Résultats : 5 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 190-210
Prise de Sainte Maure, avec des remarques curieuses sur l'Isle de ce nom, & sur sa situation, [titre d'après la table]
Début :
Je viens à la prise de Sainte Maure, dont le Siége fut [...]
Mots clefs :
Place, Maure, Sainte-Maure, Armée, Troupe, Canon, Ville, Malte, Grèce, Corfou, Côte, Pape, Rocher, Sappho
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise de Sainte Maure, avec des remarques curieuses sur l'Isle de ce nom, & sur sa situation, [titre d'après la table]
Je viens à la prilè de Sainte
Maure, dont le Siége fut
formé le23. de Juillet par
l'Armée Vénitienne,& parles
Troupes Confédérées du
Pape, du Grand Duc de ToL
cane, ôc de la Religionde
Malthe, fous le commandetment
de Mr Morosini, Procurateur
de Saint Marc, &-.
Genéralissime de l'Armée.
LIsle de Sainte Maure estoit
autrefois attachée au continent
de la Grece, qui la
compte pour une de ses Isles
Occidentales, comme elle
met au nombre des Orienta.
les celles de l'Archipel. En
effet, toute la largeur de la
Grece prise de l'Orient à l'Occident
,
séparel'Archipel de
Sainte Maure. Elle estoit conf
nuë dans l'Antiquité tous le
nom de Leucade, & saisoit
une partie du. Royaume d'Ulisse;
auuieit elle fort proche
d'Ithaque, où ce Prince &
sa Femme Pénélope résidoient.
Une Rocher de cette
Isle elloit autrefois le refuge
,
où l'on voyoit accourir
en foule tous les Amans infortunez
de la Grece, qui,
croyoient appaiser en ce lieulà.,
la violence de leurs transports
amoureux, en sautant.
du sommet de ce Rocher..
On tient que la fameuse Sapho
quiacompose tant d'excellens.
cellens Poëmes
,
donna l'exempled
e sauter en bas, lors
qu'elle eut appris l'infidélité
de son Amant Phaon. D'autres
attribuent à Cephale, le
premier essay d'un remede si
extraordinaire. Ce Rocher
auroitesté un grand ornement
dans la Carte de Tendre.
Mais pour ne parler que
de Sainte Maure, il est certain
que cette Place a totU
jours paru très-importante.
Elle touche presqueà l'Epire,
ôc est prés de la Morée,à l'entrée
du Golphe de Lépante,
(
où se donna en 1571. cette fameufeBataillejquiacquit
tant
de gloire à l'Armée Chrétienne,&
à Dom Juan d'Austriche
qui la commandoit. La
Ville de Sainte Maure futréduite
en 1502.. fous l'obeissance
desVénitiés par Bencdetto
Pesaro. Ce Général y estant
venuavec le secours de quelquesVaisseaux
du Pape,de
Loüis XII. Roy de France, &
des Rhodiens, fit la décente
avec une partie de l'Armée,
& s'estant rendu le maisrte
du Pont, après un combat
opiniaitré, dans lequel quantité
de Turcs demeurèrent
sur la place, il força la Ville à
se soûmettre;mais l'accommodement
s'estant fait quelque
temps après entre Bajazet
11.& la République,par la
médiation du BassaAchmet,
il fut arresté
,
qu'on restitueroit
au Turc line de Sainte
Maure, & elle luy fut d'autant
plus volontiers accordée,
que celle de Céfalonic demeuroit
aux Vénitiens. La
1
Ligue qu'ils ont faite depuis
peu avec l'Empereur ôc le
: Roy de Pologne, contre cet
OEnnemy commun de la
Chrétienté, les autorisant à
luydéclarer la guerre, ils Il
folurent d'aller attaquer Sazi
te Maure, après que Mr MM
rofini leur Genéralissime ce
tenu conseil à Corfou le
de Juillet avec les Chefs d'ICJ
cadres, ôc les Principaux
Officiers de l'Arméeauxils
res. Mais avant que de voo
entretenir de cette expéco
tion
,
il faut vous apprenchi
l'état des Bâtimens de MM.
de toutes les Puissances, qp
font entrées dans leurs inrests,
leur nombre) & lordbi
de Bataillequiestoit résolu 01
cas qu'on eust estéobligé
combatre les forces maritimes
du Grand Seigneur. Je
vous envoye cet ordre de Bataille
,
àz la manière qu'il a
esté dressé à Corfou , & que
je l'ay receu de Vénise. La
Langue Italienne vous est familiére
ainsi je n'av rien à
vous expliquer.
L'attaque de Sainte Maure
ayant estéarrestée dans le
Conseil tenu à Corfou, où se
trouverent le Provéditeur
Genéral Cornaro, les Chefs
des Escadres du Pape, du
Grand Ducde Toscane
,
de
la Religion de Malthe
,
le;
Genéral Strafoldo, & les autres
Officiers, MrMorosini
sir faire la revûë de toutes les
Troupes que l'on avoit deftinées
au débarquement.
Deux Bataillons de six cens
Hommes chacun,l'un des
Troupes du Pape, & l'autre
de celles de Malthe,passerent
en revûë avec huit mille
Hommes des autres Troupes.
