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751
p. 1003-1006
« Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
Début :
Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Roi, Parlement de Paris, Prince des Asturies, Dauphin, Rougeole, Maître des requêtes, Chevalier de Belle-Isle, Antoine-Arnaud de Labriffe, Petit, Opération
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texteReconnaissance textuelle : « Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
Onseigneur le Dauphin se trouva
incommodé le 3. de ce mois
et on reconnut le lendemain au soir que
sa maladie étoit la Rougeole. L'éruption,
quoique très- abondante , s'est faite fort
heureusement , et les accidens de fievre et
Hij d'agita1004
MERCURE DE FRANCE
d'agitation qui accompagnent toujours
cette maladie , étant entierement cessés
Monseigneur le Dauphin commença
à se
mieux porter le 7. et quelques jours après
sa santé fut entierement rétablie.
Les de ce mois au matin le Chevalier
de Bellisle arriva à Rambouillet, et appor
ta au Roi la nouvelle de la prise du Château
de Traerback , devant lequel le Comte
de Bellisle avoit fait ouvrir la tranchée
la nuit du 25. au 26. du mois dernier,
Le Roi a donné le Gouvernement de
Bergue au Comte de Broglio , Lieutenant
General des Armées de Sa Majesté , et
Gouverneur de Montdauphin.
Antoine Arnaud de la Briffe , Seigneur
d'Amilly , nommé par le Roi au mois
de Mai 1734. premier President du Par
lement de Bretagne , est né à Paris le
4. Janvier 1699. et fut reçû Conseiller au
Parlement de Paris à la quatriéme Chambre
des Enquêtes , le 16. Decembre 1718 .
puis Maître des Requêtes ordinaires de
l'Hôtel en 1724. Il est fils de feu Arnaud
de la Briffe , Marquis de Ferriere , Seigneur
de Passy , Brion , les Bernardieres,
&c. et en dernier lieu Procureur General
au Parlement de Paris , mort le 24. Septembre
M A Ý .
1734 1005
tembre 1700. âgé de 51. ans , et de Bonne
Barillon d'Amoncour , sa seconde femme
, morte en son Château d'Amilly aut
mois de Fevrier 1733. dans la 66. année
de son âge. Il a été marié le 12. Mars
1719 avec Marie Charlotte Quantin de
Richebourg , fille de Charles Bonnaventute
Quantin , Seigneur de Richebourg,
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hồ-
tel du Roi , ci - devant Intendant à Rouen
et à Poitiers , et de Catherine Jeanne de
Ragaruë.
Le 25 de ce mois le Sieur Petit ,Chirur
gien de S. Cosme, Demonstrateur et Censeur
Royal, et des Académies Royales de
Paris et de Londres, est arriyé d'Espagne,
où il étoit allé faire l'Opération au Prince
des Asturies ; la guérison de ce Prince
a causé une joye universelle. Le Roi , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies
, ont honoré le Sieur petit de leur estime
, et l'ont comblé de marques de bienveillance
; ils lui ont fait des presens considerables.
Le Roi d'Espagne lui a fait
donner 40000. liv. outre 8000. liv. qu'il
avoit reçû en partant de Paris ; la Reine
une Montre d'or à repetition , garnie de
diamans et de deux beaux cachets ; le
Prince , d'une autre Montre d'or , qui re-
Giij pete
IcoбMERCURE DE FRANCE
pete les heures , les quarts et les minutes,
à la chaîne de laquelle étoit un diamant
brillant estimé 12000. livres ; et un cachet
d'une belle cornaline , sur laquelle est
gravée une Tête antique ; et la Princesse
des Asturies une canne à pomme d'or
garnie de diamans , et d'un ruban auquel
étoit attaché un brillant pareillement es
timé 12000. livres.
incommodé le 3. de ce mois
et on reconnut le lendemain au soir que
sa maladie étoit la Rougeole. L'éruption,
quoique très- abondante , s'est faite fort
heureusement , et les accidens de fievre et
Hij d'agita1004
MERCURE DE FRANCE
d'agitation qui accompagnent toujours
cette maladie , étant entierement cessés
Monseigneur le Dauphin commença
à se
mieux porter le 7. et quelques jours après
sa santé fut entierement rétablie.
Les de ce mois au matin le Chevalier
de Bellisle arriva à Rambouillet, et appor
ta au Roi la nouvelle de la prise du Château
de Traerback , devant lequel le Comte
de Bellisle avoit fait ouvrir la tranchée
la nuit du 25. au 26. du mois dernier,
Le Roi a donné le Gouvernement de
Bergue au Comte de Broglio , Lieutenant
General des Armées de Sa Majesté , et
Gouverneur de Montdauphin.
Antoine Arnaud de la Briffe , Seigneur
d'Amilly , nommé par le Roi au mois
de Mai 1734. premier President du Par
lement de Bretagne , est né à Paris le
4. Janvier 1699. et fut reçû Conseiller au
Parlement de Paris à la quatriéme Chambre
des Enquêtes , le 16. Decembre 1718 .
puis Maître des Requêtes ordinaires de
l'Hôtel en 1724. Il est fils de feu Arnaud
de la Briffe , Marquis de Ferriere , Seigneur
de Passy , Brion , les Bernardieres,
&c. et en dernier lieu Procureur General
au Parlement de Paris , mort le 24. Septembre
M A Ý .
1734 1005
tembre 1700. âgé de 51. ans , et de Bonne
Barillon d'Amoncour , sa seconde femme
, morte en son Château d'Amilly aut
mois de Fevrier 1733. dans la 66. année
de son âge. Il a été marié le 12. Mars
1719 avec Marie Charlotte Quantin de
Richebourg , fille de Charles Bonnaventute
Quantin , Seigneur de Richebourg,
Maître des Requêtes ordinaire de l'Hồ-
tel du Roi , ci - devant Intendant à Rouen
et à Poitiers , et de Catherine Jeanne de
Ragaruë.
Le 25 de ce mois le Sieur Petit ,Chirur
gien de S. Cosme, Demonstrateur et Censeur
Royal, et des Académies Royales de
Paris et de Londres, est arriyé d'Espagne,
où il étoit allé faire l'Opération au Prince
des Asturies ; la guérison de ce Prince
a causé une joye universelle. Le Roi , la
Reine , le Prince et la Princesse des Asturies
, ont honoré le Sieur petit de leur estime
, et l'ont comblé de marques de bienveillance
; ils lui ont fait des presens considerables.
Le Roi d'Espagne lui a fait
donner 40000. liv. outre 8000. liv. qu'il
avoit reçû en partant de Paris ; la Reine
une Montre d'or à repetition , garnie de
diamans et de deux beaux cachets ; le
Prince , d'une autre Montre d'or , qui re-
Giij pete
IcoбMERCURE DE FRANCE
pete les heures , les quarts et les minutes,
à la chaîne de laquelle étoit un diamant
brillant estimé 12000. livres ; et un cachet
d'une belle cornaline , sur laquelle est
gravée une Tête antique ; et la Princesse
des Asturies une canne à pomme d'or
garnie de diamans , et d'un ruban auquel
étoit attaché un brillant pareillement es
timé 12000. livres.
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Résumé : « Monseigneur le Dauphin se trouva incommodé le 3. de ce mois, [...] »
En début de mois, le Dauphin a contracté la rougeole le 3 et s'est rétabli le 7, récupérant entièrement quelques jours plus tard. Le Chevalier de Bellisle a informé le Roi de la prise du Château de Traerback le 5. Le Roi a nommé le Comte de Broglio Gouverneur de Bergue. Antoine Arnaud de la Briffe, né à Paris en 1699, a été nommé premier Président du Parlement de Bretagne en mai 1734. Il a occupé divers postes judiciaires et est issu d'une famille noble. Le 25 du mois, le chirurgien Sieur Petit est revenu d'Espagne, où il avait opéré avec succès le Prince des Asturies. Le Roi, la Reine, le Prince et la Princesse des Asturies lui ont témoigné leur gratitude par des présents considérables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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752
p. 1024-1037
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Le 18 Avril dernier, Marc-Antoinne Bosc de Boucher, Maître des Requêtes Honoraire [...]
Mots clefs :
Seigneur, Roi, Paris, Marquis, Duc, Chevalier, Lieutenant général, Veuve, Épouse, Conseiller au Parlement, Chambre des comptes de Paris, Marc-Antoine de Bosc de Bouchet, Nicolas de Neufville de Villeroy, François-Camille de Neufville de Villeroy, François-Théodore des Vignes, Charles-Eugène de Lévis-Charlus
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
E 18 Avril dernier , Marc- Antoine Bosc du
>
LBoucher, Maitre des Requêtes Honoraire
de l'Hôtel du Roy , ci-devant Sur - Intendant
General de la Maison , Finances , Domaines et
Affaires de feuë Madame la Dauphine , Mere du
Roy , et Intendant en la Generalité de Limoges
mourut à Paris dans la 63 année de son âge
étant né le 24 Septembre 1671. Il avoit d'abord
été reçu Procureur General aux Requêtes de
l'Hôtel le 16 Juin 1695. puis Maître des Requêtes
le 7 Septembre 1696. et nommé au mois
de Mars 1710. à l'Intendance de Limoges , d'où
il fut rappellé la même année. Il obtint des Lettres
de Maître des Requêtes Honoraire , le 23
Decembre 1711. Il étoit fils de Laurent Bosc
en son vivant Conseiller au Parlement de Toulouse
, et de Françoise de Marc de la Calmette ,
sa premiere femme , et il avoit épousé le premier
Juin 1702. Dame Grace Angelique - Françoise
Arazola d'Ognate , veuve d'Armand Nompar
de Caumont la Force , Marquis de Montpouillan
, premier Gentilhomme de la Chambre
du Roy d'Angleterre Guillaume III. Lieutenant
General des Armées des Etats Generaux de
Hollande et Gouverneur d'Arnheim , et fille de
Jean Arazola d'Ognate , Seigneur de Gaumont ,
en son vivant Intendant pour le Roy d'Espagne,
des Provinces de Flandres et Haynault, et d'Anne'
Isabelle de Cordes. Il en laisse Jeanne Grace
Bosc
MAY.
1734. 1025
Bose , née le 17 Fevrier . 1703. et deux autres
enfans.
Le 19 , Dame Marie- Gabrielle le Clerc , veuve
depuis le 9 Juin 8713. de Messire François
Baillet , Chevalier Marquis de Vaugrenant , Seigneur
du Duesne , &c. qu'elle avoit épousé le
13 Fevrier 1679. mourut à Paris , sans posterité,
dans la 78 année de son âge , étant née le 14
Août 1656. elle étoit fille de Gabriel le Clerc ,
Seigneur du Buisson , Commis au Greffe de la
Chambre des Comptes de Paris , mort le 2 Avril
1663. et de Jeanne Royer sa femme , décédée le
3 Octobre 1687. elle avoit eu pour Soeur aînée
Jeanne- Françoise le Clerc , qui avoit été mariée
le 15 Septembre 1610. avec Jacques le Picart ,
Seigneur des Marchais ; feu le Marquis de Vaugrenant
étoit fis de Claude Baillet , Seigneur de
Vaugrenant , Président en la premiere Chambre
des Requêtes du Palais au Parlement de Paris
mort le 2 Fevrier 1694. âgé de 75 ans.
Le 20 , Dame Claude Douet , femme de François
Boucot , Conseiller du Roy en ses Conseils
, Sécretaire de S. M. Maison Couronne de
France, et Garde des Rôiles des Offices de France,
mourut à Paris , sans laisser d'enfans .
Le 21 , D. Louis le Roy , General de l'Ordre
des Feuillants , mourut à Paris en la Maison de
son Ordre , dans la 67 année de son âge , ayant
été baptisé en la Paroisse S. Gervais à Paris ;
le 4 Septembre 1667. Il étoit fils de feu Georges
le Roy , Avocat au Parlement et ès Conseils du
Roy , mort le 16 Fevrier 1702. âgé de 73 ans ,
et de Louise Rousseau sa femme , et frere de
Georges le Roy, et de Pierre le Roy de Valieres,
ancien Avocat au Parlement de Paris, et ès Conseils
du Roy , Sécretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances. I
1026 MERCURE DE FRANCE
Le Jeudy Saint 22 Avril 1734. Nicolas de
Neufville , Duc de Villeroy , Fair de France >
Marquis d'Alincourt , Seigneur de Magny , &c.
Chevalier des Ordres du Roy , Capitaine de la
premiere Compagnie Françoise des Gardes du
Corps de S.M. Lieutenant General de ses Armées,
Gouverneur et Lieutenant General des Provin
ces de Lionnois , Forez et Beaujolois , mourut à
Paris subitement d'une attaque d'Apoplexie , en
sortant de l'Office , entre 11 heures et midy, dans
la 71 année de son âge , ayant été baptisé le 25
Decembre 1663. Ce Seigneur qui s'étoit rendu
digne de vénération par sa bonté naturelle , son
affabilité et sa grande probité , est genéralement
regretté. Il avoit d'abord été connu sous le titre
de Marquis d'Alincourt ; et étant encore fort jeune
il fut fait au mois d'Avril 1680. Lieutenant General
des Provinces de Lionnois , Forez et Beaujolois,
en Survivance de l'Archevêque de Lyon ,
son grand Oncle. Il fut ensuite Colonel du Re
giment Lionnois , et fait Brigadier d'Infanterie
le 30 Mars 1693. servit la même année au Siége
de Charleroy , fut nommé Maréchal de Camp
le 3 Janvier 1696. et le Maréchal son pere s'étant
démis en sa faveur de son Duché , il prêta serment
et prit séance au Parlement en qualité de
Pair de France , le 11 Avril de la même année
1696. Il se trouva le 15 Août 1702. à la Bataille
de Luzara en Italie ; et ayant été depêché
en France par le Duc de Vendôme pour porter
au Roy la nouvelle de cette Victoire , S. M. le
déclara le 13 Septembre Lieutenant General de
ses Armées , le fit Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , le 20 Janvier 1703. et le nomma au
mois de Fevrier suivant pour servir dans son Armée
en Flandres . Il se· trouva le 30 Juin de la
même
MAY. 1734 1027
même année au combat d'Eckeren , où les Hollandois
furent battus par leMaréchal de Boufflers.
Il servit aussi à la Bataille de Ramillies le 23
May 1706. le Maréchal de Villeroy son pere
s'étant démis en sa faveur de la Charge de Capitaine
des Gardes du Corps , il en prêta serment
de fidelité entre les mains du Roy , le 14 Janvier
1708. et obtint au mois d'Octobre 1712. la
Survivance du Gouvernement du Lionnois . Il fit
au Sacre du Roy en 1722 , la fonction de Capitaine
de la Garde Ecossoise en l'Absence du Duc
de Noailles , et il commanda aussi le Corps de
Troupes , qui campa près de la Ville de Reims ,
pendant le séjour du Roy. Enfin il fut reçu Chevalier
des Ordres de S. M. le 3 Juin 1724. Il
étoit veuf de Marguerite le Tellier de Louvois ,
morte le 23 Avril 1711. Il avoit eu d'elle quatre
enfans qui sont 1. Louis François -Anne de Neufville
, Marquis , puis Duc de Villeroy , Pair de
France , connu jusqu'à présent sous le nom de
Duc de Retz , né au mois d'Octobre 1695. fait
Lieutenant General au Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , en Sur
vivance de son pere au mois d'Octobre 1712.
Colonel du Regiment de Lionnois , par commission
du 27 Fevrier 1714. et nommé Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en Survivance le
12 Decembre 1716. Il a prêté serment et pris
séance au Parlement en qualité de Pair de France
le 9 Fevrier 1722. a été fait Brigadier d'Infanterie
à la Promotion du 20 Fevrier dernier , et .
vient d'obtenir le Gouvernement des Provinces
de Lionnois , Forez et Beaujolois , et celui de la
Ville de Lyon , vacant par la mort du Duc son
pere. Il n'a point d'enfans de Marie Renée de
Moutmorency- Luxembourg , qu'il a épousée le
I ij 15
1028 MERCURE DE FRANCE
15 Avril 1716. 2. Marguerite- Louise - Sophie de
Neuville-Villeroy , mariée le 14 Janvier 1716.
avec François , Duc a'Harcourt , Pair de France ,
Capitaine des Gardes du Corps du Roy, et moste
le 4 Juin suivant , dans la 18 année de son âge,
3. François Camille de Neufville , Duc d'Alin-
Court dont on va parler , et 4. Madeleine- Angelique
de Neufville de Villeroy , née au mois.
Octobre 1707. et mariée le 16 Septembre 1721.
avec Joseph Marie , Duc de Boffers , Pair de
France , Gouverneur de la Flandre Françoise et
du Haynault , et des Ville et Citadelles de Lille ,
Grand Baillet Gouverneur et héréditaire de
Beauvais et du Beauvoisis , Colonel d'un Regiment
d'Infanterie , elle a été nommée au mois
de Janvier dernier Dame du Palais de la Reine ,
au lieu et place de la Duchesse d'Alincourt sa
Belle- Soeur , qui avoit demandé la permission
de se retirer.
>
François Camille de Neufville- Villeroy , Marquis
, puis Duc d'Alincourt , Baron de Marais
et de S. Marc , fait Lieutenant de Roy au Gouvernement
des Provinces de Lionnois , Forez et
Beaujolois , au mois d'Octobre 1712. fit la Campagne
de Hongrie en 1717. et alla ensuîte voïager
en Italie. Il fut fait Mestre de Camp du Regiment
de Cavalerie de Villeroy , par commission
du Is Mars 1718. et obtint un brevet de Duc le
20 Septembre 1729. I mourut de la petite vérole
à Paris , le 26 Decembre 1732. dans la 33 année
de son âge. Il avoit été marié le 4 Septembre
1720. avec Marie- Joseph de Boufflers , nommée
Dame du Palais de la Reine , le 27 Juin 1716.
fille puinée de feu Louis François , Duc de Bouf-
Alers , Pair et Maréchal de France , General des
Armées du Roy , Chevalier de ses Ordres , Gou
verneur
MAY. TO29 1734.
:
>
verneur de la Flandre Françoise &c . et de Dame
Catherine - Charlotre de Gramont > sa veuve
Dame d'honneur de la Reine de ce mariage
sont sortis.. de Neufville -Villeroy , élé
25 Août 1723. appellé d'abord le Comte de Sault,
puis en 1729. le Marquis d'Alincourt , mort au
College de Clermont à Paris , le 24 Decembre
1730. agé de 7 ans 4 mois ; Charles- Nicolas-
Joseph de Neufville - Villeroy , né le 28 Fevrier
1729. appellé le Marquis d'Alincourt , mort le
4 Juin 1731. et Gabriël - Louis de Neufville
Villeroy , né le 8 Octobre 1731. appellé le Marquis
de Villeroy , le seul enfant qui reste de cette
Maison , et auquel lé Roy vient d'accorder la
Charge de Lieutenant General au Gouvernement
du Lionnois , Forez et Beaujolois , dont le Duc
de Retz son Oncle avoit la Survivance .
Le 24 Avril , Amable Baisle , Auvergnat ,
Prêtre , Chapelain Ordinaire de la Chapelle et
Oratoire du Roy , Chanoine honoraire de Saint
Germain l'Auxerrois , mourut à Paris chez son
frere, Chanoine de S. Honoré , à l'âge de 94 ans .
Jean- Joseph Baisle son neveu , Chanoine de Saint
Germain l'Auxerrois , lui succede dans la Charge
de Chapelain ordinaire de la Chapelle et Oratoire
du Roy , dont il avoit la Survivance .
Le 27 , la Dlle Noblet de Romery , 2 me fille
de feu Jean Antoine Noblet, Seigneur de Romery
Conseiller au Parlement de Paris , mort le 9 Avril
1728. et de Dame Louise - Catherine de la Salle ,
sa veuve , mourut de la petite vérole , le s jour
de sa maladie , âgée d'environ 18 ans ; la Soonr
aînée de la deffunte a été mariée le 7 Decembre
1730. avec Claude- Olivier Boucher , Conseiller
au Parlement de Faris .
Le Comte de Vertillac , du surnom de la
I iij Brousse
1030 MERCURE DE FRANCE
Brousse , mourut en Perigord au mois d'Avril
1734. âge de 85 ans , laissant des enfans , qui
sont le Comte de Vertillac , Gouverneur et Sénéchal
de Périgord , qui est marié , et le Chevalier
de Vertillac , Capitaine dans le Regiment du
Maine.
La Dame le Boulanger , femme de M. le Boulanger
, Maître ordinaire de la Chambre des
Comptes de Paris , mourut en couches d'une
fille , son premier enfant , au commencement
de ce mois ; elle avoit été mariée le 7 Juillet
1733. et étoit fille de Jean Gaschier , Maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Paris ,
ancien Echevin , et ci - devant Notaite au Châtelet
de Paris.
Les de ce mois, mourut à Paris Dame Anne
Angelique de la Barre , veuve de Nicolas Char
py , Ecuyer , Seigneur de Chartrettes , Roqua.
mont , la Forest , &c . qu'elie avoit épousé le 19
Août 1710. elle étoit fille de Jean de la Barre ,
Ecuyer , Sr de Gomerville , Sécretaire du Conseil
, et Intendant des Maisons , Domaines et
Finances de Philippe Fils de France , Duc d'Or
leans , et d'Anne le Noir , et elle étoit dans la
52 année de son âge.
Le même jour , François - Theodore des Vignes
, Chevalier , Seigneur de Chutfort en Nivernois
, Gentilhomme de la Chambre du Roy
de Pologne , Stanislas I. et fils aîné de Jacques
des Vignes , Seigneur de Chuffort , et de Marie
Carpentier de Crecy , mourut en son Château de
Chuffort , âgé d'environ 71 ans . Il s'étoit marié
en Pologne avec Marie Anne- Claude de Croisy,
originaire de France , d'une Famille Noble da
Duché de Bourgogne. Il a laissé d'elle Louis-,
Benedict des Vignes , Seigneur de Chuffort , et
Dlic
MAY. 1734. 1031
Dlle Jeanne- Louise des Vignes , tous deux nés
en Pologne , et présentement établis dans la
Province de Nivernois . La Famille des Vignes ,
d'une ancienne Noblesse , porte écartelé au premier
et 4. d'argent à une fasce de Gueules
chargée de 3 Besans d'or , et accompagnée de
7-Merlettes de gueules , 4 en chef et 3 en pointe,
à un Lambel às pendans d'azur , qui est des
Vignes , et au 2 et 3 d'azur à une Etoile d'or
accompagnée de 3 Croissans d'argent 2 en chef
et un en pointe , qui est de Carpentier , accollé
des Armes de Choisy , qui sont de Gueules à une
Croix d'argent , chargée des Coquilles de sable.
Le 7. Dame Jeanne Gallon , veuve d'Antoine-
François Phelypeaux, Chevalier, Seigneur d'Her
bault , Intendant General de la Marine , et des
Armées Navales du Roy , mort à Malaga le 10
Octobre 1704. d'une blessure qu'il avoit reçue le
24 Août précédent sur le vaisseau Amiral , dans
un combat Naval sur les côtes d'Espagne , mourut
à Paris ; elle étoit fille de feu Georges Gallon,
de la Ville de Lyon , Ecuyer , et de Susanne Rigioli
, et avoit été mariée les May 1695, elle
laisse pour enfans Georges Phelypeaux, Seigneur
d'Herbault , qui fut receu Conseiller au Parlement
de Paris , le 31 Mars 1719. puis Lieutenant
de Roy en la Province du Blaisois, Charge pour
laquelle il prêta serment entre les mains du Roy.
Je 2 Mars 1727. et Marie - Anne Phelypeaux
d'Herbault , mariée le 17 Juillet 1725. avec Gabriël
Bertrand du Guesclin , Seigneur de Beaucé.
Le même jour , Pierre Paulmier de la Bu
caille , Seigneur de Prestreval , mourut à Rouen,
laissant de Dame Geneviève Marette sa femme ,
deux filles , qui sont Genevieve Paulmier de la
Bucaille , épouse de Jean- Baptiste Hélie Camus
Liiija do
1032 MERCURE DE FRANCE
de Pontcarré Seigneur de Viarme , Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy , et auparavant
veuve de Charles- Etienne Maignart , Seigneur
de la Vaupalliere , de Hauville &c. Conseiller
au Parlement de Normandie , et Charlotte
Paulmier de la Bucaille , qui a été mariée le 15
Septembre de l'année derniere avec Pierre-
Jacques- Louis de Becdelievre , Marquis de Quévilly
, jeune homme sortant de l'Académie .
>
Le 9. Mai Charles Eugene de Levis , Duc de
Levis , Pair de France , Comte de Charius et de
Saignes , Baron de Monjouvent , Seigneur de S.
Nizier,&c . et Chevalier des ordres du Roi, Lieutenant
General de ses Armées et au Gouvernement
de la Province du Bourbonnois , Commandant
en chef pour S. M. dans le Comté de Bourgogne
, Gouverneur de Bergue S. Vinox , modrut
à Paris dans la 65. année de son âge. Il commença
à servir en 1688. et suivit le Dauphin
aycul du Roi , aux sieges de Philisbourg , de
Manheim er de Frankendal ; eut ensuite un Regiment
de Cavalerie , à la tête duquel il se trouva
aux Batailles de Fleurus en 1690. de Stinkerque
en 1692. et de Nerwingue en 1693.de même
qu'aux Sieges de Mons,de Namur,et de Charleroi,
et dans d'autres occasions jusqu'à la paix de Riswick
en 1697. fut fait Brigadier le 29. Janvier
1702 eut le Commandement de la Cavalerie dans
l'Armée qui alla joindre l'Electeur de Baviere
en Allemagne en 1703. se distingua à la premiere
Bataille d'hocshtet ; la même année fut nominé
Marechal de Camp le 10. Fevrier 1704. et servit
en cette qualité les années suivantes . Le Roi
le fit seul par distinction Lieutenant General
de ses Armées le 18. Fevrier 1708. et le nomma
en même tems pour servir en cette qualité
auprès
MAY. 1734. 1033
auprès du corps de Troupes qui étoit destiné
pour passer en Ecosse ; mais la descente n'ayant
pû avoir lieu , et le Vaisseau sur lequel il étoit
ayant été obligé de se rendre aux Anglois le 25.
