comme il
l'avoit obfervé , êtoient déja remplis
d'une espèce de mercure , ou plûtôt de
vif- argent , dont le mort avoit fait
ufage pendant fa vie .
Après avoir donné la diffection de la
tête d'un petit-Maître , je raporterai
ici l'Anatomie du coeur d'une Coquette.
Hûreufement , j'en ai gardé la
Minute.
A Vant que nôtre Anatomiſte en vint à cette diffection , il nous
dit , qu'il n'y avoit rien de plus difficile
dans fon Art , que d'ouvrir le coeur
d'une Coquette , & d'en expoſer fidélement
toutes les parties aux yeux
des fpectateurs , à cauſe d'une infinité
de labyrintes & de replis qu'on y trouve
, & qui ne paroiffent pas dans le
coeur d'aucun autre animal .
Enfuite , il nous pria d'obſerver le
Péricarde , ou l'envelope extérieure du
coeur ; & nous y vîmes , à la faveur
de nos microſcopes , des millions de
petites cicatrices , qui fembloient avoir
êté caufées par les pointes d'une infinité
de petits dards & defléches , qu'on
avoit lancées côtre cette mébrane; quoi
qu'il n'y ût pas le moindre petit orifice ,
à travers lequel,aucun de ces traits ût
percé jufqu'à la fubftance du coeur.
Tous ceux qui ont quelque teinture
36 LE MERCURE
de l'Anatomie , fçavent que le Péricarde
contient une efpéce de liqueur
rougeatre & déliée , qu'on croit fe
former des exhalaifons qui s'évaporent
du coeur , & qui s'y confervent de cette
maniére. Lorsqu'on vint à l'examiner ,
il fe trouva qu'elle avoit toutes les
qualités de l'efprit - de - vin , dont on
remplit les Thermométres , qui fervent
à marquer les différens dégrez de
chaud ou de froid , qui arrivent dans
l'air .
Je ne dois pas oublier ici une expérience
, qu'un des Membres de lacompagnie
nous dit avoir faite avec
cette Liqueur , dont il avoit trouvé
bonne provifion,au tour du coeur d'une
Coquette qu'il avoit anatomifé autrefois
: Il nous affùra donc , qu'il en
avoit rempli un tuyau de verre , à peu
prés comme celui d'un Thermométre ;
mais , qu'au lieu de marquer les variations
de l'air , il défignoit les qualités
des perfonnes , qui entroient dans
la chambre où il l'avoit fufpendu. Il
ajoûta que cette Liqueur montoit à
l'approche d'un plumet , d'un habit
en broderie , ou d'une paire de gants à
franges ; & qu'elle baiffoit , d'abord
qu'une
DE DECEMBRE. 89
qu'une vilaine perruque mal peignée
qu'une paire de fouliers lourds , ou un
habit à l'antique , paroiffofent dans
fa maiſon. Ce n'eft pas tout , il
nous certifia , que s'il venoit à éclarer
de rire auprés de cette Liqueur ;
elle montoit d'une maniere fenfible
& qu'elle defcendoit au plus vîte , auſſitôt
qu'il prénoit un air férieux . En
un mot , il voulut nous perfuader que
par le moyen de cette invention , il
pouvoit connoître , s'il y avoit un homme
de bon fens ou un fat ,dans fa chamb.
e.
Aprés avoir bien épluché le Péricarde,
& confideré la Liqueur qu'il renfermoit
, nous en vinmes au coeur même ;
La furface extérieure en eftoit fi polie ,
& la pointe fi fioide , que lorfqu'on
vouloit l'empoigner , il s'échapoit à
travers les doigts , comme un morceau
de glace , ou une Anguille .
Les fibres en êtoient plus entrelacés,
que celle des autres cours ; jufques- là,
que ce coeur fembloit former un veritable
noud-gordien,& ne pouvoit avoir
û que des mouvemens fort inégaux &
fort irréguliers , pendant qu'il exerçoit
fes fonctions vitales.
Décembre 1717 . H
༡༠ LE MERCURE
Lorfque nous examinâmes tous les
vaiffeaux , qui en fortoient ou y aboutiffoient
; nous ne pûmes jamais découvrir
qu'il y ût û la moindre communication
avec la Langue ; ce qui
nous parut une caufe trés digne de
remarque .
On nous fit obferver en même tems,
que plufieurs de ces petits nerfs , qui
contribuoient à faire fentir l'amour
, la haine & les autres paffions,
n'y defcendoient pas du cerveau ,
mais des mufcles fitués au tourdes yeux.
