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10351
p. 354-364
Extrait de la Tragédie de Gustave, [titre d'après la table]
Début :
Le 6 Février, les Comédiens François donnerent la premiere Représentation de [...]
Mots clefs :
Gustave, Christierne, Adélaïde, Astolphe, Frédéric, Princesse, Mort, Mère, Prince, Tyran, Lettre, Danemark
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Tragédie de Gustave, [titre d'après la table]
Le 6 Février , les Comédiens François
donnerent la premiere Représentation de
Ia Tragédie de Gustave ; il y a peu de Piéces
qui ayent été reçûes avec un applau
dissement
FEVRIER. 1733. 355
dissement si unanime ; la grande idée
qu'on s'en est d'abord faite n'a fait qu'aug,
menter dans les Représentations suivan
tes. Elle est de M. Pyron , Auteur de la
Comédie des Fils Ingrats , et de la Tragédie
de Callistene. Nous n'en donnerons
qu'un Argument très- succinct , en attendant
que nous l'ayons assez éxaminée
pour pouvoir en donner un Extrait plus
détaillé .
Le Heros de cette Tragédie est le premier
de sa Maison qui ait regné sur les
Suedois ; on l'avoit d'abord annoncé
dans les affiches sous le nom de Gustave
Vasa, pour le distinguer de Gustave Adol
phe , dont le nom n'est pas moins celébre.
Stenon , Roi de Suede , à qui ce premier
Gustave a succedé , l'avoit désigné
son Successeur , à la faveur d'un mariage
avec Adelaide , sa Fille. Christierne
Beau- Frere de Charlequint , détrôna et
fit massacrer Stenon ; il fit enfermer Adelaïde
Fille de ce malheureux Roi dans
une Tour, et il y a apparence qu'il n'auroit
pas épargné celui qui lui étoit destinépour
Epoux , s'il étoit tombé en sa puissance ;
il faut donc supposer que Gustave fut au
moins emprisonné , ou qu'il se tint caché
pendant neuf ans pour attendre le tems.
favorable, où il pourroit monter sur le
Trône
2
356 MERCURE DE FRANCE
Trône où il avoit été destiné par le légiti
me Roi . Ces neuf ans étant expirés , et le
tems de sa vangeance étant arrivé , comme
sa tête avoit été mise à prix par Christierne
, il fit courir lui- même le bruit que
Gustave avoit été tué , et que le meurtrier
devoit apporter sa tête à Christierne.
C'est ici que l'action theatrale commence.
Christierne à son retour de quelque
expédition , demande à Astolphe , fidele
Ministre de ses vangeances , ce qui s'est
passé dans Stocholm depuis son absence ;
Astolphe lui rend un compte éxact de ce
qui regarde sa nouvelle domination , et
lui annonce entr'autres choses que la Reine
, veuve de Stenon , est morte ; Christierne
lui apprend à son tour quelque
chose de plus favorable à ses projets ambitieux
, c'est l'assassinat de Gustave. E
dentPrince assez amateur du repos , pour avoir
abandonné à Christierne les droits naturels
qu'il avoit sur la Couronne de
Dannemarc , ne peut apprendre sans indignation
qu'on ait assassiné Gustave ; il
a déja commencé à devenir suspect à
Christier ne , par les voeux de la plûpart ,
des Danois pour son rétablissement au
Trône qui lui appartient ; mais ce meurtre
abominable dont le Tyran fait gloire ,
fait
FEVRIER. 1733 . 387
fait encore plus d'horreur à Casimir , l'un
des plus fideles Sujets qui soient restés
à Stenon malgré son détrônement ; de
sorte qu'il forme dès-lors le genereux des
sein de vanger Gustave , comme désigné
par Stenon pour lui succeder au Trône ;
par le droit d'Adelaïde , sa Fille. Frederic
aime cette malheureuse Princesse , dont
les fers viennent d'être brisez par un
trait de politique de Christiernę ; la Princesse
l'a toujours estimé , Christierne le
lui a fait proposer pour Epoux , mais ce
Tyran n'avoit pas encore vû cette Fille
de Stenon , et ce n'a été que long- tems
après le jour de son emprisonnement qu'il
a connu le pouvoir de ses charmes ; il
n'a garde de faire connoître son amour
à Fréderic , qu'il a interêt de flater toujours
de l'espérance de son Hymen avec
Adelaïde ; c'est dans cette vûë qu'il charge
ce Prince Danois du soin d'annoncer à
cette Princesse la mort de Gustave , lui
faisant entendre que perdant toute esperance
d'épouser l'Amant à qui son Perc
l'avoit destinée , elle n'apportera plus de
résistance au nouvel Hymen qu'on éxige
d'elle. Fréderic ne sçait comment annoncer
une si funeste nouvelle à sa Princesse ;
il craint de lui en devenit encore plus
odieux ; elle vient ; il la plaint ; elle lui
de358
MERCURE DE FRANCE
demande d'où naissent ses plaintes , et
comme il s'obstine à garder le silence
quoiqu'elle le presse de le rompre : Ah !
lui dit elle , Gustave est mort ; il la quitte
sans proferer un seul mot . Elle prend sa
retraite et son silence pour un aveu ; elle
ne doute plus de la mort de Gustave ; la
Mere de ce Prince , qui passe pour une
Suivante de cette Princesse éplorée , témoigne
plus de fermeté ; ce qui donne
lieu à ces deux beaux Vers d'Adelaïde :
Calme dénaturé , qui fait voir en ce jour,
Que le sang sur un coeur est plus fort que PA
mour !
Voilà à peu près ce qui fait le sujet du
premier Acte , nous nous y sommes un
peu étendus , croyant l'exposition de ces
circonstances nécessaires pour l'intelligence
de l'action principale
Casimir ayant appris que le prétendu
assassin de Gustave doit en apporter la
tête à Christierne , vient l'attendre dans
un endroit par où il doit passer ; prêt à
le combattre , il le reconnoît pour Gustave
même ; ce Prince lui explique.comment
il s'est transporté jusqu'à Stocholm
sans avoir été reconnu ; il lui demande si
Adelaïde lui est fidele ; Casimir l'en
ayant
FEVRIER. 1733 359
1
ayant assuré , Gustave lui dit d'un ton de
confiance :
Stocholm est libre , et Stenon est vangé.
Christierne vient ; le faux assassin qui
lui est toujours inconnu , lui raconte
en termes équivoques ce qu'il veut lui
persuader ; il lui promet de lui montrer la
tête de Gustave , qu'il dit avoir attaqué en
brave homme ; il lui demande pour toute
récompense , qu'il lui permette de rendre
à la Princesse une Lettre que Gustave a
mise entre ses mains : Christierne lit la
Lettre , il reconnoît le seing de Gustave :
par ce Billet , Gustave prie Adélaïde de
ne pas
s'obstiner à lui être fidele après sa
mort , et de recevoir un Epoux de la
main du Vainqueur ; cette Lettre étant
parfaitement conforme aux intentions de
Christierne , ce Tyran lui permet de la
donner à Adélaïde , et de l'entretenir sans
témoins, Gustave se retire ; Astolphe plus
méchant encore que Christierne lui
dit que s'il veut que son Hymen avec
Adélaïde ne soit plus traversé , il faut absolument
séparer Léonor de cette Princesse
, attendu que cette Suivante l'entretient
dans une haine implacable contre
lui ; Christierne approuve ce conseil , et
le charge de l'éxécuter quand il le trouve-
>
ra
$ 60 MERCURE DE FRANCE
ra à propos ; voilà à peu près toute l'ac
tion du second Acte.
L'entrevuë d'Adélaïde avec celui qui
doit lui donner une Lettre de Gustave ,fait
le principal incident du troisiéme Acte.
Cet incident est précedé d'un autre qui
est très- bien imaginés le voici . Léonor ne
doutant plus de la mort de son Fils , dont
elle n'a été que trop bien informée , ne
peut plus se contraindre en présence d'Astolphe
et pour réprimer l'insolence de
ses discours , elle se déclare mere de Gusrave
Astolphe la fait arrêter sur le
champ malgré les larmes et les cris d'Adélaïde
cet emprisonnement est abŝolument
nécessaire pour préparer un coup
de Théatre qui fait un honneur infini à
P'Auteur. Léonor ayant été arrachée d'entre
les bras d'Adélaïde , Gustave est introduit
auprès d'elle ; elle ne reconnoît
pas le son de sa voix , soit qu'il soit supposé
qu'il la contrefasse , soit que neuf
ans d'absence y ayent apporté assez de
changement pour la rendre méconnoissa→
ble aux oreilles d'une Princesse , accablée
d'ailleurs d'une douleur mortelle ; elle lit e;
la Lettre dont on a déjà parlé dans l'Acte
précédent ; elle fait connoître après cette
fecture qu'elle aimera toujours Gustave ,
quoiqu'il la dispense de sa foi ; à cet heureux
FEVRIER. 1733. 361
reux témoignage d'une constance éternelle
, Gustave transporté se jette à ses
pieds ; cette reconnoissance a fait un plaisir
infini ; Adélaïde à travers sa joie laisse
entrevoir une douleur dont elle apprend
la cause à Gustave ; c'est l'emprisonnement
de Léonor qu'elle fait connoître à
çe tendre Fils pour sa Mere , dont il avoit
déja pleuré la mort ; Gustave ne balance
pas à s'exposer à tout pour la délivrance
d'une Mere si chete ; il quitte la Prin
cesse dans le dessein de tout entreprendre
; Frederic vient un moment après
toujours soumis et respectueux. Adélaïde
le prie à son tour de travailler à la déli̟-
vrance de Léonor , ce genereux Prince
lui promet de la demander à Christierne
et de tout entreprendre s'il la lui refuse,
Passons à l'Acte IV.
Astolphe apprend à Christierne que
cette Léonor qui lui paroissoit si suspecte
s'est enfin fait reconnoître pour Mere de
Gustave. Christierne est frappé de cette
découverte , mais il l'est encore plus d'un
nouveau soupçon d'Astolphe , qui vient
de faire arrêter le prétendu assassin de
Gustave , parce qu'il avoit voulu séduire,
à force d'argent , les Gardes de Léonor ,
ce qui lui fait présumer qu'il se pourroit
bien que le prétendu meurtrier de Gusta362
MERCURE DE FRANCE
ve fut Gustave lui -même. Christierne en
tre dans ce soupçon ; et pour l'éclaircir
it ordonne à Astolphe de lui envoyer
Léonor , et de se tenir prêt à faire paroî
tre le prisonnier qu'il vient de faire arrê
ter , au premier signal. Ses ordres sont
ponctuellement éxecutés. Léonor vient la
premiere ; elle reproche la mort de son
Fils au Tyran ; il s'en excuse avec adresse
eh bien , lui répond Léonor , si tu
n'es pas complice de la mort de Gustave,
prouve-le moi par le supplice de son assassin
. Christierne y consent ; on amene
Gustave , Léonor le reconnoît pour son
Fils , sans oser proferer un seul mot , mais
voyant qu'on va lui donner la mort par
l'ordre de Christierne : Arrête , dit elle
parlant à celui qui va le frapper : Ah !
C'est ton Fils , dit alors Christierne : ce
coup de Théatre a parû le plus bel endroit
de la Tragédie.
,
Nous passons légerement sur ce qui
reste , pour ne pas sortir des bornes que
nous avons prescrites à cet argument.
Frederic n'ayant pû obtenir de Christierne
la liberté de Léonor , et d'ailleurs
le Tyran lui ayant dit qu'il prétend lui
même épouser Adélaïde , s'emporte d'u
ne maniere à fournir à Christierne un
prétexte de le faire arrêter , de sorte que
le
FEVRIER. 1733. 365
le danger des personnages les plus interessants
de la Piéce , paroît arrivé à son
dernier période. Heureusement on s'est
avisé trop tard de faire arrêter Casimir
par la raison qu'il étoit le moins suspect
on vient avertir Christierne que tout
conspire contre lui , et que ce Casimir
dont il ne s'étoit jamais défié, avoit , à
main armée délivré Gustave et Frederic
de sorte qu'il ne lui reste d'espoir que
dans la fuite. Christierne vaincu sur la
Mer et sur les glaces , tente un dernier
coup que le désespoir lui inspire ; il fait
paroître sur le tillac d'un Vaisseau Léonor
prête à tomber sous un coup mortel
, et par une Lettre qu'il envoye à la
Flote ennemie , par une fleche décochée ,
il fait entendre à Gustave que s'il ne lui
rend Adelaïde , sa Mere est morte ; Gustave
ne balance pas un moment à se livrer
lui- même pour sauver sa Mere; Adelaïde
s'y oppose , mais inutilement ; enfin Leonor
vient dissiper par sa présence le trouble
dont tous les esprits sont agitez ; elle
annonce que le génereux Fréderic l'a sauvée
dans le temps que Christierne lui alloit
enfoncer un poignard dans le sein ; on
amene le Tyran à Gustave , qui ne dai
gne pas répandre un sang si indigne , il
gie veut pas même qu'on attente à sa li-
L
berté
364 MERCURE DE FRANCE
berté , et l'abandonne aux remords , justes
vengeurs des crimes pour Fréderic
il a déja pris son parti en Prince génereux
, et a fait voile du côté du Dannemarc
, où les Peuples l'attendent pour
le couronner.
;
La Scene se passe dans le Palais des
Rois de Suede à Stokolm. Le principal
Rôle de Gustave est rempli et très-bien
joüé par le sieur Dufresne ceux de Christierne
, Roy de Dannemarc , de Fréderic
, Prince de Dannemarc , de Casimir ,
Seigneur Suedois , d'Astolphe , Confident
de Christierne et d'Othon , Capitaine
de ses Gardes , sont jouez par les
sieurs Sarrazin , Grandval , le Grand ,
Montmenil , et du Breuil. Les Rôles d'Adelaïde
, Princesse de Suede , de Leonor ,
Mere de Gustave , et de Sophie , Confidente
d'Adelaïde , sont remplis par les
Dlles Gaussin , Ballycourt et Jouvenot,
donnerent la premiere Représentation de
Ia Tragédie de Gustave ; il y a peu de Piéces
qui ayent été reçûes avec un applau
dissement
FEVRIER. 1733. 355
dissement si unanime ; la grande idée
qu'on s'en est d'abord faite n'a fait qu'aug,
menter dans les Représentations suivan
tes. Elle est de M. Pyron , Auteur de la
Comédie des Fils Ingrats , et de la Tragédie
de Callistene. Nous n'en donnerons
qu'un Argument très- succinct , en attendant
que nous l'ayons assez éxaminée
pour pouvoir en donner un Extrait plus
détaillé .
Le Heros de cette Tragédie est le premier
de sa Maison qui ait regné sur les
Suedois ; on l'avoit d'abord annoncé
dans les affiches sous le nom de Gustave
Vasa, pour le distinguer de Gustave Adol
phe , dont le nom n'est pas moins celébre.
Stenon , Roi de Suede , à qui ce premier
Gustave a succedé , l'avoit désigné
son Successeur , à la faveur d'un mariage
avec Adelaide , sa Fille. Christierne
Beau- Frere de Charlequint , détrôna et
fit massacrer Stenon ; il fit enfermer Adelaïde
Fille de ce malheureux Roi dans
une Tour, et il y a apparence qu'il n'auroit
pas épargné celui qui lui étoit destinépour
Epoux , s'il étoit tombé en sa puissance ;
il faut donc supposer que Gustave fut au
moins emprisonné , ou qu'il se tint caché
pendant neuf ans pour attendre le tems.
favorable, où il pourroit monter sur le
Trône
2
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Trône où il avoit été destiné par le légiti
me Roi . Ces neuf ans étant expirés , et le
tems de sa vangeance étant arrivé , comme
sa tête avoit été mise à prix par Christierne
, il fit courir lui- même le bruit que
Gustave avoit été tué , et que le meurtrier
devoit apporter sa tête à Christierne.
C'est ici que l'action theatrale commence.
Christierne à son retour de quelque
expédition , demande à Astolphe , fidele
Ministre de ses vangeances , ce qui s'est
passé dans Stocholm depuis son absence ;
Astolphe lui rend un compte éxact de ce
qui regarde sa nouvelle domination , et
lui annonce entr'autres choses que la Reine
, veuve de Stenon , est morte ; Christierne
lui apprend à son tour quelque
chose de plus favorable à ses projets ambitieux
, c'est l'assassinat de Gustave. E
dentPrince assez amateur du repos , pour avoir
abandonné à Christierne les droits naturels
qu'il avoit sur la Couronne de
Dannemarc , ne peut apprendre sans indignation
qu'on ait assassiné Gustave ; il
a déja commencé à devenir suspect à
Christier ne , par les voeux de la plûpart ,
des Danois pour son rétablissement au
Trône qui lui appartient ; mais ce meurtre
abominable dont le Tyran fait gloire ,
fait
FEVRIER. 1733 . 387
fait encore plus d'horreur à Casimir , l'un
des plus fideles Sujets qui soient restés
à Stenon malgré son détrônement ; de
sorte qu'il forme dès-lors le genereux des
sein de vanger Gustave , comme désigné
par Stenon pour lui succeder au Trône ;
par le droit d'Adelaïde , sa Fille. Frederic
aime cette malheureuse Princesse , dont
les fers viennent d'être brisez par un
trait de politique de Christiernę ; la Princesse
l'a toujours estimé , Christierne le
lui a fait proposer pour Epoux , mais ce
Tyran n'avoit pas encore vû cette Fille
de Stenon , et ce n'a été que long- tems
après le jour de son emprisonnement qu'il
a connu le pouvoir de ses charmes ; il
n'a garde de faire connoître son amour
à Fréderic , qu'il a interêt de flater toujours
de l'espérance de son Hymen avec
Adelaïde ; c'est dans cette vûë qu'il charge
ce Prince Danois du soin d'annoncer à
cette Princesse la mort de Gustave , lui
faisant entendre que perdant toute esperance
d'épouser l'Amant à qui son Perc
l'avoit destinée , elle n'apportera plus de
résistance au nouvel Hymen qu'on éxige
d'elle. Fréderic ne sçait comment annoncer
une si funeste nouvelle à sa Princesse ;
il craint de lui en devenit encore plus
odieux ; elle vient ; il la plaint ; elle lui
de358
MERCURE DE FRANCE
demande d'où naissent ses plaintes , et
comme il s'obstine à garder le silence
quoiqu'elle le presse de le rompre : Ah !
lui dit elle , Gustave est mort ; il la quitte
sans proferer un seul mot . Elle prend sa
retraite et son silence pour un aveu ; elle
ne doute plus de la mort de Gustave ; la
Mere de ce Prince , qui passe pour une
Suivante de cette Princesse éplorée , témoigne
plus de fermeté ; ce qui donne
lieu à ces deux beaux Vers d'Adelaïde :
Calme dénaturé , qui fait voir en ce jour,
Que le sang sur un coeur est plus fort que PA
mour !
Voilà à peu près ce qui fait le sujet du
premier Acte , nous nous y sommes un
peu étendus , croyant l'exposition de ces
circonstances nécessaires pour l'intelligence
de l'action principale
Casimir ayant appris que le prétendu
assassin de Gustave doit en apporter la
tête à Christierne , vient l'attendre dans
un endroit par où il doit passer ; prêt à
le combattre , il le reconnoît pour Gustave
même ; ce Prince lui explique.comment
il s'est transporté jusqu'à Stocholm
sans avoir été reconnu ; il lui demande si
Adelaïde lui est fidele ; Casimir l'en
ayant
FEVRIER. 1733 359
1
ayant assuré , Gustave lui dit d'un ton de
confiance :
Stocholm est libre , et Stenon est vangé.
Christierne vient ; le faux assassin qui
lui est toujours inconnu , lui raconte
en termes équivoques ce qu'il veut lui
persuader ; il lui promet de lui montrer la
tête de Gustave , qu'il dit avoir attaqué en
brave homme ; il lui demande pour toute
récompense , qu'il lui permette de rendre
à la Princesse une Lettre que Gustave a
mise entre ses mains : Christierne lit la
Lettre , il reconnoît le seing de Gustave :
par ce Billet , Gustave prie Adélaïde de
ne pas
s'obstiner à lui être fidele après sa
mort , et de recevoir un Epoux de la
main du Vainqueur ; cette Lettre étant
parfaitement conforme aux intentions de
Christierne , ce Tyran lui permet de la
donner à Adélaïde , et de l'entretenir sans
témoins, Gustave se retire ; Astolphe plus
méchant encore que Christierne lui
dit que s'il veut que son Hymen avec
Adélaïde ne soit plus traversé , il faut absolument
séparer Léonor de cette Princesse
, attendu que cette Suivante l'entretient
dans une haine implacable contre
lui ; Christierne approuve ce conseil , et
le charge de l'éxécuter quand il le trouve-
>
ra
$ 60 MERCURE DE FRANCE
ra à propos ; voilà à peu près toute l'ac
tion du second Acte.
L'entrevuë d'Adélaïde avec celui qui
doit lui donner une Lettre de Gustave ,fait
le principal incident du troisiéme Acte.
Cet incident est précedé d'un autre qui
est très- bien imaginés le voici . Léonor ne
doutant plus de la mort de son Fils , dont
elle n'a été que trop bien informée , ne
peut plus se contraindre en présence d'Astolphe
et pour réprimer l'insolence de
ses discours , elle se déclare mere de Gusrave
Astolphe la fait arrêter sur le
champ malgré les larmes et les cris d'Adélaïde
cet emprisonnement est abŝolument
nécessaire pour préparer un coup
de Théatre qui fait un honneur infini à
P'Auteur. Léonor ayant été arrachée d'entre
les bras d'Adélaïde , Gustave est introduit
auprès d'elle ; elle ne reconnoît
pas le son de sa voix , soit qu'il soit supposé
qu'il la contrefasse , soit que neuf
ans d'absence y ayent apporté assez de
changement pour la rendre méconnoissa→
ble aux oreilles d'une Princesse , accablée
d'ailleurs d'une douleur mortelle ; elle lit e;
la Lettre dont on a déjà parlé dans l'Acte
précédent ; elle fait connoître après cette
fecture qu'elle aimera toujours Gustave ,
quoiqu'il la dispense de sa foi ; à cet heureux
FEVRIER. 1733. 361
reux témoignage d'une constance éternelle
, Gustave transporté se jette à ses
pieds ; cette reconnoissance a fait un plaisir
infini ; Adélaïde à travers sa joie laisse
entrevoir une douleur dont elle apprend
la cause à Gustave ; c'est l'emprisonnement
de Léonor qu'elle fait connoître à
çe tendre Fils pour sa Mere , dont il avoit
déja pleuré la mort ; Gustave ne balance
pas à s'exposer à tout pour la délivrance
d'une Mere si chete ; il quitte la Prin
cesse dans le dessein de tout entreprendre
; Frederic vient un moment après
toujours soumis et respectueux. Adélaïde
le prie à son tour de travailler à la déli̟-
vrance de Léonor , ce genereux Prince
lui promet de la demander à Christierne
et de tout entreprendre s'il la lui refuse,
Passons à l'Acte IV.
Astolphe apprend à Christierne que
cette Léonor qui lui paroissoit si suspecte
s'est enfin fait reconnoître pour Mere de
Gustave. Christierne est frappé de cette
découverte , mais il l'est encore plus d'un
nouveau soupçon d'Astolphe , qui vient
de faire arrêter le prétendu assassin de
Gustave , parce qu'il avoit voulu séduire,
à force d'argent , les Gardes de Léonor ,
ce qui lui fait présumer qu'il se pourroit
bien que le prétendu meurtrier de Gusta362
MERCURE DE FRANCE
ve fut Gustave lui -même. Christierne en
tre dans ce soupçon ; et pour l'éclaircir
it ordonne à Astolphe de lui envoyer
Léonor , et de se tenir prêt à faire paroî
tre le prisonnier qu'il vient de faire arrê
ter , au premier signal. Ses ordres sont
ponctuellement éxecutés. Léonor vient la
premiere ; elle reproche la mort de son
Fils au Tyran ; il s'en excuse avec adresse
eh bien , lui répond Léonor , si tu
n'es pas complice de la mort de Gustave,
prouve-le moi par le supplice de son assassin
. Christierne y consent ; on amene
Gustave , Léonor le reconnoît pour son
Fils , sans oser proferer un seul mot , mais
voyant qu'on va lui donner la mort par
l'ordre de Christierne : Arrête , dit elle
parlant à celui qui va le frapper : Ah !
C'est ton Fils , dit alors Christierne : ce
coup de Théatre a parû le plus bel endroit
de la Tragédie.
,
Nous passons légerement sur ce qui
reste , pour ne pas sortir des bornes que
nous avons prescrites à cet argument.
Frederic n'ayant pû obtenir de Christierne
la liberté de Léonor , et d'ailleurs
le Tyran lui ayant dit qu'il prétend lui
même épouser Adélaïde , s'emporte d'u
ne maniere à fournir à Christierne un
prétexte de le faire arrêter , de sorte que
le
FEVRIER. 1733. 365
le danger des personnages les plus interessants
de la Piéce , paroît arrivé à son
dernier période. Heureusement on s'est
avisé trop tard de faire arrêter Casimir
par la raison qu'il étoit le moins suspect
on vient avertir Christierne que tout
conspire contre lui , et que ce Casimir
dont il ne s'étoit jamais défié, avoit , à
main armée délivré Gustave et Frederic
de sorte qu'il ne lui reste d'espoir que
dans la fuite. Christierne vaincu sur la
Mer et sur les glaces , tente un dernier
coup que le désespoir lui inspire ; il fait
paroître sur le tillac d'un Vaisseau Léonor
prête à tomber sous un coup mortel
, et par une Lettre qu'il envoye à la
Flote ennemie , par une fleche décochée ,
il fait entendre à Gustave que s'il ne lui
rend Adelaïde , sa Mere est morte ; Gustave
ne balance pas un moment à se livrer
lui- même pour sauver sa Mere; Adelaïde
s'y oppose , mais inutilement ; enfin Leonor
vient dissiper par sa présence le trouble
dont tous les esprits sont agitez ; elle
annonce que le génereux Fréderic l'a sauvée
dans le temps que Christierne lui alloit
enfoncer un poignard dans le sein ; on
amene le Tyran à Gustave , qui ne dai
gne pas répandre un sang si indigne , il
gie veut pas même qu'on attente à sa li-
L
berté
364 MERCURE DE FRANCE
berté , et l'abandonne aux remords , justes
vengeurs des crimes pour Fréderic
il a déja pris son parti en Prince génereux
, et a fait voile du côté du Dannemarc
, où les Peuples l'attendent pour
le couronner.
;
La Scene se passe dans le Palais des
Rois de Suede à Stokolm. Le principal
Rôle de Gustave est rempli et très-bien
joüé par le sieur Dufresne ceux de Christierne
, Roy de Dannemarc , de Fréderic
, Prince de Dannemarc , de Casimir ,
Seigneur Suedois , d'Astolphe , Confident
de Christierne et d'Othon , Capitaine
de ses Gardes , sont jouez par les
sieurs Sarrazin , Grandval , le Grand ,
Montmenil , et du Breuil. Les Rôles d'Adelaïde
, Princesse de Suede , de Leonor ,
Mere de Gustave , et de Sophie , Confidente
d'Adelaïde , sont remplis par les
Dlles Gaussin , Ballycourt et Jouvenot,
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Résumé : Extrait de la Tragédie de Gustave, [titre d'après la table]
Le 6 février 1733, les Comédiens Français ont présenté pour la première fois la tragédie 'Gustave' de M. Pyron, également auteur des 'Fils Ingrats' et de 'Callistene'. Cette pièce a été acclamée par le public dès sa première représentation, et cet enthousiasme n'a fait que croître lors des représentations suivantes. La tragédie 'Gustave' raconte l'histoire de Gustave Vasa, premier roi de sa maison à régner sur les Suédois. Gustave a été désigné comme successeur de Stenon, roi de Suède, grâce à son mariage avec Adelaide, la fille de Stenon. Cependant, Christierne, beau-frère de Charles Quint, a détrôné et fait massacrer Stenon, emprisonnant Adelaide dans une tour. Pour éviter d'être capturé, Gustave s'est caché pendant neuf ans avant de revenir pour réclamer le trône. L'action commence avec Christierne de retour d'une expédition, apprenant la mort de Gustave et celle de la reine, veuve de Stenon. Casimir, un fidèle sujet de Stenon, décide de venger Gustave. Frédéric, amoureux d'Adelaïde, est chargé par Christierne d'annoncer la mort de Gustave à la princesse. Malgré ses réticences, Frédéric finit par révéler la nouvelle à Adelaide. Dans le deuxième acte, Casimir reconnaît Gustave déguisé et apprend qu'il est toujours vivant. Gustave demande à Casimir si Adelaide lui est fidèle. Christierne, toujours méfiant, ordonne à Astolphe de séparer Léonor, la mère de Gustave, d'Adelaïde. Le troisième acte se concentre sur la rencontre entre Adelaide et Gustave, déguisé en messager. Léonor, croyant Gustave mort, est arrêtée par Astolphe. Gustave se révèle à Adelaide, qui est ravie de le revoir. Gustave décide de libérer sa mère, Léonor, emprisonnée par Christierne. Dans le quatrième acte, Christierne découvre que Léonor est la mère de Gustave et ordonne son exécution. Gustave est amené devant Christierne, qui reconnaît finalement son erreur. Frédéric, après avoir tenté en vain de libérer Léonor, est arrêté par Christierne. Casimir libère Gustave et Frédéric, forçant Christierne à fuir. Gustave, après avoir sauvé sa mère, épargne Christierne et le laisse aux remords de ses crimes. Frédéric retourne au Danemark pour être couronné. La pièce se déroule au palais des rois de Suède à Stockholm. Les principaux rôles sont interprétés par Dufresne, Sarrazin, Grandval, Montmenil, et autres acteurs renommés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10352
p. 78-91
Extinction, & amortissement de plusieurs rentes constituées sur l'Hotel de Ville, & sur differens revenus du Roy. [titre d'après la table]
Début :
On croit interesser la curiosité du Public, en lui faisant voir [...]
Mots clefs :
Rentes, Arrêt du Conseil d'État, Taxes, Amortissement, Sommes, Tailles, Actes de notaire, Recettes, Remboursement, Dettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extinction, & amortissement de plusieurs rentes constituées sur l'Hotel de Ville, & sur differens revenus du Roy. [titre d'après la table]
N croit intereffer la curiofité
te
du Public , en lui faifant voir
d'un coup d'oeil , toutes les rentesqui
ont efté éteintes & amorties par
Arrefts du Confeil d'Eftat du Roy ,
depuis l'impofition des taxes fur les
gens d'affaires , tant für- l'Hostel de
MERCURE
.
7.9
Ville , quefur les Tailles , fur les poftes
, fur les Controls des Actes des
Notaires , fur le Contrôle des Exploits,
fur les Gffes des Domaines , & autres
effets de differente nature, qui feront
employez à acquirer l'Etat .
Je me fuis fervi pour ce calcul , de
piéces autentiques
, fçavoir , de fix
Arrefts du Confeil d'Etat du Roy , portans
extinction & amortiffement
de
plufieurs Rentes conftituées fur l' Hoftel
de Valle & fur differens revenus du
Roy.
Ćes fix Arrefts ne comprenent que
les premiers rôles ; à mesure qu'il en
paroiftra d'autres , j'aurai foin de
fuivre le même plan dans les Mercares
prochains .
Giiij
Liftes. Taxez. Mois . | Sommes .
1.
2 .
3 .
4.
5.
6 .
7.
8.
so. 8 Nov. 15866000l.
60. 14 Nov. 16274000
73. 21 Nov. 26359000
70. 28 Nov. 27794000
s Déc. 10750000
71.13 Déc. 12588000
96. 19 Déc. 20060000
2012 Janv.33 13 7000
104 .
7as Taxez. Total.
162828000l
MERCURE.
PRINCIPAL DES RENTES
fur l'Hotel de Ville ,
ETEINT.
Par Arrêt du 15. 5,228,832 . livres.
Novembre.
Par Arrêt du 22. 5,208 , 448.
Novembre.
Par Arrêt du 29. 4,284,472
Novembre .
Par Arrêt du 13. 4,720,729.
Decembre.
Par Arrêt du 20. 2,546,217.
Decembre.
Par Arrêt du 3. 6,083,381.
Janvier,
Total 28,072,079 , livres .
G iij
82 LE NOUVEAU
PRINCIPAL DES RENTES
fur les Tailles
ETEINT,
Par Arrêt du 15.
Novembre.
Par Arrêt du 22 .
Novembre .
241 , 517 livres.
301 , 300
Par Arrêt du 29. |
1,312,665
Novembre.
Par Arrêt du 13.)
Decembre.
419 , 391
208 Par Arrêt du 20. 362 ,
Dcembre .
Par Arrêt du 3. 420 , 246
Janvier.
Total 2 , 957 , 327 livres
MERCURE.
PRINCIPAL DES RENES
fur les Poftes,
ETEINT.
Par Arrêt du 15
Novembre.
Par Arrêt du 22
Novembre..
Par Arrêt du 29
Novembre.
Par Airêt du 13
Decembre.
Par Arrêt du 20
Decembre ,
·
71, 000. livres.
17 , 000.
Par Arrêt du 331
Janvier.
Total 88,000 livres .
84 LE NOUVEAU
PBINCIPAL
DES RENTES
fur le contrôlle des Alles
des Notaires,
E TEINT.
Par Arrêt du 15 1,446,088.livres
.
Novembre.
Par Arrêt du 22 320,991 .
Novembre.
Par Arrêt du 29 330,547.
Novembre.
Par Arrêt du 13 390,041 .
Decembre.
Par Arrêt du 20 1,020,820.
Decembre.
Par Arrêt du 3 1,435, $19.
Janvier.
1
Total 4 , 944 , 006. livres .
Principal
MERCURE. 35
PRINCIPAL DES RENTES
fur le controlle des Exploits ,
E TEINT.
Par Arrêt du 15 359 , 214. livres
Novembre.
Par Arrêt du 12
Novembre.
47,509
Par Arrêt du 29 112 , 872.
Novembre.
Par Arrêt du 13 153 , 0.0.
Decen bre.
Par Arrêt du 20
Decembre .
70,860,
Par Arieft du ; 57,662.
Janvier.
Total 81 , 137 livres
H
86 LE NOUVEAU
PRINCIPAL
Jur les Greffes
DES RENTES
Domaines ,
E TEINT.
Par Arreft du 15
PNovembre.
Par Arreft du 22
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
91 , 526,livres.
35, 235
Par Arreft du 13 179 503.
Decembre.
Par Arreft du 20
Decembre.
Par Arreft du 3.
Janvier .
70 , 666
409 , 103 .
Total 786 , 033. livres .
MERCURE
. 87
PRINCIPAL
DES RENTES
fur les Recettes generales des Pays,
d'Election ,
ETIIN T.
Par Arrest du 15 335 , 675. livres.
Novembre .
Par Arreft du 22
Novembre.
Par Arreft du 29
Novembre.
Par Arreft du 13
Decembre.
94 , 351
23,485
.
Par Arreft du 20 121 800:
Decembre ,
Par Arreft du
Janvier.
31
Total 575 , 311 livres.
Hij
LE NOUVEAU .
PRINCIPAL DES
AUGMENTATIONS
de Gages , éteint .
Par Arreft du 15 53 850 , livres
Novembre.
Par Arreft du 22 185 , 786
Novembre •
Par Arrest du 29 337 , 550
Novembre
Par Arreft du 13 179, 243
Decembre.
Par Arrest du 20 137357
Decembre.
Par Arrest du 13 586 , 268
Janvier.
Total 1,480 , 067 livres .
MER CURE.
Principal des Promeffes des G1-
beles , Affignations
, Billets de
'Etat , de Loterie , des Riceveurs
généraux de le Gendre
& autres,
éteint.
Par Arrest du 15
Noven bre.
•
Par Arreft du 22 19,333 , 105. liv.
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
10,183,970
Par Arreft du 13 8,875, 330.
Dicembre.
Par Arreft du 20 ) 6 , 443,460
Decembre ,
Par Anelt du 3 10 , 028 , 325
Janvier.
Total 14,664 , 190 livres.
90 LE NOUVEAU
PRINCIPALDES
REMBOURSEMENTS
d'Offices , c
ETEINT.
Par Arreft du 15 | 11 , 253 , 998 liv.
Novembre.
Par Arreft du 22
S, 432, 806, Novembre
Par Arrest du 29 4,899, 845.
Novembre ,
Par Arreft du 13
Decembre
Par Arre du 3
Janvier .
Tota 34, 309, 038 livres
4,834, 488
7,887 , 901.
MERCURE.
PRINCIPAL DES EFFETS
de differente nature , quiferviront
à payer les dettes du Roy ,
ETE IN T.
Par Arreft du s
Novembre.
Par Arreft du 22 11 , 730 067 li .
Novembre.
Par Arrest du 29
Novembre.
5,416, 342.
Par Arreft du 13 3 , 720 , 204
Decembre
Par Arreft du 20 2,707 , 010
Decembre,
Par Arreft du 3 4,920, 451.
Janvier.
Total 28 , 494 , 084. liv .
En tout cent cinquante-fept millions
, cent foixante- dix mille , deux
cent foixante-neuf livres,
Ce qui fait fix. millions , deux cent
quatre-vingt mille livres de rente.
te
du Public , en lui faifant voir
d'un coup d'oeil , toutes les rentesqui
ont efté éteintes & amorties par
Arrefts du Confeil d'Eftat du Roy ,
depuis l'impofition des taxes fur les
gens d'affaires , tant für- l'Hostel de
MERCURE
.
7.9
Ville , quefur les Tailles , fur les poftes
, fur les Controls des Actes des
Notaires , fur le Contrôle des Exploits,
fur les Gffes des Domaines , & autres
effets de differente nature, qui feront
employez à acquirer l'Etat .
Je me fuis fervi pour ce calcul , de
piéces autentiques
, fçavoir , de fix
Arrefts du Confeil d'Etat du Roy , portans
extinction & amortiffement
de
plufieurs Rentes conftituées fur l' Hoftel
de Valle & fur differens revenus du
Roy.
Ćes fix Arrefts ne comprenent que
les premiers rôles ; à mesure qu'il en
paroiftra d'autres , j'aurai foin de
fuivre le même plan dans les Mercares
prochains .
Giiij
Liftes. Taxez. Mois . | Sommes .
1.
2 .
3 .
4.
5.
6 .
7.
8.
so. 8 Nov. 15866000l.
60. 14 Nov. 16274000
73. 21 Nov. 26359000
70. 28 Nov. 27794000
s Déc. 10750000
71.13 Déc. 12588000
96. 19 Déc. 20060000
2012 Janv.33 13 7000
104 .
7as Taxez. Total.
162828000l
MERCURE.
PRINCIPAL DES RENTES
fur l'Hotel de Ville ,
ETEINT.
Par Arrêt du 15. 5,228,832 . livres.
Novembre.
Par Arrêt du 22. 5,208 , 448.
Novembre.
Par Arrêt du 29. 4,284,472
Novembre .
Par Arrêt du 13. 4,720,729.
Decembre.
Par Arrêt du 20. 2,546,217.
Decembre.
Par Arrêt du 3. 6,083,381.
Janvier,
Total 28,072,079 , livres .
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82 LE NOUVEAU
PRINCIPAL DES RENTES
fur les Tailles
ETEINT,
Par Arrêt du 15.
Novembre.
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Novembre .
241 , 517 livres.
301 , 300
Par Arrêt du 29. |
1,312,665
Novembre.
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Decembre.
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Dcembre .
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Janvier.
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MERCURE.
PRINCIPAL DES RENES
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Novembre.
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Par Arrêt du 29
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Decembre.
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Decembre ,
·
71, 000. livres.
17 , 000.
Par Arrêt du 331
Janvier.
Total 88,000 livres .
84 LE NOUVEAU
PBINCIPAL
DES RENTES
fur le contrôlle des Alles
des Notaires,
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Par Arrêt du 15 1,446,088.livres
.
Novembre.
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Novembre.
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Novembre.
Par Arrêt du 13 390,041 .
Decembre.
Par Arrêt du 20 1,020,820.
Decembre.
Par Arrêt du 3 1,435, $19.
Janvier.
1
Total 4 , 944 , 006. livres .
Principal
MERCURE. 35
PRINCIPAL DES RENTES
fur le controlle des Exploits ,
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Par Arrêt du 15 359 , 214. livres
Novembre.
Par Arrêt du 12
Novembre.
47,509
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86 LE NOUVEAU
PRINCIPAL
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Domaines ,
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Par Arreft du 22
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
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Par Arreft du 13 179 503.
Decembre.
Par Arreft du 20
Decembre.
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Janvier .
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Total 786 , 033. livres .
MERCURE
. 87
PRINCIPAL
DES RENTES
fur les Recettes generales des Pays,
d'Election ,
ETIIN T.
Par Arrest du 15 335 , 675. livres.
Novembre .
Par Arreft du 22
Novembre.
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Novembre.
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Decembre.
94 , 351
23,485
.
Par Arreft du 20 121 800:
Decembre ,
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Janvier.
31
Total 575 , 311 livres.
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LE NOUVEAU .
PRINCIPAL DES
AUGMENTATIONS
de Gages , éteint .
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Novembre.
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Novembre •
Par Arrest du 29 337 , 550
Novembre
Par Arreft du 13 179, 243
Decembre.
Par Arrest du 20 137357
Decembre.
Par Arrest du 13 586 , 268
Janvier.
Total 1,480 , 067 livres .
MER CURE.
Principal des Promeffes des G1-
beles , Affignations
, Billets de
'Etat , de Loterie , des Riceveurs
généraux de le Gendre
& autres,
éteint.
Par Arrest du 15
Noven bre.
•
Par Arreft du 22 19,333 , 105. liv.
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
10,183,970
Par Arreft du 13 8,875, 330.
Dicembre.
Par Arreft du 20 ) 6 , 443,460
Decembre ,
Par Anelt du 3 10 , 028 , 325
Janvier.
Total 14,664 , 190 livres.
90 LE NOUVEAU
PRINCIPALDES
REMBOURSEMENTS
d'Offices , c
ETEINT.
Par Arreft du 15 | 11 , 253 , 998 liv.
Novembre.
Par Arreft du 22
S, 432, 806, Novembre
Par Arrest du 29 4,899, 845.
Novembre ,
Par Arreft du 13
Decembre
Par Arre du 3
Janvier .
Tota 34, 309, 038 livres
4,834, 488
7,887 , 901.
MERCURE.
PRINCIPAL DES EFFETS
de differente nature , quiferviront
à payer les dettes du Roy ,
ETE IN T.
Par Arreft du s
Novembre.
Par Arreft du 22 11 , 730 067 li .
Novembre.
Par Arrest du 29
Novembre.
5,416, 342.
Par Arreft du 13 3 , 720 , 204
Decembre
Par Arreft du 20 2,707 , 010
Decembre,
Par Arreft du 3 4,920, 451.
Janvier.
Total 28 , 494 , 084. liv .