Mars , il fut fait prisonnier. Après avoir re-
Couvert sa liberté , il continua de servir jusqu'à
la paix d'Utrecht. Le Gouvernement des Villes
et Gitadelles de Mezieres ee de Charleville lui
fut donné au mois de Novembre 1713. Il fut
fait du Conseil de Guerre établi au mois de
Septembre mil sept cent quinze , et après la
suppression de ce Conseil , il eut le Commandement
en chef dans le Comté de Bourgogne. II
obtint l'érection de ses Terres et Seigneuries de
Lurcy le Sauvage , de Poligny , la Braudiere ,
Champroux , et autres situés en Bourbonnois ,
en titre de Duché et Pairie , sous le nom de Levis
, par Lettres du mois de Fevrier 1723. après
la verification desquelles il prêta serment et prit
séance au Parlement le 22. du même mois , le
Roi y séancen son Lit de Justice pour la déclaration
de sa majorité . Le Gouvernement de Bergue
S. Vinox lui fut accordé le 27. Mars 1728 .
et il fut reçû Chevalier des Ordres du Roi le z .
Fevrier 1732. Il étoit Fils de Charles de Levis ,
Comte de Charlus , Marquis de Poligny , Lieutenant
General pour le Roi en Bourbonnois ,
mort fort âgé le 22. Avril 1719. et de Françoise
de Bethisy de Mezieres , morte le 30. Janvier
1719, âgée de 82. ans ; et il avoit été marié le
26. Janvier 1698. avec Marie Françoise d'Albert
, fille de Charles Honoré d'Albert , Duc de
Chevreuse et de Luynes , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi , et de Jeanne - Marie
Colbert . Il en avoit eu Charles de Levis , Comte
de Charlus , Mestre de Camp d'un Regiment de
Cavas I v
1034 MERCURE DE FRANCE
Cavalerie , mort le 10. Decembre 1724. dans la
26. année de son âge , sans avoir été marié. François
Honoré Marquis de Levis , faic Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie , vacant par la
mort de son Frere au mois de Decembre 1724.
et mort le 24. Fevrier 1727. dans la 21. année
de son âge , sans avoir été marié ; Gui- Antoine
de Levis , imort le 4. Juin 1725. âgé de 10. ans;
et Marie-Françoise de Levis , mariée le 12. Janvier
1722. avec Joseph- François de la Croix ,
Marquis de Castries , Baron de Castelnau , de
Gourdieges et des Etats de Languedoc , Lieutenant
de Roi dans la même Province , Marechal de
Camp et Armées du Roi , Gouverneur des Vil
le , Citadelle et Diocése de Montpellier , Gouverneur
de la Ville et Port de Cette , et Fort en
dépendant , Chevalier des Ordres de S. M. et
Chevalier d'honneur de la Duchesse d'Orleans ',
duquel elle resta veuve le 24. Juin 1728. elle
mourut le 2. Decembre suivant , âgée de 30. ans,
laissant trois fils en bas âge.
Le Duc de Levis , n'ayant plus de garçons ,
son Duché est éteint par sa mort.
Le Gouvernement de Bergues S. Vinox, vacant
par sa mort, a été donné à François Marie de Broglio,
Comte deBuhy, et de Revel, Baron de Ferrieres,
appellé le Comte de Broglio, né le 11. Janvier
1671. Lieutenant General des Armées du Roi, du
29. Mars 1710. Gouverneur de Mondauphin en
Dauphiné , depuis le mois de Fevrier 1712. Directeur
General de la Cavalerie et Dragons , du
mois de Mai 1719. Ambassadeur en Angleterre
depuis l'année 1724. et reçu Chevalier des Ordres
du Roi , le 31. Mai 1731. servant actuellement
dans l'Armée d'Italie.
Le 1o. Mai Philippe Langlois , Seigneur de Po
meusca
MAY . 1734. 1035
meuse , Guerard et Raisy , Conseiller du Roi en
ses Conseils , et Grand- Audiancier de France ,
ci-devant Receveur General des Finances à Montauban,
oncle de Robert Langlois , Seigneur de la
Fortelle, President en la Chambre des Comptes de
Paris , mourut âgé d'environ 73. ans. Il avoit
épousé en premieres noces au mois de Mars
1701. Louise Sandrier , fille de Jacques Sandrier,
Secretaire du Roi , et d'Agnés Billart , et étant
resté veufd'elle le 3. Octobre 1715. il s'étoit remarié
au mois de Mars 1718. avec Charlotte de
Ricoüart , fille de Jacques de Ricouart , Seigneur
du Martray , et de Charlotte Huguet de
Semonville. Il laisse trois fils de la premiere.
Le Jeudi 13. de ce mois Françoise le Tellier,
veuve de Pierre Vallée , Marchand Mercier , a
été inhumée dans la 95. année de son âge.
Le 14. Mai Noel Falconnet, celebre Docteur en
Medecine , et Doyen du College des Medecins de
Lyon, Medecin Adjugeant et Consultant pour la
personne du Roi, et Medecin de la petite Ecurie de
S. M.mourut dans la 90. année de son âge, étant
né au mois de Juillet 1644.Il laisse un fils , Camille
Falconet ,Docteur, Regent enla Faculté de Medeci
ne deParis ,de l'Académie des Inscriptions et Belles
Lettres,qui lui succede dans les Charges de Medecin
Consultant pour la personne du Roi , et de
Medecin de la petite Ecurie , dont il avoit la survivance.
· Le 15. Mai , Jules -Louis Jean - Claude de la
Marck , seul fils de Louis Engilbert , Comte de
la Marck et de Schleiden , Baron de Lumain, Seigneur
de Kerpen , Comte du S. Empire , Marquis
de Vardes, Colonel d'un Regiment d'Infanterie
Allemand au service du Roi , et de deffunte
Dame Marie-Anne-Hyacinthe Visdelou , Daine
Ivj
Com-
1
1035 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Bienassis en Bretagne , mourut à
Paris , âgé de 2. ans 7. mois 1. jour , étant né le
14. Octobre 1731 .
›
Le même jour, Dame Anne- Victoire de S. Chamant
, épouse depuis le 2. Juin 1729. de Robert
de Pierrepont , Chevalier , Marquis de Pierrepont
, Baron de Lievray , Seigneur , Patron de
S. Nicolas de Pierrepont , Escoileville , Baudreville
, Ourville , Beauchamp , & c . et fille de feu
François de S. Chamant , Marquis de Mery sur
Seine , Seigneur de Miriel, de Saucourt,de Montubois
, & c . et de Dame Bonne de Chastellus , sa
veuve mourur d'une fluxion de poitrine à Paris,
âgée de 38. ans , et sans avoir eu d'enfant . Elle
étoit soeur puînée de Dame Judith de S. Chamant
, mariée le 6. Mars 1719. avec Henri de
Barres , Seigneur , Baron de Cossigny , Montor,
Prissey , Moux , &c . Chevalier de S. Louis , ancien
Capitaine de Cavalerie , et de Dame Pauline-
Felicité de S. Chamant , mariée le 10. Août
1720 avec Samuel Bernard , Chevalier de l'Ordre
du Roi , Secretaire de S. M. Maison Couronne
de France et de ses Finances , Comte de
Coubert , dont elle est la seconde femme. Voyez
le Mercure de Juin 1729. V. 1. pag. 1470. où le
mariage de la defunte est rapporté.
Le 20. Mai , Anne François Joseph ,Marquis de
Bassompierre , ci - devant Capitaine dans le Regiment
du Roi Infanterie,fils de feu Anne François-
Joseph Marquis de Bassompiere, Seigneur du Châteler,
et de Dame Catherine- Dianne de Beauvau,
sa veuve actuellement vivante , et remariée en troisiémes
noces avec Eugene Comte de Rouerke ,
mourut à Paris en sa maison au fond du Faubourg
S.Antoine , âgé d'environ 48. ans . Il vivoit
fort retiré du monde dans la grande devoti on, et
pratie
MAY. 17'4. 1037
pratiquant de grandes austeritez . Il s'étoit marié
le 3. Juin de l'année derniere 1733. avec Marie-
Eleonor d'Oglethorp , Angloise de Nation , soeur
d'Eleonor d'Oglethorp , veuve d'Eugene - Marie
de Bechisy, Marquis de Mezieres , Lieutenant General
des Armées du Roi, Gouverneur d'Amiens,
et fille de feu Théophile d'Oglethorp , Chevalier,
Baronnet , Seigneur de Westbrook et Deanhold
en Godalming dans le Comté de Surry , grand
Ecuyer des Rois d'Angleterre Charles II . et Jacques
II. Major General de leurs Armées , et de
feue Eleonore Wal de Rathkenny , il n'en laisse
point d'enfans , ainsi ses herieicres sont ses deux
soeurs , qui sont Charlotte - Elizabeth de Bassompierre
, femme de François - Joseph de Choiseuil,
Envoyé extraordinaire du Duc de Lorraine en
France , et Louise- Lucie de Bassompierre , qui a
épousé François - Emmanuel de Ligny du Plessis,
ci-devant Enseigne des Gendarmes d'Orleans . Il
leur avoit fait ci - devant une donation entre - vifs
de tous ses biens.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
En avril 1734, plusieurs personnalités notables décédèrent à Paris et dans d'autres régions. Marc-Antoine Bosc du Boucher, Maître des Requêtes Honoraire, ancien Surintendant des finances et Intendant de Limoges, mourut à Paris le 18 avril à l'âge de 63 ans. Il avait épousé Grace Angélique Françoise Arazola d'Ognate et eut trois enfants, dont Jeanne Grace Bosc. Le 19 avril, Dame Marie-Gabrielle Le Clerc, veuve de François Baillet, Chevalier Marquis de Vaugrenant, décéda sans postérité à l'âge de 78 ans. Le 20 avril, Dame Claude Douet, épouse de François Boucot, Conseiller du Roi, mourut sans enfants. Le 21 avril, Dom Louis Le Roy, Général de l'Ordre des Feuillants, décéda à Paris à l'âge de 67 ans. Le 22 avril, Nicolas de Neufville, Duc de Villeroy, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant Général des Armées et Gouverneur des provinces de Lyonnois, Forez et Beaujolais, mourut subitement d'une attaque d'apoplexie à Paris à l'âge de 71 ans. Il avait une carrière militaire distinguée et était père de quatre enfants, dont Louis François Anne de Neufville, Duc de Retz. Le 24 avril, Amable Baisle, Chapelain Ordinaire du Roi, mourut à Paris à l'âge de 94 ans. Le 27 avril, Mademoiselle Noblet de Romery, âgée d'environ 18 ans, décéda de la petite vérole. En avril 1734, le Comte de Vertillac mourut en Périgord à l'âge de 85 ans, laissant des enfants. La Dame Le Boulanger, femme de Maître des Comptes, mourut en couches à Paris. Dame Anne Angélique de la Barre, veuve de Nicolas Charpy, décéda à l'âge de 52 ans. François-Théodore des Vignes, Chevalier et Gentilhomme de la Chambre du Roi de Pologne, mourut à son château de Chuffort à l'âge d'environ 71 ans, laissant deux enfants. Le 7 mai, Dame Jeanne Gallon, veuve de l'Intendant Général de la Marine Antoine-François Phélypeaux, décéda à Paris, laissant deux enfants. Le même jour, Pierre Paulmier de La Buccaille, Seigneur de Prestreval, mourut à Rouen. Charles Eugène de Lévis, Duc de Lévis, Pair de France, décéda à Paris à l'âge de 65 ans. Il a servi dans l'armée dès 1688, participant à de nombreuses batailles et sièges, et a atteint le grade de Lieutenant Général des Armées du Roi. Il a également été Gouverneur de plusieurs provinces et a été fait Chevalier des Ordres du Roi. Il laisse deux filles, Geneviève Paulmier de la Bucaille et Charlotte Paulmier de la Bucaille, toutes deux mariées à des nobles. Philippe Langlois, Seigneur de Pommeuse, Conseiller du Roi et Grand-Auditeur de France, décéda à l'âge d'environ 73 ans. Il avait épousé Louise Sandrier en 1701 et, après son décès en 1715, s'est remarié avec Charlotte de Ricoüart en 1718. Il laisse trois fils de son premier mariage. Françoise Le Tellier, veuve de Pierre Vallée, fut inhumée à l'âge de 95 ans. Noël Falconnet, célèbre Docteur en Médecine et Doyen du Collège des Médecins de Lyon, décéda à l'âge de 90 ans. Il laisse un fils, Camille Falconnet, qui lui succède dans ses charges. Jules-Louis Jean-Claude de la Marck, Colonel d'un régiment d'infanterie allemand au service du Roi, décéda à l'âge de 2 ans et 7 mois. Dame Anne-Victoire de Saint Chamant, épouse de Robert de Pierrepont, décéda à l'âge de 38 ans sans avoir eu d'enfant. Anne-François-Joseph, Marquis de Bassompierre, Capitaine dans le Régiment du Roi Infanterie, décéda à l'âge d'environ 48 ans. Il était marié à Marie-Éléonor d'Oglethorp et laisse deux sœurs comme héritières.
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753
p. 1041-1046
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ORDONNANCE DU ROY, du 10. Février, concernant les Compagnies franches [...]
Mots clefs :
Troupes, Logis, Logements, Roi, Compagnies, Livres, Rentes, Maisons, Troupes de la Maison de Sa Majesté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
RDONNANCE DU ROY , du 10.
·
ches de la Marine par lequel S. M. ordonne qu'il
soit passé aux Capitaines dont les Compagnies.
seront complettes au premier Mars prochain
trois mois de paye pour chacun desdits Soldats ,
Outre et par dessus les vingt livres portées
par l'Ordonnance du 14. Décembre 1733.-
Sa Majesté ayant aussi égard à ce que les Capi
taines dont les Compagnies ont ordre de marcher
dans le courant de ce mois pour aller relever
celles qui sont dans les autres Ports ou Départe
mens , ne pourront les rendre complettes au.
premier Mars prochain ; elle accorde auxdits .
Capitaines un délai d'un mois après leur arrivée
dans le Port ou Département de leur nouvelle .
desti1042
MERCURE DE FRANCE
destination , voulant que ceux qui seront com
plets dans ledit temps , jouissent pareillement de
trois mois de paye de gratification.
AUTRE du 16. Février , portant deffenses
aux Capitaines de Bâtimens qui vont faire la Pêche
aux Côtes de l'Ile de Terre- neuve , et autres
embarquez sur lesdits Bâtimens , de traiter aucunes
Armies , munitions ni ferremens , avec les
Sauvages Esquimaux ,
ARREST du même jour , qui ordonne que
les Préposez par les sieurs Commissaires départis
pour le recouvrement du Dixiéme , seront tenus
de faire leurs diligences contre les dénommez
dans les Rôles , et d'en payer le montant de
tier en quartier , à peine d'y être contraints en
leur nom.
quar
Et que lesdits Préposez , durant leur gestion ,
seront taxez d'office sans pouvoir être augmentez
et exempts de Collecte , Tutelle , Curatelle ,
nomination à icelle, de la solidité et de la milice,
tant pour eux , que pour un de leurs enfans.
que
AUTRE du même jour , qui ordonne les
Détempteurs d'héritages chargez de rentes , se
ront tenus d'en déclarer le revenu er d'en payer
le Dixiéme , au moyen de quoi ils retiendront
le Dixiéme desdites rentes à leur profit ; et que.
les Détempteurs des Maisons deCampagne qu'ils
habitent et qui sont chargez de rentes , sans leur
procurer aucun revenu , retiendront aussi le Di
ziéme desdites rentes , qui sera payé à S. M.
EDIT DU ROY , portant réunion de la Ju
risdiction de la Prévôté de la Ville du Mans , à
celle
MAY. 1043 1724.
celle de la Sénechaussée de cette Ville. Donné à
Marly au mois de Janvier 1734. Registré en
Parlement le 3. Mars , par lequel S. M. ordonne
l'execution des 22. Articles contenus dans ledit
Edit , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 10. Mars ,
concernant le logement des Troupes de la Mai-
Son de Sa Majesté , par laquelle S. M. ordonne
ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Lorsque les quatre Compagnies des Gardes du
Corps de S. M. celles des Gendarmes , Chevaux-
Legers et les deux Compagnies des Mousquetai
res de sa Garde ordinaire , ainsi que les Régimens
des Gardes Françoises et Suisses , marcheront
à la suite de S. M. lorsqu'elle ira dans ses
Maisons Royales ou dans les autres voyages
qu'Elle pourroit faire, quelque cause que ce puisse
être , lesdites Troupes seront logées sous les ordres
du Grand- Maréchal des Logis , sur la route
de S. M. et dans les quartiers qui leur seront assignez
dans le lieu de sa résidence , ou aux environs
et l'assiette et distribution desdits logemens
sera faite par les Maréchaux et Fouriers desdits
logemens sera faite par les Maréchaux et Fourriers
des Logis de S. M. et au cas qu'il ne se
trouve pas de Maréchaux ou Fourriers des Logis
esdits quartiers , l'assiette et distribution des.
logemens sera faite par les Maires et Echevins .
II. Lorsque lesdites Troupes marcheront par
une autre route que celle du Roy , et qu'elle ne
sera cependant pas éloignéé de plus de quatre
lieues de celles de S. M. elles seront également
logées sous les odrres du Grand- Maréchal des
Logis
2044 MERCURE DE FRANCE
Logis , et la distribution des logemens sera faite
en la forme prescrite par l'Article cy - dessus ;
mais lorsque lesdites Troupes marcheront par
une route è.o.gnée de celle de S. M. de plus de
quatre lieues , elles seront logées par les Maires
et Echevins des Villes et Lieux , jusqu'à - ce qu'el
les soient arrivées aux quartiers qui leur aurant
été assignez par un Grand- Maréchal des Logis ,
dans le lieu de la résidence de . S. M. ou aux environs.
III. Lorsque lesdites Troupes de la Maison
de S. M. marcheront à sa suite , elles seront logées
, soit dans les routes qu'elles feront , soit
dans leurs quartiers , chez les personnes exemp
tes ou non exemptes , privilegiées ou non privi
• legiées ; en observant neanmoins de n'asseoir de
logemens chez les personnes exemptes et privile
giées , qu'autant qu'il ne s'en trouveroit pas as
sez de convenables chez les personnes non exemptes.
Veut et entend S. M. que les Ecclesiastiques
et Gentilshommes ne soient sujets au logement
desdites Troupes , pour les maisons qu'ils occu
pent personnellement , que dans le cas d'une né
cessité indispensable , et où il survien roit quel
que contestation sur le fait desdits logemens ,
soit de la part des Troupes de la Maison de S. M.
soit des Particuliers chez le quels elles seront lo
gées , elles seront portées au Grand- Maréchal
des Logis , lorsque le logement aura été fait sous
ses ordres , pour en être rendu compte à S. M.
ORDONNANCE de Police ; du 15. May ,
qui enjoint de faire creuser les Puits qui manquent
d'eau , par laquelle il est ordonné que dans
quinze jours il sera fait visite par les Commissaires
du Châtelet , chacun dans leur Quartier
•
accomMAY.
1731. 1045
accompagnez d'un Architecte , de tous les Puits
des Maisons étant dans leur Quartier , à l'effet
de connoître s'il y a de l'eau dans lesdits Puits ,
et en cas qu'il ne s'en trouve point , ils en dresse
ront procès verbal , et en consequence feront as
signer pardevant le Lieutenant General de Police
lesdits Proprietaires , pour y être pourvû ainsi
qu'il appartiendra ; si mieux n'aiment lesdits
Proprietaires donner leur soumission au Com.
missaire de faire creuser leursdits . Puits jusqu'à
P'eau , dans l'espace d'un mois , & c.
ARREST du 16. Mars , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Chefs Colleges des
Villes et Chastelienies de la Flandre Maritime , la
somme de 13oooo. livres par chacune année ,
tant et si long-temps que le Dixiéme aura lieu
les biens et revenus situez dans la Flandre Mari
time seront exempts de la levée de cette im
position.
AUTRE du 16. Mars , en faveur des Habitans
de la Ville d'Avignon et du Comtat Venaissin ,
par lequel S. M. ordonne l'execution des neuf
Articles contenus audit Arrêt.
AUTRE du 20. Mars , en interprétation de
celui du 17. Mars 1733. portant reglement sur
Marchandises en Pacotille , qui réduit à six pour
Ent la reteauë qui avoit été fixée à quatorze
pour
cent par ledit Arrêt du 17. Mars,
AUTRE du 23. Mars qui regle les droits qui
seront à l'avenir perçus à l'entrée du Royaume,
sur les Lins ' de toate qualité venant du Pays
Ettanger.
AU
1046 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Villes de Valencien
nes , le Quesnoy , Maubeuge , Bavay , Landrecy,
Avesnes, Givet , Philippeville , Mariembourg
et Condé , la somme de 14000c . livres par chacune
année , tant et si long-temps que le Dixiéme
aura lieu , les biens et revenus situez dans la
Province du Hainaut seront exempts de la levée
de cette imposition.
LETTRES PATENTES qui approuvent et
confirment les Déliberations du Clergé des 27.
Février et 12. Mars 1734. et lui permettent
d'emprunter à constitution de rente au denier
vingt , douze millions de livres. Données à Versailles
le 23. Mars 1734. Registrées en Parlement
le 30 .
RDONNANCE DU ROY , du 10.
·
ches de la Marine par lequel S. M. ordonne qu'il
soit passé aux Capitaines dont les Compagnies.
seront complettes au premier Mars prochain
trois mois de paye pour chacun desdits Soldats ,
Outre et par dessus les vingt livres portées
par l'Ordonnance du 14. Décembre 1733.-
Sa Majesté ayant aussi égard à ce que les Capi
taines dont les Compagnies ont ordre de marcher
dans le courant de ce mois pour aller relever
celles qui sont dans les autres Ports ou Départe
mens , ne pourront les rendre complettes au.
premier Mars prochain ; elle accorde auxdits .
Capitaines un délai d'un mois après leur arrivée
dans le Port ou Département de leur nouvelle .
desti1042
MERCURE DE FRANCE
destination , voulant que ceux qui seront com
plets dans ledit temps , jouissent pareillement de
trois mois de paye de gratification.
AUTRE du 16. Février , portant deffenses
aux Capitaines de Bâtimens qui vont faire la Pêche
aux Côtes de l'Ile de Terre- neuve , et autres
embarquez sur lesdits Bâtimens , de traiter aucunes
Armies , munitions ni ferremens , avec les
Sauvages Esquimaux ,
ARREST du même jour , qui ordonne que
les Préposez par les sieurs Commissaires départis
pour le recouvrement du Dixiéme , seront tenus
de faire leurs diligences contre les dénommez
dans les Rôles , et d'en payer le montant de
tier en quartier , à peine d'y être contraints en
leur nom.
quar
Et que lesdits Préposez , durant leur gestion ,
seront taxez d'office sans pouvoir être augmentez
et exempts de Collecte , Tutelle , Curatelle ,
nomination à icelle, de la solidité et de la milice,
tant pour eux , que pour un de leurs enfans.
que
AUTRE du même jour , qui ordonne les
Détempteurs d'héritages chargez de rentes , se
ront tenus d'en déclarer le revenu er d'en payer
le Dixiéme , au moyen de quoi ils retiendront
le Dixiéme desdites rentes à leur profit ; et que.
les Détempteurs des Maisons deCampagne qu'ils
habitent et qui sont chargez de rentes , sans leur
procurer aucun revenu , retiendront aussi le Di
ziéme desdites rentes , qui sera payé à S. M.
EDIT DU ROY , portant réunion de la Ju
risdiction de la Prévôté de la Ville du Mans , à
celle
MAY. 1043 1724.
celle de la Sénechaussée de cette Ville. Donné à
Marly au mois de Janvier 1734. Registré en
Parlement le 3. Mars , par lequel S. M. ordonne
l'execution des 22. Articles contenus dans ledit
Edit , &c .
ORDONNANCE DU ROY , du 10. Mars ,
concernant le logement des Troupes de la Mai-
Son de Sa Majesté , par laquelle S. M. ordonne
ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Lorsque les quatre Compagnies des Gardes du
Corps de S. M. celles des Gendarmes , Chevaux-
Legers et les deux Compagnies des Mousquetai
res de sa Garde ordinaire , ainsi que les Régimens
des Gardes Françoises et Suisses , marcheront
à la suite de S. M. lorsqu'elle ira dans ses
Maisons Royales ou dans les autres voyages
qu'Elle pourroit faire, quelque cause que ce puisse
être , lesdites Troupes seront logées sous les ordres
du Grand- Maréchal des Logis , sur la route
de S. M. et dans les quartiers qui leur seront assignez
dans le lieu de sa résidence , ou aux environs
et l'assiette et distribution desdits logemens
sera faite par les Maréchaux et Fouriers desdits
logemens sera faite par les Maréchaux et Fourriers
des Logis de S. M. et au cas qu'il ne se
trouve pas de Maréchaux ou Fourriers des Logis
esdits quartiers , l'assiette et distribution des.
logemens sera faite par les Maires et Echevins .
II. Lorsque lesdites Troupes marcheront par
une autre route que celle du Roy , et qu'elle ne
sera cependant pas éloignéé de plus de quatre
lieues de celles de S. M. elles seront également
logées sous les odrres du Grand- Maréchal des
Logis
2044 MERCURE DE FRANCE
Logis , et la distribution des logemens sera faite
en la forme prescrite par l'Article cy - dessus ;
mais lorsque lesdites Troupes marcheront par
une route è.o.gnée de celle de S. M. de plus de
quatre lieues , elles seront logées par les Maires
et Echevins des Villes et Lieux , jusqu'à - ce qu'el
les soient arrivées aux quartiers qui leur aurant
été assignez par un Grand- Maréchal des Logis ,
dans le lieu de la résidence de . S. M. ou aux environs.
III. Lorsque lesdites Troupes de la Maison
de S. M. marcheront à sa suite , elles seront logées
, soit dans les routes qu'elles feront , soit
dans leurs quartiers , chez les personnes exemp
tes ou non exemptes , privilegiées ou non privi
• legiées ; en observant neanmoins de n'asseoir de
logemens chez les personnes exemptes et privile
giées , qu'autant qu'il ne s'en trouveroit pas as
sez de convenables chez les personnes non exemptes.
Veut et entend S. M. que les Ecclesiastiques
et Gentilshommes ne soient sujets au logement
desdites Troupes , pour les maisons qu'ils occu
pent personnellement , que dans le cas d'une né
cessité indispensable , et où il survien roit quel
que contestation sur le fait desdits logemens ,
soit de la part des Troupes de la Maison de S. M.
soit des Particuliers chez le quels elles seront lo
gées , elles seront portées au Grand- Maréchal
des Logis , lorsque le logement aura été fait sous
ses ordres , pour en être rendu compte à S. M.
ORDONNANCE de Police ; du 15. May ,
qui enjoint de faire creuser les Puits qui manquent
d'eau , par laquelle il est ordonné que dans
quinze jours il sera fait visite par les Commissaires
du Châtelet , chacun dans leur Quartier
•
accomMAY.
