Résultats : 12007 texte(s)
Accéder à la page des formes (vers et prose).
Détail
Liste
6401
p. 743-747
Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
Début :
PRINCIPES DE L'HISTOIRE, &c Par M. de Juvenel, I vol. 12. de 237 pag. A Paris, [...]
Mots clefs :
Histoire, Géographie, Chronologie, Historiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
PRINCIPES DE L'HISTOIRE, &C Par M.de
Juvenel , 1 vol . 12. de 237 pag. A Paris ,
che Barthelemi Alix , Libraire , ruë saint
Jacques , au Griffon .
Cet Ouvrage contient cinq Parties. La
premiere renferme les Elemens de la
Chronologie. L'Auteur , après avoir parlé
de l'Année solaire des Egyptiens , des
Hebreux et des Romains ; de la Correction
du Calendrier Romain, par Jules-
César , et par Grégoire XIII . de la maniere
de compter les heures , et les jours
des mois, usitée chez les anciens ; de l'Année
lunaire des Grecs et des Juifs ; de la
Période Julienne , et des Années du Mon-
Fiij de,
744 MERCURE DE FRANCE
>
de; parcourt les differentes Eres , suivant
l'ordre des temps. Il s'étend davantage.
sur les Consulats et la puissance Tribunitienne
, à cause de leur importance
poun rapporter la connoissance des Médailles
, et des Inscriptions à celle de
l'Histoire ; il finit par les trois principes
de la Chronologie , et par de courtes
observations sur l'Histoire d'Egypte ,'
et d'Assyrie , et sur la Chronologie Grec
que.
La seconde Partie est une Introduction
à la Géographie , subdivisée en deux
Sections ; dont la premiere est un petit
Traité du Globe terrestre et de la Sphere ,
pour faciliter l'usage des Globes et des
Mappes -Mondes.
La deuxième, presente une Description
Géographique et Historique de l'Empire
Romain , divisé en ses Provinces Proconsulites
, et Proprétoriennes. Cette Des--
cription en forme de Table , pour la
commodité du Lecteur, marque le temps
auquel chaque Province a été unie à l'Empire
, les changemens les plus considérables
, arrivez dans leur Gouvernement, er
leurs Villes Capitales , que
ractérise de plusieurs traits d'Histoire.
La troisième Partie est un abrégé de la
Vie des anciens Historiens , avec un jugement
sur leurs Ouvrages.
l'Auteur ca-
La
AVRIL. 1733. 745
La quatrième contient des Réfléxions
sur l'usage de l'Histoire , et des avis sur
la maniere de l'étudier. Il ne suffit pas ,
nous dit- on icy , de connoître les meil
leurs Historiens et de sçavoir les principes
de la Chronologie et de la Géographie
, si on ne les rapporte à l'étude de
'Histoire, à laquelle elles servent de fondement.
L'Auteur propose ensuite l'usage
des Tables Chronologiques , comme
tres - important à la lecture des Historiens
. En rapportant ce qu'on lit dans
les Tables , les principaux faits , et les actions
les plus éclatantes s'arrangent dans
la mémoire , sans confusion , et sins cmbarras
; et par là les lectures deviennent
plus utiles et même plus agréables.
L'usage des Cartes Géographiques est
aussi absolument necessaire pour l'intelligence
de l'Histoire ; il faut en avoir des
meilleurs Auteurs et des plus détaillées ,
les avoir sans cesse devant les yeux en lisant
, por y chercher les Royaumes, les
Provinces et les Villes , dont les Auteurs
font mention .
pat
Il donne trois moyens d'apprendre la
Géographie par l'Histoire , et l'Histoire
la Géographie et pour éviter la sécheresse
de cette étude , qui cause bientôt
le dégoût, le 1. de lire d'abord un bon
Fiiij abrégé
746 MERCURE DE FRANCE
abrégé , pour avoir une connoissance generale
des differens Païs ; le 2. de remar
quer les faits particuliers qui caractérisent
chaque Ville ; un Siége , une Bataille
, la tenuë d'un Concile , la naissance
d'un Homme Illustre , &c. la 3º . de rapporter
l'ancienne Géographie à la nouvelle
, et la nouvelle à l'ancienne , observant
les divers noms que chaque Ville
a eu sous divers Maîtres.
Mais avant toutes choses il est nécessaire
de connoître les moeurs et les cou
tumes de chaque Nation ; la constitution
de chaque Etat , et la forme du gouvernement
de chaque Peuple.
On ne sçauroit lire utilement l'an
cienne Histoire , si l'on ignore les fonc
tions des Magistrats , et les prérogatives
de leurs Charges ; si l'on ne connoît ni les
Archontes , ni les Ephores , si célebres
dans l'Histoire ancienne : comme dans la
nouvelle celui-là , dit notre Auteur , auroit
un Livre scellé , qui n'ayant aucune
notion du Droit public de l'Empire Germanique
, dont les principales sources
sont la Bulle d'or , les Capitulations Impériales
, la Paix publique et Religieuse,
&c. étudieroit l'Histoire d'Allemagne.
Dans le choix des Histoires , il faut
donner le premier rang à l'Histoire Sainte.
On
AVRIL. 1733. 747
On y apprend la Religion et la Morale
par une méthode abrégée et facile ; on y
peut joindre l'Histoire Grecque et Ro
maine , à cause du rapport des temps.
L'Histoire de France viendra ensuite
on y pourra rapporter les Histoires Etrangeres
, selon que les affaires de nos voisins
se trouveront mêlées avec les nôtres.
Au choix des Histoires doit succeder
celui des Historiens ; il faut prendre les
meilleurs et s'y arrêter , si on veut aider
la mémoire et former le jugement , suivant
ce conseil de Seneque : Certis ingeniis
immorari et innutriri oportet , si velis
aliquid trabere quod in animo fideliter sedear.
Ep.2. L'Auteur fait ensuite plusieurs
réfléxions sur la maniere dont nous devons
porter notre jugement sur certains
points d'Histoire qu'il est nécessaire de
discuter , et sur les discussions mêmes des
Sçavans. Les bornes d'un Extrait ne nous
permettent pas d'entrer dans ce détail.
Juvenel , 1 vol . 12. de 237 pag. A Paris ,
che Barthelemi Alix , Libraire , ruë saint
Jacques , au Griffon .
Cet Ouvrage contient cinq Parties. La
premiere renferme les Elemens de la
Chronologie. L'Auteur , après avoir parlé
de l'Année solaire des Egyptiens , des
Hebreux et des Romains ; de la Correction
du Calendrier Romain, par Jules-
César , et par Grégoire XIII . de la maniere
de compter les heures , et les jours
des mois, usitée chez les anciens ; de l'Année
lunaire des Grecs et des Juifs ; de la
Période Julienne , et des Années du Mon-
Fiij de,
744 MERCURE DE FRANCE
>
de; parcourt les differentes Eres , suivant
l'ordre des temps. Il s'étend davantage.
sur les Consulats et la puissance Tribunitienne
, à cause de leur importance
poun rapporter la connoissance des Médailles
, et des Inscriptions à celle de
l'Histoire ; il finit par les trois principes
de la Chronologie , et par de courtes
observations sur l'Histoire d'Egypte ,'
et d'Assyrie , et sur la Chronologie Grec
que.
La seconde Partie est une Introduction
à la Géographie , subdivisée en deux
Sections ; dont la premiere est un petit
Traité du Globe terrestre et de la Sphere ,
pour faciliter l'usage des Globes et des
Mappes -Mondes.
La deuxième, presente une Description
Géographique et Historique de l'Empire
Romain , divisé en ses Provinces Proconsulites
, et Proprétoriennes. Cette Des--
cription en forme de Table , pour la
commodité du Lecteur, marque le temps
auquel chaque Province a été unie à l'Empire
, les changemens les plus considérables
, arrivez dans leur Gouvernement, er
leurs Villes Capitales , que
ractérise de plusieurs traits d'Histoire.
La troisième Partie est un abrégé de la
Vie des anciens Historiens , avec un jugement
sur leurs Ouvrages.
l'Auteur ca-
La
AVRIL. 1733. 745
La quatrième contient des Réfléxions
sur l'usage de l'Histoire , et des avis sur
la maniere de l'étudier. Il ne suffit pas ,
nous dit- on icy , de connoître les meil
leurs Historiens et de sçavoir les principes
de la Chronologie et de la Géographie
, si on ne les rapporte à l'étude de
'Histoire, à laquelle elles servent de fondement.
L'Auteur propose ensuite l'usage
des Tables Chronologiques , comme
tres - important à la lecture des Historiens
. En rapportant ce qu'on lit dans
les Tables , les principaux faits , et les actions
les plus éclatantes s'arrangent dans
la mémoire , sans confusion , et sins cmbarras
; et par là les lectures deviennent
plus utiles et même plus agréables.
L'usage des Cartes Géographiques est
aussi absolument necessaire pour l'intelligence
de l'Histoire ; il faut en avoir des
meilleurs Auteurs et des plus détaillées ,
les avoir sans cesse devant les yeux en lisant
, por y chercher les Royaumes, les
Provinces et les Villes , dont les Auteurs
font mention .
pat
Il donne trois moyens d'apprendre la
Géographie par l'Histoire , et l'Histoire
la Géographie et pour éviter la sécheresse
de cette étude , qui cause bientôt
le dégoût, le 1. de lire d'abord un bon
Fiiij abrégé
746 MERCURE DE FRANCE
abrégé , pour avoir une connoissance generale
des differens Païs ; le 2. de remar
quer les faits particuliers qui caractérisent
chaque Ville ; un Siége , une Bataille
, la tenuë d'un Concile , la naissance
d'un Homme Illustre , &c. la 3º . de rapporter
l'ancienne Géographie à la nouvelle
, et la nouvelle à l'ancienne , observant
les divers noms que chaque Ville
a eu sous divers Maîtres.
Mais avant toutes choses il est nécessaire
de connoître les moeurs et les cou
tumes de chaque Nation ; la constitution
de chaque Etat , et la forme du gouvernement
de chaque Peuple.
On ne sçauroit lire utilement l'an
cienne Histoire , si l'on ignore les fonc
tions des Magistrats , et les prérogatives
de leurs Charges ; si l'on ne connoît ni les
Archontes , ni les Ephores , si célebres
dans l'Histoire ancienne : comme dans la
nouvelle celui-là , dit notre Auteur , auroit
un Livre scellé , qui n'ayant aucune
notion du Droit public de l'Empire Germanique
, dont les principales sources
sont la Bulle d'or , les Capitulations Impériales
, la Paix publique et Religieuse,
&c. étudieroit l'Histoire d'Allemagne.
Dans le choix des Histoires , il faut
donner le premier rang à l'Histoire Sainte.
On
AVRIL. 1733. 747
On y apprend la Religion et la Morale
par une méthode abrégée et facile ; on y
peut joindre l'Histoire Grecque et Ro
maine , à cause du rapport des temps.
L'Histoire de France viendra ensuite
on y pourra rapporter les Histoires Etrangeres
, selon que les affaires de nos voisins
se trouveront mêlées avec les nôtres.
Au choix des Histoires doit succeder
celui des Historiens ; il faut prendre les
meilleurs et s'y arrêter , si on veut aider
la mémoire et former le jugement , suivant
ce conseil de Seneque : Certis ingeniis
immorari et innutriri oportet , si velis
aliquid trabere quod in animo fideliter sedear.
Ep.2. L'Auteur fait ensuite plusieurs
réfléxions sur la maniere dont nous devons
porter notre jugement sur certains
points d'Histoire qu'il est nécessaire de
discuter , et sur les discussions mêmes des
Sçavans. Les bornes d'un Extrait ne nous
permettent pas d'entrer dans ce détail.
Fermer
Résumé : Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Principes de l'Histoire' de M. de Juvenel est organisé en cinq parties. La première partie se concentre sur la chronologie, en explorant les systèmes calendaires des Égyptiens, des Hébreux et des Romains, ainsi que les réformes apportées par Jules César et Grégoire XIII. Elle aborde également les différentes ères historiques, les consulats, la puissance tribunitienne et les chronologies de l'Égypte, de l'Assyrie et de la Grèce. La deuxième partie introduit la géographie, divisée en deux sections. La première section traite du globe terrestre et de la sphère, facilitant l'utilisation des globes et des mappemondes. La deuxième section décrit géographiquement et historiquement l'Empire romain, divisé en provinces proconsulaires et proprétoriennes, en détaillant leur intégration à l'Empire, les changements de gouvernement et les villes capitales. La troisième partie présente un abrégé des vies des anciens historiens, accompagné d'une évaluation de leurs œuvres. La quatrième partie propose des réflexions sur l'usage de l'histoire et des conseils pour l'étudier. L'auteur souligne l'importance de connaître les meilleurs historiens et les principes de la chronologie et de la géographie. Il recommande l'utilisation des tables chronologiques et des cartes géographiques pour une meilleure compréhension des faits historiques. Il suggère trois méthodes pour apprendre la géographie par l'histoire et vice versa, en insistant sur la nécessité de connaître les mœurs, les coutumes et les constitutions des nations. L'auteur conseille de commencer l'étude de l'histoire par l'histoire sainte, suivie de l'histoire grecque et romaine, et enfin de l'histoire de France, en intégrant les histoires étrangères en fonction de leurs interactions avec les affaires françaises. Il recommande de choisir les meilleurs historiens pour aider la mémoire et former le jugement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6402
p. 747-749
« DISCOURS sur les differentes figures des Astres, d'où l'on tire des conjectures sur [...] »
Début :
DISCOURS sur les differentes figures des Astres, d'où l'on tire des conjectures sur [...]
Mots clefs :
Astres, Arithmétique, Philippe Auguste, Livre de la Genèse, Livre de Job, Audiences du Parlement, Épouse infortunée, Mainmorte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS sur les differentes figures des Astres, d'où l'on tire des conjectures sur [...] »
DISCOURS sur les differentes figures des
Astres , d'où l'on tire des conjectures sur
Les Etoiles qui paroissent changer de
grandeur , et sur l'Anneau de Saturne ;
avec une exposition abrégée des Systê
mes de M. Descartes , et de M. Newton.
Par M. de Maupertuis , de l'Académic
F v Roya
748 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences , et de la Société
Royale de Londres. 4 Paris , de l'Imprimerie
Royale , 1732. in 8. de 83 pag.
ARITHMETIQUE DE MONTRE'E , par un
Prêtre de l'Oratoire , cy devant Professeur
Royal de Mathématique , dans l’Université
d'Angers. A Rennes , rue du Bec,
chez P. Cabut , 1732. in 12. de 216 pages,
sans la Préface et la Table .
ANECDOTES de la Cour de Philippe Auguste
, 3. vol . in 12. chez fosse , ruë S.Jaques
, et chez la veuve Pissot , Quai de
Comi. Cet Ouvrage qui est actuellement
sous Presse , est de Mlle de Lussan ; elle a
déja donné au public l'Histoire de Madame
de Gondez et les Veillées de Thessalie
, que le public a si- bien reçuës.
EXPLICATION DU LIVRE DE LA Genese,
où selon la Méthode des SS. Peres , l'on
s'attache à découvrir les Mystères de J.C.
et les Regles des Moeurs , renfermées
dans la Lettre même de l'Ecriture . A
Paris , raë S. Jacques , chez Fr. Babuty
6 vol . in 12 .
و
EXPLICATION DU LIVRE DE JOB , où selon
la Methode des SS . Peres , on s'attache
AVRIL. 1733. 749
che à découvrir les Mysteres de J. C. et
les Regles des Maurs , renfermées dans
la Lettre même de l'Ecriture , chez le même
Libraire , 1732.4 vol . in 12 .
JOURNAL des principales Audiences du
Parlement , avec les Arrêts qui y ont été
rendus. Nouvelle Edition , revuë , corrigée
et augmentée de plusieurs Questions
et Reglemens , placez dans l'ordre des
temps . A Paris , par une Compagnie de
Libraires , 1733. 4 vol . in fol.
L'EPOUSE INFORTUNE'E , Histoire Ita
lienne , Galante et Tragique. Par M. D.
P.B. A Paris , chez P. Prault , Quai de
Gévres , 1733. in 12. de 200 pag.
"
TRAITE' de la Main -Morte et des Retraits
, Par M.T.F. Dunod , ancien Avocat
au Parlement et Professeur Royal , en
l'Université de Besançon, A Dijon , chez
du Fay. 1733. in 4.
Astres , d'où l'on tire des conjectures sur
Les Etoiles qui paroissent changer de
grandeur , et sur l'Anneau de Saturne ;
avec une exposition abrégée des Systê
mes de M. Descartes , et de M. Newton.
Par M. de Maupertuis , de l'Académic
F v Roya
748 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences , et de la Société
Royale de Londres. 4 Paris , de l'Imprimerie
Royale , 1732. in 8. de 83 pag.
ARITHMETIQUE DE MONTRE'E , par un
Prêtre de l'Oratoire , cy devant Professeur
Royal de Mathématique , dans l’Université
d'Angers. A Rennes , rue du Bec,
chez P. Cabut , 1732. in 12. de 216 pages,
sans la Préface et la Table .
ANECDOTES de la Cour de Philippe Auguste
, 3. vol . in 12. chez fosse , ruë S.Jaques
, et chez la veuve Pissot , Quai de
Comi. Cet Ouvrage qui est actuellement
sous Presse , est de Mlle de Lussan ; elle a
déja donné au public l'Histoire de Madame
de Gondez et les Veillées de Thessalie
, que le public a si- bien reçuës.
EXPLICATION DU LIVRE DE LA Genese,
où selon la Méthode des SS. Peres , l'on
s'attache à découvrir les Mystères de J.C.
et les Regles des Moeurs , renfermées
dans la Lettre même de l'Ecriture . A
Paris , raë S. Jacques , chez Fr. Babuty
6 vol . in 12 .
و
EXPLICATION DU LIVRE DE JOB , où selon
la Methode des SS . Peres , on s'attache
AVRIL. 1733. 749
che à découvrir les Mysteres de J. C. et
les Regles des Maurs , renfermées dans
la Lettre même de l'Ecriture , chez le même
Libraire , 1732.4 vol . in 12 .
JOURNAL des principales Audiences du
Parlement , avec les Arrêts qui y ont été
rendus. Nouvelle Edition , revuë , corrigée
et augmentée de plusieurs Questions
et Reglemens , placez dans l'ordre des
temps . A Paris , par une Compagnie de
Libraires , 1733. 4 vol . in fol.
L'EPOUSE INFORTUNE'E , Histoire Ita
lienne , Galante et Tragique. Par M. D.
P.B. A Paris , chez P. Prault , Quai de
Gévres , 1733. in 12. de 200 pag.
"
TRAITE' de la Main -Morte et des Retraits
, Par M.T.F. Dunod , ancien Avocat
au Parlement et Professeur Royal , en
l'Université de Besançon, A Dijon , chez
du Fay. 1733. in 4.
Fermer
Résumé : « DISCOURS sur les differentes figures des Astres, d'où l'on tire des conjectures sur [...] »
Le texte énumère des publications et ouvrages parus entre 1732 et 1733. Parmi eux, 'Discours sur les différentes figures des Astres' de Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, membre de l'Académie Royale des Sciences et de la Société Royale de Londres, publié en 1732 à Paris. Cet ouvrage aborde les étoiles changeantes de grandeur, l'anneau de Saturne, et présente les systèmes de René Descartes et d'Isaac Newton. D'autres publications incluent 'Arithmétique de Montre' par un prêtre de l'Oratoire, 'Anecdotes de la Cour de Philippe Auguste' par Mlle de Lussan, et des ouvrages religieux comme 'Explication du Livre de la Genèse' et 'Explication du Livre de Job', suivant la méthode des Saints Pères. Le texte mentionne aussi des publications juridiques telles que le 'Journal des principales Audiences du Parlement' et des œuvres littéraires comme 'L'Épouse Infortunée', une histoire italienne galante et tragique. Enfin, un traité juridique intitulé 'Traité de la Main-Morte et des Retraits' par M. T. F. Dunod est également cité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6403
p. 749-750
Histoire Universelle, Sacrée, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE UNIVERSELLE, Sacrée et Prophane, depuis le commencement du monde [...]
Mots clefs :
Histoire universelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire Universelle, Sacrée, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE UNIVERSELLE , Sacrée et Pro
phane, depuis le commencement du mon
de jusqu'à nos jours . Par le R. P. Dom
Augustin Calme , Abbé de Senones.
CetOuvrage vas'imprimer à Strasbourg,
par Souscription , en 6 vol.in 4. chezJ. R.
F vj Doul750
MERCURE DE FRANCE
Doulseker , le pere ; on compte qu'il sera
achevé dans trois ans . On sçait l'empressement
du Public et le cas qu'il fait de
tout ce qui sort de la plume de cet excellent
Auteur. Le prix de la Souscription
entiere est de so . livres , dont on
payera 10. livres seulement en souscrivant
, et 8. livres en recevant successivement
l'Exemplaire de chaque volume.
phane, depuis le commencement du mon
de jusqu'à nos jours . Par le R. P. Dom
Augustin Calme , Abbé de Senones.
CetOuvrage vas'imprimer à Strasbourg,
par Souscription , en 6 vol.in 4. chezJ. R.
F vj Doul750
MERCURE DE FRANCE
Doulseker , le pere ; on compte qu'il sera
achevé dans trois ans . On sçait l'empressement
du Public et le cas qu'il fait de
tout ce qui sort de la plume de cet excellent
Auteur. Le prix de la Souscription
entiere est de so . livres , dont on
payera 10. livres seulement en souscrivant
, et 8. livres en recevant successivement
l'Exemplaire de chaque volume.
Fermer
Résumé : Histoire Universelle, Sacrée, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire Universelle, Sacrée et Profane' est rédigé par le R. P. Dom Augustin Calmet. Il sera imprimé à Strasbourg en six volumes à partir de 1750 chez J. R. Foulon. La publication se fera par souscription, avec un prix total de 50 livres. Les souscripteurs paieront 10 livres à la souscription et 8 livres par volume. La parution complète est prévue sur trois ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6404
p. 750-755
Description, &c. de l'Empire de la Chine, [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION Géographique, Historique, Chronologique, Politique et [...]
Mots clefs :
Cartes, Chine, Tartarie, Missionnaires, Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description, &c. de l'Empire de la Chine, [titre d'après la table]
DESCRIPTION Géographique , Historique
, Chronologique , Politique et
Physique de l'Empire de la Chine et de
la Tartarie Chinoise , enrichie des Cartes
generales et particulieres de ces Païs , de
la Carte generale et des Cartes particulieres
du Thibet et de la Corée ; et or-
'née d'un grand nombre de Figures et
de Vignettes , gravées en Taille douce.
En trois ou quatre volumes in folio . Par
le P. J. B. du Halde , de la Compagnie
de Jesus.
Des motifs qui ne sçauroient trop être
loüez , ont déterminé le R. P. du Halde
à travailler sans relâche depuis plusieurs
années à une Description complette du
grand Empire de la Chine et de la Tartarie
qui lui est présentement soumise.
Les Recherches qu'il a faites avec discernement
dans des Memoires imprimez.
04
AVRIL: 1733. 750
ou manuscrits d'Auteurs qui ont demeuré
à la Chine ; et sur tout le commerce
assidu qu'il a depuis 22. ans avec les Missionnaires
répandus dans toutes ses Provinces
, l'ont mis en état de remplir fi
delement un si vaste dessein .
De plus , un ancien Missionnaire Jé
suite ( le Pere Conțancin ) qui a passé plus
de trente ans à la Chine , partie dans
la Capitale, partie dans les differentes parties
de l'Empire , ayant été député l'année
derniere en France pour des affaires
particulieres de sa Mission , a eu tout le
loisir pendant le séjour d'un an qu'il a
fait à Paris , de lire plus d'une fois et
d'examiner çet Ouvrage avec la plus sérieuse
attention et avec la plus sévere critique.
C'est un avantage considerable auquel
l'Auteur ne devoit pas s'attendre.
En profitant des lumieres de ce Missionnaire
, ou pour discuter certains faits
douteux , ou pour y ajoûter des particularitez
interessantes , le P. du Halde
s'est assuré de l'entiere exactitude de
tout ce qu'il avance.
2
Les Cartes toutes nouvelles , au nombre
de 41. qui font partie de l'Ouvrage
seroient capables elles seules d'enrichir
la République des Lettres . On sçait que
nos plus habiles Géographes n'ont connu
que
752 MERCURE DE FRANCE
que
très-confusément tous ces vastes Pays
renferme la Chine , la- Tartarie Chinoise,
la Corée et le Royaume de Thibet.
que
Les Missionnaires qui ont été employez
par les ordres et aux frais de l'Empereur
Cang- hi , à en dresser les Cartes , ont parcouru
, la mesure actuelle à la main , ces
Pays immenses de la Chine et de la Tartarie
, et n'ont épargné ni soins ni fatigues
pour nous les donner comme ils
sont , avec une exactitude et une précision
qu'on ne trouve gueres dans les Cartes
que nous avons depuis long- temps
des Pays les plus connus.
"
Mais pour mieux donner le Plan d'un
Ouvrage qui est en état de paroître et
qui ne peut être retardé que par la gravûre
des Cartes et d'un grand nombre
de figures dont il sera orné , le R. P. du
Halde a crû devoir defferer au sentiment
de personnes d'un grand mérite , qui lui
ont conseillé , 1 ° . D'instruire le Public
en détail de toutes les matieres qu'il renferme.
2. D'expliquer la Méthode que
les Missionnaires Mathématiciens ont ob
servée en dressant les Cartes .
Ce détail est fort long et fait en deux
Chapitres la matiere d'un Prospectus de
8. pages infolio , qui vient de paroître et
dont nous venons de donner le titre avec
un
AVRIL. 1733: 753
un Extrait du Préliminaire , bien fichez
d'être assujettis à des bornes qui ne nous
en permettent pas davantage Cette annonce
, ainsi détaillée , interessera sans doute
la République des Lettres . L'Ouvrage est
digne de ses empressemens. Il contiendra
même plus que l'Auteur ne promet en
general à l'égard de la Géographie ; on
voit en effet à la fin du Prospectus que
dans la Carte qui doit être à la tête de
l'Ouvrage et qui comprendra toutes les
autres en general , outre la vaste étenduë
de tous les Pays dont on a parlé ,
on se portera jusques sur la Mer Caspienne.
Car les R. P. Jesuites, en ont eû
quelques connoissances , et ils ont souhaité
qu'on en fit usage , après les avoir
comparées et jointes aux connoissances
qu'on peut rassembler d'ailleurs , ce que
M. d'Anville , dont la capacité est connuë
, s'est engagé de faire.
Outre les Cartes , les Planches et les
Plans de Villes , qui seront en grand
nombre , les Cartouches et les Vignettes
seront ornées de Figures , de Symboles ,
d'Animaux et des Plantes les plus singulieres
de la Chine.
On avertit enfin que comme la quantité
de Cartes et de Planches , que contient
ce grand Ouvrage , obligera à n'en
tirer
754 MERCURE DE FRANCE
tirer qu'un certain nombre d'Exemplai
res ; ceux qui en voudront avoir doivent
les retenir de bonne heure , en s'adres
sant ou au P. du Halde , à la Maison Professe
, rue S. Antoine , ou à P. G. le Mercier,
fils , Imprimeur- Libraire , rue Saint
Jacques , au Livre d'Or à Paris . On aura
soin d'informer ceux qui auront retenu
des Exemplaires , du temps auquel on
commencera l'impression de l'Ouvrage, et
du prix auquel il leur sera livré . Ce sera
au plus tard dans 4. ou´5 . mois.
Ce Prospectus , qui peut passer seul pour
un bon et curieux Ouvrage , est.orné à
la tête d'une très - belle Vignette , dans
laquelle est représenté en Buste dans un
Cartouche l'Empereur de la Chine Canghi
, mort en 1722. peint à l'âge de 32 .
ans. Le Cartouche est accompagné de divers
Symboles des Arts Liberaux , de la
Guerre , & c.
Nous osons hazarder ici par occasion ,une
priere à qui elle appartient,au nom de tout
le Public éclairé , qui attend avec empressement
la publication du grand Ouvrage
du feu P. Sicard , sur l'Egypte , dont nous
avons donné le Plan dans l'un de nos Journaux
; Ouvrage dont plusieurs personnes
nous demandent souvent des nou
velles , et qui doit être utile à tout le
Monde Litteraire,
AVRIL. 1733. 755
L'ASTRE'E DE M. D'URF ' , Pastorale
Allégorique , avec la Clé . Nouvelle
Edition , où sans toucher ni au fonds
ni aux Episodes , on s'est contenté de
corriger le langage et d'abreger les conversations.
Chez Pierre Vitte , ruë S. Jacques,
et Didot , Quay des Augustins , 1733 .
in 12. 10. volumes , avec 60. figures en
Tailles-douces.
, Chronologique , Politique et
Physique de l'Empire de la Chine et de
la Tartarie Chinoise , enrichie des Cartes
generales et particulieres de ces Païs , de
la Carte generale et des Cartes particulieres
du Thibet et de la Corée ; et or-
'née d'un grand nombre de Figures et
de Vignettes , gravées en Taille douce.
En trois ou quatre volumes in folio . Par
le P. J. B. du Halde , de la Compagnie
de Jesus.
Des motifs qui ne sçauroient trop être
loüez , ont déterminé le R. P. du Halde
à travailler sans relâche depuis plusieurs
années à une Description complette du
grand Empire de la Chine et de la Tartarie
qui lui est présentement soumise.
Les Recherches qu'il a faites avec discernement
dans des Memoires imprimez.
04
AVRIL: 1733. 750
ou manuscrits d'Auteurs qui ont demeuré
à la Chine ; et sur tout le commerce
assidu qu'il a depuis 22. ans avec les Missionnaires
répandus dans toutes ses Provinces
, l'ont mis en état de remplir fi
delement un si vaste dessein .
De plus , un ancien Missionnaire Jé
suite ( le Pere Conțancin ) qui a passé plus
de trente ans à la Chine , partie dans
la Capitale, partie dans les differentes parties
de l'Empire , ayant été député l'année
derniere en France pour des affaires
particulieres de sa Mission , a eu tout le
loisir pendant le séjour d'un an qu'il a
fait à Paris , de lire plus d'une fois et
d'examiner çet Ouvrage avec la plus sérieuse
attention et avec la plus sévere critique.
C'est un avantage considerable auquel
l'Auteur ne devoit pas s'attendre.
En profitant des lumieres de ce Missionnaire
, ou pour discuter certains faits
douteux , ou pour y ajoûter des particularitez
interessantes , le P. du Halde
s'est assuré de l'entiere exactitude de
tout ce qu'il avance.
2
Les Cartes toutes nouvelles , au nombre
de 41. qui font partie de l'Ouvrage
seroient capables elles seules d'enrichir
la République des Lettres . On sçait que
nos plus habiles Géographes n'ont connu
que
752 MERCURE DE FRANCE
que
très-confusément tous ces vastes Pays
renferme la Chine , la- Tartarie Chinoise,
la Corée et le Royaume de Thibet.
que
Les Missionnaires qui ont été employez
par les ordres et aux frais de l'Empereur
Cang- hi , à en dresser les Cartes , ont parcouru
, la mesure actuelle à la main , ces
Pays immenses de la Chine et de la Tartarie
, et n'ont épargné ni soins ni fatigues
pour nous les donner comme ils
sont , avec une exactitude et une précision
qu'on ne trouve gueres dans les Cartes
que nous avons depuis long- temps
des Pays les plus connus.
"
Mais pour mieux donner le Plan d'un
Ouvrage qui est en état de paroître et
qui ne peut être retardé que par la gravûre
des Cartes et d'un grand nombre
de figures dont il sera orné , le R. P. du
Halde a crû devoir defferer au sentiment
de personnes d'un grand mérite , qui lui
ont conseillé , 1 ° . D'instruire le Public
en détail de toutes les matieres qu'il renferme.
2. D'expliquer la Méthode que
les Missionnaires Mathématiciens ont ob
servée en dressant les Cartes .
Ce détail est fort long et fait en deux
Chapitres la matiere d'un Prospectus de
8. pages infolio , qui vient de paroître et
dont nous venons de donner le titre avec
un
AVRIL. 1733: 753
un Extrait du Préliminaire , bien fichez
d'être assujettis à des bornes qui ne nous
en permettent pas davantage Cette annonce
, ainsi détaillée , interessera sans doute
la République des Lettres . L'Ouvrage est
digne de ses empressemens. Il contiendra
même plus que l'Auteur ne promet en
general à l'égard de la Géographie ; on
voit en effet à la fin du Prospectus que
dans la Carte qui doit être à la tête de
l'Ouvrage et qui comprendra toutes les
autres en general , outre la vaste étenduë
de tous les Pays dont on a parlé ,
on se portera jusques sur la Mer Caspienne.
Car les R. P. Jesuites, en ont eû
quelques connoissances , et ils ont souhaité
qu'on en fit usage , après les avoir
comparées et jointes aux connoissances
qu'on peut rassembler d'ailleurs , ce que
M. d'Anville , dont la capacité est connuë
, s'est engagé de faire.
Outre les Cartes , les Planches et les
Plans de Villes , qui seront en grand
nombre , les Cartouches et les Vignettes
seront ornées de Figures , de Symboles ,
d'Animaux et des Plantes les plus singulieres
de la Chine.
On avertit enfin que comme la quantité
de Cartes et de Planches , que contient
ce grand Ouvrage , obligera à n'en
tirer
754 MERCURE DE FRANCE
tirer qu'un certain nombre d'Exemplai
res ; ceux qui en voudront avoir doivent
les retenir de bonne heure , en s'adres
sant ou au P. du Halde , à la Maison Professe
, rue S. Antoine , ou à P. G. le Mercier,
fils , Imprimeur- Libraire , rue Saint
Jacques , au Livre d'Or à Paris . On aura
soin d'informer ceux qui auront retenu
des Exemplaires , du temps auquel on
commencera l'impression de l'Ouvrage, et
du prix auquel il leur sera livré . Ce sera
au plus tard dans 4. ou´5 . mois.
Ce Prospectus , qui peut passer seul pour
un bon et curieux Ouvrage , est.orné à
la tête d'une très - belle Vignette , dans
laquelle est représenté en Buste dans un
Cartouche l'Empereur de la Chine Canghi
, mort en 1722. peint à l'âge de 32 .
ans. Le Cartouche est accompagné de divers
Symboles des Arts Liberaux , de la
Guerre , & c.
Nous osons hazarder ici par occasion ,une
priere à qui elle appartient,au nom de tout
le Public éclairé , qui attend avec empressement
la publication du grand Ouvrage
du feu P. Sicard , sur l'Egypte , dont nous
avons donné le Plan dans l'un de nos Journaux
; Ouvrage dont plusieurs personnes
nous demandent souvent des nou
velles , et qui doit être utile à tout le
Monde Litteraire,
AVRIL. 1733. 755
L'ASTRE'E DE M. D'URF ' , Pastorale
Allégorique , avec la Clé . Nouvelle
Edition , où sans toucher ni au fonds
ni aux Episodes , on s'est contenté de
corriger le langage et d'abreger les conversations.
Chez Pierre Vitte , ruë S. Jacques,
et Didot , Quay des Augustins , 1733 .
in 12. 10. volumes , avec 60. figures en
Tailles-douces.
Fermer
Résumé : Description, &c. de l'Empire de la Chine, [titre d'après la table]
Le texte présente une description détaillée de l'Empire de la Chine et de la Tartarie Chinoise, rédigée par le Père Jean-Baptiste du Halde, membre de la Compagnie de Jésus. Cet ouvrage, prévu en trois ou quatre volumes in-folio, est enrichi de cartes générales et particulières de ces pays, ainsi que du Thibet et de la Corée. Il comprend également de nombreuses figures et vignettes gravées. Du Halde a consacré plusieurs années à la rédaction de cette description complète, en s'appuyant sur des mémoires imprimés ou manuscrits d'auteurs ayant séjourné en Chine, ainsi que sur des échanges avec des missionnaires répartis dans toutes les provinces de l'Empire. Le Père Conzancin, un ancien missionnaire jésuite, a examiné l'ouvrage avec attention et a contribué à en garantir l'exactitude. L'ouvrage inclut 41 cartes nouvelles, dressées par des missionnaires à la demande de l'empereur Kangxi, qui ont mesuré avec précision ces vastes territoires. Du Halde a également consulté des personnes de mérite pour structurer l'ouvrage et expliquer la méthode utilisée par les missionnaires pour dresser les cartes. L'ouvrage contiendra des cartes, des planches, des plans de villes, et des illustrations de symboles, animaux et plantes singuliers de la Chine. En raison du grand nombre de cartes et de planches, seul un certain nombre d'exemplaires sera tiré. Les intéressés sont invités à les réserver auprès du Père du Halde ou de l'imprimeur-libraire Pierre G. le Mercier. La publication est prévue dans les quatre à cinq mois suivants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6405
p. 755-757
Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît un Livre nouveau intitulé, Traité de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire [...]
Mots clefs :
Opinion, Esprit humain, Pyrrhonisme, Histoire, Astronomie, Physique, Descartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Il paroît un Livre nouveau intitulé , Traité
de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire
de l'Esprit humain . Le point de vûë de cet
Ouvrage est la Science de douter à propos , et
une sage défiance également éloignée de la crédulité
et du Pyrrhonisme. L'Auteur qui ne s'est
point nommé , execute ce Projet , en suivant les
Sciences prophanes , et en faisant voir par les
sentimens des Anciens et des Modernes , à quel
point l'opinion regne dans ces Sciences. Le premier
Livre roule sur les Belles - Lettres , les differens
Jugemens des Critiques , le Pyrrhonisme de
l'Histoire , les difficultez les plus celebres de la
Chronologie. Le second Livre est une Histoire
de toutes les Sectes Philosophiques ; Histoire , qui
selon l'Auteur , est proprement celle de l'opinion.
Le troisiéme renferme les questions les plus
importantes de la Métaphisique , les égaremens
de l'Idolâtrie , les prétendus Miracles du Paganisme
, les contradictions des Philosophes sur les
ames , sur les bêtes ; les divinations fondées sur
le commerce des Esprits par la Magie , la cabale,
les augures , présages , songes et autres moyens ,
dont on a souvent abusé pour séduire les esprits
faibles
56 MERCURE DE FRANCE
foibles Le quatriéme Livre traite de la Physique,
de l'Astronomie , de la Medecine , de la Chimie,
de l'Astronomie Judiciaire , et autres divinations
prétendues naturelles , les Fables débitées par les
Naturalistes y servent d'exemples de la licence
des Auteurs. Une contradiction du Systême de
Descartes est relevée dans le Chapitre de la Physique
, où l'on trouve en même-temps une réforme
de ce Systême , qui en y rétablissant l'uniformité
conserve tout ce que l'idée des Tourbillons
de Descartes a de brillant et de magnifique.
Le cinquiéme Livie contient deux . Chapitres ,
P'un sur les diferentes especes de Gouvernemens ,
Pantre sur les maximes politiques. La veritable
constitution du Gouvernement de France y est
expliquée , avec des Dissertations importantes
sur les Parlemens et Etats Generaux . Le sixiéme
Livre est un précis des pensées les plus remarqua
bles des Anciens sur la Morale. Les diferentes
Loix et Coûtumes des Peuples y sont exposées.
Tout l'Ouvrage est rempli d'une parfaite connoissance
de l'Antiquité et d'une profonde érudition
; le style en est clair et poli ; tant de sujets
si diversifiez contiennent des recherches immenses
en tous genres , chaque Science y est
traitée suivant son caractere particulier , et il en
résulte un assemblage d'excellens Mémoires pour
servir à l'Hist. de l'Esprit humain , qui peut égale
ment y reconnoître ses erreurs et y considerer les
monumens de ses Travaux les plus illustres.
Ce Livre est en six volumes in 12, dont
le dernier renferme quatre Tables très- amples ,
la premiere , des Chapitres ; la seconde, des noms
propres ; la troisiéme , des Mutieres , et la quatrieme
, des Aureurs citez . Le Prix est de 15. liv.
relié et de 12 liv.12. sols broché. Il se vend
chez
AVRIL. 1733.. 757
chez Guillaume de Bure , le pere , sur le Quay
des Augustins , à l'Image Saint Claude ; chez
Charles Osmons , ruë S. Jacques , à l'Olivier , et
chez Grégoire- Antoine du Puis , au Palais, à l'Enseigne
du S. Esprit.
Nous donnerons un Extrait plus étendu de cet
Ouvrage , que nous n'avons encore fait que parcourir.
de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire
de l'Esprit humain . Le point de vûë de cet
Ouvrage est la Science de douter à propos , et
une sage défiance également éloignée de la crédulité
et du Pyrrhonisme. L'Auteur qui ne s'est
point nommé , execute ce Projet , en suivant les
Sciences prophanes , et en faisant voir par les
sentimens des Anciens et des Modernes , à quel
point l'opinion regne dans ces Sciences. Le premier
Livre roule sur les Belles - Lettres , les differens
Jugemens des Critiques , le Pyrrhonisme de
l'Histoire , les difficultez les plus celebres de la
Chronologie. Le second Livre est une Histoire
de toutes les Sectes Philosophiques ; Histoire , qui
selon l'Auteur , est proprement celle de l'opinion.
Le troisiéme renferme les questions les plus
importantes de la Métaphisique , les égaremens
de l'Idolâtrie , les prétendus Miracles du Paganisme
, les contradictions des Philosophes sur les
ames , sur les bêtes ; les divinations fondées sur
le commerce des Esprits par la Magie , la cabale,
les augures , présages , songes et autres moyens ,
dont on a souvent abusé pour séduire les esprits
faibles
56 MERCURE DE FRANCE
foibles Le quatriéme Livre traite de la Physique,
de l'Astronomie , de la Medecine , de la Chimie,
de l'Astronomie Judiciaire , et autres divinations
prétendues naturelles , les Fables débitées par les
Naturalistes y servent d'exemples de la licence
des Auteurs. Une contradiction du Systême de
Descartes est relevée dans le Chapitre de la Physique
, où l'on trouve en même-temps une réforme
de ce Systême , qui en y rétablissant l'uniformité
conserve tout ce que l'idée des Tourbillons
de Descartes a de brillant et de magnifique.
Le cinquiéme Livie contient deux . Chapitres ,
P'un sur les diferentes especes de Gouvernemens ,
Pantre sur les maximes politiques. La veritable
constitution du Gouvernement de France y est
expliquée , avec des Dissertations importantes
sur les Parlemens et Etats Generaux . Le sixiéme
Livre est un précis des pensées les plus remarqua
bles des Anciens sur la Morale. Les diferentes
Loix et Coûtumes des Peuples y sont exposées.
Tout l'Ouvrage est rempli d'une parfaite connoissance
de l'Antiquité et d'une profonde érudition
; le style en est clair et poli ; tant de sujets
si diversifiez contiennent des recherches immenses
en tous genres , chaque Science y est
traitée suivant son caractere particulier , et il en
résulte un assemblage d'excellens Mémoires pour
servir à l'Hist. de l'Esprit humain , qui peut égale
ment y reconnoître ses erreurs et y considerer les
monumens de ses Travaux les plus illustres.
Ce Livre est en six volumes in 12, dont
le dernier renferme quatre Tables très- amples ,
la premiere , des Chapitres ; la seconde, des noms
propres ; la troisiéme , des Mutieres , et la quatrieme
, des Aureurs citez . Le Prix est de 15. liv.
relié et de 12 liv.12. sols broché. Il se vend
chez
AVRIL. 1733.. 757
chez Guillaume de Bure , le pere , sur le Quay
des Augustins , à l'Image Saint Claude ; chez
Charles Osmons , ruë S. Jacques , à l'Olivier , et
chez Grégoire- Antoine du Puis , au Palais, à l'Enseigne
du S. Esprit.
Nous donnerons un Extrait plus étendu de cet
Ouvrage , que nous n'avons encore fait que parcourir.
Fermer
Résumé : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Traité de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire de l'Esprit humain', écrit par un auteur anonyme. Cet ouvrage explore la science du doute raisonnable, évitant à la fois la crédulité et le pyrrhonisme. Structuré en six livres, il aborde divers sujets. Le premier livre traite des Belles-Lettres, des jugements critiques, du pyrrhonisme de l'histoire et des difficultés chronologiques. Le second livre examine les sectes philosophiques comme l'histoire de l'opinion. Le troisième livre couvre des questions métaphysiques, l'idolâtrie, les miracles païens, et les contradictions philosophiques sur les âmes et les bêtes, ainsi que les divinations par la magie et la cabale. Le quatrième livre critique la physique, l'astronomie, la médecine, la chimie et les divinations naturelles, notamment le système de Descartes. Le cinquième livre discute des formes de gouvernement et des maximes politiques, expliquant la constitution du gouvernement français et les Parlements. Le sixième livre présente un précis des pensées morales des Anciens et expose les lois et coutumes des peuples. L'ouvrage est caractérisé par une profonde érudition et un style clair, offrant une vaste connaissance de l'antiquité et des recherches approfondies dans divers domaines. Il est disponible en six volumes in-12, avec des tables des chapitres, des noms propres, des matières et des auteurs cités, au prix de 15 livres relié et 12 livres 12 sols broché. Il est en vente chez Guillaume de Bure, Charles Osmons et Grégoire-Antoine du Puis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6406
p. 757
« La cinquiéme Suite des Cent Nouvelles Nouvelles, de Made de Gomez, paroît chez la veuve [...] »
Début :
La cinquiéme Suite des Cent Nouvelles Nouvelles, de Made de Gomez, paroît chez la veuve [...]
Mots clefs :
Nouvelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La cinquiéme Suite des Cent Nouvelles Nouvelles, de Made de Gomez, paroît chez la veuve [...] »
La cinquiéme Suite des Cent Nouvelles Neuvelles
, de Made de Gomez , paroît chez la veuve
Guillaume , et se fait lire agréablement , ainsi
que les précedentes . On donnera la sixième Partie
le mois prochain.
, de Made de Gomez , paroît chez la veuve
Guillaume , et se fait lire agréablement , ainsi
que les précedentes . On donnera la sixième Partie
le mois prochain.
Fermer
6407
p. 757-758
Traité general des Horloges, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les freres Guerin, Libraires à Paris, impriment actuellement un Traité general des Horloges, [...]
Mots clefs :
Horloges, Horlogerie, Temps, Pendules
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité general des Horloges, &c. [titre d'après la table]
Les freres Guerin , Libraires à Paris , impriment
actuellement un Traitégeneral des Horloges,
par le P Dom Noël Alexandre , Benedictin ; en
un volume in 8. avec près de 30. Planches en
Taille-douce .
L'Auteur a traité dans cet Ouvrage de toutes
les especes de Machines dont on s'est servi dans
tous les temps pour mesurer les differentes parties
du jour et de la nuit , et pour les indiquer.
Il s'étend suffisamment sur les Cadrans Solaires
, sur les Clepsidres , les Horloges de gros et
moyen volume , sur les Pendules et les Montres
de poche. L'Histoire de l'Horlogerie y est exac
tement rapportée , et à la fin de l'Ouvrage on
trouvera une Bibliographie de l'Horlogerie , ou
tous les Auteurs qui ont traité de ces matieres ,
soit par des Traitez particuliers , soit par occasion
, y sont rapportez fidelement , avec une idée
de leurs Ouvrages et des Observations.
L'Auteur a lui - même travaillé depuis longtemps
à faire des Pendules dont quelques- unes
ont été présentées en leur temps à l'Académie
Royale
758 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences , et ont été trouvées trèsingénieuses.
Les Figures de cet Ouvrage ont été
dessinées avec attention et gravées avec propreté;
nous en parlerons plus en détail lorsqu'il sera
mis au jour.
actuellement un Traitégeneral des Horloges,
par le P Dom Noël Alexandre , Benedictin ; en
un volume in 8. avec près de 30. Planches en
Taille-douce .
L'Auteur a traité dans cet Ouvrage de toutes
les especes de Machines dont on s'est servi dans
tous les temps pour mesurer les differentes parties
du jour et de la nuit , et pour les indiquer.
Il s'étend suffisamment sur les Cadrans Solaires
, sur les Clepsidres , les Horloges de gros et
moyen volume , sur les Pendules et les Montres
de poche. L'Histoire de l'Horlogerie y est exac
tement rapportée , et à la fin de l'Ouvrage on
trouvera une Bibliographie de l'Horlogerie , ou
tous les Auteurs qui ont traité de ces matieres ,
soit par des Traitez particuliers , soit par occasion
, y sont rapportez fidelement , avec une idée
de leurs Ouvrages et des Observations.
L'Auteur a lui - même travaillé depuis longtemps
à faire des Pendules dont quelques- unes
ont été présentées en leur temps à l'Académie
Royale
758 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences , et ont été trouvées trèsingénieuses.
Les Figures de cet Ouvrage ont été
dessinées avec attention et gravées avec propreté;
nous en parlerons plus en détail lorsqu'il sera
mis au jour.
Fermer
Résumé : Traité general des Horloges, &c. [titre d'après la table]
Le Père Dom Noël Alexandre, bénédictin, publie un 'Traité général des Horloges' imprimé par les frères Guerin à Paris. Cet ouvrage in-octavo comprend près de 30 planches gravées et traite des diverses machines de mesure du temps, telles que les cadrans solaires, les clepsydres, les horloges, les pendules et les montres de poche. L'auteur y relate l'histoire de l'horlogerie et inclut une bibliographie des auteurs ayant écrit sur ces sujets, avec des descriptions de leurs œuvres et des observations. Le Père Dom Noël Alexandre est également reconnu pour ses créations de pendules, certaines ayant été présentées à l'Académie Royale des Sciences et jugées très ingénieuses. Les illustrations de l'ouvrage sont soigneusement dessinées et gravées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6408
p. 758
« ORDONNANCE DE LOUIS XV. Roy de France et de Navarre, pour fixer la Jurisprudence [...] »
Début :
ORDONNANCE DE LOUIS XV. Roy de France et de Navarre, pour fixer la Jurisprudence [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ORDONNANCE DE LOUIS XV. Roy de France et de Navarre, pour fixer la Jurisprudence [...] »
ORDONNANCE DE LOUIS XV. Roy
de France et de Navarre , pour fixer la Jurispru
dence sur la nature , la forme , les charges et les
conditions des Donations ; donnée à Versailles
au mois de Février 173 1. avec des Observations
autorisées par les Ordonnances , le Droit Romain
et les Arrêts des Parlemens. Par Me Jean-
Baptiste Surgolle , Avocar au Parlement de Toulouse.
Premiere Partie , Questions remarquables
sur la matiere des Donations , avec plusieurs Arrêts
du Parlement deToulouse, pour servir de Supplément
aux Observations sur l'Ordonnance du
mois de Février 1731. par le même. Deuxième
et troisiéme Partie , in folio. A Toulouse , chez
Jean-François Forest , rue de la Porterie , à la
Couronne d'or.
de France et de Navarre , pour fixer la Jurispru
dence sur la nature , la forme , les charges et les
conditions des Donations ; donnée à Versailles
au mois de Février 173 1. avec des Observations
autorisées par les Ordonnances , le Droit Romain
et les Arrêts des Parlemens. Par Me Jean-
Baptiste Surgolle , Avocar au Parlement de Toulouse.
Premiere Partie , Questions remarquables
sur la matiere des Donations , avec plusieurs Arrêts
du Parlement deToulouse, pour servir de Supplément
aux Observations sur l'Ordonnance du
mois de Février 1731. par le même. Deuxième
et troisiéme Partie , in folio. A Toulouse , chez
Jean-François Forest , rue de la Porterie , à la
Couronne d'or.
Fermer
Résumé : « ORDONNANCE DE LOUIS XV. Roy de France et de Navarre, pour fixer la Jurisprudence [...] »
L'ordonnance de Louis XV de février 1731 régule les donations en France. Elle précise leur nature, forme, charges et conditions, appuyée par des observations légales. L'ouvrage, rédigé par Me Jean-Baptiste Surgolle, avocat à Toulouse, comprend trois parties et est imprimé à Toulouse chez Jean-François Forest.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6409
p. 758-759
Bibliotheque des Théatres, &c. [titre d'après la table]
Début :
La Bibliotheque des Théatres, qui paroît depuis peu, est un Livre qui nous manquoit ; ces [...]
Mots clefs :
Tragédie, Théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque des Théatres, &c. [titre d'après la table]
La Bibliotheque des Théatres , qui paroît depuis
peu , est un Livre qui nous manquoit ; ces
sortes d'Ouvrages se perfectionnent de plus en
plus avec le temps ; voici une Observation qui
nous a été communiquée et qui pourra trouver
place dans une seconde Edition . Articles de Caton
, d'Artaxerce et du Parvenu. M. Deschamps
n'a point fait la Comédie du Parvenu , qui fut
jouée sur le Théatre Italien au mois de Février
1721. on la lui avoit déja attribuée dans l'Almanach
du Parnasse , où il négligea de faire recti .
fier cet Article.
La Tragédie d'Artaxerce fut lue à l'Assemblée
des
AVRIL. 1733. 759
des Comédiens François , au mois d'Octobre
1720. et reçûe avec applaudissement pour être
jouée au mois de Novembre 1721. mais apparemment
l'Auteur a cu des raisons particulieres
pour ne la pas donner , car elle n'a jamais été représentée.
On pourroit ajoûter à l'Article de Caton que
cette Tragédie , qui parut sur le Théatre François
en 1715. a été traduite en Vers Anglois par
M. Ozell , représentée à Londres , et que dès
1716. il y en avoit plusieurs Editions.
On peut aussi y ajoûter la Tragédie de Judith,
de l'Abbé Poncy de Neuville ; elle fut représentée
plusieurs fois à S. Cyr en 1726. Cette Piece
n'est point imprimée,
peu , est un Livre qui nous manquoit ; ces
sortes d'Ouvrages se perfectionnent de plus en
plus avec le temps ; voici une Observation qui
nous a été communiquée et qui pourra trouver
place dans une seconde Edition . Articles de Caton
, d'Artaxerce et du Parvenu. M. Deschamps
n'a point fait la Comédie du Parvenu , qui fut
jouée sur le Théatre Italien au mois de Février
1721. on la lui avoit déja attribuée dans l'Almanach
du Parnasse , où il négligea de faire recti .
fier cet Article.
La Tragédie d'Artaxerce fut lue à l'Assemblée
des
AVRIL. 1733. 759
des Comédiens François , au mois d'Octobre
1720. et reçûe avec applaudissement pour être
jouée au mois de Novembre 1721. mais apparemment
l'Auteur a cu des raisons particulieres
pour ne la pas donner , car elle n'a jamais été représentée.
On pourroit ajoûter à l'Article de Caton que
cette Tragédie , qui parut sur le Théatre François
en 1715. a été traduite en Vers Anglois par
M. Ozell , représentée à Londres , et que dès
1716. il y en avoit plusieurs Editions.
On peut aussi y ajoûter la Tragédie de Judith,
de l'Abbé Poncy de Neuville ; elle fut représentée
plusieurs fois à S. Cyr en 1726. Cette Piece
n'est point imprimée,
Fermer
Résumé : Bibliotheque des Théatres, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente la 'Bibliotheque des Théatres', une publication récente en constante amélioration. Il mentionne des observations pour une seconde édition concernant les articles sur Caton, Artaxerce et le Parvenu. M. Deschamps n'est pas l'auteur de la comédie 'Le Parvenu', jouée au Théâtre Italien en février 1721, contrairement à ce que l'Almanach du Parnasse a affirmé. La tragédie 'Artaxerce' a été lue à l'Assemblée des Comédiens Français en octobre 1720 et approuvée pour une représentation en novembre 1721, mais elle n'a jamais été jouée. L'article sur Caton pourrait indiquer que la tragédie, représentée en 1715, a été traduite en anglais par M. Ozell et jouée à Londres dès 1716. De plus, la tragédie 'Judith' de l'Abbé Poncy de Neuville a été représentée plusieurs fois à Saint-Cyr en 1726, mais n'est pas imprimée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6410
p. 759
« Troisiéme Feüille de la Carte Topographique des Environs de Paris, de M. l'Abbé Delagrive, [...] »
Début :
Troisiéme Feüille de la Carte Topographique des Environs de Paris, de M. l'Abbé Delagrive, [...]
Mots clefs :
Environs de Paris, Delagrive, Carte topographique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Troisiéme Feüille de la Carte Topographique des Environs de Paris, de M. l'Abbé Delagrive, [...] »
Troisiéme Feüille de la Carte Topographique
des Environs de Paris , de M. l'Abbé Delagrive ,
laquelle comprend le Parc et la Varenne S.Maur,
la Plaine de Creteil jusqu'à la Ville- neuve saint
George, le Château de Gros- Bois et ses Environs,
et la partie de la Brie , comprise entre Emery et
Servon ; se vend chez l'Auteur , Cloitre S. Benoît.
des Environs de Paris , de M. l'Abbé Delagrive ,
laquelle comprend le Parc et la Varenne S.Maur,
la Plaine de Creteil jusqu'à la Ville- neuve saint
George, le Château de Gros- Bois et ses Environs,
et la partie de la Brie , comprise entre Emery et
Servon ; se vend chez l'Auteur , Cloitre S. Benoît.
Fermer
6411
p. 759-760
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux, [titre d'après la table]
Début :
M. Adam, Curé de S. Thomas d'Evreux en Normandie, qui travaille depuis long-temps à une [...]
Mots clefs :
Histoire ecclésiastique, Église d'Évreux, Évreux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire complette de l'Eglise d'Evreux, [titre d'après la table]
M.Adam, Curé de S. Thomas d'Evreux en Normandie
, qui travaille depuis long-temps à une
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux , c'est - àdire
à une Histoire Ecclesiastique de la Ville Episcopale
et de tout le Diocèse , ce qui renferme les
Abbayes , Paroisses et Communautez Séculieres
et Régulieres qui s'y rencontrent, avertit les Personnes
, Maisons et Familles interessées , soit du
Pays dont on fait l'Histoire , soit étrangeres ,
que l'Ouyrage est fort avancé. Ceux qui voudront
bien lui fournir des Preuves , sur tout du
dehors , ou même Domestiques , c'est - à-dire
du
750 MERCURE DE FRANCE
que
du même Diocèse , ou qui voudront avoir quel-
Eclaircissement avec l'Auteur avant l'entiere
execution de l'Ouvrage qu'il prépare , sont priez
de les lui faite tenir en bonne forme , en 'affranchissant
, s'il leur plaît , leurs Lettres ou Paquets,
à l'adresse génerale du Mercure de France , ou
aux Libraires qui distribuent le Mercure à Paris.
L'Auteur ne manquera pas de marquer publiquement
sa reconnoissance aux personnes qui voudront
bien lui envoyer des Mémoires , er de faire
réponse à celles qui demanderont des Eclaircis
semens.
, qui travaille depuis long-temps à une
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux , c'est - àdire
à une Histoire Ecclesiastique de la Ville Episcopale
et de tout le Diocèse , ce qui renferme les
Abbayes , Paroisses et Communautez Séculieres
et Régulieres qui s'y rencontrent, avertit les Personnes
, Maisons et Familles interessées , soit du
Pays dont on fait l'Histoire , soit étrangeres ,
que l'Ouyrage est fort avancé. Ceux qui voudront
bien lui fournir des Preuves , sur tout du
dehors , ou même Domestiques , c'est - à-dire
du
750 MERCURE DE FRANCE
que
du même Diocèse , ou qui voudront avoir quel-
Eclaircissement avec l'Auteur avant l'entiere
execution de l'Ouvrage qu'il prépare , sont priez
de les lui faite tenir en bonne forme , en 'affranchissant
, s'il leur plaît , leurs Lettres ou Paquets,
à l'adresse génerale du Mercure de France , ou
aux Libraires qui distribuent le Mercure à Paris.
L'Auteur ne manquera pas de marquer publiquement
sa reconnoissance aux personnes qui voudront
bien lui envoyer des Mémoires , er de faire
réponse à celles qui demanderont des Eclaircis
semens.
Fermer
Résumé : Histoire complette de l'Eglise d'Evreux, [titre d'après la table]
M. Adam, curé de Saint Thomas d'Évreux en Normandie, rédige une 'Histoire complète de l'Église d'Évreux'. Cette œuvre traite de l'histoire ecclésiastique de la ville épiscopale et du diocèse, incluant les abbayes, paroisses et communautés religieuses. L'auteur, ayant avancé significativement dans son travail, sollicite des preuves et des éclaircissements, qu'ils soient extérieurs ou domestiques, pour compléter son ouvrage. Les personnes intéressées peuvent envoyer leurs mémoires ou demandes d'éclaircissements à l'adresse générale du Mercure de France ou aux libraires distribuant le Mercure à Paris. L'auteur s'engage à reconnaître publiquement les contributions et à répondre aux demandes d'éclaircissements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6412
p. 760
« Le Catalogue des Livres de feu M. Huguet de Semonville, Doyen du Parlement, se distribuë [...] »
Début :
Le Catalogue des Livres de feu M. Huguet de Semonville, Doyen du Parlement, se distribuë [...]
Mots clefs :
Vers, Vente, Huguet de Semonville, Roussel, Digues
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Catalogue des Livres de feu M. Huguet de Semonville, Doyen du Parlement, se distribuë [...] »
Le Catalogue des Livres de feu M. Huguet de
Semonville, Doyen du Parlement , se distribuë
chez Martin et Guerin , Libraires , ruë S. Jacques.
La vente de cette Bibliotheque se fera en détail
au commencement du mois de May prochain.
On apprend de la Haye , qu'Adrien Moetjens,
a mis en vente une seconde Edition des Observations
sur les Vers de Mer. Par M. Roussel ,
Membre de la Societé Royale des Sciences de
Berlin , augmentée de près de la moitié , l'Auteur
y ayant joint une Description des Digues et un
Examen des expédiens et remedes contre les Vers.
On trouve dans cette Edition trois Planches ,
dont une ajoûtéc , contient le Plan et le Profil
d'une Digue.
Semonville, Doyen du Parlement , se distribuë
chez Martin et Guerin , Libraires , ruë S. Jacques.
La vente de cette Bibliotheque se fera en détail
au commencement du mois de May prochain.
On apprend de la Haye , qu'Adrien Moetjens,
a mis en vente une seconde Edition des Observations
sur les Vers de Mer. Par M. Roussel ,
Membre de la Societé Royale des Sciences de
Berlin , augmentée de près de la moitié , l'Auteur
y ayant joint une Description des Digues et un
Examen des expédiens et remedes contre les Vers.
On trouve dans cette Edition trois Planches ,
dont une ajoûtéc , contient le Plan et le Profil
d'une Digue.
Fermer
Résumé : « Le Catalogue des Livres de feu M. Huguet de Semonville, Doyen du Parlement, se distribuë [...] »
La bibliothèque de M. Huguet de Semonville sera vendue en mai chez Martin et Guerin. Adrien Moetjens publie une seconde édition des 'Observations sur les Vers de Mer' de M. Roussel, augmentée de moitié, avec des descriptions de digues et des remèdes contre les vers. Elle inclut trois planches, dont une nouvelle sur une digue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6413
p. 760-762
EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Rochelle, le 7. Mars 1733. sur une Operation d'Agriculture.
Début :
L'Amour que j'ai toûjours eu pour l'Agriculture, m'ayant engagé il y a 5. à 6. ans à faire [...]
Mots clefs :
Provigner, Arbres, Agriculture, Arbrisseaux étrangers, Boutures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Rochelle, le 7. Mars 1733. sur une Operation d'Agriculture.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de la
Rochelle , le 7. Mars 1733. sur une Operation
d'Agriculture.
Lin
'Amour que j'ai toûjours eu pour l'Agriculture,
m'ayant engagé il y a 5. à 6. ans à faire
dea recherches sur la maniere de provigner les
Arbres
AVRI L. I-33. 761
Arbres et les Arbrisseaux étrangers , je fis des
essais d'autant de manieres que j'en trouvai de
décrites , et de toutes celles que j'imaginai ; mais*
tout ce que je fis la premiere année répondit assez
mal à mon attente ; celle de M. Lignon ( qu'a décrite
M. de Vallemont , p . 406. ) me fit esperer
quelque réussite pour l'avenir. Dans cette esperance
, je la refis l'année suivante avec toute l'atténtion
dont je puis être capable , mais mes soins
furent presque tous infructueux , elle ne répondit
guere mieux à mes esperances que la premiere
année ; car par cette Méthode de 10. Sujets que
j'ai mis en experience , à peine m'n a - t'il réussi
deux ou trois , et qui le plus souvent sont morts /
Pannée suivante.