La premiereLigne de
ce dernier Bataillon avoit
quel quechose de bien éclatant,
puis qu'elleestoit conv*
posée de cent Chevaliers, revétus
de leurs Cottes d'Armes
de Satin rouge, avec la
Croix blanche de la Religion.
L'Arméeayant misa.
la voile le 19 de Juillet, arriva
heureusement le lendemain
hors la portée du Canon
de Sainte Maure, où elle
moüilla. Cette Ville effc
surune langue de Terre du
costé du Levanr, & un Aque
duc de trois cens soixante
Arcades en forme de Pot, large
seulemet de trois ouquatre
pieds, la joint au Continent
du costé duSeptentrion. Un
Pont de bois partagé en trois
luy fournit aussi un passage
au Continent du costé du Levant
& du Couchant. Elle a
une Peninsule assez longue,
dont la teste porte le nom de
la pointe de Saint Jean. La
Mer environne tout le reste.
La Forteresse est un Pentagone
irrégulier, dont de
grosses Tours flanquent tous
les Angles. Deux autres.
Tours qui sont au tiers de la
Courtine des deux costez,
fortifient encore la plus grande
face, qui estcelle du Couchant.
La Flote estant entrée
dans le Port de Démata,
qui est au Levant de la Place,
&: qui peut tenir un grand
nombre deVaisseaux
, on fit
le débarquement. Mr Morofini
décendit aussi à terre,
où il visita tous les Postes,
que l'on avoit reconnus, ôc.
un logement qu'avoit fait
le CapitaineManetta dans un
lieu nommé Chiebe, dont il
s'estoit rendu maistre.C'estoit;
laMaison deplaisance du Fils
de l'Aga. Cependant il ne
voulut point faire tirer le Canon,
qu'il n'eust envoyé sommer
le Commandant de Iz
Place. Illuy écrivit lesjustes.
sujets qu'avoit eus la République,
d'assemblerune puisfancc
Armée, aprés que les
Turcs avoientrompu la Paix
en donnant retraite aux
Corsaires de Barbarie,ôc en
exerçant des hostilitez contre
les Sujets de l'Etat Vénitien.
Le Commandant s'étant
contenté de luy répondre,
que Dieu puniroitlaRépubliqueduprétexte
qu'elle
• prenoit de déclarer la guerre
au GrandSeigneur,onarbora
lePavillon de la Genérale,
&les Galeres &les Galeasses
commencèrent a canonner
la Forceresse. Plus de douze
cens coups de Canonqui furreennttttiirreezze,
liednodommmmaaçglecrrecnlltt
beaucoup les Maisons & les'
Fortifications
,
& ruinerent
une Mosquée. Il y eutua
feu continuel de l'Artillerie
-
des Turcs. Il-nempdchâpas
pourtant les Troupes du Pape,
ôc celles de Malthe & de
Toscane
,
de s'avancer fore
présde la Place, & de se loger
dans les Fauxbourgs. Ils
le firent sans obitacle
,
les.
Ennemis nrayant osé hazarderaucuneSortie.
Ustache-"
rent feulement en continuant
un grand feu d'Artilkrie,
de retarder le travail des
Assiégeans, quin'oubliaient
rien pour mettre leur Canon
en baterie
y
mais tous ces
efforts des Assiégez furent
inutiles. Les Bateries commencerent
à tirer avec un
fort grand succés fous les ordres
du Seigneur Lorcnzo
Venier.Elles endommagerent
fort les murailles de la
Place, & les Bombes que l'on
jetta en quantité dans la Ville
, y causerent un très-grand
desordre. Le premier jour
d'Aoust ces mesmes Batteries
raserent entièrement le
Boulevard; &: la Bréche qui
estoit déjà considérable
, fut
augmentée. Elles démonterent
quatre Pieces de Canon
des Ennemis, & les Bombes
mirent le feu en plusieurs endroits
de la Ville, les Travaux
seftant avancez à la faveur
du feu continuel du Canon
& des Mortiers, les Assiégeans
commencèrent à
combler le Fossé avec des
Fascines & des Sacs à terre.
Enfin, le Dimanche 6.
jour d'Aoust,aprés que le feu
eut continué jusqu'au soir de
part & d'autre, les Turcs éleverent
un Drapeau blanc sur
leurs Murailles, pour faire
connoistre qu'ils vouloient
capituler. Ilsenvoyerentà
une heure de nuit trois Députez
à MrMorosini, pour
luy dire qu'ils estoient prests
de rendre la Place, pourvû
qu'on leur accordait une Capitulation
honorable. Ils de- ,
mandoient permission -de
sortir avec tous leurs biens,
& on leur donna seulement
la liberté de se retirer avec
leurs Familles, & d'emporter
tout ce qu'ils pourroient porter
sureux. Les Ostagesfurent
envoyez le lendemain,
& on mit en liberté tous les
Esclaves que l'on trouva dans
la Place, à condition qu'ils
serviroient pendant un ansur
lesVaisseaux
, ou sur les Galéres
de la République, en
qualité de Mariniers& de Soldats.
LaGarnison sortitvers
le soir par la Porte du Couchant.
Elle estoit de septcens
Hommes, qui avoient leSabre
& le Mousquet. Les Bâtimens
où ils furent embarquez,
les conduisirent à terre
au delà du Bras de Mer.
En mesme temps les Troupes
Vénitiennes entrerent
dans la Ville par la Bréche.