1731. 1045
accompagnez d'un Architecte , de tous les Puits
des Maisons étant dans leur Quartier , à l'effet
de connoître s'il y a de l'eau dans lesdits Puits ,
et en cas qu'il ne s'en trouve point , ils en dresse
ront procès verbal , et en consequence feront as
signer pardevant le Lieutenant General de Police
lesdits Proprietaires , pour y être pourvû ainsi
qu'il appartiendra ; si mieux n'aiment lesdits
Proprietaires donner leur soumission au Com.
missaire de faire creuser leursdits . Puits jusqu'à
P'eau , dans l'espace d'un mois , & c.
ARREST du 16. Mars , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Chefs Colleges des
Villes et Chastelienies de la Flandre Maritime , la
somme de 13oooo. livres par chacune année ,
tant et si long-temps que le Dixiéme aura lieu
les biens et revenus situez dans la Flandre Mari
time seront exempts de la levée de cette im
position.
AUTRE du 16. Mars , en faveur des Habitans
de la Ville d'Avignon et du Comtat Venaissin ,
par lequel S. M. ordonne l'execution des neuf
Articles contenus audit Arrêt.
AUTRE du 20. Mars , en interprétation de
celui du 17. Mars 1733. portant reglement sur
Marchandises en Pacotille , qui réduit à six pour
Ent la reteauë qui avoit été fixée à quatorze
pour
cent par ledit Arrêt du 17. Mars,
AUTRE du 23. Mars qui regle les droits qui
seront à l'avenir perçus à l'entrée du Royaume,
sur les Lins ' de toate qualité venant du Pays
Ettanger.
AU
1046 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , qui ordonne qu'en
payant par les Magistrats des Villes de Valencien
nes , le Quesnoy , Maubeuge , Bavay , Landrecy,
Avesnes, Givet , Philippeville , Mariembourg
et Condé , la somme de 14000c . livres par chacune
année , tant et si long-temps que le Dixiéme
aura lieu , les biens et revenus situez dans la
Province du Hainaut seront exempts de la levée
de cette imposition.
LETTRES PATENTES qui approuvent et
confirment les Déliberations du Clergé des 27.
Février et 12. Mars 1734. et lui permettent
d'emprunter à constitution de rente au denier
vingt , douze millions de livres. Données à Versailles
le 23. Mars 1734. Registrées en Parlement
le 30 .
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Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le texte présente diverses ordonnances et arrêts royaux émanant du roi de France. Le 10 février, une ordonnance royale accorde trois mois de paye supplémentaires aux capitaines dont les compagnies seront complètes au 1er mars, avec un délai supplémentaire d'un mois pour ceux dont les compagnies doivent partir pour relever d'autres unités. Le 16 février, plusieurs arrêts sont promulgués : l'un interdit aux capitaines de bâtiments de pêche et à leurs équipages de traiter avec les Esquimaux, un autre ordonne aux préposés des commissaires de recouvrer le dixième des rentes et de payer les montants en quartiers, tout en les exemptant de certaines charges et taxes. Un autre arrêt du même jour oblige les détenteurs d'héritages et de maisons de campagne à déclarer les revenus et à payer le dixième des rentes. Le 10 mai 1734, un édit royal réunit la juridiction de la prévôté de la ville du Mans à celle de la sénéchaussée. Le 10 mars, une ordonnance royale régit le logement des troupes royales lors des déplacements du roi, sous les ordres du Grand-Maréchal des Logis. Le 15 mai 1731, une ordonnance de police ordonne la visite des puits pour vérifier la présence d'eau et en faire creuser de nouveaux si nécessaire. Le 16 mars, un arrêt exonère les biens de la Flandre Maritime du dixième en échange d'un paiement annuel et confirme l'exécution de neuf articles en faveur des habitants d'Avignon et du Comtat Venaissin. Le 20 mars, un arrêt réduit le taux de la retaxe sur les marchandises en pacotille. Le 23 mars, un arrêt régit les droits perçus sur les lins étrangers et exonère les biens du Hainaut du dixième en échange d'un paiement annuel. Enfin, des lettres patentes approuvent les délibérations du clergé pour emprunter douze millions de livres.
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754
p. 1204-1211
POLOGNE.
Début :
On apprend de Dantzig que la nuit du 7. au 8. Mai, les Moscovites pousserent leurs [...]
Mots clefs :
Troupes, Gdańsk, Siège de Dantzig, Fort de Wechselmunde, Pièces de canon, Ennemis, Roi, Ville, Moscovites, Camp, Attaque, Feu, Comte de Munich
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
N apprend de Dantzick que la nuit du 7.
au 3.
au 8. Mai , les- Moscovites pousserent leurs
approches jusqu'à une petite distance du Fort de
Wechselmunde , et qu'ils avoient commencé une
parallele pour ôter à ce Fort toute communication
du côté de la terre ; mais le 8. et les jouts
suivans on fit un si grand feu sur les travaux
qu'on en ruina la plus grande partie , en sorte
que leurs Travailleurs et les Troupes qui les soutenoient
furent obligés d'abandonner leur entreprise.
Le 8. le Comte de Munich , le General Lesci
et le Major General Biron , à la tête d'un détachement
de Cosaques , s'avancerent à la portée
du fusil , de la Montagne de Hahelsberg , afin de
reconnoître le Fort et les autres Ouvrages qui sont
construits sur la hauteur , et dont les Assicgeans
avoient formé le dessein de s'emparer.
1
I. Vo! Le
JUIN. I - 34. 1205
Le General Moscovite ayant trouvé que le côté
droit de la Montagne étoit très - escarpé , et presque
inaccessible , que d'ailleurs il étoit défendu
par un Ouvrage à Corne regulier , avec un Ravelin
et une Contrescarpe qui couvroit le principal
Rempart et le Ravelin jusqu'au Parapet , et que
toutes ces fortifications étoient pallissadées et
munies d'un grand nombre de pieces de canon ,
il se détermina à faire son attaque par le côté
gauche , dont les fortifications , qui ne sont que
de terre , n'ont ni chemins couverts , ni contrescarpe
, et ne sont environnées que d'un Fossé
sec.
Les Ennemis firent le lendemain toutes les dispositions
necessaires pour executer leur projet ,
et à 10. heures du soir 3000. hommes que le
Comte de Munich avoit commandés pour attaquer
l'Ouvrage qu'il avoit jugé le plus facile à
eimporter, s'assemblerent près de Siganskenberg,
où ils prirent leurs facines et leurs échelles , mar
chant sur trois colones ; et pour faciliter la veritable
attaque , ils en firent trois en même- tems,
P'une du côté de Schiedlitz , l'autre de celui du
Bissehapsberg , et la troisiéme de l'autre côté de
la Vistule ; mais ayant été repoussés de toutes
parts , ils réunirent leurs forces du côté qu'ils
avoient resolu d'attaquer ; et après avoir arraché
les premieres Pallissades et avoir passé le
Fossé , ils monterent à l'assaut , et se rendirent
maîtres d'une Batterie de six pieces de canon ;
mais les Troupes qui défendoient ce poste , chargerent
les Ennemis si à propos et avec tant de
valeur , qu'elles les contraignirent bientôt de l'abandonner.
Les Moscovites , malgré ce mauvais succès , se
préparoient à donner un second assaut , lorsqu'ils
1. Vol furcat
1206 MERCURE DE FRANCE
furent attaqués en flanc par un corps de Troupes
que le Roi avoit fait sortir de la Ville. Ils soutinrent
pendant quelque tems le feu qu'ils avoient
à essuyer de deux côtés , et ils ne prirent le parti de
se retirer qu'après que tous les Officiers qui le
commandoient eurent été tués .
La perte que les Assiegeans ont faite en cette
occasion , et qui monte à 1000. hommes , est
d'autant plus considerable que leur entreprise a
couté la vie à la plupart de leurs Officiers les plus
distingués , par le rang ou par la, bravoure , et à
tous leurs Ingenieurs .
Des Lettres de Dantzick , sur la fin du mois
dernier , marquent qu'une partie des Troupes
que le Roi de France y envoye étoit arrivée le
10. à la Rade de cette Ville , et que le même jour
on avoit commencé le débarquement , mais on
a appris depuis que ces Troupes n'étant pas en
assez grand nombre pour aller attaquer les Moscovites
, et pour pouvoir penetrer dans la Ville ,
étoient retournées à la Rade de Coppenhague ,
où elles avoient trouvé un nouveau corps de
Troupes Françoises , que les vents contraires ý
avoient retenu. D'autres Lettres, marquent que
toutes ces Troupes étoient parties de Coppenhague
le 21. Mai , sous l'escorte de cinq Vaisseaux
de Guerre pour se rendre à Dantzick , et que le
Comte de Plelo , Ambassadeur du Roi de France
, auprès du Roi de Dannemarck' , s'étoit embarqué
avec ces Troupes. :
Le Comte de Munich ayant été averti du pre
mier débarquement , fit marcher la plus grande
partie de son Armée pour être en état d'empêcher
ces Troupes de penetrer dans la Ville .La nuit suivante
les Ennemis travaillerent à perfectionner la
parallele qu'ils avoient commencé , dans le des
I.Vol.
Scin
JUIN. 1734. 1207
-
sein d'oter au Fort de Wechselmunde toute communication
du côté de la terre , et le feu continuel
qu'ils eurent à essuyer ne les empêcha pas
de continuer leurs travaux , qui se trouverent le
lendemain fort avancés.
Le 11. le Comte de Murich ordonna qu'on
augmentât le nombre des Travailleurs employés
à interrompre la navigation de la Vistule, et qu'on
tendît des cables de distance en distance , afin de
fermer le passage aux petits Bâtimens.
Les Assiegeans commencerent le 12. à élever
deux redoutes aux extremités de la parallele ,
qu'ils avoient tracée près du Fort de Wechselmunde
, et ils en perfectionnerent deux autres , ausquels
ils travailloient depuis plusieurs jours sur
le bord de la mer.
Le 13. les Troupes Françoises se rembarquerent
pour Coppenhague , comme on vient de le dire.
Les Ennemis emporterent le 14. quelques Ouvrages
peu considerables près de Stoltzemberg ,
et après s'y être établis , ils commencerent une
ligne de communication entre ce poste et celui
de Schiellitz.
Le Regiment de Bello Cher , qui vient de
Varsovie , arriva le même jour dans leur Camp.
Les Assiegeans acheverent le 17. le retranchement
qu'ils ont fait pour enfermer une partie du
Fort de Wechselmunde , et qui est couvert de
de plusieurs redoutes , et fortifié par divers épaulemens
depuis la Vistule jusqu'à la Mer. Ils construisirent
aussi une redoute en deçà de la Riviere ,
vis - à- vis le Winsterschantz , et ils tirerent une
ligne pour communiquer de cette redoute au Canal
de Botsmantslache. Le soir le Roi fit mettre
le feu à quelques maisons qui étoient bâties sur
le Stoltzemberg , et qui pouvoient fa , riser les
approches des ennemis. On
1208 MERCURE DE FRANCE
On apprend par les Lettres du commencement
de ce mois , que l'Escadre avec les Troupes Françoises
partie de Coppenhague le 21. Mai , étoit
arrivée le 23. au matin à la Rade de Dantzick ,
sous l'escomte de 5. Vaisseaux de guerre ; que
' ces Troupes avoient débarqué sans opposition ,
et qu'elles étoient campées au Fahrwasser ,
le canon du Fort de Wechselmunde ,
sous
Le Comte de Munich jugeant que ces Troupes
attaqueroient les Assiegeans et les retranchemens
qu'ils ont faits pour enfermer le Fort , donna
ordre au Major General Vrushof de s'avancer
vers Nehrung avec trois Regimens de Dragons ,
et il renforça les postes qui étoient les plus exposés
.
Le 27. Mai les Troupes Françoises , après
avoir donné les signaux pour avertir la Garnison
de Dantzick , de favoriser l'attaque à laquelle
elles se disposoisnt , sortirent de leur Camp,
et ayant marché sur trois colones , elles attaquerent
les retranchemens des Moscovites. Les François
arracherent les Pallissades et forcerent la
Barriere ; mais les Troupes qui défendoient ce
retranchement , leur étant fort superieures en
nombre , ils furent obligés de se retirer dans leur
Camp.
Le Major General Vrushofa, aussitôt après leur
retraite, marcha avec les trois Regimens de Dragons
qu'il commandoit , contre les Troupes qui
étoient sorties de la Ville pour attaquer le même
retranchement , et qui ayant à combattre plusieurs
détachemens que le Comte de Munich
avoit fait avancer pour soutenir les Moscovites,
prirent le parti de rentrer dans la Ville.
Le Comte de Plelo a été tué à l'attaque de ce
retranchement , et les François y ont perdu 60.
hommes. Le
JUIN. 1724. 1209
Le Corps des Troupes Saxones , que commande
le Duc de Saxe Wesseinfels , et qui est composé
de 8. Bataillons et 22 Escadrons , arriva le
25. et le 26. à Langefurt , où l'Electeur de Saxe
a envoyé plusieurs pieces de canon , et quelques
Ingenieurs destinez à servir dans le Camp des
Assiegeans..
Le Roia quitté le Palais qu'il occupoit , pour
aller demeurer dans la maison de M. Ossalinski ,
Grand Tresorier de la Couronne , située dans
le quartier de Lang- Carten , et Sa Majesté qui
continue de jouir d'une parfaite santé , visite regulierement
tous les jours les principaux postes,
er anime les Troupes par son empressement à se
transporter dans tous les lieux où leur presence
est necessaire .
Pendant les deux jours qu'a duré une suspension
d'armes dont on étoit convenu avec les Ennemis,
les Magistrats de Dantzick ont fait nettoyer la
Ville , et renouvelier le fumier avec lequel on
avoit couvert les maisons. Ils ont eu aussi pendant
ce tems plusieurs conferences avec M. de
Brand , Ministre du Roi de Prusse , qui étoit
venu leur faire quelques propositions de la part
de S M Prussienne
Les Ennemis ont ajouté deux re loutes au retranchement
qui enferme la plus grande partie
du Fort de Wechselmunde , et ils l'ont fortifié de
plusieurs épaulemens défendus par de fortes Palissades.
La batterie sur le Vinsterschantz fait un feu'
continuel sur la redoute qu'ils ont construite en
deçà de la Riviere , vis à - vis de ce poste , et sur
la ligne de communication qu'ils ont tracée depais
cette redoute jusqu'au Canal de Bostmantslache
, et l'on a détruit une partie des travaux
qu'ils avoient fait de ce côté.
Le 3.
1210 MERCURE DE FRANCE
Le
3.
de ce mois, le Roi fit sortir de Dantzick
un détachement considerable de la Garnison , lequel
ayant attaqué les Ouvrages que les Moscovites
ont construits vis - à - vis de Hagelsberg
ruina une partie de leurs fravaux , encloua deux
pieces de canon et un mortier , tua un grand
nombre de ceux qui défendoient ces Ouvrages ,
et fit plusieurs Prisonniers de guerre.
On croit que les Troupes Françoises qui sont
toujours campées sous le canon du Fort de Wechselmunde
, se disposent à faire une nouvelle
tentative pour forcer les retranchemens des Assiegeans
, et pour penetrer dans la Ville , dont
les Habitans marquent toujours tant de zele
pour le Roi et pour les interêts de la Nation
que la pluspart de ceux qui sont en état de porter
les Armes , ont demandé la permission desuivre
à l'avenir tous les Détachemens qui feroient
des sorties.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, est arrivé au commencement de ce mois
dans la Prusse Polonoise , et l'Armée qu'il commande
ayant été renforcée par les differens
Corps que le Palatin de Lublin , le Palatin de Lubelski
, et le Staroste Rudzinski , ont sous leurs
ordres , est composé d'environ 40000. hommes.
Ce General s'est mis en état , par les postes qu'il
occupe , d'empêcher le Corps de Troupes Moscovites
, qui est parti de Varsovie , d'arriver au
Camp des Ennemis ; et comme il n'aura besoin
que de la moindre partie de ses forces pour empêcher
ces Troupes de se joindre aux Assiegeans,
on compte qu'il marchera avec le reste de son
Armée pour attaquer les Ennemis.
Le Comee de Munich , allarmé de l'approche
des Troupes Polonoises , a donné ordre au Ge-
1. Vol. neral
JUIN. 1734. 1211
neral Lesci , de faire augmenter les retranchements
du quartier où il commande , et il a fait
revenir à son Camp les Troupes qu'il avoit mises
en garnison dans Thorn et dans Elbing.
N apprend de Dantzick que la nuit du 7.
au 3.
au 8. Mai , les- Moscovites pousserent leurs
approches jusqu'à une petite distance du Fort de
Wechselmunde , et qu'ils avoient commencé une
parallele pour ôter à ce Fort toute communication
du côté de la terre ; mais le 8. et les jouts
suivans on fit un si grand feu sur les travaux
qu'on en ruina la plus grande partie , en sorte
que leurs Travailleurs et les Troupes qui les soutenoient
furent obligés d'abandonner leur entreprise.
Le 8. le Comte de Munich , le General Lesci
et le Major General Biron , à la tête d'un détachement
de Cosaques , s'avancerent à la portée
du fusil , de la Montagne de Hahelsberg , afin de
reconnoître le Fort et les autres Ouvrages qui sont
construits sur la hauteur , et dont les Assicgeans
avoient formé le dessein de s'emparer.
1
I. Vo! Le
JUIN. I - 34. 1205
Le General Moscovite ayant trouvé que le côté
droit de la Montagne étoit très - escarpé , et presque
inaccessible , que d'ailleurs il étoit défendu
par un Ouvrage à Corne regulier , avec un Ravelin
et une Contrescarpe qui couvroit le principal
Rempart et le Ravelin jusqu'au Parapet , et que
toutes ces fortifications étoient pallissadées et
munies d'un grand nombre de pieces de canon ,
il se détermina à faire son attaque par le côté
gauche , dont les fortifications , qui ne sont que
de terre , n'ont ni chemins couverts , ni contrescarpe
, et ne sont environnées que d'un Fossé
sec.
Les Ennemis firent le lendemain toutes les dispositions
necessaires pour executer leur projet ,
et à 10. heures du soir 3000. hommes que le
Comte de Munich avoit commandés pour attaquer
l'Ouvrage qu'il avoit jugé le plus facile à
eimporter, s'assemblerent près de Siganskenberg,
où ils prirent leurs facines et leurs échelles , mar
chant sur trois colones ; et pour faciliter la veritable
attaque , ils en firent trois en même- tems,
P'une du côté de Schiedlitz , l'autre de celui du
Bissehapsberg , et la troisiéme de l'autre côté de
la Vistule ; mais ayant été repoussés de toutes
parts , ils réunirent leurs forces du côté qu'ils
avoient resolu d'attaquer ; et après avoir arraché
les premieres Pallissades et avoir passé le
Fossé , ils monterent à l'assaut , et se rendirent
maîtres d'une Batterie de six pieces de canon ;
mais les Troupes qui défendoient ce poste , chargerent
les Ennemis si à propos et avec tant de
valeur , qu'elles les contraignirent bientôt de l'abandonner.
Les Moscovites , malgré ce mauvais succès , se
préparoient à donner un second assaut , lorsqu'ils
1. Vol furcat
1206 MERCURE DE FRANCE
furent attaqués en flanc par un corps de Troupes
que le Roi avoit fait sortir de la Ville. Ils soutinrent
pendant quelque tems le feu qu'ils avoient
à essuyer de deux côtés , et ils ne prirent le parti de
se retirer qu'après que tous les Officiers qui le
commandoient eurent été tués .
La perte que les Assiegeans ont faite en cette
occasion , et qui monte à 1000. hommes , est
d'autant plus considerable que leur entreprise a
couté la vie à la plupart de leurs Officiers les plus
distingués , par le rang ou par la, bravoure , et à
tous leurs Ingenieurs .
Des Lettres de Dantzick , sur la fin du mois
dernier , marquent qu'une partie des Troupes
que le Roi de France y envoye étoit arrivée le
10. à la Rade de cette Ville , et que le même jour
on avoit commencé le débarquement , mais on
a appris depuis que ces Troupes n'étant pas en
assez grand nombre pour aller attaquer les Moscovites
, et pour pouvoir penetrer dans la Ville ,
étoient retournées à la Rade de Coppenhague ,
où elles avoient trouvé un nouveau corps de
Troupes Françoises , que les vents contraires ý
avoient retenu. D'autres Lettres, marquent que
toutes ces Troupes étoient parties de Coppenhague
le 21. Mai , sous l'escorte de cinq Vaisseaux
de Guerre pour se rendre à Dantzick , et que le
Comte de Plelo , Ambassadeur du Roi de France
, auprès du Roi de Dannemarck' , s'étoit embarqué
avec ces Troupes. :
Le Comte de Munich ayant été averti du pre
mier débarquement , fit marcher la plus grande
partie de son Armée pour être en état d'empêcher
ces Troupes de penetrer dans la Ville .La nuit suivante
les Ennemis travaillerent à perfectionner la
parallele qu'ils avoient commencé , dans le des
I.Vol.
Scin
JUIN. 1734. 1207
-
sein d'oter au Fort de Wechselmunde toute communication
du côté de la terre , et le feu continuel
qu'ils eurent à essuyer ne les empêcha pas
de continuer leurs travaux , qui se trouverent le
lendemain fort avancés.
Le 11. le Comte de Murich ordonna qu'on
augmentât le nombre des Travailleurs employés
à interrompre la navigation de la Vistule, et qu'on
tendît des cables de distance en distance , afin de
fermer le passage aux petits Bâtimens.
Les Assiegeans commencerent le 12. à élever
deux redoutes aux extremités de la parallele ,
qu'ils avoient tracée près du Fort de Wechselmunde
, et ils en perfectionnerent deux autres , ausquels
ils travailloient depuis plusieurs jours sur
le bord de la mer.
Le 13. les Troupes Françoises se rembarquerent
pour Coppenhague , comme on vient de le dire.
Les Ennemis emporterent le 14. quelques Ouvrages
peu considerables près de Stoltzemberg ,
et après s'y être établis , ils commencerent une
ligne de communication entre ce poste et celui
de Schiellitz.
Le Regiment de Bello Cher , qui vient de
Varsovie , arriva le même jour dans leur Camp.
Les Assiegeans acheverent le 17. le retranchement
qu'ils ont fait pour enfermer une partie du
Fort de Wechselmunde , et qui est couvert de
de plusieurs redoutes , et fortifié par divers épaulemens
depuis la Vistule jusqu'à la Mer. Ils construisirent
aussi une redoute en deçà de la Riviere ,
vis - à- vis le Winsterschantz , et ils tirerent une
ligne pour communiquer de cette redoute au Canal
de Botsmantslache. Le soir le Roi fit mettre
le feu à quelques maisons qui étoient bâties sur
le Stoltzemberg , et qui pouvoient fa , riser les
approches des ennemis. On
1208 MERCURE DE FRANCE
On apprend par les Lettres du commencement
de ce mois , que l'Escadre avec les Troupes Françoises
partie de Coppenhague le 21. Mai , étoit
arrivée le 23. au matin à la Rade de Dantzick ,
sous l'escomte de 5. Vaisseaux de guerre ; que
' ces Troupes avoient débarqué sans opposition ,
et qu'elles étoient campées au Fahrwasser ,
le canon du Fort de Wechselmunde ,
sous
Le Comte de Munich jugeant que ces Troupes
attaqueroient les Assiegeans et les retranchemens
qu'ils ont faits pour enfermer le Fort , donna
ordre au Major General Vrushof de s'avancer
vers Nehrung avec trois Regimens de Dragons ,
et il renforça les postes qui étoient les plus exposés
.
Le 27. Mai les Troupes Françoises , après
avoir donné les signaux pour avertir la Garnison
de Dantzick , de favoriser l'attaque à laquelle
elles se disposoisnt , sortirent de leur Camp,
et ayant marché sur trois colones , elles attaquerent
les retranchemens des Moscovites. Les François
arracherent les Pallissades et forcerent la
Barriere ; mais les Troupes qui défendoient ce
retranchement , leur étant fort superieures en
nombre , ils furent obligés de se retirer dans leur
Camp.
Le Major General Vrushofa, aussitôt après leur
retraite, marcha avec les trois Regimens de Dragons
qu'il commandoit , contre les Troupes qui
étoient sorties de la Ville pour attaquer le même
retranchement , et qui ayant à combattre plusieurs
détachemens que le Comte de Munich
avoit fait avancer pour soutenir les Moscovites,
prirent le parti de rentrer dans la Ville.
Le Comte de Plelo a été tué à l'attaque de ce
retranchement , et les François y ont perdu 60.
hommes. Le
JUIN. 1724. 1209
Le Corps des Troupes Saxones , que commande
le Duc de Saxe Wesseinfels , et qui est composé
de 8. Bataillons et 22 Escadrons , arriva le
25. et le 26. à Langefurt , où l'Electeur de Saxe
a envoyé plusieurs pieces de canon , et quelques
Ingenieurs destinez à servir dans le Camp des
Assiegeans..
Le Roia quitté le Palais qu'il occupoit , pour
aller demeurer dans la maison de M. Ossalinski ,
Grand Tresorier de la Couronne , située dans
le quartier de Lang- Carten , et Sa Majesté qui
continue de jouir d'une parfaite santé , visite regulierement
tous les jours les principaux postes,
er anime les Troupes par son empressement à se
transporter dans tous les lieux où leur presence
est necessaire .
Pendant les deux jours qu'a duré une suspension
d'armes dont on étoit convenu avec les Ennemis,
les Magistrats de Dantzick ont fait nettoyer la
Ville , et renouvelier le fumier avec lequel on
avoit couvert les maisons. Ils ont eu aussi pendant
ce tems plusieurs conferences avec M. de
Brand , Ministre du Roi de Prusse , qui étoit
venu leur faire quelques propositions de la part
de S M Prussienne
Les Ennemis ont ajouté deux re loutes au retranchement
qui enferme la plus grande partie
du Fort de Wechselmunde , et ils l'ont fortifié de
plusieurs épaulemens défendus par de fortes Palissades.
La batterie sur le Vinsterschantz fait un feu'
continuel sur la redoute qu'ils ont construite en
deçà de la Riviere , vis à - vis de ce poste , et sur
la ligne de communication qu'ils ont tracée depais
cette redoute jusqu'au Canal de Bostmantslache
, et l'on a détruit une partie des travaux
qu'ils avoient fait de ce côté.
Le 3.
