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251
p. 745-747
Museum Florentinum. Le Cabinet du Grand Duc &c, en Estampes, [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Florence, qu'on y a entrepris, non [...]
Mots clefs :
Florence, Museum Florentinum, Gravures, Souscription, Planches gravées, Statues de marbre, Bustes, Monuments en bronze, Médailles, Portraits
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texteReconnaissance textuelle : Museum Florentinum. Le Cabinet du Grand Duc &c, en Estampes, [titre d'après la table]
On écrit de Florence , qu'on y a entrepris
, non -seulement de faire graver
tout ce que renferme de Monumens d'Antiquité
le Cabinet du Grand Duc , mais
encore tout ce qui se trouve de rare et
de précieux en ce genre dans les Cabinets
et dans les Maisons des Particuliers
à Florence. Michel Nestenus et François
Moucke , sont actuellement chargez de
l'impression des Estampes , lesquelles seront
accompagnées des Explications de
M. Gori , celebre Professeur en Histoire.
Ce curieux Recueil doit paroître sous
le titre de Museum Florentinum ; il sera
de dix Volumes in folio , grand papier
Imperial , et chaque Volume contiendra
au moins cent Planches gravées , sans
compter les Explications qui seront imprimées
séparément.
F Les
746 MERCURE DE FRANCE
Les deux premiers Volumes renferme
ront les Pierres gravées antiques de toute
espece.
Le troisiéme sera destiné pour les Statuës
de Marbre , arrangées dans un ordre
convenable.
Le quatrième pour les Bustes,
Le cinquième pour les petites Statuës
et autres Monumens en bronze.
Les sixième , septième et huitiéme comprendront
les Médailles choisies et les
plus rares , sur tout celles qui n'ont point
encore parû.
Dans le neuvième et dixième , seront
les Portraits des plus fameux Peintres qui
se sont peints eux -mêmes , et dont les
Originaux font l'ornement du Palais Mcdicis,
Toutes les Planches qui composent ce
Recueil , seront dessinées par un habile
Maître , et gravées par les plus excellens
Graveurs d'Italie , qui doivent les graver
d'après les Originaux,
Comme cette entreprise est d'une grande
dépense , on a jugé à propos de proposer
l'Ouvrage par souscription ; mais
avant que de s'engager dans de plus grands
frais , on ne propose actuellement que
les deux premiers Volumes qui sont déja
presque achevez , et pour la souscription
desquels on demande 18. écus , monnoye
de
AVRIL. 1731. 747
de Florence . On payera six écus en souscrivant
, six autres en recevant l'Exemplaire
du premier Volume , et le reste en
recevant l'Exemplaire du second. Il n'y
auta en tout que 300. Souscriptions , et
da Souscription ne sera ouverte que jusqu'à
la fin du mois de Juin prochain.
Il faut s'adresser à M. Vittorio Francheschini
, Marchand à Florence , ou à quelqu'autre
Négociant , en faisant remettre
les fonds sans frais.
Comme ces differens Volumes contiennent
des sujets qui n'ont aucun rapport
entr'eux , et qui ne font point de suite
on sera libre de les acheter séparément ,
en observant cependant de ne point diviser
les deux Volumes de Pierres gravées
, les trois Volumes de Médailles et
les deux de Portraits.
, non -seulement de faire graver
tout ce que renferme de Monumens d'Antiquité
le Cabinet du Grand Duc , mais
encore tout ce qui se trouve de rare et
de précieux en ce genre dans les Cabinets
et dans les Maisons des Particuliers
à Florence. Michel Nestenus et François
Moucke , sont actuellement chargez de
l'impression des Estampes , lesquelles seront
accompagnées des Explications de
M. Gori , celebre Professeur en Histoire.
Ce curieux Recueil doit paroître sous
le titre de Museum Florentinum ; il sera
de dix Volumes in folio , grand papier
Imperial , et chaque Volume contiendra
au moins cent Planches gravées , sans
compter les Explications qui seront imprimées
séparément.
F Les
746 MERCURE DE FRANCE
Les deux premiers Volumes renferme
ront les Pierres gravées antiques de toute
espece.
Le troisiéme sera destiné pour les Statuës
de Marbre , arrangées dans un ordre
convenable.
Le quatrième pour les Bustes,
Le cinquième pour les petites Statuës
et autres Monumens en bronze.
Les sixième , septième et huitiéme comprendront
les Médailles choisies et les
plus rares , sur tout celles qui n'ont point
encore parû.
Dans le neuvième et dixième , seront
les Portraits des plus fameux Peintres qui
se sont peints eux -mêmes , et dont les
Originaux font l'ornement du Palais Mcdicis,
Toutes les Planches qui composent ce
Recueil , seront dessinées par un habile
Maître , et gravées par les plus excellens
Graveurs d'Italie , qui doivent les graver
d'après les Originaux,
Comme cette entreprise est d'une grande
dépense , on a jugé à propos de proposer
l'Ouvrage par souscription ; mais
avant que de s'engager dans de plus grands
frais , on ne propose actuellement que
les deux premiers Volumes qui sont déja
presque achevez , et pour la souscription
desquels on demande 18. écus , monnoye
de
AVRIL. 1731. 747
de Florence . On payera six écus en souscrivant
, six autres en recevant l'Exemplaire
du premier Volume , et le reste en
recevant l'Exemplaire du second. Il n'y
auta en tout que 300. Souscriptions , et
da Souscription ne sera ouverte que jusqu'à
la fin du mois de Juin prochain.
Il faut s'adresser à M. Vittorio Francheschini
, Marchand à Florence , ou à quelqu'autre
Négociant , en faisant remettre
les fonds sans frais.
Comme ces differens Volumes contiennent
des sujets qui n'ont aucun rapport
entr'eux , et qui ne font point de suite
on sera libre de les acheter séparément ,
en observant cependant de ne point diviser
les deux Volumes de Pierres gravées
, les trois Volumes de Médailles et
les deux de Portraits.
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Résumé : Museum Florentinum. Le Cabinet du Grand Duc &c, en Estampes, [titre d'après la table]
À Florence, une initiative vise à graver et publier les monuments antiques et objets rares des collections du Grand Duc et de particuliers. Michel Nestenus et François Moucke sont responsables de l'impression des estampes, accompagnées des explications du professeur Gori. Le recueil, intitulé 'Museum Florentinum', comportera dix volumes in-folio sur grand papier impérial, chaque volume contenant au moins cent planches gravées et des explications imprimées séparément. Les deux premiers volumes présenteront les pierres gravées antiques. Le troisième volume sera dédié aux statues de marbre, le quatrième aux bustes, et le cinquième aux petites statues et monuments en bronze. Les sixième, septième et huitième volumes incluront des médailles rares, tandis que les neuvième et dixième volumes contiendront des portraits de peintres célèbres. Toutes les planches seront dessinées par un maître et gravées par des graveurs italiens renommés. En raison des coûts élevés, l'ouvrage est proposé par souscription. Actuellement, seuls les deux premiers volumes, presque achevés, sont proposés à la souscription au prix de 18 écus, avec des paiements en trois versements. Seules 300 souscriptions seront acceptées, et la souscription sera ouverte jusqu'à la fin du mois de juin. Les souscriptions peuvent être faites auprès de M. Vittorio Francheschini à Florence ou d'un autre négociant, sans frais de transfert des fonds. Les volumes peuvent être achetés séparément, à condition de ne pas diviser les volumes de pierres gravées, de médailles et de portraits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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252
p. 747-748
Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux sont avertis qu'il paroît depuis peu cinq [...]
Mots clefs :
Estampes , Gravures, Tableaux, Paris, Vente, Graveur
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Les Curieux sont avertis qu'il paroît
depuis peu cinq Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux de feu Antoine
Watteau , par les soins de M. de
Julienne , dont la beauté soutient la réputation
que ce gracieux Peintre s'est acquise
; elles ont pour titre : les Plaisirs du
Bal, Entretiens amoureux , Escorte d'Equipages
, l'Occupation selon l'âge , le Portrait
de watteau. La vente s'en fait à Paris , chez
La Veuve de F. Chereau , Graveur du Roi ,
Fij ruč
748 MERCURE DE FRANCE
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'Or
et chez Surugues , Graveur du Roi , ruë
des Noyers , vis -à - vis S. Yves.
On trouve chez les mêmes toutes les
Estampes que l'on a gravées jusqu'ici d'après
cet Auteur,
M. l'Epicier , un des meilleurs Graveurs
que nous ayons , vient de mettre au jour
une petite Estampe qui lui fait autant
d'honneur qu'elle fait de plaisir aux plus
fins connoisseurs. Elle se vend chez l'Auteur
, rue S. Jacques , près les Jacobins.
Ce tendre et précieux morceau a été gravé
d'après un excellent Tableau du Cabinet
du Comte de Morville , dans lequel l'illustre
Signora Roza - Alba Carriera , Venitienne
, a peint au pastel, une très - belle
femme avec des fleurs , représentant le
Printems. On lit ces quatie Vers au bas
de l'Estampe,
L'éclat des fleurs est peu durable ,
La beauté s'altére aisement ;
Il n'est qu'un instant favorable ,
Et cet instant est le present.
depuis peu cinq Estampes nouvellement
gravées d'après les Tableaux de feu Antoine
Watteau , par les soins de M. de
Julienne , dont la beauté soutient la réputation
que ce gracieux Peintre s'est acquise
; elles ont pour titre : les Plaisirs du
Bal, Entretiens amoureux , Escorte d'Equipages
, l'Occupation selon l'âge , le Portrait
de watteau. La vente s'en fait à Paris , chez
La Veuve de F. Chereau , Graveur du Roi ,
Fij ruč
748 MERCURE DE FRANCE
rue S. Jacques , aux deux Piliers d'Or
et chez Surugues , Graveur du Roi , ruë
des Noyers , vis -à - vis S. Yves.
On trouve chez les mêmes toutes les
Estampes que l'on a gravées jusqu'ici d'après
cet Auteur,
M. l'Epicier , un des meilleurs Graveurs
que nous ayons , vient de mettre au jour
une petite Estampe qui lui fait autant
d'honneur qu'elle fait de plaisir aux plus
fins connoisseurs. Elle se vend chez l'Auteur
, rue S. Jacques , près les Jacobins.
Ce tendre et précieux morceau a été gravé
d'après un excellent Tableau du Cabinet
du Comte de Morville , dans lequel l'illustre
Signora Roza - Alba Carriera , Venitienne
, a peint au pastel, une très - belle
femme avec des fleurs , représentant le
Printems. On lit ces quatie Vers au bas
de l'Estampe,
L'éclat des fleurs est peu durable ,
La beauté s'altére aisement ;
Il n'est qu'un instant favorable ,
Et cet instant est le present.
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, et autres, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de cinq estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, supervisées par M. de Julienne. Intitulées 'Les Plaisirs du Bal', 'Entretiens amoureux', 'Escorte d'Equipages', 'L'Occupation selon l'âge' et 'Le Portrait de Watteau', elles sont disponibles à Paris chez La Veuve de F. Chereau et Surugues, tous deux graveurs du Roi. Ces vendeurs proposent également toutes les estampes gravées jusqu'à présent d'après Watteau. Par ailleurs, M. l'Épicier, graveur reconnu, a publié une estampe d'après un tableau du Cabinet du Comte de Morville. Cette estampe représente une femme avec des fleurs, symbolisant le printemps, peinte au pastel par la Signora Rosa Alba Carriera, artiste vénitienne. Accompagnée de quatre vers sur la fugacité de la beauté, elle est en vente chez l'auteur, rue Saint-Jacques, près des Jacobins.
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253
p. 748-749
Nouveau Plan de Paris, [titre d'après la table]
Début :
L'Abbé de la Grive, Auteur du nouveau Plan de [...]
Mots clefs :
Plan de Paris, Villages, Châteaux, Marne, Vincennes, Torcy
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texteReconnaissance textuelle : Nouveau Plan de Paris, [titre d'après la table]
L'Abbé de la Grive , Auteur du nouveau
Plan de Paris , en six feuilles , vient
de mettre au jour la seconde feuille de
sa Carte des environs de Paris , qui comprend
AVRIL. 1731. 749
prend le cours de la Marne jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et
Châteaux détachez , depuis le Château
de Vincennes jusques à Torcy , d'Occident
en Orient , et depuis la Forêt de
Livri jusqu'aux Bois de S. Martin en Brie,
du Nord au Midi , avec les Chemins qui
communiquent des uns aux autres. Le
tout levé sur les lieux et détaillé de sorte
qu'on y reconnoît distinctement les Plans
des belles Maisons comprises dans cette
étenduë. Elle se vend chez l'Auteur , Cloître
S. Benoît. Il donnera la troisiéme feuille
qui comprendra le côté de la Brie à la fin
de cette année.
Plan de Paris , en six feuilles , vient
de mettre au jour la seconde feuille de
sa Carte des environs de Paris , qui comprend
AVRIL. 1731. 749
prend le cours de la Marne jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et
Châteaux détachez , depuis le Château
de Vincennes jusques à Torcy , d'Occident
en Orient , et depuis la Forêt de
Livri jusqu'aux Bois de S. Martin en Brie,
du Nord au Midi , avec les Chemins qui
communiquent des uns aux autres. Le
tout levé sur les lieux et détaillé de sorte
qu'on y reconnoît distinctement les Plans
des belles Maisons comprises dans cette
étenduë. Elle se vend chez l'Auteur , Cloître
S. Benoît. Il donnera la troisiéme feuille
qui comprendra le côté de la Brie à la fin
de cette année.
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Résumé : Nouveau Plan de Paris, [titre d'après la table]
En avril 1731, l'Abbé de la Grive a publié la seconde feuille de sa Carte des environs de Paris, couvrant la Marne jusqu'à cinq lieues de la ville. Elle inclut 57 villages et détaille les chemins et maisons de Vincennes à Torcy et de la Forêt de Livry aux Bois de Saint-Martin-en-Brie. La troisième feuille, sur la Brie, sortira fin 2023.
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254
p. 749-750
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
Début :
Nous vous prions, Messieurs, de nous procurer quelque éclaircissement sur [...]
Mots clefs :
Évêque, Confesseur, Calendrier du Bréviaire, Église paroissiale, Traduction italienne, Prélat
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons,
au sujet d'un Saint inconnu.
Nou
Ous vous prions , Messieurs , de
nous procurer quelque éclaircissement
sur un Saint dont nous ne connoissons
guéres que le nom ; c'est S. Front ,
qui est appellé Evêque et Confesseur dans
le Calendrier du Breviaire de Soissons ,
où l'on en fait memoire le 25. Octobre.
Comm. S. Frontonis , Episcop. et Confess.
Il. y a dans le même Diocèse un Village
assez considerable , dont l'Eglise Paroissiale
est sous l'invocation de ce Saint. Le
Fiij Village
750 MERCURE DE FRANCE
Village en porte le même nom ; c'est sans
doute pour le distinguer de plusieurs autres
Neüillis , qu'on le nomme communement
Neüilli S. Front.
J'ai quelque legere idée d'avoir vû
ce nom dans d'autres Calendriers , mais
bien differemment. Si quelques Sçavans
vouloient bien nous donner quelque chose
de clair là - dessus , nous leur en serions
Très- reconnoissans ; leurs recherches feront
plaisir à plusieurs personnes qui por
tent ce nom là , et qui seront ravis de voir
leur Patron tiré de l'obscurité où il étoit
resté jusqu'à present.
au sujet d'un Saint inconnu.
Nou
Ous vous prions , Messieurs , de
nous procurer quelque éclaircissement
sur un Saint dont nous ne connoissons
guéres que le nom ; c'est S. Front ,
qui est appellé Evêque et Confesseur dans
le Calendrier du Breviaire de Soissons ,
où l'on en fait memoire le 25. Octobre.
Comm. S. Frontonis , Episcop. et Confess.
Il. y a dans le même Diocèse un Village
assez considerable , dont l'Eglise Paroissiale
est sous l'invocation de ce Saint. Le
Fiij Village
750 MERCURE DE FRANCE
Village en porte le même nom ; c'est sans
doute pour le distinguer de plusieurs autres
Neüillis , qu'on le nomme communement
Neüilli S. Front.
J'ai quelque legere idée d'avoir vû
ce nom dans d'autres Calendriers , mais
bien differemment. Si quelques Sçavans
vouloient bien nous donner quelque chose
de clair là - dessus , nous leur en serions
Très- reconnoissans ; leurs recherches feront
plaisir à plusieurs personnes qui por
tent ce nom là , et qui seront ravis de voir
leur Patron tiré de l'obscurité où il étoit
resté jusqu'à present.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Soissons, au sujet d'un Saint inconnu.
Une lettre écrite à Soissons demande des éclaircissements sur un saint nommé Front. Ce saint est identifié comme évêque et confesseur dans le calendrier du Breviaire de Soissons, où il est commémoré le 25 octobre. Dans le diocèse de Soissons, un village nommé Neuilli possède une église paroissiale dédiée à ce saint. Pour éviter la confusion avec d'autres villages du même nom, ce village est souvent appelé Neuilli Saint-Front. L'auteur mentionne avoir vu le nom de ce saint dans d'autres calendriers, mais sous des formes différentes. Il espère que des érudits pourront fournir des informations plus précises, ce qui serait utile pour les personnes portant ce nom et souhaitant en savoir plus sur leur patron.
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255
p. 750-751
« On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...] »
Début :
On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...]
Mots clefs :
Florence, Cardinal, Traduction italienne, Comédies, Prélat
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texteReconnaissance textuelle : « On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...] »
On nous écrit de Florence , qu'on va
bien- tôt donner au Public le second Tome
, in folio , del nuovo Vocabolario della
Crousca. L'Imprimerie établie à Urbain ,
par les soins du Cardinal Annibal Albani ,
continue à donner au Public des Ouvrages
considerables ; on imprime actuellement
une Traduction Italienne , in Verso
sciolto , des Comédies de Terence , par
M. Fortiguerra , dont on loue beaucoup
Fexactitude et l'élegance. Le même Prélat
avoit été chargé par Clement XI . d'exè
traire de la grande collection des Actes.
d'Angleterre par Rimer , tout ce qui pouvoit
être favorable , ou seulement avoir
quelque rapport au S.Siege , et d'y ajoûter
qé ,
AVRIL. 17312 731
quelques Notes. Cet Ouvrage est achevé
, et on assure qu'il ne tardera pas
voir le jour.
bien- tôt donner au Public le second Tome
, in folio , del nuovo Vocabolario della
Crousca. L'Imprimerie établie à Urbain ,
par les soins du Cardinal Annibal Albani ,
continue à donner au Public des Ouvrages
considerables ; on imprime actuellement
une Traduction Italienne , in Verso
sciolto , des Comédies de Terence , par
M. Fortiguerra , dont on loue beaucoup
Fexactitude et l'élegance. Le même Prélat
avoit été chargé par Clement XI . d'exè
traire de la grande collection des Actes.
d'Angleterre par Rimer , tout ce qui pouvoit
être favorable , ou seulement avoir
quelque rapport au S.Siege , et d'y ajoûter
qé ,
AVRIL. 17312 731
quelques Notes. Cet Ouvrage est achevé
, et on assure qu'il ne tardera pas
voir le jour.
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Résumé : « On nous écrit de Florence, qu'on va bien-tôt donner au Public le second Tome [...] »
En avril 1731, la publication du second tome du Vocabolario della Crusca est annoncée. L'imprimerie d'Urbain, dirigée par le Cardinal Annibal Albani, imprime une traduction italienne des comédies de Térence par M. Fortiguerra. Albani a également achevé un ouvrage sur les Actes d'Angleterre, commandé par Clément XI, qui sera bientôt publié.
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256
p. 731
Inscriptions anciennes, trouvées nouvellement, [titre d'après la table]
Début :
Inscription trouvée sur un Autel de pierre quarré, de 4. [...]
Mots clefs :
Inscription, Autel de pierre, Consul
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texteReconnaissance textuelle : Inscriptions anciennes, trouvées nouvellement, [titre d'après la table]
Inscription trouvée sur un Autel de pierre
quarré, de 4. pieds environ de hauteur et
de 2. de largeur, à Thein,prés de Tournon,
On lit an haut :
• DOM V VSQ DIVI
NAE COLON COPIAE CLAVD AVG LVG
J
TAVROBOLIVM FECIT QAQVIVS ANTONIA
NYS PONTIF PEPET V V S.
EX
Au bas.
VATICINATIONE PVSONI IVLIANI ARCHI
GALLI INCHOATVM XII . KAL . MAI. CONSVM
MATVM VIIII . KAL. MAI. L. EGGIO MARV LEO
CN PA ..... AELIANO COS PRAEEVNTE AELIO
SACERDOTE TIBICINE ALBIO
VERINO.
quarré, de 4. pieds environ de hauteur et
de 2. de largeur, à Thein,prés de Tournon,
On lit an haut :
• DOM V VSQ DIVI
NAE COLON COPIAE CLAVD AVG LVG
J
TAVROBOLIVM FECIT QAQVIVS ANTONIA
NYS PONTIF PEPET V V S.
EX
Au bas.
VATICINATIONE PVSONI IVLIANI ARCHI
GALLI INCHOATVM XII . KAL . MAI. CONSVM
MATVM VIIII . KAL. MAI. L. EGGIO MARV LEO
CN PA ..... AELIANO COS PRAEEVNTE AELIO
SACERDOTE TIBICINE ALBIO
VERINO.
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257
p. 751-752
Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Début :
Des Lettres de Lisbonne, du commencement du mois passé, portent [...]
Mots clefs :
Tempête, Lisbonne, Poisson, Inconnu, Hercule, Pêcheurs, Temple, Carthaginois, Statue
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texteReconnaissance textuelle : Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Des Lettres de Lisbonne , du commencement
du mois passé , portent que
la derniere Tempête avoit fait échouet
sur la Côte , entre la Ville de Condé et
celle de Varzin , un Poisson d'une forme
extraordinaire , et inconnu à tous les Pêcheurs
et gens de Mer ; ce Poisson avoit
11. pieds 4. pouces de haut , et 46. pieds
8. pouces de circonference.
Ĉes Lettres ajoûtent , qu'on avoit ap
pris de Cadix , que quelques jours après
Fiiij la
752 MERCURE DE FRANCE
la même tempête on avoit trouvé sur le
bord de la Mer les ruines d'un ancien
Temple des Payens , avec une Statuë de
bronze et quelques Médailles qui font
conjecturer que ce Temple avoit été bâti
par les Carthaginois , et que c'étoit l'ancien
Temple d'Hercule.
du mois passé , portent que
la derniere Tempête avoit fait échouet
sur la Côte , entre la Ville de Condé et
celle de Varzin , un Poisson d'une forme
extraordinaire , et inconnu à tous les Pêcheurs
et gens de Mer ; ce Poisson avoit
11. pieds 4. pouces de haut , et 46. pieds
8. pouces de circonference.
Ĉes Lettres ajoûtent , qu'on avoit ap
pris de Cadix , que quelques jours après
Fiiij la
752 MERCURE DE FRANCE
la même tempête on avoit trouvé sur le
bord de la Mer les ruines d'un ancien
Temple des Payens , avec une Statuë de
bronze et quelques Médailles qui font
conjecturer que ce Temple avoit été bâti
par les Carthaginois , et que c'étoit l'ancien
Temple d'Hercule.
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Résumé : Ancien Temple d'Hercule découvert, &c. [titre d'après la table]
Des lettres de Lisbonne signalent un poisson inconnu échoué entre Condé et Varzin, mesurant 11 pieds 4 pouces de haut et 46 pieds 8 pouces de circonférence. À Cadix, des ruines d'un ancien temple païen, probablement carthaginois, ont été découvertes avec une statue de bronze et des médailles.
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258
p. 752-753
Machine mouvante fort singuliere, &c. [titre d'après la table]
Début :
On mande de Londres, que la nouvelle Machine que M. [...]
Mots clefs :
Machine, Orphée, Londres, Musique, Instruments, Concert, Mer, Vaisseaux, Nature, Imitation
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texteReconnaissance textuelle : Machine mouvante fort singuliere, &c. [titre d'après la table]
On mande de Londres , que la nouvelle
Machine M. Pinchbek y a faite , est
aussi curieuse que surprenante , ingenieu
se et magnifique. On voit sur le devant
deux objets mouvans d'une grande beauté
, dont l'un represente Orphée joüant
de la Lire dans une Forêt , marquant de
la tête et du pied l'exacte mesure de chaque
chant. Il est entouré d'un grand nom
bre de Bêtes sauvages , qui par leurs differens
mouvemens, semblent être animez
et charmez de l'harmonie de sa Musique.
En même- tems on entend jouer sur
plusieurs Instrumens un grand nombre
de differentes Pieces d'une Musique trèsexquise,
composée par Mr Handet , Corelli
et autres Maîtres celebres ; et dans une si
grande perfection , que quelque Instrument
de main que ce soit , auroit peine
à les égaler. On entend aussi l'agréable
harmonie d'un Concert d'Oiseaux , si
parfaitement imitée , qu'on ne pourroit
La distinguer de la Nature même .
L'autre
AVRIL. 1731. 753 .
L'autre Piece fait voir la Mer et la Terre
avec une vûë sur la Mer , qui se termine
insensiblement à une très-grande distance;
on voit voguer des Vaisseaux virant au
vent, en diminuant peu-à-peu , à mesure
qu'ils s'éloignent , jusqu'à ce qu'enfin ils
disparoissent. On apperçoit aussi des Marsoins
qui se roulent et se jouent dans l'eau.
Sur la Terre on voit des gens à cheval,
des Chariots , des Chaises , &c. .qui s'avancent
, et dont les rouës tournent com
me on le voit dans les grands chemins .
Les Cavaliers et leurs Chevaux changent
de posture pour se tenir droits en descendans
une Colline escarpée , d'où ils
passent au travers une Valée , &c . On
voit encore dans une Riviere des Cignes
qui cherchent à attraper des Poissons ; on
les voit aussi arranger leurs plumes d'une
maniere aussi naturelle que s'ils étoient
en vie ; on voit enfin des Chiens qui poursuivent
des Canards dans l'eau , &c.
Machine M. Pinchbek y a faite , est
aussi curieuse que surprenante , ingenieu
se et magnifique. On voit sur le devant
deux objets mouvans d'une grande beauté
, dont l'un represente Orphée joüant
de la Lire dans une Forêt , marquant de
la tête et du pied l'exacte mesure de chaque
chant. Il est entouré d'un grand nom
bre de Bêtes sauvages , qui par leurs differens
mouvemens, semblent être animez
et charmez de l'harmonie de sa Musique.
En même- tems on entend jouer sur
plusieurs Instrumens un grand nombre
de differentes Pieces d'une Musique trèsexquise,
composée par Mr Handet , Corelli
et autres Maîtres celebres ; et dans une si
grande perfection , que quelque Instrument
de main que ce soit , auroit peine
à les égaler. On entend aussi l'agréable
harmonie d'un Concert d'Oiseaux , si
parfaitement imitée , qu'on ne pourroit
La distinguer de la Nature même .
L'autre
AVRIL. 1731. 753 .
L'autre Piece fait voir la Mer et la Terre
avec une vûë sur la Mer , qui se termine
insensiblement à une très-grande distance;
on voit voguer des Vaisseaux virant au
vent, en diminuant peu-à-peu , à mesure
qu'ils s'éloignent , jusqu'à ce qu'enfin ils
disparoissent. On apperçoit aussi des Marsoins
qui se roulent et se jouent dans l'eau.
Sur la Terre on voit des gens à cheval,
des Chariots , des Chaises , &c. .qui s'avancent
, et dont les rouës tournent com
me on le voit dans les grands chemins .
Les Cavaliers et leurs Chevaux changent
de posture pour se tenir droits en descendans
une Colline escarpée , d'où ils
passent au travers une Valée , &c . On
voit encore dans une Riviere des Cignes
qui cherchent à attraper des Poissons ; on
les voit aussi arranger leurs plumes d'une
maniere aussi naturelle que s'ils étoient
en vie ; on voit enfin des Chiens qui poursuivent
des Canards dans l'eau , &c.
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Résumé : Machine mouvante fort singuliere, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une machine inventée par M. Pinchbek à Londres, remarquable par sa curiosité et sa beauté. Cette machine propose deux scènes animées. La première scène représente Orphée jouant de la lyre dans une forêt, entouré d'animaux sauvages charmés par sa musique. On y entend diverses pièces musicales jouées par plusieurs instruments, ainsi qu'un concert d'oiseaux imité avec précision. La seconde scène montre la mer et la terre, avec des vaisseaux naviguant et disparaissant à l'horizon, des marsouins jouant dans l'eau, et des personnes à cheval ou en chariot sur la terre. Les détails incluent des cavaliers changeant de posture en descendant une colline, des cygnes cherchant des poissons dans une rivière, et des chiens poursuivant des canards. La machine reproduit ces scènes avec une grande exactitude et réalisme.
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259
p. 753-755
Rentrée des Académies.
Début :
MR l'Abbé Bannier, Directeur de l'Académie des Inscriptions [...]
Mots clefs :
Académie, Belles-lettres, Inscriptions, Dissertation, Conquête, Sciences, Géographie, Prix, Mémoire, Chirurgie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Rentrée des Académies.
Rentrée des Academies.
l'Abbé Bannier , Directeur de l'Acadé-
Mimie des Inscriptions et Belles - Lettres , présida
à l'Assemblée publique qui se tient à l'ordinaire
au Louvre , le Mardi 3. Avril .
La Seance commença par la lecture d'une Dissertation
de M. de Chamborty sur la Vie et sur la
Famille de Labienus , l'un des Lieutenans Geneneraux
de Cesar , et celui qui eut le plus de part
F v
754 MERCURE DE FRANCE
à la Conquête des Gaules , dans laquelle il com→
mandoit l'Armée Romaine , sous les ordres de
Cesar. Cette Dissertation fut suivie d'une autre
de M. Bonami , sur le Musaum et sur la Bibliotheque
d'Alexandrie. Ce Museum étoit un espece
de College ou Académie de Gens de Lettre , rassemblez
de toutes les parties de la Grece , par les
soins de Ptolemée , Fondateur du Royaume d'E→
gypte.
La Séance fut terminée par la lecture que fir
M. l'Abbé Fourmont , de la Relation du Voyage
qu'il a fait dans la Grece , par l'ordre du Roi.
Comme il a parcouru avec soin et en homme de
Lettre l'Attique , l'Argolide , la Messenie et le
Pays de Lacedemone , il en a rapporté un trèsgrand
nombre d'Inscriptions qu'il a déterrées
lui-même , et dont le Recueil sera très - interes
cant pour la République des Lettres.
Le Mercredy 19. Avril , l'Académie Royale des
Sciences tint son Assemblée publique , à laquelle
présida M. d'Argenson . M. de Fontenelle ouvrit
la Seance par déclarer que la Piece qui a remporté
le Prix de cette année , est celle de M. Bouguer,
Professeur d'Hydrographie.
M. de Fontenelle lût ensuite l'Eloge de M Géofroy
, Pensionnaire Chimiste , mort dans le dernier
semestre. M. Petit , le Chirurgien , lût après
gela une Dissertation sur les differens moyens
que la Chirurgie a employez jusqu'à present pour
arrêter les Emorragies dans les grandes emputa
tions ; ces moyens sont les Stiptiques , les Escarotiques
, les Caustiques et la compression ; il
préfère à toutes les autres cette derniere qu'il a
perfectionnée,en inventant un Instrument qui sert
de bandage , et dont il donne la description.
M. Buache lût ensuite une Dssertation qui a
pour
AVRIL: 1731. 755
pour titre , Recherches Géographiques sur l'étendue
de l'Empire d'Alexandre et sur les routes
parcourues par ce Prince dans ses differentes Expeditions
, pour servir à la Carte de cet Empire ,
dressée à l'usage du Roi , par feu M. de Lisle.
M. Morand finit la Séance par la lecture d'un'
Memoire sur la maniere de faire l'operation de là
Taille , pratiquée anciennement par Frere Jac
ques , et depuis quelques années rétablie et perfectionnée
par M. Cheselden , celebre Chirurgien-
Anglois , et par M. Morand à Paris , qui depuis
D8. mois la pratique avec grand succès.
On donnera des Extraits de ces Memoires.
l'Abbé Bannier , Directeur de l'Acadé-
Mimie des Inscriptions et Belles - Lettres , présida
à l'Assemblée publique qui se tient à l'ordinaire
au Louvre , le Mardi 3. Avril .
La Seance commença par la lecture d'une Dissertation
de M. de Chamborty sur la Vie et sur la
Famille de Labienus , l'un des Lieutenans Geneneraux
de Cesar , et celui qui eut le plus de part
F v
754 MERCURE DE FRANCE
à la Conquête des Gaules , dans laquelle il com→
mandoit l'Armée Romaine , sous les ordres de
Cesar. Cette Dissertation fut suivie d'une autre
de M. Bonami , sur le Musaum et sur la Bibliotheque
d'Alexandrie. Ce Museum étoit un espece
de College ou Académie de Gens de Lettre , rassemblez
de toutes les parties de la Grece , par les
soins de Ptolemée , Fondateur du Royaume d'E→
gypte.
La Séance fut terminée par la lecture que fir
M. l'Abbé Fourmont , de la Relation du Voyage
qu'il a fait dans la Grece , par l'ordre du Roi.
Comme il a parcouru avec soin et en homme de
Lettre l'Attique , l'Argolide , la Messenie et le
Pays de Lacedemone , il en a rapporté un trèsgrand
nombre d'Inscriptions qu'il a déterrées
lui-même , et dont le Recueil sera très - interes
cant pour la République des Lettres.
Le Mercredy 19. Avril , l'Académie Royale des
Sciences tint son Assemblée publique , à laquelle
présida M. d'Argenson . M. de Fontenelle ouvrit
la Seance par déclarer que la Piece qui a remporté
le Prix de cette année , est celle de M. Bouguer,
Professeur d'Hydrographie.
M. de Fontenelle lût ensuite l'Eloge de M Géofroy
, Pensionnaire Chimiste , mort dans le dernier
semestre. M. Petit , le Chirurgien , lût après
gela une Dissertation sur les differens moyens
que la Chirurgie a employez jusqu'à present pour
arrêter les Emorragies dans les grandes emputa
tions ; ces moyens sont les Stiptiques , les Escarotiques
, les Caustiques et la compression ; il
préfère à toutes les autres cette derniere qu'il a
perfectionnée,en inventant un Instrument qui sert
de bandage , et dont il donne la description.
M. Buache lût ensuite une Dssertation qui a
pour
AVRIL: 1731. 755
pour titre , Recherches Géographiques sur l'étendue
de l'Empire d'Alexandre et sur les routes
parcourues par ce Prince dans ses differentes Expeditions
, pour servir à la Carte de cet Empire ,
dressée à l'usage du Roi , par feu M. de Lisle.
M. Morand finit la Séance par la lecture d'un'
Memoire sur la maniere de faire l'operation de là
Taille , pratiquée anciennement par Frere Jac
ques , et depuis quelques années rétablie et perfectionnée
par M. Cheselden , celebre Chirurgien-
Anglois , et par M. Morand à Paris , qui depuis
D8. mois la pratique avec grand succès.
On donnera des Extraits de ces Memoires.
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Résumé : Rentrée des Académies.
Le 3 avril, l'Abbé Bannier présida l'Assemblée publique des Académies au Louvre. La séance débuta par la lecture d'une dissertation de M. de Chamborty sur la vie et la famille de Labienus, lieutenant général de César, qui joua un rôle crucial dans la conquête des Gaules. M. Bonami présenta ensuite une dissertation sur le Musée et la Bibliothèque d'Alexandrie, un collège ou académie de gens de lettres réunis par Ptolémée. La séance se conclut par la lecture de M. l'Abbé Fourmont, relatant son voyage en Grèce, où il a recueilli de nombreuses inscriptions. Le 19 avril, l'Académie Royale des Sciences tint son assemblée publique sous la présidence de M. d'Argenson. M. de Fontenelle annonça que M. Bouguer avait remporté le prix de l'année et lut l'éloge de M. Géofroy, chimiste pensionnaire récemment décédé. M. Petit, chirurgien, présenta une dissertation sur les moyens d'arrêter les hémorragies dans les grandes amputations, préférant la compression grâce à un instrument qu'il a inventé. M. Buache lut une dissertation sur les recherches géographiques concernant l'Empire d'Alexandre. Enfin, M. Morand conclut la séance avec un mémoire sur l'opération de la taille, pratiquée par M. Cheselden et lui-même à Paris.
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260
p. 755-758
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences, pour l'année 1733.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay, ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçû le noble [...]
Mots clefs :
Académie, Sciences, Prix, Navigation, Astronomie, Tremblement de terre, Médecin, Manuscrit
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences, pour l'année 1733.
PRIX proposé par l'Académie Royale
des Sciences , pour l'année 1733.
Eu M. Rouillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrés des Sciences , et
Putilité que le Public en doit retirer , a legué à
P'Académie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets qu'il a
indiquez dans son Testament , et dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê
me general du Monde et l'Astronomie Phisique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter
mes du Testament , et se distribuer tous les ansi
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , il sera de z çoo. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
& le Commerce,
E vj II
756 MERCURE DE FRANCE.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et sera
'de 2000. livres.
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour Sujet du
second Prix , qui tombe dans l'année 1733 .
Quelle est la meilleure maniere de mesurer
sur Mer le chemin ou le sillage du Vaisseau ,
indépendamment des observations astronomiques.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sujets , et même les Associez
étrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix.
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils.
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles ,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algébre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages
,
mais seulement une Sentence ou Devise. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un.
Billet séparé , et cacheté par eux ,
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez
et leur adresse , et ce Billet ne sera ouvert par
l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
où seront avec.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie , ou les lui feront remettre entre
les mains. Dans ce second cas , le Secretaire
en donnera en même tems à celui qui les lui aura.
remis , son Recepissé , où sera marquée la Sentence
de l'Ouvrage et son numero , selon l'ordre
ou lé tems dans lequel il aura été reçû ,
Les
AVRIL:
1731. 757
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1732. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'aprés
Pâques 1733. proclamera la Piece qui aura remporté
ce Prix..
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Recepissé . Il n'y aura à cela. ~
Inulle autre formalité.
Sil n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
M. Bouguer, Hidrographe du Roi , au Croisie
en Bretagne , a remporté le Prix de 1731 .
On a reçû par un Bâtiment Anglois arrivé depuist
peu à Genes , des Lettres de S. Christoval de la
Laguna , Capitale de l'Isle . Tenerife , l'une des
Isles Canaries , dattées du 8. Decembre dernier ,
qui portent en substance que le 30. du mois
de Novembre précedent , on avoit ressenti deux
violentes secousses de Tremblement de terre dans
l'Isle Graciosa , située à l'Orient ; qu'à peine eurent-
elles cessé , que la terre s'étoit ouverte en
cinq endroits differens , qu'il en étoit sorti des
tourbillons de flammes , mêlez de pierres calcinées
et de matieres bitumeuses , que le feu s'étant
communiqué aux habitations , elles avoient été
réduites en cendres en moins d'une demie heure ;
que
le premier Decembre vers les neuf heures du
foir , ces Gouffres avoient cessé de jetter du feu
mais que le 2. l'embrasement avoit recommencé
avec tant de violence, que les maisons épargnées
par le premier , avoient été détruites , et que le
vent ayant porté le feu dans une grande Forêt.
voisineelle bruloit encore au départ des Lettres;
que
78 MERCURE DE FRANCE
que le 6. un nouveau Tremblement de terre s'étoit
fait sentir à la pointe Occidentale de l'Isle de
Tenerife , qu'il s'étoit fait une ouverture dans une
Plaine située à dix lieues de la Ville Capitale de
PIsle ; que ce Gouffre s'étant agrandi les jours
suivans , une petite Montagne qui étoit sur le
bord , avoit été ébranlée et étoit tombée dedans,
et qu'il continuoit de sortir beaucoup de fumée
de cette ouverture .
On écrit de Rome , que la Princesse Giustiniani
étant dangereusement malade , sa Famille avoit
fait venir de Bologne le Docteur Pozzi , celebre
Medecin , qui lui avoit ordonné un Bain d'huile,
cette Dame l'a pris deux fois , et la petite Verole
qui étoit presque rentrée , a cû son progrès ordi,
naire , desorte qu'elle est presentement hors de
danger .
des Sciences , pour l'année 1733.
Eu M. Rouillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris , ayant conçu le noble
dessein de contribuer au progrés des Sciences , et
Putilité que le Public en doit retirer , a legué à
P'Académie Royale des Sciences un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets qu'il a
indiquez dans son Testament , et dont il a donné
des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê
me general du Monde et l'Astronomie Phisique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter
mes du Testament , et se distribuer tous les ansi
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , il sera de z çoo. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navigation
& le Commerce,
E vj II
756 MERCURE DE FRANCE.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et sera
'de 2000. livres.
L'Académie se conformant aux vûës et aux
intentions du Testateur , propose pour Sujet du
second Prix , qui tombe dans l'année 1733 .
Quelle est la meilleure maniere de mesurer
sur Mer le chemin ou le sillage du Vaisseau ,
indépendamment des observations astronomiques.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur ces Sujets , et même les Associez
étrangers de l'Académie. Elle s'est fait la Loi
d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre
aux Prix.
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obligation.
Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils.
voudront , et l'Académie fera traduire leurs Ouvrages.
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisibles ,
sur tout quand il y aura des Calculs d'Algébre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages
,
mais seulement une Sentence ou Devise. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un.
Billet séparé , et cacheté par eux ,
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez
et leur adresse , et ce Billet ne sera ouvert par
l'Académie , qu'en cas que la Piece ait remporté
le Prix.
où seront avec.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront
leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpetuel
de l'Académie , ou les lui feront remettre entre
les mains. Dans ce second cas , le Secretaire
en donnera en même tems à celui qui les lui aura.
remis , son Recepissé , où sera marquée la Sentence
de l'Ouvrage et son numero , selon l'ordre
ou lé tems dans lequel il aura été reçû ,
Les
AVRIL:
1731. 757
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au premier
Septembre 1732. exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'aprés
Pâques 1733. proclamera la Piece qui aura remporté
ce Prix..
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Piece qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
l'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Recepissé . Il n'y aura à cela. ~
Inulle autre formalité.
Sil n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur même
, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
M. Bouguer, Hidrographe du Roi , au Croisie
en Bretagne , a remporté le Prix de 1731 .
On a reçû par un Bâtiment Anglois arrivé depuist
peu à Genes , des Lettres de S. Christoval de la
Laguna , Capitale de l'Isle . Tenerife , l'une des
Isles Canaries , dattées du 8. Decembre dernier ,
qui portent en substance que le 30. du mois
de Novembre précedent , on avoit ressenti deux
violentes secousses de Tremblement de terre dans
l'Isle Graciosa , située à l'Orient ; qu'à peine eurent-
elles cessé , que la terre s'étoit ouverte en
cinq endroits differens , qu'il en étoit sorti des
tourbillons de flammes , mêlez de pierres calcinées
et de matieres bitumeuses , que le feu s'étant
communiqué aux habitations , elles avoient été
réduites en cendres en moins d'une demie heure ;
que
le premier Decembre vers les neuf heures du
foir , ces Gouffres avoient cessé de jetter du feu
mais que le 2. l'embrasement avoit recommencé
avec tant de violence, que les maisons épargnées
par le premier , avoient été détruites , et que le
vent ayant porté le feu dans une grande Forêt.
voisineelle bruloit encore au départ des Lettres;
que
78 MERCURE DE FRANCE
que le 6. un nouveau Tremblement de terre s'étoit
fait sentir à la pointe Occidentale de l'Isle de
Tenerife , qu'il s'étoit fait une ouverture dans une
Plaine située à dix lieues de la Ville Capitale de
PIsle ; que ce Gouffre s'étant agrandi les jours
suivans , une petite Montagne qui étoit sur le
bord , avoit été ébranlée et étoit tombée dedans,
et qu'il continuoit de sortir beaucoup de fumée
de cette ouverture .
On écrit de Rome , que la Princesse Giustiniani
étant dangereusement malade , sa Famille avoit
fait venir de Bologne le Docteur Pozzi , celebre
Medecin , qui lui avoit ordonné un Bain d'huile,
cette Dame l'a pris deux fois , et la petite Verole
qui étoit presque rentrée , a cû son progrès ordi,
naire , desorte qu'elle est presentement hors de
danger .
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences, pour l'année 1733.
En 1733, l'Académie Royale des Sciences annonça deux prix, financés par un legs de M. Rouillé de Meslay, ancien conseiller au Parlement de Paris. Le premier prix, doté de 2 000 livres tous les deux ans, portait sur le système général du monde et l'astronomie physique. Le second prix, également de 2 000 livres, concernait la navigation et le commerce. Pour l'année 1733, le sujet du second prix était la meilleure manière de mesurer sur mer le chemin ou le sillage d'un vaisseau, indépendamment des observations astronomiques. L'Académie invita les savants de toutes les nations à soumettre leurs travaux, en français ou en latin, sans obligation de langue. Les auteurs devaient utiliser une devise anonyme et pouvaient inclure un billet cacheté avec leur identité, à ouvrir en cas de victoire. Les œuvres devaient être soumises au secrétaire perpétuel de l'Académie avant le 1er septembre 1732. Le prix serait attribué lors de l'assemblée publique après Pâques 1733. En 1731, M. Bouguer, hydrographe du Roi, avait remporté le prix. Par ailleurs, des lettres de Tenerife rapportaient des tremblements de terre et des éruptions volcaniques dans les îles Canaries. À Rome, la princesse Giustiniani, soignée par le docteur Pozzi, était hors de danger après avoir contracté la petite vérole.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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261
p. 758-760
REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
Début :
Pierre Chirac, Conseiller d'Etat ordinaire premier Medecin du Roi [...]
Mots clefs :
Eaux minérales, Prix, Réglementation , Médecin du roi, Cachet, Surintendance, Malades, Bouteilles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
REGLEMENT de M. le premier Medecin
du Roi , aufujet des Eaux
Minerales.
Pierre Chirac , Conseiller d'Etat ordinaire
premier Medecin du Roi , et Surintendant des
Eaux Minerales et Medecinales de France : A
tous ceux qui ces presentes Lettres verront , Salut.
La Surintendance des Eaux Minerales dont
le Roi nous a fait l'honneur de nous charger , et
le grand usage qu'on fait d'un remède aussi utile
et aussi nécessaire au Public , exigeant de notre
ministere une attention particuliere pour faire
puiser les Eaux dans les tems les plus favorables
et à les faire distribuer avec toutes les précautions
nécessaires pour rassurer le Public sur toutes sor→
tes de fraudes , nous aurions pris sur cela routes
les mesures possibles pour remplir nos obligations
"
AVRIL. 1731.
759
la satisfaction du Public et au bien des Malades
; et la longue experience que nous avons des
grands avantages que tirent les Malades de l'usage
des Eaux Minerales et Medecinales pour fa
guerison des Maladies chroniques nous engageant
à en faciliter l'usage à toutes sortes de
sonnes ,. nous avons jugé nécessaire d'en moderer
le prix de la maniere suivante , et de le fixer
SCAVOIR.
>
per-
Les Eaux de Forges , qui viennent par relais ,.
la bouteille , a liv. 15. S.
Eaux de Forges qui arrivent par voiture ordi--
naire , la bouteille à
IS S.
Eaux de Sainte - Reine , la bouteille à
Eaux de Valhs , de quatre pintes la bouteille , à
15 S.
Eaux de Balaruc ,de quatre pintes la bouteille, à
12. 1.
Eaux de Cransac, de quatre pintes la bouteille , à
12 1..
121
Eaux Savonneuses de Plombieres de cinq pintes
, la bouteille à
Eaux de Bourbonne , la pinte à
Eaux de Vichi , les 5. pintes à
Eaux de Spa , la pinte, à
1.2.1.
2 t.
lor
2. l. 10 S.-
Surquoi nous défendons trés - expressément aux
Directeurs desdites Eaux Minerales et Distributeurs
d'icelles , d'exiger du Public autre prix que
celui du Tarif ci - dessus marqué , à peine d'être
révoqués sur la premiere plainte qui en sera faite..
Défendons pareillement ausdits Distributeurs des
Eaux Minerales , d'en vendre aucune bouteille
que cachetée du cachet de nos Armes sur l'atta
che du bouchon , à commencer dans trois mois:
du jour du présent Reglement , et ils nous communiqueront
incessamment les Lettres de recep
tion des cachets de nos Armes , qu'il recevront
des
760 MERCURE DE FRANCE
des Fontainiers et autres personnes préposées au
puisage des differentes Eaux Minerales. Voulons
en outre être informés par lesdits Directeurs er
Distributeurs de toutes les voitures d'Eaux Minerales
qu'ils recevront , et de la quantité de bouteilles
qu'elles contiendront relativement à leurs
Lettres d'avis,dont ils nous remettront copie ; et
pour l'execution des articles ci - dessus , avons
nommé pour notre Inspecteur le Sieur Boyer
Docteur en Medecine de la Faculté de Paris et de
Montpellier , pour nous informer de tout ce qui
concernera l'état du Bureau desdites Eaux Minerales
et de leur distribution , et sera le present Reglement
affiché dans ledit Bureau et par tout où
besoin sera. Donné à Versailles ce vingt - huitiéme
Fevrier mil sept cens trente-un. Signé
CHIRA C. Par le premier Medecin du Roi ,
Signé , JOUBERT. Monfieur DU CHASTELET,
Rapporteur.
Enregistré ès Registres du Grand Conseil du
Roi pour être executé selon sa forme & teneur, &
jouir parles Sieurs Alleaume, Duhamel ,la Salle,
Delage , Hennecart & Joubert , de l'effet & contenu
en icelui , suivant l'Arrêt dudit Conseil de
cejourd'hui dix - neuf Mars mil fept cens trente-
un. Signé , VERDUC.
du Roi , aufujet des Eaux
Minerales.
Pierre Chirac , Conseiller d'Etat ordinaire
premier Medecin du Roi , et Surintendant des
Eaux Minerales et Medecinales de France : A
tous ceux qui ces presentes Lettres verront , Salut.
La Surintendance des Eaux Minerales dont
le Roi nous a fait l'honneur de nous charger , et
le grand usage qu'on fait d'un remède aussi utile
et aussi nécessaire au Public , exigeant de notre
ministere une attention particuliere pour faire
puiser les Eaux dans les tems les plus favorables
et à les faire distribuer avec toutes les précautions
nécessaires pour rassurer le Public sur toutes sor→
tes de fraudes , nous aurions pris sur cela routes
les mesures possibles pour remplir nos obligations
"
AVRIL. 1731.
759
la satisfaction du Public et au bien des Malades
; et la longue experience que nous avons des
grands avantages que tirent les Malades de l'usage
des Eaux Minerales et Medecinales pour fa
guerison des Maladies chroniques nous engageant
à en faciliter l'usage à toutes sortes de
sonnes ,. nous avons jugé nécessaire d'en moderer
le prix de la maniere suivante , et de le fixer
SCAVOIR.
>
per-
Les Eaux de Forges , qui viennent par relais ,.
la bouteille , a liv. 15. S.
Eaux de Forges qui arrivent par voiture ordi--
naire , la bouteille à
IS S.
Eaux de Sainte - Reine , la bouteille à
Eaux de Valhs , de quatre pintes la bouteille , à
15 S.
Eaux de Balaruc ,de quatre pintes la bouteille, à
12. 1.
Eaux de Cransac, de quatre pintes la bouteille , à
12 1..
121
Eaux Savonneuses de Plombieres de cinq pintes
, la bouteille à
Eaux de Bourbonne , la pinte à
Eaux de Vichi , les 5. pintes à
Eaux de Spa , la pinte, à
1.2.1.
2 t.
lor
2. l. 10 S.-
Surquoi nous défendons trés - expressément aux
Directeurs desdites Eaux Minerales et Distributeurs
d'icelles , d'exiger du Public autre prix que
celui du Tarif ci - dessus marqué , à peine d'être
révoqués sur la premiere plainte qui en sera faite..
Défendons pareillement ausdits Distributeurs des
Eaux Minerales , d'en vendre aucune bouteille
que cachetée du cachet de nos Armes sur l'atta
che du bouchon , à commencer dans trois mois:
du jour du présent Reglement , et ils nous communiqueront
incessamment les Lettres de recep
tion des cachets de nos Armes , qu'il recevront
des
760 MERCURE DE FRANCE
des Fontainiers et autres personnes préposées au
puisage des differentes Eaux Minerales. Voulons
en outre être informés par lesdits Directeurs er
Distributeurs de toutes les voitures d'Eaux Minerales
qu'ils recevront , et de la quantité de bouteilles
qu'elles contiendront relativement à leurs
Lettres d'avis,dont ils nous remettront copie ; et
pour l'execution des articles ci - dessus , avons
nommé pour notre Inspecteur le Sieur Boyer
Docteur en Medecine de la Faculté de Paris et de
Montpellier , pour nous informer de tout ce qui
concernera l'état du Bureau desdites Eaux Minerales
et de leur distribution , et sera le present Reglement
affiché dans ledit Bureau et par tout où
besoin sera. Donné à Versailles ce vingt - huitiéme
Fevrier mil sept cens trente-un. Signé
CHIRA C. Par le premier Medecin du Roi ,
Signé , JOUBERT. Monfieur DU CHASTELET,
Rapporteur.
Enregistré ès Registres du Grand Conseil du
Roi pour être executé selon sa forme & teneur, &
jouir parles Sieurs Alleaume, Duhamel ,la Salle,
Delage , Hennecart & Joubert , de l'effet & contenu
en icelui , suivant l'Arrêt dudit Conseil de
cejourd'hui dix - neuf Mars mil fept cens trente-
un. Signé , VERDUC.
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Résumé : REGLEMENT de M. le premier Medecin du Roi, au sujet des Eaux Minerales.
Pierre Chirac, Conseiller d'État et premier Médecin du Roi, émet un règlement en tant que Surintendant des Eaux Minérales et Médicinales de France. Il met l'accent sur la surveillance et la distribution des eaux minérales pour garantir leur authenticité et prévenir les fraudes. Le règlement fixe les prix des eaux minérales telles que celles de Forges, Sainte-Reine, Valhs, Balaruc, Cransac, Plombières, Bourbonne, Vichy et Spa. Il interdit aux directeurs et distributeurs de facturer un prix différent de celui établi et impose que toutes les bouteilles soient cachetées avec les armes de Chirac. Les distributeurs doivent informer Chirac de toutes les livraisons d'eaux minérales. Pour assurer la mise en œuvre de ces mesures, Chirac nomme le Docteur Boyer comme inspecteur. Le règlement est signé à Versailles le 28 février 1731 et enregistré par le Grand Conseil du Roi le 19 mars 1731.
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262
p. 760-762
Brevet pour l'Eau sans pareille, & vertus.
Début :
PERMIS par la commission et vertu des Arrêts du Conseil [...]
Mots clefs :
Brevet, Sel spécifique, Médecine, Maux de tête, Apoplexie, Colique, Remèdes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Brevet pour l'Eau sans pareille, & vertus.
Brevet pour l'Eaufans pareille , & vertus.
Parrêts du Conseil d'Etat du Roi , du 3. Juil-
ERMIS par la commission et vertu des
inlet
, et 25. Octobre 1728. au Sieur Roussier ,
venteur de l'Eau sans pareille en 1717. de continuer
de la vendre et distribuer , tant dans Paris
que dans tout le Royaume , avec défenses à qui
que ce soit de la composer et contrefaire , excep-
MM. les Apotiquaires , vendre et débiter sous
ledit
AVRIL. 1731 761
ledit nom , à peine de cinq cens livres d'amende
conformément ausdits Arrêts et audit Sieur
Roussier de vendre et distribuer , sous la même
amende , d'autres remedes. DONNE' à Paris au
Château des Thuilleries , MM. les Commissaires
assemblez , ce zz. jour d'Octobre 1729. Signé ,
DODART , &c.
Elle guérit les maux de tête , vapeurs , migra
ne , et étourdissemens , en s'en frottant les deux
mains et les portant au nez , pour la respirer , et
ne point ôter les mains tant qu'il y aura de la
force.
Pour l'apoplexie , il en faut boire plein une
cuilliere à caffé , pure.
Pour la colique , vents dans l'estomach , indigestions
, et points de côté , il faut mettre deux
doigts d'eau commune dans un verre , et quinze
de cette Eau , et boire le tout mêlé en- gouttes
semble.
Pour le mal de mere , avaler huit gouttes de
cette Eau dans une cuilliere à bouche pleine d'eau
commune.
>
Pour le mal des yeux , il s'en faut frotter les
mains et les
devant les yeux , en les ou- porter
vrant , pour en recevoir l'esprit , et ne point ôter
les mains tant qu'il y aura de la force ; et en cas
de fluxion , il en faut mettre le même nombre de
huit gouttes dans deux doigts d'eau commune, et
la laver le soir et le matin avec un linge blanc.
La rougeur et les fluxions s'en iront en en mettant
le matin en se levant , et le soir à la fin du
jour.
Pour les vûës couvertes et troubles , et pour
les
yeux larmoyans , l'on s'en servira de même.comme
il est dit ci - dessus , dans les deux mains ; cela
éclaicira la vûë sur le champ , et la fortifiera.
Et pour le mal de dents , il en faut frotter les
gencives
762 MERCURE DE FRANCE
1
·
gencives en dedans et en dehors ; et en cas qu'elles
soient creuses , imbiber un linge pour mettredessus.
Le Sieur ROUSSIER demeure à Paris , ruë
Jean- Saint-Denys , à l'image Sainte Genevieve ,
prochè le Palais Royal.
Il y a des Bouteilles depuis dix fols juſqu'à
vingt livres la pinte.
Le Sieur LESCURE , Chirurgien Major des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , IL
Douairiere , donne avis au Public , qu'il continue
de distribuer , avec beaucoup de succez , un
Sel specifique pour la guerison des maladies convulsives
, vapeurs , épilepsie , ou mal caduc , paralisie
, &c. ce remede fort facile à prendre
est souverain pour toutes les maladies qui attaquent
le genre nerveux ; son action est fort dou
ce , il conserve toûjours sa vertu , et peut se
transporter par tout , il donne un imprimé où il
est expliqué la maniere de s'en servir.
› Le Sieur Lescure demeure rue du jour à
Pimage S. Louis , vis - à- vis le grand portail
de S. Eustache ; il prie ceux qui lui écriront de
Province , d'avoir soin d'afranchir leurs lettres.
Parrêts du Conseil d'Etat du Roi , du 3. Juil-
ERMIS par la commission et vertu des
inlet
, et 25. Octobre 1728. au Sieur Roussier ,
venteur de l'Eau sans pareille en 1717. de continuer
de la vendre et distribuer , tant dans Paris
que dans tout le Royaume , avec défenses à qui
que ce soit de la composer et contrefaire , excep-
MM. les Apotiquaires , vendre et débiter sous
ledit
AVRIL. 1731 761
ledit nom , à peine de cinq cens livres d'amende
conformément ausdits Arrêts et audit Sieur
Roussier de vendre et distribuer , sous la même
amende , d'autres remedes. DONNE' à Paris au
Château des Thuilleries , MM. les Commissaires
assemblez , ce zz. jour d'Octobre 1729. Signé ,
DODART , &c.
Elle guérit les maux de tête , vapeurs , migra
ne , et étourdissemens , en s'en frottant les deux
mains et les portant au nez , pour la respirer , et
ne point ôter les mains tant qu'il y aura de la
force.
Pour l'apoplexie , il en faut boire plein une
cuilliere à caffé , pure.
Pour la colique , vents dans l'estomach , indigestions
, et points de côté , il faut mettre deux
doigts d'eau commune dans un verre , et quinze
de cette Eau , et boire le tout mêlé en- gouttes
semble.
Pour le mal de mere , avaler huit gouttes de
cette Eau dans une cuilliere à bouche pleine d'eau
commune.
>
Pour le mal des yeux , il s'en faut frotter les
mains et les
devant les yeux , en les ou- porter
vrant , pour en recevoir l'esprit , et ne point ôter
les mains tant qu'il y aura de la force ; et en cas
de fluxion , il en faut mettre le même nombre de
huit gouttes dans deux doigts d'eau commune, et
la laver le soir et le matin avec un linge blanc.
La rougeur et les fluxions s'en iront en en mettant
le matin en se levant , et le soir à la fin du
jour.
Pour les vûës couvertes et troubles , et pour
les
yeux larmoyans , l'on s'en servira de même.comme
il est dit ci - dessus , dans les deux mains ; cela
éclaicira la vûë sur le champ , et la fortifiera.
Et pour le mal de dents , il en faut frotter les
gencives
762 MERCURE DE FRANCE
1
·
gencives en dedans et en dehors ; et en cas qu'elles
soient creuses , imbiber un linge pour mettredessus.
Le Sieur ROUSSIER demeure à Paris , ruë
Jean- Saint-Denys , à l'image Sainte Genevieve ,
prochè le Palais Royal.
Il y a des Bouteilles depuis dix fols juſqu'à
vingt livres la pinte.
Le Sieur LESCURE , Chirurgien Major des
Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , IL
Douairiere , donne avis au Public , qu'il continue
de distribuer , avec beaucoup de succez , un
Sel specifique pour la guerison des maladies convulsives
, vapeurs , épilepsie , ou mal caduc , paralisie
, &c. ce remede fort facile à prendre
est souverain pour toutes les maladies qui attaquent
le genre nerveux ; son action est fort dou
ce , il conserve toûjours sa vertu , et peut se
transporter par tout , il donne un imprimé où il
est expliqué la maniere de s'en servir.
› Le Sieur Lescure demeure rue du jour à
Pimage S. Louis , vis - à- vis le grand portail
de S. Eustache ; il prie ceux qui lui écriront de
Province , d'avoir soin d'afranchir leurs lettres.
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Résumé : Brevet pour l'Eau sans pareille, & vertus.
Le texte décrit deux brevets pour des remèdes médicaux. Le premier brevet, accordé au Sieur Roussier, concerne l'« Eau sans pareille », inventée en 1717. Par des arrêts du Conseil d'État du Roi des 3 juillet et 25 octobre 1728, Roussier obtient le droit exclusif de vendre et distribuer ce remède dans tout le Royaume, à l'exception des apothicaires autorisés à le contrefaire. L'« Eau sans pareille » traite divers maux tels que les maux de tête, les vapeurs, la migraine, l'apoplexie, la colique, les indigestions, le mal de mère, les troubles oculaires et le mal de dents. Roussier réside à Paris, rue Jean-Saint-Denys, et vend son produit entre dix et vingt livres la pinte. Le second brevet concerne le Sieur Lescure, Chirurgien Major des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne. Lescure distribue un sel spécifique pour soigner les maladies convulsives, les vapeurs, l'épilepsie, la paralysie et autres affections nerveuses. Ce remède est facile à prendre, conserve sa vertu et peut être transporté partout. Lescure réside rue du Jour à l'image Saint-Louis, vis-à-vis le grand portail de Saint-Eustache, et demande aux correspondants provinciaux d'affranchir leurs lettres.
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263
p. 762-763
NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de la Gache, sur le Mouvement perpetuel, &c.
Début :
Il a été parlé dans le Mercure de France du [...]
Mots clefs :
Mouvement perpétuel, Instrument mathématique, Quadrature, Cercles, Modèle, Pesanteur, Machine, Société royale des arts mécaniques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de la Gache, sur le Mouvement perpetuel, &c.
NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de
la Gache, fur le Mouvement perpetuel, &c.
Il a été parlé dans le Mercure de France da
mois de Juillet 1730. d'un instrument de Mathématique
, déja annoncé dans les Mercures de
Mars et Novembre 1729. avec lequel on trouve
sur le champ la quadrature de toute sorte de
cercles , les jeaugeages de toute sorte de tonneaux
et cubes , et encore la racine quarrée de toute sorte
de plombs et figures Géométriques ; cet instrument
f
AVRIL. 1731. 753
trument étant marqué de toutes les mesures ne
cessaires pour les operations qu'on vient de dire.
Le même Mercure de Juillet 1730. parle aussi
d'une idée du mouvement perpetuel, du même Auteur
, laquelle ayant été examinée à Paris , plusieurs
connoisseurs ont jugé qu'on ne pouvoit
bien trouver le mouvement perpetuel que par ce
principe.
Depuis ce temps-là l'Auteur a fait un nouveau
modele à peu près sur le même principe , mais l'execution
en est beaucoup plus facile, il n'y a point
de chambres comme au premier,il est plus simple
et plus naturel , puisqu'il n'y a pas de frottement
même des deux pivots , et que les chutes des pesanteurs
, ou des leviers s'en font comme des boules
, qui tombent d'enhaut l'une sur l'autre de fortprès
, et remontent par leur centre , pour redescendre
continuellement par la circonference ou
l'extrémité du cercle , et donner ainsi le mouve,
ment à toute la machine.
L'Auteur offre d'envoyer à Paris ce nouveau
modele de mouvement perpetuel à MM . de la
Societé Royale des Arts Mechaniques , pour
P'examiner et en faire l'expérience , esperant de
leur présenter encore les autres découvertes qu'il
a ci-devant faites. Il n'y a point d'artiste , habile
et curieux, qui ne se fasse un plaisir d'executer ce
dernier mouvement , il n'y aura que de la justesse
à observer. Le modele en question est de
cuivre , et n'a que cinq pouces de diametre , les
boules d'étain sont plates , et l'arbre ou livots
surquoi la machine tourne , d'acier. Le tout ne
pese pas plus de trois ou quatre livres. Signé ,
LA GACH E.
la Gache, fur le Mouvement perpetuel, &c.
Il a été parlé dans le Mercure de France da
mois de Juillet 1730. d'un instrument de Mathématique
, déja annoncé dans les Mercures de
Mars et Novembre 1729. avec lequel on trouve
sur le champ la quadrature de toute sorte de
cercles , les jeaugeages de toute sorte de tonneaux
et cubes , et encore la racine quarrée de toute sorte
de plombs et figures Géométriques ; cet instrument
f
AVRIL. 1731. 753
trument étant marqué de toutes les mesures ne
cessaires pour les operations qu'on vient de dire.
Le même Mercure de Juillet 1730. parle aussi
d'une idée du mouvement perpetuel, du même Auteur
, laquelle ayant été examinée à Paris , plusieurs
connoisseurs ont jugé qu'on ne pouvoit
bien trouver le mouvement perpetuel que par ce
principe.
Depuis ce temps-là l'Auteur a fait un nouveau
modele à peu près sur le même principe , mais l'execution
en est beaucoup plus facile, il n'y a point
de chambres comme au premier,il est plus simple
et plus naturel , puisqu'il n'y a pas de frottement
même des deux pivots , et que les chutes des pesanteurs
, ou des leviers s'en font comme des boules
, qui tombent d'enhaut l'une sur l'autre de fortprès
, et remontent par leur centre , pour redescendre
continuellement par la circonference ou
l'extrémité du cercle , et donner ainsi le mouve,
ment à toute la machine.
