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1
p. 116-126
COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Début :
Vous voyez, Madame, que j'ay pas flaté Mr de Roubin / Sire, je viens offrir à Vostre Masjesté au nom de [...]
Mots clefs :
Compliment, Arles, Estampe, Obélisque, Actions héroïques, Romains, France, Victoires, Roi
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texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Vousvoyez , Madame , que
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
Γ
U
C.
U
1-
15
الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
GALANT. 85
-
1
A
2
ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
$
86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
.
コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
GALANT. 89
pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
Γ
U
C.
U
1-
15
الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
GALANT. 85
-
1
A
2
ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
$
86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
.
コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
GALANT. 89
pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
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Résumé : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
La lettre traite de Monsieur de Roubin, originaire du Pont-Saint-Esprit en Languedoc, passionné par les sciences et ancien officier apprécié par le défunt Monsieur de Guise. Monsieur de Roubin a adressé un compliment au roi lors de la réception d'une commission, ce qui a été bien accueilli par le roi qui a parlé de lui de manière glorieuse. Ce compliment concernait la présentation d'une estampe de l'obélisque érigé à Arles en l'honneur du roi. Arles, ancienne ville romaine, a voulu honorer les actions héroïques du roi lors des dernières campagnes, exprimant ainsi sa vénération et sa reconnaissance pour la défense des frontières, les conquêtes et la paix assurée par le roi. Pour témoigner de cette reconnaissance, Arles a décidé d'ériger l'obélisque, un monument ancien caché durant des siècles, afin de servir la gloire du roi. L'Académie Royale d'Arles a soutenu ce projet pour immortaliser la gloire du roi, voyant l'obélisque comme un livre ouvert à la postérité où les actions immortelles du roi sont écrites en caractères indélébiles. La ville espère que le roi recevra ce témoignage de zèle avec complaisance et accordera sa protection. La lettre se termine par des vœux pour la conservation de la personne du roi et la continuation de ses prospérités et victoires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 544-550
Memoire sur les deux Editions de Herrera, &c. [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRE sur deux Editions nouvelles des Décades d'Antonio de Herrera, [...]
Mots clefs :
Antonio de Herrera, Mémoire, Indes, Cartes, Estampe, Nouvelle édition, Madrid
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoire sur les deux Editions de Herrera, &c. [titre d'après la table]
MEMOIRE fur deux Editions nouvel-
Jes des Décades d'Antonio de Herrera ,
publiées , Pune par le fieur Verduſſen , Libraire
à Anvers en 1728. Pautre à Madrid
l'an 1729. par les foins de Dom André
Gonzalez de Barcia , Membre du
Confeil de Caftille.
On verra par ce Mémoire , que comme
rien ne defigure tant les bons Livres an
ciens que les mauvaiſes réimpreffions
qu'en font ordinairement les Libraires ;
rien auffi n'eft plus avantageux à ces mêmes
Livres que de tomber entre les mains
d'un nouvel Editeur , homme habile &
intelligent. Antonio de Herrera , l'un des
plus grands Ecrivains du Regne de Phi-
Jippe II . & de Philippe III . Rois d'Elpagne
, a effuyé l'un & l'autre fort.
On recherchoit avec empreffement
les Décades du nouveau Monde de cet
illuftre Ecrivain ; elles étoient devenuës
très-rares. Un Libraire d'Anvers , c'eſt
le fieur Verduffen , très- attentif à fes interêts
propres , a crû leur pouvoir facrifier
la gloire d'Antonio de Herrera ; au lieu
d'en réimprimer les Decades comme il a
fait en 1728. avec les augmentations &
les corrections qu'il promet , on les trouve
entierement defigurées & retranchées
dans fon Edition . Ce n'eft plus cette exactitude
fcrupuleute qu'on doit avoir dans
L'imprefMAR
S. 1730. 545
f'impreffion des Livres de cette importance
, c'eſt une multitude effroyable de fautes
groffieres qui défigurent dans cette
Edition la beauté de la Langue Caftillane,
chofe trop ordinaire aux Livres Efpagnols
qui s'impriment hors de l'Eſpagne.
La fubftance du Livre d'Antonio de
Herrera n'eft pas moins défigurée que le
langage dans l'Edition de Verduffen , qui
s'eft avifé de fupprimer les Cartes originales
de Herrera , pour y en fubftituer
de nouvelles , qui n'ont aucune relation
avec la Deſcription des Indes de cer
habile Hiftoriographe , qui en a fait comme
la clef de fon ouvrage ; ainfi au lieu
des quatorze Cartes , fçavoir , deux generales
& douze particulieres que Herrera
avoit travaillées avec beaucoup de
foin , on ne trouve dans l'Edition de Verduffen
que deux Cartes qui ne contiennent
prefque rien de ce que rapporte
P'Auteur original , & qui renferment
beaucoup de chofes nouvelles qui n'ont
aucune relation avec la Defcription des
Indes de cet Ecrivain . Par là les Cartes
ne fervent de rien pour l'intelligence de
P'ouvrage & la Defcription qui le trouve
privée de ce fecours Geographique, en devient
obfcure & embarraffée.
Mais comme les Peuples des Pays - Bas
ont beaucoup de goût pour les Eftampes,
Fij
Qi
346 MERCURE DE FRANCE.
ou pour ce qui s'appelle Portraits & Figures
hiftoriques , Verduffen a bien voulu
en accabler fa nouvelle Edition ; il a
prétendu l'enrichir par une dépenfe inutile
& hors de propos , & il n'a fait que
la defigurer & même l'appauvrir , fi l'on
peut ainfi parler , en la chargeant de Planches
très -imparfaites , & qui loin de reprefenter
l'Hiftoire du Tems , ne donnent
que les imaginations de Theodore
de Bri , Graveur Allemand de l'Amerique,
duquel toutes ces figures ont été copiées
par Verduffen fans goût , fans difcernement
, & même fans aucune connoiffance
du fond des évenemens , auxquels la plûpart
de ces Eftampes font contraires.
Si Verduffen avoit deffein de donner des
Eftampes dans fa nouvelle Edition de Herrera
, rien n'étoit plus facile ; il n'avoit
qu'à donner de l'extenfion aux Figures
hiftoriques qui fe trouvent dans l'Edition
originale de fon Auteur , on l'auroit approuvé
au moins quant à cette partie , au
lieu qu'on ne peut fe difpenfer de le cenfurer
pour avoir copié des Figures faites
il y a plus de 140. ans , en haine de la Nation
Eſpagnole , dans un rems où fon nom
étoit l'objet de l'averfion des Heretiques
des Pays Bas & de l'Allemagne.
Quelle difference au contraire dans l'Edition
que Don André Gonzalez, de Barcia
MARS. 17300 547
cia procura l'année derniere 1729. à Madrid
de ces mêmes Decades d'Antonio de
Herrera, On y voit un fçavant Editeur ,
qui ne le cede en rien au fçavoir , à l'exactitude
& à l'élegance de l'Auteur original
; élevé par fon mérite comme le
font les Magiftrats qui forment en Eſpa
pagne les divers Confeils & les Tribunaux
de la Nation ; il voulut ajoûter à les
autres qualités celle d'Editeur de Herrera
, modeftie trop grande dans un Sçavant
qui auroit pù l'emporter par fes lumieres
& fes recherches au - deffus de l'Auteur
qu'il a réimprimé.
Cet illuftre Magiftrat également verſé
dans la Jurifprudence , dans les Belles-
Lettres & dans l'Hiftoire , fut touché de
la perte que faifoient les Sçavans par la
rareté de la premiere Edition des Decades
d'Antonio de Herrera ; il forma donc
le genereux & loüable deffein d'en donner
une Edition plus exacte & plus ample
; pour y réuffir , il puifa un nombre
infini de Mémoires dans les Actes de la
Chambre Royale de Caſtille dans les
Archives de la Couronne , dans les Regiftres
& dans les Papiers du Confeil
Royal & fuprême des Indes ; non content
de tous ces documens autentiques.
il fit encore le dépouillement de tout ce
que l'Hiftoire peut fournir de curieux
F iij fur
>
9
348 MERCURE DE FRANCE .
fur les Indes Occidentales. Il relut done
avec foin les Ouvrages de Pedro Martyr
d'Anghiera , de Diego de Tobilla , de
Ferdinand Colon , de Bernard Diaz de
Caftille , de Barthelemi de las Casas , de
Ganbay , de Pierre Piçarro , d'Augustin
de Zarate , de l'Inca Garcilaffo , de Dom
Antonio de Saaredra , & generalement
de tous ceux qui ont écrit fur le nouveau
monde ; il en a fait une jufte & fevere
comparaiſon avec fon Auteur original.
Peut- on avec tant de fecours & de difcernement
ne pas donner une Edition exacte
des Decades de Herrera ? C'eſt par ce
moyen que Don André Gonzalez de Barcia
a corrigé les fautes qui avoient échapé
aux Copiftes & aux Imprimeurs , &
qu'il a rempli les lacunes qui faifoient une
forte de defectuofité dans la premiere Edi
tion de fon Auteur.
Les Eftampes relatives au Difcours de
Herrera & aux évenemens qu'il rapporte,
fe trouvent à la tête de la nouvelle Edition
de Madrid . Un Difcours préliminaire
qui fert d'Apologie à cet Ouvrage,
ne fait pas moins d'honneur à l'Editeur
qu'à Herrera même . Loin de corrompre
les termes de l'original , Don André
Gonzalez de Barcia s'eft crû obligé de les
conferver & de les éclaircir ; enfin il couronne
fon travail par une table très-étenduë
MARS. 1730. 549
due qui lui a donné plus de peine que tout
le reste de l'ouvrage ; mais il l'a jugée abfolument
neceffaire pour faciliter aux Leeteurs
l'ufage de cet important Ouvrage .
Il a fait davantage , il a compofé encore
un Supplement aux Decades de Herrera,
où l'on voit tout ce qui avoit pû échaper
aux lumieres & aux immenfes recherches
du premier Auteur.
Que l'on juge à prefent de la difference
de ces deux Editions , & on conviendra
que l'on ne peut avoir que du mépris
pour celles des plus grands Ecrivains qui
font l'objet de Favidité mal entenduë des
Libraires , au lieu que ces nouvelles Editions
font toûjours refpectables quand
elles partent d'une main auffi fage & auffi
fçavante que celle de Don André Gonzalez
de Barcia.
Ce fçavant Magiftrat ne s'en eft pas tenu
à la feule exactitude , il a voulu encore
que fon Auteur eut tous les agrémens de
Pimpreffion , foit par la beauté du papier,
foit par la groffeur & l'élegance des caracteres
; enfin cet illuftre Editeur n'a rien
oublié pour donner de la perfection à un
Ouvrage , qui felon fes propres paroles ,
mériteroit d'être imprimé en Lettres d'or ,
ou même gravé fur le bronze. François
Martinez Abad , celebre Imprimeur de
Madrid eft celui que Don André Gonza-
F iiij
Iez
so MERCURE DE FRANCE.
pour
lez de Barcia a choifi l'execution de
fon deffein , & qui en eft venu heureufement
à bout, C'eft à ce Libraire que les
Etrangers peuvent s'addreffer pour obtenir
à des conditions raifonnables lesExemplaires
qu'ils fouhaiteront de cette nouvelle
Edition.
Jes des Décades d'Antonio de Herrera ,
publiées , Pune par le fieur Verduſſen , Libraire
à Anvers en 1728. Pautre à Madrid
l'an 1729. par les foins de Dom André
Gonzalez de Barcia , Membre du
Confeil de Caftille.
On verra par ce Mémoire , que comme
rien ne defigure tant les bons Livres an
ciens que les mauvaiſes réimpreffions
qu'en font ordinairement les Libraires ;
rien auffi n'eft plus avantageux à ces mêmes
Livres que de tomber entre les mains
d'un nouvel Editeur , homme habile &
intelligent. Antonio de Herrera , l'un des
plus grands Ecrivains du Regne de Phi-
Jippe II . & de Philippe III . Rois d'Elpagne
, a effuyé l'un & l'autre fort.
On recherchoit avec empreffement
les Décades du nouveau Monde de cet
illuftre Ecrivain ; elles étoient devenuës
très-rares. Un Libraire d'Anvers , c'eſt
le fieur Verduffen , très- attentif à fes interêts
propres , a crû leur pouvoir facrifier
la gloire d'Antonio de Herrera ; au lieu
d'en réimprimer les Decades comme il a
fait en 1728. avec les augmentations &
les corrections qu'il promet , on les trouve
entierement defigurées & retranchées
dans fon Edition . Ce n'eft plus cette exactitude
fcrupuleute qu'on doit avoir dans
L'imprefMAR
S. 1730. 545
f'impreffion des Livres de cette importance
, c'eſt une multitude effroyable de fautes
groffieres qui défigurent dans cette
Edition la beauté de la Langue Caftillane,
chofe trop ordinaire aux Livres Efpagnols
qui s'impriment hors de l'Eſpagne.
La fubftance du Livre d'Antonio de
Herrera n'eft pas moins défigurée que le
langage dans l'Edition de Verduffen , qui
s'eft avifé de fupprimer les Cartes originales
de Herrera , pour y en fubftituer
de nouvelles , qui n'ont aucune relation
avec la Deſcription des Indes de cer
habile Hiftoriographe , qui en a fait comme
la clef de fon ouvrage ; ainfi au lieu
des quatorze Cartes , fçavoir , deux generales
& douze particulieres que Herrera
avoit travaillées avec beaucoup de
foin , on ne trouve dans l'Edition de Verduffen
que deux Cartes qui ne contiennent
prefque rien de ce que rapporte
P'Auteur original , & qui renferment
beaucoup de chofes nouvelles qui n'ont
aucune relation avec la Defcription des
Indes de cet Ecrivain . Par là les Cartes
ne fervent de rien pour l'intelligence de
P'ouvrage & la Defcription qui le trouve
privée de ce fecours Geographique, en devient
obfcure & embarraffée.
Mais comme les Peuples des Pays - Bas
ont beaucoup de goût pour les Eftampes,
Fij
Qi
346 MERCURE DE FRANCE.
ou pour ce qui s'appelle Portraits & Figures
hiftoriques , Verduffen a bien voulu
en accabler fa nouvelle Edition ; il a
prétendu l'enrichir par une dépenfe inutile
& hors de propos , & il n'a fait que
la defigurer & même l'appauvrir , fi l'on
peut ainfi parler , en la chargeant de Planches
très -imparfaites , & qui loin de reprefenter
l'Hiftoire du Tems , ne donnent
que les imaginations de Theodore
de Bri , Graveur Allemand de l'Amerique,
duquel toutes ces figures ont été copiées
par Verduffen fans goût , fans difcernement
, & même fans aucune connoiffance
du fond des évenemens , auxquels la plûpart
de ces Eftampes font contraires.
Si Verduffen avoit deffein de donner des
Eftampes dans fa nouvelle Edition de Herrera
, rien n'étoit plus facile ; il n'avoit
qu'à donner de l'extenfion aux Figures
hiftoriques qui fe trouvent dans l'Edition
originale de fon Auteur , on l'auroit approuvé
au moins quant à cette partie , au
lieu qu'on ne peut fe difpenfer de le cenfurer
pour avoir copié des Figures faites
il y a plus de 140. ans , en haine de la Nation
Eſpagnole , dans un rems où fon nom
étoit l'objet de l'averfion des Heretiques
des Pays Bas & de l'Allemagne.
Quelle difference au contraire dans l'Edition
que Don André Gonzalez, de Barcia
MARS. 17300 547
cia procura l'année derniere 1729. à Madrid
de ces mêmes Decades d'Antonio de
Herrera, On y voit un fçavant Editeur ,
qui ne le cede en rien au fçavoir , à l'exactitude
& à l'élegance de l'Auteur original
; élevé par fon mérite comme le
font les Magiftrats qui forment en Eſpa
pagne les divers Confeils & les Tribunaux
de la Nation ; il voulut ajoûter à les
autres qualités celle d'Editeur de Herrera
, modeftie trop grande dans un Sçavant
qui auroit pù l'emporter par fes lumieres
& fes recherches au - deffus de l'Auteur
qu'il a réimprimé.
Cet illuftre Magiftrat également verſé
dans la Jurifprudence , dans les Belles-
Lettres & dans l'Hiftoire , fut touché de
la perte que faifoient les Sçavans par la
rareté de la premiere Edition des Decades
d'Antonio de Herrera ; il forma donc
le genereux & loüable deffein d'en donner
une Edition plus exacte & plus ample
; pour y réuffir , il puifa un nombre
infini de Mémoires dans les Actes de la
Chambre Royale de Caſtille dans les
Archives de la Couronne , dans les Regiftres
& dans les Papiers du Confeil
Royal & fuprême des Indes ; non content
de tous ces documens autentiques.
il fit encore le dépouillement de tout ce
que l'Hiftoire peut fournir de curieux
F iij fur
>
9
348 MERCURE DE FRANCE .
fur les Indes Occidentales. Il relut done
avec foin les Ouvrages de Pedro Martyr
d'Anghiera , de Diego de Tobilla , de
Ferdinand Colon , de Bernard Diaz de
Caftille , de Barthelemi de las Casas , de
Ganbay , de Pierre Piçarro , d'Augustin
de Zarate , de l'Inca Garcilaffo , de Dom
Antonio de Saaredra , & generalement
de tous ceux qui ont écrit fur le nouveau
monde ; il en a fait une jufte & fevere
comparaiſon avec fon Auteur original.
Peut- on avec tant de fecours & de difcernement
ne pas donner une Edition exacte
des Decades de Herrera ? C'eſt par ce
moyen que Don André Gonzalez de Barcia
a corrigé les fautes qui avoient échapé
aux Copiftes & aux Imprimeurs , &
qu'il a rempli les lacunes qui faifoient une
forte de defectuofité dans la premiere Edi
tion de fon Auteur.
Les Eftampes relatives au Difcours de
Herrera & aux évenemens qu'il rapporte,
fe trouvent à la tête de la nouvelle Edition
de Madrid . Un Difcours préliminaire
qui fert d'Apologie à cet Ouvrage,
ne fait pas moins d'honneur à l'Editeur
qu'à Herrera même . Loin de corrompre
les termes de l'original , Don André
Gonzalez de Barcia s'eft crû obligé de les
conferver & de les éclaircir ; enfin il couronne
fon travail par une table très-étenduë
MARS. 1730. 549
due qui lui a donné plus de peine que tout
le reste de l'ouvrage ; mais il l'a jugée abfolument
neceffaire pour faciliter aux Leeteurs
l'ufage de cet important Ouvrage .
Il a fait davantage , il a compofé encore
un Supplement aux Decades de Herrera,
où l'on voit tout ce qui avoit pû échaper
aux lumieres & aux immenfes recherches
du premier Auteur.
Que l'on juge à prefent de la difference
de ces deux Editions , & on conviendra
que l'on ne peut avoir que du mépris
pour celles des plus grands Ecrivains qui
font l'objet de Favidité mal entenduë des
Libraires , au lieu que ces nouvelles Editions
font toûjours refpectables quand
elles partent d'une main auffi fage & auffi
fçavante que celle de Don André Gonzalez
de Barcia.
Ce fçavant Magiftrat ne s'en eft pas tenu
à la feule exactitude , il a voulu encore
que fon Auteur eut tous les agrémens de
Pimpreffion , foit par la beauté du papier,
foit par la groffeur & l'élegance des caracteres
; enfin cet illuftre Editeur n'a rien
oublié pour donner de la perfection à un
Ouvrage , qui felon fes propres paroles ,
mériteroit d'être imprimé en Lettres d'or ,
ou même gravé fur le bronze. François
Martinez Abad , celebre Imprimeur de
Madrid eft celui que Don André Gonza-
F iiij
Iez
so MERCURE DE FRANCE.
pour
lez de Barcia a choifi l'execution de
fon deffein , & qui en eft venu heureufement
à bout, C'eft à ce Libraire que les
Etrangers peuvent s'addreffer pour obtenir
à des conditions raifonnables lesExemplaires
qu'ils fouhaiteront de cette nouvelle
Edition.
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Résumé : Memoire sur les deux Editions de Herrera, &c. [titre d'après la table]
Le mémoire compare deux éditions des 'Décades' d'Antonio de Herrera, un historien des règnes de Philippe II et Philippe III d'Espagne. Les 'Décades' étant devenues rares, deux rééditions ont été publiées par des éditeurs différents. En 1728, le libraire Verdussen à Anvers a publié une édition critiquée pour ses nombreuses fautes et modifications inappropriées. Cette édition a supprimé les cartes originales de Herrera, les remplaçant par des cartes sans relation avec le texte. Verdussen a également ajouté des estampes de mauvaise qualité, copiées d'un graveur allemand, Theodore de Bry, sans pertinence historique. En 1729, Dom André Gonzalez de Barcia, membre du Conseil de Castille, a publié une édition à Madrid. Cette édition est louée pour son exactitude et son enrichissement par de nombreux documents authentiques. Barcia a corrigé les erreurs de la première édition et ajouté un discours préliminaire, des estampes pertinentes et une table étendue pour faciliter la lecture. Il a également composé un supplément aux 'Décades'. L'édition de Barcia est saluée pour sa qualité d'impression et son respect de l'œuvre originale, contrairement à celle de Verdussen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 138-139
Portrait de la Dlle Camargo, [titre d'après la table]
Début :
Le Portrait historié et très bien caractérisé de la Dlle [...]
Mots clefs :
Portrait, Opéra, Estampe, Académie royale de peinture, Tableau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Portrait de la Dlle Camargo, [titre d'après la table]
Le Portrait historie et très bien caracterisé
de la Dile Camargo , premiere danseuse
de l'Opera , va paroître en Estampe..
Il a été peint par le sieur Lancret , Peintre
de l'Académie Royale de Peinture..
Le talent que tout le monde lui connoît ,
sur tout pour les sujets de Bals et Fêtes
galantes et champêtres , a été ingenieusement
employé à faire un Tableau des plus.
agréables ; il a si bien sçû saisir ce qu'un
aussi excellent modele a d'inimitable,que
jamais Figure n'a paruë plus dansante.Les
accompagnemens sont traités avec goût
et discernement ; on voit des spectateurs
et des simphoniste placés naturellement,
et un très -beau fond de paysage. Le sieur
Cars , Graveur de la même Académie ,
très,
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
R
W
YORK
MIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
1731
JANVIER. 1731. 139
très-habile dans sa profession , a gravé
ce Portrait de la même grandeur du Tableau
, et avec tant d'art , que les Con- .
noisseurs ne sçavent à qui donner la préference
du pinceau ou du burin. L'Estampe
est en large , et de la même grandeur
du Tableau original ; dont nous pouvions
faire tout d'un coup l'éloge en
disant qu'il est dans le Cabinet de M. de
la Faye. Cette Estampe se vendra chez
l'Auteur , Quay de la Mégisserie , à la
Croix de Perles , et chez le sieur Cars , au
Nom de Jesus .
de la Dile Camargo , premiere danseuse
de l'Opera , va paroître en Estampe..
Il a été peint par le sieur Lancret , Peintre
de l'Académie Royale de Peinture..
Le talent que tout le monde lui connoît ,
sur tout pour les sujets de Bals et Fêtes
galantes et champêtres , a été ingenieusement
employé à faire un Tableau des plus.
agréables ; il a si bien sçû saisir ce qu'un
aussi excellent modele a d'inimitable,que
jamais Figure n'a paruë plus dansante.Les
accompagnemens sont traités avec goût
et discernement ; on voit des spectateurs
et des simphoniste placés naturellement,
et un très -beau fond de paysage. Le sieur
Cars , Graveur de la même Académie ,
très,
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
R
W
YORK
MIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
1731
JANVIER. 1731. 139
très-habile dans sa profession , a gravé
ce Portrait de la même grandeur du Tableau
, et avec tant d'art , que les Con- .
noisseurs ne sçavent à qui donner la préference
du pinceau ou du burin. L'Estampe
est en large , et de la même grandeur
du Tableau original ; dont nous pouvions
faire tout d'un coup l'éloge en
disant qu'il est dans le Cabinet de M. de
la Faye. Cette Estampe se vendra chez
l'Auteur , Quay de la Mégisserie , à la
Croix de Perles , et chez le sieur Cars , au
Nom de Jesus .
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Résumé : Portrait de la Dlle Camargo, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'une estampe intitulée 'Le Portrait histoire et très bien caractérisé de la Dile Camargo, première danseuse de l'Opéra'. Cette œuvre a été peinte par Nicolas Lancret, connu pour ses représentations de bals et de fêtes galantes et champêtres. Lancret a su capturer l'essence de son modèle, rendant la figure particulièrement expressive et dynamique. Les spectateurs et les musiciens sont représentés avec goût et naturel, complétés par un beau fond de paysage. L'estampe a été gravée par le sieur Cars, membre de l'Académie Royale de Peinture, qui a reproduit le tableau avec une grande maîtrise. Les connaisseurs apprécient autant la qualité du pinceau de Lancret que celle du burin de Cars. L'estampe est de la même taille que le tableau original, appartenant à M. de la Faye. Elle sera disponible à la vente chez l'auteur, au Quai de la Mégisserie, à la Croix de Perles, et chez le sieur Cars, au Nom de Jesus.
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4
p. 337-338
« Le 31. Janvier, l'Académie Royale des Sciences fit l'élection [...] »
Début :
Le 31. Janvier, l'Académie Royale des Sciences fit l'élection [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Élection, Pensionnaire chimiste, Estampe, Essence, Savon, Se laver, Lait virginal, Liqueurs, Sirops
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 31. Janvier, l'Académie Royale des Sciences fit l'élection [...] »
Le31.Janvierl'AcadémieRoyale
des Sciences fit l'élection des trois sujets ,
dont un , au choix du Roi , doit remplir
la place de Pensionaire Chimiste , vacante
par la mort de M. Geoffroi. Les trois sujets
qui ont été élus sont M M. Boulduc
et Dufay , tous deux associés Chimistes
et M. Imbert Externe .
Le 14. Fevrier , le Comte de Maurepas
écrivit à l'Académie , pour lui ap
prendre que le Roi avoit choisi M. Du
fay pour remplir cette place.
L'Estampe de la Dile Camargo que le
Public désire si fort , et dont nous avons
parlé le mois passé , sera en vente dans
les premiers jours du mois de Mars chez
les Auteurs et chez la Veuve Chereau ,
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'or.
BRIART demeurant Cour Abbatiale de Saint
Germain des Prez , rue Cardinale , vis - à- vis le
Bailliage , à Paris , fait depuis peu une Essence
appellée d'ogni fiori , ou de toute fleurs , dont un
Parfumeur Napolitain lui a donné le secret..
On.
338 MERCURE DE FRANCE
On en met quelques goutes dans l'eau , dont or
se lave aprés avoir été rasé ; elle produit le mê
me effet que le lait virginal , mais elle est plus
agréable , et a de meilleures qualités , sur tout
pour décrasser , rendre la peau unie , et en ôter
les taches et boutons. On là vend 15. sols l'once.
Il continue avec succès à faire la veritable Essence
de Savon à la Bergamotte et autres odeurs
douces , dont on se sert pour la barbe , au lieu
de Savonnetes ; les Dames s'en servent aussi pour
se laver le visage et les mains. Les bouteilles sont
cachetées de son adresse.
M M. Giraudeau le jeune et Felz , Marchands
à Montpellier , qui font depuis long- tems un
commerce considerable en gros de liqueurs , sirops
, Eau de la Reine d'Hongrie et autres Marchandises
, donnent avis au Public qu'ils ont inventé
depuis peu une nouvelle liqueur fine , à la
quelle ils ont donné le nom d'Eau Dauphine
Cette liqueur est genéralement goutée et reconnue
pour supérieure en bonté à toutes celles qui
ont parû jusqu'à présent. Ceux qui en auront
besoin pourront leur écrire à Montpelier . Ils
vont ordinairement à la Foire de Beaucaire , et
y ont leur Magasin dans la grande rue. Pout
distinguer la liqueur de leur fabrique d'avec celle
qu'on pourroit contrefaire et débiter sous leur
nom , ils avertissent que les étiquetes qu'ils y font
mettre sont gravées en Taille- douce , qu'elles
sont signées d'eux , & qu'elles sont en ces termes:
Eau Dauphine inventée en 1730. par Girau
Leau , lejeune , et Felz , de Montpeliers
des Sciences fit l'élection des trois sujets ,
dont un , au choix du Roi , doit remplir
la place de Pensionaire Chimiste , vacante
par la mort de M. Geoffroi. Les trois sujets
qui ont été élus sont M M. Boulduc
et Dufay , tous deux associés Chimistes
et M. Imbert Externe .