Après beaucoup de recherches , dont je craindrois
, Monsieur, que le long dêtail ne vous filt
ennuyeux,j'ai enfin été assez heureux pour réussir
à provigner par des boutures les Arbres et les
Arbrisseaux étrangers , ( chose tant souhaitée
par M. de Laquintinic ) puisque de dix boutures
souvent il n'en manque pas une par ma Méthode,
qui est entierement differente de celle de M. Lignon
, si l'on en excepte l'eau. J'ai actuellement
des Grenadiers nains , Citronniers et Jasmins
jaunes, odorés d'Inde , que j'ai provignés de boutu
re. Il est vrai qu'il y a un grand choix à faire
des branches qu'il faut prendre pour réussir
àtte multiplication . Le temps le plus convenable
est le mois d'Avril et de May , où il est facile
d'en transporter , en mettant les boutures
dans de la mousse fraiche et dans une boëte bien
fermée , comme on le pratique depuis long- temps
pour les Greffes des Arbres fruitiers qu'on transporte
d'une Province et même d'un Royaume
dans un autre.
Si
762 MERCURE DE FRANCE
Si vous jugez , Monsieur , que ce que je viens
d'avoir l'honneur de vous écrire puisse être utile
aux Amateurs de l'Agriculture , je vous serai
obligé si vous voulez bien en mettre un Extrait
dans votre Journal ; et si quelques Amateurs veulent
s'assurer de ce que j'ai écrit , ils n'auront
qu'à m'envoyer des morceaux des Arbrisseaux
qu'ils desireront provigner , et je me ferai un
vrai plaisir de les leur provigner avec les miens, et
de les leur renvoyer. Signé, Faneuil de la Croix.
Rochelle , le 7. Mars 1733. sur une Operation
d'Agriculture.
Lin
'Amour que j'ai toûjours eu pour l'Agriculture,
m'ayant engagé il y a 5. à 6. ans à faire
dea recherches sur la maniere de provigner les
Arbres
AVRI L. I-33. 761
Arbres et les Arbrisseaux étrangers , je fis des
essais d'autant de manieres que j'en trouvai de
décrites , et de toutes celles que j'imaginai ; mais*
tout ce que je fis la premiere année répondit assez
mal à mon attente ; celle de M. Lignon ( qu'a décrite
M. de Vallemont , p . 406. ) me fit esperer
quelque réussite pour l'avenir. Dans cette esperance
, je la refis l'année suivante avec toute l'atténtion
dont je puis être capable , mais mes soins
furent presque tous infructueux , elle ne répondit
guere mieux à mes esperances que la premiere
année ; car par cette Méthode de 10. Sujets que
j'ai mis en experience , à peine m'n a - t'il réussi
deux ou trois , et qui le plus souvent sont morts /
Pannée suivante.
Après beaucoup de recherches , dont je craindrois
, Monsieur, que le long dêtail ne vous filt
ennuyeux,j'ai enfin été assez heureux pour réussir
à provigner par des boutures les Arbres et les
Arbrisseaux étrangers , ( chose tant souhaitée
par M. de Laquintinic ) puisque de dix boutures
souvent il n'en manque pas une par ma Méthode,
qui est entierement differente de celle de M. Lignon
, si l'on en excepte l'eau. J'ai actuellement
des Grenadiers nains , Citronniers et Jasmins
jaunes, odorés d'Inde , que j'ai provignés de boutu
re. Il est vrai qu'il y a un grand choix à faire
des branches qu'il faut prendre pour réussir
àtte multiplication . Le temps le plus convenable
est le mois d'Avril et de May , où il est facile
d'en transporter , en mettant les boutures
dans de la mousse fraiche et dans une boëte bien
fermée , comme on le pratique depuis long- temps
pour les Greffes des Arbres fruitiers qu'on transporte
d'une Province et même d'un Royaume
dans un autre.
Si
762 MERCURE DE FRANCE
Si vous jugez , Monsieur , que ce que je viens
d'avoir l'honneur de vous écrire puisse être utile
aux Amateurs de l'Agriculture , je vous serai
obligé si vous voulez bien en mettre un Extrait
dans votre Journal ; et si quelques Amateurs veulent
s'assurer de ce que j'ai écrit , ils n'auront
qu'à m'envoyer des morceaux des Arbrisseaux
qu'ils desireront provigner , et je me ferai un
vrai plaisir de les leur provigner avec les miens, et
de les leur renvoyer. Signé, Faneuil de la Croix.
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Rochelle, le 7. Mars 1733. sur une Operation d'Agriculture.
Dans une lettre datée du 7 mars 1733 à La Rochelle, l'auteur exprime sa passion pour l'agriculture et ses recherches sur la provignation des arbres et arbrisseaux étrangers. Il a expérimenté diverses méthodes, dont celle de M. Lignon décrite par M. de Vallemont, sans succès notable. Après plusieurs tentatives infructueuses, il a réussi à provigner des arbres par bouturage, obtenant un taux de réussite élevé. Sa méthode, distincte de celle de M. Lignon, utilise des branches sélectionnées et de la mousse fraîche, avec une période idéale de réalisation en avril et mai. L'auteur propose de partager cette méthode avec les amateurs d'agriculture et offre ses services pour provigner des arbrisseaux pour ceux qui en font la demande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6414
p. 762-763
Assemblées publiques des Académies des Belles-Lettres et des Sciences, [titre d'après la table]
Début :
Le 12. Mars 1733. M. l'Evêque de Vence fut reçû dans l'Académie Françoise, à la place de [...]
Mots clefs :
Prix, Académie française, Académie royale des belles-lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Assemblées publiques des Académies des Belles-Lettres et des Sciences, [titre d'après la table]
Le 12. Mars 1733. M. l'Evêque de Vence fut
reçû dans l'Académie Françoise , à la place de
feu M. le Duc de Coaslin , Evêque de Metz. Il fit
un Discours de remerciement , auquel M. Danchet
, Chancelier de l'Académie , répondit , et ils
parlerent l'un et l'autre avec beaucoup d'éloquence.
L'Académie Françoise a fait sçavoir au Public
que le 25. jour d'Août prochain 1733. elle donñera
le Prix d'Eloquence , fondé par M. de Balzac.
Le sujet sera , De la moderation dans la dispute
; selon ces paroles de l'Ecriture Sainte : Responsio
mollis frangit iram. Cap. 15. vers. 1 .
Le même jour elle donnera le Prix de Poësie ,
fondé par M. de Clermont de Tonnerre. Le Sujet
sera: Les progrès de la Sculpture sous le Regne de
LOUIS LE GRAND. Celui qui remportera
le Prix de Prose de cette année 1733. recevra
deux Médailles d'or au lieu d'une , parce que l'Académie
n'a point encore donné le Prix de Prose
en 1731.
Le Mardi 14. d'Avril , l'Académie Royale des
Belles Lettres tint son Assemblée publique.
-
M.
A
1733• 763
M. le Cardinal de Polignac y présida. D'abord
M. de Boze , Secretaire perpetuel , fit la lecture
d'un Programme , dont voicy la teneur :
reçû dans l'Académie Françoise , à la place de
feu M. le Duc de Coaslin , Evêque de Metz. Il fit
un Discours de remerciement , auquel M. Danchet
, Chancelier de l'Académie , répondit , et ils
parlerent l'un et l'autre avec beaucoup d'éloquence.
L'Académie Françoise a fait sçavoir au Public
que le 25. jour d'Août prochain 1733. elle donñera
le Prix d'Eloquence , fondé par M. de Balzac.
Le sujet sera , De la moderation dans la dispute
; selon ces paroles de l'Ecriture Sainte : Responsio
mollis frangit iram. Cap. 15. vers. 1 .
Le même jour elle donnera le Prix de Poësie ,
fondé par M. de Clermont de Tonnerre. Le Sujet
sera: Les progrès de la Sculpture sous le Regne de
LOUIS LE GRAND. Celui qui remportera
le Prix de Prose de cette année 1733. recevra
deux Médailles d'or au lieu d'une , parce que l'Académie
n'a point encore donné le Prix de Prose
en 1731.
Le Mardi 14. d'Avril , l'Académie Royale des
Belles Lettres tint son Assemblée publique.
-
M.
A
1733• 763
M. le Cardinal de Polignac y présida. D'abord
M. de Boze , Secretaire perpetuel , fit la lecture
d'un Programme , dont voicy la teneur :
Fermer
Résumé : Assemblées publiques des Académies des Belles-Lettres et des Sciences, [titre d'après la table]
Le 12 mars 1733, l'évêque de Vence fut accueilli à l'Académie Française, succédant au duc de Coaslin, évêque de Metz. Il prononça un discours de remerciement, auquel M. Danchet, chancelier de l'Académie, répondit avec éloquence. L'Académie annonça que le 25 août 1733, elle attribuerait le Prix d'Éloquence, fondé par M. de Balzac, sur le sujet 'De la modération dans la dispute', tiré de l'Écriture Sainte. Le même jour, elle décernerait le Prix de Poésie, fondé par M. de Clermont de Tonnerre, sur le thème 'Les progrès de la Sculpture sous le règne de Louis le Grand'. Le lauréat du Prix de Prose 1733 recevrait deux médailles d'or au lieu d'une, car le prix de 1731 n'avait pas été attribué. Le 14 avril 1733, l'Académie Royale des Belles Lettres tint son assemblée publique, présidée par le cardinal de Polignac. M. de Boze, secrétaire perpétuel, lut un programme lors de cette assemblée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6415
p. 763-764
PRIX LITTERAIRE, fondé dans l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, par M. Durey de Noinville, Maître des Requêtes Ordinaires, Président au Grand-Conseil, et Membre de cette Académie.
Début :
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres distribuera tous les ans, à commencer [...]
Mots clefs :
Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Prix, Durey de Noinville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX LITTERAIRE, fondé dans l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, par M. Durey de Noinville, Maître des Requêtes Ordinaires, Président au Grand-Conseil, et Membre de cette Académie.
PRIX LITTERAIRE , fondé
dans l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles - Lettres , par M. Durey de
Noinville , Maître des Requêtes Ordinaires
, Président au Grand- Conseil , et
Membre de cette Académie.
L'Aca
'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres distribuera tous les ans, à commencer
à Pâques prochain , une Médaille d'or de la valeur
de quatre cent livres , à l'Auteur qui aura le
mieux traité le Sujet d'Histoire ou de Littérature
qu'elle aura indiqué.
Toutes personnes , de quelque Pays et condition
qu'elles soient , excepté celles qui composent
ladite Académie , seront admises à concourir
pour ce Prix , et leurs Ouvrages pourront être
écrits en François ou en Latin , à leur choix . Il
faudra seulement les borner à une heure de lecture
au plus .
Les Auteurs mettront simplement une Devise
à leurs Ouvrages ; mais pour se faire connoître
ils y joindront , dans un papier cacheté et écrit
de leur propre main , leur nom , demeure et qualitez
, et ce papier ne sera ouvert qu'après l'adju
dication du Prix.
Les Pieces affranchies de tous ports , seront
mises entre les mains du Secretaire de l'Académie
avant le premier Decembre de chaque année.
On déclarera dans l'Assemblée publique d'après
Pâques , la Piece qui aura remporté le Prix , et
G -ón
པ
on y indiquera ensuite le Sujet que l'Académie
aura déterminé pour le concours de l'année suivante.
Celui que l'Académie donne à traiter cette
année est l'Etat des Sciences dans l'étenduë de la
Monarchie Françoise sous Charlemagne.
Après cette Lecture , M. de Boze ouvrit la
Séance par un très- bel Eloge de M. le Duc de
Coaflin , Evêque de Metz.
M. l'Abbé Gédoin lût ensuite l'Histoire de la
Vie et des Ouvrages de Phidias , celebre Statuaire
de la Grece , et Auteur de la Statue de Jupiter
Olympien , l'une des sept Merveilles du Monde.
M. de Foncemagne lût pour M. Bonami , une
Dissertation sur les differens Systêmes dès anciens
Philosophes , au sujet de la pluralité des
Mondes.
Et M. Freret termina la Séance , en lisant pour
M. Lancelot une Dissertation sur les Figures
qu'on croit être du temps de Charlemagne , qui
se voyent au Portail de l'Eglise de l'Abbaye de la
Magdelaine de Châteaudun , que cet Académieien
est allé examiner lui - même , et qu'il a fair
dessiner exactement sur les Lieux .
dans l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles - Lettres , par M. Durey de
Noinville , Maître des Requêtes Ordinaires
, Président au Grand- Conseil , et
Membre de cette Académie.
L'Aca
'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres distribuera tous les ans, à commencer
à Pâques prochain , une Médaille d'or de la valeur
de quatre cent livres , à l'Auteur qui aura le
mieux traité le Sujet d'Histoire ou de Littérature
qu'elle aura indiqué.
Toutes personnes , de quelque Pays et condition
qu'elles soient , excepté celles qui composent
ladite Académie , seront admises à concourir
pour ce Prix , et leurs Ouvrages pourront être
écrits en François ou en Latin , à leur choix . Il
faudra seulement les borner à une heure de lecture
au plus .
Les Auteurs mettront simplement une Devise
à leurs Ouvrages ; mais pour se faire connoître
ils y joindront , dans un papier cacheté et écrit
de leur propre main , leur nom , demeure et qualitez
, et ce papier ne sera ouvert qu'après l'adju
dication du Prix.
Les Pieces affranchies de tous ports , seront
mises entre les mains du Secretaire de l'Académie
avant le premier Decembre de chaque année.
On déclarera dans l'Assemblée publique d'après
Pâques , la Piece qui aura remporté le Prix , et
G -ón
པ
on y indiquera ensuite le Sujet que l'Académie
aura déterminé pour le concours de l'année suivante.
Celui que l'Académie donne à traiter cette
année est l'Etat des Sciences dans l'étenduë de la
Monarchie Françoise sous Charlemagne.
Après cette Lecture , M. de Boze ouvrit la
Séance par un très- bel Eloge de M. le Duc de
Coaflin , Evêque de Metz.
M. l'Abbé Gédoin lût ensuite l'Histoire de la
Vie et des Ouvrages de Phidias , celebre Statuaire
de la Grece , et Auteur de la Statue de Jupiter
Olympien , l'une des sept Merveilles du Monde.
M. de Foncemagne lût pour M. Bonami , une
Dissertation sur les differens Systêmes dès anciens
Philosophes , au sujet de la pluralité des
Mondes.
Et M. Freret termina la Séance , en lisant pour
M. Lancelot une Dissertation sur les Figures
qu'on croit être du temps de Charlemagne , qui
se voyent au Portail de l'Eglise de l'Abbaye de la
Magdelaine de Châteaudun , que cet Académieien
est allé examiner lui - même , et qu'il a fair
dessiner exactement sur les Lieux .
Fermer
Résumé : PRIX LITTERAIRE, fondé dans l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, par M. Durey de Noinville, Maître des Requêtes Ordinaires, Président au Grand-Conseil, et Membre de cette Académie.
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, à l'initiative de M. Durey de Noinville, crée un prix littéraire annuel. Chaque année, à partir du prochain Pâques, une médaille d'or d'une valeur de quatre cents livres sera décernée à l'auteur ayant le mieux traité un sujet d'histoire ou de littérature choisi par l'Académie. Le concours est ouvert à toutes les personnes, sauf les membres de l'Académie, et les œuvres peuvent être rédigées en français ou en latin. Elles ne doivent pas dépasser une heure de lecture. Les auteurs doivent inclure une devise et fournir leurs nom, adresse et qualifications dans un papier cacheté. Les manuscrits doivent être remis au secrétaire de l'Académie avant le premier décembre. Le sujet pour cette année est 'L'État des Sciences dans l'étendue de la Monarchie Françoise sous Charlemagne'. La séance mentionnée inclut des éloges et des lectures sur divers sujets historiques et philosophiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6416
p. 764-765
« Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...] »
Début :
Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...]
Mots clefs :
Lagni, Camus, Clairaux, Fontenelle, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...] »
Le Mercredi 4. Mars , l'Académie Royale des
Sciences accorda la veterance à M. de Lagni ,
Pensionnaire Géometre.
Le Mercredi 11. pour remplir cette place vacante
, l'Académie élût pour les trois Sujets , dont
l'un , au choix du Roy , doit avoir cette Place ;
Mrs Pitot et Clairaux , Membres de la Compagnie
, et M. Fontaine , Externe .
Le Mercredi 18. le Comte de Maurepas , Ministre
d'Etat , fit part à la Compagnie du choix
de S M. en faveur de M. Pitot , qui par cette
élevation laisse vacante une Place d'Associé Méchanicien
AVRIL.
1733 765
Le Mardi
24. pour remplir cette derniere Place
d'Associé , l'Académie élût pour les deux Sujets,
dont l'un doit avoir cette place , au choix du
Roy , Mrs Camus et Clairaux , pour le Membre
de la Compagnie , attendu qu'ils avoient cû par
l'Election , égalité de voix , et M. Fontaine pour
Externe. Quelques jours après le Comte de Mau
repas écrivit à la Compagnie, que le Roi avoit
choisi Mrs Camus et Clairaux, pour remplir cette
seale place , et ordonna que la premiere place de
ce genre qui viendra à vacquer , ne sera point
remplie.
Le Mercredi 15. Avril , cette Académie tint
son Assemblée publique , à laquelle présida M.le
Cardinal de Polignac .
M. de Fontenelle ouvrit la Séance , en annon
çant que le Prix qui avoit été proposé par l'Académie
pour cette année 1733. sur la meilleure
maniere de mesurer en Mer le Sillage d'un Vaisseau
, ou le chemin qu'il parcourt , étoit adjugé à là
Piece , dont l'Auteur est M. le Marquis Poléni ,
Professeur de Mathématique à Padoue.
M. de Fontenelle lût ensuite l'Eloge de M. le
Chevalier de Louville , Pensionnaire Astronome,
mort dans le dernier Sémestre de 1732 .
Après cela M de Reaumur lût un Discours
qui doit être à la tête de son grand et curieux
Ouvrage de l'Histoire des Insectes.
M. Buache lût ensuite un Memoire de Géographie
, et M. Dufay finit la Séance par la lec
ture d'un Memoire sur l'Electricité des Corps.
Sciences accorda la veterance à M. de Lagni ,
Pensionnaire Géometre.
Le Mercredi 11. pour remplir cette place vacante
, l'Académie élût pour les trois Sujets , dont
l'un , au choix du Roy , doit avoir cette Place ;
Mrs Pitot et Clairaux , Membres de la Compagnie
, et M. Fontaine , Externe .
Le Mercredi 18. le Comte de Maurepas , Ministre
d'Etat , fit part à la Compagnie du choix
de S M. en faveur de M. Pitot , qui par cette
élevation laisse vacante une Place d'Associé Méchanicien
AVRIL.
1733 765
Le Mardi
24. pour remplir cette derniere Place
d'Associé , l'Académie élût pour les deux Sujets,
dont l'un doit avoir cette place , au choix du
Roy , Mrs Camus et Clairaux , pour le Membre
de la Compagnie , attendu qu'ils avoient cû par
l'Election , égalité de voix , et M. Fontaine pour
Externe. Quelques jours après le Comte de Mau
repas écrivit à la Compagnie, que le Roi avoit
choisi Mrs Camus et Clairaux, pour remplir cette
seale place , et ordonna que la premiere place de
ce genre qui viendra à vacquer , ne sera point
remplie.
Le Mercredi 15. Avril , cette Académie tint
son Assemblée publique , à laquelle présida M.le
Cardinal de Polignac .
M. de Fontenelle ouvrit la Séance , en annon
çant que le Prix qui avoit été proposé par l'Académie
pour cette année 1733. sur la meilleure
maniere de mesurer en Mer le Sillage d'un Vaisseau
, ou le chemin qu'il parcourt , étoit adjugé à là
Piece , dont l'Auteur est M. le Marquis Poléni ,
Professeur de Mathématique à Padoue.
M. de Fontenelle lût ensuite l'Eloge de M. le
Chevalier de Louville , Pensionnaire Astronome,
mort dans le dernier Sémestre de 1732 .
Après cela M de Reaumur lût un Discours
qui doit être à la tête de son grand et curieux
Ouvrage de l'Histoire des Insectes.
M. Buache lût ensuite un Memoire de Géographie
, et M. Dufay finit la Séance par la lec
ture d'un Memoire sur l'Electricité des Corps.
Fermer
Résumé : « Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...] »
En mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la vénérabilité à M. de Lagni, puis élut trois candidats pour le remplacer : MM. Pitot, Clairaux et Fontaine. Le 18 mars, le Comte de Maurepas annonça que le Roi avait choisi M. Pitot, laissant une place d'Associé Méchanicien vacante. Le 24 avril, l'Académie élut MM. Camus, Clairaux et Fontaine pour cette place. Le Comte de Maurepas informa ensuite que le Roi avait choisi MM. Camus et Clairaux, et ordonna que la prochaine place vacante ne serait pas remplie. Le 15 avril, l'Académie tint son assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. de Fontenelle attribua le prix pour la meilleure manière de mesurer en mer le sillage d'un vaisseau à M. le Marquis Poléni et lut l'éloge de M. le Chevalier de Louville. M. de Reaumur présenta un discours sur l'Histoire des Insectes, M. Buache un mémoire de géographie, et M. Dufay un mémoire sur l'électricité des corps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6417
p. 765-767
Programme du Prix de l'Acad. des Sciences, [titre d'après la table]
Début :
Voici le Programme du Prix proposé par cette Académie pour l'année 1733. [...]
Mots clefs :
Secrétaire, Récépissé, Prix, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Programme du Prix de l'Acad. des Sciences, [titre d'après la table]
Voici le Programme du Prix proposé par cette
Académie pour l'année 1733.
Feu M. Rouillé de Meflay , ancien Conseiller
iu Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences , et
Gij
766 MERCURE DE FRANCE
44
à l'utilité que le Public en doit retirer , a legué à
l'Académie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets , qu'il
a indiquez dans son Testament , et dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê
me general du Monde,et l'Astronomie Physique .
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 2500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et sera
'de 2000 . livres.
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour Sujet du
second Prix qui tombe dans l'année 1735 .
Quelle doit être la meilleure construction des Anres
, tant par rapport à leur figure qu'à la maniere
de les forger , et quelle est la meilleure maniere de
les éprouver.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sujets , et même les Associez,
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sue
AVRIL: 1733 . 767
鄂
sur- tout quand il y aura des Calculs d'Algebre
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise . Ils
pourront, s'ils veulent , attacher à leur Ecrit unBil.
let séparé et cacheté par eux ,où seront avec cette
même Sentence , leur nom , leurs qualitez et leur
adresse , et ce Billet ne sera ouvert par l'Acadé
mie , qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris , au Secretaire perpetuel
de l'Académie , ou les lui feront remettre entre
les mains. Dans ce second cas le Secretaire en
donnera en même- temps à celui qui les lui aura
remis, son Recepissé , où sera marquée la Sentence
de l'Ouvrage et son numero , selon l'ordre ou
le temps dans lequel il aura été reçû .
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1734. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1735. proclamera la Piece qui aura rem
porté ce Prix.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la Piece
qui aura remporté le Prix , le Trésorier de l'Académie
délivrera la somme du Prix à celui qui
lui rapportera ce Recepissé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité .
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
Académie pour l'année 1733.
Feu M. Rouillé de Meflay , ancien Conseiller
iu Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences , et
Gij
766 MERCURE DE FRANCE
44
à l'utilité que le Public en doit retirer , a legué à
l'Académie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets , qu'il
a indiquez dans son Testament , et dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê
me general du Monde,et l'Astronomie Physique .
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux termes
du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 2500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
et le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et sera
'de 2000 . livres.
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour Sujet du
second Prix qui tombe dans l'année 1735 .
Quelle doit être la meilleure construction des Anres
, tant par rapport à leur figure qu'à la maniere
de les forger , et quelle est la meilleure maniere de
les éprouver.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sujets , et même les Associez,
Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix .
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ou
vrages .
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles,
sue
AVRIL: 1733 . 767
鄂
sur- tout quand il y aura des Calculs d'Algebre
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages
, mais seulement une Sentence ou Devise . Ils
pourront, s'ils veulent , attacher à leur Ecrit unBil.
let séparé et cacheté par eux ,où seront avec cette
même Sentence , leur nom , leurs qualitez et leur
adresse , et ce Billet ne sera ouvert par l'Acadé
mie , qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris , au Secretaire perpetuel
de l'Académie , ou les lui feront remettre entre
les mains. Dans ce second cas le Secretaire en
donnera en même- temps à celui qui les lui aura
remis, son Recepissé , où sera marquée la Sentence
de l'Ouvrage et son numero , selon l'ordre ou
le temps dans lequel il aura été reçû .
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1734. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1735. proclamera la Piece qui aura rem
porté ce Prix.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la Piece
qui aura remporté le Prix , le Trésorier de l'Académie
délivrera la somme du Prix à celui qui
lui rapportera ce Recepissé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité .
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
Fermer
Résumé : Programme du Prix de l'Acad. des Sciences, [titre d'après la table]
En 1733, l'Académie Royale des Sciences a reçu un legs de M. Rouillé de Meslay pour promouvoir les sciences. Ce legs a permis la création de deux prix annuels : l'un pour des sujets liés au système général du monde et à l'astronomie physique, l'autre pour la navigation et le commerce. En raison de la diminution des rentes, ces prix sont désormais attribués tous les deux ans. Pour l'année 1735, le sujet du second prix concerne la meilleure construction des ancres, tant en termes de figure que de méthode de forgeage, ainsi que la meilleure manière de les éprouver. Les savants de toutes les nations, à l'exception des académiciens français, sont invités à participer. Les travaux peuvent être rédigés en français, en latin ou dans toute autre langue et doivent être envoyés avant le 1er septembre 1734. Les auteurs doivent utiliser une devise pour identifier leurs œuvres et peuvent inclure un billet cacheté avec leurs informations personnelles. Le prix sera décerné lors de l'assemblée publique de l'Académie après Pâques 1735.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6418
p. 767-769
« Le 13. Mars, le Pere Porée, l'un des Professeurs de Rhétorique au College de Louïs le Grand, [...] »
Début :
Le 13. Mars, le Pere Porée, l'un des Professeurs de Rhétorique au College de Louïs le Grand, [...]
Mots clefs :
Éloquence, Cicéron, Abbé Souchay, Père Porée, Collège Louis le Grand, Collège royal, Académie de chirurgie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 13. Mars, le Pere Porée, l'un des Professeurs de Rhétorique au College de Louïs le Grand, [...] »
Le 13. Mars , le Pere Porée , l'un des Professturs
de Réthorique au College de Louis le Grand,
prononça avec beaucoup d'éloquence un Discours
Latin , dans lequel il examina si le Théatre
est , ou peut être une Ecole propre à former les
Gij moeurs
768 MERCURE DE FRANCE
moeurs. L'Assemblée étoit composée des Cardi →
naux de Polignac et de Bissy , du Nonce du Pape
, de plusieurs Prélats et d'un grand nombre
personnes de distinction . Nous donnerons le
mois prochain un Extrait de cette Piece d'Elaquence.
de
·
Le 14. Février , M. l'Abbé Souchay , de l'Académie
des Belles - Lettres , fut installé Professeur
d'Eloquence au College Royal , et prononça
à cette occasion dans le même College un Discours
Latin , en présence d'un Auditoire nombreux
et choisi ; il s'étoit proposé sur tout de
montrer en quoi la lecture de Ciceron peut
contribuer à l'Eloquence Françoise.
Dans la premiere Partie , après avoir établi la
nécessité des modeles dans tous les Arts , et par
conséquent et à plus forte raison , dans l'Art Ora
toire , il prouva par le caractere des Orateurs anciens
et modernes , que Ciceron est de tous les
Orateurs celui qui peut le plus contribuer à notre
Eloquence , parce qu'il a excellé dans tous les
genres , et que sa maniere s'accorde parfaitement
avec notre génie.
qui
M. l'Abbé Souchay commença sa seconde Partie
par un Tableau de l'Eloquence de Ciceron.
C'est l'Orateur le plus touchant qui ait jamais
été , qui ait le mieux observé les bienséances ,
ait répandu dans ses compositions plus d'agrémens
naturels ; et jamais Ecrivain ne fut plus éloquent.
C'est par l'application de ces differens
traits au caractere de la Nation , que M. l'Abbé
Souchay établit en quoi Ciceron peut contribuer
à notre Eloquence. Nous aimons , être touchez ;
nous sommes frappez de la nécessité des bienséances
, nous sommes ravis de les avoir obser-
γεις ;
AVRIL. 1733 769
vées ; les pensées ingénieuses nous plaisent ; mais
nous voulons qu'elles soient naturelles . L'élocu
tion de Ciceron peut mieux servir à former la
nôtre . Elle nous apprendra à éviter les Métapho
res ou trop hardies ou trop recherchées , et à
mettre dans nos Discours ce nombre qui doit
flatter l'oreille pour aller au coeur. Quel modele
plus convenable pour nous , conclut M. l'Abbé
Souchay , mais sur tout aujourd'hui que la plupart
semblent donner la préference aux Plines et
aux Pacats sur Ciceron même , et se picquer de
dire tout avec esprit , et de ne parler , pour ainsi
dire , que par Enigmes,
L'Académie de Chirurgie , établie à Paris sous
la protection du Roy , propose pour Sujet du
Prix de l'année 1733. la Question suivante :
Quels sont , selon les differens cas , les avantages es
les inconveniens de l'usage des Tentes et autres Dilatans.
Les Ouvrages pour le concours seront remis
ou adressez francs de port , à M. Morand, Secretaire
de l'Académie , et ne seront reçûs que jusques
au dernier jour de l'année 1733 .
Le meilleur Memoire sur la Question propo
sée , sera couronné par le Prix , qui consistera en
une Médaille d'or de la valeur de 200. livres .
de Réthorique au College de Louis le Grand,
prononça avec beaucoup d'éloquence un Discours
Latin , dans lequel il examina si le Théatre
est , ou peut être une Ecole propre à former les
Gij moeurs
768 MERCURE DE FRANCE
moeurs. L'Assemblée étoit composée des Cardi →
naux de Polignac et de Bissy , du Nonce du Pape
, de plusieurs Prélats et d'un grand nombre
personnes de distinction . Nous donnerons le
mois prochain un Extrait de cette Piece d'Elaquence.
de
·
Le 14. Février , M. l'Abbé Souchay , de l'Académie
des Belles - Lettres , fut installé Professeur
d'Eloquence au College Royal , et prononça
à cette occasion dans le même College un Discours
Latin , en présence d'un Auditoire nombreux
et choisi ; il s'étoit proposé sur tout de
montrer en quoi la lecture de Ciceron peut
contribuer à l'Eloquence Françoise.
Dans la premiere Partie , après avoir établi la
nécessité des modeles dans tous les Arts , et par
conséquent et à plus forte raison , dans l'Art Ora
toire , il prouva par le caractere des Orateurs anciens
et modernes , que Ciceron est de tous les
Orateurs celui qui peut le plus contribuer à notre
Eloquence , parce qu'il a excellé dans tous les
genres , et que sa maniere s'accorde parfaitement
avec notre génie.
qui
M. l'Abbé Souchay commença sa seconde Partie
par un Tableau de l'Eloquence de Ciceron.
C'est l'Orateur le plus touchant qui ait jamais
été , qui ait le mieux observé les bienséances ,
ait répandu dans ses compositions plus d'agrémens
naturels ; et jamais Ecrivain ne fut plus éloquent.
C'est par l'application de ces differens
traits au caractere de la Nation , que M. l'Abbé
Souchay établit en quoi Ciceron peut contribuer
à notre Eloquence. Nous aimons , être touchez ;
nous sommes frappez de la nécessité des bienséances
, nous sommes ravis de les avoir obser-
γεις ;
AVRIL. 1733 769
vées ; les pensées ingénieuses nous plaisent ; mais
nous voulons qu'elles soient naturelles . L'élocu
tion de Ciceron peut mieux servir à former la
nôtre . Elle nous apprendra à éviter les Métapho
res ou trop hardies ou trop recherchées , et à
mettre dans nos Discours ce nombre qui doit
flatter l'oreille pour aller au coeur. Quel modele
plus convenable pour nous , conclut M. l'Abbé
Souchay , mais sur tout aujourd'hui que la plupart
semblent donner la préference aux Plines et
aux Pacats sur Ciceron même , et se picquer de
dire tout avec esprit , et de ne parler , pour ainsi
dire , que par Enigmes,
L'Académie de Chirurgie , établie à Paris sous
la protection du Roy , propose pour Sujet du
Prix de l'année 1733. la Question suivante :
Quels sont , selon les differens cas , les avantages es
les inconveniens de l'usage des Tentes et autres Dilatans.
Les Ouvrages pour le concours seront remis
ou adressez francs de port , à M. Morand, Secretaire
de l'Académie , et ne seront reçûs que jusques
au dernier jour de l'année 1733 .
Le meilleur Memoire sur la Question propo
sée , sera couronné par le Prix , qui consistera en
une Médaille d'or de la valeur de 200. livres .
Fermer
Résumé : « Le 13. Mars, le Pere Porée, l'un des Professeurs de Rhétorique au College de Louïs le Grand, [...] »
Le 13 mars, le Père Porée, professeur de rhétorique au Collège de Louis le Grand, prononça un discours en latin sur la question de savoir si le théâtre peut être une école propre à former les mœurs. L'événement rassembla des personnalités notables, dont les cardinaux de Polignac et de Bissy, le Nonce du Pape, plusieurs prélats et de nombreuses personnes de distinction. Le 14 février, l'Abbé Souchay, membre de l'Académie des Belles-Lettres, fut installé professeur d'éloquence au Collège Royal et prononça un discours en latin sur la contribution de la lecture de Cicéron à l'éloquence française. Il souligna la nécessité des modèles en art oratoire et prouvat que Cicéron, par son excellence dans divers genres et son accord avec le génie national, est le modèle le plus pertinent. L'Abbé Souchay décrivit également Cicéron comme l'orateur le plus touchant et le plus éloquent, capable d'observer les bienséances et de répandre des agréments naturels. Il conclut que l'éloquence de Cicéron, par sa simplicité et son respect des bienséances, est un modèle approprié pour les orateurs français. L'Académie de Chirurgie de Paris proposa pour l'année 1733 un sujet de prix sur les avantages et inconvénients de l'usage des tentes et autres dilatants. Les mémoires doivent être soumis avant le 31 décembre 1733 à M. Morand, secrétaire de l'Académie, et le meilleur sera récompensé par une médaille d'or valant 200 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6419
p. 769-771
Eloge du P. Boursault, [titre d'après la table]
Début :
Le R. P. Claude-Edme Boursault, Superieur des Théatins, Prédicateur ordinaire du Roy, [...]
Mots clefs :
Claude-Edme Boursault, Théatins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eloge du P. Boursault, [titre d'après la table]
Le R. P. Claude- Edme Boursault , Superieur
des Théatins , Prédicateur ordinaire du Roy,
mourut le 13. Mars , dans la 63. année de son
âge , étant né à Paris en 1670. de N. Boursault
fort connu par ses Ouvrages et par son mérite ,
lequel prit lui - même les prémiers soins de l'éducation
de son fils , ayant reconnu en lui un beau
maturel , et un fonds digne d'être cultivé. Ce Pere
Gi éclairé
770 MERCURE DE FRANCE
éclairé exerçoit sur tout la mémoire de son Err
fant , qu'il avoit dès lors des plus heureuses , en
lui faisant apprendre par coeur tout ce qu'il y
avoit de plus amusant dans ses Ouvrages , et des
lâge de six à sept ans il avoit l'honneur de déclamer
avec beaucoup de grace , des Vers à la
louange de Louis XIV. en présence de ce grand
Prince , se trouvant à son lever avec son Pere ,
ce qui lui attiroit les bontez du Roy et les caresses
de toute la Cour.
Il fit ensuite ses Etudes au College des Jesuites ,
se distinguant sur tout dans la Réthorique , qu'il
apprit sous le P. le Jay , lequel l'a toujours regardé
comme l'un de ses Disciples qui lui ont
fait le plus d'honneur .
A l'âge de 15 ans il entra dans la Congrégation
des Théatins , où il fit profession une année
après. Il étudia en Philosopie et en Théolo
gie sous le P. Caffaro , avec un succès qui commença
sa réputation.
Dès qu'il eut reçû le Diaconat , il commença
à prêcher , et il fit voir un des plus beaux talens
qui eût parû depuis long- temps pour la Chaire .
Un exterieur majestueux et édifiant , un esprit
sublime et solide , une imagination noble et brilkante
, une éloquence naturelle , en sorte qu'on
peut dire qu'il traitoit la vertu et la sagesse avec
magnificence. Pour être le premier Prédicateur
de son siecle , il ne lui manquoit que de la santé;
la sienne étoit fort foible et souvent attaquée de
diverses infirmitez qui le tenoient presque toujours
dans un état de langueur. Il a prêché devant
le Roy , avec beaucoup de succès , les Avents
de 1716. et de 1732. et le Carême de 1720. Il a
prêché d'ailleurs plusieurs Sermons détachez , er
des Panégyriques , pour lesquels il avoit un talent
particulier, En
AVRIL. 1733. 772
En l'année 1713. le P. Boursault fit le voyage
d'Angleterre avec le Duc d'Aumont , Ambassadeur
de France , qui l'y avoit engagé, Il s'attira
la consideration et l'estime de tous les Seigneurs
Anglois , et celle des Ministres des Cours Etrangeres.
Il cût sur tout une liaison tres- étroite
avec leMarquis deMonteleon , Ambassadeur d'Es
pagne , qui l'honora d'une amitié particuliere.
Il a été deux fois Supérieur de la Maison des
Théatins de Paris , laquelle a tout lieu de le regreter
, à cause de ses lumieres , de la douceur de
son caractere, de sa modestie et de son crédit.
La Cour et la Ville ont pris part à sa derniere
maladie et à sa mort , à l'exeinple du Roy et de
la Reine , qui ont bien voulu honorer sa mémoire
de leurs regrets . La seule et la plus solide
consolation qui reste à tous ceux qui ont connu
particulierement le P. Boursault , c'est la maniere
toute Religieuse et édifiante avec laquelle il
a profité de ses infirmitez pendant sa vie et à sa
mort.
des Théatins , Prédicateur ordinaire du Roy,
mourut le 13. Mars , dans la 63. année de son
âge , étant né à Paris en 1670. de N. Boursault
fort connu par ses Ouvrages et par son mérite ,
lequel prit lui - même les prémiers soins de l'éducation
de son fils , ayant reconnu en lui un beau
maturel , et un fonds digne d'être cultivé. Ce Pere
Gi éclairé
770 MERCURE DE FRANCE
éclairé exerçoit sur tout la mémoire de son Err
fant , qu'il avoit dès lors des plus heureuses , en
lui faisant apprendre par coeur tout ce qu'il y
avoit de plus amusant dans ses Ouvrages , et des
lâge de six à sept ans il avoit l'honneur de déclamer
avec beaucoup de grace , des Vers à la
louange de Louis XIV. en présence de ce grand
Prince , se trouvant à son lever avec son Pere ,
ce qui lui attiroit les bontez du Roy et les caresses
de toute la Cour.
Il fit ensuite ses Etudes au College des Jesuites ,
se distinguant sur tout dans la Réthorique , qu'il
apprit sous le P. le Jay , lequel l'a toujours regardé
comme l'un de ses Disciples qui lui ont
fait le plus d'honneur .
A l'âge de 15 ans il entra dans la Congrégation
des Théatins , où il fit profession une année
après. Il étudia en Philosopie et en Théolo
gie sous le P. Caffaro , avec un succès qui commença
sa réputation.
Dès qu'il eut reçû le Diaconat , il commença
à prêcher , et il fit voir un des plus beaux talens
qui eût parû depuis long- temps pour la Chaire .
Un exterieur majestueux et édifiant , un esprit
sublime et solide , une imagination noble et brilkante
, une éloquence naturelle , en sorte qu'on
peut dire qu'il traitoit la vertu et la sagesse avec
magnificence. Pour être le premier Prédicateur
de son siecle , il ne lui manquoit que de la santé;
la sienne étoit fort foible et souvent attaquée de
diverses infirmitez qui le tenoient presque toujours
dans un état de langueur. Il a prêché devant
le Roy , avec beaucoup de succès , les Avents
de 1716. et de 1732. et le Carême de 1720. Il a
prêché d'ailleurs plusieurs Sermons détachez , er
des Panégyriques , pour lesquels il avoit un talent
particulier, En
AVRIL. 1733. 772
En l'année 1713. le P. Boursault fit le voyage
d'Angleterre avec le Duc d'Aumont , Ambassadeur
de France , qui l'y avoit engagé, Il s'attira
la consideration et l'estime de tous les Seigneurs
Anglois , et celle des Ministres des Cours Etrangeres.
Il cût sur tout une liaison tres- étroite
avec leMarquis deMonteleon , Ambassadeur d'Es
pagne , qui l'honora d'une amitié particuliere.
Il a été deux fois Supérieur de la Maison des
Théatins de Paris , laquelle a tout lieu de le regreter
, à cause de ses lumieres , de la douceur de
son caractere, de sa modestie et de son crédit.
La Cour et la Ville ont pris part à sa derniere
maladie et à sa mort , à l'exeinple du Roy et de
la Reine , qui ont bien voulu honorer sa mémoire
de leurs regrets . La seule et la plus solide
consolation qui reste à tous ceux qui ont connu
particulierement le P. Boursault , c'est la maniere
toute Religieuse et édifiante avec laquelle il
a profité de ses infirmitez pendant sa vie et à sa
mort.
Fermer
Résumé : Eloge du P. Boursault, [titre d'après la table]
Claude-Edme Boursault, supérieur des Théatins et prédicateur ordinaire du roi, est décédé le 13 mars à l'âge de 63 ans. Né à Paris en 1670, il était le fils de Nicolas Boursault, reconnu pour ses œuvres. Son père, ayant identifié son potentiel, prit en charge son éducation. Dès l'âge de six à sept ans, Claude-Edme déclamait des vers en l'honneur de Louis XIV, ce qui lui valut les faveurs du souverain et de la cour. Il étudia au Collège des Jésuites, où il excella en rhétorique sous la direction du Père Le Jay. À 15 ans, il entra dans la Congrégation des Théatins et fit profession un an plus tard. Il étudia la philosophie et la théologie sous le Père Caffaro, acquérant une réputation notable. Ordonné diacre, il commença à prêcher, démontrant un talent exceptionnel pour la chaire. Son éloquence et son esprit lui valurent une grande admiration. Il prêcha devant le roi lors des Avents de 1716 et 1732, ainsi que le Carême de 1720, et composa plusieurs sermons et panégyriques. En 1713, il accompagna le Duc d'Aumont en Angleterre, où il gagna le respect des seigneurs anglais et des ministres étrangers. Il entretint une liaison étroite avec le Marquis de Monteleon, ambassadeur d'Espagne. Boursault fut deux fois supérieur de la Maison des Théatins de Paris, apprécié pour ses lumières, sa douceur et sa modestie. Lors de sa dernière maladie et de sa mort, la cour et la ville exprimèrent leurs regrets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6420
p. 771-772
« La conformité du sujet nous engage à profiter de cette occasion pour réparer une omission [...] »
Début :
La conformité du sujet nous engage à profiter de cette occasion pour réparer une omission [...]
Mots clefs :
George-Thomas de Jinville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La conformité du sujet nous engage à profiter de cette occasion pour réparer une omission [...] »
La conformité du sujet nous engage à proffter
de cette occasion pour réparer une omission
faite sur la mort du R. P. George- Thomas de
Jinville , Dominiquain du Convent de la ruë
S. Jacques , arrivée le 24 Février dernier , dans la
93e année de son âge , étant né à Toul , au mois
de Février 1640. Ce Religieux , après avoir enseigné
et prêché avec succès , après avoir rempli
avec applaudissement toutes les Charges de son
Ordre , s'est particulierement distingué par une
rare piété, par le talent de la direction, et en particulier
par celui de sçavoir ramener et conduire
les personnes les plus égarées des voies du
salut. Le Seigneur avoit joint à ces dons estimables
, celui d'une santé , qui n'a presque jamais
GY été
772 MERCURE DE FRANCE.
été altérée , ayant conservé jusqu'à la fin une
prodigieuse mémoire , une présence d'esprit admirable
, et la facilité d'étudier et de lire , sans
aucun des secours ordinaires .
de cette occasion pour réparer une omission
faite sur la mort du R. P. George- Thomas de
Jinville , Dominiquain du Convent de la ruë
S. Jacques , arrivée le 24 Février dernier , dans la
93e année de son âge , étant né à Toul , au mois
de Février 1640. Ce Religieux , après avoir enseigné
et prêché avec succès , après avoir rempli
avec applaudissement toutes les Charges de son
Ordre , s'est particulierement distingué par une
rare piété, par le talent de la direction, et en particulier
par celui de sçavoir ramener et conduire
les personnes les plus égarées des voies du
salut. Le Seigneur avoit joint à ces dons estimables
, celui d'une santé , qui n'a presque jamais
GY été
772 MERCURE DE FRANCE.
été altérée , ayant conservé jusqu'à la fin une
prodigieuse mémoire , une présence d'esprit admirable
, et la facilité d'étudier et de lire , sans
aucun des secours ordinaires .
Fermer
Résumé : « La conformité du sujet nous engage à profiter de cette occasion pour réparer une omission [...] »
Le texte corrige une omission sur la mort du R. P. George-Thomas de Jinville, dominicain du couvent de la rue Saint-Jacques, survenue le 24 février à 93 ans. Né à Toul en 1640, il était reconnu pour son enseignement, ses prêches, sa piété et son talent en direction spirituelle. Il conservait une mémoire prodigieuse et une santé robuste jusqu'à la fin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6421
p. 772-773
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu, chez la veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'or ; et chez [...]
Mots clefs :
Estampe, Peintre, Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu , chez la veuve Chereau
rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or ; et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
une Estampe nouvellement gravée d'après un
des plus beaux Tableaux de fen Watteau , Peintre
Flamand , de l'Academie Royale de Peinture
et de Sculpture. Le Sujet aussi galand qu'allégorique
, represente l'Embarquement des Pellerins
pour l'Isle de Cithere . Le Tableau original est
d'une grande composition et d'un effet charmant
; il est dans le Cabinet de M. de Jullienne,
lequel continue depuis plus de douze années à
faire graver tous les Ouvrages de ce gracieux
Peintre , nous pouvons assurer que celui - cy est
un de ceux qui fait le plus de plaisir. Il est tresheureusement
gravé par le sieur Tardieu , grande
Estampe en largeur.
Il paroît aussi une nouvelle Estampe en large ;
gravée par le sieur L. Desplaces , d'après un Tableau
du Parmesan , représentant Venus et l'Amour.
Elle se vend chez l'Auteur , ruë de la Jussienne.
Il paroît encore depuis peu deux fort belles
Estampes en large , qui ont un fort grand débit ,
chez le sieur Odieuvre , Marchand d'Estampes
sur le Quay de l'Ecole , vis -à - vis la Samaritaine
. Les Sujets sont la Naissance et la Mort dAdonis
tres- bien gravez , par le S Aubert , d'après
deux Tableaux originaux de M. Boucher ,
dont le Pinceau et le Dessein répondent à la
beauté de la composition.
r
L'Estam
AVRIL. 1733. 773
L'Estampe de la Dille Sallé , dont on a parlé
dans le dernier Mercure , pag. 54. a tres-bien
réussi , et fait tres - grand plaisir aux Curieux .
Cette admirable Danseuse est representée dansant
au son de quatre Instrumens , et suivie do
trois autres Danseuses , dans un beau Païsage
orné d'un riche morceau d'Architecture. Cette
Planche , qui fait directement pendant à celle de
la Dile Camargo, est tres - bien gravée par le sieur
Delarmessin , d'après l'original , peint par le sieur
Lancret , Peintre distingué de l'Académie. On
lit ces Vers au bas :
Maîtresse de cet Art , que guide l'Harmonie ,
Je peins les passions , j'exprime la gayeté ;
Je joints des pas brillans , au feu de mon génie ,
Les Graces , la Justesse et la Légereté ,
Sans offenser l'aimable modestie ,
Qui de mon sexe augmente la beauté.
Cette Estampe se vend chez le sieur Lancrer
à l'entrée du Quay de la Ferraille , à la Croix de
Perles ; chez N. Delarmessin , ruë du Platre ; et
chez la veuve Chereau , ruë S Jacques.
rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or ; et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
une Estampe nouvellement gravée d'après un
des plus beaux Tableaux de fen Watteau , Peintre
Flamand , de l'Academie Royale de Peinture
et de Sculpture. Le Sujet aussi galand qu'allégorique
, represente l'Embarquement des Pellerins
pour l'Isle de Cithere . Le Tableau original est
d'une grande composition et d'un effet charmant
; il est dans le Cabinet de M. de Jullienne,
lequel continue depuis plus de douze années à
faire graver tous les Ouvrages de ce gracieux
Peintre , nous pouvons assurer que celui - cy est
un de ceux qui fait le plus de plaisir. Il est tresheureusement
gravé par le sieur Tardieu , grande
Estampe en largeur.
Il paroît aussi une nouvelle Estampe en large ;
gravée par le sieur L. Desplaces , d'après un Tableau
du Parmesan , représentant Venus et l'Amour.
Elle se vend chez l'Auteur , ruë de la Jussienne.
Il paroît encore depuis peu deux fort belles
Estampes en large , qui ont un fort grand débit ,
chez le sieur Odieuvre , Marchand d'Estampes
sur le Quay de l'Ecole , vis -à - vis la Samaritaine
. Les Sujets sont la Naissance et la Mort dAdonis
tres- bien gravez , par le S Aubert , d'après
deux Tableaux originaux de M. Boucher ,
dont le Pinceau et le Dessein répondent à la
beauté de la composition.
r
L'Estam
AVRIL. 1733. 773
L'Estampe de la Dille Sallé , dont on a parlé
dans le dernier Mercure , pag. 54. a tres-bien
réussi , et fait tres - grand plaisir aux Curieux .
Cette admirable Danseuse est representée dansant
au son de quatre Instrumens , et suivie do
trois autres Danseuses , dans un beau Païsage
orné d'un riche morceau d'Architecture. Cette
Planche , qui fait directement pendant à celle de
la Dile Camargo, est tres - bien gravée par le sieur
Delarmessin , d'après l'original , peint par le sieur
Lancret , Peintre distingué de l'Académie. On
lit ces Vers au bas :
Maîtresse de cet Art , que guide l'Harmonie ,
Je peins les passions , j'exprime la gayeté ;
Je joints des pas brillans , au feu de mon génie ,
Les Graces , la Justesse et la Légereté ,
Sans offenser l'aimable modestie ,
Qui de mon sexe augmente la beauté.
Cette Estampe se vend chez le sieur Lancrer
à l'entrée du Quay de la Ferraille , à la Croix de
Perles ; chez N. Delarmessin , ruë du Platre ; et
chez la veuve Chereau , ruë S Jacques.
Fermer
Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
En avril 1733, plusieurs estampes notables ont été mises en vente à Paris. Une estampe gravée par Tardieu, d'après un tableau de Jean-Antoine Watteau, représentant 'L'Embarquement pour l'île de Cythère', est disponible chez la veuve Chereau et chez Surrugues. Ce tableau, appartenant à M. de Jullienne, est considéré comme l'un des plus plaisants de Watteau. Une autre estampe, gravée par L. Desplaces d'après un tableau du Parmesan représentant Vénus et l'Amour, est vendue par son auteur rue de la Jussienne. Deux estampes représentant la Naissance et la Mort d'Adonis, gravées par Aubert d'après des tableaux de François Boucher, sont disponibles chez Odieuvre sur le Quay de l'Ecole. Enfin, une estampe de la danseuse Dille Sallé, gravée par Delarmessin d'après un original de Lancret, est également en vente chez plusieurs marchands. Cette estampe montre Dille Sallé dansant au son de quatre instruments, accompagnée de trois autres danseuses, dans un paysage orné d'architecture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6422
p. 773-776
Grille faite pour le Roy de Portugal, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Garnier, Serrurier, Entrepreneur dans les Bâtimens du Roy, a attiré dans son Attellier, [...]
Mots clefs :
Serrure, Corniche, Feuilles, Bronze, Fleurons, Grille, Barreaux, Roi de Portugal, Garnier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Grille faite pour le Roy de Portugal, [titre d'après la table]
Le sieur Garnier , Serrurier, Entrepreneur dans
les Bâtimens du Roy, a attiré dans son Attellier,
à l'entrée de la Cour des Princes du Château des
Thuilleries, un tres -grand concours de Curieux et
de gens de distinction de la Cour et de la Ville,
ainsi que les Entrepreneurs et Architheques des
Bâtimens de S. M. pour voir une magnifique
Grille , ordonnée par le Roy de Portugal , sous
la direction de M. Mendés de Goisse , et exécutée
par ledit sieur Garnier , dont tout le monde
a paru tres- satisfait.
6. vj
Ce
774 MERCURE DE FRANCE
Ce bel Ouvrage de Serrurerie doit être posé
dans l'Eglise des Capucins de Mafre , de fondation
Royale , à six lieuës de Lisbonne , et servir
de clôture au Choeur de cette Eglise , où est la
Sépulture des Rois de Portugal.
Ce grand Ouvrage , qui fut commencé au
mois de Juin 1730. et fini au mois de Mars
1733. sera incessamment embarqué sur la Seine
, jusqu'au Havre de Grace , et de là transporté
à Lisbonne.
La Grille a 15 pieds de hauteur , compris la
Corniche , et le Socle d'en bas et de pourtour
54 pieds , compris les Pans coupez et retour.
Elle est composée de 16 Panneaux , compris
les petits des côtez , et de 14 Pilastres . Au inilieu
est une Porte , à deux Vanteaux , portant
13 pieds de haut , sur 6 de large.
Les Panneaux sont composez de 6 Balustres
par en bas, qui sont garnis de 2 Consolles coudées
, avec deux Roulleaux carrez par en bas ,
qui forment leurs bases , portant des queues de
poireaux , avec leurs ovalles entretoisez , er arriere
corps , garnis d'ornemens en bronze , fleurons
, agraphes , feuilles d'eau , rosette et des
Liens à cordons.
Au dessus des Panneaux d'en - bas est une
traverse double où est incrutée une Frise en cuivre
, ornée de feuilles de Lauriers et autres.
2
Au-dessus de cette traverse il y a 7 Barreaux,
et demi Barreaux qui forment les panneaux
du haut. Ces barreaux sont cannelés sur :
fasses , depuis le haut de la Corniche jusques sur
la traverse, où est la Frise, à 9 pieds de hauteur,
bien ajustée et profilée , tout d'égale grosseur ,
tres- bien finis et poussez au rabot et autres ouails
faits exprès,
Chaque
AVRIL: 1733. 779
Chaque barreau est monté sur 2 consolles ,
avant -corées avec leurs bases, garnies d'ornemens
de bronze , fleurons , agraphes , ovalles et feüilles
de revers.
Le haut des Barreaux est aussi garni de Consolles
sous la barre du Linteau , avec leurs bases
et avant corps , ornez de liens à cordon , agraffes
, fleurons , et feuilles de refend .
Ces Pilastres , sur quoi la Corniche est posée
ont 8 pouces de large,et sont ornez de leurs Socles
et Baze , avec une Cimaise vis-à- vis la Frise,
et un Chapiteau au - dessus ; le tout tres-bien assemblé
avec la Corniche , où lon voit des or
nemens de bronze , têtes de Cherubins , Astragalle
, grandes palmettes, coquilles et des Cadres
par en haut et par bas , avec des moulures et des
guirlandes de feuilles de Lauriers et Rosettes , le
tout à double face . En bas est un Socle , qui fait
le pourtour à deux faces , garni de moulure en
bronze.
La Corniche d'un pied de hauteur , et de deux
de largeur , à double face , faisant le pourtour
des Pans coupez et retour de la grille , avec saut
et ressaut et onglet bien assemblé , avec moulures,
congez et carderons , ornez de bronzé , Une
bordure profilée , avec moulures carrées , et carderons
regne sur la face d'en bas de cette bordure
, garnie de 200 fleurons , ainsi qu'au dessous
de la même corniche , garnie de feuilles de
revers et de refends , dans le pourtour de la
grille ,
, pans coupez et ressauts.
Sur la Corniche sont posez à l'aplomb des
Pilastres , 8 Chandeliers triangulaires, de 6 pieds
de haut , avec leurs bassins de fer, recouverts en
cuivre , et ornez de plusieurs Aeurons et têtes de
Cherubins , &c .
La
776 MERCURE DE FRANCE
La Serture de la porte , sa garniture et la Clef
en acier cizelé, ont fait l'admiration de plusieurs
personnes de goût ; le canon tournant de la clef
est canelé en trefle , limé et poli dans la plus
grande perfection ; l'anneau est formé par deux
cornes d'abondance , et la Couronne de Portugal
au-dessus ; dans le Paneton on voit d'autres attributs
de l'Ecusson de S. M. Portugaise.
les Bâtimens du Roy, a attiré dans son Attellier,
à l'entrée de la Cour des Princes du Château des
Thuilleries, un tres -grand concours de Curieux et
de gens de distinction de la Cour et de la Ville,
ainsi que les Entrepreneurs et Architheques des
Bâtimens de S. M. pour voir une magnifique
Grille , ordonnée par le Roy de Portugal , sous
la direction de M. Mendés de Goisse , et exécutée
par ledit sieur Garnier , dont tout le monde
a paru tres- satisfait.
6. vj
Ce
774 MERCURE DE FRANCE
Ce bel Ouvrage de Serrurerie doit être posé
dans l'Eglise des Capucins de Mafre , de fondation
Royale , à six lieuës de Lisbonne , et servir
de clôture au Choeur de cette Eglise , où est la
Sépulture des Rois de Portugal.
Ce grand Ouvrage , qui fut commencé au
mois de Juin 1730. et fini au mois de Mars
1733. sera incessamment embarqué sur la Seine
, jusqu'au Havre de Grace , et de là transporté
à Lisbonne.
La Grille a 15 pieds de hauteur , compris la
Corniche , et le Socle d'en bas et de pourtour
54 pieds , compris les Pans coupez et retour.
Elle est composée de 16 Panneaux , compris
les petits des côtez , et de 14 Pilastres . Au inilieu
est une Porte , à deux Vanteaux , portant
13 pieds de haut , sur 6 de large.
Les Panneaux sont composez de 6 Balustres
par en bas, qui sont garnis de 2 Consolles coudées
, avec deux Roulleaux carrez par en bas ,
qui forment leurs bases , portant des queues de
poireaux , avec leurs ovalles entretoisez , er arriere
corps , garnis d'ornemens en bronze , fleurons
, agraphes , feuilles d'eau , rosette et des
Liens à cordons.
Au dessus des Panneaux d'en - bas est une
traverse double où est incrutée une Frise en cuivre
, ornée de feuilles de Lauriers et autres.
2
Au-dessus de cette traverse il y a 7 Barreaux,
et demi Barreaux qui forment les panneaux
du haut. Ces barreaux sont cannelés sur :
fasses , depuis le haut de la Corniche jusques sur
la traverse, où est la Frise, à 9 pieds de hauteur,
bien ajustée et profilée , tout d'égale grosseur ,
tres- bien finis et poussez au rabot et autres ouails
faits exprès,
Chaque
AVRIL: 1733. 779
Chaque barreau est monté sur 2 consolles ,
avant -corées avec leurs bases, garnies d'ornemens
de bronze , fleurons , agraphes , ovalles et feüilles
de revers.
Le haut des Barreaux est aussi garni de Consolles
sous la barre du Linteau , avec leurs bases
et avant corps , ornez de liens à cordon , agraffes
, fleurons , et feuilles de refend .
Ces Pilastres , sur quoi la Corniche est posée
ont 8 pouces de large,et sont ornez de leurs Socles
et Baze , avec une Cimaise vis-à- vis la Frise,
et un Chapiteau au - dessus ; le tout tres-bien assemblé
avec la Corniche , où lon voit des or
nemens de bronze , têtes de Cherubins , Astragalle
, grandes palmettes, coquilles et des Cadres
par en haut et par bas , avec des moulures et des
guirlandes de feuilles de Lauriers et Rosettes , le
tout à double face . En bas est un Socle , qui fait
le pourtour à deux faces , garni de moulure en
bronze.
La Corniche d'un pied de hauteur , et de deux
de largeur , à double face , faisant le pourtour
des Pans coupez et retour de la grille , avec saut
et ressaut et onglet bien assemblé , avec moulures,
congez et carderons , ornez de bronzé , Une
bordure profilée , avec moulures carrées , et carderons
regne sur la face d'en bas de cette bordure
, garnie de 200 fleurons , ainsi qu'au dessous
de la même corniche , garnie de feuilles de
revers et de refends , dans le pourtour de la
grille ,
, pans coupez et ressauts.
Sur la Corniche sont posez à l'aplomb des
Pilastres , 8 Chandeliers triangulaires, de 6 pieds
de haut , avec leurs bassins de fer, recouverts en
cuivre , et ornez de plusieurs Aeurons et têtes de
Cherubins , &c .
La
776 MERCURE DE FRANCE
La Serture de la porte , sa garniture et la Clef
en acier cizelé, ont fait l'admiration de plusieurs
personnes de goût ; le canon tournant de la clef
est canelé en trefle , limé et poli dans la plus
grande perfection ; l'anneau est formé par deux
cornes d'abondance , et la Couronne de Portugal
au-dessus ; dans le Paneton on voit d'autres attributs
de l'Ecusson de S. M. Portugaise.
Fermer
Résumé : Grille faite pour le Roy de Portugal, [titre d'après la table]
Le sieur Garnier, serrurier et entrepreneur des bâtiments du roi, a attiré une grande foule à son atelier près du Château des Tuileries pour admirer une magnifique grille commandée par le roi de Portugal. Cette grille, dirigée par M. Mendès de Goisse et exécutée par Garnier, est destinée à l'église des Capucins de Mafra, près de Lisbonne, pour clôturer le chœur où reposent les rois de Portugal. La grille, commencée en juin 1730 et achevée en mars 1733, mesure 15 pieds de hauteur et 54 pieds de pourtour. Elle est composée de 16 panneaux et 14 pilastres, avec une porte centrale à deux vantaux. Les panneaux sont ornés de balustres, consoles, roulleaux, et divers ornements en bronze. La grille sera bientôt transportée par la Seine jusqu'au Havre, puis à Lisbonne. Les détails de la grille incluent des barreaux cannelés, des consoles ornées, et une corniche richement décorée avec des ornements en bronze, des têtes de chérubins, et des guirlandes. La porte, sa serrure et sa clé en acier ciselé ont également été admirées pour leur finesse et leur perfection.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6423
p. 777-779
Discours au Public, [titre d'après la table]
Début :
Voici le Discours que le sieur du Fresne prononça le 21. du mois [...]
Mots clefs :
Scène, Auteur, Caractère, Zaïre, Gustave, Complaisant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours au Public, [titre d'après la table]
V
SPECTACLES.
Oici le Discours que le sieur du
Fresne prononça le 21. du mois
dernier.
MESSIEURS ,
Si en fermant le Théatre , l'usage de vous
remercier de vos bontés , n'étoit pas un usage
reçû depuis long- tems , il faudroit qu'il s'établit
de lui- même cette année , puisque nous
n'en sçaurions rappeller une où vous ayés
marqué plus de goût pour notre Spectacle
et plus d'indulgence pour les Acteurs.
,
L
Il est vrai , MESSIEURS , que votre
curiosité a dû être piquée par les productions
de deux Auteurs , qui également jaloux de
Phonneur de vous plaire , se sont présentez.
successivement sur la Scene tragique , concours
qui ne s'y étoit point rencontré depuis
nombre d'années , surtout avec le même fuccès.
Vous avez rendu , MESSIEURS , une
justice égale à deux mérites différens.
Dans la Tragédie de Zaïre , vous avez
applandi à cette simplicité de fonds d'om
l'Auteur
778 MERCURE DE FRANCE
l'Auteur a sçûtirer ces mouvemens attendrissans
, et donner aux paffions ce choc , et
cette étenduë de jeux si nécessaires dans le
Dramatique. Dans Gustave Vous avez
loné la préparation des incidens , la clarté
de leur développement , le respect des régles ,
la convenance des interêts , et la précision
des détails.
Le genre comique n'a pas été moins heureux.
Combien Auteur du Complaisant
a-t-il dû être flaté des applaudissemens
que
vous avez donnez à l'ingénieux arrangement
des Scenes de fa Piéce où il a sçû d'un Caractere
mitoyen faire un Caractere isolé , et
où le ton du monde , et la pureté du langage
se font remarquer d'un bout à l'autre , tant
dans la noblesse du Dialogue , que dans la
justesse des expressions.
Ce baut comique que vous avez jugé ;
MESSIEURS , le plus digne de vos suffrages
, et de vos louanges , mérite que vous
le mainteniés inviolablement sar la Scene.
