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3301
p. 200
ESPAGNE.
Début :
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Arrêt du roi, Reconstruction, Plan, Propriétaires, Secousses
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 13 Juin.
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de
ce mois , il eſt ordonné que cette Ville ſera rebâtie
dans l'eſpace de cinq années. Chaque Propriétaire
ſera tenu de faire reconstruire ſa maiſon ſuivant le
Plan qui a été arrêté au Conſeil , & ceux qui ne ſe
trouveront point en état de rebâtir , vendront leur
terrein à d'autres particuliers ou au Roi. Le terrein
qui ſera pris pour les rues qu'on élargira ou
que l'on fera obligé de percer , ſera payé aux Propriétaires
par ceux dont la ſituation en deviendra
plus avantageuſe;mais celui qui ſera employé pour
les Places publiques ſera payé par le Roi.
,
Le lendemain de cette publication , à deux heures
trois quarts du matin une nouvelle ſecouſſe
aſſez forte & précédée d'un bruit ſouterrein , ſe fit
ſentir dans tous les quartiers de la Ville .
DE LISBONNE , le 13 Juin.
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de
ce mois , il eſt ordonné que cette Ville ſera rebâtie
dans l'eſpace de cinq années. Chaque Propriétaire
ſera tenu de faire reconstruire ſa maiſon ſuivant le
Plan qui a été arrêté au Conſeil , & ceux qui ne ſe
trouveront point en état de rebâtir , vendront leur
terrein à d'autres particuliers ou au Roi. Le terrein
qui ſera pris pour les rues qu'on élargira ou
que l'on fera obligé de percer , ſera payé aux Propriétaires
par ceux dont la ſituation en deviendra
plus avantageuſe;mais celui qui ſera employé pour
les Places publiques ſera payé par le Roi.
,
Le lendemain de cette publication , à deux heures
trois quarts du matin une nouvelle ſecouſſe
aſſez forte & précédée d'un bruit ſouterrein , ſe fit
ſentir dans tous les quartiers de la Ville .
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Résumé : ESPAGNE.
Le 2 juin, un arrêté royal a ordonné la reconstruction de Lisbonne en cinq ans. Les propriétaires doivent suivre un plan approuvé. Les terrains pour les rues seront payés par les bénéficiaires, ceux pour les places publiques par le Roi. Le 3 juin, une nouvelle secousse sismique a été ressentie.
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3302
p. 201-203
ITALIE.
Début :
Un Corsaire Anglois s'empara dans le mois dernier du Saint-Jean, [...]
Mots clefs :
Livourne, Corsaire anglais, Navire français, Chaloupes, Attaque, Rome, Révoltes du peuple, Election du pontife, Pape Clément XIII, Prières, Joies
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE LIVOURNE , le 24 Juin.
Un Corſaire Anglois s'empara dans le mois der
nier du Saint-Jean , Navire François de Marſeille
qui revenoitdu Levant. Les Négocians de cette
Ville , intéreſſés à la cargaiſon de ce Navire , au
premier avis de ſa priſe , dépêcherent à la hauteur
de ce Port où il devoit être conduit , deux Chaloupes
armées. Auſſi- tôt que ces Chaloupes eurent
apperçu le Corſaire , elles arborerent , l'une Pavillon
Algérien , l'autre Pavillon Eſpagnol , & elles
feignirent de ſe battre , en s'approchant toujours
du Navire Anglois. Lorſqu'elles ſe trouverent à
portée , vingt- cinq hommes de l'équipage de la
prétendue Chaloupe Eſpagnole y monterent; l'autre
Chaloupe forçant de voiles aborda preſque en
même temps l'Armateur ; il fut pris de cette maniere
, & emmené du côté de Gênes avec le Bâtiment
dont il s'étoit emparé.
DE ROME , le 9 Juillet.
ACiterna , dans les Etats de l'Eglife , le Peuple
apris les armes & s'eſt ſoulevé contre le Gouverneur
; mais cette émeute populaire doit être
actuellement appaiſée. Il y en a eu une pareille à
Citta-di-Caſtello , ſur le Tibre, contre les Sbirre's
& leur Commandant. Les mutins armés , ayant
conduit deux pieces de canon devant le Palais du
Gouverneur , à qui pourtant ils n'en vouloient
point, font ǎ bout de chaffer de laVille&
le Commandant & les Sbirres. Ces fortes d'émeutes
ſont affez fréquentes pendant la vacance du
venus
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
1
Saint Siége : le Pape élu , tout rentre dans l'ordre..
On avoit redoublé les prieres dans toutes les
Eglifes de cette Capitale , pour la prompte élection
d'un Pontife , lorſque le Jeudi 6 Juillet , vers
les huit heures du ſoir , les Cardinaux ayant procédé
au ſcrutin dans la Chapelle Sixtine , Charles
Rezzonico, Vénitien,Cardinal du Titre de S. Marc,
Evêque de Padoue , Créature du Pape Clement
XII , fut élu par le concours d'autant de voix qu'il
y avoit de Cardinaux au Conclave. Le nouveau
Pontife prit auffi- tôt le nom de Clement XIII. Sa
Sainteté ayant enſuite été revêtue des habits Pontificaux,
fut portée dans un fauteuil ſur les marchess
del'Autel , ou Elle reçut les adorations & les hommages
des Cardinaux. L'Anneau du Pécheur lui fut
préſenté par leCardinal Camerlingue,& le S. Pere
le remit au Premier Maître des Cérémonies ,
pour y faire graver le nom de Clement XIII.
A huit heures & demie , le Cardinal Albani
premier Diacre , étant précédé de la Croix ,
ſe rendit à la grande loge ſous le Portique de
Saint Pierre , où il publia à haute voix l'exaltation
du Pontife . A cette nouvelle toute la Ville fut
remplie de joie , & le ſon des cloches l'eut bien--
tôt répandue de tous les côtés. Vers les neuf heures,
le Saint Pere revint à la Chapelle Sixtine& les
Cardinaux revêtus de la pourpre ſacrée , firent ladeuxieme
adoration . De-là , le Pape porté dans un
fauteuil&entouré de la Garde Suiffe , fut conduit
en proceſſion à Saint Pierre par les Cardinaux , le
Gouverneur de Rome , le Connétable Colonne ,.
Prince du Trône , le Duc de Guadagnuolo , Maî
de l'Hoſpice Sacré , l'Ambaſſadeur de Bologne, les
Confervateurs & le Prieur du Peuple Romain
toute la Prélature , & une grande partie de la Nobleſſe,
au milieudes acclamations d'une foule pro--
*
AOUST. 1758. 203
digieuſe de peuple. Après que le Saint Pere eut
fait ſa prieredevant le Saint Sacrement & à l'Autel
de la Confeffion , on chanta le Te Deum , & on
lui fit la troiſieme adoration. Le Pape donna la
premiere Bénédiction folemnelle au peuple , & enfuite
fut porté dans ſa chaiſe à ſon appartement du
Vatican.
La vacance du Saint Siége a duré ſoixante - cinq
jours , & le Conclave cinquante- trois .
DE LIVOURNE , le 24 Juin.
Un Corſaire Anglois s'empara dans le mois der
nier du Saint-Jean , Navire François de Marſeille
qui revenoitdu Levant. Les Négocians de cette
Ville , intéreſſés à la cargaiſon de ce Navire , au
premier avis de ſa priſe , dépêcherent à la hauteur
de ce Port où il devoit être conduit , deux Chaloupes
armées. Auſſi- tôt que ces Chaloupes eurent
apperçu le Corſaire , elles arborerent , l'une Pavillon
Algérien , l'autre Pavillon Eſpagnol , & elles
feignirent de ſe battre , en s'approchant toujours
du Navire Anglois. Lorſqu'elles ſe trouverent à
portée , vingt- cinq hommes de l'équipage de la
prétendue Chaloupe Eſpagnole y monterent; l'autre
Chaloupe forçant de voiles aborda preſque en
même temps l'Armateur ; il fut pris de cette maniere
, & emmené du côté de Gênes avec le Bâtiment
dont il s'étoit emparé.
DE ROME , le 9 Juillet.
ACiterna , dans les Etats de l'Eglife , le Peuple
apris les armes & s'eſt ſoulevé contre le Gouverneur
; mais cette émeute populaire doit être
actuellement appaiſée. Il y en a eu une pareille à
Citta-di-Caſtello , ſur le Tibre, contre les Sbirre's
& leur Commandant. Les mutins armés , ayant
conduit deux pieces de canon devant le Palais du
Gouverneur , à qui pourtant ils n'en vouloient
point, font ǎ bout de chaffer de laVille&
le Commandant & les Sbirres. Ces fortes d'émeutes
ſont affez fréquentes pendant la vacance du
venus
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
1
Saint Siége : le Pape élu , tout rentre dans l'ordre..
On avoit redoublé les prieres dans toutes les
Eglifes de cette Capitale , pour la prompte élection
d'un Pontife , lorſque le Jeudi 6 Juillet , vers
les huit heures du ſoir , les Cardinaux ayant procédé
au ſcrutin dans la Chapelle Sixtine , Charles
Rezzonico, Vénitien,Cardinal du Titre de S. Marc,
Evêque de Padoue , Créature du Pape Clement
XII , fut élu par le concours d'autant de voix qu'il
y avoit de Cardinaux au Conclave. Le nouveau
Pontife prit auffi- tôt le nom de Clement XIII. Sa
Sainteté ayant enſuite été revêtue des habits Pontificaux,
fut portée dans un fauteuil ſur les marchess
del'Autel , ou Elle reçut les adorations & les hommages
des Cardinaux. L'Anneau du Pécheur lui fut
préſenté par leCardinal Camerlingue,& le S. Pere
le remit au Premier Maître des Cérémonies ,
pour y faire graver le nom de Clement XIII.
A huit heures & demie , le Cardinal Albani
premier Diacre , étant précédé de la Croix ,
ſe rendit à la grande loge ſous le Portique de
Saint Pierre , où il publia à haute voix l'exaltation
du Pontife . A cette nouvelle toute la Ville fut
remplie de joie , & le ſon des cloches l'eut bien--
tôt répandue de tous les côtés. Vers les neuf heures,
le Saint Pere revint à la Chapelle Sixtine& les
Cardinaux revêtus de la pourpre ſacrée , firent ladeuxieme
adoration . De-là , le Pape porté dans un
fauteuil&entouré de la Garde Suiffe , fut conduit
en proceſſion à Saint Pierre par les Cardinaux , le
Gouverneur de Rome , le Connétable Colonne ,.
Prince du Trône , le Duc de Guadagnuolo , Maî
de l'Hoſpice Sacré , l'Ambaſſadeur de Bologne, les
Confervateurs & le Prieur du Peuple Romain
toute la Prélature , & une grande partie de la Nobleſſe,
au milieudes acclamations d'une foule pro--
*
AOUST. 1758. 203
digieuſe de peuple. Après que le Saint Pere eut
fait ſa prieredevant le Saint Sacrement & à l'Autel
de la Confeffion , on chanta le Te Deum , & on
lui fit la troiſieme adoration. Le Pape donna la
premiere Bénédiction folemnelle au peuple , & enfuite
fut porté dans ſa chaiſe à ſon appartement du
Vatican.
La vacance du Saint Siége a duré ſoixante - cinq
jours , & le Conclave cinquante- trois .
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Résumé : ITALIE.
Le 24 juin, un corsaire anglais captura le navire français Saint-Jean en provenance du Levant. Les négociants marseillais, attirés par la cargaison, envoyèrent deux chaloupes armées à Livourne. Ces chaloupes arborèrent des pavillons algérien et espagnol pour tromper le corsaire. Vingt-cinq hommes montèrent à bord du navire anglais, tandis que l'autre chaloupe abordait l'armateur. Le corsaire fut capturé et emmené vers Gênes avec le navire qu'il avait pris. À Rome, le 9 juillet, des émeutes populaires éclatèrent à Citerna et à Citta-di-Castello contre les autorités locales. Ces troubles furent rapidement apaisés après l'élection d'un nouveau pape. Le 6 juillet, Charles Rezzonico, cardinal vénitien, fut élu pape et prit le nom de Clément XIII. La nouvelle fut annoncée publiquement et acclamée par la population. Le pape reçut les hommages des cardinaux et fut conduit en procession à la basilique Saint-Pierre, où il donna la première bénédiction solennelle avant de se retirer à son appartement au Vatican. La vacance du Saint-Siège avait duré soixante-cinq jours, et le conclave cinquante-trois.
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3303
p. 203-205
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On va faire embarquer pour Embden quatre Compagnies d'anciennes Troupes [...]
Mots clefs :
Londres, Compagnies, Parlement, Dettes nationales, Dépenses, Soldats, Commandement, Tribunaux de l'Amirauté, Amérique, Pêche à la baleine, Commerce du nord, Corsaires, Suède
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES, le 16 Juillet.
On va faire embarquer pour Embdem quatre
Compagnies d'anciennes Troupes qui remplaceront
le Régiment Anglois de Brudenell , actuellement
engarnison dans cette Place , & que l'on envoye
à l'armée d'Hanovre.
Suivant l'état remis au Parlement dans la derniere
ſéance,nos dettes nationales montoient le 11
Janvier dernier à ſoixante- dix- ſept millions ſeptcens
quatre-vingt mille trois cens quatre-vingtfix
livres ſterlings. Elles ont été augmentées depuis
decinq millions de livres , pour les dépenſes extraordinaires
de cette campagne. Ainfielles montent
actuellement à quatre-vingt-deux millions
fept cens quatre-vingt mille trois cens quatrevingt-
fix livres ſterlings , le tout non compris less
dettes de la Marine qui font ſeules un objet d'enron
deux millions de livres ſterlings .
Il paroît décidé que la Cour ne fera paſſer en
Allemagne que dix mille hommes , au lieu de
trente ou de vingt mille qu'on s'étoit d'abord propoſé
de joindre à l'armée d'Hanovre
Lecommandement de ces troupes é tant deſtiné
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
au Duc de Marlborough , on croit que le Comte
d'Ancram commandera celles qu'on a deſſein de
renvoyer ſur les côtes de France. On aſſure même
que le Prince Edouard Augufte , frere du Prince
de Galles , a obtenu de Sa Majesté la permiſſion
d'aller ſervir , en qualité de volontaire , dans l'expédition
qu'on doit tenter de nouveau ſur ces mêmes
côtes , & qu'il s'embarquera ſur la flotte du
Chefd'eſcadre Howe.
Les Tribunaux de l'Amirauté , établis dans nos
Iſles de l'Amérique , ont pris le parti , pour abréger
les procédures, de déclarer de bonne priſe tous
les vaiſſeaux Hollandois qu'on trouve munis de
permiffions données par les François. Ces permiffions
, ſuivant leur Jurisprudence , naturaliſent les
vaiſſeaux , & les rendent ſujets à confiſcation ,
comme s'ils appartenoient véritablement à l'ennemi.
La pêche de la Baleine a mal réuſſi cette année
dans les mers du Nord. Six vaiſſeaux Hollandois ,
& cinq des nôtres , y ont péri ; pluſieurs autres ont
beaucoup fouffert , & quelques-uns auront de la
peine à ſe dégager des glaces.
Notre commerce du Nord commence à ſe reſſentir
de la méſintelligence ſurvenue entre cette
Cour & celle de Suede. Aux priſes que nos Corſaires
ont faites de pluſieurs Navires Suédois , qui
n'ont point été reſtitués , on oppoſe ici le refus
que la Cour de Suede a fait d'admettre, en qualité
deMiniſtre , le Chevalier Goodrick, envoyé par le
Roi pour réſider à Stockolm. Mais dans un Mémoire
que le ſieur Wynants , Secretaire de Légation
de Suede , préſenta au Roi , avant que de ſe
retirer , on obſerve que le Chevalier Goodrick
ayant pris ſa route par Breſlaw , & ayant eu pluſieurs
conférences avec les ennemis des Puiſſances
AOUST. 1758 . 109
auxquelles eſt alliée la Suede , il étoit devenu juftement
ſuſpect ; que d'ailleurs , pendant tout le
temps que le ſieur Goodrick avoit mis au voyage
de Suede, la Cour de Londres avoit gardé le filence
ſur la miffion de ſon Miniſtre , & qu'on n'avoit
été inſtruit de ſa deſtination à Stockholm que par
des voies indirectes ; qu'au reſte , outre ces motifs
d'excluſion , ſuffiſamment juſtifiés par les circonftances,
le refus de ſa Majesté Suédoiſe étoit fondé
ſur le droit que tous les Souverains ont à cet
égard, & fur l'exemple qu'en a donné la Cour de
Londres à l'occaſion d'un Miniftre nommé il y a
quelques années par le Roi de Suede , & qu'elle
ne voulut point recevoir , quoique le cas fut bien
différent de celui qui ſe préſente aujourd'hui.
DE LONDRES, le 16 Juillet.
On va faire embarquer pour Embdem quatre
Compagnies d'anciennes Troupes qui remplaceront
le Régiment Anglois de Brudenell , actuellement
engarnison dans cette Place , & que l'on envoye
à l'armée d'Hanovre.
Suivant l'état remis au Parlement dans la derniere
ſéance,nos dettes nationales montoient le 11
Janvier dernier à ſoixante- dix- ſept millions ſeptcens
quatre-vingt mille trois cens quatre-vingtfix
livres ſterlings. Elles ont été augmentées depuis
decinq millions de livres , pour les dépenſes extraordinaires
de cette campagne. Ainfielles montent
actuellement à quatre-vingt-deux millions
fept cens quatre-vingt mille trois cens quatrevingt-
fix livres ſterlings , le tout non compris less
dettes de la Marine qui font ſeules un objet d'enron
deux millions de livres ſterlings .
Il paroît décidé que la Cour ne fera paſſer en
Allemagne que dix mille hommes , au lieu de
trente ou de vingt mille qu'on s'étoit d'abord propoſé
de joindre à l'armée d'Hanovre
Lecommandement de ces troupes é tant deſtiné
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
au Duc de Marlborough , on croit que le Comte
d'Ancram commandera celles qu'on a deſſein de
renvoyer ſur les côtes de France. On aſſure même
que le Prince Edouard Augufte , frere du Prince
de Galles , a obtenu de Sa Majesté la permiſſion
d'aller ſervir , en qualité de volontaire , dans l'expédition
qu'on doit tenter de nouveau ſur ces mêmes
côtes , & qu'il s'embarquera ſur la flotte du
Chefd'eſcadre Howe.
Les Tribunaux de l'Amirauté , établis dans nos
Iſles de l'Amérique , ont pris le parti , pour abréger
les procédures, de déclarer de bonne priſe tous
les vaiſſeaux Hollandois qu'on trouve munis de
permiffions données par les François. Ces permiffions
, ſuivant leur Jurisprudence , naturaliſent les
vaiſſeaux , & les rendent ſujets à confiſcation ,
comme s'ils appartenoient véritablement à l'ennemi.
La pêche de la Baleine a mal réuſſi cette année
dans les mers du Nord. Six vaiſſeaux Hollandois ,
& cinq des nôtres , y ont péri ; pluſieurs autres ont
beaucoup fouffert , & quelques-uns auront de la
peine à ſe dégager des glaces.
Notre commerce du Nord commence à ſe reſſentir
de la méſintelligence ſurvenue entre cette
Cour & celle de Suede. Aux priſes que nos Corſaires
ont faites de pluſieurs Navires Suédois , qui
n'ont point été reſtitués , on oppoſe ici le refus
que la Cour de Suede a fait d'admettre, en qualité
deMiniſtre , le Chevalier Goodrick, envoyé par le
Roi pour réſider à Stockolm. Mais dans un Mémoire
que le ſieur Wynants , Secretaire de Légation
de Suede , préſenta au Roi , avant que de ſe
retirer , on obſerve que le Chevalier Goodrick
ayant pris ſa route par Breſlaw , & ayant eu pluſieurs
conférences avec les ennemis des Puiſſances
AOUST. 1758 . 109
auxquelles eſt alliée la Suede , il étoit devenu juftement
ſuſpect ; que d'ailleurs , pendant tout le
temps que le ſieur Goodrick avoit mis au voyage
de Suede, la Cour de Londres avoit gardé le filence
ſur la miffion de ſon Miniſtre , & qu'on n'avoit
été inſtruit de ſa deſtination à Stockholm que par
des voies indirectes ; qu'au reſte , outre ces motifs
d'excluſion , ſuffiſamment juſtifiés par les circonftances,
le refus de ſa Majesté Suédoiſe étoit fondé
ſur le droit que tous les Souverains ont à cet
égard, & fur l'exemple qu'en a donné la Cour de
Londres à l'occaſion d'un Miniftre nommé il y a
quelques années par le Roi de Suede , & qu'elle
ne voulut point recevoir , quoique le cas fut bien
différent de celui qui ſe préſente aujourd'hui.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1758, la Grande-Bretagne prépare plusieurs opérations militaires. Quatre compagnies de troupes anciennes doivent se rendre à Emden pour remplacer le régiment de Brudenell à Hanovre. La dette nationale britannique a augmenté de 15 millions de livres sterling, atteignant 82 millions 780 000 livres sterling, sans inclure les dettes de la Marine, estimées à 2 millions de livres. La Cour britannique prévoit d'envoyer 10 000 hommes en Allemagne sous le commandement du Duc de Marlborough, tandis que le Comte d'Ancram dirigera les troupes sur les côtes de France. Le Prince Édouard Auguste, frère du Prince de Galles, s'embarquera avec la flotte du Chef d'escadre Howe. Les tribunaux de l'Amirauté en Amérique déclarent de bonne prise les vaisseaux hollandais munis de permissions françaises. La pêche à la baleine dans les mers du Nord a été désastreuse, avec la perte de vaisseaux hollandais et britanniques. Le commerce britannique avec la Suède est affecté par des tensions diplomatiques, notamment le refus de la Suède d'accepter le Chevalier Goodrick comme ministre britannique.
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3304
p. 205
PAYS-BAS.
Début :
Des Corsaires Anglois ayant rencontré dans la traversée de Rouen [...]
Mots clefs :
Amsterdam, Corsaires anglais, Equipage, Vaisseaux, Pillages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS - BAS.
D'AMSTERDAM , le II Juillet.
DesCorſaires Anglois ayant rencontré dans la
traverſée de Rouen à Rotterdam , le Vaiſſeau du
Capitaine Hollandois Warner Pieters qui avoit
àbord les équipages & quelques domeſtiques de
l'Ambaſſadeur nommé par le Roi d'Eſpagne pour
réſider à la Cour de Danemarck , ils n'ont reſpecté
ni la neutralité du Vaiſſeau ni celle des paſſagers
qu'il portoit. Ils ont volé pour plus de vingt mille
écus d'effets appartenans à l'Ambaſſadeur , ont mis
en pieces & ont jetté à la mer fon carroffe , un
autel & des ornemens d'Eglife , ont maltraité ſes
domeſtiques , & leur ont jetté au viſage les hofties
que contenoient les vaſes ſacrés.
D'AMSTERDAM , le II Juillet.
DesCorſaires Anglois ayant rencontré dans la
traverſée de Rouen à Rotterdam , le Vaiſſeau du
Capitaine Hollandois Warner Pieters qui avoit
àbord les équipages & quelques domeſtiques de
l'Ambaſſadeur nommé par le Roi d'Eſpagne pour
réſider à la Cour de Danemarck , ils n'ont reſpecté
ni la neutralité du Vaiſſeau ni celle des paſſagers
qu'il portoit. Ils ont volé pour plus de vingt mille
écus d'effets appartenans à l'Ambaſſadeur , ont mis
en pieces & ont jetté à la mer fon carroffe , un
autel & des ornemens d'Eglife , ont maltraité ſes
domeſtiques , & leur ont jetté au viſage les hofties
que contenoient les vaſes ſacrés.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 2 juillet, des corsaires anglais ont intercepté le vaisseau du capitaine Warner Pieters entre Rouen et Rotterdam. Le vaisseau transportait l'équipage et les domestiques de l'ambassadeur espagnol pour le Danemark. Les corsaires ont volé des biens d'une valeur de plus de vingt mille écus, détruit des objets religieux et maltraité les domestiques.
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3305
p. 206-212
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La Frégate du Roi la Comete, partie de l'Isle Royale le 10 Juin, [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Bataillons, Amérique, Flotte anglaise, Combats, Capitaines, Ordonnance du roi, Officier, Courage, Récompense, Camp de Froviller, Marquis, Ennemis, Mouvements des troupes, Duc de Broglie, Prince de Soubise, Attaques, Corsaires, Equipage, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
La Frégate du Roi la Comete , partie de l'iſſe
Royale le 10 Juin , eſt arrivée au Port Louis le 27
du même mois. Elle a apporté les nouvelles ſuivantes.
Depuis les dernieres , qui ont annoncé l'en.
trée des deux Diviſions du Marquis Deſgouttes &
du ſieur Beauffier , il eſt arrivé dans cette Ile plufieurs
Vaiſſeaux du Roi & Bâtimens Marchands
ſçavoir , trois Navires de Saint- Malo , le 14 Mai ;
la Frégate l'Echo , le 27 ; le Vaiſſeau le Bizarre &
la Frégate l'Aréthuſe , le 30. Tous ces Bâtimens
étoient chargés de munitions & de vivres pour la
Colonie.
Les quatre Vaiſſeaux de la Diviſion du ſieurDuchaffault
, qui y tranſportoient le Bataillon de
Cambis, font arrivés en même-temps au Port Dauphin
avec le Vaiſſeau de la Compagnie des Indes
le Brillant. Le Bataillon deCambis s'eſt rendu dans
Louiſbourg.
Le premier Juin la Flotte Angloiſe s'étant montréedans
la Baye de Gabarus , au nombre de cent
treize Voiles , on a renforcé les poſtes de la côte.
Le 8 , à quatre heures du matin , les Anglois ont
commencé leur attaque du côté de la Cormorandiere
avec un grand nombre de bateaux plats chargés
de Troupes ,& des Frégates pour les foutenir.
Ilsyont eſſuyé un feu ſi vif , qu'ils ont perdu mille
àdouze cens hommes ; mais dans le temps qu'on
étoit occupé à empêcher leur deſcente , une par
AOUST. 1758 . 207
tiede leurs Berges s'eſt réfugiée au pied des rochers
eſcarpés ſur la droite de la Cormorandiere ,,
dans un endroit qui avoit paru inacceffible. Les
Anglois ayant trouvé moyen de grimper ſur le
fommet , n'ont été apperçus que lorſqu'ils ſe ſont
trouvés en force. Nos Troupes , après avoir réſiſté
autant qu'elles ont pu , ſe ſont retirées dans la Place
, où l'on ſe prépare à une vigoureuſe défenſe ,
yayant en abondance des munitions de guerre &
des provifions de bouche, Nous avons perdu dans
l'attaque du 8 , les ſieurs Delanglade , Capitaine
des Grenadiers du Bataillon de Bourgogne ; Romainville
, Soulieutenant de lamême Compagnie ; -
Beleſta , Capitaine des Grenadiers du Bataillon
d'Artois , & Savary , Soulieutenant de la même
Compagnie ; un Lieutenant des Volontaires Etrangers
; trois Officiers bleſſés , & environ cent cinquante
Soldats de tous les Corps tués , bleſlés , ou
faitspriſonniers.
Les Vaiſſeaux de guerre ſont toujours maîtres
du Port , que les ennemis n'ont point tenté de
forcer.
Le fieur de Boishebert , Officier de Canada ,
étoit attendu à l'Iſle Royale avec un détachement
des Troupes de Quebec , de Canadiens & de Sauvages.
Le Vaiſſeau du Roi le Formidable. , commandé
par le Comte de Blenac , Chef d'Eſcadre des Armées
Navales, eſt rentré à Breſt.
On a appris par un courier extraordinaire dépêché
le 6 de ce mois par l'Evêque Duc de Laon ,
Ambaſſadeur Extraordinaire du Roi auprès du Saint
Siege , que le même jour le Cardinal Rezzonico.
avoit été elu Pape, & avoit pris le nom de Clément
XIII. On a auſſi reçu la nouvelle que le nouveaus
Pape avoit choiſi pour Secrétaire d'Etat le Cardi
20S MERCURE DE FRANCE.
nal Archinto , qui exerçoit le même emploi ſous
le précédent Pontificat .
Il paroît une Ordonnance du Roi rendue le 10
de ce mois , par laquelle il eſt permis aux Soldats
qui ont déſerté avant le premier Février 1757 , de
s'engager indiſtinctement dans toutes les Troupes
de Sa Majesté , pour jouir de l'Amniſtie qu'il lui a
plu d'accorder par ſon Ordonnance du 20 Avril
de l'année derniere.
Dans le combat du 23 Juin dernier , M. de
Bullioud, âgé de dix-huit ans, Cornette de la Compagnie
de Saint-André dans la Brigade de Bovet ,
du Régiment des Carabiniers , après avoir forcé la
ligne d'Infanterie des ennemis , portant toujours
fon étendard , rallia quelques Carabiniers & des
Maréchaux des Logis , attaqua une batterie que
les ennemis préparoient , coupa les traits des chevaux
, tua pluſieurs Canonniers , & voyant de
l'impoſſibilité à regagner l'Armée du Roi , prit
le parti d'aller en avant par derriere les lignes de
Parmée ennemie , où il fit prifonnier un Colonel
Hanovrien. Il traverſa les marais de la Niers , gagna
Gladbec , petite Ville à quatre lieues de Crévelt
,& ſe trouvant obligé d'y paſſer la nuit , il en
fit fermer & garder les portes , & en partit le lendemain
à la pointe du jour. Après avoir fait un
grand tour , il arriva au camp de Neuff à deux
heures après-midi , & ſe préſenta au ſieur de Bovet
avec un Maréchal des Logis & vingt- cinq Carabiniers
, dont huit bleſſes & avec l'Etendard qu'il
a rapporté à ſa brigade.
Le Roi , en conſidération de l'intelligence , de
la valeur & de la bonne conduite de cejeune Officier
, lui a donné la Croix de Saint Louis & un
Brevet de Capitaine Réformé , à la fuite des Carab
iniers.
1
AOUST . 1758 . 209
M. le Comte de Clermont s'étant démis le huit.
Juillet , du commandement de l'armée , le Roi l'a
donné à M. le Marquis de Contades.
Duſſeldorp a capitulé par ordre exprès de l'Electeur
Palatin , & les Hanovriens y font entrés
le neuf.
Les Lettres du camp de Froviller , en date du
20 de Juillet , marquent que le Prince Ferdinand
deBrunswick eſt toujours campé près de Neuff ,
&que notre armée n'a point changé de poſition.
M. le Marquis de Contades fait conftruire un ſecond
pont près de Cologne. Il étoit campé à
Mungerdorff dans la plaine de Cologne , lorſqu'il
apprit par les Détachemens qu'il avoit ſur la riviere
d'Erff, que le Prince Ferdinand avoit fait un
mouvement pour ſe porter en avant , & qu'il avoit
établi ſon Quartier général à Greveenbrock : il prit
la réſolution de faire marcher l'armée le 1 3 Juiller,
& vint camper à Gleſſeen. Il y fut informé que le
Prince Ferdinand avoit fait paſſer la riviere d'Erff
à ſon armée , ſur pluſieurs ponts , à Greveenbrock
même & au- deſſus , ce qui fit prendre à M. le Marquis
de Contades le parti de marcher le 14 dès la
pointedu jour ſur les hauteurs de Bedbourg , pour
prévenir le Prince Ferdinand. Son avant-garde y
trouvacelle des ennemis qu'elle repouſla ; le reſte
de l'armée qui ſuivoit de près ſur ſept colonnes ,
ſe mit en bataille preſqu'en préſence de celle du
Prince Ferdinand. M. le Marquis de Contades fit
toutes les diſpoſitions néceſſaires pour attaquer
l'ennemi ; mais ce Prince n'oſant pas s'expoſer au
riſque d'une action générale , avoit repaſſé l'Erff
vers les onze heures du ſoir ſur pluſieurs ponts ,
qu'il a fait rompre après ſon paſſage avec tant de
précipitation , qu'il a abandonné une piece de canon
de 18 liv. de balles, L'ennemi s'eſt replié du
210 MERCURE DE FRANCE.
côté de Neuff , ayant la riviere d'Erff devant lui.
M. leMarquisdeContades ſediſpoſe de le ſuivre ,
à la grande fatisfaction de toute l'armée qui brûle
du deſir de combattre. On a reçu avis par l'extrait
d'une lettre de l'armée du Prince de Soubiſe , de
Groos-Lenden , « que ce Prince'a raſſemb é toute
> ſon armée à Freidberg le 12 & le 14 Juillet. Elle a
>> marché en cantonnant , tant à cauſe du mauvais
>> temps que pour la facilité des ſubſiſtances ,jul-
>> qu'au 16 qu'elle eſt venue camper ici. M. le Duc
>> de Broglie commandoit l'avant-garde , & avoit
>> fait marcher en avant un gros Détachement de
> Royal-Naffau & des Troupes de Fiſcher . Nous
>> y avons appris que les ennemis , qui avoient pa-
>> ru vouloir défendre la Fortereſſe de Marburg ,
>> ont cependant pris le parti de l'abandonner au
>> moment que la troupe de Fiſcher ſe diſpoſoit à
>>> l'eſcalader . On a trouvé dans le Château uue'
>> grande quantité de fourrages & d'autres muni-
>> tions,& beaucoup d'artillerie. L'armée n'arrive-
>>ra à Marburg que dans deux jours , d'où elle ſe
> mettra promptement en marche pour Caffel.
>>On ne sçauroit exprimer la bonne volonté &
>> l'ardeur des Troupes » .
M. le Ducde Broglie occupa le 16 JuilletMarpurg
avec l'avant-garde qu'il commande. Cette
Ville eſt une des plus conſidérables de la Heſſe ;
elle est fortifiée , elle a un Château , un-beau Palais
où le Landgrave fait ſouvent ſa réſidence,une
Univerſité , un Hôtel de Ville magnifique & une
belle Place :elle eſt ſituée ſur la Lohn dans un
pays fort agréable. M. le Prince de Soubiſe , informé
de l'état &de la poſition des ennemis , prit
la réſolution de joindre le 18 à Marburg le Corps
de M. le Duc de Broglie. Les ennemis avoient un
camp de cinq à fix mille hommes à Birgel , & ils
AOUST. 1758. 21 F
occupoient le pofte de Kirchayn ſur la riviere de
Lohn. M. le Prince de Soubife fit ſes diſpoſitions
pour les en déloger. Il fit avancer dix Bataillons
&quatre Eſcadrons aux ordres de M. le Marquis
du Meſnil , Lieutenant-Général , près d'Hombourg
, Châ eau ſitué ſur la même riviere; il dé
tacha M. le Marquis de Crillon , LieutenantG- énéral
, à la tête de ſeize Bataillons & de quatre
Eſcadrons , dans les environs d'Allendorff, Ville
remarquable par ſes Salines ſur la Werre , & M.
le Marquis Deffalles , Maréchal de Camp , près
d'Ebſdorff, avec quatre Bataillons & quatre Eſcadrons.
Le 19 , ces trois Corps ont féjourné dans
ces différens Poftes , & le 20 toute Parmée s'eſt
raſſemblée au poſte de Kirchayn , que les ennemis
avoient abandonné à notre approche , pour ſe retirer
à Guifelberg ſur le grand chemin de Caffel.
Oncompte que l'avant-garde de cette armée fera
rendue le 23 à Caffel. L'allarme eſt grande dans
le Pays; mais on eſpere que la tranquillité s'y rétablira
, par l'exacte diſcipline que M. le Prince
de Soubiſe fait obſerver à ſes Troupes.
Un Corſaire Anglois de 30 canons , ayant
pourſuivi la Pinque l'Expédition , qui venoit de
Smyrne , juſques ſous le canon de Gallipoli ,.
qui a fait fait feu fur ce Corfaire , il s'en eſt emparé
& l'a conduite à Tunis ; mais la Régence
la fait relâcher , & elle eſt de retour à Marseille .
Le Corſaire Arnoux , de cette Ville , a conduit
à Livourne , la Pinque du Capitaine Brilland
de Martigues , qu'il a repriſe ſur les Anglois.
La cargaison de ce Navire , qui étoit
parti de Seyde pour revenir ici , eſt eſtimée
deux cents mille livres.
La Frégate du Roi le Zéphir , commandée
par M. le Chevalier de Ternay , Lieutenant de
212 MERCURE DE FRANCE.
Vaiſſeau , laquelle étoit à la ſuite de l'Eſcadre
commandée par M. Duchaffault ,, qui a relâché
au Port Dauphin ,& qui a porté à Iſle Royale
le Bataillon de Cambis , eſt arrivée à Breſt le 3
Juin. Elle a rapporté que cette Eſcadre compoſé
de quatre Vaiſſeaux y compris le Brillant ,
de la Compagnie des Indes , & de pluſieurs
Navires de tranſport , étoit partie pour Quebec
, & qu'elle étoit à l'entrée du fleuve Saint-
Laurent , lorſque cette Frégate s'en est détachée
pour revenir en France.
,
com- M. Cornic , Lieutenant de Frégate
mandant la Félicité , s'eſt emparé le 3 Juin ,
fur les Glenants , des deux Corſaires de Jerſey
le Prince de Pruſſe , de 80 hommes d'équipage
, & le Cors , de 60 hommes , armés de 10
canons chacun .
La Barque le Saint Joseph , de Tréguier , chargée
de fer , d'eau de vie & de ſavon , a été repriſe
& conduite à l'Ile de Bas , par le Corſaire la
Menette , de l'Orient.
La Frégate du Roi la Comete , partie de l'iſſe
Royale le 10 Juin , eſt arrivée au Port Louis le 27
du même mois. Elle a apporté les nouvelles ſuivantes.
Depuis les dernieres , qui ont annoncé l'en.
trée des deux Diviſions du Marquis Deſgouttes &
du ſieur Beauffier , il eſt arrivé dans cette Ile plufieurs
Vaiſſeaux du Roi & Bâtimens Marchands
ſçavoir , trois Navires de Saint- Malo , le 14 Mai ;
la Frégate l'Echo , le 27 ; le Vaiſſeau le Bizarre &
la Frégate l'Aréthuſe , le 30. Tous ces Bâtimens
étoient chargés de munitions & de vivres pour la
Colonie.
Les quatre Vaiſſeaux de la Diviſion du ſieurDuchaffault
, qui y tranſportoient le Bataillon de
Cambis, font arrivés en même-temps au Port Dauphin
avec le Vaiſſeau de la Compagnie des Indes
le Brillant. Le Bataillon deCambis s'eſt rendu dans
Louiſbourg.
Le premier Juin la Flotte Angloiſe s'étant montréedans
la Baye de Gabarus , au nombre de cent
treize Voiles , on a renforcé les poſtes de la côte.
Le 8 , à quatre heures du matin , les Anglois ont
commencé leur attaque du côté de la Cormorandiere
avec un grand nombre de bateaux plats chargés
de Troupes ,& des Frégates pour les foutenir.
Ilsyont eſſuyé un feu ſi vif , qu'ils ont perdu mille
àdouze cens hommes ; mais dans le temps qu'on
étoit occupé à empêcher leur deſcente , une par
AOUST. 1758 . 207
tiede leurs Berges s'eſt réfugiée au pied des rochers
eſcarpés ſur la droite de la Cormorandiere ,,
dans un endroit qui avoit paru inacceffible. Les
Anglois ayant trouvé moyen de grimper ſur le
fommet , n'ont été apperçus que lorſqu'ils ſe ſont
trouvés en force. Nos Troupes , après avoir réſiſté
autant qu'elles ont pu , ſe ſont retirées dans la Place
, où l'on ſe prépare à une vigoureuſe défenſe ,
yayant en abondance des munitions de guerre &
des provifions de bouche, Nous avons perdu dans
l'attaque du 8 , les ſieurs Delanglade , Capitaine
des Grenadiers du Bataillon de Bourgogne ; Romainville
, Soulieutenant de lamême Compagnie ; -
Beleſta , Capitaine des Grenadiers du Bataillon
d'Artois , & Savary , Soulieutenant de la même
Compagnie ; un Lieutenant des Volontaires Etrangers
; trois Officiers bleſſés , & environ cent cinquante
Soldats de tous les Corps tués , bleſlés , ou
faitspriſonniers.
Les Vaiſſeaux de guerre ſont toujours maîtres
du Port , que les ennemis n'ont point tenté de
forcer.
Le fieur de Boishebert , Officier de Canada ,
étoit attendu à l'Iſle Royale avec un détachement
des Troupes de Quebec , de Canadiens & de Sauvages.
Le Vaiſſeau du Roi le Formidable. , commandé
par le Comte de Blenac , Chef d'Eſcadre des Armées
Navales, eſt rentré à Breſt.
On a appris par un courier extraordinaire dépêché
le 6 de ce mois par l'Evêque Duc de Laon ,
Ambaſſadeur Extraordinaire du Roi auprès du Saint
Siege , que le même jour le Cardinal Rezzonico.
avoit été elu Pape, & avoit pris le nom de Clément
XIII. On a auſſi reçu la nouvelle que le nouveaus
Pape avoit choiſi pour Secrétaire d'Etat le Cardi
20S MERCURE DE FRANCE.
nal Archinto , qui exerçoit le même emploi ſous
le précédent Pontificat .
Il paroît une Ordonnance du Roi rendue le 10
de ce mois , par laquelle il eſt permis aux Soldats
qui ont déſerté avant le premier Février 1757 , de
s'engager indiſtinctement dans toutes les Troupes
de Sa Majesté , pour jouir de l'Amniſtie qu'il lui a
plu d'accorder par ſon Ordonnance du 20 Avril
de l'année derniere.
Dans le combat du 23 Juin dernier , M. de
Bullioud, âgé de dix-huit ans, Cornette de la Compagnie
de Saint-André dans la Brigade de Bovet ,
du Régiment des Carabiniers , après avoir forcé la
ligne d'Infanterie des ennemis , portant toujours
fon étendard , rallia quelques Carabiniers & des
Maréchaux des Logis , attaqua une batterie que
les ennemis préparoient , coupa les traits des chevaux
, tua pluſieurs Canonniers , & voyant de
l'impoſſibilité à regagner l'Armée du Roi , prit
le parti d'aller en avant par derriere les lignes de
Parmée ennemie , où il fit prifonnier un Colonel
Hanovrien. Il traverſa les marais de la Niers , gagna
Gladbec , petite Ville à quatre lieues de Crévelt
,& ſe trouvant obligé d'y paſſer la nuit , il en
fit fermer & garder les portes , & en partit le lendemain
à la pointe du jour. Après avoir fait un
grand tour , il arriva au camp de Neuff à deux
heures après-midi , & ſe préſenta au ſieur de Bovet
avec un Maréchal des Logis & vingt- cinq Carabiniers
, dont huit bleſſes & avec l'Etendard qu'il
a rapporté à ſa brigade.
Le Roi , en conſidération de l'intelligence , de
la valeur & de la bonne conduite de cejeune Officier
, lui a donné la Croix de Saint Louis & un
Brevet de Capitaine Réformé , à la fuite des Carab
iniers.
1
AOUST . 1758 . 209
M. le Comte de Clermont s'étant démis le huit.
Juillet , du commandement de l'armée , le Roi l'a
donné à M. le Marquis de Contades.
Duſſeldorp a capitulé par ordre exprès de l'Electeur
Palatin , & les Hanovriens y font entrés
le neuf.
Les Lettres du camp de Froviller , en date du
20 de Juillet , marquent que le Prince Ferdinand
deBrunswick eſt toujours campé près de Neuff ,
&que notre armée n'a point changé de poſition.
M. le Marquis de Contades fait conftruire un ſecond
pont près de Cologne. Il étoit campé à
Mungerdorff dans la plaine de Cologne , lorſqu'il
apprit par les Détachemens qu'il avoit ſur la riviere
d'Erff, que le Prince Ferdinand avoit fait un
mouvement pour ſe porter en avant , & qu'il avoit
établi ſon Quartier général à Greveenbrock : il prit
la réſolution de faire marcher l'armée le 1 3 Juiller,
& vint camper à Gleſſeen. Il y fut informé que le
Prince Ferdinand avoit fait paſſer la riviere d'Erff
à ſon armée , ſur pluſieurs ponts , à Greveenbrock
même & au- deſſus , ce qui fit prendre à M. le Marquis
de Contades le parti de marcher le 14 dès la
pointedu jour ſur les hauteurs de Bedbourg , pour
prévenir le Prince Ferdinand. Son avant-garde y
trouvacelle des ennemis qu'elle repouſla ; le reſte
de l'armée qui ſuivoit de près ſur ſept colonnes ,
ſe mit en bataille preſqu'en préſence de celle du
Prince Ferdinand. M. le Marquis de Contades fit
toutes les diſpoſitions néceſſaires pour attaquer
l'ennemi ; mais ce Prince n'oſant pas s'expoſer au
riſque d'une action générale , avoit repaſſé l'Erff
vers les onze heures du ſoir ſur pluſieurs ponts ,
qu'il a fait rompre après ſon paſſage avec tant de
précipitation , qu'il a abandonné une piece de canon
de 18 liv. de balles, L'ennemi s'eſt replié du
210 MERCURE DE FRANCE.
côté de Neuff , ayant la riviere d'Erff devant lui.