Le 14. Fevrier , le Comte de Maurepas
écrivit à l'Académie , pour lui ap
prendre que le Roi avoit choisi M. Du
fay pour remplir cette place.
L'Estampe de la Dile Camargo que le
Public désire si fort , et dont nous avons
parlé le mois passé , sera en vente dans
les premiers jours du mois de Mars chez
les Auteurs et chez la Veuve Chereau ,
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'or.
BRIART demeurant Cour Abbatiale de Saint
Germain des Prez , rue Cardinale , vis - à- vis le
Bailliage , à Paris , fait depuis peu une Essence
appellée d'ogni fiori , ou de toute fleurs , dont un
Parfumeur Napolitain lui a donné le secret..
On.
338 MERCURE DE FRANCE
On en met quelques goutes dans l'eau , dont or
se lave aprés avoir été rasé ; elle produit le mê
me effet que le lait virginal , mais elle est plus
agréable , et a de meilleures qualités , sur tout
pour décrasser , rendre la peau unie , et en ôter
les taches et boutons. On là vend 15. sols l'once.
Il continue avec succès à faire la veritable Essence
de Savon à la Bergamotte et autres odeurs
douces , dont on se sert pour la barbe , au lieu
de Savonnetes ; les Dames s'en servent aussi pour
se laver le visage et les mains. Les bouteilles sont
cachetées de son adresse.
M M. Giraudeau le jeune et Felz , Marchands
à Montpellier , qui font depuis long- tems un
commerce considerable en gros de liqueurs , sirops
, Eau de la Reine d'Hongrie et autres Marchandises
, donnent avis au Public qu'ils ont inventé
depuis peu une nouvelle liqueur fine , à la
quelle ils ont donné le nom d'Eau Dauphine
Cette liqueur est genéralement goutée et reconnue
pour supérieure en bonté à toutes celles qui
ont parû jusqu'à présent. Ceux qui en auront
besoin pourront leur écrire à Montpelier . Ils
vont ordinairement à la Foire de Beaucaire , et
y ont leur Magasin dans la grande rue. Pout
distinguer la liqueur de leur fabrique d'avec celle
qu'on pourroit contrefaire et débiter sous leur
nom , ils avertissent que les étiquetes qu'ils y font
mettre sont gravées en Taille- douce , qu'elles
sont signées d'eux , & qu'elles sont en ces termes:
Eau Dauphine inventée en 1730. par Girau
Leau , lejeune , et Felz , de Montpeliers
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Résumé : « Le 31. Janvier, l'Académie Royale des Sciences fit l'élection [...] »
Le 31 janvier, l'Académie Royale des Sciences élit MM. Boulduc, Dufay et Imbert pour remplacer M. Geoffroi au poste de Pensionaire Chimiste. Le 14 février, le Comte de Maurepas annonce que le Roi a choisi M. Dufay. Par ailleurs, une estampe de la danseuse La Camargo sera disponible en mars chez les auteurs et la Veuve Chereau, rue Saint-Jacques. Briart, résidant à Paris, propose une nouvelle essence appelée 'd'ogni fiori' ou 'de toute fleurs', utilisée pour le lavage après le rasage, comparable au lait virginal mais plus agréable et efficace. Cette essence est vendue 15 sols l'once. Briart continue de produire des essences de savon à la bergamote et autres odeurs douces, utilisées pour la barbe et par les dames pour le visage et les mains. À Montpellier, MM. Giraudeau le jeune et Felz, commerçants en liqueurs et sirops, annoncent l'invention d'une nouvelle liqueur fine nommée 'Eau Dauphine', reconnue pour sa supériorité. Ils précisent que leurs étiquettes sont gravées en taille-douce et signées pour éviter les contrefaçons.
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5
p. 572-574
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
L'Estampe que nous avons déja annoncée du Portrait historié de [...]
Mots clefs :
Estampe, Portrait, Danseuse, Peintres, Graveurs, Tableau, Mosaïque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
L'Estampe que nous avons déja annoncée du
Portrait historié de la De Camargo , premiere
Danseuse de l'Opera, est en vente, et le grand débit
qu'on en fait , prouve l'applaudissement du
Public .On lit ces quatre Vers au bas de la Planche,
Fidelle aux loix de la cadence ,
Jeforme augréde l'art les pas les plus hardis.
Ori
MARS. 1731. 573
Originale dans ma danse ,
Je puis le disputer aux Balons , aux Blondis .
Deux nouvelles Estampes qui paroissent depuis
peu , sont très - capables de soutenir et d'augmenter
la réputation des Peintres et des Graveurs
François. Les sieurs Charles Coypel et Lepicier ,
en sont les Auteurs. La premiere est d'après un
Tableau en hauteur , du Cabinet du Comte de
Morville; l'ingenieux Peintre y a répresenté l'Amour
Précepteur , sous la figure d'un jeune Doc
teur , gravement assis , qui explique l'Art d'aimer
à une petite fille , d'autres petites personnes
écoutent et étudient leurs leçons. Cette pensée est
excellemment renduë par des expressions fines et
naïves , par des attitudes et par des ajustemens
aussi galans que modestes. L'habile main qui a
gravé ce Morceau , n'a rien laissé desirer aux
Connoisseurs les plus délicats . C'est une touche
tendre , précise , legere et une entente admirable .
On lit ces quatre Vers au bas .
1
L'airgrave que je fais paroître ,
Belles , ne doit point allarmers
Il caracterise le Maître ,
Et ne le fait pas moins aimer.
La seconde Estampe représente une gracieuse
Veuve dont la Toilette n'est pas fort chargée ,
aussi ses appas sont- ils très- naturels , sans la
moindre pincée d'art ni de coquetterie. Elle rêve
devant son Miroir , dont la glace ne court aucun
risque d'être cassée. On lit au bas.
Entre deux mouvemens sans cesse partagée ,
La Veuve en cet instant les exprime à la fois :
LA
574 MERCURE DE FRANCE.
L'un est la liberté de faire un nouveau choix ,
L'autre la peur d'étre changée, í
Le 23. du mois passé M. Vanloo , Peintre
'Histoire , Agregé de l'Académie Royale de
Peinture et de Sculpture , y fut reçû , et donna
pour sa réception un grand Tableau représentant
Diane et Endymion , qui fut generalement approuvé
, et que quantité de Curieux vont voir
avec plaisir.
On écrit de Rome qu'on exposa le 18. du mois
dernier dans l'Eglise de Saint Pierre , le beau Ta--
bleau en Mosaïque , copié par le Cavalier Pierre
Paul Chriftoferi , d'aprés le Tableau Original de
sainte Petronille , peint par le celebre Guarcino
d'Acento , Disciple des Carraches.
On nous a envoïé de Lyon une grande Estampe
qui y a été gravée depuis peu par le sieut
André Houat , d'aprés un dessein à la plume
du Chevalier de Serre , représentant Ariane et
Bacchus. C'est une fort belle et fort riche com
position
Portrait historié de la De Camargo , premiere
Danseuse de l'Opera, est en vente, et le grand débit
qu'on en fait , prouve l'applaudissement du
Public .On lit ces quatre Vers au bas de la Planche,
Fidelle aux loix de la cadence ,
Jeforme augréde l'art les pas les plus hardis.
Ori
MARS. 1731. 573
Originale dans ma danse ,
Je puis le disputer aux Balons , aux Blondis .
Deux nouvelles Estampes qui paroissent depuis
peu , sont très - capables de soutenir et d'augmenter
la réputation des Peintres et des Graveurs
François. Les sieurs Charles Coypel et Lepicier ,
en sont les Auteurs. La premiere est d'après un
Tableau en hauteur , du Cabinet du Comte de
Morville; l'ingenieux Peintre y a répresenté l'Amour
Précepteur , sous la figure d'un jeune Doc
teur , gravement assis , qui explique l'Art d'aimer
à une petite fille , d'autres petites personnes
écoutent et étudient leurs leçons. Cette pensée est
excellemment renduë par des expressions fines et
naïves , par des attitudes et par des ajustemens
aussi galans que modestes. L'habile main qui a
gravé ce Morceau , n'a rien laissé desirer aux
Connoisseurs les plus délicats . C'est une touche
tendre , précise , legere et une entente admirable .
On lit ces quatre Vers au bas .
1
L'airgrave que je fais paroître ,
Belles , ne doit point allarmers
Il caracterise le Maître ,
Et ne le fait pas moins aimer.
La seconde Estampe représente une gracieuse
Veuve dont la Toilette n'est pas fort chargée ,
aussi ses appas sont- ils très- naturels , sans la
moindre pincée d'art ni de coquetterie. Elle rêve
devant son Miroir , dont la glace ne court aucun
risque d'être cassée. On lit au bas.
Entre deux mouvemens sans cesse partagée ,
La Veuve en cet instant les exprime à la fois :
LA
574 MERCURE DE FRANCE.
L'un est la liberté de faire un nouveau choix ,
L'autre la peur d'étre changée, í
Le 23. du mois passé M. Vanloo , Peintre
'Histoire , Agregé de l'Académie Royale de
Peinture et de Sculpture , y fut reçû , et donna
pour sa réception un grand Tableau représentant
Diane et Endymion , qui fut generalement approuvé
, et que quantité de Curieux vont voir
avec plaisir.
On écrit de Rome qu'on exposa le 18. du mois
dernier dans l'Eglise de Saint Pierre , le beau Ta--
bleau en Mosaïque , copié par le Cavalier Pierre
Paul Chriftoferi , d'aprés le Tableau Original de
sainte Petronille , peint par le celebre Guarcino
d'Acento , Disciple des Carraches.
On nous a envoïé de Lyon une grande Estampe
qui y a été gravée depuis peu par le sieut
André Houat , d'aprés un dessein à la plume
du Chevalier de Serre , représentant Ariane et
Bacchus. C'est une fort belle et fort riche com
position
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente d'une estampe représentant le portrait de la danseuse La Camargo, première danseuse de l'Opéra, qui connaît un grand succès public. Cette estampe est accompagnée de quatre vers mettant en avant ses talents de danseuse. Deux nouvelles estampes, réalisées par Charles Coypel et Lepicier, renforcent la réputation des peintres et graveurs français. La première est inspirée d'un tableau du Cabinet du Comte de Morville, intitulé 'L'Amour Précepteur', et est saluée pour sa finesse et son habileté. La seconde représente une veuve rêveuse devant son miroir, accompagnée de vers explicatifs. Le 23 du mois précédent, M. Vanloo a été reçu à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture avec un tableau de Diane et Endymion. À Rome, une mosaïque copiée par le Cavalier Pierre Paul Chriftoferi a été exposée à Saint-Pierre. Enfin, une grande estampe d'Ariane et Bacchus, gravée par André Houat d'après un dessin du Chevalier de Serre, a été envoyée de Lyon.
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6
p. 1136-1138
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une très-belle Etampe gravée par M. Laur. Cars, dont le Public connoît déja les [...]
Mots clefs :
Estampe, Tableau, Ecclésiastique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît une très- belle Etampe gravée par
M.
་
MAY. 1731.
1137
1
M. Laur. Cars , dont le Public connoît déja le
talens. Elle répresente Suzanne et les deux Vieillards
, d'après un excellent Tableau de M. de
Troy , d'une belle et riche composition. On
la vend chez l'Auteur , ruë neuve des Petits-
Champs , et chez Duchange , ruë S. Jacques.
M. Silvestre , vient d'achever une Estampe
qu'il a gravée d'après un Tableau de M. François
Te Moine , représentant Ubalde et le Chevalier
Danois, allant chercher Renaud, enchanté dans
le Palais d'Armide. Ce Tableau est dans le Cabinet
de M. le Premier ; tout le monde connoît
le mérite de ce Peintre , et l'on peut dire que l'Estampe
est gravée d'un gout et d'une touche admirable.
Cette Estampe se distribuë chez M.Surugue
Graveur du Roi , ruë des Noyers , entre
les deux premieres Portes Cocheres , vis - à - vis
l'Eglise de S. Yves , à Paris . M. Surugue donnera
incessament , L'arrivée de l'Operateur en l'Hôtellerie
, et Ragotin déclamant ; des Paysans
croyent qu'il prêche : ce sont les six et septiéme
du Roman Comique de Scaron.
qua-
Jean - Baptiste le Brun , ancien Ecclesiatique
du Diocèse de Rouen , retiré depuis plus de
Tante ans à Orléans , et connu par plusieurs Ouvrages
, entr'autres par la nouvelle Edition des
Oeuvres de S. Paulin de Nole , est décedé dans
la même Ville d'Orleans , le 20. du mois de Mars
âgé de 75. ans.
Le Sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de donner avis qu'il a un Remede
sans gout , qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; ceux qui s'en servent en rendront té-
Gij moi1138
MERCURE DE FRANCE
moignage . On donne la maniere facile de s'en
servir , son nom et le prix sont sur ses Boëtes ,
il en a de deux , de trois et de quatre livres ; sa
demeure , avec Tableau , est à Paris , rue Comtesse
d'Artois, au Dauphin , proche la Comedie
Italienne.
M.
་
MAY. 1731.
1137
1
M. Laur. Cars , dont le Public connoît déja le
talens. Elle répresente Suzanne et les deux Vieillards
, d'après un excellent Tableau de M. de
Troy , d'une belle et riche composition. On
la vend chez l'Auteur , ruë neuve des Petits-
Champs , et chez Duchange , ruë S. Jacques.
M. Silvestre , vient d'achever une Estampe
qu'il a gravée d'après un Tableau de M. François
Te Moine , représentant Ubalde et le Chevalier
Danois, allant chercher Renaud, enchanté dans
le Palais d'Armide. Ce Tableau est dans le Cabinet
de M. le Premier ; tout le monde connoît
le mérite de ce Peintre , et l'on peut dire que l'Estampe
est gravée d'un gout et d'une touche admirable.
Cette Estampe se distribuë chez M.Surugue
Graveur du Roi , ruë des Noyers , entre
les deux premieres Portes Cocheres , vis - à - vis
l'Eglise de S. Yves , à Paris . M. Surugue donnera
incessament , L'arrivée de l'Operateur en l'Hôtellerie
, et Ragotin déclamant ; des Paysans
croyent qu'il prêche : ce sont les six et septiéme
du Roman Comique de Scaron.
qua-
Jean - Baptiste le Brun , ancien Ecclesiatique
du Diocèse de Rouen , retiré depuis plus de
Tante ans à Orléans , et connu par plusieurs Ouvrages
, entr'autres par la nouvelle Edition des
Oeuvres de S. Paulin de Nole , est décedé dans
la même Ville d'Orleans , le 20. du mois de Mars
âgé de 75. ans.
Le Sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de donner avis qu'il a un Remede
sans gout , qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; ceux qui s'en servent en rendront té-
Gij moi1138
MERCURE DE FRANCE
moignage . On donne la maniere facile de s'en
servir , son nom et le prix sont sur ses Boëtes ,
il en a de deux , de trois et de quatre livres ; sa
demeure , avec Tableau , est à Paris , rue Comtesse
d'Artois, au Dauphin , proche la Comedie
Italienne.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs œuvres artistiques et annonces personnelles. Une estampe gravée par M. May en mai 1731 représente Suzanne et les deux Vieillards, d'après un tableau de M. de Troy. Cette estampe est en vente chez l'auteur et chez Duchange. M. Silvestre a également achevé une estampe d'après un tableau de M. François Te Moine, représentant Ubalde et le Chevalier Danois. Cette estampe est distribuée par M. Surugue, graveur du Roi, qui prévoit publier d'autres estampes inspirées du Roman Comique de Scaron. Par ailleurs, Jean-Baptiste le Brun, ancien ecclésiastique du diocèse de Rouen, est décédé à Orléans à l'âge de 75 ans. Enfin, le Sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, propose un remède pour préserver les dents, disponible à Paris rue Comtesse d'Artois.
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7
p. 2407-2411
« On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...] »
Début :
On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...]
Mots clefs :
Petite vérole, Catalogne, Bonnet de Docteur en Théologie, Tremblement de terre, Estampe, Violon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...] »
On mande de Barcelonne , que la petite Ve
role est devenue epidemique cette année dans
toute la Catalogne , qu'elle attaque toutes sortes
de Personnes et à tout âge mais qu'elle n'est
pas mortelle. On mande au contraire de Milan
que la même maladie y fait de grands ravages ,
et qu'il y est mort depuis quelque temps plus de
3000. Enfans,
-
On apprend de Lisbonne , que le 31. Aoust ,
le P. Pierre de la Conception , Religieux du
Tiers Ordre de S. François , reçût le Bonnet
de Docteur en Theologie dans l'Université de
Coimbre. C'est le premier Religieux de l'Ordre
de S. François qui ait été reçû Docteur
› non.
seulement dans cette Université , mais dans toutes
les autres du Royaume de Portugal : il eût
pour Parrain le P. Manuel de S. Jerome , Provincial
du Tiers-Ordre de S. François en Por
tugal.
Les Académies Litteraires se multiplient ent
Portugal ; outre celle de l'Histoire établie à Lisbonne
et celle de Guimaraens , qui a publić :
depuis peu diverses Pieces de Poësie , qui sont
fort applaudies , il vient de s'en établir une nou◄
velle dans la Ville de Braga.
2408 MERCURE DE FRANCE
On apprend en même temps de la Ville de
Chaves en Portugal , que le 8. Août on y avoit
essuyé une Tempête affreuse , qui s'étoit formée
autour d'une Montagne voisine de cette Ville ,
qu'en très-peu de temps la Riviere d'Avelans
s'étoit tellement enflée par la Pluye , que dans
l'espace de trois heures elle avoit entrainé toutes
les Maisons voisines , déraciné tous les Arbres
et fait perir une partie des Habitans.
?
Le Comte d'Orrery , sçavant Anglois , mort
depuis peu , a laissé à l'Université d'Oxford ,
sa belle Bibliotheque qu'on estime 6000. livres
sterlings.
On apprend de la Haye , que le Docteur Desaguliers
y donne depuis le mois dernier , un
cours de Philosophie experimentale , auquel assistent
un grand nombre de Personnes de distinction
le Duc de Lorraine , aussi curieux que
versé dans ce genre de Science , l'a honoré plusieurs
fois de sa presence.
::
On a appris en dernier lieu de la Chine ,
que le Tremblement de Terre dont nous avons
déja parlé , arrivé à Pekim et aux environs , le
30. Septembre 1730. à dix heures trois quarts
fût si violent et si subit , qu'il ne
de se mettre en su-
>
le
temps
›
du matin
donna à personne
reté. Au moment qu'on l'apperçût on vît les
Maisons tomber : l'effort se faisoit par- dessous ,
et les Murailles s'élevoient comme si ç'eût été
l'effet d'une Mine. La premiere sécoussé qui fût
P'unique violente ne dura qu'une minute , et
dans ce peu de temps elle renversa la moitié de
la Ville de Pekin. On compte déja plus de cent
mille personnes qui ont péri
OCTOBRE. 1731. 2409
A quatre lieues au Nord de Pekin , la Terre
s'est ouverte ; il en est sorti une fumée ou un
Brouillard épais ; la Terre s'est trouvée ensuite
couverte d'une eau noire en un endroit , jaúnatre
dans un autre , noire et rougeatre
ailleurs e
un gros Village appellé Tcha - ho a été entie
rement abîmé.
>
"
2
On n'est pas encore sans crainte le Tremblement
n'êtant pas fini. Le jour qu'il commença
, il y eût huit ou neuf secousses mais legeres
; depuis le 30. Septembre jusqu'au 12. d'Öctobre
, il y en cût 23. Lorsque a premiere secousse
se fit sentir P'Empereur étoit dans une
Barque sur un Canal de ses Jardins ; il se prosterna
aussi tôt , acora l'Esprit du Ciel , et l'invoqua
, en s'accusant et attribuant ce fleau du
Ciel à sa négligence dans le Gouvernement. .
>
On écrit de Florence , que le Riposodi Rafaele
paroît imprimé avec de nouvelles figures. C'est
un Dialogue sur la Feinture et la Sculpture ,
très bien écrit et très estimé où l'on traitte
de l'invention , de la disposition , du choix des
attitudes , du dessein et du coloris.
>
Il paroît une nouvelle Estampe dont le
sujet est la Ceremonie du Mariage de Louis
XIV avec Marie Therese d'Autriche. Elle est
de parei le grandeur des six qui ont déja paru ,
dont cinq sont gravées par le celebre SEBASTIEN
LE CLERC , la sixiéme representant l'Entrevuë
des deux Rois Louis XIV. et Philippe IV. Roi
d'Espagne , et celle qui donne lieu à cet article
sont du Sieur Jeorat , d'après aes Tableaux de
Ja composition de M. Le Brun ces deux dernieres
Estampes se vendent chez ledit Jcorat ,
•
Graveur
AIO MERCURE DE FRANCE
>
Graveur , ruë S. Jacques , vis - à- vis les Mathu
rins au Livre d'Or. On trouve aussi chez lui
beaucoup d'Estampes du même Sebastien Le
Clerc , son Beau Pere ; cet avis est d'autant plus
necessaire , que l'on expose en Public quantité
de copies des ouvrages de cet excellent Maître ;
et qu'à deux entr'autres ( l'Académie des Sciences
et des beaux Arts , et l'Entrée d'Alexandre
dans Babilone ) pour les rendre plus conformes
aux Originales , on en a imité jusqu'aux dedicaces
avec le nom de l'Auteur , exactitude , à la
verité , dont le motif est aussi visible que condamnable
par les honnêtes gens et par les cu
rieux intelligens.
Le Sieur le Blanc , Fondeur du Roy , extrê
mement connu par les beaux Ouvrages qu'il fair
d'un Métal de sa composition , couleur d'Or ,
qu'on a bien de la peine à distinguer du vrai or ,
nous prie d'avertir le Public , qu'il est trompé
tous les jours par de méchants Ouvriers , qui
veulent imiter sa composition et son travail , se
Bervant même de son nom pour vendre de mauvaises
Marchandises. Le Sr. le Blanc fait depuis
dix ans un grand débit de ses ouvrages , qu'on
peut voir chez le Roy , chez les Princes et chez
quantité de Seigneurs de la Ville et de la Cour,
Il demeure dans le Cloître S. Germain l'Au
xerrois.
Les Curieux trouveront chez lui quantité d'ouvrages
de goût , utiles et agréables , comme ornemens
de toute espece , Boucles , Pommes de
Cannes , Gardes d'Epées , Tabatieres , Garnitures
de Boutons , Flambeaux , Toilettes , Bras
Lustres , sur-tout de Table , Grilles à feu , & c.
Le
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
O IL
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
.
Le
OCTOBRE. 1731. 2411
Le Sieur Aubert , Intendant de la Musique
de S. A. S. M. le Duc , vient de donner au Public
un quatriéme Livre de Sonnates ; les Ouvra➡
,
de cet Auteur sont très recherchez. Il suffira
de dire qu'il a sçû joindre dans ce dernier , le
beau chant et les au neuf. On le peut
graces
executer sur la Flute comme sur le Violon ; il
donnera aussi dans le cours de l'Hyver prochain
sa quatriéme suite de Concert de Simphonie ;
on trouvera tous ses ouvrages chez le Sr. Boivin,
rue S. Honoré , à laregle d'or , le Sr. le Clerc ,
rue du Roule , à la Croix d'or , et chez l'Auteur
ruë S. Honoré , vis - à- vis la ruë de Gre➡
nelle , aux Dames de France. Il fera les envois
en Province tels qu'on les souhaittera , en lui
écrivant et lui marquant une adresse exacte.
Le prix de ce Livre de Sonnates est de 8. liv.
et celui de ses Concerts de Symphonie est de
3. liv. 12. fols.
› Papillon , Graveur en bois ruë S. Louis ,
près le Palais , à Paris , donne avis que le petit
Almanach de Paris , pour l'Année 1732. sera
augmenté et embelli de plusieurs choses curieuses.
Avec deux nouvelles planches des mois
qui feront la moitié de l'Année complette .
role est devenue epidemique cette année dans
toute la Catalogne , qu'elle attaque toutes sortes
de Personnes et à tout âge mais qu'elle n'est
pas mortelle. On mande au contraire de Milan
que la même maladie y fait de grands ravages ,
et qu'il y est mort depuis quelque temps plus de
3000. Enfans,
-
On apprend de Lisbonne , que le 31. Aoust ,
le P. Pierre de la Conception , Religieux du
Tiers Ordre de S. François , reçût le Bonnet
de Docteur en Theologie dans l'Université de
Coimbre. C'est le premier Religieux de l'Ordre
de S. François qui ait été reçû Docteur
› non.
seulement dans cette Université , mais dans toutes
les autres du Royaume de Portugal : il eût
pour Parrain le P. Manuel de S. Jerome , Provincial
du Tiers-Ordre de S. François en Por
tugal.
Les Académies Litteraires se multiplient ent
Portugal ; outre celle de l'Histoire établie à Lisbonne
et celle de Guimaraens , qui a publić :
depuis peu diverses Pieces de Poësie , qui sont
fort applaudies , il vient de s'en établir une nou◄
velle dans la Ville de Braga.
2408 MERCURE DE FRANCE
On apprend en même temps de la Ville de
Chaves en Portugal , que le 8. Août on y avoit
essuyé une Tempête affreuse , qui s'étoit formée
autour d'une Montagne voisine de cette Ville ,
qu'en très-peu de temps la Riviere d'Avelans
s'étoit tellement enflée par la Pluye , que dans
l'espace de trois heures elle avoit entrainé toutes
les Maisons voisines , déraciné tous les Arbres
et fait perir une partie des Habitans.
?
Le Comte d'Orrery , sçavant Anglois , mort
depuis peu , a laissé à l'Université d'Oxford ,
sa belle Bibliotheque qu'on estime 6000. livres
sterlings.
On apprend de la Haye , que le Docteur Desaguliers
y donne depuis le mois dernier , un
cours de Philosophie experimentale , auquel assistent
un grand nombre de Personnes de distinction
le Duc de Lorraine , aussi curieux que
versé dans ce genre de Science , l'a honoré plusieurs
fois de sa presence.
::
On a appris en dernier lieu de la Chine ,
que le Tremblement de Terre dont nous avons
déja parlé , arrivé à Pekim et aux environs , le
30. Septembre 1730. à dix heures trois quarts
fût si violent et si subit , qu'il ne
de se mettre en su-
>
le
temps
›
du matin
donna à personne
reté. Au moment qu'on l'apperçût on vît les
Maisons tomber : l'effort se faisoit par- dessous ,
et les Murailles s'élevoient comme si ç'eût été
l'effet d'une Mine. La premiere sécoussé qui fût
P'unique violente ne dura qu'une minute , et
dans ce peu de temps elle renversa la moitié de
la Ville de Pekin. On compte déja plus de cent
mille personnes qui ont péri
OCTOBRE. 1731. 2409
A quatre lieues au Nord de Pekin , la Terre
s'est ouverte ; il en est sorti une fumée ou un
Brouillard épais ; la Terre s'est trouvée ensuite
couverte d'une eau noire en un endroit , jaúnatre
dans un autre , noire et rougeatre
ailleurs e
un gros Village appellé Tcha - ho a été entie
rement abîmé.
>
"
2
On n'est pas encore sans crainte le Tremblement
n'êtant pas fini. Le jour qu'il commença
, il y eût huit ou neuf secousses mais legeres
; depuis le 30. Septembre jusqu'au 12. d'Öctobre
, il y en cût 23. Lorsque a premiere secousse
se fit sentir P'Empereur étoit dans une
Barque sur un Canal de ses Jardins ; il se prosterna
aussi tôt , acora l'Esprit du Ciel , et l'invoqua
, en s'accusant et attribuant ce fleau du
Ciel à sa négligence dans le Gouvernement. .
