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10551
p. 60-65
COURS d'Histoire sacrée & prophane, dédié aux jeunes Personnes, comprenant l'Histoire sainte, l'Histoire ancienne, l'Histoire Romaine & l'Histpore de France. A Paris , chez Panckouke, rue & à côté de la Comédie Françoise, 1763, avec Approbation & Privilége du Roi, 2 vol. in-12.
Début :
CET Ouvrage n'est pas une suite exacte de Faits & d'Annales ; on a, en ce genre, [...]
Mots clefs :
Histoire, Hommes, Auteur, Ouvrage, Cours, Crimes, Ambassades, Traducteur, Lecteurs
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texteReconnaissance textuelle : COURS d'Histoire sacrée & prophane, dédié aux jeunes Personnes, comprenant l'Histoire sainte, l'Histoire ancienne, l'Histoire Romaine & l'Histpore de France. A Paris , chez Panckouke, rue & à côté de la Comédie Françoise, 1763, avec Approbation & Privilége du Roi, 2 vol. in-12.
COURS d'Histoire sacrée & prophane,
dédié aux jeunes Personnes, comprenant
l'Histoire sainte, l'Histoire ancienne,
l'Histoire Romaine & l'Histpore
de France. A Paris , chez Panckouke,
rue & à côté de la Comédie
Françoise, 1763, avec Approbation
& Privilége du Roi, 2 vol. in-12.
CET Ouvrage n'est pas une suite exacte
de Faits & d'Annales ; on a, en ce genre,
tout ce que l'on peut fouhaiter dans
d'autres Ouvrages excellens. Ce font
ici des tableaux rangés avec ordre , &
fous chacun defquels on donne des pré-
ceptes de morale tirés du fujet. C'eft ,
pour la Jeuneffe , un Livre élémentaire ,
où l'on paroît avoir fuivi le plan que
M. de la Chalotais a tracé dans fon Mé-
moire fur l'Education nationale. L'Au-
teur explique lui -même fous quel point
de vue il envifage l'Hiftoire , & com-
ment il fe propofe de la traiter. » Nous
» allons , dit- il , retracer avec ordre ce
JANVIER. 1764.
61
» qu'on appelle les grands Evénemens ,
» les grandes Révolutions qui ont bou-
» leverfé notre petit globe. En parcou-
>> rant ce théâtre , que nous ne trouvons
در
digne d'attention , que parce que nous
» ne le comparons jamais au tout im-
» menfe dont il eft une partie prèfque
» infenfible , nous y verrons une longue
» fcène , mêlée d'horreurs , de mépri-
» fables bouffonneries , & de temps en
» temps de quelques traits de vertu. Au
» milieu de ce défordre univerfel , quel
» eft l'état du vrai Sage ? Il jouit tran-
» quillement de fon exiſtence , & étudie
» les hommes.
11 les aime comme fes
» frères ; il les eſtime même , en les con-
» fidérant , finon tels qu'ils font deve-
» nus , au moins tels que les avoit faits
» la nature. Il excufe la plupart de leurs
» crimes , en ne les regardant que com-
» me des traits de folie . Il reffent , à la
» vérité , une profonde douleur de les
» voir s'entre-déchirer ; mais il fe dit
>> alors
pourquoi les hommes ont-ils.
» renoncé aux loix de la fage & bienfai-,
» fante nature ? Ils en font punis ; ils.
"
» l'ont bien mérité. «
C'est dans cet efprit de Philofophie
que l'Auteur a écrit ce Cours d'Hiftoire ;
& comme fon Ouvrage n'eft point fuf
62 MERCURE DE FRANCE.
ceptible d'une analyfe fuivie , il fuffira
de quelques traits pour faire connoître
dans quel goût il a éxécuté fon projer.
» Le Dictateur Cincinnatus cultivoit
" fous les murs de Rome quatre arpen's
» de terre , qui faifoient tout fon bien...
Le mépris & l'aviliffement où les La
» boureurs font réduits de nos jours ,
» épaiffit leurs âmes ; il font réellement
» pour la plupart auffi méprifables qu'ils
» nous le paroiffent. Mais à qui d'eux
» ou de nous - mêmes devons - nous
» nous en prendre ? Lorfque l'Agricul-
» ture étoit auffi honorée qu'elle doit
» l'être , on ne cherchoit les grands.
» hommes qu'à la Campagne ; & ce
» n'eft que là qu'il peut y en avoir qui
» méritent , fans réferve , le titre dé hé-
» ros & d'hommes vertueux.
En parlant d'Alexandre le Grand ,
l'Auteur dit : » Nous commençons à
» devenir humains , puifque nous com-
" mençons à mettre aurang des époques
» funeftes , le règne de ce Conquérant.
» Ce Prince eut quelques grandes qua-
» lités ; mais il n'y a pas de chef de vo-
» leur qui n'en ait eu auffi. Il faut , pour
»les grands crimes , des âmes fortes &
» capables par intervalle de quelques
» fentimens de vertu ; & l'on peut dire
JANVIER. 1764.
1 651
» qu'Alexandre en ent bien peu ; car il
» en eut encore moins que cet Eſpagnol
"
qui alla dévafter l'Amérique , & égor-
» ger un million d'hommes , parce que
» la terre qu'ils habitoient', au lieu d'être
» foutenue , comme la nôtre , par des
» lits & des veines de pierres , eft foute-
» nue par des lits & des veines d'un mé-
» tal auquel l'opinion a donné un prix.
» Comment juftifier Alexandre , qui pa
» roît n'avoir eu d'autre but que de par
» courir , les armes à la main , la moitié
» de la terre , & laiffer par- tout des traces .
» fanglantes de fon paffage ? "
C'est ainsi que l'Auteur , en parlant
des principaux perfonnages de l'antiqui
té , mêle à leurs actions des traits de mo-
rale,qui le conduifent toujours à fon ob-
jet. Mais , pour ne pas trop étendre cet
Extrait , nous ne citerons plus qu'un
endroit du fecond Tome. L'Hiftoire de
France , par la raifon qu'elle nous inté
reffe & nous touche de plus près , con
tient tout ce fecond volume. Elle éft ti-
rée du Pere de Chalons , & des Tablettes
Anecdotes de M.Duradier. Ces dernieres
répandent fur l'Ouvrage , de l'agrément
& de la variété. » Quand on vint dire
» à Charles IX. que tout étoit prêt pour
l'éxécution de la Saint Barthelemy , il
» frémit. Le Fanatiſme , à qui tour
64 MERCURE DE FRANCE.
» céde , parla moins haut dans fon cœur
" que ne faifoit l'humanité.
Il fentit
» alors qu'il étoit Roi , qu'il étoit père
» de fon Peuple ; il demeura tremblant
» & immobile .... La furieufe Médicis
» l'accufa de lâcheté & d'irréligion . Il
"
» fit un gefte de défefpoir. On prit le
» gefte pour fignal ; les cloches fonne-
» rent ; les meurtres commencerent , &
» ne finirent que quand les meurtriers
» tomberent de laffitude fur leurs vic-
» times. «
L'Auteur femble avoir eu fur- tout en
vue , dans l'Hiftoire de France , d'inſpi-
rer à notre Jeuneffe l'amour de la Patrie
& de nos Rois. Il éxalte leurs vertus ,
& tâche d'excufer leurs foibleffes , &
même leurs crimes , lorfqu'il en trouve
le moyen , fans heurter de front les faits
unanimement reconnus. Cette Hiftoire
de France eft terminée par celle du règne
de Louis XV. que l'Auteur fuit jufqu'a
près la Bataille de Fontenoi.
A l'occafion de ce Cours d'Hiftoire ,
nous croyons devoir rappeller ici un
autre Ouvrage de même genre , qui a
paru il y a quelques années , & dont on
a toujours fait un très-grand cas. C'eft,
Abrégé chronologique de l'Hiftoire Uni-
verfelle du célébre Sleidan , traduit du
latin en françois , & imprimé chez Vin-
JANVIER. 1764.
64
cent , Libraire , rue S. Severin , un vol.
in-8°. On fçait que Sleidan , Allemand
de Nation , vint à Paris au commence-
ment du feiziéme fiécle , & qu'il fit bril-
ler fes talens dans les Ecoles de l'Univer-
fité. Il fut employé dans les Ambaffades ;
& , auffi bon Hiftorien que Politique
habile , il a laiffé , entre autres Ouvrages,
un excellent Abrégé de l'Hiftoire des
quatre grands Empires , & un Abrégé
de celle de France. Pour ne pas les laiffer
dans l'oubli auquel l'indifférence pour la
langue latine femble les avoir condam-
nés, on en a donné une Traduction très-
bien faite mais comme il finiffoit à l'Em-
pire de Charles- Quint , le Traducteur a
cru devoir le continuer jufqu'à nos jours.
Outre ce travail , il a encore étendu le
texte original , & l'a accompagné de
notes , quand il a trouvé des endroits
qui demandoient à être éclaircis ou rec-
tifiés. Cette Traduction a encore le mé-
rite particulier d'indiquer les fources où
Sleidan a puifé ; & , par-là même , elle
ouvre aux Lecteurs un champ vaſte où
ils pourront trouver les détails de tout
ce dont on leur a préparé le fonds. Ce
fond eft fi riche , que M. de Voltaire n'a
pas dédaigné d'en faire ufage dans fes
Effais fur l'Hiftoire.
dédié aux jeunes Personnes, comprenant
l'Histoire sainte, l'Histoire ancienne,
l'Histoire Romaine & l'Histpore
de France. A Paris , chez Panckouke,
rue & à côté de la Comédie
Françoise, 1763, avec Approbation
& Privilége du Roi, 2 vol. in-12.
CET Ouvrage n'est pas une suite exacte
de Faits & d'Annales ; on a, en ce genre,
tout ce que l'on peut fouhaiter dans
d'autres Ouvrages excellens. Ce font
ici des tableaux rangés avec ordre , &
fous chacun defquels on donne des pré-
ceptes de morale tirés du fujet. C'eft ,
pour la Jeuneffe , un Livre élémentaire ,
où l'on paroît avoir fuivi le plan que
M. de la Chalotais a tracé dans fon Mé-
moire fur l'Education nationale. L'Au-
teur explique lui -même fous quel point
de vue il envifage l'Hiftoire , & com-
ment il fe propofe de la traiter. » Nous
» allons , dit- il , retracer avec ordre ce
JANVIER. 1764.
61
» qu'on appelle les grands Evénemens ,
» les grandes Révolutions qui ont bou-
» leverfé notre petit globe. En parcou-
>> rant ce théâtre , que nous ne trouvons
در
digne d'attention , que parce que nous
» ne le comparons jamais au tout im-
» menfe dont il eft une partie prèfque
» infenfible , nous y verrons une longue
» fcène , mêlée d'horreurs , de mépri-
» fables bouffonneries , & de temps en
» temps de quelques traits de vertu. Au
» milieu de ce défordre univerfel , quel
» eft l'état du vrai Sage ? Il jouit tran-
» quillement de fon exiſtence , & étudie
» les hommes.
11 les aime comme fes
» frères ; il les eſtime même , en les con-
» fidérant , finon tels qu'ils font deve-
» nus , au moins tels que les avoit faits
» la nature. Il excufe la plupart de leurs
» crimes , en ne les regardant que com-
» me des traits de folie . Il reffent , à la
» vérité , une profonde douleur de les
» voir s'entre-déchirer ; mais il fe dit
>> alors
pourquoi les hommes ont-ils.
» renoncé aux loix de la fage & bienfai-,
» fante nature ? Ils en font punis ; ils.
"
» l'ont bien mérité. «
C'est dans cet efprit de Philofophie
que l'Auteur a écrit ce Cours d'Hiftoire ;
& comme fon Ouvrage n'eft point fuf
62 MERCURE DE FRANCE.
ceptible d'une analyfe fuivie , il fuffira
de quelques traits pour faire connoître
dans quel goût il a éxécuté fon projer.
» Le Dictateur Cincinnatus cultivoit
" fous les murs de Rome quatre arpen's
» de terre , qui faifoient tout fon bien...
Le mépris & l'aviliffement où les La
» boureurs font réduits de nos jours ,
» épaiffit leurs âmes ; il font réellement
» pour la plupart auffi méprifables qu'ils
» nous le paroiffent. Mais à qui d'eux
» ou de nous - mêmes devons - nous
» nous en prendre ? Lorfque l'Agricul-
» ture étoit auffi honorée qu'elle doit
» l'être , on ne cherchoit les grands.
» hommes qu'à la Campagne ; & ce
» n'eft que là qu'il peut y en avoir qui
» méritent , fans réferve , le titre dé hé-
» ros & d'hommes vertueux.
En parlant d'Alexandre le Grand ,
l'Auteur dit : » Nous commençons à
» devenir humains , puifque nous com-
" mençons à mettre aurang des époques
» funeftes , le règne de ce Conquérant.
» Ce Prince eut quelques grandes qua-
» lités ; mais il n'y a pas de chef de vo-
» leur qui n'en ait eu auffi. Il faut , pour
»les grands crimes , des âmes fortes &
» capables par intervalle de quelques
» fentimens de vertu ; & l'on peut dire
JANVIER. 1764.
1 651
» qu'Alexandre en ent bien peu ; car il
» en eut encore moins que cet Eſpagnol
"
qui alla dévafter l'Amérique , & égor-
» ger un million d'hommes , parce que
» la terre qu'ils habitoient', au lieu d'être
» foutenue , comme la nôtre , par des
» lits & des veines de pierres , eft foute-
» nue par des lits & des veines d'un mé-
» tal auquel l'opinion a donné un prix.
» Comment juftifier Alexandre , qui pa
» roît n'avoir eu d'autre but que de par
» courir , les armes à la main , la moitié
» de la terre , & laiffer par- tout des traces .
» fanglantes de fon paffage ? "
C'est ainsi que l'Auteur , en parlant
des principaux perfonnages de l'antiqui
té , mêle à leurs actions des traits de mo-
rale,qui le conduifent toujours à fon ob-
jet. Mais , pour ne pas trop étendre cet
Extrait , nous ne citerons plus qu'un
endroit du fecond Tome. L'Hiftoire de
France , par la raifon qu'elle nous inté
reffe & nous touche de plus près , con
tient tout ce fecond volume. Elle éft ti-
rée du Pere de Chalons , & des Tablettes
Anecdotes de M.Duradier. Ces dernieres
répandent fur l'Ouvrage , de l'agrément
& de la variété. » Quand on vint dire
» à Charles IX. que tout étoit prêt pour
l'éxécution de la Saint Barthelemy , il
» frémit. Le Fanatiſme , à qui tour
64 MERCURE DE FRANCE.
» céde , parla moins haut dans fon cœur
" que ne faifoit l'humanité.
Il fentit
» alors qu'il étoit Roi , qu'il étoit père
» de fon Peuple ; il demeura tremblant
» & immobile .... La furieufe Médicis
» l'accufa de lâcheté & d'irréligion . Il
"
» fit un gefte de défefpoir. On prit le
» gefte pour fignal ; les cloches fonne-
» rent ; les meurtres commencerent , &
» ne finirent que quand les meurtriers
» tomberent de laffitude fur leurs vic-
» times. «
L'Auteur femble avoir eu fur- tout en
vue , dans l'Hiftoire de France , d'inſpi-
rer à notre Jeuneffe l'amour de la Patrie
& de nos Rois. Il éxalte leurs vertus ,
& tâche d'excufer leurs foibleffes , &
même leurs crimes , lorfqu'il en trouve
le moyen , fans heurter de front les faits
unanimement reconnus. Cette Hiftoire
de France eft terminée par celle du règne
de Louis XV. que l'Auteur fuit jufqu'a
près la Bataille de Fontenoi.
A l'occafion de ce Cours d'Hiftoire ,
nous croyons devoir rappeller ici un
autre Ouvrage de même genre , qui a
paru il y a quelques années , & dont on
a toujours fait un très-grand cas. C'eft,
Abrégé chronologique de l'Hiftoire Uni-
verfelle du célébre Sleidan , traduit du
latin en françois , & imprimé chez Vin-
JANVIER. 1764.
64
cent , Libraire , rue S. Severin , un vol.
in-8°. On fçait que Sleidan , Allemand
de Nation , vint à Paris au commence-
ment du feiziéme fiécle , & qu'il fit bril-
ler fes talens dans les Ecoles de l'Univer-
fité. Il fut employé dans les Ambaffades ;
& , auffi bon Hiftorien que Politique
habile , il a laiffé , entre autres Ouvrages,
un excellent Abrégé de l'Hiftoire des
quatre grands Empires , & un Abrégé
de celle de France. Pour ne pas les laiffer
dans l'oubli auquel l'indifférence pour la
langue latine femble les avoir condam-
nés, on en a donné une Traduction très-
bien faite mais comme il finiffoit à l'Em-
pire de Charles- Quint , le Traducteur a
cru devoir le continuer jufqu'à nos jours.
Outre ce travail , il a encore étendu le
texte original , & l'a accompagné de
notes , quand il a trouvé des endroits
qui demandoient à être éclaircis ou rec-
tifiés. Cette Traduction a encore le mé-
rite particulier d'indiquer les fources où
Sleidan a puifé ; & , par-là même , elle
ouvre aux Lecteurs un champ vaſte où
ils pourront trouver les détails de tout
ce dont on leur a préparé le fonds. Ce
fond eft fi riche , que M. de Voltaire n'a
pas dédaigné d'en faire ufage dans fes
Effais fur l'Hiftoire.
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Résumé : COURS d'Histoire sacrée & prophane, dédié aux jeunes Personnes, comprenant l'Histoire sainte, l'Histoire ancienne, l'Histoire Romaine & l'Histpore de France. A Paris , chez Panckouke, rue & à côté de la Comédie Françoise, 1763, avec Approbation & Privilége du Roi, 2 vol. in-12.
Le texte présente deux ouvrages historiques distincts. Le premier, intitulé 'Cours d'Histoire sacrée & prophane', a été publié à Paris en 1763. Destiné aux jeunes, cet ouvrage est structuré autour de tableaux ordonnés accompagnés de préceptes moraux. Influencé par M. de la Chalotais, l'auteur y retrace les grands événements historiques en mettant en lumière les horreurs, le mépris et quelques traits de vertu. Il critique la société contemporaine, notamment le mépris des laboureurs, et exalte les vertus des anciens héros agricoles. L'ouvrage inclut également une histoire de France jusqu'au règne de Louis XV, tirée des travaux du Père de Chalons et des Tablettes Anecdotes de M. Duradier. Le second ouvrage est l''Abrégé chronologique de l'Histoire Universelle' de Jean Sleidan, historien allemand du XVIe siècle. Traduit du latin et imprimé chez Vincent, ce livre couvre l'histoire jusqu'à l'Empire de Charles Quint et a été prolongé jusqu'aux jours contemporains du traducteur. Sleidan, reconnu pour ses talents académiques et diplomatiques, a écrit plusieurs ouvrages, dont un abrégé de l'histoire des quatre grands empires et un autre sur l'histoire de France. La traduction, publiée en janvier 1764, inclut des notes explicatives et correctives ainsi que les sources utilisées par Sleidan. Cette traduction a été utilisée par Voltaire dans ses écrits historiques.
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10551
10552
p. 66-67
PROSPECTUS d'un neuviéme cours public d'Histoire naturelle, concernant les Mineraux, les Végétaux & quelques productions de l'Art, relativement aux besoins & à l'agrément de la vie, &c. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle, & Membre de plusieurs Académies. Feuille in-8o.
Début :
L'AUTEUR de ce Prospectus détaille d'une manière claire & curieuse, les [...]
Mots clefs :
Prospectus, Histoire naturelle, Propriétés, Minéralogie, Contrée
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texteReconnaissance textuelle : PROSPECTUS d'un neuviéme cours public d'Histoire naturelle, concernant les Mineraux, les Végétaux & quelques productions de l'Art, relativement aux besoins & à l'agrément de la vie, &c. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle, & Membre de plusieurs Académies. Feuille in-8o.
PROSPECTUS d'un neuviéme cours
public d'Histoire naturelle, concernant
les Mineraux, les Végétaux & quelques
productions de l'Art, relativement
aux besoins & à l'agrément de
la vie, &c. Par M. VALMONT DE
BOMARE, Démonstrateur d'Histoire
Naturelle, & Membre de plusieurs
Académies. Feuille in- 8o.
L'AUTEUR de ce Prospectus détaille
d'une manière claire & curieuse, les
divers objets qui doivent faire la matière.
de fes Leçons publiques. Il en fit l'ou-
verture le 10 du mois dernier , dans fon
Cabinet , rue de la Verrerie , à la Roſe
blanche , près la rue du Coq. Elles fe
donnent les Lundi , Mercredi & Ven-
dredi de chaque Semaine , à dix heures
& demie du matin. Comme les Minéraux
doivent faire l'objet principal des Le-
çons de M. Valmont de Bomare , il ne
fera pas hors de propos de rappeller ici!
un Ouvrage qu'il publia l'année der-
niere , & qui nous paroit auffi nécef-
faire à ceux qui entreprendront de fui--
JANVIER. 1764.
67
vre fon cours , qu'aux perfonnes qui
s'appliquent à l'étude de l'Hiftoire Na
turelle. Ce font deux Volumes in-8°.
intitulés Minéralogie , ou nouvelle ex-
pofition du regne minéral ; Ouvrage dans
lequel on a taché de ranger dans l'ordre
le plus naturel les individus de ce règne,
& où l'on expofe leurs propriétés &
ufages méchaniques ; avec un Diction
naire nomenclateur , & des Tables fy-
noptiques ; à Paris , chez Vincent , rue
S. Severin. Ce n'eft point ici le lieu
de faire l'analyse de ce Livre déjà fort
connu des Amateurs de l'Hiftoire Na→
turelle ; il fuffit de dire qu'il offre dans
Fordre le plus méthodique , tout ce qui
eft annoncé dans le titre , & que fans
fe borner , ainsi que la plupart des
Auteurs , à la minéralogie particulière
d'unecontrée , il repréfente cette fcience
dans toute fa généralité.
public d'Histoire naturelle, concernant
les Mineraux, les Végétaux & quelques
productions de l'Art, relativement
aux besoins & à l'agrément de
la vie, &c. Par M. VALMONT DE
BOMARE, Démonstrateur d'Histoire
Naturelle, & Membre de plusieurs
Académies. Feuille in- 8o.
L'AUTEUR de ce Prospectus détaille
d'une manière claire & curieuse, les
divers objets qui doivent faire la matière.
de fes Leçons publiques. Il en fit l'ou-
verture le 10 du mois dernier , dans fon
Cabinet , rue de la Verrerie , à la Roſe
blanche , près la rue du Coq. Elles fe
donnent les Lundi , Mercredi & Ven-
dredi de chaque Semaine , à dix heures
& demie du matin. Comme les Minéraux
doivent faire l'objet principal des Le-
çons de M. Valmont de Bomare , il ne
fera pas hors de propos de rappeller ici!
un Ouvrage qu'il publia l'année der-
niere , & qui nous paroit auffi nécef-
faire à ceux qui entreprendront de fui--
JANVIER. 1764.
67
vre fon cours , qu'aux perfonnes qui
s'appliquent à l'étude de l'Hiftoire Na
turelle. Ce font deux Volumes in-8°.
intitulés Minéralogie , ou nouvelle ex-
pofition du regne minéral ; Ouvrage dans
lequel on a taché de ranger dans l'ordre
le plus naturel les individus de ce règne,
& où l'on expofe leurs propriétés &
ufages méchaniques ; avec un Diction
naire nomenclateur , & des Tables fy-
noptiques ; à Paris , chez Vincent , rue
S. Severin. Ce n'eft point ici le lieu
de faire l'analyse de ce Livre déjà fort
connu des Amateurs de l'Hiftoire Na→
turelle ; il fuffit de dire qu'il offre dans
Fordre le plus méthodique , tout ce qui
eft annoncé dans le titre , & que fans
fe borner , ainsi que la plupart des
Auteurs , à la minéralogie particulière
d'unecontrée , il repréfente cette fcience
dans toute fa généralité.
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Résumé : PROSPECTUS d'un neuviéme cours public d'Histoire naturelle, concernant les Mineraux, les Végétaux & quelques productions de l'Art, relativement aux besoins & à l'agrément de la vie, &c. Par M. VALMONT DE BOMARE, Démonstrateur d'Histoire Naturelle, & Membre de plusieurs Académies. Feuille in-8o.
Le document annonce un neuvième cours public d'histoire naturelle, centré sur les minéraux, les végétaux et les productions artistiques liées aux besoins et aux agréments de la vie. Ce cours est dirigé par M. Valmont de Bomare, démonstrateur d'histoire naturelle et membre de plusieurs académies. Les leçons commencent le 10 du mois précédent et se déroulent les lundi, mercredi et vendredi à 10 heures et demie du matin, au cabinet de l'auteur situé rue de la Verrerie, à la Rose blanche, près de la rue du Coq. Le prospectus mentionne également un ouvrage publié par M. Valmont de Bomare l'année précédente, intitulé 'Minéralogie, ou nouvelle exposition du règne minéral'. Cet ouvrage, en deux volumes in-8°, présente les individus du règne minéral de manière ordonnée, expose leurs propriétés et usages mécaniques, et inclut un dictionnaire nomenclateur et des tables synoptiques. Publié à Paris chez Vincent, rue Saint-Severin, cet ouvrage est recommandé pour les étudiants du cours ainsi que pour ceux intéressés par l'histoire naturelle.
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10552
10553
p. 67-69
LETTRE de l'homme civil à l'homme sauvage, avec cette Epigraphe : Eloquio victi, re vincimus ipsa. Antiluc. brochure in-12 ; Amsterdam 1763.
Début :
Nous n'avons fait qu'annoncer cette Lettre. Elle mérite que nous y revenions [...]
Mots clefs :
Lettres, Homme sauvage, Homme civil, M. Rousseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de l'homme civil à l'homme sauvage, avec cette Epigraphe : Eloquio victi, re vincimus ipsa. Antiluc. brochure in-12 ; Amsterdam 1763.
LETTRE de l'homme civil à l'homme
Sauvage , avec cette Epigraphe :
Eloquio victi , re vincimus ipfa. Anitiluc.
brochure in- 12 ; Amfterdam
1763.
Nous n'avon Qus n'avons fait qu'a nnoncer cette
68 MERCURE DE FRANCE.
Lettre . Elle mérite que nous y reve
nions pour en recommander la lecture
qui nous a paru très- intéreffante. C'eſt
une réponse aux derniers écrits de M.
Rouffeau de Geneve . " Après avoir
» plaint fincérement vos difgraces , dit
» l'Auteur ( M. Marin ) j'ai été touché
» des reproches que vous faites aux
» Magiftrats de Geneve , à l'Archevê-
» que & au Parlement de Paris , & j'ai
» cru devoir juftifier leur conduite à
» votre égard. Voilà en peu de mots
tout le fujet de cette Lettre , dans laquelle
l'Auteur , fans jamais s'écarter
des bornes de la modération & de la
politeffe , rappellé les diverfes circonf
tances de la vie de M. Rouffeau jette
un coup d'oeil rapide fur la plupart de
fes écrits , & reféve dans les unes &
dans les autres beaucoup de fingularités
& de contradictions. On fent bien que
fa Lettre à M. l'Archevêque eft ce qui
occupe principalement M. Marin ; if y
a dans cette partie de fa brochure , un
morceau touchant & pathétique qu'on
ne peut lire fans attendriffement. L'Auteur
y repréfente un habitant de la
campagne dans le fein d'une famille
pauvre , & environné de tout ce qui
peut rendre fa fituation malheureufe .
JANVIER. 1764. 69
L'efpérance d'une vie plus heureufe
après la mort , adoucit les peines dont
il feroit comme accablé dans celle - ci.
C'eft lui ôter cette efpérance, que de détruire
fa religion ; & n'eft-ce pas ce
qu'opére l'écrit de M. Rouffeau , fi juftement
condamné par le Mandement
de M. l'Archevêque ? C'est toujours
avec les armes du fentiment que M.
Marin combat fon adverfaire ; & avec
de pareilles armes , on eft prèfque toujours
victorieux. Nous nous rappellons
d'avoir rendu compte autrefois , d'une
Lettre du même Auteur , qui prouvoit
déja fon extrême fenfibilité pour
les malheureux ; ce qui ne détruit ni
n'affoiblit cette jufteffe d'efprit dont tous
fes écrits portent l'empreinte.
Sauvage , avec cette Epigraphe :
Eloquio victi , re vincimus ipfa. Anitiluc.
brochure in- 12 ; Amfterdam
1763.
Nous n'avon Qus n'avons fait qu'a nnoncer cette
68 MERCURE DE FRANCE.
Lettre . Elle mérite que nous y reve
nions pour en recommander la lecture
qui nous a paru très- intéreffante. C'eſt
une réponse aux derniers écrits de M.
Rouffeau de Geneve . " Après avoir
» plaint fincérement vos difgraces , dit
» l'Auteur ( M. Marin ) j'ai été touché
» des reproches que vous faites aux
» Magiftrats de Geneve , à l'Archevê-
» que & au Parlement de Paris , & j'ai
» cru devoir juftifier leur conduite à
» votre égard. Voilà en peu de mots
tout le fujet de cette Lettre , dans laquelle
l'Auteur , fans jamais s'écarter
des bornes de la modération & de la
politeffe , rappellé les diverfes circonf
tances de la vie de M. Rouffeau jette
un coup d'oeil rapide fur la plupart de
fes écrits , & reféve dans les unes &
dans les autres beaucoup de fingularités
& de contradictions. On fent bien que
fa Lettre à M. l'Archevêque eft ce qui
occupe principalement M. Marin ; if y
a dans cette partie de fa brochure , un
morceau touchant & pathétique qu'on
ne peut lire fans attendriffement. L'Auteur
y repréfente un habitant de la
campagne dans le fein d'une famille
pauvre , & environné de tout ce qui
peut rendre fa fituation malheureufe .
JANVIER. 1764. 69
L'efpérance d'une vie plus heureufe
après la mort , adoucit les peines dont
il feroit comme accablé dans celle - ci.
C'eft lui ôter cette efpérance, que de détruire
fa religion ; & n'eft-ce pas ce
qu'opére l'écrit de M. Rouffeau , fi juftement
condamné par le Mandement
de M. l'Archevêque ? C'est toujours
avec les armes du fentiment que M.
Marin combat fon adverfaire ; & avec
de pareilles armes , on eft prèfque toujours
victorieux. Nous nous rappellons
d'avoir rendu compte autrefois , d'une
Lettre du même Auteur , qui prouvoit
déja fon extrême fenfibilité pour
les malheureux ; ce qui ne détruit ni
n'affoiblit cette jufteffe d'efprit dont tous
fes écrits portent l'empreinte.
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Résumé : LETTRE de l'homme civil à l'homme sauvage, avec cette Epigraphe : Eloquio victi, re vincimus ipsa. Antiluc. brochure in-12 ; Amsterdam 1763.
La 'Lettre de l'homme civil à l'homme sauvage' est une réponse à Jean-Jacques Rousseau, publiée en 1763 à Amsterdam par M. Marin. L'auteur exprime sa sympathie pour les difficultés de Rousseau tout en défendant les magistrats de Genève, l'archevêque et le Parlement de Paris contre ses critiques. La lettre explore divers aspects de la vie et des écrits de Rousseau, mettant en lumière plusieurs singularités et contradictions. Une section importante est consacrée à la 'Lettre à M. l'Archevêque', où Marin décrit un paysan malheureux trouvant du réconfort dans l'espoir d'une vie meilleure après la mort. Marin critique Rousseau pour son écrit qu'il juge destructeur de cet espoir religieux. Il utilise des arguments sentimentaux pour réfuter les idées de Rousseau, démontrant ainsi sa sensibilité envers les malheureux sans compromettre sa rigueur intellectuelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10554
p. 69-73
SUITE de l'Atlas Historique & Géographique de M. BUI DE MORNAS ; 25 Cartes nouvelles, qui se trouvent chez l'Auteur, rue S. Jacques, près S. Yves, & chez le sieur DESNOS, son Associé, même rue, à l'Enseigne du Globe.
Début :
NOUS avons déja fait connoître cet Ouvrage utile & important, dans plusieurs [...]
Mots clefs :
Histoire, Cartes, Peuple, Atlas, Fondation, Géographie
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Atlas Historique & Géographique de M. BUI DE MORNAS ; 25 Cartes nouvelles, qui se trouvent chez l'Auteur, rue S. Jacques, près S. Yves, & chez le sieur DESNOS, son Associé, même rue, à l'Enseigne du Globe.
SUITE de l'Atlas Historique & Géographique
de M. BUI DE MORNAS ;
25 Cartes nouvelles, qui se trouvent
chez l'Auteur, rue S. Jacques, près
S. Yves, & chez le fieur DESNOS,
son Associé, même rue, à l'Enseigne
du Globe.
NOUS avons déja fait connoître cet Ouvrage utile & important, dans plusieurs
$
70 MERCURE DE FRANCE.
de nos Mercures ; & il ne nous
refte plus rien à dire fur l'objet , le
plan & l'exécution des premières par-
ties de cet Atlas , le plus fçavant , le
plus inftructif, le plus complet qui ait
paru jufqu'à préfent. Nous avons parlé
du défintéreffement des Auteurs , que
la gloire feule femble avoir guidés dans
cette entreprife , & de la fidélité avec
laquelle ils rempliffent leurs engage-
mens , malgré les dépenfes confidera-
bles qu'entraîne un pareil travail. Nous
nous bornerons donc à rendre compte
aujourd'hui des 25 Cartes qui paroiffent
nouvellement.
La première préfente une defcription
de l'ancienne Egypte , avec l'hiftoire de
Les premiers Rois jufqu'à la vocation
d'Abraham, Les deux fuivantes con-
tiennent les Pays habités autrefois par
les Celtes ou Gomérites , accompagnés
des événemens les plus remarquables
arrivés chez ces anciens Peuples. L'hif-
toire facrée , depuis Abraham jufqu'à
la Loi écrite , & depuis la Loi écrite
jufqu'à la fondation du Temple de Sa-
lomon , occupe feule quatorze Cartes ;
& l'on peut dire que nous n'avons rien
de plus curieux , de plus détaillé & de
JANVIER . 1764.
71
plus exact fur cette matière refpe&table.
Le refte eft deftiné à faire connoître
les pays occupés par les Peuples qui
ont vécu dans la Gréce & l'Afie mi-
neure durant le même efpace de temps.
Tous les faits principaux arrivés chez
ces Nations anciennes & célébres y font.
rapportés fans confufion & fans proli-
xité;& la préciſion de l'Hiftorien répond
toujours à celle du Géographe.
M. de Mornas avertit le Public que ,
pour donner à fon Atlas toute l'utilité
dont il eft fufceptible , il n'a pu fe dif
penferde faire un Supplément ; & voici
des raifons qu'il en donne. » Lorfque
j'ai propofé , dit-il , de donner l'HIC
toire du Genre humain , depuis la
» Créationjufqu'à l'Ere Chrétienne , en
>> 70 Cartes , je n'y comprenois pas les
20 Cartes de Géographie ancienne que
le Public éclairé m'avoit fort confeillé
d'y inférer. Ainfi c'eft vingt Cartes de
moins pour l'Hiftoire , dont je n'ai pu
→ donner les détails que jufqu'à la fonda-
tion du Temple. Il me refte donc à
parcourir le cinquiéme & le fixiéme
» âge du Monde , qui renferment un
وي
efpace de mille ans. C'eft ce que je
me propoſe de terminer avant la fin
» du mois d'Août de l'année 1764 ; & ,
32 MERCURE DE FRANCE .
pour répondre à l'empreffement du Pu-
» blic , il y aura deux Supplémens de
» Soufcriptions. Le premier , qui com-
"
دو
prendra l'Hiftoire du cinquiéme âge ,
» eft déja entre les mains des Graveurs ,
» & pourra être livré au premier Février
" prochain.
Il eft compofé de vingt
» Cartes , dont les dix premieres renfer-
» ment tout ce qui a rapport aux Royau-
» mes d'Ifraël & de Juda . Les dix autres
» ont pour objet l'Hiftoire Prophane ,
c'eft-à-dire , ce qui concerne les Egyp
» tiens , les Affyriens , les Babyloniens ,
les Médes,les Lydiens,lesMacédoniens,
» les Grecs & les Romains. Je donnerai le
» fecond Suplément dans le mois d'Août.
» Il fera compofé de trente Cartes , &
» contiendra les plus beaux morceaux de
» l'Hiftoire. On y trouvera ce qui eft
» arrivé d'intéreffant chez le Peuple Juif,
» depuis fon rétabliſſement par Cyrus,
» & les traits les plus frappans de l'Hif-
دو
toire des Egyptiens ,. des Perfes , des
» Grecs , des Parthes , des Syriens , des
Carthaginois , des Romains & de tous
» les autres Peuples qui fe font rendus
» célébres depuis Cyrus jufqu'à l'Ere
» Chrétienne. La deuxième partie de
» monAtlas fera donc compofée de cent
» vingt Cartes , dont on pourra former
» deux
1
JANVIER. 1764.
73
deux volumes. On renfermera dans le
premier les cinquante-cinq premières
» Cartes , qui ont pour objet l'homme
fous la Loi de Nature , qui a duré 2513
ans ; & le deuxiéme contiendra foi-
» xante- cinq Cartes , qui traiteront de
» tous les événemens arrivés fous la Loi
» écrite , dont la durée eft de 1487 ans.
Par le moyen de ces deux Supplémens ,
» on aura un Cours complet d'Hiftoire ,
» de Géographie & de Chronologie :
» Cours plein de détails inſtructifs , &
» fuffifant pour les dix- neuf vingtiémes
du genre humain.
de M. BUI DE MORNAS ;
25 Cartes nouvelles, qui se trouvent
chez l'Auteur, rue S. Jacques, près
S. Yves, & chez le fieur DESNOS,
son Associé, même rue, à l'Enseigne
du Globe.
NOUS avons déja fait connoître cet Ouvrage utile & important, dans plusieurs
$
70 MERCURE DE FRANCE.
de nos Mercures ; & il ne nous
refte plus rien à dire fur l'objet , le
plan & l'exécution des premières par-
ties de cet Atlas , le plus fçavant , le
plus inftructif, le plus complet qui ait
paru jufqu'à préfent. Nous avons parlé
du défintéreffement des Auteurs , que
la gloire feule femble avoir guidés dans
cette entreprife , & de la fidélité avec
laquelle ils rempliffent leurs engage-
mens , malgré les dépenfes confidera-
bles qu'entraîne un pareil travail. Nous
nous bornerons donc à rendre compte
aujourd'hui des 25 Cartes qui paroiffent
nouvellement.
La première préfente une defcription
de l'ancienne Egypte , avec l'hiftoire de
Les premiers Rois jufqu'à la vocation
d'Abraham, Les deux fuivantes con-
tiennent les Pays habités autrefois par
les Celtes ou Gomérites , accompagnés
des événemens les plus remarquables
arrivés chez ces anciens Peuples. L'hif-
toire facrée , depuis Abraham jufqu'à
la Loi écrite , & depuis la Loi écrite
jufqu'à la fondation du Temple de Sa-
lomon , occupe feule quatorze Cartes ;
& l'on peut dire que nous n'avons rien
de plus curieux , de plus détaillé & de
JANVIER . 1764.
71
plus exact fur cette matière refpe&table.
Le refte eft deftiné à faire connoître
les pays occupés par les Peuples qui
ont vécu dans la Gréce & l'Afie mi-
neure durant le même efpace de temps.
Tous les faits principaux arrivés chez
ces Nations anciennes & célébres y font.
rapportés fans confufion & fans proli-
xité;& la préciſion de l'Hiftorien répond
toujours à celle du Géographe.
M. de Mornas avertit le Public que ,
pour donner à fon Atlas toute l'utilité
dont il eft fufceptible , il n'a pu fe dif
penferde faire un Supplément ; & voici
des raifons qu'il en donne. » Lorfque
j'ai propofé , dit-il , de donner l'HIC
toire du Genre humain , depuis la
» Créationjufqu'à l'Ere Chrétienne , en
>> 70 Cartes , je n'y comprenois pas les
20 Cartes de Géographie ancienne que
le Public éclairé m'avoit fort confeillé
d'y inférer. Ainfi c'eft vingt Cartes de
moins pour l'Hiftoire , dont je n'ai pu
→ donner les détails que jufqu'à la fonda-
tion du Temple. Il me refte donc à
parcourir le cinquiéme & le fixiéme
» âge du Monde , qui renferment un
وي
efpace de mille ans. C'eft ce que je
me propoſe de terminer avant la fin
» du mois d'Août de l'année 1764 ; & ,
32 MERCURE DE FRANCE .
pour répondre à l'empreffement du Pu-
» blic , il y aura deux Supplémens de
» Soufcriptions. Le premier , qui com-
"
دو
prendra l'Hiftoire du cinquiéme âge ,
» eft déja entre les mains des Graveurs ,
» & pourra être livré au premier Février
" prochain.
Il eft compofé de vingt
» Cartes , dont les dix premieres renfer-
» ment tout ce qui a rapport aux Royau-
» mes d'Ifraël & de Juda . Les dix autres
» ont pour objet l'Hiftoire Prophane ,
c'eft-à-dire , ce qui concerne les Egyp
» tiens , les Affyriens , les Babyloniens ,
les Médes,les Lydiens,lesMacédoniens,
» les Grecs & les Romains. Je donnerai le
» fecond Suplément dans le mois d'Août.
» Il fera compofé de trente Cartes , &
» contiendra les plus beaux morceaux de
» l'Hiftoire. On y trouvera ce qui eft
» arrivé d'intéreffant chez le Peuple Juif,
» depuis fon rétabliſſement par Cyrus,
» & les traits les plus frappans de l'Hif-
دو
toire des Egyptiens ,. des Perfes , des
» Grecs , des Parthes , des Syriens , des
Carthaginois , des Romains & de tous
» les autres Peuples qui fe font rendus
» célébres depuis Cyrus jufqu'à l'Ere
» Chrétienne. La deuxième partie de
» monAtlas fera donc compofée de cent
» vingt Cartes , dont on pourra former
» deux
1
JANVIER. 1764.
73
deux volumes. On renfermera dans le
premier les cinquante-cinq premières
» Cartes , qui ont pour objet l'homme
fous la Loi de Nature , qui a duré 2513
ans ; & le deuxiéme contiendra foi-
» xante- cinq Cartes , qui traiteront de
» tous les événemens arrivés fous la Loi
» écrite , dont la durée eft de 1487 ans.
Par le moyen de ces deux Supplémens ,
» on aura un Cours complet d'Hiftoire ,
» de Géographie & de Chronologie :
» Cours plein de détails inſtructifs , &
» fuffifant pour les dix- neuf vingtiémes
du genre humain.
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Résumé : SUITE de l'Atlas Historique & Géographique de M. BUI DE MORNAS ; 25 Cartes nouvelles, qui se trouvent chez l'Auteur, rue S. Jacques, près S. Yves, & chez le sieur DESNOS, son Associé, même rue, à l'Enseigne du Globe.
Le texte présente une suite de l'Atlas Historique & Géographique de M. Buï de Mornas, qui inclut 25 nouvelles cartes disponibles chez l'auteur et son associé. Cet ouvrage est apprécié pour sa précision, son exhaustivité et son utilité, couvrant diverses périodes historiques. Les premières cartes détaillent l'ancienne Égypte et les événements marquants des peuples celtes ou gomérites. L'histoire sacrée, de Abraham à la fondation du Temple de Salomon, est illustrée par quatorze cartes. Les cartes restantes se concentrent sur les pays de la Grèce et de l'Asie Mineure durant la même période, offrant une présentation claire et précise des faits historiques. M. de Mornas annonce également un supplément pour compléter l'Atlas, qui couvrira l'histoire du cinquième et du sixième âge du monde, soit environ mille ans. Ce supplément sera divisé en deux parties. La première, disponible en février 1764, traitera des royaumes d'Israël et de Juda ainsi que de l'histoire profane des Égyptiens, Assyriens, Babyloniens, et autres peuples similaires. La seconde partie, prévue pour août 1764, abordera les événements notables des Juifs, Égyptiens, Perses, Grecs, Parthes, Syriens, Carthaginois, Romains et autres peuples célèbres jusqu'à l'ère chrétienne. L'Atlas final comptera 120 cartes, réparties en deux volumes, offrant ainsi un cours complet d'histoire, de géographie et de chronologie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10555
p. 73-81
TABLETTES chronologiques de l'Histoire Universelle sacrée & prophane, Ecclésiastique & Civile, depuis la création du Monde, jusqu'à l'an 1763 ; avec des réflexions sur l'ordre qu'on doit tenir, & sur les Ouvrages nécessaires pour l'Etude de l'Histoire, par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ; nouvelle Edition, revue, corrigée & augmentée ; deux tomes in-8 o. qui peuvent se relier en trois : à Paris, chez Debure, pere, quai des Augustins, du côté du pont S. Michel, à S. Paul, & chez Ganeau, Libraire, rue S. Severin, aux Armes de Dombes, 1763.
Début :
ON connoit depuis long-temps le mérite de cet Ouvrage si justement estimé [...]
Mots clefs :
Histoire, Édition, Chronologie, Abbé, Ouvrage, Tablettes, Sciences, additions, Création
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texteReconnaissance textuelle : TABLETTES chronologiques de l'Histoire Universelle sacrée & prophane, Ecclésiastique & Civile, depuis la création du Monde, jusqu'à l'an 1763 ; avec des réflexions sur l'ordre qu'on doit tenir, & sur les Ouvrages nécessaires pour l'Etude de l'Histoire, par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ; nouvelle Edition, revue, corrigée & augmentée ; deux tomes in-8 o. qui peuvent se relier en trois : à Paris, chez Debure, pere, quai des Augustins, du côté du pont S. Michel, à S. Paul, & chez Ganeau, Libraire, rue S. Severin, aux Armes de Dombes, 1763.
