Résultats : 21932 texte(s)
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Liste
6601
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
PAGE 525. ligne 23. Secle, lisez Siecle. P. 560. l. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
PAge 525. ligne 23. Secle, Lisez Siecle.
P. 560. 1. 15. enterre , 1. enleve.
P. 562. 1. 9. point, ôtez ce mot.
P. 570. 1. 14. la fable , l. le foible.
P. 587. 1. 7 pieté , l . pitié.
PAge 525. ligne 23. Secle, Lisez Siecle.
P. 560. 1. 15. enterre , 1. enleve.
P. 562. 1. 9. point, ôtez ce mot.
P. 570. 1. 14. la fable , l. le foible.
P. 587. 1. 7 pieté , l . pitié.
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6602
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 995 [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 995 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 995 [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 995
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6603
s. p.
« La Médaille doit regarder la page 440 La Chanson notée [...] »
Début :
La Médaille doit regarder la page 440 La Chanson notée [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Médaille doit regarder la page 440 La Chanson notée [...] »
La Médaille doit regarder la page
La Chanson notée à la page
440
554
La Chanson notée à la page
440
554
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6604
p. 29-30
EPIGRAMME.
Début :
Certain Huissier étant à l'Audiance [...]
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
JEPIQRAMME.,
CErtainHuissierétant à
l'Audiance
Crioit toujours, paix là)
Messieuss, paix là,
Tant qu'à la fin tombant
en défaillance,
Son teint pâlit & sa gorge
r
s'enfla,
On court. àlui, qu'est-ce- cy,qu'est-cela,
Maifire Perin? du recours,
il expirey-
Bref,
on
lesaigne, il revient,
il soûpire,
Puis ouvrant l'oeil, clair
.', comme un basilic
Voila, Meilleurs, se prieil
à leur dire, '-'~,I
Ce que l'on gagne à parler
en public.
CErtainHuissierétant à
l'Audiance
Crioit toujours, paix là)
Messieuss, paix là,
Tant qu'à la fin tombant
en défaillance,
Son teint pâlit & sa gorge
r
s'enfla,
On court. àlui, qu'est-ce- cy,qu'est-cela,
Maifire Perin? du recours,
il expirey-
Bref,
on
lesaigne, il revient,
il soûpire,
Puis ouvrant l'oeil, clair
.', comme un basilic
Voila, Meilleurs, se prieil
à leur dire, '-'~,I
Ce que l'on gagne à parler
en public.
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6605
p. 214-215
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné à l'Abbaye de Sellieres, Ordre de [...]
Mots clefs :
Diocèse, Abbaye, Charges, Grand vicaire
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES DONNÉS.
E Roi a donné l'Abbaye de Sellieres , Ordre de
LCiteaux , Diocefede Troyes, à l'Abbé Mignot,
Confeiller-Clerc au Grand-Confeil ; l'Abbaye
Réguliere de Saint-Sulpice , Ordre de S. Benoît ,
Dioceſe de Rennes , à la Dame de la Bourdonnaye
, Religieufe de l'Ordre de Fontevrault ; le
Prieuré conventuel & électif de Boutteville , Or
dre de S. Auguſtin , Dioceſe de Saintes , à l'Abbé
de Barret , Vicaire général de l'Evêché de Bazas.
Sa Majefté a nommé à l'Evêché de Marſeille
vacant par le décès de M. de Belfance de Caf
telmoron , M. Jean-Baptifte de Belloy , Evêque
de Glandeve , à la charge de deux mille huit cens
livres de penfions :
SÇAVOIR ,
1000 livres à M. Olivier , Prêtre du Dioceſe de
Marſeille ;
1000 livres à M. Pierre de Châteauneuf de la
Saigne , Prêtre du Dioceſe de Mende;
800 livres à M. Ange-Joſeph Dalleman , Prêtre
du Dioceſe de Carpentras.
Le Roi a donné l'Abbaye de Saint Arnoul , Ordre
de S. Benoît , Diocefe & ville de Metz , vacante
par le décès de M. de Belfunce , à M. FranJUILLET.
1755 217
çois - Joachim de Pierre de Bernis , Soudiacre ,
Comte de Lyon , & Ambaffadeur du Roià Veniſe.
L'Abbaye de Chambons , Ordre de Cîteaux ,
Dioceſe de Viviers , vacante par le décès de M. de
Bellance , à M. René-Jofeph-Marie de Gouyon
de Vaurouault , à la charge de quatre mille deux
cens livres de penfions :
SCAVOIR ,
1200 livres à M. Sehier , Grand Vicaire de
Rouen ;
1200 livres à M. Laugier de Rouffet de Beaurecueil
, Grand Vicaire de Senez ;
1000 livres à M. Gaubert , Prêtre ;
800 livres à M. de Boifmilon Dorgeville , Pro
tre du Diocefe d'Évreux .
9
L'Abbaye de Maizieres , Ordre de Câteaux ,
Diocefe de Châlons-fur-Saone vacante par le
décès de M. Hennequin d'Ecquevilly , à M. de
Romilley, à la charge de 3400 livres de penſions.
SÇAVOIR,
1200 livres à M. d'Aguille , Grand Vicaire de
Condom ;
800 livres à M. Château de la Fayette;
800 livres à M. Cliquet de Fontenai , Prêtre
du Dioceſe de Paris ;
600 livres à M. Bonvallet des Broffes , Prêtre
du Diocefe de la Rochelle.
E Roi a donné l'Abbaye de Sellieres , Ordre de
LCiteaux , Diocefede Troyes, à l'Abbé Mignot,
Confeiller-Clerc au Grand-Confeil ; l'Abbaye
Réguliere de Saint-Sulpice , Ordre de S. Benoît ,
Dioceſe de Rennes , à la Dame de la Bourdonnaye
, Religieufe de l'Ordre de Fontevrault ; le
Prieuré conventuel & électif de Boutteville , Or
dre de S. Auguſtin , Dioceſe de Saintes , à l'Abbé
de Barret , Vicaire général de l'Evêché de Bazas.
Sa Majefté a nommé à l'Evêché de Marſeille
vacant par le décès de M. de Belfance de Caf
telmoron , M. Jean-Baptifte de Belloy , Evêque
de Glandeve , à la charge de deux mille huit cens
livres de penfions :
SÇAVOIR ,
1000 livres à M. Olivier , Prêtre du Dioceſe de
Marſeille ;
1000 livres à M. Pierre de Châteauneuf de la
Saigne , Prêtre du Dioceſe de Mende;
800 livres à M. Ange-Joſeph Dalleman , Prêtre
du Dioceſe de Carpentras.
Le Roi a donné l'Abbaye de Saint Arnoul , Ordre
de S. Benoît , Diocefe & ville de Metz , vacante
par le décès de M. de Belfunce , à M. FranJUILLET.
1755 217
çois - Joachim de Pierre de Bernis , Soudiacre ,
Comte de Lyon , & Ambaffadeur du Roià Veniſe.
L'Abbaye de Chambons , Ordre de Cîteaux ,
Dioceſe de Viviers , vacante par le décès de M. de
Bellance , à M. René-Jofeph-Marie de Gouyon
de Vaurouault , à la charge de quatre mille deux
cens livres de penfions :
SCAVOIR ,
1200 livres à M. Sehier , Grand Vicaire de
Rouen ;
1200 livres à M. Laugier de Rouffet de Beaurecueil
, Grand Vicaire de Senez ;
1000 livres à M. Gaubert , Prêtre ;
800 livres à M. de Boifmilon Dorgeville , Pro
tre du Diocefe d'Évreux .
9
L'Abbaye de Maizieres , Ordre de Câteaux ,
Diocefe de Châlons-fur-Saone vacante par le
décès de M. Hennequin d'Ecquevilly , à M. de
Romilley, à la charge de 3400 livres de penſions.
SÇAVOIR,
1200 livres à M. d'Aguille , Grand Vicaire de
Condom ;
800 livres à M. Château de la Fayette;
800 livres à M. Cliquet de Fontenai , Prêtre
du Dioceſe de Paris ;
600 livres à M. Bonvallet des Broffes , Prêtre
du Diocefe de la Rochelle.
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Résumé : BENEFICES DONNÉS.
Le texte décrit plusieurs nominations et attributions d'abbayes et d'évêchés par le roi. L'Abbaye de Sellieres, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Troyes, a été attribuée à l'Abbé Mignot. L'Abbaye Régulière de Saint-Sulpice, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Rennes, a été donnée à la Dame de la Bourdonnaye. Le Prieuré de Boutteville, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Saintes, a été attribué à l'Abbé de Barret. Le roi a nommé M. Jean-Baptiste de Belloy à l'Évêché de Marseille, vacant après le décès de M. de Belfance de Castelmoron, avec des pensions attribuées à plusieurs prêtres. L'Abbaye de Saint-Arnoul, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Metz, a été attribuée à M. François-Joachim de Pierre de Bernis. L'Abbaye de Chambons, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Viviers, a été attribuée à M. René-Joseph-Marie de Gouyon de Vaurouault, avec des pensions totales de 4200 livres. L'Abbaye de Maizières, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Châlons-sur-Saône, a été attribuée à M. de Romilley, avec des pensions totales de 3400 livres.
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6606
p. 2694-[2695]
TABLE.
Début :
Pieces fugitives . Epître au Maréchal de Villars, Mémoire historique sur la défaite des Rebelles [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Ieces fugitives . Epître au Maréchal de Vil
lars , 2483
Mémoire historique sur la défaite des Rebelles
de Perse ,
Epître familiere à M ....
2488
Suite des Remarques sur la Tragédie d'Astrate
Le Feint Organiste : Conte ,
Eloge de M. de Lavaur ,
Sur le respect dû aux Eglises : Ode ,
2512.
2519
2536 :
2541
2549
Lettre au sujet des Réfléxions sur la politesse ,
255241
Ode à M. Bouhier , premier Evêque de Dijon
2568
Réfléxions sur l'explication de l'Akousmate
d'Ansacq , 2572
L'Adoration des Mages, Poëme , 2381
DixieDixiéme
Lettre , sur le Bureau Typographique ,
Enigmes, Logogryphes ,
2584
2594
Nouvelles Litteraires des beaux Arts , & c. Le
je ne fçai quoi , & c.
Rituel du Diocèse de Blois ,
2598
2600
Veritable Calendrier Chronologique, & c. 2605
Almanach , fixe , perpetuel , &c.
Almanach Ecclésiastique ,
2606
2609
Lettre au sujet de l'histoire naturelle de Cayenne
,
Histoire métallique des Pays - Bas ,
2610
2611
La Boussole perpetuelle des Banquiers, & c. 2616
Assemblées publiques des Academies , 2618--
Epitaphe du Curé de S. Nicolas , 2620
Nouvelles Estampes , 2622
Chanson et Couplets notez , 2625
Spectacles. La réunion des Amours 2627
Madrigaux sur les Amours réunis , 2634
Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve , 2636
Nouvelles de Turquie et Perse , 2640
Relation de la Conspiration ,
Lettre de Constantinople ,
De Russie , Pologne , Suede et Allemagne, 2654
D'Italie , Portugal , Espagne , Angleterre , & c .
2642
2648
Addition aux nouvelles ,
Morts , Naissances ,
2657
2663
2665
2666 Nouvelles de la Cour , de Paris , & c .
Lettre et Requête en Vers à M le Card,de Fleury ,
Ode à M. l'Evêque de Dijon ,
2673
2677
Réponse en Vers de M. le Chevalier , &c. 2679
Bouquet à M ....
Morts , Mariages , & c.
Arrêts Notables ,
Ieces fugitives . Epître au Maréchal de Vil
lars , 2483
Mémoire historique sur la défaite des Rebelles
de Perse ,
Epître familiere à M ....
2488
Suite des Remarques sur la Tragédie d'Astrate
Le Feint Organiste : Conte ,
Eloge de M. de Lavaur ,
Sur le respect dû aux Eglises : Ode ,
2512.
2519
2536 :
2541
2549
Lettre au sujet des Réfléxions sur la politesse ,
255241
Ode à M. Bouhier , premier Evêque de Dijon
2568
Réfléxions sur l'explication de l'Akousmate
d'Ansacq , 2572
L'Adoration des Mages, Poëme , 2381
DixieDixiéme
Lettre , sur le Bureau Typographique ,
Enigmes, Logogryphes ,
2584
2594
Nouvelles Litteraires des beaux Arts , & c. Le
je ne fçai quoi , & c.
Rituel du Diocèse de Blois ,
2598
2600
Veritable Calendrier Chronologique, & c. 2605
Almanach , fixe , perpetuel , &c.
Almanach Ecclésiastique ,
2606
2609
Lettre au sujet de l'histoire naturelle de Cayenne
,
Histoire métallique des Pays - Bas ,
2610
2611
La Boussole perpetuelle des Banquiers, & c. 2616
Assemblées publiques des Academies , 2618--
Epitaphe du Curé de S. Nicolas , 2620
Nouvelles Estampes , 2622
Chanson et Couplets notez , 2625
Spectacles. La réunion des Amours 2627
Madrigaux sur les Amours réunis , 2634
Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve , 2636
Nouvelles de Turquie et Perse , 2640
Relation de la Conspiration ,
Lettre de Constantinople ,
De Russie , Pologne , Suede et Allemagne, 2654
D'Italie , Portugal , Espagne , Angleterre , & c .
2642
2648
Addition aux nouvelles ,
Morts , Naissances ,
2657
2663
2665
2666 Nouvelles de la Cour , de Paris , & c .
Lettre et Requête en Vers à M le Card,de Fleury ,
Ode à M. l'Evêque de Dijon ,
2673
2677
Réponse en Vers de M. le Chevalier , &c. 2679
Bouquet à M ....
Morts , Mariages , & c.
Arrêts Notables ,
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Résumé : TABLE.
Le document présente une liste chronologique d'œuvres littéraires et historiques, ainsi que divers écrits et correspondances, couvrant la période de 2483 à 2679. Les œuvres notables incluent des mémoires historiques, des épîtres, des contes, des odes, des lettres, des réflexions, des poèmes, des almanachs, des nouvelles littéraires, des chansons, des spectacles et des relations d'événements. Les sujets abordés sont variés : défaites militaires, politesse, explications religieuses, histoires naturelles, assemblées académiques, épitaphes, nouvelles de divers pays et événements de cour. Le document se conclut par des mentions de décès, naissances, mariages et arrêts notables.
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6607
p. 221-222
« Voici une autre nouvelle dont je me felicite, & dont [...] »
Début :
Voici une autre nouvelle dont je me felicite, & dont [...]
Mots clefs :
Chanson, Mercure, Commis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voici une autre nouvelle dont je me felicite, & dont [...] »
Voici une autre nouvelle
dont je me félicité, & donc
j'efperc qu'on me sçaura borç
gré.
Le débit du Mercure qui
augmente de mois en mois,
m'encourage à augmenter
aussi la dépense necessaire
pour le rendre meilleur. Le
Public & le Mercure ont esté
là dessus
-
long temps sur le
Qui vive. Donnez-nous un
bon Mercure, disoit le Public
,
& nous l'acheterons.
Achetez le bien,disoit l'Autheur,
& on le rendra bon.
Le Mercure en une espece de
Livre dont la bonté ne dépend
presque que de la dépense
qu'on fait en Correspondances,
en Commis
, &
Recherches: en un mot, il
faut beaucoup dépenser, pour
mériter la vente. Une Chanson
,
qui ne paroist qu'une
Chanson
,
& qui n'est rien
davantage, ne laisse pas d'aller
à cent écus par an, à n'en
donner qu'une tous les mpis. J
Jugez du reste.
dont je me félicité, & donc
j'efperc qu'on me sçaura borç
gré.
Le débit du Mercure qui
augmente de mois en mois,
m'encourage à augmenter
aussi la dépense necessaire
pour le rendre meilleur. Le
Public & le Mercure ont esté
là dessus
-
long temps sur le
Qui vive. Donnez-nous un
bon Mercure, disoit le Public
,
& nous l'acheterons.
Achetez le bien,disoit l'Autheur,
& on le rendra bon.
Le Mercure en une espece de
Livre dont la bonté ne dépend
presque que de la dépense
qu'on fait en Correspondances,
en Commis
, &
Recherches: en un mot, il
faut beaucoup dépenser, pour
mériter la vente. Une Chanson
,
qui ne paroist qu'une
Chanson
,
& qui n'est rien
davantage, ne laisse pas d'aller
à cent écus par an, à n'en
donner qu'une tous les mpis. J
Jugez du reste.
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Résumé : « Voici une autre nouvelle dont je me felicite, & dont [...] »
Le texte discute de l'amélioration du Mercure, une publication périodique. La qualité dépend des dépenses pour les correspondances, les employés et les recherches. L'auteur se félicite de l'augmentation du débit et de la demande publique. Un dialogue imaginaire montre que la qualité augmentera si le public achète la publication. La production d'une chanson coûte cent écus par an, illustrant les coûts nécessaires.
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6608
p. 220-221
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de S. Eloi-Fontaine, Ordre de S. Augustin, Diocèse de [...]
Mots clefs :
Abbayes, Ordres, Abbé, Diocèses, Aumônier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a donné l'Abbaye de S. Eloi -Fontaine ,
Ordre de S. Auguftin , Diocefe de Noyon , à M.
P'Abbé Tudert , Confeiller de Grand'Chambre au
Parlement de Paris ; celle de Livry, même Ordre ,
Dioceſe de Paris , à M. l'Abbé de Malherbe ; celle
de S. Acheuil , même Ordre , Dioceſe d'Amiens ,
à M. l'Abbé Girard , premier Aumonier de Mar
SEPTEMBRE . 1757. 221
dame Infante , Ducheffe de Parme ; l'Abbaye Réguliere
de Beaumont , Ordre de S. Benoît , Diocefe
de Clermont , à la Dame d'Uffel , Religieufe
du même Ordre ; & le Prieuré de Lanville , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe d'Angoulême , à M.
l'Abbé de la Rochefoucauld- de Momont ; l'Abbaye
de Saint Vandrille , Ordre de Saint Benoît ,
Dioceft de Rouen , à M. l'Evêque de Digne .
A Majefté a donné l'Abbaye de S. Eloi -Fontaine ,
Ordre de S. Auguftin , Diocefe de Noyon , à M.
P'Abbé Tudert , Confeiller de Grand'Chambre au
Parlement de Paris ; celle de Livry, même Ordre ,
Dioceſe de Paris , à M. l'Abbé de Malherbe ; celle
de S. Acheuil , même Ordre , Dioceſe d'Amiens ,
à M. l'Abbé Girard , premier Aumonier de Mar
SEPTEMBRE . 1757. 221
dame Infante , Ducheffe de Parme ; l'Abbaye Réguliere
de Beaumont , Ordre de S. Benoît , Diocefe
de Clermont , à la Dame d'Uffel , Religieufe
du même Ordre ; & le Prieuré de Lanville , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe d'Angoulême , à M.
l'Abbé de la Rochefoucauld- de Momont ; l'Abbaye
de Saint Vandrille , Ordre de Saint Benoît ,
Dioceft de Rouen , à M. l'Evêque de Digne .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En septembre 1757, Sa Majesté a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Saint-Éloi-Fontaine à M. l'Abbé Tudert, celle de Livry à M. l'Abbé de Malherbe, et celle de Saint-Acheuil à M. l'Abbé Girard. L'Abbaye de Beaumont à la Dame d'Uffel, le Prieuré de Lanville à M. l'Abbé de la Rochefoucauld-de Momont, et celle de Saint-Vandrille à M. l'Évêque de Digne.
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6610
p. 198-[200]
TABLE
Début :
Privilege du Roy, Catalogue des Mercures depuis 1721, jusqu'à present, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
Rivilege du Roy ,
Paralogue des Mercures depuis 1721 , jusqu'à
present ,
Liste des Libraires qui debitent le Mercure dana
les Villes de Province ,
Avertissement de 11 pages.
PIECES FUGITIVES Ode , pour le commencement
de l'année ,
Médales de l'Empereur Gratien ,
Armide , Cantate ,
Deffense de la Géométrie de l'Infini ,
Le Manteau bleu , Epître , Etrennes , & c.
Lettre au sujet du Plainchant ,
Imitation d'une Ode d'Horace ,
I
S
II
IS
20
29
47- Troisiéme partic de la Réponse sur l'essence de
la matiere
Sonnet ,
".. Sx
18
Lettre au sujet des Réfléxions sur la Poësie , 19
Epigramme , 73
Lettre sur la vie de Topal - Osman , & c. ibid.
Epigramme sur deux Procureurs > 96
Lettre sur la circulation de la Séve dans les
Plantes , & c.
Enigme , Logogryphes , &c.
97
107
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts , 110
Essay sur les erreurs populaires , &c.
112
Histoires et Memoires de l'Académie Royale des
Sciences ,
La Bibliotheque des Enfans ,
Les Dons des Enfans de Latone ,
Livres nouveaux 9
Nouveau Calenarier ,
117
118
119
120
122
Jettons nouvellement frappez, gravez au burin ,
127
Lettre écrite de l'Amérique, sur une Eclipse , 129
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie, 130
Réponse à M. de S. Aubin , par l'Auteur au Problême
, &c. 131
Lettre sur le systême du Bureau Typographis
que,
132
1
Réponse à cette Lettre ,
Duo , noté ,
Spectacles ,
L'Impromptu de Campagne , Comédie ,
133
138
139
142
149
ISI
154
Parallele des Diles d'Angeville et Gaussin, 147
Nouvelles Etrangeres , de Pologne ,
Lettre du Roy au Magistrat de Dantzik ,
D'Allemagne , d'Italie , de Londres , &c .
Harangue du Roy d'Angleterre , &c,
Armée d'Italie . Prise de Novarre , &c.
Lettre crite de l'Armée d'Italie ,
La Cocarde , Poëme ,
157
161
163
168
France , Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 169
Lettre sur l'Evêque d'Amiens , 176
Lettre du Roy a l'Archevêque de Paris , sur la
Prise du Château de Milan ,
Mandement sur ce sujet ,
179
180
Mandement du Cardinal de Bissi , et Te Deum
sur le même sujet ,
183
Remerciment en Vers , &c,
184
186
Réponse ,
Morts , Naissances et Mariages , &c .
189
Arrêts Notables. 195
Rivilege du Roy ,
Paralogue des Mercures depuis 1721 , jusqu'à
present ,
Liste des Libraires qui debitent le Mercure dana
les Villes de Province ,
Avertissement de 11 pages.
PIECES FUGITIVES Ode , pour le commencement
de l'année ,
Médales de l'Empereur Gratien ,
Armide , Cantate ,
Deffense de la Géométrie de l'Infini ,
Le Manteau bleu , Epître , Etrennes , & c.
Lettre au sujet du Plainchant ,
Imitation d'une Ode d'Horace ,
I
S
II
IS
20
29
47- Troisiéme partic de la Réponse sur l'essence de
la matiere
Sonnet ,
".. Sx
18
Lettre au sujet des Réfléxions sur la Poësie , 19
Epigramme , 73
Lettre sur la vie de Topal - Osman , & c. ibid.
Epigramme sur deux Procureurs > 96
Lettre sur la circulation de la Séve dans les
Plantes , & c.
Enigme , Logogryphes , &c.
97
107
NOUVELLES LITTERAIRES des Beaux Arts , 110
Essay sur les erreurs populaires , &c.
112
Histoires et Memoires de l'Académie Royale des
Sciences ,
La Bibliotheque des Enfans ,
Les Dons des Enfans de Latone ,
Livres nouveaux 9
Nouveau Calenarier ,
117
118
119
120
122
Jettons nouvellement frappez, gravez au burin ,
127
Lettre écrite de l'Amérique, sur une Eclipse , 129
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie, 130
Réponse à M. de S. Aubin , par l'Auteur au Problême
, &c. 131
Lettre sur le systême du Bureau Typographis
que,
132
1
Réponse à cette Lettre ,
Duo , noté ,
Spectacles ,
L'Impromptu de Campagne , Comédie ,
133
138
139
142
149
ISI
154
Parallele des Diles d'Angeville et Gaussin, 147
Nouvelles Etrangeres , de Pologne ,
Lettre du Roy au Magistrat de Dantzik ,
D'Allemagne , d'Italie , de Londres , &c .
Harangue du Roy d'Angleterre , &c,
Armée d'Italie . Prise de Novarre , &c.
Lettre crite de l'Armée d'Italie ,
La Cocarde , Poëme ,
157
161
163
168
France , Nouvelles de la Cour, de Paris, &c. 169
Lettre sur l'Evêque d'Amiens , 176
Lettre du Roy a l'Archevêque de Paris , sur la
Prise du Château de Milan ,
Mandement sur ce sujet ,
179
180
Mandement du Cardinal de Bissi , et Te Deum
sur le même sujet ,
183
Remerciment en Vers , &c,
184
186
Réponse ,
Morts , Naissances et Mariages , &c .
189
Arrêts Notables. 195
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Résumé : TABLE
Le document présente un sommaire du 'Mercure', une publication périodique. Il commence par des privilèges royaux et des informations sur les libraires distribuant le 'Mercure' en province. Le sommaire inclut divers contenus tels que des pièces fugitives, des poèmes, des lettres, des essais et des nouvelles littéraires. Parmi les œuvres mentionnées figurent des odes, des cantates, des épîtres, des sonnets, des épigrammes et des énigmes. Le document liste également des articles sur des sujets variés comme la géométrie, la poésie, la botanique et des histoires de l'Académie Royale des Sciences. Il inclut des nouvelles sur les beaux-arts, des livres nouveaux et des jetons nouvellement frappés. Des lettres et des rapports sur des événements en Amérique, en Pologne, en Allemagne, en Italie et en Angleterre sont également présents. Le sommaire mentionne des nouvelles de la cour française, des lettres royales, des mandements et des événements notables comme la prise de Novarre et du Château de Milan. Enfin, il inclut des sections sur les décès, naissances, mariages et les arrêts notables.
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6611
p. 1-3
SONNET, Sur des Vers que Mademoiselle M. avoit envoyez a l'Auteur.
Début :
L'AUTRE jour la Cour du Parnasse, [...]
Mots clefs :
Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET, Sur des Vers que Mademoiselle M. avoit envoyez a l'Auteur.
SONNET,
Sur des Vers que fyîademoifellc
M.avoit envoyczil. l'Auteur. L'AUTRE jour la
Courdu Parnasse,
Pour juger au rapport
d'Horace,
Du prix de certains
vers nouveaux,
Apres maint Arrêttoû
jours juste,
Contre mille Ouvrages
divers;
Enfin le Courtisan
d'Auguste,
Fit rapport de vos derniers
vers.
Aussi-tost le Dieu d
Permesse
Dit:je reconnois cette
piece,
Je la fis en ce même
endroit.
L'Amour avoit monté
sa Lyre,
Sa mere écoutoit sans
mot dire,
Je chantois, Iris écrivoit.
Sur des Vers que fyîademoifellc
M.avoit envoyczil. l'Auteur. L'AUTRE jour la
Courdu Parnasse,
Pour juger au rapport
d'Horace,
Du prix de certains
vers nouveaux,
Apres maint Arrêttoû
jours juste,
Contre mille Ouvrages
divers;
Enfin le Courtisan
d'Auguste,
Fit rapport de vos derniers
vers.
Aussi-tost le Dieu d
Permesse
Dit:je reconnois cette
piece,
Je la fis en ce même
endroit.
L'Amour avoit monté
sa Lyre,
Sa mere écoutoit sans
mot dire,
Je chantois, Iris écrivoit.
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Résumé : SONNET, Sur des Vers que Mademoiselle M. avoit envoyez a l'Auteur.
Un sonnet décrit une scène au Parnasse où les muses jugent des vers nouveaux. Un courtisan présente les derniers vers de l'auteur. Apollon reconnaît la pièce et affirme l'avoir composée. L'Amour joue de la lyre, Vénus écoute, l'auteur chante et Iris écrit.
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6612
p. 2114-[2116]
TABLE
Début :
PIECES FUGITIVES. Le Cantique des Cantiques, &c. 1901 Suite de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE
TABLE
IECES FUGITIVES. Le Cantique des Canti-
PIEGUES , &C.
1901:
Suite de la Lettre sur les avantages des Gens mariez
en Normandie , 1904
Rondeau à l'Auteur de l'Eloge de la Pauvreté , et
J
#
Réponse , 1917
20
Réponse du P. Toarnemine , au sujet d'une Prophétie
attribuée au Roy David ,
Le Chesne et le Lierre , Fahle ,
1919
1924
Lettre et Description d'une Pendule à Ressorts ,
marquant et sonnant le temps vrai ,
Epigrammes ,
1926
1934
Lettre sur une Machine pour élever l'eau , 1935
1938 Bouquet ,
Problême proposé aux Métaphisiciens Géométres
, sur l'essence de la matiere ,
Priere au Sommeil ,
1939
1948
1949
Lettre à l'Auteur du Projet d'une nouvelle Edition
des Essais de Montaigne ,
Réponse de Mlle de la Vigne à M. D. sur son
Portrait , 1974
Lettre sur un ancien Vocabulaire des Villes de
France ,
Codrus , Poëme ,
1975
1979
Memoire sur la Sépulture de S. Aignan , 1983
Le Pécheur troublé au - dedans de lui - même, 1989
Refléxions , &C.
Enigme , Logogryphes ,
1991
2002
Nouvelles Litteraires des Beaux - Arts , &c. 2006
Reflexions sur la Requête contre la Chambre
du Clergé de Bourgogne,
Architecture des Eglises , & c.
2007
2008
Histoire Generale des Auteurs Sacrés et Eccle-
-siastiques , &c.
Memoires pour
Illustres , &c.
2009
servir à l'Histoire des Hommes
Causes celebres et interessantes , &cç.
Histoire des Incas , Rois du Pérou , &c.
Le Progrez de la Sculpture , Ode ,
· Livres des Pays étrangers , &c.
Programme de l'Académie de Bordeaux ,
Estampes nouvelles ,
Chanson nottée ,
Spectacles, Piéces nouvelles , &c.
2012
2021
2025
2027
2032
2035
2036
2039
2040
Le Bouquet , petite Comédie ,
L'Isle du mariage , extrait ,
2042
2047
Nouvelles éirangeres ,de Turquie et Perso, 2054
Lettre de Constantinople , &c.
De Russie et de l'ologne , & c ,
D'Allemagne , Italie et Espagne ,
2055
2060
2064 >
Addition aux Nouvelles Etrangeres , de Turquie
et Perse , Pologne , &c.
Promotion d'Officiers de Galeres , & c.
Dans la Gendarmerie , & c.
2067
譬
2075
2076
Benefices donnez , & c.. 2078
Morts , Naissances , Mariages , &c.
2085
Arrêts Notables , 2109
IECES FUGITIVES. Le Cantique des Canti-
PIEGUES , &C.
1901:
Suite de la Lettre sur les avantages des Gens mariez
en Normandie , 1904
Rondeau à l'Auteur de l'Eloge de la Pauvreté , et
J
#
Réponse , 1917
20
Réponse du P. Toarnemine , au sujet d'une Prophétie
attribuée au Roy David ,
Le Chesne et le Lierre , Fahle ,
1919
1924
Lettre et Description d'une Pendule à Ressorts ,
marquant et sonnant le temps vrai ,
Epigrammes ,
1926
1934
Lettre sur une Machine pour élever l'eau , 1935
1938 Bouquet ,
Problême proposé aux Métaphisiciens Géométres
, sur l'essence de la matiere ,
Priere au Sommeil ,
1939
1948
1949
Lettre à l'Auteur du Projet d'une nouvelle Edition
des Essais de Montaigne ,
Réponse de Mlle de la Vigne à M. D. sur son
Portrait , 1974
Lettre sur un ancien Vocabulaire des Villes de
France ,
Codrus , Poëme ,
1975
1979
Memoire sur la Sépulture de S. Aignan , 1983
Le Pécheur troublé au - dedans de lui - même, 1989
Refléxions , &C.
Enigme , Logogryphes ,
1991
2002
Nouvelles Litteraires des Beaux - Arts , &c. 2006
Reflexions sur la Requête contre la Chambre
du Clergé de Bourgogne,
Architecture des Eglises , & c.
2007
2008
Histoire Generale des Auteurs Sacrés et Eccle-
-siastiques , &c.
Memoires pour
Illustres , &c.
2009
servir à l'Histoire des Hommes
Causes celebres et interessantes , &cç.
Histoire des Incas , Rois du Pérou , &c.
Le Progrez de la Sculpture , Ode ,
· Livres des Pays étrangers , &c.
Programme de l'Académie de Bordeaux ,
Estampes nouvelles ,
Chanson nottée ,
Spectacles, Piéces nouvelles , &c.
2012
2021
2025
2027
2032
2035
2036
2039
2040
Le Bouquet , petite Comédie ,
L'Isle du mariage , extrait ,
2042
2047
Nouvelles éirangeres ,de Turquie et Perso, 2054
Lettre de Constantinople , &c.
De Russie et de l'ologne , & c ,
D'Allemagne , Italie et Espagne ,
2055
2060
2064 >
Addition aux Nouvelles Etrangeres , de Turquie
et Perse , Pologne , &c.
Promotion d'Officiers de Galeres , & c.
Dans la Gendarmerie , & c.
2067
譬
2075
2076
Benefices donnez , & c.. 2078
Morts , Naissances , Mariages , &c.
2085
Arrêts Notables , 2109
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Résumé : TABLE
Le document recense des publications et écrits variés couvrant la période de 1901 à 2109. Les œuvres incluent des lettres, poèmes, réponses, descriptions techniques, épigrammes, mémoires, réflexions, énigmes, nouvelles littéraires, histoires générales, causes célèbres, chansons, spectacles, comédies, nouvelles étrangères, promotions, bénéfices, naissances, mariages et arrêts notables. Parmi les titres notables figurent 'IECES FUGITIVES. Le Cantique des Cantiques', 'Suite de la Lettre sur les avantages des Gens mariez en Normandie', 'Réponse du P. Toarnemine', 'Lettre et Description d'une Pendule à Ressorts', 'Lettre sur une Machine pour élever l'eau', 'Lettre à l'Auteur du Projet d'une nouvelle Edition des Essais de Montaigne', 'Histoire des Incas, Rois du Pérou', 'Le Progrez de la Sculpture', 'Le Bouquet, petite Comédie' et 'Nouvelles éirangeres, de Turquie et Perse'. La liste illustre une diversité de genres littéraires et de sujets abordés au fil des années.
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6613
p. 1690
TABLE.
Début :
Pieces Fugitives. La Douceur, Ode, 1479 Memoire pour servir à l'Histoire de la Peinture [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
1479 Ieces Fugitives . La Douceur , Ode,
pour fervir à l'Hiftoire de la Pein- Memoire
ture , &c . 1484
Traduction du Poëme de Petrone fur la Guerre ,
: &c.
Suite de l'Eloge de M. Baron ,
1494
1503
Epitre à Mad, la Comteffe de B. 1518
Lettre fur la Bibliotheque des Enfans , 15201
Le
1438
Le Cofbeau & le Pigeon , Fable ;
Remarques fur l'Hiftoire naturelle , &c. du
Comté d'Eu ,
Ode à M✶✶✶
Lettre fur un Infecte très-fingulier ,
Ode Anacreontique ,
1541
1549
1551
1553
Lettre fur la Garonne , &c. Gironde & Acheron,
Madrigal ,
ISSS
1554
Compagnie d'Arquebufiers établie à Auxerre ,
1560
Epitre à M. l'Abbé * **
1565-
Extrait d'une Lettre au fujet de la Médaille , &c,
1568
A la Marquife de G. qui s'étoit brûlée ,
Enigme & Logogryphe ,
Nouvelles Litteraires , des beaux Arts , &c . Memoires
pour fervir à l'Hiftoire des Hommes
illuftres , & c.
1570
1572
1574
Hiftoire de l'Eglife de Meaux , 1575
Lettre fur le choix des Saignées , & c.
1579
Pour perfectionner l'Ortographe , 1581
Lettre à Milord *** fur le fieur Baron & la
1596
Grammaire Hebraïque , &c. 1601
1607
Dile le Couvreur , & c.
Memoires Litteraires d'Angleterre, &c.
Recueil des Pieces du Chevalier Thomas Brown,
Docteur en Medecine , 1610
Deſcription Philofophique des Ouvrages de la
Nature , & c.
Memoire de M. Moreau de Mautour ,
Theſe en Sorbonne ,
1612
1617
1619
Nouvelle Machine pour trouver les Plans , &c.
\ Air noté ,
Spectacles : Tempêtes d'Alcionne,
Le Carnaval & la Folie , Extrait ,
روک
1620
1621
Ibid.
1622
Nouvelles Etrangeres . , de Turquie & Perfe, 1635
Ruffic
Raffic & Pologne ,
7637
Fête à Warfovie , &c.
1638
De Suede & Allemagne 1640
Suite du Camp de Mulhberg , &e. 1641
D'Italie , Election du Pape Clement XII. 1644
Portugal , Efpagne & Angleterre , 1651
Chevaliers de la Jarretiere , &c. 1653
Pays-Bas
1659
1660
>
France , Nouvelles de la Cour , &c.
Voyage & Harangues faites aù Prince & à la
Princeffe de Conty , & c.
1664
Lettre au fujet de la ceremonie de la Fierte , 1678
Morts , Naiffances , &c.
Vente de Tableaux ,
Arrêts ,
1682
1585
1689
1479 Ieces Fugitives . La Douceur , Ode,
pour fervir à l'Hiftoire de la Pein- Memoire
ture , &c . 1484
Traduction du Poëme de Petrone fur la Guerre ,
: &c.
Suite de l'Eloge de M. Baron ,
1494
1503
Epitre à Mad, la Comteffe de B. 1518
Lettre fur la Bibliotheque des Enfans , 15201
Le
1438
Le Cofbeau & le Pigeon , Fable ;
Remarques fur l'Hiftoire naturelle , &c. du
Comté d'Eu ,
Ode à M✶✶✶
Lettre fur un Infecte très-fingulier ,
Ode Anacreontique ,
1541
1549
1551
1553
Lettre fur la Garonne , &c. Gironde & Acheron,
Madrigal ,
ISSS
1554
Compagnie d'Arquebufiers établie à Auxerre ,
1560
Epitre à M. l'Abbé * **
1565-
Extrait d'une Lettre au fujet de la Médaille , &c,
1568
A la Marquife de G. qui s'étoit brûlée ,
Enigme & Logogryphe ,
Nouvelles Litteraires , des beaux Arts , &c . Memoires
pour fervir à l'Hiftoire des Hommes
illuftres , & c.
1570
1572
1574
Hiftoire de l'Eglife de Meaux , 1575
Lettre fur le choix des Saignées , & c.
1579
Pour perfectionner l'Ortographe , 1581
Lettre à Milord *** fur le fieur Baron & la
1596
Grammaire Hebraïque , &c. 1601
1607
Dile le Couvreur , & c.
Memoires Litteraires d'Angleterre, &c.
Recueil des Pieces du Chevalier Thomas Brown,
Docteur en Medecine , 1610
Deſcription Philofophique des Ouvrages de la
Nature , & c.
Memoire de M. Moreau de Mautour ,
Theſe en Sorbonne ,
1612
1617
1619
Nouvelle Machine pour trouver les Plans , &c.
\ Air noté ,
Spectacles : Tempêtes d'Alcionne,
Le Carnaval & la Folie , Extrait ,
روک
1620
1621
Ibid.
1622
Nouvelles Etrangeres . , de Turquie & Perfe, 1635
Ruffic
Raffic & Pologne ,
7637
Fête à Warfovie , &c.
1638
De Suede & Allemagne 1640
Suite du Camp de Mulhberg , &e. 1641
D'Italie , Election du Pape Clement XII. 1644
Portugal , Efpagne & Angleterre , 1651
Chevaliers de la Jarretiere , &c. 1653
Pays-Bas
1659
1660
>
France , Nouvelles de la Cour , &c.
Voyage & Harangues faites aù Prince & à la
Princeffe de Conty , & c.
1664
Lettre au fujet de la ceremonie de la Fierte , 1678
Morts , Naiffances , &c.
Vente de Tableaux ,
Arrêts ,
1682
1585
1689
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Résumé : TABLE.
Le document présente une liste chronologique d'écrits et d'événements littéraires et historiques de 1438 à 1689. Les œuvres incluent des poèmes, des lettres, des traductions, des mémoires, des fables, des remarques historiques, des épîtres, des madrigaux, des énigmes, des nouvelles littéraires, des descriptions philosophiques, des thèses, des spectacles, des nouvelles étrangères et des comptes rendus de fêtes et de cérémonies. Parmi les auteurs mentionnés figurent Petrone, M. Baron, le Chevalier Thomas Brown et M. Moreau de Mautour. Les sujets abordés vont de l'histoire naturelle et des arts à la médecine, la grammaire hébraïque et les événements politiques et sociaux. Le texte fait également référence à des événements spécifiques comme l'établissement de la Compagnie d'Arquebufiers à Auxerre en 1554 et à des nouvelles de divers pays tels que la Turquie, la Perse, la Pologne, la Suède, l'Allemagne, l'Italie, le Portugal, l'Espagne, l'Angleterre, les Pays-Bas et la France.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6614
p. 223-225
ENIGME.
Début :
Quoyque toûjours couché je dors tres-rarement [...]
Mots clefs :
Fleuve
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Quoyquetoûjourscouche
je dors tres-rarement
Sans estre oisif, je suis
toûjoursen mouvement
Je n'aime point le vin,j'en
bois par avanture
Malgréceluyqui metmon
corps à la torture
Etjamaisje n'en bois qu'il
n'arrive malheur
Tel qui s'expose à ma
fureur
A deux doigtsdelamort
subite
Sur tout autre chose
medite
En me confiant ses
tresors
Atout moment, changeant
de corps
Je fuis pourtant toujours
le même jl^-plus-d*une belle qui
m'aime
Je prete innocemmentmes
bras
Tremblante à mon affital
leteinpâle &l'oeilbas
Elle voit mon brillant
avecindiference
Etsanschagrinaussisoufre
mon inconstance
Elle s'opose a mon
penchant.
Je lasuis je la cherchej&
même en la cherchant
J'usurpe sessaveurs,mais
avec nonchalance
Car. bonisoit qtitSijiLy
penfe.
Quoyquetoûjourscouche
je dors tres-rarement
Sans estre oisif, je suis
toûjoursen mouvement
Je n'aime point le vin,j'en
bois par avanture
Malgréceluyqui metmon
corps à la torture
Etjamaisje n'en bois qu'il
n'arrive malheur
Tel qui s'expose à ma
fureur
A deux doigtsdelamort
subite
Sur tout autre chose
medite
En me confiant ses
tresors
Atout moment, changeant
de corps
Je fuis pourtant toujours
le même jl^-plus-d*une belle qui
m'aime
Je prete innocemmentmes
bras
Tremblante à mon affital
leteinpâle &l'oeilbas
Elle voit mon brillant
avecindiference
Etsanschagrinaussisoufre
mon inconstance
Elle s'opose a mon
penchant.
Je lasuis je la cherchej&
même en la cherchant
J'usurpe sessaveurs,mais
avec nonchalance
Car. bonisoit qtitSijiLy
penfe.
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6615
p. 245-247
« Les derniers mots de cette Chanson, jettent insensiblement mon esprit [...] »
Début :
Les derniers mots de cette Chanson, jettent insensiblement mon esprit [...]
Mots clefs :
Bagatelles, Lettre savante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les derniers mots de cette Chanson, jettent insensiblement mon esprit [...] »
Les derniers mots de cette
Chanson, jettent insensiblement
monespric dans un tas
de reflexions serieuses donc
je ne peux me tirer qu'au dépens
d'un demi quart d'heure
de loisir que je vous prie de
m'accorder, pour me donner
le temps de me remettre sur
les voyes du Telle des bagatel.
les de ce Livre. En attendant
amufcz
- vous Messieurs, si
vous pouvez de la Jeéture d'une
Lettre sçavante que je viens
de recevoir. Eile roule sur un
différent de Latinité qui s'efl
élevé le mois passé entre deux
personnagesillustres & distinguez
par leur merite & leur
érudition. Cette Lettre m'a
plû, les Dames la passeront s'il
leur plaît & vous la lirez, Li
vous voulez: la voicy.
Chanson, jettent insensiblement
monespric dans un tas
de reflexions serieuses donc
je ne peux me tirer qu'au dépens
d'un demi quart d'heure
de loisir que je vous prie de
m'accorder, pour me donner
le temps de me remettre sur
les voyes du Telle des bagatel.
les de ce Livre. En attendant
amufcz
- vous Messieurs, si
vous pouvez de la Jeéture d'une
Lettre sçavante que je viens
de recevoir. Eile roule sur un
différent de Latinité qui s'efl
élevé le mois passé entre deux
personnagesillustres & distinguez
par leur merite & leur
érudition. Cette Lettre m'a
plû, les Dames la passeront s'il
leur plaît & vous la lirez, Li
vous voulez: la voicy.
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6616
p. 196-198
MORTS.
Début :
Le 24 Decembre, M. Paul Edouard Duchaufour, Ecuyer, Conseiller [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
E 24 Decembre , M. Paul Edouard Duchaufour , Ecuyer, Conseiller , Secretaire du Roy,
mourut à Paris ; âgé d'environ 66 ans.
M. Nicolas Dupré de Saint- Maur, Chevalier
Conseiller du Roy , Correcteur ordinaire en la
Chambre des Comptes , décédé le 2 Janvier ,
âgé de 90 ans passés.
Dame Anne Louise de Chalucet , veuve de M.
Nicolas de Lamoignon de Basville , Conseiller
d'Etat ordinaire , mourut à Paris le 4 Janvier
âgée d'environ 87 ans.
Le 7 , M. Claude-Louis Lombard Chevalier ,
Vicomte d'Ermenonville. Seigneur de Valescourt,
&c. Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roy , mourut âgé de 68 ans.
Dame Françoise Nicole Dugné , veuve de M. Antoine de la Chaise Daix, Chevalier Marquis de la Chaise , Capitaine des Gardes de là Porte , décédée le 7 Janvier , âgée de 5 ans,
Joachim Gédoyn , Lieutenant Colonel du Ré→
giment d'Etampes , cy-devant Chartres , Cheva-.
lier de l'Ordre Militaire de S. Louis , Major de
Soissons , et l'un des Gentilshommes Ordinaires de S. A. S. Monseigneur le Duc d'Orleans ,
premier Prince du Sang , est mort à Paris , le 10
Janv.
JANVIER. 1737. -197
1
J
Janvier , âgé de 64 ans. Il étoit fils de N. Gédoyn , Chevalier , Seigneur de Pernan et d'Autréche , Capitaine dans le Régiment du Roy, tué
à la prise de Landrecy , et de Françoise de Gonnelieu ; et petit neveu de Philippe Gédoyn, Chevalier , Seigneur de Bellan , de Pully et autres
lieux , Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur de Baugenci , Capitaine - Lieutenant
des Gendarmes de son A R, Gaston , Duc d'Orleans , et ensuite Gouverneur de feu M.le Comte
de Vermandois. Il servoit depuis plus de 50 ans,
et s'étoit acquis la réputation d'un des meilleurs
Officiers et des plus honnêtes hommes qu'il y eut
dans les Troupes.