L'Auteur offre d'envoyer à Paris ce nouveau
modele de mouvement perpetuel à MM . de la
Societé Royale des Arts Mechaniques , pour
P'examiner et en faire l'expérience , esperant de
leur présenter encore les autres découvertes qu'il
a ci-devant faites. Il n'y a point d'artiste , habile
et curieux, qui ne se fasse un plaisir d'executer ce
dernier mouvement , il n'y aura que de la justesse
à observer. Le modele en question est de
cuivre , et n'a que cinq pouces de diametre , les
boules d'étain sont plates , et l'arbre ou livots
surquoi la machine tourne , d'acier. Le tout ne
pese pas plus de trois ou quatre livres. Signé ,
LA GACH E.
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Résumé : NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de la Gache, sur le Mouvement perpetuel, &c.
Le mémoire du Sieur de la Gache, publié dans le Mercure de France de juillet 1730, présente deux inventions. La première est un instrument mathématique capable de déterminer la quadrature des cercles, le jaugeage des tonneaux et des cubes, ainsi que la racine carrée de diverses figures géométriques. Cet instrument est équipé de toutes les mesures nécessaires pour ces opérations. La seconde invention concerne une idée de mouvement perpétuel. Après un examen à Paris, des experts ont jugé ce principe prometteur. L'auteur a depuis créé un nouveau modèle plus simple, sans chambres ni frottement des pivots. Les poids ou leviers fonctionnent comme des boules tombant les unes sur les autres et remontant par leur centre pour redescendre continuellement. L'auteur propose d'envoyer ce modèle à la Société Royale des Arts Mechaniques à Paris pour examen. Le modèle, en cuivre, mesure cinq pouces de diamètre et pèse entre trois et quatre livres. Les boules sont en étain et l'arbre sur lequel la machine tourne est en acier. L'auteur espère que les artistes habiles et curieux trouveront plaisir à exécuter ce mouvement perpétuel.
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264
p. 763-764
Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Tessier, connu pour les Portraits au petit point [...]
Mots clefs :
Portraits, Société des arts, Tableaux, Aiguille, Curieux, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
A Amiens le 9. Fevrier 1731 .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
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Résumé : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Le 9 février 1731, à Amiens, le Sieur Tessier, connu pour ses portraits au petit point, a présenté deux tableaux à la Société des Arts. Ces œuvres représentent le Roi et la Reine en buste, de grandeur naturelle, et ont été exécutées avec une grande régularité. L'aiguille y fond les nuances des laines de manière harmonieuse, comparable à l'utilisation du pinceau. La Société des Arts a reconnu le mérite et le talent de Tessier en délivrant un extrait le 28 novembre 1730. Tessier espère recevoir des commandes similaires. Il possède également les portraits du Roi et de la Reine, ainsi qu'une Vierge et une Madeleine, d'après M. le Brun. Sa demeure est située sur le Pont Notre-Dame, près de la Pompe au Tapis de Turquie, à Paris.
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265
p. 764-765
Lanternes de Réflexion, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Boulangé, Maître et Marchand Doreur à Paris, demeurant [...]
Mots clefs :
Lanterne de réflexion, Académie des sciences, Martinique, Gouverneur, Intendant, Commerce, Académie de musique, Arts
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texteReconnaissance textuelle : Lanternes de Réflexion, [titre d'après la table]
Le Sieur Boulangé , Maître et Marchand Doreur
à Paris , demeurant , au milieu de la ruë
de la Verrerie , à l'enseigne du S. Esprit
Nous prie de donner avis que c'est lui qui le pre-
>
mier
AVRIL. 1731. 765
mier a trouvé le secret d'une Lanterne de réflexion
qui éclaire de plusieurs côtés , et d'un calibre
plus correct , et meilleur que celles qui ont paru
jusqu'à present , même approuvé par MM . de
de l'Académie des Sciences.
Il dit aussi avoir le premier trouvé le secret de
la faire éclairer sur le derriere , de façon qu'une
personne en Carosse ou en Chaise peut lire , sans
que la clarté l'offusque , et toutes celles qu'il
vend sont marquées au bord du dedans , des lettres
G. B. et d'un S. Esprit Couronné.
On écrit du Fort S. Pierre , que l'Isle Martinique
, la plus ancienne et la plus peuplée des Isles
Françoises, se pollit tout les jours davantage ; que
les belles manieres de M. le Marquis de Champigny,
Gouverneur , et de celles de M. d'Orgeville,
Intendant , n'y ont pas peu contribué ; surtout
depuis que ce dernier ayant fixé son séjour au
Fort S. Pierre , y a non- seulement facilité les affaires
de Commerce , par son exacte diligence à
prévenir , ou à terminer les differends inévitables
dans un trafic aussi considerable que celui qui s'y
fait , mais encore il y a réuni les esprits , par la
douceur de son caractere , en leur procurant certains
amusemens necessaires à la Societé civile.
On vient d'y établir une Académie de Musique
composé de cent des Principaux Habitans de S.
Pierre ; cette Academie , formée sur le modele de
celles de France , s'assemble deux fois la semaine ;
les voix et les instrumens de toutes especes , et en
grand nombre, y donnent un plaisir qui se feroit
rechercher dans les plus belles Provinces de l'Europe.
Il semble que l'amour des Arts et des Let´
tres ait passé aux Isles avec M. d'Orgeville,
à Paris , demeurant , au milieu de la ruë
de la Verrerie , à l'enseigne du S. Esprit
Nous prie de donner avis que c'est lui qui le pre-
>
mier
AVRIL. 1731. 765
mier a trouvé le secret d'une Lanterne de réflexion
qui éclaire de plusieurs côtés , et d'un calibre
plus correct , et meilleur que celles qui ont paru
jusqu'à present , même approuvé par MM . de
de l'Académie des Sciences.
Il dit aussi avoir le premier trouvé le secret de
la faire éclairer sur le derriere , de façon qu'une
personne en Carosse ou en Chaise peut lire , sans
que la clarté l'offusque , et toutes celles qu'il
vend sont marquées au bord du dedans , des lettres
G. B. et d'un S. Esprit Couronné.
On écrit du Fort S. Pierre , que l'Isle Martinique
, la plus ancienne et la plus peuplée des Isles
Françoises, se pollit tout les jours davantage ; que
les belles manieres de M. le Marquis de Champigny,
Gouverneur , et de celles de M. d'Orgeville,
Intendant , n'y ont pas peu contribué ; surtout
depuis que ce dernier ayant fixé son séjour au
Fort S. Pierre , y a non- seulement facilité les affaires
de Commerce , par son exacte diligence à
prévenir , ou à terminer les differends inévitables
dans un trafic aussi considerable que celui qui s'y
fait , mais encore il y a réuni les esprits , par la
douceur de son caractere , en leur procurant certains
amusemens necessaires à la Societé civile.
On vient d'y établir une Académie de Musique
composé de cent des Principaux Habitans de S.
Pierre ; cette Academie , formée sur le modele de
celles de France , s'assemble deux fois la semaine ;
les voix et les instrumens de toutes especes , et en
grand nombre, y donnent un plaisir qui se feroit
rechercher dans les plus belles Provinces de l'Europe.
Il semble que l'amour des Arts et des Let´
tres ait passé aux Isles avec M. d'Orgeville,
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Résumé : Lanternes de Réflexion, [titre d'après la table]
Le document traite de deux sujets principaux. Premièrement, il présente le Sieur Boulangé, maître et marchand doreur à Paris, résidant rue de la Verrerie à l'enseigne du Saint-Esprit. Boulangé a découvert le secret d'une lanterne de réflexion innovante, approuvée par l'Académie des Sciences, qui éclaire de plusieurs côtés et permet de lire sans être ébloui, notamment en carrosse ou en chaise. Ses lanternes sont marquées des lettres 'G.B.' et d'un Saint-Esprit couronné. Deuxièmement, le texte rapporte des nouvelles de l'île de la Martinique, la plus ancienne et la plus peuplée des îles françaises. Les mœurs de l'île s'améliorent grâce à l'influence de M. le Marquis de Champigny, gouverneur, et de M. d'Orgeville, intendant. Ce dernier, résidant au Fort Saint-Pierre, a facilité les affaires commerciales et réuni les esprits par la douceur de son caractère et en procurant des amusements nécessaires à la société civile. Une Académie de Musique, composée de cent principaux habitants de Saint-Pierre, a été établie sur le modèle des académies françaises. Elle se réunit deux fois par semaine et offre des plaisirs musicaux comparables à ceux des plus belles provinces d'Europe. L'amour des arts et des lettres semble avoir été introduit aux îles par M. d'Orgeville.
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266
p. 1089-1092
Bibliotheque Grammaticale, [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE GRAMMATICALE, qui contient les Livres pour apprendre le Latin [...]
Mots clefs :
Bibliothèque grammaticale, Latin, Alphabet symbolique, Orthodoxie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Grammaticale, [titre d'après la table]
B contient les Livres pour apprendre le
IBLIOTHEQUE GRAMMATICALE , qui
Latin sans le secours d'aucun Maître . Par
M. de Vallange. A Paris , Quai des Augustins
, chez Antoine Gandouin , 1731 .
brochure de 24 pag. in - 12.
Les petits volumes énoncez dans ce
Titre , contiennent.
1. Alphabet symbolique , ou la dénomination
des Lettres , par des Figures natu →
relles , propres à divertir les enfans.
2. Usage de l'Oribolexie , ou l'Art qui
enseigne à lire le Latin par régles et par
principes.
3 Ortholexie Latine , ou l'Art qui en>
seigne à lirole Latin par régles et par principes.
4. Ortholexie Françoise ou l'Art qui
enseigne à lire le François , par régles et
par principes.
5. Ortholexie Latine , génerale et universelle
, qui comprend la Méthode qui
enseigne le Latin en peu de tems , sans le
E ij secours
1092 MERCURE DE FRANCE
XIV. du mois d'Avril 1669. mise en
Conférence avec les anciennes Ordonnances
, Edits , Déclarations , Arrêts
Réglemens et autres Jugemens rendus
sur le fait des Chasses , où l'on a joint les
Notes des meilleurs Auteurs , et de nouvelles
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augmentée. Chez les mêmes . 2 vol . in- 12 .
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Ouvrage enrichi d'un grand nombre de
Figures en taille- douce. Chez les mêmes
3 vol. in- 12, prix , 9. liv.
IBLIOTHEQUE GRAMMATICALE , qui
Latin sans le secours d'aucun Maître . Par
M. de Vallange. A Paris , Quai des Augustins
, chez Antoine Gandouin , 1731 .
brochure de 24 pag. in - 12.
Les petits volumes énoncez dans ce
Titre , contiennent.
1. Alphabet symbolique , ou la dénomination
des Lettres , par des Figures natu →
relles , propres à divertir les enfans.
2. Usage de l'Oribolexie , ou l'Art qui
enseigne à lire le Latin par régles et par
principes.
3 Ortholexie Latine , ou l'Art qui en>
seigne à lirole Latin par régles et par principes.
4. Ortholexie Françoise ou l'Art qui
enseigne à lire le François , par régles et
par principes.
5. Ortholexie Latine , génerale et universelle
, qui comprend la Méthode qui
enseigne le Latin en peu de tems , sans le
E ij secours
1092 MERCURE DE FRANCE
XIV. du mois d'Avril 1669. mise en
Conférence avec les anciennes Ordonnances
, Edits , Déclarations , Arrêts
Réglemens et autres Jugemens rendus
sur le fait des Chasses , où l'on a joint les
Notes des meilleurs Auteurs , et de nouvelles
Remarques pour l'intelligence de
cette Jurisprudence . Nouvelle édition
augmentée. Chez les mêmes . 2 vol . in- 12 .
prix , 5 liv.
LES CURIOSITEZ DE PARIS , de Versailles
, de Marly , de Vincennes , de Saint
Cloud et des environs , avec les Antiquitez
justes et précises sur chaque sujet , et
les adresses pour trouver facilement tout
ce qu'ils renferment d'agréable et d'utile.
Ouvrage enrichi d'un grand nombre de
Figures en taille- douce. Chez les mêmes
3 vol. in- 12, prix , 9. liv.
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Résumé : Bibliotheque Grammaticale, [titre d'après la table]
Le document décrit deux ouvrages distincts. Le premier, 'Bibliothèque Grammaticale', est une brochure de 24 pages publiée en 1731 à Paris par Antoine Gandouin. Elle comprend plusieurs petits volumes pour l'apprentissage du latin et du français sans maître. Ces volumes incluent un alphabet symbolique avec des figures pour divertir les enfants, des méthodes pour lire le latin et le français par règles et principes, et une méthode générale pour apprendre le latin rapidement. Le second ouvrage est une nouvelle édition augmentée d'un texte juridique sur les chasses, publiée en avril 1669. Il compare les ordonnances, édits, déclarations, arrêts, règlements et jugements relatifs aux chasses, enrichis de notes d'auteurs et de remarques pour une meilleure compréhension. Le document mentionne également un ouvrage sur les curiosités de Paris, Versailles, Marly, Vincennes, Saint-Cloud et des environs, enrichi de figures et d'adresses pour trouver des informations agréables et utiles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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267
p. 1092-1093
Relation de la Révolution de Constantinople, &c. [titre d'après la table]
Début :
RELATION HISTORIQUE, exacte et détaillée de la derniere Révolution arrivée [...]
Mots clefs :
Relation historique, Constantinople, Révolution, Effendi, Égypte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de la Révolution de Constantinople, &c. [titre d'après la table]
RELATION HISTORIQUE , exacte et détaillée
de la derniere Révolution arrivée
à CONSTANTINOPLE , écrite d'abord en
Turc par un Effendi , avec plusieurs circonstances
de ce grand évenement , tirées
d'autres Mémoires , avec une Lettre du
P. S. sur les differentes Pêches qui se font
en Egypte , un Mémoire sur les Villes de
la Mecque et de Medine , &c. A Paris ,
ruë
M A - Y. 1731 . 1093
ruë S. Jacques , Quai de Conti , et au P.-
lais , chez Cavelier , veuve Pissat et Neuilly
, 1731. in- 12. prix , 24 sols .
de la derniere Révolution arrivée
à CONSTANTINOPLE , écrite d'abord en
Turc par un Effendi , avec plusieurs circonstances
de ce grand évenement , tirées
d'autres Mémoires , avec une Lettre du
P. S. sur les differentes Pêches qui se font
en Egypte , un Mémoire sur les Villes de
la Mecque et de Medine , &c. A Paris ,
ruë
M A - Y. 1731 . 1093
ruë S. Jacques , Quai de Conti , et au P.-
lais , chez Cavelier , veuve Pissat et Neuilly
, 1731. in- 12. prix , 24 sols .
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Résumé : Relation de la Révolution de Constantinople, &c. [titre d'après la table]
Le document 'Relation historique, exacte et détaillée de la dernière Révolution arrivée à Constantinople' a été rédigé en turc par un Effendi. Il décrit les événements récents de Constantinople et inclut des mémoires sur divers aspects. Il contient aussi une lettre sur les pêches en Égypte et un mémoire sur La Mecque et Médine. Publié à Paris en 1731, il est disponible chez plusieurs libraires au format in-12 pour 24 sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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268
p. 1093-1098
Essay sur l'Esprit, &c. [titre d'après la table]
Début :
ESSAI SUR L'ESPRIT, ses divers caracteres et ses differentes opérations, divisé [...]
Mots clefs :
Esprit, Discours, Bel esprit, Fausseté, Talent, Sujet, Idées justes, Faux esprit, Esprit superficiel
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texteReconnaissance textuelle : Essay sur l'Esprit, &c. [titre d'après la table]
ESSAI SUR L'ESPRIT , ses divers caracteres
et ses differentes opérations , divisé
en six Discours , &c . A Paris , chez Cailleau
, Place du Pont S. Michel , à côté du
Quai des Augustins , à S. André , 1731 .
Quelques personnes nous ayant priés
de donner une idée de cet Ouvrage , nous
n'avons pû le refuser. Il est divisé en six
Discours , comme le titre le porte. Le premier
Discours traite de la nature du veritable
Esprit. Le second , des causes de la
fausseté de l'Esprit. Le troisième , du bel
Esprit. Le quatrième , roule sur le bon
Esprit , consideré métaphysiquement. Le
cinquiéine , sur le bon Esprit , consideré
.comme vertu civile . Le sixième , enfin ,
traite de l'Esprit superficiel.
L'Auteur examinant dans le premier
Discours la nature du veritable Esprit ,
le prend dans le sens ordinaire de la conversation
, et le définit. Le talent de
pense
juste , et de s'exprimer de même. L'Auteur
trouve cette définition triomphante par sa
briéveté : deux mots l'expédient ; ce sont ses
termes par sa clarté ; car , dit-il , qui ne
sçait , au moins en géneral , ce que c'est
E iiij que
1094 MERCURE DE FRANCE
›
que penser juste? Le reste du Discours est
employé à prouver et à étendre la définition
de l'Esprit. L'Auteur tâche d'y prouver
d'abord qu'il est un talent. Ensuite
il définit ce que c'est que penser juste .
Penser , selon lui , c'est avoir des idées , des
Tableaux d'un Sujet. De là l'Auteur s'attache
à faire voir que la justesse de l'expression
est aussi nécessairement un car
ractere du veritable Esprit. L'ambiguité
ou l'obscurité avec laquelle on expose un
Sujet , est , comme il le remarque trèsbien
, une preuve certaine de la confusion
des pensées ; on trouve quelques
exemples de cette régle dans ces mêmes
Discours. Les expressions pour être justes
doivent être propres au Sujet que l'on traite ,.
vives , nobles , et élevées.
Dans le second Discours , l'Auteur définit
l'Esprit faux. C'est , dit -il , celui qui
a des idées opposées à l'essence de son Sujet.
Pour soutenir cette définition , il s'applique
à
prouver 1 ° . que nous avons plusieurs
idées d'une même chose : en second
lieu , que ces idées , que ces Tableaux ne
sont pas tous justes. Il entend par idées
justes celles qui embrassant leur sujet en entier
l'expriment parfaitement. Après quetques
écarts sur la Logique et là Rhetori
que , l'Auteur passe aux causes du faux
Esprit
MAY. 1731 .
1095
,
Esprit , qui sont , selon lui ,
,
selon lui , l'ignorance
La multiplicité des idées , la distraction , l'envie
de briller et de dire des choses que les autres
ne disent
pas
la contradiction , le préjugé
et le goût , enfin , l'authorité et l'exemple.
Le Lecteur remarquera qu'il y a
quelques-unes de ces causes du faux Esprit
qui en sont plutôt de veritables effets
, comme la distraction , l'envie de dire
des choses neuves , la contradiction . Nous
n'accorderons pas à cet Auteur que la
multiplicité des idées ou Tableaux d'un
même Sujet soit une cause du faux Esprit
: autrement , plus nous aurions d'idées
représentatives d'un objet , plus notre
esprit seroit susceptible de fausseté
ce qui est contre l'expérience et la raison
qui nous apprennent que la multiplicité
des Tableaux d'un même être ne sert qu'à
nous le representer plus parfaitement .
Mais ce qui est très - singulier , et que l'an
ne peut passer à l'Auteur , c'est qu'il apporte
ici pour cause du faux Esprit , ce
qu'il apporte dans le troisiéme Discours ,
comme un caractere du bel Esprit .
و
Pour définir ce que c'est que le bel Esprit
qui fait le sujet du troisiéme Discours
, l'Auteur examine ce que c'est que
nous appellons beau. Il le considere 1º.
en lui - même . 2 ° . Dans nos jugemens ,
+
E v 3
1096 MERCURE DE FRANCE
3. dans ses espéces. 4° . dans ses parties .
5 °. enfin dans ses degrez. Il applique ensuite
toutes ces notions du beau à l'Esprit
, et le regarde sous les mêmes points
de vûë. Delà il passe aux caracteres du
bel Esprit la netteté des idées , leur élévation
, leur multiplicité , ce qui est remarquable
, et leur étenduë ; le nombre et la
beauté des connoissances : enfin , Pintelligence
parfaite des Langues , et particulierement
de celle dans laquelle on parle on on
écrit.
:
que
Le quatriéme Discours roule sur le bon
Esprit consideré métaphysiquement , c'està-
dire , comme distingué seulement , et
non opposé au bel Esprit . L'Esprit regardé
de ce côté-là , est , dit l'Auteur , la
raison même la refléxion et l'étude ont
éclairée, et qui par- là juge sainement des objets
qui se présentent. Il examine sa définition
par parties , ce qui l'engage à faire
une digression sur les préjugez qu'il définit
ainsi. Les Préjugez sont des opinions
particulieres que nous avons sur les Sujets
qui se proposent , et qui ne sont appuyés que
sur des notions ou vagues on obscures , ou imparfaites
on fausses. Après avoir examiné
la cause des préjugez , qu'il dit être la paresse
dans les jugemens simples et absolus
, et la précipitation dans les jugemens
de
MAY. 1731. 1097
de comparaison , l'Auteur passe aux effets
des préjugez qu'il développe , et sur lesquels
il s'étend beaucoup . Il revient ensuite
au bon Esprit , dont il considere le
principe ou la cause , les productions et
les effets : enfin , les moyens qui servent
à l'entretenir et à l'étendre .
Le bon Esprit qui avoit été consideré
métaphysiquement dans le quatriéme
Discours , est regardé dans le cinquième
comme une vertu civile. Le bon Esprit
dit-il , est cette heureuse disposition , qui
dans toutes les occasions de la vie nous
fait prendre le parti de la sagesse et de la
raison. L'Auteur entre ensuite dans le détail
des avantages et des effets du bon Esprit
, soit dans la societé civile , soit dans
la societé domestique .
L'Esprit superficiel qui est la matiere
du dernier Discours , est , dit l'Auteur
celui qui n'ayant que les premieres idées d'un
Sujet , n'en embrasse, et n'en peut exprimer
que l'écorce . Le seul remede que l'on puisse
apporter pour se guérir de cet esprit
superficiel est le travail , qui entraîne avec
lui beaucoup de tems , et de difficultez ,
soit par la disposition de notre esprit , soit
par l'ignorance des qualitez du Sujet , sur
lequel l'esprit s'exerce , soit P'incertitude
du succès : mais il faut une applica-
E vj
par
tion
1098 MERCURE DE FRANCE
tion perseverante dans son travail , pour
ne pas perdre en un tems ce qu'on à acquis
avec peine dans un autre. L'Auteur
finit en proposant des moyens pour se
précautionner contre l'oubli de ce qu'on
a appris. Le stile de cet Ouvrage fait assez
connoître que l'Auteur est comme il
en avertit dans sa Préface ) d'un âge qui
ouvre naturellement une assez vaste carriere
aux refléxions et au travail.
et ses differentes opérations , divisé
en six Discours , &c . A Paris , chez Cailleau
, Place du Pont S. Michel , à côté du
Quai des Augustins , à S. André , 1731 .
Quelques personnes nous ayant priés
de donner une idée de cet Ouvrage , nous
n'avons pû le refuser. Il est divisé en six
Discours , comme le titre le porte. Le premier
Discours traite de la nature du veritable
Esprit. Le second , des causes de la
fausseté de l'Esprit. Le troisième , du bel
Esprit. Le quatrième , roule sur le bon
Esprit , consideré métaphysiquement. Le
cinquiéine , sur le bon Esprit , consideré
.comme vertu civile . Le sixième , enfin ,
traite de l'Esprit superficiel.
L'Auteur examinant dans le premier
Discours la nature du veritable Esprit ,
le prend dans le sens ordinaire de la conversation
, et le définit. Le talent de
pense
juste , et de s'exprimer de même. L'Auteur
trouve cette définition triomphante par sa
briéveté : deux mots l'expédient ; ce sont ses
termes par sa clarté ; car , dit-il , qui ne
sçait , au moins en géneral , ce que c'est
E iiij que
1094 MERCURE DE FRANCE
›
que penser juste? Le reste du Discours est
employé à prouver et à étendre la définition
de l'Esprit. L'Auteur tâche d'y prouver
d'abord qu'il est un talent. Ensuite
il définit ce que c'est que penser juste .
Penser , selon lui , c'est avoir des idées , des
Tableaux d'un Sujet. De là l'Auteur s'attache
à faire voir que la justesse de l'expression
est aussi nécessairement un car
ractere du veritable Esprit. L'ambiguité
ou l'obscurité avec laquelle on expose un
Sujet , est , comme il le remarque trèsbien
, une preuve certaine de la confusion
des pensées ; on trouve quelques
exemples de cette régle dans ces mêmes
Discours. Les expressions pour être justes
doivent être propres au Sujet que l'on traite ,.
vives , nobles , et élevées.
Dans le second Discours , l'Auteur définit
l'Esprit faux. C'est , dit -il , celui qui
a des idées opposées à l'essence de son Sujet.
Pour soutenir cette définition , il s'applique
à
prouver 1 ° . que nous avons plusieurs
idées d'une même chose : en second
lieu , que ces idées , que ces Tableaux ne
sont pas tous justes. Il entend par idées
justes celles qui embrassant leur sujet en entier
l'expriment parfaitement. Après quetques
écarts sur la Logique et là Rhetori
que , l'Auteur passe aux causes du faux
Esprit
MAY. 1731 .
1095
,
Esprit , qui sont , selon lui ,
,
selon lui , l'ignorance
La multiplicité des idées , la distraction , l'envie
de briller et de dire des choses que les autres
ne disent
pas
la contradiction , le préjugé
et le goût , enfin , l'authorité et l'exemple.
Le Lecteur remarquera qu'il y a
quelques-unes de ces causes du faux Esprit
qui en sont plutôt de veritables effets
, comme la distraction , l'envie de dire
des choses neuves , la contradiction . Nous
n'accorderons pas à cet Auteur que la
multiplicité des idées ou Tableaux d'un
même Sujet soit une cause du faux Esprit
: autrement , plus nous aurions d'idées
représentatives d'un objet , plus notre
esprit seroit susceptible de fausseté
ce qui est contre l'expérience et la raison
qui nous apprennent que la multiplicité
des Tableaux d'un même être ne sert qu'à
nous le representer plus parfaitement .
Mais ce qui est très - singulier , et que l'an
ne peut passer à l'Auteur , c'est qu'il apporte
ici pour cause du faux Esprit , ce
qu'il apporte dans le troisiéme Discours ,
comme un caractere du bel Esprit .
و
Pour définir ce que c'est que le bel Esprit
qui fait le sujet du troisiéme Discours
, l'Auteur examine ce que c'est que
nous appellons beau. Il le considere 1º.
en lui - même . 2 ° . Dans nos jugemens ,
+
E v 3
1096 MERCURE DE FRANCE
3. dans ses espéces. 4° . dans ses parties .
5 °. enfin dans ses degrez. Il applique ensuite
toutes ces notions du beau à l'Esprit
, et le regarde sous les mêmes points
de vûë. Delà il passe aux caracteres du
bel Esprit la netteté des idées , leur élévation
, leur multiplicité , ce qui est remarquable
, et leur étenduë ; le nombre et la
beauté des connoissances : enfin , Pintelligence
parfaite des Langues , et particulierement
de celle dans laquelle on parle on on
écrit.
:
que
Le quatriéme Discours roule sur le bon
Esprit consideré métaphysiquement , c'està-
dire , comme distingué seulement , et
non opposé au bel Esprit . L'Esprit regardé
de ce côté-là , est , dit l'Auteur , la
raison même la refléxion et l'étude ont
éclairée, et qui par- là juge sainement des objets
qui se présentent. Il examine sa définition
par parties , ce qui l'engage à faire
une digression sur les préjugez qu'il définit
ainsi. Les Préjugez sont des opinions
particulieres que nous avons sur les Sujets
qui se proposent , et qui ne sont appuyés que
sur des notions ou vagues on obscures , ou imparfaites
on fausses. Après avoir examiné
la cause des préjugez , qu'il dit être la paresse
dans les jugemens simples et absolus
, et la précipitation dans les jugemens
de
MAY. 1731. 1097
de comparaison , l'Auteur passe aux effets
des préjugez qu'il développe , et sur lesquels
il s'étend beaucoup . Il revient ensuite
au bon Esprit , dont il considere le
principe ou la cause , les productions et
les effets : enfin , les moyens qui servent
à l'entretenir et à l'étendre .
Le bon Esprit qui avoit été consideré
métaphysiquement dans le quatriéme
Discours , est regardé dans le cinquième
comme une vertu civile. Le bon Esprit
dit-il , est cette heureuse disposition , qui
dans toutes les occasions de la vie nous
fait prendre le parti de la sagesse et de la
raison. L'Auteur entre ensuite dans le détail
des avantages et des effets du bon Esprit
, soit dans la societé civile , soit dans
la societé domestique .
L'Esprit superficiel qui est la matiere
du dernier Discours , est , dit l'Auteur
celui qui n'ayant que les premieres idées d'un
Sujet , n'en embrasse, et n'en peut exprimer
que l'écorce . Le seul remede que l'on puisse
apporter pour se guérir de cet esprit
superficiel est le travail , qui entraîne avec
lui beaucoup de tems , et de difficultez ,
soit par la disposition de notre esprit , soit
par l'ignorance des qualitez du Sujet , sur
lequel l'esprit s'exerce , soit P'incertitude
du succès : mais il faut une applica-
E vj
par
tion
1098 MERCURE DE FRANCE
tion perseverante dans son travail , pour
ne pas perdre en un tems ce qu'on à acquis
avec peine dans un autre. L'Auteur
finit en proposant des moyens pour se
précautionner contre l'oubli de ce qu'on
a appris. Le stile de cet Ouvrage fait assez
connoître que l'Auteur est comme il
en avertit dans sa Préface ) d'un âge qui
ouvre naturellement une assez vaste carriere
aux refléxions et au travail.
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Résumé : Essay sur l'Esprit, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Essai sur l'esprit, ses divers caractères et ses différentes opérations' est structuré en six discours. Le premier discours définit le véritable esprit comme la capacité de penser correctement et de s'exprimer de manière appropriée. Le second discours examine la fausseté de l'esprit, attribuée à des causes telles que l'ignorance, la distraction et le désir de briller. Le troisième discours explore le bel esprit, marqué par la netteté, l'élévation et la multiplicité des idées. Le quatrième discours considère le bon esprit du point de vue métaphysique, le décrivant comme une raison éclairée par la réflexion et l'étude. Le cinquième discours analyse le bon esprit en tant que vertu civile, promouvant la sagesse et la raison dans la vie quotidienne. Enfin, le sixième discours traite de l'esprit superficiel, qui ne saisit que les premières idées d'un sujet, et propose le travail persévérant comme antidote. L'auteur démontre, à travers son style, une maturité adaptée aux réflexions approfondies et au travail rigoureux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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269
p. 1098-1109
Discours sur la Comedie, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS SUR LA COMEDIE, ou Traité Historique et Dogmatique des Jeux de [...]
Mots clefs :
Comédie, Ecriture Sainte, Antiquité ecclésiastique, Jeux de théâtre, Préface, Théologien, Réfutation, Divertissements comiques, Scolastiques, Danse des pantomimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Comedie, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS SUR LA COMEDIE , ou Traité
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre , et autres Divertissemens Comiques
, soufferts ou condamnez depuis le
premier siécle de l'Eglise jusqu'à présent ,
avec un Discours sur les Piéces de Théatre
tirées de l'Ecriture - Sainte . in- 12.
360. pages , sans les Préfaces et la Table
des Matieres. Seconde édition , augmentée
de plus de la moitié . Par le R. P. Le Brun ,
Prêtre de l'Oratoire . A Paris , chez la
veuve Delaune , rae S. Jacques , à l'Empereur
, 1731. in- 12 . de 360 pages , sans
P'Epitre , la Préface et les Tables.
Ĉer Ouvrage avoit déja paru anonime
en 1694. sous ce titre : Discours sur la Comédie
, où l'on voit la Réponse au Théologien
qui la défend , avec l'Histoire du Théatre
, et les sentimens des Docteurs de l'Eglise
MAY. 1731. 1099
se , depuis le premier siécle jusqu'à présent .
C'étoient deux Discours prononcez par
le P. le Brun , au Seminaire de S. Magloire
, le 26 Avril , le 3 et le 7 Mai 1694.
par ordre de M. De Harlay , Archevêque
de Paris , à l'occasion de la Lettre du
P. Caffaro , qui parût à la tête du Théatre
de M. Boursault. Mais quoique le Public
eut bien reçû l'Ouvrage du Pere le
Brun , ce sçavant homme , peu content
de cette ébauche,pensa dès -lors à le perfectionner.
A mesure qu'il étudioit l'Antiquité
Ecclesiastique , il ramassoit ce qui
avoit quelque rapport aux Jeux de Theatre.
C'est ce qui a produit le Traité qu'on
donne aujourd'hui , à l'exception du premier
Discours , où il y a peu d'additions ;
les autres peuvent passer pour entierement
nouveaux par les augmentations considérables
dont ils sont enrichis , l'Auteur
ayant recueilli avec soin ce qu'il a trouvé
depuis Auguste jusqu'à Justinien . L'Editeur
nous apprend qu'il a lui- même inseré
quelques faits que le P. le Brun avoit
oublié , et qu'il a extrait tout ce qui se
trouve contre les divertissemens Comi
dans le Recueil de Rituels et de Statuts
Synodaux , que M. De Launoy a laissé
aux P P. Minimes de la Place Royale.
Le troisiéme Discours , sur les Piéces de
ques
Théa
1100 MERCURE DE FRANCE
Théatre tirées de l'Ecriture , n'avoit point
paru dans la premiere édition , ayant été
prononcé un an après. Il ne contribuë pas
à enrichir celle ci . Donnons une idée
de chacune des parties de cet Ouvrage
en exposant le plan que l'Editeur a
peu
suivi.
>
Après une Préface où l'Editeur rend
compte de plusieurs circonstances nécessaires
à l'intelligence de cet Ouvrage , on
trouve la rétractation que le P. Caffaro
fît de sa Lettre en faveur de la Comédie .
et qu'il envoya à M. De Harlay , dattéc
du 11 Mai 1694. et imprimée à Paris
dans la même année . Comme cette Piéce
est peu connue , et que d'ailleurs l'Ouvrage
du P. Caffaro a fait beaucoup de
bruit , il paroissoit avantageux à la République
des Lettres , et à la mémoire de ce
Theologien , de faire connoître par cette
rétractation et ce désaveu , le mépris qu'il
faisoit lui-même de cet Ouvrage. Et c'est
ce que l'Editeur a fait en la donnant ici
enLatin et enFrançois . Il y a joint une Lettre
du P. le Brun du 20 Mai 1694. dans
laquelle il marque à un de ses amis le
peu d'empressement qu'il avoit à faire
imprimer ses Discours , et où il parle de
la rétractation du P. Caffaro comme d'u
ne Piéce qui le remplit de consolation .
A
M.A Y.
1731 . 1101
l'EA
la suite de cette Letrre est une seconde
Préface , où l'on examine s'il faut , ou
que l'on ferme les Théatres , ouou que
glise cesse de condamner ceux qui les fréquentent
; car tel a été le but du P. le
Brun dans ses Discours de justifier la conduite
de l'Eglise en excommuniant les
Comédiens , et en tolérant ceux qui assistent
aux Spectacles. On y représente le
Théatre comme l'Ecole de l'impureté , la
nourriture des passions , l'assemblage des
ruses du Démon pour les réveiller , où les
yeux sont environnez d'objets séducteurs , les
oreilles ouvertes à des discours souvent obscenes
et toujours prophanes , qui infectent le
coeur et l'esprit.
Cette Préface commence ainsi : Il paroît
bizarre , que dans un Etat Chrétien , on
prêche et on écrive contre la Comédie , qu'on
déclare excommuniez ceux qui font profession
de monter sur le Théatre , et qu'unefoule
de Chrétiens ne laissent pas de s'assembler
presque tous les jours pour applaudir à ces
Excommuniez , & c. Elle est suivie de deux
Discours. Dans le premier , le P. le Brun
s'attache plus particulierement à répondre
à la Lettre du Theologien , défenseur
de la Comédie. Nous souhaitterions que
les bornes d'un Extrait nous permissent
de rapporter ici quelques traits qui fassent
1102 MERCURE DE FRANCE
sent connoître la solidité de cette réfutation.
Nous renvoyons au Livre même , où
le Lecteur verra avec plaisir le Theologien
, défenseur de la Comédie , refuté
en plusieurs endroits par ses propres paroles.
Le second Discours a six parties . Les
trois premieres comprennent l'Histoire
des Jeux de Théatre et autres Divertissemens
Comiques , soufferts ou condamnez
depuis Auguste jusqu'à l'extinction de
l'idolâtrie , au commencement du sixiéme
siècle. La quatriéme comprend le jugement
que les Auteurs , tant sacrés que
profanes ont porté sur les Spectacles , depuis
Auguste jusqu'à Justinien . La cinquiéme
Partie reprend l'Histoire des Jeux
de Théatre à l'extinction de l'idolâtrie , et
la continue jusqu'à la naissance des Scolastiques
; et la derniere comprend l'Histoire
des Jeux de Théatre , depuis les Scholastiques
, c'est-à- dire , depuis le milieu
du XIII . siécle jusqu'à nous.
Le second Discours est suivi d'une Lettre
, où le P. le Brun répond à quelques
difficultez qu'on lui avoit proposées . On
trouve ensuite le troisiéme Discours que
le P. le Brun prononça à S. Magloire en
1695. à l'occasion de la Judith de M. Boyer
de l'Académie Françoise. Il y examine s'il
F
MAY, 1731
1103
y a lieu d'approuver que les Piéces de
Théatre soient tirées de l'Ecriture Sainte.
Ce Discours est divisé en deux parties.
Dans la premiere , le P. le Brun fait voir
que l'Ecriture ne peut paroître sur le
Théatre sans être défigurée et alterée considerablement.
La seconde est employée
à prouver , que quand on feroit quelque
Tragédie où l'Ecriture - Sainte seroit conservée
dans toute sa force et toute sa pureté
, le Théatre des Comédiens ne seroit
point le lieu de les représenter.
,
L'Editeur a placé après ce Discours un
Mandement de M. Fléchier , Evêque de
Nismes , contre les Spectacles , adressé
aux Fideles de son Diocèse le 8 Septembre
1758. On trouve à la fin une Table
Alphabétique des Matieres contenues dans
cer Ouvrage.
On ne peut témoigner à l'Editeur trop
de reconnoissance du soin qu'il a bien
voulu prendre de réunir et de ramasser
des morceaux si précieux. Il est certain
que nous n'avons point encote vû d'ouvrage
plus complet et plus curieux sur
cette matiere ; et on peut dire qu'il fait
honneur à son Auteur , et qu'il répond
parfaitement à la réputation qu'il s'est acquise
d'ailleurs. Nous ne pouvons nous
empêcher de dire en passant que le P. le
Brun
1104 MERCURE DE FRANCE
Brun a refuté par avance le Discours d'un
Auteur récent , défenseur de la Comédie ,
dont nous avons parlé le mois passé. Cet
Auteur qui s'étoit proposé de réfuter
M. le Prince de Conty , M. Bossuet et
M. Nicole , ne les a frappez par aucuns
endroits ; et on remarque qu'il n'a fait ,
pour ainsi dire , que réchauffer et étendre
les raisons du Théologien Apologiste du
Theatre .
L'Editeur avertit le Public dans sa
Préfice qu'il a réservé l'Eloge Historique
du P. le Brun pour un autre Ouvrage du
même Auteur , qui est actuellement sous
presse , et qui a pour titre : Traité du discernement
des effets naturels d'avec ceux qui
ne le sont pas , avec l'Histoire critique des
pratiques superstitieuses qui ont séduit les
Peuples , et qui embarrassent les Sçavans.
Il ajoute qu'outre des augmentations considerables
l'Auteur a refondu entierement
son Ouvrage , et l'a rendu plus . méthodique.
Mais nos Lecteurs ne seroient peut- être
pas contens , si après avoir piqué leur
curiosité sur ce que cet Ouvrage contient
de singulier et de recherché , nous n'entrions
dans quelque détail . Pour les satisfaire
nous allons donner un peu plus
d'étendue à cet Extrait.
›
Dans
>
MAY. 1731. 1105
Dans la premiere partie de l'Histoire
des Jeux de Théatre , l'Auteur remarque
qu'on en vît de très- superbes sous Auguste.
Ce grand Prince les aimoit avec passion
, dit-il , et surtout assûre qu'il ne
dissimuloit pas cette foiblesse. Il inventa
lui- même des Jeux. Pausanias rapporte
au Livre VIII. qu'Auguste fut l'Auteur
de la Danse des Pantomimes , et M. de
Pontac dans les Notes sur la Chronique
d'Eusebe , dit que c'étoit là les Jeux Augustaux
, Ludi Augustales. Cet Empereur
établit quelques Loix touchant les Spectacles.
Il défendit aux jeunes gens de l'un
et de l'autre sexe d'aller à ceux qui se faisoient
la nuit , à moins que de proches
parens âgez ne les y menassent , et il empêcha
que les femmes assistassent jamais
aux Jeux des Athlétes , parce qu'ils combattoient
ordinairement nuds.
A l'égard des Comédiens , il leur prescrivit
des régles , et leur laissa une liberté
dont il ne souffrit pas qu'ils abusassent.
Dès qu'il sçut qu'un Acteur , nommé Stephanion
, avoit pour serviteur une femme
déguisée en garçon , il le fit foüetter par
les trois Théatres de la Ville , et le bannit.
Il ne désaprouvoit pas qu'on siflat les
Acteurs , car il en bannit un de Rome et
de toute l'Italie , pour avoir osé montrer
au
1106 MERCURE DE FRANCE
au doigt un des Spectateurs qui le sifloit,
et on sifloit souvent pour une seule faute
contre la cadence ou contre la quantité.
Quoique Néron ne s'appliquât presque
jamais à mettre l'ordre en aucun endroit,
il se trouva pourtant obligé de chasser
d'Italie tous les Histrions,après leur avoir
donné trop de liberté; mais il voulut aller
lui-même faire le Comédien et le Chantre
dans plusieurs Villes de la Grece, pour
faire paroitre sa belle voix . Il commença
par Naples , qui étoit une Ville Grecque ;
et revenant à Rome , il voulut se montrer
au Théatre. Le Senat , pour éviter l'infamie
dont il s'alloit flétrir , s'il étoit vû sur
la Scene , lui décerna le prix de Musique,
et celui d'Eloquence avant le commencement
des Jeux ; mais Néron prétendoit
l'emporter par son merite , et non pas par
la faveur du Sénat . Il monta donc sur la
Scene , où il récita un Poëme , après quoi
il joüa de la Lyre , obéït à toutes les loix
du Theatre , comme de ne se reposer , de
ne cracher , ni se moucher durant toute
Paction , fléchit un genou et salua l'Assemblée
, en attendant la Sentence des
Juges . Le Peuple , et sur tout les Etrangers
rougirent pour lui d'une telle infamie.
Vespasien témoigna de l'horreur pour
les
MAY. 1731 . 1107
les Jeux des Gladiateurs. Il se plut à ceux
du Théatre , et de son tems les Pantomimes
étoient si fort à la mode , qu'on en
avoit aux funérailles , pour leur faire représenter
les actions de celui qu'on enterroit.
Domitien deffendit aux Danseurs et
Pantomimes de monter sur le Theatre.
Nerva les rétablit . Trajan les supprima
encore , mais on ne sçait pas s'ils furent
bannis des Théatres d'Orient ; on voit
seulement que cet Empereur fit bâtir un
Théatre à Antioche. Cette malheureuse
Ville , si passionnée pour les Spectacles ,
étoit souvent punie par les tremblemens
de terre qui la renversoient presque entierement.
Elle en souffrit un terrible sous
Trajan . En faisant rétablir la Ville , ce
Prince fit aussi rétablir les Théatres.
Adrien batit aussi un grand Théatre aurès
d'Antioche , à la Fontaine de Daphné.
Il avoit fait à cette Fontaine un grand Reservoir
d'eau, qu'on pouvoit voir du Théatre
; et il mit plusieurs Statues en l'honneur
des Naïades , c'est -à- dire des Nimphes
on Déesses de l'eau . Ce fut à ce Réservoir
que l'on s'avisa de faire nager des
femmes pour représenter les Naïades ; ce
que S. Chrysostome condamna avec tant
de zele et d'éloquence ,
HelioT108
MERCURE DE FRANCE
> Heliogabale fit lui - même le Comédien
et ne craignit pas de représenter des fables
avec des nuditez et des peintures deshonêtes
.Il honora les Comédiens, leur donna
des habits de soye , et en choisit un pour
être Prefet du Prétoire.
Alexandre Severe ôta aux Comédiens
les robes précieuses , et ne leur donna ni
or ni argent , mais tout au plus quelques
pieces de monnoye de cuivre. Ce Prince
ne souffrit jamais les divertissemens Sceniques
à sa table. Il aimoit pourtant les
Spectacles , mais sans y faire des largesses ;
il vouloit qu'on traitat toujours comme
des esclaves les Comédiens , et tous ceux
qui servoient aux plaisirs publics.
Les Comédiens eurent un puissant Protecteur
vers la fin du troisiéme siecle , dans
la personne de l'Empereur Carin , etc . Son
regne se distingua par la pompe avec laquelle
il celebra les Jeux Romains . Il y
avoit cent Joueurs de Flute qui s'accordoient
, autant de Sonneurs de Cors , cent
Chantres qui dansoient en même-tems
autant de personnes qui frapoient sur des
Cymbales ,mille Pantomimes et autant de
Luteurs . Le feu ayant pris à une toile
qu'il avoit fait tendre , consuma le Théatre,
que Diocletien fit ensuite rebâtir avec
plus de magnificence. Carin avoit fait venir
MAY. 1731. 1109
nir des Comédiens de tous côtés . Ceux qui
avoient travaillé aux décorations , les Luteurs
, les Histrions , et les Musiciens eurent
en present de l'or et de l'argent , et
des habits de soye .
Ce fut sous l'Empereur Maxime que
Gelasin , Comédien , fut martyrisé à Héliopolis
dans Phénicie . Il s'étoit jetté dans
un bain d'eau tiéde , pour tourner en ridicule
le Baptême des Chrétiens ; au sortir
du bain , il parut habillé de blanc. Alors
il refusa de faire le Comédien ; et adressant
la parole à tout le peuple , il s'écria
qu'il étoit Chrétien , qu'il avoit vu dans
ce bain la redoutable Majesté de Dieu , et
qu'il mourroit Chrétien . Tous les Spectateurs
saisis de fureur , monterent sur le
Théatre , et ayant pris Gelasin , ils le lapiderent.
Nous pourrons donner un second Extrait
de cet Ouvrage, pour ce qui regarde le Theatre
François.
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre , et autres Divertissemens Comiques
, soufferts ou condamnez depuis le
premier siécle de l'Eglise jusqu'à présent ,
avec un Discours sur les Piéces de Théatre
tirées de l'Ecriture - Sainte . in- 12.
360. pages , sans les Préfaces et la Table
des Matieres. Seconde édition , augmentée
de plus de la moitié . Par le R. P. Le Brun ,
Prêtre de l'Oratoire . A Paris , chez la
veuve Delaune , rae S. Jacques , à l'Empereur
, 1731. in- 12 . de 360 pages , sans
P'Epitre , la Préface et les Tables.
Ĉer Ouvrage avoit déja paru anonime
en 1694. sous ce titre : Discours sur la Comédie
, où l'on voit la Réponse au Théologien
qui la défend , avec l'Histoire du Théatre
, et les sentimens des Docteurs de l'Eglise
MAY. 1731. 1099
se , depuis le premier siécle jusqu'à présent .
C'étoient deux Discours prononcez par
le P. le Brun , au Seminaire de S. Magloire
, le 26 Avril , le 3 et le 7 Mai 1694.
par ordre de M. De Harlay , Archevêque
de Paris , à l'occasion de la Lettre du
P. Caffaro , qui parût à la tête du Théatre
de M. Boursault. Mais quoique le Public
eut bien reçû l'Ouvrage du Pere le
Brun , ce sçavant homme , peu content
de cette ébauche,pensa dès -lors à le perfectionner.
A mesure qu'il étudioit l'Antiquité
Ecclesiastique , il ramassoit ce qui
avoit quelque rapport aux Jeux de Theatre.
C'est ce qui a produit le Traité qu'on
donne aujourd'hui , à l'exception du premier
Discours , où il y a peu d'additions ;
les autres peuvent passer pour entierement
nouveaux par les augmentations considérables
dont ils sont enrichis , l'Auteur
ayant recueilli avec soin ce qu'il a trouvé
depuis Auguste jusqu'à Justinien . L'Editeur
nous apprend qu'il a lui- même inseré
quelques faits que le P. le Brun avoit
oublié , et qu'il a extrait tout ce qui se
trouve contre les divertissemens Comi
dans le Recueil de Rituels et de Statuts
Synodaux , que M. De Launoy a laissé
aux P P. Minimes de la Place Royale.
Le troisiéme Discours , sur les Piéces de
ques
Théa
1100 MERCURE DE FRANCE
Théatre tirées de l'Ecriture , n'avoit point
paru dans la premiere édition , ayant été
prononcé un an après. Il ne contribuë pas
à enrichir celle ci . Donnons une idée
de chacune des parties de cet Ouvrage
en exposant le plan que l'Editeur a
peu
suivi.
>
Après une Préface où l'Editeur rend
compte de plusieurs circonstances nécessaires
à l'intelligence de cet Ouvrage , on
trouve la rétractation que le P. Caffaro
fît de sa Lettre en faveur de la Comédie .
et qu'il envoya à M. De Harlay , dattéc
du 11 Mai 1694. et imprimée à Paris
dans la même année . Comme cette Piéce
est peu connue , et que d'ailleurs l'Ouvrage
du P. Caffaro a fait beaucoup de
bruit , il paroissoit avantageux à la République
des Lettres , et à la mémoire de ce
Theologien , de faire connoître par cette
rétractation et ce désaveu , le mépris qu'il
faisoit lui-même de cet Ouvrage. Et c'est
ce que l'Editeur a fait en la donnant ici
enLatin et enFrançois . Il y a joint une Lettre
du P. le Brun du 20 Mai 1694. dans
laquelle il marque à un de ses amis le
peu d'empressement qu'il avoit à faire
imprimer ses Discours , et où il parle de
la rétractation du P. Caffaro comme d'u
ne Piéce qui le remplit de consolation .
A
M.A Y.
1731 . 1101
l'EA
la suite de cette Letrre est une seconde
Préface , où l'on examine s'il faut , ou
que l'on ferme les Théatres , ouou que
glise cesse de condamner ceux qui les fréquentent
; car tel a été le but du P. le
Brun dans ses Discours de justifier la conduite
de l'Eglise en excommuniant les
Comédiens , et en tolérant ceux qui assistent
aux Spectacles. On y représente le
Théatre comme l'Ecole de l'impureté , la
nourriture des passions , l'assemblage des
ruses du Démon pour les réveiller , où les
yeux sont environnez d'objets séducteurs , les
oreilles ouvertes à des discours souvent obscenes
et toujours prophanes , qui infectent le
coeur et l'esprit.
Cette Préface commence ainsi : Il paroît
bizarre , que dans un Etat Chrétien , on
prêche et on écrive contre la Comédie , qu'on
déclare excommuniez ceux qui font profession
de monter sur le Théatre , et qu'unefoule
de Chrétiens ne laissent pas de s'assembler
presque tous les jours pour applaudir à ces
Excommuniez , & c. Elle est suivie de deux
Discours. Dans le premier , le P. le Brun
s'attache plus particulierement à répondre
à la Lettre du Theologien , défenseur
de la Comédie. Nous souhaitterions que
les bornes d'un Extrait nous permissent
de rapporter ici quelques traits qui fassent
1102 MERCURE DE FRANCE
sent connoître la solidité de cette réfutation.
Nous renvoyons au Livre même , où
le Lecteur verra avec plaisir le Theologien
, défenseur de la Comédie , refuté
en plusieurs endroits par ses propres paroles.
Le second Discours a six parties . Les
trois premieres comprennent l'Histoire
des Jeux de Théatre et autres Divertissemens
Comiques , soufferts ou condamnez
depuis Auguste jusqu'à l'extinction de
l'idolâtrie , au commencement du sixiéme
siècle. La quatriéme comprend le jugement
que les Auteurs , tant sacrés que
profanes ont porté sur les Spectacles , depuis
Auguste jusqu'à Justinien . La cinquiéme
Partie reprend l'Histoire des Jeux
de Théatre à l'extinction de l'idolâtrie , et
la continue jusqu'à la naissance des Scolastiques
; et la derniere comprend l'Histoire
des Jeux de Théatre , depuis les Scholastiques
, c'est-à- dire , depuis le milieu
du XIII . siécle jusqu'à nous.
Le second Discours est suivi d'une Lettre
, où le P. le Brun répond à quelques
difficultez qu'on lui avoit proposées . On
trouve ensuite le troisiéme Discours que
le P. le Brun prononça à S. Magloire en
1695. à l'occasion de la Judith de M. Boyer
de l'Académie Françoise. Il y examine s'il
F
MAY, 1731
1103
y a lieu d'approuver que les Piéces de
Théatre soient tirées de l'Ecriture Sainte.
Ce Discours est divisé en deux parties.
Dans la premiere , le P. le Brun fait voir
que l'Ecriture ne peut paroître sur le
Théatre sans être défigurée et alterée considerablement.
La seconde est employée
à prouver , que quand on feroit quelque
Tragédie où l'Ecriture - Sainte seroit conservée
dans toute sa force et toute sa pureté
, le Théatre des Comédiens ne seroit
point le lieu de les représenter.
,
L'Editeur a placé après ce Discours un
Mandement de M. Fléchier , Evêque de
Nismes , contre les Spectacles , adressé
aux Fideles de son Diocèse le 8 Septembre
1758. On trouve à la fin une Table
Alphabétique des Matieres contenues dans
cer Ouvrage.
On ne peut témoigner à l'Editeur trop
de reconnoissance du soin qu'il a bien
voulu prendre de réunir et de ramasser
des morceaux si précieux. Il est certain
que nous n'avons point encote vû d'ouvrage
plus complet et plus curieux sur
cette matiere ; et on peut dire qu'il fait
honneur à son Auteur , et qu'il répond
parfaitement à la réputation qu'il s'est acquise
d'ailleurs. Nous ne pouvons nous
empêcher de dire en passant que le P. le
Brun
1104 MERCURE DE FRANCE
Brun a refuté par avance le Discours d'un
Auteur récent , défenseur de la Comédie ,
dont nous avons parlé le mois passé. Cet
Auteur qui s'étoit proposé de réfuter
M. le Prince de Conty , M. Bossuet et
M. Nicole , ne les a frappez par aucuns
endroits ; et on remarque qu'il n'a fait ,
pour ainsi dire , que réchauffer et étendre
les raisons du Théologien Apologiste du
Theatre .
L'Editeur avertit le Public dans sa
Préfice qu'il a réservé l'Eloge Historique
du P. le Brun pour un autre Ouvrage du
même Auteur , qui est actuellement sous
presse , et qui a pour titre : Traité du discernement
des effets naturels d'avec ceux qui
ne le sont pas , avec l'Histoire critique des
pratiques superstitieuses qui ont séduit les
Peuples , et qui embarrassent les Sçavans.
Il ajoute qu'outre des augmentations considerables
l'Auteur a refondu entierement
son Ouvrage , et l'a rendu plus . méthodique.
Mais nos Lecteurs ne seroient peut- être
pas contens , si après avoir piqué leur
curiosité sur ce que cet Ouvrage contient
de singulier et de recherché , nous n'entrions
dans quelque détail . Pour les satisfaire
nous allons donner un peu plus
d'étendue à cet Extrait.
›
Dans
>
MAY. 1731. 1105
Dans la premiere partie de l'Histoire
des Jeux de Théatre , l'Auteur remarque
qu'on en vît de très- superbes sous Auguste.
Ce grand Prince les aimoit avec passion
, dit-il , et surtout assûre qu'il ne
dissimuloit pas cette foiblesse. Il inventa
lui- même des Jeux. Pausanias rapporte
au Livre VIII. qu'Auguste fut l'Auteur
de la Danse des Pantomimes , et M. de
Pontac dans les Notes sur la Chronique
d'Eusebe , dit que c'étoit là les Jeux Augustaux
, Ludi Augustales. Cet Empereur
établit quelques Loix touchant les Spectacles.
Il défendit aux jeunes gens de l'un
et de l'autre sexe d'aller à ceux qui se faisoient
la nuit , à moins que de proches
parens âgez ne les y menassent , et il empêcha
que les femmes assistassent jamais
aux Jeux des Athlétes , parce qu'ils combattoient
ordinairement nuds.
A l'égard des Comédiens , il leur prescrivit
des régles , et leur laissa une liberté
dont il ne souffrit pas qu'ils abusassent.
Dès qu'il sçut qu'un Acteur , nommé Stephanion
, avoit pour serviteur une femme
déguisée en garçon , il le fit foüetter par
les trois Théatres de la Ville , et le bannit.
Il ne désaprouvoit pas qu'on siflat les
Acteurs , car il en bannit un de Rome et
de toute l'Italie , pour avoir osé montrer
au
1106 MERCURE DE FRANCE
au doigt un des Spectateurs qui le sifloit,
et on sifloit souvent pour une seule faute
contre la cadence ou contre la quantité.
Quoique Néron ne s'appliquât presque
jamais à mettre l'ordre en aucun endroit,
il se trouva pourtant obligé de chasser
d'Italie tous les Histrions,après leur avoir
donné trop de liberté; mais il voulut aller
lui-même faire le Comédien et le Chantre
dans plusieurs Villes de la Grece, pour
faire paroitre sa belle voix . Il commença
par Naples , qui étoit une Ville Grecque ;
et revenant à Rome , il voulut se montrer
au Théatre. Le Senat , pour éviter l'infamie
dont il s'alloit flétrir , s'il étoit vû sur
la Scene , lui décerna le prix de Musique,
et celui d'Eloquence avant le commencement
des Jeux ; mais Néron prétendoit
l'emporter par son merite , et non pas par
la faveur du Sénat . Il monta donc sur la
Scene , où il récita un Poëme , après quoi
il joüa de la Lyre , obéït à toutes les loix
du Theatre , comme de ne se reposer , de
ne cracher , ni se moucher durant toute
Paction , fléchit un genou et salua l'Assemblée
, en attendant la Sentence des
Juges . Le Peuple , et sur tout les Etrangers
rougirent pour lui d'une telle infamie.
Vespasien témoigna de l'horreur pour
les
MAY. 1731 . 1107
les Jeux des Gladiateurs. Il se plut à ceux
du Théatre , et de son tems les Pantomimes
étoient si fort à la mode , qu'on en
avoit aux funérailles , pour leur faire représenter
les actions de celui qu'on enterroit.
Domitien deffendit aux Danseurs et
Pantomimes de monter sur le Theatre.
Nerva les rétablit . Trajan les supprima
encore , mais on ne sçait pas s'ils furent
bannis des Théatres d'Orient ; on voit
seulement que cet Empereur fit bâtir un
Théatre à Antioche. Cette malheureuse
Ville , si passionnée pour les Spectacles ,
étoit souvent punie par les tremblemens
de terre qui la renversoient presque entierement.
Elle en souffrit un terrible sous
Trajan . En faisant rétablir la Ville , ce
Prince fit aussi rétablir les Théatres.
Adrien batit aussi un grand Théatre aurès
d'Antioche , à la Fontaine de Daphné.
Il avoit fait à cette Fontaine un grand Reservoir
d'eau, qu'on pouvoit voir du Théatre
; et il mit plusieurs Statues en l'honneur
des Naïades , c'est -à- dire des Nimphes
on Déesses de l'eau . Ce fut à ce Réservoir
que l'on s'avisa de faire nager des
femmes pour représenter les Naïades ; ce
que S. Chrysostome condamna avec tant
de zele et d'éloquence ,
HelioT108
MERCURE DE FRANCE
> Heliogabale fit lui - même le Comédien
et ne craignit pas de représenter des fables
avec des nuditez et des peintures deshonêtes
.Il honora les Comédiens, leur donna
des habits de soye , et en choisit un pour
être Prefet du Prétoire.
Alexandre Severe ôta aux Comédiens
les robes précieuses , et ne leur donna ni
or ni argent , mais tout au plus quelques
pieces de monnoye de cuivre. Ce Prince
ne souffrit jamais les divertissemens Sceniques
à sa table. Il aimoit pourtant les
Spectacles , mais sans y faire des largesses ;
il vouloit qu'on traitat toujours comme
des esclaves les Comédiens , et tous ceux
qui servoient aux plaisirs publics.
Les Comédiens eurent un puissant Protecteur
vers la fin du troisiéme siecle , dans
la personne de l'Empereur Carin , etc . Son
regne se distingua par la pompe avec laquelle
il celebra les Jeux Romains . Il y
avoit cent Joueurs de Flute qui s'accordoient
, autant de Sonneurs de Cors , cent
Chantres qui dansoient en même-tems
autant de personnes qui frapoient sur des
Cymbales ,mille Pantomimes et autant de
Luteurs . Le feu ayant pris à une toile
qu'il avoit fait tendre , consuma le Théatre,
que Diocletien fit ensuite rebâtir avec
plus de magnificence. Carin avoit fait venir
MAY. 1731. 1109
nir des Comédiens de tous côtés . Ceux qui
avoient travaillé aux décorations , les Luteurs
, les Histrions , et les Musiciens eurent
en present de l'or et de l'argent , et
des habits de soye .
Ce fut sous l'Empereur Maxime que
Gelasin , Comédien , fut martyrisé à Héliopolis
dans Phénicie . Il s'étoit jetté dans
un bain d'eau tiéde , pour tourner en ridicule
le Baptême des Chrétiens ; au sortir
du bain , il parut habillé de blanc. Alors
il refusa de faire le Comédien ; et adressant
la parole à tout le peuple , il s'écria
qu'il étoit Chrétien , qu'il avoit vu dans
ce bain la redoutable Majesté de Dieu , et
qu'il mourroit Chrétien . Tous les Spectateurs
saisis de fureur , monterent sur le
Théatre , et ayant pris Gelasin , ils le lapiderent.
Nous pourrons donner un second Extrait
de cet Ouvrage, pour ce qui regarde le Theatre
François.
Fermer
Résumé : Discours sur la Comedie, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une œuvre intitulée 'Discours sur la Comédie, ou Traité Historique et Dogmatique des Jeux de Théâtre, et autres Divertissements Comiques', écrite par le Père Le Brun, prêtre de l'Oratoire. Publiée en 1731, cette seconde édition augmentée d'un ouvrage initialement paru anonymement en 1694, explore l'histoire et les jugements des jeux de théâtre depuis le premier siècle de l'Église jusqu'au XVIIIe siècle. Le livre, composé de 360 pages, est structuré en plusieurs parties : une préface, la rétractation du Père Caffaro, une lettre de Le Brun, et deux discours. En 1694, à la demande de l'archevêque de Paris, M. De Harlay, Le Brun a prononcé deux discours au Séminaire de Saint-Magloire en réponse à une lettre du Père Caffaro défendant la comédie. Insatisfait de cette première version, Le Brun a perfectionné son ouvrage en étudiant l'antiquité ecclésiastique et en recueillant des informations sur les jeux de théâtre depuis Auguste jusqu'à Justinien. L'éditeur a ajouté des faits oubliés par Le Brun et des extraits de recueils de rituels et de statuts synodaux. Le premier discours répond à la lettre d'un théologien défenseur de la comédie. Le second discours, en six parties, couvre l'histoire des jeux de théâtre depuis Auguste jusqu'au XVIIIe siècle, ainsi que les jugements des auteurs sacrés et profanes sur les spectacles. Un troisième discours, prononcé en 1695, examine l'opportunité de représenter des pièces de théâtre tirées de l'Écriture Sainte. Le texte mentionne également plusieurs empereurs romains et leurs relations avec les spectacles théâtraux, tels qu'Auguste, Néron, Vespasien, Domitien, Trajan, Adrien, Héliogabale, Alexandre Sévère, et Carin. Chaque empereur est décrit en fonction de son attitude envers les jeux de théâtre, allant de l'approbation à la répression. Par exemple, Carin avait fait venir des comédiens de divers endroits et leur avait offert des présents d'or, d'argent et des habits de soie. Sous l'empereur Maxime, le comédien Gelasin fut martyrisé à Héliopolis en Phénicie pour avoir affirmé sa foi chrétienne après une mise en scène moqueuse du baptême. Le texte se conclut par un mandement de l'évêque de Nîmes contre les spectacles et une table alphabétique des matières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
270
p. 1109-1118
Alcibiade, Comédie, [titre d'après la table]
Début :
ALCIBIADE, Comédie en trois Actes, par M. Poisson. A Paris, chez Fr. le [...]
Mots clefs :
Comédie, Avertissement, Talents, Acteurs, Athènes, Voyageur, Phrygien, Scène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Alcibiade, Comédie, [titre d'après la table]
ALCIBIADE , Comédie en trois Actes
, par M. Poisson . A Paris , chez Fr. le
Breton, au bout du Pont- Neuf, près la ruë de
Guenegaud , 1731. in 12. de 80 pages.
Cette Piece est tirée des Amours des
Grands Hommes de Madame de Ville-Dieu :
l'Auteur le dit dans un petit Avertissement,
1110 MERCURE DE FRANCE
ment , et il ajoute qu'il n'a cru en pouvoir
conserver les graces , qu'en conservant la simplicité
du Roman , et en mettant en vers les
pensées et souvent même la Prose de Madame
de Ville- Dieu . M. Poisson n'est pas
moins modeste , en parlant des applaudissemens
donnez à sa Picce. Je me ferois scrupule
, dit- il , d'en tirer aucun avantage ; je
sçai qu'ils ne sont dûs qu'aux beautez de l'original
, et aux talens des Acteurs qui l'ont
representée.
ACTEURS.
Alcibiade , Seigneur
Athénien . Le sieur Dufresne.
Socrate , Philosophe.
Le sieur
Quinault.
Mirto femme de Socrate. La De la Mothe.
Aglaunice, Astrologue.
La Dle Dubreuil.
Timandre , jeune Phrigienne.
La Die Dufresne.
Cephise , Confidente de
Timandre. La De Quinault.
Amicles , Confident
d'Alcibiade. Le sieur Poisson.
Esclaves.
LA SCENE est dans un Bois , près d'Athènes.
ACTE I.
Socrate demande d'abord des nouvelles
à
MA Y. 1731. IIII
à l'Astrologue Aglaunice , de Timandre ,
jeune Phrygienne , dont il est amoureux ;
il lui fait un mystere de cet amour qu'il
doit cacher , d'autant plus que Mirto sa
femme est encore en vie ; il lui fait entendre
que c'est un dépôt précieux qu'un de
ses meilleurs amis lui mit entre les mains
en expirant. Aglaunice lui dit qu'elle a
chargé une Esclave du soin de Timandre ;
elle ajoute que cette Esclave lui a paru
d'autant plus digne de sa confiance , que
son esprit est naturel et sans art . Socrate
témoigne qu'il approuve ce choix , par
ces deux Vers :
Vous avez fort bien fait ; une compagne habile
D'une fille souvent rend la garde inutile.
