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Liste
10451
p. 165-168
CAROSSES De Nouvelle Invention.
Début :
M. de Camis Gentil-homme Lorrain, de l'Académie Royale des [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Carrosse, Invention , Construction, Assemblée
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texteReconnaissance textuelle : CAROSSES De Nouvelle Invention.
CAROSSES
De Nouvelle Invention.
M. de Camus Gentil-homme Lor-
:
1
166 LE MERCURE
rain , de l'Académie Royale des Sciences,
vient de faire éxecuter un Carrofle
qui eft beaucoup plus roulant que les
autres & qui ne peut verſer. En voici
la Deſcription . Ce Caroffe eſt ſoûtenu
par les Brancars qui font au rafe du
Pavillon , auxquels font attachez 4
petits Cris qui ſoûtiennent une longue
ſoupante,d'un bout à l'autre du
Caroſſe, 4 autres foupantes qui font
priſes à côté du Caroffe& foûtenuës
par la grande ſoûpante , avec deux
Menotes,l'une priſe le long du pied
Cormier & l'autre dans la longue
foupante, avec 4 autres Croix de traverſes,
dont l'une eſt attachée au Bráncar&
l'autre, au pied duCaroffe. Il a
4Arcs-boutans devant & autant derriére
mis en croix , qui fuportent les
longs Brancars. Les deux Rouës de
devant font auffi hautes que celle du
derriere : Le ſiége du Cocher qui eſt
entre les deux moutons , a de quoi
mettre deux Pages aflis à ſes côtez .
On a fait pluſieurs Expériences qui
ont toutes réuſſi. On a mené ce Caroſſe
charge de 18 perſonnes, tant en dedans
que ſur les Brancars , par la Plaine de
Vaugirard , avec des Chevaux de
이
D'AOUST. 167
loiage,qui , quoique petits & foibles ,
pafférent affez vite à travers les fables,
franchirent des Tas de pierres,des Elévations
de terre ,des Bornes , & le tirérent-
fans peine des orniéres les plus
profondes. On chercha tous les moïens
de le faire verſer , mais inutillement :
Tous ces efforts ayant cependant fait
rompre une ſoupante , le Caroſſe reſta
enplace & avança même un long efpace
de chemin, fans qu'on s'en apperçût
. Deux jours après , on fit une
ſeconde Epreuve dans la Cour du
Vieux Louvre ; les Chevaux allant au
galop : Il pafla égallement avec la
charge de 22 perſonnes fur des Colonnes
renverſées&c.fans qu'il ait verſé
&qu'ily ait û riende caffe. Tous ces
avantages viennent de la conftru-
Etion de ce Caroffe , dont les roies,
de devant étant auſſi hautes que celle
de derrière, lui donnent toute cette facilité;
joint à ce que la force des che
vaux eſt égallement appliquée , par
l'élévation des Panoniers & du Timon
qui ſe trouvent à la hauteur du poitrail
des Chevaux & les retiennent , lorf
qu'ils font prêts à s'abattre : Ce qui
répond aux Démonſtrations que l'Au,
168 LE MERCURE
teur fit à l'Ouverture de l'Académie
des Sciences , après Pâques. On verra
dans peu l'uſage des Charettes à 4
grandes Rouës , dont il parla dans la
même Affemblée.
De Nouvelle Invention.
M. de Camus Gentil-homme Lor-
:
1
166 LE MERCURE
rain , de l'Académie Royale des Sciences,
vient de faire éxecuter un Carrofle
qui eft beaucoup plus roulant que les
autres & qui ne peut verſer. En voici
la Deſcription . Ce Caroffe eſt ſoûtenu
par les Brancars qui font au rafe du
Pavillon , auxquels font attachez 4
petits Cris qui ſoûtiennent une longue
ſoupante,d'un bout à l'autre du
Caroſſe, 4 autres foupantes qui font
priſes à côté du Caroffe& foûtenuës
par la grande ſoûpante , avec deux
Menotes,l'une priſe le long du pied
Cormier & l'autre dans la longue
foupante, avec 4 autres Croix de traverſes,
dont l'une eſt attachée au Bráncar&
l'autre, au pied duCaroffe. Il a
4Arcs-boutans devant & autant derriére
mis en croix , qui fuportent les
longs Brancars. Les deux Rouës de
devant font auffi hautes que celle du
derriere : Le ſiége du Cocher qui eſt
entre les deux moutons , a de quoi
mettre deux Pages aflis à ſes côtez .
On a fait pluſieurs Expériences qui
ont toutes réuſſi. On a mené ce Caroſſe
charge de 18 perſonnes, tant en dedans
que ſur les Brancars , par la Plaine de
Vaugirard , avec des Chevaux de
이
D'AOUST. 167
loiage,qui , quoique petits & foibles ,
pafférent affez vite à travers les fables,
franchirent des Tas de pierres,des Elévations
de terre ,des Bornes , & le tirérent-
fans peine des orniéres les plus
profondes. On chercha tous les moïens
de le faire verſer , mais inutillement :
Tous ces efforts ayant cependant fait
rompre une ſoupante , le Caroſſe reſta
enplace & avança même un long efpace
de chemin, fans qu'on s'en apperçût
. Deux jours après , on fit une
ſeconde Epreuve dans la Cour du
Vieux Louvre ; les Chevaux allant au
galop : Il pafla égallement avec la
charge de 22 perſonnes fur des Colonnes
renverſées&c.fans qu'il ait verſé
&qu'ily ait û riende caffe. Tous ces
avantages viennent de la conftru-
Etion de ce Caroffe , dont les roies,
de devant étant auſſi hautes que celle
de derrière, lui donnent toute cette facilité;
joint à ce que la force des che
vaux eſt égallement appliquée , par
l'élévation des Panoniers & du Timon
qui ſe trouvent à la hauteur du poitrail
des Chevaux & les retiennent , lorf
qu'ils font prêts à s'abattre : Ce qui
répond aux Démonſtrations que l'Au,
168 LE MERCURE
teur fit à l'Ouverture de l'Académie
des Sciences , après Pâques. On verra
dans peu l'uſage des Charettes à 4
grandes Rouës , dont il parla dans la
même Affemblée.
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10452
p. 775-778
« Jamais le goût, pour la déclamation et les réprésentations Théâtrales [...] »
Début :
Jamais le goût, pour la déclamation et les réprésentations Théâtrales [...]
Mots clefs :
Allemagne, Amour des spectacles et de la musique, Russie, Opéra-Comique, Académie royale de musique
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texteReconnaissance textuelle : « Jamais le goût, pour la déclamation et les réprésentations Théâtrales [...] »
SPECT À CLE S.
' Amais le goût, pour la déclamation et
les, réprésentions Théatrales n'a été .
si fort ni si général , non seulement en
France , mais dans les Païs Etrangers. A
Paris et dans quelques belles Maisons de
Campagne des environs , on compte plus
de cinquante Théatres , fort bien ajustez
et ornez proprement , où des Sociétez
particulieres se font un plaisir de joüer´
des Piéces Tragiques et Comiques , avec
beaucoup d'intelligence et de finesse ; et
les gens de la premiere qualité s'en mêlent comme les Bourgeois. Quelqués sujets de l'un et de l'autre sexe , brillent part
de tres-heureux talens , et s'attirent des
applaudissemens bien meriteż ; une jeune
personne sur tout , du quartier du Lu--
xembourg, joue plusieurs Rôles avec
4
2
Gy tout
776 MERCURE DE FRANCE
tout le naturel , les graces et la noblesse
possible.
En Allemagne on se fait un grand
plaisir de ce même amusement ; et on apprend de Vienne , que le 13 du mois dernier quelquesCavaliers et Pages de la Cour
de l'Empereur, représenterent devantL.M.
Imp. uneComédie Italienne , qui fut fort
applaudie.
On écrit de Dresde qu'on y avoit joué
chez la Duchesse d'Holstein, en présence
du Roy de Pologne , une Comédie Françoise , intitulée : L'Ami de tout le monde ;
dont les principaux Rôles étoient remplis par les Comtesses de Bilinsken et de
Beuckling , par le Duc de Holstein , le
Pr. Lubomiski et le Comte Rutouski.
L'amour des Spectacles et de la Musique a enfin percé jusques dans le Nord.
On se pique à present en Russie de cultiver les beaux Arts , et la Czarine a donné
des ordres , pour faire construire incessemment à Petersbourg , une Salle et un
Théatre , pour y représenter l'Opéra.
Ce Bâtiment sera achevé vers les Fêtes.
de la Pentecôte , et on ouvrira ce Spectacle aussi-tôt que les Musiciens qu'on
fait
AVRIL. 1732. 777
fait venir d'Italie seront arrivez.
3
Le 3 Mars , l'Opera Comique joua une
Piéce nouvelle en un Acte , qui a pour
titre , les deux Eleves ; elle fut précédée
de l'Ecole des Amans , Piéce remise au
Théatre , et du Pot Pourry Pantomime
dont il a été parlé dans le dernier Mercure. Ces deux Pieces furent suivies du
Ballet Anglois Pantomime , exécuté par
les petits Comédiens , qui ont été trèsapplaudis , et singulierement le petit Sabotier , qui danse un pas de deux , avec
la petite Delle Cheret , avec autant de graces et de précision qu'on peut en attendre de deux enfans de leur âge.
Le 20 , on donna encore une petite Pie-
-ce nouvelle d'un Acte, avec un Divertis-
-sement , intitulée : Le Triomphe de l'ignorance, qui a été continué jusqu'au 29, jour
de la clôture du Théatre.
Le 24et le 29 Mars , l'Académie Koyale de Musique donna deux Réprésentations de l'Opéra d' Amadis , pour les Acteurs , comme cela se pratique toutes les
années avant la cloture du Théatre , le
brillant Pas de trois fut dansé à la fin J
par la De Camargo , et par les Sr. Dumoulin et Laval , avec un applaudissement general,
Gvj Or
778 MERCURE DE FRANCE
On a donné sur ce Théatre , le Mardi
21 de ce mois, la Tragedie deJephté, qu'on
avoit interrompuë pendant la Quinzaine
de Pâques. Cette Piéce est toujours hono
rée des mêmes applaudissemens..
Le Publica aussi applaudi aux nouveaux
ornemens , dont on a embelli la Salle de
l'Opera , dont nous pourrons parler plus.
au long,
Le S' Benozi , Vénitien, nouvel Acteur ,
frere de la Dlle Silvia , debuta , le 3 Mars,
sur le Theatre de l'Hôtel de Bourgogne ,
et y joüa le Rôle de Scaramouche , dans :
la Comédie de Colombine , Avocat pour &
contre ; il a joué encore le même Rôle ,
dans d'autres Piéces , dans lesquelles il a
été applaudi. Outre les talens que ce nouvel Acteur a pour le Theatres il est tresbon Musicien et tres- habile Symphoniste,,
pour le dessus de Violon.
' Amais le goût, pour la déclamation et
les, réprésentions Théatrales n'a été .
si fort ni si général , non seulement en
France , mais dans les Païs Etrangers. A
Paris et dans quelques belles Maisons de
Campagne des environs , on compte plus
de cinquante Théatres , fort bien ajustez
et ornez proprement , où des Sociétez
particulieres se font un plaisir de joüer´
des Piéces Tragiques et Comiques , avec
beaucoup d'intelligence et de finesse ; et
les gens de la premiere qualité s'en mêlent comme les Bourgeois. Quelqués sujets de l'un et de l'autre sexe , brillent part
de tres-heureux talens , et s'attirent des
applaudissemens bien meriteż ; une jeune
personne sur tout , du quartier du Lu--
xembourg, joue plusieurs Rôles avec
4
2
Gy tout
776 MERCURE DE FRANCE
tout le naturel , les graces et la noblesse
possible.
En Allemagne on se fait un grand
plaisir de ce même amusement ; et on apprend de Vienne , que le 13 du mois dernier quelquesCavaliers et Pages de la Cour
de l'Empereur, représenterent devantL.M.
Imp. uneComédie Italienne , qui fut fort
applaudie.
On écrit de Dresde qu'on y avoit joué
chez la Duchesse d'Holstein, en présence
du Roy de Pologne , une Comédie Françoise , intitulée : L'Ami de tout le monde ;
dont les principaux Rôles étoient remplis par les Comtesses de Bilinsken et de
Beuckling , par le Duc de Holstein , le
Pr. Lubomiski et le Comte Rutouski.
L'amour des Spectacles et de la Musique a enfin percé jusques dans le Nord.
On se pique à present en Russie de cultiver les beaux Arts , et la Czarine a donné
des ordres , pour faire construire incessemment à Petersbourg , une Salle et un
Théatre , pour y représenter l'Opéra.
Ce Bâtiment sera achevé vers les Fêtes.
de la Pentecôte , et on ouvrira ce Spectacle aussi-tôt que les Musiciens qu'on
fait
AVRIL. 1732. 777
fait venir d'Italie seront arrivez.
3
Le 3 Mars , l'Opera Comique joua une
Piéce nouvelle en un Acte , qui a pour
titre , les deux Eleves ; elle fut précédée
de l'Ecole des Amans , Piéce remise au
Théatre , et du Pot Pourry Pantomime
dont il a été parlé dans le dernier Mercure. Ces deux Pieces furent suivies du
Ballet Anglois Pantomime , exécuté par
les petits Comédiens , qui ont été trèsapplaudis , et singulierement le petit Sabotier , qui danse un pas de deux , avec
la petite Delle Cheret , avec autant de graces et de précision qu'on peut en attendre de deux enfans de leur âge.
Le 20 , on donna encore une petite Pie-
-ce nouvelle d'un Acte, avec un Divertis-
-sement , intitulée : Le Triomphe de l'ignorance, qui a été continué jusqu'au 29, jour
de la clôture du Théatre.
Le 24et le 29 Mars , l'Académie Koyale de Musique donna deux Réprésentations de l'Opéra d' Amadis , pour les Acteurs , comme cela se pratique toutes les
années avant la cloture du Théatre , le
brillant Pas de trois fut dansé à la fin J
par la De Camargo , et par les Sr. Dumoulin et Laval , avec un applaudissement general,
Gvj Or
778 MERCURE DE FRANCE
On a donné sur ce Théatre , le Mardi
21 de ce mois, la Tragedie deJephté, qu'on
avoit interrompuë pendant la Quinzaine
de Pâques. Cette Piéce est toujours hono
rée des mêmes applaudissemens..
Le Publica aussi applaudi aux nouveaux
ornemens , dont on a embelli la Salle de
l'Opera , dont nous pourrons parler plus.
au long,
Le S' Benozi , Vénitien, nouvel Acteur ,
frere de la Dlle Silvia , debuta , le 3 Mars,
sur le Theatre de l'Hôtel de Bourgogne ,
et y joüa le Rôle de Scaramouche , dans :
la Comédie de Colombine , Avocat pour &
contre ; il a joué encore le même Rôle ,
dans d'autres Piéces , dans lesquelles il a
été applaudi. Outre les talens que ce nouvel Acteur a pour le Theatres il est tresbon Musicien et tres- habile Symphoniste,,
pour le dessus de Violon.
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Résumé : « Jamais le goût, pour la déclamation et les réprésentations Théâtrales [...] »
En France et à l'étranger, le goût pour la déclamation et les représentations théâtrales était très prononcé. À Paris et dans les maisons de campagne environnantes, plus de cinquante théâtres accueillaient des sociétés particulières jouant des pièces tragiques et comiques. Des personnes de haut rang et des bourgeois y participaient, certains acteurs se distinguant par leur talent. En Allemagne, cet engouement était également présent. À Vienne, des cavaliers et des pages de la cour de l'empereur avaient représenté une comédie italienne applaudie par l'impératrice. À Dresde, une comédie française avait été jouée en présence du roi de Pologne, avec des rôles principaux interprétés par des comtesses et des ducs. En Russie, l'amour des spectacles et de la musique se développait, la czarine ayant ordonné la construction d'une salle et d'un théâtre à Petersbourg pour représenter l'opéra. À Paris, l'Opéra Comique avait joué plusieurs pièces, dont 'Les deux Élèves' et 'Le Triomphe de l'ignorance'. L'Académie Royale de Musique avait donné des représentations de l'opéra 'Amadis' et de la tragédie 'Jephté'. Le Vénitien S' Benozi avait débuté sur la scène de l'Hôtel de Bourgogne en jouant Scaramouche, recevant des applaudissements pour ses talents de musicien et symphoniste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10453
p. 365-367
« Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...] »
Début :
Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...] »
Le samedi 4. de ce mois , M. Fromenl'un
des Professeurs de Rhétorique
du Collège Mazarin , prononça un fott^
Ëeaù Discours Latin au sujet de la Naisf
fance du Dauphin. L'Assemblée fut fortno
rnhre use i le Cardinal de Biffy j le
^lonce du Pape , plusieurs Prélats ,& ua
grand nombre de personnes jde distincy
uóa>
fis MERCÚRÈ DÉ FRÀNCÉ.
iion s'y trouvèrent. On applaudit beau
coup à k Description que l'O'rateíir fié'
du Feu, qui a été tiré fur la Rivière pat
Ordre des Ambassadeurs d'Espagne.
Le même jour 4. de Février, ï'Acade-' ,
mie Royale des Sciences , élut Mrs. Lieu-*
íaud & de Liste , Associés Astronome* J
de cette Académie , & M. Maraldi Exter
ne & Neveu de feu M. Maraldi , pour'
que l'un de ces trois Sujets , au choix du
Roi, remplisse la place dé Pensionnaire
Astronome , vacante par la mort de M.
Maraldi , décède au mois de Decembr©
dernier , âgé d*envifott 7 i. ans.
Le mercredi 9. le Comte de Maurépa*
écrivit à V Académie que S. M. avoíé
choisi M. Lieutaud.'
Le samedi 18* M. Daguessèau de Val-
|Oum, Frère puiíhé da Chancelier de Frartfce
, fut élu pour remplir la piace d'Aca
démicien Honoraire, vacante par la mort
de M. de Valincourtv
Lé Comté dé Portmore a été recetf
dépuis peu Membre de la Société Royalé
de Londres. ,
Six Allemands expérimentez dans lé
travail des Mines , vont dans les Mont
ïagaes de k Calabre ,.pour faire l'épreuvé
d'une
une Mine d'or qu'on çroit y avoir été"
c'eouverce*
On donne avis aux Antiquaires , que le jaî
du mois de May prochain on vendra à Amster
dam le fameux Cabinet de feu M, Jacques de
. Bí ry , ci-devant Consul de L. H. P. à Seville :
Kl consiste dans des Médailles d'or & d"argent,
t & en un très-grand nombre de cuivre , toutes
■intiques > parmi lesquelles on ne trouve pas
feulement les principales & les plus rares Mé
dailles des Empereurs , en grandes & moyennes
sortes en cuivre, mais auífi un très- beau &
véritable Othon > dont le pareil est à peine con
nu dans l'Europe: II contient encore une sin
gulière collection de Médailles Espagnoles Se
Puniques, & plusieurs autres , selen lc Cata^
logue qui est imprimé.
des Professeurs de Rhétorique
du Collège Mazarin , prononça un fott^
Ëeaù Discours Latin au sujet de la Naisf
fance du Dauphin. L'Assemblée fut fortno
rnhre use i le Cardinal de Biffy j le
^lonce du Pape , plusieurs Prélats ,& ua
grand nombre de personnes jde distincy
uóa>
fis MERCÚRÈ DÉ FRÀNCÉ.
iion s'y trouvèrent. On applaudit beau
coup à k Description que l'O'rateíir fié'
du Feu, qui a été tiré fur la Rivière pat
Ordre des Ambassadeurs d'Espagne.
Le même jour 4. de Février, ï'Acade-' ,
mie Royale des Sciences , élut Mrs. Lieu-*
íaud & de Liste , Associés Astronome* J
de cette Académie , & M. Maraldi Exter
ne & Neveu de feu M. Maraldi , pour'
que l'un de ces trois Sujets , au choix du
Roi, remplisse la place dé Pensionnaire
Astronome , vacante par la mort de M.
Maraldi , décède au mois de Decembr©
dernier , âgé d*envifott 7 i. ans.
Le mercredi 9. le Comte de Maurépa*
écrivit à V Académie que S. M. avoíé
choisi M. Lieutaud.'
Le samedi 18* M. Daguessèau de Val-
|Oum, Frère puiíhé da Chancelier de Frartfce
, fut élu pour remplir la piace d'Aca
démicien Honoraire, vacante par la mort
de M. de Valincourtv
Lé Comté dé Portmore a été recetf
dépuis peu Membre de la Société Royalé
de Londres. ,
Six Allemands expérimentez dans lé
travail des Mines , vont dans les Mont
ïagaes de k Calabre ,.pour faire l'épreuvé
d'une
une Mine d'or qu'on çroit y avoir été"
c'eouverce*
On donne avis aux Antiquaires , que le jaî
du mois de May prochain on vendra à Amster
dam le fameux Cabinet de feu M, Jacques de
. Bí ry , ci-devant Consul de L. H. P. à Seville :
Kl consiste dans des Médailles d'or & d"argent,
t & en un très-grand nombre de cuivre , toutes
■intiques > parmi lesquelles on ne trouve pas
feulement les principales & les plus rares Mé
dailles des Empereurs , en grandes & moyennes
sortes en cuivre, mais auífi un très- beau &
véritable Othon > dont le pareil est à peine con
nu dans l'Europe: II contient encore une sin
gulière collection de Médailles Espagnoles Se
Puniques, & plusieurs autres , selen lc Cata^
logue qui est imprimé.
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Résumé : « Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...] »
Le 4 février, M. Fromenl'un, professeur de rhétorique au Collège Mazarin, prononça un discours en latin célébrant la naissance du Dauphin. L'événement fut marqué par la présence du Cardinal de Bissy, du nonce du Pape, de plusieurs prélats et de nombreuses personnes distinguées. Le discours fut acclamé, notamment pour sa description du feu d'artifice organisé par les ambassadeurs d'Espagne. Le même jour, l'Académie Royale des Sciences élut Messieurs Lieutaud, de L'Isle et Maraldi pour remplacer l'astronome décédé, M. Maraldi, âgé d'environ 71 ans. Le 9 février, le Comte de Maurepas annonça que le Roi avait choisi M. Lieutaud. Le 18 février, M. Daguessau de Val-Pin, frère puîné du Chancelier de France, fut élu académicien honoraire pour remplacer M. de Valincourt. Le Comte de Portmore fut récemment admis à la Société Royale de Londres. Six Allemands experts en mines se rendirent en Calabre pour explorer une mine d'or supposée. Les antiquaires furent informés que le cabinet de feu M. Jacques de Biri, ancien consul à Séville, serait vendu à Amsterdam le 1er mai. Ce cabinet comprend des médailles rares, dont un Othon véritable, ainsi qu'une collection de médailles espagnoles et puniques.
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10454
p. 1843-1850
Morts de Personnes Illustres.
Début :
Si nous n'étions pas dans l'usage de rendre certains devoirs à la Mémoire des Personnes celebres [...]
Mots clefs :
Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, Personnes célèbres, Mort, Esprit, Lieutenant, Roi, Paris, Seigneur, Gouverneur, Église, Jean-François Félibien, Jacques Leullier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts de Personnes Illustres.
Mors de Personnes Illustres.
Si nous n'étions pas dans l'usage de rendre
certains devoirs à la Mémoire des Personnes ce- i
lebres que la mort nous enleve , nous commencerions
par la Marquise de Lambert , décedée à
Paris le 12 . Juillet 1733. dans la 86.année de son
âge , géneralment regrettée , à cause des grandes
qualitez de son coeur et de son esprit. Nous
avons d'elle un excellent Ouvrage sous ce titre :
Avi
1814 MERCURE DE FRANCE
Avis d'une Mere à son Fils et à sa Fille , imprimé
à Paris chez Ganeau en 1728. 1. vol . in 12.
et des Refléxions sur les Femmes , dont il y a une
Edition de Hollande.
La Marquise le Lambert, qui se nommoit Anne-
Therese de Marguenat de Courcelles , étoit
Fille unique d'Etienne de Marguenat, Seigneur de
Courcelles , Maître ordinaire en la Chambre des
Comptes, mort le 22. May 1650. et de Monique
Passart , morte le 21. Juillet 1692. alors
femme en secondes Nôces de François le Coigneux
, Seigneur de la Rocheturpin et de Bachau-:
mont , celebre par son bel esprit . Elle avoit été
mariée le 22. Février 1666. avec Henri de Lambert
, Marquis de S. Bris en Auxerrois , Baron de
Chitry et Augy , alors Capitaine au Régiment
Royal , et depuis Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , fait Brigadier en 1674. Maréchal
de Camp le 25. Février 1677. Commandant de
Fribourg en Brisgaw, au mois de Novembre suivant
, Gouverneur de Longwy , et Lieutenant
General des Armées du Roy , au mois de Juillet
1682. et enfin Gouverneur et Lieutenant Gene
ral de la Ville et Duché de Luxembourg , au
mois de Juin 1684. mort au mois de Juillet 686.
Elle en avoit eu , outre deux Filles mortes en
bas âge , un Fils et une autre Fille , le Fils est
Henry- François de Lambert , Mirquis de saint
Eris , né le 13. Décembre 1677. Lieutenant general
des Armées du Roy du 30. Mars 1720. et
Gouverneur de la Ville d'Auxerre , autrefois Colonel
du Régiment de Périgord. Il a été marié le
12. Janvier 1725. avec Angélique de Lariam de
Rochefort , veuve de Louis- François du Parc ,
Marquis de Loëmmaria , Lieutenant General des
Armées du Roy, mort le 4. Octobre 1709. la
Fille
AOUS T. 1733. 1815
Fille de la Marquise de Lambert étoit Marie-Thérese
de Lambert , qui avoit été mariée en 1703 .
avec Louis de Beaupoil , Comte de S. Aulaire
Seigneur de la Porcherie et de la Grenellerie ,
Colonel - Lieutenant du Régiment d'Enguien ,
Infanterie , tué au Combat de Ramersheim , dans
la haute Alsace , le 26. Août 1709. elle est morte
le 13. Juillet 1731. âgée de 52. ans , ayant laissé
une File unique nommée Therese- Eulalie de
Beaupoil de S. Aulaire , mariée le 7. révrier
1725. avec Anne - Pierre d'Harcourt , Marquis de
Beuvron , Seigneur de Tourneville , Lieutenant
General pour le Roy au Gouvernement de Normandie
, Gouverneur du vieux Palais de Roun
et Mestre de Camp de Cavalerie , Frere du Duc
d'Harcourt.
La Mere de la Marquise de Lambert , épousa ,
comme on l'a dit , M. de Bachaumont , qui nonseulement
faisoit fort agréablement des Vers
comme tout le monde sçait par le fameux vorge
dont il partagea la gloire avec la Chapelle , mais
qui de plus étoit homme de beaucoup d'esprit et
de plus encore , homme de très- bonne compagnie
, dans un temps où la bonne et la mauvaise
se mêloient beaucoup moins , et où l'on y étoit
bien plus difficile. Il s'affectionna à sa Belle fille ,
presque encore enfant , cause des dispositions
heureuses qu'il découvrit bien - tôt en elle et
il s'appliqua à les cultiver , tant par lui-mêmeque
par le monde choisi qui venoit dans sa maison
, et dont elle apprenoit sa Langue comme
on fait la Langue maternelle.
a
Elle se déroboit souvent aux plaisirs de son
age pour aller ire en son particulier , et elle s'accoûtuma
dès lors , de son propre mouvement , à
faire de petits Extraits de ce qui la frappoit le
plus
1846 MERCURE DE FRANCE
plus. C'étoient déja, ou des reflexions fines sur le
coeur humain , ou des tours d'expressions ingenieux
, mais le plus souvent des réfléxions .
Ce goût ne la quitta, ni quand elle fut obligée
de représenter à Luxembourg, dont M. le Marquis
de Lambert étoit Gouverneur , ni quand
après sa mort elle eut à essuyer de longs et
cruels Procès où il s'agissoit de toute sa fortune ;
enfin quand elle les eut conduits et gagnez avec
toute la capacité d'une personne qui n'eut point
eu d'autre talent ; libre enfin et Maîtresse d'un
bien assez considerable qu'elle avoit presque conquis
, elle établit dans Paris une Maison où il
étoit honorable d'être reçû. C'étoit la seule , à un
petit nombre d'exceptions près , qui se fût préservée
de la maladie Epidémique du jeu ; la seule
où l'on se trouvât pour se parler raisonnab ement
les uns les autres , et même avec esprit , selon
l'occasion . Aussi ceux qui avoient leurs raisons
pour trouver mauvais qu'il y eût encore de la
Conversation que que part , lançoient - ils , quand
ils le pouvoient , quelques traits malins contre
la Maison de Madame de Lambert , et Mme de
Lambert elle- même , très-délicate sur les discours
et sur l'opinion du Public , craignoit quelquefois
de donner trop à son goût ; elle avoit le
soin de se rassurer, en faisant refléxion , que
cette même Maison , si accusée d'esprit , elle y
faisoit une dépense très - noble et y recevoit beaucoup
plus de gens du Monde et de condition que
de gens illustres dans les Lettres ..
dans
Son extrême sensibilité sur les discours du Public
, fut mise à une bien plus rude épreuve . Elle
s'amusoit volontiers à écrire pour elle seule , et
elle voulut bien lire ses Ecrits à un très - petit
nombre d'amis particuliers ; car quoiqu'on n'écrive
A O UST. 1733. 1847
crive que pour soi , on écrit aussi un peu pour
les autres sans s'en douter . Elle fit plus , elle
laissa sortir ses papiers de ses mains , sous les
sermens les plus forts qu'on lui fit de la fidelité
la plus exacte. On viola les sermens ; des Auteurs
ne crurent point qu'une modestie d'Auteur pûr
être sincere ; is prirent des copies qui ne manquerent
pas d'échapper. Voilà les Avis d'une
Mere à son Fils , les Avis à sa Fille , imprimez ,
et elle se croit deshonorée . Une Femme de condition
faire des Livres , comment soutenir cette
infamie !
Le Public sentit bien cependant le mérite de
ces Ouvrages , la beauté du stile , la finesse et
l'élevation des sentimens , le ton aimable de vertu
qui y regne par tout. Il s'en fit en peu de temps
plusieurs Editions , soit en France , soit ailleurs ,
et ils furent traduits en Anglois. Mais Mme de
Lambert ne se consoloit point ; et on n'auroit
pas la hardiesse d'assurer ici une chose si peu
vrai-semblable , si après ces succès , on ne lui
avoit vû retirer de chez un Libraire , et payer au
prix qu'il voulut , toute l'Edition qu'il venoit de
faire d'un autre Ouvrage qu'on lui avoit dérobé.
Les qualitez de l'ame p us importantes , et
plus rares , surpassoient encore en elle les qualitez
de l'esprit. Elle étoit née courageuse , peu
susceptible d'aucune crainte , si ce n'étoit sur la
gloire; incapable de se rendre aux obstacles dang
une entreprise nécessaire ou vertueuse . Elle n'étoit
pas seulement ardente à servir ses amis sans
attendre leurs prieres , ni l'exposition , souvent
humiliante de leurs besoins , mais une bonne
action à faire , même en faveur des personnes
indifférentes , la tentoit toujours vivement , et il
falloit que les circonstances fussent bien contraires
,
1818 FRCURE DE FRANCE
traires , si elle n'y succomboit pas . Quelque
mauvais succès de ses générositez ne l'en avoient
point corrigée , et elle étoit toujours également
prête à hazarder de faire le bien . Ele fut fort
infirme pendant tout le cours de sa vie . Ses dernieres
années furent accablées de souffrances
pour lesquelles son courage naturel n'eût pas
suffi sans le secours de toute sa Religion.
Jean-François Felibien , Ecuyer , Sieur des Awaux
et de Javercy , Conseiller et Historiographe
du Roy , et de ses Bâtimens, Arts et Manufactures
de France , et Garde du Cabinet Royal
des Antiques , Secretaire de l'Académie Royale
d'Architecture , et cy- devant l'un des Pensionnaires
et Trésorier perpétuel de l'Académie des
Inscriptions et Biles Lettres , mourut à Paris le
23 Juin 1733 âgé d'environ 75 ans . Il étoit d'une
Famille fort connue dans la République des Lettres
. André Félibien , son pere , auquel il avoit
succedé en 1695.dans la place d'Historiographe
des Bâtimens et de Garde du Cabinet des Antiques,
a donné au public un grand nombre d'Ouvrages
, comme on peut le voir dans son éloge ,
rapporté d'aprés le trente- neuviéme Journal des
Sçavans , de l'année 695. dans le Dictionnaire
Historique , éditions de 1715 et 1732. Jacques
Fé ibien , son oncle , Chanoine et Archidiacre
de Vendôme , en l'Eglise de Chartres , mort
le 25 Novembre 1716. dans la 80 année de son
âge ; et Dom Michel Fél bien son frere , Bénédictin
, de la Congrégation de S. Maur, mort
le 25 Septembre 1719. Se sont aussi rendus célébres
par leurs Ouvrages . Il s'est fait connoître
aussi par les sens dont les principaux sont un
Recueil Historique de la Vie et des Ouvrages
des plus célebres Architectes ; les Plans des Mai-
1
1
sons
AOUS T. 1733. 1849
sons de Pline et leur Description ; la Description
de Versailles , et de celle de l'Eglise des Invalides.
Il s'étoit marié le 1 Septembre 1712 , avec
Caterine-Elizabeth Minet , fille de Louis Minet ,
Conseiller , Secretaire du Roy , et Avocat aux
Conseils, et d'Elizabeth Moufle.Il en avoit eu 11
enfans,mais ils sont tous morts jeunes ; de sorte
qu'il ne laisse pour héritiere qu'une Soeur , sçavoir
Marie- Anne Fé.ibien , veuve de Joachim
de Bruet , Chevalier , Seigneur de la Chesnais,
qui avoit commandé la Noblesse de la Provin
ce d'Orleans , Chartres et Pais Blésois , Vendômois
, Montargis , Estampes , Gien et Amboise
pendant les cinq dernieres années de la guerre
qui a été terminée psr la Paix de Risvvich.
Jacques Lullier , Prêtre, Docteur et Doyen de
de Faculté de Théologie de Paris , dont il avoit
reçu le Bonnet le 10 Juin 1675. Sénieur de la
Maison de Sorbonne , et ancien Curé de la Paroisse
de S. Louis en l'Isle Notre Dame mourut
en Sorbonne le 30 Juin , âgé d'environ 86
ans , son corps ayant été porté à S. Louis en
FIsle , il y fut inhumé le 2 Juillet . Il étoit le
quatriéme Curé de cette Paroisse , ayant succedé à
Bernard Crosse,mort le 6 Avril 1693 , à l'exemple
de ses Prédecesseurs qui avoient déja fait construire
le Choeur de l'Eglise de S.Louis , il entreprit
d'en continuer le Bâtiment , et vint à bout
de faire édifier la Nef , avec son Jubé, la Voute
de la Croisée , et une tres - belle Chapelle de la
Communion . Ce fut par ses soins que cette
nouvelle Eglise fut , cor sacrée le 14 Juillet 1726
par l'Evêque de Grenoble. Après avoir gouverné
cette Paroisse pendant plus de 33 ans , il résigna
sa Cure à Jacques- Barthelemi de la Broise
Curé de Notre-Dame de Bonnes Nouvelles, quì
en
1810 MERCURE DE FRANCE
en prit possession le 3 Novembre 1726. Voyez
touchant la cérémonie de la consécration de la
nouvelle Eglise de S. Louis , le Mercure du mois
d'Août 1726. pag. 1787.
Si nous n'étions pas dans l'usage de rendre
certains devoirs à la Mémoire des Personnes ce- i
lebres que la mort nous enleve , nous commencerions
par la Marquise de Lambert , décedée à
Paris le 12 . Juillet 1733. dans la 86.année de son
âge , géneralment regrettée , à cause des grandes
qualitez de son coeur et de son esprit. Nous
avons d'elle un excellent Ouvrage sous ce titre :
Avi
1814 MERCURE DE FRANCE
Avis d'une Mere à son Fils et à sa Fille , imprimé
à Paris chez Ganeau en 1728. 1. vol . in 12.
et des Refléxions sur les Femmes , dont il y a une
Edition de Hollande.
La Marquise le Lambert, qui se nommoit Anne-
Therese de Marguenat de Courcelles , étoit
Fille unique d'Etienne de Marguenat, Seigneur de
Courcelles , Maître ordinaire en la Chambre des
Comptes, mort le 22. May 1650. et de Monique
Passart , morte le 21. Juillet 1692. alors
femme en secondes Nôces de François le Coigneux
, Seigneur de la Rocheturpin et de Bachau-:
mont , celebre par son bel esprit . Elle avoit été
mariée le 22. Février 1666. avec Henri de Lambert
, Marquis de S. Bris en Auxerrois , Baron de
Chitry et Augy , alors Capitaine au Régiment
Royal , et depuis Mestre de Camp d'un Régiment
de Cavalerie , fait Brigadier en 1674. Maréchal
de Camp le 25. Février 1677. Commandant de
Fribourg en Brisgaw, au mois de Novembre suivant
, Gouverneur de Longwy , et Lieutenant
General des Armées du Roy , au mois de Juillet
1682. et enfin Gouverneur et Lieutenant Gene
ral de la Ville et Duché de Luxembourg , au
mois de Juin 1684. mort au mois de Juillet 686.
Elle en avoit eu , outre deux Filles mortes en
bas âge , un Fils et une autre Fille , le Fils est
Henry- François de Lambert , Mirquis de saint
Eris , né le 13. Décembre 1677. Lieutenant general
des Armées du Roy du 30. Mars 1720. et
Gouverneur de la Ville d'Auxerre , autrefois Colonel
du Régiment de Périgord. Il a été marié le
12. Janvier 1725. avec Angélique de Lariam de
Rochefort , veuve de Louis- François du Parc ,
Marquis de Loëmmaria , Lieutenant General des
Armées du Roy, mort le 4. Octobre 1709. la
Fille
AOUS T. 1733. 1815
Fille de la Marquise de Lambert étoit Marie-Thérese
de Lambert , qui avoit été mariée en 1703 .
avec Louis de Beaupoil , Comte de S. Aulaire
Seigneur de la Porcherie et de la Grenellerie ,
Colonel - Lieutenant du Régiment d'Enguien ,
Infanterie , tué au Combat de Ramersheim , dans
la haute Alsace , le 26. Août 1709. elle est morte
le 13. Juillet 1731. âgée de 52. ans , ayant laissé
une File unique nommée Therese- Eulalie de
Beaupoil de S. Aulaire , mariée le 7. révrier
1725. avec Anne - Pierre d'Harcourt , Marquis de
Beuvron , Seigneur de Tourneville , Lieutenant
General pour le Roy au Gouvernement de Normandie
, Gouverneur du vieux Palais de Roun
et Mestre de Camp de Cavalerie , Frere du Duc
d'Harcourt.
La Mere de la Marquise de Lambert , épousa ,
comme on l'a dit , M. de Bachaumont , qui nonseulement
faisoit fort agréablement des Vers
comme tout le monde sçait par le fameux vorge
dont il partagea la gloire avec la Chapelle , mais
qui de plus étoit homme de beaucoup d'esprit et
de plus encore , homme de très- bonne compagnie
, dans un temps où la bonne et la mauvaise
se mêloient beaucoup moins , et où l'on y étoit
bien plus difficile. Il s'affectionna à sa Belle fille ,
presque encore enfant , cause des dispositions
heureuses qu'il découvrit bien - tôt en elle et
il s'appliqua à les cultiver , tant par lui-mêmeque
par le monde choisi qui venoit dans sa maison
, et dont elle apprenoit sa Langue comme
on fait la Langue maternelle.
a
Elle se déroboit souvent aux plaisirs de son
age pour aller ire en son particulier , et elle s'accoûtuma
dès lors , de son propre mouvement , à
faire de petits Extraits de ce qui la frappoit le
plus
1846 MERCURE DE FRANCE
plus. C'étoient déja, ou des reflexions fines sur le
coeur humain , ou des tours d'expressions ingenieux
, mais le plus souvent des réfléxions .
Ce goût ne la quitta, ni quand elle fut obligée
de représenter à Luxembourg, dont M. le Marquis
de Lambert étoit Gouverneur , ni quand
après sa mort elle eut à essuyer de longs et
cruels Procès où il s'agissoit de toute sa fortune ;
enfin quand elle les eut conduits et gagnez avec
toute la capacité d'une personne qui n'eut point
eu d'autre talent ; libre enfin et Maîtresse d'un
bien assez considerable qu'elle avoit presque conquis
, elle établit dans Paris une Maison où il
étoit honorable d'être reçû. C'étoit la seule , à un
petit nombre d'exceptions près , qui se fût préservée
de la maladie Epidémique du jeu ; la seule
où l'on se trouvât pour se parler raisonnab ement
les uns les autres , et même avec esprit , selon
l'occasion . Aussi ceux qui avoient leurs raisons
pour trouver mauvais qu'il y eût encore de la
Conversation que que part , lançoient - ils , quand
ils le pouvoient , quelques traits malins contre
la Maison de Madame de Lambert , et Mme de
Lambert elle- même , très-délicate sur les discours
et sur l'opinion du Public , craignoit quelquefois
de donner trop à son goût ; elle avoit le
soin de se rassurer, en faisant refléxion , que
cette même Maison , si accusée d'esprit , elle y
faisoit une dépense très - noble et y recevoit beaucoup
plus de gens du Monde et de condition que
de gens illustres dans les Lettres ..
dans
Son extrême sensibilité sur les discours du Public
, fut mise à une bien plus rude épreuve . Elle
s'amusoit volontiers à écrire pour elle seule , et
elle voulut bien lire ses Ecrits à un très - petit
nombre d'amis particuliers ; car quoiqu'on n'écrive
A O UST. 1733. 1847
crive que pour soi , on écrit aussi un peu pour
les autres sans s'en douter . Elle fit plus , elle
laissa sortir ses papiers de ses mains , sous les
sermens les plus forts qu'on lui fit de la fidelité
la plus exacte. On viola les sermens ; des Auteurs
ne crurent point qu'une modestie d'Auteur pûr
être sincere ; is prirent des copies qui ne manquerent
pas d'échapper. Voilà les Avis d'une
Mere à son Fils , les Avis à sa Fille , imprimez ,
et elle se croit deshonorée . Une Femme de condition
faire des Livres , comment soutenir cette
infamie !
Le Public sentit bien cependant le mérite de
ces Ouvrages , la beauté du stile , la finesse et
l'élevation des sentimens , le ton aimable de vertu
qui y regne par tout. Il s'en fit en peu de temps
plusieurs Editions , soit en France , soit ailleurs ,
et ils furent traduits en Anglois. Mais Mme de
Lambert ne se consoloit point ; et on n'auroit
pas la hardiesse d'assurer ici une chose si peu
vrai-semblable , si après ces succès , on ne lui
avoit vû retirer de chez un Libraire , et payer au
prix qu'il voulut , toute l'Edition qu'il venoit de
faire d'un autre Ouvrage qu'on lui avoit dérobé.
Les qualitez de l'ame p us importantes , et
plus rares , surpassoient encore en elle les qualitez
de l'esprit. Elle étoit née courageuse , peu
susceptible d'aucune crainte , si ce n'étoit sur la
gloire; incapable de se rendre aux obstacles dang
une entreprise nécessaire ou vertueuse . Elle n'étoit
pas seulement ardente à servir ses amis sans
attendre leurs prieres , ni l'exposition , souvent
humiliante de leurs besoins , mais une bonne
action à faire , même en faveur des personnes
indifférentes , la tentoit toujours vivement , et il
falloit que les circonstances fussent bien contraires
,
1818 FRCURE DE FRANCE
traires , si elle n'y succomboit pas . Quelque
mauvais succès de ses générositez ne l'en avoient
point corrigée , et elle étoit toujours également
prête à hazarder de faire le bien . Ele fut fort
infirme pendant tout le cours de sa vie . Ses dernieres
années furent accablées de souffrances
pour lesquelles son courage naturel n'eût pas
suffi sans le secours de toute sa Religion.
Jean-François Felibien , Ecuyer , Sieur des Awaux
et de Javercy , Conseiller et Historiographe
du Roy , et de ses Bâtimens, Arts et Manufactures
de France , et Garde du Cabinet Royal
des Antiques , Secretaire de l'Académie Royale
d'Architecture , et cy- devant l'un des Pensionnaires
et Trésorier perpétuel de l'Académie des
Inscriptions et Biles Lettres , mourut à Paris le
23 Juin 1733 âgé d'environ 75 ans . Il étoit d'une
Famille fort connue dans la République des Lettres
. André Félibien , son pere , auquel il avoit
succedé en 1695.dans la place d'Historiographe
des Bâtimens et de Garde du Cabinet des Antiques,
a donné au public un grand nombre d'Ouvrages
, comme on peut le voir dans son éloge ,
rapporté d'aprés le trente- neuviéme Journal des
Sçavans , de l'année 695. dans le Dictionnaire
Historique , éditions de 1715 et 1732. Jacques
Fé ibien , son oncle , Chanoine et Archidiacre
de Vendôme , en l'Eglise de Chartres , mort
le 25 Novembre 1716. dans la 80 année de son
âge ; et Dom Michel Fél bien son frere , Bénédictin
, de la Congrégation de S. Maur, mort
le 25 Septembre 1719. Se sont aussi rendus célébres
par leurs Ouvrages . Il s'est fait connoître
aussi par les sens dont les principaux sont un
Recueil Historique de la Vie et des Ouvrages
des plus célebres Architectes ; les Plans des Mai-
1
1
sons
AOUS T. 1733. 1849
sons de Pline et leur Description ; la Description
de Versailles , et de celle de l'Eglise des Invalides.
Il s'étoit marié le 1 Septembre 1712 , avec
Caterine-Elizabeth Minet , fille de Louis Minet ,
Conseiller , Secretaire du Roy , et Avocat aux
Conseils, et d'Elizabeth Moufle.Il en avoit eu 11
enfans,mais ils sont tous morts jeunes ; de sorte
qu'il ne laisse pour héritiere qu'une Soeur , sçavoir
Marie- Anne Fé.ibien , veuve de Joachim
de Bruet , Chevalier , Seigneur de la Chesnais,
qui avoit commandé la Noblesse de la Provin
ce d'Orleans , Chartres et Pais Blésois , Vendômois
, Montargis , Estampes , Gien et Amboise
pendant les cinq dernieres années de la guerre
qui a été terminée psr la Paix de Risvvich.
Jacques Lullier , Prêtre, Docteur et Doyen de
de Faculté de Théologie de Paris , dont il avoit
reçu le Bonnet le 10 Juin 1675. Sénieur de la
Maison de Sorbonne , et ancien Curé de la Paroisse
de S. Louis en l'Isle Notre Dame mourut
en Sorbonne le 30 Juin , âgé d'environ 86
ans , son corps ayant été porté à S. Louis en
FIsle , il y fut inhumé le 2 Juillet . Il étoit le
quatriéme Curé de cette Paroisse , ayant succedé à
Bernard Crosse,mort le 6 Avril 1693 , à l'exemple
de ses Prédecesseurs qui avoient déja fait construire
le Choeur de l'Eglise de S.Louis , il entreprit
d'en continuer le Bâtiment , et vint à bout
de faire édifier la Nef , avec son Jubé, la Voute
de la Croisée , et une tres - belle Chapelle de la
Communion . Ce fut par ses soins que cette
nouvelle Eglise fut , cor sacrée le 14 Juillet 1726
par l'Evêque de Grenoble. Après avoir gouverné
cette Paroisse pendant plus de 33 ans , il résigna
sa Cure à Jacques- Barthelemi de la Broise
Curé de Notre-Dame de Bonnes Nouvelles, quì
en
1810 MERCURE DE FRANCE
en prit possession le 3 Novembre 1726. Voyez
touchant la cérémonie de la consécration de la
nouvelle Eglise de S. Louis , le Mercure du mois
d'Août 1726. pag. 1787.
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Résumé : Morts de Personnes Illustres.
Le texte rend hommage à plusieurs personnalités décédées, en mettant particulièrement en lumière la Marquise de Lambert. Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, connue sous le nom de Marquise de Lambert, est décédée à Paris le 12 juillet 1733 à l'âge de 86 ans. Elle était réputée pour ses grandes qualités de cœur et d'esprit. Parmi ses œuvres notables figurent 'Avis d'une Mère à son Fils et à sa Fille' et 'Réflexions sur les Femmes'. Née fille unique d'Étienne de Marguenat et de Monique Passart, elle épousa Henri de Lambert, un militaire distingué qui atteignit le grade de Lieutenant Général des Armées du Roi. La Marquise de Lambert eut un fils, Henri-François de Lambert, et une fille, Marie-Thérèse de Lambert, mariée à Louis de Beaupoil, Comte de Saint-Aulaire. La mère de la Marquise, Monique Passart, se remaria avec François Le Coigneux, connu pour son esprit et sa compagnie agréable. La Marquise de Lambert était également connue pour sa maison parisienne, où elle recevait des personnes de qualité, et pour ses écrits, qui furent publiés malgré ses réticences. Elle était également reconnue pour son courage et sa générosité. Le texte mentionne également la mort de Jean-François Felibien, historien et architecte, et de Jacques Lullier, doyen de la Faculté de Théologie de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10456
p. 364-365
ENIGME.
Début :
L'Enigme suivante fera ce mois cy le divertissement de vos / Bien que j'aye un tres-petit corps, [...]
Mots clefs :
Aiguille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme fuivante fera ce
mois cy le divertiffement de vos
amies . Elle eft de Madamoifelle
de Marion la cadette de Touloufe.
ENIGM E.
Ien que j'aye un tres -petit
B¹
corps ,
,
Te fuis utile à tout le monde ;
L'on m'employe par tout , fur la
terre &fur l'onde
Pour les vivans , & fouventpour
Les morts:
Jefuis toujours claire & brillan.
te ,
Etle beau Sexe aſſurément ,
Me doit fon plus grand ornement
Cependant , de mon fort je ne fuis
pas contente ,
Car
GALANT 365
-
Car bien que je ferve par tout ,
On ne m'estime guere , ou prefque
point du tout,
mois cy le divertiffement de vos
amies . Elle eft de Madamoifelle
de Marion la cadette de Touloufe.
ENIGM E.
Ien que j'aye un tres -petit
B¹
corps ,
,
Te fuis utile à tout le monde ;
L'on m'employe par tout , fur la
terre &fur l'onde
Pour les vivans , & fouventpour
Les morts:
Jefuis toujours claire & brillan.
te ,
Etle beau Sexe aſſurément ,
Me doit fon plus grand ornement
Cependant , de mon fort je ne fuis
pas contente ,
Car
GALANT 365
-
Car bien que je ferve par tout ,
On ne m'estime guere , ou prefque
point du tout,
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10457
p. 354-355
BOUQUET. A Mad. de.... à Nîmes, presenté par M. de.... d'Arles en Provence.
Début :
Chacun, belle Charlotte, en ce jour si charmant, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Fleurs, Hommage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET. A Mad. de.... à Nîmes, presenté par M. de.... d'Arles en Provence.
BOUQUET
A Mad. de.... à Nîmes , presenté par
M. de .... d'Arles en Provence.
Hacun , belle Charlotte , en ce jour si char
mant,
Veut vous montrer son zele et son attachement:
L'un orne votre sein du doux émail de Flore ,
Que la Déesse a tout nouvellement ,
Pour un destin si beau, pris soin de faire éclore :
L'autre pour attendrir votre invincible cœur ,
Emprunte le secours d'une douce harmonie ;
Permettez qu'à mon tour je suive mon génie ,
Et que je puisse aussi signaler mon ardeur ;
* On avoit donné à cette Dame la veille de så
Fête une magnifique Serenade,
Je
FEVRIER 1132. 355
Je ne viens pas de fleurs couronner votre tête ;
Leur éclat passe en un moment ;
Ni par de tendres sons celebrer votre Fête ;
Autant en emporte le vent.
Non, j'ose vous offrir un plus durable hommage,
Par mes chants on sçaura jusques au dernier âge,
Que rien ne fut jamais aussi parfait que vous ,
Hors l'amour qu'à mon cœur font ressentir vos
coups.