Le Butin que les Soldats y
ont fait a elle considérable.
On trouva quantité de Provisions
dans la Place,& quatre-
vingtsPiéces de Canon.
Les Vénitiens n'ont perdu
que deux cens Hommes à ce
Siége. MrJoüyFrançois, Sergent
Major de Bataille
,
Ôc
Colonel d'un Régiment Allemand,
y fut blesséà la cuisse,
& eut le bras percéd'une
mousquetade.MrMorosini
fitaussitost benir la principale
Mosquée,&le Te Deum y
futchanté. Elle a esté dédiée
fous le nom de San Salvator,à
cause que les Turcs avoient
élevé le Drapeau blanc le 6.
d'Aoust , jour de la Transfiguration
de NostreSeigneur
Il fit bénir une autre Mos.
quée que l'on dédia à Saint
Gaëtan , dont on célebroit.
la Feste le jour quelesTroupes
entrerent dans la Place-
Il en a donné le Commandement
au Seigneur Lorenzo
Vénier Noble Vénitien,&de
la Famille de Mr l'Ambaffa.:.
deur de Vénise, qui est à présent
à la Cour de France.
Tous ceux de ce nom ont
rendu de grands services à la
République. SebastienVénier
estoit Chef de l'Armée
Vénitienne, lors que celle de
Selim fut entièrement défaite
le jour qu'on donna la Bataille
de Lépante.
Maure, dont le Siége fut
formé le23. de Juillet par
l'Armée Vénitienne,& parles
Troupes Confédérées du
Pape, du Grand Duc de ToL
cane, ôc de la Religionde
Malthe, fous le commandetment
de Mr Morosini, Procurateur
de Saint Marc, &-.
Genéralissime de l'Armée.
LIsle de Sainte Maure estoit
autrefois attachée au continent
de la Grece, qui la
compte pour une de ses Isles
Occidentales, comme elle
met au nombre des Orienta.
les celles de l'Archipel. En
effet, toute la largeur de la
Grece prise de l'Orient à l'Occident
,
séparel'Archipel de
Sainte Maure. Elle estoit conf
nuë dans l'Antiquité tous le
nom de Leucade, & saisoit
une partie du. Royaume d'Ulisse;
auuieit elle fort proche
d'Ithaque, où ce Prince &
sa Femme Pénélope résidoient.
Une Rocher de cette
Isle elloit autrefois le refuge
,
où l'on voyoit accourir
en foule tous les Amans infortunez
de la Grece, qui,
croyoient appaiser en ce lieulà.,
la violence de leurs transports
amoureux, en sautant.
du sommet de ce Rocher..
On tient que la fameuse Sapho
quiacompose tant d'excellens.
cellens Poëmes
,
donna l'exempled
e sauter en bas, lors
qu'elle eut appris l'infidélité
de son Amant Phaon. D'autres
attribuent à Cephale, le
premier essay d'un remede si
extraordinaire. Ce Rocher
auroitesté un grand ornement
dans la Carte de Tendre.
Mais pour ne parler que
de Sainte Maure, il est certain
que cette Place a totU
jours paru très-importante.
Elle touche presqueà l'Epire,
ôc est prés de la Morée,à l'entrée
du Golphe de Lépante,
(
où se donna en 1571. cette fameufeBataillejquiacquit
tant
de gloire à l'Armée Chrétienne,&
à Dom Juan d'Austriche
qui la commandoit. La
Ville de Sainte Maure futréduite
en 1502.. fous l'obeissance
desVénitiés par Bencdetto
Pesaro. Ce Général y estant
venuavec le secours de quelquesVaisseaux
du Pape,de
Loüis XII. Roy de France, &
des Rhodiens, fit la décente
avec une partie de l'Armée,
& s'estant rendu le maisrte
du Pont, après un combat
opiniaitré, dans lequel quantité
de Turcs demeurèrent
sur la place, il força la Ville à
se soûmettre;mais l'accommodement
s'estant fait quelque
temps après entre Bajazet
11.& la République,par la
médiation du BassaAchmet,
il fut arresté
,
qu'on restitueroit
au Turc line de Sainte
Maure, & elle luy fut d'autant
plus volontiers accordée,
que celle de Céfalonic demeuroit
aux Vénitiens. La
1
Ligue qu'ils ont faite depuis
peu avec l'Empereur ôc le
: Roy de Pologne, contre cet
OEnnemy commun de la
Chrétienté, les autorisant à
luydéclarer la guerre, ils Il
folurent d'aller attaquer Sazi
te Maure, après que Mr MM
rofini leur Genéralissime ce
tenu conseil à Corfou le
de Juillet avec les Chefs d'ICJ
cadres, ôc les Principaux
Officiers de l'Arméeauxils
res. Mais avant que de voo
entretenir de cette expéco
tion
,
il faut vous apprenchi
l'état des Bâtimens de MM.
de toutes les Puissances, qp
font entrées dans leurs inrests,
leur nombre) & lordbi
de Bataillequiestoit résolu 01
cas qu'on eust estéobligé
combatre les forces maritimes
du Grand Seigneur. Je
vous envoye cet ordre de Bataille
,
àz la manière qu'il a
esté dressé à Corfou , & que
je l'ay receu de Vénise. La
Langue Italienne vous est familiére
ainsi je n'av rien à
vous expliquer.