L'approche d'un voyageur inconnu, les
oblige à se retirer.
Amicles Esclave et Confident d'Alcibia
de , paroît seul ; il ne sçait que penser du
dessein d'Alcibiade , qu'un désir curieux
a porté à se travestir en Phrigien , pour
venir chercher dans ce bois une certaine
Timandre , dont on lui a vanté les appas.
Voici le portrait qu'il fait d'Alcibiade :
Il n'en démordra point , je connois son humeur,
Dans l'espoir de brûler d'une nouvelle ardeur ,
F Quel#
112 MERCURE DE FRANCE
Quelque soit une belle , en un mot , brune ou
blonde ,
Il iroit pour la voir, jusques au bout du monde
etc.
A ses bouillants transports , il ose tout permettre
;
Et parce qu'il est jeune et né pour commander ›
Ce n'est qu'à ses désirs qu'il croit qu'il faut ceder.
Alcibiade vient joindre Amicles ; il lui
explique le sujet de son expédition amoureuse
, qu'il attribue à une simple curiosité
de jeune homme ; il acheve de faire
son portrait, tel que l'Histoire l'a transmis
jusqu'à nous.Voici comment il s'explique:
D'ailleurs regarde- t- on le rang dans une belle ?
C'est la beauté qui frappe , et l'on fait tout pour
'elle.
L'amour dans les douceurs de sa félicité ,
N'a pas besoin du rang ni de la dignité ;
Qu'un tel objet soit né dans le plus simple étage,
Il est charmant , il plaît ; en faut-il davantage
Je puis te dire encore , pour mieux m'ouvrir à
toy ,
Qu'il n'est point de plaisir plus charmant , selon
moy ,
Que celui d'exciter dans un coeur jeune et tendre,
Ces premiers mouvemens qu'il ne sçauroit com
prendre ,
Ces
MAY. 1731. 1113
Ces désordres secrets , ces désirs inconnus
Par la crainte chassés , par l'amour reteaus ,
Et qui font attaquer avec plus de paissance ,
Toute cette pudeur que donne l'innocence,
L'approche de Socrate et de sa femme ,
oblige Alcibiade et Amicles à se retirer.
Mirto fait des reproches à Socrate qui
marquent cette humeur acariâtre, qui , au
rapport de l'Histoire ,a donné tant d'exercice
à la Philosophie de son Epoux . Elle
trouve fort mauvais qu'il prenne soin de
l'éducation d'une jeune fille , plus propre
à être sa Maîtresse que son Ecoliere. Socrate
se justifie autant qu'il lui est possible
; elle n'en est pas radoucie,et le quitte
brusquement , en lui disant :
J'en ai , pour mon malheur , des preuves trop
certaines ,
Et j'en vais de ce pas instruire tout Athénes.
Alcibiade aborde Socrate et l'embarasse
par sa présence ; il le raille pendant tout
Teur entretien , et le fait trembler au seul
nom de Timandre , qu'il prononce malicieusement.
Socrate quitte Alcibiade et
prétexte son départ sur ces deux vers :
Fij J'aime
114 MERCURE DE FRANCE
J'aimerais à rester dans ces endroits rustiques ,
Mais je dois satisfaire à mes leçons publiques .
Alcibiade ne démord point de sa poursuite
amoureuse , commeAmicles l'a prévu
dès le commencement de cet Acte , qu'il
termine par ces vers :
Cette Timandre est belle ; il n'en faut point dou
ter ;
Pour la voir , Amicles , je prétends tout tenter.
Dans Athénes rentrons sans tarder davanrage ;
Je ne veux point donner à Socrate d'ombrage ,
Et dans l'espoir flateur dont je suis agité ,
Sui-moi , je te dirai ce que j'ai projetté.
Timandre ouvre la Scene du second Acte
avec Cephise , qui n'est rien moins que
cet esprit sans art , dont Aglaunice a flatté
Socrate ; elle va d'abord au fait et propose
à Timandre pour premier coup d'essai ,
d'aller courir le monde pour y chercher
de jolis hommes ; elle demande à Timandre
si elle n'a jamais aimé. Timandre lui
confesse ingénûment , qu'elle a vû chez
Socrate un jeune Athénien qui lui parût
tres-aimable.
Aglaunice interrompt cette tendre conversation
,pour venir faire un superbe étar
Jage de son Astrologie; elle chasse Timandre
MAY. 1731 .
irrs
dre et Cephise comme des profanes.
La premiere vûë d'Alcibiade enflamme
Aglaunice comme il lui demande des
nouvelles de Timandre , qu'il dit n'avoir
jamais vûë ; Aglaunice pour profiter de
sa prévention , se donne elle - même pour
cette Timandre , qu'il cherche avec tant
d'ardeur ; Alcibiade étonné de trouver un
objet si défectueux et si contraire aux perfections
qu'on lui avoit fait attendre dans
la personne de Timandre , ne songe plus
qu'à s'en retourner à Athénes. Aglaunice
n'oublie rien pour le retenir ; elle lui
vante sa science. Alcibiade lui en demande
une preuve , et veut sçavoir d'elle ce
que fait actuellement un de ses amis , qui
s'appelle Alcibiade. Aglaunice, après avoir
consulté ses Ephémérides , lui dit hardiment
qu'Alcibiade est presentement en
rendez - vous avec la plus belle femme
d'Athénes. Alcibiade ne peut s'empêcher
d'éclater de rire , et se dispose à partir
pour Athénes.
Aglaunice surprise , lui dit :
Mais quoi vous n'avez donc rien à dire à Ti
mandre ?
Socrate lui répond :
Fiij Ah !
1116 MERCURE DE FRANCE.
Ah ! ma foy , non . Avant que m'offrir à ses yeux ,
Elle seule occupoit mon esprit en ces lieux ;
Et j'avois , il est vrai , cent choses à lui dire ;
Mais j'ai tout oublié , Madame , et me retire.
Aglaunice ne sçait que penser de la
brusque retraite d'Alcibiade , qu'elle ne
connoît point en core . Socrate vient lui
apprendre que c'est à Alcibiade même à
qui elle vient de parler. Aglaunice n'est
pas long- tems à se remettre de sa surprise.
Elle dit à Socrate qu'elle a prudemment
donné le change à Alcibiade , en lui faisant
accroire qu'elle étoit elle- même cette
Timandre qu'il cherchoit avec tant d'empressement.
Socrate s'étant retiré , Aglaunice refléchit
sur le mauvais accueil qu'Alcibiade
lui a fait ; mais elle ne désespere pas de
s'en faire aimer , fondée sur la profondeur
et l'infaillibilité de sa science.
Comme le dernier Acte est le plus chargé
d'action , nous avons crû qu'on nous
dispenseroit d'en donner un détail qui
grossiroit trop cet Extrait ; nous y supplérons
par une espece d'argument : le
voici de la maniere la plus succincte qu'il
nous a été possible.
Timandre apprend à Cephife que ce Cavalier
qu'elles viennent de voir, est ce même
MAY. 1731. Itty
à
me inconnu dont elle lui a parlé , et qui
lui est apparu autrefois avec tant d'avantage
chez Socrate.Cephise soupçonne que
c'est Alcibiade , parce qu'elle a entendu
plusieurs fois prononcer ce nom à Aglaunice,
d'une maniere à lui persuader qu'elle
en est amoureuse . Elle conseille à Timandre
de faire tenir un Billet de sa part
l'objet de son amour. Timandre n'y consent
pas ; mais la maniere dont la fin de
cette Scene est traitée , prépare les Spectateurs
aux effets que ce Billet produit quelque
temps après. En effet il est aporté à
Alcibiade , et mal reçu de lui, parce qu'il
le croit de la fausse Timandre , qui vient
de lui en envoyer un , dont il a fait fi peu
de cas qu'il l'a jetté par terre. Cephise
qui vient lui apporter le Billet de la veritable
, picquée du mauvais accueil qu'il
lui fait,lui répond d'une maniere à le faire
réfléchir ; il ne doute point que celle qui
s'est donnée pour Timandre ne lui en ait
imposé ; il est au désespoir d'avoir refusé
le second Billet. Il ordonne à Amicles de
se travestir , pour tâcher de donner à la
véritable Timandre un Billet qu'il va écrire,
pour lui faire entendre que le mauvais
accueil qu'il a fait à sa Messagere n'est
qu'un effet de son erreur . Ce projet s'exécute
; Amicles se déguise en Marchand
Fiiij Etran18
MERCURE DE FRANCE
•
Etranger. Timandre picquée contre Alcibiadé
, refuse avec fierté la lettre qu'A- micles
veut lui rendre de sa part. Alcibiade
impatient , arrive lui- même ; on s'éclaircit
: Il ne s'agit plus que d'amour d'une et
d'autre part. Socrate arrive ; il trouve Alcibiade
aux pieds de son aimable Ecoliere
; il en essuie quelques railleries qui
l'obligent à prendre son parti de bonne
grace. Aglaunice qui survient, ne soutient
pas cette aventure avec la même Philosophie.
Elle est convaincuë d'amour et d'imposture.
Alcibiade promet à Timandre de
lui faire un destin digne d'elle , par l'Hymen
qu'il lui propose et qu'elle accepte
avec beaucoup de plaisir. Socrate y consent,
et fait entendre qu'il a triomphé de
sa foiblesse.
, par M. Poisson . A Paris , chez Fr. le
Breton, au bout du Pont- Neuf, près la ruë de
Guenegaud , 1731. in 12. de 80 pages.
Cette Piece est tirée des Amours des
Grands Hommes de Madame de Ville-Dieu :
l'Auteur le dit dans un petit Avertissement,
1110 MERCURE DE FRANCE
ment , et il ajoute qu'il n'a cru en pouvoir
conserver les graces , qu'en conservant la simplicité
du Roman , et en mettant en vers les
pensées et souvent même la Prose de Madame
de Ville- Dieu . M. Poisson n'est pas
moins modeste , en parlant des applaudissemens
donnez à sa Picce. Je me ferois scrupule
, dit- il , d'en tirer aucun avantage ; je
sçai qu'ils ne sont dûs qu'aux beautez de l'original
, et aux talens des Acteurs qui l'ont
representée.
ACTEURS.
Alcibiade , Seigneur
Athénien . Le sieur Dufresne.
Socrate , Philosophe.
Le sieur
Quinault.
Mirto femme de Socrate. La De la Mothe.
Aglaunice, Astrologue.
La Dle Dubreuil.
Timandre , jeune Phrigienne.
La Die Dufresne.
Cephise , Confidente de
Timandre. La De Quinault.
Amicles , Confident
d'Alcibiade. Le sieur Poisson.
Esclaves.
LA SCENE est dans un Bois , près d'Athènes.
ACTE I.
Socrate demande d'abord des nouvelles
à
MA Y. 1731. IIII
à l'Astrologue Aglaunice , de Timandre ,
jeune Phrygienne , dont il est amoureux ;
il lui fait un mystere de cet amour qu'il
doit cacher , d'autant plus que Mirto sa
femme est encore en vie ; il lui fait entendre
que c'est un dépôt précieux qu'un de
ses meilleurs amis lui mit entre les mains
en expirant. Aglaunice lui dit qu'elle a
chargé une Esclave du soin de Timandre ;
elle ajoute que cette Esclave lui a paru
d'autant plus digne de sa confiance , que
son esprit est naturel et sans art . Socrate
témoigne qu'il approuve ce choix , par
ces deux Vers :
Vous avez fort bien fait ; une compagne habile
D'une fille souvent rend la garde inutile.
L'approche d'un voyageur inconnu, les
oblige à se retirer.
Amicles Esclave et Confident d'Alcibia
de , paroît seul ; il ne sçait que penser du
dessein d'Alcibiade , qu'un désir curieux
a porté à se travestir en Phrigien , pour
venir chercher dans ce bois une certaine
Timandre , dont on lui a vanté les appas.
Voici le portrait qu'il fait d'Alcibiade :
Il n'en démordra point , je connois son humeur,
Dans l'espoir de brûler d'une nouvelle ardeur ,
F Quel#
112 MERCURE DE FRANCE
Quelque soit une belle , en un mot , brune ou
blonde ,
Il iroit pour la voir, jusques au bout du monde
etc.
A ses bouillants transports , il ose tout permettre
;
Et parce qu'il est jeune et né pour commander ›
Ce n'est qu'à ses désirs qu'il croit qu'il faut ceder.
Alcibiade vient joindre Amicles ; il lui
explique le sujet de son expédition amoureuse
, qu'il attribue à une simple curiosité
de jeune homme ; il acheve de faire
son portrait, tel que l'Histoire l'a transmis
jusqu'à nous.Voici comment il s'explique:
D'ailleurs regarde- t- on le rang dans une belle ?
C'est la beauté qui frappe , et l'on fait tout pour
'elle.
L'amour dans les douceurs de sa félicité ,
N'a pas besoin du rang ni de la dignité ;
Qu'un tel objet soit né dans le plus simple étage,
Il est charmant , il plaît ; en faut-il davantage
Je puis te dire encore , pour mieux m'ouvrir à
toy ,
Qu'il n'est point de plaisir plus charmant , selon
moy ,
Que celui d'exciter dans un coeur jeune et tendre,
Ces premiers mouvemens qu'il ne sçauroit com
prendre ,
Ces
MAY. 1731. 1113
Ces désordres secrets , ces désirs inconnus
Par la crainte chassés , par l'amour reteaus ,
Et qui font attaquer avec plus de paissance ,
Toute cette pudeur que donne l'innocence,
L'approche de Socrate et de sa femme ,
oblige Alcibiade et Amicles à se retirer.
Mirto fait des reproches à Socrate qui
marquent cette humeur acariâtre, qui , au
rapport de l'Histoire ,a donné tant d'exercice
à la Philosophie de son Epoux . Elle
trouve fort mauvais qu'il prenne soin de
l'éducation d'une jeune fille , plus propre
à être sa Maîtresse que son Ecoliere. Socrate
se justifie autant qu'il lui est possible
; elle n'en est pas radoucie,et le quitte
brusquement , en lui disant :
J'en ai , pour mon malheur , des preuves trop
certaines ,
Et j'en vais de ce pas instruire tout Athénes.
Alcibiade aborde Socrate et l'embarasse
par sa présence ; il le raille pendant tout
Teur entretien , et le fait trembler au seul
nom de Timandre , qu'il prononce malicieusement.
Socrate quitte Alcibiade et
prétexte son départ sur ces deux vers :
Fij J'aime
114 MERCURE DE FRANCE
J'aimerais à rester dans ces endroits rustiques ,
Mais je dois satisfaire à mes leçons publiques .
Alcibiade ne démord point de sa poursuite
amoureuse , commeAmicles l'a prévu
dès le commencement de cet Acte , qu'il
termine par ces vers :
Cette Timandre est belle ; il n'en faut point dou
ter ;
Pour la voir , Amicles , je prétends tout tenter.
Dans Athénes rentrons sans tarder davanrage ;
Je ne veux point donner à Socrate d'ombrage ,
Et dans l'espoir flateur dont je suis agité ,
Sui-moi , je te dirai ce que j'ai projetté.
Timandre ouvre la Scene du second Acte
avec Cephise , qui n'est rien moins que
cet esprit sans art , dont Aglaunice a flatté
Socrate ; elle va d'abord au fait et propose
à Timandre pour premier coup d'essai ,
d'aller courir le monde pour y chercher
de jolis hommes ; elle demande à Timandre
si elle n'a jamais aimé. Timandre lui
confesse ingénûment , qu'elle a vû chez
Socrate un jeune Athénien qui lui parût
tres-aimable.
Aglaunice interrompt cette tendre conversation
,pour venir faire un superbe étar
Jage de son Astrologie; elle chasse Timandre
MAY. 1731 .
irrs
dre et Cephise comme des profanes.
La premiere vûë d'Alcibiade enflamme
Aglaunice comme il lui demande des
nouvelles de Timandre , qu'il dit n'avoir
jamais vûë ; Aglaunice pour profiter de
sa prévention , se donne elle - même pour
cette Timandre , qu'il cherche avec tant
d'ardeur ; Alcibiade étonné de trouver un
objet si défectueux et si contraire aux perfections
qu'on lui avoit fait attendre dans
la personne de Timandre , ne songe plus
qu'à s'en retourner à Athénes. Aglaunice
n'oublie rien pour le retenir ; elle lui
vante sa science. Alcibiade lui en demande
une preuve , et veut sçavoir d'elle ce
que fait actuellement un de ses amis , qui
s'appelle Alcibiade. Aglaunice, après avoir
consulté ses Ephémérides , lui dit hardiment
qu'Alcibiade est presentement en
rendez - vous avec la plus belle femme
d'Athénes. Alcibiade ne peut s'empêcher
d'éclater de rire , et se dispose à partir
pour Athénes.
Aglaunice surprise , lui dit :
Mais quoi vous n'avez donc rien à dire à Ti
mandre ?
Socrate lui répond :
Fiij Ah !
1116 MERCURE DE FRANCE.
Ah ! ma foy , non . Avant que m'offrir à ses yeux ,
Elle seule occupoit mon esprit en ces lieux ;
Et j'avois , il est vrai , cent choses à lui dire ;
Mais j'ai tout oublié , Madame , et me retire.
Aglaunice ne sçait que penser de la
brusque retraite d'Alcibiade , qu'elle ne
connoît point en core . Socrate vient lui
apprendre que c'est à Alcibiade même à
qui elle vient de parler. Aglaunice n'est
pas long- tems à se remettre de sa surprise.
Elle dit à Socrate qu'elle a prudemment
donné le change à Alcibiade , en lui faisant
accroire qu'elle étoit elle- même cette
Timandre qu'il cherchoit avec tant d'empressement.
Socrate s'étant retiré , Aglaunice refléchit
sur le mauvais accueil qu'Alcibiade
lui a fait ; mais elle ne désespere pas de
s'en faire aimer , fondée sur la profondeur
et l'infaillibilité de sa science.
Comme le dernier Acte est le plus chargé
d'action , nous avons crû qu'on nous
dispenseroit d'en donner un détail qui
grossiroit trop cet Extrait ; nous y supplérons
par une espece d'argument : le
voici de la maniere la plus succincte qu'il
nous a été possible.
Timandre apprend à Cephife que ce Cavalier
qu'elles viennent de voir, est ce même
MAY. 1731. Itty
à
me inconnu dont elle lui a parlé , et qui
lui est apparu autrefois avec tant d'avantage
chez Socrate.Cephise soupçonne que
c'est Alcibiade , parce qu'elle a entendu
plusieurs fois prononcer ce nom à Aglaunice,
d'une maniere à lui persuader qu'elle
en est amoureuse . Elle conseille à Timandre
de faire tenir un Billet de sa part
l'objet de son amour. Timandre n'y consent
pas ; mais la maniere dont la fin de
cette Scene est traitée , prépare les Spectateurs
aux effets que ce Billet produit quelque
temps après. En effet il est aporté à
Alcibiade , et mal reçu de lui, parce qu'il
le croit de la fausse Timandre , qui vient
de lui en envoyer un , dont il a fait fi peu
de cas qu'il l'a jetté par terre. Cephise
qui vient lui apporter le Billet de la veritable
, picquée du mauvais accueil qu'il
lui fait,lui répond d'une maniere à le faire
réfléchir ; il ne doute point que celle qui
s'est donnée pour Timandre ne lui en ait
imposé ; il est au désespoir d'avoir refusé
le second Billet. Il ordonne à Amicles de
se travestir , pour tâcher de donner à la
véritable Timandre un Billet qu'il va écrire,
pour lui faire entendre que le mauvais
accueil qu'il a fait à sa Messagere n'est
qu'un effet de son erreur . Ce projet s'exécute
; Amicles se déguise en Marchand
Fiiij Etran18
MERCURE DE FRANCE
•
Etranger. Timandre picquée contre Alcibiadé
, refuse avec fierté la lettre qu'A- micles
veut lui rendre de sa part. Alcibiade
impatient , arrive lui- même ; on s'éclaircit
: Il ne s'agit plus que d'amour d'une et
d'autre part. Socrate arrive ; il trouve Alcibiade
aux pieds de son aimable Ecoliere
; il en essuie quelques railleries qui
l'obligent à prendre son parti de bonne
grace. Aglaunice qui survient, ne soutient
pas cette aventure avec la même Philosophie.
Elle est convaincuë d'amour et d'imposture.
Alcibiade promet à Timandre de
lui faire un destin digne d'elle , par l'Hymen
qu'il lui propose et qu'elle accepte
avec beaucoup de plaisir. Socrate y consent,
et fait entendre qu'il a triomphé de
sa foiblesse.
Fermer
Résumé : Alcibiade, Comédie, [titre d'après la table]
La pièce 'Alcibiade' est une comédie en trois actes écrite par M. Poisson, publiée à Paris en 1731. L'auteur a adapté les 'Amours des Grands Hommes' de Madame de Ville-Dieu, conservant la simplicité du roman original et mettant en vers les pensées et la prose de l'œuvre source. M. Poisson attribue les applaudissements reçus aux beautés de l'original et aux talents des acteurs. L'intrigue se déroule dans un bois près d'Athènes et met en scène plusieurs personnages, dont Alcibiade, un seigneur athénien, Socrate, un philosophe, Mirto, femme de Socrate, Aglaunice, une astrologue, Timandre, une jeune Phrygienne, Cephise, confidente de Timandre, Amicles, confident d'Alcibiade, et des esclaves. Dans le premier acte, Socrate demande des nouvelles de Timandre à Aglaunice, cachant son amour pour elle. Amicles révèle la curiosité d'Alcibiade pour Timandre. Alcibiade explique son désir de voir Timandre, motivé par sa beauté. Mirto reproche à Socrate de s'occuper de l'éducation de Timandre. Alcibiade rencontre Socrate et le raille, mentionnant Timandre. Socrate quitte Alcibiade, prétextant ses leçons publiques. Alcibiade décide de poursuivre sa quête amoureuse. Dans le second acte, Timandre et Cephise discutent de leurs sentiments. Aglaunice interrompt leur conversation pour vanter son astrologie. Alcibiade arrive et demande des nouvelles de Timandre. Aglaunice se fait passer pour Timandre, mais Alcibiade, déçu, décide de partir. Aglaunice tente de le retenir en vantant sa science, mais Alcibiade demande des preuves et s'en va après avoir ri de la prédiction d'Aglaunice. Le troisième acte est résumé par un argument : Timandre apprend à Cephise que l'inconnu qu'elles ont vu est celui dont elle est amoureuse. Cephise soupçonne qu'il s'agit d'Alcibiade. Timandre refuse d'envoyer un billet à Alcibiade, mais Cephise le fait malgré tout. Alcibiade, croyant que le billet vient de la fausse Timandre, le rejette. Cephise le confronte, et Alcibiade réalise son erreur. Il envoie un billet à la véritable Timandre via Amicles, mais elle refuse la lettre. Alcibiade arrive et ils s'éclaircissent. Socrate les trouve et accepte leur union. Aglaunice est démasquée et Alcibiade promet à Timandre un destin digne d'elle par le mariage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
271
p. 118-1127
Mémoire sur la Carte de l'Empire d'Alexandre, [titre d'après la table]
Début :
M. Buache, Gendre de feu M. Delisle, premier Géographe du Roy, de l'Académie [...]
Mots clefs :
Mémoire, Géographe, Pays orientaux, Savant, Carte, Empire d'Alexandre, Méridien, Constantinople, Mer Caspienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoire sur la Carte de l'Empire d'Alexandre, [titre d'après la table]
M. Buache , Gendre de feu M. Delisle ,
premier Géographe du Roy , de l'Académie
Royale des Sciences , nommé par
l'Académie pour remplir la place d'Académicien
Géographe, créée par le Roy ,
lût à la derniere Assemblée publique de
cette Académie , un Mémoire sur la Carte
de l'Empire d'Alexandre , dressé par M.
Delisle son Beau- pere , pour l'usage de Sa
Majesté.
Il marqua en commençant que ce qui
l'avoit déterminé à choisir ce Mémoire
préférablement
MAY. 1731 . 1119
préférablement à plusieurs autres , c'étoit
non seulement l'importance des changements
faits à la Géographie des Pays.
Orientaux par M. Delisle , mais encore le
dessein qu'il avoit eu de rendre compte à
l'Académie des raisons de ces mêmes
changemens. M. Buache s'est , comme il
le dit , fait un devoir d'exécuter le projet
de son Beau-pere , duquel il remplit
la place , et de consacrer ses premiers travaux
à la gloire d'un homme, aux instructions
duquel il reconnût qu'il devoit tout
ce qu'il pouvoit sçavoir.
Quoique M. Delisle eût formé le dessein
de faire un Mémoire sur ce sujet,
comme il n'avoit encore rien écrit , M.
Buache a été obligé de rechercher dans les
Extraits et dans les Mémoires que ce sçavant
Géographe avoit laissés , quelles
avoient été les raisons sur lesquelles il s'étoit
déterminé.
Mais comme il y a dans la Géographie
un grand nombre de positions conjecturales
que l'on ne détermine presque que
par l'estime, par voye de tâtonnement , et
souvent même en mettant la derniere main
à la Carte , M.Delisle n'avoit rien écrit des
motifs qui l'avoient déterminé dans ces
occasions , et par là M. Buache n'avoit pas
trouvé tous les secours qu'il pouvoit espe
F v rer
1120 MERCURE DE FRANCE
rer dans les Mémoires de M. Delisle sur
cette partie de sa Carte qui étoit la plus
difficile , comme le sçavent ceux qui ont
quelque connoissance de la Géographie :
ainsi il a été obligé de se rapeller,et d'imaginer
quelquefois , pour ainsi dire , les.
raisons qui avoient déterminé M. Delisle
dans ces occasions.
Pour rendre plus sensibles les changements
faits par M. Delisle à la Géographie
des Pays Orientaux dans sa Carte de
l'Empire d'Alexandre , M. Buache avoit
dessiné le Plan de cet Empire suivant la
Carte de M. Moulard- Sanson , publiée en
1712 : et sur le même Plan il avoit marqué
les differents Pays,suivant le nouveau
systéme , par cette méthode déja employée
par M. Delisle , dans un mémoire lût à
l'Académie des Sciences en 1714. sur la
Carte d'Italie. On apperçoit d'un coupd'oeil
la différence des deux Cartes ; le
Meridien de Constantinople ou de Bysance
est commun à l'une et à l'autre ?
mais comme M. Moulard donnoit une
trop grande étendue aux differents pays ,.
les mêmes Provinces et les mêmes Villes
se trouvent placées deux fois avec des
longitudes differentes .
Supposant Constantinople à 26. degrés
30 minutes du Méridien de Paris , conformément
MAY. 1731. [ 121
formément aux observations , l'extré
mité de l'Epire , ou la côte de la Grece
se trouvera , selon M. Delisle, au 17. degré
de Paris , et selon M. Moulard au 14.
avec une difference de prés d'un sixième .
M. Moulard- Sanson plaçant avec Ptolomée
Constantinople au 43. degré de
latitude , et l'extrémité Méridionale du
Peloponése au 35. degré , donnoit à la
Grece 8. degrés , ' du Nord au Sud , par
les observations Constantinople étant au
41. dégrés 6. minutes , et l'Ile du Mile
à l'Orient du Cap Malée à 36. dégrés 41 .
minutes , l'intervale entre ces deux extremités
de la Grece n'est que de 4. degrés
25. minutes , ce qui fait une difference
de prés de moitié , entre la Carte de
M. Sanson et celle de M. Delisle , et une
difference de 2. degrés ou de so. lieuës
dans la latitude de Constantinople.
A mesure que l'on s'avance vers l'Orient
la différence se trouve encore plus
sensible , parceque les différences s'accu
mulants , la somme devient plus considerable.
On voit par l'inspection des deux
Cartes que la Mer Rouge sur le Plan de
M. Sanson se trouve marquée dans les
pays qui font la Terre Ferme d'Arabie
dans le Plan de M. Delisle que le Golphe
Persique est tout entier dans le Continent
F vj
de
1122 MERCURE DE FRANCE
de la Perse , et que la Mer des Indes, entre
Mascaté et Diou , occupe la place de
la Presqu'Isle de l'Inde . La Mer Caspienne
est de même toute entiere sur la Terreferme
de Tartarie . Il faut en dire autant
de la Mer Noire , qui couvre toute la
Circassie et toute la Géorgie .
Outre une Carte en très grand point ,
qui étoit exposée aux yeux de l'Assemblée ,
M. Buache en avoit fait graver une petite
qu'il distribua , et sur laquelle les marches
d'Alexandre étoient tracées. Comme l'objet
de M. Buache n'étoit point d'entrer
dans les discussions des Pays et Provinces
qui composoient les Frontieres et l'étenduë
de l'Empire d'Alexandre , il se contenta
d'indiquer les Pays où ce Prince
avoit borné ses Conquêtes. Il remarque
d'abord que , quoyqu'il eût porté ses
Armes jusques au Danube, il n'avoit point.
soumis les pays des Triballes au Midy de
ce Fleuve , il observa ensuite que l'Atique.
et le Peloponése n'obeissoient à Alexandre
que comme au Chef et au Général de.
la Nation Grecque , et non comme à leur
Souverain ; que Bysance et la Bythynie ,.
non plus que le Pont , l'Arménie , et
l'Atropatene ne furent point soumises par.
ce Prince. La Scytie au delà du Jaxartes .
conserva sa liberté , de même que les ;
Peuples
MAY. 1731. TF2F
Peuples de l'Hyrcanie , situés à la partie
Orientale de cette Mer. Les Peuples de
l'Arabie , ausquels Alexandre alloit déclarer
la Guerre lorsqu'il mourût , conserverent
leur liberté.
Les preuves rapportées par M. Buache
de la veritable position de ces differents
Pays , sont les Observations Astronomi
ques faites à Constantinople , à Smyrne ,
à Candie , à Rhodes , à Alexandrette et
à Alexandrie d'Egypte par les Astronomes
François , enfin celle qui fut faite par
le P. Grueber à Agra et à Dely sur le Gemené
, Riviere qui tombe dans le Gange
, et dont le résultat est conforme aux
diverses Observations faites à Goa , et en
differents lieux de la Presqu'Isle de l'Inde.
et par les Observateurs François et Anglois..
Comme ces observations donnent seu-
Tement la Position des extrémités de l'Em--
pire d'Alexandre , et que d'Alexandrie à
Agra nous n'avons aucunes observations .
modernes , M. Buache ayant remarqué
que M. Delisle s'étoit servi de celles des
Astronomes Orientaux , montra que ces .
observations étoient assés exactes , 1 ° ..
parcequ'elles mettent entre Antioche et
Lahor la même distance à peu prés que
celle qui résulte des observations modernes
entre Alexandrette voisine d'Antio--
che
# 124 MERCURE DE FRANCE
, che et l'extrémité Orientale de l'Inde
comme Guzurate, Goa, &c. 2º . Parceque
les mêmes observations s'accordent à peu
prés avec celles des Voyageurs éxacts pour
les latitudes et pour les distances Itineraires
des Villes de Perse .
Les Longitudes et les Latitudes de
Ptolomée qui sont celles que les Géographes
ont suivies jusqu'à M. Delisle
s'écartent également des observations
des Astronomes modernes , et de celles
que nous donnent les Orientaux ; suivant
les Géographes qui ont précédé M. Delisle
, les Frontieres Orientales de l'Empire
d'Alexandre seroient à 58. degrés
de Bysance , au lieu que suivant la Carte
de M. Delisle elles ne sont qu'à 48. degrés
, c'est une erreur de 10. degrés ou
de plus de 200. lieuës , dans laquelle ces
Géographes sont tombés .
M. Buache montra que les Positions:
résultantes de ces observations Orientales
et de celles des Voyageurs modernes comparées
avec les Itineraires , ayant donné à
M. Delisle le moyen de fixer les principales
Villes de la Perse , dont plusieurs
portent encore avec peu de changement.
les noms qu'elles avoient au tems d'Alexandre
; il passa ensuite à l'examen de la distance
de ces mêmes Villes , suivant les
marches
MAY. 1731. 1125
marches de l'Armée de ce Prince. Cette
partie de la Carte a demandé un plus
grand travail . Ces distances mésurées
éxactement par les Arpenteurs que ce
Prince menoit avec lui , sont exprimées
en stades , et si l'on avoit évalué ces stades
sur le pied de 5oo . au degré d'un
grand Cercle comme Ptolomée , ou même
sur le pied de 700. comme Eratostene
et Hipparque , on se seroit trouvé fort
loin de compte. M. Buache montra que
les stades des Arpenteurs d'Alexandre
étoient les mêmes que ceux des Astronomes
dont Aristote , Précepteur de ce Prince,
rapporte la mesure de la Terre , et qui
étoient de plus de onze cens au degré. 11
étoit naturel ,comme le remarque M. Buache
, que ce Prince dans le projet duquel
la Conquête du Monde entier étoit entrée
, se servit pour mésurer l'étendue de
ses Conquêtes des mêmes stades dans lesquels
on avoit déterminé de son tems la
mésure de la Terre , afin de connoître
où en étoit l'éxécution de son projet.
M. Delisle avoit déja fait quelque usage
de ces stades de onze cens au degré dans
son Mémoire sur la Carte de l'expédition
de Xenophon,qu'il a donnée dans les Mémoires
de l'Académie desSciences en 1721 .
mais M. Buache montra par des preuves
trés
L116 MERCURE DE FRANCE
trés fortes , que l'on ne pouvoit se dispenser
de reconnoître que c'étoit ceux dont
Ies Arpenteurs d'Alexandre s'étoient
servis.
Il fit voir que supposant des stades de
onze cens au degré , les routes d'Alexandre
se rapportent avec beaucoup de précision
aux Positions des Astronomes.
Orientaux , et à celles qui résultent des
distances Itineraires marquées par les Voyageurs
les plus exacts. Il observa de plas
que les marches forcées de ce Prince qui
supposoient que ces Troupes auroient
fait 54. lieues communes par jour , et
cela plusieurs jours de suite dans l'Hypothése
des Anciens , deviennent non - sculement
vrai -semblables dans l'Hypothése
des stades de onze cens au degré adopté.
par M. Delisle , mais se trouvent même
moins fortes que certaines marches extraordinaires
qui se sont faites de nos
jours. Il fit la même remarque au sujet
de la largeur de l'Hydaspe qu'Alexandre
passa en présence de l'Armée des Per
ses , et montra que cette largeur étant
diminuée de prés de moitié dans l'opinion
que M. Delisle avoit suivie , l'ac
tion d'Alexandre n'a plus rien qui passe
la vrai- semblance .
Il donna plusieurs autres preuves dont
le:
MAY . 1731 . 1127
le détail ne peut s'abréger , ni même se
retenir , et en . finissant sa dissertation
il parla d'une faute de Graveur qui s'est
glissée sur la Carte de la Mer Caspienne
en 2. feuilles , publiée par M. Delisle en
1722. Dans une Note sur cette Carte le
Méridien est marqué au 67. degré deLongitude
à l'Orient de Paris , au lieu de dire an
67. du premier Meridien et au 47. à l'Orient
de Paris. Cette méprise étoit facile à
corriger par toutes les autres Cartes de
M. Delisle antérieures et postérieures.
M. Buache se crût obligé de faire cette
Remarque , parceque dans le nouveau
Recueil des observations faites aux Indes
et à la Chine , publié en 1729. on
a relevé cette position d'Astracan comme
une erreur de M. Delisle ; et pour donner
l'éclaicissement au sujet de la longitude
d'Astracan , il rémarqua qu'elle étoit déterminée
sur une Eclipse observée à Astracan
par Burrough Anglois , et à Vranibourg
par Tycho le 15. Janvier 1580 .
و
La Carte de l'Empire et de l'Expedition
d'Alexandre , dressée par feu M. Delisle
pour l'usage du Roy , laquelle étoit l'objet du
Mémoire de M. Buache , paroîtra incessament
en une feuille et demi , et se trouvera
chez Madame Delisle , Veuve de l'Auteur ,
Quay de l'Horloge..
premier Géographe du Roy , de l'Académie
Royale des Sciences , nommé par
l'Académie pour remplir la place d'Académicien
Géographe, créée par le Roy ,
lût à la derniere Assemblée publique de
cette Académie , un Mémoire sur la Carte
de l'Empire d'Alexandre , dressé par M.
Delisle son Beau- pere , pour l'usage de Sa
Majesté.
Il marqua en commençant que ce qui
l'avoit déterminé à choisir ce Mémoire
préférablement
MAY. 1731 . 1119
préférablement à plusieurs autres , c'étoit
non seulement l'importance des changements
faits à la Géographie des Pays.
Orientaux par M. Delisle , mais encore le
dessein qu'il avoit eu de rendre compte à
l'Académie des raisons de ces mêmes
changemens. M. Buache s'est , comme il
le dit , fait un devoir d'exécuter le projet
de son Beau-pere , duquel il remplit
la place , et de consacrer ses premiers travaux
à la gloire d'un homme, aux instructions
duquel il reconnût qu'il devoit tout
ce qu'il pouvoit sçavoir.
Quoique M. Delisle eût formé le dessein
de faire un Mémoire sur ce sujet,
comme il n'avoit encore rien écrit , M.
Buache a été obligé de rechercher dans les
Extraits et dans les Mémoires que ce sçavant
Géographe avoit laissés , quelles
avoient été les raisons sur lesquelles il s'étoit
déterminé.
Mais comme il y a dans la Géographie
un grand nombre de positions conjecturales
que l'on ne détermine presque que
par l'estime, par voye de tâtonnement , et
souvent même en mettant la derniere main
à la Carte , M.Delisle n'avoit rien écrit des
motifs qui l'avoient déterminé dans ces
occasions , et par là M. Buache n'avoit pas
trouvé tous les secours qu'il pouvoit espe
F v rer
1120 MERCURE DE FRANCE
rer dans les Mémoires de M. Delisle sur
cette partie de sa Carte qui étoit la plus
difficile , comme le sçavent ceux qui ont
quelque connoissance de la Géographie :
ainsi il a été obligé de se rapeller,et d'imaginer
quelquefois , pour ainsi dire , les.
raisons qui avoient déterminé M. Delisle
dans ces occasions.
Pour rendre plus sensibles les changements
faits par M. Delisle à la Géographie
des Pays Orientaux dans sa Carte de
l'Empire d'Alexandre , M. Buache avoit
dessiné le Plan de cet Empire suivant la
Carte de M. Moulard- Sanson , publiée en
1712 : et sur le même Plan il avoit marqué
les differents Pays,suivant le nouveau
systéme , par cette méthode déja employée
par M. Delisle , dans un mémoire lût à
l'Académie des Sciences en 1714. sur la
Carte d'Italie. On apperçoit d'un coupd'oeil
la différence des deux Cartes ; le
Meridien de Constantinople ou de Bysance
est commun à l'une et à l'autre ?
mais comme M. Moulard donnoit une
trop grande étendue aux differents pays ,.
les mêmes Provinces et les mêmes Villes
se trouvent placées deux fois avec des
longitudes differentes .
Supposant Constantinople à 26. degrés
30 minutes du Méridien de Paris , conformément
MAY. 1731. [ 121
formément aux observations , l'extré
mité de l'Epire , ou la côte de la Grece
se trouvera , selon M. Delisle, au 17. degré
de Paris , et selon M. Moulard au 14.
avec une difference de prés d'un sixième .
M. Moulard- Sanson plaçant avec Ptolomée
Constantinople au 43. degré de
latitude , et l'extrémité Méridionale du
Peloponése au 35. degré , donnoit à la
Grece 8. degrés , ' du Nord au Sud , par
les observations Constantinople étant au
41. dégrés 6. minutes , et l'Ile du Mile
à l'Orient du Cap Malée à 36. dégrés 41 .
minutes , l'intervale entre ces deux extremités
de la Grece n'est que de 4. degrés
25. minutes , ce qui fait une difference
de prés de moitié , entre la Carte de
M. Sanson et celle de M. Delisle , et une
difference de 2. degrés ou de so. lieuës
dans la latitude de Constantinople.
A mesure que l'on s'avance vers l'Orient
la différence se trouve encore plus
sensible , parceque les différences s'accu
mulants , la somme devient plus considerable.
On voit par l'inspection des deux
Cartes que la Mer Rouge sur le Plan de
M. Sanson se trouve marquée dans les
pays qui font la Terre Ferme d'Arabie
dans le Plan de M. Delisle que le Golphe
Persique est tout entier dans le Continent
F vj
de
1122 MERCURE DE FRANCE
de la Perse , et que la Mer des Indes, entre
Mascaté et Diou , occupe la place de
la Presqu'Isle de l'Inde . La Mer Caspienne
est de même toute entiere sur la Terreferme
de Tartarie . Il faut en dire autant
de la Mer Noire , qui couvre toute la
Circassie et toute la Géorgie .
Outre une Carte en très grand point ,
qui étoit exposée aux yeux de l'Assemblée ,
M. Buache en avoit fait graver une petite
qu'il distribua , et sur laquelle les marches
d'Alexandre étoient tracées. Comme l'objet
de M. Buache n'étoit point d'entrer
dans les discussions des Pays et Provinces
qui composoient les Frontieres et l'étenduë
de l'Empire d'Alexandre , il se contenta
d'indiquer les Pays où ce Prince
avoit borné ses Conquêtes. Il remarque
d'abord que , quoyqu'il eût porté ses
Armes jusques au Danube, il n'avoit point.
soumis les pays des Triballes au Midy de
ce Fleuve , il observa ensuite que l'Atique.
et le Peloponése n'obeissoient à Alexandre
que comme au Chef et au Général de.
la Nation Grecque , et non comme à leur
Souverain ; que Bysance et la Bythynie ,.
non plus que le Pont , l'Arménie , et
l'Atropatene ne furent point soumises par.
ce Prince. La Scytie au delà du Jaxartes .
conserva sa liberté , de même que les ;
Peuples
MAY. 1731. TF2F
Peuples de l'Hyrcanie , situés à la partie
Orientale de cette Mer. Les Peuples de
l'Arabie , ausquels Alexandre alloit déclarer
la Guerre lorsqu'il mourût , conserverent
leur liberté.
Les preuves rapportées par M. Buache
de la veritable position de ces differents
Pays , sont les Observations Astronomi
ques faites à Constantinople , à Smyrne ,
à Candie , à Rhodes , à Alexandrette et
à Alexandrie d'Egypte par les Astronomes
François , enfin celle qui fut faite par
le P. Grueber à Agra et à Dely sur le Gemené
, Riviere qui tombe dans le Gange
, et dont le résultat est conforme aux
diverses Observations faites à Goa , et en
differents lieux de la Presqu'Isle de l'Inde.
et par les Observateurs François et Anglois..
Comme ces observations donnent seu-
Tement la Position des extrémités de l'Em--
pire d'Alexandre , et que d'Alexandrie à
Agra nous n'avons aucunes observations .
modernes , M. Buache ayant remarqué
que M. Delisle s'étoit servi de celles des
Astronomes Orientaux , montra que ces .
observations étoient assés exactes , 1 ° ..
parcequ'elles mettent entre Antioche et
Lahor la même distance à peu prés que
celle qui résulte des observations modernes
entre Alexandrette voisine d'Antio--
che
# 124 MERCURE DE FRANCE
, che et l'extrémité Orientale de l'Inde
comme Guzurate, Goa, &c. 2º . Parceque
les mêmes observations s'accordent à peu
prés avec celles des Voyageurs éxacts pour
les latitudes et pour les distances Itineraires
des Villes de Perse .
Les Longitudes et les Latitudes de
Ptolomée qui sont celles que les Géographes
ont suivies jusqu'à M. Delisle
s'écartent également des observations
des Astronomes modernes , et de celles
que nous donnent les Orientaux ; suivant
les Géographes qui ont précédé M. Delisle
, les Frontieres Orientales de l'Empire
d'Alexandre seroient à 58. degrés
de Bysance , au lieu que suivant la Carte
de M. Delisle elles ne sont qu'à 48. degrés
, c'est une erreur de 10. degrés ou
de plus de 200. lieuës , dans laquelle ces
Géographes sont tombés .
M. Buache montra que les Positions:
résultantes de ces observations Orientales
et de celles des Voyageurs modernes comparées
avec les Itineraires , ayant donné à
M. Delisle le moyen de fixer les principales
Villes de la Perse , dont plusieurs
portent encore avec peu de changement.
les noms qu'elles avoient au tems d'Alexandre
; il passa ensuite à l'examen de la distance
de ces mêmes Villes , suivant les
marches
MAY. 1731. 1125
marches de l'Armée de ce Prince. Cette
partie de la Carte a demandé un plus
grand travail . Ces distances mésurées
éxactement par les Arpenteurs que ce
Prince menoit avec lui , sont exprimées
en stades , et si l'on avoit évalué ces stades
sur le pied de 5oo . au degré d'un
grand Cercle comme Ptolomée , ou même
sur le pied de 700. comme Eratostene
et Hipparque , on se seroit trouvé fort
loin de compte. M. Buache montra que
les stades des Arpenteurs d'Alexandre
étoient les mêmes que ceux des Astronomes
dont Aristote , Précepteur de ce Prince,
rapporte la mesure de la Terre , et qui
étoient de plus de onze cens au degré. 11
étoit naturel ,comme le remarque M. Buache
, que ce Prince dans le projet duquel
la Conquête du Monde entier étoit entrée
, se servit pour mésurer l'étendue de
ses Conquêtes des mêmes stades dans lesquels
on avoit déterminé de son tems la
mésure de la Terre , afin de connoître
où en étoit l'éxécution de son projet.
M. Delisle avoit déja fait quelque usage
de ces stades de onze cens au degré dans
son Mémoire sur la Carte de l'expédition
de Xenophon,qu'il a donnée dans les Mémoires
de l'Académie desSciences en 1721 .
mais M. Buache montra par des preuves
trés
L116 MERCURE DE FRANCE
trés fortes , que l'on ne pouvoit se dispenser
de reconnoître que c'étoit ceux dont
Ies Arpenteurs d'Alexandre s'étoient
servis.
Il fit voir que supposant des stades de
onze cens au degré , les routes d'Alexandre
se rapportent avec beaucoup de précision
aux Positions des Astronomes.
Orientaux , et à celles qui résultent des
distances Itineraires marquées par les Voyageurs
les plus exacts. Il observa de plas
que les marches forcées de ce Prince qui
supposoient que ces Troupes auroient
fait 54. lieues communes par jour , et
cela plusieurs jours de suite dans l'Hypothése
des Anciens , deviennent non - sculement
vrai -semblables dans l'Hypothése
des stades de onze cens au degré adopté.
par M. Delisle , mais se trouvent même
moins fortes que certaines marches extraordinaires
qui se sont faites de nos
jours. Il fit la même remarque au sujet
de la largeur de l'Hydaspe qu'Alexandre
passa en présence de l'Armée des Per
ses , et montra que cette largeur étant
diminuée de prés de moitié dans l'opinion
que M. Delisle avoit suivie , l'ac
tion d'Alexandre n'a plus rien qui passe
la vrai- semblance .
Il donna plusieurs autres preuves dont
le:
MAY . 1731 . 1127
le détail ne peut s'abréger , ni même se
retenir , et en . finissant sa dissertation
il parla d'une faute de Graveur qui s'est
glissée sur la Carte de la Mer Caspienne
en 2. feuilles , publiée par M. Delisle en
1722. Dans une Note sur cette Carte le
Méridien est marqué au 67. degré deLongitude
à l'Orient de Paris , au lieu de dire an
67. du premier Meridien et au 47. à l'Orient
de Paris. Cette méprise étoit facile à
corriger par toutes les autres Cartes de
M. Delisle antérieures et postérieures.
M. Buache se crût obligé de faire cette
Remarque , parceque dans le nouveau
Recueil des observations faites aux Indes
et à la Chine , publié en 1729. on
a relevé cette position d'Astracan comme
une erreur de M. Delisle ; et pour donner
l'éclaicissement au sujet de la longitude
d'Astracan , il rémarqua qu'elle étoit déterminée
sur une Eclipse observée à Astracan
par Burrough Anglois , et à Vranibourg
par Tycho le 15. Janvier 1580 .
و
La Carte de l'Empire et de l'Expedition
d'Alexandre , dressée par feu M. Delisle
pour l'usage du Roy , laquelle étoit l'objet du
Mémoire de M. Buache , paroîtra incessament
en une feuille et demi , et se trouvera
chez Madame Delisle , Veuve de l'Auteur ,
Quay de l'Horloge..
Fermer
Résumé : Mémoire sur la Carte de l'Empire d'Alexandre, [titre d'après la table]
M. Buache, gendre de feu M. Delisle, premier Géographe du Roy et membre de l'Académie Royale des Sciences, a présenté un mémoire sur la carte de l'Empire d'Alexandre, réalisée par son beau-père pour le roi. Ce mémoire visait à souligner l'importance des modifications apportées par M. Delisle à la géographie des pays orientaux et à expliquer les raisons de ces changements. M. Buache a dû reconstituer les motivations de M. Delisle à partir de ses extraits et mémoires, car ce dernier n'avait rien écrit à ce sujet. Il a également dû imaginer certaines raisons, car la géographie comporte de nombreuses positions conjecturales. Pour illustrer les changements, M. Buache a comparé la carte de M. Delisle avec celle de M. Moulard-Sanson, publiée en 1712. Il a montré que M. Moulard donnait une trop grande étendue aux pays, plaçant les mêmes provinces et villes à des longitudes différentes. M. Buache a également corrigé les erreurs de latitude et de longitude, notamment pour Constantinople et l'extrémité méridionale du Péloponnèse. La carte de M. Delisle corrigeait plusieurs erreurs, comme la position de la mer Rouge, du golfe Persique, de la mer des Indes, de la mer Caspienne et de la mer Noire. M. Buache a distribué une petite carte gravée montrant les marches d'Alexandre et a indiqué les pays conquis par ce dernier, tout en précisant que certains territoires, comme la Scythie et l'Arabie, n'étaient pas soumis à Alexandre. Les preuves de M. Buache reposent sur des observations astronomiques faites par des astronomes français et orientaux. Il a également comparé les distances mesurées par les arpenteurs d'Alexandre avec les observations modernes, montrant que les stades utilisés par Alexandre étaient de plus de onze cents au degré. Enfin, M. Buache a corrigé une erreur de graveur sur la carte de la mer Caspienne publiée par M. Delisle en 1722 et a expliqué la longitude d'Astracan à partir d'une éclipse observée en 1580. La carte de l'Empire et de l'expédition d'Alexandre, dressée par M. Delisle, sera publiée prochainement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
272
p. 1128-1132
Livres nouveaux des Pays Etrangers, &c. [titre d'après la table]
Début :
Livres nouveaux, qui se vendent chez André Cailleau, Quai des Augustins, à [...]
Mots clefs :
Livres nouveaux, Histoire, Théâtre italien, Principes de la Nature, Observations, Annales de Tacite, Libraire, Bibliothèque, Volume, Graveurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux des Pays Etrangers, &c. [titre d'après la table]
Livres nouveaux , qui se
vendent chez
André Cailleau , Quai des Augustins , à
Image saint André.
Histoire du Théatre Italien, depuis la décadence
de la Comédie Latine ; avec un Catalogue des
Tragédies et Comédies Italiennes , imprimées
depuis l'an 1500.jusqu'à l'an 1660 et une Dissertation
sur la Tragédie moderne , avec les
Figures
MA Y. 1731. 1129
Figures qui en représentent leurs différents
habillemens. Par Louis Ricoboni , in 8. 1730.
Suite de l'Histoire du Théatre Italien, avec une
Lettre de M. Rousseau à l'Auteur ; et l'explication
des figures , in 8. sous presse .
Elemens Historiques , ou Méthode courte et facile
pour apprendre l'Histoire aux enfans , par
M. l'Abbé de Maupertuis , in 12. 2.vol 1730 .
Description Historique des Château , Bourg et
Forêt de Fontainebleau , contenant une Explication
historique des Peintures , Tableaux ,
Bas - Reliefs, Statues, Ornemens qui s'y voient ;
et la vie des Architectes , Peintres et Sculpteurs
qui y ont travaillé , avec Plan et Figures , par
M. l'Abbé Guilbert , in 12. 2. vol . 1731 .
LES PRINCIPES de la Nature ou de la Generation
des choses , par feu M. Colomiez ,
in 12.
1731.
OBSERVATIONS curieuses sur toutes les Parties
de la Physique, extraites et recueillies des meilleurs
Mémoires , in 12. 3. vol. 1730
Suite des Annales de Tacite , avec des Notes politiques
et historiques , tom. 5. et 6. par M.L.
C. D. G✶✶✶ 1731.
Charles Guillaume , Libraire à Paris, ruë d'Hurpois
, près le Pont S. Michel , à S. Charles , a
imprimé et débite depuis peu : Le Coureur de
nuit , oɑ L'aventurier nocturne , traduit de
l'Espagnol de Dom Francisco de Quevedo. Le
prompt debit de ce petit Ouvrage l'a engagé de
mettre sous presse le reste des Oeuvres de cet
Auteur,qu'il promet de donner incessamment
Le soin qu'il prend de cet Ouvrage , le fera
préferer à l'édition de Hollande.
Le même Libraire vend la nouvelle Edition des
AvanL130
MERCURE DE FRANCE
Avantures de Dona Rusine , dite la Foüine
de Seville , ou l'Ameçon des Bourses. 2 vol.
in 12. enrichie de Figures en taille douce.
On va imprimer un Ouvrage de M. le Cat , Chirurgien
, qui a pour titre : Essai Medico- Phisique,
sur les effets de la Saignée ; dans lequel
il établit sur les Loix de la Mécanique et de
P'Hydrautique, les principes generaux des effetsde
la Saignée , l'acceleration, la dérivation , la
révulsion, et réfute plusieurs Ouvrages, récemment
publiez , sur la Saignée, entr'autres celui
de M. Quenet.
On vendra incessamment en détail , la Bibliotheque
de feu M. Géoffroy , celebre Medecin
de la Faculté de Paris , Professeur Royal en
Médecine et en Chymie , Associé , Pensionnaire
de l'Académie Royale des Sciences , et de
la Societé Koyale d'Angleterre. Le Catalogue
imprimé de cette Bibliotheque se distribue chez
Gabriel Martin, Libraire, ruëfaint Jacques,
à l'Etoile..
On vient de recevoir le Projet imprimé du
Cabinet Florentin , qui doit être composé de dix
volumes in folio. Il contiendra tout ce qu'il y a
de plus rare en tout genre d'Antiquité ; non seulement
chez le Grand Duc, mais encore chez tous
les particuliers de Florence ,
Le premier volume contiendra les Pierres gravées
en relief , autrement Camei . Le second , les
Pierres gravées en creux. Le troisième , les Statues.
Le quatrième , les Bustes. Le cinquième , les
Cachets de Bronze. Le six , sept et huit , les Médailles.
Le neuf et le dix , les Portraits des Peintres
qui
MAY. 1731 . 1137
qui ont fait eux- mêmes leurs Portraits . Tous ces
volumes peuvent faire des corps séparez . Le premier
et second , pour les Pierres gravées. Le six ,
sept , huit , pour les Médailles. Le neuf et dix ,
pour les Portraits des Peintres , et pourront être
vendus séparément. Chaque volume contiendra
au moins cent Flanches , avec des Observations
ou Explications d'Antoine- François Gori , écrites
en Latin. On promet d'employer les meilleurs
Graveurs, et de ne rien négliger pour donner à cet
important Recueil toutes les beautez dont il peut
être susceptible . Le premier volume est déja imprimé
, et pour faciliter l'impression des autres ,
on propose des Souscriptions , aux conditions
suivantes.On donnera dix - huit écus de Florence ,
qui font à peu près trente- six écus de notre monnoye.
Pour les deux premiers volumes qui seront
vendus un quart
de plus, à ceux qui n'auront pas
souscrit.
On mande de Rome que le Pape vient d'ac
querir toutes les Planches de cuivre qui avoient
servi lorsqu'on imprima la Roma Soiteranea ,du
Bosio et de l'Aringhy.Il a chargé l'Abbé Bottari,
Florentin , de procurer une nouvelle Edition de
ces deux Ouvrages, à laquelle il se trouve en état
de travailler avec succès , d'autant mieux qu'il a
pris sagement le parti de les refondre et de les remanier
entierement .
La seconde Partie du troisiéme volume de la
Bibliotheque Orientale Clémentine , paroît à Rome
depuis peu .
De Venise. On a traduit et on imprime en
Cette Ville PHistoire Romaine du P. Câtrou.
De Florence. L'Edition de l'Eustathe sur Homere
1132 MERCURE DE FRANCE
mere , traduit et enrichi de Notes , par le P. Polity
, s'avance fort à Florence . On en est au troisiéme
Tome.
Les OEuvres du feu Pape Benoît XIII. que le
Cardinal Marini avoit fait imprimer à Ravennes ,
sont actuellement en vente â Rome , en trois volumes
in folio.
vendent chez
André Cailleau , Quai des Augustins , à
Image saint André.
Histoire du Théatre Italien, depuis la décadence
de la Comédie Latine ; avec un Catalogue des
Tragédies et Comédies Italiennes , imprimées
depuis l'an 1500.jusqu'à l'an 1660 et une Dissertation
sur la Tragédie moderne , avec les
Figures
MA Y. 1731. 1129
Figures qui en représentent leurs différents
habillemens. Par Louis Ricoboni , in 8. 1730.
Suite de l'Histoire du Théatre Italien, avec une
Lettre de M. Rousseau à l'Auteur ; et l'explication
des figures , in 8. sous presse .
Elemens Historiques , ou Méthode courte et facile
pour apprendre l'Histoire aux enfans , par
M. l'Abbé de Maupertuis , in 12. 2.vol 1730 .
Description Historique des Château , Bourg et
Forêt de Fontainebleau , contenant une Explication
historique des Peintures , Tableaux ,
Bas - Reliefs, Statues, Ornemens qui s'y voient ;
et la vie des Architectes , Peintres et Sculpteurs
qui y ont travaillé , avec Plan et Figures , par
M. l'Abbé Guilbert , in 12. 2. vol . 1731 .
LES PRINCIPES de la Nature ou de la Generation
des choses , par feu M. Colomiez ,
in 12.
1731.
OBSERVATIONS curieuses sur toutes les Parties
de la Physique, extraites et recueillies des meilleurs
Mémoires , in 12. 3. vol. 1730
Suite des Annales de Tacite , avec des Notes politiques
et historiques , tom. 5. et 6. par M.L.
C. D. G✶✶✶ 1731.
Charles Guillaume , Libraire à Paris, ruë d'Hurpois
, près le Pont S. Michel , à S. Charles , a
imprimé et débite depuis peu : Le Coureur de
nuit , oɑ L'aventurier nocturne , traduit de
l'Espagnol de Dom Francisco de Quevedo. Le
prompt debit de ce petit Ouvrage l'a engagé de
mettre sous presse le reste des Oeuvres de cet
Auteur,qu'il promet de donner incessamment
Le soin qu'il prend de cet Ouvrage , le fera
préferer à l'édition de Hollande.
Le même Libraire vend la nouvelle Edition des
AvanL130
MERCURE DE FRANCE
Avantures de Dona Rusine , dite la Foüine
de Seville , ou l'Ameçon des Bourses. 2 vol.
in 12. enrichie de Figures en taille douce.
On va imprimer un Ouvrage de M. le Cat , Chirurgien
, qui a pour titre : Essai Medico- Phisique,
sur les effets de la Saignée ; dans lequel
il établit sur les Loix de la Mécanique et de
P'Hydrautique, les principes generaux des effetsde
la Saignée , l'acceleration, la dérivation , la
révulsion, et réfute plusieurs Ouvrages, récemment
publiez , sur la Saignée, entr'autres celui
de M. Quenet.
On vendra incessamment en détail , la Bibliotheque
de feu M. Géoffroy , celebre Medecin
de la Faculté de Paris , Professeur Royal en
Médecine et en Chymie , Associé , Pensionnaire
de l'Académie Royale des Sciences , et de
la Societé Koyale d'Angleterre. Le Catalogue
imprimé de cette Bibliotheque se distribue chez
Gabriel Martin, Libraire, ruëfaint Jacques,
à l'Etoile..
On vient de recevoir le Projet imprimé du
Cabinet Florentin , qui doit être composé de dix
volumes in folio. Il contiendra tout ce qu'il y a
de plus rare en tout genre d'Antiquité ; non seulement
chez le Grand Duc, mais encore chez tous
les particuliers de Florence ,
Le premier volume contiendra les Pierres gravées
en relief , autrement Camei . Le second , les
Pierres gravées en creux. Le troisième , les Statues.
Le quatrième , les Bustes. Le cinquième , les
Cachets de Bronze. Le six , sept et huit , les Médailles.
Le neuf et le dix , les Portraits des Peintres
qui
MAY. 1731 . 1137
qui ont fait eux- mêmes leurs Portraits . Tous ces
volumes peuvent faire des corps séparez . Le premier
et second , pour les Pierres gravées. Le six ,
sept , huit , pour les Médailles. Le neuf et dix ,
pour les Portraits des Peintres , et pourront être
vendus séparément. Chaque volume contiendra
au moins cent Flanches , avec des Observations
ou Explications d'Antoine- François Gori , écrites
en Latin. On promet d'employer les meilleurs
Graveurs, et de ne rien négliger pour donner à cet
important Recueil toutes les beautez dont il peut
être susceptible . Le premier volume est déja imprimé
, et pour faciliter l'impression des autres ,
on propose des Souscriptions , aux conditions
suivantes.On donnera dix - huit écus de Florence ,
qui font à peu près trente- six écus de notre monnoye.
Pour les deux premiers volumes qui seront
vendus un quart
de plus, à ceux qui n'auront pas
souscrit.
On mande de Rome que le Pape vient d'ac
querir toutes les Planches de cuivre qui avoient
servi lorsqu'on imprima la Roma Soiteranea ,du
Bosio et de l'Aringhy.Il a chargé l'Abbé Bottari,
Florentin , de procurer une nouvelle Edition de
ces deux Ouvrages, à laquelle il se trouve en état
de travailler avec succès , d'autant mieux qu'il a
pris sagement le parti de les refondre et de les remanier
entierement .
La seconde Partie du troisiéme volume de la
Bibliotheque Orientale Clémentine , paroît à Rome
depuis peu .
De Venise. On a traduit et on imprime en
Cette Ville PHistoire Romaine du P. Câtrou.
De Florence. L'Edition de l'Eustathe sur Homere
1132 MERCURE DE FRANCE
mere , traduit et enrichi de Notes , par le P. Polity
, s'avance fort à Florence . On en est au troisiéme
Tome.
Les OEuvres du feu Pape Benoît XIII. que le
Cardinal Marini avoit fait imprimer à Ravennes ,
sont actuellement en vente â Rome , en trois volumes
in folio.
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Résumé : Livres nouveaux des Pays Etrangers, &c. [titre d'après la table]
Le document présente une liste de livres et d'ouvrages récemment publiés ou en cours d'impression. Parmi les titres notables, on trouve 'Histoire du Théâtre Italien' de Louis Ricoboni, qui inclut un catalogue des tragédies et comédies italiennes imprimées entre 1500 et 1660, ainsi qu'une dissertation sur la tragédie moderne. Une suite de cet ouvrage est également annoncée, accompagnée d'une lettre de M. Rousseau. D'autres publications mentionnées incluent 'Éléments Historiques' de l'Abbé de Maupertuis, une méthode pour enseigner l'histoire aux enfants, et 'Description Historique des Château, Bourg et Forêt de Fontainebleau' de l'Abbé Guilbert, qui explique les œuvres d'art et les architectes ayant travaillé sur ce site. Le document liste également des ouvrages de physique, de médecine, et des traductions d'auteurs espagnols et latins. Des projets éditoriaux importants sont également mentionnés, comme le 'Cabinet Florentin' en dix volumes, et des rééditions d'ouvrages historiques à Rome et à Venise. Enfin, le document annonce la vente de la bibliothèque de feu M. Géoffroy, un célèbre médecin, et la publication des œuvres du pape Benoît XIII.
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273
p. 1132-1135
Enfant illustre par son sçavoir, [titre d'après la table]
Début :
On apprend d'Allemagne, que M. Martini, donne dans une Brochure qu'il a publiée, quelques [...]
Mots clefs :
Brochure, Raisons naturelles, Illustre enfant, Syllabes, Maisons de l'Europe, Ecriture Sainte, Infirme, Lait, Précepteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Enfant illustre par son sçavoir, [titre d'après la table]
On apprend d'Allemagne , que M. Martini ,
donne dans une Brochure qu'il a publiée , quelques
raisons naturelles de l'extraordinaire сара-
Cité de l'illustre enfant, Chrétien- Henry Heinecken
, né à Lubeck en 1721. et mort en 1725.
Il parloit à dix mois ; et ayant observé les
mouvemens de ceux qui lui expliquoient diverses
figures , suivant le désir qu'il en avoit marqué , il
prononçoit d'après eux les sillabes ; à un an , il
sçavoit les principaux évenemens du Pentateuque
; à treize mois , l'histoire de l'ancien Testament
; à quatorze , celle du Nouveau ; à deux
ans et demi il répondoit pertinemment aux
questions de la Géographie et de l'Histoire ancienne
et moderne ; il parla bien - tôt Latin avec
facilité, puis le François passablement , et à la fin
de sa troisième année , il connoissoit les Généa–
logies des principales Maisons de l'Europe ; il expliquoit
avec esprit et avec jugement les Passages
et les Sentences de l'Ecriture Sainte. Il voyagea en
Dannemack pendant une bonne partie de sa quatriéme
année , et il y harangua de fort bonne
grace le Roy et les Princes du Sang. Au retour
il apprit à écrire , pouvant à peine tenir la Plume.
Il étoit délicat , infirme , souvent malade , et
même dangereusement , il haïssoit tout autre aliment
que le lait , et que celui de sa nourrice ; il ne
fut sevré que peu de mois avant sa mort , qui arriva
MAY. 1731 .
1133
riva le 27 Juin 1725.et qu'il envisagea d'une ma
niere si chrétienne , qu'il étonna encore plus par
cette fermeté, que par l'immensité de ses progrès
pendant une si courte vie. M. Chrétien jde Schoneich
, son Précepteur , a écrit sa vie. M.Behm
aussi publié une Brochure sur son sujet. M. Seclen
a parlé de lui dans un article de ses Selecte
Litteraria.
a
D'Upsal. Que le Docteur Wallin , expose dans
une Dissertation , l'Art d'écrire avec du feu : De
Arte trithemiana scribendi per ignem.
De Dresde. Que M. Faesch , Major des Ingénieurs
, au service du Roy de Pologne , compose
en Allemand , une Bibliotheque Militaire , où il
traitera de tous les Livres qui parlent de ce qui
appartient à cet Art , avec ses observations sur
ceux qu'il a vûs.
De Nuremberg. Que l'on publie la Traduction
en Allemand des Ouvrages du fameux Gerard de
Lairesse , sur le Dessein et la Peinture , écrits en
Hollandois.