Je pris ce coeur dans la main , pour
juger du poids ; & il me parut fi léger
, que je conclus d'abord , qu'il y
avoit beaucoup de vuide : En effet , l'intérieur
eftoit plein de cavités & de
cellules , qui paffoient les unes dans
les autres , & qui reffembloient à ces
appartements , que nos Hiftoriens attribuent
au berceau de Rofemonde . Pluhieurs
de ces petits trous êtoient farcis
de bagatelles , qu'il me feroit impoffible
de nommer en détail ; mais , je remarquerai
ſeulement , que la premiere
chofe que nous y apperçûmes , par le
moyen de nos Microſcopes , eftoit une
Coeffe de couleur de feu .
DE DECEMBRE. 91
Du refte , on nous dit que la Dame
propriétaire de ce coeur , lorfqu'elle
eftoit en vie ,, fouffroit les pourfuites
de tous ceux qui lui faifoient l'amour,
les entretenoit tous dans l'efpérance ,
& infinuoit à chacun d'eux , qu'il étoit
diftingué des autres ; c'est pour cela ,
que nous nous attendions à voir l'empreinte
d'un nombre infini de vifages ,
fur les différentes enveloppes de ce
coeur Mais , nous fumes bien furpris
de n'y en trouver aucune , juſqu'à
ce qu'on fût arrivé au centre .
Alors , nous y apperçumes un petit
homme vêtu d'un habit fort bizare ;
plus je le regardois , plus il me fembloit
que je l'avois vu quelque part fans
pouvoir me rappeller , ni le tems , ni
l'endroit ; jufques à ce qu'enfin , un
de la compagnie , qui l'avoit examiné
de plus prés que les autres , nous fit
voir clairement par le tour du vifage ,
& par plufieurs de fes traits , que la
petite idole , ainfi placée au milieu de
ce coeur , eftoit le feu petit- Maître
dont nous venions de defigner le cerveau.
2
D'abord que notre Anatomifte ûr
achevé fa diffection ; incapables de
Hij
92 LE MERCURE
nous déterminer fur la nature de ce
coeur , fi différent de celui des autres
femmes, nous réfolûmes d'en venir à
quelque épreuve , pour en découvrir
la fubftance : Ainfi , on le mit fur des
charbons ardens ; mais , bien loin de
fe confumer , il n'en reçut pas la moindre
atteinte d'où nous conclûmes
;
qu'il tenoit de la nature de la Salamandre
, & qu'il auroit pû ſubſiſter au
milieu du feu & des flammes .
Lorfque nous admirions un fi étrange
Phænoméne , & que nous formions un
cercle au tour du cerveau; ce coeur laiffa
échaper un terrible foupir , ou plûtôt
un éclat ; & fe réduifit en fumée : Cet
éclat imaginaire , qui me parut plus
fort que celui d'un canon , m'ébranla
fi bien le cerveau , qu'il diffipa toutes
les douces vapeurs du fommeil , &
qu'il n'y ût plus moyen de me rendormir.
Sur la diffection du Crane d'un PETITMAITRE,&
du Can d'une COQUETTE,
traduit de l'Anglois.
JA
E me trouvai hier engagé dans une
Affemblée de Philofophes , dont l'un
nous étala quantité d'obfervations curiefes
, qu'il avoit faites depuis peu ,
dans l'Anatomie du corps humain. Un
autre nous fit part de plufieurs Découvertes
admirables , qu'il y a faites avec
DE DECEMBRE
le fecours de certains Microſcopes fort
exacts : Tout cela produifit diverfes
remarques peu communes , & fournit
matiére à difcourir tout le refte de la
journée .
Les différens Syftemes qu'on bâtic
là deffus , préfentérent tant de nouvelles
idées à mon imagination , que jointes
à celles qu'il y avoit déja , elles
ont donné de l'exercice à mon pauvre
cerveau toute la nuit paffée , & ont
formé le Rêve extravagant dont je vais
yous entretenir.
Je fus invité,à ce qu'il me fembloit ,
à voir la diffection du crane d'un petit-
Maître , & du coeur d'une Coquette ,
qui repofoient fur une table qu'il y avoit
devant nous. Un habile Anatomifte ouvrit
la tefte du premier avec beaucoup
d'art ; & quoi qu'elle parût d'abord ,
comme celle d'un autre homme , nous
fâmes bien étonnés de voir , qu'à l'approche
de nos Microfcopes , ce que
nous avions pris pour de la cervelle ,
n'en avoit que l'apparence , & n'eftoit
qu'un amas de matiéres étranges , empaquetées
enfemble , avec un art merveilleux
, dans les différentes cavités
du crane : De forte que, fi Homere nous
82 LE MERCURE
dit ,, que le fang des Dieux n'eft pas
du veritable fang , mais , quelque chofe
d'Analogue ; on peut dire auffi , que
la cervelle d'un petit- Maître n'en est
pas réellement une , mais quelque chofe
qui en a la figure .