A Mad. de.... à Nîmes , presenté par
M. de .... d'Arles en Provence.
Hacun , belle Charlotte , en ce jour si char
mant,
Veut vous montrer son zele et son attachement:
L'un orne votre sein du doux émail de Flore ,
Que la Déesse a tout nouvellement ,
Pour un destin si beau, pris soin de faire éclore :
L'autre pour attendrir votre invincible cœur ,
Emprunte le secours d'une douce harmonie ;
Permettez qu'à mon tour je suive mon génie ,
Et que je puisse aussi signaler mon ardeur ;
* On avoit donné à cette Dame la veille de så
Fête une magnifique Serenade,
Je
FEVRIER 1132. 355
Je ne viens pas de fleurs couronner votre tête ;
Leur éclat passe en un moment ;
Ni par de tendres sons celebrer votre Fête ;
Autant en emporte le vent.
Non, j'ose vous offrir un plus durable hommage,
Par mes chants on sçaura jusques au dernier âge,
Que rien ne fut jamais aussi parfait que vous ,
Hors l'amour qu'à mon cœur font ressentir vos
coups.
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Résumé : BOUQUET. A Mad. de.... à Nîmes, presenté par M. de.... d'Arles en Provence.
Un poème est adressé à Charlotte, dame de Nîmes, par M. de.... d'Arles. L'auteur exprime son attachement et lui offre des fleurs et une harmonie. La veille de sa fête, elle a reçu une sérénade. Il souhaite lui offrir un hommage durable à travers ses chants, témoignant de sa perfection et de l'amour qu'elle inspire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10458
p. 166-168
MARIAGES.
Début :
Mre Benoist Bidal, Marquis d'Asfeld, Lieutenant General des [...]
Mots clefs :
Marquis d'Asfeld, Mariages, Fille, Seigneur, Prince, Charles de Lorraine, Épouse, Fils
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Mre Benoist Bidal , Marquis d'As- -
feld , Lieutenant General des Armées
du Roi, Commandeur de l'Ordre
Militaire de S.Louis, Chevalier
de la Toifon d'Or , & Confeiller au
Confeil de Guerre , a époufé le 27
Avril Mile Joly de Fleury , Fille
de Mre Jofeph Omer Joly Seigneur
de Fleury , Avocat General au Parlement
de Paris, & Niéce de M. le
Procureur General. M. d'Asfeld eft
Fils de Me Pierre Bidal , Refident
pour le Roy dans les Cours du
Nord left Frere de feu Mr le Baron
d'Asfeld , Maréchal des Camps
& Armées du Roi , fi connu par le
Siége de Bonn , qu'il foûtint fi
long-temps , & qu'il ne rendit qu'aprés
avoir fait périr grand nombre
des Ennemis , & de feu Mr. le Baron
d'Asfeld , auffi Maréchal de
Camp , mort depuis quelques années
, n'aïant laiffé qu'une fille de
fon Mariage avec Dame Anne PuDE
MAY.
167
selle , fille de Pierre Pucelle Premier
Prefident au Parlement de
Grenoble.
M. le Prince Charles de Lorraine
, Grand Ecuyer de France en
furvivance de Mr. le Comte d'Armagnac
fon Pere , a épousé le 12
May, Françoiſe Adelaide de Noailles
, fille de Mre Adrien Maurice
Duc de Noailles , Pair de France,
Chevalier de la Toifon d'Or, & c
& de Dame Françoife d'Aubigné.
Comme la Maiſon de Lorraine eft
du nombre des
Souveraines, & que
celle de Noailles eft
generalement
connue pour une des plus anciennes
& des plus illuftres du Royaume ,
je crois pouvoir me difpenfer d'entrer
ici dans aucun détail Genealogique
.
Mre Efprit Juvenal de Harville
des Urfins , Marquis de Trefnel ,
Enfeigne des Gendarmes de la
Garde du Roy , Fils de мre Efprit
Juvenal de Harville des Urfins ,
Marquis de Trefnel , Lieutenant
General des Armées du Roi , & de
768 LE MERCURE
feue Dame Marie Anne de Gomont;
a époufé le..de May Louife
Magdelaine le Blanc , fille unique
de Me Claude le Blanc , Maitre
des Requeſtes Honoraire , & Confeiller
au Confeil de Guerre , & de
Dame Magdelaine Petit de Paffy,
& petite fille de Mre Louis le Blanc
Maistre des Requeftes Ordinaire de
l'Hoftel du Roi , & de Dame Sufanne
Henriete Bazin de Befons
foeur de Mre Jacques Bafin de Befons
, à préfent Marefchal deFrance.
La Maiſon de Harville n'eft pas
moins confiderable par fon ancienneté
, que par les Alliances.qu'elle
a faites depuis un temps immémorial
avec les premieres Maifons du
Roïaume.
Je remets au meis prochain à
vous parler du Mariage de Mr, de
Bonneval avec Mlle de Biron .
Mre Benoist Bidal , Marquis d'As- -
feld , Lieutenant General des Armées
du Roi, Commandeur de l'Ordre
Militaire de S.Louis, Chevalier
de la Toifon d'Or , & Confeiller au
Confeil de Guerre , a époufé le 27
Avril Mile Joly de Fleury , Fille
de Mre Jofeph Omer Joly Seigneur
de Fleury , Avocat General au Parlement
de Paris, & Niéce de M. le
Procureur General. M. d'Asfeld eft
Fils de Me Pierre Bidal , Refident
pour le Roy dans les Cours du
Nord left Frere de feu Mr le Baron
d'Asfeld , Maréchal des Camps
& Armées du Roi , fi connu par le
Siége de Bonn , qu'il foûtint fi
long-temps , & qu'il ne rendit qu'aprés
avoir fait périr grand nombre
des Ennemis , & de feu Mr. le Baron
d'Asfeld , auffi Maréchal de
Camp , mort depuis quelques années
, n'aïant laiffé qu'une fille de
fon Mariage avec Dame Anne PuDE
MAY.
167
selle , fille de Pierre Pucelle Premier
Prefident au Parlement de
Grenoble.
M. le Prince Charles de Lorraine
, Grand Ecuyer de France en
furvivance de Mr. le Comte d'Armagnac
fon Pere , a épousé le 12
May, Françoiſe Adelaide de Noailles
, fille de Mre Adrien Maurice
Duc de Noailles , Pair de France,
Chevalier de la Toifon d'Or, & c
& de Dame Françoife d'Aubigné.
Comme la Maiſon de Lorraine eft
du nombre des
Souveraines, & que
celle de Noailles eft
generalement
connue pour une des plus anciennes
& des plus illuftres du Royaume ,
je crois pouvoir me difpenfer d'entrer
ici dans aucun détail Genealogique
.
Mre Efprit Juvenal de Harville
des Urfins , Marquis de Trefnel ,
Enfeigne des Gendarmes de la
Garde du Roy , Fils de мre Efprit
Juvenal de Harville des Urfins ,
Marquis de Trefnel , Lieutenant
General des Armées du Roi , & de
768 LE MERCURE
feue Dame Marie Anne de Gomont;
a époufé le..de May Louife
Magdelaine le Blanc , fille unique
de Me Claude le Blanc , Maitre
des Requeſtes Honoraire , & Confeiller
au Confeil de Guerre , & de
Dame Magdelaine Petit de Paffy,
& petite fille de Mre Louis le Blanc
Maistre des Requeftes Ordinaire de
l'Hoftel du Roi , & de Dame Sufanne
Henriete Bazin de Befons
foeur de Mre Jacques Bafin de Befons
, à préfent Marefchal deFrance.
La Maiſon de Harville n'eft pas
moins confiderable par fon ancienneté
, que par les Alliances.qu'elle
a faites depuis un temps immémorial
avec les premieres Maifons du
Roïaume.
Je remets au meis prochain à
vous parler du Mariage de Mr, de
Bonneval avec Mlle de Biron .
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10459
p. 1882-1884
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise d'Ypres.
Début :
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN, Cardinal, Prêtre de la Sainte Eglise Romaine, [...]
Mots clefs :
Lyon, Mandement, Ypres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise d'Ypres.
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal
de Tencin , au fujet de la priſe d'Ypres .
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Eglife Romaine
, du Titre des Saints Nérée & Aquilée ,
Archevêque & Comte de Lyon , Primat de
France , Commandeur de l'Ordre du Saint-
Efprit , Miniftre d'Etat , &c . ,
A tous Abbés , Doyens , Chapitres
Prieurs , Curés , Vicaires & autres Eccléfiaftii
AOUST. 1744. 1885
tiques Séculiers & Réguliers , & à tous les
Fidéles de notre Diocéfe : SALUT & Bénédiction
en Notre- Seigneur.
Nos Voeux unis à ceux de notre Augufte
Monarque, mes très chers Freres , font montés
jufqu'au Trône du Tout- Puiffant , & en
ont obtenu de nouveaux fuccès , plus rapides
que nous n'ofons peut-être les efperer.
Ils ne font pas cependant le principal fujet
des actions de graces que nous devons au
Seigneur. Ce qui les exige infiniment da
vantage , c'eft la confervation de la Perfonne
Sacrée du Roi au milieu des périls , ou
fa valeur & fon amour pour les Peuples
l'ont exposé. Qui de nous , mes très-chers
Freres , n'a pas tremblé au recit de ces périls
? Et la joyce de voir ceffer , du moins
pour quelque tems , les frayeurs qu'ils nous
infpiroient , n'a-t'elle pas été le premier
mouvement qui s'eft élevé dans tous les
coeurs à la nouvelle de la Prife d'Ypres ?
Puiffe une prompte & folide Paix bannir
pour toujours ces vives allarmes ! Jufqueslà
nous aurons acheté trop chérement les
plus glorieufes Conquêtes.
A CES CAUSES , Nous Cardinal Archevêque
& Comte de Lyon fufdit , après en
avoir fait conférer de notre part avec nos
vénérables Freres Meffieurs les Doyen , Cha
noines & Chapitre de l'Eglife Comtes de
Hij Lyon ,
1884 MERCURE DE FRANCE.
Lyon , avons ordonné & ordonnons que le
Dimanche dix -neuf du préfent mois de
Juillet , à dix heures du matin , le Te Deum
fera chanté folemnellement avec le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons en Actions de
Graces de la Prife d'Ypres , dans notre Egli
fe Primatiale , où les Compagnies , qui ont
accoûtumé d'affifter à de pareilles cérémonies
font invitées , de fe rendre .
A l'égard des autres Villes , Bourgs &
Villages de notre Diocèfe , nous ordonnons
que le Dimanche ou la Fête après la reception
de notre préfent Mandement , on chantera
pareillement le Te Deum , le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons pour le même
fujer : Et fera notre préfent Mandement lû ,
publié & affiché par tout où befoin ſera .
DONNE' à Paris le huit du mois de Juillet
1744. Signé , P. CARD, DE TENCIN .
de Tencin , au fujet de la priſe d'Ypres .
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Eglife Romaine
, du Titre des Saints Nérée & Aquilée ,
Archevêque & Comte de Lyon , Primat de
France , Commandeur de l'Ordre du Saint-
Efprit , Miniftre d'Etat , &c . ,
A tous Abbés , Doyens , Chapitres
Prieurs , Curés , Vicaires & autres Eccléfiaftii
AOUST. 1744. 1885
tiques Séculiers & Réguliers , & à tous les
Fidéles de notre Diocéfe : SALUT & Bénédiction
en Notre- Seigneur.
Nos Voeux unis à ceux de notre Augufte
Monarque, mes très chers Freres , font montés
jufqu'au Trône du Tout- Puiffant , & en
ont obtenu de nouveaux fuccès , plus rapides
que nous n'ofons peut-être les efperer.
Ils ne font pas cependant le principal fujet
des actions de graces que nous devons au
Seigneur. Ce qui les exige infiniment da
vantage , c'eft la confervation de la Perfonne
Sacrée du Roi au milieu des périls , ou
fa valeur & fon amour pour les Peuples
l'ont exposé. Qui de nous , mes très-chers
Freres , n'a pas tremblé au recit de ces périls
? Et la joyce de voir ceffer , du moins
pour quelque tems , les frayeurs qu'ils nous
infpiroient , n'a-t'elle pas été le premier
mouvement qui s'eft élevé dans tous les
coeurs à la nouvelle de la Prife d'Ypres ?
Puiffe une prompte & folide Paix bannir
pour toujours ces vives allarmes ! Jufqueslà
nous aurons acheté trop chérement les
plus glorieufes Conquêtes.
A CES CAUSES , Nous Cardinal Archevêque
& Comte de Lyon fufdit , après en
avoir fait conférer de notre part avec nos
vénérables Freres Meffieurs les Doyen , Cha
noines & Chapitre de l'Eglife Comtes de
Hij Lyon ,
1884 MERCURE DE FRANCE.
Lyon , avons ordonné & ordonnons que le
Dimanche dix -neuf du préfent mois de
Juillet , à dix heures du matin , le Te Deum
fera chanté folemnellement avec le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons en Actions de
Graces de la Prife d'Ypres , dans notre Egli
fe Primatiale , où les Compagnies , qui ont
accoûtumé d'affifter à de pareilles cérémonies
font invitées , de fe rendre .
A l'égard des autres Villes , Bourgs &
Villages de notre Diocèfe , nous ordonnons
que le Dimanche ou la Fête après la reception
de notre préfent Mandement , on chantera
pareillement le Te Deum , le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons pour le même
fujer : Et fera notre préfent Mandement lû ,
publié & affiché par tout où befoin ſera .
DONNE' à Paris le huit du mois de Juillet
1744. Signé , P. CARD, DE TENCIN .
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10460
p. 1998-2002
Brutus, Tragedie, représentée à Caen, et Balet caracterisé, Prologue, &c. [titre d'après la table]
Début :
BRUTUS, Tragedie de M. de Voltaire, représentée au College du Bois de la très - celebre [...]
Mots clefs :
Comédiens italiens du roi, Prix, Tragédie, Parodie, Prologue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Brutus, Tragedie, représentée à Caen, et Balet caracterisé, Prologue, &c. [titre d'après la table]
BRUTUS , Tragedie de M. de Voltaire ,
présentée au College du Bois de la très - celebre
Université de Caën , pour la distribution solemnelle
des Prix , donnez par Noble Homme Jacques
Maheult de Sainte - Croix , Proviseur du
même College , le Jeudi 31. Juillet.
C'est le titre d'un Programme que nous avons
reçû de Caën , lequel contient le Sujet et le Plan
de cette belle Tragedie , tel à peu près qu'il se
trouve exposé dans l'Extrait que nous en avons
donné lorsqu'elle fut mise pour la premiere fois
sur la Scêne Françoise. Nous avons cependant
remarqué une licence que Mrs de Caën se sont
donnée en faisant paroître au second Acte , Julie
chargée de chaines , déclarant à Argine , sa Confidente
, son amour pour Titus. Ces chaînes ont
apparemment parû plus touchantes , et devoir produire
un plus grand effet sur le Théatre Normand ,
qui s'impathise peut - être un peu avec le Théatre
Anglois. Quoiqu'il en soit , nous avons appris
que cette Piece a été três - bien executée et fort
applaudie par une Assemblée des plus nombreuses..
Selon
A O UST. 1731. 1999
Selon le même Programme , la Tragedie de
Brutus fut suivie de la Parodie qui en a été faite
par les Comédiens Italiens du Roi , intitulée Balus
, et après ce Divertissement onjoua l'Etourdi
eu les Contretemps , Comédie de Moliere , avec
des Intermedes.
Le Spectacle triomphant du Vice , ou le Théa
ore digne de l'Honnête Homme , est le sujet d'un
grandna Balet qui fut dansé sur le même Théatre
, à l'occasion de la Tragédie ; on en trouve
le dessein et la division dans le même Programme.
La Tragedie , l'Opera , ie Balet , et la Comédie
, fournirent le sujet des quatre principales,
Entrées qui parurent avec les caracteres et les suites
qui leur sont propres . Ce Balet et la plûpart
des Airs , sont de la composition de M. Hardouin,
qui s'attira de nouvelles louanges.
Le Programme dont nous rendons compte ,
contient sur tout cela un détail curieux , dans lequel
il nous est impossible d'entrer , qui prouve
que l'esprit et le bon goût continuent de regner
dans la Ville de Caën. Nous nous contenterons
d'ajoûter ici le peu de Vers qui ont précedé la
Tragedie et le Balet . Ils sont de M. Heurtauld
de qui nous avons déja inseré plusieurs bonnes
Pieces dans notre Journal .
Li
Prologue de la Tragédie.
L est une Vertu severe ,
Qui n'a dans ses Arrêts aucun respect humain.
Tel se montra jadis ce courageux Romain ,
Dont nous traçons le caractere.
Brutus en vrai Consul deffend Rome et les Dieux,
It son fils a tramé des desseins factieux.
Dan's
2000 MERCURE DE FRANCE
Dans cette extremité , Ciel , à quoi se résoudre !
Le Consul doit punir : le Pere doit absoudre.
· Raison , pitié , devoir , amour
Quels combats à son coeur vous livrez tour à
tour,!
S'il condamne son fils , il trahit la tendresse :
S'il épargne un coupable , il trahit l'équité :
C'en est fait ; il condamne : un zele ardent le
presse ,
Et la justice enfin , surmonte la bonté !
Cet exemple est pour vous , Peres pleins d'indulgence
,
Qui souffrez d'un enfant la coupable licence ,
Et dont le bras trop lâche est si - tôt désarmé ,
Quand le coup doit tomber sur un objet aimé.
Mais vous que séduit l'âge tendre ,
Enfans , si vous donnez dans quelque égarement ,
Titus mourant doit vous apprendre ,
A vous soumettre aux Loix d'un juste châtiment .
Fidele à sa Patrie , il la vengeoit en brave.
Il triomphoit dans les combâts ;
Mais vaincu par l'amour , il devient traître , es
clave ,
Et la victime du trépas
Jeunes coeurs , de l'amour telle est l'affreuse sufte ;
Craignez son poison dangereux.
Il soüille notre gloire , et corrompt le mérite
Des naturels les plus heureux.
C'est l'utile leçon que vous donne l'ouvrage ,
D'us
A UUS 1. 1731. 2002
D'un Auteur autrefois , habitant de ces lieux.
Quel plaisir , s'il voyoit la troupe illustre et sage¿
Qui s'apprête à gouter ses sons harmonieux !
Și, comme eux , nous étions sûrs de votre suffrage,
Qu'aujourd'hui notre sort deviendroit glorieux.
JE
Prologue du Balet.
Eunes Mortels , accourez pleins de zele.
Ce doux spectacle a des charmes puissans.
Que craignez-vous ? la vertu vous appelle
Livrez vos coeurs à ces jeux innocens ,
M
Loin de ces lieux le vice et l'ignorance,
On n'y reçoit que de pures leçons.
C'est la vertu qui regle notre Danse ,
Nos pas , nos voix et nos doctes Chansons.
M
Par le Tragique on abhorre le crime :
Par le Comique on réforme les moeurs :
L'Opera chante un Héros magúanime :
La Danse peint les sentimens des coeurs,
粥
De ces talens un heureux assemblage ,
Ici concourt à flater vos desirs.
Quel passe -tems convient mieux à votre âge ?
Est-il ailleurs de plus charmans plaisirs ? &c.
présentée au College du Bois de la très - celebre
Université de Caën , pour la distribution solemnelle
des Prix , donnez par Noble Homme Jacques
Maheult de Sainte - Croix , Proviseur du
même College , le Jeudi 31. Juillet.
C'est le titre d'un Programme que nous avons
reçû de Caën , lequel contient le Sujet et le Plan
de cette belle Tragedie , tel à peu près qu'il se
trouve exposé dans l'Extrait que nous en avons
donné lorsqu'elle fut mise pour la premiere fois
sur la Scêne Françoise. Nous avons cependant
remarqué une licence que Mrs de Caën se sont
donnée en faisant paroître au second Acte , Julie
chargée de chaines , déclarant à Argine , sa Confidente
, son amour pour Titus. Ces chaînes ont
apparemment parû plus touchantes , et devoir produire
un plus grand effet sur le Théatre Normand ,
qui s'impathise peut - être un peu avec le Théatre
Anglois. Quoiqu'il en soit , nous avons appris
que cette Piece a été três - bien executée et fort
applaudie par une Assemblée des plus nombreuses..
Selon
A O UST. 1731. 1999
Selon le même Programme , la Tragedie de
Brutus fut suivie de la Parodie qui en a été faite
par les Comédiens Italiens du Roi , intitulée Balus
, et après ce Divertissement onjoua l'Etourdi
eu les Contretemps , Comédie de Moliere , avec
des Intermedes.
Le Spectacle triomphant du Vice , ou le Théa
ore digne de l'Honnête Homme , est le sujet d'un
grandna Balet qui fut dansé sur le même Théatre
, à l'occasion de la Tragédie ; on en trouve
le dessein et la division dans le même Programme.
La Tragedie , l'Opera , ie Balet , et la Comédie
, fournirent le sujet des quatre principales,
Entrées qui parurent avec les caracteres et les suites
qui leur sont propres . Ce Balet et la plûpart
des Airs , sont de la composition de M. Hardouin,
qui s'attira de nouvelles louanges.
Le Programme dont nous rendons compte ,
contient sur tout cela un détail curieux , dans lequel
il nous est impossible d'entrer , qui prouve
que l'esprit et le bon goût continuent de regner
dans la Ville de Caën. Nous nous contenterons
d'ajoûter ici le peu de Vers qui ont précedé la
Tragedie et le Balet . Ils sont de M. Heurtauld
de qui nous avons déja inseré plusieurs bonnes
Pieces dans notre Journal .
Li
Prologue de la Tragédie.
L est une Vertu severe ,
Qui n'a dans ses Arrêts aucun respect humain.
Tel se montra jadis ce courageux Romain ,
Dont nous traçons le caractere.
Brutus en vrai Consul deffend Rome et les Dieux,
It son fils a tramé des desseins factieux.
Dan's
2000 MERCURE DE FRANCE
Dans cette extremité , Ciel , à quoi se résoudre !
Le Consul doit punir : le Pere doit absoudre.
· Raison , pitié , devoir , amour
Quels combats à son coeur vous livrez tour à
tour,!
S'il condamne son fils , il trahit la tendresse :
S'il épargne un coupable , il trahit l'équité :
C'en est fait ; il condamne : un zele ardent le
presse ,
Et la justice enfin , surmonte la bonté !
Cet exemple est pour vous , Peres pleins d'indulgence
,
Qui souffrez d'un enfant la coupable licence ,
Et dont le bras trop lâche est si - tôt désarmé ,
Quand le coup doit tomber sur un objet aimé.
Mais vous que séduit l'âge tendre ,
Enfans , si vous donnez dans quelque égarement ,
Titus mourant doit vous apprendre ,
A vous soumettre aux Loix d'un juste châtiment .
Fidele à sa Patrie , il la vengeoit en brave.
Il triomphoit dans les combâts ;
Mais vaincu par l'amour , il devient traître , es
clave ,
Et la victime du trépas
Jeunes coeurs , de l'amour telle est l'affreuse sufte ;
Craignez son poison dangereux.
Il soüille notre gloire , et corrompt le mérite
Des naturels les plus heureux.
C'est l'utile leçon que vous donne l'ouvrage ,
D'us
A UUS 1. 1731. 2002
D'un Auteur autrefois , habitant de ces lieux.
Quel plaisir , s'il voyoit la troupe illustre et sage¿
Qui s'apprête à gouter ses sons harmonieux !
Și, comme eux , nous étions sûrs de votre suffrage,
Qu'aujourd'hui notre sort deviendroit glorieux.
JE
Prologue du Balet.
Eunes Mortels , accourez pleins de zele.
Ce doux spectacle a des charmes puissans.
Que craignez-vous ? la vertu vous appelle
Livrez vos coeurs à ces jeux innocens ,
M
Loin de ces lieux le vice et l'ignorance,
On n'y reçoit que de pures leçons.
C'est la vertu qui regle notre Danse ,
Nos pas , nos voix et nos doctes Chansons.
M
Par le Tragique on abhorre le crime :
Par le Comique on réforme les moeurs :
L'Opera chante un Héros magúanime :
La Danse peint les sentimens des coeurs,
粥
De ces talens un heureux assemblage ,
Ici concourt à flater vos desirs.
Quel passe -tems convient mieux à votre âge ?
Est-il ailleurs de plus charmans plaisirs ? &c.
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Résumé : Brutus, Tragedie, représentée à Caen, et Balet caracterisé, Prologue, &c. [titre d'après la table]
Le 31 juillet, une représentation de la tragédie 'Brutus' de Voltaire a eu lieu au Collège du Bois de l'Université de Caen. La pièce a été bien exécutée et acclamée par une assemblée nombreuse. La journée a également inclus une parodie de la tragédie intitulée 'Balus', suivie de la comédie 'L'Étourdi' de Molière, avec des intermèdes. Un ballet intitulé 'Le Spectacle triomphant du Vice, ou le Théâtre digne de l'Honnête Homme' a également été présenté. Les principales entrées de la journée étaient donc la tragédie, l'opéra, le ballet et la comédie. Le ballet et la plupart des airs étaient de la composition de M. Hardouin, qui a été félicité pour son travail. Le programme de la journée a démontré l'esprit et le bon goût régnant à Caen. Le prologue de la tragédie 'Brutus' met en avant la vertu sévère de Brutus, qui doit condamner son fils pour trahison, illustrant les conflits entre raison, pitié, devoir et amour. Le prologue du ballet appelle à la vertu et aux jeux innocents, soulignant les bienfaits de la tragédie, de la comédie et de l'opéra pour l'éducation et la réforme des mœurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10461
p. 119
Les campagnes du Roi en 1744 & 45, Poëme. [titre d'après la table]
Début :
LES CAMPAGNES DU ROI en 1744 & 1745 Paris 1746 in 12 chés Collombat. [...]
Mots clefs :
Campagnes, Roi, Poème
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les campagnes du Roi en 1744 & 45, Poëme. [titre d'après la table]
LES CAMPAGNES DU ROI en 1744
1745 Paris 1746 in 12 chés Collombat.
Il y a dans ce Poëme de l'élégance , do
l'harmonie & de l'imagination,
1745 Paris 1746 in 12 chés Collombat.
Il y a dans ce Poëme de l'élégance , do
l'harmonie & de l'imagination,
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10462
p. 2279-2280
DE TURQUIE, PERSE, ET AFRIQUE.
Début :
On écrit de Constantinople, qu'il avoit été résolu de payer aux Troupes du G. S. les [...]
Mots clefs :
Troupes, Constantinople, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE, PERSE, ET AFRIQUE.
DE TURQUIE , PERSE ,
ET AFRIQUE.
}
>
N écrit de Conftantinople , qu'il avoit été
réfolu de payer aux Troupes du G. S. les
trois mois échus de leur folde , de leur en avancer
trois autres , & de leur donner 1500 Rifdales
de gratification par Compagnie , pour les mettre
en état d'entrer en campagne. Que le 27. de
Juillet dernier , toutes les Troupes qui étoient
à Conftantinople , avoient reçu ordre de fe rendre
au Camp, qui avoit été tracé près de la Ville'
où l'on avoit envoyé les gros Bagages . Que toutes
ces Troupes avoient défilé vers les neuf heures du
matin , ayant à leur tête un Mufti , qui portoit
રે
l'Etendart verd de Mahomet ; que ce Mufti
étoit fuivi d'un Char , tiré par fix Chevaux ,
magnifiquement harnachez,& fur lequel on avoit
mis l'Alcoran . Que le G.S. accompagné des Princes
fes Fils, armez d'Arcs & de Fléches, & efcorté
de 300 Gardes , marchoit après l'Alcoran, étant
fuivi du G. Viz. de plufieurs Pachas , & des Prin
cipaux Officiers de l'Armée , que S. H. devoit
demeurer dans ce Camp , juſqu'à ce que les autres
2280 MERCURE DE FRANCE
tres Troupes qu'on attendoit de diverfes Provinces
fuiffent arrivées , & qu'Elle reviendroit au Sérail
auffi - tôt qu'Elle auroit vû partir cette Armée,
qu'Elle envoye contre le nouveau Roy de Perſe.
Les dernieres Lettres de Conftantinople portent
que le G. S. avoit fait déclarer la Guerre au
nouveau Roy de Perfe , & que l'Armée de S. H.
qui fera de près de 200 mille hommes , devoit
être commandée par le Prince , fon Fils aîné.
du
On a appris de Ternan , que le Roy de Maroc,
Muley Abdalah , avoit fait exécuter à mort plufieurs
Pachas & autres principaux Maures ,
parti de fon frere , ce qui lui a procuré des fommes
confidérables , ayant fait confifquer tous les
effets qui appartenoient à ces coupables .
ET AFRIQUE.
}
>
N écrit de Conftantinople , qu'il avoit été
réfolu de payer aux Troupes du G. S. les
trois mois échus de leur folde , de leur en avancer
trois autres , & de leur donner 1500 Rifdales
de gratification par Compagnie , pour les mettre
en état d'entrer en campagne. Que le 27. de
Juillet dernier , toutes les Troupes qui étoient
à Conftantinople , avoient reçu ordre de fe rendre
au Camp, qui avoit été tracé près de la Ville'
où l'on avoit envoyé les gros Bagages . Que toutes
ces Troupes avoient défilé vers les neuf heures du
matin , ayant à leur tête un Mufti , qui portoit
રે
l'Etendart verd de Mahomet ; que ce Mufti
étoit fuivi d'un Char , tiré par fix Chevaux ,
magnifiquement harnachez,& fur lequel on avoit
mis l'Alcoran . Que le G.S. accompagné des Princes
fes Fils, armez d'Arcs & de Fléches, & efcorté
de 300 Gardes , marchoit après l'Alcoran, étant
fuivi du G. Viz. de plufieurs Pachas , & des Prin
cipaux Officiers de l'Armée , que S. H. devoit
demeurer dans ce Camp , juſqu'à ce que les autres
2280 MERCURE DE FRANCE
tres Troupes qu'on attendoit de diverfes Provinces
fuiffent arrivées , & qu'Elle reviendroit au Sérail
auffi - tôt qu'Elle auroit vû partir cette Armée,
qu'Elle envoye contre le nouveau Roy de Perſe.
Les dernieres Lettres de Conftantinople portent
que le G. S. avoit fait déclarer la Guerre au
nouveau Roy de Perfe , & que l'Armée de S. H.
qui fera de près de 200 mille hommes , devoit
être commandée par le Prince , fon Fils aîné.
du
On a appris de Ternan , que le Roy de Maroc,
Muley Abdalah , avoit fait exécuter à mort plufieurs
Pachas & autres principaux Maures ,
parti de fon frere , ce qui lui a procuré des fommes
confidérables , ayant fait confifquer tous les
effets qui appartenoient à ces coupables .
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Résumé : DE TURQUIE, PERSE, ET AFRIQUE.
Le texte décrit des préparatifs militaires et politiques en Turquie, en Perse et en Afrique. À Constantinople, les troupes ont reçu trois mois de solde échus, trois mois d'avance et une gratification de 1500 rixdales par compagnie. Le 27 juillet, les troupes ont défilé vers un camp près de la ville, menées par un mufti portant l'étendard vert de Mahomet et suivies d'un char transportant l'Alcoran. Le Grand Seigneur, accompagné de ses fils et de 300 gardes, a suivi l'Alcoran, accompagné du Grand Vizir et de plusieurs pachas. Il devait rester au camp jusqu'à l'arrivée des troupes des provinces avant de revenir au sérail après le départ de l'armée envoyée contre le nouveau roi de Perse. La guerre a été déclarée au roi de Perse, et l'armée, composée de près de 200 000 hommes, serait commandée par le prince, fils aîné du Grand Seigneur. Par ailleurs, à Ternan, le roi du Maroc, Muley Abdallah, a fait exécuter plusieurs pachas et partisans de son frère pour confisquer leurs biens et s'approprier des sommes considérables.
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10463
p. 779-780
« Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...] »
Début :
Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...]
Mots clefs :
Quinault l'aîné, Labat, Fleury-Liard, Iphigénie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...] »
Le Théatre François vient de faire une
grande perte en la personne du sieur Quinault
l'aîné , qui s'est retiré dans un âge
encore assez peu avancé , au grand regret
des amateurs de la bonne Comédie. Son
principal emploi dans ces derniers tems
étoit de jouer les Amoureux Comiques ,
en quoi il excelloit.
La Dlle Labat a aussi demandé à se retirer
, quoiqu'elle soit encore fort jeune.
Elle joüoit également bien et avec beaucoup
de noblesse , les Amoureuses Tragiques
et Comiques , avec une figure
agréable , & beaucoup d'agrémens dans
sa personne ; elle dansoit admirablement ,
et avoit l'art de se parer avec beaucoup
de goût selon les divers Caracteres qu'elle
représentoit.
25
Le Samedi de ce mois , le S' Fleury-
Liard , Acteur nouveau , qui a été dans
les Provinces , joüa ici pour la premiere
fois le Rôle d'Achilles , dans la Tragédie
d'Iphi
780 MERCURE DE FRANCE
d'Iphigenie , et il fut fort applaudi
,
ainsi
que
y
dans celui du Comte d'Essex
qu'il joua le surlendemain . C'est un jeune
homme fort bien fait.
grande perte en la personne du sieur Quinault
l'aîné , qui s'est retiré dans un âge
encore assez peu avancé , au grand regret
des amateurs de la bonne Comédie. Son
principal emploi dans ces derniers tems
étoit de jouer les Amoureux Comiques ,
en quoi il excelloit.
La Dlle Labat a aussi demandé à se retirer
, quoiqu'elle soit encore fort jeune.
Elle joüoit également bien et avec beaucoup
de noblesse , les Amoureuses Tragiques
et Comiques , avec une figure
agréable , & beaucoup d'agrémens dans
sa personne ; elle dansoit admirablement ,
et avoit l'art de se parer avec beaucoup
de goût selon les divers Caracteres qu'elle
représentoit.
25
Le Samedi de ce mois , le S' Fleury-
Liard , Acteur nouveau , qui a été dans
les Provinces , joüa ici pour la premiere
fois le Rôle d'Achilles , dans la Tragédie
d'Iphi
780 MERCURE DE FRANCE
d'Iphigenie , et il fut fort applaudi
,
ainsi
que
y
dans celui du Comte d'Essex
qu'il joua le surlendemain . C'est un jeune
homme fort bien fait.
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Résumé : « Le Théatre François vient de faire une grande perte en la personne de Quinault [...] »
Le Théâtre François a récemment connu deux départs notables. Le sieur Quinault l'aîné, célèbre pour ses rôles d'amoureux comiques, s'est retiré à un âge jeune, laissant les amateurs de comédie dans le regret. De même, la demoiselle Labat, malgré sa jeunesse, a décidé de se retirer. Elle était appréciée pour ses interprétations nobles des rôles d'amoureuses tragiques et comiques, ainsi que pour ses talents de danseuse et son sens du costume adapté à chaque personnage. Par ailleurs, le sieur Fleury-Liard, un nouvel acteur ayant précédemment joué dans les provinces, a fait ses débuts au Théâtre François le samedi du mois en cours. Il a interprété le rôle d'Achille dans la tragédie d'Iphigénie et a été chaleureusement applaudi. Deux jours plus tard, il a joué le rôle du Comte d'Essex. Fleury-Liard est décrit comme un jeune homme bien fait.
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10464
p. 2195-2196
Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
Début :
On nous a prié d'avertir le Public, que quelques Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
On nous a prié d'avertir le Public , que quelques
Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie
du fameux Guillaume Postel. Ils prient les Personnes
qui peuvent avoir des Lettres des Mémoires
ou autres Instructions qui puissent
éclaircir l'Histoire de ce sçavant Normand , et
celle de ses ouvrages , de vouloir bien en donner
avis par la Poste , ou autrement au Sieur Charles
Rouan , Libraire àParis , Quay des Augustins ,
à l'Image S. Christophe.
>
Nous ne doutons pas que les Auteurs de cette
entreprise n'ayent vu tout ce que le P. Niceron
a rapporté touchant G. Postel dans le VIII.
Tome de ses Mémoires , et qu'ils ne trouvent
à éclaircir et à rectifier plusieurs choses dans le
long Article qui concerne ce Sçavant dont il
s'agit. Nous croyons toûjours qu'il y a une
faute dans le Catalogue de ses Ouvrages , art. f .
au sujet du Livre intitulé : De Magistratibus
Atheniensium Liber Basilea 1543. L'Editeur
des Mémoires ajoûte que cet Ouvrage a été imprimé
plusieurs fois depuis cette premiere édition
et qu'il a paru à Lipsic en 1591. in 8.
avec les Notes de Jean- Frederic Stekelins. C'est
en 1691. que ce Livre a été réimprimé. Le II.
vol. des supplements du Journal de Lipsic en fait
foy. sect. VII . page 350..
Tous les Ouvrages de Postel , compris dans le
Catalogue du Pere N. sont imprimez dans le
XVI. siecle à la reserve d'un seul , et c'est
ce qui a pû induire en erreur au sujet de celui dont
on vient de parler.
>
Gij Lo
2196 MERCURE DE FRANCE
Le Samedy 1. Septembre , l'Académie Royale
des Sciences élût Mr. Camus , de la Compagnie ,
et Mr. Bouguier , Professeur d'hydrographie au
Hâvre , pour remplir la place d'Associé Géovacante
par l'élevation metre de Mr. de Mau¬
pertuis , à celle de Pensionaire.
>
Le même jour , l'Académie élût Mr. Morgagny
,
celebre Anatomiste d'Italie et Mr.
Herman , fameux Géometre Allemand , pour
remplir la place d'Associé étranger vacante
la mort de Mr. Sthal , mort depuis peu. par
>
Le Mercredy 5 , le Comte de Maurepas donna
avis que le Roy avoit choisi Mrs. Bouguier er
Morgagny pour remplir ces deux places .
Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie
du fameux Guillaume Postel. Ils prient les Personnes
qui peuvent avoir des Lettres des Mémoires
ou autres Instructions qui puissent
éclaircir l'Histoire de ce sçavant Normand , et
celle de ses ouvrages , de vouloir bien en donner
avis par la Poste , ou autrement au Sieur Charles
Rouan , Libraire àParis , Quay des Augustins ,
à l'Image S. Christophe.
>
Nous ne doutons pas que les Auteurs de cette
entreprise n'ayent vu tout ce que le P. Niceron
a rapporté touchant G. Postel dans le VIII.
Tome de ses Mémoires , et qu'ils ne trouvent
à éclaircir et à rectifier plusieurs choses dans le
long Article qui concerne ce Sçavant dont il
s'agit. Nous croyons toûjours qu'il y a une
faute dans le Catalogue de ses Ouvrages , art. f .
au sujet du Livre intitulé : De Magistratibus
Atheniensium Liber Basilea 1543. L'Editeur
des Mémoires ajoûte que cet Ouvrage a été imprimé
plusieurs fois depuis cette premiere édition
et qu'il a paru à Lipsic en 1591. in 8.
avec les Notes de Jean- Frederic Stekelins. C'est
en 1691. que ce Livre a été réimprimé. Le II.
vol. des supplements du Journal de Lipsic en fait
foy. sect. VII . page 350..
Tous les Ouvrages de Postel , compris dans le
Catalogue du Pere N. sont imprimez dans le
XVI. siecle à la reserve d'un seul , et c'est
ce qui a pû induire en erreur au sujet de celui dont
on vient de parler.
>
Gij Lo
2196 MERCURE DE FRANCE
Le Samedy 1. Septembre , l'Académie Royale
des Sciences élût Mr. Camus , de la Compagnie ,
et Mr. Bouguier , Professeur d'hydrographie au
Hâvre , pour remplir la place d'Associé Géovacante
par l'élevation metre de Mr. de Mau¬
pertuis , à celle de Pensionaire.
>
Le même jour , l'Académie élût Mr. Morgagny
,
celebre Anatomiste d'Italie et Mr.
Herman , fameux Géometre Allemand , pour
remplir la place d'Associé étranger vacante
la mort de Mr. Sthal , mort depuis peu. par
>
Le Mercredy 5 , le Comte de Maurepas donna
avis que le Roy avoit choisi Mrs. Bouguier er
Morgagny pour remplir ces deux places .
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Résumé : Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
Un groupe d'érudits entreprend de rédiger la biographie de Guillaume Postel, savant normand. Ils demandent au public de fournir des informations et des mémoires à transmettre au libraire Charles Rouan à Paris. Les auteurs sont conscients des travaux du Père Niceron sur Postel, mais cherchent à corriger certaines erreurs, notamment dans le catalogue des œuvres de Postel. Ils signalent une erreur concernant le livre 'De Magistratibus Atheniensium Liber', imprimé pour la première fois à Bâle en 1543 et réimprimé à Leipzig en 1591 et 1691. La plupart des ouvrages de Postel ont été imprimés au XVIe siècle. Par ailleurs, des élections ont eu lieu à l'Académie Royale des Sciences : le 1er septembre, Mr. Camus et Mr. Bouguier ont été élus pour remplacer Mr. de Maupertuis, et Mr. Morgagni et Mr. Herman pour succéder à Mr. Stahl. Le 5 septembre, le Comte de Maurepas a confirmé le choix du roi pour les places de Mr. Bouguier et Mr. Morgagni.
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10465
p. 385-386
Article reservez, [titre d'après la table]
Début :
La matiere continuant toûjours à m'accabler, je suis encore [...]
Mots clefs :
Articles, Matière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article reservez, [titre d'après la table]
La matiere continuant toûjours à m'accabler , je fuis encore obligé de remettre un
Mars 1710. Kk
386 MERCURE
grand nombre d'Articles au
mois prochain , & fur tout celuydu mariage de Mr le Marquis de Caftel - Blanco , avec
Mlle de Melford, fille du Comte de ce nom. Je ſuis , Madame, voſtre , &c.
AParis ce 31. Mars 1710.
Mars 1710. Kk
386 MERCURE
grand nombre d'Articles au
mois prochain , & fur tout celuydu mariage de Mr le Marquis de Caftel - Blanco , avec
Mlle de Melford, fille du Comte de ce nom. Je ſuis , Madame, voſtre , &c.
AParis ce 31. Mars 1710.
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10466
p. 791-792
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
On apprend de Lisbonne que la nommée Scholastiq[u]e de S. Benoît, native de la [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Pays étrangers, Rafael Bluteau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
N apprend de Lisbonne que la nommée
•
Shariq de
native de la
Ville de Santarem où elle avoit été baptisée dans,
l'Eglise de S.e Eyrie, et fille de François Fernandes
et d'Agnès Diaz , est morte le 3 révrier dernier
, âgée de 136 ans e mois et 17 jours Elle
avoit été mariée cinq fois , mais elle est morte
veuve et sans posterité , tous les Enfans qu'elle .
avoit eus étant morts avant elle. On ajoute que
dans l'âge où elle étoit , elle continuoit d'aller
entendre la Messe sans bâton et sans être accompagnée
de personne,
Les du même mois de Février , mourut à
Lisbonne à l'âge de 124 ans , la nommée Marie-
Anne Rodrigues , veuve , demeurant dans la rue
de Silva , de la Paroisse des Saints , et fut inhumée
dans l'Eglise de l'Esperance , où elle avoit
sa sépulture.
+
Le 13 Fevrier
1734
mourut
à Lisbonne
dans
la maison
des
Chanoines
Réguliers
de la divine
Providence
, à l'âge
de 96 ans
, le P. D.
Raphaël
Bluteau
, Cierc
Régulier
de cette
Congrégation
,:
Qual
ficateur
du S. Office
de l'Inquisition
, Académicien
de
nombre
de
l'Académie
Royale
d'Histoire
Portugaise
et autrefois
Prédicateur
de
Henriette
Marie
de France
, Reine
d'Angleterre
, Religieux
de beaucoup
de nerites
"
et tort
connu dans le Royaume de Portugal et même
dans les Pays Etrangers , par sa grande érudi
tion dans les Lettres Sacrées et Profanes , et par
plusieurs Ouvrages qu'il a r ndus publics
Hij
9
dont
792 MERCURE DE FRANCE
>
dont les principaux sont son Vocabulaire , ou
Dictionnaire Portugais et latin en 10 tomes in
fol. son Oraculum utriusque Testamenti , qui est
actuellement sous presse , et son Museum Bluteavianum
, encore manuscrit , mais pour l'Im.
pression duquel il avoit obtenu les Priviléges
nécessaires . Ce sçavant et laborieux Religieux
étoit né à Londres de parens François le 4 Décembre
1638. le 28 du même mois de Février
l'Académie des Apliqués occupa sa Conference
à faire le Panegyrique de ce Pere , les deux Directeurs
firent l'éloge de ses vertus et de sa
Science. Les Docteurs Philippe de Oliveira et
Hyacinte de Silva de Miranda , Membres de
cette Académie , firent chacun un discours pour
discuter ce Problême : S'il étoit plus glorieux à
l'Angleterre d'avoir donné naissance à ce grand
Homme, ou au Portugal de l'avoir possedé jusqu'à
sa mort. On y lut aussi plusieurs Pieces
faites à sa louange tant en Latin qu'en Portugais
.
20 Février 1734. mourut à Madrid à l'âge
53 ans , D. Antoine Fernandes de Hijar et
Navarre , Duc de Lecera , Comte de Belchite
Grand Commandeur de Montalvan , dans l'Or
dre de S. Jacques, et Grand d'Espagne de la premiere
classe ,
de
Lé
9
2
Le premier Mars , D. Rose de Bonavides et
Aragon , Duchesse de Gandie mourut à Madrid
à l'âge de 54 ans , elle étoit fille de D. François
de Benavides et Aragon , neuviéme Comte
de S. Etienne , et avoit été mariée en 1694.
avec D. Louis de Borgia et Cordoue onzième
Duc de Gandie, Marquis deLombay &c.etGrand
d'Espagne de la premiere classe.
N apprend de Lisbonne que la nommée
•
Shariq de
native de la
Ville de Santarem où elle avoit été baptisée dans,
l'Eglise de S.e Eyrie, et fille de François Fernandes
et d'Agnès Diaz , est morte le 3 révrier dernier
, âgée de 136 ans e mois et 17 jours Elle
avoit été mariée cinq fois , mais elle est morte
veuve et sans posterité , tous les Enfans qu'elle .
avoit eus étant morts avant elle. On ajoute que
dans l'âge où elle étoit , elle continuoit d'aller
entendre la Messe sans bâton et sans être accompagnée
de personne,
Les du même mois de Février , mourut à
Lisbonne à l'âge de 124 ans , la nommée Marie-
Anne Rodrigues , veuve , demeurant dans la rue
de Silva , de la Paroisse des Saints , et fut inhumée
dans l'Eglise de l'Esperance , où elle avoit
sa sépulture.
+
Le 13 Fevrier
1734
mourut
à Lisbonne
dans
la maison
des
Chanoines
Réguliers
de la divine
Providence
, à l'âge
de 96 ans
, le P. D.
Raphaël
Bluteau
, Cierc
Régulier
de cette
Congrégation
,:
Qual
ficateur
du S. Office
de l'Inquisition
, Académicien
de
nombre
de
l'Académie
Royale
d'Histoire
Portugaise
et autrefois
Prédicateur
de
Henriette
Marie
de France
, Reine
d'Angleterre
, Religieux
de beaucoup
de nerites
"
et tort
connu dans le Royaume de Portugal et même
dans les Pays Etrangers , par sa grande érudi
tion dans les Lettres Sacrées et Profanes , et par
plusieurs Ouvrages qu'il a r ndus publics
Hij
9
dont
792 MERCURE DE FRANCE
>
dont les principaux sont son Vocabulaire , ou
Dictionnaire Portugais et latin en 10 tomes in
fol. son Oraculum utriusque Testamenti , qui est
actuellement sous presse , et son Museum Bluteavianum
, encore manuscrit , mais pour l'Im.
pression duquel il avoit obtenu les Priviléges
nécessaires . Ce sçavant et laborieux Religieux
étoit né à Londres de parens François le 4 Décembre
1638. le 28 du même mois de Février
l'Académie des Apliqués occupa sa Conference
à faire le Panegyrique de ce Pere , les deux Directeurs
firent l'éloge de ses vertus et de sa
Science. Les Docteurs Philippe de Oliveira et
Hyacinte de Silva de Miranda , Membres de
cette Académie , firent chacun un discours pour
discuter ce Problême : S'il étoit plus glorieux à
l'Angleterre d'avoir donné naissance à ce grand
Homme, ou au Portugal de l'avoir possedé jusqu'à
sa mort. On y lut aussi plusieurs Pieces
faites à sa louange tant en Latin qu'en Portugais
.
20 Février 1734. mourut à Madrid à l'âge
53 ans , D. Antoine Fernandes de Hijar et
Navarre , Duc de Lecera , Comte de Belchite
Grand Commandeur de Montalvan , dans l'Or
dre de S. Jacques, et Grand d'Espagne de la premiere
classe ,
de
Lé
9
2
Le premier Mars , D. Rose de Bonavides et
Aragon , Duchesse de Gandie mourut à Madrid
à l'âge de 54 ans , elle étoit fille de D. François
de Benavides et Aragon , neuviéme Comte
de S. Etienne , et avoit été mariée en 1694.
avec D. Louis de Borgia et Cordoue onzième
Duc de Gandie, Marquis deLombay &c.etGrand
d'Espagne de la premiere classe.
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
En février et mars 1734, plusieurs décès notables ont été enregistrés. À Lisbonne, Shariq de, originaire de Santarem, est décédée à l'âge de 136 ans et 17 jours. Baptisée dans l'Église de S.e Eyrie, elle était fille de François Fernandes et d'Agnès Diaz et n'avait pas de descendance. Marie-Anne Rodrigues, veuve de 124 ans, a également été inhumée à Lisbonne dans l'Église de l'Espérance. Le Père Raphaël Bluteau, chanoine régulier de la divine Providence, est mort à Lisbonne à 96 ans. Qualificateur du Saint-Office de l'Inquisition et académicien, il était connu pour ses œuvres érudites, notamment un dictionnaire portugais-latin et un ouvrage sur les Écritures saintes. Né à Londres, il a été honoré par l'Académie des Appliqués. À Madrid, D. Antoine Fernandes de Hijar et Navarre, Duc de Lecera, est décédé à 53 ans. Le 1er mars, D. Rose de Bonavides et Aragon, Duchesse de Gandie, est morte à 54 ans. Elle était fille de D. François de Benavides et Aragon et avait épousé D. Louis de Borgia et Cordoue.
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10467
p. 167-171
LISTE de Messieurs les Médecins & Chirurgiens, Correspondans de M. KEYSER.
Début :
M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine, & Inspecteur des Hôpitaux [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Médecin, Majors, Docteur, Correspondants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE de Messieurs les Médecins & Chirurgiens, Correspondans de M. KEYSER.
LISTE de Meſſieurs les Médecins
& Chirurgiens , Correspondans de
M. KEYSER.
M. Imbert , Chancelier de la Faculté de
Médecine , & Inſpecteur des Hôpitaux
; M. Fournier, Médecin de l'Hôpital
du Roi ; M. Goulard , Chirurgien
major. àMontpellier.
M. le Cat , Ecuyer , & Secrétaire perpétuel
de l'Académie des Sciences.
àRouen.
Les RR. PP. de la Charité , & M. Marmion
, Médecin de l'Hôpital du Roi.
à Grenoble.
Les RR. PP. de la Charité , &M. Berthe,
ancien Chirurgien major.
àlaRochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à Nîmes.
168 MERCURE DE FRANCE.
M. de Freſſiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine .
M. Piers , Docteur en Médecine .
M. Audirac , Docteur en Médecine.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à Nantes.
à Troyes.
à Cambray.
à Saint Omer.
à Strasbourg .
à Landau.
à Breft.
M. le Riche , Chirurgien major.
M. Ravaton , Chirurgien major.
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
majors.
M. Maret , Maître en Chirurgie .
à Dijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine , Chirurgien ; M. de la
Fourcade , Chirurgien major.
à Bordeaux.
M. Baquié , & M. de la Marque , Maîtres
en Chirurgie. à Toulouse.
M. de la Peyre , Chirurgien major ; M. le
Page , Maître en Chirurgie. à Caen.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
àOrléans.
Μ.
JUIN. 1763. 169
M. Planque , Chirurgien major ; M. Warocquier
, Maître en Chirurgie.
àLille.
M. Buttet , Maître en Chirurgie .
à Estampes.
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie .
à Saint-Malo.
à Rennes.
M. Chevreuil , Maître en Chirurgie.
àAngers.
MM. Toujean , freres , Chirurgiens &
Apothicaires. à l'Orient.
M. J. B. de la Marque , Maître en Chi
rurgie. à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , Chirurgien major.