Oserions - nous sur ce fondement vous annoncer
pour l'ouverture du Théatre. La Comédie
du Paresseux , que l'Auteur semble
avoir travaillée dans cet esprit , que nous
avons reçuë de même , mais dont nous ne
vous parlons que pour vous rendre compte
son intention et de la nôtre ; toutes deux éga
lement subordonnées à vos lumieres et à vos
de
Juge
AVRIL. 1733. 779
MES
jugemens : Puissions- nous toujours ,
SIEURS , les réunir l'un et l'autre en notre
faveur , rouvrir la Scene aussi glorieusement
que nous la fermons , et la fermer l'année
prochaine, en vous rendant graces comme
aujourd'hui.
SPECTACLES.
Oici le Discours que le sieur du
Fresne prononça le 21. du mois
dernier.
MESSIEURS ,
Si en fermant le Théatre , l'usage de vous
remercier de vos bontés , n'étoit pas un usage
reçû depuis long- tems , il faudroit qu'il s'établit
de lui- même cette année , puisque nous
n'en sçaurions rappeller une où vous ayés
marqué plus de goût pour notre Spectacle
et plus d'indulgence pour les Acteurs.
,
L
Il est vrai , MESSIEURS , que votre
curiosité a dû être piquée par les productions
de deux Auteurs , qui également jaloux de
Phonneur de vous plaire , se sont présentez.
successivement sur la Scene tragique , concours
qui ne s'y étoit point rencontré depuis
nombre d'années , surtout avec le même fuccès.
Vous avez rendu , MESSIEURS , une
justice égale à deux mérites différens.
Dans la Tragédie de Zaïre , vous avez
applandi à cette simplicité de fonds d'om
l'Auteur
778 MERCURE DE FRANCE
l'Auteur a sçûtirer ces mouvemens attendrissans
, et donner aux paffions ce choc , et
cette étenduë de jeux si nécessaires dans le
Dramatique. Dans Gustave Vous avez
loné la préparation des incidens , la clarté
de leur développement , le respect des régles ,
la convenance des interêts , et la précision
des détails.
Le genre comique n'a pas été moins heureux.
Combien Auteur du Complaisant
a-t-il dû être flaté des applaudissemens
que
vous avez donnez à l'ingénieux arrangement
des Scenes de fa Piéce où il a sçû d'un Caractere
mitoyen faire un Caractere isolé , et
où le ton du monde , et la pureté du langage
se font remarquer d'un bout à l'autre , tant
dans la noblesse du Dialogue , que dans la
justesse des expressions.
Ce baut comique que vous avez jugé ;
MESSIEURS , le plus digne de vos suffrages
, et de vos louanges , mérite que vous
le mainteniés inviolablement sar la Scene.
Oserions - nous sur ce fondement vous annoncer
pour l'ouverture du Théatre. La Comédie
du Paresseux , que l'Auteur semble
avoir travaillée dans cet esprit , que nous
avons reçuë de même , mais dont nous ne
vous parlons que pour vous rendre compte
son intention et de la nôtre ; toutes deux éga
lement subordonnées à vos lumieres et à vos
de
Juge
AVRIL. 1733. 779
MES
jugemens : Puissions- nous toujours ,
SIEURS , les réunir l'un et l'autre en notre
faveur , rouvrir la Scene aussi glorieusement
que nous la fermons , et la fermer l'année
prochaine, en vous rendant graces comme
aujourd'hui.
Fermer
Résumé : Discours au Public, [titre d'après la table]
Le sieur du Fresne a prononcé un discours le 21 du mois précédent pour remercier le public de son soutien et de son indulgence envers les spectacles. Il a souligné une année marquée par un goût particulier et une indulgence accrue envers les acteurs. Deux auteurs tragiques ont connu un succès égal. Pour la tragédie 'Zaïre', le public a apprécié la simplicité du fond et les mouvements attendrissants des passions. Pour 'Gustave', il a loué la préparation des incidents, la clarté de leur développement, le respect des règles, la convenance des intérêts et la précision des détails. Dans le genre comique, l'auteur du 'Complaisant' a été flatté par les applaudissements pour l'arrangement ingénieux des scènes, le caractère isolé, le ton du monde et la pureté du langage. Le discours annonce également la future représentation de la comédie 'Le Paresseux', dont l'auteur a travaillé dans le même esprit. Le sieur du Fresne espère que le public continuera à soutenir les spectacles avec la même faveur et à juger les œuvres avec ses lumières et ses jugements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6424
p. 779-780
« Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...] »
Début :
Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...]
Mots clefs :
Quinault l'aîné, Labat, Fleury-Liard, Iphigénie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...] »
Le Théatre François vient de faire une
grande perte en la personne du sieur Quinault
l'aîné , qui s'est retiré dans un âge
encore assez peu avancé , au grand regret
des amateurs de la bonne Comédie. Son
principal emploi dans ces derniers tems
étoit de jouer les Amoureux Comiques ,
en quoi il excelloit.
La Dlle Labat a aussi demandé à se retirer
, quoiqu'elle soit encore fort jeune.
Elle joüoit également bien et avec beaucoup
de noblesse , les Amoureuses Tragiques
et Comiques , avec une figure
agréable , & beaucoup d'agrémens dans
sa personne ; elle dansoit admirablement ,
et avoit l'art de se parer avec beaucoup
de goût selon les divers Caracteres qu'elle
représentoit.
25
Le Samedi de ce mois , le S' Fleury-
Liard , Acteur nouveau , qui a été dans
les Provinces , joüa ici pour la premiere
fois le Rôle d'Achilles , dans la Tragédie
d'Iphi
780 MERCURE DE FRANCE
d'Iphigenie , et il fut fort applaudi
,
ainsi
que
y
dans celui du Comte d'Essex
qu'il joua le surlendemain . C'est un jeune
homme fort bien fait.
grande perte en la personne du sieur Quinault
l'aîné , qui s'est retiré dans un âge
encore assez peu avancé , au grand regret
des amateurs de la bonne Comédie. Son
principal emploi dans ces derniers tems
étoit de jouer les Amoureux Comiques ,
en quoi il excelloit.
La Dlle Labat a aussi demandé à se retirer
, quoiqu'elle soit encore fort jeune.
Elle joüoit également bien et avec beaucoup
de noblesse , les Amoureuses Tragiques
et Comiques , avec une figure
agréable , & beaucoup d'agrémens dans
sa personne ; elle dansoit admirablement ,
et avoit l'art de se parer avec beaucoup
de goût selon les divers Caracteres qu'elle
représentoit.
25
Le Samedi de ce mois , le S' Fleury-
Liard , Acteur nouveau , qui a été dans
les Provinces , joüa ici pour la premiere
fois le Rôle d'Achilles , dans la Tragédie
d'Iphi
780 MERCURE DE FRANCE
d'Iphigenie , et il fut fort applaudi
,
ainsi
que
y
dans celui du Comte d'Essex
qu'il joua le surlendemain . C'est un jeune
homme fort bien fait.
Fermer
Résumé : « Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...] »
Le Théâtre François a récemment connu deux départs notables. Le sieur Quinault l'aîné, célèbre pour ses rôles d'amoureux comiques, s'est retiré à un âge jeune, laissant les amateurs de comédie dans le regret. De même, la demoiselle Labat, malgré sa jeunesse, a décidé de se retirer. Elle était appréciée pour ses interprétations nobles des rôles d'amoureuses tragiques et comiques, ainsi que pour ses talents de danseuse et son sens du costume adapté à chaque personnage. Par ailleurs, le sieur Fleury-Liard, un nouvel acteur ayant précédemment joué dans les provinces, a fait ses débuts au Théâtre François le samedi du mois en cours. Il a interprété le rôle d'Achille dans la tragédie d'Iphigénie et a été chaleureusement applaudi. Deux jours plus tard, il a joué le rôle du Comte d'Essex. Fleury-Liard est décrit comme un jeune homme bien fait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6425
p. 780-789
LE COMPLAISANT, Comédie en cinq Actes, représentée sur le Théatre François en Janvier 1732.
Début :
ACTEURS. M. Orgon, mari de Me Orgon, le sieur Duchemin. [...]
Mots clefs :
Orgon, Damis, Angélique, Caractère, Complaisance, Pièce, Théâtre, Cléante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE COMPLAISANT, Comédie en cinq Actes, représentée sur le Théatre François en Janvier 1732.
LE COMPLAISANT , Comédie en
cing Actes , représentée sur le Théatre
François en Fanvier 1732 .
ACTEURS.
M. Orgon , mari de Me Orgon , le sieur
Duchemin.
Me Orgon , femme de M. Orgon , la
Dlle Quinault.
Angélique , fille de M. et de Me Orgon ,
la Dlle Gaussin,
Cléante, frere de M. Orgon , M. du Brežil.
Argant , cousin de M. Orgon , le sieur
1 Damis
Eraste ..
Peisson.
Amans d'Angélique , les sieurs
Montmesnil et Grandval.
Le Marquis , ami de Damis , le sieur
Dufresne.
Lisette , Suivante d'Angélique , la Dile
Dangeville.
La Scene eft dans la maison de M. Orgon ,
L'élégance qui régne dans toute cette
Piéce , fait un honneur infini à la plume
de l'Auteur anonyme , qui , à ce
qu'on
л VRT L. 1733. 781
qu'on a dit d'abord , en a voulu faire présent
au Théatre François. On assûre que
c'est son premier Ouvrage , auquel cas
il est à souhaitter que ce ne soit pas son
dernier. Comme l'ingénieux inconnu à
qui nous devons cet admirable coup d'essai
, ne s'est attaché qu'à bien traiter tous
ses Caracteres , et surtout celui qui donne
le titre à sa Piéce ; il a négligé ce
qu'on appelle intrigue ; on pourra juger
par ce court argument de ce qui constitue
l'action théatrale.
M. Orgon a un procès à faire juger , et
une fille à marier ; Mad. Orgon , sa femme
, se met très peu en peine du procès
de son mari , et ne s'occupe que du choix
d'un Gendre dont l'humeur convienne à
la sienne ; Damis lui paroît tel , parce
qu'il est le plus complaisant de tous les
hommes ; M. Orgon s'accorde pour la
premiere fois avec elle , et panche du
côté de Damis , grace à cette même complaisance
qui a gagné le coeur de sa femme.
Eraste , dont le Caractere est noble
et sincere , s'est acquis l'estime d'Angélique
c'est le nom de la Fille que M. et
Me Orgon conviennent qu'il faut donher
à Damis, ) mais cette estime n'empê
che pas qu'elle ne préfére l'agrément exterieur
de l'un de ses deux Amans au mérite
782 MERCURE DE FRANCE
rite solide de l'autre. Cette préférence
n'est pourtant pas si déclarée , qu'elle
ôte aux Spectateurs l'espérance de voir
revenir Angélique de l'agrément au solide
, et c'est là tout ce qui constituë le
noeud de la Piéce ; en voici le dénoiiment :
le vice est puni , et la vertu est récompensée
; la complaisance outrée de Damis
fait qu'il manque de parole à Orgon , à
que ce manque de parole lui fait perdre
le procès ; elle irrite Mad. Argante , parce
que Damis , pour complaire à son
mari , a congedié des Musiciens qu'elle
avoit mandés pour un Divertissement de
sa façon ; elle le détruit enfin dans le
coeur d'Angélique , par une espéce d'infidelité
qu'elle lui a fait commettre envers
elle. Pour achever le dénouement ,
Eraste qui s'étoit déja emparé de l'estime
d'Angélique par la noblesse de ses procédés
, lui inspire une tendre reconnoissance
par la generosité avec laquelle il
paye secretement cinquante mille écus
somme à laquelle M. Orgon vient d'être
condamné par corps en perdant son
procès.
On voit par ce petit argument que la
Piéce , quoiqu'elle soit en cinq Actes ,
n'est pas beaucoup chargée d'action , mais
en récompense le Caractere dominant y
est
AVRIL. 1733 78;
est soutenu du commencement à la fin.
On auroit souhaité que ce Caractere fût
un peu plus mis en oeuvre , et qu'il se
développât plutôt par des actions que
par des conversations ; ce défaut n'est.
que trop commun dans les Piéces modernes
; on y parle beaucoup plus qu'on n'y
agit , comme si l'on ignoroit que l'action
est l'ame de la Comédie et de la Tragédie.
On auroit voulu surtout qu'immédiatement
après que Damis a promis
à M. Orgon de faire différer le jugement
de son procès , ce même Damis eut été
prié par Mad. Orgon de le faire avancer,
et qu'il eut manqué à sa parole par complaisance
, ou, pour mieux dire , il auroit
encore mieux valu que l'Auteur lui eut
sauvé une perfidie , qui fait un crime de
ce qui ne devoit être qu'un ridicule .
A ce Caractere dominant , on en joint
d'autres purement accessoires , où l'Auteur
a fait voir qu'il est excellent Peintre,
tant qu'il ne faut employer d'autre pinceau
que sa plume ; on lui reproche même
comme un défaut, une éloquence dont
bien d'autres tireroient vanité ; il a tant
d'esprit qu'il ne peut s'empêcher d'en
donner à tous ses personnages . Voilà ce
qu'on a presque generalement observé
dans la Comédie du Complaisant ; il ne
nous
484 MERCURE DE FRANCE.
nous reste plus , pour la satisfaction de
nos Lecteurs , qu'à donner quelques traits
de la maniere d'écrire de l'Auteur , qui
pourroit servir de modele aux Orateurs
les plus élégans , et qui n'a que le malheur
de n'être pas bien en sa place.
Nous ne citerons que ce qui concerne
le caractere dominant. Voici comment
Cléante , frere de M. Orgon , le'définit dans
le premier Acte. Damis rassemble les qualitez
les plus contraires , il en a du moins
les apparences. Sans caractere , sans humeur
, il se livre aux impressions étrangeres ;
il prend chez les autres sa tristesse et sa
joye ; elles s'emparent de son visage sans
passer dans son coeur; toutes les opinions ,
sous les sistêmes lui plaisent également ; il
les adopte , il les abandonne , il les réfute
il les soutient ; la vrai-semblance qui le
séduit , Paide encore à tromper les autres.
tout paroît probable à ses yeux , tout devient
probable dans sa bouche . Il ne pense point ;
il ne sent point , tout son talent est d'exprimer
avec facilité des sentimens et des
pensées. Son esprit , chargé des idées d'antrui
, ne sçauroit en produire aucune ; si
quelquefois il a le courage de juger par luimême
, la plus foible contradiction le rebute
et l'effraye bien- tôt il assujettit ce
qu'il pense au désir de plaire ; bien- tôt même
AVRI L. 1733. 781
ne il oublie ce qu'il a pensé. Sa conduite
n'est pas moins inégale ; son gout , son inclination
, ses moeurs , sont soumis aux caprices
de ceux qui l'environnent. Esclave de
La Societé, le même excès de complaisance qui
dicte ses paroles , dirige aussi ses démarches.
Voici comme Damis se définit lui- même
, parlant à Cléante , qui veut lui faire
sentir les inconvéniens qui peuvent naître
d'un excès de complaisance.
Mon Sistême , puisqu'enfin vous m'ordonnez
d'en avoir un , n'est pas de m'assujettir
à ces regles arbitraires qu'on n'ose
jamais perdre de vie , à ces loix importunes
et rigoureuses qu'on impose souvent
sans necessité , et que vous appellez des
principes. Leur effet ordinaire est de contrarier
les idées d'autrui , sans rectifier les nôtres.
Pour vivre avec tout le monde , il faut
se persuader, si l'on peut, que tout le monde
a raison ; à force de le souhaiter on s'accous
tume à le croire.
de mau-
Et comme Cléante le soupçonne de
mauvaise foi , il ajoûte : Ne cherchez point
à m'allarmer par un odieux soupçon
vaise foi; on n'est point faux , quand on
ne veut point l'être. Peu jaloux de ce que
je pense peu attaché à ce que je veux
ma facilité naturelle me fait entrer avecplai
sir dans les mouvemens qu'on veut m'inspirer
786 MERCURE DE FRANCE
pirer; une prévention toujours favorable
et toujours sincere , me peint les objets sous
les couleurs les plus heureuses. Je voi les
hommes tels qu'ils veulent me paroître ; je
ne m'attacke point à sonder les replis de leurs
coeurs ; indulgent pour leurs travers , admirateur
de leurs bonnes qualitez , je cherche
moins à démêler leurs vices , qu'à profiter
de leurs vertus .
Cléante lui faisant un dernier reproche
sur son caractere , qui du moins ,
dit-il , le fait tomber dans la flatterie ,
deffaut dont tout le monde doit rougir,
il lui répond : deffaut dont personne ne doit
m'accuser. Un flatteur est sans cesse occupé
de vues interessées , et la honte d'une adulation
servile le touche beaucoup moins que
les avantages personnels qu'il en tire. Pour
moi , sans former de projets , sans exiger de
reconnoissance , j'apporte dans la Societé des
dispositions d'autant plus commodes , que
chacun y peut trouver son compte , sans qu'il
m'en coûte rien . En un mot , voici toute ma
Philosophie , et je me sçais bon gré d'en être
redevable à la Nature plutôt qu'à la refle
xion; j'écoute volentiers , j'approuve aisé
ment , je ne contredis jamais , et pour peu
que la conversation durât , je pourrois bien
prendre votre avis contre moi-même ; peutétre
l'aurois -je déjafait , si vous m'aviez atraqué
moins vivement. Le
A VRL I. 1733. 787
Le Lecteur doit convenir qu'il faut avoir
bien de l'éloquence pour soutenir si bien
une si mauvaise cause. Au reste l'Auteur
n'est pas moins élegant qu'éloquent ; on
peut même dire qu'il est un peu trop exact
dans le choix des termes , et qu'il n'est
pas dans la nature que des conversations
ordinaires ressemblent à des discours étudiez
avec un art aussi continu que cellescy
le paroissent ; aussi tout le monde est-il
convenu que l'Auteur de cette Comédie
est encore plus Orateur qu'Auteur ; il
faut pourtant lui rendre justice sur cette
derniere qualité. Sa Piece , quoiqu'un peu
vuide d'action, ne laisse pas d'être ornée de
ce qu'on appelle jeu de Théatre ; il y en
a- un entre autres dans le quatrième Acte
, qui soutenu de la vivacité du sieur
et de la Dile Quinault , a fait un plaisir
infini , on peut même dire que c'est quelque
chose de plus qu'un jeu de Théatre :
puisqu'il produit un coup de Théatre ;
Voici de quoi il s'agit . M. Orgon ayant
annoncé à Damis la perte de son Procès
, ce dernier en est si penetré , qu'on
croiroit que c'est lui - même qui vient d'ê
tre condamné par corps à payer les cinquante
mille écus dont il s'agit. M. Or
gon va chercher son frere pour le convaincre
de la sensibilité de son gendre
H futur
788 MERCURE DE FRANCE
futur, Mad. Orgon arrive bien- tôt après,
et fait part à Damis d'un Divertissement
qu'elle a fait. Damis s'y prête si bien.
par complaisance , qu'il chante et danse
avec elle , aussi gayement , qu'il vient
de s'affliger tristement avec M. Orgon,
Ce dernier survient avec son frere , et
trouve son Héraclite métamorphosé en
Démocrite . Damis se tire d'affaire comme
il peut , et lui dit que de peur de
succomber à sa douleur , il cherche à
s'égayer.
Il s'en faut bien que le cinquiéme Acte
ait répondu au quatrième. De tous les
motifs qui font punir le Complaisant ,
il n'y en a qu'un de vrai , et qui va jusqu'à
la trahison ; c'est d'avoir , par complaisance
pour Mad. Orgon , acceleré le
jugement d'un procès qu'il avoit promis
à M. Orgon de faire differer. L'infidelité
prétendue dont Angelique l'assure , ne
mérite aucune punition , non-plus que le
soin qu'il a pris de renvoyer les Musiciens
de Mad. Orgon : or tout ce qui
autorise le dénoûment , c'est la generosité
d'Eraste qui a payé les cinquante mille
mille écus ausquels M. Orgon étoit condamné
par corps ; ainsi c'est plutôt la
vertu recompensée , que le vice puni ,
qui termine cette Piece.
Le
AVRIL
1733. 789
Elle paroît très - bien imprimée chez le
Breton, Quay des Augustins , et a un fort
grand debit.
cing Actes , représentée sur le Théatre
François en Fanvier 1732 .
ACTEURS.
M. Orgon , mari de Me Orgon , le sieur
Duchemin.
Me Orgon , femme de M. Orgon , la
Dlle Quinault.
Angélique , fille de M. et de Me Orgon ,
la Dlle Gaussin,
Cléante, frere de M. Orgon , M. du Brežil.
Argant , cousin de M. Orgon , le sieur
1 Damis
Eraste ..
Peisson.
Amans d'Angélique , les sieurs
Montmesnil et Grandval.
Le Marquis , ami de Damis , le sieur
Dufresne.
Lisette , Suivante d'Angélique , la Dile
Dangeville.
La Scene eft dans la maison de M. Orgon ,
L'élégance qui régne dans toute cette
Piéce , fait un honneur infini à la plume
de l'Auteur anonyme , qui , à ce
qu'on
л VRT L. 1733. 781
qu'on a dit d'abord , en a voulu faire présent
au Théatre François. On assûre que
c'est son premier Ouvrage , auquel cas
il est à souhaitter que ce ne soit pas son
dernier. Comme l'ingénieux inconnu à
qui nous devons cet admirable coup d'essai
, ne s'est attaché qu'à bien traiter tous
ses Caracteres , et surtout celui qui donne
le titre à sa Piéce ; il a négligé ce
qu'on appelle intrigue ; on pourra juger
par ce court argument de ce qui constitue
l'action théatrale.
M. Orgon a un procès à faire juger , et
une fille à marier ; Mad. Orgon , sa femme
, se met très peu en peine du procès
de son mari , et ne s'occupe que du choix
d'un Gendre dont l'humeur convienne à
la sienne ; Damis lui paroît tel , parce
qu'il est le plus complaisant de tous les
hommes ; M. Orgon s'accorde pour la
premiere fois avec elle , et panche du
côté de Damis , grace à cette même complaisance
qui a gagné le coeur de sa femme.
Eraste , dont le Caractere est noble
et sincere , s'est acquis l'estime d'Angélique
c'est le nom de la Fille que M. et
Me Orgon conviennent qu'il faut donher
à Damis, ) mais cette estime n'empê
che pas qu'elle ne préfére l'agrément exterieur
de l'un de ses deux Amans au mérite
782 MERCURE DE FRANCE
rite solide de l'autre. Cette préférence
n'est pourtant pas si déclarée , qu'elle
ôte aux Spectateurs l'espérance de voir
revenir Angélique de l'agrément au solide
, et c'est là tout ce qui constituë le
noeud de la Piéce ; en voici le dénoiiment :
le vice est puni , et la vertu est récompensée
; la complaisance outrée de Damis
fait qu'il manque de parole à Orgon , à
que ce manque de parole lui fait perdre
le procès ; elle irrite Mad. Argante , parce
que Damis , pour complaire à son
mari , a congedié des Musiciens qu'elle
avoit mandés pour un Divertissement de
sa façon ; elle le détruit enfin dans le
coeur d'Angélique , par une espéce d'infidelité
qu'elle lui a fait commettre envers
elle. Pour achever le dénouement ,
Eraste qui s'étoit déja emparé de l'estime
d'Angélique par la noblesse de ses procédés
, lui inspire une tendre reconnoissance
par la generosité avec laquelle il
paye secretement cinquante mille écus
somme à laquelle M. Orgon vient d'être
condamné par corps en perdant son
procès.
On voit par ce petit argument que la
Piéce , quoiqu'elle soit en cinq Actes ,
n'est pas beaucoup chargée d'action , mais
en récompense le Caractere dominant y
est
AVRIL. 1733 78;
est soutenu du commencement à la fin.
On auroit souhaité que ce Caractere fût
un peu plus mis en oeuvre , et qu'il se
développât plutôt par des actions que
par des conversations ; ce défaut n'est.
que trop commun dans les Piéces modernes
; on y parle beaucoup plus qu'on n'y
agit , comme si l'on ignoroit que l'action
est l'ame de la Comédie et de la Tragédie.
On auroit voulu surtout qu'immédiatement
après que Damis a promis
à M. Orgon de faire différer le jugement
de son procès , ce même Damis eut été
prié par Mad. Orgon de le faire avancer,
et qu'il eut manqué à sa parole par complaisance
, ou, pour mieux dire , il auroit
encore mieux valu que l'Auteur lui eut
sauvé une perfidie , qui fait un crime de
ce qui ne devoit être qu'un ridicule .
A ce Caractere dominant , on en joint
d'autres purement accessoires , où l'Auteur
a fait voir qu'il est excellent Peintre,
tant qu'il ne faut employer d'autre pinceau
que sa plume ; on lui reproche même
comme un défaut, une éloquence dont
bien d'autres tireroient vanité ; il a tant
d'esprit qu'il ne peut s'empêcher d'en
donner à tous ses personnages . Voilà ce
qu'on a presque generalement observé
dans la Comédie du Complaisant ; il ne
nous
484 MERCURE DE FRANCE.
nous reste plus , pour la satisfaction de
nos Lecteurs , qu'à donner quelques traits
de la maniere d'écrire de l'Auteur , qui
pourroit servir de modele aux Orateurs
les plus élégans , et qui n'a que le malheur
de n'être pas bien en sa place.
Nous ne citerons que ce qui concerne
le caractere dominant. Voici comment
Cléante , frere de M. Orgon , le'définit dans
le premier Acte. Damis rassemble les qualitez
les plus contraires , il en a du moins
les apparences. Sans caractere , sans humeur
, il se livre aux impressions étrangeres ;
il prend chez les autres sa tristesse et sa
joye ; elles s'emparent de son visage sans
passer dans son coeur; toutes les opinions ,
sous les sistêmes lui plaisent également ; il
les adopte , il les abandonne , il les réfute
il les soutient ; la vrai-semblance qui le
séduit , Paide encore à tromper les autres.
tout paroît probable à ses yeux , tout devient
probable dans sa bouche . Il ne pense point ;
il ne sent point , tout son talent est d'exprimer
avec facilité des sentimens et des
pensées. Son esprit , chargé des idées d'antrui
, ne sçauroit en produire aucune ; si
quelquefois il a le courage de juger par luimême
, la plus foible contradiction le rebute
et l'effraye bien- tôt il assujettit ce
qu'il pense au désir de plaire ; bien- tôt même
AVRI L. 1733. 781
ne il oublie ce qu'il a pensé. Sa conduite
n'est pas moins inégale ; son gout , son inclination
, ses moeurs , sont soumis aux caprices
de ceux qui l'environnent. Esclave de
La Societé, le même excès de complaisance qui
dicte ses paroles , dirige aussi ses démarches.
Voici comme Damis se définit lui- même
, parlant à Cléante , qui veut lui faire
sentir les inconvéniens qui peuvent naître
d'un excès de complaisance.
Mon Sistême , puisqu'enfin vous m'ordonnez
d'en avoir un , n'est pas de m'assujettir
à ces regles arbitraires qu'on n'ose
jamais perdre de vie , à ces loix importunes
et rigoureuses qu'on impose souvent
sans necessité , et que vous appellez des
principes. Leur effet ordinaire est de contrarier
les idées d'autrui , sans rectifier les nôtres.
Pour vivre avec tout le monde , il faut
se persuader, si l'on peut, que tout le monde
a raison ; à force de le souhaiter on s'accous
tume à le croire.
de mau-
Et comme Cléante le soupçonne de
mauvaise foi , il ajoûte : Ne cherchez point
à m'allarmer par un odieux soupçon
vaise foi; on n'est point faux , quand on
ne veut point l'être. Peu jaloux de ce que
je pense peu attaché à ce que je veux
ma facilité naturelle me fait entrer avecplai
sir dans les mouvemens qu'on veut m'inspirer
786 MERCURE DE FRANCE
pirer; une prévention toujours favorable
et toujours sincere , me peint les objets sous
les couleurs les plus heureuses. Je voi les
hommes tels qu'ils veulent me paroître ; je
ne m'attacke point à sonder les replis de leurs
coeurs ; indulgent pour leurs travers , admirateur
de leurs bonnes qualitez , je cherche
moins à démêler leurs vices , qu'à profiter
de leurs vertus .
Cléante lui faisant un dernier reproche
sur son caractere , qui du moins ,
dit-il , le fait tomber dans la flatterie ,
deffaut dont tout le monde doit rougir,
il lui répond : deffaut dont personne ne doit
m'accuser. Un flatteur est sans cesse occupé
de vues interessées , et la honte d'une adulation
servile le touche beaucoup moins que
les avantages personnels qu'il en tire. Pour
moi , sans former de projets , sans exiger de
reconnoissance , j'apporte dans la Societé des
dispositions d'autant plus commodes , que
chacun y peut trouver son compte , sans qu'il
m'en coûte rien . En un mot , voici toute ma
Philosophie , et je me sçais bon gré d'en être
redevable à la Nature plutôt qu'à la refle
xion; j'écoute volentiers , j'approuve aisé
ment , je ne contredis jamais , et pour peu
que la conversation durât , je pourrois bien
prendre votre avis contre moi-même ; peutétre
l'aurois -je déjafait , si vous m'aviez atraqué
moins vivement. Le
A VRL I. 1733. 787
Le Lecteur doit convenir qu'il faut avoir
bien de l'éloquence pour soutenir si bien
une si mauvaise cause. Au reste l'Auteur
n'est pas moins élegant qu'éloquent ; on
peut même dire qu'il est un peu trop exact
dans le choix des termes , et qu'il n'est
pas dans la nature que des conversations
ordinaires ressemblent à des discours étudiez
avec un art aussi continu que cellescy
le paroissent ; aussi tout le monde est-il
convenu que l'Auteur de cette Comédie
est encore plus Orateur qu'Auteur ; il
faut pourtant lui rendre justice sur cette
derniere qualité. Sa Piece , quoiqu'un peu
vuide d'action, ne laisse pas d'être ornée de
ce qu'on appelle jeu de Théatre ; il y en
a- un entre autres dans le quatrième Acte
, qui soutenu de la vivacité du sieur
et de la Dile Quinault , a fait un plaisir
infini , on peut même dire que c'est quelque
chose de plus qu'un jeu de Théatre :
puisqu'il produit un coup de Théatre ;
Voici de quoi il s'agit . M. Orgon ayant
annoncé à Damis la perte de son Procès
, ce dernier en est si penetré , qu'on
croiroit que c'est lui - même qui vient d'ê
tre condamné par corps à payer les cinquante
mille écus dont il s'agit. M. Or
gon va chercher son frere pour le convaincre
de la sensibilité de son gendre
H futur
788 MERCURE DE FRANCE
futur, Mad. Orgon arrive bien- tôt après,
et fait part à Damis d'un Divertissement
qu'elle a fait. Damis s'y prête si bien.
par complaisance , qu'il chante et danse
avec elle , aussi gayement , qu'il vient
de s'affliger tristement avec M. Orgon,
Ce dernier survient avec son frere , et
trouve son Héraclite métamorphosé en
Démocrite . Damis se tire d'affaire comme
il peut , et lui dit que de peur de
succomber à sa douleur , il cherche à
s'égayer.
Il s'en faut bien que le cinquiéme Acte
ait répondu au quatrième. De tous les
motifs qui font punir le Complaisant ,
il n'y en a qu'un de vrai , et qui va jusqu'à
la trahison ; c'est d'avoir , par complaisance
pour Mad. Orgon , acceleré le
jugement d'un procès qu'il avoit promis
à M. Orgon de faire differer. L'infidelité
prétendue dont Angelique l'assure , ne
mérite aucune punition , non-plus que le
soin qu'il a pris de renvoyer les Musiciens
de Mad. Orgon : or tout ce qui
autorise le dénoûment , c'est la generosité
d'Eraste qui a payé les cinquante mille
mille écus ausquels M. Orgon étoit condamné
par corps ; ainsi c'est plutôt la
vertu recompensée , que le vice puni ,
qui termine cette Piece.
Le
AVRIL
1733. 789
Elle paroît très - bien imprimée chez le
Breton, Quay des Augustins , et a un fort
grand debit.
Fermer
Résumé : LE COMPLAISANT, Comédie en cinq Actes, représentée sur le Théatre François en Janvier 1732.
La pièce 'Le Complaisant' est une comédie en cinq actes représentée au Théâtre François en janvier 1732. L'intrigue se déroule dans la maison de M. Orgon, qui doit juger un procès et marier sa fille, Angélique. Mme Orgon, l'épouse de M. Orgon, favorise Damis, le cousin de M. Orgon, comme gendre en raison de sa complaisance. Eraste, amoureux d'Angélique, est apprécié par elle mais ne parvient pas à la convaincre de choisir son mérite plutôt que l'apparence d'un autre prétendant. Le nœud de la pièce repose sur l'espoir des spectateurs de voir Angélique préférer le mérite à l'apparence. Le dénouement voit la punition du vice et la récompense de la vertu. La complaisance excessive de Damis le conduit à manquer à sa parole envers Orgon, ce qui lui fait perdre son procès. De plus, Damis irrite Mme Argante en renvoyant des musiciens qu'elle avait convoqués et commet une infidélité envers Angélique. Eraste, par sa générosité, paie secrètement la somme à laquelle M. Orgon est condamné, gagnant ainsi l'estime et la reconnaissance d'Angélique. La pièce est notée pour son élégance et la qualité de ses dialogues, bien que l'action soit limitée. Le caractère de Damis est bien développé, mais aurait pu être mieux mis en œuvre par des actions plutôt que par des conversations. L'auteur est loué pour son éloquence et son esprit, mais critiqué pour la faiblesse de l'intrigue et l'absence de véritable action théâtrale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6426
p. 792
« Le 15. les mêmes Comédiens donnerent une Piece nouvelle, en Vers et en [...] »
Début :
Le 15. les mêmes Comédiens donnerent une Piece nouvelle, en Vers et en [...]
Mots clefs :
Arlequin philosophe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 15. les mêmes Comédiens donnerent une Piece nouvelle, en Vers et en [...] »
Le 15. les mêmes Comédiens donnerent
une Piece nouvelle , en Mers et en
trois Actes, avec un Divertissement , in
titulé Arlequin Philosophe
une Piece nouvelle , en Mers et en
trois Actes, avec un Divertissement , in
titulé Arlequin Philosophe
Fermer
6427
p. 793-811
LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet du Ballet Héroïque, intitulé : l'Empire de l'Amour, représenté pour la premiere fois au Théatre de l'Opéra, le 14 Avril 1733.
Début :
Cette Lettre, Monsieur, contient l'Extrait que vous avez bien voulu [...]
Mots clefs :
Amour, Vénus, Thésée, Phèdre, Ariane , Génie, Ismène, Psyché, Ballet héroïque, Théâtre de l'Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet du Ballet Héroïque, intitulé : l'Empire de l'Amour, représenté pour la premiere fois au Théatre de l'Opéra, le 14 Avril 1733.
-LETTRE à l'Auteur du Mercure
sujet du Ballet Héroïque , intitulé : l'Empire
de l'Amour , représenté pour la
premiere fois au Théatre de l'Opéra , le
14 Avril 1733.
Ette Lettre , Monsieur contient
Extrait que vous avez bien voulu
me demander du Poëne Lirique que je
viens de donner au Public. Jy joins les
changemens qui y ont été faits depuis la
premiere Représentation ; j'en expose
motifs , c'est- à -dire , les mécontentemens
que le Public avoit témoignés , et par
conséquent mes torts .
les
Le Prologue se passe dans l'Isle de Naxos
; on voit dans le fond du Théatre un
Temple de Jupiter. Bacchus , environné
des Nimphes, à qui son enfance a été confiée
, les voit avec regret accablées d'une
extrême vieillesse qu'elles déplorent par
ces Vers :
Ne peux- t - on enchaîner le tems ?
Le cruel nous poursuit sans cesse :
Il fait de nos plus doux instans
Autant de pas vers la vieillesse
Bacchus invoque Jupiter ; il en est éxaucé;
il l'annonce aux Nimphes , qui mar-
Hiiij chent
794 MERCURE DE FRANCE
chent alors vers le Temple avec cette
langueur ordinaire à la vieillesse ; à peine
ont- elles embrassé la Statuë de Jupiter
, qu'elles sortent du Temple ayant
repris tous les attraits de la Jeunesse , dansant
et chantant autour de Bacchus , et
le mot de Plaisir est le premier qu'elles
prononcent.
La Fête des Nimphes rajeunies, est interrompue
par l'arrivée des Menades
des Baccantes et des Corybantes ; qui en
formant des Jeux , invitent Bacchus à
faire la conquête du monde. A la fin des
Jeux Bacchus déclare aux Nimphes qu'il
part pour aller répandre les Arts dont
il est l'Inventeur , et le reste de la Scene
qui se passe entre Autonoé , la principale
Nimphe , et lui , expose le sujet des trois
Entrées dont ce Ballet est composé.
Je veux ( dit Bacchus ) pour le bonheur du
monde >
Devenir le plus grand des Dieux.
Autonoé.
Helas ! il en est un qui des Dieux est le maî
tre ,
Enfant impérieux , l'Univers est sa Cour .
Votre repos et vos vertus peut- être ,
Dépendront de lui quelque jour !
Bac
AVRIL 1733 795 .
Bacchus.
Eh i quel est donc enfin ce Tyran !
Autonoé.
C'est l'Amour.
Bacchus.
Ne peut- on, en fuyant , échapper à ses armes ?
Autonoé.
Pour mieux braver l'Amour n'en prenés point
d'allarmes ;
Voyés tous ses bienfaits surpassés par ses
maux ,
L'éloignement ne sert qu'à nous montrer ses
charmes
Et nous tromper sur ses deffauts.
Avant que vous quittés Naxos ,
Nous allons dans nos Jeux peindre sa tyranie
,
Vous le verrés ternir la gloire d'un Heros ;
Tromper l'art enchanteur du plus puissang
génie ,
Et lui- même troublé de craintes , de soupirs ,
Ne pouvoir séparer ses maux de ses plaisirs.
Les Nimphes sortent pour aller préparer
les Jeux ; Bacchus reste avec les
Menades et leurs Troupes , qui terminent
ce Prologue par un Choeur , dont
Voici les Vers : Hv..
796 MERCURE DE FRANCE
Dieu charmant , cedez la victoire ,
Si le fils de Venus vous appelle à sa Cour
On
i.
peut être amoureux et voler à la gloire L
Le loisir des Héros appartient à l'Amour..
·PREMIERE ENTREE.
Phedre et Ariane
Phedre se reproche son amour pour
Thésée qu'elle vient de lui découvrir ;
après l'avoir long- temps combattu et
caché ,elle rappelle à Thésée tout ce qu'Ariane
, dont il est aimé , a fait pour lui..
Elle déclare qu'elle va avouer à sa soeur
la trahison qu'elle lui a faite. Thésée
cherche à l'en détourner , il lui dit ::
D'un malheur qu'elle ignore ,
Fuyez le vain éclat ;
Vous ne lui rendrez qu'un ingrat,,
Et vous perdrez qui vous adore..
Ariane survient; elle annonce à Thésée
que Minos va rompre ses fers et accorder
la paix aux Athéniens. Elle ne voit plus
qu'un avenir heureux ; elle ne doute pas
que Minos apprenant leur amour ne con
sente à leur union . Thésée dans le trouble
que cette nouvelle lui cause , va joindre
le Roy qui l'attend ; et craignantque
Phedre ne parle à sa soeur comme elle
Pa
AVRIL 1733. 797
l'a projetté , il lui dit en sortant , sans
être entendu d'Ariane :
Si vous l'aimez ? laissez- lui - son erreur .
Les deux soeurs restent ensemble: Ariane
marque une confiance extrême dans
l'amitié de sa soeur pour elle ; elle craint
seulement que Phedre n'ayant jamais aimé
, ne regarde comme une foiblesse l'amour
qu'elle a pour Thiste. Elle ne conçoit
pas qu'on puisse n'avoir point d'amour.
Phedre qui marque l'intention
qu'elle a d'ouvrir les yeux à Ariane , luidit
, en parlant de l'Amour :
On porte au pied de ses Autels ,
Plus de regrets que de reconnoissance .
Mais Ariane aime de trop bonne foy
pour soupçonner son Amant. Phédre s'explique
plus clairement; elle nomme Thé
sée. Ariane toujours aveuglée par sa tendresse
, répond :
Il est sûr de mon coeur , il m'aimera toujours .
Le tendre penchant qu'il m'inspire ,
A sçu lui conserver le jour !
Ah ! quel plaisir , désormais je puis dire
Tous les momens où mon Amant respire ,
Sent l'ouvrage de mon amour.
Je dois vous dire , Monsieur , qu'il y
H vj avoit
798 MERCURE DE FRANCE
avoit dans ces Vers deux fautes de dica
tion tres- grossieres , et contre lesquelles
on s'est récrié avec beaucoup de justice.
Je reviens à mon Extrait :
Phedre enfin prend le parti de faire un
aveu ingénu à sa soeur ; mais le Roy arrive
avec Thésée , et Ariane ' n'entend et
ne voit plus que son Amant .
Après une fête en l'honneur de Thésée
, vainqueur du Minotaure , Minos
dit à Ariane qu'il sçait son amour pour
Thésée , il l'approuve par ces Vers :
L'amour n'est plus une foiblesse ,
Quand un Héros en est l'objet.
Et il les emmene pour préparer leur
Hyménée . Phédre qui reste seule , sent
alors des mouvemens qu'elle n'avoit
point éprouvez . Elle trouve que céder
son Amant pour ne point trahir sa soeur ,
eut été une consolation pour elle ; au lieu
que de le perdre par la volonté du Roy
uniquement , ne lui laisse que la douleur,
de voir sa rivale heureuse.
>
Thesée qui a laissé Ariane au Temple
de Venus , où elle prépare un Sacrifice
revient joindre Phedre; il cherche à augmenter
le trouble où il la trouve ; il lui
propose enfin de se rendre à la Cour du
Roy d'Athénes, son pere, qui verra avec
plaisir
AVRIL. 1733. 799
plaisir leur Hymenée. Phedre alors ne
connoît plus que ce qu'elle doit à la vertuj
elle dit à Thesée de fuir er de l'abandonner
: Thesée feint de se rendre
comme elle , aux droits du devoir . Il lui
dit qu'il va épouser Ariane ; que l'ayant
aimée , le noeud qui va les unir et le
temps rameneront cette premiere tendresse
; cette résolution apparente produit
par dégrés l'effet qu'il en attendoit .
Phedre le découvre par ces Vers :
Vous l'armeriez ? ah ! tout me désespere ,
Ma soeur , de quels transports mon coeur se sent
saisir ?
Quoi , n'ai-je plus de choix à faire ,
Que vous tromper , ou vous hair ?
On voit paroître alors des Prêtresses de
Venus : Thesée conjure Phédre de profiter
du seul moment qui leur reste,pour
s'éloigner , et la Scene finit par ces Vers :
Thesée .
Je meurs , si je vous perds : Prononcez ,
Phedre.
Je vous aime.
Ariane entre sur la Scene , précédée
des Prêtresses de Venus , qui commencent
des Jeux , et dans le moment où elle
se
800 MERCURE DE FRANCE
se livre davantage à l'espoir d'épouser 'ce'
qu'elle aime , elle apprend la trahison de
son Amant et de sa soeur ; elle apperçoit
de Navire qui les conduit et qui s'éloigne
et les Vers que voicy , qui sont à la fin
de son Monologue , terminent l'Acte .
Hélas ! de l'infidele ,
Avec tant de plaisir , j'avois sauvé les
jours.
Dieux ! quel en est le prix ? Il va vivre pour
elle ;
Mais tout sert leur fuite cruelle ,
Le Vaisseau disparoît : O com ble de malheurs !
Barbare , sois content , tu me trahis ? je meurs.
Il me reste , Monsieur , une remarque
à faire sur cet Acte. C'est le dégoût avec
fequel il fut reçu à la premiere Représentation
, depuis le départ de Phédre et .
de Thésée. Il n'avoit pas besoin , pour
produire cet effet - là , de l'ennui qu'y apporte
la Scene, qui parut tres-longue, où
Minos venoit apprendre à Ariane ses
malheurs.
L'action étoit finie au départ de Phédre
et de Thésée , mais le mal venoit de
plus loin encore. Comment intéresser
par un sujet aussi rebattu que celui d'A--
riane , quoique peut- être j'aye mis de las
nouveauté dans la maniere de le traiter ?
jai
AVRIL. 1733. 801
J'ai fort mal fait de la choisir. Pour réparer
une partie de mes torts , j'ai supprimé
cette malheureuse Scene de Minos ,
et cet Acte à
blement.
present est reçu
SECONDE ENTRE'E.
L'Amour et Psiché..
favora
Cet Acte , suivant l'ordre , annoncé
dans le Prologue , auroit dû être le dernier
, mais il a fallu le placer le second
pour éviter des difficultez dans l'exé
cution..
La Scene est dans l'Isle de Paphos .
Psiché , esclave de Venus , se croit oubliée
de l'Amour et cette crainte l'afflige
bien plus que les tourmens les tourmens que Venus lui
fait souffrir. L'Amour survient et la rassure.
Ils sont interrompus par Venus quiprécipite
Psiché aux Enfers.
Le jour de la premiere Représentation
de çet Acte, l'Amour en perdant Psiché ,
après un Monologue de déchaînement
contre sa mere , voïoit arriver du Ciel
un Jupiter , aussi peu secourable pour
lui , qu'il devenoit ennuyeux pour
Spectateur.
le
On m'a assuré que c'est le sort des
Jupiters, dans la plupart des Pieces où ils
sont
802 MERCURE DE FRANCE
sont employez , de déplaire souverainement
, et je puis dire que le mien a bien
confirmé cette destinée . J'ai donc étouffé
le Monstre dès son Berceau , il n'a
point paru à la seconde Représentation .
L'Amour dans un Monologue veut
d'abord détruire l'Empire de sa mere ;
mais bien-tôt il songe que de lui ôter
ses charmes n'est pas le moyen de l'appaiser.
Il a blessé Adonis pour elle , et
projette de la fléchir , à force de la rendre
heureuse.
N'employons que des soins flateurs ;
Cachons bien à Venus tout ce qui lui rappelle ,
Qu'elle est une Mortelle ,
Que lui préferent tous les coeurs ;
Le charmant Adonis que j'ai blessé pour elle ,
Peut seul adoucir ses fureurs ,
N'employons que des soins flateurs , &c
Ces soins ont successivement leur effet,
Venus et Adonis s'expliquent ; la Déesse
appelle les Bergers de Paphos pour celebrer
le choix qu'elle vient de faire.
Après la fête, Adonis transporté de son
bonheur , s'attendrit sur les persécutions
que Venus fait souffrir à un Dieu à qui il
a tant de graces à rendre. Il dit à la
Déesse :
Quel
7
AVRIL 803 1733.
Quel bonhenr l'Amour sçait répandre ,
Sur un coeur qu'il tient engagé !
Hélas ! ce Dieu charmant , par vous même ontragé
,
Cede à l'ennui qui le dévore ;
Eh ! comment s'en est - il vangé !
que vous aimez vous adore ; Ce
Rien n'ose vous troubler dans un bonheur si
doux .
Pourriez-vous bien le dérober encorè ,
A ces mêmes plaisirs qu'il a versez sur vous.
Alors Venus est trop heureuse pour
que la colere puisse avoir encore place
dans son coeur ; elle rappelle Psiché des
Enfers , et la rend à son Amant.
Psiché exprime à Venus par ces Vers,la
reconnoissance dont elle est pénétrée.
Ay-je pû vous faire une offense ?
Eh ! comment de Venus partager les honneurs ?
Consultez vos beaux yeux , lisez dans tous les
coeurs
Vous y verrez mon innocence .
La suite de Venus et de l'Amour vient
celebrer l'Hymenée de Psiché et de l'Amour.
Venus annonce enfin l'immortalité
de Psiché , par ce Choeur qui finit l'Acte.
Qu'une Divinité nouvelle
Jouisse parmi nous d'un éternel bonheur
Psiche
804 MERCURE DE FRANCE
Psiché , du Dieu d'Amour , sçait enchanter le
coeur ,
Elle est digne d'être immortelle.
Depuis les changemens , cet Acte a toujours
été reçu avec indulgence. L'idée
d'appaiser Venus pour la rendre extrêmement
heureuse , n'est dans aucun des
Auteurs qui ont écrit l'histoire de Psiché.
J'ai esperé qu'elle me feroit pardonner
d'avoir pris un sujet tant de fois traité.
F
TROISIEME ET DERNIERE
ENTRE'E .
Zelindor , Roy des Génies du feu.
Le Théatre représente le Palais du Génie.
Ismene , mortelle aimée du Génie ,
expose de sujet par ce Monologue.
Cher Alcidon , tu m'aimeras toujours ,
Si ta fidelité dépend de ma constance ;-
Notre Hymen s'apprêtoit , quels étoient not
beaux jours ,
Lorsqu'un cruel Génie en termina le cours ?
Souveraine en ces lieux , où brille sa puissance ,
Ay-je un instant cessé de pleurer ton absence ?
Cher Alcidon , tu m'aimeras toujours ,
Si ta fidelité dépend de ma constance.
Le reste du Monologue acheve d'expo
ser
AVRIL. 1733. 805
ser la fidelité qu'Ismene garde pour le
mortel dont elle est séparée.
Avant les changemens qui ont été
faits , le Génie, dans la Scene qui suivoit
ce Monologue , n'y étoit qu'un Amant
tres-tendre , mais rien ne marquoit en
lui le caractere de Génie .
J'ai cru devoir changer cette Scene ;
quoique le public cut paru recevoir cet
Acte avec le plus d'indulgence , et voicy
comme elle est depuis la cinquième Représentation
.
Zelindor arrive , Ismene veut l'éviter.
Il lui parle ainsi :
Arrêtes un moment : concevez l'esperance
Des destins glorieux que je viens vous offrir
Il est temps de vous découvrir ,
Quel est mon sort et ma puissance
L'instant où je suis aimé ,
De la beauté qui m'a charme,
Rend la jeunesse éternelle !
Aimez ; vous serez toujours belle.
Pour obtenir ce bien quel secret est plus doux !!
Aimez ; le don d'être immortelle
Est le seul que l'Amour n'ait point versé sur
vous.
Ismene paroît toujours aussi peu touchée
806 MERCURE DE FRANCE
chée des soins du Génie ; elle lui dit enfin
que la superiorité que lui donne sur
elle son pouvoir merveilleux , l'éloigne
de lui , et que s'il l'aimoit bien , il lui auroit
enseigné son art. Zélindor paroît
soupçonner ce reproche ; il montre à Ismene
une Urne qui est dans le fond du
Théatre .
Regardez cette Urne fidele ,
Par elle , je remplis tous les voeux que je fais ;
Elle peut tout sur moi , je ne puis rien sans elle ;
Ce secret que je vous revéle ,
M'assujettit moi- même à remplir vos souhaits
Zélindor la laisse seule avec PUrne. Is
méne s'empresse d'en éprouver le pouvoir
; elle demande que le Palais du Génie
s'évanouisse , et que celui où elle a reçu
la naissance paroisse. Elle est obéïe ; on
voit un Jardin , orné de Statues , et terminé
dans l'enfoncement par une Façade
'd'Architecture. Isméne n'est pas encore
assez assurée de son pouvoir sur l'Urne ;
elle ordonne que les Statues s'animent ;
à l'instant la Statue de l'Amour s'anime
la premiere , et va par ses pas et par ses
attitudes animer les autres Statues , qui
toutes forment une fête à l'honneur d'Isméne.
Voici un Canevas qu'on a trouvé extréAVRIL
: 1733. 807
rémement ingénieux ; je lui rends cette
justice , parce qu'il n'est pas de moi .C'est
ane Statue qui chante ces Vers , sur un
air qui vient d'être dansé .
Quel bonheur digne d'envie !
Tes voeux nous donnent la vie.
A ta voix ,
L'Univers change ;
Tout se range ,
Sous tes Loix.
7
Tout reconnoît ton Empire ,
Tu le veux , le marbre respire ;
Tes beaux yeux ,
Nous donnent l'être
Nous font naître
Sont nos Dieux .
Quel bonheur , &c.
Pour nos jours quel doux présage !
C'est l'ouvrage
De tes traits ;
De nos coeurs reçoi l'hommage ;
C'est le
gage
Des bienfaits .
Quel bonheur , &c.
Après la fête , Isméne s'addresse à
PUrne.
Remplis mes derniers voeux , c'est mon coeur
qui t'implore ;
Qui
808 MERCURE DE FRANCE
Sers - moi contre un Tyran , de mon bonheu
jaloux ,
Un mortel amoureux , devenoit mon Epoux ,
Accorde à mes regards , cet Amant que j'adore.
A peine a - t- elle achevé , qu'il paroît
un Char brillant de lumiere : Isméne
en voit sortir le Génie , sous l'habit qu'il
avoit lorsqu'il s'étoit présenté à elle , avec
les traits et le nom d'Alcidon . Ce qu'il lui
explique par ces Vers :
Aprenez mon destin; le Roy de la lumiere,
A qui je dois cet Empire et le jour,..
M'imposa la Loy sévére ,
D'éprouver , malgré- moi , la beauté qui m'est
chere ;
Sous les traits d'Alcidon j'eas le bonheur de
plaire ;
༄ རྞྞ་ །
Je vous transportai dans ma Cour,
C
A vos premiers sermens vous demeurez soumise;
Tant de constance immortalise ,
Votre beauté, vos feux et mon
งา
1 201
amour
Il appelle les Génies ' qui viennent
reconnoître leur Reine , er eelebrent son
immortalité par une fête qui termine
l'Actè.
Les changemens , Monsieur , que je
viens de vous exposer , n'existoient que
depuis
1733. 009
}
depuis la cinquiéme Représentation. Dans
mon premier Plan , Zélindor n'étoit point
à la fois le Génie et Alcidon ; Isméne demandoit
à l'Urne , ce mortel qu'elle aimoit.
Il paroissoit , et tandis qu'elle désiroit
d'être soustraite à la dépendance
du Génie,il venoit tout-à coup, et voyant
qu'il ne pouvoit être aimé d'Isméne , il
prenoit le parti de la rendre heureuse.
Voici les Vers qui terminoient l'Acte.
Par quelle erreur , hélas ! me laissois je ébloüir?
Messoins -vous outrageoient en cherchant à vous
#plaire ;
Du moins cessez de me hair.
En faveur de l'effort que mon coeur va se faire
Revoyez le séjour où tendent vos souhaits ;
Possedez de mon Art les plus heureux secrets ;
Conservez long - temps la jeunesse ;
Mon malheur vous a fait mépriser ma tendresse
,
Recevez du moins mes bienfaits.
Ce trait de générosité ne touchoit point
du tout ; on ne s'interroissoit point pour
Alcidon ; le Génie paroissoit plus aimable
; enfin , j'avois trouvé le moyen de
traiter assez mal un Sujet ingénieux , et
dont un autre eut , sans doute , fait un
meilleur usage. Un fort grand nombre
de personnes ont eu l'idée de faire qu'Alcidon
810 MERCURE DE FRANCE
cidon et le Génie ne fussent qu'une même
personne ; elles me l'ont communiquée
, et le conseil que m'a donné M.de
Voltaire de la suivre , m'a déterminé.
Ne croïez-pas, je vous prie, Monsieur,
que je présume , par les changemens que
j'ai faits , avoir remédié à toutes mes fautes.
Je ne m'attribuë point l'empressement
que le public a marqué pour toutes
les Représentations de ce Ballet; je sçai
que j'en dois rendre graces au mérite de
la Musique , et je dois le dire encore , à
l'Art et au zéle des Acteurs. J'ai l'hon
neur d'être , &c.
Nous croyons devoir remercier publiquement
M. de Moncrif , de l'honneur
et du plaisir qu'il nous fait de nous adresser
l'Extrait de son Poëme , avec l'aveu
modeste des défauts qui peuvent lui être
échappés ; le Public lui en sçaura sans doute
bon gré : Son exemple puisse- t- il être
suivi par ses Confreres . Il y a long - tems
que nous désirons ardemment qu'ils veuillent
faire ce petit sacrifice , qui ne leur
féroit point de tort. Nous les en avons
encore priez dans l'Avertissement , mis à
la tête du Mercure de Janvier de cette
année.
Au reste , la modestie de l'Auteur de
ce
T
"
AVRIL. 17337 811
J
ee Poëme nous engage à ne pas laisser
ignorer au Public
que fon
Ouvrage
est plein d'esprit , et fort orné de traits
fins et délicats .
Nous
parlerons plus au long des Représentations
de ce Ballet , et de la magnifique
et éclatante
Décoration du troisiéme
Acte.
sujet du Ballet Héroïque , intitulé : l'Empire
de l'Amour , représenté pour la
premiere fois au Théatre de l'Opéra , le
14 Avril 1733.
Ette Lettre , Monsieur contient
Extrait que vous avez bien voulu
me demander du Poëne Lirique que je
viens de donner au Public. Jy joins les
changemens qui y ont été faits depuis la
premiere Représentation ; j'en expose
motifs , c'est- à -dire , les mécontentemens
que le Public avoit témoignés , et par
conséquent mes torts .
les
Le Prologue se passe dans l'Isle de Naxos
; on voit dans le fond du Théatre un
Temple de Jupiter. Bacchus , environné
des Nimphes, à qui son enfance a été confiée
, les voit avec regret accablées d'une
extrême vieillesse qu'elles déplorent par
ces Vers :
Ne peux- t - on enchaîner le tems ?
Le cruel nous poursuit sans cesse :
Il fait de nos plus doux instans
Autant de pas vers la vieillesse
Bacchus invoque Jupiter ; il en est éxaucé;
il l'annonce aux Nimphes , qui mar-
Hiiij chent
794 MERCURE DE FRANCE
chent alors vers le Temple avec cette
langueur ordinaire à la vieillesse ; à peine
ont- elles embrassé la Statuë de Jupiter
, qu'elles sortent du Temple ayant
repris tous les attraits de la Jeunesse , dansant
et chantant autour de Bacchus , et
le mot de Plaisir est le premier qu'elles
prononcent.
La Fête des Nimphes rajeunies, est interrompue
par l'arrivée des Menades
des Baccantes et des Corybantes ; qui en
formant des Jeux , invitent Bacchus à
faire la conquête du monde. A la fin des
Jeux Bacchus déclare aux Nimphes qu'il
part pour aller répandre les Arts dont
il est l'Inventeur , et le reste de la Scene
qui se passe entre Autonoé , la principale
Nimphe , et lui , expose le sujet des trois
Entrées dont ce Ballet est composé.
Je veux ( dit Bacchus ) pour le bonheur du
monde >
Devenir le plus grand des Dieux.
Autonoé.
Helas ! il en est un qui des Dieux est le maî
tre ,
Enfant impérieux , l'Univers est sa Cour .
Votre repos et vos vertus peut- être ,
Dépendront de lui quelque jour !
Bac
AVRIL 1733 795 .
Bacchus.
Eh i quel est donc enfin ce Tyran !
Autonoé.
C'est l'Amour.
Bacchus.
Ne peut- on, en fuyant , échapper à ses armes ?
Autonoé.
Pour mieux braver l'Amour n'en prenés point
d'allarmes ;
Voyés tous ses bienfaits surpassés par ses
maux ,
L'éloignement ne sert qu'à nous montrer ses
charmes
Et nous tromper sur ses deffauts.
Avant que vous quittés Naxos ,
Nous allons dans nos Jeux peindre sa tyranie
,
Vous le verrés ternir la gloire d'un Heros ;
Tromper l'art enchanteur du plus puissang
génie ,
Et lui- même troublé de craintes , de soupirs ,
Ne pouvoir séparer ses maux de ses plaisirs.
Les Nimphes sortent pour aller préparer
les Jeux ; Bacchus reste avec les
Menades et leurs Troupes , qui terminent
ce Prologue par un Choeur , dont
Voici les Vers : Hv..
796 MERCURE DE FRANCE
Dieu charmant , cedez la victoire ,
Si le fils de Venus vous appelle à sa Cour
On
i.
peut être amoureux et voler à la gloire L
Le loisir des Héros appartient à l'Amour..
·PREMIERE ENTREE.
Phedre et Ariane
Phedre se reproche son amour pour
Thésée qu'elle vient de lui découvrir ;
après l'avoir long- temps combattu et
caché ,elle rappelle à Thésée tout ce qu'Ariane
, dont il est aimé , a fait pour lui..
Elle déclare qu'elle va avouer à sa soeur
la trahison qu'elle lui a faite. Thésée
cherche à l'en détourner , il lui dit ::
D'un malheur qu'elle ignore ,
Fuyez le vain éclat ;
Vous ne lui rendrez qu'un ingrat,,
Et vous perdrez qui vous adore..
Ariane survient; elle annonce à Thésée
que Minos va rompre ses fers et accorder
la paix aux Athéniens. Elle ne voit plus
qu'un avenir heureux ; elle ne doute pas
que Minos apprenant leur amour ne con
sente à leur union . Thésée dans le trouble
que cette nouvelle lui cause , va joindre
le Roy qui l'attend ; et craignantque
Phedre ne parle à sa soeur comme elle
Pa
AVRIL 1733. 797
l'a projetté , il lui dit en sortant , sans
être entendu d'Ariane :
Si vous l'aimez ? laissez- lui - son erreur .
Les deux soeurs restent ensemble: Ariane
marque une confiance extrême dans
l'amitié de sa soeur pour elle ; elle craint
seulement que Phedre n'ayant jamais aimé
, ne regarde comme une foiblesse l'amour
qu'elle a pour Thiste. Elle ne conçoit
pas qu'on puisse n'avoir point d'amour.
Phedre qui marque l'intention
qu'elle a d'ouvrir les yeux à Ariane , luidit
, en parlant de l'Amour :
On porte au pied de ses Autels ,
Plus de regrets que de reconnoissance .
Mais Ariane aime de trop bonne foy
pour soupçonner son Amant. Phédre s'explique
plus clairement; elle nomme Thé
sée. Ariane toujours aveuglée par sa tendresse
, répond :
Il est sûr de mon coeur , il m'aimera toujours .
Le tendre penchant qu'il m'inspire ,
A sçu lui conserver le jour !
Ah ! quel plaisir , désormais je puis dire
Tous les momens où mon Amant respire ,
Sent l'ouvrage de mon amour.
Je dois vous dire , Monsieur , qu'il y
H vj avoit
798 MERCURE DE FRANCE
avoit dans ces Vers deux fautes de dica
tion tres- grossieres , et contre lesquelles
on s'est récrié avec beaucoup de justice.
Je reviens à mon Extrait :
Phedre enfin prend le parti de faire un
aveu ingénu à sa soeur ; mais le Roy arrive
avec Thésée , et Ariane ' n'entend et
ne voit plus que son Amant .
Après une fête en l'honneur de Thésée
, vainqueur du Minotaure , Minos
dit à Ariane qu'il sçait son amour pour
Thésée , il l'approuve par ces Vers :
L'amour n'est plus une foiblesse ,
Quand un Héros en est l'objet.
Et il les emmene pour préparer leur
Hyménée . Phédre qui reste seule , sent
alors des mouvemens qu'elle n'avoit
point éprouvez . Elle trouve que céder
son Amant pour ne point trahir sa soeur ,
eut été une consolation pour elle ; au lieu
que de le perdre par la volonté du Roy
uniquement , ne lui laisse que la douleur,
de voir sa rivale heureuse.
>
Thesée qui a laissé Ariane au Temple
de Venus , où elle prépare un Sacrifice
revient joindre Phedre; il cherche à augmenter
le trouble où il la trouve ; il lui
propose enfin de se rendre à la Cour du
Roy d'Athénes, son pere, qui verra avec
plaisir
AVRIL. 1733. 799
plaisir leur Hymenée. Phedre alors ne
connoît plus que ce qu'elle doit à la vertuj
elle dit à Thesée de fuir er de l'abandonner
: Thesée feint de se rendre
comme elle , aux droits du devoir . Il lui
dit qu'il va épouser Ariane ; que l'ayant
aimée , le noeud qui va les unir et le
temps rameneront cette premiere tendresse
; cette résolution apparente produit
par dégrés l'effet qu'il en attendoit .
Phedre le découvre par ces Vers :
Vous l'armeriez ? ah ! tout me désespere ,
Ma soeur , de quels transports mon coeur se sent
saisir ?
Quoi , n'ai-je plus de choix à faire ,
Que vous tromper , ou vous hair ?
On voit paroître alors des Prêtresses de
Venus : Thesée conjure Phédre de profiter
du seul moment qui leur reste,pour
s'éloigner , et la Scene finit par ces Vers :
Thesée .