1210 MERCURE DE FRANCE
Le
3.
de ce mois, le Roi fit sortir de Dantzick
un détachement considerable de la Garnison , lequel
ayant attaqué les Ouvrages que les Moscovites
ont construits vis - à - vis de Hagelsberg
ruina une partie de leurs fravaux , encloua deux
pieces de canon et un mortier , tua un grand
nombre de ceux qui défendoient ces Ouvrages ,
et fit plusieurs Prisonniers de guerre.
On croit que les Troupes Françoises qui sont
toujours campées sous le canon du Fort de Wechselmunde
, se disposent à faire une nouvelle
tentative pour forcer les retranchemens des Assiegeans
, et pour penetrer dans la Ville , dont
les Habitans marquent toujours tant de zele
pour le Roi et pour les interêts de la Nation
que la pluspart de ceux qui sont en état de porter
les Armes , ont demandé la permission desuivre
à l'avenir tous les Détachemens qui feroient
des sorties.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, est arrivé au commencement de ce mois
dans la Prusse Polonoise , et l'Armée qu'il commande
ayant été renforcée par les differens
Corps que le Palatin de Lublin , le Palatin de Lubelski
, et le Staroste Rudzinski , ont sous leurs
ordres , est composé d'environ 40000. hommes.
Ce General s'est mis en état , par les postes qu'il
occupe , d'empêcher le Corps de Troupes Moscovites
, qui est parti de Varsovie , d'arriver au
Camp des Ennemis ; et comme il n'aura besoin
que de la moindre partie de ses forces pour empêcher
ces Troupes de se joindre aux Assiegeans,
on compte qu'il marchera avec le reste de son
Armée pour attaquer les Ennemis.
Le Comee de Munich , allarmé de l'approche
des Troupes Polonoises , a donné ordre au Ge-
1. Vol. neral
JUIN. 1734. 1211
neral Lesci , de faire augmenter les retranchements
du quartier où il commande , et il a fait
revenir à son Camp les Troupes qu'il avoit mises
en garnison dans Thorn et dans Elbing.
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Résumé : POLOGNE.
En mai 1734, les Moscovites avancèrent jusqu'au Fort de Wechselmunde et commencèrent à couper ses communications terrestres. Les défenseurs ripostèrent par un feu intense, forçant les Moscovites à abandonner leurs travaux. Le 8 mai, des officiers, dont le Comte de Munich, reconnurent les fortifications ennemies. Les Moscovites décidèrent d'attaquer par le côté gauche, moins fortifié. Le 9 mai, 3000 hommes attaquèrent les ouvrages mais furent repoussés après avoir pris une batterie de canons, subissant de lourdes pertes, y compris de nombreux officiers. Des troupes françaises arrivèrent à Dantzick mais retournèrent à Coppenhague faute de nombre suffisant. Elles repartirent le 21 mai sous escorte navale. Le Comte de Munich mobilisa ses troupes pour empêcher leur entrée dans la ville. Les Moscovites continuèrent leurs travaux de siège, construisant des redoutes et des lignes de communication. Le 27 mai, les troupes françaises attaquèrent les retranchements moscovites mais furent repoussées, et le Comte de Plelo fut tué. En juin, des troupes saxonnes arrivèrent à Langefurt pour renforcer les assiégeants. Le roi de Pologne visita régulièrement les postes et anima les troupes. Pendant une suspension d'armes, les magistrats de Dantzick nettoyèrent la ville et eurent des conférences avec un ministre prussien. Les Moscovites renforcèrent leurs retranchements autour du Fort de Wechselmunde. Le 3 juin, un détachement de Dantzick attaqua les ouvrages moscovites, causant des dégâts et faisant des prisonniers. Les troupes françaises se préparaient à une nouvelle tentative pour forcer les retranchements. Le Comte Potocki, avec une armée de 40 000 hommes, empêcha les renforts moscovites d'atteindre le camp ennemi. Le Comte de Munich renforça les retranchements et rappela les troupes de Thorn et Elbing.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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755
p. 1223-1224
ARMÉE D'ITALIE.
Début :
Les Troupes du Roy et celles du Roy de Sardaigne, occupoient encore à la fin du mois [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Détachement, Lieutenant général, Comte, Marquis, Maréchal duc de Villars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE.
ARME'E D'ITALI E. #
Troupes du Roy et celles du Roy de Sar
Ldaigne , occupoient encore à la fin du mois
dernier , les differens postes dans lesquels elles
étoient distribuées ; une partie étoit campée sur
la gauche du Po depuis Casal Maggior_jusqu'à
P'Oglio , l'autre partie le long de cette Riviereet
le reste dans les retranchements formez à la
tête des Ponts de Sacca , pour assurer la communication
avec le Parmesan .
Le Marquis de Cadrieu , Lieutenant General,,
a été envoyé à Parme pour mettre cette Place en
I Vol. Hvi Sú
1224 MERCURE DE FRANCE
sûreté , et le Marquis d'Epinay , Maréchal de
Camp , à Plaisance , dans la même vuë.
Les Ennemis ont fait quelques mouvements
et ils ont remonté le Fo jusqu'à Torricella à la
hauteur de Borgoforte. Ils ont fait avancer en
même tems quelques Détachements à Luzara , et
jusques sur le Crostolo , mais il y a apparence
qu'ils n'ont eu pour objet que de donner de l'in
quiétude , et de pouvoir former avec plus de sûreté
un Camp retranché de l'autre côté de la Secchia
près de son embouchure.
Selon les Lettres du 30 May , ils ont fait avan
cer au- delà de la Lenza , un Corps de 14000
hommes qui est campé , la droite au Pont de
Sorbolo et la gauche à celui qui est vviiss--à-vis
du Village de Fressina . Ils ont un Détachement
de 6000 hommes à Guastalla , un autre Détachement
de 7 à 8000 à San Benedetto
surplus de leur Armée est dans le Seraglio .
› et le
J
Le Maréchal Duc de Villars étant obligé par
raport à sa santé de retourner en France , et en
ayant obtenu la permission du Roy , il partit
du Camp de Bozolo le 27 du mois dernier. Le
Marquis de Coigny , Lieutenant General , commande
les Troupes Françoises depuis le départ
du Maréchal de Villars.
Troupes du Roy et celles du Roy de Sar
Ldaigne , occupoient encore à la fin du mois
dernier , les differens postes dans lesquels elles
étoient distribuées ; une partie étoit campée sur
la gauche du Po depuis Casal Maggior_jusqu'à
P'Oglio , l'autre partie le long de cette Riviereet
le reste dans les retranchements formez à la
tête des Ponts de Sacca , pour assurer la communication
avec le Parmesan .
Le Marquis de Cadrieu , Lieutenant General,,
a été envoyé à Parme pour mettre cette Place en
I Vol. Hvi Sú
1224 MERCURE DE FRANCE
sûreté , et le Marquis d'Epinay , Maréchal de
Camp , à Plaisance , dans la même vuë.
Les Ennemis ont fait quelques mouvements
et ils ont remonté le Fo jusqu'à Torricella à la
hauteur de Borgoforte. Ils ont fait avancer en
même tems quelques Détachements à Luzara , et
jusques sur le Crostolo , mais il y a apparence
qu'ils n'ont eu pour objet que de donner de l'in
quiétude , et de pouvoir former avec plus de sûreté
un Camp retranché de l'autre côté de la Secchia
près de son embouchure.
Selon les Lettres du 30 May , ils ont fait avan
cer au- delà de la Lenza , un Corps de 14000
hommes qui est campé , la droite au Pont de
Sorbolo et la gauche à celui qui est vviiss--à-vis
du Village de Fressina . Ils ont un Détachement
de 6000 hommes à Guastalla , un autre Détachement
de 7 à 8000 à San Benedetto
surplus de leur Armée est dans le Seraglio .
› et le
J
Le Maréchal Duc de Villars étant obligé par
raport à sa santé de retourner en France , et en
ayant obtenu la permission du Roy , il partit
du Camp de Bozolo le 27 du mois dernier. Le
Marquis de Coigny , Lieutenant General , commande
les Troupes Françoises depuis le départ
du Maréchal de Villars.
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE.
À la fin du mois précédent, les troupes françaises et sardes occupaient des positions stratégiques le long du fleuve Po. Une partie des troupes était positionnée sur la rive gauche du Po, de Casal Maggiore à l'Oglio, une autre le long de l'Oglio, et le reste dans les retranchements près des ponts de Sacca. Le Marquis de Cadrieu et le Marquis d'Epinay ont été envoyés respectivement à Parme et Plaisance pour sécuriser ces villes. Les ennemis ont effectué des mouvements le long du fleuve Fo, avançant des détachements jusqu'à Luzara et sur le Crostolo, et ont formé un camp retranché près de l'embouchure de la Secchia. Selon des lettres du 30 mai, les ennemis avaient avancé 14 000 hommes au-delà de la Lenza, avec des détachements supplémentaires à Guastalla et San Benedetto. Le Maréchal Duc de Villars, pour des raisons de santé, a quitté le camp de Bozolo le 27 du mois précédent, laissant le commandement au Marquis de Coigny.
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756
p. 1237-1239
Cordons Bleus nommez, [titre d'après la table]
Début :
Le 11. de ce mois, veille de la fête de la Pentecôte, le Roi revêtu du Grand [...]
Mots clefs :
Roi, Ordre du Saint-Esprit, Pentecôte, Rosset de Rocozel, Cordons bleus
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texteReconnaissance textuelle : Cordons Bleus nommez, [titre d'après la table]
E 12. de ce mois , veille de la fête de
la Pentecôte , le Roi revêtu du Grand
Collier de l'Ordre du Saint - Esprit, se rendit
dans la Chapelle du Château , où
5. M. communia par les mains de l'Abbé
dé Suze , Aumônier du Roi en quartier .
Le Roi toucha ensuite un grand nombre
de malades .
L'après midi , Leurs Majestés assisterent
aux premieres Vêpres qui furent
chantées par la Musique , et ausquelles
' Archevêque de Narbonne , Prelat Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , officia
pontificalement .
Le 13. jour de la Pentecôte , fut tenu à
Versailles dans le Cabinet du Roi un
Chapitre de l'Ordre du Saint- Esprit ,
dans lequel furent proposés pour être reçus
Chevaliers de cet Ordre ,
Charles Louis - Auguste Fouquet , appellé
le Comte de Belleifle , Comte de
Gisors , Andely , Vernon , Lihous , & c.
qui fut fait en 1705. Mestre de Camp
I. Vol.
' 1 d'un
1238 MERCURE DE FRANCE
12.
d'un Regiment de Dragons , ci - devant
d'Estrades , à la tête duquel il se trouva
à l'attaque des Lignes de Turin , le 7 Sep
tembre 1706. Brigadier le 14 Novembre
1708. Mestre General des Dragons le 5 .
Juillet 1709, Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718. Gouverneur de Huningue
le 31. Mars 1719. Commandant en chef
dans les trois Evêchés de Metz , Toul et
Verdun , Lieutenant General des Armées
du Roi , le 23. Decembre 1731. et Gou
verneur de la Ville et Citadelle de Metz
et du Pays Messin , au mois de Mars
1733. Il a été chargé au commencement
de la Campagne de faire le Siege du Châ
teau de Traërbach , qu'il a pris après 7 .
jours de Tranchée ouverte. Il est Fils de
Louis Fouquet , Marquis de Belleifle
Baron de Villars , Seigneur de Pomay , et
de feuë Dame Catherine Agnés de Levi,
Charlus , morte le 12. Juin 1729. et pe
tit- fils de Nicolas Fouquet , Vicomte de
Vaux et de Melun , Marquis de Belleisle,
Procureur General au Parlement de Paris,
et Surintendant des Finances.
Et Jean Hercules de Rosset de Rocozel
de Ceilles , Marquis de Perignan
Gouverneur premierement de Lodéve
puis de Sommieres au mois d'Avril 1729.
et ensuite d'Aiguesmortes au mois de Sep-
1. Vol
tembre
JUIN. 1734. 1279
tembre de la même année. Il est fils de
feu Bernardin de Rosset de Rocozel , Seigneur
de Ceilles , de Rocozel , de Bouloc
et de la Vernede , et de feuë D. Marie de
Fleury , Soeur d'André Hercules de Fleury
, Cardinal , ancien Evêque de Frejus ,
Ministre d'Etat , Grand- Aumônier de la
Reine , & c.
la Pentecôte , le Roi revêtu du Grand
Collier de l'Ordre du Saint - Esprit, se rendit
dans la Chapelle du Château , où
5. M. communia par les mains de l'Abbé
dé Suze , Aumônier du Roi en quartier .
Le Roi toucha ensuite un grand nombre
de malades .
L'après midi , Leurs Majestés assisterent
aux premieres Vêpres qui furent
chantées par la Musique , et ausquelles
' Archevêque de Narbonne , Prelat Commandeur
de l'Ordre du Saint- Esprit , officia
pontificalement .
Le 13. jour de la Pentecôte , fut tenu à
Versailles dans le Cabinet du Roi un
Chapitre de l'Ordre du Saint- Esprit ,
dans lequel furent proposés pour être reçus
Chevaliers de cet Ordre ,
Charles Louis - Auguste Fouquet , appellé
le Comte de Belleifle , Comte de
Gisors , Andely , Vernon , Lihous , & c.
qui fut fait en 1705. Mestre de Camp
I. Vol.
' 1 d'un
1238 MERCURE DE FRANCE
12.
d'un Regiment de Dragons , ci - devant
d'Estrades , à la tête duquel il se trouva
à l'attaque des Lignes de Turin , le 7 Sep
tembre 1706. Brigadier le 14 Novembre
1708. Mestre General des Dragons le 5 .
Juillet 1709, Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718. Gouverneur de Huningue
le 31. Mars 1719. Commandant en chef
dans les trois Evêchés de Metz , Toul et
Verdun , Lieutenant General des Armées
du Roi , le 23. Decembre 1731. et Gou
verneur de la Ville et Citadelle de Metz
et du Pays Messin , au mois de Mars
1733. Il a été chargé au commencement
de la Campagne de faire le Siege du Châ
teau de Traërbach , qu'il a pris après 7 .
jours de Tranchée ouverte. Il est Fils de
Louis Fouquet , Marquis de Belleifle
Baron de Villars , Seigneur de Pomay , et
de feuë Dame Catherine Agnés de Levi,
Charlus , morte le 12. Juin 1729. et pe
tit- fils de Nicolas Fouquet , Vicomte de
Vaux et de Melun , Marquis de Belleisle,
Procureur General au Parlement de Paris,
et Surintendant des Finances.
Et Jean Hercules de Rosset de Rocozel
de Ceilles , Marquis de Perignan
Gouverneur premierement de Lodéve
puis de Sommieres au mois d'Avril 1729.
et ensuite d'Aiguesmortes au mois de Sep-
1. Vol
tembre
JUIN. 1734. 1279
tembre de la même année. Il est fils de
feu Bernardin de Rosset de Rocozel , Seigneur
de Ceilles , de Rocozel , de Bouloc
et de la Vernede , et de feuë D. Marie de
Fleury , Soeur d'André Hercules de Fleury
, Cardinal , ancien Evêque de Frejus ,
Ministre d'Etat , Grand- Aumônier de la
Reine , & c.
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Résumé : Cordons Bleus nommez, [titre d'après la table]
Le 12 juin, veille de la Pentecôte, le Roi, portant le Grand Collier de l'Ordre du Saint-Esprit, communia avec l'Abbé de Suze dans la Chapelle du Château et toucha un grand nombre de malades. L'après-midi, Leurs Majestés assistèrent aux premières Vêpres, officiées par l'Archevêque de Narbonne. Le 13 juin, jour de la Pentecôte, un Chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit se tint à Versailles. Charles Louis-Auguste Fouquet, Comte de Belleisle, fut proposé pour être Chevalier de cet Ordre. Il avait été Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons, s'était distingué lors de l'attaque des Lignes de Turin en 1706, et était devenu Lieutenant Général des Armées du Roi en 1731. Il était fils de Louis Fouquet, Marquis de Belleisle, et petit-fils de Nicolas Fouquet, Surintendant des Finances. Jean Hercules de Rosset de Rocozel de Ceilles, Marquis de Perignan, fut également proposé. Il avait été Gouverneur de Lodève, Sommières et Aiguesmortes, et était fils de Bernardin de Rosset de Rocozel et de Marie de Fleury, sœur du Cardinal André Hercules de Fleury.
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757
p. 1243-1246
« Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...] »
Début :
Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...]
Mots clefs :
Reine, Château de Versailles, Concert, Roi, Prologue, Messe, Fête, Destouches, Opéra, Château des Tuileries, Vernon, Mordant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...] »
Le 25 de ce mois , la Reine entendig
la Messe dans la Chapelle du Château de
Versailles , et S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumônier.
Le 24 , Fête du S. Sacrement , le Roy,
accompagné de ses principaux Officiers ,
se rendit à l'Eglise de la Paroisse , où Sa
Majesté entendit la Grand'Messe après
ávoir assisté à la Procession qui vint, sui-
1 Vol. I ij
vant
2244
MERCURE
DE FRANCE
!
vant l'usage à la Chapelle du Château
La Reine entendit la Messe dans sa Tribune,
aprés avoir vû passer la Procession .
Monseigneur le Dauphin , et Mesdames
de France la virent passer d'un des Apartements
du Château .
Le ic.May il y eut Concert dans le Salon
de la Reine ; M. Destouches , Sur- Inten .
dant de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
d'Omphale , qui fut continué le 12. et le
17. la Dile Antier fit le rôle d'Argine , le
Sr d'Angerville celui d'Hercule , la Dlle
Lenner et le Sr Petillot ceux d'Omphale
et d'Iphis.
Le 19 , le 24 et le 26 , la Reine entendit
le Ballet des Elemens , executé par
les mêmes sujets , on ajouta le Prologue
des Stratagêmes de l'Amour à l'Acte de la
Terre, pour former le troisiéme Concert.
Le 31 , on chanta le Prologue et le
premier Acte de Semiramis , qu'on con
tinua le 9 et le 16 Juin. Le premier rôle
fut chanté par la Dlle Antier avec aplau
dissement de même que celui d'Amestris,
par la Dlle Pelissier ; les autres rôles furent
très- bien rendus par les Srs d'An
gerville et Petillot.
Le 21 de ce mois on concerta l'Opéra
1 Vol.
de
JUIN. 1734. 1245
de Marthesie , dont le Poëme est de feu
M. de la Moth et la Musique de M. Destouches.
La Dlle Duhamel fit le rôle de
Cybelle au Prologue , et le Sr d'Angerville
et la Dlle Pelissier chantéront ceux
du Roy des Scythes et de Talestris , et
celui de la Prêtresse du Soleil fut rendu
par la Dlle Lenner à la satisfaction de la
Reine et de toute la Cout. Le soin qu'a
pris M. Destouches de réfondre quelques
morceaux de cet Opéra , et d'y ajouter
quelques Airs nouveaux , rendit ce Concert
très varié et très brillant.
"
Le 3 Juin Fête de l'Ascension , le 13
Dimanche de la Pentecote , et le jour de
la Fête- Dieu , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuileries. M. Mouret
y a fait exécuter differents Moters de
M. de la Lande et d'autres Maîtres Modernes
, un , entre autres , de l'Abbé du
Luc , Beneficier de l'Eglise de Paris , qui
est un très beau morceau de Musique .
Les Dlies Erremens , Petitpas et le Sr Jeliot
Fot ont chanté differens petits Motets à
une et à deux voix avec beaucoup de
justesse et de précision , de même que le
Sr Berard , Chanteur de la Comédie Italienne
, qui a chanté deux fois un air Ita-
Tien avec beaucoup d'aplaudissemens,
Vol, I v Tous
1246 MERCURE DE FRANCE
Tous ces Concerts ont toujours été terminez
par un Moter à grand Choeur de
M. de la Lande , et précedez de plusieurs
Piéces de Simphonie exécutées en perfection
par les Sieurs le Clair et Blavet.
9 •
On écrit de Vernon que le Mercredy
de ce mois M. Mordant y fut reçû
Lieutenant General du Bailliage à la place
de feu M, son pere , mort en 1733. Ce
jeune Magistrat n'a que 21 ans , et on
peut assurer qu'il marche déja sur les
traces de ses Ancêtres , qui depuis plus .
de 100 ans ont occupé successivement
cette premiere place . Il prononça un
Discours Latin d'une demie heure qui
fut très- gouté. Il avoit été presenté par
M. de Quenremont , Avocat fameux
qui parla avec éloquence sur le choix
d'un Etat. M. de Bordeaux , Procureur
du Roy , parla aussi d'une maniere convenable
à la dignité de son Ministere.
la Messe dans la Chapelle du Château de
Versailles , et S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumônier.
Le 24 , Fête du S. Sacrement , le Roy,
accompagné de ses principaux Officiers ,
se rendit à l'Eglise de la Paroisse , où Sa
Majesté entendit la Grand'Messe après
ávoir assisté à la Procession qui vint, sui-
1 Vol. I ij
vant
2244
MERCURE
DE FRANCE
!
vant l'usage à la Chapelle du Château
La Reine entendit la Messe dans sa Tribune,
aprés avoir vû passer la Procession .
Monseigneur le Dauphin , et Mesdames
de France la virent passer d'un des Apartements
du Château .
Le ic.May il y eut Concert dans le Salon
de la Reine ; M. Destouches , Sur- Inten .
dant de la Musique du Roy , fit chanter
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
d'Omphale , qui fut continué le 12. et le
17. la Dile Antier fit le rôle d'Argine , le
Sr d'Angerville celui d'Hercule , la Dlle
Lenner et le Sr Petillot ceux d'Omphale
et d'Iphis.
Le 19 , le 24 et le 26 , la Reine entendit
le Ballet des Elemens , executé par
les mêmes sujets , on ajouta le Prologue
des Stratagêmes de l'Amour à l'Acte de la
Terre, pour former le troisiéme Concert.
Le 31 , on chanta le Prologue et le
premier Acte de Semiramis , qu'on con
tinua le 9 et le 16 Juin. Le premier rôle
fut chanté par la Dlle Antier avec aplau
dissement de même que celui d'Amestris,
par la Dlle Pelissier ; les autres rôles furent
très- bien rendus par les Srs d'An
gerville et Petillot.
Le 21 de ce mois on concerta l'Opéra
1 Vol.
de
JUIN. 1734. 1245
de Marthesie , dont le Poëme est de feu
M. de la Moth et la Musique de M. Destouches.
La Dlle Duhamel fit le rôle de
Cybelle au Prologue , et le Sr d'Angerville
et la Dlle Pelissier chantéront ceux
du Roy des Scythes et de Talestris , et
celui de la Prêtresse du Soleil fut rendu
par la Dlle Lenner à la satisfaction de la
Reine et de toute la Cout. Le soin qu'a
pris M. Destouches de réfondre quelques
morceaux de cet Opéra , et d'y ajouter
quelques Airs nouveaux , rendit ce Concert
très varié et très brillant.
"
Le 3 Juin Fête de l'Ascension , le 13
Dimanche de la Pentecote , et le jour de
la Fête- Dieu , il y eut Concert Spirituel
au Château des Thuileries. M. Mouret
y a fait exécuter differents Moters de
M. de la Lande et d'autres Maîtres Modernes
, un , entre autres , de l'Abbé du
Luc , Beneficier de l'Eglise de Paris , qui
est un très beau morceau de Musique .
Les Dlies Erremens , Petitpas et le Sr Jeliot
Fot ont chanté differens petits Motets à
une et à deux voix avec beaucoup de
justesse et de précision , de même que le
Sr Berard , Chanteur de la Comédie Italienne
, qui a chanté deux fois un air Ita-
Tien avec beaucoup d'aplaudissemens,
Vol, I v Tous
1246 MERCURE DE FRANCE
Tous ces Concerts ont toujours été terminez
par un Moter à grand Choeur de
M. de la Lande , et précedez de plusieurs
Piéces de Simphonie exécutées en perfection
par les Sieurs le Clair et Blavet.
9 •
On écrit de Vernon que le Mercredy
de ce mois M. Mordant y fut reçû
Lieutenant General du Bailliage à la place
de feu M, son pere , mort en 1733. Ce
jeune Magistrat n'a que 21 ans , et on
peut assurer qu'il marche déja sur les
traces de ses Ancêtres , qui depuis plus .
de 100 ans ont occupé successivement
cette premiere place . Il prononça un
Discours Latin d'une demie heure qui
fut très- gouté. Il avoit été presenté par
M. de Quenremont , Avocat fameux
qui parla avec éloquence sur le choix
d'un Etat. M. de Bordeaux , Procureur
du Roy , parla aussi d'une maniere convenable
à la dignité de son Ministere.
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Résumé : « Le 20 de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle du Château de [...] »
Du 1er au 31 mai, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour. Le 25 mai, la Reine a assisté à la messe au Château de Versailles et a communié des mains du Cardinal de Fleury. Le 24 mai, le Roi a participé à la Fête du Saint-Sacrement, assistant à la procession et à la grand-messe à l'église paroissiale. La Reine a écouté la messe depuis sa tribune, tandis que le Dauphin et Mesdames de France ont observé la procession depuis un appartement du château. Du 1er au 21 mai, divers spectacles ont été organisés, notamment des représentations de l'opéra 'Omphale', du ballet des Éléments et de l'opéra 'Marthésie', avec des artistes tels que la Dlle Antier, le Sr d'Angerville et la Dlle Pelissier. Le 31 mai, le prologue et le premier acte de 'Semiramis' ont été chantés. Le 3 juin, à l'occasion de l'Ascension, des concerts spirituels ont eu lieu au Château des Tuileries, dirigés par M. Mouret. À Vernon, M. Mordant a été reçu Lieutenant Général du Bailliage, prononçant un discours latin.
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758
p. 1365-1371
BRIGADIERS D'INFANTERIE, de la Promotion du 20. Février dernier.
Début :
..... de Molondin, de Soleure, Capitaine au Régiment des Gardes Suisses. [...]
Mots clefs :
Brigadiers, Régiment, Colonel, Colonel du régiment, Commission, Lieutenant, Capitaine, Louis, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BRIGADIERS D'INFANTERIE, de la Promotion du 20. Février dernier.
BRIGADIERS D'INFANTERIE ,
de la Promotion du 20. Février dernier.
.... de Molondin , de Soleure , Capitaine
au Régiment des Gardes Suisses .
Jean -Charles de Mesgrigny , Comte d'Aunay ,
Capitaine et Grand- Bailly d'Epée de la Ville de
Troyes , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint.
Louis , fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Croy , en 1709. et réformé en
1714. après la Paix , à la suite de celui du Maine..
obtint le Régiment de Véxin au mois de Juillet
1732 .