La Glande pinéale , que plufieurs de
nos Philofophes modernes fuppofent
eftre le fiége de l'Ame , avoit une
odeur très forte d'Effence , & d'Eau
de Fleur d'Orange ; & paroiffoit d'une
fabftance qui approchoit de la corne,
taillée en mille petites facettes, ou miroirs
imperceptibles à l'oeil ; en forte
que l'Ame , sil y en avoit jamais û
une , devoit eftre toujours occupée à
s'admirer elle - mefme.
Nous remarquâmes fur le devant
de la tefte , une grande cavité pleine
de Rubans , de Dentelles & de Broderies
, qui formoient enfemble une
cfpéce de réfeau , fi artiftement travaillé
& fi fin , que le tiffu en êchapoit
à la vûë : Une autre de ces cavités
eftoit farcie de Billets doux , de
Lettres Amoureufes , de Chanfons notées
, & de pareilles gentilleffes , qu'on
n'appercevoit qu'à la faveur de nos
Microſcopes Dans un troifiéme , ·il
DE DECEMBRE. 8*
y avoit une espéce de Poudre , qui fit
éternüer toute la compagnie , & que
nous reconnûmes à l'odeur , pour du
veritable tabac d'Espagne. En un mot ,
car je ne veux pas ennuyer mes Lecteurs
par un inventaire trop exact ,
plufieurs autres cellules contenoient
divers autres matériaux , à peu prés
auffi curieux .
Cependant , une grande cavité fpacieufe
, qu'il y avoit à l'un & à l'autre
côté de la tefte , mérite quelque attention
Celle du côté droit estoit rem-
'plie de fictions , de flateries , & de menfonges
, de voeux , de promeffes & de
proteftations : Celle du côté gauche ,
renfermoit des imprecations & des fermens.
De chacune de ces cavités , on
voyoit fortir un conduit , qui aboutiffoit
à la racine de la Langue , où ils
fe joignoient tous deux , & ne formoient
enfuite qu'un canal jufqu'à ce
petit mobile. Nous obfervâmes divers.
petits fentiers , ou conduits , qui paſfoient
de l'oreille au cerveau ; & nous
ûmes un foin tout particulier , de les
fuivre dans tous leurs détours : L'un
de ces conduits fe rendoit à un paquet
de Sonnets , & d'autres menuës Poefies :
84 LE MERCURE
D'autres fe terminoient à un amas de
veffies pleines d'écumes & de vent :
Mais , le plus gros de ces tuyaux entroit
dans une grande cavité du crane ,
d'où un autre s'êchapoit vers la langue.
Cette derniére cavité êtoit le réſervoir
d'une fubftance molle & fpongieuſe,
que l'on nomme Galimathias.
Les cuirs du front , la Derme & l'Epiderme,
êtoient d'une épaiffeur & d'une
duteté extraordinaire ; & nous fumes
bien furpris , de ne pouvoir y découvrir
,ny ártéres ny veines ; d'où nous
conclûmes, que le propre de ce crane
avoit perdu la faculté de rougir , lorfqu'il
étoit en vie.
L'os cribleux êtoit prefque bouché ,
par un amas de Tabac en poudre , &
même endommagé en quelques endroits
. Nous remarquâmes furtout , ce
petit mufcle , qu'on a de la peine à
découvrir dans les diffections , & qui
fert à tirer le nés en haut ; lorfque le
Propriétaire vent témoigner le mépris
qu'il fent , à la vue de quelque chofe
qui lui déplaît , ou à l'ouie de quelque
chofe qu'il n'entend pas . Il eft inutile
d'avertir que ce mufcle eft le même,
qui produit le mouvement tant de fois
DE DECEMBRE.
fpécifié dans les Poëtes latins ; lorfqu'ils
parlent d'un homme qui retrouffe
le nés , ou qui fait le bec de
Rhinoceros .
;
Nous n'apperçumes rien de fort remarquable
dans l'oeil à cela prés
que les muſcles amoureux , ou fi l'on
veut , lorgneurs , êtoient extrémement
ufez ; au lieu que l'éleveur , ou le
mufcle , qui fait tourner l'oeil vers le
Ciel , ne paroiffoit point avoir êté mis
en oeuvre.
Je n'ai parlé dans certe diffection ,
que des nouvelles découvertes que
nous y fîmes , fans examiner aucune
de ces parties qui fe trouvent dans les
têtes ordinaires . A l'égard du crane ,
du vifage , & même de toute la figure
externe , nous ne remarquâmes rien
qui la diftinguât de la tête des autres
hommes : D'ailleurs , on nous dit que
le propriétaire de cette belle tête avoit
vécu 35 ans : Que durant tout cet intervalle
, il avoit mangé & bû comme
les autres : Qu'il fe mettoit fort bien :
Qu'il parloit fort haut : Qu'il éclatoit
fouvent de rire ; & qu'en certaines
occafions , il jouoit affés bien fon rôle
dans un Bal , ou dans une Affemblée :
86 LE MERCURE
9
à quoi un de la compagnie ajouta
qu'il y avoit un cercle de Dames qui
le prenoient pour un bel efprit . Il fut
affommé d'un coup de péle , à la fleur
de fon âge , par un vieux militaire ,
qui le trouva un peu trop civil à l'égard
de fa femme.