TABLETTES chronologiques de l'Histoire
Universelle sacrée & prophane,
Ecclesiastique & Civile, depuis la création
du Monde, jusqu'à l'an 1763 ;
avec des réflexions sur l'ordre qu'on
doit tenir, & sur les Ouvrages nécessaires
pour l'Etude de l'Histoire, par
M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ; nouvelle
Edition, revue, corrigée & augmentée ;
deux tomes in-8o. qui peuvent
se relier en trois : à Paris, chez Debure, pere, quai des Augustins, du côté du pont S. Michel, à S. Paul, & chez Ganeau, Libraire, rue S. Severin, aux Armes de Dombes, 1763.
I.Vol
D
74 MERCURE DE FRANCE .
ON connoit depuis long-temps le
mérite de cet Ouvrage si justement estimé
des Gens de Lettres , pour lesquels
il eft d'une très-grande reffource . Lorf-
que l'Abbé Lenglet le publia pour la pre-
mière fois , on convint univerfellement
qu'il avoit rendu le plus grand fervice à
là Littérature. Aufli nous connoiffons
peu de Livres de ce genre qui ayent été
plus fouvent réimprimés , & fur - tout
chez les Etrangers. Chaque Edition fur-
paffoit les précédentes , par les additions
& les corrections de l'Auteur , qui profi-
toit également, & des critiques , & des
avis des Sçavans de toutes les Nations.
avec lefquels il étoit en relation. Depuis
la mort de M. l'Abbé Lenglet , plufieurs
perfonnes éclairées ont revu l'Ouvrage ,
& des Sçavans du premier ordre y ont
ajouté des chofes importantes ; nous
allons donner un précis de chaque yo-
lume. Le premier contient un Difcours
fur la manière d'étudier l'Hiftoire. C'eſt
up excellent abrégé de la grande Métho-
JANVIER. 1764.
75
de de l'Abbé Lenglet ; il eft fuivi d'une
Lifte raifonnée des Livres néceffaires à
cette étude. Suit une Inftruction fur la
Chronologie & fes principes ; une Lifte
de trente Epoques fixes qui fervent à
régler toute l'Hiftoire ancienne ; une
Chronologie des Marbres de Paros , qui
contient les événemens les plus remar-
* quables de l'Hiftoire Grecque ; la fuite
des Olympiades , des Archontes d'Athè
nes , & c.; les Faftes Confulaires , qui
reglent la Chronologie de l'Histoire Ro-
maine ;la fuite des Indictions , les Lettres
Dominicales ; la fuite des années de l'Hé-
gire ; le Calendrier Romain , & c. & c.
A tout cela fuccède une grande Table
chronologique , qui contient les princi-
*paux événemens de l'Hiftoire facrée &
prophane , depuis la création du Monde
jufqu'à Jefus- Chrift. Les difficultés chro-
nologiques de l'Hiftoire Sainte fous les
-Juges & les Rois , ont engagé l'Auteur
à donner fur cela plufieurs Tables qui
expofent les fyftêmes de différens Au-
teurs célébres. On y a joint , dans cette
nouvelle Edition , celui du fçavant M.
Des-Vignoles , dont l'Ouvrage eſt rare
en France .
On a auffi donné pour l'Histoire Pro-
phane , 1 °. un Abrégé de la Chronologie
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
du même M. Des- Vignoles , fur les Hif-
toires d'Affyrie & d'Egypte : 2°. le fa-
meux Canon Mathématique & Aftrono-
mique , où l'on trouve une fuite des
Princes de l'Orient , depuis Nabonaffar
jufqu'à Antonin ; c'eft un morceau auffi
précieux pour la Chronologie , que la
Chronique de Paros : 3°. des Remarques
chronologiques fur l'Hiftoire ancienne
de la Chine , & fes liaiſons ( inconnues
jufqu'à préfent ) avec les pays Occiden-
taux. C'eft encore une addition tirée
des nouveaux Ouvrages de M. Degui
gnes ; & ces remarques étoient nécef-
faires pour completter le Recueil fur
l'Hiftoire Univerfelle .
On trouvera enfuite une Tablette chro-
nologique des grands Hommes qui ont
paru dans les Sciences , depuis les pre-
miers temps jufqu'au fixiéme fiécle de
J. C. Cette Pièce a été revue & augmen-
tée. On l'a fait fuivre d'une nouvelle Ta-
blette des hommes les plus célébres dans
les Beaux Arts. Cet article important
manquoit à l'Edition précédente. Enfin
cette Edition eft enrichie d'une Lifte
raifonnée des anciennes Eclypfes , qui ,
comme on fçait , font un des fondemens
de la Chronologie . Les Tables alphabé-
tiques des noms contenus dans ce volume
JANVIER. 1764.
77
font , & beaucoup plus complettes , &
imprimées en plus gros caractères : elles
feront par- là d'un ufage plus facile &
plus étendu. Voilà ce qui forme le pre-
mier tome , qui a plus de 700 pages.
Le fecond volume comprenoit , dans
la première Edition , toute l'Hiftoire"
moderne. Mais les additions qu'on y a
faites , l'ont rendu très -confidérable. On
y voit d'abord l'Avertiſſement de M. l'Ab
bé Lenglet fur l'Hiſtoire moderne , & la
Fable chronologique des principaux Evé-
nemens arrivés dans le Monde , depuis
la Naiffance de J. C. jufqu'à la fin de
l'année 1762. L'Auteur en étoit reſté à
la mort de Louis XIV. en 1715. L'Edi-
teur , après avoir revu avec foin ce qu'a-
voit fait M. l'Abbé Lenglet , & l'avoir
enrichi d'un grand nombre d'additions ,
fur-tout pour les Hiftoires étrangères
a continué la Table chronologique juf
qu'au commencement de 1763. Cette
Table , jointe à celle du premier volu-
me , forme une Chronologie univerfelle
depuis la Création du Monde jufqu'à
nos jours.
On trouve enfuite des Tablettes de
Hiftoire Eccléfiaftique. On a rangé
avec art , dans fix colonnes paralleles ,
la fuite des Papes , les Rits & Ordress
Diij.
78 MERCURE DE FRANCE.
Religieux , les grands Hommes de l'E-
glife , les Perfécutions & les Héréfies ,
les Conciles , avec l'indication des Livres
qui les font connoître , les Ecrivains Ec-
cléfiaftiques & leurs principaux Ouvra-
ges. Les Supplémens de l'ancienne Edi-
tion , par rapport aux Conciles & aux-
Ecrivains , font mis dans la nouvelle à la.
place qui leur convient , & l'on a fait
plufieurs additions qui concernent prin-
cipalement les Ecrivains Eccléfiaftiques.
La Liſte des Papes , tirée du Pere Fran-
çois Pagi, dont plufieurs Sçavans font
ufage , fe trouve à la fin des Tablettes
de l'Hiftoire Eccléfiaftique.
Celles de l'Hiftoire Civile préfentent
d'abord la fuite des Empereurs Romains ;
& jufqu'à la divifion de l'Empire , on a
mis en parallele les Rois des Parthes &
des Perfes , qui étoient fes ennemis . On
voit enfuite les Empereurs d'Occident &
d'Orient , les Rois de France , d'Angle-
terre , d'Espagne , de Portugal , les Prin-
ces d'Italie , les Ducs & Rois de Hon-
grie , de Boheme, de Pologne, de Suede,
de Dannemarck , de Norwege , les Ducs
de Lorraine , les Rois de Jérufalem &
de Chypre , les Grands Califes des Sar-
rafins , les Empereurs Ottomans , les
Rois de Perfe. On a mis dans cette
JANVIER. 1764.
79
nouvelle Edition une fuite exacte des
Princes de Ruffie . On y a auffi ajouté
celles des Ducs & des Rois de Pruffe ,
des Ducs de Courlande , des Stathou-
ders , des Grands- Ducs de Tofcane , des
Ducs de Modene & de ceux de Parme ,
des Grands- Maîtres de Malthe , une no-
tice des Dynafties ou Familles Impé-
riales de la Chine , & la fuite des Empe-
reurs Mogols de l'Inde.
Une addition bien plus confidérable ,
que l'on doit encore au nouvel Editeur ,
eft une Tablette chronologique des grands
Hommes qui fe font diftingués dans les
Sciences & les Beaux Arts, depuis Char-
lemagne jufqu'à nos jours. Il a eu foin
de faire entrer dans cette Tablette la
fondation des Univerfités & des princi-
pales Académies . M. l'Abbé Lenglet
avoit donné , pour l'Hiftoire ancienne ,
une Tablette des grands Hommes dans
les Sciences ; mais il n'avoit rien fait de
pareil pour l'Hiftoire moderne ; & il s'é-
toit borné aux Ecrivains Eccléfiaftiques.
C'étoit un défaut que l'Editeur a bient
réparé fa Tablette des grands Hommes
contient près de deux cens pages,
Enfin l'Ouvrage eft terminé par qua-
tre Tables alphabétiques. La première eft
Eccléfiaftique. La feconde eft la Table
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
des Conciles
on a placé avant chaque
article l'année du Concile dont il eft
queftion dans l'article. La troifiéme con-
tient les noms de l'Hiftoire Civile , ren-
fermés non-feulement dans les Tablettes
( comme dans la premiere Edition ) ,
mais encore dans la Table chronologi-
que. La quatriéme enfin eft pour les
Hommes célébres dans les Sciences &
dans les Arts , & pour les Univerfités &
les Académies.
Tel eft l'Ouvrage que l'on préfente
au Public. On voit , par ce détail , que
cette Edition eft infiniment fupérieure
à la première , & qu'on n'a rien négligé
pour l'enrichir & la perfectionner. On-
voit de quelle utilité ce Livre peut être ,
foit pour diriger fes lectures , foit pour
fe les rappeller. On trouvera abondam-
ment dequoi les diriger dans le Dif-
cours fur la manière d'étudier l'Hiftoire .
dans la notice raifonnée des Livres où
l'on peut en puifer la connoiffance , dans
l'ordre qu'il faut tenir en étudiant ces
Livres. On fe rappellera fes lectures ,
foit par le moyen des Tables chronolo-
giques , qui renferment les Evénemens
& la fucceffion des Princes , depuis la
Création jufqu'à nos jours , foit par celles
des perfonnages qui fe font diftingués,
JANVIER. 1764.
81
dans les Sciences & les Beaux - Arts.
Quant à la partie Typographique , il pa-
roît qu'on y a donné tous fes foins , &
qu'on n'a rien épargné pour la netteté
du caractère , & pour la beauté du papier.
Le prix de cet Ouvrage relié en deux vo-
lumes , fera de 13 1. 4 f. & broché en
trois volumes , 12 liv.
Universelle sacrée & prophane,
Ecclesiastique & Civile, depuis la création
du Monde, jusqu'à l'an 1763 ;
avec des réflexions sur l'ordre qu'on
doit tenir, & sur les Ouvrages nécessaires
pour l'Etude de l'Histoire, par
M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ; nouvelle
Edition, revue, corrigée & augmentée ;
deux tomes in-8o. qui peuvent
se relier en trois : à Paris, chez Debure, pere, quai des Augustins, du côté du pont S. Michel, à S. Paul, & chez Ganeau, Libraire, rue S. Severin, aux Armes de Dombes, 1763.
I.Vol
D
74 MERCURE DE FRANCE .
ON connoit depuis long-temps le
mérite de cet Ouvrage si justement estimé
des Gens de Lettres , pour lesquels
il eft d'une très-grande reffource . Lorf-
que l'Abbé Lenglet le publia pour la pre-
mière fois , on convint univerfellement
qu'il avoit rendu le plus grand fervice à
là Littérature. Aufli nous connoiffons
peu de Livres de ce genre qui ayent été
plus fouvent réimprimés , & fur - tout
chez les Etrangers. Chaque Edition fur-
paffoit les précédentes , par les additions
& les corrections de l'Auteur , qui profi-
toit également, & des critiques , & des
avis des Sçavans de toutes les Nations.
avec lefquels il étoit en relation. Depuis
la mort de M. l'Abbé Lenglet , plufieurs
perfonnes éclairées ont revu l'Ouvrage ,
& des Sçavans du premier ordre y ont
ajouté des chofes importantes ; nous
allons donner un précis de chaque yo-
lume. Le premier contient un Difcours
fur la manière d'étudier l'Hiftoire. C'eſt
up excellent abrégé de la grande Métho-
JANVIER. 1764.
75
de de l'Abbé Lenglet ; il eft fuivi d'une
Lifte raifonnée des Livres néceffaires à
cette étude. Suit une Inftruction fur la
Chronologie & fes principes ; une Lifte
de trente Epoques fixes qui fervent à
régler toute l'Hiftoire ancienne ; une
Chronologie des Marbres de Paros , qui
contient les événemens les plus remar-
* quables de l'Hiftoire Grecque ; la fuite
des Olympiades , des Archontes d'Athè
nes , & c.; les Faftes Confulaires , qui
reglent la Chronologie de l'Histoire Ro-
maine ;la fuite des Indictions , les Lettres
Dominicales ; la fuite des années de l'Hé-
gire ; le Calendrier Romain , & c. & c.
A tout cela fuccède une grande Table
chronologique , qui contient les princi-
*paux événemens de l'Hiftoire facrée &
prophane , depuis la création du Monde
jufqu'à Jefus- Chrift. Les difficultés chro-
nologiques de l'Hiftoire Sainte fous les
-Juges & les Rois , ont engagé l'Auteur
à donner fur cela plufieurs Tables qui
expofent les fyftêmes de différens Au-
teurs célébres. On y a joint , dans cette
nouvelle Edition , celui du fçavant M.
Des-Vignoles , dont l'Ouvrage eſt rare
en France .
On a auffi donné pour l'Histoire Pro-
phane , 1 °. un Abrégé de la Chronologie
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
du même M. Des- Vignoles , fur les Hif-
toires d'Affyrie & d'Egypte : 2°. le fa-
meux Canon Mathématique & Aftrono-
mique , où l'on trouve une fuite des
Princes de l'Orient , depuis Nabonaffar
jufqu'à Antonin ; c'eft un morceau auffi
précieux pour la Chronologie , que la
Chronique de Paros : 3°. des Remarques
chronologiques fur l'Hiftoire ancienne
de la Chine , & fes liaiſons ( inconnues
jufqu'à préfent ) avec les pays Occiden-
taux. C'eft encore une addition tirée
des nouveaux Ouvrages de M. Degui
gnes ; & ces remarques étoient nécef-
faires pour completter le Recueil fur
l'Hiftoire Univerfelle .
On trouvera enfuite une Tablette chro-
nologique des grands Hommes qui ont
paru dans les Sciences , depuis les pre-
miers temps jufqu'au fixiéme fiécle de
J. C. Cette Pièce a été revue & augmen-
tée. On l'a fait fuivre d'une nouvelle Ta-
blette des hommes les plus célébres dans
les Beaux Arts. Cet article important
manquoit à l'Edition précédente. Enfin
cette Edition eft enrichie d'une Lifte
raifonnée des anciennes Eclypfes , qui ,
comme on fçait , font un des fondemens
de la Chronologie . Les Tables alphabé-
tiques des noms contenus dans ce volume
JANVIER. 1764.
77
font , & beaucoup plus complettes , &
imprimées en plus gros caractères : elles
feront par- là d'un ufage plus facile &
plus étendu. Voilà ce qui forme le pre-
mier tome , qui a plus de 700 pages.
Le fecond volume comprenoit , dans
la première Edition , toute l'Hiftoire"
moderne. Mais les additions qu'on y a
faites , l'ont rendu très -confidérable. On
y voit d'abord l'Avertiſſement de M. l'Ab
bé Lenglet fur l'Hiſtoire moderne , & la
Fable chronologique des principaux Evé-
nemens arrivés dans le Monde , depuis
la Naiffance de J. C. jufqu'à la fin de
l'année 1762. L'Auteur en étoit reſté à
la mort de Louis XIV. en 1715. L'Edi-
teur , après avoir revu avec foin ce qu'a-
voit fait M. l'Abbé Lenglet , & l'avoir
enrichi d'un grand nombre d'additions ,
fur-tout pour les Hiftoires étrangères
a continué la Table chronologique juf
qu'au commencement de 1763. Cette
Table , jointe à celle du premier volu-
me , forme une Chronologie univerfelle
depuis la Création du Monde jufqu'à
nos jours.
On trouve enfuite des Tablettes de
Hiftoire Eccléfiaftique. On a rangé
avec art , dans fix colonnes paralleles ,
la fuite des Papes , les Rits & Ordress
Diij.
78 MERCURE DE FRANCE.
Religieux , les grands Hommes de l'E-
glife , les Perfécutions & les Héréfies ,
les Conciles , avec l'indication des Livres
qui les font connoître , les Ecrivains Ec-
cléfiaftiques & leurs principaux Ouvra-
ges. Les Supplémens de l'ancienne Edi-
tion , par rapport aux Conciles & aux-
Ecrivains , font mis dans la nouvelle à la.
place qui leur convient , & l'on a fait
plufieurs additions qui concernent prin-
cipalement les Ecrivains Eccléfiaftiques.
La Liſte des Papes , tirée du Pere Fran-
çois Pagi, dont plufieurs Sçavans font
ufage , fe trouve à la fin des Tablettes
de l'Hiftoire Eccléfiaftique.
Celles de l'Hiftoire Civile préfentent
d'abord la fuite des Empereurs Romains ;
& jufqu'à la divifion de l'Empire , on a
mis en parallele les Rois des Parthes &
des Perfes , qui étoient fes ennemis . On
voit enfuite les Empereurs d'Occident &
d'Orient , les Rois de France , d'Angle-
terre , d'Espagne , de Portugal , les Prin-
ces d'Italie , les Ducs & Rois de Hon-
grie , de Boheme, de Pologne, de Suede,
de Dannemarck , de Norwege , les Ducs
de Lorraine , les Rois de Jérufalem &
de Chypre , les Grands Califes des Sar-
rafins , les Empereurs Ottomans , les
Rois de Perfe. On a mis dans cette
JANVIER. 1764.
79
nouvelle Edition une fuite exacte des
Princes de Ruffie . On y a auffi ajouté
celles des Ducs & des Rois de Pruffe ,
des Ducs de Courlande , des Stathou-
ders , des Grands- Ducs de Tofcane , des
Ducs de Modene & de ceux de Parme ,
des Grands- Maîtres de Malthe , une no-
tice des Dynafties ou Familles Impé-
riales de la Chine , & la fuite des Empe-
reurs Mogols de l'Inde.
Une addition bien plus confidérable ,
que l'on doit encore au nouvel Editeur ,
eft une Tablette chronologique des grands
Hommes qui fe font diftingués dans les
Sciences & les Beaux Arts, depuis Char-
lemagne jufqu'à nos jours. Il a eu foin
de faire entrer dans cette Tablette la
fondation des Univerfités & des princi-
pales Académies . M. l'Abbé Lenglet
avoit donné , pour l'Hiftoire ancienne ,
une Tablette des grands Hommes dans
les Sciences ; mais il n'avoit rien fait de
pareil pour l'Hiftoire moderne ; & il s'é-
toit borné aux Ecrivains Eccléfiaftiques.
C'étoit un défaut que l'Editeur a bient
réparé fa Tablette des grands Hommes
contient près de deux cens pages,
Enfin l'Ouvrage eft terminé par qua-
tre Tables alphabétiques. La première eft
Eccléfiaftique. La feconde eft la Table
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
des Conciles
on a placé avant chaque
article l'année du Concile dont il eft
queftion dans l'article. La troifiéme con-
tient les noms de l'Hiftoire Civile , ren-
fermés non-feulement dans les Tablettes
( comme dans la premiere Edition ) ,
mais encore dans la Table chronologi-
que. La quatriéme enfin eft pour les
Hommes célébres dans les Sciences &
dans les Arts , & pour les Univerfités &
les Académies.
Tel eft l'Ouvrage que l'on préfente
au Public. On voit , par ce détail , que
cette Edition eft infiniment fupérieure
à la première , & qu'on n'a rien négligé
pour l'enrichir & la perfectionner. On-
voit de quelle utilité ce Livre peut être ,
foit pour diriger fes lectures , foit pour
fe les rappeller. On trouvera abondam-
ment dequoi les diriger dans le Dif-
cours fur la manière d'étudier l'Hiftoire .
dans la notice raifonnée des Livres où
l'on peut en puifer la connoiffance , dans
l'ordre qu'il faut tenir en étudiant ces
Livres. On fe rappellera fes lectures ,
foit par le moyen des Tables chronolo-
giques , qui renferment les Evénemens
& la fucceffion des Princes , depuis la
Création jufqu'à nos jours , foit par celles
des perfonnages qui fe font diftingués,
JANVIER. 1764.
81
dans les Sciences & les Beaux - Arts.
Quant à la partie Typographique , il pa-
roît qu'on y a donné tous fes foins , &
qu'on n'a rien épargné pour la netteté
du caractère , & pour la beauté du papier.
Le prix de cet Ouvrage relié en deux vo-
lumes , fera de 13 1. 4 f. & broché en
trois volumes , 12 liv.
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Résumé : TABLETTES chronologiques de l'Histoire Universelle sacrée & prophane, Ecclésiastique & Civile, depuis la création du Monde, jusqu'à l'an 1763 ; avec des réflexions sur l'ordre qu'on doit tenir, & sur les Ouvrages nécessaires pour l'Etude de l'Histoire, par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ; nouvelle Edition, revue, corrigée & augmentée ; deux tomes in-8 o. qui peuvent se relier en trois : à Paris, chez Debure, pere, quai des Augustins, du côté du pont S. Michel, à S. Paul, & chez Ganeau, Libraire, rue S. Severin, aux Armes de Dombes, 1763.
L'ouvrage 'Tablettes chronologiques de l'Histoire Universelle sacrée & prophane, Ecclesiastique & Civile' de l'Abbé Lenglet Dufresnoy, publié en 1763, est reconnu pour son utilité et sa valeur littéraire. Il a été enrichi par des contributions de savants de diverses nations et se compose de deux tomes, pouvant être reliés en trois volumes. Le premier tome aborde la méthode d'étude de l'histoire, les livres nécessaires, et les principes de chronologie. Il inclut des chronologies spécifiques telles que celles des Marbres de Paros, des Olympiades, et des Fastes Consulaires, ainsi qu'une grande table chronologique des événements majeurs depuis la création du monde jusqu'à Jésus-Christ. Des tables supplémentaires traitent des difficultés chronologiques de l'histoire sainte et des systèmes de divers auteurs. Pour l'histoire profane, le tome contient des chronologies sur l'Assyrie, l'Égypte, la Chine, et des listes d'éclipses. Le second tome, augmenté, couvre l'histoire moderne avec des listes dynastiques et chronologiques des empereurs romains, des rois européens, des princes d'Italie, des ducs, des rois de divers pays, des califes, des empereurs ottomans, des princes de Russie, des ducs de Prusse, des stathouders, des grands-ducs de Toscane, des ducs de Modène et de Parme, des grands-maîtres de Malte, des dynasties impériales de Chine, et des empereurs mogols de l'Inde. Il inclut également une tablette des grands hommes des sciences et des arts depuis Charlemagne, ainsi que des tables alphabétiques sur les sujets ecclésiastiques, les conciles, les noms de l'histoire civile, et les hommes célèbres dans les sciences et les arts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10555
TABLETTES chronologiques de l'Histoire Universelle sacrée & prophane, Ecclésiastique & Civile, depuis la création du Monde, jusqu'à l'an 1763 ; avec des réflexions sur l'ordre qu'on doit tenir, & sur les Ouvrages nécessaires pour l'Etude de l'Histoire, par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ; nouvelle Edition, revue, corrigée & augmentée ; deux tomes in-8 o. qui peuvent se relier en trois : à Paris, chez Debure, pere, quai des Augustins, du côté du pont S. Michel, à S. Paul, & chez Ganeau, Libraire, rue S. Severin, aux Armes de Dombes, 1763.
10556
p. 81-83
VIES des Peres, des Martyrs, & des autres principaux Saints, tirées des Actes originaux, & des Mémoires les plus authentiques, avec des notes critiques & historiques. Ouvrage traduit de l'Anglois, in-8o. A Villefranche de Rouergue & à Paris. Tome premier.
Début :
VOILA un de ces Ouvrages qui ne peuvent manquer d'être bien accueillis [...]
Mots clefs :
Martyrs, Saints, Pères, Volume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VIES des Peres, des Martyrs, & des autres principaux Saints, tirées des Actes originaux, & des Mémoires les plus authentiques, avec des notes critiques & historiques. Ouvrage traduit de l'Anglois, in-8o. A Villefranche de Rouergue & à Paris. Tome premier.
VIES des Peres, des Martyrs, & des
autres principaux Saints, tirées des
Actes originaux, & des Mémoires les
plus authentiques, avec des notes critiques
& historiques. Ouvrage traduit
de l'Anglois, in-8o. A Villefranche de
Rouergue & à Paris. Tome premier.
VOILA un de ces Ouvrages qui ne
peuvent manquer d'être bien accueillis
du Public. Les Fidèles feront édifiés par
le récit intéreffant des acions des Saints ;;
& les Gens de Lettres applaudiront de
plus à l'érudition fagement répandue
dans les notes. On ne trouvera point ici
de ces faits apocryphes qui ont fi jufte-
ment décrédité plufieurs Hagiographes :
mais on n'y trouvera point non plus de
D.V
82 MERCURE DE FRANCE .
ces critiques hafardées , qui font bien
moins le fruit du jugement que, celui de
la malignité. L'Auteur ne s'en eft rappor-
té qu'aux Mémoires originaux ; ce qui
ne l'a pourtant pas empêché de profiter
du travail des Modernes , comme il l'a-
voue lui-même. Lorfqu'on prend de pa-
reilles précautions , & qu'on a d'ailleurs
le talent d'écrire analogue au genre que
l'on a choifi , il eft prèfque impoffible
que l'on ne réuffiffe pas. Ce n'eft point
ici un fimple Livre de piété ; mais un
Livre d'Histoire Eccléfiaftique , qui ac-
quiert un nouveau degré de mérite , par
les recherches curieufes dont il eft rem-
pli. Nous ne craignons pas de dire que
cet Ouvrage nous manquoit en notre
langue le Public doit donc être charmé
de le voir publier en françois. La Tra-
duction que l'on nous en donne , fans
être plattement littérale , nous a paru
bien rendre le fens de l'anglois. Nous
exhortons ceux qui s'en font chargés , à
continuer perfévéramment leurs veilles ;
& il s'acquéreront des droits fur la re-
connoiffance de leurs compatriotes.
L'éxécution typographique de cet im-
portant Ouvrage fait honneur aux Pref-
fes du Sieur VEDEILH.IÉ , Libraire-
Imprimeur à Villefranche de Rouergue .
J
JANVIER. 1764.
83
Il eft imprimé fur de beau papier , &
avec des caractères neufs , fondus par le
célébre M. FOURNIER. Il fe vend à
Paris , chez Barbou , rue S. Jacques ,
aux Cigognes. Le volume fe vend 6 liv.
relié en veau. Le fecond volume paroî-
tra dans quatre mois.
autres principaux Saints, tirées des
Actes originaux, & des Mémoires les
plus authentiques, avec des notes critiques
& historiques. Ouvrage traduit
de l'Anglois, in-8o. A Villefranche de
Rouergue & à Paris. Tome premier.
VOILA un de ces Ouvrages qui ne
peuvent manquer d'être bien accueillis
du Public. Les Fidèles feront édifiés par
le récit intéreffant des acions des Saints ;;
& les Gens de Lettres applaudiront de
plus à l'érudition fagement répandue
dans les notes. On ne trouvera point ici
de ces faits apocryphes qui ont fi jufte-
ment décrédité plufieurs Hagiographes :
mais on n'y trouvera point non plus de
D.V
82 MERCURE DE FRANCE .
ces critiques hafardées , qui font bien
moins le fruit du jugement que, celui de
la malignité. L'Auteur ne s'en eft rappor-
té qu'aux Mémoires originaux ; ce qui
ne l'a pourtant pas empêché de profiter
du travail des Modernes , comme il l'a-
voue lui-même. Lorfqu'on prend de pa-
reilles précautions , & qu'on a d'ailleurs
le talent d'écrire analogue au genre que
l'on a choifi , il eft prèfque impoffible
que l'on ne réuffiffe pas. Ce n'eft point
ici un fimple Livre de piété ; mais un
Livre d'Histoire Eccléfiaftique , qui ac-
quiert un nouveau degré de mérite , par
les recherches curieufes dont il eft rem-
pli. Nous ne craignons pas de dire que
cet Ouvrage nous manquoit en notre
langue le Public doit donc être charmé
de le voir publier en françois. La Tra-
duction que l'on nous en donne , fans
être plattement littérale , nous a paru
bien rendre le fens de l'anglois. Nous
exhortons ceux qui s'en font chargés , à
continuer perfévéramment leurs veilles ;
& il s'acquéreront des droits fur la re-
connoiffance de leurs compatriotes.
L'éxécution typographique de cet im-
portant Ouvrage fait honneur aux Pref-
fes du Sieur VEDEILH.IÉ , Libraire-
Imprimeur à Villefranche de Rouergue .
J
JANVIER. 1764.
83
Il eft imprimé fur de beau papier , &
avec des caractères neufs , fondus par le
célébre M. FOURNIER. Il fe vend à
Paris , chez Barbou , rue S. Jacques ,
aux Cigognes. Le volume fe vend 6 liv.
relié en veau. Le fecond volume paroî-
tra dans quatre mois.
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Résumé : VIES des Peres, des Martyrs, & des autres principaux Saints, tirées des Actes originaux, & des Mémoires les plus authentiques, avec des notes critiques & historiques. Ouvrage traduit de l'Anglois, in-8o. A Villefranche de Rouergue & à Paris. Tome premier.
Le texte présente l'œuvre 'Vies des Pères, des Martyrs, & des autres principaux Saints', traduite de l'anglais et publiée à Villefranche de Rouergue et à Paris. Cet ouvrage vise à être apprécié par les fidèles et les intellectuels grâce à ses récits édifiants des actions des saints et à ses notes critiques et historiques érudites. L'auteur a utilisé des sources originales et des travaux contemporains pour éviter les faits apocryphes et les critiques malveillantes. Le livre est décrit comme un ouvrage d'histoire ecclésiastique enrichi de recherches approfondies. La traduction française est fidèle à l'original anglais. La qualité typographique est soulignée, avec un papier de qualité et des caractères nouveaux créés par M. Fournier. Le premier tome est disponible chez Barbou à Paris au prix de six livres, relié en veau, et le second volume sera publié quatre mois plus tard.
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10557
p. 83-86
MÉMOIRES pour servir à l'Histoire de la Province d'Artois, & principalement de la Ville d'Arras, pendant une partie du quinziéme siécle, précédés d'une Notice chronologique des Comtes d'Artois ; lûs en différentes Séances de la Société Littéraire d'Arras, par M. Harduin, Secrétaire perpétuel de cette Compagnie ; Associé à l'Académie des Transformati de Milan, & à la Société Littéraire-Militaire de Besançon. A Arras, chez Michel Nicolas, rue S. Gery, avec Approbation & Privilége du Roi, 1763, un vol. in-12.
Début :
PARMI les événemens qui paroissent ne devoir intéresser que les Habitans du [...]
Mots clefs :
Mémoire, Ville, Province, Notice, Comtes, Abbés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MÉMOIRES pour servir à l'Histoire de la Province d'Artois, & principalement de la Ville d'Arras, pendant une partie du quinziéme siécle, précédés d'une Notice chronologique des Comtes d'Artois ; lûs en différentes Séances de la Société Littéraire d'Arras, par M. Harduin, Secrétaire perpétuel de cette Compagnie ; Associé à l'Académie des Transformati de Milan, & à la Société Littéraire-Militaire de Besançon. A Arras, chez Michel Nicolas, rue S. Gery, avec Approbation & Privilége du Roi, 1763, un vol. in-12.
MÉMOIRES pour servir à l'Histoire de
la Province d'Artois, & principalement
de la Ville d'Arras, pendant une
partie du quinziéme siécle, précédés
d'une Notice chronologique des Comtes
d'Artois ; lûs en différentes Séances
de la Société Littéraire d'Arras, par
M. Harduin, Secrétaire perpétuel de
cette Compagnie ; Associé à l'Académie
des Transformati de Milan, & à
la Société Littéraire-Militaire de Besançon.
A Arras, chez Michel Nicolas,
rue S. Gery, avec Approbation
& Privilége du Roi, 1763, un vol.
in-12.
PARMI les événemens qui paroissent
ne devoir intéresser que les Habitans du
Pays d'Artois , on en trouvera plufieurs
dans cet Ouvrage , qui font dignes d'oc
D vj
1
84 MERCURE DE FRANCE .
cuper tout Lecteur curieux. Les diffé
rentes piéces qui compofent ce Recueil
font , 1 °. une Notice chronologique des.
Comtes & Comteffes d'Artois , qui fert
d'introduction & de bafe aux Mémoires.
dont elle eft fuivie . Cette Notice.com-
mence à l'année 1 180 ,. & finit au Traité.
de Nimegue, par lequel la Province d'Ar-
tois eut le bonheur de rentrer fous la
Domination Françoiſe , & d'être réunie
pour toujours à la Couronne de fes an-
ciens Maîtres. 2°. Les fentimens d'une
Citoyen d'Arras , à la Naiffance de M.
le Comte d'Artois . C'eft une pièce de
vers dont l'Auteur ne fe nomme point ,
quoique ces vers ne puiffent que lui faire
honneur , & comme Poëte , & comme
Citoyen , & comme François. 3º: Un
Mémoire fur les Abbés de Lieffe d'Ar-
ras , tiré des Regiftres de la Ville. Ces
Abbés de Lieffe , autrement ces Chefs de
la Bande joyeuſe , étoient des hommes
chargés de l'éxécution ou de la conduite
de certains divertiffemens publics. Ils
s'élifoient tous les ans par les Officiers
du Duc de Bourgogne , par le Magiftrat
& par la Bourgeoifie ; & on l'inveſtiſſoit
de fa Charge , en lui remettant une
Croffe d'argent doré , qu'il étoit obligé
de rendre à la fin de fon exercice, Les
JAN VIER. 1764.
833
devoirs de ces fortes d'Abbés offrent des
détails curieux & piquans. 4°. Un Mé-
moire tiré des Regiftres d'Arras , conte-
nant la Relation des Cérémonies qui
s'obfervoient dans cette Ville , fous les ›
Ducs de Bourgogne de la feconde Bran-
2
che Royale , lorfque ces Princes , en
qualité de Comtes d'Artois , ou les Rois
de France , Souverains de la Province , y
faifoient leur Entrée folemnelle . 5° . Un
Mémoire fur les Joûtes , Tournois, Faits .
d'Armes & autres Exercices de ce gen-
re , qui fe firent à Arras du temps de
Philippe le Bon , Duc de Bourgogne &
Comte d'Artois. 6°. Un Mémoire hifto-
rique concernant l'Artois , & principa-
lement la Ville d'Arras , depuis le com--
mencement de l'année 1477 , juſqu'au
mois de Mai 1484. 7° : Un Mémoire qui
fert de fuite au précédent , & comprend
les faits arrivés jufqu'en 1491. 8°. Une
Relation de la furprife d'Arras en 1492.
9°. Un Mémoire pour fervir à l'Hiftoire
d'Arras & de l'Artois , depuis 1493 jul-
qu'en 1499. Ces neuf articles offrent
une infinité de traits & d'anecdotes
qu'on chercheroit inutilement dans les
Hiftoires générales , & qui pourtant ne
doivent pas être ignorés par ceux qui fe
piquent de bien fçavoir l'Hiftoire, de
86 MERCURE DE FRANCE.
France. L'Auteur , déjà connu par plu--
fieurs Ouvrages eftimés qu'il a donné au
Public , a préfenté un Exemplaire de ce
dernier à l'Affemblée générale des Etats
d'Artois ; & il en a reçu en préfent une
Médaille d'or qui reftoit de celles qui
avoit été frappées à l'occafion de la Naif-
fance de M LE COMTE D'ARTOIS . Il
feroit à fouhaiter que les talens fuffent
toujours encouragés de cette manière ;
le plus grand avantage en reviendroit
au Public.
la Province d'Artois, & principalement
de la Ville d'Arras, pendant une
partie du quinziéme siécle, précédés
d'une Notice chronologique des Comtes
d'Artois ; lûs en différentes Séances
de la Société Littéraire d'Arras, par
M. Harduin, Secrétaire perpétuel de
cette Compagnie ; Associé à l'Académie
des Transformati de Milan, & à
la Société Littéraire-Militaire de Besançon.
A Arras, chez Michel Nicolas,
rue S. Gery, avec Approbation
& Privilége du Roi, 1763, un vol.
in-12.
PARMI les événemens qui paroissent
ne devoir intéresser que les Habitans du
Pays d'Artois , on en trouvera plufieurs
dans cet Ouvrage , qui font dignes d'oc
D vj
1
84 MERCURE DE FRANCE .
cuper tout Lecteur curieux. Les diffé
rentes piéces qui compofent ce Recueil
font , 1 °. une Notice chronologique des.
Comtes & Comteffes d'Artois , qui fert
d'introduction & de bafe aux Mémoires.
dont elle eft fuivie . Cette Notice.com-
mence à l'année 1 180 ,. & finit au Traité.
de Nimegue, par lequel la Province d'Ar-
tois eut le bonheur de rentrer fous la
Domination Françoiſe , & d'être réunie
pour toujours à la Couronne de fes an-
ciens Maîtres. 2°. Les fentimens d'une
Citoyen d'Arras , à la Naiffance de M.
le Comte d'Artois . C'eft une pièce de
vers dont l'Auteur ne fe nomme point ,
quoique ces vers ne puiffent que lui faire
honneur , & comme Poëte , & comme
Citoyen , & comme François. 3º: Un
Mémoire fur les Abbés de Lieffe d'Ar-
ras , tiré des Regiftres de la Ville. Ces
Abbés de Lieffe , autrement ces Chefs de
la Bande joyeuſe , étoient des hommes
chargés de l'éxécution ou de la conduite
de certains divertiffemens publics. Ils
s'élifoient tous les ans par les Officiers
du Duc de Bourgogne , par le Magiftrat
& par la Bourgeoifie ; & on l'inveſtiſſoit
de fa Charge , en lui remettant une
Croffe d'argent doré , qu'il étoit obligé
de rendre à la fin de fon exercice, Les
JAN VIER. 1764.
833
devoirs de ces fortes d'Abbés offrent des
détails curieux & piquans. 4°. Un Mé-
moire tiré des Regiftres d'Arras , conte-
nant la Relation des Cérémonies qui
s'obfervoient dans cette Ville , fous les ›
Ducs de Bourgogne de la feconde Bran-
2
che Royale , lorfque ces Princes , en
qualité de Comtes d'Artois , ou les Rois
de France , Souverains de la Province , y
faifoient leur Entrée folemnelle . 5° . Un
Mémoire fur les Joûtes , Tournois, Faits .
d'Armes & autres Exercices de ce gen-
re , qui fe firent à Arras du temps de
Philippe le Bon , Duc de Bourgogne &
Comte d'Artois. 6°. Un Mémoire hifto-
rique concernant l'Artois , & principa-
lement la Ville d'Arras , depuis le com--
mencement de l'année 1477 , juſqu'au
mois de Mai 1484. 7° : Un Mémoire qui
fert de fuite au précédent , & comprend
les faits arrivés jufqu'en 1491. 8°. Une
Relation de la furprife d'Arras en 1492.
9°. Un Mémoire pour fervir à l'Hiftoire
d'Arras & de l'Artois , depuis 1493 jul-
qu'en 1499. Ces neuf articles offrent
une infinité de traits & d'anecdotes
qu'on chercheroit inutilement dans les
Hiftoires générales , & qui pourtant ne
doivent pas être ignorés par ceux qui fe
piquent de bien fçavoir l'Hiftoire, de
86 MERCURE DE FRANCE.
France. L'Auteur , déjà connu par plu--
fieurs Ouvrages eftimés qu'il a donné au
Public , a préfenté un Exemplaire de ce
dernier à l'Affemblée générale des Etats
d'Artois ; & il en a reçu en préfent une
Médaille d'or qui reftoit de celles qui
avoit été frappées à l'occafion de la Naif-
fance de M LE COMTE D'ARTOIS . Il
feroit à fouhaiter que les talens fuffent
toujours encouragés de cette manière ;
le plus grand avantage en reviendroit
au Public.
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Résumé : MÉMOIRES pour servir à l'Histoire de la Province d'Artois, & principalement de la Ville d'Arras, pendant une partie du quinziéme siécle, précédés d'une Notice chronologique des Comtes d'Artois ; lûs en différentes Séances de la Société Littéraire d'Arras, par M. Harduin, Secrétaire perpétuel de cette Compagnie ; Associé à l'Académie des Transformati de Milan, & à la Société Littéraire-Militaire de Besançon. A Arras, chez Michel Nicolas, rue S. Gery, avec Approbation & Privilége du Roi, 1763, un vol. in-12.
Le document 'Mémoires pour servir à l'Histoire de la Province d'Artois, & principalement de la Ville d'Arras, pendant une partie du quinzième siècle' a été présenté par M. Harduin, Secrétaire perpétuel de la Société Littéraire d'Arras, et publié à Arras en 1763. Il comprend une notice chronologique des Comtes et Comtesses d'Artois de 1180 au Traité de Nimègue, qui a intégré la province d'Artois à la couronne française. L'ouvrage inclut aussi des poèmes sur la naissance du Comte d'Artois, un mémoire sur les Abbés de Lieffe d'Arras, responsables des divertissements publics, et des descriptions des cérémonies lors des entrées solennelles des Ducs de Bourgogne ou des Rois de France à Arras. Il traite également des tournois et des faits d'armes sous Philippe le Bon, ainsi que des événements historiques de l'Artois et d'Arras entre 1477 et 1499. L'auteur a offert un exemplaire de ce travail aux États d'Artois et a reçu une médaille d'or en récompense.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10557
MÉMOIRES pour servir à l'Histoire de la Province d'Artois, & principalement de la Ville d'Arras, pendant une partie du quinziéme siécle, précédés d'une Notice chronologique des Comtes d'Artois ; lûs en différentes Séances de la Société Littéraire d'Arras, par M. Harduin, Secrétaire perpétuel de cette Compagnie ; Associé à l'Académie des Transformati de Milan, & à la Société Littéraire-Militaire de Besançon. A Arras, chez Michel Nicolas, rue S. Gery, avec Approbation & Privilége du Roi, 1763, un vol. in-12.
10558
p. 86-88
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ŒUVRES de M. l'Abbé Coyer, de l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres [...]
Mots clefs :
Académie, Sciences, Noblesse, Édition, Approbation, Brochure
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texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
OEUVRES de M. l'Abbé Coyer, de
l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres
de Nancy ; nouvelle Edition ,
2 vol. in-12 , dont le premier contient :
les bagatelles morales , plufieurs differ-
tations fur différens fujets , & le difcours
fur la fatyre contre les Philofophes ; le
fecond , la Nobleffe commerçante , le
développement & la défenfe du fyf-
tême de la Nobleffe commerçante. A
Londres , & fe trouve à Paris , chez
Duchefne , Libraire , rue S. Jacques , au
Temple du Goût ; 1764. Comme tous
JANVIER 1764 .
87
les morceaux qui compofent ce recueil
agréable , font connus , & qu'on en a
rendu compte dans le Mercure lorsqu'ils
ont paru , nous fommes difpenfés d'en
faire l'analyſe..
EXPÉRIENCES fur le cours des Fleu--
ves ou Lettre à un Magiftrat Hollan-
dois , dans laquelle on éxamine la crue
des eaux , & fi , pour les faire baiffer
dans un Fleuve & éviter les Inonda--
tions , il convient de faire des Saignées
ou Décharges , en divifant les eaux ; avec
la maniere d'écurer le fond des Fleuves,
empêcher la rupture des Digues & la
fubmerfion de la plus belle & plus riche
Partie de la Hollande , en procurant un
prompt écoulement aux eaux des Fleu--
ves qui la traverſent. Par M. Genneté ,
premier Phyficien de S. M. Imp. Nouv.
Edit. A Paris , chez Tilliard , Guillyn,
Quai des Auguftins , & Durand , rue
S. Jacques , 1764 , avec Approbation &
Permiffion . Brochure en 7 Parties. Prix
t
fols , brochée.
30 fols ,
CHEMINÉE de nouvelle conftruction ,
pour garantir du Feu & de la Fumée , à
l'épreuve des Vents , du Soleil , de la
Pluie & des autres Caufes qui font fus
1
88 MERCURE DE FRANCE.
4
mer les Cheminées ordinaires. Par M.
Genneté , premier Phyficien de S. M. I.
avec leJugement de l'Académie Royale
des Sciences de Paris, fur cette nouvelle
conftruction . Nouv. Edition . A Paris
chez Tilliard , Guillyn , Quai des Au--
guftins & Durand, rue S. Jacques. 1764.
Avec Approbation & Privilège du Roiz
Brochure en 8. Parties. Prix , 3 liv. bro
chée.
OEUVRES de M. l'Abbé Coyer, de
l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres
de Nancy ; nouvelle Edition ,
2 vol. in-12 , dont le premier contient :
les bagatelles morales , plufieurs differ-
tations fur différens fujets , & le difcours
fur la fatyre contre les Philofophes ; le
fecond , la Nobleffe commerçante , le
développement & la défenfe du fyf-
tême de la Nobleffe commerçante. A
Londres , & fe trouve à Paris , chez
Duchefne , Libraire , rue S. Jacques , au
Temple du Goût ; 1764. Comme tous
JANVIER 1764 .
87
les morceaux qui compofent ce recueil
agréable , font connus , & qu'on en a
rendu compte dans le Mercure lorsqu'ils
ont paru , nous fommes difpenfés d'en
faire l'analyſe..