En tout cent cinquante-fept millions
, cent foixante- dix mille , deux
cent foixante-neuf livres,
Ce qui fait fix. millions , deux cent
quatre-vingt mille livres de rente.
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10353
p. 376-393
Article contenant un grand nombre de Particularitez de l'arrivée en France, du Convoy qui a apporté des Bleds du Levant, avec beaucoup d'autres Marchandises. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez que Mr de Ferriol, Ambassadeur du Roy à [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Frégates, Constantinople, Relations, Convoi, Ennemis, Equipage, Combat, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : Article contenant un grand nombre de Particularitez de l'arrivée en France, du Convoy qui a apporté des Bleds du Levant, avec beaucoup d'autres Marchandises. [titre d'après la table]
Vous fçavez que Mr de
Ferriol , Ambaffadeur du Roy
àConftantinople , avoit obte
nu de fa Hauteffe de faire
charger des Bleds à Conftantinople & dans les Echelles du
Levant. Il s'eft heureufement
acquitté de fa Commiſſion. Il
y a plufieurs Relations qui
peuvent toutes paffer pour des
Originaux , eftant écrites par
des Officiers de confideration,
& qui font tous dans des poftès à pouvoir fçavoir ce qu'ils.
GALANY 377
mandent , qui neanmoins ne
s'accordent pas , particulierement à l'égard des dates ; tel
eft le fort des Relations que
´l'on reçoit des Affaires les plus
importantes. Perfonne ne le
connoift mieux que moy qui
ay toûjours ramaffé toutes celles qui ont efté répanduës dans
le monde des actions les plus
remarquables , & j'ay trouvé
une fois une circonſtance aſſez
confiderable , toute differente
dans neuf Relations de la même Affaire , fans qu'il m'ait
efté poffible de découvrir celle qui parloit le plus jufte.
Li iij
378 MERCURE
ގ
%%
cmAinfi en fait de nouvelles , la
premiere qu'on lit fait plaifir,
& l'on croit d'abord eftre
bien inftruit. La feconde Relation , dans laquelle on trouve
des faits differens embaraffe un
peu ; & lors qu'on en a lû
beaucoup, on fe trouve fi
baraffé qu'on eft contraint de
parler au hazard , ou de donner au Public les Extraits de
PArticle qui embaraffe afin de
fe difculper , & qu'il en juge
par luy- mefme. J'ay trouvé le
mefme embaras pour des da
tes , dans la Relation que vous
allez lire , qui d'ailleurs vous
GALANT 379
paroiftra tres- curieufe. Entre
fept ou huit Relations dont
j'ay formé celle que vous allez
lire , il y en a une feule qui
-prend l'affaire de plus haut,
par laquelle je vais commencer, & qui n'eft contredite en
rien parce qu'elle eft feule.
Mr de Feuquieres eftoit allé
àu Levant pour amener un
Convoy de bled. Tous les autres Vaiffeaux tant du Roy que
des Marchands qui eftoient allez pour le mefme ſujet s'affemblerent à Smirne fous les
ordres de Mrde Feuquieres au
nombre de 84. Baftimens tant
380 MERCURE
Vaiffeaux, Barques , Pinques ,
ou Tartanes , parmy lefquels
cftoit compris le Temeraire , de
60. canons , monté par Mr de
Feuquieres ; le Toulouſe de mêmeforce; l'Etendart & le Flenron de 50; l'Hirondelle & la Vef
tale de 36. tous Vaiffeaux de
Roy, & une trentaine d'autres
Vaiffeaux particuliers ; le refte
eftoit de petits Baftimens".
Ils partirent dans le mois d'Octobre, & quoy que la faifon
fût la plus rude de toute l'année, à caufe des divers coups
de vents qui regnent en ce
temps- là &que l'on fut obligé
GALANT 281
de paffer dans toutes les Croifieres ordinaires nonobitant
25. ou 30. gros Vaifféaux Ennemis qui font dans ces Mers ;
ce Convoy franchit tout fans
voir aucun Vaiffeau ennemy,
& fans qu'il ſe foit écarté aucun Baftiment pendant untrajet de plus de 6oo. licuês.
Comme on avoit apprisque
le Convoy eftoit parti , & que
l'on voyoit tous les jours aux
Coftes de Provence une Efcadre ennemie de huit Vaiffeaux
qui fe relevoient les uns aprés
les autres , on eftoit à Toulon
& à Marſeille dans une grande
382 MERCURE
confternation , parce qu'on découvroit tous les jours les Ennemis aux avenues , & que nos
Vaiffeaux n'eftoient pas en état
de s'oppofer à cette Efcadre ,
eftant tous chargez de bled.
Mais par un effet de la Providence , dans le temps que l'Avant-garde de ce Convoyavoit
découvert les Illes d'Hieres defquelles il s'approchoit , que les
Ennemis n'auroient pas manqué d'appercevoir , & d'en
prendre finon tout , au moins
la plus grande partie , un gros
coup de vent de Nord Oüeft
s'éleva fi fort qu'il obligea les
GALANT 383
Ennemis de pouffer au large
& le Convoy d'arriver au
Gourjan.
Dans le moment que l'on
cut appris àToulon l'arrivée de
ce Convoy au Gourjan par un
fecond effet , & tout particulier de la même Providence,qui
l'avoit ainfi reglé, Mr Caffart ,
qui monte le Parfait de 70.
canons , fe trouva enrade avec
le Serieux , de 60. & Mr Laigle avec le Phoenix , de 52. canons.
Il eſt à remarquer que le
Vaiffeau le Toulouze , de so.
canons monté par Mr Lam-
384 MERCURE
bert , & qui faifoit partie du
Convoy, s'eftant trouvé à por
tée d'entrer à Toulon le 6 informa Mr Daligre de Saint Lié
qui y commande la Marine , de
la fituation oùil avoit laiffé Mr
de Feuquieres , avec le Convoy. On ne perdit pas un moment pour décharger en partie ce Vaiffeau qui eftoir char
gé debled, afinde le foulager,
& on augmenta confiderablement fon équipage , afin de le
mettre en eftat de fortir & d'aller rejoindre Mr de Feuquieresavec les 3. autres Vaiffeaux
dont on augmenta auffi confiderablement
GALANT 385
de
fiderablement les Equipages ;
ce qui fut fait en tres - peu
temps , en forte qu'ils mirent
à la voile le 8 à 10, heures
du matin , avec un Brulot , &
un autre petit Baltiment , qui
tous enſemble avoient deux
mille hommes d'Equipage.
Quoy que je vous aye dit
dans le Prelude de cet Article,
que de plufieurs Relations j'en
formois une feule , j'en ay
trouvé deux qui regardent le
Combat qui m'ont paru dignes de vous cftre envoyées
toutes deux.
Fanvier 1710.
Кк
386 MERCURE
a
Premiere Relation duCombat.
Le 9º eftant à la vûë er de
vant le Gourjan , ils virent paroiftre deux Vaiffeaux qui faifoient route fur eux ; & lors
qu'ils furent à demy lieuë , le
Parfait les chaſſa à toutes voiles,
les joignit fe mit en travers
de ces deux Vaiffeaux , & les
canonna jufqu'à ce que
rieux le Phoenix y fuffent
arrivez le premier attaqua le
Faucon Anglois de 44. Canons
qu'il démata & qu'il prit. Mr
Caffard tomba enfuite fur le
Pembrok de 70. Canons
Mr Laigle avoit déja démâté,
dont il avoit tué le Capi-
:
le Serque
GALANT 387
taine ,
plus de hommes 70.
de l'Equipage ; ce Vaiffean fe
-rendit , & il a esté amené à
Toulon avec le Faucon. Cette
action a efté tres-vive , &n'a
pas duré plus d'une heure ; ces
deux Vaiffeaux venoient de ca
renner au Port Mahon pour fortifier l'Escadre Angloife qui croifait depuis long-temps fur les
Coftes de Provence , en attendant
Mrde Feuquieres & fon Convoy , dont aucun Baſtiment n'a
efté pris ny perdu depuis fon départ de Levant.
Seconde Relation du Combat.
Le 9ºeftant prés du moüillage
KK
388 MERCURE
•
>
où le Toulouze , avoit déja jetté
l'Ancre , on aperçut deux Vaif
feaux qui s'aprochoient de terre.
Mr de Feuquieres fit fignal au
Parfait , au Serieux & au
Phoenix , de les aller reconnoiftre ,
ce qu'ils firent. Comme nos Vaiffeauxfortoient defiprés de terre
ces deux Vaiffeaux Ennemis l'un
de 66.canons , & l'autre de 40.
crurent que c'eftoient des Vaiffeaux chargez de bleds. Ils allerent deffus ; mais ayant reconnu
aprés la force de nos Vaiſſeaux
ils tâcherent defe fauver ; mais
Mr Caffart avec le Parfait
donna une bordée à la flute qui
la mit hort d'état. En effet, elle
GALANT 389
aculafur le Parfait , &luy emporta fa Gallerie , l'ayant remife , le Serieux y alla , & la
prit. Pendant ce temps Mr de
Laigle alla augros , & l'ayant approché de prés il le combatit pendant une große heure & demie
avec unfeu extraordinaire , &il
luy emportafon Maft d'Artimon.
Le Capitainey fut tué le Capitaine en fecond voyant que
Parfait venoit à luy fe voyant
beaucoup de monde tué parle gros
feu du Canon& de la moufqueterie de MrLaigle ,ferendit à luy
nevoulutpoint connoiftrel'Of
ficier queMrCaffart luy, envoya
le
Kij
390 MERCURE
le premier; de maniere que ces 2 •
Angloisfont àToulonprefentement
avec tout le Convoy dont chaque
Baftiment va à fa deftination.
Au refte ce Convoy eft des
plus confiderables & l'on peut
affurer qu'il vaut bien huit millions , puifqu'il y a de compte
fait pour le Languedoc &pour
la Provence cent mille charges
de bled, la charge pefant à peu
prés 300. livres poids de Paris ;
à 36. livres ce font déja trois
millions fix cens mille livres :
il y en a du moins pour autant
en Marchandifes fines , & ce
qu'un grand nombre de particuliers a de provifions de
GALANT 391
bled fur ces Vaiffeaux va encore fort loin. Il faut ajoûter
à tout cela quantité de farines ,
huit mille quintaux de Legumes , fept mille quintaux de
Ris , & beaucoup de viandes.
Les Officiers qui fe font diftinguez dans le Combat , n'ont
pas attendu long- temps leur
recompenfe , puifqu'en même
temps quenous avons appris la
maniere dont ils fe font diftinguez , nousavons fçu que S. M.
a nommé Mr Caffart , Capitai
ne de Fregate ; Mr des Hayes,
Lieutenantde Vaiffeau , & Mr.
Laigle , Capitaine de Brulot .
Le Vaiffeau l'Entreprenant
392 MERCURE
1
arriva auffi de Barbarie le 12, avec cinq
mille charges de bled.
Je vous diray peu de chofes ce moiscy de l'Espagne. Elle fe trouve aujourd'huy dans une fituation tres-avantageufe par raport à celle de tous les Sou
verains de l'Europe. Elle eft tranquile
chez elle , où rien ne manque: elle tra
vaille à mettre 80. mille hommes fur
pied, avec lefquels elle ne peut faire
qu'avantageufement la paix ou la guerre,ce qui provient de la grande union
qui fe trouve entre Sa Majefté Catholique & tous fes Sujets . Ce Monarque
apour eux tout l'amour qu'un Souverain peut avoir pour fes Sujets , & depuis qu'il eft fur le Trône , il a fait plufieurs Campagnes , dans lefquelles il a
expoféfon fang pour leur défenfe , ce
que les Espagnols reconnoiffent par un
amour & une fidelité à l'épreuve de
toutes choſes. Aufli trouve-t-il abondamment de l'argent & des hommes
dans tous les Etats , & c'eft dequoy fai
re de bonnes & degrandes Armées ; car
pourpeu que les Efpagnols foient inf
GALANT 393
truits du métier de la guerre , jamais on
n'a vû de Peuple plus intrepide. Il ne
fçait ce que c'eft que de fuir, & l'Hiftoire nous fournit une infinité d'exemples
éclatans de cette intrepidité , & toute la
terre fe fouvient encore de celle du
Comte des Fontaines , dont tout le Bataillon perit dans le mefme terrain où il
eftoit en bataille , ce Comte affis au milieu du Bataillon animant tous fes Soldats.
#
Je devrois en finiffant vous parler de
l'heureufe face qu'il paroît que l'Europe
doit prendre dans peu ; mais ce font des
Affaires delquelles la prudence ne veut
pas que l'on parle trop , de crainte de
n'en pas parler jufte. Je fuis , Madame,
voftre , &c.
APariscedernierJanvier 1710.
Ferriol , Ambaffadeur du Roy
àConftantinople , avoit obte
nu de fa Hauteffe de faire
charger des Bleds à Conftantinople & dans les Echelles du
Levant. Il s'eft heureufement
acquitté de fa Commiſſion. Il
y a plufieurs Relations qui
peuvent toutes paffer pour des
Originaux , eftant écrites par
des Officiers de confideration,
& qui font tous dans des poftès à pouvoir fçavoir ce qu'ils.
GALANY 377
mandent , qui neanmoins ne
s'accordent pas , particulierement à l'égard des dates ; tel
eft le fort des Relations que
´l'on reçoit des Affaires les plus
importantes. Perfonne ne le
connoift mieux que moy qui
ay toûjours ramaffé toutes celles qui ont efté répanduës dans
le monde des actions les plus
remarquables , & j'ay trouvé
une fois une circonſtance aſſez
confiderable , toute differente
dans neuf Relations de la même Affaire , fans qu'il m'ait
efté poffible de découvrir celle qui parloit le plus jufte.
Li iij
378 MERCURE
ގ
%%
cmAinfi en fait de nouvelles , la
premiere qu'on lit fait plaifir,
& l'on croit d'abord eftre
bien inftruit. La feconde Relation , dans laquelle on trouve
des faits differens embaraffe un
peu ; & lors qu'on en a lû
beaucoup, on fe trouve fi
baraffé qu'on eft contraint de
parler au hazard , ou de donner au Public les Extraits de
PArticle qui embaraffe afin de
fe difculper , & qu'il en juge
par luy- mefme. J'ay trouvé le
mefme embaras pour des da
tes , dans la Relation que vous
allez lire , qui d'ailleurs vous
GALANT 379
paroiftra tres- curieufe. Entre
fept ou huit Relations dont
j'ay formé celle que vous allez
lire , il y en a une feule qui
-prend l'affaire de plus haut,
par laquelle je vais commencer, & qui n'eft contredite en
rien parce qu'elle eft feule.
Mr de Feuquieres eftoit allé
àu Levant pour amener un
Convoy de bled. Tous les autres Vaiffeaux tant du Roy que
des Marchands qui eftoient allez pour le mefme ſujet s'affemblerent à Smirne fous les
ordres de Mrde Feuquieres au
nombre de 84. Baftimens tant
380 MERCURE
Vaiffeaux, Barques , Pinques ,
ou Tartanes , parmy lefquels
cftoit compris le Temeraire , de
60. canons , monté par Mr de
Feuquieres ; le Toulouſe de mêmeforce; l'Etendart & le Flenron de 50; l'Hirondelle & la Vef
tale de 36. tous Vaiffeaux de
Roy, & une trentaine d'autres
Vaiffeaux particuliers ; le refte
eftoit de petits Baftimens".
Ils partirent dans le mois d'Octobre, & quoy que la faifon
fût la plus rude de toute l'année, à caufe des divers coups
de vents qui regnent en ce
temps- là &que l'on fut obligé
GALANT 281
de paffer dans toutes les Croifieres ordinaires nonobitant
25. ou 30. gros Vaifféaux Ennemis qui font dans ces Mers ;
ce Convoy franchit tout fans
voir aucun Vaiffeau ennemy,
& fans qu'il ſe foit écarté aucun Baftiment pendant untrajet de plus de 6oo. licuês.
Comme on avoit apprisque
le Convoy eftoit parti , & que
l'on voyoit tous les jours aux
Coftes de Provence une Efcadre ennemie de huit Vaiffeaux
qui fe relevoient les uns aprés
les autres , on eftoit à Toulon
& à Marſeille dans une grande
382 MERCURE
confternation , parce qu'on découvroit tous les jours les Ennemis aux avenues , & que nos
Vaiffeaux n'eftoient pas en état
de s'oppofer à cette Efcadre ,
eftant tous chargez de bled.
Mais par un effet de la Providence , dans le temps que l'Avant-garde de ce Convoyavoit
découvert les Illes d'Hieres defquelles il s'approchoit , que les
Ennemis n'auroient pas manqué d'appercevoir , & d'en
prendre finon tout , au moins
la plus grande partie , un gros
coup de vent de Nord Oüeft
s'éleva fi fort qu'il obligea les
GALANT 383
Ennemis de pouffer au large
& le Convoy d'arriver au
Gourjan.
Dans le moment que l'on
cut appris àToulon l'arrivée de
ce Convoy au Gourjan par un
fecond effet , & tout particulier de la même Providence,qui
l'avoit ainfi reglé, Mr Caffart ,
qui monte le Parfait de 70.
canons , fe trouva enrade avec
le Serieux , de 60. & Mr Laigle avec le Phoenix , de 52. canons.
Il eſt à remarquer que le
Vaiffeau le Toulouze , de so.
canons monté par Mr Lam-
384 MERCURE
bert , & qui faifoit partie du
Convoy, s'eftant trouvé à por
tée d'entrer à Toulon le 6 informa Mr Daligre de Saint Lié
qui y commande la Marine , de
la fituation oùil avoit laiffé Mr
de Feuquieres , avec le Convoy. On ne perdit pas un moment pour décharger en partie ce Vaiffeau qui eftoir char
gé debled, afinde le foulager,
& on augmenta confiderablement fon équipage , afin de le
mettre en eftat de fortir & d'aller rejoindre Mr de Feuquieresavec les 3. autres Vaiffeaux
dont on augmenta auffi confiderablement
GALANT 385
de
fiderablement les Equipages ;
ce qui fut fait en tres - peu
temps , en forte qu'ils mirent
à la voile le 8 à 10, heures
du matin , avec un Brulot , &
un autre petit Baltiment , qui
tous enſemble avoient deux
mille hommes d'Equipage.
Quoy que je vous aye dit
dans le Prelude de cet Article,
que de plufieurs Relations j'en
formois une feule , j'en ay
trouvé deux qui regardent le
Combat qui m'ont paru dignes de vous cftre envoyées
toutes deux.
Fanvier 1710.
Кк
386 MERCURE
a
Premiere Relation duCombat.
Le 9º eftant à la vûë er de
vant le Gourjan , ils virent paroiftre deux Vaiffeaux qui faifoient route fur eux ; & lors
qu'ils furent à demy lieuë , le
Parfait les chaſſa à toutes voiles,
les joignit fe mit en travers
de ces deux Vaiffeaux , & les
canonna jufqu'à ce que
rieux le Phoenix y fuffent
arrivez le premier attaqua le
Faucon Anglois de 44. Canons
qu'il démata & qu'il prit. Mr
Caffard tomba enfuite fur le
Pembrok de 70. Canons
Mr Laigle avoit déja démâté,
dont il avoit tué le Capi-
:
le Serque
GALANT 387
taine ,
plus de hommes 70.
de l'Equipage ; ce Vaiffean fe
-rendit , & il a esté amené à
Toulon avec le Faucon. Cette
action a efté tres-vive , &n'a
pas duré plus d'une heure ; ces
deux Vaiffeaux venoient de ca
renner au Port Mahon pour fortifier l'Escadre Angloife qui croifait depuis long-temps fur les
Coftes de Provence , en attendant
Mrde Feuquieres & fon Convoy , dont aucun Baſtiment n'a
efté pris ny perdu depuis fon départ de Levant.
Seconde Relation du Combat.
Le 9ºeftant prés du moüillage
KK
388 MERCURE
•
>
où le Toulouze , avoit déja jetté
l'Ancre , on aperçut deux Vaif
feaux qui s'aprochoient de terre.
Mr de Feuquieres fit fignal au
Parfait , au Serieux & au
Phoenix , de les aller reconnoiftre ,
ce qu'ils firent. Comme nos Vaiffeauxfortoient defiprés de terre
ces deux Vaiffeaux Ennemis l'un
de 66.canons , & l'autre de 40.
crurent que c'eftoient des Vaiffeaux chargez de bleds. Ils allerent deffus ; mais ayant reconnu
aprés la force de nos Vaiſſeaux
ils tâcherent defe fauver ; mais
Mr Caffart avec le Parfait
donna une bordée à la flute qui
la mit hort d'état. En effet, elle
GALANT 389
aculafur le Parfait , &luy emporta fa Gallerie , l'ayant remife , le Serieux y alla , & la
prit. Pendant ce temps Mr de
Laigle alla augros , & l'ayant approché de prés il le combatit pendant une große heure & demie
avec unfeu extraordinaire , &il
luy emportafon Maft d'Artimon.
Le Capitainey fut tué le Capitaine en fecond voyant que
Parfait venoit à luy fe voyant
beaucoup de monde tué parle gros
feu du Canon& de la moufqueterie de MrLaigle ,ferendit à luy
nevoulutpoint connoiftrel'Of
ficier queMrCaffart luy, envoya
le
Kij
390 MERCURE
le premier; de maniere que ces 2 •
Angloisfont àToulonprefentement
avec tout le Convoy dont chaque
Baftiment va à fa deftination.
Au refte ce Convoy eft des
plus confiderables & l'on peut
affurer qu'il vaut bien huit millions , puifqu'il y a de compte
fait pour le Languedoc &pour
la Provence cent mille charges
de bled, la charge pefant à peu
prés 300. livres poids de Paris ;
à 36. livres ce font déja trois
millions fix cens mille livres :
il y en a du moins pour autant
en Marchandifes fines , & ce
qu'un grand nombre de particuliers a de provifions de
GALANT 391
bled fur ces Vaiffeaux va encore fort loin. Il faut ajoûter
à tout cela quantité de farines ,
huit mille quintaux de Legumes , fept mille quintaux de
Ris , & beaucoup de viandes.
Les Officiers qui fe font diftinguez dans le Combat , n'ont
pas attendu long- temps leur
recompenfe , puifqu'en même
temps quenous avons appris la
maniere dont ils fe font diftinguez , nousavons fçu que S. M.
a nommé Mr Caffart , Capitai
ne de Fregate ; Mr des Hayes,
Lieutenantde Vaiffeau , & Mr.
Laigle , Capitaine de Brulot .
Le Vaiffeau l'Entreprenant
392 MERCURE
1
arriva auffi de Barbarie le 12, avec cinq
mille charges de bled.
Je vous diray peu de chofes ce moiscy de l'Espagne. Elle fe trouve aujourd'huy dans une fituation tres-avantageufe par raport à celle de tous les Sou
verains de l'Europe. Elle eft tranquile
chez elle , où rien ne manque: elle tra
vaille à mettre 80. mille hommes fur
pied, avec lefquels elle ne peut faire
qu'avantageufement la paix ou la guerre,ce qui provient de la grande union
qui fe trouve entre Sa Majefté Catholique & tous fes Sujets . Ce Monarque
apour eux tout l'amour qu'un Souverain peut avoir pour fes Sujets , & depuis qu'il eft fur le Trône , il a fait plufieurs Campagnes , dans lefquelles il a
expoféfon fang pour leur défenfe , ce
que les Espagnols reconnoiffent par un
amour & une fidelité à l'épreuve de
toutes choſes. Aufli trouve-t-il abondamment de l'argent & des hommes
dans tous les Etats , & c'eft dequoy fai
re de bonnes & degrandes Armées ; car
pourpeu que les Efpagnols foient inf
GALANT 393
truits du métier de la guerre , jamais on
n'a vû de Peuple plus intrepide. Il ne
fçait ce que c'eft que de fuir, & l'Hiftoire nous fournit une infinité d'exemples
éclatans de cette intrepidité , & toute la
terre fe fouvient encore de celle du
Comte des Fontaines , dont tout le Bataillon perit dans le mefme terrain où il
eftoit en bataille , ce Comte affis au milieu du Bataillon animant tous fes Soldats.
#
Je devrois en finiffant vous parler de
l'heureufe face qu'il paroît que l'Europe
doit prendre dans peu ; mais ce font des
Affaires delquelles la prudence ne veut
pas que l'on parle trop , de crainte de
n'en pas parler jufte. Je fuis , Madame,
voftre , &c.
APariscedernierJanvier 1710.
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Résumé : Article contenant un grand nombre de Particularitez de l'arrivée en France, du Convoy qui a apporté des Bleds du Levant, avec beaucoup d'autres Marchandises. [titre d'après la table]
Le texte décrit une mission diplomatique et militaire impliquant M. de Ferriol, ambassadeur du roi à Constantinople, qui a organisé le chargement de blé dans cette ville et dans les Échelles du Levant. Plusieurs rapports, rédigés par des officiers de confiance, divergent sur les détails, notamment les dates, soulignant la complexité de la vérification des informations. M. de Feuquières a été envoyé au Levant pour escorter un convoi de blé composé de 84 bâtiments, incluant des navires de guerre et des vaisseaux marchands. Malgré des conditions météorologiques difficiles et la présence d'une escadre ennemie, le convoi a quitté Smirne en octobre et a évité les ennemis grâce à un coup de vent, arrivant ainsi au Goujan. À Toulon, l'arrivée du convoi a été accueillie avec soulagement. Le vaisseau Toulouse a informé de la situation de M. de Feuquières. Les vaisseaux Parfait, Sérieux, et Phoenix, sous les ordres de M. Caffart, M. Laigle, et M. Daligre, ont été préparés pour rejoindre le convoi. Deux rapports différents relatent un combat naval le 9 janvier 1710, où les vaisseaux français ont capturé deux vaisseaux ennemis près du Goujan. Le convoi, d'une valeur estimée à huit millions de livres, comprenait cent mille charges de blé et diverses marchandises. Les officiers distingués lors du combat ont été récompensés par le roi. De plus, le vaisseau Entreprenant est arrivé de Barbarie avec cinq mille charges de blé. Le texte se conclut par une description de la situation en Espagne, soulignant sa stabilité et sa préparation militaire, ainsi que la loyauté de ses sujets envers le monarque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10354
p. 162
AUTRE.
Début :
Mon dos & large, & plat, est aussi vert qu'un pré, [...]
Mots clefs :
Billard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE,
ON dos large , & plat, eſt auſſi vers,
qu'un pré ,
Et ce tapis de riante verdure
N'aprehende point la froidure .
De murs, ainsi qu'un Parc , on le voit entouré »
On découvre à l'entour plus d'un creux precipice.
où l'on évite avec foin de tomber :
Mais l'on employe tout , l'adresse & l'artifice ,
Afin qu'un Rivaly periße ,
Quifouvent avec lui nous yfait fuccomber.
Ony voit d'un côtéfe lever un portique.
Où l'on ne peut entrer que par Mathematique :
Deux Concurrens jaloux empreſſés d'y paſſer ,
Les armes à la main s'en diſputent la glòire ,
Al'envy tour à tour on les voit s'en chaſſer.
Plus loin l'on découvre un Clocher
Par où finit toute l'Hiftoire ,
Le point d'honneur est d'y toucher ,
Quand on entend carillonner
Auffi-tôt l'un des deux remporte la Victoire.
ON dos large , & plat, eſt auſſi vers,
qu'un pré ,
Et ce tapis de riante verdure
N'aprehende point la froidure .
De murs, ainsi qu'un Parc , on le voit entouré »
On découvre à l'entour plus d'un creux precipice.
où l'on évite avec foin de tomber :
Mais l'on employe tout , l'adresse & l'artifice ,
Afin qu'un Rivaly periße ,
Quifouvent avec lui nous yfait fuccomber.
Ony voit d'un côtéfe lever un portique.
Où l'on ne peut entrer que par Mathematique :
Deux Concurrens jaloux empreſſés d'y paſſer ,
Les armes à la main s'en diſputent la glòire ,
Al'envy tour à tour on les voit s'en chaſſer.
Plus loin l'on découvre un Clocher
Par où finit toute l'Hiftoire ,
Le point d'honneur est d'y toucher ,
Quand on entend carillonner
Auffi-tôt l'un des deux remporte la Victoire.
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10355
p. 351
« La saison de l'Hyver, si abondante ordinairement en nouveautez Theatrales, [...] »
Début :
La saison de l'Hyver, si abondante ordinairement en nouveautez Theatrales, [...]
Mots clefs :
Saison de l'hiver, Nouveautés théâtrales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La saison de l'Hyver, si abondante ordinairement en nouveautez Theatrales, [...] »
A saison de l'Hyver , si abondante
ordinairement en nouveautez Theatrales
, ne l'a point été cette année , et
l'article des Spectacles s'en est ressenti .
On sent que ce n'est nullement notre
faute , mais on pourroit nous accuser
de quelque négligence et manquer d'artention
pour une matiere qui fait plaisir
au Public , si nous ne cherchions pas des
secours plus loin , quand nous n'en avons
pas sous notre main . Voici une Piéce
qui dans ce genre nous paroît propre
à réparer cette disette et dont nous
esperons que le Lecteur nous sçaura bon
gré.
ordinairement en nouveautez Theatrales
, ne l'a point été cette année , et
l'article des Spectacles s'en est ressenti .
On sent que ce n'est nullement notre
faute , mais on pourroit nous accuser
de quelque négligence et manquer d'artention
pour une matiere qui fait plaisir
au Public , si nous ne cherchions pas des
secours plus loin , quand nous n'en avons
pas sous notre main . Voici une Piéce
qui dans ce genre nous paroît propre
à réparer cette disette et dont nous
esperons que le Lecteur nous sçaura bon
gré.
Fermer
Résumé : « La saison de l'Hyver, si abondante ordinairement en nouveautez Theatrales, [...] »
Le texte mentionne une pénurie de nouvelles pièces théâtrales durant l'hiver, affectant les spectacles. L'auteur n'est pas responsable mais cherche des alternatives. Il présente une pièce jugée appropriée et espère qu'elle sera appréciée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
10356
p. 727-728
ENIGME.
Début :
Je suis communément d'une figure ronde, [...]
Mots clefs :
Bouton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E suis communément d'une figure ronde ; -
Chacun se pique aujourd'hui dans le monde
De me parer fort richement ,
Bien que l'on me perde aisément.
Je suis commun par tout , et dans chaque Pro
vince
Je sers les Petits et les Grands ;
Chés l'Artisan et chés le Prince
Je ne sçaurois servir si j'ai ma liberté.
Une dure necessité
Veut
728 MERCURE DE FRANCE
Veut qu'on m'attache, et pour surcroît de peine
Une Compagne qui me gêne ,
Augmente ma captivité ,
Plus dans l'Hiver que dans l'Eté .
Vous , qui ne pouvez me connoître
Par ce recit de mon emploi,
Sçachez que
•
bien souvent , pour attaquer mon
Maître ,
D'un air audacieux on met la main sur moi.
E suis communément d'une figure ronde ; -
Chacun se pique aujourd'hui dans le monde
De me parer fort richement ,
Bien que l'on me perde aisément.
Je suis commun par tout , et dans chaque Pro
vince
Je sers les Petits et les Grands ;
Chés l'Artisan et chés le Prince
Je ne sçaurois servir si j'ai ma liberté.
Une dure necessité
Veut
728 MERCURE DE FRANCE
Veut qu'on m'attache, et pour surcroît de peine
Une Compagne qui me gêne ,
Augmente ma captivité ,
Plus dans l'Hiver que dans l'Eté .
Vous , qui ne pouvez me connoître
Par ce recit de mon emploi,
Sçachez que
•
bien souvent , pour attaquer mon
Maître ,
D'un air audacieux on met la main sur moi.
Fermer
10357
p. 377-378
AUTRE ENIGME.
Début :
Quoy que je sois assez petit, [...]
Mots clefs :
Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME .
Voy que jefois affezpetit,
Je faisfuir biendes Gens, fi- toft que jema
montre,
Et par tout remply d'aperit,
ກາ
Je me nourris fans choix de ce que je com
contre 297mong st100 song
Le bas âge toujours fait crier apresfay
Lorsqu ilfait des Préfens de may
Pour mefaire périr, quand ma mort fe
propofe
Onfefert du plus noir moyençəl 2015
May1685 Iroha T52 motion
378 MERCURE
Et cependant je fuis fi peu de chofe,
Qu'en certains cas qui me prend , ne
prendrien.
Voy que jefois affezpetit,
Je faisfuir biendes Gens, fi- toft que jema
montre,
Et par tout remply d'aperit,
ກາ
Je me nourris fans choix de ce que je com
contre 297mong st100 song
Le bas âge toujours fait crier apresfay
Lorsqu ilfait des Préfens de may
Pour mefaire périr, quand ma mort fe
propofe
Onfefert du plus noir moyençəl 2015
May1685 Iroha T52 motion
378 MERCURE
Et cependant je fuis fi peu de chofe,
Qu'en certains cas qui me prend , ne
prendrien.
Fermer
10358
p. 161-163
HOPITAL. DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Début :
Trente-quatrième & trente-cinquième Traitements faits à l'Hôpital des Gardes Françoises [...]
Mots clefs :
Hôpital, Soldats, Gardes, Frictions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOPITAL. DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Trente - quatrième & trente - cinquième
Traitemens faits à l'Hôpital des Gardes
Françoifes depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats .
BELAMOUR ,
Parifien ,
Tardu ,
CadetGoffelin ,
t
Compagnies.
1
Guergorlay.
Daldart.
La Sône.
Chevalier,
162 MERCURE DE FRANCE,
Voiſemont , Colonelle.
Toucé , Mathan.
Dumont , Pronleroy.
Cheneau ,.. Viennay.
Vannier , Nolivos.
Fleur d'épine , Chatulé.
Sérion , d'Obſonville .
S. Jofeph , Mithon .
Fabvre , Marfay.
Bigot , Dampierre.
La Cour , d'Anterroche.
Cadet le grand , Pronleroy.
Lecomte ,
Liffant ,
Lafage ,
Lafortune ,
Gauffreſt ,
Rafilly.
Colonelle.
Rafilly.
Pronleroy.
Villers.
Rafilly . Violet,
Doré ,
Bar ,
Hulmé ,
Viennay.
Dampierre.
Mithon.
Ces vingt- cinq Soldats ont été traités
& radicalement guéris ; plufieurs d'entr'eux
avoient déja inutilement été traités
par la méthode des frictions.
JUI N. 1763 . 163
Par les Regiſtres des Hôpitaux des
'Armées du Roi pendant les deux dernières
campagnes , & les états envoyés
à Mgr le Duc de Choiseuil , ceux de
l'Hôpital des Gardes Françoiſes , & tous
ceux de vingt- cinq Hôpitaux militaires,
&de la Marine où l'on traite par ordre
du Roi les maladies vénériennes ,
par la ſeule méthode du ſieur Keyfer ,
il appert qu'il s'y eſt traité & guéri
juſqu'à cette époque fix mille cent quarante-
deux Soldats , Cavaliers , Dragons
; qu'il ne leur eſt arrivé aucun
accident ; que beaucoup de maladies fort
graves & anciennes qui avoient réfifté
à la méthode des frictions , ont cédé
à l'uſage des Dragées; & il paroît en général
que MM. les Chirurgiens Majors
de tous ces Hôpitaux font très-fatisfaits
par les éloges qu'ils en ont faits àMgr
le Duc de Choifent , à qui ils en ont
adreffé leurs Certificats. On rendra fucceſſivement
publics leurs témoignages
par la voie du Mercure.
1
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Trente - quatrième & trente - cinquième
Traitemens faits à l'Hôpital des Gardes
Françoifes depuis fon Etabliſſement.
Noms des Soldats .
BELAMOUR ,
Parifien ,
Tardu ,
CadetGoffelin ,
t
Compagnies.
1
Guergorlay.
Daldart.
La Sône.
Chevalier,
162 MERCURE DE FRANCE,
Voiſemont , Colonelle.
Toucé , Mathan.
Dumont , Pronleroy.
Cheneau ,.. Viennay.
Vannier , Nolivos.
Fleur d'épine , Chatulé.
Sérion , d'Obſonville .
S. Jofeph , Mithon .
Fabvre , Marfay.
Bigot , Dampierre.
La Cour , d'Anterroche.
Cadet le grand , Pronleroy.
Lecomte ,
Liffant ,
Lafage ,
Lafortune ,
Gauffreſt ,
Rafilly.
Colonelle.
Rafilly.
Pronleroy.
Villers.
Rafilly . Violet,
Doré ,
Bar ,
Hulmé ,
Viennay.
Dampierre.
Mithon.
Ces vingt- cinq Soldats ont été traités
& radicalement guéris ; plufieurs d'entr'eux
avoient déja inutilement été traités
par la méthode des frictions.
JUI N. 1763 . 163
Par les Regiſtres des Hôpitaux des
'Armées du Roi pendant les deux dernières
campagnes , & les états envoyés
à Mgr le Duc de Choiseuil , ceux de
l'Hôpital des Gardes Françoiſes , & tous
ceux de vingt- cinq Hôpitaux militaires,
&de la Marine où l'on traite par ordre
du Roi les maladies vénériennes ,
par la ſeule méthode du ſieur Keyfer ,
il appert qu'il s'y eſt traité & guéri
juſqu'à cette époque fix mille cent quarante-
deux Soldats , Cavaliers , Dragons
; qu'il ne leur eſt arrivé aucun
accident ; que beaucoup de maladies fort
graves & anciennes qui avoient réfifté
à la méthode des frictions , ont cédé
à l'uſage des Dragées; & il paroît en général
que MM. les Chirurgiens Majors
de tous ces Hôpitaux font très-fatisfaits
par les éloges qu'ils en ont faits àMgr
le Duc de Choifent , à qui ils en ont
adreffé leurs Certificats. On rendra fucceſſivement
publics leurs témoignages
par la voie du Mercure.
1
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Résumé : HOPITAL. DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Le document relate un rapport sur les traitements administrés à l'Hôpital des Gardes Françaises pour des soldats atteints de maladies vénériennes. Il cite 25 soldats, dont les noms et compagnies sont répertoriés, qui ont été soignés et guéris grâce à la méthode du sieur Keyfer. Certains de ces soldats avaient précédemment été traités sans succès par la méthode des frictions. Selon les registres des hôpitaux des armées du roi et des états envoyés au Duc de Choiseul, 6 142 soldats, cavaliers et dragons ont été traités et guéris par cette méthode sans complications. Les chirurgiens majors des hôpitaux militaires et de la marine ont exprimé leur satisfaction et ont transmis leurs certificats au Duc de Choiseul, lesquels seront publiés dans le Mercure de France.
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10359
p. 379-380
ENIGME.
Début :
Je suis un corps des plus gonflez, [...]
Mots clefs :
Basse de viole
10360
p. 2265-2266
PAYS-BAS.
Début :
On écrit de Bruxelles, que M. de Joinville, chargé des affaires du Roy de France auprès [...]
Mots clefs :
Archiduchesse, Sujets, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS - BAS.
N écrit de Bruxelles , que M. de Joinville ,
charge des affaires du Roy de France au
près de l'Archiduchesse , Gouvernante des Pays-
Bas , déclara le 16. de ce mois au Comte
G.Y
d'Hare
2266 MERCURE DE FRANCE
d'Harrach , suivant l'ordre qu'il en avoit reçu ,
que S. M. T. C. ne regardant point l'Arzhiduchesse
comme ayant aucune part aux sujets que
l'Empereur lui a donné de faire la guerre ; ni les
Pays-Bas , quoique possedez par ce Prince , com
me sujets aux hostilitez , elle ne faisoit point à
l'égard de cette Princesse ni du Pays qu'elle gouverne
, la démarche de le rappeller , et il ajoûta
qu'il lui étoit seulement prescrit de se retirer,
lorsqu'on lui feroit connoître où qu'il s'appercevroit
que l'Archiduchesse n'auroit pas la liberté
de laisser subsister cette marque de l'estime et de
la consideration du Roy pour elle . On espere de
cette déclaration que ce Pays- là continuera de
jouir de la Paix..
N écrit de Bruxelles , que M. de Joinville ,
charge des affaires du Roy de France au
près de l'Archiduchesse , Gouvernante des Pays-
Bas , déclara le 16. de ce mois au Comte
G.Y
d'Hare
2266 MERCURE DE FRANCE
d'Harrach , suivant l'ordre qu'il en avoit reçu ,
que S. M. T. C. ne regardant point l'Arzhiduchesse
comme ayant aucune part aux sujets que
l'Empereur lui a donné de faire la guerre ; ni les
Pays-Bas , quoique possedez par ce Prince , com
me sujets aux hostilitez , elle ne faisoit point à
l'égard de cette Princesse ni du Pays qu'elle gouverne
, la démarche de le rappeller , et il ajoûta
qu'il lui étoit seulement prescrit de se retirer,
lorsqu'on lui feroit connoître où qu'il s'appercevroit
que l'Archiduchesse n'auroit pas la liberté
de laisser subsister cette marque de l'estime et de
la consideration du Roy pour elle . On espere de
cette déclaration que ce Pays- là continuera de
jouir de la Paix..
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 16 du mois, M. de Joinville, représentant du roi de France, a informé le Comte G.Y d'Harrach que le roi ne considère pas l'Archiduchesse des Pays-Bas impliquée dans les guerres de l'Empereur. Les Pays-Bas, bien que possédés par l'Empereur, ne sont pas en guerre. M. de Joinville se retirera si l'Archiduchesse n'a pas la liberté de maintenir cette marque de considération.
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10361
p. 783-785
PORTUGAL.
Début :
Les Lettres de Lisbonne du commencement du mois dernier, portent que le grand nombre [...]
Mots clefs :
Diamants, Mines de diamant, Roi, Compagnie, Brésil, Valeur, Vente, Propriétaires
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texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGA L.
Es Lettres de Lisbonne du commencement
?
Ldu mois dernier , portent que le grand nom
bre de Diamans apportez du Brezil depuis quel
ques années , ayant causé un préjudice considérable
au Commerce de cette précieuse Marchandise
, et le Roy voulant prêvenir ce désordre et
maintenir les Diamans dans leur juste valeur
S. M. fit assembler le 3. Février dernier dans son
Palais 14. Marchands des plus experts pour déliberer
sur quatre diverses propositions qui lui
avoient été faites à ce sujet. On résolut dans cette
Assemblée l'établissement d'une Compagnie , et
P'on y convint en attendant des Articles suivans.
1º. Que S. M.fera cesser tout travail aux Mines
de Diamans au Brezil , sous peine de mort.
2.Que tous les Diamans à bord des Flotes qu'on
attend de la Baye de Tous les Saints et de Rio de
Janeiro , seront portez à la Monnoye.
D
3°. Qu'on choisira des Experts pour évaluer
en présence des Proprietaires , lesdits Diamans sur
le prix qu'ils pourront valoir en Europe.
4° . Que les Proprietaires éliront entre eux neuf
Directeurs , auxquels le Roy en ajoûtera unun , et que
ceux
784 MERCURE DE FRANCE
ceux qui auront la valeur de 20000. Cruzades y
auront une voix.