Agathange Ferdinand , Baron de Brun , Marquis
de Roche , en Franche - Comté , Chevalier
d'honneur du Parlement de Besançon , Colonel
du Régiment de Laonnois en 1710. réformé en
1714. cut celui des Landes le 19. Septem . 1730 ,
d'Arros d'Argelos , Colonel du Régiment
de Languedoc , par Commission du 3 .
Septembre 1710.
Pierre de Beranger , Comte de Charme et du
Gua , Seigneur de Vif , appellé le Comte de Be
ranger , d'abord Capitaine dans le Régiment de
Leaville , Infanterie , puis Colonel du Régiment
de Bugey , au lieu de Charles de Beranger , son
frere , tué au Siege de S. Venant , le 24. Septem,
bre 1710 fur réformé en 1714, et obtint le 3 .
May 1731. le Régiment de Vivarais.
Magon de la Gielaye , Colonel du Régiment
de Berry , par Commission du 26. Juil
Let 1712.
LL. Vol. Louis
1366 MERCURE DE FRANCE
Louis-François- Armand de Roye de la Rochefoucault
, appellé le Comte de Koucy , et aupara
vant de Marthon , né au mois de Septembre
1695. Colonel - Lieutenant du Régiment de Conty
, par Commission du 2. Décembre 1713. et
fait Gouverneur de Bapaume , au lieu de feu
Charles de Roye de la Rochefoucault, Comte de
Blanzac , son pere , au mois de Septembre 1732 .
Louis-François Anne de Neufville Villeroy
Duc de Retz , Pair de France , né au mois d'Oc
tobre 1695. Colonel du Régiment Lionnois par
Commission du 27. Février 1714. fait Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en survivance du
Duc de Villeroy , son Pere , le 12. Décembre
1716. Il est aussi Lieutenant General au Gouver
nement du Lionnois , Forest et Beaujolois , et
Gouverneur en survivance des mêmes Provinces.
François-Paul de la Croix- Chevrieres , appellé
le Chevalier de S. Vallier , Colonel du Régiment
de Bretagne depuis le mois de Juillet 1720. et
auparavant d'un autre Régiment réformé en
1714.
Joseph Brunet de Rancy , entra en 1705. dans
le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
successivement Enseigne , Sous - Lieutenant,
Lieutenant et enfin en 1711. Capitaine - Lieute
nant de la Compagnie Colonelle.
Maturin Grout , Seigneur de Princey , entra
dans le Régiment des Gardes Françoises en 1707.
où après avoir passé par les differens degrez , il
fut fait Capitaine en 1715 .
Alexandre-Charles de Chaumont , Seigneur de
S Jean de la Forest , entra dans le Régiment des
Gardes Françoises en 1706. y fut fait Capitaine
en 1716. et obtint une Compagnie de Grenadiers
dans le même Régiment au mois de Juin 1729
II. Vol. -Pierre
JUIN. 1734. 1367
Pierre de Chambon , Marquis d'Arbouvllle en
Beauce , Lieutenant de Roy dans Orleanois ,
entra dans le Régiment des Gardes Françoises
en 1699. y fut fait Lieutenant en 1703. Ayde-
Major en 1706. et Capitaine au mois d'Avril
1716. et eut une Compagnie de Grenadiers au
mois de Mars 1730.
François-Antoine de Chabannes - Pionsac , Seigneur
de la Palice , reçû Chevalier des Ordres
de N. D. du Mont - Carmel et S. Lazare de Jerusalem
, le 17. Décembre 1701. servit d'abord
dans le Régiment de Navarre , et fut blessé à la
bataille d'Hochstet en 1704. il entra en 1707.
dans le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
fait Capitaine en 1716. et dont il fut reçû Major
le 17. Janvier 1730.
Louis Neyret de la Ravoye , né le 27. Mars
1697. Mousquetaire du Roy , puis Colonel de
Régiment de Ponthieu , par Commission du 17.
Décembre 1715. reçû Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont - Carmel et de S. Lazare de Jerusalem
, le 27. Août 1721 .
Charles Philippes de Valois , Marquis de Murcey
, élevé Page du Roy , en sa petite Ecurie , fur
fait Colonel du Régiment de l'Ile de France ,
Commission du 15. Février 1716 .
par
Georges- Jacques de Clermont- Gallerande , dit
le Comte de Clermont , Seigneur de S. Aignan ,
Verdigny , & c.Colonel du Régiment d'Auvergne,
par Commission du 5. Juin 1716. et Inspecteur
General d'Infanterie au mois d'Avril 1722.
Charles Paul Sigismond de Montmorency- Luxembourg
, Duc de Chastillon , né le 20. Février
1697. Colonel du Régiment de Normandie , par
Commission du 24. Septembre 1716 .
Charles de Roban , Prince de Montauban , né
II. Vol.
1368 MERCURE DE FRANCE
le 7 Août 1693. Guidon de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roy , puis fait Colonel
du Régiment de Picardie , au lieu de feu
François - Armand de Rohan , Prince de Montbason
, son frere , par Commission du Septembre
1717. et Gouverneur de Nîmes , d'Alais
et de S. Hyppolite au mois de Septembre 1722 .
Victor- Alexandre , Sire et Marquis de Mailly ,
fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie , cydevant
Montesquiou et auparavant Isanguien ,
par Commission du 15. Septembre 1717.
Louis- Charles de la Chastre , Comte de Nanday
, Gouverneur des Villes et Fort de Pecquay
en Languedoc , et Colonel du Régiment de
Bearn , par Commission du 7. Décembre 1717.
Louis - François - Armand de Vignerot du Plessis,.
Duc de Richelieu, et de Fronsac , Pair de France, né
le 13. Mars 1696. Colonel d'un Régiment petit
vieux corps , cydevant Leuville , par Commis
sion du 15. Mars 1718. cy - devant Ambassadeur
extraordinaire auprès de l'Empereur , dont il eut
sa premiere audience publique le 7. Novembre
1725. et dont il prit congé le 6. Septembre
1727. et reçû Chevalier des Ordres du Roy le
premier Janvier 1729.
François -Ferdinand de Clermont Chaste , appellé
le Comte de Chaste , et cy-devant de Morges
, fait Enseigne de la Colonelle du Régiment
Dauphin étranger en 1712. et Capitaine dans le
même Régiment en 1714. puis Colonel du Régiment
du Luxembourg , par Commission du
15. Mirs 1718. et Lieutenant de Roy, de la Proyince
de Dauphiné:
Gabriel-Jerome Comte de Bullion , d'Esclimont ,
Seigneur de Videville , Crespieres , Mareuil et
Montainville , connu d'abord sous le nom de:
II. Vol.
Give
JUIN. 1734.
1369
Chevalier de Bonnelles , fait Colonel du Régimens.
de Provence , par Commission du 15. Mars
1718. et reçû Prévôt de la Ville , Prévôté et Vicomté
de Paris le 31. Janvier 1723 .
Florent-Claude du Chastelet , Comte de Lomont,
Marquis de Cirey , Capitaine dans le Régiment
du Roy, puis Colonel du Régiment de Hainault,
par Commission du 15. Mais 1718. Gouver .
neur de Sémur , et Grand- Bailly d'Auxois , aussi
Grand - Bailly de Saar - Louis , pourvû de cette
derniere Charge le premier Avril 1732 .
Gabriel Simon , Marquis d'O , Colonel - Lieusenant
du Régiment de Toulouze , par Commis
sion du 15. Mars 1718 .
Louis -Auguste de Rieux , appellé d'abord Chevalier
et ensuite le Comte de Rieux , Colonel du
Régiment du Perche , par Commission du 15.
Mars 1713. par laquelle il est traité de Cousin
par le Roy.
-Charles- Louis de Lorraine , Prince de Pons et
de Mortagne , Souverain de Bedeilles , né le 19 .
Novembre 1696. fit la Campagne de Hongrie
en 1717. fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Boufflers Rémiencourt , par
Commission du 15. Mars 1718. et fut reçû
Chevalier des Ordres du Roy le 3. Juin 1724.
Michel Dreux , Marquis de Brexé , Grand-Maitre
des Cerémonies de France en survivance ,
Colonel du Régiment de Guyenne , par Com
mission du 15. Mars 1718.
Charles-François - Frederic de Montmorency
Luxembourg, Duc de Piney- Luxembourg , et de
Beaufort Montmorency , Pair de France , Prine
d'Aigremont et de Tingry , Comte de Bouteille
, de Dangu et de Luxe , Seigneur de Précy ,
é le 3. Décembre 1702. Colonel du Régiment
II. Vol.
1370 MERCURE DE FRANCE
de Touraine , par Commission du 15. Mars
1718. et Gouverneur de Normandie , par Lettres
du 27. Septembre suivant.
Henry de S.Simon , appellé le Marquis de S. Simon
, né le 7. Septembre 1703. Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , cy- devant Sourches ,
qui lui fut donné le 14. Juin 1713. après la
mort de Titus Bernard de S. Simon , son frere
aîné , qui l'avoit obtenu le 15. Mars precedent.
Il est frere puîné de l'Evêque de Metz .
O- Brien , Comte de Clare , Lord en
Irlande , Colonel d'un Régiment Irlandois , cydevant
O- Brien , par Commission du 13. Octobre
1718
..... de Chastelard de Salieres , cy - devant Capitaine
de la Compagnie , Colonel du Régiment
du Perche , Colonel d'Infanterie , par Brevet de
1718. et Ayde - Major General des Armées du
Roy
Louis Antoine de Gontault , Comte de Biron ;
Colonel du Régiment Royal Roussillon , par
Commission du 22 Avril 1729. avoit auparavant
un Brevet de Colone',
.... Comte de Diesbach, Colonel d'un Régis
ment Suisse, par Commission du 4 Janvier 1721.
Lally , Lieutenant- Colonel du Régi- ....
ment de Dillon , Irlandois.
Zuastro , Lieutenant - Colonel du Régiment
Royal Baviere.
..... de Boiras Lieutenant- Colonel du Régiment
de Soissonnois .
Desarmans , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Quercy.
de Rousset , Lieutenant- Colonel du Régiment
de S. Simon
de Torigny- Romillé, Lieutenant- Cola-
II. Vol. -nel
JUIN. 1734. 1371
nel , Commandant un Bataillon du Régiment
Royal Artillerie.
François de Chasteauneuf de Moleges , Lieutenant
-Colonel du Regiment d'Oricans , Gentilhomme
ordinaire du Duc d'Orleans.
.... de Brun , Lieutenant- Colonel du Régi
ment de la Couronne .
.... de Louboy , Lieutenant- Colonel de
Régiment de Navarre.
de la Promotion du 20. Février dernier.
.... de Molondin , de Soleure , Capitaine
au Régiment des Gardes Suisses .
Jean -Charles de Mesgrigny , Comte d'Aunay ,
Capitaine et Grand- Bailly d'Epée de la Ville de
Troyes , Chevalier de l'Ordre Militaire de saint.
Louis , fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Croy , en 1709. et réformé en
1714. après la Paix , à la suite de celui du Maine..
obtint le Régiment de Véxin au mois de Juillet
1732 .
Agathange Ferdinand , Baron de Brun , Marquis
de Roche , en Franche - Comté , Chevalier
d'honneur du Parlement de Besançon , Colonel
du Régiment de Laonnois en 1710. réformé en
1714. cut celui des Landes le 19. Septem . 1730 ,
d'Arros d'Argelos , Colonel du Régiment
de Languedoc , par Commission du 3 .
Septembre 1710.
Pierre de Beranger , Comte de Charme et du
Gua , Seigneur de Vif , appellé le Comte de Be
ranger , d'abord Capitaine dans le Régiment de
Leaville , Infanterie , puis Colonel du Régiment
de Bugey , au lieu de Charles de Beranger , son
frere , tué au Siege de S. Venant , le 24. Septem,
bre 1710 fur réformé en 1714, et obtint le 3 .
May 1731. le Régiment de Vivarais.
Magon de la Gielaye , Colonel du Régiment
de Berry , par Commission du 26. Juil
Let 1712.
LL. Vol. Louis
1366 MERCURE DE FRANCE
Louis-François- Armand de Roye de la Rochefoucault
, appellé le Comte de Koucy , et aupara
vant de Marthon , né au mois de Septembre
1695. Colonel - Lieutenant du Régiment de Conty
, par Commission du 2. Décembre 1713. et
fait Gouverneur de Bapaume , au lieu de feu
Charles de Roye de la Rochefoucault, Comte de
Blanzac , son pere , au mois de Septembre 1732 .
Louis-François Anne de Neufville Villeroy
Duc de Retz , Pair de France , né au mois d'Oc
tobre 1695. Colonel du Régiment Lionnois par
Commission du 27. Février 1714. fait Capitaine
des Gardes du Corps du Roy , en survivance du
Duc de Villeroy , son Pere , le 12. Décembre
1716. Il est aussi Lieutenant General au Gouver
nement du Lionnois , Forest et Beaujolois , et
Gouverneur en survivance des mêmes Provinces.
François-Paul de la Croix- Chevrieres , appellé
le Chevalier de S. Vallier , Colonel du Régiment
de Bretagne depuis le mois de Juillet 1720. et
auparavant d'un autre Régiment réformé en
1714.
Joseph Brunet de Rancy , entra en 1705. dans
le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
successivement Enseigne , Sous - Lieutenant,
Lieutenant et enfin en 1711. Capitaine - Lieute
nant de la Compagnie Colonelle.
Maturin Grout , Seigneur de Princey , entra
dans le Régiment des Gardes Françoises en 1707.
où après avoir passé par les differens degrez , il
fut fait Capitaine en 1715 .
Alexandre-Charles de Chaumont , Seigneur de
S Jean de la Forest , entra dans le Régiment des
Gardes Françoises en 1706. y fut fait Capitaine
en 1716. et obtint une Compagnie de Grenadiers
dans le même Régiment au mois de Juin 1729
II. Vol. -Pierre
JUIN. 1734. 1367
Pierre de Chambon , Marquis d'Arbouvllle en
Beauce , Lieutenant de Roy dans Orleanois ,
entra dans le Régiment des Gardes Françoises
en 1699. y fut fait Lieutenant en 1703. Ayde-
Major en 1706. et Capitaine au mois d'Avril
1716. et eut une Compagnie de Grenadiers au
mois de Mars 1730.
François-Antoine de Chabannes - Pionsac , Seigneur
de la Palice , reçû Chevalier des Ordres
de N. D. du Mont - Carmel et S. Lazare de Jerusalem
, le 17. Décembre 1701. servit d'abord
dans le Régiment de Navarre , et fut blessé à la
bataille d'Hochstet en 1704. il entra en 1707.
dans le Régiment des Gardes Françoises , où il fut
fait Capitaine en 1716. et dont il fut reçû Major
le 17. Janvier 1730.
Louis Neyret de la Ravoye , né le 27. Mars
1697. Mousquetaire du Roy , puis Colonel de
Régiment de Ponthieu , par Commission du 17.
Décembre 1715. reçû Chevalier des Ordres de
N. D. du Mont - Carmel et de S. Lazare de Jerusalem
, le 27. Août 1721 .
Charles Philippes de Valois , Marquis de Murcey
, élevé Page du Roy , en sa petite Ecurie , fur
fait Colonel du Régiment de l'Ile de France ,
Commission du 15. Février 1716 .
par
Georges- Jacques de Clermont- Gallerande , dit
le Comte de Clermont , Seigneur de S. Aignan ,
Verdigny , & c.Colonel du Régiment d'Auvergne,
par Commission du 5. Juin 1716. et Inspecteur
General d'Infanterie au mois d'Avril 1722.
Charles Paul Sigismond de Montmorency- Luxembourg
, Duc de Chastillon , né le 20. Février
1697. Colonel du Régiment de Normandie , par
Commission du 24. Septembre 1716 .
Charles de Roban , Prince de Montauban , né
II. Vol.
1368 MERCURE DE FRANCE
le 7 Août 1693. Guidon de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roy , puis fait Colonel
du Régiment de Picardie , au lieu de feu
François - Armand de Rohan , Prince de Montbason
, son frere , par Commission du Septembre
1717. et Gouverneur de Nîmes , d'Alais
et de S. Hyppolite au mois de Septembre 1722 .
Victor- Alexandre , Sire et Marquis de Mailly ,
fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie , cydevant
Montesquiou et auparavant Isanguien ,
par Commission du 15. Septembre 1717.
Louis- Charles de la Chastre , Comte de Nanday
, Gouverneur des Villes et Fort de Pecquay
en Languedoc , et Colonel du Régiment de
Bearn , par Commission du 7. Décembre 1717.
Louis - François - Armand de Vignerot du Plessis,.
Duc de Richelieu, et de Fronsac , Pair de France, né
le 13. Mars 1696. Colonel d'un Régiment petit
vieux corps , cydevant Leuville , par Commis
sion du 15. Mars 1718. cy - devant Ambassadeur
extraordinaire auprès de l'Empereur , dont il eut
sa premiere audience publique le 7. Novembre
1725. et dont il prit congé le 6. Septembre
1727. et reçû Chevalier des Ordres du Roy le
premier Janvier 1729.
François -Ferdinand de Clermont Chaste , appellé
le Comte de Chaste , et cy-devant de Morges
, fait Enseigne de la Colonelle du Régiment
Dauphin étranger en 1712. et Capitaine dans le
même Régiment en 1714. puis Colonel du Régiment
du Luxembourg , par Commission du
15. Mirs 1718. et Lieutenant de Roy, de la Proyince
de Dauphiné:
Gabriel-Jerome Comte de Bullion , d'Esclimont ,
Seigneur de Videville , Crespieres , Mareuil et
Montainville , connu d'abord sous le nom de:
II. Vol.
Give
JUIN. 1734.
1369
Chevalier de Bonnelles , fait Colonel du Régimens.
de Provence , par Commission du 15. Mars
1718. et reçû Prévôt de la Ville , Prévôté et Vicomté
de Paris le 31. Janvier 1723 .
Florent-Claude du Chastelet , Comte de Lomont,
Marquis de Cirey , Capitaine dans le Régiment
du Roy, puis Colonel du Régiment de Hainault,
par Commission du 15. Mais 1718. Gouver .
neur de Sémur , et Grand- Bailly d'Auxois , aussi
Grand - Bailly de Saar - Louis , pourvû de cette
derniere Charge le premier Avril 1732 .
Gabriel Simon , Marquis d'O , Colonel - Lieusenant
du Régiment de Toulouze , par Commis
sion du 15. Mars 1718 .
Louis -Auguste de Rieux , appellé d'abord Chevalier
et ensuite le Comte de Rieux , Colonel du
Régiment du Perche , par Commission du 15.
Mars 1713. par laquelle il est traité de Cousin
par le Roy.
-Charles- Louis de Lorraine , Prince de Pons et
de Mortagne , Souverain de Bedeilles , né le 19 .
Novembre 1696. fit la Campagne de Hongrie
en 1717. fut fait Colonel d'un Régiment d'Infanterie
, cy-devant Boufflers Rémiencourt , par
Commission du 15. Mars 1718. et fut reçû
Chevalier des Ordres du Roy le 3. Juin 1724.
Michel Dreux , Marquis de Brexé , Grand-Maitre
des Cerémonies de France en survivance ,
Colonel du Régiment de Guyenne , par Com
mission du 15. Mars 1718.
Charles-François - Frederic de Montmorency
Luxembourg, Duc de Piney- Luxembourg , et de
Beaufort Montmorency , Pair de France , Prine
d'Aigremont et de Tingry , Comte de Bouteille
, de Dangu et de Luxe , Seigneur de Précy ,
é le 3. Décembre 1702. Colonel du Régiment
II. Vol.
1370 MERCURE DE FRANCE
de Touraine , par Commission du 15. Mars
1718. et Gouverneur de Normandie , par Lettres
du 27. Septembre suivant.
Henry de S.Simon , appellé le Marquis de S. Simon
, né le 7. Septembre 1703. Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , cy- devant Sourches ,
qui lui fut donné le 14. Juin 1713. après la
mort de Titus Bernard de S. Simon , son frere
aîné , qui l'avoit obtenu le 15. Mars precedent.
Il est frere puîné de l'Evêque de Metz .
O- Brien , Comte de Clare , Lord en
Irlande , Colonel d'un Régiment Irlandois , cydevant
O- Brien , par Commission du 13. Octobre
1718
..... de Chastelard de Salieres , cy - devant Capitaine
de la Compagnie , Colonel du Régiment
du Perche , Colonel d'Infanterie , par Brevet de
1718. et Ayde - Major General des Armées du
Roy
Louis Antoine de Gontault , Comte de Biron ;
Colonel du Régiment Royal Roussillon , par
Commission du 22 Avril 1729. avoit auparavant
un Brevet de Colone',
.... Comte de Diesbach, Colonel d'un Régis
ment Suisse, par Commission du 4 Janvier 1721.
Lally , Lieutenant- Colonel du Régi- ....
ment de Dillon , Irlandois.
Zuastro , Lieutenant - Colonel du Régiment
Royal Baviere.
..... de Boiras Lieutenant- Colonel du Régiment
de Soissonnois .
Desarmans , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Quercy.
de Rousset , Lieutenant- Colonel du Régiment
de S. Simon
de Torigny- Romillé, Lieutenant- Cola-
II. Vol. -nel
JUIN. 1734. 1371
nel , Commandant un Bataillon du Régiment
Royal Artillerie.
François de Chasteauneuf de Moleges , Lieutenant
-Colonel du Regiment d'Oricans , Gentilhomme
ordinaire du Duc d'Orleans.
.... de Brun , Lieutenant- Colonel du Régi
ment de la Couronne .
.... de Louboy , Lieutenant- Colonel de
Régiment de Navarre.
Fermer
Résumé : BRIGADIERS D'INFANTERIE, de la Promotion du 20. Février dernier.
Le texte présente une liste de brigadiers d'infanterie et de leurs promotions, ainsi que des informations sur divers officiers et leurs régiments. Jean-Charles de Mesgrigny, Comte d'Aunay, fut nommé Colonel du Régiment d'Infanterie Croy en 1709 et obtint le Régiment de Véxin en juillet 1732. Agathange Ferdinand, Baron de Brun, devint Colonel du Régiment de Laonnois en 1710 et obtint le Régiment des Landes en septembre 1730. Pierre de Beranger, Comte de Charme et du Gua, fut Colonel du Régiment de Bugey en 1710 et obtint le Régiment de Vivarais en mai 1731. Magon de la Gielaye fut Colonel du Régiment de Berry en juillet 1712. Louis-François-Armand de Roye de la Rochefoucault, Comte de Koucy, fut Colonel-Lieutenant du Régiment de Conty en décembre 1713 et Gouverneur de Bapaume en septembre 1732. Louis-François Anne de Neufville Villeroy, Duc de Retz, fut Colonel du Régiment Lionnois en février 1714 et Capitaine des Gardes du Corps du Roi en décembre 1716. François-Paul de la Croix-Chevrieres, Chevalier de Saint-Vallier, fut Colonel du Régiment de Bretagne en juillet 1720. Joseph Brunet de Rancy et Maturin Grout entrèrent dans le Régiment des Gardes Françoises respectivement en 1705 et 1707, et furent promus Capitaines en 1711 et 1715. Alexandre-Charles de Chaumont, Pierre de Chambon, et François-Antoine de Chabannes-Pionsac furent également promus dans les Gardes Françoises. Louis Neyret de la Ravoye fut Colonel du Régiment de Ponthieu en décembre 1715. Charles Philippes de Valois, Marquis de Murcey, fut Colonel du Régiment de l'Île de France en février 1716. Georges-Jacques de Clermont-Gallerande fut Colonel du Régiment d'Auvergne en juin 1716 et Inspecteur Général d'Infanterie en avril 1722. Charles Paul Sigismond de Montmorency-Luxembourg fut Colonel du Régiment de Normandie en septembre 1716. Charles de Roban, Prince de Montauban, fut Colonel du Régiment de Picardie en septembre 1717 et Gouverneur de Nîmes en septembre 1722. Victor-Alexandre, Marquis de Mailly, fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en septembre 1717. Louis-Charles de la Chastre fut Colonel du Régiment de Bearn en décembre 1717. Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, Duc de Richelieu, fut Colonel d'un Régiment en mars 1718 et Ambassadeur extraordinaire auprès de l'Empereur de 1725 à 1727. François-Ferdinand de Clermont-Chaste fut Colonel du Régiment du Luxembourg en mars 1718. Gabriel-Jérôme Comte de Bullion fut Colonel du Régiment de Provence en mars 1718 et Prévôt de Paris en janvier 1723. Florent-Claude du Chastelet fut Colonel du Régiment de Hainault en mars 1718 et Gouverneur de Sémur en avril 1732. Gabriel Simon fut Colonel-Lieutenant du Régiment de Toulouse en mars 1718. Louis-Auguste de Rieux fut Colonel du Régiment du Perche en mars 1713. Charles-Louis de Lorraine fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en mars 1718 et Chevalier des Ordres du Roi en juin 1724. Michel Dreux fut Colonel du Régiment de Guyenne en mars 1718. Charles-François-Frédéric de Montmorency-Luxembourg fut Colonel du Régiment de Touraine en mars 1718 et Gouverneur de Normandie en septembre 1718. Henry de Saint-Simon fut Colonel d'un Régiment d'Infanterie en juin 1713. O'Brien, Comte de Clare, fut Colonel d'un Régiment Irlandois en octobre 1718. Louis Antoine de Gontault, Comte de Biron, fut Colonel du Régiment Royal Roussillon en avril 1729. Le Comte de Diesbach fut Colonel d'un Régiment Suisse en janvier 1721. Plusieurs Lieutenants-Colonels sont également mentionnés, tels que Lally, Zuastro, et de Boiras.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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759
p. 1378-1384
CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
Début :
Nous avons été instruits un peu tard de cette cérémonie ; mais [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Bordeaux, Statue du roi, Roi, Ville, Place royale, Écuyer, Statue, Sous-maire, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
CEREMONIE faite à Bordeaux ;
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
lors de la Position de la premiere Pierre
du Piedestal , sur lequel doit être élevée
une Statue du Roy &c.
Ntard de cette cérémonie ; mais
Ous avons été instruits un peu
nous l'avons été avec exactitude , puisque
c'est par
le Procès verbal qui en a été
dressé le même jour , et qui est conservé
dans les Archives de l'Hôtel de Ville, dont
une copie vient de nous être envoyée.