Après qu'on ûr examiné à fonds cette
tête,avec toutes fes appartenances & fa
fourniture; on remit le cerveau , tel qu'il
êtoit en fon lieu , & la têtefût laiffée à.
quartier , fous un grand morceau de
drap écarlatte , pour être préparée à
loifir , & gardée dans un beau cabinet .
de diffections Anatomiques . De plus ,
nôtre Opérateur nous dit , que la préparation
n'en feroit pas fi difficile que
celle d'une autre tête ; puifque , la plûpart
des petits vaiffeaux , qui traverfoient
la fubftance interne , comme il
l'avoit obfervé , êtoient déja remplis
d'une espèce de mercure , ou plûtôt de
vif- argent , dont le mort avoit fait
ufage pendant fa vie .
Après avoir donné la diffection de la
tête d'un petit-Maître , je raporterai
ici l'Anatomie du coeur d'une Coquette.
Hûreufement , j'en ai gardé la
Minute.
A Vant que nôtre Anatomiſte en vint à cette diffection , il nous
dit , qu'il n'y avoit rien de plus difficile
dans fon Art , que d'ouvrir le coeur
d'une Coquette , & d'en expoſer fidélement
toutes les parties aux yeux
des fpectateurs , à cauſe d'une infinité
de labyrintes & de replis qu'on y trouve
, & qui ne paroiffent pas dans le
coeur d'aucun autre animal .
Enfuite , il nous pria d'obſerver le
Péricarde , ou l'envelope extérieure du
coeur ; & nous y vîmes , à la faveur
de nos microſcopes , des millions de
petites cicatrices , qui fembloient avoir
êté caufées par les pointes d'une infinité
de petits dards & defléches , qu'on
avoit lancées côtre cette mébrane; quoi
qu'il n'y ût pas le moindre petit orifice ,
à travers lequel,aucun de ces traits ût
percé jufqu'à la fubftance du coeur.
Tous ceux qui ont quelque teinture
36 LE MERCURE
de l'Anatomie , fçavent que le Péricarde
contient une efpéce de liqueur
rougeatre & déliée , qu'on croit fe
former des exhalaifons qui s'évaporent
du coeur , & qui s'y confervent de cette
maniére. Lorsqu'on vint à l'examiner ,
il fe trouva qu'elle avoit toutes les
qualités de l'efprit - de - vin , dont on
remplit les Thermométres , qui fervent
à marquer les différens dégrez de
chaud ou de froid , qui arrivent dans
l'air .
Je ne dois pas oublier ici une expérience
, qu'un des Membres de lacompagnie
nous dit avoir faite avec
cette Liqueur , dont il avoit trouvé
bonne provifion,au tour du coeur d'une
Coquette qu'il avoit anatomifé autrefois
: Il nous affùra donc , qu'il en
avoit rempli un tuyau de verre , à peu
prés comme celui d'un Thermométre ;
mais , qu'au lieu de marquer les variations
de l'air , il défignoit les qualités
des perfonnes , qui entroient dans
la chambre où il l'avoit fufpendu. Il
ajoûta que cette Liqueur montoit à
l'approche d'un plumet , d'un habit
en broderie , ou d'une paire de gants à
franges ; & qu'elle baiffoit , d'abord
qu'une
DE DECEMBRE. 89
qu'une vilaine perruque mal peignée
qu'une paire de fouliers lourds , ou un
habit à l'antique , paroiffofent dans
fa maiſon. Ce n'eft pas tout , il
nous certifia , que s'il venoit à éclarer
de rire auprés de cette Liqueur ;
elle montoit d'une maniere fenfible
& qu'elle defcendoit au plus vîte , auſſitôt
qu'il prénoit un air férieux . En
un mot , il voulut nous perfuader que
par le moyen de cette invention , il
pouvoit connoître , s'il y avoit un homme
de bon fens ou un fat ,dans fa chamb.
e.
Aprés avoir bien épluché le Péricarde,
& confideré la Liqueur qu'il renfermoit
, nous en vinmes au coeur même ;
La furface extérieure en eftoit fi polie ,
& la pointe fi fioide , que lorfqu'on
vouloit l'empoigner , il s'échapoit à
travers les doigts , comme un morceau
de glace , ou une Anguille .
Les fibres en êtoient plus entrelacés,
que celle des autres cours ; jufques- là,
que ce coeur fembloit former un veritable
noud-gordien,& ne pouvoit avoir
û que des mouvemens fort inégaux &
fort irréguliers , pendant qu'il exerçoit
fes fonctions vitales.