Je meurs , si je vous perds : Prononcez ,
Phedre.
Je vous aime.
Ariane entre sur la Scene , précédée
des Prêtresses de Venus , qui commencent
des Jeux , et dans le moment où elle
se
800 MERCURE DE FRANCE
se livre davantage à l'espoir d'épouser 'ce'
qu'elle aime , elle apprend la trahison de
son Amant et de sa soeur ; elle apperçoit
de Navire qui les conduit et qui s'éloigne
et les Vers que voicy , qui sont à la fin
de son Monologue , terminent l'Acte .
Hélas ! de l'infidele ,
Avec tant de plaisir , j'avois sauvé les
jours.
Dieux ! quel en est le prix ? Il va vivre pour
elle ;
Mais tout sert leur fuite cruelle ,
Le Vaisseau disparoît : O com ble de malheurs !
Barbare , sois content , tu me trahis ? je meurs.
Il me reste , Monsieur , une remarque
à faire sur cet Acte. C'est le dégoût avec
fequel il fut reçu à la premiere Représentation
, depuis le départ de Phédre et .
de Thésée. Il n'avoit pas besoin , pour
produire cet effet - là , de l'ennui qu'y apporte
la Scene, qui parut tres-longue, où
Minos venoit apprendre à Ariane ses
malheurs.
L'action étoit finie au départ de Phédre
et de Thésée , mais le mal venoit de
plus loin encore. Comment intéresser
par un sujet aussi rebattu que celui d'A--
riane , quoique peut- être j'aye mis de las
nouveauté dans la maniere de le traiter ?
jai
AVRIL. 1733. 801
J'ai fort mal fait de la choisir. Pour réparer
une partie de mes torts , j'ai supprimé
cette malheureuse Scene de Minos ,
et cet Acte à
blement.
present est reçu
SECONDE ENTRE'E.
L'Amour et Psiché..
favora
Cet Acte , suivant l'ordre , annoncé
dans le Prologue , auroit dû être le dernier
, mais il a fallu le placer le second
pour éviter des difficultez dans l'exé
cution..
La Scene est dans l'Isle de Paphos .
Psiché , esclave de Venus , se croit oubliée
de l'Amour et cette crainte l'afflige
bien plus que les tourmens les tourmens que Venus lui
fait souffrir. L'Amour survient et la rassure.
Ils sont interrompus par Venus quiprécipite
Psiché aux Enfers.
Le jour de la premiere Représentation
de çet Acte, l'Amour en perdant Psiché ,
après un Monologue de déchaînement
contre sa mere , voïoit arriver du Ciel
un Jupiter , aussi peu secourable pour
lui , qu'il devenoit ennuyeux pour
Spectateur.
le
On m'a assuré que c'est le sort des
Jupiters, dans la plupart des Pieces où ils
sont
802 MERCURE DE FRANCE
sont employez , de déplaire souverainement
, et je puis dire que le mien a bien
confirmé cette destinée . J'ai donc étouffé
le Monstre dès son Berceau , il n'a
point paru à la seconde Représentation .
L'Amour dans un Monologue veut
d'abord détruire l'Empire de sa mere ;
mais bien-tôt il songe que de lui ôter
ses charmes n'est pas le moyen de l'appaiser.
Il a blessé Adonis pour elle , et
projette de la fléchir , à force de la rendre
heureuse.
N'employons que des soins flateurs ;
Cachons bien à Venus tout ce qui lui rappelle ,
Qu'elle est une Mortelle ,
Que lui préferent tous les coeurs ;
Le charmant Adonis que j'ai blessé pour elle ,
Peut seul adoucir ses fureurs ,
N'employons que des soins flateurs , &c
Ces soins ont successivement leur effet,
Venus et Adonis s'expliquent ; la Déesse
appelle les Bergers de Paphos pour celebrer
le choix qu'elle vient de faire.
Après la fête, Adonis transporté de son
bonheur , s'attendrit sur les persécutions
que Venus fait souffrir à un Dieu à qui il
a tant de graces à rendre. Il dit à la
Déesse :
Quel
7
AVRIL 803 1733.
Quel bonhenr l'Amour sçait répandre ,
Sur un coeur qu'il tient engagé !
Hélas ! ce Dieu charmant , par vous même ontragé
,
Cede à l'ennui qui le dévore ;
Eh ! comment s'en est - il vangé !
que vous aimez vous adore ; Ce
Rien n'ose vous troubler dans un bonheur si
doux .
Pourriez-vous bien le dérober encorè ,
A ces mêmes plaisirs qu'il a versez sur vous.
Alors Venus est trop heureuse pour
que la colere puisse avoir encore place
dans son coeur ; elle rappelle Psiché des
Enfers , et la rend à son Amant.
Psiché exprime à Venus par ces Vers,la
reconnoissance dont elle est pénétrée.
Ay-je pû vous faire une offense ?
Eh ! comment de Venus partager les honneurs ?
Consultez vos beaux yeux , lisez dans tous les
coeurs
Vous y verrez mon innocence .
La suite de Venus et de l'Amour vient
celebrer l'Hymenée de Psiché et de l'Amour.
Venus annonce enfin l'immortalité
de Psiché , par ce Choeur qui finit l'Acte.
Qu'une Divinité nouvelle
Jouisse parmi nous d'un éternel bonheur
Psiche
804 MERCURE DE FRANCE
Psiché , du Dieu d'Amour , sçait enchanter le
coeur ,
Elle est digne d'être immortelle.
Depuis les changemens , cet Acte a toujours
été reçu avec indulgence. L'idée
d'appaiser Venus pour la rendre extrêmement
heureuse , n'est dans aucun des
Auteurs qui ont écrit l'histoire de Psiché.
J'ai esperé qu'elle me feroit pardonner
d'avoir pris un sujet tant de fois traité.
F
TROISIEME ET DERNIERE
ENTRE'E .
Zelindor , Roy des Génies du feu.
Le Théatre représente le Palais du Génie.
Ismene , mortelle aimée du Génie ,
expose de sujet par ce Monologue.
Cher Alcidon , tu m'aimeras toujours ,
Si ta fidelité dépend de ma constance ;-
Notre Hymen s'apprêtoit , quels étoient not
beaux jours ,
Lorsqu'un cruel Génie en termina le cours ?
Souveraine en ces lieux , où brille sa puissance ,
Ay-je un instant cessé de pleurer ton absence ?
Cher Alcidon , tu m'aimeras toujours ,
Si ta fidelité dépend de ma constance.
Le reste du Monologue acheve d'expo
ser
AVRIL. 1733. 805
ser la fidelité qu'Ismene garde pour le
mortel dont elle est séparée.
Avant les changemens qui ont été
faits , le Génie, dans la Scene qui suivoit
ce Monologue , n'y étoit qu'un Amant
tres-tendre , mais rien ne marquoit en
lui le caractere de Génie .
J'ai cru devoir changer cette Scene ;
quoique le public cut paru recevoir cet
Acte avec le plus d'indulgence , et voicy
comme elle est depuis la cinquième Représentation
.
Zelindor arrive , Ismene veut l'éviter.
Il lui parle ainsi :
Arrêtes un moment : concevez l'esperance
Des destins glorieux que je viens vous offrir
Il est temps de vous découvrir ,
Quel est mon sort et ma puissance
L'instant où je suis aimé ,
De la beauté qui m'a charme,
Rend la jeunesse éternelle !
Aimez ; vous serez toujours belle.
Pour obtenir ce bien quel secret est plus doux !!
Aimez ; le don d'être immortelle
Est le seul que l'Amour n'ait point versé sur
vous.
Ismene paroît toujours aussi peu touchée
806 MERCURE DE FRANCE
chée des soins du Génie ; elle lui dit enfin
que la superiorité que lui donne sur
elle son pouvoir merveilleux , l'éloigne
de lui , et que s'il l'aimoit bien , il lui auroit
enseigné son art. Zélindor paroît
soupçonner ce reproche ; il montre à Ismene
une Urne qui est dans le fond du
Théatre .
Regardez cette Urne fidele ,
Par elle , je remplis tous les voeux que je fais ;
Elle peut tout sur moi , je ne puis rien sans elle ;
Ce secret que je vous revéle ,
M'assujettit moi- même à remplir vos souhaits
Zélindor la laisse seule avec PUrne. Is
méne s'empresse d'en éprouver le pouvoir
; elle demande que le Palais du Génie
s'évanouisse , et que celui où elle a reçu
la naissance paroisse. Elle est obéïe ; on
voit un Jardin , orné de Statues , et terminé
dans l'enfoncement par une Façade
'd'Architecture. Isméne n'est pas encore
assez assurée de son pouvoir sur l'Urne ;
elle ordonne que les Statues s'animent ;
à l'instant la Statue de l'Amour s'anime
la premiere , et va par ses pas et par ses
attitudes animer les autres Statues , qui
toutes forment une fête à l'honneur d'Isméne.
Voici un Canevas qu'on a trouvé extréAVRIL
: 1733. 807
rémement ingénieux ; je lui rends cette
justice , parce qu'il n'est pas de moi .C'est
ane Statue qui chante ces Vers , sur un
air qui vient d'être dansé .
Quel bonheur digne d'envie !
Tes voeux nous donnent la vie.
A ta voix ,
L'Univers change ;
Tout se range ,
Sous tes Loix.
7
Tout reconnoît ton Empire ,
Tu le veux , le marbre respire ;
Tes beaux yeux ,
Nous donnent l'être
Nous font naître
Sont nos Dieux .
Quel bonheur , &c.
Pour nos jours quel doux présage !
C'est l'ouvrage
De tes traits ;
De nos coeurs reçoi l'hommage ;
C'est le
gage
Des bienfaits .
Quel bonheur , &c.
Après la fête , Isméne s'addresse à
PUrne.
Remplis mes derniers voeux , c'est mon coeur
qui t'implore ;
Qui
808 MERCURE DE FRANCE
Sers - moi contre un Tyran , de mon bonheu
jaloux ,
Un mortel amoureux , devenoit mon Epoux ,
Accorde à mes regards , cet Amant que j'adore.
A peine a - t- elle achevé , qu'il paroît
un Char brillant de lumiere : Isméne
en voit sortir le Génie , sous l'habit qu'il
avoit lorsqu'il s'étoit présenté à elle , avec
les traits et le nom d'Alcidon . Ce qu'il lui
explique par ces Vers :
Aprenez mon destin; le Roy de la lumiere,
A qui je dois cet Empire et le jour,..
M'imposa la Loy sévére ,
D'éprouver , malgré- moi , la beauté qui m'est
chere ;
Sous les traits d'Alcidon j'eas le bonheur de
plaire ;
༄ རྞྞ་ །
Je vous transportai dans ma Cour,
C
A vos premiers sermens vous demeurez soumise;
Tant de constance immortalise ,
Votre beauté, vos feux et mon
งา
1 201
amour
Il appelle les Génies ' qui viennent
reconnoître leur Reine , er eelebrent son
immortalité par une fête qui termine
l'Actè.
Les changemens , Monsieur , que je
viens de vous exposer , n'existoient que
depuis
1733. 009
}
depuis la cinquiéme Représentation. Dans
mon premier Plan , Zélindor n'étoit point
à la fois le Génie et Alcidon ; Isméne demandoit
à l'Urne , ce mortel qu'elle aimoit.
Il paroissoit , et tandis qu'elle désiroit
d'être soustraite à la dépendance
du Génie,il venoit tout-à coup, et voyant
qu'il ne pouvoit être aimé d'Isméne , il
prenoit le parti de la rendre heureuse.
Voici les Vers qui terminoient l'Acte.
Par quelle erreur , hélas ! me laissois je ébloüir?
Messoins -vous outrageoient en cherchant à vous
#plaire ;
Du moins cessez de me hair.
En faveur de l'effort que mon coeur va se faire
Revoyez le séjour où tendent vos souhaits ;
Possedez de mon Art les plus heureux secrets ;
Conservez long - temps la jeunesse ;
Mon malheur vous a fait mépriser ma tendresse
,
Recevez du moins mes bienfaits.
Ce trait de générosité ne touchoit point
du tout ; on ne s'interroissoit point pour
Alcidon ; le Génie paroissoit plus aimable
; enfin , j'avois trouvé le moyen de
traiter assez mal un Sujet ingénieux , et
dont un autre eut , sans doute , fait un
meilleur usage. Un fort grand nombre
de personnes ont eu l'idée de faire qu'Alcidon
810 MERCURE DE FRANCE
cidon et le Génie ne fussent qu'une même
personne ; elles me l'ont communiquée
, et le conseil que m'a donné M.de
Voltaire de la suivre , m'a déterminé.
Ne croïez-pas, je vous prie, Monsieur,
que je présume , par les changemens que
j'ai faits , avoir remédié à toutes mes fautes.
Je ne m'attribuë point l'empressement
que le public a marqué pour toutes
les Représentations de ce Ballet; je sçai
que j'en dois rendre graces au mérite de
la Musique , et je dois le dire encore , à
l'Art et au zéle des Acteurs. J'ai l'hon
neur d'être , &c.
Nous croyons devoir remercier publiquement
M. de Moncrif , de l'honneur
et du plaisir qu'il nous fait de nous adresser
l'Extrait de son Poëme , avec l'aveu
modeste des défauts qui peuvent lui être
échappés ; le Public lui en sçaura sans doute
bon gré : Son exemple puisse- t- il être
suivi par ses Confreres . Il y a long - tems
que nous désirons ardemment qu'ils veuillent
faire ce petit sacrifice , qui ne leur
féroit point de tort. Nous les en avons
encore priez dans l'Avertissement , mis à
la tête du Mercure de Janvier de cette
année.
Au reste , la modestie de l'Auteur de
ce
T
"
AVRIL. 17337 811
J
ee Poëme nous engage à ne pas laisser
ignorer au Public
que fon
Ouvrage
est plein d'esprit , et fort orné de traits
fins et délicats .
Nous
parlerons plus au long des Représentations
de ce Ballet , et de la magnifique
et éclatante
Décoration du troisiéme
Acte.
Fermer
Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure, au sujet du Ballet Héroïque, intitulé : l'Empire de l'Amour, représenté pour la premiere fois au Théatre de l'Opéra, le 14 Avril 1733.
La lettre traite du ballet héroïque 'L'Empire de l'Amour', représenté pour la première fois à l'Opéra le 14 avril 1733. L'auteur inclut des extraits du poème lyrique et les modifications apportées après la première représentation en réponse aux mécontentements du public. Le prologue se déroule sur l'île de Naxos, où Bacchus, entouré de nymphes vieillissantes, invoque Jupiter pour leur redonner jeunesse. Les nymphes rajeunies célèbrent leur transformation, mais leur fête est interrompue par l'arrivée des ménades, des bacchantes et des corybantes, qui invitent Bacchus à conquérir le monde. Bacchus annonce son départ pour répandre les arts et expose le sujet des trois entrées du ballet. Autonoé, la principale nymphe, met en garde Bacchus contre l'Amour, qu'elle décrit comme un tyran. La première entrée met en scène Phèdre et Ariane. Phèdre avoue son amour pour Thésée à ce dernier, puis décide de révéler sa trahison à Ariane. Thésée tente de l'en dissuader. Ariane, ignorante de la trahison, exprime sa confiance en l'amitié de Phèdre. Phèdre finit par avouer son amour à Ariane, mais l'arrivée de Thésée et du roi Minos interrompt leur conversation. Minos approuve l'amour d'Ariane et de Thésée et les emmène préparer leur hyménée. Phèdre, restée seule, ressent une douleur intense. Thésée propose à Phèdre de fuir avec lui, mais elle refuse, préférant sacrifier son amour pour éviter la trahison. La scène se termine par l'arrivée d'Ariane, qui découvre la trahison de Thésée et de Phèdre. La deuxième entrée raconte l'histoire de l'Amour et Psyché. Psyché, esclave de Vénus, est rassurée par l'Amour, mais Vénus la précipite aux Enfers. L'Amour décide de fléchir Vénus en la rendant heureuse. Il utilise Adonis pour adoucir les fureurs de Vénus. Après une fête, Vénus rappelle Psyché des Enfers et la rend à son amant. Psyché exprime sa reconnaissance à Vénus, et l'hyménée de Psyché et de l'Amour est célébré. Vénus annonce l'immortalité de Psyché. La troisième et dernière entrée présente Zelindor, roi des génies du feu. Ismène, une mortelle aimée du génie Alcidon, exprime sa fidélité malgré leur séparation. Zelindor arrive et offre à Ismène l'éternelle jeunesse en échange de son amour. Ismène, déçue par l'absence de soins du Génie, reproche à Zélindor de ne pas lui avoir enseigné son art. Zélindor lui montre une Urne magique capable d'exaucer tous les vœux. Ismène utilise l'Urne pour faire disparaître le palais du Génie et faire apparaître son propre palais natal, animant ensuite des statues pour célébrer sa puissance. Après une fête en son honneur, Ismène demande à l'Urne de lui apporter l'amant qu'elle adore. Le Génie apparaît alors sous les traits d'Alcidon, expliquant qu'il a dû tester la fidélité d'Ismène. La pièce se termine par une célébration de l'immortalité d'Ismène. Le texte mentionne également des modifications apportées à la pièce après la cinquième représentation en 1733. Initialement, Zélindor n'était pas à la fois le Génie et Alcidon, et la fin de l'acte était différente. L'auteur, M. de Moncrif, reconnaît les défauts de sa pièce et attribue le succès des représentations à la musique et aux acteurs. Il exprime sa gratitude pour les conseils reçus, notamment de M. de Voltaire. Le Mercure de France loue l'esprit et les traits fins du poème de Moncrif.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6428
p. 811
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On a eu avis d'Ispaham, que Thamas-Kouli Kan avoit fait mourir plusieurs Seigneurs [...]
Mots clefs :
Persans, Armée, Thamas Kouli-Kan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
Na cu avis d'Ispaham , que Thamas-
Kouli -Kan avoit fait mourir plusieurs Seigneurs
Persans qui avoient formé une conspiration
pour se saisir de sa personne et de celle du
jeune Roy , et pour remettre Schah- Thamas sur
le Trône; que ce Ministre tenoit l'Armée des
Turcs bloquée dans Babylone, et que le Pacha de
cette Place attendoit des secours
considérables de
Constantinople. Que Topal Osman-Pacha avoit
été choisi par le G. S. pour
commander en Chef
l'Armée contre les Persans.
Na cu avis d'Ispaham , que Thamas-
Kouli -Kan avoit fait mourir plusieurs Seigneurs
Persans qui avoient formé une conspiration
pour se saisir de sa personne et de celle du
jeune Roy , et pour remettre Schah- Thamas sur
le Trône; que ce Ministre tenoit l'Armée des
Turcs bloquée dans Babylone, et que le Pacha de
cette Place attendoit des secours
considérables de
Constantinople. Que Topal Osman-Pacha avoit
été choisi par le G. S. pour
commander en Chef
l'Armée contre les Persans.
Fermer
Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le texte relate une conspiration persane contre Thamas-Kouli-Kan et le jeune roi, visant à rétablir Schah-Thamas. Ispaham mentionne que l'armée turque est bloquée à Babylone, attendant des renforts de Constantinople. Topal Osman-Pacha est nommé par le Grand Sultan pour diriger l'armée contre les Persans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6429
p. 811-812
POLOGNE.
Début :
On n'espere point que le Prince de Vienoviski puisse engager les Gentils-hommes du Palatinat [...]
Mots clefs :
Diètes particulières, Oświęcim, Palatinat de Cracovie, Diète générale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
N n'espere point que le Prince de Vienoviski
puisse engager les Gentils- hommes du Palatinat
de Cracovie et des
Principautés de Sator
et
d'Oswieczin , qui ont signé et fait une con-
I fédé
812 MERCURE DE FRANCE
fédération le 23 Février à y renoncer; mais sa
présence a du moins empêché que leur nombre
n'augmentât , et à moins qu'il n'arrive quelque
changement , leur parti sera le plus foible dans
les Diettes particulieres de leurs Palatinats.
Le 3. de ce mois il arriva à Warsovie un Député
des Gentilhommes du Palatinat de Cracovie
et des Principautez de Sator et d'Oswieczin qui
ont signé la Confédération . Le Primat lui a refusé
l'Audience qu'il lui a demandée , ne voulant
écouter aucune proposition des Confédérés ,
qu'ils n'eussent formellement renoncé à leur
Confédération , qui étoit également contraire
aux loix et aux interêts du Royaume.
•
On a recommandé aux Nonces , qui ont été
élus dans les Diettes particulieres , de faire leurs
efforts dans la prochaine Diette générale , pour
qu'on exclut de la Couronne tous les Etrangers
, et particulierement ceux dont les biens ne
sont pas en Pologne , et pour qu'on déclarat
rebelles ceux qui oseroient former des factions
pour élire un Roy , et assembler des Troupes
sans y être autorisez par la République.
On continue d'assurer que la Républiqre mettra
une Armée sur pied , si les Puissances voisines
se déterminent à entreprendre de donner atteinte
à la liberté des suffrages dans la prochaine
Election.
N n'espere point que le Prince de Vienoviski
puisse engager les Gentils- hommes du Palatinat
de Cracovie et des
Principautés de Sator
et
d'Oswieczin , qui ont signé et fait une con-
I fédé
812 MERCURE DE FRANCE
fédération le 23 Février à y renoncer; mais sa
présence a du moins empêché que leur nombre
n'augmentât , et à moins qu'il n'arrive quelque
changement , leur parti sera le plus foible dans
les Diettes particulieres de leurs Palatinats.
Le 3. de ce mois il arriva à Warsovie un Député
des Gentilhommes du Palatinat de Cracovie
et des Principautez de Sator et d'Oswieczin qui
ont signé la Confédération . Le Primat lui a refusé
l'Audience qu'il lui a demandée , ne voulant
écouter aucune proposition des Confédérés ,
qu'ils n'eussent formellement renoncé à leur
Confédération , qui étoit également contraire
aux loix et aux interêts du Royaume.
•
On a recommandé aux Nonces , qui ont été
élus dans les Diettes particulieres , de faire leurs
efforts dans la prochaine Diette générale , pour
qu'on exclut de la Couronne tous les Etrangers
, et particulierement ceux dont les biens ne
sont pas en Pologne , et pour qu'on déclarat
rebelles ceux qui oseroient former des factions
pour élire un Roy , et assembler des Troupes
sans y être autorisez par la République.
On continue d'assurer que la Républiqre mettra
une Armée sur pied , si les Puissances voisines
se déterminent à entreprendre de donner atteinte
à la liberté des suffrages dans la prochaine
Election.
Fermer
Résumé : POLOGNE.
En Pologne, le Prince de Vienoviski n'a pas réussi à dissuader les gentilshommes du Palatinat de Cracovie et des Principautés de Sator et d'Oswieczin de renoncer à la confédération qu'ils avaient signée le 23 février. Sa présence a toutefois limité l'adhésion à cette confédération, la rendant minoritaire dans les diètes particulières. Le 3 mars, un député des gentilshommes confédérés est arrivé à Varsovie, mais le Primat a refusé de le recevoir, exigeant un renoncement formel à la confédération, jugée contraire aux lois et aux intérêts du royaume. Les nonces élus dans les diètes particulières doivent proposer, lors de la prochaine diète générale, l'exclusion des étrangers de la Couronne, surtout ceux sans biens en Pologne, et déclarer rebelles ceux formant des factions pour élire un roi ou assemblant des troupes sans autorisation. La République prévoit de lever une armée si les puissances voisines tentent d'influencer la liberté des suffrages lors de la prochaine élection.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6430
p. 812-813
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Malte le 15 Mars.
Début :
Le Conseil de l'Ordre ayant reçû avis que six Vaisseaux d'Alger étoient mouillés aux Fogeri, [...]
Mots clefs :
Escadre, Malte, Algériens, Religion, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Malte le 15 Mars.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Malte
le 15 Mars.
E Conseil de l'Ordre ayant reçû avis que six
geri , dans le Golfe de Smirne pour y engager
des hommes , et que le G. S. avoit donné
<
1
deux
AVRIL. 1733. 813
deux Sultanes et un autre Vaisseau chargé de
poudre et d'autres munitions de Guerre avec lesquels
ils doivent repasser , a ordonné que les
quatre Vaisseaux que la Religion fait équiper ,
dont on doit augmenter l'armement de 400 .
hommes et de 32 Chevaliers , fussent prêts à
mettre incessamment à la voile pour aller à la
rencontre des Algériens du côté de Ponant , dans
les Croisières . Don André de Reggio , Chef
d'Escadre du Roi d'Espagne , qui a été envoyé
à Malte par S. M. Cat . avec deux Vaisseaux
dont l'un est de 60 Canons , et l'autre de so
pour joindre l'Escadre de la Religion , en attendant
que l'Espagne fournisse des forces plus considérables
, doit aller avec cette Escadre combattre
celle des Algériens
le 15 Mars.
E Conseil de l'Ordre ayant reçû avis que six
geri , dans le Golfe de Smirne pour y engager
des hommes , et que le G. S. avoit donné
<
1
deux
AVRIL. 1733. 813
deux Sultanes et un autre Vaisseau chargé de
poudre et d'autres munitions de Guerre avec lesquels
ils doivent repasser , a ordonné que les
quatre Vaisseaux que la Religion fait équiper ,
dont on doit augmenter l'armement de 400 .
hommes et de 32 Chevaliers , fussent prêts à
mettre incessamment à la voile pour aller à la
rencontre des Algériens du côté de Ponant , dans
les Croisières . Don André de Reggio , Chef
d'Escadre du Roi d'Espagne , qui a été envoyé
à Malte par S. M. Cat . avec deux Vaisseaux
dont l'un est de 60 Canons , et l'autre de so
pour joindre l'Escadre de la Religion , en attendant
que l'Espagne fournisse des forces plus considérables
, doit aller avec cette Escadre combattre
celle des Algériens
Fermer
Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Malte le 15 Mars.
Le 15 mars, le Conseil de l'Ordre de Malte a appris la présence de six galiotes algériennes dans le Golfe de Smirne. En réponse, quatre vaisseaux de l'Ordre, renforcés de 400 hommes et 32 chevaliers, ont été préparés pour les intercepter. De plus, Don André de Reggio, Chef d'Escadre du Roi d'Espagne, a été envoyé à Malte avec deux vaisseaux pour renforcer l'escadre et combattre la flotte algérienne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6431
p. 813
ESPAGNE.
Début :
Selon plusieurs avis reçus, Don Blaise de Lezo est arrivé avec l'Escadre qu'il commande [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
>
>
Elon plusieurs avis reçus , Don Blaise de Lezo
est arrivé avec l'Escadre qu'il commande
dans le Canal de Malte , où il doit être joint incessamment
par les Vaisseaux de Guerre Espagnols
qui sont dans le Port de la Specia , et par
les quatre Vaisseaux de Guerre de Malte , poun
fermer le passage aux Vaisseaux Turcs qui sont
destinés à transporter les Troupes que le G. S.
envoye en Afrique , afin de mettre les Maures en
état de recommencer le Siege d'Oran.
>
>
Elon plusieurs avis reçus , Don Blaise de Lezo
est arrivé avec l'Escadre qu'il commande
dans le Canal de Malte , où il doit être joint incessamment
par les Vaisseaux de Guerre Espagnols
qui sont dans le Port de la Specia , et par
les quatre Vaisseaux de Guerre de Malte , poun
fermer le passage aux Vaisseaux Turcs qui sont
destinés à transporter les Troupes que le G. S.
envoye en Afrique , afin de mettre les Maures en
état de recommencer le Siege d'Oran.
Fermer
6432
p. 813-814
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 2 de ce mois, Jeudi-Saint, l'Archevêque d'Yorck, Grand-Aumônier du Roi, lava [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
•
L'Yorck, Grand- Aumônier du Roi , lava
E2 de ce mois , Jeudi - Saint , l'Archevêque
les pieds , selon l'usage , à autant de Pauvres
que S. M. á d'années . et il leur distribua les au
mônes ordinaires.
I ij
814 MERCURE DE FRANCE
Le 21. le Roi , la Reine , le Prince de Galles ,
le, Duc de Cumberland , et les Princesses , virent
au Théatre du Marché au foin , une Représenta
tion de l'Opéra de Débora,
•
L'Yorck, Grand- Aumônier du Roi , lava
E2 de ce mois , Jeudi - Saint , l'Archevêque
les pieds , selon l'usage , à autant de Pauvres
que S. M. á d'années . et il leur distribua les au
mônes ordinaires.
I ij
814 MERCURE DE FRANCE
Le 21. le Roi , la Reine , le Prince de Galles ,
le, Duc de Cumberland , et les Princesses , virent
au Théatre du Marché au foin , une Représenta
tion de l'Opéra de Débora,
Fermer
6433
p. 814-816
« Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
Début :
Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...]
Mots clefs :
Poncet de la Rivière, Duc d'Orléans, Roi, Carrosse, Détachement, Duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
L
E jour du Jeudi Saint , 2. Avril , le Roy en
tendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Ri
iere , Grand- Vicaire de l'Evêque de Sécz , après
quoi l'Evêque de Dijon fit l'Absoute. Ensuite le
Roy lava les pieds à douze pauvres , et S. M.
les servit à tacle, Le Duc de Bourbon , Grand-
Maître de la Maison du Roy , à la tête des Maîtres
d'Hôtel , précedoit le Service , dont les plats
étoient portez par le Comte de Charolois , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes , le Comte d'Eu et par les principaux
Officiers de S. M. Après cette Ceremonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château , ou
S. M. entendit la grande Messe , et assista à la
Procession et ensuite aux Vêpres .
Monseigneur le Duc d'Anjou mourut à Versailles
le 7. de ce mois vers les neuf heures du
matin , âgé de deux ans , sept mois et huit jours ,
étant né le 30. Août 1730. Le Roy et la Reine ,
qui avoient donné de grandes marques de sensibilité
à la mort de Madame de France , ont été
extrémement touchez de la perte de ce Prince.
Son Corps fut porté le même jour au soir , de
Versailles au Palais des Tuilleries . Le lendemain
'A VRÍL .
1733. 815
fat ouvert , embaumé , et mis dans le cercueil .
Le 9. vers les 7. heures du soir , il fut porté à
l'Abbaye Royale de S. Denis. La marche se fit
dans l'ordre suivant : Deux carosses du Roi , dans
lesquels étoient les femmes de Chambre de Mon
seigneur le Duc d'Anjou ; un troisième carosse
de S. M. où étoient les huit Gentilshommes otdinaires
, destinez à porter le Cercueil , et les
quatre coins du Poële de drap d'argent , qui le
couvroit. Un détachement de la seconde Compagnie
des Mousquetaires ; un pareil détachement
de la premiere Compagnie ; un détachement da
Quartier des Chevaux-Legers ; des Pages de la
grande et de la petite Ecurie du Roy , et des Pa
ges de la Reine , étoient à cheval devant le Carosse
dans lequel étoit le Corps'; des Valets de
pied de L. M. entouroient ce Ĉarosse , après lequel
marchoient un détachement des Gardes du
Corps et celui du Quartier des Gendarmes ; ils
portoient tous des flambeaux.
M. le Duc d'Orleans menoit le deüil ; M. l'Abbe
de Bellefonds , Aumônier du Roy de Quartier,
étoit à la droite dans le fond , portant le coeur z
M. le Duc d'Orleans à sa gauche , Mad. la Du
chesse de Tallard , Gouvernante des Enfans de
France , étoit vis - à- vis le Coeur. M: le Due de
Brissac , vis-à- vis de M. le Duc d'Orleans , avec
qui il étoit. A la Portiere droite , M. l'Abbé de
Brancas , Aumônier du Roy , et à la gauche
Mad, de Villefort , Sous- Gouvernante des Enfans
de France. Après le Carosse du Corps , celui de
M. le Duc d'Orleans , celui de Mad. la Duchesse
de Tallard , et celui de M. le Duc de Brissac fermoit
le Cortege. Les Carosses de la suite formoient
devant le même ordre.
Le Convoi arriva à l'Abbaye de S. Denis vers
I iij les
816 MERCURE DE FRANCE
les dix heures du soir ; l'Abbé de Bellefonds , pré
senta le Corps au Prieur de l'Abbaye , et il fit
Pinhumation. Après cette Ceremonie , le Coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye Roya
le du Val de Grace.
E jour du Jeudi Saint , 2. Avril , le Roy en
tendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Ri
iere , Grand- Vicaire de l'Evêque de Sécz , après
quoi l'Evêque de Dijon fit l'Absoute. Ensuite le
Roy lava les pieds à douze pauvres , et S. M.
les servit à tacle, Le Duc de Bourbon , Grand-
Maître de la Maison du Roy , à la tête des Maîtres
d'Hôtel , précedoit le Service , dont les plats
étoient portez par le Comte de Charolois , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes , le Comte d'Eu et par les principaux
Officiers de S. M. Après cette Ceremonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château , ou
S. M. entendit la grande Messe , et assista à la
Procession et ensuite aux Vêpres .
Monseigneur le Duc d'Anjou mourut à Versailles
le 7. de ce mois vers les neuf heures du
matin , âgé de deux ans , sept mois et huit jours ,
étant né le 30. Août 1730. Le Roy et la Reine ,
qui avoient donné de grandes marques de sensibilité
à la mort de Madame de France , ont été
extrémement touchez de la perte de ce Prince.
Son Corps fut porté le même jour au soir , de
Versailles au Palais des Tuilleries . Le lendemain
'A VRÍL .
1733. 815
fat ouvert , embaumé , et mis dans le cercueil .
Le 9. vers les 7. heures du soir , il fut porté à
l'Abbaye Royale de S. Denis. La marche se fit
dans l'ordre suivant : Deux carosses du Roi , dans
lesquels étoient les femmes de Chambre de Mon
seigneur le Duc d'Anjou ; un troisième carosse
de S. M. où étoient les huit Gentilshommes otdinaires
, destinez à porter le Cercueil , et les
quatre coins du Poële de drap d'argent , qui le
couvroit. Un détachement de la seconde Compagnie
des Mousquetaires ; un pareil détachement
de la premiere Compagnie ; un détachement da
Quartier des Chevaux-Legers ; des Pages de la
grande et de la petite Ecurie du Roy , et des Pa
ges de la Reine , étoient à cheval devant le Carosse
dans lequel étoit le Corps'; des Valets de
pied de L. M. entouroient ce Ĉarosse , après lequel
marchoient un détachement des Gardes du
Corps et celui du Quartier des Gendarmes ; ils
portoient tous des flambeaux.
M. le Duc d'Orleans menoit le deüil ; M. l'Abbe
de Bellefonds , Aumônier du Roy de Quartier,
étoit à la droite dans le fond , portant le coeur z
M. le Duc d'Orleans à sa gauche , Mad. la Du
chesse de Tallard , Gouvernante des Enfans de
France , étoit vis - à- vis le Coeur. M: le Due de
Brissac , vis-à- vis de M. le Duc d'Orleans , avec
qui il étoit. A la Portiere droite , M. l'Abbé de
Brancas , Aumônier du Roy , et à la gauche
Mad, de Villefort , Sous- Gouvernante des Enfans
de France. Après le Carosse du Corps , celui de
M. le Duc d'Orleans , celui de Mad. la Duchesse
de Tallard , et celui de M. le Duc de Brissac fermoit
le Cortege. Les Carosses de la suite formoient
devant le même ordre.
Le Convoi arriva à l'Abbaye de S. Denis vers
I iij les
816 MERCURE DE FRANCE
les dix heures du soir ; l'Abbé de Bellefonds , pré
senta le Corps au Prieur de l'Abbaye , et il fit
Pinhumation. Après cette Ceremonie , le Coeur
fut porté dans le même Carosse à l'Abbaye Roya
le du Val de Grace.
Fermer
Résumé : « Le jour du Jeudi Saint, 2. Avril, le Roy entendit le Sermon de l'Abbé Poncet de la Riviere, [...] »
Le 2 avril, le roi écouta un sermon lors du Jeudi Saint, suivi de l'absoute par l'évêque de Dijon. Il lava ensuite les pieds de douze pauvres et les servit à table, une cérémonie dirigée par le duc de Bourbon et des nobles tels que le comte de Charolois et le comte de Clermont. Après cette cérémonie, le roi se rendit à la chapelle du château pour la messe, la procession et les vêpres. Le 7 avril, le duc d'Anjou mourut à Versailles à l'âge de deux ans, sept mois et huit jours. Le roi et la reine montrèrent une grande sensibilité à cette perte. Le corps du duc fut transporté aux Tuileries pour être embaumé et mis en cercueil. Le 9 avril, le cercueil fut transporté à l'Abbaye Royale de Saint-Denis, accompagné de plusieurs carrosses et détachements militaires. Le duc d'Orléans menait le deuil, accompagné de l'abbé de Bellefonds, de la duchesse de Tallard et du duc de Brissac. Le cœur du duc d'Anjou fut ensuite transporté à l'Abbaye Royale du Val-de-Grâce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6434
p. 816-817
« Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Début :
Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...]
Mots clefs :
Composition, Musique, Maure, Compagnie, Reine, Concert spirituel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le Jeudy Saint 2. Avril , le Concert Spirituel
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
Fermer
Résumé : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le 2 avril, un concert du Concert Spirituel eut lieu au Château des Tuileries. Bononcini présenta un Miserere, avec la demoiselle Erremens interprétant des récits au goût italien. La demoiselle Le Maure chanta un nouveau Pange lingua, alternant avec les chœurs sur des extraits de Jephté et de la Bergerie de Roland. M. Mouret ajouta des versets musicaux, acclamés par le public. Le concert fut interrompu trois jours en raison du décès du Duc d'Anjou, puis reprit jusqu'au dimanche de Quasimodo. Les demoiselles Erremens, Le Maure, Courvasier et Lenner, ainsi que le sieur Massé, chantèrent divers motets nouveaux. Le sieur Sommis, violoniste du Roi de Sardaigne, exécuta des sonates et concertos avec maîtrise. Le 10 avril, le psaume Exultate justi de Bordier fut exécuté et applaudi. Le 25 mars, l'Abbé de Fitzjames chanta sa première messe à l'Abbaye Royale de Saint-Victor. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 314 actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6435
p. 817-819
BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
Début :
L'Abbaye Commendataire de Bardoüe, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Auch, vacante par le [...]
Mots clefs :
Décès, Abbaye commendataire, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
BENEFICES DONNEZ
le 4. Avril 1733.
'Abbaye Commandataire de Bardoüe , Ordre
Lde Citraux ,Diocèse d'Auch , vacante par le
décès de M. de Montesquiou Préchac , en faveur
de M. Jean-Marie Henrion, Evêque de Boulogne .
L'Abbaye Commandataire de S. Ligaire , Or
dre de S. Benoît, Diocèse de Saintes , vacante par
le décès du dernier Commandataire , en faveur
de l'Abbé d'Harcourt , Prêtre et Doyen de Notre-
Dame de Paris...
I išiji.. L'Ab
818 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de
Beaulieu , Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres,
vacante par la démission de M. de Bonsens des
Epinetz , en faveur de M. Savary , Bachelier de
Sorbonne .
L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Bourges , vacante par le
déceds de M. Bruel , en faveur de M. du Mans ,
Prêtre , Conseiller au Parlement de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine ,
Ordre de Prémontré, Diocèse de Troye , vacante
par la démission de M. le Febvre des Chevaliers ,
en faveur de M. de Cicery , Prédicateur ordinaire
de la Reine.
L'Abbaye d'Espagne , Ordre de Citeaux , Diocèse
d'Amiens , vacante par la démission de la
Dame Lambert de Thorigny , en faveur de la
Dame de Castellane , Religieuse de l'Ordre de
sainte Claire Urbaniste.
L'Abbaye de Bonneville , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Rouen , vacante par le décès de la
Dame d'Aubigny , en faveur de la Dame de
Lausans , Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye Réguliere de Barbery , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Bayeux , vacante par le décès
-de Dame de Lastour , en faveur de Dame Fitshabert
, Abbesse Réguliere de la Pieté- Dieu , da
même Ordre.
L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Langres , vacante par le
décès de M. Trudaine , en faveur de M. de Quéselin
, Aumônier du Roy.
Le Prieuré Commandataire et Electif de Boscachard
, Ordre de Saint Augustin , Diocèse de
Rouen , vacant par le décès de M, Brochand ,
en faveur de M. François-Firmin Trudaine,Evê
que de Senlis.
•
AVRIL. 1733. 819
Y
L'Abbaye Commandataire de Murceaux , Ordre
de Prémontré , Diocèse de Toul , vacante
par le décès de M. de l'Aigle , en faveur de M.de
Foyal de Donnery , Docteur en Théologie.
L'Evêché de Dacqs , vacant par le décès de
M.d'Abbadie d'Arboucave,en faveur de M.d'Audigue
, Doyen , et Vicaire General de Luçon,
le 4. Avril 1733.
'Abbaye Commandataire de Bardoüe , Ordre
Lde Citraux ,Diocèse d'Auch , vacante par le
décès de M. de Montesquiou Préchac , en faveur
de M. Jean-Marie Henrion, Evêque de Boulogne .
L'Abbaye Commandataire de S. Ligaire , Or
dre de S. Benoît, Diocèse de Saintes , vacante par
le décès du dernier Commandataire , en faveur
de l'Abbé d'Harcourt , Prêtre et Doyen de Notre-
Dame de Paris...
I išiji.. L'Ab
818 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de
Beaulieu , Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres,
vacante par la démission de M. de Bonsens des
Epinetz , en faveur de M. Savary , Bachelier de
Sorbonne .
L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Bourges , vacante par le
déceds de M. Bruel , en faveur de M. du Mans ,
Prêtre , Conseiller au Parlement de Paris.
L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine ,
Ordre de Prémontré, Diocèse de Troye , vacante
par la démission de M. le Febvre des Chevaliers ,
en faveur de M. de Cicery , Prédicateur ordinaire
de la Reine.
L'Abbaye d'Espagne , Ordre de Citeaux , Diocèse
d'Amiens , vacante par la démission de la
Dame Lambert de Thorigny , en faveur de la
Dame de Castellane , Religieuse de l'Ordre de
sainte Claire Urbaniste.
L'Abbaye de Bonneville , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Rouen , vacante par le décès de la
Dame d'Aubigny , en faveur de la Dame de
Lausans , Religieuse du même Ordre.
L'Abbaye Réguliere de Barbery , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Bayeux , vacante par le décès
-de Dame de Lastour , en faveur de Dame Fitshabert
, Abbesse Réguliere de la Pieté- Dieu , da
même Ordre.
L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre
de Citeaux , Diocèse de Langres , vacante par le
décès de M. Trudaine , en faveur de M. de Quéselin
, Aumônier du Roy.
Le Prieuré Commandataire et Electif de Boscachard
, Ordre de Saint Augustin , Diocèse de
Rouen , vacant par le décès de M, Brochand ,
en faveur de M. François-Firmin Trudaine,Evê
que de Senlis.
•
AVRIL. 1733. 819
Y
L'Abbaye Commandataire de Murceaux , Ordre
de Prémontré , Diocèse de Toul , vacante
par le décès de M. de l'Aigle , en faveur de M.de
Foyal de Donnery , Docteur en Théologie.
L'Evêché de Dacqs , vacant par le décès de
M.d'Abbadie d'Arboucave,en faveur de M.d'Audigue
, Doyen , et Vicaire General de Luçon,
Fermer
Résumé : BENEFICES DONNEZ le 4. Avril 1733.
Le document du Mercure de France du 4 avril 1733 annonce plusieurs nominations à des postes ecclésiastiques vacants. L'Abbaye Commandataire de Bardoüe, Ordre de Citeaux, Diocèse d'Auch, est attribuée à M. Jean-Marie Henrion, Évêque de Boulogne, suite au décès de M. de Montesquiou Préchac. L'Abbaye Commandataire de Saint-Liguaire, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Saintes, est confiée à l'Abbé d'Harcourt, Prêtre et Doyen de Notre-Dame de Paris, après le décès du dernier Commandataire. L'Abbaye Commandataire de Notre-Dame de Beaulieu, Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres, est donnée à M. Savary, Bachelier de Sorbonne, à la suite de la démission de M. de Bonsens des Epinetz. L'Abbaye Commandataire de Barzelles, Ordre de Citeaux, Diocèse de Bourges, est attribuée à M. du Mans, Prêtre et Conseiller au Parlement de Paris, après le décès de M. Bruel. L'Abbaye Commandataire de Basse Fontaine, Ordre de Prémontré, Diocèse de Troyes, est confiée à M. de Cicery, Prédicateur ordinaire de la Reine, suite à la démission de M. le Febvre des Chevaliers. L'Abbaye d'Espagne, Ordre de Citeaux, Diocèse d'Amiens, est attribuée à la Dame de Castellane, Religieuse de l'Ordre de sainte Claire Urbaniste, après la démission de la Dame Lambert de Thorigny. L'Abbaye de Bonneville, Ordre de Citeaux, Diocèse de Rouen, est confiée à la Dame de Lausans, Religieuse du même Ordre, suite au décès de la Dame d'Aubigny. L'Abbaye Régulière de Barbery, Ordre de Citeaux, Diocèse de Bayeux, est attribuée à Dame Fitshabert, Abbesse Régulière de la Pieté-Dieu, après le décès de la Dame de Lastour. L'Abbaye Commandataire de Theulley, Ordre de Citeaux, Diocèse de Langres, est confiée à M. de Quéselin, Aumônier du Roy, suite au décès de M. Trudaine. Le Prieuré Commandataire et Électif de Boscachard, Ordre de Saint Augustin, Diocèse de Rouen, est attribué à M. François-Firmin Trudaine, Évêque de Senlis, après le décès de M. Brochand. L'Abbaye Commandataire de Murceaux, Ordre de Prémontré, Diocèse de Toul, est confiée à M. de Foyal de Donnery, Docteur en Théologie, suite au décès de M. de l'Aigle. Enfin, l'Évêché de Dax est attribué à M. d'Audigue, Doyen et Vicaire Général de Luçon, après le décès de M. d'Abbadie d'Arboucave.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6436
p. 819-824
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Nicolas de Vatteville, Lieutenant des Gardes du Corps, Compagnie d'Harcourt, [...]
Mots clefs :
Marquis de Saint-Chamant, Armées du roi, Château, Général, Mademoiselle de Saint-Chamant, Marquis de Wargemont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS
N
?
NAISSANCES
et Mariages.
Icolas de Vatteville , Lieutenant des Gar¬
des du Corps , Compagnie d'Harcourt ,
mourut à Paris , le 3 Février dernier , àgé de 32
ans.
> Le Marquis de Nerestang , Duc de Gadagne
Brigadier des armées du Roy , cy- devant Gui
don de Gendarmerie , y mourut le 7 du même
mois , âgé de 60 ans.
N. Cailly Delpech , premier Avocat General
de la Cour des Aydes , mourut à Paris le & Mars
Agé d'environ 60 ans.
Le Chevalier de Belfond , chef de Brigade
Gardes du Corps, Compagnie d'Harcourt,mourut
à Versailles , le 9 du même mois , âgé de 66
ans.
N. de Chausserais, mourut au Château de Madrid
, dans le Bois de Boulogne , le 24 Mars ,
âgée de 75 ans. Elle avoit été fille d'honneur de
feue MADAME.
Louis - Euverte Angran , Maître des Requêres
, Intendant du Commerce , mourut le 17 de
ee mois , âgé d'environ 51 ans.
I'v Pierre
820 MERCURE DE FRANCE
Pierre- Jacques -Joseph Ferdinand de , Blondel,
Chevalier , Baron d'Oud nove , Seigneur de Michelbek
, Lillers , Villiers , &c. Brigadier des
Armées du Roy , mourut le même jour , âgé de-
62 ans.
Louis de la Vergne de Tressan , Archevêque
de Rouen , Abbé des Abbayes de Long- pont , de
Bonneval , et d'Espau , mourut à Gaillon le 18
de ce mois , âgé de 63 ans. Il avoit été premier
Aumônier de feu Monsieur le Duc d'Orleans.
D. Marie-Madelaine le Franc , veuve de Claude
Arnould Poncher , Maître des Requêtes
, &c. mourut le 19 , âgée d'environ 70
ans.
Louis - Pierre Scipion de Grimoard , Comte du
Roure , déceda en son Château de Barsac , le 24
Avril , âgé de 86 ans et 7 mois ; il étoit Lieutenant
General de la Province de Languedoc , et
Gouverneur de la Ville et Citadelle du Pont Saint
Esprit ; à l'âge de 22 ans , le feu Roy , qui l'aimoit
beaucoup et qui l'a toujours honoré de ses
bontez , lui donna un Régiment de Cavalerie ; et
connoissant son mérite , il lui confia le Commandement
de toutes les Troupes qui étoient en
Languedoc , dans la premiere Guerre des Huguenots
, et un détachement considérable de Sa
Maison , qui étoit aussi à ses Ordres , quoique
commandée par d'anciens Officiers Généraux .
Il laisse le Comte du Roure , fils , Gouverneur
de la Ville et Citadelle du Pont- Saint-Esprit, Brigadier
des Armées du Roy , et le Marquis du
Roure , son petit - fils , Cornette des Mousquetaires
Gris.
e. D. Françoise - Elizabeth de Lamoignon , épouse
de Jean Aymar Nicolaï , Marquis de Goussainille,
Premier Président de la Chambre des Comptcs
AVRIL. 1733 821
ptes , mourut à Paris le 27 , dans la 55 année de
son âge.
D. Henriette de Fitzjames , Dame du Palais de
la Reine , épouse de Jean- Baptiste - Louis Clermont
d'Amboise , Marquis de Resnel , Comte
de Chiverni , &c. Gouverneur de Chaumont , eg
Grand-Baillif de Provins , Colonel du Régiment
de Santerre , accoucha le 21 Mars , d'une fille ,
qui fut baptisée par l'Abbé de Fitzjames , Abbé
de l'Abbaie Royale de S. Victor, et nommée Diane-
Jacquete-Louise- Henriette , par Jacques de
Fitzjames , Duc de Liria , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy d'Espagne , Chevalier de
la Toison d'or, et de l'Aigle blanc , Grand d'Es
pagne , de la premiere Classe , cy- devant Ame
bassadeur de S M. C. auprès de l'Empereur es
de la Czarine, et par D. Diane de Clermont Gal
lerande , Epouse du Marquis de Clermont Saint
Aignan , Inspecteur General de la Cavalerie.
Dame Marie Elisabeth de Chamillard , Epouse
de Daniel- Marie - Anne de Talegrand de Périgord
, Marquis de Talegrand , accoucha le 23
d'Avril , à Versailles , d'une fille , qui fut nom
mée Marie-Henriette , par Henry de Chamil
lard. , Marquis de Courcelles , et par Demoisel
le Marie-Marguerite - Françoise de Talegrand de
Périgord , fille de Jean - Charles de Talegrand
de Périgord , Prince de Chalais , Grand d'Es
pagne ; et de Marie. Françoise de Rochechouart
de Mortemar , Dame du Palais de la Reine.
Nous avons parlé dans le Mercure du mois
passé du Mariage de M. le Marquis de Warges
mont , avec Madamoiselle de Saint-Chamant
sur quoi nous avons omis quelques circonstan
1 aj
ces
822 MERCURE DE FRANCE
ces , faute d'instruction , ausquelles nous sup
plérons volontiers icy.
La Cérémonie de la Célébration fut faite la
nuit du 10 Mars , par M. de la Chaize , Docteur
en Théologie et Curé des Paroisses de Vitlenauxce
, en l'absence de M. l'Evêque de Troyes,
qui devoit faire cette Célébration.
Dès les six heures du matin on sonna toutes
les Cloches des deux Paroisses , et de l'Abbaye
des Bénédictins , ce qui dura jusqu'au soir ; on
fit sur les Remparts et aux environs du Château,
dé fréquentes décharges de Canon .
La Milice Bourgeoise, au nombre de 400 hommes
, ayant à leur tête les Principaux Officiers ,
et les Chevaliers de l'Arquebuse , parût sous les
Armes, et accompagna , au son des Tambours
des Trompettes , des Haut bois , & c. le Corps
de Justice de la Ville , quand il alla complimenter
les nouveaux mariez.
M. Joblet , Procureur Fiscal , et de l'Elections,
porta la parole pour le Corps de Justice ; et M.
Rivet , Maire de la Ville , parla pour les Habitans.
M. de Wargemont répondit avec toute la
politesse possible ; le peuple ne cessoit cependant
de faire des acclamations , et la Milice termina
cette cérémonie par une décharge generale .
A l'entrée de la nuit la Façade du Château qui
regarde la Prairie , parut toute illuminée , avec
autant de goût que de magnificence , par le
moyen de plusieurs grands Lustres , et de quantité
de Flambeaux , outre une infinité de Lampions
, dont on avoit bordé les croisées . De plus
on avoit placé autour des Fossez et du principal
Canal , un tres -grand nombre de Terrines, dont
les lumieres éclairoient doublement par la réverbération
des Eaux, Un monde infini répandu
dans
AVRIL. 17338 825
dans toute cette grande Prairie , coupée par divers
Canaux , attiré par le bruit de la Fête,chargé
de Falots, de Lanternes, &c. formoit une autre
espece d'illumination , qui éclairoit toute la
campagne aux environs.
Au milieu de cette Prairie et en face du Château ,
on avoit dressé sur quatre Pilliers un grand Feu
d'Artifice , orné de Peintures , d'Emblemes et de
Devises convenables au sujet. Le Prince de Tingry
y mit le feu , et l'exécution suivit avec une si
agréable variété et tant de succès , que tout le
monde en parut satisfait ; on tiroit en mêmetemps
des Fusées et d'autres Artifices de la Tour
de la principale Eglise. Enfin des Gerbes et des
Soleils de feu terminerent tout ce brillant Spectacle
qui dura pendant deux heures.
Il y eut ensuite dans le Château un magnifique
Repas . On tira le Canon à l'entrée et à la sortie
de Table. On avoit aussi dressé des Tables pour
les principaux Officiers de Justice et Bourgeois
de la Ville ; les Cours et les avenuës du Château
étoient pleines de Fontaines de Vin , que Mada.
me de Saint Chamant cut soin de faire couler
en abondance.
Le Dimanche suivant le Marquis et la Marquise
de Wargemont , nouveaux mariez, le Prin
ce de Tingry , le Marquis de Savines , Lieutenant
General des Armées du Roy , vinrent avec
la Marquise de Saint - Chamant, assister à la Messe
Paroissiale; ils furent reçus à la Porte de l'Eglise
par le Clergé Séculier et Régulier.. A la fin
de la Messe , chantée solemnellement par le mê.
me Clergé , on chanta le Te Deum , au bruit du
Canon et de la Mousqueterie de la Milice Bourgeoise
, qui étoit autour de l'Eglise. A la sortie,
Te Marquis de wargemont fit. distribuer des Au
mânes
824 M
MERCERE
DE
FRANCE
mones considerables aux Pauvres de la Paroisse.
On ne vit jamais un plus grand empressement,
à marquer de la joie et du zéle , que celui qui a
paru de la des Habitans de cette Ville , qui
conserveront un souvenir éternel des bienfaits,
qu'ils ont reçûs en differentes occasions de feu
M. le Marquls de Saint-Chamant , & c.
N
?
NAISSANCES
et Mariages.
Icolas de Vatteville , Lieutenant des Gar¬
des du Corps , Compagnie d'Harcourt ,
mourut à Paris , le 3 Février dernier , àgé de 32
ans.
> Le Marquis de Nerestang , Duc de Gadagne
Brigadier des armées du Roy , cy- devant Gui
don de Gendarmerie , y mourut le 7 du même
mois , âgé de 60 ans.
N. Cailly Delpech , premier Avocat General
de la Cour des Aydes , mourut à Paris le & Mars
Agé d'environ 60 ans.
Le Chevalier de Belfond , chef de Brigade
Gardes du Corps, Compagnie d'Harcourt,mourut
à Versailles , le 9 du même mois , âgé de 66
ans.
N. de Chausserais, mourut au Château de Madrid
, dans le Bois de Boulogne , le 24 Mars ,
âgée de 75 ans. Elle avoit été fille d'honneur de
feue MADAME.
Louis - Euverte Angran , Maître des Requêres
, Intendant du Commerce , mourut le 17 de
ee mois , âgé d'environ 51 ans.
I'v Pierre
820 MERCURE DE FRANCE
Pierre- Jacques -Joseph Ferdinand de , Blondel,
Chevalier , Baron d'Oud nove , Seigneur de Michelbek
, Lillers , Villiers , &c. Brigadier des
Armées du Roy , mourut le même jour , âgé de-
62 ans.
Louis de la Vergne de Tressan , Archevêque
de Rouen , Abbé des Abbayes de Long- pont , de
Bonneval , et d'Espau , mourut à Gaillon le 18
de ce mois , âgé de 63 ans. Il avoit été premier
Aumônier de feu Monsieur le Duc d'Orleans.
D. Marie-Madelaine le Franc , veuve de Claude
Arnould Poncher , Maître des Requêtes
, &c. mourut le 19 , âgée d'environ 70
ans.
Louis - Pierre Scipion de Grimoard , Comte du
Roure , déceda en son Château de Barsac , le 24
Avril , âgé de 86 ans et 7 mois ; il étoit Lieutenant
General de la Province de Languedoc , et
Gouverneur de la Ville et Citadelle du Pont Saint
Esprit ; à l'âge de 22 ans , le feu Roy , qui l'aimoit
beaucoup et qui l'a toujours honoré de ses
bontez , lui donna un Régiment de Cavalerie ; et
connoissant son mérite , il lui confia le Commandement
de toutes les Troupes qui étoient en
Languedoc , dans la premiere Guerre des Huguenots
, et un détachement considérable de Sa
Maison , qui étoit aussi à ses Ordres , quoique
commandée par d'anciens Officiers Généraux .
Il laisse le Comte du Roure , fils , Gouverneur
de la Ville et Citadelle du Pont- Saint-Esprit, Brigadier
des Armées du Roy , et le Marquis du
Roure , son petit - fils , Cornette des Mousquetaires
Gris.
e. D. Françoise - Elizabeth de Lamoignon , épouse
de Jean Aymar Nicolaï , Marquis de Goussainille,
Premier Président de la Chambre des Comptcs
AVRIL. 1733 821
ptes , mourut à Paris le 27 , dans la 55 année de
son âge.
D. Henriette de Fitzjames , Dame du Palais de
la Reine , épouse de Jean- Baptiste - Louis Clermont
d'Amboise , Marquis de Resnel , Comte
de Chiverni , &c. Gouverneur de Chaumont , eg
Grand-Baillif de Provins , Colonel du Régiment
de Santerre , accoucha le 21 Mars , d'une fille ,
qui fut baptisée par l'Abbé de Fitzjames , Abbé
de l'Abbaie Royale de S. Victor, et nommée Diane-
Jacquete-Louise- Henriette , par Jacques de
Fitzjames , Duc de Liria , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roy d'Espagne , Chevalier de
la Toison d'or, et de l'Aigle blanc , Grand d'Es
pagne , de la premiere Classe , cy- devant Ame
bassadeur de S M. C. auprès de l'Empereur es
de la Czarine, et par D. Diane de Clermont Gal
lerande , Epouse du Marquis de Clermont Saint
Aignan , Inspecteur General de la Cavalerie.
Dame Marie Elisabeth de Chamillard , Epouse
de Daniel- Marie - Anne de Talegrand de Périgord
, Marquis de Talegrand , accoucha le 23
d'Avril , à Versailles , d'une fille , qui fut nom
mée Marie-Henriette , par Henry de Chamil
lard. , Marquis de Courcelles , et par Demoisel
le Marie-Marguerite - Françoise de Talegrand de
Périgord , fille de Jean - Charles de Talegrand
de Périgord , Prince de Chalais , Grand d'Es
pagne ; et de Marie. Françoise de Rochechouart
de Mortemar , Dame du Palais de la Reine.
Nous avons parlé dans le Mercure du mois
passé du Mariage de M. le Marquis de Warges
mont , avec Madamoiselle de Saint-Chamant
sur quoi nous avons omis quelques circonstan
1 aj
ces
822 MERCURE DE FRANCE
ces , faute d'instruction , ausquelles nous sup
plérons volontiers icy.
La Cérémonie de la Célébration fut faite la
nuit du 10 Mars , par M. de la Chaize , Docteur
en Théologie et Curé des Paroisses de Vitlenauxce
, en l'absence de M. l'Evêque de Troyes,
qui devoit faire cette Célébration.
Dès les six heures du matin on sonna toutes
les Cloches des deux Paroisses , et de l'Abbaye
des Bénédictins , ce qui dura jusqu'au soir ; on
fit sur les Remparts et aux environs du Château,
dé fréquentes décharges de Canon .
La Milice Bourgeoise, au nombre de 400 hommes
, ayant à leur tête les Principaux Officiers ,
et les Chevaliers de l'Arquebuse , parût sous les
Armes, et accompagna , au son des Tambours
des Trompettes , des Haut bois , & c. le Corps
de Justice de la Ville , quand il alla complimenter
les nouveaux mariez.
M. Joblet , Procureur Fiscal , et de l'Elections,
porta la parole pour le Corps de Justice ; et M.
Rivet , Maire de la Ville , parla pour les Habitans.
M. de Wargemont répondit avec toute la
politesse possible ; le peuple ne cessoit cependant
de faire des acclamations , et la Milice termina
cette cérémonie par une décharge generale .
A l'entrée de la nuit la Façade du Château qui
regarde la Prairie , parut toute illuminée , avec
autant de goût que de magnificence , par le
moyen de plusieurs grands Lustres , et de quantité
de Flambeaux , outre une infinité de Lampions
, dont on avoit bordé les croisées . De plus
on avoit placé autour des Fossez et du principal
Canal , un tres -grand nombre de Terrines, dont
les lumieres éclairoient doublement par la réverbération
des Eaux, Un monde infini répandu
dans
AVRIL. 17338 825
dans toute cette grande Prairie , coupée par divers
Canaux , attiré par le bruit de la Fête,chargé
de Falots, de Lanternes, &c. formoit une autre
espece d'illumination , qui éclairoit toute la
campagne aux environs.
Au milieu de cette Prairie et en face du Château ,
on avoit dressé sur quatre Pilliers un grand Feu
d'Artifice , orné de Peintures , d'Emblemes et de
Devises convenables au sujet. Le Prince de Tingry
y mit le feu , et l'exécution suivit avec une si
agréable variété et tant de succès , que tout le
monde en parut satisfait ; on tiroit en mêmetemps
des Fusées et d'autres Artifices de la Tour
de la principale Eglise. Enfin des Gerbes et des
Soleils de feu terminerent tout ce brillant Spectacle
qui dura pendant deux heures.
Il y eut ensuite dans le Château un magnifique
Repas . On tira le Canon à l'entrée et à la sortie
de Table. On avoit aussi dressé des Tables pour
les principaux Officiers de Justice et Bourgeois
de la Ville ; les Cours et les avenuës du Château
étoient pleines de Fontaines de Vin , que Mada.
me de Saint Chamant cut soin de faire couler
en abondance.
Le Dimanche suivant le Marquis et la Marquise
de Wargemont , nouveaux mariez, le Prin
ce de Tingry , le Marquis de Savines , Lieutenant
General des Armées du Roy , vinrent avec
la Marquise de Saint - Chamant, assister à la Messe
Paroissiale; ils furent reçus à la Porte de l'Eglise
par le Clergé Séculier et Régulier.. A la fin
de la Messe , chantée solemnellement par le mê.
me Clergé , on chanta le Te Deum , au bruit du
Canon et de la Mousqueterie de la Milice Bourgeoise
, qui étoit autour de l'Eglise. A la sortie,
Te Marquis de wargemont fit. distribuer des Au
mânes
824 M
MERCERE
DE
FRANCE
mones considerables aux Pauvres de la Paroisse.