M. leMarquisdeContades ſediſpoſe de le ſuivre ,
à la grande fatisfaction de toute l'armée qui brûle
du deſir de combattre. On a reçu avis par l'extrait
d'une lettre de l'armée du Prince de Soubiſe , de
Groos-Lenden , « que ce Prince'a raſſemb é toute
> ſon armée à Freidberg le 12 & le 14 Juillet. Elle a
>> marché en cantonnant , tant à cauſe du mauvais
>> temps que pour la facilité des ſubſiſtances ,jul-
>> qu'au 16 qu'elle eſt venue camper ici. M. le Duc
>> de Broglie commandoit l'avant-garde , & avoit
>> fait marcher en avant un gros Détachement de
> Royal-Naffau & des Troupes de Fiſcher . Nous
>> y avons appris que les ennemis , qui avoient pa-
>> ru vouloir défendre la Fortereſſe de Marburg ,
>> ont cependant pris le parti de l'abandonner au
>> moment que la troupe de Fiſcher ſe diſpoſoit à
>>> l'eſcalader . On a trouvé dans le Château uue'
>> grande quantité de fourrages & d'autres muni-
>> tions,& beaucoup d'artillerie. L'armée n'arrive-
>>ra à Marburg que dans deux jours , d'où elle ſe
> mettra promptement en marche pour Caffel.
>>On ne sçauroit exprimer la bonne volonté &
>> l'ardeur des Troupes » .
M. le Ducde Broglie occupa le 16 JuilletMarpurg
avec l'avant-garde qu'il commande. Cette
Ville eſt une des plus conſidérables de la Heſſe ;
elle est fortifiée , elle a un Château , un-beau Palais
où le Landgrave fait ſouvent ſa réſidence,une
Univerſité , un Hôtel de Ville magnifique & une
belle Place :elle eſt ſituée ſur la Lohn dans un
pays fort agréable. M. le Prince de Soubiſe , informé
de l'état &de la poſition des ennemis , prit
la réſolution de joindre le 18 à Marburg le Corps
de M. le Duc de Broglie. Les ennemis avoient un
camp de cinq à fix mille hommes à Birgel , & ils
AOUST. 1758. 21 F
occupoient le pofte de Kirchayn ſur la riviere de
Lohn. M. le Prince de Soubife fit ſes diſpoſitions
pour les en déloger. Il fit avancer dix Bataillons
&quatre Eſcadrons aux ordres de M. le Marquis
du Meſnil , Lieutenant-Général , près d'Hombourg
, Châ eau ſitué ſur la même riviere; il dé
tacha M. le Marquis de Crillon , LieutenantG- énéral
, à la tête de ſeize Bataillons & de quatre
Eſcadrons , dans les environs d'Allendorff, Ville
remarquable par ſes Salines ſur la Werre , & M.
le Marquis Deffalles , Maréchal de Camp , près
d'Ebſdorff, avec quatre Bataillons & quatre Eſcadrons.
Le 19 , ces trois Corps ont féjourné dans
ces différens Poftes , & le 20 toute Parmée s'eſt
raſſemblée au poſte de Kirchayn , que les ennemis
avoient abandonné à notre approche , pour ſe retirer
à Guifelberg ſur le grand chemin de Caffel.
Oncompte que l'avant-garde de cette armée fera
rendue le 23 à Caffel. L'allarme eſt grande dans
le Pays; mais on eſpere que la tranquillité s'y rétablira
, par l'exacte diſcipline que M. le Prince
de Soubiſe fait obſerver à ſes Troupes.
Un Corſaire Anglois de 30 canons , ayant
pourſuivi la Pinque l'Expédition , qui venoit de
Smyrne , juſques ſous le canon de Gallipoli ,.
qui a fait fait feu fur ce Corfaire , il s'en eſt emparé
& l'a conduite à Tunis ; mais la Régence
la fait relâcher , & elle eſt de retour à Marseille .
Le Corſaire Arnoux , de cette Ville , a conduit
à Livourne , la Pinque du Capitaine Brilland
de Martigues , qu'il a repriſe ſur les Anglois.
La cargaison de ce Navire , qui étoit
parti de Seyde pour revenir ici , eſt eſtimée
deux cents mille livres.
La Frégate du Roi le Zéphir , commandée
par M. le Chevalier de Ternay , Lieutenant de
212 MERCURE DE FRANCE.
Vaiſſeau , laquelle étoit à la ſuite de l'Eſcadre
commandée par M. Duchaffault ,, qui a relâché
au Port Dauphin ,& qui a porté à Iſle Royale
le Bataillon de Cambis , eſt arrivée à Breſt le 3
Juin. Elle a rapporté que cette Eſcadre compoſé
de quatre Vaiſſeaux y compris le Brillant ,
de la Compagnie des Indes , & de pluſieurs
Navires de tranſport , étoit partie pour Quebec
, & qu'elle étoit à l'entrée du fleuve Saint-
Laurent , lorſque cette Frégate s'en est détachée
pour revenir en France.
,
com- M. Cornic , Lieutenant de Frégate
mandant la Félicité , s'eſt emparé le 3 Juin ,
fur les Glenants , des deux Corſaires de Jerſey
le Prince de Pruſſe , de 80 hommes d'équipage
, & le Cors , de 60 hommes , armés de 10
canons chacun .
La Barque le Saint Joseph , de Tréguier , chargée
de fer , d'eau de vie & de ſavon , a été repriſe
& conduite à l'Ile de Bas , par le Corſaire la
Menette , de l'Orient.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1758, plusieurs événements militaires et navals marquants ont eu lieu. La frégate royale 'La Comète' est arrivée à Port-Louis le 27 juin après avoir quitté l'Isle Royale le 10 juin, apportant des nouvelles de l'arrivée de divers vaisseaux et bâtiments marchands à l'île, chargés de munitions et de vivres pour la colonie. Parmi ces navires figuraient trois vaisseaux de Saint-Malo : les frégates 'L'Écho' et 'L'Aréthuse', et le vaisseau 'Le Bizarre'. La division du sieur Duchaffault, transportant le Bataillon de Cambis, est arrivée au Port Dauphin avec le vaisseau 'Le Brillant' de la Compagnie des Indes, et le bataillon s'est ensuite rendu à Louisbourg. Le 1er juin, une flotte anglaise de 113 voiles a été repérée dans la baie de Gabarus, ce qui a conduit au renforcement des postes côtiers. Le 8 juin, les Anglais ont attaqué du côté de la Cormorandière, subissant de lourdes pertes mais réussissant à prendre position sur des rochers escarpés. Les troupes françaises se sont retirées dans la place forte, préparant une défense vigoureuse. Les pertes françaises incluaient plusieurs officiers et environ cent cinquante soldats tués, blessés ou prisonniers. Les vaisseaux de guerre français contrôlaient toujours le port. Le sieur de Boishebert, officier du Canada, était attendu à l'Isle Royale avec des troupes de Québec, des Canadiens et des autochtones. Le vaisseau 'Le Formidable', commandé par le Comte de Blenac, est rentré à Brest. Sur le plan diplomatique, le Cardinal Rezzonico a été élu Pape, prenant le nom de Clément XIII, et le Cardinal Archinto a été nommé Secrétaire d'État. Une ordonnance royale permettait aux déserteurs de s'engager à nouveau dans les troupes du roi. Plusieurs actions militaires ont été détaillées, notamment le combat du 23 juin où M. de Bullioud, âgé de dix-huit ans, a montré un grand courage en ralliant des troupes et capturant un colonel hanovrien. Pour cet exploit, il a reçu la Croix de Saint Louis et un brevet de capitaine réformé. Des changements de commandement ont été notés, comme la démission du Comte de Clermont et la nomination du Marquis de Contades à la tête de l'armée. Des mouvements de troupes et des batailles ont été décrits, notamment autour de Düsseldorf, de Neuff et de Marburg, où les armées françaises et ennemies se sont affrontées ou préparées à le faire. Enfin, des actions navales ont été rapportées, comme la capture de corsaires anglais et la libération de navires français par des corsaires français. La frégate 'Le Zéphir' a rapporté que l'escadre commandée par M. Duchaffault se dirigeait vers Québec.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3306
p. 195-203
ALLEMAGNE.
Début :
L'Armée Impériale continue de suivre de près celle des Prussiens. [...]
Mots clefs :
Königgrätz, Armée impériale, Prusse, Général, Maréchal, Troupes, Bataille, Cavalerie, Grenadiers, Colonels, Ennemis, Bravoure, Défaite des ennemis, Armée du Prince de Soubise, Quartier général, Duc de Broglie, Infanterie, Régiments, Comte, Duc, Baron, Cassel, Munitions, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGN Ε.
DE KONIGGRATZ EN BOHEME, le 17 Juillet .
L'ARMÉS Impériale continue de ſuivre de près
celle des Pruſſiens. La premiere campa le 3 àGewitz
, & en y arrivant , on apprit que le Roi de
Prufſe étoit déja àLeutomiſchel avec les deux premieres
colonnes de ſon armée ; mais que la troifieme
commandée d'abord par le Général Fouquet
, & actuellement par le Maréchal Keith
étoit encore à Zwittau & dans les environs , d'où
cependant elle commençoit à défiler. Le 7 , le
Comtede Laſci , Lieutenant général , qui avoit
dévancé l'armée pour marquer le camp deGewitz,
avec le corps desGrenadiers & des Carabiniers ,
ayant découvert cette troiſieme colonne qui marchoit
par Krenau à Zwittau , fit fes diſpoſitions
pour en charger l'arriere-garde. Il força d'abord le
village de Krenau ; il s'y foutint affez long-temps
pour arrêter la marche des ennemis , & il obligea
toute la colonne de faire halte. Nos Chaſſeurs ,
qui garniſſoient un bois au deſſus du Village , firentde-
là ſur les Prufſiens un feu continuel , leur
détruifirent pluſieurs charriots chargés de pontons
, prirent beaucoup de chevaux , & firent
quantité de butin. Les ennemis craignant de le
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
voir arrêter long-temps dans leur marche , prirent
leparti de ſe former & ſe préſenterent en bataille,
Comme le feu de leur canon qui n'étoit point
ſupérieur au nôttrree , ne fit point l'effet qu'ils en
attendoient; ils détacherent de l'Infantteerriiee&de
la Cavalerie pour attaquer le village de Krenau.
Quatre compagnies de Grenadiers aux ordres du
Général de Tillier , en occupoient le cimetiere ;
deux autres compagnies dans le Village flanquoient
ce poſte des deux côtés , & le Comte de
Brunian , Colonel des Huſſards Eſclavons , étoit
fur la gauche en dehors avec deux compagnies
de Carabiniers. Au premier choc la Cavalerie ennemie
prit la fuite , & l'Infanterie fut repouſſée
avec perte. La nuit étant ſurvenue , l'ennemi pro.
fita des ténebres pour nous dérober ſa marche ,
ce qu'il fit avec tant de promptitude & de précaution
qu'il nous échappa. L'armée Impériale ſe
remit le 9 en mouvement , & marcha en deux
colonnes par les montagnes ſur Politzka , où elle
ſéjourna le 10. Elle ſe porta le 11 à Sebranitz ,
comptantjoindre à Leutomiſchel la troiſieme colonne
des ennemis , & l'y attaquer ; mais elle en
étoit partie avant le jour , après avoir mis le feu
àfon camp , pendant que les deux autres colonnes
s'avançoient par Hollitz vers cette Place. Le 12 ,
cette troiſieme colonne prit la route des deux
premieres. Comme elle en étoit aſſez éloignée
pour ne pouvoirpas en être ſecourue , lesGénéraux
Laudohn , Ziskowitz & de Saint- Ignon , qui
continuoient de cotoyer l'ennemi ſur ſon flanç
gauche , réfolurent de l'attaquer. Le premier fit
d'abord feu fur les Pruffiens de quatre pieces de
canon , près du village de Woſtzetin : ils répondirent
de dix pieces de leur groſſe artillerie ; ce
pendant ils furent obligés de rebrouffer chemin
SEPTEMBRE. 1758 . 197
&de regagner les hauteurs où ils ſe retrancherent
fur le champ. Ils mirent auſſi le feu au village de
Woſtzetin , apparemment dans le deſſein de faire
connoître par ce ſignal au Roi de Pruſſe qu'ils
étoient attaqués. Tandis que nos Huſſards & nos
Croates harceloient les Pruffiens , le Général de
Saint- Ignon arriva avec ſa Cavalerie. Auffi-tôt
qu'il eut remarqué la façon dont la CavaleriePruffienne
ſe formoit , il la fit obſerver d'un côté par
lesChevaux- légers de Lowenstein , & la fit attaquer
de l'autre par les Grenadiers & les Dragons
de Wirtemberg. Cette attaque ſe fit avec tant
d'ordre & de bravoure , que les ennemis furent
pluſieurs fois renversés , enſuite mis en déroute ,
&totalement diſpertés , malgré leur artillerie qui
tiroit de quatre côtés différens. Déja nous nous
étions emparé de pluſieurs pieces de canon ; mais
l'arrivée du Roi de Pruffe qui accourut avec douze
mille hommes , obligea nos troupes de les abandonner
pour ſe replier ſur leurs anciens poſtes ,
&l'on ſe contenta d'emmener deux caiffons de
poudre & pluſieurs charriots , avec un ſeul étendard.
Cette affaire coûte aux ennemis en morts
bleffés & déferteurs , plus de mille hommes . L'armée
Impériale vint camper le 12 près de Hohenmauth
, & le 1s à Hrochow - Teunitz . Les ennemis
n'ont occupé cette Place qu'un jour , & nos
troupes s'en font remiſes en poffeffion le 14. On
apprend que l'armée Pruſſienne marche avec précipitation
par Jaromitz vers la Siléfie & le Comté
de Glatz.
5 ,
Du Quartier général de l'Armée du Prince
de Soubiſe à Caffel , le 9 Août.
M. le Prince de Soubiſe a détaché le 20 JuilletM.
I inj
198 MERCURE DE FRANCE.
Fiſcher, pour s'emparer du Fort de Zighenhein. La
garniſon ſe retiroit au moment que nos troupes
légeres y font arrivées. On a tué ou bleſſé aux
ennemis vingt hommes & fait environ quatrevingts
priſonniers. On a trouvé dans ce Fort quazorze
pieces de gros canon & fix mille ſacs de:
farine.
M. le Duc de Broglie , que le Prince de Soubiſe
avoit envoyé en avant, & qui commandoit l'avantgardede
l'armée depuis Friedberg , s'eſt avancé le
21 à Veſberg. L'armée est venue camper àHoltzdorff,
& les ennemis ont fait une marche rétro
grade. M. le Prince de Soubiſe a envoyé un renfort
d'une brigade d'Infanterie & d'une de Cavalerie
à M. le Duc de Broglie, pour le mettre en états
d'attaquer les ennemis , s'il en trouvoit l'occaſion.
favorable. M. le Duc de Broglie s'eſt avancé le
22 àHortz , & M. le Prince de Soubiſe a porté
foncamp à Yeſberg. Le 23 , M. le Duc de Broglie
s'eſt avancé à Caffel , dans l'intention d'attaquer.
Parriere-garde des ennemis , au moment qu'ils
décamperoient du village de Sunderhauſen od
étoit leur camp. Il a attendu que fon Infanterie
fût aux portes de Caffel , pour envoyer ordre aux
troupes légeres de paſſer la Fulda au gué du moulin
au deſſus de Caffel. L'Infanterie , la Cavalerie
&lesDragons ont joint au delà du village de Bertelhauſen.
Les ennemis avoient marché par leur
droite , pour ſe porter vers le grand chemin de
Munden. Ce mouvement a déterminé M. le Duc
deBroglie à ſe porter en diligence ſur le village
de Sunderhausen. Il a monté fur la hauteur d'où
il avu les ennemis en bataille , leur droite appuyée
àungrand eſcarpement de la Fulda , & leur gauche
à un bois très-fourré. Il a compris que l'affaire
devenoit féricaſe , & demandoit des diſpoſitions.
SEPTEMBRE. 1758 . 199
fages &meſurées. Il avoit laiffé dans Caffel deux
bataillons de Royal Deux-Ponts , & un bataillon
du même Régiment à Sunderhauſen , pour garder
le défilé en cas d'événement. Ce détachement
avoit réduit le corps qu'il commandoit à environ
ſept mille hommes , & les ennemis à qui il avoit
affaire, étoient plus forts que lui. Le terrein étant
étroit , il a mis l'Infanterie en premiere ligne , la
Cavalerie & les Dragons en ſeconde ligne , & il a
appuyé ſa droite au bois. Il ſe propoſoit d'attaquer
l'Infanterie que les ennemis avoient dans ce
bois , & de les tourner par leur gauche , pour les
culbuter dans la riviere , ſi l'attaque réuffiſſoit.
Lorſque ſa difpofition a été faite , il a placé dix
pieces de canon pour tirer fur la Cavalerie des
ennemis. L'incommodité de ce feu a déterminé
cetteCavalerie à charger l'Infanterie de M. le Duc
deBroglie. Alors ce Générał a fait doubler le Régiment
de Waldner derriere celui de Dieſback ,
&le Régiment de Royal-Baviere derriere un bataillon
de Deux- Ponts. Il a fait avancer par cer
intervalle les Régimens deWirtemberg , de Royal-
Allemand & de Naffau , commandés par M. le
Comte de Raugrave. Lorſque la cavalerie Heſſoiſe
les a vu dépaſſer l'Infanterie , elle s'eſt jettée ſur
fa droite , & a paru vouloir gagner notre gauche.
M. le Duc de Broglie a couru promptement au
Régiment de Raugrave ; il l'a fait avancer par un
intervalle de l'Infanterie ; il a fait marcher le Régiment
d'Apchon à la gauche de cette Infanterie ,
&ce mouvement a arrêté la Cavalerie des ennemis.
Pendant qu'elle étoit incertaine du parti
qu'elle devoit prendre , Wirtemberg , Royal-
Allemand&Naſſau l'ont chargée ; ils ont enfuite
plié , & ont été ſuivis aſſez vivement par les ennemis.
M. le Duc de Broglie a craint pendant un
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
moment que cela n'ébranlât l'Infanterie qui ſe
trouvoit ſans Cavalerie ; mais le Régiment de
Royal- Baviere a fait une ſi vive décharge ſur le
Régiment d'Iſembourg , & l'a maltraité de façon ,
que cette Cavalerie n'a plus reparu depuis.
Pendant ce temps-là ,MM. les Comtes de Waldner
& de Dieſback , la brigade Suiffe & trois compagnies
de Royal Deux- Ponts attaquoient le bois ,
ytrouvoient de la réſiſtance , mais s'y foutenoient
avec beaucoup de valeur. Toute l'Infanterie de la
droite & du centre des ennemis marchoit vivement
à notre gauche , où étoit la brigade de Rohan
, dont Beauvoiſis fermoit la gauche. Cette
Brigade effuyoit le plus grand feu , & y répondoit
avec la plus grande intrépidité. Les ennemis ont
reculé quelques centaines de pas ; mais ils font
revenus avec plus de fureur , & ſe couvrant de
l'eſcarpement , ils avoient un grand avantage fur
nos troupes qui étoient à découvert , de forte que
notre gauche a été obligée de ſe replier. Les ennemis
ſe ſont alongés le long de l'eſcarpement ,
& vouloient gagner nos derrieres. Pour les en
empêcher , M. le Duc de Broglie a fait avancer
quelques eſcadrons de notre Cavalerie qui s'étoient
ralliés . Le feu continuoit toujours avec beaucoup
de violence ; les Régimens de Rohan & de Beauvoiſis
perdoient beaucoup , & la poudre commençoit
à nous manquer. Alors M. le Duc de Broglie
a joint les deux bataillons de Royal- Baviere & de
Deux-Ponts à ceux de Rohan & de Beauvoiſis .
Ces Régimens ont d'abord foncé la bayonnette
au bout du fufil; les ennemis ont pris la fuite , &
ſe ſont jettés dans les bois qui bordent la riviere .
Comme il étoit ſept heures du ſoir , & que les
troupes étoient fatiguées de la marche forcée
qu'elles avoient faite le mêmejour , M. le Duc de
SEPTEMBRE. 1758. 201
)
Broglie a jugé à propos de s'arrêter. Il a envoyé le
Baron de Travers , Brigadier , avec fept cens volontaires
& les Huſſards à la pourſuite de l'ennemi.
L'affaire a duré trois heures , & a été très- vive.
M. le Comte de Roſen , qui s'y eſt conduit avec
beaucoup de valeur , eſt bleſſé de deux coups de
fabre , qui ne font pas dangereux ; M. le Prince de
Naſſau d'un coup de fufil dans le bras , M. le Marquis
de Puyſegur d'un coup de feu à la tête , qui
n'aura pas de ſuites fâcheuſes ; M. le Marquis de
Broglie , Aide de Camp , & neveu du Duc de Broglie
, eſt auſſi bleſſé d'un coup de feu à la cuiffe.
Les ſieurs de Saint-Martin , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Rohan , & du Rouſſet , Major de
Beauvoiſis , ont été tués. M. le Duc de Broglie a
euun cheval bleſſe ſous lui ; ſon Ecuyer& fon Aide
de Camp ont eu leurs chevaux tués. L'Infanterie
a fait des merveilles . La Brigade de Rohan s'eft
extrêmement diftinguée ; elle a pris quatre pieces
de canon aux ennemis , & M. le Prince de Rohan
s'y eſt acquis beaucoup de gloire. Le Régiment
d'Apchon a auffi combattu très-valeureuſement.
L'artillerie a été ſervie avec l'ardeur & l'activité
ordinaires . Cette action , qui eſt une ſuite des difpoſitions
&des marches de notre armée , commandée
par M. le Prince de Soubiſe , eſt une nouvelle
preuve du courage de nos troupes , qui toutes en
général ont bien fait leur devoir. M. le Prince de
Soubiſe a envoyé M. le Marquis d'Autichamp-
Beaumont, Aïde de Camp de M. le Duc de Broglie,
porter la nouvelle de ce combat à la Cour.
M. le Baron de Travers a pourſuivi les ennemis
juſqu'à Munden , d'où ils étoient déja partis. Il
s'en eſt peu fallu que le Prince d'Iſembourg , qui
s'y étoit arrêté , n'ait été pris.
Il y avoit dans Caſſel, au départ du courier, ſept
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
àhuit cens prifonniers , parmi leſquels cinquante
Officiers. Le Comte de Kanitz , qui commandoit
ſous le Prince d'iſembourg , eſt de ce nombre ,
ainſique lepremier Adjudantde ceGénéral &pluſieurs
Lieutenans-Colonels & Majors. La pertedes
Heſſoisdoit être très- conſidérable ; car outre trois
àquatre cens hommes qui ſe ſont précipités du
hautde l'eſcarpement & noyés dans la riviere , nos
foldats en ont fait un grand carnage , lorſqu'ils
les ont mis enfuite la bayonnette au bout dit fufil.
Les ennemis avoient à cette action ſeize pieces
decanon ; nous en avons pris ſept ſur le champ
debataille , & huit autres en les pourſuivant dans
leur retraite. Nous avons perdu de notre côté , par
le feu vifque nos troupes ont effuyé pendant une
heure , quatre cens hommes qui ont été tués,&
douze cens bleſlés ,&dans ce nombre plufieurs
Officiers. Les Milices Heſſoiſes , qui faisoient partie
de cette armée , ont jetté leurs armes &ſe ſont
ſauvées dans les bois , pour retournerdans leurs
villages. On croit que cette armée de huit mille
hommes eft réduite aujourd'hui à trois mille..
M. le Prince de Soubiſe eſt arrivé le 25 à Caſſel
avec le reſte de l'armée. Il y ſéjournera pendant:
quelques jours pour attendre le Duc de Wirtem-..
berg, qui doit l'y joindre le 31 avec fix mille hom--
mesdeſestroupes.
L'attaque de la redoute du fauxbourg de Koniggratz
a eu des fuites avantageuſes. Les Pruffiens
yont laiſſé pluſieurs morts,parmi lesquels s'eft
trouvé le fieur de Brankenbourg , Colonel du Régiment
de Pannowitz. Leur fuite précipitée a empêché
que leur perte ne fût auffi conſidérable
qu'elle devoit l'être. Ils ont emporté plufieurs de
leurs bleſſés , de forte qu'on ne sçauroit en évaluer
exactement le nombre. On leur a enlevé outre le
SEPTEMBRE. 1758 . 203
canon , cinq charriots de munitions , & un fixieme
qui a ſauté. Nous n'avons eu que deux foldats
tués & quinze bleſſés , avec un Officier.
Toute l'armée Pruffienne décampa le 26 des environs
de Koniggratz . Nos troupes légeres furent
détachées auflitôt pour l'incommoder dans ſa retraite.
Le Maréchal Daun fit marcher les jours
ſuivans ſon armée , qui eſt préſentement campée
entre Koniggratz & Jaromitz.
Les Généraux Jahnus & Ziſcowitz ont pénétré
en Siléſie , ont mis les Villes de Friedberg & de
Patſchar à contribution , ont ſurpris & enlevé un
convoi avec une caiſſe de trente-un mille florins
qui alloit à Breſlau.
Le 29 les ennemis ne firent aucun mouvement ;
ils porterent un détachement à Neustadt , & firent "
des diſpoſitions propres à perfuader qu'ils vouloient
s'établir aux environs. Le Maréchal Daun ,
dont le deſſein eſt de les contraindre à évacuer la
Boheme, fit marcher ſon armée le 30 fur trois
colonnes , & ſe forma en arrivant à Hollolowren
ordre de bataille , dans l'intention de combattre
les Pruſſiens. Ils avoient décampé la nuit , & paffé
la Métau. Le 31 , un nouveau mouvement de leur
part fit préſumer qu'ils vouloient entrer en Siléſie
parTrautnau. En conséquence, le Général Jahnus
fit des diſpoſitions qui arrêterent leur marche. Le
Comte de Kalnocki a eu ſon avant-garde attaquée
aux environs de Neustadt. Il a tué aux Pruffiens
ſoixante hommes , un Capitaine & un Lieutenant
, & leur a bleſſé beaucoup de monde. 11
n'a perdu que vingt-cinq hommes ,&pas un ſeul
Officier.
DE KONIGGRATZ EN BOHEME, le 17 Juillet .
L'ARMÉS Impériale continue de ſuivre de près
celle des Pruſſiens. La premiere campa le 3 àGewitz
, & en y arrivant , on apprit que le Roi de
Prufſe étoit déja àLeutomiſchel avec les deux premieres
colonnes de ſon armée ; mais que la troifieme
commandée d'abord par le Général Fouquet
, & actuellement par le Maréchal Keith
étoit encore à Zwittau & dans les environs , d'où
cependant elle commençoit à défiler. Le 7 , le
Comtede Laſci , Lieutenant général , qui avoit
dévancé l'armée pour marquer le camp deGewitz,
avec le corps desGrenadiers & des Carabiniers ,
ayant découvert cette troiſieme colonne qui marchoit
par Krenau à Zwittau , fit fes diſpoſitions
pour en charger l'arriere-garde. Il força d'abord le
village de Krenau ; il s'y foutint affez long-temps
pour arrêter la marche des ennemis , & il obligea
toute la colonne de faire halte. Nos Chaſſeurs ,
qui garniſſoient un bois au deſſus du Village , firentde-
là ſur les Prufſiens un feu continuel , leur
détruifirent pluſieurs charriots chargés de pontons
, prirent beaucoup de chevaux , & firent
quantité de butin. Les ennemis craignant de le
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
voir arrêter long-temps dans leur marche , prirent
leparti de ſe former & ſe préſenterent en bataille,
Comme le feu de leur canon qui n'étoit point
ſupérieur au nôttrree , ne fit point l'effet qu'ils en
attendoient; ils détacherent de l'Infantteerriiee&de
la Cavalerie pour attaquer le village de Krenau.
Quatre compagnies de Grenadiers aux ordres du
Général de Tillier , en occupoient le cimetiere ;
deux autres compagnies dans le Village flanquoient
ce poſte des deux côtés , & le Comte de
Brunian , Colonel des Huſſards Eſclavons , étoit
fur la gauche en dehors avec deux compagnies
de Carabiniers. Au premier choc la Cavalerie ennemie
prit la fuite , & l'Infanterie fut repouſſée
avec perte. La nuit étant ſurvenue , l'ennemi pro.
fita des ténebres pour nous dérober ſa marche ,
ce qu'il fit avec tant de promptitude & de précaution
qu'il nous échappa. L'armée Impériale ſe
remit le 9 en mouvement , & marcha en deux
colonnes par les montagnes ſur Politzka , où elle
ſéjourna le 10. Elle ſe porta le 11 à Sebranitz ,
comptantjoindre à Leutomiſchel la troiſieme colonne
des ennemis , & l'y attaquer ; mais elle en
étoit partie avant le jour , après avoir mis le feu
àfon camp , pendant que les deux autres colonnes
s'avançoient par Hollitz vers cette Place. Le 12 ,
cette troiſieme colonne prit la route des deux
premieres. Comme elle en étoit aſſez éloignée
pour ne pouvoirpas en être ſecourue , lesGénéraux
Laudohn , Ziskowitz & de Saint- Ignon , qui
continuoient de cotoyer l'ennemi ſur ſon flanç
gauche , réfolurent de l'attaquer. Le premier fit
d'abord feu fur les Pruffiens de quatre pieces de
canon , près du village de Woſtzetin : ils répondirent
de dix pieces de leur groſſe artillerie ; ce
pendant ils furent obligés de rebrouffer chemin
SEPTEMBRE. 1758 . 197
&de regagner les hauteurs où ils ſe retrancherent
fur le champ. Ils mirent auſſi le feu au village de
Woſtzetin , apparemment dans le deſſein de faire
connoître par ce ſignal au Roi de Pruſſe qu'ils
étoient attaqués. Tandis que nos Huſſards & nos
Croates harceloient les Pruffiens , le Général de
Saint- Ignon arriva avec ſa Cavalerie. Auffi-tôt
qu'il eut remarqué la façon dont la CavaleriePruffienne
ſe formoit , il la fit obſerver d'un côté par
lesChevaux- légers de Lowenstein , & la fit attaquer
de l'autre par les Grenadiers & les Dragons
de Wirtemberg. Cette attaque ſe fit avec tant
d'ordre & de bravoure , que les ennemis furent
pluſieurs fois renversés , enſuite mis en déroute ,
&totalement diſpertés , malgré leur artillerie qui
tiroit de quatre côtés différens. Déja nous nous
étions emparé de pluſieurs pieces de canon ; mais
l'arrivée du Roi de Pruffe qui accourut avec douze
mille hommes , obligea nos troupes de les abandonner
pour ſe replier ſur leurs anciens poſtes ,
&l'on ſe contenta d'emmener deux caiffons de
poudre & pluſieurs charriots , avec un ſeul étendard.
Cette affaire coûte aux ennemis en morts
bleffés & déferteurs , plus de mille hommes . L'armée
Impériale vint camper le 12 près de Hohenmauth
, & le 1s à Hrochow - Teunitz . Les ennemis
n'ont occupé cette Place qu'un jour , & nos
troupes s'en font remiſes en poffeffion le 14. On
apprend que l'armée Pruſſienne marche avec précipitation
par Jaromitz vers la Siléfie & le Comté
de Glatz.
5 ,
Du Quartier général de l'Armée du Prince
de Soubiſe à Caffel , le 9 Août.
M. le Prince de Soubiſe a détaché le 20 JuilletM.
I inj
198 MERCURE DE FRANCE.
Fiſcher, pour s'emparer du Fort de Zighenhein. La
garniſon ſe retiroit au moment que nos troupes
légeres y font arrivées. On a tué ou bleſſé aux
ennemis vingt hommes & fait environ quatrevingts
priſonniers. On a trouvé dans ce Fort quazorze
pieces de gros canon & fix mille ſacs de:
farine.
M. le Duc de Broglie , que le Prince de Soubiſe
avoit envoyé en avant, & qui commandoit l'avantgardede
l'armée depuis Friedberg , s'eſt avancé le
21 à Veſberg. L'armée est venue camper àHoltzdorff,
& les ennemis ont fait une marche rétro
grade. M. le Prince de Soubiſe a envoyé un renfort
d'une brigade d'Infanterie & d'une de Cavalerie
à M. le Duc de Broglie, pour le mettre en états
d'attaquer les ennemis , s'il en trouvoit l'occaſion.
favorable. M. le Duc de Broglie s'eſt avancé le
22 àHortz , & M. le Prince de Soubiſe a porté
foncamp à Yeſberg. Le 23 , M. le Duc de Broglie
s'eſt avancé à Caffel , dans l'intention d'attaquer.
Parriere-garde des ennemis , au moment qu'ils
décamperoient du village de Sunderhauſen od
étoit leur camp. Il a attendu que fon Infanterie
fût aux portes de Caffel , pour envoyer ordre aux
troupes légeres de paſſer la Fulda au gué du moulin
au deſſus de Caffel. L'Infanterie , la Cavalerie
&lesDragons ont joint au delà du village de Bertelhauſen.
Les ennemis avoient marché par leur
droite , pour ſe porter vers le grand chemin de
Munden. Ce mouvement a déterminé M. le Duc
deBroglie à ſe porter en diligence ſur le village
de Sunderhausen. Il a monté fur la hauteur d'où
il avu les ennemis en bataille , leur droite appuyée
àungrand eſcarpement de la Fulda , & leur gauche
à un bois très-fourré. Il a compris que l'affaire
devenoit féricaſe , & demandoit des diſpoſitions.
SEPTEMBRE. 1758 . 199
fages &meſurées. Il avoit laiffé dans Caffel deux
bataillons de Royal Deux-Ponts , & un bataillon
du même Régiment à Sunderhauſen , pour garder
le défilé en cas d'événement. Ce détachement
avoit réduit le corps qu'il commandoit à environ
ſept mille hommes , & les ennemis à qui il avoit
affaire, étoient plus forts que lui. Le terrein étant
étroit , il a mis l'Infanterie en premiere ligne , la
Cavalerie & les Dragons en ſeconde ligne , & il a
appuyé ſa droite au bois. Il ſe propoſoit d'attaquer
l'Infanterie que les ennemis avoient dans ce
bois , & de les tourner par leur gauche , pour les
culbuter dans la riviere , ſi l'attaque réuffiſſoit.
Lorſque ſa difpofition a été faite , il a placé dix
pieces de canon pour tirer fur la Cavalerie des
ennemis. L'incommodité de ce feu a déterminé
cetteCavalerie à charger l'Infanterie de M. le Duc
deBroglie. Alors ce Générał a fait doubler le Régiment
de Waldner derriere celui de Dieſback ,
&le Régiment de Royal-Baviere derriere un bataillon
de Deux- Ponts. Il a fait avancer par cer
intervalle les Régimens deWirtemberg , de Royal-
Allemand & de Naffau , commandés par M. le
Comte de Raugrave. Lorſque la cavalerie Heſſoiſe
les a vu dépaſſer l'Infanterie , elle s'eſt jettée ſur
fa droite , & a paru vouloir gagner notre gauche.
M. le Duc de Broglie a couru promptement au
Régiment de Raugrave ; il l'a fait avancer par un
intervalle de l'Infanterie ; il a fait marcher le Régiment
d'Apchon à la gauche de cette Infanterie ,
&ce mouvement a arrêté la Cavalerie des ennemis.
Pendant qu'elle étoit incertaine du parti
qu'elle devoit prendre , Wirtemberg , Royal-
Allemand&Naſſau l'ont chargée ; ils ont enfuite
plié , & ont été ſuivis aſſez vivement par les ennemis.
M. le Duc de Broglie a craint pendant un
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
moment que cela n'ébranlât l'Infanterie qui ſe
trouvoit ſans Cavalerie ; mais le Régiment de
Royal- Baviere a fait une ſi vive décharge ſur le
Régiment d'Iſembourg , & l'a maltraité de façon ,
que cette Cavalerie n'a plus reparu depuis.
Pendant ce temps-là ,MM. les Comtes de Waldner
& de Dieſback , la brigade Suiffe & trois compagnies
de Royal Deux- Ponts attaquoient le bois ,
ytrouvoient de la réſiſtance , mais s'y foutenoient
avec beaucoup de valeur. Toute l'Infanterie de la
droite & du centre des ennemis marchoit vivement
à notre gauche , où étoit la brigade de Rohan
, dont Beauvoiſis fermoit la gauche. Cette
Brigade effuyoit le plus grand feu , & y répondoit
avec la plus grande intrépidité. Les ennemis ont
reculé quelques centaines de pas ; mais ils font
revenus avec plus de fureur , & ſe couvrant de
l'eſcarpement , ils avoient un grand avantage fur
nos troupes qui étoient à découvert , de forte que
notre gauche a été obligée de ſe replier. Les ennemis
ſe ſont alongés le long de l'eſcarpement ,
& vouloient gagner nos derrieres. Pour les en
empêcher , M. le Duc de Broglie a fait avancer
quelques eſcadrons de notre Cavalerie qui s'étoient
ralliés . Le feu continuoit toujours avec beaucoup
de violence ; les Régimens de Rohan & de Beauvoiſis
perdoient beaucoup , & la poudre commençoit
à nous manquer. Alors M. le Duc de Broglie
a joint les deux bataillons de Royal- Baviere & de
Deux-Ponts à ceux de Rohan & de Beauvoiſis .
Ces Régimens ont d'abord foncé la bayonnette
au bout du fufil; les ennemis ont pris la fuite , &
ſe ſont jettés dans les bois qui bordent la riviere .
Comme il étoit ſept heures du ſoir , & que les
troupes étoient fatiguées de la marche forcée
qu'elles avoient faite le mêmejour , M. le Duc de
SEPTEMBRE. 1758. 201
)
Broglie a jugé à propos de s'arrêter. Il a envoyé le
Baron de Travers , Brigadier , avec fept cens volontaires
& les Huſſards à la pourſuite de l'ennemi.
L'affaire a duré trois heures , & a été très- vive.
M. le Comte de Roſen , qui s'y eſt conduit avec
beaucoup de valeur , eſt bleſſé de deux coups de
fabre , qui ne font pas dangereux ; M. le Prince de
Naſſau d'un coup de fufil dans le bras , M. le Marquis
de Puyſegur d'un coup de feu à la tête , qui
n'aura pas de ſuites fâcheuſes ; M. le Marquis de
Broglie , Aide de Camp , & neveu du Duc de Broglie
, eſt auſſi bleſſé d'un coup de feu à la cuiffe.
Les ſieurs de Saint-Martin , Lieutenant- Colonel
du Régiment de Rohan , & du Rouſſet , Major de
Beauvoiſis , ont été tués. M. le Duc de Broglie a
euun cheval bleſſe ſous lui ; ſon Ecuyer& fon Aide
de Camp ont eu leurs chevaux tués. L'Infanterie
a fait des merveilles . La Brigade de Rohan s'eft
extrêmement diftinguée ; elle a pris quatre pieces
de canon aux ennemis , & M. le Prince de Rohan
s'y eſt acquis beaucoup de gloire. Le Régiment
d'Apchon a auffi combattu très-valeureuſement.
L'artillerie a été ſervie avec l'ardeur & l'activité
ordinaires . Cette action , qui eſt une ſuite des difpoſitions
&des marches de notre armée , commandée
par M. le Prince de Soubiſe , eſt une nouvelle
preuve du courage de nos troupes , qui toutes en
général ont bien fait leur devoir. M. le Prince de
Soubiſe a envoyé M. le Marquis d'Autichamp-
Beaumont, Aïde de Camp de M. le Duc de Broglie,
porter la nouvelle de ce combat à la Cour.
M. le Baron de Travers a pourſuivi les ennemis
juſqu'à Munden , d'où ils étoient déja partis. Il
s'en eſt peu fallu que le Prince d'Iſembourg , qui
s'y étoit arrêté , n'ait été pris.
Il y avoit dans Caſſel, au départ du courier, ſept
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
àhuit cens prifonniers , parmi leſquels cinquante
Officiers. Le Comte de Kanitz , qui commandoit
ſous le Prince d'iſembourg , eſt de ce nombre ,
ainſique lepremier Adjudantde ceGénéral &pluſieurs
Lieutenans-Colonels & Majors. La pertedes
Heſſoisdoit être très- conſidérable ; car outre trois
àquatre cens hommes qui ſe ſont précipités du
hautde l'eſcarpement & noyés dans la riviere , nos
foldats en ont fait un grand carnage , lorſqu'ils
les ont mis enfuite la bayonnette au bout dit fufil.
Les ennemis avoient à cette action ſeize pieces
decanon ; nous en avons pris ſept ſur le champ
debataille , & huit autres en les pourſuivant dans
leur retraite. Nous avons perdu de notre côté , par
le feu vifque nos troupes ont effuyé pendant une
heure , quatre cens hommes qui ont été tués,&
douze cens bleſlés ,&dans ce nombre plufieurs
Officiers. Les Milices Heſſoiſes , qui faisoient partie
de cette armée , ont jetté leurs armes &ſe ſont
ſauvées dans les bois , pour retournerdans leurs
villages. On croit que cette armée de huit mille
hommes eft réduite aujourd'hui à trois mille..
M. le Prince de Soubiſe eſt arrivé le 25 à Caſſel
avec le reſte de l'armée. Il y ſéjournera pendant:
quelques jours pour attendre le Duc de Wirtem-..
berg, qui doit l'y joindre le 31 avec fix mille hom--
mesdeſestroupes.
L'attaque de la redoute du fauxbourg de Koniggratz
a eu des fuites avantageuſes. Les Pruffiens
yont laiſſé pluſieurs morts,parmi lesquels s'eft
trouvé le fieur de Brankenbourg , Colonel du Régiment
de Pannowitz. Leur fuite précipitée a empêché
que leur perte ne fût auffi conſidérable
qu'elle devoit l'être. Ils ont emporté plufieurs de
leurs bleſſés , de forte qu'on ne sçauroit en évaluer
exactement le nombre. On leur a enlevé outre le
SEPTEMBRE. 1758 . 203
canon , cinq charriots de munitions , & un fixieme
qui a ſauté. Nous n'avons eu que deux foldats
tués & quinze bleſſés , avec un Officier.
Toute l'armée Pruffienne décampa le 26 des environs
de Koniggratz . Nos troupes légeres furent
détachées auflitôt pour l'incommoder dans ſa retraite.
Le Maréchal Daun fit marcher les jours
ſuivans ſon armée , qui eſt préſentement campée
entre Koniggratz & Jaromitz.
Les Généraux Jahnus & Ziſcowitz ont pénétré
en Siléſie , ont mis les Villes de Friedberg & de
Patſchar à contribution , ont ſurpris & enlevé un
convoi avec une caiſſe de trente-un mille florins
qui alloit à Breſlau.
Le 29 les ennemis ne firent aucun mouvement ;
ils porterent un détachement à Neustadt , & firent "
des diſpoſitions propres à perfuader qu'ils vouloient
s'établir aux environs. Le Maréchal Daun ,
dont le deſſein eſt de les contraindre à évacuer la
Boheme, fit marcher ſon armée le 30 fur trois
colonnes , & ſe forma en arrivant à Hollolowren
ordre de bataille , dans l'intention de combattre
les Pruſſiens. Ils avoient décampé la nuit , & paffé
la Métau. Le 31 , un nouveau mouvement de leur
part fit préſumer qu'ils vouloient entrer en Siléſie
parTrautnau. En conséquence, le Général Jahnus
fit des diſpoſitions qui arrêterent leur marche. Le
Comte de Kalnocki a eu ſon avant-garde attaquée
aux environs de Neustadt. Il a tué aux Pruffiens
ſoixante hommes , un Capitaine & un Lieutenant
, & leur a bleſſé beaucoup de monde. 11
n'a perdu que vingt-cinq hommes ,&pas un ſeul
Officier.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1758, des affrontements militaires ont eu lieu en Bohême entre les armées impériale et prussienne. Le 3 juillet, l'armée impériale, dirigée par le comte de Lascy, a découvert une colonne prussienne près de Zwittau. Le 7 juillet, Lascy a attaqué l'arrière-garde prussienne à Krenau, détruisant plusieurs charriots et capturant du butin. Les Prussiens, après une résistance initiale, se sont retirés à la nuit tombée. L'armée impériale a poursuivi les Prussiens et les a engagés près de Wostzetin le 12 juillet. Malgré une victoire initiale, l'arrivée du roi de Prusse avec des renforts a forcé les impériaux à se replier. Les Prussiens ont perdu plus de mille hommes, tandis que les impériaux ont capturé des canons et des charriots. Parallèlement, le prince de Soubise a détaché Fischer pour prendre le fort de Zighenhein, capturant des prisonniers et des provisions. Le duc de Broglie, sous les ordres de Soubise, a engagé les Prussiens près de Caffel le 23 juillet. Après une bataille intense, les impériaux ont repoussé les Prussiens, capturant des canons et infligeant des pertes significatives. Les impériaux ont perdu environ 1600 hommes, tandis que les Prussiens ont vu leur armée réduite de 8000 à 3000 hommes. Le prince de Soubise est arrivé à Cassel le 25 juillet pour attendre des renforts. En septembre 1758, une confrontation a opposé les forces prussiennes à celles du Maréchal Daun. Les Prussiens ont subi des pertes, dont le colonel de Brankenbourg, et ont dû fuir précipitamment. Les forces opposées ont capturé un canon, cinq charriots de munitions et un sixième qui a explosé. Les pertes autrichiennes se sont limitées à deux soldats tués, quinze blessés et un officier blessé. Le 26 septembre, l'armée prussienne a quitté les environs de Koniggratz. Les troupes légères autrichiennes ont harcelé les Prussiens en retraite. L'armée du Maréchal Daun s'est déplacée et est campée entre Koniggratz et Jaromitz. Les généraux Jahnus et Ziscowitz ont pénétré en Silésie, mis les villes de Friedberg et Patschar à contribution, et capturé un convoi contenant trente-et-un mille florins destiné à Breslau. Le 29 septembre, les ennemis n'ont fait aucun mouvement notable, mais ont envoyé un détachement à Neustadt. Le Maréchal Daun a avancé son armée en trois colonnes pour forcer les Prussiens à évacuer la Bohême. Cependant, les Prussiens avaient déjà quitté les lieux. Le 31 septembre, un mouvement prussien a suggéré une tentative d'entrée en Silésie via Trautnau, mais les dispositions du général Jahnus ont arrêté leur avancée. Le comte de Kalnocki a repoussé une attaque prussienne près de Neustadt, tuant soixante hommes, un capitaine et un lieutenant, et blessant de nombreux autres, tout en ne perdant que vingt-cinq hommes et aucun officier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3307
p. 204-212
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 15 Août, Fête de l'Assomption de la Sainte Vierge, la Procession [...]