Décembre 1717 . H
༡༠ LE MERCURE
Lorfque nous examinâmes tous les
vaiffeaux , qui en fortoient ou y aboutiffoient
; nous ne pûmes jamais découvrir
qu'il y ût û la moindre communication
avec la Langue ; ce qui
nous parut une caufe trés digne de
remarque .
On nous fit obferver en même tems,
que plufieurs de ces petits nerfs , qui
contribuoient à faire fentir l'amour
, la haine & les autres paffions,
n'y defcendoient pas du cerveau ,
mais des mufcles fitués au tourdes yeux.
Je pris ce coeur dans la main , pour
juger du poids ; & il me parut fi léger
, que je conclus d'abord , qu'il y
avoit beaucoup de vuide : En effet , l'intérieur
eftoit plein de cavités & de
cellules , qui paffoient les unes dans
les autres , & qui reffembloient à ces
appartements , que nos Hiftoriens attribuent
au berceau de Rofemonde . Pluhieurs
de ces petits trous êtoient farcis
de bagatelles , qu'il me feroit impoffible
de nommer en détail ; mais , je remarquerai
ſeulement , que la premiere
chofe que nous y apperçûmes , par le
moyen de nos Microſcopes , eftoit une
Coeffe de couleur de feu .
DE DECEMBRE. 91
Du refte , on nous dit que la Dame
propriétaire de ce coeur , lorfqu'elle
eftoit en vie ,, fouffroit les pourfuites
de tous ceux qui lui faifoient l'amour,
les entretenoit tous dans l'efpérance ,
& infinuoit à chacun d'eux , qu'il étoit
diftingué des autres ; c'est pour cela ,
que nous nous attendions à voir l'empreinte
d'un nombre infini de vifages ,
fur les différentes enveloppes de ce
coeur Mais , nous fumes bien furpris
de n'y en trouver aucune , juſqu'à
ce qu'on fût arrivé au centre .
Alors , nous y apperçumes un petit
homme vêtu d'un habit fort bizare ;
plus je le regardois , plus il me fembloit
que je l'avois vu quelque part fans
pouvoir me rappeller , ni le tems , ni
l'endroit ; jufques à ce qu'enfin , un
de la compagnie , qui l'avoit examiné
de plus prés que les autres , nous fit
voir clairement par le tour du vifage ,
& par plufieurs de fes traits , que la
petite idole , ainfi placée au milieu de
ce coeur , eftoit le feu petit- Maître
dont nous venions de defigner le cerveau.
2
D'abord que notre Anatomifte ûr
achevé fa diffection ; incapables de
Hij
92 LE MERCURE
nous déterminer fur la nature de ce
coeur , fi différent de celui des autres
femmes, nous réfolûmes d'en venir à
quelque épreuve , pour en découvrir
la fubftance : Ainfi , on le mit fur des
charbons ardens ; mais , bien loin de
fe confumer , il n'en reçut pas la moindre
atteinte d'où nous conclûmes
;
qu'il tenoit de la nature de la Salamandre
, & qu'il auroit pû ſubſiſter au
milieu du feu & des flammes .
Lorfque nous admirions un fi étrange
Phænoméne , & que nous formions un
cercle au tour du cerveau; ce coeur laiffa
échaper un terrible foupir , ou plûtôt
un éclat ; & fe réduifit en fumée : Cet
éclat imaginaire , qui me parut plus
fort que celui d'un canon , m'ébranla
fi bien le cerveau , qu'il diffipa toutes
les douces vapeurs du fommeil , &
qu'il n'y ût plus moyen de me rendormir.
Fermer
5
p. 970-971
Avertissement à M. de Boyle, au sujet de son Microscope.
Début :
Un des Membres de la Societé des Arts, a trouvé la construction d'un Microscope par [...]
Mots clefs :
Microscope
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avertissement à M. de Boyle, au sujet de son Microscope.
Avertiffement à M. de Boyle , au sujet
de fon Microscope.
IN des Membres de la Societé des Arts , a
UNtrouvé la conftruction d'un Microſcope par
refléxion avec deux ou avec quatre Miroirs. On
pourroit juger que c'eft le Microſcope de M. de
Boyle , avec lequel il prétendoit découvrir des
animaux dans le fang , & qui fit tant de bruit
à Paris en 1727. mais comme M. de Boyle a toujours
conftamment refufé toute comparaison
d'autre Microſcope avec le fien , il y a lieu de
croire qu'il ne groffiffoit pas plus que les Microf
copes connus , & que les Miroirs dont il ſe ſervoit
MAY. 1730. 971.
voit , ne lui étoient utiles que pour apporter aux
objets une lumiere moderée , afin de les faire voir
avec netteté & diftinction .