On ne vit jamais un plus grand empressement,
à marquer de la joie et du zéle , que celui qui a
paru de la des Habitans de cette Ville , qui
conserveront un souvenir éternel des bienfaits,
qu'ils ont reçûs en differentes occasions de feu
M. le Marquls de Saint-Chamant , & c.
Fermer
Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En 1733, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Parmi eux, Icolas de Vatteville, Lieutenant des Gardes du Corps, est décédé à Paris le 3 février à l'âge de 32 ans. Le Marquis de Nerestang, Duc de Gadagne et Brigadier des armées du Roy, est mort le 7 février à 60 ans. N. Cailly Delpech, premier Avocat Général de la Cour des Aydes, a décédé le 6 mars à environ 60 ans. Le Chevalier de Belfond, chef de Brigade des Gardes du Corps, est mort à Versailles le 9 mars à 66 ans. N. de Chausserais est décédée au Château de Madrid dans le Bois de Boulogne le 24 mars à 75 ans. Louis-Euverte Angran, Maître des Requêtes et Intendant du Commerce, est mort le 17 mars à environ 51 ans. Pierre-Jacques-Joseph Ferdinand de Blondel, Chevalier et Brigadier des armées du Roy, est décédé le 17 mars à 62 ans. Louis de la Vergne de Tressan, Archevêque de Rouen, est mort à Gaillon le 18 mars à 63 ans. D. Marie-Madelaine le Franc, veuve de Claude Arnould Poncher, est décédée le 19 mars à environ 70 ans. Louis-Pierre Scipion de Grimoard, Comte du Roure, est décédé en son Château de Barsac le 24 avril à 86 ans et 7 mois. D. Françoise-Elisabeth de Lamoignon, épouse de Jean Aymar Nicolaï, est morte à Paris le 27 avril à 55 ans. Deux naissances ont également été mentionnées : Diane-Jacquete-Louise-Henriette, fille de D. Henriette de Fitzjames et de Jean-Baptiste-Louis Clermont d'Amboise, est née le 21 mars. Marie-Henriette, fille de Dame Marie Elisabeth de Chamillard et de Daniel-Marie-Anne de Talégrand de Périgord, est née le 23 avril. Le document décrit également le mariage du Marquis de Wargemont avec Mademoiselle de Saint-Chamant, célébré la nuit du 10 mars. Cet événement a été marqué par diverses cérémonies et festivités, incluant des décharges de canon, des illuminations, un feu d'artifice et un repas somptueux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6437
p. 824-[8]32
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DU ROY, du 3 Janvier Concernant les Déserteurs du Régiment des [...]
Mots clefs :
Roi, Cour, Ordonnance, Déserteurs, Libelle, Procureur général du roi, Église, Schisme, Conseil, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S.
RDONNANCE DU ROY , du 3 Janvier ,
concernant les Déserteurs du Régiment des
Gardes Françoises , par laquelle S. M. a ordonné
, veut et entend , que lorsqu'un Soldat dudit
Régiment de ses Gardes Françoises aura manqué
de se trouver à une des revûës , que le Commissaire
des Guerres chargé de sa police en doit
faire chaque mois , sans en être dispensé pour
cause de maladie connue de son Capitaine , ou
par congé expedié dans les formes prescrites par
ladite Ordonnance , il soit , à la diligence du
Prévôt des bandes , sommé au son du Tambour,
et à cri public , au lieu de sa derniere demeure ;
de se trouver à la revûë prochaine , sous peine
d'être puni comme déserteur , de laquelle sommation
il sera dressé par lui procès verbal ; et
que faute ledit Soldat de se trouver à cette
seconde revue , il soit réputé déserteur , et puni
comme tel par jugement du Conseil de guerre
s'il peut être arrêté , sinon condamné par coutu
mace , huit jours après ladite seconde revûë , sans
autre formalité que la déposition et le recolle
ment de deux témoins qui déclareront avoir connoissance
de son enrollement et de son absence
et la représentation de ladite sommation , & c.
par
ORAVRIL.
1733. 825
ORDONNANCE DU ROY du 28 Janvier
, portant que le Régiment de Cavalerie de
Conty , ci -devant Villeroy , prendra rang dans
la Cavalerie après celui de Clermont , et avant
le Régiment du Maine , nonobstant ce qui est
porté par l'Ordonnance du premier Mai 1699.
qui avoit fixé le rang de ce Régiment après celui
de Villars , &c.
ORDONNANCE DU ROY , du 8 Février
pour établir quatre Officiers nouveaux dans les
Régimens de Cavalerie de trois Escadrons , et
dans ceux de Dragons ; et deux seulement dans
les Brigades de Carabiniers , et Régimens de Cavalerie
de deux Escadrons.
ARREST du 25 Février , concernant les Parcs
et Pescheries qui sont sur les gréves du ressort de
l'Amirauté de Saint Brieuc , par lequel S. M. ordonne
que les 20 Articles contenus dans l'Arrêt
soient éxécutez selon leur forme et teneur.
AUTRE du 3 Mars , concernant les marques
qui doivent être apposées sur les toiles de
coton blanches , mousselines et mouchoirs , provenant
des ventes de la Compagnie des Indes.
AUTRE du 17 Mars , qui ordonne que pendant
dix années , â commencer du premier Janvier
1734. les morues , tant vertes que séches
et les huiles qui proviendront de la pêche des sujets
de Sa Majesté à l'Isle Royale , appellée cidevant
l'Isle du Cap-Breton , demeureront déchargées
dans tous les Ports du Royaume , tant
de l'Ocean que de la Méditerrannée et à Ingrande
, de tous les droits d'entrée des cinq
grosses Fermes.
AUTRE du 24 Mars, concernant les Parcs e
Péche
627 MERCURE DE FRANCE
que
Pécheries qui sont sur les Gréves du Ressort de
P'Amirauté de Brest , par laquelle S. M. ordonne
les Articles LXXXIV . et LXXXV. de l'Ordonnance
du mois de Mars 1584. et ceux du Livre
V. du Titre III . de l'Ordonnance du mois
de Novembre 1684. soient éxécutez selon leur
forme et teneur ; et en conséquence , a ordonné
et ordonne que les XIV . Articles contenus dans
ledit Arrêt soient éxécutez selon leur forme et
reneur , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 25 Mars ,
par laquelle S. M. ordonne , que tous les Offieier's
absens par semestre , qui se rendront à leurs
charges au premier du mois de Mai prochain ,
soit à la garnison , soit en route , si leurs Régimens
étoient alors en marche , jouiront de leurs
appointemens pour tout le tems qu'ils auront été
absens , ety seront payez en vertu de la présente
Ordonnance , nonobstant le tems fixé par
celles du 10 Septembre 1732. qui seront au surplus
éxécutées en tout ce qu'elles contiennent.
AUTRE du 28 Mars , qui ordonne , que les
Couvertures de laine qui se fabriquent à Montpellier
, jouiront à la sortie du Royaume de la
même modération de droits que celle portée par
l'Arrêt du 14 Novembre 1716. en faveur des
petites étoffes de laine qui se fabriquent dans la
Province de Languedoc .
AUTRE du 31 Mars , qui proroge pendant
une année seulement, la permission accordée aux
Négocians des ports et villes maritimes du
Royaume , d'envoyer leurs vaisseaux directement
en Irlande , pour y acheter des boeufs salez
, et les transporter ensuite aux Isles et Colo
mies Françoises de l'Amérique,
7
Ir
ર
S
AVRIL.
1733.
627
ARREST DU PARLEMENT , au sujet d'un
Libelle , &c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy portant la parole , ont dit :
-
MESSIEURS ,
Attentifs depuis quelque- tems à la recherche
T'un Ecrit fugitif, qui s'annonçoit sous le titre de
Reflexions pour les Evéques de France , nous venons
enfin d'en découvrir un Exemplaire que
nous apportons à la Cour. Elle y reconnoîtra les
saracteres du Libelle le plus emporté , le plus séditieux
, et le plus digne d'éprouver toute la șéverité
de la censure publique.
On y représente l'Eglise et la Religion comme
abandonnées aujourd'hui en France , à la violence
et aux entreprises des Magistrats séculiers ,
et n'ayant rien à espérer de l'appui du Gouverne
ment , ni de l'autorité du Prince , dont elles ont
à regreter d'avoir attendu envain le secours.
Les couleurs les plus noires y sont employées ,
pour former les traits de l'idée qu'on voudroit
donner de l'état présent des affaires de l'Eglise.
On ne craint point de rappeller à ce sujet l'image
de ces tems funestes , dignes d'un éternel oubli
, où les troubles de la Religion firent éprouver
à nos Peres l'extrémité des plus grands maux.
Ce n'est pas assez de nous menacer de les voir
renaître. Peu s'en faut qu'on ne les préfère à la
situation du tems où nous sommes , er que l'on
ne forme des voeux pour voir succeder à sa place
de pareils malheurs.
La moderation des Prélats les plus sages et les
mieux intentionnez est décriée. Au gré de ce
Libelle téméraire , il n'y aura plus de vrai zele
que celui qu'on verra toujours prêt à se porter
aux
་
28 MERCURE DE FRANCE
aux partis extrêmes , plus de difficultez dans l'Eglise
qui ne soient fatales , plus de troubles qui
se puissent appaiser charitablement , plus de dissentions
qui ne produisent un schisme , dont
l'Auteur semble envisager les suites avec une espéce
de satisfaction .
Ce Schisme en effet est l'objet qu'il se propose.
C'est , dit - il , la seule ressource qui reste aux
Evêques, dans la cause qu'ils soutiennent, et dans
l'usage de l'autorité et du Caractere divin dont
ils sont revêtus. Ou plutôt , si on l'écoute , ce
Schisme est formé ; il éxiste , et la foiblesse des
Prélats est seule cause de ce qu'il n'a pas encore
éclaté.
Nous ne faisons , MESSIEURS, que vous
tracer une légere idée des excès que renferme
cet Ecrit. La fidelité même de la Cour s'y voit
attaquée et sensible autant qu'on le sçauroit
être à un reproche si contraire aux véritables
sentimens dont elle sera toujours pénetrée , elle
verra en même-tems avec encore plus d'indigna
tion , les traits injurieux qui sont portez jusqu'à
la Majesté Royale.
Graces au Ciel , de tels Ecrits sont impuissans.
La fureur qui les dicte , de quelque côté que se
portent ses excès , ne sçauroit qu'inspirer de l'a
version er de l'horreur , pour peu qu'on l'envi
sage de sang froid, et fait d'autant mieux sentir
l'avantage et la nécessité d'une conduite modé
rée. Mais leur licence et leur scandale doivent
être réprimez : Et pour obtenir contre celui- ci
la condamnation qu'il merite , nous avons pris
les Conclusions par écrit que nous laissons en ce
moment à la Cour.
Eux retirez :
Vû le Libelle intitulé : Refléxions pour les Evêques
AVRIL. 1733. 629
es de France. La matiere sur ce mise en déliération.
La Cour a ordonné et ordonne que ledit Libelsera
laceré et brûlé en la Cour du Palais , au
ied du grand Escalier d'icelui par l'Exécuteur
e la haute Justice , comme injurieux à l'autorié
Royale , et à l'honneur des Parlemens , exci
ant au schisme , et tendant à sédition . Fait inibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprineurs
, Colporteurs , et à tous autres , de l'im
›rimer , vendre et débiter , ou autrement distriuèr
, sur peine d'être procedé contre eux ex-?
raordinairement. Enjoint à tous ceux qui en au '
oient des Exemplaires , de les remettre incess
amment au Greffe Civil de la Cour , pour y être
upprimez ; permet au Procureur General du
Roy , de faire informer contre ceux qui ont
composé , imprimé , vendu , débité , ou distri
ué ledit Libelle , pardevant Maître Louis de
Vienne , Conseiller , même pardevant les Lieu
enans Criminels ou autres premiers Officiers
les Siéges Royaux du Ressort , pour les témoins
qui se trouveroient dans l'étendue desdits Siéges
poursuite et diligence des Substituts du Procureur
General du Roy en iceux ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur General du Roy , être par lui requis ,
t par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra
ordonne que Copies collationnées du présent Ar
rêt seront envoyées aux Bailliages et Sénéchausées
du Ressort , pour y être lû , publié et regis
ré. Enjoint aux Substituts du Procureur Gene
tal du Roy d'y tenir la main , et d'en certifier
la Cour dans le mois. Fait en Parlement le 14
Avril 1733. Signé , YSABEAU.
Et le 14 Avril 1733. à la levée de la Cour en
éxé730
MERCURE DE FRANCE.
éxécution du susdit Arrêt , le Libelle y mentionné
a été laceré et jetté au feu par l'Executeur de la
baute Justice , au bas du grand Escalier du Falais
en présence de nous Etienne -Henry Ysabeau , l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grande Chambre , assisté de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé , YSABEAU.
ARREST DU PARLEMENT ; du 25 Avril,
au sujet de deux Livres , &c.
Ce jour , toutes les Chambres assemblées , Monsieur
le Premier Président ayant dit que les
Gens du Roy étoient en état de rendre compte
la Cour des ordres dont elle les avoit chargés
par son Arrêté du 15 du présent mois , ils ont
été mandez ; entrez en la Cour , ils ont été entendus
en leurs Conclusions ; et eux retirez , la
matiere mise en déliberation.
:
La Cour a ordonné que les Livres intitulez :
L'un , Nouvelle deffense de la Constitution , où l'or
montre qu'elle est régle de Foi , &c. par M. Claude
le Pelletier , Prêtre , Docteur en Théologie , Chamoine
de PEglise de Reims , à Rouen , chez Phie
lippe-Pierre Cabut , rue du Becq 1729. et l'autre :
Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints,
dans lequel , &c. dédié au Roy , par M. l'Abbé.
de Pelletier , Chanoine de l'Eglise de Reims , 2 vol.
à Paris , chez Henry , ruë S. Jacques , vis -à-vis
S. Tues 1732. seront supprimez comme contenant
des Propositions séditieuses , contraires au
respect dû au Caractere et à la Personne de plus
sieurs Prélats , à l'honneur et à l'autorité des
Parlemens , excitantes au Schisme , et tendantes
à troubler l'ordre et la tranquillité publique , en
proposant la Constitution Unigenitus commé
une régle de Foi : Fait deffenses à toutes personnes
de quelque état et condition qu'elles
soient
AVRIL. -17-33. 631
soient , de faire à l'occasion de ladite Constitu
tion aucun Acte ou Ecrit tendant au Schisme
à peine d'être procedé extraordinairement conre
les contrevenans : Ordonne qu'à la requête
du Procureur General du Roy , pardevant Me
Anne-Charles Goislard Conseiller , il sera informé
contre l'Auteur desdits Livres , comme
aussi qu'il sera informé contre le Frere Coiffrel ,
des faits portez en la dénonciation mentionnée
en l'Arrêté du 15 de ce mois , et Exploit du 12
audit mois y énoncé , pour les informations faites
et communiquées au Procureur General du
Roy , et rapportées, toutes les Chambres assem→
blées , être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que le present Arrêt sera imprimé
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , et que Copies collationnées d'icelui seront
envoyées aux Bailliages et Senechaussées du Res➡
sort ; pour y être lû , publié et registré . Enjoint
aux Substituts du Procureur General du Roy d'y
tenir la main , et d'en certifier la Cour dans un
mois.
ARREST DU CONSEIL D'ETAT ,
du as Avril.
Le Roy ayant fait examiner , en son Conseil ;
un Ouvrage qui se répand dans le Public , et
u'on a voulu accréditer en lui donnant le titre
Instruction Pastorale de M. l'Evêque de Montpellier
, adressée au Clergé et aux fidelles de son
Diocèse , au sujet des miracles que Dieu fait enfaveur
des Appellans de la Bulle Unigenitus. Sa Majesté
auroit reconnu que cet Ouvrage imprimé
ans Privilege et sans nom d'Imprimeur , n'est
qu'un tissu de déclamations injurieuses à l'autoité
du Roy , et encore plus à celle de l'Eglise
qu'on y représente comme menacée d'une des
ruction prochaine , et d'une révolution qui
632 MERCURE DE FRANCE
fera succeder une Eglise nouvelle , composée de
ceux qui résistent à l'Eglise présente : Que de si
étranges idées y sont annoncées d'un ton prophetique
, et dans un stile qui seroit plus conve
nable à une satyre , qu'au Mandement d'un Evêque
, ensorte qu'il n'a pû être jamais paru de
Libelle plus propre à répandre de vaines terreurs
et de fausses impressions dans l'esprit des peuples
, à leur inspirer de l'aversion ou du mépris
pour le Pape et pour les premiers Pasteurs , et &
diminuer ou affoiblir dans leur coeur , le respect
pour la Religion même , à quoi étant necessaire
de pourvoir , pour éloigner tout ce qui peut en
tretenir ou augmenter un feu que le Roi ne cher
che qu'à éteindre dans son Royaume. Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage intitulé , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé et
aux Fideles de son Diocèse , au sujet des miracles
que Dieufait en faveur des Appellans de la Bulls
Unigenitus , 1733. sera et demeurera supprimé ,
comme contraire au respect dû à l'Eglise et au
Roy , tendant à émouvoir les esprits et à trou
bler la tranquillité publique. Enjoint à tous ceux
qui en ont des exemplaires , de les remettre incessamment
au Greffe du Conseil , pour y êtr
supprimez et lacerez. Fait deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires et autres , de quelque état
qualité et condition qu'ils soient , d'en vendre ,
débiter ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ; et sera le present Arrêt lû , publié
, &c.
RDONNANCE DU ROY , du 3 Janvier ,
concernant les Déserteurs du Régiment des
Gardes Françoises , par laquelle S. M. a ordonné
, veut et entend , que lorsqu'un Soldat dudit
Régiment de ses Gardes Françoises aura manqué
de se trouver à une des revûës , que le Commissaire
des Guerres chargé de sa police en doit
faire chaque mois , sans en être dispensé pour
cause de maladie connue de son Capitaine , ou
par congé expedié dans les formes prescrites par
ladite Ordonnance , il soit , à la diligence du
Prévôt des bandes , sommé au son du Tambour,
et à cri public , au lieu de sa derniere demeure ;
de se trouver à la revûë prochaine , sous peine
d'être puni comme déserteur , de laquelle sommation
il sera dressé par lui procès verbal ; et
que faute ledit Soldat de se trouver à cette
seconde revue , il soit réputé déserteur , et puni
comme tel par jugement du Conseil de guerre
s'il peut être arrêté , sinon condamné par coutu
mace , huit jours après ladite seconde revûë , sans
autre formalité que la déposition et le recolle
ment de deux témoins qui déclareront avoir connoissance
de son enrollement et de son absence
et la représentation de ladite sommation , & c.
par
ORAVRIL.
1733. 825
ORDONNANCE DU ROY du 28 Janvier
, portant que le Régiment de Cavalerie de
Conty , ci -devant Villeroy , prendra rang dans
la Cavalerie après celui de Clermont , et avant
le Régiment du Maine , nonobstant ce qui est
porté par l'Ordonnance du premier Mai 1699.
qui avoit fixé le rang de ce Régiment après celui
de Villars , &c.
ORDONNANCE DU ROY , du 8 Février
pour établir quatre Officiers nouveaux dans les
Régimens de Cavalerie de trois Escadrons , et
dans ceux de Dragons ; et deux seulement dans
les Brigades de Carabiniers , et Régimens de Cavalerie
de deux Escadrons.
ARREST du 25 Février , concernant les Parcs
et Pescheries qui sont sur les gréves du ressort de
l'Amirauté de Saint Brieuc , par lequel S. M. ordonne
que les 20 Articles contenus dans l'Arrêt
soient éxécutez selon leur forme et teneur.
AUTRE du 3 Mars , concernant les marques
qui doivent être apposées sur les toiles de
coton blanches , mousselines et mouchoirs , provenant
des ventes de la Compagnie des Indes.
AUTRE du 17 Mars , qui ordonne que pendant
dix années , â commencer du premier Janvier
1734. les morues , tant vertes que séches
et les huiles qui proviendront de la pêche des sujets
de Sa Majesté à l'Isle Royale , appellée cidevant
l'Isle du Cap-Breton , demeureront déchargées
dans tous les Ports du Royaume , tant
de l'Ocean que de la Méditerrannée et à Ingrande
, de tous les droits d'entrée des cinq
grosses Fermes.
AUTRE du 24 Mars, concernant les Parcs e
Péche
627 MERCURE DE FRANCE
que
Pécheries qui sont sur les Gréves du Ressort de
P'Amirauté de Brest , par laquelle S. M. ordonne
les Articles LXXXIV . et LXXXV. de l'Ordonnance
du mois de Mars 1584. et ceux du Livre
V. du Titre III . de l'Ordonnance du mois
de Novembre 1684. soient éxécutez selon leur
forme et teneur ; et en conséquence , a ordonné
et ordonne que les XIV . Articles contenus dans
ledit Arrêt soient éxécutez selon leur forme et
reneur , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 25 Mars ,
par laquelle S. M. ordonne , que tous les Offieier's
absens par semestre , qui se rendront à leurs
charges au premier du mois de Mai prochain ,
soit à la garnison , soit en route , si leurs Régimens
étoient alors en marche , jouiront de leurs
appointemens pour tout le tems qu'ils auront été
absens , ety seront payez en vertu de la présente
Ordonnance , nonobstant le tems fixé par
celles du 10 Septembre 1732. qui seront au surplus
éxécutées en tout ce qu'elles contiennent.
AUTRE du 28 Mars , qui ordonne , que les
Couvertures de laine qui se fabriquent à Montpellier
, jouiront à la sortie du Royaume de la
même modération de droits que celle portée par
l'Arrêt du 14 Novembre 1716. en faveur des
petites étoffes de laine qui se fabriquent dans la
Province de Languedoc .
AUTRE du 31 Mars , qui proroge pendant
une année seulement, la permission accordée aux
Négocians des ports et villes maritimes du
Royaume , d'envoyer leurs vaisseaux directement
en Irlande , pour y acheter des boeufs salez
, et les transporter ensuite aux Isles et Colo
mies Françoises de l'Amérique,
7
Ir
ર
S
AVRIL.
1733.
627
ARREST DU PARLEMENT , au sujet d'un
Libelle , &c.
Ce jour les Gens du Roy sont entrez , et Maître
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit
Seigneur Roy portant la parole , ont dit :
-
MESSIEURS ,
Attentifs depuis quelque- tems à la recherche
T'un Ecrit fugitif, qui s'annonçoit sous le titre de
Reflexions pour les Evéques de France , nous venons
enfin d'en découvrir un Exemplaire que
nous apportons à la Cour. Elle y reconnoîtra les
saracteres du Libelle le plus emporté , le plus séditieux
, et le plus digne d'éprouver toute la șéverité
de la censure publique.
On y représente l'Eglise et la Religion comme
abandonnées aujourd'hui en France , à la violence
et aux entreprises des Magistrats séculiers ,
et n'ayant rien à espérer de l'appui du Gouverne
ment , ni de l'autorité du Prince , dont elles ont
à regreter d'avoir attendu envain le secours.
Les couleurs les plus noires y sont employées ,
pour former les traits de l'idée qu'on voudroit
donner de l'état présent des affaires de l'Eglise.
On ne craint point de rappeller à ce sujet l'image
de ces tems funestes , dignes d'un éternel oubli
, où les troubles de la Religion firent éprouver
à nos Peres l'extrémité des plus grands maux.
Ce n'est pas assez de nous menacer de les voir
renaître. Peu s'en faut qu'on ne les préfère à la
situation du tems où nous sommes , er que l'on
ne forme des voeux pour voir succeder à sa place
de pareils malheurs.
La moderation des Prélats les plus sages et les
mieux intentionnez est décriée. Au gré de ce
Libelle téméraire , il n'y aura plus de vrai zele
que celui qu'on verra toujours prêt à se porter
aux
་
28 MERCURE DE FRANCE
aux partis extrêmes , plus de difficultez dans l'Eglise
qui ne soient fatales , plus de troubles qui
se puissent appaiser charitablement , plus de dissentions
qui ne produisent un schisme , dont
l'Auteur semble envisager les suites avec une espéce
de satisfaction .
Ce Schisme en effet est l'objet qu'il se propose.
C'est , dit - il , la seule ressource qui reste aux
Evêques, dans la cause qu'ils soutiennent, et dans
l'usage de l'autorité et du Caractere divin dont
ils sont revêtus. Ou plutôt , si on l'écoute , ce
Schisme est formé ; il éxiste , et la foiblesse des
Prélats est seule cause de ce qu'il n'a pas encore
éclaté.
Nous ne faisons , MESSIEURS, que vous
tracer une légere idée des excès que renferme
cet Ecrit. La fidelité même de la Cour s'y voit
attaquée et sensible autant qu'on le sçauroit
être à un reproche si contraire aux véritables
sentimens dont elle sera toujours pénetrée , elle
verra en même-tems avec encore plus d'indigna
tion , les traits injurieux qui sont portez jusqu'à
la Majesté Royale.
Graces au Ciel , de tels Ecrits sont impuissans.
La fureur qui les dicte , de quelque côté que se
portent ses excès , ne sçauroit qu'inspirer de l'a
version er de l'horreur , pour peu qu'on l'envi
sage de sang froid, et fait d'autant mieux sentir
l'avantage et la nécessité d'une conduite modé
rée. Mais leur licence et leur scandale doivent
être réprimez : Et pour obtenir contre celui- ci
la condamnation qu'il merite , nous avons pris
les Conclusions par écrit que nous laissons en ce
moment à la Cour.
Eux retirez :
Vû le Libelle intitulé : Refléxions pour les Evêques
AVRIL. 1733. 629
es de France. La matiere sur ce mise en déliération.
La Cour a ordonné et ordonne que ledit Libelsera
laceré et brûlé en la Cour du Palais , au
ied du grand Escalier d'icelui par l'Exécuteur
e la haute Justice , comme injurieux à l'autorié
Royale , et à l'honneur des Parlemens , exci
ant au schisme , et tendant à sédition . Fait inibitions
et deffenses à tous Libraires , Imprineurs
, Colporteurs , et à tous autres , de l'im
›rimer , vendre et débiter , ou autrement distriuèr
, sur peine d'être procedé contre eux ex-?
raordinairement. Enjoint à tous ceux qui en au '
oient des Exemplaires , de les remettre incess
amment au Greffe Civil de la Cour , pour y être
upprimez ; permet au Procureur General du
Roy , de faire informer contre ceux qui ont
composé , imprimé , vendu , débité , ou distri
ué ledit Libelle , pardevant Maître Louis de
Vienne , Conseiller , même pardevant les Lieu
enans Criminels ou autres premiers Officiers
les Siéges Royaux du Ressort , pour les témoins
qui se trouveroient dans l'étendue desdits Siéges
poursuite et diligence des Substituts du Procureur
General du Roy en iceux ; pour les informations
faites , rapportées et communiquées au
Procureur General du Roy , être par lui requis ,
t par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra
ordonne que Copies collationnées du présent Ar
rêt seront envoyées aux Bailliages et Sénéchausées
du Ressort , pour y être lû , publié et regis
ré. Enjoint aux Substituts du Procureur Gene
tal du Roy d'y tenir la main , et d'en certifier
la Cour dans le mois. Fait en Parlement le 14
Avril 1733. Signé , YSABEAU.
Et le 14 Avril 1733. à la levée de la Cour en
éxé730
MERCURE DE FRANCE.
éxécution du susdit Arrêt , le Libelle y mentionné
a été laceré et jetté au feu par l'Executeur de la
baute Justice , au bas du grand Escalier du Falais
en présence de nous Etienne -Henry Ysabeau , l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grande Chambre , assisté de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé , YSABEAU.
ARREST DU PARLEMENT ; du 25 Avril,
au sujet de deux Livres , &c.
Ce jour , toutes les Chambres assemblées , Monsieur
le Premier Président ayant dit que les
Gens du Roy étoient en état de rendre compte
la Cour des ordres dont elle les avoit chargés
par son Arrêté du 15 du présent mois , ils ont
été mandez ; entrez en la Cour , ils ont été entendus
en leurs Conclusions ; et eux retirez , la
matiere mise en déliberation.
:
La Cour a ordonné que les Livres intitulez :
L'un , Nouvelle deffense de la Constitution , où l'or
montre qu'elle est régle de Foi , &c. par M. Claude
le Pelletier , Prêtre , Docteur en Théologie , Chamoine
de PEglise de Reims , à Rouen , chez Phie
lippe-Pierre Cabut , rue du Becq 1729. et l'autre :
Traité de l'Amour de Dieu , tiré des Livres Saints,
dans lequel , &c. dédié au Roy , par M. l'Abbé.
de Pelletier , Chanoine de l'Eglise de Reims , 2 vol.
à Paris , chez Henry , ruë S. Jacques , vis -à-vis
S. Tues 1732. seront supprimez comme contenant
des Propositions séditieuses , contraires au
respect dû au Caractere et à la Personne de plus
sieurs Prélats , à l'honneur et à l'autorité des
Parlemens , excitantes au Schisme , et tendantes
à troubler l'ordre et la tranquillité publique , en
proposant la Constitution Unigenitus commé
une régle de Foi : Fait deffenses à toutes personnes
de quelque état et condition qu'elles
soient
AVRIL. -17-33. 631
soient , de faire à l'occasion de ladite Constitu
tion aucun Acte ou Ecrit tendant au Schisme
à peine d'être procedé extraordinairement conre
les contrevenans : Ordonne qu'à la requête
du Procureur General du Roy , pardevant Me
Anne-Charles Goislard Conseiller , il sera informé
contre l'Auteur desdits Livres , comme
aussi qu'il sera informé contre le Frere Coiffrel ,
des faits portez en la dénonciation mentionnée
en l'Arrêté du 15 de ce mois , et Exploit du 12
audit mois y énoncé , pour les informations faites
et communiquées au Procureur General du
Roy , et rapportées, toutes les Chambres assem→
blées , être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que le present Arrêt sera imprimé
, lû , publié et affiché par tout où besoin
sera , et que Copies collationnées d'icelui seront
envoyées aux Bailliages et Senechaussées du Res➡
sort ; pour y être lû , publié et registré . Enjoint
aux Substituts du Procureur General du Roy d'y
tenir la main , et d'en certifier la Cour dans un
mois.
ARREST DU CONSEIL D'ETAT ,
du as Avril.
Le Roy ayant fait examiner , en son Conseil ;
un Ouvrage qui se répand dans le Public , et
u'on a voulu accréditer en lui donnant le titre
Instruction Pastorale de M. l'Evêque de Montpellier
, adressée au Clergé et aux fidelles de son
Diocèse , au sujet des miracles que Dieu fait enfaveur
des Appellans de la Bulle Unigenitus. Sa Majesté
auroit reconnu que cet Ouvrage imprimé
ans Privilege et sans nom d'Imprimeur , n'est
qu'un tissu de déclamations injurieuses à l'autoité
du Roy , et encore plus à celle de l'Eglise
qu'on y représente comme menacée d'une des
ruction prochaine , et d'une révolution qui
632 MERCURE DE FRANCE
fera succeder une Eglise nouvelle , composée de
ceux qui résistent à l'Eglise présente : Que de si
étranges idées y sont annoncées d'un ton prophetique
, et dans un stile qui seroit plus conve
nable à une satyre , qu'au Mandement d'un Evêque
, ensorte qu'il n'a pû être jamais paru de
Libelle plus propre à répandre de vaines terreurs
et de fausses impressions dans l'esprit des peuples
, à leur inspirer de l'aversion ou du mépris
pour le Pape et pour les premiers Pasteurs , et &
diminuer ou affoiblir dans leur coeur , le respect
pour la Religion même , à quoi étant necessaire
de pourvoir , pour éloigner tout ce qui peut en
tretenir ou augmenter un feu que le Roi ne cher
che qu'à éteindre dans son Royaume. Sa Majesté
étant en son Conseil , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage intitulé , Instruction Pastorale de
M. l'Evêque de Montpellier , adressée au Clergé et
aux Fideles de son Diocèse , au sujet des miracles
que Dieufait en faveur des Appellans de la Bulls
Unigenitus , 1733. sera et demeurera supprimé ,
comme contraire au respect dû à l'Eglise et au
Roy , tendant à émouvoir les esprits et à trou
bler la tranquillité publique. Enjoint à tous ceux
qui en ont des exemplaires , de les remettre incessamment
au Greffe du Conseil , pour y êtr
supprimez et lacerez. Fait deffenses à tous Imprimeurs
, Libraires et autres , de quelque état
qualité et condition qu'ils soient , d'en vendre ,
débiter ou autrement distribuer , à peine de punition
exemplaire ; et sera le present Arrêt lû , publié
, &c.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
En 1733, plusieurs ordonnances royales et arrêts parlementaires ont été publiés. Le 3 janvier, une ordonnance royale visait les déserteurs du Régiment des Gardes Françaises, stipulant que tout soldat absent sans justification serait considéré comme déserteur et puni en conséquence. Le 28 janvier, une autre ordonnance modifiait le rang du Régiment de Cavalerie de Conty dans la cavalerie. Le 8 février, une ordonnance royale établissait la création de nouveaux officiers dans divers régiments de cavalerie et de dragons. Plusieurs arrêts concernaient la gestion des parcs et pêcheries, notamment à Saint-Brieuc et Brest, ainsi que les marques à apposer sur certaines toiles et mousselines. Le 25 mars, une ordonnance royale permettait aux officiers absents de récupérer leurs appointements pour la période d'absence. Le 31 mars, une ordonnance prorogeait la permission accordée aux négociants pour envoyer des vaisseaux en Irlande. Le Parlement a également pris des mesures contre des écrits séditieux. Le 14 avril, un libelle intitulé 'Réflexions pour les Évêques de France' a été lacéré et brûlé pour ses propos injurieux à l'autorité royale et aux Parlements, et pour exciter au schisme et à la sédition. Le 25 avril, deux livres, 'Nouvelle défense de la Constitution' et 'Traité de l'Amour de Dieu', ont été supprimés pour contenir des propositions séditieuses et contraires à l'autorité des Parlements. Le Conseil d'État a condamné un ouvrage intitulé 'Instruction Pastorale' pour ses déclarations injurieuses à l'autorité royale et à l'Église. Par ailleurs, le roi a ordonné la suppression d'un ouvrage intitulé 'Instruction Pastorale de M. l'Évêque de Montpellier'. Cet ouvrage, adressé au clergé et aux fidèles du diocèse de Montpellier, traitait des miracles attribués par Dieu aux appellants de la bulle Unigenitus, publiée en 1733. Le roi jugeait cet ouvrage contraire au respect dû à l'Église et au roi, et susceptible de troubler la tranquillité publique. Il ordonnait donc la suppression de tous les exemplaires existants, qui devaient être remis au greffe du Conseil pour être détruits. De plus, il interdisait à tous les imprimeurs, libraires et autres personnes de vendre, débiter ou distribuer cet ouvrage, sous peine de punition exemplaire. L'arrêt devait être lu et publié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6438
p. 632
TABLE
Début :
Pieces Fugitives, les deux Temples, 621 Lettre sur la mort du Pere de la Tour, &c. 626 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
Ieces Fugitives , les deux Temples ,
621
Lettre sur la mort du Pere de la Tour, & c . 626
Madrigal de Mlle de la Vigne ,
642
Neuviéme Lettre sur Oran , Ceuta , &c.
Rondeau de Mlle de Malcrais ,
Lettre de M. & c. sur Zaire ,
L'Aurore , Cantate ,
643
650
651
656
667
Réponse à la Lettre, sur le nom de Bordeaux, 659
Le Triomphe d'Hebé , Ode.
Cabinet de M. Caperon , Description , &c. 671
Les Plaisirs Champêtres , Epitre.
Suite du Voyage de Basse-Normandie ,
Epitre d'un Suisse à Mlle de la Vigne ,
682
692
711
Nouvelle idée Physique sur les Acides , &c. 714)
L'Hyver , Poeme ,
727
Addition à la Lettre sur les Habits Canoniaux,7 30
Enigmes, Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , & c.
Dictionnaire des Cas de conscience , & c.
Principes de l'Histoire , & c.
Histoire Universelle , Sacrée , &c.
732
735
736
743
749
Description , & c. de l'Empire de la Chine , 750
Traité de l'Opinion , & c. 755
717
Bibliotheque des Théatres , &c. 748
759
Traité general des Horloges , &c.
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux ,
Opération d'Agriculture , sur la maniere de provigner
les arbres , & c.
19
760
Assemblées publiques des Académies des Belles-
Lettres et des Sciences ;
762
Prix Litteraire fondé dans l'Académie des Belles-
763 Lettres ›
Programme du Prix de l'Acad. des Sciences, 765
Eloge du P. Boursault , 769-
Du P. G. Tho. de Jainville , Dominiquain , 771
Nouvelles Estampes , 772
Grille faite pour le Roy de Portugal , 713
Air à boire gravé , 776
Spectacles , Discours auPublic ; 777
Le Complaisant , Comédie nouvelle , 780
Ode , Compliment au Parterre , 789
L'Empire de l'Amour , Ballet , 793
Nouvelles Etrangeres , Turquie et Perse , Polos
811
gne , &c.
Extrait
d'une
Lettre
écrite
de Malte
, &c. 812
Espagne
, Grande
- Bretagne
, 813
France , nouvelles de la Cour , de Paris,&c. 814
Bénéfices donnez , &c.
Morts , Naissances et Mariages ,
Arrêts Notables.
817
819
824
Ieces Fugitives , les deux Temples ,
621
Lettre sur la mort du Pere de la Tour, & c . 626
Madrigal de Mlle de la Vigne ,
642
Neuviéme Lettre sur Oran , Ceuta , &c.
Rondeau de Mlle de Malcrais ,
Lettre de M. & c. sur Zaire ,
L'Aurore , Cantate ,
643
650
651
656
667
Réponse à la Lettre, sur le nom de Bordeaux, 659
Le Triomphe d'Hebé , Ode.
Cabinet de M. Caperon , Description , &c. 671
Les Plaisirs Champêtres , Epitre.
Suite du Voyage de Basse-Normandie ,
Epitre d'un Suisse à Mlle de la Vigne ,
682
692
711
Nouvelle idée Physique sur les Acides , &c. 714)
L'Hyver , Poeme ,
727
Addition à la Lettre sur les Habits Canoniaux,7 30
Enigmes, Logogryphes , &c.
Nouvelles Litteraires des Beaux Arts , & c.
Dictionnaire des Cas de conscience , & c.
Principes de l'Histoire , & c.
Histoire Universelle , Sacrée , &c.
732
735
736
743
749
Description , & c. de l'Empire de la Chine , 750
Traité de l'Opinion , & c. 755
717
Bibliotheque des Théatres , &c. 748
759
Traité general des Horloges , &c.
Histoire complette de l'Eglise d'Evreux ,
Opération d'Agriculture , sur la maniere de provigner
les arbres , & c.
19
760
Assemblées publiques des Académies des Belles-
Lettres et des Sciences ;
762
Prix Litteraire fondé dans l'Académie des Belles-
763 Lettres ›
Programme du Prix de l'Acad. des Sciences, 765
Eloge du P. Boursault , 769-
Du P. G. Tho. de Jainville , Dominiquain , 771
Nouvelles Estampes , 772
Grille faite pour le Roy de Portugal , 713
Air à boire gravé , 776
Spectacles , Discours auPublic ; 777
Le Complaisant , Comédie nouvelle , 780
Ode , Compliment au Parterre , 789
L'Empire de l'Amour , Ballet , 793
Nouvelles Etrangeres , Turquie et Perse , Polos
811
gne , &c.
Extrait
d'une
Lettre
écrite
de Malte
, &c. 812
Espagne
, Grande
- Bretagne
, 813
France , nouvelles de la Cour , de Paris,&c. 814
Bénéfices donnez , &c.
Morts , Naissances et Mariages ,
Arrêts Notables.
817
819
824
Fermer
Résumé : TABLE
Le document recense diverses œuvres littéraires, scientifiques et artistiques, ainsi que des événements et des nouvelles publiés entre 621 et 824. Les entrées incluent des poèmes, des lettres, des descriptions, des traités, des histoires, des opérations agricoles, des assemblées académiques, des prix littéraires, des éloges, des spectacles, des ballets, des nouvelles étrangères, des extraits de lettres, et des annonces de naissances, mariages et décès. Parmi les œuvres notables figurent 'Ieces Fugitives', 'Lettre sur la mort du Père de la Tour', 'Neuvième Lettre sur Oran', 'L'Aurore', 'Cabinet de M. Caperon', 'Nouvelle idée Physique sur les Acides', 'L'Hyver', 'Description de l'Empire de la Chine', 'Traité de l'Opinion', 'Bibliothèque des Théâtres', 'Traité général des Horloges', 'Histoire complète de l'Église d'Évreux', et 'Le Complaisant'. Le document mentionne également des événements académiques, des prix littéraires, et des nouvelles concernant divers pays comme la Turquie, la Perse, la Pologne, l'Espagne, la Grande-Bretagne et la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6439
s. p.
Errata de Mars 1733.
Début :
Page 445. ligne 13. dans de Bayeux, lisez de Bayeux [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Errata de Mars 1733.
Errata de Mars 1733.
PAge 445. ligne 13. dans de Bayeux , lisez de
P. 451. ligne 24. 1. et par un autre.
Ligne 27. et réimprimé , l. qui est réimprimé.
P. 452. ligne 1. Juillet , on apprend.
P.473 . ligne 3.1. par ce droit , le Restituteur,
P. 474. ligne 1. publié . I. Public .
Ligne 10. l. Guido.
P. 424. ligne 18. Danguau , 1. Dauguau,
P. 5oo. ligne 10. m'auze , l . m'avez.
P. 606. 1. 3. du b . Bouchart , l. Boucherat.
PAge 445. ligne 13. dans de Bayeux , lisez de
P. 451. ligne 24. 1. et par un autre.
Ligne 27. et réimprimé , l. qui est réimprimé.
P. 452. ligne 1. Juillet , on apprend.
P.473 . ligne 3.1. par ce droit , le Restituteur,
P. 474. ligne 1. publié . I. Public .
Ligne 10. l. Guido.
P. 424. ligne 18. Danguau , 1. Dauguau,
P. 5oo. ligne 10. m'auze , l . m'avez.
P. 606. 1. 3. du b . Bouchart , l. Boucherat.
Fermer
6440
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 630. ligne 25. être difficilement, lisez, que difficilement. P. 660. ligne 17. au derriere [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre .
Page 620, ligne 25. être difficilement , lisex ?
que difficilement. P. 660. ligne 17. au derrie
re du , 1. derriere le. P. 670. I. 7. faux , l feux.
P. 677.1. Cupules , l. Capsules. P. 695. ligne 4.
du b. frustré , l . frustre. P. 719. l. 3. du b. l'eau,
la, l. l'eau de la. P. 756. ligne 3. l'Astronomie judiciaire
, l . l'Astrologie judiciaire. P. 759. 1. 19.
a , ôtez ce mot. P. 769. ligne 11. Pacats , 1. Pascals.
P. 771. l. 25. jinville , l. Jainville. P. 771.
1. 28. Architeques l. Architectes. P. 782. l . 9. à
que , l. et que. P. 802. 1. n'est pas, l. ce n'est
Page 620, ligne 25. être difficilement , lisex ?
que difficilement. P. 660. ligne 17. au derrie
re du , 1. derriere le. P. 670. I. 7. faux , l feux.
P. 677.1. Cupules , l. Capsules. P. 695. ligne 4.
du b. frustré , l . frustre. P. 719. l. 3. du b. l'eau,
la, l. l'eau de la. P. 756. ligne 3. l'Astronomie judiciaire
, l . l'Astrologie judiciaire. P. 759. 1. 19.
a , ôtez ce mot. P. 769. ligne 11. Pacats , 1. Pascals.
P. 771. l. 25. jinville , l. Jainville. P. 771.
1. 28. Architeques l. Architectes. P. 782. l . 9. à
que , l. et que. P. 802. 1. n'est pas, l. ce n'est
Fermer
Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document énumère des erreurs à corriger dans un livre, incluant des fautes de typographie et de vocabulaire. Par exemple, 'lisex' doit être corrigé en 'que difficilement' à la page 620, ligne 25. D'autres corrections concernent des termes incorrects comme 'faux' à la page 670, ligne 7, qui doit être 'les feux'. Des erreurs de syntaxe et des noms propres sont également notés, comme 'Pacats' à la page 769, ligne 11, qui doit être 'Pascals'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6441
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 77[6] [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 77[6] [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 77[6] [...] »
La Chanson notée doit regarder lapage
DY
B
770
DY
B
770
Fermer
6442
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure, [...]
Mots clefs :
Moreau, Commis au Mercure, Paris, Paquets, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
340.6
M559
1733
L
و
'
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyént , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auronɛ
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
340.6
M559
1733
L
و
'
ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis an
Mercure vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyént , celui , non -feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auronɛ
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau ,
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps, & de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX . SOLS.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document est un avis concernant la distribution du Mercure de France en 1733. L'adresse principale pour les envois est celle de Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les lecteurs peuvent également remettre leurs paquets cachetés aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est recommandé d'affranchir le port des lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir le Mercure de France rapidement, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier se chargera de préparer et d'expédier les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6443
p. 838-845
SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
Début :
Il y a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux naturels, posez sur leurs pieds [...]
Mots clefs :
Figure, Soleil, Tableau, Cabinet, Figure, Lune, Mort, Tableaux, Oiseaux, Couleurs naturelles, Curiosités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
SUITE des Curiositez naturelles, & c.
du Cabinet de M. Capperon.
I'
OYSEAU X.
Ly a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux
naturels , posez sur leurs pieds
comme s'ils étoient vivans , et qui y sont
depuis dix ou douze ans , sans aucune altération
, par la maniere que j'ai de les
conserver les grands sont empaillez , et
les petits en chair et en os . Il y a un Paon
entier , dont la queue bien étendue couvre
toute la Cheminée de mon Cabinet.
Un mâle de Phaisan , posé sur un piédestail
, une Cigogne , deux Pelicans , un
gros oyseau de Mer , nommé dans Jonston
, Onocrotalus , un Canard d'Afrique ,
un autre Oyseau singulier , venant de Canada
, un tres beau Perroquet ; plusieurs
autres Oyseaux de Mer ; un Lorio jaune
et noir , un Picus Varius , une Huppe
des Chardonnets , Linotes & c. L'Anser ,
Magellanicus, de Jonston, beaucoup plus.
gros
MAY. 1733 $39
que
gros qu'une Oye , dont les aîles n'ont
4 pouces de longueur . On vient de met
l'envoyer de Dieppe.
Ouvrages de l'Art.
Un morceau de Buis , de la grosseur
et de la forme d'une noix , autour duquel
sont sculptez quarante petits Tableaux
de la Vie de Notre - Seigneur. II
s'ouvre en deux para ; dans une moitié
se voïent sur le haut , Adam et Eve
proche l'Arbre du fruit deffendu , où est
le Serpent qui les tente ; auprès d'eux est
un Lion ; dans le dessous est Caïn qui tuë
son frere Abel; au côté sont deux Chevaux
d'une délicatesse surprenante , qui
labourent avec une Charue, au côté gauche
est l'Arche de Noé , et auprès un
homme étendu mort , comme noyé par
le Déluge ; par une coulisse qui s'ouvre
derriere , paroît un Mouton qui paît.
Dans l'autre moitié de cette espece de
noix , on voit sur le haut dans le milieu
le Fils de Dieu , attaché à la Croix, et les
deux Larrons ; au bas de la Croix , la
sainte Vierge, et S. Jean ; puis Longis qui
perce le côté sacré , et un Soldat qui est
un peu plus loin ; au côté droit , qui est
séparé par une colonne , délicatement
travaillée , paroît Jesus- Christ flagellé par
A v
840 MERCURE DE FRANCE
un Soldat ; et au côté gauche, séparé par
une autre colonne , il y a deux Soldats
qui gardent le Tombeau , lequel se voit
en tirant une Coulisse par derriere, et 2
autres Soldats qui le gardent de ce côté- là .
Cer Ouvrage et toutes les figures sont
d'une délicatesse surprenante. Une Urne
Sépulciale antique.Les Portraits des douze
Césars en émail.
,
Autre Ouvrage, oreillement de buis , à
peu près dans le même dessein que le précédent
mais beaucoup plus parfait ,
tant pour le grand nombre des figures ,
que pour leur beauté et leur perfection .
Cet Ouvrage est aussi rond , s'ouvrant en
deux moitiés , jointes par une Charniere
; il est à peu près de la grosseur d'une
Bale de Jeu de Paume. Dans la premiere
moitié sont plusieurs figures du même
Mystere de la Passion du Sauveur, et dans
l'autre , deux Points d'Histoire de l'ancien
Testament , le Sacrifice d'Abraham,
et le Serpent d'Airain ; le tout comprenant
un grand nombre de figures , et faisant
un ouvrage des plus achevez et des
plus finis.
Une Piramide d'Yvoire , haute de 18 pouces
& demi , faite au Tour , dont la tige
n'a guere qu'une bonne ligne de diametre
dans le bas ; elle n'eft vers le haut gros
que
MAY . 1733. 841
gros que de la grosseur d'une épingle ordinaire.
A la hauteur de six pouces est posée
sur la tige une espece de Lanterne à
jour , formée par 4 colonnes ; au milieu
de cette Lanterne sont trois figures de
personnes assises à une Table , sur laquelle
paroissent les Mets et les Bouteilles .
Cet Ouvrage est encore des plus délicats .
Deux figures de bois bronzées , d'un pied
neuf pouces de haut , posées sur deux
Guéridons , dont l'une représente Apollon
jouant de la Lyre ; et au bas , un petit
Cupidon , qui lui présente un Arc ;
l'autre , est le Dieu Pan,tenant un Sifflet,
au bas duquel est un petit Satire . Ces deux
piéces sont excellentes et d'un habile
Sculpteur , qui a travaillé à Paris , à Rome
, à Naples , & c . lequel m'en a fait
présent , par reconnoissance de ce qu'étant
un orphelin de mon ancienne Paroisse
, et lui trouvant de la disposition pour
la Sculpture , je le formai moi-même dans
cet Art.
Ouvrages de mafaçon et de mon invention.
Un Tableau de S. Ambroise , peint à
huile , d'un pied en quarré , dont la bordure
est de carton , faite avec des coins ,
à la Romaine , ornez de fleurs , le tout
doré d'or bruni . Plusieurs autres Ta-
A vj bleaux
842 MERCURE DE, FRANCE
bleaux de mon invention , lesquels ont
autant de force pour les draperies et pour
tout le reste , que s'ils étoient peints à
buile , et qui ne sont néanmoins faits.
ni en détrempe, ni en pastel . D'autres encore
plus singuliers , sçavoir , des Paysages
et des Ports de Mer en relief ; entre
autres il y en a un de deux pieds de
longueur sur un pied et quelques pouces
de hauteur , qui représente la Ville d'Eu
en Perspective , où les Eglises , Maisons ,
&c. paroissent en relief telles qu'elles paroissent
d'un point de vûe que j'ai choisi
hors de la Ville. Cet Ouvrage m'a occupé
plus d'une année. Ces sortes de Tableaux
sont faits avec de petits cartons
coupez et colez à propos , et le tout peint
ensuite à huile. Un petit Squelete où
toute l'Ostologie est parfaitement observée.
La Figure est droite sur ses pieds ,
appuyée sur une bêche et a seulement
un pied de haut ; elle est très - ressemblante
au naturel. Une Figure de bois de
deux pieds de haut, représentant un homme
mort , dont le ventre et la poitrine
sont ouverts , où se voyent le coeur , les
poulmons , le foye , l'estomac et tous les
visceres , intestins , vaisseaux , & c, dans .
leurs figures , situations et couleurs naturelles.
Un Oiseau en forme de Per-
Loquet
MAY. 1733. 84
?
roquet , tout fait avec de petites aîles de
hannetons et autres Scarabées de differentes
couleurs . Un Dragon aîlé d'un pied
et demi de long , enfermé dans une espece
de Châsse de verre aux deux extrémitez
de laquelle , en bas , sont deux
bouquets de fleurs; et au haut, dans toute:
sa longueur , pend une Guirlande aussi
de fleurs ; le tout , tant le Dragon que
les fleurs , est fait de Coquilles dans leurs
seules couleurs naturelles . Un petit Emouleur
, posé sur un piedestal , lequel par
des ressorts de mon invention , cachez.
dans le piedestal , fait tourner sa meule
avec le pied , et tourne sa tête de temps.
en temps. Une Sphere tracée en dedans
sur un Globe de verre mobile , où sont
représentez en or tous les Cercles , et les
principales Etoiles fixes avec leurs noms..
Et sur la Sphere un petit Soleil et une
Lune mobile , qu'on peut mettre chaque
jour en place sur le Zodiaque. Autre Õu--
vrage de neuf pouces de longueur , sur
six pouces de largeur, et seulement deux
pouces de hauteur , au milieu duquel est
une espece de Boussole double et mobile,,
où est la Lune , laquelle se couvre ou se
découvre , suivant l'augmentation ou la
diminution de ses phases , et par deux poin
res placées au bord. exterieur de cette
Boussole
Boussole , elle marque sur la bordure
qui est autour , les jours de la Lune et
les heures des Marées ; ayant cela de singulier
, qu'en tel sens qu'on tourne la
Machine par un mouvement secret , les
deux pointes reviennent toujours au jour
et à l'heure convenable.
Un Globe Terrestre , représenté sur
une Carte mobile , ayant pour centre le
Pole Septentrional , et se terminant au
Tropique du Capricorne avec les Longitudes
et les Latitudes ; le tout environné
d'un cercle fixe , où sont marquées
les 24. heures et où est attaché par les
deux bouts un fil d'archal qui tient lieu
d'horison ; de sorte que par un Index où
est un petit Soleil mobile , on peut voir
l'heure du lever et du coucher du Soleil
, quelle heure il est dans chaque Pays,
sur quel Pays le Soleil est vertical à chaque
moment du jour , ainsi que les Eclipses
de Soleil et de Lune .
Ouvrage d'Optique de ma façon.
Deux Tableaux magiques , l'un desquels
représente une Demoiselle environnée
de branches et de feüillages , laquelle
regardée par un petit trou placé aufait
voir une Tête de Mort. L'autre
Tableau qui est au derriere du predessus
,
mier,
MAY. 1733 845
mier , représente sept differens Bustes de
Papes , Abbez , &c. sur lesquels posant
la ` même Machine où est le petit trou ,
il ne paroît que mon seul Portrait . Un Tableau
où sont écrits six Vers d'une Enigme
; au haut de ce Tableau est posé à
Angle droit , une Glace de Miroir , laquelle
étant découverte , représente le
même Tableau , où au lieu des Vers on
voit un Moulin à vent , qui est le mot
de l'Enigme. Une Figure difforme , peinte
sur un Cône de carton , large par par le bas
d'un pied sur un pied et demi de hauteur
, lequel vû d'un certain point , représente
une Religieuse tenant une Croix
dans ses mains . Plusieurs figures difformes
, qui paroissent très- agréables , étant
regardées dans un Miroir Cylindrique.
Figure particuliere et difforme , tracée
sur un Plan allongé , laquelle vûe de loin
représente une Vierge.
Voilà les Curiositez qui forment mon
Cabinet , telles que j'ai pû les assembler
dans un petit Lieu comme la Ville d'Eu ,
et que j'ai augmentées de petits Ouvrages
de mon invention , executez en differens
temps , pour me délasser de mes
autres occupations plus sérieuses et plus
nécessaires. Signé , CAPPERON
Doyen de S. Maxent.
ancien
A la Ville d'Eu , le 16. Mars 17339
du Cabinet de M. Capperon.
I'
OYSEAU X.
Ly a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux
naturels , posez sur leurs pieds
comme s'ils étoient vivans , et qui y sont
depuis dix ou douze ans , sans aucune altération
, par la maniere que j'ai de les
conserver les grands sont empaillez , et
les petits en chair et en os . Il y a un Paon
entier , dont la queue bien étendue couvre
toute la Cheminée de mon Cabinet.
Un mâle de Phaisan , posé sur un piédestail
, une Cigogne , deux Pelicans , un
gros oyseau de Mer , nommé dans Jonston
, Onocrotalus , un Canard d'Afrique ,
un autre Oyseau singulier , venant de Canada
, un tres beau Perroquet ; plusieurs
autres Oyseaux de Mer ; un Lorio jaune
et noir , un Picus Varius , une Huppe
des Chardonnets , Linotes & c. L'Anser ,
Magellanicus, de Jonston, beaucoup plus.
gros
MAY. 1733 $39
que
gros qu'une Oye , dont les aîles n'ont
4 pouces de longueur . On vient de met
l'envoyer de Dieppe.
Ouvrages de l'Art.
Un morceau de Buis , de la grosseur
et de la forme d'une noix , autour duquel
sont sculptez quarante petits Tableaux
de la Vie de Notre - Seigneur. II
s'ouvre en deux para ; dans une moitié
se voïent sur le haut , Adam et Eve
proche l'Arbre du fruit deffendu , où est
le Serpent qui les tente ; auprès d'eux est
un Lion ; dans le dessous est Caïn qui tuë
son frere Abel; au côté sont deux Chevaux
d'une délicatesse surprenante , qui
labourent avec une Charue, au côté gauche
est l'Arche de Noé , et auprès un
homme étendu mort , comme noyé par
le Déluge ; par une coulisse qui s'ouvre
derriere , paroît un Mouton qui paît.
Dans l'autre moitié de cette espece de
noix , on voit sur le haut dans le milieu
le Fils de Dieu , attaché à la Croix, et les
deux Larrons ; au bas de la Croix , la
sainte Vierge, et S. Jean ; puis Longis qui
perce le côté sacré , et un Soldat qui est
un peu plus loin ; au côté droit , qui est
séparé par une colonne , délicatement
travaillée , paroît Jesus- Christ flagellé par
A v
840 MERCURE DE FRANCE
un Soldat ; et au côté gauche, séparé par
une autre colonne , il y a deux Soldats
qui gardent le Tombeau , lequel se voit
en tirant une Coulisse par derriere, et 2
autres Soldats qui le gardent de ce côté- là .
Cer Ouvrage et toutes les figures sont
d'une délicatesse surprenante. Une Urne
Sépulciale antique.Les Portraits des douze
Césars en émail.
,
Autre Ouvrage, oreillement de buis , à
peu près dans le même dessein que le précédent
mais beaucoup plus parfait ,
tant pour le grand nombre des figures ,
que pour leur beauté et leur perfection .
Cet Ouvrage est aussi rond , s'ouvrant en
deux moitiés , jointes par une Charniere
; il est à peu près de la grosseur d'une
Bale de Jeu de Paume. Dans la premiere
moitié sont plusieurs figures du même
Mystere de la Passion du Sauveur, et dans
l'autre , deux Points d'Histoire de l'ancien
Testament , le Sacrifice d'Abraham,
et le Serpent d'Airain ; le tout comprenant
un grand nombre de figures , et faisant
un ouvrage des plus achevez et des
plus finis.
Une Piramide d'Yvoire , haute de 18 pouces
& demi , faite au Tour , dont la tige
n'a guere qu'une bonne ligne de diametre
dans le bas ; elle n'eft vers le haut gros
que
MAY . 1733. 841
gros que de la grosseur d'une épingle ordinaire.
A la hauteur de six pouces est posée
sur la tige une espece de Lanterne à
jour , formée par 4 colonnes ; au milieu
de cette Lanterne sont trois figures de
personnes assises à une Table , sur laquelle
paroissent les Mets et les Bouteilles .
Cet Ouvrage est encore des plus délicats .
Deux figures de bois bronzées , d'un pied
neuf pouces de haut , posées sur deux
Guéridons , dont l'une représente Apollon
jouant de la Lyre ; et au bas , un petit
Cupidon , qui lui présente un Arc ;
l'autre , est le Dieu Pan,tenant un Sifflet,
au bas duquel est un petit Satire . Ces deux
piéces sont excellentes et d'un habile
Sculpteur , qui a travaillé à Paris , à Rome
, à Naples , & c . lequel m'en a fait
présent , par reconnoissance de ce qu'étant
un orphelin de mon ancienne Paroisse
, et lui trouvant de la disposition pour
la Sculpture , je le formai moi-même dans
cet Art.
Ouvrages de mafaçon et de mon invention.
Un Tableau de S. Ambroise , peint à
huile , d'un pied en quarré , dont la bordure
est de carton , faite avec des coins ,
à la Romaine , ornez de fleurs , le tout
doré d'or bruni . Plusieurs autres Ta-
A vj bleaux
842 MERCURE DE, FRANCE
bleaux de mon invention , lesquels ont
autant de force pour les draperies et pour
tout le reste , que s'ils étoient peints à
buile , et qui ne sont néanmoins faits.
ni en détrempe, ni en pastel . D'autres encore
plus singuliers , sçavoir , des Paysages
et des Ports de Mer en relief ; entre
autres il y en a un de deux pieds de
longueur sur un pied et quelques pouces
de hauteur , qui représente la Ville d'Eu
en Perspective , où les Eglises , Maisons ,
&c. paroissent en relief telles qu'elles paroissent
d'un point de vûe que j'ai choisi
hors de la Ville. Cet Ouvrage m'a occupé
plus d'une année. Ces sortes de Tableaux
sont faits avec de petits cartons
coupez et colez à propos , et le tout peint
ensuite à huile. Un petit Squelete où
toute l'Ostologie est parfaitement observée.
La Figure est droite sur ses pieds ,
appuyée sur une bêche et a seulement
un pied de haut ; elle est très - ressemblante
au naturel. Une Figure de bois de
deux pieds de haut, représentant un homme
mort , dont le ventre et la poitrine
sont ouverts , où se voyent le coeur , les
poulmons , le foye , l'estomac et tous les
visceres , intestins , vaisseaux , & c, dans .
leurs figures , situations et couleurs naturelles.
Un Oiseau en forme de Per-
Loquet
MAY. 1733. 84
?
roquet , tout fait avec de petites aîles de
hannetons et autres Scarabées de differentes
couleurs . Un Dragon aîlé d'un pied
et demi de long , enfermé dans une espece
de Châsse de verre aux deux extrémitez
de laquelle , en bas , sont deux
bouquets de fleurs; et au haut, dans toute:
sa longueur , pend une Guirlande aussi
de fleurs ; le tout , tant le Dragon que
les fleurs , est fait de Coquilles dans leurs
seules couleurs naturelles . Un petit Emouleur
, posé sur un piedestal , lequel par
des ressorts de mon invention , cachez.
dans le piedestal , fait tourner sa meule
avec le pied , et tourne sa tête de temps.
en temps. Une Sphere tracée en dedans
sur un Globe de verre mobile , où sont
représentez en or tous les Cercles , et les
principales Etoiles fixes avec leurs noms..
Et sur la Sphere un petit Soleil et une
Lune mobile , qu'on peut mettre chaque
jour en place sur le Zodiaque. Autre Õu--
vrage de neuf pouces de longueur , sur
six pouces de largeur, et seulement deux
pouces de hauteur , au milieu duquel est
une espece de Boussole double et mobile,,
où est la Lune , laquelle se couvre ou se
découvre , suivant l'augmentation ou la
diminution de ses phases , et par deux poin
res placées au bord. exterieur de cette
Boussole
Boussole , elle marque sur la bordure
qui est autour , les jours de la Lune et
les heures des Marées ; ayant cela de singulier
, qu'en tel sens qu'on tourne la
Machine par un mouvement secret , les
deux pointes reviennent toujours au jour
et à l'heure convenable.
Un Globe Terrestre , représenté sur
une Carte mobile , ayant pour centre le
Pole Septentrional , et se terminant au
Tropique du Capricorne avec les Longitudes
et les Latitudes ; le tout environné
d'un cercle fixe , où sont marquées
les 24. heures et où est attaché par les
deux bouts un fil d'archal qui tient lieu
d'horison ; de sorte que par un Index où
est un petit Soleil mobile , on peut voir
l'heure du lever et du coucher du Soleil
, quelle heure il est dans chaque Pays,
sur quel Pays le Soleil est vertical à chaque
moment du jour , ainsi que les Eclipses
de Soleil et de Lune .
Ouvrage d'Optique de ma façon.
Deux Tableaux magiques , l'un desquels
représente une Demoiselle environnée
de branches et de feüillages , laquelle
regardée par un petit trou placé aufait
voir une Tête de Mort. L'autre
Tableau qui est au derriere du predessus
,
mier,
MAY. 1733 845
mier , représente sept differens Bustes de
Papes , Abbez , &c. sur lesquels posant
la ` même Machine où est le petit trou ,
il ne paroît que mon seul Portrait . Un Tableau
où sont écrits six Vers d'une Enigme
; au haut de ce Tableau est posé à
Angle droit , une Glace de Miroir , laquelle
étant découverte , représente le
même Tableau , où au lieu des Vers on
voit un Moulin à vent , qui est le mot
de l'Enigme. Une Figure difforme , peinte
sur un Cône de carton , large par par le bas
d'un pied sur un pied et demi de hauteur
, lequel vû d'un certain point , représente
une Religieuse tenant une Croix
dans ses mains . Plusieurs figures difformes
, qui paroissent très- agréables , étant
regardées dans un Miroir Cylindrique.
Figure particuliere et difforme , tracée
sur un Plan allongé , laquelle vûe de loin
représente une Vierge.