à Besançon.
MM. Beauregard & Michel , Chirurgiens
majors. à Perpignan.
M. Moffier , Chirurgien major.
àAvefne.
M. Majault , Chirurgien major.
àDouay.
M. Mirabel , Chirurgien major.
à Nancy,
MM. Paton & Deſvilliers , Maîtres en
Chirurgie. au Mans.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie."
M. Pontiers , Chirurgien.
à Dunkerque.
à Aix en Provence.
M. Daffieu , Docteur en Médecine.
à Tarbes.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaint
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
à Avignon.
M. de la Haye , Chirurgien major.
àRochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien major.
àArras.
M. Texereau , Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie..
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie .
M. Bourgeois , Maître en Chirurgie.
àMarseille,
àAmiens.
à Calais,
à Saumur.
M. de la Grave , & MM. les Chirurgiens
majors.
M. Barjolle , Docteur en Medecine.
JUIN. 1763 . 171
Pays étrangers .
M. le Docteur Cooper , Médecin.
à Londres.
M. Godineau , Chirurgien major.
àMadrid.
M. Acrell , Chirurgien major.
àStockolm.
MM. Guyot & Fine , Maîtres en Chià
Genève .
rurgie.
.M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles .
M.le Fat , Docteur en Médecine.
àGand.
M. Naudinat , Chirurgien . à Cadix.
M. Breydel.
M. le Quai , Chirurgien major.
M. Pujoll.
à Bruges.
àBareith.
à Constantinople.
M. Chaſſaing , Chirurgien major au Fort
royal de la Martinique .
à la Martinique.
& Chirurgiens , Correspondans de
M. KEYSER.
M. Imbert , Chancelier de la Faculté de
Médecine , & Inſpecteur des Hôpitaux
; M. Fournier, Médecin de l'Hôpital
du Roi ; M. Goulard , Chirurgien
major. àMontpellier.
M. le Cat , Ecuyer , & Secrétaire perpétuel
de l'Académie des Sciences.
àRouen.
Les RR. PP. de la Charité , & M. Marmion
, Médecin de l'Hôpital du Roi.
à Grenoble.
Les RR. PP. de la Charité , &M. Berthe,
ancien Chirurgien major.
àlaRochelle.
M. Razoux , Docteur en Médecine .
à Nîmes.
168 MERCURE DE FRANCE.
M. de Freſſiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges.
M. Reliquet , Docteur en Médecine .
M. Piers , Docteur en Médecine .
M. Audirac , Docteur en Médecine.
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à Nantes.
à Troyes.
à Cambray.
à Saint Omer.
à Strasbourg .
à Landau.
à Breft.
M. le Riche , Chirurgien major.
M. Ravaton , Chirurgien major.
MM. Demontreux & Duval , Chirurgiens
majors.
M. Maret , Maître en Chirurgie .
à Dijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine , Chirurgien ; M. de la
Fourcade , Chirurgien major.
à Bordeaux.
M. Baquié , & M. de la Marque , Maîtres
en Chirurgie. à Toulouse.
M. de la Peyre , Chirurgien major ; M. le
Page , Maître en Chirurgie. à Caen.
M. Guillon , Maître en Chirurgie.
àOrléans.
Μ.
JUIN. 1763. 169
M. Planque , Chirurgien major ; M. Warocquier
, Maître en Chirurgie.
àLille.
M. Buttet , Maître en Chirurgie .
à Estampes.
MM. Bongourd & Duval , Maîtres en
Chirurgie.
M. Dupont , Maître en Chirurgie .
à Saint-Malo.
à Rennes.
M. Chevreuil , Maître en Chirurgie.
àAngers.
MM. Toujean , freres , Chirurgiens &
Apothicaires. à l'Orient.
M. J. B. de la Marque , Maître en Chi
rurgie. à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , Chirurgien major.
à Besançon.
MM. Beauregard & Michel , Chirurgiens
majors. à Perpignan.
M. Moffier , Chirurgien major.
àAvefne.
M. Majault , Chirurgien major.
àDouay.
M. Mirabel , Chirurgien major.
à Nancy,
MM. Paton & Deſvilliers , Maîtres en
Chirurgie. au Mans.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie."
M. Pontiers , Chirurgien.
à Dunkerque.
à Aix en Provence.
M. Daffieu , Docteur en Médecine.
à Tarbes.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaint
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
à Avignon.
M. de la Haye , Chirurgien major.
àRochefort.
M. Durand , ancien Chirurgien major.
àArras.
M. Texereau , Maître en Chirurgie.
à Poitiers.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie..
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie .
M. Bourgeois , Maître en Chirurgie.
àMarseille,
àAmiens.
à Calais,
à Saumur.
M. de la Grave , & MM. les Chirurgiens
majors.
M. Barjolle , Docteur en Medecine.
JUIN. 1763 . 171
Pays étrangers .
M. le Docteur Cooper , Médecin.
à Londres.
M. Godineau , Chirurgien major.
àMadrid.
M. Acrell , Chirurgien major.
àStockolm.
MM. Guyot & Fine , Maîtres en Chià
Genève .
rurgie.
.M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
à Bruxelles .
M.le Fat , Docteur en Médecine.
àGand.
M. Naudinat , Chirurgien . à Cadix.
M. Breydel.
M. le Quai , Chirurgien major.
M. Pujoll.
à Bruges.
àBareith.
à Constantinople.
M. Chaſſaing , Chirurgien major au Fort
royal de la Martinique .
à la Martinique.
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Résumé : LISTE de Messieurs les Médecins & Chirurgiens, Correspondans de M. KEYSER.
Le document énumère les correspondants médicaux de M. Keyser, répartis en France et à l'étranger. En France, les correspondants incluent M. Imbert, chancelier de la Faculté de Médecine et inspecteur des hôpitaux à Montpellier, ainsi que M. le Cat, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences à Rouen. D'autres correspondants notables se trouvent à Grenoble, La Rochelle, Nantes, Dijon, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Caen, Orléans, Lille, et plusieurs autres villes françaises. À l'étranger, des correspondants sont mentionnés à Londres, Madrid, Stockholm, Genève, Bruxelles, Gand, Cadix, Bruges, Bareith, Constantinople, et la Martinique. Chaque entrée spécifie le titre et la ville de résidence de chaque correspondant.
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10469
p. 88-90
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
MONSEIGNEUR, Voicy le premier hommage que le Clergé a l'honneur [...]
Mots clefs :
Dauphin, Royaume, Dieu, Clergé
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texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
AMONSEIGNEUR.
IE, - DAUPHIN.
'MONSEIGNEUR,
Voicy le premierhommage
que le Cjlergé a l'honneurde -'
vous rendre encenmonie,mais
ce n'rft pas le premier que cba-;
cun de nous vous 4 rendu en,
particulier
, ~&c >
= Quel bonheur pour
nous , & pour tout le
Royaume, de voir un
Prince né pour le gouver- n'erunjour,ci-nploycrla"
pénétration & l'élevation
- -
de
de son esprit à se convaincre
de cette grande vérité,
quetant de Princes ignorent
, que le premier devoir
des Souverains efi defaire rf-.
gner Dieu dans leurs Efiats,
Quenedoit-on
pas attendre
de cet espritde justice
,
de cet Amour pour U
regle,~&c.de cettecharitéardente
qui vous rend
si sensible à la misere des
pauvres, &c. Enfin, de
vostre attachementpour leRoy,
qui trouve envousunfils
aussi sournis, aussi tendre,
& aussi occu pé du desir de
luy plaire que l'estoitceluy
qu'il a perdu, &c.
IE, - DAUPHIN.
'MONSEIGNEUR,
Voicy le premierhommage
que le Cjlergé a l'honneurde -'
vous rendre encenmonie,mais
ce n'rft pas le premier que cba-;
cun de nous vous 4 rendu en,
particulier
, ~&c >
= Quel bonheur pour
nous , & pour tout le
Royaume, de voir un
Prince né pour le gouver- n'erunjour,ci-nploycrla"
pénétration & l'élevation
- -
de
de son esprit à se convaincre
de cette grande vérité,
quetant de Princes ignorent
, que le premier devoir
des Souverains efi defaire rf-.
gner Dieu dans leurs Efiats,
Quenedoit-on
pas attendre
de cet espritde justice
,
de cet Amour pour U
regle,~&c.de cettecharitéardente
qui vous rend
si sensible à la misere des
pauvres, &c. Enfin, de
vostre attachementpour leRoy,
qui trouve envousunfils
aussi sournis, aussi tendre,
& aussi occu pé du desir de
luy plaire que l'estoitceluy
qu'il a perdu, &c.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Le clergé adresse une lettre au Dauphin, futur roi de France, exprimant son honneur et son bonheur de lui rendre hommage. Ils louent sa pénétration d'esprit, son sens de la justice, sa charité envers les pauvres et son dévouement au roi. Le Dauphin comprend que régner implique de servir Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10470
p. 143-148
Sixiéme suite des réflexions sur les Ballets.
Début :
On ne sçauroit trop multiplier les exemples quand on veut instuire ; ils ont ordinairement [...]
Mots clefs :
Ballets, Ballet, Sujets, Apparence, Mensonges, Tableaux, Grâces, Vérité, Tromperies
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texteReconnaissance textuelle : Sixiéme suite des réflexions sur les Ballets.
Sixième ſuite des réflexionsfur les Ballets.
On ne ſçauroit trop multiplier les exem
ples quand on veut inſtruire ; ils ont ordinairement
plus d'autorité que les principes
144 MERCURE DE FRANCE.
les mieux démontrés , cependant loin d'ar
buſer d'une propoſition aufli judicieuſe ,
nous nous contenterons d'une récidive , &
méme pour ne pas fatiguer les Lecteurs par
du ſérieux trop continu nous donnerons l'idée
d'un Ballet plus gai que celui de l'Autel de
Lyon consacré à Louis Auguste. La varieté des
Tableaux amuſe lesyeux &après lesbeautés
fieres de Michel Ange , on regarde avec
plaifir les graces naives de Vateau , quand on
n'a pas fait voeu de n'admirer que l'antique.
Entre les Ballets moraux il ne s'en eft gueres
imaginé de plus plaiſant que celui qui fut
exécuté à Turin en 1.634 , pour la naiſſance
du Cardinal de Savoie. Le ſujet de ce Ballet
étoit La verita nemica della apparensa , fol
Jenata dal tempo. La vérité ennemie des apparences
& foutenue du tems. Ce Ballet
commença par un choeur de faux bruits &
de ſoupçons qui précédent l'apparence &
les menſonges. Ils étoient repréſentés par
des perſonnes vetues en Cocqs & en Poules
qui chantojent un Dialogue moitié Italien
& moitié François mélé du chant des Cocqs
&des Poules. Après ce chant burleſque la
Scone s'étant ouverte on vit ſur un grand
nuage accompagné des vents , l'apparence
avec des ailes & une grande queue de
Paon , vetue d'une robe ſemée de miroirs
& couyant des oeufs d'où fortirent les menfonges
SEPTEMBRE 1745 . 145
fonges pernicieux , les tromperies & les fraudes
, les menſonges agréables , les flateries &
les intrigues , les menſonges bouffons , les
plaiſanteries & les contes.
Les tromperies portoient des habits d'une
couleur obfcure avec des ferpens cachés ſous
les fleurs , les fraudes couvertes de rets de
chaſſe rompoient des veſſies en danſant , les
flateries étoient vétues en Singes , les intrigues
en pécheurs d'Ecreviſſes avec des lanternes
à la main & fur la tête ; on ne devine
pas aifément ces deux derniers habillemens
allégoriques. Les menſonges ridicules
étoient repréſentés par des gueux qui
contrefaifoient les eſtropiés avec des jambes
de bois. Le tems ayant chaffé l'apparence
avec tous ces menfonges , fait ouvrir le
nid ſur lequel l'apparence couvoit , on y
voitune grande horloge àſable d'où le tems
fait ſortir la vérité , & rappellant les heures
elles font avec elle le grand Ballet.
Les tableaux de ce Ballet ci ſont preſque
tous des baſſans groffiers , les graces de l'Albane
n'y paroiſſent pas , nous ne penſons
pas qu'on doive rejetter entierement les
images groteſques , mais nous croyons qu'elles
ne doivent pas occuper tout un Spectacle&
qu'elles doivent laiſſer de la place aux
objets gracieux.
Nos Lecteurs nous permettront-ils d'in
G
146 MERCURE DE FRANCE ,
terrompre nos deſcriptions de fêtes danſan,
tes par une digreffion inſtructive , qui en
diviſe exactement les eſpeces ?
Metellus de natali Roma Ode 2. a fait le
caractere des Ballets & des actions en mu
fique en deux ſtrophes où il dit :
Fabulæ vivunt & agunt , loquuntur ,
Quidquidunquam vixit ibi refurgit ,
Infuper quæ nulla fuere fruftra cogunt vivere,
Voilà trois fortes de ſujets. Les ſujets tirés
de la fable,
:
1
Fabulæ vivunt & agunt , loquuntur ,
Les ſujets empruntés de l'Hiſtoire.
Quidquid unquam vixit ibi refurgit ,
Les ſujets imaginés.
Infuper que nulla fuere fruftra cogunt vivere,
Et voici la conduite de ces Pieces,
Inſtruit Scenas imitando geſta ,
Horrido perſona tremenda vultu ,
Afta verbis ,verbaque diſcit actis
Confimilare.
SEPTEMBRE 1745 . 147
Ces quatre vers établiſſent qu'il faut dans
les Ballets, décorations , imitation des actions
, maſques , habits , paroles , geſtes &
pantomimės.
La conduite du Ballet peut - être une
eſpecede Roman comme ceux des Amadis ,
du Chevalier du Soleil , d'Alcidiane & de Palmerin
. C'eſt ce qui fait que l'Arioſte a fourni
ungrand nombre de Ballets danſés en France
& en Italie depuis un fiécle. Parce que
le deſſein de ſon Poëme n'ayant point
l'unité d'action que demande la Poëfie narrative
, il s'eſt uniquement propoſé de décrire
tout ce qui peut fervir naturellement
de ſujet aux Ballets , Maſcarades , Carouſels
& autres divertiſſemens .
Le Donné , i Cavalier , l'arme , gli amori ,
Le cortefie , l'audaci impreſe cio canto.
Angélique , Renaud , Armide , Médor ,
Rodomont , Ferragus , ſont les ſujets qu'on
a tirés de ce Poëme pour les repréſenter
en différentes occaſions ſur différens Théatres.
On peut tirer les mêmes agrémens des
autres Poëmes. Enée & Didon de l'Eneide
de Virgile , & ſes perſonages épiſodique ,
Achille & les autres Héros de l'Iliade d'Homere
peuvent fournir de nobles ſujets de
Ballets, comme ils font depuis long-tems
Gij
148 MERCURE DE FRANCE,
!
ceux des tableaux & même des tapiſſeries,
On ne ſçauroit trop multiplier les exem
ples quand on veut inſtruire ; ils ont ordinairement
plus d'autorité que les principes
144 MERCURE DE FRANCE.
les mieux démontrés , cependant loin d'ar
buſer d'une propoſition aufli judicieuſe ,
nous nous contenterons d'une récidive , &
méme pour ne pas fatiguer les Lecteurs par
du ſérieux trop continu nous donnerons l'idée
d'un Ballet plus gai que celui de l'Autel de
Lyon consacré à Louis Auguste. La varieté des
Tableaux amuſe lesyeux &après lesbeautés
fieres de Michel Ange , on regarde avec
plaifir les graces naives de Vateau , quand on
n'a pas fait voeu de n'admirer que l'antique.
Entre les Ballets moraux il ne s'en eft gueres
imaginé de plus plaiſant que celui qui fut
exécuté à Turin en 1.634 , pour la naiſſance
du Cardinal de Savoie. Le ſujet de ce Ballet
étoit La verita nemica della apparensa , fol
Jenata dal tempo. La vérité ennemie des apparences
& foutenue du tems. Ce Ballet
commença par un choeur de faux bruits &
de ſoupçons qui précédent l'apparence &
les menſonges. Ils étoient repréſentés par
des perſonnes vetues en Cocqs & en Poules
qui chantojent un Dialogue moitié Italien
& moitié François mélé du chant des Cocqs
&des Poules. Après ce chant burleſque la
Scone s'étant ouverte on vit ſur un grand
nuage accompagné des vents , l'apparence
avec des ailes & une grande queue de
Paon , vetue d'une robe ſemée de miroirs
& couyant des oeufs d'où fortirent les menfonges
SEPTEMBRE 1745 . 145
fonges pernicieux , les tromperies & les fraudes
, les menſonges agréables , les flateries &
les intrigues , les menſonges bouffons , les
plaiſanteries & les contes.
Les tromperies portoient des habits d'une
couleur obfcure avec des ferpens cachés ſous
les fleurs , les fraudes couvertes de rets de
chaſſe rompoient des veſſies en danſant , les
flateries étoient vétues en Singes , les intrigues
en pécheurs d'Ecreviſſes avec des lanternes
à la main & fur la tête ; on ne devine
pas aifément ces deux derniers habillemens
allégoriques. Les menſonges ridicules
étoient repréſentés par des gueux qui
contrefaifoient les eſtropiés avec des jambes
de bois. Le tems ayant chaffé l'apparence
avec tous ces menfonges , fait ouvrir le
nid ſur lequel l'apparence couvoit , on y
voitune grande horloge àſable d'où le tems
fait ſortir la vérité , & rappellant les heures
elles font avec elle le grand Ballet.
Les tableaux de ce Ballet ci ſont preſque
tous des baſſans groffiers , les graces de l'Albane
n'y paroiſſent pas , nous ne penſons
pas qu'on doive rejetter entierement les
images groteſques , mais nous croyons qu'elles
ne doivent pas occuper tout un Spectacle&
qu'elles doivent laiſſer de la place aux
objets gracieux.
Nos Lecteurs nous permettront-ils d'in
G
146 MERCURE DE FRANCE ,
terrompre nos deſcriptions de fêtes danſan,
tes par une digreffion inſtructive , qui en
diviſe exactement les eſpeces ?
Metellus de natali Roma Ode 2. a fait le
caractere des Ballets & des actions en mu
fique en deux ſtrophes où il dit :
Fabulæ vivunt & agunt , loquuntur ,
Quidquidunquam vixit ibi refurgit ,
Infuper quæ nulla fuere fruftra cogunt vivere,
Voilà trois fortes de ſujets. Les ſujets tirés
de la fable,
:
1
Fabulæ vivunt & agunt , loquuntur ,
Les ſujets empruntés de l'Hiſtoire.
Quidquid unquam vixit ibi refurgit ,
Les ſujets imaginés.
Infuper que nulla fuere fruftra cogunt vivere,
Et voici la conduite de ces Pieces,
Inſtruit Scenas imitando geſta ,
Horrido perſona tremenda vultu ,
Afta verbis ,verbaque diſcit actis
Confimilare.
SEPTEMBRE 1745 . 147
Ces quatre vers établiſſent qu'il faut dans
les Ballets, décorations , imitation des actions
, maſques , habits , paroles , geſtes &
pantomimės.
La conduite du Ballet peut - être une
eſpecede Roman comme ceux des Amadis ,
du Chevalier du Soleil , d'Alcidiane & de Palmerin
. C'eſt ce qui fait que l'Arioſte a fourni
ungrand nombre de Ballets danſés en France
& en Italie depuis un fiécle. Parce que
le deſſein de ſon Poëme n'ayant point
l'unité d'action que demande la Poëfie narrative
, il s'eſt uniquement propoſé de décrire
tout ce qui peut fervir naturellement
de ſujet aux Ballets , Maſcarades , Carouſels
& autres divertiſſemens .
Le Donné , i Cavalier , l'arme , gli amori ,
Le cortefie , l'audaci impreſe cio canto.
Angélique , Renaud , Armide , Médor ,
Rodomont , Ferragus , ſont les ſujets qu'on
a tirés de ce Poëme pour les repréſenter
en différentes occaſions ſur différens Théatres.
On peut tirer les mêmes agrémens des
autres Poëmes. Enée & Didon de l'Eneide
de Virgile , & ſes perſonages épiſodique ,
Achille & les autres Héros de l'Iliade d'Homere
peuvent fournir de nobles ſujets de
Ballets, comme ils font depuis long-tems
Gij
148 MERCURE DE FRANCE,
!
ceux des tableaux & même des tapiſſeries,
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10471
p. 139-146
SEANCE PUBLIQUE de l'Académie royal de Nismes.
Début :
L'Académie s'étant assemblée le 15 May 1755, M. de Massip, avocat du Roi au [...]
Mots clefs :
Académie royale de Nîmes, Lettres, Voyageurs, Romains, Grecs, Hospitalité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE de l'Académie royal de Nismes.
SEANCE PUBLIQUE
de l'Académie royale de Nifmes .
L'Académie s'étant affemblée le 15 May
1755 , M. de Maffip , avocat du Roi an
préfidial de Nifmes , & directeur , ouvrit
la feance par un Difcoursfur les avantages
que procurent les Lettres à ceux qui les
cultivent.
A plupart des hommes , dit- il , cherchent
leur avantage dans des bien's
fragiles & périffables qui leur font étrangers
, & ne fçauroient jamais les faire par.
venir au folide bonheur & à la véritable
gloire. L'on eft affuré de trouver l'un &
l'autre en s'attachant à l'étude des belleslettres
, en faifant fervir les divers talens
que la Providence nous a départis à
la perfection des fciences & des beaux.
arts , c'eft la maniere la plus noble dont
nous puiffions payer cette obligation naturelle
, le fervice perfonnel que tout citoyen
doit à la patrie , c'eft la voye la plus
fure pour parvenir à la véritable gloire ,
gloire d'autant plus flatteufe qu'on ne la
partage avec perfonne comme celle qui
140 MERCURE DE FRANCE.
vient des faccès militaires , & qu'on la tire
toure entiere de fon propre fonds ; à ces
premiers avantages fe joignent ceux d'être
exempts de ces paffions cruelles & tumultueufes
auxquelles les hommes vulgaires
font livrés , qui tirannifent leur coeur fans
pouvoirjamais le fatisfaire , l'homme de lettres
au contraire trouve dans le commerce
des mufes & la douceur de fa folitude une
tranquillité inaltérable. Content de fes
études & de foi-même , il cherche à augmenter
fes connoiffances à perfectionner
fes talens. Il jouit dans l'une & l'autre fortune
d'une égalité d'ame qui eft autant le
fruit de fa vertu que de fes lumieres . Elle
regle tous les mouvemens de fon coeur , en
fixe tous les defirs , enforte qu'elle paroît
comme affranchie des liens du corps , &
habiter déja cette région fupérieure du ciel
dont les vents & les tempêtes ne troublent
jamais le calme & la férénité. C'eſt à la faveur
de ce fecours qu'il eft inébranlable &
comme impaffible dans ces fameux revers
aufquels l'humanité eft fujette & qu'il
fupporte avec un courage invincible les
difgraces , les perfécutions , l'exil , la mort
même , foutenu par l'efpérance qu'il ne
meurt pas tout entier , & que fa réputa
tion échappera aux ténebres de l'oubli tant
que l'empire des lettres fubfiftera .
AOUST. 1755. 141
Divers exemples des grands hommes de
Lantiquité.
Quelques travaux , quelques veilles qu'il
en coute , les grands exemples de ces ames
fupérieures , de ces génies fublimes qui
ent rendu la carriere fi brillante , font bien
propres à enflammer nos coeurs d'une géné
reufe émulation . Nous en avons contracté
une obligation plus étroite en prenant
féance dans cette compagnie recommandable
par les grands hommes qu'elle a donnés
à la république des lettres , & qui en for
merent le premier établiſſement , leurs talens
diftingués n'ont pas moins fait d'honneur
à l'académie qu'à la patrie ; quel engagement
pour conferver ce précieux héritage
, ce dépôt de gloire qu'ils nous ont laif
fé & le tranfmettre à nos fucceffeurs.
M. le Beau de Schofne , affocié , lut enfuite
un poëme en deux chants fur l'harmonie.
M. Meynier lut un mémoire fur l'hofpitalité
ancienne. Il ne doute pas que cette
pratique fondée fur le befoin mutuel des
hommes ne foit auffi ancienne que le monde.
Du moins les Patriarches qui vêcurent
d'abord après le déluge exercerent l'hofpitalité
, Abraham & Lot accueillirent les
142 MERCURE DE FRANCE .
anges qui alloient à Sodome & qu'ils prenoient
pour des voyageurs. Il diftingua
trois fortes d'hofpitalités. La premiere ,
celle que la piété faifoit exercer envers les
étrangers , voyageurs , inconnus , telle que
celle d'Abraham envers les anges , & celle
d'Alcinous envers Ulyffe. La feconde étoit
une fuite de la précédente ; ceux qui avoient
logé chez une perfonne étoient dès - lors
liés avec elle par les liens de l'hofpitalité,
ils étoient obligés de fe loger & de ſe ſecourir
mutuellement , & ce droit paffoit à
leur poftérité ; telle eft l'hofpitalité exercée
par Raguel envers le jeune Tobie , & celle
de Neftor & de Menelas enversTélémaque .
On contractoit la troisieme forte d'hofpitalité
fans avoir vu les hôtes , on envoyoit
un préfent à une perfonne & on lui demandoit
de fe lier par le droit d'hofpitalité,
fi elle renvoyoit un autre préfent , & qu'elle
acceptat les offres , dès -lors les droits
étoient également facrés , telle eft l'hofpi
talité que Cyniras , roi de Chypre , contracte
avec Agamemnon dans l'Illiade. On
pourroit encore conter une quatrieme
forte de droit également facré , c'eſt le
droit du fuppliant . Le même principe de
religion obligeoit les payens à refpecter
& regarder comme un dépôt inviolable
dont on devoit rendre compte à la divi
1
A O UST. 1755. 143
nité , un homme réduit par fes malheurs à
prendre leur maifon pour refuge , fut- il
d'ailleurs leur plus grand ennemi . Le malheureux
s'affeyoit fur la cendre du foyer ,
& imploroit les dieux protecteurs de l'hofpitalité
, tel parut Themiftocle chez Admere
, roi des Moloffes , & tel encore le
fier Coriolan fe confia à Tullus , général
des Volfques fon ennemi capital . La maniere
d'exercer l'hospitalité étoit peu différente
dans les fiecles héroïques entre les
Hébreux & les Grecs ; M. M*** cite deux
exemples de ces deux nations & en fait
voir les rapports , une coutume commune
entre les nations étoit de ne point demander
le nom de fes hôtes avant la fin du repas.
On trouve même un exemple plus
tard , c'eft celui de Bellérophon à la cour
de Proetus , à qui on ne le demande que le
dixieme jour après fon arrivée.
On lavoit les pieds des voyageurs , cette
coutume ne fe pratiquoit gueres que pour
ceux qui voyageoient à pied , une femme
de la maifon s'acquittoit de cet emploi ;
dans la Grèce les voyageurs plus diftingués
étoient mis dans le bain par les filles
de l'hôte , les filles du roi même s'acquittoient
de cet emploi ; la plus jeune des filles
de Neftor , la belle Polycafte , met Télémaque
aux bains & le parfume d'effences:
144 MERCURE DE FRANCE.
tel étoit l'ufage de ces bons temps héroïques
, & tout fe paffoit avec fagelle . L'on
a remarqué avec raifon que nos moeurs
gagnent du côté de la délicareffe ce qu'elles
perdent du côté de la pureté.
Les préfens d'hofpitalité venoient enfuite
, ils fervoient de témoignage perpétuel
du lien qui uniffoit les familles , la
générofité des fiecles héroïques finit avec
les fiecles mêmes ; au lieu de ces préfens
on fe contenta de rompre en deux une
piece de monnoye dont chacun des deux
hôtes gardoit une portion , ou plus communement
de ſcier en deux un bâton d'yvoire
qu'ou nommoit teffera hofpitalis , on
en trouve encore dans les cabinets des
curieux .
Des villes entieres accordoient l'hofpitalité
, les Romains agirent ainfi envers
Timafithée chef des corfaires de Lipari.
Le droit d'hofpitalité étoit imprefcriptible
, & à moins d'y avoir renoncé ea
bonne forme par un acte devant les Magiftrats
, rien ne pouvoit y porter atteinte ,
dans la guerre même , les combattans
étoient obligés de fe refpecter. Le brave
Diomede dans le fixieme chapitre de l'Illiade
, n'ofe point porter une main facrilege
fur Glaucus fon hôte , tandis qu'Hector
& Teucer unis par les liens de la plus
proche
AOUST. 1755. 145
proche parenté combattent avec chaleur.
Les Dieux de l'hofpitalité étoient Jupiter,
ir , Venus , Minerve , Caftor &
Pollux , un Apollon furnommé bécğeri☺ ,
& fur-tout les Dieux Lares , les fables les
plus anciennes & les plus facrées contribuoient
à faire reſpecter le caractere d'hôte
comme facré. Jupiter & Mercure voya
geant parmi les hommes , puniffent Lycaon
pour avoir violé ce droit , récompenfant
Philemon & Baucis . Les Grecs ont pu avoir
quelque connoiffance indirecte par les
Egyptiens du voyage des Anges fur la terre
, du moins Homere fait dire fouvent à
fes perfonnages , que peut- être la perfonne
de l'étranger cache un des Dieux immortels.
M. Meynier finit par examiner
pourquoi l'hofpitalité n'eſt plus pratiquée
parmi nous ? il en tire la raifon de l'excellent
ouvrage de ce Sage , dont nous
déplorons encore la perte , l'illuftre Montefquieu.
La perte de cette vértu vient
de l'efprit de commerce qui s'eft établi
parmi nous , il produit , dit- il , un certain
fentiment de juftice exacte , oppofé d'un
côté au brigandage , & de l'autre à ces
vertus morales qui font qu'on ne diſcute
pas toujours fes intérêts avec rigueur , &
qu'on les néglige pour ceux des autres.
Les Grecs & les Romains , dès que leuc
G
146 MERCURE DE FRANCE.
empire fut étendu , n'exercerent plus l'hof
pitalité de la maniere généreufe que nous
admirons dans les fiécles héroïques ; ils
n'oferent renoncer à une coutume confervée
par leur religion & par leurs ancêtres
; mais ils reftreignirent l'hofpitalité
au logement & à l'uftenfile. L'étranger
fourniffoit la nourriture de fes chevaux ,
& fouvent même achetoit la fienne. La
charité du Chriftianifme a fuppléé au befoin
que les pauvres pourroient en avoir.
Nos voyageurs ont peu à defirer des
moeurs anciennes fur l'hofpitalité.
On donnera la fuite de cette féance dans
le Mercure du mois prochain.
de l'Académie royale de Nifmes .
L'Académie s'étant affemblée le 15 May
1755 , M. de Maffip , avocat du Roi an
préfidial de Nifmes , & directeur , ouvrit
la feance par un Difcoursfur les avantages
que procurent les Lettres à ceux qui les
cultivent.
A plupart des hommes , dit- il , cherchent
leur avantage dans des bien's
fragiles & périffables qui leur font étrangers
, & ne fçauroient jamais les faire par.
venir au folide bonheur & à la véritable
gloire. L'on eft affuré de trouver l'un &
l'autre en s'attachant à l'étude des belleslettres
, en faifant fervir les divers talens
que la Providence nous a départis à
la perfection des fciences & des beaux.
arts , c'eft la maniere la plus noble dont
nous puiffions payer cette obligation naturelle
, le fervice perfonnel que tout citoyen
doit à la patrie , c'eft la voye la plus
fure pour parvenir à la véritable gloire ,
gloire d'autant plus flatteufe qu'on ne la
partage avec perfonne comme celle qui
140 MERCURE DE FRANCE.
vient des faccès militaires , & qu'on la tire
toure entiere de fon propre fonds ; à ces
premiers avantages fe joignent ceux d'être
exempts de ces paffions cruelles & tumultueufes
auxquelles les hommes vulgaires
font livrés , qui tirannifent leur coeur fans
pouvoirjamais le fatisfaire , l'homme de lettres
au contraire trouve dans le commerce
des mufes & la douceur de fa folitude une
tranquillité inaltérable. Content de fes
études & de foi-même , il cherche à augmenter
fes connoiffances à perfectionner
fes talens. Il jouit dans l'une & l'autre fortune
d'une égalité d'ame qui eft autant le
fruit de fa vertu que de fes lumieres . Elle
regle tous les mouvemens de fon coeur , en
fixe tous les defirs , enforte qu'elle paroît
comme affranchie des liens du corps , &
habiter déja cette région fupérieure du ciel
dont les vents & les tempêtes ne troublent
jamais le calme & la férénité. C'eſt à la faveur
de ce fecours qu'il eft inébranlable &
comme impaffible dans ces fameux revers
aufquels l'humanité eft fujette & qu'il
fupporte avec un courage invincible les
difgraces , les perfécutions , l'exil , la mort
même , foutenu par l'efpérance qu'il ne
meurt pas tout entier , & que fa réputa
tion échappera aux ténebres de l'oubli tant
que l'empire des lettres fubfiftera .
AOUST. 1755. 141
Divers exemples des grands hommes de
Lantiquité.
Quelques travaux , quelques veilles qu'il
en coute , les grands exemples de ces ames
fupérieures , de ces génies fublimes qui
ent rendu la carriere fi brillante , font bien
propres à enflammer nos coeurs d'une géné
reufe émulation . Nous en avons contracté
une obligation plus étroite en prenant
féance dans cette compagnie recommandable
par les grands hommes qu'elle a donnés
à la république des lettres , & qui en for
merent le premier établiſſement , leurs talens
diftingués n'ont pas moins fait d'honneur
à l'académie qu'à la patrie ; quel engagement
pour conferver ce précieux héritage
, ce dépôt de gloire qu'ils nous ont laif
fé & le tranfmettre à nos fucceffeurs.
M. le Beau de Schofne , affocié , lut enfuite
un poëme en deux chants fur l'harmonie.
M. Meynier lut un mémoire fur l'hofpitalité
ancienne. Il ne doute pas que cette
pratique fondée fur le befoin mutuel des
hommes ne foit auffi ancienne que le monde.
Du moins les Patriarches qui vêcurent
d'abord après le déluge exercerent l'hofpitalité
, Abraham & Lot accueillirent les
142 MERCURE DE FRANCE .
anges qui alloient à Sodome & qu'ils prenoient
pour des voyageurs. Il diftingua
trois fortes d'hofpitalités. La premiere ,
celle que la piété faifoit exercer envers les
étrangers , voyageurs , inconnus , telle que
celle d'Abraham envers les anges , & celle
d'Alcinous envers Ulyffe. La feconde étoit
une fuite de la précédente ; ceux qui avoient
logé chez une perfonne étoient dès - lors
liés avec elle par les liens de l'hofpitalité,
ils étoient obligés de fe loger & de ſe ſecourir
mutuellement , & ce droit paffoit à
leur poftérité ; telle eft l'hofpitalité exercée
par Raguel envers le jeune Tobie , & celle
de Neftor & de Menelas enversTélémaque .
On contractoit la troisieme forte d'hofpitalité
fans avoir vu les hôtes , on envoyoit
un préfent à une perfonne & on lui demandoit
de fe lier par le droit d'hofpitalité,
fi elle renvoyoit un autre préfent , & qu'elle
acceptat les offres , dès -lors les droits
étoient également facrés , telle eft l'hofpi
talité que Cyniras , roi de Chypre , contracte
avec Agamemnon dans l'Illiade. On
pourroit encore conter une quatrieme
forte de droit également facré , c'eſt le
droit du fuppliant . Le même principe de
religion obligeoit les payens à refpecter
& regarder comme un dépôt inviolable
dont on devoit rendre compte à la divi
1
A O UST. 1755. 143
nité , un homme réduit par fes malheurs à
prendre leur maifon pour refuge , fut- il
d'ailleurs leur plus grand ennemi . Le malheureux
s'affeyoit fur la cendre du foyer ,
& imploroit les dieux protecteurs de l'hofpitalité
, tel parut Themiftocle chez Admere
, roi des Moloffes , & tel encore le
fier Coriolan fe confia à Tullus , général
des Volfques fon ennemi capital . La maniere
d'exercer l'hospitalité étoit peu différente
dans les fiecles héroïques entre les
Hébreux & les Grecs ; M. M*** cite deux
exemples de ces deux nations & en fait
voir les rapports , une coutume commune
entre les nations étoit de ne point demander
le nom de fes hôtes avant la fin du repas.
On trouve même un exemple plus
tard , c'eft celui de Bellérophon à la cour
de Proetus , à qui on ne le demande que le
dixieme jour après fon arrivée.
On lavoit les pieds des voyageurs , cette
coutume ne fe pratiquoit gueres que pour
ceux qui voyageoient à pied , une femme
de la maifon s'acquittoit de cet emploi ;
dans la Grèce les voyageurs plus diftingués
étoient mis dans le bain par les filles
de l'hôte , les filles du roi même s'acquittoient
de cet emploi ; la plus jeune des filles
de Neftor , la belle Polycafte , met Télémaque
aux bains & le parfume d'effences:
144 MERCURE DE FRANCE.
tel étoit l'ufage de ces bons temps héroïques
, & tout fe paffoit avec fagelle . L'on
a remarqué avec raifon que nos moeurs
gagnent du côté de la délicareffe ce qu'elles
perdent du côté de la pureté.
Les préfens d'hofpitalité venoient enfuite
, ils fervoient de témoignage perpétuel
du lien qui uniffoit les familles , la
générofité des fiecles héroïques finit avec
les fiecles mêmes ; au lieu de ces préfens
on fe contenta de rompre en deux une
piece de monnoye dont chacun des deux
hôtes gardoit une portion , ou plus communement
de ſcier en deux un bâton d'yvoire
qu'ou nommoit teffera hofpitalis , on
en trouve encore dans les cabinets des
curieux .
Des villes entieres accordoient l'hofpitalité
, les Romains agirent ainfi envers
Timafithée chef des corfaires de Lipari.
Le droit d'hofpitalité étoit imprefcriptible
, & à moins d'y avoir renoncé ea
bonne forme par un acte devant les Magiftrats
, rien ne pouvoit y porter atteinte ,
dans la guerre même , les combattans
étoient obligés de fe refpecter. Le brave
Diomede dans le fixieme chapitre de l'Illiade
, n'ofe point porter une main facrilege
fur Glaucus fon hôte , tandis qu'Hector
& Teucer unis par les liens de la plus
proche
AOUST. 1755. 145
proche parenté combattent avec chaleur.
Les Dieux de l'hofpitalité étoient Jupiter,
ir , Venus , Minerve , Caftor &
Pollux , un Apollon furnommé bécğeri☺ ,
& fur-tout les Dieux Lares , les fables les
plus anciennes & les plus facrées contribuoient
à faire reſpecter le caractere d'hôte
comme facré. Jupiter & Mercure voya
geant parmi les hommes , puniffent Lycaon
pour avoir violé ce droit , récompenfant
Philemon & Baucis . Les Grecs ont pu avoir
quelque connoiffance indirecte par les
Egyptiens du voyage des Anges fur la terre
, du moins Homere fait dire fouvent à
fes perfonnages , que peut- être la perfonne
de l'étranger cache un des Dieux immortels.
M. Meynier finit par examiner
pourquoi l'hofpitalité n'eſt plus pratiquée
parmi nous ? il en tire la raifon de l'excellent
ouvrage de ce Sage , dont nous
déplorons encore la perte , l'illuftre Montefquieu.
La perte de cette vértu vient
de l'efprit de commerce qui s'eft établi
parmi nous , il produit , dit- il , un certain
fentiment de juftice exacte , oppofé d'un
côté au brigandage , & de l'autre à ces
vertus morales qui font qu'on ne diſcute
pas toujours fes intérêts avec rigueur , &
qu'on les néglige pour ceux des autres.
Les Grecs & les Romains , dès que leuc
G
146 MERCURE DE FRANCE.
empire fut étendu , n'exercerent plus l'hof
pitalité de la maniere généreufe que nous
admirons dans les fiécles héroïques ; ils
n'oferent renoncer à une coutume confervée
par leur religion & par leurs ancêtres
; mais ils reftreignirent l'hofpitalité
au logement & à l'uftenfile. L'étranger
fourniffoit la nourriture de fes chevaux ,
& fouvent même achetoit la fienne. La
charité du Chriftianifme a fuppléé au befoin
que les pauvres pourroient en avoir.
Nos voyageurs ont peu à defirer des
moeurs anciennes fur l'hofpitalité.
On donnera la fuite de cette féance dans
le Mercure du mois prochain.
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Résumé : SEANCE PUBLIQUE de l'Académie royal de Nismes.
Le 15 mai 1755, l'Académie royale de Nifmes organisa une séance publique. M. de Maffip, avocat du Roi et directeur, inaugura la séance par un discours sur les avantages des lettres. Il souligna que la plupart des hommes recherchent des biens éphémères, tandis que les lettres offrent un véritable bonheur et une gloire authentique. Cultiver les lettres permet de servir la patrie et d'atteindre une gloire personnelle inaliénable, exemptée des passions tumultueuses. L'homme de lettres trouve dans l'étude et la solitude une tranquillité inaltérable, une égalité d'âme et une résistance aux revers de la vie. M. de Maffip insista également sur l'importance des grands exemples de l'Antiquité pour enflammer l'émulation et rappela l'héritage des grands hommes ayant formé l'Académie, ainsi que l'obligation de conserver et transmettre ce précieux dépôt de gloire. Par la suite, M. le Beau de Schoffne lut un poème en deux chants sur l'harmonie. M. Meynier présenta un mémoire sur l'hospitalité ancienne, explorant les différentes formes pratiquées par les Patriarches, les Hébreux et les Grecs. Il souligna l'ancienneté et la sacralité de cette vertu, distinguant trois types d'hospitalité : celle envers les étrangers, celle entre personnes ayant déjà logé ensemble, et celle contractée par échange de présents. Il mentionna également le droit du suppliant, où un homme en détresse trouvait refuge et protection. M. Meynier conclut en attribuant la perte de cette vertu à l'esprit de commerce, qui privilégie la justice exacte au détriment des vertus morales. Il nota que les Grecs et les Romains avaient restreint l'hospitalité à mesure que leur empire s'étendait, et que la charité chrétienne avait suppléé aux besoins des pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10472
p. 355-371
Le Glorieux, Comédie. Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens François ont donné avec grand succès, 22 Représentations [...]
Mots clefs :
Glorieux, Représentations, Comédie, Parterre, Scènes, Auteur, Lisimon, Pasquin, Mariage, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Glorieux, Comédie. Extrait, [titre d'après la table]
Les Comédiens François ont donné
avecgrand succès , 22 Représentations du
Glorieux , Comédie en cinq Actes , en
Vers , de M. Destouches , depuis le 18 du
mois dernier , jusqu'à la fin de celui ci.
Jamais le Parterre n'a paru plus équitable; les beautez dont cette Comédie est
remplie , forcerent l'envie au silence ,
ou plutôt aux applaudissemens. Les deffauts que la critique la plus sévere a
cru y remarquer, sont balancez par de si
grands coups de Maître , qu'ils n'y sont
que comme des ombres au Tableau ; on
en jugera par cet Extrait.
Dans les premieres Scenes , l'Auteur
ne s'attache qu'à nous instruire de ce qui
est nécessaire pour l'intelligence. Lapremiere est entre une Suivante et un Valet.
Celle là sous le nom de Lisette , appartient à Isabelle , fille d'un riche Bourgeois,
et
356 MERCURE DE FRANCE.
et celui- ci , sous le nom de Pasquin , sert
le Comte de Tufiere , sur qui roule le caractere dominant de la Piece ; c'est- à-dire,
du Glorieux . Le panchant que Lisette a remarqué dans le cœur de sa Maîtresse, ou
plutôt son amie , en faveur du Comte de
Tufiere , l'authorise à sçavoir , s'il est digne de son amour et de son Hymen. Pasquin ne lui en fait pas un portrait trop
avantageux et ne dissimule point son vice
prédominant , qui est la vaine gloire.
L'Auteur a pris soin de couper cette
exposition , par une action qui met dans
un nouveau jour , ce que Pasquin ne fait
que réciter. Un Domestique du Glorieux,
appellé Lafleur , vient demander son
congé à Pasquin , comme Factoton de son
Maître ; cette demande est fondée sur
la deffense qu'on lui fait de parler, dans
laquelle il trouve un mépris , dont il ne
sçauroit s'accommoder ; il ajoûte qu'il aimeroit mieux une parole qu'une pistole
de la part d'un Maître. Cette Scene est
suivie d'une autre qui caracterise la prétendue soubrette. Lisimon , Pere de sa
Maîtresse , l'aime ; il lui fait des propo
sitions avantageuses , qui ne servent qu'à
faire connoître la vertu de celle qui les
rejette. Comme Lisimon la presse un peu
trop vivement , son Fils vient arrêter ses
trans
FEVRIER. 1732. 357
transports amoureux , sous un prétexte
de tendresse filiale , comme s'il prenoit
son amour pour une fiévre qui vient de
lui enflammer le sang ; le Pere amoureux
se retire tres mécontent de son Fils. A
peine est-il sorti , que ce Fils , Rival de
son Pere , parle d'amour à la fausse soubrette , elle lui déclare d'un ton ferme
qu'elle ne veut donner son cœur que par- devant Notaire.
>
Un vieillard , qui s'appelle Lycandre,
vient interrompre cette conversation ; le
jeune Amant se retire ; cette derniere Scene reveille l'attention des Spectateurs ; le
vieillard qui vient d'atriyer et que Lisette
connoît et honore , après avoir sondé son
cœur , lui déclare qu'elle est sortie d'un
Sang à pouvoir prétendre et même faire
honneur à la famille de Lisimon , par son
alliance ; il lui promet de lui en apprendre davantage incessamment; il s'informe
du caractere du Comte de Tufiere , et apprend avec un regret mortel , qu'il s'est
entierement livré à la vaine gloire.
Au second Acte , Lisette n'ose croire
ce que Lycandre vient de lui reveler , et
prend pour un beau songe l'illustre origine dont on l'a fait sortir ; elle ne peut
cependant en faire un mystere à son cher
Amant. C'est Valere,fils de Lisimon.ValeIC
358 MERCURE DE FRANCE
re est beaucoup plus crédule que sa Maî
tresse ; elle lui ordonne le secret , mais il
a beau le lui promettre,à peine apperçoitil sa sœur Isabelle , qu'il court à elle pour
le lui apprendre. Lisette lui impose silence ; il n'obéit qu'avec peine , et dità sa
sœur de ne traiter désormais Lisette qu'avec respect.
Isabelle ne sçait que comprendre du
respect que son Frere exige d'elle pour
une Suivante, cela lui fait soupçonner que
son Frere veut l'épouser en secret ; Lisette
ne lui revele rien , Isabelle lui avoue qu'elle
ne haït pas le Comte de Tufiere , malgré
le deffaut de vaine gloire qui devroit le
rendre indigne de lui plaire.
Philinte , amoureux d'Isabelle , vient
lui parler de son amour , mais il est si timide qu'il n'ose exprimer ses sentimens ;
Isabelle et Lisette le raillent tour à tour ,
elles le quittent enfin ; il fait connoître
son caractere de timidité qu'il ne sçauroit
vaincre. Un Laquais le prenant pour le
Comte de Tufiere lui apporte une Lettre
qu'il renvoye à son addresse ; Pasquin ,
Valet du Comte de Tufiete , et singe de
sa vaine gloire , reçoit cette Lettre avec
hauteur.
#
Le Comtede Tufiereparoît pour la premiere fois sur la Scene avec un grand
Cor-
FEVRIER 17320 359
Cortege; Pasquin lui parle de la Lettre
qu'on vient de remettre entre ses mains.
Son Maître lui dit qu'elle vient sans doute du petit Duc , ou de la Princesse, &c.
mais Pasquin lui ayant fait entendre que
c'est un Laquais assez mal vétu qui l'a apportée ; il ordonne , avec dédain , qu'on
Ja lise et qu'on lui en rende compre. Nous
omettons plusieurs particularitez , parce
qu'elles tiennent plutôt au caractere qu'à J'action Théatrale. Le Glorieux se fait lire
enfin la Lettre dont Pasquin lui a parlé ;
elle est pleine d'invectives contre son ridicule orgueil ; il n'en peut reconnoître let
caractere ; celui qui l'a écrite , lui déclare
qu'il aemprunté unemain étrangere, Cette
Lettre produira son effet dans le quatriéme Acte.
Lisimon vient , et par sa franchise et sa
familiarité bourgeoise il découvre la fierté
de son gendre futur ; il rabat de temps
en temps ses airs évaporez , et le force à
s'aller mettre à table en l'embrassant amicalement et en l'entraînant malgré lui.
Le Glorieux ouvre la Scene du troisiéme Acte avec Pasquin , à qui il dit , que
son beaupere futur est enchanté de lui
et qu'il le conduira insensiblement jusqu'au respect qu'il lui doit ; il ajoute que
son mariage avec Isabelle est arrêté.
Isa-
366 MERCURE DE FRANCE
Isabelle vient , suivie de Lisette ; elle
fait entendre au Glorieux , que quoique
son pere ait conclu le mariage , elle veut
connoître un peu mieux l'Epoux qui lui
est destiné ; Lisette veut appuyer ce que
Sa Maîtresse vient de dire ; le Glorieux ne
daigne pas lui répondre et la regarde même avec mépris ; il demande ironiquement à Isabelle , si elle ne s'explique jámais que par interprete.
Valere vient s'informer du mariage
qu'il vient d'apprendre ; le Glorieux lui
répond avec un orgueil qui l'oblige à lui
dire que l'Hymen projetté , n'est pas encore tout-à- fait arrêté , attendu que sa
Mere, bien loin d'y consentir , destine sa
Fille à Philinte ; au nom d'un tel Rival ,
le Glorieux redouble de fierté et de mépris; il prie Valere de dire à cet indigne
concurrent que s'il met le pied chez Isabelle , ils pourroient se voir de près. Valere lui promet de s'acquitter de la commission qu'il lui donne , et se retire.
Isabelle outrée de la hauteur avec laquelle le Comte de Tufiere vient de parler à son Frere, lui fait de vifs reproches
sur ce deffaut dominant ; elle charge Lisette d'achever la leçon , et le quitte.
Lisette remplit dignement la place que
sa Maîtresse lui laisse ; le Comte en est si
étonné
FEVRIER. 1732, 36r
étonné , qu'il n'a pas la force de repliquer un mot. Lisette le quitte,
Philinte , à qui Valere vient d'appren
dre le parfait mépris que le Glorieux a
fait éclater à son sujet , vient respectueu,
sement lui en demander raison ; cette
Scene est des plus originales. Le Glorieux
accepte le défi , ou plutôt la priere que
son humble Riyal lui fait de lui faire
l'honneur de se couper la gorge avec lui.
Ils mettent tous deux l'épée à la main.Lisimon accourt au bruit des Epées. Philinte lui dit que le respect le désarme et remet
son épée dans le fourreau, Lisimon reçoit
tres-mal sa politesse , et lui deffend de revenir chez lui, Philinte se retire après
avoir dit au Glorieux qu'il espere qu'il lu‡
fera l'honneur de lui rendre sa visite , et
qu'il tâchera de le bien recevoir.
Le Comte de Tufiere dit de nouvelles
impertinences à son futur Beaupere et le
quitte.
Lisimon choqué de tant d'orgueil, est
tenté de rompre le matiage ; mais la réfléxion qu'il fait , sur l'avantage que sa
femme tireroit de cette rupture , le confirme dans sa premiere résolution.
Le 4 Acte est sans contredit le plus interessant , le plus varié de la Piece , et qui
en a le plus assuré le succès. Il commence
par
362 MERCURE DE FRANCE par une Scene's
sur laquelle
nous ne nous
arrêterons
pas. La seconde
, ne contient
qu'un sage reproche
que Lisette
fait à Va
lere d'avoir
causé une querelle
entre le
Comte
et Philinte
. Valere voyant
approcher le même vieillard
, qui a interrompu sa premiere
conversation
avec sa chere
Lisette
, se retire , non sans marquer
du
dépit.