&
Jean- Baptiste de la Bastie , Comte de Vercel,
Maréchal des Camps et Armées du Roy, et ieutenant des Gardes du Corps de S. M. mourut à
Paris le 12 Janvier , âgé d'environ 68 ans. Il
avoit remis au Roy depuis quelque temps le Gouvernement de Dole , que S. M. a donné à son
fils .
S
le 15 , Armand Louis le Boulanger Chevalier ,
Conseiller au Parlement, mourut àgé de 26 ans.
Le 17 , M. André Maily du Breuil , Rece- veur General des Finances , de la Généralité de
Tours , mourut dans la 69 année de son âge.
Le 22 Janv. est décédée dans l'Abbaye de Farmoutiers,en Brie, Elizabeth - Françoise deBourgongne, DamedeMautour,âgée de 81 ans et un mois,
veuve de Mre Charles d'Hervilly , Seigneur de
Devize , Lieutenant de Roy des Vilie et Châ- teau de Ham. Elle étoit soeur aînée de Dame
Jeanne-Françoise de Bourgongne, dont la famille
est rapportée à l'occasion de sa mort , dans le
Mercure de Juin de l'année derniere. Elle avoit
épousé M. Moreau de Mautour qui est l'ancien
des Conseillers Auditeurs de la Chambre des
Comptes
198 MERCURE DE FRANCE
-
Comptes , et Pensionaire de l'Academie Royale des Inscriptions et Belles Lettres. La Dame
d'Hervilly a laissé pour seuls heritiers deux Neveux , l'Abbé de Mautour et le Chevalier de Mautour , Capitaine dans le Régiment de Toulouze.
Florent , Comte du Chatelet et de Lomont.→
Lieutenant General des Armées du Roy , Grand
Croix de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis ,
cy-devant Commandant au Gouvernement de
Dunkerque, mourut à Sémur , en Auxois , le 26
Janvier 1732 , âgé de 81 ans.
Il avoit épousé Charlotte du Châtelet sa cousine , et laisse de ce Mariage , Florent , Márquis
du Châtelet, Gouverneur de Sémur, Grand Bailly
d'Auxois , et Colonel du Regiment d'Haynault ,
qui a épousé en 1725 , Emelie de Breteuil , fille
de Louis-Nicolas, Baron de Breteuil et de Preuilly , &c. François du Châtelet , Chevalier de Malthe , second Cornette des Chevaux Legers de
Bretagne , Magdelaine - Suzanne du Châtelet ,
mariée en 1731 au Marquis de Roussillon , et
Florence du Châtelet , épouse du Comte de la
Beaume Montrevel , Mestre de Camp de Cavalerie, et Brigadier des Armées du Roy.
E 24 Decembre , M. Paul Edouard Duchaufour , Ecuyer, Conseiller , Secretaire du Roy,
mourut à Paris ; âgé d'environ 66 ans.
M. Nicolas Dupré de Saint- Maur, Chevalier
Conseiller du Roy , Correcteur ordinaire en la
Chambre des Comptes , décédé le 2 Janvier ,
âgé de 90 ans passés.
Dame Anne Louise de Chalucet , veuve de M.
Nicolas de Lamoignon de Basville , Conseiller
d'Etat ordinaire , mourut à Paris le 4 Janvier
âgée d'environ 87 ans.
Le 7 , M. Claude-Louis Lombard Chevalier ,
Vicomte d'Ermenonville. Seigneur de Valescourt,
&c. Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roy , mourut âgé de 68 ans.
Dame Françoise Nicole Dugné , veuve de M. Antoine de la Chaise Daix, Chevalier Marquis de la Chaise , Capitaine des Gardes de là Porte , décédée le 7 Janvier , âgée de 5 ans,
Joachim Gédoyn , Lieutenant Colonel du Ré→
giment d'Etampes , cy-devant Chartres , Cheva-.
lier de l'Ordre Militaire de S. Louis , Major de
Soissons , et l'un des Gentilshommes Ordinaires de S. A. S. Monseigneur le Duc d'Orleans ,
premier Prince du Sang , est mort à Paris , le 10
Janv.
JANVIER. 1737. -197
1
J
Janvier , âgé de 64 ans. Il étoit fils de N. Gédoyn , Chevalier , Seigneur de Pernan et d'Autréche , Capitaine dans le Régiment du Roy, tué
à la prise de Landrecy , et de Françoise de Gonnelieu ; et petit neveu de Philippe Gédoyn, Chevalier , Seigneur de Bellan , de Pully et autres
lieux , Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur de Baugenci , Capitaine - Lieutenant
des Gendarmes de son A R, Gaston , Duc d'Orleans , et ensuite Gouverneur de feu M.le Comte
de Vermandois. Il servoit depuis plus de 50 ans,
et s'étoit acquis la réputation d'un des meilleurs
Officiers et des plus honnêtes hommes qu'il y eut
dans les Troupes.
&
Jean- Baptiste de la Bastie , Comte de Vercel,
Maréchal des Camps et Armées du Roy, et ieutenant des Gardes du Corps de S. M. mourut à
Paris le 12 Janvier , âgé d'environ 68 ans. Il
avoit remis au Roy depuis quelque temps le Gouvernement de Dole , que S. M. a donné à son
fils .
S
le 15 , Armand Louis le Boulanger Chevalier ,
Conseiller au Parlement, mourut àgé de 26 ans.
Le 17 , M. André Maily du Breuil , Rece- veur General des Finances , de la Généralité de
Tours , mourut dans la 69 année de son âge.
Le 22 Janv. est décédée dans l'Abbaye de Farmoutiers,en Brie, Elizabeth - Françoise deBourgongne, DamedeMautour,âgée de 81 ans et un mois,
veuve de Mre Charles d'Hervilly , Seigneur de
Devize , Lieutenant de Roy des Vilie et Châ- teau de Ham. Elle étoit soeur aînée de Dame
Jeanne-Françoise de Bourgongne, dont la famille
est rapportée à l'occasion de sa mort , dans le
Mercure de Juin de l'année derniere. Elle avoit
épousé M. Moreau de Mautour qui est l'ancien
des Conseillers Auditeurs de la Chambre des
Comptes
198 MERCURE DE FRANCE
-
Comptes , et Pensionaire de l'Academie Royale des Inscriptions et Belles Lettres. La Dame
d'Hervilly a laissé pour seuls heritiers deux Neveux , l'Abbé de Mautour et le Chevalier de Mautour , Capitaine dans le Régiment de Toulouze.
Florent , Comte du Chatelet et de Lomont.→
Lieutenant General des Armées du Roy , Grand
Croix de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis ,
cy-devant Commandant au Gouvernement de
Dunkerque, mourut à Sémur , en Auxois , le 26
Janvier 1732 , âgé de 81 ans.
Il avoit épousé Charlotte du Châtelet sa cousine , et laisse de ce Mariage , Florent , Márquis
du Châtelet, Gouverneur de Sémur, Grand Bailly
d'Auxois , et Colonel du Regiment d'Haynault ,
qui a épousé en 1725 , Emelie de Breteuil , fille
de Louis-Nicolas, Baron de Breteuil et de Preuilly , &c. François du Châtelet , Chevalier de Malthe , second Cornette des Chevaux Legers de
Bretagne , Magdelaine - Suzanne du Châtelet ,
mariée en 1731 au Marquis de Roussillon , et
Florence du Châtelet , épouse du Comte de la
Beaume Montrevel , Mestre de Camp de Cavalerie, et Brigadier des Armées du Roy.
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Résumé : MORTS.
Entre décembre 1736 et janvier 1737, plusieurs personnalités notables sont décédées. Le 24 décembre, Paul Édouard Duchauffour, écuyer, conseiller et secrétaire du roi, est mort à Paris à environ 66 ans. Le 2 janvier, Nicolas Dupré de Saint-Maur, chevalier et conseiller du roi, correcteur à la Chambre des Comptes, est décédé à 90 ans. Le 4 janvier, Anne Louise de Chalucet, veuve de Nicolas de Lamoignon de Basville, conseiller d'État, est morte à Paris à environ 87 ans. Le 7 janvier, Claude-Louis Lombard, vicomte d'Ermenonville, gentilhomme de la Chambre du roi, et Françoise Nicole Dugné, veuve du marquis de la Chaise, sont décédés respectivement à 68 et 55 ans. Le 10 janvier, Joachim Gédoyn, lieutenant-colonel et gentilhomme du duc d'Orléans, est mort à Paris à 64 ans. Le 12 janvier, Jean-Baptiste de la Bastie, comte de Vercel et maréchal des camps du roi, est décédé à Paris à environ 68 ans. Le 15 janvier, Armand Louis le Boulanger, chevalier et conseiller au Parlement, est mort à 26 ans. Le 17 janvier, André Maily du Breuil, receveur général des finances de Tours, est décédé à 69 ans. Le 22 janvier, Élisabeth-Françoise de Bourgogne, dame de Mautour, est morte à l'abbaye de Faremoutiers à 81 ans et un mois. Le 26 janvier 1732, Florent, comte du Châtelet et lieutenant général des armées du roi, est décédé à Sémur à 81 ans.
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6617
p. 212-215
NAISSANCE, MARIAGES & Morts.
Début :
Le 11 Septembre, Françoise-Parfaite-Thaïs de Mailly, épouse d'Alexandre-Marie-Eléonore [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Général, Régiment, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NAISSANCE, MARIAGES & Morts.
NAISSANCE , MARIAGES
& Morts.
E 11 Septembre , Françoife -Parfaite -Thaïs de
de S. Mauris , Marquis de Montbarey , Colonel
des Grenadiers de France , eft accouchée d'un fils
qui a été tenu fur les fonts le 28 du même mois ,
au nom du Roi de Pologne , Duc de Lorraine &
de Bar , & de Madame Adelaide , & nommé Ade-
Laide-Staniflas- Marie.
Meffire François-Jofeph , Marquis le Danois
fils de feu Meffire Louis-Hubert le Danois , Marquis
de Joffreville , Mettre de camp de Cavalerie ,
& de feue Dame Anne - Elifabeth le Begue , époufa
le 15 Octobre au Château de Roifme , près de
Valenciennes , Demoiſelle Marie- Françoiſe- Colette
le Danois de Cernai , fille de Meffire François
le Danois , Marquis de Cernai , Lieutenant
Général des armées du Roi , & Commandeur de
l'Ordre royal & militaire de S. Louis ; & de Dame
Jeanne - Françoife - Henriette - Colette de la
Pierre. Leur contrat de mariage avoit été figné
par leurs Majeftés . La bénédiction nuptiale leur a
JANVIER. 1755. 213
été donnée dans l'Eglife de la Paroiffe , par M.
P'Abbé de Ste Aldegonde , Aumônier du Roi-
Le 26 du mois de Novembre , fat célébré
dans l'Eglife de S. André des Arcs à Paris , le ma
riage de Meffire Jean - François del Puech de Comeiras
, Chevalier de l'Ordre royal & militaire
de S. Louis , Capitaine au Régiment de Cavalerie
de Saluces , fils mineur de Meffire François del
Puech de Comeiras , Chevalier de l'Ordre royal
& militaire de S. Louis , Brigadier des armées du
Roi ; & de Dame Anne de Bédos , avec Demoifelle
Anne - Madeleine - Françoife Lallemant de
Montlangault , fille mineure unique de Meire
André Lallemant , fieur de Montlangault , & de
Dame Anne-Nicolle Sauré.
La nobleffe de la famille del Puech , en latin de
Podio , étoit très - ancienne en Languedoc avant
le XIV fiécle . On trouve dans l'hiftoire générale
de cette province plufieurs Gentilshommes , du
nom de Podio , qui y tenoient un rang diftingué
dans les XI , XII & XIII fiécles.
Jean del Puech , Seigneur de Comeiras , ayeul
de M. de Comeiras, qui a donné lieu à cet article.
Louis del Puech , Seigneur de la Loubiere , Major
du Régiment d'infanterie de Montalet , Ifaac
del Puech , Lieutenant au Régiment de Dragons
de Languedoc , Rhodier & Jean del Puech freres,
ayant été affignés devant les Commiffaires géné
raux du Confeil pour l'exécution des ordres du
Roi dans la recherche de la Noblefle , prouverent
unefiliation fuivie depuis Pierre del Puech , Chevalier
, leur dixieme ayeul , qui vivoit l'an 1321 ,
dont les Domaines & Seigneuries s'étendoient
-dans les Cevennes , pays du bas Languedoc , & en
conféquence obtinrent le 2 Juillet 1717 un arrêt ,
au rapportde M. de Machault , Maître des Requê
214 MERCURE DE FRANCE.
tes , fur les conclufions du Procureur général du
Roi en la commiffion , par lequel ils furent déchargés
de toute affignation , & maintenus &
gardés dans leur ancienne nobleffe d'extraction.
Cet arrêt a été enregistré à la Chambre des Comptes
, Aides & Finances de Montpellier fur les conclufions
du Procureur genéral du Roi , le 10 Décembre
1721. , & au bureau des Finances de la
Généralité de Montpellier , fur les conclufions du
Procureur du Roi , le 18 Mai 1725.
Les armes de la famille del Puech font de
gueules , à un château d'argent , donjonné de trois
Tours de même , maçonné de fable.
LE 26 Août dernier eft décédée Dame Genevieve
- Bafile - Suſanne d'Aine , épouse de Meffire
Paul Tiry de Holbach , Baron de Heeffe.
Le 4 Septembre eft mort Meffire Jean- Baptiste-
Félicien de la Sône , fils de N .... Marquis de la
Sône , Maréchal de camp.
Louife- Magdeleine de Fay de la Tour - Maubourg,
époufe de Charles - François- Chriftian de
Montmorenci-Luxembourg , premier Baron Chrétien
de France , Prince de Tingri , Souverain de
Luxe , Comte de Beaumont , Marquis de Bréval ,
Lieutenant général des armées du Roi , Lieute
nant général pour ſa Majesté dans la province de
Flandre , Gouverneur & grand Bailli de Mantes
& de Meulans , & du pays Mantois , mourut à Paris
le 15 , dans la vingtieme année de ſon âge.
Le même jour est décédée Dame N ..... d'Ermenonville
, époufe de Meffire Gedeon-François
Lombard , Vicomte d'Ermenonville.
Dame Marie-Flore-Aglaé de Freſnoy , Vicomteffe
de Berck , épouse de Meffire Ferdinand ,
Comte de Grammont , Brigadier de Cavalerie , &`
JANVIER. 1755. 215
eft Me ftre de camp d'un Régiment de fon nom
morte le 17 aux eaux de Mont - d'or , en Auvergne
, âgée de vingt - huit ans .
Le Sr Charles- Antoine le Clerc de la Bruere ,
Secrétaire d'Ambaffade de France , & chargé des
affaires du Roi Très- Chrétien à Rome , depuis le
départ du Duc de Nivernois , eft mort à Rome le
18 , agé d'environ trente-huit ans. Son corps a
été inhumé dans l'Eglife de S. Louis de la nation
françoife- Il étoit de l'Académie della Crufca , &
de celle degli Arcadi.
Meffire Gabriel- Louis- Henri de Caulincourt ,
Aumônier du Roi , Doyen du Chapitre des Andelys
, & Abbé de l'Abbaye de S. Juft , Ordre de Prémontré
, Diocèſe de Beauvais , eft mort aux Andelys
le 18 dans fa trente - huitieme année.
Le 20 eft décédée Dame Erneftine- Marguerite
Comteffe de Welderin.
Le 26 eft décédée au Château de S. Germain ,
dans la Marche , Anne- Bonne Doublet de Perlan ,
veuve depuis le 9 Mars 1752 , d'Armand - Louis-
François Foucaud , Marquis de S. Germain- Beaupré
, Brigadier de Cavalerie , Gouverneur de la
haute & baffe Marche .
:
Dame Henriette - Marguerite de Beffet , Dame
de la Chapelle- Milon , épouse de Mefire Denis-
Louis d'Hozier , Confeiller du Roi en fes Confeils
, Préfident en la Cour des Comptes , Aides
& Finances de Normandie , eft morte à Paris le
30 Octobre 1754 , âgée d'environ dix- neuf ans.
Voyez ce qui a été dit fur ces deux familles dans
le Mercure de Juin 1752 , feconde partie , & dans
celui d'Août de cette année.
& Morts.
E 11 Septembre , Françoife -Parfaite -Thaïs de
de S. Mauris , Marquis de Montbarey , Colonel
des Grenadiers de France , eft accouchée d'un fils
qui a été tenu fur les fonts le 28 du même mois ,
au nom du Roi de Pologne , Duc de Lorraine &
de Bar , & de Madame Adelaide , & nommé Ade-
Laide-Staniflas- Marie.
Meffire François-Jofeph , Marquis le Danois
fils de feu Meffire Louis-Hubert le Danois , Marquis
de Joffreville , Mettre de camp de Cavalerie ,
& de feue Dame Anne - Elifabeth le Begue , époufa
le 15 Octobre au Château de Roifme , près de
Valenciennes , Demoiſelle Marie- Françoiſe- Colette
le Danois de Cernai , fille de Meffire François
le Danois , Marquis de Cernai , Lieutenant
Général des armées du Roi , & Commandeur de
l'Ordre royal & militaire de S. Louis ; & de Dame
Jeanne - Françoife - Henriette - Colette de la
Pierre. Leur contrat de mariage avoit été figné
par leurs Majeftés . La bénédiction nuptiale leur a
JANVIER. 1755. 213
été donnée dans l'Eglife de la Paroiffe , par M.
P'Abbé de Ste Aldegonde , Aumônier du Roi-
Le 26 du mois de Novembre , fat célébré
dans l'Eglife de S. André des Arcs à Paris , le ma
riage de Meffire Jean - François del Puech de Comeiras
, Chevalier de l'Ordre royal & militaire
de S. Louis , Capitaine au Régiment de Cavalerie
de Saluces , fils mineur de Meffire François del
Puech de Comeiras , Chevalier de l'Ordre royal
& militaire de S. Louis , Brigadier des armées du
Roi ; & de Dame Anne de Bédos , avec Demoifelle
Anne - Madeleine - Françoife Lallemant de
Montlangault , fille mineure unique de Meire
André Lallemant , fieur de Montlangault , & de
Dame Anne-Nicolle Sauré.
La nobleffe de la famille del Puech , en latin de
Podio , étoit très - ancienne en Languedoc avant
le XIV fiécle . On trouve dans l'hiftoire générale
de cette province plufieurs Gentilshommes , du
nom de Podio , qui y tenoient un rang diftingué
dans les XI , XII & XIII fiécles.
Jean del Puech , Seigneur de Comeiras , ayeul
de M. de Comeiras, qui a donné lieu à cet article.
Louis del Puech , Seigneur de la Loubiere , Major
du Régiment d'infanterie de Montalet , Ifaac
del Puech , Lieutenant au Régiment de Dragons
de Languedoc , Rhodier & Jean del Puech freres,
ayant été affignés devant les Commiffaires géné
raux du Confeil pour l'exécution des ordres du
Roi dans la recherche de la Noblefle , prouverent
unefiliation fuivie depuis Pierre del Puech , Chevalier
, leur dixieme ayeul , qui vivoit l'an 1321 ,
dont les Domaines & Seigneuries s'étendoient
-dans les Cevennes , pays du bas Languedoc , & en
conféquence obtinrent le 2 Juillet 1717 un arrêt ,
au rapportde M. de Machault , Maître des Requê
214 MERCURE DE FRANCE.
tes , fur les conclufions du Procureur général du
Roi en la commiffion , par lequel ils furent déchargés
de toute affignation , & maintenus &
gardés dans leur ancienne nobleffe d'extraction.
Cet arrêt a été enregistré à la Chambre des Comptes
, Aides & Finances de Montpellier fur les conclufions
du Procureur genéral du Roi , le 10 Décembre
1721. , & au bureau des Finances de la
Généralité de Montpellier , fur les conclufions du
Procureur du Roi , le 18 Mai 1725.
Les armes de la famille del Puech font de
gueules , à un château d'argent , donjonné de trois
Tours de même , maçonné de fable.
LE 26 Août dernier eft décédée Dame Genevieve
- Bafile - Suſanne d'Aine , épouse de Meffire
Paul Tiry de Holbach , Baron de Heeffe.
Le 4 Septembre eft mort Meffire Jean- Baptiste-
Félicien de la Sône , fils de N .... Marquis de la
Sône , Maréchal de camp.
Louife- Magdeleine de Fay de la Tour - Maubourg,
époufe de Charles - François- Chriftian de
Montmorenci-Luxembourg , premier Baron Chrétien
de France , Prince de Tingri , Souverain de
Luxe , Comte de Beaumont , Marquis de Bréval ,
Lieutenant général des armées du Roi , Lieute
nant général pour ſa Majesté dans la province de
Flandre , Gouverneur & grand Bailli de Mantes
& de Meulans , & du pays Mantois , mourut à Paris
le 15 , dans la vingtieme année de ſon âge.
Le même jour est décédée Dame N ..... d'Ermenonville
, époufe de Meffire Gedeon-François
Lombard , Vicomte d'Ermenonville.
Dame Marie-Flore-Aglaé de Freſnoy , Vicomteffe
de Berck , épouse de Meffire Ferdinand ,
Comte de Grammont , Brigadier de Cavalerie , &`
JANVIER. 1755. 215
eft Me ftre de camp d'un Régiment de fon nom
morte le 17 aux eaux de Mont - d'or , en Auvergne
, âgée de vingt - huit ans .
Le Sr Charles- Antoine le Clerc de la Bruere ,
Secrétaire d'Ambaffade de France , & chargé des
affaires du Roi Très- Chrétien à Rome , depuis le
départ du Duc de Nivernois , eft mort à Rome le
18 , agé d'environ trente-huit ans. Son corps a
été inhumé dans l'Eglife de S. Louis de la nation
françoife- Il étoit de l'Académie della Crufca , &
de celle degli Arcadi.
Meffire Gabriel- Louis- Henri de Caulincourt ,
Aumônier du Roi , Doyen du Chapitre des Andelys
, & Abbé de l'Abbaye de S. Juft , Ordre de Prémontré
, Diocèſe de Beauvais , eft mort aux Andelys
le 18 dans fa trente - huitieme année.
Le 20 eft décédée Dame Erneftine- Marguerite
Comteffe de Welderin.
Le 26 eft décédée au Château de S. Germain ,
dans la Marche , Anne- Bonne Doublet de Perlan ,
veuve depuis le 9 Mars 1752 , d'Armand - Louis-
François Foucaud , Marquis de S. Germain- Beaupré
, Brigadier de Cavalerie , Gouverneur de la
haute & baffe Marche .
:
Dame Henriette - Marguerite de Beffet , Dame
de la Chapelle- Milon , épouse de Mefire Denis-
Louis d'Hozier , Confeiller du Roi en fes Confeils
, Préfident en la Cour des Comptes , Aides
& Finances de Normandie , eft morte à Paris le
30 Octobre 1754 , âgée d'environ dix- neuf ans.
Voyez ce qui a été dit fur ces deux familles dans
le Mercure de Juin 1752 , feconde partie , & dans
celui d'Août de cette année.
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Résumé : NAISSANCE, MARIAGES & Morts.
En 1755, plusieurs événements familiaux et décès notables ont été enregistrés. Le 11 septembre, Françoise-Perfecte-Thaïs de Saint-Mauris, Marquise de Montbarey, a donné naissance à un fils prénommé Adélaïde-Stanislas-Marie. Le 15 octobre, François-Joseph, Marquis du Danois, a épousé Marie-Françoise-Colette du Danois de Cernai au Château de Roisem. Leur contrat de mariage avait été signé par leurs Majestés, et la bénédiction nuptiale a été donnée par l'Abbé de Ste Aldegonde. Le 26 novembre, Jean-François del Puech de Comeiras a épousé Anne-Madeleine-Françoise Lallemant de Montlangault à Paris. La famille del Puech, originaire du Languedoc, a prouvé sa noblesse ancienne et a obtenu un arrêt confirmant sa noblesse en 1717. Plusieurs décès ont également été mentionnés. Dame Geneviève-Basile-Suzanne d'Aine, épouse de Paul Tiry de Holbach, est décédée le 26 août. Jean-Baptiste-Félicien de la Sône, fils du Marquis de la Sône, est mort le 4 septembre. Louise-Madeleine de Fay de la Tour-Maubourg, épouse de Charles-François-Christian de Montmorency-Luxembourg, est décédée à Paris le 15 septembre à l'âge de 20 ans. D'autres décès notables incluent Dame Marie-Flore-Aglaé de Fresnoy, épouse de Ferdinand, Comte de Grammont, décédée le 17 septembre à Mont-d'Or, et Charles-Antoine Le Clerc de la Bruère, Secrétaire d'Ambassade à Rome, décédé le 18 septembre. Plusieurs autres personnalités, dont Gabriel-Louis-Henri de Caulincourt et Dame Henriette-Marguerite de Besset, sont également décédées au cours de cette période.
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6618
p. 220-224
QUATRIÈME BAL, le 7 Février.
Début :
Le Sujet du Ballet préparé pour ce quatriéme Bal étoit les Élémens, distribué [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUATRIÈME BAL, le 7 Février.
QUATRIÈME BAL , le 7 Février.
Le Sujet du Ballet préparé pour ce
quatriéme Bal étoit les Elémens , dif
tribué comme celui des Saifons e
quatre Quadrilles.
LE FE U
M. le Marquis d'ENTRAGUES,
M. le Marquis d'ESCARS .
Mde la Marquife de SALUCES,
Mde la Marquife de MAILLY,
L'AIR.
M. le Baron de FRISENDorff,
M. le Marquis d'HARCOUR . *
Mde la Marquife de STAINVILLE.
Mde la Marquife de BELSUNce.
* Au Bal ſuivant M. le Marquis de CHABRILLAN
prit la place de M. le Marquis d'HARCOUR.
MARS. 1763.
221
LA TERRE.
M. le Comte d'EGREVILLE,
M. le Marquis de POLIGNAC.
Mde la Marquife de GLION.
Mde la Marquife de NAGU.
L'EAU.
M. le Prince de BOURNONVILLE.
M. le Prince de GUIMENÉ.
Mde la Princeffe de CHIMAY.
Mde la Marquife de SERAN.
On s'étoit propofé , dans les habillemens
de ce Ballet , de repréfenter les
Elémens , moins par les Etres connus
dans les fictions ordinaires , que par la
fupofition de Corps fantaftiques qui
feroient formés de chaque Elément
même. L'éxécution a repondu à ce pro
jet , autant que l'art peut atteindre à
cette forte de repréfentation. Ainfi
pour les Perfonnages de la Terre , on
avoit arrangé des habits de forme fimplé
& peu drapée , dont les fonds , de
différens gris , étoient rayés de couches
, ou lames d'or & d'argent , tournées
en ornemens måles fur certaines
K. iij
222 MERCURE DE FRANCÈ.
parties. Le tout enrichi de pierreries.
Le Quadrille de l'Eau étoit très-brillant
, & paroiffoit vêtu de cet Elément
même , dont on avoit imité les diverfes
couleurs & quelques- uns de fes effets.
Celui du Feu fembloit couvert de feux
de différentes nuances , fans aucun rapport
aux repréſentations de Furies ou
de Démons. Ces trois Quadrilles étoient
fort riches. Dans celui de l'Airil régnoit
plus de galanterie : des fonds d'un bleu
célefte ornés de nuages légers & tranf
parens , de volans ddee gaze que l'air agitoit
, & d'étoiles brillantes entrevues
dans plufieurs endroits. Tels étoient les
habillemens de ce Quadrille.
Ainfi que dans le Ballet des Saifons,
les quatre Quadrilles entroient fur une
Marche , en groupes féparés les uns des
autres. Ils danfoient chacun des Entrées
adaptées au caractère de chaque
Elément. Ils fe mêloient enfemble, enfuite
ils fe repartageoient & formoient
des Danfes particulières à certaines diftances
les uns des autres. Enfin ils fe
réuniffoient pour former l'Entrée gé
nérale de la fin .
- Ce Ballet , dont la compofition étoit
ingénieufe & agréable , fut éxécuté
MARS. 1763. 223
avec une précifion que l'on auroit à
peine éxigé des gens de l'art ; & avec
des grâces plus faciles à rencontrer dans
des Danfeurs de l'ordre de ceux qui
figuroient à ces Bals , que dans ceux
mêmes qui font profeffion de ce talent
.
La compofition des Entrées de ce
Ballet étoit du fieur Lani , Maître des
Pallets de l'Académie Royale de Mufique.
Il fit une impreffion très-agréable
fur la Cour, qui le redemanda , & il fut
danfé deux fois .
Dans le même Bal on revit avec un
nouveau plaifir le Ballet de la Noce
de Village , qui avoit été redemandé
& qui fut danſé deux fois .
La Décoration de la Salle avoit été
totalement changée pour ce Bal . Elle
fut enrichie de Pierreries qui formoient
des ornemens dans toutes fes parties ,
relatifs à ceux de l'Architecture ou affortis
& mariés avec ces mêmes ornemens
ainfi que de fuperbes rofettes aux
endroits du plafond , d'où pendoient les
luftres. Ceux-ci étoient fufpendus - par
des guirlandes des mêmes Pierreries entremêlées
de fleurs .Toute cette brillante
décoration avoit été difpofée & exé-
,
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
cutée par le fieur Levêque , Garde -magazin
général des Menus & Plaiſirs du
ROI.
Le Sujet du Ballet préparé pour ce
quatriéme Bal étoit les Elémens , dif
tribué comme celui des Saifons e
quatre Quadrilles.
LE FE U
M. le Marquis d'ENTRAGUES,
M. le Marquis d'ESCARS .
Mde la Marquife de SALUCES,
Mde la Marquife de MAILLY,
L'AIR.
M. le Baron de FRISENDorff,
M. le Marquis d'HARCOUR . *
Mde la Marquife de STAINVILLE.
Mde la Marquife de BELSUNce.
* Au Bal ſuivant M. le Marquis de CHABRILLAN
prit la place de M. le Marquis d'HARCOUR.
MARS. 1763.
221
LA TERRE.
M. le Comte d'EGREVILLE,
M. le Marquis de POLIGNAC.
Mde la Marquife de GLION.
Mde la Marquife de NAGU.
L'EAU.
M. le Prince de BOURNONVILLE.
M. le Prince de GUIMENÉ.
Mde la Princeffe de CHIMAY.
Mde la Marquife de SERAN.
On s'étoit propofé , dans les habillemens
de ce Ballet , de repréfenter les
Elémens , moins par les Etres connus
dans les fictions ordinaires , que par la
fupofition de Corps fantaftiques qui
feroient formés de chaque Elément
même. L'éxécution a repondu à ce pro
jet , autant que l'art peut atteindre à
cette forte de repréfentation. Ainfi
pour les Perfonnages de la Terre , on
avoit arrangé des habits de forme fimplé
& peu drapée , dont les fonds , de
différens gris , étoient rayés de couches
, ou lames d'or & d'argent , tournées
en ornemens måles fur certaines
K. iij
222 MERCURE DE FRANCÈ.
parties. Le tout enrichi de pierreries.
Le Quadrille de l'Eau étoit très-brillant
, & paroiffoit vêtu de cet Elément
même , dont on avoit imité les diverfes
couleurs & quelques- uns de fes effets.
Celui du Feu fembloit couvert de feux
de différentes nuances , fans aucun rapport
aux repréſentations de Furies ou
de Démons. Ces trois Quadrilles étoient
fort riches. Dans celui de l'Airil régnoit
plus de galanterie : des fonds d'un bleu
célefte ornés de nuages légers & tranf
parens , de volans ddee gaze que l'air agitoit
, & d'étoiles brillantes entrevues
dans plufieurs endroits. Tels étoient les
habillemens de ce Quadrille.
Ainfi que dans le Ballet des Saifons,
les quatre Quadrilles entroient fur une
Marche , en groupes féparés les uns des
autres. Ils danfoient chacun des Entrées
adaptées au caractère de chaque
Elément. Ils fe mêloient enfemble, enfuite
ils fe repartageoient & formoient
des Danfes particulières à certaines diftances
les uns des autres. Enfin ils fe
réuniffoient pour former l'Entrée gé
nérale de la fin .
- Ce Ballet , dont la compofition étoit
ingénieufe & agréable , fut éxécuté
MARS. 1763. 223
avec une précifion que l'on auroit à
peine éxigé des gens de l'art ; & avec
des grâces plus faciles à rencontrer dans
des Danfeurs de l'ordre de ceux qui
figuroient à ces Bals , que dans ceux
mêmes qui font profeffion de ce talent
.
La compofition des Entrées de ce
Ballet étoit du fieur Lani , Maître des
Pallets de l'Académie Royale de Mufique.
Il fit une impreffion très-agréable
fur la Cour, qui le redemanda , & il fut
danfé deux fois .
Dans le même Bal on revit avec un
nouveau plaifir le Ballet de la Noce
de Village , qui avoit été redemandé
& qui fut danſé deux fois .
La Décoration de la Salle avoit été
totalement changée pour ce Bal . Elle
fut enrichie de Pierreries qui formoient
des ornemens dans toutes fes parties ,
relatifs à ceux de l'Architecture ou affortis
& mariés avec ces mêmes ornemens
ainfi que de fuperbes rofettes aux
endroits du plafond , d'où pendoient les
luftres. Ceux-ci étoient fufpendus - par
des guirlandes des mêmes Pierreries entremêlées
de fleurs .Toute cette brillante
décoration avoit été difpofée & exé-
,
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
cutée par le fieur Levêque , Garde -magazin
général des Menus & Plaiſirs du
ROI.
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Résumé : QUATRIÈME BAL, le 7 Février.
Le quatrième bal, organisé le 7 février, proposait un ballet sur le thème des éléments, divisé en quatre quadrilles représentant le feu, la terre, l'eau et l'air. Chaque quadrille était incarné par des personnages en costumes fantastiques évoquant les éléments. Le quadrille du feu était orné de feux de différentes nuances, celui de l'eau imitait les couleurs et effets de l'eau, celui de la terre portait des habits gris enrichis de pierreries, et celui de l'air était décoré de bleus célestes, de nuages et d'étoiles. Les quadrilles entraient en marche, dansaient des entrées adaptées à chaque élément, se mêlaient, se séparaient et se réunissaient pour une entrée générale finale. La composition du ballet, due au sieur Lani, fut exécutée avec précision et grâce, et fut redemandée par la cour. Le ballet de la Noce de Village fut également redansé. La salle fut redécorée avec des pierreries formant des ornements architecturaux et des rosettes au plafond, le tout exécuté par le sieur Levêque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6619
p. 220-225
Gouvernement de Saarloüis, donné par le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné à Mr le Comte de Saillant, Capitaine [...]
Mots clefs :
Comte de Saillant, Gouvernement de Saar-Louis, Maison d'Esteing, Don
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Gouvernement de Saarloüis, donné par le Roy. [titre d'après la table]
Le Roy a donné à Mr le
Comte de Saillant , Capitaine
des Grenadiers au Regiment
des Gardes , Commandant à
GALANT 221
Namur, & Chevalier de faint
Louis , le Gouvernement de
Saar-Louis , qui vacquoit par
la mort de feu Mr le Comte
de Choify. Mr le Comte de
Saillant eft de l'illuftre Maifon
d'Efteing , une des premieres
d'Auvergne, & qui a l'avantage de porter les Armes & la
Livrée du Roy , depuis la Bataille de Bouvine, où un Seigneur de cette Maiſon ſauva
la vie à Philippes Auguſte. Mr
de Saillant eft frere de Mr l'Evêque de faint Flour. Mr le
Comte de Saillant fert le Roy
depuis un grand nombre d'anT iij
222 MERCURE
nées , & il a donné dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
de frequentes preuves de fa
valeur. Il eft allié aux Maifons
de Canillac , Montboiffier ,
Chabanne , Curfon, & autres
Maifons qualifiées d'Auvergne. Mr le Comte d'Efteing,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes Dauphins, Gouverneur
de Châlons , Lieutenant de
Roy du Païs Meffin , & fait
Lieutenant General au commencement de la mefme année où le fut Mr le Comtede
Saillant , eft fon Coufin germain. La Maiſon d'Eſteing a
GALANT 223
donné quantité dé Prelats à
l'Eglife de France , & plufieurs
Comtes à l'Eglife de Lyon
Mr l'Evêque de faint Flour ,
dont je viens de parler , l'eftoit
lorfqu'il fut élevé à l'Epifcopat d'ailleurs cette Maifon
joint à une infinité de grandes
alliances & d'illuſtrations
beaucoup de Dignitez qu'elle
a vû raffemblées dans fon fein.
Mais comme je vous en ay
fouvent parlé , & que l'occa
fion s'eft plufieurs fois prefentée de rendre juftice à certe
grande Maifon , je finiray cer
article en difant que la ForteTiiij
224 MERCURE
reffe bâtie à Saar- Louis n'a que
30. ans d'ancienneté , puifqu'elle fut bâtie en 1680.&que
ce fut Mr de Choifi qui vient
de mourir qui fut chargé de
la faire conftruire. La Ville de
Saar- Louis eft dans le Duché
de Bar , peu éloignée des Villes de Stenay , de Longwy, de
Marfal , de Mets & de Nancy.
Mr de Varennes, Maréchal des
Camps & Armées du Roy, en
eft Lieutenant de Roy ; cet Of
ficier ayant donné aux Magiftrats de la Ville la nouvelle
qu'il avoit reçûë de la nomination de Mrle Comte de Sail-
GALANT 225
获
lânt au Gouvernement de leur
Ville , il y eut pendant plufieurs jours de grandes réjouil
fances , le merite & la reputation de ce nouveau Gourverneur y eftant déja fort connus.
Comte de Saillant , Capitaine
des Grenadiers au Regiment
des Gardes , Commandant à
GALANT 221
Namur, & Chevalier de faint
Louis , le Gouvernement de
Saar-Louis , qui vacquoit par
la mort de feu Mr le Comte
de Choify. Mr le Comte de
Saillant eft de l'illuftre Maifon
d'Efteing , une des premieres
d'Auvergne, & qui a l'avantage de porter les Armes & la
Livrée du Roy , depuis la Bataille de Bouvine, où un Seigneur de cette Maiſon ſauva
la vie à Philippes Auguſte. Mr
de Saillant eft frere de Mr l'Evêque de faint Flour. Mr le
Comte de Saillant fert le Roy
depuis un grand nombre d'anT iij
222 MERCURE
nées , & il a donné dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
de frequentes preuves de fa
valeur. Il eft allié aux Maifons
de Canillac , Montboiffier ,
Chabanne , Curfon, & autres
Maifons qualifiées d'Auvergne. Mr le Comte d'Efteing,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes Dauphins, Gouverneur
de Châlons , Lieutenant de
Roy du Païs Meffin , & fait
Lieutenant General au commencement de la mefme année où le fut Mr le Comtede
Saillant , eft fon Coufin germain. La Maiſon d'Eſteing a
GALANT 223
donné quantité dé Prelats à
l'Eglife de France , & plufieurs
Comtes à l'Eglife de Lyon
Mr l'Evêque de faint Flour ,
dont je viens de parler , l'eftoit
lorfqu'il fut élevé à l'Epifcopat d'ailleurs cette Maifon
joint à une infinité de grandes
alliances & d'illuſtrations
beaucoup de Dignitez qu'elle
a vû raffemblées dans fon fein.
Mais comme je vous en ay
fouvent parlé , & que l'occa
fion s'eft plufieurs fois prefentée de rendre juftice à certe
grande Maifon , je finiray cer
article en difant que la ForteTiiij
224 MERCURE
reffe bâtie à Saar- Louis n'a que
30. ans d'ancienneté , puifqu'elle fut bâtie en 1680.&que
ce fut Mr de Choifi qui vient
de mourir qui fut chargé de
la faire conftruire. La Ville de
Saar- Louis eft dans le Duché
de Bar , peu éloignée des Villes de Stenay , de Longwy, de
Marfal , de Mets & de Nancy.
Mr de Varennes, Maréchal des
Camps & Armées du Roy, en
eft Lieutenant de Roy ; cet Of
ficier ayant donné aux Magiftrats de la Ville la nouvelle
qu'il avoit reçûë de la nomination de Mrle Comte de Sail-
GALANT 225
获
lânt au Gouvernement de leur
Ville , il y eut pendant plufieurs jours de grandes réjouil
fances , le merite & la reputation de ce nouveau Gourverneur y eftant déja fort connus.
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Résumé : Gouvernement de Saarloüis, donné par le Roy. [titre d'après la table]
Le roi a nommé le Comte de Saillant au poste de Gouverneur de Saar-Louis, suite au décès du Comte de Choify. Le Comte de Saillant appartient à la Maison d'Esteing, une famille prestigieuse d'Auvergne, qui sert le roi depuis la Bataille de Bouvines. Il est frère de l'Évêque de Saint-Flour et a servi le roi avec distinction. Il est également allié à plusieurs grandes familles d'Auvergne, telles que Canillac, Montboissier, Chabanne et Curton. Son cousin germain est le Comte d'Esteing, Gouverneur de Châlons. La Maison d'Esteing a fourni de nombreux prélats à l'Église de France et des comtes à l'Église de Lyon. La forteresse de Saar-Louis a été construite en 1680 par le Comte de Choify. La ville de Saar-Louis se situe dans le Duché de Bar, près des villes de Stenay, Longwy, Marsal, Metz et Nancy. La nomination du Comte de Saillant a été annoncée par le Maréchal des Camps et Armées du Roi, Monsieur de Varennes, suscitant de grandes réjouissances parmi les magistrats de la ville en raison de sa réputation et de son mérite.
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6620
p. 219-224
Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Début :
Pressez par la faim & cherchant aux dépens de leur vie [...]
Mots clefs :
Animaux, Cavernes, Manger, Feu, Faim
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Animaux qui font du
feu, dans des especes
de cavernes sons des
roches.
Pressez par la faim &C
cherchantauxdépens de
leur vie de quoi manger,
cIlest à dire suivant des
traces d'animaux sauvages, pour en trouver
quelqu'un qu'ilspuisent
tuer pour le manger, ils
trouvèrent en plusieurs
endroits de ces cavernes
de petits monceaux ou
magasins d'animaux differens qui leur parurent
comme defechez M
brûlés au feu; cela leur
fit croire que quelques
Sauvageshabitaientces
cavernes:rextrêmesaim
leur fit manger quelques morceaux de ces
animaux defechez & si
durs, qua peine pouvoientils en dechireravec lesdents.Ilsremar-
-
querent dans tous ces
endroits où étoient ces
monceaux, de grandes
places noires&des restes
de branches brulées, ce
qui leur avoit fait conclure, cômej'ay dit,que
des hommes seuls pouvoient avoir roti ces animaux: mais ils remarquoient en même temps
qu'ils étoient desechez
avecle cuir,lepoil,lesentrailles, en un mot sans
aucun aprêt:ensuiteils
trouverent au bout de
ces cavernes quelqu'un
de ces animaux qui
fuioient & qui étoient
come des especes d'ours,
maisplusalongez &C si
tinlidcs, que du plus
loin qu'ilslesavoient
entend usilsavoienttoûjours fui. Ils n'oserent
pourtant avancer plus
loin: mais en reprenant
leur route ils aperçurent
dans un autre enfoncement une lueur de feu.
La curiosité les fit avancer si doucement qu'ils
virent deux de ces animaux auprès de ce feu
mourant, & qui fuyant
d'une grande vîtesse
donnèrent à nos gens la
hardiesse d'avancer jusqu'à un brasier,où ils
virent plusieurs de ces
animaux brûlez & defechez encor tout bru-
lants & d'autres tous
cruds. Ensortê qu'aprèsplusieurs autres remarques qu'ils firent, ils ne
doutent point que ces
animaux fuyars n'ayent
l'art d'alumer du feu 6L
la prévoyance de desecher &: brûler les ani-.
maux dont ils se nourissent, parce qu'aparemment ils ne les peuvent
arrâper qu'en de certaines saison
feu, dans des especes
de cavernes sons des
roches.
Pressez par la faim &C
cherchantauxdépens de
leur vie de quoi manger,
cIlest à dire suivant des
traces d'animaux sauvages, pour en trouver
quelqu'un qu'ilspuisent
tuer pour le manger, ils
trouvèrent en plusieurs
endroits de ces cavernes
de petits monceaux ou
magasins d'animaux differens qui leur parurent
comme defechez M
brûlés au feu; cela leur
fit croire que quelques
Sauvageshabitaientces
cavernes:rextrêmesaim
leur fit manger quelques morceaux de ces
animaux defechez & si
durs, qua peine pouvoientils en dechireravec lesdents.Ilsremar-
-
querent dans tous ces
endroits où étoient ces
monceaux, de grandes
places noires&des restes
de branches brulées, ce
qui leur avoit fait conclure, cômej'ay dit,que
des hommes seuls pouvoient avoir roti ces animaux: mais ils remarquoient en même temps
qu'ils étoient desechez
avecle cuir,lepoil,lesentrailles, en un mot sans
aucun aprêt:ensuiteils
trouverent au bout de
ces cavernes quelqu'un
de ces animaux qui
fuioient & qui étoient
come des especes d'ours,
maisplusalongez &C si
tinlidcs, que du plus
loin qu'ilslesavoient
entend usilsavoienttoûjours fui. Ils n'oserent
pourtant avancer plus
loin: mais en reprenant
leur route ils aperçurent
dans un autre enfoncement une lueur de feu.
La curiosité les fit avancer si doucement qu'ils
virent deux de ces animaux auprès de ce feu
mourant, & qui fuyant
d'une grande vîtesse
donnèrent à nos gens la
hardiesse d'avancer jusqu'à un brasier,où ils
virent plusieurs de ces
animaux brûlez & defechez encor tout bru-
lants & d'autres tous
cruds. Ensortê qu'aprèsplusieurs autres remarques qu'ils firent, ils ne
doutent point que ces
animaux fuyars n'ayent
l'art d'alumer du feu 6L
la prévoyance de desecher &: brûler les ani-.
maux dont ils se nourissent, parce qu'aparemment ils ne les peuvent
arrâper qu'en de certaines saison
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Résumé : Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Des hommes, affamés, découvrent dans des cavernes des animaux brûlés, suggérant la présence de sauvages. Ils observent des traces de feu et des restes d'animaux desséchés, avec leur cuir, poil et entrailles, sans préparation. Plus loin, ils aperçoivent des animaux ressemblant à des ours, mais plus allongés et timides. En explorant davantage, ils voient une lueur de feu et trouvent deux de ces animaux près d'un brasier mourant. Ils constatent la présence d'animaux brûlés et d'autres crus, concluant que ces animaux sauvages maîtrisent l'art de faire du feu et de dessécher les animaux dont ils se nourrissent, probablement en certaines saisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6621
p. 218-223
Nouvelles de la Comedie. [titre d'après la table]
Début :
Au commencement de ce mois, les Comediens ont remis sur [...]
Mots clefs :
Tragédie, Comédie, Succès, Prince, Molière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Comedie. [titre d'après la table]
d'en parler.