L'attaque de Sainte Maure
ayant estéarrestée dans le
Conseil tenu à Corfou, où se
trouverent le Provéditeur
Genéral Cornaro, les Chefs
des Escadres du Pape, du
Grand Ducde Toscane
,
de
la Religion de Malthe
,
le;
Genéral Strafoldo, & les autres
Officiers, MrMorosini
sir faire la revûë de toutes les
Troupes que l'on avoit deftinées
au débarquement.
Deux Bataillons de six cens
Hommes chacun,l'un des
Troupes du Pape, & l'autre
de celles de Malthe,passerent
en revûë avec huit mille
Hommes des autres Troupes.
La premiereLigne de
ce dernier Bataillon avoit
quel quechose de bien éclatant,
puis qu'elleestoit conv*
posée de cent Chevaliers, revétus
de leurs Cottes d'Armes
de Satin rouge, avec la
Croix blanche de la Religion.
L'Arméeayant misa.
la voile le 19 de Juillet, arriva
heureusement le lendemain
hors la portée du Canon
de Sainte Maure, où elle
moüilla. Cette Ville effc
surune langue de Terre du
costé du Levanr, & un Aque
duc de trois cens soixante
Arcades en forme de Pot, large
seulemet de trois ouquatre
pieds, la joint au Continent
du costé duSeptentrion. Un
Pont de bois partagé en trois
luy fournit aussi un passage
au Continent du costé du Levant
& du Couchant. Elle a
une Peninsule assez longue,
dont la teste porte le nom de
la pointe de Saint Jean. La
Mer environne tout le reste.
La Forteresse est un Pentagone
irrégulier, dont de
grosses Tours flanquent tous
les Angles. Deux autres.
Tours qui sont au tiers de la
Courtine des deux costez,
fortifient encore la plus grande
face, qui estcelle du Couchant.
La Flote estant entrée
dans le Port de Démata,
qui est au Levant de la Place,
&: qui peut tenir un grand
nombre deVaisseaux
, on fit
le débarquement. Mr Morofini
décendit aussi à terre,
où il visita tous les Postes,
que l'on avoit reconnus, ôc.
un logement qu'avoit fait
le CapitaineManetta dans un
lieu nommé Chiebe, dont il
s'estoit rendu maistre.C'estoit;
laMaison deplaisance du Fils
de l'Aga. Cependant il ne
voulut point faire tirer le Canon,
qu'il n'eust envoyé sommer
le Commandant de Iz
Place. Illuy écrivit lesjustes.
sujets qu'avoit eus la République,
d'assemblerune puisfancc
Armée, aprés que les
Turcs avoientrompu la Paix
en donnant retraite aux
Corsaires de Barbarie,ôc en
exerçant des hostilitez contre
les Sujets de l'Etat Vénitien.
Le Commandant s'étant
contenté de luy répondre,
que Dieu puniroitlaRépubliqueduprétexte
qu'elle
• prenoit de déclarer la guerre
au GrandSeigneur,onarbora
lePavillon de la Genérale,
&les Galeres &les Galeasses
commencèrent a canonner
la Forceresse. Plus de douze
cens coups de Canonqui furreennttttiirreezze,
liednodommmmaaçglecrrecnlltt
beaucoup les Maisons & les'
Fortifications
,
& ruinerent
une Mosquée. Il y eutua
feu continuel de l'Artillerie
-
des Turcs. Il-nempdchâpas
pourtant les Troupes du Pape,
ôc celles de Malthe & de
Toscane
,
de s'avancer fore
présde la Place, & de se loger
dans les Fauxbourgs. Ils
le firent sans obitacle
,
les.
Ennemis nrayant osé hazarderaucuneSortie.
Ustache-"
rent feulement en continuant
un grand feu d'Artilkrie,
de retarder le travail des
Assiégeans, quin'oubliaient
rien pour mettre leur Canon
en baterie
y
mais tous ces
efforts des Assiégez furent
inutiles. Les Bateries commencerent
à tirer avec un
fort grand succés fous les ordres
du Seigneur Lorcnzo
Venier.Elles endommagerent
fort les murailles de la
Place, & les Bombes que l'on
jetta en quantité dans la Ville
, y causerent un très-grand
desordre. Le premier jour
d'Aoust ces mesmes Batteries
raserent entièrement le
Boulevard; &: la Bréche qui
estoit déjà considérable
, fut
augmentée. Elles démonterent
quatre Pieces de Canon
des Ennemis, & les Bombes
mirent le feu en plusieurs endroits
de la Ville, les Travaux
seftant avancez à la faveur
du feu continuel du Canon
& des Mortiers, les Assiégeans
commencèrent à
combler le Fossé avec des
Fascines & des Sacs à terre.
Enfin, le Dimanche 6.
jour d'Aoust,aprés que le feu
eut continué jusqu'au soir de
part & d'autre, les Turcs éleverent
un Drapeau blanc sur
leurs Murailles, pour faire
connoistre qu'ils vouloient
capituler. Ilsenvoyerentà
une heure de nuit trois Députez
à MrMorosini, pour
luy dire qu'ils estoient prests
de rendre la Place, pourvû
qu'on leur accordait une Capitulation
honorable. Ils de- ,
mandoient permission -de
sortir avec tous leurs biens,
& on leur donna seulement
la liberté de se retirer avec
leurs Familles, & d'emporter
tout ce qu'ils pourroient porter
sureux. Les Ostagesfurent
envoyez le lendemain,
& on mit en liberté tous les
Esclaves que l'on trouva dans
la Place, à condition qu'ils
serviroient pendant un ansur
lesVaisseaux
, ou sur les Galéres
de la République, en
qualité de Mariniers& de Soldats.