5. Qu'on fournira aux Proprietaires des Obli
gations pour la valeur de leurs Effets .
6°. Qu'il leur sera permis de vendre leurs Obli
gations de la maniere qu'ils jugeront la plus convenable.
7°. Que le Roy abonnera lesdites Obligations sur
leur valeur , offrant de l'argent comptant à ceux
qui en voudront.
8°. Que tous ceux qui auront des, Diamans invendus
, seront obligez de les porter à la Monnoye ,
sous peine de confiscation .
9° . Que la Compagnie aura le Privilege d'exposer
en vente une quantité de Diamans limitée et non
assez considerable pour en alterer le prix , et qu'on
publiera d'avance le tems de la vente , afin que
les
Etrangers puissent y assister ou donner leurs ordres.
10°. Que cette vente se fera à Lisbonne , au plus
offrant et dernier encherisseur.
11°. Qu'on imprimera le compte du produit de la
vente et qu'on en payera aux Porteurs d'Obligations
le provenu à proportion de leurs interêts.
12°. Que la Compagnie aura seule le Privilege
de faire traaviller aux Mines ,selon l'occurrence des
temps , en y employant seulement 5. à 600. Escla
ves , afin que ce Commerce se soutienne.
13 ° . Qu'on accordera à ladite Compagnie tous
les avantages possibles , afin de l'encourager.
14°. Que ladite Compagnie , pour indemniser le
Roy de la fermeture des Mines , payera à S. M.
10. pour cent du profit qu'elle fera.
15º . Qu'on ne vendra rien qu'après qu'on aura
placé ce qui est hors de terre , à moins qu'il n'arrive
quelque changement considerable dans les prix
des Diamans.
AVRIL. 1734. 785
On ne doute pas que le Projet cy - dessus ne
soit inis en execution immédiatement après l'arrivée
de la Flote de la Baye de Tous les Saints ,
quoique ceux qui attendent des Diamans ayent
fait offrir 15. pour cent au Roy, pour avoir la liberté
de disposer de leurs Marchandises à leur gré..
Es Lettres de Lisbonne du commencement
?
Ldu mois dernier , portent que le grand nom
bre de Diamans apportez du Brezil depuis quel
ques années , ayant causé un préjudice considérable
au Commerce de cette précieuse Marchandise
, et le Roy voulant prêvenir ce désordre et
maintenir les Diamans dans leur juste valeur
S. M. fit assembler le 3. Février dernier dans son
Palais 14. Marchands des plus experts pour déliberer
sur quatre diverses propositions qui lui
avoient été faites à ce sujet. On résolut dans cette
Assemblée l'établissement d'une Compagnie , et
P'on y convint en attendant des Articles suivans.
1º. Que S. M.fera cesser tout travail aux Mines
de Diamans au Brezil , sous peine de mort.
2.Que tous les Diamans à bord des Flotes qu'on
attend de la Baye de Tous les Saints et de Rio de
Janeiro , seront portez à la Monnoye.
D
3°. Qu'on choisira des Experts pour évaluer
en présence des Proprietaires , lesdits Diamans sur
le prix qu'ils pourront valoir en Europe.
4° . Que les Proprietaires éliront entre eux neuf
Directeurs , auxquels le Roy en ajoûtera unun , et que
ceux
784 MERCURE DE FRANCE
ceux qui auront la valeur de 20000. Cruzades y
auront une voix.
5. Qu'on fournira aux Proprietaires des Obli
gations pour la valeur de leurs Effets .
6°. Qu'il leur sera permis de vendre leurs Obli
gations de la maniere qu'ils jugeront la plus convenable.
7°. Que le Roy abonnera lesdites Obligations sur
leur valeur , offrant de l'argent comptant à ceux
qui en voudront.
8°. Que tous ceux qui auront des, Diamans invendus
, seront obligez de les porter à la Monnoye ,
sous peine de confiscation .
9° . Que la Compagnie aura le Privilege d'exposer
en vente une quantité de Diamans limitée et non
assez considerable pour en alterer le prix , et qu'on
publiera d'avance le tems de la vente , afin que
les
Etrangers puissent y assister ou donner leurs ordres.
10°. Que cette vente se fera à Lisbonne , au plus
offrant et dernier encherisseur.
11°. Qu'on imprimera le compte du produit de la
vente et qu'on en payera aux Porteurs d'Obligations
le provenu à proportion de leurs interêts.
12°. Que la Compagnie aura seule le Privilege
de faire traaviller aux Mines ,selon l'occurrence des
temps , en y employant seulement 5. à 600. Escla
ves , afin que ce Commerce se soutienne.
13 ° . Qu'on accordera à ladite Compagnie tous
les avantages possibles , afin de l'encourager.
14°. Que ladite Compagnie , pour indemniser le
Roy de la fermeture des Mines , payera à S. M.
10. pour cent du profit qu'elle fera.
15º . Qu'on ne vendra rien qu'après qu'on aura
placé ce qui est hors de terre , à moins qu'il n'arrive
quelque changement considerable dans les prix
des Diamans.
AVRIL. 1734. 785
On ne doute pas que le Projet cy - dessus ne
soit inis en execution immédiatement après l'arrivée
de la Flote de la Baye de Tous les Saints ,
quoique ceux qui attendent des Diamans ayent
fait offrir 15. pour cent au Roy, pour avoir la liberté
de disposer de leurs Marchandises à leur gré..
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Résumé : PORTUGAL.
Le roi du Portugal a pris des mesures pour réguler le commerce des diamants, notamment ceux du Brésil. Le 3 février précédent, il a réuni 14 experts marchands pour délibérer sur diverses propositions visant à maintenir la valeur des diamants. Les décisions incluent l'interdiction de travailler les mines de diamants au Brésil sous peine de mort, la collecte de tous les diamants à bord des flottes en provenance de la Baye de Tous les Saints et de Rio de Janeiro pour les évaluer et les monnayer, et la création d'une compagnie chargée de gérer ce commerce. Cette compagnie aura le privilège exclusif de vendre des diamants et d'exploiter les mines avec un nombre limité d'esclaves. Les propriétaires de diamants recevront des obligations pour la valeur de leurs effets, qu'ils pourront vendre à leur convenance. Le roi abondera ces obligations et offrira de l'argent comptant à ceux qui en voudront. La vente des diamants se fera à Lisbonne au plus offrant et dernier enchérisseur, avec publication préalable des dates de vente pour permettre la participation des étrangers. La compagnie devra payer 10 % de ses profits au roi pour indemniser la fermeture des mines. Le projet doit être mis en exécution immédiatement après l'arrivée de la flotte de la Baye de Tous les Saints.
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10362
p. 377-379
ENIGME.
Début :
Des deux nouvelles Enigmes que je vous envoye, la premiere / Je suis Fille de l'Air, sans corps quoy que j'en donne. [...]
Mots clefs :
Glace
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Des deux nouvelles Enigmes
que je vous envoye , la premiere
eft de Mr de la Barre , de Tours
& l'autre , de la Fauvete de Morlaix.
J
ENIGME.
E fuis Fille de l'Air , fans corpe,i
quoy que j'en donne.
Les Dottes éclairés , mefententfans
me voir.
Fevrier 1684
蛋逗
378 MERCURE
I´ntiaque rout,je #'épargneperſonne
LesPauvres craignetmonpouvoir.
Des Riches , dans l'Eté les plaifirs
j'affaifonne,
Comine cela ſefait , chacun le peut
Sçavoir.
EYE KHS 2902 ) HOT
Quoy qu'un Rien , je produis une
Fille brillante, bourg alon@
asfliy
L'éclat qu'on voit en elle aux Saphirs
eft pareils
Mais malgrecet éclat qu'auxjeux elle
préſente,
Safierté demeure impuiſſante
Au moindre regard duSoleil
Cet Aftre eftant abfent , itn'estrien
qui ne meures
homlase
Tout languis ; l'Vnivers
fans luy n'a
point d'appas.paulyang
A
Afon abordtourrit , & tout chante.
y basi
GALANT. 379
Maſeule Fille, en le voyant , bélas !
S'évanouit , fe meurt, & mourant
zri\ielle plcuxe,
que je vous envoye , la premiere
eft de Mr de la Barre , de Tours
& l'autre , de la Fauvete de Morlaix.
J
ENIGME.
E fuis Fille de l'Air , fans corpe,i
quoy que j'en donne.
Les Dottes éclairés , mefententfans
me voir.
Fevrier 1684
蛋逗
378 MERCURE
I´ntiaque rout,je #'épargneperſonne
LesPauvres craignetmonpouvoir.
Des Riches , dans l'Eté les plaifirs
j'affaifonne,
Comine cela ſefait , chacun le peut
Sçavoir.
EYE KHS 2902 ) HOT
Quoy qu'un Rien , je produis une
Fille brillante, bourg alon@
asfliy
L'éclat qu'on voit en elle aux Saphirs
eft pareils
Mais malgrecet éclat qu'auxjeux elle
préſente,
Safierté demeure impuiſſante
Au moindre regard duSoleil
Cet Aftre eftant abfent , itn'estrien
qui ne meures
homlase
Tout languis ; l'Vnivers
fans luy n'a
point d'appas.paulyang
A
Afon abordtourrit , & tout chante.
y basi
GALANT. 379
Maſeule Fille, en le voyant , bélas !
S'évanouit , fe meurt, & mourant
zri\ielle plcuxe,
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10363
p. 347-350
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Nimes le 24. Decembre 1731. au sujet de quelques Comédies joüées dans cette Ville.
Début :
Les Officiers du Régiment du Maine Infanterie, dont un Bataillon [...]
Mots clefs :
Comédie, Officiers, Représentations, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Nimes le 24. Decembre 1731. au sujet de quelques Comédies joüées dans cette Ville.
SPECTACLES.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Nimes le 24 Decembre 1731. au sujet
de quelques Comédies jouées dans cette
Ville.
Es Officiers du Régiment du Maine
LEDInfanterie , dont un Bataillon est en
Garnison dans cette Ville , résolurent ,
pour divertir nos Dames , de leur donner la Comédie une fois la Semaine; ils
engagerent quelques jeunes gens de cette
Ville à seconder leur projet , et ainsi , secourus de notre plus brillante Jeunesse
ils se mirent en état de commencer ce
Divertissement.
Ils débuterent par la Comédie du Foiseur,
de M. Regnard , suivie de celle du Retour
imprévu , du même Auteur. Ces deux
Pieces furent jouées si parfaitement, qu'el-
-les attirerent à ces Mrs les justes applaudissemens qu'ils méritoient , et exciterent
si fort l'empressement du Public , qu'on
fut obligé de mettre une Garde considerable à la Porte , pour éloigner ceux qui
ne pouvant avoir des Billets d'entrée , tâGiiij choient
348 MERCURE DE FRANCE
choient de se glisser par force ou par
adresse. Ces Officiers se chargerent de
tous les frais du Spectacle , et ils n'épargnerent rien pour le rendre magnifique ,
Décorations , Illuminations, Symphonie,
tout répondoit au Jeu des Acteurs. Ils
distribuoient ordinairement cinq ou six
cent Billets , et ils étoient obligez d'en
refuser plus qu'ils n'en donnoient , le bon
ordre ne leur permettant pas d'en distribuer plus que la Sale de la Comédie
ne pouvoit contenir de monde. Jamais
Comédie n'a mieux mérité d'attirer les
Spectateurs. Je puis assurer hardiment
qu'il y a bien de ces Mrs qui seroient distingués au Théatre de Paris.
Ils nous donnerent ensuite des Représentations du Tartufe , du Medecin malgré
lui , de l'Avocat Patelin , du Légataire ,
du François à Londres , des Folies amoureuses , de Phedre , et Hypolite , &c. et
toutes ces Pieces furent jouées aussi parfaitement que la prémiere. Je ne vous
nommerai pas ceux qui se distinguerent
le plus , parce qu'il n'y en avoit point
qui ne remplît parfaitement son Rôle et
il faudroit les nommer tous. Ce qu'il y
a de plus surprenant , c'est que quoique
les Rôles de femmes fussent jouez par des
hommes, ceux qui les représentoient ,
imitoient
FEVRIER: 1732. 349
imitoient si bien le geste et le maintien
des femmes , qu'on ne pouvoit raisonnablement soupçonner que ce ne fussent pas de veritables Actrices.
Sous le nom des Officiers de la Garnison et de la Jeunesse de notre Ville ,
je ne dois point confondre un jeune
Gentilhomme d'Arles , qui s'étan trouvé
ici par hazard , fut prié de jouer quelques Rôles dans ces Comédies ; if ne
faut pas se faire honneur de ce qui ne
nous appartient pas. Ce jeune homme se
chargea du Rôle de Dorine dans la Comédie de Tartufe et de plusieurs autres
de ce caractere , qu'il joia avec tant de
grace , d'intelligence et de gout , que les
plus difficiles connoisseurs avouerent
qu'il n'y avoit que le Théatre de Paris
où l'on pût trouver une aussi bonne Actrice. Comme il étoit peu connu dans
cette Ville , il fut aisément pris pour une
femme ; il y eut même un Marchand de
la Ville à qui l'on eut beau assurer que
ce n'en étoit point une , il dit toujours
que cela ne pouvoit être , qu'on se mocquoit de lui , et s'obstina à parier , &c.
C'est cet admirable Acteur ou Actrice ,
( comme il vous plaira de l'appeller, ) qui
engagea la noble Troupe à représenter la
Tragédie de Phédre et Hypolite , dans
Gv laquelle
350 MERCURE DE FRANCE
laquelle il joua le Rôle de Phédre. Quelques applaudissemens qu'il eût déja reçûs
dans la Comédie , ceux qu'il mérita dans
ce nouveau genre , furent encore plus
vifs et plus universels , de sorte que le
Public n'a trouvé que bien peu d'exageration dans les Vers suivans , envoyez રે
cet Acteur , et ausquels il fit la réponse
que je joins au Compliment.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Nimes le 24 Decembre 1731. au sujet
de quelques Comédies jouées dans cette
Ville.
Es Officiers du Régiment du Maine
LEDInfanterie , dont un Bataillon est en
Garnison dans cette Ville , résolurent ,
pour divertir nos Dames , de leur donner la Comédie une fois la Semaine; ils
engagerent quelques jeunes gens de cette
Ville à seconder leur projet , et ainsi , secourus de notre plus brillante Jeunesse
ils se mirent en état de commencer ce
Divertissement.
Ils débuterent par la Comédie du Foiseur,
de M. Regnard , suivie de celle du Retour
imprévu , du même Auteur. Ces deux
Pieces furent jouées si parfaitement, qu'el-
-les attirerent à ces Mrs les justes applaudissemens qu'ils méritoient , et exciterent
si fort l'empressement du Public , qu'on
fut obligé de mettre une Garde considerable à la Porte , pour éloigner ceux qui
ne pouvant avoir des Billets d'entrée , tâGiiij choient
348 MERCURE DE FRANCE
choient de se glisser par force ou par
adresse. Ces Officiers se chargerent de
tous les frais du Spectacle , et ils n'épargnerent rien pour le rendre magnifique ,
Décorations , Illuminations, Symphonie,
tout répondoit au Jeu des Acteurs. Ils
distribuoient ordinairement cinq ou six
cent Billets , et ils étoient obligez d'en
refuser plus qu'ils n'en donnoient , le bon
ordre ne leur permettant pas d'en distribuer plus que la Sale de la Comédie
ne pouvoit contenir de monde. Jamais
Comédie n'a mieux mérité d'attirer les
Spectateurs. Je puis assurer hardiment
qu'il y a bien de ces Mrs qui seroient distingués au Théatre de Paris.
Ils nous donnerent ensuite des Représentations du Tartufe , du Medecin malgré
lui , de l'Avocat Patelin , du Légataire ,
du François à Londres , des Folies amoureuses , de Phedre , et Hypolite , &c. et
toutes ces Pieces furent jouées aussi parfaitement que la prémiere. Je ne vous
nommerai pas ceux qui se distinguerent
le plus , parce qu'il n'y en avoit point
qui ne remplît parfaitement son Rôle et
il faudroit les nommer tous. Ce qu'il y
a de plus surprenant , c'est que quoique
les Rôles de femmes fussent jouez par des
hommes, ceux qui les représentoient ,
imitoient
FEVRIER: 1732. 349
imitoient si bien le geste et le maintien
des femmes , qu'on ne pouvoit raisonnablement soupçonner que ce ne fussent pas de veritables Actrices.
Sous le nom des Officiers de la Garnison et de la Jeunesse de notre Ville ,
je ne dois point confondre un jeune
Gentilhomme d'Arles , qui s'étan trouvé
ici par hazard , fut prié de jouer quelques Rôles dans ces Comédies ; if ne
faut pas se faire honneur de ce qui ne
nous appartient pas. Ce jeune homme se
chargea du Rôle de Dorine dans la Comédie de Tartufe et de plusieurs autres
de ce caractere , qu'il joia avec tant de
grace , d'intelligence et de gout , que les
plus difficiles connoisseurs avouerent
qu'il n'y avoit que le Théatre de Paris
où l'on pût trouver une aussi bonne Actrice. Comme il étoit peu connu dans
cette Ville , il fut aisément pris pour une
femme ; il y eut même un Marchand de
la Ville à qui l'on eut beau assurer que
ce n'en étoit point une , il dit toujours
que cela ne pouvoit être , qu'on se mocquoit de lui , et s'obstina à parier , &c.
C'est cet admirable Acteur ou Actrice ,
( comme il vous plaira de l'appeller, ) qui
engagea la noble Troupe à représenter la
Tragédie de Phédre et Hypolite , dans
Gv laquelle
350 MERCURE DE FRANCE
laquelle il joua le Rôle de Phédre. Quelques applaudissemens qu'il eût déja reçûs
dans la Comédie , ceux qu'il mérita dans
ce nouveau genre , furent encore plus
vifs et plus universels , de sorte que le
Public n'a trouvé que bien peu d'exageration dans les Vers suivans , envoyez રે
cet Acteur , et ausquels il fit la réponse
que je joins au Compliment.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Nimes le 24. Decembre 1731. au sujet de quelques Comédies joüées dans cette Ville.
En décembre 1731, à Nîmes, les officiers du Régiment du Maine d'Infanterie organisèrent des représentations théâtrales hebdomadaires pour divertir les dames de la ville. Ils formèrent une troupe avec des jeunes gens locaux. Les premières pièces jouées furent 'Le Foiseur' et 'Le Retour imprévu' de Jean-François Regnard, qui furent très bien accueillies. La demande fut si grande qu'une garde fut nécessaire pour gérer l'afflux de spectateurs. Les officiers prirent en charge tous les frais, assurant des décorations, des illuminations et une symphonie de qualité. Ils distribuaient environ cinq ou six cents billets, mais en refusaient autant en raison des limites de la salle. Les représentations suivantes inclurent 'Le Tartufe', 'Le Médecin malgré lui', 'L'Avocat Patelin', 'Le Légataire', 'Le François à Londres', 'Les Folies amoureuses', 'Phèdre' et 'Hippolyte'. Un jeune gentilhomme d'Arles interpréta plusieurs rôles, notamment celui de Dorine dans 'Le Tartufe', et fut acclamé pour sa performance. Il encouragea également la troupe à jouer 'Phèdre et Hippolyte', où il interpréta le rôle de Phèdre, recevant des applaudissements universels.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10364
p. 157-160
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Début :
MESSIEURS, Je ne dois qu'à vos seules bontés l'honneur [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Gloire, Académicien honoraire
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
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Résumé : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Le 7 août 1767, M. de Clugny, Maître des Requêtes et Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, ainsi qu'Intendant de la Marine en Bretagne, est reçu à l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon en tant qu'Académicien honoraire. Il exprime sa gratitude pour cette distinction et admire les productions littéraires et les membres célèbres de l'Académie. Ému, il assure de sa reconnaissance et de son désir de contribuer aux travaux académiques. M. de Clugny salue le soutien du Prince de Condé, protecteur de l'Académie, ainsi que M. Pouffier, fondateur de l'Académie, M. Poncet de la Rivière, Évêque de Troyes et Chancelier, et M. le Président de Ruffey, Vice-Chancelier. Il conclut en soulignant les efforts et les études des membres, promettant de nouveaux succès dans leur carrière académique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10364
10365
p. 135-144
« PROSPECTUS d'une Diplomatique pratique, ou traité de l'arrangement des [...] »
Début :
PROSPECTUS d'une Diplomatique pratique, ou traité de l'arrangement des [...]
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texteReconnaissance textuelle : « PROSPECTUS d'une Diplomatique pratique, ou traité de l'arrangement des [...] »
PROSPECTUS d'une Diplomatique
pratique, ou traité de l'arrangement des
archives & tréſors d'icelles ; Ouvrage
néceſſaire aux dépofitaires des titres des
anciennes Seigneuries , des Evêchés ,
des Chapitres , des Abbayes , des Com-
munautés Religieuſes , des Corps de
Villes ,& à tous ceux qui veulent s'a-
donner à l'étude des titres & des écri-
tures anciennes ; par M. le Moine , Sé-
crétaire & Archiviſte de l'Egliſe Cathé-
drale de Toul , & ci-devant de l'infigne
Egliſe de Saint Martin de Tours ; de
l'Académie Royale des Sciences , & des
136 MERCURE DE FRANCE.
Arts de Metz; propoſé par ſouſcription ;
à Metz , chez Joseph Antoine , Impri-
meur Ordinaire du Roi & de la Socié-
té Royale , place des Charrons ; 1763 ,
feuille in-folio.
Ce Profpectus offre dans le plus grand
détail , les différentes parties qui com-
poferont le traité que nous annonçons.
Il contiendra ſeize Chapitres partagés en
pluſieurs ſections ; & le tout enſemble
ne formera qu'un Volume in-4°. d'en-
viron 400 pages : ceux qui defireront
là deſſus de plus amples éclairciſſemens ,
trouveront des exemplaires du profpec-
tus à Paris chez Despilly ; rue Saint
Jacques , à Lyon,chezBruyfet Ponthus,
rue Saint Dominique ; à Rouen chez
Richard l'Allemand, & à Nancy , chez
Baurain.
POESIES de Malherbe , rangées par
ordres Chronologique , avec la vie de
l'Auteur & de courtes notes'; nouvelle
édit. revue & corrigée avec ſoin ; à Paris
chez Barbou , rue Saint Jacques , aux
Cigognes ; 1764. Volume in-8°. petit
format.
Voici unedesplus belles éditions qui
foient forties des preſſes célébres de
Barbou : elle a été revueavec beaucoup
MARS. 1764.
,
137
de foinparunhomme deLettres qui aux
Mémoires pour la vie de Malherbe par
M. Racan , a ſubſtituéla vie de Malherbe
qui eſt à la tête de cette nouvelle édition ..
Cette vie eſt faite avec beaucoup de
préciſion ; & quoique moins étendue
que les Mémoires de M. Racan , elle
fait encore mieux connoître le caractère
de Malherbe. On y apprend plufieurs
anecdotes intéreſſantes ; & cette édition
plus commode & plus portative que
celle qui parut en 1758 , grand in-8°.
contient au bas des pages , des notes
courtes qui expliquent l'Hiſtorique de
certaines piéces , & les noms Géogra-
phiques & Mythologiques , & quelques
termes ſurannés qui pourroient em-
baraſſer le lecteur. On vend ſéparément
le portrait de Malherbe.
DE Imitatione Chriſti , libri quatuor,
adManufcriptorum ac primarum editio-
num fidem caftigati , & mendis plus
quamfexcentis expurgati. Recenfuit S.
VALART
Acad. Amb. Dissertatio-
nemque de ejufdem operis Authore addi-
dit. Nova Editio ; Parifiis , Typis J. Bar-
bou,via San-Jacobea ; 1764. vol.in- 12.
A la ſeule inſpection de cette Edition
nouvelle de l'Imitation deJ. C. revue fur
les Manufcrits de M. Valart , il eſt aiséde
138 MERCURE DE FRANCE.
ſeconvaincre que l'Imprimeur n'a rien
négligépour la rendre vraiment digne
de l'approbation des Amateurs. Il a fait
graver cinq Estampes en taille-douce ,
qui méritent les éloges des Connoiffeurs.
M. Valart a retouché ſa Differtation fur
l'Auteur de ce Livre admirable , & l'a
confidérablement augmentée. Pour ré-
pondre au zèle de ce Sçavant , l'Impri-
meur a cru devoir redoubler ſes ſoins
pour la partie typographique ; & nous
pouvons affurer que cette Edition eſt
bienſupérieure à la première , qui paſſoit
déja pour un chef-d'œuvre. On vend
les Figures ſéparément. On trouve auffi
chez Barbou la Traduction du même
Livre.
Le même Libraire a reçu d'Angle-
terre les Livres ſuivans : Homeri Ilias
& Odyssea , græcè & latinè , cum anno-
tat. Clarke , 4 vol. in-4°.
Callimachi Hymni , & Epigrammata ,
in-8°.
Lucani Pharfalia , cum notis Gravit
& Bentleii , in-4°. 1760 .
ManiliusAftronomicon , ex recenfione
Bentleii, in-4°.
MÉMOIRE ſur la Culture du Murier
blanc, dans lequel on trouvera les inf
MARS. 1764.
139
tructions néceſſaires aux Jardiniers pour
la Culture de cet Arbre , depuis le femis
juſqu'à la cueillette de ſes feuilles. Lû
à la Société Royale d'Agriculture de
Lyon , par M. Thomé , de la même So-
ciété. A Lyon , chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur- Libraire du Gouvernement
& de la Ville , aux Halles de la Grenette ;
avec permiffion ,& par ordre de la So-
ciété Royale d'Agriculture de Lyon ;
1763 , brochure in-8°.
Le Murier , dont les feuilles ſont pro-
pres à la nourriture des Vers à Soye , eſt
connu ſous la dénomination générale
de Murier blanc , qui en comprend plu-
ſieurs eſpèces. La Culture de cet Arbre
devenant chaque jour plus intéreſſante
en France , on a penſé avec raiſon que
ce Mémoire ſeroit utile à ceux qui pof-
fédent des Terreins convenables pour
ces fortes de Plantations. Les méthodes
que l'on indique nous ont paru d'au-
tant plus afſurées , qu'on s'apperçoit
qu'elles font le fruit de l'expérience ; &
qu'on s'eſt attaché furtout à donner
ces inſtructions avec la plus grande clar-
té, leur principal objet étant d'inſtruire
les gens de la Campagne fur toutes les
pratiques de cette Culture.
140 MERCURE DE FRANCE.
DISCOURS ſur l'Education ; avec
cette Epigraphe : Non fi male nunc , &
olimfic erit. Horat. Od. VII. Lib. II. A
Lyon , de l'Imprimerie d'Aimé de la
Roche , aux Halles de la Grenette ; avec
approbation & permiffion; 1763. bro-
chure in- 12.
Malgré la multitude prodigieuſe d'Ou-
vrages faits depuis quelque temps ſur
cette matière , fort agitée dans tous les
temps , on lit encore avec plaifir ces
nouveaux Discours, dontle premier & le
ſecond traitent des avantages de l'Hif-
toire , relativement à l'Education ; le
troifiéme ſur la multiplicité des Colléges.
Nous renvoyons nos Lecteurs à l'Ou-
vrage même , où ils trouveront des vues
nouvelles.
EPITRE à Meffieurs les Docteurs de
la Maiſon & Société de Sorbonne , &
de la Faculté de Théologie ; feuille in-4°.
à Paris , chez Ballard, rue des Noyers ;..
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoife.
Nous préſenterons aux Lecteurs dans
un de nos prochains Mercures , quel-
ques morceaux de cette Epitre critique ,
morale , hiſtorique & chrétienne , par
M. Tannevot , auſſi connu par ſes talens
MARS. 1764.
141
pour la Poëfie , que par ſes ſentimens
*religieux & patriotiques.
RÉCAPITULATION & Méthode du
Sieur Defpommiers , pour la Culture du
Sainfoin , dans les Terres qui ſe ſontjuf-
qu'ici refuſées à cette Culture. Feuille
in-4°. à deux colonnes.
Ce n'eſt ici que le réſultat d'un Ecrit
eftimé , intitulé : L'Art de s'enrichir
promptement par l'Agriculture , prouvé
par des Expériences où l'on trouve la.
manière de cultiver le Sainfoin , la Lu-
zerne , le Trefle , &c. par le Sieur Des-
pommiers ; chez Guillyn , quai des Au-
gustins. Prix i liv. 4 5.
HISTOIRE & pratique de la Clôture
desReligieuſes , ſelon l'eſprit de l'Egliſe
& la Jurisprudence de France , dédiée
à Noſſeigneurs les Archevêques & Evê-
ques du Royaume , par M. Cherrier , C.
R. à Paris , chez Desprez, Imprimeur
du Roi & du Clergé de France , rue S.
Jacques , au coin de la rue des Noyers ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi ; un vol. in- 12 de 730 pages. Prix ,
3 liv. relié.
Le principal objet de ce gros volume
eſt d'inſtruire les Religieuſes , & de dé-
142 MERCURE DE FRANCE.
truireles préjugésd'un grandnombred'au
tres perſonnes ſurle pointde la Clôture.
Les Supérieurs & les Confefſeurs des Mo-
naſtères y trouveront des obfervations
utiles ſur des points qu'ils ne pouroient
apprendre que par une longue expérien-
ce. Cet Ouvrage pourra contribuer en-
core à faire connoître aux perſonnes
laïques , qui ont enfreint les Loix de
l'Egliſe touchant la Clôture , combien
elles ſe ſont égarées. Il ſera même utile à
pluſieurs Curés qui ontdes Monastères de
Filles ſur leurs Paroiſſes. On ne s'eſt pas
contenté de donner la partie hiſtorique
de la Clôture dans fon origine & dans ſes
progrès ; on a encore mis ſous les yeux
des Lecteurs quantité d'exemples édi-
fians , anciens & nouveaux , d'une éxac-
te obfervation de la Clôture.
DESCRIPTION hiſtoriquedes Curio-
fités de l'Egliſe de Paris , contenant le
détail de l'édifice tant extérieur qu'in-
térieur , le Tréſor , les Chapelles , Tom-
beaux , Epitaphes , & l'explication des
Tableaux avec les noms des Peintres
&c; par M. C. P. C. ornée de figures ;
à Paris , chez C. P. Gueffier , Père , Li-
braire , parvis Notre Dame , à la Libera-
lité ; 1763. Vol. in- 12.
MARS. 1764.
143
Cet Ouvrage eſt différent de celui qui
parut en 1752 ſous le titre de Curiofités
de Notre Dame de Paris , & qui n'étoit
qu'une explication fimple de ce que
cette Métropole renferme de plus cu-
rieux. Ici on a ajouté tous les Faits hiſto-
riques qui ont quelques rapports avec
cette Eglife.
CONCORDE de la Géographie des
différens âges ; Ouvrage pofthume de
M. Pluche ; à Paris , chez les Frères
Eftienne, rue Saint Jacques , à la Vertu ;
1764 ; avec Approbation & Privilége
du Roi. Vol, in- 12, de près de 600.
pages,
L'état actuel de la Terre , & les états
différens qui y ſont ſurvenus d'âge en
âge, fontla matière de ceVolume , pré-
cédé dune vie de M. Pluche. Dans le
premier Livre , on traite de la Géo-
graphie moderne , en la partageant en
différens Voyages maritimes ; dans le
ſecond , on place de ſuite les Voyages
des Hommes célébres qui ont traverſé
de grandes Régions ; qui ont établi
de nouvelles Colonies , & qui ont
juſqu'à nos jours découvert quelques
Terres auparavant inconnues. Nous
nous bornons aujourd'hui à cette fim-
f144 MERCURE DE FRANCE.
ple annonce ; l'Ouvrage demande un
plus long Extrait , & nous ne le ferons
pas attendre longtemps.
LETTRE de Zeila , jeune Sauvage ,
à Valcourt
:
,
Officier François , par
l'Auteur de Barnevelt. A Paris , chez
Sébastien Jorry , rue & vis-à-vis la
Comédie Françoiſe ; 1764. Brochure
in-8°. avec de très-belles Gravures.
Nous rendrons compte dans le Mer-
cure prochain , de ces deux Ouvrages.
pratique, ou traité de l'arrangement des
archives & tréſors d'icelles ; Ouvrage
néceſſaire aux dépofitaires des titres des
anciennes Seigneuries , des Evêchés ,
des Chapitres , des Abbayes , des Com-
munautés Religieuſes , des Corps de
Villes ,& à tous ceux qui veulent s'a-
donner à l'étude des titres & des écri-
tures anciennes ; par M. le Moine , Sé-
crétaire & Archiviſte de l'Egliſe Cathé-
drale de Toul , & ci-devant de l'infigne
Egliſe de Saint Martin de Tours ; de
l'Académie Royale des Sciences , & des
136 MERCURE DE FRANCE.
Arts de Metz; propoſé par ſouſcription ;
à Metz , chez Joseph Antoine , Impri-
meur Ordinaire du Roi & de la Socié-
té Royale , place des Charrons ; 1763 ,
feuille in-folio.
Ce Profpectus offre dans le plus grand
détail , les différentes parties qui com-
poferont le traité que nous annonçons.
Il contiendra ſeize Chapitres partagés en
pluſieurs ſections ; & le tout enſemble
ne formera qu'un Volume in-4°. d'en-
viron 400 pages : ceux qui defireront
là deſſus de plus amples éclairciſſemens ,
trouveront des exemplaires du profpec-
tus à Paris chez Despilly ; rue Saint
Jacques , à Lyon,chezBruyfet Ponthus,
rue Saint Dominique ; à Rouen chez
Richard l'Allemand, & à Nancy , chez
Baurain.
POESIES de Malherbe , rangées par
ordres Chronologique , avec la vie de
l'Auteur & de courtes notes'; nouvelle
édit. revue & corrigée avec ſoin ; à Paris
chez Barbou , rue Saint Jacques , aux
Cigognes ; 1764. Volume in-8°. petit
format.
Voici unedesplus belles éditions qui
foient forties des preſſes célébres de
Barbou : elle a été revueavec beaucoup
MARS. 1764.
,
137
de foinparunhomme deLettres qui aux
Mémoires pour la vie de Malherbe par
M. Racan , a ſubſtituéla vie de Malherbe
qui eſt à la tête de cette nouvelle édition ..
Cette vie eſt faite avec beaucoup de
préciſion ; & quoique moins étendue
que les Mémoires de M. Racan , elle
fait encore mieux connoître le caractère
de Malherbe. On y apprend plufieurs
anecdotes intéreſſantes ; & cette édition
plus commode & plus portative que
celle qui parut en 1758 , grand in-8°.
contient au bas des pages , des notes
courtes qui expliquent l'Hiſtorique de
certaines piéces , & les noms Géogra-
phiques & Mythologiques , & quelques
termes ſurannés qui pourroient em-
baraſſer le lecteur. On vend ſéparément
le portrait de Malherbe.
DE Imitatione Chriſti , libri quatuor,
adManufcriptorum ac primarum editio-
num fidem caftigati , & mendis plus
quamfexcentis expurgati. Recenfuit S.
VALART
Acad. Amb. Dissertatio-
nemque de ejufdem operis Authore addi-
dit. Nova Editio ; Parifiis , Typis J. Bar-
bou,via San-Jacobea ; 1764. vol.in- 12.
A la ſeule inſpection de cette Edition
nouvelle de l'Imitation deJ. C. revue fur
les Manufcrits de M. Valart , il eſt aiséde
138 MERCURE DE FRANCE.
ſeconvaincre que l'Imprimeur n'a rien
négligépour la rendre vraiment digne
de l'approbation des Amateurs. Il a fait
graver cinq Estampes en taille-douce ,
qui méritent les éloges des Connoiffeurs.
M. Valart a retouché ſa Differtation fur
l'Auteur de ce Livre admirable , & l'a
confidérablement augmentée. Pour ré-
pondre au zèle de ce Sçavant , l'Impri-
meur a cru devoir redoubler ſes ſoins
pour la partie typographique ; & nous
pouvons affurer que cette Edition eſt
bienſupérieure à la première , qui paſſoit
déja pour un chef-d'œuvre. On vend
les Figures ſéparément. On trouve auffi
chez Barbou la Traduction du même
Livre.
Le même Libraire a reçu d'Angle-
terre les Livres ſuivans : Homeri Ilias
& Odyssea , græcè & latinè , cum anno-
tat. Clarke , 4 vol. in-4°.
Callimachi Hymni , & Epigrammata ,
in-8°.
Lucani Pharfalia , cum notis Gravit
& Bentleii , in-4°. 1760 .
ManiliusAftronomicon , ex recenfione
Bentleii, in-4°.
MÉMOIRE ſur la Culture du Murier
blanc, dans lequel on trouvera les inf
MARS. 1764.
139
tructions néceſſaires aux Jardiniers pour
la Culture de cet Arbre , depuis le femis
juſqu'à la cueillette de ſes feuilles. Lû
à la Société Royale d'Agriculture de
Lyon , par M. Thomé , de la même So-
ciété. A Lyon , chez Aimé de la Roche ,
Imprimeur- Libraire du Gouvernement
& de la Ville , aux Halles de la Grenette ;
avec permiffion ,& par ordre de la So-
ciété Royale d'Agriculture de Lyon ;
1763 , brochure in-8°.
Le Murier , dont les feuilles ſont pro-
pres à la nourriture des Vers à Soye , eſt
connu ſous la dénomination générale
de Murier blanc , qui en comprend plu-
ſieurs eſpèces. La Culture de cet Arbre
devenant chaque jour plus intéreſſante
en France , on a penſé avec raiſon que
ce Mémoire ſeroit utile à ceux qui pof-
fédent des Terreins convenables pour
ces fortes de Plantations. Les méthodes
que l'on indique nous ont paru d'au-
tant plus afſurées , qu'on s'apperçoit
qu'elles font le fruit de l'expérience ; &
qu'on s'eſt attaché furtout à donner
ces inſtructions avec la plus grande clar-
té, leur principal objet étant d'inſtruire
les gens de la Campagne fur toutes les
pratiques de cette Culture.
140 MERCURE DE FRANCE.
DISCOURS ſur l'Education ; avec
cette Epigraphe : Non fi male nunc , &
olimfic erit. Horat. Od. VII. Lib. II. A
Lyon , de l'Imprimerie d'Aimé de la
Roche , aux Halles de la Grenette ; avec
approbation & permiffion; 1763. bro-
chure in- 12.
Malgré la multitude prodigieuſe d'Ou-
vrages faits depuis quelque temps ſur
cette matière , fort agitée dans tous les
temps , on lit encore avec plaifir ces
nouveaux Discours, dontle premier & le
ſecond traitent des avantages de l'Hif-
toire , relativement à l'Education ; le
troifiéme ſur la multiplicité des Colléges.
Nous renvoyons nos Lecteurs à l'Ou-
vrage même , où ils trouveront des vues
nouvelles.
EPITRE à Meffieurs les Docteurs de
la Maiſon & Société de Sorbonne , &
de la Faculté de Théologie ; feuille in-4°.
à Paris , chez Ballard, rue des Noyers ;..
chez Panckoucke , rue & à côté de la
Comédie Françoife.
Nous préſenterons aux Lecteurs dans
un de nos prochains Mercures , quel-
ques morceaux de cette Epitre critique ,
morale , hiſtorique & chrétienne , par
M. Tannevot , auſſi connu par ſes talens
MARS. 1764.
141
pour la Poëfie , que par ſes ſentimens
*religieux & patriotiques.
RÉCAPITULATION & Méthode du
Sieur Defpommiers , pour la Culture du
Sainfoin , dans les Terres qui ſe ſontjuf-
qu'ici refuſées à cette Culture. Feuille
in-4°. à deux colonnes.
Ce n'eſt ici que le réſultat d'un Ecrit
eftimé , intitulé : L'Art de s'enrichir
promptement par l'Agriculture , prouvé
par des Expériences où l'on trouve la.
manière de cultiver le Sainfoin , la Lu-
zerne , le Trefle , &c. par le Sieur Des-
pommiers ; chez Guillyn , quai des Au-
gustins. Prix i liv. 4 5.
HISTOIRE & pratique de la Clôture
desReligieuſes , ſelon l'eſprit de l'Egliſe
& la Jurisprudence de France , dédiée
à Noſſeigneurs les Archevêques & Evê-
ques du Royaume , par M. Cherrier , C.
R. à Paris , chez Desprez, Imprimeur
du Roi & du Clergé de France , rue S.
Jacques , au coin de la rue des Noyers ;
1764 ; avec approbation & privilége du
Roi ; un vol. in- 12 de 730 pages. Prix ,
3 liv. relié.
Le principal objet de ce gros volume
eſt d'inſtruire les Religieuſes , & de dé-
142 MERCURE DE FRANCE.
truireles préjugésd'un grandnombred'au
tres perſonnes ſurle pointde la Clôture.
Les Supérieurs & les Confefſeurs des Mo-
naſtères y trouveront des obfervations
utiles ſur des points qu'ils ne pouroient
apprendre que par une longue expérien-
ce. Cet Ouvrage pourra contribuer en-
core à faire connoître aux perſonnes
laïques , qui ont enfreint les Loix de
l'Egliſe touchant la Clôture , combien
elles ſe ſont égarées. Il ſera même utile à
pluſieurs Curés qui ontdes Monastères de
Filles ſur leurs Paroiſſes. On ne s'eſt pas
contenté de donner la partie hiſtorique
de la Clôture dans fon origine & dans ſes
progrès ; on a encore mis ſous les yeux
des Lecteurs quantité d'exemples édi-
fians , anciens & nouveaux , d'une éxac-
te obfervation de la Clôture.
DESCRIPTION hiſtoriquedes Curio-
fités de l'Egliſe de Paris , contenant le
détail de l'édifice tant extérieur qu'in-
térieur , le Tréſor , les Chapelles , Tom-
beaux , Epitaphes , & l'explication des
Tableaux avec les noms des Peintres
&c; par M. C. P. C. ornée de figures ;
à Paris , chez C. P. Gueffier , Père , Li-
braire , parvis Notre Dame , à la Libera-
lité ; 1763. Vol. in- 12.
MARS. 1764.
143
Cet Ouvrage eſt différent de celui qui
parut en 1752 ſous le titre de Curiofités
de Notre Dame de Paris , & qui n'étoit
qu'une explication fimple de ce que
cette Métropole renferme de plus cu-
rieux. Ici on a ajouté tous les Faits hiſto-
riques qui ont quelques rapports avec
cette Eglife.