Au commencement de ce
GALANT. 219
mois , les Comediens ont remis
fur leur Theatre , leBourgeois
Gentilhomme , Comedie
de Moliere. Cette piece a
elté repreſentée avec un ſuccés
tres mediocre,& les Spetateurs
ont trouvé fort mauvais
, que M. Quinaut qui a
de l'eſprit , ait voulu en avoir
plus que Moliere , & qu'il luy
ait plûde changer les divertiſſements
que cetilluſtreAuteur
avoit mis à propos dans ſa
Comedie, pour leur en ſubſtituer
de ſon invention. Item
M. Quinaut eft Muficien :
mais la muſiquedeMMddeeLully
Tij
220 MERCURE
luy déplaiſt ; il en a compoſétant
qu'il a pû , de ſa petite
façon , & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme ; ce qui a
raiſonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
neceflité d'anticiper ſur le
mois de Février , pour vous
apprendre encore une nouvellede
ce païs. Vous ſçaurez
donc que le premier jour de
Février , les Comediens ont .
donné la premiere repréſentation
dela Tragedie de Semiramis
, qu'ils annonçoient depuis
pluſieurs mois , comme
GALANT 221
quelque choſe de bon : mais
il n'a fallu qu'une repréſentation
,pour détromper tout
le monde:& Semiramis a pafſe
ſur la ſcene , pour une extravagante
, qui n'avoit ni
fens , nirime , ni raifon. Son
Hiſtoire a été reçue comme
une miferable Fable , mal inventée
, & plus mal contée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragedie , ont
donné lieu à vingt ſobriquets.
Le Prince. Menon , le Prince
Arius , ont dit des choſes tresrares.
Le Prince Aretas a efté
furnommé le Prince Aretin ,
Tiij
222 MERCURE
&la Princefle Nicotris la Prin
ceffe Logogrif , & autrement
encore. Vous me direz que je
vous conte- là de pauvres cho
fes , eft ce ma faute ? Et ne
fuis -je pas obligé devous faire
un recit fidele du ſuccés des
nouvelles pieces ?C'eſt pourtant
biendommage , & l'Auteur
d'Habis , qui a certaine
ment autant de merite &d'efprit
qu'aucune perſonne de
fon ſexe, chargée des Lauriers
dontle ſuccés glorieux de ſa
premiere Tragedie,avoit cou
ronné fon front , devoit bien
ſe garder d'expoſer ſi vilaine
GALANT. 223
ment la déplorable Semiramis
: mais conſokz vous ,
Meffieurs , tous les ſpectacles
dela Foire qui fontmaintenant
ouverts , vont vanger
lepublicdes catastrophes de
la Comedic. Au reſte je ne
doute pas qu'on ne revoye
inceffamiment Semiramis à la
Foire.
Au commencement de ce
GALANT. 219
mois , les Comediens ont remis
fur leur Theatre , leBourgeois
Gentilhomme , Comedie
de Moliere. Cette piece a
elté repreſentée avec un ſuccés
tres mediocre,& les Spetateurs
ont trouvé fort mauvais
, que M. Quinaut qui a
de l'eſprit , ait voulu en avoir
plus que Moliere , & qu'il luy
ait plûde changer les divertiſſements
que cetilluſtreAuteur
avoit mis à propos dans ſa
Comedie, pour leur en ſubſtituer
de ſon invention. Item
M. Quinaut eft Muficien :
mais la muſiquedeMMddeeLully
Tij
220 MERCURE
luy déplaiſt ; il en a compoſétant
qu'il a pû , de ſa petite
façon , & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme ; ce qui a
raiſonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
neceflité d'anticiper ſur le
mois de Février , pour vous
apprendre encore une nouvellede
ce païs. Vous ſçaurez
donc que le premier jour de
Février , les Comediens ont .
donné la premiere repréſentation
dela Tragedie de Semiramis
, qu'ils annonçoient depuis
pluſieurs mois , comme
GALANT 221
quelque choſe de bon : mais
il n'a fallu qu'une repréſentation
,pour détromper tout
le monde:& Semiramis a pafſe
ſur la ſcene , pour une extravagante
, qui n'avoit ni
fens , nirime , ni raifon. Son
Hiſtoire a été reçue comme
une miferable Fable , mal inventée
, & plus mal contée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragedie , ont
donné lieu à vingt ſobriquets.
Le Prince. Menon , le Prince
Arius , ont dit des choſes tresrares.
Le Prince Aretas a efté
furnommé le Prince Aretin ,
Tiij
222 MERCURE
&la Princefle Nicotris la Prin
ceffe Logogrif , & autrement
encore. Vous me direz que je
vous conte- là de pauvres cho
fes , eft ce ma faute ? Et ne
fuis -je pas obligé devous faire
un recit fidele du ſuccés des
nouvelles pieces ?C'eſt pourtant
biendommage , & l'Auteur
d'Habis , qui a certaine
ment autant de merite &d'efprit
qu'aucune perſonne de
fon ſexe, chargée des Lauriers
dontle ſuccés glorieux de ſa
premiere Tragedie,avoit cou
ronné fon front , devoit bien
ſe garder d'expoſer ſi vilaine
GALANT. 223
ment la déplorable Semiramis
: mais conſokz vous ,
Meffieurs , tous les ſpectacles
dela Foire qui fontmaintenant
ouverts , vont vanger
lepublicdes catastrophes de
la Comedic. Au reſte je ne
doute pas qu'on ne revoye
inceffamiment Semiramis à la
Foire.
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6622
p. 216-222
Lettre d'un nouveau Converty. [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye un Fragment de Lettre qui m'a paru assez / J'ay passé icy avec trente ou quarante personnes, [...]
Mots clefs :
Nouveau converti, Voyageur, Charité, Magistrats, Ministre, Prix, Denrées, Huguenots, Prédicateur, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un nouveau Converty. [titre d'après la table]
Je vous envoye un Fragment
de Lettre qui m'a paru
affez curieux . La Lettre eft
d'un Voyageur nouveau Converty
, qui rend compte de
ce qu'il a veu à un autre nouveau
Converty. Je ne vous
dis point le nom de la Ville
d'où
GALANT 217
d'où elle a cfté écrite . Si vous
ne pouvez le deviner , il eft
du moins impoffible que la
connoiffance du pays vous
en échape .
*
Fay paße icy avec trente ou
quarante perfonnes , & nous
avons trouvé les charitez tres
minces,quoy que la Ville foit une
desplus riches du Pays.Les Magiftrats
ont défendu à chaque
particulier de donner plus de
vingt-cinq livres , & un Mniftre
cut la prévoyance de dire
en Chaire , qu'il ne fallait zien
donnerdu tout.D'ailleurs l'argent
ne vaut icy que comme en An-
Decembre 1687. T
218 MERCURE
:
gleterre , trois pour cent tout au
plus , & il ne vaut qu'un &
demy fi on le veut placer feurement
. Outre cela les espèces
diminuent de la fixiéme partie.
Les Louis d'or ne valent que
neuflivres dix fols . Il faut encorepayer
tres -fouvent les deuxcentiémes
deniers de tous les
biens qu'on poffede , ce qu'on a
veu arriver jufques à trois fois
en une année , pendant la derniere
Guerre. Il n'y a rien icy
qui ne paye quelque droit . Une
paire de fouliers paye un fol ,
nne paire de bottes , deux ; un
muid de vin , vingr-fix livres ,
GALANT. 219
Si on veut avoir des Valets &
des chevaux , on paye fix livres
par an pour chacun. Si la terre
eft bonnerelle paye jufqu'à dix
livres l'arpent. Unfac de bled
pefant cent foixante livres ,
paye quatre livres d'entrée , &
le reste des denrées à proporcion.
La biere ne vaut rien , parce
que les caux font mauvaiſes ;
ainfi quiconque n'en peut boire ,
ne veut pas faire la dépenfe
d'acheter du vin , eft obligée , à
l'exemple de quantité de perfon.
nes de ma connoiffance , de boire
du lait. Aprés cela fi quelqu'un
vous vante ce pays- cy , répon-
Tij
220 MERCURE
ي ت
dez-buy fans befiter qu'il ne die
pas vray. Il n'y apoint de bois ,
les herbes fentent mauvais ; il
eft vray qu'on s'y accoûtume
mais je doute file cerveau &
les poulmons s'en trouvent
bien. S'il y avoit du moins
de la focieté , ceferoit une confolation
, mais il n'y en a aucune
à esperer avec les Habitans
de tout le pays . On n'y voit aucune
pieté, pas mefme à la Huguenote
; car on y travaille les
Dimanches , & l'on va lire les
Gazetes dans les Eglifes.Jy vis
mefme dernierement un Devideur
de foye avecfon rouet, On
GALANT. 221
n'y trouve pas quatre Miniftres
du mefme fentiment. Il y a une
Secte de gens qui ne vont jamais
au Prefche. As difent qu'un
Predicateur ne peut que gafter
l'Ecriture en l'expliquant , &
qu'il vaut mieux demeurer chez
foy à la lire. Peut- eftre croyezvous
que j'exagere mais au contraire
,je referve beaucoup de chofestouchant
l'eftat de laReligion ,
que je vous diray à mon retour.
Je vous laiffe faire vos reflexions
là - deffus. Elles ne
peuvent eftre qu'avantageufes
à la France, & à la veritable
Religion , qui eft la feule
Tiij
222 MERCURE
qu'on y profeffe aujourdhuy
.
de Lettre qui m'a paru
affez curieux . La Lettre eft
d'un Voyageur nouveau Converty
, qui rend compte de
ce qu'il a veu à un autre nouveau
Converty. Je ne vous
dis point le nom de la Ville
d'où
GALANT 217
d'où elle a cfté écrite . Si vous
ne pouvez le deviner , il eft
du moins impoffible que la
connoiffance du pays vous
en échape .
*
Fay paße icy avec trente ou
quarante perfonnes , & nous
avons trouvé les charitez tres
minces,quoy que la Ville foit une
desplus riches du Pays.Les Magiftrats
ont défendu à chaque
particulier de donner plus de
vingt-cinq livres , & un Mniftre
cut la prévoyance de dire
en Chaire , qu'il ne fallait zien
donnerdu tout.D'ailleurs l'argent
ne vaut icy que comme en An-
Decembre 1687. T
218 MERCURE
:
gleterre , trois pour cent tout au
plus , & il ne vaut qu'un &
demy fi on le veut placer feurement
. Outre cela les espèces
diminuent de la fixiéme partie.
Les Louis d'or ne valent que
neuflivres dix fols . Il faut encorepayer
tres -fouvent les deuxcentiémes
deniers de tous les
biens qu'on poffede , ce qu'on a
veu arriver jufques à trois fois
en une année , pendant la derniere
Guerre. Il n'y a rien icy
qui ne paye quelque droit . Une
paire de fouliers paye un fol ,
nne paire de bottes , deux ; un
muid de vin , vingr-fix livres ,
GALANT. 219
Si on veut avoir des Valets &
des chevaux , on paye fix livres
par an pour chacun. Si la terre
eft bonnerelle paye jufqu'à dix
livres l'arpent. Unfac de bled
pefant cent foixante livres ,
paye quatre livres d'entrée , &
le reste des denrées à proporcion.
La biere ne vaut rien , parce
que les caux font mauvaiſes ;
ainfi quiconque n'en peut boire ,
ne veut pas faire la dépenfe
d'acheter du vin , eft obligée , à
l'exemple de quantité de perfon.
nes de ma connoiffance , de boire
du lait. Aprés cela fi quelqu'un
vous vante ce pays- cy , répon-
Tij
220 MERCURE
ي ت
dez-buy fans befiter qu'il ne die
pas vray. Il n'y apoint de bois ,
les herbes fentent mauvais ; il
eft vray qu'on s'y accoûtume
mais je doute file cerveau &
les poulmons s'en trouvent
bien. S'il y avoit du moins
de la focieté , ceferoit une confolation
, mais il n'y en a aucune
à esperer avec les Habitans
de tout le pays . On n'y voit aucune
pieté, pas mefme à la Huguenote
; car on y travaille les
Dimanches , & l'on va lire les
Gazetes dans les Eglifes.Jy vis
mefme dernierement un Devideur
de foye avecfon rouet, On
GALANT. 221
n'y trouve pas quatre Miniftres
du mefme fentiment. Il y a une
Secte de gens qui ne vont jamais
au Prefche. As difent qu'un
Predicateur ne peut que gafter
l'Ecriture en l'expliquant , &
qu'il vaut mieux demeurer chez
foy à la lire. Peut- eftre croyezvous
que j'exagere mais au contraire
,je referve beaucoup de chofestouchant
l'eftat de laReligion ,
que je vous diray à mon retour.
Je vous laiffe faire vos reflexions
là - deffus. Elles ne
peuvent eftre qu'avantageufes
à la France, & à la veritable
Religion , qui eft la feule
Tiij
222 MERCURE
qu'on y profeffe aujourdhuy
.
Fermer
Résumé : Lettre d'un nouveau Converty. [titre d'après la table]
Un voyageur nouvellement converti décrit une ville riche mais où les charités sont rares. Les magistrats ont limité les dons à vingt-cinq livres par personne. La monnaie locale a peu de valeur, valant trois pour cent de celle en Angleterre. Les espèces monétaires perdent six pour cent de leur valeur, et les Louis d'or valent neuf livres dix sols. Des taxes fréquentes sont imposées sur divers biens et services, tels que les chaussures, les bottes, le vin, les valets, les chevaux et les terres. La bière étant de mauvaise qualité, certains préfèrent boire du lait. Le pays manque de bois, et les herbes dégagent une mauvaise odeur, bien que les habitants s'y habituent. La société locale manque de piété, même parmi les huguenots, qui travaillent les dimanches et lisent des gazettes dans les églises. Une secte refuse d'assister aux prêches, préférant lire l'Écriture chez soi. Le voyageur réserve pour plus tard des réflexions sur la religion, estimant qu'elles pourraient être bénéfiques pour la France et la véritable religion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6623
p. 208-225
Particularitez touchant le Cap de Bonne-Esperance. [titre d'après la table]
Début :
Comme les Relations des mesmes endroits faites par divers Voyageurs [...]
Mots clefs :
Cap de Bonne-Espérance, Officiers, Montagne, Siam, Jésuites, Missionnaires, Le Cap, France, Lettre, Voile, Voyage, Dieu, Beau, Hollandais, Femmes, Animaux, Chemin, Soldats, Singes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Particularitez touchant le Cap de Bonne-Esperance. [titre d'après la table]
Comme les Relations des
mefmes endroits faites par
divers Voyageurs ont toûjours
quelque chofe de diffe
rent & que fouvent dans un
mefme Païs , les uns font des
remarques que les autres ne
fonr pas , & voyent des choles
pour lefquelles ces derniers
n'ont point de curiofité
, j'ay cru vous devoir encore
faire part d'une Lettre
qui eft tombée entre mes
GALANT. 2c9
mains , & qui eft fur le mefme
fujet que la precedente :
Quoy que la matiere n'en foit
pas nouvelles tout ne laiffera
pas d'en paroiftre nouveau .
Il ne vous fera pas difficile de
connoiftre qu'elle eſt d'un
des Peres Jefuites qui font
allez à Siam en qualité de
Miffionnaires..
ALABAYE DELA TABLE
au Cap de Bonne- Efpe--
rance , ce 24. Juin 1684
Uit jours aprés nostre départ
de Breft, ayant dou-
Hpar
blé le Cap de Finifterre , nous :
S
Novemb. 1687 .
210 MERCURE
effuyafmes une tempefte de deux
jours , qui nous mit en fi grand
danger, que noftre grand mast
eftant éclaté par le pied , on eut
recours auxprieres, en attachant
une Image de noftre Apoftre S.
Xavier , par l'interceffion du
quel nous fufmes garantis. J'a
voue que je me crus bien des fois
preft à perir. Aprés cet accident
nous eûmes une navigation affez
heureufe , & fans les Flûtes de
nostre Efcadre , Baftimens fort
difficiles à la voile , nous ferions
arrivez prés d'un mois plûtost ,
ronobftant quinze jours ou trois
femaines de calme ,fous la Ligne.
GALANT. 211
fait encore Ainfi nous aurions fait ·
plus de diligence qu'au premier
Voyage. Le retardement de nos
Fluftes , qui ne font point agreables
pour ces Voyages de long
cours , à caufe que pourfe conformer
à leur voilure on eft obligé
d'aller lentement, nousfaifoit
croire nofire voyage perdu pour
cette année; mais, graces à Dieu,
nous commençons à mieux efperer
, voila la moitié de noftre
courfe faite & mesme affez
doucement. Je fuis dans un bon
Vaiffeau , avec de tres - hon--
neftes gens. Dans le beau temps,
fur toutfous la Ligne , nous nous
Sij
212 MERCURE
rendifmes vifite de Bord à Bord.
M. desFarges eft venufouvent
nous voir. Nous avons beu
"
enfemble a vofire Santé fur
les Bords diftinguez , auffi bien
qu'avec M. Bruant. C'est un
homme de coeur , & qui paffe
pour une des meilleures Testes
que nous ayons parmy les Officiers
des Troupes . Le fejour du
Cap eft charmant , & l'établif
fement des Hollandois y eft parfaitement
beau. Tout y abende,
la chaffe , le poiffon , le bled , le
vin , les fruits , les legumes , les
beftiaux , belles eaux , beaux
Jardins, Habitans en fort grand
GALANT. 213
nombre, un Fort regulier de cing
Bions , & une quantité prodigieufe
de gibier . Mrs nos Officiers
en ont rapporté beaucoup
en quatre ou cinq fois qu'ils ont
efté à la Chaffe .Le Commandeur
du Fort,nomméVadeftes , amy des
François , leur fourniffoit quinze
on vingt Chevaux avec des
Chiens , & il y a eu une grande
déconfiture de Gibier. M du
Bruant qui a avancé dans les
terres , eft enchanté de ce Payslà.
La terre y eft admirable , les
moutons gros & grands comme
des Afnes & des Beufs , qui ont
cela de particulier qu'eftant at214
MERCURE
telez à des Chariots , ils vont
duffi vifte que les meilleurs chevaux
de Carroffe. Les Sauva
ges Outentos font les plus infames
& les plus laids de toute la
Terre habitable. On n'en a pas
affez dit dans toutes les Peintures
qu'on a faites d'eux.Ils vont tout
nuds ne fe couvrant que ce
que la nature apprend à cas
cher , & dans le froid ils fe fer
vent d'une peau de Mouton ou
d'Ours qu'ils mettent fur leurs
épaules comme un Manteau. Ils
fe frottent degraiffe huileufe
puante avec ducharbon pilé, &
ffoonntt.hhiiddeeuuxx à voir& àfenti
GALANT 215
·
Les Femmes ont dans leurs che
veux quifont comme de la laine
de Mouton , noirs & huileux
de leur vilaine graiffe puante ,
des coquillages & des jettons de
cuivre rouge. Elles entortillent
le gras de leursjambes de boyause
de toutes fortes d'Animaux, &
quand ils fontfecs , elles enfont
unregale à leurs Maris les bonnes
Feftes. Leurs Cazes font
baffes , couvertes de nattes de
jonc. Ellesfont fept ou buit femmes
avec un bomme dans ces
Cazes. Ils travaillent quelquefois
pour les Hollandois afin d'avoirdequoyfefaculer
, mais dés
216 MERCURE
qu'ilsfontfaouls , ils ne veulent
rienfaire. A douze ans les femmes
ont des enfans, & dés qu'ils
font nez, ils courent & grimpent
comme de plus grands enfans
. Je montay avant hier fur
la montagne de la Table , d'où
je vis omnia regna mundi .
Cette expedition est une folie ,
car il faut grimper de rocher en
rocher par des herbes ,
des herbes , par un
chemin le plus rode du monde .
Il fandroit eftre chevreau pour
bien monter fur cette affreuse.
montagne. Le chemin eft de
quatre ou cinq heures. Tout est
Rocplat fur la Table du cofté du
2
Nord.
GALANT
217
هللا
e font
Nord. Il y a furle Roc une ef
pece de
Marais , car ce ne
que joncs , & de l'eau . Le påffage
de la Mer du cofté du Nord
de l'Ifle
Robin , est
beaucoup
plus
grand que
l'autre par où
nous
fommes
entrez
dans la
Baye de la Table . Je vis une
plus belle Baye
plus
grande ,
paralelle
à celle de la Table . S'il
euft fait un plus beau jour , j'en
aurois tracé une Carte exacte ;
mais je ne pusfaire qu'un crayon
leger & à la haste . Dans de
certains momens je le
décriray
plus au net.
Ily auroit bien des chofes à
Novembre 1687 .
T
218 MERCURE
vous dire de ce Pays , fi le temps
me lepermettoit,auffi- bien que de
noftre occupation fur les Vaif
feaux. Nous y avons commencé
noftre Miffion par des Predications
frequentes aux Soldats &
aux Matelots. Les Officiers y
donnent un grand exemple, les
prieres y font reglées comme
dans un Seminaire . Tous les
jours au matin on fait la Priere,
& l'on dit plufieurs Mcffes.
Nous avons eu le bonheur de la
dire tous les jours , hors trois fois
le
que temps eftoit trop rude.
L'apréfmidy nous eftions trois à
faire le Catechisme dans trois
GALANT. 219
>
poftes differens. Sur les cing
heures l'on fait la Priere comme
dans tous les Vaiffeaux du Roy.
à huit heures on chante les
Litanies de la Sainte Vierge ,
l'on fait faire l'examen de
confcience ; aprés quoy nous
nous partageons par bandes pour
faire dire le Chapelet tout haut
aux Soldats & aux Matelots,
les Officiers fe mettent fouvent
de la partie, celafinit toujours
par un petit mot qui regarde le
falut. Le reste du temps eft employé
à l'Etude. Le Soir & le
matin nous avons fait une leçon
de Fortification & de Geometrie
Tij
220 MERCURE
&
aux Officiers aux Cadets qui
viennent écrire comme des Ecoliers.
On vient me demander
mes Lettres , car l'on met à la
Voile . Fauray l'honneur de
vous écrire dans quatre mois fi
Dieu nous continue un vent favorable.
L'on nous menace de
Mers fort rudes jufques à Bantam
; mais de Batavia à Siam ,
de fort belles. Dieu nousy conduife.
C'est par le Vaiffeau la Maligne
que l'on a trouvé à propos
de renvoyer en France , que je
vous écris. F'oubliois une circonftance
à vous remarquer affez
GALANT. 221
effentielle. C'eft que la Flûte le
Dromadaire qui dans la tem
pefte du Cap de Finisterre s'eftoit
Separée de noftre Efcadre fans
que nous l'avons pu réjoindre ,
arriva le 9. Juin au Cap deux
jours avant noftre Flotte. Les
Hollandois alarmez de cette
arrivée , avoient mis en déliberation
de ne leur point permettre
de mettre à terre leurs Malades ;
maispar le refpect qu'ils eurent
pour les Vaiffeaux de Sa Majefté
, la chofe fut accommodée
au contentement des uns & des
autres. L'on avoit befoin de
trouver un tel azile aprés une
Tiij
222 MERCURE
routefilongue, car les Equipages
& les Soldats eftoient malades »
l'air de la terre & les bonnes
nourritures les ont remis en
fort pett
de temps. Nous avons
laiffé le Pere de Chats au Cap
tombé malade depuis noftre dé
barquement. Il etoit defefpere
quand nous mifmes à la voile.
Ce feroit une grande perte que
ce faint Miffionnaire.
Je dois ajoûter icy qu'on
lit dans une autre Lettre écrite
par une perfonne qui a
auffi monté au haut de la
Montagne dont il eſt parlé
dans celle- cy , que ceux qui
GALANT. 223
,
avoient entrepris de monter
au fommer d'un lieu fi élevé ,
étant environ aux trois quarts
de la
Montagne entendirent
un fort grand bruit ;
& virent tomber des pier
res , qui paroiffoient plûtoft
être jettées,que tomber naturellement
. Ils s'arrefterent , &
demeurerent quelque temps
incertains s'ils acheveroient
leur voyage ; mais enfin la
fermeté Françoife l'emporta
fur la crainte , & ils pourfuivirent
leur chemin. Ils trouverent
au haut de ce lieu, un
fi grand nombre de Singes ,
Tiiij
224 MERCURE
qu'on peut dire qu'il y en
avoit une armée . Les Fran-:
çois commencerent â déliberer
s'ils tireroient fur
ces animaux , & peut- eftre
auroient-ils fait une décharge
fi l'un d'eux ne fe fuft
fouveņu , que quand les Singes
voyent leur fang , ils fe
jettent fur ceux qui les ont
bleffez , & que les autres , s'il
s'en trouve quelque nombre
, s'y jettent pareillement.
Les Singes fe retirerent en
faifant grand , bruit , & def
cendirent par un autre endroit
de la Montagne . On
GALANT. 225
trouva auffi fur le haut de
cette mefmeMontagne beaucoup
d'offemens de divers
Animaux .
mefmes endroits faites par
divers Voyageurs ont toûjours
quelque chofe de diffe
rent & que fouvent dans un
mefme Païs , les uns font des
remarques que les autres ne
fonr pas , & voyent des choles
pour lefquelles ces derniers
n'ont point de curiofité
, j'ay cru vous devoir encore
faire part d'une Lettre
qui eft tombée entre mes
GALANT. 2c9
mains , & qui eft fur le mefme
fujet que la precedente :
Quoy que la matiere n'en foit
pas nouvelles tout ne laiffera
pas d'en paroiftre nouveau .
Il ne vous fera pas difficile de
connoiftre qu'elle eſt d'un
des Peres Jefuites qui font
allez à Siam en qualité de
Miffionnaires..
ALABAYE DELA TABLE
au Cap de Bonne- Efpe--
rance , ce 24. Juin 1684
Uit jours aprés nostre départ
de Breft, ayant dou-
Hpar
blé le Cap de Finifterre , nous :
S
Novemb. 1687 .
210 MERCURE
effuyafmes une tempefte de deux
jours , qui nous mit en fi grand
danger, que noftre grand mast
eftant éclaté par le pied , on eut
recours auxprieres, en attachant
une Image de noftre Apoftre S.
Xavier , par l'interceffion du
quel nous fufmes garantis. J'a
voue que je me crus bien des fois
preft à perir. Aprés cet accident
nous eûmes une navigation affez
heureufe , & fans les Flûtes de
nostre Efcadre , Baftimens fort
difficiles à la voile , nous ferions
arrivez prés d'un mois plûtost ,
ronobftant quinze jours ou trois
femaines de calme ,fous la Ligne.
GALANT. 211
fait encore Ainfi nous aurions fait ·
plus de diligence qu'au premier
Voyage. Le retardement de nos
Fluftes , qui ne font point agreables
pour ces Voyages de long
cours , à caufe que pourfe conformer
à leur voilure on eft obligé
d'aller lentement, nousfaifoit
croire nofire voyage perdu pour
cette année; mais, graces à Dieu,
nous commençons à mieux efperer
, voila la moitié de noftre
courfe faite & mesme affez
doucement. Je fuis dans un bon
Vaiffeau , avec de tres - hon--
neftes gens. Dans le beau temps,
fur toutfous la Ligne , nous nous
Sij
212 MERCURE
rendifmes vifite de Bord à Bord.
M. desFarges eft venufouvent
nous voir. Nous avons beu
"
enfemble a vofire Santé fur
les Bords diftinguez , auffi bien
qu'avec M. Bruant. C'est un
homme de coeur , & qui paffe
pour une des meilleures Testes
que nous ayons parmy les Officiers
des Troupes . Le fejour du
Cap eft charmant , & l'établif
fement des Hollandois y eft parfaitement
beau. Tout y abende,
la chaffe , le poiffon , le bled , le
vin , les fruits , les legumes , les
beftiaux , belles eaux , beaux
Jardins, Habitans en fort grand
GALANT. 213
nombre, un Fort regulier de cing
Bions , & une quantité prodigieufe
de gibier . Mrs nos Officiers
en ont rapporté beaucoup
en quatre ou cinq fois qu'ils ont
efté à la Chaffe .Le Commandeur
du Fort,nomméVadeftes , amy des
François , leur fourniffoit quinze
on vingt Chevaux avec des
Chiens , & il y a eu une grande
déconfiture de Gibier. M du
Bruant qui a avancé dans les
terres , eft enchanté de ce Payslà.
La terre y eft admirable , les
moutons gros & grands comme
des Afnes & des Beufs , qui ont
cela de particulier qu'eftant at214
MERCURE
telez à des Chariots , ils vont
duffi vifte que les meilleurs chevaux
de Carroffe. Les Sauva
ges Outentos font les plus infames
& les plus laids de toute la
Terre habitable. On n'en a pas
affez dit dans toutes les Peintures
qu'on a faites d'eux.Ils vont tout
nuds ne fe couvrant que ce
que la nature apprend à cas
cher , & dans le froid ils fe fer
vent d'une peau de Mouton ou
d'Ours qu'ils mettent fur leurs
épaules comme un Manteau. Ils
fe frottent degraiffe huileufe
puante avec ducharbon pilé, &
ffoonntt.hhiiddeeuuxx à voir& àfenti
GALANT 215
·
Les Femmes ont dans leurs che
veux quifont comme de la laine
de Mouton , noirs & huileux
de leur vilaine graiffe puante ,
des coquillages & des jettons de
cuivre rouge. Elles entortillent
le gras de leursjambes de boyause
de toutes fortes d'Animaux, &
quand ils fontfecs , elles enfont
unregale à leurs Maris les bonnes
Feftes. Leurs Cazes font
baffes , couvertes de nattes de
jonc. Ellesfont fept ou buit femmes
avec un bomme dans ces
Cazes. Ils travaillent quelquefois
pour les Hollandois afin d'avoirdequoyfefaculer
, mais dés
216 MERCURE
qu'ilsfontfaouls , ils ne veulent
rienfaire. A douze ans les femmes
ont des enfans, & dés qu'ils
font nez, ils courent & grimpent
comme de plus grands enfans
. Je montay avant hier fur
la montagne de la Table , d'où
je vis omnia regna mundi .
Cette expedition est une folie ,
car il faut grimper de rocher en
rocher par des herbes ,
des herbes , par un
chemin le plus rode du monde .
Il fandroit eftre chevreau pour
bien monter fur cette affreuse.
montagne. Le chemin eft de
quatre ou cinq heures. Tout est
Rocplat fur la Table du cofté du
2
Nord.
GALANT
217
هللا
e font
Nord. Il y a furle Roc une ef
pece de
Marais , car ce ne
que joncs , & de l'eau . Le påffage
de la Mer du cofté du Nord
de l'Ifle
Robin , est
beaucoup
plus
grand que
l'autre par où
nous
fommes
entrez
dans la
Baye de la Table . Je vis une
plus belle Baye
plus
grande ,
paralelle
à celle de la Table . S'il
euft fait un plus beau jour , j'en
aurois tracé une Carte exacte ;
mais je ne pusfaire qu'un crayon
leger & à la haste . Dans de
certains momens je le
décriray
plus au net.
Ily auroit bien des chofes à
Novembre 1687 .
T
218 MERCURE
vous dire de ce Pays , fi le temps
me lepermettoit,auffi- bien que de
noftre occupation fur les Vaif
feaux. Nous y avons commencé
noftre Miffion par des Predications
frequentes aux Soldats &
aux Matelots. Les Officiers y
donnent un grand exemple, les
prieres y font reglées comme
dans un Seminaire . Tous les
jours au matin on fait la Priere,
& l'on dit plufieurs Mcffes.
Nous avons eu le bonheur de la
dire tous les jours , hors trois fois
le
que temps eftoit trop rude.
L'apréfmidy nous eftions trois à
faire le Catechisme dans trois
GALANT. 219
>
poftes differens. Sur les cing
heures l'on fait la Priere comme
dans tous les Vaiffeaux du Roy.
à huit heures on chante les
Litanies de la Sainte Vierge ,
l'on fait faire l'examen de
confcience ; aprés quoy nous
nous partageons par bandes pour
faire dire le Chapelet tout haut
aux Soldats & aux Matelots,
les Officiers fe mettent fouvent
de la partie, celafinit toujours
par un petit mot qui regarde le
falut. Le reste du temps eft employé
à l'Etude. Le Soir & le
matin nous avons fait une leçon
de Fortification & de Geometrie
Tij
220 MERCURE
&
aux Officiers aux Cadets qui
viennent écrire comme des Ecoliers.
On vient me demander
mes Lettres , car l'on met à la
Voile . Fauray l'honneur de
vous écrire dans quatre mois fi
Dieu nous continue un vent favorable.
L'on nous menace de
Mers fort rudes jufques à Bantam
; mais de Batavia à Siam ,
de fort belles. Dieu nousy conduife.
C'est par le Vaiffeau la Maligne
que l'on a trouvé à propos
de renvoyer en France , que je
vous écris. F'oubliois une circonftance
à vous remarquer affez
GALANT. 221
effentielle. C'eft que la Flûte le
Dromadaire qui dans la tem
pefte du Cap de Finisterre s'eftoit
Separée de noftre Efcadre fans
que nous l'avons pu réjoindre ,
arriva le 9. Juin au Cap deux
jours avant noftre Flotte. Les
Hollandois alarmez de cette
arrivée , avoient mis en déliberation
de ne leur point permettre
de mettre à terre leurs Malades ;
maispar le refpect qu'ils eurent
pour les Vaiffeaux de Sa Majefté
, la chofe fut accommodée
au contentement des uns & des
autres. L'on avoit befoin de
trouver un tel azile aprés une
Tiij
222 MERCURE
routefilongue, car les Equipages
& les Soldats eftoient malades »
l'air de la terre & les bonnes
nourritures les ont remis en
fort pett
de temps. Nous avons
laiffé le Pere de Chats au Cap
tombé malade depuis noftre dé
barquement. Il etoit defefpere
quand nous mifmes à la voile.
Ce feroit une grande perte que
ce faint Miffionnaire.
Je dois ajoûter icy qu'on
lit dans une autre Lettre écrite
par une perfonne qui a
auffi monté au haut de la
Montagne dont il eſt parlé
dans celle- cy , que ceux qui
GALANT. 223
,
avoient entrepris de monter
au fommer d'un lieu fi élevé ,
étant environ aux trois quarts
de la
Montagne entendirent
un fort grand bruit ;
& virent tomber des pier
res , qui paroiffoient plûtoft
être jettées,que tomber naturellement
. Ils s'arrefterent , &
demeurerent quelque temps
incertains s'ils acheveroient
leur voyage ; mais enfin la
fermeté Françoife l'emporta
fur la crainte , & ils pourfuivirent
leur chemin. Ils trouverent
au haut de ce lieu, un
fi grand nombre de Singes ,
Tiiij
224 MERCURE
qu'on peut dire qu'il y en
avoit une armée . Les Fran-:
çois commencerent â déliberer
s'ils tireroient fur
ces animaux , & peut- eftre
auroient-ils fait une décharge
fi l'un d'eux ne fe fuft
fouveņu , que quand les Singes
voyent leur fang , ils fe
jettent fur ceux qui les ont
bleffez , & que les autres , s'il
s'en trouve quelque nombre
, s'y jettent pareillement.
Les Singes fe retirerent en
faifant grand , bruit , & def
cendirent par un autre endroit
de la Montagne . On
GALANT. 225
trouva auffi fur le haut de
cette mefmeMontagne beaucoup
d'offemens de divers
Animaux .
Fermer
Résumé : Particularitez touchant le Cap de Bonne-Esperance. [titre d'après la table]
En juin 1684, un missionnaire jésuite décrit son voyage vers le Siam. Après avoir quitté Brest, le navire a rencontré une violente tempête près du cap Finistère, mais les passagers ont été sauvés grâce à des prières et à une image de saint Xavier. La suite de la navigation s'est déroulée sans incidents majeurs, bien que des retards aient été causés par les flûtes de l'escadre. Le voyageur trouve le Cap de Bonne-Espérance agréable et bien organisé par les Hollandais. Il y pratique la chasse au gibier et rencontre le commandant du fort, Vadeftes. Les Hottentots, les autochtones, y vivent nus et de manière primitive. Le missionnaire escalade la montagne de la Table, notant les difficultés et les paysages observés. À bord, les activités missionnaires incluent des prédications et des prières régulières. La routine quotidienne comprend des prières, des études, ainsi que des leçons de fortification et de géométrie. Le vaisseau se prépare à reprendre la mer, et l'auteur espère écrire à nouveau dans quatre mois si les conditions restent favorables. Le trajet vers Bantam est annoncé comme difficile, tandis que celui de Batavia à Siam est prévu comme agréable. Le vaisseau 'La Maligne' est chargé de renvoyer des lettres en France. L'équipage et les soldats, malades après une longue route, se remettent grâce à l'air de la terre et à une meilleure nourriture. Le père De Chats, tombé malade au Cap, y est laissé. Une lettre mentionne une ascension d'une montagne où des Français ont entendu des bruits et vu des pierres tomber, probablement jetées par des singes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6624
p. 208-225
Suite de l'Article de Siam. [titre d'après la table]
Début :
Je n'ay point douté que vous ne fussiez contente du second Article [...]
Mots clefs :
Royaume de Siam, Roi, Ambassadeurs, Versailles, Officiers, Repas, Marquis, Audience, Prince, Galeries, Compliments, Conquêtes, Carrosses, Saint-Cloud, Jardins, Réception, Cérémonie, Peuple, Amitié, Discours, Admiration, Bénédictions du ciel, Sa Majesté, Bonté, Adoration, Opéra, Jean-Baptiste Colbert de Seignelay
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de l'Article de Siam. [titre d'après la table]
Je n'ay point douté que vous
ne fuffiez
contente
du fecond
Article
de Siam que je vous ay
envoyé
dans ma Lettre de Decembre
. Outre
qu'il contient
quantité
de chofes curieufes
, il
fait connoître
combien
la reputation
du Roy eft établie
dans
les Païs les plus éloignez
; & c'étoit
affez pour vous obliger
à le
lire avec plaifir. En voicy la fuite
. Ces deux Mandarins
Envoyez
de Siam , accompagnez
de fix
Domestiques
, étant arrivez
le 6.
d'Octobre
dernier
à Calais
, fur
un Yach du Roy d'Angleterre
, y
furent reçeus par le Major de la
Place , fuivy de fes Officiers
, en
l'abfence
de Monfieur
de Courtebonne
, Lieutenant
de Roy.
GALANT. 109
Toute la Garniſon étoit fous les
Armes , & la Ville les alla complimenter
, & leur porta les Prefens
accoûtumez. Ils en partirent
le lendemain , & prirent la route
de Paris, où ils fe rendirent le 13 .
La Langue Siamoife étant extrêmement
difficile , ils avoient pour
leur Interprete le Fils d'un Portugais
qui eft habitué à Siam , où
ce Fils eft né. Des Officiers qui
les attendoient à Calais , eurent
foin de leur Voiture & de leur
Table fur tout le chemin. Quoy
qu'ils foient fort fobres , comme
le font tous les Siamois , qui ne
mangent le plus fouvent que du
Ris , ce qu'ils appellent du Pilau,
leur Table a efté toûjours tresbien
fervie , & de Viandes fort
delicates,avec des Couverts pour
les Perfonnes de confideration
qui les venoient voir. Ils les fer210
MERCURE
voient , & je leur ay vû couper
des aîles de Perdrix fort proprement.
Ils fumoient quelquefois
aprés le repas . Leur Tabac eft
fort doux ; & lors qu'il leur a
manqué , ils n'ont pu s'accoûtumer
à celuy de ce Païs - cy , qui
les enteftoit . Aprés leur arrivée
ils ont efté long temps fans fortir;
& quoy que la Saifon ne fuft pas
rude , l'exceffive chaleur de leur
Païs leur faifoit fupporter nos
premiers froids avec peine . Monfieur
le Marquis de Seignelay
étant venu icy de Fontainebleau ,
un peu aprés qu'ils y furent arriils
en eurent audience . Je
vous ay marqué exactement dans
quelqu'une de mes Lettres , ce
qui s'y étoit paffé . Le 28.d'Octo
bre, ils allerent falüer Monfieur ;
mais ils n'eurent pas de ce Prince
une audience dans les formes ,
vez ,
GALANT. 211
parce qu'ils ne font envoyez
qu'aux Miniftres de France , pour
s'informer , comme je vous l'ay
déja marqué , des Ambaffadeurs
que le Roy de Siam avoit envoyez
à Sa Majesté , & que l'on
croit qui ont péry dans ce long
Voyage. Monfieur fe promenoit
dans la Galerie du Palais Royal;
& lors qu'on leur eut montré ce
Prince , ils firent couler le long
du Plancher un grand morceau
d'Etofe , qui fait partie de leur
habillement , & qui leur fert en
de pareilles occafions . Ils s'éten
dirent deffus , d'une maniere treshumiliée
, & firent compliment
à Monfieur fur le gain de la Bataille
de Caffel , & fur la Prife de
plufieurs Places conquifes par
luy , dont le bruit s'eftoit répandu
jufques à Siam. Monfieur leur
dit qu'ils fe relevaffent , ce qu'ils
212
MERCURE
ne firent pas d'abord , de forte
que ce Prince fut obligé de le dire
juſques à quatre fois , & mefme
de le commander . Ils pafférent
enfuite fur la Galerie découverte,
qui a veüe fur le lardin &
fur la Court , & virent Son Alteffe
Royale monter en Carroffe
au bruit des Trompettes, pour aller
à S. Clou . Elle eftoit fuivie d'un
grand nombre de Gardes à cheval
, & de plufieurs Carroffes à
fix Chevaux ; & avoit ordonné
que l'on en donnaft auffi à ces
deux Mandarins , ainſi qu'aux
Perfonnes de leur fuite. On les
conduifit à S. Cloud , où ils furent
régalez par les ordres de
Monfieur. Ils virent la fuperbe
Galerie , & les deux magnifiques
Sallons de cette délicieufe Maifon,
auffi bien que tous les Apartemens;
& ils furent charmez de
GALANT. 213
ོ་
la beauté des lardins , dont on fit
jouer toutes les Eaux. Ils fe retirérent
charmez , moins encore
de tout ce qu'ils avoient veu , que
de la Perfonne de ce Prince ,
qu'ils admirérent , & dont ils ont
fouvent parlé depuis ce tempslà.
Ils ont auffi efté voir le Iardin
& les Apartemens des Thuileries
, & furent furpris de l'éclat
& de la richeffe de la grande Salle
des Machines . Quelque temps
apres ils allérent à Chantilly.
Monfieur Vachet les entretint en
chemin des belles qualitez de
Monfieur le Prince , & de fa grande
valeur ; & ce fut pourquoy
auffi toft que ces Mandarins le
virent , le plus vieux dit , Que le
brillant qui fortoit des yeux
de ce
Prince , le perfuadoit mieux de fon
efprit & de fa valeur , que tout ce
qu'on luy en avoit dit.Vous remar214
MERCURE
querez que ce Mandarin eft non
feulement Chiromancien , mais
encore fort bon Phifionomifte ;
& que c'eft la Science à laquelle
s'appliquent les plus grands Seigneurs
Siamois. L'obligeante reception
que Monfieur le Prince
fit à ces deux Envoyez , leur fut fi
agreable , qu'ils prièrent plufieurs
fois Monfieur Vachet , de luy
faire entendre qu'ils n'eftoient
que fimples Envoyez , & non
pas Ambaffadeurs , craignant
que Son Alteffe Seréniffime ne
cruft qu'ils eftoient , revestus
de ce caractere . Ils répondirent
à ce Prince , lors qu'il leur fit demander
ce qu'il leur ſembloit de
fa Maifon , qu'on avoit pris foin
de leur montrer fort exactement
,
Qu'ils n'avoient pas de paroles
pouren pouvoir exprimer la beauté;
mais qu'ils ne s'étonnoient plus de
GALANT.
215
=
ce que Son Alteffe preferoit lefejour
de Chantilly à celuy de Paris. Ils
ont efté trois ou quatre fois à la
Comédie , & ils ont fur tout esté
furpris de la grande quantité de
monde qu'ils y ont vu. Ils avoient
crû d'abord , qu'on faifoit ces
grandes , Affemblées exprés pour
eux , & pour leur faire voir la
prodigieufe quantité de Peuple
qui remplit Paris , & on les furprit
extrémement en les détrompant.
On leur a fait entendre
une grande Meffe à Noftre-
Dame , un jour que Monfieur
l'Archevefque officioit , afin de
leur faire voir nos Cerémonies
* Eccléfiaftiques dans tout leur
éclat ; ils ont auffi vû celles de
l'Ouverture du Parlement. L'af-
Aluence du Peuple eftoit fi grande
en l'une & en l'autre , qu'ils
dirent , Que Paris n'eftoit pas une
116 MERCURE
Ville , mais un Monde. Le 27 .
Novembre , ayant efté amenez
à Versailles , ils defcendirent à
l'Apartement de Monfieur de
Croiffy , Miniftre & Secretaire
d'Etat , qui les reçût dans fon
Cabinet. Il y avoit un Tapis tendu
depuis la porte jufqu'à un
Fauteuil qui étoit au fond , &
dans lequel ce Miniftre étoit affis .
Ils fe profternérent fur ce Tapis,
& s'étant relevez quelque temps
apres , & mis fur leurs talons , le
plus jeune de ces Envoyez luy
dit , Que le Roy de Siam , fon Maitre
, avoit voulu rechercher l'amitié
du Roy , par la connoiffance qu'il
avoit defes Conqueftes , de la profpéritédefes
Armes , du bonheur de
Ses Sujets , & de fa fage conduite,
& que pour cela il avoit envoyé des
Ambaffadeurs , qui avoient , ordre
de prier Sa Majesté de vouloir bien
GALANT. 217
e
0
luy en envoyer auffi de fa part , afin
de mieux établir la correspondance
qu'il fouhaitoit qui ſefift entr'eux;
mais
que n'en ayant point entendu
e parler depuis leur départ , il les
avoit choifis pour remplir fa place,
afin de luy faire une pareille décla
ration , & luy temoigner la joye
& qu'il avoit de la naiffance de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne . Ce
Difcours eftant finy ,l'autre Mandarin
fe leva , & porta à Monfieur
de Croiffy une Lettre que le Barcalon
luy écrivoit. C'est le nom
qu'on donne au Premier Miniftre
du Roy de Siam. Monfieur de
il Croiffy receut cette Lettre debout
, & le Mandarin s'étant remis
en fa place , il leur répondit ,
que la perte des Ambaffadeurs
du Roy leur Maiftre l'avoit d'autant
plus touché , qu'il avoit cfté
émoin du deplaifir qu'elle avoit
Fanvier 1685. K
218 MERCURE
caufé à Sa Majefté ; Que file
bruit de la gloire qu ' Elle s'étoit
acquife par le nombre furprenant
de fes Conqueftes , & de fes
Actions plus qu'humaines , qui
font l'admiration de toute la terre ,
avoit infpiré au Roy de Siam , le
defir de contracter une amitié
fincére avec Elle , noftre Grand
Monarque n'étoit pas moins difpofé
à témoigner au Roy leur
Maiftre , par toute forte de moyens
, la haute eftime qu'il avoit
pour luy , qu'il avoit même déja
voulu malgré la vaſte étenduë
des Mers , qui féparent les deux
Empires , de luy envoyer le plus
promptement qu'il fe pourroit un
Ambaffadeur , pour luy marquer
le cas qu'il faifoit de fon amitié ,
& l'exorter d'autant plus à reconnoître
le vray Dieu , que Sà Majefté
ne doutoit point qu'Elle ne
GALANT.* 219
X
S
1
duft aux Benedictions du Ciel ,
toutes les profperitez de fon
Regne , & que la pureté de fa
Croyance pourroit le plus folidement
établir entr'eux l'union
qu'il fouhaitoit, comme elle avoit
toûjours fait la régle des Allian-
& amitiez de Sa Majesté.