Voilà les Curiositez qui forment mon
Cabinet , telles que j'ai pû les assembler
dans un petit Lieu comme la Ville d'Eu ,
et que j'ai augmentées de petits Ouvrages
de mon invention , executez en differens
temps , pour me délasser de mes
autres occupations plus sérieuses et plus
nécessaires. Signé , CAPPERON
Doyen de S. Maxent.
ancien
A la Ville d'Eu , le 16. Mars 17339
Fermer
Résumé : SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
Le cabinet de curiosités de M. Capperon, situé à Eu, abrite une collection diversifiée d'oiseaux naturels conservés depuis dix à douze ans. Parmi ces oiseaux, on trouve un paon, un phasian, une cigogne, des pélicans, un onocrotale, un canard d'Afrique, un oiseau du Canada, un perroquet, et plusieurs autres espèces. Les grands oiseaux sont empailés, tandis que les petits sont conservés en chair et en os. En plus des oiseaux, le cabinet contient plusieurs œuvres d'art et objets rares. Notamment, un morceau de buis sculpté représentant des scènes de la vie du Christ et de l'Ancien Testament, une urne sépulcrale antique, des portraits des douze Césars en émail, et une pyramide d'ivoire. Des sculptures en bois, comme Apollon et Pan, sont également présentes. Capperon mentionne également des œuvres de sa propre invention, telles que des tableaux en relief représentant des paysages et des ports de mer, un squelette et une figure anatomique en bois. Des objets mécaniques, comme un émouleur fonctionnant par ressorts et une sphère astronomique, sont également exposés. Des œuvres d'optique, comme des tableaux magiques et des figures difformes vues à travers des miroirs, complètent la collection. Capperon souligne que ces curiosités ont été assemblées à Eu et augmentées de ses propres inventions pour le divertissement et la détente. Le texte est signé par Capperon, doyen de Saint-Maxent, et daté du 16 mai 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6444
p. 849-857
PROBLEME.
Début :
Un Pilote étant en Mer par certaine Latitude Nord, et voulant trouver la hauteur du Pole, [...]
Mots clefs :
Capella, Soleil, Hauteur, Méridien, Sirius, Déclinaison, Observation, Latitude, Étoile, Problème
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROBLEME.
PROBBLLEÉME.
[N Pilote étant en Mer par certaine Latitude
Nord, etvoulant trouver la hauteur du Pole,
pour cet effet il a observé l'Etoile nommée l'Epaule
gauche du Charreiier Capella , trois fois
plus haut élevée sur l'horison que la hauteur
du Soleil qu'il avoit observée , et il a observé
l'Etoile nommée le grand Chien Sirius au Sud ,
être élevée sur l'horison ; mais comme le Soleil
differoit l'Etoile nommée l'Epaule gauche du
Charretier Capella , l'on demande par quelle Latitude
étoit ledit Pilote , lorsqu'il a fait lesdites
Observations avec la déclinaison du Soleil du
jour , et le tout par démonstration essentielle eg
par regles.
Un Problême bien conçu et bien proposé est
à demi résolu , la maniere dont celui- cy est
énoncé , ne laisse pas volontiers jouir de cet avantage
, néanmoins puisqu'on se propose d'y satisfaire
, il convient d'expliquer auparavant le sens
que l'on donne aux trois circonstances
qu'il renferme
, lesquelles
nous repeterons
ici à dessein de
placer à suite de chacune
l'interpretation
que.
nousy donnons.
Pro
So MERCURE DE FRANCE
Premiere Circonstance.
L'Etoile Capella ayant été observée , on a trouvé
qu'elle avoit trois fois autant de hauteur que
le Soleil qu'on avoit aussi observé.
Sans doute que cette Etoile fut observée lors
de son passage au Méridien , et que le Soleil l'avoit
été en sa derniere hauteur Méridienne , c'està
- dire au Midi , qui précéda immédiatement l☛
temps de l'observation de Capella.
Seconde Circonstance.
Et l'on a observé le grand Chien Sirius au
Sud , être élevé sur l'horison .
Cette circonstance semble être équivoque, elle
laisse à douter si l'instant de cette observation
est le même que celui auquel Capella s'est trouvée
au Méridien , ou si cet instant est celui de la hauteur
méridienne de Sirius ; il y a lieu de présumer
que le but de cette condition du Problême
étant de contribuer à déterminer la hauteur rẻ…
quise du Pole , en prescrivant une borne à la
moindre hauteur de Capella ; l'Auteur a prétendu
simplement avoir remarqué en la part du Sud ,
que le grand Chien Sirius étoit levé.
Troisième Circonstance.
Mais comme le Soleil differoit l'Etoile Capella.
Il y a toute apparence que par cette expression
, qui nous a paru aussi nouvelle que singu
liere , l'Auteur a prétendu dire que l'Etoile Capella
précedoit le Soleil à passer au Méridien , ou
ce qui est la même chose , que le Soleil differoit
son passage au Méridien après celui de l'Etoile ;
quois
MAY
1733
quoiqu'il en soit enfin , voila notre façon d'interpreter
les conditions énigmatiques de ce Problême.
Nous avons donc à déterminer une Latitude
Nord , par laquelle le Soleil étant observé à midi
d'un jour que nous devons indiquer , la hauteur
Méridienne de Capella observée la nuit suivante
, se trouve , 1 ° . égale à trois fois la hauteur
déja observée du Soleil. 2 ° . Qu'en ce même tems
de l'observation de Capella , le grand Chien Si
rius se voit dans la partie du Sud , et se trouve
avoir quelque élevation . 3 ° . Que le Soleil n'employe
que moins de 12 heures à passer au Méridien
après Capella ; car si il y mettoit tout ce
temps ou davantage , il ne differeroit pas cette
Etoile.
Reste à sçavoir si ces trois conditions rendent
le Problême tel , qu'il puisse être résolu par une
seule hauteur du Pole , ou en tout cas , par un
certain nombre déterminé,
Il est évident que de toutes les hauteurs Méridiennes
de l'Etoile Capella , observée en la part
du Sud , la plus grande détermine la moindre
hauteur du Pole Nord , et la plus petite détermine
la plus grande ; cela posé nous considererons
d'abord cet Astre en la plus grande élevation qu'il
puisse être ; ( le Zénith est le seul point qui détermine
cette hauteur,) et nous déduirons de cette
supposition qui prescrit ainsi une borne à la
moindre Latitude , les conséquences qui suivent.
Hauteur de Capella 90. degrez.
Déclinaison Nord de Capella 45. d. 43. min..
Hauteur de l'Equateur
44. d.
17. m. Hauteur du Soleil
30.
d. Déclinaison Sud du Soleil 14. d. 17. m .
Distance duSoleil à l'Equinoxe
'Automne 38. d. 15. m.
52 MERCURE DE FRANCE
Partie correspondante de l'Equaseur
depuis le même Equinoxe
35. d. 52. min .
Ascension droite du Soleil 215. d. 52. m.
Ascension droite de Capella 74. d. 3. m.
Nota. Que nous avons supputé la distance du
Soleil à l'Equinoxe de l'Automne et non à celui
du Printemps ; car en ce dernier cas le Soleil ne
differeroit pas l'Etoile Capella.
·
Il est donc évident que le Soleil doit être dans
les Signes de l'Automne , et qu'il faut consulter
à quel jour de cette saison conviennent les 11 ,
degrez 17. minutes de sa déclinaison .
Ce jour se trouve être le 31. Octobre.
Il s'agit maintenant de déterminer l'heure à
laquelle Capella passera au Méridien après le
midi du 31. dudit , afin d'en conclure le temps
de son observation .
Nous considererons pour cet effet que l'Ascension
droite de Capella étant moindre que
celle du Soleil de 141. degrez 49. min. cette
Etoile a devancé le Soleil de la même quantité
કે passer au Méridien ; c'est - à - dire que le 31 .
Octobre à midi , elle étoit au Oüest du Méridien
de 141. degrez 49. min. et qu'il s'en falloit
en ce moment de 218. degrez 11. min. ou 14.
heures 32. min . 44. secondes, qu'elle ne fût de retour
au Méridien , ainsi elle à dû y arriver 14.
heures 31. min. 44. secondes après le midi du
31. c'est-à - dire à 2. heures 32. min. 44. sec.
après minuit du premier Novembre ,
Tout cela ne suffit pas , attendu ce
que temps
de l'observation de Capella , suppose que le Soleil
ne soit pas encore levé , c'est ce que nous allons
examiner en supputant l'heure de ce lever
pour le premier Novembre , à raison de la hauteur
connue du Pole et de la déclinaison pour
l'instant du même lever.
MAY. 1733. 853
Le lever du Soleil pour la hauteur connuë da
Pole et pour sa déclinaison du 31. à midi , est de
7. heures , peu de chose plus , cette déclinaison
augmente pour lors d'un midi à l'autre , c'est - àdire
, en 24. heures d'environ 19. minutes , et à
proportion en 19. heures qu'il y a du même
midi jusqu'au lendemain matin à 7. heures et 32 .
secondes , il augmentera d'environ 15. minutes ,
ajoûtant ces 15. minutes à la déclinaison du 13.
Octobre , on aura 14. degrez 32. min. pour la
déclinaison du premier Novembre à 7 .
heures 32.
secondes du matin.
Supputant donc l'heure du lever du Soleil pour
45. degrez 43. minutes de Latitude Nord , et
pour 14. degrez 32. minutes de déclinaison Sud ,
on connoîtra que la difference ascensionnelle
Est de
15. deg. 25. m.
que son lever au premier
Novembre est à 7. heu. 1. m. 40. 8.
d'où l'on voit que le Soleil n'étoit pas levé lors
de l'observation de Capella.
Il nous reste à sçavoir si le grand Chien Sirius
l'étoit lors du passage de Capella au Méridien ,
c'est- à- dire à 2. heures 32. min . 44. secondes
du matin du premier Novembre .
Déclinaison Sud de Sirius 16 d. 21. m.
Difference ascensionnelle
de Sirius 17. d. 30. m.
Arc semi- diurne de Sirius 72. d. 30. m.
Ascension droite de Sirius 98. d.
Passage de Sirius au Méridien
le prem. Nov. au matin
31. Octo-
Lever de Sirius le
bre au soir
4. h. 8. m. 32.54
11.h. 18. m . 32. 8.
Ainsi ce dernier Astre avoit quelque élevation
sur l'horison lors du passage de Capella au Méridien.
Voila
854 MERCURE DE FRANCE
Voila donc une solution qui résulte de la plus
grande hauteur à laquelle Capella puisse être observée
, et qui par consequent fournit la moindre
Latitude. Voyons maintenant quelle peut être
la moindre hauteur observée de Capella , nous
renfermant toujours dans les conditions interpretées
du Problême ; pour cet effet nous supposerons
que Capella étant au Méridien , le grand
Chien Sirius soit à la moindre élevation qu'il
puisse être sur l'horîson ; cette moindre élevation
étant infiniment petite , l'Etoile peut être considerée
précisément à l'horison.
Il est donc question de déterminer la hauteur
méridienne de Capella pour l'instant auquel on
verra lever l'Etoile Sirius , afin de décider de la
moindre hauteur de l'Equateur , et par consequent
de la plus grande Latitude possible , l'Anagie
suivante nous donnera la hauteur de l'Equateur.
Comme le Sinus complément de la difference
des Ascensions droites de Capella et Sirius , est
au Sinus total; ainsi la Tengente de la déclinaison
de Sirius , sera à la Tengente de l'élevation de
l'Equateur Laquelle Tengente se trouve repondre
dans la Table à 17. degrez 48. minutes.
Ce qui détermine la plus grande
Latitude à
La hauteur de Capella à
La hauteur du Soleil à
Sa déclinaison à
En un mot l'heure de son lever
pour le lendemain du jour de son
observation à
Le passage de Capella au Méridien
72. d. 12. m.
63. d. 31. m .
21. d. 1o. m.
3. d. 22. m.
s. b. 22. m.
*
5. h. 27. m.
D'où l'on voit que le Soleil se trouvant lev
avang
MAY. 1733- 35 ;
avant l'instant du passage de Capella au Méridien
de la quantité de 5. minutes , la clarté du
jour devoit avoir dérobé l'apparence de cette
Etoile , et par conséquent avoir mis un obstacle
à son observation .
Mais nous considererons que la hauteur de l'Equateur
, d'où ces dernieres déductions ont été
faites , a supposé le grand Chien Sirius exactement
à l'horison lors de la hauteur méridienne
de Capella , que si nous lui avions attribué quelque
élevation en conformité de la deuxième condition
du Problême , il en eût résulté une moindre
élevation de Pole et plus de retardement pour
le lever du Soleil , ensorte que si nous eussions
pris à discretion une plus grande élevation d'Equateur
que celle qui vient d'être supposée ; par
exemple celle de
Alors la hauteur du Pole cût été de
La hauteur observée de Capella de
La hauteur du Soleil de
La déclinaison Nord de
Le temps de son observation
L'Ascension droite du Soleil
pour le même jour à midi de
Le passage de Capella au méridien
le 17. au matin à
19. d . 10. m .
70. d. 5o. m.
64. d. $3.m .
21. d. 37. m.
2. d. 27.m.
le 16. Septem.
174. d. 19. m,
5. h. 19. m.
La déclinaison du Soleil au moment
de son lever pour led. jour 2. d. 10. m,
Le lever du Soleil pour le même
jour
Le lever du grand Chien Sirius le
5. h. 35.m.
même jour au matin 4. h. 45. m.
D'où l'on voit que ces derniers articles concourent
tous à remplir les conditions du Problême
, et que la hauteur du Pole dont ils résultent
peut être considerée comme la plus grande hau-
B teur
856 MERCURE DE FRANCE
teur possible , de sorte que nous avons jusqu'
present deux bornes , l'une de 45. degrez 43. min
pour la moindre Latitude Nord , et l'autre de
70. degrez so. minutes pour la plus grande , entre
lesquelles il est évident que toute Latitude sa
tisfait aux conditions requises en autant de fa
gons differentes.
Voila pour toutes les hauteurs Méridiennes d
Capella observées en la part du Sud depuis 64. |
degrez 53. minutes d'élevation jusqu'à 90. degrez
Si nous considerons maintenant ce même As
tre observé en la part du Nord , il est évident que
de toutes ses hauteurs Méridiennes la plus grande
( qui place l'Etoile au Zénith ) détermine la
plus grande Latitude Nord , et la moindre détermine
la moindre .
Nous avons déja satifait au premier cas , c'est-
-dire que nous avons déterminé les choses requises
du Problême ; en conséquence de l'obser◄
vation de Capella au Zenith , il nous reste de supputer
les mêmes choses pour la moindre hauteur
méridienne de Capella en la part du Nord , laquelle
ne peut être au- dessous de 83. degrez 6 .
minutes , et conséquemment la moindre Latitude
Nord de
La hauteur du Soleil de
La déclinaison du Soleil Sud
L'observation du Soleil
Le passage de Capella au Méridien
led. jour au soir
Le lever du Soleil le 22. dudit
Le lever de Sirius le 21. au soir
38. d. 49. m.
27. d . 42. M.
23. d. 29. m
le 21 Decembre
18. h . 56. m.
7. h. 22. m.
7. h. 36. m.
D'où il suit enfin que l'observation qui fai
l'objet du Problême , se pouvant pratiquer en tou
te Latitude Nord depuis 38. degrez 49 minute
jusqu'à 70. degrez so. minutes , et que les cin
cons
MAY. 1733- 857
constances y énoncées étant insuffisantes pour le
rendre susceptible de méthode , on ne peut se
dispenser de conclure qu'un tel Problême est
proposé d'une façon hazardée, peu correcte et de
mauvaise foi , ou que l'Auteur a peché par défaut
d'intelligence .
Nota, qu'independemment de la mauvaise composition
du même Problême , l'Auteur devoit y
faire mention de l'année en ' laquelle il a supposé
l'observation faite , ou tout au moins la proposer
comme Bissextile ou comme l'une des trois
années communes ; mais quoiqu'il en soit, nous
avons placé cette observation en une année Bis
sextile , et en conséquence nous avons operé avec
la précision que le cas apû le permettre , sans
avoir égard aux effets de la refraction horizontale
des autres , ayant lieu de présumer par le
stile de l'Auteur , que son intention et sa coûtu,
me ne sont pas d'y regarder de si près.
Ce Probleme auroit parû deux mois plutôt,si nous
n'avions pas été pressez par l'abondance des ma◄
tieres.
[N Pilote étant en Mer par certaine Latitude
Nord, etvoulant trouver la hauteur du Pole,
pour cet effet il a observé l'Etoile nommée l'Epaule
gauche du Charreiier Capella , trois fois
plus haut élevée sur l'horison que la hauteur
du Soleil qu'il avoit observée , et il a observé
l'Etoile nommée le grand Chien Sirius au Sud ,
être élevée sur l'horison ; mais comme le Soleil
differoit l'Etoile nommée l'Epaule gauche du
Charretier Capella , l'on demande par quelle Latitude
étoit ledit Pilote , lorsqu'il a fait lesdites
Observations avec la déclinaison du Soleil du
jour , et le tout par démonstration essentielle eg
par regles.
Un Problême bien conçu et bien proposé est
à demi résolu , la maniere dont celui- cy est
énoncé , ne laisse pas volontiers jouir de cet avantage
, néanmoins puisqu'on se propose d'y satisfaire
, il convient d'expliquer auparavant le sens
que l'on donne aux trois circonstances
qu'il renferme
, lesquelles
nous repeterons
ici à dessein de
placer à suite de chacune
l'interpretation
que.
nousy donnons.
Pro
So MERCURE DE FRANCE
Premiere Circonstance.
L'Etoile Capella ayant été observée , on a trouvé
qu'elle avoit trois fois autant de hauteur que
le Soleil qu'on avoit aussi observé.
Sans doute que cette Etoile fut observée lors
de son passage au Méridien , et que le Soleil l'avoit
été en sa derniere hauteur Méridienne , c'està
- dire au Midi , qui précéda immédiatement l☛
temps de l'observation de Capella.
Seconde Circonstance.
Et l'on a observé le grand Chien Sirius au
Sud , être élevé sur l'horison .
Cette circonstance semble être équivoque, elle
laisse à douter si l'instant de cette observation
est le même que celui auquel Capella s'est trouvée
au Méridien , ou si cet instant est celui de la hauteur
méridienne de Sirius ; il y a lieu de présumer
que le but de cette condition du Problême
étant de contribuer à déterminer la hauteur rẻ…
quise du Pole , en prescrivant une borne à la
moindre hauteur de Capella ; l'Auteur a prétendu
simplement avoir remarqué en la part du Sud ,
que le grand Chien Sirius étoit levé.
Troisième Circonstance.
Mais comme le Soleil differoit l'Etoile Capella.
Il y a toute apparence que par cette expression
, qui nous a paru aussi nouvelle que singu
liere , l'Auteur a prétendu dire que l'Etoile Capella
précedoit le Soleil à passer au Méridien , ou
ce qui est la même chose , que le Soleil differoit
son passage au Méridien après celui de l'Etoile ;
quois
MAY
1733
quoiqu'il en soit enfin , voila notre façon d'interpreter
les conditions énigmatiques de ce Problême.
Nous avons donc à déterminer une Latitude
Nord , par laquelle le Soleil étant observé à midi
d'un jour que nous devons indiquer , la hauteur
Méridienne de Capella observée la nuit suivante
, se trouve , 1 ° . égale à trois fois la hauteur
déja observée du Soleil. 2 ° . Qu'en ce même tems
de l'observation de Capella , le grand Chien Si
rius se voit dans la partie du Sud , et se trouve
avoir quelque élevation . 3 ° . Que le Soleil n'employe
que moins de 12 heures à passer au Méridien
après Capella ; car si il y mettoit tout ce
temps ou davantage , il ne differeroit pas cette
Etoile.
Reste à sçavoir si ces trois conditions rendent
le Problême tel , qu'il puisse être résolu par une
seule hauteur du Pole , ou en tout cas , par un
certain nombre déterminé,
Il est évident que de toutes les hauteurs Méridiennes
de l'Etoile Capella , observée en la part
du Sud , la plus grande détermine la moindre
hauteur du Pole Nord , et la plus petite détermine
la plus grande ; cela posé nous considererons
d'abord cet Astre en la plus grande élevation qu'il
puisse être ; ( le Zénith est le seul point qui détermine
cette hauteur,) et nous déduirons de cette
supposition qui prescrit ainsi une borne à la
moindre Latitude , les conséquences qui suivent.
Hauteur de Capella 90. degrez.
Déclinaison Nord de Capella 45. d. 43. min..
Hauteur de l'Equateur
44. d.
17. m. Hauteur du Soleil
30.
d. Déclinaison Sud du Soleil 14. d. 17. m .
Distance duSoleil à l'Equinoxe
'Automne 38. d. 15. m.
52 MERCURE DE FRANCE
Partie correspondante de l'Equaseur
depuis le même Equinoxe
35. d. 52. min .
Ascension droite du Soleil 215. d. 52. m.
Ascension droite de Capella 74. d. 3. m.
Nota. Que nous avons supputé la distance du
Soleil à l'Equinoxe de l'Automne et non à celui
du Printemps ; car en ce dernier cas le Soleil ne
differeroit pas l'Etoile Capella.
·
Il est donc évident que le Soleil doit être dans
les Signes de l'Automne , et qu'il faut consulter
à quel jour de cette saison conviennent les 11 ,
degrez 17. minutes de sa déclinaison .
Ce jour se trouve être le 31. Octobre.
Il s'agit maintenant de déterminer l'heure à
laquelle Capella passera au Méridien après le
midi du 31. dudit , afin d'en conclure le temps
de son observation .
Nous considererons pour cet effet que l'Ascension
droite de Capella étant moindre que
celle du Soleil de 141. degrez 49. min. cette
Etoile a devancé le Soleil de la même quantité
કે passer au Méridien ; c'est - à - dire que le 31 .
Octobre à midi , elle étoit au Oüest du Méridien
de 141. degrez 49. min. et qu'il s'en falloit
en ce moment de 218. degrez 11. min. ou 14.
heures 32. min . 44. secondes, qu'elle ne fût de retour
au Méridien , ainsi elle à dû y arriver 14.
heures 31. min. 44. secondes après le midi du
31. c'est-à - dire à 2. heures 32. min. 44. sec.
après minuit du premier Novembre ,
Tout cela ne suffit pas , attendu ce
que temps
de l'observation de Capella , suppose que le Soleil
ne soit pas encore levé , c'est ce que nous allons
examiner en supputant l'heure de ce lever
pour le premier Novembre , à raison de la hauteur
connue du Pole et de la déclinaison pour
l'instant du même lever.
MAY. 1733. 853
Le lever du Soleil pour la hauteur connuë da
Pole et pour sa déclinaison du 31. à midi , est de
7. heures , peu de chose plus , cette déclinaison
augmente pour lors d'un midi à l'autre , c'est - àdire
, en 24. heures d'environ 19. minutes , et à
proportion en 19. heures qu'il y a du même
midi jusqu'au lendemain matin à 7. heures et 32 .
secondes , il augmentera d'environ 15. minutes ,
ajoûtant ces 15. minutes à la déclinaison du 13.
Octobre , on aura 14. degrez 32. min. pour la
déclinaison du premier Novembre à 7 .
heures 32.
secondes du matin.
Supputant donc l'heure du lever du Soleil pour
45. degrez 43. minutes de Latitude Nord , et
pour 14. degrez 32. minutes de déclinaison Sud ,
on connoîtra que la difference ascensionnelle
Est de
15. deg. 25. m.
que son lever au premier
Novembre est à 7. heu. 1. m. 40. 8.
d'où l'on voit que le Soleil n'étoit pas levé lors
de l'observation de Capella.
Il nous reste à sçavoir si le grand Chien Sirius
l'étoit lors du passage de Capella au Méridien ,
c'est- à- dire à 2. heures 32. min . 44. secondes
du matin du premier Novembre .
Déclinaison Sud de Sirius 16 d. 21. m.
Difference ascensionnelle
de Sirius 17. d. 30. m.
Arc semi- diurne de Sirius 72. d. 30. m.
Ascension droite de Sirius 98. d.
Passage de Sirius au Méridien
le prem. Nov. au matin
31. Octo-
Lever de Sirius le
bre au soir
4. h. 8. m. 32.54
11.h. 18. m . 32. 8.
Ainsi ce dernier Astre avoit quelque élevation
sur l'horison lors du passage de Capella au Méridien.
Voila
854 MERCURE DE FRANCE
Voila donc une solution qui résulte de la plus
grande hauteur à laquelle Capella puisse être observée
, et qui par consequent fournit la moindre
Latitude. Voyons maintenant quelle peut être
la moindre hauteur observée de Capella , nous
renfermant toujours dans les conditions interpretées
du Problême ; pour cet effet nous supposerons
que Capella étant au Méridien , le grand
Chien Sirius soit à la moindre élevation qu'il
puisse être sur l'horîson ; cette moindre élevation
étant infiniment petite , l'Etoile peut être considerée
précisément à l'horison.
Il est donc question de déterminer la hauteur
méridienne de Capella pour l'instant auquel on
verra lever l'Etoile Sirius , afin de décider de la
moindre hauteur de l'Equateur , et par consequent
de la plus grande Latitude possible , l'Anagie
suivante nous donnera la hauteur de l'Equateur.
Comme le Sinus complément de la difference
des Ascensions droites de Capella et Sirius , est
au Sinus total; ainsi la Tengente de la déclinaison
de Sirius , sera à la Tengente de l'élevation de
l'Equateur Laquelle Tengente se trouve repondre
dans la Table à 17. degrez 48. minutes.
Ce qui détermine la plus grande
Latitude à
La hauteur de Capella à
La hauteur du Soleil à
Sa déclinaison à
En un mot l'heure de son lever
pour le lendemain du jour de son
observation à
Le passage de Capella au Méridien
72. d. 12. m.
63. d. 31. m .
21. d. 1o. m.
3. d. 22. m.
s. b. 22. m.
*
5. h. 27. m.
D'où l'on voit que le Soleil se trouvant lev
avang
MAY. 1733- 35 ;
avant l'instant du passage de Capella au Méridien
de la quantité de 5. minutes , la clarté du
jour devoit avoir dérobé l'apparence de cette
Etoile , et par conséquent avoir mis un obstacle
à son observation .
Mais nous considererons que la hauteur de l'Equateur
, d'où ces dernieres déductions ont été
faites , a supposé le grand Chien Sirius exactement
à l'horison lors de la hauteur méridienne
de Capella , que si nous lui avions attribué quelque
élevation en conformité de la deuxième condition
du Problême , il en eût résulté une moindre
élevation de Pole et plus de retardement pour
le lever du Soleil , ensorte que si nous eussions
pris à discretion une plus grande élevation d'Equateur
que celle qui vient d'être supposée ; par
exemple celle de
Alors la hauteur du Pole cût été de
La hauteur observée de Capella de
La hauteur du Soleil de
La déclinaison Nord de
Le temps de son observation
L'Ascension droite du Soleil
pour le même jour à midi de
Le passage de Capella au méridien
le 17. au matin à
19. d . 10. m .
70. d. 5o. m.
64. d. $3.m .
21. d. 37. m.
2. d. 27.m.
le 16. Septem.
174. d. 19. m,
5. h. 19. m.
La déclinaison du Soleil au moment
de son lever pour led. jour 2. d. 10. m,
Le lever du Soleil pour le même
jour
Le lever du grand Chien Sirius le
5. h. 35.m.
même jour au matin 4. h. 45. m.
D'où l'on voit que ces derniers articles concourent
tous à remplir les conditions du Problême
, et que la hauteur du Pole dont ils résultent
peut être considerée comme la plus grande hau-
B teur
856 MERCURE DE FRANCE
teur possible , de sorte que nous avons jusqu'
present deux bornes , l'une de 45. degrez 43. min
pour la moindre Latitude Nord , et l'autre de
70. degrez so. minutes pour la plus grande , entre
lesquelles il est évident que toute Latitude sa
tisfait aux conditions requises en autant de fa
gons differentes.
Voila pour toutes les hauteurs Méridiennes d
Capella observées en la part du Sud depuis 64. |
degrez 53. minutes d'élevation jusqu'à 90. degrez
Si nous considerons maintenant ce même As
tre observé en la part du Nord , il est évident que
de toutes ses hauteurs Méridiennes la plus grande
( qui place l'Etoile au Zénith ) détermine la
plus grande Latitude Nord , et la moindre détermine
la moindre .
Nous avons déja satifait au premier cas , c'est-
-dire que nous avons déterminé les choses requises
du Problême ; en conséquence de l'obser◄
vation de Capella au Zenith , il nous reste de supputer
les mêmes choses pour la moindre hauteur
méridienne de Capella en la part du Nord , laquelle
ne peut être au- dessous de 83. degrez 6 .
minutes , et conséquemment la moindre Latitude
Nord de
La hauteur du Soleil de
La déclinaison du Soleil Sud
L'observation du Soleil
Le passage de Capella au Méridien
led. jour au soir
Le lever du Soleil le 22. dudit
Le lever de Sirius le 21. au soir
38. d. 49. m.
27. d . 42. M.
23. d. 29. m
le 21 Decembre
18. h . 56. m.
7. h. 22. m.
7. h. 36. m.
D'où il suit enfin que l'observation qui fai
l'objet du Problême , se pouvant pratiquer en tou
te Latitude Nord depuis 38. degrez 49 minute
jusqu'à 70. degrez so. minutes , et que les cin
cons
MAY. 1733- 857
constances y énoncées étant insuffisantes pour le
rendre susceptible de méthode , on ne peut se
dispenser de conclure qu'un tel Problême est
proposé d'une façon hazardée, peu correcte et de
mauvaise foi , ou que l'Auteur a peché par défaut
d'intelligence .
Nota, qu'independemment de la mauvaise composition
du même Problême , l'Auteur devoit y
faire mention de l'année en ' laquelle il a supposé
l'observation faite , ou tout au moins la proposer
comme Bissextile ou comme l'une des trois
années communes ; mais quoiqu'il en soit, nous
avons placé cette observation en une année Bis
sextile , et en conséquence nous avons operé avec
la précision que le cas apû le permettre , sans
avoir égard aux effets de la refraction horizontale
des autres , ayant lieu de présumer par le
stile de l'Auteur , que son intention et sa coûtu,
me ne sont pas d'y regarder de si près.
Ce Probleme auroit parû deux mois plutôt,si nous
n'avions pas été pressez par l'abondance des ma◄
tieres.
Fermer
Résumé : PROBLEME.
Le texte décrit un problème astronomique visant à déterminer la latitude nord d'un pilote en mer en utilisant des observations d'étoiles et du Soleil. Le pilote a noté que l'étoile Capella était trois fois plus élevée sur l'horizon que le Soleil et que l'étoile Sirius était visible au sud. Le problème consiste à utiliser ces observations et la déclinaison du Soleil pour trouver la latitude du pilote. Le texte présente trois conditions essentielles : 1. Capella était observée trois fois plus haute que le Soleil. 2. Sirius était visible au sud. 3. Capella précédait le Soleil dans son passage au méridien. Pour résoudre le problème, il est nécessaire de déterminer la latitude nord où la hauteur méridienne de Capella, observée la nuit suivant l'observation du Soleil à midi, est trois fois celle du Soleil. De plus, Sirius doit être visible au sud et le Soleil doit passer au méridien après Capella. Le texte fournit des données astronomiques précises, telles que la déclinaison de Capella et du Soleil, ainsi que les ascensions droites des étoiles. Il calcule également les heures de lever et de passage au méridien des étoiles et du Soleil pour déterminer la latitude du pilote. Les calculs montrent que la latitude du pilote peut varier entre 38 degrés 49 minutes et 70 degrés 50 minutes. Le problème est jugé mal formulé car les conditions données ne permettent pas une solution unique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6445
p. 862-865
REMARQUES sur les Lettres inserées dans les deux derniers Mercures, au sujet du nom et de l'étimologie de Bourdeaux ou Bordeaux.
Début :
En matiere d'étimologies il faut les chercher dans la langue naturelle et [...]
Mots clefs :
Bordeaux, Langue, Gaulois, Ville, Villes, Goths, Étymologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur les Lettres inserées dans les deux derniers Mercures, au sujet du nom et de l'étimologie de Bourdeaux ou Bordeaux.
REMARQUES sur les Lettres inserées
dans les deux derniers Mercures >
au sujet du nom et de l'étimologie de
Bourdeaux ou Bordeaux .
N matiere d'étimologies il faut les
E chercher dans la langue naturelle et
originale de chaque Païs , ou de celledes
Colonies qui sont venues l'habiter.
Dans l'ancienne Langue celtique , qui
étoit celle qu'on parloit dans les Gaules
, la Germanie , la Grande Bretagne
&c. Bourg, ou Burggauts , signifie la ville
des Gaulois , nom qu'on a donné à Bordeaux
, parce que les Gaulois, qui étoient
divi
MAY. 1733. 863
divisez des Aquitains par la Garonne ,
passerent cette Riviere , et s'établirent en
deçà. Une semblable raison a fait appeller
Burgus Santonum , la ville de Bourg ,
qui est une Colonie des Santones , qui
s'établirent plus bas sur cette Riviere.Le
nom de Burg est fort usité dans les noms
des Villes de tout le Païs du Nord , et il
signifie Castrum , Sedes , Urbs, habitatio
& c. Cesar a appellé Bituriges vibises
les environs de Bordeaux , et ce n'est
que Strabon, et Ausone après lui, qui ont
latinisé Burg , gauls , et en on fait Burdigala.
Or ce mot s'est formé comme celui
de Linguadokum , qui vient de Lingua
Gottorum , nom qu'on donne à la Gaule
Narbonnoise , où les Gots s'établirent au
quatrième siècle , sous l'Empereur Honorius.
Les François appellerent ce Païs
Langue des Gots ou Langue des Kots , cat
le Get le K se changent souvent l'un en
l'autre , et quand on a voulu latiniser ce
nom , on a dit Linguadokum ; de sorte
qu'il y a eu d'ajouté l'article du Génitif,
tout ainsi qu'il s'est introduit dans l'Espagnol
, l'Italien et l'Anglois.
De Burg de Gauls , on en a ensuite
formé Bordeaux , comme de Langue des
Gots , s'est formé Languedok , où il y a
une sillabe retranchée.
By Les
864 MERCURE DE FRANCE
Les noms anciens latinisez , où il y a
un D au milieu , qui n'est point article
du Génitif, ont laissé le D en devenant
François , comme Andegavum , Anjou ;
Cadurcum , Cahors ; Clodoveus , Clovis , et
Loüis ; Lugdunum , Lyon ; Rhodanus , le
Rhône , &c mais lorsque le D a été prafixum
du Gnitif , il y est resté , comme
dans Linguadakum , Languedoc ; Burdigala
, Bordeaux , & c .
Dans les Langues Gauloise , Celtique ,
Saxone et même Tudesque , aujourd'hui ,
Bord , signifie extrêmité et rivage. Il se
peut qu'on a donné le nom de Bordgauls
à la ville des Gaulois , établis sur les Kives
de la Garonne , du cô é des Aquitains,
et que pour rendre latin ce nom , on a dit
Burdegala. Cette étimologie paroît fort
naturelle ; il y a même plusieurs Paï's qui
ont pris leur nom des Rivages de la Mer,,
ou de quelque Riviere . On dit qu'Aquitania,
signifie Aquarum regio. Armorica, en
Anglois , signifie Regio Maritima. L'Attique
en Grece , Regio littoralis ( si l'on peutse
servir de ce terme ) , parce qu'elle estpresque
toute environnée de Mer.L'Tonie,,
le Pont , la Phrygie, par la même raison..
Le Portugal est le Port des Gaulois.. On
trouve encore aujourd'hui beaucoup de
Villes Maritimes , où sur les bords des,
Rivieres
MAY. 1733 865
Rivieres , qui ont pris leur nom de leur
situation ; comme en France , le Havre
de Grace , Bayonne , &c . et les Villes où
le mot de Port se trouve joint. En Hollande
, Utrecht et Maestrecht ont pris
leur nom de Trajectus , passage , ou Ville
au de- là . En Angleterre quantité de
Villes. En Italie , Östic , &c.
Voilà deux Etimologies dont on pourra
choisir celle qui fera le plus de plaisir,
et qu'on jugera la plus convenable a
nom de Bordeaux.
dans les deux derniers Mercures >
au sujet du nom et de l'étimologie de
Bourdeaux ou Bordeaux .
N matiere d'étimologies il faut les
E chercher dans la langue naturelle et
originale de chaque Païs , ou de celledes
Colonies qui sont venues l'habiter.
Dans l'ancienne Langue celtique , qui
étoit celle qu'on parloit dans les Gaules
, la Germanie , la Grande Bretagne
&c. Bourg, ou Burggauts , signifie la ville
des Gaulois , nom qu'on a donné à Bordeaux
, parce que les Gaulois, qui étoient
divi
MAY. 1733. 863
divisez des Aquitains par la Garonne ,
passerent cette Riviere , et s'établirent en
deçà. Une semblable raison a fait appeller
Burgus Santonum , la ville de Bourg ,
qui est une Colonie des Santones , qui
s'établirent plus bas sur cette Riviere.Le
nom de Burg est fort usité dans les noms
des Villes de tout le Païs du Nord , et il
signifie Castrum , Sedes , Urbs, habitatio
& c. Cesar a appellé Bituriges vibises
les environs de Bordeaux , et ce n'est
que Strabon, et Ausone après lui, qui ont
latinisé Burg , gauls , et en on fait Burdigala.
Or ce mot s'est formé comme celui
de Linguadokum , qui vient de Lingua
Gottorum , nom qu'on donne à la Gaule
Narbonnoise , où les Gots s'établirent au
quatrième siècle , sous l'Empereur Honorius.
Les François appellerent ce Païs
Langue des Gots ou Langue des Kots , cat
le Get le K se changent souvent l'un en
l'autre , et quand on a voulu latiniser ce
nom , on a dit Linguadokum ; de sorte
qu'il y a eu d'ajouté l'article du Génitif,
tout ainsi qu'il s'est introduit dans l'Espagnol
, l'Italien et l'Anglois.
De Burg de Gauls , on en a ensuite
formé Bordeaux , comme de Langue des
Gots , s'est formé Languedok , où il y a
une sillabe retranchée.
By Les
864 MERCURE DE FRANCE
Les noms anciens latinisez , où il y a
un D au milieu , qui n'est point article
du Génitif, ont laissé le D en devenant
François , comme Andegavum , Anjou ;
Cadurcum , Cahors ; Clodoveus , Clovis , et
Loüis ; Lugdunum , Lyon ; Rhodanus , le
Rhône , &c mais lorsque le D a été prafixum
du Gnitif , il y est resté , comme
dans Linguadakum , Languedoc ; Burdigala
, Bordeaux , & c .
Dans les Langues Gauloise , Celtique ,
Saxone et même Tudesque , aujourd'hui ,
Bord , signifie extrêmité et rivage. Il se
peut qu'on a donné le nom de Bordgauls
à la ville des Gaulois , établis sur les Kives
de la Garonne , du cô é des Aquitains,
et que pour rendre latin ce nom , on a dit
Burdegala. Cette étimologie paroît fort
naturelle ; il y a même plusieurs Paï's qui
ont pris leur nom des Rivages de la Mer,,
ou de quelque Riviere . On dit qu'Aquitania,
signifie Aquarum regio. Armorica, en
Anglois , signifie Regio Maritima. L'Attique
en Grece , Regio littoralis ( si l'on peutse
servir de ce terme ) , parce qu'elle estpresque
toute environnée de Mer.L'Tonie,,
le Pont , la Phrygie, par la même raison..
Le Portugal est le Port des Gaulois.. On
trouve encore aujourd'hui beaucoup de
Villes Maritimes , où sur les bords des,
Rivieres
MAY. 1733 865
Rivieres , qui ont pris leur nom de leur
situation ; comme en France , le Havre
de Grace , Bayonne , &c . et les Villes où
le mot de Port se trouve joint. En Hollande
, Utrecht et Maestrecht ont pris
leur nom de Trajectus , passage , ou Ville
au de- là . En Angleterre quantité de
Villes. En Italie , Östic , &c.
Voilà deux Etimologies dont on pourra
choisir celle qui fera le plus de plaisir,
et qu'on jugera la plus convenable a
nom de Bordeaux.
Fermer
Résumé : REMARQUES sur les Lettres inserées dans les deux derniers Mercures, au sujet du nom et de l'étimologie de Bourdeaux ou Bordeaux.
Le texte explore l'étymologie du nom 'Bordeaux' en se basant sur la langue celtique. Le terme 'Bourg' ou 'Burggauts' signifie 'ville des Gaulois'. Les Gaulois, après avoir traversé la Garonne, se sont établis dans cette région, nommant ainsi la ville. Le nom 'Burg' est courant dans les noms de villes du Nord et signifie 'castrum', 'sedes', 'urbs' ou 'habitatio'. César appelait les environs de Bordeaux 'Bituriges vivis', tandis que Strabon et Ausone ont latinisé le nom en 'Burdigala'. Ce mot s'est formé de manière similaire à 'Linguadokum', dérivé de 'Lingua Gottorum', le nom donné à la Gaule Narbonnaise où les Gots se sont établis au quatrième siècle. Les Français ont appelé cette région 'Langue des Gots' ou 'Langue des Kots', et le nom a été latinisé en 'Linguadokum'. De 'Burg de Gauls', le nom 'Bordeaux' a été formé, tout comme 'Languedoc' est dérivé de 'Langue des Gots' avec une syllabe retranchée. En gaulois, celtique, saxon et tudesque, 'Bord' signifie 'extrémité' et 'rivage'. Il est possible que Bordeaux ait été nommé ainsi en raison de sa situation sur les rives de la Garonne. Plusieurs pays et villes ont des noms dérivés de leur situation géographique, comme l'Aquitaine, l'Armorique, l'Attique, la Thrace, le Pont, la Phrygie et le Portugal. Le texte présente deux étymologies possibles pour le nom de Bordeaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6446
p. 869-874
ELOGE du R. P. le Quien, Dominiquain. Extrait d'une Lettre de M D. L. R. écrite à M. l'Abbé L. B. Chanoine de la Cathedrale d'Auxerre.
Début :
Le P. Michel le Quien nâquit à Boulogne sur Mer le 8. Octobre 1661. [...]
Mots clefs :
Michel Le Quien, Ouvrages, Mort, Éloge, Savant, Savants, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE du R. P. le Quien, Dominiquain. Extrait d'une Lettre de M D. L. R. écrite à M. l'Abbé L. B. Chanoine de la Cathedrale d'Auxerre.
ELOGE du R. P. le Quien , Dominiquain.
Extrait d'une Lettre de M D.L..
R. écrite à M. l'Abbé L.B. Chanoine de
la Cathedrale d'Auxerre.
L
E P. Michel le Quien nîquit à Boulogne
sur Mer le 8. Octobre 1661 ..
d'une honnête famille , originaire de la
même Ville. Il fit ses premieres études à
Paris , dans le College du Plessis. A l'âge:
d'environ vingt ans il prit l'habit de
P'Ordre de S. Dominique , et fit son Noviciat
dans le Convent du Fauxbourg.
S. Germain ; mais dans la suite son amour
pour la plus exacte régularité le détermi
na à se faire affilier dans le Monastere
de la rue S. Honoré , qui est d'une Province
Réformée , où il a toujours demeu
ré , et où il est mort le 12 Mars dernier.
En sortant du Noviciat il apprit l'Hé
bren
870 MERCURE DE FRANCE
breu du P. Massoulié , qui possedoit à
fond cette Langue . Ce Religieux est connu
par plusieurs Ouvrages , sur tout par
celui qui est intitulé : Divus Thomas`sui
interpres. Le P. le Quien se mit ensuite
à la lecture de la Langue Grecque , qu'il
sçavoit parfaitement , et voulut aussi ap.
prendre l'Arabe ; connoissances qui lut
furent depuis d'une grande utilité.
Il n'avoit que trente ans lorsqu'il écrivit
contre l'Antiquité des Temps , du Pere
Pezron , qui fit une réponse , à laquelle
notre Sçavant repliqua , l'un et Fautre
Ouvrage , en 2 vol. in 12.
Dans la suite il fit encore une Dissertation
sur un autre Livre du P. Pezron,
intitulé: Essai du Commentaire sur les Prophetes.
Cette Dissertation fut insérée dans
les Mémoires de Trevoux , 1711 .
En 1712.il publia les Oeuvres de S. Jean
Damascene , tirées de diverses Editions
et des Monuscrits de France , d'Italie et
d'Angleterre, revues, traduites en Latin,
éclaircies par des Notes et des Dissertations
préliminaires, &c. 2. vol. infal.chez
de l'Epine
.
Il composa depuis quelques Ouvrages
particuliers , dont le plus important est
la Panoplie , contre les Grecs Schismatiques,
il s'est caché dans cet Ouvrage sous
le nom d'Etienne de Altimura.
Il
MAY. 871
#733 .
Il y a plusieurs Dissertations de sa façon
dans le Journal , intitulé : Mémoires
de Litterature et d'Histoire ; entr'autres sur
Sanchoniat , Auteur Phénicien ; sur S.Nicolas
, sur le Portus Iccius , &c.
Il a eu de plus une tres bonne part à
la nouvelle Edition de l'Historien Josephe
qui s'est faite en Angleterre , et que
tous les Sçavans estiment beaucoup .
Mais l'objet principal de l'application
infatigable du P. le Quien , a été depuis
plusieurs années , la composition d'une
Histoire generale de toutes les Eglises
d'Orient , et de celles de l'Affrique , dont
il publia le Projet dès l'année 1713. sous
le titre ORIENS CHRISTIANUS ET AFFRICA.
Plusieurs empêchemens , des Maladies
sur tout, ont retardé l'exécution de ce
Projet , qui se trouve cependant bien
avancée comme vous le verrez à la fin
de ma Lettre.
,
On peut mettre parmi les Distractions
qui ont empêché l'Auteur de publier luimême
son Ouvrage , la contestation , ou
plutôt la vive dispute qu'il a eue avec le
P. le Courrayer, au sujet des Ordinations
Anglicanes. Notre Sçavant Religieux s'y
donna tout entier ; ce qui a produit de
sa part une Réfutation en 2 vol. in 12.et
ensuite une Replique , sans compter la
Lettre
872 MERCURE DE FRANCE
Lettre qu'il me fit l'honneur de m'addresser
, sur la même matiere , du 14 Février
1731. insérée dans le Mercure d'Avril
suivant.
Le P. le Quien fut lié de bonne heure
avec beaucoup de Sçavans , sur tout
avec le R. P. Montfaucon , dont l'intime
amitié étoit de 46 ans , avec les Abbez
Renaudot , de Fleury , de Longuerie et
des Thuilleries , le P. Hardouin , M. Simon
, M. Ernest Grabbe , sçavant Anglois
, qui a parlé si avantageusement de
lui dans ses Notes sur S. Irenée , et avec
d'autres Sçavans et vertueux Etrangers.
Du nombre de ces derniers sont Mauto
Cordato , Prince de Valachie , qui lui
a envoyé son Livre des Offices , composé
en grec , à l'imitation de celui de Ciceron
, et Chrysante , dernier Patriarche
de Jerusalem , qui lui a aussi envoyé un
Ouvrage grec fort estimé , de sa composition.
La Piété du P. le Quien fut au moins
égale à son érudition , et on peut dire que
la science , bien loin d'affoiblir sa foy ,
servit au contraire toujours à nourrir en
lui l'esprit de Religion . La veritable
science , disoit- il souvent , enseigne à
être humble ; aussi n'a - t - on jamais vû de
mort plus chrétienne que celle qui a ter
phiné
MAY. 1733 . 873
miné sa course ; entr'autres dispositions
qu'il a fait paroître en mourant , il a déclaré
qu'il renonçoit à toute l'estime que
les hommes pourroient faire de sa personne
et de ses Ecrits , ne souhaitant autre
chose , si ce n'est que Dieu fut glorifié
par ses Ouvrages , &c. enfin ses
dernieres paroles , et qu'il repeta souvent,
furent celles de S. Ignace Martyr : Amor
meus Crucifixus est .
La veille de sa mort il parla avec une
parfaite tranquilité de son principal Ouvrage
, donnant à ceux qui doivent en
continuer l'Edition , tous les conseils et
tous les enseignemens necessaires ; il parla
aussi , et de la même maniere , de ses
autres Ouvrages Manuscrits , entre lesquels
sont plusieurs Dissert ons et l'His
toire de Boulogne sa Patrie , sans oublier
plusieurs petits détails Litteraires , les Livres
empruntez à ses amis , & c. le tout
avec la présence d'esprit d'un homme
bien sain , qui se dispose à faire un voyage.
Vous serez bien- alse d'apprendre que
le premier volume du grand Ouvrage
Oriens Christianus , est presque entierement
imprimé, et que le Manuscrit est
dans un tel état que l'impression pour
être continuée , comme elle le sera en
effet
874 MERCURE DE FRANCE
effer , sans que la mort de l'Auteur caus
aucune interruption .
Ce que je dois à sa mémoire et le mérite
de l'Ouvrage m'engageront à continuer
mes attentions , pour procurer du
côté du Levant , tous les Mémoires et les
aurres secours qui peuvent contribuer à
sa perfection.
Extrait d'une Lettre de M D.L..
R. écrite à M. l'Abbé L.B. Chanoine de
la Cathedrale d'Auxerre.
L
E P. Michel le Quien nîquit à Boulogne
sur Mer le 8. Octobre 1661 ..
d'une honnête famille , originaire de la
même Ville. Il fit ses premieres études à
Paris , dans le College du Plessis. A l'âge:
d'environ vingt ans il prit l'habit de
P'Ordre de S. Dominique , et fit son Noviciat
dans le Convent du Fauxbourg.
S. Germain ; mais dans la suite son amour
pour la plus exacte régularité le détermi
na à se faire affilier dans le Monastere
de la rue S. Honoré , qui est d'une Province
Réformée , où il a toujours demeu
ré , et où il est mort le 12 Mars dernier.
En sortant du Noviciat il apprit l'Hé
bren
870 MERCURE DE FRANCE
breu du P. Massoulié , qui possedoit à
fond cette Langue . Ce Religieux est connu
par plusieurs Ouvrages , sur tout par
celui qui est intitulé : Divus Thomas`sui
interpres. Le P. le Quien se mit ensuite
à la lecture de la Langue Grecque , qu'il
sçavoit parfaitement , et voulut aussi ap.
prendre l'Arabe ; connoissances qui lut
furent depuis d'une grande utilité.
Il n'avoit que trente ans lorsqu'il écrivit
contre l'Antiquité des Temps , du Pere
Pezron , qui fit une réponse , à laquelle
notre Sçavant repliqua , l'un et Fautre
Ouvrage , en 2 vol. in 12.
Dans la suite il fit encore une Dissertation
sur un autre Livre du P. Pezron,
intitulé: Essai du Commentaire sur les Prophetes.
Cette Dissertation fut insérée dans
les Mémoires de Trevoux , 1711 .
En 1712.il publia les Oeuvres de S. Jean
Damascene , tirées de diverses Editions
et des Monuscrits de France , d'Italie et
d'Angleterre, revues, traduites en Latin,
éclaircies par des Notes et des Dissertations
préliminaires, &c. 2. vol. infal.chez
de l'Epine
.
Il composa depuis quelques Ouvrages
particuliers , dont le plus important est
la Panoplie , contre les Grecs Schismatiques,
il s'est caché dans cet Ouvrage sous
le nom d'Etienne de Altimura.
Il
MAY. 871
#733 .
Il y a plusieurs Dissertations de sa façon
dans le Journal , intitulé : Mémoires
de Litterature et d'Histoire ; entr'autres sur
Sanchoniat , Auteur Phénicien ; sur S.Nicolas
, sur le Portus Iccius , &c.
Il a eu de plus une tres bonne part à
la nouvelle Edition de l'Historien Josephe
qui s'est faite en Angleterre , et que
tous les Sçavans estiment beaucoup .
Mais l'objet principal de l'application
infatigable du P. le Quien , a été depuis
plusieurs années , la composition d'une
Histoire generale de toutes les Eglises
d'Orient , et de celles de l'Affrique , dont
il publia le Projet dès l'année 1713. sous
le titre ORIENS CHRISTIANUS ET AFFRICA.
Plusieurs empêchemens , des Maladies
sur tout, ont retardé l'exécution de ce
Projet , qui se trouve cependant bien
avancée comme vous le verrez à la fin
de ma Lettre.
,
On peut mettre parmi les Distractions
qui ont empêché l'Auteur de publier luimême
son Ouvrage , la contestation , ou
plutôt la vive dispute qu'il a eue avec le
P. le Courrayer, au sujet des Ordinations
Anglicanes. Notre Sçavant Religieux s'y
donna tout entier ; ce qui a produit de
sa part une Réfutation en 2 vol. in 12.et
ensuite une Replique , sans compter la
Lettre
872 MERCURE DE FRANCE
Lettre qu'il me fit l'honneur de m'addresser
, sur la même matiere , du 14 Février
1731. insérée dans le Mercure d'Avril
suivant.
Le P. le Quien fut lié de bonne heure
avec beaucoup de Sçavans , sur tout
avec le R. P. Montfaucon , dont l'intime
amitié étoit de 46 ans , avec les Abbez
Renaudot , de Fleury , de Longuerie et
des Thuilleries , le P. Hardouin , M. Simon
, M. Ernest Grabbe , sçavant Anglois
, qui a parlé si avantageusement de
lui dans ses Notes sur S. Irenée , et avec
d'autres Sçavans et vertueux Etrangers.
Du nombre de ces derniers sont Mauto
Cordato , Prince de Valachie , qui lui
a envoyé son Livre des Offices , composé
en grec , à l'imitation de celui de Ciceron
, et Chrysante , dernier Patriarche
de Jerusalem , qui lui a aussi envoyé un
Ouvrage grec fort estimé , de sa composition.
La Piété du P. le Quien fut au moins
égale à son érudition , et on peut dire que
la science , bien loin d'affoiblir sa foy ,
servit au contraire toujours à nourrir en
lui l'esprit de Religion . La veritable
science , disoit- il souvent , enseigne à
être humble ; aussi n'a - t - on jamais vû de
mort plus chrétienne que celle qui a ter
phiné
MAY. 1733 . 873
miné sa course ; entr'autres dispositions
qu'il a fait paroître en mourant , il a déclaré
qu'il renonçoit à toute l'estime que
les hommes pourroient faire de sa personne
et de ses Ecrits , ne souhaitant autre
chose , si ce n'est que Dieu fut glorifié
par ses Ouvrages , &c. enfin ses
dernieres paroles , et qu'il repeta souvent,
furent celles de S. Ignace Martyr : Amor
meus Crucifixus est .
La veille de sa mort il parla avec une
parfaite tranquilité de son principal Ouvrage
, donnant à ceux qui doivent en
continuer l'Edition , tous les conseils et
tous les enseignemens necessaires ; il parla
aussi , et de la même maniere , de ses
autres Ouvrages Manuscrits , entre lesquels
sont plusieurs Dissert ons et l'His
toire de Boulogne sa Patrie , sans oublier
plusieurs petits détails Litteraires , les Livres
empruntez à ses amis , & c. le tout
avec la présence d'esprit d'un homme
bien sain , qui se dispose à faire un voyage.
Vous serez bien- alse d'apprendre que
le premier volume du grand Ouvrage
Oriens Christianus , est presque entierement
imprimé, et que le Manuscrit est
dans un tel état que l'impression pour
être continuée , comme elle le sera en
effet
874 MERCURE DE FRANCE
effer , sans que la mort de l'Auteur caus
aucune interruption .
Ce que je dois à sa mémoire et le mérite
de l'Ouvrage m'engageront à continuer
mes attentions , pour procurer du
côté du Levant , tous les Mémoires et les
aurres secours qui peuvent contribuer à
sa perfection.
Fermer
Résumé : ELOGE du R. P. le Quien, Dominiquain. Extrait d'une Lettre de M D. L. R. écrite à M. l'Abbé L. B. Chanoine de la Cathedrale d'Auxerre.
Le Père Michel Le Quien, dominicain, est né à Boulogne-sur-Mer le 8 octobre 1661. Après des études à Paris, il rejoignit l'Ordre de Saint Dominique et se distingua par son attachement à la régularité monastique. Polyglotte, il maîtrisait l'hébreu, le grec et l'arabe. Il publia plusieurs ouvrages, notamment en réponse aux écrits du Père Pezron. En 1712, il édita les œuvres de Saint Jean Damascène et rédigea diverses dissertations pour des journaux. Son œuvre majeure est l'Histoire générale des Églises d'Orient et d'Afrique, intitulée 'Oriens Christianus et Africa', dont le projet fut publié en 1713. Le Père Le Quien fut également impliqué dans une controverse avec le Père Le Courrayer au sujet des ordinations anglicanes. Connu pour ses amitiés avec de nombreux savants et sa piété, il mourut le 12 mars, laissant un ouvrage presque achevé et des instructions pour sa publication.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6447
p. 878-883
LETTRE écrite à M. Baron, Doyen de la Faculté de Medecine de Paris, par M. de Lepine, Docteur, Régent de la même Faculté, au sujet d'une These qui a pour titre, An à functionum integritate mentis Sanitas ? Soutenuë le huitiéme Janvier 1733. aux Ecoles de Médecine.
Début :
MONSIEUR, J'apprends avec une surprise extrême les bruits que [...]
Mots clefs :
Âme, Sentiments, Corps, Matière, Immortalité, Assertion, Religion, Proposition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. Baron, Doyen de la Faculté de Medecine de Paris, par M. de Lepine, Docteur, Régent de la même Faculté, au sujet d'une These qui a pour titre, An à functionum integritate mentis Sanitas ? Soutenuë le huitiéme Janvier 1733. aux Ecoles de Médecine.
LETTRE écrite à M. Baron , Doyen
de la Faculté de Medecine de Paris
par M. de Lepine , Docteur , Régent de
la même Faculté , au sujet d'une These
qui a pour titre , An à functionum
integritate mentis Sanitas ? Soutenuë le
buitiéme Fanvier 1733. aux Ecoles de
Médecine.
MONSIEUR ,
J'apprens avec une surprise extrême
les bruits que l'on répand contre moi au
sujet d'une These que j'ai faite et à laquel'e
j'ai présidé le huitiéme Janvier de
la présente année , qui a pour titre : An
à functionum integritate mentis Sanitas ?
Rien n'est plus douloureux pour un
homme élevé dans des sentimens d'honneur
et de Religion , qui selon moi doivent
être inséparables , que de se voir attaqué
sur une matiere , où le simple soupçon
donne toujours là plus sensible atteinte
à notre réputation ; ainsi je m'estimerois
le plus malheureux des hommes ,
si je n'avois une ressource dans l'équité
de ceux qui sont en état de juger avec
con,
MAY. 1733. 879
connoissance de cause , et ce sont eux
que je me flatte de convaincre de la
pureté
et de l'orthodoxie des més sentimens.
Les objections qui me cont revenues
se réduisent à deux principales .
La premiere , d'avoir choisi une matiere
qui m'ait engagé à parler de l'Ame ,
de son essence et de ses opérations.
La seconde , d'avoir paru mettre en
problême sa spiritualité et son immortalité.
Je réponds à la premiere objection ,
que jusqu'ici dans nos Ecoles , sans que
personne l'ait trouvé mauvais , on a traité
la même matiere comme un point de
Physiologie très - important sous differens
titres . An mens sana in Corpore sano ? An
principium facultatum Anima ? & c.
Mais outre l'importance du sujet en
general , un motif particulier m'a déterminé
à le choisir. Beaucoup de gens sont
prévenus que tous les accidens qui dérangent
la tête de tant de differentes manieres
, en nous ôtant la liberté sont
des maladies qui attaquent réellement
l'esprit , et que si en même temps les
autres fonctions du Corps sont en bon
état , la Médecine ne peut être d'aucun
secours. ,
C
,
I
Par
$80 MERCURE DE FRANCE
Par une suite de préjugé on a vû dans
tous les temps enfermer des personnes
alienées , sans que leur famille ait daigné
faire les moindres tentatives pour
leur guérison.
De si tristes avantures m'ont excité à
combattre une erreur si préjudiciable au
Public , en faisant voir que les maladies
dont il s'agit , et que l'on croit avoir leur
siege dans l'ame même , ne sont que dans
les organes du corps , quelque bien disposez
qu'ils soient à tous autres égards ;
c'est dans ce sens qu'il faut entendre le
titre de ma These : An à functionum integritate
mentis Sanitas ?
Ayant à prouver que les prétendus dérangemens
de l'Esprit sont seulement de
vrais dérangemens
des parties internes du
Corps , telles que les Nerfs dans leurs
origines et dans leurs communications
,
j'établis pour principe certain que l'ame
ne peut être susceptible des altérations
que la corruption fait subir à la matiere,
c'est ce que je dis en termes formels , lig.
34. du quatrième Cor. p. 3. Num aëris constitutio
potest aliquid in Substantiam cogitantem
? Num terra venenati halitus vale
bunt eam corrumpere ? Absit
Cette proposition est une conséquence
nécessaire de l'Assertion qui est dans mon
premier
MAY. 1733 . 881
premier Corollaire touchant la Nature
de l'Ame. C'est là que je tâche d'exprimer
son Essence , et de la distinguer de
celle du Corps dans la définition que je
donne de la Vie. Communio est rei extensæ,
mobilis , que occupat spatium , que mutat
subinde locum , cum substantia que nullius
loci est capax , que proin sedem mutare nequit
, et tamen quocumque volueris illicò
transvolat.
Cette Assertion suffiroit pour me justifier
contre la seconde objection , elle
est décisive , elle ne renferme aucune
équivoque, et exclut toute espece de doute
: cependant on prétend en faire naître
l'idée sur ses paroles du premier Corol.
Num extensa et solida gaudeat trinâ dimentione
, roganti , non esse corpoream difficulter
probaveris ; At corpoream esse longè
difficilius demonstraveris. Je vous prie ,
Monsieur , de remarquer ici deux choses;
la premiere, qu'il ne s'y agit que de. preuves
philosophiques ; la seconde, que cette
proposition est d'un genre tout different
de celui des Assertions.
in-
Je compare seulement deux sentimens
contraires ; et avant que de donner ma
véritable réponse , je commence par
diquer le plus probable, en faisant remarquer,
que , si d'un côté il n'est pas aisé
C de
882 MERCURE DE FRANCE
"
de prouver l'immatérialité de l'ame , de
l'autre il est , sans comparaison , plus dif
ficile d'en démontrer la matérialité.
Je ne fais donc ici qu'exposer le dou
te ; mais je le résous ensuite , ou du
moins j'explique clairement ce que j'en
pense , lorsque je dis ailleurs ( ce qui est
vraiment Assertion ) que l'ame est une
substance pensante , qui ne peut être contenue
en aucun licu , et sur laquelle la
constitution de l'air n'a aucun pouvoir :
d'où il suit clairement qu'elle est spirituelle
; et par conséquent je suis bien éloigné
d'affirmer qu'on ne puisse prouver
ce que je regarde moi-même , et ce que
je donne comme absolument certain .
Pour ce qui regarde l'immortalité de
l'ame , il est vrai que je dis de Platon
Concupivit potiùs , quàm demonstravit z
mais la Religion pourroit- elle admettre
la démonstration qu'il s'imagine en donner
dans le Phedon , lorsqu'il dit que
l'ame étant à elle-même la cause de son
mouvement , elle ne peut jamais finir ?
Cer illustre Philosophe a pensé plus
conformément aux principes de la vraye
Religion dans le Timée, où il assure que
la seule volonté du Dieu suprême donne
l'immortalité à tous les êtres intelligens.
Après une justification aussi précise que
celle- cy ,
MAY. 1733. 883
celle-cy , si quelqu'un pouvoit encore
prétendre que dans la proposition Num
extensa , &c. je mets en problême la spiritualité
de l'ame , je desavoue non seu
lement , mais je déteste le sentiment qu'il
m'attribue , en suppliant les Juges équitables
de remarquer qu'il est formellementdétruit
par les deux Assertions, Substantia
cogitans , p. 3. Cor. 4. 1. 35. et
nullius loci capax , p . 1. Cor. 1. ligne derniere
, que j'ai rapportées.
Quoique je doute que mes expressions
ayent une interprétation si odieuse , je
suis sensiblement affligé si elles ont pû
y donner lieu ; et quelque témoignage
que je me rende à moi - même de l'intégrité
de ma foi et de la pureté de mes
intentions , je me reconnoîtrai coupable,
si l'on peut me convaincre , d'avoir parlé
d'une maniere à me faire soupçonner de
l'être mais le sentiment de ma conscience
me rassure , n'ayant jamais riem
pensé ni écrit que de conforme aux sentimens
de l'Eglise Catholique, Apostolique
et Romaine , dans le sein de laquelle
je veux vivre et mourir,
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentimens
d'estime , de considération et de
respect possible , &c.
A Paris , le 4. Avril 1733 .
de la Faculté de Medecine de Paris
par M. de Lepine , Docteur , Régent de
la même Faculté , au sujet d'une These
qui a pour titre , An à functionum
integritate mentis Sanitas ? Soutenuë le
buitiéme Fanvier 1733. aux Ecoles de
Médecine.