Quoiqu'il en feit, on ne fçait pas fi le Microf
cope trouvé eft le même que celui de M. de Boyle,
ce qu'il y a de certain, c'eft qu'on a été obligé de
lui donner la même figure exterieure pour pro-,
duire les effets que l'on attendoit , qu'il groffic
prodigieufement les objets , & qu'il les prefente
avec beaucoup de clarté & de diftinction.
L'inventeur du nouveau Microſcope eft perfuadé
qu'on ne préfumera pas que M. de Boyle lui
ait communiqué fon fecret , les précautions qu'il
prenoit pour le cacher à tout le monde , mettent
PInventeur à couvert de ce foupçon ; il eft cependant
bien-aife, avant que de donner la defcription
ce Microſcope , d'avertir ici M. de Boyle , que
s'il veut jouir de l'honneur de fa découverte , il
faut qu'il la donne au Public dans trois mois , ૩ .
compter de ce jour , temps qui paroît fuffifant
pour la diftance qu'il y a de Paris à Rouen. Si
M.de Boyle garde le filence dans cette conjoncture,
il laiffera au Public la liberté de croire qu'il n'a
aucune prétention à l'honneur de cette Découverte.
de fon Microscope.
IN des Membres de la Societé des Arts , a
UNtrouvé la conftruction d'un Microſcope par
refléxion avec deux ou avec quatre Miroirs. On
pourroit juger que c'eft le Microſcope de M. de
Boyle , avec lequel il prétendoit découvrir des
animaux dans le fang , & qui fit tant de bruit
à Paris en 1727. mais comme M. de Boyle a toujours
conftamment refufé toute comparaison
d'autre Microſcope avec le fien , il y a lieu de
croire qu'il ne groffiffoit pas plus que les Microf
copes connus , & que les Miroirs dont il ſe ſervoit
MAY. 1730. 971.
voit , ne lui étoient utiles que pour apporter aux
objets une lumiere moderée , afin de les faire voir
avec netteté & diftinction .
Quoiqu'il en feit, on ne fçait pas fi le Microf
cope trouvé eft le même que celui de M. de Boyle,
ce qu'il y a de certain, c'eft qu'on a été obligé de
lui donner la même figure exterieure pour pro-,
duire les effets que l'on attendoit , qu'il groffic
prodigieufement les objets , & qu'il les prefente
avec beaucoup de clarté & de diftinction.
L'inventeur du nouveau Microſcope eft perfuadé
qu'on ne préfumera pas que M. de Boyle lui
ait communiqué fon fecret , les précautions qu'il
prenoit pour le cacher à tout le monde , mettent
PInventeur à couvert de ce foupçon ; il eft cependant
bien-aife, avant que de donner la defcription
ce Microſcope , d'avertir ici M. de Boyle , que
s'il veut jouir de l'honneur de fa découverte , il
faut qu'il la donne au Public dans trois mois , ૩ .
compter de ce jour , temps qui paroît fuffifant
pour la diftance qu'il y a de Paris à Rouen. Si
M.de Boyle garde le filence dans cette conjoncture,
il laiffera au Public la liberté de croire qu'il n'a
aucune prétention à l'honneur de cette Découverte.
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6
p. 1393-1395
RÉPONSE pour Mr. du Boile, au sujet de ce qui a été inseré dans le Mercure de May, page 970. sur les Microscopes par réfléxions.
Début :
Mr du Boile dit, qu'il n'est que l'Editeur du fameux Microscope [...]
Mots clefs :
Microscope, Savants, Honneur
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE pour Mr. du Boile, au sujet de ce qui a été inseré dans le Mercure de May, page 970. sur les Microscopes par réfléxions.
REPONSE pour M' . du Boile , au
fujet de ce qui a été inferé dans le Mercure
de May, page 970. fur les Microf
copes par réfléxions.
M
par
R du Boile dit , qu'il n'éft que
l'Editeur du fameux Microſcope
réflection , qu'il a eu la complaifance.
de confronter contre tous ceux qu'on lui
préfentez , & avec lequel il a fait voir
des animaux dans le fang , aux Curieux
de Paris , lorfqu'il y étoit en 1727. &
qu'il n'a garde de s'attribuer un honneur
qui ne lui appartient point , en s'en difant
l'Inventeur.
Que n'étant point l'Auteur de ce Microſcope
, il ne lui convient point de le
publier.
Que n'ayant point l'honneur d'être
Membre d'Académie , ni d'aucune Profeffion
fcientifique , il peut s'en difpenfer,
fi bon lui femble.
Que ce qu'il a fait par complaifance &
fimplement pour fe réjouir , ne l'engage
ni en honneur , ni en aucune façon du
monde à negliger fes affaires domeftiques,
pour fe livrer entierement au progrès des
Arts & des Sciences qui ne permettent
point qu'on s'adonne à autre choſe.