CONCORDE de la Géographie des
différens âges ; Ouvrage pofthume de
M. Pluche ; à Paris , chez les Frères
Eftienne, rue Saint Jacques , à la Vertu ;
1764 ; avec Approbation & Privilége
du Roi. Vol, in- 12, de près de 600.
pages,
L'état actuel de la Terre , & les états
différens qui y ſont ſurvenus d'âge en
âge, fontla matière de ceVolume , pré-
cédé dune vie de M. Pluche. Dans le
premier Livre , on traite de la Géo-
graphie moderne , en la partageant en
différens Voyages maritimes ; dans le
ſecond , on place de ſuite les Voyages
des Hommes célébres qui ont traverſé
de grandes Régions ; qui ont établi
de nouvelles Colonies , & qui ont
juſqu'à nos jours découvert quelques
Terres auparavant inconnues. Nous
nous bornons aujourd'hui à cette fim-
f144 MERCURE DE FRANCE.
ple annonce ; l'Ouvrage demande un
plus long Extrait , & nous ne le ferons
pas attendre longtemps.
LETTRE de Zeila , jeune Sauvage ,
à Valcourt
:
,
Officier François , par
l'Auteur de Barnevelt. A Paris , chez
Sébastien Jorry , rue & vis-à-vis la
Comédie Françoiſe ; 1764. Brochure
in-8°. avec de très-belles Gravures.
Nous rendrons compte dans le Mer-
cure prochain , de ces deux Ouvrages.
Fermer
10366
p. 351-365
LETTRE écrite de Brest, contenant l'Extrait d'une Tragédie Chinoise.
Début :
Un de mes amis revenu l'année passée de la Chine m'a fait voir une singularité [...]
Mots clefs :
Tragédie chinoise, Médecin, Orphelin, Fils, Tchao-Chi-cou, Mort, Chinois, Princesse, Enfant, Jeune, Tragédie, Histoire, Théâtre, Ministre, Action
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Brest, contenant l'Extrait d'une Tragédie Chinoise.
LETTRE écrite de Brest contenant
l'Extrait d'une Tragédie Chinoise.
Un de mes amis revenu l'année passée
de la Chine m'a fait voir une singula-
G vj
rité
352 MERCURE DE FRANCE
rité Littéraire que je me fais un plaisir de
vous annoncer. C'est la Traduction d'une
Tragédie Chinoise. L'Ouvrage en doit être
envoyé à Paris ; si l'idée generale que
vous en prendrez dans l'Extrait que je
vous envoye pique votre curiosité , il
vous sera facile de voir l'Ouvrage entier,
qui doit être remis à M.....
Le Traducteur avertit dans une Préface
que les Tragédies Chinoises ne sont
assujetties à aucune des Regles de nôtre
Théatre moderne , celle des trois unitez
y est absolument inconnue et une Tragédie
Chinoise est proprement une Histoire
mise en Dialogue , dont les différentes
parties sont autant de Scenes détachées
, entre lesquelles il n'y a d'autre
liaison que celle qu'ont entr'elles les diverses
actions particulieres qui forment
la suite de cette Histoire.
Le Lieu change le plus souvent d'une
Scene à l'autre , mais de même que l'Acteur
en se montrant la premiere fois à
soin de dire , je suis un tel , et je viens
telle chose ; de même aussi en
pour
changeant de lieu il a soin d'avertir qu'il
est en un tel endroit, et que c'est là mêine
que va se passer l'action.
> Il en est de même du tems lorsque
l'intervalle d'une Scene à l'autre est un
peu
FEVRIER. 1734. 353
peu considérable,l'Acteur ne manque pas
de le dire et d'ajoûter que depuis un tel
Evenement il s'est écoulé tant de tems .
,
Vous voyez par-là , Monsieur , que
ces Tragédies ont du moins le mérite de
la clarté et que le violement de nos
regles ne cause aucun embarras à l'imagination
des Spectateurs. Les Piéces
Espagnoles , Italiennes , Angloises et
même les Piéces Françoises du commencement
du dernier siécle n'étoient pas
plus régulieres que celle des Chinois ;
mais le violement de la Regle des unitez
, y jettoit une obscurité bien plus
grande,parce que le Spectateur ne sçavoit
jamais dans quel tems et dans quel lieu
il s'étoit transporté, qu'après avoir entendu
une partie de la Scene ; l'embarras
étoit peut être encore plus grand dans
quelques unes de nos Piéces où l'on
cache l'inobservation de l'unité de tems
et de l'unité de lieu au dépens de la vraisemblance
et de la bienséance , comme
dans Cinna.
Il ne paroît pas beaucoup d'art dans
la maniere dont s'annoncent les Personnages
Chinois dans la Piéce que j'ai lûë
mais je ne doute pas que d'autres Piéces
n'en montrent davantage . Si quelqu'un
des Missionnaires Européens vouloit faire
sur
354 MERCURE DE FRANCE
sur le Théatre Chinois , ce que le R. P.
Brumoi a fait sur le Theatre des Grecs ,
nous en donner une Histoire ou une
Notice , je ne doute pas que son Ouvrage
ne fut bien reçu ; et à juger des
Tragédies Chinoises par le caractere general
de cette Nation , et par le ton de
celle-ci , je suis persuadé que l'on y verroit
bien d'autres exemples de vertu et de
courage, que dans les Tragédies Grecques
où la véritable vertu est presque inconnuë
; ou le courage est une passion et
une passion turbulente qui offusque la
raison et bannit la tranquillité de l'Ame ;
où l'orgueil et l'amour de la gloire bien
plus que l'attachement au devoir sont la
Source des grandes actions et où les
crimes ne se punissent presque jamais
que par d'autres crimes .
La Déclamation Chinoise , à ce que
nous apprend le Traducteur , est souvent
entremêlée de chant. Le même Personnage
interrompant sa Déclamation
par quelques paroles chantées, et plaçant
de même au milieu d'une suite de paroles
chantées , quelques paroles simplement
déclamées. Il faudroir avoir les
oreilles bien faites à l'harmonie de la
prononciation Chinoise pour juger de
l'effet que doit produire ce mélange. Il ,
n'est
FEVRIER 1734 359
n'est pas peut être plus ridicule que cette
Déclamation empoulée , ou ce Chant
Tragique , dont les grands Acteurs que
* nous avons perdu depuis peu , ont tenté
inutilement de délivrer nôtre Theatre.
A juger de la Déclamation Chinoise
par l'idée que les Relations nous donnent
de leur prononciation , elle doit être
pour le Chant , ce que le Récitatif de
nos Opéra est pour les grands Airs . La
comparaison est d'autant plus juste que
c'est principalement pour exprimer quetque
sentiment plus vifou quelque mouvement
plus animé que les Acteurs
Chinois ont recours au Chant.
Après ce Préambule je viens à la Tragédie
même qui y a donné occasion . Elle
est intitulée l'Orphelin de sa Maison
THEAO , et il s'agit des Avantures de
cet Enfant depuis sa naissance jusqu'à-ce
qu'il eût vangé ses Parens . Ainsi l'Action
de la Piéce dure environ 20 ans.
Sous le Regne de Cing Cong , Empe.
reur de la Dynastie des Tsine , Tou ngan
Con , Ministre de la Guerre et Theao
Tune , Ministre de la Justice et des Finances
partageoient entr'eux deux le
Gouvernement. Tou ngan Cou , jaloux
du crédit de son Rival , après avoir tenté
différentes voyes pour le faire périr, vint
enfin
356 MERCURE DE FRAN CE
enfin à bout de le rendre suspect à l'Empereur.
Ce Prince persuadé des crimes de
Tehao Tune qui avoit pris la fuite , signa
un ordre pour faire mourir la famille
et les Domestiques de ce Ministre au
nombre de trois cent personnes . Tehaoso ,
Fils du Ministre disgracié , er gendre de
l'Empereur , fut le seul épargné en considération
de son alliance avec la famille
Royale ; Tou ngan Cou , croyant sa vengeance
imparfaite tant qu'il resteroit
quelqu'un de cette Maison , supposa un
ordre de l'Empereur à Tehaoso de se
donner la mort, et le lui envoya porter
avec le fer , le poison et le cordeau , lui
laissant le choix de son supplice. Cette
espece d'Argument de la Pièce est dans
un long Monologue par lequel Ngan
Cou ouvre le Theatre.
Dans la Scene suivante Tehaoso paroît
avec son Epouse , et comme il est per--
suadé qu'on ne l'épargnera pas encore
longtems , il lui donne par avance ses
derniers ordres ; lui recommande le fruit
dont elle est enceinte et veut , qu'il soit
nommé l'Orphelin de Tehao, au cas que
cc soit un Garçon , et qu'il soit élevé
pour être le vengeur de sa famille . Dans
ce moment on apporte l'ordre de l'Empereur
; Tehaoso le reçoit à genoux ,
choiFEVRIER.
1734. 357
choisit le poignard et se frappe après
avoir renouvellé ses derniers ordres .
La Princesse est enfermée dans son Palais
pour être gardée exactement jusqu'à
ses couches . L'introduction au Prologue
nommé Sié tscè , finit - là . Il y a ensuite
cinq Sections ou divisions tchè , que l'on
peut nommer Actes à nôtre maniere.
On apprend dans la premiere partie à
Tougnen Cou , que la Princesse femme
de Tehaoso , est accouchée d'un fils et
qu'elle l'a nommé l'Orphelin de Tehao .
La haine de Ngan Cou , s'irrite à cette
nouvelle ; il jure la mort de cet Enfant ,
et donne des ordres pour redoubler la
garde du Palais de cette Princesse.
Dans la Scene suivante cette Princesse
paroît avec son fils dans ses bras ; elle
déplore ses propres malheurs , ceux de
toute sa Maison : la mort cruelle de son
Mari, le péril auquel son fils est exposé ,
dit qu'elle a envoyé chercher le Médecin
Tehing ing, le seul des 300 Domestiques
de la Maison de son Beau- pere , qui ait
échapé au carnage ; qu'elle connoît sa
vertu , son courage , son affection pour
la Maison Tehao et qu'il est le seul qui
puisse sauver les restes infortunez de
cette Maison.
Tehing ing , arrive dans l'équipage
d'un
358 MERCURE DE FRANCE :
d'un Médecin Chinois , portant avec lui
sa Cassette aux Remedes pendue à son
col . La Princesse lui propose d'emporter
le jeune Tehao , et de se charger du soin
de le cacher. Tehing ing représente à la
Princesse les difficultez et le péril d'une
telle entreprise elle se jette à ses pieds;
Tehing ing la releve , lui proteste qu'il
est prêt à tout entreprendre pour elle ;
mais continue- t-il , si je sauve mon
jeune Maître , comment poutrez - vous
cacher cette action au Tyran ? il vous
arrachera ce secret ; nous périrons moi
et ma famille , et nous périrons sans
sauver vôtre Fils. Tehing ing , dir la
Princesse , ne craignez rien de ma foiblesse
; partez avec mon fils ; son pere
est mort sous le Couteau , c'en est fait,
sa Mere va rejoindre son Epoux , elle va
mourir. En achevant ces mots ; la Prin
cesse qui a détaché sa ceinture , la passe
dans son col et s'étrangle .
Tehing-ing pénétré d'un Spectacle si
touchant prend l'Enfant et le cache
dans son coffre , le couvre de quelques
hardes et l'emporte. Il est arrêté par
Han Koné , Mandarin d'Armes qui garde
les portes du Palais par ordre de Toungan
Cou. Han Koué doit le commencement
de sa fortune à Tebao tune , et
comme
FEVRIER. 1734- 359
, comme il aime la vertu c'est à regret
qu'il obéït à Ngan Cou , dont il déteste
les crimes ; le Mandarin soupçonne bientôt
à l'air inquiet et embarassé du Médecin
, ce qu'il vient de faire , fait retirer
ses Soldats , ouvre le coffre , apperçoit
l'enfant , est attendri à sa vûë , promet
à Tehing de ne le point dénoncer
lui ordonne de l'emporter et de se retirer.
Le Médecin sort et revient se jetter
aux pieds de Han Koué comme s'il eût
craint que tout cela ne fut un piége qu'on
lui tendit ; cette manoeuvre se répete
plusieurs fois Han Koué , reproche à
Tehing ing cette méfiance , si tu n'as pas
le courage d'exposer ta vie , lui dit- il ,
pourquoi t'es- tu engagé dans cette entreprise
? rassures- toi , ajoute-t-il , tų
n'auras rien à craindre de ma part , en
disant ces mots , Han Koué se frappe de
son poignard et tombe mort. Tehing emporte
l'Enfant , et sort en nommant le
lieu qu'il a choisi pour sa retraite.
Vous serez sans doute un peu blessé
Monsieur , de la brusque résolution que
le pauvre Han Koué prend assez legerement
de sortir de la vie pour ôter toute
inquiétude au Médecin ; c'est même- là
une répetition de ce qu'a fait la Princesse.
Il est vrai que ces deux Personnages auroient
360 MERCURE DE FRANCE
roient embarassé dans la suite de la Piéce,
mais la façon de s'en défaire me semble
un peu singuliere apparemment que
. les Chinois, malgré le peu d'opinion que
nous avons de leur bravoure , ne regardent
pas la mort avec crainte et qu'ils
croyent au moins spéculativement qu'il
n'est pas nécessaire d'avoir des raisons
bien fortes pour se la donner. Leur
Histoire confirme cette opinion
crois d'ailleurs que l'on peut juger du
caractere et des opinions d'une Nation
du moins jusqu'à un certain point , par
ses Piéces de Theatre.
و etje
Dans la Division suivante , on apprend
à Tou- ngan Cou , ce qui vient d'arriver ;
il est saisi de fureur et il forme le dessein
de
supposer un nouvel Ordre du Roy
pour se faire apporter tous les Enfans
âgez de six mois , résolu de les poignar
der tous, pour envelopper dans le Massacre
general l'Orphelin de Tehao. Je passe
Monsieur le détail des Scenes difficiles
à abréger et qui ne servent à rien pour
arriver à la quatrième Scene de cette
Section .
Le Médecin Tehing qui a pris la résolution
d'aller chercher un azile pour le
jeune Tehao auprès de Kong Lun , ancien
Ministre, ennemi de Tou -ngan Kou
et
1
FEVRIER 1734. 361
et ami de Tehao - tune , retiré à la Campagne.
Il arrive chez ce vicillard , lui découvre
son secret , et lui remet entre les mains
l'Orphelin de Tehao , et lui apprend la
Loy portée contre tous les Enfans du
Royaume , après quoi il lui déclare qu'il
est résolu de reconnoître les obligations.
qu'il a à ceux de la maison de Theao
et de sauver les jours de tous ces infortunez
condamnez à la mort par l'Arrêt
de Ngan- Kou. J'ai un Fils du même âge
que le jeune Prince , ajoute- t- il , je vais
emporter chez moi ses vêtemens , j'en
couvrirai mon Fils , vous irez me dénoncer
au Tyran comme le dépositaire et
le gardien de l'Orphelin de Tehao ;
j'avouerai touts on prendra mon Fils
pour cet Orphelin , nous mourrons lui
et moi et vous éleverez ce cher Enfant
que je vous confie ; vous l'instruirez de
son sort , et vous l'aiderez à venger
mort de ses Parens .
la
Cong - Lun répond à cela en demandant
à ce Médecin quel âge il a , et il répond
qu'il a 45 ans . Vous avez 45 ans , dit
Cong- Lun ? Il faut attendre au moins
20 ans avant que cet Enfant puisse connoître
son sort et venger sa famille , vous
aurez alors 65 ans , moi j'en aurai alors"
3.
90,
352 MERCURE DE FRANCE
90 , et quand même je pourrois vivre
jusques- là , de quel secours lui serois - je ?
Croyez moi , portez chez vous ce jeune
Orphelin , mettez- le à la place de vôtre
fils ? et puisque vous voulez bien sacrifier
ce ls , apportez - le ici , et m'allez
accuser au Tyran ? il viendra me chercher
, nous périrons vôtre fils et moi
mais vous sauverez l'Orphelin ; allez ?
ce projet est plus sage que le vôtre.
Le Médecin ne se rend qu'après avoir
employé les discours les plus pressans
pour détourner Cong Lun de son dessein ,
et l'on voit que c'est à regret qu'il consent
à sauver ses jours aux dépens de
ceux de ce Vieillard . Une chose qui mérite
d'être remarquée dans cette Scene
c'est la tranquillité avec laquelle ces deux
Hommes déliberent sur le choix de celui
qui doit s'immoler ; l'utilité dont ils
peuvent être à l'Orphelin de Theao , est
la seule chose qu'ils ayent en vûë. Je ne
crois pas que l'imagination puisse aller
au delà, pour donner une idée de l'extrê
me fermeté et de l'extrême courage .
Dans la troisiéme Division le Médecin
va dénoncer Cong- Lun à Tou ngan Cou ;
celui - ci paroît douter de la verité de la
dénonciation , et lui demande les motifs
' qui l'ont porté à la faire. Le Méd.cin
réFEVRIER.
1734. 363
répond que c'est pour sauver les jours
de son propre Fils et ceux de tous les
Enfans condamnez à périr. Ngan Cou le
conduit avec lui chez Cong- Lun. On interroge
celui - ci , on lui confronte le Dénonciateur
, et je ne sçai sur quel fondement
Ngan Cou soupçonnant la bonne
foi du Médecin , et croyant qu'il y a
quelque intelligence entre lui et Cong-
Lun , oblige ce Médecin de lui donner
la Bastonnade ; cette Scene qui ne seroit
guere de notre gout , m'a paru au fond
assez mal imaginée. L'Auteur Chinois a
crû , sans doute , rendre la situation de
Cong Lun plus interessante ; mais il n'a
pas pensé qu'en voulant outrer le Grand,
on tombe dans le Gigantesque , lequel est
toujours voisin du Puerile .
CetteScene est interrompue par l'arrivée
d'un Soldat qui apporte le fils du Médecin
, qu'on prend pour l'Orphelin de
Tehao. Ngan Cou à cette vûë s'abandonne
à la joye et poignarde cette Enfant
aux yeux du Médecin et de Cong - Lun .
Celui- ci après lui avoir reproché tous ses
crimes et déploré la mort du prétendu
Orphelin se précipite du haut d'une Terrasse
et se tuë.
Ngan Cou prend chez lui le Médecin
avec le véritable Orphelin de Tehao,
qu'il
364 MERCURE DE FRANCE
qu'il croit son Fils , et déclare qu'il veut
le combler de biens , et même adopter
le Fils , parce qu'il n'a plus d'espérance
d'en avoir. C'est-là où finit la troisiéme
Section.
L'intervalle de la troisième à la quatriéme
Section , est supposé de 20 ans
entiers , comme ledit Ngan Cou , dans
la Scene qui commence cette Section .
Ce Ministre déclare que prêt à s'emparer
du Trône et à faire périr le Roy , il
va associer ce jeune Homme à son entreprise
.
Dans la Scene suivante le Médecin Tehing
, paroît un Rouleau à la main , sur
lequel il a fait dépeindre son Histoire
et celle de l'Orphelin . Il veut instruire
l'Orphelin de son sort ; mais pour s'assurer
de ses sentimens il est résolu d'essaïer
l'impression que fera sur lui la vuë de
ces Tableaux et le récit des Evénemens
qu'ils représentent. Cette idée m'a paru
ingenieuse , et malgré le défaut de la
repétition des choses déja connues , qui
se trouve dans la maniere dont cela est
exécuté , je vous avoie que cette Scene
m'a attaché à la Lecture , par la gradation
des sentimens qui s'excitent dans
l'ame du jeune homme , en écoutant une
Histoire à laquelle il croit n'avoir aucun
interêt. Cette
FEVRIER. 1734. 365
Cette Scene occupe toute la quatriéme
Section. La cinquième contient le dénoüement
ou la maniere dont l'Orphe-
"lin de Tebao se découvre au Roy , qui
donne des ordres pour arrêter et punir
Tou- Ngan Cou. L'Action du Médecin est
la même dans cette Tragédie que celle
de Leontine dans celle d'Heraclide . Les
Chinois ont mis en cette Action ce que
Corneille a mis en récit.
Voilà , M. la singularité que je vous
avois promise , mandez - moi ce que vous
et vos amis penseront de cette Tragédie
Chinoise , et si le plaisir qu'elle m'a fait
n'a pas sa source dans la disposition qui
nous porte presque toujours à admirer
les choses extrémement éloignées de nous,
soit par la distance des tems
soit par
celle des lieux. Je suis & c.
l'Extrait d'une Tragédie Chinoise.
Un de mes amis revenu l'année passée
de la Chine m'a fait voir une singula-
G vj
rité
352 MERCURE DE FRANCE
rité Littéraire que je me fais un plaisir de
vous annoncer. C'est la Traduction d'une
Tragédie Chinoise. L'Ouvrage en doit être
envoyé à Paris ; si l'idée generale que
vous en prendrez dans l'Extrait que je
vous envoye pique votre curiosité , il
vous sera facile de voir l'Ouvrage entier,
qui doit être remis à M.....
Le Traducteur avertit dans une Préface
que les Tragédies Chinoises ne sont
assujetties à aucune des Regles de nôtre
Théatre moderne , celle des trois unitez
y est absolument inconnue et une Tragédie
Chinoise est proprement une Histoire
mise en Dialogue , dont les différentes
parties sont autant de Scenes détachées
, entre lesquelles il n'y a d'autre
liaison que celle qu'ont entr'elles les diverses
actions particulieres qui forment
la suite de cette Histoire.
Le Lieu change le plus souvent d'une
Scene à l'autre , mais de même que l'Acteur
en se montrant la premiere fois à
soin de dire , je suis un tel , et je viens
telle chose ; de même aussi en
pour
changeant de lieu il a soin d'avertir qu'il
est en un tel endroit, et que c'est là mêine
que va se passer l'action.
> Il en est de même du tems lorsque
l'intervalle d'une Scene à l'autre est un
peu
FEVRIER. 1734. 353
peu considérable,l'Acteur ne manque pas
de le dire et d'ajoûter que depuis un tel
Evenement il s'est écoulé tant de tems .
,
Vous voyez par-là , Monsieur , que
ces Tragédies ont du moins le mérite de
la clarté et que le violement de nos
regles ne cause aucun embarras à l'imagination
des Spectateurs. Les Piéces
Espagnoles , Italiennes , Angloises et
même les Piéces Françoises du commencement
du dernier siécle n'étoient pas
plus régulieres que celle des Chinois ;
mais le violement de la Regle des unitez
, y jettoit une obscurité bien plus
grande,parce que le Spectateur ne sçavoit
jamais dans quel tems et dans quel lieu
il s'étoit transporté, qu'après avoir entendu
une partie de la Scene ; l'embarras
étoit peut être encore plus grand dans
quelques unes de nos Piéces où l'on
cache l'inobservation de l'unité de tems
et de l'unité de lieu au dépens de la vraisemblance
et de la bienséance , comme
dans Cinna.
Il ne paroît pas beaucoup d'art dans
la maniere dont s'annoncent les Personnages
Chinois dans la Piéce que j'ai lûë
mais je ne doute pas que d'autres Piéces
n'en montrent davantage . Si quelqu'un
des Missionnaires Européens vouloit faire
sur
354 MERCURE DE FRANCE
sur le Théatre Chinois , ce que le R. P.
Brumoi a fait sur le Theatre des Grecs ,
nous en donner une Histoire ou une
Notice , je ne doute pas que son Ouvrage
ne fut bien reçu ; et à juger des
Tragédies Chinoises par le caractere general
de cette Nation , et par le ton de
celle-ci , je suis persuadé que l'on y verroit
bien d'autres exemples de vertu et de
courage, que dans les Tragédies Grecques
où la véritable vertu est presque inconnuë
; ou le courage est une passion et
une passion turbulente qui offusque la
raison et bannit la tranquillité de l'Ame ;
où l'orgueil et l'amour de la gloire bien
plus que l'attachement au devoir sont la
Source des grandes actions et où les
crimes ne se punissent presque jamais
que par d'autres crimes .
La Déclamation Chinoise , à ce que
nous apprend le Traducteur , est souvent
entremêlée de chant. Le même Personnage
interrompant sa Déclamation
par quelques paroles chantées, et plaçant
de même au milieu d'une suite de paroles
chantées , quelques paroles simplement
déclamées. Il faudroir avoir les
oreilles bien faites à l'harmonie de la
prononciation Chinoise pour juger de
l'effet que doit produire ce mélange. Il ,
n'est
FEVRIER 1734 359
n'est pas peut être plus ridicule que cette
Déclamation empoulée , ou ce Chant
Tragique , dont les grands Acteurs que
* nous avons perdu depuis peu , ont tenté
inutilement de délivrer nôtre Theatre.
A juger de la Déclamation Chinoise
par l'idée que les Relations nous donnent
de leur prononciation , elle doit être
pour le Chant , ce que le Récitatif de
nos Opéra est pour les grands Airs . La
comparaison est d'autant plus juste que
c'est principalement pour exprimer quetque
sentiment plus vifou quelque mouvement
plus animé que les Acteurs
Chinois ont recours au Chant.
Après ce Préambule je viens à la Tragédie
même qui y a donné occasion . Elle
est intitulée l'Orphelin de sa Maison
THEAO , et il s'agit des Avantures de
cet Enfant depuis sa naissance jusqu'à-ce
qu'il eût vangé ses Parens . Ainsi l'Action
de la Piéce dure environ 20 ans.
Sous le Regne de Cing Cong , Empe.
reur de la Dynastie des Tsine , Tou ngan
Con , Ministre de la Guerre et Theao
Tune , Ministre de la Justice et des Finances
partageoient entr'eux deux le
Gouvernement. Tou ngan Cou , jaloux
du crédit de son Rival , après avoir tenté
différentes voyes pour le faire périr, vint
enfin
356 MERCURE DE FRAN CE
enfin à bout de le rendre suspect à l'Empereur.
Ce Prince persuadé des crimes de
Tehao Tune qui avoit pris la fuite , signa
un ordre pour faire mourir la famille
et les Domestiques de ce Ministre au
nombre de trois cent personnes . Tehaoso ,
Fils du Ministre disgracié , er gendre de
l'Empereur , fut le seul épargné en considération
de son alliance avec la famille
Royale ; Tou ngan Cou , croyant sa vengeance
imparfaite tant qu'il resteroit
quelqu'un de cette Maison , supposa un
ordre de l'Empereur à Tehaoso de se
donner la mort, et le lui envoya porter
avec le fer , le poison et le cordeau , lui
laissant le choix de son supplice. Cette
espece d'Argument de la Pièce est dans
un long Monologue par lequel Ngan
Cou ouvre le Theatre.
Dans la Scene suivante Tehaoso paroît
avec son Epouse , et comme il est per--
suadé qu'on ne l'épargnera pas encore
longtems , il lui donne par avance ses
derniers ordres ; lui recommande le fruit
dont elle est enceinte et veut , qu'il soit
nommé l'Orphelin de Tehao, au cas que
cc soit un Garçon , et qu'il soit élevé
pour être le vengeur de sa famille . Dans
ce moment on apporte l'ordre de l'Empereur
; Tehaoso le reçoit à genoux ,
choiFEVRIER.
1734. 357
choisit le poignard et se frappe après
avoir renouvellé ses derniers ordres .
La Princesse est enfermée dans son Palais
pour être gardée exactement jusqu'à
ses couches . L'introduction au Prologue
nommé Sié tscè , finit - là . Il y a ensuite
cinq Sections ou divisions tchè , que l'on
peut nommer Actes à nôtre maniere.
On apprend dans la premiere partie à
Tougnen Cou , que la Princesse femme
de Tehaoso , est accouchée d'un fils et
qu'elle l'a nommé l'Orphelin de Tehao .
La haine de Ngan Cou , s'irrite à cette
nouvelle ; il jure la mort de cet Enfant ,
et donne des ordres pour redoubler la
garde du Palais de cette Princesse.
Dans la Scene suivante cette Princesse
paroît avec son fils dans ses bras ; elle
déplore ses propres malheurs , ceux de
toute sa Maison : la mort cruelle de son
Mari, le péril auquel son fils est exposé ,
dit qu'elle a envoyé chercher le Médecin
Tehing ing, le seul des 300 Domestiques
de la Maison de son Beau- pere , qui ait
échapé au carnage ; qu'elle connoît sa
vertu , son courage , son affection pour
la Maison Tehao et qu'il est le seul qui
puisse sauver les restes infortunez de
cette Maison.
Tehing ing , arrive dans l'équipage
d'un
358 MERCURE DE FRANCE :
d'un Médecin Chinois , portant avec lui
sa Cassette aux Remedes pendue à son
col . La Princesse lui propose d'emporter
le jeune Tehao , et de se charger du soin
de le cacher. Tehing ing représente à la
Princesse les difficultez et le péril d'une
telle entreprise elle se jette à ses pieds;
Tehing ing la releve , lui proteste qu'il
est prêt à tout entreprendre pour elle ;
mais continue- t-il , si je sauve mon
jeune Maître , comment poutrez - vous
cacher cette action au Tyran ? il vous
arrachera ce secret ; nous périrons moi
et ma famille , et nous périrons sans
sauver vôtre Fils. Tehing ing , dir la
Princesse , ne craignez rien de ma foiblesse
; partez avec mon fils ; son pere
est mort sous le Couteau , c'en est fait,
sa Mere va rejoindre son Epoux , elle va
mourir. En achevant ces mots ; la Prin
cesse qui a détaché sa ceinture , la passe
dans son col et s'étrangle .
Tehing-ing pénétré d'un Spectacle si
touchant prend l'Enfant et le cache
dans son coffre , le couvre de quelques
hardes et l'emporte. Il est arrêté par
Han Koné , Mandarin d'Armes qui garde
les portes du Palais par ordre de Toungan
Cou. Han Koué doit le commencement
de sa fortune à Tebao tune , et
comme
FEVRIER. 1734- 359
, comme il aime la vertu c'est à regret
qu'il obéït à Ngan Cou , dont il déteste
les crimes ; le Mandarin soupçonne bientôt
à l'air inquiet et embarassé du Médecin
, ce qu'il vient de faire , fait retirer
ses Soldats , ouvre le coffre , apperçoit
l'enfant , est attendri à sa vûë , promet
à Tehing de ne le point dénoncer
lui ordonne de l'emporter et de se retirer.
Le Médecin sort et revient se jetter
aux pieds de Han Koué comme s'il eût
craint que tout cela ne fut un piége qu'on
lui tendit ; cette manoeuvre se répete
plusieurs fois Han Koué , reproche à
Tehing ing cette méfiance , si tu n'as pas
le courage d'exposer ta vie , lui dit- il ,
pourquoi t'es- tu engagé dans cette entreprise
? rassures- toi , ajoute-t-il , tų
n'auras rien à craindre de ma part , en
disant ces mots , Han Koué se frappe de
son poignard et tombe mort. Tehing emporte
l'Enfant , et sort en nommant le
lieu qu'il a choisi pour sa retraite.
Vous serez sans doute un peu blessé
Monsieur , de la brusque résolution que
le pauvre Han Koué prend assez legerement
de sortir de la vie pour ôter toute
inquiétude au Médecin ; c'est même- là
une répetition de ce qu'a fait la Princesse.
Il est vrai que ces deux Personnages auroient
360 MERCURE DE FRANCE
roient embarassé dans la suite de la Piéce,
mais la façon de s'en défaire me semble
un peu singuliere apparemment que
. les Chinois, malgré le peu d'opinion que
nous avons de leur bravoure , ne regardent
pas la mort avec crainte et qu'ils
croyent au moins spéculativement qu'il
n'est pas nécessaire d'avoir des raisons
bien fortes pour se la donner. Leur
Histoire confirme cette opinion
crois d'ailleurs que l'on peut juger du
caractere et des opinions d'une Nation
du moins jusqu'à un certain point , par
ses Piéces de Theatre.
و etje
Dans la Division suivante , on apprend
à Tou- ngan Cou , ce qui vient d'arriver ;
il est saisi de fureur et il forme le dessein
de
supposer un nouvel Ordre du Roy
pour se faire apporter tous les Enfans
âgez de six mois , résolu de les poignar
der tous, pour envelopper dans le Massacre
general l'Orphelin de Tehao. Je passe
Monsieur le détail des Scenes difficiles
à abréger et qui ne servent à rien pour
arriver à la quatrième Scene de cette
Section .
Le Médecin Tehing qui a pris la résolution
d'aller chercher un azile pour le
jeune Tehao auprès de Kong Lun , ancien
Ministre, ennemi de Tou -ngan Kou
et
1
FEVRIER 1734. 361
et ami de Tehao - tune , retiré à la Campagne.
Il arrive chez ce vicillard , lui découvre
son secret , et lui remet entre les mains
l'Orphelin de Tehao , et lui apprend la
Loy portée contre tous les Enfans du
Royaume , après quoi il lui déclare qu'il
est résolu de reconnoître les obligations.
qu'il a à ceux de la maison de Theao
et de sauver les jours de tous ces infortunez
condamnez à la mort par l'Arrêt
de Ngan- Kou. J'ai un Fils du même âge
que le jeune Prince , ajoute- t- il , je vais
emporter chez moi ses vêtemens , j'en
couvrirai mon Fils , vous irez me dénoncer
au Tyran comme le dépositaire et
le gardien de l'Orphelin de Tehao ;
j'avouerai touts on prendra mon Fils
pour cet Orphelin , nous mourrons lui
et moi et vous éleverez ce cher Enfant
que je vous confie ; vous l'instruirez de
son sort , et vous l'aiderez à venger
mort de ses Parens .
la
Cong - Lun répond à cela en demandant
à ce Médecin quel âge il a , et il répond
qu'il a 45 ans . Vous avez 45 ans , dit
Cong- Lun ? Il faut attendre au moins
20 ans avant que cet Enfant puisse connoître
son sort et venger sa famille , vous
aurez alors 65 ans , moi j'en aurai alors"
3.
90,
352 MERCURE DE FRANCE
90 , et quand même je pourrois vivre
jusques- là , de quel secours lui serois - je ?
Croyez moi , portez chez vous ce jeune
Orphelin , mettez- le à la place de vôtre
fils ? et puisque vous voulez bien sacrifier
ce ls , apportez - le ici , et m'allez
accuser au Tyran ? il viendra me chercher
, nous périrons vôtre fils et moi
mais vous sauverez l'Orphelin ; allez ?
ce projet est plus sage que le vôtre.
Le Médecin ne se rend qu'après avoir
employé les discours les plus pressans
pour détourner Cong Lun de son dessein ,
et l'on voit que c'est à regret qu'il consent
à sauver ses jours aux dépens de
ceux de ce Vieillard . Une chose qui mérite
d'être remarquée dans cette Scene
c'est la tranquillité avec laquelle ces deux
Hommes déliberent sur le choix de celui
qui doit s'immoler ; l'utilité dont ils
peuvent être à l'Orphelin de Theao , est
la seule chose qu'ils ayent en vûë. Je ne
crois pas que l'imagination puisse aller
au delà, pour donner une idée de l'extrê
me fermeté et de l'extrême courage .
Dans la troisiéme Division le Médecin
va dénoncer Cong- Lun à Tou ngan Cou ;
celui - ci paroît douter de la verité de la
dénonciation , et lui demande les motifs
' qui l'ont porté à la faire. Le Méd.cin
réFEVRIER.
1734. 363
répond que c'est pour sauver les jours
de son propre Fils et ceux de tous les
Enfans condamnez à périr. Ngan Cou le
conduit avec lui chez Cong- Lun. On interroge
celui - ci , on lui confronte le Dénonciateur
, et je ne sçai sur quel fondement
Ngan Cou soupçonnant la bonne
foi du Médecin , et croyant qu'il y a
quelque intelligence entre lui et Cong-
Lun , oblige ce Médecin de lui donner
la Bastonnade ; cette Scene qui ne seroit
guere de notre gout , m'a paru au fond
assez mal imaginée. L'Auteur Chinois a
crû , sans doute , rendre la situation de
Cong Lun plus interessante ; mais il n'a
pas pensé qu'en voulant outrer le Grand,
on tombe dans le Gigantesque , lequel est
toujours voisin du Puerile .
CetteScene est interrompue par l'arrivée
d'un Soldat qui apporte le fils du Médecin
, qu'on prend pour l'Orphelin de
Tehao. Ngan Cou à cette vûë s'abandonne
à la joye et poignarde cette Enfant
aux yeux du Médecin et de Cong - Lun .
Celui- ci après lui avoir reproché tous ses
crimes et déploré la mort du prétendu
Orphelin se précipite du haut d'une Terrasse
et se tuë.
Ngan Cou prend chez lui le Médecin
avec le véritable Orphelin de Tehao,
qu'il
364 MERCURE DE FRANCE
qu'il croit son Fils , et déclare qu'il veut
le combler de biens , et même adopter
le Fils , parce qu'il n'a plus d'espérance
d'en avoir. C'est-là où finit la troisiéme
Section.
L'intervalle de la troisième à la quatriéme
Section , est supposé de 20 ans
entiers , comme ledit Ngan Cou , dans
la Scene qui commence cette Section .
Ce Ministre déclare que prêt à s'emparer
du Trône et à faire périr le Roy , il
va associer ce jeune Homme à son entreprise
.
Dans la Scene suivante le Médecin Tehing
, paroît un Rouleau à la main , sur
lequel il a fait dépeindre son Histoire
et celle de l'Orphelin . Il veut instruire
l'Orphelin de son sort ; mais pour s'assurer
de ses sentimens il est résolu d'essaïer
l'impression que fera sur lui la vuë de
ces Tableaux et le récit des Evénemens
qu'ils représentent. Cette idée m'a paru
ingenieuse , et malgré le défaut de la
repétition des choses déja connues , qui
se trouve dans la maniere dont cela est
exécuté , je vous avoie que cette Scene
m'a attaché à la Lecture , par la gradation
des sentimens qui s'excitent dans
l'ame du jeune homme , en écoutant une
Histoire à laquelle il croit n'avoir aucun
interêt. Cette
FEVRIER. 1734. 365
Cette Scene occupe toute la quatriéme
Section. La cinquième contient le dénoüement
ou la maniere dont l'Orphe-
"lin de Tebao se découvre au Roy , qui
donne des ordres pour arrêter et punir
Tou- Ngan Cou. L'Action du Médecin est
la même dans cette Tragédie que celle
de Leontine dans celle d'Heraclide . Les
Chinois ont mis en cette Action ce que
Corneille a mis en récit.
Voilà , M. la singularité que je vous
avois promise , mandez - moi ce que vous
et vos amis penseront de cette Tragédie
Chinoise , et si le plaisir qu'elle m'a fait
n'a pas sa source dans la disposition qui
nous porte presque toujours à admirer
les choses extrémement éloignées de nous,
soit par la distance des tems
soit par
celle des lieux. Je suis & c.
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Résumé : LETTRE écrite de Brest, contenant l'Extrait d'une Tragédie Chinoise.
Un ami de l'auteur, récemment revenu de Chine, lui a montré la traduction d'une tragédie chinoise intitulée 'L'Orphelin de sa Maison Theao'. Cette tragédie relate les aventures d'un enfant depuis sa naissance jusqu'à la vengeance de ses parents, sur une période d'environ 20 ans sous le règne de l'empereur Cing Cong. La pièce ne respecte pas les règles des trois unités (temps, lieu, action) du théâtre moderne. Chaque scène est indépendante et les changements de lieu et de temps sont explicitement annoncés par les acteurs. La pièce est structurée en sections appelées 'tchè', similaires à des actes. L'intrigue principale commence avec la disgrâce du ministre Tehao Tune, accusé à tort par son rival Tou ngan Cou. Tehao Tune est condamné à mort et sa famille massacrée, à l'exception de son fils Tehaoso, épargné en raison de son alliance avec la famille royale. Tou ngan Cou ordonne à Tehaoso de se suicider, ce qu'il fait après avoir donné ses dernières instructions à son épouse enceinte. L'épouse de Tehaoso donne naissance à un fils, nommé 'L'Orphelin de Tehao'. Elle confie l'enfant au médecin Tehing ing, qui le cache et le sauve malgré les obstacles. Plusieurs personnages, comme le mandarin Han Koué et le vieillard Cong Lun, jouent des rôles cruciaux en aidant à protéger l'orphelin. Dans la troisième division, le médecin dénonce Cong-Lun à Tou Ngan Cou pour sauver son fils et d'autres enfants condamnés. Ngan Cou, doutant de la bonne foi du médecin, le fait bastonner. La scène est interrompue par l'arrivée d'un soldat apportant le fils du médecin, pris pour l'orphelin de Tehao. Ngan Cou, croyant avoir retrouvé son fils, poignarde l'enfant devant le médecin et Cong-Lun, qui se suicide ensuite. Ngan Cou adopte alors le véritable orphelin de Tehao, croyant que c'est son fils. Vingt ans plus tard, dans la quatrième section, Ngan Cou, prêt à s'emparer du trône, veut associer le jeune homme à son entreprise. Le médecin Tehing montre à l'orphelin des tableaux représentant son histoire pour tester ses sentiments. La cinquième section révèle comment l'orphelin de Tehao se découvre au roi, qui ordonne l'arrestation et la punition de Tou Ngan Cou. La pièce met en avant des thèmes de courage, de vertu et de sacrifice, caractéristiques de la culture chinoise. La déclamation dans les tragédies chinoises est souvent mélangée de chant, et les acteurs annoncent clairement les changements de lieu et de temps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10367
p. 2266
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres, que sur la fin du mois dernier, un Cerf que Leurs Majestez chassoient, [...]
Mots clefs :
Cerf, Chasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N écrit de Londres , que sur la fin du mois -
dernier , un Cerf que Leurs Majestez chassoient
, étant entré dans un Champ, auquel on ne
pouvoit arriver que par un passage fort étroit,
le Proprietaire ferma ce passage avec une chaîne,
et: déclara qu'il ne souffriroit point que les
Chasseurs suivissent le Cerf , à moins qu'on ne
le dédommageât du dégât qu'ils feroient sur sa
terre ; quelques jeunes Seigneurs , qui étoient à
la suite du Roy , voulurent passer malgré l'oppofition
du Paysan , mais le Roy le leur déf
fendit , et fit donner plusieurs guinées à cet hommes
qui moyennant ce présent , consentit qu'on
ôtât cette chaîne..
Le Chevalier Ossorio , Envoyé extraordinaire
du Roy de Sardaigne , a ed depuis peu une Audience
particuliere du Roy , à qui il donna part
2
du Traité d'alliance conclu entre le Roy de Franca
et le Roy son Maître.
N écrit de Londres , que sur la fin du mois -
dernier , un Cerf que Leurs Majestez chassoient
, étant entré dans un Champ, auquel on ne
pouvoit arriver que par un passage fort étroit,
le Proprietaire ferma ce passage avec une chaîne,
et: déclara qu'il ne souffriroit point que les
Chasseurs suivissent le Cerf , à moins qu'on ne
le dédommageât du dégât qu'ils feroient sur sa
terre ; quelques jeunes Seigneurs , qui étoient à
la suite du Roy , voulurent passer malgré l'oppofition
du Paysan , mais le Roy le leur déf
fendit , et fit donner plusieurs guinées à cet hommes
qui moyennant ce présent , consentit qu'on
ôtât cette chaîne..