Que M. Jean-Jacques Schubler a fait imprimer
depuis peu, quelques Traitez Allemands, sur
la construction des Colomnes , des Fourneaux à
échaufer les Poëles ; et sur une nouvelle maniere
de placer avantageusement de grandes Lucarnes
dans les Gréniers , &c.
De Rostock. Que M. Schultz a publié une longue
Dissertation sur l'usage de la Musique , dans
'Eglise Chrétienne.
L'Académie Royale des Belles-Lettres , établie
1134 MERCURE DE FRANCE
à Marseille , a donné dans le mois d'Avril dernier,
les deux Prix d'Eloquence et de Poësie qu'elle
avoit a distribuer . M. d'Ardene , Associé
étranger, de la même Académie , a remporté l'un
et l'autre .
Cette Académie nous prie d'avertir , que le
Prix d'Eloquence qu'elle distribuera le premier
Mercredy après le Dimanche de Quasimodo , de
l'année prochaine , 1732. a pour sujet ce passage
de Séneque : Que l'adversité n'abat que ceux que
la prosperité avoit aveuglez. Neminem adversa
fortuna comminuit , nisi quem secunda decepit.
Lib. de Const. ad Helv . cap 1. On sçait
que ce Prix consiste en une Médaille d'or , de la
valeur de trois cent livres .
Le Mercredi , onze Avril , Mess. Maraldi et
Grand-Jean ont été élus à l'Académie Royale
des Sciences , pour remplir la place d'Ajoint Astronome
, vacante par M. Gaudin , devenu Associé
depuis quelque temps. Ces deux sujets ont
été choisis par le Roy , l'un pour remplir la place
vácante , et l'autre pour tenir lieu de M. Delisle
de la Croyere , absent depuis plusieurs années ,
par congé de la Cour , sans néanmoins que ce
dernier cesse d'être de l'Académie , mais la premiere
place d'Ajoint Astronome qui viendra à
vaquer , ne sera point remplie.
Le Mercredi 18. Mess. Borave et Morgagni ,
ont été élus , pour remplir la place d'Associé
étranger , vacante par la mort du Comte de
Marsigli. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Borave .
Le Samedy 28. M. Bourdelin , Ajoint Chimiste
, et M. Grost , externe , ont été élus pour
remplir la place d'Associé Chimiste , vacante
" par
MAY.
1731. ་ ་ ༣ ་
par M. Dufay , devenu Pensionaire depuis quel
que temps. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Bourdelin.
On écrit de Londres que le 9. de ce mois , le
sieur Wood fit ses expériences pour tirer du Fer de
la Mine de Charbon de terre , en présence du
Comte d'Islay , du Chevalier Charles Wager , du
Chevalier Jean Eyles , et d'autres personnes que
le Conseil Privé du Roy avoit nommées . Il employa
172 livres de cette Mine , et il en retira une
Barre de 35 liy. qui parut être de tres - bon fer .
Ces Lettres ajoutent que le 13 de ce mois , le
Marquis de Braekly , fils aîné du Duc de Brigewater
, âgé d'environ 7 ans , mourut de la petite
Verole , dont on lui avoit fait l'insertion quel
ques jours auparavant, comme à son frere le Lord
Jean , qui est à present hors de danger.
donne dans une Brochure qu'il a publiée , quelques
raisons naturelles de l'extraordinaire сара-
Cité de l'illustre enfant, Chrétien- Henry Heinecken
, né à Lubeck en 1721. et mort en 1725.
Il parloit à dix mois ; et ayant observé les
mouvemens de ceux qui lui expliquoient diverses
figures , suivant le désir qu'il en avoit marqué , il
prononçoit d'après eux les sillabes ; à un an , il
sçavoit les principaux évenemens du Pentateuque
; à treize mois , l'histoire de l'ancien Testament
; à quatorze , celle du Nouveau ; à deux
ans et demi il répondoit pertinemment aux
questions de la Géographie et de l'Histoire ancienne
et moderne ; il parla bien - tôt Latin avec
facilité, puis le François passablement , et à la fin
de sa troisième année , il connoissoit les Généa–
logies des principales Maisons de l'Europe ; il expliquoit
avec esprit et avec jugement les Passages
et les Sentences de l'Ecriture Sainte. Il voyagea en
Dannemack pendant une bonne partie de sa quatriéme
année , et il y harangua de fort bonne
grace le Roy et les Princes du Sang. Au retour
il apprit à écrire , pouvant à peine tenir la Plume.
Il étoit délicat , infirme , souvent malade , et
même dangereusement , il haïssoit tout autre aliment
que le lait , et que celui de sa nourrice ; il ne
fut sevré que peu de mois avant sa mort , qui arriva
MAY. 1731 .
1133
riva le 27 Juin 1725.et qu'il envisagea d'une ma
niere si chrétienne , qu'il étonna encore plus par
cette fermeté, que par l'immensité de ses progrès
pendant une si courte vie. M. Chrétien jde Schoneich
, son Précepteur , a écrit sa vie. M.Behm
aussi publié une Brochure sur son sujet. M. Seclen
a parlé de lui dans un article de ses Selecte
Litteraria.
a
D'Upsal. Que le Docteur Wallin , expose dans
une Dissertation , l'Art d'écrire avec du feu : De
Arte trithemiana scribendi per ignem.
De Dresde. Que M. Faesch , Major des Ingénieurs
, au service du Roy de Pologne , compose
en Allemand , une Bibliotheque Militaire , où il
traitera de tous les Livres qui parlent de ce qui
appartient à cet Art , avec ses observations sur
ceux qu'il a vûs.
De Nuremberg. Que l'on publie la Traduction
en Allemand des Ouvrages du fameux Gerard de
Lairesse , sur le Dessein et la Peinture , écrits en
Hollandois.
Que M. Jean-Jacques Schubler a fait imprimer
depuis peu, quelques Traitez Allemands, sur
la construction des Colomnes , des Fourneaux à
échaufer les Poëles ; et sur une nouvelle maniere
de placer avantageusement de grandes Lucarnes
dans les Gréniers , &c.
De Rostock. Que M. Schultz a publié une longue
Dissertation sur l'usage de la Musique , dans
'Eglise Chrétienne.
L'Académie Royale des Belles-Lettres , établie
1134 MERCURE DE FRANCE
à Marseille , a donné dans le mois d'Avril dernier,
les deux Prix d'Eloquence et de Poësie qu'elle
avoit a distribuer . M. d'Ardene , Associé
étranger, de la même Académie , a remporté l'un
et l'autre .
Cette Académie nous prie d'avertir , que le
Prix d'Eloquence qu'elle distribuera le premier
Mercredy après le Dimanche de Quasimodo , de
l'année prochaine , 1732. a pour sujet ce passage
de Séneque : Que l'adversité n'abat que ceux que
la prosperité avoit aveuglez. Neminem adversa
fortuna comminuit , nisi quem secunda decepit.
Lib. de Const. ad Helv . cap 1. On sçait
que ce Prix consiste en une Médaille d'or , de la
valeur de trois cent livres .
Le Mercredi , onze Avril , Mess. Maraldi et
Grand-Jean ont été élus à l'Académie Royale
des Sciences , pour remplir la place d'Ajoint Astronome
, vacante par M. Gaudin , devenu Associé
depuis quelque temps. Ces deux sujets ont
été choisis par le Roy , l'un pour remplir la place
vácante , et l'autre pour tenir lieu de M. Delisle
de la Croyere , absent depuis plusieurs années ,
par congé de la Cour , sans néanmoins que ce
dernier cesse d'être de l'Académie , mais la premiere
place d'Ajoint Astronome qui viendra à
vaquer , ne sera point remplie.
Le Mercredi 18. Mess. Borave et Morgagni ,
ont été élus , pour remplir la place d'Associé
étranger , vacante par la mort du Comte de
Marsigli. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Borave .
Le Samedy 28. M. Bourdelin , Ajoint Chimiste
, et M. Grost , externe , ont été élus pour
remplir la place d'Associé Chimiste , vacante
" par
MAY.
1731. ་ ་ ༣ ་
par M. Dufay , devenu Pensionaire depuis quel
que temps. Le choix du Roy est tombé sur Monsieur
Bourdelin.
On écrit de Londres que le 9. de ce mois , le
sieur Wood fit ses expériences pour tirer du Fer de
la Mine de Charbon de terre , en présence du
Comte d'Islay , du Chevalier Charles Wager , du
Chevalier Jean Eyles , et d'autres personnes que
le Conseil Privé du Roy avoit nommées . Il employa
172 livres de cette Mine , et il en retira une
Barre de 35 liy. qui parut être de tres - bon fer .
Ces Lettres ajoutent que le 13 de ce mois , le
Marquis de Braekly , fils aîné du Duc de Brigewater
, âgé d'environ 7 ans , mourut de la petite
Verole , dont on lui avoit fait l'insertion quel
ques jours auparavant, comme à son frere le Lord
Jean , qui est à present hors de danger.
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Résumé : Enfant illustre par son sçavoir, [titre d'après la table]
Le texte relate les exploits exceptionnels de Chrétien-Henry Heinecken, né à Lübeck en 1721 et décédé en 1725. Dès l'âge de dix mois, il parlait et prononçait des syllabes en observant des figures. À un an, il connaissait les principaux événements du Pentateuque. À deux ans et demi, il répondait à des questions de géographie et d'histoire. Il maîtrisait plusieurs langues, y compris le latin et le français, et connaissait les généalogies des principales maisons d'Europe. Il voyagea et harangua le roi et les princes du sang à Dannemack. Malade et délicat, il ne se sevrait que peu avant sa mort en mai 1731. M. Chrétien de Schoneich, son précepteur, et M. Behm ont écrit sur sa vie. Le texte mentionne également diverses publications et activités académiques. À Dresde, M. Faesch compose une Bibliothèque Militaire. À Nuremberg, des traductions des œuvres de Gerard de Lairesse sont publiées. À Rostock, M. Schultz publie une dissertation sur l'usage de la musique dans l'Église chrétienne. L'Académie Royale des Belles-Lettres de Marseille a décerné des prix d'éloquence et de poésie, avec un sujet pour l'année suivante sur un passage de Sénèque. L'Académie Royale des Sciences a élu de nouveaux membres pour des postes vacants. À Londres, le sieur Wood a réalisé des expériences pour extraire du fer de la mine de charbon en présence de dignitaires. Le marquis de Braekly, fils du duc de Brigewater, est mort de la petite vérole à l'âge de sept ans.
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274
p. 1135-1136
EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Début :
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes. [...]
Mots clefs :
Opération, Hôpital, Chirurgien, Pauvres, Victimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
EXTRAIT d'une Lettre , écrite de Paris
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération
de la Taille.
On fit l'Opération de la Taille Vendredi dernier
, dans l'Hôpital de la Charité des Hommes.
M. Maréchal , premier Chirurgien du Roy , toujours
plein de zéle et d'affection pour les pauvres ,
voulut non seulement y être present , mais encore
y opérer.Il fit trois Tailles . M.de la Perronie, premier
Chirurgien du Roy en survivance , en fit
aussi trois .
M. Morand , Chirurgien Major de cet Hôpital
, en fit deux .
M. Guérin pere , Chirurgien Major des Gardes
Françoises , et ancien Chirurgien Major de
cet Hôpital , en fit une.
M. Guérin fils , Substitut du même Hôpital ,
en fit une ; enfin M. Perché , gagnant Maîtrise
G au
1135 MERCURE DE FRANCE
au même Hôpital,fit la derniere. Le tout se passa
sous la direction de M. Rénéaume , Médecin en
quartier de cet Hôpital .
La Taille,par l'Opération Latérale que M. Morand
avoit promis de faire , avoit attiré beaucoup
de curieux ; mais M. Maréchal qui connoît les
inconveniens de cette Opération , en disposa autrement
, en exécutant lui - même , et faisant exécuter
l'Opération , à la maniere ordinaire ; et,
il confia le soin de cet Hôpital à M. Guérin.
Pere. Vous voïez par là qu'on ne sçauroit
trop louer la sagesse et la charité de M. Maréchal.
Par là les pauvres serviront d'instruction an
Eleves , sans être leurs victimes.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Paris, le 14 May 1731. au sujet de l'Opération de la Taille.
Le 10 mai 1731, une série de tailles a été réalisée à l'Hôpital de la Charité des Hommes à Paris. Plusieurs chirurgiens ont participé à cette opération. M. Maréchal, premier chirurgien du roi, a effectué trois tailles et a supervisé l'ensemble de l'opération. M. de la Perronie, premier chirurgien du roi en survivance, en a réalisé trois également. M. Morand, chirurgien major de l'hôpital, en a effectué deux. M. Guérin père, chirurgien major des Gardes Françaises et ancien chirurgien major de l'hôpital, a réalisé une taille, tout comme son fils, M. Guérin, substitut de l'hôpital. M. Perché, en voie d'obtenir sa maîtrise, a réalisé la dernière taille. Toutes les opérations ont été dirigées par M. Rénéaume, médecin en quartier de l'hôpital. Initialement, une opération latérale promise par M. Morand avait attiré de nombreux curieux, mais M. Maréchal a décidé de procéder à l'opération de manière ordinaire. Cette décision visait à éviter les inconvénients de l'opération latérale et à assurer que les pauvres patients servent d'instruction aux élèves sans en être les victimes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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275
p. 1136
QUESTION.
Début :
Si l'Amour et la Raison peuvent se trouver en même-temps dans le même personne ? ou si l'Amour [...]
Mots clefs :
Amour, Raison, Cause physique, Vivacité , Stupidité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION.
QUESTION.
Si l'Amour et la Raison peuvent se trouver en
même-temps dans la même personne ? ou si l'Amour
et la Raison sont compatibles !
On demande aussi la cause Fisique ou morale
de l'éfet qui arive dans les enfans qui meurent
jeunes , après avoir doné de grandes esperances
dans leur premiere enfance, et de l'éfet qui arrive
dans les enfans dont la vivacité s'est changée en
stupidité , et si on doit atribuer ces deus sors
au grand soin que l'on a pris de leur éducation.
On souhaiteroit bien de voir sur cette question
les refléxions de quelque habile Filosofe , puisqu'on
voit des enfans de tous caracteres mourir
en bas âge , aussi bien que des enfans d'esprit ;
et que l'on voit des enfans d'esprit , dont on a
cultivé l'enfance , venir dans un âge adulte et mûr,
aussi -bien que d'autres qui n'ont point été chargez
de trop d'esprit ni de trop d'étude .
Si l'Amour et la Raison peuvent se trouver en
même-temps dans la même personne ? ou si l'Amour
et la Raison sont compatibles !
On demande aussi la cause Fisique ou morale
de l'éfet qui arive dans les enfans qui meurent
jeunes , après avoir doné de grandes esperances
dans leur premiere enfance, et de l'éfet qui arrive
dans les enfans dont la vivacité s'est changée en
stupidité , et si on doit atribuer ces deus sors
au grand soin que l'on a pris de leur éducation.
On souhaiteroit bien de voir sur cette question
les refléxions de quelque habile Filosofe , puisqu'on
voit des enfans de tous caracteres mourir
en bas âge , aussi bien que des enfans d'esprit ;
et que l'on voit des enfans d'esprit , dont on a
cultivé l'enfance , venir dans un âge adulte et mûr,
aussi -bien que d'autres qui n'ont point été chargez
de trop d'esprit ni de trop d'étude .
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Résumé : QUESTION.
Le texte pose deux questions principales : la compatibilité de l'Amour et de la Raison, et les causes de la mort précoce ou de la stupidité chez certains enfants prometteurs. Il explore si un excès de soin dans l'éducation pourrait expliquer ces phénomènes. Il souhaite des réflexions philosophiques sur ces sujets, notant que tous les enfants, qu'ils soient d'esprit ou non, peuvent mourir jeunes ou devenir adultes.
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276
p. 1136-1138
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une très-belle Etampe gravée par M. Laur. Cars, dont le Public connoît déja les [...]
Mots clefs :
Estampe, Tableau, Ecclésiastique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Il paroît une très- belle Etampe gravée par
M.
་
MAY. 1731.
1137
1
M. Laur. Cars , dont le Public connoît déja le
talens. Elle répresente Suzanne et les deux Vieillards
, d'après un excellent Tableau de M. de
Troy , d'une belle et riche composition. On
la vend chez l'Auteur , ruë neuve des Petits-
Champs , et chez Duchange , ruë S. Jacques.
M. Silvestre , vient d'achever une Estampe
qu'il a gravée d'après un Tableau de M. François
Te Moine , représentant Ubalde et le Chevalier
Danois, allant chercher Renaud, enchanté dans
le Palais d'Armide. Ce Tableau est dans le Cabinet
de M. le Premier ; tout le monde connoît
le mérite de ce Peintre , et l'on peut dire que l'Estampe
est gravée d'un gout et d'une touche admirable.
Cette Estampe se distribuë chez M.Surugue
Graveur du Roi , ruë des Noyers , entre
les deux premieres Portes Cocheres , vis - à - vis
l'Eglise de S. Yves , à Paris . M. Surugue donnera
incessament , L'arrivée de l'Operateur en l'Hôtellerie
, et Ragotin déclamant ; des Paysans
croyent qu'il prêche : ce sont les six et septiéme
du Roman Comique de Scaron.
qua-
Jean - Baptiste le Brun , ancien Ecclesiatique
du Diocèse de Rouen , retiré depuis plus de
Tante ans à Orléans , et connu par plusieurs Ouvrages
, entr'autres par la nouvelle Edition des
Oeuvres de S. Paulin de Nole , est décedé dans
la même Ville d'Orleans , le 20. du mois de Mars
âgé de 75. ans.
Le Sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de donner avis qu'il a un Remede
sans gout , qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; ceux qui s'en servent en rendront té-
Gij moi1138
MERCURE DE FRANCE
moignage . On donne la maniere facile de s'en
servir , son nom et le prix sont sur ses Boëtes ,
il en a de deux , de trois et de quatre livres ; sa
demeure , avec Tableau , est à Paris , rue Comtesse
d'Artois, au Dauphin , proche la Comedie
Italienne.
M.
་
MAY. 1731.
1137
1
M. Laur. Cars , dont le Public connoît déja le
talens. Elle répresente Suzanne et les deux Vieillards
, d'après un excellent Tableau de M. de
Troy , d'une belle et riche composition. On
la vend chez l'Auteur , ruë neuve des Petits-
Champs , et chez Duchange , ruë S. Jacques.
M. Silvestre , vient d'achever une Estampe
qu'il a gravée d'après un Tableau de M. François
Te Moine , représentant Ubalde et le Chevalier
Danois, allant chercher Renaud, enchanté dans
le Palais d'Armide. Ce Tableau est dans le Cabinet
de M. le Premier ; tout le monde connoît
le mérite de ce Peintre , et l'on peut dire que l'Estampe
est gravée d'un gout et d'une touche admirable.
Cette Estampe se distribuë chez M.Surugue
Graveur du Roi , ruë des Noyers , entre
les deux premieres Portes Cocheres , vis - à - vis
l'Eglise de S. Yves , à Paris . M. Surugue donnera
incessament , L'arrivée de l'Operateur en l'Hôtellerie
, et Ragotin déclamant ; des Paysans
croyent qu'il prêche : ce sont les six et septiéme
du Roman Comique de Scaron.
qua-
Jean - Baptiste le Brun , ancien Ecclesiatique
du Diocèse de Rouen , retiré depuis plus de
Tante ans à Orléans , et connu par plusieurs Ouvrages
, entr'autres par la nouvelle Edition des
Oeuvres de S. Paulin de Nole , est décedé dans
la même Ville d'Orleans , le 20. du mois de Mars
âgé de 75. ans.
Le Sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée
, continue de donner avis qu'il a un Remede
sans gout , qui préserve les dents de se gâter et de
tomber ; ceux qui s'en servent en rendront té-
Gij moi1138
MERCURE DE FRANCE
moignage . On donne la maniere facile de s'en
servir , son nom et le prix sont sur ses Boëtes ,
il en a de deux , de trois et de quatre livres ; sa
demeure , avec Tableau , est à Paris , rue Comtesse
d'Artois, au Dauphin , proche la Comedie
Italienne.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs œuvres artistiques et annonces personnelles. Une estampe gravée par M. May en mai 1731 représente Suzanne et les deux Vieillards, d'après un tableau de M. de Troy. Cette estampe est en vente chez l'auteur et chez Duchange. M. Silvestre a également achevé une estampe d'après un tableau de M. François Te Moine, représentant Ubalde et le Chevalier Danois. Cette estampe est distribuée par M. Surugue, graveur du Roi, qui prévoit publier d'autres estampes inspirées du Roman Comique de Scaron. Par ailleurs, Jean-Baptiste le Brun, ancien ecclésiastique du diocèse de Rouen, est décédé à Orléans à l'âge de 75 ans. Enfin, le Sieur Dugeron, ancien chirurgien d'armée, propose un remède pour préserver les dents, disponible à Paris rue Comtesse d'Artois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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277
p. 1307-1308
Méthode pour commencer les Humanitez Grecques et Latines, [titre d'après la table]
Début :
La nuit du 24. au 25. Mars 200. Janissaires allerent enfoncer la maison du Janissaire [...]
Mots clefs :
Humanités grecques et latines, Collèges, Université de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Méthode pour commencer les Humanitez Grecques et Latines, [titre d'après la table]
DES BEAUX ARTS , &c. 3
M *
ETHODE pour commencer les
Humanitez Grecques et Latines
contenant des avis très judicieux et fort
utiles aux Regens , Précepteurs et au
tres personnes employées à former les
Enfans aux Belles - Lettres . Par M. le Fe
vre de Saumur. Avec des Notes et des
Lettres sur la maniere de les enseigner
dans les Colleges , par M. Gaullyer , Pro
fesseur en l'Université de Paris , au Col
lege du Plessis - Sorbonne. A Paris , che
la Veuve J. Bapt. Brocas , rue S. Jacques ,
et Claude Simon , rue Haute-feüille, 1731
in 12. de 136. pages , prix 15. sols.
Dans un Avertissement de deux pages,
on apprend que c'est ici une nouvelle
I. Vol E v Edition
1308 MERCURE DE FRANCE
Edition du Livre de M. le Févre . M, Gaul
lyer y a ajoûté quelques Notes , tant pour
l'éclaircissement de quelques endroits
que pour justifier la pratique des Colle
ges , dont M. le Févre parle assez libre
ment et assez peu favorablement. M. G..
espere de faire voir clairement que dans
les meilleurs la méthode d'enseigner les
Humanitez est aussi bonne que celle de
M. le F. et même , ajoûte-t'il , elle y a été
rendue plus parfaite en plusieurs points..
M *
ETHODE pour commencer les
Humanitez Grecques et Latines
contenant des avis très judicieux et fort
utiles aux Regens , Précepteurs et au
tres personnes employées à former les
Enfans aux Belles - Lettres . Par M. le Fe
vre de Saumur. Avec des Notes et des
Lettres sur la maniere de les enseigner
dans les Colleges , par M. Gaullyer , Pro
fesseur en l'Université de Paris , au Col
lege du Plessis - Sorbonne. A Paris , che
la Veuve J. Bapt. Brocas , rue S. Jacques ,
et Claude Simon , rue Haute-feüille, 1731
in 12. de 136. pages , prix 15. sols.
Dans un Avertissement de deux pages,
on apprend que c'est ici une nouvelle
I. Vol E v Edition
1308 MERCURE DE FRANCE
Edition du Livre de M. le Févre . M, Gaul
lyer y a ajoûté quelques Notes , tant pour
l'éclaircissement de quelques endroits
que pour justifier la pratique des Colle
ges , dont M. le Févre parle assez libre
ment et assez peu favorablement. M. G..
espere de faire voir clairement que dans
les meilleurs la méthode d'enseigner les
Humanitez est aussi bonne que celle de
M. le F. et même , ajoûte-t'il , elle y a été
rendue plus parfaite en plusieurs points..
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Résumé : Méthode pour commencer les Humanitez Grecques et Latines, [titre d'après la table]
Le document décrit une méthode pour enseigner les humanités grecques et latines, destinée aux régents, précepteurs et autres éducateurs. Rédigé par M. le Fèvre de Saumur, l'ouvrage inclut des notes et des lettres de M. Gaullyer, professeur à l'Université de Paris au Collège du Plessis-Sorbonne. Publié à Paris en 1731 par la Veuve J. Bapt. Brocas et Claude Simon, le livre compte 136 pages et est vendu 15 sols. L'avertissement initial mentionne qu'il s'agit d'une nouvelle édition du livre de M. le Fèvre. M. Gaullyer a ajouté des notes pour éclaircir certains passages et justifier les pratiques des collèges, que M. le Fèvre critique de manière défavorable. M. Gaullyer vise à démontrer que la méthode d'enseignement des humanités dans les meilleurs collèges est aussi bonne, voire plus parfaite que celle proposée par M. le Fèvre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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278
p. 1308-1310
Amusemens de l'Amitié, [titre d'après la table]
Début :
LES AMUSEMENS DE L'AMITIÉ, rendus utiles et interessans. Recueil de Lettres [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Amusemens de l'Amitié, [titre d'après la table]
LES AMUSEMENS DE L'AMITIE' , rendus
utiles et interessans. Recueil de Lettres
écrites de la Cour vers la fin du egne
de Louis XIV . A Paris , chez Langlois
ruë S. Etienne d'Egrès , Julien- Michel
Gandouin , Quay de Conty , et Henry
ruë S. Jacques , 1729. in 12. de 416. pages..
Ces Lettres sont écrites sans façon , d'un
stile aisé ; elles renferment des Maximes ;
de morale , des leçons de sçavoir vivre
et une grande varieté d'instructions pour
se conduire dans tous les états et dans
toutes les circonstances de la vie . M. l'Ab
bé Couture , qui en est l'Approbateur ,
dit- que l'Auteur y. tient plus qu'il n'a
promis. Il n'a annoncé que des amuse
mens , et je trouve dans ces Lettres , dit- il,
plusieurs belles leçons et plusieurs grands
2.
I. Vol. exem
JUIN. 1731 1309
exemples de vertu et de Religion , le tout
assaisonné d'une politesse fine , d'un lan
gage pur et d'une liberté honnête.
TRAITE ' DE LA CHARITE ' ENVERS DIEU'S
ou de l'Amour de Dieu , et de ses vrai
Caracteres , tiré des Livres saints. Dédié
aux Evêques de France , par un Prieur Be
nedictin . A Paris , chez Joseph Bullot , et
Henry , rue S. Facques , 1729. in 12. de
535. pages , sans l'Epitre et l'Avertis
şememt.
TRAITE' DES HORLOGES pour les Mon
tres et les Pendules , contenant le Calcul
des Nombres propres à toutes sortes de
mouvemens ; la maniere de faire et de :
noter les carillons , de changer et de corri
ger le mouvement du Pendule ; l'Histoire :
ancienne et moderne de l'Horlogerie ;.
plusieurs Tables toutes calculées , et au
tres matieres curieuses et utiles . Tradui
tes de l'Anglois de M. Derham F. R. S. L
Chez Gregoire Dupuis , rue S. Jacques
in 12. avec figures ..
ச7
PARAPHRASE DES PSEAUMES DE DAVID ,
et des Cantiques de l'Eglise , avec appli
cation suivie de chaque Pseaume et de :
chaque Cantique , à un sujet particulier
I..Vol. Evi propre
1310 MERCURE DE FRANCE
propre à servir d'entretien avec Dieu . Par
le P. Th. Bern. Fellon , Jesuite. A Lyon
et se trouve à Paris , chez H. L. Guerin ,
ruë S. Jacques , 4. vol . in 12 .
On trouve cette Paraphrase écrite avec
une grande noblesse de stile et beaucoup
d'onction .
>
"
HISTOIRE DE S. DOMINGUE , &c. par
le R. P. Charlevoix , Jesuite. 2. vol . in 4.
avec 16. Cartes. A Paris , chez Guerin
aîné , rue S. Jacques , et Guerin le Jeune ,
Quay des Augustins..
On délivre actuellement aux Souscrip
teurs les Tomes suivans des anciens Mé
moires de l'Académie des Sciences ; sça
voir , le Tome IV . qui contient l'Histoire
des Plantes , avec 38. Planches , très- pro
prement gravées ; et le Tome III . des
Tables des Matieres , qui contiennent
celles des années 1711. jusqu'en 1720. On
donnera incessamment l'Histoire des Ani
maux , et tout le reste de cette Collection.
A Paris , chez Martin , Montalant , Coi
gnard fils et Guerin aîné.
utiles et interessans. Recueil de Lettres
écrites de la Cour vers la fin du egne
de Louis XIV . A Paris , chez Langlois
ruë S. Etienne d'Egrès , Julien- Michel
Gandouin , Quay de Conty , et Henry
ruë S. Jacques , 1729. in 12. de 416. pages..
Ces Lettres sont écrites sans façon , d'un
stile aisé ; elles renferment des Maximes ;
de morale , des leçons de sçavoir vivre
et une grande varieté d'instructions pour
se conduire dans tous les états et dans
toutes les circonstances de la vie . M. l'Ab
bé Couture , qui en est l'Approbateur ,
dit- que l'Auteur y. tient plus qu'il n'a
promis. Il n'a annoncé que des amuse
mens , et je trouve dans ces Lettres , dit- il,
plusieurs belles leçons et plusieurs grands
2.
I. Vol. exem
JUIN. 1731 1309
exemples de vertu et de Religion , le tout
assaisonné d'une politesse fine , d'un lan
gage pur et d'une liberté honnête.
TRAITE ' DE LA CHARITE ' ENVERS DIEU'S
ou de l'Amour de Dieu , et de ses vrai
Caracteres , tiré des Livres saints. Dédié
aux Evêques de France , par un Prieur Be
nedictin . A Paris , chez Joseph Bullot , et
Henry , rue S. Facques , 1729. in 12. de
535. pages , sans l'Epitre et l'Avertis
şememt.
TRAITE' DES HORLOGES pour les Mon
tres et les Pendules , contenant le Calcul
des Nombres propres à toutes sortes de
mouvemens ; la maniere de faire et de :
noter les carillons , de changer et de corri
ger le mouvement du Pendule ; l'Histoire :
ancienne et moderne de l'Horlogerie ;.
plusieurs Tables toutes calculées , et au
tres matieres curieuses et utiles . Tradui
tes de l'Anglois de M. Derham F. R. S. L
Chez Gregoire Dupuis , rue S. Jacques
in 12. avec figures ..
ச7
PARAPHRASE DES PSEAUMES DE DAVID ,
et des Cantiques de l'Eglise , avec appli
cation suivie de chaque Pseaume et de :
chaque Cantique , à un sujet particulier
I..Vol. Evi propre
1310 MERCURE DE FRANCE
propre à servir d'entretien avec Dieu . Par
le P. Th. Bern. Fellon , Jesuite. A Lyon
et se trouve à Paris , chez H. L. Guerin ,
ruë S. Jacques , 4. vol . in 12 .
On trouve cette Paraphrase écrite avec
une grande noblesse de stile et beaucoup
d'onction .
>
"
HISTOIRE DE S. DOMINGUE , &c. par
le R. P. Charlevoix , Jesuite. 2. vol . in 4.
avec 16. Cartes. A Paris , chez Guerin
aîné , rue S. Jacques , et Guerin le Jeune ,
Quay des Augustins..
On délivre actuellement aux Souscrip
teurs les Tomes suivans des anciens Mé
moires de l'Académie des Sciences ; sça
voir , le Tome IV . qui contient l'Histoire
des Plantes , avec 38. Planches , très- pro
prement gravées ; et le Tome III . des
Tables des Matieres , qui contiennent
celles des années 1711. jusqu'en 1720. On
donnera incessamment l'Histoire des Ani
maux , et tout le reste de cette Collection.
A Paris , chez Martin , Montalant , Coi
gnard fils et Guerin aîné.
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Résumé : Amusemens de l'Amitié, [titre d'après la table]
Le document de 1729 présente divers ouvrages. 'Les Amusemens de l'Amitié' est un recueil de lettres de la cour de Louis XIV, offrant des maximes morales, des conseils de savoir-vivre et des instructions pour diverses situations. L'abbé Couture loue cet ouvrage pour ses leçons de vertu et de religion, ainsi que pour sa politesse et son langage pur. 'Traité de la Charité envers Dieu' est dédié aux évêques de France et explore l'amour de Dieu à travers les Livres saints. 'Traité des Horloges' est une traduction d'un ouvrage anglais sur les montres et pendules, incluant des calculs et des instructions pour les carillons. 'Paraphrase des Psaumes de David' du Père Th. Bern. Fellon applique chaque psaume à un sujet particulier. 'Histoire de S. Domingue' du Père Charlevoix est un ouvrage en deux volumes avec seize cartes. Le document mentionne également la distribution des tomes des anciens Mémoires de l'Académie des Sciences, notamment le Tome IV sur l'histoire des plantes et le Tome III des Tables des Matieres couvrant les années 1711 à 1720, avec des planches gravées.
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279
p. 1310-1315
Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
Début :
LE PORTE-FEUILLE du Chr. de R... Premier Cayer, de ce qu'il y a de remarquable [...]
Mots clefs :
Arles, Portefeuille, Premier Président et Intendant de Province, Dictionnaire universel de la France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
LE PORTE-FEUILLE du Chr. de R...
Premier Cayer , de ce qu'il y a de re
marquable à Arles . A Arles , chez Gas
I,Vol
pard
JUIN. 1731. 13 kr
pard Mesnier , Imprimeur du Roy , de
M. l'Archevêque et de la Ville , 1726.
Brochure in 4. d'environ 8o. pages .
C'est M. le Chevalier de Romieu qui
est l'Auteur des Mémoires contenus dans
ce Livre. Voici l'occasion qui l'a engagé à
lès écrire . M. le Bret , Premier President
et Intendant de Provence , envoya il y a
quelque temps à ses Subdéleguez un Pro
jet d'Instruction , contenant plusieurs de
mandes sur le nom , l'antiquité de cha
que Ville , son état present , &c. pour
servir à la perfection du Dictionnaire
Universel de la France , publié depuis ,
et qui se vend ici chez les freres Saugrain
et Prault , Libraires ,
M. de Romieu fut chargé de satisfaire
à ce Projet d'instruction dans ce qui con
cernoit la Ville d'Arles , et il s'en ac
quitta avec toute l'exactitude possible.
Tout le monde connoît sa capacité , son
amour pour les Lettres et son zele
pour
le Bien public . Ayant trouvé que le Dic
tionnaire Universel n'avoit point suivi .
ses Memoires dans l'article de la Ville
d'Arles , et que de plus les Auteurs du
Dictionnaire se plaignoient de n'avoir re
çû des Provinces que des réponses très
legeres aux demandes qu'ils avoient fai
tes , M.. de Romieu entreprit dans cet
I.Volg
Ecrit
13T2 MERCURE DE FRANCE
Ecrit qu'il fit imprimer à Arles dans la
même année , de justifier les Memoires
qu'il avoit envoyez aux Auteurs du Dic
tionnaire Universel : il n'a fait que les .
étendre un peu davantage qu'il n'avoit
fait , lorsqu'il les avoit destinez pour un
Dictionnaire. Nous ne ferons qu'indiquer
ce qu'il y a de plus remarquable dans cet
Ouvrage.
L'Auteur commence par Etimologie
du nom d'Arles , en Latin Arelas ou Are
late. Il en rapporte plusieurs qui y peu
vent convenir , sans se déterminer pour
aucune. Il explique ensuite les épithetes
qu'on lui a données. Elle étoit appellée.
Arelas Mammillaria , parce qu'elle nour
rissoit plusieurs autres Villes , et qu'elle:
leur fournissoit des grains , et Arelas Mil
liaria , parce que les Colonnes milliaires
qui conduisoient à Rome et dans les gran
des Villes , commençoient à Arles . L'Au
teur rapporte là- dessus une Inscription
trouvée à Arles sur une Colonne où il
est marqué que là commence le premier
Milliaire. Nous ne suivrons pas M. de
Romieu , dans ce qu'il dit du Port d'Ar
les et du nouveau Canal auquel on tra
vaille par ordre du Roi , à six lieues de
aette Ville , et qui aboutit à la Mer.
Arles est une Métropole des plus ancien
I. Vol.. nes
JUIN. 173.18 1313
nes. Elle a aujourd'hui pour suffragans les
Evêques de Marseille , de Toulon , de
Saint-Paul-trois- Châteaux et d'Orange..
C'est tout ce qui lui reste de son ancienne
et vaste Jurisdiction . L'Auteur expose:
ensuite la Tradition de certe Eglise sur
l'Epoque de sa Fondation contre Grégoire:
de Tours et contre M. de Launoy . l'E
glise d'Arles la rapporte à S. Trophime ,
Disciple de S. Paul , et envoyé par S. Pierre
dans les Gaules. Grégoire de Tours ,,
au contraire , ne la fait remonter qu'à un
autre Trophime très - posterieur au Dis
ciple de S. Paul. M. de Romieu s'étend
ensuite sur les Conciles qui ont été te
nus à Arles , sur les saints Prélats qui ont
rempli ce Siege , sur la Primatie que d'au
tres Sieges ont partagée depuis , sur les
Paroisses de cette Ville , et sur l'ancienne
Abbaye de Montmajor , de l'Ordre de
S. Benoît , qui fait un Article particulier..
L'an 1667. Louis XIV . établit dans cette
Ville une Académie de Belles - Lettres ;
mais elle ne s'est point soutenuë , et ne
subsiste plus aujourd'hui.
L'Auteur passe aux Antiquitez d'Arles .
Il croit vrai- semblable que cette Ville fut
construite par les Gaulois dans le 4º sie
cle après le Déluge . Elle a appartenu à
beaucoup de Maîtres ; aux Gaulois , aux
L..Vol .
Grecs ,ܕ
1314 MERCURE DE FRANCE
Grecs , aux Romains , aux Goths , aux
François ; les Comtes d'Ardennes en fu
rent Rois. Elle devint ensuite Républi
que , puis elle tomba sous la domination
des Comtes de Provence , enfin elle fut
réünie à la Couronne sous Louis XI. On
Y découvre encore plusieurs restes de son
ancienne magnificence , comme des Tom
beaux antiques de Marbre , avec leurs Ins
criptions , de superbes Colonnes , des dé
bris de Temples et de Théatre , des Ther
mes qui étoient les Bains chauds des An
ciens , des Aqueducs , &c. Nous souhai
terions que les bornes d'un Extrait nous
permissent de dire quelque chose du ma
gnifique Amphithéatre qu'on voit encore
Arles , au moins en partie , du fameux
Obelisque qui y est élevé , des Champs
Elisées , de la celebre Venus qui y fut
trouvée , et que Louis XIV. a fait placer
à Versailles , de l'ancien Aqueduc , fait
par les Romains , de l'Hôtel de Ville , qui
est un Ouvrage moderne ; du Territoire
de cette Ville , que l'Auteur appelle Ter
roir ; du génie et des moeurs de ses Ha
bitans , &c. Nous renvoyons sur tous ces
articles au Livre de M. de Romieu . Nous
avertirons seulement que l'Auteur a eu
soin de redresser en plusieurs endroits
les Auteurs du Dictionnaire Universel ,
I. Vol
qui
JUIN. 1731. 1315
qui se sont , dit-il , égarez sur l'article
d'Arles , faute d'avoir suivi les Memoires
qui viennent d'être rendus publics .
LA MORT DES JUSTES , ou la maniere
de bien mourir ; par Jean de la Placette.
Troisiéme Edition considerablement
augmentée. A la Haye , Ger. Vander
Poël. 1729. 2. vol. in 8. de près de 600 .
pages , avec la Préface et la Table.
Premier Cayer , de ce qu'il y a de re
marquable à Arles . A Arles , chez Gas
I,Vol
pard
JUIN. 1731. 13 kr
pard Mesnier , Imprimeur du Roy , de
M. l'Archevêque et de la Ville , 1726.
Brochure in 4. d'environ 8o. pages .
C'est M. le Chevalier de Romieu qui
est l'Auteur des Mémoires contenus dans
ce Livre. Voici l'occasion qui l'a engagé à
lès écrire . M. le Bret , Premier President
et Intendant de Provence , envoya il y a
quelque temps à ses Subdéleguez un Pro
jet d'Instruction , contenant plusieurs de
mandes sur le nom , l'antiquité de cha
que Ville , son état present , &c. pour
servir à la perfection du Dictionnaire
Universel de la France , publié depuis ,
et qui se vend ici chez les freres Saugrain
et Prault , Libraires ,
M. de Romieu fut chargé de satisfaire
à ce Projet d'instruction dans ce qui con
cernoit la Ville d'Arles , et il s'en ac
quitta avec toute l'exactitude possible.
Tout le monde connoît sa capacité , son
amour pour les Lettres et son zele
pour
le Bien public . Ayant trouvé que le Dic
tionnaire Universel n'avoit point suivi .
ses Memoires dans l'article de la Ville
d'Arles , et que de plus les Auteurs du
Dictionnaire se plaignoient de n'avoir re
çû des Provinces que des réponses très
legeres aux demandes qu'ils avoient fai
tes , M.. de Romieu entreprit dans cet
I.Volg
Ecrit
13T2 MERCURE DE FRANCE
Ecrit qu'il fit imprimer à Arles dans la
même année , de justifier les Memoires
qu'il avoit envoyez aux Auteurs du Dic
tionnaire Universel : il n'a fait que les .
étendre un peu davantage qu'il n'avoit
fait , lorsqu'il les avoit destinez pour un
Dictionnaire. Nous ne ferons qu'indiquer
ce qu'il y a de plus remarquable dans cet
Ouvrage.
L'Auteur commence par Etimologie
du nom d'Arles , en Latin Arelas ou Are
late. Il en rapporte plusieurs qui y peu
vent convenir , sans se déterminer pour
aucune. Il explique ensuite les épithetes
qu'on lui a données. Elle étoit appellée.
Arelas Mammillaria , parce qu'elle nour
rissoit plusieurs autres Villes , et qu'elle:
leur fournissoit des grains , et Arelas Mil
liaria , parce que les Colonnes milliaires
qui conduisoient à Rome et dans les gran
des Villes , commençoient à Arles . L'Au
teur rapporte là- dessus une Inscription
trouvée à Arles sur une Colonne où il
est marqué que là commence le premier
Milliaire. Nous ne suivrons pas M. de
Romieu , dans ce qu'il dit du Port d'Ar
les et du nouveau Canal auquel on tra
vaille par ordre du Roi , à six lieues de
aette Ville , et qui aboutit à la Mer.
Arles est une Métropole des plus ancien
I. Vol.. nes
JUIN. 173.18 1313
nes. Elle a aujourd'hui pour suffragans les
Evêques de Marseille , de Toulon , de
Saint-Paul-trois- Châteaux et d'Orange..
C'est tout ce qui lui reste de son ancienne
et vaste Jurisdiction . L'Auteur expose:
ensuite la Tradition de certe Eglise sur
l'Epoque de sa Fondation contre Grégoire:
de Tours et contre M. de Launoy . l'E
glise d'Arles la rapporte à S. Trophime ,
Disciple de S. Paul , et envoyé par S. Pierre
dans les Gaules. Grégoire de Tours ,,
au contraire , ne la fait remonter qu'à un
autre Trophime très - posterieur au Dis
ciple de S. Paul. M. de Romieu s'étend
ensuite sur les Conciles qui ont été te
nus à Arles , sur les saints Prélats qui ont
rempli ce Siege , sur la Primatie que d'au
tres Sieges ont partagée depuis , sur les
Paroisses de cette Ville , et sur l'ancienne
Abbaye de Montmajor , de l'Ordre de
S. Benoît , qui fait un Article particulier..
L'an 1667. Louis XIV . établit dans cette
Ville une Académie de Belles - Lettres ;
mais elle ne s'est point soutenuë , et ne
subsiste plus aujourd'hui.
L'Auteur passe aux Antiquitez d'Arles .
Il croit vrai- semblable que cette Ville fut
construite par les Gaulois dans le 4º sie
cle après le Déluge . Elle a appartenu à
beaucoup de Maîtres ; aux Gaulois , aux
L..Vol .
Grecs ,ܕ
1314 MERCURE DE FRANCE
Grecs , aux Romains , aux Goths , aux
François ; les Comtes d'Ardennes en fu
rent Rois. Elle devint ensuite Républi
que , puis elle tomba sous la domination
des Comtes de Provence , enfin elle fut
réünie à la Couronne sous Louis XI. On
Y découvre encore plusieurs restes de son
ancienne magnificence , comme des Tom
beaux antiques de Marbre , avec leurs Ins
criptions , de superbes Colonnes , des dé
bris de Temples et de Théatre , des Ther
mes qui étoient les Bains chauds des An
ciens , des Aqueducs , &c. Nous souhai
terions que les bornes d'un Extrait nous
permissent de dire quelque chose du ma
gnifique Amphithéatre qu'on voit encore
Arles , au moins en partie , du fameux
Obelisque qui y est élevé , des Champs
Elisées , de la celebre Venus qui y fut
trouvée , et que Louis XIV. a fait placer
à Versailles , de l'ancien Aqueduc , fait
par les Romains , de l'Hôtel de Ville , qui
est un Ouvrage moderne ; du Territoire
de cette Ville , que l'Auteur appelle Ter
roir ; du génie et des moeurs de ses Ha
bitans , &c. Nous renvoyons sur tous ces
articles au Livre de M. de Romieu . Nous
avertirons seulement que l'Auteur a eu
soin de redresser en plusieurs endroits
les Auteurs du Dictionnaire Universel ,
I. Vol
qui
JUIN. 1731. 1315
qui se sont , dit-il , égarez sur l'article
d'Arles , faute d'avoir suivi les Memoires
qui viennent d'être rendus publics .
LA MORT DES JUSTES , ou la maniere
de bien mourir ; par Jean de la Placette.
Troisiéme Edition considerablement
augmentée. A la Haye , Ger. Vander
Poël. 1729. 2. vol. in 8. de près de 600 .
pages , avec la Préface et la Table.
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Résumé : Porte-Feuille du Chr . de R.... [titre d'après la table]
Le texte présente une brochure intitulée 'Le Porte-Feuille du Chr. de R...' publiée en juin 1731 à Arles par Mesnier, imprimeur du Roi, de l'Archevêque et de la Ville. Cette brochure, rédigée par le Chevalier de Romieu, contient des mémoires sur la ville d'Arles. L'occasion de ces mémoires est un projet d'instruction envoyé par M. le Bret, Premier Président et Intendant de Provence, visant à recueillir des informations sur les villes de Provence pour le Dictionnaire Universel de la France. Romieu a été chargé de fournir des détails sur Arles, qu'il a fait avec exactitude. Romieu a entrepris d'écrire cet ouvrage après avoir constaté que le Dictionnaire Universel n'avait pas suivi ses mémoires et que les réponses reçues des provinces étaient légères. Il a donc décidé de justifier et d'étendre ses mémoires, qui ont été imprimés à Arles la même année. L'ouvrage de Romieu commence par l'étymologie du nom d'Arles, expliquant les épithètes données à la ville et son rôle historique. Il mentionne également les épiscopats suffragants d'Arles, les conciles tenus dans la ville, et les saints prélats qui ont occupé ce siège. Romieu discute aussi de l'Académie de Belles-Lettres établie par Louis XIV en 1667, bien qu'elle n'existe plus. Le texte aborde également les antiquités d'Arles, croyant que la ville a été construite par les Gaulois au 4ème siècle après le Déluge. Il mentionne les différents maîtres de la ville au fil de l'histoire, ainsi que les vestiges de son ancienne magnificence, comme des tombeaux antiques, des colonnes, des débris de temples et de théâtres, des thermes, et des aqueducs. Romieu corrige plusieurs erreurs trouvées dans le Dictionnaire Universel concernant Arles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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280
p. 1315-1317
Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Début :
LETTRES ET SÉRIEUSES ET BADINES, sur un Livre intitulé : État present de la République [...]
Mots clefs :
Lettres, Journal, Bienheureux serviteur de Dieu, Courroux du ciel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
LETTRES SERIEUSES ET BADINES , sur un
Livre intitulé : Etat present de la Républi
que des Provinces- Unies. Par M. F. M.
Janiçon ; et sur d'autres Ouvrages . Pre
miere Partie ; Nec unus in te ego hos animos
gessis longus post me ordo idem petentium
decus. Tit. Liv. Decad. 1. Lib. 1. A la
Haye , che Jean Wanduren , 1729. in 12.
de 273. pages , sans compter l'Epitre , la
Préface , l'Avis du Libraire et quantité de
Tables , de Listes et de Catalogues qui
en contiennent environ 90.
Ces Lettres sont un Journal d'une nou
velle espece , comme le dit l'Auteur dans
la Préface ; on verra bien , dit- il , que je
les ai écrites avec assez d'enjoument et de
liberté. Les suivantes seront de même, & c.
On apprend dans la dixiéme Lettre
1
I. Vol. qu'on
1316 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé à Venise un Livre sous
ce titre : Trattato dell' Arte Cavalleresca ,
dove si essaminano molte questioni curiosis
sime in tornoalle Bastonate . Vinegia , apresse
li Tremati. Le Marquis Gio Pirro de Mar
di Luogo , qui en est Auteur , s'efforce
d'y prouver que les coups de bâton ne
deshonorent point , et qu'on peut sans
honte aller boire avec celui de qui on les
a reçus.
Après ce titre de Livre , dont l'Auteur
n'affirme pas tout- à - fait l'existence , il
en rapporte un autre Espagnol , duquel
il dit avoir bien ri à Séville. En voici
le titre Exclamacion à la héroica y
Christiana paciencia , &c. Eloge de la
patience héroïque de ce grand Serviteur de
Dieu, Don Jean Rufo Medroso , où l'on
voit les choses merveilleuses qu'il dit en re
cevant des coups de bâton à la porte
la generosité
incomparable avec laquelle il jetta son épée
à terre , pour ne pas faire mal à son ennemi,
et sa prudente fuite. A Seville , par le Pere
Juan de Picas , Religieux de l'Ordre des
Humiliez , 1569.
Comédie , sa contenance modeste e de la
En voici un Passage qui a été traduit :
Le Bienheureux Serviteur de Dieu inter
rogé par son ami Don Pedro del Campo ,
pourquoi il ne s'étoit pas deffendu , lui
I. Vol. ré
JUIN. 1731. 1317
répondit avec son humilité ordinaire. Fe
vous ai déja raconté comment Don Miguel
me surprit ; j'ajoûte qu'il me pressa avec tant
d'ardeur, que je n'eus pas le loisir de résou
dre divers doutes qui me vinrent d'abord
dans l'esprit. Je ne sçavois si je pouvois en
conscience me servir d'une épée que j'avois
vouée à Nuestra Señora de la Paz. Je ne
sçavois si , étant Gentilhomme , il m'étoit per
mis de me battre avec une canne . Je ne sça
vois si mon Adversaire , étant Gentilhomme
comme moi , j'avois droit de le frapper avec
une canne. D'un autre côté , je songeai qu'on
pourroit faire passer cette rencontre pour un
Duel , et que notre sainte Mere Eglise excom
munie les Duellistes. Ce n'est pas tout encore.
Je veux, en vous découvrant jusqu'au fond de
mon coeur , vous faire voir à quel point mes
pechez ont attiré sur moi le couroux du Ciel.
Scache donc que comme par ces énormes
pechez je suis devenu l'enfant du diable ;
en un mot , je tremble comme lui , dès que je
vois seulement une épée nuë.
Livre intitulé : Etat present de la Républi
que des Provinces- Unies. Par M. F. M.
Janiçon ; et sur d'autres Ouvrages . Pre
miere Partie ; Nec unus in te ego hos animos
gessis longus post me ordo idem petentium
decus. Tit. Liv. Decad. 1. Lib. 1. A la
Haye , che Jean Wanduren , 1729. in 12.
de 273. pages , sans compter l'Epitre , la
Préface , l'Avis du Libraire et quantité de
Tables , de Listes et de Catalogues qui
en contiennent environ 90.
Ces Lettres sont un Journal d'une nou
velle espece , comme le dit l'Auteur dans
la Préface ; on verra bien , dit- il , que je
les ai écrites avec assez d'enjoument et de
liberté. Les suivantes seront de même, & c.
On apprend dans la dixiéme Lettre
1
I. Vol. qu'on
1316 MERCURE DE FRANCE
qu'on a imprimé à Venise un Livre sous
ce titre : Trattato dell' Arte Cavalleresca ,
dove si essaminano molte questioni curiosis
sime in tornoalle Bastonate . Vinegia , apresse
li Tremati. Le Marquis Gio Pirro de Mar
di Luogo , qui en est Auteur , s'efforce
d'y prouver que les coups de bâton ne
deshonorent point , et qu'on peut sans
honte aller boire avec celui de qui on les
a reçus.
Après ce titre de Livre , dont l'Auteur
n'affirme pas tout- à - fait l'existence , il
en rapporte un autre Espagnol , duquel
il dit avoir bien ri à Séville. En voici
le titre Exclamacion à la héroica y
Christiana paciencia , &c. Eloge de la
patience héroïque de ce grand Serviteur de
Dieu, Don Jean Rufo Medroso , où l'on
voit les choses merveilleuses qu'il dit en re
cevant des coups de bâton à la porte
la generosité
incomparable avec laquelle il jetta son épée
à terre , pour ne pas faire mal à son ennemi,
et sa prudente fuite. A Seville , par le Pere
Juan de Picas , Religieux de l'Ordre des
Humiliez , 1569.
Comédie , sa contenance modeste e de la
En voici un Passage qui a été traduit :
Le Bienheureux Serviteur de Dieu inter
rogé par son ami Don Pedro del Campo ,
pourquoi il ne s'étoit pas deffendu , lui
I. Vol. ré
JUIN. 1731. 1317
répondit avec son humilité ordinaire. Fe
vous ai déja raconté comment Don Miguel
me surprit ; j'ajoûte qu'il me pressa avec tant
d'ardeur, que je n'eus pas le loisir de résou
dre divers doutes qui me vinrent d'abord
dans l'esprit. Je ne sçavois si je pouvois en
conscience me servir d'une épée que j'avois
vouée à Nuestra Señora de la Paz. Je ne
sçavois si , étant Gentilhomme , il m'étoit per
mis de me battre avec une canne . Je ne sça
vois si mon Adversaire , étant Gentilhomme
comme moi , j'avois droit de le frapper avec
une canne. D'un autre côté , je songeai qu'on
pourroit faire passer cette rencontre pour un
Duel , et que notre sainte Mere Eglise excom
munie les Duellistes. Ce n'est pas tout encore.
Je veux, en vous découvrant jusqu'au fond de
mon coeur , vous faire voir à quel point mes
pechez ont attiré sur moi le couroux du Ciel.
Scache donc que comme par ces énormes
pechez je suis devenu l'enfant du diable ;
en un mot , je tremble comme lui , dès que je
vois seulement une épée nuë.
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Résumé : Lettres serieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Le document traite de l'ouvrage 'Lettres sérieuses et badines', publié en 1729 à La Haye. L'auteur y décrit son journal comme une collection de lettres écrites avec enjouement et liberté. Dans la dixième lettre, il mentionne un livre imprimé à Venise, 'Trattato dell' Arte Cavalleresca', où le Marquis Gio Pirro de Mar di Luogo tente de prouver que les coups de bâton ne déshonorent pas. L'auteur cite également un ouvrage espagnol, 'Exclamacion à la héroica y Christiana paciencia', qui éloge la patience héroïque de Don Jean Rufo Medroso face aux coups de bâton. Un passage traduit de cet ouvrage montre Don Jean Rufo expliquant pourquoi il ne s'est pas défendu, évoquant des doutes sur l'usage de l'épée et la peur de l'excommunication pour duel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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281
p. 1317-1321
Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
Début :
OEUVRES MESLÉES en Prose et en Vers. Par M. le Comte Antoine Hamilton. [...]
Mots clefs :
Épîtres, Chansons, Muses, Amour, Tendresse
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texteReconnaissance textuelle : Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
OEUVRES MESLE'ES en Prose et en
Vers.Par M.le Comte Antoine Hamilton.
A Paris , rue S. Jacques , chez J. Fr. Fosse,
1731. in 12. de to5 . pages pour les Poë
sies , 156. pour les Lettres et Epitres.
94. pour les Chansons , et 131. pour
'Histoire de Zeneyde ;. &c..
1318 MERCURE DE FRANCE
Nous prendrons presque au hazard quel
ques morceaux dans ce Livre pour met
tre le Lecteur en état de juger , ou avoir
au moins quelque idée de ce Recueil.
LETTRE de Madame Thibergeau ;
à M. Hamilton.
Les Muses et l'Amour veulent de la jeunesse.
Je rimois autrefois , et rimois assez bien ,
Aujourd'hui le Parnasse , et la douce tendresse ,
Sont étrangers pour moi ; je n'y connois plus rien .
Ces quatre Vers , en Prose rimée , ne
font que trop foi de cette verité ; cepen
dant une Muse que j'avois flattée de voir
arriver ici le celebre Ant. Hamilton , s'é
toit engagée à ne me point abandonner
tant qu'il seroit avec moi , et à me four
nir encore assez de feu et de nobles pen
sées , pour chanter le preux Chevalier qui
doit metrre à chef l'entreprise de l'Ifla
d'Albion ; mais comme cet Antoine , Fa
vori du Parnasse , n'a point paru , la Muse
sur laquelle je comptois , m'a impitoya
blement refusé son secours et a pris son
vol vers la Lorraine , où , dit- elle , on
trouve en la personne de plusieurs belles
Chanoinesses , de veritables Muses . Le
brave Richard plaint ma peine, je l'aime,
je le goûte , je l'estime ; mais il ne m'ins
›
I. Vol. pire
JUI N. 1731 1319
pire rien de la part d'Apollon . Ainsi ré
duite à la Prose et à la simple amitié ,
mes Ecrits ne peuvent plus être que fa
des ou sérieux , et je prise trop notre il
lustre Hamilton , et les charmantes Da
mes de Poussay , pour ajoûter ici rien
de plus.
Réponse de M. Hamilton , à Madame
Thibergeau.
Il né falloit pas , Madame , nous en
voyer leş Vers du monde les mieux tour
nez , pour nous prouver que vous n'en
sçavez plus faire . O ! que ces quatre Vers
renfermeroient de belles leçons pour moi,
si par malheur je n'étois incorrigible.
S'il faut par un Arrêt fatal ,
Que les charmes de la jeunesse ,
Et les doux soins de la tendresse ,
Marchent chez nous d'un pas égal ,
Pour nous guinder sur le cheval ,
Qui voltige autour du Permesse ;
Malheur à qui dans la vieillesse ,
Des Fâcheux , triste Original ,
A l'insolence , ou à la foiblesse ,
De piquer le Docte Animal !
Et qui va sans que
rien l'en presse ,
Toujours rimant quelque Maîtresse,
I. Vol. Pour
1320 MERCURE DE FRANCE
Pour divertir quelque Rival.
Dans le cas suis , je le confesse
Plus important que B´....
Je chante quelque Iris sans cesse
Mais aussi je la chante mal.
>
Et afin que vous n'en puissiez douter ,
je vous envoye quatre Couplets assez
nouveaux que j'ai faits pour mon Iris
d'à - present , qui par son nom de guerre ,
ou de confirmation , s'appelle Pincette.
Au reste , Madame , les aimables Mu
ses de Poussay ne sçauroient consentir au
dégoût qui semble venu pour leur Or
dre ; j'entens en qualité de Muses ; et voi
cy ce qu'elles me dictent pour vous sur
ce sujet ;
>
O vous , ornement d'une Race ,
Où le bon goût regna toûjours ,
Pourquoi renoncer au Parnasse ?
Dans le plus charmant des séjours ,
Quel autre soin vous embarasse ?
Qu'avez-vous besoin du secours
De la tendresse ou des beaux jours ?
On en trouve par tout la trace ,
Dans vos Vers , dans les heureux tours ;
Sur eux la Mere des Amours ,
Semble avoir répandu sa grace ,
I. Vol. Et
H
1321
JUIN. 1731.
1
J
1
Et la rime , sans vains détours ,
Sous votre main court et se place.
A M. l'Abbé Abeille.
Il y a quelques jours , Monsieur , qu'on
me fit voir une Epigramme habillée en
Madrigal , où l'on prétend critiquer cer
tains endroits de votre Ode ; il y avoit un
de mes amis avec moi , qui trouvant
votre Ode fort belle , & la Critique fort
mauvaise , y fit la Réponse que je vous
envoye .
Jadis le Grec Archilochus ,
Mit par un Vaudeville Iambe
Pour certains griefs prétendus , )
Néobulé , la belle , et son Pere Lycambe
Au Catalogue des pendus ;
Mais aujourd'hui pour se deffendre ,
Contre les attentats divers ,
D'Epigrammes sans sel , de Madrigaux pervers ,
On se contente de les rendre ;
Car c'est au Censeur à se pendre ,
Lorsque son esprit à l'envers ,
Veut enseigner au lieu d'apprendre ,
Fait des fautes pour les reprendre ,
Et qu'il médit en méchans Vers.
Vers.Par M.le Comte Antoine Hamilton.
A Paris , rue S. Jacques , chez J. Fr. Fosse,
1731. in 12. de to5 . pages pour les Poë
sies , 156. pour les Lettres et Epitres.
94. pour les Chansons , et 131. pour
'Histoire de Zeneyde ;. &c..
1318 MERCURE DE FRANCE
Nous prendrons presque au hazard quel
ques morceaux dans ce Livre pour met
tre le Lecteur en état de juger , ou avoir
au moins quelque idée de ce Recueil.
LETTRE de Madame Thibergeau ;
à M. Hamilton.
Les Muses et l'Amour veulent de la jeunesse.
Je rimois autrefois , et rimois assez bien ,
Aujourd'hui le Parnasse , et la douce tendresse ,
Sont étrangers pour moi ; je n'y connois plus rien .
Ces quatre Vers , en Prose rimée , ne
font que trop foi de cette verité ; cepen
dant une Muse que j'avois flattée de voir
arriver ici le celebre Ant. Hamilton , s'é
toit engagée à ne me point abandonner
tant qu'il seroit avec moi , et à me four
nir encore assez de feu et de nobles pen
sées , pour chanter le preux Chevalier qui
doit metrre à chef l'entreprise de l'Ifla
d'Albion ; mais comme cet Antoine , Fa
vori du Parnasse , n'a point paru , la Muse
sur laquelle je comptois , m'a impitoya
blement refusé son secours et a pris son
vol vers la Lorraine , où , dit- elle , on
trouve en la personne de plusieurs belles
Chanoinesses , de veritables Muses . Le
brave Richard plaint ma peine, je l'aime,
je le goûte , je l'estime ; mais il ne m'ins
›
I. Vol. pire
JUI N. 1731 1319
pire rien de la part d'Apollon . Ainsi ré
duite à la Prose et à la simple amitié ,
mes Ecrits ne peuvent plus être que fa
des ou sérieux , et je prise trop notre il
lustre Hamilton , et les charmantes Da
mes de Poussay , pour ajoûter ici rien
de plus.
Réponse de M. Hamilton , à Madame
Thibergeau.
Il né falloit pas , Madame , nous en
voyer leş Vers du monde les mieux tour
nez , pour nous prouver que vous n'en
sçavez plus faire . O ! que ces quatre Vers
renfermeroient de belles leçons pour moi,
si par malheur je n'étois incorrigible.
S'il faut par un Arrêt fatal ,
Que les charmes de la jeunesse ,
Et les doux soins de la tendresse ,
Marchent chez nous d'un pas égal ,
Pour nous guinder sur le cheval ,
Qui voltige autour du Permesse ;
Malheur à qui dans la vieillesse ,
Des Fâcheux , triste Original ,
A l'insolence , ou à la foiblesse ,
De piquer le Docte Animal !
Et qui va sans que
rien l'en presse ,
Toujours rimant quelque Maîtresse,
I. Vol. Pour
1320 MERCURE DE FRANCE
Pour divertir quelque Rival.
Dans le cas suis , je le confesse
Plus important que B´....
Je chante quelque Iris sans cesse
Mais aussi je la chante mal.
>
Et afin que vous n'en puissiez douter ,
je vous envoye quatre Couplets assez
nouveaux que j'ai faits pour mon Iris
d'à - present , qui par son nom de guerre ,
ou de confirmation , s'appelle Pincette.
Au reste , Madame , les aimables Mu
ses de Poussay ne sçauroient consentir au
dégoût qui semble venu pour leur Or
dre ; j'entens en qualité de Muses ; et voi
cy ce qu'elles me dictent pour vous sur
ce sujet ;
>
O vous , ornement d'une Race ,
Où le bon goût regna toûjours ,
Pourquoi renoncer au Parnasse ?
Dans le plus charmant des séjours ,
Quel autre soin vous embarasse ?
Qu'avez-vous besoin du secours
De la tendresse ou des beaux jours ?
On en trouve par tout la trace ,
Dans vos Vers , dans les heureux tours ;
Sur eux la Mere des Amours ,
Semble avoir répandu sa grace ,
I. Vol. Et
H
1321
JUIN. 1731.
1
J
1
Et la rime , sans vains détours ,
Sous votre main court et se place.
A M. l'Abbé Abeille.
Il y a quelques jours , Monsieur , qu'on
me fit voir une Epigramme habillée en
Madrigal , où l'on prétend critiquer cer
tains endroits de votre Ode ; il y avoit un
de mes amis avec moi , qui trouvant
votre Ode fort belle , & la Critique fort
mauvaise , y fit la Réponse que je vous
envoye .
Jadis le Grec Archilochus ,
Mit par un Vaudeville Iambe
Pour certains griefs prétendus , )
Néobulé , la belle , et son Pere Lycambe
Au Catalogue des pendus ;
Mais aujourd'hui pour se deffendre ,
Contre les attentats divers ,
D'Epigrammes sans sel , de Madrigaux pervers ,
On se contente de les rendre ;
Car c'est au Censeur à se pendre ,
Lorsque son esprit à l'envers ,
Veut enseigner au lieu d'apprendre ,
Fait des fautes pour les reprendre ,
Et qu'il médit en méchans Vers.
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Résumé : Œuvres mêlées du C. Hamilton, [titre d'après la table]
Le texte présente un recueil d'œuvres du Comte Antoine Hamilton, publié à Paris en 1731. Cet ouvrage est composé de 105 pages de poèmes, 156 pages de lettres et épîtres, 94 pages de chansons, et 131 pages consacrées à l'histoire de Zeneyde. Le Mercure de France en extrait quelques morceaux pour offrir un aperçu du recueil. Une lettre de Madame Thibergeau à Hamilton exprime son regret de ne plus pouvoir écrire des vers, bien qu'elle ait espéré être inspirée par la présence de Hamilton. Elle indique que ses écrits se limitent désormais à la prose et à l'amitié. Hamilton répond en soulignant que la jeunesse et la tendresse sont essentielles pour la poésie. Il envoie des couplets récents dédiés à une certaine 'Pincette' et mentionne les Muses de Poussay, qui encouragent Madame Thibergeau à ne pas abandonner la poésie. Le texte inclut également une épigramme en réponse à une critique de l'ode de l'Abbé Abeille. Cette épigramme défend la beauté de l'œuvre contre des critiques jugées mauvaises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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282
p. 1322-1324
CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI, Illustre Sçavant de Veronne.