Personne n'ignore que la Ville de Bordeaux
est une des plus importantes et des
plus considerables Villes du Royaume, et
que son Port , situé sur l'embouchure de
la Garonne , est un des plus beaux de l'Europe
, formant par sa disposition un point
de veuë qui frape et un spectacle charmant
Cetre Ville , en profitant d'une si
heureuse situation , a voulu faire deux
choses dans ces derniers temps. Donner
au Roy une marque éclatante de son
zele , et se procurer en même tems un
surcroît d'embellissement , qui répondit
à celui qu'elle a receu de la nature. Elle
fait construire une grande Place Royale
ornée de Bâtimens magnifiques, prise dans
II. Vol. unc
JUIN. 1734 1379
ne bonne partie du terrain , occupé cydevant
par le Fauxbourg ,ou Quartier du
Chapeau Rouge . Et c'est au milieu de
cette grande Place que doit être érigéo
la Statue équestre du Roy , en bronze ,
de 14 à 15 pieds d'élevation , sans le
Piedestal , à laquelle travaille actuelle .
ment M. Lemoine de l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , dont tout le
monde connoît la capacité La Ville de
Bordeaux en fait aussi la dépense .
Lorsque cet auguste Monument sera
posé et que la Place Royale sera dans
son entiere perfection , nous ne manquerons
pas de donner la Description de l'un
et de l'autre , et d'apprendre au Public
tout ce qui se sera passé à cette occasion .
Nous nous bornons aujourd'hui à ce qui
concerne la cérémonie préliminaire contenuëdans
le Procès verbal dont nous avons
parlé , et dont voici les propres termes.
L'AN mil sept cent trente- trois et le
huitièmejour du mois d'Août , Mrs Joseph
deSegur Chevalier, Vicomte de Cabannac ,
Baron d'Arsac et de Belfort & c. Sous-
Maire :: François Joseph de Galatheau ,
Chevalier, Baron de l'Isle de la Lande &c.
Joseph Dupin , Ecuyer , Avocat en Parlement
, Seigneur de la Maison Noble
du Bauquet &c . Pierre Noël de Saincrit,
II. Vole Fij Ecuyer
1380 MERCURE DE FRANCE
Ecuyer , Seigneur de la Maison Noble de
Rouffiac: Pierre Borie , Ecuyer , Seigneur
des Maisons Nobles de Poumarede
Fleury & c. Ecuyer , Avocat en Parlement
, Pierre de Kater , Ecuyer , Jurats ,
Jean- Baptiste Maignol , Ecuyer Citoyen ,
Seigneur de la Maison Noble de Mataplane
, Procureur Syndic , et Guillaume
du Boscq , Ecuyer , Conseiller du Roy ,
Clerc et Sécretaire ordinaire de la Ville ,
revêtus d'une Robe de satin rouge et
blanc , celle de M. le Sous - Maire doublée
d'un drap d'argent , faites au sujet
de la présente Céremonie , étant partis
de l'Hôtel de Ville environ sur les six
heures du soir , M. Claude Boucher
Chevalier , Seigneur des Gouttes Hebecourt
& c. Conseiller d'Honneur au Par
lemont de Bourdeaux , Président Honoraire
en la Cour des Aydes de Paris , Intendant
de Justice , Police et Finances
de la Generalité de Guyenne , à leur tête ,
se sont rendus avec leur Cortége ordipaire
sur la Place Royale et dans le lieu
où se bâtit le Piedestal destiné pour
placer la Statuë équestre de Sa Majesté ,
que cette Ville doit faire élever à son
honneur et gloire ; comme un précieux
Monument de son amour , de son respect
et de sa soumission ; ayant fait leur mar-
II Vol, che
JUI N. 1734: 1381
the par la rue Saint James , par celles
des Ayres , Poisson Sallé , Saint Pojet ,
Sainte Catherine et par le Chapeau Rouges
les Troupes Bourgeoises au nombre de
12000 hommes , tous Chefs de Familles ,
étint sous les Armes , partie rangez en
haye sur lesdites rues , partie en Bataille
sur la Place Royale : et après plusieurs
décharges de Mousqueterie et de canon ,
tant de la Ville , que des Vaisseaux , qui
avoient reçu pour cela les ordres de
Mrs les Jurats , il a été placé au milieu du
fondement du Piedestal de la Statue, dans
une Pierre creusée exprès , un coffre de
plomb , dans lequel étoit un autre petit
coffre de bois de cedre , garri en dedans
de Satin bleu , orné d'un Galon d'or et
dans icelui on a mis six Médailles , l'une
d'or et les autres d'argent , représentant
d'un côté l'Edifice de la Place Royale
et de l'autre , la Statue équestre de S. M.
sur lesquelles Médailles il a été mis un
petit coussin de la même étoffe , aussi
orné de Galons d'or , et au- dessus on a
posé une Plaque de cuivre , sur laquelle
sont gravez les noms de M. Boucher ,
Intendant , ceux de Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic , et Clerc de
Ville , et celui de M. Gabriël , Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel , Contrôleur
II Vol.
,
Fiij
Ge382
MERCURE DE FRANCE
,
General des Bâtimens du Roy ,, son
Architecte ordinaire , et Premier Ingénieur
des Ponts et Chaussées de France ,
qui a donné les Desseins et conduit les
Travaux de la Place Royale , laquelle se
construit actuellement sur le Port de cette
Ville. M. Boucher , Mrs les Sous- Maire,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville , ayant mis , chacun selòn son rang,
un peu de mortier sut la premiere Pierre,
et donné quelques coups de marteau ,
tout cela au bruit des Tambours , des
Trompettes et des décharges deMousqueterie
et de canon , souvent réïterées , ils
ont mis le feu à un grand Bucher , qui
avoit été dressé sur la même Place , les
habitans ayant marqué une grande joye
et un contenrement parfait de ce premier
Monument , qui doit annoncer à la Posterité
la plus reculée les sinceres mouvements
de leur coeur , leur amour , et leur
respect pour S. M. Mrs les Sous- Maire ,
Jurats , Procureur Syndic et Clerc de
Ville ont pendant leur marche , et étant
sur ladite Place , fait jetter abondamment
de l'argent au Peuple , et ensuite ils ont
fait tirer avec beaucoup de succès un Feu
d'artifice pour la clôture de laCérémonie;
après quoi ils se sont retirez ayant laissé à
la Garde des Bourgeois de laVille, qui ont
II. Vol. SouTHE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
.
MDCCXXXIII
OPTIMO
PRINCIPI
PRÆSID
ET
DECUS
BURDIGAL
CIVITAS
JUIN. 1734. 1383
souhaité chacun à leur tour de participer
à cethonneur,la conservation du précieux
Dépôt des Medailles jusques à ce que l'Edifice
fut assez élevé pour le mettre à cou
vert des atteintes qu'on pourroit y donner.
FAIT sur ladite Place Royale , lesdits
jour , mois , et an que dessus , ainsi
signé Boucher , Segur Sous- Maire , de Galatheau
Jurat , Dupin Jurat , Saincrit
Jurat, Poumarede Jurat , Dessudres Jurat,
de Kater Jurat , Maignol Procureur Syndic
de la Ville , de Boscq Clerc et Sécretaire
de la Ville , et Gabriël.
On nous sçaura , sans doute, bon gré
de trouver ici la gravure du Type des six
Médailles qui ont été mises dans les fondemens
du Piedestal, et qui est le même
sur chaque Médaille . D'un côté on voit
la Représentation de la nouvelle Place
Royale , avec tous les accompagnemens
qu'elle doit avoir , et cette Legende
PRESIDIUM, ET DECU s . Et de l'autre
la Statue Equestre du Roy sur son
Piedestal avec ces mots CIVITAS BURDIGAL
OPTIMO PRINCIPI , dans
l'Exergue M. DCC. XXXIII.
Cette Medaille qui est de la grandeur
du Dessein gravé a paru d'un grand gout
et d'une belle exécution à tous les connoisseurs
, c'est M. Duvivier , de l'Aca-
11 Vol. Fiiij démie
384 MERCURE DE FRANCE
démie Royale , qui en a gravé les coins
avec son habilité ordinaire.
་
Les accidents survenus à l'un de
ces coins , qui est celui de la figure
Equestre , ont été la cause qu'elle n'a
pas paru dans le tems.LeGraveur a été obligé
de le recommencer trois fois,le coin s'étant
cassé autant de fois, tant à la trempe
que sous le Balancier : ce dernier se ressent
encore beaucoup de l'effort du Balancier,
par le grand nombre de Medailles qu'on
a frappées , qui ont élargi les fentes , et
qui causent la confusion que l'on apperçoit
dans l'ouvrage.
Le Sr Duvivier grave actuellement an
nouveau coin de la Tête du Roy , pour les
Medailles dont il fit le modele en cire ,
dans les mois de Fevrier et Mars dernier ,
-S. M. ayant bien voulu se prêter à plusieurs
reprises. Ce modele a été trouvé
très ressemblant.
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Résumé : CEREMONIE faite à Bordeaux, lors de la Position de la premiere Pierre du Piedestal, sur lequel doit être élevée une Statuë du Roy &c.
En 1733, une cérémonie a été organisée à Bordeaux pour la pose de la première pierre du piédestal d'une statue équestre du roi. Cette cérémonie, dont le procès-verbal est conservé aux archives de l'Hôtel de Ville, a été orchestrée par plusieurs dignitaires, notamment le sous-maire Joseph de Segur et l'intendant Claude Boucher. La ville de Bordeaux, située à l'embouchure de la Garonne, a entrepris cette construction pour honorer le roi et embellir la ville. La statue, en bronze, a été réalisée par M. Lemoine de l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. La cérémonie a commencé par une procession suivie de salves d'artillerie. Un coffre contenant des médailles commémoratives a été enterré sous la première pierre. Ces médailles, gravées par M. Duvivier, représentent la nouvelle Place Royale et la statue équestre du roi. La cérémonie s'est conclue par un feu d'artifice et des distributions d'argent au peuple. Cette initiative visait à célébrer la royauté et à marquer l'importance de Bordeaux dans le royaume.
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760
p. 1421-1423
DE NAPLES ET DE SICILE.
Début :
Le Roy a nommé le Prince de Laurenzano pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur [...]
Mots clefs :
Prince Laurenzano, Roi, Place, Ville, Troupes, Comte de Visconti, Habitants, Garnison, Royaume, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NAPLES ET DE SICILE.
DE NAPLES ET DE SICILE.
L
E Roy a nommé le Prince de Laurenzano
pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur
Extraordinaire auprès du Pape , et ce
Ministre doit partir incessamment pour donner
part à S. S. de l'avenement de S. M. à la Couronne.
Le Duc de Lauria Cala de Laënzina , que
S. M. a fait Chef de son Conseil Privé , a été
chargé de recevoir à la place du Comte de Charny,
Lieutenant General du Royaume , l'hommage
des Députez des Villes et des Barons de l'Etat
qui n'ont pas encore prêté serment de fidélité.
Les Habitans de la Ville de Lecce , à l'occasion
de quelques impositions que deux Officiers de
P'Empereur qui étoient restez dans cette Ville
ont voulu exiger , ont pris les armes et ont chassé
les Imperiaux , après avoir tué M. Cardamone,
P'un de ces deux Officiers .
Les 8. Galeres Françoises , commandées par le
Chevalier d'Orleans , Grand - Prieur de France ,
entrerent le 15. Juin dans le Port de Naples avec
un pareil nombre de Galeres du Roy d'Espagne ,
et le reste de l'Escadre qui avoit fait voile de Barcelone
le 6. du même mois. Les Troupes qui
sont venues sur cette Escadre consistent en 18.
Bataillons et 2500. hommes de Cavalerie ,
quoiqu'une partie des Vaisseaux qui la composent
ait essuyé une assez violente tempête dans la
II. Vol.
et
Mer
jMer deGêlies,
» on n'a pas perdu un homme ni
91B cheval dans le passage.
On a reçu avis que le Comte de Visconti, cy«'
devant Viceroy de tapies
,
étoit parti dePescara,
sur l'avis qu'il avoit tu --',e la Marche d'un Dé,
tachement qu'on avoit envoyé pour l'y assieger
et qu'il étoit à Fumo,d'oLl il devoir aller à Rome
joindre la Comtesse son Epouse.
La Garnison Imperiale qui étoit dans Reggio,
ayant appris que le Comte de Visconti s etoif*
déterminé à sortir du Royaume,elle a abandonna
cette Place et s'est embarquée pour la Sicile.
Trois cens Grenadiers que le Comte de Sasta.
go elivoyoit au Comte de Visconti , ayant débar-
,qlié dans le Royaume de Naples
, ont été faits
prisonniers de Guerre , et la Galere sur laquelle
Détachement avoir été embarqué, a été prise.
- On a commencé le 'iege de Gaette
, et la
Garnison n'étant pas assez forte pour pouvoir
faire une longue detfense
, on espere que la Place
sera bien-tôt réduite sous l'obéissance de S. M.
il a été résolu de ne point assieger dans les formes
la Ville de Capoiie ,
dont les Habitans souf.
frent déjà beaucoup par la disette et par les maladiesqui
y régnent; on s'est contenté d'augmenter
le nombre des Troupes qui en formoienc
le blocus, et de la faire investir entièrement,
afin de couper- toute retraite aux Imperiaux qui y
4ont enfermez.
Au commencement du moi_s de Juin on fit par-
;tir pour la Calabre sous l'escorte du Vaisseau
de guerre le Saint Philippe
,
plusieurs Bâtimcns
sur lesquels se sont embarquez 4. Bataillons destinez
à renforcer les Troupes qui sont dans cette
-Province, d'où on a appris que tous les AlIemands
et les Napolitains qui ayoient suivi le
VIscontià Pescara, étoient sortis du
Royaume,ou avoient reconnu l'autorité du Roy,
On a publié à Naples un Edit par lequel il estdeffendu
à tous les Sujets de S. M. sous peine de confiscation de leurs biens
,
d'entretenir correspondance aucune avec les Sujets de l'Empereur et de tirer aucune Marchandise des Pays de la domination
de S. M. Jmp. oji des autres Princes de
l'Empire.
L
E Roy a nommé le Prince de Laurenzano
pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur
Extraordinaire auprès du Pape , et ce
Ministre doit partir incessamment pour donner
part à S. S. de l'avenement de S. M. à la Couronne.
Le Duc de Lauria Cala de Laënzina , que
S. M. a fait Chef de son Conseil Privé , a été
chargé de recevoir à la place du Comte de Charny,
Lieutenant General du Royaume , l'hommage
des Députez des Villes et des Barons de l'Etat
qui n'ont pas encore prêté serment de fidélité.
Les Habitans de la Ville de Lecce , à l'occasion
de quelques impositions que deux Officiers de
P'Empereur qui étoient restez dans cette Ville
ont voulu exiger , ont pris les armes et ont chassé
les Imperiaux , après avoir tué M. Cardamone,
P'un de ces deux Officiers .
Les 8. Galeres Françoises , commandées par le
Chevalier d'Orleans , Grand - Prieur de France ,
entrerent le 15. Juin dans le Port de Naples avec
un pareil nombre de Galeres du Roy d'Espagne ,
et le reste de l'Escadre qui avoit fait voile de Barcelone
le 6. du même mois. Les Troupes qui
sont venues sur cette Escadre consistent en 18.
Bataillons et 2500. hommes de Cavalerie ,
quoiqu'une partie des Vaisseaux qui la composent
ait essuyé une assez violente tempête dans la
II. Vol.
et
Mer
jMer deGêlies,
» on n'a pas perdu un homme ni
91B cheval dans le passage.
On a reçu avis que le Comte de Visconti, cy«'
devant Viceroy de tapies
,
étoit parti dePescara,
sur l'avis qu'il avoit tu --',e la Marche d'un Dé,
tachement qu'on avoit envoyé pour l'y assieger
et qu'il étoit à Fumo,d'oLl il devoir aller à Rome
joindre la Comtesse son Epouse.
La Garnison Imperiale qui étoit dans Reggio,
ayant appris que le Comte de Visconti s etoif*
déterminé à sortir du Royaume,elle a abandonna
cette Place et s'est embarquée pour la Sicile.
Trois cens Grenadiers que le Comte de Sasta.
go elivoyoit au Comte de Visconti , ayant débar-
,qlié dans le Royaume de Naples
, ont été faits
prisonniers de Guerre , et la Galere sur laquelle
Détachement avoir été embarqué, a été prise.
- On a commencé le 'iege de Gaette
, et la
Garnison n'étant pas assez forte pour pouvoir
faire une longue detfense
, on espere que la Place
sera bien-tôt réduite sous l'obéissance de S. M.
il a été résolu de ne point assieger dans les formes
la Ville de Capoiie ,
dont les Habitans souf.
frent déjà beaucoup par la disette et par les maladiesqui
y régnent; on s'est contenté d'augmenter
le nombre des Troupes qui en formoienc
le blocus, et de la faire investir entièrement,
afin de couper- toute retraite aux Imperiaux qui y
4ont enfermez.
Au commencement du moi_s de Juin on fit par-
;tir pour la Calabre sous l'escorte du Vaisseau
de guerre le Saint Philippe
,
plusieurs Bâtimcns
sur lesquels se sont embarquez 4. Bataillons destinez
à renforcer les Troupes qui sont dans cette
-Province, d'où on a appris que tous les AlIemands
et les Napolitains qui ayoient suivi le
VIscontià Pescara, étoient sortis du
Royaume,ou avoient reconnu l'autorité du Roy,
On a publié à Naples un Edit par lequel il estdeffendu
à tous les Sujets de S. M. sous peine de confiscation de leurs biens
,
d'entretenir correspondance aucune avec les Sujets de l'Empereur et de tirer aucune Marchandise des Pays de la domination
de S. M. Jmp. oji des autres Princes de
l'Empire.
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Résumé : DE NAPLES ET DE SICILE.
Le roi a nommé le Prince de Laurenzano ambassadeur extraordinaire auprès du Pape pour annoncer son avènement au trône. Le Duc de Lauria a remplacé le Comte de Charny pour recevoir l'hommage des députés des villes et des barons n'ayant pas encore prêté serment de fidélité. À Lecce, les habitants ont pris les armes contre des officiers impériaux, tuant l'un d'eux et chassant les troupes impériales. Huit galères françaises, commandées par le Chevalier d'Orléans, sont arrivées à Naples avec un nombre équivalent de galères espagnoles, transportant 18 bataillons et 2500 hommes de cavalerie. Le Comte de Visconti, ancien vice-roi de Naples, a quitté Pescara pour Rome après avoir repoussé un détachement envoyé pour l'assiéger. La garnison impériale de Reggio a abandonné la ville pour la Sicile. Trois cents grenadiers envoyés au Comte de Visconti ont été capturés, ainsi que leur galère. Le siège de Gaète a commencé, et la ville de Capoue est sous blocus. En juin, des troupes ont été envoyées en Calabre pour renforcer les forces locales. Un édit a été publié à Naples, interdisant toute correspondance avec les sujets de l'Empereur et l'importation de marchandises des pays sous domination impériale.
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761
p. 1423
ESPAGNE.
Début :
Le 15. Juin, le Roy reçut la nouvelle de la victoire remportée le 25. du mois dernier à [...]
Mots clefs :
Roi, Victoire, Général, Avis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
L E 1f. Juin ,le Roy reçut la nouvelle de la
victoire remportée le 2 f -
du mois dernier i
Sitonto sur les Impériaux
, par le Comte de
Montemar
, et S. M. a déclaré Lieutenant Géneral
de ses Armées le Marquis de Castellar
que ce General a dépêché pour lui en donner
avis. Le Roy ordonna qu'on rendît à Dieu dans
toute l 'étenduë du Royaume de solemnelles ac- tions de grâces de cette Victoire
, et l'on a chanté
le, Te Deum dans toutes les Eglises de Madrid,
od il y a eû des feux et des Illuminations
dant trois nuits consécutives. pen-
On a eu avis que la Flore qui est venue de la
Havanne en 4y. jours
,
étoit entrée dans le Porc de Cadix le 19. de ce mois, et qu'elle avoit ap- porté douze millions cinq cens mille Piastres, cf
quatre raillions en Effets.
L E 1f. Juin ,le Roy reçut la nouvelle de la
victoire remportée le 2 f -
du mois dernier i
Sitonto sur les Impériaux
, par le Comte de
Montemar
, et S. M. a déclaré Lieutenant Géneral
de ses Armées le Marquis de Castellar
que ce General a dépêché pour lui en donner
avis. Le Roy ordonna qu'on rendît à Dieu dans
toute l 'étenduë du Royaume de solemnelles ac- tions de grâces de cette Victoire
, et l'on a chanté
le, Te Deum dans toutes les Eglises de Madrid,
od il y a eû des feux et des Illuminations
dant trois nuits consécutives. pen-
On a eu avis que la Flore qui est venue de la
Havanne en 4y. jours
,
étoit entrée dans le Porc de Cadix le 19. de ce mois, et qu'elle avoit ap- porté douze millions cinq cens mille Piastres, cf
quatre raillions en Effets.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 1er juin, le roi d'Espagne apprit une victoire du Comte de Montemar contre les Impériaux. Il nomma le Marquis de Castellar Lieutenant Général et ordonna des actions de grâce. À Madrid, des Te Deum, feux d'artifice et illuminations eurent lieu. Une flotte de La Havane accosta à Cadix le 19 juin avec douze millions cinq cent mille piastres et quatre millions en effets.
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762
p. 1445-1449
MORTS.
Début :
Les Chanoines Réguliers de l'Abbaye de sainte Genevieve respectueusement attachés à la [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Beaujolais, Abbaye de Sainte-Geneviève, Autel, Louis de Bréhan de Plélo, Argent, Blanc, Roi, Satin, Chanoines réguliers, Maison d'Orléans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Es Chanoines Réguliers de l'Abbaye de sainte
Genevieve respectueusement attachés à la
Maison d'Orleans , dont ils ressentent continuellement
la puissante protection , se sont portez
d'eux-mêmes à cétebrer up Service solemnel
II Vol. pour
$446 MERCURE DE FRANCE
pour
le repos de l'ame de Mademoiselle d'O:-
leans de Beaujolois Princesse du Sang. Rien n'a
été omis de ce qui peut rendre auguste une tel
cérémonie ,
- Le frontispice de l'Eglise étoit tendu de banc;
on avoit placé au milieu un grand écusson en
losange haut de 15 pieds , aux Armes de la Maison
d'Orleans. Toute l'Eglise étoit tendue en
blanc depuis le haut jusqu'en bas , avec des
Armoiries de distance en distance . Un Catafalque
placé dans le Choeur au-dessus du Tombeau de
Clovis , comprenoit differentes pieces , qui chacune
avoit leur beauté; une Estrade à quatre gradins
chargée de chandeliers et de girandoles d'argent
, conduisoit à une Représentation couverte
d'un poële de satin blanc bordé d'hermine , avec
une Croix de moëre d'argent . A l'extremité de
la Représentation se voyoit sur un carreau de satin
à glands d'argent , la Couronne de Princesse,
couverte d'un crêpe blanc. Un dais suspendu à la
voûte surmonté d'aigrettes blanches très- fines ,
servoit de couronnement ; il étoit de satin blanc
orné de grandes crépines d'argent en festons.
Des quatre angles sortoient d'amples rideaux
aussi de satin blanc avec des franges d'argent ,
soutenus et relevez en festons par des cordons t
grosses houpes d'argent.
L'Autel étoit des mieux ordonné ; un somptueux
dais de velours noir semé de larmes en relief
, s'élevoit au - dessus : les Trophées de la
Mort brodez sur la queue du dais , contenoient
une grande Croix de même travail, Venoit ensuite
une distribution de chandeliers entremêlés
de girandolles au bas étoit le Retable orné de
cartouches en broderie , et plusieurs rangs de
chandeliers d'argent.
II. Vol. L'Autel
JUIN 1734 1447
L'Autel n'ayant pu être ainsi disposé sans
ane espece de charpente qui paroissoit par derriere
, on eut soin de la couvrir d'un très-beau
morceau de broderie en velours noir , qui représentoit
les symboles du Jugement dernier , et un
Ange embouchant la trompette. Les Tribunes
étoient pareillement garnies de girandoles.
Les préparatifs achevés , les Chanoines Réguliers
chanterent ks Vigiles le Mercredi au
soir 9. Juin ; S. M. C. la Reine d'Espagne et
Monseigneur le Duc d'Orleans y assisterent. Le
Lendemain Jeudi , la Messe fut célebrée par l'Abbé
en habits Pontificaux ; les Ministres étoient
revêtus d'Ornemens magnifiques , soit Tuniques,
soit Chappes. Le Choeur avoit aussi ses Officiers
egalement revêtus.
Le concours fut grand au Service . Pour éviter
la confusion et le tumulte , les Suisses du Palais
Royal garderent les Portes.
Plusieurs Prélats , des Generaux d'Ordre , des
Ecclésiastiques de tous les Corps , quantité de
Noblesse , de Dames de la premiere distinction
et des Magistrats invitez par les Chanoines Réguliers
, assisterent au Service , et furent placez
sur des sieges de deuil préparez à cet effet , tant
sur une estrade qu'on avoit dressé dans l'avant-
Sanctuaire , que dans le Choeur et le rond- point.
La présence de la Reine d'Espagne et de Monseigacur
le Duc d'Orleans augmentoit le lustre de
cette pieuse cérémonie . A côtéde S. A. R. étoient
les principaux Officiers de la Maison d'Orleans ,
et derriere , les Aumôniers en rochet , manteau
et bonnet quarré.
Le Comte de Bonamour Colonel au service
du Roi d'Espagne , et Capitaine dans le Régiment
des Gardes Walones , qui a été tué le 25
II. Vol. Maj
1448 MERCURE DE FRANCE
Mai dernier à la Journée de Bitonte dans le
Royaume de Naples , se nommoit Louis Germain
de Talhoët , et étoit d'une ancienne Noblesse
de la Province de Bretagne.
>
Louis- Robert- Hyppolite de Brehan Comte de
Plelo , ci -devant Mestre de Camp d'un Régiment
de Dragons , et auparavant Sous Lieutenant
des Gendarmes de Flandres , et Ambassadeur
du Roi en Dannemarck depuis 1729 , a été
tué le 27 Mai dernier à l'âge d'environ 35 ans ,
à l'attaque des retranchements de l'Armée Moscovite
assiegeant Dantzick. Il commandoit la
premiere colonne du Secours François destiné
pour cette Ville assiégée . Après avoir forcé les
barricades et penetré jusques dans les retranchements
il y a été frappé de plusieurs coups , ralliant
ses Troupes qui plioient sous le nombre et
le grand feu des. Moscovites. Il étoit fils deJean-
François de Brehan Comte de Mauron, et petitfils
de Maurille de Brehan Comte de Mauron , et
de Plelo , et de Louise de Quelen. Son bisayeul
étoit Louis de Brehan Baron de Château Brehan,
du Plessis , Mauron , Galinée , &c . Chevalier
de l'Ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre , Maréchal de ses Camps et Armées,
tué aux guerres d'Allemagne en 1634. Le nom
de Brehan est un des plus nobles et des plus anciens
de la Bretagne , vraye Race d'ancienne Noblesse
de Chevalerie , et qui dans l'onzième et
douzième siecle tenoit rang parmi les anciens Barons
du Pays avant la Réduction faite en 1451 .