Le Chevalier Ossorio , Envoyé extraordinaire
du Roy de Sardaigne , a ed depuis peu une Audience
particuliere du Roy , à qui il donna part
2
du Traité d'alliance conclu entre le Roy de Franca
et le Roy son Maître.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, un cerf chassé par le roi s'est réfugié dans un champ privé. Le propriétaire a bloqué l'accès et exigé une compensation. Le roi a offert plusieurs guinées pour retirer la chaîne. Par ailleurs, le Chevalier Ossorio a informé le roi de Grande-Bretagne d'un traité d'alliance entre la France et la Sardaigne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10368
p. 992
AVIS de l'Auteur des Reflexions à l'occasion du Brutus, &c. inserées dans le dernier Mercure.
Début :
Les Reflexions que l'on a promises dans le Mercure d'Avril, sur la Tragedie de [...]
Mots clefs :
Avis, Réflexions, Brutus , Voltaire, Pièce, Corrections, Perfection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS de l'Auteur des Reflexions à l'occasion du Brutus, &c. inserées dans le dernier Mercure.
AVIS de PAuteur des Reflexions
à Poccasion du Brutus , & c. inserées
dans le dernier Mercure.
>
Es Reflexions que l'on a promises dans
le Mercure d'Avril, sur la Tragedie de
Brutus , sont toutes prêtes. L'Auteur alloit
les donner , lorsqu'il a appris que M. de
Voltaire retouchoit à sa Piece. Comme
M.de Voltaire a toûjours bien réüssi aux
corrections quil a faites à ses differens
Ouvrages , et que l'Auteur des Reflexions
ne critique pas pour le plaisir de critiquer,
il attendra la nouvelle Edition du Brutus,
Si , comme il y a apparence , M. de
Voltaire a reparé les principales fautes
de sa Tragedie , on renfermera sans peine
des
Reflexions qui n'avoient pour princiep
que le desir de voir un bon Ouvrage
devenir meilleur. Si les corrections
ne répondent pas aux Reflexions , quant
aux Vers , et sur tout quant à la conduite
de la Piece , on les donnera toûjours dans
le même motif de
contribuer à la perfec
sion de cet
Ouvrage.
à Poccasion du Brutus , & c. inserées
dans le dernier Mercure.
>
Es Reflexions que l'on a promises dans
le Mercure d'Avril, sur la Tragedie de
Brutus , sont toutes prêtes. L'Auteur alloit
les donner , lorsqu'il a appris que M. de
Voltaire retouchoit à sa Piece. Comme
M.de Voltaire a toûjours bien réüssi aux
corrections quil a faites à ses differens
Ouvrages , et que l'Auteur des Reflexions
ne critique pas pour le plaisir de critiquer,
il attendra la nouvelle Edition du Brutus,
Si , comme il y a apparence , M. de
Voltaire a reparé les principales fautes
de sa Tragedie , on renfermera sans peine
des
Reflexions qui n'avoient pour princiep
que le desir de voir un bon Ouvrage
devenir meilleur. Si les corrections
ne répondent pas aux Reflexions , quant
aux Vers , et sur tout quant à la conduite
de la Piece , on les donnera toûjours dans
le même motif de
contribuer à la perfec
sion de cet
Ouvrage.
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Résumé : AVIS de l'Auteur des Reflexions à l'occasion du Brutus, &c. inserées dans le dernier Mercure.
L'auteur des Réflexions sur la tragédie de Brutus attend la nouvelle édition de la pièce de Voltaire. Si les corrections sont satisfaisantes, les Réflexions ne seront pas publiées. Sinon, elles le seront pour améliorer l'ouvrage, notamment les vers et la conduite de la pièce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10369
p. 357
AUTRE ENIGME.
Début :
Comme l'heur de me voir est un bien important, [...]
Mots clefs :
Soleil
10370
p. 728-729
LOGOGRYPHE.
Début :
Lecteur, qui te plais à percer [...]
Mots clefs :
Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Lecteur ,qui te plais à percer.
D'un Logogryphe obscur l'agréable Dédale ,
Celui qu'ici ma Muse étale
Poura quelque temps t'exercer.
Un mot composé de six Lettres
En renferme vingt neuf qu'il faut que tu pénétres
.
Trois d'abord , sans rien combiner ,
A tes yeux s'offrent tout de suite ;
Je ne veux point les désigner
Ce seroit te ravir trop vîte
Le plaisir de les deviner.
Mais démembre , si tu souhaites
Par les autres vingt six déveloper ceux - la ;
Tu rencontreras deux Prophetes ,
Ce
AVRIL. 1737. 729
Ce qu'au camp de Porsenne un Romain se brula.
Du Tenare un Juge sévere ;
Deux Monts fameux de l'ancienne Loy ;
Ce qui dans certains jeux est préférable au Roy.
Un Saint que l'Eglise révere.
Un trésor qu'en ce siécle on trouve rarement,
La graine qui chasse le vent.
Un Auteur connu dans la glose.
D'un Patriarche un Descendant.
Ce qui dénomme chaque chose.
Le plus dur du Corps animal.
La Vache qu'Argus garda mal.
Du Dieu du Thyrse la Nourrice.
Le Pere des quatre Saisons .
Ce que renferme l'Ecrevisse ,
Ou tel autre que l'on choisisse,
Du Belier jusques aux Poissons.
Poursuis : Tu verras une Ville
Dont fait mention l'Evangile.
Plus trois autres Cités ; d'Israël un des Rois.
Ce qu'un négligent fuit , et que prend l'Home
me sage.
De la Musique enfin deux Voix .
Adieu , Lecteur , pour cette fois
Je ne t'en dis pas davantage.
Ala Fere, par M. de Broglia
de Martigues .
Lecteur ,qui te plais à percer.
D'un Logogryphe obscur l'agréable Dédale ,
Celui qu'ici ma Muse étale
Poura quelque temps t'exercer.
Un mot composé de six Lettres
En renferme vingt neuf qu'il faut que tu pénétres
.
Trois d'abord , sans rien combiner ,
A tes yeux s'offrent tout de suite ;
Je ne veux point les désigner
Ce seroit te ravir trop vîte
Le plaisir de les deviner.
Mais démembre , si tu souhaites
Par les autres vingt six déveloper ceux - la ;
Tu rencontreras deux Prophetes ,
Ce
AVRIL. 1737. 729
Ce qu'au camp de Porsenne un Romain se brula.
Du Tenare un Juge sévere ;
Deux Monts fameux de l'ancienne Loy ;
Ce qui dans certains jeux est préférable au Roy.
Un Saint que l'Eglise révere.
Un trésor qu'en ce siécle on trouve rarement,
La graine qui chasse le vent.
Un Auteur connu dans la glose.
D'un Patriarche un Descendant.
Ce qui dénomme chaque chose.
Le plus dur du Corps animal.
La Vache qu'Argus garda mal.
Du Dieu du Thyrse la Nourrice.
Le Pere des quatre Saisons .
Ce que renferme l'Ecrevisse ,
Ou tel autre que l'on choisisse,
Du Belier jusques aux Poissons.
Poursuis : Tu verras une Ville
Dont fait mention l'Evangile.
Plus trois autres Cités ; d'Israël un des Rois.
Ce qu'un négligent fuit , et que prend l'Home
me sage.
De la Musique enfin deux Voix .
Adieu , Lecteur , pour cette fois
Je ne t'en dis pas davantage.
Ala Fere, par M. de Broglia
de Martigues .
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10372
p. 382-383
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle ; elle est de Mr Du... / Celuy qui créa tout ne me fit pourtant point, [...]
Mots clefs :
Ombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle ; elle eft de Mr Du ...
d'Har.... de Bezançon .
GALANT 383
ENIGME.
Celuy qui créa tout ne mefitpourtant
point ,
Et l'homme , cet ouvrage acomply de
tout point ,
N'égale pas encore mon ancienne
naiſſance.
Jefuis avec le pauvre ainfi qu'avec
le Roy ;
Aveugle , je les fuis avec grande
affeurance
•
Sans qu'ils s'embaraffent de moy.
Quoyqueje fois fans yeux , je donne
des lumieres
Aufquelles les Sçavans ont tres -fou
vent recours ,
Leur eftant neceffaires
Poour bien regler leurs jours.
nouvelle ; elle eft de Mr Du ...
d'Har.... de Bezançon .
GALANT 383
ENIGME.
Celuy qui créa tout ne mefitpourtant
point ,
Et l'homme , cet ouvrage acomply de
tout point ,
N'égale pas encore mon ancienne
naiſſance.
Jefuis avec le pauvre ainfi qu'avec
le Roy ;
Aveugle , je les fuis avec grande
affeurance
•
Sans qu'ils s'embaraffent de moy.
Quoyqueje fois fans yeux , je donne
des lumieres
Aufquelles les Sçavans ont tres -fou
vent recours ,
Leur eftant neceffaires
Poour bien regler leurs jours.
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10373
p. 378-380
Sermon en Grec par M. l'Abbé Barentin [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous ay point encore parlé d'un Sermon extraordinaire [...]
Mots clefs :
Sermon, Pèlerins, Messe, Enfants, Abbé, Assemblée, Famille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sermon en Grec par M. l'Abbé Barentin [titre d'après la table]
Je ne vous ay point encore parlé
d'un Sermon extraordinaire qui
fe fait tous les ans aux Cordeliers
'le Dimanche de Quasimodo. La
Confrairie des Pelerins de Jérufalem,
établie dans l'Eglife de ces
Peres , y fait dire ce jour- là une
grande Meffe
que l'on chante en
Grec , au milieu de laquelle on
prefche en la même Langue . L'u
fage eft depuis long - temps de
choifir pour cet employ de jeunes
Ecoliers de qualité , diftins
guez par le progrés qu'ils ont fait
dans leurs Etudes . Ils montent
en Chaire , reveftus d'habits Ec
cléfiaftiques , & font un Sermon
dans les formes. Meffieurs de La..
moignon & Talon l'ont fait dans
GALANT. 379
leurs temps ; & M ' l'Abbé Ba
rentin , Fils de M' Barentin Pre ,
mier Préſident du Grand Con
feil , a efté choify cette année
pour ce mefine employ . On ne
peut s'en acquiter avec plus de
grace qu'il a fait , foit pour le gefte
& les flexions de voix , foit pour
les autres talens qui font propres
à la Chaire . Il y avoit une tres ,
nombreuſe Affemblée de Gens
de marque, qui en fortirent charmez.
M' de Barentin fon aîné ,qui
n'a encore que quatorze ans , ré ,
pondit la mefme femaine de fa
premiere année de Philofophie
au College d'Harcourt , & fit
voir qu'il fuffit d'eftre de cette
Famille pour s'acquiren tres.
parfaitement de toutes chofes,.
Pour vous , Madame Madame , vous on.
380 MERCURE
ferez moins furpriſe qu'un autre,
car je vous ay fouvent entendu
dire , qu'un Pere & une Mere
auffi fpirituels & auffi polis que
M' & Madame de Barentin , ne
pouvoient avoir que des Enfans
tres parfaits.
d'un Sermon extraordinaire qui
fe fait tous les ans aux Cordeliers
'le Dimanche de Quasimodo. La
Confrairie des Pelerins de Jérufalem,
établie dans l'Eglife de ces
Peres , y fait dire ce jour- là une
grande Meffe
que l'on chante en
Grec , au milieu de laquelle on
prefche en la même Langue . L'u
fage eft depuis long - temps de
choifir pour cet employ de jeunes
Ecoliers de qualité , diftins
guez par le progrés qu'ils ont fait
dans leurs Etudes . Ils montent
en Chaire , reveftus d'habits Ec
cléfiaftiques , & font un Sermon
dans les formes. Meffieurs de La..
moignon & Talon l'ont fait dans
GALANT. 379
leurs temps ; & M ' l'Abbé Ba
rentin , Fils de M' Barentin Pre ,
mier Préſident du Grand Con
feil , a efté choify cette année
pour ce mefine employ . On ne
peut s'en acquiter avec plus de
grace qu'il a fait , foit pour le gefte
& les flexions de voix , foit pour
les autres talens qui font propres
à la Chaire . Il y avoit une tres ,
nombreuſe Affemblée de Gens
de marque, qui en fortirent charmez.
M' de Barentin fon aîné ,qui
n'a encore que quatorze ans , ré ,
pondit la mefme femaine de fa
premiere année de Philofophie
au College d'Harcourt , & fit
voir qu'il fuffit d'eftre de cette
Famille pour s'acquiren tres.
parfaitement de toutes chofes,.
Pour vous , Madame Madame , vous on.
380 MERCURE
ferez moins furpriſe qu'un autre,
car je vous ay fouvent entendu
dire , qu'un Pere & une Mere
auffi fpirituels & auffi polis que
M' & Madame de Barentin , ne
pouvoient avoir que des Enfans
tres parfaits.
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Résumé : Sermon en Grec par M. l'Abbé Barentin [titre d'après la table]
Le texte relate un sermon annuel exceptionnel organisé par la confrérie des Pèlerins de Jérusalem, qui se déroule le dimanche de Quasimodo à l'église des Cordeliers. Cet événement comprend une grande messe chantée en grec, suivie d'un sermon également en grec, prononcé par un jeune écolier distingué pour ses progrès académiques. Parmi les précédents orateurs figurent Messieurs de Lamogion et Talon. Cette année, l'abbé Barentin, fils de Monsieur Barentin, Premier Président du Grand Conseil, a été choisi. Son sermon a été salué pour sa grâce et ses talents oratoires. Une nombreuse assemblée de personnes de marque était présente et en a été charmée. De plus, le fils aîné de Monsieur de Barentin, âgé de quatorze ans, a brillamment répondu lors de sa première année de philosophie au Collège d'Harcourt, illustrant ainsi les qualités exceptionnelles de la famille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10374
p. 1876-1878
ESPAGNE.
Début :
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier, que l'Intendant de Bibao a mandé au Roi, [...]
Mots clefs :
Armateur, Tonneaux, Marine, Intendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier
que l'Intendant de Bilbao a mandé au Roi ,
que PArmateur Don Juan Florent de Miranda s'étoit
emparé du Vaiffeau Anglois le S. Jean l'Evangelifte
, qui revenoit de l'Amérique , & dont la
charge
A OUST. 1877
1744 .
charge confiftoit en Sucre , en Indigo , en Caff ,
en Eau -de-vie de Riz , & en Vin de Madere , &
que le Vaiffeau l'Union , de la même Nation , & du
port de 140 tonneaux , à bord duquel il y avoit
une grande quantité de Riz , de Bois de Cédre , &
du Gaudron , avoit été pris par un Armateur Elpagnol
entre le quarante- neuviéme & le cinquantiéme
dégré de Latitude Septentrionale .
"
On a appris de Lifbonne , que des Ouvriers en
fouillant la terre dans un Lieu voifin de Braga
avoient trouvé plus de 300 Médailles d'Or , extrêmement
belles & toutes parfaitement confervées ,
dont la plupart font de Neron , de Galba , de Vitellius
, de Vefpafien , de Tite , & quelques- unes d'Antonin
, de Marc-Aurele , de Fanftine & de Plau
tine.
Deux Vaiffeaux de guerre Efpagnols fe font emparés
d'un Navire Anglois , de 200 tonneaux , qui
venoit de la Baye des Honduras.
On mande de Madrid du 4 de ce mois , que le
Comte Flegui , Exemt de la Compagnie Flamande
des Gardes du Corps , & le Colonel Don François
Caudron de Cantin , y arriverent l'un le 29 & l'autre
le 31 du mois dernier , de l'armée commandée
par l'Infant Don Philippe.
Le premier a appris au Roi , que les troupes com
binées d'Efpagne & de France s'étoient emparées
du Château Dauphin , ainfi que de toutes les Gorges
qui conduifent dans le Piedmont,
Le fecond a informé S. M. du détail de ce qui
s'eft paflé dans les differentes attaques des retranchemens
, par lefquels ces Gorges étoient défenduës.
Le premier de ce mois & les deux jours fuivans
il y eut à Madrid des Illuminations & des Réjouif-
Lances publiques à l'occaſion du ſuccès des armes
EL
1878 MERCURE DE FRANCE.
Efpagnoles & Françoifes , & le 2 on chanta le Te
Deum en action de graces.
L'Intendant de Marine de la Principauté des Afturies
a mandé au Roi , que l'Armateur Don Florent
de Miranda avoit pris vers le quarante-neuviéme
dégré de Latitude le Vaiffeau Anglois la Jeanne
Marie , de 180 tonneaux , chargé de Sucre , de Coton
, & d'Eau-de- vie de Canne , lequel revenoit de
l'Ifle de S. Chriftophe , & qu'il l'avoit conduit au
Port de Rivadefella .
S. M. a été informée par des lettres de l'Intendant
de Marine du Férol , que le 9 du mois dernier
l'Armateur Mafclet étoit entré dans le Port de
Bayona avec un Brigantin de la même Nation , fur
lequel il y avoit une grande quantité d'Etoffes & de
Salines.
Les lettres du Subdélégué de la Marine d'Almuneçar
marquent qu'une Balandre Angloife , de 150
tonneaux , & dont la charge confiftoit en Sel, avoit
été enlevée fur la Côte de Malaga par l'Armateur
Don Sebaſtien de Morales .
Selon les lettres du Subdélégué de la Marine de
Caftro d'Urdiales , un Armateur s'eft emparé d'un
autre Bâtiment nommé le Rubis , qui portoit du Sucre
& du Coton à Londres.
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier
que l'Intendant de Bilbao a mandé au Roi ,
que PArmateur Don Juan Florent de Miranda s'étoit
emparé du Vaiffeau Anglois le S. Jean l'Evangelifte
, qui revenoit de l'Amérique , & dont la
charge
A OUST. 1877
1744 .
charge confiftoit en Sucre , en Indigo , en Caff ,
en Eau -de-vie de Riz , & en Vin de Madere , &
que le Vaiffeau l'Union , de la même Nation , & du
port de 140 tonneaux , à bord duquel il y avoit
une grande quantité de Riz , de Bois de Cédre , &
du Gaudron , avoit été pris par un Armateur Elpagnol
entre le quarante- neuviéme & le cinquantiéme
dégré de Latitude Septentrionale .
"
On a appris de Lifbonne , que des Ouvriers en
fouillant la terre dans un Lieu voifin de Braga
avoient trouvé plus de 300 Médailles d'Or , extrêmement
belles & toutes parfaitement confervées ,
dont la plupart font de Neron , de Galba , de Vitellius
, de Vefpafien , de Tite , & quelques- unes d'Antonin
, de Marc-Aurele , de Fanftine & de Plau
tine.
Deux Vaiffeaux de guerre Efpagnols fe font emparés
d'un Navire Anglois , de 200 tonneaux , qui
venoit de la Baye des Honduras.
On mande de Madrid du 4 de ce mois , que le
Comte Flegui , Exemt de la Compagnie Flamande
des Gardes du Corps , & le Colonel Don François
Caudron de Cantin , y arriverent l'un le 29 & l'autre
le 31 du mois dernier , de l'armée commandée
par l'Infant Don Philippe.
Le premier a appris au Roi , que les troupes com
binées d'Efpagne & de France s'étoient emparées
du Château Dauphin , ainfi que de toutes les Gorges
qui conduifent dans le Piedmont,
Le fecond a informé S. M. du détail de ce qui
s'eft paflé dans les differentes attaques des retranchemens
, par lefquels ces Gorges étoient défenduës.
Le premier de ce mois & les deux jours fuivans
il y eut à Madrid des Illuminations & des Réjouif-
Lances publiques à l'occaſion du ſuccès des armes
EL
1878 MERCURE DE FRANCE.
Efpagnoles & Françoifes , & le 2 on chanta le Te
Deum en action de graces.
L'Intendant de Marine de la Principauté des Afturies
a mandé au Roi , que l'Armateur Don Florent
de Miranda avoit pris vers le quarante-neuviéme
dégré de Latitude le Vaiffeau Anglois la Jeanne
Marie , de 180 tonneaux , chargé de Sucre , de Coton
, & d'Eau-de- vie de Canne , lequel revenoit de
l'Ifle de S. Chriftophe , & qu'il l'avoit conduit au
Port de Rivadefella .
S. M. a été informée par des lettres de l'Intendant
de Marine du Férol , que le 9 du mois dernier
l'Armateur Mafclet étoit entré dans le Port de
Bayona avec un Brigantin de la même Nation , fur
lequel il y avoit une grande quantité d'Etoffes & de
Salines.
Les lettres du Subdélégué de la Marine d'Almuneçar
marquent qu'une Balandre Angloife , de 150
tonneaux , & dont la charge confiftoit en Sel, avoit
été enlevée fur la Côte de Malaga par l'Armateur
Don Sebaſtien de Morales .
Selon les lettres du Subdélégué de la Marine de
Caftro d'Urdiales , un Armateur s'eft emparé d'un
autre Bâtiment nommé le Rubis , qui portoit du Sucre
& du Coton à Londres.
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10375
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS par la grace de Dieu, Roy de France & de Navarre : A nos amez [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
PRIVILEGEDUROY.
LOUIS par la grace de Dieu, Roy de
France & de Navarre: A & feaux Conseillers nos amw. les gens tenants nos Cours de Parlements, MaîtresdesRequêtes
ordinaires de nôtre Hôtel, Grand Conseil,
Prevôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs
Lieutenants Civils, & autres nosJusticiers
& Officiers qu'il appartiendra, S A LUT, Ayant choisi Nôtre tres-cher
,
& bien amé CHARLES DUFRESNY, Sieur de
Riviere, Nôtre Valet de Çl»>inil)reordinaire
; pour continuer de faire le Recueil
de plusieurs nouvelles
,
Relations
,
& Histoires
; & le faire imprimer sous le titre
de Mercure Galant ; il Nous a trés-humblement
fait lupplier de lui vouloir accor- f der nosLettres de Privilege sur ce nécessaires.
ACES CAUSES Nous lui avons permis & permettons
, par ces Prefentes
,
de faire Imprimer
le Livre intitulé LI MIRCHS
GALANT, Contenantplusieurs Nouvel- les, Relations,Histoires, &generalement
toutce qui dépend Judi, Livre, &qu'on
à coutûme d'y mettre depuis trente ans, en telle forme,marge,caractere
,
& autant de fois que bon lui semblera, par tel Imageur
& Libraire qu'il voudra ciigi/ir
& de le faire vendre & débiter par tout
nôtreRoyaume
,
pendant le temps de trois
années consecutives à compter du jourde
la datte des Presentes
;
Faisons défenses à
toutes fortes de personnes de quelque qua-
Eté & condition qu'elles soient d'en introduire
d'Impressions Etrangeres en aucun lieu
le nôtre obéïssance
,
& àtous Imprimeurs,
Libraires, & Colporteurs
,
& tous autres
de faire Imprimer, vendre, & débiter,&
contrefaire ledit Livre, ni Graver aucunes
Planches servant à l'ornement d'icelui, nimême de le donner à lire pendant ledit
temps sous quelque pretexte que ce soit,
sans la permission expresse
,
& par écrit
dudit Exposant
, ou de ceux qui. auront
droit de lui, à peine de confiscation des
Exemplaires contrefaits; de six mil livres
d'amende contre chacun descontrevenants,
dont un tiers à l'Hôtel Dieu de Paris, un
tiers au Dénonciateur
,
& l'autre tiersaudit
Exposant
,
& de tous dépens dommages&
interests à la charge que ces Presentes seront
enregistrées, tout au long sur le Registre
de la Communauté des Imprimeurs
Libraires de Paris, & ce dans trois mois
du jour & datte d'icelles; que l'impression
dudit Livre sera faite dans nôtre Royaume,
& non ailleurs, & ce conformément aux
Reglemens delaLibrairie; & qu'avantde
ecxfofcr
en vente, ilen sera mis deuïExçmires
dans notre Bibliotheque publique,
dans celle de nôtreChâteau du Louvre,
un dans celledenôtre trés-cher & féal
[evalier Chancelier de France, le Sieur HiifïEAwx, Comte dePontcharn
» Commandeur de nos Ordres, le tout )cine de nullité desdites Presentes, du
tenu desquelles
, Vous MANDONS, &
oignons de faire joüir & user ledit sieur
volant
, ou ses ayant cause, pleinement
paisiblement sans souffrir qu'il leur foit
sé aucun trouble, ou empêchement.
ulons qu'à la copie des Presentes qui se-
Imprimée au commencement, ou àla
dudit Livre, soit tenue pour bien, &
ment signifiée, & qu'aux Copies colonnées
par l'un de nos amez & fèaur
nseillers & Secrétaires foy foit ajoutée
me à l'original. Commandons au Preer
nôtre Huissier ou Sergent de faire pour
recution des Presentes tous Astes requis,
necessaires sans autres permissions, no- ostant Clameur de Haro, Chartre Nornde
,
& Lettres à contraires: CAR
est nôtre plaisir. D'WN E' àVersailles
trente-uniéme jour d'Août, l'an de o-race
sept cent dix, & de nôtre Regne le soite
huit. Par le Royen son Conseil.Sié,
DEVANOUBS.
Regiftrc sur le Hegrftrt num. 3. de la mmHMutt des Imprimeurs&Libraires
LOUIS par la grace de Dieu, Roy de
France & de Navarre: A & feaux Conseillers nos amw. les gens tenants nos Cours de Parlements, MaîtresdesRequêtes
ordinaires de nôtre Hôtel, Grand Conseil,
Prevôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs
Lieutenants Civils, & autres nosJusticiers
& Officiers qu'il appartiendra, S A LUT, Ayant choisi Nôtre tres-cher
,
& bien amé CHARLES DUFRESNY, Sieur de
Riviere, Nôtre Valet de Çl»>inil)reordinaire
; pour continuer de faire le Recueil
de plusieurs nouvelles
,
Relations
,
& Histoires
; & le faire imprimer sous le titre
de Mercure Galant ; il Nous a trés-humblement
fait lupplier de lui vouloir accor- f der nosLettres de Privilege sur ce nécessaires.
ACES CAUSES Nous lui avons permis & permettons
, par ces Prefentes
,
de faire Imprimer
le Livre intitulé LI MIRCHS
GALANT, Contenantplusieurs Nouvel- les, Relations,Histoires, &generalement
toutce qui dépend Judi, Livre, &qu'on
à coutûme d'y mettre depuis trente ans, en telle forme,marge,caractere
,
& autant de fois que bon lui semblera, par tel Imageur
& Libraire qu'il voudra ciigi/ir
& de le faire vendre & débiter par tout
nôtreRoyaume
,
pendant le temps de trois
années consecutives à compter du jourde
la datte des Presentes
;
Faisons défenses à
toutes fortes de personnes de quelque qua-
Eté & condition qu'elles soient d'en introduire
d'Impressions Etrangeres en aucun lieu
le nôtre obéïssance
,
& àtous Imprimeurs,
Libraires, & Colporteurs
,
& tous autres
de faire Imprimer, vendre, & débiter,&
contrefaire ledit Livre, ni Graver aucunes
Planches servant à l'ornement d'icelui, nimême de le donner à lire pendant ledit
temps sous quelque pretexte que ce soit,
sans la permission expresse
,
& par écrit
dudit Exposant
, ou de ceux qui. auront
droit de lui, à peine de confiscation des
Exemplaires contrefaits; de six mil livres
d'amende contre chacun descontrevenants,
dont un tiers à l'Hôtel Dieu de Paris, un
tiers au Dénonciateur
,
& l'autre tiersaudit
Exposant
,
& de tous dépens dommages&
interests à la charge que ces Presentes seront
enregistrées, tout au long sur le Registre
de la Communauté des Imprimeurs
Libraires de Paris, & ce dans trois mois
du jour & datte d'icelles; que l'impression
dudit Livre sera faite dans nôtre Royaume,
& non ailleurs, & ce conformément aux
Reglemens delaLibrairie; & qu'avantde
ecxfofcr
en vente, ilen sera mis deuïExçmires
dans notre Bibliotheque publique,
dans celle de nôtreChâteau du Louvre,
un dans celledenôtre trés-cher & féal
[evalier Chancelier de France, le Sieur HiifïEAwx, Comte dePontcharn
» Commandeur de nos Ordres, le tout )cine de nullité desdites Presentes, du
tenu desquelles
, Vous MANDONS, &
oignons de faire joüir & user ledit sieur
volant
, ou ses ayant cause, pleinement
paisiblement sans souffrir qu'il leur foit
sé aucun trouble, ou empêchement.
ulons qu'à la copie des Presentes qui se-
Imprimée au commencement, ou àla
dudit Livre, soit tenue pour bien, &
ment signifiée, & qu'aux Copies colonnées
par l'un de nos amez & fèaur
nseillers & Secrétaires foy foit ajoutée
me à l'original. Commandons au Preer
nôtre Huissier ou Sergent de faire pour
recution des Presentes tous Astes requis,
necessaires sans autres permissions, no- ostant Clameur de Haro, Chartre Nornde
,
& Lettres à contraires: CAR
est nôtre plaisir. D'WN E' àVersailles
trente-uniéme jour d'Août, l'an de o-race
sept cent dix, & de nôtre Regne le soite
huit. Par le Royen son Conseil.Sié,
DEVANOUBS.
Regiftrc sur le Hegrftrt num. 3. de la mmHMutt des Imprimeurs&Libraires
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal accordé par Louis, roi de France et de Navarre, à Charles Dufresny, sieur de Rivière. Ce privilège autorise Dufresny à publier et imprimer 'Le Mercure Galant', un livre contenant diverses nouvelles, relations et histoires, ainsi que tout autre contenu habituellement inclus depuis trente ans. Le privilège est valable pour une durée de trois années consécutives à partir de la date du document et permet la vente du livre dans tout le royaume de France. Il interdit l'introduction d'impressions étrangères ou la contrefaçon du livre, sous peine de confiscation des exemplaires contrefaits et d'une amende de six mille livres. L'impression doit respecter les règlements de la librairie et un exemplaire doit être déposé dans plusieurs bibliothèques publiques avant la mise en vente. Le privilège est enregistré sur le registre de la communauté des imprimeurs et libraires de Paris et doit être respecté sous peine de nullité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10376
p. 1992-1998
Tragedie de Regulus et Balet de l'empire de la Mode, au College des Jesuites, [titre d'après la table]
Début :
Le Mercredi premier de ce mois, on représenta pour la distribution des Prix, dans la Cour du [...]
Mots clefs :
Tragédie, Ballet, Mode, Roi légitime, Barbier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tragedie de Regulus et Balet de l'empire de la Mode, au College des Jesuites, [titre d'après la table]
Le Mercredi premier de ce mois , on représenta
pour la distribution des Prix , dans la Cour du
College de Louis le Grand , la Tragedie de Regulus
, du Pere de la Sante , en Latin. Elle fut
ter minée par un Eloge du Roy. Nous n'entrerons.
po'nt dans le détail de cette Piece , dont le sujet
est connu de tout le monde , pour pouvoir nous
arrêter plus long- temps sur le Balet qui a servi
d'in ermede à la Tragedie , sous le titre de l'Empire
de la Mode. Ce Balet est divisé en quatre-
Da rties ; sçavoir , l'établissement de l'Empire de
a Mode , son étenduë , sa tyrannie , sa décadence.
Avant que d'entrer dans les subdivisions de
ces quatre Parties , il est à propos de parler de
l'ouverture du Balet , en voici le Sujet.
L'Au
A O UST. 1731. 1993
•
L'Auteur suppose très- ingenieusement que l'Uage
est fils du Temps et de la Coûtume , que la
Mode , Princesse naturellement ambitieuse , fille
du Caprice et de la Phantaisie , entreprit de détrôner
l'Usage , et de faite tomber son Royaume
en quenouille. Elle a des Soldats lestes et vétus
à la moderne , qui surprennent les vieilles bandes
du Roy legitime ; ils les enchaînent et les forcent
même à venir rendre hommage à l'usurpatrice
assise sur le Trône , d'où elle donne des Loix at
Monde qu'elle tient sous ses pieds.
La premiere Partie du Balet comprend l'établissement
de l'Empire de la Mode , et la subdivision.
1 °.L'exemple des Grands . 2 °. L'envie de
eacher ce que
l'on est. 3 ° . L'ambition de paroître
plus qu'on n'est.
1. Le fameux Barbier de Midas , invente l'usage
de la Perruque en faveur de son Prince, pour
couvrir la disgrace de ses oreilles . Plusieurs Maîtres
Perruquiers font sur ce modele de pareilles
coëffures , dont les Courtisans se parent à l'exemple
du Souverain , et transmettent cette mode aux
siecles suivans , qui s'en sont plus d'une fois servis
pour des besoins à peu près semblables.
2. Plusieurs Sauvages se peignent le visage ,
pour ne point laisser paroître les mouvemens de
leur ame. I's sortent des Bois de Samos et viennent
livrer aux Marchands Romais le Fard , la
Pommade , la Céruse et le Vern , que ceuxcy
mettent à la mode parmi les Dames Romaines,
qui s'en servent pour cacher les rides de leurs
visages et le desagrément de leur teint.
.
3. Niobé, fiere du nombre et de la beauté de ses
enfans , leur fait prendre des simboles des Dieux
et se produisant elle- même en public sous un habit
conforme à celui de Latone , elle voudroit à
La
1994 MERCURE DE FRANCE
la faveur de cet appareil passer pour Déesse aux
yeux de son peuple , et faire adorer ses enfanscomme
autant de demi-Dieux , dans un temps où
la Mode commençoit à diviniser les Passions mêmes
. Apollon et Diane font tomber sur cette
mere ambitieuse une grêle de fleches avec une
pluye de feu. Transformée en Rocher, elle éprouve
à ses dépens que c'est une vanité punissable
que d'aspirer à paroître plus que l'on n'est..
SECONDE PARTIE.
29
L'Empire de la Mode s'étend , 1 ° . Sur la
plupart des conditions . 2 ° . Sur presque.
toutes les Nations. 3 ° . Sur tous les âges.
I. ENTRE'E . Lycurgue , gouvernant le Royaume
au nom de son Neveu encore jeune , ne peut
voir sans indignation , que l'entêtement pour la
mode confonde toutes les conditions dans Sparte;
que le Villageois s'érige en Artisan , l'Artisan
en Bourgeois , le Bourgeois en Gentilhomme , le
Gentilhomme en Seigneur , le Seigneur en petit :
Souverain , le Marchand en Magistrat , &c. 11 .
entreprend de réformer de tels abus, et publie avec
appareil, au son des tambours et des trompettes,
une loi sévere par laquelle il regle l'ordre des
conditions.
II. ENTREE. Auguste , après avoir pacifié
l'Univers , fait dresser des Arcs de Triomphe à
l'entrée d'un . Bocage voisin de son Palais. Là il
donne une Fête aux Ambassadeurs des Nations
nouvellement subjugués, qu'il prétend engager à
prendre les manieres Romaines , tant pour le langage
que pour l'habillement ; mais la plupart de
ces Etrangers,, sur tout les Gaulois , jaloux de leure
liberté.
A OUST 1731 . 1995
liberté , se maintiennent dans le droit de changer
de mode à leur gré par le refus qu'ils font de subir
la loi qu'on veut leur imposer , ils se montrent
plus soumis au joug de la Mode qu'à celui
de leur vainqueur.
III. ENTRE'E. La Déesse Manie , soeur de
la Nouveauté , panoît sur un Char traîné par des
Singes. Ce Char n'est d'abord suivi que par des
enfans et de jeunes avanturiers. Bien - tôt après ,
des hommes d'un âge mûr se joignent à ce Cortege.
Enfin de graves Vieillards se mettent euxmêmes
de la partie . Tous ensemble affectent les
airs , la démarche , la contenance , les . grimaces
de cette Cour bizare , et deviennent plus Singes.
que les Singes mêmes.
TROISIE'ME PARTIE.
L'Empire de la Mode est une vraye tyrannie,
qui force àfaire , 1º . plus qu'on ne doit.
2º. Plus qu'on ne veut. 3 ° . Plus qu'on
ne peut.
I. ENTRE'E. En Asie , la mode du grand
deüil regna pour un tems, et fit même un devoir.
aux riches veuves d'élever des Tombeaux à leurs
maris. Artemise et la Matrone d'Ephése , voulant
signaler leur douleur , érigent à leurs Epoux desuperbes
Mausolées. Mercure les voyant l'une et
l'autre inconsolables en apparence , ranime ceux:
qu'elles pleurent , en touchant leurs corps de sa
baguette fatale ; la douleur des deuxaffligées paroit
s'accroître par le prodige même qu'il opera
pour la soulager.
II . ENTRE' E. Deux partis de Gentilshommes
Bourguignons entrent en champ clos et se
battent
1997 MERCURE DE FRANCE
battent en duel malgré leurs répugnances ,sous les
yeux même de leur Roi , arbitre du combat , pour
obéir à la mode barbare établie parmi eux de
prouver, l'épée à la main, son innocence et la justice
de sa cause.
III. ENTRE'B Les quatre Divinitez , du
Jeu, des Festins , du Luxe et de la Volupté, confedérées
avec la Mode , engagent de jeunes Seigneurs
dans de folles dépenses qu'ils ne peuvent
Soutenir. Pendant qu'ils sont occupez à leurs plaisirs
, des Huissiers envoyez par les Créanciers
saisissent ce qu'ils trouvent sous leurs mains
poursuivent les débiteurs , et vont mettre leurs
terres en decret.
>
QUATRIE ME PARTIE.
L'Empire de la Mode tombe en décadence ;
1º . Par une nouvelle Mode qui bannie
la précedente. 2° . Par la rigueur des Loix
qui proscrivent les Modes dangereuses.
3º. Par le temps qui les détruit l'une après
l'autre.
I. ENTRE' E. Pendant que les plus grands
Maîtres raisonnent suivant Pancienne Méthode
dans le Lycée d'Athénes , et traitent gravement
des points de doctrine les plus sublimes , on voit
paroitre une troupe de petits Grecs nouveaux venus
, qui font grand bruit pour interrompre ceux
qu'ils devroient écouter avec respect , contrefont
leurs gestes , copient leur gravité , introduisent.
une mode nouvelle qui fait fortune pour un instant;
mais la saine antiquité prévaut et dissipe les
yaines chimeres.
LL ENTRE' . Henry IV. voulant multiplies
A O UST. 1731. 1997
plier les especes de monnoye qui devenoient rares
en France , avoit porté un Edit par lequel il permettoit
aux seuls Filoux de porter des étoffes
d'or et d'argent. Une troupe de Filoux ayant saisi
les premiers exemplaires imprimez de l'Edit
viennent déguisez en Colporteurs , et distribuent
des copies de cette loi à de jeunes Seigneurs rassemblez
dans un Bal. Ceux - cy aiment mieux
changer d'habits avec les prétendus Colpolteurs
que de passer pour Filoux. Après ce changement
les fourbes font une danse grotesque , où ils se
divertissent aux dépens de leurs dupés.
*
III ENTRE E. Saturne , Dieu du Tems ,
invoqué par de jeune Eleves de Mars , qui lui demandent
les meilleures armes qu'il ait vû mettre
en oeuvre pour la guerre , leur fait apporter
par les Siecles differentes sortes d'armes à la
vieille mode ; on les essaye en sa presence pour
Pattaque d'une Place ; mais ce Dicu les proscrit
d'un coup
de faulx, et ne laisse aux jeunes Guerriers
que l'armure nouvelle qui leur est fournie
par le dernier Siecle ; il menace même d'en abolir
bientôt l'usage.
BALET GENERAL.
Pendant que la Mode fait une Marche triomphale,
et s'applaudit de la victoire qu'elle a rem
portée sur l'Usage , elle est surprise de voir un
grand nombre de Nations l'abandonner aussi aisément
qu'elles l'avoient suivie , et s'attacher à
Constance , Princesse alliée du Roi détrôné et
ennemie de l'Usurpatrice. L'Usage est rétabli sur
le Trône , que la Constance rend fixe et immuable.
Minerve , Déesse de la Sagesse , de concert
avec les Dieux intéressez au bon ordre de l'Uni-
YCA
1998 MERCURE DE FRANCE
vers publie des Loix invariables qui assurent la
gloire , le bonheur et la stabilité de l'Empire.
Les Danses sont de la composition de Mrs Blon
di et Ma taire l'ainé.
Le Lundi 13. de ce mois , on représenta sur le
Théatre du College d'Harcourt , pour la distri
bution des Prix, la Tragedie d' Absa on , de M. Duché.
Les changemens qu'on a été obligé d'y faire
pour l'accommoder à l'usage de ce College , ne
lui ont rien ôté de son vrai mérite Elle fut trèsbien
représentée par les Ecoliers de Réthorique ,
et l'Assemblée fut très - belle et très- nombreuse .
pour la distribution des Prix , dans la Cour du
College de Louis le Grand , la Tragedie de Regulus
, du Pere de la Sante , en Latin. Elle fut
ter minée par un Eloge du Roy. Nous n'entrerons.
po'nt dans le détail de cette Piece , dont le sujet
est connu de tout le monde , pour pouvoir nous
arrêter plus long- temps sur le Balet qui a servi
d'in ermede à la Tragedie , sous le titre de l'Empire
de la Mode. Ce Balet est divisé en quatre-
Da rties ; sçavoir , l'établissement de l'Empire de
a Mode , son étenduë , sa tyrannie , sa décadence.
Avant que d'entrer dans les subdivisions de
ces quatre Parties , il est à propos de parler de
l'ouverture du Balet , en voici le Sujet.
L'Au
A O UST. 1731. 1993
•
L'Auteur suppose très- ingenieusement que l'Uage
est fils du Temps et de la Coûtume , que la
Mode , Princesse naturellement ambitieuse , fille
du Caprice et de la Phantaisie , entreprit de détrôner
l'Usage , et de faite tomber son Royaume
en quenouille. Elle a des Soldats lestes et vétus
à la moderne , qui surprennent les vieilles bandes
du Roy legitime ; ils les enchaînent et les forcent
même à venir rendre hommage à l'usurpatrice
assise sur le Trône , d'où elle donne des Loix at
Monde qu'elle tient sous ses pieds.
La premiere Partie du Balet comprend l'établissement
de l'Empire de la Mode , et la subdivision.
1 °.L'exemple des Grands . 2 °. L'envie de
eacher ce que
l'on est. 3 ° . L'ambition de paroître
plus qu'on n'est.
1. Le fameux Barbier de Midas , invente l'usage
de la Perruque en faveur de son Prince, pour
couvrir la disgrace de ses oreilles . Plusieurs Maîtres
Perruquiers font sur ce modele de pareilles
coëffures , dont les Courtisans se parent à l'exemple
du Souverain , et transmettent cette mode aux
siecles suivans , qui s'en sont plus d'une fois servis
pour des besoins à peu près semblables.
2. Plusieurs Sauvages se peignent le visage ,
pour ne point laisser paroître les mouvemens de
leur ame. I's sortent des Bois de Samos et viennent
livrer aux Marchands Romais le Fard , la
Pommade , la Céruse et le Vern , que ceuxcy
mettent à la mode parmi les Dames Romaines,
qui s'en servent pour cacher les rides de leurs
visages et le desagrément de leur teint.
.