Mots clefs :
Fête de l'Ascension, Assemblée générale, Marquis, Duc, Ennemis, Armée, Mouvements des troupes, Prince de Soubise, Commandement, Généraux, Flotte anglaise, Normandie, Attaque, Retraite, Défense, Amérique, Fortifications, Capitaine, Élection pontificale, Pape Clément XIII
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 15 Août , Fête de l'Aſſomption de la Sainte
Vierge, la Procefſion ſolemnelle , qui ſe fait tous
les ans à pareil jour , en exécution du Voeu de
Louis XIII , ſe fit avec les cérémonies accoutumées.
M. l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre
de l'Egliſe Métropolitaine , y officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des Aydes
, & le Corps de Ville , y aſſiſterent .
Dans l'Aſſemblé générale tenue le 16 par le
Corpsde Ville , M. Camus-de Pontcarré-de Viarmes
, Conſeiller d'Etat , a été élu Prevôt des Marchands
, & MM. Boutray , Confeiller de la Ville
&André , Avocat ès Conſeils du Roi , ont été élus
Echevins.
,
Le Roi prit le même jour le divertiſſement de
la chaſſe dans la plaine de Grenelle , & Sa Majeſté
fit l'honneur à M. le Duc de la Valliere de
fouper chez lui à Montrouge.
M. le Marquis de Broglie eſt mort à Caſſel des
bleſſures qu'il avoit reçues au combat de Sunderhaufen.
Par un extrait d'une lettre de l'Armée du bas-
Rhin , le 16 Août 1758 , on a reçu avis que M. le
Marquis de Contades ayant mis le Prince Ferdinand
dans l'impoſſibilité de paſſer le Rhin à Rhinberg
, comme il l'avoit projetté , ce Prince a été
obligé , manquant de vivres , de forcer ſes marchespour
gagner ſes ponts de Rées & d'Emme,
SEPTEMBRE. 1758 . 205
rick. Il a confidérablement perdu , ayant été continuellement
harcelé par nos troupes légeres , &
par le Corps que commandoit M. le Duc de Chevreuſe
ſousGueldres. L'armée de M. le Marquis
de Contades n'a pu ſuivre à cauſe du pain qu'il
falloit tirer par des convois de Cologne , la navigation
du Rhin étant interceptée par la Garniſon
ennemie de Duſſeldorp .
Les ennemis qui avoient détaché des troupes
pour ſoutenir la queue de leur pont de Rées , ont
été obligés de deſcendre au deſſous d'Emmerick ,
où leur armée a achevé de paſſer à la rive droite
du Rhin le 9 & le 10.
Notre armée a ſéjourné à Alpen le 10 & le 11 ,
tant pour ſe repoſer , que pour conſtruire nos
ponts à Weſel . Il n'y en a eu qu'un d'achevé le 12 :
une partie de l'armée l'a paſſé le même jour ;
mais un oragan extrêmement violent a retardé le
reſte , qui n'a pu achever de le paſſer en entier
que le 13 & le 14. Ily a apparence que nous ne
tarderons pas à marcher pour nous rapprocher de
l'armée du Prince de Soubife .
La tête de l'armée des ennemis étoit campée
les à Boicholt , où elle doit être jointe par les
Anglois , qui ont débarqué à Embden .
On a appris le 10 à midi , au camp d'Alpen ,
par un Officier dépêché à M. le Marquis de Contades,
par M. le Marquis de Caraman , que M.
d'Hardenberg , Général Hanovrien , qui commandoit
dans Duſſeldorp , dont la garniſon étoit
d'environ deux mille hommes , avoit évacué cette
Place le même jour au matin. M. le Marquis de
Caraman l'a ſuivi avec un gros détachement , &
a fait cent cinquante prifonniers. Cet abandon eſt
la ſuite des bonnes manoeuvres de notre Général ,
qui a empêché le Prince Ferdinand de pouvoir
paſſer àRhinberg.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. de Chevert , qui avoit été détaché de Colo
gnepour ſe rendre par la rive droite à Weſel , ne
putyarriver que le 4 à cauſe des débordemens de
la Roer , de l'Ems , de la Lippe , & de tous les
ruiſſeaux ; ce qui a fait qu'il n'a pu marcher que
les avec cinq à fix millehommes extrêmement
fatigués , &la plus grande partie de Milices. Ce
retardement l'a empêché de ſurprendre le Corps
commandé par le Général Imhoff , qui couvroitle
pont de Rées à la rive droite , & qui avoit été
confidérablement renforcé par les garniſons de
Cleves , de Moeurs , & par un détachement de
l'armée du Prince Ferdinand. M. de Chevert a
trouvé ces troupes ſi bien poſtées , qu'il n'a pu les
forcer. Il s'eſt mis du déſordre dans les troupes
deſagauche preſque toutes compoſée de Milices;
cequi l'a obligé de ſe retirer , après avoir perdu
cent quatre-vingt-quatorze hommes de tués ou
reftés dans la retraite , trois cens trente-quatre
bleſſés , & fix pieces de petit canon dont les chevaux
avoient été tués.
On a appris de l'Armée du Prince de Soubiſe à
Caffel , le 9 Août 1758 , les nouvelles ſuivantes.
M. Fiſcher, avec un gros détachement , a pouffé
fort avant au de là de la Verra dans le pays d'Ha
novte , où il a établi des contributions.
Nous avons un Corps ſous le commandement
deM. le Marquis de Caſtries à Gottingen , qui a
obligé le Prince d'iſembourg de ſe retirer partie
à Fimbeck , d'où il a envoyé ſes équipages & fes
malades à Hamelen. M. le Marquis Dumeſnil a
marché avec notre avant-garde à Warbourg le 7,
d'où il a pouffé des détachemens à Paderborn.
On aſſure que nous allons tous nous raſſembler
en avant, & marcher à la rencontre de notre
grande armée , pour exécuter les opérations pro
SEPTEMBRE. 1758 .. 207
jettées par nosGénéraux. On ne ſçauroit exprimer
la bonne volonté de toutes les troupes , qui n'afpirent
qu'à joindre l'ennemi .
Les dix mille Saxons ſont déja arrivés àAnder
nach , & vont inceſſamment joindre l'armée. Ce
renfort ſera ſupérieur à celui des Anglois , qui ne
monte qu'à huit mille hommes. Ces Saxonsſeront
commandés par M. le Comte de Luſace , qui
s'eſt acquis l'eſtime générale de toute l'armée, &
l'affection de tous les Officiers .
Une flotte Angloiſe a reparu ſur les côtes de
Normandie. Le 7 , les Anglois débarquerent au
nombre de dix mille par l'anſe d'Arville , ſituée à
une lieue&demie de Cherbourg. M.le Comte de
Raymond , Maréchal de Camp , qui commande
dans cette partie de la Normandie , n'avoit pour
lors que les deux Régimens de Clare & d'Horion.
Ces deux Corps demandoient avec la plus vive
ardeur de combattre les Anglois; mais M. le
Comte de Raymond jugea qu'ils étoient trop inférieurs
pour s'oppofer à l'ennemi , protégé d'ailleurs
par le feu des canons de la Flotte , & que ce
feroit les expoſer à une deſtruction certaine. It fie
fa retraite pour couvrir Valogne , & pour raffembler
les Régimens qui font ſous ſes ordres. Les
ennemis ſont maîtres de Cherbourg. Il font campés
ſur la hauteur du Roule , s'étendant du côté
deTour-la-Ville & d'Igauville d'une part , & de
Pautre , du côté de Noinville- Oeteville & de Martinwaſt.
Toutes les troupes que nous avons fur
ces côtes , ſont en mouvement pour venir au ſecours
,& forcer l'ennemi de ſe rembarquer , ou au
moins pour le reſſerrer de façon que la priſe de
Cherbourg lui devienne inutile. M. le Duc d'Har
court, Lieutenant-Général des armées du Roi &
de la Province , & qui y commande en chef, s'eft
208 MERCURE DE FRANCE.
:
porté en toute diligence à Tamerville , ainſi que
MM. les Marquis de Brancas & de Braffac , Maréchaux
de camp. M. le Maréchal de Luxembourg ,
Gouverneur de la province , partit le 12 pour aller
prendre le commandement des troupes.
M. le Marquis Deſgouttes a fait partir de Louifbourg
le quinze Juillet dernier , M. du Drefnay
des Roches , Capitaine de vaiſſeau , fur la Frégate
l'Aréthuſe , avec les paquets de la Colonie. Cette
Frégate a relâché à Saint-Ander en Eſpagne , d'où
M. du Dreſnay s'eſt rendu à Verſailles .
Les Lettres qu'il a remiſes portent , que depuis
le 20 Juin les Anglois avoient été plus occupés à
fortifier leurs retranchemens & à faire des lignes
de communication , qu'à s'approcher de la Place ,
dont ils étoient encore éloignés d'environ quatre
cens toiſes ; & qu'il paroiſſoit que leur deſſein
étoit de réduire la ville par le feu des canons &
des mortiers , en établiſſant des batteries ſur toutes
les hauteurs qui la dominent , & eny employant
le feu de leurs vaiſſeaux du côté de la mer. Celui
de leurs batteries eſt très-vif , & il n'y a point
d'endroit dans la ville qui n'y ſois expoſé ; cependant
on y travaille avec une ardeur ſans égale
àéteindre le feu , & à réparer les dommages que
les bombes & les boulets y cauſent. Il y a eu deux
Religieux de la Charité & un Chirurgien tués à
l'hôpital , ainſi que pluſieurs malades.
Pour rendre l'entrée du Port plus difficile aux
vaiſſeaux Anglois , en cas qu'ils vouluſſent la forcer
, on a coulé à fond trois bâtimens du Roi
&trois navires marchands , dans la paſſe du côté
de la batterie du Fanal. On continue à faire fortir
tous les jours des détachemens de volontaires ,
pour reconnoître les travaux des ennemis , & les
inquiéter dans leurs opérations.
1
SEPTEMBRE. 1758 . 209
La nuit du 8 au 9 Juillet , on fit une fortie compoſée
de pluſieurs piquets commandés par M.
Marin , Lieutenant- Colonel du bataillon de Bourgogne.
Ce détachement ſe porta ſur la partie des
ouvrages des ennemis , entre le Cap Noir & la
Pointe Blanche. Nos troupes ont raſé une partie
de leurs travaux , leur ont tué beaucoup de monde
, & auroient remporté un avantage des plus
confidérables , fi elles ne s'étoient pas un peu trop
preſſées. Outre le monde qu'on leur a tué , on
leur a fait priſonniers un Ingénieur & un autre
Officier , avec trente grenadiers. Nous avons perdu
de notre côté M. de Chauvelin , capitaine dans
le bataillon de Bourgogne , M. de Garſemes , capitaine
dans les troupes de la Colonie , & environ
cinquante hommes tués ou bleſſés. M. de Jarnage
, Lieutenant des grenadiers d'Artois , a eu la
jambe caſſée dans la retraite , & a été fait prifonnier.
M. de Boishébert eſt à Miray avec ſa troupe ,
d'où il ne tardera pas de venir attaquer les ennemis.
On a reçu la confirmation de la mort de Mefſieurs
la Gardepayan , Lieutenant de vaiſſeau ;
Rouillé d'Orfeuil , Enſeigne ; & Dubois , Garde
de la Marine , qui ont été tués ſur les vaiſſeaux
par le canon des ennemis.
La Frégate l'Arethuse , commandée par M. Vauquelin,
Lieutenant de Frégate , s'eſt diſtinguée
par la fermeté avec laquelle elle a ſoutenu le feu
de pluſieurs batteries des ennemis , vis-a- vis defquelles
elle s'étoit emboſſée dans le Port , pour
interrompre leurs travaux ; & tous les Officiers en
général ont donné les plus grandes preuves de
zele dans les différentes occaſions où ils ont été
employés.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par un Courier arrivé à Parme le 9. du mois au
matin , & expédié de Rome , à Milan au Comte
Deila Torre Rezzonico , neveu & coufin du Cardinal
Rezzonico , on a appris que le 6 Juillet ce
Cardinal a été élu unanimement , & avec une joie
univerſelle de toute laVille de Rome, Souverain
Pontife. Ce Pape est né à Veniſe le 7 Mars 1693
de Jean-Baptifte Rezzonico , Patricien , &Décurion
de la Cité de Côme , noble Vénitien , & Barondu
Saint Empire Romain , mort l'année derniere
, qui avoit rempli les emplois les plus diftingués
de la République. Sa mere , qui eft encore
vivante, ſe nomme Victoire Barbarigo ,& elle est
foeur du feu Patriarche de Veniſe Barbarigo. Don
Aurelle Rezzonico , frere de Sa Sainteté , eſt ace
tuellement Sénateur de Venife. En 1723 il fut Podeftat
de Bergame , où l'on conſerve encore la
mémoire de ſon adminiſtration , généralement applaudie.
Dans le même temps il rempliffoit encore
l'emploi de Grand Capitaine: il avoit épousé
Anne Juftiniani , dont la Maiſon deſcend des Empereurs
de Conftantinople. Les neveux du Pape
font Charles Rezzonico , Vicaire de Saint Marc ,
& élu de la Chambre , lequel a déja été Préſident
de la Chambre Apoftolique. Louis Rezzonico , qui
a étéGrand Capitaine à Vicenze , & qui a épousé
depuis peu la Comteſſe de Savorgnan. Quintilia
Rezzonico , niece de Sa Sainteté , eſt mariée au
Seigneur Louis Vidman , Comte du Saint Empire
Romain , & noble Vénitien. Toutes ces familles
font non-feulement des plus diftinguées de Venife
, mais font très- connues dans toute l'Europe,
La Maiſon de Rezzonico deſcend de celle de la
Torre , qui étoit en poſſeſſion de Milan &de Côme
avant les Viſcomti. Cette famille eſt nombreufe&
des plus illuftrées par les dignités de robe &
SEPTEMBRE. 1758. 210
d'épée, les Ordres de Malthe & autres Ordres Militaires
dont elle a été revêtue : elle eſt d'ailleurs
liée étroitement de pluſieurs côtés à celle d'Innocent
XI. Le Pape , nouveau Pontife , eſt Docteur
de la Collégiale de Come. Son extrême libéralité
pour les pauvres & la douceur de ſes moeurs , l'avoient
fait paſſer par les premieres charges de l'Eglife
: il a étéGouverneur de Fano , Protonotaire
Apoftolique des Participans , Référendairedes deux
Signatures , & enſuite Auditeur de Rote pour la
République de Veniſe. Il fut créé Cardinal par le
Pape Clément XII , dans la nomination des Couronnes
, le 20 Décembre 1737. Le 11 Mars 1743
il fut nommé Evêque de Padoue par le défunt Pape
Benoît XIV , & la Bulle d'Election ſuffit pour
faire fon éloge. C'eſt dans les fonctions de cet
Epifcopat , qu'ayant été choiſi par la République
de Venise , pour traiter devant le Pape du Patriar
chat d'Aquilée , il ſçut habilement terminer les
différends qui s'étoient élevés entre cette Répu
blique & l'Auguſte Maiſon d'Autriche. Lorſqu'il
partit dePadoue pour le Conclave , tout le peuplé
l'accompagna en le félicitant & en le pleurant ,
parce qu'on s'attendoit bien qu'il ne retourneroit
plus dans cette Ville , & que tout le monde avoir
un preſſentiment qu'il feroit élu Pape ; ainſi la
joie de le voir élevé à la plus haute Dignité de l'Eglife
, étoit altérée par la douleur de perdre un
Prince&un Evêque , qui avoit toujours été le pere
des pauvres, desorphelins, des veuves & des pupilles
, diſpoſitions qui font justement eſpérer que
fon gouvernement ſera très heureux. Cette relation
a été imprimée à Parme , & nous a été communiquée
par M. le Duc de Montpezat , qui eft
de retour de ſes voyages d'Italie , & qui eft parti
pour aller conclure le mariage de Mademoiselle
212 MERCURE DE FRANCE .
deMontpezat , ſa fille , avec M.le Duc des Iſſarts ,
dont il a obtenu l'agrément de Madame la Dauphine&
de la Cour.
LE 15 Août , Fête de l'Aſſomption de la Sainte
Vierge, la Procefſion ſolemnelle , qui ſe fait tous
les ans à pareil jour , en exécution du Voeu de
Louis XIII , ſe fit avec les cérémonies accoutumées.
M. l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre
de l'Egliſe Métropolitaine , y officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des Aydes
, & le Corps de Ville , y aſſiſterent .
Dans l'Aſſemblé générale tenue le 16 par le
Corpsde Ville , M. Camus-de Pontcarré-de Viarmes
, Conſeiller d'Etat , a été élu Prevôt des Marchands
, & MM. Boutray , Confeiller de la Ville
&André , Avocat ès Conſeils du Roi , ont été élus
Echevins.
,
Le Roi prit le même jour le divertiſſement de
la chaſſe dans la plaine de Grenelle , & Sa Majeſté
fit l'honneur à M. le Duc de la Valliere de
fouper chez lui à Montrouge.
M. le Marquis de Broglie eſt mort à Caſſel des
bleſſures qu'il avoit reçues au combat de Sunderhaufen.
Par un extrait d'une lettre de l'Armée du bas-
Rhin , le 16 Août 1758 , on a reçu avis que M. le
Marquis de Contades ayant mis le Prince Ferdinand
dans l'impoſſibilité de paſſer le Rhin à Rhinberg
, comme il l'avoit projetté , ce Prince a été
obligé , manquant de vivres , de forcer ſes marchespour
gagner ſes ponts de Rées & d'Emme,
SEPTEMBRE. 1758 . 205
rick. Il a confidérablement perdu , ayant été continuellement
harcelé par nos troupes légeres , &
par le Corps que commandoit M. le Duc de Chevreuſe
ſousGueldres. L'armée de M. le Marquis
de Contades n'a pu ſuivre à cauſe du pain qu'il
falloit tirer par des convois de Cologne , la navigation
du Rhin étant interceptée par la Garniſon
ennemie de Duſſeldorp .
Les ennemis qui avoient détaché des troupes
pour ſoutenir la queue de leur pont de Rées , ont
été obligés de deſcendre au deſſous d'Emmerick ,
où leur armée a achevé de paſſer à la rive droite
du Rhin le 9 & le 10.
Notre armée a ſéjourné à Alpen le 10 & le 11 ,
tant pour ſe repoſer , que pour conſtruire nos
ponts à Weſel . Il n'y en a eu qu'un d'achevé le 12 :
une partie de l'armée l'a paſſé le même jour ;
mais un oragan extrêmement violent a retardé le
reſte , qui n'a pu achever de le paſſer en entier
que le 13 & le 14. Ily a apparence que nous ne
tarderons pas à marcher pour nous rapprocher de
l'armée du Prince de Soubife .
La tête de l'armée des ennemis étoit campée
les à Boicholt , où elle doit être jointe par les
Anglois , qui ont débarqué à Embden .
On a appris le 10 à midi , au camp d'Alpen ,
par un Officier dépêché à M. le Marquis de Contades,
par M. le Marquis de Caraman , que M.
d'Hardenberg , Général Hanovrien , qui commandoit
dans Duſſeldorp , dont la garniſon étoit
d'environ deux mille hommes , avoit évacué cette
Place le même jour au matin. M. le Marquis de
Caraman l'a ſuivi avec un gros détachement , &
a fait cent cinquante prifonniers. Cet abandon eſt
la ſuite des bonnes manoeuvres de notre Général ,
qui a empêché le Prince Ferdinand de pouvoir
paſſer àRhinberg.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. de Chevert , qui avoit été détaché de Colo
gnepour ſe rendre par la rive droite à Weſel , ne
putyarriver que le 4 à cauſe des débordemens de
la Roer , de l'Ems , de la Lippe , & de tous les
ruiſſeaux ; ce qui a fait qu'il n'a pu marcher que
les avec cinq à fix millehommes extrêmement
fatigués , &la plus grande partie de Milices. Ce
retardement l'a empêché de ſurprendre le Corps
commandé par le Général Imhoff , qui couvroitle
pont de Rées à la rive droite , & qui avoit été
confidérablement renforcé par les garniſons de
Cleves , de Moeurs , & par un détachement de
l'armée du Prince Ferdinand. M. de Chevert a
trouvé ces troupes ſi bien poſtées , qu'il n'a pu les
forcer. Il s'eſt mis du déſordre dans les troupes
deſagauche preſque toutes compoſée de Milices;
cequi l'a obligé de ſe retirer , après avoir perdu
cent quatre-vingt-quatorze hommes de tués ou
reftés dans la retraite , trois cens trente-quatre
bleſſés , & fix pieces de petit canon dont les chevaux
avoient été tués.
On a appris de l'Armée du Prince de Soubiſe à
Caffel , le 9 Août 1758 , les nouvelles ſuivantes.
M. Fiſcher, avec un gros détachement , a pouffé
fort avant au de là de la Verra dans le pays d'Ha
novte , où il a établi des contributions.
Nous avons un Corps ſous le commandement
deM. le Marquis de Caſtries à Gottingen , qui a
obligé le Prince d'iſembourg de ſe retirer partie
à Fimbeck , d'où il a envoyé ſes équipages & fes
malades à Hamelen. M. le Marquis Dumeſnil a
marché avec notre avant-garde à Warbourg le 7,
d'où il a pouffé des détachemens à Paderborn.
On aſſure que nous allons tous nous raſſembler
en avant, & marcher à la rencontre de notre
grande armée , pour exécuter les opérations pro
SEPTEMBRE. 1758 .. 207
jettées par nosGénéraux. On ne ſçauroit exprimer
la bonne volonté de toutes les troupes , qui n'afpirent
qu'à joindre l'ennemi .
Les dix mille Saxons ſont déja arrivés àAnder
nach , & vont inceſſamment joindre l'armée. Ce
renfort ſera ſupérieur à celui des Anglois , qui ne
monte qu'à huit mille hommes. Ces Saxonsſeront
commandés par M. le Comte de Luſace , qui
s'eſt acquis l'eſtime générale de toute l'armée, &
l'affection de tous les Officiers .
Une flotte Angloiſe a reparu ſur les côtes de
Normandie. Le 7 , les Anglois débarquerent au
nombre de dix mille par l'anſe d'Arville , ſituée à
une lieue&demie de Cherbourg. M.le Comte de
Raymond , Maréchal de Camp , qui commande
dans cette partie de la Normandie , n'avoit pour
lors que les deux Régimens de Clare & d'Horion.
Ces deux Corps demandoient avec la plus vive
ardeur de combattre les Anglois; mais M. le
Comte de Raymond jugea qu'ils étoient trop inférieurs
pour s'oppofer à l'ennemi , protégé d'ailleurs
par le feu des canons de la Flotte , & que ce
feroit les expoſer à une deſtruction certaine. It fie
fa retraite pour couvrir Valogne , & pour raffembler
les Régimens qui font ſous ſes ordres. Les
ennemis ſont maîtres de Cherbourg. Il font campés
ſur la hauteur du Roule , s'étendant du côté
deTour-la-Ville & d'Igauville d'une part , & de
Pautre , du côté de Noinville- Oeteville & de Martinwaſt.
Toutes les troupes que nous avons fur
ces côtes , ſont en mouvement pour venir au ſecours
,& forcer l'ennemi de ſe rembarquer , ou au
moins pour le reſſerrer de façon que la priſe de
Cherbourg lui devienne inutile. M. le Duc d'Har
court, Lieutenant-Général des armées du Roi &
de la Province , & qui y commande en chef, s'eft
208 MERCURE DE FRANCE.
:
porté en toute diligence à Tamerville , ainſi que
MM. les Marquis de Brancas & de Braffac , Maréchaux
de camp. M. le Maréchal de Luxembourg ,
Gouverneur de la province , partit le 12 pour aller
prendre le commandement des troupes.
M. le Marquis Deſgouttes a fait partir de Louifbourg
le quinze Juillet dernier , M. du Drefnay
des Roches , Capitaine de vaiſſeau , fur la Frégate
l'Aréthuſe , avec les paquets de la Colonie. Cette
Frégate a relâché à Saint-Ander en Eſpagne , d'où
M. du Dreſnay s'eſt rendu à Verſailles .
Les Lettres qu'il a remiſes portent , que depuis
le 20 Juin les Anglois avoient été plus occupés à
fortifier leurs retranchemens & à faire des lignes
de communication , qu'à s'approcher de la Place ,
dont ils étoient encore éloignés d'environ quatre
cens toiſes ; & qu'il paroiſſoit que leur deſſein
étoit de réduire la ville par le feu des canons &
des mortiers , en établiſſant des batteries ſur toutes
les hauteurs qui la dominent , & eny employant
le feu de leurs vaiſſeaux du côté de la mer. Celui
de leurs batteries eſt très-vif , & il n'y a point
d'endroit dans la ville qui n'y ſois expoſé ; cependant
on y travaille avec une ardeur ſans égale
àéteindre le feu , & à réparer les dommages que
les bombes & les boulets y cauſent. Il y a eu deux
Religieux de la Charité & un Chirurgien tués à
l'hôpital , ainſi que pluſieurs malades.
Pour rendre l'entrée du Port plus difficile aux
vaiſſeaux Anglois , en cas qu'ils vouluſſent la forcer
, on a coulé à fond trois bâtimens du Roi
&trois navires marchands , dans la paſſe du côté
de la batterie du Fanal. On continue à faire fortir
tous les jours des détachemens de volontaires ,
pour reconnoître les travaux des ennemis , & les
inquiéter dans leurs opérations.
1
SEPTEMBRE. 1758 . 209
La nuit du 8 au 9 Juillet , on fit une fortie compoſée
de pluſieurs piquets commandés par M.
Marin , Lieutenant- Colonel du bataillon de Bourgogne.
Ce détachement ſe porta ſur la partie des
ouvrages des ennemis , entre le Cap Noir & la
Pointe Blanche. Nos troupes ont raſé une partie
de leurs travaux , leur ont tué beaucoup de monde
, & auroient remporté un avantage des plus
confidérables , fi elles ne s'étoient pas un peu trop
preſſées. Outre le monde qu'on leur a tué , on
leur a fait priſonniers un Ingénieur & un autre
Officier , avec trente grenadiers. Nous avons perdu
de notre côté M. de Chauvelin , capitaine dans
le bataillon de Bourgogne , M. de Garſemes , capitaine
dans les troupes de la Colonie , & environ
cinquante hommes tués ou bleſſés. M. de Jarnage
, Lieutenant des grenadiers d'Artois , a eu la
jambe caſſée dans la retraite , & a été fait prifonnier.
M. de Boishébert eſt à Miray avec ſa troupe ,
d'où il ne tardera pas de venir attaquer les ennemis.
On a reçu la confirmation de la mort de Mefſieurs
la Gardepayan , Lieutenant de vaiſſeau ;
Rouillé d'Orfeuil , Enſeigne ; & Dubois , Garde
de la Marine , qui ont été tués ſur les vaiſſeaux
par le canon des ennemis.
La Frégate l'Arethuse , commandée par M. Vauquelin,
Lieutenant de Frégate , s'eſt diſtinguée
par la fermeté avec laquelle elle a ſoutenu le feu
de pluſieurs batteries des ennemis , vis-a- vis defquelles
elle s'étoit emboſſée dans le Port , pour
interrompre leurs travaux ; & tous les Officiers en
général ont donné les plus grandes preuves de
zele dans les différentes occaſions où ils ont été
employés.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par un Courier arrivé à Parme le 9. du mois au
matin , & expédié de Rome , à Milan au Comte
Deila Torre Rezzonico , neveu & coufin du Cardinal
Rezzonico , on a appris que le 6 Juillet ce
Cardinal a été élu unanimement , & avec une joie
univerſelle de toute laVille de Rome, Souverain
Pontife. Ce Pape est né à Veniſe le 7 Mars 1693
de Jean-Baptifte Rezzonico , Patricien , &Décurion
de la Cité de Côme , noble Vénitien , & Barondu
Saint Empire Romain , mort l'année derniere
, qui avoit rempli les emplois les plus diftingués
de la République. Sa mere , qui eft encore
vivante, ſe nomme Victoire Barbarigo ,& elle est
foeur du feu Patriarche de Veniſe Barbarigo. Don
Aurelle Rezzonico , frere de Sa Sainteté , eſt ace
tuellement Sénateur de Venife. En 1723 il fut Podeftat
de Bergame , où l'on conſerve encore la
mémoire de ſon adminiſtration , généralement applaudie.
Dans le même temps il rempliffoit encore
l'emploi de Grand Capitaine: il avoit épousé
Anne Juftiniani , dont la Maiſon deſcend des Empereurs
de Conftantinople. Les neveux du Pape
font Charles Rezzonico , Vicaire de Saint Marc ,
& élu de la Chambre , lequel a déja été Préſident
de la Chambre Apoftolique. Louis Rezzonico , qui
a étéGrand Capitaine à Vicenze , & qui a épousé
depuis peu la Comteſſe de Savorgnan. Quintilia
Rezzonico , niece de Sa Sainteté , eſt mariée au
Seigneur Louis Vidman , Comte du Saint Empire
Romain , & noble Vénitien. Toutes ces familles
font non-feulement des plus diftinguées de Venife
, mais font très- connues dans toute l'Europe,
La Maiſon de Rezzonico deſcend de celle de la
Torre , qui étoit en poſſeſſion de Milan &de Côme
avant les Viſcomti. Cette famille eſt nombreufe&
des plus illuftrées par les dignités de robe &
SEPTEMBRE. 1758. 210
d'épée, les Ordres de Malthe & autres Ordres Militaires
dont elle a été revêtue : elle eſt d'ailleurs
liée étroitement de pluſieurs côtés à celle d'Innocent
XI. Le Pape , nouveau Pontife , eſt Docteur
de la Collégiale de Come. Son extrême libéralité
pour les pauvres & la douceur de ſes moeurs , l'avoient
fait paſſer par les premieres charges de l'Eglife
: il a étéGouverneur de Fano , Protonotaire
Apoftolique des Participans , Référendairedes deux
Signatures , & enſuite Auditeur de Rote pour la
République de Veniſe. Il fut créé Cardinal par le
Pape Clément XII , dans la nomination des Couronnes
, le 20 Décembre 1737. Le 11 Mars 1743
il fut nommé Evêque de Padoue par le défunt Pape
Benoît XIV , & la Bulle d'Election ſuffit pour
faire fon éloge. C'eſt dans les fonctions de cet
Epifcopat , qu'ayant été choiſi par la République
de Venise , pour traiter devant le Pape du Patriar
chat d'Aquilée , il ſçut habilement terminer les
différends qui s'étoient élevés entre cette Répu
blique & l'Auguſte Maiſon d'Autriche. Lorſqu'il
partit dePadoue pour le Conclave , tout le peuplé
l'accompagna en le félicitant & en le pleurant ,
parce qu'on s'attendoit bien qu'il ne retourneroit
plus dans cette Ville , & que tout le monde avoir
un preſſentiment qu'il feroit élu Pape ; ainſi la
joie de le voir élevé à la plus haute Dignité de l'Eglife
, étoit altérée par la douleur de perdre un
Prince&un Evêque , qui avoit toujours été le pere
des pauvres, desorphelins, des veuves & des pupilles
, diſpoſitions qui font justement eſpérer que
fon gouvernement ſera très heureux. Cette relation
a été imprimée à Parme , & nous a été communiquée
par M. le Duc de Montpezat , qui eft
de retour de ſes voyages d'Italie , & qui eft parti
pour aller conclure le mariage de Mademoiselle
212 MERCURE DE FRANCE .
deMontpezat , ſa fille , avec M.le Duc des Iſſarts ,
dont il a obtenu l'agrément de Madame la Dauphine&
de la Cour.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 15 août 1758, une procession solennelle en l'honneur de l'Assomption de la Sainte Vierge a été organisée à Paris, conformément au vœu de Louis XIII. L'Abbé d'Agoult, Doyen du Chapitre de l'Église Métropolitaine, a officié. Le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes et le Corps de Ville étaient présents. Le 16 août, Camus-de Pontcarré-de Viarmes a été élu Prévôt des Marchands, et Boutray et André ont été élus Échevins. Le Roi a chassé dans la plaine de Grenelle et a dîné chez le Duc de la Vallière à Montrouge. Le Marquis de Broglie est décédé à Cassel des suites de blessures reçues au combat de Sunderhaufen. L'armée du bas-Rhin a rapporté que le Marquis de Contades a empêché le Prince Ferdinand de passer le Rhin à Rhinberg, le forçant à se replier. Cependant, l'armée de Contades n'a pu poursuivre en raison des difficultés de ravitaillement. En septembre, les ennemis ont dû se replier en dessous d'Emmerick. L'armée française s'est reposée à Alpen et a construit des ponts à Wesel. Les troupes ennemies étaient campées à Boicholt, attendant des renforts anglais débarqués à Embden. Le Général Hanovrien d'Hardenberg a évacué Dusseldorp, permettant au Marquis de Caraman de faire cent cinquante prisonniers. Le Comte de Chevert, détaché de Cologne, n'a pu surprendre le Corps commandé par le Général Imhoff en raison des inondations et des renforts ennemis, subissant des pertes significatives. L'armée du Prince de Soubise a rapporté des mouvements et des contributions en Hanovte. Les Saxons, commandés par le Comte de Lusace, ont rejoint l'armée, surpassant en nombre les renforts anglais. En Normandie, une flotte anglaise a débarqué et pris Cherbourg. Les troupes françaises se sont mobilisées sous le commandement du Duc d'Harcourt et du Maréchal de Luxembourg. À Louisbourg, les Anglais ont fortifié leurs positions et bombardé la ville. Les défenseurs ont réparé les dommages et effectué des sorties contre les ennemis. La frégate l'Aréthuse s'est distinguée face aux batteries ennemies. Le Cardinal Rezzonico a été élu Pape à Rome le 6 juillet 1758. Issu d'une famille vénitienne distinguée, il a occupé diverses charges ecclésiastiques avant son élection. Le Duc de Montpezat a rapporté des dispositions en faveur des pauvres, des orphelins, des veuves et des pupilles en Italie, laissant espérer un gouvernement heureux. Il est également parti conclure le mariage de sa fille, Mademoiselle de Montpezat, avec le Duc des Issarts, obtenant l'agrément de Madame la Dauphine et de la Cour.
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3308
p. 193
ALLEMAGNE.
Début :
Le 15 du même mois, les Russes se présenterent devant Custrin. [...]
Mots clefs :
Berlin, Russes, Bombardement, Destructions, Édifices, Ruines, Violence
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE BERLIN, le 19 Août.
LEIS du même mois , les Ruſſes ſe préſenterent
devant Cuſtrin. Ce n'étoit qu'un gros détachement
de leur grande armée qui reſta campée ſous
Landſberg. Ils commencerent tout de ſuite à
bombarder la Place avec la plus grande violence ,
& le bombardement continua ſans interruption
juſqu'au 17. Durant ce court intervalle , tous les
édifices publics & particuliers furent ou écrasés ,
oudévorés par les flammes. Il ne reſta pas dans la
Ville une ſeule maiſon ſur pied , & ſes infortunés
habitans virent tous leurs effets ou conſumés par
le feu , ou enfevelis ſous les ruines. Le 17 au matin,
les Ruſſes ſommerent le Commandant de ſe
rendre , lui faiſant appréhender tous les malheurs .
qui ſont inévitables à une Ville priſe d'aſſaut. La
réponſe fut telle qu'on devoit l'attendre de la
part d'un Officier qui connoît l'importance de
cette Place , & qui ne voyant point ſes fortificarions
entamées , n'étoit point dans le cas de capituler.
Sur ſon refus , le bombardement recom
mença, mais avec moins de vivacité.
DE BERLIN, le 19 Août.
LEIS du même mois , les Ruſſes ſe préſenterent
devant Cuſtrin. Ce n'étoit qu'un gros détachement
de leur grande armée qui reſta campée ſous
Landſberg. Ils commencerent tout de ſuite à
bombarder la Place avec la plus grande violence ,
& le bombardement continua ſans interruption
juſqu'au 17. Durant ce court intervalle , tous les
édifices publics & particuliers furent ou écrasés ,
oudévorés par les flammes. Il ne reſta pas dans la
Ville une ſeule maiſon ſur pied , & ſes infortunés
habitans virent tous leurs effets ou conſumés par
le feu , ou enfevelis ſous les ruines. Le 17 au matin,
les Ruſſes ſommerent le Commandant de ſe
rendre , lui faiſant appréhender tous les malheurs .
qui ſont inévitables à une Ville priſe d'aſſaut. La
réponſe fut telle qu'on devoit l'attendre de la
part d'un Officier qui connoît l'importance de
cette Place , & qui ne voyant point ſes fortificarions
entamées , n'étoit point dans le cas de capituler.
Sur ſon refus , le bombardement recom
mença, mais avec moins de vivacité.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Du 19 au 17 août, des troupes russes bombardèrent violemment Custrin, détruisant ou incendiant tous les édifices publics et privés. Aucune maison ne resta debout, et les habitants perdirent tous leurs biens, soit par le feu, soit sous les ruines. Le 17 août au matin, les Russes sommèrent le commandant de la ville de se rendre, menaçant de conséquences désastreuses en cas de refus. Le commandant refusa, jugeant les fortifications suffisamment intactes pour résister. Le bombardement reprit ensuite, mais avec moins d'intensité.
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3309
p. 194-195
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades Maréchal de France. [...]
Mots clefs :
Nominations, Louisbourg, Capitulation, Troupes, Duc, Ennemis, Anglais, Prisonniers, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades
Maréchal de France.
On a appris par une Gazette extraordinaire de
Londres , que Louiſbourg avoit capitulé le 26
Juillet dernier. Quoique cette nouvelle ſoit annoncée
d'une maniere poſitive , cependant comme
cette Gazette ne contient aucun détail du
ſiege , ni de la priſe de la Place , & qu'on n'a reçu
aucune lettre du Gouverneur , ni des autres Offi
ciers. Il faut attendre des nouvelles plus circonf
tanciées à cet égard,
On a reçu avis le 13 Septembre que M. le Duc
d'Aiguillon , avec ce qu'il avoit pu raffembler
de troupes , avoit attaqué dans l'anſe de Catz le
lundi II , les Anglois au nombre de douze à
treize mille hommes , dans le temps qu'ils ſe
rembarquoient ; que les ennemis avoient d'abord
foutenu cette attaque avec beaucoup de fierté ;
mais qu'ils avoient été enfoncés , taillés en pieces
&culbutésdans la mer ; que nos troupes s'étoient
portées dans l'action avec la plus grande intrépidité
, & qu'elles avoient poursuivi les Anglois,
dans la mer même , en y entrant juſqu'à la ceinture
; que les Anglois ont eu plus de trois mille,
hommes tués fur le rivage , fans compter ceux
qui ſe font noyés , ſoit dans les bâtimens de
tranſport qui ont été coulés à fonds , foit en voulant
ſe ſauver à la nage ; qu'au départ du Courier,
OCTOBRE. 1758 . 195
le nombre des priſonniers montoit à plus de cinq
cens , parmi leſquels il y avoit beaucoup d'Officiers&
de la plus grande deſtinction ; que MM. le
Chevalier de Polignac & le Comte de la Tourd'Auvergne
, avoient été bleſſés dangereuſement ,
ainſi que M. le Marquis de Cucé , Cornette des
Mouſquetaires du Roi , qui étoit à l'action comme
Volontaire. Il paroît que la perte desAnglois
eſt en tout de quatre à cinq mille hommes.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades
Maréchal de France.
On a appris par une Gazette extraordinaire de
Londres , que Louiſbourg avoit capitulé le 26
Juillet dernier. Quoique cette nouvelle ſoit annoncée
d'une maniere poſitive , cependant comme
cette Gazette ne contient aucun détail du
ſiege , ni de la priſe de la Place , & qu'on n'a reçu
aucune lettre du Gouverneur , ni des autres Offi
ciers. Il faut attendre des nouvelles plus circonf
tanciées à cet égard,
On a reçu avis le 13 Septembre que M. le Duc
d'Aiguillon , avec ce qu'il avoit pu raffembler
de troupes , avoit attaqué dans l'anſe de Catz le
lundi II , les Anglois au nombre de douze à
treize mille hommes , dans le temps qu'ils ſe
rembarquoient ; que les ennemis avoient d'abord
foutenu cette attaque avec beaucoup de fierté ;
mais qu'ils avoient été enfoncés , taillés en pieces
&culbutésdans la mer ; que nos troupes s'étoient
portées dans l'action avec la plus grande intrépidité
, & qu'elles avoient poursuivi les Anglois,
dans la mer même , en y entrant juſqu'à la ceinture
; que les Anglois ont eu plus de trois mille,
hommes tués fur le rivage , fans compter ceux
qui ſe font noyés , ſoit dans les bâtimens de
tranſport qui ont été coulés à fonds , foit en voulant
ſe ſauver à la nage ; qu'au départ du Courier,
OCTOBRE. 1758 . 195
le nombre des priſonniers montoit à plus de cinq
cens , parmi leſquels il y avoit beaucoup d'Officiers&
de la plus grande deſtinction ; que MM. le
Chevalier de Polignac & le Comte de la Tourd'Auvergne
, avoient été bleſſés dangereuſement ,
ainſi que M. le Marquis de Cucé , Cornette des
Mouſquetaires du Roi , qui étoit à l'action comme
Volontaire. Il paroît que la perte desAnglois
eſt en tout de quatre à cinq mille hommes.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades Maréchal de France. Une gazette extraordinaire de Londres a annoncé la capitulation de Louisbourg le 26 juillet, sans fournir de détails sur le siège ou la prise de la place, ni de lettres du gouverneur ou des officiers. Le 13 septembre, il a été rapporté que le Duc d'Aiguillon avait attaqué les Anglais, au nombre de douze à treize mille hommes, alors qu'ils se rembarquaient dans l'anse de Catz. Les Anglais ont d'abord résisté, mais ont été repoussés, subissant des pertes estimées à quatre à cinq mille hommes, avec plus de cinq cents prisonniers, dont plusieurs officiers de haut rang. Les troupes françaises ont montré une grande intrépidité, poursuivant les Anglais même dans la mer. Parmi les blessés figurent le Chevalier de Polignac, le Comte de la Tour d'Auvergne et le Marquis de Cucé.
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3310
p. 195-198
Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Début :
On n'a point encore de relation bien circonstanciée de ce qui s'est passé le 25 & le 26 [...]
Mots clefs :
Armée russe, Armée prussienne, Général, Mouvements des troupes, Attaques, Combats, Stratégie, Positions, Cavalerie, Champ de bataille, Victoires, Blessés et morts, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 8 Septembre
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Le 25 août 1753, l'armée prussienne, dirigée par le roi de Prusse et composée de 50 à 55 000 hommes, affronta l'armée russe près du village de Zorndorff. Le général russe Comte de Fermer commandait 38 000 hommes, mais le terrain, marqué par des marais et des bois, ne lui permettait pas de prendre une position avantageuse. La bataille débuta à neuf heures du matin par une intense canonnade qui dura une heure et demie. Les Prussiens attaquèrent l'aile gauche des Russes et avancèrent vers Zorndorff. La bataille devint générale et furieuse, mais les Russes repoussèrent les Prussiens avec vigueur, culbutant leur première ligne à midi. Le roi de Prusse fit avancer ses réserves pour rétablir la ligne, mais celles-ci furent à nouveau renversées par la cavalerie russe. La nuit tomba, et les Prussiens annoncèrent leur victoire en Europe. Cependant, le général russe Demicourt rallia ses troupes et contre-attaqua, chassant les Prussiens du champ de bataille. Le lendemain, 26 août, les deux armées se canonnèrent encore avant que les Russes n'enterrent leurs morts et ne rassemblèrent leurs trophées. Le 27 août, l'armée russe se rapprocha de ses magasins et se mit à portée de la division du général Romanzow. Le 29 août, les deux armées célébrèrent des feux de réjouissance, chacune croyant avoir gagné la bataille. Les pertes en morts, blessés et prisonniers n'étaient pas encore détaillées. Une lettre du général Fermer, datée du 31 septembre, indiquait que les Russes avaient repoussé les Prussiens après treize heures de combat, capturant vingt-six pièces d'artillerie et plusieurs étendards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3311
p. 198-203
Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Début :
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé par M. le Marquis de Vaudreuil, [...]