EXPÉRIENCES fur le cours des Fleu--
ves ou Lettre à un Magiftrat Hollan-
dois , dans laquelle on éxamine la crue
des eaux , & fi , pour les faire baiffer
dans un Fleuve & éviter les Inonda--
tions , il convient de faire des Saignées
ou Décharges , en divifant les eaux ; avec
la maniere d'écurer le fond des Fleuves,
empêcher la rupture des Digues & la
fubmerfion de la plus belle & plus riche
Partie de la Hollande , en procurant un
prompt écoulement aux eaux des Fleu--
ves qui la traverſent. Par M. Genneté ,
premier Phyficien de S. M. Imp. Nouv.
Edit. A Paris , chez Tilliard , Guillyn,
Quai des Auguftins , & Durand , rue
S. Jacques , 1764 , avec Approbation &
Permiffion . Brochure en 7 Parties. Prix
t
fols , brochée.
30 fols ,
CHEMINÉE de nouvelle conftruction ,
pour garantir du Feu & de la Fumée , à
l'épreuve des Vents , du Soleil , de la
Pluie & des autres Caufes qui font fus
1
88 MERCURE DE FRANCE.
4
mer les Cheminées ordinaires. Par M.
Genneté , premier Phyficien de S. M. I.
avec leJugement de l'Académie Royale
des Sciences de Paris, fur cette nouvelle
conftruction . Nouv. Edition . A Paris
chez Tilliard , Guillyn , Quai des Au--
guftins & Durand, rue S. Jacques. 1764.
Avec Approbation & Privilège du Roiz
Brochure en 8. Parties. Prix , 3 liv. bro
chée.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
Le document présente deux annonces de publications. La première concerne les œuvres de l'Abbé Coyer, membre de l'Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Nancy. La nouvelle édition de 1764 comprend deux volumes. Le premier volume inclut 'Les Bagatelles morales', plusieurs dissertations et un discours sur la satire contre les philosophes. Le second volume traite de 'La Noblesse commerçante', défendant ce système. Le livre est disponible à Paris chez Duchefne, libraire, rue Saint-Jacques. La seconde annonce concerne une brochure de M. Genneté, premier physicien de Sa Majesté Impériale, intitulée 'Expériences sur le cours des Fleuves'. Cette lettre, adressée à un magistrat hollandais, examine les crues des eaux et propose des solutions comme la création de saignées pour éviter les inondations. Elle explique aussi comment nettoyer le fond des fleuves, prévenir la rupture des digues et assurer un écoulement rapide des eaux en Hollande. La brochure est publiée à Paris chez Tilliard, Guillyn et Durand et est composée de sept parties. Une autre brochure de M. Genneté, 'Cheminée de nouvelle construction', décrit une cheminée résistante au feu, à la fumée, aux vents, au soleil et à la pluie. Elle inclut un jugement de l'Académie Royale des Sciences de Paris et est également publiée à Paris chez Tilliard, Guillyn et Durand.
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10559
p. 88
« EPITRE à M. Jean-Jacques Rousseau, ci-devant Citoyen de Geneve, avec cette [...] »
Début :
EPITRE à M. Jean-Jacques Rousseau, ci-devant Citoyen de Geneve, avec cette [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « EPITRE à M. Jean-Jacques Rousseau, ci-devant Citoyen de Geneve, avec cette [...] »
EPITRE à M. Jean-Jacques Rouſſeau
ci-devant Citoyen de Geneve, avec cette
Epigraphe Vitiis nemo fine nafcitur :
optimus ille eft , qui minimis urgetur.
Hor. A Paris , chez Panckouke , Li-
braire , rue & à côté de la Comédie
Françoife ; une feuille in-8° . 1764.
ci-devant Citoyen de Geneve, avec cette
Epigraphe Vitiis nemo fine nafcitur :
optimus ille eft , qui minimis urgetur.
Hor. A Paris , chez Panckouke , Li-
braire , rue & à côté de la Comédie
Françoife ; une feuille in-8° . 1764.
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10560
p. 88-91
« ATLAS Géographique, Historique & raisonné de la France ancienne & moderne, [...] »
Début :
ATLAS Géographique, Historique & raisonné de la France ancienne & moderne, [...]
Mots clefs :
Atlas, Tableau, Politique, Finances, Prospectus, Tableau historique et géographique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ATLAS Géographique, Historique & raisonné de la France ancienne & moderne, [...] »
ATLAS Géographique, Historique &
raisonné de la France ancienne & moderne,
repréſenté dans tous fes diffé-
rens âges & accroiffemens , par autant
de Cartes particulières , depuis fon ori-
gine jufqu'à nos jours , diftribuées par
des leçons préciſes , formant une expli-
cation méthodique , claire , convenable
& relative à chaque Carte. Par une So-
ciété de Gens de Lettres. Dréffé avec
le plus grand foin , pour donner une
connoiffance éxacte de la fituation Cé--
lefte, Politique & Maritime du Royaume
confidéré dans fes Gouvernemens Civil ,,
Eccléfiaftique & Militaire
dans fon
Commerce & dans fes Finances ; dif-
ribué de manière qu'en prenant cha
que Carte féparément de la defcription ,
elles ferviront à faciliter l'intelligence
de nos Hiſtoriens , tant anciens que mo
dernes , étant adaptées aux Ouvrages de
Mézeray , du P. Daniel , de M. le Pré-
fident Hénault , &c. & particuliérement
pour accompagner l'Hiftoire de France
de MM. Velly & Villaret , & feront im-
primées fur des formats conformément
à celui de chacun de ces Auteurs. Par
M. Rizzi Zannoni
de l'Académie ·
Royale des Sciences & Belles- Lettres -
de Gottingue , dirigé & donné au Pu-
blic par le fieur Defnos , Ingénieur-Géo-
graphe pour les Globes , Sphères & Inf-
trumens de Mathématiques , rue Saint
Jacques , à l'Enfeigne du Globe. A
Paris , 1763 , avec Privilége du Roi,.
TABLEAU Hiftorique & Géogra-
phique de l'Empire d'Allemagne , qui
le repréfente par colonne dans fes dix
Cercles. On y voit fous un même point
de vue l'Hiftoire abrégée de l'Empire,,
90 MERCURE DE FRANCE.
les Poffeffions & les Titres de fes Sou
verains , les Riviéres & les Villes prin-
cipales de chaque Cercle. Celles - ci ont
des hiéroglyphes qui fervent à faire con-
noître ce qui les diftingue & ce qu'el-
les ont de remarquable. Ce Tableau
paroît fous deux formes différentes , la
premiére eft fur le papier Chaplet , feuille
ordinaire des Atlas ; la feconde , plus
petite & plus portative , eft de la gran-
deur de l'Atlas de la France . On don-
nera fucceffivement fous ces deux for-
mes , toutes les différentes Monarchies
de l'Europe & les autres parties du Mon-
de pour l'utilité des Colléges , & de tous
ceux qui veulent étudier l'Histoire ; par
Auteur du Tableau de la France.
PROSPECTUS de l'Atlas Géographi-
que & portatifdes Elections du Royau-
me ; Généralité de Paris , divifée en fes`
vingt-deux Elections , & repréſentée
dans toutes fes
parties par autant de
Cartes particulières d'une manière cho-
rographique & complette , avec le nom-
bre des Paroiffes & des feux ; levée fur
lès lieux par une Société d'Ingénieurs ,
Defnos, précédée
éxécutée par Defnos, précédée d'un dif-
cours dans lequel on explique l'hiſtoire
particulière de chaque Ville , les événe
JANVIER. 1764.
g
mens remarquables qui s'y font paffés
fa fituation , fon Terroir , fes Fabriques,.
fes Manufactures , enfin toutes les pro--
ductions de la nature & de l'art qui s'y
trouvent ; par M. l'Abbé R ** . Ouvrage
utile à l'Etranger comme au Citoyen qui
veut avoir une connoiffance détaillée de:
la France , & particulierement à ceux
qui font intéreffés dans l'adminiſtration
de la Juſtice , dans le Commerce & les
Finances , & c. A Paris , chez Defnos ,
Ingénieur-Géographe pour les Globes
& Sphères , rue S. Jacques , à l'Enfeigne
du Globe , la huitiéme Boutique au-def-
fus de la Fontaine de S. Séverin,du même
côté. 1763. avec Approbation & Privi-
lége du Roi.
raisonné de la France ancienne & moderne,
repréſenté dans tous fes diffé-
rens âges & accroiffemens , par autant
de Cartes particulières , depuis fon ori-
gine jufqu'à nos jours , diftribuées par
des leçons préciſes , formant une expli-
cation méthodique , claire , convenable
& relative à chaque Carte. Par une So-
ciété de Gens de Lettres. Dréffé avec
le plus grand foin , pour donner une
connoiffance éxacte de la fituation Cé--
lefte, Politique & Maritime du Royaume
confidéré dans fes Gouvernemens Civil ,,
Eccléfiaftique & Militaire
dans fon
Commerce & dans fes Finances ; dif-
ribué de manière qu'en prenant cha
que Carte féparément de la defcription ,
elles ferviront à faciliter l'intelligence
de nos Hiſtoriens , tant anciens que mo
dernes , étant adaptées aux Ouvrages de
Mézeray , du P. Daniel , de M. le Pré-
fident Hénault , &c. & particuliérement
pour accompagner l'Hiftoire de France
de MM. Velly & Villaret , & feront im-
primées fur des formats conformément
à celui de chacun de ces Auteurs. Par
M. Rizzi Zannoni
de l'Académie ·
Royale des Sciences & Belles- Lettres -
de Gottingue , dirigé & donné au Pu-
blic par le fieur Defnos , Ingénieur-Géo-
graphe pour les Globes , Sphères & Inf-
trumens de Mathématiques , rue Saint
Jacques , à l'Enfeigne du Globe. A
Paris , 1763 , avec Privilége du Roi,.
TABLEAU Hiftorique & Géogra-
phique de l'Empire d'Allemagne , qui
le repréfente par colonne dans fes dix
Cercles. On y voit fous un même point
de vue l'Hiftoire abrégée de l'Empire,,
90 MERCURE DE FRANCE.
les Poffeffions & les Titres de fes Sou
verains , les Riviéres & les Villes prin-
cipales de chaque Cercle. Celles - ci ont
des hiéroglyphes qui fervent à faire con-
noître ce qui les diftingue & ce qu'el-
les ont de remarquable. Ce Tableau
paroît fous deux formes différentes , la
premiére eft fur le papier Chaplet , feuille
ordinaire des Atlas ; la feconde , plus
petite & plus portative , eft de la gran-
deur de l'Atlas de la France . On don-
nera fucceffivement fous ces deux for-
mes , toutes les différentes Monarchies
de l'Europe & les autres parties du Mon-
de pour l'utilité des Colléges , & de tous
ceux qui veulent étudier l'Histoire ; par
Auteur du Tableau de la France.
PROSPECTUS de l'Atlas Géographi-
que & portatifdes Elections du Royau-
me ; Généralité de Paris , divifée en fes`
vingt-deux Elections , & repréſentée
dans toutes fes
parties par autant de
Cartes particulières d'une manière cho-
rographique & complette , avec le nom-
bre des Paroiffes & des feux ; levée fur
lès lieux par une Société d'Ingénieurs ,
Defnos, précédée
éxécutée par Defnos, précédée d'un dif-
cours dans lequel on explique l'hiſtoire
particulière de chaque Ville , les événe
JANVIER. 1764.
g
mens remarquables qui s'y font paffés
fa fituation , fon Terroir , fes Fabriques,.
fes Manufactures , enfin toutes les pro--
ductions de la nature & de l'art qui s'y
trouvent ; par M. l'Abbé R ** . Ouvrage
utile à l'Etranger comme au Citoyen qui
veut avoir une connoiffance détaillée de:
la France , & particulierement à ceux
qui font intéreffés dans l'adminiſtration
de la Juſtice , dans le Commerce & les
Finances , & c. A Paris , chez Defnos ,
Ingénieur-Géographe pour les Globes
& Sphères , rue S. Jacques , à l'Enfeigne
du Globe , la huitiéme Boutique au-def-
fus de la Fontaine de S. Séverin,du même
côté. 1763. avec Approbation & Privi-
lége du Roi.
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Résumé : « ATLAS Géographique, Historique & raisonné de la France ancienne & moderne, [...] »
L'ouvrage 'ATLAS Géographique, Historique & raisonné de la France ancienne & moderne' est une collection de cartes détaillées de la France à travers différentes époques. Structuré en leçons précises, il offre une explication méthodique et claire pour chaque carte. Dirigé par M. Rizzi Zannoni, membre de l'Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Göttingen, cet atlas vise à fournir une connaissance exacte de la situation céleste, politique et maritime du royaume, couvrant ses aspects civil, ecclésiastique, militaire, commercial et financier. Les cartes sont adaptées aux œuvres de divers historiens comme Mézeray, le Père Daniel, le Président Hénault, et particulièrement à l'Histoire de France de MM. Velly et Villaret. L'ouvrage est imprimé en différents formats et disponible chez le sieur Defnos, ingénieur-géographe, à Paris. Un autre ouvrage mentionné est le 'TABLEAU Historique & Géographique de l'Empire d'Allemagne', représentant l'empire par colonnes dans ses dix cercles, incluant l'histoire abrégée de l'empire, les possessions et titres des souverains, ainsi que les rivières et villes principales de chaque cercle. Ce tableau existe en deux formats. Enfin, le 'PROSPECTUS de l'Atlas Géographique & portatif des Élections du Royaume' présente la généralité de Paris divisée en ses vingt-deux élections, avec des cartes chorographiques et des descriptions détaillées des villes, événements, situation, terroir, fabriques, manufactures et productions naturelles et artistiques. Cet ouvrage est utile aux étrangers et aux citoyens intéressés par l'administration de la justice, le commerce et les finances.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10561
p. 91-99
ALMANACHS pour l'Année 1764.
Début :
CALENDRIER du Cabinet pour l'année 1764 ; ce Calendrier est gravé en [...]
Mots clefs :
Almanach, Approbation, Privilège, Calendrier, Clergé, Étrennes, Royaume
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texteReconnaissance textuelle : ALMANACHS pour l'Année 1764.
ALMANACHS pour l'Année 1764.
CALENDRIER du Cabinet pour l'année
1764 ; ce Calendrier est gravé en
taille-douce , de douze pouces de large ,
für neuf de haut ; repréfentant un des
plus beaux morceaux d'Architecture de :
la Capitale , éxécuté d'une manière fupé--
rieure a tout ce qui a paru dans ce genre,
& renfermé dans une bordure . Comme
Pimpreffion ne peut guères être portée
au- delà d'un certain nombre fans fati
92. MERCURE DE FRANCE.
guer la planche par le tirage , ceux qui
voudront s'en procurer les premières
épreuves , auront la bonté d'avertir à
temps ; les Amateurs verront avec pla
*
firs que ce morceau eft digne de leur
curiofité, & devient un ornement agréa-
ble dans un appartement. On trouvera
en même temps la Carte de l'Europe
repréfentant l'Eclipfe centrale & annu-
laire qui arrivera le premier Avril pro-
chain , & fur laquelle on pourra fuivre
de l'œil toutes les portions de cette par-
tie de la Terre qui feront obfcurcies
par la Lune. Les deux feuilles enſemble
3
liv. & chacune féparément , 1 k10.f
LE Calendrier des Princes & de la
Nobleffe de France , contenant l'état
actuel des Maifons fouveraines , Prin-
ces , Seigneurs de l'Europe , & de la
Nobleffe de France ; par l'Auteur du
Dictionnaire généalogique , héraldique,
hiftorique & chronologique. 1 vol . in-
12. petit format ; à Paris , chez Du-
chefne , rue S. Jacques , au Temple du
Goût ; avec approbation & privilège
du Roi.
LA France Eccléfiaftique , on Etar:
préfent du Clergé féculier & régulier ,
des Ordres Religieux , Militaires & des
JANVIER. 1764.
93
Univerfités , contenant 1. la Cour de
Rome , les Archevêques & Evêques ,
& les Généraux d'Ordre de l'Eglife
Univerfelle. 2. Les Vicaires généraux ,
Officiaux , Syndics & Chanoines de
tous les Diocèfes de France , les Cha-
pitres nobles , les Collégiales , les Ab-
bayes Commendataires & régulières ;
les Commanderies de Malthe , les Su-
périeurs généraux & Provinciaux du
Clergé régulier ; les Univerfités de Fran-
ce. 3°. Les Chapitres , Paroiffes , Sémi-
naires , Couvents & Univerfité de Pa-
ris. 4°. Le Clergé de la Chapelle & de
la Maifon du Roi ; avec la collation
des Dignités & des Canonicats de tou-
tes les Eglifes Cathédrales du Royaume.
A Paris , chez Defprez, Imprimeur du
Roi & du Clergé de France , rue S. Jac-
ques , avec approbation & privilége
du Roi. 1 vol. in- 12 . petit format. Prix,
50 fols broché , & 3 liv. franc de port
par tout le Royaume .
CALENDRIER des Loix de la Fran-
ce , contenant une analyfe raiſonnée
des Edits , Déclarations , Lettres - Pa-
tentes , Ordonnances , Réglemens &
Arrêts tant du Confeil que des Parle-
mens , Cours Souveraines & autres Ju-
94 MERCURE DE FRANCE.
rifdictions du Royaume , qui ont paru
pendant l'année 1762. A Paris , chez
Cailleau , rue S. Jacques , vis-à - vis la
rue des Mathurins , à S. André ; avec
approbation & privilége du Roi. ■ vol.
in-18.
ALMANACH des Commerçans, con-
tenant l'indication des Villes commer-
çantes de l'Europe , les détails de leurs
Manufactures , le cours du change avec
la France , les Monnoies étrangères ,
le rapport des mefures & des poids ,
les chofes dignes de curiofité qu'on y
trouve , & les routes de Paris à chacu-
ne de ces Villes ; avec des inftructions
pour voyager utilement
,
commodé-
ment & agréablement. A Paris , chez
Duchefne, rue S. Jacques;avec approba-
M
tion & privilége. I vol. in 12. petit
format.
ALMANACH Eccléfiaftique , conte-
nant l'état actuel de la Cour de Rome ;
le Clergé de France en général , &
particuliérement celui de Paris & la
Chapelle du Roi ; la Chronologie des
Papes , des Patriarches ; ce qui concer-
ne la dignité & le rang des Cardinaux
des Primats , des Evêques & Archevê-
JANVIER. 1764.
95
ques du Royaume ; les Abbayes tant
en régle qu'en commende ; les Chapi-
tres & leurs dignités ; les Cures , les
Monumens remarquables des Eglifes
du Royaume ; le temporel du Clergé ;
les affemblées , les décimes
>
la régale ;
les établiffemens des Ordres Religieux ;
les matières relativement aux études &
emplois Eccléfiaftiques ; les Univerfi-
tés , les Bénéfices , les Gradués , l'In-
dult , & c. & c. A Paris , chez Duchef-
ne , rue S. Jacques ; avec approbation
& privilege du Roi. 1 vol . in- 16.
ALMANACH pour fervir de guide
aux Voyageurs , contenant tout ce qui
eft néceffaire pour voyager commodé-
ment , utilement & agréablement , foit
en voiture ou à cheval , à pied ou par
eau. Chez Duchefne , rue S. Jacques ;
avec approbation & permiffion ; 1 vol.
in-16.
ALMANACH Parifien en faveur des
Etrangers & des perfonnes curieufes ;
indiquant par ordre alphabétique tous
les Monumens des Beaux-Arts , répan-
dus dans la Ville de Paris & aux envi-
rons. Ce qui a pour objet les lieux re-
marquables ou par la grandeur du def-
fein , ou par les morceaux de Peinture
6 MERCURE DE FRANCE.
& de Sculpture qu'on y voit ; Edifices
facrés ; Cháteaux & Maifons Royales ,
spalais , hôtels , ouvrages publics , mai-
Tons de plaifance , &c. A Paris , chez
Duchefne , rue S. Jacques ; avec appro-
bation & privilége du Roi. in- 16.
ALMANACH Encyclopédique ou
Chronologie des faits les plus remar-
quables de l'Hiftoire Univerſelle , tant
ancienne que moderne ; enrichie d'a-
necdotes curieufes ; à Amfterdam , &
fe trouve à Paris chez Valeyre fils
Imprimeur-Libraire , rue de la vieille
Bouclerie, à l'Arbre de Jeffé , 1 vol
in- 16 . Prix , 1 liv. 4 f.
LEBON JARDINIEE, Almanach con-
tenant une idée générale des quatre for-
tes de Jardins , les régles pour les cul-
tiver , & la manière d'élever les plus bel
les fleurs. Nouvelle édition confidéra-
blement augmentée , & dans laquelle
la partie des fleurs a été entiérement
refondue par un Amateur. A Paris ,
chez Guillyn , quai des Auguftins , du
côté du Pont S. Michel , au Lys d'or.
Avec approbation & privilége du Roi.
I vol. in- 16. Le même Libraire vend
auffi l'Almanach ou Tableau de l'Uni-
vers ?
JANVIER. 1764.
97
vers , qui marque la diftance de Paris à
toutes les Villes les plus remarquables
du monde. in- 16.
LES Spectacles de Paris , ou fuite
du Calendrier hiftorique des Théâtres.
Treizième Partie , qui contient plufieurs
chofes nouvelles,& en particulier les Evé-
nemens dramatiques de l'année 1763 ,
avec un détail de ce qui s'eſt paffé au ſu-
jet de l'Opéra. A Paris , chez Duchefne ,
rue S. Jacques. Avec approbation &
privilége du Roi . 1 vol. in-16.
TROISIEME Supplément à la France
Littéraire de l'année 1758 , pour les an-
nées 1762 & 1763 , contenant les chan-
gemens arrivés dans les Académies de
France , les Ouvrages nouveaux com-
pofés pendant l'efpace de deux années ,
& les noms des Auteurs morts depuis
1761 , jufques & compris l'année 1763.
A Paris , chez Duchefne , rue S. Jacques.
Avec approbation & privilége du Roi.
Brochure in- 16 .
ETRENNES du Chrétien , à Paris ,
chez Barbou , rue S. Jacques , aux Ci-
gognes , 1764 , petit in-32. C'eſt faire
Féloge de la partie typographique de ce
petit Livre , que d'en nommer l'Impri-
I. Vol
£
98 MERCURE DE FRANCE.
meur. Tout le monde connoît actuel-
lement la perfection de fon travail , &
la loi qu'il s'eft faite de ne rien laiffer
fortir de médiocre de deffous fes Preffes.
Quantaux chofes que renferme cet Ou
vrage , elles font d'un prix ineftimable
puifqu'il contient les Prières propres à
tous les Exercices d'un Chrétien . Elles
font précédées d'un Calendrier qui achè-
ve de rendre ce Livret d'un ufage très-
utile , & prèfque continuel.
On trouve chez Grangé & Dufour;
Libraires , au Cabinet Littéraire de la
Nouveauté , fur le pont de Notre-Dame ,
auprès de la Pompe de la Ville , les Al-
manachs fuivans : Collection Lyrique
Almanach pour la préfente année , fur
des Airs connus .
Almanach perpé-
tuel , ou Calendrier du Ménage , extrait
du Greffe de Cythère , dédié au Doyen
de la plus nombreufe Confrérie , pour
la préfente année , par M. Lantu de Lo-
berg , Afpirant.
teur Comique.
Ah ! qu'il eft drôle !
Etrennes de la Gaité ; Almanach Chan-
tant , contenant les plus jolis Couplets ,
fur des Airs connus & choifis ; avec des
Entretiens en Vaudevilles ; par un Au-
Folichon , ou le Jou-
jou des Dames ; Etrennes Galantes
pour la préfente année , fur des Airs con-
JANVIER . 1764.
nus & choifis ; par M. ....
tés.
-
Etrennes , fur des Airs connus.
Airs connus , par M. D ...
99
Etrennes
d'Apollon , fur des Airs connus & no-
L'Amour vous le donne pour
Le
Triomphe de Bacchus , Almanach Ram-
poneau , dédié aux Ribotteurs , fur des.
Le Paffe-
temps Galant , fuivi des Oracles ; Alma-
nach nouveau , pour la préſente année
fur des Airs connus & notés ; par M. L....:
Mêlange agréable & amufant ; Alma-
nach nouveau , pour la préfente année ,
•
fur des Airs connus ; par M. L. G. - Les
Prophéties Galantes , fupputées par Mat-
thieu l'Aftrologue , Arpenteur des Ifles
de Vénus.
M. D....
cien.
Le Deffert des bonnes
Compagnies ; Etrennes Grivoifes ; par
L'Amour Poëte & Mufi-
Le Roffignol de Cythere , ou
le Langage du Coeur ; Almanach pour
les Amans ; vu , lù , corrigé , approuvé
par Diſcret de la Tendromanie , Amant
qui n'étoit pas à la mode.
Nous annoncerons dans le Mercure
prochain, les autres Almanachs qui vien-
dront à notre connoiffance .
CALENDRIER du Cabinet pour l'année
1764 ; ce Calendrier est gravé en
taille-douce , de douze pouces de large ,
für neuf de haut ; repréfentant un des
plus beaux morceaux d'Architecture de :
la Capitale , éxécuté d'une manière fupé--
rieure a tout ce qui a paru dans ce genre,
& renfermé dans une bordure . Comme
Pimpreffion ne peut guères être portée
au- delà d'un certain nombre fans fati
92. MERCURE DE FRANCE.
guer la planche par le tirage , ceux qui
voudront s'en procurer les premières
épreuves , auront la bonté d'avertir à
temps ; les Amateurs verront avec pla
*
firs que ce morceau eft digne de leur
curiofité, & devient un ornement agréa-
ble dans un appartement. On trouvera
en même temps la Carte de l'Europe
repréfentant l'Eclipfe centrale & annu-
laire qui arrivera le premier Avril pro-
chain , & fur laquelle on pourra fuivre
de l'œil toutes les portions de cette par-
tie de la Terre qui feront obfcurcies
par la Lune. Les deux feuilles enſemble
3
liv. & chacune féparément , 1 k10.f
LE Calendrier des Princes & de la
Nobleffe de France , contenant l'état
actuel des Maifons fouveraines , Prin-
ces , Seigneurs de l'Europe , & de la
Nobleffe de France ; par l'Auteur du
Dictionnaire généalogique , héraldique,
hiftorique & chronologique. 1 vol . in-
12. petit format ; à Paris , chez Du-
chefne , rue S. Jacques , au Temple du
Goût ; avec approbation & privilège
du Roi.
LA France Eccléfiaftique , on Etar:
préfent du Clergé féculier & régulier ,
des Ordres Religieux , Militaires & des
JANVIER. 1764.
93
Univerfités , contenant 1. la Cour de
Rome , les Archevêques & Evêques ,
& les Généraux d'Ordre de l'Eglife
Univerfelle. 2. Les Vicaires généraux ,
Officiaux , Syndics & Chanoines de
tous les Diocèfes de France , les Cha-
pitres nobles , les Collégiales , les Ab-
bayes Commendataires & régulières ;
les Commanderies de Malthe , les Su-
périeurs généraux & Provinciaux du
Clergé régulier ; les Univerfités de Fran-
ce. 3°. Les Chapitres , Paroiffes , Sémi-
naires , Couvents & Univerfité de Pa-
ris. 4°. Le Clergé de la Chapelle & de
la Maifon du Roi ; avec la collation
des Dignités & des Canonicats de tou-
tes les Eglifes Cathédrales du Royaume.
A Paris , chez Defprez, Imprimeur du
Roi & du Clergé de France , rue S. Jac-
ques , avec approbation & privilége
du Roi. 1 vol. in- 12 . petit format. Prix,
50 fols broché , & 3 liv. franc de port
par tout le Royaume .
CALENDRIER des Loix de la Fran-
ce , contenant une analyfe raiſonnée
des Edits , Déclarations , Lettres - Pa-
tentes , Ordonnances , Réglemens &
Arrêts tant du Confeil que des Parle-
mens , Cours Souveraines & autres Ju-
94 MERCURE DE FRANCE.
rifdictions du Royaume , qui ont paru
pendant l'année 1762. A Paris , chez
Cailleau , rue S. Jacques , vis-à - vis la
rue des Mathurins , à S. André ; avec
approbation & privilége du Roi. ■ vol.
in-18.
ALMANACH des Commerçans, con-
tenant l'indication des Villes commer-
çantes de l'Europe , les détails de leurs
Manufactures , le cours du change avec
la France , les Monnoies étrangères ,
le rapport des mefures & des poids ,
les chofes dignes de curiofité qu'on y
trouve , & les routes de Paris à chacu-
ne de ces Villes ; avec des inftructions
pour voyager utilement
,
commodé-
ment & agréablement. A Paris , chez
Duchefne, rue S. Jacques;avec approba-
M
tion & privilége. I vol. in 12. petit
format.
ALMANACH Eccléfiaftique , conte-
nant l'état actuel de la Cour de Rome ;
le Clergé de France en général , &
particuliérement celui de Paris & la
Chapelle du Roi ; la Chronologie des
Papes , des Patriarches ; ce qui concer-
ne la dignité & le rang des Cardinaux
des Primats , des Evêques & Archevê-
JANVIER. 1764.
95
ques du Royaume ; les Abbayes tant
en régle qu'en commende ; les Chapi-
tres & leurs dignités ; les Cures , les
Monumens remarquables des Eglifes
du Royaume ; le temporel du Clergé ;
les affemblées , les décimes
>
la régale ;
les établiffemens des Ordres Religieux ;
les matières relativement aux études &
emplois Eccléfiaftiques ; les Univerfi-
tés , les Bénéfices , les Gradués , l'In-
dult , & c. & c. A Paris , chez Duchef-
ne , rue S. Jacques ; avec approbation
& privilege du Roi. 1 vol . in- 16.
ALMANACH pour fervir de guide
aux Voyageurs , contenant tout ce qui
eft néceffaire pour voyager commodé-
ment , utilement & agréablement , foit
en voiture ou à cheval , à pied ou par
eau. Chez Duchefne , rue S. Jacques ;
avec approbation & permiffion ; 1 vol.
in-16.
ALMANACH Parifien en faveur des
Etrangers & des perfonnes curieufes ;
indiquant par ordre alphabétique tous
les Monumens des Beaux-Arts , répan-
dus dans la Ville de Paris & aux envi-
rons. Ce qui a pour objet les lieux re-
marquables ou par la grandeur du def-
fein , ou par les morceaux de Peinture
6 MERCURE DE FRANCE.
& de Sculpture qu'on y voit ; Edifices
facrés ; Cháteaux & Maifons Royales ,
spalais , hôtels , ouvrages publics , mai-
Tons de plaifance , &c. A Paris , chez
Duchefne , rue S. Jacques ; avec appro-
bation & privilége du Roi. in- 16.
ALMANACH Encyclopédique ou
Chronologie des faits les plus remar-
quables de l'Hiftoire Univerſelle , tant
ancienne que moderne ; enrichie d'a-
necdotes curieufes ; à Amfterdam , &
fe trouve à Paris chez Valeyre fils
Imprimeur-Libraire , rue de la vieille
Bouclerie, à l'Arbre de Jeffé , 1 vol
in- 16 . Prix , 1 liv. 4 f.
LEBON JARDINIEE, Almanach con-
tenant une idée générale des quatre for-
tes de Jardins , les régles pour les cul-
tiver , & la manière d'élever les plus bel
les fleurs. Nouvelle édition confidéra-
blement augmentée , & dans laquelle
la partie des fleurs a été entiérement
refondue par un Amateur. A Paris ,
chez Guillyn , quai des Auguftins , du
côté du Pont S. Michel , au Lys d'or.
Avec approbation & privilége du Roi.
I vol. in- 16. Le même Libraire vend
auffi l'Almanach ou Tableau de l'Uni-
vers ?
JANVIER. 1764.
97
vers , qui marque la diftance de Paris à
toutes les Villes les plus remarquables
du monde. in- 16.
LES Spectacles de Paris , ou fuite
du Calendrier hiftorique des Théâtres.
Treizième Partie , qui contient plufieurs
chofes nouvelles,& en particulier les Evé-
nemens dramatiques de l'année 1763 ,
avec un détail de ce qui s'eſt paffé au ſu-
jet de l'Opéra. A Paris , chez Duchefne ,
rue S. Jacques. Avec approbation &
privilége du Roi . 1 vol. in-16.
TROISIEME Supplément à la France
Littéraire de l'année 1758 , pour les an-
nées 1762 & 1763 , contenant les chan-
gemens arrivés dans les Académies de
France , les Ouvrages nouveaux com-
pofés pendant l'efpace de deux années ,
& les noms des Auteurs morts depuis
1761 , jufques & compris l'année 1763.
A Paris , chez Duchefne , rue S. Jacques.
Avec approbation & privilége du Roi.
Brochure in- 16 .
ETRENNES du Chrétien , à Paris ,
chez Barbou , rue S. Jacques , aux Ci-
gognes , 1764 , petit in-32. C'eſt faire
Féloge de la partie typographique de ce
petit Livre , que d'en nommer l'Impri-
I. Vol
£
98 MERCURE DE FRANCE.
meur. Tout le monde connoît actuel-
lement la perfection de fon travail , &
la loi qu'il s'eft faite de ne rien laiffer
fortir de médiocre de deffous fes Preffes.
Quantaux chofes que renferme cet Ou
vrage , elles font d'un prix ineftimable
puifqu'il contient les Prières propres à
tous les Exercices d'un Chrétien . Elles
font précédées d'un Calendrier qui achè-
ve de rendre ce Livret d'un ufage très-
utile , & prèfque continuel.
On trouve chez Grangé & Dufour;
Libraires , au Cabinet Littéraire de la
Nouveauté , fur le pont de Notre-Dame ,
auprès de la Pompe de la Ville , les Al-
manachs fuivans : Collection Lyrique
Almanach pour la préfente année , fur
des Airs connus .
Almanach perpé-
tuel , ou Calendrier du Ménage , extrait
du Greffe de Cythère , dédié au Doyen
de la plus nombreufe Confrérie , pour
la préfente année , par M. Lantu de Lo-
berg , Afpirant.
teur Comique.
Ah ! qu'il eft drôle !
Etrennes de la Gaité ; Almanach Chan-
tant , contenant les plus jolis Couplets ,
fur des Airs connus & choifis ; avec des
Entretiens en Vaudevilles ; par un Au-
Folichon , ou le Jou-
jou des Dames ; Etrennes Galantes
pour la préfente année , fur des Airs con-
JANVIER . 1764.
nus & choifis ; par M. ....
tés.
-
Etrennes , fur des Airs connus.
Airs connus , par M. D ...
99
Etrennes
d'Apollon , fur des Airs connus & no-
L'Amour vous le donne pour
Le
Triomphe de Bacchus , Almanach Ram-
poneau , dédié aux Ribotteurs , fur des.
Le Paffe-
temps Galant , fuivi des Oracles ; Alma-
nach nouveau , pour la préſente année
fur des Airs connus & notés ; par M. L....:
Mêlange agréable & amufant ; Alma-
nach nouveau , pour la préfente année ,
•
fur des Airs connus ; par M. L. G. - Les
Prophéties Galantes , fupputées par Mat-
thieu l'Aftrologue , Arpenteur des Ifles
de Vénus.
M. D....
cien.
Le Deffert des bonnes
Compagnies ; Etrennes Grivoifes ; par
L'Amour Poëte & Mufi-
Le Roffignol de Cythere , ou
le Langage du Coeur ; Almanach pour
les Amans ; vu , lù , corrigé , approuvé
par Diſcret de la Tendromanie , Amant
qui n'étoit pas à la mode.
Nous annoncerons dans le Mercure
prochain, les autres Almanachs qui vien-
dront à notre connoiffance .
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Résumé : ALMANACHS pour l'Année 1764.
En 1764, Paris offrait une variété d'almanachs et de calendriers. Le 'Calendrier du Cabinet' était une gravure en taille-douce illustrant un monument parisien, limitée à 92 impressions, et incluait une carte de l'éclipse solaire du 1er avril. Le 'Calendrier des Princes & de la Nobleffe de France' détaillait les maisons souveraines, princes, seigneurs européens et noblesse française. La 'France Ecclésiastique' décrivait l'organisation du clergé et des universités. Le 'Calendrier des Loix de la France' analysait les édits de 1762. L''Almanach des Commerçans' fournissait des informations sur les villes commerciales européennes et les routes vers Paris. L''Almanach Ecclésiastique' offrait une vue détaillée de la hiérarchie ecclésiastique. L''Almanach pour servir de guide aux Voyageurs' donnait des conseils pour voyager confortablement. L''Almanach Parifien' listait les monuments parisiens. L''Almanach Encyclopédique' compilait des faits historiques notables. 'Lebon Jardinier' proposait des conseils sur la culture des jardins. En janvier 1764, d'autres publications étaient disponibles, comme un almanach des distances entre Paris et diverses villes, 'Les Spectacles de Paris' relatant les événements dramatiques de 1763, et le 'Troisième Supplément à la France Littéraire' couvrant les changements académiques et les nouveaux ouvrages. 'Étrennes du Chrétien' contenait des prières et un calendrier. Plusieurs almanachs lyriques et humoristiques étaient également mentionnés. Ces ouvrages étaient disponibles chez divers libraires, dont Duchefne, Barbou, Grangé et Dufour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10562
p. 99-100
« LE PUBLIC est averti que l'Impression du Théâtre de Pierre Corneille commenté [...] »
Début :
LE PUBLIC est averti que l'Impression du Théâtre de Pierre Corneille commenté [...]
Mots clefs :
Théâtre, Libraires, Entreprise, Cartes géographiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE PUBLIC est averti que l'Impression du Théâtre de Pierre Corneille commenté [...] »
LE PUBLIC est averti que l'Impression
du Théâtre de Pierre Corneille commenté
eſt enfin achevée ; que les Gra-
vures font fur le point d'être finies , &
E ij
100 MERCURE DE FRANCE .
que l'on n'attend que la fin de ce mois
pour faire mettre fous Preffe la Lifte des
Noms de ceux qui ont bien voulu s'af-
focier à cette Entrepriſe.
Les Perfonnes qui voudroient fouf-
crire encore , & celles qui , ayant déja
foufcrit , ont négligé d'avancer le pre-
mier payement , font priées de s'adreffer
à Paris aux Libraires fuivans , d'ici au 15
de Janvier prochain , fçavoir : Pilot ,
quai de Conti ; Duchefne , rue S. Jac-
ques , au Temple du Goût ; Brocas &
Humblot , rue S. Jacques , au Chef Saint
Jean , entre la rue des Mathurins & S.
Benoît.
ANALYSE de la France , contenant
ce qu'il n'eft plus permis à un François
d'ignorer. A Paris , chez Denis , rue
S. Jacques , vis- à-vis le Collége de Cler-
mont ; in-32. 1764. Ce petit Ouvrage
contient trente-huit Cartes géographi-
ques de la France , dont l'une ne pré
fente que les rivières , l'autre les mines,
une autre les Archevêchés , une qua
triéme les Univerfités , une cinquiéme
les Académies , & c. & c .
Le même Libraire vend un autre
petit Atlas dans le même genre , intitu-
lé , Empire des Solipfes , divifé en cinq
affiftances , & fubdivifé par Provinces,
du Théâtre de Pierre Corneille commenté
eſt enfin achevée ; que les Gra-
vures font fur le point d'être finies , &
E ij
100 MERCURE DE FRANCE .
que l'on n'attend que la fin de ce mois
pour faire mettre fous Preffe la Lifte des
Noms de ceux qui ont bien voulu s'af-
focier à cette Entrepriſe.
Les Perfonnes qui voudroient fouf-
crire encore , & celles qui , ayant déja
foufcrit , ont négligé d'avancer le pre-
mier payement , font priées de s'adreffer
à Paris aux Libraires fuivans , d'ici au 15
de Janvier prochain , fçavoir : Pilot ,
quai de Conti ; Duchefne , rue S. Jac-
ques , au Temple du Goût ; Brocas &
Humblot , rue S. Jacques , au Chef Saint
Jean , entre la rue des Mathurins & S.
Benoît.
ANALYSE de la France , contenant
ce qu'il n'eft plus permis à un François
d'ignorer. A Paris , chez Denis , rue
S. Jacques , vis- à-vis le Collége de Cler-
mont ; in-32. 1764. Ce petit Ouvrage
contient trente-huit Cartes géographi-
ques de la France , dont l'une ne pré
fente que les rivières , l'autre les mines,
une autre les Archevêchés , une qua
triéme les Univerfités , une cinquiéme
les Académies , & c. & c .
Le même Libraire vend un autre
petit Atlas dans le même genre , intitu-
lé , Empire des Solipfes , divifé en cinq
affiftances , & fubdivifé par Provinces,
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Résumé : « LE PUBLIC est averti que l'Impression du Théâtre de Pierre Corneille commenté [...] »
Le texte annonce la finalisation de l'impression du 'Théâtre de Pierre Corneille commenté' et l'achèvement imminent des gravures. La liste des souscripteurs sera publiée fin janvier. Les intéressés ou ceux ayant omis leur premier paiement doivent contacter les libraires suivants à Paris avant le 15 janvier : Pilot au quai de Conti, Duchefne rue Saint-Jacques au Temple du Goût, et Brocas & Humblot rue Saint-Jacques au Chef Saint Jean. Par ailleurs, l'ouvrage 'Analyse de la France' est publié, contenant trente-huit cartes géographiques détaillant divers aspects comme les rivières, les mines, les archevêchés, les universités et les académies. Cet ouvrage est disponible chez Denis rue Saint-Jacques, face au Collège de Clermont. Le même libraire propose aussi l'atlas 'Empire des Solipfes', divisé en cinq assistances et subdivisé par provinces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10563
p. 101-108
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, tenue le 14 Août 1763, dans la Salle de l'Université.
Début :
M. Michault, Secrétaire, ouvrit la Séance par la proclamation du Prix que [...]
Mots clefs :
Académie, Honneur, Ouvrage, Livre, Séance, Mérite, Doctrine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, tenue le 14 Août 1763, dans la Salle de l'Université.
SÉANCE publique de l'Académie des
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, tenue le 14 Août 1763,
dans la Salle de l'Université.
M. Michault, Secrétaire, ouvrit la
Séance par la proclamation du Prix que
l'Académie a adjûgé à M. Thomas Du-
Morey, Ingénieur des Ponts & Chauffées
de la Province de Bourgogne , & de
l'Acceffit qu'a mérité M. le Jolivet fils
Sous-Ingénieur de ladite Province.
Le Sujet donné étoit de Déterminer ,
relativement à la Bourgogne , les avan-
tages & défavantages du Canal propofé
pour la jonction des deux Mers , par la
communication de la Saône à la Seine.
Ce Sujet intéreffant a exercé depuis
long - temps la plume de divers Ecri-
vains ; mais ils ne s'étoient occupés juf-
E iij
402 MERCURE DE FRANCE.
qu'ici qu'à prouver ou à contredire la
poffibilité de ce Canal. Aucun d'eux
n'avoit combiné méthodiquement les
avantages ou défavantages qui devoient
réfulter de fon exécution : ce que les Au-
teurs des deux Mémoires , qui ont dif-
puté le Prix , ont approfondi , l'un avec
plus de méthode & de précifion , l'autre
avec un travail plus grand , & des re-
cherches plus intéreffantes ; mais dont
quelques -unes ont paru à l'Académie s'é-
loigner un peu du but propofé.
M. Michault a prononcé enfuite l'Elo-
ge de M. le Marquis d'Anlezy , Lieute-
nant Général des Armées du Roi , &
fon Commandant dans les Provinces de
Bourgogne & Breffe , Académicien ho-
noraire , mort le 12 Janvier dernier.
L'Orateur , après avoir parcouru rapi-
dement les exploits militaires qui ont
occupé , pour le fervice de la France
la plus grande partie de la vie de M. le
Marquis d'Anlezy , s'attacha à décrire
les vertus morales & politiques qui lui
ont mérité l'honneur de préfider à l'édu-
cation d'un grand Prince , qui , profitant
des leçons d'un tel Maître , a foutenu fi
dignement la gloire de fon nom à la tête
de nos Armées.
Le vifintérêt que M. le Marquis d'An-
JANVIER. 1764.
103
leży prenoit à l'Académie , qu'il regar
doit comme un des plus glorieux établif-
femens de fon Commandement , les té-
moignages qu'il lui a donnés de fon zèle
& de fon attachement , même dans fes
derniers inftans ; les fervices qu'il pro-
jettoit de lui rendre , fi la mort ne l'eût
prévenu ; les regrets de cette Compagnie
pour cet Académicien Citoyen , ont fait
le fujet de la derniere partie d'un Eloge
mérité à fi jufte titre.
M. Hoin a fait enfuite l'Eloge de M.
Daviel , Oculifte célébre , Affocié- Cor-
refpondant de l'Académie. Les fervices
importans qu'il a rendus à l'humanité
pendant une vie laborieuſe confacrée au
fervice du Public , ont été détaillés par
l'Auteur , avec la méthode familière à
un Maître de l'art.
L'Opération de l'extraction du Criſta-
lin , pour la guérifon de la Catara&te , in-
ventée par M. Daviel , & pratiquée avec
fuccès dans toute l'Europe , eft un effort
du génie de ce célébre Artifte qui doit
à jamais l'immortalifer , & le rend digne
des regrets des Académies qui s'étoient
fait un honneur de l'affocier à leurs
travaux .
M. Picardet l'aîné a célébré l'Orphée
de la Bourgogne , dans un Poëme en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Stances irrégulières , intitulé Rameau.
M. le Préfident de Broffes a terminé la
Séance par la lecture d'un Mémoire fur
le fameux Fragment de Sanchoniaton.
Cet Ouvrage , écrit en Cananéen , pus
le titre des Origines Phéniciennes , eſt le
plus ancien Livre prophane qui exiſte.