MONSIEUR ,
J'apprens avec une surprise extrême
les bruits que l'on répand contre moi au
sujet d'une These que j'ai faite et à laquel'e
j'ai présidé le huitiéme Janvier de
la présente année , qui a pour titre : An
à functionum integritate mentis Sanitas ?
Rien n'est plus douloureux pour un
homme élevé dans des sentimens d'honneur
et de Religion , qui selon moi doivent
être inséparables , que de se voir attaqué
sur une matiere , où le simple soupçon
donne toujours là plus sensible atteinte
à notre réputation ; ainsi je m'estimerois
le plus malheureux des hommes ,
si je n'avois une ressource dans l'équité
de ceux qui sont en état de juger avec
con,
MAY. 1733. 879
connoissance de cause , et ce sont eux
que je me flatte de convaincre de la
pureté
et de l'orthodoxie des més sentimens.
Les objections qui me cont revenues
se réduisent à deux principales .
La premiere , d'avoir choisi une matiere
qui m'ait engagé à parler de l'Ame ,
de son essence et de ses opérations.
La seconde , d'avoir paru mettre en
problême sa spiritualité et son immortalité.
Je réponds à la premiere objection ,
que jusqu'ici dans nos Ecoles , sans que
personne l'ait trouvé mauvais , on a traité
la même matiere comme un point de
Physiologie très - important sous differens
titres . An mens sana in Corpore sano ? An
principium facultatum Anima ? & c.
Mais outre l'importance du sujet en
general , un motif particulier m'a déterminé
à le choisir. Beaucoup de gens sont
prévenus que tous les accidens qui dérangent
la tête de tant de differentes manieres
, en nous ôtant la liberté sont
des maladies qui attaquent réellement
l'esprit , et que si en même temps les
autres fonctions du Corps sont en bon
état , la Médecine ne peut être d'aucun
secours. ,
C
,
I
Par
$80 MERCURE DE FRANCE
Par une suite de préjugé on a vû dans
tous les temps enfermer des personnes
alienées , sans que leur famille ait daigné
faire les moindres tentatives pour
leur guérison.
De si tristes avantures m'ont excité à
combattre une erreur si préjudiciable au
Public , en faisant voir que les maladies
dont il s'agit , et que l'on croit avoir leur
siege dans l'ame même , ne sont que dans
les organes du corps , quelque bien disposez
qu'ils soient à tous autres égards ;
c'est dans ce sens qu'il faut entendre le
titre de ma These : An à functionum integritate
mentis Sanitas ?
Ayant à prouver que les prétendus dérangemens
de l'Esprit sont seulement de
vrais dérangemens
des parties internes du
Corps , telles que les Nerfs dans leurs
origines et dans leurs communications
,
j'établis pour principe certain que l'ame
ne peut être susceptible des altérations
que la corruption fait subir à la matiere,
c'est ce que je dis en termes formels , lig.
34. du quatrième Cor. p. 3. Num aëris constitutio
potest aliquid in Substantiam cogitantem
? Num terra venenati halitus vale
bunt eam corrumpere ? Absit
Cette proposition est une conséquence
nécessaire de l'Assertion qui est dans mon
premier
MAY. 1733 . 881
premier Corollaire touchant la Nature
de l'Ame. C'est là que je tâche d'exprimer
son Essence , et de la distinguer de
celle du Corps dans la définition que je
donne de la Vie. Communio est rei extensæ,
mobilis , que occupat spatium , que mutat
subinde locum , cum substantia que nullius
loci est capax , que proin sedem mutare nequit
, et tamen quocumque volueris illicò
transvolat.
Cette Assertion suffiroit pour me justifier
contre la seconde objection , elle
est décisive , elle ne renferme aucune
équivoque, et exclut toute espece de doute
: cependant on prétend en faire naître
l'idée sur ses paroles du premier Corol.
Num extensa et solida gaudeat trinâ dimentione
, roganti , non esse corpoream difficulter
probaveris ; At corpoream esse longè
difficilius demonstraveris. Je vous prie ,
Monsieur , de remarquer ici deux choses;
la premiere, qu'il ne s'y agit que de. preuves
philosophiques ; la seconde, que cette
proposition est d'un genre tout different
de celui des Assertions.
in-
Je compare seulement deux sentimens
contraires ; et avant que de donner ma
véritable réponse , je commence par
diquer le plus probable, en faisant remarquer,
que , si d'un côté il n'est pas aisé
C de
882 MERCURE DE FRANCE
"
de prouver l'immatérialité de l'ame , de
l'autre il est , sans comparaison , plus dif
ficile d'en démontrer la matérialité.
Je ne fais donc ici qu'exposer le dou
te ; mais je le résous ensuite , ou du
moins j'explique clairement ce que j'en
pense , lorsque je dis ailleurs ( ce qui est
vraiment Assertion ) que l'ame est une
substance pensante , qui ne peut être contenue
en aucun licu , et sur laquelle la
constitution de l'air n'a aucun pouvoir :
d'où il suit clairement qu'elle est spirituelle
; et par conséquent je suis bien éloigné
d'affirmer qu'on ne puisse prouver
ce que je regarde moi-même , et ce que
je donne comme absolument certain .
Pour ce qui regarde l'immortalité de
l'ame , il est vrai que je dis de Platon
Concupivit potiùs , quàm demonstravit z
mais la Religion pourroit- elle admettre
la démonstration qu'il s'imagine en donner
dans le Phedon , lorsqu'il dit que
l'ame étant à elle-même la cause de son
mouvement , elle ne peut jamais finir ?
Cer illustre Philosophe a pensé plus
conformément aux principes de la vraye
Religion dans le Timée, où il assure que
la seule volonté du Dieu suprême donne
l'immortalité à tous les êtres intelligens.
Après une justification aussi précise que
celle- cy ,
MAY. 1733. 883
celle-cy , si quelqu'un pouvoit encore
prétendre que dans la proposition Num
extensa , &c. je mets en problême la spiritualité
de l'ame , je desavoue non seu
lement , mais je déteste le sentiment qu'il
m'attribue , en suppliant les Juges équitables
de remarquer qu'il est formellementdétruit
par les deux Assertions, Substantia
cogitans , p. 3. Cor. 4. 1. 35. et
nullius loci capax , p . 1. Cor. 1. ligne derniere
, que j'ai rapportées.
Quoique je doute que mes expressions
ayent une interprétation si odieuse , je
suis sensiblement affligé si elles ont pû
y donner lieu ; et quelque témoignage
que je me rende à moi - même de l'intégrité
de ma foi et de la pureté de mes
intentions , je me reconnoîtrai coupable,
si l'on peut me convaincre , d'avoir parlé
d'une maniere à me faire soupçonner de
l'être mais le sentiment de ma conscience
me rassure , n'ayant jamais riem
pensé ni écrit que de conforme aux sentimens
de l'Eglise Catholique, Apostolique
et Romaine , dans le sein de laquelle
je veux vivre et mourir,
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentimens
d'estime , de considération et de
respect possible , &c.
A Paris , le 4. Avril 1733 .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. Baron, Doyen de la Faculté de Medecine de Paris, par M. de Lepine, Docteur, Régent de la même Faculté, au sujet d'une These qui a pour titre, An à functionum integritate mentis Sanitas ? Soutenuë le huitiéme Janvier 1733. aux Ecoles de Médecine.
M. de Lepine, Docteur et Régent de la Faculté de Médecine de Paris, adresse une lettre à M. Baron, Doyen de la même faculté, en réponse aux critiques concernant une thèse soutenue le 8 janvier 1733, intitulée 'An à functionum integritate mentis Sanitas?'. M. de Lepine exprime sa surprise face aux rumeurs le visant et affirme sa pureté et orthodoxie. Les objections principales portent sur le choix du sujet, qui traite de l'âme, de son essence et de ses opérations, ainsi que sur la mise en problème de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme. M. de Lepine justifie son choix en soulignant l'importance du sujet en physiologie et en médecine, notamment pour combattre l'erreur selon laquelle les troubles mentaux seraient des maladies de l'âme plutôt que du corps. Il affirme que les troubles mentaux sont des dérangements des organes du corps, comme les nerfs, et non de l'âme. Il établit que l'âme ne peut être altérée par la corruption de la matière, une proposition qu'il considère comme une conséquence nécessaire de l'assertion sur la nature de l'âme. Il distingue l'âme du corps dans la définition de la vie et affirme que l'âme est une substance pensante, spirituelle et immortelle, conforme aux principes de la religion catholique. M. de Lepine conclut en désavouant toute interprétation odieuse de ses propos et en affirmant son intégrité et sa foi. Il exprime son désir de vivre et mourir dans le sein de l'Église Catholique, Apostolique et Romaine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6447
6448
p. 885-905
VOYAGE de Basse Normandie. Suite des Remarques de M... sur l'Inscription du Marbre de Torigny. XI. LETTRE.
Début :
III. LOGUM ORDO CIVITATIS Viducassium libenter dedit podum [...]
Mots clefs :
Inscription, Mot, Edinius Julianus, Lettre, Marbre, Bayeux, Torigny, Paulin, Province lyonnaise, Empire, Préfet, Empereur, Veaux marins, Tribun, Prétoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VOYAGE de Basse Normandie. Suite des Remarques de M... sur l'Inscription du Marbre de Torigny. XI. LETTRE.
VOYAGE de Basse Normandie. Suite
des Remarques de M... sur l'Inscription
du Marbre de Torigny.
11 1.
L
XI. LETTRE.
OGUM ORDO CIVITATIS
Viducassium libenter dedit
dum XIII.
род
Civitas ducassium , ou Biducassium
appellée ensuite Bajocassium , est la Villa
Cij
et
I
886 MERCURE DE FRANCE
et le Diocèse de B.yeux en Normandie,*
et non pas le Village de Vieux. Prolomée
, L. VIII. assure que dans la Gaule
Lyonnoise il y a quatre Peuples situez
au Septentrion et sur l'Ocean Brittanique
ΒΙΔΟΥΚΕΞΙΩΝ Biducessii , ΟΥΝΕΛΙΩΝ
Veleni ΛΕΞΟΥΒΙΩΝ Lexovii ΚΑΛΕΤΑΙ
Caleta : Les trois derniers sont ceux de
Coutance , de . Lizieux et du Pays de
Caux. On ne peut douter que les Biducesii
ou Biducasses , comme Pline les appelle
, L. 1 V. 6. 18. ne soient ceux de
Bayeux , ce qui est confirmé par l'Inscription
de ce Marbre trouvé dans le
Diocèse de Bayeux . Cent ans ou environ
après que notre Inscription eut été gravée
, les noms de plusieurs Villes commençant
à s'alterer , on changea ce mot
de Biducasses en Bajocasses , comme on
le voit par ces Vers d'Ausonne.
Tu Bajocassis Stirpe Druïdarum satus ;
Beleni sacratum ducis è Templo genus,
De Bajocasses on fit Bajoca , comme on
le voit dans la Notice de l'Empire , Sect .
** L'Auteur des Remarques décide ici une chose
qui étoit du moins incertaine avant les Découvertes
qui ont été faites à Vieux. Voyez là- dessus la
Description des Monumens qui y ont été trouvez, et
les Remarques faites sur ces Monumens , dans le
Mercure d'avril 17329
LXV.
MA Y. 1733- 887
LXV. Præfectus Latorum , Batavorum ,
et Gentilium Suevorum ; Bajocas à Bayeux
et Constantias Lugdunensis II. à Coutances
. Ainsi on disoit en ce temps- là Trecas
pour Trecasses , Drocas pour Durocasses
, & c .
Dans toutes les anciennes Notices on
voit au nombre des sept Citez de la seconde
Lyonnoise , Civitas Bajocassium.
Gregoire de Tours nomme ces Peuples.
Viducasses Bejocassins , au 27. Chap. du
5 L. de son Histoire , et Fredegaire , en
corrompant ce mot , appelle les mêmes
Peuples Bagassins , au Chap. 80. de sa
Chronique. Charlemagne nomme le Pays.
Bessin Bajocassinus Pagus , dans ses Capitulaires
, et Charles le Chauve dans les
siens , appelle le même Pays Bagisinus
Pagus. Oderic Vital , L. V. dit qu'il y
a six Villes Episcopales sujettes à Rouen,
Rothomago sex urbes subjacent, Bellocassium
( emend. Bedocassium vel Biducassium ) id
est Bajocas. A quoi il faut ajoûter en faveur
de la Ville de Bayeux , que son Siege
Episcopal est le premier et le plus
ancien de tous ceux de la Province de
Rouen , et que l'Evêque a la préséance
au dessus de tous les Evêques Comprovir
ciaux , ce qui démontre la grande
antiquité de cette Ville.
Cv M.
888 MERCURE DE FRANCE
M. Vallois , dans la Notice des Gaules ,
veut que Bayeux ait été appellé Argenus
par Prolomée , L II. C. 8. en ces termes,
ΒΙΛΟΥΚΕΣΙΟΙ ΩΝ ΠΟΛΙΣ ΑΡΓΕΝΘΥΣ
Mais ces mots wraλis , ne se voyent pas
dans les Editions Grecques de Ptolomée
l'ancien Traducteur Latin veut au contraire
qu'Argenus soit une Riviere , Ar
genis fluvii estia. M. Valois prétend
outre cela , qu'un lieu appellé dans la
Carte de Peutinger , Aragenus , soir cette
Vill d'Agenus , ce qui est fort incertain.
Quoiqu'il en soit , on ne doit point
douter que Bidugasses , Biducasses , Butucasses
, Bajocasses , Bajoca , Bayeux , no
soient une même Ville , Ch . f. d'un Dio
cèse et des Pouples du Bessin.
IV. AMICUs Benemerentis Claudii Paus
lini Legui Casaris Augusti Proprætore Prom
vincie Lugdunensis fuit..
La Province Lyonnoise étoit Imperiale
et gouvernée par un Lieutenant de l'Em
pereur ; cet Officier étoit Civil er Mili❤
taire, on l'appelloit Popreteur , parce qu'il
avoit les mê nes droits , les mêmes hon-
✦ Sion peut donner quelque chose à la conjecture,
fandéo sur la ressemblance des Noms , le Village
Argence ä lieues de Caën , sur le chemin de
Lizieux , pourroit bien être un reste de cette ancien
neVilles
4.
neurs
1 889 MAY. 1733.
meurs et le même nombre de Faisceaux ,
que les Preteurs de la Ville de Rome.
Amicus Paulini , Sennius Sollemnis avoiɛ
fendu un grand service à Paulin , en s'op
posant à ceux qui vouloient dans l'Æsemblée
generale des Provinces , accuser
ce Gouverneur d'injustice , comme AEdinus
Julianus , successeur de Paulin au
Gouvernement de la Lyonnoise , le témoigne
dans sa Lettre au Tribun Comnianus
, Vice- Président de la même Province.
Cette Epitre est gravée sur l'un des
côtez du Marbre de Torigny.
L'Inscription du devant du même Piédestal
parle de cette Lettre en ces termes
Cui Semp R Arectus FVIT SICVT EPIST A ... ...
AE AD NOS SCRIPTA EST DECLARATVR.
CVI (Paulino ) POSTEA ( Britan ) LEG.
AVG. PENESEVM AD LEGIONEM SEXTAM
ADSEDIT. Il faut necessairement ajoûter
les Lettres BRIT. sans quoi cette Phrase
n'auroit point de sens et cette Addi
tion est confirmée par ces paroles gravées
sur l'autre côté du Marbre du Piedestal.
Exemplum Epistula Claudii Paulini Legati
Augusti Propretore Provincia Britannië
ad Sennium Sollemnem. Paulin, après avoir
gouverné la Lyonnoise en qualité de
Lieutenant de l'Empereur et de Prope
teur ,fut envoyé dans la grande Breta
Cvj gne
890 MERCURE DE FRANCE
gne ; et Sennius Sollemnis fut un des As
sesseurs de Paulin , qui commandoit la
VI. Legion , comme Lieutenant General
dans la Province ; car cette Legion
avoit son Quartier dans la Grande Bretagne
et dans la Ville d'Yo ck , comme
Prolomée le marque , L. II. C. 3 .
Ces Légions étoient tellement attachées
aux Provinces où on les avoit placées ,
que les Gouvernemens ont pris quelquefois
les noms des Legions qui y étoient
en garnison . Tertulien dans le IV. Chap
du Livre à Soupulus , appellé le Président
de Numidic Prases Legionis ; car Caligula ,
pour affoiblir l'autorité du Proconsub
d'Affrique , donna à un autre Officier le
Gouvernement des Numides avec les
Troupes ou la Légion . Provincia divisa
exercitus alteri et Numidas mandavit , atque
bolie etiam fit , dit Dion , p. 656.
c'est pourquoi Ptolomée attribue la troisiéme
Légion Auguste à la Numidie.
V. ] CVIO OB SALARIVM MILITIAE IN
AVRO. Le Graveur a omis ici quelques
mots qu'il faut suppléer par l'Epitre à
Paulin , où on lit. Milit.a salarium , Deserteriis
viginti quinque nummos ,. in auro..
* L'omission du Graveur saute aux yeux. On ne
peut mieux la réparer quepar l'autre partie de l'Ins
ription , comme fait l'Auteur des Remarques.
VI
MAY. 17337
VI. ] ALTAQ MVNERA LONGE PLVRIS
MISSA. Paulin , dans sa Lettre à Sollemnis
, specifie les Présens Munera , Chlamydem
Carbasinam , Dalmaticam Laodicenam
, Fibulam auream cum gemmis.
Virgile , L. XI. de l'Eneïde , parle ainsi
de ces Chlamydes Carbassina , attachées
avec des crochets d'or.
... Croceam Chlamydemque sinusque crepantes
Carbascos fuluo in nodum collegerat auro
Et Lucain parle aussi de ces vétemens
dans sa Pharsale , L. 3 .
Fluxa coloratis astringuntur Carbasa gemmis.
Le mot Dalmatica signifie une manie
re de vêtement venue de Dalmatie . Capitolin
, dans la Vie de Pertinax , Ch. 8.
dit qu'on tenoit parmi les Meubles de
Commode , Tunicas , Penulasque , Lacernas
et Chiri lotas , Dalmatarum. Lampide
dans la Vie de Commode , Chap . 8 dit
de ce Prince que Dalmaticatus in Publico
processit , ce qui passoit alors pour une
chose infam . Les gens graves et medestes
ne paroissant jamais avec des Dalmatiques.
Et le même Historien assure ,
Chap 24. de la Vie d Heliogabale , que
cet Enrpereur avoit souvent paru Bal
maticatus in foro post Coenam. S. Isidore ,
Chap .
892 MERCURE DE FRANCE
Chap. 22. du 19. L. de ses Origines , témoigne
que Dalmatica Vestis primum in
Dalmatia texta est. Mais quoique l'invention
de ces sortes de vêtemens soit venue
de Dalmatie , et qu'ils ayent pris le
nom de cette Province , neanmoins la
mode s'étant introduite dans tout l'Empire
Romain de porter des Dalmatiques,
on en établit des Manufactures en divers
Lieux ; on estimoit le plus celles qu'on
faisoit à Arras et à Laodicée , suivant les
paroles de S. Jérôme , L. 2. contre Jovinien
, T. 2. Cod . 106 , Edit . de Nivelle.
Atrebatum ac Laodicea indumentis ornatus
incedis. Et peut être que les Dalmatiques
de Laodicée
étoient de plus grand prix
que toutes les autres , parce que les Laines
de cette Ville étoient meilleures
, com
me Pline nous l'apprend
, L. VII . Ch. 48 .
VII. Il est fort difficile de trouver ce
que signifie ToSSIAM Brittanicam . Si cę
mot est venu de la Grand - Bretagne , aussi
bien que ce qu'il signific . Lorsque les Ro
mains empruntoient quelque chose des
Etrangers , ils conservoient les noms Barbares
qu'ils introduisoient dans la Langue
Latine , où nous trouvons beaucoup de
mots Gaulois et Bretons. Nous avons pour
ce qui concerne les Habits Bracha, espece
d'Habit , décrite par Diodore de Sicile ,
Laina
MAY. #733. 89.3
Laina , maniere de Saïe dont parle Strabon
,Bardo- cucullum, Manteau des Bardes,
Poëtes Gaulois , dont Martial fait mention.
Le mot Cucullum est venu du Gaulois
ou du Breton Cucull. C'est pourquoi
Juvenal , dans sa huitiéme Satire appelle
ces Cuenlles Saintongeois.
Tempora Santonios velas adòperta Cuculla.
Caracalla , Habit Gaulois , qu'Antonim
fils de Sévere , donna au Peuple Romain .
Glascum , Herbe dont on se servoit pour
teindre en bleu. Cependant j'ose douter
que ce mot ToSSIAM , soit de l'ancienne:
Langue Bretonne , et je conjecture qu'il
est Latin.
Il faut remarquer que les Lettres de
cette Inscription , effacées en plusieurs
endroits , sont quelquefois entrelassées *
les unes dans les autres , et qu'il y en a
par consequent de fort petites qui ont pû
disparotire aisément. Ce mot TOSSIAM ,
doit être ainsi rétabli TROSSVLAM . Cette
maniere de vêtement que les Latins ap-
"
*On pourra voir cet entrelassement des Lettres ,
c. dans la Gravure qu'on se propose de donner
de toute l'Inscription . Mais toujours on peut comp
ter que nous avons lû TOSSIAM sur le Marbre at
que ce mot a été lû de même avant nous dans les
deux ou trois copies quej'ai rapportées de Torigny...
pelloient
194 MERCURE DE FRANCE
pelloient Trossulam ou Trabeam Trossu
lam , et les Grecs Epeseda étoit tissuë de
Laine de couleur de Pourpre , mêlée
d'autre Laine teinte en écarlate. Cette
Trossula n'étoit pas differente de la Saïe
Punique , et on y mêloit de l'Ecarlatte
parce que les Anciens combattoient vétus
de rouge , afin que le sang qui couloit- des
playes ne parût pas.
VIII PELLEM VETULI MARINI SEMESTRIS
La Peau de Veau Marin est couverte
de poil cendré. C'étoit alors un rare
présent qu'une Peau de Veau Marin ,
animal tès- difficile à tuer , comme dit
Pline , L. IX. Chap. 13 Cet Auteur dans
le même lieu attribuë aux Peaux de Veaux
Marins une proprieté bien singuliere en
ces termes Pelles eorum etiam detractas corpori
sensum æquorum retinere tradunt , semperque
astu maris recedente inhorescere
et au L II. Chap. 55. il nous fait connoître
pourquoi les Anciens estimoient
tant les Peaux de Veau Marin ; c'est , qu'ils
croyoient qu'elles garantissoient de la
Foudre N inquan Fulmen , & c . Suetone,
* Notre Auteur a sans doute , cité ce Passage
de Pline de memoire ; voici comment il faut le rétablir.
Ideo Pavi di altiores specus tutissimos putant
: aut tabernacula è pellibus belluarum quas
vitulos appellant , quoniam hoc solum aniinal
Marinis , Fulmen , non percutiate
,
MA Y.. 1733. 895
L. 2. Chap. 90. rapporte qu'Auguste craignoit
fort le Tonnerre , et qu'il portoie
par tout une Peau de Veau Marin pour
se garantir de la Foudre , Ut semper, et
ubique , &c. Spatien dit que Septime-
Severe avoit la même foiblesse , et qu'il
fit couvrir sa Littiere de Praux de Veaux
Marins. Plutarque dans ses Symposiaques ,
L. 4. Q. 2. nous apprend que les Pilotes
pour préserver du Tonnerre leurs Vaisseaux,
couvroient de Peaux de Veaux Marins
et d'Hyenes, l'extrémité des Voiles ;
il parle encore de cette vertu des Peaux
de Veaux Marins au L.5.du même Ouvra
ge , Chap. 3 .
SEMESTRIS Le Veau Marin croît en fort
peu de temps , il y en a une certaine espece
dans les Mers du Nord , que les
Russes et les Anglois appellent Morfh ,
et les Flamans Walrusses qui deviennent
plus gros que les plus grands Boeufs , et
à deux ou trois mois ils sont aussi grands
que des Dogues d'Angleterre .
IX. [ … .. VI ... R ... O ... Genvs
V ...
SPECTACVLORVM . PINICIA DIA.
Ceux qui ont vû les premiers cette
Inscription , ont lû ainsi cet Endroit . Cu
jus cura omnegenus spectaculorum atqueTaurinicia
Diana. Mais il y a lieu de douter
de ce mot Taurinicia , qu'on ne trouve
nulle
896 MERCURE DE FRANCE
nulle
part ; outre que la copie de M. Pe
titte nous prouve que ces trois Lettres
TAV, ne se lisent point dans l'Inscription
où on ne voit que RINICIA , Taurinicia
ne se peut lire suivant l'Analogie Grammaticale
, il faudroit Tauronicia
, comme
Tauropolia , Fête des Lacédémoniens Tau
rocathapsia , qui étoient des Jeux des
Thessaliens ; enfin , comme Taurobotus ,
Taurobolia , Taurophagus , Taurophagia
s
et d'ailleurs on n'honoroit
pas
Diane par
des Combats de Taureaux , mais par des
Chasses de Cerfs ou d autres Bêtes sau
vages ; car Diane étoit surnommée EAA-
ΦΗΒΟΛΟΣ , et la grande Fere qui lui
étoit dédiée dans la Grece , TA EAAOHBO
AIA , d'où vient le mot Elaphebolion
, on
écrivoit ce mot par HAADHBOAION
, aų
lieu d'EAADOBOAION
, comme EAAQOBỌAIA
et EAAQBOAOX
, selon l'usage
des Poëtes qui changeoient l'O en H ,
pour avoir une sillabe longue et faire un
Dactile ΕΤΡΕΨΑΝΤΟΙΑ
, ασμακρείον
,
Siasurlénian , Baxλçań , dit. Eustathe
* M. Petitte , Chanoine et Official de Bayeux,
avoit pas manqué , sans doute, de copier cette
Inscription , et de la mieux copier qu'un autre. Il
a travaillé toute sa vie à l'Histoire Civile et Ecclesiastique
de Bayeux. Voyez là-dessus le Mercure
Octobre 1732. p. 21380
Sur
MAY. 1733. 897
sur le V. L. de l'Iliade , T. I. p. 521 .
Edit. de Rome. Ainsi je doute qu'il y ait
dans l'Inscription la lettre R bien formée
, et je crois qu'il faut lire EPINICIA
DIA. Epinicia , qui sont les prix de ceux
qui ont vaincu aux Jeux ; et Sollemnis
qui avoit donné les Spectacles, avoit aus
si donné les Prix , Epinicia.
X. ERAT SENNIUS ME ... CUR . MART...
ATQ... DIAN... P. Sacerd.
Edinius Julianus , dans sa Lettre à
Commianus parle de Sollemnis en ces
termes : Sollemnem istum oriundum ex civitate
viduc. Sacerdos. Mercure , Mars ,
et Diane étoient dans les Gaules les princlpaux
Dieux dont notre Sollemnis étoit
premier Prêtre ; aussi la Ville de Bayeux
étoit celebre à cause de ses Druides,dont
les Races étoient très- nobles et tres- anciennes
; c'est ce que prouvent les Vers
d'Ausonne , que j'ai déja citez . Cette Illustre
famille des Druides de Bayeux des
cendoit des Prêtres d'Apollon , appellé
Bellenus par les Gaulois , et par ceux d'Aquilée
; comme le démontrent diverses
Inscriptions , rapportées par Gruter. Ausonne
, dans ses Poësies sur les Professeurs
de Bordeaux , louc un Rheteur ;
nommé Attius , Patera , Pater , auquel ses
rapportent les deux Vers qu'on a vûs
plus
858 MERCURE DE FRANCE
plus haut ; et il est à propos de rappor
ter icy ce témoignage d'Ausonne tout
entier.
Tu Bajocassis ( vel Bagocessi ) stirpe Druidarumza
satus ,
Si fama non fallit fidem ,
Beleni sacratum ducis è templo genus &
Et inde vobis nomina ,
Tibi Patera sic Ministros nuncupant »
Apollinaris Mystici ,
Fratri Patrique nomen à Phoebodatum
Natoque de Delphis tue.
Ausonne lote encore un autre Professeur
de Bordeaux , qui descendoit des
Druides , et avoit été Sacristain du Teme
ple de Belenus .
Nec reticebo senem
Nomine Phabitium , qui Beleni adituus ,
Nil opis inde tulit , sed tamen ut placitum ,
Stirpe satus Druidum gentis Aremorica ,
Burdigala Cathedram nati opera obtinuit .
XI. ... FUIT CLIENS PROBATISSIMUS
AEDINI IVLIANI ... LEG. AUG. PROV . LVGDVNEN...
CVI . SEMPER . AF. TVS FVIT. Sicut
Epistula que ad nos scripta fuit decla
ratur.
Julianus , dans sa Lettre dit , qu'ik
com
MAY. 1733 . 899
commença à aimer Sollemnis propter sectam
, à cause de sa Profession de Prêtre et
de Druide, et propter gravitatem et honestos
mores.
Lorsque Julianus écrivoit cette Lettre
au Tribun Commianus , il étoit alors
Préfet du Prétoire , comme ces mots de
l'Inscription le démontrent : Exemplum
Epistula Alinii Jul... Præfecti Prato.
Nous ne pouvons placer le temps de la
Préfecture de ce Julianus après l'an 238 ,
à cause du Consulat de Pius et de Proculus
, marqué dans l'Inscription, Il ne
seroit pas raisonnable aussi de reculer le
temps de la Préfecture d'Edinius plus .
loin que le temps de Caracalla ; on sçait
que les deux Préfets de cet Empereur
étoient Adventus et Macrin, Le dernier
après avoir fait assassiner son Maître , lui
succeda à l'Empire , et créa deux Préfets
du Prétoire , Appius Julianus et Julianus
Nestor, comme Dion , qui fleurissoir pour
lors , nous l'apprend dans lesFragmens du
liv . 78, pag.895.Notre Adinius ne peut
être ni l'un ni l'autre de ces deux Juliens ;
car VlpiusJulianus fut massacré par les
Soldats révoltez contre Macrin , en faveur
d'Héliogabale . Macrin désigna aussi-
tôt Basilianus , alors Préfet d'Egypte,
pour successeur d'Appius , comme Dion
nous
900 MERCURE DE FRANCE
nous l'apprend encore au même liv . 73.
pag. 903 .
Ce Basilianus , après la mort de Ma
crin , ayant erré quelque temps , fut
égorgé à Nicomédie , selon Dion, p.904.
Héliogabale , après sa Victoire , fit mou
tir le Préfet Nestor , avec Fabius Agrippin
, Gouverneur de Syrie , comme Dion
le rapporte , liv . 79. pag. 907. Le même
Empereur créa Préfet du Prétoire , Euty.
chianus Comazon ; Dion , liv . 79. p.908.
Après Comazon , il y eut deux Préfets
qui furent tuez , avec Heliogabale , page
916. et ils s'appelloient Flavianus et
Chrestus. Ce fut Ulpien , favori d'Alexandre
, qui les fit mourir , et leur succeda
, le nouvel Empereur lui ayant donné
la Charge de Préfet , selon Dion , livre
So. pag. 917. Ulpien fut massacré
les Soldats , vers l'an 227. pendant que
Dion gouvernoit la Pannonie , ainsi qu'il
le raconte , liv. 80. pag. 917. Les Historiens
ne nomment point le successeur
d'Ulpien ; d'ailleurs nous sçavons que
sous Maximin , Vitalien étoit le Préfet
du Prétoire , qui résidoit à Rome , où il
fut tué par l'ordre du Sénat , l'an 237.
comme nous l'apprenons d'Hérodien
ou de Capitolin.
Edinius Julianus résidoit à Rome
par
comme
MAY. 1733. 901
comme il le témoigne dans sa Lettre. Is
( sollemnis ) certus honoris mei erga eum ad
videndum me in Urbem venit : proficiscens
petiit, ut eum ad te commendarem. Je ne vois
donc point de place pour la Préfecture
d'Elinius Julianus , que depuis la mort
d'Ulpien , jusqu'à celle d'Alexandre Se
vere , il n'y avoit qu'un Empereur au
temps que Paulin écrivit la Lettre , gravée
sur le Marbre de Torigny . Ces mots : Er
MAIESTATE SANCTA IMP. le font voir.
C'est donc sous l'Empereur Alexandre-
Severe que Julien - Paulin et Sollemnis
ont exercé les Charges , dont il est fait
mention dans l'Inscription : Fuit cliens
probatissimus Edinius - Juliani legati Augusti
Provincia Lugdunensis.
Edinius Julianus avoit été Lieutenant
de l'Empereur dans la Province Lyonnoise
, comme on le voit par ces mots ,
gravez sur le devant du Piédestal ; ce
qui estconfirmé par la Lettre de Julianus,
gravée sur l'un des côtez de ce Marbre :
Claudio Paulino Decessori meo . Nous
avons déja vû que Paulin avoit eu le Gou
vernement de laLyonnoise : que veut donc
dite Edinius -Julianus , par ces mots : In
PROVINCIA LVGDVNENS. QUINQUE . FISCALI...
IGEREM? Ce dernier mot , n'est pas
Agerem, car M. Petitte dans sa copie ,tresexacte
902 MERCURE DE FRANCE
exacte , fait voir qu'il n'y a que IGEREM,
et cette figure I un peu courbe , ne marque
pas la jambe de celle d'un A , mais la
lettre I , que les Sculpteurs ne gravent
pas toujours droit.
Je ne puis croire qu'il y ait * Fascalia,
comme quelques- uns le prétendent ; car
ce mot barbare , et qui ne fut jamais Latin
, peut il avoir été en usage pour si
gnifier une fonction principale d'un
grand Magistrat Romain ? Concluons donc
qu'il faut lire ainsi cet endroit : In Provincia
Lugdunensi Quinquennalia fiscalia
dum exigerem. Ce mot Fiscalia , se prend
pour les Tributs qu'on paye au Souve
rain. Ambrosiaster , sur l'Epître aux Romains
: Ideo dicit tributa prastari vel qua
dicuntur fiscalia ut subjectionem præstent.Le
Scoliaste de Julianus , Antecessor , c. 72.
Quando is qui nihil possidet fiscalia dare
cogitur.Fiscalia,se prend donc pour tributa
qua fisco inferuntur et indictiones . Les Indictions
, parmi les anciens Romains , avant
Constantin , étoient imposées de 5 en 5
ans , et leur levée ou exaction s'en faisoit
* Les deux anciennes Coppies que j'ai rapportées
de Torigny , portent cependant FASCALIA . Et
aujourd'hui ce mot se lit encore bien sur le Marbre .
A l'égard de l'autre mot , on n'en voit plus aujourd'hui
que la fin sur ce Marbre , GEREM .
>
Far
MAY. 1733 . 903
par Lustre , comme le P. Noris l'a prouvé
solidement et doctement dans son
Traité des Epoques des Syro Macedoniens
, pag. 170.
·
XII. ADSEDIT ET ... IN PROVINCIAM
LVGDVNENSEM VA... ERIO FLO .. TRIB....
MIL. · • ... c. ... III. AVG . IVDICI . ARCAE
FERRAR...
Valerius Florus , dont Sollemnis est
appellé Antecesseur dans notre Inscription
, avoit été Juge de la Caisse des Armuriers
de la Province Lyonnoisse ; le
mot FERRAR. Ferrariorum se prend , nonseulement
pour un adjectif , qui se joint
à Faber , mais encore pour un substantif,
comme dans ce Passage de Julius Firmicus
Maternus , ch. vII . du 4° Liv . de son
Astrologie : Coquos ferrarios atque ex igne
velferro partes suas officiaque complentes .
e
Il y avoit deux Fabriques ou Manufactures
d'Armes dans la Province Lyonnoise
; l'une de Fléches , à Mâcon , Matisconensis
Sagittaria ; et l'autre , de Cuirasses
, à Autun , Augusto - dunensis Lori.
caria ; comme on le voit dans la Notice
de l'Empire , Section XLI. Il y avoit dans
plusieurs Villes de l'Empire Romain de
pareilles Fabriques , dont il est fait mention
dans la Notice de l'Empire , et dans
trois differens endroits de l'Histoire d'ADmien
901 MERCURE DE FRANCE
mien , Marcellin , Liv . 14. 15. 29. Il y a
au Code Théodosien , un Titre entier
qui est le 22 du x Liv. lequel ne traitte
que de ces Manufactures et des Ouvriers
qui y travailloient , de Fabricantibus . On
voit dans la seconde Loy , que les Sujets
de l'Empire Romain étoient obligez de
fournir le Fer que souvent ils s'acquittoient
de cette charge en Argent monnoyć
, et que les Ouvriers trompoient le
Public en employant de méchant Fer ; de
sorte que le Prince obligeoit les Taillables
de fournir le Fer en espece.
Il y avoit un grand nombre deReglemens
touchant ces Fabriques d'Armes; pour les
Ouvriers qui y travailloient , et les Tributs
qu'on levoit pour l'entretien de ces
Manufactures,dont les Juges étoient Militaires
; ainsi le Tribun de la troisiéme
Cohorte Auguste , avoit été Juge de la
Caisse des Fabriques et des Armuriers de
la Province Lyonnoise , et avoit eu notre
Sollemnis pour Assesseur.
Cette Caisse des Fabriques d'Armes
étoit différente de la Caisse Militaire des
Gaules , destinée à l'entretien et à la solde
des Troupes Romaines dans les trois Provinces
; de cette Caisse appellée Arca
Galliarum , qui étoit bien plus considérable
que celle des Fabriques, et avoit pour
Juge
ΜΑΥ 1733 905
Juge le Tribun d'une Légion , comme
on le voit par cette Inscription , rappor
tée par Gruter , pag.455.n.10 . TIB. POM
PEIO.POMPE . IVSTI . FIL. PRISCO , CADVRCO.
OMNIBVS HONORIBVS APVD SVOS FVNCTO.
TRIB. LEG. V. MACEDONICAE IVDICI.
ARCAE GALLIARVM III . PROVINC. GAL
Ces Tribuns étoient dans une grande
considération , puisqu'ils exerçoient la
Charge de Vice - Président , et en cette
qualité , commandoient quelquefois en
Chef dans les Provinces , comme Badius
Comnianus , marqué dans notre Inscription
, et que le Préfet Edinius - Julianus,
appelle dans sa Lettre , Tribunum Vice-
Prasidis agentena.
Telles sont, Monsieur, les Remarques
d'un Sçavant , que je n'ai jamais connu ,
sur l'Inscription du fameux Marbre de
Torigny , et qui me sont tombées entre
les mains depuis l'inspection de ce Marbre.
Je ne crois pas qu'elles ayent jamais
été publiées ; vous jugerez , sans doute ,
qu'elles méritent de l'être , et que l'Ins
cription méritoit aussi d'avoir un parcil
Interprete. Je suis , Monsieur , & c.
des Remarques de M... sur l'Inscription
du Marbre de Torigny.
11 1.
L
XI. LETTRE.
OGUM ORDO CIVITATIS
Viducassium libenter dedit
dum XIII.
род
Civitas ducassium , ou Biducassium
appellée ensuite Bajocassium , est la Villa
Cij
et
I
886 MERCURE DE FRANCE
et le Diocèse de B.yeux en Normandie,*
et non pas le Village de Vieux. Prolomée
, L. VIII. assure que dans la Gaule
Lyonnoise il y a quatre Peuples situez
au Septentrion et sur l'Ocean Brittanique
ΒΙΔΟΥΚΕΞΙΩΝ Biducessii , ΟΥΝΕΛΙΩΝ
Veleni ΛΕΞΟΥΒΙΩΝ Lexovii ΚΑΛΕΤΑΙ
Caleta : Les trois derniers sont ceux de
Coutance , de . Lizieux et du Pays de
Caux. On ne peut douter que les Biducesii
ou Biducasses , comme Pline les appelle
, L. 1 V. 6. 18. ne soient ceux de
Bayeux , ce qui est confirmé par l'Inscription
de ce Marbre trouvé dans le
Diocèse de Bayeux . Cent ans ou environ
après que notre Inscription eut été gravée
, les noms de plusieurs Villes commençant
à s'alterer , on changea ce mot
de Biducasses en Bajocasses , comme on
le voit par ces Vers d'Ausonne.
Tu Bajocassis Stirpe Druïdarum satus ;
Beleni sacratum ducis è Templo genus,
De Bajocasses on fit Bajoca , comme on
le voit dans la Notice de l'Empire , Sect .
** L'Auteur des Remarques décide ici une chose
qui étoit du moins incertaine avant les Découvertes
qui ont été faites à Vieux. Voyez là- dessus la
Description des Monumens qui y ont été trouvez, et
les Remarques faites sur ces Monumens , dans le
Mercure d'avril 17329
LXV.
MA Y. 1733- 887
LXV. Præfectus Latorum , Batavorum ,
et Gentilium Suevorum ; Bajocas à Bayeux
et Constantias Lugdunensis II. à Coutances
. Ainsi on disoit en ce temps- là Trecas
pour Trecasses , Drocas pour Durocasses
, & c .
Dans toutes les anciennes Notices on
voit au nombre des sept Citez de la seconde
Lyonnoise , Civitas Bajocassium.
Gregoire de Tours nomme ces Peuples.
Viducasses Bejocassins , au 27. Chap. du
5 L. de son Histoire , et Fredegaire , en
corrompant ce mot , appelle les mêmes
Peuples Bagassins , au Chap. 80. de sa
Chronique. Charlemagne nomme le Pays.
Bessin Bajocassinus Pagus , dans ses Capitulaires
, et Charles le Chauve dans les
siens , appelle le même Pays Bagisinus
Pagus. Oderic Vital , L. V. dit qu'il y
a six Villes Episcopales sujettes à Rouen,
Rothomago sex urbes subjacent, Bellocassium
( emend. Bedocassium vel Biducassium ) id
est Bajocas. A quoi il faut ajoûter en faveur
de la Ville de Bayeux , que son Siege
Episcopal est le premier et le plus
ancien de tous ceux de la Province de
Rouen , et que l'Evêque a la préséance
au dessus de tous les Evêques Comprovir
ciaux , ce qui démontre la grande
antiquité de cette Ville.
Cv M.
888 MERCURE DE FRANCE
M. Vallois , dans la Notice des Gaules ,
veut que Bayeux ait été appellé Argenus
par Prolomée , L II. C. 8. en ces termes,
ΒΙΛΟΥΚΕΣΙΟΙ ΩΝ ΠΟΛΙΣ ΑΡΓΕΝΘΥΣ
Mais ces mots wraλis , ne se voyent pas
dans les Editions Grecques de Ptolomée
l'ancien Traducteur Latin veut au contraire
qu'Argenus soit une Riviere , Ar
genis fluvii estia. M. Valois prétend
outre cela , qu'un lieu appellé dans la
Carte de Peutinger , Aragenus , soir cette
Vill d'Agenus , ce qui est fort incertain.
Quoiqu'il en soit , on ne doit point
douter que Bidugasses , Biducasses , Butucasses
, Bajocasses , Bajoca , Bayeux , no
soient une même Ville , Ch . f. d'un Dio
cèse et des Pouples du Bessin.
IV. AMICUs Benemerentis Claudii Paus
lini Legui Casaris Augusti Proprætore Prom
vincie Lugdunensis fuit..
La Province Lyonnoise étoit Imperiale
et gouvernée par un Lieutenant de l'Em
pereur ; cet Officier étoit Civil er Mili❤
taire, on l'appelloit Popreteur , parce qu'il
avoit les mê nes droits , les mêmes hon-
✦ Sion peut donner quelque chose à la conjecture,
fandéo sur la ressemblance des Noms , le Village
Argence ä lieues de Caën , sur le chemin de
Lizieux , pourroit bien être un reste de cette ancien
neVilles
4.
neurs
1 889 MAY. 1733.
meurs et le même nombre de Faisceaux ,
que les Preteurs de la Ville de Rome.
Amicus Paulini , Sennius Sollemnis avoiɛ
fendu un grand service à Paulin , en s'op
posant à ceux qui vouloient dans l'Æsemblée
generale des Provinces , accuser
ce Gouverneur d'injustice , comme AEdinus
Julianus , successeur de Paulin au
Gouvernement de la Lyonnoise , le témoigne
dans sa Lettre au Tribun Comnianus
, Vice- Président de la même Province.
Cette Epitre est gravée sur l'un des
côtez du Marbre de Torigny.
L'Inscription du devant du même Piédestal
parle de cette Lettre en ces termes
Cui Semp R Arectus FVIT SICVT EPIST A ... ...
AE AD NOS SCRIPTA EST DECLARATVR.
CVI (Paulino ) POSTEA ( Britan ) LEG.
AVG. PENESEVM AD LEGIONEM SEXTAM
ADSEDIT. Il faut necessairement ajoûter
les Lettres BRIT. sans quoi cette Phrase
n'auroit point de sens et cette Addi
tion est confirmée par ces paroles gravées
sur l'autre côté du Marbre du Piedestal.
Exemplum Epistula Claudii Paulini Legati
Augusti Propretore Provincia Britannië
ad Sennium Sollemnem. Paulin, après avoir
gouverné la Lyonnoise en qualité de
Lieutenant de l'Empereur et de Prope
teur ,fut envoyé dans la grande Breta
Cvj gne
890 MERCURE DE FRANCE
gne ; et Sennius Sollemnis fut un des As
sesseurs de Paulin , qui commandoit la
VI. Legion , comme Lieutenant General
dans la Province ; car cette Legion
avoit son Quartier dans la Grande Bretagne
et dans la Ville d'Yo ck , comme
Prolomée le marque , L. II. C. 3 .
Ces Légions étoient tellement attachées
aux Provinces où on les avoit placées ,
que les Gouvernemens ont pris quelquefois
les noms des Legions qui y étoient
en garnison . Tertulien dans le IV. Chap
du Livre à Soupulus , appellé le Président
de Numidic Prases Legionis ; car Caligula ,
pour affoiblir l'autorité du Proconsub
d'Affrique , donna à un autre Officier le
Gouvernement des Numides avec les
Troupes ou la Légion . Provincia divisa
exercitus alteri et Numidas mandavit , atque
bolie etiam fit , dit Dion , p. 656.
c'est pourquoi Ptolomée attribue la troisiéme
Légion Auguste à la Numidie.
V. ] CVIO OB SALARIVM MILITIAE IN
AVRO. Le Graveur a omis ici quelques
mots qu'il faut suppléer par l'Epitre à
Paulin , où on lit. Milit.a salarium , Deserteriis
viginti quinque nummos ,. in auro..
* L'omission du Graveur saute aux yeux. On ne
peut mieux la réparer quepar l'autre partie de l'Ins
ription , comme fait l'Auteur des Remarques.
VI
MAY. 17337
VI. ] ALTAQ MVNERA LONGE PLVRIS
MISSA. Paulin , dans sa Lettre à Sollemnis
, specifie les Présens Munera , Chlamydem
Carbasinam , Dalmaticam Laodicenam
, Fibulam auream cum gemmis.
Virgile , L. XI. de l'Eneïde , parle ainsi
de ces Chlamydes Carbassina , attachées
avec des crochets d'or.
... Croceam Chlamydemque sinusque crepantes
Carbascos fuluo in nodum collegerat auro
Et Lucain parle aussi de ces vétemens
dans sa Pharsale , L. 3 .
Fluxa coloratis astringuntur Carbasa gemmis.
Le mot Dalmatica signifie une manie
re de vêtement venue de Dalmatie . Capitolin
, dans la Vie de Pertinax , Ch. 8.
dit qu'on tenoit parmi les Meubles de
Commode , Tunicas , Penulasque , Lacernas
et Chiri lotas , Dalmatarum. Lampide
dans la Vie de Commode , Chap . 8 dit
de ce Prince que Dalmaticatus in Publico
processit , ce qui passoit alors pour une
chose infam . Les gens graves et medestes
ne paroissant jamais avec des Dalmatiques.
Et le même Historien assure ,
Chap 24. de la Vie d Heliogabale , que
cet Enrpereur avoit souvent paru Bal
maticatus in foro post Coenam. S. Isidore ,
Chap .
892 MERCURE DE FRANCE
Chap. 22. du 19. L. de ses Origines , témoigne
que Dalmatica Vestis primum in
Dalmatia texta est. Mais quoique l'invention
de ces sortes de vêtemens soit venue
de Dalmatie , et qu'ils ayent pris le
nom de cette Province , neanmoins la
mode s'étant introduite dans tout l'Empire
Romain de porter des Dalmatiques,
on en établit des Manufactures en divers
Lieux ; on estimoit le plus celles qu'on
faisoit à Arras et à Laodicée , suivant les
paroles de S. Jérôme , L. 2. contre Jovinien
, T. 2. Cod . 106 , Edit . de Nivelle.
Atrebatum ac Laodicea indumentis ornatus
incedis. Et peut être que les Dalmatiques
de Laodicée
étoient de plus grand prix
que toutes les autres , parce que les Laines
de cette Ville étoient meilleures
, com
me Pline nous l'apprend
, L. VII . Ch. 48 .
VII. Il est fort difficile de trouver ce
que signifie ToSSIAM Brittanicam . Si cę
mot est venu de la Grand - Bretagne , aussi
bien que ce qu'il signific . Lorsque les Ro
mains empruntoient quelque chose des
Etrangers , ils conservoient les noms Barbares
qu'ils introduisoient dans la Langue
Latine , où nous trouvons beaucoup de
mots Gaulois et Bretons. Nous avons pour
ce qui concerne les Habits Bracha, espece
d'Habit , décrite par Diodore de Sicile ,
Laina
MAY. #733. 89.3
Laina , maniere de Saïe dont parle Strabon
,Bardo- cucullum, Manteau des Bardes,
Poëtes Gaulois , dont Martial fait mention.
Le mot Cucullum est venu du Gaulois
ou du Breton Cucull. C'est pourquoi
Juvenal , dans sa huitiéme Satire appelle
ces Cuenlles Saintongeois.
Tempora Santonios velas adòperta Cuculla.
Caracalla , Habit Gaulois , qu'Antonim
fils de Sévere , donna au Peuple Romain .
Glascum , Herbe dont on se servoit pour
teindre en bleu. Cependant j'ose douter
que ce mot ToSSIAM , soit de l'ancienne:
Langue Bretonne , et je conjecture qu'il
est Latin.
Il faut remarquer que les Lettres de
cette Inscription , effacées en plusieurs
endroits , sont quelquefois entrelassées *
les unes dans les autres , et qu'il y en a
par consequent de fort petites qui ont pû
disparotire aisément. Ce mot TOSSIAM ,
doit être ainsi rétabli TROSSVLAM . Cette
maniere de vêtement que les Latins ap-
"
*On pourra voir cet entrelassement des Lettres ,
c. dans la Gravure qu'on se propose de donner
de toute l'Inscription . Mais toujours on peut comp
ter que nous avons lû TOSSIAM sur le Marbre at
que ce mot a été lû de même avant nous dans les
deux ou trois copies quej'ai rapportées de Torigny...
pelloient
194 MERCURE DE FRANCE
pelloient Trossulam ou Trabeam Trossu
lam , et les Grecs Epeseda étoit tissuë de
Laine de couleur de Pourpre , mêlée
d'autre Laine teinte en écarlate. Cette
Trossula n'étoit pas differente de la Saïe
Punique , et on y mêloit de l'Ecarlatte
parce que les Anciens combattoient vétus
de rouge , afin que le sang qui couloit- des
playes ne parût pas.
VIII PELLEM VETULI MARINI SEMESTRIS
La Peau de Veau Marin est couverte
de poil cendré. C'étoit alors un rare
présent qu'une Peau de Veau Marin ,
animal tès- difficile à tuer , comme dit
Pline , L. IX. Chap. 13 Cet Auteur dans
le même lieu attribuë aux Peaux de Veaux
Marins une proprieté bien singuliere en
ces termes Pelles eorum etiam detractas corpori
sensum æquorum retinere tradunt , semperque
astu maris recedente inhorescere
et au L II. Chap. 55. il nous fait connoître
pourquoi les Anciens estimoient
tant les Peaux de Veau Marin ; c'est , qu'ils
croyoient qu'elles garantissoient de la
Foudre N inquan Fulmen , & c . Suetone,
* Notre Auteur a sans doute , cité ce Passage
de Pline de memoire ; voici comment il faut le rétablir.
Ideo Pavi di altiores specus tutissimos putant
: aut tabernacula è pellibus belluarum quas
vitulos appellant , quoniam hoc solum aniinal
Marinis , Fulmen , non percutiate
,
MA Y.. 1733. 895
L. 2. Chap. 90. rapporte qu'Auguste craignoit
fort le Tonnerre , et qu'il portoie
par tout une Peau de Veau Marin pour
se garantir de la Foudre , Ut semper, et
ubique , &c. Spatien dit que Septime-
Severe avoit la même foiblesse , et qu'il
fit couvrir sa Littiere de Praux de Veaux
Marins. Plutarque dans ses Symposiaques ,
L. 4. Q. 2. nous apprend que les Pilotes
pour préserver du Tonnerre leurs Vaisseaux,
couvroient de Peaux de Veaux Marins
et d'Hyenes, l'extrémité des Voiles ;
il parle encore de cette vertu des Peaux
de Veaux Marins au L.5.du même Ouvra
ge , Chap. 3 .
SEMESTRIS Le Veau Marin croît en fort
peu de temps , il y en a une certaine espece
dans les Mers du Nord , que les
Russes et les Anglois appellent Morfh ,
et les Flamans Walrusses qui deviennent
plus gros que les plus grands Boeufs , et
à deux ou trois mois ils sont aussi grands
que des Dogues d'Angleterre .
IX. [ … .. VI ... R ... O ... Genvs
V ...
SPECTACVLORVM . PINICIA DIA.
Ceux qui ont vû les premiers cette
Inscription , ont lû ainsi cet Endroit . Cu
jus cura omnegenus spectaculorum atqueTaurinicia
Diana. Mais il y a lieu de douter
de ce mot Taurinicia , qu'on ne trouve
nulle
896 MERCURE DE FRANCE
nulle
part ; outre que la copie de M. Pe
titte nous prouve que ces trois Lettres
TAV, ne se lisent point dans l'Inscription
où on ne voit que RINICIA , Taurinicia
ne se peut lire suivant l'Analogie Grammaticale
, il faudroit Tauronicia
, comme
Tauropolia , Fête des Lacédémoniens Tau
rocathapsia , qui étoient des Jeux des
Thessaliens ; enfin , comme Taurobotus ,
Taurobolia , Taurophagus , Taurophagia
s
et d'ailleurs on n'honoroit
pas
Diane par
des Combats de Taureaux , mais par des
Chasses de Cerfs ou d autres Bêtes sau
vages ; car Diane étoit surnommée EAA-
ΦΗΒΟΛΟΣ , et la grande Fere qui lui
étoit dédiée dans la Grece , TA EAAOHBO
AIA , d'où vient le mot Elaphebolion
, on
écrivoit ce mot par HAADHBOAION
, aų
lieu d'EAADOBOAION
, comme EAAQOBỌAIA
et EAAQBOAOX
, selon l'usage
des Poëtes qui changeoient l'O en H ,
pour avoir une sillabe longue et faire un
Dactile ΕΤΡΕΨΑΝΤΟΙΑ
, ασμακρείον
,
Siasurlénian , Baxλçań , dit. Eustathe
* M. Petitte , Chanoine et Official de Bayeux,
avoit pas manqué , sans doute, de copier cette
Inscription , et de la mieux copier qu'un autre. Il
a travaillé toute sa vie à l'Histoire Civile et Ecclesiastique
de Bayeux. Voyez là-dessus le Mercure
Octobre 1732. p. 21380
Sur
MAY. 1733. 897
sur le V. L. de l'Iliade , T. I. p. 521 .
Edit. de Rome. Ainsi je doute qu'il y ait
dans l'Inscription la lettre R bien formée
, et je crois qu'il faut lire EPINICIA
DIA. Epinicia , qui sont les prix de ceux
qui ont vaincu aux Jeux ; et Sollemnis
qui avoit donné les Spectacles, avoit aus
si donné les Prix , Epinicia.
X. ERAT SENNIUS ME ... CUR . MART...
ATQ... DIAN... P. Sacerd.
Edinius Julianus , dans sa Lettre à
Commianus parle de Sollemnis en ces
termes : Sollemnem istum oriundum ex civitate
viduc. Sacerdos. Mercure , Mars ,
et Diane étoient dans les Gaules les princlpaux
Dieux dont notre Sollemnis étoit
premier Prêtre ; aussi la Ville de Bayeux
étoit celebre à cause de ses Druides,dont
les Races étoient très- nobles et tres- anciennes
; c'est ce que prouvent les Vers
d'Ausonne , que j'ai déja citez . Cette Illustre
famille des Druides de Bayeux des
cendoit des Prêtres d'Apollon , appellé
Bellenus par les Gaulois , et par ceux d'Aquilée
; comme le démontrent diverses
Inscriptions , rapportées par Gruter. Ausonne
, dans ses Poësies sur les Professeurs
de Bordeaux , louc un Rheteur ;
nommé Attius , Patera , Pater , auquel ses
rapportent les deux Vers qu'on a vûs
plus
858 MERCURE DE FRANCE
plus haut ; et il est à propos de rappor
ter icy ce témoignage d'Ausonne tout
entier.
Tu Bajocassis ( vel Bagocessi ) stirpe Druidarumza
satus ,
Si fama non fallit fidem ,
Beleni sacratum ducis è templo genus &
Et inde vobis nomina ,
Tibi Patera sic Ministros nuncupant »
Apollinaris Mystici ,
Fratri Patrique nomen à Phoebodatum
Natoque de Delphis tue.
Ausonne lote encore un autre Professeur
de Bordeaux , qui descendoit des
Druides , et avoit été Sacristain du Teme
ple de Belenus .
Nec reticebo senem
Nomine Phabitium , qui Beleni adituus ,
Nil opis inde tulit , sed tamen ut placitum ,
Stirpe satus Druidum gentis Aremorica ,
Burdigala Cathedram nati opera obtinuit .
XI. ... FUIT CLIENS PROBATISSIMUS
AEDINI IVLIANI ... LEG. AUG. PROV . LVGDVNEN...
CVI . SEMPER . AF. TVS FVIT. Sicut
Epistula que ad nos scripta fuit decla
ratur.
Julianus , dans sa Lettre dit , qu'ik
com
MAY. 1733 . 899
commença à aimer Sollemnis propter sectam
, à cause de sa Profession de Prêtre et
de Druide, et propter gravitatem et honestos
mores.
Lorsque Julianus écrivoit cette Lettre
au Tribun Commianus , il étoit alors
Préfet du Prétoire , comme ces mots de
l'Inscription le démontrent : Exemplum
Epistula Alinii Jul... Præfecti Prato.
Nous ne pouvons placer le temps de la
Préfecture de ce Julianus après l'an 238 ,
à cause du Consulat de Pius et de Proculus
, marqué dans l'Inscription, Il ne
seroit pas raisonnable aussi de reculer le
temps de la Préfecture d'Edinius plus .
loin que le temps de Caracalla ; on sçait
que les deux Préfets de cet Empereur
étoient Adventus et Macrin, Le dernier
après avoir fait assassiner son Maître , lui
succeda à l'Empire , et créa deux Préfets
du Prétoire , Appius Julianus et Julianus
Nestor, comme Dion , qui fleurissoir pour
lors , nous l'apprend dans lesFragmens du
liv . 78, pag.895.Notre Adinius ne peut
être ni l'un ni l'autre de ces deux Juliens ;
car VlpiusJulianus fut massacré par les
Soldats révoltez contre Macrin , en faveur
d'Héliogabale . Macrin désigna aussi-
tôt Basilianus , alors Préfet d'Egypte,
pour successeur d'Appius , comme Dion
nous
900 MERCURE DE FRANCE
nous l'apprend encore au même liv . 73.
pag. 903 .
Ce Basilianus , après la mort de Ma
crin , ayant erré quelque temps , fut
égorgé à Nicomédie , selon Dion, p.904.
Héliogabale , après sa Victoire , fit mou
tir le Préfet Nestor , avec Fabius Agrippin
, Gouverneur de Syrie , comme Dion
le rapporte , liv . 79. pag. 907. Le même
Empereur créa Préfet du Prétoire , Euty.
chianus Comazon ; Dion , liv . 79. p.908.
Après Comazon , il y eut deux Préfets
qui furent tuez , avec Heliogabale , page
916. et ils s'appelloient Flavianus et
Chrestus. Ce fut Ulpien , favori d'Alexandre
, qui les fit mourir , et leur succeda
, le nouvel Empereur lui ayant donné
la Charge de Préfet , selon Dion , livre
So. pag. 917. Ulpien fut massacré
les Soldats , vers l'an 227. pendant que
Dion gouvernoit la Pannonie , ainsi qu'il
le raconte , liv. 80. pag. 917. Les Historiens
ne nomment point le successeur
d'Ulpien ; d'ailleurs nous sçavons que
sous Maximin , Vitalien étoit le Préfet
du Prétoire , qui résidoit à Rome , où il
fut tué par l'ordre du Sénat , l'an 237.
comme nous l'apprenons d'Hérodien
ou de Capitolin.
Edinius Julianus résidoit à Rome
par
comme
MAY. 1733. 901
comme il le témoigne dans sa Lettre. Is
( sollemnis ) certus honoris mei erga eum ad
videndum me in Urbem venit : proficiscens
petiit, ut eum ad te commendarem. Je ne vois
donc point de place pour la Préfecture
d'Elinius Julianus , que depuis la mort
d'Ulpien , jusqu'à celle d'Alexandre Se
vere , il n'y avoit qu'un Empereur au
temps que Paulin écrivit la Lettre , gravée
sur le Marbre de Torigny . Ces mots : Er
MAIESTATE SANCTA IMP. le font voir.
C'est donc sous l'Empereur Alexandre-
Severe que Julien - Paulin et Sollemnis
ont exercé les Charges , dont il est fait
mention dans l'Inscription : Fuit cliens
probatissimus Edinius - Juliani legati Augusti
Provincia Lugdunensis.
Edinius Julianus avoit été Lieutenant
de l'Empereur dans la Province Lyonnoise
, comme on le voit par ces mots ,
gravez sur le devant du Piédestal ; ce
qui estconfirmé par la Lettre de Julianus,
gravée sur l'un des côtez de ce Marbre :
Claudio Paulino Decessori meo . Nous
avons déja vû que Paulin avoit eu le Gou
vernement de laLyonnoise : que veut donc
dite Edinius -Julianus , par ces mots : In
PROVINCIA LVGDVNENS. QUINQUE . FISCALI...
IGEREM? Ce dernier mot , n'est pas
Agerem, car M. Petitte dans sa copie ,tresexacte
902 MERCURE DE FRANCE
exacte , fait voir qu'il n'y a que IGEREM,
et cette figure I un peu courbe , ne marque
pas la jambe de celle d'un A , mais la
lettre I , que les Sculpteurs ne gravent
pas toujours droit.
Je ne puis croire qu'il y ait * Fascalia,
comme quelques- uns le prétendent ; car
ce mot barbare , et qui ne fut jamais Latin
, peut il avoir été en usage pour si
gnifier une fonction principale d'un
grand Magistrat Romain ? Concluons donc
qu'il faut lire ainsi cet endroit : In Provincia
Lugdunensi Quinquennalia fiscalia
dum exigerem. Ce mot Fiscalia , se prend
pour les Tributs qu'on paye au Souve
rain. Ambrosiaster , sur l'Epître aux Romains
: Ideo dicit tributa prastari vel qua
dicuntur fiscalia ut subjectionem præstent.Le
Scoliaste de Julianus , Antecessor , c. 72.
Quando is qui nihil possidet fiscalia dare
cogitur.Fiscalia,se prend donc pour tributa
qua fisco inferuntur et indictiones . Les Indictions
, parmi les anciens Romains , avant
Constantin , étoient imposées de 5 en 5
ans , et leur levée ou exaction s'en faisoit
* Les deux anciennes Coppies que j'ai rapportées
de Torigny , portent cependant FASCALIA . Et
aujourd'hui ce mot se lit encore bien sur le Marbre .
A l'égard de l'autre mot , on n'en voit plus aujourd'hui
que la fin sur ce Marbre , GEREM .
>
Far
MAY. 1733 . 903
par Lustre , comme le P. Noris l'a prouvé
solidement et doctement dans son
Traité des Epoques des Syro Macedoniens
, pag. 170.
·
XII. ADSEDIT ET ... IN PROVINCIAM
LVGDVNENSEM VA... ERIO FLO .. TRIB....
MIL. · • ... c. ... III. AVG . IVDICI . ARCAE
FERRAR...