Lycandre surpris de retrouver Lisette
en tête à tête avec Valere , lui demande
si elle n'a pas quelque engagement de
cœur avec lui. Lisette rougit à cette demande. Elle avouë enfin non- seulement
que Valere l'aime , mais qu'elle le préfereroit à tout autre Amant si leurs conditions étoient égales. Lycandre lui confirmela promesse qu'il lui a déja faite de
lui apprendre son sort. Il commence par
lui apprendre ce qui a causé le malheur
de son pere; il en prend la source dans
l'orgueil de sa mere , qui par un affront
insigne qu'elle fit à une Dame, obligea les
deux maris à se battre ; il ajoute que son
Pere ayant tué son adversaire en brave
homme , fut calomnieusement accusé de
l'avoir assassiné, ce qui l'obligea à chercher un azyle en Angleterre , il ajoûte
que son pere touche à la fin de ses mal-'
heurs et que son innocence ya triom-
,
ther
}
FEVRIER 1732. 363
pher ; elle demande avec atendrissement,
où est ce cher et malheureux pere ; la reconnoissance est filée avec un art infini ;
Lycandre se découvre enfin pour son Pere;
la fausse Lisette se jette à ses pieds. Il luf
apprend que le Comte de Tufiere est son
Frere,et lui témoigne l'extrême regret qu'il
a d'apprendre qu'il n'a pas moins d'orgueil
que sa mère ; il se promet de le corriger et ordonne à sa Fille de rentrer et sur
tout de garder le silence sur le secret
qu'il vient de lui confier.
Lycandre demande à Pasquin s'il ne
pourroit point parler au Comte de Tufiere. Pasquin le voyant, en si mauvais
équipage , lui dit d'un air méprisant, qu'il
est en affaire et qu'il ne sçauroit le voir.-
Lycandre prend un ton de voix à faire.
rentrer Pasquin en lui même ; il convient
qu'il n'est qu'un sot et que l'exemple d'un
Maître orgueilleux l'a gâté. Lycandre lui
sçait bon gré de ce retour ; il lui dit d'aller dire à son Maître que celui qui le demande est le même qui lui a écrit tantôt
une Lettre. Pasquin lui répond , que le
porteur en a déja été payé , et qu'il ne lui
conseille pas de se montrer à ses yeux ,
après lui avoir écrit des véritez si dures à
digerer: Ne crains rien , lui répond le
Vieillard , tu le verras tres-pacifique er tres-
364 MERCURE DE FRANCE
tres modeste devant moi. Pasquin va
chercher son Maître, en disant qu'il s'en
lave les mains.
Lycandre en attendant son fils forme
quelques esperances d'amandement ; elles.
sont fondées sur le changement qu'il
vienr de remarquer dans son valet.
Le Glorieux vient enflammé de colere,
mais reconnoissant son pere en celui qu'il
vient chercher comme ennemi, il demeu
re interdit , au grand étonnement de Pasquin qui le trouve comme pétrifié ; il fait
sortir Pasquin , quoique Lycandre veuille
qu'il demeure , pour être témoin d'une
Scene si nouvelle à ses yeux.
Le Pere fait de sanglans reproches à son
Fils , qui s'excuse assez mal ; il lui deman
de , d'où vient qu'il fait sortir son Valet.
Voulez-vous , lui répond son Fils , que je
vous expose à quelque mépris. Non , ce
n'est point là ce que vous appréhendez ,
lui dit son pere ;
Vous craignez bien plutôt d'exposer ma misere,
>
Le Glorieux , voyant que son Pere exige de lui , s'il veut obtenir son pardon
qu'il vienne à l'instant le presenter dans
l'état où il est à Lisimon et à sa Fille , se
jette à ses pieds pour l'en détourner ; c'est
dans cette situation que son Pere lui dit
les
FEVRIER. 17320 365
les deux beaux Vers , que tout le monde
sçait par cœur , que nous rapporterons
plus bas.
Lisimon survient : il dit au Glorieux
que sa femme consent enfin à l'accepter
pour gendre ; que c'est à lui à faire quelques démarches et à lui rendre ses devoirs ; ce mot de devoir étonne le Glorieux ; son Pere lui fait une sage remontrance sur sa fierté hors de saison. Lisimon-surpris,lui demande qui est ce vieillard qui lui paroît si verd , il lui repond
tout bas , que c'est son Intendant : Lisimon demande au prétendu Intendant à
quoi peuvent monter les revenus duComte , &c. Le vieillard se retire , en disant
tout bas à son Fils, qu'il ne sçauroit mentir ; il dit pourtant à Lisimon qu'il n'a
qu'à conclure le mariage , et que bien- tôt iis seront tous contens.
Lisimon choqué de quelques nouveaux
airs de hauteur que le Glorieux prend en
core avec lui , le quitte en colere, en lui
disant de garder sa grandeur. Le Glorieux se détermine à faire tout ce qu'on
exige de lui , en disant , que sa mauvaise
fortune le réduit à fléchir devant l'Idole.
Valere se reproche devant Lisette , au
ve Acte , l'infidelité qu'elle l'a contraint
de faire à son ami Philinte , en parlant à
H sa
366 MERCURE DE FRANCE,
sa mere, en faveur du Comte de Tufiere,
Isabelle paroît encore incertaine sur le
consentement qu'on lui demande pour
'Hymen arrêté. Lisimon vient annoncer
que sa femme , devenue enfin plus traitable , a promis de signer le Contrat , il se
met en colere contre sa fille qui paroît
encore balancer.
Le Notaire vient , on dresse le Contrat , les noms et qualitez que le Comte de Tufiere se donne , achevent de remplir son caractere.
Lycandre , ou le Marquis de Tufiere ,
arrivé augrand regret de son Fils qui vouloit achever l'Hymen sans lui ; sa presence le rend confus , son pere s'en offense ;
et pour achever de le confondre , il le
menace de sa malediction , s'il ne tombe
à ses genoux; son Fils se jette à ses pieds,
il implore sa clemence, et abjure pour jamais son orgueil . Son Pere le voyant corrigé , lui apprend que le Roy vient de le
remettre dans la jouissance de tous ses
biens, après avoir connu son innocence et
puni l'imposture de ses accusateurs, La
Picce finit par un double Hymen ; Lisette
devient constante ; elle est reconnuë pour
Demoiselle. Le Comte de Tufiere proteste
Isabelle qu'il fera desormais toute sa
gloire de l'aimer et de meriter son cœur
ep sa main.
Mais
FEVRIER. 1732. 367
Mais pourmettre le Lecteur plus en état
de juger du mérite et de la Versification
de cette Piece , donnons quelques mor
ceaux qui en fassent connoître les divers
caracteres et l'é égance du stile dont elle
est écrite. Voici le Portrait que Pasquin
fait de son Maître , dans la 4 Scene du
premier Acte.
Sa politique
Est d'être toujours grave avec un domestique;
S'il lui disoit un mot , il croiroit s'abbaisser ,
Et qu'un Valet lui parle , il se fera chasser.
Enfin pour ébaucher en deux mots sa peinture ;
C'est l'homme le plus vain qu'ait produit la na- ture ,
Pour ses inférieurs , plein d'un mépris cho-
< quant ,
Avec ses égaux même , il prend l'air important
Si fier de ses ayeux , si fier de sa noblesse ,
Qu'il croit être icy-bas le seul de son espece.
Persuadé d'ailleurs de son habileté ,
Et décidant sur tout avec autorité ;
Se croyant en tout genre , un mérite suprême ,
Dédaignant tout le monde , et s'admirant lui- même;
En un mot , des mortels le plus impérieux ,
Et le plus suffisant et le plus glorieux.
Hij Zr
368 MERCURE DE FRANCE
LYSETT E.
Ab! que nous allons rire.
PASQUIN
LYSETTE.
Et de quoi donc
Son fasté ,
Ja fierté , ses hauteurs font un parfait contraste
Avec les qualitez de son humble rival ,
Qui n'oseroit parler de peur de parler mal ;
Qui par timidité , rougit comme une fille
Et qui, quoique fort riche et de noblefamille ,
Toujours rampant , craintif, et toujours con- certé ,
Prodigue les excès de sa civilité ,
Pour les moindres Valets , rempli de déférences
Et ne parlant jamais que par ses révérences.
Lycandre ferme le premier Acte, en di
sant à Lisette.
Jusqu'au revoir. Songez qu'une naissance illustre ,
Des sentimens du cœur reçoit son plus beau lus tre.
Pour les faire éclater , il est de sûrs moyens;
Et si le sort cruel vous a ravi vos biens ,
D'un plus rare trésor , enviant le partage ,
Soyez riche en vertus , c'est- là votre appad
page,
FEVRIER. 1732. 369
A la quatrième Scene du troisiéme Acte , Isabelle fait adroitement le portrait
du Comte à lui même , et n'oublie rien.
en même-temps pour lui persuader que la
modestie est toujours la marque du vrai
mérite.
LE COMT E.
De grace , à quel propos cette distinction ?
ISABELLE.
Je vous laisse le soin de l'application ,
Et de la modestie embrassant la défence ,
Je soutiens que par elle on voit la différence
Du mérite apparent , au mérite parfait ;
L'un veut toujours briller , l'autre brille en effet ,
Sans jamais y prétendre , et sans même le croire ;
L'un est superbe et vain , l'autre n'a point de
gloire ;
Le faux aime le bruit , le vrai craint d'éclater
L'un aspire aux egards , l'autre à les mériter ,
Je dirai plus. Les gens nez d'un sang respectable
Doivent se distinguer par un esprit affable ,
Liant , doux , complaisant , au lieu que la fierté ,
Est l'ordinaire effet d'un éclat emprunté.
La hauteur est par tout odieuse , importune ,
Avec la politesse , un homme de fortune.
Est mille fois plus grand , qu'un Grand toujours
gourmé,
Hiij D'un
370 MERCURE DE FRANCE
D'un limon précieux , se présumant formě.
Traitant avec dédain , et même avec rudesse
Tout ce qui lui paroît d'une moins noble espece
Croyant que l'on est tout , quand on est de son sang ,
Et croyant qu'on n'est rien , au dessous de son
rang.
Dans la Scene suivante , Lysette dit au
Comte :
Le discours d'Isabelle étoit votre portrait ,
Et son discernement vous a peint trait pour
trait.
Dût la gloire en souffrir , je ne sçaurois me taire.
Je ne vous dirai point , changez de caractére ,
Car ou n'en changé point , je ne le sçais que
trop.
Chassez le naturel , il revient au galop ;
Mais du moins , je vous dis , &c.
Lycandre parlant de Listmon , au quatriéme Acte , Scene 7.
On me l'a peint tout autre , et j'ai peine à vous croire ,
Tout ce discours ne tend qu'à cacher votre
gloire ;
Mais pour moi qui ne suis ni superbe , ni vain
Je prétends me montrer , et j'irai mon chemin .
Le
FEVRIER. 1732 378
Le Comte , l'empêchant de sortir.
Differez quelques jours ; la faveur n'est pas
grande ,
Je me jette à vos pieds , et je vous la demande.
.
LTCANDRE.
J'entends , la Vanité me déclare à genoux
Qu'un Pere infortuné n'est pas digne de vous.
Oui, oui , j'ai tout perdu par l'orgueil de ra
mere ,
Et tu n'as hérité de son caractere. que
Le Comte finit la Piece par ces six Vers.
Non, je n'aspire plus qu'à triompher de moy,
Du respect , de l'amour , je veux suivre la Loy.
Ils m'ont ouvert les yeux ; qu'ils m'aident à in vaincre ,
Il faut se faire aimer , on vient de m'en convaincre :
Et je sens que la gloire et la présomption
N'attirent que la haine et l'indignation
avecgrand succès , 22 Représentations du
Glorieux , Comédie en cinq Actes , en
Vers , de M. Destouches , depuis le 18 du
mois dernier , jusqu'à la fin de celui ci.
Jamais le Parterre n'a paru plus équitable; les beautez dont cette Comédie est
remplie , forcerent l'envie au silence ,
ou plutôt aux applaudissemens. Les deffauts que la critique la plus sévere a
cru y remarquer, sont balancez par de si
grands coups de Maître , qu'ils n'y sont
que comme des ombres au Tableau ; on
en jugera par cet Extrait.
Dans les premieres Scenes , l'Auteur
ne s'attache qu'à nous instruire de ce qui
est nécessaire pour l'intelligence. Lapremiere est entre une Suivante et un Valet.
Celle là sous le nom de Lisette , appartient à Isabelle , fille d'un riche Bourgeois,
et
356 MERCURE DE FRANCE.
et celui- ci , sous le nom de Pasquin , sert
le Comte de Tufiere , sur qui roule le caractere dominant de la Piece ; c'est- à-dire,
du Glorieux . Le panchant que Lisette a remarqué dans le cœur de sa Maîtresse, ou
plutôt son amie , en faveur du Comte de
Tufiere , l'authorise à sçavoir , s'il est digne de son amour et de son Hymen. Pasquin ne lui en fait pas un portrait trop
avantageux et ne dissimule point son vice
prédominant , qui est la vaine gloire.
L'Auteur a pris soin de couper cette
exposition , par une action qui met dans
un nouveau jour , ce que Pasquin ne fait
que réciter. Un Domestique du Glorieux,
appellé Lafleur , vient demander son
congé à Pasquin , comme Factoton de son
Maître ; cette demande est fondée sur
la deffense qu'on lui fait de parler, dans
laquelle il trouve un mépris , dont il ne
sçauroit s'accommoder ; il ajoûte qu'il aimeroit mieux une parole qu'une pistole
de la part d'un Maître. Cette Scene est
suivie d'une autre qui caracterise la prétendue soubrette. Lisimon , Pere de sa
Maîtresse , l'aime ; il lui fait des propo
sitions avantageuses , qui ne servent qu'à
faire connoître la vertu de celle qui les
rejette. Comme Lisimon la presse un peu
trop vivement , son Fils vient arrêter ses
trans
FEVRIER. 1732. 357
transports amoureux , sous un prétexte
de tendresse filiale , comme s'il prenoit
son amour pour une fiévre qui vient de
lui enflammer le sang ; le Pere amoureux
se retire tres mécontent de son Fils. A
peine est-il sorti , que ce Fils , Rival de
son Pere , parle d'amour à la fausse soubrette , elle lui déclare d'un ton ferme
qu'elle ne veut donner son cœur que par- devant Notaire.
>
Un vieillard , qui s'appelle Lycandre,
vient interrompre cette conversation ; le
jeune Amant se retire ; cette derniere Scene reveille l'attention des Spectateurs ; le
vieillard qui vient d'atriyer et que Lisette
connoît et honore , après avoir sondé son
cœur , lui déclare qu'elle est sortie d'un
Sang à pouvoir prétendre et même faire
honneur à la famille de Lisimon , par son
alliance ; il lui promet de lui en apprendre davantage incessamment; il s'informe
du caractere du Comte de Tufiere , et apprend avec un regret mortel , qu'il s'est
entierement livré à la vaine gloire.
Au second Acte , Lisette n'ose croire
ce que Lycandre vient de lui reveler , et
prend pour un beau songe l'illustre origine dont on l'a fait sortir ; elle ne peut
cependant en faire un mystere à son cher
Amant. C'est Valere,fils de Lisimon.ValeIC
358 MERCURE DE FRANCE
re est beaucoup plus crédule que sa Maî
tresse ; elle lui ordonne le secret , mais il
a beau le lui promettre,à peine apperçoitil sa sœur Isabelle , qu'il court à elle pour
le lui apprendre. Lisette lui impose silence ; il n'obéit qu'avec peine , et dità sa
sœur de ne traiter désormais Lisette qu'avec respect.
Isabelle ne sçait que comprendre du
respect que son Frere exige d'elle pour
une Suivante, cela lui fait soupçonner que
son Frere veut l'épouser en secret ; Lisette
ne lui revele rien , Isabelle lui avoue qu'elle
ne haït pas le Comte de Tufiere , malgré
le deffaut de vaine gloire qui devroit le
rendre indigne de lui plaire.
Philinte , amoureux d'Isabelle , vient
lui parler de son amour , mais il est si timide qu'il n'ose exprimer ses sentimens ;
Isabelle et Lisette le raillent tour à tour ,
elles le quittent enfin ; il fait connoître
son caractere de timidité qu'il ne sçauroit
vaincre. Un Laquais le prenant pour le
Comte de Tufiere lui apporte une Lettre
qu'il renvoye à son addresse ; Pasquin ,
Valet du Comte de Tufiete , et singe de
sa vaine gloire , reçoit cette Lettre avec
hauteur.
#
Le Comtede Tufiereparoît pour la premiere fois sur la Scene avec un grand
Cor-
FEVRIER 17320 359
Cortege; Pasquin lui parle de la Lettre
qu'on vient de remettre entre ses mains.
Son Maître lui dit qu'elle vient sans doute du petit Duc , ou de la Princesse, &c.
mais Pasquin lui ayant fait entendre que
c'est un Laquais assez mal vétu qui l'a apportée ; il ordonne , avec dédain , qu'on
Ja lise et qu'on lui en rende compre. Nous
omettons plusieurs particularitez , parce
qu'elles tiennent plutôt au caractere qu'à J'action Théatrale. Le Glorieux se fait lire
enfin la Lettre dont Pasquin lui a parlé ;
elle est pleine d'invectives contre son ridicule orgueil ; il n'en peut reconnoître let
caractere ; celui qui l'a écrite , lui déclare
qu'il aemprunté unemain étrangere, Cette
Lettre produira son effet dans le quatriéme Acte.
Lisimon vient , et par sa franchise et sa
familiarité bourgeoise il découvre la fierté
de son gendre futur ; il rabat de temps
en temps ses airs évaporez , et le force à
s'aller mettre à table en l'embrassant amicalement et en l'entraînant malgré lui.
Le Glorieux ouvre la Scene du troisiéme Acte avec Pasquin , à qui il dit , que
son beaupere futur est enchanté de lui
et qu'il le conduira insensiblement jusqu'au respect qu'il lui doit ; il ajoute que
son mariage avec Isabelle est arrêté.
Isa-
366 MERCURE DE FRANCE
Isabelle vient , suivie de Lisette ; elle
fait entendre au Glorieux , que quoique
son pere ait conclu le mariage , elle veut
connoître un peu mieux l'Epoux qui lui
est destiné ; Lisette veut appuyer ce que
Sa Maîtresse vient de dire ; le Glorieux ne
daigne pas lui répondre et la regarde même avec mépris ; il demande ironiquement à Isabelle , si elle ne s'explique jámais que par interprete.
Valere vient s'informer du mariage
qu'il vient d'apprendre ; le Glorieux lui
répond avec un orgueil qui l'oblige à lui
dire que l'Hymen projetté , n'est pas encore tout-à- fait arrêté , attendu que sa
Mere, bien loin d'y consentir , destine sa
Fille à Philinte ; au nom d'un tel Rival ,
le Glorieux redouble de fierté et de mépris; il prie Valere de dire à cet indigne
concurrent que s'il met le pied chez Isabelle , ils pourroient se voir de près. Valere lui promet de s'acquitter de la commission qu'il lui donne , et se retire.
Isabelle outrée de la hauteur avec laquelle le Comte de Tufiere vient de parler à son Frere, lui fait de vifs reproches
sur ce deffaut dominant ; elle charge Lisette d'achever la leçon , et le quitte.
Lisette remplit dignement la place que
sa Maîtresse lui laisse ; le Comte en est si
étonné
FEVRIER. 1732, 36r
étonné , qu'il n'a pas la force de repliquer un mot. Lisette le quitte,
Philinte , à qui Valere vient d'appren
dre le parfait mépris que le Glorieux a
fait éclater à son sujet , vient respectueu,
sement lui en demander raison ; cette
Scene est des plus originales. Le Glorieux
accepte le défi , ou plutôt la priere que
son humble Riyal lui fait de lui faire
l'honneur de se couper la gorge avec lui.
Ils mettent tous deux l'épée à la main.Lisimon accourt au bruit des Epées. Philinte lui dit que le respect le désarme et remet
son épée dans le fourreau, Lisimon reçoit
tres-mal sa politesse , et lui deffend de revenir chez lui, Philinte se retire après
avoir dit au Glorieux qu'il espere qu'il lu‡
fera l'honneur de lui rendre sa visite , et
qu'il tâchera de le bien recevoir.
Le Comte de Tufiere dit de nouvelles
impertinences à son futur Beaupere et le
quitte.
Lisimon choqué de tant d'orgueil, est
tenté de rompre le matiage ; mais la réfléxion qu'il fait , sur l'avantage que sa
femme tireroit de cette rupture , le confirme dans sa premiere résolution.
Le 4 Acte est sans contredit le plus interessant , le plus varié de la Piece , et qui
en a le plus assuré le succès. Il commence
par
362 MERCURE DE FRANCE par une Scene's
sur laquelle
nous ne nous
arrêterons
pas. La seconde
, ne contient
qu'un sage reproche
que Lisette
fait à Va
lere d'avoir
causé une querelle
entre le
Comte
et Philinte
. Valere voyant
approcher le même vieillard
, qui a interrompu sa premiere
conversation
avec sa chere
Lisette
, se retire , non sans marquer
du
dépit.
Lycandre surpris de retrouver Lisette
en tête à tête avec Valere , lui demande
si elle n'a pas quelque engagement de
cœur avec lui. Lisette rougit à cette demande. Elle avouë enfin non- seulement
que Valere l'aime , mais qu'elle le préfereroit à tout autre Amant si leurs conditions étoient égales. Lycandre lui confirmela promesse qu'il lui a déja faite de
lui apprendre son sort. Il commence par
lui apprendre ce qui a causé le malheur
de son pere; il en prend la source dans
l'orgueil de sa mere , qui par un affront
insigne qu'elle fit à une Dame, obligea les
deux maris à se battre ; il ajoute que son
Pere ayant tué son adversaire en brave
homme , fut calomnieusement accusé de
l'avoir assassiné, ce qui l'obligea à chercher un azyle en Angleterre , il ajoûte
que son pere touche à la fin de ses mal-'
heurs et que son innocence ya triom-
,
ther
}
FEVRIER 1732. 363
pher ; elle demande avec atendrissement,
où est ce cher et malheureux pere ; la reconnoissance est filée avec un art infini ;
Lycandre se découvre enfin pour son Pere;
la fausse Lisette se jette à ses pieds. Il luf
apprend que le Comte de Tufiere est son
Frere,et lui témoigne l'extrême regret qu'il
a d'apprendre qu'il n'a pas moins d'orgueil
que sa mère ; il se promet de le corriger et ordonne à sa Fille de rentrer et sur
tout de garder le silence sur le secret
qu'il vient de lui confier.
Lycandre demande à Pasquin s'il ne
pourroit point parler au Comte de Tufiere. Pasquin le voyant, en si mauvais
équipage , lui dit d'un air méprisant, qu'il
est en affaire et qu'il ne sçauroit le voir.-
Lycandre prend un ton de voix à faire.
rentrer Pasquin en lui même ; il convient
qu'il n'est qu'un sot et que l'exemple d'un
Maître orgueilleux l'a gâté. Lycandre lui
sçait bon gré de ce retour ; il lui dit d'aller dire à son Maître que celui qui le demande est le même qui lui a écrit tantôt
une Lettre. Pasquin lui répond , que le
porteur en a déja été payé , et qu'il ne lui
conseille pas de se montrer à ses yeux ,
après lui avoir écrit des véritez si dures à
digerer: Ne crains rien , lui répond le
Vieillard , tu le verras tres-pacifique er tres-
364 MERCURE DE FRANCE
tres modeste devant moi. Pasquin va
chercher son Maître, en disant qu'il s'en
lave les mains.
Lycandre en attendant son fils forme
quelques esperances d'amandement ; elles.
sont fondées sur le changement qu'il
vienr de remarquer dans son valet.
Le Glorieux vient enflammé de colere,
mais reconnoissant son pere en celui qu'il
vient chercher comme ennemi, il demeu
re interdit , au grand étonnement de Pasquin qui le trouve comme pétrifié ; il fait
sortir Pasquin , quoique Lycandre veuille
qu'il demeure , pour être témoin d'une
Scene si nouvelle à ses yeux.
Le Pere fait de sanglans reproches à son
Fils , qui s'excuse assez mal ; il lui deman
de , d'où vient qu'il fait sortir son Valet.
Voulez-vous , lui répond son Fils , que je
vous expose à quelque mépris. Non , ce
n'est point là ce que vous appréhendez ,
lui dit son pere ;
Vous craignez bien plutôt d'exposer ma misere,
>
Le Glorieux , voyant que son Pere exige de lui , s'il veut obtenir son pardon
qu'il vienne à l'instant le presenter dans
l'état où il est à Lisimon et à sa Fille , se
jette à ses pieds pour l'en détourner ; c'est
dans cette situation que son Pere lui dit
les
FEVRIER. 17320 365
les deux beaux Vers , que tout le monde
sçait par cœur , que nous rapporterons
plus bas.
Lisimon survient : il dit au Glorieux
que sa femme consent enfin à l'accepter
pour gendre ; que c'est à lui à faire quelques démarches et à lui rendre ses devoirs ; ce mot de devoir étonne le Glorieux ; son Pere lui fait une sage remontrance sur sa fierté hors de saison. Lisimon-surpris,lui demande qui est ce vieillard qui lui paroît si verd , il lui repond
tout bas , que c'est son Intendant : Lisimon demande au prétendu Intendant à
quoi peuvent monter les revenus duComte , &c. Le vieillard se retire , en disant
tout bas à son Fils, qu'il ne sçauroit mentir ; il dit pourtant à Lisimon qu'il n'a
qu'à conclure le mariage , et que bien- tôt iis seront tous contens.
Lisimon choqué de quelques nouveaux
airs de hauteur que le Glorieux prend en
core avec lui , le quitte en colere, en lui
disant de garder sa grandeur. Le Glorieux se détermine à faire tout ce qu'on
exige de lui , en disant , que sa mauvaise
fortune le réduit à fléchir devant l'Idole.
Valere se reproche devant Lisette , au
ve Acte , l'infidelité qu'elle l'a contraint
de faire à son ami Philinte , en parlant à
H sa
366 MERCURE DE FRANCE,
sa mere, en faveur du Comte de Tufiere,
Isabelle paroît encore incertaine sur le
consentement qu'on lui demande pour
'Hymen arrêté. Lisimon vient annoncer
que sa femme , devenue enfin plus traitable , a promis de signer le Contrat , il se
met en colere contre sa fille qui paroît
encore balancer.
Le Notaire vient , on dresse le Contrat , les noms et qualitez que le Comte de Tufiere se donne , achevent de remplir son caractere.
Lycandre , ou le Marquis de Tufiere ,
arrivé augrand regret de son Fils qui vouloit achever l'Hymen sans lui ; sa presence le rend confus , son pere s'en offense ;
et pour achever de le confondre , il le
menace de sa malediction , s'il ne tombe
à ses genoux; son Fils se jette à ses pieds,
il implore sa clemence, et abjure pour jamais son orgueil . Son Pere le voyant corrigé , lui apprend que le Roy vient de le
remettre dans la jouissance de tous ses
biens, après avoir connu son innocence et
puni l'imposture de ses accusateurs, La
Picce finit par un double Hymen ; Lisette
devient constante ; elle est reconnuë pour
Demoiselle. Le Comte de Tufiere proteste
Isabelle qu'il fera desormais toute sa
gloire de l'aimer et de meriter son cœur
ep sa main.
Mais
FEVRIER. 1732. 367
Mais pourmettre le Lecteur plus en état
de juger du mérite et de la Versification
de cette Piece , donnons quelques mor
ceaux qui en fassent connoître les divers
caracteres et l'é égance du stile dont elle
est écrite. Voici le Portrait que Pasquin
fait de son Maître , dans la 4 Scene du
premier Acte.
Sa politique
Est d'être toujours grave avec un domestique;
S'il lui disoit un mot , il croiroit s'abbaisser ,
Et qu'un Valet lui parle , il se fera chasser.
Enfin pour ébaucher en deux mots sa peinture ;
C'est l'homme le plus vain qu'ait produit la na- ture ,
Pour ses inférieurs , plein d'un mépris cho-
< quant ,
Avec ses égaux même , il prend l'air important
Si fier de ses ayeux , si fier de sa noblesse ,
Qu'il croit être icy-bas le seul de son espece.
Persuadé d'ailleurs de son habileté ,
Et décidant sur tout avec autorité ;
Se croyant en tout genre , un mérite suprême ,
Dédaignant tout le monde , et s'admirant lui- même;
En un mot , des mortels le plus impérieux ,
Et le plus suffisant et le plus glorieux.
Hij Zr
368 MERCURE DE FRANCE
LYSETT E.
Ab! que nous allons rire.
PASQUIN
LYSETTE.
Et de quoi donc
Son fasté ,
Ja fierté , ses hauteurs font un parfait contraste
Avec les qualitez de son humble rival ,
Qui n'oseroit parler de peur de parler mal ;
Qui par timidité , rougit comme une fille
Et qui, quoique fort riche et de noblefamille ,
Toujours rampant , craintif, et toujours con- certé ,
Prodigue les excès de sa civilité ,
Pour les moindres Valets , rempli de déférences
Et ne parlant jamais que par ses révérences.
Lycandre ferme le premier Acte, en di
sant à Lisette.
Jusqu'au revoir. Songez qu'une naissance illustre ,
Des sentimens du cœur reçoit son plus beau lus tre.
Pour les faire éclater , il est de sûrs moyens;
Et si le sort cruel vous a ravi vos biens ,
D'un plus rare trésor , enviant le partage ,
Soyez riche en vertus , c'est- là votre appad
page,
FEVRIER. 1732. 369
A la quatrième Scene du troisiéme Acte , Isabelle fait adroitement le portrait
du Comte à lui même , et n'oublie rien.
en même-temps pour lui persuader que la
modestie est toujours la marque du vrai
mérite.
LE COMT E.
De grace , à quel propos cette distinction ?
ISABELLE.
Je vous laisse le soin de l'application ,
Et de la modestie embrassant la défence ,
Je soutiens que par elle on voit la différence
Du mérite apparent , au mérite parfait ;
L'un veut toujours briller , l'autre brille en effet ,
Sans jamais y prétendre , et sans même le croire ;
L'un est superbe et vain , l'autre n'a point de
gloire ;
Le faux aime le bruit , le vrai craint d'éclater
L'un aspire aux egards , l'autre à les mériter ,
Je dirai plus. Les gens nez d'un sang respectable
Doivent se distinguer par un esprit affable ,
Liant , doux , complaisant , au lieu que la fierté ,
Est l'ordinaire effet d'un éclat emprunté.
La hauteur est par tout odieuse , importune ,
Avec la politesse , un homme de fortune.
Est mille fois plus grand , qu'un Grand toujours
gourmé,
Hiij D'un
370 MERCURE DE FRANCE
D'un limon précieux , se présumant formě.
Traitant avec dédain , et même avec rudesse
Tout ce qui lui paroît d'une moins noble espece
Croyant que l'on est tout , quand on est de son sang ,
Et croyant qu'on n'est rien , au dessous de son
rang.
Dans la Scene suivante , Lysette dit au
Comte :
Le discours d'Isabelle étoit votre portrait ,
Et son discernement vous a peint trait pour
trait.
Dût la gloire en souffrir , je ne sçaurois me taire.
Je ne vous dirai point , changez de caractére ,
Car ou n'en changé point , je ne le sçais que
trop.
Chassez le naturel , il revient au galop ;
Mais du moins , je vous dis , &c.
Lycandre parlant de Listmon , au quatriéme Acte , Scene 7.
On me l'a peint tout autre , et j'ai peine à vous croire ,
Tout ce discours ne tend qu'à cacher votre
gloire ;
Mais pour moi qui ne suis ni superbe , ni vain
Je prétends me montrer , et j'irai mon chemin .
Le
FEVRIER. 1732 378
Le Comte , l'empêchant de sortir.
Differez quelques jours ; la faveur n'est pas
grande ,
Je me jette à vos pieds , et je vous la demande.
.
LTCANDRE.
J'entends , la Vanité me déclare à genoux
Qu'un Pere infortuné n'est pas digne de vous.
Oui, oui , j'ai tout perdu par l'orgueil de ra
mere ,
Et tu n'as hérité de son caractere. que
Le Comte finit la Piece par ces six Vers.
Non, je n'aspire plus qu'à triompher de moy,
Du respect , de l'amour , je veux suivre la Loy.
Ils m'ont ouvert les yeux ; qu'ils m'aident à in vaincre ,
Il faut se faire aimer , on vient de m'en convaincre :
Et je sens que la gloire et la présomption
N'attirent que la haine et l'indignation
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Résumé : Le Glorieux, Comédie. Extrait, [titre d'après la table]
La pièce 'Le Glorieux', une comédie en cinq actes en vers de M. Destouches, a été représentée avec succès par les Comédiens Français du 18 du mois précédent jusqu'à la fin de celui-ci. Malgré quelques défauts mineurs, la pièce a été bien accueillie par le public grâce à des moments de grande qualité. L'intrigue commence avec une conversation entre Lisette, la suivante d'Isabelle, et Pasquin, le valet du Comte de Tufière. Lisette souhaite savoir si le Comte est digne de l'amour d'Isabelle. Pasquin décrit le Comte comme un homme dominé par la vaine gloire. Cette scène est interrompue par Lafleur, un domestique du Comte, qui demande son congé à Pasquin en raison du mépris qu'il ressent. Lisimon, le père d'Isabelle, tente de séduire Lisette, mais est interrompu par son fils Valère, qui révèle son propre amour pour Lisette. Lycandre, un vieillard, interrompt cette conversation et révèle à Lisette qu'elle est de noble origine. Il exprime son regret face à l'orgueil du Comte de Tufière. Au deuxième acte, Lisette partage cette révélation avec Valère, qui en informe Isabelle. Philinte, amoureux d'Isabelle, lui déclare timidement son amour. Le Comte de Tufière apparaît enfin, entouré de son cortège, et reçoit une lettre pleine d'invectives contre son orgueil. Lisimon, par sa franchise, contrarie la fierté du Comte. Le troisième acte montre le Comte discutant de son mariage avec Isabelle, qui souhaite mieux le connaître. Valère et Philinte se disputent à cause du Comte, et Lisimon est tenté de rompre le mariage. Le quatrième acte est le plus intéressant et varié. Lycandre révèle à Lisette qu'elle est sa fille et que son père, exilé en Angleterre, est innocent d'un crime. Le Comte, confronté par son père, reconnaît ses erreurs et accepte de changer. Lisimon, choqué par l'orgueil du Comte, finit par accepter le mariage après une remontrance de Lycandre. La pièce se termine par la rédemption du Comte, qui accepte de se soumettre aux exigences de sa future famille pour obtenir leur pardon. Le Comte de Tufière promet à Isabelle de l'aimer et de mériter son cœur. Deux mariages sont célébrés : celui d'Isabelle et du Comte, et celui de Lysette avec Valère, reconnue comme demoiselle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10473
p. 184
ENIGME Par le même.
Début :
Vous qui comptez en vain sur une longue vie, [...]
Mots clefs :
Bouteille de savon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME Par le même.
ENIGME
Par le même .
Ous qui comptez en vain fur une longue vie ,
Détournez vos regards fur moy pour un moment ;
Vous pourrez découvrir une image accomplie
D'un eftre qui paroit , & fuit en un inftant.
Devinez qui je fuis ; une goute d'eau pure
Me donne la naissance , & mefert d'aliment.
Rien n'est plus beau que moy dans toute la nature ,
Et je reçoisfans ceffe un nouvel agrément :
Je fuis ou rouge, ou bleüe , ou noire ,& toujours ronde;
Je prends mille couleurs , je ne vis que d'air:
Je change à tous momens : ma figure eft le monde :
Dès qu'on m'agite trop, je fuis comme un éclair.
Je deviens ce qu'on veut : je fuis große , ou petite.
Qu'on me touche , auſſi- tôt j'échappe aux curieux s
Mais je laiffe toujours des marques de ma fuite ,
Et des que je finis , j'en avertis les yeux.
Je meurs pre que en naißant : je nefais que paroître;
Je ne fuis déja pluss voilà quel eft mon fort.
Et comme un peu de vent est l'auteur de mon eftre,
De mêmeunpeu de vent eft l'auteur de ma mort,
Par le même .
Ous qui comptez en vain fur une longue vie ,
Détournez vos regards fur moy pour un moment ;
Vous pourrez découvrir une image accomplie
D'un eftre qui paroit , & fuit en un inftant.
Devinez qui je fuis ; une goute d'eau pure
Me donne la naissance , & mefert d'aliment.
Rien n'est plus beau que moy dans toute la nature ,
Et je reçoisfans ceffe un nouvel agrément :
Je fuis ou rouge, ou bleüe , ou noire ,& toujours ronde;
Je prends mille couleurs , je ne vis que d'air:
Je change à tous momens : ma figure eft le monde :
Dès qu'on m'agite trop, je fuis comme un éclair.
Je deviens ce qu'on veut : je fuis große , ou petite.
Qu'on me touche , auſſi- tôt j'échappe aux curieux s
Mais je laiffe toujours des marques de ma fuite ,
Et des que je finis , j'en avertis les yeux.
Je meurs pre que en naißant : je nefais que paroître;
Je ne fuis déja pluss voilà quel eft mon fort.
Et comme un peu de vent est l'auteur de mon eftre,
De mêmeunpeu de vent eft l'auteur de ma mort,
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10474
p. 386
« Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May. [...] »
Début :
Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May. [...]
Mots clefs :
Débiter, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May. [...] »
Le Mercure d'Avril se devitera le 6.de May.
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10475
p. 2258-2259
RUSSIE.
Début :
Le Canal de Ladoga, auquel on a fait cette année des réparations considérables, est présentement [...]
Mots clefs :
Russie, Canal de Ladoga, Réparations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Canal de Ladoga , auquel on a fait cette
année des réparations considérables , est présentement dans sa perfection ; ila 104, verstes
de long , 70. pieds de large , et ro. à 12. pieds
de profondeur. La Czarine qui l'a visité deux
fois cette année , a donné des ordres pour yfaire
placer deux piramides ; l'une dans l'endroit où ceCanal entre dans le Lac qui lui donne son nom
et l'autre près de Schlusselbourg , où il se décharge dans la Riviere de Neva.
E Canal de Ladoga , auquel on a fait cette
année des réparations considérables , est présentement dans sa perfection ; ila 104, verstes
de long , 70. pieds de large , et ro. à 12. pieds
de profondeur. La Czarine qui l'a visité deux
fois cette année , a donné des ordres pour yfaire
placer deux piramides ; l'une dans l'endroit où ceCanal entre dans le Lac qui lui donne son nom
et l'autre près de Schlusselbourg , où il se décharge dans la Riviere de Neva.
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10476
p. 364-365
« Les mêmes Comédiens ont remis au Théatre sur la fin du Carnaval, la Comédie du Malade [...] »
Début :
Les mêmes Comédiens ont remis au Théatre sur la fin du Carnaval, la Comédie du Malade [...]
Mots clefs :
Comédiens, Rôle, Théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les mêmes Comédiens ont remis au Théatre sur la fin du Carnaval, la Comédie du Malade [...] »
Les mêmes Comédiens ont remis au Théatre
sur la fin du Carnaval , la Comédie du Malade
Imaginaire de Moliere ; cette Piece n'avoit point
eté représentée depuis la mort du sieur de la
Thorilliere , qui y jouoit excellemment le principal
Rôle. Ce Rôle est aujourd'hui rempli par
le sieur de Montmesnil, dont le Public paroit fort
Content.
Le 10. Février , les Comédiens Italiens remirent
-
FEVRIER.
1733. 355
rent au Théatre la petite Comédie du Je ne sçai
quoi , dans laquelle le sieur Bornet chanta pour
la premiere fois le Rôle du Maître à chanter, qui
est une Scene parodiée des Fêtes Venitiennes. Ce
nouveau Sujet a de la voix et paroît convenir au
Théatre Italien , ayant été applaudi du Public.
Le 19 Février , les mêmes Comédiens donnerent
une petite Piece nouvelle en Vers et en un
Acte , avec un Divertissement , qui a pour titre
l'Hyver ; comme on l'a interrompue à la secon
de Représentation par l'indisposition de plusieurs
Acteurs , on n'en dira pas davantage ici. Tous
les Théatres ont été fermez plusieurs fois à la
même occasion des Rhumes et Fluxions dont
plus de la moitié de Paris est attaqué cette année.
Le Février , le Lieutenant General de Police
3.
fit l'ouverture de la Foire S. Germain avec les
ceremonies accoutumées,
Il n'y a point cette année d'Opera Comique
à cette Foire , ce qui paroît assez extraordinaire
ce Divertissement n'ayant jamais manqué aux
Foires de S. Germain et de S. Laurent depuis
plus de 25 ans.
sur la fin du Carnaval , la Comédie du Malade
Imaginaire de Moliere ; cette Piece n'avoit point
eté représentée depuis la mort du sieur de la
Thorilliere , qui y jouoit excellemment le principal
Rôle. Ce Rôle est aujourd'hui rempli par
le sieur de Montmesnil, dont le Public paroit fort
Content.
Le 10. Février , les Comédiens Italiens remirent
-
FEVRIER.
1733. 355
rent au Théatre la petite Comédie du Je ne sçai
quoi , dans laquelle le sieur Bornet chanta pour
la premiere fois le Rôle du Maître à chanter, qui
est une Scene parodiée des Fêtes Venitiennes. Ce
nouveau Sujet a de la voix et paroît convenir au
Théatre Italien , ayant été applaudi du Public.
Le 19 Février , les mêmes Comédiens donnerent
une petite Piece nouvelle en Vers et en un
Acte , avec un Divertissement , qui a pour titre
l'Hyver ; comme on l'a interrompue à la secon
de Représentation par l'indisposition de plusieurs
Acteurs , on n'en dira pas davantage ici. Tous
les Théatres ont été fermez plusieurs fois à la
même occasion des Rhumes et Fluxions dont
plus de la moitié de Paris est attaqué cette année.
Le Février , le Lieutenant General de Police
3.
fit l'ouverture de la Foire S. Germain avec les
ceremonies accoutumées,
Il n'y a point cette année d'Opera Comique
à cette Foire , ce qui paroît assez extraordinaire
ce Divertissement n'ayant jamais manqué aux
Foires de S. Germain et de S. Laurent depuis
plus de 25 ans.
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Résumé : « Les mêmes Comédiens ont remis au Théatre sur la fin du Carnaval, la Comédie du Malade [...] »
En février 1733, les comédiens français reprirent 'Le Malade Imaginaire' de Molière, avec le sieur de Montmesnil dans le rôle principal, qui fut bien accueilli par le public. Le 10 février, les comédiens italiens présentèrent 'Le Je ne sais quoi', où le sieur Bornet interpréta pour la première fois le rôle du Maître à chanter. Le 19 février, les mêmes comédiens jouèrent 'L'Hiver', une pièce en vers et en un acte, accompagnée d'un divertissement, mais la représentation fut interrompue en raison de l'indisposition de plusieurs acteurs. Les théâtres furent fermés à plusieurs reprises en raison des rhumes et des fluxions qui affectaient la population parisienne. Le lieutenant général de police ouvrit la foire Saint-Germain avec les cérémonies habituelles, mais il n'y eut pas d'opéra comique cette année-là, ce qui était inhabituel puisque ce divertissement n'avait jamais manqué aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent depuis plus de 25 ans.
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10477
p. 1884-1885
Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Début :
S. M. ayant écrit à l'Archevêque de Paris, pour faire rendre à Dieu des actions de graces [...]
Mots clefs :
Roi, Archevêque de Paris, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
S. M. ayant écrit à l'Archevêque de Paris ,
pour faire rendre à Dieu des actions de graces
folemnelles des avantages remportés par
les armées de France & d'Efpagne fur les
troupes du Roi de Sardaigne , on chanta le
12 après-midi dans l'Eglife Métropolitaine
le Te Deum , auquel l'Archevêque de Paris
officia pontificalement. Le Chancelier de
France , accompagné de plufieursConfeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifta
ainfi
AOUST. 1744. 1885
ainfi que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes & le Corps
de Ville , qui y avoient été invités de la
part du Roi par M. Defgranges , Maître des
Cérémonies . Voici la teneur de la Lettre du
Roi & du Mandement de M. l'Archevêque
de Paris , en conféquence defquels on a
chanté le Te Deum.
pour faire rendre à Dieu des actions de graces
folemnelles des avantages remportés par
les armées de France & d'Efpagne fur les
troupes du Roi de Sardaigne , on chanta le
12 après-midi dans l'Eglife Métropolitaine
le Te Deum , auquel l'Archevêque de Paris
officia pontificalement. Le Chancelier de
France , accompagné de plufieursConfeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifta
ainfi
AOUST. 1744. 1885
ainfi que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes & le Corps
de Ville , qui y avoient été invités de la
part du Roi par M. Defgranges , Maître des
Cérémonies . Voici la teneur de la Lettre du
Roi & du Mandement de M. l'Archevêque
de Paris , en conféquence defquels on a
chanté le Te Deum.
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10478
p. 388-389
ENIGME.
Début :
Voicy une Enigme nouvelle. / Quoyque par tout je porte & l'horreur & l'effroy, [...]
Mots clefs :
Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voicy une
Enigme nouvelle .
"
ENIGM E.
Quoyquepar tout je porte & l'horreur
l'effroy,
GALANT 389
L'on nepeutfe pafferde moy.
Je n'ay qu'un ennemy que je crains
fur la terre
;
Qui me fait en tout temps une
cruelle guerre ;
Lequel eft tellement le maistre de
mon fort ,
Que dés que je le fens il me caufe
la mort.
Enigme nouvelle .
"
ENIGM E.
Quoyquepar tout je porte & l'horreur
l'effroy,
GALANT 389
L'on nepeutfe pafferde moy.
Je n'ay qu'un ennemy que je crains
fur la terre
;
Qui me fait en tout temps une
cruelle guerre ;
Lequel eft tellement le maistre de
mon fort ,
Que dés que je le fens il me caufe
la mort.
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10479
p. 144-145
SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux Prix qui seront distribués le premier Jeudi du mois de Février 1765.
Début :
L'ACADÉMIE ayant jugé à propos de réserver le Prix de la Poësie, en 1764, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux Prix qui seront distribués le premier Jeudi du mois de Février 1765.
SUJETS proposés par l'Académie
Royale des Sciences & Beaux-Arts,
établie à Pau, pour deux Prix qui
seront distribués le premier Jeudi du
mois de Février 1765.
L'ACADÉMIE ayant jugé à propos de
réserver le Prix de la Poësie, en 1764,
endonnera deux en 1765 , l'un à un
Ouvrage
MARS. 1764.
145
Ouvrage de Proſe qui aura pour Sajet :
Le moyen le plus propre d'établir un
Commerce utile en Bearn.
L'autre à un Ouvrage de Poëfie dont
le Sujet ſera :
Les Avantages de la Navigation.
Les Ouvrages , ne pourront excéder
une demie heure de lecture , il en fera
fait deux exemplaires , qui feront adref-
fés à M. de Faget de Pomps , Secrétaire
de l'Académie ; on n'en recevra aucun
après le mois de Novembre & s'ils ne
font affranchis des frais du port. Cha-
que Auteur mettra à la fin de fon Ou-
vrage la Sentence qu'il voudra ;
il la
répétera au-deſſus d'un Billet cacheté
dans lequel il écrira ſon nom.
M. Cazalet de Pau , qui n'a pas vingt
ans , eſt l'Auteur de l'Ouvrage qui a
remporté le prix en 1764.
Royale des Sciences & Beaux-Arts,
établie à Pau, pour deux Prix qui
seront distribués le premier Jeudi du
mois de Février 1765.
L'ACADÉMIE ayant jugé à propos de
réserver le Prix de la Poësie, en 1764,
endonnera deux en 1765 , l'un à un
Ouvrage
MARS. 1764.
145
Ouvrage de Proſe qui aura pour Sajet :
Le moyen le plus propre d'établir un
Commerce utile en Bearn.
L'autre à un Ouvrage de Poëfie dont
le Sujet ſera :
Les Avantages de la Navigation.
Les Ouvrages , ne pourront excéder
une demie heure de lecture , il en fera
fait deux exemplaires , qui feront adref-
fés à M. de Faget de Pomps , Secrétaire
de l'Académie ; on n'en recevra aucun
après le mois de Novembre & s'ils ne
font affranchis des frais du port. Cha-
que Auteur mettra à la fin de fon Ou-
vrage la Sentence qu'il voudra ;
il la
répétera au-deſſus d'un Billet cacheté
dans lequel il écrira ſon nom.
M. Cazalet de Pau , qui n'a pas vingt
ans , eſt l'Auteur de l'Ouvrage qui a
remporté le prix en 1764.
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10480
p. 2280-2282
RUSSIE.
Début :
Les Troupes que le Roy de Perse fait marcher vers Tauris, dont il veut faire le Siége, faisant [...]
Mots clefs :
Tsarine, Moscou, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE
Es . Troupes que le Roy de Perfe fait marcher
vers Tauris , dont il veut faire le Siége , faifant
craindre que s'il prend cette Place , il ne fe
détermine à venir affiéger celles que le feu Czar
Pierre I. a conquife vers la Mer Cafpienne ; la
Czarine a pris la réfolution d'augmenter tous les
Regimens d'une Compagnie , & de lever encore
un Corps de 20000 hommes de nouvelles Troupes
, pour remplacer celles qu'on envoye fur les
Frontieres de Perfe , fous le commandement du
General Wicbach , qui partira avec le Baron de
Schaffirof , cy - devant Vice - Chancelier , qu'on a
nommé pour l'accompagner , & pour l'aider de
fes confeils en cas qu'on trouve une occafion favorable
pour renouveller les anciens Traitez .
Un Officier dépêché de Derbent par M.Roman- ·
zoff, Gouverneur General des Pays conquis fur
la Perfe , a rapporté que le Roy de Perfe avoit
raflemblé toutes fes Troupes pour en compofer
OCTOBRE . 1730 . 2231
un Corps d'Armée , avec lequel il puiffe être en
état de livrer le Combat à l'Armée du G.S. ayant
réfolu de rifquer une Bataille , pour être enfuite
paifible poffeffeur du Trône de fes Ancêtres.
On attend à Mofcou un Ambaffadeur du Gr.
Mogol , audevant duquel la Czarine a envoyé
un détachement de 50 Cavaliers , pour l'eſcorter
depuis Tobolskoy jufqu'à Moscou.
On a tranfporté à Mofcou la belle Bibliothe
que du Pr. Dolhoruski ; tous les autres effets
ont été vendus à l'enchere , & les deniers de la
vente remis entre les mains de la Czarine. A l'égard
de la Princeffe Dolhoruski, qui a eu l'honneur
d'être fiancée au feu Czar , on continué de
lui payer regulierement fa penfion annuelle de
12000 Roubles , mais elle n'a pas la liberté de fortir
du Monaftere où elle s'eft retirée.
Il eft arrivé par le Wolga , des matieres d'argent,
de cuivre & d'autres métaux , qui proviennent
des Mines découvertes en Siberie , fous lo
Regne du Czar Pierre I. dont le Gouverneur de
Tobolskoy a la direction generale. La valeur de
ce premier envoi furpaffe de cent pour cent la dépenfe
qu'on a faite depuis près de trois ans, pour
mettre ces Mines en valeur.
Le Prince de Portugal partit de Mofcou pour
retourner en Allemagne le 17 Aouft, après avoir
pris congé de la Czarine , qui lui a fait prefent
d'une Epée d'or , enrichie de diamans , & d'une
Robe à la Moscovite , doublée de Martre Zibeline.
Ce Prince a donné differens Bijoux aux
Gentilshommes de Sa Majefté Czarienne
qui l'ont accompagné pendant fon féjour en
cette Cour. M. Bahr , Chambellan de la Czarine
, & Meff. Freyden & Purchkin , Gentilhommes
de la Chambre de S.M. Czarine ont été
choifis par Elle , pour le conduire à Petersbourg
D
H &
2282 MERCURE DE FRANCE
& à Mittau , avec ordre de le deffrayer jufqu'à
cette derniere Ville , & pour lui faire rendre les
honncurs dûs à un Prince de fon rang.
Es . Troupes que le Roy de Perfe fait marcher
vers Tauris , dont il veut faire le Siége , faifant
craindre que s'il prend cette Place , il ne fe
détermine à venir affiéger celles que le feu Czar
Pierre I. a conquife vers la Mer Cafpienne ; la
Czarine a pris la réfolution d'augmenter tous les
Regimens d'une Compagnie , & de lever encore
un Corps de 20000 hommes de nouvelles Troupes
, pour remplacer celles qu'on envoye fur les
Frontieres de Perfe , fous le commandement du
General Wicbach , qui partira avec le Baron de
Schaffirof , cy - devant Vice - Chancelier , qu'on a
nommé pour l'accompagner , & pour l'aider de
fes confeils en cas qu'on trouve une occafion favorable
pour renouveller les anciens Traitez .