>
On écrit de Florence , que le Riposodi Rafaele
paroît imprimé avec de nouvelles figures. C'est
un Dialogue sur la Feinture et la Sculpture ,
très bien écrit et très estimé où l'on traitte
de l'invention , de la disposition , du choix des
attitudes , du dessein et du coloris.
>
Il paroît une nouvelle Estampe dont le
sujet est la Ceremonie du Mariage de Louis
XIV avec Marie Therese d'Autriche. Elle est
de parei le grandeur des six qui ont déja paru ,
dont cinq sont gravées par le celebre SEBASTIEN
LE CLERC , la sixiéme representant l'Entrevuë
des deux Rois Louis XIV. et Philippe IV. Roi
d'Espagne , et celle qui donne lieu à cet article
sont du Sieur Jeorat , d'après aes Tableaux de
Ja composition de M. Le Brun ces deux dernieres
Estampes se vendent chez ledit Jcorat ,
•
Graveur
AIO MERCURE DE FRANCE
>
Graveur , ruë S. Jacques , vis - à- vis les Mathu
rins au Livre d'Or. On trouve aussi chez lui
beaucoup d'Estampes du même Sebastien Le
Clerc , son Beau Pere ; cet avis est d'autant plus
necessaire , que l'on expose en Public quantité
de copies des ouvrages de cet excellent Maître ;
et qu'à deux entr'autres ( l'Académie des Sciences
et des beaux Arts , et l'Entrée d'Alexandre
dans Babilone ) pour les rendre plus conformes
aux Originales , on en a imité jusqu'aux dedicaces
avec le nom de l'Auteur , exactitude , à la
verité , dont le motif est aussi visible que condamnable
par les honnêtes gens et par les cu
rieux intelligens.
Le Sieur le Blanc , Fondeur du Roy , extrê
mement connu par les beaux Ouvrages qu'il fair
d'un Métal de sa composition , couleur d'Or ,
qu'on a bien de la peine à distinguer du vrai or ,
nous prie d'avertir le Public , qu'il est trompé
tous les jours par de méchants Ouvriers , qui
veulent imiter sa composition et son travail , se
Bervant même de son nom pour vendre de mauvaises
Marchandises. Le Sr. le Blanc fait depuis
dix ans un grand débit de ses ouvrages , qu'on
peut voir chez le Roy , chez les Princes et chez
quantité de Seigneurs de la Ville et de la Cour,
Il demeure dans le Cloître S. Germain l'Au
xerrois.
Les Curieux trouveront chez lui quantité d'ouvrages
de goût , utiles et agréables , comme ornemens
de toute espece , Boucles , Pommes de
Cannes , Gardes d'Epées , Tabatieres , Garnitures
de Boutons , Flambeaux , Toilettes , Bras
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Le
OCTOBRE. 1731. 2411
Le Sieur Aubert , Intendant de la Musique
de S. A. S. M. le Duc , vient de donner au Public
un quatriéme Livre de Sonnates ; les Ouvra➡
,
de cet Auteur sont très recherchez. Il suffira
de dire qu'il a sçû joindre dans ce dernier , le
beau chant et les au neuf. On le peut
graces
executer sur la Flute comme sur le Violon ; il
donnera aussi dans le cours de l'Hyver prochain
sa quatriéme suite de Concert de Simphonie ;
on trouvera tous ses ouvrages chez le Sr. Boivin,
rue S. Honoré , à laregle d'or , le Sr. le Clerc ,
rue du Roule , à la Croix d'or , et chez l'Auteur
ruë S. Honoré , vis - à- vis la ruë de Gre➡
nelle , aux Dames de France. Il fera les envois
en Province tels qu'on les souhaittera , en lui
écrivant et lui marquant une adresse exacte.
Le prix de ce Livre de Sonnates est de 8. liv.
et celui de ses Concerts de Symphonie est de
3. liv. 12. fols.
› Papillon , Graveur en bois ruë S. Louis ,
près le Palais , à Paris , donne avis que le petit
Almanach de Paris , pour l'Année 1732. sera
augmenté et embelli de plusieurs choses curieuses.
Avec deux nouvelles planches des mois
qui feront la moitié de l'Année complette .
Fermer
Résumé : « On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...] »
En 1731, plusieurs événements historiques et culturels marquants ont eu lieu. En Catalogne, une épidémie de variole est devenue endémique, affectant toutes les classes d'âge sans être mortelle. À Milan, la variole a causé la mort de plus de 3000 enfants. Au Portugal, le Père Pierre de la Conception a obtenu le bonnet de docteur en théologie à l'Université de Coimbre, devenant le premier religieux de l'Ordre de Saint-François à recevoir ce titre dans le pays. Les académies littéraires se sont multipliées avec de nouvelles créations à Braga et Guimaraens. À Chaves, une tempête a causé des ravages et entraîné la mort de nombreux habitants. Le Comte d'Orrery a légué sa bibliothèque à l'Université d'Oxford. À La Haye, le Docteur Desaguliers a donné des cours de philosophie expérimentale, fréquentés par des personnalités distinguées. En Chine, un violent tremblement de terre a frappé Pékin, causant la mort de plus de cent mille personnes et des destructions massives. À Florence, un dialogue sur la peinture et la sculpture a été publié. Une nouvelle estampe représentant le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche a été mise en vente. Le fondeur Le Blanc a averti contre les contrefaçons de ses œuvres. Le musicien Aubert a publié un quatrième livre de sonates et annoncé une suite de concerts pour l'hiver prochain. Enfin, le graveur Papillon a annoncé l'augmentation et l'embellissement de l'Almanach de Paris pour l'année 1732.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 2850
Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un très-grand débit, et qui mérite bien l'approbation [...]
Mots clefs :
Estampe, Actrice du Théâtre-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu une Estampe qui a un
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
très-grand débit , et qui mérite bien l'approbation
qu'elle a des Curieux. C'est une très - heureuse
production du Pinceau et duBurin deMrs.Charles
Coypel et N. Drevet , dont la réputation est
assez connuë par des morceaux de plus grande
conséquence ; mais on peut dire , qu'en son
genre , celui- cy doit passer pour leur chef- d'oeu
vre. C'est le Portrait de Mlle Le Couvreur
Actrice du Theatre François , celebre par ses talens
pour la déclamation , morte , generalement
regrettée, au mois de Mars 1730. On en trouvera
un Article assez étendu dans le Mercure de ce
mois-là. Elle est representée en Cornelie , tenant
P'Urne qui renferme les cendres de Pompée.
Cette Estampe se vend chez Mr. Francoeur
1. Vol. дыё neuve des petits Champs , vis - à-vis la Com
pagnie des Indes , et chez Mr. Drevet , aux Galleries
du Louvre.
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Résumé : Portrait gravé de la Dlle Le Couvreur. [titre d'après la table]
L'estampe, œuvre de Charles Coypel et N. Drevet, représente Mlle Le Couvreur dans le rôle de Cornélie. Actrice célèbre du Théâtre Français, elle est décédée en mars 1730. L'estampe est disponible chez M. Francoeur et M. Drevet. Un article détaillé sur Mlle Le Couvreur est publié dans le Mercure du même mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 3007-3013
Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE Raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe Tome III. [...]
Mots clefs :
Journaliste, Estampe, Or, Argent, Histoire véritable, Anecdotes, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS , & c.
IBLIOTHEQUE Raisonnée des
BOuvrages des Sçavans de l'Europe
Tome III. premiere et seconde partie
in 12 , de 475 pages . A Amsterdam , chez
les Westeins et Smith. 1729.
L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent,
extraite de Pline le naturaliste , liv. 33. avec
le Texte latin , corrigé sur les Manuscrits de
Vossius, et sur la premiere édition , et éclaici
par des Remarques nouvelles , outre
celles de J. F. Gronovius , et un Poëme sur
la chute de l'homme , et sur les ravages de
l'or et de l'argent ; dédié au Roy et à la
Reine : Par David Durand , Ministre de
l'Eglise de S. Martin et membre de la Société
Royale . A Londres, chez G. Bouvier,
1728. in fol. de 262 pages pour le corps du
livre , et de 72. pour le Poëme, sans compter
les Préfaces .
Le Journaliste paroît fort réservé dans
l'Extrait qu'il donne de cet Ouvrage ; il
ne s'écrie que sur la variété qu'on y troue
: Une belle Estampe , dit-il , un Poë-
11. Vol me
Boos MERCURE DE FRANCE
me nouveau en 7 chants , et une histoire
Eaturelle de l'or et de l'argent , traduite
d'un excellent Auteur; un Supplément sur
le même sujet , plus long que l'histoire
même ; et enfin tout le 33 livre de Pline ;
dans sa propre langue , imprimé très correctement
et éclairci par des remarques
nouvelles , outre celles de Gronovius qui
sont ajoutées à la fin voilà tout ce que
l'on y trouve de remarquable .
;
Si l'on juge du Poëme par les traits qui
sont rapportez dans la Bibliotheque raisonnée
, on sera porté à croire que M.Durand
n'est pas Poëte , ou qu'il ne sent pas
la force de notre langue , ni la signification
des termes François ; les Chevilles
sont répandues en grand nombre dans le
peu que nous en expose le Journaliste.
L'Histoire veritable et secrette des Vies et
des Regnes de tous les Rois et de toutes les
Reines d'Angleterre, depuis Guillaume I. surnommé
le Conquerant , jusqu'à la fin du Regne
de la Reine Anne , cù l'on a joint un
abregé de l'histoire generale de chaque Regne
, tirée principalement des Manuscrits
originaux , des meilleurs Memoires Anecdotes
et Historiens authentiques. Traduite de
l'Anglois. A Amsterdam, chez les Westeins
et Smith. 1729. 3 vol. in 12. le 1er, de 621
le 2º ,
pages ,
de 636 ,
et le 3º , de 428 ;
ans la table , qui en comprend 42.-
II. Vol.
L'AuDECEMBRE.
1731. 3009
L'Auteur de l'Extrait de cet Ouvrage
prend icy la défense de ceux qui donnent
au public des Anecdotes désavantageuses
à la mémoire des plus Grands Hommes.
La médisance n'est point blâmable , selon
lui , à moins que par médire , l'on n'entende
mal parler de quelqu'un , exposer sous
des couleurs desavantageuses ses meilleures
actions , donner à sa conduite un air de blâ-
&c.c. c'est seulement , dit- il , exposer
des veritez qui ne sont pas toutes bonnes
à dire ; mais on voit par -là que l'Auteur
de l'Extrait confond la médisance avec
la calomnie.
me ,
>
Mémoires touchant le tres-honorable Ordre
du Bain , où l'on décrit son origine , ses progrès
, son rétablissement , ses regles et sa dignité.
On y a joint la liste et les armes des
Chevaliers , et leurs Statuts , en Anglois et
en Latin, par M. Juste- Christ Dithmar
Membre de l'Académie des Sciences de
Berlin , et Professeur public en Droit et
en Histoire , dans l'Académie Royale de
Francfort sur l'Oder. A Francfort , sur
L'Oder , chez Jean Godefroy Conrad. 1729.
petit in fol. de 138 pages , y compris 20
Planches , où sont gravées les armes des
Chevaliers et celles de leurs Ecuyers. Plus
12 pages pour la Préface, l'Epître dédicatoire
au Duc de Montaigu , Grand - Maî-
II. Vole E tre
3010 MERCURE DE FRANCE
tre , et la Table . Cet Ouvrage est en
Latin.
, 9
L'Auteur fait dans les Paragrafes 8
10 , et 11. une Liste des differentes Promotions
qui ont été faites par les Rois
des differentes Maisons qui ont regné en
Angleterre , jusqu'à Charles II. le dernier
Roy qui ait été créé Chevalier de cet Ordre
, lequel est resté dans une espece d'oubli
sous Jacques II. et sous, Guillaume, Marie
et Anne , jusqu'à la résolution que prit le
Roy George I. de le rétablir et de lui
donner la forme réguliere des autres Ordres
militaires.
Les nouvelles Litteraires de la premiere
Partie de ce Volume , qui comprend
les mois de Juillet , Aoust et Septembre ,
apprennent que M.Bucklei a proposé son
édition de l'Histoire de M. de Thou, par
souscriptions. Le terme marqué pour les
Souscripteurs a été jusqu'au mois de Novembre
de la même année 1729 .
Dans la 2 pattie de ce volume , qui
comprend les mois d'Octobre, Novembre
et Decembre , l'article 2 nous a frappés.
Il contient l'Extrait d'un Ouvrage latin ,
dont le titre est ainsi traduit : Considerations
de Physique , de Medecine et de Bar
reau , sur ia salive humaine , où l'on traite
de sa nature , de son usage , de la morsure
II. Vol.
des
DECEMBRE 1731. 3011
des bêtes et de l'homme , de la rage, de l'hy-.
drophobie , &c. par Martin Gurisch. A
Leipsic , 1729, in 4. de 406 pages.
Le Journaliste paroît nene pas faire grand
cas de cet Ouvrage , et il le témoigne en
plus d'un endroit Mais nous sommes surpris
qu'il n'ait fait aucune Remarque sur
un endroit du livre extraordinairement
hardi dans lequel l'Auteur donne une cau
se naturelle d'un des plus grands Miracles
que J. C. ait fait pendant sa vie. C'est la
faculté de voir que J. C. donna à l'Aveugle
né. Ce seroit anéantir la preuve que
les Chrétiens ont toujours tirée contre les
Juifs , er que J. G. lui- même tiroit, lorsqu'il
dit à ses Disciples : ( Joan. 9. 3. ) Ce
n'est ni pour ses pechez , ni pour ceux de son
pere ni de sa mere , ( que cet homme est né
aveugle ) , mais c'est afin que les oeuvres de
Dieu se voyent évidemment en lui. Fe dois
faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé pendant
qu'il est jour. Ce n'étoit donc point-là
une oeuvre de la nature , mais une oeuvre
de Dieu le Pere par son Fils. Cependant M,
Gurisch , quoique Chrétien , en attribuë
tout le merveilleux à la salive de Jesus-
Christ. Mais on pourroit lui demander,
avec l'Aveugle né, si on ajamais entendu dire
quepersonne ait donné la vûë à un aveugle de
naissance , en lui appliquant sur les yeux
AII. Vol. E ij
de
3012 MERCURE DE FRANCE
ve,
de la poussiere détrempée avec de la sali
d'autant plus que cet Auteur révoque
en doute le fait que Tacite rapporte de
Vespasien. Ce n'est pas la peine de réfuter
davantage cette hardie supposition ; elle
se détruira d'elle- même , si on fait seulement
attention que l'Aveugle-né ne fut
pas guéri sur le champ, v. 7. Ily alla ( à la
Piscine de Siloë , ) il fe lava et revint
voyant clair: Il n'avoit employé de temps
celui qu'il lui falloit que pour laver cette
bouë que Jesus-Christ lui avoit étenduë
sur les yeux.
9
RETRAITE SPIRITUELLE , sur les Vertus
de JESUS-CHRIST , avec un Discours sur
la necessité de le connoître et de l'aimer.
A Paris , Quai des Augustins , chez Rollin
, in 12. de 332 pages.
ALMANACL ROYAL pour l'année 1732 .
calculé au Méridien deParis ,où l'on trouve
le lever et le coucher du Soleil , ceux
de la Lune et ses mouvemens ; les Naissances
des Princes et Princesses de l'Europe
, le Clergé , les Conseils du Roy , la
Chancellerie , les Officiers d'Epée de
Robe et de Finance ; les Postes et Messageries
; et autres choses utiles au Public ;
nouvellement augmenté des noms des
II. Vol. AbDECEMBRE
1731 3013
raux ,
Abbez commandataires , Colonels gene-
Lieutenans generaux des Armées
du Roy , Maréchaux de Camp, Brigadiers
d'Armées , Lieutenans generaux des Armées
Navales et des Galeres , Chefs d'Escadres
, &c. et la datte de la nomination
et reception de tous les Officiers. Avec
une Table Alphabétique des Matieres.
Prix ,broché , 4 liv. A Paris , chez la veuve
d'Houry , au bas de la rue de la Harpe.
Nous avons déja parlé plusieurs fois
de l'utilité reconnue de ce livre , que le
public goûte de plus en plus.
DES BEAUX ARTS , & c.
IBLIOTHEQUE Raisonnée des
BOuvrages des Sçavans de l'Europe
Tome III. premiere et seconde partie
in 12 , de 475 pages . A Amsterdam , chez
les Westeins et Smith. 1729.
L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent,
extraite de Pline le naturaliste , liv. 33. avec
le Texte latin , corrigé sur les Manuscrits de
Vossius, et sur la premiere édition , et éclaici
par des Remarques nouvelles , outre
celles de J. F. Gronovius , et un Poëme sur
la chute de l'homme , et sur les ravages de
l'or et de l'argent ; dédié au Roy et à la
Reine : Par David Durand , Ministre de
l'Eglise de S. Martin et membre de la Société
Royale . A Londres, chez G. Bouvier,
1728. in fol. de 262 pages pour le corps du
livre , et de 72. pour le Poëme, sans compter
les Préfaces .
Le Journaliste paroît fort réservé dans
l'Extrait qu'il donne de cet Ouvrage ; il
ne s'écrie que sur la variété qu'on y troue
: Une belle Estampe , dit-il , un Poë-
11. Vol me
Boos MERCURE DE FRANCE
me nouveau en 7 chants , et une histoire
Eaturelle de l'or et de l'argent , traduite
d'un excellent Auteur; un Supplément sur
le même sujet , plus long que l'histoire
même ; et enfin tout le 33 livre de Pline ;
dans sa propre langue , imprimé très correctement
et éclairci par des remarques
nouvelles , outre celles de Gronovius qui
sont ajoutées à la fin voilà tout ce que
l'on y trouve de remarquable .
;
Si l'on juge du Poëme par les traits qui
sont rapportez dans la Bibliotheque raisonnée
, on sera porté à croire que M.Durand
n'est pas Poëte , ou qu'il ne sent pas
la force de notre langue , ni la signification
des termes François ; les Chevilles
sont répandues en grand nombre dans le
peu que nous en expose le Journaliste.
L'Histoire veritable et secrette des Vies et
des Regnes de tous les Rois et de toutes les
Reines d'Angleterre, depuis Guillaume I. surnommé
le Conquerant , jusqu'à la fin du Regne
de la Reine Anne , cù l'on a joint un
abregé de l'histoire generale de chaque Regne
, tirée principalement des Manuscrits
originaux , des meilleurs Memoires Anecdotes
et Historiens authentiques. Traduite de
l'Anglois. A Amsterdam, chez les Westeins
et Smith. 1729. 3 vol. in 12. le 1er, de 621
le 2º ,
pages ,
de 636 ,
et le 3º , de 428 ;
ans la table , qui en comprend 42.-
II. Vol.
L'AuDECEMBRE.
1731. 3009
L'Auteur de l'Extrait de cet Ouvrage
prend icy la défense de ceux qui donnent
au public des Anecdotes désavantageuses
à la mémoire des plus Grands Hommes.
La médisance n'est point blâmable , selon
lui , à moins que par médire , l'on n'entende
mal parler de quelqu'un , exposer sous
des couleurs desavantageuses ses meilleures
actions , donner à sa conduite un air de blâ-
&c.c. c'est seulement , dit- il , exposer
des veritez qui ne sont pas toutes bonnes
à dire ; mais on voit par -là que l'Auteur
de l'Extrait confond la médisance avec
la calomnie.
me ,
>
Mémoires touchant le tres-honorable Ordre
du Bain , où l'on décrit son origine , ses progrès
, son rétablissement , ses regles et sa dignité.
On y a joint la liste et les armes des
Chevaliers , et leurs Statuts , en Anglois et
en Latin, par M. Juste- Christ Dithmar
Membre de l'Académie des Sciences de
Berlin , et Professeur public en Droit et
en Histoire , dans l'Académie Royale de
Francfort sur l'Oder. A Francfort , sur
L'Oder , chez Jean Godefroy Conrad. 1729.
petit in fol. de 138 pages , y compris 20
Planches , où sont gravées les armes des
Chevaliers et celles de leurs Ecuyers. Plus
12 pages pour la Préface, l'Epître dédicatoire
au Duc de Montaigu , Grand - Maî-
II. Vole E tre
3010 MERCURE DE FRANCE
tre , et la Table . Cet Ouvrage est en
Latin.
, 9
L'Auteur fait dans les Paragrafes 8
10 , et 11. une Liste des differentes Promotions
qui ont été faites par les Rois
des differentes Maisons qui ont regné en
Angleterre , jusqu'à Charles II. le dernier
Roy qui ait été créé Chevalier de cet Ordre
, lequel est resté dans une espece d'oubli
sous Jacques II. et sous, Guillaume, Marie
et Anne , jusqu'à la résolution que prit le
Roy George I. de le rétablir et de lui
donner la forme réguliere des autres Ordres
militaires.
Les nouvelles Litteraires de la premiere
Partie de ce Volume , qui comprend
les mois de Juillet , Aoust et Septembre ,
apprennent que M.Bucklei a proposé son
édition de l'Histoire de M. de Thou, par
souscriptions. Le terme marqué pour les
Souscripteurs a été jusqu'au mois de Novembre
de la même année 1729 .
Dans la 2 pattie de ce volume , qui
comprend les mois d'Octobre, Novembre
et Decembre , l'article 2 nous a frappés.
Il contient l'Extrait d'un Ouvrage latin ,
dont le titre est ainsi traduit : Considerations
de Physique , de Medecine et de Bar
reau , sur ia salive humaine , où l'on traite
de sa nature , de son usage , de la morsure
II. Vol.
des
DECEMBRE 1731. 3011
des bêtes et de l'homme , de la rage, de l'hy-.
drophobie , &c. par Martin Gurisch. A
Leipsic , 1729, in 4. de 406 pages.
Le Journaliste paroît nene pas faire grand
cas de cet Ouvrage , et il le témoigne en
plus d'un endroit Mais nous sommes surpris
qu'il n'ait fait aucune Remarque sur
un endroit du livre extraordinairement
hardi dans lequel l'Auteur donne une cau
se naturelle d'un des plus grands Miracles
que J. C. ait fait pendant sa vie. C'est la
faculté de voir que J. C. donna à l'Aveugle
né. Ce seroit anéantir la preuve que
les Chrétiens ont toujours tirée contre les
Juifs , er que J. G. lui- même tiroit, lorsqu'il
dit à ses Disciples : ( Joan. 9. 3. ) Ce
n'est ni pour ses pechez , ni pour ceux de son
pere ni de sa mere , ( que cet homme est né
aveugle ) , mais c'est afin que les oeuvres de
Dieu se voyent évidemment en lui. Fe dois
faire les oeuvres de celui qui m'a envoyé pendant
qu'il est jour. Ce n'étoit donc point-là
une oeuvre de la nature , mais une oeuvre
de Dieu le Pere par son Fils. Cependant M,
Gurisch , quoique Chrétien , en attribuë
tout le merveilleux à la salive de Jesus-
Christ. Mais on pourroit lui demander,
avec l'Aveugle né, si on ajamais entendu dire
quepersonne ait donné la vûë à un aveugle de
naissance , en lui appliquant sur les yeux
AII. Vol. E ij
de
3012 MERCURE DE FRANCE
ve,
de la poussiere détrempée avec de la sali
d'autant plus que cet Auteur révoque
en doute le fait que Tacite rapporte de
Vespasien. Ce n'est pas la peine de réfuter
davantage cette hardie supposition ; elle
se détruira d'elle- même , si on fait seulement
attention que l'Aveugle-né ne fut
pas guéri sur le champ, v. 7. Ily alla ( à la
Piscine de Siloë , ) il fe lava et revint
voyant clair: Il n'avoit employé de temps
celui qu'il lui falloit que pour laver cette
bouë que Jesus-Christ lui avoit étenduë
sur les yeux.
9
RETRAITE SPIRITUELLE , sur les Vertus
de JESUS-CHRIST , avec un Discours sur
la necessité de le connoître et de l'aimer.
A Paris , Quai des Augustins , chez Rollin
, in 12. de 332 pages.
ALMANACL ROYAL pour l'année 1732 .
calculé au Méridien deParis ,où l'on trouve
le lever et le coucher du Soleil , ceux
de la Lune et ses mouvemens ; les Naissances
des Princes et Princesses de l'Europe
, le Clergé , les Conseils du Roy , la
Chancellerie , les Officiers d'Epée de
Robe et de Finance ; les Postes et Messageries
; et autres choses utiles au Public ;
nouvellement augmenté des noms des
II. Vol. AbDECEMBRE
1731 3013
raux ,
Abbez commandataires , Colonels gene-
Lieutenans generaux des Armées
du Roy , Maréchaux de Camp, Brigadiers
d'Armées , Lieutenans generaux des Armées
Navales et des Galeres , Chefs d'Escadres
, &c. et la datte de la nomination
et reception de tous les Officiers. Avec
une Table Alphabétique des Matieres.
Prix ,broché , 4 liv. A Paris , chez la veuve
d'Houry , au bas de la rue de la Harpe.
Nous avons déja parlé plusieurs fois
de l'utilité reconnue de ce livre , que le
public goûte de plus en plus.
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Résumé : Nouvelles Litteraires, et Bibliotheque raisonnée. [titre d'après la table]
Le document présente une sélection de publications littéraires et scientifiques. La 'Bibliothèque Raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe' est un ouvrage en deux parties, publié à Amsterdam en 1729, totalisant 475 pages. Parmi les œuvres notables, figure 'L'Histoire naturelle de l'or et de l'argent' de David Durand, publiée à Londres en 1728. Cet ouvrage inclut un poème et des remarques sur le texte latin de Pline, bien que le journaliste critique la qualité poétique de Durand. Une autre œuvre mentionnée est 'L'Histoire veritable et secrette des Vies et des Regnes de tous les Rois et de toutes les Reines d'Angleterre', traduite de l'anglais et publiée en trois volumes à Amsterdam en 1729. L'auteur de cette œuvre défend la publication d'anecdotes désavantageuses sur les grands hommes. Le document évoque également les 'Mémoires touchant le tres-honorable Ordre du Bain' par Juste-Christ Dithmar, publié à Francfort en 1729, qui détaille l'histoire et les règles de cet ordre. Parmi les autres publications, on trouve une édition de l'Histoire de M. de Thou proposée par souscriptions. Un ouvrage latin sur la salive humaine par Martin Gurisch, publié à Leipsic en 1729, est critiqué pour son interprétation naturelle d'un miracle de Jésus-Christ. Enfin, le document mentionne une 'Retraite Spirituelle' sur les vertus de Jésus-Christ, publiée à Paris, et l''Almanach Royal' pour l'année 1732, contenant diverses informations utiles au public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 135
Estampe nouvelle, Portrait de Mlle Dangeville, [titre d'après la table]
Début :
Il paroîtra le mois prochain une nouvelle Estampe, que le [...]
Mots clefs :
Estampe, Portrait, Demoiselle Dangeville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampe nouvelle, Portrait de Mlle Dangeville, [titre d'après la table]
esuite , l'un des Professeurs de Rhétorique au
College de Louis le Grand , prononça un DisCours latin trés- éloquent , en presence du Cardinal de Bissy , de l'Archevêque de Paris , de
plusieurs autres Prélats , et d'un grand nombre
de personnes de consideration. Le sujet de son
Discours étoit ; Que de toutes les Histoires , celle
deFrance est une des plus difficiles à écrire , et une
des plus agréables à lire. Les applaudissemens que
cette Piece d'Eloquence a reçus
College de Louis le Grand , prononça un DisCours latin trés- éloquent , en presence du Cardinal de Bissy , de l'Archevêque de Paris , de
plusieurs autres Prélats , et d'un grand nombre
de personnes de consideration. Le sujet de son
Discours étoit ; Que de toutes les Histoires , celle
deFrance est une des plus difficiles à écrire , et une
des plus agréables à lire. Les applaudissemens que
cette Piece d'Eloquence a reçus
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11
p. 549-550
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît chez la veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux [...]
Mots clefs :
Estampe, Tableau de Watteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
u Port.
Il paroît chez la veuve Chereau , ruë S. Jac.
ques , aux deux Pilliers , et chez Surugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
nouvellement gravée , d'après un Tableau de
Watteau , representant une sainte Famille , dontle
55 MERCURE DE FRANCE
le public connoisseur , aura tout lieu d'être satisfait.