Mots clefs :
Marquis de Montcalm, Colonies, Canada, Protection, Troupes, Anglais, Chevalier, Renforts, Lac Saint-Sacrement, Mouvements des troupes, Grenadiers, Lieutenant colonel, Régiments, Détachement, Bataille, Colonnes milliaires, Munitions, Secours, Pertes ennemies, Les sauvages, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Détail de l'affaire qui s'eſt paſſsée le 8 Juillet entre
les Troupes du Roi , commandées par M. le Marquis
de Montcalm , & celles d'Angleterre , aux
ordres du Général Abercromby.
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé
par M. le Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
Général du Canada, pour protéger la frontiere de
la Cólonie du côté du Lac Saint- Sacrement , fe
rendit à Carillon le 30 Juin. Il y trouva huit Bataillons
de troupes de terre , une compagnie de
Canonniers , deux à trois cens Ouvriers , & quelques
Sauvages. Il reçut quelques jours après un
renfort de quatre cens hommes des troupes de la
Colonie & des Canadiens , commandés par M. de
Remond , Capitaine. Il apprit à Carillon , que les
Anglois avoient aſſemblé au fonds du Lac Saint-
Sacrement , près des ruines du Fort Georges , une
armée compoſée de vingt mille hommes deMilice
, & de fix mille de troupes réglées , aux ordres
du Major Général Abercromby , & qu'elle devoit
ſe mettre en mouvement pour s'emparer du Fort
Carillon& envahir le Canada. Sur l'avis que M.
leMarquis de Montcalm en donna à M. le Marquisde
Vaudreuil ,& fur ceux que ce Gouverneur
en avoit déja reçus , il changea la deftination de
M. le Chevalier de Levis , qui avoit été détaché
du côté de Corlac ; il lui donna ordre de ſe joindre
à M. le Marquis de Montcalm , & fit les
diſpoſitions néceſſaires pour lui procurer d'autres
renforts.
M. le Marquis de Montcalm prit d'abord le
parti d'occuper le poſte de la Chute , fur le bord
du Lac Saint-Sacrement , pour retarder l'ennemi,
OCTOBRE. 1758.
ة ر و
Il y reſta juſqu'au 6 Juillet que les Anglois parurent
en force fur le Lac. M. le Marquis de Montcalm
repaſſa la riviere de la Chute avec toutes
fes troupes , pour venir camper ſous le Fort Carillon
, où il avoit déja fait tracer des retranchemens
. Il envoya en même temps différens détachemens
, pour harceler l'ennemi dans ſa deſcente.
Un de ces détachemens , commandé par MM. de
Trépezée & de Langis , s'étant égaré par la faure
des guides , tomba dans une colonne de l'armée
ennemie déja toute formée.
De ce détachement , qui étoit d'environ trois
cens hommes , il y eut deux Officiers tués , qua
tre Sauvages , & cent quatre-vingt- quatre foldats
desTroupes & Milices tués , ou priſonniers ; le
reſte joignit le corps de nos Troupes.
:
M. le Marquis de Montcalm n'avoit dans ſon
camp devant Carillon en y arrivant , qu'environ
deux mille huit cens hommes de troupes de France
, & quatre cens cinquante de la Colonie , encore
faut-il diſtraire de ce nombre un des batail
lons de Berry , lequel , à l'exception de ſa compagnie
deGrenadiers , fut occupé à la garde & au
ſervice du Fort .
2 Le 7 Juillet au masin , l'armée fut toute employé
au travail des abbatis , ſous la protection
des compagnies de Grenadiers & des Volontaires
qui la couvroient. Les Officiers , la hache à la
main, donnoient l'exemple , & les drapeaux étoient
plantés ſur l'ouvrage. La gauche occupée par les
bataillons de la Sarre & de Languedoc , étoit appuyée
à un eſcarpement diſtant de quatre- vingt
toiſes de la riviere de la Chute. Le fommet de
l'eſcarpement étoit couronné par un abbatis. Cet
abbatis flanquoit une trouée que gardoient de
front les deux compagnies de Volontaires de
1
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
me ,
Bernard&deDuprat. Derriere cette trouée , on
devoit placer fix pieces de canon. La droite gardée
par la Reine , Bearn &Guyenne, étoit également
appuyée à une hauteur dont la pente n'étoit pas
fi roide que celle de lagauche. Dans la plaine
entre cette hauteur & la riviere de Saint- Frederic
furent portés les Troupes de la Colonie & les
Canadiens , qui s'y retrancherent auſſi avec des
abbatis. Le canon du Fort étoit dirigé ſur cette
partie , ainſi que ſur le lieu où le débarquement
pouvoit ſe faire àla gauche de nos retranchemens.
Le centre ſuivoit les ſinuoſités du terrein , confervant
le ſommet des hauteurs , &toutes les parties
ſe flanquoient réciproquement. Ce centre étoit
formé par les bataillons de Royal Rouffillon &
par le premier bataillon de Berry. Dans tout le
front de la ligne , chaque bataillon avoit derriere
lui une compagnie de Grenadiers & un Piquet en
réſerve.
Ceseſpeces de retranchemens étoient faits de
zroncs d'arbres couchés les uns ſur les autres
ayant en avant des arbres renversés , dont les
branches coupées & pointues faifoient l'effet de
chevaux de frife .
Le 7 au foir , il arriva quatre cens hommes
d'élite des Troupes qui avoient d'abord eu une
deftination particuliere ſous les ordres de M. le
Chevalier de Levis. Leur arrivée répandit une
grande joie dans notte armée , & M. le Chevalier
de Levis arriva bientôt après avec M. de Sennezergues,
Lieutenant Colonel du Régiment de la Sarre.
M. le Marquis de Montcalm chargea le Chevalier
de Levis de la défenſe de la droite, le ſieur de
Bourlamaque de celle de la gauche , & il ſe réſerva
le commandement du centre , pour être plus à
portéede donner ſes ordres partout.
OCTOBRE. 1758. 201
L'armée coucha au bivouac. Le 8. à la pointe
du jour , on battit la générale , pour que toutes les
troupes puſſent connoître leurs poſtes. Après ce
mouvement , une partie fut employée à achever
l'abbatis , & l'autre à conſtruire les batteries .
Vers les dix heures du matin, les troupes legeres
des ennemis parurent de l'autre côté de la riviere
, & firent un grand feu , mais de fi loin , que
l'on continua le travail ſans leur répondre..
A midi & demi leur armée déboucha fur nous.
Nos gardes avancées , ainſi que les volontaires &
les compagnies de grenadiers , ſe replierent en bon
ordre,& rentrerent dans la ligne , ſans perdre un
ſeulhomme. Au moment même du ſignal convenu,
les travailleurs & toutes les troupes furent à leurs
armes& à leurs poſtes. La gauche fut la premiere
attaquée par deux colonnes , dont l'une cherchoit
à tourner le retranchement , & ſe trouva ſous le
feu du Régiment de la Sarre ; l'autre dirigea ſes
efforts ſur un angle ſaillant , entre Languedoc &
Berry. Le centre où étoit Royal Rouffillon , fut
attaqué preſqu'en même temps par une troiſieme
colonne,& une quatrieme porta ſon attaque vers
la droite , entre les Bataillons de Bearn & de la
Reine.
Comme les troupes de la Colonie & les Canadiens
, qui occupoient la plaine du côté de la riviere
de Saint - Frédéric ne furent point attaqués , ils
fortirent de leur retranchement , prirent en flanc
la colonne qui attaquoit notre droite ,& tomberent
deſſus avec la plus grande valeur ; çes troupes
étoient commandées par le ſieur de Remond , Capitaine.
Environ à cinq heures , la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de Royal Rouſillon , s'étoit
rejettée ſur l'angle ſaillant du retranchement , dé
Lv
202 MERCURE DE FRANCE.
fendu par le Bataillon de Guyenne & par la gauche
de celui de Bearn : la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de la Reine & de Bearn , s'y rejetta
auſſi , de forte que le danger devint très-grand
à cette attaque. M. le Chevalier de Levis s'y porta
avec quelques troupes de la droite : M. le Marquis
de Montcalm y accourut auſſi avec quelques
troupes de réſerve. Ils firent éprouver aux ennemis
une réſiſtance qui rallentit d'abord leur ardeur.
Le ſieur de Bourlamaque fut bleſſé à cette
attaque , & les ſieurs de Sennezergues & de Privat
, Lieutenans-Colonels , le ſuppléerent.
Vers les fix heures , les deux colonnes de la droite
abandonnerent leur attaque , vinrent faire encore
une tentative contre les Bataillons de Royal
Rouffillon & de Berry , &enfin tenterent un dernier
effort à la gauche.
Depuis fix heures juſqu'à ſept , l'armée ennemie
s'occupa de fa retraite , favoriſée par le feu de ſes
troupes légeres , qui dura juſqu'à la nuit.
Pendant l'action , le feu prit en pluſieurs endroits
; mais il fut éteint ſur le champ. On reçur
du Fort en munitions & en rafraîchiſſemens , tousles
ſecours néceſſaires .
L'obſcurité de la nuit , l'épuiſement & le petir
nombre de nos troupes , les forces de l'ennemi
qui , malgré ſa défaite , étoient encore bien ſupérieures
aux nôtres , la nature du pays dans lequel
on ne peut s'engager ſans guides , ne permirent
pas à nos troupes de pourſuivre lesAnglois. On
comptoit même qu'ils reviendroient le lendemain à
lacharge , mais ils avoient abandonné les poſtes
de la Chute & du Portage ; & M. le Chevalier de
Levis qui fut envoyé le lendemain pour les reconnoître
, ne trouva que des traces d'une fuite precipitée.
OCTOBRE. 1758 . 203
Ön eſtime la perte des ennemis d'après le rapport
de leurs priſonniers , à quatre mille hommes
tués ou bleſſés , parmi leſquels il y a pluſieurs
Officiers de marque. Le Lord How & le ſieur
Spitall , Major général des Troupes réglées , ont
été tués.
Cinq cens Sauvages qui étoient dans l'armée
Angloiſe , ſont toujours reſtés derriere , &n'ont
pas voulu prendre part à l'action .
Le ſuccès de cette journée eſt dû aux bonnes
diſpoſitions de M. le Marquis de Montcalm , &
à la valeur de nos troupes. MM. le Chevalier de
Levis & de Bourlamaque , ſe ſont diftingués dans
le commandement de la droite & de la gauche ;
le premier a eu pluſieurs coups de fufil dans fon
habit , & le ſecond a été bleſſé dangereuſement.
M. de Bougainville , Aide de Camp de M. le Marquis
de Montcalm & M. de Langis , ont été
bleſſés à ſes côtés. Tous les Officiers en général
méritent les plus grands éloges .
Nous avons perdu douze Officiers & quatrevingt-
douze foldats tués ſur le champ de bataille.
Il y a eu vingt- cinq Officiers , & deux cens quarante-
huit foldats bleſſés .
Le Corſaire le Moiſſonneur , eſt rentré dans le
port de Dunkerque avec une priſe Angloiſe eſtimée
vingt-deux mille livres , & une rançon de
deux cens cinquante guinées. Il va armer de nouveau
pour ſa troiſieme courſe , qui aura lieu à la
finde ce mois .
les Troupes du Roi , commandées par M. le Marquis
de Montcalm , & celles d'Angleterre , aux
ordres du Général Abercromby.
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé
par M. le Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
Général du Canada, pour protéger la frontiere de
la Cólonie du côté du Lac Saint- Sacrement , fe
rendit à Carillon le 30 Juin. Il y trouva huit Bataillons
de troupes de terre , une compagnie de
Canonniers , deux à trois cens Ouvriers , & quelques
Sauvages. Il reçut quelques jours après un
renfort de quatre cens hommes des troupes de la
Colonie & des Canadiens , commandés par M. de
Remond , Capitaine. Il apprit à Carillon , que les
Anglois avoient aſſemblé au fonds du Lac Saint-
Sacrement , près des ruines du Fort Georges , une
armée compoſée de vingt mille hommes deMilice
, & de fix mille de troupes réglées , aux ordres
du Major Général Abercromby , & qu'elle devoit
ſe mettre en mouvement pour s'emparer du Fort
Carillon& envahir le Canada. Sur l'avis que M.
leMarquis de Montcalm en donna à M. le Marquisde
Vaudreuil ,& fur ceux que ce Gouverneur
en avoit déja reçus , il changea la deftination de
M. le Chevalier de Levis , qui avoit été détaché
du côté de Corlac ; il lui donna ordre de ſe joindre
à M. le Marquis de Montcalm , & fit les
diſpoſitions néceſſaires pour lui procurer d'autres
renforts.
M. le Marquis de Montcalm prit d'abord le
parti d'occuper le poſte de la Chute , fur le bord
du Lac Saint-Sacrement , pour retarder l'ennemi,
OCTOBRE. 1758.
ة ر و
Il y reſta juſqu'au 6 Juillet que les Anglois parurent
en force fur le Lac. M. le Marquis de Montcalm
repaſſa la riviere de la Chute avec toutes
fes troupes , pour venir camper ſous le Fort Carillon
, où il avoit déja fait tracer des retranchemens
. Il envoya en même temps différens détachemens
, pour harceler l'ennemi dans ſa deſcente.
Un de ces détachemens , commandé par MM. de
Trépezée & de Langis , s'étant égaré par la faure
des guides , tomba dans une colonne de l'armée
ennemie déja toute formée.
De ce détachement , qui étoit d'environ trois
cens hommes , il y eut deux Officiers tués , qua
tre Sauvages , & cent quatre-vingt- quatre foldats
desTroupes & Milices tués , ou priſonniers ; le
reſte joignit le corps de nos Troupes.
:
M. le Marquis de Montcalm n'avoit dans ſon
camp devant Carillon en y arrivant , qu'environ
deux mille huit cens hommes de troupes de France
, & quatre cens cinquante de la Colonie , encore
faut-il diſtraire de ce nombre un des batail
lons de Berry , lequel , à l'exception de ſa compagnie
deGrenadiers , fut occupé à la garde & au
ſervice du Fort .
2 Le 7 Juillet au masin , l'armée fut toute employé
au travail des abbatis , ſous la protection
des compagnies de Grenadiers & des Volontaires
qui la couvroient. Les Officiers , la hache à la
main, donnoient l'exemple , & les drapeaux étoient
plantés ſur l'ouvrage. La gauche occupée par les
bataillons de la Sarre & de Languedoc , étoit appuyée
à un eſcarpement diſtant de quatre- vingt
toiſes de la riviere de la Chute. Le fommet de
l'eſcarpement étoit couronné par un abbatis. Cet
abbatis flanquoit une trouée que gardoient de
front les deux compagnies de Volontaires de
1
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
me ,
Bernard&deDuprat. Derriere cette trouée , on
devoit placer fix pieces de canon. La droite gardée
par la Reine , Bearn &Guyenne, étoit également
appuyée à une hauteur dont la pente n'étoit pas
fi roide que celle de lagauche. Dans la plaine
entre cette hauteur & la riviere de Saint- Frederic
furent portés les Troupes de la Colonie & les
Canadiens , qui s'y retrancherent auſſi avec des
abbatis. Le canon du Fort étoit dirigé ſur cette
partie , ainſi que ſur le lieu où le débarquement
pouvoit ſe faire àla gauche de nos retranchemens.
Le centre ſuivoit les ſinuoſités du terrein , confervant
le ſommet des hauteurs , &toutes les parties
ſe flanquoient réciproquement. Ce centre étoit
formé par les bataillons de Royal Rouffillon &
par le premier bataillon de Berry. Dans tout le
front de la ligne , chaque bataillon avoit derriere
lui une compagnie de Grenadiers & un Piquet en
réſerve.
Ceseſpeces de retranchemens étoient faits de
zroncs d'arbres couchés les uns ſur les autres
ayant en avant des arbres renversés , dont les
branches coupées & pointues faifoient l'effet de
chevaux de frife .
Le 7 au foir , il arriva quatre cens hommes
d'élite des Troupes qui avoient d'abord eu une
deftination particuliere ſous les ordres de M. le
Chevalier de Levis. Leur arrivée répandit une
grande joie dans notte armée , & M. le Chevalier
de Levis arriva bientôt après avec M. de Sennezergues,
Lieutenant Colonel du Régiment de la Sarre.
M. le Marquis de Montcalm chargea le Chevalier
de Levis de la défenſe de la droite, le ſieur de
Bourlamaque de celle de la gauche , & il ſe réſerva
le commandement du centre , pour être plus à
portéede donner ſes ordres partout.
OCTOBRE. 1758. 201
L'armée coucha au bivouac. Le 8. à la pointe
du jour , on battit la générale , pour que toutes les
troupes puſſent connoître leurs poſtes. Après ce
mouvement , une partie fut employée à achever
l'abbatis , & l'autre à conſtruire les batteries .
Vers les dix heures du matin, les troupes legeres
des ennemis parurent de l'autre côté de la riviere
, & firent un grand feu , mais de fi loin , que
l'on continua le travail ſans leur répondre..
A midi & demi leur armée déboucha fur nous.
Nos gardes avancées , ainſi que les volontaires &
les compagnies de grenadiers , ſe replierent en bon
ordre,& rentrerent dans la ligne , ſans perdre un
ſeulhomme. Au moment même du ſignal convenu,
les travailleurs & toutes les troupes furent à leurs
armes& à leurs poſtes. La gauche fut la premiere
attaquée par deux colonnes , dont l'une cherchoit
à tourner le retranchement , & ſe trouva ſous le
feu du Régiment de la Sarre ; l'autre dirigea ſes
efforts ſur un angle ſaillant , entre Languedoc &
Berry. Le centre où étoit Royal Rouffillon , fut
attaqué preſqu'en même temps par une troiſieme
colonne,& une quatrieme porta ſon attaque vers
la droite , entre les Bataillons de Bearn & de la
Reine.
Comme les troupes de la Colonie & les Canadiens
, qui occupoient la plaine du côté de la riviere
de Saint - Frédéric ne furent point attaqués , ils
fortirent de leur retranchement , prirent en flanc
la colonne qui attaquoit notre droite ,& tomberent
deſſus avec la plus grande valeur ; çes troupes
étoient commandées par le ſieur de Remond , Capitaine.
Environ à cinq heures , la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de Royal Rouſillon , s'étoit
rejettée ſur l'angle ſaillant du retranchement , dé
Lv
202 MERCURE DE FRANCE.
fendu par le Bataillon de Guyenne & par la gauche
de celui de Bearn : la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de la Reine & de Bearn , s'y rejetta
auſſi , de forte que le danger devint très-grand
à cette attaque. M. le Chevalier de Levis s'y porta
avec quelques troupes de la droite : M. le Marquis
de Montcalm y accourut auſſi avec quelques
troupes de réſerve. Ils firent éprouver aux ennemis
une réſiſtance qui rallentit d'abord leur ardeur.
Le ſieur de Bourlamaque fut bleſſé à cette
attaque , & les ſieurs de Sennezergues & de Privat
, Lieutenans-Colonels , le ſuppléerent.
Vers les fix heures , les deux colonnes de la droite
abandonnerent leur attaque , vinrent faire encore
une tentative contre les Bataillons de Royal
Rouffillon & de Berry , &enfin tenterent un dernier
effort à la gauche.
Depuis fix heures juſqu'à ſept , l'armée ennemie
s'occupa de fa retraite , favoriſée par le feu de ſes
troupes légeres , qui dura juſqu'à la nuit.
Pendant l'action , le feu prit en pluſieurs endroits
; mais il fut éteint ſur le champ. On reçur
du Fort en munitions & en rafraîchiſſemens , tousles
ſecours néceſſaires .
L'obſcurité de la nuit , l'épuiſement & le petir
nombre de nos troupes , les forces de l'ennemi
qui , malgré ſa défaite , étoient encore bien ſupérieures
aux nôtres , la nature du pays dans lequel
on ne peut s'engager ſans guides , ne permirent
pas à nos troupes de pourſuivre lesAnglois. On
comptoit même qu'ils reviendroient le lendemain à
lacharge , mais ils avoient abandonné les poſtes
de la Chute & du Portage ; & M. le Chevalier de
Levis qui fut envoyé le lendemain pour les reconnoître
, ne trouva que des traces d'une fuite precipitée.
OCTOBRE. 1758 . 203
Ön eſtime la perte des ennemis d'après le rapport
de leurs priſonniers , à quatre mille hommes
tués ou bleſſés , parmi leſquels il y a pluſieurs
Officiers de marque. Le Lord How & le ſieur
Spitall , Major général des Troupes réglées , ont
été tués.
Cinq cens Sauvages qui étoient dans l'armée
Angloiſe , ſont toujours reſtés derriere , &n'ont
pas voulu prendre part à l'action .
Le ſuccès de cette journée eſt dû aux bonnes
diſpoſitions de M. le Marquis de Montcalm , &
à la valeur de nos troupes. MM. le Chevalier de
Levis & de Bourlamaque , ſe ſont diftingués dans
le commandement de la droite & de la gauche ;
le premier a eu pluſieurs coups de fufil dans fon
habit , & le ſecond a été bleſſé dangereuſement.
M. de Bougainville , Aide de Camp de M. le Marquis
de Montcalm & M. de Langis , ont été
bleſſés à ſes côtés. Tous les Officiers en général
méritent les plus grands éloges .
Nous avons perdu douze Officiers & quatrevingt-
douze foldats tués ſur le champ de bataille.
Il y a eu vingt- cinq Officiers , & deux cens quarante-
huit foldats bleſſés .
Le Corſaire le Moiſſonneur , eſt rentré dans le
port de Dunkerque avec une priſe Angloiſe eſtimée
vingt-deux mille livres , & une rançon de
deux cens cinquante guinées. Il va armer de nouveau
pour ſa troiſieme courſe , qui aura lieu à la
finde ce mois .
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Résumé : Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Le 8 juillet, les troupes françaises dirigées par le Marquis de Montcalm affrontèrent les forces anglaises commandées par le Général Abercromby près du Fort Carillon. Montcalm, envoyé par le Gouverneur Général du Canada, le Marquis de Vaudreuil, avait pour mission de défendre la frontière du Lac Saint-Sacrement. Informé de l'approche d'une armée anglaise de vingt-cinq mille hommes, il prit position à la Chute et fit construire des retranchements autour du Fort Carillon. Le 7 juillet, les troupes françaises renforcèrent leurs défenses. Le 8 juillet, à l'aube, les Anglais lancèrent leur attaque. Les Français, bien positionnés, repoussèrent les assauts ennemis grâce à une défense organisée et à l'utilisation stratégique des abattis et des canons. Les Canadiens et les milices jouèrent un rôle crucial en prenant à revers une colonne ennemie. La bataille dura jusqu'au soir, avec des pertes importantes pour les Anglais, estimées à quatre mille hommes tués ou blessés, incluant plusieurs officiers de haut rang. Les Français perdirent douze officiers et quatre-vingt-douze soldats tués, et vingt-cinq officiers et deux cent quarante-huit soldats blessés. Après la bataille, les Anglais se retirèrent, laissant derrière eux des traces de fuite précipitée. Le succès français fut attribué aux stratégies de Montcalm et au courage des troupes.
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3312
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieuse, Abbé, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
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3313
p. 203-208
ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Daun a reçu le confirmation de la victoire remportée par les Russes [...]
Mots clefs :
Armée impériale, Quartier général, Maréchal Daun, Russes, Roi de Prusse, Attaques, Morts, Prisonniers, Victoire, Prise du fort de Sonnenstein, Ennemis, Guerre, Comte, Garnison, Vienne, Conseil aulique, Contingent, Officier, Comte de Browne, Prince de Soubise, Cassel, Armée, Otages, Corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNES
Du Quartier général de l'Armée Impériale
en Saxe , le 12 Septembre,
E
Le Maréchal Daun a reçu la confirmation de la
victoire remportée par les Ruffes le 25 du mois
Août. Un Officier envoyé par fes ordres à l'armée
de Ruffie , & qui a trouvé le fecret de donner
lé changé aux Pruffiens , lui en a apporté le détail.
Il affure que la journée du 25 eft entiérement au
défavantage du Roi de Pruffe , puifqu'à la fin de
l'action l'armée du Comte de Fermer , qui avoit
d'abord perdu du terrein , fe retrouva dans fa
premiere pofition ; après avoir chaffé l'ennemi
qui fe croyoit vainqueur. Le 26 , les Ruffes chanterent
le Te Deum . Le Roi de Pruffe en parut fi
irrité , qu'il fit marcher fur le champ fon armée
contr'eux ; mais ayant voulu les attaquer , il fut
repouffe par deux fois . Il eft refté ving - cinq mille
morts fur le champ de bataille , & les Ruffes ont
fait deux mille Pruffiens prifonniers . Dans le mo
ment où le Roi de Pruffe fépara les deux afles det
l'armée des Ruffes , en faifant fondre fur eux toute
fa Cavalerie à bride abattue , ils perdirent vingtune
pieces de canon ; mais bientôt après ayant
repris de l'avantage , ils enleverent aux Pruffiens
3
Lovj
204 MERCURE DE FRANCE.
vingt-fix canons & huit étendards . Le 27 & le 28 ,
les Ruffes n'ont ceffé de prier le Comte de Fermer
de les remener contre les Pruffiens.
Les dernieres lettres du Marquis de Ville nous
ont appris un avantage remporté par un de fes détachemens
à Kunſtadt en Siléfie. Il avoit fait marcher
vers Creutzbourg un parti de trente-fix Uhlans
, pour y lever des contributions . Deux cers
Pruffiens accoururent de Brellau & de Brieg , &
trouvant les Uhlans divifés en petits poſtes de quatre
à cinq hommes , ils en difperferent & enleverent
quelques - uns . Le refte ſe ſauva dans les bois ;
mais un ' renfort de cent hommes que nos Uhlans
reçurent , les détermina à marcher à l'ennemi . Ils
le rencontrerent près de Kunfftadt , & l'attaquerent
avec tant de vivacité , qu'ils tuerent à coups
de pique la plus grande partie du détachement
Pruffien ; ils lui prirent un Cornette & quarantehuit
hommes ; le refte fut difperfé . Nos Uhlans
n'ont perdu qu'un Trompette & neuf hommes.
Les Pruffiens , en levant leur camp de Zedlitz ,
firent leur retraite avec tant de précautions , qu'il
n'a pas été poffible au Général Vihazy , détaché .
à leur pourfuite , d'entamer leur arriere -garde.
Depuis la prife du Fort de Sonneftein , nous ,
avons reçu le détail fuivant des opérations du fiége.
La ranchée ayant été ouverte le deux de Septembre
, vis- à - vis du jardin du Bureau des Poftes ,
les trois jours fuivans furent employés à établir des
batteries , pour battre la Place de trois côtés, Les
travaux furent pouffés avec beaucoup de vivacité ,
malgré le feu des ennemis , qui tiroient fur nos
Troupes fans relâche, La réferve eut ordre de couvrir
les Travailleurs , & le Général Maquire eut la
direction de l'attaque . Le cinq à la pointe du jour ,
le feu de nos batteries commença à foudroyer la
OCTOBRE. 1758. 205
6
&
Place , & il continua jufqu'au foir fans fe ralen
tir. La Garnifon y répondit toute la journée par
un feu très- vif & très - foutenu . Un peu avant la
nuit , le Commandant fit battre la chamade ,
& demanda permiffion de dépêcher un Officier au
Prince Henry , pour avoir de nouveaux ordres.
Sur le refus qu'on lui en fit , il demanda à capitu
ler. Il efpéroit d'obtenir les honneurs de la guerre
; mais le Général Maquire fur conftant à exiger
que la Garnifon arrivée fur le glacis , metroit
armes bas , & fe rendroit prifonniere de guerre.
Cette condition fut acceptée par le Commandant
Pruffien. Le 6 au matin , la Garnifon , au hombre
de quatorze cens quarante-deux hommes
fortit de la Place Tambours batttans & Enfeignes
déployées. Arrivée fur le glacis , elle mit bas les
armes, & fut faite prifonniere. Le Comte de Gatſruck
prit poffeffion de Sonneftein avec le Régiment
de Nagel , tandis qu'un Bataillon de Saxe-
Gotha , détaché de l'armée du Maréchal Daun ,
occupoit la ville de Pyrna.
On a trouvé dans la Place vingt- neuf pieces de
canon de bronze , neuf de fer & fept mortiers. On
a pris dix Drapeaux des Troupes qui compofoient
la Garnifon. Les prifonniers confiftent en deux
Colonels , un Lieutenant - Colonel , un Major , i
neuf Capitaines , dix - huit Lieutenans , dix Enfei
gnes , cent quatre bas Officiers , & douze cens
quatre- vingt- dix- fept Soldats.
DE
VIENNE , le 13 Septembre.
Le Confeil Aulique vient de faire fignifier au
Duc de Saxe- Gotha un Reſcrit , en date du 21 du
mois d'Août , par lequel ce Prince eft fommé de
retirer les Troupes qu'il ajointes à l'armée Hano
266 MERCURE DE FRANCE.
vrienne , de fournir fon contingent à celle de
l'Empire , & de payer fa quote part des mois Ro
mains , fous peine d'être traité comme perturba
teur de la paix , & de fubir les rigueurs prononcées
contre ceux qui violent les Loix Impériales.
On affure que le même Confeil a fait expédier un
Mandement au Roi de Dannemarck , en fa qualité
de Duc de Holftein , par lequel ce Prince eft
chargé de maintenir le Duc de Mecklembourg "
contre toute entrepriſe de la part des Pruffiens ,
de procurer la reftitution des recrues & des contributions
, enlevées de fon pays avec violence ,
& d'informer l'Empereur dans deux mois de l'exécution
de ce Mandement.
(On vient d'être informé de l'action déteftable
dun Officier Pruffien envers le Comte de Browne
, l'un des Généraux de l'armée de Ruffie . Le
cheval du Comte de Browne ayant été bleffé pen--
dant l'action du 25 Août , un Officier Pruffien du
Régiment de Schorlemmer , Dragons , courut à ce
Général , & le fit prifonnier. Il fe bâta de l'em
mener ; mais comme le Comte de Browne ne
pouvoit pas marcher auffi vite qu'il l'auroit vou
lu, ce barbare Officier lui déchargea douze coups
de fabre fur la tête , & l'abandonna baigné dans
fon fang. Le Comte de Browne a été transporté
à Landfberg , où il eft fort mal de fes bleffares.
De l'Armée du Prince de Soubife , près de
Caffel , le 28 Septembre.
M. le Prince de Soubife ayant pouffé des détachemens
jufqu'à . Hanovre pour en exiger des
contributions , a fait enlever des otages , ainfi
qu'on l'a déja marqué dans plufieurs autres Prin ---
sipautés & Seigneuries de cet Electorat Après
OCTOBRE. 1758 207
cette opération , il avoit fait replier fon armée :
fur Northeim & Gottingen , lorfqu'il fut informé
que le Général Oberg , qui ayant été renforcé de
plufieurs Régimens , avoit feint de diriger fa marche
de Paderborn fur Brakel , comme pour aller
au de-là du Wefer joindre le Prince d'Ifembourg ,
fe-portoit au contraire fur Caffel , où apparam →
ment il comptoit furprendre le petit corps ques
M. le Prince de Soubife y avoit laiffé avec tous
les gros équipages , les magafins & les hôpitaux ::
mais M. le Prince de Soubife , par la diligence
qu'il a faite , y eft arrivé à temps le 26 Deux heures
plus tard, une grande partie du corps du Général
Oberg repouffoit les troupes laiffées aux
ordres du Comte de Waldner. M. le Prince de
Soubife , qui étoit à la tête des gardes & des campemens
; & qui avoit avec lui la brigade de Bentheim
, occupa fur le champ les hauteurs , & fig
attaquer vigoureufement l'ennemi, Le Général,
Hanovrien voyant nos troupes s'étendre , fans em
pouvoir connoître la profondeur , fit faire halte ,
pour attendre le reste de fon armée , & la journée ,
fe paffa en efcarmouches. Les ennemis camperent.
le foir fur le terrein qu'ils occupoient , leur droite
environ à une demi-lieue de notre gauche. Toute
notre armée a joint le 27. Le Prince d'Ifembourg,
a auffi joint de fon côté le Général Oberg le même
jour , & fa droite eft appuyée à la gauche des
troupes Hanovriennes. On eftime que ces deux
corps réunis peuvent monter à vingt - quatre mille
hommes ; mais puifqu'ils ne nous ont point atta
qués hier ; ils le feront encore moins aujourd'hui
ou demain ; car M. le Prince de Soubiſe qui avoit
déja bien reconnu le pofte que nous occupons , a
fait faire plufieurs redoutes qu'ils n'emporteront
pas aifément. Le front de l'armée ennemic, a une
208 MERCURE DE FRANCE .
lieue & demie d'étendue . Il regne beaucoup de
volonté dans la nôtre ; elle eft d'ailleurs en trèsbon
état, & nous n'y manquons de rien . Il y a tout
lieu de croire que M. le Maréchal de Contades.
n'a pas manqué de faire marcher des troupes qui
pourront bien embarraffer les deux Généraux
Hanovriens , s'ils reftent encore long- temps devant
nous.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
en Saxe , le 12 Septembre,
E
Le Maréchal Daun a reçu la confirmation de la
victoire remportée par les Ruffes le 25 du mois
Août. Un Officier envoyé par fes ordres à l'armée
de Ruffie , & qui a trouvé le fecret de donner
lé changé aux Pruffiens , lui en a apporté le détail.
Il affure que la journée du 25 eft entiérement au
défavantage du Roi de Pruffe , puifqu'à la fin de
l'action l'armée du Comte de Fermer , qui avoit
d'abord perdu du terrein , fe retrouva dans fa
premiere pofition ; après avoir chaffé l'ennemi
qui fe croyoit vainqueur. Le 26 , les Ruffes chanterent
le Te Deum . Le Roi de Pruffe en parut fi
irrité , qu'il fit marcher fur le champ fon armée
contr'eux ; mais ayant voulu les attaquer , il fut
repouffe par deux fois . Il eft refté ving - cinq mille
morts fur le champ de bataille , & les Ruffes ont
fait deux mille Pruffiens prifonniers . Dans le mo
ment où le Roi de Pruffe fépara les deux afles det
l'armée des Ruffes , en faifant fondre fur eux toute
fa Cavalerie à bride abattue , ils perdirent vingtune
pieces de canon ; mais bientôt après ayant
repris de l'avantage , ils enleverent aux Pruffiens
3
Lovj
204 MERCURE DE FRANCE.
vingt-fix canons & huit étendards . Le 27 & le 28 ,
les Ruffes n'ont ceffé de prier le Comte de Fermer
de les remener contre les Pruffiens.
Les dernieres lettres du Marquis de Ville nous
ont appris un avantage remporté par un de fes détachemens
à Kunſtadt en Siléfie. Il avoit fait marcher
vers Creutzbourg un parti de trente-fix Uhlans
, pour y lever des contributions . Deux cers
Pruffiens accoururent de Brellau & de Brieg , &
trouvant les Uhlans divifés en petits poſtes de quatre
à cinq hommes , ils en difperferent & enleverent
quelques - uns . Le refte ſe ſauva dans les bois ;
mais un ' renfort de cent hommes que nos Uhlans
reçurent , les détermina à marcher à l'ennemi . Ils
le rencontrerent près de Kunfftadt , & l'attaquerent
avec tant de vivacité , qu'ils tuerent à coups
de pique la plus grande partie du détachement
Pruffien ; ils lui prirent un Cornette & quarantehuit
hommes ; le refte fut difperfé . Nos Uhlans
n'ont perdu qu'un Trompette & neuf hommes.
Les Pruffiens , en levant leur camp de Zedlitz ,
firent leur retraite avec tant de précautions , qu'il
n'a pas été poffible au Général Vihazy , détaché .
à leur pourfuite , d'entamer leur arriere -garde.
Depuis la prife du Fort de Sonneftein , nous ,
avons reçu le détail fuivant des opérations du fiége.
La ranchée ayant été ouverte le deux de Septembre
, vis- à - vis du jardin du Bureau des Poftes ,
les trois jours fuivans furent employés à établir des
batteries , pour battre la Place de trois côtés, Les
travaux furent pouffés avec beaucoup de vivacité ,
malgré le feu des ennemis , qui tiroient fur nos
Troupes fans relâche, La réferve eut ordre de couvrir
les Travailleurs , & le Général Maquire eut la
direction de l'attaque . Le cinq à la pointe du jour ,
le feu de nos batteries commença à foudroyer la
OCTOBRE. 1758. 205
6
&
Place , & il continua jufqu'au foir fans fe ralen
tir. La Garnifon y répondit toute la journée par
un feu très- vif & très - foutenu . Un peu avant la
nuit , le Commandant fit battre la chamade ,
& demanda permiffion de dépêcher un Officier au
Prince Henry , pour avoir de nouveaux ordres.
Sur le refus qu'on lui en fit , il demanda à capitu
ler. Il efpéroit d'obtenir les honneurs de la guerre
; mais le Général Maquire fur conftant à exiger
que la Garnifon arrivée fur le glacis , metroit
armes bas , & fe rendroit prifonniere de guerre.
Cette condition fut acceptée par le Commandant
Pruffien. Le 6 au matin , la Garnifon , au hombre
de quatorze cens quarante-deux hommes
fortit de la Place Tambours batttans & Enfeignes
déployées. Arrivée fur le glacis , elle mit bas les
armes, & fut faite prifonniere. Le Comte de Gatſruck
prit poffeffion de Sonneftein avec le Régiment
de Nagel , tandis qu'un Bataillon de Saxe-
Gotha , détaché de l'armée du Maréchal Daun ,
occupoit la ville de Pyrna.
On a trouvé dans la Place vingt- neuf pieces de
canon de bronze , neuf de fer & fept mortiers. On
a pris dix Drapeaux des Troupes qui compofoient
la Garnifon. Les prifonniers confiftent en deux
Colonels , un Lieutenant - Colonel , un Major , i
neuf Capitaines , dix - huit Lieutenans , dix Enfei
gnes , cent quatre bas Officiers , & douze cens
quatre- vingt- dix- fept Soldats.
DE
VIENNE , le 13 Septembre.
Le Confeil Aulique vient de faire fignifier au
Duc de Saxe- Gotha un Reſcrit , en date du 21 du
mois d'Août , par lequel ce Prince eft fommé de
retirer les Troupes qu'il ajointes à l'armée Hano
266 MERCURE DE FRANCE.
vrienne , de fournir fon contingent à celle de
l'Empire , & de payer fa quote part des mois Ro
mains , fous peine d'être traité comme perturba
teur de la paix , & de fubir les rigueurs prononcées
contre ceux qui violent les Loix Impériales.
On affure que le même Confeil a fait expédier un
Mandement au Roi de Dannemarck , en fa qualité
de Duc de Holftein , par lequel ce Prince eft
chargé de maintenir le Duc de Mecklembourg "
contre toute entrepriſe de la part des Pruffiens ,
de procurer la reftitution des recrues & des contributions
, enlevées de fon pays avec violence ,
& d'informer l'Empereur dans deux mois de l'exécution
de ce Mandement.
(On vient d'être informé de l'action déteftable
dun Officier Pruffien envers le Comte de Browne
, l'un des Généraux de l'armée de Ruffie . Le
cheval du Comte de Browne ayant été bleffé pen--
dant l'action du 25 Août , un Officier Pruffien du
Régiment de Schorlemmer , Dragons , courut à ce
Général , & le fit prifonnier. Il fe bâta de l'em
mener ; mais comme le Comte de Browne ne
pouvoit pas marcher auffi vite qu'il l'auroit vou
lu, ce barbare Officier lui déchargea douze coups
de fabre fur la tête , & l'abandonna baigné dans
fon fang. Le Comte de Browne a été transporté
à Landfberg , où il eft fort mal de fes bleffares.
De l'Armée du Prince de Soubife , près de
Caffel , le 28 Septembre.
M. le Prince de Soubife ayant pouffé des détachemens
jufqu'à . Hanovre pour en exiger des
contributions , a fait enlever des otages , ainfi
qu'on l'a déja marqué dans plufieurs autres Prin ---
sipautés & Seigneuries de cet Electorat Après
OCTOBRE. 1758 207
cette opération , il avoit fait replier fon armée :
fur Northeim & Gottingen , lorfqu'il fut informé
que le Général Oberg , qui ayant été renforcé de
plufieurs Régimens , avoit feint de diriger fa marche
de Paderborn fur Brakel , comme pour aller
au de-là du Wefer joindre le Prince d'Ifembourg ,
fe-portoit au contraire fur Caffel , où apparam →
ment il comptoit furprendre le petit corps ques
M. le Prince de Soubife y avoit laiffé avec tous
les gros équipages , les magafins & les hôpitaux ::
mais M. le Prince de Soubife , par la diligence
qu'il a faite , y eft arrivé à temps le 26 Deux heures
plus tard, une grande partie du corps du Général
Oberg repouffoit les troupes laiffées aux
ordres du Comte de Waldner. M. le Prince de
Soubife , qui étoit à la tête des gardes & des campemens
; & qui avoit avec lui la brigade de Bentheim
, occupa fur le champ les hauteurs , & fig
attaquer vigoureufement l'ennemi, Le Général,
Hanovrien voyant nos troupes s'étendre , fans em
pouvoir connoître la profondeur , fit faire halte ,
pour attendre le reste de fon armée , & la journée ,
fe paffa en efcarmouches. Les ennemis camperent.
le foir fur le terrein qu'ils occupoient , leur droite
environ à une demi-lieue de notre gauche. Toute
notre armée a joint le 27. Le Prince d'Ifembourg,
a auffi joint de fon côté le Général Oberg le même
jour , & fa droite eft appuyée à la gauche des
troupes Hanovriennes. On eftime que ces deux
corps réunis peuvent monter à vingt - quatre mille
hommes ; mais puifqu'ils ne nous ont point atta
qués hier ; ils le feront encore moins aujourd'hui
ou demain ; car M. le Prince de Soubiſe qui avoit
déja bien reconnu le pofte que nous occupons , a
fait faire plufieurs redoutes qu'ils n'emporteront
pas aifément. Le front de l'armée ennemic, a une
208 MERCURE DE FRANCE .
lieue & demie d'étendue . Il regne beaucoup de
volonté dans la nôtre ; elle eft d'ailleurs en trèsbon
état, & nous n'y manquons de rien . Il y a tout
lieu de croire que M. le Maréchal de Contades.
n'a pas manqué de faire marcher des troupes qui
pourront bien embarraffer les deux Généraux
Hanovriens , s'ils reftent encore long- temps devant
nous.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte décrit plusieurs affrontements militaires entre les forces autrichiennes et prussiennes. Le 25 août, les troupes autrichiennes, dirigées par le comte de Fermer, ont vaincu les Prussiens. Cette bataille a laissé 25 000 morts prussiens sur le champ de bataille et 2 000 prisonniers. Les Autrichiens ont perdu 21 pièces d'artillerie mais en ont récupéré 29 ainsi que 8 étendards. Les 27 et 28 août, les Autrichiens ont demandé à reprendre les combats. Par ailleurs, un détachement autrichien a remporté une victoire à Kunstadt en Silésie, capturant un cornette et 48 hommes prussiens. Les Prussiens ont quitté leur camp de Zedlitz avec prudence, évitant ainsi toute poursuite. Le fort de Sonneftein a été conquis après un siège. La garnison prussienne, composée de 1 442 hommes, s'est rendue le 6 septembre. Les Autrichiens ont trouvé 38 pièces d'artillerie et 10 drapeaux. Parmi les prisonniers figuraient deux colonels, un lieutenant-colonel, un major, neuf capitaines et 1 297 soldats. Le Conseil Aulique a ordonné au duc de Saxe-Gotha de retirer ses troupes de l'armée hanovrienne et de fournir son contingent à l'armée impériale. Un mandement a également été envoyé au roi de Danemark pour soutenir le duc de Mecklembourg contre les Prussiens. Le prince de Soubise a mené des opérations près de Cassel, repoussant une attaque du général Oberg. Les forces ennemies, estimées à 24 000 hommes, n'ont pas attaqué, permettant aux Autrichiens de renforcer leurs positions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3314
p. 208
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Sa Majesté a écrit aux Archevêques & Evêques de son Royaume, pour faire [...]
Mots clefs :
Archevêques, Évêques, Victoire en Amérique, Te Deum, Victoire en Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour de Paris , & c.
SAA Majefté a écrit aux Archevêques & Evêques
de fon Royaume , pour faire chanter le Te Deum ,
en actions de graces de la victoire remportée en
Amérique par M. le Marquis de Montcalm , ou
quatre mille François ont combattu & vaincu
vingt- deux mille hommes ; & de la défaite totale
des Anglois , à Saint- Caft en Bretagne , par M. le
Duc d'Aiguillon , qui a donné dans cette journée
les preuves les plus éclatantes de fon habileté &
de fa valeur.
SAA Majefté a écrit aux Archevêques & Evêques
de fon Royaume , pour faire chanter le Te Deum ,
en actions de graces de la victoire remportée en
Amérique par M. le Marquis de Montcalm , ou
quatre mille François ont combattu & vaincu
vingt- deux mille hommes ; & de la défaite totale
des Anglois , à Saint- Caft en Bretagne , par M. le
Duc d'Aiguillon , qui a donné dans cette journée
les preuves les plus éclatantes de fon habileté &
de fa valeur.
Fermer
3315
p. 209-214
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 18 Octobre, M. le Marquis de Conflans, Mestre de Camp [...]
Mots clefs :
Prince de Soubise, Divisions, Compagnies, Marquis, Troupes, Bataille, Ennemis, Force, Colonnes milliaires, Cavalerie, Résistance, Perte, Blessés et morts, Duc de Bourgogne, Problèmes de géométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
FRANC E.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 18 octobre, le Marquis de Conflans informa le roi de la victoire française à la bataille de Lutzelberg, dirigée par le Prince de Soubise. Le 8 octobre, la division de Chevert, composée de 25 bataillons et 18 escadrons, arriva au camp sous Cassel. Le 9 octobre, la division du Duc de Fitz-James, formée de 10 bataillons et 12 escadrons, traversa la Fulde. Le Prince de Soubise ordonna à Chevert d'attaquer la gauche ennemie et à Voyer de former l'avant-garde avec des grenadiers, des carabiniers, la Légion Royale et les Volontaires de Flandre. Le 10 octobre, l'armée ennemie se retira vers une position plus reculée. Voyer traversa le ravin de Dalem et atteignit les hauteurs de Fifchenstein, attaquant le hameau de Breck. À 14h30, le Prince de Soubise ordonna une attaque générale. Les ennemis, voyant Chevert dans le bois, renforcèrent leur gauche en dégarnissant leur droite. Chevert lança une charge de cavalerie, blessant le Marquis de Voyer. La cavalerie ennemie fut repoussée à plusieurs reprises. Le Comte de Lusace captura une hauteur stratégique, assurant la victoire. Les ennemis fuirent par Lutzelberg, abandonnant canons, drapeaux et bagages. Les pertes ennemies furent estimées entre 3 000 et 4 000 hommes, contre 500 à 600 pour les Français. Le Marquis de Crillon poursuivit les ennemis et captura 400 prisonniers à Munden. Par ailleurs, le Duc de Bourgogne, âgé de 6 ans, présenta au roi un livre de géométrie qu'il avait rédigé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3316
p. 193-201
ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Daun, après avoir occupé quelque temps le camp de Stolpen, [...]
Mots clefs :
Bataille, Maréchal Daun, Victoire, Prusse, Camps militaires, Armée impériale, Mouvements des troupes, Général, Montagne, Ennemis, Colonnes milliaires, Attaques, Maréchal Keith, Comte, Duc, Canons, Officiers, Perte, Blessés et morts, États d'Autriche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE. ·
RELATION de la Bataille donnée le 14 Octoi
bre 1758 à Hoch- Kirchen en Luface , par l'armée
Impériale Royale , fous les ordres du Fold-
Maréchal Comte de Daun , de la victoire
complette qu'elle a remportée fur celle du Roi de
Pruffe , commandée par ce Prince en personne.
Cette Relation a été rédigée par le Comte de
Marainville , témoin oculaire de tout ce qui s'eft
paffé dans cette importante affaire , & qui a été
dépêché à l'Impératrice Reine de Hongrie par le
Maréchal Daun , & par Sa Majesté Impériale ,
au Roi.
Le Maréchal Daun , après avoir occupé quelque
temps le camp de Stolpen , voyant que les forces
réunies du Roi de Pruffe & du Prince Henri , fon
frere , lui ôtoient l'efpérance de prendre Drefde
avant la fin de la campagne , réfo ut de quitter
ce camp. La Cour de Vienne avoit formé le projet
d'affiéger Neiff Le Maréchal Daun voulut
affurer le fuccès de cette entrepriſe , en prenant
une pofition qui empêchât le Roi de Puffe de ſe
porter en Siléfie , ou d'envoyer au Général Fouquet
un renfort qui le mît en état de s'opposer à
cette opération . En conféquence , il fe mit
marche les , & arriva le 7 au camp de Kitl
près de Loëbau en Haute Luface.
Ι
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour 7 , on eut avis que le Roi de
Pruffe avoit auffi marché pour Le porter à Bautzen.
Son armée campa le 8 en avant de cette Ville ; &
elle y féjourna le 9. Le Maréchal Daun avoit
formé le projet d'attaquer le 1o un corps Pruffien
qui occupoit Weiflemberg ; mais ayant appris
que l'armée du Roi de Pruffe étoit en mouvement
pour s'approcher de lui , il changea fes difpofi-
⚫tions.
L'armée Pruffienne étant arrivée à la vue des
Impériaux , les poftes avancés de ceux- ci aban
donnerent la hauteur de Hoch- Kirchen dont elle
s'empara ; elle y appuya fa droite , & fa gauche.
fut portée vers Radewitz . Elle avoit devant fon
front un petit ruiffeau qui coule dans un vallon
fort ferré. Dans cette pofition , les deux armées
ennemies fe trouverent à une portée & demie de
canon l'une de l'autre , ce qui obligea le Maréchal
Daun à faire quelques changemens dans la
fienne . Ce Général avança fa droite , pour l'appuyer
à la montagne de Stromberg qui commande
toute cette partie. Il y plaça des batteries
de gros canon , avec quatre bataillons de Grenadiers
, qui étoient foutenus par douze bataillons
d'Infanterie de la réferve & par la Cavalerie de
cette aîle. Il porta en avant quelques bataillons
de la deuxieme ligne de fon aîle gauche , pour
foutenir des batteries placées fur le flanc d'une
des montagnes où étoit appuyée cette gauche , &
dont la chaîne s'étend jufqu'à Bautzen . Ces batteries
étoient deftinées à foudroyer la plaine , &
à prendre en flanc les troupes qui feroient venues
pour attaquer fon aile gauche. Il fit faire des abbatis
dans les bois qui couvrent ces montagnes
& les garnit de Croates pour affurer fa communication
avec le Général Laudon , qui étoit à
DECEMBRE . 1758. 195
Mefchwitz fur les derrieres de Hoch-Kirchen
du côté de Bautzen. Il eut foin auffi de faire bien
fortifier le village de Gloffen , pofte important
qui affuroit encore plus fa droite , & qui lui formoit
une tête au delà du ruiffeau nommé Lobauwaffer
, en cas que le Roi de Prufle , à la faveur
du corps qu'il avoit à Weiffemberg , eût tenté de
lui dérober une marche , pour tomber fur celui
que commandoit le Prince de Dourlach à Reichenbach
, & de s'emparer par ce moyen de Gorlitz.
Le Roi de Pruffe avoit fait placer plufieurs batteries
avec des redoutes fur le flanc de la montagne
d'Hoch- Kirchen , & il y avoit mis huit bataillons
pour les foutenir. Il avoit avancé un
corps de l'autre côté du ruiffeau qui couvroit fon
front vers Lauffig , où il avoit fait des retranchemens
garnis de quantité de groffe artillerie .
Le Maréchal Daun étoit tous les jours à cheval
dès la pointe du jour , foit pour reconnoître la
pofition des ennemis , foit pour examiner foigneufement
la fienne. Il remarqua que la droite
du Roi de Pruffe donnoit quelque prife fur elle ,
& réfolut de l'attaquer. Pour donner le change à
l'ennemi , & l'accoutumer à des mouvemens dont
il pût prendre ombrage , tous les jours il faifoit
changer de pofition à quelques corps ; il ordonna
plufieurs jours de fuite que tous les équipages
le tinffent prêts à marcher au premier ordre
, il feignit de vouloir attaquer le corps qui
étoit à Weiflemberg ; il fit pour cela des difpofitions
, & diftribua pendant deux jours des ordres
qu'il révoquoit dans la nuit. Enfin la veille de la
véritable attaque , il fit tracer des redoutes au
devant du front de fon armée , à la vue des ennemis
, & fi près de leur camp , qu'ils tirerent du
canon fur les travailleurs.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
>
Le 13 , dans l'après -dînée , le Maréchal Daun
fit marcher la plus grande partie de la feconde
ligne & de fa réſerve , tant Infanterie que Cavalerie.
Elle fe porta en deux colonnes par la vallée
de Cunewalda , fur le fommet des montagnes qui
font du côté de Bautzen . Ces montagnes , beaucoup
plus hautes que celles de Hoch- Kirchen , &
couvertes de bois de fapin , étoient fort propres à
cacher toutes les manoeuvres qu'on devoit faire ,
& l'on y avoit préparé des paffages pour l'artillerie.
Le Général Laudon , qui étoit encore plus
loin avec un corps de cinq à fix mille hommes ,
fut renforcé de trois à quatre mille pour attaquer
par les derrieres la droite des Pruffiens. Les troupes
de la premiere ligne qui devoient attaquer le
village de Hoch Kirchen , étoient reftées dans le
camp ; elles prirent les armes pendant la nuit , &
fe porterent vers le village de Plotzen , où elles
fe formerent en colonne pour attaquer de concert
avec les autres. Le Duc d'Aremberg étoit chargé
de tomber fur la gauche des ennemis , & de l'attaquer
par deux colonnes , & il étoit foutenu par
le Prince de Dourlach. Ce Prince avoit pour cet
effet marché toute la nuit avec une partie du
corps qu'il avoit fous fes ordres à Reichenbach ,
& il avoit détaché le Prince de Lowenftein avec
cinq ou fix mille hommes , pour aller attaquer le
corps ennemi qui occupoit Weiffemberg. On
avoit diftribué de petites troupes d'Infanterie &
de Cavalerie fur tout le front de l'armée Pruffienne
, pour lui donner de l'inquiétude partout.
?
Toutes ces difpofitions faites , le Maréchal
Daun fe porta le foir à la gauche de fon armée ,
& paffa la nuit dans une maifon du village de
Favernick , pour être plus à portée de fe rendre à
La tête des colonnes qui devoient attaquer le flanc
DECEMBRE . 1758. 197
de la montagne de Hoch - Kirchen . Il y arriva deux
heures avant qu'elles s'ébranlaffent. Tout ce qui
l'accompagnoit , ainfi les que troupes , obfervoit
le plus grand filence , à caufe de la proximité des
ennemis qu'on pouvoit entendre parler. A cinq
heures du matin , il envoya ordre aux trois colonnes
qui étoient à portée de lui , de marcher.
Après un quart-d'heure de marche , on entendit.
un coup de fufil qui fut bientôt fuivi de deux autres
, & de tout le feu d'un petit pofte , qui , ayant
apperçu diftinctement la tête des colonnes , donna
l'alarme par des cris qu'on entendit fe répéter
fur tout le front de l'armée Pruffienne .
Les Grenadiers Impériaux , qui étoient à la tête
des colonnes , gagnerent précipitamment le flanc
de la montagne de Hoch-Kirchen , pour en forcer
les retranchemens ; mais ils y trouverent toute
P'Infanterie Pruffienne en bataille , & ils effuyerent
un feu de moufqueterie très - vif. Celui de l'artillerie
qui ne l'étoit pas moins , avoit commencé
peu de minutes après la premiere alerte ; de forte
que , par l'activité des Pruffiens , tout l'avantage
qu'on pût tirer de cette furpriſe fut de le trouver
en force fur le flanc d'une armée diftribuée , dans
une grande étendue de terrein.
Les redoutes & les batteries de Hoch - Kirchen
furent difputées avec beaucoup de valeur , mais
enlevées en fort peu de temps par l'intrépidité des
Impériaux. Ils trouverent plus de réſiſtance au
village de Hoch- Kirchen , où le combat dura
plus de deux heures & demie , parce que l'Infanterie
de la premiere ligne des Pruffiens qui étoit
appuyée à ce village s'y étoit portée fur le champ,
& s'opiniâtroit à défendre ce point important ,
pour donner le temps au refte de l'armée de rétablir
l'affaire , au de faire des difpofitions pour en
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
rendre les fuites moins fâcheufes. On affure que Te
Maréchal Keith avoit ordre du Roi de Pruffe de
foutenir ce village jufqu'à l'extrêmité ; aufli a - t'il
payé de fa vie la belle défenfe qu'il y a faite. Ce
pofte étoit couvert d'ouvrages & garni de nombreufes
batteries ; un cimetiere fermé de murs ,
l'Eglife qui eft grande , & jufqu'au clocher, étoient
remplis d'Infanterie ; il fortoit ainfi de toutes parts
un feu de moufqueterie prodigieux , & il y avoit
fur toutes les avenues , du canon qui tiroit à cartouche.
Pendant l'attaque de ce village , le Maréchal
Daun fe repofant du fuccès fur l'intelligence &
fur la bravoure du Baron de Sincere , Général
d'Infanterie , qui commandoit cette attaque , faifoit
toujours avancer la gauche de fes troupes
pour pouffer de fon côté l'ennemi . Les Pruffiens
qui fe rallioient à mefure & qui fe renforçoient
dans cette partie , vinrent en force à trois repriſes
pour tenter de reprendre le terrein qu'ils avoient
furent perdu fucceffivement. Ces trois attaques
très-vives , mais elles furent reçues avec la plus
grande fermeté par les troupes Impériales , & les
Pruffiens refouffés perdirent encore chaque fois
du terrein.
D'un autre côté , le Comte Odonel , Général de
Cavalerie , qui commandoit celle de la gauche ,
manoeuvroit avec beaucoup de bravoure , foit en
chargeant avec la plus grande vigueur tout ce qui
fe préfentoit de Cavalerie Pruffienne , foit en refferrant
de plus en plus l'ennemi.
Quand le village de Hoch- Kirchen eut été forcé
, on emporta le cimetiere l'épée à la main , &
tout ce qui s'y trouva fut fait prifonnier. L'Infanterie
qui foutenoit ce village s'étant jointe aux
débris de celle que le Maréchal Daun avoit touDECEMBRE.
1758. 199
jours combattue en perfonne , vint faire avec elle
la troifieme attaque , où les Pruffiens firent les
plus grands efforts . La victoire fut décidée en faveur
des Autrichiens par une vigoureuſe charge
que le Comte de Lafcy fit fur le flanc de l'Infan
terie Pruffienne , avec quelques troupes de Cara
biniers & de Grenadiers à cheval qui étoient en
réferve , & qu'il alla prendre par ordre du Maréchal
Daun . Il étoit alors environ dix heures &
demie ; enforte que l'affaire à duré plus de cinq
heures , fans que le feu de l'artillerie & celui de
la moufqueterie ayent difcontinué un inftant . On
laiffe imaginer quelle a été la chaleur d'une bataille
, oùil y avoit , tant de part que d'autre , au
moins cinq cens pieces de canon .
Le Duc d'Aremberg avant que de commencer
fon attaque , devoit attendre que celle de Hoch-
Kirchen fût bien engagée , parce que le Maréchal
Daun avoit deffein de couper le corps de huit
mille hommes qui étoit à Weiffemberg ; mais
l'attaque de Hoch-Kirchen ayant donné l'alarme
à ce corps , il avoit forgé de bonne heure à fa
retraite , & il avoit joint le gros de l'armée Pruffienne.
Ainfi le Duc d'Aremberg chargé d'atta
quer la gauche , la trouva très - bien garnie ; elle
étoit de plus fortifiée par des retranchemens &
par des batteries de gros canon qu'il emporta
l'épée à la main fans tirer . Cependant toute l'Infanterie
Pruffienne de cette partie s'étant raffemblée
, le combat y fut très- vif. Le Baron de Buccow
, Général de Cavalerie , qui commandoit celle
de la droite , avoit formé avec ce corps , ainfi que
le Comte Odonel avoit fait de fon côté , une efpece
de croiffant pour envelopper l'ennemi , &
rendre fa retraite difficile. Mais les Pruffiens ayant
yu dès le commencement de cette journée qu'elle
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
à
ne pouvoit être heureufe pour eux , avoient fûres
ment pourvu de bonne heure à leur retraite , &
elle fe fit à propos par l'efpace libre qui leur reftoit.
L'attaque du Maréchal Daun s'étant réunie à
celle du Duc d'Aremberg , toute l'armée campa
une lieue & demie environ plus loin que le champ
de bataille de Hoch- Kirchen , & le Général Laudon
fut chargé de fuivre l'ennemi dans fa retraite,
qu'il dirigeoit vers Klein- Bautzen.
Au départ du Comte de Marainville , la perte
des Pruffiens en morts & bleſſés étoit évaluée à
fept ou huit mille hommes , & on leur avoit fait
deux mille prifonniers , parmi lefquels on comptoit
foixante fix Officiers de tout grade. On leur a
pris cent quatorze pieces de canon , vingt-neuf
drapeaux & feulement trois étendards , parce que
le terrein où l'on a combattu , fort inégal & plein
de broffailles , étoit peu propre pour faire maneuvrer
la Cavalerie .
Les Officiers de marque tués du côté des Pruffiens
, font le Maréchal Keith , tué d'un coup de
feu au travers de la poitrine , le Prince Frederic
de Brunswick , dont la mort d'abord incertaine ,
s'eft confirmée depuis la bataille , & le Général de
Kleift. Le Prince Maurice d'Anhalt-Deffau a été
bleffé dangereufement , fait prifonnier fur fa pa
role , & conduit pendant la bataille à Bautzen.
La perte des Impériaux eft de trois à quatre
mille hommes. Les Officiers de marque qu'ils
ont parmi leurs bleffés font , le Marquis d'Einfe
Lieutenant- Feld -Maréchal qui a reçu un coup de
feu dans le côté , mais non dangereux ; le fieur de
Siskowitz , Major Général , auffi bleffé d'un coup
de feu ; le Comte de Brown , Major Général , &
le Comte de Brown , fon frere , Colonel du Régiment
de fon nom , tous deux fils du feu Maréchal
DECEMBRE . 17 ; S.
201
de Brown , le premier bleffé d'un coup de feu
derriere la tête ; l'autre ayant la jambe caffée
d'un coup de feu , près de la cheville du pied . Les
principaux Officiers tués font , un Major Général ,
qu'on croit être le fieur Hardeneck , le Baron de
Buttler , Colonel attaché aux Grenadiers , & le
Comte d'Eftienne , Colonel du Régiment de Dragons
de Lowenftein . Le Comte de Montazet
Maréchal de Camp au fervice de France , employé
à l'armée Impériale , a reçu plufieurs coups de
fabre fur la tête dans une mêlée de Cavalerie , où
il s'eft extrêmement diftingué .
Le Maréchal Daun qui veut tout voir par luimême
, s'eft expofé comme il a coutume de faire
dans toutes les occafions , & il a eu un cheval
bleffé fous lui d'un coup de feu . Cette mémorable
journée à la fin d'une fi belle campagne , couvre
de gloire ce Maréchal , & le met au rang des plus
grands Capitaines.
"
Les Etats d'Autriche pour reconnoître les
grands fervices rendus à la patrie par le Feld-
Maréchal Comte de Daun , ont arrêté de lui faire
préfent de trois cens mille florins d'Allemagne
pour racheter la Seigneurie de Ladendorff , que le
pere de ce grand Capitaine avoit vendue au Comte
de Kevenhuller. Le 18 Octobre au foir , toute la
mufique de la Cour donna une belle fymphonie
devant l'hôtel de la Comteffe de Daun , en témoi
gnage de la fatisfaction que Leurs Majeftés Impériales
reffentent des exploits fignalés du Comte,
fon époux.
Le 19 , Hatfchi-Demetrius- Macarchi , Envoyé
d'Alger , eut fa premiere audience du Comte de
Colloredo , Vice - Chancelier de l'Empire. Le len
demain , il fut admis à celle du Comte de Kaunitz
Chancelier Intime de l'Etat.
RELATION de la Bataille donnée le 14 Octoi
bre 1758 à Hoch- Kirchen en Luface , par l'armée
Impériale Royale , fous les ordres du Fold-
Maréchal Comte de Daun , de la victoire
complette qu'elle a remportée fur celle du Roi de
Pruffe , commandée par ce Prince en personne.
Cette Relation a été rédigée par le Comte de
Marainville , témoin oculaire de tout ce qui s'eft
paffé dans cette importante affaire , & qui a été
dépêché à l'Impératrice Reine de Hongrie par le
Maréchal Daun , & par Sa Majesté Impériale ,
au Roi.
Le Maréchal Daun , après avoir occupé quelque
temps le camp de Stolpen , voyant que les forces
réunies du Roi de Pruffe & du Prince Henri , fon
frere , lui ôtoient l'efpérance de prendre Drefde
avant la fin de la campagne , réfo ut de quitter
ce camp. La Cour de Vienne avoit formé le projet
d'affiéger Neiff Le Maréchal Daun voulut
affurer le fuccès de cette entrepriſe , en prenant
une pofition qui empêchât le Roi de Puffe de ſe
porter en Siléfie , ou d'envoyer au Général Fouquet
un renfort qui le mît en état de s'opposer à
cette opération . En conféquence , il fe mit
marche les , & arriva le 7 au camp de Kitl
près de Loëbau en Haute Luface.
Ι
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour 7 , on eut avis que le Roi de
Pruffe avoit auffi marché pour Le porter à Bautzen.
Son armée campa le 8 en avant de cette Ville ; &
elle y féjourna le 9. Le Maréchal Daun avoit
formé le projet d'attaquer le 1o un corps Pruffien
qui occupoit Weiflemberg ; mais ayant appris
que l'armée du Roi de Pruffe étoit en mouvement
pour s'approcher de lui , il changea fes difpofi-
⚫tions.
L'armée Pruffienne étant arrivée à la vue des
Impériaux , les poftes avancés de ceux- ci aban
donnerent la hauteur de Hoch- Kirchen dont elle
s'empara ; elle y appuya fa droite , & fa gauche.
fut portée vers Radewitz . Elle avoit devant fon
front un petit ruiffeau qui coule dans un vallon
fort ferré. Dans cette pofition , les deux armées
ennemies fe trouverent à une portée & demie de
canon l'une de l'autre , ce qui obligea le Maréchal
Daun à faire quelques changemens dans la
fienne . Ce Général avança fa droite , pour l'appuyer
à la montagne de Stromberg qui commande
toute cette partie. Il y plaça des batteries
de gros canon , avec quatre bataillons de Grenadiers
, qui étoient foutenus par douze bataillons
d'Infanterie de la réferve & par la Cavalerie de
cette aîle. Il porta en avant quelques bataillons
de la deuxieme ligne de fon aîle gauche , pour
foutenir des batteries placées fur le flanc d'une
des montagnes où étoit appuyée cette gauche , &
dont la chaîne s'étend jufqu'à Bautzen . Ces batteries
étoient deftinées à foudroyer la plaine , &
à prendre en flanc les troupes qui feroient venues
pour attaquer fon aile gauche. Il fit faire des abbatis
dans les bois qui couvrent ces montagnes
& les garnit de Croates pour affurer fa communication
avec le Général Laudon , qui étoit à
DECEMBRE . 1758. 195
Mefchwitz fur les derrieres de Hoch-Kirchen
du côté de Bautzen. Il eut foin auffi de faire bien
fortifier le village de Gloffen , pofte important
qui affuroit encore plus fa droite , & qui lui formoit
une tête au delà du ruiffeau nommé Lobauwaffer
, en cas que le Roi de Prufle , à la faveur
du corps qu'il avoit à Weiffemberg , eût tenté de
lui dérober une marche , pour tomber fur celui
que commandoit le Prince de Dourlach à Reichenbach
, & de s'emparer par ce moyen de Gorlitz.
Le Roi de Pruffe avoit fait placer plufieurs batteries
avec des redoutes fur le flanc de la montagne
d'Hoch- Kirchen , & il y avoit mis huit bataillons
pour les foutenir. Il avoit avancé un
corps de l'autre côté du ruiffeau qui couvroit fon
front vers Lauffig , où il avoit fait des retranchemens
garnis de quantité de groffe artillerie .
Le Maréchal Daun étoit tous les jours à cheval
dès la pointe du jour , foit pour reconnoître la
pofition des ennemis , foit pour examiner foigneufement
la fienne. Il remarqua que la droite
du Roi de Pruffe donnoit quelque prife fur elle ,
& réfolut de l'attaquer. Pour donner le change à
l'ennemi , & l'accoutumer à des mouvemens dont
il pût prendre ombrage , tous les jours il faifoit
changer de pofition à quelques corps ; il ordonna
plufieurs jours de fuite que tous les équipages
le tinffent prêts à marcher au premier ordre
, il feignit de vouloir attaquer le corps qui
étoit à Weiflemberg ; il fit pour cela des difpofitions
, & diftribua pendant deux jours des ordres
qu'il révoquoit dans la nuit. Enfin la veille de la
véritable attaque , il fit tracer des redoutes au
devant du front de fon armée , à la vue des ennemis
, & fi près de leur camp , qu'ils tirerent du
canon fur les travailleurs.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
>
Le 13 , dans l'après -dînée , le Maréchal Daun
fit marcher la plus grande partie de la feconde
ligne & de fa réſerve , tant Infanterie que Cavalerie.
Elle fe porta en deux colonnes par la vallée
de Cunewalda , fur le fommet des montagnes qui
font du côté de Bautzen . Ces montagnes , beaucoup
plus hautes que celles de Hoch- Kirchen , &
couvertes de bois de fapin , étoient fort propres à
cacher toutes les manoeuvres qu'on devoit faire ,
& l'on y avoit préparé des paffages pour l'artillerie.
Le Général Laudon , qui étoit encore plus
loin avec un corps de cinq à fix mille hommes ,
fut renforcé de trois à quatre mille pour attaquer
par les derrieres la droite des Pruffiens. Les troupes
de la premiere ligne qui devoient attaquer le
village de Hoch Kirchen , étoient reftées dans le
camp ; elles prirent les armes pendant la nuit , &
fe porterent vers le village de Plotzen , où elles
fe formerent en colonne pour attaquer de concert
avec les autres. Le Duc d'Aremberg étoit chargé
de tomber fur la gauche des ennemis , & de l'attaquer
par deux colonnes , & il étoit foutenu par
le Prince de Dourlach. Ce Prince avoit pour cet
effet marché toute la nuit avec une partie du
corps qu'il avoit fous fes ordres à Reichenbach ,
& il avoit détaché le Prince de Lowenftein avec
cinq ou fix mille hommes , pour aller attaquer le
corps ennemi qui occupoit Weiffemberg. On
avoit diftribué de petites troupes d'Infanterie &
de Cavalerie fur tout le front de l'armée Pruffienne
, pour lui donner de l'inquiétude partout.
?
Toutes ces difpofitions faites , le Maréchal
Daun fe porta le foir à la gauche de fon armée ,
& paffa la nuit dans une maifon du village de
Favernick , pour être plus à portée de fe rendre à
La tête des colonnes qui devoient attaquer le flanc
DECEMBRE . 1758. 197
de la montagne de Hoch - Kirchen . Il y arriva deux
heures avant qu'elles s'ébranlaffent. Tout ce qui
l'accompagnoit , ainfi les que troupes , obfervoit
le plus grand filence , à caufe de la proximité des
ennemis qu'on pouvoit entendre parler. A cinq
heures du matin , il envoya ordre aux trois colonnes
qui étoient à portée de lui , de marcher.
Après un quart-d'heure de marche , on entendit.
un coup de fufil qui fut bientôt fuivi de deux autres
, & de tout le feu d'un petit pofte , qui , ayant
apperçu diftinctement la tête des colonnes , donna
l'alarme par des cris qu'on entendit fe répéter
fur tout le front de l'armée Pruffienne .
Les Grenadiers Impériaux , qui étoient à la tête
des colonnes , gagnerent précipitamment le flanc
de la montagne de Hoch-Kirchen , pour en forcer
les retranchemens ; mais ils y trouverent toute
P'Infanterie Pruffienne en bataille , & ils effuyerent
un feu de moufqueterie très - vif. Celui de l'artillerie
qui ne l'étoit pas moins , avoit commencé
peu de minutes après la premiere alerte ; de forte
que , par l'activité des Pruffiens , tout l'avantage
qu'on pût tirer de cette furpriſe fut de le trouver
en force fur le flanc d'une armée diftribuée , dans
une grande étendue de terrein.
Les redoutes & les batteries de Hoch - Kirchen
furent difputées avec beaucoup de valeur , mais
enlevées en fort peu de temps par l'intrépidité des
Impériaux. Ils trouverent plus de réſiſtance au
village de Hoch- Kirchen , où le combat dura
plus de deux heures & demie , parce que l'Infanterie
de la premiere ligne des Pruffiens qui étoit
appuyée à ce village s'y étoit portée fur le champ,
& s'opiniâtroit à défendre ce point important ,
pour donner le temps au refte de l'armée de rétablir
l'affaire , au de faire des difpofitions pour en
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
rendre les fuites moins fâcheufes. On affure que Te
Maréchal Keith avoit ordre du Roi de Pruffe de
foutenir ce village jufqu'à l'extrêmité ; aufli a - t'il
payé de fa vie la belle défenfe qu'il y a faite. Ce
pofte étoit couvert d'ouvrages & garni de nombreufes
batteries ; un cimetiere fermé de murs ,
l'Eglife qui eft grande , & jufqu'au clocher, étoient
remplis d'Infanterie ; il fortoit ainfi de toutes parts
un feu de moufqueterie prodigieux , & il y avoit
fur toutes les avenues , du canon qui tiroit à cartouche.
Pendant l'attaque de ce village , le Maréchal
Daun fe repofant du fuccès fur l'intelligence &
fur la bravoure du Baron de Sincere , Général
d'Infanterie , qui commandoit cette attaque , faifoit
toujours avancer la gauche de fes troupes
pour pouffer de fon côté l'ennemi . Les Pruffiens
qui fe rallioient à mefure & qui fe renforçoient
dans cette partie , vinrent en force à trois repriſes
pour tenter de reprendre le terrein qu'ils avoient
furent perdu fucceffivement. Ces trois attaques
très-vives , mais elles furent reçues avec la plus
grande fermeté par les troupes Impériales , & les
Pruffiens refouffés perdirent encore chaque fois
du terrein.
D'un autre côté , le Comte Odonel , Général de
Cavalerie , qui commandoit celle de la gauche ,
manoeuvroit avec beaucoup de bravoure , foit en
chargeant avec la plus grande vigueur tout ce qui
fe préfentoit de Cavalerie Pruffienne , foit en refferrant
de plus en plus l'ennemi.
Quand le village de Hoch- Kirchen eut été forcé
, on emporta le cimetiere l'épée à la main , &
tout ce qui s'y trouva fut fait prifonnier. L'Infanterie
qui foutenoit ce village s'étant jointe aux
débris de celle que le Maréchal Daun avoit touDECEMBRE.
1758. 199
jours combattue en perfonne , vint faire avec elle
la troifieme attaque , où les Pruffiens firent les
plus grands efforts . La victoire fut décidée en faveur
des Autrichiens par une vigoureuſe charge
que le Comte de Lafcy fit fur le flanc de l'Infan
terie Pruffienne , avec quelques troupes de Cara
biniers & de Grenadiers à cheval qui étoient en
réferve , & qu'il alla prendre par ordre du Maréchal
Daun . Il étoit alors environ dix heures &
demie ; enforte que l'affaire à duré plus de cinq
heures , fans que le feu de l'artillerie & celui de
la moufqueterie ayent difcontinué un inftant . On
laiffe imaginer quelle a été la chaleur d'une bataille
, oùil y avoit , tant de part que d'autre , au
moins cinq cens pieces de canon .
Le Duc d'Aremberg avant que de commencer
fon attaque , devoit attendre que celle de Hoch-
Kirchen fût bien engagée , parce que le Maréchal
Daun avoit deffein de couper le corps de huit
mille hommes qui étoit à Weiffemberg ; mais
l'attaque de Hoch-Kirchen ayant donné l'alarme
à ce corps , il avoit forgé de bonne heure à fa
retraite , & il avoit joint le gros de l'armée Pruffienne.
Ainfi le Duc d'Aremberg chargé d'atta
quer la gauche , la trouva très - bien garnie ; elle
étoit de plus fortifiée par des retranchemens &
par des batteries de gros canon qu'il emporta
l'épée à la main fans tirer . Cependant toute l'Infanterie
Pruffienne de cette partie s'étant raffemblée
, le combat y fut très- vif. Le Baron de Buccow
, Général de Cavalerie , qui commandoit celle
de la droite , avoit formé avec ce corps , ainfi que
le Comte Odonel avoit fait de fon côté , une efpece
de croiffant pour envelopper l'ennemi , &
rendre fa retraite difficile. Mais les Pruffiens ayant
yu dès le commencement de cette journée qu'elle
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
à
ne pouvoit être heureufe pour eux , avoient fûres
ment pourvu de bonne heure à leur retraite , &
elle fe fit à propos par l'efpace libre qui leur reftoit.
L'attaque du Maréchal Daun s'étant réunie à
celle du Duc d'Aremberg , toute l'armée campa
une lieue & demie environ plus loin que le champ
de bataille de Hoch- Kirchen , & le Général Laudon
fut chargé de fuivre l'ennemi dans fa retraite,
qu'il dirigeoit vers Klein- Bautzen.
Au départ du Comte de Marainville , la perte
des Pruffiens en morts & bleſſés étoit évaluée à
fept ou huit mille hommes , & on leur avoit fait
deux mille prifonniers , parmi lefquels on comptoit
foixante fix Officiers de tout grade. On leur a
pris cent quatorze pieces de canon , vingt-neuf
drapeaux & feulement trois étendards , parce que
le terrein où l'on a combattu , fort inégal & plein
de broffailles , étoit peu propre pour faire maneuvrer
la Cavalerie .
Les Officiers de marque tués du côté des Pruffiens
, font le Maréchal Keith , tué d'un coup de
feu au travers de la poitrine , le Prince Frederic
de Brunswick , dont la mort d'abord incertaine ,
s'eft confirmée depuis la bataille , & le Général de
Kleift. Le Prince Maurice d'Anhalt-Deffau a été
bleffé dangereufement , fait prifonnier fur fa pa
role , & conduit pendant la bataille à Bautzen.
La perte des Impériaux eft de trois à quatre
mille hommes. Les Officiers de marque qu'ils
ont parmi leurs bleffés font , le Marquis d'Einfe
Lieutenant- Feld -Maréchal qui a reçu un coup de
feu dans le côté , mais non dangereux ; le fieur de
Siskowitz , Major Général , auffi bleffé d'un coup
de feu ; le Comte de Brown , Major Général , &
le Comte de Brown , fon frere , Colonel du Régiment
de fon nom , tous deux fils du feu Maréchal
DECEMBRE . 17 ; S.
201
de Brown , le premier bleffé d'un coup de feu
derriere la tête ; l'autre ayant la jambe caffée
d'un coup de feu , près de la cheville du pied . Les
principaux Officiers tués font , un Major Général ,
qu'on croit être le fieur Hardeneck , le Baron de
Buttler , Colonel attaché aux Grenadiers , & le
Comte d'Eftienne , Colonel du Régiment de Dragons
de Lowenftein . Le Comte de Montazet
Maréchal de Camp au fervice de France , employé
à l'armée Impériale , a reçu plufieurs coups de
fabre fur la tête dans une mêlée de Cavalerie , où
il s'eft extrêmement diftingué .
Le Maréchal Daun qui veut tout voir par luimême
, s'eft expofé comme il a coutume de faire
dans toutes les occafions , & il a eu un cheval
bleffé fous lui d'un coup de feu . Cette mémorable
journée à la fin d'une fi belle campagne , couvre
de gloire ce Maréchal , & le met au rang des plus
grands Capitaines.
"
Les Etats d'Autriche pour reconnoître les
grands fervices rendus à la patrie par le Feld-
Maréchal Comte de Daun , ont arrêté de lui faire
préfent de trois cens mille florins d'Allemagne
pour racheter la Seigneurie de Ladendorff , que le
pere de ce grand Capitaine avoit vendue au Comte
de Kevenhuller. Le 18 Octobre au foir , toute la
mufique de la Cour donna une belle fymphonie
devant l'hôtel de la Comteffe de Daun , en témoi
gnage de la fatisfaction que Leurs Majeftés Impériales
reffentent des exploits fignalés du Comte,
fon époux.
Le 19 , Hatfchi-Demetrius- Macarchi , Envoyé
d'Alger , eut fa premiere audience du Comte de
Colloredo , Vice - Chancelier de l'Empire. Le len
demain , il fut admis à celle du Comte de Kaunitz
Chancelier Intime de l'Etat.
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Résumé : ALLEMAGNE.
La bataille de Hoch-Kirchen, qui eut lieu le 14 octobre 1758, opposa l'armée impériale royale, dirigée par le maréchal Comte de Daun, aux forces prussiennes commandées par le roi de Prusse. Le comte de Marainville, témoin oculaire, rédigea un rapport détaillé de cette victoire impériale. Avant la bataille, le maréchal Daun se déplaça de Stolpen vers Kitl près de Loëbau en Haute Lusace pour empêcher le roi de Prusse de se porter en Silésie ou d'envoyer des renforts au général Fouquet. Les deux armées se trouvèrent à portée de canon, obligeant Daun à ajuster ses dispositions. Il renforça sa droite sur la montagne de Stromberg avec des batteries de gros canon et soutint sa gauche avec des batteries sur les flancs des montagnes. Le roi de Prusse, de son côté, avait placé des batteries et des redoutes sur le flanc de la montagne d'Hoch-Kirchen. Le 13 octobre, Daun déplaça une grande partie de sa seconde ligne et de sa réserve vers les montagnes de Bautzen. Le général Laudon attaqua la droite des Prussiens, tandis que les troupes de la première ligne se préparèrent à attaquer le village de Hoch-Kirchen. Le duc d'Aremberg et le prince de Dourlach furent chargés d'attaquer la gauche ennemie. Le 14 octobre, à l'aube, les colonnes impériales avancèrent. Les Grenadiers impériaux forcèrent les retranchemens sur le flanc de la montagne d'Hoch-Kirchen malgré une résistance acharnée. Le village de Hoch-Kirchen fut pris après un combat intense, et la victoire fut consolidée par une charge du comte de Lacy. Les Prussiens subirent de lourdes pertes, évaluées à sept ou huit mille hommes tués ou blessés, et deux mille prisonniers, dont soixante-six officiers. Cent quatorze pièces de canon et vingt-neuf drapeaux furent capturés. Parmi les officiers prussiens tués figuraient le maréchal Keith et le prince Frédéric de Brunswick. Le prince Maurice d'Anhalt-Dessau fut blessé et fait prisonnier. Les Impériaux subirent également des pertes, estimées entre trois et quatre mille hommes. Parmi les officiers blessés, on compte le Marquis d'Einfe, Lieutenant-Feld-Maréchal, le sieur de Siskowitz, Major Général, et les frères Comte de Brown, l'un Major Général blessé à la tête, l'autre Colonel avec une jambe cassée. Les officiers tués incluent un Major Général, probablement le sieur Hardeneck, le Baron de Buttler, et le Comte d'Etienne. Le Comte de Montazet, Maréchal de Camp au service de France, fut blessé à la tête mais se distingua dans une mêlée de cavalerie. Le Maréchal Daun eut son cheval blessé. Cette journée marque la fin d'une belle campagne et renforce la réputation du Maréchal Daun, le plaçant parmi les plus grands capitaines. En reconnaissance de ses services, les Etats d'Autriche offrirent au Comte de Daun trois cent mille florins pour racheter la Seigneurie de Ladendorff. Le 18 octobre, une symphonie fut jouée en hommage à ses exploits.
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3317
p. 202-203
« Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...] »
Début :
Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...]
Mots clefs :
Prince de Soubise, Évêques, Nominations, Chevalier, Comte, Duc, Officiers, Ministre d'État, Gouvernement, Vicaire général, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...] »
FRANC E.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 19 Octobre , le Roi nomma M. le Prince de
Soubife Maréchal de France.
Le même jour , M. l'Evêque d'Autun prêta ferment
entre les mains de Sa Majeſté .
Le Roi a accordé à l'occafion de l'affaire de
Saint Caft en Bretagne , une penfion de deux mille
livres fur le Tréfor Royal à M. le Chevalier de
Redmont , Maréchal de Camp ; le grade de Maréchal
de Camp à M. le Marquis de la Chaftre ,
Brigadier d'Infanterie , ci - devant Colonel du Régiment
de Crambrefis.
Sa Majesté a fait Brigadiers d'Infanterie , MM .
le Chevalier de Saint- Pern , Colonel du Régiment
de Penthievre ; le Chevalier de la Tour d'Auvergne
, Colonel du Régiment de Boulonnois ; le
Marquis de Broc , Colonel du Régiment de Bourbon
; le Chevalier de Polignac , Colonel du Régiment
de Brie ; le Chevalier de Sainte-Croix , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Bourbon ; & Brigadier
de Dragons le Marquis de Marbeuf , Meftre
de Camp du Régiment de fon nom .
Le Roi a auffi accordé aux Officiers des troupes
qui ont contribué aux fuccès de cette affaire , &
aux Gentilhommes de cette Province ' , des penfions
, des gratifications & des Croix de S. Louis.
Le 2 Novembre , M. Berrier , Miniftre d'Etat
prêta ferment entre les mains du Roi pour
charge de Secretaire d'Etat de la Marine ; M. de
Maffiac , Lieutenant général des Armées Nayales ,
DECEMBRE . 1758. 203
ayant obtenu la permiffion de Sa Majefté de fe
démettre de cette charge , ainfi que M. le Normand-
de Maizy , qui y étoit adjoint .
Le Roi a difpofé du Gouvernement de la ville
de Nay en Bearn , en faveur du Baron d'Eſpalungue
, premier Baron des Etats de Bearn , Moufquetaire
du Roi , & aide de Camp de M. le Duc de Tref
mes , Pair de France , Lieutenant général des Armées
du Roi , Commandant pour Sa Majesté à
Bayonne , & fur les côtes .
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux de
l'Archevêque de Paris , pour faire rendre à Dieu
de folemnelles actions de graces , au fujet de la
victoire remportée fur les Heffois & les Hanòvriens
par les troupes
de Sa Majefté aux ordres du
Prince de Soubiſe , on chanta le 28 du mois dernier
le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine . M.
l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre , y officia.
M. de Lamoignon , Chancelier de France, accompagné
de plufieurs Confeillers d'Etat , & Maîtres
des Requêtes , y affifta , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , & le
Corps de Ville , qui y avoient été invités de la part
de Sa Majefté par M. Defgranges , Maître des Cérémonies.
Le Clergé de France y fut auffi invité
de la part du Roi , & y affifta .
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 19 Octobre , le Roi nomma M. le Prince de
Soubife Maréchal de France.
Le même jour , M. l'Evêque d'Autun prêta ferment
entre les mains de Sa Majeſté .
Le Roi a accordé à l'occafion de l'affaire de
Saint Caft en Bretagne , une penfion de deux mille
livres fur le Tréfor Royal à M. le Chevalier de
Redmont , Maréchal de Camp ; le grade de Maréchal
de Camp à M. le Marquis de la Chaftre ,
Brigadier d'Infanterie , ci - devant Colonel du Régiment
de Crambrefis.
Sa Majesté a fait Brigadiers d'Infanterie , MM .
le Chevalier de Saint- Pern , Colonel du Régiment
de Penthievre ; le Chevalier de la Tour d'Auvergne
, Colonel du Régiment de Boulonnois ; le
Marquis de Broc , Colonel du Régiment de Bourbon
; le Chevalier de Polignac , Colonel du Régiment
de Brie ; le Chevalier de Sainte-Croix , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Bourbon ; & Brigadier
de Dragons le Marquis de Marbeuf , Meftre
de Camp du Régiment de fon nom .
Le Roi a auffi accordé aux Officiers des troupes
qui ont contribué aux fuccès de cette affaire , &
aux Gentilhommes de cette Province ' , des penfions
, des gratifications & des Croix de S. Louis.
Le 2 Novembre , M. Berrier , Miniftre d'Etat
prêta ferment entre les mains du Roi pour
charge de Secretaire d'Etat de la Marine ; M. de
Maffiac , Lieutenant général des Armées Nayales ,
DECEMBRE . 1758. 203
ayant obtenu la permiffion de Sa Majefté de fe
démettre de cette charge , ainfi que M. le Normand-
de Maizy , qui y étoit adjoint .
Le Roi a difpofé du Gouvernement de la ville
de Nay en Bearn , en faveur du Baron d'Eſpalungue
, premier Baron des Etats de Bearn , Moufquetaire
du Roi , & aide de Camp de M. le Duc de Tref
mes , Pair de France , Lieutenant général des Armées
du Roi , Commandant pour Sa Majesté à
Bayonne , & fur les côtes .
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux de
l'Archevêque de Paris , pour faire rendre à Dieu
de folemnelles actions de graces , au fujet de la
victoire remportée fur les Heffois & les Hanòvriens
par les troupes
de Sa Majefté aux ordres du
Prince de Soubiſe , on chanta le 28 du mois dernier
le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine . M.
l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre , y officia.
M. de Lamoignon , Chancelier de France, accompagné
de plufieurs Confeillers d'Etat , & Maîtres
des Requêtes , y affifta , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , & le
Corps de Ville , qui y avoient été invités de la part
de Sa Majefté par M. Defgranges , Maître des Cérémonies.
Le Clergé de France y fut auffi invité
de la part du Roi , & y affifta .
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Résumé : « Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...] »
Le 19 octobre, le roi nomma le Prince de Soubise Maréchal de France et l'Évêque d'Autun prêta serment. À la suite de l'affaire de Saint-Cast en Bretagne, le roi accorda une pension de deux mille livres au Chevalier de Redmont et le grade de Maréchal de Camp au Marquis de la Chastre. Plusieurs Brigadiers d'Infanterie furent nommés, dont le Chevalier de Saint-Pern, le Chevalier de la Tour d'Auvergne, le Marquis de Broc, le Chevalier de Polignac et le Chevalier de Sainte-Croix. Le Marquis de Marbeuf fut nommé Brigadier de Dragons et Maître de Camp. Des pensions et des Croix de Saint-Louis furent attribuées aux officiers et gentilshommes ayant contribué aux succès de cette affaire. Le 2 novembre, M. Berrier prêta serment comme Secrétaire d'État de la Marine, remplaçant M. de Massiac et M. le Normand-de Maizy. Le roi attribua le Gouvernement de la ville de Bayonne au Baron d'Espalungue et ordonna des actions de grâce pour la victoire sur les Hessois et les Hanovriens, avec un Te Deum chanté le 28 du mois précédent.
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3318
p. 203-205
Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse, de la ville de Soest, le 18 Octobre 1758.
Début :
Le 17 Octobre 1758, à six heures du soir, M. le Duc de Chevreuse, [...]
Mots clefs :
Duc de Chevreuse, Troupes, Détachement, Maréchal, Patrouilles, Force, Brigades, Cavalerie, Retraite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse, de la ville de Soest, le 18 Octobre 1758.
Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse ,
de la ville de Soeft , le 18 Octobre 1758 .
4
Le 17 Octobre 1758 , à fix heures du foir , M.
le Duc de Chevreufe , fut averti par un payſan in
connu qu'un corps de 6000 hommes marchoit
fur lui ; il envoya fur le champ un détachement
& des patrouilles pour en fçavoir la vérité , &
dépêcha, après cela un Courier à M. le Maréchal
de Contades pour lui en donner avis , ainfi qu'à
1
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. de Beaufremont & M. de Fitz - James . Il fir
partir tous les équipages , mit les troupes fous les
armes & les y fit paffer la nuit . M. le Maréchal
lui manda par le retour de fon Courier de fe retirer
, s'il étoit attaqué par des forces fupérieures .
ou s'il avoit des avis certains de leur marche fur
lui ; mais qu'il n'avoit connoiffance que d'un Ré
giment de Huffards qui eût paflé la Lippe , ce qui fit
que le Duc de Chevreufe regarda encore comme
moins certain l'avis du payfan inconnu , d'autant
que fon détachement, & fes patrouilles lui avoient.
fait dire qu'ils ne trouvoient perfonne.
A 7 heures du matin le 18 , M. de Beaufre
mont qui l'avoit joint très - diligemment dans la
nuit , voyant qu'on n'appercevoit rien , voulut fe
retirer. M. le Duc de Chevreufe tâcha de l'engager
à refter ; mais comme l'ordre par écrit de M. le
Maréchal donné à M. de Beaufremont portoit feu
lement de refter en bataille à la tête du camp , il
prit le parti pour l'exécuter de fe retirer , & cela
fut heureux , puifque s'il s'étoit retiré avec M. le
Duc de Chevreuſe , il eût expofé fon corps & tous
les équipages de fa divifion à être pris . M. de
Beaufremont étoit encore fort près de M. le Duc
de Chevreufe , quand celui- ci prit le parti de fe
retirer ; mais comme il n'avoit que deux brigades
de Cavalerie qui euffent été inutiles dans le pays
convert , par lequel M. le Duc de Chevreufe s'étoit
affuré de fa retraite , il n'a pu que fçavoir gré
à M. de Beaufremont d'avoir rempli un objet plus
utile.
A huit heures du matin , une garde en avant du
camp de M. le Duc de Chevreufe , le fit avertir que
les ennemis paroiffoient , il s'y porta pour les reconnoître
; & ayant apperçu très- diftinctement
que le corps qui venoit à lui étoit de quatorze
DECEMBRE. 1758 . 1 205
mille hommes au moins , il commença fa retraite .
La Cavalerie des ennemis qui venoit au grand
trot , joignit fon arriere-garde qui étoit déja à
une affez grande diſtance de fon camp ; les huft
efcadrons qui la compofoient étoient fi peu nombreux
, qu'ils ne faifoient à peu près que la valeur
de quatre qui furent pouffés par cette Cavalerie
qui étoit au nombre de vingt - quatre escadrons. Il
y a eu un défordre inévitable , mais qui n'a duré
qu'un moment , parce qu'il envoya ordre à M. fe
Duc de Mazarin de fe placer avec les deux batail-
Ions de fon Régiment dans des haies , mouvement
qu'il a exécuté avec valeur & intelligence ,
les ennemis depuis ce temps n'ont fuivi qu'en
efcarmouchant , & nous n'avons perdu que deux
cens hommes.
Cette retraite n'a point porté coup à la jonction
de MM. de Chevert & de Fitz- James ; & quand
M. le Duc de Chevreufe auroit été affez malheureux
pour cela , elle étoit inévitable pour un
corps réduit à trois mille hommes , par tous les
détachemens qui étoient fortis , & qui font rentrés
fans aucune porte , devant un corps de quatorze
mille hommes fuivi d'une armée.
de la ville de Soeft , le 18 Octobre 1758 .
4
Le 17 Octobre 1758 , à fix heures du foir , M.
le Duc de Chevreufe , fut averti par un payſan in
connu qu'un corps de 6000 hommes marchoit
fur lui ; il envoya fur le champ un détachement
& des patrouilles pour en fçavoir la vérité , &
dépêcha, après cela un Courier à M. le Maréchal
de Contades pour lui en donner avis , ainfi qu'à
1
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. de Beaufremont & M. de Fitz - James . Il fir
partir tous les équipages , mit les troupes fous les
armes & les y fit paffer la nuit . M. le Maréchal
lui manda par le retour de fon Courier de fe retirer
, s'il étoit attaqué par des forces fupérieures .
ou s'il avoit des avis certains de leur marche fur
lui ; mais qu'il n'avoit connoiffance que d'un Ré
giment de Huffards qui eût paflé la Lippe , ce qui fit
que le Duc de Chevreufe regarda encore comme
moins certain l'avis du payfan inconnu , d'autant
que fon détachement, & fes patrouilles lui avoient.
fait dire qu'ils ne trouvoient perfonne.
A 7 heures du matin le 18 , M. de Beaufre
mont qui l'avoit joint très - diligemment dans la
nuit , voyant qu'on n'appercevoit rien , voulut fe
retirer. M. le Duc de Chevreufe tâcha de l'engager
à refter ; mais comme l'ordre par écrit de M. le
Maréchal donné à M. de Beaufremont portoit feu
lement de refter en bataille à la tête du camp , il
prit le parti pour l'exécuter de fe retirer , & cela
fut heureux , puifque s'il s'étoit retiré avec M. le
Duc de Chevreuſe , il eût expofé fon corps & tous
les équipages de fa divifion à être pris . M. de
Beaufremont étoit encore fort près de M. le Duc
de Chevreufe , quand celui- ci prit le parti de fe
retirer ; mais comme il n'avoit que deux brigades
de Cavalerie qui euffent été inutiles dans le pays
convert , par lequel M. le Duc de Chevreufe s'étoit
affuré de fa retraite , il n'a pu que fçavoir gré
à M. de Beaufremont d'avoir rempli un objet plus
utile.
A huit heures du matin , une garde en avant du
camp de M. le Duc de Chevreufe , le fit avertir que
les ennemis paroiffoient , il s'y porta pour les reconnoître
; & ayant apperçu très- diftinctement
que le corps qui venoit à lui étoit de quatorze
DECEMBRE. 1758 . 1 205
mille hommes au moins , il commença fa retraite .
La Cavalerie des ennemis qui venoit au grand
trot , joignit fon arriere-garde qui étoit déja à
une affez grande diſtance de fon camp ; les huft
efcadrons qui la compofoient étoient fi peu nombreux
, qu'ils ne faifoient à peu près que la valeur
de quatre qui furent pouffés par cette Cavalerie
qui étoit au nombre de vingt - quatre escadrons. Il
y a eu un défordre inévitable , mais qui n'a duré
qu'un moment , parce qu'il envoya ordre à M. fe
Duc de Mazarin de fe placer avec les deux batail-
Ions de fon Régiment dans des haies , mouvement
qu'il a exécuté avec valeur & intelligence ,
les ennemis depuis ce temps n'ont fuivi qu'en
efcarmouchant , & nous n'avons perdu que deux
cens hommes.
Cette retraite n'a point porté coup à la jonction
de MM. de Chevert & de Fitz- James ; & quand
M. le Duc de Chevreufe auroit été affez malheureux
pour cela , elle étoit inévitable pour un
corps réduit à trois mille hommes , par tous les
détachemens qui étoient fortis , & qui font rentrés
fans aucune porte , devant un corps de quatorze
mille hommes fuivi d'une armée.
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Résumé : Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse, de la ville de Soest, le 18 Octobre 1758.
Le 17 octobre 1758, le Duc de Chevreuse fut averti par un paysan de l'approche de 6000 hommes. Il envoya des patrouilles et informa le Maréchal de Contades, ainsi que M. de Beaufremont et M. de Fitz-James. Le Maréchal conseilla au Duc de se retirer en cas d'attaque par des forces supérieures, mais l'alerte parut moins certaine. Le 18 octobre, M. de Beaufremont décida de se retirer malgré les tentatives du Duc de le retenir. À 8 heures, une garde avertit le Duc de l'approche de 14 000 ennemis. La cavalerie ennemie perturba temporairement l'arrière-garde du Duc. Le Duc de Mazarin reçut l'ordre de se placer dans des haies pour ralentir les ennemis. La retraite se poursuivit sans compromettre la jonction avec les troupes de MM. de Chevert et de Fitz-James. Les pertes furent limitées à deux cents hommes.
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3319
p. 194
DE CONSTANTINOPLE, le 2. Novembre.
Début :
On est toujours fort occupé à la Porte, de la Guerre contre les [...]
Mots clefs :
Arabes, Rébellion, Troupes, Intervention
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texteReconnaissance textuelle : DE CONSTANTINOPLE, le 2. Novembre.
DE CONSTANTINOPLE , le 2. Novembre.
ON eft toujours fort occupé à la Porte , de
la Guerre contre les Arabes rebelles . Les Troupes
qu'on a mifes en mouvement contre eux ,
ont déja remporté divers avantages ; & on leur
envoye de nouveaux renforts , pour les mettre
en état d'éteindre plutôr ce feu de rebellion .
ON eft toujours fort occupé à la Porte , de
la Guerre contre les Arabes rebelles . Les Troupes
qu'on a mifes en mouvement contre eux ,
ont déja remporté divers avantages ; & on leur
envoye de nouveaux renforts , pour les mettre
en état d'éteindre plutôr ce feu de rebellion .
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3320
p. 194-195
Du Quartier Général de l'Armée Impériale, le 8. Novembre 1758.
Début :
Le 28. du mois dernier, le Comte de Wied, Lieutenant Général, fut détaché avec [...]
Mots clefs :
Comte de Wied, Bataillons, Régiments de cavalerie, Armée prussienne, Général Laudon, Infanterie, Maréchal Daun, Ennemis, Mouvements des troupes
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texteReconnaissance textuelle : Du Quartier Général de l'Armée Impériale, le 8. Novembre 1758.
Du Quartier Général de l'Armée Impériale , le 8.
Novembre 1758.
Le 28. du mois dernier , le Comte de Wied ,
Lieutenant Général , fut détaché avec neuf Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers, & quatre
Régiments de Cavalerie ; & il eut ordre de fe
porter vers Neifs en Siléfie. Les Pruffiens campés
à Gorlitz , reftérent ce jour-là dans l'inaction . Le
Général Laudon s'étoit établi à Libſtein , pour
obferver ce qui fe paffoit fur leurs flancs & fur
leurs derrieres.
La nuit fuivante , toute l'Armée Pruſſienne leva
fon Camp à petit bruit , laillant derriere elle
une forte arriere- garde , qui la fuivit dès que
le jour parut. Le Général Laudon , inftruit de
cette manoeuvre , attaqua , fans héliter cette
JANVIER. 1759. 195
arriere - garde , & la fit pourfuivre fans relâche
par fes Croates. Le fieur de Vella , qui avoit eu
ordre de fe tenir prêt à la combattre , la prit
en flanc avec une Compagnie de Grenadiers &
1000 hommes d'Infanterie. On fit fur elle un
feu continuel d'Artillerie & de Moufqueterie ; &
cette marche lui a couté plus de 300 hommes
tués ou blefiés .
L'objet du Maréchal Daun étoit de perfuader
aux Pruffiens , que toute notre Armée devoit les
fuivre pied à pied . Afin de les faire mieux donner
dans le piége , ce Général donna ordre le 30.
qu'on détendît une partie du Camp, que la droite
fe rapprochât de la gauche , & que la Réferve
le tînt prête à paffer la Neifs. L'Armée du Roi
de Pruffe campa ce jour-là près de Lauban ; le
lendemain notre Réferve pafla la Neifs , après
avoir fait occuper Gorlitz , par le corps des Chaffeurs
& des Pionniers.
Le premier de ce mois , les Ennemis refterent
à Lauban , fans faire de mouvement . Ils fe contefterent
de faire tranſporter au - delà de la Queifs
leurs gros bagages & leur Artillerie de réferve ,
fous l'escorte d'un corps de huit mille hommes.
Le 4. l'Armée décampa avant le jour , & fe
mit en marche fur deux colonnes pour revenir
à Bautzen .
Le s. nous paffames la Sprée , près de Bautzen
, & nous nous portames avec diligence fur
Harte , où l'Armée campa. Nous fumes avertis
ce même jour , que le Roi de Pruffe , après avoir
conduit fon Armée à Schweidnitz , avoit fait un
mouvement en avant , avec un Détachement de
Cavalerie.
Le 6. nous marchâmes par Helmsdorff fur
Diesersbach , & nous fçumes qu'on ignoroit à
Drefde nos mouvements.
Novembre 1758.
Le 28. du mois dernier , le Comte de Wied ,
Lieutenant Général , fut détaché avec neuf Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers, & quatre
Régiments de Cavalerie ; & il eut ordre de fe
porter vers Neifs en Siléfie. Les Pruffiens campés
à Gorlitz , reftérent ce jour-là dans l'inaction . Le
Général Laudon s'étoit établi à Libſtein , pour
obferver ce qui fe paffoit fur leurs flancs & fur
leurs derrieres.
La nuit fuivante , toute l'Armée Pruſſienne leva
fon Camp à petit bruit , laillant derriere elle
une forte arriere- garde , qui la fuivit dès que
le jour parut. Le Général Laudon , inftruit de
cette manoeuvre , attaqua , fans héliter cette
JANVIER. 1759. 195
arriere - garde , & la fit pourfuivre fans relâche
par fes Croates. Le fieur de Vella , qui avoit eu
ordre de fe tenir prêt à la combattre , la prit
en flanc avec une Compagnie de Grenadiers &
1000 hommes d'Infanterie. On fit fur elle un
feu continuel d'Artillerie & de Moufqueterie ; &
cette marche lui a couté plus de 300 hommes
tués ou blefiés .
L'objet du Maréchal Daun étoit de perfuader
aux Pruffiens , que toute notre Armée devoit les
fuivre pied à pied . Afin de les faire mieux donner
dans le piége , ce Général donna ordre le 30.
qu'on détendît une partie du Camp, que la droite
fe rapprochât de la gauche , & que la Réferve
le tînt prête à paffer la Neifs. L'Armée du Roi
de Pruffe campa ce jour-là près de Lauban ; le
lendemain notre Réferve pafla la Neifs , après
avoir fait occuper Gorlitz , par le corps des Chaffeurs
& des Pionniers.
Le premier de ce mois , les Ennemis refterent
à Lauban , fans faire de mouvement . Ils fe contefterent
de faire tranſporter au - delà de la Queifs
leurs gros bagages & leur Artillerie de réferve ,
fous l'escorte d'un corps de huit mille hommes.
Le 4. l'Armée décampa avant le jour , & fe
mit en marche fur deux colonnes pour revenir
à Bautzen .
Le s. nous paffames la Sprée , près de Bautzen
, & nous nous portames avec diligence fur
Harte , où l'Armée campa. Nous fumes avertis
ce même jour , que le Roi de Pruffe , après avoir
conduit fon Armée à Schweidnitz , avoit fait un
mouvement en avant , avec un Détachement de
Cavalerie.
Le 6. nous marchâmes par Helmsdorff fur
Diesersbach , & nous fçumes qu'on ignoroit à
Drefde nos mouvements.
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Résumé : Du Quartier Général de l'Armée Impériale, le 8. Novembre 1758.
Le 28 octobre 1758, le Comte de Wied, Lieutenant Général, fut envoyé vers Neifs en Silésie avec des troupes. Les Prussiens, campés à Gorlitz, restèrent inactifs. Le Général Laudon surveilla les mouvements ennemis et attaqua l'arrière-garde prussienne, causant plus de 300 pertes. Le Maréchal Daun chercha à convaincre les Prussiens que toute l'armée les suivait. Le 30 octobre, il ordonna des mouvements stratégiques. L'armée prussienne se déplaça vers Lauban, puis vers Bautzen en deux colonnes le 4 novembre. Les forces alliées passèrent la Sprée près de Bautzen et se dirigèrent vers Harte. Elles apprirent que le Roi de Prusse avait avancé avec un détachement de cavalerie. Le 6 novembre, elles marchèrent vers Diesersbach, ignorant les mouvements ennemis à Dresde.
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3321
p. 196-197
Du 12. Novembre.
Début :
Le 8 de ce mois, le Roi de Prusse après avoir renforcé la Garnison de [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Armée, Général Laudon, Maréchal Daun, Dresde, Mouvements des troupes, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 12. Novembre.
Du ii. Novembre.
Le s de ce mois , le Roi de Pruffe après avoir
renforcé la Garnifon de Schweidnits , fe porta à
Neils avec toute fon Armée , & le Prince Henri
marcha à Lamdshut avec le Corps qu'il comman
de. Le Général Laudon le fuivit pour obferver
fes mouvements.
>
2
Le même jour , le Maréchal Daun alla reconnoître
les environs de Brefde , & la poſition des Ennemis
campés entre Zollinen & Peter wistz . Le 9
toute notre Armée s'ébranla , & arriva à quatre
heures du foir à la vue de Drefde. Dans ce mo¬
ment , le Grand Jardin nommé Thiers - Gaften
étoit encore occupé par quelques Bataillons Pruffiens.
Le Général d'Anger eut ordre de les chaffer
de ce Pofte ; & il l'exécuta à la faveur d'un feu
très-vif d'Infanterie , qui caufà aux Ennemis une
perte confidérable. Ils fe retirerent précipitam →
ment dans la Ville de Drefde.
Le Général d'Itzemplitz qui campoit à Keffeldorff
, jugea alors que fon Armée couroit rifque
d'être enveloppée , d'un côté par le Prince de
Deux-Ponts, qui avoit fait pour cela toutes fes difpofitions
; & de l'autre part par le Maréchal Daun ,
La nuit fuivante il jetta promptement deux Ponts
fur ce fleuve ; & dès le lendemain matin , fon Ar
mée fe trouva campée fur l'autre rive, la gauche à
Neudorffel , & la droite à Drefde.
Après la retraite de l'Armée Pruffienne , le
Prince de Deux-Ponts réfolut de marcher en
avant ; & le 11 , il fit pour cela toutes les difpo
fitions néceffaires. Le Corps des Grenadiers fe
porta de Freyberg à Nollen, & la Réſerve s'avança
fur Waldheim. Le 12 , toute l'Armée fe mit en
mouvement , & vint camper à Noffen ; les Grenadiers
fe porterent à Waldheim , & la réſerve à
Grima . Le Général Rud pofté à Meiffen , enleva
JANVIER. 1759. 197
önze Bateaux chargés de farine & de fourrages ,
qui alloient de Targan à Drefde. On eut ce jourlà
des nouvelles du Général Haddict. Il avoit
campé la veille à Cullenbourg , & devoit arriver
avant la fin de la journée à Targan , pour l'invef
tir fur le champ. En conféquence , la Réferve
s'eſt miſe en marche pour l'aller renforcer , & lé
Baron de Kleefeld ,ya auffi le joindre avec fon
Détachement. L'Armée a ordre de fe tenir prête
à marcher.
Le s de ce mois , le Roi de Pruffe après avoir
renforcé la Garnifon de Schweidnits , fe porta à
Neils avec toute fon Armée , & le Prince Henri
marcha à Lamdshut avec le Corps qu'il comman
de. Le Général Laudon le fuivit pour obferver
fes mouvements.
>
2
Le même jour , le Maréchal Daun alla reconnoître
les environs de Brefde , & la poſition des Ennemis
campés entre Zollinen & Peter wistz . Le 9
toute notre Armée s'ébranla , & arriva à quatre
heures du foir à la vue de Drefde. Dans ce mo¬
ment , le Grand Jardin nommé Thiers - Gaften
étoit encore occupé par quelques Bataillons Pruffiens.
Le Général d'Anger eut ordre de les chaffer
de ce Pofte ; & il l'exécuta à la faveur d'un feu
très-vif d'Infanterie , qui caufà aux Ennemis une
perte confidérable. Ils fe retirerent précipitam →
ment dans la Ville de Drefde.
Le Général d'Itzemplitz qui campoit à Keffeldorff
, jugea alors que fon Armée couroit rifque
d'être enveloppée , d'un côté par le Prince de
Deux-Ponts, qui avoit fait pour cela toutes fes difpofitions
; & de l'autre part par le Maréchal Daun ,
La nuit fuivante il jetta promptement deux Ponts
fur ce fleuve ; & dès le lendemain matin , fon Ar
mée fe trouva campée fur l'autre rive, la gauche à
Neudorffel , & la droite à Drefde.
Après la retraite de l'Armée Pruffienne , le
Prince de Deux-Ponts réfolut de marcher en
avant ; & le 11 , il fit pour cela toutes les difpo
fitions néceffaires. Le Corps des Grenadiers fe
porta de Freyberg à Nollen, & la Réſerve s'avança
fur Waldheim. Le 12 , toute l'Armée fe mit en
mouvement , & vint camper à Noffen ; les Grenadiers
fe porterent à Waldheim , & la réſerve à
Grima . Le Général Rud pofté à Meiffen , enleva
JANVIER. 1759. 197
önze Bateaux chargés de farine & de fourrages ,
qui alloient de Targan à Drefde. On eut ce jourlà
des nouvelles du Général Haddict. Il avoit
campé la veille à Cullenbourg , & devoit arriver
avant la fin de la journée à Targan , pour l'invef
tir fur le champ. En conféquence , la Réferve
s'eſt miſe en marche pour l'aller renforcer , & lé
Baron de Kleefeld ,ya auffi le joindre avec fon
Détachement. L'Armée a ordre de fe tenir prête
à marcher.
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Résumé : Du 12. Novembre.
Le 2 novembre, le roi de Prusse renforça la garnison de Schweidnitz et se dirigea vers Neils avec son armée, tandis que le prince Henri marcha vers Lamdshut. Le général Laudon observa leurs mouvements. Le même jour, le maréchal Daun reconnut les environs de Dresde et la position des ennemis entre Zolliken et Peterwitz. Le 9 novembre, l'armée autrichienne arriva à la vue de Dresde. Le général d'Anger chassa les bataillons prussiens du Grand Jardin, causant des pertes considérables. Le général d'Itzemplitz, craignant d'être enveloppé, déplaça son armée sur l'autre rive d'un fleuve, campant à Neudorffel et Drefde. Le 11 novembre, les grenadiers se déplacèrent de Freyberg à Nollen, et la réserve avança vers Waldheim. Le 12 novembre, l'armée campa à Noffen, les grenadiers à Waldheim, et la réserve à Grima. Le général Rud captura onze bateaux chargés de farine et de fourrages à Meissen. La réserve se mit en marche pour renforcer le général Haddict, campé à Cullenbourg. L'armée reçut l'ordre de se tenir prête à marcher.
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3322
p. 197-199
Du 18.
Début :
Le 13, l'Armée se mit en mouvement, pour se porter de Nossen à Waldheim ; [...]
Mots clefs :
Mouvements des troupes, Général, Commandement, Défense, Armée prussienne, Ennemis, Prince, Camp, Soldats, Blessés et morts, Combats, Quartier d'hiver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 18.
Du 18.
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
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Résumé : Du 18.
Entre le 13 et le 17 janvier 1759, les troupes menées par le prince de Deux-Ponts effectuèrent plusieurs déplacements stratégiques. Le 13 janvier, l'armée se déplaça de Noffen à Waldheim, tandis que divers généraux et leurs unités se positionnèrent à Grima, Lanfig, Hoff et Naunhoff. Le 14 janvier, l'armée resta à Waldheim. Le général Haddick informa le prince de Deux-Ponts que l'avant-garde prussienne était formée devant Torgan. Haddick ordonna une charge contre cette avant-garde, qui fut repoussée jusqu'au canon de Torgan, mais face à des forces supérieures, il se replia sur Eulembourg. Le 15 janvier, l'armée se remit en marche pour camper à Colditz. Les Prussiens tentèrent de déloger Haddick des environs d'Eulembourg, mais furent repoussés par le prince de Stolberg. Haddick effectua une retraite ordonnée et rejoignit les généraux de Ried et Luzinski à Grima. Le 16 janvier, l'armée continua vers Widnau et campa à Kemnitz le 17 janvier. Les grenadiers et la cavalerie se déplacèrent de Borna à Bonig, et Haddick retira un détachement près de Leipzig pour camper à Colditz, ordonnant à Weczey d'occuper Noffen. Lors du combat d'Eulembourg, les troupes perdirent 230 hommes, tandis que les pertes prussiennes furent plus importantes, notamment à l'attaque du pont. Après ce combat, les Prussiens marchèrent sur Leipzig. Le 19 janvier, en raison de la rigueur de la saison, le prince de Deux-Ponts décida de prendre des quartiers d'hiver. L'armée se remit en marche le 20 janvier, arrivant à Langwitz, puis à Zwickau le lendemain. Le corps de Haddick resta à Bonig, et le détachement de Weczey marcha sur Chemnitz.
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3323
p. 199-200
Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Début :
Nous commençâmes le 22. à construire une redoute avec une batterie de [...]
Mots clefs :
Canons, Artillerie, Citadelle, Ennemis, Opérations militaires, Bataillons, Général, Comte
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texteReconnaissance textuelle : Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Du Camp de l'Armée Autrichienne fous Neifs ,
30. Octobre. le
Nous commençâmes le 22. à conſtruire une
redoute avec une batterie de 8 canons & de 4
Fiv
200 MERCURE DE FRANCE.
mortiers , vers le faubourg de Merengaſſen , auquel
les Affiégés ont mis le feu. Cet cuvrage fut
achevé le 26. & le même jour , le feu de notre
Artillerie ruina une écluſe qui retenoit les eaux
autour de la Place . L'ouverture de la tranchée
ſe fit le 28. à 200 toifes du fond de l'attaque ,
qui eft dirigée contre la Citadelle . Cette opération
fut conduite avec tant d'habileté que l'Ennemi
ne s'en appercut qu'à 7. heures du matin
le 29. nous effuyâmes fur notre droite , un grand
feu de canons , de mortiers & de pierriers. On
perfectionna les travaux de la Tranchée , & on
éleva une feconde batterie de 36 canons & de
20 mortiers.
Le Comte de Drafcowitz Lieutenant Général ,
& le fieur de Beckman , Major Général , étoient
à l'ouverture de la tranchée avec trois Bataillons
& fix Compagnies de Grenadiers , pour foutenir
les Travailleurs . Un Bataillon de Croates étoit
en avant de la trace de la paralléle , pour en
dérober la vue aux Affiégés. Deux redoutes fervent
d'épaulement à cette premiere paralléle. La
feconde ſera à quarante toifes du chemin couvert
, & nous n'en aurons que deux , pour abré-
⚫ger le travail .
Les huit Bataillons que nous envoye le Général
Daun , arriveront demain , ainfi que le
dernier Convoi d'Artillerie. Nous aurons alors
quatre - vingt canons & quarante mortiers en
batterie.
Le Comte de Harſch eft préſent à tout : il
anime l'ardeur du Soldat par fon activité ; & le
Marquis de Ville contribue beaucoup à accélérer
nos opérations , par la connoiffance parfaite
qu'il a du Pays.
30. Octobre. le
Nous commençâmes le 22. à conſtruire une
redoute avec une batterie de 8 canons & de 4
Fiv
200 MERCURE DE FRANCE.
mortiers , vers le faubourg de Merengaſſen , auquel
les Affiégés ont mis le feu. Cet cuvrage fut
achevé le 26. & le même jour , le feu de notre
Artillerie ruina une écluſe qui retenoit les eaux
autour de la Place . L'ouverture de la tranchée
ſe fit le 28. à 200 toifes du fond de l'attaque ,
qui eft dirigée contre la Citadelle . Cette opération
fut conduite avec tant d'habileté que l'Ennemi
ne s'en appercut qu'à 7. heures du matin
le 29. nous effuyâmes fur notre droite , un grand
feu de canons , de mortiers & de pierriers. On
perfectionna les travaux de la Tranchée , & on
éleva une feconde batterie de 36 canons & de
20 mortiers.
Le Comte de Drafcowitz Lieutenant Général ,
& le fieur de Beckman , Major Général , étoient
à l'ouverture de la tranchée avec trois Bataillons
& fix Compagnies de Grenadiers , pour foutenir
les Travailleurs . Un Bataillon de Croates étoit
en avant de la trace de la paralléle , pour en
dérober la vue aux Affiégés. Deux redoutes fervent
d'épaulement à cette premiere paralléle. La
feconde ſera à quarante toifes du chemin couvert
, & nous n'en aurons que deux , pour abré-
⚫ger le travail .
Les huit Bataillons que nous envoye le Général
Daun , arriveront demain , ainfi que le
dernier Convoi d'Artillerie. Nous aurons alors
quatre - vingt canons & quarante mortiers en
batterie.
Le Comte de Harſch eft préſent à tout : il
anime l'ardeur du Soldat par fon activité ; & le
Marquis de Ville contribue beaucoup à accélérer
nos opérations , par la connoiffance parfaite
qu'il a du Pays.
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Résumé : Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Le document relate les opérations militaires autrichiennes près de Neifs, débutées le 22 octobre. Les troupes autrichiennes ont construit une redoute équipée de huit canons et quatre mortiers près du faubourg de Merengassen, incendié par les assiégés. La redoute, achevée le 26 octobre, permit à l'artillerie autrichienne de détruire une écluse et de libérer les eaux autour de la place. Le 28 octobre, les Autrichiens ont ouvert une tranchée à 200 toises de la citadelle, surprenant l'ennemi qui ne s'en aperçut que le 29 octobre. Les travaux de la tranchée furent perfectionnés et une seconde batterie de 36 canons et 20 mortiers fut élevée. Le Comte de Drafcowitz et le sieur de Beckman supervisèrent l'ouverture de la tranchée avec trois bataillons et six compagnies de grenadiers pour protéger les travailleurs. Un bataillon de Croates masqua la vue des assiégés sur la parallèle. Deux redoutes servaient d'épaulement à la première parallèle, et une seconde parallèle était prévue à quarante toises du chemin couvert. Le Général Daun envoya huit bataillons et un convoi d'artillerie, portant le total à quatre-vingt canons et quarante mortiers. Le Comte de Harsch et le Marquis de Ville contribuèrent activement à accélérer les opérations.
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3324
p. 200-201
De Vienne le 25. Novembre.
Début :
La saison étant trop avancée pour reprendre le siège de Neifs, [...]
Mots clefs :
Siège, Saison, Roi de Prusse, Quartier d'hiver, Maréchal Daun, Dresde, Armée impériale, Bataille, Misère
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texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 25. Novembre.
De Vienne le 25. Novembre .
La faifon étant trop avancée pour reprendre
le fiége de Neifs , les troupes qui étoient aux
JANVIER. 1759. 201
environs de cette Place , ont eu ordre de ſe ſéparer.
Aur approches du fecours am ené par le
Roi de Pruffe en perfonne , elles s'étoient d'abord
repliées fous Ziegenball , & enfuite fur
Zachmantel . Depuis , on a pris le parti de les
mettre en quartier d'hyver. Le Général de Ville
doit refter en Siléfie avec le Corps qu'il commande
, & le Comte de Harſch rentre en Bohême
avec les troupes qui font à fes ordres .
Nous avons appris que le Maréchal Daun avoit
levé , le Blocus de Drefde. L'incendie des Fauxbourgs
de cette Ville , & la crainte d'expofer
la Famille Royale aux plus grands dangers , l'ont
déterminé à renoncer à l'entrepriſe qu'il avoit
formée contre cette Place . On affure qu'il y avoit
dans le Palais Royal , une grande quantité de
barils de poudre , qui en auroit caufé l'embrafement
général , fi l'on eût canonné ou bombardé
la Ville. L'Armée Impériale s'eft repliée
far Pyrna & Gishubel , pour fe rapprocher des
frontieres de la Bohême où elle doit hiverner. Les
Généraux Laudon , Okelli & de Whela ſont en
Luface avec leurs troupes irrégulieres , pour ob
ferver les mouvemens du Prince Henri , qui eft
rentré dans cette Province.
On écrit de Bautzen , que les Pruffiens qui
ont occupé cette Ville , après la Bataille d'Hoch-
Kirchen , ont enlevé tout ce qu'ils ont trouvé
dans les maiſons ; qu'ils ont ravagé & détruit tous
les Jardins ; que toute la Campagne des environs
a été dévaſtée par eux , avec encore moins de
ménagement , que les meubles & les habille
ments ont été pillés , les maiſons renverſées , les
granges & les étables brulées , & que tout le Pays
eft réduit à la plus affreuſe milére .
La faifon étant trop avancée pour reprendre
le fiége de Neifs , les troupes qui étoient aux
JANVIER. 1759. 201
environs de cette Place , ont eu ordre de ſe ſéparer.
Aur approches du fecours am ené par le
Roi de Pruffe en perfonne , elles s'étoient d'abord
repliées fous Ziegenball , & enfuite fur
Zachmantel . Depuis , on a pris le parti de les
mettre en quartier d'hyver. Le Général de Ville
doit refter en Siléfie avec le Corps qu'il commande
, & le Comte de Harſch rentre en Bohême
avec les troupes qui font à fes ordres .
Nous avons appris que le Maréchal Daun avoit
levé , le Blocus de Drefde. L'incendie des Fauxbourgs
de cette Ville , & la crainte d'expofer
la Famille Royale aux plus grands dangers , l'ont
déterminé à renoncer à l'entrepriſe qu'il avoit
formée contre cette Place . On affure qu'il y avoit
dans le Palais Royal , une grande quantité de
barils de poudre , qui en auroit caufé l'embrafement
général , fi l'on eût canonné ou bombardé
la Ville. L'Armée Impériale s'eft repliée
far Pyrna & Gishubel , pour fe rapprocher des
frontieres de la Bohême où elle doit hiverner. Les
Généraux Laudon , Okelli & de Whela ſont en
Luface avec leurs troupes irrégulieres , pour ob
ferver les mouvemens du Prince Henri , qui eft
rentré dans cette Province.
On écrit de Bautzen , que les Pruffiens qui
ont occupé cette Ville , après la Bataille d'Hoch-
Kirchen , ont enlevé tout ce qu'ils ont trouvé
dans les maiſons ; qu'ils ont ravagé & détruit tous
les Jardins ; que toute la Campagne des environs
a été dévaſtée par eux , avec encore moins de
ménagement , que les meubles & les habille
ments ont été pillés , les maiſons renverſées , les
granges & les étables brulées , & que tout le Pays
eft réduit à la plus affreuſe milére .
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Résumé : De Vienne le 25. Novembre.
En novembre 1758, les troupes autour de Neifs se sont séparées en raison de l'avancée de la saison. Elles se sont repliées à Ziegenball, puis à Zachmantel, avant d'être mises en quartiers d'hiver. Le Général de Ville est resté en Silésie avec son corps, tandis que le Comte de Harsch est retourné en Bohême avec ses troupes. Le Maréchal Daun a levé le blocus de Dresde à cause de l'incendie des faubourgs et des risques pour la Famille Royale. L'Armée Impériale s'est repliée vers Pyrna et Gishubel pour hiverner en Bohême. Les Généraux Laudon, Okelli et de Whela surveillaient les mouvements du Prince Henri en Lusace. À Bautzen, les Prussiens ont pillé et détruit la ville et ses environs après la bataille d'Hochkirchen, laissant la région dans une misère extrême.
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3325
p. 201-202
De Prague, le 24 Novembre.
Début :
Le Maréchal Daun, après avoir renoncé au Siége de Dresde, a conduit son Armée [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Siège, Dresde, Quartier d'hiver, Saxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Prague, le 24 Novembre.
De Prague , le 24 Novembre.
Le Maréchal Daun , après avoir renoncé su
1 y
102 MER CURE DE FRANCE.
.
Siége de Drefde , a conduit fon Armée à Gishubel.
Elle y arriva le 20. de ce mois. Elle en eft
reparrie bientôt après pour rentrer en Bohême .
Elle doit prendre les quartiers dans les Cercles
de Zaatz , de Leitmeritz & de Buntzlau. L'Etat
Major paffera l'hyver dans certe Capitale . Le
Baron de Harfch doit s'établir à Konig gratz, avec
le corps de Troupes qu'il commande.
Le Prince de Deux- Ponts va quitter la Saxe au
premier jour , pour ſe rendre en Franconie , où
il mettra fon Armée en quartier d'hyver, comme
l'année derniere.
Du 1. Décembre.
Le Maréchal Daun , avant que de quitter la
Saxe , a fait démolir la Fortereffe de Sonneftein.
Le Maréchal Daun , après avoir renoncé su
1 y
102 MER CURE DE FRANCE.
.
Siége de Drefde , a conduit fon Armée à Gishubel.
Elle y arriva le 20. de ce mois. Elle en eft
reparrie bientôt après pour rentrer en Bohême .
Elle doit prendre les quartiers dans les Cercles
de Zaatz , de Leitmeritz & de Buntzlau. L'Etat
Major paffera l'hyver dans certe Capitale . Le
Baron de Harfch doit s'établir à Konig gratz, avec
le corps de Troupes qu'il commande.
Le Prince de Deux- Ponts va quitter la Saxe au
premier jour , pour ſe rendre en Franconie , où
il mettra fon Armée en quartier d'hyver, comme
l'année derniere.
Du 1. Décembre.
Le Maréchal Daun , avant que de quitter la
Saxe , a fait démolir la Fortereffe de Sonneftein.
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Résumé : De Prague, le 24 Novembre.
Le 24 novembre, le maréchal Daun a levé le siège de Dresde et conduit son armée à Gishubel. L'armée a ensuite regagné la Bohême pour ses quartiers d'hiver dans les cercles de Saatz, Leitmeritz et Buntzlau. Le baron de Harfch s'installera à Koniggratz. Le prince de Deux-Ponts partira pour la Franconie le 1er décembre. Le maréchal Daun a ordonné la démolition de la forteresse de Sonneftein.
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3326
p. 202-203
De Cassel, le 20. Novembre.
Début :
L'Armée de Maréchal de Soubise s'est rapprochée de cette Ville. [...]
Mots clefs :
Maréchal de Soubise, Quartier d'hiver, Armée, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : De Cassel, le 20. Novembre.
De Caffel , le 20. Novembre.
L'Armée du Maréchal de Soubife s'eft rapprochée
de cette Ville. Comme l'intention de ce
Maréchal étoit de faire rentrer les troupes en
quartier d'hyver , il faifoit garder la Vera avec
foin. Les Hanovriens réfolus de s'ouvrir un paffage
au-delà de cette Riviere , pour être en état
de troubler la fureté de ces quartiers , marcherent
en force le 15. fur la petite Ville de Witzehauſen
qui n'eft qu'à trois lieues d'ici , & s'en rendirent
maîtres. Ce pofte leur auroit donné la facilité
d'inquiéter les quartiers de l'Armée Françoiſe ,
s'ils avoient pu s'y maintenir . Le Maréchal de
Soubife détacha le 16. quatre Compagnies de
Grenadiers , trois cent Volontaires , & quarante
hommes de la Troupe du fieur Fischer. Il confia
ce détachement au fieur de la Greffe , Lieutenant
Colonel du Régiment de Beauvoifis , en lui ordonnant
de refter a Nieſt avec ſes Grenadiers ,
& de faire avancer le refte de fon détachement
jufques fous Witzehaufen , pour reconnoître l'état
de la Place , Le Comte de Warzemont
employé dans l'Etat Major de l'Armée , reçut or
JANVIER. 1759. 203
dre du Maréchal de Soubife de fuivre ce détachement,
& de lui rendre compte de ce qu'on
pouvoit entreprendre , pour challer les Hanovriens
de ce Pofte important . Le fieur de la Greffe
donna au Comte de Wargemonr le Commandement
des Troupes qu'il avoit ordre de
faire marcher en avant fur Witzehaufen Cet
Officier après avoir pris une exacte connoiffance
de l'état des chofes , forma le projet d'attaquer
ce Pofte. Il fit fes difpofitions , & ayant débouché
par trois endroits différents , il força les Hanovriens
de l'abandonner après une foible réfiltance.
Leur deffein étoit , en fe retirant , de
couper le Pont qui eft fur la Vera , mais il ne
leur en donna pas le temps . Comme ce Poſte n'eſt
pas auffi avantageux pour les François qu'il pouvoit
l'être pour les Hanovriens , le Maréchal de
Soubife, s'eft contenté de le faire occuper par
des Hullards qui feront foutenus par de l'Infanterie
cantonnée dans le Village de Klein -Almerode
à trois quarts de lieue de Witzehaufen.
L'Armée du Maréchal de Soubife s'eft rapprochée
de cette Ville. Comme l'intention de ce
Maréchal étoit de faire rentrer les troupes en
quartier d'hyver , il faifoit garder la Vera avec
foin. Les Hanovriens réfolus de s'ouvrir un paffage
au-delà de cette Riviere , pour être en état
de troubler la fureté de ces quartiers , marcherent
en force le 15. fur la petite Ville de Witzehauſen
qui n'eft qu'à trois lieues d'ici , & s'en rendirent
maîtres. Ce pofte leur auroit donné la facilité
d'inquiéter les quartiers de l'Armée Françoiſe ,
s'ils avoient pu s'y maintenir . Le Maréchal de
Soubife détacha le 16. quatre Compagnies de
Grenadiers , trois cent Volontaires , & quarante
hommes de la Troupe du fieur Fischer. Il confia
ce détachement au fieur de la Greffe , Lieutenant
Colonel du Régiment de Beauvoifis , en lui ordonnant
de refter a Nieſt avec ſes Grenadiers ,
& de faire avancer le refte de fon détachement
jufques fous Witzehaufen , pour reconnoître l'état
de la Place , Le Comte de Warzemont
employé dans l'Etat Major de l'Armée , reçut or
JANVIER. 1759. 203
dre du Maréchal de Soubife de fuivre ce détachement,
& de lui rendre compte de ce qu'on
pouvoit entreprendre , pour challer les Hanovriens
de ce Pofte important . Le fieur de la Greffe
donna au Comte de Wargemonr le Commandement
des Troupes qu'il avoit ordre de
faire marcher en avant fur Witzehaufen Cet
Officier après avoir pris une exacte connoiffance
de l'état des chofes , forma le projet d'attaquer
ce Pofte. Il fit fes difpofitions , & ayant débouché
par trois endroits différents , il força les Hanovriens
de l'abandonner après une foible réfiltance.
Leur deffein étoit , en fe retirant , de
couper le Pont qui eft fur la Vera , mais il ne
leur en donna pas le temps . Comme ce Poſte n'eſt
pas auffi avantageux pour les François qu'il pouvoit
l'être pour les Hanovriens , le Maréchal de
Soubife, s'eft contenté de le faire occuper par
des Hullards qui feront foutenus par de l'Infanterie
cantonnée dans le Village de Klein -Almerode
à trois quarts de lieue de Witzehaufen.
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Résumé : De Cassel, le 20. Novembre.
Le 20 novembre, l'armée du maréchal de Soubise s'est rapprochée de Caffel pour y installer ses troupes en quartiers d'hiver, gardant la rivière Vera. Les Hanovriens ont attaqué et pris la ville de Witzehausen le 15 novembre, menaçant ainsi les quartiers français. En réponse, Soubise a envoyé un détachement de quatre compagnies de grenadiers, trois cents volontaires et quarante hommes sous le commandement du sieur de la Greffe. Le comte de Warzemont a été chargé d'évaluer les possibilités d'action contre les Hanovriens. Le sieur de la Greffe a ensuite attaqué le poste hanovrien à Witzehaufen, forçant les Hanovriens à se retirer après une faible résistance. Ces derniers n'ont pas pu détruire le pont sur la Vera. Soubise a alors décidé de faire occuper le poste par des hussards, soutenus par de l'infanterie cantonnée à Klein-Almerode.
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3327
p. 203-204
De Ratisbonne, le 30 Novembre.
Début :
Le Baron de Ponickau, Ministre du Roi de Pologne, Electeur de Saxe, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Électeur de Saxe, Mémoire, Traitements inhumains, Diète, Vengeance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Ratisbonne, le 30 Novembre.
De Ratisbonne , le 30 Novembre.
Le Baron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , préfenta le 24. de ce
mois , à la Diéte de l'Empire , un mémoire contenant
l'expofé fidéle des excès commis par le
Comte de Schmettau dans les Fauxbourgs de
Drefde. La lecture de ce mémoire remplit d'horreur
tous les Membres de la Diéte , en leur apprenant
le traitement inhumain fait aux Habitans
de ces Fauxbourgs qui , au moment qu'ils
fe croyoient plus en fureté , par les promeffes
réitérées du Comte Schmettau , virent le Feu
embrafer leurs maiſons , l'Artillerie & la Moufqueterie
de la Place employées à leur ôter la
liberté de fuir , & qui ne fe fauverent au milieu
des flammes , qu'après avoir perdu tous leurs
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
effets , & après avoir effuyé toutes fortesde cruautés
de la part de la Soldatefque.
›
On préfume que la Diéte prendra des mefures
, pour tirer vengeance des excès commis
par le Commandant de Drefde qui offenfent
toutes les Loix Divines & Humaines. Plus
de 350 maifons ont été réduites en cendres
dans cet incendie. On eftime les dommages qu'il
a caufés par le feul embrafement des magafins
& des marchandiſes , monter à quatre millions
de Rixdales.
Le Baron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , préfenta le 24. de ce
mois , à la Diéte de l'Empire , un mémoire contenant
l'expofé fidéle des excès commis par le
Comte de Schmettau dans les Fauxbourgs de
Drefde. La lecture de ce mémoire remplit d'horreur
tous les Membres de la Diéte , en leur apprenant
le traitement inhumain fait aux Habitans
de ces Fauxbourgs qui , au moment qu'ils
fe croyoient plus en fureté , par les promeffes
réitérées du Comte Schmettau , virent le Feu
embrafer leurs maiſons , l'Artillerie & la Moufqueterie
de la Place employées à leur ôter la
liberté de fuir , & qui ne fe fauverent au milieu
des flammes , qu'après avoir perdu tous leurs
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
effets , & après avoir effuyé toutes fortesde cruautés
de la part de la Soldatefque.
›
On préfume que la Diéte prendra des mefures
, pour tirer vengeance des excès commis
par le Commandant de Drefde qui offenfent
toutes les Loix Divines & Humaines. Plus
de 350 maifons ont été réduites en cendres
dans cet incendie. On eftime les dommages qu'il
a caufés par le feul embrafement des magafins
& des marchandiſes , monter à quatre millions
de Rixdales.
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Résumé : De Ratisbonne, le 30 Novembre.
Le Baron de Ponickau, ministre du Roi de Pologne et Électeur de Saxe, a présenté le 24 novembre à la Diète de l'Empire un mémoire dénonçant les excès du Comte de Schmettau à Dresde. Ce document a révélé les traitements inhumains infligés aux habitants, qui avaient été assurés de leur sécurité par le Comte. Leurs maisons ont été incendiées, et l'artillerie ainsi que la mousqueterie ont empêché leur fuite. Les habitants ont subi diverses cruautés avant de pouvoir échapper aux flammes, perdant tous leurs biens. La Diète envisage des mesures pour punir ces violations des lois divines et humaines. L'incendie a détruit plus de 350 maisons, et les dommages causés par la destruction des magasins et des marchandises sont estimés à quatre millions de Rixdales.
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3328
p. 204-205
De Londres, le 12. Novembre.
Début :
Les dernieres Lettres de Philadelphie, en date du 28. Septembre, [...]
Mots clefs :
Philadelphie, Expédition, Ohio, Lord Forbes, Garnison, Combats, Amiral, Escadre, Ports, Commerce, Hollande
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texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 12. Novembre.
De Londres , le 12. Novembre.
>
Les dernieres Lettres de Philadelphie , en date
du 28. Septembre , parlent d'une maniere peu
avantageufe , de la conduite du Lord Forbes ,
dans l'expédition dont il étoit chargé fur l'Ohio.
Le 12. du même mois , il fit marcher en avant
ún Détachement de 900 hommes aux ordres
du fieur Grant , fans ſe mettre en état de le foutenir
, le fieur Grant s'avança jufqu'à la portée
du canon du Fort du Quelne , pour reconnoître
l'état de la Place , & pour obferver les mancuvres
de la Garniſon . Il paffa la nuit du 13. fous
les Armes. Le lendemain , dès la pointe du jour ,
l'Officier qui commandoit dans le Fort , fit fur
lui une fortie , & l'attaqua à la tête de 1000 hommes
, prefque tous Canadiens . Le Détachement
Anglois , après une courte réfiftance , fe voyant
fur le point d'être enveloppé & entierement détruit
, fut contraint de fe replier vers les bagages ,
& de les emmener précipitamment. Il a perdu
dans ce combat trois cens hommes tués ou
bleffés , parmi lesquels on compte plus de vingt
Officiers.
L'Amiral Boscawen arriva ici le 4. Il fut le
lendemain faire fa cour au Roi qui l'accueillit
avec toute la diftinction due à fes fervices. On a
JANVIER. 1759. 205
appris par le compte que cet Amiral a rendu
du fuccès de l'entrepriſe formée contre Louifbourg
, que la conquête de cette Place étoit due
principalement an mauvais état de les fortifications.
Les anciennes bréches n'étoient pas entierement
réparées , & les murs des revêtillemens
avoient été ſi négligés , qu'il en tomboit des toiſes
entieres , par le feul ébranlement que caufoit
le canon du rempart.
Du 21 .
L'Efcadre du fieur Keppel , & celle du fieur
Hughes , ont mis à la voile pour aller exécuter
féparément deux entrepriſes dont on ſe promet
les meilleurs effets . Quoique cette faifon foit celle
des ouragans & des tempêtes , on affecte de publier
que le départ des deux Eſcadres a eu lieu
dans le temps convenable. On joint à cela le projet
d'une Expédition plus contidérable , qui doit
s'exécuter au Printems prochain .
Du 1. Décembre.
On continue d'amener dans nos Ports quantité
de prifes faites fur les Hollandois . On n'a pu découvrir
juſqu'à préfent le principe de droit qui
donne lieu à une pratique fi nouvelle . Tous les
gens fenfés la jugent contraire à nos vrais intérêts
; & ils font perſuadés qu'elle tournera tôt ou
tard au préjudice de notre Commerce.
>
Les dernieres Lettres de Philadelphie , en date
du 28. Septembre , parlent d'une maniere peu
avantageufe , de la conduite du Lord Forbes ,
dans l'expédition dont il étoit chargé fur l'Ohio.
Le 12. du même mois , il fit marcher en avant
ún Détachement de 900 hommes aux ordres
du fieur Grant , fans ſe mettre en état de le foutenir
, le fieur Grant s'avança jufqu'à la portée
du canon du Fort du Quelne , pour reconnoître
l'état de la Place , & pour obferver les mancuvres
de la Garniſon . Il paffa la nuit du 13. fous
les Armes. Le lendemain , dès la pointe du jour ,
l'Officier qui commandoit dans le Fort , fit fur
lui une fortie , & l'attaqua à la tête de 1000 hommes
, prefque tous Canadiens . Le Détachement
Anglois , après une courte réfiftance , fe voyant
fur le point d'être enveloppé & entierement détruit
, fut contraint de fe replier vers les bagages ,
& de les emmener précipitamment. Il a perdu
dans ce combat trois cens hommes tués ou
bleffés , parmi lesquels on compte plus de vingt
Officiers.
L'Amiral Boscawen arriva ici le 4. Il fut le
lendemain faire fa cour au Roi qui l'accueillit
avec toute la diftinction due à fes fervices. On a
JANVIER. 1759. 205
appris par le compte que cet Amiral a rendu
du fuccès de l'entrepriſe formée contre Louifbourg
, que la conquête de cette Place étoit due
principalement an mauvais état de les fortifications.
Les anciennes bréches n'étoient pas entierement
réparées , & les murs des revêtillemens
avoient été ſi négligés , qu'il en tomboit des toiſes
entieres , par le feul ébranlement que caufoit
le canon du rempart.
Du 21 .
L'Efcadre du fieur Keppel , & celle du fieur
Hughes , ont mis à la voile pour aller exécuter
féparément deux entrepriſes dont on ſe promet
les meilleurs effets . Quoique cette faifon foit celle
des ouragans & des tempêtes , on affecte de publier
que le départ des deux Eſcadres a eu lieu
dans le temps convenable. On joint à cela le projet
d'une Expédition plus contidérable , qui doit
s'exécuter au Printems prochain .
Du 1. Décembre.
On continue d'amener dans nos Ports quantité
de prifes faites fur les Hollandois . On n'a pu découvrir
juſqu'à préfent le principe de droit qui
donne lieu à une pratique fi nouvelle . Tous les
gens fenfés la jugent contraire à nos vrais intérêts
; & ils font perſuadés qu'elle tournera tôt ou
tard au préjudice de notre Commerce.
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Résumé : De Londres, le 12. Novembre.
Le document du 12 novembre décrit des événements militaires et navals. Le 12 septembre, le Lord Forbes envoya 900 hommes sous le commandement du lieutenant Grant pour reconnaître le Fort Duquesne. Le 13 septembre, Grant fut attaqué par environ 1 000 hommes, principalement des Canadiens, et dut se replier, subissant des pertes de 300 hommes, dont plus de vingt officiers. L'amiral Boscawen arriva à Londres le 4 janvier 1759 et fut reçu par le roi. Il attribua la conquête de Louisbourg à l'état délabré des fortifications. Le 21 janvier, les escadres des lieutenants Keppel et Hughes partirent pour des missions séparées, malgré la saison des tempêtes. Une expédition plus importante est prévue pour le printemps. Par ailleurs, des prises de navires hollandais continuent d'être amenées dans les ports britanniques, une pratique jugée contraire aux intérêts commerciaux du pays.
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3329
p. 205-206
De la Haye, le 24 Novembre.
Début :
Les Députés du Corps des Négociants d'Amsterdam & des autres Villes [...]
Mots clefs :
Députés, Hollande, Mémoire, Princesse, Pirateries, Commerce, Fabriques, Anglais, Amsterdam
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texteReconnaissance textuelle : De la Haye, le 24 Novembre.
De la Haye , le 24 Novembre.
Les Députés du Corps des Négociants d'Amſterdam
& des autres Villes de Hollande , ont
préſenté à la Princeſſe Gouvernante un nouveau
Mémoire dans lequel , après lui avoir rappellé
les plaintes qui lui ont déja été adreflé au fujet
des pirateries des Anglois , & les promeſſes qu'elle
leur a faites d'y remédier ; ils lui expofent que
le mal a toujours été depuis en augmentant ,
& que l'interruption de leur Commerce eft fur
le point d'entraîner la ruine des plus riches Né206
MERCURE DE FRANCE.
gociants , & l'inaction totale de leurs meilleures
fabriques.
Du 30.
Les Députés de la Compagnie des Commerçans
d'Amfterdam , ont reçu une réponſe favorable
en apparence au Mémoire qu'ils avoient
préſenté , au fujet des Pirateries des Anglois .
Les Députés du Corps des Négociants d'Amſterdam
& des autres Villes de Hollande , ont
préſenté à la Princeſſe Gouvernante un nouveau
Mémoire dans lequel , après lui avoir rappellé
les plaintes qui lui ont déja été adreflé au fujet
des pirateries des Anglois , & les promeſſes qu'elle
leur a faites d'y remédier ; ils lui expofent que
le mal a toujours été depuis en augmentant ,
& que l'interruption de leur Commerce eft fur
le point d'entraîner la ruine des plus riches Né206
MERCURE DE FRANCE.
gociants , & l'inaction totale de leurs meilleures
fabriques.
Du 30.
Les Députés de la Compagnie des Commerçans
d'Amfterdam , ont reçu une réponſe favorable
en apparence au Mémoire qu'ils avoient
préſenté , au fujet des Pirateries des Anglois .
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Résumé : De la Haye, le 24 Novembre.
Le 24 novembre à La Haye, les députés du Corps des Négociants d'Amsterdam et d'autres villes de Hollande ont adressé un mémoire à la Princesse Gouvernante, dénonçant les pirateries anglaises et leur aggravation. Ils soulignaient les risques pour les négociants et l'interruption du commerce. Le 30 novembre, les députés de la Compagnie des Commerçants d'Amsterdam ont reçu une réponse favorable.
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3330
p. 206
De Rome, le 10 Novembre.
Début :
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque Titulaire de Corinthe, [...]
Mots clefs :
Cardinal, Archevêque, Nomination, Évêque, Audience, Pape, Comte, Ministre
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texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 10 Novembre.
De Rome , le 10 Novembre.
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque
Titulaire de Corinthe , & il fera facré le 19 de ce
mois par Sa Sainteté .
Du 20.
Le 17 , l'Evêque de Laon , Ambaffadeur de
France , & l'Abbé Bellandi , Miniftre du Duc de
Modéne , eut une Audience particuliere de Sa
Sainteté , dans laquelle ils folliciterent conjointement
la difpenfe néceffaire pour le mariage de
Louis-François- Jofeph de Bourbon , Comte de la
Marche , Prince du Sang de France , avec Fortunée-
Marie , Princeffe de Modéne . Le Pape accorda
cette difpenfe de la maniere la plus gracieuſe. Le
mêmejour , les deux Miniftres firent part publiquement
de ce mariage à Sa Sainteté , qui en témoigna
beaucoup de fatisfaction : ils l'annoncerent
de même au Cardinal , neveu , & au Cardinal
, Secrétaire d'Etat .
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque
Titulaire de Corinthe , & il fera facré le 19 de ce
mois par Sa Sainteté .
Du 20.
Le 17 , l'Evêque de Laon , Ambaffadeur de
France , & l'Abbé Bellandi , Miniftre du Duc de
Modéne , eut une Audience particuliere de Sa
Sainteté , dans laquelle ils folliciterent conjointement
la difpenfe néceffaire pour le mariage de
Louis-François- Jofeph de Bourbon , Comte de la
Marche , Prince du Sang de France , avec Fortunée-
Marie , Princeffe de Modéne . Le Pape accorda
cette difpenfe de la maniere la plus gracieuſe. Le
mêmejour , les deux Miniftres firent part publiquement
de ce mariage à Sa Sainteté , qui en témoigna
beaucoup de fatisfaction : ils l'annoncerent
de même au Cardinal , neveu , & au Cardinal
, Secrétaire d'Etat .
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Résumé : De Rome, le 10 Novembre.
Le 10 novembre, le Cardinal d'Yorck a été nommé Archevêque de Corinthe et sera consacré le 19 novembre par le Pape. Le 17 novembre, l'Évêque de Laon et l'Abbé Bellandi ont obtenu une audience privée auprès du Pape pour solliciter la dispense de mariage entre Louis-François-Joseph de Bourbon et Fortunée-Marie de Modène. Le Pape a accordé cette dispense et a témoigné sa satisfaction.
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3331
p. 206
De Venise, le 18 Novembre.
Début :
Le Marquis de Durfort, Ambassadeur du Roi Très-Chrétien auprès de [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur, Déplacements
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texteReconnaissance textuelle : De Venise, le 18 Novembre.
De Venife , le 18 Novembre.
Le Marquis de Durfort , Ambaffadeur du Roi
Très-Chrétien auprès de cette République , arriva
ici le 9 de ce mois , avec une Suite nombreuſe &
brillante .
Le Marquis de Durfort , Ambaffadeur du Roi
Très-Chrétien auprès de cette République , arriva
ici le 9 de ce mois , avec une Suite nombreuſe &
brillante .
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3332
p. 206-207
De Barcelonne, le 20 Novembre.
Début :
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eut à la hauteur [...]
Mots clefs :
Combat, Frégates, Français, Anglais, Blessés
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texteReconnaissance textuelle : De Barcelonne, le 20 Novembre.
De Barcelonne , le 20 Novembre.
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eur
à la hauteur du Cap-Rofe , un combat très- vif
entre la Frégate Françoife , la Pleyade , & une
Frégate Angloife de 36 canons. Le combat dura
depuis une heure , jufqu'à fept heures du foir. La
Frégate Angloife fut contrainte de prendre la
JANVIER. 1759. 207
fuite , après avoir été défemparée de fon grand
mât de hune. La Pleyade la pourfuivit ; mais
ayant apperçu un Vailleau Anglois de haut bord ,
elle fit force de voile pour rejoindre deux Tartares
qu'elle eſcortoit . Le lendemain , elle prit un
Senaw , qui étoit à la fuite de la Frégate Angloife.
On n'y trouva que 4 hommes , 10 fufils , 4 pierriers
, & très-peu de vivres ; parce que l'Equipage
en avoit été retiré la veille , pour renforcer celui
de la Frégate. Le fieur Defepole , Lieutenant de
la Fleyade , a été bleffé légèrement à la cuiſſe.
Il n'y eut qu'un feul Matelot tué , & quelquesuns
bleflés .
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eur
à la hauteur du Cap-Rofe , un combat très- vif
entre la Frégate Françoife , la Pleyade , & une
Frégate Angloife de 36 canons. Le combat dura
depuis une heure , jufqu'à fept heures du foir. La
Frégate Angloife fut contrainte de prendre la
JANVIER. 1759. 207
fuite , après avoir été défemparée de fon grand
mât de hune. La Pleyade la pourfuivit ; mais
ayant apperçu un Vailleau Anglois de haut bord ,
elle fit force de voile pour rejoindre deux Tartares
qu'elle eſcortoit . Le lendemain , elle prit un
Senaw , qui étoit à la fuite de la Frégate Angloife.
On n'y trouva que 4 hommes , 10 fufils , 4 pierriers
, & très-peu de vivres ; parce que l'Equipage
en avoit été retiré la veille , pour renforcer celui
de la Frégate. Le fieur Defepole , Lieutenant de
la Fleyade , a été bleffé légèrement à la cuiſſe.
Il n'y eut qu'un feul Matelot tué , & quelquesuns
bleflés .
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Résumé : De Barcelonne, le 20 Novembre.
Le 9 novembre, près du Cap-Rofe, la frégate française La Pleyade a affronté une frégate anglaise de 36 canons. Le combat a duré de une heure à sept heures du matin. La frégate anglaise, endommagée, a fui. La Pleyade a capturé un senau le lendemain. Le lieutenant Desepole a été légèrement blessé. Un matelot est mort et quelques autres ont été blessés.
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3333
p. 207-208
De Versailles, le 30. Novembre.
Début :
Le Sieur de la Live, Introducteur des Ambassadeurs, est allé aujourd'hui prendre [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Roi de France, Cardinal, Audience, Cérémonies, Famille royale, Contrat de mariage
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texteReconnaissance textuelle : De Versailles, le 30. Novembre.
De Versailles , le 30. Novembre.
LE Sieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, eſt allé aujourd'hui prendre dans les
Carrofles du Roi & de la Reine , le Cardinal de
Bernis , en fon Hôtel , & il l'a conduit chez le
Roi , avec l'Abbé Archinto , Camerier du Pape ,
nommé par Sa Sainteté pour apporter le Bonnet
au Cardinal de Bernis. Avant la Melle du Roi ,
l'Abbé Archinto a été conduit , avec les cérémonies
accoutumées , à l'Audience que le Roi
lui a donnée dans fon Cabinet ; & il´a préſenté
à Sa Majeſté , un Bref de Sa Sainteté. Après cette
Audience , le Roi eſt deſcendu a la Chapelle où
le Cardinal de Bernis s'eft rendu , à la fin de
la Meſſe , étant conduit par le même Introducteur.
Le fieur Deſgranges , Maître des Cérémonies
, a reçu à la porte de la Chapelle , le Cardinal
de Bernis ; lequel eft allé fe placer près du
208 MERCURE DE FRANCE.
>
>
Prie- Dieu du Roi , du côté de l'Evangile , & s'eſt
mis à genoux fur un Carreau . L'Abbé Archinto
revêtu de fon habit de Cérémonie , ayant remis
entre les mains du Cardinal de Bernis le Bref
du Pape , eft allé prendre fur la Crédence près
de l'Autel du côté de l'Epitre , un baſſin de vermeil
fur lequel étoit le Bonnet & il l'a préfenté
au Roi. Sa Majeſté a pris le Bonnet & l'a
mis fur la tête du Cardinal de Bernis , qui a
fait fon remerciment à Sa Majeſté , & a été conduit
à l'Audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin , de Madame la Dauphine , de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le
Duc de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence
, de Monfeigneur le Comte d'Artois , de
Madame Infante , de Madame , & de Meſdames
Victoire , Sophie , & Louiſe avec les cérémonies
accoutumées.
Le même jour , le Roi , la Reine & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage du fieur
de Croifmare , Ecuyer ordinaire du Roi à la petite
Ecurie , avec la Demoiſelle de Courmont .
Ce même jour 30. Sa Majefté tint le Sceau
pour la trente- neuvième fois .
Le même jour , le Comte de Luface arriva ici
de l'Armée de Weftphalie.
Le 3. de ce mois , le Duc de Choiseul prêta
ferment entre les mains du Roi , pour la Charge
de Secretaire d'Etat , au Département des Affaires
Etrangeres.
Le même jour , le Marquis d'Eſcars prêta ferment
pour la Lieutenance de Roi du Limouſin.
Le Roi , la Reine & la Famille Royale ont figné
ce même jour le Contrat de mariage du Marquis
d'Oleançon , Meftre de Camp de Cavalerie
Exempt des Gardes du Corps , avec Demoiſelle
Marguerite-Anne- Louife de Pierrepont,
LE Sieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, eſt allé aujourd'hui prendre dans les
Carrofles du Roi & de la Reine , le Cardinal de
Bernis , en fon Hôtel , & il l'a conduit chez le
Roi , avec l'Abbé Archinto , Camerier du Pape ,
nommé par Sa Sainteté pour apporter le Bonnet
au Cardinal de Bernis. Avant la Melle du Roi ,
l'Abbé Archinto a été conduit , avec les cérémonies
accoutumées , à l'Audience que le Roi
lui a donnée dans fon Cabinet ; & il´a préſenté
à Sa Majeſté , un Bref de Sa Sainteté. Après cette
Audience , le Roi eſt deſcendu a la Chapelle où
le Cardinal de Bernis s'eft rendu , à la fin de
la Meſſe , étant conduit par le même Introducteur.
Le fieur Deſgranges , Maître des Cérémonies
, a reçu à la porte de la Chapelle , le Cardinal
de Bernis ; lequel eft allé fe placer près du
208 MERCURE DE FRANCE.
>
>
Prie- Dieu du Roi , du côté de l'Evangile , & s'eſt
mis à genoux fur un Carreau . L'Abbé Archinto
revêtu de fon habit de Cérémonie , ayant remis
entre les mains du Cardinal de Bernis le Bref
du Pape , eft allé prendre fur la Crédence près
de l'Autel du côté de l'Epitre , un baſſin de vermeil
fur lequel étoit le Bonnet & il l'a préfenté
au Roi. Sa Majeſté a pris le Bonnet & l'a
mis fur la tête du Cardinal de Bernis , qui a
fait fon remerciment à Sa Majeſté , & a été conduit
à l'Audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin , de Madame la Dauphine , de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le
Duc de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence
, de Monfeigneur le Comte d'Artois , de
Madame Infante , de Madame , & de Meſdames
Victoire , Sophie , & Louiſe avec les cérémonies
accoutumées.
Le même jour , le Roi , la Reine & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage du fieur
de Croifmare , Ecuyer ordinaire du Roi à la petite
Ecurie , avec la Demoiſelle de Courmont .
Ce même jour 30. Sa Majefté tint le Sceau
pour la trente- neuvième fois .
Le même jour , le Comte de Luface arriva ici
de l'Armée de Weftphalie.
Le 3. de ce mois , le Duc de Choiseul prêta
ferment entre les mains du Roi , pour la Charge
de Secretaire d'Etat , au Département des Affaires
Etrangeres.
Le même jour , le Marquis d'Eſcars prêta ferment
pour la Lieutenance de Roi du Limouſin.
Le Roi , la Reine & la Famille Royale ont figné
ce même jour le Contrat de mariage du Marquis
d'Oleançon , Meftre de Camp de Cavalerie
Exempt des Gardes du Corps , avec Demoiſelle
Marguerite-Anne- Louife de Pierrepont,
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Résumé : De Versailles, le 30. Novembre.
Le 30 novembre à Versailles, le Sieur de la Live a introduit le Cardinal de Bernis et l'Abbé Archinto auprès du Roi. L'Abbé Archinto a remis un bref papal au Roi lors d'une audience privée. Après la messe, le Cardinal de Bernis a reçu le bonnet cardinalice du Roi, en présence de l'Abbé Archinto, puis a été présenté à la Reine, au Dauphin, à la Dauphine et à d'autres membres de la famille royale. Le même jour, le Roi, la Reine et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Sieur de Croismare avec la Demoiselle de Courmont. Le Roi a également tenu le Sceau pour la trente-neuvième fois. Le Comte de Luface est revenu de l'Armée de Westphalie. Le Duc de Choiseul a prêté serment pour la charge de Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, et le Marquis d'Escars pour la Lieutenance du Roi du Limousin. Enfin, le contrat de mariage du Marquis d'Oléron avec la Demoiselle Marguerite-Anne-Louise de Pierrepont a été signé.
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3334
p. 209-211
Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
Début :
La Famille Royale jouit jusqu'à présent d'une bonne santé ; c'est la seule [...]
Mots clefs :
Famille royale, Dresde, Incendie, Maréchal Daun, Cruauté, Lois de la guerre, Dégâts, Victimes, Armée impériale, Troupes, Sieur Zavoiski, Comte, Prince, Barbares
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
La Famille Royale jouit jufqu'à préfent d'une
bonne fanté ; c'eft la feule nouvelle confolante
que je puiffe mander. Tout le reste eft un tiffu
d'horreurs. J'allai hier à la découverte fu feu que
j'avois apperçu du côté de Drefde . Je vis tous
les Faubourgs de cette Ville en flamme . Je me
hâtai d'aller au Quartier Général à Nɔdnitz . Je
rencontrai fur le chemin la femme d'un Colonel
, échappé à l'incendie , & qui fe fauvoit à pred
avec les deux petits enfans. Je trouvai le Maréchal
Daun & tous les Généraux plongés dans la
douleur. Ce Maréchal me fit appeller , & déplora
, les larmes aux yeux, ce cruel événement , en
proteftant qu'il n'y avoit donné aucune occafion .
Uniquement occupé du falut de la Famille
Royale , je propofai d'envoyer un Trompette au
Comte de Schmettau , qui commande à Dreſde ,
pour l'engager à ne rien attenter contre elle .
Le fieur Zavoiski , Colonel , s'offrir pour exécuter
cette commiffion , & partit fur le champ avec le
Trompette. Il fut chargé de dire au Commandant
, que le Maréchal Daun étoit également
furpris & indigné de l'action barbare qu'il commettoit
; qu'il n'y avoit donné aucun lieu , puifqu'il
n'avoit encore ni fommé la Ville , ni fait
tirer contre elle un feul coup de canon , ni enfin
pris un pouce du terrein des Fauxbourgs; que cette
cruauté étoit auffi oppofée aux Loix de la guerre ,
que contraire au Chriftianifme & aux principes
de l'humanité ; qu'il répondroit fur fa tête de
l'illuftre Famille Royale , au cas qu'il lui arrivât
le moindre accident.
Dès que le fieur Zavoiski fut parti , le Maréchal
Daun monta à cheval ; je l'accompagnai
au grand Jardin. Nous rencontrâmes une foule
de malheureux qui fuyoient avec effroi , abandonnant
leurs maifons réduites en cendres. Le
210 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal Daun m'ordonna de leur procurer un
afyle & tous les fecours dont ils auroient befoin.
Je fis ouvrir fur le champ tous les pavillons de
ce Jardin , j'y fis entrer cette multitude d'infor
tunés pour les garantir de la rigueur du froid,
Je chargeai deux Magiftrats de Pyrna de faire
fournir la viande , le pain & toutes les chofes
qui leur feroient néceffaires.
"
>
A l'approche de l'Armée Impériale , plufieurs
perfonnes du Clergé vinrent demander au Commandant,
s'il y avoit quelque chofe à craindre
pour les habitans , & s'il étoit néceffaire qu'îls
fe retiralent pour le mettre en fureté avec leurs
effets. Il répondit » qu'on n'avoit rien à appré-
» hender , & que chacun pouvoit être tranquille
» dans fa maifon . » Il fit même publier le foir un
ordre à tous les habitans de ne pas fortir de chez
eux , afin qu'il n'arrivât de malheur à perfonne
en cas de furprife. Après de telles & fi fortes
affurances de la part , il envoya à quatre heures
du matin dans les fauxbourgs , les Huflards &
les Compagnies franches , aux ordres du fieur
Meyer. Ces troupes enfoncerent les portes des
maifons & y mirent le feu. Tandis qu'on empêchoit
à coups de fufil les habitans d'en fortir ,
on acheva de les détruire , en tirant fur elles à boulets
rouges. Ceux qui fefont fauvés ont été obligés
de gagner les Jardins & defuir par les derrieres .Un
grand nombre a péri dans les flammes . Nous tenons
ces détails de ceux qui ont échappé à l'incendie
. Ce Commandant pourra-t-il jamais fe juftifier
aux yeux du monde entier ? Il fait publier que les
habitans n'ont rien à craindre , il leur ordonne de
ne pas fortir de leurs maifons , & dans le moment
qu'on s'y attend le moins, il fait exercer contre ces
malheureux Habitans , toutes les cruautés que
nous venons de détailler & avant que notre
Armée ait commencé la moindre hoftilité .
>
JANVIER. 1759. 211
Le fieur Zavoiski revint fur le foir . Il rapporta,
qu'on l'avoit arrêté aux portes de Dreide pendant
deux heures ; qu'enfuite on l'avoit conduit ,
les yeux bandés au Comte de Schmettau , qui lui
avoit répondu » qu'il n'avoit rien fait qul
» ne fût conforme aux Loix de la Guerre , n'étant
pas obligé d'attendre qu'on l'attaquât ; qu'il
» avoit des ordres précis du Roi fon Maître
qu'il les éxécuteroit ponctuellement , en fe dé-
» fendant jufqu'à la derniére extrémité ; qu'il ne
» répondoit ni de la Ville , ni de la Famille
» Royale ; & qu'il ne fe foucioit point de ce qui
» pourroit en arriver. »
Le fieur Zavoifki ajouta qu'il lui avoit obfervé ,
que de tout temps & chez toutes les Nations ,
on avoit regardé les Princes comme des Perfonnes
facrées ; & qu'il falloit être plus que
Barbares pour ne les pas refpecter , qu'alors le
Comte de Schmettau avoit dit » qu'il venoit
d'envoyer un Officier aux Princes & aux Prin-
» ceffſes , avec ordre de faire en fon nom un
>complimeut convenable , & de leur demander
» pardon des démarches auxquelles des raiſons
»de Guerre l'obligeoient. >>
Que faire en cette extrémité ? faut-il expofer
la Famille Royale faut- il fe retirer fans rien
entreprendre ? C'eſt ce que je n'ofe décider ; &
malheureufement je n'y vois pas de milieu . Le
fieur Zavoiſki étoit chargé de tâcher de parve-
Lir jufqu'au Palais où cette Augufte Famlile
fait fa réſidence ; mais il n'a pu en obtenir la
permiffion.
La Famille Royale jouit jufqu'à préfent d'une
bonne fanté ; c'eft la feule nouvelle confolante
que je puiffe mander. Tout le reste eft un tiffu
d'horreurs. J'allai hier à la découverte fu feu que
j'avois apperçu du côté de Drefde . Je vis tous
les Faubourgs de cette Ville en flamme . Je me
hâtai d'aller au Quartier Général à Nɔdnitz . Je
rencontrai fur le chemin la femme d'un Colonel
, échappé à l'incendie , & qui fe fauvoit à pred
avec les deux petits enfans. Je trouvai le Maréchal
Daun & tous les Généraux plongés dans la
douleur. Ce Maréchal me fit appeller , & déplora
, les larmes aux yeux, ce cruel événement , en
proteftant qu'il n'y avoit donné aucune occafion .
Uniquement occupé du falut de la Famille
Royale , je propofai d'envoyer un Trompette au
Comte de Schmettau , qui commande à Dreſde ,
pour l'engager à ne rien attenter contre elle .
Le fieur Zavoiski , Colonel , s'offrir pour exécuter
cette commiffion , & partit fur le champ avec le
Trompette. Il fut chargé de dire au Commandant
, que le Maréchal Daun étoit également
furpris & indigné de l'action barbare qu'il commettoit
; qu'il n'y avoit donné aucun lieu , puifqu'il
n'avoit encore ni fommé la Ville , ni fait
tirer contre elle un feul coup de canon , ni enfin
pris un pouce du terrein des Fauxbourgs; que cette
cruauté étoit auffi oppofée aux Loix de la guerre ,
que contraire au Chriftianifme & aux principes
de l'humanité ; qu'il répondroit fur fa tête de
l'illuftre Famille Royale , au cas qu'il lui arrivât
le moindre accident.
Dès que le fieur Zavoiski fut parti , le Maréchal
Daun monta à cheval ; je l'accompagnai
au grand Jardin. Nous rencontrâmes une foule
de malheureux qui fuyoient avec effroi , abandonnant
leurs maifons réduites en cendres. Le
210 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal Daun m'ordonna de leur procurer un
afyle & tous les fecours dont ils auroient befoin.
Je fis ouvrir fur le champ tous les pavillons de
ce Jardin , j'y fis entrer cette multitude d'infor
tunés pour les garantir de la rigueur du froid,
Je chargeai deux Magiftrats de Pyrna de faire
fournir la viande , le pain & toutes les chofes
qui leur feroient néceffaires.
"
>
A l'approche de l'Armée Impériale , plufieurs
perfonnes du Clergé vinrent demander au Commandant,
s'il y avoit quelque chofe à craindre
pour les habitans , & s'il étoit néceffaire qu'îls
fe retiralent pour le mettre en fureté avec leurs
effets. Il répondit » qu'on n'avoit rien à appré-
» hender , & que chacun pouvoit être tranquille
» dans fa maifon . » Il fit même publier le foir un
ordre à tous les habitans de ne pas fortir de chez
eux , afin qu'il n'arrivât de malheur à perfonne
en cas de furprife. Après de telles & fi fortes
affurances de la part , il envoya à quatre heures
du matin dans les fauxbourgs , les Huflards &
les Compagnies franches , aux ordres du fieur
Meyer. Ces troupes enfoncerent les portes des
maifons & y mirent le feu. Tandis qu'on empêchoit
à coups de fufil les habitans d'en fortir ,
on acheva de les détruire , en tirant fur elles à boulets
rouges. Ceux qui fefont fauvés ont été obligés
de gagner les Jardins & defuir par les derrieres .Un
grand nombre a péri dans les flammes . Nous tenons
ces détails de ceux qui ont échappé à l'incendie
. Ce Commandant pourra-t-il jamais fe juftifier
aux yeux du monde entier ? Il fait publier que les
habitans n'ont rien à craindre , il leur ordonne de
ne pas fortir de leurs maifons , & dans le moment
qu'on s'y attend le moins, il fait exercer contre ces
malheureux Habitans , toutes les cruautés que
nous venons de détailler & avant que notre
Armée ait commencé la moindre hoftilité .
>
JANVIER. 1759. 211
Le fieur Zavoiski revint fur le foir . Il rapporta,
qu'on l'avoit arrêté aux portes de Dreide pendant
deux heures ; qu'enfuite on l'avoit conduit ,
les yeux bandés au Comte de Schmettau , qui lui
avoit répondu » qu'il n'avoit rien fait qul
» ne fût conforme aux Loix de la Guerre , n'étant
pas obligé d'attendre qu'on l'attaquât ; qu'il
» avoit des ordres précis du Roi fon Maître
qu'il les éxécuteroit ponctuellement , en fe dé-
» fendant jufqu'à la derniére extrémité ; qu'il ne
» répondoit ni de la Ville , ni de la Famille
» Royale ; & qu'il ne fe foucioit point de ce qui
» pourroit en arriver. »
Le fieur Zavoifki ajouta qu'il lui avoit obfervé ,
que de tout temps & chez toutes les Nations ,
on avoit regardé les Princes comme des Perfonnes
facrées ; & qu'il falloit être plus que
Barbares pour ne les pas refpecter , qu'alors le
Comte de Schmettau avoit dit » qu'il venoit
d'envoyer un Officier aux Princes & aux Prin-
» ceffſes , avec ordre de faire en fon nom un
>complimeut convenable , & de leur demander
» pardon des démarches auxquelles des raiſons
»de Guerre l'obligeoient. >>
Que faire en cette extrémité ? faut-il expofer
la Famille Royale faut- il fe retirer fans rien
entreprendre ? C'eſt ce que je n'ofe décider ; &
malheureufement je n'y vois pas de milieu . Le
fieur Zavoiſki étoit chargé de tâcher de parve-
Lir jufqu'au Palais où cette Augufte Famlile
fait fa réſidence ; mais il n'a pu en obtenir la
permiffion.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
La lettre de Pyrna datée du 11 novembre décrit une situation critique à Dresde. La famille royale est en bonne santé, mais la ville est en flammes. L'auteur se rend au quartier général à Nodnitz où il rencontre le maréchal Daun et d'autres généraux en deuil. Daun nie toute responsabilité dans l'incendie. L'auteur propose d'envoyer un trompette au comte de Schmettau, commandant de Dresde, pour assurer la sécurité de la famille royale. Le colonel Zavoiski exécute cette mission, soulignant l'inhumanité des actions du commandant. Pendant ce temps, Daun et l'auteur rencontrent des réfugiés et leur fournissent de l'aide. Auparavant, le commandant de Dresde avait assuré aux habitants qu'ils n'avaient rien à craindre, mais il a ensuite ordonné l'incendie des faubourgs, causant de nombreuses victimes. Zavoiski rapporte que Schmettau justifie ses actions par des ordres royaux et ne garantit pas la sécurité de la famille royale. La situation est désespérée, et l'auteur hésite entre exposer la famille royale ou se retirer sans agir.
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3335
p. 211-214
De Paris, le 2 Décembre.
Début :
Le Roi voulant constater d'une maniere fixe & certaine, le montant [...]
Mots clefs :
Dettes, Colonies, Service de la marine, Arrêt du Conseil d'État, Créances, Ordonnance du roi, Compagnie des dragons, Officiers, Fusils, Château, Marquis de Castries, Artillerie, Troupes, Parlement, Déclaration du roi, Notaires, Trésor royal, Rentes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 2 Décembre.
De Paris , le 2 Décembre.
Le Roi voulant conftater d'une maniere fixe &
certaine , le montant des dettes contractées pour
le Service de la Marine & des Colonies , afin de
parvenir à les acquitter , a rendu un Arrèt dans
fon Confeil d'Etat , par lequel Sa Majefté or212
MERCURE DE FRANCE.
donne , que dans trois mois pour tout délai , les
Créanciers ou leurs Tuteurs & Curateurs , foient
tenus de repréfenter les Titres fur lesquels ils
fondent leur créance , pardevant les fieurs de
Fontanieu & de la Bourdonnaye , Conſeillers
d'Etat , Silhouette & de Boullongne , Maître des
Requêtes , & de Cotte , Maître des Requêtes &
Intendant du Commerce , pour être procédé à la
vérification des créances , & pourvû enfuite au
payement , & que les créances demeurent éteintes,
fi elles ne font pas répréſentées dans le terme
prefcrit.
Par un autre Arrêt de fon Confeil d'Etat , le
Roia preferit la forme dans laquelle les Créanciers,
leurs Repréfentans , ou leurs Fondés de procuration
fpéciale , doivent faire la repréfentation de
leurs Titres.
Il paroît une Ordonnance du Roi , en date du
21 Octobre dernier , pour établir une nouvelle
forme dans la compofition des Compagnies détachées
des Dragons , Gardes- Côtes de la Province
de Guyenne. Sa Majesté ordonne , qu'il y aura
dans cette Province 18 Compagnies de Dragons
de so hommes , qui formeront 9 Eſcadrons, & que
ces Dragons feront placés pendant le tems de la,
Guerre , de diftance en diſtance , & feront chargés
de fe rendre , de main en main , les Lettres &
les Avis concernant le Service , pour les faire parvenir
, fans retard , au Commandant Général
& à l'Intendant de la Province.
Dans une feconde Ordonnance , en date du 31
du même mois , Sa Majesté ordonne que les Of
ficiers & Sergents des Compagnies de Fufiliers de
fes Troupes d'Infanterie , foient dorénavant armés
de fufils avec leurs bayonnettes , ainfi que
ceux des Compagnies de Grenadiers.
Le Château de Rhinfels eft une des plus fortes
Places qui foit fur le Rhin. Il eft auprès de Saint
JANVIER. 1759. 213
foar , & lui fert de Citadelle . Cette Place nous
tant abſolument néceffaire pour allurer la liberté
e la navigation du Rhin , le Maréchal de Soubife
chargé le Marquis de Caftries , de s'en rendre
aître ; ce qu'il a exécuté avec tout le fuccès qu'on
ouvoit delirer. La Ville de Saint- Goar a été
Icaladée en même tems , par les Régimens de
aint-Germain & de la Féronnaye. Le Comte de
cey , à la tête de fon Régiment , s'eſt emparé de
chuartz -Haufen , & du Château de Calze. La
arniſon a été faite Priſonniere de Guerre , ainfi
ue celle de Saint- Goar , qui en voulant fe retirer
ans le Château , a été coupée & forcée de fe
endre. Le Gouverneur de ce Château a été fomé
& contraint de capituler. Les Troupes du
oi y font entrées . On y a trouvé une Artil
rie confiderable , dont on donnera le détail ,
orfque le Maréchal de Soubife aura envoyé les
Articles de la Capitulation.
Le Marquis de Caftries a acquis beaucoup
Phonneur , par fa prévoyance , & fon activité dans
oute la conduite de cette entrepriſe. Cette Place
It d'autant plus importante ,, qu'étant pourvue
l'une bonne Garnifon & de toutes les Munitions
éceffaires , elle peut tenir plus de fix femaines ,
u cas qu'elle foit attaquée.
Cette Nouvelle a été apportée par un Courrier
que le Maréchal de Soubife a dépêché , & qui eſt
Arrivé le 6. de ce mois.
Du 9.
Le 2. de ce mois , le Parlement enregistra une
Déclaration du Roi , donnée a Verſailles , le 29
Octobre de la préfente année,portant acceptation
des offres faites par les Notaires de Paris , d'acquérir
27120 liv. de rente au denier 2 , faifant partie
des 3002000 livres de rentes , créées par Edis
du mois d'Avril , fur les Aydes & Gabelles , en
214 MERCURE DE FRANCE.
payant au Tréfor Royal la fomme de 678000 liv.
enconféquence Sa Majefté ordonne que les Notaires
de Paris feront diftraits de l'Etat annéxé
à l'Edit du mois d'Août fuivant , portant création
d'un million effectif d'augmentation de gages.
Du 16.
Le 12 de ce mois , le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregiſtra un Edit du Roi ,
portant création de 3006000 liv . de Rentes viageres
fur les Aydes & Gabelles. Il eſt ſtatué par
cet Edit , que les Conſtitutions particulieres de ces
Rentes , ne pourront être moindres , fur une
feule tête , de so livres , & fur deux têtes , de
40 livres de jouiffance annuelle , que les Rentes
acquifes fur une feule tête , feront reparties en fix
Claffes ; la premiere , depuis la naiſſance juſqu'à
so ans accomplis , à dix pour cent ; la feconde ,
depuis so , jufqu'à ƒs , à dix & demi ; la troifiéme
, depuis 55 , jufqu'à 60 , à onze ; la quatriéme
, depuis 60 , juſqu'à 65 , à douze ; la cinquiéme
, depuis 65 , juſqu'à 70 , à treize ; la fixiéme
depuis 70 , jufqu'à 75 , ans , & au- deffus ,
à quatorze pour cent , & que les Rentes fur deux
têtes feront acquifes fans diftinction d'âge & de
claffe , à huit pour cent.
On a trouvé dans la Citadelle de Rhinfels 72
piéces de canon , 35 mortiers , & beaucoup de
munitions de Guerre. On y a fait s 30 Priſonniers,
dont 20 Officiers & un Colonel .
Le Roi voulant conftater d'une maniere fixe &
certaine , le montant des dettes contractées pour
le Service de la Marine & des Colonies , afin de
parvenir à les acquitter , a rendu un Arrèt dans
fon Confeil d'Etat , par lequel Sa Majefté or212
MERCURE DE FRANCE.
donne , que dans trois mois pour tout délai , les
Créanciers ou leurs Tuteurs & Curateurs , foient
tenus de repréfenter les Titres fur lesquels ils
fondent leur créance , pardevant les fieurs de
Fontanieu & de la Bourdonnaye , Conſeillers
d'Etat , Silhouette & de Boullongne , Maître des
Requêtes , & de Cotte , Maître des Requêtes &
Intendant du Commerce , pour être procédé à la
vérification des créances , & pourvû enfuite au
payement , & que les créances demeurent éteintes,
fi elles ne font pas répréſentées dans le terme
prefcrit.
Par un autre Arrêt de fon Confeil d'Etat , le
Roia preferit la forme dans laquelle les Créanciers,
leurs Repréfentans , ou leurs Fondés de procuration
fpéciale , doivent faire la repréfentation de
leurs Titres.
Il paroît une Ordonnance du Roi , en date du
21 Octobre dernier , pour établir une nouvelle
forme dans la compofition des Compagnies détachées
des Dragons , Gardes- Côtes de la Province
de Guyenne. Sa Majesté ordonne , qu'il y aura
dans cette Province 18 Compagnies de Dragons
de so hommes , qui formeront 9 Eſcadrons, & que
ces Dragons feront placés pendant le tems de la,
Guerre , de diftance en diſtance , & feront chargés
de fe rendre , de main en main , les Lettres &
les Avis concernant le Service , pour les faire parvenir
, fans retard , au Commandant Général
& à l'Intendant de la Province.
Dans une feconde Ordonnance , en date du 31
du même mois , Sa Majesté ordonne que les Of
ficiers & Sergents des Compagnies de Fufiliers de
fes Troupes d'Infanterie , foient dorénavant armés
de fufils avec leurs bayonnettes , ainfi que
ceux des Compagnies de Grenadiers.
Le Château de Rhinfels eft une des plus fortes
Places qui foit fur le Rhin. Il eft auprès de Saint
JANVIER. 1759. 213
foar , & lui fert de Citadelle . Cette Place nous
tant abſolument néceffaire pour allurer la liberté
e la navigation du Rhin , le Maréchal de Soubife
chargé le Marquis de Caftries , de s'en rendre
aître ; ce qu'il a exécuté avec tout le fuccès qu'on
ouvoit delirer. La Ville de Saint- Goar a été
Icaladée en même tems , par les Régimens de
aint-Germain & de la Féronnaye. Le Comte de
cey , à la tête de fon Régiment , s'eſt emparé de
chuartz -Haufen , & du Château de Calze. La
arniſon a été faite Priſonniere de Guerre , ainfi
ue celle de Saint- Goar , qui en voulant fe retirer
ans le Château , a été coupée & forcée de fe
endre. Le Gouverneur de ce Château a été fomé
& contraint de capituler. Les Troupes du
oi y font entrées . On y a trouvé une Artil
rie confiderable , dont on donnera le détail ,
orfque le Maréchal de Soubife aura envoyé les
Articles de la Capitulation.
Le Marquis de Caftries a acquis beaucoup
Phonneur , par fa prévoyance , & fon activité dans
oute la conduite de cette entrepriſe. Cette Place
It d'autant plus importante ,, qu'étant pourvue
l'une bonne Garnifon & de toutes les Munitions
éceffaires , elle peut tenir plus de fix femaines ,
u cas qu'elle foit attaquée.
Cette Nouvelle a été apportée par un Courrier
que le Maréchal de Soubife a dépêché , & qui eſt
Arrivé le 6. de ce mois.
Du 9.
Le 2. de ce mois , le Parlement enregistra une
Déclaration du Roi , donnée a Verſailles , le 29
Octobre de la préfente année,portant acceptation
des offres faites par les Notaires de Paris , d'acquérir
27120 liv. de rente au denier 2 , faifant partie
des 3002000 livres de rentes , créées par Edis
du mois d'Avril , fur les Aydes & Gabelles , en
214 MERCURE DE FRANCE.
payant au Tréfor Royal la fomme de 678000 liv.
enconféquence Sa Majefté ordonne que les Notaires
de Paris feront diftraits de l'Etat annéxé
à l'Edit du mois d'Août fuivant , portant création
d'un million effectif d'augmentation de gages.
Du 16.
Le 12 de ce mois , le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregiſtra un Edit du Roi ,
portant création de 3006000 liv . de Rentes viageres
fur les Aydes & Gabelles. Il eſt ſtatué par
cet Edit , que les Conſtitutions particulieres de ces
Rentes , ne pourront être moindres , fur une
feule tête , de so livres , & fur deux têtes , de
40 livres de jouiffance annuelle , que les Rentes
acquifes fur une feule tête , feront reparties en fix
Claffes ; la premiere , depuis la naiſſance juſqu'à
so ans accomplis , à dix pour cent ; la feconde ,
depuis so , jufqu'à ƒs , à dix & demi ; la troifiéme
, depuis 55 , jufqu'à 60 , à onze ; la quatriéme
, depuis 60 , juſqu'à 65 , à douze ; la cinquiéme
, depuis 65 , juſqu'à 70 , à treize ; la fixiéme
depuis 70 , jufqu'à 75 , ans , & au- deffus ,
à quatorze pour cent , & que les Rentes fur deux
têtes feront acquifes fans diftinction d'âge & de
claffe , à huit pour cent.
On a trouvé dans la Citadelle de Rhinfels 72
piéces de canon , 35 mortiers , & beaucoup de
munitions de Guerre. On y a fait s 30 Priſonniers,
dont 20 Officiers & un Colonel .
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Résumé : De Paris, le 2 Décembre.
Le 2 décembre, le roi de France a pris plusieurs mesures administratives et militaires. Pour régler les dettes de la Marine et des Colonies, il a ordonné aux créanciers de représenter leurs titres dans un délai de trois mois auprès de conseillers d'État et maîtres des requêtes, sous peine de voir leurs créances éteintes. Un autre arrêt a précisé la forme de représentation des titres. Sur le plan militaire, le roi a réorganisé les compagnies de dragons et de fusiliers en Guyenne. Il a créé 18 compagnies de dragons formant 9 escadrons, chargés de transmettre les lettres et avis concernant le service. Une autre ordonnance a stipulé que les officiers et sergents des compagnies de fusiliers doivent être armés de fusils avec baïonnettes, comme ceux des compagnies de grenadiers. Le maréchal de Soubise a pris le contrôle du château de Rhinfels et de la ville de Saint-Goar, capturant les garnisons et une artillerie considérable. Le marquis de Castries a joué un rôle clé dans cette opération, acquérant ainsi beaucoup d'honneur. La nouvelle de cette prise a été apportée par un courrier du maréchal de Soubise, arrivé le 6 janvier. Le 2 janvier, le Parlement a enregistré une déclaration royale acceptant les offres des notaires de Paris d'acquérir des rentes. Le 12 janvier, le Parlement a enregistré un édit créant 3 006 000 livres de rentes viagères sur les aides et gabelles, avec des constitutions particulières selon l'âge et le nombre de têtes. Dans la citadelle de Rhinfels, on a trouvé 72 pièces de canon, 35 mortiers, beaucoup de munitions de guerre, et fait 30 prisonniers, dont 20 officiers et un colonel.
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3336
p. 194
DE CONSTANTINOPLE, le 8 Novembre 1758.
Début :
Le Grand-Seigneur vient d'accorder la paix aux Tartares. Leur rébellion ne les a [...]
Mots clefs :
Grand seigneur, Paix, Tartares, Rébellion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE CONSTANTINOPLE, le 8 Novembre 1758.
DE CONSTANTINOPLE , le 8 Novembre 1758.
LEE Grand- Seigneur vient d'accorder la paix
aux Tartares. Leur rébellion ne les a pas empêché
d'obtenir des conditions très - favorables. Ils
ont eu permiffion de garder le nouveau Kan
qu'ils s'étoient choifi , au préjudice de celui que
la Porte leur avoit nommé .
LEE Grand- Seigneur vient d'accorder la paix
aux Tartares. Leur rébellion ne les a pas empêché
d'obtenir des conditions très - favorables. Ils
ont eu permiffion de garder le nouveau Kan
qu'ils s'étoient choifi , au préjudice de celui que
la Porte leur avoit nommé .
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3337
p. 194-195
De Prague, le premier Décembre.
Début :
Le Maréchal Daun, après avoir réglé les Quartiers d'Hyver que doivent [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Quartier d'hiver, Artillerie, Armée, Protection des frontières, Général Laudon, Armée prussienne, Incendie de Dresde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Prague, le premier Décembre.
De Prague , le premier Décembre.
Le Maréchal Daun , après avoir réglé les Quartiers
d'Hyver que doivent occuper les différents
Corps de fon Armée , fe rendit ici le 27. La plus
grande partie de PArtillerie a été envoyée à
Budweifs , & la Réſerve à Kollin . Les Quartiers
s'étendent depuis Egra jufqu'à Konigsgraz.
Nos Frontieres, du côté de la Saxe , font gardées
par un Cordon de Huffards & de Croates , fou
tenus par de l'Infanterie , & par quelque Régi
ment de Cavalerie. Il y a un autre Cordon tiré
de la Luface par les Montagnes qui conduiſent
en Bohême. Le Général Laudon le commande ,
& il a fon Quartier-Général à Toplitz.
Les Troupes Pruffiennes commandées par le
Comte de Bohna , & par le Général Wedel , ſe
JANVIER. 1759 .
font réunies à l'Armée du Roi de Pruffe qui eft
193
campée près de Drefde.
On prétend que le Prince Henri ayant reconnu
par lui- même les ravages caufés par l'incendie
des Fauxbourgs de Dreſde , en a été vivement
touché. Le Roi de Prufle a ordonné au
Clergé de Saxe de fournir une fomme de 1 50000
écus , qui fera employée à rebâtir les Fauxbourgs ;
il a fait faire à Dreſde une Collecte générale ,
pour fecourir ceux que l'incendie a réduits
manquer de tout.
Le Maréchal Daun , après avoir réglé les Quartiers
d'Hyver que doivent occuper les différents
Corps de fon Armée , fe rendit ici le 27. La plus
grande partie de PArtillerie a été envoyée à
Budweifs , & la Réſerve à Kollin . Les Quartiers
s'étendent depuis Egra jufqu'à Konigsgraz.
Nos Frontieres, du côté de la Saxe , font gardées
par un Cordon de Huffards & de Croates , fou
tenus par de l'Infanterie , & par quelque Régi
ment de Cavalerie. Il y a un autre Cordon tiré
de la Luface par les Montagnes qui conduiſent
en Bohême. Le Général Laudon le commande ,
& il a fon Quartier-Général à Toplitz.
Les Troupes Pruffiennes commandées par le
Comte de Bohna , & par le Général Wedel , ſe
JANVIER. 1759 .
font réunies à l'Armée du Roi de Pruffe qui eft
193
campée près de Drefde.
On prétend que le Prince Henri ayant reconnu
par lui- même les ravages caufés par l'incendie
des Fauxbourgs de Dreſde , en a été vivement
touché. Le Roi de Prufle a ordonné au
Clergé de Saxe de fournir une fomme de 1 50000
écus , qui fera employée à rebâtir les Fauxbourgs ;
il a fait faire à Dreſde une Collecte générale ,
pour fecourir ceux que l'incendie a réduits
manquer de tout.
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Résumé : De Prague, le premier Décembre.
En décembre 1758, le maréchal Daun organise les quartiers d'hiver de son armée. Il arrive à Prague le 27 décembre, envoyant l'artillerie à Budweis et la réserve à Kollin. Les quartiers s'étendent de Egra à Königsgraz. Les frontières saxonnes sont protégées par un cordon de hussards et de Croates, soutenu par de l'infanterie et de la cavalerie. Un autre cordon, dirigé par le général Laudon, s'étend de la Luface aux montagnes de Bohême, avec son quartier-général à Toplitz. Les troupes prussiennes, sous les ordres du comte de Bohn et du général Wedel, rejoignent l'armée du roi de Prusse près de Dresde. En janvier 1759, le prince Henri est affecté par l'incendie des faubourgs de Dresde. Le roi de Prusse ordonne au clergé saxon de fournir 150 000 écus pour la reconstruction et organise une collecte générale à Dresde pour aider les victimes.
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3338
p. 195
De Vienne, le 10 Décembre.
Début :
Le Maréchal Daun arriva ici le 7. Leurs Majestés Impériales lui [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Majesté impériale, Leipzig, Taxes, Marchands, Saxe, Prince Maurice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne, le 10 Décembre.
De Vienne , le 10. Décembre.
Le Maréchal Daun arriva ici le 7. Leurs Majeſtés
Impériales lui firent tout l'accueil que méritent
fes fervices.
Du 22.
On mande de Saxe que la Ville de Leipfick
n'a pu obtenir de diminution à la fomme de
sooooo écus , à quoi elle a été taxće. On a mis
les Magiftrats aux arrêts dans l'Hôtel - de- Ville. Les
Principaux Marchands ſont gardés à la Bourſe
par des Soldats ; & les uns & les autres n'auront
leur liberté que lorſque la fomme aura été payée
en entier.
Le 4 , les Etats de Saxe s'aſſemblerent par ordre
du Roi de Pruſſe , & on leur demanda 18000
hommes de Recrues , & 800000 écus de contribution.
Le Prince Maurice , qui avoit été bleſſé & fair
Prisonnier à la Batailled'Hoch-Kircken , eft préfentement
hors de danger.
Le Maréchal Daun arriva ici le 7. Leurs Majeſtés
Impériales lui firent tout l'accueil que méritent
fes fervices.
Du 22.
On mande de Saxe que la Ville de Leipfick
n'a pu obtenir de diminution à la fomme de
sooooo écus , à quoi elle a été taxće. On a mis
les Magiftrats aux arrêts dans l'Hôtel - de- Ville. Les
Principaux Marchands ſont gardés à la Bourſe
par des Soldats ; & les uns & les autres n'auront
leur liberté que lorſque la fomme aura été payée
en entier.
Le 4 , les Etats de Saxe s'aſſemblerent par ordre
du Roi de Pruſſe , & on leur demanda 18000
hommes de Recrues , & 800000 écus de contribution.
Le Prince Maurice , qui avoit été bleſſé & fair
Prisonnier à la Batailled'Hoch-Kircken , eft préfentement
hors de danger.
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Résumé : De Vienne, le 10 Décembre.
Le 10 décembre, le maréchal Daun fut accueilli à Vienne par les Majestés Impériales. À Leipzig, les magistrats et marchands furent arrêtés pour non-paiement de 5000 écus. Le 4 décembre, le roi de Prusse demanda 18 000 recrues et 800 000 écus à la Saxe. Le prince Maurice, blessé à Hoch-Kirchen, était hors de danger.
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3339
p. 195-196
De Berlin, le 30 Novembre.
Début :
Le Prince dont la Princesse Royale de Prusse est accouchée en dernier lieu, [...]
Mots clefs :
Prince, Princesse, Prusse, Baptême, Parrains et marraines
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texteReconnaissance textuelle : De Berlin, le 30 Novembre.
De Berlin , le 30. Novembre.
Le Prince dont la Princeffe Royale de Pruſſe
eft accouchée en dernier lieu , fut baptiſé le 19
de ce mois à Magdebourg . Il eut pour Parrain
le Roi d'Angleterre , & pour Marraine la Princelle
d'Orange , Gouvernante des Provinces- Unies.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
On lui donna le nom de Georges - Charles-Emile.
Les deux Princes de Pruffe arriverent ici le 27 de
Poftdam .
Le Prince dont la Princeffe Royale de Pruſſe
eft accouchée en dernier lieu , fut baptiſé le 19
de ce mois à Magdebourg . Il eut pour Parrain
le Roi d'Angleterre , & pour Marraine la Princelle
d'Orange , Gouvernante des Provinces- Unies.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE
On lui donna le nom de Georges - Charles-Emile.
Les deux Princes de Pruffe arriverent ici le 27 de
Poftdam .
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3340
p. 196
De Leipsick, le 6. Décembre.
Début :
On mande de Cassel que les Troupes Hanovriennes sont rentrées dans la Hesse, [...]
Mots clefs :
Troupes, Provisions, Comte, Députation royale, Roi de Prusse, Ministres
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texteReconnaissance textuelle : De Leipsick, le 6. Décembre.
De Leipfick, le 6. Décembre.
On mande de Caffel que les Troupes Hanovriennes
font rentrées dans la Heffe , au mo .
ment qu'elle a été évacuée par les François ;
que ce Pays eft fi dépourvû de Vivres , qu'on eft
obligé d'y en faire tranfporter de l'Electorat
d'Hanovre , & que la difficulté des tranſports
eft fi grande , qu'on eft perfuadé que ces Trouferont
forcées d'aller hiverner ailleurs.
pes
Les Troupes que le Comte de Dohna doit commander,
continuent de paffer par cette Ville; & nos
Magiftrats ne font occupés qu'à leur faire fournir
les Rations néceffaires de Vivres & de Fourages.
Du 8.
On mande de Dreſde que le Général Borch a
fait publier un écrit que l'on dit être émané de
la grande Députation Royale. Il y eft dit que
la
Saxe ne doit plus être regardée comme un fimple
dépôt remis entre les mains du Roi de Pruffe , &
que ce Prince eſt fondé à traiter déformais cet
Electorat comme un Pays conquis , l'ayant pris
für fes Ennemis par la force des armes.
Le Roi de Pruffe a donné ordre , que l'on mit
en féqueftre tous les biens des Miniftres d'Etat du
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , pour dédom
mager les Comtes de Podewils & de Dohna ,
des pertes qu'ils ont fouffertes de la part des
Ruffes & des Suédois.
On mande de Caffel que les Troupes Hanovriennes
font rentrées dans la Heffe , au mo .
ment qu'elle a été évacuée par les François ;
que ce Pays eft fi dépourvû de Vivres , qu'on eft
obligé d'y en faire tranfporter de l'Electorat
d'Hanovre , & que la difficulté des tranſports
eft fi grande , qu'on eft perfuadé que ces Trouferont
forcées d'aller hiverner ailleurs.
pes
Les Troupes que le Comte de Dohna doit commander,
continuent de paffer par cette Ville; & nos
Magiftrats ne font occupés qu'à leur faire fournir
les Rations néceffaires de Vivres & de Fourages.
Du 8.
On mande de Dreſde que le Général Borch a
fait publier un écrit que l'on dit être émané de
la grande Députation Royale. Il y eft dit que
la
Saxe ne doit plus être regardée comme un fimple
dépôt remis entre les mains du Roi de Pruffe , &
que ce Prince eſt fondé à traiter déformais cet
Electorat comme un Pays conquis , l'ayant pris
für fes Ennemis par la force des armes.
Le Roi de Pruffe a donné ordre , que l'on mit
en féqueftre tous les biens des Miniftres d'Etat du
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , pour dédom
mager les Comtes de Podewils & de Dohna ,
des pertes qu'ils ont fouffertes de la part des
Ruffes & des Suédois.
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Résumé : De Leipsick, le 6. Décembre.
Le 6 décembre, les troupes hanovriennes ont occupé la rivière Heffe, abandonnée par les Français. La région souffre d'un manque de vivres, obligeant les troupes à se ravitailler depuis l'Électorat d'Hanovre. Les problèmes de transport pourraient forcer les troupes à passer l'hiver ailleurs. Parallèlement, les troupes du Comte de Dohna traversent Leipfick, où les autorités locales leur fournissent les rations nécessaires. Le 8 décembre, des nouvelles de Dresde rapportent que le Général Borch a publié un document de la grande Députation Royale. Ce texte déclare que la Saxe n'est plus un simple dépôt aux mains du Roi de Prusse, mais un pays conquis. Le Roi de Prusse a ordonné la confiscation des biens des ministres d'État du Roi de Pologne, Électeur de Saxe, pour compenser les pertes subies par les Comtes de Podewils et de Dohna face aux Russes et aux Suédois.
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3341
p. 196-197
DE DRESDE, le 14. Décembre.
Début :
Le 10, le Roi de Prusse partit de cette Ville pour se rendre en Silésie. [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Troupes, Électorat, Comte de Dohna, Mouvements des troupes
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texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 14. Décembre.
DE DRESDE , le 14. Décembre.
Le to , le Roi de Pruffe partit de cette Ville
pour le rendre en Siléfie . Son intention eſt de
paffer l'hyver à Breslau. Le Prince Henry commandera
en Saxe. Les Troupes qui étoient à les
prdres ont été renforcées de plufieurs Régiments
JANVIER. 1759. 197
de la grande armée , & de quelques Bataillons
détachés du Corps commandé par le Général
Wedel.
Cet Electorat eft taxé à neuf millions d'écus
pour l'année prochaine. Le Roi de Pruffe a donné
ordre que l'on abattît toutes les Forêts qui appartiennent
au Roi de Pologne , & que le bois
füt vendu par adjudication . Les fieurs de Zinow
& de Kleift font chargés de faire exécuter la vo-
Jonté du Roi.
On avoit cru d'abord que le Comte de Dɔhna
marchoit en Thuringe pour y prendre les quartiers.
On fçait à préfent que l'Armée qu'il commande
a une deſtination toute opposée. En
quittant Léipfik , elle a dirigé fa marche fur
Priegnitz ; & on affure qu'elle va fè répandre
dans la Poméramie & le Mecklenbourg.
Le to , le Roi de Pruffe partit de cette Ville
pour le rendre en Siléfie . Son intention eſt de
paffer l'hyver à Breslau. Le Prince Henry commandera
en Saxe. Les Troupes qui étoient à les
prdres ont été renforcées de plufieurs Régiments
JANVIER. 1759. 197
de la grande armée , & de quelques Bataillons
détachés du Corps commandé par le Général
Wedel.
Cet Electorat eft taxé à neuf millions d'écus
pour l'année prochaine. Le Roi de Pruffe a donné
ordre que l'on abattît toutes les Forêts qui appartiennent
au Roi de Pologne , & que le bois
füt vendu par adjudication . Les fieurs de Zinow
& de Kleift font chargés de faire exécuter la vo-
Jonté du Roi.
On avoit cru d'abord que le Comte de Dɔhna
marchoit en Thuringe pour y prendre les quartiers.
On fçait à préfent que l'Armée qu'il commande
a une deſtination toute opposée. En
quittant Léipfik , elle a dirigé fa marche fur
Priegnitz ; & on affure qu'elle va fè répandre
dans la Poméramie & le Mecklenbourg.
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Résumé : DE DRESDE, le 14. Décembre.
Le 14 décembre, le roi de Prusse quitta Dresde pour passer l'hiver à Breslau en Silésie. Le prince Henry prit le commandement en Saxe. Les troupes aux avant-postes furent renforcées par plusieurs régiments de la grande armée et des bataillons du corps du général Wedel. Pour l'année suivante, l'Électorat fut taxé à neuf millions d'écus. Le roi de Prusse ordonna l'abattage des forêts appartenant au roi de Pologne, avec vente du bois par adjudication. Les sieurs de Zinow et de Kleist furent chargés de cette tâche. Initialement, on pensait que le comte de Dohna se dirigeait vers la Thuringe. Cependant, son armée se dirigea vers le Priegnitz et se préparait à se répandre en Poméranie et Mecklembourg.
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3342
p. 197-198
DE HAMBOURG, le 28 Novembre.
Début :
Le 21 de ce mois, le Quartier Général de l'Armée Suédoise [...]
Mots clefs :
Armée suédoise, Armée prussienne, Comte de Dohna, Enrôlement, Feld-maréchal, Prisonnier, Quartier d'hiver
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texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 28 Novembre.
DE HAMBOURG le 18 Novembre.
Le 21 de ce mois , le Quartier Général de
l'Armée Suédoiſe étoit encore à Prentzlaw.
Du 2 Décembre .
L'Armée Pruffienne aux ordres du Comte de
Dohna , elt entrée dans le Mecklembourg. Elle
a répandu une fi grande terreur dans le Pays
que tous les jeunes gens ont pris la fuite , dans
la crainte d'être enrôlés par force. Le Roi de
Pruffe a donné ordre de lever dans le Brandebourg
trente-fix mille hommes de recrues , pour
remplir les vuides que la campagne derniere a
laifles dans les divers Corps qui compofent fes
Armées.
Le Feeld - Maréchal Comte de Seckendorff-
Meuſchwitz-, a été enlevé dans fon Château par
ordre du Roi de Pruffe , & conduit Priſonnier à
Magdebourg.
⚫ pour
L'Armée Suédoife a répaffé la Peene
prendre fes quartiers d'hyver à Gripfwalde & à
I iij
198 MERCURE DE FRANCE...
Stralfund. Elle a laiffé de fortes garniſons dans
Anclam & Demmin.
Le 21 de ce mois , le Quartier Général de
l'Armée Suédoiſe étoit encore à Prentzlaw.
Du 2 Décembre .
L'Armée Pruffienne aux ordres du Comte de
Dohna , elt entrée dans le Mecklembourg. Elle
a répandu une fi grande terreur dans le Pays
que tous les jeunes gens ont pris la fuite , dans
la crainte d'être enrôlés par force. Le Roi de
Pruffe a donné ordre de lever dans le Brandebourg
trente-fix mille hommes de recrues , pour
remplir les vuides que la campagne derniere a
laifles dans les divers Corps qui compofent fes
Armées.
Le Feeld - Maréchal Comte de Seckendorff-
Meuſchwitz-, a été enlevé dans fon Château par
ordre du Roi de Pruffe , & conduit Priſonnier à
Magdebourg.
⚫ pour
L'Armée Suédoife a répaffé la Peene
prendre fes quartiers d'hyver à Gripfwalde & à
I iij
198 MERCURE DE FRANCE...
Stralfund. Elle a laiffé de fortes garniſons dans
Anclam & Demmin.
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Résumé : DE HAMBOURG, le 28 Novembre.
Le 18 novembre, le quartier général de l'Armée suédoise était à Prentzlaw. Le 2 décembre, l'Armée prussienne, dirigée par le Comte de Dohna, a envahi le Mecklembourg, provoquant la fuite des jeunes hommes pour éviter la conscription. Le Roi de Prusse a ordonné de lever 36 000 recrues. Le Feld-Maréchal Comte de Seckendorff-Meuschwitz a été arrêté et conduit à Magdebourg. L'Armée suédoise a traversé la Peeene pour hiverner à Gripfwalde et Stralfund, laissant des garnisons à Anclam et Demmin.
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3343
p. 198
DE HANOVRE, le 2 Décembre.
Début :
Le Quartier Général du Prince Ferdinand est à Munster ; celui du [...]
Mots clefs :
Quartier général, Prince Ferdinand , Duc, Prince Héréditaire de Brunswick
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HANOVRE, le 2 Décembre.
DE HANOVRE ,. le 2 Décembre.
Le Quartier Général du Prince Ferdinand eft à
Munſter ; celui du Prince héréditaire de Brunfwick
à Dalmen ; & celui du Duc de Holſtein-
Gottorp a Hatteren.
Le Quartier Général du Prince Ferdinand eft à
Munſter ; celui du Prince héréditaire de Brunfwick
à Dalmen ; & celui du Duc de Holſtein-
Gottorp a Hatteren.
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3344
p. 198
DE FRANCFORT, le 10. Décembre.
Début :
Les Troupes de l'Empire ont pris leurs quartiers dans la Franconie. [...]
Mots clefs :
Troupes, Baron, Prince, Prusse, Infanterie, Régiments, Maréchal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FRANCFORT, le 10. Décembre.
DE FRANCFORT , le 10. Décembre.
Les Troupes de l'Empire ont pris leurs quartiers
dans la Franconie. Le Baron de Pretlach eſt
établi à Rotenbourg avec le corps qu'il comman-
`de. Le Prince de Deux Ponts a fon Quartier Général
à Nuremberg. Les Pruffiens occupent
les
Poftes de Plawen , de Reichenbac & de Géra. Le
bruit a couru que le Comte de Dohna alloit ſe
mettre en marche avec un corps de trente mille
hommes , dans l'intention de troubler la communication
des Quartiers de l'Armée de l'Empire
& des Armées Françoiles.
Le Maréchal de Soubile partit de Marbourg
le premier de ce mois , avec l'Arriere-Garde de
fon Armée , pour ſe rendre à Hanau , où lon
Quartier-Général fera établi pendant l'Hy ver . Le
Régiment de Rohan , Infanterie , y arriva le 2 ,
& celui de Piémont les deux jours fuivants . Le
Régiment Dauphin a fon Quartier à Friedberg ,
& celui de Royal Rouffillon à Winecken .
Les Troupes de l'Empire ont pris leurs quartiers
dans la Franconie. Le Baron de Pretlach eſt
établi à Rotenbourg avec le corps qu'il comman-
`de. Le Prince de Deux Ponts a fon Quartier Général
à Nuremberg. Les Pruffiens occupent
les
Poftes de Plawen , de Reichenbac & de Géra. Le
bruit a couru que le Comte de Dohna alloit ſe
mettre en marche avec un corps de trente mille
hommes , dans l'intention de troubler la communication
des Quartiers de l'Armée de l'Empire
& des Armées Françoiles.
Le Maréchal de Soubile partit de Marbourg
le premier de ce mois , avec l'Arriere-Garde de
fon Armée , pour ſe rendre à Hanau , où lon
Quartier-Général fera établi pendant l'Hy ver . Le
Régiment de Rohan , Infanterie , y arriva le 2 ,
& celui de Piémont les deux jours fuivants . Le
Régiment Dauphin a fon Quartier à Friedberg ,
& celui de Royal Rouffillon à Winecken .
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Résumé : DE FRANCFORT, le 10. Décembre.
Le 10 décembre, les troupes impériales se sont déployées en Franconie. Le Baron de Pretlach est à Rotenbourg, et le Prince de Deux Ponts à Nuremberg. Les Prussiens contrôlent Plawen, Reichenbach et Géra. Le Comte de Dohna pourrait perturber les communications avec trente mille hommes. Le Maréchal de Soubise a établi son quartier général à Hanau pour l'hiver. Divers régiments sont stationnés à Hanau, Friedberg et Winecken.
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3345
p. 198-199
De Lipstadt, le 18 Décembre.
Début :
La Boulangerie de Campagne de l'Armée des Alliés, qui a été [...]
Mots clefs :
Troupes, Fourrages, Disette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Lipstadt, le 18 Décembre.
De Lipstadt , le 18 Décembre.
La Boulangerie de Campagne de l'Armée des
Alliés , qui a été ici quelque temps , vient d'être
renvoyée à Lipperode. Malgré la rigueur de
l'Hyver , les Troupes Légeres continuent de faire
des Courſes. Lés Huffards de Turpen ſe font montrés
à Hagen & à Iferlhon dans le Comté de la
Marck , & ont enlevé beaucoup de Fourages.
Différents Partis des Volontaires de Flandre ont
voulu attaquer le Pofte d'Attendorn ; mais ils ont
JANVIER. 1759. 199
été repouflés par un Détachement des Huffardsnoirs
qui leur ont fait quelques Prifonniers.
On mande de Munfter , que la difette de Fourragesy
eft extrême , que les Entrepreneurs chargés
d'en fournir , font hors d'état de remplir
leurs engagements , à caufe que toute la Weſtphalie
le trouve épaifée , & que la Regence de
cette Ville eft à ce fujet dans un grand embarras.
La Boulangerie de Campagne de l'Armée des
Alliés , qui a été ici quelque temps , vient d'être
renvoyée à Lipperode. Malgré la rigueur de
l'Hyver , les Troupes Légeres continuent de faire
des Courſes. Lés Huffards de Turpen ſe font montrés
à Hagen & à Iferlhon dans le Comté de la
Marck , & ont enlevé beaucoup de Fourages.
Différents Partis des Volontaires de Flandre ont
voulu attaquer le Pofte d'Attendorn ; mais ils ont
JANVIER. 1759. 199
été repouflés par un Détachement des Huffardsnoirs
qui leur ont fait quelques Prifonniers.
On mande de Munfter , que la difette de Fourragesy
eft extrême , que les Entrepreneurs chargés
d'en fournir , font hors d'état de remplir
leurs engagements , à caufe que toute la Weſtphalie
le trouve épaifée , & que la Regence de
cette Ville eft à ce fujet dans un grand embarras.
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Résumé : De Lipstadt, le 18 Décembre.
Le 18 décembre, la Boulangerie de Campagne de l'Armée des Alliés a été déplacée de Lipstadt à Lipperode. Les hussards de Turpen ont pillé du fourrage à Hagen et Iferlhon. Des volontaires de Flandre ont attaqué Attendorn sans succès. Münster manque de fourrage, les entrepreneurs ne peuvent pas honorer leurs contrats. La régence de Münster est embarrassée par cette pénurie.
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3346
p. 199
De Crevelt, le 18. Décembre.
Début :
Le Maréchal de Contade, après avoir visité tous les Postes de son Armée sur les [...]
Mots clefs :
Maréchal, Armée, Marquis, Alliés, Hussards
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Crevelt, le 18. Décembre.
De Crevelt , le 18. Décembre.
Le Maréchal de Contade , après avoir vifité
tous les Poftes de fon Armée fur les deux Rives
du Rhin , a établi ici fon Quartier- Général. II.
partira pour Paris auffitôt que le Marquis d'Armentieres
, le plus Ancien des Lieutenants Généraux
, qui ont des Lettres de Service , fera arrivé
. Les Alliés répandus dans les Evêchés de
la Weftphalie , font fort tranquilles dans leurs
Quartiers. Les Huffards du Régiment de Turquin
, qui font à Herberfeld , s'étendent de plus
en plus dans le Pays de la Marck , d'où ils tirent
des Contributions de Fourrages. Ces Huf
fards & les autres Troupes Légeres , qui doivent
couvrir le Pays de Bergues de ce côté- là , vont
être renforcés par le Régiment des Volontaires
de Clermont- Prince :
Le Maréchal de Contade , après avoir vifité
tous les Poftes de fon Armée fur les deux Rives
du Rhin , a établi ici fon Quartier- Général. II.
partira pour Paris auffitôt que le Marquis d'Armentieres
, le plus Ancien des Lieutenants Généraux
, qui ont des Lettres de Service , fera arrivé
. Les Alliés répandus dans les Evêchés de
la Weftphalie , font fort tranquilles dans leurs
Quartiers. Les Huffards du Régiment de Turquin
, qui font à Herberfeld , s'étendent de plus
en plus dans le Pays de la Marck , d'où ils tirent
des Contributions de Fourrages. Ces Huf
fards & les autres Troupes Légeres , qui doivent
couvrir le Pays de Bergues de ce côté- là , vont
être renforcés par le Régiment des Volontaires
de Clermont- Prince :
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Résumé : De Crevelt, le 18. Décembre.
Le 18 décembre, le Maréchal de Contade installe son Quartier Général après avoir inspecté les positions de son armée sur les deux rives du Rhin. Il prévoit de partir pour Paris à l'arrivée du Marquis d'Armentières. Les troupes alliées en Westphalie sont calmes. Les hussards du Régiment de Turquin prélèvent des contributions en fourrages dans le Pays de la Marck. Le Régiment des Volontaires de Clermont-Prince renforcera les troupes légères protégeant le Pays de Bergues.
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3347
p. 199
De Madrid, le 20. Décembre.
Début :
La santé du Roi paroît meilleure depuis plusieurs jours. Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Santé, Roi, Amélioration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid, le 20. Décembre.
De Madrid , le 20. Décembre;
La fanté du Roi paroît meilleure depuis plufreurs
jours. Sa Majesté a pris un peu de nourriture
, & a joui de quelque temps de fommeil .
L'on dit qu'elle a fait fon teftament,
La fanté du Roi paroît meilleure depuis plufreurs
jours. Sa Majesté a pris un peu de nourriture
, & a joui de quelque temps de fommeil .
L'on dit qu'elle a fait fon teftament,
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3348
p. 199-200
De Barcelonne, le 8. Décembre.
Début :
Toutes les Lettres de Madrid nous font appréhender les suites de la [...]
Mots clefs :
Lettres, Santé du roi, Enrôlement, Construction navale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Barcelonne, le 8. Décembre.
De Barcelonne , le 8. Décembre.
Toutes les Lettres de Madrid nous font appréhender
les fuites de la maladie du Roi. Cependant
on exécute fans relâche les ordres donnés ,
pour mettre les forces du Royaume en état de
de le faire refpecter. On conftruit des Vaiffeaux
I. iv.
200 MERCURE DE FRANCE.
dans nos Ports , & on leve des Recrues dans les
Provinces.
Toutes les Lettres de Madrid nous font appréhender
les fuites de la maladie du Roi. Cependant
on exécute fans relâche les ordres donnés ,
pour mettre les forces du Royaume en état de
de le faire refpecter. On conftruit des Vaiffeaux
I. iv.
200 MERCURE DE FRANCE.
dans nos Ports , & on leve des Recrues dans les
Provinces.
Fermer
3349
p. 200
De Rome, le 25 Novembre.
Début :
Le Cardinal d'Yorck fut sacré Dimanche dernier, Archévêque de Corinthe, [...]
Mots clefs :
Cardinal, Sacre, Pape, Consistoire, Sculpture antique, Représentations, Découverte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 25 Novembre.
De Rome , le 25 Novembre.
Le Cardinal d'Yorck fut facré Dimanche dernier
, Archévêque de Corinthe , dans l'Eglife des
Saints Apôtres.
Le Mercredi , le Pape tint Confiftoire fecret au
Quirinal. Il fit la Cérémonie de former & d'ouvrir
la bouche au Cardinal Rezzonico . Le Cardinal
Sciarra Coloona préconifa l'Abbé d'Argentré
, Evêque de Limoges.
Du 12 Décembre.
On a découvert depuis peu , hors de la Porte
Pie , des morceaux d'Antiquité d'un grand prix.
Ce font trois Bas-reliefs de marbre , dont le premier
repréfente la Guerre des Amazones , le
fecond celle des Titans contre Jupiter , le troifiéme
celle des Grecs contre les Troyens. Ils .
font entiers & bien confervés .
Le Cardinal d'Yorck fut facré Dimanche dernier
, Archévêque de Corinthe , dans l'Eglife des
Saints Apôtres.
Le Mercredi , le Pape tint Confiftoire fecret au
Quirinal. Il fit la Cérémonie de former & d'ouvrir
la bouche au Cardinal Rezzonico . Le Cardinal
Sciarra Coloona préconifa l'Abbé d'Argentré
, Evêque de Limoges.
Du 12 Décembre.
On a découvert depuis peu , hors de la Porte
Pie , des morceaux d'Antiquité d'un grand prix.
Ce font trois Bas-reliefs de marbre , dont le premier
repréfente la Guerre des Amazones , le
fecond celle des Titans contre Jupiter , le troifiéme
celle des Grecs contre les Troyens. Ils .
font entiers & bien confervés .
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Résumé : De Rome, le 25 Novembre.
Le 25 novembre, le cardinal d'Yorck a été consacré archevêque de Corinthe à Rome. Le pape a ensuite ouvert la bouche du cardinal Rezzonico lors d'un consistoire secret. Le cardinal Sciarra Colonna a proposé l'abbé d'Argentré pour l'évêché de Limoges. Des bas-reliefs de marbre, représentant la guerre des Amazones, des Titans contre Jupiter et des Grecs contre les Troyens, ont été découverts près de la porte Pie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3350
p. 200-203
De Londres, le 5 Décembre.
Début :
Le 28 du mois dernier, la Chambre des Communes approuva unanimement [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Subside, Parlement, Augmentation des taxes, Denrées, Commerce, Taxes sur les terres, Enrôlement, Ordonnance, Jamaïque, Attaques, Canons, Soldats déserteurs, Campagnes militaires, Opérations maritimes, Amiral, Escadre, Méditerranée, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 5 Décembre.
De Londres , les Décembre.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
Le 28 du mois dernier , la Chambre des,
Communes approuva unanimement la réfolution
prife la veille , d'accorder un Subfide au Roi.
Enfuite dans un Comité Particulier , on procéda.
à l'examen des Actes de la derniere Séance du
Parlement. Il fut décidé que celui qui a pour obje
d'interdire la fortie & la diftillation des Grains , &
d'augmenter les Droits établis fur la Dreche ,
la Farine , le Bifcuit & l'Empoix , feroit continué
jufqu'au 24 Décembre 1759. On arrêta en:
même temps que l'Acte qui fufpend le payement.
des Droits d'Entrée fur les Bleds & Farines enlevés
à l'Ennemi , ne feroit point renouvellé. Le
29 , la Chambre ordonna qu'on drefferoit un Bill
pour approuver les réfolutions du Comité. On
ordonna la continuation de la Taxe de quatre
Schellings fur les Terres , fur les Penfions , Liza
JANVIER. 1759 . 201
tous les Revenus de quelqu'efpéce qu'ils foient ,
& des Droits fur les boiffons différentes . On fupputa
que ces diverfes Impofitions pourroient rapporter
environ deux millions fept cent cinquante
mille livres fterlings. On fera donc obligé de
recourir à de nouvelles taxes pour fournir le Subfide
pour l'entretien de foixante mille Hommes
qui feront employés fur les Valleiaux du Roi
dans le courant de l'année prochaine . Ce Subfide
fut établi fur le même pied qu'il l'a été
pour l'année qui vient de finir ; car il fait un
objet de trois millions cent vingt mille livres
fterlings.
On continue d'enlever par force les Matelots ,
pour remplir les vuides que la Campagne der
niere a laiffés dans notre Marine , & pour completer
les Equipages des nouveaux Vailleaux qu'on
doit lancer à l'eau le Printems prochain.
Pour donner aux Hollandois une fatisfaction
apparente , on vient de publier une Ordonnance
qui affigne une récompenfe de cinq cens livres
fterling à ceux qui dénonceront les perfonnes
coupables de pirateries dont on fe plaint , & les
complices qui leur donnent fecours , ou qui procurent
le débit de leurs effets.
Le Roi fe propofe d'envoyer à Paris un Colonel
qui eft chargé de régler avec les Miniftres
de France l'échange des prifonniers.
Le 20. de ce mois fur le minuit , on a fenti
dans cette Ville & dans les environs , une légére.
fecouffe de tremblement de terre.
Les dernieres Nouvelles de la Jamaïque Nous
ont appris que le Vaiffeau François le Palmier
de foixante- quatorze Canons , qui croifoit à la
hauteur de S. Domingue , fut attaqué le 5. Septembre
par deux de nos Vaiffeaux de haut bord.
Le combat dura très-longtems. Un de nos Vaif-
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
feaux fur mis hors de combat , & fut fur le point
d'être pris ; mais un heureux accident contraignit
l'Ennemi de fe retirer. Comme il étoit obligé de
forcer fon feu pour foutenir le combat , un de fes
Canons de trente- fix livres de balles créva , & mit
le défordre dans fon Equipage. Nos deux Vailſeaux
étoient ſi maltraités , qu'ils ne purent pas
le pourfuivre.
Quoiqu'on ait beaucoup parlé de la facilité que
notre miniſtere trouvoit à effectuer les emplois
coutidérables qui ont été propofés ; il a été queftion
dernierement d'établir une Capitation , ou
un don gratuit , pour le fervice de l'année prochaine.
On ne fçait point fi cette infinuation trouvera
les efprits favorablement difpofés.
Du 23. Décembre.
Le 1s de ce mois , la Chambre des Com
munes approuva le Bill qui régle la punition des
Soldats Déferteurs.
Les préparatifs pour la Campagne prochaine
continuent avec beaucoup de vivacité. On fait
dans tout le Royaume de nouvelles levées pour
le fervice de terre & de mer. On forme en Irlande
treize nouvelles Compagnies de Marine
qui feront chacune de cent hommes . On travaille
dans tous nos Ports à tenir toutes chofes prêtes
pour l'exécution des différentes entreprifes qui
entrent dans le Plan de nos opérations mariti
mes pour l'année prochaine. On a lancé a l'eau
à Southampton un Vaiffeau de foixante - quatorze
canons. A Deptford on en a lancé un de même
force , & un autre de foixante canons. On
en doit lancer bientôt plufieurs autres dans les
différents Ports . On conftruit en même temps
un grand nombre de Batteaux plats , pour le débarquement
des troupes.
L'Amiral Holmes partit le 16.pour Portmourki
JANVIER. 1759. 203
"
Пly va prendre le commandement d'une Efca
dre qui doit relever celle de l'Amiral Saunders'
far la Côte de France . Ce dernier commandera
une autre Efcadre qui mettra à la voile dans
le courant du mois prochain , pour aller croifer
dans la Méditerranée. Le Chef d'Efcadre Geari
eft l'Officier que la Cour a choifi , pour conduire
les renforts que l'on doit envoyer aux :
Indes Orientales.
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Résumé : De Londres, le 5 Décembre.
Le 28 décembre précédent, la Chambre des Communes a approuvé à l'unanimité une résolution accordant un subside au Roi. Un comité a décidé de prolonger jusqu'au 24 décembre 1759 l'acte interdisant la sortie et la distillation des grains, ainsi que l'augmentation des droits sur la drêche, la farine, le biscuit et l'empois. Il a également été décidé de ne pas renouveler l'acte suspendant le paiement des droits d'entrée sur les blés et farines enlevés à l'ennemi. Le 29 décembre, la Chambre a ordonné la rédaction d'un bill pour approuver les résolutions du comité et la continuation de diverses taxes, dont une taxe de quatre schellings sur les terres, les pensions, et tous les revenus, ainsi que des droits sur les boissons diverses. Ces impôts devraient rapporter environ deux millions sept cent cinquante mille livres sterling. Un subside de trois millions cent vingt mille livres sterling a été établi pour l'entretien de soixante mille hommes employés sur les vaisseaux du Roi en 1759. Les matelots continuent d'être enlevés de force pour combler les vides laissés par la campagne précédente et compléter les équipages des nouveaux vaisseaux. Une ordonnance offre une récompense de cinq cents livres sterling pour la dénonciation des pirates et de leurs complices. Le Roi envisage d'envoyer un colonel à Paris pour régler l'échange des prisonniers avec les ministres français. Un léger tremblement de terre a été ressenti à Londres le 20 janvier. Des nouvelles de la Jamaïque rapportent un combat entre le vaisseau français Le Palmier et deux vaisseaux britanniques le 5 septembre. Les préparatifs pour la campagne prochaine incluent de nouvelles levées de troupes en Irlande et la construction de vaisseaux et de bateaux plats dans divers ports. L'amiral Holmes a pris le commandement d'une escadre pour remplacer celle de l'amiral Saunders sur la côte de France, tandis que l'amiral Saunders commandera une autre escadre en Méditerranée. Le chef d'escadre Geari a été choisi pour conduire les renforts vers les Indes Orientales.
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