Un Officier dépêché de Derbent par M.Roman- ·
zoff, Gouverneur General des Pays conquis fur
la Perfe , a rapporté que le Roy de Perfe avoit
raflemblé toutes fes Troupes pour en compofer
OCTOBRE . 1730 . 2231
un Corps d'Armée , avec lequel il puiffe être en
état de livrer le Combat à l'Armée du G.S. ayant
réfolu de rifquer une Bataille , pour être enfuite
paifible poffeffeur du Trône de fes Ancêtres.
On attend à Mofcou un Ambaffadeur du Gr.
Mogol , audevant duquel la Czarine a envoyé
un détachement de 50 Cavaliers , pour l'eſcorter
depuis Tobolskoy jufqu'à Moscou.
On a tranfporté à Mofcou la belle Bibliothe
que du Pr. Dolhoruski ; tous les autres effets
ont été vendus à l'enchere , & les deniers de la
vente remis entre les mains de la Czarine. A l'égard
de la Princeffe Dolhoruski, qui a eu l'honneur
d'être fiancée au feu Czar , on continué de
lui payer regulierement fa penfion annuelle de
12000 Roubles , mais elle n'a pas la liberté de fortir
du Monaftere où elle s'eft retirée.
Il eft arrivé par le Wolga , des matieres d'argent,
de cuivre & d'autres métaux , qui proviennent
des Mines découvertes en Siberie , fous lo
Regne du Czar Pierre I. dont le Gouverneur de
Tobolskoy a la direction generale. La valeur de
ce premier envoi furpaffe de cent pour cent la dépenfe
qu'on a faite depuis près de trois ans, pour
mettre ces Mines en valeur.
Le Prince de Portugal partit de Mofcou pour
retourner en Allemagne le 17 Aouft, après avoir
pris congé de la Czarine , qui lui a fait prefent
d'une Epée d'or , enrichie de diamans , & d'une
Robe à la Moscovite , doublée de Martre Zibeline.
Ce Prince a donné differens Bijoux aux
Gentilshommes de Sa Majefté Czarienne
qui l'ont accompagné pendant fon féjour en
cette Cour. M. Bahr , Chambellan de la Czarine
, & Meff. Freyden & Purchkin , Gentilhommes
de la Chambre de S.M. Czarine ont été
choifis par Elle , pour le conduire à Petersbourg
D
H &
2282 MERCURE DE FRANCE
& à Mittau , avec ordre de le deffrayer jufqu'à
cette derniere Ville , & pour lui faire rendre les
honncurs dûs à un Prince de fon rang.
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Résumé : RUSSIE.
En octobre 1730, la Russie se prépare à renforcer ses défenses face à une menace perse. Le roi de Perse mobilise ses troupes vers Tauris, inquiétant la Russie qui craint pour ses places sur la mer Caspienne conquises par le czar Pierre I. En réponse, la czarine augmente chaque régiment d'une compagnie et lève 20 000 nouvelles troupes sous le commandement du général Wicbach et du baron de Schaffirof, envoyées aux frontières perses. Le gouverneur général des pays conquis, M. Romanzoff, signale que le roi de Perse rassemble une armée pour affronter les Russes. À Moscou, on attend l'ambassadeur du Grand Mogol escorté par 50 cavaliers. La bibliothèque du prince Dolhoruski est transportée à Moscou, tandis que ses autres biens sont vendus. La princesse Dolhoruski, fiancée au défunt czar, reçoit une pension annuelle de 12 000 roubles mais vit recluse dans un monastère. Des matières précieuses découvertes en Sibérie sont envoyées à Moscou, leur valeur dépassant les dépenses des trois dernières années. Le prince de Portugal quitte Moscou le 17 août, escorté par M. Bahr, Freyden et Purchkin, après avoir reçu des cadeaux de la czarine.
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10481
p. 2196-2198
PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
Début :
L'ACADÉMIE ayant été obligée de reserver le prix de cette année ; Elle en propose deux [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts, Bordeaux, Marseille, Dissertations , Paquets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
PROGRAME de l'Académie Royale
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
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Résumé : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
En 1732, l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a annoncé deux prix. Le premier récompense l'explication du magnétisme dans les corps, sa cause et ses lois. Le second concerne le mouvement de la sève dans les plantes et ses lois. Les dissertations, en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1731. Les auteurs doivent inclure une sentence en bas de leur dissertation et envoyer cette même sentence avec leur nom et adresse dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarray ou au Sieur Brun. L'Académie de Marseille propose également un prix pour une dissertation sur le thème 'Adversité n'abat que ceux que la Prosperité avait aveuglés' de Sénèque. L'ouvrage, en prose et d'une durée de lecture entre un quart d'heure et une demi-heure, doit être soumis avant le 1er décembre. Les paquets doivent être adressés à M. de Chalamont de la Visclede, secrétaire perpétuel de l'Académie, et doivent être affranchis. Les noms des auteurs doivent rester cachés. Le prix sera attribué le premier mercredi après la Quasimodo.
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10482
p. 166-169
CHIRURGIE. OBSERVATION d'un enfant nouveau né ; par M. COSME D'ANGERVILLE, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris.
Début :
Le 15 avril 1766, on me mande à la salle des accouchées, pour examiner un enfant [...]
Mots clefs :
Enfant, Chirurgie, Tumeur, Coeur, Nouveau né
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE. OBSERVATION d'un enfant nouveau né ; par M. COSME D'ANGERVILLE, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris.
CHIRURGIE.
OBSERVATION d'un enfant nouveau né ;
par M. COSME D'ANGERVILLE , premier
gagnant- maîtrise de l'Hôtel- Dieu
de Paris.
Le 15 avril 1766 , on me manda à la falle
des accouchées , pour examiner un enfant
vivant qui venoit de naître avec une tumeur
à l'ombilic. Cette tumeur étoit d'un volume
confidérable , recouverte en partie par
la peau & par les membranes qui entourent
le cordon ombilical ; mais ce qui a
caufé à mon étonnement , ce fut d'appercevoir
à la partie fupérieure de la tumeur ,
un battement femblable à celui du coeur.
Ayant eu la curiofité de toucher cet en-.
droit , je m'apperçus qu'en ralentiſſant le
mouvement, l'enfant tomboit en fyncope ;
JUIN 1768. 167
je ne doutai pas que ce ne fût le coeur qui
produifoit ce mouvement, & je n'eus garde
de répéter mon expérience. Cet enfant ne
vécut qu'environ une heure & demie ; &
la tumeur me parut fi fingulière que j'ai
crus en devoir faire l'ouverture , qui fut
faite en préfence de Meffieurs Moreau &
Cabany,accompagnés de MM. Dubertrand
& Pean , Maîtres en chirurgie.
J'ai trouvé , par l'examen de cette tumeur
, l'anneau ombilical dilaté au point
d'avoir permis aux inteftins de fe gliffer
entre les membranes du cordon ombilical
qu'ils avoient dilaté de façon à pouvoir
contenir auffi le foye ; ce dernier vifcère
occupoit la même direction qu'il a ordinairement.
A la partie fupérieure du foie ,
il y avoit une dépreffion confidérable dans
laquelle le coeur étoit logé ; il y a toute apparence
que cet enfoncement provenoit en
partie de la compreffion que le coeur y
faifoit forcément , tant par le fardeau exrérieur,
que par fon mouvement de diaf
role. Je trouvai encore une fingularité ,
c'eft que fa pointe , qui naturellement eft
à gauche , fe portoit du côté droit.
D'après ce détail , je crois que l'on peut
caractérifer cette tumeur de hernie ombilicale
; mais je fuis embarraffé d'en affi
gner la caufe, Au premier afpect , il feme
4 914
168 MERCURE DE FRANCE.
bleroit qu'on devroit la regarder comme
un vice de mauvaiſe conformation ; dans
ce cas , c'eſt de ces vices qu'on ne fait
ni prévenir ni prévoir : néanmoins quelques
circonftances qui ont accompagné la
groffeffe m'ont donné fujet de faire quelques
réflexions que je vais expofer.
Cette malheureufe femme vint malade
à l'Hôtel-Dieu , & étant guérie y refta trois
mois comme convalefcente , terme qu'elle
avoit à parcourir avant d'accoucher. On
fait que ces fortes de femmes font obligées
de rendre quelque fervice aux malades de
la falle ; & ce fervice confifte à tranſporter
dix fois le jour des malades d'un lieu dans
un autre. Ce tranfport ne peut fe faire
qu'en appuyant fur le ventre; il doit faire
fur la poitrine de l'enfant , dont on fait
la fituation dans la matrice , une compreffion
qui , étant répetée plufieurs fois comme
je viens de le dire , eft capable de produire
petit à petitle défordre qui s'eft trouvé
dans l'enfant que j'ai fait voir à l'Académie
de chirurgie. Si cela eft ainfi , ce
tranfport des parties n'eft pas un vice de
conformation , mais une maladie contractée
dans le ventre de la mère.
L'obfervation fuivante va , ce me femble,
appuier cette opinion . En 1744, MM.
Moreau & Pean m'ont dit qu'il accoucha à
l'Hôtel-Dieu
JUIN 1768. 769
l'Hôtel -Dieu une fille dont l'enfant , qui
étoit auffi une fille , avoit apporté en naiffant
unetumeur très-confidérable à l'ombilic.Les
parties étoient contenues dans les propres
membranes du cordon ombilical qui s'étoit
dilaté au point qu'elles étoient fi minces
que l'on voyoit le mouvement périftaltique
des inteftins & celui du coeur , &
que l'on diftinguoit parfaitement ces deux
vifcères au travers .
Le coeur avoit fait un enfoncement au
foie , où il étoit logé comme il l'étoit à
l'autre enfant.
La cauſe de ces défordres dans l'enfant
qui fait le fujet de l'obſervation de Meffieurs
Moreau & Pean , n'eft pas la même
que celle qui fait celui de la mienne ;
mais je la crois bien auffi capable de produire
le même effet. La fille qui étoit groffe
de cet enfant , voulant cacher fa groffeffe ,
portoit jour & nuit un corps très - dur
qu'elle garniffoit de bufques de fer.
OBSERVATION d'un enfant nouveau né ;
par M. COSME D'ANGERVILLE , premier
gagnant- maîtrise de l'Hôtel- Dieu
de Paris.
Le 15 avril 1766 , on me manda à la falle
des accouchées , pour examiner un enfant
vivant qui venoit de naître avec une tumeur
à l'ombilic. Cette tumeur étoit d'un volume
confidérable , recouverte en partie par
la peau & par les membranes qui entourent
le cordon ombilical ; mais ce qui a
caufé à mon étonnement , ce fut d'appercevoir
à la partie fupérieure de la tumeur ,
un battement femblable à celui du coeur.
Ayant eu la curiofité de toucher cet en-.
droit , je m'apperçus qu'en ralentiſſant le
mouvement, l'enfant tomboit en fyncope ;
JUIN 1768. 167
je ne doutai pas que ce ne fût le coeur qui
produifoit ce mouvement, & je n'eus garde
de répéter mon expérience. Cet enfant ne
vécut qu'environ une heure & demie ; &
la tumeur me parut fi fingulière que j'ai
crus en devoir faire l'ouverture , qui fut
faite en préfence de Meffieurs Moreau &
Cabany,accompagnés de MM. Dubertrand
& Pean , Maîtres en chirurgie.
J'ai trouvé , par l'examen de cette tumeur
, l'anneau ombilical dilaté au point
d'avoir permis aux inteftins de fe gliffer
entre les membranes du cordon ombilical
qu'ils avoient dilaté de façon à pouvoir
contenir auffi le foye ; ce dernier vifcère
occupoit la même direction qu'il a ordinairement.
A la partie fupérieure du foie ,
il y avoit une dépreffion confidérable dans
laquelle le coeur étoit logé ; il y a toute apparence
que cet enfoncement provenoit en
partie de la compreffion que le coeur y
faifoit forcément , tant par le fardeau exrérieur,
que par fon mouvement de diaf
role. Je trouvai encore une fingularité ,
c'eft que fa pointe , qui naturellement eft
à gauche , fe portoit du côté droit.
D'après ce détail , je crois que l'on peut
caractérifer cette tumeur de hernie ombilicale
; mais je fuis embarraffé d'en affi
gner la caufe, Au premier afpect , il feme
4 914
168 MERCURE DE FRANCE.
bleroit qu'on devroit la regarder comme
un vice de mauvaiſe conformation ; dans
ce cas , c'eſt de ces vices qu'on ne fait
ni prévenir ni prévoir : néanmoins quelques
circonftances qui ont accompagné la
groffeffe m'ont donné fujet de faire quelques
réflexions que je vais expofer.
Cette malheureufe femme vint malade
à l'Hôtel-Dieu , & étant guérie y refta trois
mois comme convalefcente , terme qu'elle
avoit à parcourir avant d'accoucher. On
fait que ces fortes de femmes font obligées
de rendre quelque fervice aux malades de
la falle ; & ce fervice confifte à tranſporter
dix fois le jour des malades d'un lieu dans
un autre. Ce tranfport ne peut fe faire
qu'en appuyant fur le ventre; il doit faire
fur la poitrine de l'enfant , dont on fait
la fituation dans la matrice , une compreffion
qui , étant répetée plufieurs fois comme
je viens de le dire , eft capable de produire
petit à petitle défordre qui s'eft trouvé
dans l'enfant que j'ai fait voir à l'Académie
de chirurgie. Si cela eft ainfi , ce
tranfport des parties n'eft pas un vice de
conformation , mais une maladie contractée
dans le ventre de la mère.
L'obfervation fuivante va , ce me femble,
appuier cette opinion . En 1744, MM.
Moreau & Pean m'ont dit qu'il accoucha à
l'Hôtel-Dieu
JUIN 1768. 769
l'Hôtel -Dieu une fille dont l'enfant , qui
étoit auffi une fille , avoit apporté en naiffant
unetumeur très-confidérable à l'ombilic.Les
parties étoient contenues dans les propres
membranes du cordon ombilical qui s'étoit
dilaté au point qu'elles étoient fi minces
que l'on voyoit le mouvement périftaltique
des inteftins & celui du coeur , &
que l'on diftinguoit parfaitement ces deux
vifcères au travers .
Le coeur avoit fait un enfoncement au
foie , où il étoit logé comme il l'étoit à
l'autre enfant.
La cauſe de ces défordres dans l'enfant
qui fait le fujet de l'obſervation de Meffieurs
Moreau & Pean , n'eft pas la même
que celle qui fait celui de la mienne ;
mais je la crois bien auffi capable de produire
le même effet. La fille qui étoit groffe
de cet enfant , voulant cacher fa groffeffe ,
portoit jour & nuit un corps très - dur
qu'elle garniffoit de bufques de fer.
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Résumé : CHIRURGIE. OBSERVATION d'un enfant nouveau né ; par M. COSME D'ANGERVILLE, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris.
Le 15 avril 1766, Cosme d'Angerville, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris, examina un nouveau-né présentant une tumeur à l'ombilic. Cette tumeur, partiellement recouverte par la peau et les membranes du cordon ombilical, battait de manière similaire au cœur. En appuyant sur cette zone, d'Angerville observa que ralentir le mouvement provoquait une syncope chez l'enfant, qui ne survécut qu'une heure et demie. Lors de l'autopsie, en présence de plusieurs maîtres en chirurgie, d'Angerville découvrit que l'anneau ombilical était dilaté, permettant aux intestins et au foie de se glisser entre les membranes du cordon. Le cœur était logé dans une dépression du foie, avec sa pointe déplacée vers la droite. D'Angerville identifia cette tumeur comme une hernie ombilicale, mais resta incertain quant à sa cause. Il suggéra que des compressions répétées sur le ventre de la mère, dues à des tâches physiques effectuées pendant sa convalescence à l'Hôtel-Dieu, pourraient avoir causé cette malformation. Une observation similaire en 1744, rapportée par les maîtres Moreau et Pean, renforça cette hypothèse. Dans ce cas, la mère portait un corset très dur pour cacher sa grossesse, ce qui aurait également pu provoquer la tumeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10483
p. 168-172
SUPPLEMENT.
Début :
L'Armée Navalle que le Roi d'Espagne a fait assembler à [...]
Mots clefs :
Armée navale, Escadre, Marquis, Barcelone, Ambassadeur d'Espagne, Suède, Flotte anglaise, Duc, Baron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT.
SUPPLEMENT.
'Armée Navalle que le Roï d'Efpagne
a fait aſſembler à Barcelonne,
eſt diviſée en deux Eſcadres; la
plus forte deſquelles eſt commandée
par M le Marquis de Mary noble
Génois , l'autre moins confiderable &
qui ſert comme d'arriere - garde , eſt
commandée par le Chef d'Eſcadre
Dom Balthazar de Guevara , qui eft
encore d'une naiſſance très diſtinguée .
• La premiere de ces deux Eſcadres
mit à la voile à Barcelonne, le 24 de
Juillet , mais , le calme & les vents contraires
de Levant, qui ont regné longtems
dans la Méditeranée, l'ayant obligée
d'entrer par deux fois dans la rade
d'Alcudia au Royaume de Mayorque
; elle y eſtoit encore le huit
de ce meis en attendant à tout moment,
lepremier
D'AOUST. 169
le premier fouffle de vent favorable,
pour remettre à la voile & continuer
fa navigation qu'on préſume eſtre deftinée
au recouvrement de l'Iſle de Sardaigne.
On affûre que M. le Prince de Chellamare
Ambaffideur d'Eſpagne, a parlé
fortement à Mgr le Regent & au
Conſeil de Régence , pour les informer
de la justice des Armes du Roy fon
Maître , & de la neceſſité abfolue dans
laquelle Sa Majesté Catholique s'eſt
trouvée, de réparer par quelques entrepriſes
, les infractions faites par la
Cour de Vienne au Traité ſolemnel
de la neutralité& de l'évacuation dé
la Catalogne & de Mayorque. On tient
encore pour certain qu'il a preſenté
deux Mémoires inſtructifs touchant
cet évenement , qu'on croit devoir eftre
publiés inceſſamment.
Les Nouvelles de Suede , dus
•Aouft , marquent que le Roy eſt en
parfaitte ſanté ; qu'il ne craint aucune
defcente dans ſes Etats ; qu'il a
une Armée de soooo . hommes regulierement
payés & habillés de neuf.
Il n'a rien entrepris ,ſur les eſperan-
Aoust 1717.
P
170 LE MERCURE
ت
CI
ces qu'on lui a données d'une Paix G
nérale & de la fortie des Moſcovi- L
tes de la Baſſe Allemagne. On regarde
l'élargiſſement des Envoyés de Suéde
retenus en Angleterre & à la
Haye , comme des Préliminaires d'un
Traité qu'on ménage dans le Nord.;
On ſe flatte que l'arrivée de M. le
Comte de la Marc en Suede , avançera
fort les affaires .
Les memes avis , portent que la
Flotte Angloiſe , qui eſt au tour de ces
Côtes, ſera bien- tôt obligée de ſe rétizer:
Aprés quoi celle de Dannemarc ne
pouvant plus tenir la Mer , le Roy
de Suéde reſtera Maître de la Mer
Baltique.
On écrit de Ratisbone du 15. Aouſt ,
que l'Electeur de Baviere ſe voit à la
veille d'entrer en poſſeſſion des Etats
du Comté de Hainaut, qui relevent de
lui comme Suſerain. Le Roy de Pologne
fondé fur une ſubſtitution qui
ne peut point préjudicier aux Suſerains,
demande certe Comté; mais S. A. E. la
deſtine en partage à un des Princes
ſes Enfans.
Il y a toujours de grandes broiiilleries
à Ratisbone , entre les Minidres
(
d
C
D'AOUST. 171
Electoraux ; celui d'Hanover ne voulant
pas céder à celui du Comte Palatin.
Le Cardinal de Saxe a beaucoup
de peine à calmer les eſprits. Ces
prétentions font ceffer toutes les affai
res de la Diette .
LeCapneGénaldesVenitiens eſtparti de
Corfoupour aller chercher lesEnnemis.
On mande de la Haye du 28 , que
la République eſt en terme d'accomodement
avec l'Electeur de Cologne
; qu'on s'écrit des lettres de civi.
lité de part & d'autre , & que tout fe
terminé par la démolition des Citadelles
de Liége , d'Huys & de quelques
fortificationsdeBonn , aprés quoy
on ſera Amis:
Le Duc de Merelbourg a retenu
avec la permiſſion duCzar 3000 Mofcovittes
à ſon ſervice , qui lui ont prê
té ſerment de fidelité.
Le Baron de Vvedel qui commande
en Norvege,ayant informé le Roy
de Dannemarc qu'il alloit être accablé
par 20000. Suédois , fur cet avis S.
M. D. a fait paſſer tout ce qu'il a de
Vaiſſeaux avec 3. Regimens d'Infantesie
& 1500. Chevaux . Les Moſcovites
one fait une irruption dans l'iſſe de
Pij
172 LEMERCURE
Gothlande , appartenant au Roy de
Suéde : Ils l'ont entierement ravagée.
'Armée Navalle que le Roï d'Efpagne
a fait aſſembler à Barcelonne,
eſt diviſée en deux Eſcadres; la
plus forte deſquelles eſt commandée
par M le Marquis de Mary noble
Génois , l'autre moins confiderable &
qui ſert comme d'arriere - garde , eſt
commandée par le Chef d'Eſcadre
Dom Balthazar de Guevara , qui eft
encore d'une naiſſance très diſtinguée .
• La premiere de ces deux Eſcadres
mit à la voile à Barcelonne, le 24 de
Juillet , mais , le calme & les vents contraires
de Levant, qui ont regné longtems
dans la Méditeranée, l'ayant obligée
d'entrer par deux fois dans la rade
d'Alcudia au Royaume de Mayorque
; elle y eſtoit encore le huit
de ce meis en attendant à tout moment,
lepremier
D'AOUST. 169
le premier fouffle de vent favorable,
pour remettre à la voile & continuer
fa navigation qu'on préſume eſtre deftinée
au recouvrement de l'Iſle de Sardaigne.
On affûre que M. le Prince de Chellamare
Ambaffideur d'Eſpagne, a parlé
fortement à Mgr le Regent & au
Conſeil de Régence , pour les informer
de la justice des Armes du Roy fon
Maître , & de la neceſſité abfolue dans
laquelle Sa Majesté Catholique s'eſt
trouvée, de réparer par quelques entrepriſes
, les infractions faites par la
Cour de Vienne au Traité ſolemnel
de la neutralité& de l'évacuation dé
la Catalogne & de Mayorque. On tient
encore pour certain qu'il a preſenté
deux Mémoires inſtructifs touchant
cet évenement , qu'on croit devoir eftre
publiés inceſſamment.
Les Nouvelles de Suede , dus
•Aouft , marquent que le Roy eſt en
parfaitte ſanté ; qu'il ne craint aucune
defcente dans ſes Etats ; qu'il a
une Armée de soooo . hommes regulierement
payés & habillés de neuf.
Il n'a rien entrepris ,ſur les eſperan-
Aoust 1717.
P
170 LE MERCURE
ت
CI
ces qu'on lui a données d'une Paix G
nérale & de la fortie des Moſcovi- L
tes de la Baſſe Allemagne. On regarde
l'élargiſſement des Envoyés de Suéde
retenus en Angleterre & à la
Haye , comme des Préliminaires d'un
Traité qu'on ménage dans le Nord.;
On ſe flatte que l'arrivée de M. le
Comte de la Marc en Suede , avançera
fort les affaires .
Les memes avis , portent que la
Flotte Angloiſe , qui eſt au tour de ces
Côtes, ſera bien- tôt obligée de ſe rétizer:
Aprés quoi celle de Dannemarc ne
pouvant plus tenir la Mer , le Roy
de Suéde reſtera Maître de la Mer
Baltique.
On écrit de Ratisbone du 15. Aouſt ,
que l'Electeur de Baviere ſe voit à la
veille d'entrer en poſſeſſion des Etats
du Comté de Hainaut, qui relevent de
lui comme Suſerain. Le Roy de Pologne
fondé fur une ſubſtitution qui
ne peut point préjudicier aux Suſerains,
demande certe Comté; mais S. A. E. la
deſtine en partage à un des Princes
ſes Enfans.
Il y a toujours de grandes broiiilleries
à Ratisbone , entre les Minidres
(
d
C
D'AOUST. 171
Electoraux ; celui d'Hanover ne voulant
pas céder à celui du Comte Palatin.
Le Cardinal de Saxe a beaucoup
de peine à calmer les eſprits. Ces
prétentions font ceffer toutes les affai
res de la Diette .
LeCapneGénaldesVenitiens eſtparti de
Corfoupour aller chercher lesEnnemis.
On mande de la Haye du 28 , que
la République eſt en terme d'accomodement
avec l'Electeur de Cologne
; qu'on s'écrit des lettres de civi.
lité de part & d'autre , & que tout fe
terminé par la démolition des Citadelles
de Liége , d'Huys & de quelques
fortificationsdeBonn , aprés quoy
on ſera Amis:
Le Duc de Merelbourg a retenu
avec la permiſſion duCzar 3000 Mofcovittes
à ſon ſervice , qui lui ont prê
té ſerment de fidelité.
Le Baron de Vvedel qui commande
en Norvege,ayant informé le Roy
de Dannemarc qu'il alloit être accablé
par 20000. Suédois , fur cet avis S.
M. D. a fait paſſer tout ce qu'il a de
Vaiſſeaux avec 3. Regimens d'Infantesie
& 1500. Chevaux . Les Moſcovites
one fait une irruption dans l'iſſe de
Pij
172 LEMERCURE
Gothlande , appartenant au Roy de
Suéde : Ils l'ont entierement ravagée.
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10484
p. 778-782
Le Triomphe de l'Amour, Piece nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens Italiens donnerent le 12 Mars, la premiere Représentation [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Triomphe de l'Amour, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Triomphe de l'Amour, Piece nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Les Comédiens. Italiens donnerent le
12 Mars , la premiere Représentation ‹
d'une Comédie en trois Actes , en Prose,
intitulée : Le Triomphe de l'Amour; cette
Piéce n'a pas eu le succès qu'elle méritoit;
c'est une des mieux intriguées qui soient
sorties de la plume de M. de Marivaux :
voicy un Argument qui doit tenir lieu d'Extrait.
Une
AVRIL. 1732. 779
Une jeune Princesse ,
amoureuse d'un
Prince opprimé , auquel un Philosophe
a donné un azyle chez lui , pour le dérober au péril qui menaceroit sa vie, sil
la passoit dans l'éclat qui convient à sa
naissance , se travestit en homme , pour s'introduire chez Hermocratè, ( c'est le nom
du Philosophe qui l'a élevé chez lui dès
sa plus tendre enfance. ) Ce Philosophe a
une sœur, appellée Léontine , d'une humeur encore plus austere. La Princesse déguisée sous le nom de Phocion , commence par mettre la sœur du Philosophe dans
ses interêts, en lui faisant croire qu'il l'aime, et que ce n'est que par le bruit de ses
perfections , qui lui tiennent lieu de tout
ce que la beauté a de plus piquant , qu'il
est venu la chercher dans saretraite; l'aústerité de cette prude est d'abord effarouchée ; elle ne sçauroit consentir à laisser
entrer et séjourner chez elle , un homme
dont elle est aimée ; mais l'amour qui
commence àtriompher de son cœur , lui
fait insensiblement oublier ce qu'elle doit
à sa gloire ; elle lui promet de faire con-- sentir Hermocrate son Frere , à le recevoir chez lui et à l'y souffrir pour quelques jours , par droit d'hospitalité ; ce
premier obstacle franchi , le prétendu
Phocion n'a pas beaucoup de peine à lier
4
›
un
الم
780 MERCURE DE FRANCE
1
un commerce d'amitié avec Agis , c'est le
nom de son amant ; cependant comme
tout est suspect aux yeux d'Hermocrate ,
ce Philosophe ne consent pas encore à recevoir Phocion dans sa retraite ; les jours
d'Agis lui sont trop chers pour le laisser
approcher de qui que ce soit ; nouvel embarras pour Phocion ; mais il a pourvû à
tout , et sa batterie est dressée de loin. Il a
une conversation avec Hermocrate: Autre
incident, par un hazard que l'Auteur a
pris soin d'expo.er dans la premiere Scene.
Hermocrate a vû Phocion depuis peu dans
la Forêt prochaine , sous les habits de son
sexe ; il reconnoît ses traits malgré son
travestissement ; le faut Cavalier a pris
ses mesures contre cet inconvenient; il se
donne pour ce qu'il est , et joue avec le
Frere le même Rôle qui lui a si -bien réüssi avec la sœur ; deux portraits qu'il a fait
faire de l'un er de l'autre , présentez à
propos , le font passer pour l'amant le
plus passionné , et l'amante la plus sincere qui fut jamais.
Egalement aimé de la Prude et du Phi-
-losophe , il ne lui reste plus que de l'être
de son cher Agis ; dans une Scene ingénieusement traitée , l'ami prétendu se déclare tendre amant; l'amitié d'Agis devient
amour , et l'amour produit en lui la jalousie
AVRIL. 1732 781
lousie dès qu'il apprend qu'Hermocrate
est aimé. Leonide , c'est le veritable nom
de la Princesse , n'a pas beaucoup de pei
ne à dissiper ses soupçons ; le nom de
fide que son Amant lui a donné dans sa
colere , nesert qu'à lui faire voir qu'elle
est aimée autant qu'elle aime.
per.
Le dénouement de cette avanture est
des plus Comiques. Léonide , pour écar
ter le Philosophe et sa sœur , leur dit de
l'aller attendre à Athénes , où elle doit
les épouser solemnellement ; ils se font
une confidence reciproque de leut amour
qu'ils cessent d'envisager comme une foiblesse. Léontine nomme son vainqueur
au Philosophe qui ne lui répond que par
un grand éclat de rire ; il lui dit que Phocion est une fille , et que c'est l'amour
qu'elle a pour lui qui l'a obligée à déguiser son sexe ; mais le pauvre Philosophe
est confondu à son tour , quand il aprend
de la bouche d'Agis , que c'est lui qui est
l'Amant favorisé et qui doit devenir son
heureux Epoux. Hermocrate a beau vouloir s'y opposer et prendre le ton de Maître ; on vient lui dire que sa Maison est
entourée de Soldats , commandez par le
Capitaine des Gardes de la Princesse. Léonide vient et se fait reconnoître pour la
Princesse de Sparthe ; elle rend à son cher
Agis ,
782 MERCURE DE FRANCE
Agis , Fils de Cléomene , le Thrône que
son Pere avoit usurpé sur lui. Voilà à peu
près le sujet de cette Comédie ; tout le
monde convient que les Scenes en sont
parfaitement bien dialoguées et remplies
de pensées et de sentimens ; mais on croit
que cette intrigue auroit encore mieux
convenuà une simple Bourgeoise qu'à une
Princesse de Sparthe.
Le 29 , les mêmes Comédiens donnerent la Tragi- Comédie de Samson , pour
la clôture du Théatre.
Le 21 Avril , ils rouvrirent le Théatre
par une Comédie-nouvelle en Vers et en
trois Actes , de la composition des sieurs,
Romagnesy et Lélio le fils , intitulée , les
Amusemens à la mode , précédée d'un Prologue. La Dile Silvia fit le complimen.
qu'on a accoutumé de faire toutes les an
nées à la rentrée du Théatre , lequel fut
fort applaudi , ainsi que la Piece dont on
parlera plus au long.
12 Mars , la premiere Représentation ‹
d'une Comédie en trois Actes , en Prose,
intitulée : Le Triomphe de l'Amour; cette
Piéce n'a pas eu le succès qu'elle méritoit;
c'est une des mieux intriguées qui soient
sorties de la plume de M. de Marivaux :
voicy un Argument qui doit tenir lieu d'Extrait.
Une
AVRIL. 1732. 779
Une jeune Princesse ,
amoureuse d'un
Prince opprimé , auquel un Philosophe
a donné un azyle chez lui , pour le dérober au péril qui menaceroit sa vie, sil
la passoit dans l'éclat qui convient à sa
naissance , se travestit en homme , pour s'introduire chez Hermocratè, ( c'est le nom
du Philosophe qui l'a élevé chez lui dès
sa plus tendre enfance. ) Ce Philosophe a
une sœur, appellée Léontine , d'une humeur encore plus austere. La Princesse déguisée sous le nom de Phocion , commence par mettre la sœur du Philosophe dans
ses interêts, en lui faisant croire qu'il l'aime, et que ce n'est que par le bruit de ses
perfections , qui lui tiennent lieu de tout
ce que la beauté a de plus piquant , qu'il
est venu la chercher dans saretraite; l'aústerité de cette prude est d'abord effarouchée ; elle ne sçauroit consentir à laisser
entrer et séjourner chez elle , un homme
dont elle est aimée ; mais l'amour qui
commence àtriompher de son cœur , lui
fait insensiblement oublier ce qu'elle doit
à sa gloire ; elle lui promet de faire con-- sentir Hermocrate son Frere , à le recevoir chez lui et à l'y souffrir pour quelques jours , par droit d'hospitalité ; ce
premier obstacle franchi , le prétendu
Phocion n'a pas beaucoup de peine à lier
4
›
un
الم
780 MERCURE DE FRANCE
1
un commerce d'amitié avec Agis , c'est le
nom de son amant ; cependant comme
tout est suspect aux yeux d'Hermocrate ,
ce Philosophe ne consent pas encore à recevoir Phocion dans sa retraite ; les jours
d'Agis lui sont trop chers pour le laisser
approcher de qui que ce soit ; nouvel embarras pour Phocion ; mais il a pourvû à
tout , et sa batterie est dressée de loin. Il a
une conversation avec Hermocrate: Autre
incident, par un hazard que l'Auteur a
pris soin d'expo.er dans la premiere Scene.
Hermocrate a vû Phocion depuis peu dans
la Forêt prochaine , sous les habits de son
sexe ; il reconnoît ses traits malgré son
travestissement ; le faut Cavalier a pris
ses mesures contre cet inconvenient; il se
donne pour ce qu'il est , et joue avec le
Frere le même Rôle qui lui a si -bien réüssi avec la sœur ; deux portraits qu'il a fait
faire de l'un er de l'autre , présentez à
propos , le font passer pour l'amant le
plus passionné , et l'amante la plus sincere qui fut jamais.
Egalement aimé de la Prude et du Phi-
-losophe , il ne lui reste plus que de l'être
de son cher Agis ; dans une Scene ingénieusement traitée , l'ami prétendu se déclare tendre amant; l'amitié d'Agis devient
amour , et l'amour produit en lui la jalousie
AVRIL. 1732 781
lousie dès qu'il apprend qu'Hermocrate
est aimé. Leonide , c'est le veritable nom
de la Princesse , n'a pas beaucoup de pei
ne à dissiper ses soupçons ; le nom de
fide que son Amant lui a donné dans sa
colere , nesert qu'à lui faire voir qu'elle
est aimée autant qu'elle aime.
per.
Le dénouement de cette avanture est
des plus Comiques. Léonide , pour écar
ter le Philosophe et sa sœur , leur dit de
l'aller attendre à Athénes , où elle doit
les épouser solemnellement ; ils se font
une confidence reciproque de leut amour
qu'ils cessent d'envisager comme une foiblesse. Léontine nomme son vainqueur
au Philosophe qui ne lui répond que par
un grand éclat de rire ; il lui dit que Phocion est une fille , et que c'est l'amour
qu'elle a pour lui qui l'a obligée à déguiser son sexe ; mais le pauvre Philosophe
est confondu à son tour , quand il aprend
de la bouche d'Agis , que c'est lui qui est
l'Amant favorisé et qui doit devenir son
heureux Epoux. Hermocrate a beau vouloir s'y opposer et prendre le ton de Maître ; on vient lui dire que sa Maison est
entourée de Soldats , commandez par le
Capitaine des Gardes de la Princesse. Léonide vient et se fait reconnoître pour la
Princesse de Sparthe ; elle rend à son cher
Agis ,
782 MERCURE DE FRANCE
Agis , Fils de Cléomene , le Thrône que
son Pere avoit usurpé sur lui. Voilà à peu
près le sujet de cette Comédie ; tout le
monde convient que les Scenes en sont
parfaitement bien dialoguées et remplies
de pensées et de sentimens ; mais on croit
que cette intrigue auroit encore mieux
convenuà une simple Bourgeoise qu'à une
Princesse de Sparthe.
Le 29 , les mêmes Comédiens donnerent la Tragi- Comédie de Samson , pour
la clôture du Théatre.
Le 21 Avril , ils rouvrirent le Théatre
par une Comédie-nouvelle en Vers et en
trois Actes , de la composition des sieurs,
Romagnesy et Lélio le fils , intitulée , les
Amusemens à la mode , précédée d'un Prologue. La Dile Silvia fit le complimen.
qu'on a accoutumé de faire toutes les an
nées à la rentrée du Théatre , lequel fut
fort applaudi , ainsi que la Piece dont on
parlera plus au long.
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Résumé : Le Triomphe de l'Amour, Piece nouvelle, Extrait, [titre d'après la table]
Le 12 mars, les Comédiens Italiens ont présenté la première représentation de la comédie en trois actes et en prose intitulée 'Le Triomphe de l'Amour' de Marivaux. Cette pièce, bien que bien construite, n'a pas rencontré le succès escompté. L'intrigue suit une jeune princesse, Léonide, amoureuse d'un prince opprimé, Agis. Ce dernier se réfugie chez un philosophe nommé Hermocrate. Pour se rapprocher du prince, Léonide se déguise en homme sous le nom de Phocion et gagne la confiance de Léontine, la sœur austère du philosophe. Phocion parvient à convaincre Léontine de l'accueillir, puis à se lier d'amitié avec Agis. Hermocrate, méfiant, refuse d'abord de recevoir Phocion. Cependant, Phocion révèle son identité à Hermocrate et à Léontine, utilisant des portraits pour prouver son amour. Léonide doit finalement révéler sa véritable identité pour écarter le philosophe et sa sœur. Elle les envoie à Athènes pour les épouser, révélant ainsi son amour pour Agis. Léonide se fait reconnaître comme la princesse de Sparthe et rend le trône à Agis, fils de Cléomène. La pièce est appréciée pour ses dialogues et ses pensées, mais certains estiment que l'intrigue aurait mieux convenu à une bourgeoise qu'à une princesse. Le 29 mars, les Comédiens Italiens ont joué la tragédie-comédie de 'Samson' pour la clôture du théâtre. Le 21 avril, ils ont rouvert le théâtre avec la comédie en vers 'Les Amusements à la mode' de Romagnesy et Lélio le fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10485
p. 168-175
Prestation de Serment de M. le Marquis d'Argenteüil, entre les mains du Roy, pour la Charge de Lieutenant General au Gouvernement de Champagne. [titre d'après la table]
Début :
En vous apprenant dans mon Journal du mois d'Avril dernier, [...]
Mots clefs :
Marquis d'Argenteuil, Serment, Roi de France, Charge, Lieutenant, Maison de le Bacle, Alliances, Parents, Chef
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texteReconnaissance textuelle : Prestation de Serment de M. le Marquis d'Argenteüil, entre les mains du Roy, pour la Charge de Lieutenant General au Gouvernement de Champagne. [titre d'après la table]
En vous apprenant dans mon
Journal du mois d'Avril dernier
que le 25. de ce mois , Mr. le
Marquis d'Argenteuil , Gouverneur
Particulier
DEMAY.
169
Particulier de la Ville de Troyes ,
avoit prété Serment entre les in...ns
du Roy , pour la Charge de Lieutenant
General de Sa Majefté , au
Gouvernement de Champagne ,
dont il avoit été pourvû , de même
que de celle de Gouverneur Particulier
de la Ville de Troyes , dés
le quatre Septembre de l'année
1716 ; fur la démiffion de Mr le
Comte d'Effeville , Lieutenant Ge-
'neral des Armées du Roy , & Lieutenant
de fes Gardes du Corps : Je
n'aurois pas manqué de vous inftruire
de la Naiffance , s'il m'avoit
été permis de remettre plufieurs
articles confidérables , dont
on m'avoit déja fait part , lorfque
celui que vous allés lire , me fur
rendu.
La Maifon de lé Bacle , de laquelle
fort Mr le Marquis d'Argenteuil
, eft originaire de Touraine ;
& elle n'eft pas moins confidérable
par fon ancienneté , que , par fes
Alliances ; puifque par des Titres
inconteftables , elle pouve une
May 1717. P
170 LE MERCURE
filiation fuivie depuis prés de 400
, ans.
Mre Jean-Louis le Bacle Marquis
d'Argenteüil , à préfent Lieutenant
General au Gouvernement
de Champagne & Gouverneur Particulier
de la Ville de Troyes , a
été élévé Page de la Chambre du
feu Roy , & il est marié depuis le
quinze Novembre 1712 , avec De
Louife-Anne-Victoire de Rogres ,
fortie d'une des plus anciennes
Maifons de Poitou , & qui a l'honneur
d'être Parente de Madame
la Princeffe de Conty premiere
Douairiere , fille unique de Louis-
Charles de Rogres Chevalier ,
Seigneur de Cheurinvillier
, de
Balin & de l'Anglée , & de Marie-
Anne le Charron , Dame de
Villemaréchal
& du Vieux Saint-
Ange , Niéce & pétite Niéce de
feüe Madame la Maréchale du
Pleffis Pralain , & de feüe Madame
la Comteffe de Coffe , Ayeiile
de Mr le Duc de Briffac d'aujourd'hui
, duquel Mariage font
DE MAY. 171
nés juſqu'ici un fils & une fille . Il
eit fils de feu Me François le Bacle
Comte d'Argenteuil , Lieutenant
Colonel de Cavalerie , & de Dame
Anne-Elizabeth le Tenneur ,
Dame de Foucheres & de Roffon ,
petit-fils de Louis le Bacle Comte
d'Epineüil , Baron d'Argenteuil &
d'Arcy , Seigneur de Pouy , & élevé
Page , puis Gentilhomme Ordinaire
de la Chambre du Roy Louis
XIII , & de De Catherine de Torcy ,
& arriere petit- fils de Patrice le
Bacle Baron d'Argenteuil , Mestre
de Camp d'un Régiment d'Infanterie
, lequel avoit pour pere François
le BacleBaron d'Argenteüil&de
Torcy , Confeiller du Roy en tous
fes Confeils , Gentilhomme Ordinaire
de fa Chambre , Meftre de
Camp d'un Régiment d'Infanterie
pour le Service du Roy Henry
IV , & premier Chambellan de
Mgr Louis de Bourbon , Comte
de Soiffons ; depuis , Grand Maître
de France , & pour Mere Deniſe
de Heriot , Dame de Moulins ;
Pij
172
LE MERCURE
après la mort de laquelle , ledit
François le Bacle ſe remaria avec
Marie de Lenoncourt , Dame de
Chateauchinon
& de Beauregard ,
fortie d'une des plus illuftres Maifons
de Lorraine : Il étoit petitfils
d'Antoine dé Bacle , Seigneur
du Puybacle , Baron d'Argenteuil
& d'Arcy , & de Marguerite de la
Touche , fille de Renaud de la
Touche , Chevalier , Seigneur de
la Touche Limoufiniere , & de
Françoife de Rochechouard
, fille
de François de Pontville dit de
Rochechouard
, Vicomte de Rochechouard
, & de Renée d'Anjou
Mezieres. Cet Antoine le Bacle
étoit fils d'Hugues le Bacle , Seigneur
du Puybacle & de la Martiniere
, élevé Enfant d'Honneur
de la Reine Marie d'Anjou , femme
du Roy Charles VII , & depuis
Echançon de M. le Duc de
Normandie , frere du Roy Louis
XI. lequel avoit pour frere , François
le Bacle , Maître d'Hôtel Ordinaire
du Roy Charles VIII , &
DE MAY.
173
&
premier Maître d'Hôtel de Mer le
Dauphin , iffu au 4º dégré de Jean
le Bacle Ecuyer , Seigneur du Puybacle
, du Pin & de Saint Loud
en Touraine , vivant vers l'an 1325.
lequel mourut revétu de grands &
notables biens , ayant laiffé entr'auties
Effets , pour deux mille livres
de Vaiffeles d'or & d'argent ; fomme
alors tres confidérable
qui marque bien que dés ce temslà
, cette Maiſon étoit une des plus
riches de fa Province. Depuis ce
tems , ceux de ce nom ont toujours
fervi les Rois dans des Emplois
Militaires & confidérables , comme
en qualité de Lieutenans de
leurs Gardes du Corps , de Gouverneurs
de plufieures Villes &
Châteaux , Meftres de Camp d'In.
fanterie & de Cavalerie , & ils fe
trouvent qualifiez Chevaliers &
Hauts & Puiffants Seigneurs dans
des Titres , depuis prés de 200 ans.
Cette Maifon , outre l'avantage.
qu'elle a d'être alliée aux Maiſons
de Neufville Villeroy , de Souvré,
P iij
174 LEMERCURE
de Coligny , de Poitiers , de la
Rochefoucaud ,de Rouvroy Saint
Simon , de la Tremoille , elle a encore
celui d'avoir donné cinq Chanoineffes
d'Efpinal , dont une a été
élue Doïenne en 1710 , une Chanoineffe
de Remiremont & fept
Chevaliers de Malte , dont le premier
a été reçû dés le 12 Aouſt
1603 .
Outre M. le Marquis d'Argenteuil
qui en eft le Chef, il en refte
encore M. le Comte de Mou
lins Lieutenant Colonel de Dragons
, & Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis , lequel a plufieurs
enfans de fon Mariage , avec
Dame Marie de Rogres de Champignelles
, Coufine Germaine de
Madame d'Argenteuil , & fille de
Louis de Rogres , Baron de Champignelles
, & de Marie Nicolle
Graffin , fortie d'une ancienne Famille
originaire de la Ville de Sens,
de laquelle étoit Pierre Graffin ,
Seigneur d'Ablon , reçû Confeiller
au Parlement de Paris dés l'an
DE MAY 375
1'543 , & qui fubfifte encore en la
perfonne de Pierre Graffin , Seigneur
de Chaffefant, deMormant en Brie,
Directeur General des Monnoyes
de France.
M. le Comte d'Argenteuil , Sei-"
gneur de Hommefou , & Mr de
Beauregard , Lieutenant Colonel
de Cavalerie , font auffi de la Maifon
de le Bacle , qui porte pour Armes
, deceules à trois Macles d'argent
, pofées deux & une. Mr le
Marquis d'Argenteuil les porte écarrelées
, au 1 & 4 de Roche
choüard au 2 & 3. d'Anjou , &
le tout de le Bacle.
Journal du mois d'Avril dernier
que le 25. de ce mois , Mr. le
Marquis d'Argenteuil , Gouverneur
Particulier
DEMAY.
169
Particulier de la Ville de Troyes ,
avoit prété Serment entre les in...ns
du Roy , pour la Charge de Lieutenant
General de Sa Majefté , au
Gouvernement de Champagne ,
dont il avoit été pourvû , de même
que de celle de Gouverneur Particulier
de la Ville de Troyes , dés
le quatre Septembre de l'année
1716 ; fur la démiffion de Mr le
Comte d'Effeville , Lieutenant Ge-
'neral des Armées du Roy , & Lieutenant
de fes Gardes du Corps : Je
n'aurois pas manqué de vous inftruire
de la Naiffance , s'il m'avoit
été permis de remettre plufieurs
articles confidérables , dont
on m'avoit déja fait part , lorfque
celui que vous allés lire , me fur
rendu.
La Maifon de lé Bacle , de laquelle
fort Mr le Marquis d'Argenteuil
, eft originaire de Touraine ;
& elle n'eft pas moins confidérable
par fon ancienneté , que , par fes
Alliances ; puifque par des Titres
inconteftables , elle pouve une
May 1717. P
170 LE MERCURE
filiation fuivie depuis prés de 400
, ans.
Mre Jean-Louis le Bacle Marquis
d'Argenteüil , à préfent Lieutenant
General au Gouvernement
de Champagne & Gouverneur Particulier
de la Ville de Troyes , a
été élévé Page de la Chambre du
feu Roy , & il est marié depuis le
quinze Novembre 1712 , avec De
Louife-Anne-Victoire de Rogres ,
fortie d'une des plus anciennes
Maifons de Poitou , & qui a l'honneur
d'être Parente de Madame
la Princeffe de Conty premiere
Douairiere , fille unique de Louis-
Charles de Rogres Chevalier ,
Seigneur de Cheurinvillier
, de
Balin & de l'Anglée , & de Marie-
Anne le Charron , Dame de
Villemaréchal
& du Vieux Saint-
Ange , Niéce & pétite Niéce de
feüe Madame la Maréchale du
Pleffis Pralain , & de feüe Madame
la Comteffe de Coffe , Ayeiile
de Mr le Duc de Briffac d'aujourd'hui
, duquel Mariage font
DE MAY. 171
nés juſqu'ici un fils & une fille . Il
eit fils de feu Me François le Bacle
Comte d'Argenteuil , Lieutenant
Colonel de Cavalerie , & de Dame
Anne-Elizabeth le Tenneur ,
Dame de Foucheres & de Roffon ,
petit-fils de Louis le Bacle Comte
d'Epineüil , Baron d'Argenteuil &
d'Arcy , Seigneur de Pouy , & élevé
Page , puis Gentilhomme Ordinaire
de la Chambre du Roy Louis
XIII , & de De Catherine de Torcy ,
& arriere petit- fils de Patrice le
Bacle Baron d'Argenteuil , Mestre
de Camp d'un Régiment d'Infanterie
, lequel avoit pour pere François
le BacleBaron d'Argenteüil&de
Torcy , Confeiller du Roy en tous
fes Confeils , Gentilhomme Ordinaire
de fa Chambre , Meftre de
Camp d'un Régiment d'Infanterie
pour le Service du Roy Henry
IV , & premier Chambellan de
Mgr Louis de Bourbon , Comte
de Soiffons ; depuis , Grand Maître
de France , & pour Mere Deniſe
de Heriot , Dame de Moulins ;
Pij
172
LE MERCURE
après la mort de laquelle , ledit
François le Bacle ſe remaria avec
Marie de Lenoncourt , Dame de
Chateauchinon
& de Beauregard ,
fortie d'une des plus illuftres Maifons
de Lorraine : Il étoit petitfils
d'Antoine dé Bacle , Seigneur
du Puybacle , Baron d'Argenteuil
& d'Arcy , & de Marguerite de la
Touche , fille de Renaud de la
Touche , Chevalier , Seigneur de
la Touche Limoufiniere , & de
Françoife de Rochechouard
, fille
de François de Pontville dit de
Rochechouard
, Vicomte de Rochechouard
, & de Renée d'Anjou
Mezieres. Cet Antoine le Bacle
étoit fils d'Hugues le Bacle , Seigneur
du Puybacle & de la Martiniere
, élevé Enfant d'Honneur
de la Reine Marie d'Anjou , femme
du Roy Charles VII , & depuis
Echançon de M. le Duc de
Normandie , frere du Roy Louis
XI. lequel avoit pour frere , François
le Bacle , Maître d'Hôtel Ordinaire
du Roy Charles VIII , &
DE MAY.
173
&
premier Maître d'Hôtel de Mer le
Dauphin , iffu au 4º dégré de Jean
le Bacle Ecuyer , Seigneur du Puybacle
, du Pin & de Saint Loud
en Touraine , vivant vers l'an 1325.
lequel mourut revétu de grands &
notables biens , ayant laiffé entr'auties
Effets , pour deux mille livres
de Vaiffeles d'or & d'argent ; fomme
alors tres confidérable
qui marque bien que dés ce temslà
, cette Maiſon étoit une des plus
riches de fa Province. Depuis ce
tems , ceux de ce nom ont toujours
fervi les Rois dans des Emplois
Militaires & confidérables , comme
en qualité de Lieutenans de
leurs Gardes du Corps , de Gouverneurs
de plufieures Villes &
Châteaux , Meftres de Camp d'In.
fanterie & de Cavalerie , & ils fe
trouvent qualifiez Chevaliers &
Hauts & Puiffants Seigneurs dans
des Titres , depuis prés de 200 ans.