Début :
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En trois Livres in 4o. à Rome 1710. on [...]
Mots clefs :
Catalogue, Savant, Commentaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI, Illustre Sçavant de Veronne.
CATALOGUE des Ouvrages du Mar
quis SCIPION MAFFEI , Illustre
Sçavant de Veronne.
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En
trois Livres in 4 ° . à Rome 1710. on
en a fait depuis six Editions . La der
niere avec des notes en commentaires
du P. Paoli , de l'Académie des Arcadi.
L'Auteur attaque dans cet ouvrage
les fausses maximes et les faux préjugez
du point d'honneur.
Rime et Prose & c. Recueil des Discours
Lettres , Dissertations , et autres Pie
ces composées en divers temps par le
Marquis Maffei , et qui avoient déja
paru séparément . On en est redevable
à M. le Docteur Colleti , qui le fit im
primer à Venise en 1719. in 4º .
Merope , Tragedie. Cerimanie , Comedie.
La fida Ninfa: Drame mis en Musique.
Ces trois Pieces ont été nouvellement
réimprimées à Verone en un même vo
lume , avec l'explication de quelques
Antiquités qui appartiennent au Thea
tre.LaTragedie deMerope fut imprimée
pour la premiere fois en 1710. et dans
1
"
}
I.Vol.
l'espace
JUIN. 1731. 1323
l'espace de moins de dix années il s'en
est fait en Italie , ou dans les Pays
étrangers , plus de douze Editions. Ja
mais Tragedie n'a eu un applaudisse
ment si universel, et ne le merita mieux.
Il en a paru des Traductions en Alle
mand , en Anglois , en Castillan , et
trois differentes en François.
· Tradutori Italiani , &c. Ouvrage où l'on
donne une connoissance de toutes les
Traductions qui ont été faites en Lan
gne Toscane , des anciens Auteurs
Grecs et Latins .
Dell amica Condizion di Verona. Le Mar
quis Maffei publia certe Dissertation
pour la déffense de Verone sa Patrie ,
contre un Auteur qui avoit entrepris
de prouver que Brescia avoit été la
Capitale des Cenomans , et que Verone
lui avoit été soumise. Il y prouve d'une
maniere claire et solide , que ce vers
Brixia Verona mater amata mea.
n'est point de Catulle. On a décou
vert depuis la publication de cet Ou
vrage deux anciens Manuscrits des
Oeuvres de ce Poëte , où en effet ce vers
ne se trouve pas.
Cassiodiori Complexiones, &c. Ces opuscu
les de Cassiodore qui n'avoient point
encore été publiés , furent imprimés à
I.Vol. F Florence
1324 MERCURE DE FRANCE
Florence en 1721. accompagnés de
Sçavantes Notes.
Supplementum Acacionum. Ce sont trois
Lettres de Felix I I I. jusqu'alors non
publiées. On les a inserées dans le 5.To
me de l'Edition des Conciles , qu'on
fait à Venise.
Historia Diplomatica &c. Histoire Diplo
matique pour servir d'introduction à .
l'art critique sur cette matiere , avec
un Recueil de documens qui n'avoient
pas encore été publiés. On a de plus
dans ce même volume , un Discours
sur l'origine des Vers Rithmiques.
Une Dissertation sur les premiers ha
bitans d'Italie ; la Lettre de S. Chri
sostome à Cesarius expliquée , et quel
ques autres Monumens.
*
·C
Il Theatro Italiano. C'est un Recueil des
plus belles Tragedies qui ayent été re
presentées sur les Theatres d'Italie.
Opere di Giorgio Trissino raccolte. Ce Re
cüeil est précedé d'une sçavante Preface.
De gli Amphiteatri &c. Traité des Amphi
theatres , et en particulier de celui de
Veronne. Il paroitra de nouveau dans
un ouvrage plus considerable , qui est
déja sous Presse , et qui aura pour titre
Verona illustrata.
quis SCIPION MAFFEI , Illustre
Sçavant de Veronne.
Della Scienza chiamata Cavalleresca. En
trois Livres in 4 ° . à Rome 1710. on
en a fait depuis six Editions . La der
niere avec des notes en commentaires
du P. Paoli , de l'Académie des Arcadi.
L'Auteur attaque dans cet ouvrage
les fausses maximes et les faux préjugez
du point d'honneur.
Rime et Prose & c. Recueil des Discours
Lettres , Dissertations , et autres Pie
ces composées en divers temps par le
Marquis Maffei , et qui avoient déja
paru séparément . On en est redevable
à M. le Docteur Colleti , qui le fit im
primer à Venise en 1719. in 4º .
Merope , Tragedie. Cerimanie , Comedie.
La fida Ninfa: Drame mis en Musique.
Ces trois Pieces ont été nouvellement
réimprimées à Verone en un même vo
lume , avec l'explication de quelques
Antiquités qui appartiennent au Thea
tre.LaTragedie deMerope fut imprimée
pour la premiere fois en 1710. et dans
1
"
}
I.Vol.
l'espace
JUIN. 1731. 1323
l'espace de moins de dix années il s'en
est fait en Italie , ou dans les Pays
étrangers , plus de douze Editions. Ja
mais Tragedie n'a eu un applaudisse
ment si universel, et ne le merita mieux.
Il en a paru des Traductions en Alle
mand , en Anglois , en Castillan , et
trois differentes en François.
· Tradutori Italiani , &c. Ouvrage où l'on
donne une connoissance de toutes les
Traductions qui ont été faites en Lan
gne Toscane , des anciens Auteurs
Grecs et Latins .
Dell amica Condizion di Verona. Le Mar
quis Maffei publia certe Dissertation
pour la déffense de Verone sa Patrie ,
contre un Auteur qui avoit entrepris
de prouver que Brescia avoit été la
Capitale des Cenomans , et que Verone
lui avoit été soumise. Il y prouve d'une
maniere claire et solide , que ce vers
Brixia Verona mater amata mea.
n'est point de Catulle. On a décou
vert depuis la publication de cet Ou
vrage deux anciens Manuscrits des
Oeuvres de ce Poëte , où en effet ce vers
ne se trouve pas.
Cassiodiori Complexiones, &c. Ces opuscu
les de Cassiodore qui n'avoient point
encore été publiés , furent imprimés à
I.Vol. F Florence
1324 MERCURE DE FRANCE
Florence en 1721. accompagnés de
Sçavantes Notes.
Supplementum Acacionum. Ce sont trois
Lettres de Felix I I I. jusqu'alors non
publiées. On les a inserées dans le 5.To
me de l'Edition des Conciles , qu'on
fait à Venise.
Historia Diplomatica &c. Histoire Diplo
matique pour servir d'introduction à .
l'art critique sur cette matiere , avec
un Recueil de documens qui n'avoient
pas encore été publiés. On a de plus
dans ce même volume , un Discours
sur l'origine des Vers Rithmiques.
Une Dissertation sur les premiers ha
bitans d'Italie ; la Lettre de S. Chri
sostome à Cesarius expliquée , et quel
ques autres Monumens.
*
·C
Il Theatro Italiano. C'est un Recueil des
plus belles Tragedies qui ayent été re
presentées sur les Theatres d'Italie.
Opere di Giorgio Trissino raccolte. Ce Re
cüeil est précedé d'une sçavante Preface.
De gli Amphiteatri &c. Traité des Amphi
theatres , et en particulier de celui de
Veronne. Il paroitra de nouveau dans
un ouvrage plus considerable , qui est
déja sous Presse , et qui aura pour titre
Verona illustrata.
Fermer
Résumé : CATALOGUE des Ouvrages du Marquis SCIPION MAFFEI, Illustre Sçavant de Veronne.
Le texte présente un catalogue des œuvres du marquis Scipion Maffei, savant de Vérone. Parmi ses travaux notables, 'Della Scienza chiamata Cavalleresca', publié en 1710 à Rome, critique les fausses maximes et préjugés du point d'honneur. Maffei a également compilé un recueil de discours, lettres et dissertations, imprimé à Venise en 1719. Ses pièces de théâtre, telles que 'Merope' (tragédie), 'Cerimanie' (comédie) et 'La fida Ninfa' (drame musical), ont connu un grand succès, avec plusieurs éditions et traductions en diverses langues. 'Merope' a été particulièrement acclamée, avec plus de douze éditions en moins de dix ans et des traductions en allemand, anglais, castillan et français. Maffei a écrit 'Tradutori Italiani', un ouvrage sur les traductions des anciens auteurs grecs et latins en langue toscane. Il a défendu Vérone dans 'Dell amica Condizion di Verona' contre des affirmations erronées sur la capitale des Cénomans. De plus, il a publié des œuvres de Cassiodore avec des notes savantes, des lettres de Félix III, et une 'Historia Diplomatica' contenant divers documents et dissertations historiques. Enfin, il a compilé un recueil des meilleures tragédies italiennes et un traité sur les amphithéâtres, notamment celui de Vérone.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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283
p. 1324-1334
Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA Tomo primo. Anno MDCCX. All' Altezza [...]
Mots clefs :
Italie, Journal de Venise, Cardinal Massimi, Modène, Journal de Ferrare, Journal de Florence, Galerie de Minerve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA
Tomo primo. Anno MDCCX. All' Al
JUIN. 1731 . 1325
tezza serenissima di Ferdinando . IIL
Principe di Toscana . InVenezia MDCCX.
Appresso Gio. Gabriello Ertz , Con Licen
za de Superiori , E Privilegio. Vol. in 12.
de 467. pages. L'Epitre , la Preface et la
Table comprises .
L'Italie vit en 1658. le premier Jour
nal écrit en sa langue. M. l'Abbé Nazari
soutint cette entreprise jusqu'en 16 81. avec
beaucoup de gloire . Il s'imprimoit à Rome
sous les auspices du Cardinal Massimi,
Le Journal de Venise commença en
1671. et finit en même temps que le Jour
nal de Rome. Les Auteurs étoient Pier
re Moretti , et François Miketti. L'An
1686. le P. Gaudence Roberti Car
me , et le P. Benoit Bacchini, Benedictin
du Mont- Cassin , entreprirent à Parme
un Journal qu'ils ne continuerent que
pendant quatre ans. On commença en
1692. d'en donner une continuation
imprimée à Modéne , mais elle n'eut pas
beaucoup de suite.
Le Journal de Ferrare entrepris par
l'Abbé della Corce , fameux Antiquaire ,
et commencé en l'année 1691. fût aussi
d'une courte durée .
Le Journal de Florence , intitulé: Saggi
di naturale esperienze fatte nel Academia
del cimento , se borna aux matieres de
I. Vol.
Fij Physique
1326 MERCURE DE FRANCE
Physique. Nous ne sommes pas assés ins
truits de ses progrez.
Albrizi commença d'imprimer à Ve
nise en 1696. La Galerie de Minerve , ce
Journal étoit l'ouvrage d'une Societé de
Gens de Lettres , dont M. Apostolozeno
étoit le Sécretaire. Mais le Journal dont
nous avons à parler ici , que ce Sçavant
Italien commença avec l'année 1710 .
sous les Auspices du Grand Prince de
Toscane, a presque fait disparoître la Gal
lerie de Minerve le dessein de ce Jour
nal est plus regulier. Il s'imprime à Veni
se , et il en paroît tous les trois mois un
volume. On sçait que plusieurs Ecrivains
d'un grand merite ont part à cette En
treprise. Entre- autres , le Seigneur Ber
nardo Trevizani , noble Venitien et grand
Philosophe , le Cavalier Maffei , une des
meilleures plumes d'Italie , qui joint l'é
rudition à la politesse ; M. Vallisnieri
et Morgagni , célebres par des ouvrages
estimés sur la Physique , la Medecine , et
l'Anatomie , et M. Patarol , qui a une
grande connoissance des Belles-Lettres et
de l'Antiquité , outre cela les Auteurs
de ce Journal , qui n'a eu encore aucune
interruption , ont eu , dès le commence
ment, une liaison particuliere avec l'Illus
treMarquisOrsi et avec le fameuxM.Ma
ag
I. Vel. gliabecchi
JU IN .
1731. 1327
I
1
ES
of
gliabecchi , ce qui doit achever d'en donner
une idée avantageuse .
AGNELLI qui et ANDREAS Abbatis
S. Mariae ad Blachernas et S. Bartolomei
Ravennatis , Liber Pontificalis , sive vita
Pontificum Ravennatum &c.Mutinæ 1708 .
2. vol . 4º. Les Journalistes remarquent
que ceux de Paris , en anonçant l'impres
sion de cet Ouvrage, (a) on dit expressé
ment qu'Agnellus a donné les Vies des
Archevêques de Modéne , ce qui n'est pas
exact , la Ville de Modène n'a jamais eu
d'Archevêques , mais seulement des Evê
ques , et dans le livre d'Agnellus il s'agit
des Evêques , et des Archevêques de Ra
venne , c'est ce qui paroît par le titre
même de l'Ouvrage.
CONSIDERAZIONI ad Asperienze in torno
al creduto cervello di bue impietrito , viven.
te encor l'animale , presentato dal Sig. Ver
ney ilgiovane , all' Accademia Real di Pa
rigi , fatte da ANTONIO VALLISNIERI & C.
in Padoua 1720. in 4° . di pag. ƒI . 10.
Tavole in rame.
•
Ces considerations roulent sur l'obser
servation qu'avoit faite M. Duvernay le
jeune, d'un Boeuf qui avoit vêcu ayant le
Cerveau pétrifié ( a ) M. Vallisnieri sou
(a) Suplem. du Journ. des Sçav.Sept.1708 et
Mars 1709 .
1. Vol. tient
Fiij
1328 MERCURE DE FRANCE
tient que ce n'est point une chose aussi
rare que l'Auteur François l'a crû , et ik
en donne plusieurs exemples remarqua
bles. En second lieu , que tous ces pré
tendus cervaux pétrifiés ne sont que de
simples concrétions de matiere osseuse
pierreuse , qui descend quelquefois du
crâne dans sa cavité , et s'y étant affermi
ressemble grossiérement au cerveau , soit
par la blancheur et par l'inégalité de la
superficie.
Rime di BuONACCORSO MONTEMAGNO
in Bologna 1756. in 12. p . 47 .
Rime di AGOSTINO STACCOLI da Urbino
in Bologna 1709. in 12. p . 45 .
Rime di Monsig". GIOVANNI GUIDIC
CIONE . in Balogna 1709 , in 12. p . 99 .
Rime d'ANGELO DI COSTANSO, in Bo
logna 1709. in 12. p. 93. &c. Au sujet
de ces nouvelles Editions , les Journa
listes font cette réflexion , ( b) lorsque les
François et les autres Etrangers , exami
nent le gout des Italiens dans cette sorte
de Poësie , que communément nous ap
pellons Lirique , ils croyent que nous.
n'aimons que l'enflure , l'affectation , les
jeux de mots , et pareilles choses , qui , à
$
(a) Histoire de l'Academie des Sciences . An.
1703 .
( b ) Pag. 179
1. Vol. la
JUIN. 1731. 1329
AR
la verité , n'ont pas cu moins de cours en
Italie qu'en d'autres Pays ; mais ce fut
seulement pendant quelque temps dans
le dernier siecle . Pour cette raison ils con
siderent le Marini , l'Achillini et sem
blables Auteurs , comme les seuls qui ayent
tenu le premier rang parmi nos Poëtes ,
et croyent en découvrant la foiblesse de
ceux-ci , convaincre tous les autres de
mauvais gout ; la chose n'est pas pour
tant telle qu'ils se l'imaginent.Quoiqu'on
ait vû dans les dernieres années plu
sieurs Livres de régles et de pratique ,
qui démontrent clairement que nos Vers
Liriques sont d'aussi bon aloi que nos au
tres Poësies , et qu'ils sont à l'épreuve de
la critique la plus rigoureuse ; cependant
quelques personnes judicieuses et intel
ligentes ont voulu faire revivre et re
cueillir les ouvrages de quelques Poëtes
Liriques tant des siecles passés que de celui
où nous vivons , afin que leurs exemples
donnent de l'émulation aux uns, et servent
à détromper les autres . Ils ajoutent , page
212. qu'à Naples on commença à s'appli
quer à la Poësie en langue vulgaire dés sa
premiere Enfance , c'est - à- dire, du tems de
P'EmpereurFederic II . et de Pier dalle vigne
son Secretaire ; mais ayant décliné dans le
15. siécle , elle ne se releva point autre
I. Kal. Fiii
part
1330 MERCURE DE FRANCE
part avec autant d'éclat qu'en cette belle
Contrée de l'Italie , par les ouvrages de
Seraphino, de Sannazar, de Coriteo et au
tres. Le siecle suivant fut si abondant en
Poëtes Italiens ,que de leurs seules Poësies
détachées on forma des volumes entiers , et´
d'amples recueils. Il est bien vrai qu'elle
perdit beaucoup de son ancien lustre au
commencement du XVI . siecle par la nou
veauté qu'y introduisit le Cavalier Giam
batista Marini , Napolitain ; de sorte que
presque tous nos Poëtes imiterent cette
maniere licentieuse , seduits par les ap
plaudissemens qu'on donnoit alors géné -
Talement à certaines puerilités , à certai
nes enflures , qui , pour dire trop , ne
disent rien ; de cette Ecole , sortit , prin
ripalement à Naples une Populace de
mauvais Poëtes , qui eurent beaucoup de
vogue et qui firent dans notre langue va
loir,à l'envi , des Grecismes et des Latinis
mes affectés , et hors de propos , aban
donnant ces mots et ces locutions qui
rendent le stile , châtié , clair et élegant .
On commença vers le milieu du même
siecle à ouvrir les yeux , on reconnut en
fin l'erreur, et on peut dire que la Ville de
Naples pour reparer le mal que quelques
uns des siens avoient causé à la Foësie ,
fut la premiere qui eût la gloire de don
I. Vol. ner
JUIN. 1731 .
"
1331
ner de nouveaux et de meilleurs modeles.
à imiter ; tels furent Pirro Schettini , Carlo
Buragna , et autres excellens Poëtes.
VITA e Profezie del Brandano Sanese
volgarmenta detto, il pazzodi Cristo , nova
mente publicate e racolte da i Codici piu
autore voli et dedicate a Madonna Reveren
dissima la SibillaTiburtina.InTivoli. Nella
Stamperia dell' Indovino. 1710. in 4º .
GEMME ANTICHE figurate , date in lu
ce da Dominico de ' Rossi, colle Sposizio
ni di PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI &c.
Parte prima & c. in Roma 1707 , in 4º..
reale , le gemme sono 1c6 , le pag. delle.
note 130.
NUOVE e maravigliose e Scoperte dell
origine di motti animalucci su le foglio de.
Cavoli , come di molti insetti dentro gl in
setti etc. c'est une Lettre de 14. pages de
Diecinto Cestoni Livornese , qu'on a im
primé à la suite du Tratatto de' Rimedii per
le malattie del corpo umano. Tradotto da
Francese, &c. in Padona 1709. in 4. di
pag. 376. oltre le tavole in rame.
M. Cestoni rend compte dans cette Let
tre , de plusieurs insectes qu'il a observés
sur les feuilles de chou , entre-autres d'une
espece de petits Papillons blancs , qui .
n'ont point encore été remarqués par
aucun Jardinier , ni même par aucun Ecri
I. Vol.
Fy vain
7332 MERCURE DE FRANCE
vain de l'Histoire naturelle , étant pres
que invisibles , et qui vûs dans le Mi
croscope ressemblent parfaitement en
toutes leurs parties aux grands Papillons..
Un jour il en mit ensemble plusieurs
douzaines , qui ne pûrent faire le poids:
d'un grain , il en faudroit pour cela plus.
de deux cent. Il vir que la génération:
s'en faisoit comme des grands Papillons ,
c'est-à dire par le concours du Masle et de
la Femelle , laquelle devenue pleine trouve
dans la partie de dessous des feuilles.
de chou les plus tendres une petite fosse ,
où elle forme une place blanche , qui pa
roit enfarinée , et y dépose ses oeufs , or
dinairement en demi cercle , au nombre
de dix jusqu'à seize . Il décrit avec exacti
tude ces oeufs , vûs dans le Microscope ,
leurs changemens , ensuite le ver qui en
sort , lequel a sur le dos une espece de
laine blanche comme les Brebis , et c'est
pour cela qu'iNui donne le nom de peti
te Brebis. Ces vers rampent séparément
de côté et d'autre , mais avec tant de len
teur qu'ils employent une journée entiere
à parcourir un espace grand comme l'on
gle ; arrivés où ils doivent ou veulent s'ar
rêter , ils se reposent et se rangent de ma
niere qu'en croissant ils ne puissent se tou
cher , et vûs alors dans le Microscope, ils
I. Vol. paroissent
JUIN. 1731. 1333
paroissent autant de Brebis immobiles ré
pandues dans une Prairie. Ainsi formés et
attachés ils croissent pendant quatorze
jours.Ensuite on ne les voit plus croître, ni
changer de couleur,restant toujoursblancs.
Il ne s'est point apperçu non plus qu'ils
changeassent de forme , ni qu'ils eussent
le moindre mouvement , demeurant tou
jours comme ces coquillages de Mer quis
sont étroitement attachés aux Rochers.
Aprés dix ou douze jours ces petites:
Brebis se dépouillent de leur toison et
sortent Papillons tout formés , qui trois
jours aprés s'accouplent et de cette ma
niere continuent leur generation , jusques
là que, comme les Pigeons domestiques
ils mutiplient tous les mois leur espece ..
Il finit sa Lettre par la Description de
leur cruel ennemi qu'il nomme Loup ,
ne vivant d'autre chose que de ces pau
vres petites Brebis , avant leur Metamor
phose . C'est une espece de moucheron
noir , sauvage , et carnacier ; il les
a remarqués avec une patience merveil
leuse , tournant continuellement autour
de ces Brebis. Les uns s'attachant aux plus
tendres , en succent peu à peu toute la
substance , etne leur laissent que la Peau ;;
les autres se posent sur les plus grosses et
y demeurent assés longtemps.Ce qui ayant
23
3+
L..Vol . F vi excité
2334 MERCURE DE FRANCE
excité son attention , il observa que ces
Moucherons aprés avoir percé le dos des
petits vers sur lesquels ils s'étoient mis ,
déposoient dans le trou un oeuf , dont il
s'apperçût quelque tems aprés qu'il se
formoit un ver , qui commençoit à son
tour à devorer sa Brebis , et qu'il en arri
va ainsi de toutes les autres dans lesquelles
les Moucherons avoient fait leurs oeufs.
Il décrit exactement à quoi l'on peut
connoître qu'elles ont l'ennemi chez elles .
Ces cruels Hôtes ayant pris leur crois
sance dans le corps de ces Brebis , s'y ren
ferment ( a ) comme font tous les autres
vers lorsqu'ils doivent se changer en
Papillons ; en effet par le moyen du Mi
croscope on les voit distinctement enve
lopés de la peau de ces petits corps dont
ils ont dévoré le dedans. Ils restent ainsi.
environ vingt jours plus que les petits.
Papillons, aprés quoi déchirant cette peau,
ils sortent Moucherons tout formés.
La suite pour le Mercure prochain.
Tomo primo. Anno MDCCX. All' Al
JUIN. 1731 . 1325
tezza serenissima di Ferdinando . IIL
Principe di Toscana . InVenezia MDCCX.
Appresso Gio. Gabriello Ertz , Con Licen
za de Superiori , E Privilegio. Vol. in 12.
de 467. pages. L'Epitre , la Preface et la
Table comprises .
L'Italie vit en 1658. le premier Jour
nal écrit en sa langue. M. l'Abbé Nazari
soutint cette entreprise jusqu'en 16 81. avec
beaucoup de gloire . Il s'imprimoit à Rome
sous les auspices du Cardinal Massimi,
Le Journal de Venise commença en
1671. et finit en même temps que le Jour
nal de Rome. Les Auteurs étoient Pier
re Moretti , et François Miketti. L'An
1686. le P. Gaudence Roberti Car
me , et le P. Benoit Bacchini, Benedictin
du Mont- Cassin , entreprirent à Parme
un Journal qu'ils ne continuerent que
pendant quatre ans. On commença en
1692. d'en donner une continuation
imprimée à Modéne , mais elle n'eut pas
beaucoup de suite.
Le Journal de Ferrare entrepris par
l'Abbé della Corce , fameux Antiquaire ,
et commencé en l'année 1691. fût aussi
d'une courte durée .
Le Journal de Florence , intitulé: Saggi
di naturale esperienze fatte nel Academia
del cimento , se borna aux matieres de
I. Vol.
Fij Physique
1326 MERCURE DE FRANCE
Physique. Nous ne sommes pas assés ins
truits de ses progrez.
Albrizi commença d'imprimer à Ve
nise en 1696. La Galerie de Minerve , ce
Journal étoit l'ouvrage d'une Societé de
Gens de Lettres , dont M. Apostolozeno
étoit le Sécretaire. Mais le Journal dont
nous avons à parler ici , que ce Sçavant
Italien commença avec l'année 1710 .
sous les Auspices du Grand Prince de
Toscane, a presque fait disparoître la Gal
lerie de Minerve le dessein de ce Jour
nal est plus regulier. Il s'imprime à Veni
se , et il en paroît tous les trois mois un
volume. On sçait que plusieurs Ecrivains
d'un grand merite ont part à cette En
treprise. Entre- autres , le Seigneur Ber
nardo Trevizani , noble Venitien et grand
Philosophe , le Cavalier Maffei , une des
meilleures plumes d'Italie , qui joint l'é
rudition à la politesse ; M. Vallisnieri
et Morgagni , célebres par des ouvrages
estimés sur la Physique , la Medecine , et
l'Anatomie , et M. Patarol , qui a une
grande connoissance des Belles-Lettres et
de l'Antiquité , outre cela les Auteurs
de ce Journal , qui n'a eu encore aucune
interruption , ont eu , dès le commence
ment, une liaison particuliere avec l'Illus
treMarquisOrsi et avec le fameuxM.Ma
ag
I. Vel. gliabecchi
JU IN .
1731. 1327
I
1
ES
of
gliabecchi , ce qui doit achever d'en donner
une idée avantageuse .
AGNELLI qui et ANDREAS Abbatis
S. Mariae ad Blachernas et S. Bartolomei
Ravennatis , Liber Pontificalis , sive vita
Pontificum Ravennatum &c.Mutinæ 1708 .
2. vol . 4º. Les Journalistes remarquent
que ceux de Paris , en anonçant l'impres
sion de cet Ouvrage, (a) on dit expressé
ment qu'Agnellus a donné les Vies des
Archevêques de Modéne , ce qui n'est pas
exact , la Ville de Modène n'a jamais eu
d'Archevêques , mais seulement des Evê
ques , et dans le livre d'Agnellus il s'agit
des Evêques , et des Archevêques de Ra
venne , c'est ce qui paroît par le titre
même de l'Ouvrage.
CONSIDERAZIONI ad Asperienze in torno
al creduto cervello di bue impietrito , viven.
te encor l'animale , presentato dal Sig. Ver
ney ilgiovane , all' Accademia Real di Pa
rigi , fatte da ANTONIO VALLISNIERI & C.
in Padoua 1720. in 4° . di pag. ƒI . 10.
Tavole in rame.
•
Ces considerations roulent sur l'obser
servation qu'avoit faite M. Duvernay le
jeune, d'un Boeuf qui avoit vêcu ayant le
Cerveau pétrifié ( a ) M. Vallisnieri sou
(a) Suplem. du Journ. des Sçav.Sept.1708 et
Mars 1709 .
1. Vol. tient
Fiij
1328 MERCURE DE FRANCE
tient que ce n'est point une chose aussi
rare que l'Auteur François l'a crû , et ik
en donne plusieurs exemples remarqua
bles. En second lieu , que tous ces pré
tendus cervaux pétrifiés ne sont que de
simples concrétions de matiere osseuse
pierreuse , qui descend quelquefois du
crâne dans sa cavité , et s'y étant affermi
ressemble grossiérement au cerveau , soit
par la blancheur et par l'inégalité de la
superficie.
Rime di BuONACCORSO MONTEMAGNO
in Bologna 1756. in 12. p . 47 .
Rime di AGOSTINO STACCOLI da Urbino
in Bologna 1709. in 12. p . 45 .
Rime di Monsig". GIOVANNI GUIDIC
CIONE . in Balogna 1709 , in 12. p . 99 .
Rime d'ANGELO DI COSTANSO, in Bo
logna 1709. in 12. p. 93. &c. Au sujet
de ces nouvelles Editions , les Journa
listes font cette réflexion , ( b) lorsque les
François et les autres Etrangers , exami
nent le gout des Italiens dans cette sorte
de Poësie , que communément nous ap
pellons Lirique , ils croyent que nous.
n'aimons que l'enflure , l'affectation , les
jeux de mots , et pareilles choses , qui , à
$
(a) Histoire de l'Academie des Sciences . An.
1703 .
( b ) Pag. 179
1. Vol. la
JUIN. 1731. 1329
AR
la verité , n'ont pas cu moins de cours en
Italie qu'en d'autres Pays ; mais ce fut
seulement pendant quelque temps dans
le dernier siecle . Pour cette raison ils con
siderent le Marini , l'Achillini et sem
blables Auteurs , comme les seuls qui ayent
tenu le premier rang parmi nos Poëtes ,
et croyent en découvrant la foiblesse de
ceux-ci , convaincre tous les autres de
mauvais gout ; la chose n'est pas pour
tant telle qu'ils se l'imaginent.Quoiqu'on
ait vû dans les dernieres années plu
sieurs Livres de régles et de pratique ,
qui démontrent clairement que nos Vers
Liriques sont d'aussi bon aloi que nos au
tres Poësies , et qu'ils sont à l'épreuve de
la critique la plus rigoureuse ; cependant
quelques personnes judicieuses et intel
ligentes ont voulu faire revivre et re
cueillir les ouvrages de quelques Poëtes
Liriques tant des siecles passés que de celui
où nous vivons , afin que leurs exemples
donnent de l'émulation aux uns, et servent
à détromper les autres . Ils ajoutent , page
212. qu'à Naples on commença à s'appli
quer à la Poësie en langue vulgaire dés sa
premiere Enfance , c'est - à- dire, du tems de
P'EmpereurFederic II . et de Pier dalle vigne
son Secretaire ; mais ayant décliné dans le
15. siécle , elle ne se releva point autre
I. Kal. Fiii
part
1330 MERCURE DE FRANCE
part avec autant d'éclat qu'en cette belle
Contrée de l'Italie , par les ouvrages de
Seraphino, de Sannazar, de Coriteo et au
tres. Le siecle suivant fut si abondant en
Poëtes Italiens ,que de leurs seules Poësies
détachées on forma des volumes entiers , et´
d'amples recueils. Il est bien vrai qu'elle
perdit beaucoup de son ancien lustre au
commencement du XVI . siecle par la nou
veauté qu'y introduisit le Cavalier Giam
batista Marini , Napolitain ; de sorte que
presque tous nos Poëtes imiterent cette
maniere licentieuse , seduits par les ap
plaudissemens qu'on donnoit alors géné -
Talement à certaines puerilités , à certai
nes enflures , qui , pour dire trop , ne
disent rien ; de cette Ecole , sortit , prin
ripalement à Naples une Populace de
mauvais Poëtes , qui eurent beaucoup de
vogue et qui firent dans notre langue va
loir,à l'envi , des Grecismes et des Latinis
mes affectés , et hors de propos , aban
donnant ces mots et ces locutions qui
rendent le stile , châtié , clair et élegant .
On commença vers le milieu du même
siecle à ouvrir les yeux , on reconnut en
fin l'erreur, et on peut dire que la Ville de
Naples pour reparer le mal que quelques
uns des siens avoient causé à la Foësie ,
fut la premiere qui eût la gloire de don
I. Vol. ner
JUIN. 1731 .
"
1331
ner de nouveaux et de meilleurs modeles.
à imiter ; tels furent Pirro Schettini , Carlo
Buragna , et autres excellens Poëtes.
VITA e Profezie del Brandano Sanese
volgarmenta detto, il pazzodi Cristo , nova
mente publicate e racolte da i Codici piu
autore voli et dedicate a Madonna Reveren
dissima la SibillaTiburtina.InTivoli. Nella
Stamperia dell' Indovino. 1710. in 4º .
GEMME ANTICHE figurate , date in lu
ce da Dominico de ' Rossi, colle Sposizio
ni di PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI &c.
Parte prima & c. in Roma 1707 , in 4º..
reale , le gemme sono 1c6 , le pag. delle.
note 130.
NUOVE e maravigliose e Scoperte dell
origine di motti animalucci su le foglio de.
Cavoli , come di molti insetti dentro gl in
setti etc. c'est une Lettre de 14. pages de
Diecinto Cestoni Livornese , qu'on a im
primé à la suite du Tratatto de' Rimedii per
le malattie del corpo umano. Tradotto da
Francese, &c. in Padona 1709. in 4. di
pag. 376. oltre le tavole in rame.
M. Cestoni rend compte dans cette Let
tre , de plusieurs insectes qu'il a observés
sur les feuilles de chou , entre-autres d'une
espece de petits Papillons blancs , qui .
n'ont point encore été remarqués par
aucun Jardinier , ni même par aucun Ecri
I. Vol.
Fy vain
7332 MERCURE DE FRANCE
vain de l'Histoire naturelle , étant pres
que invisibles , et qui vûs dans le Mi
croscope ressemblent parfaitement en
toutes leurs parties aux grands Papillons..
Un jour il en mit ensemble plusieurs
douzaines , qui ne pûrent faire le poids:
d'un grain , il en faudroit pour cela plus.
de deux cent. Il vir que la génération:
s'en faisoit comme des grands Papillons ,
c'est-à dire par le concours du Masle et de
la Femelle , laquelle devenue pleine trouve
dans la partie de dessous des feuilles.
de chou les plus tendres une petite fosse ,
où elle forme une place blanche , qui pa
roit enfarinée , et y dépose ses oeufs , or
dinairement en demi cercle , au nombre
de dix jusqu'à seize . Il décrit avec exacti
tude ces oeufs , vûs dans le Microscope ,
leurs changemens , ensuite le ver qui en
sort , lequel a sur le dos une espece de
laine blanche comme les Brebis , et c'est
pour cela qu'iNui donne le nom de peti
te Brebis. Ces vers rampent séparément
de côté et d'autre , mais avec tant de len
teur qu'ils employent une journée entiere
à parcourir un espace grand comme l'on
gle ; arrivés où ils doivent ou veulent s'ar
rêter , ils se reposent et se rangent de ma
niere qu'en croissant ils ne puissent se tou
cher , et vûs alors dans le Microscope, ils
I. Vol. paroissent
JUIN. 1731. 1333
paroissent autant de Brebis immobiles ré
pandues dans une Prairie. Ainsi formés et
attachés ils croissent pendant quatorze
jours.Ensuite on ne les voit plus croître, ni
changer de couleur,restant toujoursblancs.
Il ne s'est point apperçu non plus qu'ils
changeassent de forme , ni qu'ils eussent
le moindre mouvement , demeurant tou
jours comme ces coquillages de Mer quis
sont étroitement attachés aux Rochers.
Aprés dix ou douze jours ces petites:
Brebis se dépouillent de leur toison et
sortent Papillons tout formés , qui trois
jours aprés s'accouplent et de cette ma
niere continuent leur generation , jusques
là que, comme les Pigeons domestiques
ils mutiplient tous les mois leur espece ..
Il finit sa Lettre par la Description de
leur cruel ennemi qu'il nomme Loup ,
ne vivant d'autre chose que de ces pau
vres petites Brebis , avant leur Metamor
phose . C'est une espece de moucheron
noir , sauvage , et carnacier ; il les
a remarqués avec une patience merveil
leuse , tournant continuellement autour
de ces Brebis. Les uns s'attachant aux plus
tendres , en succent peu à peu toute la
substance , etne leur laissent que la Peau ;;
les autres se posent sur les plus grosses et
y demeurent assés longtemps.Ce qui ayant
23
3+
L..Vol . F vi excité
2334 MERCURE DE FRANCE
excité son attention , il observa que ces
Moucherons aprés avoir percé le dos des
petits vers sur lesquels ils s'étoient mis ,
déposoient dans le trou un oeuf , dont il
s'apperçût quelque tems aprés qu'il se
formoit un ver , qui commençoit à son
tour à devorer sa Brebis , et qu'il en arri
va ainsi de toutes les autres dans lesquelles
les Moucherons avoient fait leurs oeufs.
Il décrit exactement à quoi l'on peut
connoître qu'elles ont l'ennemi chez elles .
Ces cruels Hôtes ayant pris leur crois
sance dans le corps de ces Brebis , s'y ren
ferment ( a ) comme font tous les autres
vers lorsqu'ils doivent se changer en
Papillons ; en effet par le moyen du Mi
croscope on les voit distinctement enve
lopés de la peau de ces petits corps dont
ils ont dévoré le dedans. Ils restent ainsi.
environ vingt jours plus que les petits.
Papillons, aprés quoi déchirant cette peau,
ils sortent Moucherons tout formés.
La suite pour le Mercure prochain.
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Résumé : Giornale de Litterati d'Italia : Journal de Venise, [titre d'après la table]
Le texte, extrait du 'GIORNALE DE LETTERA TI D'ITALIA' publié en 1731, retrace l'histoire des journaux en Italie. En 1658, le premier journal en langue italienne fut publié à Rome sous le patronage du Cardinal Massimi et dirigé par l'Abbé Nazari jusqu'en 1681. Le 'Journal de Venise' débuta en 1671 et cessa en même temps que celui de Rome. En 1686, les pères Gaudence Roberti Carme et Benoit Bacchini lancèrent un journal à Parme, qui dura quatre ans. D'autres journaux, comme ceux de Modène, Ferrare et Florence, eurent également des durées limitées. En 1696, Albrizi commença à imprimer 'La Galerie de Minerve' à Venise. Le journal mentionné dans le texte, commencé en 1710 sous les auspices du Grand Prince de Toscane, est imprimé à Venise et paraît tous les trois mois. Il compte parmi ses contributeurs des écrivains renommés tels que Bernardo Trevizani, le Cavalier Maffei, Vallisnieri, Morgagni et Patarol. Le texte mentionne également des ouvrages spécifiques, comme le 'Liber Pontificalis' d'Agnellus et les 'Considerazioni' de Vallisnieri sur une observation scientifique. Enfin, il aborde la poésie italienne, soulignant que les critiques étrangers ont souvent mal jugé le goût des Italiens pour la poésie lyrique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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284
p. 1334-1339
Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Début :
Le Reverend Pere Porée, Jesuite, prononça le neuf de Février, devant une illustre [...]
Mots clefs :
Révérend, Discours, Orateur, Critiques, Républiques des Lettres, Rhéteurs, Grammairiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Le Reverend Pere Porée , Jesuite , pro
nonça le neufde Février , devant une 11
lustre Assemblée un Discours Latin
fort éloquent sur les Critiques , dans le
College de Louis le Grand . L'Orateur
(a) L'Incrisalidano.
1. Vol. COR
JUIN. 1731. 133
convenant , qu'il y a aujourd'hui plus de
Critiques que d'Ouvrages à critiquer , et
que la licence de ceux qui se mêlent de
critiquer , a rendu la Critique aussi odieu
se que ses Auteurs , prétend néanmoins
qu'on ne doit pas proscrire de la Répu
blique des Lettres toute sorte de Critique,
mais qu'on doit seulement en corriger
les abus. Il partage donc son Discours , et
entreprend dans la premiere. Partie de
prouver la necessité de la Critique : dans
la seconde , il parle des qualitez d'un bon
Critique.
Par tout où il y a des procès , dit le
P. Porée , par tout où il se commet des
crimes , par tout où on entreprend d'in
troduire la licence , il faut des Juges
pour terminer ces procès , punir ces cri
mes et s'opposer à cette licence . Or tout
cela a lieu dans la Litterature . L'Orateur
laiffe peu de chose à dire sur les sujets
de querelle & de procès , qui divisent
les Gens de Lettres de toutes les sortes
Rhéteurs , Grammairiens , Philosophes ,
Géometres mêmes.. Desorte que tout ce
qu'il y a, ce semble, de plus propre à éclai
rer les Hommes & à les polir , devient
par l'abus qu'ils en font , une source de.
guerre et de discorde , & d'une guerre.
le plus souvent pleine de bassesse et de
I.Vol. mali
#336 MERCURE DE FRANCE
malignité. C'est pour terminer cette guerre
et décider ces procès , que le R. P. Po
rée croit les Gritiques nécessaires , sans
doute , comme le sont les Avocats pour
plaider et pour instruire l'Affaire dont le
Public seul est Juge sans appel . Que
fçait-on même s'il y auroit beaucoup de
procès dans la Litterature , supposé qu'il
n'y eut point de Critiques.
Le second chef des crimes Litteraires
eft bien traité. Que de fautes introduites
dans les Livres des Anciens par l'igno
rance ou la négligence des Libraires ou
des Copistes ! Quelle obligation n'a-t'on
donc pas aux Turnebes , aux Budées , aux
Murets , qui ont pris la peine de purger
ces Livres ? Quelle Chronologie aurions
nous , sans les Scaligers , les Ussers , les
Petaus ? La Céographie ne seroit qu'un
cahos , sans les Cluviers , les Briets , les
Samsons ? Et c'est le même de toutes les
autres parties de la Litterature . Le P.
Porée s'étend beaucoup sur les vols Litte
raires , que c'est aux Critiques de demas
Il s'en fait tous les jours plus qu'on:
quer.
ne pense. La diversité des langues en oc
casionne plusieurs. Souvent un Ami in
fidéle , dépositaire des Ecrits de son Ami
mort , se les attribuë , & c.
La troisiéme raison de la néceffité des
1. Vol .
Cri
JUIN. 1731. 1337
Critiques , est prise de la licence que se
donnent des demi-Sçavans d'altérer les
Sciences , sous pretexte de les enrichir ,
de les réduire , de les embellir , de les per
fectionner. Rien n'eft plus éloquent ni
plus judicieux que le Morceau , où l'O
rateur , rappellant la Coutume des Ro
mains , qui dans le tems orageux , aver
tissoient les Consuls de veiller que la Ré
publique ne souffrit aucun dommage
avertit dans les mêmes termes , les Cri
tiques de veiller que la Théologie , la
Philosophie , l'Histoire , les Mathéma
tiques , les Belles-Lettres , ne souffrent
aucun dommage de la part des demi-Sça
vans. Il est fâcheux que la République
Litteraire , n'ait pas ses Critiques auto
risez comme la République Romaine avoit
ses Consuls , & qu'une foule de Censeurs
sans aveu , plus ennemis des Auteurs que
des Ouvrages , plus malíns à reprendre ,
que judicieux à corriger , puissent pren
dre pour eux un Avertissement que le
P. Porée n'addresse qu'à des Critiques .
sçavans , prudens , & pleins de probité ,,
tels qu'il les caractérise dans la seconde
partie de son Discours.
25
Aujourd'hui tout homme qui se sent in
capable d'écrire sur aucun sujet, et qui vent
pourtant écrire , prend le parti de la Criti
L. Vol. que
T338 MERCURE DE FRANCE
que. Carpour affirmer,il faut avouer quet
que chose ; pour nier il suffit de ne rien sça
voir. On ne sçauroit traiter un sujet , mais
on scait suivre un Auteur qui l'a traité; on
sçait aboyer après lui , le mordre et le dé
chirer. Le sage Orateur croit-il persuader
quelqu'un , lorsqu'il exige d'un Critique,
une science immense , une vaste érudi
tion , une connoissance éxacte de toutes.
choses un Critique a renoncé à être
sçavant , & un véritable
communément si critique .
sçavant
n'est pas
.
La science ne suffit pas ; un Critique a
besoin de beaucoup de prudence , de dis
cernement de sagacité pour porter un
jugement sain, juste etdéfinitif. Mais sur
tout la probité est absolument necessaire
à un Critique. Celui que l'amitié séduit
ou que la haine emporte , ne sçauroit être
un Juge sain & éclairé. C'est pourtant- là
ce qui décide de la plupart des Critiques ,
et l'envie en est ordinairement le premier
mobile ; mais le Public qui est le Juge
Souverain en dernier ressort , et des Criti
ques , et des Ouvrages critiqués , fait et
rend justice aux uns & aux autres , et une
passion tropvive n'impose qu'à celui qui
en est atteint, et tout au plus à ceux qui en
sont complices. Toute critique que la
cabale a dictée , rentre bien- tôt dans le
L. Vol.
néant
,
JUIN. 1731. 1339
néant , d'où elle est à peine sortie , et laisse
en possession de l'immortalité , l'Ouvrage
& l'Auteur qu'elle avoit attaqué avec plus
de véhemence qué de force et de sagesse.
3
Le R. P. Porée dévoilé tous les arti
fices que l'envie , la haine , la partialité
les préjugez inspirent à des Critiques qui
n'ont pas toute la bonne foi que la Pro
bité inspire, et que la Religion exige avec
rigueur. Ilse déclare avec force contre un
Livre assez moderne , qui est effective
ment très- dangereux ; & d'autant plus
dangereux , que l'Auteur ne semble s'y
piquer de probité , que pour porter des
coups plus assurés à la Religion , d'im
partialité , que pour décrier tous les par
tis sans en excepter le bon , de discer
nement que pour rejetter tout , de non
crédulité que pour établir l'incrédulité.
L'Orateur en bon Critique loie ce que
cet Ouvrage a de bon , en blâmant`ce
qu'il a de mauvais.
.
:
On imprime chez Laisnel au. Chef
S. Jean rue S. Jacques , un Livre inti
tulé : Analyse de la Dissertation de M. Mo
rand sur la Taille au haut Appareil , ou Re
ponse aux Reflexions Anatomistes de M.
Rameau sur cet Ouvrage , in 8 °. par M. le
Cat.
nonça le neufde Février , devant une 11
lustre Assemblée un Discours Latin
fort éloquent sur les Critiques , dans le
College de Louis le Grand . L'Orateur
(a) L'Incrisalidano.
1. Vol. COR
JUIN. 1731. 133
convenant , qu'il y a aujourd'hui plus de
Critiques que d'Ouvrages à critiquer , et
que la licence de ceux qui se mêlent de
critiquer , a rendu la Critique aussi odieu
se que ses Auteurs , prétend néanmoins
qu'on ne doit pas proscrire de la Répu
blique des Lettres toute sorte de Critique,
mais qu'on doit seulement en corriger
les abus. Il partage donc son Discours , et
entreprend dans la premiere. Partie de
prouver la necessité de la Critique : dans
la seconde , il parle des qualitez d'un bon
Critique.
Par tout où il y a des procès , dit le
P. Porée , par tout où il se commet des
crimes , par tout où on entreprend d'in
troduire la licence , il faut des Juges
pour terminer ces procès , punir ces cri
mes et s'opposer à cette licence . Or tout
cela a lieu dans la Litterature . L'Orateur
laiffe peu de chose à dire sur les sujets
de querelle & de procès , qui divisent
les Gens de Lettres de toutes les sortes
Rhéteurs , Grammairiens , Philosophes ,
Géometres mêmes.. Desorte que tout ce
qu'il y a, ce semble, de plus propre à éclai
rer les Hommes & à les polir , devient
par l'abus qu'ils en font , une source de.
guerre et de discorde , & d'une guerre.
le plus souvent pleine de bassesse et de
I.Vol. mali
#336 MERCURE DE FRANCE
malignité. C'est pour terminer cette guerre
et décider ces procès , que le R. P. Po
rée croit les Gritiques nécessaires , sans
doute , comme le sont les Avocats pour
plaider et pour instruire l'Affaire dont le
Public seul est Juge sans appel . Que
fçait-on même s'il y auroit beaucoup de
procès dans la Litterature , supposé qu'il
n'y eut point de Critiques.
Le second chef des crimes Litteraires
eft bien traité. Que de fautes introduites
dans les Livres des Anciens par l'igno
rance ou la négligence des Libraires ou
des Copistes ! Quelle obligation n'a-t'on
donc pas aux Turnebes , aux Budées , aux
Murets , qui ont pris la peine de purger
ces Livres ? Quelle Chronologie aurions
nous , sans les Scaligers , les Ussers , les
Petaus ? La Céographie ne seroit qu'un
cahos , sans les Cluviers , les Briets , les
Samsons ? Et c'est le même de toutes les
autres parties de la Litterature . Le P.
Porée s'étend beaucoup sur les vols Litte
raires , que c'est aux Critiques de demas
Il s'en fait tous les jours plus qu'on:
quer.
ne pense. La diversité des langues en oc
casionne plusieurs. Souvent un Ami in
fidéle , dépositaire des Ecrits de son Ami
mort , se les attribuë , & c.
La troisiéme raison de la néceffité des
1. Vol .
Cri
JUIN. 1731. 1337
Critiques , est prise de la licence que se
donnent des demi-Sçavans d'altérer les
Sciences , sous pretexte de les enrichir ,
de les réduire , de les embellir , de les per
fectionner. Rien n'eft plus éloquent ni
plus judicieux que le Morceau , où l'O
rateur , rappellant la Coutume des Ro
mains , qui dans le tems orageux , aver
tissoient les Consuls de veiller que la Ré
publique ne souffrit aucun dommage
avertit dans les mêmes termes , les Cri
tiques de veiller que la Théologie , la
Philosophie , l'Histoire , les Mathéma
tiques , les Belles-Lettres , ne souffrent
aucun dommage de la part des demi-Sça
vans. Il est fâcheux que la République
Litteraire , n'ait pas ses Critiques auto
risez comme la République Romaine avoit
ses Consuls , & qu'une foule de Censeurs
sans aveu , plus ennemis des Auteurs que
des Ouvrages , plus malíns à reprendre ,
que judicieux à corriger , puissent pren
dre pour eux un Avertissement que le
P. Porée n'addresse qu'à des Critiques .
sçavans , prudens , & pleins de probité ,,
tels qu'il les caractérise dans la seconde
partie de son Discours.
25
Aujourd'hui tout homme qui se sent in
capable d'écrire sur aucun sujet, et qui vent
pourtant écrire , prend le parti de la Criti
L. Vol. que
T338 MERCURE DE FRANCE
que. Carpour affirmer,il faut avouer quet
que chose ; pour nier il suffit de ne rien sça
voir. On ne sçauroit traiter un sujet , mais
on scait suivre un Auteur qui l'a traité; on
sçait aboyer après lui , le mordre et le dé
chirer. Le sage Orateur croit-il persuader
quelqu'un , lorsqu'il exige d'un Critique,
une science immense , une vaste érudi
tion , une connoissance éxacte de toutes.
choses un Critique a renoncé à être
sçavant , & un véritable
communément si critique .
sçavant
n'est pas
.
La science ne suffit pas ; un Critique a
besoin de beaucoup de prudence , de dis
cernement de sagacité pour porter un
jugement sain, juste etdéfinitif. Mais sur
tout la probité est absolument necessaire
à un Critique. Celui que l'amitié séduit
ou que la haine emporte , ne sçauroit être
un Juge sain & éclairé. C'est pourtant- là
ce qui décide de la plupart des Critiques ,
et l'envie en est ordinairement le premier
mobile ; mais le Public qui est le Juge
Souverain en dernier ressort , et des Criti
ques , et des Ouvrages critiqués , fait et
rend justice aux uns & aux autres , et une
passion tropvive n'impose qu'à celui qui
en est atteint, et tout au plus à ceux qui en
sont complices. Toute critique que la
cabale a dictée , rentre bien- tôt dans le
L. Vol.
néant
,
JUIN. 1731. 1339
néant , d'où elle est à peine sortie , et laisse
en possession de l'immortalité , l'Ouvrage
& l'Auteur qu'elle avoit attaqué avec plus
de véhemence qué de force et de sagesse.
3
Le R. P. Porée dévoilé tous les arti
fices que l'envie , la haine , la partialité
les préjugez inspirent à des Critiques qui
n'ont pas toute la bonne foi que la Pro
bité inspire, et que la Religion exige avec
rigueur. Ilse déclare avec force contre un
Livre assez moderne , qui est effective
ment très- dangereux ; & d'autant plus
dangereux , que l'Auteur ne semble s'y
piquer de probité , que pour porter des
coups plus assurés à la Religion , d'im
partialité , que pour décrier tous les par
tis sans en excepter le bon , de discer
nement que pour rejetter tout , de non
crédulité que pour établir l'incrédulité.
L'Orateur en bon Critique loie ce que
cet Ouvrage a de bon , en blâmant`ce
qu'il a de mauvais.
.
:
On imprime chez Laisnel au. Chef
S. Jean rue S. Jacques , un Livre inti
tulé : Analyse de la Dissertation de M. Mo
rand sur la Taille au haut Appareil , ou Re
ponse aux Reflexions Anatomistes de M.
Rameau sur cet Ouvrage , in 8 °. par M. le
Cat.
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Résumé : Discours Latin du P. Porée, [titre d'après la table]
Le 9 février, le Père Porée, jésuite, prononça un discours en latin au Collège de Louis le Grand, abordant les critiques littéraires. Il souligna la nécessité de la critique tout en dénonçant ses abus potentiels. Le discours se structurait en deux parties : la première justifiait l'importance de la critique, tandis que la seconde décrivait les qualités requises pour être un bon critique. Le Père Porée expliqua que la critique est indispensable pour régler les querelles et les procès dans le monde littéraire, où les disputes entre rhéteurs, grammairiens, philosophes et géomètres sont fréquentes. Il compara les critiques aux juges et aux avocats, essentiels pour instruire et décider les affaires littéraires. Il mentionna également les erreurs introduites dans les livres anciens par l'ignorance ou la négligence des libraires et des copistes, soulignant l'importance des critiques comme Turnèbe, Budée et Muret qui ont corrigé ces erreurs. Il aborda aussi les vols littéraires et la licence prise par les demi-savants d'altérer les sciences. Pour être un bon critique, le Père Porée insista sur la nécessité de la prudence, du discernement et de la probité. Il dénonça les critiques motivées par l'envie ou la haine, affirmant que le public, en dernier ressort, rend justice aux critiques et aux ouvrages critiqués. Il se déclara contre un livre moderne dangereux, critiquant son manque de probité et d'impartialité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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285
p. 1340-1345
Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
Début :
On va imprimer du même Auteur, un autre Livre intitulé : Essai de la Medicophysique [...]
Mots clefs :
Médicophysique, Lois de la mécanique, Saignée, Révulsion, Pulsation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
On va imprimer du même Auteur , un
autre Livre intitulé : Essai de la Medico
physique sur les effets de la Saignée . Cet Essai
a 3. parties .
Dans la premiere , on établit sur les
Loix de la Mechanique & de l'Hydrauli
que , les principes généraux des Effets de
la Saignée. L'acceleration , la dérivation
et la révulsion . Dans la seconde , on dé
termine les Effets de chaque Saignée en
particulier , et on donne le calcul de la
quantité de ces Effets . Le dernier article de
cette deuxième partie , contient la Des
cription d'une machine inventée par l'Au
teur , laquelle copie non-seulement les
organes de la circulation naturelle , mais
même en imite les Phénomenes , comme
le battement du coeur , la pulsation des
Arteres , et la circulation réelle d'une Li
queur contenue dans cette Machine . L'Au
teur prétend par cette même machine dé
terminer méchaniquement les Effets de
chaque Saignée ; il en donne les moyens.
Il promet d'ajoûter dans l'exécution , les
fonctions & les filtrations dans les prin
cipaux Visceres ; d'où il résultera une es
pece d'homme artificiel . Enfin dans la
troisième partie , il réfute quelques Ou
vrages récemment publiés sur cette Ma
tiere.
end
iL. Vol.
Re
JUIN. 1731.
1341
1
RECUEIL de Danses de Ville
, pour
l'Année 1731. de la composition de M.
Blondy , Compositeur de Ballets de l'A
cadémie Royale de Musique , et Pension
naire du Roy ; mis au jour par le fieur
Rameau , seul Privilegié du Roy pour la
correction et augmentation de la Choré
graphie. La Musique est gravée parJ. L.
Renou. Prix 1. 1. 10. f. A Paris , Chez
l'Auteur , Faubourg Saint Germain , ruë de
Bussi , à la Cour Imperiale : le sieur Boivin ,
ruë Saint Honoré , à la Régle d'Or : le fieur
Le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
L'Abbé de la Grive , Auteur du Nou
veau Plan de Paris en six feuilles , vient
de mettre au jour , la seconde Feuille de
sa Carte des Environs de Paris , qui com
prend le Cours de la Marne , jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et Cha
teaux détachés , depuis le Château de
Vincennes jusqu'à Torcy , d'Occident en
Orient , et depuis la Forêt de Livri ; jus
qu'au Bois de S. Martin en Brie , du Nord
au Midy ; avec les chemins qui commu
niquent des uns aux autres. Le tout levé
sur les lieux , et détaillé de sorte qu'on
y reconnoît distinctement les Plans des
belles Maisons comprises dans cette
1.Vel étenduë.
1342 MERCURE DE FRANCE
étendue. Elle se vend chez l'Auteur , Cloî
tre S. Benoît. Il donnera à la fin de cette
année , la troisiéme feüille qui compren
dra le côté de la Brie.
>
M. Servandoni , Peintre d'Architec
ture et de Perspective , Florentin , Eleve
du Signor Jean Paul Panini , fut reçû à
l'Académie Royale de Peinture et de Scul
ture le 26. du mois dernier avec toute
la distinction que merite son habileté. II
s'eft fait une grande réputation , par
plusieurs Ouvrages généralement esti
mezzentr'autres par ses belles Décorations
d'Opera , et en dernier lieu , par celle
du Palais du Soleil , qui a été admirée
de tout le monde.
M. Servandoni , qui a été reçu sur ua
très - beau Tableau en hauteur , représen
tantjun Temple et des ruines , que l'Aca
démie garde , travaille actuellement à un
Plan , Profil et Elevation d'une Eglise ,
avec tout le dévelopement , en dessein et
en relief , pour être reçu à l'Académie
Royale d'Architecture.
.
Il fut posé le 17. Mars dernier , sur le
Maîtte Hôtel de l'Eglise de S. Jean en
Gréve , un groupe de Marbre , repré
sentant le Baptême , que Jesus- Chrift obli
1. Vol gc
JUI N. 1731 1343
e SaintJean de lui donner ; chaque fi
gure ayant cinq pieds neuf pouces de
proportion. Notre Seigneur est du côté
de l'Evangile , un genouil sur le coin d'u
ne Roche , les mains croisées sur l'estomac,
s'inclinant vers Saint Jean pour recevoir
le Baptême. Saint Jean est debout de
l'autre côté , versant de l'Eau avec une
coquille sur la Tête du Sauveur. Il paroît
dans un respectueux étonnement de ce
que son Maître lui demande ce qu'il de
vroit recevoir de lui . Ces deux Figures
se groupent avec le Rocher d'où sort la
Source du Jourdain : ce qui fait un excel
lent morceau dans le grand et dans le
simple , dont les connoisseurs les plus
délicats sont satisfaits . On saisit surtout
avec plaisir l'expression que l'habile Scul
pteur a sçû mettre dans la Teste du Christ
et de S. Jean , pour marquer sensible
`ment , et sans outrer , la difference de la
natute divine & de la nature humaine.
Ce monument dont M. Esnault , Curé
de la Paroisse de Saint Jean , a voulu dé
corer son Eglise , a été fait par Jean- Bap
ptiste le Moyne Fils , Sculpteur de l'Aca
démie Royale , agé de vingt six ans , le
quel n'a été que deux ans et demi à faire
cet Ouvrage.
Le Sieur le Moyne vient d'être choisi
I. Vol.
pour
7344 MERCURE DE FRANCE
pour fondre une Statue Equestre du Roy
que la Ville de Bordeaux doit faire éle
ver dans une place que l'on construit ex
près , et dont M. Gabriel , Premier Ar
chitecte du Roy , a donné les desseins.
Lorsque que cet Ouvrage sera plus avan
cé nous en donnerons une Description .
Nous sommes priez de demander
aux personnes versées dans les étymo
logies ou origines de certaines expres
sions , qui sont d'un usage familier dans
notre langue , la raison ou le fonde
ment des termes suivans. De longue main.
Qui refuse muse. Couper l'herbe sous les pieds.
Lafoire n'est pas sur le Pont. J'ai une dent
contre lui. Il ont eu castille ensemble . Faire
des Châteaux en Espagne . Tourner la Truye
aufoin. La vache a bon pied. Nul n'est
Prophete en son Païs , &c. et autres comme
venu la gueule enfarinée . Connu comme le
Loupgris , et autres semblables manieres
de parler , dont la taison , ou l'allegoric
ne se presente pas à l'esprit.
On apprend d'Amsterdam , qu'on y vendra
publiquement le 15. Aoust prochain , le fameux
Cabinet de feu M. Jacob Walravin , consistant
en une collection d'Agathes Orientales , aussi ra
res que belles , peintes interieurement par arti
fice , et non peintes , plaques et autres Pieces ex
=
I. Vol. traor
JUIN. 1731 . 1345
traordinaire. Pierres gravées en creux et en relief,
& c.
JEAN SWART , Libraire à la Haye , y ven
dra publiquement au mois de Septembre prochain,
un fameux Cabinet de Coquilles , Ecailles Co
rails , Plantes et insectes Maritimes , des Coquil
les ou Ecailles très-bien et très - ingênieusement
gravées par le célebre Belleguin, de très belles Fi
gures en Yvoire et en Bois , de Pierres antiques en
agathe, onix,sardoine , cornalines,sur tout des Tê
tes ; Bassins et Soucoupes d'Agathe et de Jaspe ;
quantité de Mineraux , &c Les Curieux qui
voudront acheter quelques morceaux à la main ,
pourront s'addresser au sieur Swart , qui leur en
fera bonne composition.
On donne Avis au Pablic , que le sieur Pierre
Martin , Négociant à Cette , vient de composer
une Liqueur,qu'on appelle Eau délicieuse , qui est
supérieure en bonté à toutes celles qu'on a faites
jusqu'à present ; elle imite parfaitement bien la
véritable Eau de Barbarde , et elle est admirable
pour les meaux d'Estomac et pour la Colique , elle
ne se vend que IS. fla Bouteille, qui contient en
viron le demi - Septier de Paris , et la demi- Bou
teille 8. f. Ceux qui en souhaiteront , pourront
s'addresser à quelqu'un à Cette , ou à Montpel
lier , ou à droiture au Sieur Martin , qui leur en
fera tenir à l'endroit où ils voudront.
1346 MERCURE DE FRANCE
*** $$3
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
autre Livre intitulé : Essai de la Medico
physique sur les effets de la Saignée . Cet Essai
a 3. parties .
Dans la premiere , on établit sur les
Loix de la Mechanique & de l'Hydrauli
que , les principes généraux des Effets de
la Saignée. L'acceleration , la dérivation
et la révulsion . Dans la seconde , on dé
termine les Effets de chaque Saignée en
particulier , et on donne le calcul de la
quantité de ces Effets . Le dernier article de
cette deuxième partie , contient la Des
cription d'une machine inventée par l'Au
teur , laquelle copie non-seulement les
organes de la circulation naturelle , mais
même en imite les Phénomenes , comme
le battement du coeur , la pulsation des
Arteres , et la circulation réelle d'une Li
queur contenue dans cette Machine . L'Au
teur prétend par cette même machine dé
terminer méchaniquement les Effets de
chaque Saignée ; il en donne les moyens.
Il promet d'ajoûter dans l'exécution , les
fonctions & les filtrations dans les prin
cipaux Visceres ; d'où il résultera une es
pece d'homme artificiel . Enfin dans la
troisième partie , il réfute quelques Ou
vrages récemment publiés sur cette Ma
tiere.
end
iL. Vol.
Re
JUIN. 1731.
1341
1
RECUEIL de Danses de Ville
, pour
l'Année 1731. de la composition de M.
Blondy , Compositeur de Ballets de l'A
cadémie Royale de Musique , et Pension
naire du Roy ; mis au jour par le fieur
Rameau , seul Privilegié du Roy pour la
correction et augmentation de la Choré
graphie. La Musique est gravée parJ. L.
Renou. Prix 1. 1. 10. f. A Paris , Chez
l'Auteur , Faubourg Saint Germain , ruë de
Bussi , à la Cour Imperiale : le sieur Boivin ,
ruë Saint Honoré , à la Régle d'Or : le fieur
Le Clerc , rue du Roule , à la Croix d'Or.
L'Abbé de la Grive , Auteur du Nou
veau Plan de Paris en six feuilles , vient
de mettre au jour , la seconde Feuille de
sa Carte des Environs de Paris , qui com
prend le Cours de la Marne , jusqu'à cinq
lieuës de cette Ville , et 57. tant Villages
que Hameaux , grosses Fermes et Cha
teaux détachés , depuis le Château de
Vincennes jusqu'à Torcy , d'Occident en
Orient , et depuis la Forêt de Livri ; jus
qu'au Bois de S. Martin en Brie , du Nord
au Midy ; avec les chemins qui commu
niquent des uns aux autres. Le tout levé
sur les lieux , et détaillé de sorte qu'on
y reconnoît distinctement les Plans des
belles Maisons comprises dans cette
1.Vel étenduë.
1342 MERCURE DE FRANCE
étendue. Elle se vend chez l'Auteur , Cloî
tre S. Benoît. Il donnera à la fin de cette
année , la troisiéme feüille qui compren
dra le côté de la Brie.
>
M. Servandoni , Peintre d'Architec
ture et de Perspective , Florentin , Eleve
du Signor Jean Paul Panini , fut reçû à
l'Académie Royale de Peinture et de Scul
ture le 26. du mois dernier avec toute
la distinction que merite son habileté. II
s'eft fait une grande réputation , par
plusieurs Ouvrages généralement esti
mezzentr'autres par ses belles Décorations
d'Opera , et en dernier lieu , par celle
du Palais du Soleil , qui a été admirée
de tout le monde.
M. Servandoni , qui a été reçu sur ua
très - beau Tableau en hauteur , représen
tantjun Temple et des ruines , que l'Aca
démie garde , travaille actuellement à un
Plan , Profil et Elevation d'une Eglise ,
avec tout le dévelopement , en dessein et
en relief , pour être reçu à l'Académie
Royale d'Architecture.
.
Il fut posé le 17. Mars dernier , sur le
Maîtte Hôtel de l'Eglise de S. Jean en
Gréve , un groupe de Marbre , repré
sentant le Baptême , que Jesus- Chrift obli
1. Vol gc
JUI N. 1731 1343
e SaintJean de lui donner ; chaque fi
gure ayant cinq pieds neuf pouces de
proportion. Notre Seigneur est du côté
de l'Evangile , un genouil sur le coin d'u
ne Roche , les mains croisées sur l'estomac,
s'inclinant vers Saint Jean pour recevoir
le Baptême. Saint Jean est debout de
l'autre côté , versant de l'Eau avec une
coquille sur la Tête du Sauveur. Il paroît
dans un respectueux étonnement de ce
que son Maître lui demande ce qu'il de
vroit recevoir de lui . Ces deux Figures
se groupent avec le Rocher d'où sort la
Source du Jourdain : ce qui fait un excel
lent morceau dans le grand et dans le
simple , dont les connoisseurs les plus
délicats sont satisfaits . On saisit surtout
avec plaisir l'expression que l'habile Scul
pteur a sçû mettre dans la Teste du Christ
et de S. Jean , pour marquer sensible
`ment , et sans outrer , la difference de la
natute divine & de la nature humaine.