Ce Miniftre affura auffi ces Envoyez
du plaifir ,
, que faifoit au
Roy la protection que celuy de
Siam donne à Monfieur l'Evef
que d'Heliopolis , & à tous les
autres Miffionnaires .
ces ,
Comme ils n'étoient , ny Ambaffadeurs
, ny Envoyez vers le
Roy , ils ne devoient point voir
Sa Majesté. Cependant ce Monarque
ne voulut pas que des
Gens qui étoient venus de fix mille
lieuës , s'en retournaffent fans
recevoir cet honneur . D'ailleurs
il crut leur devoir donner cette.
K 2
220 MERCURE
fatisfaction en
confideration du
Roy de Siam , qui le premier avoit
envoyé une auffi celebre Ambaffade
que
celle dont je vous ay
parlé , avec des Prefens compofez
de tout ce qu'il avoit pû trouver
de plus riche dans fes Trefors . Il
fut done refolu que ces deux
Mandarins verroient le Roy , lors
que Sa Majesté traverseroit
la
Galerie de Verfailles pour aller
entendre la Meffe .
Ainfi apres l'Audience qu'ils
avoient cuë de Monfieur de
Croiffy , ils furent conduits dans
cette Galerie , où ils fe profternérent
quand le Roy parut. Sa
Majefté les voyant demeurer en
cet état , demanda s'ils ne fe releveroient
point , à quoy Monfieur
Vachet répondit , qu'ayant
accoûtumé d'étre toûjours dans
cette poſture devant le Roy leur
GALANT. 221
Maiftre , ils s'y tiendroient auffi
devant Elle . Le Roy demanda
cncore s'ils avoient quelque chofe
à luy dire , & l'un des Mandarins
répondit, Qu'ils étoient extré
mement obligez au Roy , qui avoit
bien voulu leur permettre de voir fon
Augufte Majesté. Le Roy leur dit
qu'il eftoit bien aiſe de voir des
Sujets d'un Prince qu'il confidéroit
, & Sa Majesté fe retira apres
avoir donné ordre à Monfieur
Vachet de les faire relever. Comme
la Cour de France eft fort
groffe , & que le Roy eſt toûjours
environné de la plupart des Officiers
de la Couronne , & d'un
grand nombre de Princes & Seigneurs
, ils furent d'autant plus
furpris de voir une fi grande foule
auprés de fa Perfonne qu'aucun
n'aproche de celle des Roys
d'Orient , qu'on ne regarde qu'a-
K
3
222 MERCURE
avec adoration ; & ils dirent en
même temps , Qu'ils admiroient
un fi grand Monarque , qui pouvant
d'une parole ou d'un clin d'oeil
écarter cettefoulé, avoit néanmoins
la bonté de la fouffrir auprés de luy ,
& qui vivoit avecfes Sujets , comme
ils faifoient dans leur Domestique
avec leurs Enfans. Monfieur Vachet
leur dit , Que la bonté du Roy
ne rendoit pas fes Suiets moins refpectueux
, & qu'il n'en étoit pas
moins abfolu dans fes Etats ; Il leur
dit encor , que tous ces grands Seigneurs
qui étoient auprés defa Per-
Jonne , étoient encore plus empreffe
à l'environner , quand ce Prince
s'expofoit au peril de la Guerre , ce
qu'il luy arrivoit fouvent , ce Monarque
voulant aller reconnoistre
luy- méme tontes les Places qu'il attaquoit.
Le 16. de ce mois , ils
retournérent à Versailles , virent
1
GALANT. 223
l'Opera de Roland où le Roy
étoit , & ils eurent prefque toûjours
les yeux attachez fur Sa
Majefté , parce que lors qu'ils fe
profternérent dans la Galerie ,
leur profonde humiliation les
avoit empechez de regarder ce
Monarque. le dois vous dire icy
que ces Envoyez font un Iournal
de leur Voyage , pour en rendre
compte au Roy de Siam , & qu'aprés
avoir vu les Apartemens &
les Eaux de Verfailles : ils dirent
à Monfieur Vachet , Qu'il leur
étoit impoffible d'exprimer ce qu'ils
avoient vû , qu'il pouvoit en faire
• Luy- méme la defcription , & y mettre
tout ce qu'ils voudroit , & qu'ils
le figneroient , parce qu'ils étoient
affure que l'on n'en pouvoit trop
aſſure
dire. Pendant leur féjour à Paris,
ils ont peu forty à cauſe du grand
froid qu'il a fait , ils ont efté la
K
4
224
MERCURE
plupart du temps au lit , & on
ne les a vûs qu'à dîner : La premiére
Neige de cet Hyver étant
tombée la nuit, ce qu'ils en virent
le lendemain , les furprit beaucoup
, & ils croyoient qu'on l'euft
mife au lieux où ils l'apperçurent
, ils s'en firent apporter dans
un plat , & ne pouvoient concevoir
ce que c'étoit . Comme ils
font accoûtumez au filence , &
qu'il régne dans leur Cour , où
tout eft en adoration pour leur
Roy , rien ne leur a plû davantage
icy , que de voir cinquante
Miffionnaires manger fans par-
Jer. Le 17. ils prirent leur Au-.
dience de congé de Monfieur
Colbert de Croiffy , & de Monfieur
le Marquis de Seignelay . Je
vous parleray dans ma Lettre de
Février des Prefens qu'ils ont &
faits & reçus , de leur départ , &
GALANT . 225
de celuy de Monfieur le Chevalier
de Chaumont
ne fuffiez
contente
du fecond
Article
de Siam que je vous ay
envoyé
dans ma Lettre de Decembre
. Outre
qu'il contient
quantité
de chofes curieufes
, il
fait connoître
combien
la reputation
du Roy eft établie
dans
les Païs les plus éloignez
; & c'étoit
affez pour vous obliger
à le
lire avec plaifir. En voicy la fuite
. Ces deux Mandarins
Envoyez
de Siam , accompagnez
de fix
Domestiques
, étant arrivez
le 6.
d'Octobre
dernier
à Calais
, fur
un Yach du Roy d'Angleterre
, y
furent reçeus par le Major de la
Place , fuivy de fes Officiers
, en
l'abfence
de Monfieur
de Courtebonne
, Lieutenant
de Roy.
GALANT. 109
Toute la Garniſon étoit fous les
Armes , & la Ville les alla complimenter
, & leur porta les Prefens
accoûtumez. Ils en partirent
le lendemain , & prirent la route
de Paris, où ils fe rendirent le 13 .
La Langue Siamoife étant extrêmement
difficile , ils avoient pour
leur Interprete le Fils d'un Portugais
qui eft habitué à Siam , où
ce Fils eft né. Des Officiers qui
les attendoient à Calais , eurent
foin de leur Voiture & de leur
Table fur tout le chemin. Quoy
qu'ils foient fort fobres , comme
le font tous les Siamois , qui ne
mangent le plus fouvent que du
Ris , ce qu'ils appellent du Pilau,
leur Table a efté toûjours tresbien
fervie , & de Viandes fort
delicates,avec des Couverts pour
les Perfonnes de confideration
qui les venoient voir. Ils les fer210
MERCURE
voient , & je leur ay vû couper
des aîles de Perdrix fort proprement.
Ils fumoient quelquefois
aprés le repas . Leur Tabac eft
fort doux ; & lors qu'il leur a
manqué , ils n'ont pu s'accoûtumer
à celuy de ce Païs - cy , qui
les enteftoit . Aprés leur arrivée
ils ont efté long temps fans fortir;
& quoy que la Saifon ne fuft pas
rude , l'exceffive chaleur de leur
Païs leur faifoit fupporter nos
premiers froids avec peine . Monfieur
le Marquis de Seignelay
étant venu icy de Fontainebleau ,
un peu aprés qu'ils y furent arriils
en eurent audience . Je
vous ay marqué exactement dans
quelqu'une de mes Lettres , ce
qui s'y étoit paffé . Le 28.d'Octo
bre, ils allerent falüer Monfieur ;
mais ils n'eurent pas de ce Prince
une audience dans les formes ,
vez ,
GALANT. 211
parce qu'ils ne font envoyez
qu'aux Miniftres de France , pour
s'informer , comme je vous l'ay
déja marqué , des Ambaffadeurs
que le Roy de Siam avoit envoyez
à Sa Majesté , & que l'on
croit qui ont péry dans ce long
Voyage. Monfieur fe promenoit
dans la Galerie du Palais Royal;
& lors qu'on leur eut montré ce
Prince , ils firent couler le long
du Plancher un grand morceau
d'Etofe , qui fait partie de leur
habillement , & qui leur fert en
de pareilles occafions . Ils s'éten
dirent deffus , d'une maniere treshumiliée
, & firent compliment
à Monfieur fur le gain de la Bataille
de Caffel , & fur la Prife de
plufieurs Places conquifes par
luy , dont le bruit s'eftoit répandu
jufques à Siam. Monfieur leur
dit qu'ils fe relevaffent , ce qu'ils
212
MERCURE
ne firent pas d'abord , de forte
que ce Prince fut obligé de le dire
juſques à quatre fois , & mefme
de le commander . Ils pafférent
enfuite fur la Galerie découverte,
qui a veüe fur le lardin &
fur la Court , & virent Son Alteffe
Royale monter en Carroffe
au bruit des Trompettes, pour aller
à S. Clou . Elle eftoit fuivie d'un
grand nombre de Gardes à cheval
, & de plufieurs Carroffes à
fix Chevaux ; & avoit ordonné
que l'on en donnaft auffi à ces
deux Mandarins , ainſi qu'aux
Perfonnes de leur fuite. On les
conduifit à S. Cloud , où ils furent
régalez par les ordres de
Monfieur. Ils virent la fuperbe
Galerie , & les deux magnifiques
Sallons de cette délicieufe Maifon,
auffi bien que tous les Apartemens;
& ils furent charmez de
GALANT. 213
ོ་
la beauté des lardins , dont on fit
jouer toutes les Eaux. Ils fe retirérent
charmez , moins encore
de tout ce qu'ils avoient veu , que
de la Perfonne de ce Prince ,
qu'ils admirérent , & dont ils ont
fouvent parlé depuis ce tempslà.
Ils ont auffi efté voir le Iardin
& les Apartemens des Thuileries
, & furent furpris de l'éclat
& de la richeffe de la grande Salle
des Machines . Quelque temps
apres ils allérent à Chantilly.
Monfieur Vachet les entretint en
chemin des belles qualitez de
Monfieur le Prince , & de fa grande
valeur ; & ce fut pourquoy
auffi toft que ces Mandarins le
virent , le plus vieux dit , Que le
brillant qui fortoit des yeux
de ce
Prince , le perfuadoit mieux de fon
efprit & de fa valeur , que tout ce
qu'on luy en avoit dit.Vous remar214
MERCURE
querez que ce Mandarin eft non
feulement Chiromancien , mais
encore fort bon Phifionomifte ;
& que c'eft la Science à laquelle
s'appliquent les plus grands Seigneurs
Siamois. L'obligeante reception
que Monfieur le Prince
fit à ces deux Envoyez , leur fut fi
agreable , qu'ils prièrent plufieurs
fois Monfieur Vachet , de luy
faire entendre qu'ils n'eftoient
que fimples Envoyez , & non
pas Ambaffadeurs , craignant
que Son Alteffe Seréniffime ne
cruft qu'ils eftoient , revestus
de ce caractere . Ils répondirent
à ce Prince , lors qu'il leur fit demander
ce qu'il leur ſembloit de
fa Maifon , qu'on avoit pris foin
de leur montrer fort exactement
,
Qu'ils n'avoient pas de paroles
pouren pouvoir exprimer la beauté;
mais qu'ils ne s'étonnoient plus de
GALANT.
215
=
ce que Son Alteffe preferoit lefejour
de Chantilly à celuy de Paris. Ils
ont efté trois ou quatre fois à la
Comédie , & ils ont fur tout esté
furpris de la grande quantité de
monde qu'ils y ont vu. Ils avoient
crû d'abord , qu'on faifoit ces
grandes , Affemblées exprés pour
eux , & pour leur faire voir la
prodigieufe quantité de Peuple
qui remplit Paris , & on les furprit
extrémement en les détrompant.
On leur a fait entendre
une grande Meffe à Noftre-
Dame , un jour que Monfieur
l'Archevefque officioit , afin de
leur faire voir nos Cerémonies
* Eccléfiaftiques dans tout leur
éclat ; ils ont auffi vû celles de
l'Ouverture du Parlement. L'af-
Aluence du Peuple eftoit fi grande
en l'une & en l'autre , qu'ils
dirent , Que Paris n'eftoit pas une
116 MERCURE
Ville , mais un Monde. Le 27 .
Novembre , ayant efté amenez
à Versailles , ils defcendirent à
l'Apartement de Monfieur de
Croiffy , Miniftre & Secretaire
d'Etat , qui les reçût dans fon
Cabinet. Il y avoit un Tapis tendu
depuis la porte jufqu'à un
Fauteuil qui étoit au fond , &
dans lequel ce Miniftre étoit affis .
Ils fe profternérent fur ce Tapis,
& s'étant relevez quelque temps
apres , & mis fur leurs talons , le
plus jeune de ces Envoyez luy
dit , Que le Roy de Siam , fon Maitre
, avoit voulu rechercher l'amitié
du Roy , par la connoiffance qu'il
avoit defes Conqueftes , de la profpéritédefes
Armes , du bonheur de
Ses Sujets , & de fa fage conduite,
& que pour cela il avoit envoyé des
Ambaffadeurs , qui avoient , ordre
de prier Sa Majesté de vouloir bien
GALANT. 217
e
0
luy en envoyer auffi de fa part , afin
de mieux établir la correspondance
qu'il fouhaitoit qui ſefift entr'eux;
mais
que n'en ayant point entendu
e parler depuis leur départ , il les
avoit choifis pour remplir fa place,
afin de luy faire une pareille décla
ration , & luy temoigner la joye
& qu'il avoit de la naiffance de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne . Ce
Difcours eftant finy ,l'autre Mandarin
fe leva , & porta à Monfieur
de Croiffy une Lettre que le Barcalon
luy écrivoit. C'est le nom
qu'on donne au Premier Miniftre
du Roy de Siam. Monfieur de
il Croiffy receut cette Lettre debout
, & le Mandarin s'étant remis
en fa place , il leur répondit ,
que la perte des Ambaffadeurs
du Roy leur Maiftre l'avoit d'autant
plus touché , qu'il avoit cfté
émoin du deplaifir qu'elle avoit
Fanvier 1685. K
218 MERCURE
caufé à Sa Majefté ; Que file
bruit de la gloire qu ' Elle s'étoit
acquife par le nombre furprenant
de fes Conqueftes , & de fes
Actions plus qu'humaines , qui
font l'admiration de toute la terre ,
avoit infpiré au Roy de Siam , le
defir de contracter une amitié
fincére avec Elle , noftre Grand
Monarque n'étoit pas moins difpofé
à témoigner au Roy leur
Maiftre , par toute forte de moyens
, la haute eftime qu'il avoit
pour luy , qu'il avoit même déja
voulu malgré la vaſte étenduë
des Mers , qui féparent les deux
Empires , de luy envoyer le plus
promptement qu'il fe pourroit un
Ambaffadeur , pour luy marquer
le cas qu'il faifoit de fon amitié ,
& l'exorter d'autant plus à reconnoître
le vray Dieu , que Sà Majefté
ne doutoit point qu'Elle ne
GALANT.* 219
X
S
1
duft aux Benedictions du Ciel ,
toutes les profperitez de fon
Regne , & que la pureté de fa
Croyance pourroit le plus folidement
établir entr'eux l'union
qu'il fouhaitoit, comme elle avoit
toûjours fait la régle des Allian-
& amitiez de Sa Majesté.
Ce Miniftre affura auffi ces Envoyez
du plaifir ,
, que faifoit au
Roy la protection que celuy de
Siam donne à Monfieur l'Evef
que d'Heliopolis , & à tous les
autres Miffionnaires .
ces ,
Comme ils n'étoient , ny Ambaffadeurs
, ny Envoyez vers le
Roy , ils ne devoient point voir
Sa Majesté. Cependant ce Monarque
ne voulut pas que des
Gens qui étoient venus de fix mille
lieuës , s'en retournaffent fans
recevoir cet honneur . D'ailleurs
il crut leur devoir donner cette.
K 2
220 MERCURE
fatisfaction en
confideration du
Roy de Siam , qui le premier avoit
envoyé une auffi celebre Ambaffade
que
celle dont je vous ay
parlé , avec des Prefens compofez
de tout ce qu'il avoit pû trouver
de plus riche dans fes Trefors . Il
fut done refolu que ces deux
Mandarins verroient le Roy , lors
que Sa Majesté traverseroit
la
Galerie de Verfailles pour aller
entendre la Meffe .
Ainfi apres l'Audience qu'ils
avoient cuë de Monfieur de
Croiffy , ils furent conduits dans
cette Galerie , où ils fe profternérent
quand le Roy parut. Sa
Majefté les voyant demeurer en
cet état , demanda s'ils ne fe releveroient
point , à quoy Monfieur
Vachet répondit , qu'ayant
accoûtumé d'étre toûjours dans
cette poſture devant le Roy leur
GALANT. 221
Maiftre , ils s'y tiendroient auffi
devant Elle . Le Roy demanda
cncore s'ils avoient quelque chofe
à luy dire , & l'un des Mandarins
répondit, Qu'ils étoient extré
mement obligez au Roy , qui avoit
bien voulu leur permettre de voir fon
Augufte Majesté. Le Roy leur dit
qu'il eftoit bien aiſe de voir des
Sujets d'un Prince qu'il confidéroit
, & Sa Majesté fe retira apres
avoir donné ordre à Monfieur
Vachet de les faire relever. Comme
la Cour de France eft fort
groffe , & que le Roy eſt toûjours
environné de la plupart des Officiers
de la Couronne , & d'un
grand nombre de Princes & Seigneurs
, ils furent d'autant plus
furpris de voir une fi grande foule
auprés de fa Perfonne qu'aucun
n'aproche de celle des Roys
d'Orient , qu'on ne regarde qu'a-
K
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222 MERCURE
avec adoration ; & ils dirent en
même temps , Qu'ils admiroient
un fi grand Monarque , qui pouvant
d'une parole ou d'un clin d'oeil
écarter cettefoulé, avoit néanmoins
la bonté de la fouffrir auprés de luy ,
& qui vivoit avecfes Sujets , comme
ils faifoient dans leur Domestique
avec leurs Enfans. Monfieur Vachet
leur dit , Que la bonté du Roy
ne rendoit pas fes Suiets moins refpectueux
, & qu'il n'en étoit pas
moins abfolu dans fes Etats ; Il leur
dit encor , que tous ces grands Seigneurs
qui étoient auprés defa Per-
Jonne , étoient encore plus empreffe
à l'environner , quand ce Prince
s'expofoit au peril de la Guerre , ce
qu'il luy arrivoit fouvent , ce Monarque
voulant aller reconnoistre
luy- méme tontes les Places qu'il attaquoit.
Le 16. de ce mois , ils
retournérent à Versailles , virent
1
GALANT. 223
l'Opera de Roland où le Roy
étoit , & ils eurent prefque toûjours
les yeux attachez fur Sa
Majefté , parce que lors qu'ils fe
profternérent dans la Galerie ,
leur profonde humiliation les
avoit empechez de regarder ce
Monarque. le dois vous dire icy
que ces Envoyez font un Iournal
de leur Voyage , pour en rendre
compte au Roy de Siam , & qu'aprés
avoir vu les Apartemens &
les Eaux de Verfailles : ils dirent
à Monfieur Vachet , Qu'il leur
étoit impoffible d'exprimer ce qu'ils
avoient vû , qu'il pouvoit en faire
• Luy- méme la defcription , & y mettre
tout ce qu'ils voudroit , & qu'ils
le figneroient , parce qu'ils étoient
affure que l'on n'en pouvoit trop
aſſure
dire. Pendant leur féjour à Paris,
ils ont peu forty à cauſe du grand
froid qu'il a fait , ils ont efté la
K
4
224
MERCURE
plupart du temps au lit , & on
ne les a vûs qu'à dîner : La premiére
Neige de cet Hyver étant
tombée la nuit, ce qu'ils en virent
le lendemain , les furprit beaucoup
, & ils croyoient qu'on l'euft
mife au lieux où ils l'apperçurent
, ils s'en firent apporter dans
un plat , & ne pouvoient concevoir
ce que c'étoit . Comme ils
font accoûtumez au filence , &
qu'il régne dans leur Cour , où
tout eft en adoration pour leur
Roy , rien ne leur a plû davantage
icy , que de voir cinquante
Miffionnaires manger fans par-
Jer. Le 17. ils prirent leur Au-.
dience de congé de Monfieur
Colbert de Croiffy , & de Monfieur
le Marquis de Seignelay . Je
vous parleray dans ma Lettre de
Février des Prefens qu'ils ont &
faits & reçus , de leur départ , &
GALANT . 225
de celuy de Monfieur le Chevalier
de Chaumont
Fermer
Résumé : Suite de l'Article de Siam. [titre d'après la table]
En octobre, deux mandarins envoyés par le roi de Siam sont arrivés à Calais avec six domestiques. Ils ont été accueillis par le major de la place et ont ensuite voyagé jusqu'à Paris, où ils ont reçu des honneurs militaires et civils. Leur interprète était le fils d'un Portugais né à Siam. Malgré leur sobriété alimentaire, ils ont été bien traités et ont pu observer diverses cérémonies et lieux prestigieux. À Paris, les mandarins ont rencontré plusieurs personnalités françaises, dont les marquis de Seignelay et de Vachet. Ils ont exprimé leur admiration pour la France et ont été impressionnés par la grandeur et la richesse des lieux visités, tels que le Palais-Royal, Chantilly et Versailles. Ils ont également assisté à des représentations théâtrales et à des cérémonies religieuses. La mission des mandarins était de s'informer sur les ambassadeurs envoyés par le roi de Siam à la cour française, présumés perdus. Ils ont rencontré le ministre Colbert de Croissy, qui leur a transmis les condoléances du roi de France et a exprimé le désir de renforcer les liens entre les deux royaumes. Ils ont également été reçus par le roi de France, qui les a honorés malgré leur statut non officiel d'ambassadeurs. Pendant leur séjour, les mandarins ont été surpris par le froid et la neige, éléments inconnus dans leur pays. Ils ont également été impressionnés par la liberté de parole et la diversité des gens en France. Avant leur départ, ils ont pris congé des ministres Colbert de Croissy et Seignelay. Une lettre sera envoyée en février pour discuter des préfets, des actions qu'ils ont entreprises et reçues, ainsi que de leur départ. Cette lettre mentionnera également le départ de Monsieur le Chevalier de Chaumont.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6625
p. 222-274
HISTOIRE ALLEGORIQUE.
Début :
Fenaket, fils de Timur Melie, Citoyen de Chamakée, Capitale de [...]
Mots clefs :
Yeux, Esclaves, Compagnes, Monde, Bateau, Femmes, Fortune, Ami, Mort, Parents, Vie, Étrangers, Jardin, Ingrats, Doute, Hommes, Amour, Hymen, Dessein, Cabinet, Ennemis, Réflexions, Beauté, Maison, Aventure
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texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE ALLEGORIQUE.
HISTOIRE ALLEGORIQUE.
Fenaket , fils de TimurMelic
, Citoyen de Chamakée ,
Capitale de la Province de
Chirvan enPerſe,ayantatteint
l'âgede vingt ans ,réſolut d'a
bandonner ſa Patrie à l'inſçû
de ſes parents ,&de voyager
dans tous les Royaumes de
l'Orient.
Dans ce deſſein,dont l'execution
ne luy parut pas diffi
cile ,il jetta les yeux fur le jeuGALANT.
223
1
ne Hulacou , Perſan comme
luy, ami& voiſin de ſa famille,
& le choiſir pour le compagnon
de fa fortune. Hulacou,
luy dit-il un jour , que faiſons
nous icy, à quoy employons
nous les plus belles années de
noſtre vie; l'établiſſement que
nos parents nous deſtinent
quelque tranquille qu'il puiffe
eſtre , fuffit il pour contenter
noſtre ambition. Le monde
que nous ne connoillons pas ,
&que nous devons connoître,
n'a t'il rien de meilleur à nous
offrir qu'une vic obfcure &
inutile. Secoüons , mon cher
Tij
224 MERCURE
Hulacou , un joug qui nous
importune , prenons de l'or
& de l'argent dans nos maifons
, & rendons nous enfin
autant que nous le pourrons
les maiſtres de noſtre ſort. Le
Grand Cha , feul Royo des
Rois , Poffefleur du Throſne
&de la Couronne , a maintenant
une armée ſemblable à
une Mer agitée. Allons luy offrirnos
ſervices & nous diſtinguer
par des actions de courage
à ſes yeux qui donnent la
lumiere au monde. Je confens
debon coeur à ce que vous me
propofez, mon cher Fenaket,
A
GALANT. 1225
tuy dit Hulacou , mais quelles
meſuresprendrons nous, pour
nous derober à nos parents ;
je me chargede ce foin, reprit
Fenaket , & pourvû que demain
aprés la derniere Priere,
vous vous trouviez au bord
del'eau , cachéderriere les ruines
de ce Tombeau dont la
riviere lave le pied , je m'y
rendray avec deux chevaux fi
-legers à la courſe , que nous
ferons en lieude fureté, avant
qu'on nous croye fortis de la
Province de Chirvan. Ils fe
promirent alors de ſe trouver
le lendemain au rendez-vous ,
226 MERCURE
ce qu'ils executerent comme
ils l'avoient concerté la veille.
Dés qu'ils furent à cheval ,
quelle route tiendrons- nous ,
dit Hulacou , aucune , réponditFenaket
, laufons nous feulement
guider par la fortune,
&repolons nous au premier
Caravenſaraï, où nos chevaux
s'arreſterons . Ils marcherent
toute la nuit , & le lendemain
au lever du Soleil ils décou
vrirent une maiſon environ
née de quelques arbres au miheu
d'une plaine ; ils refolurent
auffi- toſt d'aller s'y rafraîchir ;
mais dés qu'ils furent plus prés
GALANT. 227
de cette maiſon , ils reconnurent
qu'elle eſtoit entourée de
tous les coſtez d'un foffé plein
d'eau, profond , & que fes
bords eſcarpez ſembloient
rendre inacceffible. Nos
Voyageurs étonnez de cette
difficulté, firent le tour du
follé pour eſſayer de trouver
un gué , mais leur peine fur
inutile, & ils ne virent qu'un
petitbateau couvert d'étoffes
de foye d'or & d'argent , attaché
à un arbre , qui eftoic fur
l'autre bord.
Je vais courir tous les rifques
de cette avanture, ditFe*
28 MERCURE
naket , & je veux arriver à
quelque prix que ce foit jufqu'au
bateau que je détacheray
&que je vous ameneray
enfuite mon cher Hulacou.
Gardez mon cheval , je vais
me deshabiller & me jetter à
la nâge dans ce foſſe. Hulacou
fit ce qu'il pût pour le détourner
d'un deſſein ſi temeraire
; mais voyant que fes remontrances
ne ſervoient de
rien , il prit la bride de ſon cheval
& luy abandonna l'honneur
de cette entrepriſe. Fenaket
à la nâge arrive à l'autre
bord, détache le bateau , &
1
GALANTC. 229
vient rejoindre ſon amy. Ils
s'embarquent,Hulacou prend
les chevaux par les renes , &
Fenaker & fon amy paſſent
dans l'Ifle. Ils y curent à peine
fait deux cent pas à pied, qu'ils
ſe virent auprés d'une fontaine
de marbre , ſituée au milieu
de quatre cabinets dont l'are
&la nature faisoient un ſeur
aſyle contre les ardeurs du Soleil.
Ils ſe baiſſoient déja pour
boire àlongs traits de l'cau de
cette fontaine qui leur parut
merveilleuſe , lorſqu'ils entendirent
une femmequi , élevant
le ton de ſa voix , dit à uneau
230 MERCURE
tre, en foupirant.
J'aimerois mieux boire de l'eau
De cette Source empoisonnée
Et me creufer icy moy même mon
tombeau ,
Que confentir jamais à ce triſte
Hymenée.
Quelque foifqui nous preffe
dit alors Fenaket ,à ſon amy,
attendons , mon cher Hulacou
,qu'unecau moins dangereuſe
en modere l'ardeur
L'avis nous eſt venu fort à
propos , allons en remercier
noſtre bienfaictrice. A quoy
voulez -- Vous vous expofer
encore , luy dit Hulacou ,
GALANT. 238
1
cette maiſon n'eſt pas un Caravanfaraï
, vous ſçavez que
c'eſt un crime irremiſſible en
ce Pays cy que de parler à
des femmes , & le moindredes
malheurs qui puiſſe nous arri
ver,ſi nous ſommes affez temeraires
pour nous découvrir ,
eſt de paffer pour des voleurs.
Amy , reprit Fenaket,jecomprends
aisément tout ce que
vous pouvez me dire là deſſus ,
mais l'hofpitalité eſt de toute
les Nations ; & loin de me
diſpoſer à fuir de ces lieux ,
commevous me le confeillez ,
jepenſe que nous y pouvons
232 MERCURE
être utiles à cette femme infortunée
qui gemit & s'effraye
ainſi que nous venons de l'entendre
, de l'hymen cruel auquel
on la deſtine. Appro
chons du Cabinet où elle eft
&offrons luy tous les ſecours
qui dépendront de nous. On
acquiert un droit ſur les gens
lorſqu'on n'a que de bons offices
à leur offrir. Il n'attendit
pas la réponſe d'Hulacou
pour ſe preſenter à la porte du
Cabinet qu'il pouſſa fi brufquement,
que cesdeux femmes
épouvantées de la vûë de deux
hommes, dans un lieu où elles
n'en
1
GALANT. 233
n'en avoient jamais vûs d'autre
que celuy qui les tenoit enfermées
dans ce defert , firent
un grand cri. Dequoy vous
effrayez vous,leur dit Fenaketa
je n'aurois jamais ofé troubler
voſtre entretien , file diſcours
que je viens d'entendre ne
m'avoit pas appris que vous
gemiſſez dans cette folitude ,
&ce n'eſt point à ma temerité ;
mais peur- eftre au bonheur
que nous avons cû mont
camarade & moy ,
égarer dans cette campagne ,
que vous devez l'offre que je
vous fais de tous les ſecours
May 1715 .
,
de nous
V
236 MERCURE
quenous pourrons vous donner.
Temoraires , leur ditda
plus âgéede cesdeux femmes,
qui n'avoit pas vingt ans, fuïez
de cet épouventable lieu , ſçachez
nous gré de l'inquiétude
quevousnous caufez pour vos
jours,&n'attendez pas qu'une
main barbare vienne confondre
dans votre fang , & dans
le nôtre , l'imprudence de l'of
fre quevous nous faites. Nous
ne ſommes point en étatd'accepter
de fi inutiles fecours,&
leTyran quinous enchaîneeft
aufli redoutable luy ſeul qu'e
une Armée en bataille. Il va
GALANT 237
venir , il vient,& s'il vous voir,
vous êtes à jamais perdus.
Vous nous faites , reprirent
les deux amis àchacune de ſfes
femmes , dont la beautéqui les
ébloüiffoit,les rendoit infenfiblement
eſclaves de leurs
charmes , une peinture terrių
ble de la prefence d'un homapretence
me. La frayeur qui ſaiſit vos
fens groffit à vos yeux l'image
d'un peril chimerique ; mais
l'éclat de vostraits fait en nous
un effet contraire ,& nous
| donne au-delà de nos fenti
niens , tout le courage que la
peur vous ête. Jeunes Etran
S
Vij
236 MERCURE
gers, leur dit de l'air le plus
touchantdu monde, celle qui
n'avoir pas encore parléy me
vous facrifiez pas envain pour
deux infortunées que le fort a
condamnées à des maux éternels.
Quand vous immoleriez
à nôtre vengeance le Tyran
qui nous perfecute ,nous n'en
ferions peut être encore que
plus miferables ,& vingtfemmes
impiroyables qui font
dans ce Palais , plus defefperées
des foins qu'il nous a renqui
nous are
dus , que de ſa perte , nous au
roient mis en pieces & vous
aufli , avant que nous puffions
JGADANO. 28
fonger ànous fauver. C'en eft
fait , je l'apperçois , & vous de
voyez vous même , avec ces
furies qu'il traîne àſa ſuite.En
effet elle eût à peineachevé ces
derniers mots , qu'il parut à la
tête de cetteTroupe ennemic.
Que vois -je ,dit- il , d'un ton
formidable , écumant de colere
, deux traîtres avec mes
deux infideles favorites ! qu'ils
meurent? allez Miniſtres de ma
vengeance , c'eſt à vous que
j'ordonne de leur arracher lo
coeur. A ces mots l'air retentit
de cris , mais ces deux geno
reux Etrangers qui voyent leur
238. MERCURE
mort certaine , & celle des
deux belles Eſclaves qui leur
ont ravila liberté , s'ils attendent
cette foule d'ennemis ,
vont au- devant des coups
qui les menacent. Ils attaquent
en furieux le Tyran qui veut
les immoler à fon courroux
, ils le joignent au milieudeces
femmes cruelles qui
s'oppoſent à leur paffage , ils
le frappent ,& accablez par le
nombre ,& couverts de bleffures
, ils tombent avec luy.
Al'instant celle deces femmes
qui paroift commander ce bataillon
d'Eumenides , fufpend
GALANT. 239
par ſes ordres abtolus la fu
reur de ſes compagnes , elle fe
jerte aux pieds du Tyran qu'
elle voit preſt deperdre lejour,
&luy dit en gemiffint , ouvrez
du moins encore une fois les
yeux,Seigneur ,voyez vos en
nemis noyez dans leur fang,&
regardez les ſous le fer dont
mamain eſt armée, expirerſous
le poids de ma vengeance. Ne
rougis tu pas , luy dit-il , ingrate
, de ta lenteur , frappe ,
frappe ,& hâte- toy de m'im
moler ces deux funeftes victi
mes : qu'on m'amene mes
deux infideles,&que leur ame
140 MERCURE
i
defcende aux Enfers avec l
mienne. Cependant elle jette
les yeux fur ces malheureux
étrangers dont la jeuneſſe &
labeauté l'ébloüffent juſques
dans les bras de la mort. Dans
fon coeur en un moment la
pitié fuccede à la fureur , &
l'amour à la pitié. Qu'allons
nous faire , dit-elle auffi-toſt à
ſes compagnes , en ſe levant ,
qu'allonsnous faire mes cheres
amies. Le barbare que nous
voulons vanger , eft-il digne
du ſacrifice qu'il exige de nous?
c'eſt luy bien plûtonque nous
devons punir des maux qu'il
hous
GALANT. 24 P
S
nous a faits , & de la rigueur
de noſtre esclavage. Sauvons
ces deux jeunes hommes s'il en
eſt tems encore , & affuronsnous
de leur reconnoiffance ,
par les foins que nous prend
drons de leurs vies. Elle eût à
peine achevé ces mots que tou
te l'aſſemblée applaudit à ce
conſeil par un grand cri de
joye. Le Tiran qui l'entendit ,
fit de vains efforts pour s'en
vanger ; mais ſon ame qu'il
rendit en vomiſſant mille imprécations
,mit à l'inſtant fest
ennemis à couvert de fon reffentiment
.
May 1715. X
S
442 MERCURE
Zuraca (c'eſt le nomdecette
genereuſe femme) envoya aufgenere
fitoft chercher tous les remedes
qu'elle crût les plus promts
pour rendre lavie à ces deux
étrangers ; en même temps
elle ordonna à fix de ſes compagnes
de prendre & d'enfermer
dans un lieu für les deux
belles eſclaves qui avoient été
furpriſes avec eux.
Le ſecours arrivé , elle pric
ſoin de leurs playes , arreſta
leur fang,&les guerit en trois
jours ( La longueur du temps que
l'Autheur de cette Histoire prend
pour lagueriſon de leurs bleffures
GALANT 243
qui estoient presque toutes mortelles
, prouve bien qu'il nn''aapas
affecté de conter des merveilles
fabuleuſes. ) Ce terme expiré,
Zuraca leur propofa des amu
ſemens, des plaiſirs & même
des hymens, dans ce magnifi
que Palais dont elle estoit devenuë
laDame,par leurvaleur,
par la mort du Tyran , & par
la foumiffion de fes compa
gnes. Mais cettepropoſition,
dont vray ſemblablement un
is grand nombre de Lecteurs fe
roit ſon profit , ne fut point
du tour de leur goût , ils capi
tulerent , ils donnerent des ef
1
e
C
Xij
4. MERCURE
perances frivoles , ils s'affligerent
, ils chercherent la folitude,
ils demandérent du tems
& enfin leurs armes , & kur
ash1
Dreſtoit d'une extrême
importance pour eux de ne
pas declarer le ſecret de leurs
coeurs, auffi de nom de leurs
Maiſtreſſes , qu'ils ignoroient
encore,n'échappa- til jamais
de leurs bouches. Cependant
ils n'en penſoient pas moins ,
&l'excés de leur amour &de
leur inquietudepreſentoitfans
ceſſe àHour idée les charmes
qu'ils adoroient , perfecutez,
GALANT. 245
S
morts, ou mourants pour eux.
Ils avoient demeflé dans l'uni
que entretien qu'ils avoient eû
avec ces divins objets de leur
tendreſſe qu'ils commençoient
à s'attendrir eux - mêmes , un
moment avant ce fatal & ori
ginal combat , dont le ſuccés
n'avoit qu'imparfaitement répondu
à la violence de leur
amour. Enfin las de ſe voir le
joüet des chimeriques prétentions
de leur liberatrice , ils
voulurent s'en expliquer nettement
avec elle. Ils la virent
un beau jour deſcendre dans
un vallon fuperbe, & dont
X iij
146 MERCURE
1
voicy la deſcription , autand
qu'il peut m'en ſouvenirzezag
De l'édifice qui estoit à
l'Occident fur le ſommetd'un
Côteau magnifique , on tra
verſoit un jardin où la nature
feule avoit aſſemblé tous les
chefs- d'oeuvres de l'art ; de ce
jardin on arrivoit ſur une pee
louze dont la pente étoitdou
co,& dont les bords étoient.
revêtus avec ſymmetrie , d'un
nombre infini d'orangers , de
myrtes ,°renadiers d'une
beauté admirable;de cettepe-
Jouzojon defcendoit infenfiblement
dans ce vallon dont
GALANT. 247
a
}
le Nord & le Midy eſtoient
parez des plus brillantes colli
nes du monde , & d'où l'on
decouvroitàl'Orientune plai
ne à pestede veuë ,coupée par
mille canaux , & embellie de
tout ce que la terre peut produire
de plus utile & de plus
agreable. Les eaux du fofle
dont cette Ifle eſtoit environnée
, couloient lentement à
travers cetteplaine. Les échos,
les Oyſeaux , les Zephirs, tout
enunmot y faiſoit merveille.
Ce fut enfin comme je
vous difois fort bien tontoà
l'heure ,dans cemême vallon
Xiiij
248 MERCURE
que Fenaket &fon amy atteignirent
fous une grande allée
dePalmiers ,latendre&défodée
Zuracabaron 2000
Pour quel mortel heureux
belle Zuraca , luy dit l'aimable
Fenaker , coulent les precienfes
larmes queje vous voy
repandre ? pour des ingrats ,
lâche , luy répondit- elle , d'un
ton plein de colere&d'amour,
pour des ingrats qui ne doivent
qu'aux foibles mouvements
d'une prompte tendreffe , &
qu'à mes foins indifcrets , &
mal recompenfez , le jour qui
les éclaire. Montrez-nous diviGALANC.
249
7
neZuraca,roprit Hulacou les
perfides qui vous outragent ,
rendez-nous nos armes &
vous nous verrez à l'inſtant
armez pour vous vanger. Ce
feroitdonc contre mon pro-
-pre ſein , barbares , que vous
vles employtiez cesarmes cruelles,&
non contre mes ennemis
, à moins que vous de
vouluffiez vous-mêmes , vous
adacifiernaema vengeance ;
mais j'ay dans mes mains de
cheres victimes dont la tête
merépondra de voſtre ingrajtitude
; & jiimmolenay mà
ma fureur les ingrats qui me
250 MERCURE
mépriſent & les malheureu
fes quim'offenſent.Je ſçay que
leur cooeur n'a point de partà
voſtre crime , mais leurs char
mes funeſtes les rendentà mes
yeux mille fois plus coupables
encore que vous ne me
parutes aimables. Qui vous
inſpire , cruelle , luy dit Fenaker,
cesmouvements jaloux &
qui rendez vous reſponſable
de l'injustice dont vous nous
accuſez ? Vous -même , repritelle
, d'un air encore plus
animé,&les Eſclaves avec qui
l'on vousa furpris : tout confirme
mes foupçons , &je ſens
GALANT as
juſqu'au fond de mon caur ,
voſtre froideur pour moy , &
voftre ardeur pour elles.Dé
trompez vous , belle Zuraca ,
luy dit Fenaket. Expliquez
vous plus clairement,&dines
nous enfin lequel de nous deux
vous honorez plus particulierement
devos bontez ? je ne
vous excepte, répondit-elle ,
ny l'un ny l'autre , des deſleins
que j'ay formez fur vous.
Vouseſtes tous deux dans mes
fers ,& fi vous ne ſubiſfez le
jougde mon amour , craignez
dumoins celuy de ma haine ?
Il vous fied bien encore da
252 MERCURE
me propofer des conditions,la
liberté du choix feroit la ſeule
que vous pourriez m'offror , fi
j'étois voſtre Eſclave & de
-quel droit les hommes preten
dent- ils avoir autant de Mai
treffes qu'il leur plaît en prendre
, pendant qu'ils nous font
impericuſement languir dans
l'oiſiveté affreuſe où nous re
duit leur inconſtance ? Abulla,
le lâche Abulla qui vientd'expirer
fous vos coups , a vecu
trois ans avec moy ſous les loix
d'un faint&legitime hymen :
pendant ces trois années la
fortune l'a comblé des biens
GALANT
2
1
a
immenfes dont la mort me
send la maîtreffe; mais àquel
ufagegrandDieu les a t-il ema
ployez , dés qu'il a commencé
àvouloir en joüir à fa honte
& à lamienne. Il a remplirfat
matlon de toutes les Eſclaves
que vous y avez veuës, il les a
toures aimées &cenfin il m'a
traité commearettespil alloit
même époufer , le barbare
dontla memoire me fera éter
nellement odicuſe z ces deux
rivales infortunées qui font
maintenant en ma puiſſance ,
lorſque le Ciel m'a vangé par
vosi mains alde l'excés des
254 MERCURE
affronts qu'il m'a faits. Co
féjour délicieux eft le chef
d'oeuvre de ſa volupté , & ce
n'étoit que pour faire perir les
malheureuſes qui déteſtoient
fon amour , qu'il avoit creufé
cette fource empoisonnée
oùvous vous eſtes arreftez en
eritrant on ces lieux. Je leveux
punir deformais même aprés
fon trepas , des outrages que
j'en ay reçû pendant la vie ;&
ufurper les mêmes droits que
luy,poup autorifer damême li
cence. Faites vos reflexions fur
ceque vous venez d'entendre.
Je vous donne le reſte de ce
GALANT. 25
jour pour vous déterminer ,
mais ce terme expiré ſi je no
reçois de vous tous les tributs
qu'exige mon reſſentiment ,
craignez de recevoir demoy
le preſent le plus funeſte que
puiſſe faire à des ingrats unc
femme en courroux.
Cette belle & autentique
declaration faite , l'obligeante
Zuraca les ſalua d'un air de
Souveraine ,& les laiſſa dédaigneuſement
fur le tendre gazon
où ils l'avoient trouvée.
Que la fortune ſerit cruellement
denos projets , amy ,
dit Hulacou à Fenaket , nous
256 MERCURE
fottons de nôtre patrie pour
aller nous attacher au ſervice
du plus grand Roy du monde,
notre imagination couron
déja nos têtes de l'efpoir de
nos lauriers ,& nous formons
à peine le deſſein d'entrer dans
la carriere de la gloire , que
nous nous trouvons les victi
mes de l'amour , & un mo
ment aprés en avoir ſenti les
premieres atteintes , une bonne
action nous precipite dans
un abîme de honte dont nous
ne pouvons nous arracher
qu'aux dépens de notre vie.
D'où viennent amy , reprit Fenaket,
GALANT. 257
د
naket , ces lâches reflexions ?
laiſſons , te dis-je , à la fortune
le ſoin de nôtre fort , rendons
luy ce qu'elle nous prête , &
donnons luy tout ce qu'elle
exige de nous. M'en dût- il
couter mille feintes indignes,je
ne ſortiray de cette Iſle qu'avec
les deux belles Eſclaves qui s'y
font , par hazard , les premieres
offertes à nôtre vûë. Je promettray
tout àZuraca , jeluy
tiendray même parole pour la
mieux tromper ; je ſeduiray ſes
vigilantes Compagnes , j'en.
dormiray ſes eſpions , & je
mettray enfin en liberté l'ob-
May 1715.
Y
1
258 MERCURE
de
jet de ton amour& la beauté
que j'adore. Imite ſeulement
mon exemple , & je te réponds
duſuccésdenos affaires . Cette
converſation , où il fur dit de
part & d'autre une infinité
choſes qui ne font pas
venues à ma connoiffance ,
les conduifit infenfiblement ,
juſqu'aux environs du bateau
qui leur avoit fervià ſe jetter
imprudement dans l'fle , dorit
malheureuſement l'emportée
Zuraca nes'étoit pas fouvenuë,
je ne doute pas que,fi elley eûtfongé,
ellene l'eût brulé, commeCa-
Lypso bruta les Vaisseaux de
GALANT 259
e
Telemaque. Mais c'eſt dans les
affaires les plus importantes &
les plus preſſées,qu'on manque
ſouvent le plus deprecaution.
En effet ils découvrirent du
rivage, unnuage de pouffiere,
àtravers lequel , à mesure que
ceux qui le cauſoient, s'approchoient
d'eux , ils reconnurent
deux de leurs amis , que leur
zele ( allarmez de leur fuite )
avoit porté à les chercher ,
pendant que leurs parents prenoient
le même ſoin d'un
autre côté. Ils détachent
auſſitoſt le bateau , ils s'y embarquent
, & arrivent à l'autre
YYijid
1260 MUERCURE
bord en même temps qu'eux.