Cette Maifon , outre l'avantage.
qu'elle a d'être alliée aux Maiſons
de Neufville Villeroy , de Souvré,
P iij
174 LEMERCURE
de Coligny , de Poitiers , de la
Rochefoucaud ,de Rouvroy Saint
Simon , de la Tremoille , elle a encore
celui d'avoir donné cinq Chanoineffes
d'Efpinal , dont une a été
élue Doïenne en 1710 , une Chanoineffe
de Remiremont & fept
Chevaliers de Malte , dont le premier
a été reçû dés le 12 Aouſt
1603 .
Outre M. le Marquis d'Argenteuil
qui en eft le Chef, il en refte
encore M. le Comte de Mou
lins Lieutenant Colonel de Dragons
, & Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis , lequel a plufieurs
enfans de fon Mariage , avec
Dame Marie de Rogres de Champignelles
, Coufine Germaine de
Madame d'Argenteuil , & fille de
Louis de Rogres , Baron de Champignelles
, & de Marie Nicolle
Graffin , fortie d'une ancienne Famille
originaire de la Ville de Sens,
de laquelle étoit Pierre Graffin ,
Seigneur d'Ablon , reçû Confeiller
au Parlement de Paris dés l'an
DE MAY 375
1'543 , & qui fubfifte encore en la
perfonne de Pierre Graffin , Seigneur
de Chaffefant, deMormant en Brie,
Directeur General des Monnoyes
de France.
M. le Comte d'Argenteuil , Sei-"
gneur de Hommefou , & Mr de
Beauregard , Lieutenant Colonel
de Cavalerie , font auffi de la Maifon
de le Bacle , qui porte pour Armes
, deceules à trois Macles d'argent
, pofées deux & une. Mr le
Marquis d'Argenteuil les porte écarrelées
, au 1 & 4 de Roche
choüard au 2 & 3. d'Anjou , &
le tout de le Bacle.
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10486
p. 780-789
LE COMPLAISANT, Comédie en cinq Actes, représentée sur le Théatre François en Janvier 1732.
Début :
ACTEURS. M. Orgon, mari de Me Orgon, le sieur Duchemin. [...]
Mots clefs :
Orgon, Damis, Angélique, Caractère, Complaisance, Pièce, Théâtre, Cléante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE COMPLAISANT, Comédie en cinq Actes, représentée sur le Théatre François en Janvier 1732.
LE COMPLAISANT , Comédie en
cing Actes , représentée sur le Théatre
François en Fanvier 1732 .
ACTEURS.
M. Orgon , mari de Me Orgon , le sieur
Duchemin.
Me Orgon , femme de M. Orgon , la
Dlle Quinault.
Angélique , fille de M. et de Me Orgon ,
la Dlle Gaussin,
Cléante, frere de M. Orgon , M. du Brežil.
Argant , cousin de M. Orgon , le sieur
1 Damis
Eraste ..
Peisson.
Amans d'Angélique , les sieurs
Montmesnil et Grandval.
Le Marquis , ami de Damis , le sieur
Dufresne.
Lisette , Suivante d'Angélique , la Dile
Dangeville.
La Scene eft dans la maison de M. Orgon ,
L'élégance qui régne dans toute cette
Piéce , fait un honneur infini à la plume
de l'Auteur anonyme , qui , à ce
qu'on
л VRT L. 1733. 781
qu'on a dit d'abord , en a voulu faire présent
au Théatre François. On assûre que
c'est son premier Ouvrage , auquel cas
il est à souhaitter que ce ne soit pas son
dernier. Comme l'ingénieux inconnu à
qui nous devons cet admirable coup d'essai
, ne s'est attaché qu'à bien traiter tous
ses Caracteres , et surtout celui qui donne
le titre à sa Piéce ; il a négligé ce
qu'on appelle intrigue ; on pourra juger
par ce court argument de ce qui constitue
l'action théatrale.
M. Orgon a un procès à faire juger , et
une fille à marier ; Mad. Orgon , sa femme
, se met très peu en peine du procès
de son mari , et ne s'occupe que du choix
d'un Gendre dont l'humeur convienne à
la sienne ; Damis lui paroît tel , parce
qu'il est le plus complaisant de tous les
hommes ; M. Orgon s'accorde pour la
premiere fois avec elle , et panche du
côté de Damis , grace à cette même complaisance
qui a gagné le coeur de sa femme.
Eraste , dont le Caractere est noble
et sincere , s'est acquis l'estime d'Angélique
c'est le nom de la Fille que M. et
Me Orgon conviennent qu'il faut donher
à Damis, ) mais cette estime n'empê
che pas qu'elle ne préfére l'agrément exterieur
de l'un de ses deux Amans au mérite
782 MERCURE DE FRANCE
rite solide de l'autre. Cette préférence
n'est pourtant pas si déclarée , qu'elle
ôte aux Spectateurs l'espérance de voir
revenir Angélique de l'agrément au solide
, et c'est là tout ce qui constituë le
noeud de la Piéce ; en voici le dénoiiment :
le vice est puni , et la vertu est récompensée
; la complaisance outrée de Damis
fait qu'il manque de parole à Orgon , à
que ce manque de parole lui fait perdre
le procès ; elle irrite Mad. Argante , parce
que Damis , pour complaire à son
mari , a congedié des Musiciens qu'elle
avoit mandés pour un Divertissement de
sa façon ; elle le détruit enfin dans le
coeur d'Angélique , par une espéce d'infidelité
qu'elle lui a fait commettre envers
elle. Pour achever le dénouement ,
Eraste qui s'étoit déja emparé de l'estime
d'Angélique par la noblesse de ses procédés
, lui inspire une tendre reconnoissance
par la generosité avec laquelle il
paye secretement cinquante mille écus
somme à laquelle M. Orgon vient d'être
condamné par corps en perdant son
procès.
On voit par ce petit argument que la
Piéce , quoiqu'elle soit en cinq Actes ,
n'est pas beaucoup chargée d'action , mais
en récompense le Caractere dominant y
est
AVRIL. 1733 78;
est soutenu du commencement à la fin.
On auroit souhaité que ce Caractere fût
un peu plus mis en oeuvre , et qu'il se
développât plutôt par des actions que
par des conversations ; ce défaut n'est.
que trop commun dans les Piéces modernes
; on y parle beaucoup plus qu'on n'y
agit , comme si l'on ignoroit que l'action
est l'ame de la Comédie et de la Tragédie.
On auroit voulu surtout qu'immédiatement
après que Damis a promis
à M. Orgon de faire différer le jugement
de son procès , ce même Damis eut été
prié par Mad. Orgon de le faire avancer,
et qu'il eut manqué à sa parole par complaisance
, ou, pour mieux dire , il auroit
encore mieux valu que l'Auteur lui eut
sauvé une perfidie , qui fait un crime de
ce qui ne devoit être qu'un ridicule .
A ce Caractere dominant , on en joint
d'autres purement accessoires , où l'Auteur
a fait voir qu'il est excellent Peintre,
tant qu'il ne faut employer d'autre pinceau
que sa plume ; on lui reproche même
comme un défaut, une éloquence dont
bien d'autres tireroient vanité ; il a tant
d'esprit qu'il ne peut s'empêcher d'en
donner à tous ses personnages . Voilà ce
qu'on a presque generalement observé
dans la Comédie du Complaisant ; il ne
nous
484 MERCURE DE FRANCE.
nous reste plus , pour la satisfaction de
nos Lecteurs , qu'à donner quelques traits
de la maniere d'écrire de l'Auteur , qui
pourroit servir de modele aux Orateurs
les plus élégans , et qui n'a que le malheur
de n'être pas bien en sa place.
Nous ne citerons que ce qui concerne
le caractere dominant. Voici comment
Cléante , frere de M. Orgon , le'définit dans
le premier Acte. Damis rassemble les qualitez
les plus contraires , il en a du moins
les apparences. Sans caractere , sans humeur
, il se livre aux impressions étrangeres ;
il prend chez les autres sa tristesse et sa
joye ; elles s'emparent de son visage sans
passer dans son coeur; toutes les opinions ,
sous les sistêmes lui plaisent également ; il
les adopte , il les abandonne , il les réfute
il les soutient ; la vrai-semblance qui le
séduit , Paide encore à tromper les autres.
tout paroît probable à ses yeux , tout devient
probable dans sa bouche . Il ne pense point ;
il ne sent point , tout son talent est d'exprimer
avec facilité des sentimens et des
pensées. Son esprit , chargé des idées d'antrui
, ne sçauroit en produire aucune ; si
quelquefois il a le courage de juger par luimême
, la plus foible contradiction le rebute
et l'effraye bien- tôt il assujettit ce
qu'il pense au désir de plaire ; bien- tôt même
AVRI L. 1733. 781
ne il oublie ce qu'il a pensé. Sa conduite
n'est pas moins inégale ; son gout , son inclination
, ses moeurs , sont soumis aux caprices
de ceux qui l'environnent. Esclave de
La Societé, le même excès de complaisance qui
dicte ses paroles , dirige aussi ses démarches.
Voici comme Damis se définit lui- même
, parlant à Cléante , qui veut lui faire
sentir les inconvéniens qui peuvent naître
d'un excès de complaisance.
Mon Sistême , puisqu'enfin vous m'ordonnez
d'en avoir un , n'est pas de m'assujettir
à ces regles arbitraires qu'on n'ose
jamais perdre de vie , à ces loix importunes
et rigoureuses qu'on impose souvent
sans necessité , et que vous appellez des
principes. Leur effet ordinaire est de contrarier
les idées d'autrui , sans rectifier les nôtres.
Pour vivre avec tout le monde , il faut
se persuader, si l'on peut, que tout le monde
a raison ; à force de le souhaiter on s'accous
tume à le croire.
de mau-
Et comme Cléante le soupçonne de
mauvaise foi , il ajoûte : Ne cherchez point
à m'allarmer par un odieux soupçon
vaise foi; on n'est point faux , quand on
ne veut point l'être. Peu jaloux de ce que
je pense peu attaché à ce que je veux
ma facilité naturelle me fait entrer avecplai
sir dans les mouvemens qu'on veut m'inspirer
786 MERCURE DE FRANCE
pirer; une prévention toujours favorable
et toujours sincere , me peint les objets sous
les couleurs les plus heureuses. Je voi les
hommes tels qu'ils veulent me paroître ; je
ne m'attacke point à sonder les replis de leurs
coeurs ; indulgent pour leurs travers , admirateur
de leurs bonnes qualitez , je cherche
moins à démêler leurs vices , qu'à profiter
de leurs vertus .
Cléante lui faisant un dernier reproche
sur son caractere , qui du moins ,
dit-il , le fait tomber dans la flatterie ,
deffaut dont tout le monde doit rougir,
il lui répond : deffaut dont personne ne doit
m'accuser. Un flatteur est sans cesse occupé
de vues interessées , et la honte d'une adulation
servile le touche beaucoup moins que
les avantages personnels qu'il en tire. Pour
moi , sans former de projets , sans exiger de
reconnoissance , j'apporte dans la Societé des
dispositions d'autant plus commodes , que
chacun y peut trouver son compte , sans qu'il
m'en coûte rien . En un mot , voici toute ma
Philosophie , et je me sçais bon gré d'en être
redevable à la Nature plutôt qu'à la refle
xion; j'écoute volentiers , j'approuve aisé
ment , je ne contredis jamais , et pour peu
que la conversation durât , je pourrois bien
prendre votre avis contre moi-même ; peutétre
l'aurois -je déjafait , si vous m'aviez atraqué
moins vivement. Le
A VRL I. 1733. 787
Le Lecteur doit convenir qu'il faut avoir
bien de l'éloquence pour soutenir si bien
une si mauvaise cause. Au reste l'Auteur
n'est pas moins élegant qu'éloquent ; on
peut même dire qu'il est un peu trop exact
dans le choix des termes , et qu'il n'est
pas dans la nature que des conversations
ordinaires ressemblent à des discours étudiez
avec un art aussi continu que cellescy
le paroissent ; aussi tout le monde est-il
convenu que l'Auteur de cette Comédie
est encore plus Orateur qu'Auteur ; il
faut pourtant lui rendre justice sur cette
derniere qualité. Sa Piece , quoiqu'un peu
vuide d'action, ne laisse pas d'être ornée de
ce qu'on appelle jeu de Théatre ; il y en
a- un entre autres dans le quatrième Acte
, qui soutenu de la vivacité du sieur
et de la Dile Quinault , a fait un plaisir
infini , on peut même dire que c'est quelque
chose de plus qu'un jeu de Théatre :
puisqu'il produit un coup de Théatre ;
Voici de quoi il s'agit . M. Orgon ayant
annoncé à Damis la perte de son Procès
, ce dernier en est si penetré , qu'on
croiroit que c'est lui - même qui vient d'ê
tre condamné par corps à payer les cinquante
mille écus dont il s'agit. M. Or
gon va chercher son frere pour le convaincre
de la sensibilité de son gendre
H futur
788 MERCURE DE FRANCE
futur, Mad. Orgon arrive bien- tôt après,
et fait part à Damis d'un Divertissement
qu'elle a fait. Damis s'y prête si bien.
par complaisance , qu'il chante et danse
avec elle , aussi gayement , qu'il vient
de s'affliger tristement avec M. Orgon,
Ce dernier survient avec son frere , et
trouve son Héraclite métamorphosé en
Démocrite . Damis se tire d'affaire comme
il peut , et lui dit que de peur de
succomber à sa douleur , il cherche à
s'égayer.
Il s'en faut bien que le cinquiéme Acte
ait répondu au quatrième. De tous les
motifs qui font punir le Complaisant ,
il n'y en a qu'un de vrai , et qui va jusqu'à
la trahison ; c'est d'avoir , par complaisance
pour Mad. Orgon , acceleré le
jugement d'un procès qu'il avoit promis
à M. Orgon de faire differer. L'infidelité
prétendue dont Angelique l'assure , ne
mérite aucune punition , non-plus que le
soin qu'il a pris de renvoyer les Musiciens
de Mad. Orgon : or tout ce qui
autorise le dénoûment , c'est la generosité
d'Eraste qui a payé les cinquante mille
mille écus ausquels M. Orgon étoit condamné
par corps ; ainsi c'est plutôt la
vertu recompensée , que le vice puni ,
qui termine cette Piece.
Le
AVRIL
1733. 789
Elle paroît très - bien imprimée chez le
Breton, Quay des Augustins , et a un fort
grand debit.
cing Actes , représentée sur le Théatre
François en Fanvier 1732 .
ACTEURS.
M. Orgon , mari de Me Orgon , le sieur
Duchemin.
Me Orgon , femme de M. Orgon , la
Dlle Quinault.
Angélique , fille de M. et de Me Orgon ,
la Dlle Gaussin,
Cléante, frere de M. Orgon , M. du Brežil.
Argant , cousin de M. Orgon , le sieur
1 Damis
Eraste ..
Peisson.
Amans d'Angélique , les sieurs
Montmesnil et Grandval.
Le Marquis , ami de Damis , le sieur
Dufresne.
Lisette , Suivante d'Angélique , la Dile
Dangeville.
La Scene eft dans la maison de M. Orgon ,
L'élégance qui régne dans toute cette
Piéce , fait un honneur infini à la plume
de l'Auteur anonyme , qui , à ce
qu'on
л VRT L. 1733. 781
qu'on a dit d'abord , en a voulu faire présent
au Théatre François. On assûre que
c'est son premier Ouvrage , auquel cas
il est à souhaitter que ce ne soit pas son
dernier. Comme l'ingénieux inconnu à
qui nous devons cet admirable coup d'essai
, ne s'est attaché qu'à bien traiter tous
ses Caracteres , et surtout celui qui donne
le titre à sa Piéce ; il a négligé ce
qu'on appelle intrigue ; on pourra juger
par ce court argument de ce qui constitue
l'action théatrale.
M. Orgon a un procès à faire juger , et
une fille à marier ; Mad. Orgon , sa femme
, se met très peu en peine du procès
de son mari , et ne s'occupe que du choix
d'un Gendre dont l'humeur convienne à
la sienne ; Damis lui paroît tel , parce
qu'il est le plus complaisant de tous les
hommes ; M. Orgon s'accorde pour la
premiere fois avec elle , et panche du
côté de Damis , grace à cette même complaisance
qui a gagné le coeur de sa femme.
Eraste , dont le Caractere est noble
et sincere , s'est acquis l'estime d'Angélique
c'est le nom de la Fille que M. et
Me Orgon conviennent qu'il faut donher
à Damis, ) mais cette estime n'empê
che pas qu'elle ne préfére l'agrément exterieur
de l'un de ses deux Amans au mérite
782 MERCURE DE FRANCE
rite solide de l'autre. Cette préférence
n'est pourtant pas si déclarée , qu'elle
ôte aux Spectateurs l'espérance de voir
revenir Angélique de l'agrément au solide
, et c'est là tout ce qui constituë le
noeud de la Piéce ; en voici le dénoiiment :
le vice est puni , et la vertu est récompensée
; la complaisance outrée de Damis
fait qu'il manque de parole à Orgon , à
que ce manque de parole lui fait perdre
le procès ; elle irrite Mad. Argante , parce
que Damis , pour complaire à son
mari , a congedié des Musiciens qu'elle
avoit mandés pour un Divertissement de
sa façon ; elle le détruit enfin dans le
coeur d'Angélique , par une espéce d'infidelité
qu'elle lui a fait commettre envers
elle. Pour achever le dénouement ,
Eraste qui s'étoit déja emparé de l'estime
d'Angélique par la noblesse de ses procédés
, lui inspire une tendre reconnoissance
par la generosité avec laquelle il
paye secretement cinquante mille écus
somme à laquelle M. Orgon vient d'être
condamné par corps en perdant son
procès.
On voit par ce petit argument que la
Piéce , quoiqu'elle soit en cinq Actes ,
n'est pas beaucoup chargée d'action , mais
en récompense le Caractere dominant y
est
AVRIL. 1733 78;
est soutenu du commencement à la fin.
On auroit souhaité que ce Caractere fût
un peu plus mis en oeuvre , et qu'il se
développât plutôt par des actions que
par des conversations ; ce défaut n'est.
que trop commun dans les Piéces modernes
; on y parle beaucoup plus qu'on n'y
agit , comme si l'on ignoroit que l'action
est l'ame de la Comédie et de la Tragédie.
On auroit voulu surtout qu'immédiatement
après que Damis a promis
à M. Orgon de faire différer le jugement
de son procès , ce même Damis eut été
prié par Mad. Orgon de le faire avancer,
et qu'il eut manqué à sa parole par complaisance
, ou, pour mieux dire , il auroit
encore mieux valu que l'Auteur lui eut
sauvé une perfidie , qui fait un crime de
ce qui ne devoit être qu'un ridicule .
A ce Caractere dominant , on en joint
d'autres purement accessoires , où l'Auteur
a fait voir qu'il est excellent Peintre,
tant qu'il ne faut employer d'autre pinceau
que sa plume ; on lui reproche même
comme un défaut, une éloquence dont
bien d'autres tireroient vanité ; il a tant
d'esprit qu'il ne peut s'empêcher d'en
donner à tous ses personnages . Voilà ce
qu'on a presque generalement observé
dans la Comédie du Complaisant ; il ne
nous
484 MERCURE DE FRANCE.
nous reste plus , pour la satisfaction de
nos Lecteurs , qu'à donner quelques traits
de la maniere d'écrire de l'Auteur , qui
pourroit servir de modele aux Orateurs
les plus élégans , et qui n'a que le malheur
de n'être pas bien en sa place.
Nous ne citerons que ce qui concerne
le caractere dominant. Voici comment
Cléante , frere de M. Orgon , le'définit dans
le premier Acte. Damis rassemble les qualitez
les plus contraires , il en a du moins
les apparences. Sans caractere , sans humeur
, il se livre aux impressions étrangeres ;
il prend chez les autres sa tristesse et sa
joye ; elles s'emparent de son visage sans
passer dans son coeur; toutes les opinions ,
sous les sistêmes lui plaisent également ; il
les adopte , il les abandonne , il les réfute
il les soutient ; la vrai-semblance qui le
séduit , Paide encore à tromper les autres.
tout paroît probable à ses yeux , tout devient
probable dans sa bouche . Il ne pense point ;
il ne sent point , tout son talent est d'exprimer
avec facilité des sentimens et des
pensées. Son esprit , chargé des idées d'antrui
, ne sçauroit en produire aucune ; si
quelquefois il a le courage de juger par luimême
, la plus foible contradiction le rebute
et l'effraye bien- tôt il assujettit ce
qu'il pense au désir de plaire ; bien- tôt même
AVRI L. 1733. 781
ne il oublie ce qu'il a pensé. Sa conduite
n'est pas moins inégale ; son gout , son inclination
, ses moeurs , sont soumis aux caprices
de ceux qui l'environnent. Esclave de
La Societé, le même excès de complaisance qui
dicte ses paroles , dirige aussi ses démarches.
Voici comme Damis se définit lui- même
, parlant à Cléante , qui veut lui faire
sentir les inconvéniens qui peuvent naître
d'un excès de complaisance.
Mon Sistême , puisqu'enfin vous m'ordonnez
d'en avoir un , n'est pas de m'assujettir
à ces regles arbitraires qu'on n'ose
jamais perdre de vie , à ces loix importunes
et rigoureuses qu'on impose souvent
sans necessité , et que vous appellez des
principes. Leur effet ordinaire est de contrarier
les idées d'autrui , sans rectifier les nôtres.
Pour vivre avec tout le monde , il faut
se persuader, si l'on peut, que tout le monde
a raison ; à force de le souhaiter on s'accous
tume à le croire.
de mau-
Et comme Cléante le soupçonne de
mauvaise foi , il ajoûte : Ne cherchez point
à m'allarmer par un odieux soupçon
vaise foi; on n'est point faux , quand on
ne veut point l'être. Peu jaloux de ce que
je pense peu attaché à ce que je veux
ma facilité naturelle me fait entrer avecplai
sir dans les mouvemens qu'on veut m'inspirer
786 MERCURE DE FRANCE
pirer; une prévention toujours favorable
et toujours sincere , me peint les objets sous
les couleurs les plus heureuses. Je voi les
hommes tels qu'ils veulent me paroître ; je
ne m'attacke point à sonder les replis de leurs
coeurs ; indulgent pour leurs travers , admirateur
de leurs bonnes qualitez , je cherche
moins à démêler leurs vices , qu'à profiter
de leurs vertus .
Cléante lui faisant un dernier reproche
sur son caractere , qui du moins ,
dit-il , le fait tomber dans la flatterie ,
deffaut dont tout le monde doit rougir,
il lui répond : deffaut dont personne ne doit
m'accuser. Un flatteur est sans cesse occupé
de vues interessées , et la honte d'une adulation
servile le touche beaucoup moins que
les avantages personnels qu'il en tire. Pour
moi , sans former de projets , sans exiger de
reconnoissance , j'apporte dans la Societé des
dispositions d'autant plus commodes , que
chacun y peut trouver son compte , sans qu'il
m'en coûte rien . En un mot , voici toute ma
Philosophie , et je me sçais bon gré d'en être
redevable à la Nature plutôt qu'à la refle
xion; j'écoute volentiers , j'approuve aisé
ment , je ne contredis jamais , et pour peu
que la conversation durât , je pourrois bien
prendre votre avis contre moi-même ; peutétre
l'aurois -je déjafait , si vous m'aviez atraqué
moins vivement. Le
A VRL I. 1733. 787
Le Lecteur doit convenir qu'il faut avoir
bien de l'éloquence pour soutenir si bien
une si mauvaise cause. Au reste l'Auteur
n'est pas moins élegant qu'éloquent ; on
peut même dire qu'il est un peu trop exact
dans le choix des termes , et qu'il n'est
pas dans la nature que des conversations
ordinaires ressemblent à des discours étudiez
avec un art aussi continu que cellescy
le paroissent ; aussi tout le monde est-il
convenu que l'Auteur de cette Comédie
est encore plus Orateur qu'Auteur ; il
faut pourtant lui rendre justice sur cette
derniere qualité. Sa Piece , quoiqu'un peu
vuide d'action, ne laisse pas d'être ornée de
ce qu'on appelle jeu de Théatre ; il y en
a- un entre autres dans le quatrième Acte
, qui soutenu de la vivacité du sieur
et de la Dile Quinault , a fait un plaisir
infini , on peut même dire que c'est quelque
chose de plus qu'un jeu de Théatre :
puisqu'il produit un coup de Théatre ;
Voici de quoi il s'agit . M. Orgon ayant
annoncé à Damis la perte de son Procès
, ce dernier en est si penetré , qu'on
croiroit que c'est lui - même qui vient d'ê
tre condamné par corps à payer les cinquante
mille écus dont il s'agit. M. Or
gon va chercher son frere pour le convaincre
de la sensibilité de son gendre
H futur
788 MERCURE DE FRANCE
futur, Mad. Orgon arrive bien- tôt après,
et fait part à Damis d'un Divertissement
qu'elle a fait. Damis s'y prête si bien.
par complaisance , qu'il chante et danse
avec elle , aussi gayement , qu'il vient
de s'affliger tristement avec M. Orgon,
Ce dernier survient avec son frere , et
trouve son Héraclite métamorphosé en
Démocrite . Damis se tire d'affaire comme
il peut , et lui dit que de peur de
succomber à sa douleur , il cherche à
s'égayer.
Il s'en faut bien que le cinquiéme Acte
ait répondu au quatrième. De tous les
motifs qui font punir le Complaisant ,
il n'y en a qu'un de vrai , et qui va jusqu'à
la trahison ; c'est d'avoir , par complaisance
pour Mad. Orgon , acceleré le
jugement d'un procès qu'il avoit promis
à M. Orgon de faire differer. L'infidelité
prétendue dont Angelique l'assure , ne
mérite aucune punition , non-plus que le
soin qu'il a pris de renvoyer les Musiciens
de Mad. Orgon : or tout ce qui
autorise le dénoûment , c'est la generosité
d'Eraste qui a payé les cinquante mille
mille écus ausquels M. Orgon étoit condamné
par corps ; ainsi c'est plutôt la
vertu recompensée , que le vice puni ,
qui termine cette Piece.
Le
AVRIL
1733. 789
Elle paroît très - bien imprimée chez le
Breton, Quay des Augustins , et a un fort
grand debit.
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Résumé : LE COMPLAISANT, Comédie en cinq Actes, représentée sur le Théatre François en Janvier 1732.
La pièce 'Le Complaisant' est une comédie en cinq actes représentée au Théâtre François en janvier 1732. L'intrigue se déroule dans la maison de M. Orgon, qui doit juger un procès et marier sa fille, Angélique. Mme Orgon, l'épouse de M. Orgon, favorise Damis, le cousin de M. Orgon, comme gendre en raison de sa complaisance. Eraste, amoureux d'Angélique, est apprécié par elle mais ne parvient pas à la convaincre de choisir son mérite plutôt que l'apparence d'un autre prétendant. Le nœud de la pièce repose sur l'espoir des spectateurs de voir Angélique préférer le mérite à l'apparence. Le dénouement voit la punition du vice et la récompense de la vertu. La complaisance excessive de Damis le conduit à manquer à sa parole envers Orgon, ce qui lui fait perdre son procès. De plus, Damis irrite Mme Argante en renvoyant des musiciens qu'elle avait convoqués et commet une infidélité envers Angélique. Eraste, par sa générosité, paie secrètement la somme à laquelle M. Orgon est condamné, gagnant ainsi l'estime et la reconnaissance d'Angélique. La pièce est notée pour son élégance et la qualité de ses dialogues, bien que l'action soit limitée. Le caractère de Damis est bien développé, mais aurait pu être mieux mis en œuvre par des actions plutôt que par des conversations. L'auteur est loué pour son éloquence et son esprit, mais critiqué pour la faiblesse de l'intrigue et l'absence de véritable action théâtrale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10487
p. 375-376
ENIGME.
Début :
Les deux Enigmes nouvelles que je vous envoye, pourront / Le grand jour n'est pas mon affaire, [...]
Mots clefs :
Lanterne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Les deux Enigmes nouvelles
que je vous envoye , pourront
avoir quelque obfcurité pour
vos Amies . La premiere eft des
deux Inféparables d'Abbeville.
ENIGME.
Fo
L'
E grandjour n'estpas mon
affaire,
•ne parois jamais que dans l'abfcurité;
Et cependantfans vanité,
Je ne laisse pas que deplaire.
25
Eft-il unfort égal au mien?
376 MERCVRE
Ce qui m'arrive doitfurprendre.
Un Homme à quijamaisje n'ayfait
que dubien,
Luy-mefmefans confulter rien
Se met en état de me pendre.
que je vous envoye , pourront
avoir quelque obfcurité pour
vos Amies . La premiere eft des
deux Inféparables d'Abbeville.
ENIGME.
Fo
L'
E grandjour n'estpas mon
affaire,
•ne parois jamais que dans l'abfcurité;
Et cependantfans vanité,
Je ne laisse pas que deplaire.
25
Eft-il unfort égal au mien?
376 MERCVRE
Ce qui m'arrive doitfurprendre.
Un Homme à quijamaisje n'ayfait
que dubien,
Luy-mefmefans confulter rien
Se met en état de me pendre.
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10488
p. 90-91
A MADAME LA DAUPHINE.
Début :
MADAME .... Nous vous rendons aujourd'huy pour la premiere fois, [...]
Mots clefs :
Dauphine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA DAUPHINE.
A MADAME
LADAUPHINE
MADAME.
Nous vous rendons aujourd'huy
pour lapremière
fois, nos tres humbles
hommages & avec un
sensible plaisîr quoyque
ce soit un sujet de douleur
qui nous le procure. Noflrc
caractere ne nous permet
pas de loüer en vous ce que
tout le monde y admire. :
Nous ne loüerons que vostre
foy ,&c.la droiture de
vos intentions, la delicatesse
& la soliditédevostre qrit,
la bonté devostre coeur, vojlre
union avecunauguste Epoux,
& lefoin que vous avez conjointement
avecluy deprolonger
heureusement les jours de
Sa Majesté en luy faisant
trouver dans sa Famille toute
la douceurqui est deuë à unsi
bon pere , & à un maistresi
refyeftMe*
LADAUPHINE
MADAME.
Nous vous rendons aujourd'huy
pour lapremière
fois, nos tres humbles
hommages & avec un
sensible plaisîr quoyque
ce soit un sujet de douleur
qui nous le procure. Noflrc
caractere ne nous permet
pas de loüer en vous ce que
tout le monde y admire. :
Nous ne loüerons que vostre
foy ,&c.la droiture de
vos intentions, la delicatesse
& la soliditédevostre qrit,
la bonté devostre coeur, vojlre
union avecunauguste Epoux,
& lefoin que vous avez conjointement
avecluy deprolonger
heureusement les jours de
Sa Majesté en luy faisant
trouver dans sa Famille toute
la douceurqui est deuë à unsi
bon pere , & à un maistresi
refyeftMe*
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Résumé : A MADAME LA DAUPHINE.
La lettre à Madame Ladauphine exprime des hommages et une douleur partagée. Les auteurs louent sa foi, sa droiture, sa délicatesse et la solidité de son esprit, ainsi que la bonté de son cœur. Ils soulignent son union avec son époux et leurs efforts pour prolonger les jours du roi en lui offrant toute la douceur due à un bon père et à un maître respecté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10489
p. 1885-1886
LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
Début :
MON Cousin, après la perte que le Roi de Sardaigne a faite du Comté [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Te Deum, Actions de grâces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
LETTRE du Roi , écrite à M. l'Arche
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
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10490
p. 383-384
ENIGME.
Début :
L'Enigme nouvelle que je vous envoye n'est pas indigne d'exercer / Je suis de bizarre figure, [...]
Mots clefs :
Luth
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme nouvelle que je vous
envoye n'eft pas indigne d'exer
cer le talent de vos Amies .
ENIGME.-
E fuis de bizarre figure ,
Sans pieds , fans mains , courbé¸
boſſu
Et
je dois
beaucoup
plus
à l'Art
qu'à
la
Nature
L'honneur d'eftre par tout reçu.
Je rens le coeur fenfible & tendre,
F'emeus les pallions , je charme les
ennuis ,
Fe parle tout mort que je fuis ,
384 MERCURE
Mais on auroitpeine à m'entendre,
Ouje m'expliquerois tres- mal
Sans lefecours d'un animal.
envoye n'eft pas indigne d'exer
cer le talent de vos Amies .
ENIGME.-
E fuis de bizarre figure ,
Sans pieds , fans mains , courbé¸
boſſu
Et
je dois
beaucoup
plus
à l'Art
qu'à
la
Nature
L'honneur d'eftre par tout reçu.
Je rens le coeur fenfible & tendre,
F'emeus les pallions , je charme les
ennuis ,
Fe parle tout mort que je fuis ,
384 MERCURE
Mais on auroitpeine à m'entendre,
Ouje m'expliquerois tres- mal
Sans lefecours d'un animal.
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10491
p. 175-176
ENIGME.
Début :
Je sers à celui qui sert [...]
Mots clefs :
Tente d'armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
JE feve àcelui quiferevert
Vetu de rouge ou de vert ,
Ou de couleur éteinte , on de couleur bril
lante :
Devinés - moi par le Maistre que j'ai .
Onm'êléve pour lui,tant bonne que méchante :
En quittantpere & mere, il m'apele fatante;
Parfois me met en croupe , en habit négligé ;
Parfois fiere & guindée , en Doïaigne eſpagnole
,
Etalant mon Vertugadin ,
J'attens le retour de mon Drole ;
P' iiij
A
176
LE
MERCURE
S
Qui venant coucher dans mon fein
A pour cela frifé la corde.
JE feve àcelui quiferevert
Vetu de rouge ou de vert ,
Ou de couleur éteinte , on de couleur bril
lante :
Devinés - moi par le Maistre que j'ai .
Onm'êléve pour lui,tant bonne que méchante :
En quittantpere & mere, il m'apele fatante;
Parfois me met en croupe , en habit négligé ;
Parfois fiere & guindée , en Doïaigne eſpagnole
,
Etalant mon Vertugadin ,
J'attens le retour de mon Drole ;
P' iiij
A
176
LE
MERCURE
S
Qui venant coucher dans mon fein
A pour cela frifé la corde.
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10492
p. 2275-2276
COPIE de la Déclaration faite au nom du Roy, au mois de Mars 1733.
Début :
No I. Le Roy suspendroit encore son jugement sur l'objet du corps considérable [...]
Mots clefs :
Roi, Pologne, Polonais, Dessein, Contraindre, Liberté, Europe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Déclaration faite au nom du Roy, au mois de Mars 1733.
COPIE de la Déclaration faite au nom
du Roy , au mois de Mars 1733.
No 1. T E Roy suspendroit encore son juge-
1.LE
ment sur l'objet du corps considérable
de Troupes que l'Empereur fait marcher vers la
Frontiére de Pologne , si les déclarations faites
par la plupart des Ministres Impériaux , pouvoient
permettre de douter du désir et même du
dessein de contraindre les Polonois. A la vûë d'un
-projet aussi hautement déclaré : Sa Majesté ne
peut dissimuler ,,
qu'outre l'interêt commun que
tous les Princes, ont de maintenir la liberté de la
Pologne, sa dignité et le rang qu'elle tient parmi
· les Puissances de l'Europe , la mettent en droit ,
›et l'obligent même à prendre part aux affaires
qui
2276 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent troubler la tranquillité générale,
C'est dans cette vûe que le Roy a déja fait assúrer
les Polonois, qu'il maintiendroit autant qu'il
seroit en lui , la liberté entiere des suffrages , et
il ne se départira jamais de ces principes d'éq
té. Sa Majesté croit donc devoir déclarer qu'Elle
ne pourroit regarder toutes démarches ou entreprises
faites pour contraindre leurs suffrages , que
comme un dessein de troubler le repos de l'Europe:
Sa Majesté ne pourrait donc se dispenser
alors , d'agir avec le zele et la fermeté que l'im:
portance de la matière le requiert.
du Roy , au mois de Mars 1733.
No 1. T E Roy suspendroit encore son juge-
1.LE
ment sur l'objet du corps considérable
de Troupes que l'Empereur fait marcher vers la
Frontiére de Pologne , si les déclarations faites
par la plupart des Ministres Impériaux , pouvoient
permettre de douter du désir et même du
dessein de contraindre les Polonois. A la vûë d'un
-projet aussi hautement déclaré : Sa Majesté ne
peut dissimuler ,,
qu'outre l'interêt commun que
tous les Princes, ont de maintenir la liberté de la
Pologne, sa dignité et le rang qu'elle tient parmi
· les Puissances de l'Europe , la mettent en droit ,
›et l'obligent même à prendre part aux affaires
qui
2276 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent troubler la tranquillité générale,
C'est dans cette vûe que le Roy a déja fait assúrer
les Polonois, qu'il maintiendroit autant qu'il
seroit en lui , la liberté entiere des suffrages , et
il ne se départira jamais de ces principes d'éq
té. Sa Majesté croit donc devoir déclarer qu'Elle
ne pourroit regarder toutes démarches ou entreprises
faites pour contraindre leurs suffrages , que
comme un dessein de troubler le repos de l'Europe:
Sa Majesté ne pourrait donc se dispenser
alors , d'agir avec le zele et la fermeté que l'im:
portance de la matière le requiert.
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Résumé : COPIE de la Déclaration faite au nom du Roy, au mois de Mars 1733.
En mars 1733, le roi de France suspend son jugement sur les troupes impériales se dirigeant vers la frontière polonaise, bien que les déclarations des ministres impériaux laissent peu de doute sur l'intention de contraindre les Polonais. Le roi souligne l'intérêt commun des princes européens à maintenir la liberté de la Pologne et son propre devoir de préserver la tranquillité générale. Il a déjà assuré aux Polonais qu'il soutiendra leur liberté de suffrage et ne dévira pas de ces principes d'égalité. Le roi déclare qu'il considérera toute tentative de contraindre les suffrages polonais comme une menace à la paix européenne et agira avec zèle et fermeté pour y répondre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10493
p. 185-186
AUTRE Par M. de la T.
Début :
D'une assez bizarre figure [...]
Mots clefs :
Tire-bouchon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE Par M. de la T.
AUTRE
Par M. de la T.
Done
Une affez bizarrefigure
Mon corpsfe trouve composé
D'en tracer ici la peinture ,
Il ne fera pas fort aisé.
Je fuis de petite ſtructure ,
Le p'us fouvent fabriqué de métal ,
Que l'on voit aux humains eftre utile &fatal.
Dans ma tête est une ouverture
Qui mefert à ferrer mon pié ;
One fpirale aiguë en forme la tournure ;
Ilfe brife par la moitié.
Par elle il donne la torture
A mainte legere coëffure
Qu'elle gate & rompt fans pitié.
Par moy l'on declare la guerre
Aux triftes foucis , aux chagrins s
Et par moy coule fur la terre
On don quifut toujours precieux aux humains.
Je luyfais un libre paſſage ,
Et je délivre de prifon
D'amour le vray contrepoifon..
Dans les plaifirs je fuis d'usages
De maint objet & fragile & mignon
Dont près de moy la refifiance eſt vaines
Avec unpeu d'effort j'enleve le signon-
OL
186 LE MERCURE
Qui loin de s'en fächer me paye de ma peine :
Lorſqu'en le décoiffant , pour may coule ſa veine.
Certain petit éclat , certain fon tout charmant ,
S'entend alors , dont le doux bruit réveille
Etflatte & réjouit l'oreille ,
Mieux que le plus doux inftrument.
Amans , enviez ma fortune;
Je fçais décoiffer en unjour ,
Plus d'une blonde d'une brune.
Quant aux fages beautez j'ay fait aſſez ma cours
La vive , la brillante , afort fouventfon tour
Mais cet excès ne m'est jamais nuiſible :
Je n'en fens aucun repentir ,
A lapeine comme au plaiſir
On me voit toujours inſenſible i
J'en donnefans en reffentir.
Par M. de la T.
Done
Une affez bizarrefigure
Mon corpsfe trouve composé
D'en tracer ici la peinture ,
Il ne fera pas fort aisé.
Je fuis de petite ſtructure ,
Le p'us fouvent fabriqué de métal ,
Que l'on voit aux humains eftre utile &fatal.
Dans ma tête est une ouverture
Qui mefert à ferrer mon pié ;
One fpirale aiguë en forme la tournure ;
Ilfe brife par la moitié.
Par elle il donne la torture
A mainte legere coëffure
Qu'elle gate & rompt fans pitié.
Par moy l'on declare la guerre
Aux triftes foucis , aux chagrins s
Et par moy coule fur la terre
On don quifut toujours precieux aux humains.
Je luyfais un libre paſſage ,
Et je délivre de prifon
D'amour le vray contrepoifon..
Dans les plaifirs je fuis d'usages
De maint objet & fragile & mignon
Dont près de moy la refifiance eſt vaines
Avec unpeu d'effort j'enleve le signon-
OL
186 LE MERCURE
Qui loin de s'en fächer me paye de ma peine :
Lorſqu'en le décoiffant , pour may coule ſa veine.
Certain petit éclat , certain fon tout charmant ,
S'entend alors , dont le doux bruit réveille
Etflatte & réjouit l'oreille ,
Mieux que le plus doux inftrument.
Amans , enviez ma fortune;
Je fçais décoiffer en unjour ,
Plus d'une blonde d'une brune.
Quant aux fages beautez j'ay fait aſſez ma cours
La vive , la brillante , afort fouventfon tour
Mais cet excès ne m'est jamais nuiſible :
Je n'en fens aucun repentir ,
A lapeine comme au plaiſir
On me voit toujours inſenſible i
J'en donnefans en reffentir.
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10494
p. 367-369
MUSETTE.
Début :
Je veux chanter sur ma Musette, [...]
Mots clefs :
Musette, Amour, Voeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSETTE.
FUSETTE,
ÏE veux chanter sur ma Musette ,
:s doux attraits qui m'ont charmé »
jîvion tendre coeur est enflammé
Des yeux 4e la jeune Lisette:
Elle est favorabje à mes voeux,
Won sort n'est-i.I pas trop heureux t
L'Amour a fait son beau visage ,
Pour lancer ses Traits les plus doux j -t
Dès qu'on la voit on sent ses coups ,
• 1 C«r
3*11 NsERCURE DE FRAÍICE^ „
;Car il s'tst peint dans son Ouvrage :
Elle est favorable à mes voeux ,
ífyoa fort n'est- il pas trop heureux.?
Tous les Bergers de ce Village.»
Adorent ses naiiîans appas ,
En tous lieux ils -suivent ses pas î
Mais elle rit de leur hommage :
Elle est favorable à mes voeux ,
■Mon fort n'est- ii pas trop heureux?
Quand je lut vante ma tendresse,
file m'écoute avec plaisir ,
Et quand au gré de mon désir ,
Sur le gazon je la caresse ; .
ÊUe est favorable à mes voeux*
Mon fort R'est-il pas trop heureux*
Ainsi ,Tircis , qu'Amour inspire,
Assis à l'ombre d'un Ormeau .
Un jour en gardant son Troupeau »
Au tendre Echo faisoic redire :
EUe est favorable à mes voeux ,
Mon fore n'est-il pas trop heureux f
II fut surpris de fa Bergère ,
Qui l'çcoutoit ftès d'«n Bnisspn>" ■ * 4
YT>. Et
FEVRIER. î7jov 3**<
Et le refrain de la Chanson ,
Fut repeté sur la fougère : ,
EUé" est favorable à mes voeux, , i
Mon sort n'etì-il pas trop heureux ?
: Par M. l'stffichtrd.
ÏE veux chanter sur ma Musette ,
:s doux attraits qui m'ont charmé »
jîvion tendre coeur est enflammé
Des yeux 4e la jeune Lisette:
Elle est favorabje à mes voeux,
Won sort n'est-i.I pas trop heureux t
L'Amour a fait son beau visage ,
Pour lancer ses Traits les plus doux j -t
Dès qu'on la voit on sent ses coups ,
• 1 C«r
3*11 NsERCURE DE FRAÍICE^ „
;Car il s'tst peint dans son Ouvrage :
Elle est favorable à mes voeux ,
ífyoa fort n'est- il pas trop heureux.?
Tous les Bergers de ce Village.»
Adorent ses naiiîans appas ,
En tous lieux ils -suivent ses pas î
Mais elle rit de leur hommage :
Elle est favorable à mes voeux ,
■Mon fort n'est- ii pas trop heureux?
Quand je lut vante ma tendresse,
file m'écoute avec plaisir ,
Et quand au gré de mon désir ,
Sur le gazon je la caresse ; .
ÊUe est favorable à mes voeux*
Mon fort R'est-il pas trop heureux*
Ainsi ,Tircis , qu'Amour inspire,
Assis à l'ombre d'un Ormeau .
Un jour en gardant son Troupeau »
Au tendre Echo faisoic redire :
EUe est favorable à mes voeux ,
Mon fore n'est-il pas trop heureux f
II fut surpris de fa Bergère ,
Qui l'çcoutoit ftès d'«n Bnisspn>" ■ * 4
YT>. Et
FEVRIER. î7jov 3**<
Et le refrain de la Chanson ,
Fut repeté sur la fougère : ,
EUé" est favorable à mes voeux, , i
Mon sort n'etì-il pas trop heureux ?
: Par M. l'stffichtrd.
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Résumé : MUSETTE.
La chanson 'Fusette' exprime l'amour du narrateur pour Lisette, une jeune femme dont il admire les doux attraits et les yeux enflammants. Le narrateur se réjouit de l'attention favorable de Lisette et se considère chanceux. Tous les bergers du village sont épris de Lisette, mais elle rit de leurs hommages. Cependant, elle écoute avec plaisir les déclarations du narrateur et accepte ses caresses sur le gazon. Dans une scène, Tircis, inspiré par l'amour, répète son admiration pour Lisette à l'écho, et elle l'écoute en souriant. Le refrain souligne la chance du narrateur d'être aimé par Lisette. La chanson est datée de février 1730 et signée par M. l'Abbé de Frayche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10495
p. 1853-1856
La Réünion forcée, Comédie, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens Italiens donnerent la premiere Représentation d'une petite Comédie [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Comtesse, Procureur, Maître
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Réünion forcée, Comédie, &c. [titre d'après la table]
Les Comédiens Italiens donnerent la
premiere Repréfentation d'une petite Comédie
en Profe, en un Acte , avec un Divertiffement
; elle a pour titre la Réunion
forcée. Cette Piece ne promet pas un grand
fuccès , le Lecteur en va juger par la legere
idée que nous en allons donner.
Une Comteffe fur le retour , ayant
époufé un jeune Cavalier appellé Damon ,
qui n'a pas pour elle les égards qu'elle s'en
étoit promis , veut fe venger de lui par
le divorce ; elle ouvre la Scene avec fa
fuivante Finette , qui la flatte d'un fort
plus heureux qui fuivra le gain de fon
procès. M.du Doffier, fon Procureur , vient
lui annoncer un triomphe prématuré ,
qui n'exifte que dans fon imagination , &
qu'il dit infaillible
P'heureuſe difpofition
qu'il dit avoir mife dans ce Procès.
Sur cette frivole efperance , il ofe parler
d'Amour & d'Hymen à la Comteffe , qui
reçoit fa déclaration avec fierté , attendu
par
l'inegalté
1854 MERCURE DE FRANCE
l'inegalité des conditions. Du Doſſier a
recours à Finette ; & pour la mettre dans
fes interêts , il lui promet de lui faire
époufer l'Avenir , fon Maître Clerc, Finette
, non moins fiere que fa Maîtreffe ,
ne veut pas d'un Clerc de Procureur pour
Mari. Du Doffier lui promet de le mettre
en poffeffion d'une belle & bonne Charge
d'Huiffier à Verge. Finette l'accepte à ce
prix , mais elle doute que fa Maîtreſſe
puiffe fe réfoudre à époufer un Procureur ;
elle dit à du Doffier que le gout de la
Comteffe feroit plutôt pour un Financier,
ce qui détermine du Doffier à revenir ſe
prefenter à elle fous le nom & l'habit
d'un frere qu'il a dans la Finance , appellé
M. du Zero. Il execute fon projet ,
& fous le nom de Financier il eft parfaitement
bien reçû de la Comteffe . Damon
fon jeune mary , vient troubler leur naiffante
intelligence ; il demande à la Comteffe
cent piftoles dont il a befoin , &
qu'il veut avoir fur le champ ; les injures
ne font épargnées de part & d'autre ;
M.du Zero , pour faire fa cour à la Comteffe
, donne un billet au porteur de mille
francs , que Finette reçoit malgré fa Maîtreffe.
Oronte , pere de Damon , vient annoncer
à la Comteffe fa Bru , qu'elle a perdu
fon Procès tout au long , & qu'on vient
de
A O UST. 1730. 1855
de la déclarer non - recevable ; elle ſe plaint
de l'injustice de fes premiers Juges, & dit
qu'elle en veut appeller. Damon fait le
doucereux auprès d'elle & la détermine
à fe réconcilier avec lui ; elle y confent ;
le faux du Zero redemande fon Billet à
Finette, qui le garde comme étant de bonne
prife ; l'Avenir reconnoît fon Maître
du Doffier , fous les habits de du Zero. La
Piece finit par un Divertiffement qu'on
trouvé trop bien amené ; cette
Fête a été préparée par l'étourdi Damon ;
c'eſt à proprement parler une nouvelle
infulte qu'il fait à la Comteſſe ſa femme ;
on en peut juger par ce premier Air
qu'on chante :
n'a
pas
Au premier âge ,
On méprifoit les biens ;
L'Amour feul formoit les liens ,
D'un heureux mariage :
Plutus ne regnoit point encor ;
Ce Dieu , Maître à prefent de notre destinée ,
Nous vend au poids de l'or ,
Le plus trifte Hymenée,
Le Vaudeville eft fur le même ton ;
en voici deux Couplets .
Femme riche & fur le retour ,
Voit croître les Amans près d'elle ;
Filla
1856 MERCURE DE FRANCE
Fille fans biens , mais jeune & belle ,
Les voit déferter de la Cour ,
Point d'argent , point de mariage ;
Argent & vieilleffe , on dit bon ;
Sans argent , jeuneſſe , on dit non :
C'eſt aujourd'hui l'uſage.
Arlequin au Parterre.
"
Si chacun de vous eft content ;
Qu'aujourd'hui l'on vous ait fait rire ,
Oh ! Meffieurs , vous n'avez qu'à dire ;
Apportez-nous bien de l'argent :
Point d'argent , adieu le courage ;
Quand j'en vois beaucoup , je dis bon ;
Mais quand j'en vois peu , je dis non :
Je fuis dans cet uſage.
La Mufique du Divertiſſement eſt toûjours
de M. Mouret.
premiere Repréfentation d'une petite Comédie
en Profe, en un Acte , avec un Divertiffement
; elle a pour titre la Réunion
forcée. Cette Piece ne promet pas un grand
fuccès , le Lecteur en va juger par la legere
idée que nous en allons donner.
Une Comteffe fur le retour , ayant
époufé un jeune Cavalier appellé Damon ,
qui n'a pas pour elle les égards qu'elle s'en
étoit promis , veut fe venger de lui par
le divorce ; elle ouvre la Scene avec fa
fuivante Finette , qui la flatte d'un fort
plus heureux qui fuivra le gain de fon
procès. M.du Doffier, fon Procureur , vient
lui annoncer un triomphe prématuré ,
qui n'exifte que dans fon imagination , &
qu'il dit infaillible
P'heureuſe difpofition
qu'il dit avoir mife dans ce Procès.
Sur cette frivole efperance , il ofe parler
d'Amour & d'Hymen à la Comteffe , qui
reçoit fa déclaration avec fierté , attendu
par
l'inegalté
1854 MERCURE DE FRANCE
l'inegalité des conditions. Du Doſſier a
recours à Finette ; & pour la mettre dans
fes interêts , il lui promet de lui faire
époufer l'Avenir , fon Maître Clerc, Finette
, non moins fiere que fa Maîtreffe ,
ne veut pas d'un Clerc de Procureur pour
Mari. Du Doffier lui promet de le mettre
en poffeffion d'une belle & bonne Charge
d'Huiffier à Verge. Finette l'accepte à ce
prix , mais elle doute que fa Maîtreſſe
puiffe fe réfoudre à époufer un Procureur ;
elle dit à du Doffier que le gout de la
Comteffe feroit plutôt pour un Financier,
ce qui détermine du Doffier à revenir ſe
prefenter à elle fous le nom & l'habit
d'un frere qu'il a dans la Finance , appellé
M. du Zero. Il execute fon projet ,
& fous le nom de Financier il eft parfaitement
bien reçû de la Comteffe . Damon
fon jeune mary , vient troubler leur naiffante
intelligence ; il demande à la Comteffe
cent piftoles dont il a befoin , &
qu'il veut avoir fur le champ ; les injures
ne font épargnées de part & d'autre ;
M.du Zero , pour faire fa cour à la Comteffe
, donne un billet au porteur de mille
francs , que Finette reçoit malgré fa Maîtreffe.