Il va encore paroître dans peu 4 Estampes
d'après les 4 Saisons , peintes par ledit Watteau,
et dont les compositions gálantes pourront
plaire généralement
On continue à graver sans relâche , d'après
plusieurs Tableaux de grande composition , du
même Auteur ; entr'autres , le fameux Enseigue
qu'il fit pour M. Gersain , son ami , et qui fut
exposé pour les curieux , pendant quelque
temps , au Pont Notre- Dame.
Il paroît chez la veuve Chereau , ruë S. Jac.
ques , aux deux Pilliers , et chez Surugues , Graveur du Roy , rue des Noyers , une Estampe ,
nouvellement gravée , d'après un Tableau de
Watteau , representant une sainte Famille , dontle
55 MERCURE DE FRANCE
le public connoisseur , aura tout lieu d'être satisfait.
Il va encore paroître dans peu 4 Estampes
d'après les 4 Saisons , peintes par ledit Watteau,
et dont les compositions gálantes pourront
plaire généralement
On continue à graver sans relâche , d'après
plusieurs Tableaux de grande composition , du
même Auteur ; entr'autres , le fameux Enseigue
qu'il fit pour M. Gersain , son ami , et qui fut
exposé pour les curieux , pendant quelque
temps , au Pont Notre- Dame.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Une estampe de la sainte Famille, d'après Watteau, est disponible chez la veuve Chereau et Surugues. Quatre autres estampes des Quatre Saisons seront bientôt disponibles. La gravure de tableaux de Watteau, dont l'Enseigne pour M. Gersain, se poursuit. L'Enseigne a été exposé au Pont Notre-Dame.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 810-818
REMARQUES sur l'Estampe de la Demoiselle Camargo.
Début :
Vous serez sans doute surpris, Monsieur, qu'on ose critiquer [...]
Mots clefs :
Estampe, Danseuse, Camargo, Corps, Posture
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur l'Estampe de la Demoiselle Camargo.
REMARQUES fur l'Estampe de la
Demoiselle Camargo.
Ous serez sans doute surpris , Mon
sieur , qu'on ose critiquer l'Estampe
de la Dile Camargo. Seroit - il possible
qu'un Ouvrage si applaudi fut susceptible de quelques défauts et comment ces
défauts auront- ils échappé aux yeux des
connoisseurs , sur tout des Maîtres de
l'Art? Rien cependant de plus facile. On
reconnoît aisément dans cette Estampe
les traits de la Demoiselle. Il n'en a pas
fallu davantage pour retracer dans l'imagination les perfections de cette excellente Danseuse ; mais le plaisir que les idées
de l'original ont fait à l'esprit , a empêché
de faire attention aux défauts qui peuvent être dans la coppie : voici ce que
j'en pense.
Es
AVRIL. 1732. 理
La Figure éffaçant à droit , la Tête ne
doit pas suivre l'effacé. Lors qu'on efface
d'un côté ou d'un autre,la Tête doit demeurer dans sa place naturelle; par consequent une figure qui efface à droit , doit
nous montrer une Tête gracieusement
placée vers l'épaule gauche, j'entens dans
le serieux , car dans le comique le gracieux perd ses regles , pour ainsi dire. On
trouve d'ailleurs de la disproportion dans
la hauteur des bras. Les coudes d'un Danseur doivent être , à peu de chose prés
sur la même ligne , ce qui n'est pas ob
servé.
1
Les deux mains paroissent de face :
quand le contraste d'un Danseur est terminé , comme l'est celui de la Dlle Camargo , ses bras ne doivent jamais se faire
voir qu'aux trois quarts , c'est-à- dire , le dedans de la main du bras ouvert , presque tourné vers la terre, et le dedans de
la main du bras fermé presque vers le
Ciel. Les mains ne doivent paroître de face que dans le tems qu'on passe d'un
contraste à un autre.
Je ne crois pas qu'il soit possible de
contraster moëlleusement les bras dans
la situation où sont ceux-ci , sans pren .
dre de fausses paissances ou fausses déterminations? Peut- être l'habile Peintre , car
jc
812 MERCURE DE FRANCE
5
je connois ses grands talens , suppose-t'il
comme la figure représente Flore ) que
son cher Zephire soufle entre les arbres ,
et qu'elle cherche à l'embrasser ; en ce
cas les bras sont fort bien ; mais s'il n'a
pas eu cette intention , ou quelque autre
équivalente , ils pechent contre les regles
de la danse noble et gracieuse.
L'attitude du pouce et de l'Index de
chaque main n'est pas bien ; cette situation de doigts n'est bonne que quand
une figure tient une guirlande ou autre
chose.
pas
On trouve encore que l'attitude n'est
bien dans son équilibre. Si elle y étoit,
une perpendiculaire sur l'horisontalle
( j'appelle horisontalle l'endroit sur quoi
elle danse ) passant par le point d'appuy
de la figure , qui est le milieu du pied
gauche , devroit la couper en deux parties égales ; ce qui ne se trouve pas , puisque cette ligne aboutit à l'oreille gauche,
et cela laisse beaucoup plus de poids sur
la jambe en l'air ; ce qui n'est pas possible , à moins que d'avoir recours à quelque contorsion de hanche. Une preuve
encore que la figure n'est pas bien à son
aise , c'est que le genouil de la jambe qui
la porte , paroît plié. Or il n'est pas natuel qu'une Danseuse qui reste en repos
Sur
A VRIL. 1732. 18rs
sur un Pas , pour donner le temps à un
Peintre de saisir son attitude , puisse demeurer assez de tems sur une jambe dont
le genoüil est plié.
2.
La jambe en l'air seroit la chose qui me
flateroit le plus , après la parfaite ressemblance , si les regles de l'Art , fondées sur
le naturel , pouvoient me laisser supposer
qu'on puisse la tourner en dehors de la
façon de celle- ci ; il est vrai que l'original fait des choses surnaturelles ; mais il
auroit bien de la peine d'imiter sa copie ,
sans se contorsionner , et peut- être sans
se blesser.
Les Estampes des Dies Subligni , Desmatins , &c. antiennes Danseuses de l'Opera , ne sont pas à beaucoup près si bien
gravées , ni si-bien historiées ; mais elles
sont presque sans défauts à l'égard des regles de la Danse.
La belle posture du corps en repos est
sans doute la situation de toutes ses parties dans l'ordre le plus naturel , et ses
mouvemens les plus agréables à la vuë ,
sont ceux qui se font par la voie qui s'en
éloigne le moins , c'est c'est-àà- dire dire ,, par la voïe
la plus simple. Il est même étonnant
nous aïons besoin de Maîtres pour nous
faire appercevoir ces veritez , et qu'il soit
necessaire de se donner tant de peines
que
pour
$14 MERCURE DE FRANCE
pour acquerir ce qui est en nous naturellement : on n'en peut trouver la raison
que dans notre propre ignorance , et notre manque de discernement et de goût.
L'ame commande au corps en maîtresse,
mais elle ignore les voies par lesquelles
ses ordres s'executent. Peu instruite de la
Mechanique simple qui doit produire un
mouvement , elle y employe souvent des
parties qui n'y furent jamais destinées ;
et plus elle trouve de difficulté dans l'execution , plus elle croit devoir employer
de force. Delà naissent presque toûjours
les grimaces et les differentes contorsions
désagréables. On reste souvent dans l'opinion que ces secours étrangers sont necessaires ; l'habitude devient une seconde
nature , et pour comble de disgrace nous
ne nous appercevons point de nos défauts;
la necessité d'en être instruit nous prouve
celle d'avoir recours à des personnes qui
nous les fassent remarquer.
Les pieds doivent être placez environ
à dix pouces de distance l'un de l'autre ;
ils ne doivent être ni plus serrez ni plus
écartez , parce que dans l'une ou dans
l'autre situation la tête de l'os du fermur
ne seroit pas perpendiculairement dans
sa cavité , et de cette façon les jambes ne
soutiendroient pas le corps avec tout l'avantage
AVRIL. 17327 815
vantage qu'il est possible , dans une figure
debout et dans l'inaction.
Les bras n'étant d'aucun usage pour
renir le corps en repos , ils doivent alors
être considerés comme inutiles ; on doit
donc les abandonner à eux- mêmes, et être
assuré qu'en cet état ils occuperont la
place qui leur convient ; mais une
fausse prévention de l'esprit qui croit
qu'il faut employer des forces pour ne
rien faire , nous empêche quelquefois de
mettre en pratique ces veritez : peut- être
aussi quelqu'un par un goût bizarre , our
pour affecter une methode particuliere ,
youdra til faire passer pour bonne une
attitude qui ne sera rien moins que natu
relle. Quand on croit qu'il n'y a point
de regle établie pour une chose , chacun
croit en pouvoir faire à sa fantaisie ; il
est donc à propos de sçavoir à quoy s'en
.tenir.
Il est aisé de voir dans les Observa
tions osteologiques de M. de Winflow
que le bras ne doit point être absolument tendu en ligne droite , qu'on doit
le laisser pendre naturellement , le dedans de la main tourné du côté de la
-cuisse , la main un peu oblique sur la li
gne du bras , et les doigts ni trop serrez
ni trop écartez. Ce sont là les maximes
I des
816 MERCURE DE FRANCE
des meilleurs Maîtres , qui ont parfaitement suivi l'ordre de la nature , peut-être
sans l'avoir trop étudiée. C'est ainsi que
nous admirons fort souvent des consequences dont nous ignorons le principe.
Nous ne sçavons pas combien la verité a
pour nous de charmes , puisqu'il se trouve des occasions où nous l'aimons sans
presque la connoître.
pas
Puisque la situation naturelle du corps
demande que toutes les parties qui le
composent soient tellement disposées que
se soutenans perpendiculairement les
unes les autres , elles souffrent le moins
d'effort qu'il soit possible , il ne faut
qu'il s'en trouve une plus grande quantité d'un côté que d'un autre , ou ce qui
est la même chose , la ligne qui passe par
le centre de gravité du corps,doit doit passer
justement dans son milieu de façon
qu'un plan qui passeroit par cette ligne ,
le couperoit de tous les côtez en deux
parties égales. La maniere de marcher des
personnes qui sont chargées de quelques
poids nous fait sentir la verité de ce
principes elles sont obligées de déranger
da situation ordinaire du corps , et d'en
avancer quelques parties pour faire équi1bre avec le poids ; car si-tôt que tout
est dans un parfait équilibre , tout est
›
aussi
AVRIL. 1732. 817
aussi dans une situation naturelle.
C'est ce second principe qu'on ne doit
jamais perdre de vue dans tous les mouvemens qu'on fait faire au corps , qui re
gle ces mouvemens , et qui leur donne
des bornes : c'est aussi ce même principe
qui fait quelquefois changer de situation
à des parties qui ne paroîtroient pas cependant devoir contribuer au mouvement qu'on a dessein d'executer. Car à
mesure qu'on se trouve obligé de détruire
l'équilibre , en faisant changer de situation à quelque partie du corps , on doit
emploïer une autre partie à le rétablir.
Si on a donc attention en faisant un
mouvement de n'emploïer que les parties du corps qui doivent le produire , et
en même temps celles qui doivent
rétablir l'équilibre que ce mouvement
auroit rompu , on est certain que ce
mouvement paroîtra gracieux , et que
l'on n'y verra rien de contraint et de
gêné. En suivant exactement ce principe ,
soit qu'on marche , ou qu'on danse , on
aura le corps aussi ferme et aussi assuré
sur ses jambes , que si on ne remuoit pas
d'une place.
C'est l'harmonie et la liaison de ces
mouvemens qui font admirer la justesse
etla précision d'un Danseur ; l'art de conI ij duire
818 MERCURE DE FRANCE
duire le corps sans rompre l'équilibre , le
iet en état de tout entreprendre , sans
craindre d'échouer , et la parfaite imitation de la nature qu'il doit suivre , sans
jamais s'en écarter , lui donne toute la
grace qu'il peut avoir. Je suis, Monsieur,
&c.
A
A.Caen , ce 28. Mars 1732.
Demoiselle Camargo.
Ous serez sans doute surpris , Mon
sieur , qu'on ose critiquer l'Estampe
de la Dile Camargo. Seroit - il possible
qu'un Ouvrage si applaudi fut susceptible de quelques défauts et comment ces
défauts auront- ils échappé aux yeux des
connoisseurs , sur tout des Maîtres de
l'Art? Rien cependant de plus facile. On
reconnoît aisément dans cette Estampe
les traits de la Demoiselle. Il n'en a pas
fallu davantage pour retracer dans l'imagination les perfections de cette excellente Danseuse ; mais le plaisir que les idées
de l'original ont fait à l'esprit , a empêché
de faire attention aux défauts qui peuvent être dans la coppie : voici ce que
j'en pense.
Es
AVRIL. 1732. 理
La Figure éffaçant à droit , la Tête ne
doit pas suivre l'effacé. Lors qu'on efface
d'un côté ou d'un autre,la Tête doit demeurer dans sa place naturelle; par consequent une figure qui efface à droit , doit
nous montrer une Tête gracieusement
placée vers l'épaule gauche, j'entens dans
le serieux , car dans le comique le gracieux perd ses regles , pour ainsi dire. On
trouve d'ailleurs de la disproportion dans
la hauteur des bras. Les coudes d'un Danseur doivent être , à peu de chose prés
sur la même ligne , ce qui n'est pas ob
servé.
1
Les deux mains paroissent de face :
quand le contraste d'un Danseur est terminé , comme l'est celui de la Dlle Camargo , ses bras ne doivent jamais se faire
voir qu'aux trois quarts , c'est-à- dire , le dedans de la main du bras ouvert , presque tourné vers la terre, et le dedans de
la main du bras fermé presque vers le
Ciel. Les mains ne doivent paroître de face que dans le tems qu'on passe d'un
contraste à un autre.
Je ne crois pas qu'il soit possible de
contraster moëlleusement les bras dans
la situation où sont ceux-ci , sans pren .
dre de fausses paissances ou fausses déterminations? Peut- être l'habile Peintre , car
jc
812 MERCURE DE FRANCE
5
je connois ses grands talens , suppose-t'il
comme la figure représente Flore ) que
son cher Zephire soufle entre les arbres ,
et qu'elle cherche à l'embrasser ; en ce
cas les bras sont fort bien ; mais s'il n'a
pas eu cette intention , ou quelque autre
équivalente , ils pechent contre les regles
de la danse noble et gracieuse.
L'attitude du pouce et de l'Index de
chaque main n'est pas bien ; cette situation de doigts n'est bonne que quand
une figure tient une guirlande ou autre
chose.
pas
On trouve encore que l'attitude n'est
bien dans son équilibre. Si elle y étoit,
une perpendiculaire sur l'horisontalle
( j'appelle horisontalle l'endroit sur quoi
elle danse ) passant par le point d'appuy
de la figure , qui est le milieu du pied
gauche , devroit la couper en deux parties égales ; ce qui ne se trouve pas , puisque cette ligne aboutit à l'oreille gauche,
et cela laisse beaucoup plus de poids sur
la jambe en l'air ; ce qui n'est pas possible , à moins que d'avoir recours à quelque contorsion de hanche. Une preuve
encore que la figure n'est pas bien à son
aise , c'est que le genouil de la jambe qui
la porte , paroît plié. Or il n'est pas natuel qu'une Danseuse qui reste en repos
Sur
A VRIL. 1732. 18rs
sur un Pas , pour donner le temps à un
Peintre de saisir son attitude , puisse demeurer assez de tems sur une jambe dont
le genoüil est plié.
2.
La jambe en l'air seroit la chose qui me
flateroit le plus , après la parfaite ressemblance , si les regles de l'Art , fondées sur
le naturel , pouvoient me laisser supposer
qu'on puisse la tourner en dehors de la
façon de celle- ci ; il est vrai que l'original fait des choses surnaturelles ; mais il
auroit bien de la peine d'imiter sa copie ,
sans se contorsionner , et peut- être sans
se blesser.
Les Estampes des Dies Subligni , Desmatins , &c. antiennes Danseuses de l'Opera , ne sont pas à beaucoup près si bien
gravées , ni si-bien historiées ; mais elles
sont presque sans défauts à l'égard des regles de la Danse.
La belle posture du corps en repos est
sans doute la situation de toutes ses parties dans l'ordre le plus naturel , et ses
mouvemens les plus agréables à la vuë ,
sont ceux qui se font par la voie qui s'en
éloigne le moins , c'est c'est-àà- dire dire ,, par la voïe
la plus simple. Il est même étonnant
nous aïons besoin de Maîtres pour nous
faire appercevoir ces veritez , et qu'il soit
necessaire de se donner tant de peines
que
pour
$14 MERCURE DE FRANCE
pour acquerir ce qui est en nous naturellement : on n'en peut trouver la raison
que dans notre propre ignorance , et notre manque de discernement et de goût.
L'ame commande au corps en maîtresse,
mais elle ignore les voies par lesquelles
ses ordres s'executent. Peu instruite de la
Mechanique simple qui doit produire un
mouvement , elle y employe souvent des
parties qui n'y furent jamais destinées ;
et plus elle trouve de difficulté dans l'execution , plus elle croit devoir employer
de force. Delà naissent presque toûjours
les grimaces et les differentes contorsions
désagréables. On reste souvent dans l'opinion que ces secours étrangers sont necessaires ; l'habitude devient une seconde
nature , et pour comble de disgrace nous
ne nous appercevons point de nos défauts;
la necessité d'en être instruit nous prouve
celle d'avoir recours à des personnes qui
nous les fassent remarquer.
Les pieds doivent être placez environ
à dix pouces de distance l'un de l'autre ;
ils ne doivent être ni plus serrez ni plus
écartez , parce que dans l'une ou dans
l'autre situation la tête de l'os du fermur
ne seroit pas perpendiculairement dans
sa cavité , et de cette façon les jambes ne
soutiendroient pas le corps avec tout l'avantage
AVRIL. 17327 815
vantage qu'il est possible , dans une figure
debout et dans l'inaction.
Les bras n'étant d'aucun usage pour
renir le corps en repos , ils doivent alors
être considerés comme inutiles ; on doit
donc les abandonner à eux- mêmes, et être
assuré qu'en cet état ils occuperont la
place qui leur convient ; mais une
fausse prévention de l'esprit qui croit
qu'il faut employer des forces pour ne
rien faire , nous empêche quelquefois de
mettre en pratique ces veritez : peut- être
aussi quelqu'un par un goût bizarre , our
pour affecter une methode particuliere ,
youdra til faire passer pour bonne une
attitude qui ne sera rien moins que natu
relle. Quand on croit qu'il n'y a point
de regle établie pour une chose , chacun
croit en pouvoir faire à sa fantaisie ; il
est donc à propos de sçavoir à quoy s'en
.tenir.
Il est aisé de voir dans les Observa
tions osteologiques de M. de Winflow
que le bras ne doit point être absolument tendu en ligne droite , qu'on doit
le laisser pendre naturellement , le dedans de la main tourné du côté de la
-cuisse , la main un peu oblique sur la li
gne du bras , et les doigts ni trop serrez
ni trop écartez. Ce sont là les maximes
I des
816 MERCURE DE FRANCE
des meilleurs Maîtres , qui ont parfaitement suivi l'ordre de la nature , peut-être
sans l'avoir trop étudiée. C'est ainsi que
nous admirons fort souvent des consequences dont nous ignorons le principe.
Nous ne sçavons pas combien la verité a
pour nous de charmes , puisqu'il se trouve des occasions où nous l'aimons sans
presque la connoître.
pas
Puisque la situation naturelle du corps
demande que toutes les parties qui le
composent soient tellement disposées que
se soutenans perpendiculairement les
unes les autres , elles souffrent le moins
d'effort qu'il soit possible , il ne faut
qu'il s'en trouve une plus grande quantité d'un côté que d'un autre , ou ce qui
est la même chose , la ligne qui passe par
le centre de gravité du corps,doit doit passer
justement dans son milieu de façon
qu'un plan qui passeroit par cette ligne ,
le couperoit de tous les côtez en deux
parties égales. La maniere de marcher des
personnes qui sont chargées de quelques
poids nous fait sentir la verité de ce
principes elles sont obligées de déranger
da situation ordinaire du corps , et d'en
avancer quelques parties pour faire équi1bre avec le poids ; car si-tôt que tout
est dans un parfait équilibre , tout est
›
aussi
AVRIL. 1732. 817
aussi dans une situation naturelle.
C'est ce second principe qu'on ne doit
jamais perdre de vue dans tous les mouvemens qu'on fait faire au corps , qui re
gle ces mouvemens , et qui leur donne
des bornes : c'est aussi ce même principe
qui fait quelquefois changer de situation
à des parties qui ne paroîtroient pas cependant devoir contribuer au mouvement qu'on a dessein d'executer. Car à
mesure qu'on se trouve obligé de détruire
l'équilibre , en faisant changer de situation à quelque partie du corps , on doit
emploïer une autre partie à le rétablir.
Si on a donc attention en faisant un
mouvement de n'emploïer que les parties du corps qui doivent le produire , et
en même temps celles qui doivent
rétablir l'équilibre que ce mouvement
auroit rompu , on est certain que ce
mouvement paroîtra gracieux , et que
l'on n'y verra rien de contraint et de
gêné. En suivant exactement ce principe ,
soit qu'on marche , ou qu'on danse , on
aura le corps aussi ferme et aussi assuré
sur ses jambes , que si on ne remuoit pas
d'une place.
C'est l'harmonie et la liaison de ces
mouvemens qui font admirer la justesse
etla précision d'un Danseur ; l'art de conI ij duire
818 MERCURE DE FRANCE
duire le corps sans rompre l'équilibre , le
iet en état de tout entreprendre , sans
craindre d'échouer , et la parfaite imitation de la nature qu'il doit suivre , sans
jamais s'en écarter , lui donne toute la
grace qu'il peut avoir. Je suis, Monsieur,
&c.
A
A.Caen , ce 28. Mars 1732.
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Résumé : REMARQUES sur l'Estampe de la Demoiselle Camargo.
Le texte critique une estampe représentant la demoiselle Camargo, une célèbre danseuse, malgré son succès, présente des défauts techniques. L'auteur reconnaît que les traits de la danseuse sont bien représentés, mais il note plusieurs erreurs dans la représentation de la danse. Parmi les défauts observés, on trouve la position incorrecte de la tête par rapport au corps, la disproportion des bras, et la mauvaise orientation des mains. L'attitude générale de la danseuse est jugée déséquilibrée, et la jambe en l'air est décrite comme contorsionnée. L'auteur compare cette estampe à celles d'autres danseuses, qui respectent mieux les règles de la danse. Il insiste sur l'importance de suivre les règles naturelles du mouvement pour éviter les contorsions et les grimaces. Selon lui, la grâce en danse réside dans le respect de l'équilibre et de l'harmonie des mouvements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13
p. 1396-1398
Estampes nouvelles de sainte Sophie, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Surugue, Graveur du Roy, à Paris, ruë des [...]
Mots clefs :
Estampe, Sainte Sophie, Mosquée, Constantinople
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texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles de sainte Sophie, &c. [titre d'après la table]
Le sieur Surugue , Graveur du Roy ,
à Paris , rue des Noyers , vient de graver
en une feuille , l'élevation en Perspective
de la principale Face de la Mosquée de
sainte Sophie de. Constantinople , avec
tous ses Accompagnemens, Galeries, Minarez , &c. ce qui fait un Morceau trescurieux .
Tout le monde sçait que ce superbe
Temple a été bâti originairement parl'Empereur Justin , en l'honneur de la Sagesse
Eternelles maisqu'il fut beaucoup amplifié,
enrichi, et orné par Justinien , en l'année
$37.1Les Turcs en ont fait leur principalo
Mosquée, et n'ont point changé son nom,
SelonM.Thevenot,l'un de nos plus habiles
Voyageurs ; ce Vaisseau a 114 pas de longueur , sur so de largeur. L'Edifice dans
euvreest quarré en dehors, et presque tout
rond en dedans. Il y a quatre principales
Portes qui conduisent àun grand vestibule
en portique , qui s'étend le long de toute la face. On trouve ensuite sept Portes
II. Vol. quis
JUI N. 17328 1397
1
qui conduisent à une espece de Nef, et
ensuite neuf autres portes de Bronze,
dontla principale est fort grande , et c'est
par là qu'on entre dans la Mosquée.
Il y a au milieu un superbe Dôme, plus
grand en hauteur et en largeur que celui de S.Pierre de Rome. Sa Voute est faite en
forme de demi globe , et fort surbaissée,
ce qui la rend unique dans son espece. Il
y a aussi un Porche , qui regne tout àutour en dedans ; lequel porte une Galerie voutée , dont la largeur est de 30
pas , soutenue de 60 Colonnes de Marbre,
de Jappe , de Porphyre , &c. lesquelles
portentencore d'autres Galeries. On monte jusqu'à la derniere , par un dégré assez
aisé. On voit dans cette Mosquée le Tombeau d'un Empereur Chrétien , qu'on
croit être un des Constantins, et on montre une Pierre quarrée , creusée en petit
Bassin , dans laquelle les Turcs croient
que la Sainte Vierge lavoit les Langes du
Messie. Ils ont un grand respect pour cette Pierre , qu'ils disent avoir été apportée
de Judée.
L'interieur de ce Temple é oit autrefois tres- enrichi et peint d'un Mosaïque,
que les Turcs n'ont qu'à demi effacé. En
dehors sont 4 Minarets ou Clochers fort
auts et délicz ; au sommet desquels il y
II.Vol.
1398 MERCURE DE FRANCE
a des Balcons , d'où les Officiers de la
Mosquée appellent le peuple à la priere.
C'estsur le modele de sainte Sophie, que les
Empereurs Turcs ont fait bâtir les 6 ou 7
autres Mosquées Royales qu'on voit à
Constantinople , mais qui sont bien inferieures.
Des Voyageurs distinguez ont donné
divers desseins , qui ont été gravez de l'interieur et de l'exterieur de cet Edifice .
entre autres , Grelot et Corneille le Bruyn ;
mais on n'avoit point encore vû sa Face ,
si exactement et si nettement representée
que dans l'Estampe nouvellement gravée
par le St Surugue.
La Mosquée de Ste Sophie , a dit-on
été peinte par Bibiano, Peintre fort renommé pour ces sortes de représentations.
à Paris , rue des Noyers , vient de graver
en une feuille , l'élevation en Perspective
de la principale Face de la Mosquée de
sainte Sophie de. Constantinople , avec
tous ses Accompagnemens, Galeries, Minarez , &c. ce qui fait un Morceau trescurieux .
Tout le monde sçait que ce superbe
Temple a été bâti originairement parl'Empereur Justin , en l'honneur de la Sagesse
Eternelles maisqu'il fut beaucoup amplifié,
enrichi, et orné par Justinien , en l'année
$37.1Les Turcs en ont fait leur principalo
Mosquée, et n'ont point changé son nom,
SelonM.Thevenot,l'un de nos plus habiles
Voyageurs ; ce Vaisseau a 114 pas de longueur , sur so de largeur. L'Edifice dans
euvreest quarré en dehors, et presque tout
rond en dedans. Il y a quatre principales
Portes qui conduisent àun grand vestibule
en portique , qui s'étend le long de toute la face. On trouve ensuite sept Portes
II. Vol. quis
JUI N. 17328 1397
1
qui conduisent à une espece de Nef, et
ensuite neuf autres portes de Bronze,
dontla principale est fort grande , et c'est
par là qu'on entre dans la Mosquée.
Il y a au milieu un superbe Dôme, plus
grand en hauteur et en largeur que celui de S.Pierre de Rome. Sa Voute est faite en
forme de demi globe , et fort surbaissée,
ce qui la rend unique dans son espece. Il
y a aussi un Porche , qui regne tout àutour en dedans ; lequel porte une Galerie voutée , dont la largeur est de 30
pas , soutenue de 60 Colonnes de Marbre,
de Jappe , de Porphyre , &c. lesquelles
portentencore d'autres Galeries. On monte jusqu'à la derniere , par un dégré assez
aisé. On voit dans cette Mosquée le Tombeau d'un Empereur Chrétien , qu'on
croit être un des Constantins, et on montre une Pierre quarrée , creusée en petit
Bassin , dans laquelle les Turcs croient
que la Sainte Vierge lavoit les Langes du
Messie. Ils ont un grand respect pour cette Pierre , qu'ils disent avoir été apportée
de Judée.
