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10601
p. 176
De HUNINGUE, le 11 Octobre 1763.
Début :
Le Chevalier de Beauteville, Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis [...]
Mots clefs :
Chevalier, Commandeur, Armées du roi, Suisse
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texteReconnaissance textuelle : De HUNINGUE, le 11 Octobre 1763.
De HUNINGUE , le 11 Octobre 1763.
Le Chevalier de Beauteville , Commandeur de
'Ordre Royal & Militaire de S. Louis Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Ambaſſadeur
de Sa Majesté en Suiffe , arriva le 8 en cette
Ville , où il reçut les honneurs dûs à ſon carac-
¿ère .
Le Chevalier de Beauteville , Commandeur de
'Ordre Royal & Militaire de S. Louis Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Ambaſſadeur
de Sa Majesté en Suiffe , arriva le 8 en cette
Ville , où il reçut les honneurs dûs à ſon carac-
¿ère .
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10602
p. 176-177
De ZURICH, le 20 Octobre 1763.
Début :
Le sieur de Fontaine, Gentilhomme de l'Ambassade de France, a remis aujourd'hui aux Bourgue mestres [...]
Mots clefs :
Gentilhomme, Ambassade de France, Suisse, Accréditation, Chevalier, Corps helvétique, Trois ligues grises, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : De ZURICH, le 20 Octobre 1763.
De ZURICH , le 20 Octobre 1763.
Le fieur de Fontaine , Gentilhomme de l'Ambaffade
de France , a remis aujourd'hui aux
Bourgue mestres de ce canton la Lettre par laquelle
Sa Majesté Très-Chrétienne accrédite le
JANVIER. 1764. 177
Chevalier de Beauteville auprès du Corps Helvétique
. Le fieur de Fontaine doit fe rendre demain
a Coire pour remplir la même miſſion auprès
des Chefs des trois Ligues Grifes. Le Marquis
d'Entraigues , qui étoit chargé des Affaires de
France , a pris congé du Corps Helvétique.
Le fieur de Fontaine , Gentilhomme de l'Ambaffade
de France , a remis aujourd'hui aux
Bourgue mestres de ce canton la Lettre par laquelle
Sa Majesté Très-Chrétienne accrédite le
JANVIER. 1764. 177
Chevalier de Beauteville auprès du Corps Helvétique
. Le fieur de Fontaine doit fe rendre demain
a Coire pour remplir la même miſſion auprès
des Chefs des trois Ligues Grifes. Le Marquis
d'Entraigues , qui étoit chargé des Affaires de
France , a pris congé du Corps Helvétique.
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Résumé : De ZURICH, le 20 Octobre 1763.
Le 20 octobre 1763, le sieur de Fontaine a remis une lettre aux bourgmestres de Zurich accréditant le chevalier de Beauteville auprès du Corps Helvétique. Il doit ensuite se rendre à Coire pour une mission similaire auprès des Ligues Grises. Le marquis d'Entraigues a quitté ses fonctions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10603
p. *177-177
De LONDRES, le 21 Octobre 1763.
Début :
Le Comte de Guerchy, Ambassadeur de la Cour de France [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassadeur, Cour de France
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texteReconnaissance textuelle : De LONDRES, le 21 Octobre 1763.
De LONDRES , le 21 Octobre 1763.
Le Comte de Guerchy , Ambaſſadeur de la
Cour de France , eft arrivé ici le 17 .
Le Comte de Guerchy , Ambaſſadeur de la
Cour de France , eft arrivé ici le 17 .
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10604
p. 177-178
De VERSAILLES, le 5 Octobre 1763.
Début :
Le Roi de Pologne, Duc de Lorraine & de Bar, est parti d'ici aujourd'hui pour [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Duc de Lorraine, Garde des sceaux, Fonctions, Ouvrages, Famille royale
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 5 Octobre 1763.
De VERSAILLES , les Octobre 1763.
La Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eft parti d'ici aujourd'hui pour ſe rendre à
Luneville.
Le fieur Feydeau de Brou s'étant démis de la
Charge de Garde des Sceaux , Sa Majeſté l'a
donnée au fieur de Maupeou , ancien Premier
Président du Parlement de Paris , & y a joint le
Titre de Vice-Chancelier .
Le fieur Thibault de Chanvalon , Intendant
de la Cayenne , préfenta il y a quelques jours au
Roi & à la Famille Royale un Ouvrage de fa
compofition , intitulé : Voyage à la Martinique ;
& un autre Ouvrage , intitulé : Maifon Ruflique
à l'ufage de Cayenne , par le fieur de Préfontaine
.
Le fieur Buy de Mornas , Géographe de Mgr
le Duc de Berry & de Mgr le Comte de Proven ,
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
ce ,
1
a eu l'honneur , le z de ce mois , de préfen→
ter au Roi à la Reine & à toute la Famille
Royale vingt-cinq Cartes de la feconde partie
de fon Atlas Hiftorique , Chronologique & Géographique.
La Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de
Bar , eft parti d'ici aujourd'hui pour ſe rendre à
Luneville.
Le fieur Feydeau de Brou s'étant démis de la
Charge de Garde des Sceaux , Sa Majeſté l'a
donnée au fieur de Maupeou , ancien Premier
Président du Parlement de Paris , & y a joint le
Titre de Vice-Chancelier .
Le fieur Thibault de Chanvalon , Intendant
de la Cayenne , préfenta il y a quelques jours au
Roi & à la Famille Royale un Ouvrage de fa
compofition , intitulé : Voyage à la Martinique ;
& un autre Ouvrage , intitulé : Maifon Ruflique
à l'ufage de Cayenne , par le fieur de Préfontaine
.
Le fieur Buy de Mornas , Géographe de Mgr
le Duc de Berry & de Mgr le Comte de Proven ,
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
ce ,
1
a eu l'honneur , le z de ce mois , de préfen→
ter au Roi à la Reine & à toute la Famille
Royale vingt-cinq Cartes de la feconde partie
de fon Atlas Hiftorique , Chronologique & Géographique.
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Résumé : De VERSAILLES, le 5 Octobre 1763.
Le 17 octobre 1763, le roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, a quitté Versailles pour Lunéville. Feydeau de Brou a démissionné de sa charge de Garde des Sceaux, remplacé par Maupeou, nommé Vice-Chancelier. Thibault de Chanvalon a présenté au roi des ouvrages sur la Martinique et Cayenne. Buy de Mornas a offert vingt-cinq cartes de son Atlas à la famille royale.
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10605
p. 178-181
De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
Début :
Le Roi est arrivé ici le 5 de ce mois ; & la Reine, ainsi que Madame Adélaïde, [...]
Mots clefs :
Famille royale, Serment, Roi de Pologne, Décès, Toux, Léthargie, Autopsie, Démission, Ministres, Ambassadeur, Conseil royal, Comte, Duc, Gouvernement, Prince, Contrat de mariage
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texteReconnaissance textuelle : De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
De FONTAINEBLEAU , le 29 Octobre 1763.
Le Roi eft arrivé ici les de ce mois ; & la
Reine , ainsi que Madame Adélaïde , Meldames
Victoires , Sophie & Louife , y font arrivées le len
demain.
Le 9 , le fieur de Maupeou a prêté ferment entre
les mains de Sa Majefté , en qualité de Garde
des Sceaux & de Vice-Chancelier .
On a appris , le 24 , par des Lettres de Dresde,
que Frédéric- Augufte III , Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , étoit mort le s de ce mois , il étoit
né le 7 Octobre 1696 Depuis environ trois ſemaines
, ce Monarque éprouvoit un affoupiffe .
ment prefque continuel auquel s'étoit jointe une
toux fréquente il s'étonnoit quelquefois luimême
de l'elpèce de léthargie dans laquelle il
fe trouvoit plongé. Le jour de fa mort , il avoit
entendu la Meffe dans fon appartement fans qu'on
eût remarqué aucune altération fenfible dans fon
état en rentrant dans fa Chambre à coucher , il
s'eft trouvé très - mal & il a eu une intermittence
de poulx fi longue qu'on a été obligé de le faigner
du pied & de lui appliquer les véficatoires aux
jambes ; mais ces remédes n'ayant pu prévenir le
retour des étouffemens & des foibleffes qui fe
fuccédoient préfque à chaque inftant , Sa Majefté
a fuccombé à la violence du mal vers les cinq heures
du foir. Les Médecins & Chirurgiens qui ont
affifté à l'ouverture du Corps y ont remarqué , 19
plufieurs pierres dans le fiel. 2 °. quelques coma
JANVIER . 1764. 179
mencemens de polypes au coeur. 3º. une aſſez
grande quantité d'eau épanchée entre le crâne &
le cerveau. On a qualifié d'apopléxie ſéreuſe l'accident
qui a terminé la vie de ce Monarque . Ea
effet , il y a apparence que c'eft cette eau épanchée
qui produifoit l'affection foporifique dans laquelle
il retomboit fi fréquemment depuis quelques jours
& qui enfin a caufé fa mort. Le Roi a pris le
deuil à cette occafion le 18 de ce mois , & le portera
trois semaines.
Le fieur Molé , premier Péfi lent du Parlement
de Paris , ayant donné la démillion de fa charge ,
le Roi y a nommé le fieur de Maupeou , Préfident
à Mortier du même Parlement.
Le fieur O- Dunne , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi auprès de l'Electeur Palatin prit congé
le 9 de Leurs Majeftés & de la Famille Royale.
Le Comte de Starhemberg Amballa deur de
Leurs Majeftés Impériales & Royale , eut , le 11
une Audience particulière du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté le Comte de Seilern , Miniftre
de la Cour de Vienne près de Sa Majeſté Britannique.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Madame A lélaïde , &
de Meſdames Victoire , Sophie & Louife , par e
Sieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a bien voulu promettre la première
place qui viendra à vaquer , foit au Confeil Royal
des Finances , foit au Confeil des Dépêches , au
Sieur Feydeau de Marville , Confeiller d'Erat Ordinaire
, qui a remercié , le 14, Sa Majesté à cette
occafion.
Le 18 , le Roi , accompagné de Madame Adé
laide & Madame Sophie , eft parti pour aller voir
Madame la Dauphine à Verfailles, d'où Sa Majeft
eft revenu ici le lendemain.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur de Na
ples , a eu une Audience particuliere du Roi , dans
laquelle il a préfenté à Sa Majefté le Comte d'Almodovar
, Ambaffadeur de la Cour d'Espagne à
celle de Portugal . Le Comte de Rochford , Ambaffadeur
Extraordinaire d'Angleterre auprès de
Sa Majefté Catholique , a auffi été préſenté au Roi.
Le 16 , le Sieur de Maupeou prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Premier Préſident
du Parlement de Paris .
W Le 17 , le Duc & la Ducheffe de Richmont ont
pris congé de la Cour pour retourner en Angleterre.
Sa Majesté a diſpoſé du Gouvernement de Toul
& du Toulois , vacant par la mort du Marquis de
Crecy , en faveur du Marquis de Lugeac , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Commandant
des Grenadiers à Cheval , qui prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , le 28.
Le Sieur de Souza , Miniftre Plénipotentiaire de
la Cour de Portugal , notifia , le 23 de ce mois ,
à Sa Majefté , l'accouchement de la Princeffe du
Bréfil . Le Lord Hertford , Ambaffadeur de Sa Majefté
Britannique , eur , le même jour , une audience
particulière du Roi , à qui il préfenta fes
Lettres de créance ; & le 25 , le fieur de Neville ,
Miniftre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ,
en eut une femblable , dans laquelle il remit à Sa
Majefté les Lettres de rappel . Ces Miniftres furent
conduits à ces audiences , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Madame Adélaïde , & de Mefdames
Sophie & Louife , par le Sieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
Le Prince de Mafferano préfenta au Roi , le 23 ,
le premier Volume du Catalogue des Manufcrits
Arabes qui fe trouvent dans la Bibliothèque Royale
JANVIER. 1764. 181
de l'Efcurial , & que Sa Majeſté Catholique a fair
traduire en Latin ..
Leurs Majeftés , ainfi que Madame Adélaide , &
Meldames Victoire , Sophie & Louife , fignerent ,
le même jour , le Contrat de mariage du Marquis
d'Argenteuil , Aide - Major des Gardes du Corps ,
& de Demoiſelle du Ban de la Feuillée.
Le Marquis d'Aubeterre , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de ſes Ordres , &
fon Ambaffadeur Extraordinaire à Rome , prit
congé de la Cour ces jours derniers , pour ſe rendre
à fa deſtination .
Le Roi eft arrivé ici les de ce mois ; & la
Reine , ainsi que Madame Adélaïde , Meldames
Victoires , Sophie & Louife , y font arrivées le len
demain.
Le 9 , le fieur de Maupeou a prêté ferment entre
les mains de Sa Majefté , en qualité de Garde
des Sceaux & de Vice-Chancelier .
On a appris , le 24 , par des Lettres de Dresde,
que Frédéric- Augufte III , Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , étoit mort le s de ce mois , il étoit
né le 7 Octobre 1696 Depuis environ trois ſemaines
, ce Monarque éprouvoit un affoupiffe .
ment prefque continuel auquel s'étoit jointe une
toux fréquente il s'étonnoit quelquefois luimême
de l'elpèce de léthargie dans laquelle il
fe trouvoit plongé. Le jour de fa mort , il avoit
entendu la Meffe dans fon appartement fans qu'on
eût remarqué aucune altération fenfible dans fon
état en rentrant dans fa Chambre à coucher , il
s'eft trouvé très - mal & il a eu une intermittence
de poulx fi longue qu'on a été obligé de le faigner
du pied & de lui appliquer les véficatoires aux
jambes ; mais ces remédes n'ayant pu prévenir le
retour des étouffemens & des foibleffes qui fe
fuccédoient préfque à chaque inftant , Sa Majefté
a fuccombé à la violence du mal vers les cinq heures
du foir. Les Médecins & Chirurgiens qui ont
affifté à l'ouverture du Corps y ont remarqué , 19
plufieurs pierres dans le fiel. 2 °. quelques coma
JANVIER . 1764. 179
mencemens de polypes au coeur. 3º. une aſſez
grande quantité d'eau épanchée entre le crâne &
le cerveau. On a qualifié d'apopléxie ſéreuſe l'accident
qui a terminé la vie de ce Monarque . Ea
effet , il y a apparence que c'eft cette eau épanchée
qui produifoit l'affection foporifique dans laquelle
il retomboit fi fréquemment depuis quelques jours
& qui enfin a caufé fa mort. Le Roi a pris le
deuil à cette occafion le 18 de ce mois , & le portera
trois semaines.
Le fieur Molé , premier Péfi lent du Parlement
de Paris , ayant donné la démillion de fa charge ,
le Roi y a nommé le fieur de Maupeou , Préfident
à Mortier du même Parlement.
Le fieur O- Dunne , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi auprès de l'Electeur Palatin prit congé
le 9 de Leurs Majeftés & de la Famille Royale.
Le Comte de Starhemberg Amballa deur de
Leurs Majeftés Impériales & Royale , eut , le 11
une Audience particulière du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté le Comte de Seilern , Miniftre
de la Cour de Vienne près de Sa Majeſté Britannique.
Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine , de Madame A lélaïde , &
de Meſdames Victoire , Sophie & Louife , par e
Sieur de la Live , Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a bien voulu promettre la première
place qui viendra à vaquer , foit au Confeil Royal
des Finances , foit au Confeil des Dépêches , au
Sieur Feydeau de Marville , Confeiller d'Erat Ordinaire
, qui a remercié , le 14, Sa Majesté à cette
occafion.
Le 18 , le Roi , accompagné de Madame Adé
laide & Madame Sophie , eft parti pour aller voir
Madame la Dauphine à Verfailles, d'où Sa Majeft
eft revenu ici le lendemain.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE .
Le Comte de Cantillana , Ambaſſadeur de Na
ples , a eu une Audience particuliere du Roi , dans
laquelle il a préfenté à Sa Majefté le Comte d'Almodovar
, Ambaffadeur de la Cour d'Espagne à
celle de Portugal . Le Comte de Rochford , Ambaffadeur
Extraordinaire d'Angleterre auprès de
Sa Majefté Catholique , a auffi été préſenté au Roi.
Le 16 , le Sieur de Maupeou prêta ferment entre
les mains du Roi , en qualité de Premier Préſident
du Parlement de Paris .
W Le 17 , le Duc & la Ducheffe de Richmont ont
pris congé de la Cour pour retourner en Angleterre.
Sa Majesté a diſpoſé du Gouvernement de Toul
& du Toulois , vacant par la mort du Marquis de
Crecy , en faveur du Marquis de Lugeac , Lieutenant
Général des Armées du Roi , & Commandant
des Grenadiers à Cheval , qui prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , le 28.
Le Sieur de Souza , Miniftre Plénipotentiaire de
la Cour de Portugal , notifia , le 23 de ce mois ,
à Sa Majefté , l'accouchement de la Princeffe du
Bréfil . Le Lord Hertford , Ambaffadeur de Sa Majefté
Britannique , eur , le même jour , une audience
particulière du Roi , à qui il préfenta fes
Lettres de créance ; & le 25 , le fieur de Neville ,
Miniftre Plénipotentiaire de la Grande-Bretagne ,
en eut une femblable , dans laquelle il remit à Sa
Majefté les Lettres de rappel . Ces Miniftres furent
conduits à ces audiences , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Madame Adélaïde , & de Mefdames
Sophie & Louife , par le Sieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs .
Le Prince de Mafferano préfenta au Roi , le 23 ,
le premier Volume du Catalogue des Manufcrits
Arabes qui fe trouvent dans la Bibliothèque Royale
JANVIER. 1764. 181
de l'Efcurial , & que Sa Majeſté Catholique a fair
traduire en Latin ..
Leurs Majeftés , ainfi que Madame Adélaide , &
Meldames Victoire , Sophie & Louife , fignerent ,
le même jour , le Contrat de mariage du Marquis
d'Argenteuil , Aide - Major des Gardes du Corps ,
& de Demoiſelle du Ban de la Feuillée.
Le Marquis d'Aubeterre , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de ſes Ordres , &
fon Ambaffadeur Extraordinaire à Rome , prit
congé de la Cour ces jours derniers , pour ſe rendre
à fa deſtination .
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Résumé : De FONTAINEBLEAU, le 29 Octobre 1763.
En octobre 1763, plusieurs événements marquants se déroulèrent à la cour française. Le 29 octobre, le Roi arriva à Fontainebleau, suivi par la Reine et Madame Adélaïde le même jour, et par Mesdames Victoire, Sophie et Louise le lendemain. Le 9 octobre, René Nicolas de Maupeou prêta serment en tant que Garde des Sceaux et Vice-Chancelier. Le 24 octobre, des lettres de Dresde annoncèrent la mort de Frédéric-Auguste III, Roi de Pologne et Électeur de Saxe, survenue le 5 octobre. Le monarque souffrait depuis trois semaines d'étouffements et de toux fréquents. Les médecins diagnostiquèrent la présence de calculs biliaires, des polypes au cœur et une accumulation de liquide entre le crâne et le cerveau, causant une apoplexie séreuse. En janvier 1764, le Roi porta le deuil pendant trois semaines à partir du 18 janvier. René Nicolas de Maupeou fut nommé Premier Président du Parlement de Paris le 16 janvier. Plusieurs ambassadeurs et ministres présentèrent leurs lettres de créance ou prirent congé, notamment le Comte de Starhemberg, le Comte de Cantillana, le Comte de Rochford et le Lord Hertford. Le Marquis de Lugeac fut nommé Gouverneur de Toul et du Toulois. Le Sieur de Souza annonça l'accouchement de la Princesse du Brésil. Le Prince de Masserano présenta un catalogue de manuscrits arabes à la Bibliothèque Royale. Enfin, le contrat de mariage du Marquis d'Argenteuil fut signé par les membres de la famille royale.
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10606
p. 181-182
DE PARIS, le 31 Octobre 1763.
Début :
Le Baron de Breteuil, Ambassadeur du Roi près de la Cour de Suède, [...]
Mots clefs :
Baron, Ambassadeur du roi, Famille royale, Élection, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Loterie de l'école royale militaire, Numéros, Arrêt du Conseil d'État
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 31 Octobre 1763.
DE PARIS , le 31 Octobre 1763.
Le Baron de Breteuil , Ambaffadeur du Roi près
de la Cour de Suede , eft parti le 14 pour le rendre
à fa deftination. Il a eu le 2 de ce mois fon audience
de congé de Leurs Majeftés & de la Famille
Royale.
Les deux années du Rectorat du Sieur Fourneau
étant expirées , l'Univerfité de Paris s'eft affemblée
le 10 , & l'a confirmé dans cette Place d'une voix
unanime.
On apprend de Modene que le Prince Héréditaire
a été transféré , fous eſcorte , de Saffuolo à
Caftel- Alfonfo , Château fitué dans les Montagnes,
de la Garfagnana ,
Le trente-quatriéme Tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 25 de ce mois , en la
manière accoutumée. Le Lot de Cinquante mille
livres eft échu au Numero 39272 , celui de Vingt
mille livres au Numéro 39533 livres , & les deux
de Dix mille livres aux Numéros 30142 & 362020.
Les , on tiré la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
. Les Numéros fortis de la Roue de Fortune,
font 33 , 14 , 54 , 30 8. Le prochain Tirage fe
fera les Novembre .
182 MERCURE DE FRANCE.
Il paroît un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , en
date du 13 de ce mois , par lequel Sa Majesté or
donne qu'à compter du premier Novembre pro
chain , l'Affociation de la Loterie établie par Arrêt
du Confeil du 31 Août 1762 , ſera fupprimée ; que
ladite Loterie continuera fur le pied de trois livres'
le Billet , & que les plus foibles Lots , qui feront
formés de la Recette , ne pourront être moindres
que de cent cinquante livres , & à raiſon au moins
de dix Lots par mille. Le premier Tirage fe fera
le 15 Novembre prochain , & fera renouvellé tous
les mois , en quelqu'état que fe trouve la Recette.'
Le Baron de Breteuil , Ambaffadeur du Roi près
de la Cour de Suede , eft parti le 14 pour le rendre
à fa deftination. Il a eu le 2 de ce mois fon audience
de congé de Leurs Majeftés & de la Famille
Royale.
Les deux années du Rectorat du Sieur Fourneau
étant expirées , l'Univerfité de Paris s'eft affemblée
le 10 , & l'a confirmé dans cette Place d'une voix
unanime.
On apprend de Modene que le Prince Héréditaire
a été transféré , fous eſcorte , de Saffuolo à
Caftel- Alfonfo , Château fitué dans les Montagnes,
de la Garfagnana ,
Le trente-quatriéme Tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 25 de ce mois , en la
manière accoutumée. Le Lot de Cinquante mille
livres eft échu au Numero 39272 , celui de Vingt
mille livres au Numéro 39533 livres , & les deux
de Dix mille livres aux Numéros 30142 & 362020.
Les , on tiré la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
. Les Numéros fortis de la Roue de Fortune,
font 33 , 14 , 54 , 30 8. Le prochain Tirage fe
fera les Novembre .
182 MERCURE DE FRANCE.
Il paroît un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , en
date du 13 de ce mois , par lequel Sa Majesté or
donne qu'à compter du premier Novembre pro
chain , l'Affociation de la Loterie établie par Arrêt
du Confeil du 31 Août 1762 , ſera fupprimée ; que
ladite Loterie continuera fur le pied de trois livres'
le Billet , & que les plus foibles Lots , qui feront
formés de la Recette , ne pourront être moindres
que de cent cinquante livres , & à raiſon au moins
de dix Lots par mille. Le premier Tirage fe fera
le 15 Novembre prochain , & fera renouvellé tous
les mois , en quelqu'état que fe trouve la Recette.'
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Résumé : DE PARIS, le 31 Octobre 1763.
Le 31 octobre 1763, le Baron de Breteuil, ambassadeur du Roi près de la Cour de Suède, a quitté Paris le 14 octobre après avoir reçu son audience de congé le 2 octobre. L'Université de Paris a renouvelé le mandat du Sieur Fourneau comme recteur à l'unanimité le 10 octobre. À Modène, le Prince Héréditaire a été transféré de Sassuolo à Castel Alfonso. Le 25 octobre, le trente-quatrième tirage de la loterie de l'Hôtel de Ville a attribué des lots de cinquante mille, vingt mille et dix mille livres. La loterie de l'École Royale Militaire a également eu lieu, avec les numéros 33, 14, 54, 30 et 8 sortis. Un arrêt du Conseil d'État du Roi, daté du 13 octobre, a ordonné la suppression de l'association de la loterie établie en 1762 à partir du 1er novembre. La loterie continuera avec des billets à trois livres et des lots minimums de cent cinquante livres, avec au moins dix lots par mille. Le premier tirage sous cette nouvelle réglementation se tiendra le 15 novembre et sera renouvelé mensuellement.
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10607
p. 182
MARIAGE.
Début :
Gilbert-Allire-Antoine Marquis de Langhac, Mestre de Camp du Régiment [...]
Mots clefs :
Marquis, Maitre de camp, Chanoinesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Gilbert-Allire- Antoine Marquis de Langhac ,
Meftre de Camp du Régiment de Conty , Cavalerie
, a épousé ,le 12 Septembre , Charlotte-Chrif
tine de Lenoncourt , Chanoineffe de Remiremont .
Gilbert-Allire- Antoine Marquis de Langhac ,
Meftre de Camp du Régiment de Conty , Cavalerie
, a épousé ,le 12 Septembre , Charlotte-Chrif
tine de Lenoncourt , Chanoineffe de Remiremont .
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10608
p. 182-184
MORTS.
Début :
Charlotte de Rouvroy-Saint-Simon, Veuve de Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin [...]
Mots clefs :
Veuve, Prince, Comte, Décès, Évêque, Abbé, Conseiller au Parlement, Commandeur, Vicomte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Charlotte de Rouvroy- Saint- Simon , Veuve de
Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin de Liétard
, Prince de Chimay , Comte de Bollut , Prince
du Saint Empire , Grand d'Eſpagne , Chevalier de
la Toîfon d'or , & Lieutenant Général des Armées
du Roi & de Sa Majefté Catholique , eft morte en
cette Ville le 29 Septembre , dans la foixante- huitiéme
année de fon âge.
Claude-Antoine de Choifeul , Evêque- Comte de
Châlons , cinquiéme Pair Eccléfiaftique de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Monſtier- en- Der , Ordre de Saint Benoît , même
Diocèle , eft mort en fon Palais Epifcopal , le deux
Octobre , dans la foixante-fixième année de ſon
âge.
JANVIER . 1764. 183
Jean-Antoine Gros de Belair , Abbé Régulier
de Chancellade Ordre de Saint Anguftin , Dio+
cèle de Périgueux , & Supérieur Général de la
Congrégation des Chanoines Réguliers du nom
de fon Abbaye , y eft mort , dans les premiers
jours d'Octobre , dans la quatre - vingt- quatriéme
année de fon àge.
"
Louife- Barbe Berthon de Crillon , Abbeſſe de
l'Abbaye Royale de Villiers , Ordre de Cîteaux
Diocèfe de Sens , eft morte dans la foixante- feptiéme
année de fon âge. Elle étoit Abbefle de
cette Maiſon depuis plus de quarante ans , & étoit
foeur du feu Archevêque de Narbonne du même
nom .
N. le Febvre de Mégrigny , Confeiller- Clerc au
Parlement , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint George-des-Bois Ordre de S. Auguftin ,
Diocèſe du Mans , & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
eft mort en cette Ville , le 17 Octobre , âgé de
quarante- deux ans .
Frere Anne Hillarion Dupleffis - Châtillon de
Nonant , Religieux Profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , Commandeur des Commanderies
de Maupas & de Soiffons , eft mort ici le 17 Octobre
, âgé de foixante- quatorze ans.
Catherine de Menou , Prieure du Prieuré Perpétuel
de Notre- Dame de la Bourdillière , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Tours , eft morte le 12
Octobre , dans la quatre-vingt- troifiéme année
de fon âge. Elle étoit la troifiéme Supérieure de
cette Maiſon fondée en 1662 par Louis de Menou
de Boullai . dont la foeur & la fille ont été fucceffivement
les deux premières Supérieures . Celle
dont on annonce aujourd'hui la mort, étoit petitefille
du Fondateur.
On a appris , par des Lettres de Saint-Doming
184 MERCURE DE FRANCE .
gue , que le Vicomte de Bellunce , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Gouverneur Généraľ
de cette Ifle , y étoit mort le 4 Août dernier.
Charlotte de Rouvroy- Saint- Simon , Veuve de
Charles-Louis-Antoine Galeas de Hennin de Liétard
, Prince de Chimay , Comte de Bollut , Prince
du Saint Empire , Grand d'Eſpagne , Chevalier de
la Toîfon d'or , & Lieutenant Général des Armées
du Roi & de Sa Majefté Catholique , eft morte en
cette Ville le 29 Septembre , dans la foixante- huitiéme
année de fon âge.
Claude-Antoine de Choifeul , Evêque- Comte de
Châlons , cinquiéme Pair Eccléfiaftique de France,
Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de
Monſtier- en- Der , Ordre de Saint Benoît , même
Diocèle , eft mort en fon Palais Epifcopal , le deux
Octobre , dans la foixante-fixième année de ſon
âge.
JANVIER . 1764. 183
Jean-Antoine Gros de Belair , Abbé Régulier
de Chancellade Ordre de Saint Anguftin , Dio+
cèle de Périgueux , & Supérieur Général de la
Congrégation des Chanoines Réguliers du nom
de fon Abbaye , y eft mort , dans les premiers
jours d'Octobre , dans la quatre - vingt- quatriéme
année de fon àge.
"
Louife- Barbe Berthon de Crillon , Abbeſſe de
l'Abbaye Royale de Villiers , Ordre de Cîteaux
Diocèfe de Sens , eft morte dans la foixante- feptiéme
année de fon âge. Elle étoit Abbefle de
cette Maiſon depuis plus de quarante ans , & étoit
foeur du feu Archevêque de Narbonne du même
nom .
N. le Febvre de Mégrigny , Confeiller- Clerc au
Parlement , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint George-des-Bois Ordre de S. Auguftin ,
Diocèſe du Mans , & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
eft mort en cette Ville , le 17 Octobre , âgé de
quarante- deux ans .
Frere Anne Hillarion Dupleffis - Châtillon de
Nonant , Religieux Profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , Commandeur des Commanderies
de Maupas & de Soiffons , eft mort ici le 17 Octobre
, âgé de foixante- quatorze ans.
Catherine de Menou , Prieure du Prieuré Perpétuel
de Notre- Dame de la Bourdillière , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Tours , eft morte le 12
Octobre , dans la quatre-vingt- troifiéme année
de fon âge. Elle étoit la troifiéme Supérieure de
cette Maiſon fondée en 1662 par Louis de Menou
de Boullai . dont la foeur & la fille ont été fucceffivement
les deux premières Supérieures . Celle
dont on annonce aujourd'hui la mort, étoit petitefille
du Fondateur.
On a appris , par des Lettres de Saint-Doming
184 MERCURE DE FRANCE .
gue , que le Vicomte de Bellunce , Lieutenant Général
des Armées du Roi , & Gouverneur Généraľ
de cette Ifle , y étoit mort le 4 Août dernier.
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Résumé : MORTS.
En 1764, plusieurs personnalités notables sont décédées. Charlotte de Rouvroy-Saint-Simon, veuve du Prince de Chimay, est morte le 29 septembre à 68 ans. Claude-Antoine de Choiseul, Évêque-Comte de Châlons, est décédé le 2 octobre à 66 ans. Jean-Antoine Gros de Belair, Abbé de Chancellade, est mort dans les premiers jours d'octobre à 84 ans. Louise-Barbe Berthon de Crillon, Abbesse de l'Abbaye Royale de Villiers, est décédée à 67 ans après plus de quarante ans de service. Nicolas Le Febvre de Mégrigny, Conseiller-Clerc au Parlement, est mort le 17 octobre à 42 ans. Frère Anne Hillarion Duplessis-Châtillon de Nonant, membre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé le 17 octobre à 64 ans. Catherine de Menou, Prieure du Prieuré Perpétuel de Notre-Dame de la Bourdillière, est morte le 12 octobre à 83 ans. Enfin, le Vicomte de Bellunce, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur Général de Saint-Domingue, est décédé le 4 août.
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10609
p. 184
DE PETERSBOURG, le 30 Septembre 1763.
Début :
Suivant les nouveaux avis qu'on a reçus de la partie méridionale de la Sibérie, [...]
Mots clefs :
Sibérie, Chinois, Domination, Frontières, Levée de soldats, Déplacement des troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PETERSBOURG, le 30 Septembre 1763.
DE PETERSBOURG , le 30 Septembre 1763.
SUIVANT les nouveaux avis qu'on a reçus de la
partie méridionale de la Sibérie , les Chinois fe
font rendus maîtres de tout le Pays qui obéilloit
autrefois au Contaifch. Cet événement a fait pren
dre la réfolution d'envoyer trente mille hommes
fur ces frontières ; mais comme un Corps de
Troupes fi confidérable ne pourroit parcourir plufieurs
milliers de werftes avec la célérité que les
circonftances paroiffent éxiger , il a été décidé
qu'elles marcheroient par échelons. On ne tarde→
ra pas à les faire mettre en route.
SUIVANT les nouveaux avis qu'on a reçus de la
partie méridionale de la Sibérie , les Chinois fe
font rendus maîtres de tout le Pays qui obéilloit
autrefois au Contaifch. Cet événement a fait pren
dre la réfolution d'envoyer trente mille hommes
fur ces frontières ; mais comme un Corps de
Troupes fi confidérable ne pourroit parcourir plufieurs
milliers de werftes avec la célérité que les
circonftances paroiffent éxiger , il a été décidé
qu'elles marcheroient par échelons. On ne tarde→
ra pas à les faire mettre en route.
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Résumé : DE PETERSBOURG, le 30 Septembre 1763.
Le 30 septembre 1763, les Chinois ont pris le contrôle de la région méridionale de la Sibérie. En réponse, trente mille hommes ont été envoyés pour renforcer les frontières. Les troupes avanceront par échelons pour gagner en célérité. Les préparatifs pour leur départ commenceront rapidement.
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10610
p. 184
Du 7 Octobre 1763.
Début :
La nouvelle des hostilités que les Chinois commettent sur nos frontieres, [...]
Mots clefs :
Chinois, Hostilités, Général, Frontières, Troupes, Marche des soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 7 Octobre 1763.
Du 7 Octobre 1763.
La nouvelle des hoftilités que les Chinois commettent
fur nos frontieres , fe confirme de jour en
jour : on affure que le Général Springer eſt défigné
pour commander les Troupes qu'on fait marcher
contre eux.
La nouvelle des hoftilités que les Chinois commettent
fur nos frontieres , fe confirme de jour en
jour : on affure que le Général Springer eſt défigné
pour commander les Troupes qu'on fait marcher
contre eux.
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10611
p. 184
DE WARSOVIE, le 15 Octobre 1763.
Début :
Le Comte Bielinsky, neveu du Grand-Maréchal de la Couronne, a été choisi pour aller [...]
Mots clefs :
Comte, Grand Maréchal de la Couronne, Départ
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texteReconnaissance textuelle : DE WARSOVIE, le 15 Octobre 1763.
DE WARSOVIE , le 15 Octobre 1763.
Le Comte Bielinsky , neveu du Grand- Maréchal
de la Couronne , a été choifi pour aller notifier à
Sa Majefté Très- Chrétienne la mort du Roi . Il ſe
difpofe à partir inceffamment.
Le Comte Bielinsky , neveu du Grand- Maréchal
de la Couronne , a été choifi pour aller notifier à
Sa Majefté Très- Chrétienne la mort du Roi . Il ſe
difpofe à partir inceffamment.
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10612
p. 185
DE MANHEIM, le 21 Octobre 1763.
Début :
Notre Souverain a institué ici une nouvelle Académie qui a tenu hier sa première [...]
Mots clefs :
Souverain, Académie, Maître de maison, Électorat, Histoire, Professeur, Académiciens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MANHEIM, le 21 Octobre 1763.
DE MANHEIM , le 21 Octobre 1763.
Notre Souverain a inftitué ici une nouvelle Académie
qui a tenu hier fa première Séance : le Marquis
desIffarts , Grand- Maître de la Maifon de l'Electeur,
y a présidé au nom deS.A. Electorale . L'Hif;
toire Politique & l'Hiftoire Naturelle du Palatinat
feront les deux objets des travaux de cette Société .
Le nombre des Académiciens eft fixé à dix ; le
Sieur Schoepflin , Profeffeur d'Hiftoire à Strafbourg
, en eft Préfident Honoraire.
Notre Souverain a inftitué ici une nouvelle Académie
qui a tenu hier fa première Séance : le Marquis
desIffarts , Grand- Maître de la Maifon de l'Electeur,
y a présidé au nom deS.A. Electorale . L'Hif;
toire Politique & l'Hiftoire Naturelle du Palatinat
feront les deux objets des travaux de cette Société .
Le nombre des Académiciens eft fixé à dix ; le
Sieur Schoepflin , Profeffeur d'Hiftoire à Strafbourg
, en eft Préfident Honoraire.
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10613
p. 185
DE LISBONNE, le 25 Octobre 1763.
Début :
Le second fils du Prince & de la Princesse de Brésil, nouvellement né, [...]
Mots clefs :
Prince, Nouveau né, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LISBONNE, le 25 Octobre 1763.
DE LISBONNE , le 25 Octobre 1763 .
Le fecond fils du Prince & de la Princeſſe de
Bréfil , nouvellement né , vient de mourir.
Le fecond fils du Prince & de la Princeſſe de
Bréfil , nouvellement né , vient de mourir.
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10614
p. 185
DE ROME, le 26 Octobre 1763.
Début :
Le 16 de ce mois, le Cardinal Valentini fut attaqué d'une fiévre violente [...]
Mots clefs :
Cardinal, Fièvre, Décès, Collège, Nomination, Siège vacant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 26 Octobre 1763.
DE ROME , le 26 Octobre 1763.
Le 16 de ce mois , le Cardinal Valentini fut attaqué
d'une fiévre violente , dont il eſt mort le 18 .
Le Cardinal Banchieri eft mort le 17 à Pitoie fa
Patrie. Ces deux morts font vaquer dans le Sacré
Collège un neuviéme & un dixiéme Chapeaux ,
y compris celui qui eſt réſervé à la nomination da
Roi de Portugal .
Le 16 de ce mois , le Cardinal Valentini fut attaqué
d'une fiévre violente , dont il eſt mort le 18 .
Le Cardinal Banchieri eft mort le 17 à Pitoie fa
Patrie. Ces deux morts font vaquer dans le Sacré
Collège un neuviéme & un dixiéme Chapeaux ,
y compris celui qui eſt réſervé à la nomination da
Roi de Portugal .
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10615
p. 185
DE FLORENCE, le 21 Octobre 1763.
Début :
On assure que le Prince Héréditaire de Modene a été mis en [...]
Mots clefs :
Prince héréditaire, Prince de Modène, Liberté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FLORENCE, le 21 Octobre 1763.
DE FLORENCE , le 21 Octobre 1763.
On affure que le Prince Héréditaire de Modene
a été mis en liberté le 12 de ce mois.
On affure que le Prince Héréditaire de Modene
a été mis en liberté le 12 de ce mois.
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10616
p. 185-187
DE GENES, le 29 Octobre 1763.
Début :
Il est arrivé ici de Bonifacio, le 25 de ce mois un Bâtiment qui a apporté [...]
Mots clefs :
Bonifacio, Complots, Rebelles, Attaque, Commandant, Troupes, Menaces, Paoli, Armes, Patron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE GENES, le 29 Octobre 1763.
DE GENES, le 29 Octobre 1763.
Il eſt arrivé ici de Bonifacio , le 25 de ce mois
un Bâtiment qui a apporté les nouvelles fuivantes .
Paoli entretenoit une intelligence fecrette avec le
nommé Maffaria , habitant d'Ajaccio , qui , de
concert avec fon fils , deux Eccléfiaftiques & deux
Sardes , avoit formé le complot d'introduire dans
186 MERCURE DE FRANCE.
la Ville le Chef des Rebelles. Maſſaria & ſes conpagnons
trouverent en effet moyen d'entrer le
dans le Château : ils tuérent d'abord deux fentinelles
; mais une troifiéme fentinelle ayant entendu
quelque bruit , tira un coup de fufil qui donna
l'allarme à la Garniſon. Le Commandant fit met
tre auffi-tôt les troupes fous les armes ; le fils de
Maffaria fut tué , & il fut lui - même dangereufement
bleffé , & arrêté avec fes camarades. On le
menaça de le faire mourir , s'il ne déclare it le motif
d'une entrepriſe fi hardie : ces menaces lui arrachèrent
l'aveu de tous les détails du complot.
Sur cette dépofition , le Commandant fit mettre en
ordre fon artillerie , & fur le champ envoya chercher
à Bonifacio des munitions de guerre & les
troupes dont il avoit befoin. Paoli , de fon côté ,
avoit fait marcher au- delà des Monts un corps
confidérable de Rebelles , foutenu de quelques
troupes réglées , & s'étoit approché d'Ajaccio , où
il fe flattoit d'être introduit par Maffaria . Mais le
renfort que le Commandant y avoit fait venir , &
auquel le joignirent un grand nombre d'habitans ,
& plufieurs Grecs qui font leur réfidence en cette
Ville , força les Rebelles de fe retirer , & d'abandonner
les deux Couvens de Franciſcains où ils s'étoient
fortifiés. Les Rebelles euffent peut-être réuffi
dans leur entrepriſe , fi le feu eût pris au canon
que Maffaria devoit tirer pour les avertir : c'étoit
le fignal dont il étoit convenu avec eux . Le Patron
d'un Pinque Génois , arrivé avant- hier de Calvi , a
aufli rapporté que le 16 le Commandant de cette
Place lui avoit ordonné de prendre ſur ſon bord fix
à fept Rebelles qui s'étoient rendus chez ce Commandant
, pour lui déclarer qu'ils avoient quitté le
fervice de Paoli , & vouloient entrer dans celui de
la République. Le Patron y confentit , mais lés
JANVIER. 1764. 187
voyant bien armés , il leur déclara qu'il ne les recevroit
point avec leurs armes. Les Corfes propoferent
de laiffer les armes à feu ; mais , le Patron
infiftant à ne les point recevoir qu'ils ne fuffent
entièrement défarmés , ils ne voulurent point y
confentir , & fe retirèrent. On conjecture que
leur deffein étoit de faire main-baffe fur tout l'équipage
de fe rendre maître du Bâtiment , & de
s'en fervir pour l'entrepriſe d'Ajaccio.
Il eſt arrivé ici de Bonifacio , le 25 de ce mois
un Bâtiment qui a apporté les nouvelles fuivantes .
Paoli entretenoit une intelligence fecrette avec le
nommé Maffaria , habitant d'Ajaccio , qui , de
concert avec fon fils , deux Eccléfiaftiques & deux
Sardes , avoit formé le complot d'introduire dans
186 MERCURE DE FRANCE.
la Ville le Chef des Rebelles. Maſſaria & ſes conpagnons
trouverent en effet moyen d'entrer le
dans le Château : ils tuérent d'abord deux fentinelles
; mais une troifiéme fentinelle ayant entendu
quelque bruit , tira un coup de fufil qui donna
l'allarme à la Garniſon. Le Commandant fit met
tre auffi-tôt les troupes fous les armes ; le fils de
Maffaria fut tué , & il fut lui - même dangereufement
bleffé , & arrêté avec fes camarades. On le
menaça de le faire mourir , s'il ne déclare it le motif
d'une entrepriſe fi hardie : ces menaces lui arrachèrent
l'aveu de tous les détails du complot.
Sur cette dépofition , le Commandant fit mettre en
ordre fon artillerie , & fur le champ envoya chercher
à Bonifacio des munitions de guerre & les
troupes dont il avoit befoin. Paoli , de fon côté ,
avoit fait marcher au- delà des Monts un corps
confidérable de Rebelles , foutenu de quelques
troupes réglées , & s'étoit approché d'Ajaccio , où
il fe flattoit d'être introduit par Maffaria . Mais le
renfort que le Commandant y avoit fait venir , &
auquel le joignirent un grand nombre d'habitans ,
& plufieurs Grecs qui font leur réfidence en cette
Ville , força les Rebelles de fe retirer , & d'abandonner
les deux Couvens de Franciſcains où ils s'étoient
fortifiés. Les Rebelles euffent peut-être réuffi
dans leur entrepriſe , fi le feu eût pris au canon
que Maffaria devoit tirer pour les avertir : c'étoit
le fignal dont il étoit convenu avec eux . Le Patron
d'un Pinque Génois , arrivé avant- hier de Calvi , a
aufli rapporté que le 16 le Commandant de cette
Place lui avoit ordonné de prendre ſur ſon bord fix
à fept Rebelles qui s'étoient rendus chez ce Commandant
, pour lui déclarer qu'ils avoient quitté le
fervice de Paoli , & vouloient entrer dans celui de
la République. Le Patron y confentit , mais lés
JANVIER. 1764. 187
voyant bien armés , il leur déclara qu'il ne les recevroit
point avec leurs armes. Les Corfes propoferent
de laiffer les armes à feu ; mais , le Patron
infiftant à ne les point recevoir qu'ils ne fuffent
entièrement défarmés , ils ne voulurent point y
confentir , & fe retirèrent. On conjecture que
leur deffein étoit de faire main-baffe fur tout l'équipage
de fe rendre maître du Bâtiment , & de
s'en fervir pour l'entrepriſe d'Ajaccio.
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Résumé : DE GENES, le 29 Octobre 1763.
Le 29 octobre 1763, des informations provenant de Bonifacio révèlent un complot impliquant Pasquale Paoli. Ce dernier avait des contacts secrets avec Massaria, un habitant d'Ajaccio, et ses complices, incluant deux ecclésiastiques et deux Sardes. Leur plan consistait à introduire Paoli dans la ville en tuant des sentinelles au château. Cependant, une sentinelle donna l'alerte, permettant au commandant de mobiliser ses troupes. Massaria et ses complices furent arrêtés après que Massaria eut révélé les détails du complot sous la menace. Simultanément, Paoli avait envoyé des rebelles vers Ajaccio, soutenus par des troupes régulières. Le commandant, renforcé par des habitants et des Grecs résidents, repoussa les rebelles, qui durent abandonner leurs positions. Le complot échoua également en raison de la non-exécution d'un signal convenu, un coup de canon. Par ailleurs, un patron de pinque génois rapporta que six à sept rebelles, ayant quitté le service de Paoli, tentèrent de monter à bord de son navire pour se rendre à Ajaccio. Le patron refusa de les embarquer armés, et les rebelles se retirèrent. On suspecte qu'ils voulaient s'emparer du navire pour participer à l'attaque d'Ajaccio.
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10617
p. 187
DE LONDRES, le 28 Octobre 1763.
Début :
Le 21 de ce mois, le Comte de Guerchy, Ambassadeur de la Cour [...]
Mots clefs :
Comte, Ambassadeur de la cour de France, Audience du roi, Lettres de créance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 28 Octobre 1763.
DE LONDRES , le 28 Octobre 1763.
Le 21 de ce mois , le Comte de Guerchy , Am
baſſadeur de la Cour de France , eut fes premières
audiences de Sa Majefté , à qui il préfenta fes Lettres
de créance. Le 26 , la Comteffe de Guerchy
s'eft rendue au Palais Saint James , & a été préfentée
à Leurs Majeftés , qui lui ont fait l'accueil
le plus diftingué .
Le 21 de ce mois , le Comte de Guerchy , Am
baſſadeur de la Cour de France , eut fes premières
audiences de Sa Majefté , à qui il préfenta fes Lettres
de créance. Le 26 , la Comteffe de Guerchy
s'eft rendue au Palais Saint James , & a été préfentée
à Leurs Majeftés , qui lui ont fait l'accueil
le plus diftingué .
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10618
p. 187
DE LA HAYE, le 26 Octobre 1[7]63.
Début :
Le Marquis d'Havrincourt, Ambassadeur de France auprès de cette République, [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur de France, République, Consul de France, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LA HAYE, le 26 Octobre 1[7]63.
DE LA HAYE , le 26 Octobre 1563 .
Le Marquis d'Havrincourt , Ambaffadeur de
France auprès de cette République , arriva ici le
23 de ce mois. Le fieur Prévost , qui étoit chargé
des affaires de France auprès de la République , fe
difpofe à retourner à la Cour , pour y recevoir les
inftructions relatives à l'Emploi de Conful de Frand
ce en Morée , auquel il vient d'être nommé .
Le Marquis d'Havrincourt , Ambaffadeur de
France auprès de cette République , arriva ici le
23 de ce mois. Le fieur Prévost , qui étoit chargé
des affaires de France auprès de la République , fe
difpofe à retourner à la Cour , pour y recevoir les
inftructions relatives à l'Emploi de Conful de Frand
ce en Morée , auquel il vient d'être nommé .
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10619
p. 187-188
DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
Début :
L'Empereur a adressé au Chapitre de Liége un Rescrit [...]
Mots clefs :
Chapitre de Liège, Rescrit, Empereur, Offense, Constitution, Chambre, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
DE BRUXELLES , le 3 Novembre 1763 .
L'Empereur a adreffé au Chapitre de Liége un
Refcrit , en date du o de ce mois , par lequel Sa
Majeſté Impériale , juſtement offenféc de ce que ,
contre les Conftitutions du Pays & l'ordre qui leur
étoit prefcrit , les feize Chambres avoient violé
leur ferment & les règles établies , en prenant la
réfolution de remercier formellement le Chapitre
188 MERCURE DE FRANCE.
du choix qu'il avoit fait d'un Evêque dans la per
fonne du Comte d'Outremont , annulle tout ce
qui a été fait & conclu alors par le Chapitre ; lui
défend de s'écarter en rien à l'avenir des formes
prefcrites par les Conftitutions ; & lui enjoint de
gérer , fans innovation pendant la vacance du Siége
Epifcopal , l'Adminiſtration du Temporel de la
Principauté de Liége.
L'Empereur a adreffé au Chapitre de Liége un
Refcrit , en date du o de ce mois , par lequel Sa
Majeſté Impériale , juſtement offenféc de ce que ,
contre les Conftitutions du Pays & l'ordre qui leur
étoit prefcrit , les feize Chambres avoient violé
leur ferment & les règles établies , en prenant la
réfolution de remercier formellement le Chapitre
188 MERCURE DE FRANCE.
du choix qu'il avoit fait d'un Evêque dans la per
fonne du Comte d'Outremont , annulle tout ce
qui a été fait & conclu alors par le Chapitre ; lui
défend de s'écarter en rien à l'avenir des formes
prefcrites par les Conftitutions ; & lui enjoint de
gérer , fans innovation pendant la vacance du Siége
Epifcopal , l'Adminiſtration du Temporel de la
Principauté de Liége.
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Résumé : DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
Le 3 novembre 1763, l'Empereur a adressé un récrit au Chapitre de Liège, exprimant son offense face à la violation des Constitutions du Pays et des règles des seize Chambres. Il annule les décisions du Chapitre concernant le choix de l'Évêque, le Comte d'Outremont, et interdit toute nouvelle pratique administrative pendant la vacance du Siège Épiscopal.
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10620
p. 188-190
DE FONTAINEBLEAU, le 16 Novembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Évêque de Comminges à l'Évêché de Châlons-sur-Marne, l'Abbé d'Osmond, [...]
Mots clefs :
Évêque, Nominations, Comte, Abbaye, Diocèse, Messe, Baptême, Prince, Ministre plénipotentiaire de l'Impératrice de Russie, Audience du roi, Duc, Démission, Plaisirs, Fêtes, Opéra, Décorations, Assemblée, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FONTAINEBLEAU, le 16 Novembre 1763.
DE FONTAINEBLEAU , le 16 Novembre 1763 .
LE a
E Roi a nommé l'Evêque de Comminges à
l'Evêché de Châlons-fur- Marne , l'Abbé d'Ofmond,
Comte de Lyon , Vicaire Général du Diocèle
d'Auxerre , à l'Evêché de Comminges ; l'Abbé
de la Chataigneraye , Comte de Lyon , Aumônier
du Roi , à l'Evêché de Saintes , & l'Abbé de
Narbonne - Lara , Vicaire Général du Diocèfe
d'Agen , à l'Evêché de Gap . Sa Majesté a donné
en même temps l'Abbaye de Montier , à l'Evêque
de Châlons ; l'Abbaye de Saint Gildas des Bois ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Nantes , à
l'Abbé de Valory , Prévôt de l'Eglife Collégiale
de Saint Pierre à Lille ; l'Abbaye de l'Ile -Chauvet,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Luçon
à l'Abbé de Menou , Vicaire Général du Diocèle
de la Rochelle ; l'Abbaye de Neauffe le Vieux ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Chartres , à
l'Abbé de Radonvilliers , Sous - Précepteur des Enfans
de France ; l'Abbaye de Saint Jean en Val
lée , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Char
JANVIER. 1764. 189
tres , à l'Abbé Dromgheld ; l'Abbaye de Mont-de-
Sion , Ordre de Citeaux , Diocèle de Marſeille ,
à la Dame de Gafparis , Religieufe au Monaſtere
des Bernardines d'Aubagne , même Diocèle ; l'Abbaye
de Saint Bernard lès-Bayonne , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Acqs , à la Dame de Membrede
, Religieufe de la même Abbaye ; l'Abbaye de
la Bourdilliere , Diocèle de Tours , à la Dame de
la Roche - Menou , Religieufe de la même Abbaye.
Le 30 du mois dernier , le Roi , après avoir entendu
la Meffe , tint avec Madame Victoire , fur
les fonts de Baptême , Louis-Victoire- Hippolyte-
Luce de Montmorin de Saint- Herem , fils du
Marquis de Montmorin , Lieutenant Général des
Armées du Roi , & Gouverneur de Fontainebleau.
Le Baptême fut adminiftré par l'Archevêque de
Rheims , Grand Aumônier de France , en préfence
du fieur Magniere , Curé de la Paroiffe , & du
Pere Poinfignon , Docteur de Sorbonne , & Miniftre
des Religieux du Château . Sa Majefté , précédée
des Huiffiers de fa Chambre portant leurs
Mafles , fut conduite à cette cérémonie par le
Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
2
Le 6 de ce mois , le Prince Mitrix de Gallitzin ,
Miniftre Plénipotentiaire de l'Impératrice de Ruf
fie , eut une audience particuliere du Roi , à qui il
remit fes Lettres de créance. Le 8 , le Général de
Fontenay , Envoyé Extraordinaire de l'Electeur
de Saxe eut auffi une audience particuliere
de Sa Majefté , & lui remit fa Lettre de
créance . Ces deux Miniftres furent conduits à ces
Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin ,de Madame & de Meldames,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambal
Ladeurs.j
go MERCURE DE FRANCE.
Le Duc de Villeroy , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Roi , ayant donné la
démillion du Gouvernement de Lyon , Sa Majefté
en a difpofé en faveur du Marquis de Villeroy ;
& la place de Lieutenant Général de la Province ,
dont ce dernier étoit pourvu , a été donnée au
Duc de Villeroy .
•
Depuis que le Roi eft arrivé ici , les plaiſirs &
les fêtes fe font fuccédées fans interruption , & ont
rendu la Cour auffi brillante que nombreuſe.
Parmi les différens Spectacles qui ont été donnés ,
on a exécuté avec le plus grand fuccès les Opéra
de Dardanus , de Scanderberg , & de Caftor & Pollux.
La richeffe des décorations & des habits ,
jointe au mérite de l'exécution , a donné à ces repréfentations
tout l'éclat & l'intérêt dont elles
font fufceptibles, & Sa Majeſté en a paru fatisfaite.
Le 29 Octobre & le 6 de ce mois , il y a eu Bal
dans la Salle du Spectacle , qui avoit été ornée
pour cet effet avec autant de goût que de magnificence.
Le Duc de Chartres & le Prince de Condé
, avec plufieurs Seigneurs de la Cour, y ont
formé différens Quadrilles ingénieufement imaginés
, & très bien exécutés . Le Roi , la Reine ,
les Princes & Princelles du Sang , ont honoré de
leurs préfences ces Affemblées auxquelles avoient
été invités les Amballadeurs & les Miniftres Etrangers.
Les Fêtes ont été ordonnées par le Duc de
Duras , premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi en exercice , & dirigées par le fieur de la Ferté ,
Intendant des Menus - Plaiſirs de Sa Majeſté.
Le 14 de ce mois , le Roi eft parti d'ici pour
Choify , d'où Sa Majefté s'eft rendue le 16 à
Verſailles. La Reine & Mefdames font authi parties
le 14 pour le rendre à Versailles.
LE a
E Roi a nommé l'Evêque de Comminges à
l'Evêché de Châlons-fur- Marne , l'Abbé d'Ofmond,
Comte de Lyon , Vicaire Général du Diocèle
d'Auxerre , à l'Evêché de Comminges ; l'Abbé
de la Chataigneraye , Comte de Lyon , Aumônier
du Roi , à l'Evêché de Saintes , & l'Abbé de
Narbonne - Lara , Vicaire Général du Diocèfe
d'Agen , à l'Evêché de Gap . Sa Majesté a donné
en même temps l'Abbaye de Montier , à l'Evêque
de Châlons ; l'Abbaye de Saint Gildas des Bois ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Nantes , à
l'Abbé de Valory , Prévôt de l'Eglife Collégiale
de Saint Pierre à Lille ; l'Abbaye de l'Ile -Chauvet,
Ordre de Saint Benoît , Diocèle de Luçon
à l'Abbé de Menou , Vicaire Général du Diocèle
de la Rochelle ; l'Abbaye de Neauffe le Vieux ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Chartres , à
l'Abbé de Radonvilliers , Sous - Précepteur des Enfans
de France ; l'Abbaye de Saint Jean en Val
lée , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Char
JANVIER. 1764. 189
tres , à l'Abbé Dromgheld ; l'Abbaye de Mont-de-
Sion , Ordre de Citeaux , Diocèle de Marſeille ,
à la Dame de Gafparis , Religieufe au Monaſtere
des Bernardines d'Aubagne , même Diocèle ; l'Abbaye
de Saint Bernard lès-Bayonne , Ordre de
Citeaux , Diocèle d'Acqs , à la Dame de Membrede
, Religieufe de la même Abbaye ; l'Abbaye de
la Bourdilliere , Diocèle de Tours , à la Dame de
la Roche - Menou , Religieufe de la même Abbaye.
Le 30 du mois dernier , le Roi , après avoir entendu
la Meffe , tint avec Madame Victoire , fur
les fonts de Baptême , Louis-Victoire- Hippolyte-
Luce de Montmorin de Saint- Herem , fils du
Marquis de Montmorin , Lieutenant Général des
Armées du Roi , & Gouverneur de Fontainebleau.
Le Baptême fut adminiftré par l'Archevêque de
Rheims , Grand Aumônier de France , en préfence
du fieur Magniere , Curé de la Paroiffe , & du
Pere Poinfignon , Docteur de Sorbonne , & Miniftre
des Religieux du Château . Sa Majefté , précédée
des Huiffiers de fa Chambre portant leurs
Mafles , fut conduite à cette cérémonie par le
Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
2
Le 6 de ce mois , le Prince Mitrix de Gallitzin ,
Miniftre Plénipotentiaire de l'Impératrice de Ruf
fie , eut une audience particuliere du Roi , à qui il
remit fes Lettres de créance. Le 8 , le Général de
Fontenay , Envoyé Extraordinaire de l'Electeur
de Saxe eut auffi une audience particuliere
de Sa Majefté , & lui remit fa Lettre de
créance . Ces deux Miniftres furent conduits à ces
Audiences , ainfi qu'à celles de la Reine , de Monfeigneur
le Dauphin ,de Madame & de Meldames,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambal
Ladeurs.j
go MERCURE DE FRANCE.
Le Duc de Villeroy , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Roi , ayant donné la
démillion du Gouvernement de Lyon , Sa Majefté
en a difpofé en faveur du Marquis de Villeroy ;
& la place de Lieutenant Général de la Province ,
dont ce dernier étoit pourvu , a été donnée au
Duc de Villeroy .
•
Depuis que le Roi eft arrivé ici , les plaiſirs &
les fêtes fe font fuccédées fans interruption , & ont
rendu la Cour auffi brillante que nombreuſe.
Parmi les différens Spectacles qui ont été donnés ,
on a exécuté avec le plus grand fuccès les Opéra
de Dardanus , de Scanderberg , & de Caftor & Pollux.
La richeffe des décorations & des habits ,
jointe au mérite de l'exécution , a donné à ces repréfentations
tout l'éclat & l'intérêt dont elles
font fufceptibles, & Sa Majeſté en a paru fatisfaite.
Le 29 Octobre & le 6 de ce mois , il y a eu Bal
dans la Salle du Spectacle , qui avoit été ornée
pour cet effet avec autant de goût que de magnificence.
Le Duc de Chartres & le Prince de Condé
, avec plufieurs Seigneurs de la Cour, y ont
formé différens Quadrilles ingénieufement imaginés
, & très bien exécutés . Le Roi , la Reine ,
les Princes & Princelles du Sang , ont honoré de
leurs préfences ces Affemblées auxquelles avoient
été invités les Amballadeurs & les Miniftres Etrangers.
Les Fêtes ont été ordonnées par le Duc de
Duras , premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi en exercice , & dirigées par le fieur de la Ferté ,
Intendant des Menus - Plaiſirs de Sa Majeſté.
Le 14 de ce mois , le Roi eft parti d'ici pour
Choify , d'où Sa Majefté s'eft rendue le 16 à
Verſailles. La Reine & Mefdames font authi parties
le 14 pour le rendre à Versailles.
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Résumé : DE FONTAINEBLEAU, le 16 Novembre 1763.
Le 16 novembre 1763, à Fontainebleau, le Roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques. L'Évêque de Comminges a été nommé à l'Évêché de Châlons-sur-Marne, l'Abbé d'Ofmond à l'Évêché de Comminges, l'Abbé de la Chataigneraye à l'Évêché de Saintes, et l'Abbé de Narbonne-Lara à l'Évêché de Gap. Par ailleurs, le Roi a attribué diverses abbayes à plusieurs abbés et religieuses. Le 30 octobre 1763, le Roi a organisé une cérémonie de baptême pour Louis-Victoire-Hippolyte-Luce de Montmorin de Saint-Herem, fils du Marquis de Montmorin. Cette cérémonie a été dirigée par l'Archevêque de Reims et s'est déroulée en présence de nombreux dignitaires. Le 6 janvier 1764, le Prince Mikhaïl de Gallitzin, ministre plénipotentiaire de l'Impératrice de Russie, et le Général de Fontenay, envoyé extraordinaire de l'Électeur de Saxe, ont eu des audiences privées avec le Roi. Le Duc de Villeroy a reçu le Gouvernement de Lyon et la place de Lieutenant Général de la Province. Depuis l'arrivée du Roi à Fontainebleau, diverses fêtes et spectacles ont été organisés, incluant des représentations d'opéras et des bals. Le Roi, la Reine, et les Princes du Sang ont assisté à ces événements. Le 14 janvier 1764, le Roi a quitté Fontainebleau pour se rendre à Choisy, puis à Versailles, accompagné de la Reine et de Mesdames.
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10621
p. 191
De VERSAILLES, le 26 Novembre 1763.
Début :
Le Baron de Zuckmantel Maréchal de Camp & l'un des Directeurs du Corps [...]
Mots clefs :
Baron, Maréchal de camp, Noblesse, Nominations, Famille royale, Comtesse, Abbé, Récompenses, Sujets, Distinction à la guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 26 Novembre 1763.
De VERSAILLES , le 26 Novembre 1763 .
Le Baron de Zuckmantel Maréchal de Camp
& l'un des Directeurs du Corps de la Noblefle
immédiate de la Baffe-Alface , vient d'être nommé
par le Roi pour aller réfider à Drefde avec
le caractère de Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majeſté auprès de l'Electeur de Saxe .
Le 20 , Leurs Majeftés & la Famille Royale
ont figné le contrat de mariage du Marquis de
Tons & de Demoiſelle de Coffé .
La Comteffe de Hertford , époufe de l'Ambaffa
deur d'Angleterre en cette Cour , fut préfentée
le même jour à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale.
Le 21 , le Marquis d'Entragues , qui a obtenu
la furvivance de la Charge de Grand Fauconnier
de France que poffède le Duc de la
Valliere , a eu l'honneur d'être préſenté au Roi
en certe qualité.
L'Abbé de Fenelon , Chanoine de l'Eglife Mé
tropolitaine de Paris & Vicaire-Général du Diocèle
d'Evreux a obtenu la place d'Aumônier du
Roi , vacante par la nomination de l'Abbé de la
Chataigneraye à l'Evêché de Saintes.
>
Le Roi toujours attentif à récompenfer les fervices
& le mérite de fes Sujets , vient de faire préfent
d'une épée au fieur Morel , qui s'eft diftingué
dans la derniere guerre en commandant différens
Corfaires . Cet Officier a le commandement du
Navire & de la Corvette le Prince & la Princeffe de
Rohan Guémenée , qu'on arme à Nantes pour
faire la traite des Négres à la Côte de Guinée.
Le Baron de Zuckmantel Maréchal de Camp
& l'un des Directeurs du Corps de la Noblefle
immédiate de la Baffe-Alface , vient d'être nommé
par le Roi pour aller réfider à Drefde avec
le caractère de Miniftre Plénipotentiaire de Sa
Majeſté auprès de l'Electeur de Saxe .
Le 20 , Leurs Majeftés & la Famille Royale
ont figné le contrat de mariage du Marquis de
Tons & de Demoiſelle de Coffé .
La Comteffe de Hertford , époufe de l'Ambaffa
deur d'Angleterre en cette Cour , fut préfentée
le même jour à Leurs Majeſtés & à la
Famille Royale.
Le 21 , le Marquis d'Entragues , qui a obtenu
la furvivance de la Charge de Grand Fauconnier
de France que poffède le Duc de la
Valliere , a eu l'honneur d'être préſenté au Roi
en certe qualité.
L'Abbé de Fenelon , Chanoine de l'Eglife Mé
tropolitaine de Paris & Vicaire-Général du Diocèle
d'Evreux a obtenu la place d'Aumônier du
Roi , vacante par la nomination de l'Abbé de la
Chataigneraye à l'Evêché de Saintes.
>
Le Roi toujours attentif à récompenfer les fervices
& le mérite de fes Sujets , vient de faire préfent
d'une épée au fieur Morel , qui s'eft diftingué
dans la derniere guerre en commandant différens
Corfaires . Cet Officier a le commandement du
Navire & de la Corvette le Prince & la Princeffe de
Rohan Guémenée , qu'on arme à Nantes pour
faire la traite des Négres à la Côte de Guinée.
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Résumé : De VERSAILLES, le 26 Novembre 1763.
Le 26 novembre 1763, le Baron de Zuckmantel a été nommé Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Électeur de Saxe à Dresde. Le 20 novembre, le contrat de mariage du Marquis de Tons et de Demoiselle de Coffé a été signé par le Roi et la Famille Royale. La Comtesse de Hertford, épouse de l'Ambassadeur d'Angleterre, a été présentée à Leurs Majestés. Le 21 novembre, le Marquis d'Entragues, nouvellement Grand Fauconnier de France, a été présenté au Roi. L'Abbé de Fénelon a obtenu la place d'Aumônier du Roi, vacante après la nomination de l'Abbé de la Chataigneraye à l'Évêché de Saintes. Le Roi a récompensé le sieur Morel, commandant des Corsaires, avec une épée. Morel commande actuellement les navires le Prince et la Princesse de Rohan Guémenée, armés à Nantes pour la traite des Nègres sur la Côte de Guinée.
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10622
p. 191-192
De PARIS, le 28 Novembre 1763.
Début :
L'Ouverture du Parlement s'est faite le 12 de ce mois, avec les cérémonies ordinaires, [...]
Mots clefs :
Parlement, Cérémonies, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Tirage, Gains, Loterie de l'école royale militaire, Numéros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 28 Novembre 1763.
De PARIS , le 28 Novembre 1763 .
L'Ouverture du Parlement s'eft faite le 12 de
(
192 MERCURE DE FRANCE.
ce mois , avec les cérémonies ordinaires , par anè
Melle folemnelle . célébrée par l'Abbé de Sailly ,
Chantre de la Sainte Chapelle & Aumônier de
Madame la Dauphine. Le fieur de Maupeou ,
Premier Préfident , ayant été inftallé par le fieur
Turgot , Préfident du Parlement , y a affifté avec
toutes les Chambres.
Le trente-cinquiéme tirage de la Lotterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 de ce mois , en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au Numéro 52552 , celui de vingt
mille livres au Numéro 53046 , & les deux de
dix mille livres aux Numéros 42051 & 56872.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire . Les Numéros fortis de la roue de Fortune
, font 27 , 25 , 58 , 67 , 48 .
L'Ouverture du Parlement s'eft faite le 12 de
(
192 MERCURE DE FRANCE.
ce mois , avec les cérémonies ordinaires , par anè
Melle folemnelle . célébrée par l'Abbé de Sailly ,
Chantre de la Sainte Chapelle & Aumônier de
Madame la Dauphine. Le fieur de Maupeou ,
Premier Préfident , ayant été inftallé par le fieur
Turgot , Préfident du Parlement , y a affifté avec
toutes les Chambres.
Le trente-cinquiéme tirage de la Lotterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 de ce mois , en la
manière accoutumée. Le lot de cinquante mille
livres eſt échu au Numéro 52552 , celui de vingt
mille livres au Numéro 53046 , & les deux de
dix mille livres aux Numéros 42051 & 56872.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire . Les Numéros fortis de la roue de Fortune
, font 27 , 25 , 58 , 67 , 48 .
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Résumé : De PARIS, le 28 Novembre 1763.
Le 28 novembre 1763, à Paris, l'ouverture du Parlement a eu lieu le 12 novembre. La cérémonie a été célébrée par l'Abbé de Sailly. René-Charles de Maupeou a été installé par Turgot. Le 24 novembre, la Lotterie de l'Hôtel de Ville a attribué des lots de 50 000, 20 000 et 10 000 livres. La Loterie de l'École Royale Militaire a sorti les numéros 27, 25, 58, 67 et 48.
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10623
p. 192
MARIAGE.
Début :
Paul Etienne-Auguste, Duc de Beauvilliers, petit-fils du Duc de [...]
Mots clefs :
Duc, Petit-fils, Fille, Mariage, Bénédiction nuptiale, Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Paul Etienne- Augufte , Duc de Beauvilliers ,
petit- fils du Duc de Saint-Aignan , a époufé , le
16 Novembre , Marie-Magdeleine de Roffet de
Fleury , fille du Duc de Fleury , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi. La Bénédiction
Nuptiale leur a été donnée dans la Chapelle de
l'Hôtel d'Humieres par l'Evêque de Chartres en
préfence du fieur du Lau d'Allemans , Curé de la
Paroille de S. Sulpice .
Paul Etienne- Augufte , Duc de Beauvilliers ,
petit- fils du Duc de Saint-Aignan , a époufé , le
16 Novembre , Marie-Magdeleine de Roffet de
Fleury , fille du Duc de Fleury , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi. La Bénédiction
Nuptiale leur a été donnée dans la Chapelle de
l'Hôtel d'Humieres par l'Evêque de Chartres en
préfence du fieur du Lau d'Allemans , Curé de la
Paroille de S. Sulpice .
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10624
p. 192-193
MORTS.
Début :
Henri-Constance de Lort de Serignan de Valras, Évêque de Mâcon, [...]
Mots clefs :
Évêque de Mâcon, Marquis, Garde du corps du roi, Veuve, Décès, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Henri-Conftance de Lort de Serignan de Valras
, Evêque de Mâcon , Abbé des Abbayes de Val-´
lemont , Ordre de S. Benoît , Diocèle de Rouen ,
& de S. Manfuy , même Ordre , Diocèle de Toul ,
eſt mort à Paris , le 8 Novembre , dans la foixantequatorziéme
année de fon âge.
Jean- Philippe- François de Vion , Marquis de
Gaillon ,
JANVIER . 1764. 193
Gaillon , ancien Exempt des Gardes du Corps du
Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eft mort le
8 Novembre , au Château de Gaillon près Meulan ,
dans la foixante- dix - huitième année de fon âge .
Jeanne-Louiſe Allard , veuve du Sieur Etienne
Couleur, Seigneur en partie du Canal de Briare , eſt
morte à Paris , le 8 Novembre , âgée de cent ans.
Henri-Conftance de Lort de Serignan de Valras
, Evêque de Mâcon , Abbé des Abbayes de Val-´
lemont , Ordre de S. Benoît , Diocèle de Rouen ,
& de S. Manfuy , même Ordre , Diocèle de Toul ,
eſt mort à Paris , le 8 Novembre , dans la foixantequatorziéme
année de fon âge.
Jean- Philippe- François de Vion , Marquis de
Gaillon ,
JANVIER . 1764. 193
Gaillon , ancien Exempt des Gardes du Corps du
Roi , Meſtre de Camp de Cavalerie , eft mort le
8 Novembre , au Château de Gaillon près Meulan ,
dans la foixante- dix - huitième année de fon âge .
Jeanne-Louiſe Allard , veuve du Sieur Etienne
Couleur, Seigneur en partie du Canal de Briare , eſt
morte à Paris , le 8 Novembre , âgée de cent ans.
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Résumé : MORTS.
En novembre 1764, trois personnalités sont décédées. Henri-Constance de Lort de Serignan de Valras, évêque de Mâcon, est mort à Paris le 8 novembre à 74 ans. Le même jour, Jean-Philippe-François de Vion, marquis de Gaillon, est décédé à 78 ans. Jeanne-Louise Allard, veuve d'Étienne Couleur, est morte à Paris le 8 novembre à 100 ans.
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10625
p. 193-195
De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Début :
Le 2 de ce mois, le sieur Tiepolo, Ambassadeur Ordinaire de la République [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, République de Venise, Maréchal de Biron, Carosses, Cortège, Famille royale, Comte, Marquis, Versailles, Audience du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
ARTICLE VII.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
CÉRÉMONIES PUBLIQUES.
LB2
De PARIS , le 7 Octobre 1763.
E2 de ce mois , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur
Ördinaire de la République de Venife , fit fon entrée
publique en cette Ville . Le Maréchal de Biron ,
& le fieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, allerent le prendre dans les carroffes de
Leurs Majeſtés au Couvent des Picpus , d'où la
marche fe fit en cet ordre. Un détachement du
Guet à cheval , le Commandant à la tête ; le carroffe
de l'Introducteur , celui du Maréchal de Biron ,
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la livrée à
pied , fix de fes Officiers à cheval , un Ecuyer &
fix pages à cheval ; le carroffe du Roi , à côté duquel
marchoient la livrée du Maréchal de Biren'
& celle de l'Introducteur : le carroffe de la Reine,
les Gens du Secrétaire Ordinaire du Roi aux portieres
, le carrofle de Madame la Dauphine ; ceux
du Duc d'Orléans , du Duc de Chartres du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , de la Princeffe
de Conti , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , de la Comteffe de la Marche,du Comte
I. Vol. I
1
194 MERCURE DE FRANCE.
d'Eu , de la Comteffe de Toulouſe , du Duc de
Penthievre , du Prince de Lamballe , celui du Duc
de Praflin , Miniftre des Affaires Etrangeres. Les
quatre carroffes de l'Amballadeur , & celui du fieur
de Bollani , Noble Vénitien , précédés d'un Suiffe
à cheval , marchoient enfuite à une diſtance de
vingt à trente pas ; un fecond Détachement du
Guet à cheval fermoit la marche. Lorſque l'Ambaffadeur
fut arrivé à fon Hôtel , il fut complimenté
de la part du Roi par le Duc de Duras ,
premier Gentilhomme de la Chambre de Sa Majefté
; de la part de la Reine par le Comte de Tellé
fon premier Ecuyer ; de la part de Monſeigneur
le Dauphin par le Duc de Duras , premier Gentilhomme
de la Chambre du Roi ; de la part de
Madame la Dauphine par le Comte de Mailly
fon premier Ecuyer ; de la part de Madame Adelaïde
par le Marquis de Loftanges.
Le 4 , le Prince de Marfan & le fieur de la Live,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent prendre
le fieur Tiepolo en fon Hôtel dans les carroffes
du Roi & de la Reine , & ils le conduifirent à
Verſailles , oùil eut fa premiere audience publique
du Roi. L'Ambaffadeur trouva à fon paffage dans
l'avant- cour du Château les compagnies des Gardes
Françoiſes & Suiffes fous les armes les tambours
appellant ; dans la cour les Gardes de la
Porte & ceux de la Prévôté de l'Hôtel fous les
armes à leurs poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent-Suiffes la hallebarde à la main. Il fut reçu
en dedans de la Salle des Gardes par le Maréchal
de Luxembourg , Capitaine des Gardes du Corps ,
qui étoient en haye & fous les armes. Après l'audience
du Roi , l'Ambaffadeur fut conduit à l'audience
de la Reine & à celles de Monfeigneur le
Dauphin & de Madamela Dauphine par le Prince
C
195
JANVIER
. 1764.
de Marfan & par l'Introducteur des Ambaffadeurs;
fl fut conduit enfuite à celle de Mesdames , & après
avoir été ſervi à fon traitement par les Officiers
du Roi , il fut reconduit à Paris dans les carroſfes
de Leurs Majeftés avec les cérémonies accoutumées.
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Résumé : De PARIS, le 7 Octobre 1763.
Le 7 octobre 1763, l'ambassadeur de la République de Venise, le sieur Tiepolo, arriva publiquement à Paris. Accompagné par le maréchal de Biron et le sieur de La Live, il fut pris au couvent des Picpus et se rendit à son hôtel dans un cortège officiel incluant des dignitaires et des membres de la famille royale. Le cortège comprenait des détachements du Guet à cheval, des carrosses royaux et des officiers de l'ambassade. À son arrivée, Tiepolo reçut des compliments du roi, de la reine, du dauphin, de la dauphine et de Madame Adélaïde, transmis par des représentants royaux. Le 4 janvier 1764, le prince de Marfan et le sieur de La Live escortèrent Tiepolo à Versailles pour sa première audience publique auprès du roi. À son passage dans l'avant-cour du château, il fut accueilli par les Gardes Françaises et Suisses sous les armes. Dans la cour et sur l'escalier, les Gardes de la Porte, ceux de la Prévôté de l'Hôtel et les Cent-Suisses étaient présents. Après l'audience royale, Tiepolo rencontra la reine, le dauphin, la dauphine et Mesdames. Il fut ensuite reconduit à Paris avec les cérémonies habituelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10626
p. 195-203
SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.
Début :
Le premier volume divisé en deux Parties, renferme les principes physiques de l'Auteur ; [...]
Mots clefs :
Origines de l'univers, Savants, Matière, Mouvement, Cause, Effet, Forces, Physique, Astronomie, Astres, Espace, Terre, Minéraux, Métaux, Météorologie, Végétaux, Animaux, Insectes, Homme
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.
SUPPLÉMENT aux Nouv . Littéraires.
ANNONCE d'une Hiftoire Naturelle à
l'imitation de PLINE ; précédée d'un
nouveau fyftême de Phyfique ,fur les
Principes de la Nature , pour rendre
raifon des effets les plus curieux , &
les plus extraordinaires , qui fe trouvent
depuis la hauteur des Cieuxjufqu'au
centre de la Terre . Cet Ouvrage
formera fept volumes in-4°. ilfera
orné de planches & de figures concer➡
nant l'Hiftoire Naturelle.
Le premier volume divisé en deux Parties , rena E
ferme les principes phyfiques de l'Auteur ; & on
y expofe les divers fentimens des anciens Philofophes
fur l'origine de l'Univers ; le matérialiſme
y eft réfuté , ainfi que l'opinion de quelques Sçavans
modernes fur ce point. On entre enfuite
en matiere , & on explique de quelle maniere
les élémens fenfibles , qui ne font que trois
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
dans ce fyftême , l'air, l'eau & la terre , peuvent
être produits par la premiere mmaattiieerree , ou pro
prement dite matière-éthérée : 0
Les qualités élémentaires font l'objet d'un dé
tail particulier & très- étendu , on traite de leurs
effets , & de quelle maniere elles feré- peuvent
foudre & rentrer dans le fein de la premiere ſubftance
qui les produit continuellement.
On traite fucceffivement du feu & de la lumiere,
des fenfations & des Elprits animaux qui meuvent
les organes des fens ; & l'explication des principes
des Philofophes chymiftes , fait la conclufion ,
de cette premiere Partie.
La feconde renferme un traité complet fur le
mouvement , dont l'objet eft l'examen du principe
& de la caufe du mouvement , qu'allez volontiers
on confond avec le mouvement local ſenſible. On
fait connoître auffi diftinctement qu'il eft poffible,
que ce principe eft uni effentiellement , & inféparablement
à la matière , malgré l'opinion des
Cartefiens , qui veulent perfuader que ce mouvement
n'eft qu'un pur être de raifon c'eft- à-dire
un être entiérement détaché de la matière fubtile
, dont le monde felon eux eft, compofé , & qui
n'eft communiquable que par le feul contact.
Après avoir fait connoître la différence qu'il y
a dans le mouvement , entre la caufe & l'effet , on
paffe aux preuves de ce qu'on avance , & on rap
porte divers éxemples du mouvement local , ce
qui donne une parfaite conviction de la force de
la matière éthérée , en qui feule réfide le principe
du mouvement , & par le feul moyen de laquelle
les corps graves peuvent fe mouvoir.
On prouve clairement que les corps graves ne
peuvent être mûs que de deux manières. 1. Par
eux-mêmes , lorfqu'ils font en poffeffion de cette
JANVIER. 1764. 197
force motrice qui leur fait faire l'action du mouvement
local. 2. Lorsqu'ils n'ont pas en eux cette
puifance particulière ; & qu'il arrive néanmoins
qu'ils fe meuvent encore pendant quelque temps.
C'eft fur ce principe qu'un corps ne peut fe mouvoir
que par lui-même , ou par l'impulfion d'un
autre , qu'on paffe à l'explication du fyftême propolé.
On éxamine d'abord de quelle manière la continuation
du mouvement des corps graves , attribuée
par les Cartefiens à leur prétendue commu
nication du mouvement , peut fe faire par l'unique
moyen des impulfious de l'élément de l'eau ,
& on obferve auffi , comment ces mêmes corps
graves peuvent être mûs par les impulfions de l'air
feul , & de cet élément aidé par le feu.
Les mouvemens produits par les impulfions du
feu élémentaire , tels que font la foudre & les
autres météores enflammés , font l'objet d'un
Chapitre particulier. On explique après , quel eft
le mouvement des corps graves vers le centre d'e
ta terre qu'on appelle pefanteur , & on rend des
Taifons phyfiques de la caufe & de l'accélération de
ce mouvement.
L'ASTRONOMIE fait le fujet du fecond volume.
On y rapporte les obfervations les plus curieufes
qui ont été faites jufqu'à préfent dans le ciel . On
entre en matière fur ces différens fyltêmes aftronomiques
, & on fe détermine en faveur de celui
d'Archytas, Philofophe Pythagoricien , renouvellé
de nos jours par Copernic.
Après avoir éxaminé en général le tourbillon
du foleil , on entre dans un détail plus particuhier
, c'eft-à- dire par la confidération de cet Aftre
regardé aujourd'hui dans l'hypothèſe du monde ,
comme une fimple étoile fixe , qui brille de fa
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
propre lumière. Enfuite on recherche foigneufe
ment quelle peut être la nature & la compofition
de ce globe lumineux , ainfi que celle des
planettes qui tournent autour de lui , fans oublier
les fatellites ou lunes qui en accompagnent
une partie.
A la fuite de la defcription des aftres renfer
més dans le Tourbillon folaire , on donne un calcul
éxact de leurs diſtances du ſoleil , auffi bien
que celui de leurs mouvemens
foit fur euxmêmes
, foit autour de cet aftre qui eft leur cen
we commun.
>
*
On parle auffi des comettes connues ; on rap
porte à cet égard les différens fentimens des plus
grands Aftronomes fur la nature de ces espèces de
planettes errantes , & on hazarde là- deſſus fes
propres conjectures .
Les découvertes qui ont été faites dans les
cieux des étoiles fixes , engagent de rapporter hiſtoriquement
tout ce qu'on y a obſervé de plus nou
veau depuis près de deux fiécles .
On fait un récit intéreffant de ces eſpaces , ou
nuages lumineux , qui font très- fixes , qu'on a obfervé
parmi les étoiles , depuis l'invention des lu
nettes & des télescopes.
En un mot on entre dans un détail circonftan
cié fur tout ce qui concerne les corps céleftes
& on termine par l'éxamen de l'atmosphère de
la terre , connu auffi ſous le nom de la région des
vapeurs ; ce qui conduit infenfiblement a parler
des foudres , des météores , des iris ou arcs- enciel
, des aurores boréales , &c .
La Terre confidérée aujourd'hui dans le ſyſtême
folaire , comme une Planette particuliere , qui
roule dans les airs , devient l'objet du trojfiéme
volume.
JANVIER. 1764. Tog
On examine d'abord en général la compofi
tion de ce globe. On recherche avec foin juf
qu'où pouvoient aller les connoiffances géographiques
que nos Anciens en avoient. La décou
verte de l'Amérique , ainſi que de divers autres
endroits dont on n'avoit autre fois aucune notion
, donnent lieu à une narration auffi étendue
qu'intéreffante.
Les inégalités de la terre qu'on appelle montagnes
, leur origine , leur figure & les fingularités
que quelques- unes d'elles renferment dans leur
intérieur , donnent champ à une longue defcription.
Le récit hiftorique des plaines , des déferts
fabloneux & des forêts , forme un Chapitre particulier.
Après avoir parlé de ce qu'il y a de plus remar
quable fur la fuperficie du globe terreftre , on s'attache
à donner quelque connoiffance de fon inté →
rieur. On commence par les feux que la terre renferme
dans fon fein , & la deſcription qu'on fait
des plus terribles Volcans , engage à examiner
par quel moyen ces feux peuvent s'entretenir & fe
perpétuer contiuuellement , & on en rend phyfiquement
raifon conformément aux principes que
nous avons d'établis .
On donne une explication fur les caufes générales
des tremblemens de terre , & on rapporte
là- deffus , les différens fentimens des plus célébres
Philofophes de l'Antiquité.
Après avoir prouvé que la terre renferme dans
fon fein une grande quantité de feux , on démontre
avec clarté qu'elle eft également pénétrée de
fouffres , qui , en paffant auprès de ces fournaifes
ardentes , acquiérent une chaleur fenfible. Les fontaines
d'eau chaude minérales , qu'on trouve en
différens endroits , qui pour la plûpart ont des ver-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
as fpécifiques & fingulières , font l'objet d'une
relation fort circonftanciée .
En continuant d'examiner l'intérieur du Globe ,
on fait obferver évidemment que l'eau qui le pénétre
de toutes parts , l'emporte de beaucoup fur
le feu qu'il renferme , ce qui eft juſtifié par le dérail
qu'on fait des eaux d'un grand nombre de rivieres
, de lacs , & de différentes mers qui vont fe
perdre dans la terre pour reparoître après dans
des lieux fort éloignés.
Enfin , après quelques obfervations particulieres
fur les parties qui conftituent le globe terreſtre
on conclut par un traité fort curieux des
changemens qui y arrivent , ou qui y font arrivés.
L'Hiftoire Minérale & Métallique fait le fujet
du quatriéme volume. On propofe d'abord un fentiment
fur la génération du fel , après quoi on en
examine toutes les propriétés.
On fait mention de toutes les minieres qui nous
font connues , auffi bien que de tous les endroits
où l'on tire du fel.
La formation du fable , & les différences qui
s'y rencontrent , font l'objet d'un article curieux .
On paffe immédiatement à la compofition des
autres corps fecs , plus confidérables par leur
grandeur ; tels que font les pierres , tant opaques
que transparentes. Les premieres font d'abord le
fujet de nos recherches physiques , & on donne
des raifons fur leur production.
A la fuite de tous ces récits , on trouve un fyltême
tout- à- fait neuf, fur l'aiman , par le moyen
duquel on peut facilement rendre des raisons probables
de tous les phénomènes que produit cette
merveilleufe pierre.
On traite en particulier de la génération des
Métaux & des Minéraux , dont on explique la naJANVIER.
1764. 201
ure & la compofition , & on finit par l'hiftoire
exacte des pays & des mines où ils fe trouvent.
Le cinquième volume renferme une hypothèſe
nouvelle , touchant le flux & reflux de la mer , où
l'on raifonne d'une manière fenfible , d'un effet
auffi merveilleux ; effet dont on a peu pénétré jufqu'aujourd'hui
les véritables cauſes.
On s'attache enſuite à connoître ce qui peut
occafionner les tempêtes & les autres météores de
la mer les exemples qu'on rapporte là - deffus ,
prouvent non feulement la vérité de ce qui a été
avancé ; mais ils donnent encore de parfaites
connoiffances de ce qui peut produire les mouve
mens orageux de cet élément .
Après cet examen on explique de quelle maniere
fe forment les pluyes ordinaires , & on rend
raifon de celles qu'on ne confidere que comme
furnaturelles , qui font par exemple , les pluyes
de fang , de pierre , d'animaux , de cuivre , &c, ce
qui fait le fujet d'une defcription fort détaillée .
La matière conduit infenfiblement à parler de
l'origine des fources , des rivières , des lacs & des
fontaines. Ce qui fuit , préſente une relation trèsamufante
de tout ce qu'il y a de plus curieux dans
le genre des liquides , c'eſt-à-dire , des lacs , des
fontaines & des viviers qui ont quelque propriété
fingulière.
On fait une recherche phyfique des Végétaux ,
& on donne fur leur génération un ſyſtême particuliers
après quoi on en vient à un autre examen ,
fçavoir , fi les plantes peuvent avoir du fentiment ,
& quel peut être en lui- même ce fentiment : on
termine cette digreffion par un récit de toutes
celles qui peuvent évidemment le prouver.
L'hiftoire particuliere de ce qu'il y a fur la terre
de plus remarquable en ce genre ; la deſcription
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
des Coralloïdes , & de beaucoup d'autres plantes
marines , jointe à celle de quelques Végétaux qui
Le pétrifient , fait la conclufion de ce volume.
Dans le fixiéme on éclaircit d'abord une matière
très-obfcure en elle - même ; c'eft la génération des
animaux. On commence par examiner celle des
quadrupedes. Après avoir expofé le fentiment
de nos Modernes fur la génération , on faitvoir
évidemment , combien tous fe font écartés des lumieres
que le célébre Harvée avoit répandues far
un fujet auffi important.
En fuivant pas à pas ce grand Naturaliſte , on
continue de rechercher avec foin de quelle ma→
niere fe fait la production des volatilles , & o
prouve par des expériences réitérées , que l'animal
ne fe manifefte pas par le feul développe
ment de fes parties , quoiqu'infiniment petites &
très-exiftantes , comme on le foutient hautement
aujourd'hui ; mais qu'elles font toutes en général
formées & perfectionnées fucceffivement.
On traite auffi en particulier de la génération:
des reptiles , des poiffons , des huîtres , & de quelques
autres coquillages. L'hiftoire fuivie de tout
ce qu'il y a de plus curieux dans ces différens gen
res d'animaux , fait le fujet de plufieurs Chapitres
intéreffans .
Les Infectes connus , auffi bien que ceux qui ne
font vifibles que par le fecours du microſcope
deviennent à leur tour l'objet d'un Article particulier.
Après avoir examiné en quoi confifte l'inftinet
& le difcernement , on paffe aux preuves dufen
timent des Bétes ; c'eft dans cette digreffion fufceptible
de toute la curiofité d'un vrai Phyficien
qu'on prouve par un grand nombre d'exemples,
l'abfurdité du Cartéfianiſme fur ce point,
JANVIER . 1764. 203
Enfin on trouve dans ce feptiéme & dernier
volume , un ſyſtême nouveau fur la nature & l'origine
des vents en général , & on donne à la
fuite des obfervations particulières fur les vents
réguliers qui foufflent communément vers certains
endroits , dans certaines faifons de l'année
tels que font les alifées , les mouffons , &
plufieurs autres.
:
On termine par un Traité particulier , ou
on examine fcrupuleufement & dans le plus
grand détail quelles peuvent être les cauſes
de l'amitié & de l'inimitié qui régnent entre les
hommes.
On conclut cet Ouvrage par une differtation
particulière dont l'homme feul eft l'objet , où on
le confidère exactement dans toute l'étendue de
fa définition , c'eſt - â-dire comme animal & con
me raiſonnable.
Cet Ouvrage fera propofé par foufcriptions.
ANNONCE d'une Hiftoire Naturelle à
l'imitation de PLINE ; précédée d'un
nouveau fyftême de Phyfique ,fur les
Principes de la Nature , pour rendre
raifon des effets les plus curieux , &
les plus extraordinaires , qui fe trouvent
depuis la hauteur des Cieuxjufqu'au
centre de la Terre . Cet Ouvrage
formera fept volumes in-4°. ilfera
orné de planches & de figures concer➡
nant l'Hiftoire Naturelle.
Le premier volume divisé en deux Parties , rena E
ferme les principes phyfiques de l'Auteur ; & on
y expofe les divers fentimens des anciens Philofophes
fur l'origine de l'Univers ; le matérialiſme
y eft réfuté , ainfi que l'opinion de quelques Sçavans
modernes fur ce point. On entre enfuite
en matiere , & on explique de quelle maniere
les élémens fenfibles , qui ne font que trois
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
dans ce fyftême , l'air, l'eau & la terre , peuvent
être produits par la premiere mmaattiieerree , ou pro
prement dite matière-éthérée : 0
Les qualités élémentaires font l'objet d'un dé
tail particulier & très- étendu , on traite de leurs
effets , & de quelle maniere elles feré- peuvent
foudre & rentrer dans le fein de la premiere ſubftance
qui les produit continuellement.
On traite fucceffivement du feu & de la lumiere,
des fenfations & des Elprits animaux qui meuvent
les organes des fens ; & l'explication des principes
des Philofophes chymiftes , fait la conclufion ,
de cette premiere Partie.
La feconde renferme un traité complet fur le
mouvement , dont l'objet eft l'examen du principe
& de la caufe du mouvement , qu'allez volontiers
on confond avec le mouvement local ſenſible. On
fait connoître auffi diftinctement qu'il eft poffible,
que ce principe eft uni effentiellement , & inféparablement
à la matière , malgré l'opinion des
Cartefiens , qui veulent perfuader que ce mouvement
n'eft qu'un pur être de raifon c'eft- à-dire
un être entiérement détaché de la matière fubtile
, dont le monde felon eux eft, compofé , & qui
n'eft communiquable que par le feul contact.
Après avoir fait connoître la différence qu'il y
a dans le mouvement , entre la caufe & l'effet , on
paffe aux preuves de ce qu'on avance , & on rap
porte divers éxemples du mouvement local , ce
qui donne une parfaite conviction de la force de
la matière éthérée , en qui feule réfide le principe
du mouvement , & par le feul moyen de laquelle
les corps graves peuvent fe mouvoir.
On prouve clairement que les corps graves ne
peuvent être mûs que de deux manières. 1. Par
eux-mêmes , lorfqu'ils font en poffeffion de cette
JANVIER. 1764. 197
force motrice qui leur fait faire l'action du mouvement
local. 2. Lorsqu'ils n'ont pas en eux cette
puifance particulière ; & qu'il arrive néanmoins
qu'ils fe meuvent encore pendant quelque temps.
C'eft fur ce principe qu'un corps ne peut fe mouvoir
que par lui-même , ou par l'impulfion d'un
autre , qu'on paffe à l'explication du fyftême propolé.
On éxamine d'abord de quelle manière la continuation
du mouvement des corps graves , attribuée
par les Cartefiens à leur prétendue commu
nication du mouvement , peut fe faire par l'unique
moyen des impulfious de l'élément de l'eau ,
& on obferve auffi , comment ces mêmes corps
graves peuvent être mûs par les impulfions de l'air
feul , & de cet élément aidé par le feu.
Les mouvemens produits par les impulfions du
feu élémentaire , tels que font la foudre & les
autres météores enflammés , font l'objet d'un
Chapitre particulier. On explique après , quel eft
le mouvement des corps graves vers le centre d'e
ta terre qu'on appelle pefanteur , & on rend des
Taifons phyfiques de la caufe & de l'accélération de
ce mouvement.
L'ASTRONOMIE fait le fujet du fecond volume.
On y rapporte les obfervations les plus curieufes
qui ont été faites jufqu'à préfent dans le ciel . On
entre en matière fur ces différens fyltêmes aftronomiques
, & on fe détermine en faveur de celui
d'Archytas, Philofophe Pythagoricien , renouvellé
de nos jours par Copernic.
Après avoir éxaminé en général le tourbillon
du foleil , on entre dans un détail plus particuhier
, c'eft-à- dire par la confidération de cet Aftre
regardé aujourd'hui dans l'hypothèſe du monde ,
comme une fimple étoile fixe , qui brille de fa
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
propre lumière. Enfuite on recherche foigneufe
ment quelle peut être la nature & la compofition
de ce globe lumineux , ainfi que celle des
planettes qui tournent autour de lui , fans oublier
les fatellites ou lunes qui en accompagnent
une partie.
A la fuite de la defcription des aftres renfer
més dans le Tourbillon folaire , on donne un calcul
éxact de leurs diſtances du ſoleil , auffi bien
que celui de leurs mouvemens
foit fur euxmêmes
, foit autour de cet aftre qui eft leur cen
we commun.
>
*
On parle auffi des comettes connues ; on rap
porte à cet égard les différens fentimens des plus
grands Aftronomes fur la nature de ces espèces de
planettes errantes , & on hazarde là- deſſus fes
propres conjectures .
Les découvertes qui ont été faites dans les
cieux des étoiles fixes , engagent de rapporter hiſtoriquement
tout ce qu'on y a obſervé de plus nou
veau depuis près de deux fiécles .
On fait un récit intéreffant de ces eſpaces , ou
nuages lumineux , qui font très- fixes , qu'on a obfervé
parmi les étoiles , depuis l'invention des lu
nettes & des télescopes.
En un mot on entre dans un détail circonftan
cié fur tout ce qui concerne les corps céleftes
& on termine par l'éxamen de l'atmosphère de
la terre , connu auffi ſous le nom de la région des
vapeurs ; ce qui conduit infenfiblement a parler
des foudres , des météores , des iris ou arcs- enciel
, des aurores boréales , &c .
La Terre confidérée aujourd'hui dans le ſyſtême
folaire , comme une Planette particuliere , qui
roule dans les airs , devient l'objet du trojfiéme
volume.
JANVIER. 1764. Tog
On examine d'abord en général la compofi
tion de ce globe. On recherche avec foin juf
qu'où pouvoient aller les connoiffances géographiques
que nos Anciens en avoient. La décou
verte de l'Amérique , ainſi que de divers autres
endroits dont on n'avoit autre fois aucune notion
, donnent lieu à une narration auffi étendue
qu'intéreffante.
Les inégalités de la terre qu'on appelle montagnes
, leur origine , leur figure & les fingularités
que quelques- unes d'elles renferment dans leur
intérieur , donnent champ à une longue defcription.
Le récit hiftorique des plaines , des déferts
fabloneux & des forêts , forme un Chapitre particulier.
Après avoir parlé de ce qu'il y a de plus remar
quable fur la fuperficie du globe terreftre , on s'attache
à donner quelque connoiffance de fon inté →
rieur. On commence par les feux que la terre renferme
dans fon fein , & la deſcription qu'on fait
des plus terribles Volcans , engage à examiner
par quel moyen ces feux peuvent s'entretenir & fe
perpétuer contiuuellement , & on en rend phyfiquement
raifon conformément aux principes que
nous avons d'établis .
On donne une explication fur les caufes générales
des tremblemens de terre , & on rapporte
là- deffus , les différens fentimens des plus célébres
Philofophes de l'Antiquité.
Après avoir prouvé que la terre renferme dans
fon fein une grande quantité de feux , on démontre
avec clarté qu'elle eft également pénétrée de
fouffres , qui , en paffant auprès de ces fournaifes
ardentes , acquiérent une chaleur fenfible. Les fontaines
d'eau chaude minérales , qu'on trouve en
différens endroits , qui pour la plûpart ont des ver-
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
as fpécifiques & fingulières , font l'objet d'une
relation fort circonftanciée .
En continuant d'examiner l'intérieur du Globe ,
on fait obferver évidemment que l'eau qui le pénétre
de toutes parts , l'emporte de beaucoup fur
le feu qu'il renferme , ce qui eft juſtifié par le dérail
qu'on fait des eaux d'un grand nombre de rivieres
, de lacs , & de différentes mers qui vont fe
perdre dans la terre pour reparoître après dans
des lieux fort éloignés.
Enfin , après quelques obfervations particulieres
fur les parties qui conftituent le globe terreſtre
on conclut par un traité fort curieux des
changemens qui y arrivent , ou qui y font arrivés.
L'Hiftoire Minérale & Métallique fait le fujet
du quatriéme volume. On propofe d'abord un fentiment
fur la génération du fel , après quoi on en
examine toutes les propriétés.
On fait mention de toutes les minieres qui nous
font connues , auffi bien que de tous les endroits
où l'on tire du fel.
La formation du fable , & les différences qui
s'y rencontrent , font l'objet d'un article curieux .
On paffe immédiatement à la compofition des
autres corps fecs , plus confidérables par leur
grandeur ; tels que font les pierres , tant opaques
que transparentes. Les premieres font d'abord le
fujet de nos recherches physiques , & on donne
des raifons fur leur production.
A la fuite de tous ces récits , on trouve un fyltême
tout- à- fait neuf, fur l'aiman , par le moyen
duquel on peut facilement rendre des raisons probables
de tous les phénomènes que produit cette
merveilleufe pierre.
On traite en particulier de la génération des
Métaux & des Minéraux , dont on explique la naJANVIER.
1764. 201
ure & la compofition , & on finit par l'hiftoire
exacte des pays & des mines où ils fe trouvent.
Le cinquième volume renferme une hypothèſe
nouvelle , touchant le flux & reflux de la mer , où
l'on raifonne d'une manière fenfible , d'un effet
auffi merveilleux ; effet dont on a peu pénétré jufqu'aujourd'hui
les véritables cauſes.
On s'attache enſuite à connoître ce qui peut
occafionner les tempêtes & les autres météores de
la mer les exemples qu'on rapporte là - deffus ,
prouvent non feulement la vérité de ce qui a été
avancé ; mais ils donnent encore de parfaites
connoiffances de ce qui peut produire les mouve
mens orageux de cet élément .
Après cet examen on explique de quelle maniere
fe forment les pluyes ordinaires , & on rend
raifon de celles qu'on ne confidere que comme
furnaturelles , qui font par exemple , les pluyes
de fang , de pierre , d'animaux , de cuivre , &c, ce
qui fait le fujet d'une defcription fort détaillée .
La matière conduit infenfiblement à parler de
l'origine des fources , des rivières , des lacs & des
fontaines. Ce qui fuit , préſente une relation trèsamufante
de tout ce qu'il y a de plus curieux dans
le genre des liquides , c'eſt-à-dire , des lacs , des
fontaines & des viviers qui ont quelque propriété
fingulière.
On fait une recherche phyfique des Végétaux ,
& on donne fur leur génération un ſyſtême particuliers
après quoi on en vient à un autre examen ,
fçavoir , fi les plantes peuvent avoir du fentiment ,
& quel peut être en lui- même ce fentiment : on
termine cette digreffion par un récit de toutes
celles qui peuvent évidemment le prouver.
L'hiftoire particuliere de ce qu'il y a fur la terre
de plus remarquable en ce genre ; la deſcription
1 v
202 MERCURE DE FRANCE.
des Coralloïdes , & de beaucoup d'autres plantes
marines , jointe à celle de quelques Végétaux qui
Le pétrifient , fait la conclufion de ce volume.
Dans le fixiéme on éclaircit d'abord une matière
très-obfcure en elle - même ; c'eft la génération des
animaux. On commence par examiner celle des
quadrupedes. Après avoir expofé le fentiment
de nos Modernes fur la génération , on faitvoir
évidemment , combien tous fe font écartés des lumieres
que le célébre Harvée avoit répandues far
un fujet auffi important.
En fuivant pas à pas ce grand Naturaliſte , on
continue de rechercher avec foin de quelle ma→
niere fe fait la production des volatilles , & o
prouve par des expériences réitérées , que l'animal
ne fe manifefte pas par le feul développe
ment de fes parties , quoiqu'infiniment petites &
très-exiftantes , comme on le foutient hautement
aujourd'hui ; mais qu'elles font toutes en général
formées & perfectionnées fucceffivement.
On traite auffi en particulier de la génération:
des reptiles , des poiffons , des huîtres , & de quelques
autres coquillages. L'hiftoire fuivie de tout
ce qu'il y a de plus curieux dans ces différens gen
res d'animaux , fait le fujet de plufieurs Chapitres
intéreffans .
Les Infectes connus , auffi bien que ceux qui ne
font vifibles que par le fecours du microſcope
deviennent à leur tour l'objet d'un Article particulier.
Après avoir examiné en quoi confifte l'inftinet
& le difcernement , on paffe aux preuves dufen
timent des Bétes ; c'eft dans cette digreffion fufceptible
de toute la curiofité d'un vrai Phyficien
qu'on prouve par un grand nombre d'exemples,
l'abfurdité du Cartéfianiſme fur ce point,
JANVIER . 1764. 203
Enfin on trouve dans ce feptiéme & dernier
volume , un ſyſtême nouveau fur la nature & l'origine
des vents en général , & on donne à la
fuite des obfervations particulières fur les vents
réguliers qui foufflent communément vers certains
endroits , dans certaines faifons de l'année
tels que font les alifées , les mouffons , &
plufieurs autres.
:
On termine par un Traité particulier , ou
on examine fcrupuleufement & dans le plus
grand détail quelles peuvent être les cauſes
de l'amitié & de l'inimitié qui régnent entre les
hommes.
On conclut cet Ouvrage par une differtation
particulière dont l'homme feul eft l'objet , où on
le confidère exactement dans toute l'étendue de
fa définition , c'eſt - â-dire comme animal & con
me raiſonnable.
Cet Ouvrage fera propofé par foufcriptions.
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Résumé : SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.
Le document annonce une Histoire Naturelle en sept volumes, inspirée par Pline, précédée d'un nouveau système de physique expliquant les phénomènes naturels depuis les cieux jusqu'au centre de la Terre. Le premier volume, divisé en deux parties, expose les principes physiques de l'auteur et réfute le matérialisme ainsi que certaines opinions modernes. Il traite des éléments sensibles (air, eau, terre) produits par la matière éthérée, des qualités élémentaires, du feu, de la lumière, des sensations et des esprits animaux. La seconde partie examine le mouvement, son principe et sa cause, en opposition à l'opinion des Cartésiens, et prouve que les corps graves peuvent être mus par eux-mêmes ou par des impulsions extérieures. Le second volume aborde l'astronomie, rapportant les observations célestes et adoptant le système d'Archytas, renouvelé par Copernic. Il décrit le soleil, les planètes, les satellites, les comètes et les étoiles fixes, ainsi que les phénomènes atmosphériques comme les foudres et les aurores boréales. Le troisième volume traite de la Terre, considérée comme une planète dans le système solaire. Il explore la composition du globe terrestre, les montagnes, les plaines, les déserts, les forêts, et les phénomènes internes comme les volcans, les tremblements de terre et les sources d'eau chaude. Il conclut par un traité sur les changements géologiques. Le quatrième volume couvre l'histoire minérale et métallique, expliquant la génération du sel, des minéraux, des pierres et des métaux. Il propose un système nouveau sur l'aimant et décrit les mines et les propriétés des métaux. Le cinquième volume présente une hypothèse sur le flux et reflux de la mer, les tempêtes marines et les pluies naturelles ou surnaturelles. Il explore l'origine des sources, des rivières et des lacs. Le sixième volume traite de la génération des animaux, des quadrupèdes, des volatiles, des reptiles, des poissons et des insectes. Il examine également le sentiment et l'instinct des animaux, réfutant le cartésianisme. Le septième et dernier volume propose un système nouveau sur la nature et l'origine des vents, détaillant les vents réguliers comme les alizés et les moussons. Il se conclut par un traité sur les causes des vents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10626
SUPPLÉMENT aux Nouv. Littéraires. ANNONCE d'une Histoire Naturelle à l'imitation de PLINE ; précédée d'un nouveau systême de Physique, sur les Principes de la Nature, pour rendre raison des effets les plus curieux, & les plus extraordinaires, qui se trouvent depuis la hauteur des Cieux jusqu'au centre de la Terre. Cet Ouvrage formera sept volumes in-4°. il sera orné de planches & de figures concernant l'Histoire Naturelle.
10627
p. 203-206
SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
Début :
La préparation d'Antimoine de M. Jacquet, dont les effets sont déjà connus par [...]
Mots clefs :
Antimoine, Purgatifs, Préparation, Médecins, Maladie, Remède, Pilule
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE.
1
MÉMOIRE de M. GUILBERT DE
PREVAL, Docteur - Régent en Mé
decine de la Faculté de Paris , fur
l'ufage de l'ANTIMOINE préparé
de M. JACQUET.
La préparation d'Antimoine de M. Jacquer
dont les effets font déja connus par les divers
ufages qu'en ont faits les Médecins , eſt un des
meilleurs fondans qu'on puiffe employer. Elle
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
a cela de particulier , que , fans avoir aucun
des inconvéniens qu'on reproche à toutes les
préparations où entre le Mercure , elle en a toutes
les propriétés , M. Jacquet ayant trouvé le
moyen de réunir les propriétés du Mercure &
celles de l'Antimoine.
:
Sa préparation a de commun avec le Mercure
d'être antivénérienne au meilleur degré ,
puifque par fon moyen on guérir des maladies
qui ont réfifté avec la plus grande opiniâtreté
à toutes les préparations du Mercure les plus
ufitées , aux frictions mêmes comme les exoftofes
, les douleurs , les duretés des glandes ,
les gonorrhées les plus invétérées &c. dans les
nouvelles , c'eſt une choſe bien remarquable que
deux ou trois prifes de cette préparation faſfent
conftamment ceffer les cuiffons & ardeurs ,
qui , dans les premiers temps de cette incommodité
, font les fymptômes les plus infupportables
aux malades . Dans tous les autres vices
lymphatiques , qui femblent dégénérer du vénérien
, comme les fcrophules humeurs froides
, les dartres , herpés & autres maladies cutanées
, il faut convenir qu'il n'eft pas de reméde
plus efficace puifqu'on a guéri par fon
moyen ce que toutes les préparations mercurielles
les plus connues & les plus renommées ,
la cigue même, n'ont pû guérir , quoique ces
remédes fuffent adminiftrés par d'excellens Médecins.
Dans les engorgemens fpontanés des
glandes du foye &c , fa réuffite eſt également
certaine ; tous faits dont on a la preuve en
main.
Cette préparation d'Antimoine fe peut auffi
employer dans tous les cas fans exception où
l'on employe le Kermès minéral , dont tous les
JANVIER. 1764. 205
Médecins clyniques connoiffent les inconvéniens.
En quadruplant la dofe de l'Antimoine de M. Jacquer
, on l'adminiftre de la même maniere que le
Kermès. L'événement convaincra ceux qui l'employeront
, qu'il eft décidément préférable au
Kermès , fur- tout dans tous les cas où la délicatele
de la poitrine & des vifcères demande
du ménagement . La fuite apprendra que dans
les maladies putrides ce reméde n'eft pas indif
férent .
:
On l'employe comme altérant & comme purgatif
comme altérant , on le donne depuis
quatre ou fix jufqu'à douze & quinze grains ,
en pilules ou en poudre , avec tel véhicule qu'on
juge à propos : dans les loochs comme le Kermès
, en mettant 4 grains pour un ; 16 pour
4 comme purgatif , depuis 12 ou 15 grains ,
jufqu'à 25 & 30 , par-deffus chaque prife , le
malade boira toujours l'un des bouillons prefcrits
fuivant l'indication' qu'aura eu à remplir
le Médecin qui l'adminiftrera ; ou bien quelques
taffes d'infufion de Thé , de Sauge , de
Méliffe , ou même de petit Lait.
Chaque pilule eft formée de 6 grains en
la féparant en deux , on a la plus petite dofe
à laquelle on puiffe l'adminiftrer , aux enfans
mêmes on peut également à ce moyen le donner
par gradation , en commençant par fix
grains qui ne forment qu'une pilule , enfuite
neuf , une pilule & demie & ainfi de fuite tous
les jours jufqu'à ce qu'on foit parvenu à le
rendre purgatif ; alors on ne le donne plus
que de deux jours l'un à la doſe où on l'ap-.
perçoit purgatif ; quoiqu'on le puiffe donner
comme altérant le jour qu'on n'a pas intention
de purger en ſe bornant à la doſe de ſiz
206 MERCURE DE FRANCE.
grains. Au furplus c'eft à la fageffe du Méde
ein d'écarter plus ou moins les jours où il le
preferira comme purgatif, faivant fon effet &
les forces du malade.
C'eſt à - peu- près ce que nous pouvons dire
fur les généralités de l'adminiftration de ce reméde
conformément aux engagemens que nous
avons pris dans les Gazettes du courant de Novembre
dernier. G. de P.
1
MÉMOIRE de M. GUILBERT DE
PREVAL, Docteur - Régent en Mé
decine de la Faculté de Paris , fur
l'ufage de l'ANTIMOINE préparé
de M. JACQUET.
La préparation d'Antimoine de M. Jacquer
dont les effets font déja connus par les divers
ufages qu'en ont faits les Médecins , eſt un des
meilleurs fondans qu'on puiffe employer. Elle
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
a cela de particulier , que , fans avoir aucun
des inconvéniens qu'on reproche à toutes les
préparations où entre le Mercure , elle en a toutes
les propriétés , M. Jacquet ayant trouvé le
moyen de réunir les propriétés du Mercure &
celles de l'Antimoine.
:
Sa préparation a de commun avec le Mercure
d'être antivénérienne au meilleur degré ,
puifque par fon moyen on guérir des maladies
qui ont réfifté avec la plus grande opiniâtreté
à toutes les préparations du Mercure les plus
ufitées , aux frictions mêmes comme les exoftofes
, les douleurs , les duretés des glandes ,
les gonorrhées les plus invétérées &c. dans les
nouvelles , c'eſt une choſe bien remarquable que
deux ou trois prifes de cette préparation faſfent
conftamment ceffer les cuiffons & ardeurs ,
qui , dans les premiers temps de cette incommodité
, font les fymptômes les plus infupportables
aux malades . Dans tous les autres vices
lymphatiques , qui femblent dégénérer du vénérien
, comme les fcrophules humeurs froides
, les dartres , herpés & autres maladies cutanées
, il faut convenir qu'il n'eft pas de reméde
plus efficace puifqu'on a guéri par fon
moyen ce que toutes les préparations mercurielles
les plus connues & les plus renommées ,
la cigue même, n'ont pû guérir , quoique ces
remédes fuffent adminiftrés par d'excellens Médecins.
Dans les engorgemens fpontanés des
glandes du foye &c , fa réuffite eſt également
certaine ; tous faits dont on a la preuve en
main.
Cette préparation d'Antimoine fe peut auffi
employer dans tous les cas fans exception où
l'on employe le Kermès minéral , dont tous les
JANVIER. 1764. 205
Médecins clyniques connoiffent les inconvéniens.
En quadruplant la dofe de l'Antimoine de M. Jacquer
, on l'adminiftre de la même maniere que le
Kermès. L'événement convaincra ceux qui l'employeront
, qu'il eft décidément préférable au
Kermès , fur- tout dans tous les cas où la délicatele
de la poitrine & des vifcères demande
du ménagement . La fuite apprendra que dans
les maladies putrides ce reméde n'eft pas indif
férent .
:
On l'employe comme altérant & comme purgatif
comme altérant , on le donne depuis
quatre ou fix jufqu'à douze & quinze grains ,
en pilules ou en poudre , avec tel véhicule qu'on
juge à propos : dans les loochs comme le Kermès
, en mettant 4 grains pour un ; 16 pour
4 comme purgatif , depuis 12 ou 15 grains ,
jufqu'à 25 & 30 , par-deffus chaque prife , le
malade boira toujours l'un des bouillons prefcrits
fuivant l'indication' qu'aura eu à remplir
le Médecin qui l'adminiftrera ; ou bien quelques
taffes d'infufion de Thé , de Sauge , de
Méliffe , ou même de petit Lait.
Chaque pilule eft formée de 6 grains en
la féparant en deux , on a la plus petite dofe
à laquelle on puiffe l'adminiftrer , aux enfans
mêmes on peut également à ce moyen le donner
par gradation , en commençant par fix
grains qui ne forment qu'une pilule , enfuite
neuf , une pilule & demie & ainfi de fuite tous
les jours jufqu'à ce qu'on foit parvenu à le
rendre purgatif ; alors on ne le donne plus
que de deux jours l'un à la doſe où on l'ap-.
perçoit purgatif ; quoiqu'on le puiffe donner
comme altérant le jour qu'on n'a pas intention
de purger en ſe bornant à la doſe de ſiz
206 MERCURE DE FRANCE.
grains. Au furplus c'eft à la fageffe du Méde
ein d'écarter plus ou moins les jours où il le
preferira comme purgatif, faivant fon effet &
les forces du malade.
C'eſt à - peu- près ce que nous pouvons dire
fur les généralités de l'adminiftration de ce reméde
conformément aux engagemens que nous
avons pris dans les Gazettes du courant de Novembre
dernier. G. de P.
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Résumé : SUPPLÉMENT à l'Art. MÉDECINE. MÉMOIRE de M. GUILBERT DEPREVAL, Docteur-Régent en Médecine de la Faculté de Paris, sur l'usage de l'Antimoine préparé de M. JACQUET.
Le document est un supplément à un article sur la médecine, présentant un mémoire de M. Guilbert de Préval, docteur et régent en médecine à la Faculté de Paris. Ce mémoire traite de l'usage de l'antimoine préparé par M. Jacquet. Cette préparation est appréciée pour ses propriétés similaires à celles du mercure, mais sans en avoir les inconvénients. Elle est particulièrement efficace contre les maladies vénériennes résistantes aux traitements mercuriels, ainsi que contre diverses affections cutanées et lymphatiques. L'antimoine peut également remplacer le kermès minéral, offrant des avantages notables dans les cas nécessitant une grande délicatesse, comme les maladies putrides. La préparation est administrée en pilules ou en poudre, en doses variables selon l'effet recherché, qu'il soit altérant ou purgatif. Elle peut être donnée aux enfants par gradation. Le médecin doit ajuster la fréquence et la dose en fonction de l'état du patient.
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10628
p. 206
« J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...] »
Début :
J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...]
Mots clefs :
Veuve, Attestation, Faux, Mensonge
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texteReconnaissance textuelle : « J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...] »
J'AI lû avec furprife , Monfieur , dans le Mer- ΑΙ
cure du mois de Décembre , que la veuve du Doc
teur Fels citoit une atteftation fignée de moi
& de M. Moreau , concernant une femme de
la Paroiffe d'Ablincour : quoique j'aye déja défavoué
cette même atteſtation , ainfi que M. Mo
reau , dans l'un de vos Mercures de l'année 1762,
vous avez fans doute crû , Monfieur , que cette
derniere atteftation avoit été donnée depuis. J'ai
l'honneur , non-feulement , de vous affurer le
contraire , mais que je trouve fort étrange que
Fon revienne à la charge fur un fait auffi faux
& auffi authentiquement défavoué. Je fuis , & c .
GUERIN
cure du mois de Décembre , que la veuve du Doc
teur Fels citoit une atteftation fignée de moi
& de M. Moreau , concernant une femme de
la Paroiffe d'Ablincour : quoique j'aye déja défavoué
cette même atteſtation , ainfi que M. Mo
reau , dans l'un de vos Mercures de l'année 1762,
vous avez fans doute crû , Monfieur , que cette
derniere atteftation avoit été donnée depuis. J'ai
l'honneur , non-feulement , de vous affurer le
contraire , mais que je trouve fort étrange que
Fon revienne à la charge fur un fait auffi faux
& auffi authentiquement défavoué. Je fuis , & c .
GUERIN
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Résumé : « J'ai lû avec surprise, Monsieur, dans le Mercure du mois de Décembre, que la veuve [...] »
Une attestation signée par l'auteur et M. Moreau concernant une femme de la paroisse d'Ablincourt a été citée par la veuve du Docteur Fels. L'auteur exprime sa surprise, car cette attestation avait déjà été désavouée en 1762. Il trouve étrange que la veuve revienne sur un fait déjà désavoué et conclut en exprimant son étonnement.
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10629
p. 206-209
RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE pour les bons Citoyens, insérée au Mercure d'Août 1763.
Début :
Faire du bien à ses semblables, Monsieur, est, j'en conviens comme vous, [...]
Mots clefs :
Bien commun, Bons citoyens, Qualités, Raison, Sentiments, Campagnes, Devoirs, Lettre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE pour les bons Citoyens, insérée au Mercure d'Août 1763.
RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE
pour les bons Citoyens , inférée
au Mercure d'Août 1763.
FAAIRE du bien à fes femblables , Monfieur ,
eft, j'en conviens comme vous , la plus chère occupation
d'une âme fenfible ; le répandre dans
JANVIER. 1764. 207
lès campagnes , c'eft être éclairé fur les befoins
& c'eft ce dont nous convenons encore. Dans la
lettre que que j'ai fous les
yeux , vous exhortez
les bons Citoyens à faire diftribuer chaque an
née des Prix dans les Villages ; ce font des Livres
qu'on donnera aux enfans qui feront jugés
avoir de bonnes qualités ; & vous vous appuyez
de l'exemple de plufieurs perfonnes pieufes &
refpectables qui l'ont tenté avec fuccès. C'eft le
moyen , ajoutez-vous , de faire fortir de la campagne
plus de Sujets penfants & utiles. C'est ici:
Monfieur , où nous ceffons d'être d'accord.
Je n'examinerai point s'il eft auffi avantageux
que vous le penfez , que les Payfans fçachene
lire , écrire , chiffrer. Je fçai ce que vous pourriez
alléguer en faveur de votre fentiment : mais
fur des raifons non moins puiffantes j'infifterois
pour la négative. Ce ne font pas là pour eux des
chofes de néceffité première , & leur état préſent
ne permet guères d'aller au- delà.
Ne nous prévenons point , Monfieur , l'un
contre l'autre , la diverfité d'avis entre deux
Citoyens n'a jamais l'air d'une difcuffion. Il eft
toujours louable quand on nous montre ce qui
eft bien, de dire ce qu'on croit être mieux.
Depuis longtemps on s'apperçoit que les
campagnes fe dépeuplent , & les Académies d'agriculture
ne ceffent de crier : donnez- nous des bras;
bien loin qu'on fonge aux défrichemens , à peine
les anciennes cultures font fervies. On fent fi bien
cette dépopulation que pour femer & vanner le
bled , on invente des machines qui fuppléent aux
hommes. On attend une charrue qui laboure feule
& ce ne fera pas un petit préfent.
En attendant , permettez , Monfieur , que
nous retenjons ce qui nous refte de cultivateus
208 MERCURE DE FRANCE.
#
& pour cela gardons - nous d'en faire des gens
d'efprit , nous y perdrions. L'éducation qui convient
à un enfant de village eft celle que fon pere
peut lui donner. Dès l'enfance il y a des travaux
qui lui font propres ; à fix ans il eſt déja un ouvrier.
Il faut que de bonne heure fon corps fe courbe
au labourage ; l'expérience apprend qu'il s'y refufe
quand on veut l'y plier trop tard. Qu'on
obferve qu'il foit refpectueux pour les peres &
meres , qu'il ait l'âme honnête , qu'il foit éxact
à fes devoirs rien n'eft mieux ; mais ces devoirs
quels font-ils ? de devancer fon pere aux
champs , de partager avec lui le hâle du jour ;
de le nourrir au déclin de l'âge du pain qu'il a
femé lui-même & que fa femme a pétri ; & de
mériter de fes enfans ce que fon pere mérita de
lui. Ne nous y trompons pas , les devoirs de notre
état font nos premieres vertus & vous n'imagi .
nez pas peut- être que ce que vous propoſez y
faffe diftraction .
·
Suppofons un Village où tous les ans on dif
tribue quatre livres à ceux des enfans qui auront
montré plus de douceur dans le caractère ,
ou qui auront eu l'art de le faire plus aimer , &
que Télémaque , comme vous le dites , foit le
premier Prix. S'il y a de l'émulation parmi eux ,
comme vous le demandez , il faut qu'ils ayent
des prétentions. Ils n'en auront qu'en raison du
temps donné à l'étude ; & cette étude fait diverfion
au travail journalier , & je l'oſe dire , à
des occupations d'un genre plus précieux. Je
m'imagine voir un petit Payfan qui fçait
lire & écrire capter le fuffrage de fes voifins.
Combien dans ce rôle ne s'éloigne- t- il pas de
cente fimplicité par laquelle les égaux font
heureux même par le peu qui leur en reſte ? Le
JANVIER. 1764. 209
petit Courtisan réuffit & eft couronné : croyezvous
que ce nouveau Docteur ne veuille être
qu'un Métayer ? Il fortira des Champs . Ou irat-
il pour être mieux ? Nous ne fçaurions fupputer
trop haut ces émigrations , & la claffe des
Cultivateurs ; cette pépinière de tous les états , ne
fe recrute jamais. Ah ! Monfieur , que le pain
fera cher dès qu'une fois on lira Télémaque dans
les Campagnes !
Je fuis bien loin d'être dur envers le Labou
reur ; perfonne ne le plaint & ne l'aime , j'ai
prèfque dit ne le refpecte plus que moi. Mais
adouciffons fes peines par des plaifirs qui foient
fous la main . Pour le rendre plus heureux , il ne
faut pas l'approcher plus de nous . Que ces âmes
patriotiques & humaines dont vous parlez , répandent
leurs bienfaits à d'autres titres . Il vaut
mieux former une génération vigoureafe . Que
l'enfant le plus robufte de ceux de fon âge , que
celui qui méne un fillon plus droit & plus profond
, foient récompenfés d'un habit fimple ou
plutôt de quelque outil de leur Art. Entretenons
chez eux la force & l'adreffe ; n'y fubftituons pas
T'efprit & le talent. Affez d'autres penferont , &
ci n'en feront pas moins des hommes ceux -
utiles .
J'ai l'honneur d'être , &c.
A la Rochelle , le 1763.
De B....
pour les bons Citoyens , inférée
au Mercure d'Août 1763.
FAAIRE du bien à fes femblables , Monfieur ,
eft, j'en conviens comme vous , la plus chère occupation
d'une âme fenfible ; le répandre dans
JANVIER. 1764. 207
lès campagnes , c'eft être éclairé fur les befoins
& c'eft ce dont nous convenons encore. Dans la
lettre que que j'ai fous les
yeux , vous exhortez
les bons Citoyens à faire diftribuer chaque an
née des Prix dans les Villages ; ce font des Livres
qu'on donnera aux enfans qui feront jugés
avoir de bonnes qualités ; & vous vous appuyez
de l'exemple de plufieurs perfonnes pieufes &
refpectables qui l'ont tenté avec fuccès. C'eft le
moyen , ajoutez-vous , de faire fortir de la campagne
plus de Sujets penfants & utiles. C'est ici:
Monfieur , où nous ceffons d'être d'accord.
Je n'examinerai point s'il eft auffi avantageux
que vous le penfez , que les Payfans fçachene
lire , écrire , chiffrer. Je fçai ce que vous pourriez
alléguer en faveur de votre fentiment : mais
fur des raifons non moins puiffantes j'infifterois
pour la négative. Ce ne font pas là pour eux des
chofes de néceffité première , & leur état préſent
ne permet guères d'aller au- delà.
Ne nous prévenons point , Monfieur , l'un
contre l'autre , la diverfité d'avis entre deux
Citoyens n'a jamais l'air d'une difcuffion. Il eft
toujours louable quand on nous montre ce qui
eft bien, de dire ce qu'on croit être mieux.
Depuis longtemps on s'apperçoit que les
campagnes fe dépeuplent , & les Académies d'agriculture
ne ceffent de crier : donnez- nous des bras;
bien loin qu'on fonge aux défrichemens , à peine
les anciennes cultures font fervies. On fent fi bien
cette dépopulation que pour femer & vanner le
bled , on invente des machines qui fuppléent aux
hommes. On attend une charrue qui laboure feule
& ce ne fera pas un petit préfent.
En attendant , permettez , Monfieur , que
nous retenjons ce qui nous refte de cultivateus
208 MERCURE DE FRANCE.
#
& pour cela gardons - nous d'en faire des gens
d'efprit , nous y perdrions. L'éducation qui convient
à un enfant de village eft celle que fon pere
peut lui donner. Dès l'enfance il y a des travaux
qui lui font propres ; à fix ans il eſt déja un ouvrier.
Il faut que de bonne heure fon corps fe courbe
au labourage ; l'expérience apprend qu'il s'y refufe
quand on veut l'y plier trop tard. Qu'on
obferve qu'il foit refpectueux pour les peres &
meres , qu'il ait l'âme honnête , qu'il foit éxact
à fes devoirs rien n'eft mieux ; mais ces devoirs
quels font-ils ? de devancer fon pere aux
champs , de partager avec lui le hâle du jour ;
de le nourrir au déclin de l'âge du pain qu'il a
femé lui-même & que fa femme a pétri ; & de
mériter de fes enfans ce que fon pere mérita de
lui. Ne nous y trompons pas , les devoirs de notre
état font nos premieres vertus & vous n'imagi .
nez pas peut- être que ce que vous propoſez y
faffe diftraction .
·
Suppofons un Village où tous les ans on dif
tribue quatre livres à ceux des enfans qui auront
montré plus de douceur dans le caractère ,
ou qui auront eu l'art de le faire plus aimer , &
que Télémaque , comme vous le dites , foit le
premier Prix. S'il y a de l'émulation parmi eux ,
comme vous le demandez , il faut qu'ils ayent
des prétentions. Ils n'en auront qu'en raison du
temps donné à l'étude ; & cette étude fait diverfion
au travail journalier , & je l'oſe dire , à
des occupations d'un genre plus précieux. Je
m'imagine voir un petit Payfan qui fçait
lire & écrire capter le fuffrage de fes voifins.
Combien dans ce rôle ne s'éloigne- t- il pas de
cente fimplicité par laquelle les égaux font
heureux même par le peu qui leur en reſte ? Le
JANVIER. 1764. 209
petit Courtisan réuffit & eft couronné : croyezvous
que ce nouveau Docteur ne veuille être
qu'un Métayer ? Il fortira des Champs . Ou irat-
il pour être mieux ? Nous ne fçaurions fupputer
trop haut ces émigrations , & la claffe des
Cultivateurs ; cette pépinière de tous les états , ne
fe recrute jamais. Ah ! Monfieur , que le pain
fera cher dès qu'une fois on lira Télémaque dans
les Campagnes !
Je fuis bien loin d'être dur envers le Labou
reur ; perfonne ne le plaint & ne l'aime , j'ai
prèfque dit ne le refpecte plus que moi. Mais
adouciffons fes peines par des plaifirs qui foient
fous la main . Pour le rendre plus heureux , il ne
faut pas l'approcher plus de nous . Que ces âmes
patriotiques & humaines dont vous parlez , répandent
leurs bienfaits à d'autres titres . Il vaut
mieux former une génération vigoureafe . Que
l'enfant le plus robufte de ceux de fon âge , que
celui qui méne un fillon plus droit & plus profond
, foient récompenfés d'un habit fimple ou
plutôt de quelque outil de leur Art. Entretenons
chez eux la force & l'adreffe ; n'y fubftituons pas
T'efprit & le talent. Affez d'autres penferont , &
ci n'en feront pas moins des hommes ceux -
utiles .
J'ai l'honneur d'être , &c.
A la Rochelle , le 1763.
De B....
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Résumé : RÉPONSE à la LETTRE INTÉRESSANTE pour les bons Citoyens, insérée au Mercure d'Août 1763.
Le texte est une réponse à une lettre publiée dans le Mercure d'août 1763, abordant l'éducation des enfants dans les campagnes. L'auteur reconnaît la noblesse de l'objectif de faire du bien à ses semblables et approuve l'idée de distribuer des prix sous forme de livres aux enfants méritants pour encourager l'éducation. Cependant, il exprime des réserves sur l'utilité de cette initiative. Il estime que les paysans ont des besoins plus urgents et que leur situation actuelle ne leur permet pas de se concentrer sur l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul. L'auteur souligne la dépopulation des campagnes et l'importance de maintenir une main-d'œuvre agricole. Il propose que l'éducation des enfants de village soit axée sur les travaux agricoles dès le plus jeune âge, afin de les préparer à leur rôle de cultivateurs. Il craint que l'introduction de prix littéraires ne détourne les jeunes des champs et ne les pousse à chercher des occupations plus intellectuelles, aggravant ainsi la pénurie de bras dans les campagnes. L'auteur suggère plutôt de récompenser les enfants pour leur force et leur adresse dans les travaux agricoles, afin de maintenir une génération vigoureuse et utile à l'agriculture.
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10630
p. 210
PRIX des Grains, à Paris, à la Mi-Décembre 1763.
Début :
Le Froment se vendoit, à la Halle, de 13 liv. 5. à 15 s. le Septier ; [...]
Mots clefs :
Froment, Seigle, Orge, Avoine, Prix
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texteReconnaissance textuelle : PRIX des Grains, à Paris, à la Mi-Décembre 1763.
ARTICLE VIII.
ECONOMIE ET COMMERCE .
PRIX des Grains , à Paris , à la Mi-
Décembre 1763 .
Le Fromentle vendoit , à la Halle , der 3 liv. så
15 f. le Septier ; plufieurs ont vendu de 9 à 13 liv.
fur le Port de la Grêve de 14 liv . 10 f. à 15 liv. Il
en étoit vendu de 13 liv. S à 1 13 lîv. 10 f.
à
Le Seigle, à la Halle, de 4 liv.10 f. à 6 liv . 10 f.
L'Orge , des liv. rof. à 6 liv..
Vefce , fur le Port , 15 liv. à la Halle , 10 liv.
13 liv. 1 f.
L'Avoine , à la Halle , 12 liv . l'Avoine en facs
fur le Port is liv. en banne , 14 liv. à 14 liv . 10ſ,
ECONOMIE ET COMMERCE .
PRIX des Grains , à Paris , à la Mi-
Décembre 1763 .
Le Fromentle vendoit , à la Halle , der 3 liv. så
15 f. le Septier ; plufieurs ont vendu de 9 à 13 liv.
fur le Port de la Grêve de 14 liv . 10 f. à 15 liv. Il
en étoit vendu de 13 liv. S à 1 13 lîv. 10 f.
à
Le Seigle, à la Halle, de 4 liv.10 f. à 6 liv . 10 f.
L'Orge , des liv. rof. à 6 liv..
Vefce , fur le Port , 15 liv. à la Halle , 10 liv.
13 liv. 1 f.
L'Avoine , à la Halle , 12 liv . l'Avoine en facs
fur le Port is liv. en banne , 14 liv. à 14 liv . 10ſ,
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Résumé : PRIX des Grains, à Paris, à la Mi-Décembre 1763.
En décembre 1763 à Paris, les prix des grains variaient selon les types et les lieux de vente. Le froment coûtait entre 3 livres 15 sous et 15 livres. Le seigle était entre 4 livres 10 sous et 6 livres 10 sous. L'orge variait entre 5 livres et 6 livres. La vesce oscillait entre 10 livres et 15 livres. L'avoine se vendait à 12 livres à la Halle et entre 11 livres et 14 livres 10 sous au port.
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10631
p. 210
AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Début :
On fait prendre trois grains d'émétique dans du bouillon, & une heure ou [...]
Mots clefs :
Maladie, Chiens, Bouillon, Émétiques, Huile d'olive, Tabac, Vinaigre, Remède
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texteReconnaissance textuelle : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
AVIS.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
REMEDE pour les Chiens attaqués de la maladie.
"
courante .
On fait prendre trois grains d'émétique dans
du bouillon & une heure ou deux après on
donne encore du bouillon au Chien malade . Ik
faut dans la journée lui faire boire de l'huile
d'Olive ; enfuite après avoir rempli de la même
huile une petite feringue grofle comme le doigt ,
dans laquelle on a mis une ou deux prifes de
tabac mêlé avec l'huile , on en ferinque dans les
narines du chien plufieurs fois par jour. Si le
tabac ne le fait pas éternuer il faut mettre à
la place deur goutes de vinaigre.
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Résumé : AVIS. REMÉDE pour les Chiens attaqués de la maladie courante.
Le texte présente un remède pour soigner les chiens atteints d'une maladie courante. Le traitement inclut l'administration de trois grains d'émétique dans du bouillon, suivi d'un autre bol de bouillon après une à deux heures. Le chien doit boire de l'huile d'olive tout au long de la journée. Une seringue avec un mélange d'huile d'olive et de tabac est introduite dans les narines du chien plusieurs fois par jour. En cas d'absence d'éternuements, le tabac peut être remplacé par deux gouttes de vinaigre.
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10632
p. 211
« Le Sieur Le Lievre, Apoticaire, Distilateur ordinaire du Roi, est mort [...] »
Début :
Le Sieur Le Lievre, Apoticaire, Distilateur ordinaire du Roi, est mort [...]
Mots clefs :
Distillateur, Apothicaire ordinaire du roi, Décès, Veuve, Baume de vie
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texteReconnaissance textuelle : « Le Sieur Le Lievre, Apoticaire, Distilateur ordinaire du Roi, est mort [...] »
LE Sieur LB LIEVRE , Apoticaire , Diftila
teur ordinaire du Roi , eft mort le 28 Octobre
dernier , âgé de quatre vingt - dix ans. Sa veuve ,
ainfi que fon fils , reçu en furvivance depuis
dix ans dans fa Charge d'Apoticaire - Diftilateur
ordinaire du Roi , compoſoient & fabri
quoient avec feu M. LE LIEVRE , le Beaume de
Vie , & fa veuve continue le même Commerce ,
dans fa même Maifon , rue de Seine , Fauxbourg
S. Germain.
teur ordinaire du Roi , eft mort le 28 Octobre
dernier , âgé de quatre vingt - dix ans. Sa veuve ,
ainfi que fon fils , reçu en furvivance depuis
dix ans dans fa Charge d'Apoticaire - Diftilateur
ordinaire du Roi , compoſoient & fabri
quoient avec feu M. LE LIEVRE , le Beaume de
Vie , & fa veuve continue le même Commerce ,
dans fa même Maifon , rue de Seine , Fauxbourg
S. Germain.
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10633
p. 211-214
SUPPLÉMENT à la Liste alphabétique des Abonnés au Mercure, que se trouve dans le volume de Décembre dernier.
Début :
ABONNÉS DE PARIS. Messieurs, Bondy, receveur Général des Finances, [...]
Mots clefs :
Abonnés, Paris, Provinces
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT à la Liste alphabétique des Abonnés au Mercure, que se trouve dans le volume de Décembre dernier.
SUPPLÉMENT à la Lifte alphabétique
des Abonnés au Mercure , quife trouve
dans le volume de Décembre dernier.
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
BONDY , Receveur Général des Finances , rue đứt
Clery.
Carlin , de la Comédie Italienne , rue S. Denis į
au vieux Grand-Cerf.
Duchêne , chez M. Gruguelu , Marchand , rue Saine
Denis .
Guyot , Marchand de Papier , rue des Arcis , à la
petite Vertu.
Laître (de ) , Entreprer ear des Habillemens de Théâ
tre de l'Opéra & des Menus - Plaifirs du Roi ,
rue S. Nicaife .
Lemaitre , Ecuyer , rue & ifle S. Louis.
Mauclerc , Directeur Général des Vivres de la Mas
rine , rue Sainte Anne , Butte S. Roch.
Meunier , Subſtitut de M. le Procureur du Roi- au
212 MERCURE DE FRANCE.
Châtelet , rue de Condé.
Midrey , Infpecteur Général des Domaines , rue
des Moulins , Butte S. Roch.
Montbruel ( de ) & Ferrand , à l'Hôtel de Combourg
, quai des Céleftins .
Montgotfier ( de ) , Marchand de Bois , rue de Surenne
, près le Boulevard , pour deux exemplaires.
Nicol , Directeur de la Régie des Cartes , à l'Hôtel
de la Force , rue des Ballets .
Teflier , Fermier Général , rue Tiquetonne.
Ximenes ( le Marquis de ) , rue neuve des Bons-
Enfans.
Les Directeurs du Bureau d'Indication , en leur
Bureau , rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS ,
Bufnel ( de ) , Prévôt- Juge Royal , à Philippeville.
Cazin de Valferie , Préfident , à Troyes .
Colin , Receveur des Tailles , à Riom en Auvergne.
Lucé ( le Comte de ) Maître de la Garderobe du
Roi , Colonel du Régimeur des Gardes de Lorraine
, au Château , à Verfailles.
David ( Nicolas ) , rue S. Pierre , à Caen.
François , ancien Officier de Cavalerie , à Uzès.
Gualy ( le Baron de ) , Lieutenant de MM . les
Maréchaux de France , à Milhau en Rouergue.
Jame , rue S Meleine , à Morlaix.
La Befcau ( de , Capitaine au Commiſſaire Général
, en Garnifon à Heldin en Artois.
Lahaye ( la Marquiſe de ) , au Château de Lifle ,
par Avallon en Bourgogne."
Manfigny ( de ) , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , à Eftrepagny , par les Tilliers ,
Vexin Normand.
Morlange ( Madame de ) rue de l'Hôpital , au
Havre.
1
JANVIER. 1764 .
213
Narbonne- Pelet ( le Marquis de , à Alais.
Paulinier , Chanoine , Théologal du Chapitre de
Foix , à Foix !
Periffe ( les Freres ) Libraires , à Lyon.
Preyfing ( Madame la Baronne de ) , aux Dames
Religieufes de la Congrégation de N.D.à Nancy .
Rochechouart ( le Comte de ) , Capitaine de Dragons
, à Bordeaux .
Saint- Sulpice l'Abbé de ) , en fon Abbaye , a
Belley en Bugey , route de Lyon.
Salmon , à Laval , Bas- Mayne.
Souchay , Secrétaire du Roi , à Lyon.
Tarbé , Imprimeur- Libraire , à Sens.
Tolofan & Compagnie , à Lyon,
Valleberg le Baron de ) ( 9 à Treves,
Meffieurs de l'Académie de la Rochelle , à la Ro
chelle.
Le Prieur de l'Abbaye de Montperoux , à Thiers
en Auvergne.
FAUTES à corriger dans la Lifte du Mercure de
Décembre dernier.
M. Frémin , Greffier Plumitif de la Tournelle , an
lieu de Greffier au Greffe Civil du Parlement
ligne 3 , pag. 12.
Suppléer M. Boudet , Procureur Général de Saint
Antoine , au petit S. Antoine , rue du Roi de
Sicile ; au lieu de Boudet , Pro ..... , ligne 13
page 4 de la Lifte.
Supprimer un i , & lire Boutren, page 4 à la der
nière ligne:
Subftituer Procureur au Châtelet à M. Courlevaux,
page 7 ligne 15.
Page 20 , ligne 19 , lifex Petit de Limeil , au lieu
de Perilimeil.
Page 41 , ligne 17 , lifex Victor ( Marquile de ) ,
en fon Château de Victót,
274 MERCURE DE FRANCE .
Page 45 , lignes 6 & 7 , au lieu de Major , lifez
Lieutenant- Colonel d'Artillerie , & Directeur
des Bâtimens de S. A. S. M. le Duc de Wirtemberg.
Lig. 13 & 14 , lifez M. le Comte de Montmartin ,
Premier Miniftre d'Etat & du Cabinet de S. A. S.
M. le Duc Régnant de Wirtemberg .
Page 34 , au lieu de Flandres , Hainault , lifeg
Cottiau ( l'Abbé ) , Chanoine de Sainte Croix.
des Abonnés au Mercure , quife trouve
dans le volume de Décembre dernier.
ABONNÉS DE PARIS.
MESSIEURS ,
BONDY , Receveur Général des Finances , rue đứt
Clery.
Carlin , de la Comédie Italienne , rue S. Denis į
au vieux Grand-Cerf.
Duchêne , chez M. Gruguelu , Marchand , rue Saine
Denis .
Guyot , Marchand de Papier , rue des Arcis , à la
petite Vertu.
Laître (de ) , Entreprer ear des Habillemens de Théâ
tre de l'Opéra & des Menus - Plaifirs du Roi ,
rue S. Nicaife .
Lemaitre , Ecuyer , rue & ifle S. Louis.
Mauclerc , Directeur Général des Vivres de la Mas
rine , rue Sainte Anne , Butte S. Roch.
Meunier , Subſtitut de M. le Procureur du Roi- au
212 MERCURE DE FRANCE.
Châtelet , rue de Condé.
Midrey , Infpecteur Général des Domaines , rue
des Moulins , Butte S. Roch.
Montbruel ( de ) & Ferrand , à l'Hôtel de Combourg
, quai des Céleftins .
Montgotfier ( de ) , Marchand de Bois , rue de Surenne
, près le Boulevard , pour deux exemplaires.
Nicol , Directeur de la Régie des Cartes , à l'Hôtel
de la Force , rue des Ballets .
Teflier , Fermier Général , rue Tiquetonne.
Ximenes ( le Marquis de ) , rue neuve des Bons-
Enfans.
Les Directeurs du Bureau d'Indication , en leur
Bureau , rue S. Honoré , à l'Hôtel d'Aligre.
ABONNÉS DE PROVINCE.
MESSIEURS ,
Bufnel ( de ) , Prévôt- Juge Royal , à Philippeville.
Cazin de Valferie , Préfident , à Troyes .
Colin , Receveur des Tailles , à Riom en Auvergne.
Lucé ( le Comte de ) Maître de la Garderobe du
Roi , Colonel du Régimeur des Gardes de Lorraine
, au Château , à Verfailles.
David ( Nicolas ) , rue S. Pierre , à Caen.
François , ancien Officier de Cavalerie , à Uzès.
Gualy ( le Baron de ) , Lieutenant de MM . les
Maréchaux de France , à Milhau en Rouergue.
Jame , rue S Meleine , à Morlaix.
La Befcau ( de , Capitaine au Commiſſaire Général
, en Garnifon à Heldin en Artois.
Lahaye ( la Marquiſe de ) , au Château de Lifle ,
par Avallon en Bourgogne."
Manfigny ( de ) , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , à Eftrepagny , par les Tilliers ,
Vexin Normand.
Morlange ( Madame de ) rue de l'Hôpital , au
Havre.
1
JANVIER. 1764 .
213
Narbonne- Pelet ( le Marquis de , à Alais.
Paulinier , Chanoine , Théologal du Chapitre de
Foix , à Foix !
Periffe ( les Freres ) Libraires , à Lyon.
Preyfing ( Madame la Baronne de ) , aux Dames
Religieufes de la Congrégation de N.D.à Nancy .
Rochechouart ( le Comte de ) , Capitaine de Dragons
, à Bordeaux .
Saint- Sulpice l'Abbé de ) , en fon Abbaye , a
Belley en Bugey , route de Lyon.
Salmon , à Laval , Bas- Mayne.
Souchay , Secrétaire du Roi , à Lyon.
Tarbé , Imprimeur- Libraire , à Sens.
Tolofan & Compagnie , à Lyon,
Valleberg le Baron de ) ( 9 à Treves,
Meffieurs de l'Académie de la Rochelle , à la Ro
chelle.
Le Prieur de l'Abbaye de Montperoux , à Thiers
en Auvergne.
FAUTES à corriger dans la Lifte du Mercure de
Décembre dernier.
M. Frémin , Greffier Plumitif de la Tournelle , an
lieu de Greffier au Greffe Civil du Parlement
ligne 3 , pag. 12.
Suppléer M. Boudet , Procureur Général de Saint
Antoine , au petit S. Antoine , rue du Roi de
Sicile ; au lieu de Boudet , Pro ..... , ligne 13
page 4 de la Lifte.
Supprimer un i , & lire Boutren, page 4 à la der
nière ligne:
Subftituer Procureur au Châtelet à M. Courlevaux,
page 7 ligne 15.
Page 20 , ligne 19 , lifex Petit de Limeil , au lieu
de Perilimeil.
Page 41 , ligne 17 , lifex Victor ( Marquile de ) ,
en fon Château de Victót,
274 MERCURE DE FRANCE .
Page 45 , lignes 6 & 7 , au lieu de Major , lifez
Lieutenant- Colonel d'Artillerie , & Directeur
des Bâtimens de S. A. S. M. le Duc de Wirtemberg.
Lig. 13 & 14 , lifez M. le Comte de Montmartin ,
Premier Miniftre d'Etat & du Cabinet de S. A. S.
M. le Duc Régnant de Wirtemberg .
Page 34 , au lieu de Flandres , Hainault , lifeg
Cottiau ( l'Abbé ) , Chanoine de Sainte Croix.
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Résumé : SUPPLÉMENT à la Liste alphabétique des Abonnés au Mercure, que se trouve dans le volume de Décembre dernier.
Le document est un supplément à la liste alphabétique des abonnés au Mercure de France, publié en janvier 1764. Il répertorie les abonnés de Paris et de province, ainsi que les corrections à apporter à la liste précédente de décembre 1763. Les abonnés parisiens incluent des personnalités telles que Bondy, Receveur Général des Finances, Carlin de la Comédie Italienne, Duchêne, Guyot, Marchand de Papier, Laître, Entrepreneur des Habillemens de Théâtre de l'Opéra, Lemaitre, Ecuyer, Mauclerc, Directeur Général des Vivres de la Marine, Meunier, Substitut du Procureur du Roi, Midrey, Inspecteur Général des Domaines, Montbruel et Ferrand, Nicol, Directeur de la Régie des Cartes, Teflier, Fermier Général, Ximenes, Marquis de, et les Directeurs du Bureau d'Indication. Les abonnés de province comprennent de Bufnel, Prévôt-Juge Royal à Philippeville, Cazin de Valferie, Président à Troyes, Colin, Receveur des Tailles à Riom, le Comte de Lucé, Maître de la Garderobe du Roi, David à Caen, François, ancien Officier de Cavalerie à Uzès, le Baron de Gualy, Lieutenant des Maréchaux de France à Milhau, Jame à Morlaix, de La Bescau, Capitaine au Commissaire Général en garnison à Heldin, la Marquise de Lahaye au Château de Lisle, de Mansigny, Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis à Estrepagny, Madame de Morlange au Havre, le Marquis de Narbonne-Pelet à Alais, Paulinier, Chanoine à Foix, les Frères Perisse, Libraires à Lyon, Madame la Baronne de Preyfing à Nancy, le Comte de Rochechouart à Bordeaux, l'Abbé de Saint-Sulpice à Belley, Salmon à Laval, Souchay, Secrétaire du Roi à Lyon, Tarbé, Imprimeur-Libraire à Sens, Tolofan & Compagnie à Lyon, le Baron de Valleberg à Trèves, les Messieurs de l'Académie de la Rochelle, et le Prieur de l'Abbaye de Montperoux à Thiers. Le document liste également les fautes à corriger dans la liste précédente, telles que les erreurs concernant M. Frémin, M. Boudet, M. Courlevaux, Petit de Limeil, et le Marquis de Victor.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10634
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier, le premier volume du Mercure [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Vice- Chan- 'AI
celier , le premier volume du Mercure du mois
de Janvier 1764 , & je n'y ai rien trouvé qui puiffe
en empêcher l'impreffifion . A Paris , ce 31 Décembre
1763. GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Vice- Chan- 'AI
celier , le premier volume du Mercure du mois
de Janvier 1764 , & je n'y ai rien trouvé qui puiffe
en empêcher l'impreffifion . A Paris , ce 31 Décembre
1763. GUIROY.
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10635
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Piéces Fugitives en Vers et en Prose. Article Premier. Mémoire historique sur le Titre, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET IN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
MAMOTRE LEMOIRE hiftorique fur le Titre , l'objet
& les divers progrès du Journal intitulé
aujourd'hui MERCURE DE FRANCE. Pag.7
EPITRE à M. le Chevalier D ... . ancien
Capitaine au Régiment de B...
LETTRE de M. de Saintfoix à M. De la
Place , Auteur du Mercure de France.
VERS à Mile ** neau , &c.
La jeune Bergère & le Papillon , Fable.
A M.... fur fon mariage.
ÉPITRE.
17
20
25
JANVIER. 1764. 215
ERS de M. de Voltaire, à l'IMPERATRICÈ
DE RUSSIE.
QU'EN doit - il arriver ? Anecdote hiftorique.
EXCUSE à une Dame pour qui l'Auteur n'avoit
point fait de vers.
VERS à Madame de MONT...
30
35
Sr
ibid.
VERS à Madame D *
**
&c. ENIGMES.
53
54 & 55
LOGOGRYPHES.
56 & $7
CHANSON.
ibid.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
LA Voix de la Nature , ou Aventures de
Madame la Marquiſe de *** . Par Mde
de R. R. Auteur de la Payfane Philofophe.
COURS d'Hiftoire facrée & prophane, dédié
aux jeunes perfonnes , &c.
PROSPECTUS d'un neuviéme Cours public
d'Hiftoire Naturelle , &c. Par M. Valmont
de Bomare.
LETTRE de l'homme civil à l'homme fauvage.
SUITE de l'Atlas Hiſtorique & Géographique
de M Buy de Mornas.
58
60
66
67
69
TABLETTES chronologiques de l'Hiftoire
Univerfelle , Sacrée & Prophane , Eccléfiaftique
& Civile , &c . Par M. Lenglet
Dufresnoy
VIES des Pères , des Martyrs , & des autres
principaux Saints , & c .
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire de la
Province d'Artois , &c . par M. Harduin.
ANNONCES de Livres.
78
83
66 &fuiv
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES-LETTRAS.
ACADEMIES.
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles-Lettres de DIJON. 100
416 MERCURE DE FRANCE .
COLLEGE ROYAL.
LETTRE à M. De la Place , au fujet des
Exercices du Collège Royal fur la conftruction
& la Manoeuvre des Vaiffeaux .
ÉCOLE Royale Vétérinaire.
MÉDECIN E.
TRAITE de la Goute , augmenté de nouvelles
Obfervations , &c.
ART. IV . BEAUX - ARTS.
CATOPTRIQUE.
ARTS UTILES.
108
113
119
121
HÔPITAL de M. le Maréchal Duc de Biron. 127
ARCHITECTURE .
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'Architecture.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
MUSIQUE.
134
135
138
SOIREES de Choify- le- Roi.
SUPPLEMENT aux Nouvelles Littéraires.
ART. V. SPECTACLES.
140
146
SPECTACLES de la Cour à Versailles,
148 SPECTACLES de Paris .
ISI.
COMÉDIE Françoiſe.
152
COMÉDIE Italienne. 162
CONCERTS Spirituels.
165
SPECTACLES de la Ville de Bordeaux . 166
ART. VI . Nouvelles Politiques.
171
MARIAGE,
182
ibid: MORTS.
ART. VII. CÉRÉMONIES publiques.
ART. VIII. @conomie & Commerce ,
Ayıs & Supplémens à divers Articles.
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY.
193
210
211
PIECES FUGITIVES EN VERS ET IN PROSE.
ARTICLE PREMIER.
MAMOTRE LEMOIRE hiftorique fur le Titre , l'objet
& les divers progrès du Journal intitulé
aujourd'hui MERCURE DE FRANCE. Pag.7
EPITRE à M. le Chevalier D ... . ancien
Capitaine au Régiment de B...
LETTRE de M. de Saintfoix à M. De la
Place , Auteur du Mercure de France.
VERS à Mile ** neau , &c.
La jeune Bergère & le Papillon , Fable.
A M.... fur fon mariage.
ÉPITRE.
17
20
25
JANVIER. 1764. 215
ERS de M. de Voltaire, à l'IMPERATRICÈ
DE RUSSIE.
QU'EN doit - il arriver ? Anecdote hiftorique.
EXCUSE à une Dame pour qui l'Auteur n'avoit
point fait de vers.
VERS à Madame de MONT...
30
35
Sr
ibid.
VERS à Madame D *
**
&c. ENIGMES.
53
54 & 55
LOGOGRYPHES.
56 & $7
CHANSON.
ibid.
ART. II . NOUVELLES LITTÉRAIRES.
LA Voix de la Nature , ou Aventures de
Madame la Marquiſe de *** . Par Mde
de R. R. Auteur de la Payfane Philofophe.
COURS d'Hiftoire facrée & prophane, dédié
aux jeunes perfonnes , &c.
PROSPECTUS d'un neuviéme Cours public
d'Hiftoire Naturelle , &c. Par M. Valmont
de Bomare.
LETTRE de l'homme civil à l'homme fauvage.
SUITE de l'Atlas Hiſtorique & Géographique
de M Buy de Mornas.
58
60
66
67
69
TABLETTES chronologiques de l'Hiftoire
Univerfelle , Sacrée & Prophane , Eccléfiaftique
& Civile , &c . Par M. Lenglet
Dufresnoy
VIES des Pères , des Martyrs , & des autres
principaux Saints , & c .
MEMOIRES pour fervir à l'Hiftoire de la
Province d'Artois , &c . par M. Harduin.
ANNONCES de Livres.
78
83
66 &fuiv
ARTICLE III . SCIENCES ET BELLES-LETTRAS.
ACADEMIES.
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles-Lettres de DIJON. 100
416 MERCURE DE FRANCE .
COLLEGE ROYAL.
LETTRE à M. De la Place , au fujet des
Exercices du Collège Royal fur la conftruction
& la Manoeuvre des Vaiffeaux .
ÉCOLE Royale Vétérinaire.
MÉDECIN E.
TRAITE de la Goute , augmenté de nouvelles
Obfervations , &c.
ART. IV . BEAUX - ARTS.
CATOPTRIQUE.
ARTS UTILES.
108
113
119
121
HÔPITAL de M. le Maréchal Duc de Biron. 127
ARCHITECTURE .
EXTRAIT des Regiftres de l'Académie
Royale d'Architecture.
ARTS AGRÉABLES.
GRAVURE.
MUSIQUE.
134
135
138
SOIREES de Choify- le- Roi.
SUPPLEMENT aux Nouvelles Littéraires.
ART. V. SPECTACLES.
140
146
SPECTACLES de la Cour à Versailles,
148 SPECTACLES de Paris .
ISI.
COMÉDIE Françoiſe.
152
COMÉDIE Italienne. 162
CONCERTS Spirituels.
165
SPECTACLES de la Ville de Bordeaux . 166
ART. VI . Nouvelles Politiques.
171
MARIAGE,
182
ibid: MORTS.
ART. VII. CÉRÉMONIES publiques.
ART. VIII. @conomie & Commerce ,
Ayıs & Supplémens à divers Articles.
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY.
193
210
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente la table des articles de la publication 'Mercure de France' pour l'année 1764, structurée en huit articles principaux. L'Article Premier regroupe des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des épîtres, lettres, fables, énigmes, logogryphes et chansons. Parmi les œuvres notables figurent une épître à l'Impératrice de Russie, des vers de Voltaire, et une fable intitulée 'La jeune Bergère & le Papillon'. L'Article II traite des nouvelles littéraires, avec des œuvres telles que 'La Voix de la Nature' de Madame de R. R., un cours d'histoire pour jeunes personnes, et des annonces de livres. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des séances de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, et des traités médicaux comme 'Traité de la Goute'. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des sections sur la catoptrique, les arts utiles, l'architecture, et les arts agréables comme la gravure et la musique. L'Article V détaille les spectacles, incluant ceux de la Cour à Versailles, les spectacles de Paris, les comédies française et italienne, et les concerts spirituels. L'Article VI présente les nouvelles politiques, avec des sections sur les mariages et les décès. L'Article VII mentionne les cérémonies publiques, et l'Article VIII traite de l'économie et du commerce, avec des ajouts et suppléments divers. Le document se conclut par des informations sur l'imprimerie de Sébastien Jorry.
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10636
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry. [...] »
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De l'Imprimerie de Sebastien Jorry. [...]
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De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY.
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10637
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
LE Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, Greffier Commis [...]
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure est chez M.
LUTTON, Avocat, Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch
Sellier du Roi.
à côté du
C'eft à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie litté-
raire , à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pourfeize vo-
lumes , à raifon de 30 fols piéce.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la poste
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re-
cevront francs de port.
Celles qui auront d'autres voies que
la Pofte pour le faire venir , & qui pren •
dront les frais du port fur leur comp-
te , ne payeront comme à Paris , qu'à
raifon de 30 fols par volume , c'est- à-
dire , 24 liv. d'avance
pour feize volumes.
en s'abonnant
A ij
Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudront faire ve-
nir le Mercure , écriront à l'adreſſe ci-
deffus.
On fupplie les perfonnes des provin-
ces d'envoyer par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le paye-
ment enfoit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affran-
chis , refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à an-
noncer , d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nom-
bre de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf-
qu'à préfent cent deux vol. Une Table
générale, rangée par ordre des Matières,
fe trouve à la fin du foixante - douzième.
LE Bureau du Mercure est chez M.
LUTTON, Avocat, Greffier Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis
au recouvrement du Mercure , rue Sainte
Anne , Butte Saint Roch
Sellier du Roi.
à côté du
C'eft à lui que l'on prie d'adreffer ,
francs de port , les paquets & lettres
pour remettre , quant à la partie litté-
raire , à M. DE LA PLACE , Auteur
du Mercure.
Le prix de chaque volume eft de 36
fols , mais l'on ne payera d'avance , en
s'abonnant , que 24 livres pourfeize vo-
lumes , à raifon de 30 fols piéce.
Les perfonnes de province aufquelles
on enverra le Mercure par la poste
payeront pour feize volumes 32 livres
d'avance en s'abonnant , & elles les re-
cevront francs de port.
Celles qui auront d'autres voies que
la Pofte pour le faire venir , & qui pren •
dront les frais du port fur leur comp-
te , ne payeront comme à Paris , qu'à
raifon de 30 fols par volume , c'est- à-
dire , 24 liv. d'avance
pour feize volumes.
en s'abonnant
A ij
Les Libraires des provinces ou des
pays étrangers , qui voudront faire ve-
nir le Mercure , écriront à l'adreſſe ci-
deffus.
On fupplie les perfonnes des provin-
ces d'envoyer par la pofte , en payant
le droit , leurs ordres , afin que le paye-
ment enfoit fait d'avance au Bureau.
Les paquets qui neferont pas affran-
chis , refteront au rebut.
On prie les perfonnes qui envoyent
des Livres , Eftampes & Mufique à an-
noncer , d'en marquer le prix.
Le Nouveau Choix de Piéces tirées
des Mercures & autres Journaux , par
M. DE LA PLACE , fe trouve auffi au
Bureau du Mercure. Le format , le nom-
bre de volumes & les conditions font
les mêmes pour une année. Il y en a juf-
qu'à préfent cent deux vol. Une Table
générale, rangée par ordre des Matières,
fe trouve à la fin du foixante - douzième.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant la distribution du 'Mercure', une publication périodique. Le Bureau du Mercure se trouve chez M. Lutton, avocat et greffier au Parlement, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Les abonnés doivent envoyer leurs paquets et lettres à cette adresse pour la remise des parties littéraires à M. De La Place, l'auteur du Mercure. Le prix de chaque volume est de 36 sols, mais les abonnements pour douze volumes coûtent 24 livres à l'avance, soit 30 sols par volume. Pour les personnes en province recevant le Mercure par la poste, le coût est de 32 livres pour douze volumes, port inclus. Ceux qui utilisent d'autres moyens de transport paient 24 livres pour douze volumes. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent écrire au bureau pour recevoir le Mercure. Les personnes des provinces sont priées d'envoyer leurs commandes par la poste, en payant le droit à l'avance. Les paquets non affranchis seront rejetés. Les expéditeurs de livres, estampes et musique doivent indiquer le prix des articles. Le 'Nouveau Choix de Pièces tirées des Mercures & autres Journaux' par M. De La Place est également disponible au bureau, avec les mêmes conditions de format et de nombre de volumes pour une année. Cent deux volumes sont disponibles, avec une table générale à la fin du soixante-douzième volume.
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10638
p. 5-10
ODE sur la mort de M. RACINE. Dignum laude virum musa vetat mori, Caelo musa beat. Hor. Ode 8. l. 4.
Début :
QUEL cri funébre & formidable [...]
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texteReconnaissance textuelle : ODE sur la mort de M. RACINE. Dignum laude virum musa vetat mori, Caelo musa beat. Hor. Ode 8. l. 4.
ODE sur la mort de M. RACINE.
Dignum laude virum musa vetat mori,
Caelo musa beat.
Hor. Ode 8. l. 4.
QUEL cri funébre & formidable
Réveille mes fens alloupis ?
Quelle Déeffe inexorable
Vole fur l'Univers furpris?
Cruelle mort, Monſtre infléxible ,
Tu fais briller ta faulx terrible ,
Tout eft en proie à ta fureur ;
II. Vol.
A iij
6
MERCURE DE FRANCE.
Tout fuccombe fous ta puiffance ,
Le talent , le rang , la naiffance ,
Rien n'arrête ton bras vengeur.
Hélas ! dans quel temps déplorable
Le Ciel contre nous irrité
Frappe ce Mortel refpectable ,
Organe de la Vérité !
L'impiété fière & terrible
A fait gronder fa voix horrible
Son fouffle empoisonne les airs.
La Fureur pâle & dévorante
Suit cette Gorgone effrayante ;
Sa marche obfcurcit l'Univers,
O Vertu ta douceur aimable
Ne peut des farouches humains
Enchaîner le cœur indomptable
Ils bravent tes attraits divins.
L'Aftre brulant qui nous éclaire
N'ouvre plus fa vaſte carrière
Que far des Mortels furieux.
Il finit fa courfe féconde ,
Et ne voit dans le tour du monde
Que des monftres audacieux.
Etre immortel , être fublime ,
Que d'attentats ! que de forfaits !
La main facrilége du crime
/
JANVIER. 1764.
Ofe fur toi lancer les traits.
Dans leur ivreffe téméraire ,
Les hommes fur ton fanctuaire
Jettent de fuperbes regards.
Fais partir ta foudre brulante ,
Què ta colère étincelante
Les pourſuive de toutes parts.
Longtemps rempli d'un faint courage ,
Un héros à tes loix foumis
Confondit l'orgueil & la rage
De tes perfides ennemis.
A la vertu trifte & captive
Rendant la gloire primitive ,
Sa main vint effuyer fes pleurs.
Ainfi parmi les noirs orages
Le Soleil perçant les nuages ,
Bannit la crainte de nos cœurs.
Fils & rival d'un père illuftre,
Il foutint ce nom glorieux ,
Et le couvrit d'un nouveau luftre
Par les ouvrages précieux.
S'il prend en main la harpe fainte ,
Saifi d'une fublime crainte ,
Mon cœur à les tranſports divins ,
Croit entendre l'être invisible ,
Quand fur la montagne terrible
Il dictoit fes loix aux humains.
A iv
81 MERCURE DE FRANCE
La Religion triomphante
Par lui captive nos eſprits :
Sa beauté fublime & touchante
Dompte & foumet nos coeurs furpris
Par les routes impénétrables
De fes mystères redoutables,
Il conduit nos pas vers la foi.
Raifon fuperbe & téméraire ,
Connois le flambeau qui t'éclaire ,
Qu'il luife toujours devant toi.
*
Mais quand ta lyre enchantereffe
Retentit de les fons touchans ,
Quelle douceur ! quelle nobleffe !
Quel coloris ! quels traits brillans ! ....
Embraté du feu qui l'éclaire ,
Il entre dans le Sanctuaire ,
Séjour des fublimes tranfports..
Des Dieux du goût fuivant les traces
Inftruit & guidé par les grâces ,
Il produit les plus doux accords.
Peintre hardi , divin Racine !
A ces accords mélodieux,
Je reconnois ton origine
* Odesfur la Paix , fur l'harmonie . On peut voir
l'éloge admirable qu'en fait Rouffeau , dont l'ap-
probationfeule en ce genre feroit un titre d'honneur.
JANVIER. 1764.
Et le pur fang des demi - Dieux.
Nourri fur les bords du Permeffe
La Poëfie enchanterelle
Orna ton immortel génie
Venez , Déeffes immortelles ,
Parez de vos fleurs les plus belles
Et toi , vertu , vierge facrée ,
Confacre à jamais les travaux.
Peut feul de ton augufte trône :
C'est ainsi , Religion fainte ,
De la mort fubiffant l'atteinte ,.
Du fein de ces tombeaux funébres
Tu fais fortir leurs noms fameux
Qui dans le Temple de Mémoire
AV
912
Te prodigue fes traits vainqueurs.
L'aimable & brillante harmonie
De les preftiges féducteurs>>
Mères des arts & des talens ,
Le plus chéri de vos enfans.
Toi qu'il a toujours célébrée ,
Le vif éclat qui l'environne
Confondre les pâles rivaux.
Que tes fages adorateurs , .
De l'oubli bravent les horreur .
Qui couvrent les mortels célébres ,
Tu leur affures cette gloire
Place les héros vertueux.
9
MERCURE DE FRANCE .
Suivons la route du génie :
Mais dans les plus nobles éffors ,
Que la vertu lui foit unie ,
Qu'elle dirige fes tranſports.
Si la fageffe dans notre âme
Ne répand cette 'vive flâme
Qui nous éclaire & nous inftruit ,
C'eſt une lueur paffagère
Semblable à la vapeur légère
Qui s'élève , brille & s'enfuit.
A S... en Saintonge Pr. ch. r. Abonné
au Mercure.
Dignum laude virum musa vetat mori,
Caelo musa beat.
Hor. Ode 8. l. 4.
QUEL cri funébre & formidable
Réveille mes fens alloupis ?
Quelle Déeffe inexorable
Vole fur l'Univers furpris?
Cruelle mort, Monſtre infléxible ,
Tu fais briller ta faulx terrible ,
Tout eft en proie à ta fureur ;
II. Vol.
A iij
6
MERCURE DE FRANCE.
Tout fuccombe fous ta puiffance ,
Le talent , le rang , la naiffance ,
Rien n'arrête ton bras vengeur.
Hélas ! dans quel temps déplorable
Le Ciel contre nous irrité
Frappe ce Mortel refpectable ,
Organe de la Vérité !
L'impiété fière & terrible
A fait gronder fa voix horrible
Son fouffle empoisonne les airs.
La Fureur pâle & dévorante
Suit cette Gorgone effrayante ;
Sa marche obfcurcit l'Univers,
O Vertu ta douceur aimable
Ne peut des farouches humains
Enchaîner le cœur indomptable
Ils bravent tes attraits divins.
L'Aftre brulant qui nous éclaire
N'ouvre plus fa vaſte carrière
Que far des Mortels furieux.
Il finit fa courfe féconde ,
Et ne voit dans le tour du monde
Que des monftres audacieux.
Etre immortel , être fublime ,
Que d'attentats ! que de forfaits !
La main facrilége du crime
/
JANVIER. 1764.
Ofe fur toi lancer les traits.
Dans leur ivreffe téméraire ,
Les hommes fur ton fanctuaire
Jettent de fuperbes regards.
Fais partir ta foudre brulante ,
Què ta colère étincelante
Les pourſuive de toutes parts.
Longtemps rempli d'un faint courage ,
Un héros à tes loix foumis
Confondit l'orgueil & la rage
De tes perfides ennemis.
A la vertu trifte & captive
Rendant la gloire primitive ,
Sa main vint effuyer fes pleurs.
Ainfi parmi les noirs orages
Le Soleil perçant les nuages ,
Bannit la crainte de nos cœurs.
Fils & rival d'un père illuftre,
Il foutint ce nom glorieux ,
Et le couvrit d'un nouveau luftre
Par les ouvrages précieux.
S'il prend en main la harpe fainte ,
Saifi d'une fublime crainte ,
Mon cœur à les tranſports divins ,
Croit entendre l'être invisible ,
Quand fur la montagne terrible
Il dictoit fes loix aux humains.
A iv
81 MERCURE DE FRANCE
La Religion triomphante
Par lui captive nos eſprits :
Sa beauté fublime & touchante
Dompte & foumet nos coeurs furpris
Par les routes impénétrables
De fes mystères redoutables,
Il conduit nos pas vers la foi.
Raifon fuperbe & téméraire ,
Connois le flambeau qui t'éclaire ,
Qu'il luife toujours devant toi.
*
Mais quand ta lyre enchantereffe
Retentit de les fons touchans ,
Quelle douceur ! quelle nobleffe !
Quel coloris ! quels traits brillans ! ....
Embraté du feu qui l'éclaire ,
Il entre dans le Sanctuaire ,
Séjour des fublimes tranfports..
Des Dieux du goût fuivant les traces
Inftruit & guidé par les grâces ,
Il produit les plus doux accords.
Peintre hardi , divin Racine !
A ces accords mélodieux,
Je reconnois ton origine
* Odesfur la Paix , fur l'harmonie . On peut voir
l'éloge admirable qu'en fait Rouffeau , dont l'ap-
probationfeule en ce genre feroit un titre d'honneur.
JANVIER. 1764.
Et le pur fang des demi - Dieux.
Nourri fur les bords du Permeffe
La Poëfie enchanterelle
Orna ton immortel génie
Venez , Déeffes immortelles ,
Parez de vos fleurs les plus belles
Et toi , vertu , vierge facrée ,
Confacre à jamais les travaux.
Peut feul de ton augufte trône :
C'est ainsi , Religion fainte ,
De la mort fubiffant l'atteinte ,.
Du fein de ces tombeaux funébres
Tu fais fortir leurs noms fameux
Qui dans le Temple de Mémoire
AV
912
Te prodigue fes traits vainqueurs.
L'aimable & brillante harmonie
De les preftiges féducteurs>>
Mères des arts & des talens ,
Le plus chéri de vos enfans.
Toi qu'il a toujours célébrée ,
Le vif éclat qui l'environne
Confondre les pâles rivaux.
Que tes fages adorateurs , .
De l'oubli bravent les horreur .
Qui couvrent les mortels célébres ,
Tu leur affures cette gloire
Place les héros vertueux.
9
MERCURE DE FRANCE .
Suivons la route du génie :
Mais dans les plus nobles éffors ,
Que la vertu lui foit unie ,
Qu'elle dirige fes tranſports.
Si la fageffe dans notre âme
Ne répand cette 'vive flâme
Qui nous éclaire & nous inftruit ,
C'eſt une lueur paffagère
Semblable à la vapeur légère
Qui s'élève , brille & s'enfuit.
A S... en Saintonge Pr. ch. r. Abonné
au Mercure.
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Résumé : ODE sur la mort de M. RACINE. Dignum laude virum musa vetat mori, Caelo musa beat. Hor. Ode 8. l. 4.
L'ode rend hommage à Jean Racine, poète et dramaturge français, après sa mort. Elle exprime la douleur et la surprise face à la mort, décrite comme un monstre implacable qui frappe sans distinction. Le texte souligne la perte d'un homme respectable, porte-parole de la vérité, à une époque marquée par l'impiété et la fureur. La vertu semble impuissante face à la cruauté humaine. Le poème évoque la capacité de Racine à inspirer la vertu et à éclairer les esprits, comparant son œuvre à celle d'un héros victorieux. Racine est loué pour son génie poétique, nourri par la poésie enchantée des bords du Permesse, et pour son influence sur la religion et la raison. Son talent est comparé à celui des demi-dieux, et son œuvre est célébrée pour son harmonie et sa beauté. L'ode se conclut par un appel à suivre la voie du génie tout en restant attaché à la vertu, afin que les efforts soient durables et non éphémères.
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10639
p. 10
ÉPITAPHE D'une jolie Enfant de 4 ans & demi.
Début :
ESPOIR, amour, douceur, tout est détruit ; [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉPITAPHE D'une jolie Enfant de 4 ans & demi.
ÉPITAPHE
D'une jolie Enfant de 4 ans & demi.
ESPOIR, amour, douceur, tout est détruit ;
Mais tout , hélas ! doit ainfi difparoître.
Telle une fleur qu'un beau jour a vû naitre ,
Brille un moment , & tombe avant la nuit ...
Ah , calmons- nous ! cet Enfant dans la gloire ,
Sourit des pleurs qu'on donne à fa mémoire.
Par M. FEUTRY.
D'une jolie Enfant de 4 ans & demi.
ESPOIR, amour, douceur, tout est détruit ;
Mais tout , hélas ! doit ainfi difparoître.
Telle une fleur qu'un beau jour a vû naitre ,
Brille un moment , & tombe avant la nuit ...
Ah , calmons- nous ! cet Enfant dans la gloire ,
Sourit des pleurs qu'on donne à fa mémoire.
Par M. FEUTRY.
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10640
p. 11-12
VERS à Mlle L. P...
Début :
OUI, Lucinde, je t'aime, & mon âme ravie [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS à Mlle L. P...
VERS à Mlle L. P...
A puifé dans tes yeux la fource de la vie ,
II
OUI, Lucinde, je t'aime, & mon âme ravie
Volage dans mes gouts & froid dans mes deſirs ,
Je ne trouvois par tout que l'ombre des plaifirs."
Je t'ai vue , & mon cœur a reconnu fon Maître.
Surpris de les tranfports , il s'eft fenti renaître ,
Et pareil à l'Aiglon de fon oeuf échappé
Sous l'aile de l'amour il s'eft développé.
Ce feu que je puifois dans le fein de Voltaire ,
N'eft plus dans ton Amant que l'ardeur de te
plaire.
3.
L'Amour est mon génie , il dicte mes écrits :
Comme il en eft la fource , en fera- t-il le prix ?
Heureux fi fur les pas de Tibulle & d'Ovide ,
Cueillant pour toi les fleurs du Parnaffe & de
Gnide >
Je pouvois voir ta main mêler à mon retour
Aux rameauxd'Apollon les myrthes de l'Amour >
La lyre de Tyrtée a gagné des Batailles ;
Aux accens d'Amphion , Thebes dat fes murailles ;
Orphée a fçu toucher par fes tendres accords
Les monftres de la Thrace & le tyran des morts ;
Ovide , abandonné fur des rives profcrites ,
Des traits de la pitié perça l'ame des Scythes:
A vj
"
12 MERCURE DE FRANCE.
Je n'en fuis point jaloux , & ce talent vainqueur -
Aura plus fait pour moi s'il attendrit ton cœur,
Ce climat vif & pur , ces lieux plus beaux encore ,
Depuis qu'ils t'ont vu naître & mille amours
éclorre ,
Ce pays des Héros , des grâces , des talens ,
Avoient produit Cinthye aux yeux étincelans ,,
Corinne au teint de rofe , au coeur tendre &
+
volage ,
Delie au doux fourire , au féduifant langage.
Mais crois- moi , ma Lucinde , en ces temps f
vantés ,
S'y l'on t'eût vû paroître auprès de ces beautés,
Avec cette fraicheur , cet éclat , ce fourire ,
Cette bouche appellant les plaifirs qu'elle infpire ,
Ce corfage élégant tel que l'avoit Pfyché
Quand l'amour comme un lierre y fembloit
attaché :
Crois-moi , dis-je , Properce , Ovide , ni Tibulle,
N'auroient jamais brulé que des feux dont je :
1 brule ;
Et les noms des beautés célébres dans leurs vers
N'auroient jamais reçu l'encens de l'Univers
6
Par M. LEZAN Capitaine au régiment de
Hainault, Abbonné au Mercure.
A puifé dans tes yeux la fource de la vie ,
II
OUI, Lucinde, je t'aime, & mon âme ravie
Volage dans mes gouts & froid dans mes deſirs ,
Je ne trouvois par tout que l'ombre des plaifirs."
Je t'ai vue , & mon cœur a reconnu fon Maître.
Surpris de les tranfports , il s'eft fenti renaître ,
Et pareil à l'Aiglon de fon oeuf échappé
Sous l'aile de l'amour il s'eft développé.
Ce feu que je puifois dans le fein de Voltaire ,
N'eft plus dans ton Amant que l'ardeur de te
plaire.
3.
L'Amour est mon génie , il dicte mes écrits :
Comme il en eft la fource , en fera- t-il le prix ?
Heureux fi fur les pas de Tibulle & d'Ovide ,
Cueillant pour toi les fleurs du Parnaffe & de
Gnide >
Je pouvois voir ta main mêler à mon retour
Aux rameauxd'Apollon les myrthes de l'Amour >
La lyre de Tyrtée a gagné des Batailles ;
Aux accens d'Amphion , Thebes dat fes murailles ;
Orphée a fçu toucher par fes tendres accords
Les monftres de la Thrace & le tyran des morts ;
Ovide , abandonné fur des rives profcrites ,
Des traits de la pitié perça l'ame des Scythes:
A vj
"
12 MERCURE DE FRANCE.
Je n'en fuis point jaloux , & ce talent vainqueur -
Aura plus fait pour moi s'il attendrit ton cœur,
Ce climat vif & pur , ces lieux plus beaux encore ,
Depuis qu'ils t'ont vu naître & mille amours
éclorre ,
Ce pays des Héros , des grâces , des talens ,
Avoient produit Cinthye aux yeux étincelans ,,
Corinne au teint de rofe , au coeur tendre &
+
volage ,
Delie au doux fourire , au féduifant langage.
Mais crois- moi , ma Lucinde , en ces temps f
vantés ,
S'y l'on t'eût vû paroître auprès de ces beautés,
Avec cette fraicheur , cet éclat , ce fourire ,
Cette bouche appellant les plaifirs qu'elle infpire ,
Ce corfage élégant tel que l'avoit Pfyché
Quand l'amour comme un lierre y fembloit
attaché :
Crois-moi , dis-je , Properce , Ovide , ni Tibulle,
N'auroient jamais brulé que des feux dont je :
1 brule ;
Et les noms des beautés célébres dans leurs vers
N'auroient jamais reçu l'encens de l'Univers
6
Par M. LEZAN Capitaine au régiment de
Hainault, Abbonné au Mercure.
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Résumé : VERS à Mlle L. P...
Dans cette lettre poétique, l'auteur exprime son amour profond pour Lucinde, affirmant que sa rencontre avec elle a transformé son cœur, autrefois indifférent. Il compare son amour naissant à un aigle sortant de son œuf, se développant sous l'aile de l'amour. L'auteur indique que son inspiration littéraire est désormais guidée par cet amour, espérant que ses écrits plaisent à Lucinde. Il fait référence à des figures mythologiques et littéraires comme Tibulle, Ovide et Orphée pour illustrer le pouvoir de l'amour et de la poésie. L'auteur admire la beauté et le charme de Lucinde, la considérant supérieure aux beautés célèbres de l'Antiquité. Il conclut en affirmant que les poètes anciens n'auraient jamais célébré d'autres beautés si Lucinde avait vécu à leur époque.
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10641
p. 13
VERS à Mlle CAMILLE.
Début :
QUEL nouveau prestige m'entraîne ? [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS à Mlle CAMILLE.
VERS à Mlle CAMILLE.
QUEL nouveau prestige m'entraîne ?
O fécond Goldoni ! que j'aime tes fuccès ::
Ils enrichiffent notre fcène ;
Et , grace à tes travaux , Thalie & Melpomène
Vont encor charmer les François.
Dont les talens animent tes efforts.
Clairon frappe , étonne mes fens ;
En Dumefnil je vois plus qu'une femme.
Et je ne dois qu'à ſes talens
13
Jouis...mais tombe aux pieds de l'Actrice applaudie
Comme Pigmalion , tu n'as formé qu'un corps:
Camille vient , elle y donne la vie :
Ainfi que tes Lauriers , tu lui dois nos tranſports.
Est-ce une femme?... eft -ce un génie ? -
Pour lui prodiguer les trésors ,
La nature à l'art s'eft unie.
Tendre Gauffin , tes doux accens
De l'amour dans nos cœurs portaient jadis la fâme į :
Sur moi Camille a des droits plus puiffans ;
La connoillance de mon âme
QUEL nouveau prestige m'entraîne ?
O fécond Goldoni ! que j'aime tes fuccès ::
Ils enrichiffent notre fcène ;
Et , grace à tes travaux , Thalie & Melpomène
Vont encor charmer les François.
Dont les talens animent tes efforts.
Clairon frappe , étonne mes fens ;
En Dumefnil je vois plus qu'une femme.
Et je ne dois qu'à ſes talens
13
Jouis...mais tombe aux pieds de l'Actrice applaudie
Comme Pigmalion , tu n'as formé qu'un corps:
Camille vient , elle y donne la vie :
Ainfi que tes Lauriers , tu lui dois nos tranſports.
Est-ce une femme?... eft -ce un génie ? -
Pour lui prodiguer les trésors ,
La nature à l'art s'eft unie.
Tendre Gauffin , tes doux accens
De l'amour dans nos cœurs portaient jadis la fâme į :
Sur moi Camille a des droits plus puiffans ;
La connoillance de mon âme
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Résumé : VERS à Mlle CAMILLE.
Le poème célèbre les succès de Carlo Goldoni sur la scène française et loue les actrices Clairon et Duménil. L'auteur admire particulièrement Mlle Camille, comparée à Pigmalion pour sa capacité à donner vie à ses personnages. Il reconnaît aussi le talent de l'acteur Gauffin, mais souligne l'influence supérieure de Camille, qui connaît profondément son âme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10642
p. 14-38
LES PÉRIS ET LES NÉRIS, Ou l'Amour comme on le mene. CONTE.
Début :
LES Péris & les Néris sont des Êtres demi-intellectuels. Ils tiennent le milieu [...]
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texteReconnaissance textuelle : LES PÉRIS ET LES NÉRIS, Ou l'Amour comme on le mene. CONTE.
LES PÉRIS ET LES NÉRIS,
Ou l'Amour comme on le mene.
CONTE.
LES Péris & les Néris sont des Êtres
demi-intellectuels. Ils tiennent le milieu
entre la nature des Génies & la nôtre :
mais ils s'occupent très -férieufement de
ce qui ne fait plus guères qu'amufer nos
femblables ; je veux dire , que leur plus
grande affaire eft de s'aimer comme on
aime dans nos vieux Romans. Il arriva
même que les Néris exigèrent un amour
encore plus quinteffencié. Elles vouloient
par- là s'égaler aux Sylphides. Les Péris
ambitionnoient un peu moins de s'éga-
ler aux Génies . Toutefois la volonté de
leurs Compagnes devint une loi pour
eux . Bientôt ils réalifèrent l'Amour Pla-
tonique , regardé comme une chimère
par nos amans les plus délicats.
Bientôt auffi un pareil amour périt d'i-
nanition. Une langueur plus froide que
l'indifférence même lui fuccéde . On fe
fépare , & l'ennui n'en devient que plus
grand. On dit même que les Néris y
1
reftre
JANVIER. 1764.
15
fuccombèrent les premières. Zélinde
ވ
une des moins prudes , & des plus expé-
rimentées d'entre elles , prit le parti d'af-
fembler fes compagnes. Elles accourent
avec précipitation , & la nomment Pré-
fidente du Confeil qui va fe tenir. Zé-
linde adreffe aux Néris affemblées un
difcours des plus pathétiques fur leur fi-
tuation préfente : les détails en étoient
vivement frappés. Cependant on l'inter-
rompit
on trouva qu'elle ne peignoir
point affez énergiquement le trifte aban-
don où fe trouvoient , & fes compagnes,
& elle-même. Chaque Néris ajouta un
trait au tableau : mais la peinture des
maux n'en indiquoit point le remède.
On propofa de rappeller les Péris ; & ,
après quelque incertitude , cet avis fur
rejetté à la pluralité d'une voix. Qui
voulez-vous donc qu'on appelle ? de-
manda la Préfidente : car enfin il faut
appeller quelqu'un. C'eft de quoi l'on
convenoit unanimement. Zélinde pro-
pofa de faire venir des hommes. Quoi ,
des hommes qui ont un corps tout ter-
s'écrièrent quelques Néris , en
rougiffant. Eh oui , répliqua la Préfi-
dente , qui ne rougiffoit plus. Ils ont bien
des défauts , reprit avec douceur une
blonde Néris ; il faudra du moins nous
16 MERCURE DE FRANCE.
réunir pour les rendre parfaits. Hélas A
ma chère compagne , ajouta Zélinde ,
nous en ferons des ètres bien infipides.
Cet état de perfection feroit pour eux le.
pire de tous,& remédieroit mal au nôtre.
Enfin l'on prit le parti de donner la
préférence aux hommes qui aimoient.
avec le plus de délicateffe : les Néris
étant perfuadées qu'il étoit rare que des
hommes portaffent cette vertu trop loin ..
Mais pour connoître ceux qui la prati-
quoient , il falloit d'amples recherches ;
il falloit par cette raifon parcourir plus
d'un climat. Zélinde , qui avoit propofé
cet expédient , fut priée d'entreprendre.
ce long voyage , & Zélinde ne s'en fit
pas prier deux fois..
Dans le même temps , les Péris pre-
noient une réfolution toute femblable :
c'est-à-dire , que l'un d'entre eux fut
chargé de parcourir notre monde , pour.
voir quelles femmes pourroient fuppléer.
à l'extrême délicateffe des Néris , fans.
toutefois s'en éloigner trop. Celui qu'on.
chargea de cette recherche étoit le même.
qui l'avoit propofée. Son humeur avoit
beaucoup de rapport avec celle de Zé-
Linde ; & le hafard les ayant fait ſe ren-
contrer , tous deux en furent également.
fatisfaits. Ils ne fe déguifèrent point l'un
JANVIER. 1764.
à l'autre le motif de leur miffion .
17
Ils
firent plus , ils réfolurent de voyager en-
femble. Bien entendu que celui des deux
qui auroit le plutôt réuſſi dans fes recher-
ches , laifferoit l'autre continuer les fien-
nes. Reftoit feulement à fçavoir par quel
canton du monde ils, commenceroient
leur tournée. Après y avoir un peu rêvé,
ils crurent s'épargner de plus longues
courfes , en vifitant d'abord les Nations
qui fuivoient de plus près l'inftinct de la
Nature , & qui par cette raifon l'avoient
fans doute moins pervertie.
Un voyage eft peu embarraffant pour
des êtres de cette efpèce. Ils peuvent par
courir le monde entier avec la même ra
pidité que les Génies : mais , comme ils
ont plus de confiftance , ils peuvent en
même tems s'envelopper d'un nuage qui
les dérobe aux regards de nos pareils.
Zélinde & Alcindor ( c'eft le nom du
Péris ) parurent tout - à - coup dans un
canton de l'Amérique habité par des
Sauvages , & où n'avoit encore pénétré
aucun Européan. Rien , par cette rai-
fon , n'avoit pu en altérer les ufages. Ils
étoient auffi fimples & auffi groffiers
que ceux de l'age d'or.
Nos deux fecrets Agens prirent la
forme dont ils étoient convenus ; c'est-à-
་
18 MERCURE DE FRANCE.
dire , celle d'un jeune homme & d'une
jeune fille de cette contrée. Il n'y avoit
pour cette Nation aucune demeure fixe:
Un antre , le creux d'un arbre , un buif-
fon épais , fouvent la pleine campagne ,
fervoient d'afyle à ces habitans beaucoup
plus fauvages que ce nom même ne l'ex-
prime. Il falloit avoir la puiffance & les
reffources intérieures d'Alcindor & de
Zélinde pour ne pas être effrayé d'un tel
fpectacle. Ils étoient d'ailleurs convenus
de s'entr'aider au befoin. J'oubliois de
dire auffi qu'ils avoient la faculté de fe
deviner : avantage qui pourroit n'en être
pas un en amour ; mais qui favorifoit
infiniment leur entreprife.
Ce fut donc fans crainte qu'ils fe fépa
fèrent. Alcindor ne tarda pas à rencon-
trer une jeune Sauvage qui ne cherchoit
point à l'éviter. Il l'aborda avec une po-
liteffe qui la furprit beaucoup. Il lui dit
quelques douceurs qui l'étonnèrent en-
core plus. On préfume bien qu'un être
auffi intelligent qu'Alcindor , entendoit
la langue du pays , & fçavoit la parler:
c'eft un privilége qu'on accorde aifé-
ment au voyageur le moins érudit ; à
peine met-il le pied chez telle ou telle
Nation , qu'il eft fuppofé l'entendre &
en être entendu. Revenons à la jeune
Sauvage.
JANVIER. 1764.
19
Elle répondoit aux douceurs d'Alcin-
dor fur le ton d'une efclave avec qui fon
maître daigne s'humanifer.
Elle igno-
Foit l'art des réſiſtances , & même celui
de la gradation. En un mot , elle pa
rut offrir ce qu'Alcindor ne demandoit
pas. Tant de facilité le rendit lui - même
plus difficile. Peu s'en fallut qu'il ne re
grettât l'extrême délicateffe des Néris.
En même temps il fongeoit à donner
une leçon utile à la jeune Sauvage. Deux
péruches lui en fournirent l'occafion
Voyez-vous , difoit-il , ces deux oifeaux
de la même eſpèce ? L'un des deux fuit
l'autre , fans pourtant fuir trop loin.
N'eft-ce pas la femelle qui en ufe ainfi ?
La Sauvage ne répondit que par une au
tre comparaifon. Vois-tu , dit- elle à Al-
cindor , cette géniffe & ce boeuffauva
ge ? C'eft le boeuf qui s'éloigne , & la
géniffe court après. Alcindor ne fut rien
moins que perfuadé par cette réponſe.
Il s'éloigna , en concluant que fi c'étoit
là le pur inftin&t de la Nature , cet inſtinct
devoit être corrigé.
Zélinde avoit déja en occafion de por
ter unjugement tout femblable. A peine
Alcindor l'avoit quittée , qu'un Sauvage
s'étoit approché d'elle en courant. Elle
avoit cru devoir s'éloigner un peu, mais
20 MERCURE DE FRANCE.
fans courir. Ainfi le Sauvage n'eut pas de
peine a l'atteindre. Elle s'attendoit à que
que préambule , à quelque déclaration
tendre , quoique ruſtique . Mais le Sau-
vage ignoroit ce formulaire :
il alloit
tout naturellement fuivre l'ufage de fes
femblables ; c'eft- à-dire , brufquer hor-
riblement les chofes. A l'inftant furvient
un aut e Sauvage qui fond avec impé-
tuofité fur celui- ci. Le combat devient
entre eux des plus cruels. Eft- ce un libé
rateur qui vient à mon fecours , difoit la
Néris , ou bien n'eft- ce qu'un rival qui
attaque un rival ? N'importe , attendons
l'événement ; il me fera toujours facilė
d'échapper au vainqueur. L'événement
ne fe fit pas beaucoup attendre. Le nou
veau venu ayant mis fon adverfaire prèf-
que hors de combat , ce dernier s'enfuit,
renonçant à fes prétentions fur Zélinde ;
faufà les reprendre à la première rencon-
tre. Pour le vainqueur , il fongeoit dès
ce moment à faire valoir les fiennes , &
il s'y prit comme fon devancier. Arrê-
tez !-lui cria Zélinde ; c'eft en ufer bien
cavalièrement. N'y a-t- il pas certains
préliminaires
Le Sauvage lui deman-
da ce que vouloient dire ces mots . La
Néris les lui expliqua de fon mieux ;
mais elle ne perfuada point celui qu'elle
JANVIER. 1764.
21
inftruifoit. Tu te moques , lui dit - il :
veux-tu , quand la faim me preffe , que
je m'amufe à danfer autour du morceau ?
Tout en parlant ainfi , il agiffoit en con-
féquence. Il fallut que Zélinde employât
tout fon pouvoir pour s'échapper de fes
mains. Elle voulut voir cependant s'il
regrettoit beaucoup d'avoir ainfi perdu
fa proie. Elle le vit occupé à pourſuivre
un renard , & , après l'avoir tué , s'en
retourner avec l'air d'un homme qui ne
regre te rien. Ah ! dit-elle avec dépit ,
fi c'eft-là ce qu'on nomme l'innocent
inſtinct de la Nature ; quelle horreur
qu'une telle innocence !
Alcindor la rejoignit l'inftant après.
Hé bien ! lui dit Zélinde , avez-vous fait
d'heureufes découvertes ? N'en doutez
pas , reprit-il ; cette contrée barbare eft
vraiment un pays à bonnes fortunes. Si
les hommes y font féroces , les femmes
y font des plus humaines. Alors il l'inf-
truifit de fon aventure , & Zélinde lui fit
part de la fienne. Tous deux convinrent
qu'il falloit paffer chez d'autres Peuples
de l'Amérique un peu plus policés que
celui-ci , mais beaucoup moins que ceux
de l'ancien Monde. C'eft-là qu'ils eſpé-
roient trouver la Nature encore fimple
fans être entièrement brute.
22 MERCURE DE FRANCE .
Après une courfe affez longue , ils ar
rivent fur les terres des Nadoueffis ; Na-
tion fauvage , mais dont le caractère n'a
rien de féroce. Les deux voyageurs en
font accueillis favorablement On leur
demande où ils vont & ce qu'ils veulent ?
Vivre avec des hommes , répondit Al-
cindor. Les Nadoueffis , qui fe piquent
d'être des hommes par excellence , ne
portent pas plus loin leurs queſtions . Ils
affignent à leurs nouveaux hôtes une ca-
banne , où ils doivent être nourris du-
rant un certain temps aux dépens de tou-
te la Nation. Dans tout autre cas , il eût
été prudent à eux de s'annoncer comme
époux ; mais le motif de leur voyage s'y
oppofoit. Ils ne s'annoncèrent que com-
me le frère & la foeur. En conféquence
leur cabanne fut divifée en deux parts.
Mais l'entrée de l'une & de l'autre étoit.
libre à tous venans , la nuit comme le
jour
:
C'est l'ufage parmi ces Peuples..
Toutefois il n'en réfulte aucun inconvé-
vénient , excepté ceux que l'ufage même.
autorife , & qui ne paffent point pour
tels chez les Nadoueffis.
Zélinde étoit , à coup fûr , la plus belle
Sauvage de tout le canton. C'eft de quoi
une foule de jeunes gens l'auroient inf-
truite , fi elle ne l'eût pas fçu d'avance.
JANVIER. 1764.
& de refpect très
23
Il fe paffoit peu d'heures dans la journée
fans que quelqu'un d'entre eux vînt lui
dire à l'oreille : Je t'aime plus que la
clarté du grand Aftre. Paffe encore pour
ce préalable , difoit intérieurement la
Néris ; & elle y répondoit de manière
à ne décourager perfonne , fans toute-
fois s'engager trop elle- même. La nuit
venue , Zelinde vit entrer dans fa caban-
ne un jeune Sauvage qui portoit un bâ
ton allumé. Elle lui demanda ce que ce-
la fignifioit? Cela s'appelle, reprit- il, cou-
rir l'allumette : c'eſt à toi de l'éteindre
ou de la laiffer brûler ; & il lui fit entre-
voir qu'il defiroit fort qu'elle l'éteignît,
Zélinde n'en fit rien , & le Sauvage fortit
comme il étoit entré. Un fecond fur-
vient , obſerve la même formule ; & ,
voyant que Zélinde ne fouffloit point
fur l'allumette , il fe retire avec la même
docilité que le précédent. La Néris trou-
voit cette méthode un peu bifarre ; mais
elle y découvroit un mêlange d'ardeur
-
propre à fatisfaire
fes compagnes, Elle eût cependant vou-
lu fçavoir où les deux jeunes aventuriers
étoient allés en la quittant. Un troisième
qui furvint leva une partie de fes doutes,
Auffi peu favorifé lui - même , que l'a-
voient été les deux autres , il alloit fe
24 MERCURE DE FRANCE .
retirer comme eux. Zélinde l'arrêta. Ou
vas-tu en fortant de ma cabanne , lui de-
manda la Néris ? Courir l'allumette , ré-
pondit le Sauvage
tu la laiffes brûler ,
une autre pourra l'éteindre. Une autre !
s'écria Zélinde ; il n'importe donc la-
quelle ce foit ? Cela eft tout fimple , ré-
pliqua- t-il ; quand la chaleur du grand
Aftre me brûle , c'eft dans la rivière la
plus proche que je me baigne. Mais ,
reprit Zélinde , vous n'aimez donc au-
cune femme en particulier ? Je les aime
toutes , ajouta le Nadoueffis , quand ce-
la ne me dérange point ; & celle qui
foufle fur l'allumette eft toujours celle
que j'aime le mieux . Zélinde lui fit en-
core d'autres queſtions fur le même fu-
jet , & il y répondit avec franchiſe , en
appuyant fon difcours de ces expreffions
extrêmement familières aux Sauvages :
voilà qui eft bien , voilà qui eftjufte , voi-
là qui eft raifonnable. Je fuis jeune , di-
foit- il , & je me proméne quelquefois
la nuit : Voilà qui eft bien. Je donne la
préférence à celle qui me la donne :
Voilà qui eftjufte. Je n'aime qu'autant
que cela ne me met point hors d'état de
courir après les caftors , & de fuir ou de
poursuivre l'ennemi : Voilà qui eft rat-
Jonnable.
Il
Louré.
Que d'une
-sés dans vos
=ple nature
sirsjamais
W
de sidoux tr
votre hommage
Majeur.
-sors . Sans
25
lerniers
entper-
oit pas
n'étoit
s'étoit
es noc-
lement
Toujou dant à
fatisfit
t. Mais
d'une tet le fi-
elques
t bien,
gna fa
- més: de ce
Finit
W
écon-
Foit-il ,
moins
On a
s con-
anterie
vive its pri-
ntrées.
où les
depuis
Graveparios re-
es que
Imprimeconfé-
t fubi-
24 MET
retirer cor
vas-tu en
manda la
pondit le
une autre
s'écria Ze
quelle cers amans , toujours aimés : Sur lafoi
pliqua-t-il
Aftre me
plus proch
cune fem
W
reprit Zendre ami e Vous n'êtesjamais allar -
toutes , aj
W
la ne me Parmi vous la plus courte absence
foufle fur
quej'aim
core d'aut
jet , & il par le pluspromptretour, Toujours la
appuyant w
extrêmen
voilà qui
là qui eft npatience Vous prète l'aile de l'amour.
foit-il , &
la nuit :
préférence :Charpentie .
Voilà qui
que cela par Tournelle
courir apr
poursuivre
fonnable.
a
JANVIER. 1764.
25
Il fortit en prononçant ces derniers
mots , & laiffa Zélinde entièrement per-
fuadée que l'Amérique ne mettroit pas
fin à fes recherches. Alcindor n'étoit
guères plus fatisfait des fiennes. Il s'étoit
déterminé à rendre quelques vifites noc-
turnes , & avoit été reçu favorablement
dès la première. Il fe borna cependant à
certaines queſtions auxquelles on fatisfit
dans l'efpérance qu'elles finiroient. Mais
la fin des demandes d'Alcinder fut le fi-
gnal de fa retraite. Il entra dans quelques
autres cabanes , réuffit également bien,
s'en tira également mal , & regagna fa
cabane auffi peu fatisfait des filles de ce
canton , qu'elles mêmes étoient mécon-
tentes de lui. Il faut l'avouer , difoit- il ,
cette extrême facilité vaut encore moins
que l'extrême réferve des Néris . On a
vu que Zélinde avoit auffi tiré des con-
féquences peu favorables à la galanterie
fauvage. Ainfi les deux voyageurs pri-
rent le parti de vifiter d'autres contrées.
Il en eft une , difoit Alcindor, où les
ufages n'ont prèfque point varié depuis
l'origine des chofes. Voyons fi nos re-
cherches y feront plus fructueufes que
dans ce nouveau Monde. En confé-
quence les deux voyageurs partent fubi-
tement pour la Chine.
II. Vol.
B
26 MERCURE DE FRANCE.
Ce fut à Pékin même qu'ils jugèrent
à propos de defcendre. Ils y parurent
fous la formed'un Mofcovite. Un fpecta-
cle des plus pompeux s'offrit à leurs pre-
miers regards. Un cortége nombreux
portoit des torches & des flambeaux en
plein midi , & environnoit une chaiſe
magnifiquement ornée , & portée par
des efclaves. Des fifrés , des hautbois ,
des tambours précédoient & fuivoient.
Alcindor s'informa de ce que renfermoit
ce pavillon.Unejeune épousée qu'on mé-
ne à fon époux , lui répondit un des fpec-
tateurs. Sans doute , reprit Alcindor ,
que fa beauté répond à toute cette pom-
pe ? Je n'en fçais rien , répliqua le Chi-
nois. Il eft du moins à croire , ajouta
Alcindor , qu'elle a paru telle aux yeux
de celui qui l'époufe ? Il ne l'a jamais
envifagée , reprit encore l'habitant de
Pékin.
Quoi ! il l'époufe fans la
connoître ? .... Eh mais ! fans doute :
én uſe- t-on autrement parmi vous ? Il a
recours à un expédient tout fimple , ſup-
pofé qu'elle ne lui plaife pas , ou qu'elle
ceffe de lui plaire : c'eft de prendre une
ou plufieurs concubines , auxquelles il
eft également libre d'en fubftituer d'au-
tres , quand il vient à fe dégouter des
premières.
JANVIER. 1764.
27
Ceci ne me femble point mal imagi-
né, difoit intérieurement Alcindor. Voi-
la qui eft abominable , difoit , en même
temps , Zelinde. Etre quittée ainfi , &
condamnée à un éternel efclavage ! En
vérité c'eft joindre l'injuftice à la tyran-
nie ! toute autre perquifition me femble
fuperflue dans cet immenfe pays où les
ufages font fi uniformes , fi anciens , &
malheureufement fi révérés.
Pour Alcindor , il continuoit à quef-
tionner l'obligeant Chinois.
Il lui de-
manda , entre autres chofes , fi les fem-
mes de cette contrée fe piquoient d'une
fidelité à toute épreuve ? Ce feroit trop
exiger, repondit - il : on tâche d'éloigner
d'elles tous les Séducteurs , on veille
éxactement ſur leur conduite , & il arri-
ve , quelquefois , que leur vertu fait le
refte.
Ces détails étoient d'un augure peu
favorable pour nos voyageurs. Ils entre-
virent qu'ils s'étoient trompé fur le
compte des Chinois comme fur celui
des Sauvages. Cependant ils voulurent
en juger par eux-mêmes. Ils fe logent
dans la Capitale & continuent d'obfer
ver. Zélinde qui effaçoit , fans peine ,
la plus belle Chinoife , charma tous ceux
qui purent l'envifager. Un jeune hom-
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
me qui fuivoit la doctrine de Fo , c'eft-
à-dire qui croyoit , ou feignoit de croire
à la tranfmigration des âmes , l'aborda
un jour avec un éxtrême familiarité. Tu
fus , lui dit-il , ma femme avant que de
reprendre un nouvel être. Une mort
prématurée t'enleva a mes veux. Au-
jourd'hui que tu m'es rendue
›
le
grand Fo ordonne que tu me laiffes
rentrer dans tous mes droits , & cela
fans aucune cérémonie éxterieure. Fo
nous difpenfe de ces vaines répétitions.
La fauffe Mofcovite trouva cette faillie
amufante. Elle revenoit au fonds à l'a-
lumette des Sauvages . Mais Zelinde qui
n'avoit pas daigné éteindre l'une , répon-
dit auffi peu favorablement à l'autre .Elle
voulut voir , cependant , fi le Chinois ſe
menageoit les mêmes reffources que le
Nadoueffis. La faculté qu'elle avoit de
fe rendre invifible l'aida beaucoup dans
ce projet. Zélinde épia la conduite du
jeune homme , & le vit bientôt adreffer
le même difcours à une jeune Chinoiſe
qui ne parut point douter du fait , &
qui parut encore plus difpofée à fuivre
les volontés du Dieu Fo.
Alcindor, de fon côté , ne reftoit pas
inutile. Une jolie veuve Chinoiſe avoit
fixé fon attention,
Il l'avoit vue dans
JANVIER. 1764.
29
une Pagode confacrée à Lao , lieu qu'elle
fréquentoit fort fouvent. Il faifit l'oc-
cafion de l'aborder & de l'entretenir.
Ses difcours étoient des plus ingénieux
& des plus galans ; mais par malheur
la Veuve étoit dévote , & à la Chine
cette qualité étoit un obftacle réel en
amour. En vain , dit- elle au faux Japon-
nois , en vain tenteriez vous de me fé-
duire ; mon cœur n'eft plus à moi , il
eft tout entier au divin Lao : lui feul
peut me faire jouir de la fuprême félicité.
Alcindor alloit lui demander en quoi
cette félicité confiftoit ; elle le quitta
brufquement pour courir à un Bonze
qui lui faifoit figne. Le curieux Péris
s'approcha d'eux fans pouvoir être vû.
Il entendit le Bonze parler ainfi à la
Chinoife : objet cher à Lao , ce Dieu
puiffant vous ordonne par ma voix de
refter cette nuit dans fon Temple : Il
Vous y fera goûter les douceurs qu'il
réferve à fes feules favorites. Alcindor
vit dès l'inftant où aboutiroit ce myf-
tere , & l'entretien de deux Bonges qu'il
écouta fans être apperçu,ne lui laiſſa au-
cun doute à cet égard.
Nos Voyageurs fe rejoignent , égale-
ment perfuadés qu'il eft à propos de paf-
fer outre. Leur deffein étoit de parcou-
Biij
30 MERCURE DE FRANCE .
rir toute l'Afie. Ils partent , & dès le
jour fuivant ils découvrent à vue d'Oi-
feau le Royaume du Japon. Ce fut à
Meako qu'ils defcendirent. Le temps de
la nouvelle lune y donnoit lieu à une cé-
rémonie qui fe renouvelle tous les mois.
Une troupe de Bonzis conduifoit en
pompe une jeune fille de la plus grande
beauté. Nos Voyageurs n'eurent pas
de peine à s'inftruire de ce que cela fi-
gnifioit. On la mene au Temple , leur
dit- on , où le Diable daignera ce foir
converfer avec elle . C'eft là tout ce qu'il
faut pour en faire une fainte. Alcindor
jugea par ce difcours que les Bonzis du
Japon & les Prêtres de Lao , obfervoient
à-peu-près les mêmes Rites .
En paffant auprès d'un autre Temple ,
il en vit fortir une foule de Japonois qui
tous dirigeoient leurs pas vers un même
canton de la Ville . De là nouvelles quef-
tions d'Alcindor. Un de ceux à qui il
s'adreffoit lui fit cette réponse. Nous.
fortons du Temple & nous allons au
Kafiematz. C'est un ufage que nous
ont tranfmis nos Pères , & que nous ef
perons tranfmettre à nos defcendans..
Tout en parlant ainfi, le Japonnois avan-
çoit tonjours
Alcindor le fuivoit ; de
manière qu'ils arriverent enſemble au
JANVIER. 1764.
31
Kafiematz. Une foule de jeunes beau-
tés y prodiguoient leurs charmes au pre-
mier venu. Elles n'avoient point la li-
berté du choix , & fembloient peu cu .,
rieufes de choifir. Alcindor fe hâta de
rejoindre Zélinde qu'une vieille Japon-
noife avoit abordée. Leur entretien.
avoit affez de rapport avec ce que lui-
même venoit de voir. L'amour est donc:
ignoré chez vous ? lui difoit Zélinde ,
Qu'est -ce que l'amour demanda la
Vieille ? Ce mot eft un peu étranger ici.
Celui de mariage qui , je penfe, ne veut
pas dire la même chofe , nous est un
peu mieux connu. Un Japonnois époufe
une femme , l'enferme avec foin , la né-
glige fort quant au refte ; & je vous jure
parle grand Thé , que la plus fage d'en-
tr'elles quitteroit volontiers fa maiſon
pour habiter leKafiematz.Allons, partons,
s'écrierent , en même temps Alcindor
& Zelinde ; nos recherches ne feront
par plus heureufes au Japon qu'à la Chi-
ne. Ils difent , & s'élévent de nouveau
dans les airs.
Après un affez long trajet , l'Ifle de
Macaffar fe découvre à leurs yeux.
Tout y eft agréable , excepté les habi-
tans: Les deux féxes ignorent l'ufage
des habits. L'unique parure des femmes
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
eft de fe taillader le vifage & à peu-
près tout le reste du corps. Ces hideu-
fes perfonnes accouroient par bandes
vers le rivage où des étrangers venoient
de mettre pied à terre. Là elles offroient
ce qu'on ne leur demandoit pas. Ceux
qui avoient la complaifance de ne pas les
rebuter en étoient bientôt punis par el-
les-mêmes. Lorſqu'ils avoient fuffiſam-
ment fait preuve de mauvais goût , leurs
cruelles amantes leur offroient du tabac ,
en les invitant à fumer. Mais à peine
commençoient-ils à en faire ufage qu'ils
perdoient connoiffance & bientôt après.
la vie. Alcindor fut témoin de cette ca-
taftrophe & en frémit. Zélinde qui ob-
fervoit les hommes de cette contrée
.
n'eut pas lieu d'en être plus fatis-
faite. Ils connoiffoient , ils approuvoient
l'indécente & barbare mannœuvre de
leurs femmes & fe difpofoient à aſſaſſi-
ner ceux qu'elles n'empoifonneroient
pas.
Nos Voyageurs quitterent cette Ifle
infernale avec autant de promptitude
que d'indignation .
Ils arriverent au
Royaume de Siam & s'y arrêterent peu.
La nudité des femmes , leur empreffe-
ment à chercher les hommes qui , en
général , font auffi difpofés à les fuir ;
JANVIER. 1764.
33
toutes ces images déplurent au couple
Obfervateur. Il partit fans différer pour
le petit Royaume de Patania. Zélinde ,
ne voulut pas même s'y rendre viſible.
Alcindor y parut fous l'extérieur d'un
Anglois. Il fut abordé par un des
principaux Citoyens de la Capitale qui
l'invita fort poliment à prendre fa mai-
要
fon pour gîte. Vous y mangerez , lui
dit-il , comme chez tout autre
,
des
viandes & du riz dans des plats d'or ;
mais ce qui vaut infiniment mieux,vous
y verrez ma fille & ma nièce , toutes deux
fort jolies , & avec lefquelles je vous
prie d'en ufer fans façon. Le Péris éton-
né de ce difcours , demanda au Pata-
nien fi , outre fa fille & fa niéce , il
n'avoit pas auffi une femme ? J'en ai
plus d'une , reprit l'Indien ; mais je les
garde pour moi . Ce font là les feules
bornes que nous mettons à nos égards
envers les étrangers. Il y a temps pour
tout. Nos femmes , lorfqu'elles n'étoient
que filles , ont également fait les hon-
neurs de la maifon de leurs Peres , ou
de leurs Oncles.
Ces détails ne féduifirent point Alcin-
dor , & encore moins Zélinde , qui , fans
fe laiſſer voir , avoit tout entendu . Le
Péris remercia l'officieux Indien , & fe
Bv
34 MERCURE
DE FRANCE.
retira fort humilié. Après quoi nos voya
geurs aëriens prirent leur éffor jufqu'à
Narfingua. Ils mirent pied à terre à quel-
que diftance de la ville , & rencontrèrent
une femme qui s'en éloignoit. Alcindor "
l'interrogea fur ce qui pouvoit caufer fa
fuite. C'eft , répondit- elle , parce que je
ne puis me réfoudre à être brûlée . Je fuis.
veuve depuis vingt-quatre heures : mon
mari en ufoit paffablement avec moi , &
je l'aimois autant que cette forte d'amour
peut s'étendre ; mais j'avoue que je n'ai
pas le courage de mêler mes cendres avec
les fiennes. Par cette raiſon , me voilà dé-
clarée infâme , & condamnée à vivre
dans l'éxil; tandis qu'une de mes com-
pagnes , qui va dans ce moment obéir à
l'ufage, voit fes louanges portées jufqu'au
Trône de Brama. Sans doute , reprit Al-
cindor, que cette courageufe héroïne ai-
moit prodigieufement votre époux com-
mun ? Point du tout , répliqua l'Índien-
ne ; elle ne lui fut pas même fidelle : &
moi , tout au contraire , je me fis un de-.
voir de ne jamais lui manquer. Cepen-
dant je vais paffer pour une ingrate , une
perfide ,, & elle pour un exemple d'atta-
chement conjugal..... Entendez-vous ,
ajouta l'Indienne , ces cris confus , mêlés
au bruit des inſtrumens ? C'eſt pour ho-
JANVIER. 1764.
35
norer ce barbare facrifice. Il va bientôt
commencer , & il ne dépend que de vous
d'en être les témoins. En effet , Alcindor
& Zélinde s'avancèrent vers le lieu d'où.
partoit ce bruit. Il virent , au milieu d'u-
ne foule d'affiftans , une jeune Indienne
conduite par un Bramine. Elle portoit
dans fa main droite une fleur , dans fa
main gauche une boule. Ses doigts
étoient ornés de quantité de perles & de
pierres précieufes ; des chaînes en lacs.
d'amour & très-riches chargeoient fes
bras & même fes jambes. Une toile
très-fine lui tenoit lieu de vêtemens. Sa
beauté feule eût pu lui tenir lieu de pa-
rure. Elle s'avançoit avec un fouris &
un empreffement affectés vers le bucher
fur lequel étoit déja le corps de fon mari.
On y met le feu : l'Indienne , après avoir
pris congé de fes parens & de fes amis ,..
s'élance au milieu des flammes , où elle
eft bientôt réduite en cendres. Les ap-
plaudiffemens redoublèrent ; mais Alcin--
dor & Zélinde frémirent. Tous deux fe
retiroient ,
lorsqu'ils apperçurent un
Jeune Indien qui lui-même s'éloignoit
affez triftement. Je vois , lui dit Alcin-
dor , qu'un tel fpectacle vous affiige , &
certainement c'est avec raiſon . Hélas
oui répondit ce dernier. J'avoue ce
B.vj.
36 MERCURE DE FRANCE.
dant que j'ai tort , puifque celle qui vient
de fe brûler étoit ma maîtreffe. Eh quoi !
s'écria Zélinde avec furprife , n'y trou-
vez-vous pas un motifde plus pour gémir
de fa perte ? Tout au contraire , inter-
rompit l'Indien ; comme fon amant , je
prends part à fa gloire , & cette gloire
exigeoit qu'elle fe brûlât. Notre intelli-
gence a duré juſqu'à la fin des jours de
fon mari , & nous faifions des vœux
pour qu'il vêcût long-temps. Aujour-
d'hui qu'il eft mort , tout eft fini entre
elle & moi. Une femme d'honneur peut
tromper fon époux , mais elle ne doit
point lui furvivre. A ces mots l'Indien
pourſuivit fa route , & nos voyageurs
prirent celle de l'Etat le plus voifin.
C'étoit le Royaume de Callicut. Ils
s'arrêtèrent auprès d'un Temple dédié au
grand Singe , & dont le portique étoit
orné de fept cens piliers ou colonnes
de marbre. On voyoit un grand nombre
d'Indiens des deux féxes , raſſemblés
fous cet immenfe veftibule , y parler
d'affaires ou de plaifir. Mais le principal
amufement des maris étoit d'y troquer
de femmes entre eux , & cet échange dé-
plaifoit rarement à celles qui en étoient
l'objet. Zélinde eut occafion d'en entre-
tenir une , fort jeune encore ,
fort jeune encore , & qui lui
JANVIER. 1764.
37
avoua en êtreà fon douzième mari , fans
que la mort lui en eût ravi un feul. Je
m'attends , pourſuivit- elle , à tripler ce
nombre en moins de trois ans . Celle qui
parloit ainfi avoit cependant l'air d'une
perfonne diftinguée : elle étoit vêtue de-
puis la ceinture jufqu'aux genoux , avoit
la tête enveloppée d'un linge brodé en
or , & portoit de riches perles à fes oreil-
les & à fon nez. Elle apprit de plus à Zé-
linde , qu'en fait de mariage , les Princef-
fes elles-mêmes n'y regardoient pas de
fort près.
Elles choififfent tel gentil-
homme qui leur plaît le mieux , en pren-
nent un autre quand il ceffe de leur plai-
re , & lui donnentfouvent plus d'un Bra-
mine pour affociés. Et le Roi , demanda
Zélinde , en ufe-t-il autrement que fes
Sujets , ou leur fert-il d'exemple ? Oh !
c'est encore toute autre chofe , reprit
la jeune Indienne. Le Roi n'eft auprès
de fa femme que le fucceffeur du Chef
des Bramines. La première nuit du ma-
riage eſt deſtinée à ce Grand - Prêtre
avec cinq cens ducats de récompenfe.
Le même emploi l'attend lorfque le Sou-
verain fait quelque voyage , & la gratifi-
cation est toujoursproportionnée à la lon-
gueur de l'abfence du Souverain.
La Néris n'en voulut pas fçavoir da-
38 MERCURE DE FRANCE.
vantage , & rejoignit Alcindor , qui de
fon côté avoit auffi fait fes remarques.
Tous deux conclurent à chercher mieux.
Le reste au Mercure prochain.
Ou l'Amour comme on le mene.
CONTE.
LES Péris & les Néris sont des Êtres
demi-intellectuels. Ils tiennent le milieu
entre la nature des Génies & la nôtre :
mais ils s'occupent très -férieufement de
ce qui ne fait plus guères qu'amufer nos
femblables ; je veux dire , que leur plus
grande affaire eft de s'aimer comme on
aime dans nos vieux Romans. Il arriva
même que les Néris exigèrent un amour
encore plus quinteffencié. Elles vouloient
par- là s'égaler aux Sylphides. Les Péris
ambitionnoient un peu moins de s'éga-
ler aux Génies . Toutefois la volonté de
leurs Compagnes devint une loi pour
eux . Bientôt ils réalifèrent l'Amour Pla-
tonique , regardé comme une chimère
par nos amans les plus délicats.
Bientôt auffi un pareil amour périt d'i-
nanition. Une langueur plus froide que
l'indifférence même lui fuccéde . On fe
fépare , & l'ennui n'en devient que plus
grand. On dit même que les Néris y
1
reftre
JANVIER. 1764.
15
fuccombèrent les premières. Zélinde
ވ
une des moins prudes , & des plus expé-
rimentées d'entre elles , prit le parti d'af-
fembler fes compagnes. Elles accourent
avec précipitation , & la nomment Pré-
fidente du Confeil qui va fe tenir. Zé-
linde adreffe aux Néris affemblées un
difcours des plus pathétiques fur leur fi-
tuation préfente : les détails en étoient
vivement frappés. Cependant on l'inter-
rompit
on trouva qu'elle ne peignoir
point affez énergiquement le trifte aban-
don où fe trouvoient , & fes compagnes,
& elle-même. Chaque Néris ajouta un
trait au tableau : mais la peinture des
maux n'en indiquoit point le remède.
On propofa de rappeller les Péris ; & ,
après quelque incertitude , cet avis fur
rejetté à la pluralité d'une voix. Qui
voulez-vous donc qu'on appelle ? de-
manda la Préfidente : car enfin il faut
appeller quelqu'un. C'eft de quoi l'on
convenoit unanimement. Zélinde pro-
pofa de faire venir des hommes. Quoi ,
des hommes qui ont un corps tout ter-
s'écrièrent quelques Néris , en
rougiffant. Eh oui , répliqua la Préfi-
dente , qui ne rougiffoit plus. Ils ont bien
des défauts , reprit avec douceur une
blonde Néris ; il faudra du moins nous
16 MERCURE DE FRANCE.
réunir pour les rendre parfaits. Hélas A
ma chère compagne , ajouta Zélinde ,
nous en ferons des ètres bien infipides.
Cet état de perfection feroit pour eux le.
pire de tous,& remédieroit mal au nôtre.
Enfin l'on prit le parti de donner la
préférence aux hommes qui aimoient.
avec le plus de délicateffe : les Néris
étant perfuadées qu'il étoit rare que des
hommes portaffent cette vertu trop loin ..
Mais pour connoître ceux qui la prati-
quoient , il falloit d'amples recherches ;
il falloit par cette raifon parcourir plus
d'un climat. Zélinde , qui avoit propofé
cet expédient , fut priée d'entreprendre.
ce long voyage , & Zélinde ne s'en fit
pas prier deux fois..
Dans le même temps , les Péris pre-
noient une réfolution toute femblable :
c'est-à-dire , que l'un d'entre eux fut
chargé de parcourir notre monde , pour.
voir quelles femmes pourroient fuppléer.
à l'extrême délicateffe des Néris , fans.
toutefois s'en éloigner trop. Celui qu'on.
chargea de cette recherche étoit le même.
qui l'avoit propofée. Son humeur avoit
beaucoup de rapport avec celle de Zé-
Linde ; & le hafard les ayant fait ſe ren-
contrer , tous deux en furent également.
fatisfaits. Ils ne fe déguifèrent point l'un
JANVIER. 1764.
à l'autre le motif de leur miffion .
17
Ils
firent plus , ils réfolurent de voyager en-
femble. Bien entendu que celui des deux
qui auroit le plutôt réuſſi dans fes recher-
ches , laifferoit l'autre continuer les fien-
nes. Reftoit feulement à fçavoir par quel
canton du monde ils, commenceroient
leur tournée. Après y avoir un peu rêvé,
ils crurent s'épargner de plus longues
courfes , en vifitant d'abord les Nations
qui fuivoient de plus près l'inftinct de la
Nature , & qui par cette raifon l'avoient
fans doute moins pervertie.
Un voyage eft peu embarraffant pour
des êtres de cette efpèce. Ils peuvent par
courir le monde entier avec la même ra
pidité que les Génies : mais , comme ils
ont plus de confiftance , ils peuvent en
même tems s'envelopper d'un nuage qui
les dérobe aux regards de nos pareils.
Zélinde & Alcindor ( c'eft le nom du
Péris ) parurent tout - à - coup dans un
canton de l'Amérique habité par des
Sauvages , & où n'avoit encore pénétré
aucun Européan. Rien , par cette rai-
fon , n'avoit pu en altérer les ufages. Ils
étoient auffi fimples & auffi groffiers
que ceux de l'age d'or.
Nos deux fecrets Agens prirent la
forme dont ils étoient convenus ; c'est-à-
་
18 MERCURE DE FRANCE.
dire , celle d'un jeune homme & d'une
jeune fille de cette contrée. Il n'y avoit
pour cette Nation aucune demeure fixe:
Un antre , le creux d'un arbre , un buif-
fon épais , fouvent la pleine campagne ,
fervoient d'afyle à ces habitans beaucoup
plus fauvages que ce nom même ne l'ex-
prime. Il falloit avoir la puiffance & les
reffources intérieures d'Alcindor & de
Zélinde pour ne pas être effrayé d'un tel
fpectacle. Ils étoient d'ailleurs convenus
de s'entr'aider au befoin. J'oubliois de
dire auffi qu'ils avoient la faculté de fe
deviner : avantage qui pourroit n'en être
pas un en amour ; mais qui favorifoit
infiniment leur entreprife.
Ce fut donc fans crainte qu'ils fe fépa
fèrent. Alcindor ne tarda pas à rencon-
trer une jeune Sauvage qui ne cherchoit
point à l'éviter. Il l'aborda avec une po-
liteffe qui la furprit beaucoup. Il lui dit
quelques douceurs qui l'étonnèrent en-
core plus. On préfume bien qu'un être
auffi intelligent qu'Alcindor , entendoit
la langue du pays , & fçavoit la parler:
c'eft un privilége qu'on accorde aifé-
ment au voyageur le moins érudit ; à
peine met-il le pied chez telle ou telle
Nation , qu'il eft fuppofé l'entendre &
en être entendu. Revenons à la jeune
Sauvage.
JANVIER. 1764.
19
Elle répondoit aux douceurs d'Alcin-
dor fur le ton d'une efclave avec qui fon
maître daigne s'humanifer.
Elle igno-
Foit l'art des réſiſtances , & même celui
de la gradation. En un mot , elle pa
rut offrir ce qu'Alcindor ne demandoit
pas. Tant de facilité le rendit lui - même
plus difficile. Peu s'en fallut qu'il ne re
grettât l'extrême délicateffe des Néris.
En même temps il fongeoit à donner
une leçon utile à la jeune Sauvage. Deux
péruches lui en fournirent l'occafion
Voyez-vous , difoit-il , ces deux oifeaux
de la même eſpèce ? L'un des deux fuit
l'autre , fans pourtant fuir trop loin.
N'eft-ce pas la femelle qui en ufe ainfi ?
La Sauvage ne répondit que par une au
tre comparaifon. Vois-tu , dit- elle à Al-
cindor , cette géniffe & ce boeuffauva
ge ? C'eft le boeuf qui s'éloigne , & la
géniffe court après. Alcindor ne fut rien
moins que perfuadé par cette réponſe.
Il s'éloigna , en concluant que fi c'étoit
là le pur inftin&t de la Nature , cet inſtinct
devoit être corrigé.
Zélinde avoit déja en occafion de por
ter unjugement tout femblable. A peine
Alcindor l'avoit quittée , qu'un Sauvage
s'étoit approché d'elle en courant. Elle
avoit cru devoir s'éloigner un peu, mais
20 MERCURE DE FRANCE.
fans courir. Ainfi le Sauvage n'eut pas de
peine a l'atteindre. Elle s'attendoit à que
que préambule , à quelque déclaration
tendre , quoique ruſtique . Mais le Sau-
vage ignoroit ce formulaire :
il alloit
tout naturellement fuivre l'ufage de fes
femblables ; c'eft- à-dire , brufquer hor-
riblement les chofes. A l'inftant furvient
un aut e Sauvage qui fond avec impé-
tuofité fur celui- ci. Le combat devient
entre eux des plus cruels. Eft- ce un libé
rateur qui vient à mon fecours , difoit la
Néris , ou bien n'eft- ce qu'un rival qui
attaque un rival ? N'importe , attendons
l'événement ; il me fera toujours facilė
d'échapper au vainqueur. L'événement
ne fe fit pas beaucoup attendre. Le nou
veau venu ayant mis fon adverfaire prèf-
que hors de combat , ce dernier s'enfuit,
renonçant à fes prétentions fur Zélinde ;
faufà les reprendre à la première rencon-
tre. Pour le vainqueur , il fongeoit dès
ce moment à faire valoir les fiennes , &
il s'y prit comme fon devancier. Arrê-
tez !-lui cria Zélinde ; c'eft en ufer bien
cavalièrement. N'y a-t- il pas certains
préliminaires
Le Sauvage lui deman-
da ce que vouloient dire ces mots . La
Néris les lui expliqua de fon mieux ;
mais elle ne perfuada point celui qu'elle
JANVIER. 1764.
21
inftruifoit. Tu te moques , lui dit - il :
veux-tu , quand la faim me preffe , que
je m'amufe à danfer autour du morceau ?
Tout en parlant ainfi , il agiffoit en con-
féquence. Il fallut que Zélinde employât
tout fon pouvoir pour s'échapper de fes
mains. Elle voulut voir cependant s'il
regrettoit beaucoup d'avoir ainfi perdu
fa proie. Elle le vit occupé à pourſuivre
un renard , & , après l'avoir tué , s'en
retourner avec l'air d'un homme qui ne
regre te rien. Ah ! dit-elle avec dépit ,
fi c'eft-là ce qu'on nomme l'innocent
inſtinct de la Nature ; quelle horreur
qu'une telle innocence !
Alcindor la rejoignit l'inftant après.
Hé bien ! lui dit Zélinde , avez-vous fait
d'heureufes découvertes ? N'en doutez
pas , reprit-il ; cette contrée barbare eft
vraiment un pays à bonnes fortunes. Si
les hommes y font féroces , les femmes
y font des plus humaines. Alors il l'inf-
truifit de fon aventure , & Zélinde lui fit
part de la fienne. Tous deux convinrent
qu'il falloit paffer chez d'autres Peuples
de l'Amérique un peu plus policés que
celui-ci , mais beaucoup moins que ceux
de l'ancien Monde. C'eft-là qu'ils eſpé-
roient trouver la Nature encore fimple
fans être entièrement brute.
22 MERCURE DE FRANCE .
Après une courfe affez longue , ils ar
rivent fur les terres des Nadoueffis ; Na-
tion fauvage , mais dont le caractère n'a
rien de féroce. Les deux voyageurs en
font accueillis favorablement On leur
demande où ils vont & ce qu'ils veulent ?
Vivre avec des hommes , répondit Al-
cindor. Les Nadoueffis , qui fe piquent
d'être des hommes par excellence , ne
portent pas plus loin leurs queſtions . Ils
affignent à leurs nouveaux hôtes une ca-
banne , où ils doivent être nourris du-
rant un certain temps aux dépens de tou-
te la Nation. Dans tout autre cas , il eût
été prudent à eux de s'annoncer comme
époux ; mais le motif de leur voyage s'y
oppofoit. Ils ne s'annoncèrent que com-
me le frère & la foeur. En conféquence
leur cabanne fut divifée en deux parts.
Mais l'entrée de l'une & de l'autre étoit.
libre à tous venans , la nuit comme le
jour
:
C'est l'ufage parmi ces Peuples..
Toutefois il n'en réfulte aucun inconvé-
vénient , excepté ceux que l'ufage même.
autorife , & qui ne paffent point pour
tels chez les Nadoueffis.
Zélinde étoit , à coup fûr , la plus belle
Sauvage de tout le canton. C'eft de quoi
une foule de jeunes gens l'auroient inf-
truite , fi elle ne l'eût pas fçu d'avance.
JANVIER. 1764.
& de refpect très
23
Il fe paffoit peu d'heures dans la journée
fans que quelqu'un d'entre eux vînt lui
dire à l'oreille : Je t'aime plus que la
clarté du grand Aftre. Paffe encore pour
ce préalable , difoit intérieurement la
Néris ; & elle y répondoit de manière
à ne décourager perfonne , fans toute-
fois s'engager trop elle- même. La nuit
venue , Zelinde vit entrer dans fa caban-
ne un jeune Sauvage qui portoit un bâ
ton allumé. Elle lui demanda ce que ce-
la fignifioit? Cela s'appelle, reprit- il, cou-
rir l'allumette : c'eſt à toi de l'éteindre
ou de la laiffer brûler ; & il lui fit entre-
voir qu'il defiroit fort qu'elle l'éteignît,
Zélinde n'en fit rien , & le Sauvage fortit
comme il étoit entré. Un fecond fur-
vient , obſerve la même formule ; & ,
voyant que Zélinde ne fouffloit point
fur l'allumette , il fe retire avec la même
docilité que le précédent. La Néris trou-
voit cette méthode un peu bifarre ; mais
elle y découvroit un mêlange d'ardeur
-
propre à fatisfaire
fes compagnes, Elle eût cependant vou-
lu fçavoir où les deux jeunes aventuriers
étoient allés en la quittant. Un troisième
qui furvint leva une partie de fes doutes,
Auffi peu favorifé lui - même , que l'a-
voient été les deux autres , il alloit fe
24 MERCURE DE FRANCE .
retirer comme eux. Zélinde l'arrêta. Ou
vas-tu en fortant de ma cabanne , lui de-
manda la Néris ? Courir l'allumette , ré-
pondit le Sauvage
tu la laiffes brûler ,
une autre pourra l'éteindre. Une autre !
s'écria Zélinde ; il n'importe donc la-
quelle ce foit ? Cela eft tout fimple , ré-
pliqua- t-il ; quand la chaleur du grand
Aftre me brûle , c'eft dans la rivière la
plus proche que je me baigne. Mais ,
reprit Zélinde , vous n'aimez donc au-
cune femme en particulier ? Je les aime
toutes , ajouta le Nadoueffis , quand ce-
la ne me dérange point ; & celle qui
foufle fur l'allumette eft toujours celle
que j'aime le mieux . Zélinde lui fit en-
core d'autres queſtions fur le même fu-
jet , & il y répondit avec franchiſe , en
appuyant fon difcours de ces expreffions
extrêmement familières aux Sauvages :
voilà qui eft bien , voilà qui eftjufte , voi-
là qui eft raifonnable. Je fuis jeune , di-
foit- il , & je me proméne quelquefois
la nuit : Voilà qui eft bien. Je donne la
préférence à celle qui me la donne :
Voilà qui eftjufte. Je n'aime qu'autant
que cela ne me met point hors d'état de
courir après les caftors , & de fuir ou de
poursuivre l'ennemi : Voilà qui eft rat-
Jonnable.
Il
Louré.
Que d'une
-sés dans vos
=ple nature
sirsjamais
W
de sidoux tr
votre hommage
Majeur.
-sors . Sans
25
lerniers
entper-
oit pas
n'étoit
s'étoit
es noc-
lement
Toujou dant à
fatisfit
t. Mais
d'une tet le fi-
elques
t bien,
gna fa
- més: de ce
Finit
W
écon-
Foit-il ,
moins
On a
s con-
anterie
vive its pri-
ntrées.
où les
depuis
Graveparios re-
es que
Imprimeconfé-
t fubi-
24 MET
retirer cor
vas-tu en
manda la
pondit le
une autre
s'écria Ze
quelle cers amans , toujours aimés : Sur lafoi
pliqua-t-il
Aftre me
plus proch
cune fem
W
reprit Zendre ami e Vous n'êtesjamais allar -
toutes , aj
W
la ne me Parmi vous la plus courte absence
foufle fur
quej'aim
core d'aut
jet , & il par le pluspromptretour, Toujours la
appuyant w
extrêmen
voilà qui
là qui eft npatience Vous prète l'aile de l'amour.
foit-il , &
la nuit :
préférence :Charpentie .
Voilà qui
que cela par Tournelle
courir apr
poursuivre
fonnable.
a
JANVIER. 1764.
25
Il fortit en prononçant ces derniers
mots , & laiffa Zélinde entièrement per-
fuadée que l'Amérique ne mettroit pas
fin à fes recherches. Alcindor n'étoit
guères plus fatisfait des fiennes. Il s'étoit
déterminé à rendre quelques vifites noc-
turnes , & avoit été reçu favorablement
dès la première. Il fe borna cependant à
certaines queſtions auxquelles on fatisfit
dans l'efpérance qu'elles finiroient. Mais
la fin des demandes d'Alcinder fut le fi-
gnal de fa retraite. Il entra dans quelques
autres cabanes , réuffit également bien,
s'en tira également mal , & regagna fa
cabane auffi peu fatisfait des filles de ce
canton , qu'elles mêmes étoient mécon-
tentes de lui. Il faut l'avouer , difoit- il ,
cette extrême facilité vaut encore moins
que l'extrême réferve des Néris . On a
vu que Zélinde avoit auffi tiré des con-
féquences peu favorables à la galanterie
fauvage. Ainfi les deux voyageurs pri-
rent le parti de vifiter d'autres contrées.
Il en eft une , difoit Alcindor, où les
ufages n'ont prèfque point varié depuis
l'origine des chofes. Voyons fi nos re-
cherches y feront plus fructueufes que
dans ce nouveau Monde. En confé-
quence les deux voyageurs partent fubi-
tement pour la Chine.
II. Vol.
B
26 MERCURE DE FRANCE.
Ce fut à Pékin même qu'ils jugèrent
à propos de defcendre. Ils y parurent
fous la formed'un Mofcovite. Un fpecta-
cle des plus pompeux s'offrit à leurs pre-
miers regards. Un cortége nombreux
portoit des torches & des flambeaux en
plein midi , & environnoit une chaiſe
magnifiquement ornée , & portée par
des efclaves. Des fifrés , des hautbois ,
des tambours précédoient & fuivoient.
Alcindor s'informa de ce que renfermoit
ce pavillon.Unejeune épousée qu'on mé-
ne à fon époux , lui répondit un des fpec-
tateurs. Sans doute , reprit Alcindor ,
que fa beauté répond à toute cette pom-
pe ? Je n'en fçais rien , répliqua le Chi-
nois. Il eft du moins à croire , ajouta
Alcindor , qu'elle a paru telle aux yeux
de celui qui l'époufe ? Il ne l'a jamais
envifagée , reprit encore l'habitant de
Pékin.
Quoi ! il l'époufe fans la
connoître ? .... Eh mais ! fans doute :
én uſe- t-on autrement parmi vous ? Il a
recours à un expédient tout fimple , ſup-
pofé qu'elle ne lui plaife pas , ou qu'elle
ceffe de lui plaire : c'eft de prendre une
ou plufieurs concubines , auxquelles il
eft également libre d'en fubftituer d'au-
tres , quand il vient à fe dégouter des
premières.
JANVIER. 1764.
27
Ceci ne me femble point mal imagi-
né, difoit intérieurement Alcindor. Voi-
la qui eft abominable , difoit , en même
temps , Zelinde. Etre quittée ainfi , &
condamnée à un éternel efclavage ! En
vérité c'eft joindre l'injuftice à la tyran-
nie ! toute autre perquifition me femble
fuperflue dans cet immenfe pays où les
ufages font fi uniformes , fi anciens , &
malheureufement fi révérés.
Pour Alcindor , il continuoit à quef-
tionner l'obligeant Chinois.
Il lui de-
manda , entre autres chofes , fi les fem-
mes de cette contrée fe piquoient d'une
fidelité à toute épreuve ? Ce feroit trop
exiger, repondit - il : on tâche d'éloigner
d'elles tous les Séducteurs , on veille
éxactement ſur leur conduite , & il arri-
ve , quelquefois , que leur vertu fait le
refte.
Ces détails étoient d'un augure peu
favorable pour nos voyageurs. Ils entre-
virent qu'ils s'étoient trompé fur le
compte des Chinois comme fur celui
des Sauvages. Cependant ils voulurent
en juger par eux-mêmes. Ils fe logent
dans la Capitale & continuent d'obfer
ver. Zélinde qui effaçoit , fans peine ,
la plus belle Chinoife , charma tous ceux
qui purent l'envifager. Un jeune hom-
Bij
28 MERCURE DE FRANCE.
me qui fuivoit la doctrine de Fo , c'eft-
à-dire qui croyoit , ou feignoit de croire
à la tranfmigration des âmes , l'aborda
un jour avec un éxtrême familiarité. Tu
fus , lui dit-il , ma femme avant que de
reprendre un nouvel être. Une mort
prématurée t'enleva a mes veux. Au-
jourd'hui que tu m'es rendue
›
le
grand Fo ordonne que tu me laiffes
rentrer dans tous mes droits , & cela
fans aucune cérémonie éxterieure. Fo
nous difpenfe de ces vaines répétitions.
La fauffe Mofcovite trouva cette faillie
amufante. Elle revenoit au fonds à l'a-
lumette des Sauvages . Mais Zelinde qui
n'avoit pas daigné éteindre l'une , répon-
dit auffi peu favorablement à l'autre .Elle
voulut voir , cependant , fi le Chinois ſe
menageoit les mêmes reffources que le
Nadoueffis. La faculté qu'elle avoit de
fe rendre invifible l'aida beaucoup dans
ce projet. Zélinde épia la conduite du
jeune homme , & le vit bientôt adreffer
le même difcours à une jeune Chinoiſe
qui ne parut point douter du fait , &
qui parut encore plus difpofée à fuivre
les volontés du Dieu Fo.
Alcindor, de fon côté , ne reftoit pas
inutile. Une jolie veuve Chinoiſe avoit
fixé fon attention,
Il l'avoit vue dans
JANVIER. 1764.
29
une Pagode confacrée à Lao , lieu qu'elle
fréquentoit fort fouvent. Il faifit l'oc-
cafion de l'aborder & de l'entretenir.
Ses difcours étoient des plus ingénieux
& des plus galans ; mais par malheur
la Veuve étoit dévote , & à la Chine
cette qualité étoit un obftacle réel en
amour. En vain , dit- elle au faux Japon-
nois , en vain tenteriez vous de me fé-
duire ; mon cœur n'eft plus à moi , il
eft tout entier au divin Lao : lui feul
peut me faire jouir de la fuprême félicité.
Alcindor alloit lui demander en quoi
cette félicité confiftoit ; elle le quitta
brufquement pour courir à un Bonze
qui lui faifoit figne. Le curieux Péris
s'approcha d'eux fans pouvoir être vû.
Il entendit le Bonze parler ainfi à la
Chinoife : objet cher à Lao , ce Dieu
puiffant vous ordonne par ma voix de
refter cette nuit dans fon Temple : Il
Vous y fera goûter les douceurs qu'il
réferve à fes feules favorites. Alcindor
vit dès l'inftant où aboutiroit ce myf-
tere , & l'entretien de deux Bonges qu'il
écouta fans être apperçu,ne lui laiſſa au-
cun doute à cet égard.
Nos Voyageurs fe rejoignent , égale-
ment perfuadés qu'il eft à propos de paf-
fer outre. Leur deffein étoit de parcou-
Biij
30 MERCURE DE FRANCE .
rir toute l'Afie. Ils partent , & dès le
jour fuivant ils découvrent à vue d'Oi-
feau le Royaume du Japon. Ce fut à
Meako qu'ils defcendirent. Le temps de
la nouvelle lune y donnoit lieu à une cé-
rémonie qui fe renouvelle tous les mois.
Une troupe de Bonzis conduifoit en
pompe une jeune fille de la plus grande
beauté. Nos Voyageurs n'eurent pas
de peine à s'inftruire de ce que cela fi-
gnifioit. On la mene au Temple , leur
dit- on , où le Diable daignera ce foir
converfer avec elle . C'eft là tout ce qu'il
faut pour en faire une fainte. Alcindor
jugea par ce difcours que les Bonzis du
Japon & les Prêtres de Lao , obfervoient
à-peu-près les mêmes Rites .
En paffant auprès d'un autre Temple ,
il en vit fortir une foule de Japonois qui
tous dirigeoient leurs pas vers un même
canton de la Ville . De là nouvelles quef-
tions d'Alcindor. Un de ceux à qui il
s'adreffoit lui fit cette réponse. Nous.
fortons du Temple & nous allons au
Kafiematz. C'est un ufage que nous
ont tranfmis nos Pères , & que nous ef
perons tranfmettre à nos defcendans..
Tout en parlant ainfi, le Japonnois avan-
çoit tonjours
Alcindor le fuivoit ; de
manière qu'ils arriverent enſemble au
JANVIER. 1764.
31
Kafiematz. Une foule de jeunes beau-
tés y prodiguoient leurs charmes au pre-
mier venu. Elles n'avoient point la li-
berté du choix , & fembloient peu cu .,
rieufes de choifir. Alcindor fe hâta de
rejoindre Zélinde qu'une vieille Japon-
noife avoit abordée. Leur entretien.
avoit affez de rapport avec ce que lui-
même venoit de voir. L'amour est donc:
ignoré chez vous ? lui difoit Zélinde ,
Qu'est -ce que l'amour demanda la
Vieille ? Ce mot eft un peu étranger ici.
Celui de mariage qui , je penfe, ne veut
pas dire la même chofe , nous est un
peu mieux connu. Un Japonnois époufe
une femme , l'enferme avec foin , la né-
glige fort quant au refte ; & je vous jure
parle grand Thé , que la plus fage d'en-
tr'elles quitteroit volontiers fa maiſon
pour habiter leKafiematz.Allons, partons,
s'écrierent , en même temps Alcindor
& Zelinde ; nos recherches ne feront
par plus heureufes au Japon qu'à la Chi-
ne. Ils difent , & s'élévent de nouveau
dans les airs.
Après un affez long trajet , l'Ifle de
Macaffar fe découvre à leurs yeux.
Tout y eft agréable , excepté les habi-
tans: Les deux féxes ignorent l'ufage
des habits. L'unique parure des femmes
Biv
32 MERCURE DE FRANCE.
eft de fe taillader le vifage & à peu-
près tout le reste du corps. Ces hideu-
fes perfonnes accouroient par bandes
vers le rivage où des étrangers venoient
de mettre pied à terre. Là elles offroient
ce qu'on ne leur demandoit pas. Ceux
qui avoient la complaifance de ne pas les
rebuter en étoient bientôt punis par el-
les-mêmes. Lorſqu'ils avoient fuffiſam-
ment fait preuve de mauvais goût , leurs
cruelles amantes leur offroient du tabac ,
en les invitant à fumer. Mais à peine
commençoient-ils à en faire ufage qu'ils
perdoient connoiffance & bientôt après.
la vie. Alcindor fut témoin de cette ca-
taftrophe & en frémit. Zélinde qui ob-
fervoit les hommes de cette contrée
.
n'eut pas lieu d'en être plus fatis-
faite. Ils connoiffoient , ils approuvoient
l'indécente & barbare mannœuvre de
leurs femmes & fe difpofoient à aſſaſſi-
ner ceux qu'elles n'empoifonneroient
pas.
Nos Voyageurs quitterent cette Ifle
infernale avec autant de promptitude
que d'indignation .
Ils arriverent au
Royaume de Siam & s'y arrêterent peu.
La nudité des femmes , leur empreffe-
ment à chercher les hommes qui , en
général , font auffi difpofés à les fuir ;
JANVIER. 1764.
33
toutes ces images déplurent au couple
Obfervateur. Il partit fans différer pour
le petit Royaume de Patania. Zélinde ,
ne voulut pas même s'y rendre viſible.
Alcindor y parut fous l'extérieur d'un
Anglois. Il fut abordé par un des
principaux Citoyens de la Capitale qui
l'invita fort poliment à prendre fa mai-
要
fon pour gîte. Vous y mangerez , lui
dit-il , comme chez tout autre
,
des
viandes & du riz dans des plats d'or ;
mais ce qui vaut infiniment mieux,vous
y verrez ma fille & ma nièce , toutes deux
fort jolies , & avec lefquelles je vous
prie d'en ufer fans façon. Le Péris éton-
né de ce difcours , demanda au Pata-
nien fi , outre fa fille & fa niéce , il
n'avoit pas auffi une femme ? J'en ai
plus d'une , reprit l'Indien ; mais je les
garde pour moi . Ce font là les feules
bornes que nous mettons à nos égards
envers les étrangers. Il y a temps pour
tout. Nos femmes , lorfqu'elles n'étoient
que filles , ont également fait les hon-
neurs de la maifon de leurs Peres , ou
de leurs Oncles.
Ces détails ne féduifirent point Alcin-
dor , & encore moins Zélinde , qui , fans
fe laiſſer voir , avoit tout entendu . Le
Péris remercia l'officieux Indien , & fe
Bv
34 MERCURE
DE FRANCE.
retira fort humilié. Après quoi nos voya
geurs aëriens prirent leur éffor jufqu'à
Narfingua. Ils mirent pied à terre à quel-
que diftance de la ville , & rencontrèrent
une femme qui s'en éloignoit. Alcindor "
l'interrogea fur ce qui pouvoit caufer fa
fuite. C'eft , répondit- elle , parce que je
ne puis me réfoudre à être brûlée . Je fuis.
veuve depuis vingt-quatre heures : mon
mari en ufoit paffablement avec moi , &
je l'aimois autant que cette forte d'amour
peut s'étendre ; mais j'avoue que je n'ai
pas le courage de mêler mes cendres avec
les fiennes. Par cette raiſon , me voilà dé-
clarée infâme , & condamnée à vivre
dans l'éxil; tandis qu'une de mes com-
pagnes , qui va dans ce moment obéir à
l'ufage, voit fes louanges portées jufqu'au
Trône de Brama. Sans doute , reprit Al-
cindor, que cette courageufe héroïne ai-
moit prodigieufement votre époux com-
mun ? Point du tout , répliqua l'Índien-
ne ; elle ne lui fut pas même fidelle : &
moi , tout au contraire , je me fis un de-.
voir de ne jamais lui manquer. Cepen-
dant je vais paffer pour une ingrate , une
perfide ,, & elle pour un exemple d'atta-
chement conjugal..... Entendez-vous ,
ajouta l'Indienne , ces cris confus , mêlés
au bruit des inſtrumens ? C'eſt pour ho-
JANVIER. 1764.
35
norer ce barbare facrifice. Il va bientôt
commencer , & il ne dépend que de vous
d'en être les témoins. En effet , Alcindor
& Zélinde s'avancèrent vers le lieu d'où.
partoit ce bruit. Il virent , au milieu d'u-
ne foule d'affiftans , une jeune Indienne
conduite par un Bramine. Elle portoit
dans fa main droite une fleur , dans fa
main gauche une boule. Ses doigts
étoient ornés de quantité de perles & de
pierres précieufes ; des chaînes en lacs.
d'amour & très-riches chargeoient fes
bras & même fes jambes. Une toile
très-fine lui tenoit lieu de vêtemens. Sa
beauté feule eût pu lui tenir lieu de pa-
rure. Elle s'avançoit avec un fouris &
un empreffement affectés vers le bucher
fur lequel étoit déja le corps de fon mari.
On y met le feu : l'Indienne , après avoir
pris congé de fes parens & de fes amis ,..
s'élance au milieu des flammes , où elle
eft bientôt réduite en cendres. Les ap-
plaudiffemens redoublèrent ; mais Alcin--
dor & Zélinde frémirent. Tous deux fe
retiroient ,
lorsqu'ils apperçurent un
Jeune Indien qui lui-même s'éloignoit
affez triftement. Je vois , lui dit Alcin-
dor , qu'un tel fpectacle vous affiige , &
certainement c'est avec raiſon . Hélas
oui répondit ce dernier. J'avoue ce
B.vj.
36 MERCURE DE FRANCE.
dant que j'ai tort , puifque celle qui vient
de fe brûler étoit ma maîtreffe. Eh quoi !
s'écria Zélinde avec furprife , n'y trou-
vez-vous pas un motifde plus pour gémir
de fa perte ? Tout au contraire , inter-
rompit l'Indien ; comme fon amant , je
prends part à fa gloire , & cette gloire
exigeoit qu'elle fe brûlât. Notre intelli-
gence a duré juſqu'à la fin des jours de
fon mari , & nous faifions des vœux
pour qu'il vêcût long-temps. Aujour-
d'hui qu'il eft mort , tout eft fini entre
elle & moi. Une femme d'honneur peut
tromper fon époux , mais elle ne doit
point lui furvivre. A ces mots l'Indien
pourſuivit fa route , & nos voyageurs
prirent celle de l'Etat le plus voifin.
C'étoit le Royaume de Callicut. Ils
s'arrêtèrent auprès d'un Temple dédié au
grand Singe , & dont le portique étoit
orné de fept cens piliers ou colonnes
de marbre. On voyoit un grand nombre
d'Indiens des deux féxes , raſſemblés
fous cet immenfe veftibule , y parler
d'affaires ou de plaifir. Mais le principal
amufement des maris étoit d'y troquer
de femmes entre eux , & cet échange dé-
plaifoit rarement à celles qui en étoient
l'objet. Zélinde eut occafion d'en entre-
tenir une , fort jeune encore ,
fort jeune encore , & qui lui
JANVIER. 1764.
37
avoua en êtreà fon douzième mari , fans
que la mort lui en eût ravi un feul. Je
m'attends , pourſuivit- elle , à tripler ce
nombre en moins de trois ans . Celle qui
parloit ainfi avoit cependant l'air d'une
perfonne diftinguée : elle étoit vêtue de-
puis la ceinture jufqu'aux genoux , avoit
la tête enveloppée d'un linge brodé en
or , & portoit de riches perles à fes oreil-
les & à fon nez. Elle apprit de plus à Zé-
linde , qu'en fait de mariage , les Princef-
fes elles-mêmes n'y regardoient pas de
fort près.
Elles choififfent tel gentil-
homme qui leur plaît le mieux , en pren-
nent un autre quand il ceffe de leur plai-
re , & lui donnentfouvent plus d'un Bra-
mine pour affociés. Et le Roi , demanda
Zélinde , en ufe-t-il autrement que fes
Sujets , ou leur fert-il d'exemple ? Oh !
c'est encore toute autre chofe , reprit
la jeune Indienne. Le Roi n'eft auprès
de fa femme que le fucceffeur du Chef
des Bramines. La première nuit du ma-
riage eſt deſtinée à ce Grand - Prêtre
avec cinq cens ducats de récompenfe.
Le même emploi l'attend lorfque le Sou-
verain fait quelque voyage , & la gratifi-
cation est toujoursproportionnée à la lon-
gueur de l'abfence du Souverain.
La Néris n'en voulut pas fçavoir da-
38 MERCURE DE FRANCE.
vantage , & rejoignit Alcindor , qui de
fon côté avoit auffi fait fes remarques.
Tous deux conclurent à chercher mieux.
Le reste au Mercure prochain.
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Résumé : LES PÉRIS ET LES NÉRIS, Ou l'Amour comme on le mene. CONTE.
Le texte 'Les Péris et les Néris' relate les péripéties des Péris et des Néris, des êtres intermédiaires entre les Génies et les humains, en quête d'émotions authentiques auprès de partenaires humains. Zélinde, une Néris expérimentée, et Alcindor, un Péri, entreprennent un voyage en Amérique où ils observent des pratiques amoureuses libres et sans exclusivité. Insatisfaits, ils se dirigent vers la Chine et le Japon, remarquant la surveillance stricte des femmes et leur marginalisation dans les pratiques religieuses et matrimoniales. À Macassar, ils découvrent des coutumes inhabituelles telles que le port de vêtements minimalistes et la mutilation faciale. Leur périple les conduit ensuite sur une île infernale, au Royaume de Siam, au Royaume de Patania, à Narfingua, et au Royaume de Callicut. Dans ces lieux, ils observent diverses pratiques matrimoniales et sociales. En janvier 1764, Zélinde rencontre une jeune Indienne, sa douzième épouse, illustrant les choix fréquents de nouveaux partenaires parmi les princesses indiennes. Malgré leurs découvertes, Alcindor et Zélinde restent insatisfaits et décident de poursuivre leur quête. La suite de leurs aventures sera publiée dans le prochain numéro du Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10643
p. 38
VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS, sur le danger de la maladie dont il est convalescent, par M. AYGOU, de l'Académie des Belles-Lettres de Caën.
Début :
QUAND la fiére Atropos eut ouvert son ciseau [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS, sur le danger de la maladie dont il est convalescent, par M. AYGOU, de l'Académie des Belles-Lettres de Caën.
VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS,
sur le danger de la maladie dont il
est convalescent, par M. AYGOU,
de l'Académie des Belles-Lettres de
Caën.
QUAND la fiére Atropos eut ouvert son ciseau
Pour couper de vos jours la trame fortunée ,
L'Orléanois frémit ... Il crut voir au tombeau --
L'Auteur de fon bien-être & de fa deſtinée !!
Minerve a diffipé ces critiques inftans :
Elle a faifi la main de la Parque cruelle...
ככ Que vas-tu faire . lui dit-elle ?
» Attends que de Neftor il ait paffé les ans.
Il eſt plus : il en eft l'exemples
1
»Reſpecte ce Prélat que la France contemple.....
>> Talens :
1
►Arrête... c'eſt Jarente….. 11 eft de mes enfans...
Apprends qu'il eft l'appui des Vertus , desa.:
sur le danger de la maladie dont il
est convalescent, par M. AYGOU,
de l'Académie des Belles-Lettres de
Caën.
QUAND la fiére Atropos eut ouvert son ciseau
Pour couper de vos jours la trame fortunée ,
L'Orléanois frémit ... Il crut voir au tombeau --
L'Auteur de fon bien-être & de fa deſtinée !!
Minerve a diffipé ces critiques inftans :
Elle a faifi la main de la Parque cruelle...
ככ Que vas-tu faire . lui dit-elle ?
» Attends que de Neftor il ait paffé les ans.
Il eſt plus : il en eft l'exemples
1
»Reſpecte ce Prélat que la France contemple.....
>> Talens :
1
►Arrête... c'eſt Jarente….. 11 eft de mes enfans...
Apprends qu'il eft l'appui des Vertus , desa.:
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Résumé : VERS à M. l'ÉVÉQUE D'ORLÉANS, sur le danger de la maladie dont il est convalescent, par M. AYGOU, de l'Académie des Belles-Lettres de Caën.
Le poème de M. Aygou célèbre la convalescence de l'Évêque d'Orléans après une grave maladie. Les habitants, inquiets de sa perte, voyaient en lui un protecteur. Minerve, déesse de la sagesse, a empêché la Parque de mettre fin à sa vie, reconnaissant ses vertus et son rôle moral exemplaire. L'évêque est loué comme père spirituel et défenseur des valeurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10644
p. 39
DIANE ET ENDYMION.
Début :
AU tendre amour Diane enfin soumise, [...]
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texteReconnaissance textuelle : DIANE ET ENDYMION.
DIANE ET ENDYMION.
AU tendre amour Diane enfin soumise,
Pour obtenir & pour fixer les vœux
Du jeune amant dont fon âme eſt épriſe ,
L'entretenoit de fon rang glorieux
Dans les enfers , dans les bois , dans les cieux.
De tant d'honneurs qu'elle alléguoit ſans ceſſe,
Endymion moins féduit que gêné ,
Gardoit toujours un filence obftiné.
Ce trifte accueil éclaira fa tendreſſe :
Elle oublia fon immortalité.
Un air riant , une aimable ſoupleſſe
Vint adoucir fa fuperbe beauté ;
Et le Berger vaincu par cette adreffe ,
Tömbe à ſes pieds , s'écriant , tranſporté :
Quel changement ! quelle félicité !
Grace à l'Amour , vous n'êtes plus Déeffe......
Ah ! je répons de ma fidélité.
Par feu M. le Marquis de ROCHEMORE.
AU tendre amour Diane enfin soumise,
Pour obtenir & pour fixer les vœux
Du jeune amant dont fon âme eſt épriſe ,
L'entretenoit de fon rang glorieux
Dans les enfers , dans les bois , dans les cieux.
De tant d'honneurs qu'elle alléguoit ſans ceſſe,
Endymion moins féduit que gêné ,
Gardoit toujours un filence obftiné.
Ce trifte accueil éclaira fa tendreſſe :
Elle oublia fon immortalité.
Un air riant , une aimable ſoupleſſe
Vint adoucir fa fuperbe beauté ;
Et le Berger vaincu par cette adreffe ,
Tömbe à ſes pieds , s'écriant , tranſporté :
Quel changement ! quelle félicité !
Grace à l'Amour , vous n'êtes plus Déeffe......
Ah ! je répons de ma fidélité.
Par feu M. le Marquis de ROCHEMORE.
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Résumé : DIANE ET ENDYMION.
Le poème 'Diane et Endymion' narre la quête de Diane, déesse de la chasse, pour conquérir Endymion, un jeune berger. Initialement indifférent, Endymion charme Diane qui abandonne son immortalité pour se rendre plus accessible. Transformée, Diane obtient finalement l'amour et la fidélité d'Endymion.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10645
p. 39-40
MADRIGAL.
Début :
LORSQUE l'Amour méprisoit mes soupirs, [...]
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
LORSQUE l'Amour méprisoit mes soupirs,
Tendre & foumis je chantois fa puiffance ;
Le Dieu plus doux enfin me récompenſe
Et rien ne parle encor de mes plaifirs
40 MERCURE DE FRANCE.
Pardonne , Amour ! dans l'ombre du filence ;
Si j'ai caché les biens que tu me fais :
C'eſt au myſtère , à la longue conſtance
Qu'on doit un coeur digne de tes bienfaits.
Le mien brûle percé de mille traits ,
A fes tranfports peur à peine fuffire.
Je jure, Amour , de ne changer jamais.
Que ne te puis-je affurer de Thémire !
Par le même.
LORSQUE l'Amour méprisoit mes soupirs,
Tendre & foumis je chantois fa puiffance ;
Le Dieu plus doux enfin me récompenſe
Et rien ne parle encor de mes plaifirs
40 MERCURE DE FRANCE.
Pardonne , Amour ! dans l'ombre du filence ;
Si j'ai caché les biens que tu me fais :
C'eſt au myſtère , à la longue conſtance
Qu'on doit un coeur digne de tes bienfaits.
Le mien brûle percé de mille traits ,
A fes tranfports peur à peine fuffire.
Je jure, Amour , de ne changer jamais.
Que ne te puis-je affurer de Thémire !
Par le même.
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Résumé : MADRIGAL.
Le madrigal exprime l'amour et les souffrances passées du poète. Initialement méprisé par l'Amour, il le chantait avec tendresse. Aujourd'hui, il jouit d'un amour plus doux et demande pardon pour avoir caché ses plaisirs. Son cœur est enflammé par mille traits d'amour, et il jure fidélité. Il regrette de ne pouvoir assurer Thémire de son amour éternel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10646
p. 40
AUTRE MADRIGAL.
Début :
OUI, j'adore Thémire, & ma fatale ardeur [...]
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE MADRIGAL.
AUTRE MADRIGAL.
OUI, j'adore Thémire, & ma fatale ardeur
S'accroît à chaque inftant ; rien ne peut la détruire.
Pour brifer mes liens , pour finir mon martyre ,
Je n'ai que la Raiſen ; & l'ingrate Thémire
A pour elle l'Amour , fes charmes & mon cœur.
Par le même.
OUI, j'adore Thémire, & ma fatale ardeur
S'accroît à chaque inftant ; rien ne peut la détruire.
Pour brifer mes liens , pour finir mon martyre ,
Je n'ai que la Raiſen ; & l'ingrate Thémire
A pour elle l'Amour , fes charmes & mon cœur.
Par le même.
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10647
p. 41
VERS à M. le Marquis d'ENTRAGUES, Brigadier des Armées du Roi & Enseigne des Gendarmes de sa Garde, nommé par S. M. à la Survivance de Grand Fauconnier de France.
Début :
Naissance, esprit, talens, & cet art plus flatteur, [...]
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texteReconnaissance textuelle : VERS à M. le Marquis d'ENTRAGUES, Brigadier des Armées du Roi & Enseigne des Gendarmes de sa Garde, nommé par S. M. à la Survivance de Grand Fauconnier de France.
VERS à M. le Marquis d'ENTRAGUES,
Brigadier des Armées du Roi & Enseigne
des Gendarmes de sa Garde,
nommé par S. M. à la Survivance de
Grand Fauconnier de France.
Naissance, esprit, talens, & cet art plus flatteur,
L'art de plaire , heureux avantage
Que tu fçais réunir aux qualités du cœur ,
Sont de tes jeunes ans l'éclatant appanage.
Favori de la Gloire , ainfi qué de l'Amour ,
On t'aime également à la Ville , à la Cour.
D'ENTRAGUES , ta brillante aurore ,
Des bienfaits de ton Roi , va s'embellir encore.
Louis à ton amour donne un nouveau lien :
Son choix fait ſon éloge autant qu'il fait le tien.
Par M. DELPORTE DESFONTAINES,
Gendarme de la Garde du Roi.
Brigadier des Armées du Roi & Enseigne
des Gendarmes de sa Garde,
nommé par S. M. à la Survivance de
Grand Fauconnier de France.
Naissance, esprit, talens, & cet art plus flatteur,
L'art de plaire , heureux avantage
Que tu fçais réunir aux qualités du cœur ,
Sont de tes jeunes ans l'éclatant appanage.
Favori de la Gloire , ainfi qué de l'Amour ,
On t'aime également à la Ville , à la Cour.
D'ENTRAGUES , ta brillante aurore ,
Des bienfaits de ton Roi , va s'embellir encore.
Louis à ton amour donne un nouveau lien :
Son choix fait ſon éloge autant qu'il fait le tien.
Par M. DELPORTE DESFONTAINES,
Gendarme de la Garde du Roi.
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Résumé : VERS à M. le Marquis d'ENTRAGUES, Brigadier des Armées du Roi & Enseigne des Gendarmes de sa Garde, nommé par S. M. à la Survivance de Grand Fauconnier de France.
Le texte est une dédicace au Marquis d'Entragues, brigadier des armées du roi et enseigne des gendarmes de la garde royale. Elle loue sa naissance, son esprit, ses talents et son art de plaire, ainsi que ses vertus. Le marquis est apprécié à la ville et à la cour. Le roi Louis enrichit sa carrière par un nouveau lien d'amour. L'auteur est M. Delporte Desfontaines, gendarme de la garde du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10648
p. 41-42
ETRENNES à Madame la Marquise de Pr....
Début :
Vous fûtes Reine des Amours ; [...]
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texteReconnaissance textuelle : ETRENNES à Madame la Marquise de Pr....
ETRENNES à Madame la Marquise
de Pr....
Vous fûtes Reine des Amours ;
Par l'efprit aujourd'hui vous fçavez nous féduire.
Sur les cœurs vous régnez toujours ,
Vous n'avez que changé d'empire.
42 MERCURE DE FRANCE.
Le temps détruit les plus beaux monumens ;
A vos jours chacun s'intéreſſe.
Ciel daigne conferver long-temps
Des jours filés par la fageile
Honorés par lés féntimens.
Par M. de C***.
de Pr....
Vous fûtes Reine des Amours ;
Par l'efprit aujourd'hui vous fçavez nous féduire.
Sur les cœurs vous régnez toujours ,
Vous n'avez que changé d'empire.
42 MERCURE DE FRANCE.
Le temps détruit les plus beaux monumens ;
A vos jours chacun s'intéreſſe.
Ciel daigne conferver long-temps
Des jours filés par la fageile
Honorés par lés féntimens.
Par M. de C***.
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10649
p. 42-44
RÉFLÉXIONS SUS LES HOMMES. Par Madame D***.
Début :
LES Hommes sont souvent assez vains pour se dire favorisés des Femmes, & [...]
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texteReconnaissance textuelle : RÉFLÉXIONS SUS LES HOMMES. Par Madame D***.
RÉFLÉXIONS SUS LES HOMMES.
Par Madame D***.
LES Hommes sont souvent assez vains
pour se dire favorisés des Femmes, &
ils font quelquefois affez fincères pour
convenir qu'ils n'en font point aimés
& qu'ils ignorent le vrai moyen de leur
plaire.
Il en est beaucoup , il eft vrai ,
qui doivent leurs bonnes fortunes à leur
générofité , au caprice , à la foibleffe , &
prèfque jamais aux fentimens que le vrai
mérite doit infpirer. Mais , que leur im-
porte après tout d'être aimés , quand ils
n'aiment pas eux-mêmes ? Ils ne s'atta-
chent en effet prèſque tous qu'à l'extérieur
d'une Femme; ils font fipeu de cas du ref-
te , ils font fi perfuadés de la foibleffe de
nos lumières, qu'ils ne daignent pas feule--
ment nous tromper avec art. Ils louent :
9
JANVIER 1764.
43€
la jeuneffe de celle qui n'en a plus les
agrémens ; ils vantent la beauté de qui
n'y peut prétendre ; pour plaire à celles.
qui les écoutent , ils déchirent les abſen-
tes ; mais quand ces dernières paroiffent ,
le mafque tombe, le beau parleur oublie
fon rôle, & rend à celle qu'il vient de mal-
traiter les éloges qu'elle mérite. Je fçai que
la louange plait ; que c'eft par elle qu'on
gagne prefquetous les cœurs : mais qu'il
faut d'art pour bien louer ! Ce n'eft qu'en
penfant ce qu'on dit , qu'on parvient à le
perfuader. Si l'amour-propre nous aveu-
gle , la raifon nous éclaire , & nous fça---
vons apprécier en fecret ce que nous va-
lons. Qu'une Femme ofe tenter de fortir
du cercle étroit où fon éducation femble:
la renfermer , on lui prodigue les éloges ;
on l'élève non-feulement au-deffus de
fon féxe , mais encore au -deffus des
plus illuftres Ecrivains. Que cette même
Femme , enhardie par des éloges fi flat--
teurs , uſe en conféquence du privilége
accordé à tout être penfant ; à peine
daigne - t - on l'écouter. On eft fi con-
vaincu de la fauffété de fes argumens ,
que la feule politeffe femble engager à y
répondre. Eh , Meffieurs ! foyez plus juf
ou connoiffez mieux vos intérêts,
Eft-ce en humiliant les femmes que vous
44 MERCURE DE FRANCE.
prétendez les gagner ? Vantez moins
leurs charmes ; accordez-leur du moins
le fens commun vous leur plairez , je
crois , plus fùrement.
Par Madame D***.
LES Hommes sont souvent assez vains
pour se dire favorisés des Femmes, &
ils font quelquefois affez fincères pour
convenir qu'ils n'en font point aimés
& qu'ils ignorent le vrai moyen de leur
plaire.
Il en est beaucoup , il eft vrai ,
qui doivent leurs bonnes fortunes à leur
générofité , au caprice , à la foibleffe , &
prèfque jamais aux fentimens que le vrai
mérite doit infpirer. Mais , que leur im-
porte après tout d'être aimés , quand ils
n'aiment pas eux-mêmes ? Ils ne s'atta-
chent en effet prèſque tous qu'à l'extérieur
d'une Femme; ils font fipeu de cas du ref-
te , ils font fi perfuadés de la foibleffe de
nos lumières, qu'ils ne daignent pas feule--
ment nous tromper avec art. Ils louent :
9
JANVIER 1764.
43€
la jeuneffe de celle qui n'en a plus les
agrémens ; ils vantent la beauté de qui
n'y peut prétendre ; pour plaire à celles.
qui les écoutent , ils déchirent les abſen-
tes ; mais quand ces dernières paroiffent ,
le mafque tombe, le beau parleur oublie
fon rôle, & rend à celle qu'il vient de mal-
traiter les éloges qu'elle mérite. Je fçai que
la louange plait ; que c'eft par elle qu'on
gagne prefquetous les cœurs : mais qu'il
faut d'art pour bien louer ! Ce n'eft qu'en
penfant ce qu'on dit , qu'on parvient à le
perfuader. Si l'amour-propre nous aveu-
gle , la raifon nous éclaire , & nous fça---
vons apprécier en fecret ce que nous va-
lons. Qu'une Femme ofe tenter de fortir
du cercle étroit où fon éducation femble:
la renfermer , on lui prodigue les éloges ;
on l'élève non-feulement au-deffus de
fon féxe , mais encore au -deffus des
plus illuftres Ecrivains. Que cette même
Femme , enhardie par des éloges fi flat--
teurs , uſe en conféquence du privilége
accordé à tout être penfant ; à peine
daigne - t - on l'écouter. On eft fi con-
vaincu de la fauffété de fes argumens ,
que la feule politeffe femble engager à y
répondre. Eh , Meffieurs ! foyez plus juf
ou connoiffez mieux vos intérêts,
Eft-ce en humiliant les femmes que vous
44 MERCURE DE FRANCE.
prétendez les gagner ? Vantez moins
leurs charmes ; accordez-leur du moins
le fens commun vous leur plairez , je
crois , plus fùrement.
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Résumé : RÉFLÉXIONS SUS LES HOMMES. Par Madame D***.
Dans 'Réflexions sur les hommes', Madame D*** critique l'attitude des hommes envers les femmes. Les hommes se vantent souvent de leur succès auprès des femmes, attribuant cela à leur propre mérite, alors que ce succès est souvent dû à la générosité, au caprice ou à la faiblesse des femmes. Les hommes se focalisent sur l'apparence extérieure des femmes, négligeant leur intelligence et leurs qualités intérieures. Ils utilisent la flatterie pour séduire, mais cette flatterie doit être sincère et réfléchie. Les femmes qui dépassent les limites imposées par leur éducation reçoivent des éloges exagérés, mais sont ensuite ignorées ou critiquées lorsqu'elles expriment leurs idées. Le texte suggère que les hommes devraient valoriser l'intelligence des femmes pour mieux les séduire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10650
p. 44-45
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Priviléges des DAMES DE BEAUVAIS.
Début :
JE N'AI pas l'honneur, Monsieur, de connoître Madame le Begue Dupont, [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Priviléges des DAMES DE BEAUVAIS.
LETTRE à M. DE LA PLACE,
sur les Priviléges des DAMES DE
BEAUVAIS.
JE N'AI pas l'honneur, Monsieur, de
connoître Madame le Begue Dupont,
dont on trouve une Lettre à l'article des
Cérémonies publiques , dans votre Mer-
cure du mois de Décembre 1763 ; je
voudrois cependant fervir d'écho à la
voix publique , & faire part à l'ingénieux
Auteur de cette pièce , de l'effet qu'elle
a produit dans le monde . On a été char-
mé d'apprendre que les Dames de Beau-
vais étoient rentrées dans leurs Privilé-
ges , & qu'elles alloient jouir de nou-
veau d'une prérogative auffi glorieuſe
que juftement méritée. Cet événement
doit faire époque dans le fiécle de la
-Philofophie & de la Politeffe ; il ne fçau-
roit être trop répété : nos faſtes litté
raires doivent l'immortalifer. Si, j'étois
JANVIER. 1764.
45
Poëte , je voudrois faire des vers en
l'honneur des Dames de Beauvais , & de
leur éloquente Panégyrifte. Mais , com-
me le Ciel ne m'a pas départi ce talent ,
je prie Madame le Begue de vouloir bien
fe contenter de cette foible marque de
ma reconnoiffance & de ma fatisfaction.
J'ai l'honneur d'être , Monfieur , avec
toute la confidération dûe aux talens qui
vous diftinguent dans la République lit-
téraire , &c.
DE DUPUIS,
Gentilhomme de Périgord.
P.S. Vous m'obligerez fenfiblement ,
Monfieur , fi vous voulez bien faire im-
primer ma Lettre dans le fecond volume
du Mercure de Janvier 1764 , à l'article
des Pièces fugitives. L'ufage que vous
en ferez me déterminera à vous envoyer
plufieurs morceaux fur laLittérature &
les Sciences.
sur les Priviléges des DAMES DE
BEAUVAIS.
JE N'AI pas l'honneur, Monsieur, de
connoître Madame le Begue Dupont,
dont on trouve une Lettre à l'article des
Cérémonies publiques , dans votre Mer-
cure du mois de Décembre 1763 ; je
voudrois cependant fervir d'écho à la
voix publique , & faire part à l'ingénieux
Auteur de cette pièce , de l'effet qu'elle
a produit dans le monde . On a été char-
mé d'apprendre que les Dames de Beau-
vais étoient rentrées dans leurs Privilé-
ges , & qu'elles alloient jouir de nou-
veau d'une prérogative auffi glorieuſe
que juftement méritée. Cet événement
doit faire époque dans le fiécle de la
-Philofophie & de la Politeffe ; il ne fçau-
roit être trop répété : nos faſtes litté
raires doivent l'immortalifer. Si, j'étois
JANVIER. 1764.
45
Poëte , je voudrois faire des vers en
l'honneur des Dames de Beauvais , & de
leur éloquente Panégyrifte. Mais , com-
me le Ciel ne m'a pas départi ce talent ,
je prie Madame le Begue de vouloir bien
fe contenter de cette foible marque de
ma reconnoiffance & de ma fatisfaction.
J'ai l'honneur d'être , Monfieur , avec
toute la confidération dûe aux talens qui
vous diftinguent dans la République lit-
téraire , &c.
DE DUPUIS,
Gentilhomme de Périgord.
P.S. Vous m'obligerez fenfiblement ,
Monfieur , fi vous voulez bien faire im-
primer ma Lettre dans le fecond volume
du Mercure de Janvier 1764 , à l'article
des Pièces fugitives. L'ufage que vous
en ferez me déterminera à vous envoyer
plufieurs morceaux fur laLittérature &
les Sciences.
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Résumé : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur les Priviléges des DAMES DE BEAUVAIS.
Dans une lettre à M. de La Place, M. de Dupuis commente les privilèges des Dames de Beauvais. Il admire une lettre de Madame le Begue Dupont publiée dans le Mercure de décembre 1763, annonçant le rétablissement de ces privilèges. Cet événement est vu comme symbolisant une époque de philosophie et de politesse, méritant une place dans les annales littéraires. M. de Dupuis regrette de ne pas être poète pour célébrer cet événement en vers, mais exprime sa reconnaissance et sa satisfaction à Madame le Begue Dupont. Il sollicite la publication de sa lettre dans le second volume du Mercure de janvier 1764 et propose d'envoyer d'autres écrits sur la littérature et les sciences si sa demande est acceptée.
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