LaGarnison sortitvers
le soir par la Porte du Couchant.
Elle estoit de septcens
Hommes, qui avoient leSabre
& le Mousquet. Les Bâtimens
où ils furent embarquez,
les conduisirent à terre
au delà du Bras de Mer.
En mesme temps les Troupes
Vénitiennes entrerent
dans la Ville par la Bréche.
Le Butin que les Soldats y
ont fait a elle considérable.
On trouva quantité de Provisions
dans la Place,& quatre-
vingtsPiéces de Canon.
Les Vénitiens n'ont perdu
que deux cens Hommes à ce
Siége. MrJoüyFrançois, Sergent
Major de Bataille
,
Ôc
Colonel d'un Régiment Allemand,
y fut blesséà la cuisse,
& eut le bras percéd'une
mousquetade.MrMorosini
fitaussitost benir la principale
Mosquée,&le Te Deum y
futchanté. Elle a esté dédiée
fous le nom de San Salvator,à
cause que les Turcs avoient
élevé le Drapeau blanc le 6.
d'Aoust , jour de la Transfiguration
de NostreSeigneur
Il fit bénir une autre Mos.
quée que l'on dédia à Saint
Gaëtan , dont on célebroit.
la Feste le jour quelesTroupes
entrerent dans la Place-
Il en a donné le Commandement
au Seigneur Lorenzo
Vénier Noble Vénitien,&de
la Famille de Mr l'Ambaffa.:.
deur de Vénise, qui est à présent
à la Cour de France.
Tous ceux de ce nom ont
rendu de grands services à la
République. SebastienVénier
estoit Chef de l'Armée
Vénitienne, lors que celle de
Selim fut entièrement défaite
le jour qu'on donna la Bataille
de Lépante.
Fermer
2
p. 11-22
ODE.
Début :
Vous, qui guidez nos pas au Temple de la Gloire, [...]
Mots clefs :
Gloire, Maroc, Louis, Ambassadeurs, Siam, Univers, Regards, Maure, Terre, Rois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE.
ODE. vOus
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
,
quiguideznos pasau
Temple de la Gloire,
fous ,
sans qui les Mortels font
d'impuissansefforts,
Sçavantes FillesdeMemoire,
Inspireznousicyvoscelstestransports.
On nousa veussans crainte au milieu
des alarmes
Faire entendre nos voix parmy le
bruit des armes,
Et chanterles combats du plus grand
des Vainqueurs.
Pourrions-nous demeurer dans u
honteux silence ,
J>)uand les Peuples surpris de
~j
magnificence
Viennent de toutes parts admirer~s
grandeurs?
9
C'estpeu qu'Alger tremblant, qt
Genes confonduë
,
Viennent à ses genlH." soumette
leurfierté;
c'est peu que l'Europe éperduë
Ait veu mille Ennemis implorer
bonté. ,
L OVIS, de ces ingrats dédaignat
les hommages
Demande à l'Univers de plus beau
témoignages
j^ue ceux que la frayeur~& le troi
ble ontformez.
Il veut dessentimens & d'amour
dejl'me.
;tej de voui- qu'ilAttend ce tribut
légitime
»
Peuples , quesa valeur n'a jamais
alarme'{;
~s
si-tostqu'avec centvoix laprompte
Messagere
Faitpar tout retentirsesfaits prodigieux,
De l'un & de l'autre hemisphere
chacun vient contempler ce Heros
glorieux.
Dans ces brulans Climats où bornant
sa carriere ( lumiere,
LeSoleilva dans l'onde éteindre sa
Le More * impatient ne peut plus
s'arrester.
il part,ilfend les eaux d'unecourse
rapide,
* LesAmbassadeurs de Maroc.
Et surpris à l'afpecl de ce nouvk
Alcide
Ilprefere , LOVIS,au Fils de Iupite,
~9
Sortez, *fiers Habitans des Çh
mats de l'Aurore,
Traversez pour le voir le vasteseir
des Mers,
Et vous direz avec le More
£)ue vous n'avez rien veu d'éga,
en l'Univers.
Le pompeux appareil desa gloire e.
datante
,
Son ejjritJsa honté,passeront vostre
attente,
Surson augustefront vous lirez ses
hautsfaits,
Vous verrez cette main qui lance le
Tonnerre,
* Les Ambassadeurs deSiam.
Afris avoircalmé les fureurs de la
Guerre,
Versermille faveurs dans lesein de
la Paix.
Quelspectacle déjàsurleborddela
Seine!
le vous vois observer ces Palais I.
orgueilleux,
2. Ces Rivages 3. & cette Plaine
Où Mars 4. offre un a7Jle au Soldat
malheureux. ( conde
Cette grande Citési belle~&sife-
I. Le Louvre, le College des
Quatre-Nations, &c.
2.. La Seine au sortirde Paris est
une des plusbelles choses du
vieilde.»