L'interieur de ce Temple é oit autrefois tres- enrichi et peint d'un Mosaïque,
que les Turcs n'ont qu'à demi effacé. En
dehors sont 4 Minarets ou Clochers fort
auts et délicz ; au sommet desquels il y
II.Vol.
1398 MERCURE DE FRANCE
a des Balcons , d'où les Officiers de la
Mosquée appellent le peuple à la priere.
C'estsur le modele de sainte Sophie, que les
Empereurs Turcs ont fait bâtir les 6 ou 7
autres Mosquées Royales qu'on voit à
Constantinople , mais qui sont bien inferieures.
Des Voyageurs distinguez ont donné
divers desseins , qui ont été gravez de l'interieur et de l'exterieur de cet Edifice .
entre autres , Grelot et Corneille le Bruyn ;
mais on n'avoit point encore vû sa Face ,
si exactement et si nettement representée
que dans l'Estampe nouvellement gravée
par le St Surugue.
La Mosquée de Ste Sophie , a dit-on
été peinte par Bibiano, Peintre fort renommé pour ces sortes de représentations.
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Résumé : Estampes nouvelles de sainte Sophie, &c. [titre d'après la table]
Le sieur Surugue, graveur du Roi à Paris, a récemment gravé une perspective de la principale façade de la mosquée Sainte-Sophie de Constantinople, incluant ses galeries et minarets. Sainte-Sophie, initialement construite par l'empereur Justin en l'honneur de la Sagesse Éternelle, fut amplifiée et enrichie par Justinien en 537. Les Turcs en firent leur principale mosquée sans changer son nom. L'édifice mesure 114 pas de longueur sur 50 de largeur, est carré à l'extérieur et presque rond à l'intérieur. Il possède quatre portes principales menant à un vestibule en portique, suivi de sept puis neuf portes de bronze. Au centre se trouve un dôme plus grand que celui de Saint-Pierre de Rome, en forme de demi-globe surbaissé. Une galerie voûtée, soutenue par 60 colonnes de marbre, de jaspe et de porphyre, entoure l'intérieur. La mosquée abrite le tombeau d'un empereur chrétien et une pierre creusée en bassin, vénérée par les Turcs. L'intérieur, autrefois richement décoré de mosaïques, a été partiellement effacé par les Turcs. Quatre minarets élevés permettent aux officiers d'appeler à la prière. Sainte-Sophie a servi de modèle pour d'autres mosquées royales à Constantinople, bien que celles-ci soient inférieures. Plusieurs voyageurs, dont Grelot et Corneille le Bruyn, ont dessiné l'édifice, mais la gravure de Surugue est la plus précise. La mosquée a été peinte par Bibiano, renommé pour ses représentations.
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14
p. 2214-2216
Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons une nouvelle Estampe à annoncer, véritablement digne de la curiosité des plus [...]
Mots clefs :
Estampe, C. N. Cochin, Tableau, Lepicié, Sujet
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texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Nous avons une nouvelle Estampe à annoncer
véritablement digne de la curiosité des plus
grands Connoisseurs. Elle est excellemment gra- vée par C. N. Cochin , d'après un petit Tableau
de chevalet en hauteur , de M. le Moine , repré-
*SCR-
OCTOBRE. 1732. 22.1 S
sentant Jacob arrivant en Mésopotamie , apperce
vant Rachel , et se faisant connoître à elle. Ce Tableau est dans le Cabinet de la Comtesse de Ver
rue. Le sieur Cochin , chez qui se vend cette
Estampe, rue S. Jacques , à S. Prosper , n'avoit pas
encore gravé de si grandes Figures ; il ne connoissoit pas tout son talent. Il a sçû allier dans
cet Ouvrage tout ce que son Burin a de tendre et
de pittoresque , avec l'harmonie enchanteresse
la suavité , les graces naïves et touchantes du
Pinceau de M. le Moine. Cette Estampe est dédiée au Cardinal de Poligna , aussi illustre par
les lumieres de l'esprit , l'amour et la connoissance des beaux Arts , que par la grande naissance et les éminentes Dignitez.
Voici une autre Estampe en hauteur et moins
grande, qu'on peut comparer à celle qu'on vient d'annoncer , quoique dans un genre très- différent , et c'est en faire un fort grand éloge. Nous croyons que les Auteurs de ces deux excellens
morceaux ne se plaindront pas du parallele , et
que le Public confirmera notre suffrage.
Cette nouvelle Estampe du sieur Lepicié , d'après un Tableau estimé de M. Charles Coypel est le pendant de celle que nous avons annoncée
dans le Mercure de Juillet , p. 1609. dont le Sujet est l'Amour de Village, ou l'Amour Naïf. Cel le-ci porte pour titre , l'Amour de Ville , ou l'Amour Coquet. On lit ces Vers au bas.
Loin de l'innocence des Bois ,
Pour le fidele Amour il n'est point de retraite :
Ala Ville on suit d'autres loix ;
3
Ee
213 MERCURE DE FRANCE
1
Et c'est un jeu pour la Coquette ,
De tromper deux cœurs à la fois.
Ce Sujet est traité d'une maniere élégante et
ine, avec des expressions justes et délicates ; une
très-belle personne , galamment ajustée , reçoit
la déclaration et les sermens de son Amant, dans
le moment qu'elle glisse adroitement un Poulet
à un petit More , qui le reçoit de même , et fait
connoître par an souris malin , la legereté du
cœur de sa Maîtresse. Le sieur Lepicie demeure
rue S. Louis , au coin de l'Abrevoir du Quai des Orfévres , chez M. Marlié.
véritablement digne de la curiosité des plus
grands Connoisseurs. Elle est excellemment gra- vée par C. N. Cochin , d'après un petit Tableau
de chevalet en hauteur , de M. le Moine , repré-
*SCR-
OCTOBRE. 1732. 22.1 S
sentant Jacob arrivant en Mésopotamie , apperce
vant Rachel , et se faisant connoître à elle. Ce Tableau est dans le Cabinet de la Comtesse de Ver
rue. Le sieur Cochin , chez qui se vend cette
Estampe, rue S. Jacques , à S. Prosper , n'avoit pas
encore gravé de si grandes Figures ; il ne connoissoit pas tout son talent. Il a sçû allier dans
cet Ouvrage tout ce que son Burin a de tendre et
de pittoresque , avec l'harmonie enchanteresse
la suavité , les graces naïves et touchantes du
Pinceau de M. le Moine. Cette Estampe est dédiée au Cardinal de Poligna , aussi illustre par
les lumieres de l'esprit , l'amour et la connoissance des beaux Arts , que par la grande naissance et les éminentes Dignitez.
Voici une autre Estampe en hauteur et moins
grande, qu'on peut comparer à celle qu'on vient d'annoncer , quoique dans un genre très- différent , et c'est en faire un fort grand éloge. Nous croyons que les Auteurs de ces deux excellens
morceaux ne se plaindront pas du parallele , et
que le Public confirmera notre suffrage.
Cette nouvelle Estampe du sieur Lepicié , d'après un Tableau estimé de M. Charles Coypel est le pendant de celle que nous avons annoncée
dans le Mercure de Juillet , p. 1609. dont le Sujet est l'Amour de Village, ou l'Amour Naïf. Cel le-ci porte pour titre , l'Amour de Ville , ou l'Amour Coquet. On lit ces Vers au bas.
Loin de l'innocence des Bois ,
Pour le fidele Amour il n'est point de retraite :
Ala Ville on suit d'autres loix ;
3
Ee
213 MERCURE DE FRANCE
1
Et c'est un jeu pour la Coquette ,
De tromper deux cœurs à la fois.
Ce Sujet est traité d'une maniere élégante et
ine, avec des expressions justes et délicates ; une
très-belle personne , galamment ajustée , reçoit
la déclaration et les sermens de son Amant, dans
le moment qu'elle glisse adroitement un Poulet
à un petit More , qui le reçoit de même , et fait
connoître par an souris malin , la legereté du
cœur de sa Maîtresse. Le sieur Lepicie demeure
rue S. Louis , au coin de l'Abrevoir du Quai des Orfévres , chez M. Marlié.
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Résumé : Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Le texte présente deux estampes remarquables. La première, gravée par Charles-Nicolas Cochin d'après un tableau de M. le Moine, illustre Jacob arrivant en Mésopotamie et rencontrant Rachel. Cette œuvre appartient à la Comtesse de Verrue et est dédiée au Cardinal de Polignac. Cochin y démontre une harmonie entre la tendresse et le pittoresque de son burin et les qualités du pinceau de M. le Moine. La seconde estampe, plus petite, est réalisée par Lepicié d'après un tableau de Charles Coypel. Intitulée 'L'Amour de Ville, ou l'Amour Coquet', elle montre une femme élégante recevant les déclarations de son amant tout en transmettant un message à un jeune homme, symbolisant la légèreté de son cœur. Lepicié réside rue Saint-Louis, au coin de l'Abrevoir du Quai des Orfèvres, chez M. Marlié.
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15
p. 174-175
Nouvelles Estampes gravées ; Andromede &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une tres-belle Estampe en large, dont le sujet excellemment traité, [...]
Mots clefs :
Charles Coypel, Estampe, Persée, Andromède
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes gravées ; Andromede &c. [titre d'après la table]
Il paroît une tres- belle Estampe en lar◄
ge , dont le sujet excellemment traité
par M. Charles Coypel , représente Persée
délivrant Andromede , exposée au
Monstre , sur un Rocher au bord de la
Mer. Il n'y a rien à désirer dans l'action
et l'expression de ces deux principaux
Personnages , non plus que dans les deux
Figures du Pere et de la Mere , placées
sur la premiere ligne de cette riche et
élegante Composition , dont ces Vers
qu'on lit au bas , acheveront la description
:
Fuyez , jalouses Néréïdes
Fuyez dans vos Grottes humides ;
Persée aime Androméde , et lui rendra le jour ;
Le Monstre servira de trophée à sa gloire ,
Et c'est pour Andromède une double victoire ,
Que de triompher par l'Amour.
Cette
JANVIER. 1733. 175
Cette Estampe est tres- bien gravée par
le S Surugue ( d'après le Tableau Origi
nal qui est dans le Cabinet du Roy ) et
se vend chez lui , rue des Noyers.
Le même Louis Surugue , vend une
nouvelle Estampe , de la suite du Roman
Comique , gravée par Edme Jeaurat , d'a
près le Tableau du S J. B. Pater , qui a
ingénieusement représenté le Pocte Roquebrun
, qui rompt la Ceinture de sa
Culotte , en voulant monter à Cheval
à la place de Ragotin . Tom. 1. ch, 20.
ge , dont le sujet excellemment traité
par M. Charles Coypel , représente Persée
délivrant Andromede , exposée au
Monstre , sur un Rocher au bord de la
Mer. Il n'y a rien à désirer dans l'action
et l'expression de ces deux principaux
Personnages , non plus que dans les deux
Figures du Pere et de la Mere , placées
sur la premiere ligne de cette riche et
élegante Composition , dont ces Vers
qu'on lit au bas , acheveront la description
:
Fuyez , jalouses Néréïdes
Fuyez dans vos Grottes humides ;
Persée aime Androméde , et lui rendra le jour ;
Le Monstre servira de trophée à sa gloire ,
Et c'est pour Andromède une double victoire ,
Que de triompher par l'Amour.
Cette
JANVIER. 1733. 175
Cette Estampe est tres- bien gravée par
le S Surugue ( d'après le Tableau Origi
nal qui est dans le Cabinet du Roy ) et
se vend chez lui , rue des Noyers.
Le même Louis Surugue , vend une
nouvelle Estampe , de la suite du Roman
Comique , gravée par Edme Jeaurat , d'a
près le Tableau du S J. B. Pater , qui a
ingénieusement représenté le Pocte Roquebrun
, qui rompt la Ceinture de sa
Culotte , en voulant monter à Cheval
à la place de Ragotin . Tom. 1. ch, 20.
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Résumé : Nouvelles Estampes gravées ; Andromede &c. [titre d'après la table]
Le texte présente deux estampes. La première, réalisée par Charles Coypel et gravée par Louis Surugue, représente Persée délivrant Andromède d'un monstre marin. Cette œuvre, inspirée d'un tableau du cabinet du roi, met en scène Persée et Andromède avec une action et une expression parfaites. Les parents d'Andromède sont également présents, ajoutant à la richesse de la composition. Une description poétique au bas de l'estampe souligne l'amour de Persée pour Andromède et sa victoire sur le monstre. Cette estampe est disponible à la vente chez l'artiste, rue des Noyers. La seconde estampe, issue de la suite du Roman Comique, est gravée par Edme Jeaurat d'après un tableau de Jean-Baptiste Pater. Elle illustre le personnage de Roquebrun en train de rompre la ceinture de sa culotte en montant à cheval à la place de Ragotin.
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16
p. 772-773
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu, chez la veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'or ; et chez [...]
Mots clefs :
Estampe, Peintre, Beauté
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu , chez la veuve Chereau
rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or ; et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
une Estampe nouvellement gravée d'après un
des plus beaux Tableaux de fen Watteau , Peintre
Flamand , de l'Academie Royale de Peinture
et de Sculpture. Le Sujet aussi galand qu'allégorique
, represente l'Embarquement des Pellerins
pour l'Isle de Cithere . Le Tableau original est
d'une grande composition et d'un effet charmant
; il est dans le Cabinet de M. de Jullienne,
lequel continue depuis plus de douze années à
faire graver tous les Ouvrages de ce gracieux
Peintre , nous pouvons assurer que celui - cy est
un de ceux qui fait le plus de plaisir. Il est tresheureusement
gravé par le sieur Tardieu , grande
Estampe en largeur.
Il paroît aussi une nouvelle Estampe en large ;
gravée par le sieur L. Desplaces , d'après un Tableau
du Parmesan , représentant Venus et l'Amour.
Elle se vend chez l'Auteur , ruë de la Jussienne.
Il paroît encore depuis peu deux fort belles
Estampes en large , qui ont un fort grand débit ,
chez le sieur Odieuvre , Marchand d'Estampes
sur le Quay de l'Ecole , vis -à - vis la Samaritaine
. Les Sujets sont la Naissance et la Mort dAdonis
tres- bien gravez , par le S Aubert , d'après
deux Tableaux originaux de M. Boucher ,
dont le Pinceau et le Dessein répondent à la
beauté de la composition.
r
L'Estam
AVRIL. 1733. 773
L'Estampe de la Dille Sallé , dont on a parlé
dans le dernier Mercure , pag. 54. a tres-bien
réussi , et fait tres - grand plaisir aux Curieux .
Cette admirable Danseuse est representée dansant
au son de quatre Instrumens , et suivie do
trois autres Danseuses , dans un beau Païsage
orné d'un riche morceau d'Architecture. Cette
Planche , qui fait directement pendant à celle de
la Dile Camargo, est tres - bien gravée par le sieur
Delarmessin , d'après l'original , peint par le sieur
Lancret , Peintre distingué de l'Académie. On
lit ces Vers au bas :
Maîtresse de cet Art , que guide l'Harmonie ,
Je peins les passions , j'exprime la gayeté ;
Je joints des pas brillans , au feu de mon génie ,
Les Graces , la Justesse et la Légereté ,
Sans offenser l'aimable modestie ,
Qui de mon sexe augmente la beauté.
Cette Estampe se vend chez le sieur Lancrer
à l'entrée du Quay de la Ferraille , à la Croix de
Perles ; chez N. Delarmessin , ruë du Platre ; et
chez la veuve Chereau , ruë S Jacques.
rue S. Jacques , aux deux Pilliers d'or ; et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
une Estampe nouvellement gravée d'après un
des plus beaux Tableaux de fen Watteau , Peintre
Flamand , de l'Academie Royale de Peinture
et de Sculpture. Le Sujet aussi galand qu'allégorique
, represente l'Embarquement des Pellerins
pour l'Isle de Cithere . Le Tableau original est
d'une grande composition et d'un effet charmant
; il est dans le Cabinet de M. de Jullienne,
lequel continue depuis plus de douze années à
faire graver tous les Ouvrages de ce gracieux
Peintre , nous pouvons assurer que celui - cy est
un de ceux qui fait le plus de plaisir. Il est tresheureusement
gravé par le sieur Tardieu , grande
Estampe en largeur.
Il paroît aussi une nouvelle Estampe en large ;
gravée par le sieur L. Desplaces , d'après un Tableau
du Parmesan , représentant Venus et l'Amour.
Elle se vend chez l'Auteur , ruë de la Jussienne.
Il paroît encore depuis peu deux fort belles
Estampes en large , qui ont un fort grand débit ,
chez le sieur Odieuvre , Marchand d'Estampes
sur le Quay de l'Ecole , vis -à - vis la Samaritaine
. Les Sujets sont la Naissance et la Mort dAdonis
tres- bien gravez , par le S Aubert , d'après
deux Tableaux originaux de M. Boucher ,
dont le Pinceau et le Dessein répondent à la
beauté de la composition.
r
L'Estam
AVRIL. 1733. 773
L'Estampe de la Dille Sallé , dont on a parlé
dans le dernier Mercure , pag. 54. a tres-bien
réussi , et fait tres - grand plaisir aux Curieux .
Cette admirable Danseuse est representée dansant
au son de quatre Instrumens , et suivie do
trois autres Danseuses , dans un beau Païsage
orné d'un riche morceau d'Architecture. Cette
Planche , qui fait directement pendant à celle de
la Dile Camargo, est tres - bien gravée par le sieur
Delarmessin , d'après l'original , peint par le sieur
Lancret , Peintre distingué de l'Académie. On
lit ces Vers au bas :
Maîtresse de cet Art , que guide l'Harmonie ,
Je peins les passions , j'exprime la gayeté ;
Je joints des pas brillans , au feu de mon génie ,
Les Graces , la Justesse et la Légereté ,
Sans offenser l'aimable modestie ,
Qui de mon sexe augmente la beauté.
Cette Estampe se vend chez le sieur Lancrer
à l'entrée du Quay de la Ferraille , à la Croix de
Perles ; chez N. Delarmessin , ruë du Platre ; et
chez la veuve Chereau , ruë S Jacques.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
En avril 1733, plusieurs estampes notables ont été mises en vente à Paris. Une estampe gravée par Tardieu, d'après un tableau de Jean-Antoine Watteau, représentant 'L'Embarquement pour l'île de Cythère', est disponible chez la veuve Chereau et chez Surrugues. Ce tableau, appartenant à M. de Jullienne, est considéré comme l'un des plus plaisants de Watteau. Une autre estampe, gravée par L. Desplaces d'après un tableau du Parmesan représentant Vénus et l'Amour, est vendue par son auteur rue de la Jussienne. Deux estampes représentant la Naissance et la Mort d'Adonis, gravées par Aubert d'après des tableaux de François Boucher, sont disponibles chez Odieuvre sur le Quay de l'Ecole. Enfin, une estampe de la danseuse Dille Sallé, gravée par Delarmessin d'après un original de Lancret, est également en vente chez plusieurs marchands. Cette estampe montre Dille Sallé dansant au son de quatre instruments, accompagnée de trois autres danseuses, dans un paysage orné d'architecture.
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17
p. 2036-2037
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une nouvelle Estampe d'après Wauvermans, faite sur le Tableau Original du Cabinet [...]
Mots clefs :
Estampe, Composition, Roman comique, Surugue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Il paroît une nouvelle Estampe d'après Wauvermans
, faite sur le Tableau Original du Cabinets
? SEPTEMBRE. 1733. 2037
binet de M. Hallée , de 19. pouces de large , sur
15. représentant une Course de Bague , d'une
très- belle ordonnance et d'une composition riche
et ingénieuse. Le sieur Moyreaus , qui a grave
"cette Estampe , la vend chez lui , ruë Galande ,
vis- à- vis S. Blaise.
Deux autres nouvelles Estampes en large , de
la suite du Roman Comique de Scarron , paroissent
chez Surugue , rue des Noyers , d'après les
Tableaux du sieur Pater ; la composition en est
heureuse et bien executée. Le premier Sujet gravé
par le sieur Lépicié , est tiré du Chap. 10. du
2. Tome du Roman Comique , et représente la
Piramide d'ailes et de cuisses de Poulets , élevée sur
l'assiete du Destin par Mad . Bouvillon.
Le second Sujet , gravé par le sieur Surugue
représente Mad. Bouvillon , qui , pour tenter le
Destin , le prie de lui chercher une puce , tiré du
même second Tome , Chap . XI ,
, faite sur le Tableau Original du Cabinets
? SEPTEMBRE. 1733. 2037
binet de M. Hallée , de 19. pouces de large , sur
15. représentant une Course de Bague , d'une
très- belle ordonnance et d'une composition riche
et ingénieuse. Le sieur Moyreaus , qui a grave
"cette Estampe , la vend chez lui , ruë Galande ,
vis- à- vis S. Blaise.
Deux autres nouvelles Estampes en large , de
la suite du Roman Comique de Scarron , paroissent
chez Surugue , rue des Noyers , d'après les
Tableaux du sieur Pater ; la composition en est
heureuse et bien executée. Le premier Sujet gravé
par le sieur Lépicié , est tiré du Chap. 10. du
2. Tome du Roman Comique , et représente la
Piramide d'ailes et de cuisses de Poulets , élevée sur
l'assiete du Destin par Mad . Bouvillon.
Le second Sujet , gravé par le sieur Surugue
représente Mad. Bouvillon , qui , pour tenter le
Destin , le prie de lui chercher une puce , tiré du
même second Tome , Chap . XI ,
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
En septembre 1733, une estampe de Wauvermans représentant une course de bague est publiée. Elle est gravée par Moyreaus et vendue rue Galande. Deux autres estampes du Roman Comique de Scarron, inspirées des tableaux de Pater, sont disponibles chez Surugue rue des Noyers. Elles illustrent des scènes du deuxième tome, gravées par Lépicié et Surugue.
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18
p. 2460-2461
Nouvelles Estampes &c. [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Moyreau a gravé et mis en vente depuis peu une Estampe en hauteur, d'après le [...]
Mots clefs :
Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes &c. [titre d'après la table]
Le sieur Moyreau a gravé et mis en vente.
depuis peu une Estampe en hauteur , d'aprè ple
Tableau original de Ph. Wovermans , de 20
pouces de haut sur 17. de large , du Cabinet de
M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Elle est intitulée , les Marchands de Chevaux , et
se vend chez l'Auteur , ruë Galande , vis - à- vis .
S. Blaise.
depuis peu une Estampe en hauteur , d'aprè ple
Tableau original de Ph. Wovermans , de 20
pouces de haut sur 17. de large , du Cabinet de
M. Hallée , Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Elle est intitulée , les Marchands de Chevaux , et
se vend chez l'Auteur , ruë Galande , vis - à- vis .
S. Blaise.
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19
p. 349
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une onzième Estampe, gravée par le sieur Moyreau, d'après le Tableau de Wauvremens, [...]
Mots clefs :
Cabinet de la Comtesse de Verrue, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Il paroît une onzième Estampe , gravée par
le sieur Moyreau , d'après le Tableau de Wauvremens
, du fameux Cabinet de la Comtesse de
Verrue ; c'est un Paysage en large , où l'on voit
des Passans qui boivent et font repaître leurs
Chevaux à la porte d'un Cabaret . C'est une des
plus heureuses et des plus picquantes compositions
de cet excellent Maître .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis- à- vis S. Blaise.
le sieur Moyreau , d'après le Tableau de Wauvremens
, du fameux Cabinet de la Comtesse de
Verrue ; c'est un Paysage en large , où l'on voit
des Passans qui boivent et font repaître leurs
Chevaux à la porte d'un Cabaret . C'est une des
plus heureuses et des plus picquantes compositions
de cet excellent Maître .
Cette Estampe se vend chez l'Auteur , ruë Galande
, vis- à- vis S. Blaise.
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20
p. 940-942
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Cochin, de l'Académie Royale de Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watteau, [...]
Mots clefs :
Nouvelles estampes, Tableaux, Estampe, Théâtre, Originaux, Cochin, Filloeul, Joullain
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le sieur Cochin , de l'Académie Royale de
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
Peinture, vient de graver deux Tableaux de Watdes
plus terminez qu'il ait faits , l'un représente
l'Amour au Théatre François , et l'autre ,
l'Amour au Théatre Italien , du Cabinet de M. de
Rosnel . Ils sont gravez de la même grandeur des
Originaux er au miroir , pour que toutes les actions
soient à droite , comme dans les Tableaux ,
Ces Estampes se vendent à Paris , chez la veuve
Chereau , sue S. Jacques , et chez Gautrot ,
Quay de la Mégisserie.
Il paroît deux nouvelles Estampes , gravées par
le sieur Moyreau , d'après Wauvermans , la premiere
intitulée , la Buvette des Chasseurs , où l'on
voit dans un beau Paysage , un Equipage de
Chasse , des Chevaux et des Chiens dans l'eau ,
&c. Cette Estampe est de la même grandeur du
Tableau Original , qui a 19. pouces de large sur
15. de haut.
La deuxième Estampe, intitulée la Fontaine des
Chasseurs , est moins grande , mais d'une composition
plus heureuse et plus picquante. Ce charmant
Tableau est dans le fameux Cabinet de la
Comtesse de Verrue , et il est bien digne d'y
être.
MAY. 1734 941
.
Ces Estampes se veadent chez le Graveur , rue
Galande , vis - à - vis S. Blaise . Ces deux derniers
Morceaux terminent une suite de 12. Pieces, gra.
vées par le même Auteur, d'après le même Maître.
Il paroît aussi depuis peu deux nouvelles Estampes
, gravées par le sieur Filloul , chez lequel
elles se vendent , ruë Bordet à l'Hôtel de Vendosme
, près sainte Geneviève. Elles sont faites
d'après deux Tableaux du sieur Pater , qui a traité
deux Sujets tirez de la Fontaine , les Voeux
indiscrets et la Courtisanne Amoureuse.
Le même Auteur à gravé au trait seulement
d'après les Desseins Originaux de Watteau , une
suite de 27. Planches , qu'on vend chez lui sous
ce titre : Livre de differens caracteres de têtes , ¿c.
Le sieur Joullain , vient de mettre au jour deux
Chasses qu'il a gravées , l'une de Loup et l'autre
de Sanglier , d'après M. Desportes , dont les Tableaux
Originaux sont dans le Château de Virginie
, appartenant à M. Glucq , à qui ces Estampes
sont dédiées ; l'Auteur les donne au
Public en conséquence du Privilege qu'il en a obtenu
.
Le même Auteur a aussi gravé un fort beau
Portrait de M. Desportes en Chasseur , six figures
de la Comédie Italienne , d'après feu M. Gillot
, 84 autres figures de Théatre , d'après le
même ; trois Estampes intitulées , les Agrémens
de la Campagne ; le Concert Pastoral , et la Récréation
Champêtre , d'après M. Lancret. Le tout
se vend chez le sieur Gautrot , Marchands d'Estampes
, sur le Quay de la Mégisserie , à la Ville
de Rome , où l'on trouve aussi toutes sortes
d'i sta npes anciennes et modernes.
Il
942 MERCURE DE FRANCE
Il paroît encore une très -belle Estampe , gra
vée en hauteur par M. Larmessin , d'après un
Portrait en pied du sieur Vanloo , Peintre de
l'Académie Royale de Peinture . On lit au bas ,
à côté des Ecussons accolez . CATHERINE OPALINSKA
, REINE DE POLOGNE.
Cette Estampe se vend chez N. de Larmessin , Gra
veur du Roy , ruë des Noyers .