Ils s'ombraffent , ils s'affeyent
fur l'herbe à l'ombre des ſaules
qui bordoient ce rivagel ,
&ſe content reciproquement
leurs inquietudes & leursavantures.
Eh bien , ne perdons
pasde temps ,mes chers amis ,
leurdirentlesnouveaux venus,
entrons dans l'Ifle , puiſque
vous nous en preſſez avectant
d'inſtance , & que vous nous
aſſeurez qu'elle n'eft gardée
que par des femmes , dont on
peut facilement ſe rendre les
maîtres , partageons nos ar.
mes , & allons avec confiance
GALANT. 261
E
1
S
1
es
nous emparer de la richefſſe
&des beautez de ce merveilleux
ſéjour. Ils ſe jettent à
l'envi dans le bateau,& paffent
sen un inſtant de l'autre coſté,
ils s'enfoncent dans l'iffe par
la même chemin qu'avoient
tenu Fenaket & Hulacou ,
lorſqu'ilsy estoient entrez fix
jours auparavant. L'appareil
d'un bûcher tout dreſſe , eft
le premier objet qui s'offre à
leurs yeux , ils en approchent
avec frayeur , &y trouvent le
corps du malheureux Aballa
4
deſtiné à eſtre devoré par les
flames,au même endroit, où il
262 MERCURE
avoir perdu la vie. Zulfalis
& Salem ( c'est ainfi que fe
nommoient ces obligeans
amis ) reconnoiffent dans les
traits d'Abulla que la mort
n'avoit pas encore effacez
des traits qui ne leur estoient
pas inconnus. Voilà , fans
doute , dit Zulfalis , aprés
quelques moments de triſtes
reflexions , ce même Abulla
qui époufama fooeur ily a plufieurs
années , dans la Capitale
decet Empire , & de qui nous
n'avons receu aucunes nouvelles
depuis fon mariage. Sa
Veuve veut apparemment luy
GALANT 265 .
rendre icy avec quelque cercmonie,
les derniers honneurs.
Tous ces preparatifs font
tropornez pourpouvoir reſter
long- temps dans cette état ,
fans qu'on vienne y mettre
Cachez-vous dans cebof
quet voiſin , dit Hulacou ,
Zuraca va fans doute arriver
bientoſt icy , & vous verrez
aifement ſans eſtre veus , fi
vous reconnoîtrez vôtre ſæoeur.
Nous allons cependant faire
quelques tours dans les allées
de ce jardinà la veuë des fenê
tres de fonPalais. Noftre pro.
264 MERCURE
fence batera ton retour icy
& nous l'attirerons juſques
ſous vos yeux. En effet Zuras
cane les cût pas plutoſtapperçûs
, qu'elle deſcendit dans
le jardin ſuivie de toures fes
compagnes , dont elle ſe dé
tacha pour apprendre d'eux
leur derniere reſolution. colle
QueleCiel conſerve à ja
mais voſtre beauté éclatante
divine Zuraca , luy dirent-ilst
enſemble , que vos jours foient .
innombrables , & que rien ne
trouble deſormais la felicité
dont vous meritez de joüirle
relle de voſtre vic : vous voyez17
CALANT. 265
al
S
àvos pieds vos eſclaves que
l'amour ſeul ſoumet à voſtre
empire : noſtre deſtin eſt en
vos mains & nulle autre que
vous ne peut nous rendreheureux.
Aimables étrangers ,
leur dit-elle , fi voſtre bonheur
dépend de moy , vous
allez bientôt n'avoir plus de
reproches à faire à la fortune ,
&le ſeul amour arbitre de nos
intereſts va bientôt vuider nos
demêlez. Allons cependant
rendre au lâche Abulla , des
honneurs qu'il ne merite pas ,
&& ne vous inquierez plus de
May 1715. Z
266 MERCURE
1
En ſe diſant ainſimille choſes
tendres , ils s'approcherent
du bûcher que toutes les habitantes
de l'Ile environnoient
déja , lorſqu'ils y arriverent
; elles avoient chacune
*un flambeau allumé à la main,
Zuraca en prie un auffi , &
aprés avoir fait trois tours
avec fes compagnes autour
•du bûcher , en chantant des
hymnes établies par l'uſage , à
la loüange , & pour le repos
des morts , elle y mit le feu ,
elle y jetta enfuite fon flambeau
coutes les autres en fi-
د
rreenntt autant.Unmomentaprés
CALANT. 267
لا
e
0
ل
quatrebelles filles apporterent
un grand vafe plein d'eau , où
elles ſe laverent les mains.
Cette ablution finie , elles fortirent
toutes du jardin , à l'exception
deZuraca qui eût apparemment
alors des affaires
de grande importance à communiquer
à ſes nouveaux
Amants ; mais elle n'avoit pas
fait encore vingt pas avec eux ,
que Zulfalis & Salem parurent
à ſes yeux . Où font , luy dit
Zulfalis , le poignard à la main ,
avec des geftes furieux & concertez
avec ſon amy , où ſont
les meurtriers d'Abulla ? C'eſt
Zij
268 MERCURE
toy , femme perfide , qui as
trempé tes mains dans le ſang
de ton Epoux. Reconnois enfin
dans ton propre frere , le
vangeur de ton mary. Arrêtez
Zulfalis , luy dit Salem, qui
avoit déja découvert mille graces
dans tout ce qu'il avoit vû
faire à Zuraca & qui trouvoit
par un caprice nouveau , des
principes d'amour ,dans l'embarras
extrême où la jettoit
cette avanture. Arrêtez , &
loinde former d'horribles projets
de vengeance , comme
vous faites ,rendez plûtôt grace
à la fortune du preſent qu'-
GALANT 269
1
elle nous fair. Elle vous rend
une foeur qui vous eft chere ,
malgré vos emportemens , &
nous rend deux amis que nous
croyions perdus. Zulfalis feignit
encore pendant quelques
moments d'être inſenſible à
cette remontrance ; mais les
careffes de ſes amis , la crainte ,
la tendreffe&les larmes de ſa
foeur étoufferent dans ſes em
braffemens , juſqu'aux moindres
apparences de fon reffentiment.
Ils allerent s'affeoir
dans un cabinet de verdure
qui n'eſtoit pas loin du lieu où
cette entrevenë s'étoit faite,
Zij
270 MERCURE
Chacun yconta fon hiſtoire ,
deffendit & ſes interers au
gré de ſes defirs : enfin aprés
bien des conteſtations , voici
les articles de leur ajustement.
1. Zuraca rendra les deux
belles Eſclaves qu'elle tient en
fermées depuis le jour de la
mort de fon mary.
1132. Elles ſeront en
qui il appartiendra.
4100
propre à
3. Elle Zuraca époufera Sa
lem , parce qu'il veut bien l'é
poufer.
4. Zulfalis choiſira celles de
toutes les belles filles ou fem
mes qui font dans cetre MaiGALANT
271
1
fon , pour l'hymen , ou autrement.
2
s. Les contractants n'abandonneront
pas le ſéjour deli.
cieux où ils font , & où ils ſe
trouvent fort à leur aiſe , à
moins que l'autorité du Prince
, ou quelque grand malheur
ne les en chaſſe .
a
Enfin les articles de ces engagemens
ne ſubſiſteront qu'-
autant qu'il plaira auſdits contractans
de les faire fubfitter.
Les deux belles Eſclaves furent
auffitôt remiſes dans les
mains de leurs Amants , & à
P'inſtant l'acte fut écrit & fi-
1
(
Zimj
272 MERCURE
gné par les parties. Les quatre
Heros decette hiſtoirey ajoûterent
cependant les articles
ſuivants.
1. Nousſuppoſons entre nous
quatre
La bonne intelligence&lafincerite:
Nous les établiſſons àperpetuité,
Et jurons de n'en rien rabattre.
2. Si le cas écheoit qu'entre
L'une change d'amant l'autre
de maîtreffe ,
Pourvû que ce ne foit qu'un ef
Say de tendreffe
Pour rendre nos plasfirs plus pin
7
GALANT. 273
SS
tsu guants plus doux,
Nouspaffons cet article&nous
3. Nous banniſſons la jalousie
Comme une paffion defous.
Que des triſtes rivaux & des
fades époux,
Cette extravagante manie
Poffede les cerveaux jaloux.
4. Quelque nouvelle ardeur
qui nous tente ou nous brûle,
Satisfaiſons tous nos defirs
Et ne nous donnonspas le travers
ridicule
De nous effrayer d'un fcrupule
Qui pourroit troubler nos plaifirs.
274 MERCURE
Ces conventions faites , ils
ſe rendirent au Palais , où elles
furent executées dans la forme
qu'on vient de lire. Les incredules
ne trouveront ſans doute
nulle apparence de raiſon ny
de ſtabilitédans des conditions
fi bizarres ; elle ſubſiſtent cependant
encore aujourd'huy,
même avec éclat , dans une
des plus belles Provinces du
Royaume dont je parle...
Fenaket , fils de TimurMelic
, Citoyen de Chamakée ,
Capitale de la Province de
Chirvan enPerſe,ayantatteint
l'âgede vingt ans ,réſolut d'a
bandonner ſa Patrie à l'inſçû
de ſes parents ,&de voyager
dans tous les Royaumes de
l'Orient.
Dans ce deſſein,dont l'execution
ne luy parut pas diffi
cile ,il jetta les yeux fur le jeuGALANT.
223
1
ne Hulacou , Perſan comme
luy, ami& voiſin de ſa famille,
& le choiſir pour le compagnon
de fa fortune. Hulacou,
luy dit-il un jour , que faiſons
nous icy, à quoy employons
nous les plus belles années de
noſtre vie; l'établiſſement que
nos parents nous deſtinent
quelque tranquille qu'il puiffe
eſtre , fuffit il pour contenter
noſtre ambition. Le monde
que nous ne connoillons pas ,
&que nous devons connoître,
n'a t'il rien de meilleur à nous
offrir qu'une vic obfcure &
inutile. Secoüons , mon cher
Tij
224 MERCURE
Hulacou , un joug qui nous
importune , prenons de l'or
& de l'argent dans nos maifons
, & rendons nous enfin
autant que nous le pourrons
les maiſtres de noſtre ſort. Le
Grand Cha , feul Royo des
Rois , Poffefleur du Throſne
&de la Couronne , a maintenant
une armée ſemblable à
une Mer agitée. Allons luy offrirnos
ſervices & nous diſtinguer
par des actions de courage
à ſes yeux qui donnent la
lumiere au monde. Je confens
debon coeur à ce que vous me
propofez, mon cher Fenaket,
A
GALANT. 1225
tuy dit Hulacou , mais quelles
meſuresprendrons nous, pour
nous derober à nos parents ;
je me chargede ce foin, reprit
Fenaket , & pourvû que demain
aprés la derniere Priere,
vous vous trouviez au bord
del'eau , cachéderriere les ruines
de ce Tombeau dont la
riviere lave le pied , je m'y
rendray avec deux chevaux fi
-legers à la courſe , que nous
ferons en lieude fureté, avant
qu'on nous croye fortis de la
Province de Chirvan. Ils fe
promirent alors de ſe trouver
le lendemain au rendez-vous ,
226 MERCURE
ce qu'ils executerent comme
ils l'avoient concerté la veille.
Dés qu'ils furent à cheval ,
quelle route tiendrons- nous ,
dit Hulacou , aucune , réponditFenaket
, laufons nous feulement
guider par la fortune,
&repolons nous au premier
Caravenſaraï, où nos chevaux
s'arreſterons . Ils marcherent
toute la nuit , & le lendemain
au lever du Soleil ils décou
vrirent une maiſon environ
née de quelques arbres au miheu
d'une plaine ; ils refolurent
auffi- toſt d'aller s'y rafraîchir ;
mais dés qu'ils furent plus prés
GALANT. 227
de cette maiſon , ils reconnurent
qu'elle eſtoit entourée de
tous les coſtez d'un foffé plein
d'eau, profond , & que fes
bords eſcarpez ſembloient
rendre inacceffible. Nos
Voyageurs étonnez de cette
difficulté, firent le tour du
follé pour eſſayer de trouver
un gué , mais leur peine fur
inutile, & ils ne virent qu'un
petitbateau couvert d'étoffes
de foye d'or & d'argent , attaché
à un arbre , qui eftoic fur
l'autre bord.
Je vais courir tous les rifques
de cette avanture, ditFe*
28 MERCURE
naket , & je veux arriver à
quelque prix que ce foit jufqu'au
bateau que je détacheray
&que je vous ameneray
enfuite mon cher Hulacou.
Gardez mon cheval , je vais
me deshabiller & me jetter à
la nâge dans ce foſſe. Hulacou
fit ce qu'il pût pour le détourner
d'un deſſein ſi temeraire
; mais voyant que fes remontrances
ne ſervoient de
rien , il prit la bride de ſon cheval
& luy abandonna l'honneur
de cette entrepriſe. Fenaket
à la nâge arrive à l'autre
bord, détache le bateau , &
1
GALANTC. 229
vient rejoindre ſon amy. Ils
s'embarquent,Hulacou prend
les chevaux par les renes , &
Fenaker & fon amy paſſent
dans l'Ifle. Ils y curent à peine
fait deux cent pas à pied, qu'ils
ſe virent auprés d'une fontaine
de marbre , ſituée au milieu
de quatre cabinets dont l'are
&la nature faisoient un ſeur
aſyle contre les ardeurs du Soleil.
Ils ſe baiſſoient déja pour
boire àlongs traits de l'cau de
cette fontaine qui leur parut
merveilleuſe , lorſqu'ils entendirent
une femmequi , élevant
le ton de ſa voix , dit à uneau
230 MERCURE
tre, en foupirant.
J'aimerois mieux boire de l'eau
De cette Source empoisonnée
Et me creufer icy moy même mon
tombeau ,
Que confentir jamais à ce triſte
Hymenée.
Quelque foifqui nous preffe
dit alors Fenaket ,à ſon amy,
attendons , mon cher Hulacou
,qu'unecau moins dangereuſe
en modere l'ardeur
L'avis nous eſt venu fort à
propos , allons en remercier
noſtre bienfaictrice. A quoy
voulez -- Vous vous expofer
encore , luy dit Hulacou ,
GALANT. 238
1
cette maiſon n'eſt pas un Caravanfaraï
, vous ſçavez que
c'eſt un crime irremiſſible en
ce Pays cy que de parler à
des femmes , & le moindredes
malheurs qui puiſſe nous arri
ver,ſi nous ſommes affez temeraires
pour nous découvrir ,
eſt de paffer pour des voleurs.
Amy , reprit Fenaket,jecomprends
aisément tout ce que
vous pouvez me dire là deſſus ,
mais l'hofpitalité eſt de toute
les Nations ; & loin de me
diſpoſer à fuir de ces lieux ,
commevous me le confeillez ,
jepenſe que nous y pouvons
232 MERCURE
être utiles à cette femme infortunée
qui gemit & s'effraye
ainſi que nous venons de l'entendre
, de l'hymen cruel auquel
on la deſtine. Appro
chons du Cabinet où elle eft
&offrons luy tous les ſecours
qui dépendront de nous. On
acquiert un droit ſur les gens
lorſqu'on n'a que de bons offices
à leur offrir. Il n'attendit
pas la réponſe d'Hulacou
pour ſe preſenter à la porte du
Cabinet qu'il pouſſa fi brufquement,
que cesdeux femmes
épouvantées de la vûë de deux
hommes, dans un lieu où elles
n'en
1
GALANT. 233
n'en avoient jamais vûs d'autre
que celuy qui les tenoit enfermées
dans ce defert , firent
un grand cri. Dequoy vous
effrayez vous,leur dit Fenaketa
je n'aurois jamais ofé troubler
voſtre entretien , file diſcours
que je viens d'entendre ne
m'avoit pas appris que vous
gemiſſez dans cette folitude ,
&ce n'eſt point à ma temerité ;
mais peur- eftre au bonheur
que nous avons cû mont
camarade & moy ,
égarer dans cette campagne ,
que vous devez l'offre que je
vous fais de tous les ſecours
May 1715 .
,
de nous
V
236 MERCURE
quenous pourrons vous donner.
Temoraires , leur ditda
plus âgéede cesdeux femmes,
qui n'avoit pas vingt ans, fuïez
de cet épouventable lieu , ſçachez
nous gré de l'inquiétude
quevousnous caufez pour vos
jours,&n'attendez pas qu'une
main barbare vienne confondre
dans votre fang , & dans
le nôtre , l'imprudence de l'of
fre quevous nous faites. Nous
ne ſommes point en étatd'accepter
de fi inutiles fecours,&
leTyran quinous enchaîneeft
aufli redoutable luy ſeul qu'e
une Armée en bataille. Il va
GALANT 237
venir , il vient,& s'il vous voir,
vous êtes à jamais perdus.
Vous nous faites , reprirent
les deux amis àchacune de ſfes
femmes , dont la beautéqui les
ébloüiffoit,les rendoit infenfiblement
eſclaves de leurs
charmes , une peinture terrių
ble de la prefence d'un homapretence
me. La frayeur qui ſaiſit vos
fens groffit à vos yeux l'image
d'un peril chimerique ; mais
l'éclat de vostraits fait en nous
un effet contraire ,& nous
| donne au-delà de nos fenti
niens , tout le courage que la
peur vous ête. Jeunes Etran
S
Vij
236 MERCURE
gers, leur dit de l'air le plus
touchantdu monde, celle qui
n'avoir pas encore parléy me
vous facrifiez pas envain pour
deux infortunées que le fort a
condamnées à des maux éternels.
Quand vous immoleriez
à nôtre vengeance le Tyran
qui nous perfecute ,nous n'en
ferions peut être encore que
plus miferables ,& vingtfemmes
impiroyables qui font
dans ce Palais , plus defefperées
des foins qu'il nous a renqui
nous are
dus , que de ſa perte , nous au
roient mis en pieces & vous
aufli , avant que nous puffions
JGADANO. 28
fonger ànous fauver. C'en eft
fait , je l'apperçois , & vous de
voyez vous même , avec ces
furies qu'il traîne àſa ſuite.En
effet elle eût à peineachevé ces
derniers mots , qu'il parut à la
tête de cetteTroupe ennemic.
Que vois -je ,dit- il , d'un ton
formidable , écumant de colere
, deux traîtres avec mes
deux infideles favorites ! qu'ils
meurent? allez Miniſtres de ma
vengeance , c'eſt à vous que
j'ordonne de leur arracher lo
coeur. A ces mots l'air retentit
de cris , mais ces deux geno
reux Etrangers qui voyent leur
238. MERCURE
mort certaine , & celle des
deux belles Eſclaves qui leur
ont ravila liberté , s'ils attendent
cette foule d'ennemis ,
vont au- devant des coups
qui les menacent. Ils attaquent
en furieux le Tyran qui veut
les immoler à fon courroux
, ils le joignent au milieudeces
femmes cruelles qui
s'oppoſent à leur paffage , ils
le frappent ,& accablez par le
nombre ,& couverts de bleffures
, ils tombent avec luy.
Al'instant celle deces femmes
qui paroift commander ce bataillon
d'Eumenides , fufpend
GALANT. 239
par ſes ordres abtolus la fu
reur de ſes compagnes , elle fe
jerte aux pieds du Tyran qu'
elle voit preſt deperdre lejour,
&luy dit en gemiffint , ouvrez
du moins encore une fois les
yeux,Seigneur ,voyez vos en
nemis noyez dans leur fang,&
regardez les ſous le fer dont
mamain eſt armée, expirerſous
le poids de ma vengeance. Ne
rougis tu pas , luy dit-il , ingrate
, de ta lenteur , frappe ,
frappe ,& hâte- toy de m'im
moler ces deux funeftes victi
mes : qu'on m'amene mes
deux infideles,&que leur ame
140 MERCURE
i
defcende aux Enfers avec l
mienne. Cependant elle jette
les yeux fur ces malheureux
étrangers dont la jeuneſſe &
labeauté l'ébloüffent juſques
dans les bras de la mort. Dans
fon coeur en un moment la
pitié fuccede à la fureur , &
l'amour à la pitié. Qu'allons
nous faire , dit-elle auffi-toſt à
ſes compagnes , en ſe levant ,
qu'allonsnous faire mes cheres
amies. Le barbare que nous
voulons vanger , eft-il digne
du ſacrifice qu'il exige de nous?
c'eſt luy bien plûtonque nous
devons punir des maux qu'il
hous
GALANT. 24 P
S
nous a faits , & de la rigueur
de noſtre esclavage. Sauvons
ces deux jeunes hommes s'il en
eſt tems encore , & affuronsnous
de leur reconnoiffance ,
par les foins que nous prend
drons de leurs vies. Elle eût à
peine achevé ces mots que tou
te l'aſſemblée applaudit à ce
conſeil par un grand cri de
joye. Le Tiran qui l'entendit ,
fit de vains efforts pour s'en
vanger ; mais ſon ame qu'il
rendit en vomiſſant mille imprécations
,mit à l'inſtant fest
ennemis à couvert de fon reffentiment
.
May 1715. X
S
442 MERCURE
Zuraca (c'eſt le nomdecette
genereuſe femme) envoya aufgenere
fitoft chercher tous les remedes
qu'elle crût les plus promts
pour rendre lavie à ces deux
étrangers ; en même temps
elle ordonna à fix de ſes compagnes
de prendre & d'enfermer
dans un lieu für les deux
belles eſclaves qui avoient été
furpriſes avec eux.
Le ſecours arrivé , elle pric
ſoin de leurs playes , arreſta
leur fang,&les guerit en trois
jours ( La longueur du temps que
l'Autheur de cette Histoire prend
pour lagueriſon de leurs bleffures
GALANT 243
qui estoient presque toutes mortelles
, prouve bien qu'il nn''aapas
affecté de conter des merveilles
fabuleuſes. ) Ce terme expiré,
Zuraca leur propofa des amu
ſemens, des plaiſirs & même
des hymens, dans ce magnifi
que Palais dont elle estoit devenuë
laDame,par leurvaleur,
par la mort du Tyran , & par
la foumiffion de fes compa
gnes. Mais cettepropoſition,
dont vray ſemblablement un
is grand nombre de Lecteurs fe
roit ſon profit , ne fut point
du tour de leur goût , ils capi
tulerent , ils donnerent des ef
1
e
C
Xij
4. MERCURE
perances frivoles , ils s'affligerent
, ils chercherent la folitude,
ils demandérent du tems
& enfin leurs armes , & kur
ash1
Dreſtoit d'une extrême
importance pour eux de ne
pas declarer le ſecret de leurs
coeurs, auffi de nom de leurs
Maiſtreſſes , qu'ils ignoroient
encore,n'échappa- til jamais
de leurs bouches. Cependant
ils n'en penſoient pas moins ,
&l'excés de leur amour &de
leur inquietudepreſentoitfans
ceſſe àHour idée les charmes
qu'ils adoroient , perfecutez,
GALANT. 245
S
morts, ou mourants pour eux.
Ils avoient demeflé dans l'uni
que entretien qu'ils avoient eû
avec ces divins objets de leur
tendreſſe qu'ils commençoient
à s'attendrir eux - mêmes , un
moment avant ce fatal & ori
ginal combat , dont le ſuccés
n'avoit qu'imparfaitement répondu
à la violence de leur
amour. Enfin las de ſe voir le
joüet des chimeriques prétentions
de leur liberatrice , ils
voulurent s'en expliquer nettement
avec elle. Ils la virent
un beau jour deſcendre dans
un vallon fuperbe, & dont
X iij
146 MERCURE
1
voicy la deſcription , autand
qu'il peut m'en ſouvenirzezag
De l'édifice qui estoit à
l'Occident fur le ſommetd'un
Côteau magnifique , on tra
verſoit un jardin où la nature
feule avoit aſſemblé tous les
chefs- d'oeuvres de l'art ; de ce
jardin on arrivoit ſur une pee
louze dont la pente étoitdou
co,& dont les bords étoient.
revêtus avec ſymmetrie , d'un
nombre infini d'orangers , de
myrtes ,°renadiers d'une
beauté admirable;de cettepe-
Jouzojon defcendoit infenfiblement
dans ce vallon dont
GALANT. 247
a
}
le Nord & le Midy eſtoient
parez des plus brillantes colli
nes du monde , & d'où l'on
decouvroitàl'Orientune plai
ne à pestede veuë ,coupée par
mille canaux , & embellie de
tout ce que la terre peut produire
de plus utile & de plus
agreable. Les eaux du fofle
dont cette Ifle eſtoit environnée
, couloient lentement à
travers cetteplaine. Les échos,
les Oyſeaux , les Zephirs, tout
enunmot y faiſoit merveille.
Ce fut enfin comme je
vous difois fort bien tontoà
l'heure ,dans cemême vallon
Xiiij
248 MERCURE
que Fenaket &fon amy atteignirent
fous une grande allée
dePalmiers ,latendre&défodée
Zuracabaron 2000
Pour quel mortel heureux
belle Zuraca , luy dit l'aimable
Fenaker , coulent les precienfes
larmes queje vous voy
repandre ? pour des ingrats ,
lâche , luy répondit- elle , d'un
ton plein de colere&d'amour,
pour des ingrats qui ne doivent
qu'aux foibles mouvements
d'une prompte tendreffe , &
qu'à mes foins indifcrets , &
mal recompenfez , le jour qui
les éclaire. Montrez-nous diviGALANC.
249
7
neZuraca,roprit Hulacou les
perfides qui vous outragent ,
rendez-nous nos armes &
vous nous verrez à l'inſtant
armez pour vous vanger. Ce
feroitdonc contre mon pro-
-pre ſein , barbares , que vous
vles employtiez cesarmes cruelles,&
non contre mes ennemis
, à moins que vous de
vouluffiez vous-mêmes , vous
adacifiernaema vengeance ;
mais j'ay dans mes mains de
cheres victimes dont la tête
merépondra de voſtre ingrajtitude
; & jiimmolenay mà
ma fureur les ingrats qui me
250 MERCURE
mépriſent & les malheureu
fes quim'offenſent.Je ſçay que
leur cooeur n'a point de partà
voſtre crime , mais leurs char
mes funeſtes les rendentà mes
yeux mille fois plus coupables
encore que vous ne me
parutes aimables. Qui vous
inſpire , cruelle , luy dit Fenaker,
cesmouvements jaloux &
qui rendez vous reſponſable
de l'injustice dont vous nous
accuſez ? Vous -même , repritelle
, d'un air encore plus
animé,&les Eſclaves avec qui
l'on vousa furpris : tout confirme
mes foupçons , &je ſens
GALANT as
juſqu'au fond de mon caur ,
voſtre froideur pour moy , &
voftre ardeur pour elles.Dé
trompez vous , belle Zuraca ,
luy dit Fenaket. Expliquez
vous plus clairement,&dines
nous enfin lequel de nous deux
vous honorez plus particulierement
devos bontez ? je ne
vous excepte, répondit-elle ,
ny l'un ny l'autre , des deſleins
que j'ay formez fur vous.
Vouseſtes tous deux dans mes
fers ,& fi vous ne ſubiſfez le
jougde mon amour , craignez
dumoins celuy de ma haine ?
Il vous fied bien encore da
252 MERCURE
me propofer des conditions,la
liberté du choix feroit la ſeule
que vous pourriez m'offror , fi
j'étois voſtre Eſclave & de
-quel droit les hommes preten
dent- ils avoir autant de Mai
treffes qu'il leur plaît en prendre
, pendant qu'ils nous font
impericuſement languir dans
l'oiſiveté affreuſe où nous re
duit leur inconſtance ? Abulla,
le lâche Abulla qui vientd'expirer
fous vos coups , a vecu
trois ans avec moy ſous les loix
d'un faint&legitime hymen :
pendant ces trois années la
fortune l'a comblé des biens
GALANT
2
1
a
immenfes dont la mort me
send la maîtreffe; mais àquel
ufagegrandDieu les a t-il ema
ployez , dés qu'il a commencé
àvouloir en joüir à fa honte
& à lamienne. Il a remplirfat
matlon de toutes les Eſclaves
que vous y avez veuës, il les a
toures aimées &cenfin il m'a
traité commearettespil alloit
même époufer , le barbare
dontla memoire me fera éter
nellement odicuſe z ces deux
rivales infortunées qui font
maintenant en ma puiſſance ,
lorſque le Ciel m'a vangé par
vosi mains alde l'excés des
254 MERCURE
affronts qu'il m'a faits. Co
féjour délicieux eft le chef
d'oeuvre de ſa volupté , & ce
n'étoit que pour faire perir les
malheureuſes qui déteſtoient
fon amour , qu'il avoit creufé
cette fource empoisonnée
oùvous vous eſtes arreftez en
eritrant on ces lieux. Je leveux
punir deformais même aprés
fon trepas , des outrages que
j'en ay reçû pendant la vie ;&
ufurper les mêmes droits que
luy,poup autorifer damême li
cence. Faites vos reflexions fur
ceque vous venez d'entendre.
Je vous donne le reſte de ce
GALANT. 25
jour pour vous déterminer ,
mais ce terme expiré ſi je no
reçois de vous tous les tributs
qu'exige mon reſſentiment ,
craignez de recevoir demoy
le preſent le plus funeſte que
puiſſe faire à des ingrats unc
femme en courroux.
Cette belle & autentique
declaration faite , l'obligeante
Zuraca les ſalua d'un air de
Souveraine ,& les laiſſa dédaigneuſement
fur le tendre gazon
où ils l'avoient trouvée.
Que la fortune ſerit cruellement
denos projets , amy ,
dit Hulacou à Fenaket , nous
256 MERCURE
fottons de nôtre patrie pour
aller nous attacher au ſervice
du plus grand Roy du monde,
notre imagination couron
déja nos têtes de l'efpoir de
nos lauriers ,& nous formons
à peine le deſſein d'entrer dans
la carriere de la gloire , que
nous nous trouvons les victi
mes de l'amour , & un mo
ment aprés en avoir ſenti les
premieres atteintes , une bonne
action nous precipite dans
un abîme de honte dont nous
ne pouvons nous arracher
qu'aux dépens de notre vie.
D'où viennent amy , reprit Fenaket,
GALANT. 257
د
naket , ces lâches reflexions ?
laiſſons , te dis-je , à la fortune
le ſoin de nôtre fort , rendons
luy ce qu'elle nous prête , &
donnons luy tout ce qu'elle
exige de nous. M'en dût- il
couter mille feintes indignes,je
ne ſortiray de cette Iſle qu'avec
les deux belles Eſclaves qui s'y
font , par hazard , les premieres
offertes à nôtre vûë. Je promettray
tout àZuraca , jeluy
tiendray même parole pour la
mieux tromper ; je ſeduiray ſes
vigilantes Compagnes , j'en.
dormiray ſes eſpions , & je
mettray enfin en liberté l'ob-
May 1715.
Y
1
258 MERCURE
de
jet de ton amour& la beauté
que j'adore. Imite ſeulement
mon exemple , & je te réponds
duſuccésdenos affaires . Cette
converſation , où il fur dit de
part & d'autre une infinité
choſes qui ne font pas
venues à ma connoiffance ,
les conduifit infenfiblement ,
juſqu'aux environs du bateau
qui leur avoit fervià ſe jetter
imprudement dans l'fle , dorit
malheureuſement l'emportée
Zuraca nes'étoit pas fouvenuë,
je ne doute pas que,fi elley eûtfongé,
ellene l'eût brulé, commeCa-
Lypso bruta les Vaisseaux de
GALANT 259
e
Telemaque. Mais c'eſt dans les
affaires les plus importantes &
les plus preſſées,qu'on manque
ſouvent le plus deprecaution.
En effet ils découvrirent du
rivage, unnuage de pouffiere,
àtravers lequel , à mesure que
ceux qui le cauſoient, s'approchoient
d'eux , ils reconnurent
deux de leurs amis , que leur
zele ( allarmez de leur fuite )
avoit porté à les chercher ,
pendant que leurs parents prenoient
le même ſoin d'un
autre côté. Ils détachent
auſſitoſt le bateau , ils s'y embarquent
, & arrivent à l'autre
YYijid
1260 MUERCURE
bord en même temps qu'eux.
Ils s'ombraffent , ils s'affeyent
fur l'herbe à l'ombre des ſaules
qui bordoient ce rivagel ,
&ſe content reciproquement
leurs inquietudes & leursavantures.
Eh bien , ne perdons
pasde temps ,mes chers amis ,
leurdirentlesnouveaux venus,
entrons dans l'Ifle , puiſque
vous nous en preſſez avectant
d'inſtance , & que vous nous
aſſeurez qu'elle n'eft gardée
que par des femmes , dont on
peut facilement ſe rendre les
maîtres , partageons nos ar.
mes , & allons avec confiance
GALANT. 261
E
1
S
1
es
nous emparer de la richefſſe
&des beautez de ce merveilleux
ſéjour. Ils ſe jettent à
l'envi dans le bateau,& paffent
sen un inſtant de l'autre coſté,
ils s'enfoncent dans l'iffe par
la même chemin qu'avoient
tenu Fenaket & Hulacou ,
lorſqu'ilsy estoient entrez fix
jours auparavant. L'appareil
d'un bûcher tout dreſſe , eft
le premier objet qui s'offre à
leurs yeux , ils en approchent
avec frayeur , &y trouvent le
corps du malheureux Aballa
4
deſtiné à eſtre devoré par les
flames,au même endroit, où il
262 MERCURE
avoir perdu la vie. Zulfalis
& Salem ( c'est ainfi que fe
nommoient ces obligeans
amis ) reconnoiffent dans les
traits d'Abulla que la mort
n'avoit pas encore effacez
des traits qui ne leur estoient
pas inconnus. Voilà , fans
doute , dit Zulfalis , aprés
quelques moments de triſtes
reflexions , ce même Abulla
qui époufama fooeur ily a plufieurs
années , dans la Capitale
decet Empire , & de qui nous
n'avons receu aucunes nouvelles
depuis fon mariage. Sa
Veuve veut apparemment luy
GALANT 265 .
rendre icy avec quelque cercmonie,
les derniers honneurs.
Tous ces preparatifs font
tropornez pourpouvoir reſter
long- temps dans cette état ,
fans qu'on vienne y mettre
Cachez-vous dans cebof
quet voiſin , dit Hulacou ,
Zuraca va fans doute arriver
bientoſt icy , & vous verrez
aifement ſans eſtre veus , fi
vous reconnoîtrez vôtre ſæoeur.
Nous allons cependant faire
quelques tours dans les allées
de ce jardinà la veuë des fenê
tres de fonPalais. Noftre pro.
264 MERCURE
fence batera ton retour icy
& nous l'attirerons juſques
ſous vos yeux. En effet Zuras
cane les cût pas plutoſtapperçûs
, qu'elle deſcendit dans
le jardin ſuivie de toures fes
compagnes , dont elle ſe dé
tacha pour apprendre d'eux
leur derniere reſolution. colle
QueleCiel conſerve à ja
mais voſtre beauté éclatante
divine Zuraca , luy dirent-ilst
enſemble , que vos jours foient .
innombrables , & que rien ne
trouble deſormais la felicité
dont vous meritez de joüirle
relle de voſtre vic : vous voyez17
CALANT. 265
al
S
àvos pieds vos eſclaves que
l'amour ſeul ſoumet à voſtre
empire : noſtre deſtin eſt en
vos mains & nulle autre que
vous ne peut nous rendreheureux.
Aimables étrangers ,
leur dit-elle , fi voſtre bonheur
dépend de moy , vous
allez bientôt n'avoir plus de
reproches à faire à la fortune ,
&le ſeul amour arbitre de nos
intereſts va bientôt vuider nos
demêlez. Allons cependant
rendre au lâche Abulla , des
honneurs qu'il ne merite pas ,
&& ne vous inquierez plus de
May 1715. Z
266 MERCURE
1
En ſe diſant ainſimille choſes
tendres , ils s'approcherent
du bûcher que toutes les habitantes
de l'Ile environnoient
déja , lorſqu'ils y arriverent
; elles avoient chacune
*un flambeau allumé à la main,
Zuraca en prie un auffi , &
aprés avoir fait trois tours
avec fes compagnes autour
•du bûcher , en chantant des
hymnes établies par l'uſage , à
la loüange , & pour le repos
des morts , elle y mit le feu ,
elle y jetta enfuite fon flambeau
coutes les autres en fi-
د
rreenntt autant.Unmomentaprés
CALANT. 267
لا
e
0
ل
quatrebelles filles apporterent
un grand vafe plein d'eau , où
elles ſe laverent les mains.
Cette ablution finie , elles fortirent
toutes du jardin , à l'exception
deZuraca qui eût apparemment
alors des affaires
de grande importance à communiquer
à ſes nouveaux
Amants ; mais elle n'avoit pas
fait encore vingt pas avec eux ,
que Zulfalis & Salem parurent
à ſes yeux . Où font , luy dit
Zulfalis , le poignard à la main ,
avec des geftes furieux & concertez
avec ſon amy , où ſont
les meurtriers d'Abulla ? C'eſt
Zij
268 MERCURE
toy , femme perfide , qui as
trempé tes mains dans le ſang
de ton Epoux. Reconnois enfin
dans ton propre frere , le
vangeur de ton mary. Arrêtez
Zulfalis , luy dit Salem, qui
avoit déja découvert mille graces
dans tout ce qu'il avoit vû
faire à Zuraca & qui trouvoit
par un caprice nouveau , des
principes d'amour ,dans l'embarras
extrême où la jettoit
cette avanture. Arrêtez , &
loinde former d'horribles projets
de vengeance , comme
vous faites ,rendez plûtôt grace
à la fortune du preſent qu'-
GALANT 269
1
elle nous fair. Elle vous rend
une foeur qui vous eft chere ,
malgré vos emportemens , &
nous rend deux amis que nous
croyions perdus. Zulfalis feignit
encore pendant quelques
moments d'être inſenſible à
cette remontrance ; mais les
careffes de ſes amis , la crainte ,
la tendreffe&les larmes de ſa
foeur étoufferent dans ſes em
braffemens , juſqu'aux moindres
apparences de fon reffentiment.
Ils allerent s'affeoir
dans un cabinet de verdure
qui n'eſtoit pas loin du lieu où
cette entrevenë s'étoit faite,
Zij
270 MERCURE
Chacun yconta fon hiſtoire ,
deffendit & ſes interers au
gré de ſes defirs : enfin aprés
bien des conteſtations , voici
les articles de leur ajustement.
1. Zuraca rendra les deux
belles Eſclaves qu'elle tient en
fermées depuis le jour de la
mort de fon mary.
1132. Elles ſeront en
qui il appartiendra.
4100
propre à
3. Elle Zuraca époufera Sa
lem , parce qu'il veut bien l'é
poufer.
4. Zulfalis choiſira celles de
toutes les belles filles ou fem
mes qui font dans cetre MaiGALANT
271
1
fon , pour l'hymen , ou autrement.
2
s. Les contractants n'abandonneront
pas le ſéjour deli.
cieux où ils font , & où ils ſe
trouvent fort à leur aiſe , à
moins que l'autorité du Prince
, ou quelque grand malheur
ne les en chaſſe .
a
Enfin les articles de ces engagemens
ne ſubſiſteront qu'-
autant qu'il plaira auſdits contractans
de les faire fubfitter.
Les deux belles Eſclaves furent
auffitôt remiſes dans les
mains de leurs Amants , & à
P'inſtant l'acte fut écrit & fi-
1
(
Zimj
272 MERCURE
gné par les parties. Les quatre
Heros decette hiſtoirey ajoûterent
cependant les articles
ſuivants.
1. Nousſuppoſons entre nous
quatre
La bonne intelligence&lafincerite:
Nous les établiſſons àperpetuité,
Et jurons de n'en rien rabattre.
2. Si le cas écheoit qu'entre
L'une change d'amant l'autre
de maîtreffe ,
Pourvû que ce ne foit qu'un ef
Say de tendreffe
Pour rendre nos plasfirs plus pin
7
GALANT. 273
SS
tsu guants plus doux,
Nouspaffons cet article&nous
3. Nous banniſſons la jalousie
Comme une paffion defous.
Que des triſtes rivaux & des
fades époux,
Cette extravagante manie
Poffede les cerveaux jaloux.
4. Quelque nouvelle ardeur
qui nous tente ou nous brûle,
Satisfaiſons tous nos defirs
Et ne nous donnonspas le travers
ridicule
De nous effrayer d'un fcrupule
Qui pourroit troubler nos plaifirs.
274 MERCURE
Ces conventions faites , ils
ſe rendirent au Palais , où elles
furent executées dans la forme
qu'on vient de lire. Les incredules
ne trouveront ſans doute
nulle apparence de raiſon ny
de ſtabilitédans des conditions
fi bizarres ; elle ſubſiſtent cependant
encore aujourd'huy,
même avec éclat , dans une
des plus belles Provinces du
Royaume dont je parle...
Fermer
6626
p. 217
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
Les Comédiens François ont continué avec la même affluence & le même succès [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
ES Comédiens François ont continué
cès les repréſentations de l'Orphelin de la
Chine , jufqu'à la neuviéme qui a été interrompue
par la maladie du Sr. Le Kain . La
piece ne fera redonnée qu'au retour du
voyage de Fontainebleau . Loin de fouffrir
de cette éclipfe , nous fommes perfuadés
qu'elle y gagnera par l'impatience que
le public aura de la revoir , & qu'elle ne
reparoîtra qu'avec plus d'éclat.
ES Comédiens François ont continué
cès les repréſentations de l'Orphelin de la
Chine , jufqu'à la neuviéme qui a été interrompue
par la maladie du Sr. Le Kain . La
piece ne fera redonnée qu'au retour du
voyage de Fontainebleau . Loin de fouffrir
de cette éclipfe , nous fommes perfuadés
qu'elle y gagnera par l'impatience que
le public aura de la revoir , & qu'elle ne
reparoîtra qu'avec plus d'éclat.
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6627
p. 119
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
3
J''AAIT lu,parordredeMonſeigneur le Chancelier,
leMercuredu mois de Novembre 1763 ,& je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſ
fion. A Paris , ce 31 Octobre 1763. GUIROΥ.
3
J''AAIT lu,parordredeMonſeigneur le Chancelier,
leMercuredu mois de Novembre 1763 ,& je n'y
ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher l'impreſ
fion. A Paris , ce 31 Octobre 1763. GUIROΥ.
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6628
p. 210
APPROBATION.
Début :
J'AY lû par ordre de Monseigneur le Chancelier, cet Abregé Historique [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'AY lû par ordre de Monseigneur
le Chancelier, cet Abregé Historique
& cette Relation concernant
le Czar, & j'ai crû que la matiere
& le stile, les rendroient agréables
au Public. Fait à Paris, ce 31. May
1717.
TERRASSON
J'AY lû par ordre de Monseigneur
le Chancelier, cet Abregé Historique
& cette Relation concernant
le Czar, & j'ai crû que la matiere
& le stile, les rendroient agréables
au Public. Fait à Paris, ce 31. May
1717.
TERRASSON
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6629
p. 210
« De l'Imprimerie de JACQUES-FRANÇOIS GROU, rue de la [...] »
Début :
De l'Imprimerie de JACQUES-FRANÇOIS GROU, rue de la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de JACQUES-FRANÇOIS GROU, rue de la [...] »
De l'Imprimerie de JACQUES-FRANÇOIS
GROU, rue de
la Huchette, au Soleil d'Or.
GROU, rue de
la Huchette, au Soleil d'Or.
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6630
p. 219-220
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Imitation d'Horace, Ode. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
ARTICLE PREMIER.
IMITATION d'Horace , Ode .
Lettre de M. D. R. à M. de Genonville.
CONSEIL à un ami.
A
Page
9
II
VERS à M. L. C. D. B. ſur ſa petite vérole. 12
VERS pour mettre au bas du portrait de
M. le Chevalier de Ch**. ibid.
HISTOIRE d'Henriette écrite par elle-même. 13
ODE à M. Thomas ſur l'éloge de Sully.
VERS adreffé à M. de Saint-Foix .
CINQUIEME & dernier caractère du vrai Philoſophe.
VERS ſur la convalescence de M. l'Evêque
d'Orléans.
44
47
ibid.
54 LE PAPILLON & l'Immortelle , Fable. 55
VERS a M. Deleurye Fils.
$7
CONSEILS à Eglé. 8
LE SONGE de Scipion , traduit par M. D.... 59
EPITRE à M. le Comte de S****. 78
ÉNIGMES.
:
80&81
LOGOGRYPHES.
: 183 & 84
CHANSON. 8
220 MERCURE DE FRANCE.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUITE du troifiéme Livre de la Pharfale ,
par M. Marmontel.
SUITF de la Poëtique Françoiſe de M.Marmontel.
!
PRINCIPES généraux & particuliers de la
86
108
Langue Françoiſe. Par M. de Wailly. 121
ANNONCES de Livres . 126&fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADÉMIES .
SUJETS propoſés par l'Académiedes Sciences,
Belles-Lettres &Arts deBesançon.
LETTRE de M. de Parcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , à M. De la Place ,
Auteur du Mercure.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs
concaves ,
SUITE des Recherches ſur la Taille du Frère
Jacques , par M. Bordenave .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris.
SUITS de la Deſcription des Tableaux expofés
au Sallon du Louvre.
DESCRIPTION des Ouvrages de Sculpture
expoſés au Sallon duLouvre en 1763 .
C
138
140
143
152
169
172
186
21
188
20
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
ARTICLE PREMIER.
IMITATION d'Horace , Ode .
Lettre de M. D. R. à M. de Genonville.
CONSEIL à un ami.
A
Page
9
II
VERS à M. L. C. D. B. ſur ſa petite vérole. 12
VERS pour mettre au bas du portrait de
M. le Chevalier de Ch**. ibid.
HISTOIRE d'Henriette écrite par elle-même. 13
ODE à M. Thomas ſur l'éloge de Sully.
VERS adreffé à M. de Saint-Foix .
CINQUIEME & dernier caractère du vrai Philoſophe.
VERS ſur la convalescence de M. l'Evêque
d'Orléans.
44
47
ibid.
54 LE PAPILLON & l'Immortelle , Fable. 55
VERS a M. Deleurye Fils.
$7
CONSEILS à Eglé. 8
LE SONGE de Scipion , traduit par M. D.... 59
EPITRE à M. le Comte de S****. 78
ÉNIGMES.
:
80&81
LOGOGRYPHES.
: 183 & 84
CHANSON. 8
220 MERCURE DE FRANCE.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
SUITE du troifiéme Livre de la Pharfale ,
par M. Marmontel.
SUITF de la Poëtique Françoiſe de M.Marmontel.
!
PRINCIPES généraux & particuliers de la
86
108
Langue Françoiſe. Par M. de Wailly. 121
ANNONCES de Livres . 126&fuiv.
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES- LETTRES.
ACADÉMIES .
SUJETS propoſés par l'Académiedes Sciences,
Belles-Lettres &Arts deBesançon.
LETTRE de M. de Parcieux , de l'Académie
Royale des Sciences , à M. De la Place ,
Auteur du Mercure.
ART. IV. BEAUX - ARTS.