3. Niobé, fiere du nombre et de la beauté de ses
enfans , leur fait prendre des simboles des Dieux
et se produisant elle- même en public sous un habit
conforme à celui de Latone , elle voudroit à
La
1994 MERCURE DE FRANCE
la faveur de cet appareil passer pour Déesse aux
yeux de son peuple , et faire adorer ses enfanscomme
autant de demi-Dieux , dans un temps où
la Mode commençoit à diviniser les Passions mêmes
. Apollon et Diane font tomber sur cette
mere ambitieuse une grêle de fleches avec une
pluye de feu. Transformée en Rocher, elle éprouve
à ses dépens que c'est une vanité punissable
que d'aspirer à paroître plus que l'on n'est..
SECONDE PARTIE.
29
L'Empire de la Mode s'étend , 1 ° . Sur la
plupart des conditions . 2 ° . Sur presque.
toutes les Nations. 3 ° . Sur tous les âges.
I. ENTRE'E . Lycurgue , gouvernant le Royaume
au nom de son Neveu encore jeune , ne peut
voir sans indignation , que l'entêtement pour la
mode confonde toutes les conditions dans Sparte;
que le Villageois s'érige en Artisan , l'Artisan
en Bourgeois , le Bourgeois en Gentilhomme , le
Gentilhomme en Seigneur , le Seigneur en petit :
Souverain , le Marchand en Magistrat , &c. 11 .
entreprend de réformer de tels abus, et publie avec
appareil, au son des tambours et des trompettes,
une loi sévere par laquelle il regle l'ordre des
conditions.
II. ENTREE. Auguste , après avoir pacifié
l'Univers , fait dresser des Arcs de Triomphe à
l'entrée d'un . Bocage voisin de son Palais. Là il
donne une Fête aux Ambassadeurs des Nations
nouvellement subjugués, qu'il prétend engager à
prendre les manieres Romaines , tant pour le langage
que pour l'habillement ; mais la plupart de
ces Etrangers,, sur tout les Gaulois , jaloux de leure
liberté.
A OUST 1731 . 1995
liberté , se maintiennent dans le droit de changer
de mode à leur gré par le refus qu'ils font de subir
la loi qu'on veut leur imposer , ils se montrent
plus soumis au joug de la Mode qu'à celui
de leur vainqueur.
III. ENTRE'E. La Déesse Manie , soeur de
la Nouveauté , panoît sur un Char traîné par des
Singes. Ce Char n'est d'abord suivi que par des
enfans et de jeunes avanturiers. Bien - tôt après ,
des hommes d'un âge mûr se joignent à ce Cortege.
Enfin de graves Vieillards se mettent euxmêmes
de la partie . Tous ensemble affectent les
airs , la démarche , la contenance , les . grimaces
de cette Cour bizare , et deviennent plus Singes.
que les Singes mêmes.
TROISIE'ME PARTIE.
L'Empire de la Mode est une vraye tyrannie,
qui force àfaire , 1º . plus qu'on ne doit.
2º. Plus qu'on ne veut. 3 ° . Plus qu'on
ne peut.
I. ENTRE'E. En Asie , la mode du grand
deüil regna pour un tems, et fit même un devoir.
aux riches veuves d'élever des Tombeaux à leurs
maris. Artemise et la Matrone d'Ephése , voulant
signaler leur douleur , érigent à leurs Epoux desuperbes
Mausolées. Mercure les voyant l'une et
l'autre inconsolables en apparence , ranime ceux:
qu'elles pleurent , en touchant leurs corps de sa
baguette fatale ; la douleur des deuxaffligées paroit
s'accroître par le prodige même qu'il opera
pour la soulager.
II . ENTRE' E. Deux partis de Gentilshommes
Bourguignons entrent en champ clos et se
battent
1997 MERCURE DE FRANCE
battent en duel malgré leurs répugnances ,sous les
yeux même de leur Roi , arbitre du combat , pour
obéir à la mode barbare établie parmi eux de
prouver, l'épée à la main, son innocence et la justice
de sa cause.
III. ENTRE'B Les quatre Divinitez , du
Jeu, des Festins , du Luxe et de la Volupté, confedérées
avec la Mode , engagent de jeunes Seigneurs
dans de folles dépenses qu'ils ne peuvent
Soutenir. Pendant qu'ils sont occupez à leurs plaisirs
, des Huissiers envoyez par les Créanciers
saisissent ce qu'ils trouvent sous leurs mains
poursuivent les débiteurs , et vont mettre leurs
terres en decret.
>
QUATRIE ME PARTIE.
L'Empire de la Mode tombe en décadence ;
1º . Par une nouvelle Mode qui bannie
la précedente. 2° . Par la rigueur des Loix
qui proscrivent les Modes dangereuses.
3º. Par le temps qui les détruit l'une après
l'autre.
I. ENTRE' E. Pendant que les plus grands
Maîtres raisonnent suivant Pancienne Méthode
dans le Lycée d'Athénes , et traitent gravement
des points de doctrine les plus sublimes , on voit
paroitre une troupe de petits Grecs nouveaux venus
, qui font grand bruit pour interrompre ceux
qu'ils devroient écouter avec respect , contrefont
leurs gestes , copient leur gravité , introduisent.
une mode nouvelle qui fait fortune pour un instant;
mais la saine antiquité prévaut et dissipe les
yaines chimeres.
LL ENTRE' . Henry IV. voulant multiplies
A O UST. 1731. 1997
plier les especes de monnoye qui devenoient rares
en France , avoit porté un Edit par lequel il permettoit
aux seuls Filoux de porter des étoffes
d'or et d'argent. Une troupe de Filoux ayant saisi
les premiers exemplaires imprimez de l'Edit
viennent déguisez en Colporteurs , et distribuent
des copies de cette loi à de jeunes Seigneurs rassemblez
dans un Bal. Ceux - cy aiment mieux
changer d'habits avec les prétendus Colpolteurs
que de passer pour Filoux. Après ce changement
les fourbes font une danse grotesque , où ils se
divertissent aux dépens de leurs dupés.
*
III ENTRE E. Saturne , Dieu du Tems ,
invoqué par de jeune Eleves de Mars , qui lui demandent
les meilleures armes qu'il ait vû mettre
en oeuvre pour la guerre , leur fait apporter
par les Siecles differentes sortes d'armes à la
vieille mode ; on les essaye en sa presence pour
Pattaque d'une Place ; mais ce Dicu les proscrit
d'un coup
de faulx, et ne laisse aux jeunes Guerriers
que l'armure nouvelle qui leur est fournie
par le dernier Siecle ; il menace même d'en abolir
bientôt l'usage.
BALET GENERAL.
Pendant que la Mode fait une Marche triomphale,
et s'applaudit de la victoire qu'elle a rem
portée sur l'Usage , elle est surprise de voir un
grand nombre de Nations l'abandonner aussi aisément
qu'elles l'avoient suivie , et s'attacher à
Constance , Princesse alliée du Roi détrôné et
ennemie de l'Usurpatrice. L'Usage est rétabli sur
le Trône , que la Constance rend fixe et immuable.
Minerve , Déesse de la Sagesse , de concert
avec les Dieux intéressez au bon ordre de l'Uni-
YCA
1998 MERCURE DE FRANCE
vers publie des Loix invariables qui assurent la
gloire , le bonheur et la stabilité de l'Empire.
Les Danses sont de la composition de Mrs Blon
di et Ma taire l'ainé.
Le Lundi 13. de ce mois , on représenta sur le
Théatre du College d'Harcourt , pour la distri
bution des Prix, la Tragedie d' Absa on , de M. Duché.
Les changemens qu'on a été obligé d'y faire
pour l'accommoder à l'usage de ce College , ne
lui ont rien ôté de son vrai mérite Elle fut trèsbien
représentée par les Ecoliers de Réthorique ,
et l'Assemblée fut très - belle et très- nombreuse .
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Résumé : Tragedie de Regulus et Balet de l'empire de la Mode, au College des Jesuites, [titre d'après la table]
Le 1er août, une tragédie latine intitulée 'Regulus' du Père de la Sainte fut représentée au Collège de Louis le Grand pour la distribution des prix, suivie d'un éloge du roi. Le ballet 'L'Empire de la Mode' accompagna cette tragédie et fut divisé en quatre parties : l'établissement, l'extension, la tyrannie et la décadence de la mode. L'ouverture du ballet présente la Mode comme une princesse ambitieuse qui détrône l'Usage, aidée par des soldats modernes. La première partie, 'Établissement de l'Empire de la Mode', illustre l'exemple des grands, comme le barbier de Midas inventant la perruque, l'envie de cacher ses défauts, et l'ambition de paraître plus que l'on est, montrée par Niobé voulant passer pour une déesse. La deuxième partie, 'Extension de l'Empire de la Mode', montre comment la mode confond les conditions sociales à Sparte sous Lycurgue et comment Auguste tente d'imposer les manières romaines aux nations conquises. La déesse Manie, sœur de la Nouveauté, influence tous les âges. La troisième partie, 'Tyrannie de l'Empire de la Mode', décrit comment la mode force à faire plus qu'on ne doit, comme les veuves élevant des tombeaux, pousse à des actions contre nature, comme des duels forcés, et entraîne des dépenses excessives, illustrées par des jeunes seigneurs endettés. La quatrième partie, 'Décadence de l'Empire de la Mode', montre comment une nouvelle mode remplace l'ancienne, les lois proscrivent les modes dangereuses, et le temps détruit les modes successives. Le ballet se conclut par le retour de l'Usage, aidé par la Constance, et l'établissement de lois invariables par Minerve pour assurer la stabilité. Les danses du ballet furent composées par Messieurs Blondy et Mataire l'aîné. Le 13 août, la tragédie 'Absalon' de M. Duché fut représentée au Collège d'Harcourt pour la distribution des prix, adaptée pour les écoliers de rhétorique et bien accueillie par une assemblée nombreuse.
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10377
p. 361
« On a appris de Londres, que le 19. Janvier, M. Southall, ayant été introduit [...] »
Début :
On a appris de Londres, que le 19. Janvier, M. Southall, ayant été introduit [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris de Londres, que le 19. Janvier, M. Southall, ayant été introduit [...] »
On a appris de Londres, que le 19 Í
Janvier , M. Soutliall , ayant ère' introduit
dans la Société Royale , par le Chevalier
Hans-Sloane , qui en est Président , laiprésenta
un Traité nouveau qu'il a com
posé sur l'origine , la narure & la propâ»
gation des Punaises , & il fit part du Re
mède qJU'ii a découvert à la Jamaïque-r
pour se garantit de ces Insectes* ■
Janvier , M. Soutliall , ayant ère' introduit
dans la Société Royale , par le Chevalier
Hans-Sloane , qui en est Président , laiprésenta
un Traité nouveau qu'il a com
posé sur l'origine , la narure & la propâ»
gation des Punaises , & il fit part du Re
mède qJU'ii a découvert à la Jamaïque-r
pour se garantit de ces Insectes* ■
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10378
p. 785
HOLLANDE, PAYS-BAS.
Début :
Le 23. Mars, le feu prit au Palais Episcopal de la Ville de Liege, dont la plus grande partie [...]
Mots clefs :
Palais épiscopal, Liège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAYS-BAS.
HOLLANDE , PAYS - BA s.
L
E 23. Mars , le feu prit au Palais Episcopal
de la Ville de Liege , dont la plus grande partie
a été entierement consumée par les flammes,
ainsi que l'Eglise Paroissialle des onze mille Vierges
, la Chancellerie , les Prisons de l'Officialité ,
et un Magasin considerable de Draps.
L
E 23. Mars , le feu prit au Palais Episcopal
de la Ville de Liege , dont la plus grande partie
a été entierement consumée par les flammes,
ainsi que l'Eglise Paroissialle des onze mille Vierges
, la Chancellerie , les Prisons de l'Officialité ,
et un Magasin considerable de Draps.
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10379
p. 993
PORTRAIT De Pibrac, Comte de Marigny.
Début :
Noble par ses Ayeux, encore plus par lui-même, [...]
Mots clefs :
Aïeux , Pibrac, Judicieux, Gascon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT De Pibrac, Comte de Marigny.
PORTRAIT
De Pibrac , Comte de Marigny .
Noblepar sesAyeux , encor plus par luiḍ
même ,
Pibrac est sage , doux , sincere , Officieux ,
Charitable , judicieux ,
Pour les sçavantes Soeurs son amour est extrê
me ;
Prudent , on le consulte en toute occasion
Et , ce qui plus que tout le reste'
Est digne d'admiration ,
Pibrac est Gascon et modeste.
COCQUARD.
De Pibrac , Comte de Marigny .
Noblepar sesAyeux , encor plus par luiḍ
même ,
Pibrac est sage , doux , sincere , Officieux ,
Charitable , judicieux ,
Pour les sçavantes Soeurs son amour est extrê
me ;
Prudent , on le consulte en toute occasion
Et , ce qui plus que tout le reste'
Est digne d'admiration ,
Pibrac est Gascon et modeste.
COCQUARD.
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10380
p. 379
AUTRE ENIGME.
Début :
Nous sommes deux Freres jumeaux, [...]
Mots clefs :
Patins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME
Ous fommes deux Freres
Nolatora jumeaux, **
Que legrand Hyver rend utiles,
Aux Peuples des Champs & des
Villes,
Qui voyagent deffus les Eaux.
Sa
Maispourdeviner qui nousfommes,
Remarque , cher Lecteur , que nous
wer fervons aux Hommes
Seulement des Pais du Nord;
& Et qu'un Navire de bast Bord
N'a pas plus que nous de vireſſe,
Quand on nousfait conduire avec
adreffe.
Ous fommes deux Freres
Nolatora jumeaux, **
Que legrand Hyver rend utiles,
Aux Peuples des Champs & des
Villes,
Qui voyagent deffus les Eaux.
Sa
Maispourdeviner qui nousfommes,
Remarque , cher Lecteur , que nous
wer fervons aux Hommes
Seulement des Pais du Nord;
& Et qu'un Navire de bast Bord
N'a pas plus que nous de vireſſe,
Quand on nousfait conduire avec
adreffe.
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10381
p. *2267-2267
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Don Antoine de Sequeira d'Albuquerque, Chanoine de l'Eglise Cathédrale de Guarda [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
On Antoine de Sequeira d'Albuquerque ,
Dchanoite de l'Eglise Cathédrale de Guarda
en Portugal , y est mort dans la 103. année de
son âge , ayant po.sedé son Canonicat pendant
86. ans .
Le Cardinal Antoine Banchieri , Secretaire
d'Etat , mourut à Pistoye le 16. Septembre , âgé
de 70. ans , trois mois et 29. jours , étant né le
19. May 1667. Il avoit été créé Cardinal le 9.
May 1726. par le Pape Benoît XIII . mais sa
Fonition ne fut publique que le 30. Avril 1728.
1 avoit le titre de S. Nicolas in Carcere.”
On Antoine de Sequeira d'Albuquerque ,
Dchanoite de l'Eglise Cathédrale de Guarda
en Portugal , y est mort dans la 103. année de
son âge , ayant po.sedé son Canonicat pendant
86. ans .
Le Cardinal Antoine Banchieri , Secretaire
d'Etat , mourut à Pistoye le 16. Septembre , âgé
de 70. ans , trois mois et 29. jours , étant né le
19. May 1667. Il avoit été créé Cardinal le 9.
May 1726. par le Pape Benoît XIII . mais sa
Fonition ne fut publique que le 30. Avril 1728.
1 avoit le titre de S. Nicolas in Carcere.”
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le texte annonce le décès de deux personnalités. Antoine de Sequeira d'Albuquerque, chanoine de l'Église Cathédrale de Guarda, est mort à 103 ans après 86 ans de service. Le Cardinal Antoine Banchieri, secrétaire d'État, est décédé à Pistoye le 16 septembre à 70 ans. Créé cardinal en 1726, il portait le titre de Saint Nicolas in Carcere.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10382
p. 354-355
ENIGME.
Début :
Sans esprit, sans raison, sans jambes & sans bras, [...]
Mots clefs :
Carte de géographie
10384
p. 133-134
PROGRAMME.
Début :
L'ACADÉMIE de Bordeaux distribue toutes les années un Prix de Physique, [...]
Mots clefs :
Académie de Bordeaux, Dissertations , Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME.
PROGRAMME.
'ACADÉMIE de Bordeaux diftribue tou-
L´tes
tes les années un Prix de Phyfique
fondé par feu M. le Duc de la Force . C'eſt
une Médaille d'Or de la valeur de trois
cens livres.
Elle avoit propofé pour le fujet du Prix
de cette année 1755. Quelle eft l'influence
de l'airfur les Végétaux ? Elle defiroit furtout
des Expériences nouvelles. Peut- être le
fujet a-t-il paru trop étendu pour être trai
té d'une maniere qui répondît à fes vues.
Ainfi l'Académie qui a jugé à propos de
réferver ce Prix pour l'année 1757. deman
de que , foit les
par Expériences déja faites
, foit principalement par de nouvelles ;
l'on tâche de determiner Le cours & la
tranſpiration de la Seve relativement aux
différentes qualités de l'air & aux differens
afpects du Soleil & de la Lune.
Elle a déja propofé pour la même année
1757. de déterminer Les meilleurs principes
de la Taille de la Vigne , par rapport à la
difference des efpeces de vignes & à la diverfué
des terroirs pour le Prix réfervé en 1754. :
134 MERCURE DE FRANCE.
Elle propofe pour fujet du Prix de l'année
1758. Quels font les meilleurs moyens
de faire des Prairies dans les lieux fecs , &
quelles Plantes y font les plus propres à
nourrir le gros & le menu Bétail.
y
Le fujer propofé pour l'année 1756,
eft de déterminer La meilleure maniere de
faire les Vins , de les clarifier , & de les conferver
? & l'Académie a annoncé qu'Elle
defiroit que l'on trouvât un moyen de les clarifierfans
oeufs , équivalant à celui des oeufs ,
on meilleur.
Les Differtations fur ce dernier fujet
ne feront reçues que jufqu'au premier Mai
1756. Elles peuvent être en François , ou
en Latin . On demande qu'elles foient
écrites en caracteres bien lifibles.
Au bas des Differtations , il y aura une
Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet
féparé & cacheté , la même Sentence ,
avec fon nom , fon adreffe & fes qualités.
Les Paquets feront affranchis de Port , &ª
adreffés à M. le Préfident BARBOT , Secrétaire
de l'Académie , fur les Foffes du Chapeau
-rouge ; ou à la Veuve de P. BRUN ,
Imprimeur Aggrégé de ladite Académie , rue
Saint James.
A Bordeaux , ce 25 Août 1755.
'ACADÉMIE de Bordeaux diftribue tou-
L´tes
tes les années un Prix de Phyfique
fondé par feu M. le Duc de la Force . C'eſt
une Médaille d'Or de la valeur de trois
cens livres.
Elle avoit propofé pour le fujet du Prix
de cette année 1755. Quelle eft l'influence
de l'airfur les Végétaux ? Elle defiroit furtout
des Expériences nouvelles. Peut- être le
fujet a-t-il paru trop étendu pour être trai
té d'une maniere qui répondît à fes vues.
Ainfi l'Académie qui a jugé à propos de
réferver ce Prix pour l'année 1757. deman
de que , foit les
par Expériences déja faites
, foit principalement par de nouvelles ;
l'on tâche de determiner Le cours & la
tranſpiration de la Seve relativement aux
différentes qualités de l'air & aux differens
afpects du Soleil & de la Lune.
Elle a déja propofé pour la même année
1757. de déterminer Les meilleurs principes
de la Taille de la Vigne , par rapport à la
difference des efpeces de vignes & à la diverfué
des terroirs pour le Prix réfervé en 1754. :
134 MERCURE DE FRANCE.
Elle propofe pour fujet du Prix de l'année
1758. Quels font les meilleurs moyens
de faire des Prairies dans les lieux fecs , &
quelles Plantes y font les plus propres à
nourrir le gros & le menu Bétail.
y
Le fujer propofé pour l'année 1756,
eft de déterminer La meilleure maniere de
faire les Vins , de les clarifier , & de les conferver
? & l'Académie a annoncé qu'Elle
defiroit que l'on trouvât un moyen de les clarifierfans
oeufs , équivalant à celui des oeufs ,
on meilleur.
Les Differtations fur ce dernier fujet
ne feront reçues que jufqu'au premier Mai
1756. Elles peuvent être en François , ou
en Latin . On demande qu'elles foient
écrites en caracteres bien lifibles.
Au bas des Differtations , il y aura une
Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet
féparé & cacheté , la même Sentence ,
avec fon nom , fon adreffe & fes qualités.
Les Paquets feront affranchis de Port , &ª
adreffés à M. le Préfident BARBOT , Secrétaire
de l'Académie , fur les Foffes du Chapeau
-rouge ; ou à la Veuve de P. BRUN ,
Imprimeur Aggrégé de ladite Académie , rue
Saint James.
A Bordeaux , ce 25 Août 1755.
Fermer
Résumé : PROGRAMME.
L'Académie de Bordeaux attribue annuellement un Prix de Physique, doté d'une Médaille d'Or valant trois cents livres, fondé par le Duc de la Force. En 1755, le sujet proposé, l'influence de l'air sur les végétaux, a été jugé trop vaste, reportant le prix à 1757. Pour cette année, l'Académie demande des expériences sur la transpiration de la sève en relation avec les qualités de l'air et les aspects du Soleil et de la Lune, ainsi que des principes de la taille de la vigne en fonction des espèces et des terroirs, sujet reporté de 1754. En 1758, le sujet concerne les meilleurs moyens de créer des prairies dans les lieux secs et les plantes adaptées pour nourrir le bétail. Pour 1756, le sujet porte sur la production, clarification et conservation du vin, avec une préférence pour des méthodes sans œufs. Les dissertations doivent être soumises avant le 1er mai 1756 en français ou en latin, avec une sentence au bas du travail et une copie cachetée contenant le nom, l'adresse et les qualifications de l'auteur. Les paquets doivent être adressés à M. le Président Barbot ou à la Veuve de P. Brun, imprimeur de l'Académie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10385
p. 139-140
LOGOGRYPHE.
Début :
C'est par moi qu'un mortel sans prudence ou folie [...]
Mots clefs :
Mariage
10386
p. 993
TABLE.
Début :
Relation Historique de la Révolution de Constantinople, &c. Lettre sur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Elation Historique de la Révolution de
Constantinople , &c. 829
Lettre sur le même sujet , contenant quelques
Anecdotes , &c.
Judith , Poëme ,
938
945
Lettre sur les differentes Pêches qui se font en
Egypte ,
La Renommée , Ode ,
950
965
Memoire sur les Villes de la Mecque , &c. 969
Logogryphe , 978
Métamorphose du Prince Caulo et d'Orithie
Le Jour , Cantate,
Avis sur Brutus ,
Portrait ,
986
289
992
993
Elation Historique de la Révolution de
Constantinople , &c. 829
Lettre sur le même sujet , contenant quelques
Anecdotes , &c.
Judith , Poëme ,
938
945
Lettre sur les differentes Pêches qui se font en
Egypte ,
La Renommée , Ode ,
950
965
Memoire sur les Villes de la Mecque , &c. 969
Logogryphe , 978
Métamorphose du Prince Caulo et d'Orithie
Le Jour , Cantate,
Avis sur Brutus ,
Portrait ,
986
289
992
993
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10387
p. 361-363
Prix donné au Palinod de Roüen. [titre d'après la table]
Début :
On nous écrit de Roüen, que le 8. du mois de Decembre dernier, on lut, [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Prix académique, Assemblée du Palinod
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix donné au Palinod de Roüen. [titre d'après la table]
On nous écrit de Rouen , que le Si
da mois de Décembre dernier , on lut
selon la- coutume, dans l'AíTemblée du-
Palinod, les Pieces de Poésie qui avoient
été envoyées de çûfserens eàdroits ^fa^iè
ft à MERClTRE DE FRÀNCÊ.
ìt Prix Académique avoit été adjugé a
M. de Becthomas , fils de M. Bois-le-
Vicomte , Conseiller au Parlement , Autheur
de la Piece que voici, au sujet de
ht Naissance du D ab p h in.
*>
yivite ffelices , securi vivite Galli't
Dttlcì* florenti , Lodoix , dabit otia regn»,
Firmabit patrie, soboles pâtre digna salut em*
Jam data frogenies , tdtro cui régna coronas
Ëxtera submittant , qaam G alliea sceptra ma
rierent y -
Masctila fimineìs manions fi Galìia tangì
Sceptra superba finat, Tripljces , tria fidera
natt,
Sunt decus imperiï; solii sed déficit h&ret y.
Aime Deus > gentis spesdeficit : Annue votis }»
Annue regali puerum de sanguine isurgat
Auguftus prinetps ,-populo qui jura ■volenti
Dividat , ér patrittm tra&et non degener enfitm
Ac nevus txoritur fer rum , per oppida plaît*
fus:
Jngeminanf Utt Regalia nomina votes»
Scilicet optati partús rumore secundo ,
tama volant late populos afflavit ovantes*
flaudite , felicès, securi plaudite Galli :'
Farta quies vobis ; veftros quoque Uta nepotes
Sida manet. Solio fedent , uternumaue jedebit
jHclyt* Borbohi»U« proies / qui rìafcitur
Boa.-
FEVRTER. 1750: &f
éoRBONiUS , fuccedet Avis : natalia monflrant
Tempora quantus erit : fofitis concordia beSis
uíptavit placidum tantis natalibus orbem.
Trincipis ad cunas concors Europa volavit
Arma, fimnl, bellique minas pofitura ; Quiefcitï
Arbiter eft, Lodoix , DelphinTJS foederis Obseli
Cresce , Puer; tibi s&cla fittant felicia ; Regum
Cum Lodoix dicetttr Avus , RegHmque Ma
ria.
Filin, Sponfa , Parena Pat rit. die arts Amore s,
da mois de Décembre dernier , on lut
selon la- coutume, dans l'AíTemblée du-
Palinod, les Pieces de Poésie qui avoient
été envoyées de çûfserens eàdroits ^fa^iè
ft à MERClTRE DE FRÀNCÊ.
ìt Prix Académique avoit été adjugé a
M. de Becthomas , fils de M. Bois-le-
Vicomte , Conseiller au Parlement , Autheur
de la Piece que voici, au sujet de
ht Naissance du D ab p h in.
*>
yivite ffelices , securi vivite Galli't
Dttlcì* florenti , Lodoix , dabit otia regn»,
Firmabit patrie, soboles pâtre digna salut em*
Jam data frogenies , tdtro cui régna coronas
Ëxtera submittant , qaam G alliea sceptra ma
rierent y -
Masctila fimineìs manions fi Galìia tangì
Sceptra superba finat, Tripljces , tria fidera
natt,
Sunt decus imperiï; solii sed déficit h&ret y.
Aime Deus > gentis spesdeficit : Annue votis }»
Annue regali puerum de sanguine isurgat
Auguftus prinetps ,-populo qui jura ■volenti
Dividat , ér patrittm tra&et non degener enfitm
Ac nevus txoritur fer rum , per oppida plaît*
fus:
Jngeminanf Utt Regalia nomina votes»
Scilicet optati partús rumore secundo ,
tama volant late populos afflavit ovantes*
flaudite , felicès, securi plaudite Galli :'
Farta quies vobis ; veftros quoque Uta nepotes
Sida manet. Solio fedent , uternumaue jedebit
jHclyt* Borbohi»U« proies / qui rìafcitur
Boa.-
FEVRTER. 1750: &f
éoRBONiUS , fuccedet Avis : natalia monflrant
Tempora quantus erit : fofitis concordia beSis
uíptavit placidum tantis natalibus orbem.
Trincipis ad cunas concors Europa volavit
Arma, fimnl, bellique minas pofitura ; Quiefcitï
Arbiter eft, Lodoix , DelphinTJS foederis Obseli
Cresce , Puer; tibi s&cla fittant felicia ; Regum
Cum Lodoix dicetttr Avus , RegHmque Ma
ria.
Filin, Sponfa , Parena Pat rit. die arts Amore s,
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Résumé : Prix donné au Palinod de Roüen. [titre d'après la table]
En décembre précédent, un événement académique a eu lieu à Rouen lors de la lecture des pièces de poésie à l'Assemblée du Palais. Un prix académique a été décerné à M. de Becthomas, fils de M. Bois-le-Vicomte, Conseiller au Parlement. La pièce primée célèbre la naissance du Dauphin. Le poème exprime des vœux de bonheur et de sécurité pour la France sous le règne de Louis, espérant la consolidation de la patrie et la continuité de la lignée royale. Il mentionne la fin des menaces féminines et la stabilité des trois sceptres, symbolisant la puissance impériale. Le texte se conclut par des vœux pour la prospérité et la paix, espérant que le Dauphin grandira pour devenir un prince auguste et juste, apportant bonheur et stabilité au peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10388
p. 2273-2277
Le Caprice d'Erato, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 28. Septembre, l'Académie Royale de Musique reprit l'Opera d'Alcione, [...]
Mots clefs :
Apollon, Académie royale de musique, Chants, Erato
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Caprice d'Erato, &c. [titre d'après la table]
SPECTACLES.
E 28. Septembre , l'Académie Royale
de Mufique reprit l'Opera d'Alcione
dont on a donné l'Extrait dans le premier
volume du mois de Juin dernier ,
& le 8. de ce mois on en retrancha le Prologue,
& on donna à la place, à la fin de
la Piece , un Divertiffement d'un Acte ,
intitulé , Le Caprice d'Erato , lequel avoiť
été compofé l'année paffée à l'occafion
de la Naiffance de Monfeigneur le DAUPHIN.
Ce Divertiffement a été exccuté
plufieurs fois avec fuccès à la Cour , en
prefence de Leurs Majeftez : Les paroles
font de la compofition de M. Fufelier ,
& la Mufique de M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Mufique du Roi ; voici en
peu de mots le Sujet :
Erato & fes Eleves font entendre leurs
Chants dans des lieux que le Heros de la
France honore fouvent de fa prefence ;
Apollon même anime leurs Concerts,
Minerve vient leur annoncer un nouveau
fujet de fête ; c'eft la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin . Elle s'exprime ainfi :
Louis, à vos Concerts offre un objet nouveau ;
Il
2274 MERCURE DE FRANCE
Il vous donne un Dauphin ; tous les Dieux-l'environnent
;
Les Vertus gardent fon Berceau ;
Les Graces le couronnent .
Apollon ranime Erato & fes Eleves par
ces deux Vers :
Chantez ; de votre fort celebrez les appas ;
Mortels , tous les plaiſirs vont voler fur vos pas.
Minerve fe joint à Apollon , & fait une
feconde Invitation ; le Choeur repete les
deux Vers qu'Apollon a chantez. Erato
commence la Fête par ces Vers , qu'elle
adreffe à fes Eleves.
+3
Par mille Chants nouveaux,fignalons notre hom
mage ;
C'eft ainfi qu'Erato peut exprimer fes voeux
Terpficore , venez , embelliffez nos jeux.
De cent objets divers traçons ici l'image ;
Exprimons nos tranſports dans un caprice heu
reux .
Ces derniers Vers font l'expofition du
Divertiffement ; Terpficore feconde les
Chants d'Erato par fes Danfes legeres.
Erato.
De la faifon nouvelle ,
Je vais vous peindre le retour;
´
De
OCTOBRE. 1730. 2275
De Bergers amoureux , qu'une Troupe fidele ,
Vienne avec moi celebrer ce beau jour.
Après quelques Chants & quelques
Danfes, une Bergere chante cet Air :
Le Printems regne enfin dans ce charmant féjour;
En faveur des plaiſirs il ranime l'ombrage ;
Et déja l'Amant ſuit l'Amour
Qui l'appelle fous le feuillage.
>
Le caprice d'Erato s'étend jufqu'aux Enfers
; mais comme cette Mufe juge bien
qu'une Fête infernale ne convient pas au
fujet qu'elle veut celebrer , elle dit :
Reftez, Monftres affreux , dans le fond des En
fers ;
Refpectez les plaisirs qui charment l'Univers.
Ce bruit infernal lui donne occafion"
de faire regner le fommeil qui doit fervir
à le calmer. Au fommeil fuccedent des
Bacchantes ; une Eleve d'Erato chante ces
quatre Vers :
Bacchus , ne tarde pas ; regne , viens nous faifir ,
De ta douce folie , heureux qui fent les charmes ,
A la trifte Raifon tu ne ravis les armes ,
Que pour les donner au Plaifir .
Erato ordonne une Symphonie qui imi-
το
2276 MERCURE DE FRANCE
te le chant des Oifeaux : elle chante ces
quatre Vers :
Oifeaux , que vos Concerts m'enchantent fur ces
bords !
Vous chantez le Dieu qui m'engage ;
Lorfqu'on a de l'Amour éprouvé les tranſports ,
On entend bien votre langage.
Diane vient le joindre à la Fête ; on entend
une Fanfare de Cors de Chaffe ; on
chante ces deux Couplets :
Diane , tes Jeux ont fçu plaire ,
Au plus charmant des Rois ;
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Il a fait oublier Adonis dans Cythere.
Amour , vous volez fur les traces ,
Du plus charmant des Rois :
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Venus dans fes Jardins ne trouve plus les Graces:
Apollon invite Erato & fes Eleves à
fignaler toujours leur zele pour le Roi .
La Fête finit par ces Vers que Minerve
chante :
Zéphirs , quittez la Cour de Flore ,
Pour le beau Lys qui vient d'éclores
L'éclat de ce Lys précieux ,
Dans
OCTOBRE . 1730. 2277
2.
Dans cent climats va fe répandre ;
La terre pouvoit- elle attendre ,
Un plus riche préfent des Cieux ?
Zéphirs , &c.
Auprès de cette aimable Fleur ,
Volez fur les bords de la Seine
Et que votre plus douce haleine
Conferve à jamais fa fraîcheur;
Zéphirs , &c.
Ces Couplets font fuivis d'un Choeur
dont Apollon fournit le fujet.
E 28. Septembre , l'Académie Royale
de Mufique reprit l'Opera d'Alcione
dont on a donné l'Extrait dans le premier
volume du mois de Juin dernier ,
& le 8. de ce mois on en retrancha le Prologue,
& on donna à la place, à la fin de
la Piece , un Divertiffement d'un Acte ,
intitulé , Le Caprice d'Erato , lequel avoiť
été compofé l'année paffée à l'occafion
de la Naiffance de Monfeigneur le DAUPHIN.
Ce Divertiffement a été exccuté
plufieurs fois avec fuccès à la Cour , en
prefence de Leurs Majeftez : Les paroles
font de la compofition de M. Fufelier ,
& la Mufique de M. de Blamont , Sur- Intendant
de la Mufique du Roi ; voici en
peu de mots le Sujet :
Erato & fes Eleves font entendre leurs
Chants dans des lieux que le Heros de la
France honore fouvent de fa prefence ;
Apollon même anime leurs Concerts,
Minerve vient leur annoncer un nouveau
fujet de fête ; c'eft la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin . Elle s'exprime ainfi :
Louis, à vos Concerts offre un objet nouveau ;
Il
2274 MERCURE DE FRANCE
Il vous donne un Dauphin ; tous les Dieux-l'environnent
;
Les Vertus gardent fon Berceau ;
Les Graces le couronnent .
Apollon ranime Erato & fes Eleves par
ces deux Vers :
Chantez ; de votre fort celebrez les appas ;
Mortels , tous les plaiſirs vont voler fur vos pas.
Minerve fe joint à Apollon , & fait une
feconde Invitation ; le Choeur repete les
deux Vers qu'Apollon a chantez. Erato
commence la Fête par ces Vers , qu'elle
adreffe à fes Eleves.
+3
Par mille Chants nouveaux,fignalons notre hom
mage ;
C'eft ainfi qu'Erato peut exprimer fes voeux
Terpficore , venez , embelliffez nos jeux.
De cent objets divers traçons ici l'image ;
Exprimons nos tranſports dans un caprice heu
reux .
Ces derniers Vers font l'expofition du
Divertiffement ; Terpficore feconde les
Chants d'Erato par fes Danfes legeres.
Erato.
De la faifon nouvelle ,
Je vais vous peindre le retour;
´
De
OCTOBRE. 1730. 2275
De Bergers amoureux , qu'une Troupe fidele ,
Vienne avec moi celebrer ce beau jour.
Après quelques Chants & quelques
Danfes, une Bergere chante cet Air :
Le Printems regne enfin dans ce charmant féjour;
En faveur des plaiſirs il ranime l'ombrage ;
Et déja l'Amant ſuit l'Amour
Qui l'appelle fous le feuillage.
>
Le caprice d'Erato s'étend jufqu'aux Enfers
; mais comme cette Mufe juge bien
qu'une Fête infernale ne convient pas au
fujet qu'elle veut celebrer , elle dit :
Reftez, Monftres affreux , dans le fond des En
fers ;
Refpectez les plaisirs qui charment l'Univers.
Ce bruit infernal lui donne occafion"
de faire regner le fommeil qui doit fervir
à le calmer. Au fommeil fuccedent des
Bacchantes ; une Eleve d'Erato chante ces
quatre Vers :
Bacchus , ne tarde pas ; regne , viens nous faifir ,
De ta douce folie , heureux qui fent les charmes ,
A la trifte Raifon tu ne ravis les armes ,
Que pour les donner au Plaifir .
Erato ordonne une Symphonie qui imi-
το
2276 MERCURE DE FRANCE
te le chant des Oifeaux : elle chante ces
quatre Vers :
Oifeaux , que vos Concerts m'enchantent fur ces
bords !
Vous chantez le Dieu qui m'engage ;
Lorfqu'on a de l'Amour éprouvé les tranſports ,
On entend bien votre langage.
Diane vient le joindre à la Fête ; on entend
une Fanfare de Cors de Chaffe ; on
chante ces deux Couplets :
Diane , tes Jeux ont fçu plaire ,
Au plus charmant des Rois ;
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Il a fait oublier Adonis dans Cythere.
Amour , vous volez fur les traces ,
Du plus charmant des Rois :
Depuis qu'on le voit dans les Bois ,
Venus dans fes Jardins ne trouve plus les Graces:
Apollon invite Erato & fes Eleves à
fignaler toujours leur zele pour le Roi .
La Fête finit par ces Vers que Minerve
chante :
Zéphirs , quittez la Cour de Flore ,
Pour le beau Lys qui vient d'éclores
L'éclat de ce Lys précieux ,
Dans
OCTOBRE . 1730. 2277
2.
Dans cent climats va fe répandre ;
La terre pouvoit- elle attendre ,
Un plus riche préfent des Cieux ?
Zéphirs , &c.
Auprès de cette aimable Fleur ,
Volez fur les bords de la Seine
Et que votre plus douce haleine
Conferve à jamais fa fraîcheur;
Zéphirs , &c.
Ces Couplets font fuivis d'un Choeur
dont Apollon fournit le fujet.
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Résumé : Le Caprice d'Erato, &c. [titre d'après la table]
Le 28 septembre, l'Académie Royale de Musique a repris l'opéra 'Alcione'. Le 8 octobre, le prologue de cet opéra a été supprimé et remplacé par un divertissement intitulé 'Le Caprice d'Erato'. Ce divertissement avait été composé l'année précédente pour célébrer la naissance du Dauphin et avait déjà été exécuté avec succès à la cour en présence du roi et de la reine. Les paroles étaient de M. Fuzelier et la musique de M. de Blamont, surintendant de la musique du roi. Le sujet du divertissement met en scène Erato et ses élèves chantant dans des lieux honorés par le héros de la France. Apollon anime leurs concerts, tandis que Minerve annonce la naissance du Dauphin. Elle déclare que Louis offre un Dauphin, entouré de tous les dieux, avec les Vertus gardant son berceau et les Grâces le couronnant. Apollon et Minerve invitent à célébrer cet événement. Erato commence la fête en exprimant ses vœux et en invitant Terpsichore à embellir leurs jeux. Le divertissement inclut des chants et des danses, une bergère chantant un air sur le printemps, et une référence aux Enfers, rapidement écartée pour revenir aux plaisirs. Des Bacchantes apparaissent, suivies d'une symphonie imitant le chant des oiseaux. Diane rejoint la fête, et Apollon invite Erato et ses élèves à continuer leur zèle pour le roi. La fête se termine par des couplets chantés par Minerve, célébrant la naissance du Dauphin et invitant les Zéphyrs à protéger cette 'aimable Fleur'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10389
p. 153-157
Neuviéme suite des Reflexions sur les Ballets.
Début :
Nous avons un Ballet plus récent du même Auteur, intitulé les Fêtes Grecques & [...]
Mots clefs :
Ballet, Apollon, Danse, Roi, Muse, Scène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Neuviéme suite des Reflexions sur les Ballets.
Neuvième ſuite des Reflexions ſur les Ballets.
Nous avons un Ballet plus récent du même
Auteur intitulé les Fêtes Grecques
Romaines , dont le Prologne contient un
morceaude danſe pittoreſque qui a toujours
été fort applaudi & dans fa premiére répréſentation
& dans les repriſes nombreuſes
de ce Ballet Hiſtorique , qui a été mis
enMuſique par M. Collin de Blamont Sur-
Intendant de la Muſique de la Chambre du
Roi.
LaDécoration de ce Prologue repréſente
au fond le Temple de Mémoire orné de
Statues des Grands Hommes & d'Inſcriptions
à leur louange. On y arrive par une
grande & magnifique place décorrééee dans
le même goût.
Les Eleves d'EratoMuſe de la Muſique s'y
trouvent raſſemblés par l'ordre d'Apollon
pour ſeconder les deſſeins de la Mufede
Hiſtoire , qui s'explique ainſi.
CLIO.
vous qui conſacrez votre aimable génie
A la Muſe de l'Harmonie ,
Répondez à mes veux , ſecondez ſes efforts ;
Apollon vous raſſemble au Temple de Mémoire ;
Gy
$ 54 MERCURE DE FRANCE.
Pour les Héros ſignalés dans l'Hiſtoire
Je vous demande des accords ;
Des Guerriers fabuleux c'eſt trop chanter la
Gloire ;
Hatez vous d'éprouver de plus nebles tranſports.
Sur la fin de cette Scéne Apollon furvient.
Sa préſence réjouit les deux Muſes .
Ce Dieu qui connoit le goût de notre ſiécle
pour la danſe & qui n'a pas beſoin pour
cette connoiſlance d'être l'Oracle de Delphes
& de Delos , leur dit.
APOLLON.
Vous allez expoſer ſur la Lyrique Scéne
Des Heros, l'ornement & de Rome & d'Athéne ;
Non , ce n'est pas affés de vos charmans concertsi
Une Muſe vous manque encore ,
Croyez vous réunir les fuffrages divers ,
Sans le ſecours de Terpſicore ?
C'eſt en vain qu'aujourd'hui des chants mélodieux
Sur la Scéne appellent les Graces ;
Si la danſe n'amuſe & ne charme les yeux ,
L'ennui ſuit les plaiſirs& vole ſur leurs traces.
Terpficore paroît à la tête de tous ſes
éleves differemment habillés & caractériſés .