Oronte , pere de Damon , vient annoncer
à la Comteffe fa Bru , qu'elle a perdu
fon Procès tout au long , & qu'on vient
de
A O UST. 1730. 1855
de la déclarer non - recevable ; elle ſe plaint
de l'injustice de fes premiers Juges, & dit
qu'elle en veut appeller. Damon fait le
doucereux auprès d'elle & la détermine
à fe réconcilier avec lui ; elle y confent ;
le faux du Zero redemande fon Billet à
Finette, qui le garde comme étant de bonne
prife ; l'Avenir reconnoît fon Maître
du Doffier , fous les habits de du Zero. La
Piece finit par un Divertiffement qu'on
trouvé trop bien amené ; cette
Fête a été préparée par l'étourdi Damon ;
c'eſt à proprement parler une nouvelle
infulte qu'il fait à la Comteſſe ſa femme ;
on en peut juger par ce premier Air
qu'on chante :
n'a
pas
Au premier âge ,
On méprifoit les biens ;
L'Amour feul formoit les liens ,
D'un heureux mariage :
Plutus ne regnoit point encor ;
Ce Dieu , Maître à prefent de notre destinée ,
Nous vend au poids de l'or ,
Le plus trifte Hymenée,
Le Vaudeville eft fur le même ton ;
en voici deux Couplets .
Femme riche & fur le retour ,
Voit croître les Amans près d'elle ;
Filla
1856 MERCURE DE FRANCE
Fille fans biens , mais jeune & belle ,
Les voit déferter de la Cour ,
Point d'argent , point de mariage ;
Argent & vieilleffe , on dit bon ;
Sans argent , jeuneſſe , on dit non :
C'eſt aujourd'hui l'uſage.
Arlequin au Parterre.
"
Si chacun de vous eft content ;
Qu'aujourd'hui l'on vous ait fait rire ,
Oh ! Meffieurs , vous n'avez qu'à dire ;
Apportez-nous bien de l'argent :
Point d'argent , adieu le courage ;
Quand j'en vois beaucoup , je dis bon ;
Mais quand j'en vois peu , je dis non :
Je fuis dans cet uſage.
La Mufique du Divertiſſement eſt toûjours
de M. Mouret.
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Résumé : La Réünion forcée, Comédie, &c. [titre d'après la table]
Le texte relate la première représentation de 'La Réunion forcée', une comédie en prose des Comédiens Italiens. La pièce, en un acte, raconte l'histoire d'une comtesse souhaitant divorcer de son mari, Damon, en raison de son manque de respect. Encouragée par sa servante, Finette, et son procureur, M. du Dossier, elle refuse les avances de ce dernier en raison de la différence de leurs conditions sociales. M. du Dossier, se faisant passer pour un financier, M. du Zero, tente de séduire la comtesse. Damon interrompt leur entretien en réclamant de l'argent, ce qui provoque des échanges tendus. M. du Zero offre un billet de mille francs à la comtesse via Finette. Oronte, le père de Damon, annonce que la comtesse a perdu son procès. Damon convainc alors la comtesse de se réconcilier. M. du Zero réclame son billet, mais Finette le garde. La pièce se conclut par un divertissement organisé par Damon, incluant des airs et des couplets sur l'amour et l'argent, avec une musique de M. Mouret.
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10496
s. p.
TABLE.
Début :
Prelude, dans lequel on voit la bonté du Roy, qui remet le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Prelude , dans lequel on voit la
bonté du Roy , qui remet le
Den gratuit aux Etats d'Artois ,
5
Premier Article des morts ,
Lettre d'Argentan , qui contient
des faits fort finguliers ,
Article curicax
57
touchant Mr
Rigaud,fameux Peintre 95
Difputefur l'obligation d'alifter a
la Meffe de Parroiffe 107
Dignité de Prevost de S. Paul de
Liege , conferée à Mr le Comte
de Berlo , Evêque de Namur ,
III
Fondation faite à Lyon pour des
Prieres pendant les trois derniers
jours du Carnaval,
Second Article des morts ,
IIS
117
Ouverture de l'Affemblée generale
Kk ij
TABLE.
du Clergé , faite aux grands
Auguftins , avec les Ceremonies
obfervées à la Meße du S. Ef
prit , un extrait du Sermon
-prêché le même jour 159
Fefte galantefaite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 167
Sonnetsfurlefujet decette naiffance
180
Mariage 189 ,
Article du Teftament de Mrl Archevêque de Reims , par lequel
il donne fa Bibliotheque à l'Abbaye de Sainte Geneviève , 202
Cloche baptifée à Rennes , & tenuë
parMr le Maréchal de Chasteaurenault , & par Me de Brillac ,
premiere prefidente du Parlement,
*
207
Offrefaite an Roy , par les Secretai-
TABLE.
9.
214
res Auditeurs de la Chambre des
Comptes de la même Ville ,
Thefesfoutenuës dans les Ecoles de
Droit où Mr.l'Abbé du Gué de
Launay reçoit le Bonnet de
Docteur,
*
216
Lettre fur la reception de Monfeigneur le Duc d'Anjou au Rofaire ,
218
Mouvementfaitparmy les Inten- dans ,
246
Trois morts fubites dignes d'estre
256 remarquées
Epitaphe de Mr l'Evêque de Nifmes, 263
266
Reception de Mr le President de
Mefmes , à l'Academie · Fran.
coife
Mile Vaffeur Maitre des Comptes
» obtient l'agrement d'une Charge
de Maistre d'Hôtel du Roy , 268
Kk iij
TABLE.
Dons faits parle Roy d'Espagne
269
290
Quatrieme Article des morts , 272
Me de Chatillon eft nommée par le
Roy, Abbeffe de la Deferte , 287
Prife de Poßeffion de l'Abbaye de
S. Pierre de Lyon , par Me de
Briffac ,
Second Article de Mariage, 198
Ce qui ſe paſſa à Versailles le 19
de ce mois lorfque Monfieur le
Cardinal de Noailles s'y rendit
àla tefte du Clergé , & les Harangues que fon Eminence fit at
Roy & à Monfeigneur le Dauphin ,
Le 20. & le 27. Mrs les commiffaires du Royviennent à l'Affemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté , & ce
qui s'eft paßé àcette occafion , 325
° 10 299
TABLE.
Suite de ce qui s'eft paffe aprés
la mort de S. A. S. Monfieur le
Duc,
339
Sermens preftez par Monfieur le
Duc pour la Charge de Grand
Maitre de la Maifon du Roy ,
&pour le Gouvernement de Bourgogne 343
Article des 344 Enigmes ,
Situation des Affaires de l'Europe ,
350
Suite de tout ce qui s'eft passé à
l'occafion dela naiffance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 380
Nouveaux Officiers Generaux ,
Article refervez
"
383
385
Prelude , dans lequel on voit la
bonté du Roy , qui remet le
Den gratuit aux Etats d'Artois ,
5
Premier Article des morts ,
Lettre d'Argentan , qui contient
des faits fort finguliers ,
Article curicax
57
touchant Mr
Rigaud,fameux Peintre 95
Difputefur l'obligation d'alifter a
la Meffe de Parroiffe 107
Dignité de Prevost de S. Paul de
Liege , conferée à Mr le Comte
de Berlo , Evêque de Namur ,
III
Fondation faite à Lyon pour des
Prieres pendant les trois derniers
jours du Carnaval,
Second Article des morts ,
IIS
117
Ouverture de l'Affemblée generale
Kk ij
TABLE.
du Clergé , faite aux grands
Auguftins , avec les Ceremonies
obfervées à la Meße du S. Ef
prit , un extrait du Sermon
-prêché le même jour 159
Fefte galantefaite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 167
Sonnetsfurlefujet decette naiffance
180
Mariage 189 ,
Article du Teftament de Mrl Archevêque de Reims , par lequel
il donne fa Bibliotheque à l'Abbaye de Sainte Geneviève , 202
Cloche baptifée à Rennes , & tenuë
parMr le Maréchal de Chasteaurenault , & par Me de Brillac ,
premiere prefidente du Parlement,
*
207
Offrefaite an Roy , par les Secretai-
TABLE.
9.
214
res Auditeurs de la Chambre des
Comptes de la même Ville ,
Thefesfoutenuës dans les Ecoles de
Droit où Mr.l'Abbé du Gué de
Launay reçoit le Bonnet de
Docteur,
*
216
Lettre fur la reception de Monfeigneur le Duc d'Anjou au Rofaire ,
218
Mouvementfaitparmy les Inten- dans ,
246
Trois morts fubites dignes d'estre
256 remarquées
Epitaphe de Mr l'Evêque de Nifmes, 263
266
Reception de Mr le President de
Mefmes , à l'Academie · Fran.
coife
Mile Vaffeur Maitre des Comptes
» obtient l'agrement d'une Charge
de Maistre d'Hôtel du Roy , 268
Kk iij
TABLE.
Dons faits parle Roy d'Espagne
269
290
Quatrieme Article des morts , 272
Me de Chatillon eft nommée par le
Roy, Abbeffe de la Deferte , 287
Prife de Poßeffion de l'Abbaye de
S. Pierre de Lyon , par Me de
Briffac ,
Second Article de Mariage, 198
Ce qui ſe paſſa à Versailles le 19
de ce mois lorfque Monfieur le
Cardinal de Noailles s'y rendit
àla tefte du Clergé , & les Harangues que fon Eminence fit at
Roy & à Monfeigneur le Dauphin ,
Le 20. & le 27. Mrs les commiffaires du Royviennent à l'Affemblée du Clergé faire les demandes de Sa Majesté , & ce
qui s'eft paßé àcette occafion , 325
° 10 299
TABLE.
Suite de ce qui s'eft paffe aprés
la mort de S. A. S. Monfieur le
Duc,
339
Sermens preftez par Monfieur le
Duc pour la Charge de Grand
Maitre de la Maifon du Roy ,
&pour le Gouvernement de Bourgogne 343
Article des 344 Enigmes ,
Situation des Affaires de l'Europe ,
350
Suite de tout ce qui s'eft passé à
l'occafion dela naiffance de Monfeigneur le Duc d'Anjou , 380
Nouveaux Officiers Generaux ,
Article refervez
"
383
385
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'un texte historique détaillant divers événements. Il commence par un prélude soulignant la bonté du roi, qui accorde une donation gratuite aux États d'Artois. Plusieurs articles traitent de décès, dont une lettre d'Argentan relatant des faits singuliers. Un article impose l'obligation d'assister à la messe paroissiale. La dignité de prévôt de Saint-Paul de Liège est confiée à Monsieur le Comte de Berlo, évêque de Namur. À Lyon, une fondation est créée pour des prières pendant les trois derniers jours du Carnaval. L'ouverture de l'assemblée générale du clergé est décrite, avec les cérémonies observées à la messe du Saint-Esprit et un extrait du sermon prêché ce jour-là. Une fête galante est organisée au château de Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. Le testament de Monsieur l'Archevêque de Reims lègue sa bibliothèque à l'abbaye de Sainte-Geneviève. Une cloche est baptisée à Rennes par Monsieur le Maréchal de Châteaurenault et Madame de Brillac. Des thèses sont soutenues dans les écoles de droit, où Monsieur l'Abbé du Gué de Launay reçoit le bonnet de docteur. Des événements à Versailles impliquent le Cardinal de Noailles et les commissaires du roi. La situation des affaires de l'Europe et divers autres événements, comme la nomination de nouveaux officiers généraux, sont également mentionnés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10497
p. 145-149
PRIX proposés par la Société Royale d'Agriculture de la Généralité de PARIS.
Début :
UN des principaux objets des recherches de l'Agriculture, est la connoissance [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par la Société Royale d'Agriculture de la Généralité de PARIS.
PRIX proposés par la Société Royale
d'Agriculture de la Généralité de
PARIS.
UN des principaux objets des recherches de l'Agriculture, est la connoissance
G
146 MERCURE DE FRANCE.
ce de la plus grande fécondité poffible
des terres , relativement à leurs quali-
tés; & des moyens de procurer cette
fécondité, ſoit par les labours, ſoit par
les engrais.
Le ſuccès des labours peut dépendre
de pluſieurs cauſes, telles que leur fré-
quence , leur profondeur plus ou moins
grande , & l'influence du temps le plus
propre à la préparation des terres.
Le ſuccès des engrais procède de
leur qualité & quantité, qui doivent
toujours être relatives à la qualité des
terres; de la meilleure méthode de pré-
parer les fumiers; du degréde leur fer-
mentation au temps où ils font em-
ployés, & plus particulièrement encore
du temps de les répandre & de les en-
fouir; enfin de l'état où se trouvent les
terres lorſqu'on y enterre les fumiers.
On ne peut parvenir à une connoif-
fance exacte de ces moyens de fécon-
dité, que par des obſervations & des
expériences dont les réſultats ſoient
bien conftatés.
Dans lavue d'encourager les Cultiva-
reurs à ſe livrer à un travail auffi eſſen-
tiel au bien public, la Société Royale
d'Agriculture propoſe des Prix à ceux
MARS. 1764.
147
quiauront obtenu la récolte defroment la
plus abondante & de la meilleure quali-
té ,fur un terrain de cinq arpens.
Les Laboureurs font, par leur pro-
feffion,à portée de connoître la qualité
de chaque eſpèce de terres , & les pro-
priétés des différentes cultures;la Socié-
té les invite à ſe regarder comme plus
plus particulièrement engagés à des re-
cherches auffi intéreſſantes, & dont le
fuccès leur feroit fi honorable.
Conditions du Concours.
1.º Les cinq arpens qui feront culti-
vés pour concourir aux Prix , feront
enune ſeule pièce , & de la meſure du
lieu; la différence des meſures locales
étant relatives à celle qui ſe trouve dans
les produits.
2. On ne pourra choiſir que des
terres qui ſoient actuellement & ha-
bituellement en culture , & non des
terres nouvellement défrichées , ſoit
d'herbages , foit de vignes ou de bois ,
ou précédemment employées au jardi-
nage , ni à toute autre production cul-
tivée à bras.
3.º Ces terres feront entièrement
labourées à la charrue.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
4.º Les ſemences pourront ſe faire
à la main , ſuivant l'ufage de chaque
lieu ; ou avec le ſemoir , ſi les Concur-
rens jugent à propos de ſe ſervir de
cet inſtrument , ou par telle autre mé-
thode qu'ils voudront éſſayer.
tatée par la meſure & le poids.
:
5.º La quantité de ſemence ſera conf-
6.° La récolte ſera conſtatée par le
nombre & la meſure des gerbes , par
la meſure & le poids du grain qui en
fera provenu , après qu'elles auront
été battues , & que le grain en aura
été bien criblé.
7.º Ceux qui ſe propoſeront pour
le concours , en donneront avis , avant
le 1. Août au plus tard , à M. de Pa-
lerne , Secrétaire perpétuel de la Société
Royale d'Agriculture , & lui adrefſferont
leurs lettres , ſous l'enveloppe de M.
l'Intendant de la Généralité de Paris..
8.º Les faits qui font l'objet des fix
premiers articles de ces conditions , ſe-
ront conſtatés diſtinctement & dans la
forme la plus exacte , par des cettificats
des Curé , Syndic , & des deux princi-
paux Laboureurs du lieu ; & le Con-
currentjoindra à ces certificats unMés
moire détaillé de la culture ordinaire
du lieu , & de la méthode particulière
MARS. 1764.
149
qu'il aura pratiquée , tant à l'égard des
labours qu'à l'égard des engrais , pour
faire connoître par cette comparaiſon ,
les principes & les avantages d'une
meilleure culture ; ce Mémoire fera cer-
tifié de même que les autres piéces.
9.° Ces certificats &Mémoires ſeront
adreſſés à M. de Palerne , ainſi
er
de quoi ils ne ſferont plus reçus.
qu'il
eſt dit à l'article 7. avant le 1. Dé-
cembre 1765 au plus tard , à défaut
10. ° Il ſera diſtribué , dans les pre-
miers jours de Janvier 1766 , cinq Prix
à ceux des Concurrens qui auront le
mieux réuffi. Le premier , de la ſomme
de Cinq cens livres , ſera adjugé à celui
qui aura obtenu la récolte la plus abon-
dante , relativement à la qualité & au
produit ordinaire de la terre qu'il aura
cultivée. Les quatre autres ,l'un de Trois
cens livres , un de Deux cens livres ,
& deux de Cent livres chacun , feront
la récompenſe de ceux des Concurrens
qui auront le plus approché du fuccés
qui aura mérité le premier Prix.
d'Agriculture de la Généralité de
PARIS.
UN des principaux objets des recherches de l'Agriculture, est la connoissance
G
146 MERCURE DE FRANCE.
ce de la plus grande fécondité poffible
des terres , relativement à leurs quali-
tés; & des moyens de procurer cette
fécondité, ſoit par les labours, ſoit par
les engrais.
Le ſuccès des labours peut dépendre
de pluſieurs cauſes, telles que leur fré-
quence , leur profondeur plus ou moins
grande , & l'influence du temps le plus
propre à la préparation des terres.
Le ſuccès des engrais procède de
leur qualité & quantité, qui doivent
toujours être relatives à la qualité des
terres; de la meilleure méthode de pré-
parer les fumiers; du degréde leur fer-
mentation au temps où ils font em-
ployés, & plus particulièrement encore
du temps de les répandre & de les en-
fouir; enfin de l'état où se trouvent les
terres lorſqu'on y enterre les fumiers.
On ne peut parvenir à une connoif-
fance exacte de ces moyens de fécon-
dité, que par des obſervations & des
expériences dont les réſultats ſoient
bien conftatés.
Dans lavue d'encourager les Cultiva-
reurs à ſe livrer à un travail auffi eſſen-
tiel au bien public, la Société Royale
d'Agriculture propoſe des Prix à ceux
MARS. 1764.
147
quiauront obtenu la récolte defroment la
plus abondante & de la meilleure quali-
té ,fur un terrain de cinq arpens.
Les Laboureurs font, par leur pro-
feffion,à portée de connoître la qualité
de chaque eſpèce de terres , & les pro-
priétés des différentes cultures;la Socié-
té les invite à ſe regarder comme plus
plus particulièrement engagés à des re-
cherches auffi intéreſſantes, & dont le
fuccès leur feroit fi honorable.
Conditions du Concours.
1.º Les cinq arpens qui feront culti-
vés pour concourir aux Prix , feront
enune ſeule pièce , & de la meſure du
lieu; la différence des meſures locales
étant relatives à celle qui ſe trouve dans
les produits.
2. On ne pourra choiſir que des
terres qui ſoient actuellement & ha-
bituellement en culture , & non des
terres nouvellement défrichées , ſoit
d'herbages , foit de vignes ou de bois ,
ou précédemment employées au jardi-
nage , ni à toute autre production cul-
tivée à bras.
3.º Ces terres feront entièrement
labourées à la charrue.
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
4.º Les ſemences pourront ſe faire
à la main , ſuivant l'ufage de chaque
lieu ; ou avec le ſemoir , ſi les Concur-
rens jugent à propos de ſe ſervir de
cet inſtrument , ou par telle autre mé-
thode qu'ils voudront éſſayer.
tatée par la meſure & le poids.
:
5.º La quantité de ſemence ſera conf-
6.° La récolte ſera conſtatée par le
nombre & la meſure des gerbes , par
la meſure & le poids du grain qui en
fera provenu , après qu'elles auront
été battues , & que le grain en aura
été bien criblé.
7.º Ceux qui ſe propoſeront pour
le concours , en donneront avis , avant
le 1. Août au plus tard , à M. de Pa-
lerne , Secrétaire perpétuel de la Société
Royale d'Agriculture , & lui adrefſferont
leurs lettres , ſous l'enveloppe de M.
l'Intendant de la Généralité de Paris..
8.º Les faits qui font l'objet des fix
premiers articles de ces conditions , ſe-
ront conſtatés diſtinctement & dans la
forme la plus exacte , par des cettificats
des Curé , Syndic , & des deux princi-
paux Laboureurs du lieu ; & le Con-
currentjoindra à ces certificats unMés
moire détaillé de la culture ordinaire
du lieu , & de la méthode particulière
MARS. 1764.
149
qu'il aura pratiquée , tant à l'égard des
labours qu'à l'égard des engrais , pour
faire connoître par cette comparaiſon ,
les principes & les avantages d'une
meilleure culture ; ce Mémoire fera cer-
tifié de même que les autres piéces.
9.° Ces certificats &Mémoires ſeront
adreſſés à M. de Palerne , ainſi
er
de quoi ils ne ſferont plus reçus.
qu'il
eſt dit à l'article 7. avant le 1. Dé-
cembre 1765 au plus tard , à défaut
10. ° Il ſera diſtribué , dans les pre-
miers jours de Janvier 1766 , cinq Prix
à ceux des Concurrens qui auront le
mieux réuffi. Le premier , de la ſomme
de Cinq cens livres , ſera adjugé à celui
qui aura obtenu la récolte la plus abon-
dante , relativement à la qualité & au
produit ordinaire de la terre qu'il aura
cultivée. Les quatre autres ,l'un de Trois
cens livres , un de Deux cens livres ,
& deux de Cent livres chacun , feront
la récompenſe de ceux des Concurrens
qui auront le plus approché du fuccés
qui aura mérité le premier Prix.
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10498
p. 793-798
« Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
Début :
Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...]
Mots clefs :
Roi, Sa Majesté, Reine, Château, Musique, Camp, Régiment, Concert, Lieutenant, Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
E Roy a donné il y a déja quelque
tems le Gouvernement de Thionville
à M. de Sioujeat , Lieutenant General
de ses Armées ,
Le Marquis de Montrevel que le Roy
a nommé Maréchal de Camp par la Promotion
du 20 Février , étoit Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie de son
nom ; ce n'est pas le Colonel du Regiment
de Rouergue.
Le Marquis de Graville a été nommé
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Cavalerie d'Orleans ; le Chevalier
de Castelane , Mestre de Camp Lieutenant
du Regiment de Dragons d'Orleans
et M. de Saint Simon , Mestre
de Camp Lieutenant du Regiment du
Mayne .
,
,
On a établi depuis peu
à l'Hôtel
Royal des Invalides une Ecole de
Trompettes pour servir dans les Troupes
du Roy. Ceux qu'on y admettra doivent
s'engager à servir pendant six ans . Ils
seront instruits aux dépens de Sa Majesté,
H iij
et
794 MERCURE DE FRANCE
et on augmentera leur paye à proportion
des progrès qu'ils feront .
Le 21 Mars , l'Evêque d'Evreux fut
scré dans l'Eglise du Noviciat des Jesuites
, par l'Archevêque de Rouen , assisté
des Evêques de Coutances et de Metz,
et le 25 il prêta serment de fidelité entre
les mains du Roy.
Le 31 du même mois il y eur Concert à Versailles
chez la Reine . M. Destouches Sur Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Tarsis ev
Zelie , dont le Poëme est de M. de la Serre , et
la Musique des sieurs Rebel et Francoeur .
Les et le 7 Avril , on continua le même Opera;
sa parfaite exécution fit beaucoup de plaisirs ,
tant pour les rôles et les choeurs que pour la
Sinphonie. Sa Majesté en témoigna beaucoup
de satisfaction.
Le 11 Avril , Dimanche de la Passion , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
dans lequel les Diles Erremens , Petitpas , Julie
et une autre Dlie de Province , qui n'y avoit pas
encore paru , chanterent differents Motets avec
aplaudissement ; le Concert fut terminé par le
Miserere de M. de laLande ,
Les de ce mois , M. le Marquis de
Nicolaï , Conseiller au Parlement , reçu
en survivance le 18 Decembre 1731. dans
la Charge de Premier President de la
Chambre des Comptes , ayant vingtcinq
AVRIL. 1734.. 795
cinq ans accomplis , sur la démission de
M. son pere , prit possession de sa place
en ladite Chambre où la séance fut publique
et nombreuse. Elle commença par
une Audience qui a été plaidée pendant
trois matinées par Mrs Millet et Laverdy,
Avocats au Parlement; chacun dans son
Plaidoyer , prit occasion de faire un compliment
au nouveau Premier President
sur son merite personel et sur celui de
M. son Pere et de ses Ancêtres . Il est à
remarquer que ce Magistrat nouveau reçu
est le neuviéme de sa famille.
>
Le 6 de ce mois , le Roy fit dans la
Place d'Armes qui est entre le Château
et les Ecuries la revûe des deux Compagnies
des Mousquetaires de la Garde de
Sa Majesté . Le Roy passa dans les rangs
et ensuite les vir défiler par Escadrons et
par Brigades ; les Détachements qui feront
la Campagne étoient à la tête . Après
la revûë , les deux Compagnies entrerent
dans la cour du Château , et elles défi,
lerent devant la Reine. Monseigneur le
Dauphin et Mesdames de France se trou,
verent à cette revûë à laquelle le Duc
de Chartres étoit à Cheval auprès de Sa
Majesté.
›
Le 18 Dimanche des Rameaux, le même Concert
Hiij fut
796 MERCURE DE FRANCE
fut continué , et lesau tres jours de la Semaine
Sainte, on y a exécuté differents Motets deM. de
la Lande,et d'autres Maîtres modernes , le Sieur
Jeliote dont la voix fait tant de plaisir , s'y est
distingué par plusieurs morceaux qu'il a chantés
avec beaucoup d'aplaudissemens
le ainsi que
Sr Mondonville dans l'exécution de plusieurs
Concertoqu'il a joués sur le violon d'une maniere
Très brillante. Le même Concert a été continué
Jusqu'à la fin du mois.
Les dernieres Lettres de Madrid marquent
que le Prince des Asturies étoit
presque entierement guéri de l'Opération
que le St Petit lui a faite. On ajoute que
ce Chirurgien étoit sur son départ pour
revenir à Paris , où il sera de retour le
15 du mois prochain .
Le Dimanche des Rameaux , le Roy
accompagné du Duc du Maine , du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu , assista
dans la Chapelle du Château , à la Benediction
desPalmes qui fut faite par l'Abbé
Brosseau , Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , qui en présenta une
à Sa Majesté le Roy assista à la Procession
, et après l'Evangile il adora la
Croix . Sa Majesté entendit ensuite la
Grande Messe célébrée par le même
Chapelain , et chantée par la Musique.
La Reine entendit la même Messe dans
sa Tribune.
:
L'après
AVRIL. 1734. 797
L'après midy Leurs Majestez entendirent
la Prédication du Pere Tainturier,
de la Compagnie de Jesus , et ensuite les
Vêpres.
9
Le Jeudi Saint , le Roy entendit le
Sermon de la Cêne du P. Painchinat
Cordelier du Convent de Paris , après
quoi l'Archevêque de Tours fit l'Absoute.
Le Roy lava les pieds à douze Pauvres ,
et Sa Majesté les servit à table : le Duc
de Bourbon Grand Maître de la Maison
du Roy , à la tête des Maîtres d'Hôtel ,
précedoit le Service .Monseigneur le Dauphin
, le Comte de Clermont , le Prince
de Conty , le Prince de Dombes , le
Comte d'Eu , le Comte de Toulouze et
les principaux Officiers de Sa Majesté
portoient les plats. Après cette cérémonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château ,
où sa Majesté entendit la Grande Messe ,
et assista à la Procession , et ensuite aux
Vêpres. La Reine entendit l'Office dans
sa Tribune , et l'après midy , Sa Majesté
entendit le Sermon de la Cêne du Pere
Jean François , Capucin , et l'Archevêque
de Rouen , Premier Aumônier de la
Reine , ayant fait l'Absoute , Sa Majesté
lava les pieds à douze pauvres filles , et
les servit à table . Le Marquis de Chamarande
, Premier Maître d'Hôtel de Sa
Hy Ma798
MERCURE DE FRANCE
•
Majesté précedoit leService dont les plats
étoient portez par les Princesses du Sang ,
par les Dames du Palais et par d'autres
Dames de la Cour .
:
Le Vendredy Saint , le Roy et la Reine
entendirent le Sermon de la Passion du
Pere Tainturier, de la Compagnie de Jesus
le Roy assista ensuite à l'Office , et
alla à l'Adoration de la Croix : la Reine
entendit l'Office dans la Tribune . Le soir
Leurs Majestez assistérent à l'Office des
Ténébres, qui fut chanté par la Musique .
Le Samedy Saint , le Roy revêtu du
Grand Collier de l'Ordre du Saint Esprit,
se rendità l'Eglise de la Paroisse du Château
, où Sa Majesté communia par les
mains du Cardinal de Rohan Grand
Aumônier de France. Le Roy toucha ensuite
un grand nombre de malades .
,
"
Le soir Leurs Majestez accompagnées
de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames
de France assistérent dans la
Chapelle du Château aux Complies , et
au Salut , pendant lequel l'O Filii fut
chanté par la Musique.
tems le Gouvernement de Thionville
à M. de Sioujeat , Lieutenant General
de ses Armées ,
Le Marquis de Montrevel que le Roy
a nommé Maréchal de Camp par la Promotion
du 20 Février , étoit Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie de son
nom ; ce n'est pas le Colonel du Regiment
de Rouergue.
Le Marquis de Graville a été nommé
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Cavalerie d'Orleans ; le Chevalier
de Castelane , Mestre de Camp Lieutenant
du Regiment de Dragons d'Orleans
et M. de Saint Simon , Mestre
de Camp Lieutenant du Regiment du
Mayne .
,
,
On a établi depuis peu
à l'Hôtel
Royal des Invalides une Ecole de
Trompettes pour servir dans les Troupes
du Roy. Ceux qu'on y admettra doivent
s'engager à servir pendant six ans . Ils
seront instruits aux dépens de Sa Majesté,
H iij
et
794 MERCURE DE FRANCE
et on augmentera leur paye à proportion
des progrès qu'ils feront .
Le 21 Mars , l'Evêque d'Evreux fut
scré dans l'Eglise du Noviciat des Jesuites
, par l'Archevêque de Rouen , assisté
des Evêques de Coutances et de Metz,
et le 25 il prêta serment de fidelité entre
les mains du Roy.
Le 31 du même mois il y eur Concert à Versailles
chez la Reine . M. Destouches Sur Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Tarsis ev
Zelie , dont le Poëme est de M. de la Serre , et
la Musique des sieurs Rebel et Francoeur .
Les et le 7 Avril , on continua le même Opera;
sa parfaite exécution fit beaucoup de plaisirs ,
tant pour les rôles et les choeurs que pour la
Sinphonie. Sa Majesté en témoigna beaucoup
de satisfaction.
Le 11 Avril , Dimanche de la Passion , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
dans lequel les Diles Erremens , Petitpas , Julie
et une autre Dlie de Province , qui n'y avoit pas
encore paru , chanterent differents Motets avec
aplaudissement ; le Concert fut terminé par le
Miserere de M. de laLande ,
Les de ce mois , M. le Marquis de
Nicolaï , Conseiller au Parlement , reçu
en survivance le 18 Decembre 1731. dans
la Charge de Premier President de la
Chambre des Comptes , ayant vingtcinq
AVRIL. 1734.. 795
cinq ans accomplis , sur la démission de
M. son pere , prit possession de sa place
en ladite Chambre où la séance fut publique
et nombreuse. Elle commença par
une Audience qui a été plaidée pendant
trois matinées par Mrs Millet et Laverdy,
Avocats au Parlement; chacun dans son
Plaidoyer , prit occasion de faire un compliment
au nouveau Premier President
sur son merite personel et sur celui de
M. son Pere et de ses Ancêtres . Il est à
remarquer que ce Magistrat nouveau reçu
est le neuviéme de sa famille.
>
Le 6 de ce mois , le Roy fit dans la
Place d'Armes qui est entre le Château
et les Ecuries la revûe des deux Compagnies
des Mousquetaires de la Garde de
Sa Majesté . Le Roy passa dans les rangs
et ensuite les vir défiler par Escadrons et
par Brigades ; les Détachements qui feront
la Campagne étoient à la tête . Après
la revûë , les deux Compagnies entrerent
dans la cour du Château , et elles défi,
lerent devant la Reine. Monseigneur le
Dauphin et Mesdames de France se trou,
verent à cette revûë à laquelle le Duc
de Chartres étoit à Cheval auprès de Sa
Majesté.
›
Le 18 Dimanche des Rameaux, le même Concert
Hiij fut
796 MERCURE DE FRANCE
fut continué , et lesau tres jours de la Semaine
Sainte, on y a exécuté differents Motets deM. de
la Lande,et d'autres Maîtres modernes , le Sieur
Jeliote dont la voix fait tant de plaisir , s'y est
distingué par plusieurs morceaux qu'il a chantés
avec beaucoup d'aplaudissemens
le ainsi que
Sr Mondonville dans l'exécution de plusieurs
Concertoqu'il a joués sur le violon d'une maniere
Très brillante. Le même Concert a été continué
Jusqu'à la fin du mois.
Les dernieres Lettres de Madrid marquent
que le Prince des Asturies étoit
presque entierement guéri de l'Opération
que le St Petit lui a faite. On ajoute que
ce Chirurgien étoit sur son départ pour
revenir à Paris , où il sera de retour le
15 du mois prochain .
Le Dimanche des Rameaux , le Roy
accompagné du Duc du Maine , du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu , assista
dans la Chapelle du Château , à la Benediction
desPalmes qui fut faite par l'Abbé
Brosseau , Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , qui en présenta une
à Sa Majesté le Roy assista à la Procession
, et après l'Evangile il adora la
Croix . Sa Majesté entendit ensuite la
Grande Messe célébrée par le même
Chapelain , et chantée par la Musique.
La Reine entendit la même Messe dans
sa Tribune.
:
L'après
AVRIL. 1734. 797
L'après midy Leurs Majestez entendirent
la Prédication du Pere Tainturier,
de la Compagnie de Jesus , et ensuite les
Vêpres.
9
Le Jeudi Saint , le Roy entendit le
Sermon de la Cêne du P. Painchinat
Cordelier du Convent de Paris , après
quoi l'Archevêque de Tours fit l'Absoute.
Le Roy lava les pieds à douze Pauvres ,
et Sa Majesté les servit à table : le Duc
de Bourbon Grand Maître de la Maison
du Roy , à la tête des Maîtres d'Hôtel ,
précedoit le Service .Monseigneur le Dauphin
, le Comte de Clermont , le Prince
de Conty , le Prince de Dombes , le
Comte d'Eu , le Comte de Toulouze et
les principaux Officiers de Sa Majesté
portoient les plats. Après cette cérémonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château ,
où sa Majesté entendit la Grande Messe ,
et assista à la Procession , et ensuite aux
Vêpres. La Reine entendit l'Office dans
sa Tribune , et l'après midy , Sa Majesté
entendit le Sermon de la Cêne du Pere
Jean François , Capucin , et l'Archevêque
de Rouen , Premier Aumônier de la
Reine , ayant fait l'Absoute , Sa Majesté
lava les pieds à douze pauvres filles , et
les servit à table . Le Marquis de Chamarande
, Premier Maître d'Hôtel de Sa
Hy Ma798
MERCURE DE FRANCE
•
Majesté précedoit leService dont les plats
étoient portez par les Princesses du Sang ,
par les Dames du Palais et par d'autres
Dames de la Cour .
:
Le Vendredy Saint , le Roy et la Reine
entendirent le Sermon de la Passion du
Pere Tainturier, de la Compagnie de Jesus
le Roy assista ensuite à l'Office , et
alla à l'Adoration de la Croix : la Reine
entendit l'Office dans la Tribune . Le soir
Leurs Majestez assistérent à l'Office des
Ténébres, qui fut chanté par la Musique .
Le Samedy Saint , le Roy revêtu du
Grand Collier de l'Ordre du Saint Esprit,
se rendità l'Eglise de la Paroisse du Château
, où Sa Majesté communia par les
mains du Cardinal de Rohan Grand
Aumônier de France. Le Roy toucha ensuite
un grand nombre de malades .
,
"
Le soir Leurs Majestez accompagnées
de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames
de France assistérent dans la
Chapelle du Château aux Complies , et
au Salut , pendant lequel l'O Filii fut
chanté par la Musique.
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Résumé : « Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
En 1734, plusieurs événements militaires et religieux marquants ont eu lieu. Le roi a nommé M. de Sioujeat gouverneur de Thionville, Lieutenant Général de ses armées. Le Marquis de Montrevel a été promu Maréchal de Camp et était Maître de Camp du Régiment de Cavalerie du roi, sans être Colonel du Régiment de Rouergue. Le Marquis de Graville a été désigné Maître de Camp Lieutenant du Régiment de Cavalerie d'Orléans, le Chevalier de Castelane Maître de Camp Lieutenant du Régiment de Dragons d'Orléans, et M. de Saint Simon Maître de Camp Lieutenant du Régiment du Mayne. Une École de Trompettes a été établie à l'Hôtel Royal des Invalides pour servir dans les troupes du roi. Les trompettes y sont formés aux frais de Sa Majesté et reçoivent une augmentation de salaire proportionnelle à leurs progrès. Le 21 mars, l'Évêque d'Évreux a été sacré dans l'Église du Noviciat des Jésuites par l'Archevêque de Rouen, assisté des Évêques de Coutances et de Metz. Le 25 mars, il a prêté serment de fidélité au roi. Le 31 mars, un concert a eu lieu à Versailles chez la Reine, où M. Destouches, Surintendant de la Musique du roi, a fait chanter le prologue et le premier acte de l'opéra 'Tarsis et Zélie'. Les 6 et 7 avril, l'opéra a été continué, suscitant une grande satisfaction royale. Le 11 avril, un concert spirituel a été donné au Château des Tuileries, avec des motets chantés par les demoiselles Erremens, Petitpas, Julie et une autre chanteuse de province. Le concert s'est terminé par le 'Miserere' de M. de Lalande. Le Marquis de Nicolaï a pris possession de la charge de Premier Président de la Chambre des Comptes le 7 avril, après la démission de son père. Le 6 avril, le roi a passé en revue les Mousquetaires de la Garde à la Place d'Armes. Le 18 avril, un concert a été continué pendant la Semaine Sainte, avec des motets de M. de Lalande et d'autres maîtres modernes. Les lettres de Madrid indiquent que le Prince des Asturies était presque guéri d'une opération. Le roi a assisté à diverses cérémonies religieuses durant la Semaine Sainte, incluant la bénédiction des palmes, la messe, les vêpres, et le lavement des pieds. Le Vendredi Saint, le roi et la reine ont assisté au sermon de la Passion. Le Samedi Saint, le roi a communié et touché un grand nombre de malades.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10499
p. 2259-2267
POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
Début :
Le 11 Août, tous les mouvemens militaires du Camp furent suspendus; ce spectacle [...]
Mots clefs :
Pologne, Camp de Villanova, Compagnies, Klingenberg, Signal, Armée, Cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
POLOGNE.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
2262 MERCURE DE FRANCE
per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
1
' ,
54 MERCURE DE FRANCE
ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
266 MERCURE DE FRANCE
avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
SUITE du Journal du Camp de
Villa-Nova.
E r Août , tous les mouvemens militaires
Ldu Camp furent suspendus. ; ce spectacle
pompeux et guerrier recommença le lendemain
par l'éxercice des Lanciers. Ils s'assemblerent au
nombre de neuf Compagnies, ou demi Escadrons
à la tête de leur Camp , et vinrent ensuite se
ranger à deux de hauteur devant le centre de
' Infanterie. Le Major Général Klingenberg.
commandoit cette Troupe , qui étoit en cuirasse
avec des Casques à aîles , et armée de Lances
garnies de flammes ; les Casques des Officiers
étoient ornés de plumes.
Au premier signal , les neufCompagnies se mi- rent en mouvement , et marcherent vers le Fa
villon sur trois colonnes. Les trois Compagnies
du centre formerent la colonne du centre , et les
trois Compagnies de chaque aîle , celles de la
droite et de la gauche : chaque Compagnie mar- choit par neuf, les Timbales et Trompettes étant
à la tête de la colonne du centre, i
Les colonnes étant arrivées à une certaine dis
tance , les Compagnies marcherent par trois jusqu'à une place marquée , où au deuxième signal ,
Les Compagnies de chaque colonne ayant fait la
conversion à gauche par Brigades , les colonnes
formerent trois lignes à deux de hauteur , qui
marcherent en même tems enavant.
Au troisiéme signal , les trois lignes firent demi tour à droite , et au quatrième signal , la
Compa
2260 MERCURE DE FRANCE
•
Compagnie du centre de chaque ligne ayant
marché so pas en avant , les trois lignes se mirent en mouvement dans cet ordre , et marche.
rent jusqu'à ce que celle du centre se trouvarsur
la ligne du Pavillon qu'elles avoient à gauche où elles firent alte.*
Au cinquiéme signal, chaque Compagnie ayant
fait un quart de conversion à gauche , elles se
retrouverent sur trois lignes , faisant face au Pavillon ; et au sixième signal , elles se remirent comme elles étoient , par une conversion
àdroite.
Au septiéme signal, les Compagnies se mirent
sur deux lignes : la seconde , ayant fait un demi
tour à droite , elles marcherent en avant jusqu'ài
une certaine distance , se tournant le dos ; ayant ensuite fait demi tour à droite , elles se trouve
rent vis-à-vis l'une de l'autre pour la charge.
Au huitiéme signal , les deux lignes marche→
rent l'une contre-l'autre, les Lances baissées, s'entrepasserent dans les intervalles , firent defnit
tour à droite , se chargerent de nouveau , et s'é-*
tant remises sur leur premier terrain , elles se
chargerent encore une fois.
;
- Au neuviéme signal , les deux lignes marche rent l'une contre l'autre la deuxième ayant
rempli les intervalles de la premiere , elles s'ar rêterent et se mirent en état de faire la conversion sur le centre ; ce qui s'éxécuta au dixiéme³
signal ; et au onziéme signal , la droite ayant fait le demi tour sur la Place , les neuf Compagnies parurent sur une ligne , faisant face au Pa→→ villon. ซี เ
Au douziéme signal , les cinq Compagnies
ayant marché so pas en avant , les Lanciers se
trouverent- sur-deux lignes. Et au treiziéme si→→
gnal ,
OCTOBRE. 1732. 2261
gnal , la premiere ligne marcha au grand trot vers le Pavillon , comme pour charger , baissa
les lances , et ayant fait demi tour à droite , passa dans les intervalles de la seconde , qui avançoit
pour faire la même manœuvre : chaque ligne la
fit deux fois , après quoi la seconde étant ren
ée dans la premiere , les Officiers de toute la
ne saluerent en même-tems le Roi , et on
Daissa les Etendarts et les Lances. Les Lanciers
ayant mis ensuite leurs Lances dans les PorteLances , et tiré l'épée , ils passerent devant le
Pavillon , et par une marche en échelle elles re
tournerent au Camp.
Le sur-lendemain , 14 Août , toute l'Armée
fit divers mouvemens , et après qu'elle eut été
en bataille quelques tems,à la tête du Camp , sur
une seule ligne , P'Infanterie par une contremarche à gauche et à droite vers le centre , se
joignit sans laisser d'intervalle entre les bataillons ; la Cavalerie par les mêmes contre- marches se joignit aux aîles de l'Infanterie : celle- ci partagea ensuite ses bataillons en deux ; le Colonel et les deux Majors se mettant avec deux drapeaux à la tête du premier demi- bataillon , et
le Lieutenant, Colonel et les deux Aides- Majors
avec deux Drapeaux à la tête du deuxième. Les
Compagnies deRutowski et de Promnitz formoient un demi bataillon derriere celui du
Centre.
La Cavalerie se partagea aussi par Compa
gnies ou demi-Escadrons. Toutes les premieres
Compagnies de chaque Escadron , et chaque
premier demi bataillon , avec les deux du centre,
ayant marché cent pas en avant , l'Armée se
forma sur deux lignes , le demi- bataillon de
Lutowski , ayant marché en avant pour occuPS
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per le terrain que les deux du centre venoient de
quitter.
L'Armée étant en bataille , et le signal donné du Pavillon , elle se mit en marche sur treize
colonnes ; sçavoir , 8. de Cavalerie , et 5. d'Infanterie , qui s'avancerent vers le Pavillon jusqu'à une certaine distance. Chaque colonne de
Cavalerie étoit composée de deux Compagnies de
la premiere ligne , et de deux de la seconde.
Chaque colonne d'Infanterie de quatre demi
bataillons de la premiere ligne , et de deux de la
seconde , excepté la colonne du centre , qui n'avoit que les deux demi-bataillons de Frise et celui
de Rutowski et de Promnitz : le Régimentai- re et le Comte de Denhoff marchoient à la tête
de cette derniere , et les autres Généraux étoient
distribués aux autres colonnes.
Au deuxième signal , l'Armée se remit sur
deux lignes , les têtes des colonnes restant , et
les suites par des contre- marches à droite et à
gauche , venant se remettre dans l'ordre où elles
étoient avant que de partir de la tête du
Camp.
Au troisiéme signal , le feu coulant commença à la droite de la premiere ligne , et finit à la droite de la seconde ; et au quatriéme signal , les
deux lignes formerent le premier ordre de bataille mêlé , ce qui s'éxécuta de la maniere suivante: les quatre Compagnies de la droite et de
la gauche de la Cavalerie de l'une et de l'autre
ligne , resterent en place , aussi bien que les
quatre demi-bataillons du centre de la premiere
ligne , et les trois du centre de la seconde , mais
les quatre Compagnies de Cavalerie qui joigroient la droite et la gauche de l'Infanterie de Pune et de l'autre ligne , ayant marché 20 pas
-
en
OCTOBRE. 1732. 2263
en avant , firent une contre-marche à droite et á
gauche pour se former à la tête des trois bataillons de la droite et de la gauche de l'une et de
l'autre ligne. Ceux- ci firent en même tems leur contre-marche pour occnper le terrain que la Cavalerie qui les joignoit , venoit de quitter , et
toute l'Infanterie aussi -bien que les aîles de Ca
valerie de l'une et de l'autre ligne , ayant aussi
marché 20 pas en avant , toute l'Armée se trou
va en ordre de bataille mêlé d'Infanterie et de
Cavalerie.
L'Armée étant ainsi rangée , on ordonna le
signal pour le feu , qui se fit ainsi : la premiere,
Compagnie qui fermoit l'aîle droite de la premiere ligne , et celle qui fermoit l'aîle gauche , tirerent en même-tems : le feu continua ainsi par
une troupe de la droite et une de la gauche de la
premiere ligne en venant vers le centre , et suivit
par le centre de la seconde ligne en s'étendant vers les aîles..
Le feu étant fini , on donna le cinquiéme signal pour faire le second ordre de bataille mêlé
qui s'éxécuta ainsi : les quatre Brigades d'Infan
terie de la droite et de la gauche de l'une et de
Pautre ligne , et les deux bataillons de la droite
et de la gauche de chaque Brigade , par une contre-marche changerent de place avec les deux
Compagnies de Cavalerie , qui les joignoient , de
sorte que l'Armée se trouva aux aîles de deux
Compagnies de Cavalerie , avec un demi- Bataillon , et un Corps d'Infanterie au centre de chaque ligne.
Au sixième signal , le feu de chaine commença par les demi-Escadrons de la droite de la pre- miere ligne , et étant venu à la droite de la se
conde ligne, il recommença par demi batail- Lons
1
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' ,
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ons de la droite de la premiere jusqu'à la droite
de la seconde.
Au septième signal , l'Arméese remit dans son
ordre de bataille non-mêlé , par les mêmes con- tre- marches , dont chaque Troupe s'étoit servie
pour se mettre en ordre mêlé ; ensuite l'Infanterie de la premiere ligne fit feu sur la Place par divisions , et ayant fait demi-tour à droite , se
retira par les intervalles de la seconde , et se forma derriere ; les deux lignes- firent successivement
cette manœuvre jusqu'au Camp , en continuant
leur feu , et la Cavalerie de chaque ligne se retira en même-tems que l'Infanterie.
Le 16. Août on fit l'attaque d'un retranchement qui s'étendoit depuis la hauteur de la gauche du Pavillon du Roi , jusqu'à cent pas vers la tête du Camp. Les quatre Compagnies de Gre- nadiers Rutowski , Promnitz , Denhoff et Flemming , bordoient le retranchement dans les intervalles de cinq Batteries de quatre piéces de Canon chacune , outre lesquelles on en avoit
placé huit plus petites sur les aîles du Retranchement.
Au premier signal , la Cavalerie de la droite ,
rangée par Compagnies , et commandée par le
Major-Général Klingnberg , se mit en marche
sur deux colonnes pour venir soutenir le Retran- chement , et se forma derriere l'Infanterie sur
deux lignes ; la premiere , composée des quatre Escadrons de Nassau, étoit à cent pas du Retranchement ; et la deuxième , composée des quatre Escadrons de Grenadiers de Gotha , étoit à 80.
pas derriere la premiere , dès qu'elles furent rangées , le Major- Général fit mettre pied à terre
aux Grenadiers de Gotha , qui vinrent renforcerLe
OCTOBRE. 1732. 2265
JeRetranchement où le Lieutenant- ColonelFranckenberg commandoit.
Pendant cette manœuvre , les huit Escadrons
de la gauche vinrent se former sur deux lignes ,
à l'extrêmité de la gauche de la Place d'Armes ,
qui étoit la face opposée à celle du Retranchement , et resterent dans l'inaction jusqu'à l'attaque du Quarré.
Pendant que la Cavalerie se rangeoit ainsi ,
toute l'Infanterie , partagée comme le jour des
divers mouvemens de l'Armée ,
marcha par divisions sur sept colonnes , formant une Phalange qui pouvoit faire face de tous côtez , figurée
en lozange ; et lorsqu'elle fut arrivée à une certaine distance , elle fit alte.
Au deuxième signal toutes les divisions ayant fait la Conversion à droite, la phalange parut sur
sept lignes , faisant face au Retranchement :
deux Compagnies de Grenadiers rangées en trois divisions faisoient la pointe de l'attaque.
Au troisiéme signal , la Phalange marcha vers
le Retranchement ; et quand elle fut à deux cent
pas , les Batteries qui le défendoient , commencerent à tirer , et furent servies avec tant de
promptitude , que chaque piéce tiroit au moins
cinq coups par minute , de sorte que le feu se
soutint pendant toute l'attaque avec la même vivacité. La Phalange étant arrivée à cinquante pas
du Retranchement , l'Infanterie qui attaquoit et
-celle qui défendoit , commencerent leur fen
chaque ligne de la Phalange faisant le sien en
-même-tems demi- divisions ; et dès qu'une
ligne avoit tiré , toutes les divisions qui la com
posoient se coupoient par le milieu pour se retirer par les intervalles de toute la Phalange , et se
reformerent sur le terrain qu'elles avoient occupé H avant
par
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avant l'attaque , ce qui fut répeté une seconde
fois la Phalange étant ensuite- retournée à son
premier terrain , on distribua 96 Piques à cha- demi-Bataillon , et pendant ce tems là les
Grenadiers de Gotha remonterent à cheval.
que
Au quatriéme signal , la Phalange se rompit
et forma un grand quarré autour d'un petit , le
premier rang de chaque quarré étant garni de
Piques ; la Cavalerie qui étoit derriere le Retranchement , en sortit par les deux extrêmitez
et vint se former sur deux lignes devant le Retranchement , au moyen de quoi le Quarré se trouva entre la Cavalerie de la droite et de la
gauche , rangée sur deux lignes,
9
Au cinquième signal , la premiere ligne de la
Cavalerie de la gauche , chargea le Quarré par
la face et les angles qui étoient de leur côté , et
se retira par les intervalles de la deuxième ligne
ayant été repoussée par le feu du Quarré , les
Grenades et les Piques que les Piquiers tenoient
présentées. La deuxième ligne fit la même manoeuvre; ce qui fut pareillement éxécuté par la
Cavalerie de la droite , et répeté plusieurs fois
par l'un et par l'autre chaque Troupe de Cavalerie faisoit deux charges ; après quoi le Quarré fut attaqué par la Cavalerie des aîles tout
la fois.
Au sixième signál , l'Infanterie se mit en marche pour rentrer dans le Camp , en conservant
toujours son Quarré. Elle fut attaquée pendant
sa retraite par la Cavalerie ; le feu , pour repousser ces attaques , se faisoit par rangs. L'Armée ,
en faisant cette manceuvre , arriva à la tête du
Camp , où chaque Corps se forma sur la Place
d'Armes , et rentra.