L'Auteur , natif de Beryte en Phénicie ,
étoit Prêtre , & vivoit environ quatorze
fiécles avant Jefus-Chrift. Son Ouvrage
contenant neuf Livres , eft dédié à Abi-
bal , Roi de Beryte. Il ne nous en refte
qu'un Extrait , contenu dans le premier
Livre de la Préparation Evangélique
d'Eufebe de Céfarée , qui s'étoit fervi
pour le compofer d'une Traduction en
Grec de ce Livre , faite par Philon , na-
tif de Biblas en Phénicie , du temps de
l'Empereur Adrien.
M. de Broffes nous apprend que cet
Extrait peut être divifé en cinq Cha-
pitres , dont le premier eft phyfique
les trois fuivans hiftoriques , & le cin-
quiéme dogmatique , & en quelque ma-
nière critique.
» Sanchoniaton donne d'abord l'Hif-
» toire de la Cofmogonie , ou de la for-、
» mation du Monde. Du développement
» de la matière , par le mouvement d'un
» air fpiritueux , qui caufa l'union des
JANVIER. 1764.
105
parties vitales avec la matière inani-
" mée ce qui produifit les premiers
» germes , d'où vinrent enfuite les ani-
» maux. Il traite en même-temps de la
» production des météores. Il parle en-
» fuite des premiers hommes , des pre-
» miers Inventeurs des principaux Arts
» des plus anciens Cultes religieux établis
» en l'honneur des Dieux , qu'on appel-
» loit en Orient naturels & immortels ,
» tels que font les germes réproductifs
» des espèces , le Soleil & les Elémens
» qu'en l'honneur des Dieux mortels ,
» c'est-à- dire , des hommes qu'on avoit
» divinifés , dans l'admiration que leur
رو
génie inventeur avoit caufé à leurs
compatriotes , & dans le tranſport de
» la reconnoiffance des utilités qu'ils
» avoient procurées au genre humain .
» Après avoir commencé la première
» race des hommes par Eon & Protogo-
» ne, noms qui fignifient la Vie & le pre-
mier né , il s'arrête aux détails concer-
» nant les familles autrefois les plus célé-
» bres & les plus puiffantes en Phénicie ;
"
» il raconte les règnes d'Ouranos & de
" Chronos fon fils , en Canaan ; celle de
» leurs démêlés, & de leur famille , qu'on
croit être la race des Titans. Il parle
» par occafion des familles voifines qui
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
s'allièrent avec celle-ci ..... Nes'oc
cupant que de ce qui regarde la Phé-
» nicie ou l'Egypte , fans parler que fort
» peu d'aucune autre région de la Terre.
Selon l'apparence , l'Ouvrage alloit
» au moins jufqu'au temps de Zens Baal,
,, fils & fucceffeur de Cronos , fi connu
"
» des Mythologues fous le nom de Ju-
»piter , Souverain des Dieux , qui porta
» au loin & au plus haut degré la gloire
» & l'Empire des Titans , c'eſt-à- dire ,
» la domination du Peuple Phénicien ,
, & l'extenfion de fon Commerce fur
les côtes de notre Mer Méditerranée .
» Mais le Fragment des Livres qui nous
>> reftent ne va pas jufques-là .
A la fin de l'Ouvrage , l'Auteur rend
compte des Mémoires d'où il a tiré fes
Ecrits , & de ceux qui les ont dreffés.
Les Mémoires fecrets ,
écrits en Let-
tres Ammonéennes , confervés dans les
Temples ; les Actes publics confervés
dans les dépôts des Villes , fuivant l'u-
fage de ce temps , lui ont fourni les prin-
cipaux matériaux de fon Hiftoire , ainfi
que les Livres du célébre Tooth , l'un
des Légiflateurs de l'Egypte , & les inf-
tructions qu'il avoit reçues d'Hirombaal,
Prêtre du Dieu Jevò.
Eufébe a reproché avec raifon à San-
JANVIER. 1764.
107
choniaton de s'être livré à une doctrine
erronnée , fur la formation du Monde
en la racontant d'une manière qui en
exclut tout-à-fait la divinité. Mais telles
étoient les opinions reçues de fon temps
en Phénicie , conformes au cours d'une
Philofophie toute phyfique & maté-
rielle , avant que la Révélation eût éclai-
ré les hommes.
M. Debroffes , s'étant apperçu que le
texte de Sanchoniaton avoit été fouvent
mêlé par Eusébe avec les obfervations
du Traducteur & les fiennes propres ,
s'eft attaché à dégager l'original des in-
terpolations étrangères.
Il a préfenté le texte fimple de l'Au-
teur dans toute fa pureté , auquel il a
joint une paraphrafe explicative , tirée
tant des expreffions même de l'original ,
que des opinions comparées des autres
Nations orientales fur la même matière ,
telles que nous les trouvons dans le peu
qui nous refte des Ecrits de Berofe , d'A-
bidene , d'Alexandre , Polyhiftor , &
autres , fur - tout de Mofch , Philofophe
Phénicien ,
antérieurs à Tales , & aux
plus anciens Philofophes des Ecoles
Grecques , qui ont beaucoup emprunté
de fa doctrine , principalement Démo-
crite , Chef des Atomiftes , & Straton de
Lampfaque.
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
A la fuite de ce Mémoire critique ,
M. Debroffes a lu un effai de la Para-
raphrafe du premierChapitre de Sancho-
niaton , qui contient les vieilles tradi-
tions , l'ancienne & fauffe doctrine de
Tooht , tant fur la formation du monde
& le développement des Etres , que fur
l'origine des premiers Arts.
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, tenue le 14 Août 1763,
dans la Salle de l'Université.
M. Michault, Secrétaire, ouvrit la
Séance par la proclamation du Prix que
l'Académie a adjûgé à M. Thomas Du-
Morey, Ingénieur des Ponts & Chauffées
de la Province de Bourgogne , & de
l'Acceffit qu'a mérité M. le Jolivet fils
Sous-Ingénieur de ladite Province.
Le Sujet donné étoit de Déterminer ,
relativement à la Bourgogne , les avan-
tages & défavantages du Canal propofé
pour la jonction des deux Mers , par la
communication de la Saône à la Seine.
Ce Sujet intéreffant a exercé depuis
long - temps la plume de divers Ecri-
vains ; mais ils ne s'étoient occupés juf-
E iij
402 MERCURE DE FRANCE.
qu'ici qu'à prouver ou à contredire la
poffibilité de ce Canal. Aucun d'eux
n'avoit combiné méthodiquement les
avantages ou défavantages qui devoient
réfulter de fon exécution : ce que les Au-
teurs des deux Mémoires , qui ont dif-
puté le Prix , ont approfondi , l'un avec
plus de méthode & de précifion , l'autre
avec un travail plus grand , & des re-
cherches plus intéreffantes ; mais dont
quelques -unes ont paru à l'Académie s'é-
loigner un peu du but propofé.
M. Michault a prononcé enfuite l'Elo-
ge de M. le Marquis d'Anlezy , Lieute-
nant Général des Armées du Roi , &
fon Commandant dans les Provinces de
Bourgogne & Breffe , Académicien ho-
noraire , mort le 12 Janvier dernier.
L'Orateur , après avoir parcouru rapi-
dement les exploits militaires qui ont
occupé , pour le fervice de la France
la plus grande partie de la vie de M. le
Marquis d'Anlezy , s'attacha à décrire
les vertus morales & politiques qui lui
ont mérité l'honneur de préfider à l'édu-
cation d'un grand Prince , qui , profitant
des leçons d'un tel Maître , a foutenu fi
dignement la gloire de fon nom à la tête
de nos Armées.
Le vifintérêt que M. le Marquis d'An-
JANVIER. 1764.
103
leży prenoit à l'Académie , qu'il regar
doit comme un des plus glorieux établif-
femens de fon Commandement , les té-
moignages qu'il lui a donnés de fon zèle
& de fon attachement , même dans fes
derniers inftans ; les fervices qu'il pro-
jettoit de lui rendre , fi la mort ne l'eût
prévenu ; les regrets de cette Compagnie
pour cet Académicien Citoyen , ont fait
le fujet de la derniere partie d'un Eloge
mérité à fi jufte titre.
M. Hoin a fait enfuite l'Eloge de M.
Daviel , Oculifte célébre , Affocié- Cor-
refpondant de l'Académie. Les fervices
importans qu'il a rendus à l'humanité
pendant une vie laborieuſe confacrée au
fervice du Public , ont été détaillés par
l'Auteur , avec la méthode familière à
un Maître de l'art.
L'Opération de l'extraction du Criſta-
lin , pour la guérifon de la Catara&te , in-
ventée par M. Daviel , & pratiquée avec
fuccès dans toute l'Europe , eft un effort
du génie de ce célébre Artifte qui doit
à jamais l'immortalifer , & le rend digne
des regrets des Académies qui s'étoient
fait un honneur de l'affocier à leurs
travaux .
M. Picardet l'aîné a célébré l'Orphée
de la Bourgogne , dans un Poëme en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Stances irrégulières , intitulé Rameau.
M. le Préfident de Broffes a terminé la
Séance par la lecture d'un Mémoire fur
le fameux Fragment de Sanchoniaton.
Cet Ouvrage , écrit en Cananéen , pus
le titre des Origines Phéniciennes , eſt le
plus ancien Livre prophane qui exiſte.
L'Auteur , natif de Beryte en Phénicie ,
étoit Prêtre , & vivoit environ quatorze
fiécles avant Jefus-Chrift. Son Ouvrage
contenant neuf Livres , eft dédié à Abi-
bal , Roi de Beryte. Il ne nous en refte
qu'un Extrait , contenu dans le premier
Livre de la Préparation Evangélique
d'Eufebe de Céfarée , qui s'étoit fervi
pour le compofer d'une Traduction en
Grec de ce Livre , faite par Philon , na-
tif de Biblas en Phénicie , du temps de
l'Empereur Adrien.
M. de Broffes nous apprend que cet
Extrait peut être divifé en cinq Cha-
pitres , dont le premier eft phyfique
les trois fuivans hiftoriques , & le cin-
quiéme dogmatique , & en quelque ma-
nière critique.
» Sanchoniaton donne d'abord l'Hif-
» toire de la Cofmogonie , ou de la for-、
» mation du Monde. Du développement
» de la matière , par le mouvement d'un
» air fpiritueux , qui caufa l'union des
JANVIER. 1764.
105
parties vitales avec la matière inani-
" mée ce qui produifit les premiers
» germes , d'où vinrent enfuite les ani-
» maux. Il traite en même-temps de la
» production des météores. Il parle en-
» fuite des premiers hommes , des pre-
» miers Inventeurs des principaux Arts
» des plus anciens Cultes religieux établis
» en l'honneur des Dieux , qu'on appel-
» loit en Orient naturels & immortels ,
» tels que font les germes réproductifs
» des espèces , le Soleil & les Elémens
» qu'en l'honneur des Dieux mortels ,
» c'est-à- dire , des hommes qu'on avoit
» divinifés , dans l'admiration que leur
رو
génie inventeur avoit caufé à leurs
compatriotes , & dans le tranſport de
» la reconnoiffance des utilités qu'ils
» avoient procurées au genre humain .
» Après avoir commencé la première
» race des hommes par Eon & Protogo-
» ne, noms qui fignifient la Vie & le pre-
mier né , il s'arrête aux détails concer-
» nant les familles autrefois les plus célé-
» bres & les plus puiffantes en Phénicie ;
"
» il raconte les règnes d'Ouranos & de
" Chronos fon fils , en Canaan ; celle de
» leurs démêlés, & de leur famille , qu'on
croit être la race des Titans. Il parle
» par occafion des familles voifines qui
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
s'allièrent avec celle-ci ..... Nes'oc
cupant que de ce qui regarde la Phé-
» nicie ou l'Egypte , fans parler que fort
» peu d'aucune autre région de la Terre.
Selon l'apparence , l'Ouvrage alloit
» au moins jufqu'au temps de Zens Baal,
,, fils & fucceffeur de Cronos , fi connu
"
» des Mythologues fous le nom de Ju-
»piter , Souverain des Dieux , qui porta
» au loin & au plus haut degré la gloire
» & l'Empire des Titans , c'eſt-à- dire ,
» la domination du Peuple Phénicien ,
, & l'extenfion de fon Commerce fur
les côtes de notre Mer Méditerranée .
» Mais le Fragment des Livres qui nous
>> reftent ne va pas jufques-là .
A la fin de l'Ouvrage , l'Auteur rend
compte des Mémoires d'où il a tiré fes
Ecrits , & de ceux qui les ont dreffés.
Les Mémoires fecrets ,
écrits en Let-
tres Ammonéennes , confervés dans les
Temples ; les Actes publics confervés
dans les dépôts des Villes , fuivant l'u-
fage de ce temps , lui ont fourni les prin-
cipaux matériaux de fon Hiftoire , ainfi
que les Livres du célébre Tooth , l'un
des Légiflateurs de l'Egypte , & les inf-
tructions qu'il avoit reçues d'Hirombaal,
Prêtre du Dieu Jevò.
Eufébe a reproché avec raifon à San-
JANVIER. 1764.
107
choniaton de s'être livré à une doctrine
erronnée , fur la formation du Monde
en la racontant d'une manière qui en
exclut tout-à-fait la divinité. Mais telles
étoient les opinions reçues de fon temps
en Phénicie , conformes au cours d'une
Philofophie toute phyfique & maté-
rielle , avant que la Révélation eût éclai-
ré les hommes.
M. Debroffes , s'étant apperçu que le
texte de Sanchoniaton avoit été fouvent
mêlé par Eusébe avec les obfervations
du Traducteur & les fiennes propres ,
s'eft attaché à dégager l'original des in-
terpolations étrangères.
Il a préfenté le texte fimple de l'Au-
teur dans toute fa pureté , auquel il a
joint une paraphrafe explicative , tirée
tant des expreffions même de l'original ,
que des opinions comparées des autres
Nations orientales fur la même matière ,
telles que nous les trouvons dans le peu
qui nous refte des Ecrits de Berofe , d'A-
bidene , d'Alexandre , Polyhiftor , &
autres , fur - tout de Mofch , Philofophe
Phénicien ,
antérieurs à Tales , & aux
plus anciens Philofophes des Ecoles
Grecques , qui ont beaucoup emprunté
de fa doctrine , principalement Démo-
crite , Chef des Atomiftes , & Straton de
Lampfaque.
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
A la fuite de ce Mémoire critique ,
M. Debroffes a lu un effai de la Para-
raphrafe du premierChapitre de Sancho-
niaton , qui contient les vieilles tradi-
tions , l'ancienne & fauffe doctrine de
Tooht , tant fur la formation du monde
& le développement des Etres , que fur
l'origine des premiers Arts.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, tenue le 14 Août 1763, dans la Salle de l'Université.
Lors d'une séance publique de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon le 14 août 1763, M. Michault a annoncé les lauréats du prix attribué à M. Thomas Dumorey et à M. le Jolivet fils pour leurs mémoires sur les avantages et inconvénients du canal projeté entre la Saône et la Seine en Bourgogne. La séance a également rendu hommage au Marquis d'Anlezy, décédé en janvier précédent, en soulignant ses exploits militaires et ses vertus. M. Hoin a prononcé l'éloge de M. Daviel, un oculiste renommé, pour ses contributions à la médecine, notamment l'opération de la cataracte. M. Picardet l'aîné a célébré Jean-Philippe Rameau, surnommé l'Orphée de la Bourgogne, à travers un poème. M. de Broffes a présenté un mémoire sur Sanchoniaton, un auteur phénicien ancien, dont les écrits ont été commentés par Eusèbe. Sanchoniaton est décrit comme un historien compilant des mémoires secrets et des actes publics, utilisant des sources égyptiennes et phéniciennes. Eusèbe a critiqué Sanchoniaton pour sa vision matérialiste de la création du monde. M. de Broffes a entrepris de purifier le texte original de Sanchoniaton des interpolations ajoutées par Eusèbe et d'autres traducteurs. Il a présenté une paraphrase explicative basée sur les expressions originales et les opinions comparées d'autres nations orientales, comme Berose et Abidene. Le texte se conclut par une lecture d'un essai de M. de Broffes sur la paraphrase du premier chapitre de Sanchoniaton, abordant les anciennes traditions et doctrines concernant la formation du monde et l'origine des premiers arts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10564
p. 108-113
LETTRE à M. DE LA PLACE, au sujet des Exercices du COLLEGE ROYAL sur la construction & la Manoeuvre des VAISSEAUX.
Début :
L'ÉTABLISSEMENT du Collége Royal de France, Monsieur, est un [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, au sujet des Exercices du COLLEGE ROYAL sur la construction & la Manoeuvre des VAISSEAUX.
LETTRE à M. DE LA PLACE,
au sujet des Exercices du COLLEGE
ROYAL sur la construction & la
Manoeuvre des VAISSEAUX.
L'ÉTABLISSEMENT du Collége
Royal de France, Monsieur, est un
des plus beaux Etabliffemens qu'il y
ait en Europe pour l'Etude des hautes
Sciences , & de la profonde Littérature ;
il a été l'école des hommes les plus cé-
lébres dans la France , & peut-être la
fource du progrès rapide des Lettres.
Chaque année l'on voit recommencer
ces éxercices fur les objets les plus in-
téreffans , & qu'il feroit difficile de trou-
ver ailleurs , fans y faire toute l'atten-
tion qu'ils méritent. Un petit nombre
de jeunes gens plus ftudieux & plus appli-
JANVIER. 1764.
100
qués fréquentent ces Ecoles fi célébres
autrefois , où l'on accouroit en foule
des extrémités de l'Europe , dans un
temps même , où la Philofophie fcho-
laftique régnoit encore , & ofoit avoir
quelquefois la préféance fur les Sciences
éxactes ; aujourd'hui ces mêmes Ecoles
font peu fréquentées. Ce n'eft pas que
les Profeffeurs qui y enfeignent méri-
tent moins d'être fuivis ,
il fuffiroit de
les nommer pour détruire le moindre
doute. Les Anciens , Thalès , Pythagore,
Platon & plufieurs autres , entraînés par
l'Amour des Sciences , parcouroient
des Régions immenfes pour aller s'inf-
truire en Egypte fur la Géométrie &
fur l'Aftronomie ; on vit même dans
le dixiéme fiécle , le moine Gerbert ,
que fon mérite éleva dans la fuite au
Pontificat , quitter fon Couvent , & aller
chercher chez les Arabes les Sciences
qui s'y étoient refugiées. Lucas de Bur-
gos & quelques autres , durent au même.
goût pour l'étude & aux voyages qui en
furent la fuite , l'honneur de fixer en
Italie la Géométrie fugitive ; par quelle
fatalité arrive-t-il donc aujourd'hui , que
les mêmes fecours , & des fecours plus
grands encore , qui font entre nos ma-
rins foient négligés parmi nous ? Quoi-
110 MERCURE DE FRANCE.
qu'il en foit , le Collége Royal étant le
feul endroit public dans Paris , où l'on
enfeigne les Traités de Mathématique
d'une certaine force , feroit peut-être
plus fréquentée , fi l'on connoiffoit affez
ces fortes d'éxercices. C'eft à cet effet ,
que je vous prie , Monfieur , de vou-
loir bien publier cette Lettre .
Je ne rappellerai pas ici , en détail
les Cours annoncés par les 19Profeffeurs
du Collége Royal : les uns ont pour
objet l'étude des Langues fçavantes ,
les autres accoutument les Elèves à pui-
fer dans la fource même les beautés des
Anciens , & c ; mais je crois devoir nom →
mer la claffe des Mathématiques où l'on
trouve certainement tous les fecours
pour s'inftruire fur leurs parties les plus
difficiles , & citer pour exemple les le-
çons de M. de la Lande fur la conftruc-
tion & la manoeuvre des Vaiffeaux qui
commencerent l'année dernière , & doi-
vent continuer cette année.
La marine
>
cet objet effentiel des
foins de Sully , de Colbert , de Cromwel
& de tous les grands Miniftres , la ma-
rine fi néceffaire à la France , & dont on
s'occupe fi fort aujourd'hui , éxige l'at-
tention des Mathématiciens autant que
celle des Politiques ; la conftruction &
JANVIER . 1764.
III
le mouvement des Vaiffeaux font des
problêmes de la plus fine Géométrie, que
l'on traite fouvent fans fçavoir les élé-
mens d'Euclide. Auffi quelle imperfec-
tion ne trouve-t-on pas dans dans cet
art ? Que de Vaiffeaux manqués ! Que
d'Officiers qui voyent leurs Navires aller
mieux ou plus mal fans en fçavoir la
raifon !
La conftruction des Vaiffeaux renfer-
me trois branches effentielles, 1º. La ma-
nière de leur donner de la ftabilité.
2º. De leur procurer la viteffe. 3°. De
les rendre fenfibles au Gouvernail. La
premiere , renferme la théorie de l'ar-
rimage ; celle du premier roulis , celle
du tangage , & la propriété de bien
orter la voile . La deuxiéme renferme
porter
la théorie de leur figure , de la gran-
deur des voiles & de leurs difpofitions.
La troifiéme comprend la figure & la
grandeur du Gouvernail ; la figure de la
Poupe , la proportion de la longueur
& la largeur du Vaiffeau : toutes ces
propriétés influent les unes fur les au-
tres , rentrent les unes dans les
autres.
Cette théorie plus compliquée que je
ne fçaurois le dire , eft cependant ab-
folument néceffaire à ceux qui par état
ont la conduite de la conftruction ou
-
112 MERCURE DE FRANCE.
de la mañœuvre des Vaiffeaux , & cette
théorie ne s'acquiert pas partout.
Paris eft la fource des lumières , le
centre d'où partent les rayons qui éclai-
rent les Provinces , & le lieu où les Ma-
rins viennent fe former ; du moins , ils
trouvent la multitude des fecours né.
ceffaires à cet art qui fixe l'attention
du Miniftre. C'est donc dans Paris où
l'on doit trouver des éxercices fur l'ar-
chitecture navale & où ils feront les
plus utiles. Nous avons à la vérité de
bons livres fur cette matière , de MM.
Euler , Bouguer , Bernoulli , fans comp-
ter ce qui eft répandu dans les Mé-
moires des différentes Académies , &
dans les Ouvrages de plufieurs grands
Géomêtres qu'il feroit long de nommer.
Mais il eft bien difficile fans maître de
faire un choix dans ces Auteurs , d'en
fentir les fineſſes
d'en faifir l'efprit
d'en apprécier le mérite , d'en appliquer
les réſultats , d'en bien pofféder les mé-
thodes , & d'en bien apprendre l'ufage.
C'est à quoi M. de la Lande s'applique
dans les leçons qu'il donne avec autant
d'éxactitude que d'aménité. Tout Ci-
toyen a droit d'élever la voix lorsqu'il
eft queftion du bien public & de l'in-
térêt des Sciences ; j'ai cru en confé-
JANVIER. 1764.
113
quence qu'il m'étoit permis de donner
une preuve de ma reconnoiffance pour
le College Royal , & que le Profef-
feur que j'ai pris la liberté de nommer
voudroit bien pardonner au zéle du
moindre de fes Élèves la publication de
cette Lettre ; j'efpére même que ceux
qui affifteront aux leçons que je viens
d'indiquer , me fçauront quelque gré de
les avoir avertis.
J'ai l'honneur d'être & c.
R..... Ingénieur-Géographe du Roi, &
Maître de Mathématiques.
au sujet des Exercices du COLLEGE
ROYAL sur la construction & la
Manoeuvre des VAISSEAUX.
L'ÉTABLISSEMENT du Collége
Royal de France, Monsieur, est un
des plus beaux Etabliffemens qu'il y
ait en Europe pour l'Etude des hautes
Sciences , & de la profonde Littérature ;
il a été l'école des hommes les plus cé-
lébres dans la France , & peut-être la
fource du progrès rapide des Lettres.
Chaque année l'on voit recommencer
ces éxercices fur les objets les plus in-
téreffans , & qu'il feroit difficile de trou-
ver ailleurs , fans y faire toute l'atten-
tion qu'ils méritent. Un petit nombre
de jeunes gens plus ftudieux & plus appli-
JANVIER. 1764.
100
qués fréquentent ces Ecoles fi célébres
autrefois , où l'on accouroit en foule
des extrémités de l'Europe , dans un
temps même , où la Philofophie fcho-
laftique régnoit encore , & ofoit avoir
quelquefois la préféance fur les Sciences
éxactes ; aujourd'hui ces mêmes Ecoles
font peu fréquentées. Ce n'eft pas que
les Profeffeurs qui y enfeignent méri-
tent moins d'être fuivis ,
il fuffiroit de
les nommer pour détruire le moindre
doute. Les Anciens , Thalès , Pythagore,
Platon & plufieurs autres , entraînés par
l'Amour des Sciences , parcouroient
des Régions immenfes pour aller s'inf-
truire en Egypte fur la Géométrie &
fur l'Aftronomie ; on vit même dans
le dixiéme fiécle , le moine Gerbert ,
que fon mérite éleva dans la fuite au
Pontificat , quitter fon Couvent , & aller
chercher chez les Arabes les Sciences
qui s'y étoient refugiées. Lucas de Bur-
gos & quelques autres , durent au même.
goût pour l'étude & aux voyages qui en
furent la fuite , l'honneur de fixer en
Italie la Géométrie fugitive ; par quelle
fatalité arrive-t-il donc aujourd'hui , que
les mêmes fecours , & des fecours plus
grands encore , qui font entre nos ma-
rins foient négligés parmi nous ? Quoi-
110 MERCURE DE FRANCE.
qu'il en foit , le Collége Royal étant le
feul endroit public dans Paris , où l'on
enfeigne les Traités de Mathématique
d'une certaine force , feroit peut-être
plus fréquentée , fi l'on connoiffoit affez
ces fortes d'éxercices. C'eft à cet effet ,
que je vous prie , Monfieur , de vou-
loir bien publier cette Lettre .
Je ne rappellerai pas ici , en détail
les Cours annoncés par les 19Profeffeurs
du Collége Royal : les uns ont pour
objet l'étude des Langues fçavantes ,
les autres accoutument les Elèves à pui-
fer dans la fource même les beautés des
Anciens , & c ; mais je crois devoir nom →
mer la claffe des Mathématiques où l'on
trouve certainement tous les fecours
pour s'inftruire fur leurs parties les plus
difficiles , & citer pour exemple les le-
çons de M. de la Lande fur la conftruc-
tion & la manoeuvre des Vaiffeaux qui
commencerent l'année dernière , & doi-
vent continuer cette année.
La marine
>
cet objet effentiel des
foins de Sully , de Colbert , de Cromwel
& de tous les grands Miniftres , la ma-
rine fi néceffaire à la France , & dont on
s'occupe fi fort aujourd'hui , éxige l'at-
tention des Mathématiciens autant que
celle des Politiques ; la conftruction &
JANVIER . 1764.
III
le mouvement des Vaiffeaux font des
problêmes de la plus fine Géométrie, que
l'on traite fouvent fans fçavoir les élé-
mens d'Euclide. Auffi quelle imperfec-
tion ne trouve-t-on pas dans dans cet
art ? Que de Vaiffeaux manqués ! Que
d'Officiers qui voyent leurs Navires aller
mieux ou plus mal fans en fçavoir la
raifon !
La conftruction des Vaiffeaux renfer-
me trois branches effentielles, 1º. La ma-
nière de leur donner de la ftabilité.
2º. De leur procurer la viteffe. 3°. De
les rendre fenfibles au Gouvernail. La
premiere , renferme la théorie de l'ar-
rimage ; celle du premier roulis , celle
du tangage , & la propriété de bien
orter la voile . La deuxiéme renferme
porter
la théorie de leur figure , de la gran-
deur des voiles & de leurs difpofitions.
La troifiéme comprend la figure & la
grandeur du Gouvernail ; la figure de la
Poupe , la proportion de la longueur
& la largeur du Vaiffeau : toutes ces
propriétés influent les unes fur les au-
tres , rentrent les unes dans les
autres.
Cette théorie plus compliquée que je
ne fçaurois le dire , eft cependant ab-
folument néceffaire à ceux qui par état
ont la conduite de la conftruction ou
-
112 MERCURE DE FRANCE.
de la mañœuvre des Vaiffeaux , & cette
théorie ne s'acquiert pas partout.
Paris eft la fource des lumières , le
centre d'où partent les rayons qui éclai-
rent les Provinces , & le lieu où les Ma-
rins viennent fe former ; du moins , ils
trouvent la multitude des fecours né.
ceffaires à cet art qui fixe l'attention
du Miniftre. C'est donc dans Paris où
l'on doit trouver des éxercices fur l'ar-
chitecture navale & où ils feront les
plus utiles. Nous avons à la vérité de
bons livres fur cette matière , de MM.
Euler , Bouguer , Bernoulli , fans comp-
ter ce qui eft répandu dans les Mé-
moires des différentes Académies , &
dans les Ouvrages de plufieurs grands
Géomêtres qu'il feroit long de nommer.
Mais il eft bien difficile fans maître de
faire un choix dans ces Auteurs , d'en
fentir les fineſſes
d'en faifir l'efprit
d'en apprécier le mérite , d'en appliquer
les réſultats , d'en bien pofféder les mé-
thodes , & d'en bien apprendre l'ufage.
C'est à quoi M. de la Lande s'applique
dans les leçons qu'il donne avec autant
d'éxactitude que d'aménité. Tout Ci-
toyen a droit d'élever la voix lorsqu'il
eft queftion du bien public & de l'in-
térêt des Sciences ; j'ai cru en confé-
JANVIER. 1764.
113
quence qu'il m'étoit permis de donner
une preuve de ma reconnoiffance pour
le College Royal , & que le Profef-
feur que j'ai pris la liberté de nommer
voudroit bien pardonner au zéle du
moindre de fes Élèves la publication de
cette Lettre ; j'efpére même que ceux
qui affifteront aux leçons que je viens
d'indiquer , me fçauront quelque gré de
les avoir avertis.
J'ai l'honneur d'être & c.
R..... Ingénieur-Géographe du Roi, &
Maître de Mathématiques.
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Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE, au sujet des Exercices du COLLEGE ROYAL sur la construction & la Manoeuvre des VAISSEAUX.
La lettre adressée à M. de La Place discute des exercices du Collège Royal de France, en particulier ceux relatifs à la construction et à la manœuvre des vaisseaux. Le Collège Royal est célèbre pour son excellence dans les sciences et la littérature, ayant formé des personnalités illustres et contribué au progrès des lettres en France. Toutefois, les écoles connaissent actuellement une fréquentation réduite. L'auteur met en avant l'importance des mathématiques et des sciences exactes, mentionnant des figures historiques telles que Thalès, Pythagore, Platon, et le moine Gerbert. Il exprime une inquiétude concernant la négligence actuelle des ressources scientifiques, notamment en mathématiques. Le Collège Royal est le seul établissement à Paris où sont enseignés des traités de mathématiques avancés. La lettre souligne les cours de M. de la Lande sur la construction et la manœuvre des vaisseaux, soulignant l'importance de la marine pour la France et la nécessité de compétences en géométrie pour résoudre les problèmes de construction navale. La construction des vaisseaux repose sur trois branches essentielles : la stabilité, la vitesse, et la sensibilité au gouvernail. Ces aspects requièrent une théorie complexe mais indispensable pour ceux impliqués dans la construction ou la manœuvre des vaisseaux. Paris est décrit comme le centre des lumières où les marins peuvent se former et accéder aux ressources nécessaires. L'auteur insiste sur la difficulté d'apprendre ces théories sans un maître compétent, soulignant le rôle de M. de la Lande dans l'enseignement de ces matières avec précision et amabilité. Il espère que sa lettre encouragera davantage de personnes à assister aux leçons mentionnées. La lettre est signée par un ingénieur-géographe du roi et maître de mathématiques, qui exprime son espoir que les destinataires trouveront utiles les leçons fournies et lui en seront reconnaissants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10565
p. 113-119
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
LE Mercredi, 23 Novembre, les Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
LE Mercredi, 23 Novembre, les
Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
établie à Lyon fous la direction de M.
Bourgelat , donnerent en préfence d'une
Affemblée nombreufe & diftinguée
de nouvelles preuves de leur application
& de leurs progrès.
On procéda à la diftribution de deux
Prix qui furent difputés à la manière
accoutumée par vingt-fix d'entr'eux. M.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
}
£ 14 MERCURE DE FRANCE.
Général des Armées du Roi & Séné
chal de Lyon , qui honora , ainfi que
M. l'Intendant & plufieurs perfonnes de
confidération , ce concours de fa pré-
fence , fit lui-même tirer au hazard les
billets cachetés qui contenoient diverſes
queftions fur la matière dont ces Eléves
devoient parler.
Les objets qui furent difcutés s'éten-
dirent à tout ce qui peut concerner le
choix des chevaux , d'après l'examen
de la franchiſe , de la liberté , de l'éga-
lité des mouvemens de leurs membres
dans leurs différentes allures & felon les
différens ufages auxquels on les defti-
ne ; à tout ce qui regarde le foin qu'ils
éxigent , foit dans le repos , foit dans
le voyage ; à des détails très-inftru&tifs
fur la qualité , le genre , & la quantité
des alimens qui leur conviennent ; fur
les attentions que demande l'entrepriſe
de multiplier & de perfectionner l'ef-
pèce de ces animaux dans des haras
parqués , ou dans des haras réſultant
de la difpofition des chevaux entiers dans
différens arrondiffemens ; fur les étalons
tant nationaux , qu'étrangers , dont on
peut ou dont on doit tirer race ; fur
ceux qui doivent être préférés , confi-
dération faite des climats & des lieux
JANVIER. 1764.
115
où il s'agit d'en faire le placement ; fur
le genre de vie auquel ils doivent être
tenus dans le temps & hors le temps de
la monte ; fur la néceffité & la manière
de croifer les races & d'appareiller les
figures & les qualités ; fur le choix &
le foin des Jumens poulinieres pleines
ou non pleines ; fur les inconvéniens qui
réfultent de l'habitude pernicieufe dans
laquelle on eft communément parmi
nous de les faire faillir & porter toutes
les années ; fur le temps le plus propre
à la monte ; fur les moyens les plus
fimples de la rendre fructueufe ; fur le
part , fur les voyes de parer à des avor-
temens très-fréquens ; fur la manière
d'opérer la délivrance de la cavale dans
les circonftances d'un part difficile & !a-
borieux
fur le traitement du poulain
qui vient de naître ; fur le temps de le
févrer ; fur les précautions à prendre
quand il doit l'être ; fur le temps de le
hongrer , lorfqu'on n'eft pas dans le def-
fein d'en obtenir des productions ; fur
le régime à lui faire obferver dans les
différentes périodes de fa jeuneffe &
jufqu'au moment où il devient cheval ;
fur l'éducation à lui donner ; fur la fa-
çon de l'apprivoifer & de le rendre obéif-
fant , familier & doux à l'homme , &c.
116 MERCURE DE FRANCE .
Tous ces mêmes points relativement
aux bêtes à cornes , aux bêtes à laine,
& aux autres animaux domeftiques &
des champs , feront pareillement appro-
fondis dans une féance indiquée au mois
de Mars prochain , l'hyver étant une
faifon trop précieufe pour ne pas l'em-
ployer toute entiere à l'étude de l'ana-
tomie & aux diffections.
Le Public n'a pas témoigné une moin-
dre fatisfaction de ce qu'il a entendu
dans cette affemblée , que de ce qu'il
avoit entendu , dans les autres ; il a pa-
ru qu'il voyoit avec un nouveau plai-
fir nombre d'Eléves déja en état de fer-
vir utilement dans les différentes Pro-
vinces du Royaume & d'y répandre de
véritables lumières fur les haras , c'eft-
à- dire , fur une des plus importantes
parties de l'adminiftration .
On a très-longtemps héfité avant
d'affeoir un Jugement & de déterminer
quel feroit celui d'entr'eux à qui la cou
ronne feroit décernée. Après bien des
débats , le premier Prix a été adjugé à
neuf Eléves qui font :
Les fieurs Dauvergne le cadet , Peti
te , Danne Thomas , tous les quatre
entretenus à l'Ecole par l'Intendant de
la Comté de Bourgogne.
JANVIER. 1764.
dant de Limoges.
phiné.
miens.
Les talens.
117
Barjollin entretenu par M. l'Inten-
Gay , par M. l'Intendant du Dau-
Beauvais , par M. l'Intendant d'A-
Danguien de Lyon , déja connu par
Et Chanu de la Province de Bourgo-
gne qui paroît empreffé de marcher fur
fes traces :
Ces neuf Eléves ont tiré au fort. Le
fieur Barjollin en a été favorifé ; mais
les huit autres Eléves n'ont pas dû être
moins fenfibles à la gloire qu'ils fe
font acquife.
Le fecond Prix a été adjugé à onze
Eléves qui font :
Les fieurs Girard & Graffet entrete-
nus à l'Ecole par M. l'Intendant de la
Comté de Bourgogne,
Mirat & Dupin , entretenus par M,
l'Intendant de Limoges.
Berthoux , entretenu par M. l'Inten-
dant du Dauphiné.
Preflier , par M. l'Intendant de Mou-
lins.
La Combe par M. l'Intendant de Bor-
deaux.
Chabert & Dechamps de la Ville de
Lyon.
118 MERCURE DE FRANCE.
Treitch, entretenu par M. l'Intendant
d'Auvergne,
Brachet , entretenu par la Province
de Bugey. Ce dernier a été favorisé par
le fort comme le fieur Barjollin , mais
ſes adverfaires ne fe font pas moins con .
cilié l'eftime du Public.
Les autres Eléves qui ont concouru
font les fieurs Defchaux , âgé de 12 ans,
de la Ville de Lyon & Defavenieres ,
de la même Ville.
Faure , l'aîné , entretenu par M. l'In-
tendant de Lyon.
Dauvergne , l'aîné & Beaumont , fils,
entretenu par M. l'Intendant de la Com-
té de Bourgogne.
Kamerlet , entretenu par la Ville de
Nancy.
Le premier acceffit a été adjugé aux
deux premiers , le fecond aux fieurs
Dauvergne , l'aîné , Beaumont , fils , &
Favre , l'aîné.
Le Public perfuadé que l'émulation
de ces vingt-fix concurrens excitera
celle des autres Eléves , s'attend au pre-
mier concours à en entendre un plus
grand nombre.
Le fieur Bredin , de la Ville d'Au-
xonne , ayant été occupé dans diverfes
Provinces & fe trouvant même actuelle-
JANVIRE. 1764.
119
ment dans la Xaintonge par ordre du
Miniftre , n'a pu concourir.
Les fieurs Pufenas , du Bourbonnois,
& Didney , de la Généralité d'Amiens
en ont été empêchés par une maladie,
Le fieur Moret de la Ville de Châlons-
fur-Saône, ne s'eft pas préfenté, attendu
la difficulté qu'il a de prononcer , & le
fieur Bloufard , de la Province de Breffe ,
attendu la difficulté qu'il a de s'expli-
quer. L'un & l'autre auroient pu entrer
en lice.
LE Mercredi, 23 Novembre, les
Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
établie à Lyon fous la direction de M.
Bourgelat , donnerent en préfence d'une
Affemblée nombreufe & diftinguée
de nouvelles preuves de leur application
& de leurs progrès.
On procéda à la diftribution de deux
Prix qui furent difputés à la manière
accoutumée par vingt-fix d'entr'eux. M.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
}
£ 14 MERCURE DE FRANCE.
Général des Armées du Roi & Séné
chal de Lyon , qui honora , ainfi que
M. l'Intendant & plufieurs perfonnes de
confidération , ce concours de fa pré-
fence , fit lui-même tirer au hazard les
billets cachetés qui contenoient diverſes
queftions fur la matière dont ces Eléves
devoient parler.
Les objets qui furent difcutés s'éten-
dirent à tout ce qui peut concerner le
choix des chevaux , d'après l'examen
de la franchiſe , de la liberté , de l'éga-
lité des mouvemens de leurs membres
dans leurs différentes allures & felon les
différens ufages auxquels on les defti-
ne ; à tout ce qui regarde le foin qu'ils
éxigent , foit dans le repos , foit dans
le voyage ; à des détails très-inftru&tifs
fur la qualité , le genre , & la quantité
des alimens qui leur conviennent ; fur
les attentions que demande l'entrepriſe
de multiplier & de perfectionner l'ef-
pèce de ces animaux dans des haras
parqués , ou dans des haras réſultant
de la difpofition des chevaux entiers dans
différens arrondiffemens ; fur les étalons
tant nationaux , qu'étrangers , dont on
peut ou dont on doit tirer race ; fur
ceux qui doivent être préférés , confi-
dération faite des climats & des lieux
JANVIER. 1764.
115
où il s'agit d'en faire le placement ; fur
le genre de vie auquel ils doivent être
tenus dans le temps & hors le temps de
la monte ; fur la néceffité & la manière
de croifer les races & d'appareiller les
figures & les qualités ; fur le choix &
le foin des Jumens poulinieres pleines
ou non pleines ; fur les inconvéniens qui
réfultent de l'habitude pernicieufe dans
laquelle on eft communément parmi
nous de les faire faillir & porter toutes
les années ; fur le temps le plus propre
à la monte ; fur les moyens les plus
fimples de la rendre fructueufe ; fur le
part , fur les voyes de parer à des avor-
temens très-fréquens ; fur la manière
d'opérer la délivrance de la cavale dans
les circonftances d'un part difficile & !a-
borieux
fur le traitement du poulain
qui vient de naître ; fur le temps de le
févrer ; fur les précautions à prendre
quand il doit l'être ; fur le temps de le
hongrer , lorfqu'on n'eft pas dans le def-
fein d'en obtenir des productions ; fur
le régime à lui faire obferver dans les
différentes périodes de fa jeuneffe &
jufqu'au moment où il devient cheval ;
fur l'éducation à lui donner ; fur la fa-
çon de l'apprivoifer & de le rendre obéif-
fant , familier & doux à l'homme , &c.
116 MERCURE DE FRANCE .
Tous ces mêmes points relativement
aux bêtes à cornes , aux bêtes à laine,
& aux autres animaux domeftiques &
des champs , feront pareillement appro-
fondis dans une féance indiquée au mois
de Mars prochain , l'hyver étant une
faifon trop précieufe pour ne pas l'em-
ployer toute entiere à l'étude de l'ana-
tomie & aux diffections.
Le Public n'a pas témoigné une moin-
dre fatisfaction de ce qu'il a entendu
dans cette affemblée , que de ce qu'il
avoit entendu , dans les autres ; il a pa-
ru qu'il voyoit avec un nouveau plai-
fir nombre d'Eléves déja en état de fer-
vir utilement dans les différentes Pro-
vinces du Royaume & d'y répandre de
véritables lumières fur les haras , c'eft-
à- dire , fur une des plus importantes
parties de l'adminiftration .
On a très-longtemps héfité avant
d'affeoir un Jugement & de déterminer
quel feroit celui d'entr'eux à qui la cou
ronne feroit décernée. Après bien des
débats , le premier Prix a été adjugé à
neuf Eléves qui font :
Les fieurs Dauvergne le cadet , Peti
te , Danne Thomas , tous les quatre
entretenus à l'Ecole par l'Intendant de
la Comté de Bourgogne.
JANVIER. 1764.
dant de Limoges.
phiné.
miens.
Les talens.
117
Barjollin entretenu par M. l'Inten-
Gay , par M. l'Intendant du Dau-
Beauvais , par M. l'Intendant d'A-
Danguien de Lyon , déja connu par
Et Chanu de la Province de Bourgo-
gne qui paroît empreffé de marcher fur
fes traces :
Ces neuf Eléves ont tiré au fort. Le
fieur Barjollin en a été favorifé ; mais
les huit autres Eléves n'ont pas dû être
moins fenfibles à la gloire qu'ils fe
font acquife.
Le fecond Prix a été adjugé à onze
Eléves qui font :
Les fieurs Girard & Graffet entrete-
nus à l'Ecole par M. l'Intendant de la
Comté de Bourgogne,
Mirat & Dupin , entretenus par M,
l'Intendant de Limoges.
Berthoux , entretenu par M. l'Inten-
dant du Dauphiné.
Preflier , par M. l'Intendant de Mou-
lins.
La Combe par M. l'Intendant de Bor-
deaux.
Chabert & Dechamps de la Ville de
Lyon.
118 MERCURE DE FRANCE.
Treitch, entretenu par M. l'Intendant
d'Auvergne,
Brachet , entretenu par la Province
de Bugey. Ce dernier a été favorisé par
le fort comme le fieur Barjollin , mais
ſes adverfaires ne fe font pas moins con .
cilié l'eftime du Public.
Les autres Eléves qui ont concouru
font les fieurs Defchaux , âgé de 12 ans,
de la Ville de Lyon & Defavenieres ,
de la même Ville.
Faure , l'aîné , entretenu par M. l'In-
tendant de Lyon.
Dauvergne , l'aîné & Beaumont , fils,
entretenu par M. l'Intendant de la Com-
té de Bourgogne.
Kamerlet , entretenu par la Ville de
Nancy.
Le premier acceffit a été adjugé aux
deux premiers , le fecond aux fieurs
Dauvergne , l'aîné , Beaumont , fils , &
Favre , l'aîné.
Le Public perfuadé que l'émulation
de ces vingt-fix concurrens excitera
celle des autres Eléves , s'attend au pre-
mier concours à en entendre un plus
grand nombre.
Le fieur Bredin , de la Ville d'Au-
xonne , ayant été occupé dans diverfes
Provinces & fe trouvant même actuelle-
JANVIRE. 1764.
119
ment dans la Xaintonge par ordre du
Miniftre , n'a pu concourir.
Les fieurs Pufenas , du Bourbonnois,
& Didney , de la Généralité d'Amiens
en ont été empêchés par une maladie,
Le fieur Moret de la Ville de Châlons-
fur-Saône, ne s'eft pas préfenté, attendu
la difficulté qu'il a de prononcer , & le
fieur Bloufard , de la Province de Breffe ,
attendu la difficulté qu'il a de s'expli-
quer. L'un & l'autre auroient pu entrer
en lice.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Le 23 novembre, les élèves de l'École Royale Vétérinaire de Lyon, dirigés par M. Bourgelat, ont pris part à une assemblée lors de laquelle deux prix ont été décernés suite à un concours impliquant vingt-six élèves. L'événement a été présidé par le Marquis de la Ferrière, Lieutenant Général des Armées du Roi et Sénéchal de Lyon. Les sujets abordés incluaient la gestion des chevaux, notamment le choix des chevaux, leurs besoins alimentaires, la multiplication et la perfection des races équines, ainsi que les soins aux poulinières et poulains. Les discussions ont également porté sur les bêtes à cornes, les bêtes à laine et autres animaux domestiques, avec une séance prévue pour mars. Le public a salué la préparation des élèves, prêts à servir dans diverses provinces du royaume. À l'issue des délibérations, neuf élèves, dont Barjollin, ont reçu le premier prix, et onze autres, dont Brachet, ont obtenu le second prix. Des accessits ont été attribués à Deschaux et Desavenières. Le public a exprimé l'espoir de voir davantage d'élèves participer au prochain concours. En janvier 1764, plusieurs personnes devaient participer à un événement, mais divers empêchements les en ont dissuadés. Le sieur Bredin, occupé dans différentes provinces, se trouvait en Saintonge sur ordre du ministre. Les sieurs Pufenas et Didney étaient malades, tandis que le sieur Moret avait des difficultés à prononcer et le sieur Bloufard à s'expliquer. Malgré ces obstacles, les sieurs Moret et Bloufard auraient pu participer.
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10566
p. 119-120
TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
Début :
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire des Bâtimens du Roi, instruit par une [...]
Mots clefs :
Goutte, Accès, Pieds, Traité, Hydromel
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texteReconnaissance textuelle : TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
TRAITÉ de la Goute, augmenté de
nouvelles Observations théoriques &
pratiques pour calmer ses accès, empêcher
ses révolutions, & en éloigner
les retours.
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire
des Bâtimens du Roi, instruit par une
pratique anffi heureufe que continuée
traite aujourd'hui la Goute par la mé-
thode la plus fimple & la plus relative à
cette humeur ; & ce traitement eſt pro-
pre à tout âge , à tout féxe , & à tous les
tempéramens.
Dans les accès , il en calme la vivacité
par la Poudre balfamique dont l'on fait
120 MERCURE DE FRANCE.
un Hydromel , qui procure une dépura-
tion par les urines , & par une tranſpira-
tion douce & égale. Cet Hydromel a des
qualités particulières pour l'eftomach. En
même temps il donne une Pâte que l'on
délaye dans de l'eau chaude , & c. qui
forme un bain des pieds , pour retirer la
Goute des parties fupérieures , & la faire
tranſpirer par les pieds. Ce bain eft un
fpécifique parfait , quand il faut une dé-
rivation aux pieds.
Hors des accès , il ordonne le Baume
végétal trois jours confécutifs de chaque
mois , pour tenir les premières voyes li-
bres , fortifier l'eftomac , faciliter les di-
geftions, & détruire peu-à-peu cet amas
d'humeurs , qui développent le principe
de la Goute , & forment les difpofitions
des maladies.
Il eft indifpenfable de lire fon Ouvrage
qui fe vend chez M. Pankoucke , Librai-
re, rue & près la Comédie Françoife ,
au Parnaffe , à Paris.
L'on peut le confulter fur les Rhuma-
tifmes & les Sciatiques les plus invétérés ;
il les guérit radicalement , par le moyen
d'un Ptifanne & d'une Pommade.
Il ne reçoit éxactement que les Lettres
affranchies : il loge petite rue S. Roch
quartier Montmartre , à Paris.
nouvelles Observations théoriques &
pratiques pour calmer ses accès, empêcher
ses révolutions, & en éloigner
les retours.
M. de Mongerbet, Médecin ordinaire
des Bâtimens du Roi, instruit par une
pratique anffi heureufe que continuée
traite aujourd'hui la Goute par la mé-
thode la plus fimple & la plus relative à
cette humeur ; & ce traitement eſt pro-
pre à tout âge , à tout féxe , & à tous les
tempéramens.
Dans les accès , il en calme la vivacité
par la Poudre balfamique dont l'on fait
120 MERCURE DE FRANCE.
un Hydromel , qui procure une dépura-
tion par les urines , & par une tranſpira-
tion douce & égale. Cet Hydromel a des
qualités particulières pour l'eftomach. En
même temps il donne une Pâte que l'on
délaye dans de l'eau chaude , & c. qui
forme un bain des pieds , pour retirer la
Goute des parties fupérieures , & la faire
tranſpirer par les pieds. Ce bain eft un
fpécifique parfait , quand il faut une dé-
rivation aux pieds.
Hors des accès , il ordonne le Baume
végétal trois jours confécutifs de chaque
mois , pour tenir les premières voyes li-
bres , fortifier l'eftomac , faciliter les di-
geftions, & détruire peu-à-peu cet amas
d'humeurs , qui développent le principe
de la Goute , & forment les difpofitions
des maladies.
Il eft indifpenfable de lire fon Ouvrage
qui fe vend chez M. Pankoucke , Librai-
re, rue & près la Comédie Françoife ,
au Parnaffe , à Paris.
L'on peut le confulter fur les Rhuma-
tifmes & les Sciatiques les plus invétérés ;
il les guérit radicalement , par le moyen
d'un Ptifanne & d'une Pommade.
Il ne reçoit éxactement que les Lettres
affranchies : il loge petite rue S. Roch
quartier Montmartre , à Paris.
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Résumé : TRAITÉ de la Goute, augmenté de nouvelles Observations théoriques & pratiques pour calmer ses accès, empêcher ses révolutions, & en éloigner les retours.
Le traité 'De la Goutte' de M. de Mongerbet, médecin du roi, propose une méthode pour traiter la goutte adaptée à tous âges, sexes et tempéraments. Pendant les crises, il recommande un hydromel à base de poudre balsamique pour soulager la douleur et éliminer les toxines par les urines et la transpiration. Un bain de pieds avec une pâte diluée dans de l'eau chaude est aussi prescrit pour déplacer la goutte vers les pieds. En dehors des crises, il conseille l'application d'un baume végétal trois jours consécutifs chaque mois pour maintenir les voies libres, renforcer l'estomac, améliorer la digestion et réduire les accumulations d'humeurs responsables de la goutte. Le livre est disponible chez M. Pankoucke, libraire à Paris, et peut être utilisé pour traiter les rhumatismes et les sciatiques chroniques grâce à un pifanne et une pommade. M. de Mongerbet accepte uniquement les lettres affranchies et réside rue Saint-Roch, quartier Montmartre, à Paris.
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10567
p. 121-126
CATOPTRIQUE.
Début :
LES deux volumes du Mercure pour de mois d'Octobre dernier, offrent, [...]
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texteReconnaissance textuelle : CATOPTRIQUE.
CATOPTRIQUE.
LES deux volumes du Mercure pour
de mois d'Octobre dernier, offrent,
Monfieur , une Defcription très- inté-
reffante des merveilles de la Catoptrique :
mais ces jeux de la lumière étoient déja
très-connus ; & l'unique mérite des gla-
ces courbées de la nouvelle Manufacture
Royale , eft de rendre les effets des mi-
roirs concaves ou convéxes plus fenfi-
bles, & par conféquent plus curieux pour
de plus grand nombre de ceux qui aiment
à s'amuferen s'inftruifant. Il reste cepen-
dant bien d'autres découvertes , dont
des Sciences & lesArts tireroientun avan-
tage
confidérable. M. Berniere , Auteur
& Poffeffeur de la Manufacture de ces
Miroirs , me paroît être plus à portée que
perfonne de réfoudre un Probleme de
Catoptrique dont la folution a jufqu'ici
I. Vol.
F
122 MERCURE DE FRANCE.
épuifé la patience des Amateurs qui s'y
font appliqués. N'ayant point l'honneur
de le connoître , permettez - moi , Mon-
fieur , d'employer la voie de votre Jour-
nal , pour lui expofer le fait dont il s'agit.
Le Chevalier Kenelme Digby , dans
fon Traité de l'Immortalité de l'Ame`,
[ en Anglois , in-folio , Paris , chez Gilles
Blaizot , 1644 , & traduit en Latin , in-
folio , Paris , chez Villery & Joffe, 1651 .
On peut confulter l'original à la Biblio
thèque du Roi , R. 420 , & la Traduc-
tion , R. 421. ] fe propofe différentes
queftions fur la nature & l'effence de la
Lumière .
D'abord il prouve [ Tract I. de Naturá
Corporum , cap. 6 , 9. 3 , Edition latine ,
pag. 38. ] que la Lumière eft un corps;
1°. parce que [ §. 4. pag. 39. ] c'eft un
feu véritable : 2° . parce que [ 9.5.]le feu,
dans fa raréfaction , n'eft plus fimple-
ment qu'une lumière : 3°. parce que
[ §. 6. ] la lumière eft fufceptible , com
me tout autre corps , de degrès d'ac
croiffement & de décroiffèment, foit en
quantité , foit en qualité.
Que la lumière foit un feu , [ ibid.
cap. 7. ] le fait eft inconteftable ; puif-
que [ §. 1. ] elle eft chaude & échauf
fante. Si nous ne fentons point la cha
JANVIER. 1764.
123
leur de la lumière raréfiée , que nous ap-
pellons jour , c'eft [ § . 2. ] à cauſe de la
groffièreté de nos fens. L'Alcohol ne
s'enflamine- t-il pas , quoiqu'à raifon de
fa fubtilité , il ne puiffe caufer de brû-
lure ?
Le fçavant Digby , après avoir mis
toutes ces propofitions hors de la portée
du doute , fe fait une demande dont la
réponſe eſt une des plus fingulières énig
mes de la nature. Si la lumière eft un
feu , dit- il [ 9.7 ] , comme le feu elle a
donc befoin d'aliment ? Et puifque le
feu , en s'éteignant , laiffe une cendre
qui eft en quelque façon l'excrément &
la lie de fa nourriture , n'eft-il pas à pré-
fumer que la lumière , lorfqu'elle s'éteint,
doit de même laiffer des débris de la ma-
tière qui fervoit à fon entretien ? A l'oc-
cafion de cette difficulté , notre illuftre
Anglois rapporte l'expérience faite par
un de fes amis ; & c'eft celle que je pro-
pofe en Problême à M. Bernière , com-
me un chef-d'œuvre digne de lui.
Les rayons du Soleil [ § . 8. ] accumu.
lés dans un vaiffeau de cristal , & réunis
par une certaine difpofition de plufieurs
verres , y tombent en pouffière. Cette
poudre eft rouge, & même noire à force
d'être foncée en couleur. On en obtient
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
une quantité d'autant plus grande que
le Soleil eft plus ardent ; il ne faut que
quelques jours d'une vive chaleur pour
en avoir jufqu'à deux onces. Au refte ,
il n'y a aucun lieu de foupçonner que
cette matière puiffe provenir des atômes
qui flottent dans l'atmosphère ; car on
la voit croître infenfiblement dans un
vaiffeau vuide , bien fermé , & qu'on a
eu foin de tenir très- propre.
Mais , afin qu'on ne croye pas que je
prête rien à mon Auteur , citons fes pro-
pres paroles. Upon this occafion , i re-
member a rare experiment that a noble
man of much fincerity , and a fingular
friend of mine , told me he had feene :
Which was , that by meanes of glaffes
made in a very particular manner , and
artificially placed one by an other, he
had feene the fame beames gathered to-
gether , and precipitated downe into a
brownifch orpurplifch red pouder. There
could be nofallacy in this operation, &c.
C'eft-à-dire : Subit animum hac occafio-
ne memoria rari admodum experimenti
quod nobilis quidam virfidei finceriffi
ma , mihique amicitia conjunctiffimus
vidife fe affirmavit , vaforum vitreorum
ope , peculiari quodam modo factorum
& artificiosè difpofuorum collectos folis
JANVIER. 1764 .
125
radios in pulverem fufci coloris aut pur-
purei in rubrum vergentis , præcipitatos
fuiffe. Fraus nulla huic operationifubeffe
potuit ; nihil enim in vafis , antequam
difponerentur , continebatur , & c.
Cette incomparable expérience eft en-
core rapportée par une foule de Natura-
liftes , tels que Jean- Sigifmond Elsholt ,
Théophile Bonet , Adolphe - Chriftian
Baudouin , de l'Académie des Curieux
de la Nature. Mais tous , à ce qui me
femble , paroiffent ne l'avoir point ré-
pétée : Digby lui -même n'en parle que
d'après fon ami , feul témoin connu de
fon fuccès. L'honneur de l'invention
appartiendra donc à celui qui retrouvera
la manière de l'exécuter. J'en ai oui dif-
courir un Voyageur , qui prétendoit que
les Brames des Indes la fçavoient. Si ce-
la eft , les rayons font réfléchis dans le
vaiffeau par des miroirs de métal : car on
n'en a pas d'autres dans ces contrées.
Mais ce Voyageur s'expliquoit fi mal
qu'on n'y comprenoit rien.
Il eſt pro-
bable que c'est du choc des rayons , qui
viennent fe heurter par un chemin dia-
métralement oppofé , & qui s'entre-
tuent , fi j'ofe ainfi m'exprimer , que
naît cette poudre rougeâtre.
Quoiqu'il enfoit , M. Berniere eft trop
Fj
1
126 MERCURE DE FRANCE.
habile pour ne point faifir d'un feul coups
d'œil toutes les poffibilités ; & je ne
doute point qu'il ne fe confirme dans
l'idée que les rayons du Soleil , auxquels
on calcine l'antimoine & le plomb , ne
foient la vraie caufe de leur augmenta-
tion de poids , malgré les déchets énor
mes qu'ils fouffrent néceffairement dans
cette violente opération . Auffi dois-je
ajouter, pour plus ample éclairciffement,
que le Chevalier Digby nous apprend
que cette poudre s'incorpore très-aifé-
mentavec l'or, & le pénètre intimement.
[ Ibid. § . 8. Natura illi ( pulveri ) erat
mirèfubtilis , quæ ipfum etiam aurum ,
corporum omnium inter quæ verfamur
*
graviffimum acfolidiffimum , vi fuá , ut
..
fic dicam , fpirituali , penetraret. ] Et
parce que ce même phénomène arrive ,
fans nulle différence,aux chaux métalli→
ques préparées avec notre feu élémen-
taire , il s'enfuit évidemment que le feu ,
comme la lumière , engendre une pou-
dre pareille , & qu'il ne feroit peut- être
pas plus difficile à la Catoptrique de la
rendre vifible & palpable.
Je vous aurai une véritable obliga-
tion, Monfieur, fivous voulez bien avoir
la complaifance d'inférer ma Lettre dana
votre Mercure. Je fuis , &c.
LES deux volumes du Mercure pour
de mois d'Octobre dernier, offrent,
Monfieur , une Defcription très- inté-
reffante des merveilles de la Catoptrique :
mais ces jeux de la lumière étoient déja
très-connus ; & l'unique mérite des gla-
ces courbées de la nouvelle Manufacture
Royale , eft de rendre les effets des mi-
roirs concaves ou convéxes plus fenfi-
bles, & par conféquent plus curieux pour
de plus grand nombre de ceux qui aiment
à s'amuferen s'inftruifant. Il reste cepen-
dant bien d'autres découvertes , dont
des Sciences & lesArts tireroientun avan-
tage
confidérable. M. Berniere , Auteur
& Poffeffeur de la Manufacture de ces
Miroirs , me paroît être plus à portée que
perfonne de réfoudre un Probleme de
Catoptrique dont la folution a jufqu'ici
I. Vol.
F
122 MERCURE DE FRANCE.
épuifé la patience des Amateurs qui s'y
font appliqués. N'ayant point l'honneur
de le connoître , permettez - moi , Mon-
fieur , d'employer la voie de votre Jour-
nal , pour lui expofer le fait dont il s'agit.
Le Chevalier Kenelme Digby , dans
fon Traité de l'Immortalité de l'Ame`,
[ en Anglois , in-folio , Paris , chez Gilles
Blaizot , 1644 , & traduit en Latin , in-
folio , Paris , chez Villery & Joffe, 1651 .
On peut confulter l'original à la Biblio
thèque du Roi , R. 420 , & la Traduc-
tion , R. 421. ] fe propofe différentes
queftions fur la nature & l'effence de la
Lumière .
D'abord il prouve [ Tract I. de Naturá
Corporum , cap. 6 , 9. 3 , Edition latine ,
pag. 38. ] que la Lumière eft un corps;
1°. parce que [ §. 4. pag. 39. ] c'eft un
feu véritable : 2° . parce que [ 9.5.]le feu,
dans fa raréfaction , n'eft plus fimple-
ment qu'une lumière : 3°. parce que
[ §. 6. ] la lumière eft fufceptible , com
me tout autre corps , de degrès d'ac
croiffement & de décroiffèment, foit en
quantité , foit en qualité.
Que la lumière foit un feu , [ ibid.
cap. 7. ] le fait eft inconteftable ; puif-
que [ §. 1. ] elle eft chaude & échauf
fante. Si nous ne fentons point la cha
JANVIER. 1764.
123
leur de la lumière raréfiée , que nous ap-
pellons jour , c'eft [ § . 2. ] à cauſe de la
groffièreté de nos fens. L'Alcohol ne
s'enflamine- t-il pas , quoiqu'à raifon de
fa fubtilité , il ne puiffe caufer de brû-
lure ?
Le fçavant Digby , après avoir mis
toutes ces propofitions hors de la portée
du doute , fe fait une demande dont la
réponſe eſt une des plus fingulières énig
mes de la nature. Si la lumière eft un
feu , dit- il [ 9.7 ] , comme le feu elle a
donc befoin d'aliment ? Et puifque le
feu , en s'éteignant , laiffe une cendre
qui eft en quelque façon l'excrément &
la lie de fa nourriture , n'eft-il pas à pré-
fumer que la lumière , lorfqu'elle s'éteint,
doit de même laiffer des débris de la ma-
tière qui fervoit à fon entretien ? A l'oc-
cafion de cette difficulté , notre illuftre
Anglois rapporte l'expérience faite par
un de fes amis ; & c'eft celle que je pro-
pofe en Problême à M. Bernière , com-
me un chef-d'œuvre digne de lui.
Les rayons du Soleil [ § . 8. ] accumu.
lés dans un vaiffeau de cristal , & réunis
par une certaine difpofition de plufieurs
verres , y tombent en pouffière. Cette
poudre eft rouge, & même noire à force
d'être foncée en couleur. On en obtient
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
une quantité d'autant plus grande que
le Soleil eft plus ardent ; il ne faut que
quelques jours d'une vive chaleur pour
en avoir jufqu'à deux onces. Au refte ,
il n'y a aucun lieu de foupçonner que
cette matière puiffe provenir des atômes
qui flottent dans l'atmosphère ; car on
la voit croître infenfiblement dans un
vaiffeau vuide , bien fermé , & qu'on a
eu foin de tenir très- propre.
Mais , afin qu'on ne croye pas que je
prête rien à mon Auteur , citons fes pro-
pres paroles. Upon this occafion , i re-
member a rare experiment that a noble
man of much fincerity , and a fingular
friend of mine , told me he had feene :
Which was , that by meanes of glaffes
made in a very particular manner , and
artificially placed one by an other, he
had feene the fame beames gathered to-
gether , and precipitated downe into a
brownifch orpurplifch red pouder. There
could be nofallacy in this operation, &c.
C'eft-à-dire : Subit animum hac occafio-
ne memoria rari admodum experimenti
quod nobilis quidam virfidei finceriffi
ma , mihique amicitia conjunctiffimus
vidife fe affirmavit , vaforum vitreorum
ope , peculiari quodam modo factorum
& artificiosè difpofuorum collectos folis
JANVIER. 1764 .
125
radios in pulverem fufci coloris aut pur-
purei in rubrum vergentis , præcipitatos
fuiffe. Fraus nulla huic operationifubeffe
potuit ; nihil enim in vafis , antequam
difponerentur , continebatur , & c.
Cette incomparable expérience eft en-
core rapportée par une foule de Natura-
liftes , tels que Jean- Sigifmond Elsholt ,
Théophile Bonet , Adolphe - Chriftian
Baudouin , de l'Académie des Curieux
de la Nature. Mais tous , à ce qui me
femble , paroiffent ne l'avoir point ré-
pétée : Digby lui -même n'en parle que
d'après fon ami , feul témoin connu de
fon fuccès. L'honneur de l'invention
appartiendra donc à celui qui retrouvera
la manière de l'exécuter. J'en ai oui dif-
courir un Voyageur , qui prétendoit que
les Brames des Indes la fçavoient. Si ce-
la eft , les rayons font réfléchis dans le
vaiffeau par des miroirs de métal : car on
n'en a pas d'autres dans ces contrées.
Mais ce Voyageur s'expliquoit fi mal
qu'on n'y comprenoit rien.
Il eſt pro-
bable que c'est du choc des rayons , qui
viennent fe heurter par un chemin dia-
métralement oppofé , & qui s'entre-
tuent , fi j'ofe ainfi m'exprimer , que
naît cette poudre rougeâtre.
Quoiqu'il enfoit , M. Berniere eft trop
Fj
1
126 MERCURE DE FRANCE.
habile pour ne point faifir d'un feul coups
d'œil toutes les poffibilités ; & je ne
doute point qu'il ne fe confirme dans
l'idée que les rayons du Soleil , auxquels
on calcine l'antimoine & le plomb , ne
foient la vraie caufe de leur augmenta-
tion de poids , malgré les déchets énor
mes qu'ils fouffrent néceffairement dans
cette violente opération . Auffi dois-je
ajouter, pour plus ample éclairciffement,
que le Chevalier Digby nous apprend
que cette poudre s'incorpore très-aifé-
mentavec l'or, & le pénètre intimement.
[ Ibid. § . 8. Natura illi ( pulveri ) erat
mirèfubtilis , quæ ipfum etiam aurum ,
corporum omnium inter quæ verfamur
*
graviffimum acfolidiffimum , vi fuá , ut
..
fic dicam , fpirituali , penetraret. ] Et
parce que ce même phénomène arrive ,
fans nulle différence,aux chaux métalli→
ques préparées avec notre feu élémen-
taire , il s'enfuit évidemment que le feu ,
comme la lumière , engendre une pou-
dre pareille , & qu'il ne feroit peut- être
pas plus difficile à la Catoptrique de la
rendre vifible & palpable.
Je vous aurai une véritable obliga-
tion, Monfieur, fivous voulez bien avoir
la complaifance d'inférer ma Lettre dana
votre Mercure. Je fuis , &c.
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Résumé : CATOPTRIQUE.
Le texte aborde les progrès en catoptrique, la science des miroirs, en mettant en avant les innovations de la Manufacture Royale, dirigée par M. Bernière. Ce dernier est réputé pour sa capacité à résoudre des problèmes complexes dans ce domaine. Le Chevalier Kenelme Digby, dans son ouvrage 'De l'Immortalité de l'Ame', examine la nature de la lumière, qu'il considère comme un corps pouvant se raréfier et changer de degré. Il relate une expérience où les rayons solaires, concentrés par des verres, produisent une poudre rouge ou noire dans un vase de cristal, indépendamment des atomes atmosphériques. Plusieurs naturalistes ont mentionné cette expérience sans parvenir à la reproduire. La formation de cette poudre pourrait être attribuée au choc des rayons dans le vase. Le texte indique également que les rayons du Soleil augmentent le poids de l'antimoine et du plomb, et que cette poudre se combine aisément avec l'or. Ce phénomène est comparé à celui observé avec les feux élémentaires utilisés pour préparer les chaux métalliques. L'auteur exprime l'espoir que M. Bernière, grâce à son expertise, pourra élucider ce mystère et demande la publication de sa lettre dans le Mercure.
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10568
p. 127-128
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly. [...]
Mots clefs :
Hôpital, Duc de Biron, Louis-Antoine de Gontaut, Compagnies
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texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON.
Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Noms des Soldats. Compagnies.
La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly.
La Fage ,
La Fortune ,
Goffray ,
Violet ,
Doré ,
Bar ,
127
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Le Febvre ,
Durs ,
Moter ,
Laverdure ,
Tardif ,
Clément ,
Julien ,
Dhalem ,
Compagnies.
Pronleroy.
Rafilly.
Pronleroy'
Dampierre.
Mithon .
Degraffe .
Pronleroy.
Dampierre.
Pronleroy.
Baudouin,
Dudreneuc
Dampierre.
Fiv
Villers.
Rafilly.
Viennay.
Viennay,
128 MERCURE DE FRANCE.
La Croix ,
Demoges,
Paben
Viennay.
Callem eau 9:
Viennay.
Ruelle
Demoges
Fauvel ,
Viennay.
Marc ,
Pronleroy.
Duval ,
Rafilly.
Lapierre ,
Viennay.
Robin ,
Coettrieu,
S. Etienne ,
Dudreneuc
Lamotte
Demoges
Marbré ,
Coettrieu.
Rouffeau ,
Viennay.
Croinier 2.
Demoges.
Ces 30 foldats ont été à l'ordinaire:
traités & guéris radicalement ; la plupart
étoient attaqués de maladies très - gra-
ves. Et onze d'entr'eux avoient été trai-
tés inutilement par les frictions.
Le nombre des foldats , cavaliers
& dragons traités & guéris jufqu'à ce
jour dans tous les Hôpitaux militaires
fe montent actuellement à 13244. Et il
paroît que plus on connoit & l'on fuit
les effets du reméde , plus la fatisfaction
devient générale.
Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Noms des Soldats. Compagnies.
La Réjouissance, Pronleroy. La Fage, Rasilly.
La Fage ,
La Fortune ,
Goffray ,
Violet ,
Doré ,
Bar ,
127
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Le Febvre ,
Durs ,
Moter ,
Laverdure ,
Tardif ,
Clément ,
Julien ,
Dhalem ,
Compagnies.
Pronleroy.
Rafilly.
Pronleroy'
Dampierre.
Mithon .
Degraffe .
Pronleroy.
Dampierre.
Pronleroy.
Baudouin,
Dudreneuc
Dampierre.
Fiv
Villers.
Rafilly.
Viennay.
Viennay,
128 MERCURE DE FRANCE.
La Croix ,
Demoges,
Paben
Viennay.
Callem eau 9:
Viennay.
Ruelle
Demoges
Fauvel ,
Viennay.
Marc ,
Pronleroy.
Duval ,
Rafilly.
Lapierre ,
Viennay.
Robin ,
Coettrieu,
S. Etienne ,
Dudreneuc
Lamotte
Demoges
Marbré ,
Coettrieu.
Rouffeau ,
Viennay.
Croinier 2.
Demoges.
Ces 30 foldats ont été à l'ordinaire:
traités & guéris radicalement ; la plupart
étoient attaqués de maladies très - gra-
ves. Et onze d'entr'eux avoient été trai-
tés inutilement par les frictions.
Le nombre des foldats , cavaliers
& dragons traités & guéris jufqu'à ce
jour dans tous les Hôpitaux militaires
fe montent actuellement à 13244. Et il
paroît que plus on connoit & l'on fuit
les effets du reméde , plus la fatisfaction
devient générale.
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARÉCHAL DUC DE BIRON. Trente-huitiéme & trente-neuvième Traitement depuis son Etablissement.
Le document décrit les traitements administrés à l'hôpital du maréchal duc de Birion pour deux périodes successives. Il énumère les noms des soldats et leurs compagnies respectives, incluant La Réjouissance, Pronleroy, La Fage, Rasilly, Le Febvre, Durs, Moter, Laverdure, Tardif, Clément, Julien, Dhalem, Baudouin, Dudreneuc, La Croix, Demoges, Paben, Fauvel, Marc, Duval, Lapierre, Robin, Coettrieu, S. Etienne, Lamotte, Marbré, Rouffeau et Croinier. Ces soldats ont bénéficié de traitements efficaces, les guérissant de maladies graves. Parmi eux, onze avaient été précédemment traités sans succès par des frictions. Au total, 13 244 soldats, cavaliers et dragons ont été soignés et guéris dans les hôpitaux militaires, avec une satisfaction croissante à mesure que les effets du remède se font mieux connaître.
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10569
p. 129-130
EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC DE CHOISEUL.
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC DE CHOISEUL.
EXTRAIT d'une Lettre écrite
par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC
DE CHOISEUL.
MONSEIGNEUR,
J'ai l'honneur de vous envoyer ci-
joint l'état des foldats qui ont été traités
dans l'Hôpital Militaire de cette Ville
des maladies vénériennes par les Dra-
Ce reméde y a opéré 3 cures fingu-
liéres. La premiere eft d'une tumeur
cancerreufe à la lévre fupérieure d'un
foldat d'artillerie qui n'avoit aucun au-
tre fymptôme vérolique ordinaire. Il
eft forti de l'Hôpital depuis quelque
temps.
La feconde , d'une lépre affreufe dont
un foldat du régiment de Royal Corfe
étoit couvert par tout fon corps.
La troifiéme , d'une groffe tumeur
fquirreufe qu'un foldat de Périgord avoit
au col du côté droit : celui - ci avoit
paffé ci-devant dans plufieurs Hôpitaux
caufe d'autres fymptômes véroliques
pendant quatre fois par les frictions ,
fans avoir pu être guéri de cette tumeur
F v
130 MERCURE DE FRANCE .
qui aujourd'hui tend fur fa fin au moyen
des Dragées , n'y ayant que 26 jours
que ce foldat eft dans le traitement.
Ces fortes de. cures font l'admiration
des Chirurgiens de cet Hôpital ; j'ai
remarqué que les foldats en fortant de
ce traitement ne font point énervés ni
défaits comme ils l'étoient par les fric-
tions.
J'ai obfervé auffi , Monfeigneur
qu'il eft néceffaire que MM . les Com-
miffaires des Guerres , chargés de la
Police des Hôpitaux , fe donnent des
foins, en portant leur attention à ce que
les foldats trairés obéiffent à continuer
éxactement les dragées jufqu'à parfaite
guérifon. C'eſt à quoi j'ai réuffi par mès
exhortations & par la punition ; de forte
qu'il n'y en a actuellement aucun dans
cet Hôpital , qui ne les prenne avec une
entiere confiance ; & cette attention eft
d'autant plus néceffaire , que les fymp-
tomes de la maladie difparoiffans peu
de jours après , les foldats fe croyent
guéris & veulent fortir de l'Hôpital
&c. Je fuis avec un profond reſpect.
Signé DUBARQUIER.
par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC
DE CHOISEUL.
MONSEIGNEUR,
J'ai l'honneur de vous envoyer ci-
joint l'état des foldats qui ont été traités
dans l'Hôpital Militaire de cette Ville
des maladies vénériennes par les Dra-
Ce reméde y a opéré 3 cures fingu-
liéres. La premiere eft d'une tumeur
cancerreufe à la lévre fupérieure d'un
foldat d'artillerie qui n'avoit aucun au-
tre fymptôme vérolique ordinaire. Il
eft forti de l'Hôpital depuis quelque
temps.
La feconde , d'une lépre affreufe dont
un foldat du régiment de Royal Corfe
étoit couvert par tout fon corps.
La troifiéme , d'une groffe tumeur
fquirreufe qu'un foldat de Périgord avoit
au col du côté droit : celui - ci avoit
paffé ci-devant dans plufieurs Hôpitaux
caufe d'autres fymptômes véroliques
pendant quatre fois par les frictions ,
fans avoir pu être guéri de cette tumeur
F v
130 MERCURE DE FRANCE .
qui aujourd'hui tend fur fa fin au moyen
des Dragées , n'y ayant que 26 jours
que ce foldat eft dans le traitement.
Ces fortes de. cures font l'admiration
des Chirurgiens de cet Hôpital ; j'ai
remarqué que les foldats en fortant de
ce traitement ne font point énervés ni
défaits comme ils l'étoient par les fric-
tions.
J'ai obfervé auffi , Monfeigneur
qu'il eft néceffaire que MM . les Com-
miffaires des Guerres , chargés de la
Police des Hôpitaux , fe donnent des
foins, en portant leur attention à ce que
les foldats trairés obéiffent à continuer
éxactement les dragées jufqu'à parfaite
guérifon. C'eſt à quoi j'ai réuffi par mès
exhortations & par la punition ; de forte
qu'il n'y en a actuellement aucun dans
cet Hôpital , qui ne les prenne avec une
entiere confiance ; & cette attention eft
d'autant plus néceffaire , que les fymp-
tomes de la maladie difparoiffans peu
de jours après , les foldats fe croyent
guéris & veulent fortir de l'Hôpital
&c. Je fuis avec un profond reſpect.
Signé DUBARQUIER.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite par M. DUBARQUIER, Commissaire des Guerres à Toulon, à Mgr LE DUC DE CHOISEUL.
Dans une lettre à Mgr le Duc de Choiseul, M. Dubarquier, Commissaire des Guerres à Toulon, décrit les succès d'un nouveau traitement contre les maladies vénériennes à l'Hôpital Militaire de Toulon. Trois cas notables sont rapportés : la guérison d'une tumeur cancéreuse à la lèvre supérieure d'un soldat d'artillerie, la disparition d'une lèpre sévère sur le corps d'un soldat du régiment de Royal Corse, et la réduction d'une grosse tumeur squirreuse au cou d'un soldat de Périgord, qui avait été traité sans succès dans plusieurs hôpitaux. Les chirurgiens observent que les soldats ne sont plus affaiblis par les traitements antérieurs. Dubarquier insiste sur la nécessité de la discipline pour que les soldats suivent le traitement jusqu'à complète guérison, car la disparition rapide des symptômes les incite souvent à quitter prématurément l'hôpital.
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10570
p. 131-132
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier, Inspecteur des Hôpitaux du Roi, à M. KEYSER.
Début :
J'ai l'honneur de rendre compte aujourd'hui, Monsieur, à Mgr le Duc de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier, Inspecteur des Hôpitaux du Roi, à M. KEYSER.
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier
de la Faculté de Médecine de Montpellier,
Inspecteur des Hôpitaux du
Roi, à M. KEYSER.
J'ai l'honneur de rendre compte aujourd'hui,
Monsieur, à Mgr le Duc de
CHOISEUL des bons effets des Dra-
gées antivénériennes dans l'Hôpital de
cette Ville. Cette Lettre vous fera fans
doute communiquée & je ne vous en
parlerai pas plus au long ici .
J'écris en même temps à M. de S.
Prieft , Intendant du Languedoc , & j'ai
l'honneur de lui rendre compre fommai-
rement , de ce que je marque d'avan-
tageux au Miniftre au fujet de votre
reméde. Ne m'en ayez , Monfieur , au-
cune obligation. Je n'aurois pas dit tant
de bien de vos Dragées , fi je ne l'avois
pas penfé , & fi mes yeux n'avoient été
bien convaincus. J'ai l'honneur de
mander aujourd'hui à M. Foullon , qu'il
couroit un bruit que l'on cherchoit à
contrefaire vos dragées , mais que ce
n'étoit encore qu'un oui dire ; que je
ferois des démarches pour découvrir la
vérité , & que je l'informerois de ce
F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
qui viendroit à ma connoiffance à ce
fujet.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Signé, IMBERT.
de la Faculté de Médecine de Montpellier,
Inspecteur des Hôpitaux du
Roi, à M. KEYSER.
J'ai l'honneur de rendre compte aujourd'hui,
Monsieur, à Mgr le Duc de
CHOISEUL des bons effets des Dra-
gées antivénériennes dans l'Hôpital de
cette Ville. Cette Lettre vous fera fans
doute communiquée & je ne vous en
parlerai pas plus au long ici .
J'écris en même temps à M. de S.
Prieft , Intendant du Languedoc , & j'ai
l'honneur de lui rendre compre fommai-
rement , de ce que je marque d'avan-
tageux au Miniftre au fujet de votre
reméde. Ne m'en ayez , Monfieur , au-
cune obligation. Je n'aurois pas dit tant
de bien de vos Dragées , fi je ne l'avois
pas penfé , & fi mes yeux n'avoient été
bien convaincus. J'ai l'honneur de
mander aujourd'hui à M. Foullon , qu'il
couroit un bruit que l'on cherchoit à
contrefaire vos dragées , mais que ce
n'étoit encore qu'un oui dire ; que je
ferois des démarches pour découvrir la
vérité , & que je l'informerois de ce
F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
qui viendroit à ma connoiffance à ce
fujet.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Signé, IMBERT.
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Résumé : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier, Inspecteur des Hôpitaux du Roi, à M. KEYSER.
M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier et Inspecteur des Hôpitaux du Roi, écrit à M. Keyser pour informer Mgr le Duc de Choiseul des effets positifs des dragées antivénériennes utilisées à l'Hôpital de Montpellier. Il précise que cette lettre sera également transmise au Duc de Choiseul et à M. de Saint-Priest, Intendant du Languedoc, afin de souligner les avantages du remède de M. Keyser. M. Imbert assure qu'il ne vanterait pas les mérites des dragées s'il n'était pas convaincu de leur efficacité, basée sur ses observations. Il mentionne également à M. Foullon une rumeur de contrefaçon des dragées, bien que non confirmée. Il promet d'enquêter sur cette rumeur et d'informer M. Foullon des résultats obtenus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10571
p. 132-133
OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
Début :
Le Public a pu observer que depuis nombre d'années le sieur Keyser n'a [...]
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
Le Public a pu observer que depuis
nombre d'années le sieur Keyser n'a
ceffé d'expofer à fes yeux les témoigna-
ges les plus autentiques & les plus refpec-
tables ; le nombre en eft devenu même
fi confidérable qu'il croit devoir les
fupprimer à l'avenir , parce qu'il ne peut
plus y avoir de doutes au fujet de
la fupériorité de fon reméde fur tout
autre.
Mais comme malgré tant de faits ,
tant d'épreuves , tant de témoignages ,
malgré l'achat de fon fecret par Sa
Majefté , malgré les Analyfes qui en'
ont été faites & le dépôt qui en a été
remis aux premiers Médecins nommés
par le Roi , lefquels l'ont vû compofer
eux-mêmes par ordre du Roi , & mal-
gré même la guérifon de quantité de
milliers de foldats , traités & guéris jour-
nellement dans tous les Hôpitaux mili-
taires , il eft encore des gens mal in-
JANVIER. 1764.
133
tentionnés qui répandent fourdement
les calomnies les plus viles , tantôt fur
le remède , tantôt fur fes correfpondans,
dont ils attaquent même l'honneur & la
probité :
Le fieur Keyfer déclare, que le remé-
de diftribué par fes Correfpondants &
dont les noms font dans la Lifte qu'il
en a donnée dans le fecond volume du
Mercure du mois d'Octobre dernier
>
eft le feul reméde vraiment bon & com-
pofé par lui -même ; qu'il ne faut point
s'arrêter at nombre de dragées dans cha-
que boëte , parce que le nombre n'en eft
jamais égal , vû l'impoffibilité de les
faire dans le même calibre , mais au
poids qui eft 'toujours le même dans
toutes les boctes.
M. Keyfer avertit auffi que fes boëtes
ne font jamais pleines & ne doivent
même pas l'être ; qu'il laiffe à chacune
un demi pouce de vuide , pour que les
Dragées puiffent balotter & ne foient
point dans le cas de fe pelotonner.
Quant aux propos fur le fublimé corro-
fif,, que certaines perfonnes ofent faire
entrer dans fa compofition , l'impofture
eft fi groffiere qu'elle eft digne du plus
grand mépris.
Le Public a pu observer que depuis
nombre d'années le sieur Keyser n'a
ceffé d'expofer à fes yeux les témoigna-
ges les plus autentiques & les plus refpec-
tables ; le nombre en eft devenu même
fi confidérable qu'il croit devoir les
fupprimer à l'avenir , parce qu'il ne peut
plus y avoir de doutes au fujet de
la fupériorité de fon reméde fur tout
autre.
Mais comme malgré tant de faits ,
tant d'épreuves , tant de témoignages ,
malgré l'achat de fon fecret par Sa
Majefté , malgré les Analyfes qui en'
ont été faites & le dépôt qui en a été
remis aux premiers Médecins nommés
par le Roi , lefquels l'ont vû compofer
eux-mêmes par ordre du Roi , & mal-
gré même la guérifon de quantité de
milliers de foldats , traités & guéris jour-
nellement dans tous les Hôpitaux mili-
taires , il eft encore des gens mal in-
JANVIER. 1764.
133
tentionnés qui répandent fourdement
les calomnies les plus viles , tantôt fur
le remède , tantôt fur fes correfpondans,
dont ils attaquent même l'honneur & la
probité :
Le fieur Keyfer déclare, que le remé-
de diftribué par fes Correfpondants &
dont les noms font dans la Lifte qu'il
en a donnée dans le fecond volume du
Mercure du mois d'Octobre dernier
>
eft le feul reméde vraiment bon & com-
pofé par lui -même ; qu'il ne faut point
s'arrêter at nombre de dragées dans cha-
que boëte , parce que le nombre n'en eft
jamais égal , vû l'impoffibilité de les
faire dans le même calibre , mais au
poids qui eft 'toujours le même dans
toutes les boctes.
M. Keyfer avertit auffi que fes boëtes
ne font jamais pleines & ne doivent
même pas l'être ; qu'il laiffe à chacune
un demi pouce de vuide , pour que les
Dragées puiffent balotter & ne foient
point dans le cas de fe pelotonner.
Quant aux propos fur le fublimé corro-
fif,, que certaines perfonnes ofent faire
entrer dans fa compofition , l'impofture
eft fi groffiere qu'elle eft digne du plus
grand mépris.
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Résumé : OBSERVATIONS ESSENTIELLES.
Le texte décrit le remède du sieur Keyser, reconnu pour son efficacité supérieure aux autres traitements. Keyser cesse de présenter des témoignages en raison de la notoriété déjà acquise par son remède. Malgré les nombreuses preuves et guérisons, notamment chez les soldats dans les hôpitaux militaires, des calomnies persistent contre le remède et ses distributeurs. Keyser affirme que seul le remède distribué par ses correspondants, listés dans le Mercure d'octobre précédent, est authentique et fabriqué par lui-même. Il explique que le nombre de dragées par boîte peut varier en raison des difficultés de fabrication uniforme, mais leur poids reste constant. Les boîtes ne sont jamais pleines pour éviter que les dragées ne se compactent. Keyser réfute également l'utilisation de sublimé corrosif dans sa composition, qualifiant cette accusation d'imposture méprisable.
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10572
p. 134-135
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale d'ARCHITECTURE, du 5 Décembre 1763.
Début :
M. Dumont a présenté à l'Académie un Exemplaire de son Ouvrage, intitulé : [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale d'ARCHITECTURE, du 5 Décembre 1763.
EXTRAIT des Registres de l'Académie
Royale d'ARCHITECTURE, du 5
Décembre 1763.
M. Dumont a présenté à l'Académie
un Exemplaire de son Ouvrage, intitulé :
Détails des plus intéreffantes parties
d'Architecture de la Bafilique de Saint
Pierre de Rome , levées & deffinées fur
le lieu par lui-même , & dédié à M. le
Marquis de Marigny.
L'Académie avoit déja vu avec plaifir
la plus grande partie de cet Ouvrage , &
avoit loué , dans fon Affemblée du 9
Août 1762 , la préciſion & l'éxactitude
qu'elle avoit reconnue dans les détails &
les mefures de toutes les parties dont M.
Dumont donne la Defcription ; & elle
fçait bon gré à cet Auteur d'avoir eu
égard au defir qu'elle a marqué de voir
augmenter cette Collection d'un grand
nombre d'autres détails qu'il donne au-
jourd'hui , & qui ne peuvent être qu'u
tiles & agréables au Public.
JANVIER. 1764.
135
JE ,fouffigné, Secrétaire perpétuel de
l'Académie Royale d'Architecture , certi-
fie l'Extrait ci-deffus conforme aux Re-
giftres de ladite Académie. A Paris, le
12 Décembre 1763.
Signé, CAMUS.
D'autres parties d'Etudes déja connues
du Sieur Dumont , fur différens monu-
mens où font compris divers Théâtres ,
tant d'Italie que de France , font égale-
ment augmentées. Il a auffi joint une
partie de fix petites Planches de diverfes
compofitions de feu P. Moreau , Archi-
tecte & ancien Penfionnaire du Roi.
Le tout fe trouve toujours chez l'Au-
teur , rue S. Merry , à l'Hôtel de Jabach ;
& chez la Veuve Chereau,rue S. Jacques,
aux deux Piliers d'or..
Royale d'ARCHITECTURE, du 5
Décembre 1763.
M. Dumont a présenté à l'Académie
un Exemplaire de son Ouvrage, intitulé :
Détails des plus intéreffantes parties
d'Architecture de la Bafilique de Saint
Pierre de Rome , levées & deffinées fur
le lieu par lui-même , & dédié à M. le
Marquis de Marigny.
L'Académie avoit déja vu avec plaifir
la plus grande partie de cet Ouvrage , &
avoit loué , dans fon Affemblée du 9
Août 1762 , la préciſion & l'éxactitude
qu'elle avoit reconnue dans les détails &
les mefures de toutes les parties dont M.
Dumont donne la Defcription ; & elle
fçait bon gré à cet Auteur d'avoir eu
égard au defir qu'elle a marqué de voir
augmenter cette Collection d'un grand
nombre d'autres détails qu'il donne au-
jourd'hui , & qui ne peuvent être qu'u
tiles & agréables au Public.
JANVIER. 1764.
135
JE ,fouffigné, Secrétaire perpétuel de
l'Académie Royale d'Architecture , certi-
fie l'Extrait ci-deffus conforme aux Re-
giftres de ladite Académie. A Paris, le
12 Décembre 1763.
Signé, CAMUS.
D'autres parties d'Etudes déja connues
du Sieur Dumont , fur différens monu-
mens où font compris divers Théâtres ,
tant d'Italie que de France , font égale-
ment augmentées. Il a auffi joint une
partie de fix petites Planches de diverfes
compofitions de feu P. Moreau , Archi-
tecte & ancien Penfionnaire du Roi.
Le tout fe trouve toujours chez l'Au-
teur , rue S. Merry , à l'Hôtel de Jabach ;
& chez la Veuve Chereau,rue S. Jacques,
aux deux Piliers d'or..
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Résumé : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale d'ARCHITECTURE, du 5 Décembre 1763.
Le 5 décembre 1763, M. Dumont a soumis à l'Académie Royale d'Architecture son ouvrage 'Détails des plus intéressantes parties d'Architecture de la Basilique de Saint-Pierre de Rome'. Cet ouvrage, réalisé sur place par Dumont, est dédié au Marquis de Marigny. Lors de l'assemblée du 9 août 1762, l'Académie avait déjà salué la précision et l'exactitude des descriptions et mesures des parties de la basilique fournies par Dumont. La nouvelle édition inclut de nombreux détails supplémentaires, jugés utiles et agréables pour le public. Dumont a également enrichi ses études avec des analyses sur divers monuments, notamment des théâtres en Italie et en France. Son travail intègre des planches de compositions de l'architecte P. Moreau, ancien pensionnaire du Roi. Les œuvres de Dumont sont disponibles chez lui, rue Saint-Merry, à l'Hôtel de Jabach, et chez la veuve Chereau, rue Saint-Jacques, aux Deux Piliers d'Or.
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10573
p. 135-137
GRAVURE. PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
Début :
L'ÉLOGE historique de cet homme célébre, qui étoit le Sujet proposé cette [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE. PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
GRAVURE.
PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
L'ÉLOGE historique de cet homme
célébre, qui étoit le Sujet proposé cette
136 MERCURE DE FRANCE.
année par l'Académie Françoiſe , & qui
ajoute une nouvelle Couronne à celles
que M. Thomas avoit déja obtenues
dans cette carrière brillante , a fait naî--
tre l'idée à M. de Marcenay Deghuy
de graver le Portrait de ce grand Minif
tre , dont la mémoire fera toujours auffi
chère à la France , que fes grandes qua-
lités lui ont été avantageufes.
M. le Prince d'Henrichemont a bien
voulu communiquer à cet Artiſte le
Tableau original qu'en a peint Fran-
çois Porbus ; on peut le voir chez lui
où il restera encore quelque temps ,
pour montrer à quel point le Graveur a
porté l'attention & l'exactitude dans l'e-
xécution de cette nouvelle Planche qui
eft la 20 de fon œuvre.
Comme ce Portrait eft gravé pour
l'in-12 , on en a fait tirer néanmoins
fur papier in-4°. par égard pour ceux
qui auront les Mémoires dans ce for-
mat , afin qu'ils puiffent , s'ils le jugent
à propos, l'ajouter à la tête de l'ouvrage.
L'Auteur fe propofe de graver de la
même grandeur le Portrait d'Henri-le-
Grand.
On trouve le Portrait du Duc de Sul-
ly chez l'Auteur , quai de Conti , la fe-
conde porte cochère après la rue Gué-
JANVIER. 1764.
137
négaud & chez M. Wille , Graveur du
Roi , quai des Auguftins , à côté de
l'Hôtel d'Auvergne.
PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
L'ÉLOGE historique de cet homme
célébre, qui étoit le Sujet proposé cette
136 MERCURE DE FRANCE.
année par l'Académie Françoiſe , & qui
ajoute une nouvelle Couronne à celles
que M. Thomas avoit déja obtenues
dans cette carrière brillante , a fait naî--
tre l'idée à M. de Marcenay Deghuy
de graver le Portrait de ce grand Minif
tre , dont la mémoire fera toujours auffi
chère à la France , que fes grandes qua-
lités lui ont été avantageufes.
M. le Prince d'Henrichemont a bien
voulu communiquer à cet Artiſte le
Tableau original qu'en a peint Fran-
çois Porbus ; on peut le voir chez lui
où il restera encore quelque temps ,
pour montrer à quel point le Graveur a
porté l'attention & l'exactitude dans l'e-
xécution de cette nouvelle Planche qui
eft la 20 de fon œuvre.
Comme ce Portrait eft gravé pour
l'in-12 , on en a fait tirer néanmoins
fur papier in-4°. par égard pour ceux
qui auront les Mémoires dans ce for-
mat , afin qu'ils puiffent , s'ils le jugent
à propos, l'ajouter à la tête de l'ouvrage.
L'Auteur fe propofe de graver de la
même grandeur le Portrait d'Henri-le-
Grand.
On trouve le Portrait du Duc de Sul-
ly chez l'Auteur , quai de Conti , la fe-
conde porte cochère après la rue Gué-
JANVIER. 1764.
137
négaud & chez M. Wille , Graveur du
Roi , quai des Auguftins , à côté de
l'Hôtel d'Auvergne.
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Résumé : GRAVURE. PORTRAIT DU DUC DE SULLY.
Le texte décrit une gravure du portrait du duc de Sully, réalisée par M. de Marcenay Deghuy, inspirée par l'éloge historique de Sully proposé par l'Académie Française. Le prince d'Henrichemont a autorisé l'utilisation du tableau original de François Porbus. La gravure est exposée chez le prince pour montrer la précision de l'artiste. Destinée initialement à un format in-12, des tirages en in-4° sont également disponibles pour les possesseurs des mémoires dans ce format. L'auteur prévoit de graver aussi le portrait d'Henri IV. La gravure du duc de Sully est accessible chez l'auteur au quai de Conti et chez M. Wille, graveur du Roi, quai des Augustins.
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10574
p. 137-138
« ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...] »
Début :
ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...] »
ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur
du ROI, rue & porte S. Jacques,
deux Eftampes gravées d'après M. Ver-
net , par Mlle Coulet , l'une intitulée
l'heureux Paffage , l'autre le départ de
de la Chaloupe. Toutes deux font du
meilleur goût & font le plus grand hon-
neur au burin de la fçavante Artiste.
Il vient auffi de mettre en vente deux
autres Estampes , l'une repréfentant
Léda , l'autre Endymion , très-bien gra-
vés par M. Delaunay , d'après M. Pierre.
N. B. II s'eft giffé dans quelques
Journaux , qu'elles ont été gravées par
MM. Delaunay & l'Empereur. Mais ce
dernier nous prie d'annoncer qu'il n'a
eu aucune part à ces deux Ouvrages ,
& que tout le mérite en eſt dû à M..
Delaunay.
L'ALMANACH de Cabinet , qui a
pour titre Almanach de la Paix , fe
vend cher le fieur Lecamus , quai de
l'Horloge du Palais , vis à-vis le Méri-
dien de la Ville. Prix 1 liv,
1
138 MERCURE DE FRANCE.
LE fieur Chenu , Graveur , rue de la
Harpe , au Caffé de Condé , vient de
mettre en vente deux Eftampes d'après
M. Boucher , intitulées le Pêcheur amou-
reux , & l'agréable folitude. L'une &
l'autre font très-agréables , très - bien
gravées , & ne peuvent que faire hon-
neur au talent de leur Auteur..
On trouve chez le même une au-
tre Eftampe d'après M. Reftout , repré-
fentant les Pèlerins d'Emaiis , qui eft
digne de l'attention des Amateurs &
des éloges des Artiſtes.
du ROI, rue & porte S. Jacques,
deux Eftampes gravées d'après M. Ver-
net , par Mlle Coulet , l'une intitulée
l'heureux Paffage , l'autre le départ de
de la Chaloupe. Toutes deux font du
meilleur goût & font le plus grand hon-
neur au burin de la fçavante Artiste.
Il vient auffi de mettre en vente deux
autres Estampes , l'une repréfentant
Léda , l'autre Endymion , très-bien gra-
vés par M. Delaunay , d'après M. Pierre.
N. B. II s'eft giffé dans quelques
Journaux , qu'elles ont été gravées par
MM. Delaunay & l'Empereur. Mais ce
dernier nous prie d'annoncer qu'il n'a
eu aucune part à ces deux Ouvrages ,
& que tout le mérite en eſt dû à M..
Delaunay.
L'ALMANACH de Cabinet , qui a
pour titre Almanach de la Paix , fe
vend cher le fieur Lecamus , quai de
l'Horloge du Palais , vis à-vis le Méri-
dien de la Ville. Prix 1 liv,
1
138 MERCURE DE FRANCE.
LE fieur Chenu , Graveur , rue de la
Harpe , au Caffé de Condé , vient de
mettre en vente deux Eftampes d'après
M. Boucher , intitulées le Pêcheur amou-
reux , & l'agréable folitude. L'une &
l'autre font très-agréables , très - bien
gravées , & ne peuvent que faire hon-
neur au talent de leur Auteur..
On trouve chez le même une au-
tre Eftampe d'après M. Reftout , repré-
fentant les Pèlerins d'Emaiis , qui eft
digne de l'attention des Amateurs &
des éloges des Artiſtes.
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Résumé : « ON trouve chez M. l'Empereur, Graveur du ROI, rue & porte S. Jacques, [...] »
Le texte annonce diverses œuvres d'art et publications. Chez M. l'Empereur, graveur du Roi, sont disponibles deux estampes gravées par Mlle Coulet d'après M. Vernet : 'L'heureux Passage' et 'Le départ de la Chaloupe'. Deux autres estampes, 'Léda' et 'Endymion', gravées par M. Delaunay d'après M. Pierre, sont également en vente. Il est précisé que M. l'Empereur n'a pas gravé ces dernières, contrairement à certaines publications. L'Almanach de Cabinet, intitulé 'Almanach de la Paix', est en vente chez le sieur Lecamus, quai de l'Horloge du Palais, au prix de 1 livre. Le sieur Chenu, graveur, propose deux estampes d'après M. Boucher : 'Le Pêcheur amoureux' et 'L'agréable solitude', ainsi qu'une autre d'après M. Restout représentant 'Les Pèlerins d'Emmaüs'. Ces œuvres sont saluées pour leur qualité et leur gravure soignée.
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10575
p. 138-139
MUSIQUE.
Début :
ON trouve chez M. de la Chevardiere, rue du Roule, à la Croix d'or : [...]
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texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
ON trouve chez M. de la Chevardiere,
rue du Roule, à la Croix d'or :
PREMIER , SECOND & TROISIÈME
CONCERTO de STAMITZ , pour le
Violon obligé , avec accompagnement
de Violons , Alto & Baffe , Hautbois &
Cors , prix 3 liv. 12 f. chacun. Mis au
jour par M. de la Chevardiere , & fe ven-
dent chez lui , rue du Roule , à la Croix
d'or.
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 58 ,
DEL SIGNOR TOESCHI , avec Haut-
bois , prix 2 liv. 8 f. à la même adreffe.
JANVIER. 1764.
139
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 59 x
DEL SIGNOR VANMALDER ,
Hautbois , prix idem.
avec
MENUET à grande Orcheſtre , par
M. GRANIER , & tel qu'on l'exécute
dans les Entr'actes de la Comédie Ita-
lienne , prix 2 liv. 8. f.
SIX SONATES de Clavecin , par M.
CHARPENTIER , Organiſte & ordinaire
de l'Académie des Beaux-Arts à Lyon ,
prix 9 liv. à la même adreſſè.
Douziéme & dernier Recueil des
RECREATIONS CHANTANTES , par
M. LEGAT DE FURCY , mêlé de petits
Airs , Parodies chantées à la Comédie
Italienne. Prix 3 liv. Les onze premiers
Recueils font du même prix , & dans le
même genre.
Six Duo à deux Violons ou Man-
dolines , par M. LEONE , de Naples.
Prix 6 liv. à la même adreffe , rue du
Roule , à la Croix d'or.
On trouve chez le même Marchand
toutes les Cantatilles , Motets , & Re-
cueils d'Airs tendres , Duo , & avec ac-
compagnement, de feu M. LEFEBVRE,
Organiſte de S. Louis en l'Ifle , dont le
Sieur de la Chevardiere a acquis le fonds ,
ainfi que de celles de M. MALVAUX..
ON trouve chez M. de la Chevardiere,
rue du Roule, à la Croix d'or :
PREMIER , SECOND & TROISIÈME
CONCERTO de STAMITZ , pour le
Violon obligé , avec accompagnement
de Violons , Alto & Baffe , Hautbois &
Cors , prix 3 liv. 12 f. chacun. Mis au
jour par M. de la Chevardiere , & fe ven-
dent chez lui , rue du Roule , à la Croix
d'or.
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 58 ,
DEL SIGNOR TOESCHI , avec Haut-
bois , prix 2 liv. 8 f. à la même adreffe.
JANVIER. 1764.
139
SINFONIE PERIODIQUE , nº. 59 x
DEL SIGNOR VANMALDER ,
Hautbois , prix idem.
avec
MENUET à grande Orcheſtre , par
M. GRANIER , & tel qu'on l'exécute
dans les Entr'actes de la Comédie Ita-
lienne , prix 2 liv. 8. f.
SIX SONATES de Clavecin , par M.
CHARPENTIER , Organiſte & ordinaire
de l'Académie des Beaux-Arts à Lyon ,
prix 9 liv. à la même adreſſè.
Douziéme & dernier Recueil des
RECREATIONS CHANTANTES , par
M. LEGAT DE FURCY , mêlé de petits
Airs , Parodies chantées à la Comédie
Italienne. Prix 3 liv. Les onze premiers
Recueils font du même prix , & dans le
même genre.
Six Duo à deux Violons ou Man-
dolines , par M. LEONE , de Naples.
Prix 6 liv. à la même adreffe , rue du
Roule , à la Croix d'or.
On trouve chez le même Marchand
toutes les Cantatilles , Motets , & Re-
cueils d'Airs tendres , Duo , & avec ac-
compagnement, de feu M. LEFEBVRE,
Organiſte de S. Louis en l'Ifle , dont le
Sieur de la Chevardiere a acquis le fonds ,
ainfi que de celles de M. MALVAUX..
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Résumé : MUSIQUE.
En janvier 1764, M. de la Chevardière, situé rue du Roule à la Croix d'or, propose diverses œuvres musicales à la vente. Parmi celles-ci figurent des concertos pour violon de Stamitz avec accompagnement, vendus 3 livres 12 sous chacun. La Sinfonia Periodica n°58 de Toeschi et la n°59 de Vanmalder, toutes deux avec hautbois, sont disponibles à 2 livres 8 sous chacune. La Sinfonia Periodica n°59 inclut un menuet orchestral de Granier joué lors des entr'actes de la Comédie Italienne. Six sonates pour clavecin de Charpentier, organiste à Lyon, sont offertes pour 9 livres. Le douzième et dernier recueil des 'Récreations Chantantes' de Legat de Furcy, contenant des airs et parodies chantés à la Comédie Italienne, est vendu 3 livres, comme les onze précédents recueils. Six duos pour deux violons ou mandolines de Leone de Naples sont proposés à 6 livres. Enfin, toutes les cantatilles, motets et recueils d'airs de Lefebvre et Malvaux sont également en vente, M. de la Chevardière ayant acquis le fonds de Lefebvre.
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10576
p. 140-141
SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY. DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur, Parvis Notre-Dame, près la porte du Cloître, & aux Adresses ordinaires. LETTRE de M. LEGAT DE FURCY à M. DE LA PLACE.
Début :
JE VOUS prie, Monsieur, d'annoncer le plutôt que vous pourrez , mon deuxiéme [...]
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texteReconnaissance textuelle : SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY. DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur, Parvis Notre-Dame, près la porte du Cloître, & aux Adresses ordinaires. LETTRE de M. LEGAT DE FURCY à M. DE LA PLACE.
SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY.
DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur,
Parvis Notre-Dame, près la porte
du Cloître, & aux Adresses ordinaires.
LETTRE de M. LEGAT DE FURCY
à M. DE LA PLACE.
JE VOUS prie, Monsieur, d'annoncer
le plutôt que vous pourrez , mon deuxiéme
Recueil des Soirées de Choify-le-
Roy , qui eft en vente de cette femaine ,
quoique j'euffe promis de le faire pa-
roître au commencement de Janvier der-
nier, Plufieurs raifons m'en ont empê-
ché ; la première , mon Journal Ly-,
rique , qui me prenoit beaucoup de
temps ; la feconde , c'eft que le premier
Recueil de mes Soirées , que vous avez
eu la complaifance d'annoncer , ayant
été accueilli , on ne peut pas mieux , du
Public , j'ai cru devoir redoubler de foins
pour me rendre digne de fes bontés. Il
a paru defirer des Accompagnemens de
Violons & de Baffe à tous les Airs. C'eft
ce que j'ai fait , même aux plus petits ,
}
JANVIER. 1764:
TX147
de ce fecond Recueil. J'ai chiffré les
Baffes , pour que les perfonnes qui jouent
de la Harpe puiffent accompagner. J'ai
encore voulu que ces mêmes Airs , qui
ont des Accompagnemens , puiffent fe
chanter feuls , au défaut de Violons &
de
Baffes. Je vous prie de vouloir
bien entrer dans ces petits détails , parce
que je les crois néceffaires. Vous ferez ,
je crois , fatisfait du choix des Paroles ,
qui font de plufieurs Auteurs connus
comme Meffieurs Vadé, Peffellier, Men-
telle , &c.
Je joins ici la Copie d'une Lettre que
M. de Voltaire m'a fait l'honneur de
m'écrire. Comme fon fuffrage eft d'un
grand poids pour qui aime les Arts , &
qu'il ne contribue pas peu à donner de
l'émulation à qui les cultive , je vous
prie de vouloir bien en faire mention.
J'ai l'honneur d'être , & c.
DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur,
Parvis Notre-Dame, près la porte
du Cloître, & aux Adresses ordinaires.
LETTRE de M. LEGAT DE FURCY
à M. DE LA PLACE.
JE VOUS prie, Monsieur, d'annoncer
le plutôt que vous pourrez , mon deuxiéme
Recueil des Soirées de Choify-le-
Roy , qui eft en vente de cette femaine ,
quoique j'euffe promis de le faire pa-
roître au commencement de Janvier der-
nier, Plufieurs raifons m'en ont empê-
ché ; la première , mon Journal Ly-,
rique , qui me prenoit beaucoup de
temps ; la feconde , c'eft que le premier
Recueil de mes Soirées , que vous avez
eu la complaifance d'annoncer , ayant
été accueilli , on ne peut pas mieux , du
Public , j'ai cru devoir redoubler de foins
pour me rendre digne de fes bontés. Il
a paru defirer des Accompagnemens de
Violons & de Baffe à tous les Airs. C'eft
ce que j'ai fait , même aux plus petits ,
}
JANVIER. 1764:
TX147
de ce fecond Recueil. J'ai chiffré les
Baffes , pour que les perfonnes qui jouent
de la Harpe puiffent accompagner. J'ai
encore voulu que ces mêmes Airs , qui
ont des Accompagnemens , puiffent fe
chanter feuls , au défaut de Violons &
de
Baffes. Je vous prie de vouloir
bien entrer dans ces petits détails , parce
que je les crois néceffaires. Vous ferez ,
je crois , fatisfait du choix des Paroles ,
qui font de plufieurs Auteurs connus
comme Meffieurs Vadé, Peffellier, Men-
telle , &c.
Je joins ici la Copie d'une Lettre que
M. de Voltaire m'a fait l'honneur de
m'écrire. Comme fon fuffrage eft d'un
grand poids pour qui aime les Arts , &
qu'il ne contribue pas peu à donner de
l'émulation à qui les cultive , je vous
prie de vouloir bien en faire mention.
J'ai l'honneur d'être , & c.
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Résumé : SOIRÉES DE CHOISY-LE-ROY. DEUXIÉME Recueil, chez l'Auteur, Parvis Notre-Dame, près la porte du Cloître, & aux Adresses ordinaires. LETTRE de M. LEGAT DE FURCY à M. DE LA PLACE.
M. Legat de Furcy informe M. de La Place de la publication de son deuxième recueil des 'Soirées de Choisy-le-Roy', initialement prévue pour janvier précédent mais retardée en raison de la rédaction de son journal lyrique et du succès du premier recueil. Ce nouveau recueil comprend des accompagnements de violons et de basse pour tous les airs, même les plus courts, avec des chiffres pour les harpistes. Les airs peuvent aussi être chantés sans accompagnement. Les paroles sont signées par des auteurs renommés tels que Vadé, Pessellier et Mentelle. Une lettre d'approbation de Voltaire est jointe, constituant un encouragement notable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10577
p. 141-142
LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M. LEGAT DE FURCY, qui lui avoit envoyé son Recueil des SOIRÉES.
Début :
LE suffrage de Madame Denis, Monsieur, doit vous être plus précieux [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M. LEGAT DE FURCY, qui lui avoit envoyé son Recueil des SOIRÉES.
LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M.
LEGAT DE FURCY, qui lui avoit
envoyé son Recueil des SOIRÉES.
LE suffrage de Madame Denis,
Monsieur,
doit vous être plus précieux
que le mien. Souffrez pourtant
que je joigne mes remercimens à fon
142 MERCURE DE FRANCE.
approbation. Vous faites parvenir le
bon goût & le plaifir juſqu'au pied des
Alpes. Nous ne nous attendions pas
qu'un homme qui réuffit à la Cour, dai-
gnât fonger à nos déferts ; jugez com-
bien nous fommes flattés de l'honneur
que vous nous avez fait. Recevez , Mon-
fieur , les fenfibles remercimens de votre
très-humble , & très- obéiffant Serviteur,
VOLTAIRE, Gentilhomme
ordinaire du Roi.
Au Château de Ferney en Bourgogne, par Genève,
7 Décembre 1763.
LEGAT DE FURCY, qui lui avoit
envoyé son Recueil des SOIRÉES.
LE suffrage de Madame Denis,
Monsieur,
doit vous être plus précieux
que le mien. Souffrez pourtant
que je joigne mes remercimens à fon
142 MERCURE DE FRANCE.
approbation. Vous faites parvenir le
bon goût & le plaifir juſqu'au pied des
Alpes. Nous ne nous attendions pas
qu'un homme qui réuffit à la Cour, dai-
gnât fonger à nos déferts ; jugez com-
bien nous fommes flattés de l'honneur
que vous nous avez fait. Recevez , Mon-
fieur , les fenfibles remercimens de votre
très-humble , & très- obéiffant Serviteur,
VOLTAIRE, Gentilhomme
ordinaire du Roi.
Au Château de Ferney en Bourgogne, par Genève,
7 Décembre 1763.
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Résumé : LETTRE de M. DE VOLTAIRE à M. LEGAT DE FURCY, qui lui avoit envoyé son Recueil des SOIRÉES.
Voltaire remercie le légat de Furcy pour l'envoi des Soirées. Il apprécie l'approbation de Madame Denis et se réjouit que le bon goût littéraire parvienne jusqu'aux Alpes. Il est surpris et satisfait de l'intérêt porté par une personne distinguée. La lettre est signée depuis Ferney, en Bourgogne, le 7 décembre 1763.
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10578
p. 142-145
« SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...] »
Début :
SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...] »
SIX SONATES en Duo d'un goût
agréable & chantant pour les Flutes,
Violons , Hautbois , Pardeffus de viole,
&c. par M. Paganelly ; tirées du porte-
feuille d'un Amateur , pour lequel elles
ont été compofées & mifes au jour.
Par M. Leloup , Maitre de Flute , Edi-
teur des Récréations de Polimnie , dont
le cinquiéme recueil paroîtra dans les
premiers jours du mois de Février. L'E-
diteur efpére que le cinquiéme recueil
plaira au moins autant que les précé-
dens ; il a profité des confeils des gens
de goût , pour le choix des airs, & l'ar-
rangement de l'accompagnement,
JANVIER. 1764.
143
Les Sonates fe trouvent chez l'Edi-
teur , rue du Mouton , près la Gréve
au coin de la rue de la Tixeranderie.
ESSAI D'INSTRUCTION à l'ufage
de ceux qui compofent pour la clari
nette & le cor , avec des remarques
fur l'harmonie à deux clarinettes , deux
cors & deux baffons , par M. Valentin
Roefer , Muficien de S. A. S. Mgr le
Prince de Monaco. Prix ,
6 liv.
SIX TRIO pour deux violons & une
baffe par le même Auteur. Prix , 9 liv.
SIX TRIO pour un violon &
deux Violoncelles obligés de M. Kénis,
Euvre fixiéme . Prix ,
t
1
7 liv. 4 f.
SIX DUO de violons par M. Pierre
Leclair , Euvre premier. Prix ,
1
6 liv.
SIX DUO de violons de Sébétosky ,
troifiéme Cuvre. Prix ,
mier. Prix ,
6 liv.
SEI DUETI à due violini fenza baf-
fo Di Antonio Lorenziti , Euvre pre-
Τ
6 liv.
PREMIER RECUEIL de Chanſons
144 MERCURE DE FRANCE.
avec accompagnement de guittarre , de
M. Favier. Prix ,
ARIETTES.
6 liv.
L'AMANTE TROMPÉE , Ariette de M.
Pergolezy. Prix ,
1 liv. 16 L
Paroles Françoifes & Italiennes.
L'AMANT MALHEUREUX , Ariette
avec accompagnement , par M ***
Prix ,
1 liv. 4 f.
AIRS CHOISIS de la Fortune au Vil-
lage , avec accompagnement. Prix , 71.
LE BOUTON DE ROSE , Ariette nou-
velle avec accompagnement , par M***
Prix ,
liv 4 f.
LES CONSEILS DE L'AMOUR ,
'Ariertes avec accompagnement , par
M***. Prix ,
L
1 liv . 4 f.
Le tout fe trouve à Paris chez M. le
Menu , Auteur , Profeffeur & Marchand
de Mufique , rue du Roule , à la Clef
d'or , la cinquiéme boutique à droite en
entrant par la rue S. Honoré.
APOLLON & l'Amour défarmés par
Iris,
JANVIER 1764.
145
Iris , quatriéme Cantatille Françoife
à voix feule & à grande fymphonie
mife en mufique par M. le Jai , les Pa-
roles de M. Rabelleau. Prix , 3 liv. 12 1.
Les parties font gravées féparément.
Chez l'Auteur , Cul-de- Sac Sourdis ,
rue des Foffés S. Germain , & aux
Adreffes ordinaires.
LE PORTRAIT des Maris , Ariette ,
avec grande fymphonie , chantée par
Eléonore , dans les deux Talens , Ĉo-
médie nouvelle ; mife en Mufique par
M. le Chevalier d' Herbain , & repréfen-
tée fur le Théâtre de la Comédie Ita-
lienne. Prix , 1 liv. 16 f. Aux Adreffes
ordinaires de Mufique.
PREMIERE Suite de Menuets
,
en
fymphonies , à fept Parties , y compris
un Baffon obligé ou Violoncelle ; qui
ont été éxécutés à la Comédie Italienne.
Compofés par M. Atis. Prix , 1 liv. 4 f,
Chez l'Auteur , au paffage de la rue Tra-
verfière , à celle des Boucheries S. Ho-
noré , & aux Adreſſes ordinaires , ainfi
que fes autres Œuvres.
agréable & chantant pour les Flutes,
Violons , Hautbois , Pardeffus de viole,
&c. par M. Paganelly ; tirées du porte-
feuille d'un Amateur , pour lequel elles
ont été compofées & mifes au jour.
Par M. Leloup , Maitre de Flute , Edi-
teur des Récréations de Polimnie , dont
le cinquiéme recueil paroîtra dans les
premiers jours du mois de Février. L'E-
diteur efpére que le cinquiéme recueil
plaira au moins autant que les précé-
dens ; il a profité des confeils des gens
de goût , pour le choix des airs, & l'ar-
rangement de l'accompagnement,
JANVIER. 1764.
143
Les Sonates fe trouvent chez l'Edi-
teur , rue du Mouton , près la Gréve
au coin de la rue de la Tixeranderie.
ESSAI D'INSTRUCTION à l'ufage
de ceux qui compofent pour la clari
nette & le cor , avec des remarques
fur l'harmonie à deux clarinettes , deux
cors & deux baffons , par M. Valentin
Roefer , Muficien de S. A. S. Mgr le
Prince de Monaco. Prix ,
6 liv.
SIX TRIO pour deux violons & une
baffe par le même Auteur. Prix , 9 liv.
SIX TRIO pour un violon &
deux Violoncelles obligés de M. Kénis,
Euvre fixiéme . Prix ,
t
1
7 liv. 4 f.
SIX DUO de violons par M. Pierre
Leclair , Euvre premier. Prix ,
1
6 liv.
SIX DUO de violons de Sébétosky ,
troifiéme Cuvre. Prix ,
mier. Prix ,
6 liv.
SEI DUETI à due violini fenza baf-
fo Di Antonio Lorenziti , Euvre pre-
Τ
6 liv.
PREMIER RECUEIL de Chanſons
144 MERCURE DE FRANCE.
avec accompagnement de guittarre , de
M. Favier. Prix ,
ARIETTES.
6 liv.
L'AMANTE TROMPÉE , Ariette de M.
Pergolezy. Prix ,
1 liv. 16 L
Paroles Françoifes & Italiennes.
L'AMANT MALHEUREUX , Ariette
avec accompagnement , par M ***
Prix ,
1 liv. 4 f.
AIRS CHOISIS de la Fortune au Vil-
lage , avec accompagnement. Prix , 71.
LE BOUTON DE ROSE , Ariette nou-
velle avec accompagnement , par M***
Prix ,
liv 4 f.
LES CONSEILS DE L'AMOUR ,
'Ariertes avec accompagnement , par
M***. Prix ,
L
1 liv . 4 f.
Le tout fe trouve à Paris chez M. le
Menu , Auteur , Profeffeur & Marchand
de Mufique , rue du Roule , à la Clef
d'or , la cinquiéme boutique à droite en
entrant par la rue S. Honoré.
APOLLON & l'Amour défarmés par
Iris,
JANVIER 1764.
145
Iris , quatriéme Cantatille Françoife
à voix feule & à grande fymphonie
mife en mufique par M. le Jai , les Pa-
roles de M. Rabelleau. Prix , 3 liv. 12 1.
Les parties font gravées féparément.
Chez l'Auteur , Cul-de- Sac Sourdis ,
rue des Foffés S. Germain , & aux
Adreffes ordinaires.
LE PORTRAIT des Maris , Ariette ,
avec grande fymphonie , chantée par
Eléonore , dans les deux Talens , Ĉo-
médie nouvelle ; mife en Mufique par
M. le Chevalier d' Herbain , & repréfen-
tée fur le Théâtre de la Comédie Ita-
lienne. Prix , 1 liv. 16 f. Aux Adreffes
ordinaires de Mufique.
PREMIERE Suite de Menuets
,
en
fymphonies , à fept Parties , y compris
un Baffon obligé ou Violoncelle ; qui
ont été éxécutés à la Comédie Italienne.
Compofés par M. Atis. Prix , 1 liv. 4 f,
Chez l'Auteur , au paffage de la rue Tra-
verfière , à celle des Boucheries S. Ho-
noré , & aux Adreſſes ordinaires , ainfi
que fes autres Œuvres.
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Résumé : « SIX SONATES en Duo d'un goût agréable & chantant pour les Flutes, [...] »
En janvier 1764, plusieurs œuvres musicales étaient disponibles. Parmi elles, 'Six Sonates en Duo' de M. Paganelly, éditées par M. Leloup, destinées à divers instruments comme les flûtes, violons, hautbois et pardeffus de viole. Le cinquième recueil des 'Récréations de Polimnie' de M. Leloup était annoncé pour février 1764. Les sonates étaient disponibles chez l'éditeur, rue du Mouton, près de la Grève. D'autres œuvres incluaient un 'Essai d'Instruction' pour clarinette et cor par M. Valentin Roefer, au prix de 6 livres. Six trios pour deux violons et une basse par M. Roefer étaient proposés à 7 livres 4 sols. Six trios pour un violon et deux violoncelles obligés par M. Kénis coûtaient également 7 livres 4 sols. Six duos de violons par M. Pierre Leclair et six autres par Sébétosky étaient disponibles à 6 livres chacun. Six duetti pour deux violins sans basse par Antonio Lorenziti étaient également à 6 livres. Un premier recueil de chansons avec accompagnement de guitare par M. Favier coûtait 6 livres. Plusieurs ariettes, telles que 'L'Amant Malheureux', 'Le Bouton de Rose' et 'Les Conseils de l'Amour', étaient disponibles à des prix variés.
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10579
p. 146-147
CONFÉRENCES sur la Langue & sur la Littérature Françoise, proposées par Souscription ; par M. Douchet, Avocat au Parlement, & ancien Professeur Royal en Langue Latine, & M. l'Abbé de la Pouyade.
Début :
SI CES Conférences ont pour objet principal d'apprendre aux Etrangers notre [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONFÉRENCES sur la Langue & sur la Littérature Françoise, proposées par Souscription ; par M. Douchet, Avocat au Parlement, & ancien Professeur Royal en Langue Latine, & M. l'Abbé de la Pouyade.
CONFÉRENCES sur la Langue & sur
la Littérature Françoise, proposées
par Souscription ; par M. Douchet,
Avocat au Parlement, & ancien Professeur
Royal en Langue Latine, &
M. l'Abbé de la Pouyade.
SI CES Conférences ont pour objet
principal d'apprendre aux Etrangers notre
Langue & notre Littérature , elles
pourront être auffi d'une très-grande uti-
lité pour une partie des Nationaux, Il
y a dans nos Provinces , & même dans
la Capitale , nombre de jeunes Gens qui
ont négligé l'étude de leur Langue, & qui
trouveront à réparer cette négligence, en
fuivant le Cours que nous annonçons,
Les Conférences fe tiendront les Lundis ,
Mercredis & Vendredis de chaque fe-
maine , depuis onze heures du matin juf
qu'à midi & demi , chez M. l'Abbé
Bernard de Cléry , Licentié en Droit
rue Hautefeuille , à l'Abbatial des Pré-
JANVIER. 1764.
147
montrés. Le Cours entier fera de fix
mois , & fera divifé en deux parties , re-
lativement à la différence des matières.
Il commencera le o de ce mois , & finira
9
le 9 de Juillet prochain. Pendant les trois
premiers mois on donnera le Traité de
l'Orthologie , ou de la Langue parlée ;
pendant les trois autres mois il fera quef-
tion de l'Orthographe , ou de la Langue
écrite , terminée par des Obfervations
fur notre Littérature. On foufcrira juf-
qu'au 9 de Janvier , chez les Auteurs
rue de Condé , maifon du Riche Labou-
reur , au fecond fur la Cour. La Souf-
cription fera de trois louis pour le Cours
entier. Les perfonnes qui ne voudront
pas foufcrire payeront dix-huit livres au
commencement de chaque mois.
la Littérature Françoise, proposées
par Souscription ; par M. Douchet,
Avocat au Parlement, & ancien Professeur
Royal en Langue Latine, &
M. l'Abbé de la Pouyade.
SI CES Conférences ont pour objet
principal d'apprendre aux Etrangers notre
Langue & notre Littérature , elles
pourront être auffi d'une très-grande uti-
lité pour une partie des Nationaux, Il
y a dans nos Provinces , & même dans
la Capitale , nombre de jeunes Gens qui
ont négligé l'étude de leur Langue, & qui
trouveront à réparer cette négligence, en
fuivant le Cours que nous annonçons,
Les Conférences fe tiendront les Lundis ,
Mercredis & Vendredis de chaque fe-
maine , depuis onze heures du matin juf
qu'à midi & demi , chez M. l'Abbé
Bernard de Cléry , Licentié en Droit
rue Hautefeuille , à l'Abbatial des Pré-
JANVIER. 1764.
147
montrés. Le Cours entier fera de fix
mois , & fera divifé en deux parties , re-
lativement à la différence des matières.
Il commencera le o de ce mois , & finira
9
le 9 de Juillet prochain. Pendant les trois
premiers mois on donnera le Traité de
l'Orthologie , ou de la Langue parlée ;
pendant les trois autres mois il fera quef-
tion de l'Orthographe , ou de la Langue
écrite , terminée par des Obfervations
fur notre Littérature. On foufcrira juf-
qu'au 9 de Janvier , chez les Auteurs
rue de Condé , maifon du Riche Labou-
reur , au fecond fur la Cour. La Souf-
cription fera de trois louis pour le Cours
entier. Les perfonnes qui ne voudront
pas foufcrire payeront dix-huit livres au
commencement de chaque mois.
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Résumé : CONFÉRENCES sur la Langue & sur la Littérature Françoise, proposées par Souscription ; par M. Douchet, Avocat au Parlement, & ancien Professeur Royal en Langue Latine, & M. l'Abbé de la Pouyade.
Le document présente des conférences sur la langue et la littérature françaises, organisées par M. Douchet, avocat au Parlement et ancien professeur royal en langue latine, et M. l'Abbé de la Pouyade. Ces conférences sont destinées aux étrangers souhaitant apprendre la langue et la littérature françaises, mais aussi aux nationaux ayant négligé l'étude de leur langue. Elles se dérouleront les lundis, mercredis et vendredis de chaque semaine, de 11 heures à 12 heures 30, chez M. l'Abbé Bernard de Cléry, rue Hautefeuille, à l'Abbatial des Prémontrés. Le cours débutera le 9 janvier 1764 et se terminera le 9 juillet 1764. Il est structuré en deux parties : les trois premiers mois porteront sur l'orthologie ou la langue parlée, et les trois mois suivants sur l'orthographe ou la langue écrite, avec des observations finales sur la littérature française. La souscription pour l'ensemble du cours est fixée à trois louis, ou dix-huit livres par mois pour ceux préférant payer mensuellement. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 9 janvier chez les organisateurs, rue de Condé, maison du Riche Laboureur.
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10580
p. 148-151
« LE 22 Novembre, les Comédiens François représenterent sur le Théâtre [...] »
Début :
LE 22 Novembre, les Comédiens François représenterent sur le Théâtre [...]
Mots clefs :
Comédie, Pièce, Rôle, Comédiens, Tragédie, Actes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE 22 Novembre, les Comédiens François représenterent sur le Théâtre [...] »
A VERSAILLES.
LE 22 Novembre, les Comédiens
François représenterent fur le Théâtre
du Roi , le Menteur , Comédie en cinq
Actes , en vers, de Pierre Corneille, don-
née la premiere fois en 1641.
Pour feconde Piéce , on repréſenta
Heureufement , Comédie en un Acte ,
en profe de M. ROCHON DE CHA-
BANNES, qui a paru, dans fa nouveauté,
avec fuccès
1762.
,
au mois de Novembre
Le Mercredi 23 , par les Comédiens
Italiens , le Retour d' Arlequin , Comé-
die Italienne , fuivie du Roi & le Fer-
mier , Comédie mêlée d'Ariettes,
Le Jeudi 24 , par les Comédiens Fran-
çois, Didon,Tragédie de M. LE FRANC,
donnée la première fois en 1734 .
Le rôle de Didon a été joué par la
Plle CLAIRON. Celui d'Enée› par le
,
JANVIER. 1764.
149
fieur LE KAIN ; Jarbe , par le fieur BEL-
COUR ; Achate , par le fieur BRIZARD .
Ce même jour , pour feconde Piéce ,
le Deuil , Comédie en un Acte , en vers,
de feu M. HAUTEROCHE
de 1662.
>
dans la-
quelle les Dlles DOLIGNY & LUZY
;
jouerent l'une le rôle de Babet , & l'au-
tre celui de Perette. Cette Comédie eft
Le Mardi 29 , les mêmes Comédiens
repréfenterent l'Ecole des Maris , Co-
médie de MOLIERE , en trois Actes &
en Vers. Cette Piéce eft de 1662 ; elle
fut fuivie du Sage Etourdi , Comédie
de feu M. DE BOISSY
dans laquelle
le fieur MOLÉ a joué le rôle de Léandre ;
le fieur BELCOUR celui d'Erafte , & la
Dlle PRÉVILLE le rôle d'Eliante , & c.
Le Jeudi , premier Décembre , on re-
préfenta pour la premiere fois ( à la
Cour ) la nouvelle Tragédie intitulée
le Comte de Warvik de M. DE LA
HARPE. Cette Piéce y fit fur les Spec-
tateurs la même impreffion qu'elle
avoit faite à Paris ,& par conféquent eut
un fuccès général. Nous en avons déja
parlé dans le précédent Mercure ; nous
ajouterons ci-après , dans l'Article de
Paris de ce vol. quelques obfervations
fur cette Tragédie.
G iij
50 MERCURE DE FRANCE.
La Tragédie fut fuivie de la Pupille ,
Comédie en 1 Acte en Profe de feur
M. FAGAN. La jeune Dlle DOLIGNI
>
qui dans fon début avoit , pour ainfi
dire , renouvellé le fuccès qu'eut cette
Piéce dans fa nouveauté en 1734 , a
joué le rôle de la Pupille à la Cour, où
elle a fait le plus grand plaifir.
La nouvelle de la mort de l'Archidu-
cheffe a interrompu les Spectacles de
la Cour pendant plufieurs jours ; ils ont
été repris le Mardi 13 , par le Joueur
>
Comédie en cinq Actes , en vers , de feu
M. REGNARD , donnée en 1698. Le
rôle de Valere a été joué par le fieur
BELCOUR , celui d'Hector , par le fieur
ARMAND , & c.
Pour feconde Piéce , le même jour ,
la Famille extravagante , Comédie en
un Acte , en vers , du feu fieur LE
GRAND , de 1709.
Le 14 , par les Comédiens Italiens , les
Amours d'Arlequin & de Camille , de
M. GOLDONI , Piéce Italienne conte-
nant les trois premiers Actes d'un Su-
jet diftribué en
autres. Ouvrage Dra
matique , dont nous avons déja parlé &
dont on ne parlera jamais avec autant
d'éloges qu'il en mérite.
Pour feconde Piéce, Ninette à la Cour,
Opéra- Comique.
JANVIER. 1764.
Le lendemain , 15 , par les Comédiens
François , Mérope , Tragédie de M. de
VOLTAIRE , fuivie de Zénéïde. Le
fieur GRANGER , jeune Acteur dont
nous allons avoir occafion de parler à
l'Article de Paris , y débuta avec beau-
, y
coup de fuccès par le rôle d'Egifte ,
dans la premiere Piéce ; & par celui
d'Olinde , dans la feconde .
La fuite au Mercure prochain.
LE 22 Novembre, les Comédiens
François représenterent fur le Théâtre
du Roi , le Menteur , Comédie en cinq
Actes , en vers, de Pierre Corneille, don-
née la premiere fois en 1641.
Pour feconde Piéce , on repréſenta
Heureufement , Comédie en un Acte ,
en profe de M. ROCHON DE CHA-
BANNES, qui a paru, dans fa nouveauté,
avec fuccès
1762.
,
au mois de Novembre
Le Mercredi 23 , par les Comédiens
Italiens , le Retour d' Arlequin , Comé-
die Italienne , fuivie du Roi & le Fer-
mier , Comédie mêlée d'Ariettes,
Le Jeudi 24 , par les Comédiens Fran-
çois, Didon,Tragédie de M. LE FRANC,
donnée la première fois en 1734 .
Le rôle de Didon a été joué par la
Plle CLAIRON. Celui d'Enée› par le
,
JANVIER. 1764.
149
fieur LE KAIN ; Jarbe , par le fieur BEL-
COUR ; Achate , par le fieur BRIZARD .
Ce même jour , pour feconde Piéce ,
le Deuil , Comédie en un Acte , en vers,
de feu M. HAUTEROCHE
de 1662.
>
dans la-
quelle les Dlles DOLIGNY & LUZY
;
jouerent l'une le rôle de Babet , & l'au-
tre celui de Perette. Cette Comédie eft
Le Mardi 29 , les mêmes Comédiens
repréfenterent l'Ecole des Maris , Co-
médie de MOLIERE , en trois Actes &
en Vers. Cette Piéce eft de 1662 ; elle
fut fuivie du Sage Etourdi , Comédie
de feu M. DE BOISSY
dans laquelle
le fieur MOLÉ a joué le rôle de Léandre ;
le fieur BELCOUR celui d'Erafte , & la
Dlle PRÉVILLE le rôle d'Eliante , & c.
Le Jeudi , premier Décembre , on re-
préfenta pour la premiere fois ( à la
Cour ) la nouvelle Tragédie intitulée
le Comte de Warvik de M. DE LA
HARPE. Cette Piéce y fit fur les Spec-
tateurs la même impreffion qu'elle
avoit faite à Paris ,& par conféquent eut
un fuccès général. Nous en avons déja
parlé dans le précédent Mercure ; nous
ajouterons ci-après , dans l'Article de
Paris de ce vol. quelques obfervations
fur cette Tragédie.
G iij
50 MERCURE DE FRANCE.
La Tragédie fut fuivie de la Pupille ,
Comédie en 1 Acte en Profe de feur
M. FAGAN. La jeune Dlle DOLIGNI
>
qui dans fon début avoit , pour ainfi
dire , renouvellé le fuccès qu'eut cette
Piéce dans fa nouveauté en 1734 , a
joué le rôle de la Pupille à la Cour, où
elle a fait le plus grand plaifir.
La nouvelle de la mort de l'Archidu-
cheffe a interrompu les Spectacles de
la Cour pendant plufieurs jours ; ils ont
été repris le Mardi 13 , par le Joueur
>
Comédie en cinq Actes , en vers , de feu
M. REGNARD , donnée en 1698. Le
rôle de Valere a été joué par le fieur
BELCOUR , celui d'Hector , par le fieur
ARMAND , & c.
Pour feconde Piéce , le même jour ,
la Famille extravagante , Comédie en
un Acte , en vers , du feu fieur LE
GRAND , de 1709.
Le 14 , par les Comédiens Italiens , les
Amours d'Arlequin & de Camille , de
M. GOLDONI , Piéce Italienne conte-
nant les trois premiers Actes d'un Su-
jet diftribué en
autres. Ouvrage Dra
matique , dont nous avons déja parlé &
dont on ne parlera jamais avec autant
d'éloges qu'il en mérite.
Pour feconde Piéce, Ninette à la Cour,
Opéra- Comique.
JANVIER. 1764.
Le lendemain , 15 , par les Comédiens
François , Mérope , Tragédie de M. de
VOLTAIRE , fuivie de Zénéïde. Le
fieur GRANGER , jeune Acteur dont
nous allons avoir occafion de parler à
l'Article de Paris , y débuta avec beau-
, y
coup de fuccès par le rôle d'Egifte ,
dans la premiere Piéce ; & par celui
d'Olinde , dans la feconde .
La fuite au Mercure prochain.
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Résumé : « LE 22 Novembre, les Comédiens François représenterent sur le Théâtre [...] »
Du 22 novembre au 15 janvier 1764, plusieurs représentations théâtrales ont eu lieu à Versailles. Les Comédiens Français ont joué 'Le Menteur' de Pierre Corneille et 'Heureusement' de Rochon de Chabannes le 22 novembre, suivis par les Comédiens Italiens avec 'Le Retour d'Arlequin' et 'Le Roi et le Fermier' le 23 novembre. Le 24 novembre, les Comédiens Français ont interprété 'Didon' de Le Franc et 'Le Deuil' de Hauteroche. Le 29 novembre, ils ont joué 'L'École des Maris' de Molière et 'Le Sage Étourdi' de Boissy. Le 1er décembre, la tragédie 'Le Comte de Warwick' de La Harpe a été représentée pour la première fois à la cour, suivie de 'La Pupille' de Fagan. Les spectacles ont été interrompus par la nouvelle de la mort de l'archiduchesse et ont repris le 13 janvier avec 'Le Joueur' de Regnard et 'La Famille extravagante' de Le Grand. Le 14 janvier, les Comédiens Italiens ont joué 'Les Amours d'Arlequin et de Camille' de Goldoni et 'Ninette à la Cour'. Enfin, le 15 janvier, les Comédiens Français ont présenté 'Mérope' de Voltaire et 'Zénéïde', avec Granger débutant dans les rôles d'Égiste et d'Olinde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10581
p. 151-152
OPERA.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Musique a donné le 16 Décembre, le dernier Concert [...]
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texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADÉMIE Royale de Musique a
donné le 16 Décembre, le dernier Concert
François pour fe préparer aux re-
préſentations de l'Opéra . Le jour de
Î'Ouverture de ce Théâtre n'a pu être
encore déterminé à caufe des prépara-
tions convenables pour que la même
Salle du Spectacle ferve de Salle de Bal
ce que le temps du Carnaval rend in-
difpenfable.
Le dernier Concert a été très-bril-
lant par les morceaux dont il étoit com-
pofé , ainfi que par la parfaite exécu-
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
tion dans toutes les parties. Mlle AR-
NOUD entr'autres y a reçu les applau-
diffemens les plus vifs & les plus uni-
verfels. Mlle LARRIVÉE & M. LAR-
RIVÉE fon mari , completterent , par le
mérite diftingué de leurs talens , la fatis-
faction des Auditeurs.
M. GELIN s'étant trouvé indifpofé ,
M. DURAND fuppléa dans les parties
qu'il devoit chanter , de manière à lui
faire honneur & à laiffer eſpérer beau-
coup de ce Sujet , s'il fait autant de
progrès dans l'action théâtrale , qu'il
paroît en avoir fait dans l'art du chant.
La première de ces deux parties exige
encore une grande application de fa
part & un exercice guidé par de meil-
leurs principes qu'il n'en montroit à cet
égard, lorfque le Spectacle de l'Opéra a
été interrompu.
L'ACADÉMIE Royale de Musique a
donné le 16 Décembre, le dernier Concert
François pour fe préparer aux re-
préſentations de l'Opéra . Le jour de
Î'Ouverture de ce Théâtre n'a pu être
encore déterminé à caufe des prépara-
tions convenables pour que la même
Salle du Spectacle ferve de Salle de Bal
ce que le temps du Carnaval rend in-
difpenfable.
Le dernier Concert a été très-bril-
lant par les morceaux dont il étoit com-
pofé , ainfi que par la parfaite exécu-
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
tion dans toutes les parties. Mlle AR-
NOUD entr'autres y a reçu les applau-
diffemens les plus vifs & les plus uni-
verfels. Mlle LARRIVÉE & M. LAR-
RIVÉE fon mari , completterent , par le
mérite diftingué de leurs talens , la fatis-
faction des Auditeurs.
M. GELIN s'étant trouvé indifpofé ,
M. DURAND fuppléa dans les parties
qu'il devoit chanter , de manière à lui
faire honneur & à laiffer eſpérer beau-
coup de ce Sujet , s'il fait autant de
progrès dans l'action théâtrale , qu'il
paroît en avoir fait dans l'art du chant.
La première de ces deux parties exige
encore une grande application de fa
part & un exercice guidé par de meil-
leurs principes qu'il n'en montroit à cet
égard, lorfque le Spectacle de l'Opéra a
été interrompu.
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Résumé : OPERA.
Le 16 décembre, l'Académie Royale de Musique a organisé un concert en préparation des représentations de l'opéra. La date d'ouverture du théâtre reste indéterminée en raison des travaux nécessaires pour convertir la salle en salle de bal pour le carnaval. Le concert a été acclamé pour la qualité des morceaux et l'exécution impeccable. Mademoiselle Arnoud a reçu des applaudissements unanimes et enthousiastes. Mademoiselle Larrivée et son mari, Monsieur Larrivée, ont également été félicités pour leur talent. Monsieur Durand a remplacé Monsieur Gelin avec succès, montrant des promesses pour une future carrière théâtrale, bien qu'il doive encore améliorer ses compétences scéniques sous une meilleure guidance.
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10582
p. 152-154
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
UNE des choses intéressantes pour les Amateurs du Théâtre, a été le Début [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
UNE des choses intéressantes pour les
Amateurs du Théâtre, a été le Début
du jeune M. GRANGER , par le rôle
d'Egifte dans Merope , & par celui d'O-
linde dans Zénéïde , le Lundi 12 Décem-
bre. Cet Acteur , qui n'avoit joué furau-
JANVIER. 1764.
153
eun Théâtre , n'avoit pas encore dix-
fept ans accomplis le jour de fon début.
Malgré tout l'embarras & toute la timi-
dité que l'on fuppofe facilement dans un
Sujet de cet âge, ce qui lui étouffoit prèf-
que l'organe de la voix ,
il fit paroître ,
dès ce premier jour , un fentiment vrai
& naturel , de l'intelligence dans le dé-
bit , affez de jufteffe & de modération
dans le gefte , malgré beaucoup de cha-
leur dans fon jeu , & un feu qui femble.
lui être naturel.
Il confirma fur - tout
cette intelligence fi néceffaire pour le
talent de l'Acteur , dans le rôle de la Co-
médie , & il reçut beaucoup d'applaudif-
femens. Il a été reçu très-favorablement
dans les autres Pièces de fon début ,
qu'il a continué par Seide dans la Tra-
gédie de Mahomet , par le rôle de Dar-
vianne dans Mélanide , & celui de Char--
mant dans l'Oracle.
Mlle PRÉVILLE , qui , depuis la re-
traite de Mlle GAUSSIN , continue de
prendre quelques-uns des rôles de fon
emploi , a joué celui de Mélanide avec
un fuccès général ; & la repréfentation
de cette Pièce n'a jamais paru en géné-
ral plus intéreffante qu'à cette reprife.
Le nouvel Acteur a joué depuis le
rôle de Britannicus dans la Tragédie de
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
ce nom , & celui de Lindor dans la petite
Comédie intitulée Heureufement ; Eu-
phemon dans l'Enfant Prodigue , & Va-
lère dans la Pupille. La voix de ce jeune
Sujet paroît n'être pas encore dévelop-
pée , & n'avoir pas acquis la force fonore
que l'âge vraiſemblablement doit lui
donner.
Il nous refte à parler du Comte de
Warvik. Cette Tragédie fut donnée le
10 Décembre pour la quinzième & der-
nière repréſentation , avec une grande.
affluence de Spectateurs. Elle a été re-
demandée & repriſe le 28 , & elle a été
reçue avec le même fuccès que dans les
`repréſentations fuivies de fa nouveauté.
Nous placerons ici les Obfervations.
fur cette Piéce , que nous avons annon-
cées dans le précédent Mercure.
On attendoit à la fin du mois dernier ,
fur ce Théâtre , une nouveauté intitulée ,
La Confiance trahie , Comédie en vers &
en cinq Actes.
UNE des choses intéressantes pour les
Amateurs du Théâtre, a été le Début
du jeune M. GRANGER , par le rôle
d'Egifte dans Merope , & par celui d'O-
linde dans Zénéïde , le Lundi 12 Décem-
bre. Cet Acteur , qui n'avoit joué furau-
JANVIER. 1764.
153
eun Théâtre , n'avoit pas encore dix-
fept ans accomplis le jour de fon début.
Malgré tout l'embarras & toute la timi-
dité que l'on fuppofe facilement dans un
Sujet de cet âge, ce qui lui étouffoit prèf-
que l'organe de la voix ,
il fit paroître ,
dès ce premier jour , un fentiment vrai
& naturel , de l'intelligence dans le dé-
bit , affez de jufteffe & de modération
dans le gefte , malgré beaucoup de cha-
leur dans fon jeu , & un feu qui femble.
lui être naturel.
Il confirma fur - tout
cette intelligence fi néceffaire pour le
talent de l'Acteur , dans le rôle de la Co-
médie , & il reçut beaucoup d'applaudif-
femens. Il a été reçu très-favorablement
dans les autres Pièces de fon début ,
qu'il a continué par Seide dans la Tra-
gédie de Mahomet , par le rôle de Dar-
vianne dans Mélanide , & celui de Char--
mant dans l'Oracle.
Mlle PRÉVILLE , qui , depuis la re-
traite de Mlle GAUSSIN , continue de
prendre quelques-uns des rôles de fon
emploi , a joué celui de Mélanide avec
un fuccès général ; & la repréfentation
de cette Pièce n'a jamais paru en géné-
ral plus intéreffante qu'à cette reprife.
Le nouvel Acteur a joué depuis le
rôle de Britannicus dans la Tragédie de
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
ce nom , & celui de Lindor dans la petite
Comédie intitulée Heureufement ; Eu-
phemon dans l'Enfant Prodigue , & Va-
lère dans la Pupille. La voix de ce jeune
Sujet paroît n'être pas encore dévelop-
pée , & n'avoir pas acquis la force fonore
que l'âge vraiſemblablement doit lui
donner.
Il nous refte à parler du Comte de
Warvik. Cette Tragédie fut donnée le
10 Décembre pour la quinzième & der-
nière repréſentation , avec une grande.
affluence de Spectateurs. Elle a été re-
demandée & repriſe le 28 , & elle a été
reçue avec le même fuccès que dans les
`repréſentations fuivies de fa nouveauté.
Nous placerons ici les Obfervations.
fur cette Piéce , que nous avons annon-
cées dans le précédent Mercure.
On attendoit à la fin du mois dernier ,
fur ce Théâtre , une nouveauté intitulée ,
La Confiance trahie , Comédie en vers &
en cinq Actes.
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Résumé : COMEDIE FRANÇOISE.
En décembre 1763 et janvier 1764, M. Granger, un jeune acteur de moins de dix-sept ans, a interprété plusieurs rôles au théâtre. Malgré sa jeunesse et sa timidité initiale, il a montré un talent prometteur dans des pièces telles que 'Mérope', 'Zénéïde', 'Mahomet', 'Mélanide', 'L'Oracle', 'Britannicus', 'Heureusement', 'L'Enfant Prodigue' et 'La Pupille'. Ses performances ont été bien accueillies par le public, bien que sa voix soit encore en développement. Mlle Préville a également été saluée pour son rôle de Mélanide. La tragédie 'Le Comte de Warwick' a connu un succès notable avec plusieurs représentations en décembre. Une nouvelle pièce, 'La Confiance trahie', était annoncée pour la fin du mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10583
p. 154-161
OBSERVATIONS sur la Tragédie du COMTE DE WARVIK.
Début :
LA LETTRE imprimée à la fin du dernier Mercure contenant l'analyse de la Tragédie du Comte [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur la Tragédie du COMTE DE WARVIK.
OBSERVATIONS sur la Tragédie du
COMTE DE WARVIK.
LA LETTRE imprimée à la fin du dernier Mercure
contenant l'analyse de la Tragédie du Comte
de Warvik , nous nous bornerons à une difcuffion
JANVIER. 1764.
155
critique des divers avis que nous avous pu re-
cueillir fur cette Pièce,
En nous engageant à mettre fous les yeux du
Public les reproches de la Critique , nous avons
dit qu'il feroit à defirer que , dans l'éclat même du
fuccès , les Auteurs écoutaffent juſques aux cris de
l'Envie * : mais nous n'avons pas entendu en de-
venir l'écho. Elle excite néceffairement la haine
de bien des rivaux , à proportion de ce que les fuc-
cès font plus mérités ; parce que l'on prévoit qu'ils
feront durables. Nous ne nous arrêterons donc
pas à réfuter les abfurdités qu'un motif auſſi mé-
prifable auroit pu dicter. Nous n'entrerons point
dans la juftification des calomnies perfonnelles ,
toujours répugnantes à répéter, même pour les con-
fondre. Un homme abfent ne peut s'en défendre ;
mais un Ouvrage imprimé , ainfi qu'eft aujour
d'hui cette Tragédie , fe lit & fe juge dans le
filence des paffions , & dans le repos du cabinet.
Ce font les jugemens portés avec ce défintéreffe-
ment recommandable, qu'il peut être utile aux pro-
grès de l'art de pefer & d'éxaminer. Si nous y joi-
gnons nos opinions , c'eft pour nous éclairer , &
non pas pour prefcrire des loix.
Un des reproches qui fe préfente le premier à
examiner , nous a paru un des plus foibles. C'eſt
celui qu'on fait à M. DE LA HARPE , de n'avoir
pas fuivi allez fidélement l'Hiftoire. Nous ne con-
noiffons , ni dans les Anciens ( d'après lefquels on
a impofé les règles les plus févères du Drame )
>
ni dans les Modernes , qui fe font piqués de les ob
ferver avec le plus de fcrupule , rien qui ait obligé
ni les uns , ni les autres à l'exactitude d'un Hifto-
rien. On est toujours convenu que le Poëte dra-
* Voyez le Mercure de Novembre , Art. V. des
Spectacles de Paris , pag. 175 .
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
matique pouvoit altérer quelques faits , quand
cette altération est néceffaire à l'intérêt de fa Pièce,
quand elle procure plus d'éclat à fes Perfonnages
principaux , quand elle met leurs caractères plus
en jeu pourvu qu'elle ne contrarie pas ce qu'on
connoît univerſellement de ces caractères
événemens hiftoriques.
Warvik périt les armes à la main
:
' &
qu'elle ne détruiſe pas l'ordre fondamental des
voilà le fait
hiftorique. Au lieu de le faire périr en combattant
contre fon Roi , le Poëte lui fait trouver la mort ,
en combattant pour la défenſe de celui qui l'a of-
fenfé. Un homme fier & généreux tout enſemble ,
tel que le Comte de Warvik , peut également in-
molerfon ennemi , lui pardonner , aller plus loin
encore , & plus volontiers le défendre , fans con-
tredire par-là fon caractère. La raiſon eſt ſimple.
En fuivant le premier parti , il ne fe procure
qu'une vengeance affez commune ; dans le fe-
cond , il fe place au-deffus de fon ennemi qu'il
bumilie. Cette vengeance eft héroïque ; elle eft
intéreffante. C'eft ce qu'il faut pour le Théâtre ;
c'eft ce qu'il faut pour élever fon Héros , dans l'o-
pinion du Spectateur , au-deffus des grands hom-
mes ordinaires. Le premier fentiment de quelques
Critiques a été de trouver ce changement de vo-
lonté bien fubit dans le Comte de Warvik ; de
penfer qu'il n'étoit pas dans la nature. Nous
croyons , d'après ce que nous venons de dire ,
que l'Auteur auroit à répondre qu'au contraire
cela eft , & cela doit être dans le naturel de fon
Héros . Tout homme opprimé invoque la ven-
gcance. L'homme courageux , s'il peut faifir le
glaive , combattre fon ennemi , le détruire , il le
fera
voilà ce qui eft dans la nature. Mais fi on
lui amène cet ennemi dans les liens , qu'on lui
JANVIER. 1764.
157
donne un poignard , & qu'on lui dife ,frappe , le
poignard lui tombera des mains : voilà ce qui eft
dans le naturel d'un tel homme. Warvik elt ,
comme on l'a dit , plus qu'un homme d'un cou-
rage ordinaire ;
il ne fe contente pas d'épargner
Edouard , il veut lui rendre tout ; il veut le créer ,
pour ainfi dire , une feconde fois : voilà le Héros.
C'eft avec quelque regret que nous nous fommes
arrêtés à juftifier ce moment , qui eſt un des plus
beaux de la Tragédie .
.
Le Perfonnage de la Pièce fur lequel la Critique
ait eu plus d'occafions de s'éxercer , eft celui de
Marguerite , l'agent & le mobile principal de l'ac-
tion. On a objecté contre l'Auteur , que c'eft char-
ger cette Reine d'un crime qu'elle n'a pas com-
mais , que de la rendre coupable de la mort du
Comte de Warvik.
S'il n'y avoit qu'un tel repro-
che à faire fur ce rôle , nous pensons que l'Auteur
le détruiroit facilement. En effet , ce meurtre poli-
tique paroîtra fans doute aux Lecteurs , ainsi qu'à
nous , dans le caractère de Marguerite. Une fem-
me qui , dans l'Hiftoire , fait alfaffiner fon oncle ,"
peut bien , dans une Tragédie , faire alfaffiner un
ennemi puiffant & dangereux , dont fon intérêt
éxige abfolument qu'elle fe défaffe , fi elle ne veut
pas renoncer à l'eſpoir de rétablir fa Maiſon fur le
Trône , & de veiller à la propre confervation.
Ce qu'on peut obferver , avec plus de fondement
contre ce rôle , & ce que nous ne diffimulons pas ,
c'est que peut- être manque-t-il d'une certaine éten-
due ou plutôt d'un développement mieux lié , qui
lui donneroit une conftitution proportionnée àfon
importance. Il s'enfuit un défaut général dans la
marche théâtrale de ce rôle , dont le Perfonnage
paroît trop fervilement aux ordres de l'Auteur
toutes les fois qu'il en a befoin , & qu'il femble te-
158 MERCURE DE FRANCE.
nir en réferve pour exciter les divers mouvemens
de fes Perfonnages , fans qu'elle foit conduite fur
la fcène , ni, qu'elle s'en retire , par l'enchaînement
général de l'action dramatique. C'eſt parce même
défaut que la Scène entre Marguerite & Elifabeth
fait moins d'effet qu'elle n'en devroit faire ; parce
qu'elle n'eft pas fuffifamment amenée. On peut
remarquer au commencement du troifiéme Acte,
qu'elle laiffe la fcène vuide. Tous ces défauts qui
ont échappé à ceux qui ont plus cherché peut- être
à déprimer la gloire de l'Auteur , qu'à éxaminer
l'Ouvrage fur les grands principes de l'Art ; tous
ces défauts , dis-je , de pratique du Théâtre , font
rachetés par des beautés qui non-feulement les
ont dérobés au fentiment de plaifir d'une partie
des Spectateurs ; mais que les vrais Amateurs au-
ront été fâchés pour les fuites de ne pas rencon-
trer dans le premier Ouvrage d'un Poëte de l'âge
de M. DE LA HARPE , qui pouvoit s'être plus livré
au fentiment & à l'imagination , qu'affervi à des
régles dont l'éxacte pratique , quoique très- né-
cellaire , eft plus le fruit de l'expérience que le ca-
ractère du génie.
Quelques Critiques auroient defiré que l'Au-
teur eût tiré un plus grand parti de l'amour d'E-
lifabeth & de Warvik ; que cette paſſion fût un
reffort plus puiffant dans cette Piéce & qu'en
général elle y produisît un intérêt plus tendre.
Il nous femble que c'eft confondre les genres &
vouloir les ramener tous à celui de l'intérêt d'a-
mour. Que deviendroient la plupart des chefs-
d'œuvres du grand Corneille ! que devien-
droient d'excellentes Tragédies de nos jours , tels
que Mérope & d'autres , fi l'on adhéroit à cette
opinion ? L'Auteur de Warvik ne nous préſente
pointfon héros , comme incellamment occupé de
{
JANVIER. 1764.
159
fa tendreffe. Ce Guerrier , qui étoit en fpectacle à
toute l'Europe , qui décidoit du fort des Rois
devoit voir dans la conduite d'Edouard , un affront
bien plus fenfible pour fa gloire que pour fon
amour. Cependant , s'il nous eft permis d'hazar-
der notre avis , Warvik nous paroît dans le fe
cond Acte , fonger autant qu'il le doit aux inté-
rêts de cet amour. Il veut venger fa Maîtreffe ,
elle eft la récompenfe , fon bien : il le dit à Eliza
beth , il le dit à Edouard. Mais lorsque ce Prince
répond a fes reproches emportés par un outrage
plus cruel , enfin , quand Warvik ſe voit dans les
fers ; alors il oublie la premiere injure , celle qu'il
reffent eft plus amère , plus accablante , voilà ce
qui doit feul l'occuper
il s'y livre tout entier.
Nous le voyons intérellant dans fes fers. On par-
tage toutes les impreffions de cette âme profon-
dément bleffée. Combien cet intérêt d'un grand
homme outragé & dans l'oppreffion , eft - il plus
vif & plus généralement pathétique qu'un petit
intérêt d'amour , toujours fi voifin des frivoles
attraits de la galanterie , & fi ufé fur nos Théâtres,
Il ne nous feroit pas auffi facile de juftifier le
cinquiéme Acte de cette Tragédie. On ne peut
pas le faire illufion fur le récit de Suffolk , quelque
bien écrit qu'il foit : il faut convenir qu'il eft allez
indifférent , parce qu'il n'apprend que ce qu'on
fçait déja. La mort de Warvik , dans l'inftant où
il est devenu le plus intéreffant eft le feul événe-
ment de cet Acte. A cette occafion , des Critiques ,
attentifs à tout ce qui peut affoiblir l'honneur de
l'invention dans les Ouvrages de fuccès , ont rap-
pellé le dénoûment de Tancréde. Ce n'eft pas cette
parité , s'il y en a , que nous croyons devoir im-
prouver dans cet Acte. Le cercle des événemens,
dans les Poemes Epiques & Dramatiques , n'eft
160 MERCURE DE FRANCE.
pas fans bornes. Des Auteurs , en prenant des
Foutes très-différentes , fe rencontrent quelquefois
aux mêmes points , en arrivant aux termes de
chacune de ces routes. Malheur aux âmes de ceux
dont l'efprit cherche & faifit avec tant de facilité *
ces fortes de rencontres , ils font ou doivent être
privés de bien des plaifirs , puifqu'ils n'ont pas
celui d'être affectés fans difcuffion. Un défaut plus
eflentiel à cet A&te , c'eft que cet événement de la
mort de Warvik ne fuffit pas pour le remplir.
On pourroit néanmoins remarquer , pour la
juftification de l'Auteur , qu'il étoit très-difficile
de remplir mieux un cinquiéme Acte , lorfque
la marche naturelle de l'action & l'étendue du
Sujet ont rempli le quatrième , comme l'eft ce-
lui de cette Tragédie ; que dans nos meilleures
Piéces , dans celles qui jouiffent pour ainfi dire
d'une célébrité à l'abri de toute critique , quand'
le quatriéme A&te eft d'une beauté fupérieure ,
communément le cinquiéme Acte est un peu
foible. Ce défaut eft moins celui de talent & de
génie de la part des Auteurs , que la fuite de la
fervitude qui oblige à étendre un Poëme jufqu'au
nombre des Actes. Toutes les fois qu'on n'a pu
fans faire languir la marche de l'action , s'en
réſerver les plus beaux momens pour le dénoû-
ment , comme dans Rodogune , il arrive que ce
cinquiéme Acte eft bien moins rempli que les
autres. Mais au rette Warvik , immolé dans
l'inftant où il eft le plus généreux , où il doit
être auffi le plus heureux , en devient plus inté-
reffant , & fa mort est un coup de théâtre qui
doit frapper les âmes fenfibles. Ses dernières pa-
roles attendriffent & ont arraché des larmes à
bien des Spectateurs ; la catastrophe a donc at-
teint le but du Drame tragique.
JANVIER. 1764.
161
Nous n'ajouterons rien à ce que nous avons
deja dit dans le précédent vol. du ſtyle général
de cette Piéce. La juftice que nous lui avons
rendue paroît confirmée aujourd'hui par la lec-
ture & par les critiques même les plus fufpec-
tes du defir de ne rien trouver à louer. Nous
ne parlerons pas du rôle d'EDOUARD en particu
lier , de l'art par lequel ce Prince conferve la
dignité de fon Etat avec un Sujet qui a des
droits fi puiffans fur lui , & qui en uſe avec ex-
cès. De l'aveu des meilleurs Juges , c'eft la par-
tie de l'Ouvrage qui marque le plus de talent
de la part de l'Auteur & qui feroit honneur aux
plus grands Maîtres de notre Théâtre. Le rôle
d'Elizabeth nous paroît à- peu- près ce qu'il doit
être , celui d'une femme vertueufe & tendre qui
aime un amant & refpecte fon Roi, & qui voudroit
les fauver tous deux.
Le fuccès foutenu de cette Tragédie , celui
qu'elle a eu à la lecture , tout juftiñe l'éloge que
nous en avions déja fait , & fur lequel nous fom-
mes encore plus affermis après en avoir difcuté im-
partialement les beautés & les défauts,
N. B. Quoique nous nous foyons interdit tout
ce qui pouvoit avoir rapport au perſonnel , nous
croyons devoir relever ici une erreur du Gazetier
d'Utrecht , qui annonce que M. DE LA HARPE eft
un Etudiant en Rhétorique au Collège du Pleffis ,
âgé de 22 ans. Nous pouvons affurer ici que
M. DE LA HARPE a fait toutes les études au Col-
Fége d'Harcourt ; qu'il y a quatre ans qu'il en eft
forti, & qu'il eft âgé de 24 ans.
COMTE DE WARVIK.
LA LETTRE imprimée à la fin du dernier Mercure
contenant l'analyse de la Tragédie du Comte
de Warvik , nous nous bornerons à une difcuffion
JANVIER. 1764.
155
critique des divers avis que nous avous pu re-
cueillir fur cette Pièce,
En nous engageant à mettre fous les yeux du
Public les reproches de la Critique , nous avons
dit qu'il feroit à defirer que , dans l'éclat même du
fuccès , les Auteurs écoutaffent juſques aux cris de
l'Envie * : mais nous n'avons pas entendu en de-
venir l'écho. Elle excite néceffairement la haine
de bien des rivaux , à proportion de ce que les fuc-
cès font plus mérités ; parce que l'on prévoit qu'ils
feront durables. Nous ne nous arrêterons donc
pas à réfuter les abfurdités qu'un motif auſſi mé-
prifable auroit pu dicter. Nous n'entrerons point
dans la juftification des calomnies perfonnelles ,
toujours répugnantes à répéter, même pour les con-
fondre. Un homme abfent ne peut s'en défendre ;
mais un Ouvrage imprimé , ainfi qu'eft aujour
d'hui cette Tragédie , fe lit & fe juge dans le
filence des paffions , & dans le repos du cabinet.
Ce font les jugemens portés avec ce défintéreffe-
ment recommandable, qu'il peut être utile aux pro-
grès de l'art de pefer & d'éxaminer. Si nous y joi-
gnons nos opinions , c'eft pour nous éclairer , &
non pas pour prefcrire des loix.
Un des reproches qui fe préfente le premier à
examiner , nous a paru un des plus foibles. C'eſt
celui qu'on fait à M. DE LA HARPE , de n'avoir
pas fuivi allez fidélement l'Hiftoire. Nous ne con-
noiffons , ni dans les Anciens ( d'après lefquels on
a impofé les règles les plus févères du Drame )
>
ni dans les Modernes , qui fe font piqués de les ob
ferver avec le plus de fcrupule , rien qui ait obligé
ni les uns , ni les autres à l'exactitude d'un Hifto-
rien. On est toujours convenu que le Poëte dra-
* Voyez le Mercure de Novembre , Art. V. des
Spectacles de Paris , pag. 175 .
G vj
156 MERCURE DE FRANCE.
matique pouvoit altérer quelques faits , quand
cette altération est néceffaire à l'intérêt de fa Pièce,
quand elle procure plus d'éclat à fes Perfonnages
principaux , quand elle met leurs caractères plus
en jeu pourvu qu'elle ne contrarie pas ce qu'on
connoît univerſellement de ces caractères
événemens hiftoriques.
Warvik périt les armes à la main
:
' &
qu'elle ne détruiſe pas l'ordre fondamental des
voilà le fait
hiftorique. Au lieu de le faire périr en combattant
contre fon Roi , le Poëte lui fait trouver la mort ,
en combattant pour la défenſe de celui qui l'a of-
fenfé. Un homme fier & généreux tout enſemble ,
tel que le Comte de Warvik , peut également in-
molerfon ennemi , lui pardonner , aller plus loin
encore , & plus volontiers le défendre , fans con-
tredire par-là fon caractère. La raiſon eſt ſimple.
En fuivant le premier parti , il ne fe procure
qu'une vengeance affez commune ; dans le fe-
cond , il fe place au-deffus de fon ennemi qu'il
bumilie. Cette vengeance eft héroïque ; elle eft
intéreffante. C'eft ce qu'il faut pour le Théâtre ;
c'eft ce qu'il faut pour élever fon Héros , dans l'o-
pinion du Spectateur , au-deffus des grands hom-
mes ordinaires. Le premier fentiment de quelques
Critiques a été de trouver ce changement de vo-
lonté bien fubit dans le Comte de Warvik ; de
penfer qu'il n'étoit pas dans la nature. Nous
croyons , d'après ce que nous venons de dire ,
que l'Auteur auroit à répondre qu'au contraire
cela eft , & cela doit être dans le naturel de fon
Héros . Tout homme opprimé invoque la ven-
gcance. L'homme courageux , s'il peut faifir le
glaive , combattre fon ennemi , le détruire , il le
fera
voilà ce qui eft dans la nature. Mais fi on
lui amène cet ennemi dans les liens , qu'on lui
JANVIER. 1764.
157
donne un poignard , & qu'on lui dife ,frappe , le
poignard lui tombera des mains : voilà ce qui eft
dans le naturel d'un tel homme. Warvik elt ,
comme on l'a dit , plus qu'un homme d'un cou-
rage ordinaire ;
il ne fe contente pas d'épargner
Edouard , il veut lui rendre tout ; il veut le créer ,
pour ainfi dire , une feconde fois : voilà le Héros.
C'eft avec quelque regret que nous nous fommes
arrêtés à juftifier ce moment , qui eſt un des plus
beaux de la Tragédie .
.
Le Perfonnage de la Pièce fur lequel la Critique
ait eu plus d'occafions de s'éxercer , eft celui de
Marguerite , l'agent & le mobile principal de l'ac-
tion. On a objecté contre l'Auteur , que c'eft char-
ger cette Reine d'un crime qu'elle n'a pas com-
mais , que de la rendre coupable de la mort du
Comte de Warvik.
S'il n'y avoit qu'un tel repro-
che à faire fur ce rôle , nous pensons que l'Auteur
le détruiroit facilement. En effet , ce meurtre poli-
tique paroîtra fans doute aux Lecteurs , ainsi qu'à
nous , dans le caractère de Marguerite. Une fem-
me qui , dans l'Hiftoire , fait alfaffiner fon oncle ,"
peut bien , dans une Tragédie , faire alfaffiner un
ennemi puiffant & dangereux , dont fon intérêt
éxige abfolument qu'elle fe défaffe , fi elle ne veut
pas renoncer à l'eſpoir de rétablir fa Maiſon fur le
Trône , & de veiller à la propre confervation.
Ce qu'on peut obferver , avec plus de fondement
contre ce rôle , & ce que nous ne diffimulons pas ,
c'est que peut- être manque-t-il d'une certaine éten-
due ou plutôt d'un développement mieux lié , qui
lui donneroit une conftitution proportionnée àfon
importance. Il s'enfuit un défaut général dans la
marche théâtrale de ce rôle , dont le Perfonnage
paroît trop fervilement aux ordres de l'Auteur
toutes les fois qu'il en a befoin , & qu'il femble te-
158 MERCURE DE FRANCE.
nir en réferve pour exciter les divers mouvemens
de fes Perfonnages , fans qu'elle foit conduite fur
la fcène , ni, qu'elle s'en retire , par l'enchaînement
général de l'action dramatique. C'eſt parce même
défaut que la Scène entre Marguerite & Elifabeth
fait moins d'effet qu'elle n'en devroit faire ; parce
qu'elle n'eft pas fuffifamment amenée. On peut
remarquer au commencement du troifiéme Acte,
qu'elle laiffe la fcène vuide. Tous ces défauts qui
ont échappé à ceux qui ont plus cherché peut- être
à déprimer la gloire de l'Auteur , qu'à éxaminer
l'Ouvrage fur les grands principes de l'Art ; tous
ces défauts , dis-je , de pratique du Théâtre , font
rachetés par des beautés qui non-feulement les
ont dérobés au fentiment de plaifir d'une partie
des Spectateurs ; mais que les vrais Amateurs au-
ront été fâchés pour les fuites de ne pas rencon-
trer dans le premier Ouvrage d'un Poëte de l'âge
de M. DE LA HARPE , qui pouvoit s'être plus livré
au fentiment & à l'imagination , qu'affervi à des
régles dont l'éxacte pratique , quoique très- né-
cellaire , eft plus le fruit de l'expérience que le ca-
ractère du génie.
Quelques Critiques auroient defiré que l'Au-
teur eût tiré un plus grand parti de l'amour d'E-
lifabeth & de Warvik ; que cette paſſion fût un
reffort plus puiffant dans cette Piéce & qu'en
général elle y produisît un intérêt plus tendre.
Il nous femble que c'eft confondre les genres &
vouloir les ramener tous à celui de l'intérêt d'a-
mour. Que deviendroient la plupart des chefs-
d'œuvres du grand Corneille ! que devien-
droient d'excellentes Tragédies de nos jours , tels
que Mérope & d'autres , fi l'on adhéroit à cette
opinion ? L'Auteur de Warvik ne nous préſente
pointfon héros , comme incellamment occupé de
{
JANVIER. 1764.
159
fa tendreffe. Ce Guerrier , qui étoit en fpectacle à
toute l'Europe , qui décidoit du fort des Rois
devoit voir dans la conduite d'Edouard , un affront
bien plus fenfible pour fa gloire que pour fon
amour. Cependant , s'il nous eft permis d'hazar-
der notre avis , Warvik nous paroît dans le fe
cond Acte , fonger autant qu'il le doit aux inté-
rêts de cet amour. Il veut venger fa Maîtreffe ,
elle eft la récompenfe , fon bien : il le dit à Eliza
beth , il le dit à Edouard. Mais lorsque ce Prince
répond a fes reproches emportés par un outrage
plus cruel , enfin , quand Warvik ſe voit dans les
fers ; alors il oublie la premiere injure , celle qu'il
reffent eft plus amère , plus accablante , voilà ce
qui doit feul l'occuper
il s'y livre tout entier.
Nous le voyons intérellant dans fes fers. On par-
tage toutes les impreffions de cette âme profon-
dément bleffée. Combien cet intérêt d'un grand
homme outragé & dans l'oppreffion , eft - il plus
vif & plus généralement pathétique qu'un petit
intérêt d'amour , toujours fi voifin des frivoles
attraits de la galanterie , & fi ufé fur nos Théâtres,
Il ne nous feroit pas auffi facile de juftifier le
cinquiéme Acte de cette Tragédie. On ne peut
pas le faire illufion fur le récit de Suffolk , quelque
bien écrit qu'il foit : il faut convenir qu'il eft allez
indifférent , parce qu'il n'apprend que ce qu'on
fçait déja. La mort de Warvik , dans l'inftant où
il est devenu le plus intéreffant eft le feul événe-
ment de cet Acte. A cette occafion , des Critiques ,
attentifs à tout ce qui peut affoiblir l'honneur de
l'invention dans les Ouvrages de fuccès , ont rap-
pellé le dénoûment de Tancréde. Ce n'eft pas cette
parité , s'il y en a , que nous croyons devoir im-
prouver dans cet Acte. Le cercle des événemens,
dans les Poemes Epiques & Dramatiques , n'eft
160 MERCURE DE FRANCE.
pas fans bornes. Des Auteurs , en prenant des
Foutes très-différentes , fe rencontrent quelquefois
aux mêmes points , en arrivant aux termes de
chacune de ces routes. Malheur aux âmes de ceux
dont l'efprit cherche & faifit avec tant de facilité *
ces fortes de rencontres , ils font ou doivent être
privés de bien des plaifirs , puifqu'ils n'ont pas
celui d'être affectés fans difcuffion. Un défaut plus
eflentiel à cet A&te , c'eft que cet événement de la
mort de Warvik ne fuffit pas pour le remplir.
On pourroit néanmoins remarquer , pour la
juftification de l'Auteur , qu'il étoit très-difficile
de remplir mieux un cinquiéme Acte , lorfque
la marche naturelle de l'action & l'étendue du
Sujet ont rempli le quatrième , comme l'eft ce-
lui de cette Tragédie ; que dans nos meilleures
Piéces , dans celles qui jouiffent pour ainfi dire
d'une célébrité à l'abri de toute critique , quand'
le quatriéme A&te eft d'une beauté fupérieure ,
communément le cinquiéme Acte est un peu
foible. Ce défaut eft moins celui de talent & de
génie de la part des Auteurs , que la fuite de la
fervitude qui oblige à étendre un Poëme jufqu'au
nombre des Actes. Toutes les fois qu'on n'a pu
fans faire languir la marche de l'action , s'en
réſerver les plus beaux momens pour le dénoû-
ment , comme dans Rodogune , il arrive que ce
cinquiéme Acte eft bien moins rempli que les
autres. Mais au rette Warvik , immolé dans
l'inftant où il eft le plus généreux , où il doit
être auffi le plus heureux , en devient plus inté-
reffant , & fa mort est un coup de théâtre qui
doit frapper les âmes fenfibles. Ses dernières pa-
roles attendriffent & ont arraché des larmes à
bien des Spectateurs ; la catastrophe a donc at-
teint le but du Drame tragique.
JANVIER. 1764.
161
Nous n'ajouterons rien à ce que nous avons
deja dit dans le précédent vol. du ſtyle général
de cette Piéce. La juftice que nous lui avons
rendue paroît confirmée aujourd'hui par la lec-
ture & par les critiques même les plus fufpec-
tes du defir de ne rien trouver à louer. Nous
ne parlerons pas du rôle d'EDOUARD en particu
lier , de l'art par lequel ce Prince conferve la
dignité de fon Etat avec un Sujet qui a des
droits fi puiffans fur lui , & qui en uſe avec ex-
cès. De l'aveu des meilleurs Juges , c'eft la par-
tie de l'Ouvrage qui marque le plus de talent
de la part de l'Auteur & qui feroit honneur aux
plus grands Maîtres de notre Théâtre. Le rôle
d'Elizabeth nous paroît à- peu- près ce qu'il doit
être , celui d'une femme vertueufe & tendre qui
aime un amant & refpecte fon Roi, & qui voudroit
les fauver tous deux.
Le fuccès foutenu de cette Tragédie , celui
qu'elle a eu à la lecture , tout juftiñe l'éloge que
nous en avions déja fait , & fur lequel nous fom-
mes encore plus affermis après en avoir difcuté im-
partialement les beautés & les défauts,
N. B. Quoique nous nous foyons interdit tout
ce qui pouvoit avoir rapport au perſonnel , nous
croyons devoir relever ici une erreur du Gazetier
d'Utrecht , qui annonce que M. DE LA HARPE eft
un Etudiant en Rhétorique au Collège du Pleffis ,
âgé de 22 ans. Nous pouvons affurer ici que
M. DE LA HARPE a fait toutes les études au Col-
Fége d'Harcourt ; qu'il y a quatre ans qu'il en eft
forti, & qu'il eft âgé de 24 ans.
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Résumé : OBSERVATIONS sur la Tragédie du COMTE DE WARVIK.
Le texte analyse la tragédie 'Le Comte de Warwick' et les critiques qu'elle a suscitées. Les auteurs reconnaissent que le succès d'une œuvre peut attirer des attaques, mais ils se concentrent sur les critiques constructives. Ils défendent le droit des poètes dramatiques à modifier certains faits historiques pour enrichir la pièce, tout en conservant les traits essentiels des personnages. La mort de Warwick, qui choisit de défendre son ennemi plutôt que de combattre son roi, est justifiée comme un moyen de le rendre héroïque. Les critiques soulignent plusieurs défauts, notamment une scène mal préparée entre Marguerite et Élisabeth et une scène vide au début du troisième acte. Cependant, ces erreurs sont compensées par des éléments captivants. Les critiques souhaitaient un développement plus intense de l'amour entre Élisabeth et Warwick, mais cela aurait changé le genre de la pièce. Warwick, en tant que guerrier, est plus préoccupé par son honneur que par ses sentiments amoureux. Le cinquième acte est critiqué pour son manque d'intérêt, notamment le récit de Suffolk et la mort de Warwick, bien que cette dernière soit poignante. Le rôle d'Édouard est salué pour sa dignité royale, tandis que celui d'Élisabeth est jugé approprié pour une femme vertueuse et tendre. La pièce a connu un succès notable, tant en représentation qu'en lecture, confirmant les éloges des auteurs. Ils affirment avoir discuté des beautés et des défauts de l'œuvre de manière impartiale. Une note corrige une erreur publiée par le Gazetier d'Utrecht, précisant que M. de La Harpe a complété ses études au Collège d'Harcourt il y a quatre ans et est âgé de 24 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10584
p. 162-163
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
LE Lundi 19 Décembre, M. LOMBARD, qui avoit chanté ci-devant à [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
LE Lundi 19 Décembre, M. LOMBARD,
qui avoit chanté ci-devant à
l'Opéra dans les rôles de Haute- contre
a débuté fur le Théâtre de la Comédie
Italienne , par celui de Dorval dans On
ne s'avife jamais de tout. Le Public a
paru plus fatisfait des talens de ce Sujet
pour la partie du chant , que pour celle
du jeu de la Comédie qu'exigent
ces fortes de Pièces mixtes. Cette der-
nière
partie pouvant s'acquérir par
l'ufage & la pratique , il eft à préfumer
que le nouveau Débutant parviendra à
réunir tout ce qui peut être agréable
aux Spectateurs, dans l'un & dans l'autre
genre,
Le lendemain Mardi 20 , on donna .
fur le même Théâtre , la première repré-
fentation de l'Inquiétude de Camille ,
Comédie Italienne , feconde fuite &
conclufion des Amours d'Arlequin & de
Camille , par M. GOLDONI. Nous avons
précédemment rendu compte du mérite
& du fuccès des deux premières fuites :
celle - ci , loin de céder en rien aux au-
tres , femble au contraire avoir généra-
JANVIER. 1764.
163
lement entraîné encore plus de fuffrages.
Le pathétique en eft fi naturellement lié
au comique , qui naît de la naïveté des
deux Perfonnages intéreffans , que le
cœur eft inceffamment partagé entre
deux fentimens oppofés ; mais qui , par
un art qu'on ne fçauroit trop admirer,
fe réuniffent pour le plaifir continuel du
Spectateur. Plus on aime , plus on con-
noît ce grand art de la véritable & bon-
ne Comédie , plus on admire les rapports
réguliers des caractères & de l'action ,
de cette dernière fuite , avec les précéden-
tes, plus auffi on regrette ce que font per-
dre les interruptions qu'occhionne dans
chacune, le talent , fort agréable en foi ,
mais déplacé , de la meilleure Cantatrice.
Nous comptons donner une idée de ce
Drame fingulier , dans une courte Ana-
lyfe , qui mettra du moins les Lecteurs
en état de juger par eux -mêmes du génie
de fon célébre Auteur , & de la jufteffe
de nos éloges. L'efpace de cet Article ne
nous permet pas d'y placer une partie de
ceux que méritent les Acteurs , entre
autres M. CARLIN & Mlle CAMILLE.
Cette dernière peut être regardée au-
jourd'hui comme la première & la plus
grande Actrice de fon genre.
LE Lundi 19 Décembre, M. LOMBARD,
qui avoit chanté ci-devant à
l'Opéra dans les rôles de Haute- contre
a débuté fur le Théâtre de la Comédie
Italienne , par celui de Dorval dans On
ne s'avife jamais de tout. Le Public a
paru plus fatisfait des talens de ce Sujet
pour la partie du chant , que pour celle
du jeu de la Comédie qu'exigent
ces fortes de Pièces mixtes. Cette der-
nière
partie pouvant s'acquérir par
l'ufage & la pratique , il eft à préfumer
que le nouveau Débutant parviendra à
réunir tout ce qui peut être agréable
aux Spectateurs, dans l'un & dans l'autre
genre,
Le lendemain Mardi 20 , on donna .
fur le même Théâtre , la première repré-
fentation de l'Inquiétude de Camille ,
Comédie Italienne , feconde fuite &
conclufion des Amours d'Arlequin & de
Camille , par M. GOLDONI. Nous avons
précédemment rendu compte du mérite
& du fuccès des deux premières fuites :
celle - ci , loin de céder en rien aux au-
tres , femble au contraire avoir généra-
JANVIER. 1764.
163
lement entraîné encore plus de fuffrages.
Le pathétique en eft fi naturellement lié
au comique , qui naît de la naïveté des
deux Perfonnages intéreffans , que le
cœur eft inceffamment partagé entre
deux fentimens oppofés ; mais qui , par
un art qu'on ne fçauroit trop admirer,
fe réuniffent pour le plaifir continuel du
Spectateur. Plus on aime , plus on con-
noît ce grand art de la véritable & bon-
ne Comédie , plus on admire les rapports
réguliers des caractères & de l'action ,
de cette dernière fuite , avec les précéden-
tes, plus auffi on regrette ce que font per-
dre les interruptions qu'occhionne dans
chacune, le talent , fort agréable en foi ,
mais déplacé , de la meilleure Cantatrice.
Nous comptons donner une idée de ce
Drame fingulier , dans une courte Ana-
lyfe , qui mettra du moins les Lecteurs
en état de juger par eux -mêmes du génie
de fon célébre Auteur , & de la jufteffe
de nos éloges. L'efpace de cet Article ne
nous permet pas d'y placer une partie de
ceux que méritent les Acteurs , entre
autres M. CARLIN & Mlle CAMILLE.
Cette dernière peut être regardée au-
jourd'hui comme la première & la plus
grande Actrice de fon genre.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le 19 décembre, M. Lombard, ancien chanteur de l'Opéra, a débuté au Théâtre de la Comédie Italienne dans le rôle de Dorval dans la pièce 'On ne s'avise jamais de tout'. Le public a préféré ses talents vocaux à son jeu d'acteur, bien que ce dernier puisse s'améliorer avec l'expérience. Le 20 décembre, le théâtre a présenté la première de 'L'Inquiétude de Camille', troisième et dernière partie des 'Amours d'Arlequin et de Camille' de M. Goldoni. Cette suite a connu un grand succès en combinant pathétique et comique grâce à la naïveté des personnages principaux. Cependant, les interruptions de la cantatrice, malgré son talent, ont été regrettées. Les acteurs, notamment M. Carlin et Mlle Camille, ont été applaudis pour leurs performances, cette dernière étant reconnue comme la première actrice de son genre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10585
p. 163-164
AVIS AUX BIBLIOGRAPHES du Théâtre.
Début :
Il s'est glisé [sic] une méprise dans le précédent Mercure de Décembre 1763, à [...]
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texteReconnaissance textuelle : AVIS AUX BIBLIOGRAPHES du Théâtre.
AVIS AUX BIBLIOGRAPHES
du Théâtre.
Il s'est glisé [sic] une méprise dans le précédent
Mercure de Décembre 1763, à
l'article des Spectacles de la Cour. En
rappellant , à l'occafion d'un Ballet de
Médée & Jaſon , un Opera de M. de la
B *** & de M. LAUION , repréfenté à
Choify , on a mis , Théagêne & Chari-
clée , au lieu du véritable titre de cet
Opera , qui eft , Ifmene & Ifmenias :
Titre fous lequel nous en avons parle
nous-mêmes , dans le temps de fa repré-
Sentation.
On avertit ceux qui puifent les Anec-
dotes theatrales dans notre Journal ,
comme contenant en effet les Faftes les
plus fuivis & les plus certains fur cette
matière , que s'il arrive quelquefois , ce
qui eft inévitable , de laiffer échapper
quelqu'erreur à cet égard , dans un des
volumes, elle est toujours rectifiée dans le
fuivant.
du Théâtre.
Il s'est glisé [sic] une méprise dans le précédent
Mercure de Décembre 1763, à
l'article des Spectacles de la Cour. En
rappellant , à l'occafion d'un Ballet de
Médée & Jaſon , un Opera de M. de la
B *** & de M. LAUION , repréfenté à
Choify , on a mis , Théagêne & Chari-
clée , au lieu du véritable titre de cet
Opera , qui eft , Ifmene & Ifmenias :
Titre fous lequel nous en avons parle
nous-mêmes , dans le temps de fa repré-
Sentation.
On avertit ceux qui puifent les Anec-
dotes theatrales dans notre Journal ,
comme contenant en effet les Faftes les
plus fuivis & les plus certains fur cette
matière , que s'il arrive quelquefois , ce
qui eft inévitable , de laiffer échapper
quelqu'erreur à cet égard , dans un des
volumes, elle est toujours rectifiée dans le
fuivant.
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Résumé : AVIS AUX BIBLIOGRAPHES du Théâtre.
Un avis aux bibliographes a corrigé une erreur du Mercure de décembre 1763 concernant le titre d'un opéra. Le titre incorrect 'Théagène & Chariclée' remplaçait 'Iphigénie & Iphianire'. Les rédacteurs assurent la fiabilité des anecdotes théâtrales et corrigent les erreurs dans les volumes suivants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10586
p. 165-166
CONCERTS SPIRITUELS.
Début :
LE 8 Décembre, Fête de la Conception, on exécuta Salve Regina, Motet à grand Choeur [...]
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texteReconnaissance textuelle : CONCERTS SPIRITUELS.
CONCERTS SPIRITUELS.
LE 8 Décembre, Fête de la Conception, on
exécuta Salve Regina, Motet à grand Choeur
de la compofition de M. KOHAUT , dans lequel
M. DUPORT accompagnoit un Récit. Nous avons
précédemment rendu compte du bon effet de cet
Ouvrage. M. NOEL Hautecontre chanta un Mo-
tet à voix feule , dans lequel il fit plaifir & fut
applaudi M. CAPRON exécuta un Concerto de
Violon , & M. Duport joua une Sonate. Mlle
HARDI chanta dans ce même Concert deux Airs
Italiens. Il finit par Benedic anima mea Domino,
grand Motet de M. DAUVERGNE , Maître de Mu-
fique de la Chambre du Roi , & l'un des Direc-
teurs du Concert. Les grands talens éprouvés
de ce Compofiteur ne laillent pas douter du mé-
rite de cette nouvelle production.
Le 24 , veille de Noël , le premier Motet à
grand Choeur
?
étoit Fugit nox
,
de feu M.
BOISMORTIER. Nous avons eu occafion , l'année
précédente , de reniarquer tout le goût , tout l'ef
prit & l'art qui régnent dans ce Motet , où les
Noëls connus font fi bien adaptés , qu'ils font le
plus grand plaifir aux Amateurs de la mélodie,
& qu'il eft eftimé par ceux de la Mufique la plus
compofée. M. LEDUC joua une Sonate deviolon,
& M. DUFORT , une de violoncelle . M. BALBATRE
éxécuta fur l'orgue un Concerto de Noëls . Mlle
S. MARCEL chanta , pour la premiere fois , un
Motet à voix feule. C'eſt une très-jeune perfonne
dont la voix n'eft pas encore entierement for-
mée,mais qui paroît très bonne Muficienne. Mlle
166 MERCURE DE FRANCE.
HARDI chanta un air Italien. Le Concert finit par
Quemadmodùm , nouveau Moter de M. MATHIFU,
Ordinaire de la Mufique du Roi fort bien com-
pofé fpécialement dans les Choeurs & qui fut ap-
plaudi.
Le 25 , Jour de Noël on donna le même
Spectacles
>
Motet ( Fugit nox ) dont nous venons de parler.
Mlle FEL chanta un Moret à voix feule de M.
Froco , Mlle HARDI un Air Italien. M. BAL-
BASTRE exécuta le même Concerto de la veille.
M. GAVINIES joua un nouveau Concerto de fa
compofition , dans lequel il avoit fait entrer lé
Sujet d'un Noel connu , qu'il varia avec un arc,
un goût & des grâces qui charmerent les Audi-
teurs les plus accoutumés à l'entendre , comme
s'ils avoient éprouvé pour la première fois le
plaifir & la furprife que procure toujours ce ta-
lent fupérieur. Ce Concert finit par l'agréable
& beau Motet Deus venerunt gentes de feu M.
FANTON.
LE 8 Décembre, Fête de la Conception, on
exécuta Salve Regina, Motet à grand Choeur
de la compofition de M. KOHAUT , dans lequel
M. DUPORT accompagnoit un Récit. Nous avons
précédemment rendu compte du bon effet de cet
Ouvrage. M. NOEL Hautecontre chanta un Mo-
tet à voix feule , dans lequel il fit plaifir & fut
applaudi M. CAPRON exécuta un Concerto de
Violon , & M. Duport joua une Sonate. Mlle
HARDI chanta dans ce même Concert deux Airs
Italiens. Il finit par Benedic anima mea Domino,
grand Motet de M. DAUVERGNE , Maître de Mu-
fique de la Chambre du Roi , & l'un des Direc-
teurs du Concert. Les grands talens éprouvés
de ce Compofiteur ne laillent pas douter du mé-
rite de cette nouvelle production.
Le 24 , veille de Noël , le premier Motet à
grand Choeur
?
étoit Fugit nox
,
de feu M.
BOISMORTIER. Nous avons eu occafion , l'année
précédente , de reniarquer tout le goût , tout l'ef
prit & l'art qui régnent dans ce Motet , où les
Noëls connus font fi bien adaptés , qu'ils font le
plus grand plaifir aux Amateurs de la mélodie,
& qu'il eft eftimé par ceux de la Mufique la plus
compofée. M. LEDUC joua une Sonate deviolon,
& M. DUFORT , une de violoncelle . M. BALBATRE
éxécuta fur l'orgue un Concerto de Noëls . Mlle
S. MARCEL chanta , pour la premiere fois , un
Motet à voix feule. C'eſt une très-jeune perfonne
dont la voix n'eft pas encore entierement for-
mée,mais qui paroît très bonne Muficienne. Mlle
166 MERCURE DE FRANCE.
HARDI chanta un air Italien. Le Concert finit par
Quemadmodùm , nouveau Moter de M. MATHIFU,
Ordinaire de la Mufique du Roi fort bien com-
pofé fpécialement dans les Choeurs & qui fut ap-
plaudi.
Le 25 , Jour de Noël on donna le même
Spectacles
>
Motet ( Fugit nox ) dont nous venons de parler.
Mlle FEL chanta un Moret à voix feule de M.
Froco , Mlle HARDI un Air Italien. M. BAL-
BASTRE exécuta le même Concerto de la veille.
M. GAVINIES joua un nouveau Concerto de fa
compofition , dans lequel il avoit fait entrer lé
Sujet d'un Noel connu , qu'il varia avec un arc,
un goût & des grâces qui charmerent les Audi-
teurs les plus accoutumés à l'entendre , comme
s'ils avoient éprouvé pour la première fois le
plaifir & la furprife que procure toujours ce ta-
lent fupérieur. Ce Concert finit par l'agréable
& beau Motet Deus venerunt gentes de feu M.
FANTON.
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Résumé : CONCERTS SPIRITUELS.
Le document relate trois concerts spirituels organisés les 8, 24 et 25 décembre. Le 8 décembre, lors de la fête de la Conception, le concert a débuté avec le 'Salve Regina' de M. Kohaut, interprété par un grand chœur et accompagné par M. Duport. M. Noel a chanté un motet solo, M. Capron a joué un concerto de violon, et Mlle Hardi a interprété deux airs italiens. Le concert s'est conclu avec 'Benedic anima mea Domino' de M. Dauvergne. Le 24 décembre, veille de Noël, le concert a commencé avec 'Fugit nox' de feu M. Boismortier, suivi d'une sonate de violon par M. Leduc et de violoncelle par M. Duport. M. Balbastre a exécuté un concerto de Noëls à l'orgue, et Mlle Saint Marcel a chanté un motet solo pour la première fois. Mlle Hardi a interprété un air italien, et le concert s'est terminé avec 'Quemadmodùm' de M. Mathisu. Le 25 décembre, jour de Noël, le programme du 24 décembre a été répété, avec l'ajout d'un motet solo de Mlle Fel et d'un concerto de M. Gaviniès incluant un sujet de Noël connu. Le concert s'est achevé avec 'Deus venerunt gentes' de feu M. Fanton.
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10587
p. 166-167
« N. B. NOUS avons plusieurs fois invité les Citoyens Amateurs des principales [...] »
Début :
N. B. NOUS avons plusieurs fois invité les Citoyens Amateurs des principales [...]
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texteReconnaissance textuelle : « N. B. NOUS avons plusieurs fois invité les Citoyens Amateurs des principales [...] »
N. B. NOUS avons plusieurs fois invité
les Citoyens Amateurs des principales
Villes du Royaume , à nous mettre
en état d'informer nos Lecteurs de ce
qu'il y auroit de remarquable dans leurs
nous fommes trop recon-
noiffans de la complaifance de celui qui
a bien voulu nous adreffer la Lettre fui-
JANVIER. 1764.
167
vante , & l'objet en eft trop intéreſſant
à plufieurs égards , pour ne nous pas em-
preffer de la publier,
les Citoyens Amateurs des principales
Villes du Royaume , à nous mettre
en état d'informer nos Lecteurs de ce
qu'il y auroit de remarquable dans leurs
nous fommes trop recon-
noiffans de la complaifance de celui qui
a bien voulu nous adreffer la Lettre fui-
JANVIER. 1764.
167
vante , & l'objet en eft trop intéreſſant
à plufieurs égards , pour ne nous pas em-
preffer de la publier,
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10588
p. 167-170
LETTRE AUX AUTEURS DU MERCURE. A Bordeaux, ce 9 Décembre 1763.
Début :
MESSIEURS, « M. LE MARÉCHAL-DUC DE RICHELIEU, portant par-tout [...]
Mots clefs :
Spectacle, Arts, Lettre, Goût, Voltaire, Bordeaux, Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE AUX AUTEURS DU MERCURE. A Bordeaux, ce 9 Décembre 1763.
LETTRE
AUX AUTEURS DU MERCURE.
A Bordeaux, ce 9 Décembre 1763.
MESSIEURS,
« M. LE MARÉCHAL-DUC DE RICHELIEU,
portant par-tout sur ses
» pas le goût de la Littérature & des
» Beaux-Arts , a voulu que l'on repré
»fentât ici un Spectacle capable de les
"
» réunir tous ; & il a choifi La Princeffe
» de Navarre , Comédie - Ballet , Fête
" donnée fous fes ordres au ROI , à
» Verfailles en 1745, à l'occafion duMa❤
» riage de Monfeigneur LE DAUPHIN
» avec L'INFANTE D'ESPAGNE .
» Aucune Pièce ne pouvoit fi bien
» remplir les grandes vues de M. le Ma-
b.
» réchal , puifque M. DE VOLTAIRE
lui-même annonce dans la Préface ,
» qu'il s'eft efforcé feulement de réunir
» les talens de tous les Artiftes qui ſe dif-
» tinguent le plus ; ajoutant , fans doute
» par modeſtie , que l'unique mérite de
168 MERCURE DE FRANCE.
» l'Auteura été de chercher àfaire valoir
» celui des autres.
" Si ce Spectacle n'a jamais été donné
» qu'à la Cour , il n'en faut chercher la
99
rai on que dans l'impoffibilité de le
» mettre ailleurs. Et c'eft une diftinction
» pour notre Théâtre , que de raffem-
» bler tous les Sujets néceffaires à fon
» exécution...
"
» En effet , où trouver ailleurs , dans
» la même Troupe , l'Opéra réuni à la
» Comédie Françoife & Italienne , la
Tragédie à la Parodie ; & dans chaque
» genre , de bons Acteurs ? Où trouver
cinq hommes & quatre femmes * chan
» tans feuls dans la plus noble Mufique
» de M. RAMEAU ? Des Ballets & un
» Orqueftre , que l'on goûte même en
» arrivant de Paris ? Une profufion dans
» la dépenfe , tant pour les Décorations
» que pour les Habits ? Voilà ce qui ne
» fe trouve qu'à Bordeaux.
» M. DE BELMONT , Directeur des
» Spectacles de cette Ville, a fi bien rem-
» pli l'attente de M. le Maréchal , que ce
» Spectacle a été également admiré par
» la magnificence , par le goût , & par
» l'enfemble de toutes fes parties.
* On tranſcrit fidèlement cette Lettre , fans pré-
tendre en critiquer ni juſtifier quelques expreffions.
M.
JANVIER. 1764.
169
" M. de Voltaire, fe rendant aux de-
» firs de M. de Belmont , lui a envoyé un
» nouveau Prologue , qu'il a prononcé le
» 26 Novembre , avant la première re-
préfentation , en préfence de M. le Ma-
» réchal. Cette feule Pièce fuffit pour
» me faire eſpérer , Meffieurs , que vous
inférerez dans votre Mercure cette
» Lettre-ci , qui du moins aura le mérite
» d'amener une nouveauté, plus rem-
»plie de chofes que de mots.
NOUVEAU PROLOGUE de la Princeſſe
de Navarre , par M. DE VOLTAIRE.
Nous ofons retracer cette Fête éclatante ,
Que donna dans Verfailles , au plus aimé des Rois
Le Héros qui le repréſente ,
Et qui nous fait chérir les loix.
Ses mains en d'autres lieux ont porté la Victoire ;
Il porte ici le Goût , les Beaux-Arts & les Jeux ,
Et c'eſt une nouvelle gloire.
Mars fait des Conquérans, la Paix fait des heureux.
Des Grecs & des Romains , les Spectacles pompeux
De l'Univers encore occupent la mémoire ;
Auffi-bien que leurs Camps , teurs Cirques font
fameux.
Melpomène , Thalie , Eutherpe & Terpficore
Ont enchanté les Grecs , & fçavent plaire encore
A nos Français polis , & qui penfent comme eux.
I. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
La Guerre défend la Patrie ,
Le Commerce peut l'enrichir ;
Les Loix fontfon repos , les Arts la font fleurir,
La valeur , les talens , les travaux , l'induftrie ,
Tout brille parmi vous : quevos heureux remparts
Soient le Temple éternel de la Paix & des Arts.
» Ce Spectacle a déja été repréſenté
» trois fois , & toujours avec une af-
» fluence égale à la fatisfaction des Spec
» tateurs.
» J'ai l'honneur d'être , avec une ef-
» time refpe&ueuſe ,
MESSIEURS ,
» Votre , &c.
"
»LOUIS-CLAUDE LE CLERC.
AUX AUTEURS DU MERCURE.
A Bordeaux, ce 9 Décembre 1763.
MESSIEURS,
« M. LE MARÉCHAL-DUC DE RICHELIEU,
portant par-tout sur ses
» pas le goût de la Littérature & des
» Beaux-Arts , a voulu que l'on repré
»fentât ici un Spectacle capable de les
"
» réunir tous ; & il a choifi La Princeffe
» de Navarre , Comédie - Ballet , Fête
" donnée fous fes ordres au ROI , à
» Verfailles en 1745, à l'occafion duMa❤
» riage de Monfeigneur LE DAUPHIN
» avec L'INFANTE D'ESPAGNE .
» Aucune Pièce ne pouvoit fi bien
» remplir les grandes vues de M. le Ma-
b.
» réchal , puifque M. DE VOLTAIRE
lui-même annonce dans la Préface ,
» qu'il s'eft efforcé feulement de réunir
» les talens de tous les Artiftes qui ſe dif-
» tinguent le plus ; ajoutant , fans doute
» par modeſtie , que l'unique mérite de
168 MERCURE DE FRANCE.
» l'Auteura été de chercher àfaire valoir
» celui des autres.
" Si ce Spectacle n'a jamais été donné
» qu'à la Cour , il n'en faut chercher la
99
rai on que dans l'impoffibilité de le
» mettre ailleurs. Et c'eft une diftinction
» pour notre Théâtre , que de raffem-
» bler tous les Sujets néceffaires à fon
» exécution...
"
» En effet , où trouver ailleurs , dans
» la même Troupe , l'Opéra réuni à la
» Comédie Françoife & Italienne , la
Tragédie à la Parodie ; & dans chaque
» genre , de bons Acteurs ? Où trouver
cinq hommes & quatre femmes * chan
» tans feuls dans la plus noble Mufique
» de M. RAMEAU ? Des Ballets & un
» Orqueftre , que l'on goûte même en
» arrivant de Paris ? Une profufion dans
» la dépenfe , tant pour les Décorations
» que pour les Habits ? Voilà ce qui ne
» fe trouve qu'à Bordeaux.
» M. DE BELMONT , Directeur des
» Spectacles de cette Ville, a fi bien rem-
» pli l'attente de M. le Maréchal , que ce
» Spectacle a été également admiré par
» la magnificence , par le goût , & par
» l'enfemble de toutes fes parties.
* On tranſcrit fidèlement cette Lettre , fans pré-
tendre en critiquer ni juſtifier quelques expreffions.
M.
JANVIER. 1764.
169
" M. de Voltaire, fe rendant aux de-
» firs de M. de Belmont , lui a envoyé un
» nouveau Prologue , qu'il a prononcé le
» 26 Novembre , avant la première re-
préfentation , en préfence de M. le Ma-
» réchal. Cette feule Pièce fuffit pour
» me faire eſpérer , Meffieurs , que vous
inférerez dans votre Mercure cette
» Lettre-ci , qui du moins aura le mérite
» d'amener une nouveauté, plus rem-
»plie de chofes que de mots.
NOUVEAU PROLOGUE de la Princeſſe
de Navarre , par M. DE VOLTAIRE.
Nous ofons retracer cette Fête éclatante ,
Que donna dans Verfailles , au plus aimé des Rois
Le Héros qui le repréſente ,
Et qui nous fait chérir les loix.
Ses mains en d'autres lieux ont porté la Victoire ;
Il porte ici le Goût , les Beaux-Arts & les Jeux ,
Et c'eſt une nouvelle gloire.
Mars fait des Conquérans, la Paix fait des heureux.
Des Grecs & des Romains , les Spectacles pompeux
De l'Univers encore occupent la mémoire ;
Auffi-bien que leurs Camps , teurs Cirques font
fameux.
Melpomène , Thalie , Eutherpe & Terpficore
Ont enchanté les Grecs , & fçavent plaire encore
A nos Français polis , & qui penfent comme eux.
I. Vol.
H
170 MERCURE DE FRANCE.
La Guerre défend la Patrie ,
Le Commerce peut l'enrichir ;
Les Loix fontfon repos , les Arts la font fleurir,
La valeur , les talens , les travaux , l'induftrie ,
Tout brille parmi vous : quevos heureux remparts
Soient le Temple éternel de la Paix & des Arts.
» Ce Spectacle a déja été repréſenté
» trois fois , & toujours avec une af-
» fluence égale à la fatisfaction des Spec
» tateurs.
» J'ai l'honneur d'être , avec une ef-
» time refpe&ueuſe ,
MESSIEURS ,
» Votre , &c.
"
»LOUIS-CLAUDE LE CLERC.
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Résumé : LETTRE AUX AUTEURS DU MERCURE. A Bordeaux, ce 9 Décembre 1763.
Le 9 décembre 1763, une lettre informe de la représentation de 'La Princesse de Navarre', une comédie-ballet jouée à Versailles en 1745 lors du mariage du Dauphin avec l'Infante d'Espagne. Cette œuvre, sélectionnée par le maréchal-duc de Richelieu, rassemble divers talents artistiques, comme mentionné par Voltaire dans sa préface. La pièce, jamais représentée en dehors de la cour, requiert une troupe exceptionnelle incluant opéra, comédie française et italienne, tragédie et parodie, ainsi que des chanteurs et musiciens de haut niveau dirigés par Jean-Philippe Rameau. Les décors et costumes sont somptueux. Le directeur des spectacles de Bordeaux, M. de Belmont, a satisfait les exigences du maréchal. Voltaire a écrit un nouveau prologue pour cette représentation, prononcé le 26 novembre en présence du maréchal. Le spectacle a été acclamé et joué trois fois avec succès. La lettre espère que le Mercure publiera cette information.
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10589
p. *171-171
SUITE de celles d'Octobre. De MUNICH, le 14 Septembre 1763.
Début :
Les Bulles du Pape qui confirment l'élection du Chapitre de Freysingen [...]
Mots clefs :
Bulles pontificales, Pape, Élection, Prince Clément de Saxe, Acclamations
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de celles d'Octobre. De MUNICH, le 14 Septembre 1763.
De MUNICH , le 14 Septembre 1763.
Lis Bulles du Pape qui confirment l'élection
LES
du Chapitre de Freylingen font arrivées il y a
cinq jours . Hier , le Prince Clément de Saxe a
pris poffeffion de cet Evêché avec les folemnités
ordinaires , & a été reçu par fes nouveaux Sujets
avec des acclamations univerfelles.
Lis Bulles du Pape qui confirment l'élection
LES
du Chapitre de Freylingen font arrivées il y a
cinq jours . Hier , le Prince Clément de Saxe a
pris poffeffion de cet Evêché avec les folemnités
ordinaires , & a été reçu par fes nouveaux Sujets
avec des acclamations univerfelles.
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10590
p. 171-172
De VERSAILLES, le 28 Septembre 1763.
Début :
Le Roi partira pour Fontainebleau le 5 du mois prochain, la Reine [...]
Mots clefs :
Famille royale, Princesse, Grossesse, Audience, Contrat de mariage, Baronne, Comte, Roi
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 28 Septembre 1763.
De VERSAILLES , le 28 Septembre 1763.
La Roi partira pour Fontainebleau les du
L.
mois prochain ; la Reine & Meldames accompagneront
Sa Maefté. La groffelle de Madame la
Dauphine étant déclarée , cette Princeffe , ainfi
que Mgr le Dauphin , les jeunes Princes & Ma -`
dame , refteront à Verſailles pendant ce voyage.
Le Marquis de Grimaldi , Ambaffadeur Extraordinaire
de Sa Majefté Catholique , eut le 21-
de ce mois , une audience du Roi , dans laquelle
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
il prit congé de Sa Majefté & lui préſenta fes
lettres de rappel. Il fut conduit à cette audience ,
ainsi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambafladeurs.
Le 20 de ce mois , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage
du Marquis de Sorens & de Demoiſelle Maillé de
Carman .
Le 25 , la Baronne
de Breteuil
, Ambaffadrice
à la Cour
de Suéde
, prit congé
de Leurs
Majeftés
& de la Famille
Royale
.
Le 27 , le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur
Extraordinaire du Roi des Deux - Siciles ,
eut une audience particulière du Roi , àછે
qui il préfenta le Prince de Mafferano , Grand
d'Efpagne & Ambaffadeur de Sa Majefté Catholique
a la Cour de Londres. Il fut conduit à
cette Audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur de la Live ,
Introducteur des Ambaffadeurs.
La Roi partira pour Fontainebleau les du
L.
mois prochain ; la Reine & Meldames accompagneront
Sa Maefté. La groffelle de Madame la
Dauphine étant déclarée , cette Princeffe , ainfi
que Mgr le Dauphin , les jeunes Princes & Ma -`
dame , refteront à Verſailles pendant ce voyage.
Le Marquis de Grimaldi , Ambaffadeur Extraordinaire
de Sa Majefté Catholique , eut le 21-
de ce mois , une audience du Roi , dans laquelle
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
il prit congé de Sa Majefté & lui préſenta fes
lettres de rappel. Il fut conduit à cette audience ,
ainsi qu'à celles de la Reine & de la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambafladeurs.
Le 20 de ce mois , Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage
du Marquis de Sorens & de Demoiſelle Maillé de
Carman .
Le 25 , la Baronne
de Breteuil
, Ambaffadrice
à la Cour
de Suéde
, prit congé
de Leurs
Majeftés
& de la Famille
Royale
.
Le 27 , le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur
Extraordinaire du Roi des Deux - Siciles ,
eut une audience particulière du Roi , àછે
qui il préfenta le Prince de Mafferano , Grand
d'Efpagne & Ambaffadeur de Sa Majefté Catholique
a la Cour de Londres. Il fut conduit à
cette Audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur de la Live ,
Introducteur des Ambaffadeurs.
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Résumé : De VERSAILLES, le 28 Septembre 1763.
Le 28 septembre 1763, depuis Versailles, il est annoncé que le Roi se rendra à Fontainebleau le mois suivant avec la Reine et les princesses. La Dauphine, enceinte, ainsi que le Dauphin et les jeunes princes et princesses, resteront à Versailles. Le Marquis de Grimaldi, ambassadeur extraordinaire du Roi d'Espagne, a pris congé du Roi le 21 septembre après avoir présenté ses lettres de rappel. Il a été accompagné par le sieur de la Live lors des audiences avec la Reine et la famille royale. Le 20 septembre, les souverains et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Marquis de Sorens et de Mademoiselle Maillé de Carman. Le 25 septembre, la Baronne de Breteuil, ambassadrice à la cour de Suède, a pris congé des souverains et de la famille royale. Le 27 septembre, le Comte de Cantillana, ambassadeur extraordinaire du Roi des Deux-Siciles, a présenté au Roi le Prince de Masserano, ambassadeur du Roi d'Espagne à la cour de Londres.
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10591
p. 172-173
De PARIS, le 30 Septembre 1763.
Début :
Il paroît une Ordonnance du Roi, du 31 Juillet dernier, par laquelle Sa Majesté ordonne [...]
Mots clefs :
Ordonnance du roi, Colonies, Paquebots, Délinquants, Îles, Officier, Élection, Abbé, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 30 Septembre 1763.
De PARIS , le 30 Septembre 1763 ,
du
3x
1 paroît une Ordonnance du Roi ,
Juillet dernier , par laquelle Sa Majesté ordonne
qu'il y ait à l'avenir neuf corvettes ou paquebots
dans le Port de Rochefort , deſtinés à porter
dans les Colonies les Ordres du Roi & en
rapporter les lettres de fes Gouverneurs , Intendans
, & autres perfonnes employées à l'admini
tration. Il partira tous les mois , & , autant que
faire fe pourra , le 10 , un de ces paquebots ;
l'Officier qui le commandera fera tenu de recevoir
à fon bord les jeunes gens de mauvaiſe
conduite qui lui feront remis par le Commandant
de la Marine à Rochefort. Il fe rendra en
JANVIER. 1764. 173
droiture à l'Ifle de Cayenne , de là à la Martinique,
& enfuite à S. Domingue , d'où il retourpera
directement à Rochefort. Il recevra fur
fon bord à Cayenne , à la Martinique & à S. Domingue
les Officiers & foldats qui auront obtenu
leurs congés pour revenir en France. Sa Majefté
permet que le Directeur de la Poſte à Rochefort
remette au Commandant de la Marine
en ce Port les lettres qui lui auront été adreflées
des différentes Provinces du Royaume pour les
Colonies , lefquelles feront remiſes à l'Oficier
qui commande le Paquebot.
Charles- François Delorme , qui a été élu il
a trois ans Abbé de Sainte Geneviève & Supérieur
Général de la Congrégation de France , a
été confirmé dans ces deux Places , le 15 de ce
mois , par le Chapitre Général de la Congré
gation .
་
Le trente-troifiéme tirage de la Loterie de
PHôtel- de-Ville s'eft fait le 24 de ce mois en
la manière accoutumée. Le lot de cinquante
mille livres eft échu au Numéro 11575 ; celui
de vingt mille livres au Numéro 2554 & les
denx lots de dix mille livres aux Numéros 99 $ 9
17451.
du
3x
1 paroît une Ordonnance du Roi ,
Juillet dernier , par laquelle Sa Majesté ordonne
qu'il y ait à l'avenir neuf corvettes ou paquebots
dans le Port de Rochefort , deſtinés à porter
dans les Colonies les Ordres du Roi & en
rapporter les lettres de fes Gouverneurs , Intendans
, & autres perfonnes employées à l'admini
tration. Il partira tous les mois , & , autant que
faire fe pourra , le 10 , un de ces paquebots ;
l'Officier qui le commandera fera tenu de recevoir
à fon bord les jeunes gens de mauvaiſe
conduite qui lui feront remis par le Commandant
de la Marine à Rochefort. Il fe rendra en
JANVIER. 1764. 173
droiture à l'Ifle de Cayenne , de là à la Martinique,
& enfuite à S. Domingue , d'où il retourpera
directement à Rochefort. Il recevra fur
fon bord à Cayenne , à la Martinique & à S. Domingue
les Officiers & foldats qui auront obtenu
leurs congés pour revenir en France. Sa Majefté
permet que le Directeur de la Poſte à Rochefort
remette au Commandant de la Marine
en ce Port les lettres qui lui auront été adreflées
des différentes Provinces du Royaume pour les
Colonies , lefquelles feront remiſes à l'Oficier
qui commande le Paquebot.
Charles- François Delorme , qui a été élu il
a trois ans Abbé de Sainte Geneviève & Supérieur
Général de la Congrégation de France , a
été confirmé dans ces deux Places , le 15 de ce
mois , par le Chapitre Général de la Congré
gation .
་
Le trente-troifiéme tirage de la Loterie de
PHôtel- de-Ville s'eft fait le 24 de ce mois en
la manière accoutumée. Le lot de cinquante
mille livres eft échu au Numéro 11575 ; celui
de vingt mille livres au Numéro 2554 & les
denx lots de dix mille livres aux Numéros 99 $ 9
17451.
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Résumé : De PARIS, le 30 Septembre 1763.
Le 30 septembre 1763, une ordonnance royale de juillet 1763 prévoit la création de neuf corvettes ou paquebots au port de Rochefort. Ces navires doivent partir chaque mois, idéalement le 10, pour transporter les ordres du roi vers les colonies et en rapporter les correspondances des gouverneurs, intendants et autres administrateurs. Leur itinéraire inclut l'île de Cayenne, la Martinique, Saint-Domingue, et le retour à Rochefort. Les officiers et soldats en congé peuvent embarquer à Cayenne, à la Martinique et à Saint-Domingue. Le directeur de la poste à Rochefort peut remettre les lettres destinées aux colonies au commandant de la marine, qui les transmet ensuite au commandant du paquebot. Par ailleurs, Charles-François Delorme a été confirmé comme abbé de Sainte-Geneviève et supérieur général de la Congrégation de France le 15 septembre. Le trente-troisième tirage de la loterie de l'Hôtel-de-Ville a eu lieu le 24 septembre, attribuant le lot de cinquante mille livres au numéro 11575, celui de vingt mille livres au numéro 2554, et les deux lots de dix mille livres aux numéros 998 et 17451.
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10592
p. 173
MARIAGE.
Début :
Le 26 Septembre, on célébra dans l'Eglise Paroissiale de Notre-Dame à Versailles [...]
Mots clefs :
Célébration, Église paroissiale, Mariage, Marquis, Demoiselle, Bénédiction nuptiale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
1
Le 26 Septembre , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale
de Notre - Dame à Verfailles , le mariage
du Marquis de Sorens avec Demoiſelle Maillé
de Carman. La bénédiction nuptiale leur fut donnée
, en préſence du fieur Allart , Curé de la Paroiffe
, par l'Archevêque de Tours.
1
Le 26 Septembre , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale
de Notre - Dame à Verfailles , le mariage
du Marquis de Sorens avec Demoiſelle Maillé
de Carman. La bénédiction nuptiale leur fut donnée
, en préſence du fieur Allart , Curé de la Paroiffe
, par l'Archevêque de Tours.
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10593
p. 173-174
MORT.
Début :
Louis Verjus, Marquis de Crecy, Maréchal de Camp, Gouverneur & [...]
Mots clefs :
Marquis, Maréchal de camp, Gouverneur, Province, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
Louis Verjus , Marquis de Crecy , Maréchal de
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
Camp , Gouverneur & Lieutenant- Général pour
le Roi de la Province & du Pays Toulois , eft
mort à Paris , le 27 Septembre , âgé de quatrevingt
un ans.
Louis Verjus , Marquis de Crecy , Maréchal de
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE.
Camp , Gouverneur & Lieutenant- Général pour
le Roi de la Province & du Pays Toulois , eft
mort à Paris , le 27 Septembre , âgé de quatrevingt
un ans.
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10594
p. 174
De VIENNE, le 21 Septembre 1763.
Début :
Le 17 de ce mois, Fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, l'Impératrice Reine nomma [...]
Mots clefs :
Fête, Sainte-Croix, Impératrice Reine, Nominations, Princesse, Cérémonies, Archiduchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 21 Septembre 1763.
De VLENNE , le 21 Septembre 1763.
B 17 de ce mois , Fête de l'Exaltation de la
Sainte Croix , l'Impératrice Reine nomma Dames
de l'Ordre de la Croix Eroilée Dona Marie-
Louife , Infante d'Espagne , & Madame Louiſe-
Marie-Therele , Princelle de Parme. La première
de ces Princelles fut repréſentée aux cérémonies
de la réception par l'Archiducheffe Marie - Anne,
& la feconde par l'Archiducheffe Marie Chrif
tine.
B 17 de ce mois , Fête de l'Exaltation de la
Sainte Croix , l'Impératrice Reine nomma Dames
de l'Ordre de la Croix Eroilée Dona Marie-
Louife , Infante d'Espagne , & Madame Louiſe-
Marie-Therele , Princelle de Parme. La première
de ces Princelles fut repréſentée aux cérémonies
de la réception par l'Archiducheffe Marie - Anne,
& la feconde par l'Archiducheffe Marie Chrif
tine.
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10595
p. 174
De LISBONNE, le 27 Septembre 1763.
Début :
La Princesse du Brésil est accouchée hier très-heureusement d'un Prince. [...]
Mots clefs :
Naissance, Prince, Princesse, Brésil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De LISBONNE, le 27 Septembre 1763.
De LISBONNE , le 27 Septembre 1763.
La Princeffe du Bréfil eft accouchée hier très
reufement d'un Prince.
La Princeffe du Bréfil eft accouchée hier très
reufement d'un Prince.
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10596
p. 174-175
De MADRID, le 11 Octobre 1763.
Début :
Le Comte de Maillebois, Chevalier des Ordres du Roi Très-Chrétien & Lieutenant-Général [...]
Mots clefs :
Comte, Chevalier des Ordres du roi, Nominations, Ambassadeur, Empereur, Mariage, Successeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MADRID, le 11 Octobre 1763.
De MADRID , le 11 Octobre 1763.
Le Comte de Maillebois , Chevalier des Ordres
du Roi Très- Chrétien & Lieutenant- Général
de fes Armées , arriva le 10 du mois dernier , રે
S. Ildephone , & fut préſenté le lendemain au
par l'Ambaffadeur de France . Roi
Le Comte de Rofemberg a été nommé auprès
de Sa Majesté Anballadeur de l'Empereur
& de l'Impératrice Reine qui ont bien voulu le
revêtir de cette qualité , pour lui témoigner leur
JANVIER. 1764. 175
fatisfaction de la manière avec laquelle il a né
gocié & conclu le mariage de l'Archiduc Léopold
, défigné Succeffeur de l'Empereur dans fes
Etats de Toſcane , avec l'Infante Marie- Louiſe .
Le Comte de Maillebois , Chevalier des Ordres
du Roi Très- Chrétien & Lieutenant- Général
de fes Armées , arriva le 10 du mois dernier , રે
S. Ildephone , & fut préſenté le lendemain au
par l'Ambaffadeur de France . Roi
Le Comte de Rofemberg a été nommé auprès
de Sa Majesté Anballadeur de l'Empereur
& de l'Impératrice Reine qui ont bien voulu le
revêtir de cette qualité , pour lui témoigner leur
JANVIER. 1764. 175
fatisfaction de la manière avec laquelle il a né
gocié & conclu le mariage de l'Archiduc Léopold
, défigné Succeffeur de l'Empereur dans fes
Etats de Toſcane , avec l'Infante Marie- Louiſe .
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Résumé : De MADRID, le 11 Octobre 1763.
Le 11 octobre 1763, le Comte de Maillebois, Lieutenant-Général des Armées, est arrivé à Madrid et présenté au Roi d'Espagne. Le Comte de Rosenberg est nommé Ambassadeur de l'Empereur et de l'Impératrice Reine. Cette nomination marque leur satisfaction sur le mariage entre l'Archiduc Léopold et l'Infante Marie-Louise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10597
p. 175
De FLORENCE, le 20 Septembre 1763.
Début :
On vient d'apprendre que le Prince Héréditaire de Modene a été arrêté le 14 [...]
Mots clefs :
Prince héréditaire, Duc de Modène, Château, Prisonnier
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texteReconnaissance textuelle : De FLORENCE, le 20 Septembre 1763.
De FLORENCE , le 20 Septembre 1763 .
On vient d'apprendre que le Prince Héréditai
re de Modene a été arrêté le 14 du mois dernier
, par ordre du Duc de Modene fon pere ,
& qu'il a été conduit au Château de Saffuolo ,
où il eft gardé par un détachement de troupes.
On vient d'apprendre que le Prince Héréditai
re de Modene a été arrêté le 14 du mois dernier
, par ordre du Duc de Modene fon pere ,
& qu'il a été conduit au Château de Saffuolo ,
où il eft gardé par un détachement de troupes.
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10598
p. 175
De GENES, le 14 Septembre 1763.
Début :
Les affaires de Corse sont toujours dans le même état. Il est arrivé de la Bastie, [...]
Mots clefs :
Corse, Bâtiment, Parti, Rebelles, Armes, Engagement
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texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 14 Septembre 1763.
De GENES , le 14 Septembre 1763.
Les affaires de Corfe font toujours dans le
même état.
Il est arrivé de la Baftie , ces jours derniers ,
un Bâtiment par lequel on a appris que Pafchal
Paoli étoit parvenu à engager dans fon parti la
Piéve de Calenzana dans la Balagne : outre que
cette l'ieve peut mettre plus de fix cens hommes
fous les armes , le Chef des Rebelles à eu prin
cipalement en vue d'empêcher qu'elle ne fournit
des vivres à Calvi , dont elle est très- voifine.
Les affaires de Corfe font toujours dans le
même état.
Il est arrivé de la Baftie , ces jours derniers ,
un Bâtiment par lequel on a appris que Pafchal
Paoli étoit parvenu à engager dans fon parti la
Piéve de Calenzana dans la Balagne : outre que
cette l'ieve peut mettre plus de fix cens hommes
fous les armes , le Chef des Rebelles à eu prin
cipalement en vue d'empêcher qu'elle ne fournit
des vivres à Calvi , dont elle est très- voifine.
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10599
p. 175-176
Du 26.
Début :
Suivant les dernières nouvelles de Corse, nos troupes se disposent à abandonner [...]
Mots clefs :
Corse, Troupes, Positions, Assemblée générale, Soumission, Général, Arrêt, Gouvernement, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : Du 26.
Du 26.
Suivant les dernières nouvelles de Corfe , nos
troupes fe difpofent à abandonner le Maccinaggio
, parce que l'importance de cette pofition
n'eft pas proportionnée aux dépenfes qu'on eft
obligé de faire pour la conferver ; le Gouvernement
le bornera , dit- on , à fortifier & à faire
garder la Cofcio , pofte qui n'eft pas éloigné du
Maccinaggio. On ajoute que Paoli a convoqué
une affemblée générale de la Nation , pour dé
libérer fur les mesures qu'il conviendra de pren-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
dre au cas que l'on envoye des troupes étrangères
pour foumettre l'Ifle à la République.
Le Général des Religieux Services a refufé
conftamment de rappeller de Corſe le Viſiteur
qu'il a envoyés en conféquence , l'Arrêt de prof
cription qui a été lancé contre ces Pères a été
mis à exécution . Le 19 , ils évacuerent les trois
maifons qu'ils occupoient dans les Etats de la
République, & le Gouvernement a placé les Carmes
Déchauffés dans celle de Gênes , les Récol-
Lets dans celle de Savone , & les Auguſtins Réformés
dans celle de Camogli.
Le Chevalier du Muy , après avoir féjourné
fept jours dans cette Ville , en eſt parti le 23
pour retourner en France.
Suivant les dernières nouvelles de Corfe , nos
troupes fe difpofent à abandonner le Maccinaggio
, parce que l'importance de cette pofition
n'eft pas proportionnée aux dépenfes qu'on eft
obligé de faire pour la conferver ; le Gouvernement
le bornera , dit- on , à fortifier & à faire
garder la Cofcio , pofte qui n'eft pas éloigné du
Maccinaggio. On ajoute que Paoli a convoqué
une affemblée générale de la Nation , pour dé
libérer fur les mesures qu'il conviendra de pren-
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
dre au cas que l'on envoye des troupes étrangères
pour foumettre l'Ifle à la République.
Le Général des Religieux Services a refufé
conftamment de rappeller de Corſe le Viſiteur
qu'il a envoyés en conféquence , l'Arrêt de prof
cription qui a été lancé contre ces Pères a été
mis à exécution . Le 19 , ils évacuerent les trois
maifons qu'ils occupoient dans les Etats de la
République, & le Gouvernement a placé les Carmes
Déchauffés dans celle de Gênes , les Récol-
Lets dans celle de Savone , & les Auguſtins Réformés
dans celle de Camogli.
Le Chevalier du Muy , après avoir féjourné
fept jours dans cette Ville , en eſt parti le 23
pour retourner en France.
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Résumé : Du 26.
Le 26, les troupes françaises se préparent à quitter le Maccinaggio, jugé peu stratégique. Le gouvernement envisage de fortifier la Coscia, près du Maccinaggio. Paoli convoque une assemblée générale pour discuter des mesures à prendre en cas d'intervention étrangère pour soumettre la Corse à la République. Le Général des Religieux Services refuse de rappeler le Visiteur envoyé en Corse. Le 19, les Pères ont évacué leurs maisons dans les États de la République. Le gouvernement reloge les Carmes Déchaussés à Gênes, les Récollets à Savone et les Augustins Réformés à Camogli. Le Chevalier du Muy quitte la ville le 23 après un séjour de sept jours pour retourner en France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10600
p. 176
De TURIN, le 12 Octobre.
Début :
La Princesse Victoire de Savoie, petite Niéce du feu Prince Eugene & épouse [...]
Mots clefs :
Princesse Victoire, Nièce, Prince de Saxe, Décès, Apoplexie
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texteReconnaissance textuelle : De TURIN, le 12 Octobre.
De TURIN , le 12 Octobre.
La Princeffe Victoire de Savoie , petite Niéce
du feu Prince Eugene & épouſe du Prince de Saxe
Hildburghauſen , eft morte dans la nuit du 10
au 11 d'une attaque d'apopléxie ; elle avoit quatre-
vingts ans révolus.
La Princeffe Victoire de Savoie , petite Niéce
du feu Prince Eugene & épouſe du Prince de Saxe
Hildburghauſen , eft morte dans la nuit du 10
au 11 d'une attaque d'apopléxie ; elle avoit quatre-
vingts ans révolus.
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