Ce monument dont M. Esnault , Curé
de la Paroisse de Saint Jean , a voulu dé
corer son Eglise , a été fait par Jean- Bap
ptiste le Moyne Fils , Sculpteur de l'Aca
démie Royale , agé de vingt six ans , le
quel n'a été que deux ans et demi à faire
cet Ouvrage.
Le Sieur le Moyne vient d'être choisi
I. Vol.
pour
7344 MERCURE DE FRANCE
pour fondre une Statue Equestre du Roy
que la Ville de Bordeaux doit faire éle
ver dans une place que l'on construit ex
près , et dont M. Gabriel , Premier Ar
chitecte du Roy , a donné les desseins.
Lorsque que cet Ouvrage sera plus avan
cé nous en donnerons une Description .
Nous sommes priez de demander
aux personnes versées dans les étymo
logies ou origines de certaines expres
sions , qui sont d'un usage familier dans
notre langue , la raison ou le fonde
ment des termes suivans. De longue main.
Qui refuse muse. Couper l'herbe sous les pieds.
Lafoire n'est pas sur le Pont. J'ai une dent
contre lui. Il ont eu castille ensemble . Faire
des Châteaux en Espagne . Tourner la Truye
aufoin. La vache a bon pied. Nul n'est
Prophete en son Païs , &c. et autres comme
venu la gueule enfarinée . Connu comme le
Loupgris , et autres semblables manieres
de parler , dont la taison , ou l'allegoric
ne se presente pas à l'esprit.
On apprend d'Amsterdam , qu'on y vendra
publiquement le 15. Aoust prochain , le fameux
Cabinet de feu M. Jacob Walravin , consistant
en une collection d'Agathes Orientales , aussi ra
res que belles , peintes interieurement par arti
fice , et non peintes , plaques et autres Pieces ex
=
I. Vol. traor
JUIN. 1731 . 1345
traordinaire. Pierres gravées en creux et en relief,
& c.
JEAN SWART , Libraire à la Haye , y ven
dra publiquement au mois de Septembre prochain,
un fameux Cabinet de Coquilles , Ecailles Co
rails , Plantes et insectes Maritimes , des Coquil
les ou Ecailles très-bien et très - ingênieusement
gravées par le célebre Belleguin, de très belles Fi
gures en Yvoire et en Bois , de Pierres antiques en
agathe, onix,sardoine , cornalines,sur tout des Tê
tes ; Bassins et Soucoupes d'Agathe et de Jaspe ;
quantité de Mineraux , &c Les Curieux qui
voudront acheter quelques morceaux à la main ,
pourront s'addresser au sieur Swart , qui leur en
fera bonne composition.
On donne Avis au Pablic , que le sieur Pierre
Martin , Négociant à Cette , vient de composer
une Liqueur,qu'on appelle Eau délicieuse , qui est
supérieure en bonté à toutes celles qu'on a faites
jusqu'à present ; elle imite parfaitement bien la
véritable Eau de Barbarde , et elle est admirable
pour les meaux d'Estomac et pour la Colique , elle
ne se vend que IS. fla Bouteille, qui contient en
viron le demi - Septier de Paris , et la demi- Bou
teille 8. f. Ceux qui en souhaiteront , pourront
s'addresser à quelqu'un à Cette , ou à Montpel
lier , ou à droiture au Sieur Martin , qui leur en
fera tenir à l'endroit où ils voudront.
1346 MERCURE DE FRANCE
*** $$3
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
Du
Buisson.
Artist
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
17
CORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
,
DLS
Si
1
C
A
C
V
R
C
Jo
a
ti
1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
Fermer
Résumé : Essay Médicophysique sur la Saignée, [titre d'après la table]
En juin 1731, plusieurs publications et événements marquants sont rapportés. Un ouvrage intitulé 'Essai de la Médico-physique sur les effets de la Saignée' est annoncé. Cet essai, structuré en trois parties, examine les principes mécaniques et hydrauliques des effets de la saignée, les impacts spécifiques de chaque saignée, et conteste des ouvrages récents sur le sujet. L'auteur y décrit également une machine reproduisant la circulation naturelle et les phénomènes associés, tels que le battement du cœur et la pulsation des artères. Par ailleurs, le 'Recueil de Danses de Ville pour l'Année 1731' est publié par M. Blondy, avec la musique gravée par J. L. Renou. L'Abbé de la Grive publie la seconde feuille de sa carte des environs de Paris, couvrant le cours de la Marne et divers villages. Dans le domaine des arts, M. Servandoni, peintre et architecte, est reçu à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture pour ses œuvres, notamment les décorations d'opéra. Une sculpture représentant le baptême de Jésus par Saint Jean est installée dans l'église de Saint-Jean-en-Grève, réalisée par Jean-Baptiste le Moyne Fils. Le texte mentionne également des collections de pierres précieuses et de coquillages mises en vente à Amsterdam et à La Haye. Enfin, une liqueur appelée 'Eau délicieuse' est annoncée par le sieur Pierre Martin, présentée comme efficace contre les maux d'estomac et la colique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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286
p. 1346-1347
MUSETTE EN RONDEAU.
Début :
Charmantes Prairies, [...]
Mots clefs :
Prairies, Bergeries, Gazons, Bocage, Ramage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSETTE EN RONDEAU.
MUSETTE EN RONDEAU.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
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1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
CHarmantes Harmantes Prairies ,
Fleuries ,
Azile des Amours ,
De nos Bergeries
Cheries ,
Vous faites les beaux jours .
J
Le matin , dès l'Aurore ,
Sur vos Gazons naissans ,
On voit éclore ,
Les presens de Flore ,
Doux objets de nos sens :
Et sous ce frais Bocage ,
On entend le ramage
Des Oiseaux innocens.
Charmantes Prairies ,
Fleuries , &c.
Dans ces beaux lieux paisibles ,
Nous vivons heureux ;
Les Bergeres sensibles ,
Ecoutent nos voeux ,
I. Vol.
Et
Juin
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1
JUIN.
*347 1731.
Et sans allarmes ,
Nous goutons les charmes ,
De nos tendres feux.
Charmantes Prairies , &c.
Dans ces libres Retraites ,
Les Bergers d'alentour ,
Sur leurs douces Musettes ,
Répetent tour
Charmantes Prairies ,
à tour >
Fleuries ,
Aziles des Amours ,
De nos Bergeries ,
Cheries ,
Vous faites les beaux jours.
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Résumé : MUSETTE EN RONDEAU.
Le texte 'Musette en Rondeau' vante la beauté et la sérénité des prairies fleuries, décrites comme des 'charmantes' et des 'aziles des Amours'. Ces lieux sont appréciés pour leur capacité à offrir des jours heureux et à inspirer des sentiments amoureux. Au matin, dès l'aube, les prairies se couvrent de fleurs, procurant des plaisirs sensoriels. Sous un bocage frais, on entend le chant des oiseaux innocents. Dans ces lieux paisibles, les bergères sensibles écoutent les vœux des bergers, et tous vivent heureux sans alarmes, savourant les charmes de leurs tendres feux. Les bergers des environs jouent de la musette, répétant les louanges des prairies. Le texte est daté du 1er juin et provient de la New York Public Library et de la Cork Public Library, grâce aux fondations Astor, Lenox et Tilden.
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287
p. 1533-1535
Le Théatre des Passions et de la Fortune, [titre d'après la table]
Début :
LE THEATRE DES PASSIONS ET DE LA FORTUNE, ou les Aventures surprenantes [...]
Mots clefs :
Aventures, Peinture des passions, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Théatre des Passions et de la Fortune, [titre d'après la table]
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS , &c.
LF
E THEATRE DES PASSIONS ET DE LA
FORTUNE , ou les Avantures surpre
nantes de Rosamidor et de Théoglaphyre ,
Histoire Australe. Par M. de Castera. A
Paris , rue S. Jacques , chez Henry , 1731 .
in 12.de 352. pages , sans l'Epitre au Com
te de Clermont , et sans la Préface.
Ce Livre est un tissu d'Avantures assez
nouvelles ; l'Auteur s'est proposé d'y faire
une peinture des Passions les plus vives ,
qui puissent agiter le coeur humain , et
de montrer dans quels précipices elles
nous entraînent , lorsqu'aucun frein ne
les arrête ; mais comme dans un Tableau
les ombres et le clair se prêtent mutuel
lement de la force , il a pris soin d'op
II. Vol, F poser
1534 MERCURE DE FRANCE
poser au vice differens caracteres de vertu ,
afin qu'en voyant ce qu'on doit imiter ,
on envisage avec plus d'horreur les éga
remens qu'on doit fuir ; au reste , ceci
n'est point un Roman , c'est un Recueil
de plusieurs évenemens veritables , dont
les principaux ont été puisez dans l'His
toire Anecdote du quinziéme siecle , mais
ils sont rapportez sous des noms qui les
déguisent , et qui pour la plûpart dérivent
du Grec et du Latin ; ainsi ces noms ont
une valeur secrette , qui est proportion
née aux lieux ou aux personnages dont il
s'agit ; par exemple , on a nommé Charles
Quint Laocrator , comme qui diroit Mo
narque , qui tient beaucoup de peuples
sous sa domination . Le Corsaire Barbe
rousse , est appellé Rufopogon , mot qui
signifie effectivement Barberousse , ainsi
des autres. En cela on a suivi la Méthode
de Thomas Morus , dans son Utopie , et
Barclay dans le fameux Roman d'Agénis .
Les Sçavans auront le plaisir de dévelop
per le sens de ces noms , qui ne sont point
jettez au hazard , et d'en faire une juste
application ; ceux qui n'entendent ni
Grec ni Latin , n'auront qu'à les prendre
pour des noms imaginaires , tels que ceux
qu'on trouve souvent dans Cléopatre
dans Pharamond et dans la Cassandre ;
1
*
II. Vol.
cela
JUIN. 1731. 1535
cela ne les arrêtera point dans leur lecture;
le style est poëtique , parce que tout l'Ou
vrage n'est qu'une narration faite par un
Philosophe Indien à un jeune Roi qu'il
veut instruire en l'amusant ; chacun sçait
que les Orientaux aiment l'emphase et les
expressions figurées.
ELOGE DE L'AMOUR , dédié à Cupidon .
Par M. A. C ** A Paris , chez Charles
Guillaume, rue du Hurepoix , au Pont sains
Michel , 1731.
DES BEAUX ARTS , &c.
LF
E THEATRE DES PASSIONS ET DE LA
FORTUNE , ou les Avantures surpre
nantes de Rosamidor et de Théoglaphyre ,
Histoire Australe. Par M. de Castera. A
Paris , rue S. Jacques , chez Henry , 1731 .
in 12.de 352. pages , sans l'Epitre au Com
te de Clermont , et sans la Préface.
Ce Livre est un tissu d'Avantures assez
nouvelles ; l'Auteur s'est proposé d'y faire
une peinture des Passions les plus vives ,
qui puissent agiter le coeur humain , et
de montrer dans quels précipices elles
nous entraînent , lorsqu'aucun frein ne
les arrête ; mais comme dans un Tableau
les ombres et le clair se prêtent mutuel
lement de la force , il a pris soin d'op
II. Vol, F poser
1534 MERCURE DE FRANCE
poser au vice differens caracteres de vertu ,
afin qu'en voyant ce qu'on doit imiter ,
on envisage avec plus d'horreur les éga
remens qu'on doit fuir ; au reste , ceci
n'est point un Roman , c'est un Recueil
de plusieurs évenemens veritables , dont
les principaux ont été puisez dans l'His
toire Anecdote du quinziéme siecle , mais
ils sont rapportez sous des noms qui les
déguisent , et qui pour la plûpart dérivent
du Grec et du Latin ; ainsi ces noms ont
une valeur secrette , qui est proportion
née aux lieux ou aux personnages dont il
s'agit ; par exemple , on a nommé Charles
Quint Laocrator , comme qui diroit Mo
narque , qui tient beaucoup de peuples
sous sa domination . Le Corsaire Barbe
rousse , est appellé Rufopogon , mot qui
signifie effectivement Barberousse , ainsi
des autres. En cela on a suivi la Méthode
de Thomas Morus , dans son Utopie , et
Barclay dans le fameux Roman d'Agénis .
Les Sçavans auront le plaisir de dévelop
per le sens de ces noms , qui ne sont point
jettez au hazard , et d'en faire une juste
application ; ceux qui n'entendent ni
Grec ni Latin , n'auront qu'à les prendre
pour des noms imaginaires , tels que ceux
qu'on trouve souvent dans Cléopatre
dans Pharamond et dans la Cassandre ;
1
*
II. Vol.
cela
JUIN. 1731. 1535
cela ne les arrêtera point dans leur lecture;
le style est poëtique , parce que tout l'Ou
vrage n'est qu'une narration faite par un
Philosophe Indien à un jeune Roi qu'il
veut instruire en l'amusant ; chacun sçait
que les Orientaux aiment l'emphase et les
expressions figurées.
ELOGE DE L'AMOUR , dédié à Cupidon .
Par M. A. C ** A Paris , chez Charles
Guillaume, rue du Hurepoix , au Pont sains
Michel , 1731.
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Résumé : Le Théatre des Passions et de la Fortune, [titre d'après la table]
Le texte présente deux ouvrages littéraires. Le premier, 'Le Théâtre des Passions et de la Fortune, ou les Aventures surprenantes de Rosamidor et de Théoglaphyre', est une histoire australe écrite par M. de Castera et publiée à Paris en 1731. Ce livre relate des aventures nouvelles et vise à dépeindre les passions humaines les plus intenses et leurs conséquences. L'auteur oppose le vice à divers caractères de vertu pour souligner les comportements à imiter et à éviter. Bien que présenté comme un recueil d'événements véridiques, les principaux faits sont tirés de l'histoire anecdotique du quinzième siècle, mais sont narrés sous des noms grecs et latins pour les déguiser. Par exemple, Charles Quint est nommé Laocrator, et le corsaire Barberousse est appelé Rufopogon. Cette méthode de nomination suit les exemples de Thomas Morus et Barclay. Le style de l'ouvrage est poétique, car il s'agit d'une narration faite par un philosophe indien à un jeune roi. Le second ouvrage mentionné est 'Éloge de l'Amour, dédié à Cupidon', écrit par M. A. C ** et publié à Paris en 1731.
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288
p. 1538-1541
Discours pour servir de Plan à l'Histoire du Gévaudan, [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS pour servir de Plan à l'Histoire naturelle du Gévaudan, lû à [...]
Mots clefs :
Histoire naturelle du Gévaudan, Médecine, Poissons, Perles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours pour servir de Plan à l'Histoire du Gévaudan, [titre d'après la table]
DISCOURS pour servir de Plan à
Histoire naturelle du Gévaudan , lû à
Assemblée des Etats de ce Diocèse , par
M. Samuel Blanquet , Docteur en Mede
cine de la Faculté de Montpellier , et Me
decin du Roi, le 13. Février 1730. A Men
de , de l'Imprimerie de la Veuve de Jacques
Roy.
Ce n'est que depuis peu que ce Discours
nous est tombé entre les mains. L'Auteur,
après un court Exorde qui fait connoître
son amour pour la Partie et son zele
pour
II. Vol. P'uulité
JUIN. 1731. 1539
P'utilité publique , nous apprend qu'il
donna en 1718. un petit Traité sur les
Eaux Minerales ; il fut en cela approuvé
par M. de la Salle , alors Evêque de Men
de , et les Analyses qu'il fit des differen
tes Sources qui sont dans ce Diocèse ,
furent trouvées justes et exactes par plu
sieurs sçavans Medecins , et sur tout par
M. Andry.
Ces premiers Essais encouragerent
M. Blanquet à travailler à l'Histoire na
turelle du Gévaudan , par rapport à la
Medecine , persuadé que ce n'est pas asez,
à un Medecin d'avoir une connoissance
generale de cette Science , s'il n'en sçait
faire une application particuliere au cli
mat qu'il habite , & c . Notre Medecin s'é
tend beaucoup là - dessus , et dit de fort
bonnes choses.
Tels furent , ajoûte- t'il , les motifs qui
me porterent à travailler à l'Histoire na
turelle du Gévaudan. La grandeur de
l'entreprise , et la difficulté de l'execu
tion m'ont tenu long-tems en suspens ,
et j'avois même abandonné mon Projets
mais enfin les ordres de notre illutre Pré
lat , qui m'a fait l'honneur de croire que
j'étois capable de les exécuter , ont été
un motif bien plus puissant pour m'en
M.de Choiseul- Beaupré , Evêque de Mende.
II. Vol. Fiiij gager
1540 MERCURE DE FRANCE
gager de nouveau à ce travail , que tous
ceux qui me l'avoient fait entreprendre .
L'Auteur rend ensuite compte du Plan
qu'il a formé pour l'éxecution de son Ou
vrage , Plan qui paroît bien imaginé , et
qui fait souhaiter son exécution ; car
M. Blanquet n'omet rien de tout ce qui
doit entrer naturellement dans un tel
dessein on en jugera par une partie de
ses Promesses que nous allons rapporter
dans ses propres termes .
>> Je n'oublierai pas , dit-il , en finissant
"son Discours , les excellens Poissons
» qu'on pêche dans nos Rivieres ; les
>> Perles qu'on trouve dans quelques Ruis
» seaux , les differentes Mines et les con
>> cretions que l'on découvre en plusieurs
» endroits. Enfin , Messieurs , je ne négli
»gerai rien de ce qui peut rendre cette
>>Histoire utile et agréable. Sa varieté fera
» la plus grande partie de son mérite et
» de sa beauté.... Je ferai mon possible
» pour la donner au Public incessamment;
»je prie enfin tous les Mrs qui composent
>> cette illustre Assemblée , de me com
» muniquer ce qu'ils connoîtront de par
» ticulier dans leurs contrées , qui puisse
avoir quelque rapport à mon sujet ; de
» mon côté je n'épargnerai ni voyages ni
soins pour ne rien oublier de tout ce
Ila Vola
qui
P
H
C
lu
V
de
au
de
EL
M.
Ro
gle
the
Led
leg
Tta
qu
tes
aut
met
JUIN. 1731. 154 &
C
qui peut perfectionner cet Ouvrage.
Il seroit à souhaiter que dans chaque
Province il y. eût des personnes qui avec
les talens de M. Blanquet , voulussent
aussi , comme lui , mettre la main à l'oeu
vre , et écrire une semblable Histoire de
leur Pays ce seroit le moyen d'avoir en
peu de tems un Corps complet d'His
toire naturelle de ce grand Royaume ,
Histoire que M" de l'Académie des Scien
ces pourroient rendre parfaite par leurs,
lumieres , en leur communiquant les Ou
vrages particuliers avant l'impression .
Histoire naturelle du Gévaudan , lû à
Assemblée des Etats de ce Diocèse , par
M. Samuel Blanquet , Docteur en Mede
cine de la Faculté de Montpellier , et Me
decin du Roi, le 13. Février 1730. A Men
de , de l'Imprimerie de la Veuve de Jacques
Roy.
Ce n'est que depuis peu que ce Discours
nous est tombé entre les mains. L'Auteur,
après un court Exorde qui fait connoître
son amour pour la Partie et son zele
pour
II. Vol. P'uulité
JUIN. 1731. 1539
P'utilité publique , nous apprend qu'il
donna en 1718. un petit Traité sur les
Eaux Minerales ; il fut en cela approuvé
par M. de la Salle , alors Evêque de Men
de , et les Analyses qu'il fit des differen
tes Sources qui sont dans ce Diocèse ,
furent trouvées justes et exactes par plu
sieurs sçavans Medecins , et sur tout par
M. Andry.
Ces premiers Essais encouragerent
M. Blanquet à travailler à l'Histoire na
turelle du Gévaudan , par rapport à la
Medecine , persuadé que ce n'est pas asez,
à un Medecin d'avoir une connoissance
generale de cette Science , s'il n'en sçait
faire une application particuliere au cli
mat qu'il habite , & c . Notre Medecin s'é
tend beaucoup là - dessus , et dit de fort
bonnes choses.
Tels furent , ajoûte- t'il , les motifs qui
me porterent à travailler à l'Histoire na
turelle du Gévaudan. La grandeur de
l'entreprise , et la difficulté de l'execu
tion m'ont tenu long-tems en suspens ,
et j'avois même abandonné mon Projets
mais enfin les ordres de notre illutre Pré
lat , qui m'a fait l'honneur de croire que
j'étois capable de les exécuter , ont été
un motif bien plus puissant pour m'en
M.de Choiseul- Beaupré , Evêque de Mende.
II. Vol. Fiiij gager
1540 MERCURE DE FRANCE
gager de nouveau à ce travail , que tous
ceux qui me l'avoient fait entreprendre .
L'Auteur rend ensuite compte du Plan
qu'il a formé pour l'éxecution de son Ou
vrage , Plan qui paroît bien imaginé , et
qui fait souhaiter son exécution ; car
M. Blanquet n'omet rien de tout ce qui
doit entrer naturellement dans un tel
dessein on en jugera par une partie de
ses Promesses que nous allons rapporter
dans ses propres termes .
>> Je n'oublierai pas , dit-il , en finissant
"son Discours , les excellens Poissons
» qu'on pêche dans nos Rivieres ; les
>> Perles qu'on trouve dans quelques Ruis
» seaux , les differentes Mines et les con
>> cretions que l'on découvre en plusieurs
» endroits. Enfin , Messieurs , je ne négli
»gerai rien de ce qui peut rendre cette
>>Histoire utile et agréable. Sa varieté fera
» la plus grande partie de son mérite et
» de sa beauté.... Je ferai mon possible
» pour la donner au Public incessamment;
»je prie enfin tous les Mrs qui composent
>> cette illustre Assemblée , de me com
» muniquer ce qu'ils connoîtront de par
» ticulier dans leurs contrées , qui puisse
avoir quelque rapport à mon sujet ; de
» mon côté je n'épargnerai ni voyages ni
soins pour ne rien oublier de tout ce
Ila Vola
qui
P
H
C
lu
V
de
au
de
EL
M.
Ro
gle
the
Led
leg
Tta
qu
tes
aut
met
JUIN. 1731. 154 &
C
qui peut perfectionner cet Ouvrage.
Il seroit à souhaiter que dans chaque
Province il y. eût des personnes qui avec
les talens de M. Blanquet , voulussent
aussi , comme lui , mettre la main à l'oeu
vre , et écrire une semblable Histoire de
leur Pays ce seroit le moyen d'avoir en
peu de tems un Corps complet d'His
toire naturelle de ce grand Royaume ,
Histoire que M" de l'Académie des Scien
ces pourroient rendre parfaite par leurs,
lumieres , en leur communiquant les Ou
vrages particuliers avant l'impression .
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Résumé : Discours pour servir de Plan à l'Histoire du Gévaudan, [titre d'après la table]
Le 13 février 1730, Samuel Blanquet, Docteur en Médecine de la Faculté de Montpellier et Médecin du Roi, présente à l'Assemblée des États du Diocèse de Mende son projet d'écrire une 'Histoire naturelle du Gévaudan'. Il souligne l'importance pour un médecin de connaître et d'appliquer la science médicale en fonction du climat et de l'environnement local. Blanquet a déjà publié un traité sur les eaux minérales en 1718, approuvé par l'Évêque de Mende et des médecins éminents. Encouragé par ces succès et par l'Évêque de Mende, M. de Choiseul-Beaupré, il décide de se lancer dans ce nouvel ouvrage. Le plan de l'ouvrage inclut des descriptions des poissons des rivières, des perles, des mines et des concrétions de la région. Blanquet appelle les membres de l'assemblée à lui fournir des informations pertinentes et exprime son intention de voyager pour compléter son travail. Il suggère également que des personnes qualifiées dans chaque province entreprennent des projets similaires pour créer une histoire naturelle complète du royaume, que l'Académie des Sciences pourrait perfectionner.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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289
p. 1541-1544
Les Elemens de Mathématique de M. Varignon, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. Cochet, de la Maison et Société de Sorbonne, Professeur de Philosophie [...]
Mots clefs :
Maison et Société de Sorbonne, Mathématique, Algèbre, Arithmétique, Géométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Elemens de Mathématique de M. Varignon, &c. [titre d'après la table]
M. Cochet , de la Maison et Societé
de Sorbonne , Professeur de Philosophie:
au College des Quatre -Nations , vient
de donner au Public , en François , les
Elemens de Mathématique du celebre
M. de Varignon , &c. des Académies,
Royales des Sciences de France , d'Angleterre
et de Prusse , Professeur de Ma
thématique au College de Mazarin , et
Lecteur du Roi en Philosophie au Col
lege Royal ..
C'est un volume in 4. qui contient un
Traité abregé d'Algebre et d'Arithméti
que , qui peut servir d'introduction à tou
tes les parties des Mathématiques , et un
autre Traité des plus complers de la Géo
metrie Elementaire. E v
1542 MERCURE DE FRANCE
Le Traité d'Algebre d'Arithmétique est
divisé en quatre Livres , dont le premier
est de l'Addition , Soustraction , Multi
plication et Division ; le second , des Pro
portions et des Fractions ; on trouve dans
ce second Livre la Regle de Proportion
ou la Regle de Trois , qu'on appelle aussi
Regle d'Or , à cause de sa grande utili
té ; elle est expliquée de la façon la plus
simple et la plus intelligible , de même
que la Regle de Compagnie , et par les
principes qu'on établit dans ce second
Livre on peut aisément résoudre plusieurs
autres questions qu'on trouve dans ces
Traitez particuliers d'Arithmétique ; le
troisiénie Livre est de l'extraction des Ra
cines , et le quatrième des Equations . 7
Les Regles d'Arithmétique sont par
tout jointes à celle d'Algebre , pour faire
mieux sentir l'analogie qui est entr'elles.
Le Traité de Géométrie est divisé en
deux Parties dont la premiere est la Géo
metrie spéculative , ei la seconde , la Géo
métrie pratique.
La Geométrie speculative contient cinq
Livres dans le premier , on traite des
Lignes ; dans le second , des surfaces ;
dansle troisiéme , des Proportions ou des
Regles de compa : er , des grandeurs entre
elles ; dans le quatrième , des Proportions
II. Vol. des
JUIN. 1735.
1543
des lignes droites et des figures qu'elles
renferment ; dans le cinquième , des So
lides ou des Corps.
Tout ce qu'Euclide a dit des Propor
tions , se trouve renfermé dans sept Re
gles qui suffisent pour l'intelligence de
tout ce qui appartient aux Proportions
en general , et les démonstrations de ces
Regles sont si courtes , qu'elles sont con
tenues dans deux pages .
Toute la Trigonométrie est réduite à
trois Théorêmes , par le moyen desquels
on mesure toutes sortes de Triangles et
de figures rectilignes , et par consequent
toutes sortes d'étendues.
La Géométrie pratique, qui est la seconde
Partie, apprend à mesurer toute sorte d'é
tenduës, et comme toute Etenduë est ou li
gne, ou surface , ou solide, elle est divisée
en trois Chapitres ; le premier traite des
Lignes ; le second des Surfaces; le troisié
me des Solides our des Corps.
Les principes de Géométrie sont dé
veloppez dans cet Ouvrage avec tant de
justesse et d'exactitude , les propositions
y sont enchaînées d'une maniere si simple
et si naturelle , les démonstrations y sont
si courtes et si faciles , qu'on y recon noît
aisément la superiorité du génie de celui
qui en est Auteur. La Méthode qu'il a
F vj
II. Vol. su vic
1544 MERCURE DE FRANCE
suivie dans ces Elemens , le met parfai
tement à couvert des reproches qu'on fait
avec assez de fondement à quelques Géo
métres , en les accusant de manquer d'or
dre dans l'arrangement de leur matiere ;
il s'est étudié à mettre tout dans le plus
grand jour , et il ne s'est point épargné
le travail de l'arrangement , beaucoup
moins flatteur et souvent plus pénible
que celui de la production mêmes de- là
vient que nous avons si peu de bons Ele
mens de Mathématiques ,et que l'on peut
tirer un très- grand avantage de l'impres
sion de ceux de M. Varignon . Il les a tra
vaillez pendant plusieurs années avec tous
les soins et toute l'attention possible, pour
faciliter aux Commençans l'entrée dans
la Science des Mathématiques , qu'il pos
sedoit si parfaitement, et à laquelle il s'est
appliqué toute sa vie avec tant de succès
qu'il est parvenu à mériter le rang le
plus di tingué parmi les plus celebres Ma
thématiciens de l'Europe.
Cet Ouvrage de 155. pages , sans la
Table , la Préface et l'Epitre Dédicatoire à
S.A. S. M. le Comte de Clermont , est orné
de 22. grandes Planches et de grand nom
bre de figures . Il se vend à Paris , Quay
des Augustins , chez P. M. Brunet , 1731 .
de Sorbonne , Professeur de Philosophie:
au College des Quatre -Nations , vient
de donner au Public , en François , les
Elemens de Mathématique du celebre
M. de Varignon , &c. des Académies,
Royales des Sciences de France , d'Angleterre
et de Prusse , Professeur de Ma
thématique au College de Mazarin , et
Lecteur du Roi en Philosophie au Col
lege Royal ..
C'est un volume in 4. qui contient un
Traité abregé d'Algebre et d'Arithméti
que , qui peut servir d'introduction à tou
tes les parties des Mathématiques , et un
autre Traité des plus complers de la Géo
metrie Elementaire. E v
1542 MERCURE DE FRANCE
Le Traité d'Algebre d'Arithmétique est
divisé en quatre Livres , dont le premier
est de l'Addition , Soustraction , Multi
plication et Division ; le second , des Pro
portions et des Fractions ; on trouve dans
ce second Livre la Regle de Proportion
ou la Regle de Trois , qu'on appelle aussi
Regle d'Or , à cause de sa grande utili
té ; elle est expliquée de la façon la plus
simple et la plus intelligible , de même
que la Regle de Compagnie , et par les
principes qu'on établit dans ce second
Livre on peut aisément résoudre plusieurs
autres questions qu'on trouve dans ces
Traitez particuliers d'Arithmétique ; le
troisiénie Livre est de l'extraction des Ra
cines , et le quatrième des Equations . 7
Les Regles d'Arithmétique sont par
tout jointes à celle d'Algebre , pour faire
mieux sentir l'analogie qui est entr'elles.
Le Traité de Géométrie est divisé en
deux Parties dont la premiere est la Géo
metrie spéculative , ei la seconde , la Géo
métrie pratique.
La Geométrie speculative contient cinq
Livres dans le premier , on traite des
Lignes ; dans le second , des surfaces ;
dansle troisiéme , des Proportions ou des
Regles de compa : er , des grandeurs entre
elles ; dans le quatrième , des Proportions
II. Vol. des
JUIN. 1735.
1543
des lignes droites et des figures qu'elles
renferment ; dans le cinquième , des So
lides ou des Corps.
Tout ce qu'Euclide a dit des Propor
tions , se trouve renfermé dans sept Re
gles qui suffisent pour l'intelligence de
tout ce qui appartient aux Proportions
en general , et les démonstrations de ces
Regles sont si courtes , qu'elles sont con
tenues dans deux pages .
Toute la Trigonométrie est réduite à
trois Théorêmes , par le moyen desquels
on mesure toutes sortes de Triangles et
de figures rectilignes , et par consequent
toutes sortes d'étendues.
La Géométrie pratique, qui est la seconde
Partie, apprend à mesurer toute sorte d'é
tenduës, et comme toute Etenduë est ou li
gne, ou surface , ou solide, elle est divisée
en trois Chapitres ; le premier traite des
Lignes ; le second des Surfaces; le troisié
me des Solides our des Corps.
Les principes de Géométrie sont dé
veloppez dans cet Ouvrage avec tant de
justesse et d'exactitude , les propositions
y sont enchaînées d'une maniere si simple
et si naturelle , les démonstrations y sont
si courtes et si faciles , qu'on y recon noît
aisément la superiorité du génie de celui
qui en est Auteur. La Méthode qu'il a
F vj
II. Vol. su vic
1544 MERCURE DE FRANCE
suivie dans ces Elemens , le met parfai
tement à couvert des reproches qu'on fait
avec assez de fondement à quelques Géo
métres , en les accusant de manquer d'or
dre dans l'arrangement de leur matiere ;
il s'est étudié à mettre tout dans le plus
grand jour , et il ne s'est point épargné
le travail de l'arrangement , beaucoup
moins flatteur et souvent plus pénible
que celui de la production mêmes de- là
vient que nous avons si peu de bons Ele
mens de Mathématiques ,et que l'on peut
tirer un très- grand avantage de l'impres
sion de ceux de M. Varignon . Il les a tra
vaillez pendant plusieurs années avec tous
les soins et toute l'attention possible, pour
faciliter aux Commençans l'entrée dans
la Science des Mathématiques , qu'il pos
sedoit si parfaitement, et à laquelle il s'est
appliqué toute sa vie avec tant de succès
qu'il est parvenu à mériter le rang le
plus di tingué parmi les plus celebres Ma
thématiciens de l'Europe.
Cet Ouvrage de 155. pages , sans la
Table , la Préface et l'Epitre Dédicatoire à
S.A. S. M. le Comte de Clermont , est orné
de 22. grandes Planches et de grand nom
bre de figures . Il se vend à Paris , Quay
des Augustins , chez P. M. Brunet , 1731 .
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Résumé : Les Elemens de Mathématique de M. Varignon, &c. [titre d'après la table]
M. Cochet, professeur de philosophie au Collège des Quatre-Nations, a publié les 'Éléments de Mathématique' de M. de Varignon, académicien des sciences de France, d'Angleterre et de Prusse, professeur de mathématiques au Collège de Mazarin et lecteur du roi en philosophie au Collège Royal. Cet ouvrage, en format in-4, se compose d'un traité abrégé d'algèbre et d'arithmétique, servant d'introduction aux mathématiques, et d'un traité complet de géométrie élémentaire. Le traité d'algèbre et d'arithmétique est structuré en quatre livres. Le premier livre traite de l'addition, de la soustraction, de la multiplication et de la division. Le second livre aborde les proportions et les fractions, incluant la règle de proportion et la règle de compagnie. Le troisième livre concerne l'extraction des racines, et le quatrième traite des équations. Les règles d'arithmétique sont intégrées à celles de l'algèbre pour mieux en montrer l'analogie. Le traité de géométrie est divisé en deux parties : la géométrie spéculative et la géométrie pratique. La géométrie spéculative contient cinq livres traitant des lignes, des surfaces, des proportions, des figures et des solides. La trigonométrie est réduite à trois théorèmes permettant de mesurer divers triangles et figures. La géométrie pratique, divisée en trois chapitres, enseigne à mesurer les lignes, surfaces et solides. L'ouvrage est remarquable par la justesse et l'exactitude des principes de géométrie, la simplicité des propositions et la clarté des démonstrations. M. Varignon a travaillé plusieurs années sur cet ouvrage pour faciliter l'apprentissage des mathématiques. Le livre, de 155 pages, est illustré de 22 grandes planches et de nombreuses figures, et se vend à Paris chez P. M. Brunet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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290
p. 1535-1538
Memoire sur le Laminage du Plomb, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRE sur le Laminage de Plomb, Par M. Remond, de la Société des Arts. [...]
Mots clefs :
Laminage, Plomb, Machine, Laminoir, Académie des sciences, Société des arts, Académie d'architecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoire sur le Laminage du Plomb, [titre d'après la table]
MEMOIRE Sur le Laminage de Plomb ,
Par M. Remond , de la Societé des Arts.
A Paris , chez Pierre Prault , Quay de
Gêvres , au Paradis , Brochure in 4. de
48. pages.
M.Remond a rendu service au Public ,
en laissant imprimer cette Dissertation
en forme de Memoire sur la nouvelle Ma
nufacture de Plomb , établie ruë de Bercy ,
au Fauxbourg S. Antoine. On ne dira
plus qu'il en est du Laminage comme
de tant d'autres établissemens , que la
nouveauté seule fait valoir , qui ne sont
estimez qu'autant qu'ils restent inconnus ,
et qui ne se font connoître enfin que par
la ruine de ceux qui ont eu la foiblesse
de s'y livrer.
II. Vel
Fij M :
1536 MERCURE DE FRANCE
M. Remond explique si bien la cons
truction de la Machine dont on se sert
pour laminer le Plomb , les operations
de cette Machine et les effets qui en ré
sultent pour l'usage , qu'il n'y a que
la
prévention qui puisse faire douter encore
de l'utilité de cet établissement.
Tout le monde sçait que laminer un
Métal , c'est le réduire " d'une certaine
épaisseur à une moindre , par le secours
d'une forte compression .
L'Inventeur du Laminoir avoit trois
conditions essentielles à remplir. Le Plomb
par sa pesanteur est difficile à manier. Il
falloit vaincre cet obstacle. Ce Métal est
d'un usage commun ; on devroit songer
à le rendre le moins cruteux qu'il seroit
possible ; il est de peu de consistance 5
on avoit interêt que le Laminage ne lui
causât aucune altération . C'est à ces trois
points que M.Remond borne son examen .
Dans la premiere partie de son Me
moire , il donne le détail de toutes les
précautions que l'on a prises pour que la
pesanteur du Plomb ne fût pas un obsta
cle au Laminage ; moyennant ces précau
tions , c'est assez de six hommes pour
servir la Machine , et de six chevaux pour
la faire marcher toute l'année onze heu
res par jour.
II. Vol.
La
JUIN. 1731. 1537
La deuxième partie est destinée à prou
ver, que quoique le Plomb des Plombiers
soit un peu moins cher que celui de la
Manufacture , il y a cependant de l'épar
gne à se servir de ce dernier , 1. parce
que le Plomb des Plombiers n'étant ja
mais d'une épaisseur égale , on est tou
jours obligé d'acheter chez eux beaucoup
plus de matiere qu'on n'a besoin d'en em
ployer , inconvenient qu'on n'éprouve
point à la Manufacture , puisque les Ta
bles qu'elle fournit sont parfaitement éga
les dans toute leur épaisseur. 2 ° . Parce
que ces Tables étant une fois plus lon
gues et plus larges que les Tables ordinai
ses , on employera la moitié moins de
Soudure. 3 ° . Parce que l'on diminuë par
l'usage du Plomb laminé les frais de la
Charpente et des réparations .
L'Auteur démontre dans la troisième
Partie , que le Laminoir , bien loin de
détériorer le Plomb , le rend meilleur et
d'un service plus durable. Il réfute et
par le raisonnement et par l'experience,
toutes les objections qu'un Auteur ano
nyme avoit faites contre le Plomb de la.
Manufacture , dans un Ouvrage intitulé,
Observations sur le Plomb laminé.
Pour ne laisser rien à desirer sur cette
matiere , M. Remond a joint à sa Dis
II. Vol.
Fiij
serta
1538 MERCURE DE FRANCE
sertation les suffrages de tous ceux qui
sont en état de juger de la bonté et de l'u
tilité de ce nouvel établissement . Le Cer
tificat de l'Académie des Sciences , celui.
de la Societé des Arts , celui de l'Acadé
mie d'Architecture , et le Procès verbal
des Fontainiers du Roi . Toutes ces diffe
rentes Pieces confirment tout ce qui est dit
dans le Memoire . On trouve à la fin une
Lettre de M. le Comte de Broglio à M. le
Duc d'Antin , qui justifie l'avantage qu'on
a tiré de cet établissement en Angleterre ,
où cette Machine a pris naissance , et où
l'on ne se sert depuis le commencement
de ce siecle que de Plomb laminé ; au
reste ce Memoire est fort bien écrit , le
stile en est simple , coulant et précis.
Par M. Remond , de la Societé des Arts.
A Paris , chez Pierre Prault , Quay de
Gêvres , au Paradis , Brochure in 4. de
48. pages.
M.Remond a rendu service au Public ,
en laissant imprimer cette Dissertation
en forme de Memoire sur la nouvelle Ma
nufacture de Plomb , établie ruë de Bercy ,
au Fauxbourg S. Antoine. On ne dira
plus qu'il en est du Laminage comme
de tant d'autres établissemens , que la
nouveauté seule fait valoir , qui ne sont
estimez qu'autant qu'ils restent inconnus ,
et qui ne se font connoître enfin que par
la ruine de ceux qui ont eu la foiblesse
de s'y livrer.
II. Vel
Fij M :
1536 MERCURE DE FRANCE
M. Remond explique si bien la cons
truction de la Machine dont on se sert
pour laminer le Plomb , les operations
de cette Machine et les effets qui en ré
sultent pour l'usage , qu'il n'y a que
la
prévention qui puisse faire douter encore
de l'utilité de cet établissement.
Tout le monde sçait que laminer un
Métal , c'est le réduire " d'une certaine
épaisseur à une moindre , par le secours
d'une forte compression .
L'Inventeur du Laminoir avoit trois
conditions essentielles à remplir. Le Plomb
par sa pesanteur est difficile à manier. Il
falloit vaincre cet obstacle. Ce Métal est
d'un usage commun ; on devroit songer
à le rendre le moins cruteux qu'il seroit
possible ; il est de peu de consistance 5
on avoit interêt que le Laminage ne lui
causât aucune altération . C'est à ces trois
points que M.Remond borne son examen .
Dans la premiere partie de son Me
moire , il donne le détail de toutes les
précautions que l'on a prises pour que la
pesanteur du Plomb ne fût pas un obsta
cle au Laminage ; moyennant ces précau
tions , c'est assez de six hommes pour
servir la Machine , et de six chevaux pour
la faire marcher toute l'année onze heu
res par jour.
II. Vol.
La
JUIN. 1731. 1537
La deuxième partie est destinée à prou
ver, que quoique le Plomb des Plombiers
soit un peu moins cher que celui de la
Manufacture , il y a cependant de l'épar
gne à se servir de ce dernier , 1. parce
que le Plomb des Plombiers n'étant ja
mais d'une épaisseur égale , on est tou
jours obligé d'acheter chez eux beaucoup
plus de matiere qu'on n'a besoin d'en em
ployer , inconvenient qu'on n'éprouve
point à la Manufacture , puisque les Ta
bles qu'elle fournit sont parfaitement éga
les dans toute leur épaisseur. 2 ° . Parce
que ces Tables étant une fois plus lon
gues et plus larges que les Tables ordinai
ses , on employera la moitié moins de
Soudure. 3 ° . Parce que l'on diminuë par
l'usage du Plomb laminé les frais de la
Charpente et des réparations .
L'Auteur démontre dans la troisième
Partie , que le Laminoir , bien loin de
détériorer le Plomb , le rend meilleur et
d'un service plus durable. Il réfute et
par le raisonnement et par l'experience,
toutes les objections qu'un Auteur ano
nyme avoit faites contre le Plomb de la.
Manufacture , dans un Ouvrage intitulé,
Observations sur le Plomb laminé.
Pour ne laisser rien à desirer sur cette
matiere , M. Remond a joint à sa Dis
II. Vol.
Fiij
serta
1538 MERCURE DE FRANCE
sertation les suffrages de tous ceux qui
sont en état de juger de la bonté et de l'u
tilité de ce nouvel établissement . Le Cer
tificat de l'Académie des Sciences , celui.
de la Societé des Arts , celui de l'Acadé
mie d'Architecture , et le Procès verbal
des Fontainiers du Roi . Toutes ces diffe
rentes Pieces confirment tout ce qui est dit
dans le Memoire . On trouve à la fin une
Lettre de M. le Comte de Broglio à M. le
Duc d'Antin , qui justifie l'avantage qu'on
a tiré de cet établissement en Angleterre ,
où cette Machine a pris naissance , et où
l'on ne se sert depuis le commencement
de ce siecle que de Plomb laminé ; au
reste ce Memoire est fort bien écrit , le
stile en est simple , coulant et précis.
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Résumé : Memoire sur le Laminage du Plomb, [titre d'après la table]
Le mémoire de M. Remond, publié par Pierre Prault à Paris, traite du laminage du plomb dans une nouvelle manufacture située rue de Bercy. M. Remond y décrit la construction et le fonctionnement de la machine à laminer le plomb, ainsi que les avantages de ce procédé. Le laminage réduit l'épaisseur du métal par compression. L'inventeur a dû surmonter trois défis principaux : la pesanteur, le coût et la faible consistance du plomb. La première partie du mémoire explique les précautions prises pour gérer la pesanteur du plomb, permettant à six hommes et six chevaux de faire fonctionner la machine onze heures par jour. La deuxième partie démontre que, malgré un coût initial légèrement supérieur, le plomb laminé est plus économique à long terme, car il est d'épaisseur égale, réduit les besoins en soudure et diminue les frais de charpente et de réparations. La troisième partie réfute les objections contre le plomb laminé, prouvant qu'il est de meilleure qualité et plus durable. Le mémoire inclut des certificats de l'Académie des Sciences, de la Société des Arts, de l'Académie d'Architecture et des fontainiers du Roi, ainsi qu'une lettre du Comte de Broglio justifiant l'avantage de cette technologie en Angleterre. Le style du mémoire est simple, coulant et précis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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291
p. 1545-1551
Giornale de Litterati d'Italia, Tomo II. [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE DE' LETTERATI D'ITALIA, Tomo II, Anno 1710. Copia di [...]
Mots clefs :
Critique, Poème héroïque, Journalistes de Trévoux, Imitation, Langue italienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Giornale de Litterati d'Italia, Tomo II. [titre d'après la table]
GIORNALE DE' LETTERATI D'ITALIA. ,
Tomo I I. Anno 1710 .
Copia di LETTERA del Sig. LORENSQ
BELLINI , scritta al sig . Antonio Vallisnieri
nella quale mette in chiaro le vie dell' aria
che si trovano in ogni vuovo , notate ne?
heoi opuscoli nella digressione che fa , de
ovo , ovi aere , et respiratione in genere. ,
dopo la proposizione ottava.
JUSTI FONTANINI Forojuliensis , in Ro
mano Archigymnasio publici Eloquentia
Professoris , vindicia antiquorum diploma
tum adversus Bartholomai Germonii discep
tationem de veteribus Regum Francorum Di
plomatibus & c. Romæ 1705. in 49 .. Pag.
287.
pen
CONSIDERAZIONI sopra un famoso libro
franzese intitolato , la maniere de bien
ser dans les Ouvrages d'esprit &c. divise
in sette Dialoghi ne' quali s'agitano alcune
quistioni Rettoriche e Poetiche , e si difen
dono molti passi di Poeti , e di prosatori Ita
liani condannati dall' Autore Franzese, in
Bologna 1739. in 8º . Pag. 832 .
Le Marquis Gio : Giuseppe orsi , Au
teur de cet Ouvrage , s'attache principa
lement à déffendre les Auteurs de sa na
tion , de la critique qu'en a fait le P. Boù
hours dans sa maniere de bien penser sur
les ouvrages d'esprit. Il prétend prouver
II. Vol
qo
1546 MERCURE DE FRANCE
que ce Critique avoit peu de connoissan
ce des Auteurs Italiens , en faisant d'abord
remarquer , premierement que de tous
leurs Poëtes il n'a nommé qu'une fois en
passant Petrarque , et qu'au contraite il
allegue trés -souvent le Cavalier Marin
et plusieurs autres de plus mauvaise trem
pe , et que parmi les Prosateurs , il n'a
attaqué que ceux qui n'ont aucune ré
putation , secondement › par la bevûë
énorme qu'il a faite d'atribuer à l'Arioste
ces deux vers.
Cosi colui , del colpo nom accorto ,
Andava combattendo , ed era mortos
2
Qui sont du Bornia , ce qui fait tomber
toute sa Critique , puisque ce qui seroit
ridicule dans un Poëme heroïque , peut
fort bien trouver place dans un Poëme
Burlesque.
Della perfetta Poësia Italiana , spiegata:
e dimostrata con varie osservasioni da
LODOVICO ANTONIO MURATORI , tom pri
mo, in Modena 1705. in 4. pag. 599.
tom. secondo ivi , pag. 483 ..
Sur ce que M. Muratori avance ici que
c'est de France que le Cavalier Marini a
aporté en Italie le mauvais goût des.
pointes et des Concerti car ce fut là , dit
il , qu'il composa les ouvrages qui sont le
II. Vol. plus
JUIN . 1731 1547
plus en vogue ; les Journalistes de Tre
voux , dans l'Extrait qu'ils donnerent
pour lors (a ) de ce livre , firent cette ré
fléxion. » On ne peut s'empêcher de se
>> récrier contre l'injustice de cette con
» jecture : que l'on compare les Larmes
» de S. Pierre , traduites par Malherbe de
» l'Italien de Tensile avec les autres Ou
» vrages du Poëte François , on distingue
» ra bientôt le goût de la France des ma
» nieres Italienes . Le Cavalier Marini
» n'a gardé aucune mesure dans l'usage
» des faux brillans : mais il en avoit dans
» le Tasse même des modeles , qu'aucun
»Poëte François ne pouvoit lui fournir.
Là dessus le Journaliste Italien fait cette
digréssion . On avance ici , dit il , ( b )
autant d'erreurs que de paroles . Il est
hors de dout que le Cavalier Marin a
que
écrit en France la plus grande partie de
ses ouvrages , comme l'Alone , la Sam
pogna , la Galleria &c. de plus il est cer
tain qu'ils sont plus remplis d'aff· cta
tions , que ceux qu'il avoit composés:
auparavant , principalement les deux
premieres parties de la Lira dans lesquel
les il s'est moins écarté que dans les au
tres du bon goût Italien. Il est très cer
(a) Octob. 1707. Pag. 1817»
(b) Pag. 166.
11. Vol.
7548 MERCURE DE FRANCE
›
tain encore que quand il passa en France ,
il y trouva genéralement en usage une
maniere de Poësie enflée , pleine de poin
tes d'antitèses , de Latinismes et de
Grecismes , qu'on ne connoissoit point
encore en Italie. On en demeurera con
vaincu si on lit l'Auteur moderne ( a ).
de l'Histoire de la Poësie Françoise . Des
Portes , bon Poëte pour le tems où il a
écrit , fut le moins affecté de tous les
François qui l'avoient précedé , et ses
vers furent plus estimés que ceux de Ron
sard et des autres , parceque dans son
Voyage d'Italie il puisa le bon goût , et
P'apporta en France , où loin d'être con
nu , on n'en avoit pas seulement l'idée
ainsi pour un mauvais troc , nous donnâ
mes au François le bon de nôtre Poësie ,
et eux en échange , nous donnerent le
mauvais de la leur. A l'égard de ce que
les Journalistes disent des Larmes de S.
Pierre traduites par Malherbe , je réponds.
1 °. Que ce Poëme n'est pas veritable
men un ouvrage du Tansille sous le nom
duquel nous l'avons. Il commença à l'é
crire d'un stile trés- pur , comme on voit
par plusieurs Stances qu'il fit imprimer
de son vivant , mais il ne le finit point.
(a) L'Abbé Mervesin. Hist. de la Poësic
Fr. Paris . 1706 .
XI. Vol. Aprés
JUIN. 1731 . 1549
Aprés sa mort , un autre y mit la main ,
et l'acheva du mieux qu'il pût , juste
ment dans le tems que la réputation du
Marin commençoit à corrompre le genie
des Italiens . J'ajoûte que la version qu'en
fit Malherbe , ami intime du Cavalier
Marin , est un des amusemens de sa jeu
nesse , et qu'il a désavoüé dans la suite ,
(a ) et deplus qu'il y abien de la difference
à faire entre les ouvrages qu'un bon Au
teur a travaillés de source , et ceux qu'il
n'a fait que traduire. Enfin , qu'on fasse
attention que ce qu'il y a de meilleur
dans les Poësies de Malherbe , est une
imitation de nos bons Poëtes , Menage
en a allegué plusieurs exemples dans ses
Observations sur cet Auteur , comme
il a connu mieux qu'aucun François , la
beauté et la force de la Langue Italienne ,
aussi lui a t'il rendu plus de justice qu'au
cun autre. pour le Tasse , on a si bien
répondu aux critiques qu'on a faites de lui
sans raison , qu'il seroit inutile d'y rien
ajoûter.
-
Panegyrica Orationes veterum Oratorum .
Notis , ac Numismatibus illustravit , et Ita
licam Interpretationem adjecit LAURENTIUS
PATAROL Venetus. Venetiis , 1708. in 8º .
pag. 156.
(a) Menag. Observat. sur le x, liv. de Ma!
1
Gemme herbe.
1550 MERCURE DE FRANCE
Gemme antiche figurate , date ni lua
da Domenico de' Rossi colle sposizioni di
PAOLO ALESSANDRO MAFFEI , parte 2.
in Roma 1707. in 4. reale. le gemme so
no 103.le pag. 234.
On avertit à la fin de ce second volume
duJournal de Venise , que la vie de Bran
dano laquelle dans le premier on avoit
dit être imprimée , ne l'est point encore
par quelque empêchement qui est sur
venu .
-
La vie de Mahomet , traduite et com
pilée de l'Alcoran , des Traditions au
thentiques de la Sonna , et des meilleurs
Auteurs Arabes , par M. Jean Gagner,
Professeur des Langues Orientales à Ox
ford . A Amsterdam , chez les Wetsteins et
Smisth. 1731. 2. vol . in 12.
François Changuien , Libraire à Ams
terdam , a imprimé et débite une nou
velle édition des Caracteres deTheophraste ,
avec les Caracteres ou les moeurs de ce
Siecle. Par M. de la Bruyere , augmentée
de la déffense de M. de la Bruyere et de
ses caracteres , par M. Coste , 2. volume
in 12.
OEUVRES DE NIC - BOILEAU DESPREAUX ,
I
(
II. Vol. avec
JUIN. 17314 1551
avec des éclaircissemens Historiques don
nés par lui -même , nouvelle Edition
revue , corrigée et augmentée de diver
ses Remarques , enrichie de figures nou
vellement gravées par Bernard Picart le
Romain , 2. vol . in fol . et 4. vol . in 12 .
Amsterd, chez le même.
On nous écrit de Venise , qu'on vient
d'imprimer en cette Ville toutes les Oeu
vres du Cardinal Bembe , 3. vol . in folio ,
et que cette Edition est magnifique.
D'Aix en Provence. Il a passé ici un Ita
lien chargé de 240. Medaillons en Or , en
Argent et en Bronze , d'une beauté et d'u
ne conservation ( admirables. Ils viennent
des Cabinets Carpegna, de Maximis , Saba
tini &c. Il n'y a gueres que des Princes
ou des grands Seigneurs qui puissent ac
querir ce Trésor d'Antiquité car on
ne veut point les partager , et on de
mande trois mille Louis d'or du total.
Tomo I I. Anno 1710 .
Copia di LETTERA del Sig. LORENSQ
BELLINI , scritta al sig . Antonio Vallisnieri
nella quale mette in chiaro le vie dell' aria
che si trovano in ogni vuovo , notate ne?
heoi opuscoli nella digressione che fa , de
ovo , ovi aere , et respiratione in genere. ,
dopo la proposizione ottava.
JUSTI FONTANINI Forojuliensis , in Ro
mano Archigymnasio publici Eloquentia
Professoris , vindicia antiquorum diploma
tum adversus Bartholomai Germonii discep
tationem de veteribus Regum Francorum Di
plomatibus & c. Romæ 1705. in 49 .. Pag.
287.
pen
CONSIDERAZIONI sopra un famoso libro
franzese intitolato , la maniere de bien
ser dans les Ouvrages d'esprit &c. divise
in sette Dialoghi ne' quali s'agitano alcune
quistioni Rettoriche e Poetiche , e si difen
dono molti passi di Poeti , e di prosatori Ita
liani condannati dall' Autore Franzese, in
Bologna 1739. in 8º . Pag. 832 .
Le Marquis Gio : Giuseppe orsi , Au
teur de cet Ouvrage , s'attache principa
lement à déffendre les Auteurs de sa na
tion , de la critique qu'en a fait le P. Boù
hours dans sa maniere de bien penser sur
les ouvrages d'esprit. Il prétend prouver
II. Vol
qo
1546 MERCURE DE FRANCE
que ce Critique avoit peu de connoissan
ce des Auteurs Italiens , en faisant d'abord
remarquer , premierement que de tous
leurs Poëtes il n'a nommé qu'une fois en
passant Petrarque , et qu'au contraite il
allegue trés -souvent le Cavalier Marin
et plusieurs autres de plus mauvaise trem
pe , et que parmi les Prosateurs , il n'a
attaqué que ceux qui n'ont aucune ré
putation , secondement › par la bevûë
énorme qu'il a faite d'atribuer à l'Arioste
ces deux vers.
Cosi colui , del colpo nom accorto ,
Andava combattendo , ed era mortos
2
Qui sont du Bornia , ce qui fait tomber
toute sa Critique , puisque ce qui seroit
ridicule dans un Poëme heroïque , peut
fort bien trouver place dans un Poëme
Burlesque.
Della perfetta Poësia Italiana , spiegata:
e dimostrata con varie osservasioni da
LODOVICO ANTONIO MURATORI , tom pri
mo, in Modena 1705. in 4. pag. 599.
tom. secondo ivi , pag. 483 ..
Sur ce que M. Muratori avance ici que
c'est de France que le Cavalier Marini a
aporté en Italie le mauvais goût des.
pointes et des Concerti car ce fut là , dit
il , qu'il composa les ouvrages qui sont le
II. Vol. plus
JUIN . 1731 1547
plus en vogue ; les Journalistes de Tre
voux , dans l'Extrait qu'ils donnerent
pour lors (a ) de ce livre , firent cette ré
fléxion. » On ne peut s'empêcher de se
>> récrier contre l'injustice de cette con
» jecture : que l'on compare les Larmes
» de S. Pierre , traduites par Malherbe de
» l'Italien de Tensile avec les autres Ou
» vrages du Poëte François , on distingue
» ra bientôt le goût de la France des ma
» nieres Italienes . Le Cavalier Marini
» n'a gardé aucune mesure dans l'usage
» des faux brillans : mais il en avoit dans
» le Tasse même des modeles , qu'aucun
»Poëte François ne pouvoit lui fournir.
Là dessus le Journaliste Italien fait cette
digréssion . On avance ici , dit il , ( b )
autant d'erreurs que de paroles . Il est
hors de dout que le Cavalier Marin a
que
écrit en France la plus grande partie de
ses ouvrages , comme l'Alone , la Sam
pogna , la Galleria &c. de plus il est cer
tain qu'ils sont plus remplis d'aff· cta
tions , que ceux qu'il avoit composés:
auparavant , principalement les deux
premieres parties de la Lira dans lesquel
les il s'est moins écarté que dans les au
tres du bon goût Italien. Il est très cer
(a) Octob. 1707. Pag. 1817»
(b) Pag. 166.
11. Vol.
7548 MERCURE DE FRANCE
›
tain encore que quand il passa en France ,
il y trouva genéralement en usage une
maniere de Poësie enflée , pleine de poin
tes d'antitèses , de Latinismes et de
Grecismes , qu'on ne connoissoit point
encore en Italie. On en demeurera con
vaincu si on lit l'Auteur moderne ( a ).
de l'Histoire de la Poësie Françoise . Des
Portes , bon Poëte pour le tems où il a
écrit , fut le moins affecté de tous les
François qui l'avoient précedé , et ses
vers furent plus estimés que ceux de Ron
sard et des autres , parceque dans son
Voyage d'Italie il puisa le bon goût , et
P'apporta en France , où loin d'être con
nu , on n'en avoit pas seulement l'idée
ainsi pour un mauvais troc , nous donnâ
mes au François le bon de nôtre Poësie ,
et eux en échange , nous donnerent le
mauvais de la leur. A l'égard de ce que
les Journalistes disent des Larmes de S.
Pierre traduites par Malherbe , je réponds.
1 °. Que ce Poëme n'est pas veritable
men un ouvrage du Tansille sous le nom
duquel nous l'avons. Il commença à l'é
crire d'un stile trés- pur , comme on voit
par plusieurs Stances qu'il fit imprimer
de son vivant , mais il ne le finit point.
(a) L'Abbé Mervesin. Hist. de la Poësic
Fr. Paris . 1706 .
XI. Vol. Aprés
JUIN. 1731 . 1549
Aprés sa mort , un autre y mit la main ,
et l'acheva du mieux qu'il pût , juste
ment dans le tems que la réputation du
Marin commençoit à corrompre le genie
des Italiens . J'ajoûte que la version qu'en
fit Malherbe , ami intime du Cavalier
Marin , est un des amusemens de sa jeu
nesse , et qu'il a désavoüé dans la suite ,
(a ) et deplus qu'il y abien de la difference
à faire entre les ouvrages qu'un bon Au
teur a travaillés de source , et ceux qu'il
n'a fait que traduire. Enfin , qu'on fasse
attention que ce qu'il y a de meilleur
dans les Poësies de Malherbe , est une
imitation de nos bons Poëtes , Menage
en a allegué plusieurs exemples dans ses
Observations sur cet Auteur , comme
il a connu mieux qu'aucun François , la
beauté et la force de la Langue Italienne ,
aussi lui a t'il rendu plus de justice qu'au
cun autre. pour le Tasse , on a si bien
répondu aux critiques qu'on a faites de lui
sans raison , qu'il seroit inutile d'y rien
ajoûter.
-
Panegyrica Orationes veterum Oratorum .
Notis , ac Numismatibus illustravit , et Ita
licam Interpretationem adjecit LAURENTIUS
PATAROL Venetus. Venetiis , 1708. in 8º .
pag. 156.
(a) Menag. Observat. sur le x, liv. de Ma!
1
Gemme herbe.
1550 MERCURE DE FRANCE
Gemme antiche figurate , date ni lua
da Domenico de' Rossi colle sposizioni di
PAOLO ALESSANDRO MAFFEI , parte 2.
in Roma 1707. in 4. reale. le gemme so
no 103.le pag. 234.
On avertit à la fin de ce second volume
duJournal de Venise , que la vie de Bran
dano laquelle dans le premier on avoit
dit être imprimée , ne l'est point encore
par quelque empêchement qui est sur
venu .
-
La vie de Mahomet , traduite et com
pilée de l'Alcoran , des Traditions au
thentiques de la Sonna , et des meilleurs
Auteurs Arabes , par M. Jean Gagner,
Professeur des Langues Orientales à Ox
ford . A Amsterdam , chez les Wetsteins et
Smisth. 1731. 2. vol . in 12.
François Changuien , Libraire à Ams
terdam , a imprimé et débite une nou
velle édition des Caracteres deTheophraste ,
avec les Caracteres ou les moeurs de ce
Siecle. Par M. de la Bruyere , augmentée
de la déffense de M. de la Bruyere et de
ses caracteres , par M. Coste , 2. volume
in 12.
OEUVRES DE NIC - BOILEAU DESPREAUX ,
I
(
II. Vol. avec
JUIN. 17314 1551
avec des éclaircissemens Historiques don
nés par lui -même , nouvelle Edition
revue , corrigée et augmentée de diver
ses Remarques , enrichie de figures nou
vellement gravées par Bernard Picart le
Romain , 2. vol . in fol . et 4. vol . in 12 .
Amsterd, chez le même.
On nous écrit de Venise , qu'on vient
d'imprimer en cette Ville toutes les Oeu
vres du Cardinal Bembe , 3. vol . in folio ,
et que cette Edition est magnifique.
D'Aix en Provence. Il a passé ici un Ita
lien chargé de 240. Medaillons en Or , en
Argent et en Bronze , d'une beauté et d'u
ne conservation ( admirables. Ils viennent
des Cabinets Carpegna, de Maximis , Saba
tini &c. Il n'y a gueres que des Princes
ou des grands Seigneurs qui puissent ac
querir ce Trésor d'Antiquité car on
ne veut point les partager , et on de
mande trois mille Louis d'or du total.
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Résumé : Giornale de Litterati d'Italia, Tomo II. [titre d'après la table]
Le 'GIORNALE DE' LETTERATI D'ITALIA' de 1710 présente diverses publications et correspondances littéraires. Lorenzo Bellini écrit à Antonio Vallisnieri pour discuter des voies de l'air dans les œufs. Plusieurs ouvrages sont mentionnés, dont un de Justi Fontanini sur les diplômes anciens et un livre intitulé 'CONSIDERAZIONI' qui répond à un ouvrage français critiquant des auteurs italiens. Le Marquis Gio: Giuseppe Orsi défend les auteurs italiens contre les critiques du Père Bouhours. Lodovico Antonio Muratori publie un ouvrage sur la poésie italienne, alimentant les débats sur le goût littéraire entre la France et l'Italie. Le texte évoque également des réflexions sur le Cavalier Marin et son influence. Plusieurs traductions et éditions de livres sont notées, notamment les 'ŒUVRES DE NICOLAS BOILEAU DESPRÉAUX' et les œuvres du Cardinal Bembe. Enfin, il est mentionné le passage en Provence d'un Italien transportant des médaillons précieux provenant de collections prestigieuses.
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292
p. 1551-1557
Lettres sérieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Début :
LETTRES SERIEUSES ET BADINES sur les Ouvrages des Sçavans, et sur d'autres [...]
Mots clefs :
Savants, Livre anglais, Lettre sérieuse, Langue anglaise, Pièces satiriques et ironiques, Athéisme, Images riantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettres sérieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
LETTRES SERIEUSES ET BADINES sur
les Ouvrages des Sçavans , et sur d'autres
Matieres. Tome 2. premiere partie .
Ecce iterum Crispinus , et est mihi sape vo
candus
Ad partes &c. .
A la Haye , chez Jean , Vanduren 1729.
Juven. Sat. IV .
II Vol
in
• ·
यं
1552 MERCURE DE FRANCE
in 12. de 267. pages , sans la Préface ,
l'avis du Libraire et la Table , &c.
Ce volume est composé de 12. Lettres ;
la 6. contient l'Extrait d'un Livre An
glois in 8. 2. volumes de prés de 600 .
pages , sous le titre d'Ouvrages mélan
gés de l'ingénieux Docteur Jean Swift.
Aprés une Epitre Dédicatoire et une Pre
face dans le goût de celles qui sont à la
tête du Comte du Tonneau , vient une
Lettre serieuse à un Lord , sur les moyens
de perfectionner la Langue Angloise .
Aprés quoy on lit cinq ou six Pieces Sa
tyriques et Ironiques , comme
Traité Histori- Theo - Phisico- Logique , sus
les grands desavantages de la connoissan
ce de soi -même : Déffense modeste du
Concubinage et de l'adultere. Panegyrique
des Nouvelistes : Le moyen de parvenir sans
Science et sans vertus : Eloge historique et
moral des Auteurs de Satyres.
sont ,
Dans ses pensées diverses , le même
Docteur dit , que si une Loi Parlemen
taire établissoit l'Athéisme , ceux qui se
donnent aujourd'hui pour Athées , fe
roient demain profession ouverte de croi
re en Dieu .