Louise Phelypeaux sa veuve , est fille de feu
Louis Phelypeaux Marquis de la Vrilliere , Ministre
et Secretaire d'Etat , et de Françoise de
Mailli , aujourd'hui Duchesse de Mazarin , et
Dame d'atour de la Reine , dont il laisse plu-
II. Vol. sicurs
JUI N. 1734.
1
1449
sieurs enfans en bas âge , ausquels le Roi a accordé
dix mille livres de pension .
Le premier Jun 1734 Nicolas-Simon - Jude
de Beauvau de Craon , Sous - Diacre , natif de
Lunéville en Lorraine , l'un des fils de Marc de
Beauvau Marquis de Craon et de Harouel , Prince
du Saint Empire , Grand d'Espagne de la
premiere classe , Conseiller d'Etat , et Grand
Ecuyer du Duc de Lorraine , et de Dame Anne
Marguerite de Liguiville Dame d'honneur de la
Duchesse de Lorraine , mourut de la petite ve
role à Rome à l'âge d'environ 24 ans.
Le 11 Juin 1734 Jacques- André de Mortani
( ou de Mortaigne en François ) Lieutenant Generaldes
Armées du Roi , mourut à Charlev ille
âgé de 84 ans. Il étoit Hongrois de nation , et
avoit été d'abord Lieutenant -Colonel du Régi
ment du Prince Administrateur de Wirtemberg.
Etant entré au Service de France , il fut fait Colonel
d'un Régiment de Hussarts en 169 ;, Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1703
Brigadier le 10 Février 1704 , Maréchal de
Camp le 29 Mars 1710 , et Lieutenant- Gene
ral le, 30 Mars 1720.
Es Chanoines Réguliers de l'Abbaye de sainte
Genevieve respectueusement attachés à la
Maison d'Orleans , dont ils ressentent continuellement
la puissante protection , se sont portez
d'eux-mêmes à cétebrer up Service solemnel
II Vol. pour
$446 MERCURE DE FRANCE
pour
le repos de l'ame de Mademoiselle d'O:-
leans de Beaujolois Princesse du Sang. Rien n'a
été omis de ce qui peut rendre auguste une tel
cérémonie ,
- Le frontispice de l'Eglise étoit tendu de banc;
on avoit placé au milieu un grand écusson en
losange haut de 15 pieds , aux Armes de la Maison
d'Orleans. Toute l'Eglise étoit tendue en
blanc depuis le haut jusqu'en bas , avec des
Armoiries de distance en distance . Un Catafalque
placé dans le Choeur au-dessus du Tombeau de
Clovis , comprenoit differentes pieces , qui chacune
avoit leur beauté; une Estrade à quatre gradins
chargée de chandeliers et de girandoles d'argent
, conduisoit à une Représentation couverte
d'un poële de satin blanc bordé d'hermine , avec
une Croix de moëre d'argent . A l'extremité de
la Représentation se voyoit sur un carreau de satin
à glands d'argent , la Couronne de Princesse,
couverte d'un crêpe blanc. Un dais suspendu à la
voûte surmonté d'aigrettes blanches très- fines ,
servoit de couronnement ; il étoit de satin blanc
orné de grandes crépines d'argent en festons.
Des quatre angles sortoient d'amples rideaux
aussi de satin blanc avec des franges d'argent ,
soutenus et relevez en festons par des cordons t
grosses houpes d'argent.
L'Autel étoit des mieux ordonné ; un somptueux
dais de velours noir semé de larmes en relief
, s'élevoit au - dessus : les Trophées de la
Mort brodez sur la queue du dais , contenoient
une grande Croix de même travail, Venoit ensuite
une distribution de chandeliers entremêlés
de girandolles au bas étoit le Retable orné de
cartouches en broderie , et plusieurs rangs de
chandeliers d'argent.
II. Vol. L'Autel
JUIN 1734 1447
L'Autel n'ayant pu être ainsi disposé sans
ane espece de charpente qui paroissoit par derriere
, on eut soin de la couvrir d'un très-beau
morceau de broderie en velours noir , qui représentoit
les symboles du Jugement dernier , et un
Ange embouchant la trompette. Les Tribunes
étoient pareillement garnies de girandoles.
Les préparatifs achevés , les Chanoines Réguliers
chanterent ks Vigiles le Mercredi au
soir 9. Juin ; S. M. C. la Reine d'Espagne et
Monseigneur le Duc d'Orleans y assisterent. Le
Lendemain Jeudi , la Messe fut célebrée par l'Abbé
en habits Pontificaux ; les Ministres étoient
revêtus d'Ornemens magnifiques , soit Tuniques,
soit Chappes. Le Choeur avoit aussi ses Officiers
egalement revêtus.
Le concours fut grand au Service . Pour éviter
la confusion et le tumulte , les Suisses du Palais
Royal garderent les Portes.
Plusieurs Prélats , des Generaux d'Ordre , des
Ecclésiastiques de tous les Corps , quantité de
Noblesse , de Dames de la premiere distinction
et des Magistrats invitez par les Chanoines Réguliers
, assisterent au Service , et furent placez
sur des sieges de deuil préparez à cet effet , tant
sur une estrade qu'on avoit dressé dans l'avant-
Sanctuaire , que dans le Choeur et le rond- point.
La présence de la Reine d'Espagne et de Monseigacur
le Duc d'Orleans augmentoit le lustre de
cette pieuse cérémonie . A côtéde S. A. R. étoient
les principaux Officiers de la Maison d'Orleans ,
et derriere , les Aumôniers en rochet , manteau
et bonnet quarré.
Le Comte de Bonamour Colonel au service
du Roi d'Espagne , et Capitaine dans le Régiment
des Gardes Walones , qui a été tué le 25
II. Vol. Maj
1448 MERCURE DE FRANCE
Mai dernier à la Journée de Bitonte dans le
Royaume de Naples , se nommoit Louis Germain
de Talhoët , et étoit d'une ancienne Noblesse
de la Province de Bretagne.
>
Louis- Robert- Hyppolite de Brehan Comte de
Plelo , ci -devant Mestre de Camp d'un Régiment
de Dragons , et auparavant Sous Lieutenant
des Gendarmes de Flandres , et Ambassadeur
du Roi en Dannemarck depuis 1729 , a été
tué le 27 Mai dernier à l'âge d'environ 35 ans ,
à l'attaque des retranchements de l'Armée Moscovite
assiegeant Dantzick. Il commandoit la
premiere colonne du Secours François destiné
pour cette Ville assiégée . Après avoir forcé les
barricades et penetré jusques dans les retranchements
il y a été frappé de plusieurs coups , ralliant
ses Troupes qui plioient sous le nombre et
le grand feu des. Moscovites. Il étoit fils deJean-
François de Brehan Comte de Mauron, et petitfils
de Maurille de Brehan Comte de Mauron , et
de Plelo , et de Louise de Quelen. Son bisayeul
étoit Louis de Brehan Baron de Château Brehan,
du Plessis , Mauron , Galinée , &c . Chevalier
de l'Ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire de
sa Chambre , Maréchal de ses Camps et Armées,
tué aux guerres d'Allemagne en 1634. Le nom
de Brehan est un des plus nobles et des plus anciens
de la Bretagne , vraye Race d'ancienne Noblesse
de Chevalerie , et qui dans l'onzième et
douzième siecle tenoit rang parmi les anciens Barons
du Pays avant la Réduction faite en 1451 .
Louise Phelypeaux sa veuve , est fille de feu
Louis Phelypeaux Marquis de la Vrilliere , Ministre
et Secretaire d'Etat , et de Françoise de
Mailli , aujourd'hui Duchesse de Mazarin , et
Dame d'atour de la Reine , dont il laisse plu-
II. Vol. sicurs
JUI N. 1734.
1
1449
sieurs enfans en bas âge , ausquels le Roi a accordé
dix mille livres de pension .
Le premier Jun 1734 Nicolas-Simon - Jude
de Beauvau de Craon , Sous - Diacre , natif de
Lunéville en Lorraine , l'un des fils de Marc de
Beauvau Marquis de Craon et de Harouel , Prince
du Saint Empire , Grand d'Espagne de la
premiere classe , Conseiller d'Etat , et Grand
Ecuyer du Duc de Lorraine , et de Dame Anne
Marguerite de Liguiville Dame d'honneur de la
Duchesse de Lorraine , mourut de la petite ve
role à Rome à l'âge d'environ 24 ans.
Le 11 Juin 1734 Jacques- André de Mortani
( ou de Mortaigne en François ) Lieutenant Generaldes
Armées du Roi , mourut à Charlev ille
âgé de 84 ans. Il étoit Hongrois de nation , et
avoit été d'abord Lieutenant -Colonel du Régi
ment du Prince Administrateur de Wirtemberg.
Etant entré au Service de France , il fut fait Colonel
d'un Régiment de Hussarts en 169 ;, Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1703
Brigadier le 10 Février 1704 , Maréchal de
Camp le 29 Mars 1710 , et Lieutenant- Gene
ral le, 30 Mars 1720.
Fermer
Résumé : MORTS.
En juin 1734, les Chanoines Réguliers de l'Abbaye de Sainte-Geneviève ont organisé une cérémonie funéraire en mémoire de Mademoiselle d'Orléans de Beaujolais, Princesse du Sang. Cette cérémonie, marquée par une grande solennité, a vu la décoration somptueuse de l'église avec des écussons, des armoiries et un catafalque richement orné. La Reine d'Espagne et le Duc d'Orléans ont assisté aux vigiles et à la messe, accompagnés de nombreux prélats, ecclésiastiques, nobles et magistrats. La présence de Suisses du Palais Royal a assuré le maintien de l'ordre durant l'événement. Le texte mentionne également plusieurs décès notables. Le Comte de Bonamour a été tué lors de la bataille de Bitonte. Louis-Robert-Hyppolite de Brehan, Comte de Plelo, est mort lors de l'attaque des retranchements de l'armée moscovite assiégeant Dantzick. Nicolas-Simon-Jude de Beauvau de Craon, Sous-Diacre, est décédé de la petite vérole à Rome. Enfin, Jacques-André de Mortani, Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Charleville à l'âge de 84 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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763
p. 1449-1454
Mort du Marechal de Berwik, [titre d'après la table]
Début :
JACQUES FITZ-JAMES, Duc de Berwick, de Fitz-James, de Liria et de Xerica, [...]
Mots clefs :
Maréchal duc de Berwick, Roi, Grand d'Espagne, Siège, Armée, Campagne en Flandres, Gouverneur, Ville, Lieutenant général, Colonel, Troupes françaises, Strasbourg, Bataille, Maréchal de France, Philisbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort du Marechal de Berwik, [titre d'après la table]
JACQUES FITZ - JAMES , Duc de
Berwick , de Fitz James , de Liria et de Xeri
ca , Pair de France et d'Angleterre , Grand
d'Espagne de la premiere classe , Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roi , et des
Ordres de la Jarretiere et de la Toison d'or ,
Gouverneur du Haut et Bas Limosin et de la
Ville de Strasbourg , et General de l'Arméc dụ
Roi en Allemagne , tué au Siege de Philisbourg
le 12 Juin à sept heures du matin d'un coup de
canon qui lui emporta la tête en visitant les tra
vaux étoit fils naturel de feu Jacques II . Roi
II. Vol.
·
1
1450 MERCURE DE FRANCE
de la grande Bretagne , et d'Arabelle Churchill,
soeur de feu Jean Churchill Duc de Malborough,
laquelle se maria depuis avec Charles Godfrey
Colonel Anglois , et mourut le 15 Mai 1730
âgée de plus de 90 ans.
Le Maréchal de Berwick étoit né , suivant la
commune opinion , à Moulins en Bourbonnois
on 1671. Il commença ses premieres armes en
Hongrie , où il se trouva en 1686 au Siege et à
la prise de Bude , de même qu'à la Bataille que
les Imperiaux gagnerent contre les Turcs , et
dans laquelle il fut blessé. Il servit en 1690 an
Siege de Londondery en Irlande , et à la Bataille
de la Boyne , où il eut un cheval tué sous
lui . Etant passé en France au Service du Roi , il
se trouva au Siege de Mons et au Combat de
Leuse en 1691 , de même qu'au Combat de
Steinkerque en 1692. Le Roi le fit Lieutenant-
General de ses Armées le 30 Mars 1693 , et le
nomma en même tems pour faire la Campagne
en Flandres en cette qualité. Il se trouva
sanglante Bataille de Nerwinde , dans laquelle il
fut fait prisonnier. Après avoir été échangé contre
le Duc d'Ormond , il servit au Siege de Char
feroi. Il continua de servir en Flandres jusqu'à
la Paix de Riswick , s'étant encore trouvé an
Siege d'Ath en 1697.
la
La guerre
s'étant rallumée en´ 1701 , il fit les
trois premieres
Campagnes
en Flandres
; et après
avoir obtenu des Lettres de naturalité
le 17 Dé
cembre 1703. il eut le Commandement
en chef
des Troupes
Françoises
que l'on fit passer en Espagne
, où il se rendit maître pendant
la Camde
1704
pagne
des Villes et Forteresses
de Salvatierra
, Segura , Castelblanco
, Portalegre
,
astel- David , et autres Places , de la plupart
II. Vol.
desquelles
JUIN. 1734. 1451
desquelles il fit razer les fortifications.
Le Roi Catholique lui acorda la Grandesse
au mois de Février de la même année. Ayant
été rappellé d'Espagne , il fut envoyé en 1705 en
Languedoc en qualité de Commandant en chef
de cette Province , où il dissipa les fanatiques ,
et rétablit la tranquillité en moins de six mois.
Après cette expedition , il fut chargé de faire le
Siege de Nice en Provence. Il se rendit maître
de la Ville le 14 Novembre , et du Château er
de la Citadelle le 4 Janvier 1706 , et il soumit
ensuite tout le Comté. Le Roi lui donna le Bâton
de Maréchal de France le 16 Février;et sur les instances
du Roi d'Espagne , il le nomma pour
aller commander les Troupes qui devoient agir
contre le Portugal.
S'étant rendu en Espagne , il prit la Ville de
Carthagene le 17Novembre 1706 , gagna la Ba
taille d'Almansa le 23 Avril 1707 , et servit ensuite
au Siege de Lerida sous le Duc d'Orleans.
Le Roi d'Espagne voulant reconnoître de si
importans services , lui donna le 10 Octobre
1707 les Villes de Liria er de Xerica en titre de
Duché , avec la Grandesse de la premiere classe,
tant pour lui que pour l'un de ses fils à son
choix , et l'honora aussi du Collier de la Toisen
d'or,
-Le feu Roi lui donna le 24 Novembre de la
même année le Gouvernement du Limousin
pour lequel , ainsi que pour l'Etat et Office de
Maréchal de France ; il prêta les sermens de fidelité
à son retour d'Espagne, le 17 Avril 1708.
--S'étant rendu au mois de Mai suivant à Strasbourg
, il en tira les Troupes qui y étoient , et
illes conduisit à l'Armée de Flandres commandéc
par le Duc de Bourgogne , sous les ordres
Lid. Vol. I ij duque
1452 MERCURE DE FRANCE
duquel il fit cette Campagne. En 1709. il commanda
l'Armée en Dauphiné , où par son habileté
et sa vigilance il fit échouer les desseins que
les Ennemis avoient formés sur cette Province .
En l'année 1710 if fit le commencement de la
Campagne en Flandres avec le Maréchal de Vil-
Tars , et il passa de-là en Dauphiné pour y prendre
le Commandement de l'Armée.
Le Roi Louis XIV . par ses Lettres Patentes du
mois de Mai 1710 , registrées au Parlement de
Paris le 23 du même mois , érigea en sa faveur ,
et après lui en faveur de son fils aîné de son ' second
mariage et de ses descendans , et à leur
défaut , en faveur de ses autres enfans ' puînés
mâles , la Terre de Warty près de Clermont en
Beauvoisis , en titre de Duché et Pairie , sous
le nom de Fitz -James. Il prêta serment , et prit
seance au Parlement en cette qualité de Pair de
France le 11 Décembre de la même année. If¹
commanda encore l'Armée en Dauphiné pen
dant les Campagnés de 1741 et 1712. A peine
étoit il arrivé à la Cour , qu'il fut envoyé en¹
Catalogne , ou ayant passé le Ter avec une Armée
de 20000 hommes , il fit lever le 3 Janvier
1713 le blocus de Gironae , qui subsistoir
depuis plus de huit mois.
>
En 1714 il fut chargé, du Siege de Barcelonne
avec le titre de Generalissime des Troupes Françoises
et Espagnoles ; et après 62 jours de tran
chée ouverte , il prit cette Ville à discretion le
12 Septembre .
Een 1719 il fut declaré Conseiller au Conseil ›
de Regence, et il eut le Commandement de l'Atmée
sur les frontieres d'Espagne où il se rendit
maître de 2. Fortes Places du Château d'Urgel. !
Il fut reçu Chevalier des Ordres du Rồi đẹ za
Jo's Juin
JUAN. 7347 1453
Juin 1724 , et le Gouvernement de Strasbourg
Jui fut donné au mois d'Avril 1730. }
La guerre ayant été declarée l'année derniere
à l'Empereur le Roile nommaGeneral de son Armée
en Allemagne , où après avoir passé le Rhin,
il fit le Siege duFort deKell ,qu'il pritle 28 Octobre
après huit jours de tranchée ouverte . Il venoit
en dernier lieu de forcer les lignes d'Ettlinghen
.en Allemagne , et avoit entrepris ensuite le Siege
de l'importante Forteresse de Philisbourg , devant
laquelle il est mort au lit d'honneur generalement
regretté non - seulement à cause de son
expérience et de sa grande capacité dans l'art
militaire , mais aussi par rapport à ses quali
tez personnelles ,
Il avoit été marié deux fois 19. en 1695. avec
Honorée de Burck de Clanrikard , veuve de
Patrix Sarsfield , Comte de Lucan , et morte en
1698. ei 2º . en 1706. avec Anne Beulkley, fille
de Henri Beulkly et de Sophie Stuart . Il laisse
de la premiere Jacques - François Fitz - James ,
Duc de Liria et Xerica , Grand d'Espagne de
Ja premiere classe , Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'Or , et des Ordres Russiens de S. André
et de S. Alexandre , Chambellan du Roi
d'Espagne , Lieutenant General de ses Armées ;
servant actuellement en cette qualité dans son
Armée au Royaume de Naples , et qui est marié
en Espagne et a des enfans .
De la deuxième François Fitz - James , né le
9 Janvier 1709. Prêtre , Abbé de l'Abbaye de
S. Victor à Paris , Henri , Duc de Fitz - James ,
Pair de France , né le 8 Septembre 1711. Gouverneur
du Haut et Bas Limosin , Colonel d'un
Regiment d'Infanterie Irlandoise: Edouard Fitz-
James , né le 17 Octobre 1715. un quatrième
II. Vol.
I iij fils
1454 MERCURE DE FRANCE
Als , age seulement de 9 ans. Henriette Fitz-
James , Dame du Palais de la Reine , née le 16
Septembre 1763. èt mariéé lé 7 Novembre
1722. avec Jean- Baptiste- Louis de Clermont
d'Amboise , Marquis de Rénel et de Montglas ,
Comte de Chiverny , Bailli et Gouverneur de
Chaumont en Bassigny , et Colonel du Regiment
de Santerre Infanterie. Laure Fitz-James,
mariée le 11 Mars 1732. avec Joachim - Louis
de Montaigu , Marquis de Bouzols , Lieutenant
General pour le Roi en la Province de la Haute
Auvergne , Gouverneur de Brouage , et nouvelement
Colonel du Regiment de la Fere , Infan
terie , Sophie , et Emilie Fitz-James.
Berwick , de Fitz James , de Liria et de Xeri
ca , Pair de France et d'Angleterre , Grand
d'Espagne de la premiere classe , Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roi , et des
Ordres de la Jarretiere et de la Toison d'or ,
Gouverneur du Haut et Bas Limosin et de la
Ville de Strasbourg , et General de l'Arméc dụ
Roi en Allemagne , tué au Siege de Philisbourg
le 12 Juin à sept heures du matin d'un coup de
canon qui lui emporta la tête en visitant les tra
vaux étoit fils naturel de feu Jacques II . Roi
II. Vol.
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1
1450 MERCURE DE FRANCE
de la grande Bretagne , et d'Arabelle Churchill,
soeur de feu Jean Churchill Duc de Malborough,
laquelle se maria depuis avec Charles Godfrey
Colonel Anglois , et mourut le 15 Mai 1730
âgée de plus de 90 ans.
Le Maréchal de Berwick étoit né , suivant la
commune opinion , à Moulins en Bourbonnois
on 1671. Il commença ses premieres armes en
Hongrie , où il se trouva en 1686 au Siege et à
la prise de Bude , de même qu'à la Bataille que
les Imperiaux gagnerent contre les Turcs , et
dans laquelle il fut blessé. Il servit en 1690 an
Siege de Londondery en Irlande , et à la Bataille
de la Boyne , où il eut un cheval tué sous
lui . Etant passé en France au Service du Roi , il
se trouva au Siege de Mons et au Combat de
Leuse en 1691 , de même qu'au Combat de
Steinkerque en 1692. Le Roi le fit Lieutenant-
General de ses Armées le 30 Mars 1693 , et le
nomma en même tems pour faire la Campagne
en Flandres en cette qualité. Il se trouva
sanglante Bataille de Nerwinde , dans laquelle il
fut fait prisonnier. Après avoir été échangé contre
le Duc d'Ormond , il servit au Siege de Char
feroi. Il continua de servir en Flandres jusqu'à
la Paix de Riswick , s'étant encore trouvé an
Siege d'Ath en 1697.
la
La guerre
s'étant rallumée en´ 1701 , il fit les
trois premieres
Campagnes
en Flandres
; et après
avoir obtenu des Lettres de naturalité
le 17 Dé
cembre 1703. il eut le Commandement
en chef
des Troupes
Françoises
que l'on fit passer en Espagne
, où il se rendit maître pendant
la Camde
1704
pagne
des Villes et Forteresses
de Salvatierra
, Segura , Castelblanco
, Portalegre
,
astel- David , et autres Places , de la plupart
II. Vol.
desquelles
JUIN. 1734. 1451
desquelles il fit razer les fortifications.
Le Roi Catholique lui acorda la Grandesse
au mois de Février de la même année. Ayant
été rappellé d'Espagne , il fut envoyé en 1705 en
Languedoc en qualité de Commandant en chef
de cette Province , où il dissipa les fanatiques ,
et rétablit la tranquillité en moins de six mois.
Après cette expedition , il fut chargé de faire le
Siege de Nice en Provence. Il se rendit maître
de la Ville le 14 Novembre , et du Château er
de la Citadelle le 4 Janvier 1706 , et il soumit
ensuite tout le Comté. Le Roi lui donna le Bâton
de Maréchal de France le 16 Février;et sur les instances
du Roi d'Espagne , il le nomma pour
aller commander les Troupes qui devoient agir
contre le Portugal.
S'étant rendu en Espagne , il prit la Ville de
Carthagene le 17Novembre 1706 , gagna la Ba
taille d'Almansa le 23 Avril 1707 , et servit ensuite
au Siege de Lerida sous le Duc d'Orleans.
Le Roi d'Espagne voulant reconnoître de si
importans services , lui donna le 10 Octobre
1707 les Villes de Liria er de Xerica en titre de
Duché , avec la Grandesse de la premiere classe,
tant pour lui que pour l'un de ses fils à son
choix , et l'honora aussi du Collier de la Toisen
d'or,
-Le feu Roi lui donna le 24 Novembre de la
même année le Gouvernement du Limousin
pour lequel , ainsi que pour l'Etat et Office de
Maréchal de France ; il prêta les sermens de fidelité
à son retour d'Espagne, le 17 Avril 1708.
--S'étant rendu au mois de Mai suivant à Strasbourg
, il en tira les Troupes qui y étoient , et
illes conduisit à l'Armée de Flandres commandéc
par le Duc de Bourgogne , sous les ordres
Lid. Vol. I ij duque
1452 MERCURE DE FRANCE
duquel il fit cette Campagne. En 1709. il commanda
l'Armée en Dauphiné , où par son habileté
et sa vigilance il fit échouer les desseins que
les Ennemis avoient formés sur cette Province .
En l'année 1710 if fit le commencement de la
Campagne en Flandres avec le Maréchal de Vil-
Tars , et il passa de-là en Dauphiné pour y prendre
le Commandement de l'Armée.
Le Roi Louis XIV . par ses Lettres Patentes du
mois de Mai 1710 , registrées au Parlement de
Paris le 23 du même mois , érigea en sa faveur ,
et après lui en faveur de son fils aîné de son ' second
mariage et de ses descendans , et à leur
défaut , en faveur de ses autres enfans ' puînés
mâles , la Terre de Warty près de Clermont en
Beauvoisis , en titre de Duché et Pairie , sous
le nom de Fitz -James. Il prêta serment , et prit
seance au Parlement en cette qualité de Pair de
France le 11 Décembre de la même année. If¹
commanda encore l'Armée en Dauphiné pen
dant les Campagnés de 1741 et 1712. A peine
étoit il arrivé à la Cour , qu'il fut envoyé en¹
Catalogne , ou ayant passé le Ter avec une Armée
de 20000 hommes , il fit lever le 3 Janvier
1713 le blocus de Gironae , qui subsistoir
depuis plus de huit mois.
>
En 1714 il fut chargé, du Siege de Barcelonne
avec le titre de Generalissime des Troupes Françoises
et Espagnoles ; et après 62 jours de tran
chée ouverte , il prit cette Ville à discretion le
12 Septembre .
Een 1719 il fut declaré Conseiller au Conseil ›
de Regence, et il eut le Commandement de l'Atmée
sur les frontieres d'Espagne où il se rendit
maître de 2. Fortes Places du Château d'Urgel. !