Une chacone gracieuſe & variée les amene ,
& leur aimable Divinité exprime differentes
FEVRIER 1746. 155
paſſions par ſes pas &ſes attitudes.Apollon&
Erato célebrent ſes talens par ces vers.
Qu'elle danſe vive & légere !
Les jeux , les ris vous ſuivent tous ,
Muſe brillante , auprès de vous
On voit plus d'Amours qu'à Cythere.
ر
Tous peignez ànosyeux les tranſports des amans ,
Les tendres ſoins , la flateuſe eſpérance ,
Le deſeſpoir jaloux , la cruelle vengeance
Tous vos pas ſont des ſentimens.
Zéphire vole fur vos traces
Plus vif que dans les plus beaux jours;
Vos pas enviés par les Graces ,
Sont applaudis par les Amours .
:
Ce Ballet toujours applaudi depuis fa
naiffance fut preſque rejerté à la derniere
répétition qui s'en fit fur le Théatre de
l'Opéra , & Mlle. Prevőt qui en a établi le
ſuccès ſe rendoit à l'erreur de la critique .....
*Cet éloge donné à Terpsicore doit être une leç6o1n3
pour ses favoris , de qui la danse denuée d'ordre S
d'expreſſion n'est souvent qu'un tiſſu de pas inspirés par
le caprice , &fans aucune analogie avec le perſonnage
du danseur qui les exécute .
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
mais ſupprimons le détail d'un fait quí
n'honore pas le diſcernement des arbitres de
ce tems- là ; contentons nous de dire que
cet heureux Ballet a été depuis exécuté avec
un ſuffrage univerſel par Mile. Camargo , la
charmante Mlle. Barbarine & la jeune Mlle.
Cauchois; ces deux dernieres danſeuſes brillent
à préſent à la Cour de Pruſſe.
Il y a une anecdote qui concerne les Fêtes
Grecques & Romaines que nous allons
développer ici , c'eſt que cet ouvrage étoit
deſtiné pour le Théatre du Louvre; le Vainqueur
de Fontenoy devoity danſer ſous le
nom du Vainqueur d'Actium , & Louis XV.
auroit repréſenté Auguſte amené chés Mecéne
par la Fête des Saturnales , mais il
fut alors décidé , malheureuſement pour les
Auteurs de ce Ballet , mais très-heureuſement
pour le reſte de la France , que le
Roi ne s'occuperoit plus des amuſemens
frivoles , & qu'il commenceroit dès - lors
cette illuſtre carriere où il a ſemé depuis
tant de lauriers & tant de vertus. On ſçait
que la Fête des Saturnales confondoit chés
les Romains les Maîtres & les Eſclaves ;
pouvoit-on choiſir un divertiſſement plus
convenable pour mêler un Roi puiſſant avec
fes ſujets , &mieux introduire le Monarque
qui fait les délices de la France que ſous le
FEVRIER
1746. 154
nom de l'Empereur qui fonda la félicité de l'Empire de Rome ? Ce parallele admet
pourtant une difference conſidérable en ce que la vieilleſſe d'Auguſte , toute vertueuſe qu'elle fut , eſt effacée par la jeuneſſe de
Louis XV .
Nous avons un Ballet plus récent du même
Auteur intitulé les Fêtes Grecques
Romaines , dont le Prologne contient un
morceaude danſe pittoreſque qui a toujours
été fort applaudi & dans fa premiére répréſentation
& dans les repriſes nombreuſes
de ce Ballet Hiſtorique , qui a été mis
enMuſique par M. Collin de Blamont Sur-
Intendant de la Muſique de la Chambre du
Roi.
LaDécoration de ce Prologue repréſente
au fond le Temple de Mémoire orné de
Statues des Grands Hommes & d'Inſcriptions
à leur louange. On y arrive par une
grande & magnifique place décorrééee dans
le même goût.
Les Eleves d'EratoMuſe de la Muſique s'y
trouvent raſſemblés par l'ordre d'Apollon
pour ſeconder les deſſeins de la Mufede
Hiſtoire , qui s'explique ainſi.
CLIO.
vous qui conſacrez votre aimable génie
A la Muſe de l'Harmonie ,
Répondez à mes veux , ſecondez ſes efforts ;
Apollon vous raſſemble au Temple de Mémoire ;
Gy
$ 54 MERCURE DE FRANCE.
Pour les Héros ſignalés dans l'Hiſtoire
Je vous demande des accords ;
Des Guerriers fabuleux c'eſt trop chanter la
Gloire ;
Hatez vous d'éprouver de plus nebles tranſports.
Sur la fin de cette Scéne Apollon furvient.
Sa préſence réjouit les deux Muſes .
Ce Dieu qui connoit le goût de notre ſiécle
pour la danſe & qui n'a pas beſoin pour
cette connoiſlance d'être l'Oracle de Delphes
& de Delos , leur dit.
APOLLON.
Vous allez expoſer ſur la Lyrique Scéne
Des Heros, l'ornement & de Rome & d'Athéne ;
Non , ce n'est pas affés de vos charmans concertsi
Une Muſe vous manque encore ,
Croyez vous réunir les fuffrages divers ,
Sans le ſecours de Terpſicore ?
C'eſt en vain qu'aujourd'hui des chants mélodieux
Sur la Scéne appellent les Graces ;
Si la danſe n'amuſe & ne charme les yeux ,
L'ennui ſuit les plaiſirs& vole ſur leurs traces.
Terpficore paroît à la tête de tous ſes
éleves differemment habillés & caractériſés .
Une chacone gracieuſe & variée les amene ,
& leur aimable Divinité exprime differentes
FEVRIER 1746. 155
paſſions par ſes pas &ſes attitudes.Apollon&
Erato célebrent ſes talens par ces vers.
Qu'elle danſe vive & légere !
Les jeux , les ris vous ſuivent tous ,
Muſe brillante , auprès de vous
On voit plus d'Amours qu'à Cythere.
ر
Tous peignez ànosyeux les tranſports des amans ,
Les tendres ſoins , la flateuſe eſpérance ,
Le deſeſpoir jaloux , la cruelle vengeance
Tous vos pas ſont des ſentimens.
Zéphire vole fur vos traces
Plus vif que dans les plus beaux jours;
Vos pas enviés par les Graces ,
Sont applaudis par les Amours .
:
Ce Ballet toujours applaudi depuis fa
naiffance fut preſque rejerté à la derniere
répétition qui s'en fit fur le Théatre de
l'Opéra , & Mlle. Prevőt qui en a établi le
ſuccès ſe rendoit à l'erreur de la critique .....
*Cet éloge donné à Terpsicore doit être une leç6o1n3
pour ses favoris , de qui la danse denuée d'ordre S
d'expreſſion n'est souvent qu'un tiſſu de pas inspirés par
le caprice , &fans aucune analogie avec le perſonnage
du danseur qui les exécute .
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
mais ſupprimons le détail d'un fait quí
n'honore pas le diſcernement des arbitres de
ce tems- là ; contentons nous de dire que
cet heureux Ballet a été depuis exécuté avec
un ſuffrage univerſel par Mile. Camargo , la
charmante Mlle. Barbarine & la jeune Mlle.
Cauchois; ces deux dernieres danſeuſes brillent
à préſent à la Cour de Pruſſe.
Il y a une anecdote qui concerne les Fêtes
Grecques & Romaines que nous allons
développer ici , c'eſt que cet ouvrage étoit
deſtiné pour le Théatre du Louvre; le Vainqueur
de Fontenoy devoity danſer ſous le
nom du Vainqueur d'Actium , & Louis XV.
auroit repréſenté Auguſte amené chés Mecéne
par la Fête des Saturnales , mais il
fut alors décidé , malheureuſement pour les
Auteurs de ce Ballet , mais très-heureuſement
pour le reſte de la France , que le
Roi ne s'occuperoit plus des amuſemens
frivoles , & qu'il commenceroit dès - lors
cette illuſtre carriere où il a ſemé depuis
tant de lauriers & tant de vertus. On ſçait
que la Fête des Saturnales confondoit chés
les Romains les Maîtres & les Eſclaves ;
pouvoit-on choiſir un divertiſſement plus
convenable pour mêler un Roi puiſſant avec
fes ſujets , &mieux introduire le Monarque
qui fait les délices de la France que ſous le
FEVRIER
1746. 154
nom de l'Empereur qui fonda la félicité de l'Empire de Rome ? Ce parallele admet
pourtant une difference conſidérable en ce que la vieilleſſe d'Auguſte , toute vertueuſe qu'elle fut , eſt effacée par la jeuneſſe de
Louis XV .
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10390
p. 161-165
MORTS.
Début :
Dame Jeanne du Bovéxe de Villemor, veuve de Messire Alexis [...]
Mots clefs :
Décès, Dame, Veuve, Messire, Fille d'honneur, Docteur en théologie, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Dame Jeanne du Bovéxe de Villemor
, veuve de Meffire Alexis
François Dauyet , Comte des Marefts
, Grand Fauconnier de France,
mourut le 24 Avril 1717. âgée de
>
68 ans , ayant eû entr'autres Enfans,
Dame Françoife Chreftienne
Dauvet mariée en 1704. à Guil-
Jaume Alexandre Marquis de
Vieuxpont , & François Dauvet
Comte des Marefts , à préfent
Grand Fauconnier de France , marié
depuis l'an 170г. avec Dame
Marie Robert , de laquelle il
a eû entr'autres, M. le Comte des
Marefts reçû depuis peu en furvivance
de M. fon Pere , dans la
Charge de Grand Fauconnier de
France.
Madame des Marefts avoit été
élevée Fille d'Honneur de Madame
Ducheffe d'Orleans , & ele
étoit fille de Robert de Bovéxe ,
Seigneur de Villemor en Poitou
O iij
62 LE
MERCURE
& de Marie d'Eſcoubleau , de la
Branche des Seigneurs du Coudray
Montpenfier. Pour la Genealogie
de Dauvet , voyez la nouvelle
Edition des Grands Officiers de la
Couronne par le Pere Anfelme, au
Chapitre des Grands Fauconniers ,
vol. infol. 1496.
Meffire Hiacinthe Ravechet
Preftre , Docteur en Theologie de
la Faculté de Paris , Maiſon & Société
de Sorbonne , & Syndic de
ladite Faculté , mourut le 24 Avril
1717. à S. Melaine de Rennes.
Meffire Pierre Charles Dappougny
, Seigneur de Jambeville & de :
Serincourt , Maiftré d'Hoftel Ordinaire
du Roy , mourut le 4. May.
Il étoit fils de feu Claude Dappougny,
Secretaire du Roy , & l'un
des Fermiers Generaux de fa Majefté
, & de Claude Bruchet.
Meffire Louis Gafpard Macharel
, Premier Maiftre d'Hoftel de
S. A.R.Merle Duc d'Orleans ,mourut
le 12 мay .
Meffire Lojiis Pafquier , Seigneur
DE MAY. 153
de Coulandes & de Chauffour ,
Lieutenant Particulier au Chaftelet
de Paris depuis 1690. aprés y
avoir été Avocat du Roy , mourut
le 13 May..
Dame Magdelaine de Jaucourt ;
femme de мeffire Armand de мormes
, Chevalier Seigneur de faint
Hilaire & de Garges , & Comman→
deur de l'Ordre de S. Louis, Lieurenant
General des Armées du Roy
& de l'Artilerie de France , & Confeiller
au Confeil de Guerre , mourut
le 13 May 1717. Elle fortoit d'une
Maifon également confidérable
par fon Ancienneté & par fes Alliances.
Meffire Antoine Michel de Sabine
, Baron de la Quiefe , Gentil-
Homme Ordinaire de la Maifon du
Roy , mourut le 1 ; мay.
Dame Jeanne de Montaut, veuve
de мeffire Nicolas de Croifmare ,
Prefident en la Cour des Aydes de
Normandie , mourut le is may
1717. La Famille de Croifmare eft
originaire de Normandie , & des
164 LE MERCURE
plus diftinguées par fon Ancieneté,
par fes Alliances , & par les
premieres
Charges de la Robe , dont
elle a été decorée depuis long- tems .
Metfire Louis le Preftre du Puy
Vauban Abbé de Brantofme & de
Belleville , Prieur de S. André de
Cuzaguais , mourut le ... de May
Il étoit frere de мeffire Antoine le
Preftre , Seigneur du Puy-Vauban ,
Lieutenant General des Armées du
Roy , Directeur des Fortifications
d'Artois, Gouverneur de Bethune ,
& Neveu à la mode de Bretagne,
de feu Mr. le Maréchal de Vauban .
Dame Scholaftique Geneviève
d'Anglure , femme de мeffire Louis
d'Ornaifon , Comte de Chamarande
, Lieutenant General des Armées
du Roy , mourut le .. de May
Elle étoit Fille de мeffire Nicolas
d'Anglure , Marquis de Bourlemont
, Lieutenant General des Armées
du Roy , & de Dame Anne
Thibault , & elle avoit eû entr'autres
enfans , M. le Marquis de
Bafancy , Colonel du Regiment de
DE MAY . 165
la Reyne , tué au Siége de Turin
en 1706. & quelques autres Enfans
tous morts fans alliance . La мạifon
d'Anglure eft originaire de
Champagne & l'une des plus anciennes
& des plus illuftres de cer--
te Province .
MIS de la Foffe , Jouvenet , &
Boulogne l'aîné , tous trois Peintres
Ordinaires du Roy, moururent
ces jours paffez.
мeffire Pierre , Sire & Comte de
Lannion , Baron & Pair de Bretagne
, Vicomte de Rennes , marquis
d'Epinay & autres lieux , Lieutenant
General des Armées du Roy,
& Gouverneur des Ville & Chẫ▾
teau de S. Malo , Vannes & Au
ray , deceda le 27 May , âgé de
75 ans 3 mois.
Dame Elifabeth Bonnet veuve
du Marquis de Pons de Chavigny,
mourut le 7 de ce mois en fon Chateau
de Pons fur Seine , àgée de
76 ans.
Dame Jeanne du Bovéxe de Villemor
, veuve de Meffire Alexis
François Dauyet , Comte des Marefts
, Grand Fauconnier de France,
mourut le 24 Avril 1717. âgée de
>
68 ans , ayant eû entr'autres Enfans,
Dame Françoife Chreftienne
Dauvet mariée en 1704. à Guil-
Jaume Alexandre Marquis de
Vieuxpont , & François Dauvet
Comte des Marefts , à préfent
Grand Fauconnier de France , marié
depuis l'an 170г. avec Dame
Marie Robert , de laquelle il
a eû entr'autres, M. le Comte des
Marefts reçû depuis peu en furvivance
de M. fon Pere , dans la
Charge de Grand Fauconnier de
France.
Madame des Marefts avoit été
élevée Fille d'Honneur de Madame
Ducheffe d'Orleans , & ele
étoit fille de Robert de Bovéxe ,
Seigneur de Villemor en Poitou
O iij
62 LE
MERCURE
& de Marie d'Eſcoubleau , de la
Branche des Seigneurs du Coudray
Montpenfier. Pour la Genealogie
de Dauvet , voyez la nouvelle
Edition des Grands Officiers de la
Couronne par le Pere Anfelme, au
Chapitre des Grands Fauconniers ,
vol. infol. 1496.
Meffire Hiacinthe Ravechet
Preftre , Docteur en Theologie de
la Faculté de Paris , Maiſon & Société
de Sorbonne , & Syndic de
ladite Faculté , mourut le 24 Avril
1717. à S. Melaine de Rennes.
Meffire Pierre Charles Dappougny
, Seigneur de Jambeville & de :
Serincourt , Maiftré d'Hoftel Ordinaire
du Roy , mourut le 4. May.
Il étoit fils de feu Claude Dappougny,
Secretaire du Roy , & l'un
des Fermiers Generaux de fa Majefté
, & de Claude Bruchet.
Meffire Louis Gafpard Macharel
, Premier Maiftre d'Hoftel de
S. A.R.Merle Duc d'Orleans ,mourut
le 12 мay .
Meffire Lojiis Pafquier , Seigneur
DE MAY. 153
de Coulandes & de Chauffour ,
Lieutenant Particulier au Chaftelet
de Paris depuis 1690. aprés y
avoir été Avocat du Roy , mourut
le 13 May..
Dame Magdelaine de Jaucourt ;
femme de мeffire Armand de мormes
, Chevalier Seigneur de faint
Hilaire & de Garges , & Comman→
deur de l'Ordre de S. Louis, Lieurenant
General des Armées du Roy
& de l'Artilerie de France , & Confeiller
au Confeil de Guerre , mourut
le 13 May 1717. Elle fortoit d'une
Maifon également confidérable
par fon Ancienneté & par fes Alliances.
Meffire Antoine Michel de Sabine
, Baron de la Quiefe , Gentil-
Homme Ordinaire de la Maifon du
Roy , mourut le 1 ; мay.
Dame Jeanne de Montaut, veuve
de мeffire Nicolas de Croifmare ,
Prefident en la Cour des Aydes de
Normandie , mourut le is may
1717. La Famille de Croifmare eft
originaire de Normandie , & des
164 LE MERCURE
plus diftinguées par fon Ancieneté,
par fes Alliances , & par les
premieres
Charges de la Robe , dont
elle a été decorée depuis long- tems .
Metfire Louis le Preftre du Puy
Vauban Abbé de Brantofme & de
Belleville , Prieur de S. André de
Cuzaguais , mourut le ... de May
Il étoit frere de мeffire Antoine le
Preftre , Seigneur du Puy-Vauban ,
Lieutenant General des Armées du
Roy , Directeur des Fortifications
d'Artois, Gouverneur de Bethune ,
& Neveu à la mode de Bretagne,
de feu Mr. le Maréchal de Vauban .
Dame Scholaftique Geneviève
d'Anglure , femme de мeffire Louis
d'Ornaifon , Comte de Chamarande
, Lieutenant General des Armées
du Roy , mourut le .. de May
Elle étoit Fille de мeffire Nicolas
d'Anglure , Marquis de Bourlemont
, Lieutenant General des Armées
du Roy , & de Dame Anne
Thibault , & elle avoit eû entr'autres
enfans , M. le Marquis de
Bafancy , Colonel du Regiment de
DE MAY . 165
la Reyne , tué au Siége de Turin
en 1706. & quelques autres Enfans
tous morts fans alliance . La мạifon
d'Anglure eft originaire de
Champagne & l'une des plus anciennes
& des plus illuftres de cer--
te Province .
MIS de la Foffe , Jouvenet , &
Boulogne l'aîné , tous trois Peintres
Ordinaires du Roy, moururent
ces jours paffez.
мeffire Pierre , Sire & Comte de
Lannion , Baron & Pair de Bretagne
, Vicomte de Rennes , marquis
d'Epinay & autres lieux , Lieutenant
General des Armées du Roy,
& Gouverneur des Ville & Chẫ▾
teau de S. Malo , Vannes & Au
ray , deceda le 27 May , âgé de
75 ans 3 mois.
Dame Elifabeth Bonnet veuve
du Marquis de Pons de Chavigny,
mourut le 7 de ce mois en fon Chateau
de Pons fur Seine , àgée de
76 ans.
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10391
p. 133-138
« METHODE ou maniere d'enseigner à lire par le moyen des cartes imprimées. C'est une [...] »
Début :
METHODE ou maniere d'enseigner à lire par le moyen des cartes imprimées. C'est une [...]
Mots clefs :
Bureau, Lecture, Enseigner à lire, Cartes imprimées, Méthode, Enfants, Enfant, Vocabulaire latin-français, Études latines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « METHODE ou maniere d'enseigner à lire par le moyen des cartes imprimées. C'est une [...] »
METHODE on maniere d'enſeigner à lire
par le moyen des cartes imprimées. C'est une
deuxieme édition quoique la brochure ne
le porte pas.
Ce que nous annonçons paroît mériter
l'attention des perfonnes qui s'intéreſſent
aux premiers élémens des enfans. La méthode
dont il s'agit , connue déja depuis
long- tems , & très - mal à propos combattue
par ceux qui ne l'entendent pas ou qui ne
l'examinent pas fincerement , produit des
effets furprenans dans les mains de ceux
qui l'entendent. En rendant juftice à feu
M. Dumas , auteur de cette méthode , on
a toujours fouhaité d'en voir diminuer
l'attirail fans s'écarter de ce qu'il a enfei
gné. Un des partifans de ce fyftême a heureufement
réduit avec netteté & précision
le bureau pour la lecture feulement , en
une boëte de la groffeur & de la forme d'un
volume infolio , où font renfermés , par
134 MERCURE DE FRANCE.
ordre alphabétique , tous les caracteres
imprimés fur des cartes . Par ce moyen , un
enfant exécute tout ce qu'on lui demande ,
auffitôt qu'il connoît & qu'il fçait la dénomination
des lettres & des fons ; de forte
qu'il apprend agréablement à lire fans
ennui & en très - peu de tems. Il n'y a rien
de plus aifé & de plus commode. Les peres
& meres , faute de maîtres qui s'y appliquent
, y réuffiffent à fouhait. On n'a rien
changé au fond de la doctrine de M. Dumas
que l'e muet qu'on met à la place de l'é
fermé , pour prononcer les confonnes ;
mais l'inventeur eft toujours refpecté , &
c'eft ainfi qu'on devroit s'appliquer à perfectionner
ce qui eft bon , & non à le détruire.
Il ne s'agit pas ici par conféquent
d'une méthode nouvelle . C'en est une excellente
très - connue qu'on rend plus pratiquable
, ,
que les méthodes nouvelles annoncées
dans le Mercure de Juillet ; fur
quoi l'on peut obferver que , quelques inconvéniens
qu'il y ait dans notre langue ,
( & l'auteur des méthodes nouvelles en a
remarqué judicieufement un très - grand
nombre dans fon livre. ) on peut , dis-je ,
remarquer que les étrangers ne fe rebutent
pas de l'apprendre telle qu'elle eft . Les
cédilles , les points capitaux , &c. que le
réformateur voudroit qu'on introduifit ,
A O UST. 1755 T39
霉
ne l'embelliroient pas aux yeux accoutu →
més à lire tant d'excellens ouvrages que
nous avons. Les moindres abus n'échappent
pas à M. le Curé de .... l'auteur des
nouvelles méthodes : mais s'il s'appuie de
quelques autorités refpectables , if cite des
écrivains plus propres à décréditer fes réformes
qu'à les établir. A force de regles
on multiplie les difficultés. Il faut avoir
bien du courage pour mettre en pratique
fes fyllabaires. C'eft aux connoiffeurs à
juger s'il enfeigne le chemin le plus court.
Les partifans de M. Dumas n'y font pas
tant de façon . Il est démontré dans l'expofition
de la méthode par les cartes imprimées
, que les principes de toute lecture
confiftent en une quarantaine de leçons
fur quarante cartes & non en deux cens
cinquante d'une part , cent fix d'une autre,
& cinquante encore d'une autre , comme
l'ont avancé des écrivains qui n'entendent
pas le fiftême de M. Dumas , approuvé juridiquement
depuis plus de trente ans
Lorfqu'on a voulu compofer un chapitre
de l'expofition de la méthode qui accompagne
le petit bureau , on auroit dû prendre
la nouvelle édition beaucoup plus mé
thodique que la premiere , & ne pas prêter
à l'un des inventions , qui appartiennent à
d'autres , comme la lame de cuivre gravée
136 MERCURE DE FRANCE.
à jour pour enfeigner à écrire. Au reste ;
toutes ces nouvelles méthodes qu'on public
chaque jour , font des démembremens ,
pour la plupart falfifiés , du ſyſtême de
M. Dumas. En approuvant cette admirable
invention , on fe fait plus d'honneur
qu'en la blâmant . Il faut avouer que
les
cartes imprimées du petit bureau , tiennent
lieu par leur mobilité de tous les fyllabaires
immobiles : & le premier jeu élémentaire
des quarante cartes qui le précede ,
renferme les principes de toute lecture poffible
fans embarras & à la portée de tout le
monde.
L'avantage de ce petit bureau , eft de
pouvoir le tranfporter fur une table , fur
un fauteuil , à la portée des enfans , felon
leur âge , & où l'on veut. Cette efpece
d'imprimerie , accompagnée de deux jeux
élémentaires avant que d'ouvrir le bureau ,
& la petite brochure qui donne lieu à cet
article pour guider ceux qui veulent en
faire ufage , fe vendent vingt - quatre livres,
avec privilege & approbation . Il faut s'adreffer
à M. Chompré fils , rue des Carmes ,
à Paris. On y en trouve de plus ornés les
uns que les autres felon la dépense qu'on
veut faire.
A O UST. 1755. 137
Petit cours d'études latines.
Nous ajoutons , comme une fuite de ce
que nous annonçons , que , lorfqu'un enfant
fait lire & écrire on peut le mener
très-loin avec l'Introduction à la langue latine
par la voie de la traduction , dont l'Avertiffement
mérite d'être lu , principalement
par les gens du métier , & avec la collection
des extraits des auteurs connus fous le
titre de felecta latini fermonis exemplaria ,
en fix petites parties latines , dont on a
déja fait plufieurs éditions chez Guérin &
Delatour , à Paris , rue S. Jacques , à S. Tho
mas d'Aquin. La traduction fe vend à part.
Il réſulte , de tout ce qui vient de la même
main , un plan formé avec difcernement
pour commencer agréablement les premieres
études des lettres humaines , fans
s'éloigner de ce qu'on pratique ordinairement
jufqu'aux humanités . On a dans ces
recueils des échantillons non- feulement des
auteurs d'ufage , mais encore des auteurs
prefque totalement abandonnés . On fçait
cependant que ceux- ci , quoique peu lus ,
contiennent la plus grande partie des tréfors
de la plus précieufe latinité , comme
un Plaute , un Columelle , un Vitruve , & c.
qu'on lit ici avec plaifir & fans rifque pour
les bonnes moeurs
138 MERCURE DE FRANCE.
/
Vocabulaire univerfel latin -françois , &C.
Le vocabulaire univerſel , latin - françóis,
achevé d'être imprimé l'année derniere , &
qu'on trouve chez les mêmes libraires ,
procure un fecours qu'on ne peut avoir
d'ailleurs qu'à grands frais.Les amateurs des
belles -lettres latines ont , dans cette espece
de Veni mecum , la fignification des mots
de l'ancienne & de la baffe latinité par le
moyen de la clef qu'en donne l'avertiffement.
Ce travail a du coûter des recherches
de longue difcuffion , & il faudroit être
de mauvaiſe humeur pour ne pas fçavoir
gré , de leurs travaux , aux hommes qui fe
confacrent ainfi à l'utilité publique.
ÉLÉMENS DE LA PHILOSOPHIE NEWTONIENNE
, par M. Pemberton , traduit de
l'anglois , 1 vol. in- 8° avec figures , 1755,
6 liv . relié . A Paris , chez Jombert , rue
Dauphine , à l'image Notre-Dame.
Le même Libraire vient de recevoir
quelques exemplaires de la magnifique
HISTOIRE MILITAIRE du Prince Eugene de
Savoye , du Duc de Malborough , & du
Prince d'Orange & de Naffau- Frife ; enrichie
des cartes & plans néceffaires , en trois
volumes , grand in-folio. Prix 150 livres
reliés.
par le moyen des cartes imprimées. C'est une
deuxieme édition quoique la brochure ne
le porte pas.
Ce que nous annonçons paroît mériter
l'attention des perfonnes qui s'intéreſſent
aux premiers élémens des enfans. La méthode
dont il s'agit , connue déja depuis
long- tems , & très - mal à propos combattue
par ceux qui ne l'entendent pas ou qui ne
l'examinent pas fincerement , produit des
effets furprenans dans les mains de ceux
qui l'entendent. En rendant juftice à feu
M. Dumas , auteur de cette méthode , on
a toujours fouhaité d'en voir diminuer
l'attirail fans s'écarter de ce qu'il a enfei
gné. Un des partifans de ce fyftême a heureufement
réduit avec netteté & précision
le bureau pour la lecture feulement , en
une boëte de la groffeur & de la forme d'un
volume infolio , où font renfermés , par
134 MERCURE DE FRANCE.
ordre alphabétique , tous les caracteres
imprimés fur des cartes . Par ce moyen , un
enfant exécute tout ce qu'on lui demande ,
auffitôt qu'il connoît & qu'il fçait la dénomination
des lettres & des fons ; de forte
qu'il apprend agréablement à lire fans
ennui & en très - peu de tems. Il n'y a rien
de plus aifé & de plus commode. Les peres
& meres , faute de maîtres qui s'y appliquent
, y réuffiffent à fouhait. On n'a rien
changé au fond de la doctrine de M. Dumas
que l'e muet qu'on met à la place de l'é
fermé , pour prononcer les confonnes ;
mais l'inventeur eft toujours refpecté , &
c'eft ainfi qu'on devroit s'appliquer à perfectionner
ce qui eft bon , & non à le détruire.
Il ne s'agit pas ici par conféquent
d'une méthode nouvelle . C'en est une excellente
très - connue qu'on rend plus pratiquable
, ,
que les méthodes nouvelles annoncées
dans le Mercure de Juillet ; fur
quoi l'on peut obferver que , quelques inconvéniens
qu'il y ait dans notre langue ,
( & l'auteur des méthodes nouvelles en a
remarqué judicieufement un très - grand
nombre dans fon livre. ) on peut , dis-je ,
remarquer que les étrangers ne fe rebutent
pas de l'apprendre telle qu'elle eft . Les
cédilles , les points capitaux , &c. que le
réformateur voudroit qu'on introduifit ,
A O UST. 1755 T39
霉
ne l'embelliroient pas aux yeux accoutu →
més à lire tant d'excellens ouvrages que
nous avons. Les moindres abus n'échappent
pas à M. le Curé de .... l'auteur des
nouvelles méthodes : mais s'il s'appuie de
quelques autorités refpectables , if cite des
écrivains plus propres à décréditer fes réformes
qu'à les établir. A force de regles
on multiplie les difficultés. Il faut avoir
bien du courage pour mettre en pratique
fes fyllabaires. C'eft aux connoiffeurs à
juger s'il enfeigne le chemin le plus court.
Les partifans de M. Dumas n'y font pas
tant de façon . Il est démontré dans l'expofition
de la méthode par les cartes imprimées
, que les principes de toute lecture
confiftent en une quarantaine de leçons
fur quarante cartes & non en deux cens
cinquante d'une part , cent fix d'une autre,
& cinquante encore d'une autre , comme
l'ont avancé des écrivains qui n'entendent
pas le fiftême de M. Dumas , approuvé juridiquement
depuis plus de trente ans
Lorfqu'on a voulu compofer un chapitre
de l'expofition de la méthode qui accompagne
le petit bureau , on auroit dû prendre
la nouvelle édition beaucoup plus mé
thodique que la premiere , & ne pas prêter
à l'un des inventions , qui appartiennent à
d'autres , comme la lame de cuivre gravée
136 MERCURE DE FRANCE.
à jour pour enfeigner à écrire. Au reste ;
toutes ces nouvelles méthodes qu'on public
chaque jour , font des démembremens ,
pour la plupart falfifiés , du ſyſtême de
M. Dumas. En approuvant cette admirable
invention , on fe fait plus d'honneur
qu'en la blâmant . Il faut avouer que
les
cartes imprimées du petit bureau , tiennent
lieu par leur mobilité de tous les fyllabaires
immobiles : & le premier jeu élémentaire
des quarante cartes qui le précede ,
renferme les principes de toute lecture poffible
fans embarras & à la portée de tout le
monde.
L'avantage de ce petit bureau , eft de
pouvoir le tranfporter fur une table , fur
un fauteuil , à la portée des enfans , felon
leur âge , & où l'on veut. Cette efpece
d'imprimerie , accompagnée de deux jeux
élémentaires avant que d'ouvrir le bureau ,
& la petite brochure qui donne lieu à cet
article pour guider ceux qui veulent en
faire ufage , fe vendent vingt - quatre livres,
avec privilege & approbation . Il faut s'adreffer
à M. Chompré fils , rue des Carmes ,
à Paris. On y en trouve de plus ornés les
uns que les autres felon la dépense qu'on
veut faire.
A O UST. 1755. 137
Petit cours d'études latines.
Nous ajoutons , comme une fuite de ce
que nous annonçons , que , lorfqu'un enfant
fait lire & écrire on peut le mener
très-loin avec l'Introduction à la langue latine
par la voie de la traduction , dont l'Avertiffement
mérite d'être lu , principalement
par les gens du métier , & avec la collection
des extraits des auteurs connus fous le
titre de felecta latini fermonis exemplaria ,
en fix petites parties latines , dont on a
déja fait plufieurs éditions chez Guérin &
Delatour , à Paris , rue S. Jacques , à S. Tho
mas d'Aquin. La traduction fe vend à part.
Il réſulte , de tout ce qui vient de la même
main , un plan formé avec difcernement
pour commencer agréablement les premieres
études des lettres humaines , fans
s'éloigner de ce qu'on pratique ordinairement
jufqu'aux humanités . On a dans ces
recueils des échantillons non- feulement des
auteurs d'ufage , mais encore des auteurs
prefque totalement abandonnés . On fçait
cependant que ceux- ci , quoique peu lus ,
contiennent la plus grande partie des tréfors
de la plus précieufe latinité , comme
un Plaute , un Columelle , un Vitruve , & c.
qu'on lit ici avec plaifir & fans rifque pour
les bonnes moeurs
138 MERCURE DE FRANCE.
/
Vocabulaire univerfel latin -françois , &C.
Le vocabulaire univerſel , latin - françóis,
achevé d'être imprimé l'année derniere , &
qu'on trouve chez les mêmes libraires ,
procure un fecours qu'on ne peut avoir
d'ailleurs qu'à grands frais.Les amateurs des
belles -lettres latines ont , dans cette espece
de Veni mecum , la fignification des mots
de l'ancienne & de la baffe latinité par le
moyen de la clef qu'en donne l'avertiffement.
Ce travail a du coûter des recherches
de longue difcuffion , & il faudroit être
de mauvaiſe humeur pour ne pas fçavoir
gré , de leurs travaux , aux hommes qui fe
confacrent ainfi à l'utilité publique.
ÉLÉMENS DE LA PHILOSOPHIE NEWTONIENNE
, par M. Pemberton , traduit de
l'anglois , 1 vol. in- 8° avec figures , 1755,
6 liv . relié . A Paris , chez Jombert , rue
Dauphine , à l'image Notre-Dame.
Le même Libraire vient de recevoir
quelques exemplaires de la magnifique
HISTOIRE MILITAIRE du Prince Eugene de
Savoye , du Duc de Malborough , & du
Prince d'Orange & de Naffau- Frife ; enrichie
des cartes & plans néceffaires , en trois
volumes , grand in-folio. Prix 150 livres
reliés.
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Résumé : « METHODE ou maniere d'enseigner à lire par le moyen des cartes imprimées. C'est une [...] »
Le texte décrit une méthode d'enseignement de la lecture utilisant des cartes imprimées, développée initialement par M. Dumas. Cette méthode, bien que critiquée, produit des résultats positifs lorsqu'elle est correctement appliquée. Un partisan de cette méthode a simplifié le matériel nécessaire en le réduisant à une boîte contenant des cartes alphabétiques, permettant aux enfants d'apprendre à lire rapidement et sans ennui. La méthode respecte les principes originaux de M. Dumas, avec une modification concernant la prononciation des consonnes. Le texte critique également les nouvelles méthodes de lecture, soulignant que les étrangers apprennent le français tel qu'il est, malgré ses inconvénients. Il met en garde contre les réformes qui compliqueraient l'apprentissage. La méthode par cartes imprimées est jugée supérieure aux syllabaires traditionnels et permet une grande mobilité et adaptabilité. En outre, le texte mentionne des ressources pour l'étude du latin, notamment une introduction à la langue latine par la traduction et une collection d'extraits d'auteurs latins. Il loue également un vocabulaire universel latin-français, fruit de longues recherches, et signale la disponibilité de traductions d'ouvrages scientifiques comme les 'Éléments de la philosophie newtonienne' et une 'Histoire militaire' enrichie de cartes et plans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10392
p. 785-790
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On mande de Londres, qu'un Officier de Marine, commis pour prendre de force des [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Roi, Prince de Nassau, Princesse de Nassau, Seigneurs, Dépenses, Honneur, Parlement, Augmentation, Grande-Bretagne
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1724, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Grande-Bretagne. Un officier de marine a forcé l'entrée chez M. Imberti, Résident de la République de Venise, pour enlever des matelots étrangers. Le Prince de Nassau a été accueilli au sein de la Société Royale et a dîné chez le Chevalier Hans-Sloane. Le 26 mars, le mariage de la Princesse Royale avec le Prince de Nassau a été célébré au Palais de Saint James, en présence de la famille royale et des pairs. Aucun pair d'Irlande n'a assisté à la cérémonie en raison de l'absence d'invitation officielle. Le même jour, le roi et la reine ont reçu les compliments des ministres étrangers et des seigneurs. La Chambre des Pairs a décidé d'envoyer des félicitations au roi et à la reine pour le mariage et a approuvé un bill pour naturaliser le Prince de Nassau, qui devait devenir Duc de Gloucester. Le roi a exprimé son désir de maintenir la paix en Europe et d'augmenter les forces de terre et de mer. La Chambre des Pairs et la Chambre des Communes ont approuvé des adresses au roi pour augmenter les troupes et les dépenses nécessaires à la défense du royaume. La Chambre des Communes a également approuvé un bill pour accorder une indemnité à ceux qui ont dû démissionner de leurs emplois pour refus de prêter serment. Enfin, la Chambre des Communes a voté pour autoriser le roi à utiliser 120 000 livres sterling pour les dépenses de l'année en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10393
p. 123-131
AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
Début :
Le jour de l'Hymenée & souvent dés la veille [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
AUTRE EPITALAME
A Monfieur de M **
Par Monfieur Roy. I
Le jour de l'Hymenée , &
fouvent dés la veille.
Une Muſe fait à merveille i
Dépeindre les Epoux dans
leur naiflante ardeur.
Huit jours plus tard c'eft
trop attendre
Le couple devenu pas tendre
,
Baille au recit de fon bon-
む
heur.
Hhij
124
PIECES
Cher Morville pour toi dans
l'objet qui t'engage ,
Tu trouves chaque jour à
l'aimer davantage .
Je viens donc affez toſt chanter
Un
bonheur que le temps
doit encor
augmenter.
Le mois paffé Venus quittas
Cythere
Pour fe rendre auprés de
Themis ;
C'eft une nouveauté ; car
- Themis eft fevore ,
Venus voudroit changer
les Juges en amis ,
Themis peur de foupçon ne
la fréquente guere.
FUGITIVES. 125
Venus pour ce jour là prit
un fage maintien,
Elle affecta certain air do
referve
Sur le regard de Minerve ;
Elle compofa le fien ;
L'Amour marchoit à cofté
de fa mere
Déguilé fous les atours
De l'Hymen fon grave frere;
Mais il fautoit , danfoit toû
jours ,
Et fi ce n'eftoit pas le plus
svif des Amours ,
C'eftoit du moins l'Hymen
plus gay que l'ordinaire,
Ils entrerent à petit bruit.
Hh iij
126: PIECES
Au fonds du Temple eſt un
réduit
Où la Déeffe retirée
Jugeoit des Epoux diviſez
Voilà , dit- elle , à Citherée,
Les querelles que vous caufez.
Vous donnez aux Amans
l'efperance frivole
De ne les point quitter, d'entretenir
leur feux
Sur votrefoy l'Hymen ferre
leurs noeuds ,
Puis vous leur manquez de
parole.
Eh bien pour tous les coeurs
dont j'ai trompé les voeux
FUGITIVES . 127
J'en fçai deux,dit Venus , que
je vais rendre heureux ,
Vous & moi formerons leur
chaîne
,
Vous n'avez qu'à vouloir
voilà ce qui m'amene ,
Qu'avec plaifir je rappelle ce
temps
Où l'on vous vit regner
fous le beau nom d'Aftrée !
Il n'eftoit point alors d'u
nion alterée
Que vous rendiez d'Epour
contens !
Formons encor des noeuds
fur ce premier modele ,
Dans voſtre vertueufe Cour
Hh iii
128 PIECES
S'éleve une aimable mortelle
Celui dont elle tient le jour,
Eft voftre Miniftre fidelle.
La jeune de Vienne ; c'eſt
elle
Dont je voudrois difpofer
avec vous .
Mais , dit Themis à qui la
deſtinerons nous ?
Epoufe du Dieu Mars, vous
me parlez peut eftre
Pour vos Guerriers préfomptueux
;
La modefte raifon chez eux
n'ole paroiftre ,
Penfez vous que mon goût
fimpatife avec eux ?
Ad H
FUGITIVES . 119
Scachez auffi que ma candeur
abhore ..
Ces honneftes trompeurs
qu'on nomme courtisans.
Que de Vienne à jamais
ignore
Leurs Arts flateurs ou méprifants.
Tant mieux reprit Venus
nous n'avons plus
d'obſtacles ,
Celui que je propofe , eft un
de vos Oracles ;
Il faut vous dire tout , il eft
auffi le mien ,
Et pour vous & pour moi
parle également bien ,
130 PIECES
Pour vous , il perfuade , il
touche
Quand il s'explique en mon
nom ,
Et je crois parler raifon
Quand je parle par ſa bouche.
Lagrave Themis lui fourit :
C'eft Morville,à ces traits je
ne m'y puis méprendre;
L'Hymen qui fuit vos pas
lui peut aller aprendre
Que vos voeux , qu'aux fiens
j'ai fouferit ,
Au moins nous n'imitons ni
l'Amant , ni la Belle ,
S'ils ne devoient s'aimer
FUGITIVES. 131
d'un amour éternelle ,
Et mieux qu'on n'aime en ce
temps.ci.
Mais qui m'en répondra
l'Amour n'eft point ici.
Hymen amenezvoftre frere:
Non
, non il n'eſt pas ncceffaire,
>
Je vous en répond , moi ,
criá le petit Dieu ,
Themis le reconnut , Amour
fongez un peu
A ne pas nous en faire accroire
,
Allez , lui dit l'Amour , il y
va de ma gloire
J'en jure par de Vienne
Adicu.
A Monfieur de M **
Par Monfieur Roy. I
Le jour de l'Hymenée , &
fouvent dés la veille.
Une Muſe fait à merveille i
Dépeindre les Epoux dans
leur naiflante ardeur.
Huit jours plus tard c'eft
trop attendre
Le couple devenu pas tendre
,
Baille au recit de fon bon-
む
heur.
Hhij
124
PIECES
Cher Morville pour toi dans
l'objet qui t'engage ,
Tu trouves chaque jour à
l'aimer davantage .
Je viens donc affez toſt chanter
Un
bonheur que le temps
doit encor
augmenter.
Le mois paffé Venus quittas
Cythere
Pour fe rendre auprés de
Themis ;
C'eft une nouveauté ; car
- Themis eft fevore ,
Venus voudroit changer
les Juges en amis ,
Themis peur de foupçon ne
la fréquente guere.