Sur le nombre ternaire , le Docteur dit
ironiquement ; »> que l'amour que les
» hommes ont pour le nombre trois , les
II.Vol. »faït
JUIN
. 1731 .
1553
39
fait agir sans qu'ils le sentent. Cet
» amour continuë t'il , a fait croire à
» Louis B.... y qu'on étoit bien quali
» fié à écrire quand on avoit ces trois
» choses , de la pauvreté , de l'impu
» dence et de la malice. Cet amour est cau
» se que l'Auteur du troisiéme Tome de
Gulliver n'a voulu pour faire ce livre
» que trois choses , du papier, de l'encre ,
» et une plume , et a réfusé d'y joindre
l'esprit et le jugement , & c.
99
Sur le point d'honneur , il rapporte
cette contestation arrivée dans la Pro
vince de Sussex. Un homme qui avoit
beaucoup d'esprit , mais qui n'entendoit
pas autrement la Logique de nos Moder
nes , se plaignoit à un d'eux d'une injus
tice qu'il en avoit reçûë . C'est assez , in
terrompit l'autre , vous êtes offensé , vous
avez de la noblesse , vous portez une épée :
je vous donnerai satisfaction demain au ma
tin en tel endroit. Ce terrible Logicien se
retira en même- tems ; après qu'il fut sorti ,
l'autre qui étoit resté avec un de ses amis,
et qui étoit demeuré tout interdit , dès
qu'il fut un peu revenu de sa premiere
surprise : Quelle brutalité , s'écria - t'il en
s'adressant à cet ami ! Ce Monsieur con
vient qu'il m'a offensé , et il me promet de
faire de son mieux pour ne offenser demain
.
II. Vol.
encore
1554 MERCURE DE FRANCE
!
encore davantage. C'est- là , selon lui , une
satisfaction qui doit me paroîttre suffisante.Fe
suis Gentilhomme, ajoûte - t'il, doncje dois re
noncer à la raison et a la Religion , et me
sacrifier à un ridicule point d'honneur. Je
porte l'épée , donc je dois m'en servir pour
faire un meurtre . J'aimerais autant qu'il me
dit : Je vous ai blessé dans votre hon
>> neur , c'est-à- dire , dans une chose que
>> vous devez estimer plus que la vie ; mais
» je suis trop honnête homme pour ne pas
»réparer le mal , autant qu'il m'est pos
» sible . Trouvez - vous donc demain en tel
» endroit avec une épée. Comme je sçai
> mieux la manier que vous , il y a grande
apparence que je vous la passerai au tra
>> vers du corps. Cependant cela ne doit
»pas faire de peine à un homme qui a de
» la naissance ; il sera toûjours vrai que
» vous m'aurez demandé satisfaction ,
» et que je vous l'aurai donnée , et c'est
» tout ce que vous pouvez exiger de vo
» tre serviteur .
و د
A l'occasion des Oeuvres diverses de
M. de la Fontaine , imprimées à la Haye,
on fait ce Portrait de cet illustre Poëte ;
il étoit spirituel , assez sçavant , naif , le
coeur bon et droit , des manieres ouver
tes , aimant les plaisirs de la table et les
rendant plus aimables par son enjouement,
II. Vol. constant
JUIN. 1731 1555
constant et genereux ami , tendre et dé
licat Amant. D'ailleurs , paresseux , dis
trait , négligeant un peu trop ses affaires
domestiques , et pensant assez mal de la
Religion , soit parce qu'à son entrée dans
le monde , il avoit été entraîné par l'e
xemple et par les plaisanteries des esprits
forts , ou parce qu'il n'avoit jamais trou
vé de ces hommes sages qui sçavent trai
ter les choses saintes avec un air de di
gnité qui les fait respecter , ou peut- être
parce qu'il craignoit le travail de l'exa
men , et la connoissance de ses devoirs.
En un mot , une certaine indolence molle
et voluptueuse étoit le fond de son carac
tere , et il n'eut que les vertus et les défauts
qui pouvoient s'accorder avec ce penchant
Favori .
Avec un tel caractere il ne pouvoit qu'é
crire naturellement et gracieusement . Il
ne couroit point après les brillans , il ne se
mettoit point en peine de chercher des pen
sées, ni de leur donner un tour nouveau ;
enfin il ne paroissoit ni affecté, ni précieux.
Ses Ouvrages étoient remplis d'images
riantes , de tendres sentimens , et d'éle
gantes naïvetez.
Quelques-unes des Pieces qui compo
sent ses Ouvrages , avoient déja paru et
les autres paroissent aujourd'hui pour la
11. Vol.
premiere
1555 MERCURE DE FRANCE
premiere fois. On trouve dans le premier
Tome cinq Poëmes , Adonis , la Capti
vité de S. Malc , le Quinquina , Philemon
et Baucis , et les filles de Minée et 85.
autres Pieces. Dans les trois autres Vo
lumes , ses Lettres en Prose et en Vers ,
son Discours à l'Académie Françoise ,
deux Comedies , Climene et l'Eunuque
l'Opera de Daphné , Astrée , Tragedie , le
Florentin , Comedie , des fragmens de Ga
lathée , Opera , Je vous prends sans vert ,
Comedie , les Amours de Psiché et de Cu
pidon et de Venus et Adonis.
>
Pour dire quelque chose de plus par
ticulier de ce naïf et ingénieux Poëte ,
donnons ici la fin d'une Epitre de sa fa
çon au Duc de Vendôme.
Sur ce je finirai ,
Vous assurant que je suis et serai ,
De votre Altesse , humble servant et Poëte ,
Qui tous honneurs et tous biens vous souhaite.
Ce mot de biens , ce n'est pas un trésor ,`
Car chacun sçait que vous méprisez l'or ;
J'en fais grand cas , aussi fait Sire Pierre ;
Et Sire Paul , enfin toute la Terre :
Toute la Terre a peut -être raison.
Si je sçavois quelque bonne Oraison ,
Pour en avoir , tant que la Paix se fasse ;
11. Vol.
Jc
JUIN.
1557 1731.
Je la dirois de la meilleure grace ,
Que j'en dis onc : grande sterilité,
Sur le Parnasse en a toûjours été.
Qu'y feroit-on ? Seigneur , Je me console
Si vers Noel l'Abbé me tient parole
Je serai Roi: le Sage l'est-il pas ?
Souhaiter l'or , est - ce l'être è ce cas
Mérite bien qu'à vous je m'en rapporte.
Je tiens la chose à résoudre un peu
forte.
les Ouvrages des Sçavans , et sur d'autres
Matieres. Tome 2. premiere partie .
Ecce iterum Crispinus , et est mihi sape vo
candus
Ad partes &c. .
A la Haye , chez Jean , Vanduren 1729.
Juven. Sat. IV .
II Vol
in
• ·
यं
1552 MERCURE DE FRANCE
in 12. de 267. pages , sans la Préface ,
l'avis du Libraire et la Table , &c.
Ce volume est composé de 12. Lettres ;
la 6. contient l'Extrait d'un Livre An
glois in 8. 2. volumes de prés de 600 .
pages , sous le titre d'Ouvrages mélan
gés de l'ingénieux Docteur Jean Swift.
Aprés une Epitre Dédicatoire et une Pre
face dans le goût de celles qui sont à la
tête du Comte du Tonneau , vient une
Lettre serieuse à un Lord , sur les moyens
de perfectionner la Langue Angloise .
Aprés quoy on lit cinq ou six Pieces Sa
tyriques et Ironiques , comme
Traité Histori- Theo - Phisico- Logique , sus
les grands desavantages de la connoissan
ce de soi -même : Déffense modeste du
Concubinage et de l'adultere. Panegyrique
des Nouvelistes : Le moyen de parvenir sans
Science et sans vertus : Eloge historique et
moral des Auteurs de Satyres.
sont ,
Dans ses pensées diverses , le même
Docteur dit , que si une Loi Parlemen
taire établissoit l'Athéisme , ceux qui se
donnent aujourd'hui pour Athées , fe
roient demain profession ouverte de croi
re en Dieu .
Sur le nombre ternaire , le Docteur dit
ironiquement ; »> que l'amour que les
» hommes ont pour le nombre trois , les
II.Vol. »faït
JUIN
. 1731 .
1553
39
fait agir sans qu'ils le sentent. Cet
» amour continuë t'il , a fait croire à
» Louis B.... y qu'on étoit bien quali
» fié à écrire quand on avoit ces trois
» choses , de la pauvreté , de l'impu
» dence et de la malice. Cet amour est cau
» se que l'Auteur du troisiéme Tome de
Gulliver n'a voulu pour faire ce livre
» que trois choses , du papier, de l'encre ,
» et une plume , et a réfusé d'y joindre
l'esprit et le jugement , & c.
99
Sur le point d'honneur , il rapporte
cette contestation arrivée dans la Pro
vince de Sussex. Un homme qui avoit
beaucoup d'esprit , mais qui n'entendoit
pas autrement la Logique de nos Moder
nes , se plaignoit à un d'eux d'une injus
tice qu'il en avoit reçûë . C'est assez , in
terrompit l'autre , vous êtes offensé , vous
avez de la noblesse , vous portez une épée :
je vous donnerai satisfaction demain au ma
tin en tel endroit. Ce terrible Logicien se
retira en même- tems ; après qu'il fut sorti ,
l'autre qui étoit resté avec un de ses amis,
et qui étoit demeuré tout interdit , dès
qu'il fut un peu revenu de sa premiere
surprise : Quelle brutalité , s'écria - t'il en
s'adressant à cet ami ! Ce Monsieur con
vient qu'il m'a offensé , et il me promet de
faire de son mieux pour ne offenser demain
.
II. Vol.
encore
1554 MERCURE DE FRANCE
!
encore davantage. C'est- là , selon lui , une
satisfaction qui doit me paroîttre suffisante.Fe
suis Gentilhomme, ajoûte - t'il, doncje dois re
noncer à la raison et a la Religion , et me
sacrifier à un ridicule point d'honneur. Je
porte l'épée , donc je dois m'en servir pour
faire un meurtre . J'aimerais autant qu'il me
dit : Je vous ai blessé dans votre hon
>> neur , c'est-à- dire , dans une chose que
>> vous devez estimer plus que la vie ; mais
» je suis trop honnête homme pour ne pas
»réparer le mal , autant qu'il m'est pos
» sible . Trouvez - vous donc demain en tel
» endroit avec une épée. Comme je sçai
> mieux la manier que vous , il y a grande
apparence que je vous la passerai au tra
>> vers du corps. Cependant cela ne doit
»pas faire de peine à un homme qui a de
» la naissance ; il sera toûjours vrai que
» vous m'aurez demandé satisfaction ,
» et que je vous l'aurai donnée , et c'est
» tout ce que vous pouvez exiger de vo
» tre serviteur .
و د
A l'occasion des Oeuvres diverses de
M. de la Fontaine , imprimées à la Haye,
on fait ce Portrait de cet illustre Poëte ;
il étoit spirituel , assez sçavant , naif , le
coeur bon et droit , des manieres ouver
tes , aimant les plaisirs de la table et les
rendant plus aimables par son enjouement,
II. Vol. constant
JUIN. 1731 1555
constant et genereux ami , tendre et dé
licat Amant. D'ailleurs , paresseux , dis
trait , négligeant un peu trop ses affaires
domestiques , et pensant assez mal de la
Religion , soit parce qu'à son entrée dans
le monde , il avoit été entraîné par l'e
xemple et par les plaisanteries des esprits
forts , ou parce qu'il n'avoit jamais trou
vé de ces hommes sages qui sçavent trai
ter les choses saintes avec un air de di
gnité qui les fait respecter , ou peut- être
parce qu'il craignoit le travail de l'exa
men , et la connoissance de ses devoirs.
En un mot , une certaine indolence molle
et voluptueuse étoit le fond de son carac
tere , et il n'eut que les vertus et les défauts
qui pouvoient s'accorder avec ce penchant
Favori .
Avec un tel caractere il ne pouvoit qu'é
crire naturellement et gracieusement . Il
ne couroit point après les brillans , il ne se
mettoit point en peine de chercher des pen
sées, ni de leur donner un tour nouveau ;
enfin il ne paroissoit ni affecté, ni précieux.
Ses Ouvrages étoient remplis d'images
riantes , de tendres sentimens , et d'éle
gantes naïvetez.
Quelques-unes des Pieces qui compo
sent ses Ouvrages , avoient déja paru et
les autres paroissent aujourd'hui pour la
11. Vol.
premiere
1555 MERCURE DE FRANCE
premiere fois. On trouve dans le premier
Tome cinq Poëmes , Adonis , la Capti
vité de S. Malc , le Quinquina , Philemon
et Baucis , et les filles de Minée et 85.
autres Pieces. Dans les trois autres Vo
lumes , ses Lettres en Prose et en Vers ,
son Discours à l'Académie Françoise ,
deux Comedies , Climene et l'Eunuque
l'Opera de Daphné , Astrée , Tragedie , le
Florentin , Comedie , des fragmens de Ga
lathée , Opera , Je vous prends sans vert ,
Comedie , les Amours de Psiché et de Cu
pidon et de Venus et Adonis.
>
Pour dire quelque chose de plus par
ticulier de ce naïf et ingénieux Poëte ,
donnons ici la fin d'une Epitre de sa fa
çon au Duc de Vendôme.
Sur ce je finirai ,
Vous assurant que je suis et serai ,
De votre Altesse , humble servant et Poëte ,
Qui tous honneurs et tous biens vous souhaite.
Ce mot de biens , ce n'est pas un trésor ,`
Car chacun sçait que vous méprisez l'or ;
J'en fais grand cas , aussi fait Sire Pierre ;
Et Sire Paul , enfin toute la Terre :
Toute la Terre a peut -être raison.
Si je sçavois quelque bonne Oraison ,
Pour en avoir , tant que la Paix se fasse ;
11. Vol.
Jc
JUIN.
1557 1731.
Je la dirois de la meilleure grace ,
Que j'en dis onc : grande sterilité,
Sur le Parnasse en a toûjours été.
Qu'y feroit-on ? Seigneur , Je me console
Si vers Noel l'Abbé me tient parole
Je serai Roi: le Sage l'est-il pas ?
Souhaiter l'or , est - ce l'être è ce cas
Mérite bien qu'à vous je m'en rapporte.
Je tiens la chose à résoudre un peu
forte.
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Résumé : Lettres sérieuses et badines, &c. [titre d'après la table]
Le document est un extrait du 'Mercure de France' publié entre 1729 et 1731, qui présente des informations sur diverses publications et auteurs. Il mentionne un ouvrage intitulé 'Lettres sérieuses et badines', publié à La Haye en 1729, composé de deux volumes et contenant 12 lettres. La sixième lettre de cet ouvrage inclut un extrait d'un livre anglais de Jonathan Swift, intitulé 'Ouvrages mélangés'. Ce livre contient des pièces satiriques et ironiques, telles qu'un 'Traité Histori-Theo-Physico-Logique' et un 'Panegyrique des Nouvelistes'. Le texte discute des opinions de Swift sur divers sujets, notamment l'athéisme et le point d'honneur. Swift ironise sur l'amour des hommes pour le nombre trois et critique les duels. Le document présente également un portrait de Jean de La Fontaine, le décrivant comme un poète spirituel, aimant les plaisirs de la table, et ayant un caractère indolent et voluptueux. Ses œuvres incluent des poèmes, des lettres, des comédies et des tragédies. Le texte se termine par un extrait d'une épître de La Fontaine adressée au Duc de Vendôme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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293
p. 1557-1560
NOUVEAU REGLEMENT pour le Palinod de l'Université de Caën, et Avis aux Poëtes.
Début :
Les Poëtes les plus distingués se sont fait dans tous les tems un honneur d'envoyer des pieces [...]
Mots clefs :
Poètes, Ode alcaïque, Ode Iambique, Chant, Sonnet, Dizain, Ode française, Ballade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVEAU REGLEMENT pour le Palinod de l'Université de Caën, et Avis aux Poëtes.
NOUVEAU REGLEMENT
pour le Palinod de l'Université de Caën ,
et Avis aux Poëtes.
›
LES
Es Poëtes les plus distingués se sont fait dans
tous les tems un honneur d'envoyer des pieces
remporter des Prix au Palinod , entr'au
tres les Marot les Corneille , les Huet , les
Duc de Saint Aignan , les Segrais , &c...
et de
>
Pour rendre cette Cérémonie plus interessante,
et pour exciter l'émulation des Poëtes qui parois
soit un peu se ralentir , l'Université vient de sta◄
tuer , le 19. Mai 1731. ) qu'à l'avenir les Prix
seront distribuez le jour même que se tient le Pa
finod , c'est- à - dire , le jour de la Conception de
la Sainte Vierge : on ne lira sur le Pui , que les
Pieces qui auront remporté les Prix , et celles qui
en auront approché ; Aussi - tôt après on fera
imprimer les Pieces couronnées , et quelques -unes
des meilleures à la suite , si elles sont jugées di
gnes de l'impression.
En consequence du même Reglement, les Poë
tes envoyeront leurs Pieces depuis le commence
II. Vol.
ment G
1558 MERCURE DE FRANCÈ
ment d'Octobre , jusqu'à la . Saint Martin , lequel
tems expiré , on n'en recevra plus pour le pro
chain Palinod. Ils les adresseront au Secretaire
de l'Université , quien donnera son récépissé , el
les seront affranchies de port , faute de quoi el
les seront mises au rebut , sans être iûes : ils ne
mettront point leur nom à leurs Pieces , mais seu
lement une Sentence et quelques chiffres , sans se
faire connoître avant le jugement , à peine de
perdre le prix ; et pour se faire connoître avant
le jugement , ils présenteront ou feront présenter
les mêmes Sentences et chiffres écrits de la même
main.
Le jour du Palinod , les Prix seront donnés
immédiatement après la lecture des Pieces , si les
Auteurs sont présens et qu'ils se fassent connoître ;
sinon ils resteront entre les mains du Secretaire
de l'Université , pour être distribués , à l'ordre de
M. le Recteur, lorsque les Auteurs seront connus.
Il y a lieu d'efperer que les Poëtes furs d'ê
tre récompenfez promptement & publique
ment , vont travailler avec une nouvelle ar
deur ; on a cru devoir ajoûter ce qui fuit en fa
veur de ceux qui ne feroient pas au fait des
ufages de cet établissement..
2
Il y a des Prix fondés pour huit sortes de Pie
ces , Epigramme Latine Chant Royal , Bal
lade , Sonner , Dizain , Ode Françoise , Ode en
Vers Alcaïques , et Ode en Vers Iambes.
Les Poëtes doivent prendre pour argument de
leurs Pieces , quelque sujet qui puisse faire al
lusion à l'Immaculée Conception de la Sainte
Vierge ; par exemple , si l'on prend pour sujet de
l'Epigramme Latine , Jonas in utero Ceri inco
lumis , l'allusion pourra être , Bellua nil vati
nocuit , nil culpa Maria
11. Vol. L'Epigramme
JUIN. 1731
T
1559
L'Epigramme Latine doit être de trente
Vers , ni plus ni moins , y compris l'allusion .
Le Chint Royal doit être de cinq Strophes ,non
comprise l'allusion , chaque Strophe est compo
sée d'onze Vers de dix syllabes ; le dernier Vers,
qui est le refrein doit être feminin ; il doit y avoir
un repos à la fin des cinquième et huitiéme Vers.
L'usage est que le cinquième Vers soit masculin ;
les sixième et septiéme feminins et de même ri
me , et tous les autres entremêléz à la volonté du
Poëte. L'allusion peut contenir une sixieme stro
phe entiere , ou du moins une derniere moitié de
Strophe , qui est de six Vers. Il n'est pas be
soin d'avertir que toutes les strophes doivent se
ressembler pour les rimes , et leur arrangement.
La Ballade est de trois strophes , non com
prise l'allusion qui doit être une quatriéme stro
phe entiere, ou du moins une moitié de strophe ;
chaque strophe est composée de 2 quatrains , dont
les Vers sont de huit syllabes ; l'usage est que les
quatre premiers soient de rimes entremêlées ,
de sorte que le premier et le quatriéme soient de
même rime, masculins ou feminins , à la volonté
du Poëte ; et les quatre derniers entremêlés , de→
sorte que le dernier , qui est le refrein , soit femi
nin, et rime avec le sixième. Toutes les strophes ,
comme l'on sçait , doivent se ressembler pour les
rimés , tant des premiers que
des seconds qua
trains.
Le Sonnet est toujours composé de grands
Vers.
Le Dizain est composé , le plus ordinaire
ment , de grands et petits Vers entremêlés.
L'Ode Françoife est de dix strophes , y com
prise l'allusion ; chaque strophe de dix Vers
de huit syllabes. On sçair assez que ce seroit un
II. Vol. G .. grand
1,60 MERCURE DE FRANCE
grand défaut , s'll ne se trouvoit pas un repos
la fin des quatrième et septiéme Vers.
L'Ode Alcaïque est de douze strophes , y com
prise l'allusion .
$
L'Ode Iambique'est de quarante- huit Vers , y
comprise l'allusion ; à l'imitation de la quatriéme
Fable du quatriéme Livre de Phedre qui com
mence par ces mots : Plus esse in uno fæpe ,
quam in turbâ boni.
Les Prix de ces Pieces, sont pour l'Epigramme ;
premier Prix,les Armes de l'Université; deuxiéme
Prix l'Anneau d'or. Chant Royal , premier Prix ,
les Armes du Fondateur ; second Prix , la Palme ;
Balade , premier Prix , les Armes du Fondateur
second Prix , l'Etoile. Sonnet , premier Prix ,
les
Armes du Fondateur ; second Prix , la branche de
Laurier. Dixain , la Plume d'argent.
Tous ces Prix font redimez par d'autres Prix
d'honnête valeur.
+
Le Prix de l'Ode Françoise est une bourse de
Jettons d'argent , celui de l'Ode Alcaïque est de
vingt livres fet celui de l'Ode lambique de même.
L'Univerfité fouhaiteroit fort que tous ces Pri
fuffent bien plus confiderables 3 poury Supplées
Autant qu'il lui fera poffible , elle n'omettra riem
de tout ce qui pourra faire honneur aux Poëte
victorieux ; & à ceux qui les auront fuivis e 2
plus prés. Ils sont très -inftamment priez d'en .
voyer leurs Pieces pour la fin d'Octobre ou a
commencement de Novembre , tant de la pr
sente année 1731. que des fuivantes
pour le Palinod de l'Université de Caën ,
et Avis aux Poëtes.
›
LES
Es Poëtes les plus distingués se sont fait dans
tous les tems un honneur d'envoyer des pieces
remporter des Prix au Palinod , entr'au
tres les Marot les Corneille , les Huet , les
Duc de Saint Aignan , les Segrais , &c...
et de
>
Pour rendre cette Cérémonie plus interessante,
et pour exciter l'émulation des Poëtes qui parois
soit un peu se ralentir , l'Université vient de sta◄
tuer , le 19. Mai 1731. ) qu'à l'avenir les Prix
seront distribuez le jour même que se tient le Pa
finod , c'est- à - dire , le jour de la Conception de
la Sainte Vierge : on ne lira sur le Pui , que les
Pieces qui auront remporté les Prix , et celles qui
en auront approché ; Aussi - tôt après on fera
imprimer les Pieces couronnées , et quelques -unes
des meilleures à la suite , si elles sont jugées di
gnes de l'impression.
En consequence du même Reglement, les Poë
tes envoyeront leurs Pieces depuis le commence
II. Vol.
ment G
1558 MERCURE DE FRANCÈ
ment d'Octobre , jusqu'à la . Saint Martin , lequel
tems expiré , on n'en recevra plus pour le pro
chain Palinod. Ils les adresseront au Secretaire
de l'Université , quien donnera son récépissé , el
les seront affranchies de port , faute de quoi el
les seront mises au rebut , sans être iûes : ils ne
mettront point leur nom à leurs Pieces , mais seu
lement une Sentence et quelques chiffres , sans se
faire connoître avant le jugement , à peine de
perdre le prix ; et pour se faire connoître avant
le jugement , ils présenteront ou feront présenter
les mêmes Sentences et chiffres écrits de la même
main.
Le jour du Palinod , les Prix seront donnés
immédiatement après la lecture des Pieces , si les
Auteurs sont présens et qu'ils se fassent connoître ;
sinon ils resteront entre les mains du Secretaire
de l'Université , pour être distribués , à l'ordre de
M. le Recteur, lorsque les Auteurs seront connus.
Il y a lieu d'efperer que les Poëtes furs d'ê
tre récompenfez promptement & publique
ment , vont travailler avec une nouvelle ar
deur ; on a cru devoir ajoûter ce qui fuit en fa
veur de ceux qui ne feroient pas au fait des
ufages de cet établissement..
2
Il y a des Prix fondés pour huit sortes de Pie
ces , Epigramme Latine Chant Royal , Bal
lade , Sonner , Dizain , Ode Françoise , Ode en
Vers Alcaïques , et Ode en Vers Iambes.
Les Poëtes doivent prendre pour argument de
leurs Pieces , quelque sujet qui puisse faire al
lusion à l'Immaculée Conception de la Sainte
Vierge ; par exemple , si l'on prend pour sujet de
l'Epigramme Latine , Jonas in utero Ceri inco
lumis , l'allusion pourra être , Bellua nil vati
nocuit , nil culpa Maria
11. Vol. L'Epigramme
JUIN. 1731
T
1559
L'Epigramme Latine doit être de trente
Vers , ni plus ni moins , y compris l'allusion .
Le Chint Royal doit être de cinq Strophes ,non
comprise l'allusion , chaque Strophe est compo
sée d'onze Vers de dix syllabes ; le dernier Vers,
qui est le refrein doit être feminin ; il doit y avoir
un repos à la fin des cinquième et huitiéme Vers.
L'usage est que le cinquième Vers soit masculin ;
les sixième et septiéme feminins et de même ri
me , et tous les autres entremêléz à la volonté du
Poëte. L'allusion peut contenir une sixieme stro
phe entiere , ou du moins une derniere moitié de
Strophe , qui est de six Vers. Il n'est pas be
soin d'avertir que toutes les strophes doivent se
ressembler pour les rimes , et leur arrangement.
La Ballade est de trois strophes , non com
prise l'allusion qui doit être une quatriéme stro
phe entiere, ou du moins une moitié de strophe ;
chaque strophe est composée de 2 quatrains , dont
les Vers sont de huit syllabes ; l'usage est que les
quatre premiers soient de rimes entremêlées ,
de sorte que le premier et le quatriéme soient de
même rime, masculins ou feminins , à la volonté
du Poëte ; et les quatre derniers entremêlés , de→
sorte que le dernier , qui est le refrein , soit femi
nin, et rime avec le sixième. Toutes les strophes ,
comme l'on sçait , doivent se ressembler pour les
rimés , tant des premiers que
des seconds qua
trains.
Le Sonnet est toujours composé de grands
Vers.
Le Dizain est composé , le plus ordinaire
ment , de grands et petits Vers entremêlés.
L'Ode Françoife est de dix strophes , y com
prise l'allusion ; chaque strophe de dix Vers
de huit syllabes. On sçair assez que ce seroit un
II. Vol. G .. grand
1,60 MERCURE DE FRANCE
grand défaut , s'll ne se trouvoit pas un repos
la fin des quatrième et septiéme Vers.
L'Ode Alcaïque est de douze strophes , y com
prise l'allusion .
$
L'Ode Iambique'est de quarante- huit Vers , y
comprise l'allusion ; à l'imitation de la quatriéme
Fable du quatriéme Livre de Phedre qui com
mence par ces mots : Plus esse in uno fæpe ,
quam in turbâ boni.
Les Prix de ces Pieces, sont pour l'Epigramme ;
premier Prix,les Armes de l'Université; deuxiéme
Prix l'Anneau d'or. Chant Royal , premier Prix ,
les Armes du Fondateur ; second Prix , la Palme ;
Balade , premier Prix , les Armes du Fondateur
second Prix , l'Etoile. Sonnet , premier Prix ,
les
Armes du Fondateur ; second Prix , la branche de
Laurier. Dixain , la Plume d'argent.
Tous ces Prix font redimez par d'autres Prix
d'honnête valeur.
+
Le Prix de l'Ode Françoise est une bourse de
Jettons d'argent , celui de l'Ode Alcaïque est de
vingt livres fet celui de l'Ode lambique de même.
L'Univerfité fouhaiteroit fort que tous ces Pri
fuffent bien plus confiderables 3 poury Supplées
Autant qu'il lui fera poffible , elle n'omettra riem
de tout ce qui pourra faire honneur aux Poëte
victorieux ; & à ceux qui les auront fuivis e 2
plus prés. Ils sont très -inftamment priez d'en .
voyer leurs Pieces pour la fin d'Octobre ou a
commencement de Novembre , tant de la pr
sente année 1731. que des fuivantes
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Résumé : NOUVEAU REGLEMENT pour le Palinod de l'Université de Caën, et Avis aux Poëtes.
Le nouveau règlement du Palinod de l'Université de Caen, promulgué le 19 mai 1731, a pour objectif de rendre la cérémonie plus attrayante et de stimuler la compétition entre les poètes. Les prix seront désormais attribués le jour de la Conception de la Sainte Vierge. Seules les œuvres primées et celles ayant approché du prix seront lues lors de la cérémonie. Les poètes doivent soumettre leurs œuvres entre le début du mois d'octobre et la Saint-Martin, sans indiquer leur nom. Pour l'identification, ils doivent utiliser une sentence et des chiffres. Les prix seront remis immédiatement après la lecture si les auteurs sont présents, sinon ils seront conservés par le secrétaire de l'Université. Le règlement spécifie les types de pièces acceptées : épigramme latine, chant royal, ballade, sonnet, dizain, ode française, ode en vers alcaïques et ode en vers iambiques. Chaque type de pièce a des règles spécifiques concernant la structure et le contenu, notamment une allusion obligatoire à l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge. Les prix varient en fonction du type de pièce, allant des armes de l'Université à des bourses de jetons d'argent. L'Université espère que ces mesures inciteront les poètes à participer avec plus d'enthousiasme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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294
p. 1560-1564
Découvertes curieuses dans l'Art de plonger, [titre d'après la table]
Début :
Un Particulier, bon Physicien, bon Mécanicien, et fort versé dans l'Histoire naturelle et [...]
Mots clefs :
Physicien, Plongeurs, Lanterne, Bougie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Découvertes curieuses dans l'Art de plonger, [titre d'après la table]
Un Particulier , bon Physicien , bon Mécani❤
cien , et fort versé dans l'Histoire naturelle et
dans l'Antiquité, a fait plusieurs découvertes con
siderables , sur les differentes manoeuvres et ope,
JJ, Vol rations
JUIN. Iscr 1731.
rations qu'on peut faire sous les eaux , et dans le
plus profond de la mer.
Il assure avoir un moyen infaillible et aisé
pratiquer , pour tirer les plus grands Vaiffeaux
submergez , à quelque profondeur qu'ils soient ,
pourvû toutefois qu'ils ne soient point entie
rement ensevelis dans la vase , ou engagez sous
quelques rochers .
Il assure aussi avoir trouvé un moyen sûr pour
faire agir et maneuvrer des hommes au fond de
la mer pendant plusieurs heures , et opérer sans
presque aucune contrainte ni incommodité.
>
Ce n'est pas tout ; ces-Plongeurs , qui pourront
à tout instant remonter sur la surface des eaux
auront la liberté de boire , de manger sous les
eaux : pendant la nuit ils seront éclairez par une
lanterne allumée , qu'ils porteront ou guideront
eux -mêmes.
Nous sommes bien éloignez de croire toutes
les choses jusqu'à aujourd'hui incroyables que
nous annonçons ici ; mais nous devons rendre té
moignage à la verité , que pour ce dernier fait ,
nous en avons vû l'experience en cette maniere.
M. de V *** voulant nous convaincre qu'
étoit en état de prouver ce qu'il avançoit , nous
mena chez lui , et dans un coin de la Cour de la
maison où il loge , où il y a un tonneau plein
d'eau , défoncé par en haut , il se fit apporter
exac une lanterne de fer blanc , de figure ronde ,
tement fermée , ayant
côté un morceau de
verre pour donner passage à la lumiere. Le corps
à un
de la Lanterne s'emboëte à une base de trois ou
quatre pouces de diamettre ; au milieu est une
bobeche dans laquelle on mit une petite bou
gie allumée , et on rejoignit les deux parties ,
C'est-à-dire , le sol et les parois de la Lanterne
-11. Vol.
G iij . avec
1552 MERCURE DE FRANCE
avec une espece de mastic assez gluant à l'endroit
de la jointure , pourempêcher l'eau d'entrer dans
Ja Lanterne. •
La bougie ainsiallumée et fermée hors de l'eau ,
me dura que l'espace d'un Pater sans s'éteindre :
On aperçoit un peu de fumée qui sort par un très
petit orifice,au haut du Pavillon de la Lanterne.La
bougie entierement éteinte,on ouvrit la Lanterne,
on ralluma la bougie ; et après avoir refermé la
Lanterne, on l'adapta sur le cul d'un seau renver
sé,et on attacha autour du seau des poids de fer et
de plomb pour attirer le tout au fond du tonneau.
Avant que la lanterne fut plongée dans l'eau , la
Lumiere paroissoit vouloir s'éteindre , mais elle
reprit vigueur d'abord que laLanterne fut submer
gée , et elle éclaira très- bien le tonneau pendant
un tems considérable que nous restâmes- là à rai
sonner sur ce phénomene. On aperçoit et on en
tend sur la surface de l'eau , un petit bouillon
nement causé sans doute par ce petit filet
de fumée dont on a parlé. On tira ensuite
la Lanterne hors de l'eau , et la bougie s'é
teignit dans le même espace de tems que la pre
miere fois.
›
M. V*** offre de prouver par des expériences
aussi sensibles , toutes les propositions qu'il fait
dans ce Memoire Il fait plus , il assure avec
grande confiance , que quand il voudra établir
ses principes , et expliquer clairement la méthode
qu'il a imaginée pour les découvertes et les
moyens qu'il propose , à des personnes éclairées
et capables de tirer des consequences , il portera
la possibilité , par ses seuls raisonnemens ,
tel degré d'évidence , qu'on ne lui demandera
ni preuves ni expériences.
à un
Au reste , le Lecteur intelligent , sent assez
127. Vol. sans
JUIN. 1731. 1563
sans que nous nous arrêtions à le lui faire remar
quer , combien ces découvertes seroient utiles , si
elles étoient solidement faites , comme dans les
naufrages , dans la pêche des Perles , & c.
A l'égard de la Lanterne marine , il se peut
faire qu'elle sera plus curieuse qu'elle ne sera
d'un grand usage , attendu qu'il n'y a guere d'oc
casion assez urgente pour faire travailier sous les
caux pendant la nuit, à moins que ce ne fût sur les
rivieres , à reparer quelque pile de Pont qui seroit
en danger , et qu'on voudroit profiter des basses
caux , pour prévenir les suites funestes que peu
vent causer les trop grandes crues d'eau et les dé
bordemens.
Cette Lanterne peut être encore d'un grand se
cours , pour prendre une grande quantité de pois
son pendant un calme qui arrive pendant la nuit ,
à une Flotte , et même à un Navire qui fait un
voyage de long cours , et dont les équipages souf
frent beaucoup , faute de Poissons frais , et d'au
tres bonnes nourritures.
L'Auteur de ces découvertes , à qui nous avons
communiqué ce Mémoire , nous prie d'ajoûter
que les Plongeurs pourront se garantir du froid
et de la morsure de certains poissons , et qu'ils
pourront facilement parcourir et trouver dans le
fond de la mer les choses qu'on y cherche , et
y
faire autant et plus de chemin , et en aussi peu
de tems , qu'un homme en pourroit faire sur la
terre en marchant d'un pas reglé , sans courir, et
même beaucoup plus aisément et sans se fatiguer."
Les Plongeurs dont on parle , auront la liberté de
parcourir avec la même facilité , les montagnes ,
les valées et les plaines maritimes.
Le Sieur Gersaint , Marchand , Pont Notre
11. Vol Giiij Dame,
1564 MERCURE DE FRANCE
Notre Dame , au Grand Monarque , ayant connu
que non- seulement les Curieux ayant goûté les
ornemens qu'il a fait graver d'après Vatteau, mais
même qu'ils étoient d'un grand usage pour les
Peintres , Eventaillistes , Sculpteurs , Orfevres ,
Tapissiers , Brodeurs , &c. a été encouragé à en
faire graver de nouveaux , dont il n'espere pas un
moindre succés. En effet , Vatteau par la ferti
lité de son genie, a si bien réussi en ce genre, et a
sçû si bien ajuster ses sujets à ses ornemens , et
aes ornemens à ses sujets , en variant le tout d'une
maniere infiniment ingénieuse , riante et nou
welle › que l'on peut dire avec justice que jus
ques à present nous n'avons point eû d'ornemens
si galants et si bien imaginés. Voici le détail de
ceux qu'il a mis au jour depuis environ un an.
L'Alliance de la Comedie et de la Musique ,
avec leurs armes et attributs , gravée par M.
Moyreau . Vexus blessée par l'Amour , Plafond ,
par M. Aveline..
Un Clavecin .
cien , et fort versé dans l'Histoire naturelle et
dans l'Antiquité, a fait plusieurs découvertes con
siderables , sur les differentes manoeuvres et ope,
JJ, Vol rations
JUIN. Iscr 1731.
rations qu'on peut faire sous les eaux , et dans le
plus profond de la mer.
Il assure avoir un moyen infaillible et aisé
pratiquer , pour tirer les plus grands Vaiffeaux
submergez , à quelque profondeur qu'ils soient ,
pourvû toutefois qu'ils ne soient point entie
rement ensevelis dans la vase , ou engagez sous
quelques rochers .
Il assure aussi avoir trouvé un moyen sûr pour
faire agir et maneuvrer des hommes au fond de
la mer pendant plusieurs heures , et opérer sans
presque aucune contrainte ni incommodité.
>
Ce n'est pas tout ; ces-Plongeurs , qui pourront
à tout instant remonter sur la surface des eaux
auront la liberté de boire , de manger sous les
eaux : pendant la nuit ils seront éclairez par une
lanterne allumée , qu'ils porteront ou guideront
eux -mêmes.
Nous sommes bien éloignez de croire toutes
les choses jusqu'à aujourd'hui incroyables que
nous annonçons ici ; mais nous devons rendre té
moignage à la verité , que pour ce dernier fait ,
nous en avons vû l'experience en cette maniere.
M. de V *** voulant nous convaincre qu'
étoit en état de prouver ce qu'il avançoit , nous
mena chez lui , et dans un coin de la Cour de la
maison où il loge , où il y a un tonneau plein
d'eau , défoncé par en haut , il se fit apporter
exac une lanterne de fer blanc , de figure ronde ,
tement fermée , ayant
côté un morceau de
verre pour donner passage à la lumiere. Le corps
à un
de la Lanterne s'emboëte à une base de trois ou
quatre pouces de diamettre ; au milieu est une
bobeche dans laquelle on mit une petite bou
gie allumée , et on rejoignit les deux parties ,
C'est-à-dire , le sol et les parois de la Lanterne
-11. Vol.
G iij . avec
1552 MERCURE DE FRANCE
avec une espece de mastic assez gluant à l'endroit
de la jointure , pourempêcher l'eau d'entrer dans
Ja Lanterne. •
La bougie ainsiallumée et fermée hors de l'eau ,
me dura que l'espace d'un Pater sans s'éteindre :
On aperçoit un peu de fumée qui sort par un très
petit orifice,au haut du Pavillon de la Lanterne.La
bougie entierement éteinte,on ouvrit la Lanterne,
on ralluma la bougie ; et après avoir refermé la
Lanterne, on l'adapta sur le cul d'un seau renver
sé,et on attacha autour du seau des poids de fer et
de plomb pour attirer le tout au fond du tonneau.
Avant que la lanterne fut plongée dans l'eau , la
Lumiere paroissoit vouloir s'éteindre , mais elle
reprit vigueur d'abord que laLanterne fut submer
gée , et elle éclaira très- bien le tonneau pendant
un tems considérable que nous restâmes- là à rai
sonner sur ce phénomene. On aperçoit et on en
tend sur la surface de l'eau , un petit bouillon
nement causé sans doute par ce petit filet
de fumée dont on a parlé. On tira ensuite
la Lanterne hors de l'eau , et la bougie s'é
teignit dans le même espace de tems que la pre
miere fois.
›
M. V*** offre de prouver par des expériences
aussi sensibles , toutes les propositions qu'il fait
dans ce Memoire Il fait plus , il assure avec
grande confiance , que quand il voudra établir
ses principes , et expliquer clairement la méthode
qu'il a imaginée pour les découvertes et les
moyens qu'il propose , à des personnes éclairées
et capables de tirer des consequences , il portera
la possibilité , par ses seuls raisonnemens ,
tel degré d'évidence , qu'on ne lui demandera
ni preuves ni expériences.
à un
Au reste , le Lecteur intelligent , sent assez
127. Vol. sans
JUIN. 1731. 1563
sans que nous nous arrêtions à le lui faire remar
quer , combien ces découvertes seroient utiles , si
elles étoient solidement faites , comme dans les
naufrages , dans la pêche des Perles , & c.
A l'égard de la Lanterne marine , il se peut
faire qu'elle sera plus curieuse qu'elle ne sera
d'un grand usage , attendu qu'il n'y a guere d'oc
casion assez urgente pour faire travailier sous les
caux pendant la nuit, à moins que ce ne fût sur les
rivieres , à reparer quelque pile de Pont qui seroit
en danger , et qu'on voudroit profiter des basses
caux , pour prévenir les suites funestes que peu
vent causer les trop grandes crues d'eau et les dé
bordemens.
Cette Lanterne peut être encore d'un grand se
cours , pour prendre une grande quantité de pois
son pendant un calme qui arrive pendant la nuit ,
à une Flotte , et même à un Navire qui fait un
voyage de long cours , et dont les équipages souf
frent beaucoup , faute de Poissons frais , et d'au
tres bonnes nourritures.
L'Auteur de ces découvertes , à qui nous avons
communiqué ce Mémoire , nous prie d'ajoûter
que les Plongeurs pourront se garantir du froid
et de la morsure de certains poissons , et qu'ils
pourront facilement parcourir et trouver dans le
fond de la mer les choses qu'on y cherche , et
y
faire autant et plus de chemin , et en aussi peu
de tems , qu'un homme en pourroit faire sur la
terre en marchant d'un pas reglé , sans courir, et
même beaucoup plus aisément et sans se fatiguer."
Les Plongeurs dont on parle , auront la liberté de
parcourir avec la même facilité , les montagnes ,
les valées et les plaines maritimes.
Le Sieur Gersaint , Marchand , Pont Notre
11. Vol Giiij Dame,
1564 MERCURE DE FRANCE
Notre Dame , au Grand Monarque , ayant connu
que non- seulement les Curieux ayant goûté les
ornemens qu'il a fait graver d'après Vatteau, mais
même qu'ils étoient d'un grand usage pour les
Peintres , Eventaillistes , Sculpteurs , Orfevres ,
Tapissiers , Brodeurs , &c. a été encouragé à en
faire graver de nouveaux , dont il n'espere pas un
moindre succés. En effet , Vatteau par la ferti
lité de son genie, a si bien réussi en ce genre, et a
sçû si bien ajuster ses sujets à ses ornemens , et
aes ornemens à ses sujets , en variant le tout d'une
maniere infiniment ingénieuse , riante et nou
welle › que l'on peut dire avec justice que jus
ques à present nous n'avons point eû d'ornemens
si galants et si bien imaginés. Voici le détail de
ceux qu'il a mis au jour depuis environ un an.
L'Alliance de la Comedie et de la Musique ,
avec leurs armes et attributs , gravée par M.
Moyreau . Vexus blessée par l'Amour , Plafond ,
par M. Aveline..
Un Clavecin .
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Résumé : Découvertes curieuses dans l'Art de plonger, [titre d'après la table]
Un individu, expert en physique, mécanique, histoire naturelle et antiquité, a réalisé plusieurs découvertes notables concernant les opérations sous-marines. Il affirme posséder un moyen infaillible pour remonter des vaisseaux submergés, à condition qu'ils ne soient pas entièrement ensevelis dans la vase ou coincés sous des rochers. Il a également trouvé un moyen pour permettre à des plongeurs de rester sous l'eau pendant plusieurs heures sans contrainte majeure, et de boire, manger et être éclairés par une lanterne. Pour démontrer ses assertions, M. de V*** a effectué une expérience avec une lanterne étanche. Cette lanterne, allumée et immergée dans un tonneau d'eau, a continué de briller, prouvant ainsi la faisabilité de son invention. M. de V*** propose de prouver toutes ses propositions par des expériences et assure que ses principes seront évidents sans nécessiter de preuves supplémentaires. Les découvertes mentionnées pourraient être utiles en cas de naufrages, pour la pêche aux perles, ou pour des réparations sous-marines. La lanterne marine pourrait également servir à pêcher en pleine nuit. Les plongeurs, protégés du froid et des poissons dangereux, pourraient explorer le fond de la mer avec aisance. Par ailleurs, le Sieur Gersaint, marchand au Pont Notre-Dame, a gravé de nouveaux ornements d'après les œuvres de Vatteau, appréciés par les curieux et utiles pour divers artisans comme les peintres, éventaillistes, sculpteurs, orfèvres, tapissiers et brodeurs. Vatteau est reconnu pour son génie et son ingéniosité dans la création d'ornements galants et bien imaginés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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295
p. 1564-1566
Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Début :
Un Livre de quatre feüilles, dont la premiere l'Enjoleur, la seconde le Frileux, la troisiéme [...]
Mots clefs :
Estampes, Mines de plomb, Graveur, Portraits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Un Livre de quatre feüilles , dont la premiere
PEnjoleur , la seconde le Frileux , la troisiéme
Baccus , la quatriéme le Vendangeur. Deux sont
gravées par Mayreau ; et les deux autres par .
Aveline.
Un autre Livre plus grand aussi de quatre feuil
les : les Sujets de celui - ci sont des plus galants ,
et ornés de berceaux , enrichis de Guirlandes ,
Oiseaux , Trophées et attributs convenables aux
snjers , et soutenus pas des ornemens qui renfer→
ment un paysage en camayeux .
La premiere.gravée par Moyreau est une Fête
Bacchique.
La seconde gravée par M. le Bass, est une
Balanceuse
IL Vol . Lia
JUIN.
1565 1731.
La troisiéme gravée par M. Scotin , est un
Retour de Chaffe.
La quatriéme gravée par Aveline , est un
May.
Tous ces ornemens réussissent parfaitement en
découpure.
Le sieur Gersaint a aussi mis en vente , sur la
demie feuille du grand Aigle , un Cartouche gra
vé d'après un Dessein de Vatteau , d'un goût fort
comique , et d'une forme agréable , qui non- seu
Tement servira pour ceux qui font l'Euvre de
Vatteau , mais aussi pour mettre à la tête de ou
tes sortes de Receuils d'Estampes .
Il a aussi mis au jour d'autres sujets nouveaux
sans ornemens, d'après le même Vatteau , que les
Curieux recherchent avec empressement. En voici
la Liste.
Les agrémens de l'Eté , gravée par M.`de
Favanes,
La Partie quarrée , par Moyreau.
La Collation , par le même.
Le Nauffrage , id.
Les Délaffemens de la Guerre , par M. Crepy.
Les Fatigues de la Guerre , par M. Scotin.
Les deux dernieres morceaux entr'autres , sont
composez avec la vérité si naturelle à Vatteau ,
et les soins que les Graveurs ont pris à les rendre ,
font deux Estampes très piquantes , et d'un goût
exquis. Nous ajoûterons cette réflexion , en
voyant ces Estampes , que l'Art de la gravûre n'a
jamais été en France , ni peut-être ailleurs , à
si haut degré de perfection.
-
m
Les Mines de Plomb qu'on a découvertes à
deux lieues de Rennes en Bretagne , sont si
abondantes , qu'on dit que cent livres de cette
Mine 11. Vol.
1566 MERCURE DE FRANCE
Mine produisent cinquante livres de Métal. On
assure que M. Danicamp , de Saint - Malo , a ob
tenu des Lettres Patentes , qui lui accordent le
Privilege exclusif d'y faire travailler.
On aprend de Londres , que le sieur Jean Das
sier , Genevois , Graveur , qui a été chargé dé
graver les Portraits des Rois d'Angleterre , depuis
Guillaume le Conquérant , jusqu'à present ,
présenta le 15. de ce mois à la Reine
dix
huit Médailles qu'il a faites , dans le nombre des
quelles sont celles de Leurs Majestez.
>
On a appris de Dresden , que le Roy de Po
logne avoit nommé le Docteur Hebenstrit , Me
decin à Leipsic , et grand Naturaliste , pour aller
aux Indes Orientales et Occidentales , et y exa
miner les Plantes extraordinaires qui croissent
dans ce Pays -là , et pour les faire dessiner sur les
lieux , de même que les Animaux : il sera pour
cet effet accompagné d'un Peintre , d'un Graveur
et d'un Chasseur,
PEnjoleur , la seconde le Frileux , la troisiéme
Baccus , la quatriéme le Vendangeur. Deux sont
gravées par Mayreau ; et les deux autres par .
Aveline.
Un autre Livre plus grand aussi de quatre feuil
les : les Sujets de celui - ci sont des plus galants ,
et ornés de berceaux , enrichis de Guirlandes ,
Oiseaux , Trophées et attributs convenables aux
snjers , et soutenus pas des ornemens qui renfer→
ment un paysage en camayeux .
La premiere.gravée par Moyreau est une Fête
Bacchique.
La seconde gravée par M. le Bass, est une
Balanceuse
IL Vol . Lia
JUIN.
1565 1731.
La troisiéme gravée par M. Scotin , est un
Retour de Chaffe.
La quatriéme gravée par Aveline , est un
May.
Tous ces ornemens réussissent parfaitement en
découpure.
Le sieur Gersaint a aussi mis en vente , sur la
demie feuille du grand Aigle , un Cartouche gra
vé d'après un Dessein de Vatteau , d'un goût fort
comique , et d'une forme agréable , qui non- seu
Tement servira pour ceux qui font l'Euvre de
Vatteau , mais aussi pour mettre à la tête de ou
tes sortes de Receuils d'Estampes .
Il a aussi mis au jour d'autres sujets nouveaux
sans ornemens, d'après le même Vatteau , que les
Curieux recherchent avec empressement. En voici
la Liste.
Les agrémens de l'Eté , gravée par M.`de
Favanes,
La Partie quarrée , par Moyreau.
La Collation , par le même.
Le Nauffrage , id.
Les Délaffemens de la Guerre , par M. Crepy.
Les Fatigues de la Guerre , par M. Scotin.
Les deux dernieres morceaux entr'autres , sont
composez avec la vérité si naturelle à Vatteau ,
et les soins que les Graveurs ont pris à les rendre ,
font deux Estampes très piquantes , et d'un goût
exquis. Nous ajoûterons cette réflexion , en
voyant ces Estampes , que l'Art de la gravûre n'a
jamais été en France , ni peut-être ailleurs , à
si haut degré de perfection.
-
m
Les Mines de Plomb qu'on a découvertes à
deux lieues de Rennes en Bretagne , sont si
abondantes , qu'on dit que cent livres de cette
Mine 11. Vol.
1566 MERCURE DE FRANCE
Mine produisent cinquante livres de Métal. On
assure que M. Danicamp , de Saint - Malo , a ob
tenu des Lettres Patentes , qui lui accordent le
Privilege exclusif d'y faire travailler.
On aprend de Londres , que le sieur Jean Das
sier , Genevois , Graveur , qui a été chargé dé
graver les Portraits des Rois d'Angleterre , depuis
Guillaume le Conquérant , jusqu'à present ,
présenta le 15. de ce mois à la Reine
dix
huit Médailles qu'il a faites , dans le nombre des
quelles sont celles de Leurs Majestez.
>
On a appris de Dresden , que le Roy de Po
logne avoit nommé le Docteur Hebenstrit , Me
decin à Leipsic , et grand Naturaliste , pour aller
aux Indes Orientales et Occidentales , et y exa
miner les Plantes extraordinaires qui croissent
dans ce Pays -là , et pour les faire dessiner sur les
lieux , de même que les Animaux : il sera pour
cet effet accompagné d'un Peintre , d'un Graveur
et d'un Chasseur,
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Résumé : Nouvelles Estampes de Watteau, [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs livres et estampes gravées par divers artistes. Un premier livre de quatre feuilles, illustré par Mayreau et Aveline, représente des personnages tels que le Pénjoleur, le Frileux, Bacchus et le Vendangeur. Un autre livre de quatre feuilles, plus grand, montre des sujets galants ornés de berceaux, guirlandes, oiseaux, trophées et paysages. Les sujets incluent une Fête Bacchique par Mayreau, une Balanceuse par Le Bass, un Retour de Chasse par Scotin et un Mai par Aveline. Le sieur Gersaint a mis en vente divers cartouches et sujets nouveaux d'après des dessins de Watteau, tels que 'Les agrémens de l'Eté' par Favanes, 'La Partie quarrée' par Mayreau, 'La Collation' par Mayreau, 'Le Nauffrage' par Mayreau, 'Les Délaffemens de la Guerre' par Crepy et 'Les Fatigues de la Guerre' par Scotin. Ces estampes sont louées pour leur perfection et leur goût exquis. Le texte mentionne également la découverte de mines de plomb près de Rennes, en Bretagne, avec un privilège exclusif accordé à M. Danicamp. À Londres, le graveur Jean Dassier a présenté des médailles des rois d'Angleterre à la reine. Enfin, le roi de Pologne a nommé le Docteur Hebenstrit pour explorer les plantes et animaux des Indes Orientales et Occidentales, accompagné d'un peintre, d'un graveur et d'un chasseur.
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296
p. 1566-1569
LETTRE écrite de Seville le 25. May 1731. par un Seigneur Espagnol, à un François de ses Amis, sur les découvertes d'Antiquité, faites depuis peu auprés de Cadix.
Début :
J'ai reçû avec beaucoup de plaisir, Monsieur, des marques de votre souvenir dans la Lettre que [...]
Mots clefs :
Cadix, Médailles, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Seville le 25. May 1731. par un Seigneur Espagnol, à un François de ses Amis, sur les découvertes d'Antiquité, faites depuis peu auprés de Cadix.
LETTRE écrite de Seville le 25. May
1731. par un Seigneur Espagnol , à un
François de ses Amis , sur les découvertes
d'Antiquité , faites depuis peu auprés de
Cadix
' Ai reçû avec beaucoup de plaisir, Monsieur , des
vous m'avez fait l'honneur de m'écrire , je serois
charmé, en y repondant, de pouvoir pleinement sa
is faire la Curiosité que le bruit public vous a don
née desDécouvertes nouvellement faites auprès de
11. Vol
Cadiz ,
JUIN. 1731. 3557
Cadix:mais la Renommée les a si faussement gros
sies , qu'en vous en faisant un détall vrai et exact,
vous les trouverez peu dignes de votre attention .
Presqu'au bout Oriental de Saint Patri , qui se
pare L'Isle de Leon du Continent , on a trouvé
des masures de quelque vieux bâtiment ; il n'y a
aucun morceau d'Architecture assez entier , pour
qu'on puisse décider si c'étoit un Temple où des
maisons.
Dans ces masures, on a trouvé un buste de mé
tail ordinaire,sans tête,bras, ni jambes et assez, mal
formé, on a découvert aussi un pied nud d'une pe
tite statuë , d'un assez beau métail , et qui paroît
être l'ouvrage d'un bon maître, ces deux pieces ne
déterminent à rien . Ce qui nous a donné lieu à rai
sonner,ce sont certaines bandes d'un fort beau mé
tail émaillées d'argent , et parfaitement bien tra
vaillées, dont le rapport figure des pampres et des
raisins , et dont les côtez sont garnis de franges
très-artistement faites ; leur largeur est de trois
quarts de pied de Roy ; elles sont assez longues ;
Cela ressemble aux ornemens dont on décoroit les
victimes destinées aux sacrifices de Bacchus ; à
moins qu'elles n'imitent des ornemens du Sacri
ficateur. Les gens du Païs prétendent qu'à l'endroit
marqué cy dessus , il y avoit un Temple d'Hercule;
mais c'est une Tradition qui n'a aucun fondement,
et qui n'est même appuyée d'aucune apparence.Les
Médailles qu'on a trouvées sont Puniques , et Ro
maines ; aux premieres on ne distingue rien ; aux
secondes, celles qui regardent le haut Empire, sont
fort communes', il y en a du bas Empire aussi , les
unes et les autres fort defigurées : mais entre les
Médailles , le Buste , les Bandes , et les mazures
on ne trouve aucun rapport
*
De façon ,Monsieur , que de pareilles décou
II. Vol G vi
"
vertes
1568 MERCURE DE FRANCE
vertes ne fournissent rien pour la Chronologie , nr
pour l'Histoire. Quoique cela ne m'ait pas rendu
plus instruit , je suis en mon particulier trés aise
de ceue découverte , puisqu'elle m'a renouvellé
dans votre souvenir , &c.
1731. par un Seigneur Espagnol , à un
François de ses Amis , sur les découvertes
d'Antiquité , faites depuis peu auprés de
Cadix
' Ai reçû avec beaucoup de plaisir, Monsieur , des
vous m'avez fait l'honneur de m'écrire , je serois
charmé, en y repondant, de pouvoir pleinement sa
is faire la Curiosité que le bruit public vous a don
née desDécouvertes nouvellement faites auprès de
11. Vol
Cadiz ,
JUIN. 1731. 3557
Cadix:mais la Renommée les a si faussement gros
sies , qu'en vous en faisant un détall vrai et exact,
vous les trouverez peu dignes de votre attention .
Presqu'au bout Oriental de Saint Patri , qui se
pare L'Isle de Leon du Continent , on a trouvé
des masures de quelque vieux bâtiment ; il n'y a
aucun morceau d'Architecture assez entier , pour
qu'on puisse décider si c'étoit un Temple où des
maisons.
Dans ces masures, on a trouvé un buste de mé
tail ordinaire,sans tête,bras, ni jambes et assez, mal
formé, on a découvert aussi un pied nud d'une pe
tite statuë , d'un assez beau métail , et qui paroît
être l'ouvrage d'un bon maître, ces deux pieces ne
déterminent à rien . Ce qui nous a donné lieu à rai
sonner,ce sont certaines bandes d'un fort beau mé
tail émaillées d'argent , et parfaitement bien tra
vaillées, dont le rapport figure des pampres et des
raisins , et dont les côtez sont garnis de franges
très-artistement faites ; leur largeur est de trois
quarts de pied de Roy ; elles sont assez longues ;
Cela ressemble aux ornemens dont on décoroit les
victimes destinées aux sacrifices de Bacchus ; à
moins qu'elles n'imitent des ornemens du Sacri
ficateur. Les gens du Païs prétendent qu'à l'endroit
marqué cy dessus , il y avoit un Temple d'Hercule;
mais c'est une Tradition qui n'a aucun fondement,
et qui n'est même appuyée d'aucune apparence.Les
Médailles qu'on a trouvées sont Puniques , et Ro
maines ; aux premieres on ne distingue rien ; aux
secondes, celles qui regardent le haut Empire, sont
fort communes', il y en a du bas Empire aussi , les
unes et les autres fort defigurées : mais entre les
Médailles , le Buste , les Bandes , et les mazures
on ne trouve aucun rapport
*
De façon ,Monsieur , que de pareilles décou
II. Vol G vi
"
vertes
1568 MERCURE DE FRANCE
vertes ne fournissent rien pour la Chronologie , nr
pour l'Histoire. Quoique cela ne m'ait pas rendu
plus instruit , je suis en mon particulier trés aise
de ceue découverte , puisqu'elle m'a renouvellé
dans votre souvenir , &c.
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Résumé : LETTRE écrite de Seville le 25. May 1731. par un Seigneur Espagnol, à un François de ses Amis, sur les découvertes d'Antiquité, faites depuis peu auprés de Cadix.
Le 25 mai 1731, un seigneur espagnol écrit à un ami français à Paris pour répondre à sa curiosité sur les récentes découvertes archéologiques près de Cadix. L'auteur précise que les récits publics ont exagéré l'importance de ces découvertes. Les fouilles ont révélé des vestiges de bâtiments anciens près de l'extrémité orientale de Saint-Patri, séparant l'île de Léon du continent. Parmi les artefacts trouvés, on note un buste incomplet, un pied de petite statue de bonne facture, et des bandes métalliques émaillées d'argent décorées de pampres et de raisins. Ces bandes pourraient être des ornements utilisés pour les sacrifices de Bacchus ou imiter des ornements sacerdotaux. Les habitants locaux affirment qu'un temple d'Hercule se trouvait à cet endroit, mais cette tradition manque de fondement. Les médailles trouvées sont puniques et romaines, mais trop endommagées pour fournir des informations précises. L'auteur conclut que ces découvertes ne contribuent ni à la chronologie ni à l'histoire, mais il se réjouit de cette découverte car elle lui a rappelé son ami.
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297
p. 1739-1741
« CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...] »
Début :
CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...]
Mots clefs :
Critique, Auteurs ecclésiastiques , Nouvelle traduction
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texteReconnaissance textuelle : « CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...] »
CR
RITIQUE de la Bibliotheque des
Auteurs Ecclesiastiques de M. du
Pin, par feu M. Richard Simon. A Paris,
rue S.Jacques , chez Ganeau , 1730. 4. vol.
in 8.
NOUVELLE TRADUCTION du Livre unique
des Lettres de Ciceron à M. J.Brutus,
avec des Remarques Historiques et Critiques,
dédiée à Monseigneur le Dauphin..
Par M. de Laval . A Paris , Quay des Augustins
, chez Guill. Denis David , 1731.
2. vol. in 12.
OSTEOLOGIE , ou Traité des Os , dans
lequel on considere chaque Os par rapport
1740 MERCURE DE FRANCE
port aux Parties qui le composent , aux
cavitez qui s'y trouvent , et à ses joncfions
aux autres Os. Par M. Jean Baget ,
Chirurgien Juré à Paris , Démonstrateur
en Anatomie et Chirurgie. Rue S. Jacques
, chez Louis d'Hotelfort. In 12 .
HISTOIRE NATURELLE , Civile et Ecclesiastique
de l'Empire du Japon , composée
en Allemand , par Engelbert Kampfer,
Docteur en Médecine à Lemgow ;
et traduite en françois sur la version Angloise
de Jean Gaspard Scheuchzer
Membre de la Societé Royale, et du College
des Médecins à Londres. Ouvrage
enrichi de quantité de Figures dessinées
d'aprés le naturel par l'Auteur même.
A la Haye chez P. Gosse et J. Neaulme.
1729. in fol. z. vol . Tom. I. pag. 217 .
Tome 2. pp . 313. sans l'Appendix de
96. pag. et les Preliminaires de 52. pag. ·
Planch. détach. 45 .
REFLEXIONS POLITIQUES de Balthasar
Gracian sur les plus grands Princes , et
particulierement sur Ferdinand le Catholique.
Ouvrage traduit de l'Espagnol
avec des Notes historiques et critiques.
A Paris chez Barthelemy Alix , rue Saint-
Facques 1730. in 12. pag. 350. sans la
Preface et les Tables .
LETTRES
JUILLET . 1731. 174 *
LETTRES CRITIQUES , à M. le Comte
***, sur le Paradis perdu et reconquis
de Milton . Par R. **. A Paris chez
Cailleau, Place du Pont S. Michel. 1731 ,
in 12.
RECUEIL de Pieces d'Histoire et de
Litterature Tome 1. A Paris Quay des
Augustins , chez, Chaubert . 1731 .
RITIQUE de la Bibliotheque des
Auteurs Ecclesiastiques de M. du
Pin, par feu M. Richard Simon. A Paris,
rue S.Jacques , chez Ganeau , 1730. 4. vol.
in 8.
NOUVELLE TRADUCTION du Livre unique
des Lettres de Ciceron à M. J.Brutus,
avec des Remarques Historiques et Critiques,
dédiée à Monseigneur le Dauphin..
Par M. de Laval . A Paris , Quay des Augustins
, chez Guill. Denis David , 1731.
2. vol. in 12.
OSTEOLOGIE , ou Traité des Os , dans
lequel on considere chaque Os par rapport
1740 MERCURE DE FRANCE
port aux Parties qui le composent , aux
cavitez qui s'y trouvent , et à ses joncfions
aux autres Os. Par M. Jean Baget ,
Chirurgien Juré à Paris , Démonstrateur
en Anatomie et Chirurgie. Rue S. Jacques
, chez Louis d'Hotelfort. In 12 .
HISTOIRE NATURELLE , Civile et Ecclesiastique
de l'Empire du Japon , composée
en Allemand , par Engelbert Kampfer,
Docteur en Médecine à Lemgow ;
et traduite en françois sur la version Angloise
de Jean Gaspard Scheuchzer
Membre de la Societé Royale, et du College
des Médecins à Londres. Ouvrage
enrichi de quantité de Figures dessinées
d'aprés le naturel par l'Auteur même.
A la Haye chez P. Gosse et J. Neaulme.
1729. in fol. z. vol . Tom. I. pag. 217 .
Tome 2. pp . 313. sans l'Appendix de
96. pag. et les Preliminaires de 52. pag. ·
Planch. détach. 45 .
REFLEXIONS POLITIQUES de Balthasar
Gracian sur les plus grands Princes , et
particulierement sur Ferdinand le Catholique.
Ouvrage traduit de l'Espagnol
avec des Notes historiques et critiques.
A Paris chez Barthelemy Alix , rue Saint-
Facques 1730. in 12. pag. 350. sans la
Preface et les Tables .
LETTRES
JUILLET . 1731. 174 *
LETTRES CRITIQUES , à M. le Comte
***, sur le Paradis perdu et reconquis
de Milton . Par R. **. A Paris chez
Cailleau, Place du Pont S. Michel. 1731 ,
in 12.
RECUEIL de Pieces d'Histoire et de
Litterature Tome 1. A Paris Quay des
Augustins , chez, Chaubert . 1731 .
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Résumé : « CRITIQUE de la Bibliothèque des Auteurs Ecclesiastiques de M. du [...] »
Le document recense des publications parues entre 1729 et 1740. En 1729, 'Histoire Naturelle, Civile et Ecclesiastique de l'Empire du Japon' d'Engelbert Kaempfer, traduite de l'allemand via l'anglais par Jean Gaspard Scheuchzer, est publiée à La Haye. En 1730, 'Critique de la Bibliotheque des Auteurs Ecclesiastiques' de Richard Simon et les 'Reflexions Politiques' de Balthasar Gracian sur les princes, traduites de l'espagnol, sont publiées à Paris. En 1731, plusieurs ouvrages paraissent à Paris : 'Nouvelle Traduction du Livre unique des Lettres de Ciceron à M. J. Brutus' de M. de Laval, dédiée au Dauphin, 'Lettres Critiques' sur 'Le Paradis perdu et reconquis' de Milton par R. **, et un 'Recueil de Pieces d'Histoire et de Littérature'. En 1740, 'Ostéologie, ou Traité des Os' de Jean Baget, chirurgien et démonstrateur en anatomie, est publié à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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298
p. 1741-1755
Discours sur la Comedie, ou Traité, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS SUR LA COMEDIE, ou Traité Historique et Dogmatique des Jeux de [...]