ARTS UTILES.
SUITE de l'Abrégé des propriétés des Miroirs
concaves ,
SUITE des Recherches ſur la Taille du Frère
Jacques , par M. Bordenave .
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
ART. V. SPECTACLES.
SUITE des Spectacles de la Cour à Fontainebleau.
SPECTACLES de Paris.
SUITS de la Deſcription des Tableaux expofés
au Sallon du Louvre.
DESCRIPTION des Ouvrages de Sculpture
expoſés au Sallon duLouvre en 1763 .
C
138
140
143
152
169
172
186
21
188
20
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en cinq sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des poèmes et lettres, tels qu'une imitation d'Horace et des vers adressés à divers individus. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient la suite du troisième livre de la Pharsale de Marmontel, la suite de la Poétique Françoise de Marmontel, des principes de la langue française par de Wailly, et des annonces de livres. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', mentionne des sujets proposés par l'Académie des Sciences de Besançon et une lettre de Parcieux. La quatrième section, 'Beaux-Arts', est divisée en arts utiles et arts agréables, incluant des recherches sur les miroirs concaves et des descriptions de gravures. Enfin, la cinquième section, 'Spectacles', détaille les spectacles de la cour à Fontainebleau, les spectacles de Paris, et les descriptions des tableaux et sculptures exposés au Salon du Louvre en 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6631
p. 5-6
A M. LE COMTE D'ARGENSON, En lui présentant un manuscrit des médaillons, sur les campagnes du Roi.
Début :
A qui pourrois-je mieux offrir [...]
Mots clefs :
Jupiter, Pallas, Arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. LE COMTE D'ARGENSON, En lui présentant un manuscrit des médaillons, sur les campagnes du Roi.
A M. LE COMTE D'ARGENSON,
En lui préfentant un manuſcrit des médaillons
, fur les campagnes du Roi.
A qui pourrois-je mieux offrir
Çes vers , fruit du repos que vos foins ont fait
naître ?
Vous aimez les beaux arts , vous les faites fleurir ;
Vous les exerceriez en maître :
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Mais , pour notre bonheur , vous manquez de
loifir.
C'eft ainfi que Pallas , des arts qu'elle difpenfe ,
Prépare les nobles fuccès ;
Un feul de fes regards oft une récompenſe ;
Le génie , ou s'annonce , ou croît par fes bien-
1 faits :
Adoptez avec elle une autre reffemblance.
Quand Jupiter , du haut des Cieux ,
Renverfoit des Titans la redoutable engeance ;
La Victoire , à pas lents , rendoit le calme aux
"
Dieux.
Pallas , prit foin de leur vengeance ;
La Foudre entre fes mains fit connoître en tous
lieux ,
2. Et Jupiter , & fa puiffance. ,
L'ame des grands fuccès , des exploits glorieux ;
C'eft le confeil & la prudence.
En lui préfentant un manuſcrit des médaillons
, fur les campagnes du Roi.
A qui pourrois-je mieux offrir
Çes vers , fruit du repos que vos foins ont fait
naître ?
Vous aimez les beaux arts , vous les faites fleurir ;
Vous les exerceriez en maître :
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Mais , pour notre bonheur , vous manquez de
loifir.
C'eft ainfi que Pallas , des arts qu'elle difpenfe ,
Prépare les nobles fuccès ;
Un feul de fes regards oft une récompenſe ;
Le génie , ou s'annonce , ou croît par fes bien-
1 faits :
Adoptez avec elle une autre reffemblance.
Quand Jupiter , du haut des Cieux ,
Renverfoit des Titans la redoutable engeance ;
La Victoire , à pas lents , rendoit le calme aux
"
Dieux.
Pallas , prit foin de leur vengeance ;
La Foudre entre fes mains fit connoître en tous
lieux ,
2. Et Jupiter , & fa puiffance. ,
L'ame des grands fuccès , des exploits glorieux ;
C'eft le confeil & la prudence.
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Résumé : A M. LE COMTE D'ARGENSON, En lui présentant un manuscrit des médaillons, sur les campagnes du Roi.
L'auteur dédie un manuscrit de médaillons relatifs aux campagnes du Roi à M. le Comte d'Argenston. Il exprime sa gratitude pour le repos accordé par les faveurs du comte et souligne son amour pour les beaux-arts. Le comte est comparé à Pallas, déesse des arts, et à Jupiter, symbolisant la force et la prudence nécessaires aux grands succès.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6632
p. [2115]-2116
AU ROY, SONNET.
Début :
A Son Char Autrefois, enchaînant la Victoire, [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY, SONNET.
AURO Y ,
SONNET.
Son Char autrefois , enchaînant la
Victoire ,
LOUIS , la foudre en main , a fcu
fes hauts faits , par
Forcer fes Ennemis à recevoir la paix ;
Triomphe qu'à jamais confacre la mémoire.
Louis XIV.
A ij Jeune
2116 MERCURE DE FRANCE
Jeune & fage héritier de fon Nom , de fa
gloire ,
Prince , fur qui le Ciel épuifa fes bienfaits ,
L'Europe entiere acorde à tes voeux fatisfaits
Un triomple plus doux , plus difficile à croire.
Digne arbitre des droits des plus grands Potentats
?
Grand Roy , pour rendre enfin le calme à leurs
Etats ,
Ce n'eft plus que fur toi que leur eſpoir fe fonde
La Difcorde aux abois fous tes coups va périr .
'Achéve , heureux LOUIS , donne la paix au
Monde ,
L'effort en eft plus grand que de le conquérir.
Par M. l'Abbé LE BLAN C.
SONNET.
Son Char autrefois , enchaînant la
Victoire ,
LOUIS , la foudre en main , a fcu
fes hauts faits , par
Forcer fes Ennemis à recevoir la paix ;
Triomphe qu'à jamais confacre la mémoire.
Louis XIV.
A ij Jeune
2116 MERCURE DE FRANCE
Jeune & fage héritier de fon Nom , de fa
gloire ,
Prince , fur qui le Ciel épuifa fes bienfaits ,
L'Europe entiere acorde à tes voeux fatisfaits
Un triomple plus doux , plus difficile à croire.
Digne arbitre des droits des plus grands Potentats
?
Grand Roy , pour rendre enfin le calme à leurs
Etats ,
Ce n'eft plus que fur toi que leur eſpoir fe fonde
La Difcorde aux abois fous tes coups va périr .
'Achéve , heureux LOUIS , donne la paix au
Monde ,
L'effort en eft plus grand que de le conquérir.
Par M. l'Abbé LE BLAN C.
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Résumé : AU ROY, SONNET.
Le sonnet de l'Abbé Le Blanc célèbre Louis XIV et son fils, le Grand Dauphin. Louis XIV est comparé à Jupiter, imposant la paix par ses exploits militaires. Le Dauphin est loué pour sa sagesse et ses succès pacifiques, acclamés en Europe. Il est présenté comme un arbitre capable de rétablir la paix. Le sonnet se conclut par un appel à Louis XIV pour achever son œuvre en apportant la paix au monde.
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6633
p. 223-224
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Dimanche 21. de ce mois Mr Boisnier, Sr de la Mothe, [...]
Mots clefs :
Ministre, Religion de Calvin, Cérémonies, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le Dimanche 21. de ce
mois M' Boifnier , S de la
Mothe , Petit-Fils de M de
Tiiij
224 MERCURE
la Gabte , Miniftre de Bourgueil
, & Neveu de M' Amiraut
Miniftre de Saumur, abjura
la Religion de Calvin entre
les mains duPere Alexis du
Buc Théatin, en préſence de
M'l'Abbé de Bourgueil, & de
M' le Commandeur le Tellier
, tous deux Fils de M' le
Marquis de Louvois . La Ce
rémonie fe fit dans l'Eglife
des Théatins à l'iffuë de la
Controverfe.
mois M' Boifnier , S de la
Mothe , Petit-Fils de M de
Tiiij
224 MERCURE
la Gabte , Miniftre de Bourgueil
, & Neveu de M' Amiraut
Miniftre de Saumur, abjura
la Religion de Calvin entre
les mains duPere Alexis du
Buc Théatin, en préſence de
M'l'Abbé de Bourgueil, & de
M' le Commandeur le Tellier
, tous deux Fils de M' le
Marquis de Louvois . La Ce
rémonie fe fit dans l'Eglife
des Théatins à l'iffuë de la
Controverfe.
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6634
s. p.
TABLE
Début :
Pieces Fugitives. Réponse en Vers de M. de Voltaire à Mlle de la Vigne. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE
ABLE
Ieces Fugitives. Réponse en Vers de M. de Voltaire à Mile de la Vigne, 1887
Suite des Conférences sur la paix entre les Turcs et les Persans ,
Le Progrès de la Tragédie , Ode.
Ode sur le Jugement, Dernier ,
Lettre sur l'Ordonnance de Bacchus ,
1891
1907
1912
1929
Lettre sur la Litterature des Mahometans , &c.
1933
Idylle à M. de Fontenelle par Mie de la Vigne
Troisiéme Lettre sur Oran , &c.
Enigmes , Logogryphes ,
que raisonnée , &c.
Essai sur la Peinture et sur la Poësie ,
Le Spectacle de la Nature , Histoire naturelle
1941
1953
1970
Nouvelles Litteraires des beaux Arts , Bibliothe-
·1975
1977
1983
1991
1993 2000
Rondeau sur les Des Camargo , &c.
Hérissons vivans rendus par une Vache
Inscription Latine proposée à faire ,
2002
> 2003
2004
&C.
Dictionnaire Economique , &c.
Gallia Christiana , &c. Tome V.
Déliberation sur la Coregraphic, &c.
Nouvel Ordre de Chevalerie en Dannemarck
Chanson notée ,
-9
2005
2007
Spectacles , Tragédie et Ballet , et Décoration du ,
College de Louis Le Grand , 2009
L'Ecole des Meres , Comédie , Extrait. 2017 L'Opéra Comique , Extrait des Piéces • 2026
Scylla , Tragédie en musique , 2034
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et de Perse
2036
Lettre écrite de Constantinople , &c. 2037
Journal du Camp de Villa-Nova,en Pologne, 2047
D'Allemagne , d'Ita ie et d'Espagne ,
2014
France , nouvelles de la Cour, de Paris , &c. 2c6C
Camp du Régiment du Roi à Fontainebleau, 2061
Orage à Joigny ,
2070
Fête donnée en Provence , 2071
Récéption du Marquis de Sassenage à Grenoble ,
2074
Epitre en Vers , 2077
Morts , Mariages , 2078
Lit de Justice , Déclarations et Arrêts. 2080
Ieces Fugitives. Réponse en Vers de M. de Voltaire à Mile de la Vigne, 1887
Suite des Conférences sur la paix entre les Turcs et les Persans ,
Le Progrès de la Tragédie , Ode.
Ode sur le Jugement, Dernier ,
Lettre sur l'Ordonnance de Bacchus ,
1891
1907
1912
1929
Lettre sur la Litterature des Mahometans , &c.
1933
Idylle à M. de Fontenelle par Mie de la Vigne
Troisiéme Lettre sur Oran , &c.
Enigmes , Logogryphes ,
que raisonnée , &c.
Essai sur la Peinture et sur la Poësie ,
Le Spectacle de la Nature , Histoire naturelle
1941
1953
1970
Nouvelles Litteraires des beaux Arts , Bibliothe-
·1975
1977
1983
1991
1993 2000
Rondeau sur les Des Camargo , &c.
Hérissons vivans rendus par une Vache
Inscription Latine proposée à faire ,
2002
> 2003
2004
&C.
Dictionnaire Economique , &c.
Gallia Christiana , &c. Tome V.
Déliberation sur la Coregraphic, &c.
Nouvel Ordre de Chevalerie en Dannemarck
Chanson notée ,
-9
2005
2007
Spectacles , Tragédie et Ballet , et Décoration du ,
College de Louis Le Grand , 2009
L'Ecole des Meres , Comédie , Extrait. 2017 L'Opéra Comique , Extrait des Piéces • 2026
Scylla , Tragédie en musique , 2034
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et de Perse
2036
Lettre écrite de Constantinople , &c. 2037
Journal du Camp de Villa-Nova,en Pologne, 2047
D'Allemagne , d'Ita ie et d'Espagne ,
2014
France , nouvelles de la Cour, de Paris , &c. 2c6C
Camp du Régiment du Roi à Fontainebleau, 2061
Orage à Joigny ,
2070
Fête donnée en Provence , 2071
Récéption du Marquis de Sassenage à Grenoble ,
2074
Epitre en Vers , 2077
Morts , Mariages , 2078
Lit de Justice , Déclarations et Arrêts. 2080
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Résumé : TABLE
Le document présente une liste chronologique d'œuvres littéraires et d'événements historiques, couvrant la période de 1887 à 2080. Les entrées incluent divers genres littéraires tels que des poèmes, des lettres, des essais, des tragédies, des odes, des journaux et des comptes rendus. Parmi les œuvres notables, on trouve des réponses en vers, des conférences sur la paix entre les Turcs et les Persans, et des lettres abordant des sujets comme l'ordonnance de Bacchus et la littérature mahométane. Le texte mentionne également des essais sur la peinture et la poésie, ainsi que des événements spécifiques tels que des fêtes, des réceptions et des lits de justice. Les dernières entrées concernent des nouvelles étrangères, des journaux de camp et des événements à la cour de France.
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6635
s. p.
TABLE.
Début :
Avertissement important, Pieces Fugitives en Vers & en Prose, Ode, 1 [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
fíl Vertijsement important ,
Pieces Fugitives en Vers & en Prose, Ode , i
Extraitd'un Mémoire su r les Eaux de B ourbo n,?
■Lettre en Vers > &c
Remarques fur les Principes du Droit François
fur les Fiefs , ,,
Vers au Chevalier Coynartj Z
Réjouissances à Dijon ,
A Sedan , 7r
Voeu Royal pour la Naissance du Dauphin, 8 1
Lettre fur les Enigmes pillées , &c. 9%
Explications du Logogryphe, &c 9j
Enigme & Logogryphe , j f
NouvBtiHs Littéraires» des Beaux Arts,
&c , 97
Addition au Traité d'Accompagnement & de
Composition , &c. 98
Nouvelles Poésies Spirituelles & Morales no
tées , &C 99
Nouvelle Traduction de Saluste , ioj
NCours des Sciences , fur des principes nou
veaux > &c. ios
L'Univers Matériel , ou Astronomie Physique,
109
Nouvelle Histoire de France* par demandes &
par réponses, n©
•Òelcrîption de h Fête des Ambassadeurs d'Es
pagne , m
Poésies Spirituelles & Morales fur les plus
beaux Airs de la Musique Françoise & Ita
lienne» 114
Epitaphe du Cardinal de Noailles , 1 % 1
Jectons frappez au premier Janvie* 17 jo, ixf
.Chanson notée ,
Spectacles, Ino & Melicerte > Extrait , _
La Dlle Dangcville la jeune , son début , 141 '
Décoration ou Temple dé Minerve à l' Opéra,
14Í
-Nouvelles du Temps, de Perse, d'Affrique,
&c. tífl
Fête du Comte deCarteja, donnée en Suéde,
iss
Nouvelles d'Allemagne & d'Italie, ij8
'Réjouissances faites a Malthe , ijj
«Nouvelles d'Espagne & d'Angleterre , ií8
Morts &r Mariages des Pays Etrangers , 170
Trance , tíouvelles , Sec. Couplets de Chan
son, 17Í
Morts , Naissances & Mariages , 181
Arrêts , Déclarations , Síc. iSS
fíl Vertijsement important ,
Pieces Fugitives en Vers & en Prose, Ode , i
Extraitd'un Mémoire su r les Eaux de B ourbo n,?
■Lettre en Vers > &c
Remarques fur les Principes du Droit François
fur les Fiefs , ,,
Vers au Chevalier Coynartj Z
Réjouissances à Dijon ,
A Sedan , 7r
Voeu Royal pour la Naissance du Dauphin, 8 1
Lettre fur les Enigmes pillées , &c. 9%
Explications du Logogryphe, &c 9j
Enigme & Logogryphe , j f
NouvBtiHs Littéraires» des Beaux Arts,
&c , 97
Addition au Traité d'Accompagnement & de
Composition , &c. 98
Nouvelles Poésies Spirituelles & Morales no
tées , &C 99
Nouvelle Traduction de Saluste , ioj
NCours des Sciences , fur des principes nou
veaux > &c. ios
L'Univers Matériel , ou Astronomie Physique,
109
Nouvelle Histoire de France* par demandes &
par réponses, n©
•Òelcrîption de h Fête des Ambassadeurs d'Es
pagne , m
Poésies Spirituelles & Morales fur les plus
beaux Airs de la Musique Françoise & Ita
lienne» 114
Epitaphe du Cardinal de Noailles , 1 % 1
Jectons frappez au premier Janvie* 17 jo, ixf
.Chanson notée ,
Spectacles, Ino & Melicerte > Extrait , _
La Dlle Dangcville la jeune , son début , 141 '
Décoration ou Temple dé Minerve à l' Opéra,
14Í
-Nouvelles du Temps, de Perse, d'Affrique,
&c. tífl
Fête du Comte deCarteja, donnée en Suéde,
iss
Nouvelles d'Allemagne & d'Italie, ij8
'Réjouissances faites a Malthe , ijj
«Nouvelles d'Espagne & d'Angleterre , ií8
Morts &r Mariages des Pays Etrangers , 170
Trance , tíouvelles , Sec. Couplets de Chan
son, 17Í
Morts , Naissances & Mariages , 181
Arrêts , Déclarations , Síc. iSS
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Résumé : TABLE.
Le document présente une table des matières d'une publication contenant divers textes et œuvres littéraires. Les principaux points incluent des poèmes, des lettres, des mémoires et des traductions. Parmi les œuvres notables, on trouve les 'Remarques sur les Principes du Droit Français' et les 'Vers au Chevalier Coynart'. Le texte mentionne également des événements spécifiques comme les 'Réjouissances à Dijon' et le 'Voeu Royal pour la Naissance du Dauphin'. Des sections sont dédiées à des sujets variés tels que les 'Nouvelles Littéraires' et les 'Beaux-Arts', ainsi qu'à des traductions comme la 'Nouvelle Traduction de Saluste'. Des œuvres scientifiques et historiques sont également présentes, comme 'L'Univers Matériel, ou Astronomie Physique' et la 'Nouvelle Histoire de France'. Le document inclut aussi des descriptions d'événements et de fêtes, ainsi que des nouvelles de divers pays, y compris la Perse, l'Afrique, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre. Enfin, des informations sur les décès, naissances et mariages sont fournies, ainsi que des arrêts et déclarations juridiques.
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6636
p. 160-161
ENIGME du mois.
Début :
Naturelle dans ma parure, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME du mois.
ENIGME
du mois.
Naturelle dans ma parure,
Etbizare dans macoëf-,
fure;
J'ai la peau douce & le
tein brun,
Voici ce quej'ai de commun
Avec unebellepersonne.
Sijenefuispoint tendre
9 helasonm'abandonne;
Mais pour tel qui desire
ardemmentde mavoir,
Je commence à devenir
bonne
Lorsqueje me dispose à
ne plus rien valoir,
du mois.
Naturelle dans ma parure,
Etbizare dans macoëf-,
fure;
J'ai la peau douce & le
tein brun,
Voici ce quej'ai de commun
Avec unebellepersonne.
Sijenefuispoint tendre
9 helasonm'abandonne;
Mais pour tel qui desire
ardemmentde mavoir,
Je commence à devenir
bonne
Lorsqueje me dispose à
ne plus rien valoir,
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6637
p. 30-31
Sur un Bonnet donné.
Début :
Venus tenoit un Bonnet dans sa main, [...]
Mots clefs :
Bonnet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur un Bonnet donné.
Sur un Bonnet donné.
Venus tenoit un Bonnet
dans sa main,.
Je t'en fais don, me dit
cette immortelle,
Sçache qu'il n'est Roy, ny
Consul Romain
Qui n'enviât une faveur si
., belle.
Malheur plûtôt; dis-je,à
toute cervelle,
Si vous coëffez ledesor1
dre s'y met;
Va,va, j'en coëffeassez
d'autresy dit-elle,
Sans leur donner, ni Tocque
ni Bonnet,
Venus tenoit un Bonnet
dans sa main,.
Je t'en fais don, me dit
cette immortelle,
Sçache qu'il n'est Roy, ny
Consul Romain
Qui n'enviât une faveur si
., belle.
Malheur plûtôt; dis-je,à
toute cervelle,
Si vous coëffez ledesor1
dre s'y met;
Va,va, j'en coëffeassez
d'autresy dit-elle,
Sans leur donner, ni Tocque
ni Bonnet,
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6638
p. 2325-2326
BENEFICES accordés par le Roi, à Metz le 13 Septembre 1744.
Début :
L'Evêché d'Alais, à M. de Vivet-de Monclus, Evêque de S. Brieux. [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Diocèse, Vicaire général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES accordés par le Roi, à Metz le 13 Septembre 1744.
BENEFICES accordés par le Roi , à
Metz le 13 Septembre 1744 .
Evêché d'Alais , à M. de Vivet- de Montclus ,
Level
Celui de S. Brieux , à M. du Ereignon Thepaul ,
Vicaire Géneral de Quimper .
L'Abbaye de S. Gilles , Diocèſe de Nîmes , à M.
de Vivet-de-Montclus , nommé à l'Evêché d'Alais .
Celle
$326 MERCURE DE FRANCE.
Celle de Franquevaux , Diocèse de Nîmes , à M.
de Bourdeilles.
Celle de Beaugency , à M. de la Ferre-Château-
Guillaume , Doyen de la Collégiale de Cléry .
Celle de S. Cyprien de Poitiers , à M. PAbbé
d'Olmieres , Vicaire Général de Lyon .
Celle de Cormeilles , Diocèſe de Lizieux , à M.
de la Baſtie , Agent Général du Clergé.
Celle de Beaupott, Diocèse de S. Brieux , à M.
de Raftignac , Agent Général du Clergé.
Celle du Paraclet , Diocèſe d'Amiens , à Mad. de
Maïlly , Religieufe aChaumonten Vexin.
Metz le 13 Septembre 1744 .
Evêché d'Alais , à M. de Vivet- de Montclus ,
Level
Celui de S. Brieux , à M. du Ereignon Thepaul ,
Vicaire Géneral de Quimper .
L'Abbaye de S. Gilles , Diocèſe de Nîmes , à M.
de Vivet-de-Montclus , nommé à l'Evêché d'Alais .
Celle
$326 MERCURE DE FRANCE.
Celle de Franquevaux , Diocèse de Nîmes , à M.
de Bourdeilles.
Celle de Beaugency , à M. de la Ferre-Château-
Guillaume , Doyen de la Collégiale de Cléry .
Celle de S. Cyprien de Poitiers , à M. PAbbé
d'Olmieres , Vicaire Général de Lyon .
Celle de Cormeilles , Diocèſe de Lizieux , à M.
de la Baſtie , Agent Général du Clergé.
Celle de Beaupott, Diocèse de S. Brieux , à M.
de Raftignac , Agent Général du Clergé.
Celle du Paraclet , Diocèſe d'Amiens , à Mad. de
Maïlly , Religieufe aChaumonten Vexin.
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6639
s. p.
STANCES IRREGULIERES Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dieu, préférablement aux Créatures.
Début :
Je déteste vos impostures, [...]
Mots clefs :
Coeurs, Amours, Créatures, Dieu, Plaisirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES IRREGULIERES Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dieu, préférablement aux Créatures.
STANCES IRREGULIERES
Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dien ,
préférablement aux Créatures.
33 J
13
E déteste vos impostures ,
Funeste amour des Créatures ;
Cédez pour jamais dans mon
、 cœur
A l'amour de mon Créateur.
Combien de fois séduit d'une fausse apparence,
La légéreté, l'inconstance ,
A ij De
1676 MERCURE DE FRANCE
De la plus piquante beauté ,
Ont-elles trompé l'esperance ,
Dont on s'étoit trop- tôt flatté ?
Combien l'aveugle phrénésie ,
D'une barbare jalousie ,
A-t-elle tourmenté de cœurs !
Et la cruelle maladie ,
Effacé de charmes vainqueurs ,
Et changé d'amours en horreurs!
Si , pour prix de notre constance,
Une flateuse préférence ,
Couronne notre passion ,
Une longue possession ,
Une facile jouissance ,
Fait cesser les tendres soupirs ;
L'amour tombe dans l'indolence ;
Le dégoût succéde aux désirs ,
Et le repentir aux plaisirs,
Mais je veux qu'il se trouve au monde
Deux cœurs si tendrement unis
Qu'au milieu d'une paix profonde ,
Ils goûtent des biens infinis ,
Et que leur ardeur mutuelle ,
A chaque instant se renouvelle ;
Ces cœurs sont-ils long- temps heureux à
Les rigueurs d'une longue absence ,
Les
A
OUST. 1732 1677
Traverseront de si beaux feux ,
Où la mort avec violence ,
Viendra briser de si doux nœuds.
Grand Dieu , l'on trouve en vous une beauté
parfaite ;
On n'y craint point de changement ;
Plus nous vous aimons constamment .
"
Et plus notre ame est satisfaite.
A celui qui veut vous chercher ;
Jamais rien ne vous peut cacher ;
Ni tumulte , ni solitude ;
Vous sçavez remplir nos désirs ,
Et par l'avant- goût des plaisirs ,
D'une sainte beatitude ,
Adoucir notre inquiétude.
La mort si terrible aux Amans ,
N'a rien à nos yeux que d'aimable ;
Nous en attendons les momens,
Comme le terme désirable ,
Qui doit à l'objet adorable
us unir éternellemen
Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dien ,
préférablement aux Créatures.
33 J
13
E déteste vos impostures ,
Funeste amour des Créatures ;
Cédez pour jamais dans mon
、 cœur
A l'amour de mon Créateur.
Combien de fois séduit d'une fausse apparence,
La légéreté, l'inconstance ,
A ij De
1676 MERCURE DE FRANCE
De la plus piquante beauté ,
Ont-elles trompé l'esperance ,
Dont on s'étoit trop- tôt flatté ?
Combien l'aveugle phrénésie ,
D'une barbare jalousie ,
A-t-elle tourmenté de cœurs !
Et la cruelle maladie ,
Effacé de charmes vainqueurs ,
Et changé d'amours en horreurs!
Si , pour prix de notre constance,
Une flateuse préférence ,
Couronne notre passion ,
Une longue possession ,
Une facile jouissance ,
Fait cesser les tendres soupirs ;
L'amour tombe dans l'indolence ;
Le dégoût succéde aux désirs ,
Et le repentir aux plaisirs,
Mais je veux qu'il se trouve au monde
Deux cœurs si tendrement unis
Qu'au milieu d'une paix profonde ,
Ils goûtent des biens infinis ,
Et que leur ardeur mutuelle ,
A chaque instant se renouvelle ;
Ces cœurs sont-ils long- temps heureux à
Les rigueurs d'une longue absence ,
Les
A
OUST. 1732 1677
Traverseront de si beaux feux ,
Où la mort avec violence ,
Viendra briser de si doux nœuds.
Grand Dieu , l'on trouve en vous une beauté
parfaite ;
On n'y craint point de changement ;
Plus nous vous aimons constamment .
"
Et plus notre ame est satisfaite.
A celui qui veut vous chercher ;
Jamais rien ne vous peut cacher ;
Ni tumulte , ni solitude ;
Vous sçavez remplir nos désirs ,
Et par l'avant- goût des plaisirs ,
D'une sainte beatitude ,
Adoucir notre inquiétude.
La mort si terrible aux Amans ,
N'a rien à nos yeux que d'aimable ;
Nous en attendons les momens,
Comme le terme désirable ,
Qui doit à l'objet adorable
us unir éternellemen
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Résumé : STANCES IRREGULIERES Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dieu, préférablement aux Créatures.
Le texte 'Stances irrégulières' met en avant les avantages d'aimer Dieu plutôt que les créatures terrestres. L'auteur critique l'amour terrestre, qui trompe souvent par des apparences fallacieuses et cause des souffrances par la jalousie et l'inconstance. Même lorsqu'il semble récompensé, il mène souvent à l'indolence, au dégoût et au repentir. Les cœurs les plus unis finissent par souffrir des rigueurs de l'absence ou de la mort. En contraste, aimer Dieu offre une beauté parfaite et constante. Dieu sait remplir les désirs et adoucir l'inquiétude par la promesse d'une béatitude sainte. La mort, redoutable pour les amants terrestres, devient désirable car elle unit éternellement à Dieu.
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6640
p. 217-219
COMEDIE ITALIENNE.
Début :
LES Comédiens Italiens ont donné quatorze représentations de la Bohémienne [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE ITALIENNE.
COMEDIE ITALIENNE.
L
fir
ES Comédiens Italiens ont donné
quatorze repréfentations de la Bohé
mienne qui a toujours fait autant de plaique
le premier jour. L'Auteur l'a retirée
pour la faire remettre cet hyver. En
quelque faifon qu'on la revoie , elle fera
toujours fure de plaire , ainfi que l'actrice
qui la repréfente. Nous réfervons l'extrait
K
218 MERCURE DE FRANCE.
que nous en avons promis pour le tems
de fa repriſe.
Le Prix de la Beauté , ou le Jugement de
Pâris , Comédie- Baliet en un acte en vers ,
par M. Mailhol , fe vend chez Duchesne ,
rue S. Jacques , au Temple du Goût . Un
Berger choifi par Jupiter pour adjuger
la pomme jettée par la Difcorde , à la plus
belle des trois Déeffes qui fe la difputent ,
ne fournit tout au plus que la matiere de
deux ou trois fcènes . On ne peut même
fe fauver que par de l'efprit , par des portraits
, ou des tirades. C'eft ce que l'auteur
a tâché de faire. Nous croyons devoir
lui confeiller de faire choix à l'avenir d'un
fujet plus théatral . Celui - ci l'eft fi peu ,
qu'il n'a jamais réuffi à aucun fpectacle ,
pas même à l'Opera , qui eft le théatre des
Dieux. Ces perfonnages font fifroids qu'ils
ne font bons qu'à y figurer quelques inftans
dans un prologue . Comme ce drame
à la rigueur n'eft fufceptible que d'un
court programme , nous nous y bornons.
Il tiendra lieu d'extrait.
Le 15 Septembre , les mêmes Comédiens
ont joué pour la premiere fois le
Derviche , Comédie en un acte , qui a reçu
de grands applaudiffemens , & qui
les mérite . Elle eft de Monfieur de Saint-
Foix ; elle est écrite & dialoguée avec
OCTOBRE. 1755. 219
tout le feu , toutes les graces , la lége
reté & la précision qui caracterifent fes
ouvrages. L'auteur a l'art aimable , mais
difficile , de faire tout paffer à la faveur
d'une gaze délicate , de rendre la volupté
décente , & d'ofer tout dire fans jamais
révolter. Toujours créateur , il donne de
l'existence aux chofes les plus légeres ; toujours
neuf , toujours varié , il ne fe copie
jamais , & ne peut être imité. Nous rendrons
un compte plus détaillé de fa piece
le mois prochain .
L
fir
ES Comédiens Italiens ont donné
quatorze repréfentations de la Bohé
mienne qui a toujours fait autant de plaique
le premier jour. L'Auteur l'a retirée
pour la faire remettre cet hyver. En
quelque faifon qu'on la revoie , elle fera
toujours fure de plaire , ainfi que l'actrice
qui la repréfente. Nous réfervons l'extrait
K
218 MERCURE DE FRANCE.
que nous en avons promis pour le tems
de fa repriſe.
Le Prix de la Beauté , ou le Jugement de
Pâris , Comédie- Baliet en un acte en vers ,
par M. Mailhol , fe vend chez Duchesne ,
rue S. Jacques , au Temple du Goût . Un
Berger choifi par Jupiter pour adjuger
la pomme jettée par la Difcorde , à la plus
belle des trois Déeffes qui fe la difputent ,
ne fournit tout au plus que la matiere de
deux ou trois fcènes . On ne peut même
fe fauver que par de l'efprit , par des portraits
, ou des tirades. C'eft ce que l'auteur
a tâché de faire. Nous croyons devoir
lui confeiller de faire choix à l'avenir d'un
fujet plus théatral . Celui - ci l'eft fi peu ,
qu'il n'a jamais réuffi à aucun fpectacle ,
pas même à l'Opera , qui eft le théatre des
Dieux. Ces perfonnages font fifroids qu'ils
ne font bons qu'à y figurer quelques inftans
dans un prologue . Comme ce drame
à la rigueur n'eft fufceptible que d'un
court programme , nous nous y bornons.
Il tiendra lieu d'extrait.
Le 15 Septembre , les mêmes Comédiens
ont joué pour la premiere fois le
Derviche , Comédie en un acte , qui a reçu
de grands applaudiffemens , & qui
les mérite . Elle eft de Monfieur de Saint-
Foix ; elle est écrite & dialoguée avec
OCTOBRE. 1755. 219
tout le feu , toutes les graces , la lége
reté & la précision qui caracterifent fes
ouvrages. L'auteur a l'art aimable , mais
difficile , de faire tout paffer à la faveur
d'une gaze délicate , de rendre la volupté
décente , & d'ofer tout dire fans jamais
révolter. Toujours créateur , il donne de
l'existence aux chofes les plus légeres ; toujours
neuf , toujours varié , il ne fe copie
jamais , & ne peut être imité. Nous rendrons
un compte plus détaillé de fa piece
le mois prochain .
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Résumé : COMEDIE ITALIENNE.
Le texte discute des représentations des Comédiens Italiens, qui ont donné quatorze représentations de 'La Bohémienne', une pièce appréciée, notamment lors de sa première. L'auteur prévoit de la reprogrammer l'hiver suivant, ainsi qu'un extrait de cette pièce. Le texte mentionne également 'Le Prix de la Beauté, ou le Jugement de Pâris', une comédie-ballet écrite par M. Mailhol. Cette œuvre, disponible chez Duchesne, raconte l'histoire d'un berger choisi par Jupiter pour attribuer la pomme de la Discorde. Cependant, elle est jugée peu théâtrale et n'a jamais captivé le public, même à l'Opéra. Le 15 septembre, les comédiens ont joué pour la première fois 'Le Derviche', une comédie en un acte de Monsieur de Saint-Foix. Cette pièce a reçu de grands applaudissements et est saluée pour son écriture feu, grâce, légèreté et précision. Saint-Foix est loué pour son art de rendre la volupté décente et sa créativité. Un compte plus détaillé de cette pièce sera publié le mois suivant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6641
p. 126-128
« Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...] »
Début :
Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...]
Mots clefs :
Amour, Boire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...] »
Les Airs de M. Marais sont si
gracieux & si chantans,
qu'on a choisi une Sarabande
du 3e Lvre qu'il
donne au Public, peur y
,
ajouter des paroles Bachiques
; on a cru inutiled'en
donner icy la Note: sitôt
que les Livres de cet excellent
Auteur paroissent
au jour, ils sont bien-tôt
entre les mains de tout le
monde.
CHANSON
à boire.
AHquel'amourdansmoncoeur
<0
ejlextrême3
C'est le dtfcvurs d'un amant langoureux
Parle autrement si tu veux que
je taIme,
Charge Baccus d m'addresser
tes veux>
Fais-moy boire un coup ou deux,
Peut êtretuferas heureux.
2. Couplet.
Ne parle plus de ton cruel martyre,
Larmes,soupirs
,
amoureuse langueur
M'affligenttrop, je veux aimer
pbur rire,
Le vin seulfera ton bonheur,
Demande àcette liqueur,
Quelest le chemin de mon coeur !
Le Livre de Monsieur Marais
se vend chezRibou, Quay
des Augustins.
gracieux & si chantans,
qu'on a choisi une Sarabande
du 3e Lvre qu'il
donne au Public, peur y
,
ajouter des paroles Bachiques
; on a cru inutiled'en
donner icy la Note: sitôt
que les Livres de cet excellent
Auteur paroissent
au jour, ils sont bien-tôt
entre les mains de tout le
monde.
CHANSON
à boire.
AHquel'amourdansmoncoeur
<0
ejlextrême3
C'est le dtfcvurs d'un amant langoureux
Parle autrement si tu veux que
je taIme,
Charge Baccus d m'addresser
tes veux>
Fais-moy boire un coup ou deux,
Peut êtretuferas heureux.
2. Couplet.
Ne parle plus de ton cruel martyre,
Larmes,soupirs
,
amoureuse langueur
M'affligenttrop, je veux aimer
pbur rire,
Le vin seulfera ton bonheur,
Demande àcette liqueur,
Quelest le chemin de mon coeur !
Le Livre de Monsieur Marais
se vend chezRibou, Quay
des Augustins.
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Résumé : « Ah que l'amour dans mon coeur est extrême, [...] »
Le texte décrit les 'Airs de M. Marais' comme gracieux et chantants. Une sarabande du troisième livre de Marais est adaptée avec des paroles bacchiques. Ses œuvres sont populaires et rapidement diffusées. Le texte inclut une chanson à boire en deux couplets, exaltant le vin pour le bonheur. Le livre est disponible chez Ribou, quai des Augustins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6642
p. 1683-1686
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DE POLICE, du 5. Juin, portant défenses aux Prop[r]ietaires [...]
Mots clefs :
Châtelet, Roi, Procureur général du roi, Foire Saint-Laurent, Procédures criminelles, Congrégation de Saint-Maur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLE S.
RDONNANCE DE POLICE , du
5. Juin , portant défenses aux Proptietaires
et Locataires des Maisons voisines de la Foire
S. Laurent , d'en louer aucunes parties pendant
ladite Foire , sans la participation de Maître Aubert
, Commissaire préposé à cet effet.
ORDONNANCE DE de
AUTRE du 19. Juin , portant Reglement
de ce qui doit être observé pendant la tenue de
de la Foite S. Laurent , par les Marchands de Paris
et Forains , qui y sont établis pour la vente de
leurs Marchandises , Denrées , & c.
›
ARREST du Parlement, du 2 . Juillet 1733
sur les Procedures criminelles du Châtelet de Paris
, &c.
Ce jour , le Procureur General du Roy entre
en la Chambre de la Tournelle , à l'occasion de
la plainte rendue au Commissaire Charles , le 20 .
Juin dernier par Anne-Catherine Miotte , femme
de René Hatte , Fermier General , et Marie Viart,
femme Boiron , sa Domestique ; le Substitut du
Procureur General du Roy au Châtelet , le Gref,
fiet dépositaire des Registres ctiminels dudit Châ.
telet , et Charles Charles , Commissaire audit Châ.
relet , mandez rendre
pour
de leur conduite
, ouis en présence du Procureur General du
Roy. Eux retirez , et oùy le Procureur General
du Roy :
compte
La matiere mise en déliberation.
La Cour a ordonné et ordonne que l'Art . 18.
du Tit. VI. de POrdonnance de 1670. Arrêts et
Reglemens de la Cour seront executez selon leur
Kij for1684
MERCURE DE FRANCE
forme et teneur , et en conséquence , qu'à comp
ter de ce jour , il sera fait au Châtelet un nouveau
Registre relié et chiffré , lequel contiendra au premier
feuillet le nombre de ceux dont il sera composé
, cotté et pataphé en tous ses feuillets par
le Lieutenant Criminel , pour être au Greffe Criminel
du Châtelet , enregistré toutes les Procedures
qui seront faites ou apportées audit Greffe
et leur datte ; ensemble le nom et la qualité du
Juge et de la Partie de suite et sans aucun blanc ,
sur lequel le Substitut du Procureur General du
Roy et autres Officiers du Châtelet qui doivent
prendre communication desdites pieces , seront
tenus de se charger en marge de l'enregistrement
d'icelles , et lesquels seront déchargez sur ledit
Registre lors du rapport desdites Pieces ; donné
Acte au Procureur General du Roy , de la plainte
qu'il rend de la soustraction de la premiere expedition
de la plainte du 20. Juin dernier , lui permet
de faire informer dudit fait , circonstances et
dépendances pardevant Me Louis -François Symonet
, Conseiller en la Cour , pour l'information
faite , communiquée au Procureur General du
Roy , et vu par la Cour , être ordonné ce que de
raison , à l'effet de quoi ordonne que le Registre,
des dépôts du Châtelet , apporté par le Greffier
Criminel du Châtelet , et laissé sur le Bureau , sera
déposé au Greffe criminel de la Cour ; et faisant
droit sur les Conclusions du Procureur General
du Roy , ordonne
que le Procès
encommencé
au
Châtelet
sur les faits résultans
de la plainte
rendue
par Anne-Catherine
Miotte
, femme
René
Hatte
, Fermier
General
, et Marie
Viard
, femme
Boiron
, sa Domestique
, au Commissaire
Charles
, le 20. Juin dernier
, sera continué
, fait et
parfait
en la Cour , aux Auteurs
, Complices
et.
Adherans
, des faits mentionnez
en ladite
plainte
,
er à cet effet que ladite
plainte
et autres
procedu
res
JUILLET. 1733. 1685
res qui peuvent avoir été faites , seront apportées ›
au Greffe Criminel de la Cour : Et que le présent
Arrêt sera lû et publié , l'Audiance du Parc Civil
du Châtelet tenante , registré ès Registres dudit
Châtelet , imprimé , publié et affiché par tout où
besoin sera. Fait en Parlement le 2. Juillet 1733- >
Collationné , DRQUET. Signé , PINTEREL.
ARREST du Conseil , du 26. Juillet 1733-
dont voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représnter une feülle imprimée
sans nom d'Auteur ou d'Imprimeur , sans
Privilege ni Permission , sous le titre de Formulaire
proposé par M. l'Archevêque de Tours , au
Chapitre general des Benedictins de la Congrégation
de S. Maur , le 3. Juillet 1733. au bas de laquelle
est un autre Ecrit intitulé , Déclaration
proposée pour être mise au bas des signatures du
Formulaire précedent : Sa Majesté auroit été en
même temps , informée , que des esprits inquiets
et mal intentionnez font tous leurs efforts pour
obtenir ou surprendre des signatures de plusieurs
Religioux de la Congregation de Saint Maur , et
former entre eux une espece d'associacion , dant
la vûë de s'opposer à ce qui s'est fait auditChapitre
general ; à quoy étant necessaire de pourvoir , non
seulement pour empécher tout ce qui pourroit
troubler la paix dans l'interieur de cette Congregation
, mais pour affermir de plus en plus la tran
quillité publique , Sa Majesté étant en son Conseil
, a ordonné et ordonne que ladite feuille im→
primée sous le titre de Formulaire proposé par M.
l'Archevêque de Tours , au Chapitre general des
Benedictins de la Congregation de Saint Maur , le
3. Juillet 1733. au bas de laquelle est un autre
écrit intitulé , Declaration propofée pour être miſe au
bas des fignatures du Formulaire precedent , sera et
demeurera supprimée : Enjoint Sa Majesté à tous
ceux
166 MERCURE DE FRANCE
ceux qui en ont des exemplaires , de les remettret
incessamment au Greffe du Sieur Herault,Conseillier
d'Estat , Lieutenant general de Police de la
Ville de Paris , pour y être supprimez : Fait def
fenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs.
et autres , de quelque état et condition qu'ils
soient , den vendre , débiter , ou autrement dis
tribuer , à peine de punition exemplaire. Ordonne
en outre Sa Majesté, que par le Sieur de Lesseville
Interdans et Commissaire départi dans la Genera
Fré de Tours , il sera informé contre ceux qui sollicitent
des signatures , ou associations , pour s'opposer
aux decrets dudit Chapitre general de la
Congregation de Saint Maur ; lui permettant de
subdeleguer tel Officier , ou Gradué , avec tel
Greffer qu'il jugera à propos , pour proceder à
ladite information, à la requête de celui qu'il comfaire
la fonction de Procureur du Roy.
Veut et ordonne Sa Majesté , qu'il soit pareillement
informé des faits cy-dessus marquez , par Iddit
Sieur Herault, Conseiller d'Etat , Lieutenant general
de Poice , à la requête du Sieur Moreau Procureur
du Roy au Châtelet , à l'égard de ce qui
peut s'être passé dans l'étendue de la Ville ,Prevôté
et Vicomté de Paris , pour les informations faites
et rapportées , y être pourvû ainsi qu'il appar-.
tiendra par Sa Majesté ; laquelle se reserve la connoissance
de toutes les difficultez ou contestations
qui pourroit avoir été formées , ou l'être dans la
suite , au sujet dudit Chapitre , et de ce qui s'y
seroit passé , Sa Majesté interdisant ladite Con
noissance à toutes ses Cours et autres Juges &c.
RDONNANCE DE POLICE , du
5. Juin , portant défenses aux Proptietaires
et Locataires des Maisons voisines de la Foire
S. Laurent , d'en louer aucunes parties pendant
ladite Foire , sans la participation de Maître Aubert
, Commissaire préposé à cet effet.
ORDONNANCE DE de
AUTRE du 19. Juin , portant Reglement
de ce qui doit être observé pendant la tenue de
de la Foite S. Laurent , par les Marchands de Paris
et Forains , qui y sont établis pour la vente de
leurs Marchandises , Denrées , & c.
›
ARREST du Parlement, du 2 . Juillet 1733
sur les Procedures criminelles du Châtelet de Paris
, &c.
Ce jour , le Procureur General du Roy entre
en la Chambre de la Tournelle , à l'occasion de
la plainte rendue au Commissaire Charles , le 20 .
Juin dernier par Anne-Catherine Miotte , femme
de René Hatte , Fermier General , et Marie Viart,
femme Boiron , sa Domestique ; le Substitut du
Procureur General du Roy au Châtelet , le Gref,
fiet dépositaire des Registres ctiminels dudit Châ.
telet , et Charles Charles , Commissaire audit Châ.
relet , mandez rendre
pour
de leur conduite
, ouis en présence du Procureur General du
Roy. Eux retirez , et oùy le Procureur General
du Roy :
compte
La matiere mise en déliberation.
La Cour a ordonné et ordonne que l'Art . 18.
du Tit. VI. de POrdonnance de 1670. Arrêts et
Reglemens de la Cour seront executez selon leur
Kij for1684
MERCURE DE FRANCE
forme et teneur , et en conséquence , qu'à comp
ter de ce jour , il sera fait au Châtelet un nouveau
Registre relié et chiffré , lequel contiendra au premier
feuillet le nombre de ceux dont il sera composé
, cotté et pataphé en tous ses feuillets par
le Lieutenant Criminel , pour être au Greffe Criminel
du Châtelet , enregistré toutes les Procedures
qui seront faites ou apportées audit Greffe
et leur datte ; ensemble le nom et la qualité du
Juge et de la Partie de suite et sans aucun blanc ,
sur lequel le Substitut du Procureur General du
Roy et autres Officiers du Châtelet qui doivent
prendre communication desdites pieces , seront
tenus de se charger en marge de l'enregistrement
d'icelles , et lesquels seront déchargez sur ledit
Registre lors du rapport desdites Pieces ; donné
Acte au Procureur General du Roy , de la plainte
qu'il rend de la soustraction de la premiere expedition
de la plainte du 20. Juin dernier , lui permet
de faire informer dudit fait , circonstances et
dépendances pardevant Me Louis -François Symonet
, Conseiller en la Cour , pour l'information
faite , communiquée au Procureur General du
Roy , et vu par la Cour , être ordonné ce que de
raison , à l'effet de quoi ordonne que le Registre,
des dépôts du Châtelet , apporté par le Greffier
Criminel du Châtelet , et laissé sur le Bureau , sera
déposé au Greffe criminel de la Cour ; et faisant
droit sur les Conclusions du Procureur General
du Roy , ordonne
que le Procès
encommencé
au
Châtelet
sur les faits résultans
de la plainte
rendue
par Anne-Catherine
Miotte
, femme
René
Hatte
, Fermier
General
, et Marie
Viard
, femme
Boiron
, sa Domestique
, au Commissaire
Charles
, le 20. Juin dernier
, sera continué
, fait et
parfait
en la Cour , aux Auteurs
, Complices
et.
Adherans
, des faits mentionnez
en ladite
plainte
,
er à cet effet que ladite
plainte
et autres
procedu
res
JUILLET. 1733. 1685
res qui peuvent avoir été faites , seront apportées ›
au Greffe Criminel de la Cour : Et que le présent
Arrêt sera lû et publié , l'Audiance du Parc Civil
du Châtelet tenante , registré ès Registres dudit
Châtelet , imprimé , publié et affiché par tout où
besoin sera. Fait en Parlement le 2. Juillet 1733- >
Collationné , DRQUET. Signé , PINTEREL.
ARREST du Conseil , du 26. Juillet 1733-
dont voici la teneur.
Le Roy s'étant fait représnter une feülle imprimée
sans nom d'Auteur ou d'Imprimeur , sans
Privilege ni Permission , sous le titre de Formulaire
proposé par M. l'Archevêque de Tours , au
Chapitre general des Benedictins de la Congrégation
de S. Maur , le 3. Juillet 1733. au bas de laquelle
est un autre Ecrit intitulé , Déclaration
proposée pour être mise au bas des signatures du
Formulaire précedent : Sa Majesté auroit été en
même temps , informée , que des esprits inquiets
et mal intentionnez font tous leurs efforts pour
obtenir ou surprendre des signatures de plusieurs
Religioux de la Congregation de Saint Maur , et
former entre eux une espece d'associacion , dant
la vûë de s'opposer à ce qui s'est fait auditChapitre
general ; à quoy étant necessaire de pourvoir , non
seulement pour empécher tout ce qui pourroit
troubler la paix dans l'interieur de cette Congregation
, mais pour affermir de plus en plus la tran
quillité publique , Sa Majesté étant en son Conseil
, a ordonné et ordonne que ladite feuille im→
primée sous le titre de Formulaire proposé par M.
l'Archevêque de Tours , au Chapitre general des
Benedictins de la Congregation de Saint Maur , le
3. Juillet 1733. au bas de laquelle est un autre
écrit intitulé , Declaration propofée pour être miſe au
bas des fignatures du Formulaire precedent , sera et
demeurera supprimée : Enjoint Sa Majesté à tous
ceux
166 MERCURE DE FRANCE
ceux qui en ont des exemplaires , de les remettret
incessamment au Greffe du Sieur Herault,Conseillier
d'Estat , Lieutenant general de Police de la
Ville de Paris , pour y être supprimez : Fait def
fenses à tous Imprimeurs , Libraires , Colporteurs.
et autres , de quelque état et condition qu'ils
soient , den vendre , débiter , ou autrement dis
tribuer , à peine de punition exemplaire. Ordonne
en outre Sa Majesté, que par le Sieur de Lesseville
Interdans et Commissaire départi dans la Genera
Fré de Tours , il sera informé contre ceux qui sollicitent
des signatures , ou associations , pour s'opposer
aux decrets dudit Chapitre general de la
Congregation de Saint Maur ; lui permettant de
subdeleguer tel Officier , ou Gradué , avec tel
Greffer qu'il jugera à propos , pour proceder à
ladite information, à la requête de celui qu'il comfaire
la fonction de Procureur du Roy.
Veut et ordonne Sa Majesté , qu'il soit pareillement
informé des faits cy-dessus marquez , par Iddit
Sieur Herault, Conseiller d'Etat , Lieutenant general
de Poice , à la requête du Sieur Moreau Procureur
du Roy au Châtelet , à l'égard de ce qui
peut s'être passé dans l'étendue de la Ville ,Prevôté
et Vicomté de Paris , pour les informations faites
et rapportées , y être pourvû ainsi qu'il appar-.
tiendra par Sa Majesté ; laquelle se reserve la connoissance
de toutes les difficultez ou contestations
qui pourroit avoir été formées , ou l'être dans la
suite , au sujet dudit Chapitre , et de ce qui s'y
seroit passé , Sa Majesté interdisant ladite Con
noissance à toutes ses Cours et autres Juges &c.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le document expose diverses ordonnances et arrêts relatifs à des affaires administratives et judiciaires en France au XVIIIe siècle. Le 5 juin, une ordonnance de police interdit aux propriétaires et locataires des maisons voisines de la Foire Saint-Laurent de louer des parties de leurs biens sans la participation de Maître Aubert, commissaire désigné. Une autre ordonnance, datée du 19 juin, régule les activités des marchands et forains pendant la foire. Le 2 juillet 1733, un arrêt du Parlement traite des procédures criminelles du Châtelet de Paris. Cet arrêt fait suite à une plainte déposée par Anne-Catherine Miotte, femme de René Hatte, Fermier Général, et Marie Viart, sa domestique, le 20 juin. La Cour ordonne la création d'un nouveau registre pour les procédures criminelles et décide que le procès en cours au Châtelet sera poursuivi en Parlement. Le 26 juillet 1733, un arrêt du Conseil supprime une feuille imprimée sans autorisation, intitulée 'Formulaire proposé par M. l'Archevêque de Tours', et interdit toute distribution ou vente de cette feuille. Le Conseil ordonne également des enquêtes sur les personnes sollicitant des signatures pour s'opposer aux décisions du Chapitre général des Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur.
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6643
p. 1-5
Au camp devant Venasque le 18. Septembre.
Début :
Mr le Marquis d'Arpajon ayant fait ouvrir la tranchée [...]
Mots clefs :
Venasque, Troupes, Hommes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au camp devant Venasque le 18. Septembre.
Au Camp devant Venasque
le 18. Septembre.
Mr le Marquis d'jfrpajon
Ayant fait ouvrir la tranchée
la nuitdu 1 1. au 12. ellefut
pousséejusqu'à une hauteur où
l'on établit uue batterie le len-
JenJain, qui commença à tirer
le jour mesme,&qui continua,
le 14. & le
1 j. ensorte que
l'onfit une bréche large de cinq
toises. Neanmoins Mr le
Marquis d'Arpajon ne jugea
pas à propos que les troupes
entreprissent d) monter, parce
qu'outre quelle étoit trop escarpée,
ilyavoitderriere, un
retranchement formé de facqs
remplisde laine
,
soutenus par
des poutres devant&derriere
& dont celle de devant étoient
en pointe vis
-
à- vis de la
bréche. Cet inconvenient fit
prendre la resolution de tirer à
bouletsrouges dans le Chasteau,
afin Jj mettre le feu, ce qui
teûjfit dés lepremier coup qui
fut tiré: le boulet mit le feu à
la paille des Casernes qui se
communiqua incontinent à la
charpente & causa un fort
grand enbrazement qui fit
fendre le mur de la Cisterne.
Le Gouverneur fit aussi-tost
battre la Chamade & la Capitulation
fut, qu'ilseroitprisonnier
de guerre avec les
troupes reglées desagarnison,
montant à trois cens hommes,
fy les Miquelets à direction.}
parmi les trois cens hommes il
y enavoit cent du Regiment
de Showel dont cinquante
prirent parti dans les troupes
du Roy d'Espagne. Le reste,
parmi lesquels ily avoit dixhuitOfficiers,
dont deux étoient
Lieutenants Colonels
3
demanderent
à ejlre conduits en
France, cm le Gouverneur,
en Atragon. La prise de ce
Chasteau rfi tres-importante,
parce qu'elle nous ouvreune
communication libre avec la
Gascogne par le pays de
Comminge: c'estoit la principale
retraite des Miquelets
de ce costé là. Ils avoient lieu
de s'ycroire en seureté, car U
situation en est si avantageux
se
,
qu'untres-petit nombre
d'hommes qui ne manqueroient
ni devivres ni de Munitions.
pourroient y tenir fort longtemps
contre une puissante
armée.
le 18. Septembre.
Mr le Marquis d'jfrpajon
Ayant fait ouvrir la tranchée
la nuitdu 1 1. au 12. ellefut
pousséejusqu'à une hauteur où
l'on établit uue batterie le len-
JenJain, qui commença à tirer
le jour mesme,&qui continua,
le 14. & le
1 j. ensorte que
l'onfit une bréche large de cinq
toises. Neanmoins Mr le
Marquis d'Arpajon ne jugea
pas à propos que les troupes
entreprissent d) monter, parce
qu'outre quelle étoit trop escarpée,
ilyavoitderriere, un
retranchement formé de facqs
remplisde laine
,
soutenus par
des poutres devant&derriere
& dont celle de devant étoient
en pointe vis
-
à- vis de la
bréche. Cet inconvenient fit
prendre la resolution de tirer à
bouletsrouges dans le Chasteau,
afin Jj mettre le feu, ce qui
teûjfit dés lepremier coup qui
fut tiré: le boulet mit le feu à
la paille des Casernes qui se
communiqua incontinent à la
charpente & causa un fort
grand enbrazement qui fit
fendre le mur de la Cisterne.
Le Gouverneur fit aussi-tost
battre la Chamade & la Capitulation
fut, qu'ilseroitprisonnier
de guerre avec les
troupes reglées desagarnison,
montant à trois cens hommes,
fy les Miquelets à direction.}
parmi les trois cens hommes il
y enavoit cent du Regiment
de Showel dont cinquante
prirent parti dans les troupes
du Roy d'Espagne. Le reste,
parmi lesquels ily avoit dixhuitOfficiers,
dont deux étoient
Lieutenants Colonels
3
demanderent
à ejlre conduits en
France, cm le Gouverneur,
en Atragon. La prise de ce
Chasteau rfi tres-importante,
parce qu'elle nous ouvreune
communication libre avec la
Gascogne par le pays de
Comminge: c'estoit la principale
retraite des Miquelets
de ce costé là. Ils avoient lieu
de s'ycroire en seureté, car U
situation en est si avantageux
se
,
qu'untres-petit nombre
d'hommes qui ne manqueroient
ni devivres ni de Munitions.
pourroient y tenir fort longtemps
contre une puissante
armée.
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Résumé : Au camp devant Venasque le 18. Septembre.
Le 18 septembre, le Marquis d'Arpajon annonce la prise du château de Venasque. Les travaux de siège, initiés la nuit du 11 au 12 septembre, ont permis d'établir une batterie qui a ouvert une brèche de cinq toises les 14 et 15 septembre. Cependant, cette brèche était protégée par des fascines remplis de laine et soutenus par des poutres. Pour surmonter cet obstacle, des boulets rouges ont été utilisés pour incendier le château. Le premier boulet a mis le feu à la paille des casernes, endommageant le mur de la citerne. Le gouverneur a alors demandé la capitulation, devenant prisonnier de guerre avec 300 hommes, dont 100 du régiment de Showel. Parmi eux, 50 ont rejoint les troupes du roi d'Espagne, tandis que les autres, incluant 18 officiers et deux lieutenants-colonels, ont demandé à être conduits en France. La prise de ce château est stratégique car elle ouvre une communication libre avec la Gascogne via le pays de Comminge, principale retraite des Miquelets. La position du château permet à un petit nombre d'hommes de tenir longtemps contre une armée puissante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6644
p. 221-225
MARIAGES ET MORTS.
Début :
François, Vicomte de Rochechouart-Pontville, épousa le 23 Juin Mademoiselle [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Vicomte, Maison de Rochechouart, Contrat, Comtes, Comtesses, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
FRANÇOIS , Vicomte de Rochechouart- Pontville,
épousa le 23 Juin Mademoiſelle Boucher. Le Roi
avoit figné le Contrat de leur mariage.
Le Vicomte de Rochechouart- Pontville , porte
le nom & les armes de Rochechouart , en qualité
de feul & unique héritier de Jean de Pontville ,
Vicomte de Breuilhé , Chambellan du Duc de
Guyenne , Sénéchal de Xaintonges , Gouverneur
de Saint-Jean d'Angely , lequel époufa l'an 1470 ,
par la volonté de Louis XI , & par les dons du Duc
de Guyenne , Anne de Rochechouart , fille unique
, & héritiere de Foucault , Vicomte de Roche
chouart , à condition d'en porter le nom & les
armes pleines , lui & fes defcendans , & ledit Foucault
, Vicomte de Rochechouart , a donné audit
de Pontville la terre & feigneurie de Tonnaycharante
, pour en difpofer à fon bon plaifir , &
en cas qu'il fût refufant d'exécuter les conditions
faites entr'eux , il rendroit ladite terre de Tonnaycharante
, & foco liv . de rente du fien .
Ce contrat fut paffé fous le fcel de Saint - Jean
d'Angely , le 20 Août 1470 , entre noble & puiffant
Seigneur Meffire Foucault , Vicomte de Ro-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
chechouart , Seigneur de Tonnay- charante & de
Mauzé , & noble & puiffant Seigneur Jean de
Pontville , Vicomte de Breuilhé , Confeiller &
Chambellan de Mgr le Duc de Guyenne d'autre
part , fur le mariage traité par plufieurs grands
Seigneurs entre ledit de Pontville & Demoifelle
Anne , fille de Meffire Foucault , Vicomte de Rochechouart
, fous les conventions ci - deſſus énoncées
.
De ce mariage celébré le 21 Août 1470 , naquirent
François de Pontville , dit de Rochechouart
, & Jeanne de Pontville , laquelle fut mariée
en 1494 avec Aimery- de Rochechouart , Scigneur
de Mortemart.
François de Pontville , dit de Rochechouart
époufa en premiere noce Renée d'Anjou , dont il
eut Bonaventure , Vicomte de Rochechouart , &.
Françoife , qui fut mariée à Airant - de la Touche ,
Seigneur de la Touche- Limofiniere.
Bonaventure mourut fans enfans , & fit donation
de fes biens à fon frere Claude , Vicomte
de Rochechouart , né du fecond mariage de
François de Pontville , dit de Rochechouart , avec
Jacquette de la Rochefoucault , fille de François
de la Rochefoucault.
Louiſe , foeur de Claude , époufa Guillaume de
Dinteville , Seigneur de Chenon .
Claude , Vicomte de Rochechouart , époufa
Blanche de Tournon , dont il eut Louis , Vicomte
de Rochechouart , Baron de Mauzé , & Jeanne ,
mariée à Aimery- de Rochechouart , Seigneur de
Mortemart , tiges des Rochechouart , Comtes de
Saint-Auvent & de Montmoreau.
Louis , Vicomte de Rochechouart , épouſa en
premiere noce Louiſe Clérambaut , dont il n'eut
point d'enfans , & en ſeconde noces Magdeleine
de Bouillé.
SEPTEMBRE. 1757. 223
1
F
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart ,
Baron du Bâtiment , lequel épousa Anne Tiercelin-
de la Chapelle - Ballon , & en eut Jean de Rochechouart
, Baron du Bâtiment , & Marie , morte
fans enfans.
Jean de Rochechouart , époufa Marie de Boulimbrocq.
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart
, mort fans enfans ; Louife de Rochechouart
, Religieufe ; Louis- Jofeph - Victor de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , Lieutenant
de la premiere Compagnie des Gardes - du- corps ,
Marie de Rochechouart , & Françoise de Rochechouare
, Religieufes.
Louis -Jofeph- Victor de Rochechouart , époufa
Marie d'Efcart ; il eut de ce mariage François de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , & Bertrand
Vicomte de Rochechouart.
€ François de Rochechouart époufa en premieres
noces Marie d'Epinay- de Saint- Luc , dont il n'eut
point d'enfans , & en fecondes noces Marie Sainte-
Geflin de Tremergat.
Il eut de ce mariage François- Louis - Marie-
Honorine , Vicomte de Rochechouart- Pontville
Baron du Bâtiment , feul héritier de la maiſon.
Bertrand , Vicomte de Rechechouart , épouſa
Julie-Sophie de Rochechouart- Jars .
Il n'y a aujourd'hui d'autres enfans de ce mariage
, que Louiſe . Alexandrine de Rochechouart,
mariée à Armand-Jacques Dupin- de Chenonceaux.
2
Le Vicomte de Rochechouart-Pontville , qui
vient d'épouſer Mademoiſelle Boucher , ne croit
pas manquer aux conditions faites par fes ayeux
en ajoutant au nom de Rochechouart , qu'il porte
le nom de Pontville , qui eft celui de ſa maiſon.
Le 21 Juin , Meffire Charles François , Vi-
Kiv
124 MERCURE DE FRANCE.
comte de Vienne , a épousé au château de la
Louptiere , en Champagne , Demoiſelle Anne-
Catherine de Relongue. Voyez pour la Maiſon de
Vienne le Dictionnaire de Moreri , & pour la
Maifon de Relongue l'Armorial de France.
La Comteffe de Befuchef, époufe du Comte
Michel- Petrowitz de Befuchef- Rumin , Chevalier
des Ordres de l'Impératrice de Ruffie , Grand
Maréchal de la Cour de cette Princeffe , un de fes
Confeillers d'Etat Intimes , & fon Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire auprès du Roi ,
mourut à Paris le 12 Juillet , âgée de trente - huit
ans. Elle fe nommoit Jeanne- Andriette-Louiſe ,
& elle étoit de la Maiſon de Carlovitz , Maifon
diftinguée en Saxe.
Le 16 du même mois eft morte à la terre de Maffveaux
, Haute-Alface , haute & puiffante Dame
Anne-Louife -Claire , Comteffe de Rottembourg ,
Dame de Remiremont , dans fa 69° année.
Elle étoit fille de Fréderic - Nicolas , Comte de
Rottembourg , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & de Dame Anne-Jeanne de Rozen ,
fille du feu Maréchal Comte de Rofen , Chevalier
des Ordres du Roi , & foeur du feu Comte de
Rottembourg , Chevalier des Ordres du Roi 2
fon Ambaffadeur en Espagne.
fille de Gabrielle-Sophie de Rohan- Chabot
Louis - Marie Bretagne Dominique de Roban-
Chabot , Duc de Rohan , Pair de France , & de
feue Charlotte-Rofalie de Châtillon , mourut à
Paris le 24 du même mois , dans la quinzieme
année de fon âge.
1
Dame Catherine Pinet , veuve de Meffire Claude
de Ceberet , Intendant Général de la Marine ,
eft morte le 4 Août en l'Abbaye de Port - Royal ,
dans la cent deuxieme année de ſon âge.
SEPTEMBRE. 1757. 225
Dame Catherine Shelden , veuve de Meffire
Arthur Dillon , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment Irlandois de
fon nom , mourut à Paris les de ce mois , âgée
de foixante-dix-sept ans.
FRANÇOIS , Vicomte de Rochechouart- Pontville,
épousa le 23 Juin Mademoiſelle Boucher. Le Roi
avoit figné le Contrat de leur mariage.
Le Vicomte de Rochechouart- Pontville , porte
le nom & les armes de Rochechouart , en qualité
de feul & unique héritier de Jean de Pontville ,
Vicomte de Breuilhé , Chambellan du Duc de
Guyenne , Sénéchal de Xaintonges , Gouverneur
de Saint-Jean d'Angely , lequel époufa l'an 1470 ,
par la volonté de Louis XI , & par les dons du Duc
de Guyenne , Anne de Rochechouart , fille unique
, & héritiere de Foucault , Vicomte de Roche
chouart , à condition d'en porter le nom & les
armes pleines , lui & fes defcendans , & ledit Foucault
, Vicomte de Rochechouart , a donné audit
de Pontville la terre & feigneurie de Tonnaycharante
, pour en difpofer à fon bon plaifir , &
en cas qu'il fût refufant d'exécuter les conditions
faites entr'eux , il rendroit ladite terre de Tonnaycharante
, & foco liv . de rente du fien .
Ce contrat fut paffé fous le fcel de Saint - Jean
d'Angely , le 20 Août 1470 , entre noble & puiffant
Seigneur Meffire Foucault , Vicomte de Ro-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
chechouart , Seigneur de Tonnay- charante & de
Mauzé , & noble & puiffant Seigneur Jean de
Pontville , Vicomte de Breuilhé , Confeiller &
Chambellan de Mgr le Duc de Guyenne d'autre
part , fur le mariage traité par plufieurs grands
Seigneurs entre ledit de Pontville & Demoifelle
Anne , fille de Meffire Foucault , Vicomte de Rochechouart
, fous les conventions ci - deſſus énoncées
.
De ce mariage celébré le 21 Août 1470 , naquirent
François de Pontville , dit de Rochechouart
, & Jeanne de Pontville , laquelle fut mariée
en 1494 avec Aimery- de Rochechouart , Scigneur
de Mortemart.
François de Pontville , dit de Rochechouart
époufa en premiere noce Renée d'Anjou , dont il
eut Bonaventure , Vicomte de Rochechouart , &.
Françoife , qui fut mariée à Airant - de la Touche ,
Seigneur de la Touche- Limofiniere.
Bonaventure mourut fans enfans , & fit donation
de fes biens à fon frere Claude , Vicomte
de Rochechouart , né du fecond mariage de
François de Pontville , dit de Rochechouart , avec
Jacquette de la Rochefoucault , fille de François
de la Rochefoucault.
Louiſe , foeur de Claude , époufa Guillaume de
Dinteville , Seigneur de Chenon .
Claude , Vicomte de Rochechouart , époufa
Blanche de Tournon , dont il eut Louis , Vicomte
de Rochechouart , Baron de Mauzé , & Jeanne ,
mariée à Aimery- de Rochechouart , Seigneur de
Mortemart , tiges des Rochechouart , Comtes de
Saint-Auvent & de Montmoreau.
Louis , Vicomte de Rochechouart , épouſa en
premiere noce Louiſe Clérambaut , dont il n'eut
point d'enfans , & en ſeconde noces Magdeleine
de Bouillé.
SEPTEMBRE. 1757. 223
1
F
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart ,
Baron du Bâtiment , lequel épousa Anne Tiercelin-
de la Chapelle - Ballon , & en eut Jean de Rochechouart
, Baron du Bâtiment , & Marie , morte
fans enfans.
Jean de Rochechouart , époufa Marie de Boulimbrocq.
Il eut de ce mariage Jean de Rochechouart
, mort fans enfans ; Louife de Rochechouart
, Religieufe ; Louis- Jofeph - Victor de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , Lieutenant
de la premiere Compagnie des Gardes - du- corps ,
Marie de Rochechouart , & Françoise de Rochechouare
, Religieufes.
Louis -Jofeph- Victor de Rochechouart , époufa
Marie d'Efcart ; il eut de ce mariage François de
Rochechouart , Baron du Bâtiment , & Bertrand
Vicomte de Rochechouart.
€ François de Rochechouart époufa en premieres
noces Marie d'Epinay- de Saint- Luc , dont il n'eut
point d'enfans , & en fecondes noces Marie Sainte-
Geflin de Tremergat.
Il eut de ce mariage François- Louis - Marie-
Honorine , Vicomte de Rochechouart- Pontville
Baron du Bâtiment , feul héritier de la maiſon.
Bertrand , Vicomte de Rechechouart , épouſa
Julie-Sophie de Rochechouart- Jars .
Il n'y a aujourd'hui d'autres enfans de ce mariage
, que Louiſe . Alexandrine de Rochechouart,
mariée à Armand-Jacques Dupin- de Chenonceaux.
2
Le Vicomte de Rochechouart-Pontville , qui
vient d'épouſer Mademoiſelle Boucher , ne croit
pas manquer aux conditions faites par fes ayeux
en ajoutant au nom de Rochechouart , qu'il porte
le nom de Pontville , qui eft celui de ſa maiſon.
Le 21 Juin , Meffire Charles François , Vi-
Kiv
124 MERCURE DE FRANCE.
comte de Vienne , a épousé au château de la
Louptiere , en Champagne , Demoiſelle Anne-
Catherine de Relongue. Voyez pour la Maiſon de
Vienne le Dictionnaire de Moreri , & pour la
Maifon de Relongue l'Armorial de France.
La Comteffe de Befuchef, époufe du Comte
Michel- Petrowitz de Befuchef- Rumin , Chevalier
des Ordres de l'Impératrice de Ruffie , Grand
Maréchal de la Cour de cette Princeffe , un de fes
Confeillers d'Etat Intimes , & fon Ambaſſadeur
Extraordinaire & Plénipotentiaire auprès du Roi ,
mourut à Paris le 12 Juillet , âgée de trente - huit
ans. Elle fe nommoit Jeanne- Andriette-Louiſe ,
& elle étoit de la Maiſon de Carlovitz , Maifon
diftinguée en Saxe.
Le 16 du même mois eft morte à la terre de Maffveaux
, Haute-Alface , haute & puiffante Dame
Anne-Louife -Claire , Comteffe de Rottembourg ,
Dame de Remiremont , dans fa 69° année.
Elle étoit fille de Fréderic - Nicolas , Comte de
Rottembourg , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & de Dame Anne-Jeanne de Rozen ,
fille du feu Maréchal Comte de Rofen , Chevalier
des Ordres du Roi , & foeur du feu Comte de
Rottembourg , Chevalier des Ordres du Roi 2
fon Ambaffadeur en Espagne.
fille de Gabrielle-Sophie de Rohan- Chabot
Louis - Marie Bretagne Dominique de Roban-
Chabot , Duc de Rohan , Pair de France , & de
feue Charlotte-Rofalie de Châtillon , mourut à
Paris le 24 du même mois , dans la quinzieme
année de fon âge.
1
Dame Catherine Pinet , veuve de Meffire Claude
de Ceberet , Intendant Général de la Marine ,
eft morte le 4 Août en l'Abbaye de Port - Royal ,
dans la cent deuxieme année de ſon âge.
SEPTEMBRE. 1757. 225
Dame Catherine Shelden , veuve de Meffire
Arthur Dillon , Lieutenant Général des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment Irlandois de
fon nom , mourut à Paris les de ce mois , âgée
de foixante-dix-sept ans.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
Le texte relate plusieurs mariages et décès au sein de la famille Rochechouart et d'autres familles nobles. Le Vicomte de Rochechouart-Pontville, François, a épousé Mademoiselle Boucher le 23 juin avec l'approbation du Roi. La lignée des Rochechouart remonte à Jean de Pontville, qui épousa Anne de Rochechouart en 1470 sous la volonté de Louis XI. De ce mariage naquirent François de Pontville et Jeanne de Pontville, mariée en 1494 à Aimery de Rochechouart. François de Pontville eut plusieurs enfants, dont Bonaventure, mort sans descendance, et Claude, Vicomte de Rochechouart, qui épousa Blanche de Tournon. Claude eut Louis, Vicomte de Rochechouart, et Jeanne, mariée à Aimery de Rochechouart. Louis épousa Magdeleine de Bouillé, et ils eurent Jean de Rochechouart, Baron du Bâtiment, qui épousa Marie de Boulimbrocq. Leur fils, Louis-Joseph-Victor de Rochechouart, épousa Marie d'Escart et eut François de Rochechouart, Baron du Bâtiment, et Bertrand, Vicomte de Rochechouart. Le texte mentionne également d'autres mariages et décès, tels que celui de la Comtesse de Besuchef, Jeanne-Andriette-Louise de Carlovitz, morte à Paris à l'âge de trente-huit ans, et de la Comtesse de Rottembourg, Anne-Louise-Claire, morte à l'âge de soixante-neuf ans. D'autres décès notables incluent ceux de Louis-Marie-Bretagne Dominique de Rohan-Chabot, Duc de Rohan, et de Dame Catherine Pinet, veuve de Claude de Cèberet, morte à l'âge de cent deux ans.
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6645
s. p.
EPITRE d'un Curé du N.. à Madame la Marquise de S. R. à Paris.
Début :
DE votre voix l'attrait persuasif [...]
Mots clefs :
Église, Cœur, Gloire, Amour, Voix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE d'un Curé du N.. à Madame la Marquise de S. R. à Paris.
EPITRE d'un Curé du N.. à Madame
la Marquife de S. R. à Paris.
D.E votre voix l'attrait perſuaſif
Sçut m'arracher jadis , fage Marquife ,
D'un lieu de peine * , où les loix de l'Eglife
Depuis un an me retenoient captif.
Avec encor plus de force & d'empire ,
*Le Séminaire.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
La même voix me réveille & me tire
D'un froid repos dont , loin de l'hélicon
Le défeſpoir de grimper à fa cime ,
Et de cueillir le laurier de la rime ,
Avoit fajfi mon timide Apollon."
Oui , dans la douce & charmante carrière ,
Où , dès l'abord , mes premières chanfons
Avoient eu l'art ou le bonheur de plaire ,
Je fommeillois couché fous la barrière.
Avois-je tort ? Ecoutez mes raiſons .
Un bon Poëte , ainſi que tout grand-homme ,
Tout bien compté , Madame, n'eft en lomme,
Que l'effet feul de quelque paffion ,
Rapide , ardente , & pleine d'action ,
Dont le feu vif faifit , pénétre , enflamme ,
Brule fon coeur des plus hardis tranſports :
Ainfi que l'âme eſt le reffort du corps ,
Les Paffions font le reffort de l'âme.
La gloire , l'or , l'amour , l'ambition ;
Tel eft l'inftinct des actions fublimes ,
Des grands talens , des vertus & des crimes.
Qui n'eft piqué de ce vif aiguillon ,
Foible jouet d'efforts pufillanimes ,
Au champ de Mars n'eft jamais qu'un poltron ,
Au double- mont qu'un Raccolleur de rimes .
Les Paffions font la divinité
Que , fous le nom de Démon , de Génie ,
De Muſe , enfin de Dieux de l'harmonie ,
Chanta jadis la docte antiquité.
M A I. 1763. 7
Or appliquons cette maxime fûre.
D'un pauvre hère , à qui , pour fon malheur ,
L'ordre du Sort confia la pâture
Et le falut du troupeau du Seigneur ;
D'un Preſtolet , vrai Pâtre évangélique ,
Fait pour trotter , fans repos & fans fin ,
Sur tous les pas d'un animal ruſtique ,
A mille écarts par fa malice enclin :
Si quelquefois , las de courir en vain ,
Affis le foir au bord d'une prairie ,
Au lieu d'aller irriter fon chagrin ,
Par quelque trifte & fotte rêverie ,
Sur des pipeaux affemblés de fa main ,
Pour le diftraire , il lui prend fantaiſie
De frédonner quelqu'air vif & badin ,
Quelle fera fa-muſe , ſon génie !
L'ambition ? Mais la fienne eft remplie
Quand les amis , ou fon heureux deftin
.8.30 °
1
Ont pu le mettre à l'abri de la * faim.( a )
1001
La foif de l'or ? Eh ! comment pourroit naître
Če fol defir au coeur étroit d'un être ,
F
Qui quelquefois n'a pas fon faoul de pain ? ( b )
L'amour O ciel , d'une telle foibleffe
201 I
Daigne à jamais fauver fon chafte coeur :
D'un triple acier défends- en la froideur
t
Voyez la fin de la Piéce , où l'on a renvoyé
les Notes pour la commodité de ceux qui ne voú,
dront pas les lire,
A iv .
8 MERCURE DE FRANCE.
Contre les feux d'une oeillade traîtreffe ;
Tour , jufqu'à l'air du Dieu de la tendreffe
Doir pour un Prêtre être un objet d'horreur.
La gloire Hélas ! des Pafteurs de l'Eglife ,
Depuis longtemps le mondain orgireilletix.c
Borne la gloire au foin religieux.
De bien remplir des devoirs qu'il mépriſe.
Etrange état que l'état clérical !
Aux yeur d'un fiècle où la licence regne ,
Un Prêtre eft-il modefte ? on le délaigne :
Dail
C'est un cagot , un Sage machinal il
Eft-il doué d'un efprit vif, aimable ;
Par fois au jeu , dans les cercles , à table ,
Léger ,badin , fémillant , jovial ?
Tout eft perdu : fa gaîté fcandalife
Tout à la fois & le monde , & l'Eglife.
Eft-if néé doux ? C'eſt un bon animal ,
en fr for permettre .
Devant lequel on fçait tout le
Entit zélé , fermé ? C'est un brutal
Un orgueilleux qui voudroit tout foumettre
Aujoug facré du bâton Paftoral.
As Rock the rodette
Enfin , qui fcait , fur cette mer
stileb ich 90
obliqué ,
Guider la nef , d'un cours toujours égal
Entre l'amour & l'eftime publique
Sans donner onc en nul écueil fatal ,
N'eft pas un Sot ; & , dans ce temps critique,
-Malgré les flors , les vents , & les Anglois
Des bords Bretons jufqu'à la Märtinique.,
M.A 1. 1763.
Pourroit paller vingt Régimens François.
Mais rev enons. Du Lyrique rivage
Mainte raiſons m'interdifant l'accès ,
J'avois fait vou, clos dans mon hermitage,
D'en oublier pour toujours le langage,
Et rachetant par un filence fage
Le temps perdu de mes foibles éſſais ,
De confacrer tous mes foins déformais
Aux feuls devoirs où mon état m'engage.
De ce deffein qu'encore affermiffoir
Certain penchant à la fainéantiſe ,
Vice qu'on fçait fi cher aux gens d'Eglife ,
Et que mon coeur idolâtre en fecret ,
Par vos diſcours, éloquente Marquise ,
Vous m'excitez à rompre le projet.
Vos volontés font des loix que j'adore.
Sans oppofer nulle vaine raifon
A des defirs dont le motif m'honore ,
Je céde , & vais , pour quelques jours encore
Porter mes pas dans le facré vallon .
Si pour monter juſqu'aux lieux deſirables ,
Où les neuf Soeurs , loin des vulgaires yeux ,
Ont établi leur ſéjour radieux ,
Et révélé tant de fecrets aimables
Aux Arrquets , aux Rouffeaus , aux Chaulieux ,
J'avois befoin des aîles fecourables
De quelqu'inting plein de nerf & d'ardeur ,
Le fouvenir profond qu'en traits de flamme
Ont imprimé vos bienfaits en mon âme ,
A v
10 MERCURE DE FRANCE . ,
Sera mon guide & mon introducteur.
"
A. D. d. P. le .... 1762 .
la Marquife de S. R. à Paris.
D.E votre voix l'attrait perſuaſif
Sçut m'arracher jadis , fage Marquife ,
D'un lieu de peine * , où les loix de l'Eglife
Depuis un an me retenoient captif.
Avec encor plus de force & d'empire ,
*Le Séminaire.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE .
La même voix me réveille & me tire
D'un froid repos dont , loin de l'hélicon
Le défeſpoir de grimper à fa cime ,
Et de cueillir le laurier de la rime ,
Avoit fajfi mon timide Apollon."
Oui , dans la douce & charmante carrière ,
Où , dès l'abord , mes premières chanfons
Avoient eu l'art ou le bonheur de plaire ,
Je fommeillois couché fous la barrière.
Avois-je tort ? Ecoutez mes raiſons .
Un bon Poëte , ainſi que tout grand-homme ,
Tout bien compté , Madame, n'eft en lomme,
Que l'effet feul de quelque paffion ,
Rapide , ardente , & pleine d'action ,
Dont le feu vif faifit , pénétre , enflamme ,
Brule fon coeur des plus hardis tranſports :
Ainfi que l'âme eſt le reffort du corps ,
Les Paffions font le reffort de l'âme.
La gloire , l'or , l'amour , l'ambition ;
Tel eft l'inftinct des actions fublimes ,
Des grands talens , des vertus & des crimes.
Qui n'eft piqué de ce vif aiguillon ,
Foible jouet d'efforts pufillanimes ,
Au champ de Mars n'eft jamais qu'un poltron ,
Au double- mont qu'un Raccolleur de rimes .
Les Paffions font la divinité
Que , fous le nom de Démon , de Génie ,
De Muſe , enfin de Dieux de l'harmonie ,
Chanta jadis la docte antiquité.
M A I. 1763. 7
Or appliquons cette maxime fûre.
D'un pauvre hère , à qui , pour fon malheur ,
L'ordre du Sort confia la pâture
Et le falut du troupeau du Seigneur ;
D'un Preſtolet , vrai Pâtre évangélique ,
Fait pour trotter , fans repos & fans fin ,
Sur tous les pas d'un animal ruſtique ,
A mille écarts par fa malice enclin :
Si quelquefois , las de courir en vain ,
Affis le foir au bord d'une prairie ,
Au lieu d'aller irriter fon chagrin ,
Par quelque trifte & fotte rêverie ,
Sur des pipeaux affemblés de fa main ,
Pour le diftraire , il lui prend fantaiſie
De frédonner quelqu'air vif & badin ,
Quelle fera fa-muſe , ſon génie !
L'ambition ? Mais la fienne eft remplie
Quand les amis , ou fon heureux deftin
.8.30 °
1
Ont pu le mettre à l'abri de la * faim.( a )
1001
La foif de l'or ? Eh ! comment pourroit naître
Če fol defir au coeur étroit d'un être ,
F
Qui quelquefois n'a pas fon faoul de pain ? ( b )
L'amour O ciel , d'une telle foibleffe
201 I
Daigne à jamais fauver fon chafte coeur :
D'un triple acier défends- en la froideur
t
Voyez la fin de la Piéce , où l'on a renvoyé
les Notes pour la commodité de ceux qui ne voú,
dront pas les lire,
A iv .
8 MERCURE DE FRANCE.
Contre les feux d'une oeillade traîtreffe ;
Tour , jufqu'à l'air du Dieu de la tendreffe
Doir pour un Prêtre être un objet d'horreur.
La gloire Hélas ! des Pafteurs de l'Eglife ,
Depuis longtemps le mondain orgireilletix.c
Borne la gloire au foin religieux.
De bien remplir des devoirs qu'il mépriſe.
Etrange état que l'état clérical !
Aux yeur d'un fiècle où la licence regne ,
Un Prêtre eft-il modefte ? on le délaigne :
Dail
C'est un cagot , un Sage machinal il
Eft-il doué d'un efprit vif, aimable ;
Par fois au jeu , dans les cercles , à table ,
Léger ,badin , fémillant , jovial ?
Tout eft perdu : fa gaîté fcandalife
Tout à la fois & le monde , & l'Eglife.
Eft-if néé doux ? C'eſt un bon animal ,
en fr for permettre .
Devant lequel on fçait tout le
Entit zélé , fermé ? C'est un brutal
Un orgueilleux qui voudroit tout foumettre
Aujoug facré du bâton Paftoral.
As Rock the rodette
Enfin , qui fcait , fur cette mer
stileb ich 90
obliqué ,
Guider la nef , d'un cours toujours égal
Entre l'amour & l'eftime publique
Sans donner onc en nul écueil fatal ,
N'eft pas un Sot ; & , dans ce temps critique,
-Malgré les flors , les vents , & les Anglois
Des bords Bretons jufqu'à la Märtinique.,
M.A 1. 1763.
Pourroit paller vingt Régimens François.
Mais rev enons. Du Lyrique rivage
Mainte raiſons m'interdifant l'accès ,
J'avois fait vou, clos dans mon hermitage,
D'en oublier pour toujours le langage,
Et rachetant par un filence fage
Le temps perdu de mes foibles éſſais ,
De confacrer tous mes foins déformais
Aux feuls devoirs où mon état m'engage.
De ce deffein qu'encore affermiffoir
Certain penchant à la fainéantiſe ,
Vice qu'on fçait fi cher aux gens d'Eglife ,
Et que mon coeur idolâtre en fecret ,
Par vos diſcours, éloquente Marquise ,
Vous m'excitez à rompre le projet.
Vos volontés font des loix que j'adore.
Sans oppofer nulle vaine raifon
A des defirs dont le motif m'honore ,
Je céde , & vais , pour quelques jours encore
Porter mes pas dans le facré vallon .
Si pour monter juſqu'aux lieux deſirables ,
Où les neuf Soeurs , loin des vulgaires yeux ,
Ont établi leur ſéjour radieux ,
Et révélé tant de fecrets aimables
Aux Arrquets , aux Rouffeaus , aux Chaulieux ,
J'avois befoin des aîles fecourables
De quelqu'inting plein de nerf & d'ardeur ,
Le fouvenir profond qu'en traits de flamme
Ont imprimé vos bienfaits en mon âme ,
A v
10 MERCURE DE FRANCE . ,
Sera mon guide & mon introducteur.
"
A. D. d. P. le .... 1762 .
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Résumé : EPITRE d'un Curé du N.. à Madame la Marquise de S. R. à Paris.
Dans une épître, un curé adresse un message à la marquise de S. R. à Paris. Il exprime sa gratitude envers la marquise, dont la voix persuasive l'a incité à quitter un lieu de peine, probablement le séminaire, et à sortir d'un état de désespoir littéraire. Le curé justifie son abandon temporaire de la poésie en affirmant que les passions sont essentielles pour créer des œuvres sublimes. Il décrit les passions comme le moteur des actions humaines, qu'elles soient nobles ou criminelles. Le curé se compare à un pasteur évangélique, chargé de la pâture et du salut du troupeau du Seigneur. Il se trouve confronté à des contraintes qui limitent ses aspirations poétiques. Il évoque l'ambition, la soif de l'or et l'amour comme des passions inaccessibles à un prêtre. Il déplore l'état clérical, où la modestie est délaissée et la gaieté devient scandaleuse. Il exprime la difficulté de naviguer entre les attentes du monde et celles de l'Église. Le curé révèle qu'il avait fait vœu d'oublier la poésie, mais les discours de la marquise l'incitent à revenir à cette passion. Il accepte de se rendre de nouveau dans le 'sacré vallon' pour quelques jours, guidé par le souvenir des bienfaits de la marquise.
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6646
p. 199-204
L'ESPERANCE. ODE.
Début :
Accours divine Polhimnie ; [...]
Mots clefs :
Espérance, Dieux
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texteReconnaissance textuelle : L'ESPERANCE. ODE.
L'ESPERANCE.
O D E.
Ccours divine Polhimnie ;
Je sens de lyriques transports ;
Viens inspirer à mon génie ,
L'Art qui charma le Dieu des Morts
Par une peinture fidelle ,
Inconnue au Pinceau d'Apelle ,
Je prétens prouver aujourd'hui` ;
A ij Que
200 MERCURE DE FRANCE
Que l'homme dans son éxistence ,
N'a d'autre but que l'Esperance ,
D'autre guide , ni d'autre appui.
En vain dans le sein des richesses ,
Un Mortel est enseveli ;
Bien-tôt de ces enchanteresses ,
Son coeur cesse d'être ébloüi ;
C'est le plus haut rang qu'il espere.
Mais en vain par cette chimere ,
Il croit son espoir abattų .
Semblable à la Tonne perfide ,
En se remplissant il se vuide ,
Et meurt sans le bien attendu.
Jeunes Guerriers , qui de Bellone ,
Suivez par tout les Etendarts ;
C'est l'Esperance qui vous donne
L'ardeur de courir aux hazards.
La Paix pour vous n'a point de charmes ,
C'est dans le plus fort des allarines ,
Que voys goûtez quelques douceurs ,
Dans l'attente que votre gloire ,
Bien -tôt au Temple de Mémoire ,
Trouvera des admirateurs.
Quand
FEVRIE R. 1733. 201
Quand de la Boëte de Pandore ,
Pour punir nos divers deffauts ,
Jadis les Dieux firent éclore ,
Nos Tyrans sous le nom de maux.
Ils y laisserent par clémence ,
Ou pour marquer leur Providence ,
L'espoir , ressource des Mortels ,
Faveur à jamais nécessaire ,
Pour soulager notre misere ,
Et pour l'honneur de leurs Autels.
來
Jamais le remors de nos crimes ,
N'eût mis le coûteau dans nos mains ,
Pour leur immoler des Victimes ,
Au gré de leurs pieux desseins ;
Lhomme dans sa funeste course ,
Ne trouvant aucune ressource >
Que dans les bras du désespoir ,
Eût maudit leur pouvoir suprême,
Et la rage en ce mal extrême ,
Leur auroit ravi l'Encensoir.
Esperance , ô Fille divine !
Tu calmes seule nos Esprits ;
C'est toi qui soutiens la Machine ,
Dont nos yeux sont toujours surpris.
Le Pauvre au sein de l'indigence ,
A iij
Par
202 MERCURE DE FRANCE
Par toi se croit dans l'opulence ,
Oubliant son funeste état ;
Et le Roy qui perd sa Couronne
Par les disgraces de Bellonne ,
Sans la porter, en voit l'éclat.
M
A l'envi tout te rend hommage ,
Tout aime à vivre sous ta loi ;
Tu sçais ranimer le courage ,
Dans un péril digne d'effroi ,
Le Nocher sans mâts , sans boussole
Tourmenté des Sujets d'Eole ,
Croit encore entrevoir le Port ;
Ainsi malgré le sort contraire ,
Tout nous paroît imaginaire ,
Même l'image de la mort.
Dans cette douce confiance ,
Notre coeur rempli de projets ,
Dans un éloignement immense ,
Voit la fin de tous ses souhaits ;
Entouré d'une nuit obscure ,
Le Sçavant croit de la Nature ,
Développer l'Art merveilleux ,
Et l'Esprit sublime se flatte ,
D'approfondir la triple Hécate ,
Secret réservé pour les Dieux.
Elle
FEVRIER. 203 1733.
Elle fit toujours les grands hommes ,
Par le crime ou par la vertu ;
Même dans le siecle où nous sommes ,
Tout son pouvoir nous est connu.
Caton de ses moeurs épurées ,
Chez les Romains tant réverées ,
Attendoit un nom glorieux ;
Et Brutus , cet insigne Traître,
Comptoit en immolant son Maître ,
D'être admiré de ses Neveux . dura
Sous les Loix du Dieu de Cythere
C'est elle qui range nos coeurs ;
Sans elle il ne sçauroit nous plaire ,
Malgré ses attraits enchanteurs ;
Son Carquois , ses traits et ses chaînes ,
Ne seroient que des Armes vaines ,
Pour combattre et vaincre nos sens ;
Nous lui résisterions sans cesse ,
Si pour prix de notre tendresse ,
Nous n'esperions ses doux présents.
.Ne vous aveuglez point , Monarques ,
C'est elle qui peuple vos Cours ;
Quel zele ! et par combien de marques ,
On le signale tous les jours !
Vous vivriez en Solitaires ,
A.iiij De
204 MERCURE DE FRANCE
De vos grandeurs imaginaires ,
Seuls épris et contemplateurs ;
Si marchant toujours sur vos traces ,
Elle ne promettoit les graces ,
Dont vous êtes dispensateurs. "
Est-ce à toi , Nymphe du Permesse,
A qui ma Lyre doit ses sons ?
Non , la Déïté qui me presse ,
Inspire mieux ses Nourrissons ;
Elle fut l'Auteur des merveilles ,
Qui charment encor nos oreilles ,
Malgré la cruauté des temps ;
L'ayant pour but dans cet Ouvrage ,
Je compte déja sur l'hommage ,
Du Pinde et de ses Habitans.
O D E.
Ccours divine Polhimnie ;
Je sens de lyriques transports ;
Viens inspirer à mon génie ,
L'Art qui charma le Dieu des Morts
Par une peinture fidelle ,
Inconnue au Pinceau d'Apelle ,
Je prétens prouver aujourd'hui` ;
A ij Que
200 MERCURE DE FRANCE
Que l'homme dans son éxistence ,
N'a d'autre but que l'Esperance ,
D'autre guide , ni d'autre appui.
En vain dans le sein des richesses ,
Un Mortel est enseveli ;
Bien-tôt de ces enchanteresses ,
Son coeur cesse d'être ébloüi ;
C'est le plus haut rang qu'il espere.
Mais en vain par cette chimere ,
Il croit son espoir abattų .
Semblable à la Tonne perfide ,
En se remplissant il se vuide ,
Et meurt sans le bien attendu.
Jeunes Guerriers , qui de Bellone ,
Suivez par tout les Etendarts ;
C'est l'Esperance qui vous donne
L'ardeur de courir aux hazards.
La Paix pour vous n'a point de charmes ,
C'est dans le plus fort des allarines ,
Que voys goûtez quelques douceurs ,
Dans l'attente que votre gloire ,
Bien -tôt au Temple de Mémoire ,
Trouvera des admirateurs.
Quand
FEVRIE R. 1733. 201
Quand de la Boëte de Pandore ,
Pour punir nos divers deffauts ,
Jadis les Dieux firent éclore ,
Nos Tyrans sous le nom de maux.
Ils y laisserent par clémence ,
Ou pour marquer leur Providence ,
L'espoir , ressource des Mortels ,
Faveur à jamais nécessaire ,
Pour soulager notre misere ,
Et pour l'honneur de leurs Autels.
來
Jamais le remors de nos crimes ,
N'eût mis le coûteau dans nos mains ,
Pour leur immoler des Victimes ,
Au gré de leurs pieux desseins ;
Lhomme dans sa funeste course ,
Ne trouvant aucune ressource >
Que dans les bras du désespoir ,
Eût maudit leur pouvoir suprême,
Et la rage en ce mal extrême ,
Leur auroit ravi l'Encensoir.
Esperance , ô Fille divine !
Tu calmes seule nos Esprits ;
C'est toi qui soutiens la Machine ,
Dont nos yeux sont toujours surpris.
Le Pauvre au sein de l'indigence ,
A iij
Par
202 MERCURE DE FRANCE
Par toi se croit dans l'opulence ,
Oubliant son funeste état ;
Et le Roy qui perd sa Couronne
Par les disgraces de Bellonne ,
Sans la porter, en voit l'éclat.
M
A l'envi tout te rend hommage ,
Tout aime à vivre sous ta loi ;
Tu sçais ranimer le courage ,
Dans un péril digne d'effroi ,
Le Nocher sans mâts , sans boussole
Tourmenté des Sujets d'Eole ,
Croit encore entrevoir le Port ;
Ainsi malgré le sort contraire ,
Tout nous paroît imaginaire ,
Même l'image de la mort.
Dans cette douce confiance ,
Notre coeur rempli de projets ,
Dans un éloignement immense ,
Voit la fin de tous ses souhaits ;
Entouré d'une nuit obscure ,
Le Sçavant croit de la Nature ,
Développer l'Art merveilleux ,
Et l'Esprit sublime se flatte ,
D'approfondir la triple Hécate ,
Secret réservé pour les Dieux.
Elle
FEVRIER. 203 1733.
Elle fit toujours les grands hommes ,
Par le crime ou par la vertu ;
Même dans le siecle où nous sommes ,
Tout son pouvoir nous est connu.
Caton de ses moeurs épurées ,
Chez les Romains tant réverées ,
Attendoit un nom glorieux ;
Et Brutus , cet insigne Traître,
Comptoit en immolant son Maître ,
D'être admiré de ses Neveux . dura
Sous les Loix du Dieu de Cythere
C'est elle qui range nos coeurs ;
Sans elle il ne sçauroit nous plaire ,
Malgré ses attraits enchanteurs ;
Son Carquois , ses traits et ses chaînes ,
Ne seroient que des Armes vaines ,
Pour combattre et vaincre nos sens ;
Nous lui résisterions sans cesse ,
Si pour prix de notre tendresse ,
Nous n'esperions ses doux présents.
.Ne vous aveuglez point , Monarques ,
C'est elle qui peuple vos Cours ;
Quel zele ! et par combien de marques ,
On le signale tous les jours !
Vous vivriez en Solitaires ,
A.iiij De
204 MERCURE DE FRANCE
De vos grandeurs imaginaires ,
Seuls épris et contemplateurs ;
Si marchant toujours sur vos traces ,
Elle ne promettoit les graces ,
Dont vous êtes dispensateurs. "
Est-ce à toi , Nymphe du Permesse,
A qui ma Lyre doit ses sons ?
Non , la Déïté qui me presse ,
Inspire mieux ses Nourrissons ;
Elle fut l'Auteur des merveilles ,
Qui charment encor nos oreilles ,
Malgré la cruauté des temps ;
L'ayant pour but dans cet Ouvrage ,
Je compte déja sur l'hommage ,
Du Pinde et de ses Habitans.
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Résumé : L'ESPERANCE. ODE.
Le poème 'L'Espérance' met en lumière le rôle crucial de l'espérance dans la vie humaine. Inspirée par la muse Polymnie, l'auteur présente l'espérance comme le seul but, guide et soutien de l'homme. Même en période d'abondance, l'homme continue de chercher davantage, car l'espérance se renouvelle constamment. Les jeunes guerriers, par exemple, sont motivés par l'espérance à rechercher la gloire. L'espérance est comparée à ce qui reste dans la boîte de Pandore après que tous les maux en soient sortis, offrant une ressource essentielle pour atténuer la misère humaine. Sans espérance, l'homme sombrerait dans le désespoir et maudirait les dieux. Elle permet au pauvre de se sentir riche et au roi déchu de revoir l'éclat de sa couronne. L'espérance redonne courage face aux dangers et permet aux hommes de poursuivre leurs projets. Elle a façonné les grands hommes, qu'ils aient agi par crime ou par vertu. Dans le domaine de l'amour, l'espérance rend les attraits enchanteurs efficaces. Les monarques doivent leur cour à l'espérance, qui promet des grâces imaginaires. L'auteur conclut en dédiant son œuvre à l'espérance, espérant recevoir l'hommage du Parnasse et de ses habitants.
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6647
p. 222-225
AIR A BOIRE.
Début :
On mettra toûjours les paroles de chaque Air d'abord sans Musique, / Il n'est point icy bas de plaisir sans chagrin : [...]
Mots clefs :
Plaisir, Chagrin, Musique, Destin, Paroles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR A BOIRE.
On mettra toujours lesparoles
de chaqueAird'abordsansMufique,&
dans la feüille suivante
, les paroles avec U Note ,
afin que si lafeuille volante de
la Musique embarasse ceux qui
ne sisoucient point àu chant,
ilspuissent la décoller & que les
paroles ressent. La Musique de
celle cy est de Ad* Dubrteuil.
AIR A BOIRE.
Il n'est point icy bas de plaisir
sans chagrin:
C'est un Arrest du Destin.
Quand mon oeilse delecte à voir
ce jus divin,
Mon gosiers'impatiente,
Ma soifredouble & me tour,
mente,
Etlors qu'en avallant mon gasier
se contente,
Mon oeil voit à regretdisparoître
levin.
Il n'est point icy bas deplaisirsans
chagrin.
-C'est un Arrest du Destin.
Ab ! goûtons icy bas un plaisir
Bravons l'Arrest du Destin.
Voicy deux rouges bords que Bac-
, cus mepresentey
En buvant l'un,je voyl'autre
tout plein,
Mon gosiersedelccte,&mmoeil
se contente.
Ab ! je goûte icy bas un plaisir
sans chagrin,
Malgrél'ArretduDestin.
de chaqueAird'abordsansMufique,&
dans la feüille suivante
, les paroles avec U Note ,
afin que si lafeuille volante de
la Musique embarasse ceux qui
ne sisoucient point àu chant,
ilspuissent la décoller & que les
paroles ressent. La Musique de
celle cy est de Ad* Dubrteuil.
AIR A BOIRE.
Il n'est point icy bas de plaisir
sans chagrin:
C'est un Arrest du Destin.
Quand mon oeilse delecte à voir
ce jus divin,
Mon gosiers'impatiente,
Ma soifredouble & me tour,
mente,
Etlors qu'en avallant mon gasier
se contente,
Mon oeil voit à regretdisparoître
levin.
Il n'est point icy bas deplaisirsans
chagrin.
-C'est un Arrest du Destin.
Ab ! goûtons icy bas un plaisir
Bravons l'Arrest du Destin.
Voicy deux rouges bords que Bac-
, cus mepresentey
En buvant l'un,je voyl'autre
tout plein,
Mon gosiersedelccte,&mmoeil
se contente.
Ab ! je goûte icy bas un plaisir
sans chagrin,
Malgrél'ArretduDestin.
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Résumé : AIR A BOIRE.
Le texte présente une méthode de présentation des paroles et de la musique dans des feuilles volantes. Les paroles apparaissent d'abord sans musique, permettant de détacher la feuille musicale. La musique de l'air 'AIR A BOIRE' est composée par Ad* Dubrteuil. Cet air reflète la nature éphémère des plaisirs, soulignant que tout plaisir est accompagné de chagrin. Il décrit la frustration de boire du vin et encourage à profiter des plaisirs malgré cette fatalité.
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6648
p. 222-22[9]
DONS DE LA Reine d'Angleterre.
Début :
La Reine a donné au Comte d'Excester, le Gouvernement [...]
Mots clefs :
Dons, Reine d'Angleterre, Province de Rutland, Comtes, Colonels, Archevêque, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DE LA Reine d'Angleterre.
DONS DE L.A.
Reine d'Angleterre.
La Reine a
donné au
Comte d'Excester,le Gouvernement de la Province
de Rutland, à la place de
Mylord Gerard.
Celuy de La Province
d'Essex
,
valant parle deces de Mylord Rivers, ati
Vicomte deBullinbrooksecretaire d'Estat.
Le sieur Hill commandanr de Dunkerque, a
eslé
fait Lieutenant & Conseil-
lerduConseil privé.
Le Comte de Port-more
quicommandoit cy devant
lestroupesAngloisesen Porrugal a
aussi été fait Conseiller du Conseilprivé.
Le Colonel Clayton
,
a
é é fait Commandant de la,
Citadelle de DunKerque.
-
Le Chevalier Abercombie, a
esté fait Major &
Commandant de la Garnisail.
Le 5. Novembre, il yeut àWindsorChapitre de l'Ordrede la Jarriere, dans lequel SaMajestéfit sixChe-
valiers
;
sçavoir
,
le Duc
d'Hamilton ,le Duc de
Beaufort,le Duc de Kent,
le Comte d'Oxford, le
Comte Pawlet,leComte de
Strafford.
Le mêmejour un détachement des Gardes du
Corps & des Grenadiers à
cheval, partir pour allerfaire la Garde à Windsor, d-ou
onassure quela Reinene
reviendra qu'à Noel.
Le lendemain il yeut
un Confeilde Cabinet, auquelleComte de Strafford
assista, ayant le 29. Octo-
-
bre presté le^mcnt-en qltelité de Conseiller du Conseil privé. •:
Le 8. il presta lessermens
dans la Cour de laChancellerie, pour lacharge de
premier Commissaire de
l'Amirauté.
Le 9. leChevalierRichardHoare,nouveauLord
Maire, prestales sermens
pourcetteChargeà W-eÍtminsler devant les Barons
de l'Echiquier. Le même
jour, il fitsonentrée pu- blique
,
& traita magnifiquementles Ministres d'E-
stat & les plus grands Seigneurs de la Cour.
Le sieur de Melarde, l'un
des Plenipotentiaires du
Duc de Savoye
,
arriva le
t. Novembre
,
de Hollande à Londres, de il assista deux jours a
prèsauComitté du Conseil.
h' L'Archevesquede Cae
torbery, l'Evesque de Londres
,
le nouveau Maire ôc
plusieurs autres, tant Eccljp*'
siastiques queSeculiers ont esténommez pour estre du
nombre des Commissaures
qui doivent prendresoinde
la constructiondecinquante Eglises à Londres
, &
aux environs
,
suivant rActe du Parlement.
Oti commença le3 Novembre à reformer dix
hommes par Compagnie,
des Regiments des Gardes;
elles font maintenant reduités à soixantehommes
ch acune : toutes les autres
fCsmvpagnies d'infanterie,
serontreduites à quarante
hommes, &celle deCavalerie& de Dragons àtrente cinq, à la reserve des
CardesduCorps.
Les Officiers de l'Artili
lerie ont conclu un marché
avec les Armuriers de la
Ville de Londres, pour
fournir dans un certaintems
vingtmille fusils, autant de
bayonnettcs
,
d'espées
,
ôc
d'autres armes qui doivent
.cllre envoyées dans les Magasinsde Gibraltar ôcdu
PortMahen. ':"':. ['C
Les LettresdeLisbonne
du 28. Octobre, portent que
la Flotte duBresil
,
escortée par six Vaisseaux de
guerrePortugais, estoit arrivée le >.,. au nombre de
soixante
-
trois Vaisseaux
marchands richement chargez, & deux Vaisseaux venant de Goa aussifortriches. Elle a
apporte entre
autres
,
mille Arrobes ou
vingt-quatre mille livres de
poudre d'Or;trente mille
livres de Tabac
,
& une
grande quantité de Cuirs
éc autres Marchandises.
Le 19. Octobre, la Reine de Portugal accoucha
d'un Prince, ce qui causa
une grande joye
Reine d'Angleterre.
La Reine a
donné au
Comte d'Excester,le Gouvernement de la Province
de Rutland, à la place de
Mylord Gerard.
Celuy de La Province
d'Essex
,
valant parle deces de Mylord Rivers, ati
Vicomte deBullinbrooksecretaire d'Estat.
Le sieur Hill commandanr de Dunkerque, a
eslé
fait Lieutenant & Conseil-
lerduConseil privé.
Le Comte de Port-more
quicommandoit cy devant
lestroupesAngloisesen Porrugal a
aussi été fait Conseiller du Conseilprivé.
Le Colonel Clayton
,
a
é é fait Commandant de la,
Citadelle de DunKerque.
-
Le Chevalier Abercombie, a
esté fait Major &
Commandant de la Garnisail.
Le 5. Novembre, il yeut àWindsorChapitre de l'Ordrede la Jarriere, dans lequel SaMajestéfit sixChe-
valiers
;
sçavoir
,
le Duc
d'Hamilton ,le Duc de
Beaufort,le Duc de Kent,
le Comte d'Oxford, le
Comte Pawlet,leComte de
Strafford.
Le mêmejour un détachement des Gardes du
Corps & des Grenadiers à
cheval, partir pour allerfaire la Garde à Windsor, d-ou
onassure quela Reinene
reviendra qu'à Noel.
Le lendemain il yeut
un Confeilde Cabinet, auquelleComte de Strafford
assista, ayant le 29. Octo-
-
bre presté le^mcnt-en qltelité de Conseiller du Conseil privé. •:
Le 8. il presta lessermens
dans la Cour de laChancellerie, pour lacharge de
premier Commissaire de
l'Amirauté.
Le 9. leChevalierRichardHoare,nouveauLord
Maire, prestales sermens
pourcetteChargeà W-eÍtminsler devant les Barons
de l'Echiquier. Le même
jour, il fitsonentrée pu- blique
,
& traita magnifiquementles Ministres d'E-
stat & les plus grands Seigneurs de la Cour.
Le sieur de Melarde, l'un
des Plenipotentiaires du
Duc de Savoye
,
arriva le
t. Novembre
,
de Hollande à Londres, de il assista deux jours a
prèsauComitté du Conseil.
h' L'Archevesquede Cae
torbery, l'Evesque de Londres
,
le nouveau Maire ôc
plusieurs autres, tant Eccljp*'
siastiques queSeculiers ont esténommez pour estre du
nombre des Commissaures
qui doivent prendresoinde
la constructiondecinquante Eglises à Londres
, &
aux environs
,
suivant rActe du Parlement.
Oti commença le3 Novembre à reformer dix
hommes par Compagnie,
des Regiments des Gardes;
elles font maintenant reduités à soixantehommes
ch acune : toutes les autres
fCsmvpagnies d'infanterie,
serontreduites à quarante
hommes, &celle deCavalerie& de Dragons àtrente cinq, à la reserve des
CardesduCorps.
Les Officiers de l'Artili
lerie ont conclu un marché
avec les Armuriers de la
Ville de Londres, pour
fournir dans un certaintems
vingtmille fusils, autant de
bayonnettcs
,
d'espées
,
ôc
d'autres armes qui doivent
.cllre envoyées dans les Magasinsde Gibraltar ôcdu
PortMahen. ':"':. ['C
Les LettresdeLisbonne
du 28. Octobre, portent que
la Flotte duBresil
,
escortée par six Vaisseaux de
guerrePortugais, estoit arrivée le >.,. au nombre de
soixante
-
trois Vaisseaux
marchands richement chargez, & deux Vaisseaux venant de Goa aussifortriches. Elle a
apporte entre
autres
,
mille Arrobes ou
vingt-quatre mille livres de
poudre d'Or;trente mille
livres de Tabac
,
& une
grande quantité de Cuirs
éc autres Marchandises.
Le 19. Octobre, la Reine de Portugal accoucha
d'un Prince, ce qui causa
une grande joye
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Résumé : DONS DE LA Reine d'Angleterre.
Le document décrit diverses nominations et événements à la cour anglaise et dans les forces armées. La Reine a attribué des postes administratifs, notamment au Comte d'Excester pour la Province de Rutland et au Vicomte de Bullinbrook comme secrétaire d'État. Plusieurs nominations ont été faites au Conseil privé, incluant le sieur Hill, le Comte de Portmore et le Colonel Clayton comme Commandant de la Citadelle de Dunkerque. Le Chevalier Abercrombie a été nommé Major et Commandant de la Garnison. Le 5 novembre, six nouveaux Chevaliers de l'Ordre de la Jarretière ont été créés à Windsor. Le Comte de Strafford a prêté serment comme Conseiller du Conseil privé et premier Commissaire de l'Amirauté les 6 et 8 novembre. Le Chevalier Richard Hoare, nouveau Lord Maire, a prêté serment le 9 novembre. Le sieur de Melarde, Plénipotentiaire du Duc de Savoie, est arrivé à Londres le 11 novembre. Des réformes ont été entreprises dans les régiments des Gardes et un marché pour des armes a été conclu. Des nouvelles de Lisbonne mentionnent l'arrivée d'une flotte du Brésil et la naissance d'un Prince au Portugal.
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6649
p. 221-229
De Modon, le 1. Octobre 1714.
Début :
MONSEIGNEUR, Je n'ay pas manqué de vous écrire d'Alexandrette [...]
Mots clefs :
Ambassadeur de France, Ambassadeur, Grand seigneur, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Modon, le 1. Octobre 1714.
De Modon, le 1. Octobre
1714
MONSEIGNEUR ,
Je n'ay pas manqué de vous
écrire d' Alexandrette le 19. du
mois passé ,je vous ay informé
dans ma Lettre de nos avantures ,
l'embarquement de de nostre
Ambaßadeur ; il me reſte à vous
dire que le 6. & le 7. de noftre
partance nous enmes une groffe
Tiij
222 JOURNAL
tempeste qui nous fatigua tous ,
particulierement l'Ambaſſa
deur. Le lendemain le temps ſe
mit au beau : il me dit qu'il
vouloit abfolument aller àterre,
je luy representay le danger qu'il
pourroity avoir , & que vous
m'aviez expreſſement deffendu
detoucher en aucun endroit des
Etatsdu Grand Seigneur ; mais
tous mes discours nefervirent de
vien , il ne voulut jamais entendre
raiſon & il fallut le débarquer
à la rade de la Fenizo en
Afie , oùnous moüillames le 29.
du passé à midy ; l'eau y étant
bonne ,j'en fis faire pour noftre
HISTORIQUE 223
équipage , I je me disposay
partir la même muit , parce que
j'appris que deux Vaisseaux dit
Grand Seigneur estorent fortis
depuis deux jours du même lieu.
Je fis mettre à la voile à deux
beures aprés minuit , le même
jour nousnous trouvâmes vis-àvis
du Cacama avec tres peu de
vent; vers le midy nous apperçûmes
quatre Kaiffeaux Tures
moüillez audit Cacamo. Je vous
baiffe à penser , Monseigneur ,
P'horrible embarras où nousjetta
cette découverte ,que lo vent qui
nous étoit contraire rendit encore
plus effrayante pour nous ; je tins
Tiiij
284 JOURNALH
alors un petit Conſeil entre le Capitaine,
lePilote ,le Maistre
moy ; & je conclus que pour leur
épargner la peine de nous envoyer
visiter , nous devions fairefemblant
de les vouloir approcherjufqu'à
ce que la nuit nous aidat à
nous tirer d'affaire. Vers les cinq
beures du foir ils reconnurent à
noftre manoeuvre que nous avions
enviede les tromper, auſſi toſt ils
nous tirerent uncoup de canon , un
moment aprés un ſecond , &un
troifiéme ; alors noſtre Capitaine
effrayé, dit que si nous n'allions
pas à eux , ils alloient venir à
nous,&que s'ils nous abordoient,
HISTORIQUE. 225
ils nous étrangleroient tous. Je
m'oppoſayfortement àfon avis
parce qu'il ne me convenoit nullement
de lefuiure ; je luy dis au
contraire qu'il n'avoit qu'à relacher
en plein Canal , que la nuit
étoit venuë,que levent étoitchangé,
que nous marchions bien , &
que le lendemain s'ils s'aviſoient
de nous ſuivre , ils nous auroient
perdu de venë ; ce qu'il fit , ne
pouvant faire autrement. Feus
dans cette occafion obligation de
noftrefalutàmafermeté.Levent
fe fortifia pendant la nuit ,&
continua fi favorablement que
nous reconnûmes au bout de trois
226 JOURNAL
nousmanjoursleRoyaumedeCandie.
Mais
comme nous avions un grand
Canal apaffer , &que nos proviſions
commençoient à
quer , nous avons éréabligez hier
de relâcher icy poury prendre tout
ce qui nous seroit neceſſaire , afin
de ne pointfaire pavirl Ambassa
deur nifon monde.Tousfes gens .
luy compris,font le nombre de 18 .
bommes ; ils mangent tous
ils ont bon appetit , &ne crai
gnentpoint la Mer.
bien
Fay acheté icy des moutons ,
des poulets , &autres rafraîchisfemens,&
fur tout de bellefarinepour
luyfairefaire des poupes
i
HISTORIQUE. 227
parses gens , car jusqu'aujourd'huy
il n'a pas gousté de nostre
pain ; il a mangé de celuy qu'il
avoit apportédefon Pays ,&il
m'a juré qu'il n'avoit pas non
plus goufté de celuy des Turcs.
Jeferay,Monseigneur, tout mon
poſſible pour le contenter juſques
àMarseille felon les ordres que
j'en ay receus de vous. Il
de fe voir embarqué , er tous les
jours il rend graces à Dieu , &à
vous des bons offres que vous luy
avez rendus. Je luy ay compté
tout ce que vous aviez fait pour
l'amourde luy lorſqu'il étoit en
eft ravi
priſon , &que vousn'aviez rien
228 JOURNAL
DO
oubliépour luy procurerfon élatgiffement
; il en tombe d'accord ,
&dix fois le jour il me dit : Je
n'oublieray jamais Monſicur
l'Ambaſladeur de France , ni
fes bienfaits , & la premiere
fois que je verray Sa Majesté ,
jene pourraypas m'empêcher
de parler de luy ,& de luy dire
qu'il n'appartient qu'à Sa Majeſté
l'Empereur de France ,
d'avoir des Sujets , & des Miniſtres
de la ſorte.
Il vous écrit en particulier ,
Monseigneur , une Lettre que
vous recevrez pour vous , avec
une autre pour l'envoyer en fon
HISTORIQUE . 229
855
Pays.F'adreſſe lesPreſentes à M.
Goujon , Conful de France à Napolyy
1714
MONSEIGNEUR ,
Je n'ay pas manqué de vous
écrire d' Alexandrette le 19. du
mois passé ,je vous ay informé
dans ma Lettre de nos avantures ,
l'embarquement de de nostre
Ambaßadeur ; il me reſte à vous
dire que le 6. & le 7. de noftre
partance nous enmes une groffe
Tiij
222 JOURNAL
tempeste qui nous fatigua tous ,
particulierement l'Ambaſſa
deur. Le lendemain le temps ſe
mit au beau : il me dit qu'il
vouloit abfolument aller àterre,
je luy representay le danger qu'il
pourroity avoir , & que vous
m'aviez expreſſement deffendu
detoucher en aucun endroit des
Etatsdu Grand Seigneur ; mais
tous mes discours nefervirent de
vien , il ne voulut jamais entendre
raiſon & il fallut le débarquer
à la rade de la Fenizo en
Afie , oùnous moüillames le 29.
du passé à midy ; l'eau y étant
bonne ,j'en fis faire pour noftre
HISTORIQUE 223
équipage , I je me disposay
partir la même muit , parce que
j'appris que deux Vaisseaux dit
Grand Seigneur estorent fortis
depuis deux jours du même lieu.
Je fis mettre à la voile à deux
beures aprés minuit , le même
jour nousnous trouvâmes vis-àvis
du Cacama avec tres peu de
vent; vers le midy nous apperçûmes
quatre Kaiffeaux Tures
moüillez audit Cacamo. Je vous
baiffe à penser , Monseigneur ,
P'horrible embarras où nousjetta
cette découverte ,que lo vent qui
nous étoit contraire rendit encore
plus effrayante pour nous ; je tins
Tiiij
284 JOURNALH
alors un petit Conſeil entre le Capitaine,
lePilote ,le Maistre
moy ; & je conclus que pour leur
épargner la peine de nous envoyer
visiter , nous devions fairefemblant
de les vouloir approcherjufqu'à
ce que la nuit nous aidat à
nous tirer d'affaire. Vers les cinq
beures du foir ils reconnurent à
noftre manoeuvre que nous avions
enviede les tromper, auſſi toſt ils
nous tirerent uncoup de canon , un
moment aprés un ſecond , &un
troifiéme ; alors noſtre Capitaine
effrayé, dit que si nous n'allions
pas à eux , ils alloient venir à
nous,&que s'ils nous abordoient,
HISTORIQUE. 225
ils nous étrangleroient tous. Je
m'oppoſayfortement àfon avis
parce qu'il ne me convenoit nullement
de lefuiure ; je luy dis au
contraire qu'il n'avoit qu'à relacher
en plein Canal , que la nuit
étoit venuë,que levent étoitchangé,
que nous marchions bien , &
que le lendemain s'ils s'aviſoient
de nous ſuivre , ils nous auroient
perdu de venë ; ce qu'il fit , ne
pouvant faire autrement. Feus
dans cette occafion obligation de
noftrefalutàmafermeté.Levent
fe fortifia pendant la nuit ,&
continua fi favorablement que
nous reconnûmes au bout de trois
226 JOURNAL
nousmanjoursleRoyaumedeCandie.
Mais
comme nous avions un grand
Canal apaffer , &que nos proviſions
commençoient à
quer , nous avons éréabligez hier
de relâcher icy poury prendre tout
ce qui nous seroit neceſſaire , afin
de ne pointfaire pavirl Ambassa
deur nifon monde.Tousfes gens .
luy compris,font le nombre de 18 .
bommes ; ils mangent tous
ils ont bon appetit , &ne crai
gnentpoint la Mer.
bien
Fay acheté icy des moutons ,
des poulets , &autres rafraîchisfemens,&
fur tout de bellefarinepour
luyfairefaire des poupes
i
HISTORIQUE. 227
parses gens , car jusqu'aujourd'huy
il n'a pas gousté de nostre
pain ; il a mangé de celuy qu'il
avoit apportédefon Pays ,&il
m'a juré qu'il n'avoit pas non
plus goufté de celuy des Turcs.
Jeferay,Monseigneur, tout mon
poſſible pour le contenter juſques
àMarseille felon les ordres que
j'en ay receus de vous. Il
de fe voir embarqué , er tous les
jours il rend graces à Dieu , &à
vous des bons offres que vous luy
avez rendus. Je luy ay compté
tout ce que vous aviez fait pour
l'amourde luy lorſqu'il étoit en
eft ravi
priſon , &que vousn'aviez rien
228 JOURNAL
DO
oubliépour luy procurerfon élatgiffement
; il en tombe d'accord ,
&dix fois le jour il me dit : Je
n'oublieray jamais Monſicur
l'Ambaſladeur de France , ni
fes bienfaits , & la premiere
fois que je verray Sa Majesté ,
jene pourraypas m'empêcher
de parler de luy ,& de luy dire
qu'il n'appartient qu'à Sa Majeſté
l'Empereur de France ,
d'avoir des Sujets , & des Miniſtres
de la ſorte.
Il vous écrit en particulier ,
Monseigneur , une Lettre que
vous recevrez pour vous , avec
une autre pour l'envoyer en fon
HISTORIQUE . 229
855
Pays.F'adreſſe lesPreſentes à M.
Goujon , Conful de France à Napolyy
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6650
p. 213-226
« Madame la Marquise de S. Aignan, qui paroissoit si attachée [...] »
Début :
Madame la Marquise de S. Aignan, qui paroissoit si attachée [...]
Mots clefs :
Marquise de Saint-Aignan, Calvin, Religion, Erreurs, Autels, Vérité, Dévotion, R.P.R, Hérésie, Conversion, Cardinal, Henry IV, Charité, Livre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Madame la Marquise de S. Aignan, qui paroissoit si attachée [...] »
Madame la Marquife de
S. Aignan , qui paroiffoit fi
attachée à la Religion de
Calvin ,
n'a pas voulu profi
ter du Paffeport que le Roy
avoit accordé à M le Comte
214 MERCURE
de
Clermont fon Fils , pour
paffer en tel Pays Etranger
qu'elle voudroit. Elle a pris
un meilleur party , en reconnoiffant
fes Erreurs qu'elle a
abjurées, & elle en eft fi contente
, qu'elle eſt tous les
jours au pied des Autels , pour
remercier
Dieu de la grace
qu'il luy a faite de luy faire
ouvrir les yeux fur la Verité.
Les bons confeils de Mademoiſelle
de Cliffon, ſon Amie,
n'ont pas peu contribué
à ce
grand Ouvrage. C'eſt une
Perfonne d'une vertu finguliere,
& dont la devotion at
GALANT. 215
tire l'eftime de tout le mon
de. Madame la Marquife de
S. Aignan porte le nom d'une
Terre . Elle eft d'une autre
Maiſon que celle de Beauvillier
S. Aignan .
fa
Entre plufieurs perfonnes.
de la R. P. R. qui ont renoncé
depuis peu à leurs Erreurs,
Madame de Laugerie eſt une
des plus remarquables par
naiffance , par fon efprit , &
par fon opiniaſtreté à foûtenir
les préventions qu'elle
avoit de fa Religion . M' de
Laugerie fon Mary , qui s'é
toit fait Catholique il y a
216 MERCURE
inutilement
quatre ans , n'avoit pû la
toucher par fon exemple
, &
fes plus proches Parens , qui
ayant efté comme elle élevez
dés leur enfance dans l'Herefie
de Calvin , l'avoient
heureuſement
abjurée
, luy
remontroient
qu'elle n'eftoit pas dans la
bonne voye . Enfin elle a efté
entierement
convaincuë
par
M' l'Abbé de Grancé
, fi connu
par fon merite , & par fa
grande réputation . Il eſt Fils
de feu Mr le Maréchal de
Grancé , & Neveu de M
l'Archevefque
de Rouen . Je
luy
GALANT 217 .
Jay rends juftice en vous difant
qu'il a donné d'éclatantes
marques de fa Pieté & de
fa Doctrine dans les fçavans
Entretiens qu'il a eus avec
un grand nombre d'Heretiques
, & que la Converfion
de tant d'Ames obſtinées ,
qu'il a ramenées au ſein de
l'Eglife , eft une preuve infaillible
de fon zele & de fa
capacité. Madame de Laugerie
fit fon abjuration le
Vendredy 15. de ce mois , &
nous fournit un exemple qui
nous fait voir bien fenfiblement,
que de toutes les Per-
Mars 1686. T
218 MERCURE
fonnes qui fe font trouvées
engagées par leur naiffance
dans les erreurs de Luther &
de Calvin, il n'y en a prefque
point dont les Peres n'ayent
embraffé l'Herefie par quel
que intereft humain , ou par
quelque mouvement de haine
pour les Catholiques .
Cette Dame eft de l'ancienne
Maiſon noble de Lenfant
, qui s'eft habituée depuis
plus de trois fiecles dans
les Provinces d'Anjou & du
Maine. Georges Lenfant ,
Seigneur de la Patriere , de
Cimbré , & autres lieux , éGALANT.
219
poufa en 1539. Françoiſe du
Pleffis de Richelieu , Soeur
de Louis du Pleffis , Mary
de Françoiſe de Rochechart,
& Ayeul du grand Cardinal
qui a rendu ce nom fi Illuſtre.
Ce Seigneur de la Patriere
eut trois Fils , Pirrus , Gabrias
, & Louis . Pirrus felon
la Coûtume de ces Provin
fucceda aux deux tiers
du bien de fon Pere qui é-
2 toit > confiderable , mais il
ne luy fucceda point en fa
pieté. Il époufa Claude du
Pleffis de Chivré , zelée Proteftante
, & Dame d'Honces
,
Tij
220 MERCURE
neur de Madame la Ducheffe
de Bar , Soeur d'Henry
IV. & elle eut l'adreffe de
l'engager dans le Party Proteſtant
, ce qui cauſa la ruine
de fa Maifon. Sa Terre de
la Patriere fut attaquée,prife,
& brulée pendant qu'il eftoit
occupé en une expedition de
Guerre , par M' du Pleffis de
Come fon Coufin , Catholique
un peu trop ardent.
Pour s'en vanger , il mit tout
en cendres dans trois Terres
de ce Parent , & fut enfuite
pris à Domfront avec le
Comte de Montgommery,
*
7
GALANT. 221
*
ce qui acheva de l'accabler,
puifque pour éviter d'eftre
amené avec luy à Paris , il
racheta fa vie & fa liberté ,
par dix mille écus qu'il falut
payer comptant. Son Fils
qui avoit épousé une De- .
moiſelle de la Maifon d'A
lonville de Beauce , fe convertit
avant la mort , & fit
faire abjuration à fes Enfans
qui font demeurez bons Catholiques.
Il n'y eut que M
Defpeaux fon Cadet qui refufa
de fe convertir alors , &
qui abjura le jour de Noël
dernier. Gabrias Lenfant ,
Tiij
222 MERCURE
Seigneur de Lirieres & de
Boifmoreau , fe fit Proteftant
comme Pirrus fon aifné , &
répandit le poiſon de l'Herefie
dans toute fa branche ;
mais Mr de Boifmoreau qui
en eft aujourd'huy le Chef,
a reconnu fon erreur depuis
quelques mois , ainfi que
Madame fa Femme , & Mef
deinoifelles fes Filles , qui
ayant efté mifes par ordre du
Roy aux nouvelles Catholiques
, y ont fait abjuration
entre les mains de M ' l'Abbé .
de la Motte-Fenelon en
prefence de M' le Premier
GALANT. 223
•
IS
Prefident ; de forte que de
toute cette Maiſon il ne ref
toit plus dans le party des
Pretendus Reformez que
Madame de Laugerie , dont
je vous apprens la Converfion
, M de la Gareliere &
du Bordage-Lenfant , cadets
de cette Branche, cftant Ca
tholiques il y a long-temps .
A l'égard de Louis Lenfant ,
Seigneur de Saint Gilles , &
de Cimbré en partie , troifiéme
Fils de Georges Lenfant
, Seigneur de la Patriere ,
& de Françoife du Pleffis de
Richelieu , il fut enlevé par
Tiiij
224 MERCURE
la Dame fa Mere , qui pour
empefcher que fes Freres ne
l'engageaffent
dans les Erreurs
de Calvin , l'envoya à
Paris , où luy ny fes Defcendans
n'ont point eſté infectez
de l'Herefie , & c'eft de
celuy - cy qu'eft iffu M ' de
Saint Gilles Lenfant , dont
je vous ay fi fouvent rapporté
les actions de valeur aux
Sieges que le Roy a faits en
Flandre , pendant qu'il eftoit
Page de la petite Ecurie.
La deftruction de l'Herefie
a émeu la charité Chrê
tienne , & elle n'avoit jamais
GALANT. 225
Eclaté avec tant de zele qu'el
le a fait en France depuis les
Converfions . Tous ceux qui
fe font fenty quelque talent
pour le falut des Ames , ont
creu devoir l'employer pour
la gloire de Dieu , & pour
imiter le plus pieux des Monarques
. Les uns ont parlé &
écrit pour vamcre l'obſtination
desHeretiques, & les autres
pour affermir dans la ve
ritable Eglife ceux qui ont
fait abjuration . Mr l'Abbé
Petit de l'Accademie Royale
d'Arles , a efté du nombre
de ces derniers , & l'on voit 2.
"
226 MERCURE
depuis peu un Livre de ce
Sçavant homme , Intitulé ,
Les Veritez de la Religion prouvées
défendues contre les anciennes
Herefies par la verité de
l'Euchariftie , ou Traité pour con
firmer les nouveaux Convertis
dans la Foy de l'Eglife Catholi
que.
S. Aignan , qui paroiffoit fi
attachée à la Religion de
Calvin ,
n'a pas voulu profi
ter du Paffeport que le Roy
avoit accordé à M le Comte
214 MERCURE
de
Clermont fon Fils , pour
paffer en tel Pays Etranger
qu'elle voudroit. Elle a pris
un meilleur party , en reconnoiffant
fes Erreurs qu'elle a
abjurées, & elle en eft fi contente
, qu'elle eſt tous les
jours au pied des Autels , pour
remercier
Dieu de la grace
qu'il luy a faite de luy faire
ouvrir les yeux fur la Verité.
Les bons confeils de Mademoiſelle
de Cliffon, ſon Amie,
n'ont pas peu contribué
à ce
grand Ouvrage. C'eſt une
Perfonne d'une vertu finguliere,
& dont la devotion at
GALANT. 215
tire l'eftime de tout le mon
de. Madame la Marquife de
S. Aignan porte le nom d'une
Terre . Elle eft d'une autre
Maiſon que celle de Beauvillier
S. Aignan .
fa
Entre plufieurs perfonnes.
de la R. P. R. qui ont renoncé
depuis peu à leurs Erreurs,
Madame de Laugerie eſt une
des plus remarquables par
naiffance , par fon efprit , &
par fon opiniaſtreté à foûtenir
les préventions qu'elle
avoit de fa Religion . M' de
Laugerie fon Mary , qui s'é
toit fait Catholique il y a
216 MERCURE
inutilement
quatre ans , n'avoit pû la
toucher par fon exemple
, &
fes plus proches Parens , qui
ayant efté comme elle élevez
dés leur enfance dans l'Herefie
de Calvin , l'avoient
heureuſement
abjurée
, luy
remontroient
qu'elle n'eftoit pas dans la
bonne voye . Enfin elle a efté
entierement
convaincuë
par
M' l'Abbé de Grancé
, fi connu
par fon merite , & par fa
grande réputation . Il eſt Fils
de feu Mr le Maréchal de
Grancé , & Neveu de M
l'Archevefque
de Rouen . Je
luy
GALANT 217 .
Jay rends juftice en vous difant
qu'il a donné d'éclatantes
marques de fa Pieté & de
fa Doctrine dans les fçavans
Entretiens qu'il a eus avec
un grand nombre d'Heretiques
, & que la Converfion
de tant d'Ames obſtinées ,
qu'il a ramenées au ſein de
l'Eglife , eft une preuve infaillible
de fon zele & de fa
capacité. Madame de Laugerie
fit fon abjuration le
Vendredy 15. de ce mois , &
nous fournit un exemple qui
nous fait voir bien fenfiblement,
que de toutes les Per-
Mars 1686. T
218 MERCURE
fonnes qui fe font trouvées
engagées par leur naiffance
dans les erreurs de Luther &
de Calvin, il n'y en a prefque
point dont les Peres n'ayent
embraffé l'Herefie par quel
que intereft humain , ou par
quelque mouvement de haine
pour les Catholiques .
Cette Dame eft de l'ancienne
Maiſon noble de Lenfant
, qui s'eft habituée depuis
plus de trois fiecles dans
les Provinces d'Anjou & du
Maine. Georges Lenfant ,
Seigneur de la Patriere , de
Cimbré , & autres lieux , éGALANT.
219
poufa en 1539. Françoiſe du
Pleffis de Richelieu , Soeur
de Louis du Pleffis , Mary
de Françoiſe de Rochechart,
& Ayeul du grand Cardinal
qui a rendu ce nom fi Illuſtre.
Ce Seigneur de la Patriere
eut trois Fils , Pirrus , Gabrias
, & Louis . Pirrus felon
la Coûtume de ces Provin
fucceda aux deux tiers
du bien de fon Pere qui é-
2 toit > confiderable , mais il
ne luy fucceda point en fa
pieté. Il époufa Claude du
Pleffis de Chivré , zelée Proteftante
, & Dame d'Honces
,
Tij
220 MERCURE
neur de Madame la Ducheffe
de Bar , Soeur d'Henry
IV. & elle eut l'adreffe de
l'engager dans le Party Proteſtant
, ce qui cauſa la ruine
de fa Maifon. Sa Terre de
la Patriere fut attaquée,prife,
& brulée pendant qu'il eftoit
occupé en une expedition de
Guerre , par M' du Pleffis de
Come fon Coufin , Catholique
un peu trop ardent.
Pour s'en vanger , il mit tout
en cendres dans trois Terres
de ce Parent , & fut enfuite
pris à Domfront avec le
Comte de Montgommery,
*
7
GALANT. 221
*
ce qui acheva de l'accabler,
puifque pour éviter d'eftre
amené avec luy à Paris , il
racheta fa vie & fa liberté ,
par dix mille écus qu'il falut
payer comptant. Son Fils
qui avoit épousé une De- .
moiſelle de la Maifon d'A
lonville de Beauce , fe convertit
avant la mort , & fit
faire abjuration à fes Enfans
qui font demeurez bons Catholiques.
Il n'y eut que M
Defpeaux fon Cadet qui refufa
de fe convertir alors , &
qui abjura le jour de Noël
dernier. Gabrias Lenfant ,
Tiij
222 MERCURE
Seigneur de Lirieres & de
Boifmoreau , fe fit Proteftant
comme Pirrus fon aifné , &
répandit le poiſon de l'Herefie
dans toute fa branche ;
mais Mr de Boifmoreau qui
en eft aujourd'huy le Chef,
a reconnu fon erreur depuis
quelques mois , ainfi que
Madame fa Femme , & Mef
deinoifelles fes Filles , qui
ayant efté mifes par ordre du
Roy aux nouvelles Catholiques
, y ont fait abjuration
entre les mains de M ' l'Abbé .
de la Motte-Fenelon en
prefence de M' le Premier
GALANT. 223
•
IS
Prefident ; de forte que de
toute cette Maiſon il ne ref
toit plus dans le party des
Pretendus Reformez que
Madame de Laugerie , dont
je vous apprens la Converfion
, M de la Gareliere &
du Bordage-Lenfant , cadets
de cette Branche, cftant Ca
tholiques il y a long-temps .
A l'égard de Louis Lenfant ,
Seigneur de Saint Gilles , &
de Cimbré en partie , troifiéme
Fils de Georges Lenfant
, Seigneur de la Patriere ,
& de Françoife du Pleffis de
Richelieu , il fut enlevé par
Tiiij
224 MERCURE
la Dame fa Mere , qui pour
empefcher que fes Freres ne
l'engageaffent
dans les Erreurs
de Calvin , l'envoya à
Paris , où luy ny fes Defcendans
n'ont point eſté infectez
de l'Herefie , & c'eft de
celuy - cy qu'eft iffu M ' de
Saint Gilles Lenfant , dont
je vous ay fi fouvent rapporté
les actions de valeur aux
Sieges que le Roy a faits en
Flandre , pendant qu'il eftoit
Page de la petite Ecurie.
La deftruction de l'Herefie
a émeu la charité Chrê
tienne , & elle n'avoit jamais
GALANT. 225
Eclaté avec tant de zele qu'el
le a fait en France depuis les
Converfions . Tous ceux qui
fe font fenty quelque talent
pour le falut des Ames , ont
creu devoir l'employer pour
la gloire de Dieu , & pour
imiter le plus pieux des Monarques
. Les uns ont parlé &
écrit pour vamcre l'obſtination
desHeretiques, & les autres
pour affermir dans la ve
ritable Eglife ceux qui ont
fait abjuration . Mr l'Abbé
Petit de l'Accademie Royale
d'Arles , a efté du nombre
de ces derniers , & l'on voit 2.
"
226 MERCURE
depuis peu un Livre de ce
Sçavant homme , Intitulé ,
Les Veritez de la Religion prouvées
défendues contre les anciennes
Herefies par la verité de
l'Euchariftie , ou Traité pour con
firmer les nouveaux Convertis
dans la Foy de l'Eglife Catholi
que.
Fermer
Résumé : « Madame la Marquise de S. Aignan, qui paroissoit si attachée [...] »
Le texte relate plusieurs conversions religieuses notables. La marquise de S. Aignan, initialement calviniste, a décidé de rester en France et de se convertir au catholicisme sous l'influence de Mademoiselle de Clifon. Madame de Laugerie, reconnue pour sa naïveté et ses préjugés religieux, a abjuré le calvinisme le 15 mars 1686 grâce à l'abbé de Grancé. De nombreuses conversions étaient motivées par l'influence paternelle dans l'hérésie calviniste. Madame de Laugerie est issue de la maison noble de Lenfant, implantée en Anjou et Maine depuis plus de trois siècles. Son ancêtre Georges Lenfant avait épousé Françoise du Plessis de Richelieu, sœur de Louis du Plessis et aïeule du cardinal Richelieu. Leur fils Pirrus, influencé par sa femme protestante, avait conduit à la ruine de sa famille. Un autre fils, Gabrias, avait également propagé l'hérésie. Cependant, le descendant actuel, Monsieur de Boismoreau, ainsi que sa femme et ses filles, ont récemment abjuré le calvinisme. Le texte souligne également les efforts pour renforcer la foi des nouveaux convertis au sein de l'Église catholique. L'abbé Petit, membre de l'Académie Royale d'Arles, a publié un ouvrage intitulé 'Les Vérités de la Religion prouvées et défendues contre les anciennes hérésies par la vérité de l'Eucharistie' afin de confirmer les nouveaux convertis dans leur foi catholique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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