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs gravures et estampes récemment réalisées par divers artistes. Le sieur Cochin, membre de l'Académie Royale de Peinture, a gravé deux tableaux de Watteau : 'L'Amour au Théâtre Français' et 'L'Amour au Théâtre Italien', appartenant au Cabinet de M. de Rosnel. Ces estampes sont vendues à Paris chez la veuve Chereau et chez Gautrot. Moyreau a gravé deux estampes d'après Wauvermans : 'La Buvette des Chasseurs' et 'La Fontaine des Chasseurs', cette dernière étant particulièrement remarquée pour sa composition. Ces œuvres se vendent chez le graveur, rue Galande. Filloul a gravé deux estampes d'après les tableaux du sieur Pater, inspirés de la Fontaine : 'Les Voeux indiscrets' et 'La Courtisanne Amoureuse'. Joullain a mis au jour deux chasses, 'Loup' et 'Sanglier', d'après Desportes, ainsi que plusieurs autres œuvres, dont un portrait de Desportes et des figures de la comédie italienne. Larmessin a gravé un portrait en pied du sieur Vanloo, représentant Catherine Opalinska, Reine de Pologne. Ces estampes sont disponibles chez leurs respectifs graveurs et marchands.
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21
p. 187-188
GRAVURE.
Début :
Le Médecin empirique, gravé d'après le tableau original de David Teniers, du [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Le Médecin empirique , gravé d'après
le tableau original de David Teniers , du
cabinet de M. le Comte de Vence , par
J. Tardieu , Graveur du Roi , rue des
Noyers , vis-à- vis celle des Anglois. -
188 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en for
Académie royale de Peinture & Sculpture,
vient de mettre au jour une nouvelle
Eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente le Départ des Cavaliers.
Le tableau original eft au cabinet
de M. L. B. D. H. C'eſt le n° . 78 de la
fuite. Sa demeure eft rue des Mathurins ,
la quatrième porte cochere à gauche , en
entrant par la rue de la Harpe.
Le Médecin empirique , gravé d'après
le tableau original de David Teniers , du
cabinet de M. le Comte de Vence , par
J. Tardieu , Graveur du Roi , rue des
Noyers , vis-à- vis celle des Anglois. -
188 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en for
Académie royale de Peinture & Sculpture,
vient de mettre au jour une nouvelle
Eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente le Départ des Cavaliers.
Le tableau original eft au cabinet
de M. L. B. D. H. C'eſt le n° . 78 de la
fuite. Sa demeure eft rue des Mathurins ,
la quatrième porte cochere à gauche , en
entrant par la rue de la Harpe.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux gravures récentes. La première, 'Le Médecin empirique', est de J. Tardieu, d'après David Teniers, et appartient au Comte de Vence. La seconde, 'Le Départ des Cavaliers', est de MOYREAU, d'après P. Wouvermans, et se trouve au cabinet de M. L. B. D. H., rue des Mathurins.
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22
p. 152-154
GRAVURE.
Début :
L'Accueil favorable que le public a fait à l'estampe du Philosophe en méditation, [...]
Mots clefs :
Tableau, Estampe, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAV U R E.
' Accueil favorable que le public a fait
que le fieur Surugue , Graveur du Roi , a
faite d'après le précieux tableau de Rimbrant
, qui eft dans le cabinet de M. leComte
de Vence , & la bienveillance de cet
illuftre amateur pour les Artiftes , ont engagé
l'auteur à entreprendre de graver le
fecond tableau du même Maître qu'il poffede
auffi , & qui fait le regard du premier.
Il repréfente un autre Philofophe
affis devant une table tout proche d'une
fenêtre , d'où vient la lumiere qui éclaire
le fujet ; l'attitude attentive de la tête &
des mains jointes pofées fur fes genoux ,
font voir qu'il eft abforbé , pour ainfi dire,
par la contemplation de quelque idée abſtraite
. Sur le devant à droite de celui qui
regarde l'eftampe , eft une cuifiniere qui
en tirant à elle d'une main une marmite ,
de l'autre attife le feu ; dans le fond eft
un efcalier fingulier , fur lequel , & dans
l'ombre, eft une Dame qui ouvre une porte
& tient d'une main une theïere.
Rimbrant paroît avoir voulu repréſenter
dans ces deux tableaux les effets de deux
MAR S. 1755. 153
:
lumieres différentes pour éclairer un même
lieu dans le premier c'eft un coup de foleil
, qui entrant par une fenêtre produit
une lumiere vive , mais fixée en un endroit.
Le tableau que l'on donne aujour
d'hui eft de même éclairé par une fenêtre
ouverte , mais feulement par un jour naturel
, fans foleil , qui répand une lumiere
plus douce fur les objets qu'elle rencontre
; cette différence extrêmement difficile
à exprimer en peinture & encore plus en
gravûre , fe trouve auffi vraie dans les
eftampes qu'elles le font dans les tableaux.
Ces eftampes fe débitent chez l'auteur
rue des Noyers , attenant un magafin de
papier , vis -à- vis S. Yves , à Paris.
Nous donnons avis auffi , & nous croyons
obliger le public , que l'on trouve chez ledit
fieur Surugue , Graveur du Roi , Phif
toire de Don Quichote , en vingt- cinq eftampes
, peintes par Ch. Coypel , premier
Peintre du Roi.
Le Roman comique de Scarron , en feize
eftampes , peintes par Pater , dont les tableaux
deviennent très-rares.
C
La galerie de l'Hôtel de Bretonvilliers ,
peinte en quatorze tableaux , par Sebaftien
Bourdon , dont le grand mérite eft connu
elles font gravées par lui -même.
La galerie du Palais royal , repréſentant
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
l'Énéïde de Virgile , en quinze eftampes ,
gravées par les plus habiles Graveurs de
Paris , fur les tableaux d'Ant. Coypel .
Et auffi toutes fortes d'eftampes , dont
il diftribue gratis le catalogue.
' Accueil favorable que le public a fait
que le fieur Surugue , Graveur du Roi , a
faite d'après le précieux tableau de Rimbrant
, qui eft dans le cabinet de M. leComte
de Vence , & la bienveillance de cet
illuftre amateur pour les Artiftes , ont engagé
l'auteur à entreprendre de graver le
fecond tableau du même Maître qu'il poffede
auffi , & qui fait le regard du premier.
Il repréfente un autre Philofophe
affis devant une table tout proche d'une
fenêtre , d'où vient la lumiere qui éclaire
le fujet ; l'attitude attentive de la tête &
des mains jointes pofées fur fes genoux ,
font voir qu'il eft abforbé , pour ainfi dire,
par la contemplation de quelque idée abſtraite
. Sur le devant à droite de celui qui
regarde l'eftampe , eft une cuifiniere qui
en tirant à elle d'une main une marmite ,
de l'autre attife le feu ; dans le fond eft
un efcalier fingulier , fur lequel , & dans
l'ombre, eft une Dame qui ouvre une porte
& tient d'une main une theïere.
Rimbrant paroît avoir voulu repréſenter
dans ces deux tableaux les effets de deux
MAR S. 1755. 153
:
lumieres différentes pour éclairer un même
lieu dans le premier c'eft un coup de foleil
, qui entrant par une fenêtre produit
une lumiere vive , mais fixée en un endroit.
Le tableau que l'on donne aujour
d'hui eft de même éclairé par une fenêtre
ouverte , mais feulement par un jour naturel
, fans foleil , qui répand une lumiere
plus douce fur les objets qu'elle rencontre
; cette différence extrêmement difficile
à exprimer en peinture & encore plus en
gravûre , fe trouve auffi vraie dans les
eftampes qu'elles le font dans les tableaux.
Ces eftampes fe débitent chez l'auteur
rue des Noyers , attenant un magafin de
papier , vis -à- vis S. Yves , à Paris.
Nous donnons avis auffi , & nous croyons
obliger le public , que l'on trouve chez ledit
fieur Surugue , Graveur du Roi , Phif
toire de Don Quichote , en vingt- cinq eftampes
, peintes par Ch. Coypel , premier
Peintre du Roi.
Le Roman comique de Scarron , en feize
eftampes , peintes par Pater , dont les tableaux
deviennent très-rares.
C
La galerie de l'Hôtel de Bretonvilliers ,
peinte en quatorze tableaux , par Sebaftien
Bourdon , dont le grand mérite eft connu
elles font gravées par lui -même.
La galerie du Palais royal , repréſentant
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
l'Énéïde de Virgile , en quinze eftampes ,
gravées par les plus habiles Graveurs de
Paris , fur les tableaux d'Ant. Coypel .
Et auffi toutes fortes d'eftampes , dont
il diftribue gratis le catalogue.
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Résumé : GRAVURE.
Le graveur du Roi, Surugue, a reçu un accueil favorable pour une gravure réalisée d'après un tableau de Rembrandt appartenant au comte de Vence. Encouragé par ce succès, Surugue a gravé un second tableau de Rembrandt, représentant un philosophe en contemplation abstraite. Cette scène inclut une cuisinière et une dame dans l'ombre, éclairée par une lumière naturelle douce, contrastant avec la lumière vive du premier tableau. Les estampes de Surugue sont vendues rue des Noyers à Paris. Parmi les autres œuvres disponibles, on trouve des estampes de 'Don Quichotte' par Charles Coypel, du 'Roman comique' de Scarron par Pater, et des gravures de la galerie de l'Hôtel de Bretonvilliers par Sébastien Bourdon. Une série d'estampes représentant 'L'Énéïde' de Virgile, gravées par des artistes parisiens d'après les tableaux d'Antoine Coypel, est également mentionnée. Surugue distribue gratuitement le catalogue de ces œuvres.
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23
p. 131-134
GRAVURE. Lettre à l'Auteur du Mercure.
Début :
Je vous adresse, Monsieur, la justification de M. Duflos, attaqué dans l'article [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe, Claude-Augustin Duflos
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. Lettre à l'Auteur du Mercure.
GRAVURE.
Lettre à l'Auteur du Mercure.
E vous adreffe , Monfieur , la juftifica-
Jinus ad. Duños , attaqué dans l'article
quatrieme du Mercure de Mars : je
vous crois trop équitable pour ne pas
l'inférer
dans celui de Mai ; vous le devez
d'autant plus volontiers qu'elle y tiendra
peu de place ; elle eft auffi courte que fim- eſt
ple.
Un ancien éleve de M. Boucher , &
qu'il ne defavoueroit pas , a remis gratuitement
des deffeins de fon Maître au fieur
Duflos , dont il eft l'ami ; ce Graveur en a
fait l'ufage que tous fes confreres en euffent
fait à fa place. Les deffeins de M. Boucher
plaifent , on fe les arrache ; ils tombent
dans fes mains , il les grave ; affuré du
débit , il les recherche avec plus de foin .
Mais je veux qu'il les eut acquis par des
voies illégitimes ; la mauvaiſe humeur ne
laiffoit- elle à notre fçavant artifte d'autre
reffource que de rendre le larcin public ?:
C'eftun moyen ignoré jufqu'ici de fes con
E vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Freres , & qui plus d'une fois dans le cas
de fe plaindre auffi hautement , n'en ont
rien fait ; la réputation étant , au jugement
des hommes , le plus précieux de tous les
biens , demande des égards infinis . Celle
de notre illuftre Académicien eft fi folidement
établie , que des gravûres qu'il ne
veut pas reconnoître , n'étoient pas faites
pour y porter atteinte : que ne laiffoit- il
juger le public ? Il eût vu clair , & il eût
rendu autant de juftice à fa modération
qu'il en rend à fes ouvrages.
Mais tout grand homme a fa manie ;
celle de M. Boucher eft de n'être point
gravé occupé de beaucoup d'ouvrages
qui plaifent , les momens lui échappent
>
n'a pas toujours le tems d'être neuf ; fes
rableaux répandus chez des particuliers ,
ne font pas connus de tout le monde ; fi
la province lui en demande, quelques coups .
de crayon
, quelques traits habilement
ajoûtés ou changés , en font des portraits
nouveaux , & donnent aux Peintres le tems
de refpirer la gravûre y perd , & le public
auffi , mais l'Académicien
y gagne.
:
Inconnu à M. Boucher & à M. Duflos ,
je n'ai d'autre but , Monfieur , que de défendre
un artifte , dont la bonne foi méritoit
plus d'indulgence ; je fouhaiterois apprendre
à leurs femblables les égards qu'ils
MAÍ. 1755. 133
fe doivent réciproquement , & faite connoître
à tous les Peintres qu'ils trouveront
toujours les Graveurs prêts à profiter de
leurs inftructions lorfqu'ils voudront bien
fe communiquer avec le ton de politeffe
& d'affabilité , qui jette autant d'éclat fur
les arts , qu'il honore & diftingue les François.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ce 20 Mars 1755.
LE fieur Gaillard , Graveur en tailledouce
, qui a déja mis au jour plufieurs
eftampes dont le public a été fort fatisfait
, lui en préfente encore une nouvelle
qui pourra également mériter fon fuffrage.
Elle eft gravée d'après un tableau du célebre
M. Boucher , & repréſente une jeune
& belle Dame à fa toilette. Une jolie Marchande
de modes eft affife par terre à fes
pieds , & étale à fes yeux tous les brillans
colifichets dont le beau fexe fait aujourd'hui
fa parure.
On trouve cette eftampe chez l'auteur ,
rue S. Jacques , au- deffus des Jacobins
chez un Perruquier.
*
PORTRAIT du P. Rainaud , gravé par Audrand
, d'après Bonnet. La reffemblance y
eft très bien faifie. On lit ce quatrain au
134
MERCURE DE FRANCE.
bas de l'eftampe , qui fe vend chez l'auteur ,
rue S. Jacques , à la ville de Paris .
Aux applaudiffemens dûs à fon éloquence ,
Ce grand Orateur échappé ,
Dans les vertus enveloppé ,
Prêche encore par fon filence .
M. NATTIER , Peintre du Roi , & Profeffeur
en fon Académie , vient de donner au
public l'eftampe qu'il a fait graver d'après
le portrait de la Reine , qui a paru au falon
du Louvre en 1748. La reffemblance & la
délicateffe du burin font honneur à M.
Tardieu , Graveur du Roi , connu depuis.
long - tems par les foins qu'il prend de bienfinir
fes ouvrages
.
Cette eftampe , qui s'imprime fur la demi-
feuille de papier grand aigle , fe diftribue
à Paris , chez M. Tardieu , rue des
Noyers , à côté du Commiffaire ; & chez
Joullain , quai de la Mégifferie , à la ville
de Rome.
Lettre à l'Auteur du Mercure.
E vous adreffe , Monfieur , la juftifica-
Jinus ad. Duños , attaqué dans l'article
quatrieme du Mercure de Mars : je
vous crois trop équitable pour ne pas
l'inférer
dans celui de Mai ; vous le devez
d'autant plus volontiers qu'elle y tiendra
peu de place ; elle eft auffi courte que fim- eſt
ple.
Un ancien éleve de M. Boucher , &
qu'il ne defavoueroit pas , a remis gratuitement
des deffeins de fon Maître au fieur
Duflos , dont il eft l'ami ; ce Graveur en a
fait l'ufage que tous fes confreres en euffent
fait à fa place. Les deffeins de M. Boucher
plaifent , on fe les arrache ; ils tombent
dans fes mains , il les grave ; affuré du
débit , il les recherche avec plus de foin .
Mais je veux qu'il les eut acquis par des
voies illégitimes ; la mauvaiſe humeur ne
laiffoit- elle à notre fçavant artifte d'autre
reffource que de rendre le larcin public ?:
C'eftun moyen ignoré jufqu'ici de fes con
E vj
132 MERCURE DE FRANCE.
Freres , & qui plus d'une fois dans le cas
de fe plaindre auffi hautement , n'en ont
rien fait ; la réputation étant , au jugement
des hommes , le plus précieux de tous les
biens , demande des égards infinis . Celle
de notre illuftre Académicien eft fi folidement
établie , que des gravûres qu'il ne
veut pas reconnoître , n'étoient pas faites
pour y porter atteinte : que ne laiffoit- il
juger le public ? Il eût vu clair , & il eût
rendu autant de juftice à fa modération
qu'il en rend à fes ouvrages.
Mais tout grand homme a fa manie ;
celle de M. Boucher eft de n'être point
gravé occupé de beaucoup d'ouvrages
qui plaifent , les momens lui échappent
>
n'a pas toujours le tems d'être neuf ; fes
rableaux répandus chez des particuliers ,
ne font pas connus de tout le monde ; fi
la province lui en demande, quelques coups .
de crayon
, quelques traits habilement
ajoûtés ou changés , en font des portraits
nouveaux , & donnent aux Peintres le tems
de refpirer la gravûre y perd , & le public
auffi , mais l'Académicien
y gagne.
:
Inconnu à M. Boucher & à M. Duflos ,
je n'ai d'autre but , Monfieur , que de défendre
un artifte , dont la bonne foi méritoit
plus d'indulgence ; je fouhaiterois apprendre
à leurs femblables les égards qu'ils
MAÍ. 1755. 133
fe doivent réciproquement , & faite connoître
à tous les Peintres qu'ils trouveront
toujours les Graveurs prêts à profiter de
leurs inftructions lorfqu'ils voudront bien
fe communiquer avec le ton de politeffe
& d'affabilité , qui jette autant d'éclat fur
les arts , qu'il honore & diftingue les François.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ce 20 Mars 1755.
LE fieur Gaillard , Graveur en tailledouce
, qui a déja mis au jour plufieurs
eftampes dont le public a été fort fatisfait
, lui en préfente encore une nouvelle
qui pourra également mériter fon fuffrage.
Elle eft gravée d'après un tableau du célebre
M. Boucher , & repréſente une jeune
& belle Dame à fa toilette. Une jolie Marchande
de modes eft affife par terre à fes
pieds , & étale à fes yeux tous les brillans
colifichets dont le beau fexe fait aujourd'hui
fa parure.
On trouve cette eftampe chez l'auteur ,
rue S. Jacques , au- deffus des Jacobins
chez un Perruquier.
*
PORTRAIT du P. Rainaud , gravé par Audrand
, d'après Bonnet. La reffemblance y
eft très bien faifie. On lit ce quatrain au
134
MERCURE DE FRANCE.
bas de l'eftampe , qui fe vend chez l'auteur ,
rue S. Jacques , à la ville de Paris .
Aux applaudiffemens dûs à fon éloquence ,
Ce grand Orateur échappé ,
Dans les vertus enveloppé ,
Prêche encore par fon filence .
M. NATTIER , Peintre du Roi , & Profeffeur
en fon Académie , vient de donner au
public l'eftampe qu'il a fait graver d'après
le portrait de la Reine , qui a paru au falon
du Louvre en 1748. La reffemblance & la
délicateffe du burin font honneur à M.
Tardieu , Graveur du Roi , connu depuis.
long - tems par les foins qu'il prend de bienfinir
fes ouvrages
.
Cette eftampe , qui s'imprime fur la demi-
feuille de papier grand aigle , fe diftribue
à Paris , chez M. Tardieu , rue des
Noyers , à côté du Commiffaire ; & chez
Joullain , quai de la Mégifferie , à la ville
de Rome.
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Résumé : GRAVURE. Lettre à l'Auteur du Mercure.
Une lettre adressée à l'auteur du Mercure de France défend un graveur nommé Duflos, accusé dans un article précédent. L'auteur de la lettre, un ancien élève de François Boucher, explique que Duflos a utilisé des dessins de Boucher pour créer des gravures, une pratique courante parmi les graveurs. Il justifie Duflos en précisant que, bien que les dessins aient été obtenus de manière illégitime, Duflos n'a pas cherché à nuire à la réputation de Boucher, dont la renommée est bien établie. La lettre critique également Boucher pour son manque de disponibilité et son désir de contrôler les reproductions de ses œuvres. L'auteur espère que cette affaire servira de leçon sur les égards réciproques entre peintres et graveurs. De plus, le texte mentionne plusieurs gravures récentes, dont une de Gaillard d'après un tableau de Boucher, une de Audrand représentant le Père Rainaud, et une de Tardieu d'après un portrait de la Reine par Nattier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 195-138
GRAVURE.
Début :
La nouvelle estampe que M. de Marcenay vient de mettre au jour, est gravée [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
A nouvelle eftampe que M. de Marcenay
vient de mettre au jour , eft gravée
d'après un payſage de Lucas Van-Uden ,
I ij
796 MERCURE DE FRANCE .
*
·
Peintre célebre dans ce genre , & qui a
-mérité l'eftime de Rubens pour lequel il a
travaillé fouvent. Le fujet eft un commen-
⚫cement d'orage ; le foleil fe couche & fait
place à des nuages qui s'amoncelent & qui
doivent renfermer la foudre , à en juger
-par l'action des figures , dont l'une à genoux
, les mains jointes & l'air effrayé ,
femble prier Dieu de détourner le nuage
i'épais qui s'avance ; les deux autres qui tèmoignent
également de l'effror , accélerent
le pas pour s'en mettre à l'abri , ce qui ' a
déterminé l'auteur à lui donner le titre
fuivant :
C
·
Coup
Le ciel fe couvre. Hâtons- nous,
.Il eft affez probable par le détail immen
fe & très-difficile à rendre dans la gravute
dans lequel Van- Uden eft entré , que c'eft
une vue de Flandre prife de la montagne ,
qui forme le premier plan , d'où l'on découvre
tine vafte plaine très - cultivéé ,
quoiqu'il y ait de grandes forêts ; une belle
riviere , après y avoir formé différens circuits
, y vient baigner fur le devant un antique
château , & entretenir par la fraîcheur
de fes eaux celle d'un bois , dont
Eépais feuillage paroît impénétrable aux
ardeurs du foleil.
Le Peintre a répandu dans ce tableau de
JUIN
1755. 197
grands effets , foit par les beaux accidens
qu'il y a ménagés habilement , foit par les
objets qui y étoient naturellement difpofés
; d'ailleurs il l'a peuplé d'une façon ,
agréable. On y voit un vol de heron , des
cygnes , des canards & des moutons qui
paiffent. Le Graveur a fi bien imité fa maniere
, qu'il eft devenu le rival de fon mo-,
dele , & qu'il paroît lui- même créer un
nouveau genre dans fon art. Son eftampe,
fe vend chez lui , rue des Vieux Auguftins ,
PORTRAIT de M. Chardin , deffiné
par M. Cochin , & gravé par M. Cars. Sa
reffemblance y eft heureufement faifie ;
cette naïveté qui forme fon caractere &
qui regne dans fes ouvrages , y frappe
d'abord les regards : on y reconnoît le La
Fontaine de la peinture.
T
Voici des vers faits pour être mis au bas
de cette eftampe. Un Artifte d'un talent fi
vrai mérite bien cette diftinction , & ne
peut être , felon moi , trop dignement cé-
Tébré par tous les arts réunis enſemble.
De quoi pourroit ici s'étonner la nature
C'eft le portrait naïf de l'un de ſes rivaux,
S'il refpire en cette gravure ,
Elle parle dans fes tableaux.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en fon
Académie royale de Peinture & de Sculpture
, vient de mettre au jour une nouvelle
eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente l'Ecurie flamande .
Le tableau original appartient à M. Denis ,
Tréforier général des Bâtimens du Roi ;
c'eft le n° . 79 de fa fuite . La demeure du
Graveur eft rue des Mathurins, la quatrieme
porte cochere à gauche , en entrant par la
rue de la Harpe.
A nouvelle eftampe que M. de Marcenay
vient de mettre au jour , eft gravée
d'après un payſage de Lucas Van-Uden ,
I ij
796 MERCURE DE FRANCE .
*
·
Peintre célebre dans ce genre , & qui a
-mérité l'eftime de Rubens pour lequel il a
travaillé fouvent. Le fujet eft un commen-
⚫cement d'orage ; le foleil fe couche & fait
place à des nuages qui s'amoncelent & qui
doivent renfermer la foudre , à en juger
-par l'action des figures , dont l'une à genoux
, les mains jointes & l'air effrayé ,
femble prier Dieu de détourner le nuage
i'épais qui s'avance ; les deux autres qui tèmoignent
également de l'effror , accélerent
le pas pour s'en mettre à l'abri , ce qui ' a
déterminé l'auteur à lui donner le titre
fuivant :
C
·
Coup
Le ciel fe couvre. Hâtons- nous,
.Il eft affez probable par le détail immen
fe & très-difficile à rendre dans la gravute
dans lequel Van- Uden eft entré , que c'eft
une vue de Flandre prife de la montagne ,
qui forme le premier plan , d'où l'on découvre
tine vafte plaine très - cultivéé ,
quoiqu'il y ait de grandes forêts ; une belle
riviere , après y avoir formé différens circuits
, y vient baigner fur le devant un antique
château , & entretenir par la fraîcheur
de fes eaux celle d'un bois , dont
Eépais feuillage paroît impénétrable aux
ardeurs du foleil.
Le Peintre a répandu dans ce tableau de
JUIN
1755. 197
grands effets , foit par les beaux accidens
qu'il y a ménagés habilement , foit par les
objets qui y étoient naturellement difpofés
; d'ailleurs il l'a peuplé d'une façon ,
agréable. On y voit un vol de heron , des
cygnes , des canards & des moutons qui
paiffent. Le Graveur a fi bien imité fa maniere
, qu'il eft devenu le rival de fon mo-,
dele , & qu'il paroît lui- même créer un
nouveau genre dans fon art. Son eftampe,
fe vend chez lui , rue des Vieux Auguftins ,
PORTRAIT de M. Chardin , deffiné
par M. Cochin , & gravé par M. Cars. Sa
reffemblance y eft heureufement faifie ;
cette naïveté qui forme fon caractere &
qui regne dans fes ouvrages , y frappe
d'abord les regards : on y reconnoît le La
Fontaine de la peinture.
T
Voici des vers faits pour être mis au bas
de cette eftampe. Un Artifte d'un talent fi
vrai mérite bien cette diftinction , & ne
peut être , felon moi , trop dignement cé-
Tébré par tous les arts réunis enſemble.
De quoi pourroit ici s'étonner la nature
C'eft le portrait naïf de l'un de ſes rivaux,
S'il refpire en cette gravure ,
Elle parle dans fes tableaux.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
MOYREAU , Graveur du Roi , en fon
Académie royale de Peinture & de Sculpture
, vient de mettre au jour une nouvelle
eftampe qu'il a gravée d'après P. Wouvermens
, qui repréfente l'Ecurie flamande .
Le tableau original appartient à M. Denis ,
Tréforier général des Bâtimens du Roi ;
c'eft le n° . 79 de fa fuite . La demeure du
Graveur eft rue des Mathurins, la quatrieme
porte cochere à gauche , en entrant par la
rue de la Harpe.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux gravures récentes. La première, réalisée par M. de Marcenay d'après un paysage de Lucas Van-Uden, peintre apprécié de Rubens, montre un début d'orage avec le soleil couchant et des nuages menaçants. La scène, probablement une vue de Flandre, inclut une plaine cultivée, des forêts, une rivière et un château antique. Van-Uden a intégré des éléments naturels et des animaux comme des hérons, des cygnes, des canards et des moutons. Le graveur a fidèlement reproduit le style de Van-Uden, créant un nouveau genre dans son art. Cette estampe est disponible chez l'artiste, rue des Vieux Augustins. Le texte mentionne également un portrait de M. Chardin, dessiné par M. Cochin et gravé par M. Cars, qui met en avant la naïveté caractéristique de Chardin, surnommé le 'La Fontaine de la peinture'. Enfin, Moyreau, graveur du Roi, a publié une nouvelle estampe d'après P. Wouvermans, représentant une écurie flamande. Le tableau original appartient à M. Denis, Trésorier général des Bâtiments du Roi. Moyreau réside rue des Mathurins, quatrième porte cochère à gauche en entrant par la rue de la Harpe.
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25
p. 213
VERS pour être mis au bas de l'Estampe de feu M. Languet, Archevêque de Sens.
Début :
Digne de nos respects, digne de notre amour, [...]
Mots clefs :
Estampe, Jean-Joseph Languet de Gergy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS pour être mis au bas de l'Estampe de feu M. Languet, Archevêque de Sens.
VERS
Pour être mis an bas de l'Eftampe defeu
M. Languet , Archevêque de Sens.
Digne de nos refpects , digne de notre amour ,
De la foi , défenſeur fidele .
Languet , du céleſte ſéjour ,
Protege le Clergé dont tu fus le modele .
Chevalier pinxit 1752. Gaillard fculpfit 1753 .
Hac Beneficiorum memor dicavit Mauroy, Cantor
regalis Ecclefia de Meloduno.