Qu'ayant toujours oui dire , que les
II. Vol. Sçavans
1394 MERCURE DE FRANCE
Sçavans font d'Illuftres neceffiteux , il
n'ambitionne point ce glorieux titre .
Que depuis qu'il a vû la Terre d'un
Sçavant , mife en decret par fa négligence
, & qu'il a fçû que ce Scavant étoit à
fupputer fur les lieux , combien il falloit
de brouetées de terre pour faire le chemin
neuf, qui eft le long de la Riviere
entre Roüen & la côte Sainte Catherine ,
dans le temps qu'on faifoit l'adjudication
de fa Terre , au lieu d'être au Palais à folliciter
fes Juges , il eft en garde contre les
attraits de la Philofophie.
Que toutes réfléxions faites , il préfére
le peu de plaifir qu'il a à faire achever
une Maifon qu'il fait bâtir fur une de fes
Terres , dans le Boulonois , & la peine
utile qu'il va avoir à régler les affaires qui
lui font furvenues au fujet de la fucceffion
de Me la Marquife de Berniere , à
Pexceffive fatisfaction qu'il auroit à paffer
fa vie à philofopher ; étant perfuadé qu'il
faut toujours faire ceder l'agréable àl'utile
, lorsqu'il n'eft pas poffible de les marier
enfemble.
Qu'il y a long-temps qu'il fçait que
nombre de Sçavans travaillent à toute outrance
, pour tâcher à découvrir fon fecret,
& qu'il ne fera point furpris lorfque
quelqu'un d'eux y parviendra , parce que
cela n'eft pas impoffible.
Et
JUIN. 1730. 139'5'
Et qu'ainfi il verra , fans envie , le celebre
Membre de la Société des Arts dont
il s'agit , poffeder & meriter par fes recherches
& par fon travail affidu , la gloire
d'Inventeur des fameux Microfcopes
par reflection.
Voilà tout ce que M. du Boile dit , &
l'on ne croît pas qu'il en dife davantage,
du moins tant qu'il aura quelque chofe
de mieux à faire.
fujet de ce qui a été inferé dans le Mercure
de May, page 970. fur les Microf
copes par réfléxions.
M
par
R du Boile dit , qu'il n'éft que
l'Editeur du fameux Microſcope
réflection , qu'il a eu la complaifance.
de confronter contre tous ceux qu'on lui
préfentez , & avec lequel il a fait voir
des animaux dans le fang , aux Curieux
de Paris , lorfqu'il y étoit en 1727. &
qu'il n'a garde de s'attribuer un honneur
qui ne lui appartient point , en s'en difant
l'Inventeur.
Que n'étant point l'Auteur de ce Microſcope
, il ne lui convient point de le
publier.
Que n'ayant point l'honneur d'être
Membre d'Académie , ni d'aucune Profeffion
fcientifique , il peut s'en difpenfer,
fi bon lui femble.
Que ce qu'il a fait par complaifance &
fimplement pour fe réjouir , ne l'engage
ni en honneur , ni en aucune façon du
monde à negliger fes affaires domeftiques,
pour fe livrer entierement au progrès des
Arts & des Sciences qui ne permettent
point qu'on s'adonne à autre choſe.
Qu'ayant toujours oui dire , que les
II. Vol. Sçavans
1394 MERCURE DE FRANCE
Sçavans font d'Illuftres neceffiteux , il
n'ambitionne point ce glorieux titre .
Que depuis qu'il a vû la Terre d'un
Sçavant , mife en decret par fa négligence
, & qu'il a fçû que ce Scavant étoit à
fupputer fur les lieux , combien il falloit
de brouetées de terre pour faire le chemin
neuf, qui eft le long de la Riviere
entre Roüen & la côte Sainte Catherine ,
dans le temps qu'on faifoit l'adjudication
de fa Terre , au lieu d'être au Palais à folliciter
fes Juges , il eft en garde contre les
attraits de la Philofophie.
Que toutes réfléxions faites , il préfére
le peu de plaifir qu'il a à faire achever
une Maifon qu'il fait bâtir fur une de fes
Terres , dans le Boulonois , & la peine
utile qu'il va avoir à régler les affaires qui
lui font furvenues au fujet de la fucceffion
de Me la Marquife de Berniere , à
Pexceffive fatisfaction qu'il auroit à paffer
fa vie à philofopher ; étant perfuadé qu'il
faut toujours faire ceder l'agréable àl'utile
, lorsqu'il n'eft pas poffible de les marier
enfemble.
Qu'il y a long-temps qu'il fçait que
nombre de Sçavans travaillent à toute outrance
, pour tâcher à découvrir fon fecret,
& qu'il ne fera point furpris lorfque
quelqu'un d'eux y parviendra , parce que
cela n'eft pas impoffible.