3. La Plaine de Grenelle.
4. L'Hôtel des Invalides.
Paris, vous paroist moins une Ville
qu'un Monde;
Cent miracles divers s'offrent de toutes
parts,
D'Archimedes 5. nouveaux une
Troupeéclairéey
Vous fait porter les yeux dans la
voûte Azurée
Où des feux 6. inconnus brillent à
vos regards.
~a
Tarmy tant de beautez que rien
ne vous arreste ,
N'yfixez,pas long-temps vos regards
curieux.
CequeVersailles vous appreste
5. L'Observatoire.
6. On fitvoir aux Ambassadeurs
de Siam les deux Satellites qu'on
a découvertsdepuis peu.
N'estpas moinssurprenant que le
Palais des Dieux.
Ce Louvre , ces lardins, ces Figures
charmantes,
Ces Travaux , ce Canal, ces Ondes
jaillissantes,
Ces Concerts, tout enchante en cet
heureuxséjour.
L'art tout puissanty sçait applanir
les Montagnes,
Etfait naistre des fleurs au milieu
desCampagnes
Où n'en pourroit formerle belAstre
du jour.
~3»
Maissi tout charme icyvosyeux
& vos oreilles, (ébloüis
,
Si dans ce beau séiour vous estes
A l'aspect de tant de merveilles,
J>)ue ne sera-ce point à l'aspect de
LOVIS?
HaflcT^vousd'approcher deson superbe
Trône,
Voyez à ses costez, & Minerve ~d
Bellone
Maintenir les beaux Arts dans un
parfait accord,
VIniufiice& l'erreur àsespieds encljainees,
Et toutes les Vertusparsa main couronnées,
Al'abrypourjamais des outrages du
Csi"r' e C'estainsiqu'adoré dans unepaix
profonde
Leplussage des Rois, le plus grand
des Mortels,
Salomon, vit la Terre& l'onde
AsahautesagesseéleverdesAutels.
Au bruit qn'en répandoitpar tout 14
Renommée
,
D'un genereux transport une Reyne
animée ( Etats.
Sortit pour l'admirer dufond deses
Quelseroit aujourd'huy l'excés de
safnrj'/ife,
Sises yeux pouvaientvoir ce que la
Terre éprise
Aprésunsi long âge admire en nos
Climats!
Mais quel troublesoudain
,
quelle
rnorne tristesse
Viennentforcer ("vos coeurs àpousser
dessoupirs
Tandis , qu'une viveallègresse
N'offre de tous costez que pompe &
que plaisirs?
Sans doute de LOFIS vostre ame
possedée
D'tt.1 trisse éloignement ne peutsouf
frir l'idée,
Vous quittez à regret des lieux si
pleins d'appas.
Mais un iuste devoir au retour nous
engage,
Et l'Asie a besoin de vostre témoignage
Pour croire des grandeurs qu'elle ne
comprendpas.
Allez, heureux témoins d'unesi
belle vie,
AuxyeuxdevojheVrinceentracer
le tableau,
lout l'orient brujle d'envie
D'apprendre le succés d'un voyage sibeau.
Etale7,, ces vertus> dont la vive
lumiere
Va d'un nouvel éclatembellir l'Inde
-
entiere,
Vous devez ce tresor à la pofleritéDe
rAugufte LOVIS éternisez la
gloire,
V9s noms avec le sien çonflcret
dans l'Histoire,
S'ouvriront un cheminàtimmortalité.
PRIERE POUR LE ROY.
Source éternelle de lumières
Seigneur, exauce ma priere l'invoque , ta bonté pour le plus
grand des Rois.
Répans toujours sur luy ta sagesse
profonde,
Et l'on ne verra riensur la terre c7
sur monde
Jj>ui nesoitfournisa tes loix.
Ce Prince qu'en tous lieux a suivy
la victoire,
Te consacretousses hauts faits ,
Et met son bonheur&sagloire
A te faire regner au coeur de ses
Sujets.
Quepourrions-nous ,
Seigneur, demander
davantage,
Sinon qu'aprés avoiraccomply ton
Ouvrage,
Tit ne l'abandonnesiamais ?
Fermer
Résumé : ODE.
Le poème célèbre les exploits et la grandeur du roi Louis XIV. Il commence par une invocation aux Muses pour inspirer le poète à chanter les victoires du roi. Le texte décrit les réactions des peuples et des nations face à la puissance et à la magnanimité de Louis XIV, notamment la soumission d'Alger et de Gênes, ainsi que l'admiration de l'Europe. Le roi est présenté comme un héros glorieux dont les exploits sont admirés dans le monde entier, y compris par les ambassadeurs du Maroc et de Siam. Le poème met en avant la beauté et la grandeur de Paris et de Versailles, soulignant les merveilles architecturales et artistiques présentes dans ces lieux. Des sites emblématiques comme le Louvre, l'Observatoire, et les jardins de Versailles sont mentionnés. Les ambassadeurs étrangers sont émerveillés par ces splendeurs et par la personne du roi lui-même, entouré de figures allégoriques telles que Minerve et Bellone, symbolisant respectivement la sagesse et la guerre. Le poème se conclut par une prière adressée à Dieu, demandant Sa protection et Sa sagesse pour le roi. Cette prière souhaite que les sujets vivent sous les lois divines et que le roi continue à régner avec justice et gloire. Les ambassadeurs sont invités à témoigner des grandeurs du roi en Asie, contribuant ainsi à perpétuer sa renommée et son immortalité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3
p. 564-566
L'Opera de Jephté, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 26. Février, second Jeudi de Carême, l'Académie Royale de Musique [...]