Les Villageois de l'Apennin. J. Ouvrier les
a gravés d'après le tableau original d'un
pied cinq pouces de hauteur fur un pied
dix pouces de largeur , peint par M. Pierre,
& les a dédiés à M. Cochin , dont je fupprime
ici les qualités , perfuadé que fon
nom eft fon plus beau titre, L'Auteur de
cette Eftampe a l'avantage d'être fon éleve.
On y reconnoit le goût d'un fi grand
Maître . C'eft l'éloge le plus flateur qu'on
en puiffe faire. On la trouve à Paris , chez
lui ( J. Ouvrier , ) rue des Noyers , chez
M. Bertrand, Chirurgien .
Les Pêcheurs à la ligne . Cette Eftampe
eft gravée par J. B. Derrey , d'après le tableau
de J. Afelein du cabinet de M. Aved,
& fe vend à Paris , chez Noëlle Mire, rue
S. Jacques , au Soleil d'or , vis - à - vis le
Pleffis .
Pour être mis an bas de l'Eftampe defeu
M. Languet , Archevêque de Sens.
Digne de nos refpects , digne de notre amour ,
De la foi , défenſeur fidele .
Languet , du céleſte ſéjour ,
Protege le Clergé dont tu fus le modele .
Chevalier pinxit 1752. Gaillard fculpfit 1753 .
Hac Beneficiorum memor dicavit Mauroy, Cantor
regalis Ecclefia de Meloduno.
Les Villageois de l'Apennin. J. Ouvrier les
a gravés d'après le tableau original d'un
pied cinq pouces de hauteur fur un pied
dix pouces de largeur , peint par M. Pierre,
& les a dédiés à M. Cochin , dont je fupprime
ici les qualités , perfuadé que fon
nom eft fon plus beau titre, L'Auteur de
cette Eftampe a l'avantage d'être fon éleve.
On y reconnoit le goût d'un fi grand
Maître . C'eft l'éloge le plus flateur qu'on
en puiffe faire. On la trouve à Paris , chez
lui ( J. Ouvrier , ) rue des Noyers , chez
M. Bertrand, Chirurgien .
Les Pêcheurs à la ligne . Cette Eftampe
eft gravée par J. B. Derrey , d'après le tableau
de J. Afelein du cabinet de M. Aved,
& fe vend à Paris , chez Noëlle Mire, rue
S. Jacques , au Soleil d'or , vis - à - vis le
Pleffis .
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Résumé : VERS pour être mis au bas de l'Estampe de feu M. Languet, Archevêque de Sens.
Le document décrit plusieurs estampes et leurs caractéristiques. La première estampes est dédiée à M. Languet, Archevêque de Sens, et a été peinte par Chevalier en 1752 et gravée par Gaillard en 1753. Elle a été dédiée par Mauroy, chantre de l'église royale de Melun. Une autre estampe, intitulée 'Les Villageois de l'Apennin', a été gravée par J. Ouvrier d'après un tableau original de M. Pierre. Elle mesure un pied cinq pouces de hauteur sur un pied dix pouces de largeur et est dédiée à M. Cochin, élève de l'auteur. Enfin, l'estampe 'Les Pêcheurs à la ligne' a été gravée par J. B. Derrey d'après un tableau de J. Afelein du cabinet de M. Aved. Cette estampe est disponible à Paris chez Noëlle Mire, rue Saint-Jacques, au Soleil d'or, en face des Pressoirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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26
p. 202-203
GRAVURE.
Début :
Nous annonçons une estampe représentant une vûe de marine peinte par [...]
Mots clefs :
Gravure, Claude Joseph Vernet, Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
Nfentant une vue de marine peinte par
OUS annonçons une eftampe repréqu'e
le célébre M. Vernet , dédiée à M. le Marquis
de Marigny. L'accueil & les éloges
'elle a reçus , prouvent affez le mérite
de cette gravûre. Nous ne pouvons mieux
la louer que de tranfcrire ici les propres
expreffions de M. Vernet fur cet ouvrage
, tirées de la lettre qu'il a écrite à M.
Balechou , & préfentée à M. de Marigny
en même tems que l'eftampe gravée
Avignon.
·
Lettre de M. Vernet.
Monfieur , je fuis extrêmement fatisfait
de l'eftampe que vous avez gravée d'après
un de mes tableaux ; elle eft bien entendue,
& a toute la force & l'harmonie qu'on
peut defirer dans une gravûre. J'approuve
très-fort l'intention où vous êtes de la dédier
à M. le Marquis de Marigny , il y va
de ma gloire & de mon intérêt , puifque
cela pourra augmenter la bonne opinion
qu'il a de mes talens , lorfqu'il verra que
vous employez le vôtre à tranſmettre à la
SEPTEMBRE . 1755. 203
postérité mes ouvrages . M. de Marigny a
trop de goût & de difcernement pour ne
pas faire un bon accueil à votre eftampe
& vous rendre toute la juftice que vous
méritez.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Toulon , le 3 Mai 1755 .
Vernet.
LE ST LE ROUGE , Ingénieur , Géographe
du Roi , rue des Auguftins , près
la rue S André , vient de publier une nouvelle
carte du Canada & de la Louifiane
pour l'intelligence des affaires actuelles en
Amérique.
Un effai du cours de l'Oyo ; l'élévation
perfpective de l'école royale militaire ; le
plan de la place de Louis XV. On trouve
chez le même l'Amérique feptentrionale ,
en huit feuilles , publiée a Londres par le
Docteur Mitchel . Prix 36 liv . Plus , un
affortiment des meilleures cartes & eftampes
Angloifes ; & un catalogue général des
meilleurs livres qui ont paru depuis cinquante
ans , en diverfes capitales de l'Allemagne
, & qu'il fournira à jufte prix .
Nfentant une vue de marine peinte par
OUS annonçons une eftampe repréqu'e
le célébre M. Vernet , dédiée à M. le Marquis
de Marigny. L'accueil & les éloges
'elle a reçus , prouvent affez le mérite
de cette gravûre. Nous ne pouvons mieux
la louer que de tranfcrire ici les propres
expreffions de M. Vernet fur cet ouvrage
, tirées de la lettre qu'il a écrite à M.
Balechou , & préfentée à M. de Marigny
en même tems que l'eftampe gravée
Avignon.
·
Lettre de M. Vernet.
Monfieur , je fuis extrêmement fatisfait
de l'eftampe que vous avez gravée d'après
un de mes tableaux ; elle eft bien entendue,
& a toute la force & l'harmonie qu'on
peut defirer dans une gravûre. J'approuve
très-fort l'intention où vous êtes de la dédier
à M. le Marquis de Marigny , il y va
de ma gloire & de mon intérêt , puifque
cela pourra augmenter la bonne opinion
qu'il a de mes talens , lorfqu'il verra que
vous employez le vôtre à tranſmettre à la
SEPTEMBRE . 1755. 203
postérité mes ouvrages . M. de Marigny a
trop de goût & de difcernement pour ne
pas faire un bon accueil à votre eftampe
& vous rendre toute la juftice que vous
méritez.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Toulon , le 3 Mai 1755 .
Vernet.
LE ST LE ROUGE , Ingénieur , Géographe
du Roi , rue des Auguftins , près
la rue S André , vient de publier une nouvelle
carte du Canada & de la Louifiane
pour l'intelligence des affaires actuelles en
Amérique.
Un effai du cours de l'Oyo ; l'élévation
perfpective de l'école royale militaire ; le
plan de la place de Louis XV. On trouve
chez le même l'Amérique feptentrionale ,
en huit feuilles , publiée a Londres par le
Docteur Mitchel . Prix 36 liv . Plus , un
affortiment des meilleures cartes & eftampes
Angloifes ; & un catalogue général des
meilleurs livres qui ont paru depuis cinquante
ans , en diverfes capitales de l'Allemagne
, & qu'il fournira à jufte prix .
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Résumé : GRAVURE.
Le document annonce la publication d'une gravure représentant une vue de marine, réalisée par M. Vernet et dédiée à M. le Marquis de Marigny. Cette œuvre a été bien accueillie et a reçu des éloges, confirmant sa qualité. M. Vernet, dans une lettre datée du 3 mai 1755 et signée à Toulon, exprime sa satisfaction à M. Balechou concernant la gravure et son harmonie. Il approuve la dédicace à M. de Marigny, espérant que cela renforcera la bonne opinion de ce dernier sur ses talents. Par ailleurs, le document mentionne la publication par M. Le St Le Rouge, ingénieur et géographe du Roi, d'une nouvelle carte du Canada et de la Louisiane pour mieux comprendre les affaires actuelles en Amérique. Il propose également divers autres ouvrages cartographiques et un catalogue de livres récents parus en Allemagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 191-192
A Monsieur le Comte de V.... sur l'Estampe gravée d'après Gerard Dow, par M. Will. HUITAIN.
Début :
Je désirois & Marot & Rousseau [...]
Mots clefs :
Estampe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Monsieur le Comte de V.... sur l'Estampe gravée d'après Gerard Dow, par M. Will. HUITAIN.
A Monfieur le Comte de V.... fur l'Estampe
gravée d'après Gerard Dow , par M.Will.
JE
HUITAIN.
E défirois & Marot & Rouffeau ,
En un dixain , s'ils étoient en ma place ,
192 MERCURE DE FRANCE.
De vous payer , Comte , le beau morceau
Que je poffede en bordure & fous glace.
Moi , pauvret , donc , que veut- on que je faffe ?
Je n'y fçais rien , fors d'avouer tout net ,
Qu'au grand jamais le clinquant du Parnaffe
Ne vaudra l'or de votre cabinet .
gravée d'après Gerard Dow , par M.Will.
JE
HUITAIN.
E défirois & Marot & Rouffeau ,
En un dixain , s'ils étoient en ma place ,
192 MERCURE DE FRANCE.
De vous payer , Comte , le beau morceau
Que je poffede en bordure & fous glace.
Moi , pauvret , donc , que veut- on que je faffe ?
Je n'y fçais rien , fors d'avouer tout net ,
Qu'au grand jamais le clinquant du Parnaffe
Ne vaudra l'or de votre cabinet .
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28
p. 216
GRAVURE.
Début :
Le sieur Chenu vient de mettre encore au jour une nouvelle Estampe qui a [...]
Mots clefs :
Estampe
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
E fieur Chenu vient de mettre encore
au jour une nouvelle Eftampe qui a
pour titre La Moiffon on l'Eté. Il l'a
gravée d'après le Tableau original de A.
D. Velde , qui fe trouve dans le Cabinet
de fon Ex. Mgr. le Comte de Bruhl , Premier
Miniftre de S. M. le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Nous croyons qu'elle
mérite l'approbation des Connoiffeurs. On
la vend chez l'Auteur , rue de la Harpe ,
près le paffage des Jacobins , vis- à-vis le
caffé de Condé.
Nous annonçons une autre belle Eftampe
repréfentant Jefus Chrift reffufcité ;
elle eft gravée par Salvador , Penfionnaire
du Roi d'Efpagne , à Paris , d'après le
Tableau de M. Carlo- Vanloo , qu'on voit
dans le Cabinet de M. de Julienne.
E fieur Chenu vient de mettre encore
au jour une nouvelle Eftampe qui a
pour titre La Moiffon on l'Eté. Il l'a
gravée d'après le Tableau original de A.
D. Velde , qui fe trouve dans le Cabinet
de fon Ex. Mgr. le Comte de Bruhl , Premier
Miniftre de S. M. le Roi de Pologne,
Electeur de Saxe. Nous croyons qu'elle
mérite l'approbation des Connoiffeurs. On
la vend chez l'Auteur , rue de la Harpe ,
près le paffage des Jacobins , vis- à-vis le
caffé de Condé.
Nous annonçons une autre belle Eftampe
repréfentant Jefus Chrift reffufcité ;
elle eft gravée par Salvador , Penfionnaire
du Roi d'Efpagne , à Paris , d'après le
Tableau de M. Carlo- Vanloo , qu'on voit
dans le Cabinet de M. de Julienne.
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Résumé : GRAVURE.
Deux gravures sont annoncées. La première, 'La Moisson en l'Été', par Chenu d'après van de Velde, appartient au Comte de Bruhl. La seconde, 'Jésus-Christ ressuscité', par Salvador d'après Vanloo, est dans la collection de Monsieur de Julienne. Les gravures sont disponibles à l'achat chez l'auteur, rue de la Harpe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 162-175
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
ON a continué sur ce Théâtre la Piéce intitulée Heureusement , dont nous [...]
Mots clefs :
Analyse, Sentiment, Émotion, Conte, Heureusement, Comédie, Estampe, Tragédie, Anecdote
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
ONNa continué fur ce Théâtre la
Piéce intitulée Heureufement , dont nous
avons parlé dans le précédent Mercure ;
fon fuccès nous engage à en donner
une analyfe.
EXTRAIT d'HEUREUSEMENT ,
Comédie en Vers , en un Acte , par
M. ROCHON DE CHABANNES.
PERSONNAGES.
M. LISBAN ,
Mde LISBAN ,
LINDOR ,
MARTON ,
PASQUIN ,
ACTEURS.
!
M. Préville.
Mlle Huffe.
M. Molé.
Mlle Dangeville.
M. Dubois.
La Scène eft dans l'appartement de Mde Lisban.
JANVIER. 1763. 163
1
Caractères des Perfonnages.
M. LISBAN eft un mari fur le retour
de l'âge , confiant , avec la fauffe
'prétention d'être un homme agréable &
amufant. Mde LISBAN ,une jeune femme
de vingt ans , étourdie , fans expérience
, mais éffentiéllement honnête.
LINDOR,un jeune homme de feize ans,
nouvellement dans le fervice , ne refpirant
que l'amour & la gloire , un caractère
enfin vraiment nationnal. MARTON
, une Soubrette vive , gaye & franche.
PASQUIN , un valet fans autre action
dans la Piéce qu'une fimple commiffion
de la part de LINDOR, mais dans
le rôle duquel il y a cependant quelques
petits détails de portrait affez agréables.
ANALYSE.
Mde LISBAN aime LINDOR fon petit
parent,beaucoup plus qu'elle ne croit;
MARTON l'aime auffi , mais ne s'en
fait point accroire à elle- même fur ce
fentiment. Mde LISBAN regarde LINDOR
comme un enfant fans conféquence
& MARTON comme un enfant fort
dangereux . La premiere compte beaucoup
fur elle-même la feconde n'y
compte point du tout & fait très-bien.
Tel eft le précis de l'entretien entre
164 MERCURE DE FRANCE .
Mde LISBAN & MARTON dans la
premiere Scène. M. LISBAN vient pour
emmener fa femme fouper avec lui
chez une Madame DORMENE . Mais
elle avoit déja pris fon parti fur ce foupër
: un attrait fecret donne d'autres affaires
à fon coeur ; cette Madame DORMENE
eft une femme qui l'ennuye ,
une migraine lui fert d'excufe . Le mari
confent à y aller feul , mais avant de
fortir , il apprend à fa femme que LINDOR
va partir pour l'armée. Elle eft
un peu troublée de cette nouvelle ; il
en plaifante à fa maniere & fort.
MARTON,qui a remarqué l'émotion
de fa Maîtreffe en apprenant le départ
de LINDOR , lui en fait malignement
la guerre , & Mde LISBAN s'obftine à
ne pas vouloir convenir de fa foibleffe.
Le valet de LINDOR vient annoncer
le départ de fon Maître , & demande
pour lui un moment d'audience ; on
fait beaucoup de réfiftances fondées fur
l'absence du mari ; MARTON les fait
ceffer & dit à PASQUIN d'aller chercher
fon Maître . Mde LISBAN gronde
MARTON de l'expofer ainfi dans une
démarche équivoque ; mais en fe retirant
elle lui recommande de la faire
avertir quand LINDOR viendra .
JANVIER. 1763 . 165
MARTON, reftée feule , fait des réfléxions
fur les fentimens de fa Maîtreffe
pour LINDOR , & ne fe déguife point
les fiens pour le même objet. Le jeune
Etourdi arrive en habit uniforme & le
chapeau fur la tête. Il aime fa coufine ,
il aime MARTON , dans le vrai , il aime
toutes les jolies femmes ; mais bien plus
qu'elles alors , il aime fon nouvel état
il est enchanté de fon habit d'ordonnancę
, & veut que MARTON le foit de
même .
,
Il parle guerre , amour , combats
maîtreffe , chevaux ; c'eft enfin ce qu'on
appelle un franc Poliffon . Mde LISBAN
le furprend avec MARTON même
fcène , mêmes folies , mais avec des
nuances différentes ; il eft plus galant
avec fa coufine , c'eft un Francois qui
en compte à une jolie femme. On fert
une colation ; il ne peut décemment y
avoir de foupé chez là coufine , à caufe
de la migraine & de l'abfence du Mari .
Les deux jeunes têtes , Mde LISBAN &
LINDOR fe mettent cependant à table
pour manger des fruits , des confitures ,
& c. M. LISBAN s'eft avifé de rompre fa
partie de fouper , pour faire le cadeau
à fa femme de revenir paffer la foirée
avec elle . On entend fon carroffe , on
166 MERCURE DE FRANCE.
temps ,
eft un peu déconcerté , & MARTON dit
qu'il faut faire cacher LINDOR . Elle
n'attend pas les ordres de Mde LISBAN ,
elle s'empare du jeune homme qui court
précipitament pour la fuivre & fe fauver
dans le falon. M. LISBAN entre
auffi-tôt que LINDOR eft retiré. Mde
LISBAN qui n'approuve pas l'étourderie
de MARTON , eft vingt fois
fur le point d'avouer que L IN DOR eft
dans la maifon ; mais fon mari , qui
parle toujours , ne lui en laiffe pas le
il débite avec confiance fes mauvaifes
plaifanteries , & développe la fotte
fatuitéde fon caractère , avec une bonne
foi très -comique . Il croit fa femme trop
heureufe de le pofféder. Il fe mocque de
tous ceux qui lui font la cour, il les plaint,
il les plaifante , il les défie ; il défie fa
femme elle-même , en un mot il eſt d'un
ridicule achevé. Mde LISBAN que tous.
fes propos -là ennuiroient en tous temps,
en eft impatientée dans fa fituation actuelle
. Elle veut fe retirer & prie ſon mari
de lui donner la main jufqu'à fon appartement
pour l'éloigner du voifinage de
l'endroit où elle foupconne LINDOR .
La bêtife déconcerte fouvent toutes les
mefures de la prudence , c'eft ce que
fait celle de M. LISBAN ; il veut abfoluJANVIER.
1763. 167
ment, pour l'amufer,lui aller chercher un
conte , & ce conte qui eft HEUREUSEMENT
, eft fort malheureuſement
dans le falon voifin , il y court. On doit
juger de l'embarras & des perpléxités de
Mde LISBAN , fon mari va tout découvrir.
Elle eft dans la plus grande agitation
lorfqu'il reparoît en jettant de grands
éclats de rire. Il a furpris LINDOR aux
genoux de MARTON ; ilvoit cela en plaifanterie
, & ne voit que cela ; il en fait.
le récit à fa femme, qui refpire en voyant
dequelle façon il prend le change . C'eſt
ainfi que fe dénoue la Piéce. Le mari ,
qui croit avoir le point de vue très-fin
fe félicite d'être arrivé chez lui très-àpropos.
Il fait des applications d'Heureufement
dans fon tourordinaire de plaifanterie
; mais dans fon opinion tout l'Heureufement
tombe fur MARTON ; & Mde
LISBAN , dont l'honneur eft fauvé , expofe
dans un Aparté , le but moral de
l'Ouvrage .
M. LISBAN.
9
Voilà de ces hazards. •
Mde LISBA N. ( à part. )
Qui fauvent l'innocence
Du danger oùſouvent l'expofe une imprudence
168 MERCURE DE FRANCE .
Pour donner une légére idée du ſtyle
de cette Piéce , nous allons rapporter le
peu de détails que les bornes de cet Article
peuvent nous permettre.
MARTON , dans la premiere Scène
trace ainfi le portrait du jeune . LINDOR
:
C'eſt un vrai Poliſſon , un Polifſon charmant ,
Il s'aime, il fe contemple, il court dans une glace
Admirer de fon port l'élégance & l'audace ;
Il nous fait admirer fa jambe , fon mollet ,
>> S'ils étoient emportés , dit- il , par un boulet ,
» Là , ſerieuſement ce feroit grand dommage !
» Eh bien j'aurois la croix ; oui la croix à mon âge,
» La croix pour une jambe ! Ah ! de bon coeur ,
» ma foi ,
> Je les facrifierois toutes deux pour le Roi.
Il tire fon épée , & bravant nos allarmes ,
» Une , deux , trois , à vous , & rendez - moi les. 22
>> armes ,
Nous dit-il. Un fufil vient àfrapper les yeux ; .
Il le met fur l'épaule & fait le merveilleux ,
Enfonce fiérement fon chapeau fur la tête ,
Va de droite & de gauche , avance un pas , arrête ,.
Nous ajuste , fait feu , s'amufe de nos cris ,
Et vole dans nos bras pour calmer nos eſprits.
Dans une Scène où Mde LISBAN
reproche
JANVIER . 1762. 169
reproche à LINDOR d'avoir l'air fi
content fur le point de la quitter , il lui
répond :
Audacieux Amant , Soldat vraiment François ,
Je n'ai jamais formé que deux ardens ſouhaits ,
De réduire une Belle & venger ma patrie.
La moitié de mes voeux fera bientôt remplie ;
Je pars , & je vaincrai : j'eſpére à mon retour
Joindre aux lauriers de Mars les myrthes de l'Amour.
OBSERVATIONS.
Le Conte d'où l'Auteur de la Comédie a tiré
fon Sujet , n'étant lui-même qu'un exemple moral
du hazard heureux , auquel les plus honnêtes femmes
doivent fouvent leur innocence , ne pouvoit
lui fournir une action bien intriguée ni complette.
Mais on doit , en rendant jultice à cet Auteur ,
lui fçavoir gré du joli Tableau qu'il a fait de ce
Sujet , fur la Scéne , & du comique agréable
qu'il a répandu dans les détails , fans blefler trop
fortement les bienſéances ſi délicates à conferver
dans un Sujet de cette nature . Quoique l'idée générale
d'Heureufement foit due primitivement à
l'Auteur des Contes Moraux , on doit convenir
cependant que prefque tout ce qu'il y a de Dramatique,
appartient à l'Auteur de la Comédie , &
même dans la partie de l'invention . Si, par exemple,
il a emprunté duConte le trait général du caractère
de LINDOR ,tous les détails du portrait (ont
de lui , excepté le Couplet où LINDOR dit à Mde
LISBAN qu'il reviendra bleffé , ce qui eft l'imita-
I.Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
tion d'un des détails du Conte. Il en eft de même
du retour de M. LISBAN , pour venir caufer &
ennuyer la femme. Mais les ris de ce mari , à la
découverte qu'il fait de LINDOR avec MARTON ,
& toute la tournure de ce dénoûment font de
l'Auteur du la Comédie. Le plaifir qu'elle a paru
faire au Public , pendant onze Repréſentations de
fuite , autorife la confiance avec laquelle nous en
annonçons l'impreffion .
Cette Comédie imprimée , fe vend à Paris , chez
-SEBASTIEN JORRY rue & vis-à-vis la Comédie
Françoife. Prix vingt-quatre fols.
"
Cette Edition elt ornée d'une Eſtampe qui repréfente
le moment de la colation . Au bas de
l'Estampe , on voit les Armes de S. A. S. Monfeigneur
le PRINCE DE CONDÉ & pour Epigraphe,
le Vers : Je vais donc boire à Mars , qu'adreffa
Mlle HUSSE. très- refpectueufement à ce Prince , le
jour de la premiere Repréfentation de cette Piéce.
Voyez la Relation de ce fait dans le Mercure précédent.
Je finis cet Article par des Vers de
'Auteur à Mlle DANGEVILLE.
Un aurre Auteur que moi, charmante Dangeville,
Te loueroit fur ton jeu naturel & facile ,
Te repréfenteroit dans le facré vallon
Couronnant de lauriers les enfans d'Apolton,
Donnant à leur Ouvrage une nouvelle vie ;
Mais j'aime mieux louer ton coeur que con génie
Chez toi , parmi les tiens , au fein de tes amis ,
Recus avec candeur , mais avec choix admis :
Voci la belle Scène, ou loin de l'oeil du monde
JANVIER. 1763. 171
Tu m'as fçu pénétrer d'une eftime profonde ;
C'eft le Tableau touchant qui s'eft offert à moi :
On t'admire au Spectacle , on t'adore chez toi .
*.
Le Jeudi 2 Décembre , le fieur Bou-
RET,, fi connu & fi agréable au Public
dans un genre & fur un Théâtre différent
, a débuté fur celui de la Comédie
Françoife , par le rôle de Turcaret dans
la Comédie de ce nom , & par celui de
Crifpin dans Crifpin rival de fon Maître.
Il fut accueilli du Public très-favorablement.
On parut plus content de
fon jeu dans la feconde Piéce que dans
la premiere. Il avoit encore la crainte
& l'embarras que doit infpirer un Tribunal
auffi impofant qu'eft le Public à
ce Théâtre , beaucoup moins indulgent
pour fon Spectacle national dont il prife
le mérite réel , que pour ceux à qui il
permet de l'amufer , fans autant de délicateffe
fur le choix des moyens. Il a
continué fon début dans cette Piéce de
Turcaret & par le rôle de Crifpin des
Folies amoureufes , par celui d'un des
Ménechmes , de Sofie dans Amphitrion ,
de Crifpin Médecin , de Crifpin dans le
Légataire , du Valet dans l'Impromptu
de Campagne , dans le Joueur , dans
Pourceaugnac , & c. Le refultat des Ju-
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
gemens du Public fur cet Acteur , dans
ces différens rôles , nous a paru être, qu'il
feroit utile à ce Théâtre , furtout lorfque
l'exercice & l'expérience lui auroient
entiérement fait acquérir la fineffe
du comique que l'on y éxige.
Le Lundi 6 Décembre on donna
pour la premiere fois Eponine , Tragédie
nouvelle , retirée par l'Auteur après
la feconde repréfentation. Quoique le
Public ait paru juger que l'Auteur de
la Tragédie n'eût pas profité de tour
l'intérêt dont le Sujet étoit fufceptible ,
& qu'il ait eu à attendre jufqu'au troifiéme
A&te le commencement de l'action
tragique, les applaudiffemens qu'on
a donnés & qui étoient dûs à plufieurs
beautés diftinguées dans cette Piéce ,
doivent encourager cet Auteur à mériter
des lauriers qu'il femble fait pour
cueilir Ha premiere fois qu'il fe repréfentera
dans la carrière .
On a remis & continué, fur le même
Théâtre, ZELMIRE , Tragédie nouvelle
de M. DU BELLOY , donnée pour la
premiere fois le Printemps dernier. Cette
Piéce eft rendue avec une chaleur admirable
par les Acteurs , & cette remife
a beaucoup de fuccès. Nous avons donné
dans deux de nos Mercures antéJANVIER.
1763. 173
rieurs , des détails très- étendus fur cette
Tragédie .
Les Comédiens François répétent une
Comédie nouvelle en trois A&tes & en
Vers , intitulée Du Puis & Defronais ,
Sujet tiré du Roman des Illuftres Françoifes.
ANECDOTE fur feu M. SARRAZIN,
ancien Acteur du Théâtre François ,
décédé à Paris le 15 Novembre dernier
, & inhumé le 16 à S. Sulpice fa
Paroiffe.
Feu M. SARRAZIN , né à Dijon , étoit
d'une très-honnête famille . Son goût
pour le Théâtre l'avoit engagé dans plufieurs
Sociétés qui en faifoient leur amufement
, qui avoient acquis affez d'art
pour faire celui de beaucoup d'Amateurs
de ce genre . La plus remarquable de ces
Sociétés , où primoit M. SARRAZIN, repréfentoit
affez fréquemment au Château
de S. Ouën , appartenant alors à
feu M. le Duc de Gêvres , qui avoit bien
voulu accorder cette permiffion. C'eſt
de cette Société , & fans avoir joué ni
dans les Provinces , ni fur aucun Théâtre
Public , que M. SARRAZIN , dans
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
un âge où l'on eft ordinairement trèsformé
, avoit paffé tout de fuite au Théâtre
de la Comédie Françoife . Il y débuta
le 3 Mars 1729 par le rôle d'Oedipe
, dans la Tragédie de ce nom de
P. CORNEILLE ; le fuccès de ce début
fut fi favorable , que dès le 22 du même
mois , M. SARRAZIN fut reçu pour
doubler le célébre BARON dans l'emploi
des Rois. Après la mort de ce dernier
, arrivée le 22 Décembre 1729 , M.