FUGITIVES. 125
Venus pour ce jour là prit
un fage maintien,
Elle affecta certain air do
referve
Sur le regard de Minerve ;
Elle compofa le fien ;
L'Amour marchoit à cofté
de fa mere
Déguilé fous les atours
De l'Hymen fon grave frere;
Mais il fautoit , danfoit toû
jours ,
Et fi ce n'eftoit pas le plus
svif des Amours ,
C'eftoit du moins l'Hymen
plus gay que l'ordinaire,
Ils entrerent à petit bruit.
Hh iij
126: PIECES
Au fonds du Temple eſt un
réduit
Où la Déeffe retirée
Jugeoit des Epoux diviſez
Voilà , dit- elle , à Citherée,
Les querelles que vous caufez.
Vous donnez aux Amans
l'efperance frivole
De ne les point quitter, d'entretenir
leur feux
Sur votrefoy l'Hymen ferre
leurs noeuds ,
Puis vous leur manquez de
parole.
Eh bien pour tous les coeurs
dont j'ai trompé les voeux
FUGITIVES . 127
J'en fçai deux,dit Venus , que
je vais rendre heureux ,
Vous & moi formerons leur
chaîne
,
Vous n'avez qu'à vouloir
voilà ce qui m'amene ,
Qu'avec plaifir je rappelle ce
temps
Où l'on vous vit regner
fous le beau nom d'Aftrée !
Il n'eftoit point alors d'u
nion alterée
Que vous rendiez d'Epour
contens !
Formons encor des noeuds
fur ce premier modele ,
Dans voſtre vertueufe Cour
Hh iii
128 PIECES
S'éleve une aimable mortelle
Celui dont elle tient le jour,
Eft voftre Miniftre fidelle.
La jeune de Vienne ; c'eſt
elle
Dont je voudrois difpofer
avec vous .
Mais , dit Themis à qui la
deſtinerons nous ?
Epoufe du Dieu Mars, vous
me parlez peut eftre
Pour vos Guerriers préfomptueux
;
La modefte raifon chez eux
n'ole paroiftre ,
Penfez vous que mon goût
fimpatife avec eux ?
Ad H
FUGITIVES . 119
Scachez auffi que ma candeur
abhore ..
Ces honneftes trompeurs
qu'on nomme courtisans.
Que de Vienne à jamais
ignore
Leurs Arts flateurs ou méprifants.
Tant mieux reprit Venus
nous n'avons plus
d'obſtacles ,
Celui que je propofe , eft un
de vos Oracles ;
Il faut vous dire tout , il eft
auffi le mien ,
Et pour vous & pour moi
parle également bien ,
130 PIECES
Pour vous , il perfuade , il
touche
Quand il s'explique en mon
nom ,
Et je crois parler raifon
Quand je parle par ſa bouche.
Lagrave Themis lui fourit :
C'eft Morville,à ces traits je
ne m'y puis méprendre;
L'Hymen qui fuit vos pas
lui peut aller aprendre
Que vos voeux , qu'aux fiens
j'ai fouferit ,
Au moins nous n'imitons ni
l'Amant , ni la Belle ,
S'ils ne devoient s'aimer
FUGITIVES. 131
d'un amour éternelle ,
Et mieux qu'on n'aime en ce
temps.ci.
Mais qui m'en répondra
l'Amour n'eft point ici.
Hymen amenezvoftre frere:
Non
, non il n'eſt pas ncceffaire,
>
Je vous en répond , moi ,
criá le petit Dieu ,
Themis le reconnut , Amour
fongez un peu
A ne pas nous en faire accroire
,
Allez , lui dit l'Amour , il y
va de ma gloire
J'en jure par de Vienne
Adicu.
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Résumé : AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
Le poème 'Autre Épithalame' de Monsieur Roy célèbre un mariage et les sentiments amoureux des époux. La Muse loue les jeunes mariés dans leur ardeur initiale. Huit jours plus tard, le couple partage un bonheur plus serein. Venus, déesse de l'amour, consulte Thémis, déesse de la justice, pour un mariage. Venus souhaite transformer les juges en amis, mais Thémis reste prudente. Venus et l'Amour, déguisé en Hymen, se rendent dans le temple de Thémis. Thémis reproche à Venus de donner de faux espoirs aux amants. Venus propose de former un couple heureux et évoque les unions réussies sous le règne d'Astrée. Thémis exprime ses réserves sur les courtisans et les guerriers présomptueux. Venus suggère Morville comme époux pour la jeune de Vienne, fille du ministre fidèle de Thémis. Thémis reconnaît Morville comme un oracle favorable à l'amour. L'Amour assure que les vœux des époux seront éternels et que leur amour surpassera celui des amants actuels. Thémis accepte finalement, et l'Amour jure de la véracité de ses paroles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10394
p. 2267-2275
Motifs des Résolutions du Roy, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 15 de ce mois, on distribua à l'Imprimerie Royale, un imprimé, intitulé : Motifs [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Pologne, Empereur, République, Prince, Cour de Vienne, Armes, Électeur de Saxe, Europe, Liberté, Troupes, Trône, Élection, Couronne, Paix, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Motifs des Résolutions du Roy, &c. [titre d'après la table]
L
E. 1s de ce mois , on distribua à l'Imprimerie
Royale , un imprimé , intitulé : Motifs
des Résolutions du Roy , dont voici la teneur.
LE ROY a donné depuis son avenement à la
Couronne , des preuves éclatantes de sa modération
et de son amour pour la Paix , peut- être
même pourroit-on lui imputer de les avoir portées
trop loin : Cependant il a préféré le repos et
la félicité de ses peuples , à la funeste ambition
d'étendre les Limites de son Empire. Mais la mo,"
dération a ses bornes comme les autres vertus , ét
l'Europe jouiroit encore d'une tranquillité profonde
, si lès Ennemis de la France n'avoient pas
G vj forcé
·
2263 MERCURE DE FRANCE
forcé Sa Majesté à prendre les armes pour def
fendre la dignité de sa Couronne , la gloire de
la Nation Françoise , l'honneur et la liberté de
la Pologne.
*
Depuis que le Thrône de Pologne a été va
cant , le Roy a constamment, respecté la liberte
Polonoise , il n'a rien cxigé d'un peuple libre , et
seul arbitre de son sort. La République elle- mê--
me a imploré son secours, elle a redoublé ses instances
, à mesure que ses allarmes croissoient ,
et qu'elle se voyoit environnée d'armées ennemies
; elle a cherché dans l'équité et dans les for,
ces de Sa Majesté , un azyle toujours ouvert aux
Puissances qui sont menacées d'être opprimées,
Le Roy, a l'exemple de ses Ancêtres , a assuré sa
protection à la Pologne , il l'a déclaré 1 à tous
fes Souverains, mais dans, les termes les plus mesurez
, et avec cette modération digne des grands .
Princes. Il a même , dès les premiers momens.
fait connoître à la Cour de Vienne ce qui pou
voit seul prévenir les troubles en Europe ; et tou--
tes les démarches qu'il a faites depuis , sont autant
de monumens illustres de son amour pour
le maintien de la tranquillité publique..
Une conduite aussi sage n'a pas empêché la
Cour de Vienne , d'éclater contre un Prince né
dans le sein de la Pologne , et attaché au Roy
par des liens aussi étroits. Cette Cour encoura
gée par tant de mesures antérieures , favorables
a ses projets particuliers, a prodigué pour répondre
2 à la déclaration de Sa Majesté , les termes
les plus offensans , et qui devroient être inconnus
entre Princes que leurs Sceptres rendent égaux.Le
Roy n'est point sorti des bornes que sa sagesse
1. Cette declaration est imprimée N. 1.
2.Cette réponse est imprimée N. a.
lui
OCTOBRE 135 2269
lui avoit prefcrites : Il ne s'est point pressé de
tirer la vengeance que demandoit une insulte qui
lui devenoit personnelle ; et si les préparatifs necessaires
ont annoncé son juste ressentiment , il
en a suspendu les effets jusqu'au moment où il
ne lui a plus été possible de conserver la paix
sans blesser la dignité de sa Couronne , et l'honneur
de son Sang..
Peut-on douter que l'interêt personnel de l'Empereur
n'ait décidé de sa conduite , et n'ait dé◄
terminé les engagemens qu'il avoit pris pour dis
poser d'une Couronne indépendante de l'Empi
re , et qui n'étoit pas même encore vacante ID
prétendoit exclure également le Roy. Stanislaa
par le seul motif de ses liaisons avec la Francel'Electeur
de Saxe , parce qu'il paroissoit alors
avoir des interêts opposez à ceux de la Maison
d'Autriche. La mort du Roy Auguste a donné
lieu à de nouveaux projets : Cet Electeur s'est
hâté d'entrer dans toutes les vûës de l'Empereur,
et dès- lors il a cessé de mériter l'exclusion que
çe Prince et la Czarine lui avoient donnée . Cette
exclusion a été levée ; l'on a promis par un nou
veau Traité , d'élever l'Electeur de Saxe sur le
Thrône de Pologne , et les Troupes ennemies se
sont rapprochées de la République , pour la forcer
à souscrire à ces arrangemens ..
Les Polonois ont crú necessaire à leur liberté ,
d'exclure tout Prince étranger de la Couronne
qui étoit vacante. Cette exclusion a été pronon
cée par la Dictte de convocation , et elle a para
si essentielle , qu'elle a été affermie par un serment
solemnel. La Cour de Vienne a voulu franchir
cette nouvelle Barriere ; il n'est rien qu'elle
n'ait tenté pour procurer l'absolution de ce ser
ment ; comme si les interêts , et les projets sans
bor2270
MERCURE DE FRANCE
bornes ; de la Maison d'Autriche , devoient dé
cider d'un engagement, consacré par la Religion.
L'Empereur a redoublé ses efforts ; il avoit annoncé:
Qu'il ne permettroit jamais que Scanis-
» las remontât sur le Throne , sous prétexee de
sa premiere Election , ou de quelqu'autre ma-
» niere que ce fut. Ses Ministres près de la République
ont agi dans une parfaite intelligence
avec ceux de Saxe et de Moscovie ; il ont même
fait trophée de leur union, ils l'ont publiée avec
éclat à Warsovie ; toutes leurs déclarations ont
été faites dans le même esprit , mêmes insultes
au Roy de Pologne , mêmes ordres à la Répu
blique ; les menaces , les intrigues , les supposi
tions les plus calomnieuses, la marche des Troupes
, tout a été concerté entr'eux , tout leur a été
commun. Les Ministres de Saxe et de Moscovie,
fors de l'Election , se sont retirez chez celui de
l'Empereur ; et afin qu'il ne restår plus aucun
doute de leur union , le Ministre de l'Empereur
s'est joint à celui de Moscovie , pour notifier pus
bliquement au Primat l'entrée des Moscovites en
Pologne , et pour montrer à la République as➡
semblée les Fers qu'on lui avoit préparez. 1
"
La Cour de Vienne a -t-elle pu penser en im
poser à l'Europe , et se flatter de dissiper l'oras
ge, en differant de faire entrer ses Troupes en Po
logne , lors même qu'elle détérminoit les Moscovites
à y faire une irruption ? Elle a esperé que
les armes des Moscovites suffiroient pour intimider
et asservir les Polonois et d'ailleurs les
Troupes Imperiales et Saxones'n'étoient- elles
pas toujours sur les Frontieres de la Pologne
prêtes à y entrer pour soutenir leur violence !
** Cette déclaration est imprimée Nutz& A
A
OCTOBR E. 1733. 2271
A tous ces traits , il est difficile de reconnof
tre l'aggresseur. Les Traitez, par lesquels l'Empereur
a voulu disposer en Maître absolu de la
Couronne de Pologne ; l'exclusion qu'il s'est ef-
' forcé de donner sans authorité et sans pouvoir,
à un Prince que ses vertus rendent digne du
Thrône ; les assurances données à l'Electeur de
Saxe, pour le récompenser de sa docilité; la marche
des Troupes Impériales , de concert avec
celles de Saxe et de Moscovie; l'hoftilité que les
Moscovites ont commise dans le temps même de :
l'Election , pour assûrer par la force des armes
l'execution des projets de l'Empereur; cette hostilité
approuvée , et même annoncée par son Mi--
nistre. Toute cette conduite sera à jamais un té---
moignage public que ce Prince est seul autheur
de la guerre ; qu'il a forcé le Roy à prendre les
armes , par l'outrage qu'il a voulu faire à S. M.
et par les violences exercées ou par lui , on de
-son aveu , contre la République de Pologne.
>
Si tous ces efforts ont été inutiles lors de l'E- -
lection , le Roy et le Royaume de Pologne en
sont uniquement redevables à celui à qui seul
appartient de disposer des Couronnes , et qui
tient en ses mains les coeurs des Peuples, comme
ceux des Rois. Le courage des Polonois les a af
franchis de la servitude dans laquelle la Cour
'de Vienne vouloit les précipiter ; mais le Roy
ne peut demander raison qu'à l'Empereur, de son
opposition au rétablissement du Roy de Pologne
, de ses déclarations injurieuses , répandues
dans toute l'Europe par les Ennemis qu'il a suscitez
à la France et à la Pologne qui ne désiroient
que la paix et la liberté , des conseils qu'il
a donnez à la Cour de Russie des esperances
dont il a flatté celle de Saxe ; enfin de tous less
efforts
»
2272 MERCURE DE FRANCE
1
afforts qu'il fait encore pour soûtenir ses premiers
projets.
Envain la Cour de Vienne espere de cacher ses
intrigues aux yeux de l'Europe. On retrouve par
tout ses conseils , ses principes , ses expressions
indécentes , ses desseins formez contre la liberté
Polonoise.
›
Le Prince respectable contre lequel l'Empereur
s'éleve , est le même en qui la plus grande partie
des Souverains de l'Europe , et nommément
P'Empereur Joseph avoient reconnu le sacré
caractere de la Rayauté . L'alliance que le Roy
Stanislas avoit contractée avec le Roy , a changé
les dispositions et le langage de la Cour de Vienne
: Ce Prince est devenu dèslors,selon l'expics
sion des Alliez , un Citoyen proscrit de sa
Patrie . Cette variation auroit de quoi surpren
dre , si l'on n'en voyoit pas le principe dans le
projet que l'Empereur a formé d'offenser S. M.
dans la personne d'un Prince qui lui est cher , er
de se rendre le dispenrateur des Couronnes.
La République de Pologne n'a point de pré-
10gative plus précieuse que celle de disposer de
son Throne , attribut éminent de sa liberté , et
pour la conservation duquel on l'a vu verser son
sang. L'Empereur a voulu y donner atteinte ; il
n'a pas craint de marquer et le Prince qu'il vou
Toit exclure , et celui qu'il vouloit porter sur le
Throne. Il a entrepris de prononcer sans autho
rité , sur ce qui s'étoit passé dans l'intérieur de
la République au sujet de la premiere Election du
Roy de Pologne , il a décidé en Legislateur sou
verain des Loix qui doivent subsister en Pologne,
et des fondemens de la liberté qu'il a voulu ren-.
verser. Le seul menagement qu'il a cû pour elle ,
a été de déguiser ses entreprises sous les appa
rences
OCTOBRE . 1733. 2273
rences d'une protection trompeuse , et sous le
voile d'un prétendu Traité que le tumulte des
armes enfanta avec précipitation , et que la Republique
rendue à elle- même n'a pas crû devoir
suivre .
1
L'Empereur et la Czarine se sont toujours expliquez
à la République , comme on parle à un
Royaume tributaire , ou à une Nation subjugée .
Leurs menaces ont été accompagnées de la marche
de leurs Troupes jusques sur les Frontieres
P'armée Moscovite est entrée en Pologne . afin
de remplir ses engagemens avec l'Empereur , dans
le temps même de l'Election , dans la vue et pour
étouffer par le bruit des armes les Loix et les suf
frages de la République .
Cependant la Nation Polonoise a délibéré sur
l'Election de son Roy , avec cette tranquillité
que la justice seule peut inspirer au milieu des
dangers . Les voeux de la République avoient prévenu
le retour du Roy de Pologne , sa presence
a réuni les esprits , le Champ d'Election n'a retenti
que d'une voix en sa faveur , et cette déliberation
a été consommée avec une unanimité
dont on n'a pas vû d'exemple dans les Faftes de
la Pologne.
C'est cette unanimité qui devoit imposer un
silence eternel à ses Ennemis , puisqu'elle annonçoit
la volonté du Maître des Rois ; et c'est cependant
ce qui les détermine à se porter aux derniers
excès. Le comble est mis à la violence ; l'ar-'
mée Moscovite,par le concert des Alliez,s'avance
vers Varsovie ; les Troupes de l'Empereur et
de l'Electeur de Saxe sont prêtes à marcher sur
les mêmes traces , si les armes Moscovites ne
suffisent pas pour accabler un Peuple libre , qui
reclame ses droits les plus incontestables , et le
glorieux usage de sa liberté.
•
2174 MERCURE DE FRANCE
Que les Cours de Vienne et de Russie cessent
d'usurper l'auguste titre de Protecteurs de lo Pologne
: A ce titre même auroient - elles le droit
d'ouvrir et de fermer les Barrieres qui deffendent
l'accès du Throne vacant ? Ce n'est point e
touffant les droits d'une Nation , qu'on merite
le nom de son Protecteur , mais en la deffendant
contre ceux qui la voudroient opprimer.Le Roy
en avoit donné l'exemple à l'Empereur : Il no
craint point d'en prendre à témoin la Républi
que même et toute l'Europe : Quoique S. M.
dut souhaiter le rétablissement d'un Prince que
la France avoit reçu dans ses malheurs , et qui
lui est uni par les liens les plus sacrez , Elle n'a
rien exigé des Polonois , persuadée qu'il n'ap
partient qu'à la Nation Polonoise de rappeller
un Prince que les malheurs des temps avoient
long- temps séparé d'elle. La Lettre i de S. M.
au Primat du... ne réspire que la juftice et la
paix : l'Europe y reconnoîtra la droiture des intentions
du Roy; elle y verra combien le Roy
est éloigné d'inspirer au Roy de Pologne des
sentimens opposez aux interêts de la Républi
que ; et que s'il a souhaité avec empressement le
rétablissement de ce Prince , c'est pour concou
rir avec lui à l'observation des Traitez qui interessent
la Pologne, et contribuer en même- temps
à la félicité et à la gloire de cette République
à la tranquillité du Nord .
Ce n'est donc point par des vues d'ambition
ou d'interêt que le Roy prend les armes . Contente
de posseder un Royaume florissant , et de
regner sur un Peuple fidelle , Sa Majesté ne cherthe
point à reculer les bornes de sa domination.
Cette Lettre est imprimée N. 4
Ex
OCTOBRE. 17337 2275
Envain l'Empereur , pour interesser l'Empire
dans ses projets , cherche - t - il à l'allarmer sur
les desseins qu'il attribuë faussement à Sa Marsté.
L'Empereur a voulu la guerre , qu'il a renue
necessaire en outrageant le Roy dans ce qui
doit être le plus sacré parmi les Souverains . S
M. se propose d'effacer jusques aux moindres
traces de l'outrage que la Cour de Vienne a cru
lui faire , et de soutenir l'honneur de la France.
D'aussi justes motifs redoubleront encore l'ar
deur des Troupes Françoises : Elles prennent les
armes avec empressement pour vanger leur
Roy, et pour empêcher d'illustres Alliez de succomber
sous les forces que l'Empereur a suscitées
contre eux.C'est au Dieu des armées à donner
la Victoire. Le Roy peut l'invoquer avec
confiance , et esperer que ses succès respondront
à sa modération , à sa patience et à la pureté de
ses sentimens.
E. 1s de ce mois , on distribua à l'Imprimerie
Royale , un imprimé , intitulé : Motifs
des Résolutions du Roy , dont voici la teneur.
LE ROY a donné depuis son avenement à la
Couronne , des preuves éclatantes de sa modération
et de son amour pour la Paix , peut- être
même pourroit-on lui imputer de les avoir portées
trop loin : Cependant il a préféré le repos et
la félicité de ses peuples , à la funeste ambition
d'étendre les Limites de son Empire. Mais la mo,"
dération a ses bornes comme les autres vertus , ét
l'Europe jouiroit encore d'une tranquillité profonde
, si lès Ennemis de la France n'avoient pas
G vj forcé
·
2263 MERCURE DE FRANCE
forcé Sa Majesté à prendre les armes pour def
fendre la dignité de sa Couronne , la gloire de
la Nation Françoise , l'honneur et la liberté de
la Pologne.
*
Depuis que le Thrône de Pologne a été va
cant , le Roy a constamment, respecté la liberte
Polonoise , il n'a rien cxigé d'un peuple libre , et
seul arbitre de son sort. La République elle- mê--
me a imploré son secours, elle a redoublé ses instances
, à mesure que ses allarmes croissoient ,
et qu'elle se voyoit environnée d'armées ennemies
; elle a cherché dans l'équité et dans les for,
ces de Sa Majesté , un azyle toujours ouvert aux
Puissances qui sont menacées d'être opprimées,
Le Roy, a l'exemple de ses Ancêtres , a assuré sa
protection à la Pologne , il l'a déclaré 1 à tous
fes Souverains, mais dans, les termes les plus mesurez
, et avec cette modération digne des grands .
Princes. Il a même , dès les premiers momens.
fait connoître à la Cour de Vienne ce qui pou
voit seul prévenir les troubles en Europe ; et tou--
tes les démarches qu'il a faites depuis , sont autant
de monumens illustres de son amour pour
le maintien de la tranquillité publique..
Une conduite aussi sage n'a pas empêché la
Cour de Vienne , d'éclater contre un Prince né
dans le sein de la Pologne , et attaché au Roy
par des liens aussi étroits. Cette Cour encoura
gée par tant de mesures antérieures , favorables
a ses projets particuliers, a prodigué pour répondre
2 à la déclaration de Sa Majesté , les termes
les plus offensans , et qui devroient être inconnus
entre Princes que leurs Sceptres rendent égaux.Le
Roy n'est point sorti des bornes que sa sagesse
1. Cette declaration est imprimée N. 1.
2.Cette réponse est imprimée N. a.
lui
OCTOBRE 135 2269
lui avoit prefcrites : Il ne s'est point pressé de
tirer la vengeance que demandoit une insulte qui
lui devenoit personnelle ; et si les préparatifs necessaires
ont annoncé son juste ressentiment , il
en a suspendu les effets jusqu'au moment où il
ne lui a plus été possible de conserver la paix
sans blesser la dignité de sa Couronne , et l'honneur
de son Sang..
Peut-on douter que l'interêt personnel de l'Empereur
n'ait décidé de sa conduite , et n'ait dé◄
terminé les engagemens qu'il avoit pris pour dis
poser d'une Couronne indépendante de l'Empi
re , et qui n'étoit pas même encore vacante ID
prétendoit exclure également le Roy. Stanislaa
par le seul motif de ses liaisons avec la Francel'Electeur
de Saxe , parce qu'il paroissoit alors
avoir des interêts opposez à ceux de la Maison
d'Autriche. La mort du Roy Auguste a donné
lieu à de nouveaux projets : Cet Electeur s'est
hâté d'entrer dans toutes les vûës de l'Empereur,
et dès- lors il a cessé de mériter l'exclusion que
çe Prince et la Czarine lui avoient donnée . Cette
exclusion a été levée ; l'on a promis par un nou
veau Traité , d'élever l'Electeur de Saxe sur le
Thrône de Pologne , et les Troupes ennemies se
sont rapprochées de la République , pour la forcer
à souscrire à ces arrangemens ..
Les Polonois ont crú necessaire à leur liberté ,
d'exclure tout Prince étranger de la Couronne
qui étoit vacante. Cette exclusion a été pronon
cée par la Dictte de convocation , et elle a para
si essentielle , qu'elle a été affermie par un serment
solemnel. La Cour de Vienne a voulu franchir
cette nouvelle Barriere ; il n'est rien qu'elle
n'ait tenté pour procurer l'absolution de ce ser
ment ; comme si les interêts , et les projets sans
bor2270
MERCURE DE FRANCE
bornes ; de la Maison d'Autriche , devoient dé
cider d'un engagement, consacré par la Religion.
L'Empereur a redoublé ses efforts ; il avoit annoncé:
Qu'il ne permettroit jamais que Scanis-
» las remontât sur le Throne , sous prétexee de
sa premiere Election , ou de quelqu'autre ma-
» niere que ce fut. Ses Ministres près de la République
ont agi dans une parfaite intelligence
avec ceux de Saxe et de Moscovie ; il ont même
fait trophée de leur union, ils l'ont publiée avec
éclat à Warsovie ; toutes leurs déclarations ont
été faites dans le même esprit , mêmes insultes
au Roy de Pologne , mêmes ordres à la Répu
blique ; les menaces , les intrigues , les supposi
tions les plus calomnieuses, la marche des Troupes
, tout a été concerté entr'eux , tout leur a été
commun. Les Ministres de Saxe et de Moscovie,
fors de l'Election , se sont retirez chez celui de
l'Empereur ; et afin qu'il ne restår plus aucun
doute de leur union , le Ministre de l'Empereur
s'est joint à celui de Moscovie , pour notifier pus
bliquement au Primat l'entrée des Moscovites en
Pologne , et pour montrer à la République as➡
semblée les Fers qu'on lui avoit préparez. 1
"
La Cour de Vienne a -t-elle pu penser en im
poser à l'Europe , et se flatter de dissiper l'oras
ge, en differant de faire entrer ses Troupes en Po
logne , lors même qu'elle détérminoit les Moscovites
à y faire une irruption ? Elle a esperé que
les armes des Moscovites suffiroient pour intimider
et asservir les Polonois et d'ailleurs les
Troupes Imperiales et Saxones'n'étoient- elles
pas toujours sur les Frontieres de la Pologne
prêtes à y entrer pour soutenir leur violence !
** Cette déclaration est imprimée Nutz& A
A
OCTOBR E. 1733. 2271
A tous ces traits , il est difficile de reconnof
tre l'aggresseur. Les Traitez, par lesquels l'Empereur
a voulu disposer en Maître absolu de la
Couronne de Pologne ; l'exclusion qu'il s'est ef-
' forcé de donner sans authorité et sans pouvoir,
à un Prince que ses vertus rendent digne du
Thrône ; les assurances données à l'Electeur de
Saxe, pour le récompenser de sa docilité; la marche
des Troupes Impériales , de concert avec
celles de Saxe et de Moscovie; l'hoftilité que les
Moscovites ont commise dans le temps même de :
l'Election , pour assûrer par la force des armes
l'execution des projets de l'Empereur; cette hostilité
approuvée , et même annoncée par son Mi--
nistre. Toute cette conduite sera à jamais un té---
moignage public que ce Prince est seul autheur
de la guerre ; qu'il a forcé le Roy à prendre les
armes , par l'outrage qu'il a voulu faire à S. M.
et par les violences exercées ou par lui , on de
-son aveu , contre la République de Pologne.
>
Si tous ces efforts ont été inutiles lors de l'E- -
lection , le Roy et le Royaume de Pologne en
sont uniquement redevables à celui à qui seul
appartient de disposer des Couronnes , et qui
tient en ses mains les coeurs des Peuples, comme
ceux des Rois. Le courage des Polonois les a af
franchis de la servitude dans laquelle la Cour
'de Vienne vouloit les précipiter ; mais le Roy
ne peut demander raison qu'à l'Empereur, de son
opposition au rétablissement du Roy de Pologne
, de ses déclarations injurieuses , répandues
dans toute l'Europe par les Ennemis qu'il a suscitez
à la France et à la Pologne qui ne désiroient
que la paix et la liberté , des conseils qu'il
a donnez à la Cour de Russie des esperances
dont il a flatté celle de Saxe ; enfin de tous less
efforts
»
2272 MERCURE DE FRANCE
1
afforts qu'il fait encore pour soûtenir ses premiers
projets.
Envain la Cour de Vienne espere de cacher ses
intrigues aux yeux de l'Europe. On retrouve par
tout ses conseils , ses principes , ses expressions
indécentes , ses desseins formez contre la liberté
Polonoise.
›
Le Prince respectable contre lequel l'Empereur
s'éleve , est le même en qui la plus grande partie
des Souverains de l'Europe , et nommément
P'Empereur Joseph avoient reconnu le sacré
caractere de la Rayauté . L'alliance que le Roy
Stanislas avoit contractée avec le Roy , a changé
les dispositions et le langage de la Cour de Vienne
: Ce Prince est devenu dèslors,selon l'expics
sion des Alliez , un Citoyen proscrit de sa
Patrie . Cette variation auroit de quoi surpren
dre , si l'on n'en voyoit pas le principe dans le
projet que l'Empereur a formé d'offenser S. M.
dans la personne d'un Prince qui lui est cher , er
de se rendre le dispenrateur des Couronnes.
La République de Pologne n'a point de pré-
10gative plus précieuse que celle de disposer de
son Throne , attribut éminent de sa liberté , et
pour la conservation duquel on l'a vu verser son
sang. L'Empereur a voulu y donner atteinte ; il
n'a pas craint de marquer et le Prince qu'il vou
Toit exclure , et celui qu'il vouloit porter sur le
Throne. Il a entrepris de prononcer sans autho
rité , sur ce qui s'étoit passé dans l'intérieur de
la République au sujet de la premiere Election du
Roy de Pologne , il a décidé en Legislateur sou
verain des Loix qui doivent subsister en Pologne,
et des fondemens de la liberté qu'il a voulu ren-.
verser. Le seul menagement qu'il a cû pour elle ,
a été de déguiser ses entreprises sous les appa
rences
OCTOBRE . 1733. 2273
rences d'une protection trompeuse , et sous le
voile d'un prétendu Traité que le tumulte des
armes enfanta avec précipitation , et que la Republique
rendue à elle- même n'a pas crû devoir
suivre .
1
L'Empereur et la Czarine se sont toujours expliquez
à la République , comme on parle à un
Royaume tributaire , ou à une Nation subjugée .
Leurs menaces ont été accompagnées de la marche
de leurs Troupes jusques sur les Frontieres
P'armée Moscovite est entrée en Pologne . afin
de remplir ses engagemens avec l'Empereur , dans
le temps même de l'Election , dans la vue et pour
étouffer par le bruit des armes les Loix et les suf
frages de la République .
Cependant la Nation Polonoise a délibéré sur
l'Election de son Roy , avec cette tranquillité
que la justice seule peut inspirer au milieu des
dangers . Les voeux de la République avoient prévenu
le retour du Roy de Pologne , sa presence
a réuni les esprits , le Champ d'Election n'a retenti
que d'une voix en sa faveur , et cette déliberation
a été consommée avec une unanimité
dont on n'a pas vû d'exemple dans les Faftes de
la Pologne.
C'est cette unanimité qui devoit imposer un
silence eternel à ses Ennemis , puisqu'elle annonçoit
la volonté du Maître des Rois ; et c'est cependant
ce qui les détermine à se porter aux derniers
excès. Le comble est mis à la violence ; l'ar-'
mée Moscovite,par le concert des Alliez,s'avance
vers Varsovie ; les Troupes de l'Empereur et
de l'Electeur de Saxe sont prêtes à marcher sur
les mêmes traces , si les armes Moscovites ne
suffisent pas pour accabler un Peuple libre , qui
reclame ses droits les plus incontestables , et le
glorieux usage de sa liberté.
•
2174 MERCURE DE FRANCE
Que les Cours de Vienne et de Russie cessent
d'usurper l'auguste titre de Protecteurs de lo Pologne
: A ce titre même auroient - elles le droit
d'ouvrir et de fermer les Barrieres qui deffendent
l'accès du Throne vacant ? Ce n'est point e
touffant les droits d'une Nation , qu'on merite
le nom de son Protecteur , mais en la deffendant
contre ceux qui la voudroient opprimer.Le Roy
en avoit donné l'exemple à l'Empereur : Il no
craint point d'en prendre à témoin la Républi
que même et toute l'Europe : Quoique S. M.
dut souhaiter le rétablissement d'un Prince que
la France avoit reçu dans ses malheurs , et qui
lui est uni par les liens les plus sacrez , Elle n'a
rien exigé des Polonois , persuadée qu'il n'ap
partient qu'à la Nation Polonoise de rappeller
un Prince que les malheurs des temps avoient
long- temps séparé d'elle. La Lettre i de S. M.
au Primat du... ne réspire que la juftice et la
paix : l'Europe y reconnoîtra la droiture des intentions
du Roy; elle y verra combien le Roy
est éloigné d'inspirer au Roy de Pologne des
sentimens opposez aux interêts de la Républi
que ; et que s'il a souhaité avec empressement le
rétablissement de ce Prince , c'est pour concou
rir avec lui à l'observation des Traitez qui interessent
la Pologne, et contribuer en même- temps
à la félicité et à la gloire de cette République
à la tranquillité du Nord .
Ce n'est donc point par des vues d'ambition
ou d'interêt que le Roy prend les armes . Contente
de posseder un Royaume florissant , et de
regner sur un Peuple fidelle , Sa Majesté ne cherthe
point à reculer les bornes de sa domination.
Cette Lettre est imprimée N. 4
Ex
OCTOBRE. 17337 2275
Envain l'Empereur , pour interesser l'Empire
dans ses projets , cherche - t - il à l'allarmer sur
les desseins qu'il attribuë faussement à Sa Marsté.
L'Empereur a voulu la guerre , qu'il a renue
necessaire en outrageant le Roy dans ce qui
doit être le plus sacré parmi les Souverains . S
M. se propose d'effacer jusques aux moindres
traces de l'outrage que la Cour de Vienne a cru
lui faire , et de soutenir l'honneur de la France.
D'aussi justes motifs redoubleront encore l'ar
deur des Troupes Françoises : Elles prennent les
armes avec empressement pour vanger leur
Roy, et pour empêcher d'illustres Alliez de succomber
sous les forces que l'Empereur a suscitées
contre eux.C'est au Dieu des armées à donner
la Victoire. Le Roy peut l'invoquer avec
confiance , et esperer que ses succès respondront
à sa modération , à sa patience et à la pureté de
ses sentimens.
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Résumé : Motifs des Résolutions du Roy, &c. [titre d'après la table]
En octobre 1733, un imprimé intitulé 'Motifs des Résolutions du Roy' est distribué à l'Imprimerie Royale. Le roi de France y expose sa modération et son amour pour la paix, tout en soulignant que les ennemis de la France l'ont contraint à prendre les armes. Cette décision vise à défendre la dignité de sa couronne, la gloire de la nation française, ainsi que l'honneur et la liberté de la Pologne. Depuis la vacance du trône de Pologne, le roi a respecté la liberté polonaise et a protégé la Pologne face aux menaces extérieures. Cependant, la Cour de Vienne, encouragée par des mesures favorables à ses projets, a adopté des termes offensants et a incité des troupes ennemies à menacer la Pologne. Le roi de France a suspendu ses préparatifs de vengeance jusqu'à ce qu'il ne puisse plus conserver la paix sans blesser sa dignité. L'Empereur et la Czarine ont tenté d'imposer leurs choix pour le trône de Pologne, malgré les serments et les lois polonaises. Les troupes moscovites, saxonnes et impériales ont menacé et envahi la Pologne pour imposer leurs projets. Le roi de France affirme que ces actions sont la preuve que l'Empereur est l'agresseur et que la France ne cherche pas à étendre son empire mais à défendre la liberté et la paix. Les troupes françaises sont déterminées à défendre l'honneur de la France et à soutenir leur roi. Elles prennent les armes avec empressement pour venger leur souverain et protéger leurs alliés illustres menacés par les forces de l'empereur. La victoire est confiée au 'Dieu des armées'. Le roi peut invoquer ce divin soutien avec confiance, espérant que ses succès refléteront sa modération, sa patience et la pureté de ses sentiments.
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10395
p. 774
« Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...] »
Début :
Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Académie française, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Mines d'Antimoine, Académie des sciences de Moscou
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texteReconnaissance textuelle : « Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...] »
Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson;
de l'Académie Royale des Sciences , fut élu par
l'Académie Françoise , pour remplir la place vacante par la mort du Comte de Morville.
M. de la Nauze , de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles-Lettres , a été élû depuis
peu Membre de la Societé Royale de Londres.
On écrit de Luxembourg , qu'on a découvert
depuis peu aux environs de cette Ville , une Mine
d'Antimoine , aussi bon que celui qu'on tire de
Hongrie , qui a toûjours passé pour le meilleurs
il est , comme on sçait , d'un rouge obscur , et a
ses veines fort longues et fort huisantes.
On mande de Petersbourg , que la Czarine alla
au commencement du mois dernier , voir dans le
Jardin de l'Académie des Sciences de cette Ville ,
les nouvelles Plantes des Pays Etrangers qu'on y
cultive, et cette Princesse eut le plaisir d'y cueillir
elle-même deuxÀnanas dans leur parfaite maturité
de l'Académie Royale des Sciences , fut élu par
l'Académie Françoise , pour remplir la place vacante par la mort du Comte de Morville.
M. de la Nauze , de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles-Lettres , a été élû depuis
peu Membre de la Societé Royale de Londres.
On écrit de Luxembourg , qu'on a découvert
depuis peu aux environs de cette Ville , une Mine
d'Antimoine , aussi bon que celui qu'on tire de
Hongrie , qui a toûjours passé pour le meilleurs
il est , comme on sçait , d'un rouge obscur , et a
ses veines fort longues et fort huisantes.
On mande de Petersbourg , que la Czarine alla
au commencement du mois dernier , voir dans le
Jardin de l'Académie des Sciences de cette Ville ,
les nouvelles Plantes des Pays Etrangers qu'on y
cultive, et cette Princesse eut le plaisir d'y cueillir
elle-même deuxÀnanas dans leur parfaite maturité
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Résumé : « Le 15. du mois dernier, M. l'Abbé Terrasson, de [...] »
Le 15 du mois dernier, l'Abbé Terrasson a été élu à l'Académie Française pour succéder au Comte de Morville. M. de la Nauze a été élu à la Société Royale de Londres. À Luxembourg, une mine d'antimoine de qualité comparable à celle de Hongrie a été découverte. La Czarine a visité le jardin de l'Académie des Sciences à Petersbourg et y a cueilli deux ananas.
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10396
s. p.
Errata du Mercure d'Avril.
Début :
Page 803. ligne 10. Jeard, lisez Icard. P. 808. l. P. 808. l. 3. du bas, manqué, l. marqué. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du Mercure d'Avril.
Errata du Mercure d'Avril.
Age 803. ligne 10. Jeard , lisez Icard.
P. 808. 1. 3. du bas , manqué , 1. marquéi
P. 810. l. 10. 33 , 1. 31.
-P. 816. l . 15. ruës , 1. Nuës.
P. 818. 1. 13. dire , l. d'ire.
P. 823. 1. 16. partie , . parti.
P. 828. 1. 14. exacte , ôtez ce mot.
Ibid. 1. 16. executée , l. exacte.
A la Table , Nouveau voleur , ôtex ces motsi
Age 803. ligne 10. Jeard , lisez Icard.
P. 808. 1. 3. du bas , manqué , 1. marquéi
P. 810. l. 10. 33 , 1. 31.
-P. 816. l . 15. ruës , 1. Nuës.
P. 818. 1. 13. dire , l. d'ire.
P. 823. 1. 16. partie , . parti.
P. 828. 1. 14. exacte , ôtez ce mot.
Ibid. 1. 16. executée , l. exacte.
A la Table , Nouveau voleur , ôtex ces motsi
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10397
p. 380
« Je vous envoye une Traduction nouvelle de la seconde Philippique [...] »
Début :
Je vous envoye une Traduction nouvelle de la seconde Philippique [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Je vous envoye une Traduction nouvelle de la seconde Philippique [...] »
Je vous envoye une Traduction
nouvelle de la feconde Philippique de
Ciceron, faite par M ' Gillet Avo.
cat au Parlement. Il a confervé
toutes les beautez de l'Original,
& pce n'eft pas une petite gloire
pour luy , puis que cerre Piéce
paffe pour le Chefd'oeuvre de ce
grand Maistre de l'Eloquence,
Jefuis, Madame , voftre , & c) ;
omo ob siAND IMA Nuo tiev
-2017 A Paris de 31. "MAY 1685.
nouvelle de la feconde Philippique de
Ciceron, faite par M ' Gillet Avo.
cat au Parlement. Il a confervé
toutes les beautez de l'Original,
& pce n'eft pas une petite gloire
pour luy , puis que cerre Piéce
paffe pour le Chefd'oeuvre de ce
grand Maistre de l'Eloquence,
Jefuis, Madame , voftre , & c) ;
omo ob siAND IMA Nuo tiev
-2017 A Paris de 31. "MAY 1685.
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10398
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 873. ligne 6. à Bollach, lisez, Abdollah-Istamboul-Effendi, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 873. ligne 6. à Bollach, lisez , Abdollah, Istamboul- Effendi ,
?
P. 886. 1. 1. Post , 1. Poste.
P. 902. 1. 22. ni indigné , l . ni moins indignée
P. 906. 1. 9. Ladabach , l. l'Hoda- Bachi,
P. 920. l . 15. steriles , 1. sterile .
P. 926. 1. 19. Romole , 1. Romelie,
Page 873. ligne 6. à Bollach, lisez , Abdollah, Istamboul- Effendi ,
?
P. 886. 1. 1. Post , 1. Poste.
P. 902. 1. 22. ni indigné , l . ni moins indignée
P. 906. 1. 9. Ladabach , l. l'Hoda- Bachi,
P. 920. l . 15. steriles , 1. sterile .
P. 926. 1. 19. Romole , 1. Romelie,
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10399
p. 355-356
AUTRE ENIGME.
Début :
Mon Pere est un grand Corps sujet aux mouvemens, [...]
Mots clefs :
Écho
10400
p. 119-120
Avis. [titre d'après la table]
Début :
On mettra dans le mois prochain les Morts & les [...]
Mots clefs :
Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis. [titre d'après la table]
On mettra, dans le mois
prochain les Morts &':lei
Mariages de celuy cy , parce
lqeue le temps me marque, &
temps me manque , pane
qu'onattend troptard bwcn*
'cryer les Mémoire*, je prie
ceuxquimefontl'honneur de
m'en envoyerde lesecrire plus
correctement, leje- prie ceux
qui negligent de me lesenvoyer
de pardonnersi l'on fait des
fautesgroflieres- J'évite autant
que je puis ces inconvénients
enne parlantpointdu toutou
fort peude certaines Familles
estrangeres dont je n'ay pas eu
rleloeisirsdeechexrchear
prochain les Morts &':lei
Mariages de celuy cy , parce
lqeue le temps me marque, &
temps me manque , pane
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correctement, leje- prie ceux
qui negligent de me lesenvoyer
de pardonnersi l'on fait des
fautesgroflieres- J'évite autant
que je puis ces inconvénients
enne parlantpointdu toutou
fort peude certaines Familles
estrangeres dont je n'ay pas eu
rleloeisirsdeechexrchear
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Résumé : Avis. [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication prochaine des décès et mariages récents, justifiant le délai par un manque de temps. L'auteur demande aux lecteurs d'envoyer des informations précises et correctes, s'excuse pour les erreurs éventuelles et évite de mentionner certaines familles étrangères par manque de vérification.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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