Le 17 , le Roi donna dans son Pavillon un magnifique
OCTOBRE. 1732. 2267
gnifique Souper , suivi d'un Bal , à tout ce qu'il
y avoit de Seigneurs et de Dames.
Le 18. jour destiné pour la séparation de l'Armée , les Trouples plierent leurs Tentes , et s'étant mises en bataille à la tête du Camp , le Roi
fit tirer la grande Batterie qui étoit au bas du Pavillon de S. M. pour leur donner le signal de
leur séparation. L'Artillerie de campagne y répondit , et l'on fit ensuite le feu coulant , ce qui fut éxécuté une seconde fois ; et à la troisiéme
fois , la grande Batterie fit une salve de ses 18.
piéces l'Armée y répondit par une salve générale avec toute son Artillerie ; après quoi toute
l'Armée se mit en marche sur cinq colonnes
chaque aîle de Cavalerie en formoit une. Les
Grenadiers détachez qui formoient deux Batail
lons , étoient rentrez dans leurs Régimens. Les
colonnes d'Infanterie de la droite et de la gauche étoient composées de trois Bataillons chacune ; celle du centre avoit le Régiment de Frise
à la tête , qui étoit suivi de l'Artillerie de campagne , et elle étoit fermée par les deux Compagnies de Grenadiers de Lublin et de Compenhau- son. L'Armée se rendit dans cet ordre au nouveau Camp qu'elle devoit occuper sur la hauteur , à la droite et à la gauche du Pavillon ,
le 20 Août , le Roi ayant quitté son Pavillon
pour retourner à Warsovie , les Régimens du
Camp se mirent en marche pour retourner dans
leurs anciens Quartiers. On a appris depuis que
ces Troupes sont arrivées à leurs Garnisons, fort satisfaites des liberalitez du Roi de Pologne , qui
a fait de forts beaux présens aux Officiers , et
donné à chaque Soldat deux mois de solde audeà de leur paye ordinaire.
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Résumé : POLOGNE. SUITE du Journal du Camp de Villa-Nova.
En août 1732, au camp de Villa-Nova en Pologne, plusieurs mouvements militaires significatifs ont été observés. Le 1er août, les exercices des lanciers furent suspendus puis repris le lendemain. Neuf compagnies de lanciers, sous le commandement du Major Général Klingenberg, exécutèrent diverses manœuvres, incluant des marches en colonnes et en lignes, des conversions et des charges simulées. Les lanciers étaient équipés de cuirasses, de casques à ailes et de lances garnies de flammes. Le 14 août, toute l'armée effectua divers mouvements. L'infanterie et la cavalerie se rejoignirent pour former deux lignes, et l'armée se mit en marche sur treize colonnes. Des exercices de tir furent réalisés, suivis de manœuvres de bataille mêlée entre l'infanterie et la cavalerie. Le 16 août, une attaque simulée d'un retranchement fut organisée. La cavalerie et l'infanterie exécutèrent des manœuvres coordonnées, incluant des charges de cavalerie et des tirs d'artillerie. L'infanterie forma une phalange en lozange pour l'attaque et se transforma ensuite en carrés pour repousser les charges de cavalerie. Le 17 août, le roi offrit un somptueux souper suivi d'un bal dans son pavillon, auquel assistèrent de nombreux seigneurs et dames. Par la suite, le texte décrit la séparation d'une armée et son départ du camp. Le jour de la séparation, les troupes plient leurs tentes et se mettent en bataille. Le roi donna le signal de départ en faisant tirer la grande batterie, suivie par l'artillerie de campagne et un feu coulant. Après trois salves, l'armée se mit en marche en cinq colonnes, chaque aile de cavalerie formant une colonne. Les grenadiers détachés rejoignirent leurs régiments. Les colonnes d'infanterie de droite et de gauche étaient composées de trois bataillons chacune, tandis que la colonne du centre était menée par le régiment de Frise, suivi par l'artillerie de campagne et fermé par les compagnies de grenadiers de Lublin et de Compenhagen. L'armée se dirigea vers un nouveau camp. Le 20 août, après le départ du roi pour Varsovie, les régiments retournèrent à leurs anciens quartiers. Les troupes étaient satisfaites des libéralités du roi de Pologne, qui avait offert de beaux présents aux officiers et deux mois de solde supplémentaires à chaque soldat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10500
p. 997-1013
LETTRE écrite de Seyde le premier Décembre 1730. par M. du Bellis, sur un Voyage fait en Galilée, &c.
Début :
De retour depuis peu de jours, Monsieur, d'un Voyage que je viens de [...]
Mots clefs :
Galilée, Voyage, Roi de Tyr, Syriaque, Royaume de Sidon, Cap blanc, Acre, Pèlerins, Nazareth, Incarnation
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Seyde le premier Décembre 1730. par M. du Bellis, sur un Voyage fait en Galilée, &c.
LETTRE écrite de Seyde le premier
Décembre 1730. par M. du Bellis , sur
un Voyage fait en Galilée , & c.
Dieur, Voyage que je
E retour depuis peu de jours , Monsieur
, d'un Voyage que je viens de
faire , je ne perds point de temps à vous
faire un récit succint de ce que j'ai vû ,
pour prévenir vos reproches. Dispensezmoi
de Dissertations , et permettez que
je vous renvoye une foule de Voyageurs
qui ont écrit des mêmes Pays où
j'ai été.
Les Révolutions de 18. siecles ont extrémement
simplifié la Galilée ; Flavius
Joseph , qui en a été Gouverneur , écrit
qu'il y avoit dans cette Province 204.
Bourgs ou Villages , dont plusieurs étoient
bien fortifiez , et dont le moindre avoit
environ 15000. hommes , sans parler des
grandes Villes de Tiberiade , de Sephoris
et de Gabara .
Hiram , Roi de Tyr , se trouva fort
mal payé de 20. Villes de la Galilée que
Salomon lui donna pour les Bois de Cedres
, de Sapins et autres Materiaux
ce Roi avoit fournis pour la construction.
du Temple de Jerusalem.
A iiij
que
La
998 MERCURE DE FRANCE
La Charuë a passé sur presque toutes
les Villes , Bourgs et Villages , et ceux
qui restent aujourd'hui , ne sont plus
situez aux mêmes lieux où étoient les
anciens . On n'y voit plus que quelques
monceaux de pierres et décombres de
maisons ruinées .
En partant de Seides , je ne m'étois pro
posé que d'aller à Acre ; j'étois en compagnie
de trois Négocians , dont deux
étoient les Députez de la Nation . Le Valet
d'un de ces Députez, est fils d'un Curé
Maronite de Seyde ; et comme il est au
fait de la Tradition , et qu'il sçait lire et
écrire le Syriaque , je le pris en affection
pour les secours que j'en attendois.
Après trois lieues de marche ,
Docteur domestique , me fit observer que
j'étois sur les ruines de Sarepta , et me
fit arrêter à une petite Mosquée , bâtie
au lieu même où étoit la maison de cette
Veuve, qui ayant bien voulu partager son
petit pain avec Elie , obtint de ce Prophete
la multiplication de sa farine , de
son huile , et là résurrection de son fils.
mon
A une lieuë et demie de cette Mosquée
nous passâmes la Riviere nommée la Hasemiech
, sur un fort beau Pont de Pierre ,
qu'Osman , Pacha de Seyde , a fait bâtir.
Que cette Riviere soit le Fleuve Eleuthere
des
MA Y. 1731. 999
des Anciens , ou non , je laisse cette discussion
aux Sçavans ; ce qu'il y a de certain
, c'est qu'elle séparoit autrefois les
Royaumes de Tyr et de Sidon.
Comme je souhaitois voir les fameux
Puits appellez les Puits de Salomon , parce
que ce Roi en parle dans le Cantique
des Cantiques , nous ne prîmes point le
chemin de Tyr , et nous marchâmes droit
à une Mosquée que les Maronites prétendent
être le Tombeau de Daniel . Nous
passâmes à cette Mosquée une partie de la
nuit.
Au lever du Soleil nous arrivâmes aux
Puits . Nous avions découvert en traversant
la vaste Plaine de Tyr , des restes
des Aqueducs qui conduisoient l'eau
de ces Puits dans cette Ville , qui en est
éloignée d'une lieuë.
Le plus grand de ces Puits subsiste en
son entier ; les deux autres sont ruinez.
L'eau monte jusqu'au bord , ce qui le fait
ressembler à un Réservoir , et en sortant
elle fait tourner des Moulins à blé , ce
qui le rend d'une grande utilité..
A deux lieues de ces Puits , on trouve
le chemin appellé aujourd'hui Anakoura;
il est taillé dans le Roc , sur le milieu
d'une Montagne qui n'a presque point de
pente ; il a environ une demie licuë de
A v long
-
1000 MERCURE DE FRANCE:
long : c'est un Ouvrage d'Alexandre le
Grand , le garde fou en est ruiné, le préci
pice en est affreux ; la Mer et des Rochers:
escarpez, sont au bas à une si grande
distance, qu'on ne peut presque en soutenir
la vûë; ce chemin,au reste, est si ruiné
et si mauvais , qu'on est obligé de mettre
pied à terre à chaque bout de champ .
Au sortir de ce passage , on trouve
un grand tas de pierres et quelques restes
de Murs . Ces ruines s'appellent Scandarete
, ce qui signifie petit Château d'Alexandre.
On arrive enfin au Cap Blanc , que les
'Anciens nommoient le Mont Saron . Delà
on découvre la Plaine d'Acre , bornée
au Sud par le Mont Carmel , qui avançant
dans la Mer , semble simétriser avec
le Cap Blanc , et entourer circulairement
avec les Montagnes de l'Est cette immense
Plaine . La Ville d'Acre paroît au
milieu sur le Rivage de la Mer ; et quoiqu'il
semble qu'on doive bien- tôt atteindre
à cette Ville , il faut pourtant émployer
quatre bonnes heures pour y arriver
, marchant toujours en ligne directe.
La Ville d'Acre ou de Ptolemaide , fait
pitié aujourd'hui , en voyant les ruines
des étonnantes Fortifications qui entouroient
cette grande Ville. L'Eglise de
S.
MAY. 1731. ΥΘΟΥ
S. André , celle de S. Jean , le Palais et la
Chapelle du Grand-Maître des Hospitaliers,
doivent être des Edifices admirables .
Il reste encore de ces superbes Edifices ,
quelques pans de murailles dans leur entier
, qui font juger de leur ancienne
beauté.
Trois jours après notre arrivée à Acre
un Négociant de Seyde , étant dans le
dessein d'aller à Tiberiade pour rendre
visite aux Cheiks qui ont la Ferme gene-
- rale de ce Pays , me proposa de l'accompagner
dans ce voyage , ce que j'acceptai
avec plaisir.
Ce Négociant avoit rendu un service
important au Cheik Saad , aîné de la
Famille des Cheiks de la Tiberiade. Ce
Cheik Saad , avec un des ses freres , informé
de l'arrivée de mon ami à Acre
se rendit à Nazareth ; et ayant appris
qu'il devoit les aller voir , il lui envoya
dix Cavaliers bien armez pour l'accompagner.
Après trois heures de marche vers l'Orient
, dans la Plaine d'Acre , nous entrâmes
dans les Montagnes de la Phénicie ,
et de-là dans les Verres de la Tribu de
Zabulon ; nous passâmes la belle Plaine
de cette Tribu ; et étant parvenus à un
Village nommé Saffoury , notre Cavalier
A vi con1002
MERCURE DE FRANCE
conducteur me fit observer le lieu oùétoit
la Maison de S.Joachim et de sainte Anne ,.
et le reste d'une fort belle Eglise à trois
Nefs , que sainte Helene avoit fait bâtirtout
auprès.
Cette dévote Imperatrice avoit rempli
toute la Terre- Sainte de Monumens de
sa pieté au commencement du IVe siecle.
Ce pauvre Village de Saffoury étoit autrefois
la fameuse Ville de Sephoris.
Au reste , vous remarquerez que le Cavalier
dont je parle , est un homme encore
plus important que
le Valet que
j'ai déja cité ; il sçait sa Terre- Sainte par
coeur , il conduit depuis 30. ans les Religieux
et les Pelerins . Ce Cavalier , nommé
Jacoub , connoît et explique tous les
lieux Saints.
Après avoir traversé Monts et Vallées ,
nous vîmes Nazareth dans un petit Valon.
entouré de Montagnes. Il est sur le penchant
d'une de ces Montagnes , regardant
l'Orient , et ne consiste qu'en quelques.
Cahutes dispersées sur une petite Esplanade.
Nous passâmes auprès de la Fontaine
où la sainte Vierge venoit prendre de
l'eau , n'y ayant point de Puits dans Nazareth
, mais seulement quelques Citernes .
Cette Fontaine est à 4. ou 500. pas du
Village
MAY . 1731.
1003
Village ; il en est de même de tous les
Villages de la Galilée. Les Habitans de
Saffoury vont chercher l'eau à un quart.
de lieuë.
La nouvelle Eglise que les Religieux de
la Terre-Sainte ont fait bâtir à Nazareth ,
est située au même lieu où s'est operé le
Mistere de l'Incarnation ; cette Eglise a
été consacrée depuis peu , et on y fait actuellement
l'Office divin.LeConvent n'est
pas encore achevé ; nous logeâmes dans
les chambres du vieux Monastere .
Comme nous arrivâmes bien avant le
coucher du Soleil , j'eus le temps d'aller
visiter l'Eglise. Elle est à trois Nefs et
fort éclairée.
La sainte Grote où s'est operé le Mistere
, se presente d'abord en entrant , on
y descend par un spacieux Escalier de
douze marches ; et après avoir traversé
l'espace où étoit la Maison qui a été transportée
à Lorette , on entre dans la Grotte
taillée dans le Roc.
Le Ceintre extérieur de cette Grotte est:
tout couvert de Marbre , et sous l'Autel
isolé qui est au milieu , on y lit ces mots :
Hic Verbum caro factum est.
A gauche en entrant , il y a deux grosses
Colomnes d'un Marbre singulier ; elles.
sont placées comme sont les Colomnes
Cou
}
1004 MERCURE DE FRANCE
couplées dans les Edifices. Sainte Helene
les fit poser lorsqu'elle fit bâtir une superbe
Eglise à Nazareth , pour désigner
la place où étoient la sainte Vierge et l'Ange
Gabriel , dans l'instant de l'Annonciation
; l'une de ces Colomnes demeuresuspendue,
adhérante à la voute de la Grotte
, ayant été brisée vers sa base par un
Pacha de Damas , qui pensant qu'elle étoit
creuse , croyoit y trouver un trésor .
On monte par deux Escaliers de 12. marches
, situez aux deux côtez du vieux Escalier
qui conduit à cette Grotte ; au grand
Autel de l'Eglise , qui est à la Romaine , et
placé précisément sur la voute de la Grotte
; le Choeur est derriere l'Autel .
M. Bergeret , Négociant François , Résident
à Acre , qui a donné le dessein de
cette Eglise , m'a dit qu'elle avoit dix toises
de longueur , neuf de largeur , et huit
et demie de hauteur. Les Maçons Turcs.
qui l'ont élevée , ont commis mille défauts
grossiers contre le Dessein de M.Bergeret.
On voit dans les cours du Convent
quelques anciens Chapiteaux Corinthiens
de l'Eglise de sainte Heleine , dont les
feuilles d'acanche et les autres ornemens
sont admirables.
Le lendemain j'allai visiter l'ancienne
SyMAY.
1731 1005
Synagogue de Nazareth ; cet Edifice s'est
bien conservé, mais il sert aujourd'hui d'écurie.
Je vis aussi les ruines d'une petite ,
Eglise bâtie où étoit la Boutique de S. Joseph
, et la Table de pierre sur laquelle le
Sauveur mangeoit quelquefois avec ses
Apôtres ; elle est à present renverseé .
Je négligeai d'aller voir le Précipice
qui est à un quart de lieuë de Nazareth ,
parce qu'il n'est pas décidé si ce fut à ce
lieu où au haut de la Montagne même ,
au penchant de laquelle le Village est
place , que les Juifs au sortir de la Synagogue
, conduisirent le Seigneur pour le
précipiter.
Nous partîmes avec les Cheiks de la
Tiberiade pour nous rendre chez eux. Ils
avoient pour leur suite 60. Cavaliers armez
de lances , de fusils , de sabres et de
pistolets à la ceinture , desorte qu'avec
nos dix Cavaliers et nos gens , nous étions
plus de 80. personnes à cheval.
A peine eûmes- nous marché une heure,
que nous nous arrêtâmes pour attendre
un Cavalier que nous voyons venir à toute
bride ; il rendit une Lettre aux Cheiks,
qu'on leur écrivoit d'Acre , par laquelle
on les informoit que le jour d'auparavant
21. de Novembre , il étoit arrivé à
Seyde un Capigi , porteur d'un Commandement
TOOG MERCURE DE FRANCE
•
dement pour arrêter Soliman- Pacha et
s'assurer de son bien ; que le Pacha de
Damas , son frere , avoit été également
arrêté avec le Pacha de Tripoli , fils de ce
dernier , le Gouverneur de Lataquie , fils
du Pacha de Tripoli , et celui de Mara.
Le Cavalier ajoûta que depuis un quart
d'heure qu'il étoit parti de Nazareth , il
y étoit arrivé un Capigi qui étoit descendu
chez les PP: de la Terre- Sainte .
Les Cheiks retournerent sur leurs pas
pour sçavoir le sujet de ce dernier Ĉapigi
, et nous rejoindre ensuite au Kanaintujar,
qui est au - dessous du Thabor , dans
la Plaine d'Esdrelon ; ils nous laisserent
20. Cavaliers .
Continuant notre route , nous vîmes
en passant une Mosquée , où l'on dit que
le Prophete Jonas est enterré ; de-là nous
allâmes à Cana.
L'Eglise et le Monastere que sainte He
lene avoit fait bâtir au lieu même où étoit
la Maison des Nôces où se fit le Miracle
sont aux trois quarts démolis. Je bus à
F'unique Fontaine du Village , de cette eau
qui fut convertie en vin . On voit auprès
les restes d'une Chapelle.
Aux environs de Cana , nous traversâmes
le Champ des Epis , où les Pharisiens
scandalisez de voir les Apôtres manger
dess
MAY. 1731 1057
des grains de froment le jour du Sabat ,
furent repris par le Sauveur.
Après avoir marché dans de beaux Va-.
lons , dont les Montagnes sont couvertes
de Chênes verds , nous entrâmes dans
la Plaine d'Esdrelon , nous nous trouvâmes
dans peu presque au pied du Thabor,
mais la forme piramidale de cette fameuse
Montagne , est encore la plus admirable
vûë de la Plaine. C'est ici où le docte
Cavalier Jacoub donna une grande satisfaction
à mes yeux et à mon imagination
. D'abord il m'instruisit des ruines
qui subsistent au sommet du Thabor ,
reste des Edifices que sainte Helene et le
Prince Tancrede avoient fait bâtir.
Il me montra ensuite les Monts Here
mon et Hermonien , et me fit appercevoir
de fort loin les Montagnes arides et pellées
de Gelboé , me de igna derriere le
Thabor le lieu où étoit la Ville de Naïm
au pied d'Hermonoüm . La Ville d'Ador,
où Saül alla consulter la Devineresse .
Il me rapella les évenemens de l'Ecriture .
arrivez in Campo magno Esdrelon , la Bataille
de Josué contre le Roi de Maggedo ,
la défaite de Sisara par Barac , assisté de
Débora ; la mort d'Ochozias par Jehu
et celle de Josias par Pharaon Nechao .
Nous nous rendîmes ensuite au Kanaintujar
1008 MERCURE DE FRANCE
naïntujar , c'est à-dire , le Kan de la Source
des Marchands ; c'est un très - bel Edifice:
construit par les Turcs , et qu'ils laissent
tomber en ruine ; il a été bâti pour la
commodité des Caravanes de Damas qui:
passent par la Plaine d'Esdrelon . Il s'y
tient un Bazar ou Marché toutes les se
maines. Les Pierres qui ont servi à cet
Edifice , avoient été tirées de la démolition
d'une Forteresse que les Chrétiens
avoient bâtie.
Les murailles et les tours de cette Forteresse
, qui est à une portée de fusil du
Kan , subsistent encore à une toise d'élevation
; rien n'est si admirable que les
Edifices , que les Croisez avoient élevés
dans ces Pays.
Les Cheiks nous joignirent une heure
après, et nous apprirent que le Capigi arrivé
à Nazareth , venoit de Jerusalem ,
où il avoit été envoyé pour examiner un
nouvel Edifice des Arméniens , sur lequel
il y avoit eu des plaintes à la Porte,
que les Latins , les Grecs et les Arméniens
lui avoient fait ensemble un present de
onze Bourses , afin qu'il fit à la Porte des
Relations inconsequentes de leurs Eglises
et de leurs Monasteres , et que les Religieux
de Nazareth lui avoient donné cent
Sequins pour le même sujet .
Au
MAY. 1731. 1009.
Au Soleil couchant nous arrivâmes à
la Tiberiade. On ne voit la Mer
que lorsqu'on
est parvenu
au haut de la Monta- gne, où l'on arrive
par une Plaine
; il faut descendre
après pendant
une demie
heure
pour
arriver
à la Ville.
Cette Ville bâtie par Hérode en l'honneur
de Tibere , devoit être superbe ; elle
étoit fort longue , mais peu large , parce
que la montagne la serre vers le bord de
la Mer.
Il. y a apparence que la Maison des
Cheiks où nous descendîmes , étoit un
ancien Palais , à en juger par ce qui reste
des Murailles , au bas desquelles la Mer
bat , et sur lesquelles ils ont pratiqué des
logemens à la façon du Pays. Toutes les
pierres de ces Murailles sont taillées en
pointe de diamants.
>
On voit sur le Rivage trois petits Ouvrages
d'une toise en quarré , revêtus des
mêmes pierres placées sur une même ligne
, et elevez sur des Colomnes enfoncées
dans terre , l'une touchant l'autre
à la façon de nos Pilotis. On présume que
ces Ouvrages soutenoient quelque Peristile
ou Galerie saillante du Palais. Il y a
quelques morceaux de Frise et autres fragmens
sur la Gréve , dont la Sculpture n'a
rien de remarquable.
Auprès
Toro MERCURE DE FRANCE
Auprès de ce Palais il y avoit une Forteresse
dont les ruines font aujourd'hui
un très-bel objet pittoresque ; le Palais et
la Forteresse étoient précisément au milieu
de la Ville. On ne sçait si l'enceinte de
murailles qui renferme avec ces antiques
Masures , 40. ou 50. Chaumieres , est un
Ouvrage d'Hérode ou des Croisez.
Ce sont ces murailles que le Pacha canona
le mois d'Avril dernier et devant
lesquelles il se posta avec 4000. hommes.
Elles forment un quarré long de 5. ou
600. pas , et ont tout au plus trois pieds
d'épaisseur et trois toises d'élevation . Les
Assiegez étoient au nombre de 170. mal
armez et le Chekdair joüoit aux Echecspendant
le Siege.
Ce Cheik et ses freres , au nombre de
cinq , nous régalerent de leur mieux ; et
le lendemain matin nous allâmes à cheval,
marchant toujours dans des ruines aux
Bains chauds qui étoient au bout de la
Ville du côté du Midy.
Au retour j'examinai ce Lac ou cette
Mer , sur les bords de laquelle et sur
laquelle même le Seigneur a operé tant
de prodiges. Le Cavalier Jacoub me dit
qu'elle n'avoit pas six à sept milles de
largeur et 18. à 19. milles de longueur.
Elle est toute entourée de Montagnes très
roides.
MAY. 1731. 1011
nides Il me fit observer du côté du Nord
P'endroit où le Jourdain entre dans cette
Mer , et quelques tas de pierres au lieu
où étoient Capharnaum et Betsaïde .
Au sommet d'une haute Montagne du
même côté , au Nord , je voyois parfaifaitement
la Ville de Saphet avec sa Citadelle.
Cette Ville est actuellement en
grande veneration parmi les Juifs , à cause
que leurs Rabbins , Auteurs du Talmud
, y sont enterrez . Elle donne lieu à
une grande question pour sçavoir si elle
est l'ancienne Bethulie.
En descendant vers l'Est sur la même
Montagne , on voit le Puits où Joseph fut
mis par ses freres , ou pour mieux dire
le Kan auprès duquel est ce Puits. On ne
voit rien du Corosaim ni de Gerasa , de
l'autre côté du Lac.
Il y a dans les murs de Tiberiade une
Chapelle qui sert de Magazin aux Cheiks ,
que le Prince Tancrede a fait bâtir,et qui
fut dédiée à S. Pierre , parce que ce fut
là où le Seigneur après sa Résurrection ,
apparut à ses Apôtres. Les Cheiks permettent
à nos Religieux d'y dire la Messe
quand ils vont à Tiberiade.
Nous quittâmes les Cheiks après le
diné , et nous laissâmes les dix Cavaliers
qui nous avoient escortez en allant , nous
prîmes
fo12 MERCURE DE FRANCE
prîmes notre route par la Plaine de la
multiplication des cinq Pains d'Orge et
des deux Poissons , nous passâmes au pied
de la petite Montagne sur laquelle le Seigneur
prononça les Beatitudes , auprès
de laquelle est le Village d'Athin : la
charue a passé sur le lieu où étoit le
Bourg de Jotapa , situé aux environs , et
dans lequel Flavius - Joseph fut pris par
les Romains. On ne reconnoît ce lieu
que par quelques Cîternes qu'on y trouve.
Nous arrivâmes à deux heures après
minuit à Acre , d'où je partis deux jours
après pour Seyde. Je passai à Tyr , et je
vis que les Propheties d'Ezechiel étoient
pleinement accomplies à l'égard de cette
Ville ; Dieu l'a effacée de dessus la terres
je n'y trouvai de remarquable qu'une
triple Colomne de Marbre grande de 40.
à so. pieds de longueur , qui est dans les
décombres d'une Eglise dont il subsiste
encore quelque portion de muraille . Origene
étoit enterré dans cette Eglise. Les
sables ont couvert la Digue par laquelle
Alexandre joignit la Ville à la Terre ferme
; on diroit qu'elle a toûjours été unie
au Continent. Il n'y a actuellement qu'environ
20. ou 25. personnes à Tyr.
J'aurois été au Mont Carmel , si trois
eu quatre mille Arabes n'étoient venus.
camper
M
Qu
des
able
MAY. 1731. 1013
dans la Plaine un jour après mon
camper
arrivée de Galilée , sur la nouvelle de la
disgrace des Pachas de Damas et de Seyde.
Ces descendans d'Ismaël , sous prétexte
qu'Abraham n'a laissé aucun heritage à
leur pere , s'emparent par droit d'aubeine,
des habits et des Effets des Voyageurs ,
qu'ils regardent comme leur patrimoine.
Je suis , Monsieur , &c.
Décembre 1730. par M. du Bellis , sur
un Voyage fait en Galilée , & c.
Dieur, Voyage que je
E retour depuis peu de jours , Monsieur
, d'un Voyage que je viens de
faire , je ne perds point de temps à vous
faire un récit succint de ce que j'ai vû ,
pour prévenir vos reproches. Dispensezmoi
de Dissertations , et permettez que
je vous renvoye une foule de Voyageurs
qui ont écrit des mêmes Pays où
j'ai été.
Les Révolutions de 18. siecles ont extrémement
simplifié la Galilée ; Flavius
Joseph , qui en a été Gouverneur , écrit
qu'il y avoit dans cette Province 204.
Bourgs ou Villages , dont plusieurs étoient
bien fortifiez , et dont le moindre avoit
environ 15000. hommes , sans parler des
grandes Villes de Tiberiade , de Sephoris
et de Gabara .
Hiram , Roi de Tyr , se trouva fort
mal payé de 20. Villes de la Galilée que
Salomon lui donna pour les Bois de Cedres
, de Sapins et autres Materiaux
ce Roi avoit fournis pour la construction.
du Temple de Jerusalem.
A iiij
que
La
998 MERCURE DE FRANCE
La Charuë a passé sur presque toutes
les Villes , Bourgs et Villages , et ceux
qui restent aujourd'hui , ne sont plus
situez aux mêmes lieux où étoient les
anciens . On n'y voit plus que quelques
monceaux de pierres et décombres de
maisons ruinées .
En partant de Seides , je ne m'étois pro
posé que d'aller à Acre ; j'étois en compagnie
de trois Négocians , dont deux
étoient les Députez de la Nation . Le Valet
d'un de ces Députez, est fils d'un Curé
Maronite de Seyde ; et comme il est au
fait de la Tradition , et qu'il sçait lire et
écrire le Syriaque , je le pris en affection
pour les secours que j'en attendois.
Après trois lieues de marche ,
Docteur domestique , me fit observer que
j'étois sur les ruines de Sarepta , et me
fit arrêter à une petite Mosquée , bâtie
au lieu même où étoit la maison de cette
Veuve, qui ayant bien voulu partager son
petit pain avec Elie , obtint de ce Prophete
la multiplication de sa farine , de
son huile , et là résurrection de son fils.
mon
A une lieuë et demie de cette Mosquée
nous passâmes la Riviere nommée la Hasemiech
, sur un fort beau Pont de Pierre ,
qu'Osman , Pacha de Seyde , a fait bâtir.
Que cette Riviere soit le Fleuve Eleuthere
des
MA Y. 1731. 999
des Anciens , ou non , je laisse cette discussion
aux Sçavans ; ce qu'il y a de certain
, c'est qu'elle séparoit autrefois les
Royaumes de Tyr et de Sidon.
Comme je souhaitois voir les fameux
Puits appellez les Puits de Salomon , parce
que ce Roi en parle dans le Cantique
des Cantiques , nous ne prîmes point le
chemin de Tyr , et nous marchâmes droit
à une Mosquée que les Maronites prétendent
être le Tombeau de Daniel . Nous
passâmes à cette Mosquée une partie de la
nuit.
Au lever du Soleil nous arrivâmes aux
Puits . Nous avions découvert en traversant
la vaste Plaine de Tyr , des restes
des Aqueducs qui conduisoient l'eau
de ces Puits dans cette Ville , qui en est
éloignée d'une lieuë.
Le plus grand de ces Puits subsiste en
son entier ; les deux autres sont ruinez.
L'eau monte jusqu'au bord , ce qui le fait
ressembler à un Réservoir , et en sortant
elle fait tourner des Moulins à blé , ce
qui le rend d'une grande utilité..
A deux lieues de ces Puits , on trouve
le chemin appellé aujourd'hui Anakoura;
il est taillé dans le Roc , sur le milieu
d'une Montagne qui n'a presque point de
pente ; il a environ une demie licuë de
A v long
-
1000 MERCURE DE FRANCE:
long : c'est un Ouvrage d'Alexandre le
Grand , le garde fou en est ruiné, le préci
pice en est affreux ; la Mer et des Rochers:
escarpez, sont au bas à une si grande
distance, qu'on ne peut presque en soutenir
la vûë; ce chemin,au reste, est si ruiné
et si mauvais , qu'on est obligé de mettre
pied à terre à chaque bout de champ .
Au sortir de ce passage , on trouve
un grand tas de pierres et quelques restes
de Murs . Ces ruines s'appellent Scandarete
, ce qui signifie petit Château d'Alexandre.
On arrive enfin au Cap Blanc , que les
'Anciens nommoient le Mont Saron . Delà
on découvre la Plaine d'Acre , bornée
au Sud par le Mont Carmel , qui avançant
dans la Mer , semble simétriser avec
le Cap Blanc , et entourer circulairement
avec les Montagnes de l'Est cette immense
Plaine . La Ville d'Acre paroît au
milieu sur le Rivage de la Mer ; et quoiqu'il
semble qu'on doive bien- tôt atteindre
à cette Ville , il faut pourtant émployer
quatre bonnes heures pour y arriver
, marchant toujours en ligne directe.
La Ville d'Acre ou de Ptolemaide , fait
pitié aujourd'hui , en voyant les ruines
des étonnantes Fortifications qui entouroient
cette grande Ville. L'Eglise de
S.
MAY. 1731. ΥΘΟΥ
S. André , celle de S. Jean , le Palais et la
Chapelle du Grand-Maître des Hospitaliers,
doivent être des Edifices admirables .
Il reste encore de ces superbes Edifices ,
quelques pans de murailles dans leur entier
, qui font juger de leur ancienne
beauté.
Trois jours après notre arrivée à Acre
un Négociant de Seyde , étant dans le
dessein d'aller à Tiberiade pour rendre
visite aux Cheiks qui ont la Ferme gene-
- rale de ce Pays , me proposa de l'accompagner
dans ce voyage , ce que j'acceptai
avec plaisir.
Ce Négociant avoit rendu un service
important au Cheik Saad , aîné de la
Famille des Cheiks de la Tiberiade. Ce
Cheik Saad , avec un des ses freres , informé
de l'arrivée de mon ami à Acre
se rendit à Nazareth ; et ayant appris
qu'il devoit les aller voir , il lui envoya
dix Cavaliers bien armez pour l'accompagner.
Après trois heures de marche vers l'Orient
, dans la Plaine d'Acre , nous entrâmes
dans les Montagnes de la Phénicie ,
et de-là dans les Verres de la Tribu de
Zabulon ; nous passâmes la belle Plaine
de cette Tribu ; et étant parvenus à un
Village nommé Saffoury , notre Cavalier
A vi con1002
MERCURE DE FRANCE
conducteur me fit observer le lieu oùétoit
la Maison de S.Joachim et de sainte Anne ,.
et le reste d'une fort belle Eglise à trois
Nefs , que sainte Helene avoit fait bâtirtout
auprès.
Cette dévote Imperatrice avoit rempli
toute la Terre- Sainte de Monumens de
sa pieté au commencement du IVe siecle.
Ce pauvre Village de Saffoury étoit autrefois
la fameuse Ville de Sephoris.
Au reste , vous remarquerez que le Cavalier
dont je parle , est un homme encore
plus important que
le Valet que
j'ai déja cité ; il sçait sa Terre- Sainte par
coeur , il conduit depuis 30. ans les Religieux
et les Pelerins . Ce Cavalier , nommé
Jacoub , connoît et explique tous les
lieux Saints.
Après avoir traversé Monts et Vallées ,
nous vîmes Nazareth dans un petit Valon.
entouré de Montagnes. Il est sur le penchant
d'une de ces Montagnes , regardant
l'Orient , et ne consiste qu'en quelques.
Cahutes dispersées sur une petite Esplanade.
Nous passâmes auprès de la Fontaine
où la sainte Vierge venoit prendre de
l'eau , n'y ayant point de Puits dans Nazareth
, mais seulement quelques Citernes .
Cette Fontaine est à 4. ou 500. pas du
Village
MAY . 1731.
1003
Village ; il en est de même de tous les
Villages de la Galilée. Les Habitans de
Saffoury vont chercher l'eau à un quart.
de lieuë.
La nouvelle Eglise que les Religieux de
la Terre-Sainte ont fait bâtir à Nazareth ,
est située au même lieu où s'est operé le
Mistere de l'Incarnation ; cette Eglise a
été consacrée depuis peu , et on y fait actuellement
l'Office divin.LeConvent n'est
pas encore achevé ; nous logeâmes dans
les chambres du vieux Monastere .
Comme nous arrivâmes bien avant le
coucher du Soleil , j'eus le temps d'aller
visiter l'Eglise. Elle est à trois Nefs et
fort éclairée.
La sainte Grote où s'est operé le Mistere
, se presente d'abord en entrant , on
y descend par un spacieux Escalier de
douze marches ; et après avoir traversé
l'espace où étoit la Maison qui a été transportée
à Lorette , on entre dans la Grotte
taillée dans le Roc.
Le Ceintre extérieur de cette Grotte est:
tout couvert de Marbre , et sous l'Autel
isolé qui est au milieu , on y lit ces mots :
Hic Verbum caro factum est.
A gauche en entrant , il y a deux grosses
Colomnes d'un Marbre singulier ; elles.
sont placées comme sont les Colomnes
Cou
}
1004 MERCURE DE FRANCE
couplées dans les Edifices. Sainte Helene
les fit poser lorsqu'elle fit bâtir une superbe
Eglise à Nazareth , pour désigner
la place où étoient la sainte Vierge et l'Ange
Gabriel , dans l'instant de l'Annonciation
; l'une de ces Colomnes demeuresuspendue,
adhérante à la voute de la Grotte
, ayant été brisée vers sa base par un
Pacha de Damas , qui pensant qu'elle étoit
creuse , croyoit y trouver un trésor .
On monte par deux Escaliers de 12. marches
, situez aux deux côtez du vieux Escalier
qui conduit à cette Grotte ; au grand
Autel de l'Eglise , qui est à la Romaine , et
placé précisément sur la voute de la Grotte
; le Choeur est derriere l'Autel .
M. Bergeret , Négociant François , Résident
à Acre , qui a donné le dessein de
cette Eglise , m'a dit qu'elle avoit dix toises
de longueur , neuf de largeur , et huit
et demie de hauteur. Les Maçons Turcs.
qui l'ont élevée , ont commis mille défauts
grossiers contre le Dessein de M.Bergeret.
On voit dans les cours du Convent
quelques anciens Chapiteaux Corinthiens
de l'Eglise de sainte Heleine , dont les
feuilles d'acanche et les autres ornemens
sont admirables.
Le lendemain j'allai visiter l'ancienne
SyMAY.
1731 1005
Synagogue de Nazareth ; cet Edifice s'est
bien conservé, mais il sert aujourd'hui d'écurie.
Je vis aussi les ruines d'une petite ,
Eglise bâtie où étoit la Boutique de S. Joseph
, et la Table de pierre sur laquelle le
Sauveur mangeoit quelquefois avec ses
Apôtres ; elle est à present renverseé .
Je négligeai d'aller voir le Précipice
qui est à un quart de lieuë de Nazareth ,
parce qu'il n'est pas décidé si ce fut à ce
lieu où au haut de la Montagne même ,
au penchant de laquelle le Village est
place , que les Juifs au sortir de la Synagogue
, conduisirent le Seigneur pour le
précipiter.
Nous partîmes avec les Cheiks de la
Tiberiade pour nous rendre chez eux. Ils
avoient pour leur suite 60. Cavaliers armez
de lances , de fusils , de sabres et de
pistolets à la ceinture , desorte qu'avec
nos dix Cavaliers et nos gens , nous étions
plus de 80. personnes à cheval.
A peine eûmes- nous marché une heure,
que nous nous arrêtâmes pour attendre
un Cavalier que nous voyons venir à toute
bride ; il rendit une Lettre aux Cheiks,
qu'on leur écrivoit d'Acre , par laquelle
on les informoit que le jour d'auparavant
21. de Novembre , il étoit arrivé à
Seyde un Capigi , porteur d'un Commandement
TOOG MERCURE DE FRANCE
•
dement pour arrêter Soliman- Pacha et
s'assurer de son bien ; que le Pacha de
Damas , son frere , avoit été également
arrêté avec le Pacha de Tripoli , fils de ce
dernier , le Gouverneur de Lataquie , fils
du Pacha de Tripoli , et celui de Mara.
Le Cavalier ajoûta que depuis un quart
d'heure qu'il étoit parti de Nazareth , il
y étoit arrivé un Capigi qui étoit descendu
chez les PP: de la Terre- Sainte .
Les Cheiks retournerent sur leurs pas
pour sçavoir le sujet de ce dernier Ĉapigi
, et nous rejoindre ensuite au Kanaintujar,
qui est au - dessous du Thabor , dans
la Plaine d'Esdrelon ; ils nous laisserent
20. Cavaliers .
Continuant notre route , nous vîmes
en passant une Mosquée , où l'on dit que
le Prophete Jonas est enterré ; de-là nous
allâmes à Cana.
L'Eglise et le Monastere que sainte He
lene avoit fait bâtir au lieu même où étoit
la Maison des Nôces où se fit le Miracle
sont aux trois quarts démolis. Je bus à
F'unique Fontaine du Village , de cette eau
qui fut convertie en vin . On voit auprès
les restes d'une Chapelle.
Aux environs de Cana , nous traversâmes
le Champ des Epis , où les Pharisiens
scandalisez de voir les Apôtres manger
dess
MAY. 1731 1057
des grains de froment le jour du Sabat ,
furent repris par le Sauveur.
Après avoir marché dans de beaux Va-.
lons , dont les Montagnes sont couvertes
de Chênes verds , nous entrâmes dans
la Plaine d'Esdrelon , nous nous trouvâmes
dans peu presque au pied du Thabor,
mais la forme piramidale de cette fameuse
Montagne , est encore la plus admirable
vûë de la Plaine. C'est ici où le docte
Cavalier Jacoub donna une grande satisfaction
à mes yeux et à mon imagination
. D'abord il m'instruisit des ruines
qui subsistent au sommet du Thabor ,
reste des Edifices que sainte Helene et le
Prince Tancrede avoient fait bâtir.
Il me montra ensuite les Monts Here
mon et Hermonien , et me fit appercevoir
de fort loin les Montagnes arides et pellées
de Gelboé , me de igna derriere le
Thabor le lieu où étoit la Ville de Naïm
au pied d'Hermonoüm . La Ville d'Ador,
où Saül alla consulter la Devineresse .
Il me rapella les évenemens de l'Ecriture .
arrivez in Campo magno Esdrelon , la Bataille
de Josué contre le Roi de Maggedo ,
la défaite de Sisara par Barac , assisté de
Débora ; la mort d'Ochozias par Jehu
et celle de Josias par Pharaon Nechao .
Nous nous rendîmes ensuite au Kanaintujar
1008 MERCURE DE FRANCE
naïntujar , c'est à-dire , le Kan de la Source
des Marchands ; c'est un très - bel Edifice:
construit par les Turcs , et qu'ils laissent
tomber en ruine ; il a été bâti pour la
commodité des Caravanes de Damas qui:
passent par la Plaine d'Esdrelon . Il s'y
tient un Bazar ou Marché toutes les se
maines. Les Pierres qui ont servi à cet
Edifice , avoient été tirées de la démolition
d'une Forteresse que les Chrétiens
avoient bâtie.
Les murailles et les tours de cette Forteresse
, qui est à une portée de fusil du
Kan , subsistent encore à une toise d'élevation
; rien n'est si admirable que les
Edifices , que les Croisez avoient élevés
dans ces Pays.
Les Cheiks nous joignirent une heure
après, et nous apprirent que le Capigi arrivé
à Nazareth , venoit de Jerusalem ,
où il avoit été envoyé pour examiner un
nouvel Edifice des Arméniens , sur lequel
il y avoit eu des plaintes à la Porte,
que les Latins , les Grecs et les Arméniens
lui avoient fait ensemble un present de
onze Bourses , afin qu'il fit à la Porte des
Relations inconsequentes de leurs Eglises
et de leurs Monasteres , et que les Religieux
de Nazareth lui avoient donné cent
Sequins pour le même sujet .
Au
MAY. 1731. 1009.
Au Soleil couchant nous arrivâmes à
la Tiberiade. On ne voit la Mer
que lorsqu'on
est parvenu
au haut de la Monta- gne, où l'on arrive
par une Plaine
; il faut descendre
après pendant
une demie
heure
pour
arriver
à la Ville.
Cette Ville bâtie par Hérode en l'honneur
de Tibere , devoit être superbe ; elle
étoit fort longue , mais peu large , parce
que la montagne la serre vers le bord de
la Mer.
Il. y a apparence que la Maison des
Cheiks où nous descendîmes , étoit un
ancien Palais , à en juger par ce qui reste
des Murailles , au bas desquelles la Mer
bat , et sur lesquelles ils ont pratiqué des
logemens à la façon du Pays. Toutes les
pierres de ces Murailles sont taillées en
pointe de diamants.
>
On voit sur le Rivage trois petits Ouvrages
d'une toise en quarré , revêtus des
mêmes pierres placées sur une même ligne
, et elevez sur des Colomnes enfoncées
dans terre , l'une touchant l'autre
à la façon de nos Pilotis. On présume que
ces Ouvrages soutenoient quelque Peristile
ou Galerie saillante du Palais. Il y a
quelques morceaux de Frise et autres fragmens
sur la Gréve , dont la Sculpture n'a
rien de remarquable.
Auprès
Toro MERCURE DE FRANCE
Auprès de ce Palais il y avoit une Forteresse
dont les ruines font aujourd'hui
un très-bel objet pittoresque ; le Palais et
la Forteresse étoient précisément au milieu
de la Ville. On ne sçait si l'enceinte de
murailles qui renferme avec ces antiques
Masures , 40. ou 50. Chaumieres , est un
Ouvrage d'Hérode ou des Croisez.
Ce sont ces murailles que le Pacha canona
le mois d'Avril dernier et devant
lesquelles il se posta avec 4000. hommes.
Elles forment un quarré long de 5. ou
600. pas , et ont tout au plus trois pieds
d'épaisseur et trois toises d'élevation . Les
Assiegez étoient au nombre de 170. mal
armez et le Chekdair joüoit aux Echecspendant
le Siege.
Ce Cheik et ses freres , au nombre de
cinq , nous régalerent de leur mieux ; et
le lendemain matin nous allâmes à cheval,
marchant toujours dans des ruines aux
Bains chauds qui étoient au bout de la
Ville du côté du Midy.
Au retour j'examinai ce Lac ou cette
Mer , sur les bords de laquelle et sur
laquelle même le Seigneur a operé tant
de prodiges. Le Cavalier Jacoub me dit
qu'elle n'avoit pas six à sept milles de
largeur et 18. à 19. milles de longueur.
Elle est toute entourée de Montagnes très
roides.
MAY. 1731. 1011
nides Il me fit observer du côté du Nord
P'endroit où le Jourdain entre dans cette
Mer , et quelques tas de pierres au lieu
où étoient Capharnaum et Betsaïde .
Au sommet d'une haute Montagne du
même côté , au Nord , je voyois parfaifaitement
la Ville de Saphet avec sa Citadelle.
Cette Ville est actuellement en
grande veneration parmi les Juifs , à cause
que leurs Rabbins , Auteurs du Talmud
, y sont enterrez . Elle donne lieu à
une grande question pour sçavoir si elle
est l'ancienne Bethulie.
En descendant vers l'Est sur la même
Montagne , on voit le Puits où Joseph fut
mis par ses freres , ou pour mieux dire
le Kan auprès duquel est ce Puits. On ne
voit rien du Corosaim ni de Gerasa , de
l'autre côté du Lac.
Il y a dans les murs de Tiberiade une
Chapelle qui sert de Magazin aux Cheiks ,
que le Prince Tancrede a fait bâtir,et qui
fut dédiée à S. Pierre , parce que ce fut
là où le Seigneur après sa Résurrection ,
apparut à ses Apôtres. Les Cheiks permettent
à nos Religieux d'y dire la Messe
quand ils vont à Tiberiade.
Nous quittâmes les Cheiks après le
diné , et nous laissâmes les dix Cavaliers
qui nous avoient escortez en allant , nous
prîmes
fo12 MERCURE DE FRANCE
prîmes notre route par la Plaine de la
multiplication des cinq Pains d'Orge et
des deux Poissons , nous passâmes au pied
de la petite Montagne sur laquelle le Seigneur
prononça les Beatitudes , auprès
de laquelle est le Village d'Athin : la
charue a passé sur le lieu où étoit le
Bourg de Jotapa , situé aux environs , et
dans lequel Flavius - Joseph fut pris par
les Romains. On ne reconnoît ce lieu
que par quelques Cîternes qu'on y trouve.
Nous arrivâmes à deux heures après
minuit à Acre , d'où je partis deux jours
après pour Seyde. Je passai à Tyr , et je
vis que les Propheties d'Ezechiel étoient
pleinement accomplies à l'égard de cette
Ville ; Dieu l'a effacée de dessus la terres
je n'y trouvai de remarquable qu'une
triple Colomne de Marbre grande de 40.
à so. pieds de longueur , qui est dans les
décombres d'une Eglise dont il subsiste
encore quelque portion de muraille . Origene
étoit enterré dans cette Eglise. Les
sables ont couvert la Digue par laquelle
Alexandre joignit la Ville à la Terre ferme
; on diroit qu'elle a toûjours été unie
au Continent. Il n'y a actuellement qu'environ
20. ou 25. personnes à Tyr.
J'aurois été au Mont Carmel , si trois
eu quatre mille Arabes n'étoient venus.
camper
M
Qu
des
able
MAY. 1731. 1013
dans la Plaine un jour après mon
camper
arrivée de Galilée , sur la nouvelle de la
disgrace des Pachas de Damas et de Seyde.
Ces descendans d'Ismaël , sous prétexte
qu'Abraham n'a laissé aucun heritage à
leur pere , s'emparent par droit d'aubeine,
des habits et des Effets des Voyageurs ,
qu'ils regardent comme leur patrimoine.
Je suis , Monsieur , &c.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite de Seyde le premier Décembre 1730. par M. du Bellis, sur un Voyage fait en Galilée, &c.
En décembre 1730, M. du Bellis relate un voyage en Galilée, mentionnant les révolutions des 18 derniers siècles qui ont simplifié la région. Flavius Josèphe décrivait 204 bourgs ou villages, certains fortifiés et peuplés de milliers d'habitants, mais la région est marquée par des destructions, laissant des monceaux de pierres et des décombres. Le voyageur part de Seyde avec trois négociants, dont un valet connaissant la tradition et le syriaque. Ils visitent les ruines de Sarepta, la rivière Hasemiech, et les Puits de Salomon. Ils traversent le chemin d'Anakoura, construit par Alexandre le Grand, et découvrent les ruines de Scandarete avant d'atteindre le Cap Blanc et la ville d'Acre, dont les fortifications sont en ruines. À Acre, le voyageur accompagne un négociant à Tibériade. Ils traversent la plaine d'Acre, les montagnes de la Phénicie, et les terres de la tribu de Zabulon, visitant les ruines de Sephoris et la maison de saint Joachim et sainte Anne à Saffoury. Ils atteignent ensuite Nazareth, où ils visitent l'église de l'Incarnation et la grotte de l'Annonciation. Le voyage se poursuit vers Cana, où ils visitent les ruines de l'église et du monastère construits par sainte Hélène. Ils traversent ensuite la plaine d'Esdrelon et le mont Thabor, où le cavalier Jacoub explique les ruines et les événements bibliques associés à la région. Ils se rendent finalement au Kanaintujar, un bel édifice près de la source des marchands. Le texte décrit également plusieurs sites historiques et événements observés en mai 1731. Un édifice construit par les Turcs pour les caravanes de Damas, situé dans la plaine d'Esdrelon, abrite un marché hebdomadaire. Les pierres de cet édifice proviennent de la démolition d'une forteresse chrétienne. Les Croisés avaient élevé des édifices admirables dans la région. À Nazareth, un Capigi, envoyé de Jérusalem pour examiner un nouvel édifice arménien, a reçu des présents des Latins, Grecs et Arméniens pour éviter des plaintes à la Porte. Les religieux de Nazareth lui ont également donné cent sequins. Le voyage se poursuit vers Tibériade, une ville bâtie par Hérode en l'honneur de Tibère. La ville est longue mais peu large, serrée par la montagne près de la mer. La maison des cheiks, où les auteurs descendent, semble être un ancien palais avec des murailles taillées en pointe de diamants. Les murailles de la ville, canonnées par le Pacha en avril, forment un carré long de 500 à 600 pas, avec une épaisseur de trois pieds et une élévation de trois toises. Les cheiks et leurs frères offrent un repas aux auteurs, qui visitent ensuite les bains chauds à l'extrémité de la ville. Le lac de Tibériade, où le Seigneur a opéré de nombreux prodiges, est décrit comme ayant une largeur de six à sept milles et une longueur de 18 à 19 milles, entouré de montagnes très roides. Des sites bibliques comme Capharnaum et Betsaïde sont mentionnés. La ville de Saphet, en grande vénération parmi les Juifs, est visible depuis une montagne. En descendant vers l'est, on voit le puits où Joseph fut mis par ses frères. À Tibériade, une chapelle dédiée à Saint-Pierre, construite par le prince Tancrede, sert de magasin aux cheiks et permet aux religieux de dire la messe. Le voyage se poursuit vers Acre, en passant par des lieux bibliques comme la plaine de la multiplication des pains et la montagne des Béatitudes. À Tyr, les prophéties d'Ézéchiel sont accomplies, et la ville est presque déserte. Les auteurs mentionnent également la présence de tribus arabes dans la plaine, prêtes à s'emparer des biens des voyageurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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