SARRAZIN fut confirmé dans fon emploi
, préférablement à M. BERCI , par
un ordre du mois de Janvier 1730. Il
fut gratifié de la penfion de 1000 liv. à
la mort de M. DU CHEMIN en 1756.
L'année fuivante , il fut affligé d'une extinction
de voix qui l'empêcha de remplir
fon fervice jufqu'au mois d'Avril
1759 , qu'ilife retira du Théâtre avec
le Brévet de penfion de la Comédie de
1500 liv. conformément à l'Arrêt du
Confeil du 18 Juin 57 enregistré au
Parlement. Ainfi M. SARRAZIN a resté
30 ans à la Comédie , où il a fervi avec
un fuccès très-diftingué , jufqu'à la fin
de fà carriere. Dans les premieres an
nées , on lui reprochoit quelques difgraces
dans l'action , & peu d'enfem
ble dans l'habitude du corps ; mais ces
JANVIER. 1763... 175
légers défauts étoient fi heureufement
couverts par la partie du fentiment , qui
étoit naturelle & d'un effet admirable
dans cet Acteur . On fe reffouvient encore
avec fenfibilité , des larmes qu'il a
fait verfer dans beaucoup de rôles tragiques
de fon emploi & de l'attendriffement
qu'il faifoit éprouver dans les
Peres du HAUT COMIQUE .
N. B. La Penfion du feu Sr. SARRAZIN
a été donnée au S. ARMAND , le
plus ancien des Comédiens , fervant
actuellement au Théâtre François . Le
Roi a accordé à la Demoiſelle Du-
MESNIL , une penfion particuliere de
1000 liv. affignée fur le fond des Menus
.
ONNa continué fur ce Théâtre la
Piéce intitulée Heureufement , dont nous
avons parlé dans le précédent Mercure ;
fon fuccès nous engage à en donner
une analyfe.
EXTRAIT d'HEUREUSEMENT ,
Comédie en Vers , en un Acte , par
M. ROCHON DE CHABANNES.
PERSONNAGES.
M. LISBAN ,
Mde LISBAN ,
LINDOR ,
MARTON ,
PASQUIN ,
ACTEURS.
!
M. Préville.
Mlle Huffe.
M. Molé.
Mlle Dangeville.
M. Dubois.
La Scène eft dans l'appartement de Mde Lisban.
JANVIER. 1763. 163
1
Caractères des Perfonnages.
M. LISBAN eft un mari fur le retour
de l'âge , confiant , avec la fauffe
'prétention d'être un homme agréable &
amufant. Mde LISBAN ,une jeune femme
de vingt ans , étourdie , fans expérience
, mais éffentiéllement honnête.
LINDOR,un jeune homme de feize ans,
nouvellement dans le fervice , ne refpirant
que l'amour & la gloire , un caractère
enfin vraiment nationnal. MARTON
, une Soubrette vive , gaye & franche.
PASQUIN , un valet fans autre action
dans la Piéce qu'une fimple commiffion
de la part de LINDOR, mais dans
le rôle duquel il y a cependant quelques
petits détails de portrait affez agréables.
ANALYSE.
Mde LISBAN aime LINDOR fon petit
parent,beaucoup plus qu'elle ne croit;
MARTON l'aime auffi , mais ne s'en
fait point accroire à elle- même fur ce
fentiment. Mde LISBAN regarde LINDOR
comme un enfant fans conféquence
& MARTON comme un enfant fort
dangereux . La premiere compte beaucoup
fur elle-même la feconde n'y
compte point du tout & fait très-bien.
Tel eft le précis de l'entretien entre
164 MERCURE DE FRANCE .
Mde LISBAN & MARTON dans la
premiere Scène. M. LISBAN vient pour
emmener fa femme fouper avec lui
chez une Madame DORMENE . Mais
elle avoit déja pris fon parti fur ce foupër
: un attrait fecret donne d'autres affaires
à fon coeur ; cette Madame DORMENE
eft une femme qui l'ennuye ,
une migraine lui fert d'excufe . Le mari
confent à y aller feul , mais avant de
fortir , il apprend à fa femme que LINDOR
va partir pour l'armée. Elle eft
un peu troublée de cette nouvelle ; il
en plaifante à fa maniere & fort.
MARTON,qui a remarqué l'émotion
de fa Maîtreffe en apprenant le départ
de LINDOR , lui en fait malignement
la guerre , & Mde LISBAN s'obftine à
ne pas vouloir convenir de fa foibleffe.
Le valet de LINDOR vient annoncer
le départ de fon Maître , & demande
pour lui un moment d'audience ; on
fait beaucoup de réfiftances fondées fur
l'absence du mari ; MARTON les fait
ceffer & dit à PASQUIN d'aller chercher
fon Maître . Mde LISBAN gronde
MARTON de l'expofer ainfi dans une
démarche équivoque ; mais en fe retirant
elle lui recommande de la faire
avertir quand LINDOR viendra .
JANVIER. 1763 . 165
MARTON, reftée feule , fait des réfléxions
fur les fentimens de fa Maîtreffe
pour LINDOR , & ne fe déguife point
les fiens pour le même objet. Le jeune
Etourdi arrive en habit uniforme & le
chapeau fur la tête. Il aime fa coufine ,
il aime MARTON , dans le vrai , il aime
toutes les jolies femmes ; mais bien plus
qu'elles alors , il aime fon nouvel état
il est enchanté de fon habit d'ordonnancę
, & veut que MARTON le foit de
même .
,
Il parle guerre , amour , combats
maîtreffe , chevaux ; c'eft enfin ce qu'on
appelle un franc Poliffon . Mde LISBAN
le furprend avec MARTON même
fcène , mêmes folies , mais avec des
nuances différentes ; il eft plus galant
avec fa coufine , c'eft un Francois qui
en compte à une jolie femme. On fert
une colation ; il ne peut décemment y
avoir de foupé chez là coufine , à caufe
de la migraine & de l'abfence du Mari .
Les deux jeunes têtes , Mde LISBAN &
LINDOR fe mettent cependant à table
pour manger des fruits , des confitures ,
& c. M. LISBAN s'eft avifé de rompre fa
partie de fouper , pour faire le cadeau
à fa femme de revenir paffer la foirée
avec elle . On entend fon carroffe , on
166 MERCURE DE FRANCE.
temps ,
eft un peu déconcerté , & MARTON dit
qu'il faut faire cacher LINDOR . Elle
n'attend pas les ordres de Mde LISBAN ,
elle s'empare du jeune homme qui court
précipitament pour la fuivre & fe fauver
dans le falon. M. LISBAN entre
auffi-tôt que LINDOR eft retiré. Mde
LISBAN qui n'approuve pas l'étourderie
de MARTON , eft vingt fois
fur le point d'avouer que L IN DOR eft
dans la maifon ; mais fon mari , qui
parle toujours , ne lui en laiffe pas le
il débite avec confiance fes mauvaifes
plaifanteries , & développe la fotte
fatuitéde fon caractère , avec une bonne
foi très -comique . Il croit fa femme trop
heureufe de le pofféder. Il fe mocque de
tous ceux qui lui font la cour, il les plaint,
il les plaifante , il les défie ; il défie fa
femme elle-même , en un mot il eſt d'un
ridicule achevé. Mde LISBAN que tous.
fes propos -là ennuiroient en tous temps,
en eft impatientée dans fa fituation actuelle
. Elle veut fe retirer & prie ſon mari
de lui donner la main jufqu'à fon appartement
pour l'éloigner du voifinage de
l'endroit où elle foupconne LINDOR .
La bêtife déconcerte fouvent toutes les
mefures de la prudence , c'eft ce que
fait celle de M. LISBAN ; il veut abfoluJANVIER.
1763. 167
ment, pour l'amufer,lui aller chercher un
conte , & ce conte qui eft HEUREUSEMENT
, eft fort malheureuſement
dans le falon voifin , il y court. On doit
juger de l'embarras & des perpléxités de
Mde LISBAN , fon mari va tout découvrir.
Elle eft dans la plus grande agitation
lorfqu'il reparoît en jettant de grands
éclats de rire. Il a furpris LINDOR aux
genoux de MARTON ; ilvoit cela en plaifanterie
, & ne voit que cela ; il en fait.
le récit à fa femme, qui refpire en voyant
dequelle façon il prend le change . C'eſt
ainfi que fe dénoue la Piéce. Le mari ,
qui croit avoir le point de vue très-fin
fe félicite d'être arrivé chez lui très-àpropos.
Il fait des applications d'Heureufement
dans fon tourordinaire de plaifanterie
; mais dans fon opinion tout l'Heureufement
tombe fur MARTON ; & Mde
LISBAN , dont l'honneur eft fauvé , expofe
dans un Aparté , le but moral de
l'Ouvrage .
M. LISBAN.
9
Voilà de ces hazards. •
Mde LISBA N. ( à part. )
Qui fauvent l'innocence
Du danger oùſouvent l'expofe une imprudence
168 MERCURE DE FRANCE .
Pour donner une légére idée du ſtyle
de cette Piéce , nous allons rapporter le
peu de détails que les bornes de cet Article
peuvent nous permettre.
MARTON , dans la premiere Scène
trace ainfi le portrait du jeune . LINDOR
:
C'eſt un vrai Poliſſon , un Polifſon charmant ,
Il s'aime, il fe contemple, il court dans une glace
Admirer de fon port l'élégance & l'audace ;
Il nous fait admirer fa jambe , fon mollet ,
>> S'ils étoient emportés , dit- il , par un boulet ,
» Là , ſerieuſement ce feroit grand dommage !
» Eh bien j'aurois la croix ; oui la croix à mon âge,
» La croix pour une jambe ! Ah ! de bon coeur ,
» ma foi ,
> Je les facrifierois toutes deux pour le Roi.
Il tire fon épée , & bravant nos allarmes ,
» Une , deux , trois , à vous , & rendez - moi les. 22
>> armes ,
Nous dit-il. Un fufil vient àfrapper les yeux ; .
Il le met fur l'épaule & fait le merveilleux ,
Enfonce fiérement fon chapeau fur la tête ,
Va de droite & de gauche , avance un pas , arrête ,.
Nous ajuste , fait feu , s'amufe de nos cris ,
Et vole dans nos bras pour calmer nos eſprits.
Dans une Scène où Mde LISBAN
reproche
JANVIER . 1762. 169
reproche à LINDOR d'avoir l'air fi
content fur le point de la quitter , il lui
répond :
Audacieux Amant , Soldat vraiment François ,
Je n'ai jamais formé que deux ardens ſouhaits ,
De réduire une Belle & venger ma patrie.
La moitié de mes voeux fera bientôt remplie ;
Je pars , & je vaincrai : j'eſpére à mon retour
Joindre aux lauriers de Mars les myrthes de l'Amour.
OBSERVATIONS.
Le Conte d'où l'Auteur de la Comédie a tiré
fon Sujet , n'étant lui-même qu'un exemple moral
du hazard heureux , auquel les plus honnêtes femmes
doivent fouvent leur innocence , ne pouvoit
lui fournir une action bien intriguée ni complette.
Mais on doit , en rendant jultice à cet Auteur ,
lui fçavoir gré du joli Tableau qu'il a fait de ce
Sujet , fur la Scéne , & du comique agréable
qu'il a répandu dans les détails , fans blefler trop
fortement les bienſéances ſi délicates à conferver
dans un Sujet de cette nature . Quoique l'idée générale
d'Heureufement foit due primitivement à
l'Auteur des Contes Moraux , on doit convenir
cependant que prefque tout ce qu'il y a de Dramatique,
appartient à l'Auteur de la Comédie , &
même dans la partie de l'invention . Si, par exemple,
il a emprunté duConte le trait général du caractère
de LINDOR ,tous les détails du portrait (ont
de lui , excepté le Couplet où LINDOR dit à Mde
LISBAN qu'il reviendra bleffé , ce qui eft l'imita-
I.Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE.
tion d'un des détails du Conte. Il en eft de même
du retour de M. LISBAN , pour venir caufer &
ennuyer la femme. Mais les ris de ce mari , à la
découverte qu'il fait de LINDOR avec MARTON ,
& toute la tournure de ce dénoûment font de
l'Auteur du la Comédie. Le plaifir qu'elle a paru
faire au Public , pendant onze Repréſentations de
fuite , autorife la confiance avec laquelle nous en
annonçons l'impreffion .
Cette Comédie imprimée , fe vend à Paris , chez
-SEBASTIEN JORRY rue & vis-à-vis la Comédie
Françoife. Prix vingt-quatre fols.
"
Cette Edition elt ornée d'une Eſtampe qui repréfente
le moment de la colation . Au bas de
l'Estampe , on voit les Armes de S. A. S. Monfeigneur
le PRINCE DE CONDÉ & pour Epigraphe,
le Vers : Je vais donc boire à Mars , qu'adreffa
Mlle HUSSE. très- refpectueufement à ce Prince , le
jour de la premiere Repréfentation de cette Piéce.
Voyez la Relation de ce fait dans le Mercure précédent.
Je finis cet Article par des Vers de
'Auteur à Mlle DANGEVILLE.
Un aurre Auteur que moi, charmante Dangeville,
Te loueroit fur ton jeu naturel & facile ,
Te repréfenteroit dans le facré vallon
Couronnant de lauriers les enfans d'Apolton,
Donnant à leur Ouvrage une nouvelle vie ;
Mais j'aime mieux louer ton coeur que con génie
Chez toi , parmi les tiens , au fein de tes amis ,
Recus avec candeur , mais avec choix admis :
Voci la belle Scène, ou loin de l'oeil du monde
JANVIER. 1763. 171
Tu m'as fçu pénétrer d'une eftime profonde ;
C'eft le Tableau touchant qui s'eft offert à moi :
On t'admire au Spectacle , on t'adore chez toi .
*.
Le Jeudi 2 Décembre , le fieur Bou-
RET,, fi connu & fi agréable au Public
dans un genre & fur un Théâtre différent
, a débuté fur celui de la Comédie
Françoife , par le rôle de Turcaret dans
la Comédie de ce nom , & par celui de
Crifpin dans Crifpin rival de fon Maître.
Il fut accueilli du Public très-favorablement.
On parut plus content de
fon jeu dans la feconde Piéce que dans
la premiere. Il avoit encore la crainte
& l'embarras que doit infpirer un Tribunal
auffi impofant qu'eft le Public à
ce Théâtre , beaucoup moins indulgent
pour fon Spectacle national dont il prife
le mérite réel , que pour ceux à qui il
permet de l'amufer , fans autant de délicateffe
fur le choix des moyens. Il a
continué fon début dans cette Piéce de
Turcaret & par le rôle de Crifpin des
Folies amoureufes , par celui d'un des
Ménechmes , de Sofie dans Amphitrion ,
de Crifpin Médecin , de Crifpin dans le
Légataire , du Valet dans l'Impromptu
de Campagne , dans le Joueur , dans
Pourceaugnac , & c. Le refultat des Ju-
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
gemens du Public fur cet Acteur , dans
ces différens rôles , nous a paru être, qu'il
feroit utile à ce Théâtre , furtout lorfque
l'exercice & l'expérience lui auroient
entiérement fait acquérir la fineffe
du comique que l'on y éxige.
Le Lundi 6 Décembre on donna
pour la premiere fois Eponine , Tragédie
nouvelle , retirée par l'Auteur après
la feconde repréfentation. Quoique le
Public ait paru juger que l'Auteur de
la Tragédie n'eût pas profité de tour
l'intérêt dont le Sujet étoit fufceptible ,
& qu'il ait eu à attendre jufqu'au troifiéme
A&te le commencement de l'action
tragique, les applaudiffemens qu'on
a donnés & qui étoient dûs à plufieurs
beautés diftinguées dans cette Piéce ,
doivent encourager cet Auteur à mériter
des lauriers qu'il femble fait pour
cueilir Ha premiere fois qu'il fe repréfentera
dans la carrière .
On a remis & continué, fur le même
Théâtre, ZELMIRE , Tragédie nouvelle
de M. DU BELLOY , donnée pour la
premiere fois le Printemps dernier. Cette
Piéce eft rendue avec une chaleur admirable
par les Acteurs , & cette remife
a beaucoup de fuccès. Nous avons donné
dans deux de nos Mercures antéJANVIER.
1763. 173
rieurs , des détails très- étendus fur cette
Tragédie .
Les Comédiens François répétent une
Comédie nouvelle en trois A&tes & en
Vers , intitulée Du Puis & Defronais ,
Sujet tiré du Roman des Illuftres Françoifes.
ANECDOTE fur feu M. SARRAZIN,
ancien Acteur du Théâtre François ,
décédé à Paris le 15 Novembre dernier
, & inhumé le 16 à S. Sulpice fa
Paroiffe.
Feu M. SARRAZIN , né à Dijon , étoit
d'une très-honnête famille . Son goût
pour le Théâtre l'avoit engagé dans plufieurs
Sociétés qui en faifoient leur amufement
, qui avoient acquis affez d'art
pour faire celui de beaucoup d'Amateurs
de ce genre . La plus remarquable de ces
Sociétés , où primoit M. SARRAZIN, repréfentoit
affez fréquemment au Château
de S. Ouën , appartenant alors à
feu M. le Duc de Gêvres , qui avoit bien
voulu accorder cette permiffion. C'eſt
de cette Société , & fans avoir joué ni
dans les Provinces , ni fur aucun Théâtre
Public , que M. SARRAZIN , dans
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
un âge où l'on eft ordinairement trèsformé
, avoit paffé tout de fuite au Théâtre
de la Comédie Françoife . Il y débuta
le 3 Mars 1729 par le rôle d'Oedipe
, dans la Tragédie de ce nom de
P. CORNEILLE ; le fuccès de ce début
fut fi favorable , que dès le 22 du même
mois , M. SARRAZIN fut reçu pour
doubler le célébre BARON dans l'emploi
des Rois. Après la mort de ce dernier
, arrivée le 22 Décembre 1729 , M.
SARRAZIN fut confirmé dans fon emploi
, préférablement à M. BERCI , par
un ordre du mois de Janvier 1730. Il
fut gratifié de la penfion de 1000 liv. à
la mort de M. DU CHEMIN en 1756.
L'année fuivante , il fut affligé d'une extinction
de voix qui l'empêcha de remplir
fon fervice jufqu'au mois d'Avril
1759 , qu'ilife retira du Théâtre avec
le Brévet de penfion de la Comédie de
1500 liv. conformément à l'Arrêt du
Confeil du 18 Juin 57 enregistré au
Parlement. Ainfi M. SARRAZIN a resté
30 ans à la Comédie , où il a fervi avec
un fuccès très-diftingué , jufqu'à la fin
de fà carriere. Dans les premieres an
nées , on lui reprochoit quelques difgraces
dans l'action , & peu d'enfem
ble dans l'habitude du corps ; mais ces
JANVIER. 1763... 175
légers défauts étoient fi heureufement
couverts par la partie du fentiment , qui
étoit naturelle & d'un effet admirable
dans cet Acteur . On fe reffouvient encore
avec fenfibilité , des larmes qu'il a
fait verfer dans beaucoup de rôles tragiques
de fon emploi & de l'attendriffement
qu'il faifoit éprouver dans les
Peres du HAUT COMIQUE .
N. B. La Penfion du feu Sr. SARRAZIN
a été donnée au S. ARMAND , le
plus ancien des Comédiens , fervant
actuellement au Théâtre François . Le
Roi a accordé à la Demoiſelle Du-
MESNIL , une penfion particuliere de
1000 liv. affignée fur le fond des Menus
.
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Résumé : COMEDIE FRANÇOISE.
Le texte présente une analyse de la comédie 'Heureusement' de M. Rochon de Chabannes, jouée au Théâtre Français en janvier 1763. La pièce met en scène plusieurs personnages : M. Lisban, un mari âgé et confiant ; Mme Lisban, une jeune femme honnête mais étourdie ; Lindor, un jeune homme amoureux et glorieux ; Marton, une soubrette vive et franche ; et Pasquin, un valet. L'intrigue se déroule dans l'appartement de Mme Lisban et tourne autour des sentiments amoureux de Mme Lisban et Marton pour Lindor, qui doit partir pour l'armée. Mme Lisban, prétextant une migraine, évite une sortie avec son mari, M. Lisban, qui ignore les véritables sentiments de sa femme. Marton, remarquant l'émotion de Mme Lisban à l'annonce du départ de Lindor, la taquine. Lindor arrive en uniforme et exprime son amour pour les femmes et son enthousiasme pour sa nouvelle vie militaire. Mme Lisban et Lindor partagent un moment intime, interrompu par le retour de M. Lisban. Grâce à une série de quiproquos, M. Lisban découvre Lindor avec Marton, mais il interprète la scène de manière comique, croyant que Marton est l'objet des attentions de Lindor. La pièce se termine par un dénouement heureux où l'innocence de Mme Lisban est préservée. Le texte souligne également le succès de la pièce auprès du public et mentionne d'autres événements et représentations au Théâtre Français. Le texte relate également la carrière de l'acteur M. SARRAZIN, qui fréquenta souvent le Château de S. Ouën, propriété du Duc de Gêvres. Avant de rejoindre la Comédie-Française, M. SARRAZIN n'avait joué ni en province ni sur un théâtre public. En 1729, à un âge où l'on est généralement bien formé, il débuta à la Comédie-Française dans le rôle d'Oedipe de Corneille, le 3 mars. Son succès fut immédiat, et le 22 mars, il fut engagé pour doubler le célèbre BARON dans les rôles de rois. Après la mort du BARON en décembre 1729, M. SARRAZIN fut confirmé dans son emploi en janvier 1730, préférablement à M. BERCI. En 1756, il reçut une pension de 1000 livres à la mort de M. DU CHEMIN. L'année suivante, il souffrit d'une extinction de voix jusqu'en avril 1759, date à laquelle il quitta le théâtre avec une pension de 1500 livres, conformément à un arrêt du Conseil. M. SARRAZIN servit à la Comédie-Française pendant 30 ans, avec un succès distingué. Au début de sa carrière, on lui reprochait quelques disgrâces dans l'action et peu d'aisance corporelle, mais ces défauts étaient compensés par son talent naturel pour exprimer les sentiments. Il est notamment remembered pour les larmes qu'il faisait verser dans les rôles tragiques et l'attendrissement qu'il provoquait dans les rôles comiques. Après sa mort, sa pension fut attribuée à M. ARMAND, le plus ancien des comédiens. Le Roi accorda également une pension particulière de 1000 livres à Mademoiselle Du-MESNIL.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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30
p. 62
VERS faits pour une Estampe du Médaillon de Mgr le Prince DE CONDÉ, envoyée chez plusieurs Dames.
Début :
SOIT qu'il combatte ou qu'il soupire, [...]
Mots clefs :
Médaillon, Estampe, Dames, Sort, Plaisir, Gloire, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS faits pour une Estampe du Médaillon de Mgr le Prince DE CONDÉ, envoyée chez plusieurs Dames.
VERS faits pour une Eftampe du
Médaillon de Mgr le Prince DE
CONDÉ , envoyée chez plufieurs
Dames.
Soir qu'il combatte on qu'il ſoupire ,
Il eſt également heureux :
Le Sort s'empreffe à lui fourire ,
Le Plaifir à combler fes voeux.
1
Sa voix foumet les plus cruelles ,
La Gloire fuit fes étendarts :
Il est l'Amour auprès des Belles ,
Dans fon camp il eft le Dieu Mars.
Par l'Auteur des Versprécédens.
Médaillon de Mgr le Prince DE
CONDÉ , envoyée chez plufieurs
Dames.
Soir qu'il combatte on qu'il ſoupire ,
Il eſt également heureux :
Le Sort s'empreffe à lui fourire ,
Le Plaifir à combler fes voeux.
1
Sa voix foumet les plus cruelles ,
La Gloire fuit fes étendarts :
Il est l'Amour auprès des Belles ,
Dans fon camp il eft le Dieu Mars.
Par l'Auteur des Versprécédens.
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31
p. 146-147
« On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
Début :
On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...]
Mots clefs :
Estampe, Dessinateur, Globes et sphères, Carte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
On vient de mettre au jour une eftampe
en taille douce auffi bien gravée
que compofée . * M. Dupuis , Ğraveur
du Roi y foutient admirablement
la réputation dont il jouit & le tableau de
Elle eft intitulé , Déguisemens enfantins.
AVRIL 1763. 147
,
même grandeur , eft de M. Eiſen ,
Père Deffinateur. Elle est dédiée
à Meffire Jean - Louis - Etienne d'Huteau
, Chevalier & c , Lieutenant de
Roi en la Province du Languedoc &
dé MM . les Maréchaux de France en
Albigeois.
Et fe trouve à Paris chez Buldet
rue de Gefvres . Le prix eft de 40 f.
>
On trouve chez M. Defnos , Ingénieur
pour les Globes & Sphères , rue
S. Jacques , au Globe , une Carte particulière
de la Cayenne , Colonie Françoife
avec le Plan particulier de la
Ville , très-foigneufement gravée.
Comme la Cayenne attire aujourd'hui
l'attention du Public , on a cru
qu'il en verroit volontiers une Carte
particulière ; & celle qu'on lui préſente
ne laiffe rien à defirer pour la connoiffance
éxacte de ce pays . On y a
joint des obfervations fur la découverte
de cette Ifle , fes productions naturelles
, fon étendue , & furtout ce qui
peut être un objet de curiofité dans
les circonftances actuelles.
en taille douce auffi bien gravée
que compofée . * M. Dupuis , Ğraveur
du Roi y foutient admirablement
la réputation dont il jouit & le tableau de
Elle eft intitulé , Déguisemens enfantins.
AVRIL 1763. 147
,
même grandeur , eft de M. Eiſen ,
Père Deffinateur. Elle est dédiée
à Meffire Jean - Louis - Etienne d'Huteau
, Chevalier & c , Lieutenant de
Roi en la Province du Languedoc &
dé MM . les Maréchaux de France en
Albigeois.
Et fe trouve à Paris chez Buldet
rue de Gefvres . Le prix eft de 40 f.
>
On trouve chez M. Defnos , Ingénieur
pour les Globes & Sphères , rue
S. Jacques , au Globe , une Carte particulière
de la Cayenne , Colonie Françoife
avec le Plan particulier de la
Ville , très-foigneufement gravée.
Comme la Cayenne attire aujourd'hui
l'attention du Public , on a cru
qu'il en verroit volontiers une Carte
particulière ; & celle qu'on lui préſente
ne laiffe rien à defirer pour la connoiffance
éxacte de ce pays . On y a
joint des obfervations fur la découverte
de cette Ifle , fes productions naturelles
, fon étendue , & furtout ce qui
peut être un objet de curiofité dans
les circonftances actuelles.
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Résumé : « On vient de mettre au jour une estampe en taille douce aussi bien gravée [...] »
Le texte annonce la découverte d'une estampe intitulée 'Déguisemens enfantins', gravée par M. Dupuis, graveur du Roi, et dessinée par M. Eisen, Père Dessinateur. Datée d'avril 1763, cette estampe est dédiée à M. Jean-Louis-Étienne d'Huteau, Chevalier et Lieutenant du Roi en Languedoc, ainsi qu'aux Maréchaux de France en Albigeois. Elle est disponible à Paris chez Buldet, rue de Gesvres, au prix de 40 francs. Par ailleurs, le texte mentionne la vente d'une carte particulière de la Cayenne, colonie française, chez M. Desnos, ingénieur pour les Globes et Sphères, rue Saint-Jacques, au Globe. Cette carte, très soigneusement gravée, inclut un plan détaillé de la ville de Cayenne et des observations sur la découverte de l'île, ses productions naturelles, son étendue, et des éléments de curiosité pertinents pour le public actuel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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