Mots clefs :
Jephté, Duo, Maure, Vastes cieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Opera de Jephté, &c. [titre d'après la table]
Le 26. Février , second Jeudi de Carême
, l'A adémie Royale de Musique
remit au Théatre Jephté , Tragédie , dont
le sujet est tiré de l'Ecriture Sainte ; cette
Piece a fait autant de plaisir qu'elle en
avoit fait dans sa nouveauté , et fair présumer
qu'on la reverra avec satisfaction
tous les Carêmes. On y a fait quelques
changemens que les Connoisseurs ont
approuvez ; les voici.
Dans la quatriéme Scene du second
Acte , Iphise avouoit à Almasie , sa Mere,
l'amour qu'elle avoit pour Ammon ; comme
elle faisoit un pareil aveu à Jephté
son Pere , au dernier Acte , on a jugé
à propos de supprimer celui du second
Acte ; on se contente de lui faire avoüer
qu'elle est coupable , sans lui faire specifier
MARS. 17331
56 F
cifier son crime ; c'est ce qu'elle fait par
ce Vers.
Quand le Ciel est armé , peut - on être sans
crime ?
On finit cette Scene par ce Duo :
Maître des vastes Cieux , Dieu vivant , Dieu jaloux
,
Sur de foibles roseaux , pourquoi déployezvous
,
Tout l'éclat de votre puissance ?
Cet amas de sable mouvant ,
Que dissipe un souffle de vent ,
Est digne de pitié plutôt que de
Maître des vastes Cieux , &c.
vengeance..
Ce Duo , chanté par les Diles Antier
et le Maure , a été generalement applaudi.
On a supprimé la Fête par où la Piece
finissoit , et qu'on n'avoit ajoûtée que
par condescendance au désir des Amateurs
outrez de la danse ; on a subtitué à
cette Fête des Actions de gracès comprises
dans ces quatre Vers :
Du plus beau de nos jours , consacrons la me
moire ;
Tendres voeux , doux transpors
, sans cesse renaissants
,
De
366 MERCURE DE FRANCE
De nos coeurs enflammez , volez comme Pen
cens ,
Jusqu'au Trône du Roy de gloire.
On a mis ces Vers en Trio , et ce Trio
est chanté par les trois plus belles voix
de l'Opera ; le Trio repeté par le Choeur
finit la Piece. Il n'y a point de changement
dans les principaux Acteurs de
la Tragédie ; il n'en est pas de même
dans le Prologue , et l'absence de la
Dlle Eremans en auroit diminué le prix ,
si toute autre que la Dlle Antier eût
été substituée à sa place. Le sieur Chassé ,
après une indisposition de quelques jours,
n'a parû qu'avec plus d'éclat , et tout
le monde convient que la Dlle le Maure
n'a jamais si bien chanté , ni si bien joüé
que dans cette reprise de Jephté .
, l'A adémie Royale de Musique
remit au Théatre Jephté , Tragédie , dont
le sujet est tiré de l'Ecriture Sainte ; cette
Piece a fait autant de plaisir qu'elle en
avoit fait dans sa nouveauté , et fair présumer
qu'on la reverra avec satisfaction
tous les Carêmes. On y a fait quelques
changemens que les Connoisseurs ont
approuvez ; les voici.
Dans la quatriéme Scene du second
Acte , Iphise avouoit à Almasie , sa Mere,
l'amour qu'elle avoit pour Ammon ; comme
elle faisoit un pareil aveu à Jephté
son Pere , au dernier Acte , on a jugé
à propos de supprimer celui du second
Acte ; on se contente de lui faire avoüer
qu'elle est coupable , sans lui faire specifier
MARS. 17331
56 F
cifier son crime ; c'est ce qu'elle fait par
ce Vers.
Quand le Ciel est armé , peut - on être sans
crime ?
On finit cette Scene par ce Duo :
Maître des vastes Cieux , Dieu vivant , Dieu jaloux
,
Sur de foibles roseaux , pourquoi déployezvous
,
Tout l'éclat de votre puissance ?
Cet amas de sable mouvant ,
Que dissipe un souffle de vent ,
Est digne de pitié plutôt que de
Maître des vastes Cieux , &c.
vengeance..
Ce Duo , chanté par les Diles Antier
et le Maure , a été generalement applaudi.
On a supprimé la Fête par où la Piece
finissoit , et qu'on n'avoit ajoûtée que
par condescendance au désir des Amateurs
outrez de la danse ; on a subtitué à
cette Fête des Actions de gracès comprises
dans ces quatre Vers :
Du plus beau de nos jours , consacrons la me
moire ;
Tendres voeux , doux transpors
, sans cesse renaissants
,
De
366 MERCURE DE FRANCE
De nos coeurs enflammez , volez comme Pen
cens ,
Jusqu'au Trône du Roy de gloire.