Valerius Florus , dont Sollemnis est
appellé Antecesseur dans notre Inscription
, avoit été Juge de la Caisse des Armuriers
de la Province Lyonnoisse ; le
mot FERRAR. Ferrariorum se prend , nonseulement
pour un adjectif , qui se joint
à Faber , mais encore pour un substantif,
comme dans ce Passage de Julius Firmicus
Maternus , ch. vII . du 4° Liv . de son
Astrologie : Coquos ferrarios atque ex igne
velferro partes suas officiaque complentes .
e
Il y avoit deux Fabriques ou Manufactures
d'Armes dans la Province Lyonnoise
; l'une de Fléches , à Mâcon , Matisconensis
Sagittaria ; et l'autre , de Cuirasses
, à Autun , Augusto - dunensis Lori.
caria ; comme on le voit dans la Notice
de l'Empire , Section XLI. Il y avoit dans
plusieurs Villes de l'Empire Romain de
pareilles Fabriques , dont il est fait mention
dans la Notice de l'Empire , et dans
trois differens endroits de l'Histoire d'ADmien
901 MERCURE DE FRANCE
mien , Marcellin , Liv . 14. 15. 29. Il y a
au Code Théodosien , un Titre entier
qui est le 22 du x Liv. lequel ne traitte
que de ces Manufactures et des Ouvriers
qui y travailloient , de Fabricantibus . On
voit dans la seconde Loy , que les Sujets
de l'Empire Romain étoient obligez de
fournir le Fer que souvent ils s'acquittoient
de cette charge en Argent monnoyć
, et que les Ouvriers trompoient le
Public en employant de méchant Fer ; de
sorte que le Prince obligeoit les Taillables
de fournir le Fer en espece.
Il y avoit un grand nombre deReglemens
touchant ces Fabriques d'Armes; pour les
Ouvriers qui y travailloient , et les Tributs
qu'on levoit pour l'entretien de ces
Manufactures,dont les Juges étoient Militaires
; ainsi le Tribun de la troisiéme
Cohorte Auguste , avoit été Juge de la
Caisse des Fabriques et des Armuriers de
la Province Lyonnoise , et avoit eu notre
Sollemnis pour Assesseur.
Cette Caisse des Fabriques d'Armes
étoit différente de la Caisse Militaire des
Gaules , destinée à l'entretien et à la solde
des Troupes Romaines dans les trois Provinces
; de cette Caisse appellée Arca
Galliarum , qui étoit bien plus considérable
que celle des Fabriques, et avoit pour
Juge
ΜΑΥ 1733 905
Juge le Tribun d'une Légion , comme
on le voit par cette Inscription , rappor
tée par Gruter , pag.455.n.10 . TIB. POM
PEIO.POMPE . IVSTI . FIL. PRISCO , CADVRCO.
OMNIBVS HONORIBVS APVD SVOS FVNCTO.
TRIB. LEG. V. MACEDONICAE IVDICI.
ARCAE GALLIARVM III . PROVINC. GAL
Ces Tribuns étoient dans une grande
considération , puisqu'ils exerçoient la
Charge de Vice - Président , et en cette
qualité , commandoient quelquefois en
Chef dans les Provinces , comme Badius
Comnianus , marqué dans notre Inscription
, et que le Préfet Edinius - Julianus,
appelle dans sa Lettre , Tribunum Vice-
Prasidis agentena.
Telles sont, Monsieur, les Remarques
d'un Sçavant , que je n'ai jamais connu ,
sur l'Inscription du fameux Marbre de
Torigny , et qui me sont tombées entre
les mains depuis l'inspection de ce Marbre.
Je ne crois pas qu'elles ayent jamais
été publiées ; vous jugerez , sans doute ,
qu'elles méritent de l'être , et que l'Ins
cription méritoit aussi d'avoir un parcil
Interprete. Je suis , Monsieur , & c.
Fermer
Résumé : VOYAGE de Basse Normandie. Suite des Remarques de M... sur l'Inscription du Marbre de Torigny. XI. LETTRE.
Le texte traite de l'inscription du marbre de Torigny et des remarques de M... sur l'histoire de la ville de Bayeux et de ses environs. Bayeux, anciennement connue sous les noms de Civitas ducassium ou Biducassium, puis Bajocassium, correspond à la ville actuelle de Bayeux et à son diocèse en Normandie. Ptolémée et Pline confirment la localisation des Biducasses à Bayeux. Vers l'an 886, les noms des villes commencèrent à s'altérer, et Biducasses devint Bajocasses, comme le montrent les vers d'Ausone. Le texte mentionne diverses sources historiques, telles que Grégoire de Tours, Fredegaire, Charlemagne, et Charles le Chauve, qui nomment les peuples de la région comme Viducasses, Bejocassins, ou Bagassins. Bayeux est décrit comme ayant le siège épiscopal le plus ancien et le plus prestigieux de la province de Rouen. L'inscription du marbre de Torigny parle de Paulin, lieutenant de l'empereur et gouverneur de la province lyonnaise, qui fut ensuite envoyé en Grande-Bretagne. Sennius Sollemnis, un de ses assistants, est également mentionné. L'inscription détaille les présents offerts par Paulin, incluant des vêtements précieux comme la chlamyde carbassine, la dalmatique laodicéenne, et une fibule en or avec des gemmes. Le texte discute également de la signification de certains mots et expressions dans l'inscription, comme Trossulam, une étoffe de laine teinte en pourpre et écarlate, et la peau de veau marin, un présent rare et précieux. Il aborde aussi la difficulté de déchiffrer certaines parties de l'inscription en raison de l'effacement et de l'entrelacement des lettres. Le texte traite également de l'origine et de l'interprétation du mot 'Elaphebolion', écrit initialement 'HAADHBOAION' par les Poètes, qui modifiaient la lettre 'O' en 'H' pour des raisons métriques. Il mentionne M. Petitte, chanoine et official de Bayeux, qui a travaillé sur l'histoire civile et ecclésiastique de Bayeux. L'inscription sur le marbre de Torigny inclut la lettre 'R' et le mot 'Epinicia', qui désignent les prix des Jeux. Sollemnis, premier prêtre des dieux principaux des Gaules, est mentionné, ainsi que la famille illustre des Druides de Bayeux. Le texte explore la lettre d'Edinius Julianus à Commianus, où Julianus parle de Sollemnis et de sa profession de prêtre et de druide. Julianus était Préfet du Prétoire sous l'empereur Alexandre Sévère, comme le montrent les inscriptions et les événements historiques. Le texte détaille les préfets du Prétoire et les empereurs romains de l'époque, précisant que Julianus a résidé à Rome et a exercé des charges dans la province lyonnaise. Il aborde également les tributs fiscaux et les indictions, imposées tous les cinq ans. Valerius Florus, juge de la caisse des armuriers de la province lyonnaise, est mentionné comme successeur de Sollemnis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6449
p. 907-915
RÉFLÉXIONS sur les termes d'Invention et de sentiment, par rapport aux Ouvrages d'esprit ; pour servir de réponse à la Question proposée sur ce sujet, dans le Mercure de Janvier 1733.
Début :
Les termes d'Invention et de Sentiment expriment avec exactitude ce [...]
Mots clefs :
Sentiment, Invention , Esprit, Coeur, Imagination, Sentiments, Ouvrages d'esprit, Question
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉFLÉXIONS sur les termes d'Invention et de sentiment, par rapport aux Ouvrages d'esprit ; pour servir de réponse à la Question proposée sur ce sujet, dans le Mercure de Janvier 1733.
REFLEXIONS sur les termes
d'Invention et de sentiment , par rapport
aux Ouvrages d'esprit ; pour servir de
réponse à la Question proposée sur ce
sujet , dans le Mercure de Janvier
1733.
LE
Es termes d'Invention et de Sentiment
expriment avec exactitude ce
qu'il y a de plus beau , de plus fin , de
plus délicat dans les Ouvrages d'esprit.
Le Nouveau qui plaît , et le Sensible qui
touche ; deux parties essentielles qui en
font tout le mérite et toute la perfection
.
En effet , un Ouvrage d'efprit n'est
estimable qu'autant qu'il flatte agréablement
l'imagination , qu'il a quelque choses
qui frappe , qui réveille , qui saisit
par sa nouveauté ; soit dans le choix du
sujet , soit dans l'ordonnance des parties,
ou dans la vivacité des pensées , la finesse
du tour , le feu et la surprenante
variété des expressions , c'est alors qu'il
D iij plaît
908 MERCURE DE FRANCE
plaît ; et voilà ce qu'on entend par l'Invention.
Il charme encore plus ; si outre l'Agréable
et le Nouveau , il touche par des
Images sensibles ; s'il peint naïvement
les passions , s'il s'insinuë adroitement
dans le coeur , et donne le mouvement
à ses ressorts secrets , avec tant de délicatesse
, de légéreté et de force en mêmetemps
, que personne ne puisse s'en deffendre
, et que chacun à la simple lecture
, se sente interieurement ému , ébranlé
, emporté par une douce violence C'est
ce qui s'appelle Sentiment , dans un Ouvrage
d'esprit.
L'Invention est distinguée du Sentiment
, en ce que l'une s'arrête à l'esprit
et à l'imagination , et que l'autre va droit
au coeur. L'Invention pourra convaincre,
mais il n'appartient qu'au Sentiment de
persuader , parce que pour persuader , il
faut emporter.le coeur , au lieu que pour
convaincre , il suffit d'éclaires P'efprit et
de lui plaire. Une personne sera forcée de
se rendre à l'évidence , mais il faut que le
sentiment la détermine à suivre volontiers
ses lumieres. L'Invention éblouit
par son brillant, le Sentiment échauffe et
anime par un feu d'autant plus vif qu'il
est plus couvert , et qu'on s'en donne
moins
MAY. 1733. 909
moins de garde . L'Invention ne montre
que des fleurs qui ont leur agrément , le
Sentiment produit des fruits que l'on
goûte avec délices.
>
Delà il est aisé de juger combien le
Sentiment l'emporte sur l'Invention .Celleci
quand elle est toute seule , a toujours ,
malgré ses charmes , quelque chose de
froid , de sec , d'insiple ; au lieu que
celui - la répand dans le fond de l'homme
une onction dont la douceur le ravit ,
l'anime , et se fait mieux sentir , qu'on ne
la peut exprimer.
Quand donc on dit qu'il y a de l'Invention
dans un Traité , dans un Discours
, dans un Poëme, c'est-à- dire, qu'il y
a du nouveau et du beau , soit dans le
choix de la matiere , soit dans l'arrangement
et la fécondité des preuves , soit
dans le tour et la vivacité des figures e
des expressions ; qu'on y admire des traits
brillans , d'heureuses saillies , en un mot,
tout ce qui peut flitter l'esprit et charmer
l'imagination.
Au contraire , un Ouvrage sans Invention
, n'a rien qui picque la curiosité et
qui attire l'attention ; rien que de commun
et de trivial. Un Discours , ou un
Poëme peut être régulier dans toutes ses
parties , châtié , exact , avoir même quel
Dij ques
910 MERCURE DE FRANCE
ques ornemens , sans qu'on y trouve de
Invention , lorsqu'il n'est pas assaisonné
d'un certain sel qui le releveroit , lorsqu'il
n'a pas cet air de nouveauté qui
plaît , lors qu'il n'enchérit pas sur ce
qu'on a pû voir ailleurs dans le même
genre.
Il ne faut pas cependant confondre
l'Invention avec l'affectation , toujours
déplaisante , sur tout dans un Ouvrage
d'esprit. L'Art y doit être tellement couvert
et si -bien ajusté , qu'il imite le plus
beau naturel, qu'il se fasse chercher avant
que d'être apperçu , et qu'il ne se montre
qu'autant qu'il faut pour se faire estimer.
Ainsi l'Invention telle que l'on doit l'entendre
icy , ne consiste pas dans les pointes
, dans les jeux de mots, dans certaines
petites fleurs qui n'ont qu'un faux éclat ,
ni dans une élevation à perte de vûë . Il
faut de vraies beautés , capables de satisfaire
l'Esprit , encore plus que de l'amuser
et le divertir.
Ces beautés de l'Invention qui contentent
l'Esprit , veulent être soutenuës
et animées par le Sentiment qui pénétre
le coeur. Il y a du Sentiment dans un
Ouvrage d'Efprit , lorsqu'il fait en nous
certaines impressions ausquelles on ne
peut se refuser , qu'il emporte la persuasion
,
MA Y. 1733 . 911
sion , et qu'il produit des mouvemens intérieurs
conformes à ceux qu'il represente
, ou qui en sont les effets naturels , de
sorte qu'on se sent touché , émû , attendri
, sans sçavoir comment , ni pouvoir
rendre raison de ce qui se passe dans le
coeur.
>
Ce terme de Sentiment parmi le beau
Monde , se prend encore dans une signi
fication plus étroite , pour la tendresse
que des personnes qui s'aiment expriment
mutuellement dans leurs Ecrits, ou
qui regne dans les Pieces composées exprès
pour l'exciter , mais je m'en tiens à
la signification generale qui renferme
celle cy.
Abondance de Sentiment ne gâte ja
mais un Ouvrage ; au contraire , le trop
d'Invention ou d'Esprit est un deffaut
sur tout dans les sujets passionnez , parce
qu'il n'y a rien qui garde moins d'ordre ,
de mesures , qui s'étudie moins que les
passions un peu violentes. Quide, dit- on ,
est trop ingénieux dans la douleur , il fait
voir de l'Esprit , quand vous n'attendez que
du Sentiment. On remarque dans de trèshabiles
Orateurs , comme dans l'Illustre
M. Fléchier , cet excès d'Invention ou
d'Esprit , des tours un peu trop recherchez
, des figures qui reviennent trop
Dv SOU
9t2 MERCURE DE FRANCE
Souvent, ou qui sont poussées au delà des
bornes . Mais on ne se plaindra jamais de
trouver dans un Auteur trop de Sentimens
, chacun en est insatiable . Plus une
Piéce est animée , touchante, pathétique ,
et plus on la dévore avec avidité.
·Dans une Lettre , dit une personne bien
capable d'en juger , il faut plus de Sentiment
que d'Esprit . En effet , le Sentiment
consiste dans une expression simple et
naturelle , mais en même- temps , noble ,
vive , pénétrante , qui ne donne à l'Espit
qu'autant qu'il faut pour gagner le
coeur , et c'est justement ce qui forme le
style de Lettre ..
Les compositions qui demandent da
sublime , veulent aussi plus d'Invention ;
mais elle doit être tellement ménagée ,
qu'elle n'étouff : pas le sentiment. Il faut
moins , il est vrai de celui cy dans
certains sujets où l'on se propose plus de
plaire et de divertir, que de toucher mais
len fur toujours , et on ne sçauroit jamais.
risquer d'en mettre autant que le
sujet en peut porter. Je ne pense pas
que dans une Piéce , de quelque étendue,
on doive ja nais s'arrêter à l'Esprit , sans
aller au coeur , il est même fort difficile
de plaire qu'on ne s'y insinue par quelque
endroit
L'InvenMAY.
1733. 913
L'Invention et le Sentiment se trouvent
admirablement unis et maniez avec
une adresse incomparable dans l'Enéïde ,
sur tout dans le second Livre , qui represente
les furieux transports de Didon ..
L'Esprit y brille sans affectation , et les
Sentimens y sont copiez d'après nature ;
il semble qu'on voit sous ses yeux le
Spectacle de cette Reine désesperée , au
départ du Héros qu'une genereuse résolution
éloigne à jamais de sa personne .
Il semble qu'on entend ses tendres reproches
, qu'on la voit monter sur le Bucher
, er s'enfoncer le Poignard dans le
sein ; on admire Enée , on plaint Didon ;
PEsprit est charmé , le coeur s'interesse ;:
différentes affections se succedent ; c'est
une espece de ravissement qu'on éprou
ve , à moins que d'être stupide et insensible..
L'Ectiture Sainte dans sa noble simplicité
, montre quelquefois de l'Invention
; on y trouve des figures , des couleurs
, des traits aussi frappans , qu'on en
puisse désirer. Peut- on rien de plus vif
et de plus brillant , par exemple , que la
Description du Cheval , dans le 39 ch ..
de Jobs Il y a certainement de quoi satis
faire l'esprit et l'imagination ..
Mais ces. Livres divins sont sur tout
D.vj
admi
914 MERCURE DE FRANCE
admirabl s par les Sentimens ; c'est en
quoi ils excellent ; les sujets y sont touchez
d'une maniere si naturelle , si insinuante
; les caracteres y sont si justes
les Portraits si parlans , qu'on ne peut se
deffendre d'en ressentir les secretes impressions.
3
Quoi de plus sensible et de plus touchant
que l'histoire de Joseph , r connu
par ses Freres , telle que nous la voyons
décrite dans la Genese ? Toutes les cir
constances y sont amenées avec tant de
justesse et placées dans un jour si favorable
, qu'elles saisissent le coeur et tirent
presque les larmes des yeux . On sent l'embarras
, l'inquietude , les agitations des
freres ; on p´netre le trouble et les remords
d une conscience qui se reveille
dans l'adversité , et qui les force de se reprocher
un crime dont ils reconnoissent
la juste punition . On entre naturellement
dans le coeur de Joseph ; on y découvre
la droiture , la piété , la tendre affection
des freres si dénaturez . On s'imagipour
ne entendre ces paroles qui sont pour
eux , comme un coup de foudre : Je suis
Joseph que vous avez vendu en Egypte.
on diroit que les voilà abbattus , prosternez
, n'osant lever les yeux, se jugeant
des victimes destinées à la mort , pouvant
MAY. 17337
915
vant à peine se rassurer par la douceur
et la bonté de celui dont ils redoutent
la vengeance. Voilà ce que c'est que les
Sentimens dans une narration , qui paroît
toute simple et sans art.
Tel est encore le jugement de Salomon .
La nature même y parle , et c'est la nature
qui produit le sentiment , ou plutôt
qui en est la source feconde ; c'est delà
qu'il se puise , et on ne le trouve point
ailleurs ; de sorte qu'une Piéce , qu'un
Livre où il n'y auroit point de naturek,
n'auroit aussi ni goût ni sentiment.
Voilà , ce me semble , l'idée qu'on attache
communément aux termes d'Invention
et de Sentiment , lorsqu'on parle
des Ouvrages d'Esprit ; c'est l'usage et
Fapplication qu'on voit les personnes
de mérite et éclairées en faire dans les
conversations ou dans leurs Ecrits.
S. L. SIMONNET , Prieur ,
Curé d'Heurgevilly.
Ce 21 Mars 1733 .
d'Invention et de sentiment , par rapport
aux Ouvrages d'esprit ; pour servir de
réponse à la Question proposée sur ce
sujet , dans le Mercure de Janvier
1733.
LE
Es termes d'Invention et de Sentiment
expriment avec exactitude ce
qu'il y a de plus beau , de plus fin , de
plus délicat dans les Ouvrages d'esprit.
Le Nouveau qui plaît , et le Sensible qui
touche ; deux parties essentielles qui en
font tout le mérite et toute la perfection
.
En effet , un Ouvrage d'efprit n'est
estimable qu'autant qu'il flatte agréablement
l'imagination , qu'il a quelque choses
qui frappe , qui réveille , qui saisit
par sa nouveauté ; soit dans le choix du
sujet , soit dans l'ordonnance des parties,
ou dans la vivacité des pensées , la finesse
du tour , le feu et la surprenante
variété des expressions , c'est alors qu'il
D iij plaît
908 MERCURE DE FRANCE
plaît ; et voilà ce qu'on entend par l'Invention.
Il charme encore plus ; si outre l'Agréable
et le Nouveau , il touche par des
Images sensibles ; s'il peint naïvement
les passions , s'il s'insinuë adroitement
dans le coeur , et donne le mouvement
à ses ressorts secrets , avec tant de délicatesse
, de légéreté et de force en mêmetemps
, que personne ne puisse s'en deffendre
, et que chacun à la simple lecture
, se sente interieurement ému , ébranlé
, emporté par une douce violence C'est
ce qui s'appelle Sentiment , dans un Ouvrage
d'esprit.
L'Invention est distinguée du Sentiment
, en ce que l'une s'arrête à l'esprit
et à l'imagination , et que l'autre va droit
au coeur. L'Invention pourra convaincre,
mais il n'appartient qu'au Sentiment de
persuader , parce que pour persuader , il
faut emporter.le coeur , au lieu que pour
convaincre , il suffit d'éclaires P'efprit et
de lui plaire. Une personne sera forcée de
se rendre à l'évidence , mais il faut que le
sentiment la détermine à suivre volontiers
ses lumieres. L'Invention éblouit
par son brillant, le Sentiment échauffe et
anime par un feu d'autant plus vif qu'il
est plus couvert , et qu'on s'en donne
moins
MAY. 1733. 909
moins de garde . L'Invention ne montre
que des fleurs qui ont leur agrément , le
Sentiment produit des fruits que l'on
goûte avec délices.
>
Delà il est aisé de juger combien le
Sentiment l'emporte sur l'Invention .Celleci
quand elle est toute seule , a toujours ,
malgré ses charmes , quelque chose de
froid , de sec , d'insiple ; au lieu que
celui - la répand dans le fond de l'homme
une onction dont la douceur le ravit ,
l'anime , et se fait mieux sentir , qu'on ne
la peut exprimer.
Quand donc on dit qu'il y a de l'Invention
dans un Traité , dans un Discours
, dans un Poëme, c'est-à- dire, qu'il y
a du nouveau et du beau , soit dans le
choix de la matiere , soit dans l'arrangement
et la fécondité des preuves , soit
dans le tour et la vivacité des figures e
des expressions ; qu'on y admire des traits
brillans , d'heureuses saillies , en un mot,
tout ce qui peut flitter l'esprit et charmer
l'imagination.
Au contraire , un Ouvrage sans Invention
, n'a rien qui picque la curiosité et
qui attire l'attention ; rien que de commun
et de trivial. Un Discours , ou un
Poëme peut être régulier dans toutes ses
parties , châtié , exact , avoir même quel
Dij ques
910 MERCURE DE FRANCE
ques ornemens , sans qu'on y trouve de
Invention , lorsqu'il n'est pas assaisonné
d'un certain sel qui le releveroit , lorsqu'il
n'a pas cet air de nouveauté qui
plaît , lors qu'il n'enchérit pas sur ce
qu'on a pû voir ailleurs dans le même
genre.
Il ne faut pas cependant confondre
l'Invention avec l'affectation , toujours
déplaisante , sur tout dans un Ouvrage
d'esprit. L'Art y doit être tellement couvert
et si -bien ajusté , qu'il imite le plus
beau naturel, qu'il se fasse chercher avant
que d'être apperçu , et qu'il ne se montre
qu'autant qu'il faut pour se faire estimer.
Ainsi l'Invention telle que l'on doit l'entendre
icy , ne consiste pas dans les pointes
, dans les jeux de mots, dans certaines
petites fleurs qui n'ont qu'un faux éclat ,
ni dans une élevation à perte de vûë . Il
faut de vraies beautés , capables de satisfaire
l'Esprit , encore plus que de l'amuser
et le divertir.
Ces beautés de l'Invention qui contentent
l'Esprit , veulent être soutenuës
et animées par le Sentiment qui pénétre
le coeur. Il y a du Sentiment dans un
Ouvrage d'Efprit , lorsqu'il fait en nous
certaines impressions ausquelles on ne
peut se refuser , qu'il emporte la persuasion
,
MA Y. 1733 . 911
sion , et qu'il produit des mouvemens intérieurs
conformes à ceux qu'il represente
, ou qui en sont les effets naturels , de
sorte qu'on se sent touché , émû , attendri
, sans sçavoir comment , ni pouvoir
rendre raison de ce qui se passe dans le
coeur.
>
Ce terme de Sentiment parmi le beau
Monde , se prend encore dans une signi
fication plus étroite , pour la tendresse
que des personnes qui s'aiment expriment
mutuellement dans leurs Ecrits, ou
qui regne dans les Pieces composées exprès
pour l'exciter , mais je m'en tiens à
la signification generale qui renferme
celle cy.
Abondance de Sentiment ne gâte ja
mais un Ouvrage ; au contraire , le trop
d'Invention ou d'Esprit est un deffaut
sur tout dans les sujets passionnez , parce
qu'il n'y a rien qui garde moins d'ordre ,
de mesures , qui s'étudie moins que les
passions un peu violentes. Quide, dit- on ,
est trop ingénieux dans la douleur , il fait
voir de l'Esprit , quand vous n'attendez que
du Sentiment. On remarque dans de trèshabiles
Orateurs , comme dans l'Illustre
M. Fléchier , cet excès d'Invention ou
d'Esprit , des tours un peu trop recherchez
, des figures qui reviennent trop
Dv SOU
9t2 MERCURE DE FRANCE
Souvent, ou qui sont poussées au delà des
bornes . Mais on ne se plaindra jamais de
trouver dans un Auteur trop de Sentimens
, chacun en est insatiable . Plus une
Piéce est animée , touchante, pathétique ,
et plus on la dévore avec avidité.
·Dans une Lettre , dit une personne bien
capable d'en juger , il faut plus de Sentiment
que d'Esprit . En effet , le Sentiment
consiste dans une expression simple et
naturelle , mais en même- temps , noble ,
vive , pénétrante , qui ne donne à l'Espit
qu'autant qu'il faut pour gagner le
coeur , et c'est justement ce qui forme le
style de Lettre ..
Les compositions qui demandent da
sublime , veulent aussi plus d'Invention ;
mais elle doit être tellement ménagée ,
qu'elle n'étouff : pas le sentiment. Il faut
moins , il est vrai de celui cy dans
certains sujets où l'on se propose plus de
plaire et de divertir, que de toucher mais
len fur toujours , et on ne sçauroit jamais.
risquer d'en mettre autant que le
sujet en peut porter. Je ne pense pas
que dans une Piéce , de quelque étendue,
on doive ja nais s'arrêter à l'Esprit , sans
aller au coeur , il est même fort difficile
de plaire qu'on ne s'y insinue par quelque
endroit
L'InvenMAY.
1733. 913
L'Invention et le Sentiment se trouvent
admirablement unis et maniez avec
une adresse incomparable dans l'Enéïde ,
sur tout dans le second Livre , qui represente
les furieux transports de Didon ..
L'Esprit y brille sans affectation , et les
Sentimens y sont copiez d'après nature ;
il semble qu'on voit sous ses yeux le
Spectacle de cette Reine désesperée , au
départ du Héros qu'une genereuse résolution
éloigne à jamais de sa personne .
Il semble qu'on entend ses tendres reproches
, qu'on la voit monter sur le Bucher
, er s'enfoncer le Poignard dans le
sein ; on admire Enée , on plaint Didon ;
PEsprit est charmé , le coeur s'interesse ;:
différentes affections se succedent ; c'est
une espece de ravissement qu'on éprou
ve , à moins que d'être stupide et insensible..
L'Ectiture Sainte dans sa noble simplicité
, montre quelquefois de l'Invention
; on y trouve des figures , des couleurs
, des traits aussi frappans , qu'on en
puisse désirer. Peut- on rien de plus vif
et de plus brillant , par exemple , que la
Description du Cheval , dans le 39 ch ..
de Jobs Il y a certainement de quoi satis
faire l'esprit et l'imagination ..
Mais ces. Livres divins sont sur tout
D.vj
admi
914 MERCURE DE FRANCE
admirabl s par les Sentimens ; c'est en
quoi ils excellent ; les sujets y sont touchez
d'une maniere si naturelle , si insinuante
; les caracteres y sont si justes
les Portraits si parlans , qu'on ne peut se
deffendre d'en ressentir les secretes impressions.
3
Quoi de plus sensible et de plus touchant
que l'histoire de Joseph , r connu
par ses Freres , telle que nous la voyons
décrite dans la Genese ? Toutes les cir
constances y sont amenées avec tant de
justesse et placées dans un jour si favorable
, qu'elles saisissent le coeur et tirent
presque les larmes des yeux . On sent l'embarras
, l'inquietude , les agitations des
freres ; on p´netre le trouble et les remords
d une conscience qui se reveille
dans l'adversité , et qui les force de se reprocher
un crime dont ils reconnoissent
la juste punition . On entre naturellement
dans le coeur de Joseph ; on y découvre
la droiture , la piété , la tendre affection
des freres si dénaturez . On s'imagipour
ne entendre ces paroles qui sont pour
eux , comme un coup de foudre : Je suis
Joseph que vous avez vendu en Egypte.
on diroit que les voilà abbattus , prosternez
, n'osant lever les yeux, se jugeant
des victimes destinées à la mort , pouvant
MAY. 17337
915
vant à peine se rassurer par la douceur
et la bonté de celui dont ils redoutent
la vengeance. Voilà ce que c'est que les
Sentimens dans une narration , qui paroît
toute simple et sans art.
Tel est encore le jugement de Salomon .
La nature même y parle , et c'est la nature
qui produit le sentiment , ou plutôt
qui en est la source feconde ; c'est delà
qu'il se puise , et on ne le trouve point
ailleurs ; de sorte qu'une Piéce , qu'un
Livre où il n'y auroit point de naturek,
n'auroit aussi ni goût ni sentiment.
Voilà , ce me semble , l'idée qu'on attache
communément aux termes d'Invention
et de Sentiment , lorsqu'on parle
des Ouvrages d'Esprit ; c'est l'usage et
Fapplication qu'on voit les personnes
de mérite et éclairées en faire dans les
conversations ou dans leurs Ecrits.
S. L. SIMONNET , Prieur ,
Curé d'Heurgevilly.
Ce 21 Mars 1733 .
Fermer
Résumé : RÉFLÉXIONS sur les termes d'Invention et de sentiment, par rapport aux Ouvrages d'esprit ; pour servir de réponse à la Question proposée sur ce sujet, dans le Mercure de Janvier 1733.
Le texte 'Réflexions sur les termes d'Invention et de sentiment, par rapport aux Ouvrages d'esprit' publié dans le Mercure de Janvier 1733 examine les concepts d'invention et de sentiment dans les œuvres littéraires. L'invention désigne un élément nouveau et agréable qui stimule l'imagination, tandis que le sentiment touche le cœur par des images sensibles et des passions représentées de manière naïve. L'invention convainc l'esprit, mais seul le sentiment persuade en emportant le cœur. Sans le sentiment, l'invention peut sembler froide et sèche, tandis que le sentiment ravive et anime profondément le lecteur. Un ouvrage sans invention manque de curiosité et d'attention, mais un excès d'invention peut être déplaisant, surtout dans les sujets passionnés. Le sentiment, en revanche, ne gâte jamais une œuvre. Le texte distingue l'invention de l'affectation, soulignant que l'art doit imiter le naturel. Les beautés de l'invention doivent être soutenues par le sentiment pour toucher le cœur. Le sentiment est particulièrement crucial dans les lettres et les compositions sublimes, bien que l'invention soit également nécessaire. L'Énéide de Virgile et l'Écriture Sainte sont cités comme exemples d'œuvres où l'invention et le sentiment sont admirablement unis. Le texte conclut en affirmant que le sentiment est essentiel pour donner du goût et de la profondeur à une œuvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6450
p. 917-929
LETTRE de M. Titon du Tillet, à M. de la R......
Début :
MONSIEUR, J'ai lû dans votre Mercure du mois de [...]
Mots clefs :
Poètes, Musiciens, Manière, Lully, Parnasse, Auteur, Fautes, Édition, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Titon du Tillet, à M. de la R......
LETTRE de M. Titon du Tillet
M. de la R..
M
...
ONSIEUR ,
'ai lû dans votre Mercure du mois de
Mars , P.481.une Lettre qui m'est addressée
au sujet de l'Edition du Liv , intitule
le Parnasse François , que j'ai donnée :
Dame d'un esprit peu ordinaire.
L'année
18 MERCURE DE FRANCE
l'année derniere. Si je connoissois l'Auteur
de cette Lettre , je lui addresserois
ma réponse , et je le remercirois plus am
plement que je ne le fais icy , de la maniere
avantageuse dont il parle de cet
Ouvrage qu'il veut bien traiter d'Excellent
, et qu'il marque ne pouvoir être que
d'une extrême utilité et d'un agrément infini
à ceux qui voudront connoître le genie des
Poëtes et des Musiciens François , que mon
zele et mes travaux n'immortalisent pas
moins , que les Ouvrages qu'ils ont laissez.
Les louanges qu'on me fait l'honneur
de me donner sur mon zele, me font des
plus agréables , et je les reçois volontiers;
Personne ne pouvant en avoir davantage
pour la gloire de notre Nation et pour
celle des grands Hommes qu'elle a produits.
A l'égard des louanges qu'on me
donne sur mes travaux pour célébrer le
génie et les talens de nos. Poëtes et de nos
Musiciens , je sens que je suis encore bien
éloigné de la perfection où j'aurois souhaite
porter un pareil Ouvrage ; c'est
pourquoi je suis tres-obligé à celui qui
m' crit des Remarques ,dont il veut bien
me faire part sur quelques fautes qui ont
pû s'y glisser. Je reçois donc , avec plaisir
, ses Remarques , mais il me permettra
de lui dire que la plupart des fautes
qu'il
MA Y. 1733 .
1
919
qu'il a trouvées dans cette Edition ne me
paroissent pas réellement des fautes , où
que si elles en sont , elles ne sont pas .
bien essentielles.
Il prétend que le nom de des Iveteaux
doit commencer par un Y et non pas un
I ; cependant de Vigneul Marville 1 qui
fait un article assez étendu de des Iveteaux
, écrit ce nom par un I simple, de
même qu'il l'est dans le Dictionnaire de
Moreri . Il est vrai que Baillet , au cin .
quiéme volume des Jugemens des Sçavans ,
le met par un Y. L'Imprimeur auroit du
mettre dans mon Livre , à l'article des
Iveteaux , le premier v consonne , comme
il l'a mis à la Liste Alphabetique des
Poëtes et des Musiciens.
On doit écrire , dit l' Anonyme , Lulli ,
et non pas Lully , car c'est faire un nom
François d'un nom Italien. Je sçai bien
que les Italiens ne se servent point dans
leur Alphabet des Lettres K, X , Y ; c'est
pourquoi je ne dirai pas si Lully avoit
voulu mettre un Y à son nom , étant
dans son Païs , ou s'il l'a pris depuis qu'il
se fit naturaliser François ; mais il est certain
qu'il signoit Lully , avec un Y; c'est
ainsi qu'on peut le voir sur differens
1 Mélanges d'Histoire et de Litterature ;
tame 3.
Exem920
MERCURE DE FRANCE
Exemplaires imprimez , qui sont encore
aujourd'hui chez Ballard , paraphez de sa
propre main , de cette maniere , J. B.
Lully , &c.
Dans tous les Opéra que Lully a fait
imprimer et dans toutes les Epîtres Dédicatoires
au Roy, son nom est toujours
terminé par un Y , &c. Le nom de ce
fameux Musicien , mis au bas de son Portrait
gravé , est avec un Y. Charles Perrault
, dans ses Hommes Illustres , l'écrit
de même ; enfin la famille de Lully , qui
lui a fait élever un superbe Mausolée dans
P'Eglise des Petits Peres à Paris, a fait mettre
dans l'Inscription , son nom gravé
par un Y. Son fils et son petit - fils dans
leur fignature , mettent de même un Yà
leur nom . Il est vrai que dans le Dictionnaire
de Moreri on a écrit Lulli .
Il marque que le nom d'une illustre Chanteuse
est tout - à-fait défiguré , qu'on doit
écrire Mlle de Leufroy , et non pas Mlle le
Froid. Je répondrai que je connois cette
Demoiselle depuis plus de trente ans ,
qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire , et
qu'elle signe , le Froid , comme je l'ai
écrit. Il y a huit jours que je lui rendis
visite chez elle , ruë S.Loiiis dans l'Isle ;
elle me confirma qu'elle , ni son pere , ni
sa mere n'avoient jamais signé leur nom
autrement que le Froid.. A
MAY. 1733 . 527
A l'égard du nom du Président Nicole
qu'il croit devoir être écrit avec deux L,
comme Bayle le met dans son Dictionnaire
; je lui dirai qu'il n'est pas surprenant
que Bayle dans plus d'un million de
noms propres qu'il rapporte dans cet Ouvrage
, n'ait mis un L de plus qu'il ne
faut à ce nom ; mais que le celebre Nicole
, Auteur de plusieurs excellens Ouvrages
de Morale et de Piété, ne mettoit
qu'un Là son nom (comme on le voit dans
Moreri)et que dans les Oeuvres Poëtiques
du President Nicole, son parent, avec son
Epître Dédicatoire au Roy , imprimée
chez Charles de Sercy , Paris , 1670 &
1693. le nom de Nicole n'est écrit qu'avec
un L , de la maniere dont M. Nicole
, Lieutenant General et Président du
Présidial de Chartes , petit- fils du Poëte,
dont j'ai fait mention , signe encore son
nom aujourd'hui ,
J'ai écrit Montreul ( de même qu'il est
dans le Moreri ) en marquant qu'il faut
prononcer Montreuil celui qui me fait
part de ses Remarques dit qu'il faut écri
de Montereul , comme le marquent Pellisson
et l'Abbé d'Olivet , dans leur Histoire
de l'Académie Françoise ; pour moi
j'ai crû pouvoir faire le nom de Montreul
de deux sillabes , parce que Baillet , Mo-
•
reri
922 MERCURE DE FRANCE
.
reri, et Despréaux le font de même.com.
me on le voit dans ces Vers :
On ne voit point mes Vers , à l'envi de Mons
treuil ,
Grossir impunément les Feuillets d'un Recueil.
Montreuil , lui-même écrivoit , selon
toutes les apparences , son nom de cette
maniere ; ses Oeuvres avec son Epître
dédicatoire à M. Molé , et son Portrait
gravé au commencement , en sont des
prenves , car son nom y est par tout écrit,
Montreuil.
Voici des fautes qu'il m'objecte avec
raison . Les noms de Beüil , de Pillet , de
Pilles , sont mal écrits ; on doit mettre du
Bueil , de Pilet , de Piles ; aussi dans l'Edition
de mon Livre a t on mis quatre
ou cinq fois de Piles, et une seule fois de
Pilles. Il faut joindre aussi , comme il le
marque , les sillabes de chacun de ces
Noms, Lalande, Desmarets ; au lieu qu'on
les a séparé , la Lande , des Marets.
Je crois qu'il a raison de dire , qu'on
doit écrire Amfrye de Chaulieu, ou peutêtre
Affie , comme e l'ai mis dans le
premier Essai que j'ai donné de la Des
cription du Parnasse François , parce qu'il
est écrit de même sur les Registres mor
tuaires de l'Eglise du Temple,à Paris ; et
je
MAY. 1733 . $23
je pourrois bien avoir mal fait d'avoir
mis Auffre dans cette seconde Edition ,
sur ce que m'a assuré un célébre Académi
cien, qu'il falloit l'écrire de cette maniere ,
et comme il est imprime dans le Mercure
de Juillet 1720 .
Pour ce qui regarde quelques dattes de
la naissance , de la mort et de l'age des
Poëtes et des Musiciens dont je fait mention
, il n'est pas aisé parmi plus de trois
mille dattes , comprises celles de l'impression
de leurs Ouvrages , qu'on mette
quelquefois un chiffre pour un autre ;
mais dans huit ou dix endroits où il me
reprend sur ces dattès , qui ne sont pas
exactes , l'erreur ne va pas à quinze jours
de plus ou de moins, ou s'il va plus loin ,
comme peut être au seul article de Daniel
Huet , où l'on a marqué sa mort en
1711 , au lieu de 1741. pour lors le Leeteur
peut y suppléer facilement, et recon-
Loître l'erreur, parce qu'ayant mis à l'intitulé
de son article ; Daniel Huet , né en
1630. mort en 1711. âgé de 91 ans ; on
voit clairement qu'il faut mettre 1721 .
afin qu'il eut 91 à sa mort ; d'autant plus
que j'ai placé les Poëtes et les Musiciens
par ordie chronologique , ayant mis devant
Daniel Huet , l'Abbé de Chaulieu
M. Dacier , et Jacques Vergier , tous les
trois
24 MERCURE DE FRANCE
trois morts en 1720. cependant on a corrigé
cette faute à la main , dans la plus
grande partie des Exemplaires ; de même
que quatre ou cinq autres principales.
Santeuil est mort dans sa 68.année , au
lieu que je l'ai mis dans sa 67. et Thomas
Corneille dans sa 85. année , au lieu
qu'on l'a mis dans sa 84.
Il marque aussi d'après l'Abbé d'Oli
vet , dans son Histoire de l'Académie
Françoise , que du Ryer est mort en 1658.
et non pas en 1656. j'ai suivi cette detniere
datte d'après Ballet , Bayle et Moreri
, qui mettent la date de sa mort en
1656. on peut la vérifier sur les Regis
tres Mortuaires de la Paroisse de S. Gervais
, où il a été inhumé ; j'ai cependant
beaucoup de confiance en l'Abbé d'Olivet,
pour ce qui regarde les Académiciens
dont il a écrir la Vie , et je m'en
suis servi utilement dans cette seconde
Edition pour quelques-uns de nos Poëtes,
qui étoient de l'Académie .
J'ai omis , dit- il , les dates du temps
de la naissance de Ségrais , de Fléchier ,
de la Monnoye , de Valincour, du Pere
du Cerceau. J'ai négligé de mettre quelquefois
ces dates , parce qu'ayant mis
l'année de la mort d'une personne et celle
de son âge , on trouve aisément celle de
sa naissance.
,
MAY. • 1733.
925
Je n'ai pas oublié , comme il le marque ,
le Poëte de Lingendes , qu'il nomme Jean
au lieu de Pierre , cat Jean de Lingendes ,
parent de celui - cy , étoit un celebre Prédicateur
, qui fut nommé à l'Evêché de
Sarlat , puis à celui de Mâcon , et le
Pere de Lingendes , Jésuite , son cousin ,
aussi Prédicateur de réputation , s'appelloit
Claude. J'ai fait un article de Pierre
de Lingendes avec Montfuron , qui est
l'article LIII. pages 210. et 211. où
j'ai rapporté la maniere dont l'illustre
Mlle de Scudery , a celebré ces deux Poëtes
, au Tome 8. de son Roman de Clélie
, et que Barbin , dans son Recueil de
Poësies choisies , Tome 3. a donné des Vers
de Lingendes.
Boësset le pere , et Boësset le fils , Musiciens
, ne sont pas non plus oubliez ,
comme il le dit , j'ai marqué l'article de
Lambert ,, ppaaggee 339922.. »» qquuee de son temps.
il parut plusieurs Musiciens qui sui-
» virent ses traces , c'est- à- dire qui tra-
» vaillerent dans un goût tendre et gra-
>> cieux ; on doit mettre de ce nombre
»Boësset et le Camus , tous deux Maîtres
>> et Compositeurs de la Musique de la
» Chambre du Roy , qui s'acquirent de
» la réputation , par leurs Chansons ; on
"peut mettre aussi de ce nombre Boësset
;
}
926 MERCURE DE FRANCE
» set le fils , Mollie , Sicard , Moulinić ,
» du Buisson , &c. les Recueils de leurs
» Airs sont impriméz chez J. B. Chris-
»tophe Ballard.
A l'Article de Campistron , j'ai dit qu'il
composa par ordre du Duc de Vendôme ,
une Piece Lyrique , pour être chantée
en son Château d'Anet , où Monseigneur
le Dauphin passa quelques jours , j'aurois
bien fait de dire que cette Piece est
intitulée , Acis et Galatée , Pastorale Héroïque
, représentée en 1687. à Anet , et
la même année sur le Théatre de l'Opéra.
L'Auteur de ces Remarques auroit souhaité
que j'eusse fait mention dans l'ordre
chronologique des Poëtes et des Musiciens
de Jean Dasjac , de l'Académie
Françoise , homme connu par divers Ouvrages
en Prose Latine et Françoise , et
qui a composé aussi quelques Vers François
et Latins ; mais j'ai fait connoître
que mon dessein n'étoit pas de faire paroître
sur le Parnasse tous les François
qui se sont exercez dans la Poësie , dans
la Musique. J'ai crû même avoir trop
entrepris d'en présenter à Apollon plus
de 260. outre quatre ou cinq cens autres
dont j'ai rapporté seulement les noms,
et que j'ai dit qu'on pouvoit supposer s'y
promener
MAY. 1733 928
promener dans les Avenues riantes et
dans les Campagnes agréables qui environnent
le Parnasse , en attendant qu'Apollon
décide de leur sort. Je sçai bien
qu'il ne seroit pas difficile de mettre encore
les noms de plus de 200. autres François
qui ont donné au Public quelques petites
Poësies , et quelques Pieces de Théatre
; on trouve leurs noms entre ceux
de plusieurs autres Poëtes dont j'ai fait
mention sur le Parnasse . 1º . Au cinquiéme
volume des Jugemens des Sçavans
sur les Poëtes modernes , par Baillet . 2 ° .
Dans un Livre intitulé , Bibliotheque des
Théatres , qui vient de paroître en cette
année 1733. 3 ° . Dans les Recueils de Poësies
de Sercy , de la Fontaine , de Barbin ,
et du P. Bouhours , & c.
J'ai averti aussi au bas de la premiere
page de mon Livre , que j'avois laissé des
places en blanc,au bas de chaque Rouleau
où j'ai écrit les noms des Poëtes et des
Musiciens de notre Parnasse , et même
dans quelques autres endroits où j'ai mis
une suite d'autres noms de Personnes illustres
dans les Sciences et dans les Beaux
Arts , afin que les Partisans de quelquesunes
dont ils ne voyent point les noms ,
ayent la satisfaction de remplir eux - mêmes
ces vuides ou blancs , en y mettant
E les
928 MERCURE DE FRANCE
les noms de ces personnes ; on verra dans
mon Livre ces places que j'ai laissées en
blanc , depuis la page 35. jusqu'à la
page 45.
Si l'Auteur anonime avoit bien voulu
me communiquer ses Remarques avant
que de les faire imprimer , je crois qu'au
lieu de six pages qu'elles contiennent ,
nous aurions pû les renfermer dans une
demi page , à quoi j'aurois ajoûté une
autre demi page de quelques autres fau
tes sur lesquelles il a bien voulu me ménager;
mais il est bien difficile que dans
un volume in folio de près de 800. pages
, où l'on rapporte plus de 15oc . noms
propres , et plus de 3000. dates en chiffre,
il ne se glisse quelques fautes de l'Auteur
et encore plus de l'Imprimeur. J'a-
Joûterai cependant que je n'en ai point
trouvé de bien essentielles et auxquelles
le Lecteur éclairé ne puisse aisément suppléer.
Je vous prie , Monsieur , si vous connoissez
l'Auteur de cette Lettre , de vou
loir bien le remercier de ma part de la
maniere obligeante dont il a parlé de mon
Livre , et de lui dire que je serai charmé
de faire connoissance avec lui, et de lui
présenter un Exemplaire de cet Ouvrage
dont il témoigne que la lecture lui a fait
plaisir;
MAY. 1733.
929
plaisir ; je ne lui sçai que très - bon gré
des Remarques dont il m'a fait part ,
et je lui en serai toujours obligé , comme
je le serai à toutes les personnes d'éru
dition et de goût , qui voudront bien
m'aider de leurs avis pour perfectionner
un Ouvrage tel que celui que j'ai entrepris.
Je suis , & c .
M. de la R..
M
...
ONSIEUR ,
'ai lû dans votre Mercure du mois de
Mars , P.481.une Lettre qui m'est addressée
au sujet de l'Edition du Liv , intitule
le Parnasse François , que j'ai donnée :
Dame d'un esprit peu ordinaire.
L'année
18 MERCURE DE FRANCE
l'année derniere. Si je connoissois l'Auteur
de cette Lettre , je lui addresserois
ma réponse , et je le remercirois plus am
plement que je ne le fais icy , de la maniere
avantageuse dont il parle de cet
Ouvrage qu'il veut bien traiter d'Excellent
, et qu'il marque ne pouvoir être que
d'une extrême utilité et d'un agrément infini
à ceux qui voudront connoître le genie des
Poëtes et des Musiciens François , que mon
zele et mes travaux n'immortalisent pas
moins , que les Ouvrages qu'ils ont laissez.
Les louanges qu'on me fait l'honneur
de me donner sur mon zele, me font des
plus agréables , et je les reçois volontiers;
Personne ne pouvant en avoir davantage
pour la gloire de notre Nation et pour
celle des grands Hommes qu'elle a produits.
A l'égard des louanges qu'on me
donne sur mes travaux pour célébrer le
génie et les talens de nos. Poëtes et de nos
Musiciens , je sens que je suis encore bien
éloigné de la perfection où j'aurois souhaite
porter un pareil Ouvrage ; c'est
pourquoi je suis tres-obligé à celui qui
m' crit des Remarques ,dont il veut bien
me faire part sur quelques fautes qui ont
pû s'y glisser. Je reçois donc , avec plaisir
, ses Remarques , mais il me permettra
de lui dire que la plupart des fautes
qu'il
MA Y. 1733 .
1
919
qu'il a trouvées dans cette Edition ne me
paroissent pas réellement des fautes , où
que si elles en sont , elles ne sont pas .
bien essentielles.
Il prétend que le nom de des Iveteaux
doit commencer par un Y et non pas un
I ; cependant de Vigneul Marville 1 qui
fait un article assez étendu de des Iveteaux
, écrit ce nom par un I simple, de
même qu'il l'est dans le Dictionnaire de
Moreri . Il est vrai que Baillet , au cin .
quiéme volume des Jugemens des Sçavans ,
le met par un Y. L'Imprimeur auroit du
mettre dans mon Livre , à l'article des
Iveteaux , le premier v consonne , comme
il l'a mis à la Liste Alphabetique des
Poëtes et des Musiciens.
On doit écrire , dit l' Anonyme , Lulli ,
et non pas Lully , car c'est faire un nom
François d'un nom Italien. Je sçai bien
que les Italiens ne se servent point dans
leur Alphabet des Lettres K, X , Y ; c'est
pourquoi je ne dirai pas si Lully avoit
voulu mettre un Y à son nom , étant
dans son Païs , ou s'il l'a pris depuis qu'il
se fit naturaliser François ; mais il est certain
qu'il signoit Lully , avec un Y; c'est
ainsi qu'on peut le voir sur differens
1 Mélanges d'Histoire et de Litterature ;
tame 3.
Exem920
MERCURE DE FRANCE
Exemplaires imprimez , qui sont encore
aujourd'hui chez Ballard , paraphez de sa
propre main , de cette maniere , J. B.
Lully , &c.
Dans tous les Opéra que Lully a fait
imprimer et dans toutes les Epîtres Dédicatoires
au Roy, son nom est toujours
terminé par un Y , &c. Le nom de ce
fameux Musicien , mis au bas de son Portrait
gravé , est avec un Y. Charles Perrault
, dans ses Hommes Illustres , l'écrit
de même ; enfin la famille de Lully , qui
lui a fait élever un superbe Mausolée dans
P'Eglise des Petits Peres à Paris, a fait mettre
dans l'Inscription , son nom gravé
par un Y. Son fils et son petit - fils dans
leur fignature , mettent de même un Yà
leur nom . Il est vrai que dans le Dictionnaire
de Moreri on a écrit Lulli .
Il marque que le nom d'une illustre Chanteuse
est tout - à-fait défiguré , qu'on doit
écrire Mlle de Leufroy , et non pas Mlle le
Froid. Je répondrai que je connois cette
Demoiselle depuis plus de trente ans ,
qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire , et
qu'elle signe , le Froid , comme je l'ai
écrit. Il y a huit jours que je lui rendis
visite chez elle , ruë S.Loiiis dans l'Isle ;
elle me confirma qu'elle , ni son pere , ni
sa mere n'avoient jamais signé leur nom
autrement que le Froid.. A
MAY. 1733 . 527
A l'égard du nom du Président Nicole
qu'il croit devoir être écrit avec deux L,
comme Bayle le met dans son Dictionnaire
; je lui dirai qu'il n'est pas surprenant
que Bayle dans plus d'un million de
noms propres qu'il rapporte dans cet Ouvrage
, n'ait mis un L de plus qu'il ne
faut à ce nom ; mais que le celebre Nicole
, Auteur de plusieurs excellens Ouvrages
de Morale et de Piété, ne mettoit
qu'un Là son nom (comme on le voit dans
Moreri)et que dans les Oeuvres Poëtiques
du President Nicole, son parent, avec son
Epître Dédicatoire au Roy , imprimée
chez Charles de Sercy , Paris , 1670 &
1693. le nom de Nicole n'est écrit qu'avec
un L , de la maniere dont M. Nicole
, Lieutenant General et Président du
Présidial de Chartes , petit- fils du Poëte,
dont j'ai fait mention , signe encore son
nom aujourd'hui ,
J'ai écrit Montreul ( de même qu'il est
dans le Moreri ) en marquant qu'il faut
prononcer Montreuil celui qui me fait
part de ses Remarques dit qu'il faut écri
de Montereul , comme le marquent Pellisson
et l'Abbé d'Olivet , dans leur Histoire
de l'Académie Françoise ; pour moi
j'ai crû pouvoir faire le nom de Montreul
de deux sillabes , parce que Baillet , Mo-
•
reri
922 MERCURE DE FRANCE
.
reri, et Despréaux le font de même.com.
me on le voit dans ces Vers :
On ne voit point mes Vers , à l'envi de Mons
treuil ,
Grossir impunément les Feuillets d'un Recueil.
Montreuil , lui-même écrivoit , selon
toutes les apparences , son nom de cette
maniere ; ses Oeuvres avec son Epître
dédicatoire à M. Molé , et son Portrait
gravé au commencement , en sont des
prenves , car son nom y est par tout écrit,
Montreuil.
Voici des fautes qu'il m'objecte avec
raison . Les noms de Beüil , de Pillet , de
Pilles , sont mal écrits ; on doit mettre du
Bueil , de Pilet , de Piles ; aussi dans l'Edition
de mon Livre a t on mis quatre
ou cinq fois de Piles, et une seule fois de
Pilles. Il faut joindre aussi , comme il le
marque , les sillabes de chacun de ces
Noms, Lalande, Desmarets ; au lieu qu'on
les a séparé , la Lande , des Marets.
Je crois qu'il a raison de dire , qu'on
doit écrire Amfrye de Chaulieu, ou peutêtre
Affie , comme e l'ai mis dans le
premier Essai que j'ai donné de la Des
cription du Parnasse François , parce qu'il
est écrit de même sur les Registres mor
tuaires de l'Eglise du Temple,à Paris ; et
je
MAY. 1733 . $23
je pourrois bien avoir mal fait d'avoir
mis Auffre dans cette seconde Edition ,
sur ce que m'a assuré un célébre Académi
cien, qu'il falloit l'écrire de cette maniere ,
et comme il est imprime dans le Mercure
de Juillet 1720 .
Pour ce qui regarde quelques dattes de
la naissance , de la mort et de l'age des
Poëtes et des Musiciens dont je fait mention
, il n'est pas aisé parmi plus de trois
mille dattes , comprises celles de l'impression
de leurs Ouvrages , qu'on mette
quelquefois un chiffre pour un autre ;
mais dans huit ou dix endroits où il me
reprend sur ces dattès , qui ne sont pas
exactes , l'erreur ne va pas à quinze jours
de plus ou de moins, ou s'il va plus loin ,
comme peut être au seul article de Daniel
Huet , où l'on a marqué sa mort en
1711 , au lieu de 1741. pour lors le Leeteur
peut y suppléer facilement, et recon-
Loître l'erreur, parce qu'ayant mis à l'intitulé
de son article ; Daniel Huet , né en
1630. mort en 1711. âgé de 91 ans ; on
voit clairement qu'il faut mettre 1721 .
afin qu'il eut 91 à sa mort ; d'autant plus
que j'ai placé les Poëtes et les Musiciens
par ordie chronologique , ayant mis devant
Daniel Huet , l'Abbé de Chaulieu
M. Dacier , et Jacques Vergier , tous les
trois
24 MERCURE DE FRANCE
trois morts en 1720. cependant on a corrigé
cette faute à la main , dans la plus
grande partie des Exemplaires ; de même
que quatre ou cinq autres principales.
Santeuil est mort dans sa 68.année , au
lieu que je l'ai mis dans sa 67. et Thomas
Corneille dans sa 85. année , au lieu
qu'on l'a mis dans sa 84.
Il marque aussi d'après l'Abbé d'Oli
vet , dans son Histoire de l'Académie
Françoise , que du Ryer est mort en 1658.
et non pas en 1656. j'ai suivi cette detniere
datte d'après Ballet , Bayle et Moreri
, qui mettent la date de sa mort en
1656. on peut la vérifier sur les Regis
tres Mortuaires de la Paroisse de S. Gervais
, où il a été inhumé ; j'ai cependant
beaucoup de confiance en l'Abbé d'Olivet,
pour ce qui regarde les Académiciens
dont il a écrir la Vie , et je m'en
suis servi utilement dans cette seconde
Edition pour quelques-uns de nos Poëtes,
qui étoient de l'Académie .
J'ai omis , dit- il , les dates du temps
de la naissance de Ségrais , de Fléchier ,
de la Monnoye , de Valincour, du Pere
du Cerceau. J'ai négligé de mettre quelquefois
ces dates , parce qu'ayant mis
l'année de la mort d'une personne et celle
de son âge , on trouve aisément celle de
sa naissance.
,
MAY. • 1733.
925
Je n'ai pas oublié , comme il le marque ,
le Poëte de Lingendes , qu'il nomme Jean
au lieu de Pierre , cat Jean de Lingendes ,
parent de celui - cy , étoit un celebre Prédicateur
, qui fut nommé à l'Evêché de
Sarlat , puis à celui de Mâcon , et le
Pere de Lingendes , Jésuite , son cousin ,
aussi Prédicateur de réputation , s'appelloit
Claude. J'ai fait un article de Pierre
de Lingendes avec Montfuron , qui est
l'article LIII. pages 210. et 211. où
j'ai rapporté la maniere dont l'illustre
Mlle de Scudery , a celebré ces deux Poëtes
, au Tome 8. de son Roman de Clélie
, et que Barbin , dans son Recueil de
Poësies choisies , Tome 3. a donné des Vers
de Lingendes.
Boësset le pere , et Boësset le fils , Musiciens
, ne sont pas non plus oubliez ,
comme il le dit , j'ai marqué l'article de
Lambert ,, ppaaggee 339922.. »» qquuee de son temps.
il parut plusieurs Musiciens qui sui-
» virent ses traces , c'est- à- dire qui tra-
» vaillerent dans un goût tendre et gra-
>> cieux ; on doit mettre de ce nombre
»Boësset et le Camus , tous deux Maîtres
>> et Compositeurs de la Musique de la
» Chambre du Roy , qui s'acquirent de
» la réputation , par leurs Chansons ; on
"peut mettre aussi de ce nombre Boësset
;
}
926 MERCURE DE FRANCE
» set le fils , Mollie , Sicard , Moulinić ,
» du Buisson , &c. les Recueils de leurs
» Airs sont impriméz chez J. B. Chris-
»tophe Ballard.
A l'Article de Campistron , j'ai dit qu'il
composa par ordre du Duc de Vendôme ,
une Piece Lyrique , pour être chantée
en son Château d'Anet , où Monseigneur
le Dauphin passa quelques jours , j'aurois
bien fait de dire que cette Piece est
intitulée , Acis et Galatée , Pastorale Héroïque
, représentée en 1687. à Anet , et
la même année sur le Théatre de l'Opéra.
L'Auteur de ces Remarques auroit souhaité
que j'eusse fait mention dans l'ordre
chronologique des Poëtes et des Musiciens
de Jean Dasjac , de l'Académie
Françoise , homme connu par divers Ouvrages
en Prose Latine et Françoise , et
qui a composé aussi quelques Vers François
et Latins ; mais j'ai fait connoître
que mon dessein n'étoit pas de faire paroître
sur le Parnasse tous les François
qui se sont exercez dans la Poësie , dans
la Musique. J'ai crû même avoir trop
entrepris d'en présenter à Apollon plus
de 260. outre quatre ou cinq cens autres
dont j'ai rapporté seulement les noms,
et que j'ai dit qu'on pouvoit supposer s'y
promener
MAY. 1733 928
promener dans les Avenues riantes et
dans les Campagnes agréables qui environnent
le Parnasse , en attendant qu'Apollon
décide de leur sort. Je sçai bien
qu'il ne seroit pas difficile de mettre encore
les noms de plus de 200. autres François
qui ont donné au Public quelques petites
Poësies , et quelques Pieces de Théatre
; on trouve leurs noms entre ceux
de plusieurs autres Poëtes dont j'ai fait
mention sur le Parnasse . 1º . Au cinquiéme
volume des Jugemens des Sçavans
sur les Poëtes modernes , par Baillet . 2 ° .
Dans un Livre intitulé , Bibliotheque des
Théatres , qui vient de paroître en cette
année 1733. 3 ° . Dans les Recueils de Poësies
de Sercy , de la Fontaine , de Barbin ,
et du P. Bouhours , & c.
J'ai averti aussi au bas de la premiere
page de mon Livre , que j'avois laissé des
places en blanc,au bas de chaque Rouleau
où j'ai écrit les noms des Poëtes et des
Musiciens de notre Parnasse , et même
dans quelques autres endroits où j'ai mis
une suite d'autres noms de Personnes illustres
dans les Sciences et dans les Beaux
Arts , afin que les Partisans de quelquesunes
dont ils ne voyent point les noms ,
ayent la satisfaction de remplir eux - mêmes
ces vuides ou blancs , en y mettant
E les
928 MERCURE DE FRANCE
les noms de ces personnes ; on verra dans
mon Livre ces places que j'ai laissées en
blanc , depuis la page 35. jusqu'à la
page 45.
Si l'Auteur anonime avoit bien voulu
me communiquer ses Remarques avant
que de les faire imprimer , je crois qu'au
lieu de six pages qu'elles contiennent ,
nous aurions pû les renfermer dans une
demi page , à quoi j'aurois ajoûté une
autre demi page de quelques autres fau
tes sur lesquelles il a bien voulu me ménager;
mais il est bien difficile que dans
un volume in folio de près de 800. pages
, où l'on rapporte plus de 15oc . noms
propres , et plus de 3000. dates en chiffre,
il ne se glisse quelques fautes de l'Auteur
et encore plus de l'Imprimeur. J'a-
Joûterai cependant que je n'en ai point
trouvé de bien essentielles et auxquelles
le Lecteur éclairé ne puisse aisément suppléer.
Je vous prie , Monsieur , si vous connoissez
l'Auteur de cette Lettre , de vou
loir bien le remercier de ma part de la
maniere obligeante dont il a parlé de mon
Livre , et de lui dire que je serai charmé
de faire connoissance avec lui, et de lui
présenter un Exemplaire de cet Ouvrage
dont il témoigne que la lecture lui a fait
plaisir;
MAY. 1733.
929
plaisir ; je ne lui sçai que très - bon gré
des Remarques dont il m'a fait part ,
et je lui en serai toujours obligé , comme
je le serai à toutes les personnes d'éru
dition et de goût , qui voudront bien
m'aider de leurs avis pour perfectionner
un Ouvrage tel que celui que j'ai entrepris.
Je suis , & c .
Fermer
Résumé : LETTRE de M. Titon du Tillet, à M. de la R......
M. Titon du Tillet répond à une lettre publiée dans le Mercure de France, qui loue son ouvrage 'Le Parnasse François'. Il exprime sa gratitude pour les éloges et reconnaît l'utilité de son ouvrage pour connaître les poètes et musiciens français. Il accepte les remarques sur les fautes présentes dans son livre, bien qu'il conteste certaines corrections proposées. Par exemple, il défend l'orthographe 'Lully' avec un 'Y', en citant des sources et des signatures de Lully lui-même. Il corrige également des erreurs sur les noms de personnes comme Mlle de Leufroy et le Président Nicole. Il admet quelques erreurs de dates et de noms, mais justifie certaines omissions et erreurs mineures. Il mentionne avoir laissé des espaces blancs dans son livre pour que les lecteurs puissent ajouter des noms manquants. Enfin, il regrette que les remarques n'aient pas été partagées avant l'impression pour éviter des corrections inutiles. L'auteur du texte reconnaît également la présence de fautes, tant de sa part que de celle de l'imprimeur, mais estime qu'elles ne sont pas essentielles et que le lecteur éclairé pourra les corriger facilement. Il demande à son interlocuteur de remercier l'auteur de la lettre pour ses commentaires favorables sur son livre et exprime son désir de faire sa connaissance. Il offre également de lui envoyer un exemplaire de son ouvrage. L'auteur du texte apprécie les remarques faites et se déclare prêt à les utiliser pour améliorer son œuvre. Il exprime sa gratitude envers toutes les personnes érudites et de goût qui souhaiteraient l'aider à perfectionner son ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer