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Détail
Liste
1
p. 194-195
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades Maréchal de France. [...]
Mots clefs :
Nominations, Louisbourg, Capitulation, Troupes, Duc, Ennemis, Anglais, Prisonniers, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades
Maréchal de France.
On a appris par une Gazette extraordinaire de
Londres , que Louiſbourg avoit capitulé le 26
Juillet dernier. Quoique cette nouvelle ſoit annoncée
d'une maniere poſitive , cependant comme
cette Gazette ne contient aucun détail du
ſiege , ni de la priſe de la Place , & qu'on n'a reçu
aucune lettre du Gouverneur , ni des autres Offi
ciers. Il faut attendre des nouvelles plus circonf
tanciées à cet égard,
On a reçu avis le 13 Septembre que M. le Duc
d'Aiguillon , avec ce qu'il avoit pu raffembler
de troupes , avoit attaqué dans l'anſe de Catz le
lundi II , les Anglois au nombre de douze à
treize mille hommes , dans le temps qu'ils ſe
rembarquoient ; que les ennemis avoient d'abord
foutenu cette attaque avec beaucoup de fierté ;
mais qu'ils avoient été enfoncés , taillés en pieces
&culbutésdans la mer ; que nos troupes s'étoient
portées dans l'action avec la plus grande intrépidité
, & qu'elles avoient poursuivi les Anglois,
dans la mer même , en y entrant juſqu'à la ceinture
; que les Anglois ont eu plus de trois mille,
hommes tués fur le rivage , fans compter ceux
qui ſe font noyés , ſoit dans les bâtimens de
tranſport qui ont été coulés à fonds , foit en voulant
ſe ſauver à la nage ; qu'au départ du Courier,
OCTOBRE. 1758 . 195
le nombre des priſonniers montoit à plus de cinq
cens , parmi leſquels il y avoit beaucoup d'Officiers&
de la plus grande deſtinction ; que MM. le
Chevalier de Polignac & le Comte de la Tourd'Auvergne
, avoient été bleſſés dangereuſement ,
ainſi que M. le Marquis de Cucé , Cornette des
Mouſquetaires du Roi , qui étoit à l'action comme
Volontaire. Il paroît que la perte desAnglois
eſt en tout de quatre à cinq mille hommes.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades
Maréchal de France.
On a appris par une Gazette extraordinaire de
Londres , que Louiſbourg avoit capitulé le 26
Juillet dernier. Quoique cette nouvelle ſoit annoncée
d'une maniere poſitive , cependant comme
cette Gazette ne contient aucun détail du
ſiege , ni de la priſe de la Place , & qu'on n'a reçu
aucune lettre du Gouverneur , ni des autres Offi
ciers. Il faut attendre des nouvelles plus circonf
tanciées à cet égard,
On a reçu avis le 13 Septembre que M. le Duc
d'Aiguillon , avec ce qu'il avoit pu raffembler
de troupes , avoit attaqué dans l'anſe de Catz le
lundi II , les Anglois au nombre de douze à
treize mille hommes , dans le temps qu'ils ſe
rembarquoient ; que les ennemis avoient d'abord
foutenu cette attaque avec beaucoup de fierté ;
mais qu'ils avoient été enfoncés , taillés en pieces
&culbutésdans la mer ; que nos troupes s'étoient
portées dans l'action avec la plus grande intrépidité
, & qu'elles avoient poursuivi les Anglois,
dans la mer même , en y entrant juſqu'à la ceinture
; que les Anglois ont eu plus de trois mille,
hommes tués fur le rivage , fans compter ceux
qui ſe font noyés , ſoit dans les bâtimens de
tranſport qui ont été coulés à fonds , foit en voulant
ſe ſauver à la nage ; qu'au départ du Courier,
OCTOBRE. 1758 . 195
le nombre des priſonniers montoit à plus de cinq
cens , parmi leſquels il y avoit beaucoup d'Officiers&
de la plus grande deſtinction ; que MM. le
Chevalier de Polignac & le Comte de la Tourd'Auvergne
, avoient été bleſſés dangereuſement ,
ainſi que M. le Marquis de Cucé , Cornette des
Mouſquetaires du Roi , qui étoit à l'action comme
Volontaire. Il paroît que la perte desAnglois
eſt en tout de quatre à cinq mille hommes.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roi a nommé M. le Marquis de Contades Maréchal de France. Une gazette extraordinaire de Londres a annoncé la capitulation de Louisbourg le 26 juillet, sans fournir de détails sur le siège ou la prise de la place, ni de lettres du gouverneur ou des officiers. Le 13 septembre, il a été rapporté que le Duc d'Aiguillon avait attaqué les Anglais, au nombre de douze à treize mille hommes, alors qu'ils se rembarquaient dans l'anse de Catz. Les Anglais ont d'abord résisté, mais ont été repoussés, subissant des pertes estimées à quatre à cinq mille hommes, avec plus de cinq cents prisonniers, dont plusieurs officiers de haut rang. Les troupes françaises ont montré une grande intrépidité, poursuivant les Anglais même dans la mer. Parmi les blessés figurent le Chevalier de Polignac, le Comte de la Tour d'Auvergne et le Marquis de Cucé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 195-198
Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Début :
On n'a point encore de relation bien circonstanciée de ce qui s'est passé le 25 & le 26 [...]
Mots clefs :
Armée russe, Armée prussienne, Général, Mouvements des troupes, Attaques, Combats, Stratégie, Positions, Cavalerie, Champ de bataille, Victoires, Blessés et morts, Opérations militaires
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Extrait d'une Lettre de Vienne , du 8 Septembre
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
1753.
On n'a point encore de relation bien circonftanciée
de ce qui s'eſt paſſé le 25 & le 26 Août ,
entre les armées de Ruffie & de Pruſle. Ce qu'on
en ſçait aujourd'hui , pour n'être pas encore bien
détaillé , n'en eſt pas moins exact ni moins pofitif:
c'eſt le réſultat de pluſieurs lettres écrites
du camp de l'armée Impériale de Ruffie , à Groff-
Camin le 29 Août. D'après ces lettres , Sa Majeſté
Pruſſienne vint le 25 à la tête d'une armée
de cinquante à cinquante - cinq mille hommes
axaquer l'armée de Ruſſie , près du village de
Zorndorff dans le Baillage de Quartſch.
*LeGénéral Comte de Fermer n'avoit ce jourlà
que trente-huit mille hommes ſous les armes ,
&le terrein où il falloit combattre , coupé par
des marais &des bois , ne lui permettoit pas de
prendre une poſition également avantageuſe en
tous ſes points. La bataille commença à neuf
heures du matin par une canonnade des plus vives
, qui fut foutenue de part & d'autre pendant
une heure &demie.
Les Pruffiens déboucherent par les défilés de
Sicher & de Groſf-Camin , derriere l'aîle gauche
des Ruſſes , & s'étendirent vers Zorndorff , point .
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
d'appui de l'île droite de l'armée de Ruſſie.
Ayant mis près d'une heure &demie à ſe former,
ils s'attacherent d'abord à cette aîle ; mais inſenſiblement
le feu s'étendit juſqu'à l'aî'e gauche , &
les deux armées ſe trouverent engagées de front.
L'attaque fut alors générale & furieuſe ; mais
l'armée Impériale de Ruſſie , non ſeulement la
ſoutint par tout avec une fermeté inébranlable;
mais elle repouffa l'ennemi avec tant de vigueur ,
qu'à midi la premiere ligne fut entiérement culburée.
Le Roi de Pruſſe fit avancer ſon corps de réſerve
pour rétablir cette ligne ; mais elle fut renverſée
de nouveau , & la Cavalerie des Ruſſes ſe
jettant le ſabre à la main fur l'Infanterie Pruffienne
, l'enfonça , &y fit un carnage horrible. Cependant
Sa Majesté Pruſſienne faiſant les derniers
efforts , réuffit à percer entre l'aîle droite & l'aîle
gauche , ſépara la premiere de l'autre , la miten
confufion , & poursuivant vivement cet avantage,
pouſſa cette aîle droite juſqu'au bord d'un
marais.
L'aîle gauche ſoutint ſa pofition malgré ce revers
, & ne perdit pas un pouce de terrein. La
nuit ſurvint , & ce futfansdoutedans ce moment
que les Pruffiens croyant la victoire décidée pour
eux , ſe hâterent de l'annoncer par des Couriers à
toute l'Europe. Mais on ne fut pas de cet avis
dans l'armée Ruffienne. Le Général Major de
Demicourt , par une préſence d'eſprit admirable ,
rallia les ſoldats diſperſés fur le bord du marais ,
en forma un corps composé d'Infanterie & de
Cavalerie , marcha derechef à l'ennemi , le prit
àdos& en flanc , le chaſſa àune demi-lieue au
de-làdu champ de bataille , s'y établit , en avertic
Paile gauche , qui marchant tout de ſuite en
OCTOBRE. 1758. 194
avant , acheva de s'en emparer , & s'y ſoutint.
Le lendemain 26 , on ſe canonna encore pen
dant quelque temps fort vivement ; & l'armée
Impériale de Ruſſie , toujours en peſſeſſion du
champ de bataille , enterra ſes morts , raſſembla
ſes trophées, en canons , étendards & drapeaux ,
& finit ainſi la journée.
Le 27 , comme l'armée devoit ſe rapprocherde
ſes magaſins , & ſe mettre à portée de la diviſion
du Général Romanzow , elle leva ſon camp en
préſence de l'ennemi & en plein jour , & alla s'établir
à Groff- Camin , où le 28 il ne ſe paſſa rien
de nouveau .
Le 29 , les deux armées firent preſqu'en même
temps des feux de réjouiſſance , pour célébrer une
victoire que l'une croyoit avoir gagnée , & que
l'autre lui arracha par une manoeuvre , qui fait
également l'éloge fagacité & de la fermeté
de ſes Généraux , de l'intrépidité & du courage
opiniâtre de ſes troupes.
dela
Ces deux journées ne peuvent qu'avoir été trèsfanglantes.
Elles font un événement dont l'hiſtoire
ne fournit guere d'exemple , & qui fera un mo
nument éternel de gloire pour les armes Impé
riales de Ruffie.
On n'a jusqu'ici aucun détail de la ppeerrte qu'on
afaite de part & d'autre en morts , bleffés & prifonniers
, &tout ce récit n'eſt encore que préliminaire
à la relation qui doit nous venir.
Une lettre duGénéral Fermer éerite le 31 Sep
tembre du camp de Groff-Camin , àM. de Solticoff
, Miniſtre de Ruſſie à Hambourg , marque
qu'après treize heures de combat le plus opiniatre
, il avoit repouffé le RoidePruffe,pris vingtfix
pieces decanon & pluſieurs étendards , qu'il
feroit joint le premierde ce mois par leGénéral
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
Romanzow , & qu'il poursuivroit alors fes opérations.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Vienne, du 8 Septembre 175[8].
Le 25 août 1753, l'armée prussienne, dirigée par le roi de Prusse et composée de 50 à 55 000 hommes, affronta l'armée russe près du village de Zorndorff. Le général russe Comte de Fermer commandait 38 000 hommes, mais le terrain, marqué par des marais et des bois, ne lui permettait pas de prendre une position avantageuse. La bataille débuta à neuf heures du matin par une intense canonnade qui dura une heure et demie. Les Prussiens attaquèrent l'aile gauche des Russes et avancèrent vers Zorndorff. La bataille devint générale et furieuse, mais les Russes repoussèrent les Prussiens avec vigueur, culbutant leur première ligne à midi. Le roi de Prusse fit avancer ses réserves pour rétablir la ligne, mais celles-ci furent à nouveau renversées par la cavalerie russe. La nuit tomba, et les Prussiens annoncèrent leur victoire en Europe. Cependant, le général russe Demicourt rallia ses troupes et contre-attaqua, chassant les Prussiens du champ de bataille. Le lendemain, 26 août, les deux armées se canonnèrent encore avant que les Russes n'enterrent leurs morts et ne rassemblèrent leurs trophées. Le 27 août, l'armée russe se rapprocha de ses magasins et se mit à portée de la division du général Romanzow. Le 29 août, les deux armées célébrèrent des feux de réjouissance, chacune croyant avoir gagné la bataille. Les pertes en morts, blessés et prisonniers n'étaient pas encore détaillées. Une lettre du général Fermer, datée du 31 septembre, indiquait que les Russes avaient repoussé les Prussiens après treize heures de combat, capturant vingt-six pièces d'artillerie et plusieurs étendards.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 198-203
Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Début :
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé par M. le Marquis de Vaudreuil, [...]
Mots clefs :
Marquis de Montcalm, Colonies, Canada, Protection, Troupes, Anglais, Chevalier, Renforts, Lac Saint-Sacrement, Mouvements des troupes, Grenadiers, Lieutenant colonel, Régiments, Détachement, Bataille, Colonnes milliaires, Munitions, Secours, Pertes ennemies, Les sauvages, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Détail de l'affaire qui s'eſt paſſsée le 8 Juillet entre
les Troupes du Roi , commandées par M. le Marquis
de Montcalm , & celles d'Angleterre , aux
ordres du Général Abercromby.
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé
par M. le Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
Général du Canada, pour protéger la frontiere de
la Cólonie du côté du Lac Saint- Sacrement , fe
rendit à Carillon le 30 Juin. Il y trouva huit Bataillons
de troupes de terre , une compagnie de
Canonniers , deux à trois cens Ouvriers , & quelques
Sauvages. Il reçut quelques jours après un
renfort de quatre cens hommes des troupes de la
Colonie & des Canadiens , commandés par M. de
Remond , Capitaine. Il apprit à Carillon , que les
Anglois avoient aſſemblé au fonds du Lac Saint-
Sacrement , près des ruines du Fort Georges , une
armée compoſée de vingt mille hommes deMilice
, & de fix mille de troupes réglées , aux ordres
du Major Général Abercromby , & qu'elle devoit
ſe mettre en mouvement pour s'emparer du Fort
Carillon& envahir le Canada. Sur l'avis que M.
leMarquis de Montcalm en donna à M. le Marquisde
Vaudreuil ,& fur ceux que ce Gouverneur
en avoit déja reçus , il changea la deftination de
M. le Chevalier de Levis , qui avoit été détaché
du côté de Corlac ; il lui donna ordre de ſe joindre
à M. le Marquis de Montcalm , & fit les
diſpoſitions néceſſaires pour lui procurer d'autres
renforts.
M. le Marquis de Montcalm prit d'abord le
parti d'occuper le poſte de la Chute , fur le bord
du Lac Saint-Sacrement , pour retarder l'ennemi,
OCTOBRE. 1758.
ة ر و
Il y reſta juſqu'au 6 Juillet que les Anglois parurent
en force fur le Lac. M. le Marquis de Montcalm
repaſſa la riviere de la Chute avec toutes
fes troupes , pour venir camper ſous le Fort Carillon
, où il avoit déja fait tracer des retranchemens
. Il envoya en même temps différens détachemens
, pour harceler l'ennemi dans ſa deſcente.
Un de ces détachemens , commandé par MM. de
Trépezée & de Langis , s'étant égaré par la faure
des guides , tomba dans une colonne de l'armée
ennemie déja toute formée.
De ce détachement , qui étoit d'environ trois
cens hommes , il y eut deux Officiers tués , qua
tre Sauvages , & cent quatre-vingt- quatre foldats
desTroupes & Milices tués , ou priſonniers ; le
reſte joignit le corps de nos Troupes.
:
M. le Marquis de Montcalm n'avoit dans ſon
camp devant Carillon en y arrivant , qu'environ
deux mille huit cens hommes de troupes de France
, & quatre cens cinquante de la Colonie , encore
faut-il diſtraire de ce nombre un des batail
lons de Berry , lequel , à l'exception de ſa compagnie
deGrenadiers , fut occupé à la garde & au
ſervice du Fort .
2 Le 7 Juillet au masin , l'armée fut toute employé
au travail des abbatis , ſous la protection
des compagnies de Grenadiers & des Volontaires
qui la couvroient. Les Officiers , la hache à la
main, donnoient l'exemple , & les drapeaux étoient
plantés ſur l'ouvrage. La gauche occupée par les
bataillons de la Sarre & de Languedoc , étoit appuyée
à un eſcarpement diſtant de quatre- vingt
toiſes de la riviere de la Chute. Le fommet de
l'eſcarpement étoit couronné par un abbatis. Cet
abbatis flanquoit une trouée que gardoient de
front les deux compagnies de Volontaires de
1
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
me ,
Bernard&deDuprat. Derriere cette trouée , on
devoit placer fix pieces de canon. La droite gardée
par la Reine , Bearn &Guyenne, étoit également
appuyée à une hauteur dont la pente n'étoit pas
fi roide que celle de lagauche. Dans la plaine
entre cette hauteur & la riviere de Saint- Frederic
furent portés les Troupes de la Colonie & les
Canadiens , qui s'y retrancherent auſſi avec des
abbatis. Le canon du Fort étoit dirigé ſur cette
partie , ainſi que ſur le lieu où le débarquement
pouvoit ſe faire àla gauche de nos retranchemens.
Le centre ſuivoit les ſinuoſités du terrein , confervant
le ſommet des hauteurs , &toutes les parties
ſe flanquoient réciproquement. Ce centre étoit
formé par les bataillons de Royal Rouffillon &
par le premier bataillon de Berry. Dans tout le
front de la ligne , chaque bataillon avoit derriere
lui une compagnie de Grenadiers & un Piquet en
réſerve.
Ceseſpeces de retranchemens étoient faits de
zroncs d'arbres couchés les uns ſur les autres
ayant en avant des arbres renversés , dont les
branches coupées & pointues faifoient l'effet de
chevaux de frife .
Le 7 au foir , il arriva quatre cens hommes
d'élite des Troupes qui avoient d'abord eu une
deftination particuliere ſous les ordres de M. le
Chevalier de Levis. Leur arrivée répandit une
grande joie dans notte armée , & M. le Chevalier
de Levis arriva bientôt après avec M. de Sennezergues,
Lieutenant Colonel du Régiment de la Sarre.
M. le Marquis de Montcalm chargea le Chevalier
de Levis de la défenſe de la droite, le ſieur de
Bourlamaque de celle de la gauche , & il ſe réſerva
le commandement du centre , pour être plus à
portéede donner ſes ordres partout.
OCTOBRE. 1758. 201
L'armée coucha au bivouac. Le 8. à la pointe
du jour , on battit la générale , pour que toutes les
troupes puſſent connoître leurs poſtes. Après ce
mouvement , une partie fut employée à achever
l'abbatis , & l'autre à conſtruire les batteries .
Vers les dix heures du matin, les troupes legeres
des ennemis parurent de l'autre côté de la riviere
, & firent un grand feu , mais de fi loin , que
l'on continua le travail ſans leur répondre..
A midi & demi leur armée déboucha fur nous.
Nos gardes avancées , ainſi que les volontaires &
les compagnies de grenadiers , ſe replierent en bon
ordre,& rentrerent dans la ligne , ſans perdre un
ſeulhomme. Au moment même du ſignal convenu,
les travailleurs & toutes les troupes furent à leurs
armes& à leurs poſtes. La gauche fut la premiere
attaquée par deux colonnes , dont l'une cherchoit
à tourner le retranchement , & ſe trouva ſous le
feu du Régiment de la Sarre ; l'autre dirigea ſes
efforts ſur un angle ſaillant , entre Languedoc &
Berry. Le centre où étoit Royal Rouffillon , fut
attaqué preſqu'en même temps par une troiſieme
colonne,& une quatrieme porta ſon attaque vers
la droite , entre les Bataillons de Bearn & de la
Reine.
Comme les troupes de la Colonie & les Canadiens
, qui occupoient la plaine du côté de la riviere
de Saint - Frédéric ne furent point attaqués , ils
fortirent de leur retranchement , prirent en flanc
la colonne qui attaquoit notre droite ,& tomberent
deſſus avec la plus grande valeur ; çes troupes
étoient commandées par le ſieur de Remond , Capitaine.
Environ à cinq heures , la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de Royal Rouſillon , s'étoit
rejettée ſur l'angle ſaillant du retranchement , dé
Lv
202 MERCURE DE FRANCE.
fendu par le Bataillon de Guyenne & par la gauche
de celui de Bearn : la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de la Reine & de Bearn , s'y rejetta
auſſi , de forte que le danger devint très-grand
à cette attaque. M. le Chevalier de Levis s'y porta
avec quelques troupes de la droite : M. le Marquis
de Montcalm y accourut auſſi avec quelques
troupes de réſerve. Ils firent éprouver aux ennemis
une réſiſtance qui rallentit d'abord leur ardeur.
Le ſieur de Bourlamaque fut bleſſé à cette
attaque , & les ſieurs de Sennezergues & de Privat
, Lieutenans-Colonels , le ſuppléerent.
Vers les fix heures , les deux colonnes de la droite
abandonnerent leur attaque , vinrent faire encore
une tentative contre les Bataillons de Royal
Rouffillon & de Berry , &enfin tenterent un dernier
effort à la gauche.
Depuis fix heures juſqu'à ſept , l'armée ennemie
s'occupa de fa retraite , favoriſée par le feu de ſes
troupes légeres , qui dura juſqu'à la nuit.
Pendant l'action , le feu prit en pluſieurs endroits
; mais il fut éteint ſur le champ. On reçur
du Fort en munitions & en rafraîchiſſemens , tousles
ſecours néceſſaires .
L'obſcurité de la nuit , l'épuiſement & le petir
nombre de nos troupes , les forces de l'ennemi
qui , malgré ſa défaite , étoient encore bien ſupérieures
aux nôtres , la nature du pays dans lequel
on ne peut s'engager ſans guides , ne permirent
pas à nos troupes de pourſuivre lesAnglois. On
comptoit même qu'ils reviendroient le lendemain à
lacharge , mais ils avoient abandonné les poſtes
de la Chute & du Portage ; & M. le Chevalier de
Levis qui fut envoyé le lendemain pour les reconnoître
, ne trouva que des traces d'une fuite precipitée.
OCTOBRE. 1758 . 203
Ön eſtime la perte des ennemis d'après le rapport
de leurs priſonniers , à quatre mille hommes
tués ou bleſſés , parmi leſquels il y a pluſieurs
Officiers de marque. Le Lord How & le ſieur
Spitall , Major général des Troupes réglées , ont
été tués.
Cinq cens Sauvages qui étoient dans l'armée
Angloiſe , ſont toujours reſtés derriere , &n'ont
pas voulu prendre part à l'action .
Le ſuccès de cette journée eſt dû aux bonnes
diſpoſitions de M. le Marquis de Montcalm , &
à la valeur de nos troupes. MM. le Chevalier de
Levis & de Bourlamaque , ſe ſont diftingués dans
le commandement de la droite & de la gauche ;
le premier a eu pluſieurs coups de fufil dans fon
habit , & le ſecond a été bleſſé dangereuſement.
M. de Bougainville , Aide de Camp de M. le Marquis
de Montcalm & M. de Langis , ont été
bleſſés à ſes côtés. Tous les Officiers en général
méritent les plus grands éloges .
Nous avons perdu douze Officiers & quatrevingt-
douze foldats tués ſur le champ de bataille.
Il y a eu vingt- cinq Officiers , & deux cens quarante-
huit foldats bleſſés .
Le Corſaire le Moiſſonneur , eſt rentré dans le
port de Dunkerque avec une priſe Angloiſe eſtimée
vingt-deux mille livres , & une rançon de
deux cens cinquante guinées. Il va armer de nouveau
pour ſa troiſieme courſe , qui aura lieu à la
finde ce mois .
les Troupes du Roi , commandées par M. le Marquis
de Montcalm , & celles d'Angleterre , aux
ordres du Général Abercromby.
M. le Marquis de Montcalm ayant été envoyé
par M. le Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
Général du Canada, pour protéger la frontiere de
la Cólonie du côté du Lac Saint- Sacrement , fe
rendit à Carillon le 30 Juin. Il y trouva huit Bataillons
de troupes de terre , une compagnie de
Canonniers , deux à trois cens Ouvriers , & quelques
Sauvages. Il reçut quelques jours après un
renfort de quatre cens hommes des troupes de la
Colonie & des Canadiens , commandés par M. de
Remond , Capitaine. Il apprit à Carillon , que les
Anglois avoient aſſemblé au fonds du Lac Saint-
Sacrement , près des ruines du Fort Georges , une
armée compoſée de vingt mille hommes deMilice
, & de fix mille de troupes réglées , aux ordres
du Major Général Abercromby , & qu'elle devoit
ſe mettre en mouvement pour s'emparer du Fort
Carillon& envahir le Canada. Sur l'avis que M.
leMarquis de Montcalm en donna à M. le Marquisde
Vaudreuil ,& fur ceux que ce Gouverneur
en avoit déja reçus , il changea la deftination de
M. le Chevalier de Levis , qui avoit été détaché
du côté de Corlac ; il lui donna ordre de ſe joindre
à M. le Marquis de Montcalm , & fit les
diſpoſitions néceſſaires pour lui procurer d'autres
renforts.
M. le Marquis de Montcalm prit d'abord le
parti d'occuper le poſte de la Chute , fur le bord
du Lac Saint-Sacrement , pour retarder l'ennemi,
OCTOBRE. 1758.
ة ر و
Il y reſta juſqu'au 6 Juillet que les Anglois parurent
en force fur le Lac. M. le Marquis de Montcalm
repaſſa la riviere de la Chute avec toutes
fes troupes , pour venir camper ſous le Fort Carillon
, où il avoit déja fait tracer des retranchemens
. Il envoya en même temps différens détachemens
, pour harceler l'ennemi dans ſa deſcente.
Un de ces détachemens , commandé par MM. de
Trépezée & de Langis , s'étant égaré par la faure
des guides , tomba dans une colonne de l'armée
ennemie déja toute formée.
De ce détachement , qui étoit d'environ trois
cens hommes , il y eut deux Officiers tués , qua
tre Sauvages , & cent quatre-vingt- quatre foldats
desTroupes & Milices tués , ou priſonniers ; le
reſte joignit le corps de nos Troupes.
:
M. le Marquis de Montcalm n'avoit dans ſon
camp devant Carillon en y arrivant , qu'environ
deux mille huit cens hommes de troupes de France
, & quatre cens cinquante de la Colonie , encore
faut-il diſtraire de ce nombre un des batail
lons de Berry , lequel , à l'exception de ſa compagnie
deGrenadiers , fut occupé à la garde & au
ſervice du Fort .
2 Le 7 Juillet au masin , l'armée fut toute employé
au travail des abbatis , ſous la protection
des compagnies de Grenadiers & des Volontaires
qui la couvroient. Les Officiers , la hache à la
main, donnoient l'exemple , & les drapeaux étoient
plantés ſur l'ouvrage. La gauche occupée par les
bataillons de la Sarre & de Languedoc , étoit appuyée
à un eſcarpement diſtant de quatre- vingt
toiſes de la riviere de la Chute. Le fommet de
l'eſcarpement étoit couronné par un abbatis. Cet
abbatis flanquoit une trouée que gardoient de
front les deux compagnies de Volontaires de
1
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
me ,
Bernard&deDuprat. Derriere cette trouée , on
devoit placer fix pieces de canon. La droite gardée
par la Reine , Bearn &Guyenne, étoit également
appuyée à une hauteur dont la pente n'étoit pas
fi roide que celle de lagauche. Dans la plaine
entre cette hauteur & la riviere de Saint- Frederic
furent portés les Troupes de la Colonie & les
Canadiens , qui s'y retrancherent auſſi avec des
abbatis. Le canon du Fort étoit dirigé ſur cette
partie , ainſi que ſur le lieu où le débarquement
pouvoit ſe faire àla gauche de nos retranchemens.
Le centre ſuivoit les ſinuoſités du terrein , confervant
le ſommet des hauteurs , &toutes les parties
ſe flanquoient réciproquement. Ce centre étoit
formé par les bataillons de Royal Rouffillon &
par le premier bataillon de Berry. Dans tout le
front de la ligne , chaque bataillon avoit derriere
lui une compagnie de Grenadiers & un Piquet en
réſerve.
Ceseſpeces de retranchemens étoient faits de
zroncs d'arbres couchés les uns ſur les autres
ayant en avant des arbres renversés , dont les
branches coupées & pointues faifoient l'effet de
chevaux de frife .
Le 7 au foir , il arriva quatre cens hommes
d'élite des Troupes qui avoient d'abord eu une
deftination particuliere ſous les ordres de M. le
Chevalier de Levis. Leur arrivée répandit une
grande joie dans notte armée , & M. le Chevalier
de Levis arriva bientôt après avec M. de Sennezergues,
Lieutenant Colonel du Régiment de la Sarre.
M. le Marquis de Montcalm chargea le Chevalier
de Levis de la défenſe de la droite, le ſieur de
Bourlamaque de celle de la gauche , & il ſe réſerva
le commandement du centre , pour être plus à
portéede donner ſes ordres partout.
OCTOBRE. 1758. 201
L'armée coucha au bivouac. Le 8. à la pointe
du jour , on battit la générale , pour que toutes les
troupes puſſent connoître leurs poſtes. Après ce
mouvement , une partie fut employée à achever
l'abbatis , & l'autre à conſtruire les batteries .
Vers les dix heures du matin, les troupes legeres
des ennemis parurent de l'autre côté de la riviere
, & firent un grand feu , mais de fi loin , que
l'on continua le travail ſans leur répondre..
A midi & demi leur armée déboucha fur nous.
Nos gardes avancées , ainſi que les volontaires &
les compagnies de grenadiers , ſe replierent en bon
ordre,& rentrerent dans la ligne , ſans perdre un
ſeulhomme. Au moment même du ſignal convenu,
les travailleurs & toutes les troupes furent à leurs
armes& à leurs poſtes. La gauche fut la premiere
attaquée par deux colonnes , dont l'une cherchoit
à tourner le retranchement , & ſe trouva ſous le
feu du Régiment de la Sarre ; l'autre dirigea ſes
efforts ſur un angle ſaillant , entre Languedoc &
Berry. Le centre où étoit Royal Rouffillon , fut
attaqué preſqu'en même temps par une troiſieme
colonne,& une quatrieme porta ſon attaque vers
la droite , entre les Bataillons de Bearn & de la
Reine.
Comme les troupes de la Colonie & les Canadiens
, qui occupoient la plaine du côté de la riviere
de Saint - Frédéric ne furent point attaqués , ils
fortirent de leur retranchement , prirent en flanc
la colonne qui attaquoit notre droite ,& tomberent
deſſus avec la plus grande valeur ; çes troupes
étoient commandées par le ſieur de Remond , Capitaine.
Environ à cinq heures , la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de Royal Rouſillon , s'étoit
rejettée ſur l'angle ſaillant du retranchement , dé
Lv
202 MERCURE DE FRANCE.
fendu par le Bataillon de Guyenne & par la gauche
de celui de Bearn : la colonne qui avoit attaqué
les Bataillons de la Reine & de Bearn , s'y rejetta
auſſi , de forte que le danger devint très-grand
à cette attaque. M. le Chevalier de Levis s'y porta
avec quelques troupes de la droite : M. le Marquis
de Montcalm y accourut auſſi avec quelques
troupes de réſerve. Ils firent éprouver aux ennemis
une réſiſtance qui rallentit d'abord leur ardeur.
Le ſieur de Bourlamaque fut bleſſé à cette
attaque , & les ſieurs de Sennezergues & de Privat
, Lieutenans-Colonels , le ſuppléerent.
Vers les fix heures , les deux colonnes de la droite
abandonnerent leur attaque , vinrent faire encore
une tentative contre les Bataillons de Royal
Rouffillon & de Berry , &enfin tenterent un dernier
effort à la gauche.
Depuis fix heures juſqu'à ſept , l'armée ennemie
s'occupa de fa retraite , favoriſée par le feu de ſes
troupes légeres , qui dura juſqu'à la nuit.
Pendant l'action , le feu prit en pluſieurs endroits
; mais il fut éteint ſur le champ. On reçur
du Fort en munitions & en rafraîchiſſemens , tousles
ſecours néceſſaires .
L'obſcurité de la nuit , l'épuiſement & le petir
nombre de nos troupes , les forces de l'ennemi
qui , malgré ſa défaite , étoient encore bien ſupérieures
aux nôtres , la nature du pays dans lequel
on ne peut s'engager ſans guides , ne permirent
pas à nos troupes de pourſuivre lesAnglois. On
comptoit même qu'ils reviendroient le lendemain à
lacharge , mais ils avoient abandonné les poſtes
de la Chute & du Portage ; & M. le Chevalier de
Levis qui fut envoyé le lendemain pour les reconnoître
, ne trouva que des traces d'une fuite precipitée.
OCTOBRE. 1758 . 203
Ön eſtime la perte des ennemis d'après le rapport
de leurs priſonniers , à quatre mille hommes
tués ou bleſſés , parmi leſquels il y a pluſieurs
Officiers de marque. Le Lord How & le ſieur
Spitall , Major général des Troupes réglées , ont
été tués.
Cinq cens Sauvages qui étoient dans l'armée
Angloiſe , ſont toujours reſtés derriere , &n'ont
pas voulu prendre part à l'action .
Le ſuccès de cette journée eſt dû aux bonnes
diſpoſitions de M. le Marquis de Montcalm , &
à la valeur de nos troupes. MM. le Chevalier de
Levis & de Bourlamaque , ſe ſont diftingués dans
le commandement de la droite & de la gauche ;
le premier a eu pluſieurs coups de fufil dans fon
habit , & le ſecond a été bleſſé dangereuſement.
M. de Bougainville , Aide de Camp de M. le Marquis
de Montcalm & M. de Langis , ont été
bleſſés à ſes côtés. Tous les Officiers en général
méritent les plus grands éloges .
Nous avons perdu douze Officiers & quatrevingt-
douze foldats tués ſur le champ de bataille.
Il y a eu vingt- cinq Officiers , & deux cens quarante-
huit foldats bleſſés .
Le Corſaire le Moiſſonneur , eſt rentré dans le
port de Dunkerque avec une priſe Angloiſe eſtimée
vingt-deux mille livres , & une rançon de
deux cens cinquante guinées. Il va armer de nouveau
pour ſa troiſieme courſe , qui aura lieu à la
finde ce mois .
Fermer
Résumé : Détail de l'affaire qui s'est passée le 8 Juillet entre les Troupes du Roi, commandées par M. le Marquis de Montcalm, & celles d'Angleterre, aux ordre du Général Abercromby.
Le 8 juillet, les troupes françaises dirigées par le Marquis de Montcalm affrontèrent les forces anglaises commandées par le Général Abercromby près du Fort Carillon. Montcalm, envoyé par le Gouverneur Général du Canada, le Marquis de Vaudreuil, avait pour mission de défendre la frontière du Lac Saint-Sacrement. Informé de l'approche d'une armée anglaise de vingt-cinq mille hommes, il prit position à la Chute et fit construire des retranchements autour du Fort Carillon. Le 7 juillet, les troupes françaises renforcèrent leurs défenses. Le 8 juillet, à l'aube, les Anglais lancèrent leur attaque. Les Français, bien positionnés, repoussèrent les assauts ennemis grâce à une défense organisée et à l'utilisation stratégique des abattis et des canons. Les Canadiens et les milices jouèrent un rôle crucial en prenant à revers une colonne ennemie. La bataille dura jusqu'au soir, avec des pertes importantes pour les Anglais, estimées à quatre mille hommes tués ou blessés, incluant plusieurs officiers de haut rang. Les Français perdirent douze officiers et quatre-vingt-douze soldats tués, et vingt-cinq officiers et deux cent quarante-huit soldats blessés. Après la bataille, les Anglais se retirèrent, laissant derrière eux des traces de fuite précipitée. Le succès français fut attribué aux stratégies de Montcalm et au courage des troupes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieuse, Abbé, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
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5
p. 204-206
MORTS.
Début :
Messire Charles Chatelain, Chapelain du Roi, Chanoine de Soissons, Prieur [...]
Mots clefs :
Comte, Marquis, Chapelain du roi, Seigneur, Chevalier, Curé, Morts, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
MESSIRE Charle Chatelain , Chapelain du Roi ,
Chanoine de Soiffons , Prieur Commandataire de
Friardel &de Lieru , mourut à Lieru le 29 Juillet ,
âgé de ſoixante- dix-neuf ans.
Meſſire François-Ifaac de la Cropte , Comte
de Bourzac , Marquis de la Jarrie , Seigneur dé
Chaſſagnes , Vandoire , Belleville , &c. ci-devant
premier Gentilhomme de la Chambre de S. A. S.
Monſeigneur le Prince de Conty , & ancien Mef
tre de Camp, Lieutenant du Régiment de Cavalerie
de Conty , mourut à Noyon le 31 Juiller
dernier , dans la ſoixante dix-septieme année de
ſon âge. Il étoit fils de François- Ifaac de la Cropte
, Comte de Bourzac , & de Suzanne Tiraqueaude
la Jarrie , & frere aîné de Jean-François de la
Gropte-de Bourzac , Evêque-Comte de Noyon ,
Pair de France , & avoit épousé Dame Marie-
Antoinette-Achars de Joumard- de Legé , fille de
feu Meſſire Louis-Achars de Joumard , Vicomte
de Legé , & Dame Elifabeth de la Faye , dont il
laiſſe 1. Suzanne de la Cropte ; 20. Jean- François
de la Cropte ; 3°. Françoiſe-Elifabeth-Suzanne de
la Cropte , & 4°. Louis-François-Joſeph de la
Cropre , Chevalier de Malthe.
Le 2Aoûr , mourut au village de Conche, dans
4
203 OCTOBRE. 1758 .
le Dioceſe de Mende, Florette Roux , âgée de
cent dix-huit ans & quatre mois. Són mari , Jac
ques Guin , mourut l'année derniere âgé de cent
quatorze ans. Ils ont vécu enſemble foixante-dixneuf
ans , & ont eu dix-huit enfans , douze garçons&
fix filles : quatorze de ces enfans vivent
encore. Leur mariage avoit été béni par un Miniſtre
quelque temps après la révocation de l'Edit
deNantes. Jacques Guin ſe diftingua parmi les
Rebelles , connus ſous le nom de Camiſards. Il
s'étoit d'abord attaché à Joannen , & combattit
fous ſes ordres à l'affaire de Chandomerge. Il
quitta Joannen pour ſuivre Roland, lequel ayant
bonne opinion de ſes talens , lui donna le commandement
d'une Troupe de cinquante hommes.
Il ſe trouva avec ce dernier à Fontmort , où le
Régiment de Champagne fut fi maltraité. Enfin
il Paccompagna auprès du Maréchal de Villars ,
& lui ſervit de conſeil pour conclure ſon traité
particulier.
Meſſire Bleixart-Louis-Edouard-Henri leGras,
Chevalier de Vauberſey , fils de feu Meſſire Fran--
çois-Edouard le Gras de Vauberſey , Seigneur de
Mongenôt , Lieutenant des Maréchaux de France
au département de Champagne & Brie , & de
DameMarie-Claire de Relongue de la Louptiere ,
eſt mort au château de la Louptiere en Champagne
, le 10 Août , âgé d'un an , onze mois 21
jours. Il étoit arriere-petit neveu de Meffire Simon
leGras-de Vauberſey , Evêque de Soiffons , qui a
eu l'honneur de ſacrer Louis XIV.
Meſſire Robion , ancien Curé de Dartas , dans
le Dioceſe de Vienne , y eſt mort le 11 Août âgé
de cent huit ans. 11 poſſédoit cette Cure depuis
près de quatre-vingt ans , & il avoit vu naître tous
ſes Paroiſſiens. La ſervante qui l'a toujours ſervi
vit encore , & a cent quatre ans.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. Bouguer , l'un des Membres de l'Académie
Royale des Sciences , de la Société Royale de
Londres & de Berlin , Honoraire de l'Académie de
Marine , eſt mort en cette Ville le 13 Août , dans
Ja foixante- troiſieme année de ſon âge.
Meffire Charles-Louis de Monfaulnin , Comte
de Montal , Lieutenant-Général des Armées du
Roi , Chevalier des Ordres de Sa Majesté , Gouverneur
des Ville & Château de Guiſe , eſt décédé
dans ſes terres en Bourgogne le 22 Août , âgé de
foixante-dix- sept ans..
MESSIRE Charle Chatelain , Chapelain du Roi ,
Chanoine de Soiffons , Prieur Commandataire de
Friardel &de Lieru , mourut à Lieru le 29 Juillet ,
âgé de ſoixante- dix-neuf ans.
Meſſire François-Ifaac de la Cropte , Comte
de Bourzac , Marquis de la Jarrie , Seigneur dé
Chaſſagnes , Vandoire , Belleville , &c. ci-devant
premier Gentilhomme de la Chambre de S. A. S.
Monſeigneur le Prince de Conty , & ancien Mef
tre de Camp, Lieutenant du Régiment de Cavalerie
de Conty , mourut à Noyon le 31 Juiller
dernier , dans la ſoixante dix-septieme année de
ſon âge. Il étoit fils de François- Ifaac de la Cropte
, Comte de Bourzac , & de Suzanne Tiraqueaude
la Jarrie , & frere aîné de Jean-François de la
Gropte-de Bourzac , Evêque-Comte de Noyon ,
Pair de France , & avoit épousé Dame Marie-
Antoinette-Achars de Joumard- de Legé , fille de
feu Meſſire Louis-Achars de Joumard , Vicomte
de Legé , & Dame Elifabeth de la Faye , dont il
laiſſe 1. Suzanne de la Cropte ; 20. Jean- François
de la Cropte ; 3°. Françoiſe-Elifabeth-Suzanne de
la Cropte , & 4°. Louis-François-Joſeph de la
Cropre , Chevalier de Malthe.
Le 2Aoûr , mourut au village de Conche, dans
4
203 OCTOBRE. 1758 .
le Dioceſe de Mende, Florette Roux , âgée de
cent dix-huit ans & quatre mois. Són mari , Jac
ques Guin , mourut l'année derniere âgé de cent
quatorze ans. Ils ont vécu enſemble foixante-dixneuf
ans , & ont eu dix-huit enfans , douze garçons&
fix filles : quatorze de ces enfans vivent
encore. Leur mariage avoit été béni par un Miniſtre
quelque temps après la révocation de l'Edit
deNantes. Jacques Guin ſe diftingua parmi les
Rebelles , connus ſous le nom de Camiſards. Il
s'étoit d'abord attaché à Joannen , & combattit
fous ſes ordres à l'affaire de Chandomerge. Il
quitta Joannen pour ſuivre Roland, lequel ayant
bonne opinion de ſes talens , lui donna le commandement
d'une Troupe de cinquante hommes.
Il ſe trouva avec ce dernier à Fontmort , où le
Régiment de Champagne fut fi maltraité. Enfin
il Paccompagna auprès du Maréchal de Villars ,
& lui ſervit de conſeil pour conclure ſon traité
particulier.
Meſſire Bleixart-Louis-Edouard-Henri leGras,
Chevalier de Vauberſey , fils de feu Meſſire Fran--
çois-Edouard le Gras de Vauberſey , Seigneur de
Mongenôt , Lieutenant des Maréchaux de France
au département de Champagne & Brie , & de
DameMarie-Claire de Relongue de la Louptiere ,
eſt mort au château de la Louptiere en Champagne
, le 10 Août , âgé d'un an , onze mois 21
jours. Il étoit arriere-petit neveu de Meffire Simon
leGras-de Vauberſey , Evêque de Soiffons , qui a
eu l'honneur de ſacrer Louis XIV.
Meſſire Robion , ancien Curé de Dartas , dans
le Dioceſe de Vienne , y eſt mort le 11 Août âgé
de cent huit ans. 11 poſſédoit cette Cure depuis
près de quatre-vingt ans , & il avoit vu naître tous
ſes Paroiſſiens. La ſervante qui l'a toujours ſervi
vit encore , & a cent quatre ans.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. Bouguer , l'un des Membres de l'Académie
Royale des Sciences , de la Société Royale de
Londres & de Berlin , Honoraire de l'Académie de
Marine , eſt mort en cette Ville le 13 Août , dans
Ja foixante- troiſieme année de ſon âge.
Meffire Charles-Louis de Monfaulnin , Comte
de Montal , Lieutenant-Général des Armées du
Roi , Chevalier des Ordres de Sa Majesté , Gouverneur
des Ville & Château de Guiſe , eſt décédé
dans ſes terres en Bourgogne le 22 Août , âgé de
foixante-dix- sept ans..
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Résumé : MORTS.
En 1758, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Messire Charle Chatelain, Chapelain du Roi, Chanoine de Soiffons, Prieur Commandataire de Friardel et de Lieru, est décédé à Lieru le 29 juillet à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Messire François-Ifaac de la Cropte, Comte de Bourzac, Marquis de la Jarrie, et ancien premier Gentilhomme de la Chambre de Monseigneur le Prince de Conty, est mort à Noyon le 31 juillet à soixante-dix-sept ans. Il était fils de François-Ifaac de la Cropte et de Suzanne Tiraqueau de la Jarrie, et frère aîné de Jean-François de la Cropte, Evêque-Comte de Noyon. Il a laissé quatre enfants : Suzanne, Jean-François, Françoise-Élisabeth-Suzanne et Louis-François-Joseph, Chevalier de Malthe. Florette Roux est décédée au village de Conche, dans le Diocèse de Mende, le 2 août à l'âge de cent dix-huit ans et quatre mois. Son mari, Jacques Guin, était décédé l'année précédente à cent quatorze ans. Ils ont eu dix-huit enfants, dont quatorze sont encore en vie. Leur mariage a été béni par un Ministre après la révocation de l'Édit de Nantes. Jacques Guin s'est distingué parmi les Camisards, combattant sous les ordres de Joannen et Roland. Messire Bleixart-Louis-Edouard-Henri le Gras, Chevalier de Vaubersey, est mort au château de la Louptiere en Champagne le 10 août à l'âge d'un an, onze mois et vingt-et-un jours. Messire Robion, ancien Curé de Dartas dans le Diocèse de Vienne, est décédé le 11 août à cent huit ans. Il a possédé cette Cure pendant près de quatre-vingt ans. M. Bouguer, membre de l'Académie Royale des Sciences, de la Société Royale de Londres et de Berlin, et honoraire de l'Académie de Marine, est mort à Paris le 13 août à soixante-trois ans. Messire Charles-Louis de Monfaulnin, Comte de Montal, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Chevalier des Ordres de Sa Majesté, est décédé dans ses terres en Bourgogne le 22 août à soixante-dix-sept ans.
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