Et
JUIN. 1730. 139'5'
Et qu'ainfi il verra , fans envie , le celebre
Membre de la Société des Arts dont
il s'agit , poffeder & meriter par fes recherches
& par fon travail affidu , la gloire
d'Inventeur des fameux Microfcopes
par reflection.
Voilà tout ce que M. du Boile dit , &
l'on ne croît pas qu'il en dife davantage,
du moins tant qu'il aura quelque chofe
de mieux à faire.
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Résumé : RÉPONSE pour Mr. du Boile, au sujet de ce qui a été inseré dans le Mercure de May, page 970. sur les Microscopes par réfléxions.
M. du Boile répond aux allégations du Mercure de mai concernant les microscopes par réflexion. Il précise qu'il est l'éditeur, non l'inventeur, de ce microscope et n'a pas l'intention de le publier. Ses actions en 1727 étaient motivées par le désir de divertir les curieux de Paris, sans engagement scientifique. Il préfère se consacrer à ses affaires domestiques, comme la construction d'une maison et la gestion de la succession de la marquise de Berniere. Conscient des difficultés financières des savants, il n'ambitionne pas ce titre et évite les attraits de la philosophie après avoir observé les conséquences de la négligence d'un savant. Il reconnaît que des savants cherchent à découvrir son secret et souhaite que la Société des Arts mérite la gloire de l'invention. M. du Boile conclut en affirmant qu'il n'a rien de plus à ajouter, étant occupé par des tâches plus pressantes.
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7
p. 209-210
« Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...] »
Début :
Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...]
Mots clefs :
Italien, Expériences physiques , Microscope, Machines électriques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...] »
Paris , le 31 Janvier 1763.
GUERIN.
Le fieur TORRE , Italien , Phyficien dont les
talens ont mérité l'attention des Miniftres qui
ront employé pour le Service du Roi , avertit le
Public qu'il démontre les plus belles Expériences
Phyfiques , ce qu'il y a de plus curieux dans l'Electricité
, les plus rares Phénomènes du Microf
210 MERCURE DE FRANCE .
cope , les plus belles Expériences du Vuide , &
une infinité d'autres dont il retranche le détail
il prend liv . par perfonne.
Il vend toutes fortes d'inftrumens de Phyfique
ou qu'il compofe ou qu'il fait fait venir d'Angleterre
, comme Microſcopes fimples & folaires
& Machines Electriques d'une nouvelle conftruction
, Télescopes de toutes grandeurs , doubles
Pompes Pneumatiques avec tout ce qui en dépend
, toutes fortes de lunettes d'approche , celles
de l'invention du fieur Dolon à double objectif
ou à 7 verres toutes de Barométres &
Thermometres, & montre l'ufage aux Acheteurs .
Il demeure dans la premiere Cour des Quinze-
Vings à droite au premier Etage.
GUERIN.
Le fieur TORRE , Italien , Phyficien dont les
talens ont mérité l'attention des Miniftres qui
ront employé pour le Service du Roi , avertit le
Public qu'il démontre les plus belles Expériences
Phyfiques , ce qu'il y a de plus curieux dans l'Electricité
, les plus rares Phénomènes du Microf
210 MERCURE DE FRANCE .
cope , les plus belles Expériences du Vuide , &
une infinité d'autres dont il retranche le détail
il prend liv . par perfonne.
Il vend toutes fortes d'inftrumens de Phyfique
ou qu'il compofe ou qu'il fait fait venir d'Angleterre
, comme Microſcopes fimples & folaires
& Machines Electriques d'une nouvelle conftruction
, Télescopes de toutes grandeurs , doubles
Pompes Pneumatiques avec tout ce qui en dépend
, toutes fortes de lunettes d'approche , celles
de l'invention du fieur Dolon à double objectif
ou à 7 verres toutes de Barométres &
Thermometres, & montre l'ufage aux Acheteurs .
Il demeure dans la premiere Cour des Quinze-
Vings à droite au premier Etage.
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Résumé : « Le sieur TORRÉ, Italien, Physicien dont les talens ont mérité l'attention des Ministres qui [...] »
Le 31 janvier 1763, Guérin publie à Paris une annonce concernant le sieur Torre, un physicien italien reconnu par les ministres et employé au service du roi. Torre présente diverses expériences physiques, notamment en électricité, les phénomènes rares observés au microscope et les expériences sur le vide. Il propose également la vente d'instruments de physique, qu'il fabrique lui-même ou importe d'Angleterre. Ces instruments incluent des microscopes simples et solaires, des machines électriques de nouvelle construction, des télescopes de différentes tailles, des pompes pneumatiques avec leurs accessoires, des lunettes d'approche, des baromètres et des thermomètres. Torre montre l'usage de ces instruments aux acheteurs. Il réside dans la première cour des Quinze-Vings, à droite, au premier étage.
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