Mots clefs :
Jeux, Poètes, Parlement, Paris, Théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Comedie, ou Traité, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS SUR LA COMEDIE , ou Traité
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre & c. 2. Edition , augmentée de
plus de la moitié. par le P. le Brun de l'Oratoire
, rue S. Jacques , chez la veuve
Delaulne. 1731 .
>
Aprés l'Extrait que nous avons donné
de la premiere moitié de cet Ouvrage
sur les anciens Jeux de Théatre &c. Il
nous reste à dire quelque chose des Spectacles
et des Pieces de Théatre en France
, de leur origine , de leur succès &c.
Au treizieme Siecle , il y eut en France
beaucoup de Poëtes , et les Provenceaux
furent ceux qu'on estima dayantage.
On faisoit beaucoup de cas de la
Langue Provençale que l'on appelloit la
Langue Romaine , à cause qu'elle en
approchoit beaucoup , et que la Provence
seule avoit retenu le nom de Province ,
eu Province des Romains , qu'on don
noit
1742 MERCURE DE FRANCE
noit à toute la Gaule Narbonnoise , qui
comprenoit Toulouse et Genéve , c'està-
dire , tout ce que les Romains possedoient
dans les Gaulès , lorsque Cesar y
vint pour la premiere fois.
Depuis le X. Siecle on se piquoit presque
dans toutes les Cours de l'Europe
de parler Provençal , et les Pieces d'esprit
ne paroissoient ordinairement qu'en cette
Langue , ce qui fit qu'on appella ces Pieces
des Romans , ou Romances , à cause
qu'elles étoient écrites en langage Romain
, ou Romance , c'est - à- dire Provençal.
Comme le François se perfectionna depuis
Philippe Auguste , on voit au XIII .
Siecle par la Bible de Guiart des Moulins,
que le langage de Paris s'appelloit indifferemment
le François ou le Romain.
Quoiqu'il en soit , le desir de parler purement
Provençal , porta plusieurs Princes
à appeller des Poëtes Provençaux dans
leur Cour. Il en sortit , en effet , un assez
grand nombre de Provence , et la plupart
étoient des personnes distinguées par
leur naissance et par leur génie. Le Poëte
Foulquet qui écrivoit à Marseille au commencement
du XIII . siecle , à qui on
a attribué la gloire d'avoir le premier
donné et observé les regles de bien rimer ,
s'étant
JUILLET. 1731. 1643
•
s'étant retiré dans un Monastere , fut fait
Evêque de Marseille , puis de Toulouse ,
et plusieurs autres s'avançoient beaucoup
auprès des Princes .
Alphonse Comte de Poitiers et de Toulouse
, frere de S.Louis , avoit auprès de lui
plusieurs de ces Poëtes , et par tout on les
recherchoit avec empressement, et on leur
isoit des présens magnifiques . Ceux qui
' étoient pas fixes dans quelques Cours
Composoient de petites bandes de trois
ɔu quatre amis , Poëtes , Chantres et
Joueurs d'Instrumens , et alloient de Ville
n Ville , ou plutôt de Château en Château
, réciter leurs Ouvrages , et c'étoit
à ceux qu'on appelloit communément
les Auteurs de la Science guaye , les Troubadours
ou les Trouveres , c'est-à - dire
Inventeurs.
La plupart de ces Bouffons s'appelloient
Ministerales , Minetrales , Ministrelli
d'où est venu le nom de Menetrier. Ils
ne s'appliquoient pas seulement à réjoüir
les Princes par leurs plaisanteries , mais
encore ils chantoient au son des Instrumens
leurs loüanges et celles de leurs Ancêtres
. Quelquefois ils déclamoient agréablement
les Exploits des Héros , ou les
chantoient , jouant en même- tems du
Violon ou de quelqu'autre Instrument ,
excitant
1744 MERCURE DE FRANCE
excitant ainsi à la vertu ceux qui les écoutoient.
On voit au même endroit que dans
un Festin d'Apparat,donné par LouisVIII.
pere de S. Louis , parut un de ces Menetriers
, qui chanta les louanges du Roi au
son de la Lyre.
Ces personnes ne pouvoient pas être
censées infames , par les loix qui déclarent
que ceux qui n'avoient représenté
que dans des Maisons particulieres , ne
seront pas déclarez infames. Pline le
jeune , louant la vie d'un homme fort
distingué , dit qu'il faisoit souvent venir
à sa table un Comédien pour entendre
quelque chose de bon pendant le repas.
On trouve jusqu'au milieu du XIV . Siecle
environ cent Poëtes Provençaux des
plus distinguez , dont les vies ont été
écrites par le sçavant Cibo , Moine de L'erins
, par Huges de S. Cesaire , Moine
de Montmajour, par Rostang de Brignole,
Moine de S Victor de Marseille , et par
Jean et César Nostradamus .
Ce dernier Historien en 1344. compte
90. Poëtes , dont le Roi Robert fit recueillir
les Ouvrages . Le Cardinal de Richelieu
a fait aussi rechercher en Provence
plusieurs Pieces de cette nature , et ce
sont peut- être celles qu'on conserve dans
la Bibliotheque Royale.
Vers
JUILLET . 1731. 1745
Vers le milieu du XV. siecle , les Poëtes
Provençaux se négligerent , et leur
langue ne fut plus cultivée comme elle
l'avoit été durant quelques siecles . Mais
les Italiens , que le séjour des Papes àAvignon
avoit attirez en Provence , y étoient
devenus Poëtes . On en voyoit déja parmi
eux un grand nombre , tant bons que
méchans ; et comme en Italie on a toujours
eu beaucoup de disposition à être
Saltinbanque , il y eut bientôt plusieurs
Poëtes qui prirent le parti de monter sur
des Theatres . Les moins polis se distinguerent
par le choix de quelques Sujets
de pieté , et tels furent ces Pelerins que
M. Despréaux a dépeints ainsi dans le
troisiéme Chant de l'Art Poëtique.
Chez nos dévots Ayeux le Théatre abhorré ,
Fut long- temps dans la France un plaisir ignoré;
De Pelerins , dit-on , une Troupe grossiere ,
En public à Paris y monta la premiere ,
Et sottement zelée en sa simplicité ,
Joua les Saints , la Vierge, et Dieu par pieté.
Ces dévots Comédiens vinrent à Paris
au commencement du XIV. siecle ; et
le Cardinal le Moine , Fondateur du College
qui porte son nom , acheta l'Hôtel
de Bourgogne et le leur donna ,à condition
F qu'ils
1745 MERCURE DE FRANCE
qu'ils ne représenteroient jamais que des
Pieces pieuses. Cependant ces Jeux n'ont
pas toujours continué , comme plusieurs
semblent le croire.
Dans un Arrêt du Parlement de Paris,
donné sous François I. en 1541. il est
parlé de ces prétendues Pieces de dévotion
comme d'un usage qui ne s'étoit introduit
que depuis deux ou trois ans ,
et que le Parlement ne pouvoit tolerer.
Il l'interdit en effet sous de rigoureuses
peines par le même Arrêt , dont quelques-
uns des motifs sont , 19. Que pour
réjouir le peuple on mêle ordinairement à ces
sortes de feux des Farces ou Comédies dérisoires
, qui sont choses deffendues par les
saints Canons. 2 ° . Que les Auteurs de ces
Piecesjouant pour le gain , ils devoient pas
ser pour Histrions , Joculateurs on Bateleurs.
3. Que les Assemblées de ces Jeux donnoient
lieu à des parties ou d'assignations d'adultere
et de fornication . 4. Que cela fait dépenser
de l'argent mal à propos aux Bourgeois
et aux Artisans de la Ville.
Ces motifs montrent assez qu'il n'y
avcit pas alors d'autres Jeux de Théatre
à Paris. Il paroît que ces Comédies pieuses
furent encore jouées pendant quelque
emps. Dans une Requête présentée au
Parlement , les Auteurs de ces Jeux disent
JUILLET. 1731. 2747
sent qu'ils les faisoientjouer de temps immemorial
et par des privileges confirmez par
les Rois de France , à l'édification du commun
populaire sans offense generale ou particuliere.
Ce ne fut qu'en 1545. que leurs Jeux
cesserent , le Parlement ayant converti
en logement pour les pauvres , la Salle
de la Passion. Trois ans après , ils acheterent
une nouvelle Salle , et demanderent
que suivant lesdits Privileges , il leur
fût permis de continuer la représentation
desdits Misteres , du profit desquels , disentils
, étoit entretenu le Service divin en la
Chapelle de ladite Confrairie , avec deffenses
à tous autres de jouer à l'avenir , tant
en la Ville que Fauxbourgs et Banlieuë de
Cette Ville , sinon que ce fut sous le titre de
la dite Confrairie. Voici les termes de l'Arrêt
: La Cour a inhibé et deffendu , inhibe
et deffend ausdits Suppliants de jouer le
Mystere de la Passion de N. Sauveur , ne
autres Mysteres sacrez , sur peine d'amende
arbitraire , leur permettant neantmoins de
pouvoirjouer autres Mysteres profanes , honnêtes
et licites , sans offenser et injurier aucunes
personnes , et deffend ladite Cour de
jouer ou représenter dorénavant aucuns Jeux
ou Mysteres , tant en la Ville et Fauxbourg's ,
que Banlieue de Paris , sinon que sous le
Fij nom
1743 MERCURE DE FRANCE
nom ladite Confrairie et au profit d'icelle.
Le Parlement ne voulant point souffrir
d'autres Jeux que ceux de ces Confreres
de la Passion , la Chambre des Vacations
s'éleva le 15. Septembre 1531. contre une
Troupe de Comédiens qui depuis quelque
temps joüoient des Farces et des Jeux
publics , et avoient à ce sujet exigé de
ceux qui y avoient assisté , quatre , cinq
et six sols , somme excessive et non accoutumée
d'être levée en tel cas , qui est espece
d'exaction sur le pauvre peuple. La Cour
leur deffendit de jouer à l'avenir des Farces
sans permission , sous peine de prison et
de punition corporelle , et à tous les Manans
et Habitans de Paris et des Faux-'
bourgs , de quelque état et qualité qu'ils
fussent , d'assister à ces Jeux , sous peine
de dix livres parisis.
Cette Confrairie eût un demêlé avec
Maître René Benoît , Curé de S. Eustache
, lequel obtint de la Chambre séante
au Châtelet , que les Confreres de la
Passion n'ouvriroient les portes de leurs
Jeux , sinon aprés les Vespres dites . Ces
Confreres représenterent au Parlement
que cette Ordonnance rendoit leurs Privileges
illusoires et sans effet , parcequ'il
leur seroit impossible , étant les jours
Courts , vaquer à leursdits Jeux , pour â
les
JUILLET . 1731. 1749
les préparatifs desquels ils auroient fait
une infinité de frais . Ils disent dans cette
Requête , qu'ils payoient cent écus de
rente à la Recette du Roi pour le Logis ,
et 300. liv . Tournois de rente aux Enfans
de la Trinité , tant pour le Service divin
que pour l'entretien des Pauvres . Ils
demanderent qu'il leur fût permis d'ouvrir
les portes de leurs Jeux pour les
allans et venans en la maniere accoutumée
, à la charge toutefois qu'ils ne commenceront
leurs Jeux qu'à trois heures
sonnées , à laquelle heure les Vespres
avoient accoutumées d'être dites . Le Parlement
leur accorda ce qu'ils demandoient
, mais à condition qu'ils repondroient
des scandales qui pourroient leur
arriver. Cet Arrêt fut confirmé par un
autre rendu le 20. Septembre 1577.
Cependant dès l'an 1551. sous Henry
II. les Poëtes François avoit commencé
à faire des Tragédies et des Comédies
et Jodelle fut le premier qui en fit repré
senter , comme nous l'apprend Ronsard
dans les vers que Pasquier a cités au 7.
Livre de ses Recherches , Chap . 7•
Aprés amour la France abandonna ;
Et lors Jodelle heureusement sonna
D'une voix humble et d'une voix hardie ,
F iij
La
1750 MERCURE DE FRANCE
La Comédie avec la Tragédie ,
Et d'un ton double , ore bas , ore haut ,
Remplit premier le François Echafaut.
Sous le Regne d'Henry III , dit Mezeray
, le luxe qui cherchóit par tout des
divertissemens , appella du fond de l'Italie
, une bande de Comédiens , dont les
Pieces , toutes d'intrigues , d'amourettes
et d'inventions agréables , pour exciter
et chatouiller les plus douces passions
étoient de pernicieuses leçons d'impudicité.
Ils obtinrent des Lettres Patentes
pour leur établissement , comme si c'eut
été quelque celebre Compagnie. Le Parlement
les rebuta comme personnes que
les bonnes moeurs , les SS. Canons , les
PP. de l'Eglise , et nos Rois mêmes ,
avoient toujours reputés infames
leur deffendit de jouer , ni de plus obte
nir de semblables Lettres ; et néanmoins,
dès que la Cour fut de retour de Poitiers
le Roy voulut qu'ils ouvrissent leur
Theatre.
و et
Le Concile de Bâle , dont l'autorité
est si grande en France , dans la Sess.
XX. en l'an 1435. se plaint que dans
quelques Eglises , pendant certaines Fêtes,
on voyoit des gens en habits pontifi-
'caux ,
JUILLET. 1731. 1751
caux , avec une Crosse et une Mitre ,
donner la Benediction comme les Evêques
; que d'autres s'habilloient en Rois
ou en Ducs , ce qu'on appelle dans quelques
endroits , la Fête des Foux , des
Innocens ou des Enfans, et que quelquesans
représentoient des Jeux de Theatre ,
faisoient des mascarades et des danses
d'hommes et de femmes. Ce Concile
aprés avoir exprimé l'horreur qu'il a
pour toutes ces extravagances , ordonne
aux Evêques , aux Doyens et aux Curés ,
sous peine de suspense et de privation
de leurs revenus Ecclesiastiques pendant
trois mois , de ne pas permettre à l'ave
nir de semblables bouffonneries .
. Le Concile de Tolede tenu en 1565 .
fait la même déffense . ( C'étoit principalement
le jour de la Fête des SS. Inãocens
qu'on créoit ces faux Evêques . )
Un Concile de la Province de Bordeaux
tenu à Copriniacum en 1215. et non pas
en 1260. comme le veut le P. Hardouin ,
avoit déffendu sous peine d'excommunication
, les danses qui se faisoient ce
jour- là , aussi bien que cette burlesque
création d'Evêques . Predictas balleationes
ulterius sub intimatione Anathematis fieri
prohibemus : nec non et Episcopos in predicto
Festo creari. Avec quelle force ,
Fij
continue
1752 MERCURE DE FRANCE
continue l'Auteur , ces Conciles se seroient-
ils élevé contre de Comiques
Processions semblables à celle qu'on fait
tous les ans à Aix le jour de la Fête- Dieu
où les Misteres de l'ancien et du nouveau
Testament sont deshonorez par
des Farces et des Répresentations indecentes
?
Il paroît par un Concile de Sens de
l'an 1486. que ces danses et ces répresentations
Comiques se faisoient dans les
Eglises et autres lieux sacrés.
On apprend par les Statuts Synodaux
du Diocèse de Beauvais , publiés en 1554.
que lorsque les Prêtres disoient leur
premiere
Messe , on faisoit venir des Bouffons
, des Histrions , des Joueurs d'Ins
trumens et differens autres Farceurs ; ce
desordre est severement déffendu aussi
bien que les danses et les représentations
des Spectacles dans les Eglises et les Cimetieres
. La même déffense se trouve
dans les Statuts Synodaux du Diocèse de
Soissons , imprimés en 1561. Les danses
se faisoient quelquefois devant l'Eglise .
Un autre abus aussi pernicieux , condamné
dans un Synode de Paris tenu en
1557. par Eustache du Bellay ; c'est que
les jours de Fêtes de certaines Confrairies
, on alloit avec des Images attachées
sur
JUILLET. 1731. 1783
sur des batons, aux Maisons des Laïques ;
ces burlesques Processions étoient composées
de Prêtres , de femmes et de Bouf
fons ; le Synode les déffend sous peine
d'excommunication et d'une amande arbitraire
, ordonnant aux Clercs de ne
prendre aucune part à ces folies.
En 1980. S. Charles Borromée qui
avoit long- tems travaillé à chasser les
Comédiens de son Diocèse , obtint enfin
d'un Gouverneur de Milan qu'on ne souf
friroit aucune Piece qui n'eut été examinée
et trouvée.conforme à la Morale
chrétienne , et qu'on n'en réprésenteroit
jamais ni le vendredy , ni les jours de
Fête .
eut
Le Parlement de Paris garda toujours
la même severité à l'égard des Comédiens
, jusqu'à ce que le Cardinal de Richelieu
, passionné pour la Poësie ,
fait esperer qu'on verroit des Comédies
où il n'y auroit rien qui ne fut dans la
bienséance. Par son ordre , Desmarets ,
Corneille et Colletet composerent quel
ques Pieces assés honnêtes , et en 1641
il fit enregistrer au Parlement une Déclaration
du Roy , par laquelle aprés
avoir renouvellé les peines ordinaires
contre les Comédiens , qui useront d'aucunes
paroles lascives ou à double entente
F v qui
1754 MERCURE DE FRANCE
qui puisse blesser l'honnêteté publique , it
est dit , qu'au cas qu'ils observent ces conditions
, ils ne seront pas à l'avenir notés.
d'infamie.
"
A la page 287. l'Auteur cite cette
maxime, prise , dit-il , d'un petit livre:
qui lui est tombé entre les mains , par où
nous finirons cet Extrait. Tous les grands:
divertiffemens sont dangereux pour la vie
chrétienne ; mais entre tous ceux que le monde
a inventés , il n'y en a point qui soit
plus à craindre que la Comédie. C'est une
peinture fi naturelle et fi délicate des passions
, qu'elle les anime et les fait naître
dans notre coeur , et surtout celle de l'amour
principalement lorsqu'on se represente qu'il
est chaste etfort honnête : car plus il paroît
innocent aux ames innocentes , plus elles:
sont capables d'en étre touchées . On je fait
en même-temps une conscience fondée fur
Phonnêteté de ces sentimens ; et on s'imagine
que ce n'eft pas bleffer la pureté , que d'ai
mer d'un amour fi sage. Ainsi on sort de la
Comédie le coeur si rempli de toutes les dou
ceurs de l'amour , et l'esprit si persuadé de
son innocence , qu'on eft tout préparé à recevoir
ses premieres impreffions , ou plutôt à:
chercher Poccasion de les faire naître dans.
Le coeur de quelqu'un , pour recevoir les mêmes
plaifirs et les mêmes sacrifices qu'on a
•
uns
JUILLET. 1731 1755
vus fi bien réprefentés fur le Theatre.
MEDITATIONS SUR L'EVANGILE
Ouvrage posthume de M. Jacques Benigne
Bossuet , Evêque de Meaux , Conseiller
du Roy en ses Conseils , et ordinaire
en son Conseil d'Etat, Precepteur de
Monseigneur le Dauphin , premier Aumônier
des deux derniers Dauphins. A
Paris , chez P. J. Mariette ,rue S.Jacques,.
1731. 4. volumes in 12. premier vol.
pp. 519. 2. vol . pp. 464. 3. vol . pp. 454.
4. vol . pp. 506. sans compter un Mandement
de M. l'Evêque de Troyes pour
recommander la lecture de cet Ouvrage
aux Fideles de son Diocèse , de 62. pag .
et sans les Tables .
LES VEILLE' ES DE THESSALIE . Premiere et
seconde Veillées . Rue S. Jacques , chez J.
F. Josse 1731. 2. vol. in 12 ..
La lecture de cet Ouvrage , qui est trés
bien écrit , est fort amusante. Le Librai--
re en promet la suite .
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre & c. 2. Edition , augmentée de
plus de la moitié. par le P. le Brun de l'Oratoire
, rue S. Jacques , chez la veuve
Delaulne. 1731 .
>
Aprés l'Extrait que nous avons donné
de la premiere moitié de cet Ouvrage
sur les anciens Jeux de Théatre &c. Il
nous reste à dire quelque chose des Spectacles
et des Pieces de Théatre en France
, de leur origine , de leur succès &c.
Au treizieme Siecle , il y eut en France
beaucoup de Poëtes , et les Provenceaux
furent ceux qu'on estima dayantage.
On faisoit beaucoup de cas de la
Langue Provençale que l'on appelloit la
Langue Romaine , à cause qu'elle en
approchoit beaucoup , et que la Provence
seule avoit retenu le nom de Province ,
eu Province des Romains , qu'on don
noit
1742 MERCURE DE FRANCE
noit à toute la Gaule Narbonnoise , qui
comprenoit Toulouse et Genéve , c'està-
dire , tout ce que les Romains possedoient
dans les Gaulès , lorsque Cesar y
vint pour la premiere fois.
Depuis le X. Siecle on se piquoit presque
dans toutes les Cours de l'Europe
de parler Provençal , et les Pieces d'esprit
ne paroissoient ordinairement qu'en cette
Langue , ce qui fit qu'on appella ces Pieces
des Romans , ou Romances , à cause
qu'elles étoient écrites en langage Romain
, ou Romance , c'est - à- dire Provençal.
Comme le François se perfectionna depuis
Philippe Auguste , on voit au XIII .
Siecle par la Bible de Guiart des Moulins,
que le langage de Paris s'appelloit indifferemment
le François ou le Romain.
Quoiqu'il en soit , le desir de parler purement
Provençal , porta plusieurs Princes
à appeller des Poëtes Provençaux dans
leur Cour. Il en sortit , en effet , un assez
grand nombre de Provence , et la plupart
étoient des personnes distinguées par
leur naissance et par leur génie. Le Poëte
Foulquet qui écrivoit à Marseille au commencement
du XIII . siecle , à qui on
a attribué la gloire d'avoir le premier
donné et observé les regles de bien rimer ,
s'étant
JUILLET. 1731. 1643
•
s'étant retiré dans un Monastere , fut fait
Evêque de Marseille , puis de Toulouse ,
et plusieurs autres s'avançoient beaucoup
auprès des Princes .
Alphonse Comte de Poitiers et de Toulouse
, frere de S.Louis , avoit auprès de lui
plusieurs de ces Poëtes , et par tout on les
recherchoit avec empressement, et on leur
isoit des présens magnifiques . Ceux qui
' étoient pas fixes dans quelques Cours
Composoient de petites bandes de trois
ɔu quatre amis , Poëtes , Chantres et
Joueurs d'Instrumens , et alloient de Ville
n Ville , ou plutôt de Château en Château
, réciter leurs Ouvrages , et c'étoit
à ceux qu'on appelloit communément
les Auteurs de la Science guaye , les Troubadours
ou les Trouveres , c'est-à - dire
Inventeurs.
La plupart de ces Bouffons s'appelloient
Ministerales , Minetrales , Ministrelli
d'où est venu le nom de Menetrier. Ils
ne s'appliquoient pas seulement à réjoüir
les Princes par leurs plaisanteries , mais
encore ils chantoient au son des Instrumens
leurs loüanges et celles de leurs Ancêtres
. Quelquefois ils déclamoient agréablement
les Exploits des Héros , ou les
chantoient , jouant en même- tems du
Violon ou de quelqu'autre Instrument ,
excitant
1744 MERCURE DE FRANCE
excitant ainsi à la vertu ceux qui les écoutoient.
On voit au même endroit que dans
un Festin d'Apparat,donné par LouisVIII.
pere de S. Louis , parut un de ces Menetriers
, qui chanta les louanges du Roi au
son de la Lyre.
Ces personnes ne pouvoient pas être
censées infames , par les loix qui déclarent
que ceux qui n'avoient représenté
que dans des Maisons particulieres , ne
seront pas déclarez infames. Pline le
jeune , louant la vie d'un homme fort
distingué , dit qu'il faisoit souvent venir
à sa table un Comédien pour entendre
quelque chose de bon pendant le repas.
On trouve jusqu'au milieu du XIV . Siecle
environ cent Poëtes Provençaux des
plus distinguez , dont les vies ont été
écrites par le sçavant Cibo , Moine de L'erins
, par Huges de S. Cesaire , Moine
de Montmajour, par Rostang de Brignole,
Moine de S Victor de Marseille , et par
Jean et César Nostradamus .
Ce dernier Historien en 1344. compte
90. Poëtes , dont le Roi Robert fit recueillir
les Ouvrages . Le Cardinal de Richelieu
a fait aussi rechercher en Provence
plusieurs Pieces de cette nature , et ce
sont peut- être celles qu'on conserve dans
la Bibliotheque Royale.
Vers
JUILLET . 1731. 1745
Vers le milieu du XV. siecle , les Poëtes
Provençaux se négligerent , et leur
langue ne fut plus cultivée comme elle
l'avoit été durant quelques siecles . Mais
les Italiens , que le séjour des Papes àAvignon
avoit attirez en Provence , y étoient
devenus Poëtes . On en voyoit déja parmi
eux un grand nombre , tant bons que
méchans ; et comme en Italie on a toujours
eu beaucoup de disposition à être
Saltinbanque , il y eut bientôt plusieurs
Poëtes qui prirent le parti de monter sur
des Theatres . Les moins polis se distinguerent
par le choix de quelques Sujets
de pieté , et tels furent ces Pelerins que
M. Despréaux a dépeints ainsi dans le
troisiéme Chant de l'Art Poëtique.
Chez nos dévots Ayeux le Théatre abhorré ,
Fut long- temps dans la France un plaisir ignoré;
De Pelerins , dit-on , une Troupe grossiere ,
En public à Paris y monta la premiere ,
Et sottement zelée en sa simplicité ,
Joua les Saints , la Vierge, et Dieu par pieté.
Ces dévots Comédiens vinrent à Paris
au commencement du XIV. siecle ; et
le Cardinal le Moine , Fondateur du College
qui porte son nom , acheta l'Hôtel
de Bourgogne et le leur donna ,à condition
F qu'ils
1745 MERCURE DE FRANCE
qu'ils ne représenteroient jamais que des
Pieces pieuses. Cependant ces Jeux n'ont
pas toujours continué , comme plusieurs
semblent le croire.
Dans un Arrêt du Parlement de Paris,
donné sous François I. en 1541. il est
parlé de ces prétendues Pieces de dévotion
comme d'un usage qui ne s'étoit introduit
que depuis deux ou trois ans ,
et que le Parlement ne pouvoit tolerer.
Il l'interdit en effet sous de rigoureuses
peines par le même Arrêt , dont quelques-
uns des motifs sont , 19. Que pour
réjouir le peuple on mêle ordinairement à ces
sortes de feux des Farces ou Comédies dérisoires
, qui sont choses deffendues par les
saints Canons. 2 ° . Que les Auteurs de ces
Piecesjouant pour le gain , ils devoient pas
ser pour Histrions , Joculateurs on Bateleurs.
3. Que les Assemblées de ces Jeux donnoient
lieu à des parties ou d'assignations d'adultere
et de fornication . 4. Que cela fait dépenser
de l'argent mal à propos aux Bourgeois
et aux Artisans de la Ville.
Ces motifs montrent assez qu'il n'y
avcit pas alors d'autres Jeux de Théatre
à Paris. Il paroît que ces Comédies pieuses
furent encore jouées pendant quelque
emps. Dans une Requête présentée au
Parlement , les Auteurs de ces Jeux disent
JUILLET. 1731. 2747
sent qu'ils les faisoientjouer de temps immemorial
et par des privileges confirmez par
les Rois de France , à l'édification du commun
populaire sans offense generale ou particuliere.
Ce ne fut qu'en 1545. que leurs Jeux
cesserent , le Parlement ayant converti
en logement pour les pauvres , la Salle
de la Passion. Trois ans après , ils acheterent
une nouvelle Salle , et demanderent
que suivant lesdits Privileges , il leur
fût permis de continuer la représentation
desdits Misteres , du profit desquels , disentils
, étoit entretenu le Service divin en la
Chapelle de ladite Confrairie , avec deffenses
à tous autres de jouer à l'avenir , tant
en la Ville que Fauxbourgs et Banlieuë de
Cette Ville , sinon que ce fut sous le titre de
la dite Confrairie. Voici les termes de l'Arrêt
: La Cour a inhibé et deffendu , inhibe
et deffend ausdits Suppliants de jouer le
Mystere de la Passion de N. Sauveur , ne
autres Mysteres sacrez , sur peine d'amende
arbitraire , leur permettant neantmoins de
pouvoirjouer autres Mysteres profanes , honnêtes
et licites , sans offenser et injurier aucunes
personnes , et deffend ladite Cour de
jouer ou représenter dorénavant aucuns Jeux
ou Mysteres , tant en la Ville et Fauxbourg's ,
que Banlieue de Paris , sinon que sous le
Fij nom
1743 MERCURE DE FRANCE
nom ladite Confrairie et au profit d'icelle.
Le Parlement ne voulant point souffrir
d'autres Jeux que ceux de ces Confreres
de la Passion , la Chambre des Vacations
s'éleva le 15. Septembre 1531. contre une
Troupe de Comédiens qui depuis quelque
temps joüoient des Farces et des Jeux
publics , et avoient à ce sujet exigé de
ceux qui y avoient assisté , quatre , cinq
et six sols , somme excessive et non accoutumée
d'être levée en tel cas , qui est espece
d'exaction sur le pauvre peuple. La Cour
leur deffendit de jouer à l'avenir des Farces
sans permission , sous peine de prison et
de punition corporelle , et à tous les Manans
et Habitans de Paris et des Faux-'
bourgs , de quelque état et qualité qu'ils
fussent , d'assister à ces Jeux , sous peine
de dix livres parisis.
Cette Confrairie eût un demêlé avec
Maître René Benoît , Curé de S. Eustache
, lequel obtint de la Chambre séante
au Châtelet , que les Confreres de la
Passion n'ouvriroient les portes de leurs
Jeux , sinon aprés les Vespres dites . Ces
Confreres représenterent au Parlement
que cette Ordonnance rendoit leurs Privileges
illusoires et sans effet , parcequ'il
leur seroit impossible , étant les jours
Courts , vaquer à leursdits Jeux , pour â
les
JUILLET . 1731. 1749
les préparatifs desquels ils auroient fait
une infinité de frais . Ils disent dans cette
Requête , qu'ils payoient cent écus de
rente à la Recette du Roi pour le Logis ,
et 300. liv . Tournois de rente aux Enfans
de la Trinité , tant pour le Service divin
que pour l'entretien des Pauvres . Ils
demanderent qu'il leur fût permis d'ouvrir
les portes de leurs Jeux pour les
allans et venans en la maniere accoutumée
, à la charge toutefois qu'ils ne commenceront
leurs Jeux qu'à trois heures
sonnées , à laquelle heure les Vespres
avoient accoutumées d'être dites . Le Parlement
leur accorda ce qu'ils demandoient
, mais à condition qu'ils repondroient
des scandales qui pourroient leur
arriver. Cet Arrêt fut confirmé par un
autre rendu le 20. Septembre 1577.
Cependant dès l'an 1551. sous Henry
II. les Poëtes François avoit commencé
à faire des Tragédies et des Comédies
et Jodelle fut le premier qui en fit repré
senter , comme nous l'apprend Ronsard
dans les vers que Pasquier a cités au 7.
Livre de ses Recherches , Chap . 7•
Aprés amour la France abandonna ;
Et lors Jodelle heureusement sonna
D'une voix humble et d'une voix hardie ,
F iij
La
1750 MERCURE DE FRANCE
La Comédie avec la Tragédie ,
Et d'un ton double , ore bas , ore haut ,
Remplit premier le François Echafaut.
Sous le Regne d'Henry III , dit Mezeray
, le luxe qui cherchóit par tout des
divertissemens , appella du fond de l'Italie
, une bande de Comédiens , dont les
Pieces , toutes d'intrigues , d'amourettes
et d'inventions agréables , pour exciter
et chatouiller les plus douces passions
étoient de pernicieuses leçons d'impudicité.
Ils obtinrent des Lettres Patentes
pour leur établissement , comme si c'eut
été quelque celebre Compagnie. Le Parlement
les rebuta comme personnes que
les bonnes moeurs , les SS. Canons , les
PP. de l'Eglise , et nos Rois mêmes ,
avoient toujours reputés infames
leur deffendit de jouer , ni de plus obte
nir de semblables Lettres ; et néanmoins,
dès que la Cour fut de retour de Poitiers
le Roy voulut qu'ils ouvrissent leur
Theatre.
و et
Le Concile de Bâle , dont l'autorité
est si grande en France , dans la Sess.
XX. en l'an 1435. se plaint que dans
quelques Eglises , pendant certaines Fêtes,
on voyoit des gens en habits pontifi-
'caux ,
JUILLET. 1731. 1751
caux , avec une Crosse et une Mitre ,
donner la Benediction comme les Evêques
; que d'autres s'habilloient en Rois
ou en Ducs , ce qu'on appelle dans quelques
endroits , la Fête des Foux , des
Innocens ou des Enfans, et que quelquesans
représentoient des Jeux de Theatre ,
faisoient des mascarades et des danses
d'hommes et de femmes. Ce Concile
aprés avoir exprimé l'horreur qu'il a
pour toutes ces extravagances , ordonne
aux Evêques , aux Doyens et aux Curés ,
sous peine de suspense et de privation
de leurs revenus Ecclesiastiques pendant
trois mois , de ne pas permettre à l'ave
nir de semblables bouffonneries .
. Le Concile de Tolede tenu en 1565 .
fait la même déffense . ( C'étoit principalement
le jour de la Fête des SS. Inãocens
qu'on créoit ces faux Evêques . )
Un Concile de la Province de Bordeaux
tenu à Copriniacum en 1215. et non pas
en 1260. comme le veut le P. Hardouin ,
avoit déffendu sous peine d'excommunication
, les danses qui se faisoient ce
jour- là , aussi bien que cette burlesque
création d'Evêques . Predictas balleationes
ulterius sub intimatione Anathematis fieri
prohibemus : nec non et Episcopos in predicto
Festo creari. Avec quelle force ,
Fij
continue
1752 MERCURE DE FRANCE
continue l'Auteur , ces Conciles se seroient-
ils élevé contre de Comiques
Processions semblables à celle qu'on fait
tous les ans à Aix le jour de la Fête- Dieu
où les Misteres de l'ancien et du nouveau
Testament sont deshonorez par
des Farces et des Répresentations indecentes
?
Il paroît par un Concile de Sens de
l'an 1486. que ces danses et ces répresentations
Comiques se faisoient dans les
Eglises et autres lieux sacrés.
On apprend par les Statuts Synodaux
du Diocèse de Beauvais , publiés en 1554.
que lorsque les Prêtres disoient leur
premiere
Messe , on faisoit venir des Bouffons
, des Histrions , des Joueurs d'Ins
trumens et differens autres Farceurs ; ce
desordre est severement déffendu aussi
bien que les danses et les représentations
des Spectacles dans les Eglises et les Cimetieres
. La même déffense se trouve
dans les Statuts Synodaux du Diocèse de
Soissons , imprimés en 1561. Les danses
se faisoient quelquefois devant l'Eglise .
Un autre abus aussi pernicieux , condamné
dans un Synode de Paris tenu en
1557. par Eustache du Bellay ; c'est que
les jours de Fêtes de certaines Confrairies
, on alloit avec des Images attachées
sur
JUILLET. 1731. 1783
sur des batons, aux Maisons des Laïques ;
ces burlesques Processions étoient composées
de Prêtres , de femmes et de Bouf
fons ; le Synode les déffend sous peine
d'excommunication et d'une amande arbitraire
, ordonnant aux Clercs de ne
prendre aucune part à ces folies.
En 1980. S. Charles Borromée qui
avoit long- tems travaillé à chasser les
Comédiens de son Diocèse , obtint enfin
d'un Gouverneur de Milan qu'on ne souf
friroit aucune Piece qui n'eut été examinée
et trouvée.conforme à la Morale
chrétienne , et qu'on n'en réprésenteroit
jamais ni le vendredy , ni les jours de
Fête .
eut
Le Parlement de Paris garda toujours
la même severité à l'égard des Comédiens
, jusqu'à ce que le Cardinal de Richelieu
, passionné pour la Poësie ,
fait esperer qu'on verroit des Comédies
où il n'y auroit rien qui ne fut dans la
bienséance. Par son ordre , Desmarets ,
Corneille et Colletet composerent quel
ques Pieces assés honnêtes , et en 1641
il fit enregistrer au Parlement une Déclaration
du Roy , par laquelle aprés
avoir renouvellé les peines ordinaires
contre les Comédiens , qui useront d'aucunes
paroles lascives ou à double entente
F v qui
1754 MERCURE DE FRANCE
qui puisse blesser l'honnêteté publique , it
est dit , qu'au cas qu'ils observent ces conditions
, ils ne seront pas à l'avenir notés.
d'infamie.
"
A la page 287. l'Auteur cite cette
maxime, prise , dit-il , d'un petit livre:
qui lui est tombé entre les mains , par où
nous finirons cet Extrait. Tous les grands:
divertiffemens sont dangereux pour la vie
chrétienne ; mais entre tous ceux que le monde
a inventés , il n'y en a point qui soit
plus à craindre que la Comédie. C'est une
peinture fi naturelle et fi délicate des passions
, qu'elle les anime et les fait naître
dans notre coeur , et surtout celle de l'amour
principalement lorsqu'on se represente qu'il
est chaste etfort honnête : car plus il paroît
innocent aux ames innocentes , plus elles:
sont capables d'en étre touchées . On je fait
en même-temps une conscience fondée fur
Phonnêteté de ces sentimens ; et on s'imagine
que ce n'eft pas bleffer la pureté , que d'ai
mer d'un amour fi sage. Ainsi on sort de la
Comédie le coeur si rempli de toutes les dou
ceurs de l'amour , et l'esprit si persuadé de
son innocence , qu'on eft tout préparé à recevoir
ses premieres impreffions , ou plutôt à:
chercher Poccasion de les faire naître dans.
Le coeur de quelqu'un , pour recevoir les mêmes
plaifirs et les mêmes sacrifices qu'on a
•
uns
JUILLET. 1731 1755
vus fi bien réprefentés fur le Theatre.
MEDITATIONS SUR L'EVANGILE
Ouvrage posthume de M. Jacques Benigne
Bossuet , Evêque de Meaux , Conseiller
du Roy en ses Conseils , et ordinaire
en son Conseil d'Etat, Precepteur de
Monseigneur le Dauphin , premier Aumônier
des deux derniers Dauphins. A
Paris , chez P. J. Mariette ,rue S.Jacques,.
1731. 4. volumes in 12. premier vol.
pp. 519. 2. vol . pp. 464. 3. vol . pp. 454.
4. vol . pp. 506. sans compter un Mandement
de M. l'Evêque de Troyes pour
recommander la lecture de cet Ouvrage
aux Fideles de son Diocèse , de 62. pag .
et sans les Tables .
LES VEILLE' ES DE THESSALIE . Premiere et
seconde Veillées . Rue S. Jacques , chez J.
F. Josse 1731. 2. vol. in 12 ..
La lecture de cet Ouvrage , qui est trés
bien écrit , est fort amusante. Le Librai--
re en promet la suite .
Fermer
Résumé : Discours sur la Comedie, ou Traité, &c. [titre d'après la table]
Le texte 'Discours sur la Comédie' explore l'histoire des jeux de théâtre en France, en se concentrant sur les XIIIe au XVe siècles. Au XIIIe siècle, la France comptait de nombreux poètes, les Provençaux étant particulièrement estimés. La langue provençale, appelée langue romaine, était valorisée pour sa proximité avec le latin et était parlée dans la Gaule Narbonnaise, incluant Toulouse et Genève. Depuis le Xe siècle, le provençal était utilisé dans les cours européennes pour les pièces d'esprit, appelées romans ou romances. Avec le perfectionnement du français sous Philippe Auguste, le langage de Paris devint indifféremment appelé français ou romain. Plusieurs princes invitèrent des poètes provençaux à leurs cours, comme Alphonse, comte de Poitiers et frère de Saint Louis. Ces poètes, appelés troubadours ou trouvères, se déplaçaient en bandes pour réciter leurs œuvres et jouer de la musique. Ils étaient également connus sous le nom de ménétriers ou ministeriales et chantaient les louanges des princes et des héros. Au milieu du XIVe siècle, environ cent poètes provençaux distingués étaient répertoriés. Leur langue commença à décliner au milieu du XVe siècle, mais les Italiens, attirés par le séjour des papes à Avignon, devinrent des poètes en Provence. Certains d'entre eux commencèrent à monter sur des théâtres pour jouer des pièces de piété. À Paris, au début du XIVe siècle, des comédiens dévots jouèrent des pièces pieuses, comme la Passion du Christ, dans l'Hôtel de Bourgogne. Cependant, ces représentations furent interdites par le Parlement en 1541 en raison de leur mélange avec des farces et des comportements immoraux. Les comédiens pieux continuèrent leurs représentations jusqu'en 1545, date à laquelle le Parlement leur interdit de jouer des mystères sacrés, leur permettant seulement des mystères profanes. En 1551, sous Henri II, les poètes français commencèrent à écrire des tragédies et des comédies. Jodelle fut le premier à en faire représenter. Sous Henri III, des comédiens italiens furent invités à la cour, mais le Parlement les interdit en raison de leur réputation d'infamie. Malgré cela, le roi permit leur établissement à son retour de Poitiers. Les conciles de Bâle (1435), de Tolède (1565) et de Bordeaux (1215) condamnèrent les jeux de théâtre et les mascarades, notamment les fêtes des fous et des innocents, où des personnes se déguisaient en évêques ou en rois. Ces conciles ordonnèrent aux autorités ecclésiastiques de prohiber ces pratiques sous peine de sanctions. Le texte traite également des abus et des désordres liés aux représentations comiques et aux danses dans les lieux sacrés en France, ainsi que des mesures prises pour les interdire. En 1486, un concile de Sens condamna les danses et les représentations comiques dans les églises. Les statuts synodaux des diocèses de Beauvais (1554) et de Soissons (1561) interdirent les bouffons, histrions, et autres farceurs lors des premières messes des prêtres, ainsi que les danses et spectacles dans les églises et cimetières. Un synode de Paris en 1557 condamna les processions burlesques impliquant des prêtres, des femmes et des bouffons. Saint Charles Borromée obtint en 1580 que les pièces de théâtre soient examinées pour leur conformité à la morale chrétienne et interdites les vendredis et jours de fête. Le Parlement de Paris, sous l'influence du Cardinal de Richelieu, autorisa les comédies à condition qu'elles respectent la bienséance et n'incluent pas de paroles lascives ou à double sens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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299
p. 1755-1762
Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA Tomo III. An. 1710, Analecta de [...]
Mots clefs :
Manière de bien penser, Journalistes, Querelle littéraire, Rome, Mouvements du soleil, Académie royale des sciences de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA
Tomo III. An . 1710,
Analecta de calamitate Litteratorum :
PETRI ALBYNOII Medices Legatus , sive
de Exilio libri duo : accessere Jo. PIERIUS
VALERIANUS et CORNELIUS TOLLIUS de
infelicitate Litteratorum , ut et JOSEPHUST
E vj BAR1756
MERCURE DE FRANCE
BARBERIUS de miseria Poëtarum Gracorum
cum Præfatione Jo . BURCHARDII
MENKENII , et Indice copioso . Lipsia
1707. in 12. pag. 593 .
Les réflexions du Marquis Orsi sur le
Livre de la maniere de bien penser , du
P. Bouhours , ayant donné occasion à
plusieurs Ecrits de part et d'autre. Les
Journalistes font (a ) un Article particulier
de cette querelle Litteraire. Ils
rendent compte avec la même exactitude
de plusieurs autres disputes qui se sont
élevées , l'une ( b ) au sujet du Livre intitulé
Acta Passionis SS . Crescii et Sociorum
Martyrum ex mmss . Codd. Bibliotheca
Medicco- Laurentiane , Metropolitana
Ecclesia Florentina , et Sapientia Romane
, nunc primum edita , et à Jacobo Laderchio
, Congregationis Oratorii urbis Presbytero
, asserta et illustrata Florentie 1707.
Fautre ( è ) au sujet delle Vindicie del sig.
Abate Giusto Fontanini et la troisiéme (d)
à l'occasion du Livre de M. Muratori della
perfetto Poesia Italiana.
Istoria della Republica di Venezia , in
tempo della Sacra lega contra Maometto IV .
( a ) P. 77.
( b ) P. 1946
( c ) P. 287.
( A) P. 357.
JUILLET. 1757 1731 .
' e tre suoi successori , di PIETRO GARSONI
Senatore in Venezia 1705. in 4. grande
pag. 838 .
Gemme Antiche figurate , date in luce d'a
Dominico de Rossi , colle sposizioni di
PAOLO-ALESSANDRO MAFFEI Patrizco Volterrano
, &c. Parte terza in Roma 1708. in
4. reale. le gemme sono 102. e le pag
224.
GIORNALE DE LITTERALI D'ITALIA
Tomo IV. 1710.
Della Scienza chiamata Cavalleresca li
bri tre. in Roma 1710. in 4° . pag. sos . le
Marquis Scipion Maffei est l'Auteur de
cet Ouvrage.
Relazione della linea Meridiana Oriszontale
, et della Elissi Polare fabricata in Ro
ma l'anno 1702 ..
Pour tracer à Rome cette Meridiene
et prévenir les variations qu'a essuyé celle
de Boulogne , on a choisi l'Eglise des
Chartreux , qui fut anciennement la principale
Salle des Thermes deDiocletien , parce
que les murs en étant très- solides et
ayant depuis tant de siécles fait leur effet ,
on ne doit plus craindre qu'ils surbaissent
et quittent leur aplomb. Cette ligne horizontale
est de bronze , longue de 205.
Palmes Romains , et incrustée dans de
Far1758
MERCURE DE FRANCE
larges carreaux de Marbre , placez au niveau
, avec toutes les divisions necessaires
pour mésurer exactement les mouvemens
du Soleil , de la Lune et des Etoiles fixes .
Ce sont Mrs Bianchini et Maraldi , tous:
deux de l'Académie Royale des Sciences
de Paris , qui l'ont tracée avec toute la
justesse possible.
Opere di Monsig. GIOVANNI DELL A
CASA , con una copiosa Giunta di Scritture
non piu stampate , &c. in Firenze 1707;
in-4°.
Gymnasii Ticinensis Historia , et vindicie
à sæculo V. ad finem XV. et plura de ejusdem
urbis antiqua nobilitate . Authore ANTONIO
GATTO , in eodem Gymnasio Antecessore,.
&c. Mediolani 1704. in-8 ° . grande pag.
166.*
RELAZIONE e notizia dell' Accademia del
Disegno in Roma.
Cette Societé fut établie dès l'année
478. sous le nom de la Compagnie de
aint Luc. Mais en 1595. elle acquit le
titre et la forme d'Academie . Girolamo
Muziani de Bresse en fut le principal
Promoteur , et Federigo Zuccari le premier
President. On avoit coutume alors
de faire quelques fonctions sólemnelles etd'exciter
des jeunes Gens par des prix que
l'on proposoit , cela se fit particulierement
JUILLET 1731. 1759
ment en 1695. année seculaire de l'Académie.
Mais cette Cérémonie n'arrivoit
que rarement , et se faisoit inter privatos
parietes. Clement XI . considerant la
gloire et l'utilité qu'aportent les beaux
Arts , ordonna que ces Assemblées se
tinssent tous les ans dans une des Salles
du Capitole , et fonda et augmenta le
nombre des Prix , sçavoir trois pour la
Peinture , trois pour la Sculpture et trois
pour l'Architecture , ils consistent en des
Médaillons que ceux qui en sont juges dignes
reçoivent de la main des Cardinaux
qui se trouvent d'ordinaire en grand nombre
à ces Assemblées . Les Sujets sont tirez
de l'Histoire Romaine , et proposez
par les Officiers de l'Académie qui en sont
aussi les Juges.
Gemme antiche figurate , date in luce da
Domenico de' Rossi , colle Sposizioni de
PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI , & c . parte:
quarta , in Roma 1709. in - 4 ° . reale. le
Gemme sono 100. e le pagg. delle note:
206.
On ne sçauroit trop estimer ce Recuëil
, dont voici la quatrième Partie ,
les explications du Comte Paul Alexandre
Maffei répondent parfaitement à de
si grands Sujets , et se fontlire avec a utant
de plaisir que d'utilité.
On.
160 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome que la traduction:
des Comédies de Terence in versi Sciolti,
par M. Fortiguerra , est achevée , et que,
le Cardinal Albani s'est chargé de la faire
imprimer magnifiquement à Urbin , avec
le Texte Latin , tel qu'il se trouve dans le
célébre Manuscrit du Vatican. On fera
graver soigneusement les Figures en miniature
qui se trouvent dans ce Manuscrit,
et qui représentent les Habits et les Masques
dont se servoient les anciens Comiques
Latins.
De Verone , que Tummormanni , Libraire
, a sous presse , Theatro del Signor
Marchese Scipione Maffei ; cioe la Tragedia
, la Comedia e il Dramma non pin
Stampato. Agiunta la Spiegazione d'alcune
antichita pertinential Teatro..
On écrit aussi de Rome que l'Abbé
Georgi , Bibliotécaire du Cardinal Impe◄
riali , a donné au Public le premier Volume
du Rituel des Papes;c'est un in-4.dédié
à Sa Sainteté . Les Ministres du Saint
Office ont fait depuis peu une recherche
exacte dans les Synagogues des Juifs , ils
y ont enlevé cinq Ballots d'une nouvelle
édition du Talmud , faite en Allemagne ,
et remplie de plus de visions et d'extravagances
que les précedentes .
Од
JUILLET. 1731. 1761
On a imprimé à Madrid un Volume
in- Folio, sous le titre de Pictor Christianus
eruditus. Ce sont des Instructions pour
le Costume , dont la plupart des Peintres
ont grand besoin.
On a imprimé à Turin une Relation
sur tout ce qui s'est passé pendant ledernier
Pontificat entre la Cour de Rome et le
Roi de Sardaigne . On croit qu'il y aura
une Réponse de la part du S. Siege.
On mande de Naples que M. Simonetti
, Nonce du Pape , va toutes les Semaines
à Pouzol respirer l'air sulphureux
de cet endroit , que les Medecins croyent
salutaire pour ses maux de Poitrine.
On écrit de Londres qu'on y avoit
appris de Reading dans le Comté de
Berks , qu'on y voyoit actuellement un
enfant agé de cinq ans , fils d'un Paysan
, nommé Benjamin Loder , lequel a
cinq pieds de haut. Il est assez fort à cet
âge pour porter 260. livres pesant , pour
lever d'une main un poids de cent livres
et d'un doigt un poids de cinquante. On
doit amener cet enfant à Londres , pour
le faire voir à la Famille Royale.
Nous
1762 MERCURE DE FRANCE
1
Nous sommes priez d'annoncer au Public
qu'il y a une suite des Médailles Imperiales
d'argent à vendre de la Succession
de M. de Chezelles , Lieutenant général
de Police de Montluçon , décedé en 1730.
Cette suite est de plus de mille Médailles ,
d'une Antiquité indubitable, et d'une trèsgrande
conservation. Il y a à la tête des
Médailles Imperiales , environ soixante
Médailles Consulaires , aussi très- bien
conservées. Il y a encore six belles Urnes
antiques de Verre , d'une forme singuliere
et toutes differentes , avec une Statuë
d'Hercule en Bronze , pesant 17 livres.
On s'addressera à l'Abbaye Sainte Geneviéve
de Paris , au R. P. Prévôt, Bibliotécaire
, et au R. P. Dupineau , Antiquaire
de cette Maison.
Gabriel Martin , Libraire , distribue le
Catalogue de la Bibliotéque de feu M. Bonnet
, Curé de Saint Nicolas des Champs ,
dont la vente a été commencée le 23 .
uillet. Le même Libraire imprime le
Catalogue des Livres de feu M. Dodart
Premier Médecin du Roi , dont la vente
se fera incessamment en détail .
Tomo III. An . 1710,
Analecta de calamitate Litteratorum :
PETRI ALBYNOII Medices Legatus , sive
de Exilio libri duo : accessere Jo. PIERIUS
VALERIANUS et CORNELIUS TOLLIUS de
infelicitate Litteratorum , ut et JOSEPHUST
E vj BAR1756
MERCURE DE FRANCE
BARBERIUS de miseria Poëtarum Gracorum
cum Præfatione Jo . BURCHARDII
MENKENII , et Indice copioso . Lipsia
1707. in 12. pag. 593 .
Les réflexions du Marquis Orsi sur le
Livre de la maniere de bien penser , du
P. Bouhours , ayant donné occasion à
plusieurs Ecrits de part et d'autre. Les
Journalistes font (a ) un Article particulier
de cette querelle Litteraire. Ils
rendent compte avec la même exactitude
de plusieurs autres disputes qui se sont
élevées , l'une ( b ) au sujet du Livre intitulé
Acta Passionis SS . Crescii et Sociorum
Martyrum ex mmss . Codd. Bibliotheca
Medicco- Laurentiane , Metropolitana
Ecclesia Florentina , et Sapientia Romane
, nunc primum edita , et à Jacobo Laderchio
, Congregationis Oratorii urbis Presbytero
, asserta et illustrata Florentie 1707.
Fautre ( è ) au sujet delle Vindicie del sig.
Abate Giusto Fontanini et la troisiéme (d)
à l'occasion du Livre de M. Muratori della
perfetto Poesia Italiana.
Istoria della Republica di Venezia , in
tempo della Sacra lega contra Maometto IV .
( a ) P. 77.
( b ) P. 1946
( c ) P. 287.
( A) P. 357.
JUILLET. 1757 1731 .
' e tre suoi successori , di PIETRO GARSONI
Senatore in Venezia 1705. in 4. grande
pag. 838 .
Gemme Antiche figurate , date in luce d'a
Dominico de Rossi , colle sposizioni di
PAOLO-ALESSANDRO MAFFEI Patrizco Volterrano
, &c. Parte terza in Roma 1708. in
4. reale. le gemme sono 102. e le pag
224.
GIORNALE DE LITTERALI D'ITALIA
Tomo IV. 1710.
Della Scienza chiamata Cavalleresca li
bri tre. in Roma 1710. in 4° . pag. sos . le
Marquis Scipion Maffei est l'Auteur de
cet Ouvrage.
Relazione della linea Meridiana Oriszontale
, et della Elissi Polare fabricata in Ro
ma l'anno 1702 ..
Pour tracer à Rome cette Meridiene
et prévenir les variations qu'a essuyé celle
de Boulogne , on a choisi l'Eglise des
Chartreux , qui fut anciennement la principale
Salle des Thermes deDiocletien , parce
que les murs en étant très- solides et
ayant depuis tant de siécles fait leur effet ,
on ne doit plus craindre qu'ils surbaissent
et quittent leur aplomb. Cette ligne horizontale
est de bronze , longue de 205.
Palmes Romains , et incrustée dans de
Far1758
MERCURE DE FRANCE
larges carreaux de Marbre , placez au niveau
, avec toutes les divisions necessaires
pour mésurer exactement les mouvemens
du Soleil , de la Lune et des Etoiles fixes .
Ce sont Mrs Bianchini et Maraldi , tous:
deux de l'Académie Royale des Sciences
de Paris , qui l'ont tracée avec toute la
justesse possible.
Opere di Monsig. GIOVANNI DELL A
CASA , con una copiosa Giunta di Scritture
non piu stampate , &c. in Firenze 1707;
in-4°.
Gymnasii Ticinensis Historia , et vindicie
à sæculo V. ad finem XV. et plura de ejusdem
urbis antiqua nobilitate . Authore ANTONIO
GATTO , in eodem Gymnasio Antecessore,.
&c. Mediolani 1704. in-8 ° . grande pag.
166.*
RELAZIONE e notizia dell' Accademia del
Disegno in Roma.
Cette Societé fut établie dès l'année
478. sous le nom de la Compagnie de
aint Luc. Mais en 1595. elle acquit le
titre et la forme d'Academie . Girolamo
Muziani de Bresse en fut le principal
Promoteur , et Federigo Zuccari le premier
President. On avoit coutume alors
de faire quelques fonctions sólemnelles etd'exciter
des jeunes Gens par des prix que
l'on proposoit , cela se fit particulierement
JUILLET 1731. 1759
ment en 1695. année seculaire de l'Académie.
Mais cette Cérémonie n'arrivoit
que rarement , et se faisoit inter privatos
parietes. Clement XI . considerant la
gloire et l'utilité qu'aportent les beaux
Arts , ordonna que ces Assemblées se
tinssent tous les ans dans une des Salles
du Capitole , et fonda et augmenta le
nombre des Prix , sçavoir trois pour la
Peinture , trois pour la Sculpture et trois
pour l'Architecture , ils consistent en des
Médaillons que ceux qui en sont juges dignes
reçoivent de la main des Cardinaux
qui se trouvent d'ordinaire en grand nombre
à ces Assemblées . Les Sujets sont tirez
de l'Histoire Romaine , et proposez
par les Officiers de l'Académie qui en sont
aussi les Juges.
Gemme antiche figurate , date in luce da
Domenico de' Rossi , colle Sposizioni de
PAOLO- ALESSANDRO MAFFEI , & c . parte:
quarta , in Roma 1709. in - 4 ° . reale. le
Gemme sono 100. e le pagg. delle note:
206.
On ne sçauroit trop estimer ce Recuëil
, dont voici la quatrième Partie ,
les explications du Comte Paul Alexandre
Maffei répondent parfaitement à de
si grands Sujets , et se fontlire avec a utant
de plaisir que d'utilité.
On.
160 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome que la traduction:
des Comédies de Terence in versi Sciolti,
par M. Fortiguerra , est achevée , et que,
le Cardinal Albani s'est chargé de la faire
imprimer magnifiquement à Urbin , avec
le Texte Latin , tel qu'il se trouve dans le
célébre Manuscrit du Vatican. On fera
graver soigneusement les Figures en miniature
qui se trouvent dans ce Manuscrit,
et qui représentent les Habits et les Masques
dont se servoient les anciens Comiques
Latins.
De Verone , que Tummormanni , Libraire
, a sous presse , Theatro del Signor
Marchese Scipione Maffei ; cioe la Tragedia
, la Comedia e il Dramma non pin
Stampato. Agiunta la Spiegazione d'alcune
antichita pertinential Teatro..
On écrit aussi de Rome que l'Abbé
Georgi , Bibliotécaire du Cardinal Impe◄
riali , a donné au Public le premier Volume
du Rituel des Papes;c'est un in-4.dédié
à Sa Sainteté . Les Ministres du Saint
Office ont fait depuis peu une recherche
exacte dans les Synagogues des Juifs , ils
y ont enlevé cinq Ballots d'une nouvelle
édition du Talmud , faite en Allemagne ,
et remplie de plus de visions et d'extravagances
que les précedentes .
Од
JUILLET. 1731. 1761
On a imprimé à Madrid un Volume
in- Folio, sous le titre de Pictor Christianus
eruditus. Ce sont des Instructions pour
le Costume , dont la plupart des Peintres
ont grand besoin.
On a imprimé à Turin une Relation
sur tout ce qui s'est passé pendant ledernier
Pontificat entre la Cour de Rome et le
Roi de Sardaigne . On croit qu'il y aura
une Réponse de la part du S. Siege.
On mande de Naples que M. Simonetti
, Nonce du Pape , va toutes les Semaines
à Pouzol respirer l'air sulphureux
de cet endroit , que les Medecins croyent
salutaire pour ses maux de Poitrine.
On écrit de Londres qu'on y avoit
appris de Reading dans le Comté de
Berks , qu'on y voyoit actuellement un
enfant agé de cinq ans , fils d'un Paysan
, nommé Benjamin Loder , lequel a
cinq pieds de haut. Il est assez fort à cet
âge pour porter 260. livres pesant , pour
lever d'une main un poids de cent livres
et d'un doigt un poids de cinquante. On
doit amener cet enfant à Londres , pour
le faire voir à la Famille Royale.
Nous
1762 MERCURE DE FRANCE
1
Nous sommes priez d'annoncer au Public
qu'il y a une suite des Médailles Imperiales
d'argent à vendre de la Succession
de M. de Chezelles , Lieutenant général
de Police de Montluçon , décedé en 1730.
Cette suite est de plus de mille Médailles ,
d'une Antiquité indubitable, et d'une trèsgrande
conservation. Il y a à la tête des
Médailles Imperiales , environ soixante
Médailles Consulaires , aussi très- bien
conservées. Il y a encore six belles Urnes
antiques de Verre , d'une forme singuliere
et toutes differentes , avec une Statuë
d'Hercule en Bronze , pesant 17 livres.
On s'addressera à l'Abbaye Sainte Geneviéve
de Paris , au R. P. Prévôt, Bibliotécaire
, et au R. P. Dupineau , Antiquaire
de cette Maison.
Gabriel Martin , Libraire , distribue le
Catalogue de la Bibliotéque de feu M. Bonnet
, Curé de Saint Nicolas des Champs ,
dont la vente a été commencée le 23 .
uillet. Le même Libraire imprime le
Catalogue des Livres de feu M. Dodart
Premier Médecin du Roi , dont la vente
se fera incessamment en détail .
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Résumé : Journal Litteraire d'Italie, &c. [titre d'après la table]
Le texte compile des publications et événements littéraires et scientifiques entre 1705 et 1762. Parmi les ouvrages notables, les 'Analecta de calamitate Litteratorum' analysent la condition des littérateurs, tandis que le Marquis Orsi critique le 'Livre de la maniere de bien penser' du Père Bouhours. Les journaux littéraires comme le 'GIORNALE DE LETTERATI D'ITALIA' et le 'MERCURE DE FRANCE' rapportent diverses disputes littéraires et scientifiques, notamment celles concernant les 'Acta Passionis SS. Crescii' et les 'Vindicie del sig. Abate Giusto Fontanini'. Des publications historiques et artistiques sont également mentionnées, telles que l''Istoria della Republica di Venezia' de Pietro Garsoni et les 'Gemme Antiche figurate' de Domenico de Rossi. Des travaux scientifiques, comme la 'Relazione della linea Meridiana Oriszontale' tracée par Bianchini et Maraldi, sont détaillés. Le texte évoque aussi des événements culturels variés, comme la traduction des comédies de Terence par Fortiguerra et la recherche dans les synagogues des Juifs par les Ministres du Saint Office.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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300
p. 1763-1764
EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
Début :
J'ai reçû, au reste, par M. le Chevalier de Bauffremont les Lettres que vous [...]
Mots clefs :
Enfants, Méthode, Observations grammaticales
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur
du Bureau Tipographique par un
Principal de College de Province , le 12.
Juillet 173 .
J
' Ai reçû , au reste , par M. le Chevalier
de Bauffremont les Lettres que vous
lui aviez remises pour moi. J'ai lû particuliérement
la sixième qui regarde le Rudiment
pratique ; et cette Lecture n'a fait
que me confirmer dans l'idée que j'en
avois déja , qui est qu'on ne pouvoit ima
giner une voye plus simple et plus proportionnée
aux Enfans pour leur appren
dre les Elemens de toutes sortes de Langues.
Je dis plus ; je soutiens que le fond
de votre Méthode qui ne consiste qu'à
commencer par les Operations les plus
simples et les plus débarassées de toutes ces
Observations Grammaticales qui ne font
que brouiller les Enfans ; je soutiens , dis- .
je , que cette Méthode toute seule dégagée
de tout l'attirail du Bureau Tipographique,
est la seule qui convienne aux Enfans.
et j'en fais moi- même ici l'expérience pour
un Neveu de six ans que j'ai auprès de
moi. Je suis même persuadé que les Maîtres
n'en emploiroient pas d'autre , s'ils
comprenoient bien eux-mêmes le Métier
qu'ils
1764 MERCURE DE FRANCE
qu'ils font , et les véritables principes sur
lesquels il est fondé. Mais la plupart n'agissent
que par routine , et se mettent peu
en peine des progrès de l'Enfant , pourvu
que leur honoraire coure toûjours . Je m'imagine
que si votre Méthode prend une
fois bien le dessus , on reviendra de tous
ces vieux préjugez qui n'ont servi jusqu'apresent
qu'à retarder les progrès des Enfans,
en tenant captive l'heureuse facilité
de quelques- uns , et en étouffant le peu
de disposision des autres. Je suis , &c .
du Bureau Tipographique par un
Principal de College de Province , le 12.
Juillet 173 .
J
' Ai reçû , au reste , par M. le Chevalier
de Bauffremont les Lettres que vous
lui aviez remises pour moi. J'ai lû particuliérement
la sixième qui regarde le Rudiment
pratique ; et cette Lecture n'a fait
que me confirmer dans l'idée que j'en
avois déja , qui est qu'on ne pouvoit ima
giner une voye plus simple et plus proportionnée
aux Enfans pour leur appren
dre les Elemens de toutes sortes de Langues.
Je dis plus ; je soutiens que le fond
de votre Méthode qui ne consiste qu'à
commencer par les Operations les plus
simples et les plus débarassées de toutes ces
Observations Grammaticales qui ne font
que brouiller les Enfans ; je soutiens , dis- .
je , que cette Méthode toute seule dégagée
de tout l'attirail du Bureau Tipographique,
est la seule qui convienne aux Enfans.
et j'en fais moi- même ici l'expérience pour
un Neveu de six ans que j'ai auprès de
moi. Je suis même persuadé que les Maîtres
n'en emploiroient pas d'autre , s'ils
comprenoient bien eux-mêmes le Métier
qu'ils
1764 MERCURE DE FRANCE
qu'ils font , et les véritables principes sur
lesquels il est fondé. Mais la plupart n'agissent
que par routine , et se mettent peu
en peine des progrès de l'Enfant , pourvu
que leur honoraire coure toûjours . Je m'imagine
que si votre Méthode prend une
fois bien le dessus , on reviendra de tous
ces vieux préjugez qui n'ont servi jusqu'apresent
qu'à retarder les progrès des Enfans,
en tenant captive l'heureuse facilité
de quelques- uns , et en étouffant le peu
de disposision des autres. Je suis , &c .
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Résumé : EXTRAIT d'un Lettre addressée à l'Auteur du Bureau Tipographique par un Principal de College de Province, le 12. Juillet 1731.
Le 12 juillet 173, un principal de collège de province écrit à un auteur pour discuter de la méthode d'enseignement des langues décrite dans la sixième lettre du 'Rudiment pratique', reçue via le Chevalier de Bauffremont. Le principal approuve cette méthode, qu'il juge la plus simple et adaptée pour les enfants. Elle commence par des opérations simples et évite les observations grammaticales complexes. Il applique cette méthode avec succès à son neveu de six ans. Le principal critique les maîtres qui agissent par routine et ne se soucient pas des progrès des enfants, tant qu'ils sont payés. Il espère que la méthode de l'auteur, si elle est bien comprise et adoptée, permettra de surmonter les préjugés anciens et d'améliorer les progrès des enfants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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