On a mis ces Vers en Trio , et ce Trio
est chanté par les trois plus belles voix
de l'Opera ; le Trio repeté par le Choeur
finit la Piece. Il n'y a point de changement
dans les principaux Acteurs de
la Tragédie ; il n'en est pas de même
dans le Prologue , et l'absence de la
Dlle Eremans en auroit diminué le prix ,
si toute autre que la Dlle Antier eût
été substituée à sa place. Le sieur Chassé ,
après une indisposition de quelques jours,
n'a parû qu'avec plus d'éclat , et tout
le monde convient que la Dlle le Maure
n'a jamais si bien chanté , ni si bien joüé
que dans cette reprise de Jephté .
Fermer
Résumé : L'Opera de Jephté, &c. [titre d'après la table]
Le 26 février 1733, l'Académie Royale de Musique a présenté la tragédie 'Jephté' au Théâtre, inspirée de l'Écriture Sainte. La pièce a connu un grand succès, comparable à celui de sa première représentation, et est prévue pour revenir chaque Carême. Plusieurs modifications ont été apportées et validées par les experts. Dans la quatrième scène du second acte, Iphise ne révèle plus son amour pour Ammon à sa mère Almasie, mais avoue seulement sa culpabilité sans préciser son crime. Cette scène se conclut par un duo chanté par les Demoiselles Antier et Maure, très applaudi. La fête finale a été supprimée et remplacée par un trio chanté par les trois meilleures voix de l'opéra, suivi par le chœur. Les principaux acteurs sont restés les mêmes, mais le prologue a été modifié, notamment par le remplacement de la Demoiselle Eremans par la Demoiselle Antier. Le sieur Chassé, après une indisposition, a repris brillamment, et la Demoiselle Maure a particulièrement bien chanté et joué lors de cette reprise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 816-817
« Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Début :
Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...]
Mots clefs :
Composition, Musique, Maure, Compagnie, Reine, Concert spirituel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le Jeudy Saint 2. Avril , le Concert Spirituel
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bo
noncini , dont on a déja parlé , fit chanter un,
Miserere de sa composition , dans lequel la Dlle,
Erremens chanta differens Récits dans le goût ,
Italien , qui firent plaisir . La Dlle le Maure chanta
aussi un nouveau Pange lingua , alternativement
avec les Choeurs , sur la Sarabande du quatriéme
Acte de Jephté , dont les paroles sont
Nous vivons dans l'innocence , et sur le chant de
la Bergerie de Roland , quand on vient dans ce
Bocage , &c. M. Mouret y a ajoûté quelques
Versets en Musique.de sa composition. Cette
nouveauté a été très - applaudie .
Le même Concert fut interrompu pendant trois
jours à l'occasion de la mort du Duc d'Anjou ,
et fut continué le reste de la Semaine , jusques et
compris le Dimanche de Quasimodo. Les Diles
Erremens , Le Maure , Courvasier et Lenner , de
la Musique de la Reine , y ont chanté pendant
les trois semaines , differents petits Motets nouveaux
, à une et à deux voix , de la composition
des sieurs Mouret , le Maire et du Bousset , qui
ont été très- goûtez. Le sieur Massé , qui a une
très-belle voix de haute -contre et qui est de la Musique
de la Reine , a chanté pour la premiere fois
differens Récits avec justesse et applaudissement,
Le sieur Sommis , fameux joueur de Violon du
Roy de Sardaigne , y a executé differentes Son
nates et des Concerto , dans la derniere perfection,
et
AVKI L. 1733 . 817
et a été très- applaudi par de nombreuses Assem
blées , que la justesse et la brillante execution de
ce grand Maître y a attirées.
Le Pseaume , Exultate justi , à grand Choeur et
Symphonie, de la composition du sieur Bordier,
Maître de Musique de S. Innocent , executé lé
10. Avril , fut generalement applaudi .
Le 25. Mars , l'Abbé de Fitzjames , fils du Ma
réchal de Berwik , Abbé de l'Abbaye Royale de
S. Victor , y chanta solemnellement sa premierę
Messe , plusieurs Prélats et quantité de Personnes
de distinction , assisterent à cette Ceremonie
après laquelle M. l'Abbé donna un splendide
Repas.
Le 25. Avril , La Loterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel
de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans
des Actions etDixiémes d'Actions qui doi
vent être remboursées , a été rendue publique ,
faisant en tout le nombre de 314. Actions.
Fermer
Résumé : « Le Jeudy Saint 2. Avril, le Concert Spirituel continua au Château des Tuilleries. Le sieur Bononcini, [...] »
Le 2 avril, un concert du Concert Spirituel eut lieu au Château des Tuileries. Bononcini présenta un Miserere, avec la demoiselle Erremens interprétant des récits au goût italien. La demoiselle Le Maure chanta un nouveau Pange lingua, alternant avec les chœurs sur des extraits de Jephté et de la Bergerie de Roland. M. Mouret ajouta des versets musicaux, acclamés par le public. Le concert fut interrompu trois jours en raison du décès du Duc d'Anjou, puis reprit jusqu'au dimanche de Quasimodo. Les demoiselles Erremens, Le Maure, Courvasier et Lenner, ainsi que le sieur Massé, chantèrent divers motets nouveaux. Le sieur Sommis, violoniste du Roi de Sardaigne, exécuta des sonates et concertos avec maîtrise. Le 10 avril, le psaume Exultate justi de Bordier fut exécuté et applaudi. Le 25 mars, l'Abbé de Fitzjames chanta sa première messe à l'Abbaye Royale de Saint-Victor. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 314 actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer