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1
p. 108-113
LETTRE à M. DE LA PLACE, au sujet des Exercices du COLLEGE ROYAL sur la construction & la Manoeuvre des VAISSEAUX.
Début :
L'ÉTABLISSEMENT du Collége Royal de France, Monsieur, est un [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, au sujet des Exercices du COLLEGE ROYAL sur la construction & la Manoeuvre des VAISSEAUX.
LETTRE à M. DE LA PLACE,
au sujet des Exercices du COLLEGE
ROYAL sur la construction & la
Manoeuvre des VAISSEAUX.
L'ÉTABLISSEMENT du Collége
Royal de France, Monsieur, est un
des plus beaux Etabliffemens qu'il y
ait en Europe pour l'Etude des hautes
Sciences , & de la profonde Littérature ;
il a été l'école des hommes les plus cé-
lébres dans la France , & peut-être la
fource du progrès rapide des Lettres.
Chaque année l'on voit recommencer
ces éxercices fur les objets les plus in-
téreffans , & qu'il feroit difficile de trou-
ver ailleurs , fans y faire toute l'atten-
tion qu'ils méritent. Un petit nombre
de jeunes gens plus ftudieux & plus appli-
JANVIER. 1764.
100
qués fréquentent ces Ecoles fi célébres
autrefois , où l'on accouroit en foule
des extrémités de l'Europe , dans un
temps même , où la Philofophie fcho-
laftique régnoit encore , & ofoit avoir
quelquefois la préféance fur les Sciences
éxactes ; aujourd'hui ces mêmes Ecoles
font peu fréquentées. Ce n'eft pas que
les Profeffeurs qui y enfeignent méri-
tent moins d'être fuivis ,
il fuffiroit de
les nommer pour détruire le moindre
doute. Les Anciens , Thalès , Pythagore,
Platon & plufieurs autres , entraînés par
l'Amour des Sciences , parcouroient
des Régions immenfes pour aller s'inf-
truire en Egypte fur la Géométrie &
fur l'Aftronomie ; on vit même dans
le dixiéme fiécle , le moine Gerbert ,
que fon mérite éleva dans la fuite au
Pontificat , quitter fon Couvent , & aller
chercher chez les Arabes les Sciences
qui s'y étoient refugiées. Lucas de Bur-
gos & quelques autres , durent au même.
goût pour l'étude & aux voyages qui en
furent la fuite , l'honneur de fixer en
Italie la Géométrie fugitive ; par quelle
fatalité arrive-t-il donc aujourd'hui , que
les mêmes fecours , & des fecours plus
grands encore , qui font entre nos ma-
rins foient négligés parmi nous ? Quoi-
110 MERCURE DE FRANCE.
qu'il en foit , le Collége Royal étant le
feul endroit public dans Paris , où l'on
enfeigne les Traités de Mathématique
d'une certaine force , feroit peut-être
plus fréquentée , fi l'on connoiffoit affez
ces fortes d'éxercices. C'eft à cet effet ,
que je vous prie , Monfieur , de vou-
loir bien publier cette Lettre .
Je ne rappellerai pas ici , en détail
les Cours annoncés par les 19Profeffeurs
du Collége Royal : les uns ont pour
objet l'étude des Langues fçavantes ,
les autres accoutument les Elèves à pui-
fer dans la fource même les beautés des
Anciens , & c ; mais je crois devoir nom →
mer la claffe des Mathématiques où l'on
trouve certainement tous les fecours
pour s'inftruire fur leurs parties les plus
difficiles , & citer pour exemple les le-
çons de M. de la Lande fur la conftruc-
tion & la manoeuvre des Vaiffeaux qui
commencerent l'année dernière , & doi-
vent continuer cette année.
La marine
>
cet objet effentiel des
foins de Sully , de Colbert , de Cromwel
& de tous les grands Miniftres , la ma-
rine fi néceffaire à la France , & dont on
s'occupe fi fort aujourd'hui , éxige l'at-
tention des Mathématiciens autant que
celle des Politiques ; la conftruction &
JANVIER . 1764.
III
le mouvement des Vaiffeaux font des
problêmes de la plus fine Géométrie, que
l'on traite fouvent fans fçavoir les élé-
mens d'Euclide. Auffi quelle imperfec-
tion ne trouve-t-on pas dans dans cet
art ? Que de Vaiffeaux manqués ! Que
d'Officiers qui voyent leurs Navires aller
mieux ou plus mal fans en fçavoir la
raifon !
La conftruction des Vaiffeaux renfer-
me trois branches effentielles, 1º. La ma-
nière de leur donner de la ftabilité.
2º. De leur procurer la viteffe. 3°. De
les rendre fenfibles au Gouvernail. La
premiere , renferme la théorie de l'ar-
rimage ; celle du premier roulis , celle
du tangage , & la propriété de bien
orter la voile . La deuxiéme renferme
porter
la théorie de leur figure , de la gran-
deur des voiles & de leurs difpofitions.
La troifiéme comprend la figure & la
grandeur du Gouvernail ; la figure de la
Poupe , la proportion de la longueur
& la largeur du Vaiffeau : toutes ces
propriétés influent les unes fur les au-
tres , rentrent les unes dans les
autres.
Cette théorie plus compliquée que je
ne fçaurois le dire , eft cependant ab-
folument néceffaire à ceux qui par état
ont la conduite de la conftruction ou
-
112 MERCURE DE FRANCE.
de la mañœuvre des Vaiffeaux , & cette
théorie ne s'acquiert pas partout.
Paris eft la fource des lumières , le
centre d'où partent les rayons qui éclai-
rent les Provinces , & le lieu où les Ma-
rins viennent fe former ; du moins , ils
trouvent la multitude des fecours né.
ceffaires à cet art qui fixe l'attention
du Miniftre. C'est donc dans Paris où
l'on doit trouver des éxercices fur l'ar-
chitecture navale & où ils feront les
plus utiles. Nous avons à la vérité de
bons livres fur cette matière , de MM.
Euler , Bouguer , Bernoulli , fans comp-
ter ce qui eft répandu dans les Mé-
moires des différentes Académies , &
dans les Ouvrages de plufieurs grands
Géomêtres qu'il feroit long de nommer.
Mais il eft bien difficile fans maître de
faire un choix dans ces Auteurs , d'en
fentir les fineſſes
d'en faifir l'efprit
d'en apprécier le mérite , d'en appliquer
les réſultats , d'en bien pofféder les mé-
thodes , & d'en bien apprendre l'ufage.
C'est à quoi M. de la Lande s'applique
dans les leçons qu'il donne avec autant
d'éxactitude que d'aménité. Tout Ci-
toyen a droit d'élever la voix lorsqu'il
eft queftion du bien public & de l'in-
térêt des Sciences ; j'ai cru en confé-
JANVIER. 1764.
113
quence qu'il m'étoit permis de donner
une preuve de ma reconnoiffance pour
le College Royal , & que le Profef-
feur que j'ai pris la liberté de nommer
voudroit bien pardonner au zéle du
moindre de fes Élèves la publication de
cette Lettre ; j'efpére même que ceux
qui affifteront aux leçons que je viens
d'indiquer , me fçauront quelque gré de
les avoir avertis.
J'ai l'honneur d'être & c.
R..... Ingénieur-Géographe du Roi, &
Maître de Mathématiques.
au sujet des Exercices du COLLEGE
ROYAL sur la construction & la
Manoeuvre des VAISSEAUX.
L'ÉTABLISSEMENT du Collége
Royal de France, Monsieur, est un
des plus beaux Etabliffemens qu'il y
ait en Europe pour l'Etude des hautes
Sciences , & de la profonde Littérature ;
il a été l'école des hommes les plus cé-
lébres dans la France , & peut-être la
fource du progrès rapide des Lettres.
Chaque année l'on voit recommencer
ces éxercices fur les objets les plus in-
téreffans , & qu'il feroit difficile de trou-
ver ailleurs , fans y faire toute l'atten-
tion qu'ils méritent. Un petit nombre
de jeunes gens plus ftudieux & plus appli-
JANVIER. 1764.
100
qués fréquentent ces Ecoles fi célébres
autrefois , où l'on accouroit en foule
des extrémités de l'Europe , dans un
temps même , où la Philofophie fcho-
laftique régnoit encore , & ofoit avoir
quelquefois la préféance fur les Sciences
éxactes ; aujourd'hui ces mêmes Ecoles
font peu fréquentées. Ce n'eft pas que
les Profeffeurs qui y enfeignent méri-
tent moins d'être fuivis ,
il fuffiroit de
les nommer pour détruire le moindre
doute. Les Anciens , Thalès , Pythagore,
Platon & plufieurs autres , entraînés par
l'Amour des Sciences , parcouroient
des Régions immenfes pour aller s'inf-
truire en Egypte fur la Géométrie &
fur l'Aftronomie ; on vit même dans
le dixiéme fiécle , le moine Gerbert ,
que fon mérite éleva dans la fuite au
Pontificat , quitter fon Couvent , & aller
chercher chez les Arabes les Sciences
qui s'y étoient refugiées. Lucas de Bur-
gos & quelques autres , durent au même.
goût pour l'étude & aux voyages qui en
furent la fuite , l'honneur de fixer en
Italie la Géométrie fugitive ; par quelle
fatalité arrive-t-il donc aujourd'hui , que
les mêmes fecours , & des fecours plus
grands encore , qui font entre nos ma-
rins foient négligés parmi nous ? Quoi-
110 MERCURE DE FRANCE.
qu'il en foit , le Collége Royal étant le
feul endroit public dans Paris , où l'on
enfeigne les Traités de Mathématique
d'une certaine force , feroit peut-être
plus fréquentée , fi l'on connoiffoit affez
ces fortes d'éxercices. C'eft à cet effet ,
que je vous prie , Monfieur , de vou-
loir bien publier cette Lettre .
Je ne rappellerai pas ici , en détail
les Cours annoncés par les 19Profeffeurs
du Collége Royal : les uns ont pour
objet l'étude des Langues fçavantes ,
les autres accoutument les Elèves à pui-
fer dans la fource même les beautés des
Anciens , & c ; mais je crois devoir nom →
mer la claffe des Mathématiques où l'on
trouve certainement tous les fecours
pour s'inftruire fur leurs parties les plus
difficiles , & citer pour exemple les le-
çons de M. de la Lande fur la conftruc-
tion & la manoeuvre des Vaiffeaux qui
commencerent l'année dernière , & doi-
vent continuer cette année.
La marine
>
cet objet effentiel des
foins de Sully , de Colbert , de Cromwel
& de tous les grands Miniftres , la ma-
rine fi néceffaire à la France , & dont on
s'occupe fi fort aujourd'hui , éxige l'at-
tention des Mathématiciens autant que
celle des Politiques ; la conftruction &
JANVIER . 1764.
III
le mouvement des Vaiffeaux font des
problêmes de la plus fine Géométrie, que
l'on traite fouvent fans fçavoir les élé-
mens d'Euclide. Auffi quelle imperfec-
tion ne trouve-t-on pas dans dans cet
art ? Que de Vaiffeaux manqués ! Que
d'Officiers qui voyent leurs Navires aller
mieux ou plus mal fans en fçavoir la
raifon !
La conftruction des Vaiffeaux renfer-
me trois branches effentielles, 1º. La ma-
nière de leur donner de la ftabilité.
2º. De leur procurer la viteffe. 3°. De
les rendre fenfibles au Gouvernail. La
premiere , renferme la théorie de l'ar-
rimage ; celle du premier roulis , celle
du tangage , & la propriété de bien
orter la voile . La deuxiéme renferme
porter
la théorie de leur figure , de la gran-
deur des voiles & de leurs difpofitions.
La troifiéme comprend la figure & la
grandeur du Gouvernail ; la figure de la
Poupe , la proportion de la longueur
& la largeur du Vaiffeau : toutes ces
propriétés influent les unes fur les au-
tres , rentrent les unes dans les
autres.
Cette théorie plus compliquée que je
ne fçaurois le dire , eft cependant ab-
folument néceffaire à ceux qui par état
ont la conduite de la conftruction ou
-
112 MERCURE DE FRANCE.
de la mañœuvre des Vaiffeaux , & cette
théorie ne s'acquiert pas partout.
Paris eft la fource des lumières , le
centre d'où partent les rayons qui éclai-
rent les Provinces , & le lieu où les Ma-
rins viennent fe former ; du moins , ils
trouvent la multitude des fecours né.
ceffaires à cet art qui fixe l'attention
du Miniftre. C'est donc dans Paris où
l'on doit trouver des éxercices fur l'ar-
chitecture navale & où ils feront les
plus utiles. Nous avons à la vérité de
bons livres fur cette matière , de MM.
Euler , Bouguer , Bernoulli , fans comp-
ter ce qui eft répandu dans les Mé-
moires des différentes Académies , &
dans les Ouvrages de plufieurs grands
Géomêtres qu'il feroit long de nommer.
Mais il eft bien difficile fans maître de
faire un choix dans ces Auteurs , d'en
fentir les fineſſes
d'en faifir l'efprit
d'en apprécier le mérite , d'en appliquer
les réſultats , d'en bien pofféder les mé-
thodes , & d'en bien apprendre l'ufage.
C'est à quoi M. de la Lande s'applique
dans les leçons qu'il donne avec autant
d'éxactitude que d'aménité. Tout Ci-
toyen a droit d'élever la voix lorsqu'il
eft queftion du bien public & de l'in-
térêt des Sciences ; j'ai cru en confé-
JANVIER. 1764.
113
quence qu'il m'étoit permis de donner
une preuve de ma reconnoiffance pour
le College Royal , & que le Profef-
feur que j'ai pris la liberté de nommer
voudroit bien pardonner au zéle du
moindre de fes Élèves la publication de
cette Lettre ; j'efpére même que ceux
qui affifteront aux leçons que je viens
d'indiquer , me fçauront quelque gré de
les avoir avertis.
J'ai l'honneur d'être & c.
R..... Ingénieur-Géographe du Roi, &
Maître de Mathématiques.
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2
p. 113-119
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
Début :
LE Mercredi, 23 Novembre, les Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire [...]
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
LE Mercredi, 23 Novembre, les
Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
établie à Lyon fous la direction de M.
Bourgelat , donnerent en préfence d'une
Affemblée nombreufe & diftinguée
de nouvelles preuves de leur application
& de leurs progrès.
On procéda à la diftribution de deux
Prix qui furent difputés à la manière
accoutumée par vingt-fix d'entr'eux. M.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
}
£ 14 MERCURE DE FRANCE.
Général des Armées du Roi & Séné
chal de Lyon , qui honora , ainfi que
M. l'Intendant & plufieurs perfonnes de
confidération , ce concours de fa pré-
fence , fit lui-même tirer au hazard les
billets cachetés qui contenoient diverſes
queftions fur la matière dont ces Eléves
devoient parler.
Les objets qui furent difcutés s'éten-
dirent à tout ce qui peut concerner le
choix des chevaux , d'après l'examen
de la franchiſe , de la liberté , de l'éga-
lité des mouvemens de leurs membres
dans leurs différentes allures & felon les
différens ufages auxquels on les defti-
ne ; à tout ce qui regarde le foin qu'ils
éxigent , foit dans le repos , foit dans
le voyage ; à des détails très-inftru&tifs
fur la qualité , le genre , & la quantité
des alimens qui leur conviennent ; fur
les attentions que demande l'entrepriſe
de multiplier & de perfectionner l'ef-
pèce de ces animaux dans des haras
parqués , ou dans des haras réſultant
de la difpofition des chevaux entiers dans
différens arrondiffemens ; fur les étalons
tant nationaux , qu'étrangers , dont on
peut ou dont on doit tirer race ; fur
ceux qui doivent être préférés , confi-
dération faite des climats & des lieux
JANVIER. 1764.
115
où il s'agit d'en faire le placement ; fur
le genre de vie auquel ils doivent être
tenus dans le temps & hors le temps de
la monte ; fur la néceffité & la manière
de croifer les races & d'appareiller les
figures & les qualités ; fur le choix &
le foin des Jumens poulinieres pleines
ou non pleines ; fur les inconvéniens qui
réfultent de l'habitude pernicieufe dans
laquelle on eft communément parmi
nous de les faire faillir & porter toutes
les années ; fur le temps le plus propre
à la monte ; fur les moyens les plus
fimples de la rendre fructueufe ; fur le
part , fur les voyes de parer à des avor-
temens très-fréquens ; fur la manière
d'opérer la délivrance de la cavale dans
les circonftances d'un part difficile & !a-
borieux
fur le traitement du poulain
qui vient de naître ; fur le temps de le
févrer ; fur les précautions à prendre
quand il doit l'être ; fur le temps de le
hongrer , lorfqu'on n'eft pas dans le def-
fein d'en obtenir des productions ; fur
le régime à lui faire obferver dans les
différentes périodes de fa jeuneffe &
jufqu'au moment où il devient cheval ;
fur l'éducation à lui donner ; fur la fa-
çon de l'apprivoifer & de le rendre obéif-
fant , familier & doux à l'homme , &c.
116 MERCURE DE FRANCE .
Tous ces mêmes points relativement
aux bêtes à cornes , aux bêtes à laine,
& aux autres animaux domeftiques &
des champs , feront pareillement appro-
fondis dans une féance indiquée au mois
de Mars prochain , l'hyver étant une
faifon trop précieufe pour ne pas l'em-
ployer toute entiere à l'étude de l'ana-
tomie & aux diffections.
Le Public n'a pas témoigné une moin-
dre fatisfaction de ce qu'il a entendu
dans cette affemblée , que de ce qu'il
avoit entendu , dans les autres ; il a pa-
ru qu'il voyoit avec un nouveau plai-
fir nombre d'Eléves déja en état de fer-
vir utilement dans les différentes Pro-
vinces du Royaume & d'y répandre de
véritables lumières fur les haras , c'eft-
à- dire , fur une des plus importantes
parties de l'adminiftration .
On a très-longtemps héfité avant
d'affeoir un Jugement & de déterminer
quel feroit celui d'entr'eux à qui la cou
ronne feroit décernée. Après bien des
débats , le premier Prix a été adjugé à
neuf Eléves qui font :
Les fieurs Dauvergne le cadet , Peti
te , Danne Thomas , tous les quatre
entretenus à l'Ecole par l'Intendant de
la Comté de Bourgogne.
JANVIER. 1764.
dant de Limoges.
phiné.
miens.
Les talens.
117
Barjollin entretenu par M. l'Inten-
Gay , par M. l'Intendant du Dau-
Beauvais , par M. l'Intendant d'A-
Danguien de Lyon , déja connu par
Et Chanu de la Province de Bourgo-
gne qui paroît empreffé de marcher fur
fes traces :
Ces neuf Eléves ont tiré au fort. Le
fieur Barjollin en a été favorifé ; mais
les huit autres Eléves n'ont pas dû être
moins fenfibles à la gloire qu'ils fe
font acquife.
Le fecond Prix a été adjugé à onze
Eléves qui font :
Les fieurs Girard & Graffet entrete-
nus à l'Ecole par M. l'Intendant de la
Comté de Bourgogne,
Mirat & Dupin , entretenus par M,
l'Intendant de Limoges.
Berthoux , entretenu par M. l'Inten-
dant du Dauphiné.
Preflier , par M. l'Intendant de Mou-
lins.
La Combe par M. l'Intendant de Bor-
deaux.
Chabert & Dechamps de la Ville de
Lyon.
118 MERCURE DE FRANCE.
Treitch, entretenu par M. l'Intendant
d'Auvergne,
Brachet , entretenu par la Province
de Bugey. Ce dernier a été favorisé par
le fort comme le fieur Barjollin , mais
ſes adverfaires ne fe font pas moins con .
cilié l'eftime du Public.
Les autres Eléves qui ont concouru
font les fieurs Defchaux , âgé de 12 ans,
de la Ville de Lyon & Defavenieres ,
de la même Ville.
Faure , l'aîné , entretenu par M. l'In-
tendant de Lyon.
Dauvergne , l'aîné & Beaumont , fils,
entretenu par M. l'Intendant de la Com-
té de Bourgogne.
Kamerlet , entretenu par la Ville de
Nancy.
Le premier acceffit a été adjugé aux
deux premiers , le fecond aux fieurs
Dauvergne , l'aîné , Beaumont , fils , &
Favre , l'aîné.
Le Public perfuadé que l'émulation
de ces vingt-fix concurrens excitera
celle des autres Eléves , s'attend au pre-
mier concours à en entendre un plus
grand nombre.
Le fieur Bredin , de la Ville d'Au-
xonne , ayant été occupé dans diverfes
Provinces & fe trouvant même actuelle-
JANVIRE. 1764.
119
ment dans la Xaintonge par ordre du
Miniftre , n'a pu concourir.
Les fieurs Pufenas , du Bourbonnois,
& Didney , de la Généralité d'Amiens
en ont été empêchés par une maladie,
Le fieur Moret de la Ville de Châlons-
fur-Saône, ne s'eft pas préfenté, attendu
la difficulté qu'il a de prononcer , & le
fieur Bloufard , de la Province de Breffe ,
attendu la difficulté qu'il a de s'expli-
quer. L'un & l'autre auroient pu entrer
en lice.
LE Mercredi, 23 Novembre, les
Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
établie à Lyon fous la direction de M.
Bourgelat , donnerent en préfence d'une
Affemblée nombreufe & diftinguée
de nouvelles preuves de leur application
& de leurs progrès.
On procéda à la diftribution de deux
Prix qui furent difputés à la manière
accoutumée par vingt-fix d'entr'eux. M.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
}
£ 14 MERCURE DE FRANCE.
Général des Armées du Roi & Séné
chal de Lyon , qui honora , ainfi que
M. l'Intendant & plufieurs perfonnes de
confidération , ce concours de fa pré-
fence , fit lui-même tirer au hazard les
billets cachetés qui contenoient diverſes
queftions fur la matière dont ces Eléves
devoient parler.
Les objets qui furent difcutés s'éten-
dirent à tout ce qui peut concerner le
choix des chevaux , d'après l'examen
de la franchiſe , de la liberté , de l'éga-
lité des mouvemens de leurs membres
dans leurs différentes allures & felon les
différens ufages auxquels on les defti-
ne ; à tout ce qui regarde le foin qu'ils
éxigent , foit dans le repos , foit dans
le voyage ; à des détails très-inftru&tifs
fur la qualité , le genre , & la quantité
des alimens qui leur conviennent ; fur
les attentions que demande l'entrepriſe
de multiplier & de perfectionner l'ef-
pèce de ces animaux dans des haras
parqués , ou dans des haras réſultant
de la difpofition des chevaux entiers dans
différens arrondiffemens ; fur les étalons
tant nationaux , qu'étrangers , dont on
peut ou dont on doit tirer race ; fur
ceux qui doivent être préférés , confi-
dération faite des climats & des lieux
JANVIER. 1764.
115
où il s'agit d'en faire le placement ; fur
le genre de vie auquel ils doivent être
tenus dans le temps & hors le temps de
la monte ; fur la néceffité & la manière
de croifer les races & d'appareiller les
figures & les qualités ; fur le choix &
le foin des Jumens poulinieres pleines
ou non pleines ; fur les inconvéniens qui
réfultent de l'habitude pernicieufe dans
laquelle on eft communément parmi
nous de les faire faillir & porter toutes
les années ; fur le temps le plus propre
à la monte ; fur les moyens les plus
fimples de la rendre fructueufe ; fur le
part , fur les voyes de parer à des avor-
temens très-fréquens ; fur la manière
d'opérer la délivrance de la cavale dans
les circonftances d'un part difficile & !a-
borieux
fur le traitement du poulain
qui vient de naître ; fur le temps de le
févrer ; fur les précautions à prendre
quand il doit l'être ; fur le temps de le
hongrer , lorfqu'on n'eft pas dans le def-
fein d'en obtenir des productions ; fur
le régime à lui faire obferver dans les
différentes périodes de fa jeuneffe &
jufqu'au moment où il devient cheval ;
fur l'éducation à lui donner ; fur la fa-
çon de l'apprivoifer & de le rendre obéif-
fant , familier & doux à l'homme , &c.
116 MERCURE DE FRANCE .
Tous ces mêmes points relativement
aux bêtes à cornes , aux bêtes à laine,
& aux autres animaux domeftiques &
des champs , feront pareillement appro-
fondis dans une féance indiquée au mois
de Mars prochain , l'hyver étant une
faifon trop précieufe pour ne pas l'em-
ployer toute entiere à l'étude de l'ana-
tomie & aux diffections.
Le Public n'a pas témoigné une moin-
dre fatisfaction de ce qu'il a entendu
dans cette affemblée , que de ce qu'il
avoit entendu , dans les autres ; il a pa-
ru qu'il voyoit avec un nouveau plai-
fir nombre d'Eléves déja en état de fer-
vir utilement dans les différentes Pro-
vinces du Royaume & d'y répandre de
véritables lumières fur les haras , c'eft-
à- dire , fur une des plus importantes
parties de l'adminiftration .
On a très-longtemps héfité avant
d'affeoir un Jugement & de déterminer
quel feroit celui d'entr'eux à qui la cou
ronne feroit décernée. Après bien des
débats , le premier Prix a été adjugé à
neuf Eléves qui font :
Les fieurs Dauvergne le cadet , Peti
te , Danne Thomas , tous les quatre
entretenus à l'Ecole par l'Intendant de
la Comté de Bourgogne.
JANVIER. 1764.
dant de Limoges.
phiné.
miens.
Les talens.
117
Barjollin entretenu par M. l'Inten-
Gay , par M. l'Intendant du Dau-
Beauvais , par M. l'Intendant d'A-
Danguien de Lyon , déja connu par
Et Chanu de la Province de Bourgo-
gne qui paroît empreffé de marcher fur
fes traces :
Ces neuf Eléves ont tiré au fort. Le
fieur Barjollin en a été favorifé ; mais
les huit autres Eléves n'ont pas dû être
moins fenfibles à la gloire qu'ils fe
font acquife.
Le fecond Prix a été adjugé à onze
Eléves qui font :
Les fieurs Girard & Graffet entrete-
nus à l'Ecole par M. l'Intendant de la
Comté de Bourgogne,
Mirat & Dupin , entretenus par M,
l'Intendant de Limoges.
Berthoux , entretenu par M. l'Inten-
dant du Dauphiné.
Preflier , par M. l'Intendant de Mou-
lins.
La Combe par M. l'Intendant de Bor-
deaux.
Chabert & Dechamps de la Ville de
Lyon.
118 MERCURE DE FRANCE.
Treitch, entretenu par M. l'Intendant
d'Auvergne,
Brachet , entretenu par la Province
de Bugey. Ce dernier a été favorisé par
le fort comme le fieur Barjollin , mais
ſes adverfaires ne fe font pas moins con .
cilié l'eftime du Public.
Les autres Eléves qui ont concouru
font les fieurs Defchaux , âgé de 12 ans,
de la Ville de Lyon & Defavenieres ,
de la même Ville.
Faure , l'aîné , entretenu par M. l'In-
tendant de Lyon.
Dauvergne , l'aîné & Beaumont , fils,
entretenu par M. l'Intendant de la Com-
té de Bourgogne.
Kamerlet , entretenu par la Ville de
Nancy.
Le premier acceffit a été adjugé aux
deux premiers , le fecond aux fieurs
Dauvergne , l'aîné , Beaumont , fils , &
Favre , l'aîné.
Le Public perfuadé que l'émulation
de ces vingt-fix concurrens excitera
celle des autres Eléves , s'attend au pre-
mier concours à en entendre un plus
grand nombre.
Le fieur Bredin , de la Ville d'Au-
xonne , ayant été occupé dans diverfes
Provinces & fe trouvant même actuelle-
JANVIRE. 1764.
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ment dans la Xaintonge par ordre du
Miniftre , n'a pu concourir.
Les fieurs Pufenas , du Bourbonnois,
& Didney , de la Généralité d'Amiens
en ont été empêchés par une maladie,
Le fieur Moret de la Ville de Châlons-
fur-Saône, ne s'eft pas préfenté, attendu
la difficulté qu'il a de prononcer , & le
fieur Bloufard , de la Province de Breffe ,
attendu la difficulté qu'il a de s'expli-
quer. L'un & l'autre auroient pu entrer
en lice.
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