Il fut reçu Chevalier des Ordres du Rồi đẹ za
Jo's Juin
JUAN. 7347 1453
Juin 1724 , et le Gouvernement de Strasbourg
Jui fut donné au mois d'Avril 1730. }
La guerre ayant été declarée l'année derniere
à l'Empereur le Roile nommaGeneral de son Armée
en Allemagne , où après avoir passé le Rhin,
il fit le Siege duFort deKell ,qu'il pritle 28 Octobre
après huit jours de tranchée ouverte . Il venoit
en dernier lieu de forcer les lignes d'Ettlinghen
.en Allemagne , et avoit entrepris ensuite le Siege
de l'importante Forteresse de Philisbourg , devant
laquelle il est mort au lit d'honneur generalement
regretté non - seulement à cause de son
expérience et de sa grande capacité dans l'art
militaire , mais aussi par rapport à ses quali
tez personnelles ,
Il avoit été marié deux fois 19. en 1695. avec
Honorée de Burck de Clanrikard , veuve de
Patrix Sarsfield , Comte de Lucan , et morte en
1698. ei 2º . en 1706. avec Anne Beulkley, fille
de Henri Beulkly et de Sophie Stuart . Il laisse
de la premiere Jacques - François Fitz - James ,
Duc de Liria et Xerica , Grand d'Espagne de
Ja premiere classe , Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'Or , et des Ordres Russiens de S. André
et de S. Alexandre , Chambellan du Roi
d'Espagne , Lieutenant General de ses Armées ;
servant actuellement en cette qualité dans son
Armée au Royaume de Naples , et qui est marié
en Espagne et a des enfans .
De la deuxième François Fitz - James , né le
9 Janvier 1709. Prêtre , Abbé de l'Abbaye de
S. Victor à Paris , Henri , Duc de Fitz - James ,
Pair de France , né le 8 Septembre 1711. Gouverneur
du Haut et Bas Limosin , Colonel d'un
Regiment d'Infanterie Irlandoise: Edouard Fitz-
James , né le 17 Octobre 1715. un quatrième
II. Vol.
I iij fils
1454 MERCURE DE FRANCE
Als , age seulement de 9 ans. Henriette Fitz-
James , Dame du Palais de la Reine , née le 16
Septembre 1763. èt mariéé lé 7 Novembre
1722. avec Jean- Baptiste- Louis de Clermont
d'Amboise , Marquis de Rénel et de Montglas ,
Comte de Chiverny , Bailli et Gouverneur de
Chaumont en Bassigny , et Colonel du Regiment
de Santerre Infanterie. Laure Fitz-James,
mariée le 11 Mars 1732. avec Joachim - Louis
de Montaigu , Marquis de Bouzols , Lieutenant
General pour le Roi en la Province de la Haute
Auvergne , Gouverneur de Brouage , et nouvelement
Colonel du Regiment de la Fere , Infan
terie , Sophie , et Emilie Fitz-James.
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Résumé : Mort du Marechal de Berwik, [titre d'après la table]
Jacques Fitz-James, Duc de Berwick, de Fitz James, de Liria et de Xerica, fut un Pair de France et d'Angleterre, Grand d'Espagne de la première classe, Maréchal de France, et Chevalier des Ordres du Roi, de la Jarretière et de la Toison d'Or. Gouverneur du Haut et Bas Limosin et de la Ville de Strasbourg, il fut également Général de l'Armée du Roi en Allemagne. Né en 1671 à Moulins, il était le fils naturel de Jacques II, Roi de Grande-Bretagne, et d'Arabelle Churchill. Il débuta sa carrière militaire en Hongrie en 1686 et participa à de nombreuses batailles, notamment en Irlande et en Flandres. En 1701, il obtint des Lettres de naturalité et commanda les troupes françaises en Espagne, où il conquit plusieurs villes. Il fut nommé Maréchal de France en 1706 et continua de servir en diverses campagnes, notamment en Languedoc, en Provence, et en Catalogne. Il reçut de nombreux titres et honneurs, dont le Duché de Fitz-James en 1710. En 1734, il fut nommé Général de l'Armée en Allemagne et participa au siège de Philisbourg, où il fut tué le 12 juin par un coup de canon. Berwick fut marié deux fois et eut plusieurs enfants, dont Jacques-François Fitz-James, Duc de Liria et Xerica, et Henri Fitz-James, Duc de Fitz-James. Il est décédé à l'âge de 63 ans.
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764
p. 1455-1456
« Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...] »
Début :
Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...]
Mots clefs :
Évêque de Bayonne, Pierre Guillaume de La Vieuxville, Faculté de Paris, Roi, Diocèse, Marquis, Église cathédrale
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texteReconnaissance textuelle : « Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...] »
Le 23 Juin 1734, Edme Pourchot , Licentié
ès Droits , Ancien Recteur et Syndic de l'Unis
versité de Paris , Professeur Emérité , et Doyen
de la Tribu de Sens , mourut âgé d'environ 83
ans , s'étant acquis dans son tems par son habileté
beaucoup de réputation.
Le 24 Juin 1734. Charles- Henri - Phelipeaux
de Pontchartrain , Prêtre du Diocèse de Paris ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de Royaumont
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Beauvais
depuis le 26 Novembre 1728.Docteur en Théolo
gie de la Faculté de Paris du à Avril 1732. et
nommé à l'Evêché de Blois , le 23 Mai dernier,
mourut à Paris d'une Rougeole rentrée , âgé
d'environ 18 ans , et le lendemain son corps fat
porté à S. Germain l'Auxerrois , où il fut inhu
mé da nsla sépulture de sa famille. Il étoit fils de
Jerôme Phelypeaux , Comte de Pontchartrain ,.
et de Palluau , Marquis de Chefboutonne et de
Châteauneuf sur Cher , Commandeur des Ordres
Roi , et ci-devant Sécretaire d'Etat , et de
feue Dame Christine- Eleonore de Royè de la
Rochefoucault de Roacy , sa premiere femme ,
morte le 23 Juin 1708.
Le 24 Juin 1734. est né François- Louis - Ga
briel , fils premier né de Josepb Antoine Four-
Bier , Marquis de Wargemont , Seigneur de Sorel
, Drouil , Wanel , &c . Mestre de Camp de
Cavalerie , et Enseigne de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roi , et de Dame
Bonne Gabrielle de S. Chamant , mariez le ro
Mars de l'année derniere , ainsi qu'il a été rapporté
dans le Mercure du mois de Mars 1733 .
pag. 609. Cet enfant a été baptisé par le Curé
primitif des Paroisses de Villenoxe et d'Ival ,
et a eu pour parein et mareinè M. de Warge-
II. Vol.
I iiij
mont,
456 MERCURE DE FRANCE
mont › son ayeul paternel , et Dame Marie-
Louise Larcher , son ayeule maternelle , veuve
d'Antoine Galliot de S. Chamant , Marquis de
Montaiguillon , Seigneur de Villenoxe , Grand
Bailli de Sezanne en Brie , Lieutenant des Gardes
du Corps du Roi Maréchal de Camp de
ses Armées , et Gouverneur de Puy - Laurensen
Languedoc , mort le 18 Juin 1731 .
L'Evêque de Bayonne qui est mort après une
longue maladie à Paris , le 30 Juin 1734. dans
la sa année de son âge , se nommoit Pierre-
Guillaume de la Vieuxville , et étoit fils de feu
Joseph-Guillaume de la Vieuxville , Marquis de
Maulle , Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel
du Roi , et Sécretaire des Commandemens ,
Maisons et Finances de la Duchesse de Bourgogne
, mort le 21 Août 1700. à l'âge de 52
ans et de Marie Luillier . Il fut d'abord reçu
Archidiacre de Dunois , en l'Eglise de Chartres ,
le 17 Septembre 1708. Docteur en Théologie
de la Faculté de Paris , le 30 Juillet 1710. Vicaire
General de Chartres la même année
ensuite Archidiacre de Pincerais dans la même
Eglise , le 19 Fevrier 1716. puis Doyen de l'Eglise
Cathédrale de Nantes en 1721. aussi Vicaire
General du Diocèse de Nantes , l'un des Dépu
tez du deuxième Ordre de la Province de Tours
à l'Assemblée Generale du Clergé tenuë à Paris
en 1725. et enfin nommé à l'Evêché de Bayonne
le 27 Mars 1728 , et sacré le 22 Août suivant
dans l'Eglise Cathédrale de Meaux , par
le Cardinal de Bissy , assisté des Evêques d'Angers
et d'Europée , Coadjuteur d'Orleans. Le
Roi lui donna au mois de Novembre 1731.
l'Abbaye de la Honce , Ordre de Prémontré ,
Diocèse de Bayonne ; mais il s'en étoit démis
au mois de Decembre dernier,
ès Droits , Ancien Recteur et Syndic de l'Unis
versité de Paris , Professeur Emérité , et Doyen
de la Tribu de Sens , mourut âgé d'environ 83
ans , s'étant acquis dans son tems par son habileté
beaucoup de réputation.
Le 24 Juin 1734. Charles- Henri - Phelipeaux
de Pontchartrain , Prêtre du Diocèse de Paris ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de Royaumont
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Beauvais
depuis le 26 Novembre 1728.Docteur en Théolo
gie de la Faculté de Paris du à Avril 1732. et
nommé à l'Evêché de Blois , le 23 Mai dernier,
mourut à Paris d'une Rougeole rentrée , âgé
d'environ 18 ans , et le lendemain son corps fat
porté à S. Germain l'Auxerrois , où il fut inhu
mé da nsla sépulture de sa famille. Il étoit fils de
Jerôme Phelypeaux , Comte de Pontchartrain ,.
et de Palluau , Marquis de Chefboutonne et de
Châteauneuf sur Cher , Commandeur des Ordres
Roi , et ci-devant Sécretaire d'Etat , et de
feue Dame Christine- Eleonore de Royè de la
Rochefoucault de Roacy , sa premiere femme ,
morte le 23 Juin 1708.
Le 24 Juin 1734. est né François- Louis - Ga
briel , fils premier né de Josepb Antoine Four-
Bier , Marquis de Wargemont , Seigneur de Sorel
, Drouil , Wanel , &c . Mestre de Camp de
Cavalerie , et Enseigne de la Compagnie des
Gendarmes de la Garde du Roi , et de Dame
Bonne Gabrielle de S. Chamant , mariez le ro
Mars de l'année derniere , ainsi qu'il a été rapporté
dans le Mercure du mois de Mars 1733 .
pag. 609. Cet enfant a été baptisé par le Curé
primitif des Paroisses de Villenoxe et d'Ival ,
et a eu pour parein et mareinè M. de Warge-
II. Vol.
I iiij
mont,
456 MERCURE DE FRANCE
mont › son ayeul paternel , et Dame Marie-
Louise Larcher , son ayeule maternelle , veuve
d'Antoine Galliot de S. Chamant , Marquis de
Montaiguillon , Seigneur de Villenoxe , Grand
Bailli de Sezanne en Brie , Lieutenant des Gardes
du Corps du Roi Maréchal de Camp de
ses Armées , et Gouverneur de Puy - Laurensen
Languedoc , mort le 18 Juin 1731 .
L'Evêque de Bayonne qui est mort après une
longue maladie à Paris , le 30 Juin 1734. dans
la sa année de son âge , se nommoit Pierre-
Guillaume de la Vieuxville , et étoit fils de feu
Joseph-Guillaume de la Vieuxville , Marquis de
Maulle , Maître des Requêtes ordinaire de l'Hôtel
du Roi , et Sécretaire des Commandemens ,
Maisons et Finances de la Duchesse de Bourgogne
, mort le 21 Août 1700. à l'âge de 52
ans et de Marie Luillier . Il fut d'abord reçu
Archidiacre de Dunois , en l'Eglise de Chartres ,
le 17 Septembre 1708. Docteur en Théologie
de la Faculté de Paris , le 30 Juillet 1710. Vicaire
General de Chartres la même année
ensuite Archidiacre de Pincerais dans la même
Eglise , le 19 Fevrier 1716. puis Doyen de l'Eglise
Cathédrale de Nantes en 1721. aussi Vicaire
General du Diocèse de Nantes , l'un des Dépu
tez du deuxième Ordre de la Province de Tours
à l'Assemblée Generale du Clergé tenuë à Paris
en 1725. et enfin nommé à l'Evêché de Bayonne
le 27 Mars 1728 , et sacré le 22 Août suivant
dans l'Eglise Cathédrale de Meaux , par
le Cardinal de Bissy , assisté des Evêques d'Angers
et d'Europée , Coadjuteur d'Orleans. Le
Roi lui donna au mois de Novembre 1731.
l'Abbaye de la Honce , Ordre de Prémontré ,
Diocèse de Bayonne ; mais il s'en étoit démis
au mois de Decembre dernier,
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Résumé : « Le 23 Juin 1734. Edme Pourchot, Licentié ès Droits, Ancien Recteur et Syndic de l'Université [...] »
Le 23 juin 1734, Edme Pourchot, licencié ès droits, ancien recteur et syndic de l'Université de Paris, décéda à environ 83 ans. Le 24 juin 1734, Charles-Henri-Phelipeaux de Pontchartrain, prêtre du diocèse de Paris et abbé commandataire de l'abbaye de Royaumont, mourut à Paris à environ 18 ans des suites d'une rougeole. Son corps fut inhumé le lendemain à Saint-Germain l'Auxerrois. Il était fils de Jérôme Phelypeaux, comte de Pontchartrain, et de Christine-Éléonore de Royè de la Rochefoucault. Le même jour, naquit François-Louis-Gabriel, fils de Joseph-Antoine Fourbier, marquis de Wargemont, et de Bonne Gabrielle de Saint Chamant. L'évêque de Bayonne, Pierre-Guillaume de la Vieuxville, décéda à Paris le 30 juin 1734 à 52 ans après une longue maladie. Il avait occupé plusieurs postes ecclésiastiques, dont celui d'archidiacre de Dunois et de Pincerais, et avait été nommé à l'évêché de Bayonne le 27 mars 1728.
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765
p. 1457-1465
Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Début :
LOUIS-HECTOR DE VILLARS, Duc de Villars, Pair de France, Grand d'Espagne de la premiere [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Roi, Armée impériale, Pair de France, Lieutenant général, Ennemis, Victoire complète, Commandement, Rhin, Armées, Troupes, Campagne, Électeur de Bavière, Prince Louis de Bade, Prince Eugène, Roi de Sardaigne
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texteReconnaissance textuelle : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
HOVA TUIN (1731 ) $1457
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
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Résumé : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Louis Hector de Villars, Duc de Villars, fut un militaire et diplomate français de renom, né en 1652. Il débuta sa carrière militaire en 1671 comme aide de camp du maréchal de Bellefonds. Il se distingua lors de plusieurs sièges et batailles, notamment à Maastricht, Zutphen, et sur le Rhin. En 1673, il servit sous le vicomte de Turenne et participa à de nombreux combats, se montrant particulièrement courageux et stratégique. Promu brigadier en 1688 et maréchal de camp en 1690, il commanda des troupes en Allemagne et en Italie. Il fut nommé lieutenant général en 1693 et participa à diverses campagnes, notamment en Italie et sur le Rhin. En 1702, il fut déclaré maréchal de France et général de l'armée en Allemagne. Il joua un rôle crucial dans plusieurs batailles, comme celle de Hochstädt en 1704, et participa à la prise de plusieurs villes et forteresses. En 1709, il reçut une blessure grave à la bataille de Malplaquet. En reconnaissance de ses services, le roi érigea sa terre de Vaux-le-Vicomte en duché et le nomma pair de France. Il continua de servir dans diverses campagnes, notamment en Flandres et en Allemagne, et participa à la signature de traités de paix à Rastatt et en Suisse en 1714. Villars fut également ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire pour les traités de paix à Rastatt. Il fut nommé président du Conseil de guerre en 1715 et conseiller au Conseil de régence en 1718. En 1723, il devint ministre d'État. En 1731, il fut nommé maréchal général des camps et armées du roi et commanda les troupes en Italie. Il mourut en 1734 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars était le fils de Pierre de Villars, Marquis de Villars, Chevalier des Ordres du Roy, et de Marie Gigault de Bellefonds. Son père, décédé en 1698 à l'âge de 75 ans, avait occupé divers postes prestigieux, dont celui d'Ambassadeur en Savoie, à Madrid et au Danemark. Sa mère est morte en 1706 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars s'est marié le 23 janvier 1702 avec Jeanne-Angélique Rocque de Varengeville, fille de Jacques Rocque, Ambassadeur de France à Venise, et de Charlotte-Angélique Courtin, décédée en 1732. De cette union est né un fils unique, Honoré-Armand de Villars, Duc de Villars, Pair de France, Gouverneur de Provence et Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie. Honoré-Armand a été nommé Brigadier des Armées du Roi après avoir rapporté la nouvelle de la réduction du Château de Milan en janvier 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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766
p. 1466-1470
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du Parlement, du 16. Avril 1734. contre deux Ecrits, &c. [...]
Mots clefs :
Cour, Roi, Écrits, Église, Temps, Nouvelles, Procureur général du roi, Avignon, Grand escalier, Chapeaux, Castor, Rang des capitaines, Régiments de hussards
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
RREST du Parlement , du 16. Avril 1734.
contre deux Ecrits , &c. ARRE
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maítre
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Scigneur
Roi , portant la parole , ont dit :
Que c'est avec regret qu'ils interrompent les
Occupations de la Cour , pour lui parler de ce
qui peut encore avoir rapport aux dernieres affaires
de l'Eglise persuadés que rien n'est plus
désirable que de les voir se calmer et s'assoupir
de plus en plus par la moderation et le silence.
Mais que c'est par ce motif même qu'il se
creyent obligés d'avoir l'honneur de lui rendre
compte de deux Ecrits , qui , quoique de tems
differens , se répandent ensemble aujourd'hui , et
sont capables de causer de nouvelles inquiétudes
et de nouveaux inconveniens dans le public .
Que l'un est une instruction sur l'obéissance ditë
aux décisions de l'Eglise , par demandes et pat réponses
, imprimée depuis peu de tems sans marque
d'année , aussi bien que sans nom d'Auteur
ni d'Imprimeur : Et l'autre un Ouvrage qui porte
pour titre : Replique aux Tolerans de ce tems ,
imprimé à ce qu'il paroît à Avignon dès 1719 .
mais dont ils apprennent que des Exemplaires se
sont répandus: nouvellement à Paris.
Qu'indépendamment de ce qu'on pourroit
d'ailleurs reprendre avec justice dans ces deux
Ouvrages , c'est assez d'observer que l'esprit de
séparation et de schisme tant de fois reprimé par
II. Vel. les
JUIN. 1734. 1467
les Arrêts de la Cour , s'y déclare et y regne
ouvertement : et que pour s'épargner d'en dire
davantage , ils se contenteront de rapporter ce
qu'on lit à la page 240. du dernier , dans un
endroit où l'Auteur répond à l'Objection qu'il
s'étoit faite pea auparavant , que plusieurs grands
Prélats de France communiquent , non seulement
avec les Communicateurs des Heretiques , mais en
core avec les Heretiques mêmes , c'est-à- dire , ( ce
sont ses termes ) avec les Appellans et Opposans ,
du principe qu'il a établi , dit - il , il suit que
puisque les Papes déchoient du Papar , et les Eve
ques de l'Episcopat et de tonte Jurisdiction spirituelle
dans l'Eglise , suivant le Cardinal du Perron....
suivant le Pape Celestin , S. Augustin , S. Jerôme
et plusieurs autres Peres citéspar Bellarmin , on ne
peut pas douter que tous les autres Superieurs Ecclesiastiques
ou Reguliers , Generaux , Provinciaux,
Locaux , ne déchoient de mêmè de leur autorité ,
dignité et Jurisdiction, et que par consequent ils ne
doivent être regardés qu'avec horreur et execration
de tous les bons et vrais Catholiques .
C
2
Que sur l'un et l'autre Ouvrage ils ont pris les
Conclusions par écrit qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun,
Les Gens du Roi retirés :
Va l'Ecrit imprimé sans privilege ni permission,
intitulé : Instruction sur l'obéissance dûé aux
décisions de l'Eglise , ensemble l'autre Ecrit intitulé
: Replique aux Tolerans de ce tems , à Avignon
, chez Joseph Chastel 1729. et les Conclusions
par écrit du Procureur Genéral du Roi. La
matiere sur ce mise en délibération :
La Cour , faisant droit sur les Conclusions
du Procureur General du Roi , ordonne que lesdirs
Ecrits seront lacérés et brûlés en la Cour di
11. Vol. Palais
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeurde
la Haute-Justice: Enjoint à tous ceux
qui eu auroient des Exemplaires de les apporter
au Greffe de la Cour pour, y être supprimés. Fait
inhibitions et défenses à tous Imprimeurs,Libraites
,
Colpolteurs et autres de quelque état et con-
-
dition qu'ils soient, d'en vendre
,
débiter ou autrement
distribuer
,
à peine de proceder contre
eux extraordinairement
; qu'il sera en outre informé
à la requête du Procureur Central du Roi
pardevaht Me. Anne-Louis Pinon
,
Conseiller,
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville
, et pardevant les Officiers de
Police des lieux
, pour les témoins qui seroient
esdits lieux
,
à la diligence de ses Substituts esdits
Sièges ; contre les Auteurs et les distributeurs
desdits Ecrits, pour les informations faites, rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roi
,
être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que copies collationnées du
présent Arrêt s ront envoyées
,
&c.
Et ledit jour Vendredi seize Avril mil sept cent
trmte-qutltre :ë:['heuree de îri'di
, en execution de
1'Arrêt ci-dessus lesdits Ecrits y mentionnés ortt
été lacérés et jettes au feu au bas du grand Escalier
du Palais j par VExecuteur de la Haute-Justice
,
en presence de nous Marie DagobertYsabeau,
,
l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand'Chambre
,
assiste de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé, Y S A B E A U...t.,
ARREST du 18. Avril, qui ordonne que les
Chapeaux appeliez Demi-Castors, Vigognes ou
,Dauphins, Demi-Vigognes et Chapeaux de poil,
payèrent pour droits de sortie aux Bureaux des
cinq grosses Fermes, 40. sols de la douzaine *
'Pour les Provinces réputées étrangères, et 2.0.
sols pour l'Etranger et les Villes ce Marseille,
Bayonne et Dunkerque.
Ee que les Chapeaux de Castor et les Cha";
peaux de Feutre
,
continueront de payer les droits
de sortie
,
conformément au Tarif de 1664- ct
aux Arrêts du Conseil des %. Avril et 3. Octo-5
bre 1701.
!
EDIT DU ROY, donné à Versailles au mois,
d'Avril L734. Registré en Parlement le 1. Juin
suivant
, portant réunion des Jurisdictions de la
Prévôté de la Ville de Clermont, et de la Prevôté
Foraine du Comté de Clermont en Beau-,
voisis, à celle du Bailliage de ladite Ville.
Trois nouvelles Ordonnances du Roy du 1r;
May, ia première, pour regler le Rang des Capitaines
des vingt Compagrfies.de Cavalerie et
des 60.Compagniesde Dragons de nouvelle levée.
-La secomie*-, pmrr regler-te Rang des Capitaines
des quinze Bataillons de nouvelle levée.
Et la troisième
, pour regler le Rang des Capitaines
et Lieutenant des Bataillons de Mil-içe.
^
t ^ f
ARR.EST idu 13. May , • qui ordonne qu'en
payant par le Clergé du Comté de Bourgogne la , somme de livres.par chacune année ,
tous ses biens demeureront déchargez de l'execution
de la Déclaration du 17. Novembre 1733.
concernant la lévée du Dixiéme.
:.,ORDONNANCE DU ROY J du 31. May,
portant augmentation-dans les Régimens de
IJuss.trts de R'a-ttky e{Berchîny
,
qui sont à son
aërvice
, par laquelle S. M. ordonne ,qu'il sera
1470 MERCURE DE FRANCE
1
levé incessamment huit Compagnies nouvelles ,
pour former un troisiéme Escadron à chacun
desdits Régimens , chaque Compagnie composée
du Capitaine , un Lieutenant , un Cornette , un
Maréchal des Legis , trois Brigadiers , quarante
- six Hussarts , et un Trompette.
Qu'il sera pareillement levé dix hommes
d'augmentation en chacune des seize Compagnies
desdits Régimens qui sont sur pied , pour les
mettre de quarante à cinquante hommes , com-
રે
pris trois Brigadiers , sans les Officiers.
Que la solde desdits Brigadiers et Hussards
leur sera payée , à mesure qu'ils arriveront aux
Régimens ou quartiers qui leur seront désignez;
et que les Officiers des nouvelles Compagnies
recevront leurs appointemens , à commencer du
jour qu'il y aura vingt hommes à pied ou dix à
cheval , au quartier d'assemblée , en passant présens
aux Revues des Commissaires des guerres
proposez à cet effet.
RREST du Parlement , du 16. Avril 1734.
contre deux Ecrits , &c. ARRE
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maítre
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Scigneur
Roi , portant la parole , ont dit :
Que c'est avec regret qu'ils interrompent les
Occupations de la Cour , pour lui parler de ce
qui peut encore avoir rapport aux dernieres affaires
de l'Eglise persuadés que rien n'est plus
désirable que de les voir se calmer et s'assoupir
de plus en plus par la moderation et le silence.
Mais que c'est par ce motif même qu'il se
creyent obligés d'avoir l'honneur de lui rendre
compte de deux Ecrits , qui , quoique de tems
differens , se répandent ensemble aujourd'hui , et
sont capables de causer de nouvelles inquiétudes
et de nouveaux inconveniens dans le public .
Que l'un est une instruction sur l'obéissance ditë
aux décisions de l'Eglise , par demandes et pat réponses
, imprimée depuis peu de tems sans marque
d'année , aussi bien que sans nom d'Auteur
ni d'Imprimeur : Et l'autre un Ouvrage qui porte
pour titre : Replique aux Tolerans de ce tems ,
imprimé à ce qu'il paroît à Avignon dès 1719 .
mais dont ils apprennent que des Exemplaires se
sont répandus: nouvellement à Paris.
Qu'indépendamment de ce qu'on pourroit
d'ailleurs reprendre avec justice dans ces deux
Ouvrages , c'est assez d'observer que l'esprit de
séparation et de schisme tant de fois reprimé par
II. Vel. les
JUIN. 1734. 1467
les Arrêts de la Cour , s'y déclare et y regne
ouvertement : et que pour s'épargner d'en dire
davantage , ils se contenteront de rapporter ce
qu'on lit à la page 240. du dernier , dans un
endroit où l'Auteur répond à l'Objection qu'il
s'étoit faite pea auparavant , que plusieurs grands
Prélats de France communiquent , non seulement
avec les Communicateurs des Heretiques , mais en
core avec les Heretiques mêmes , c'est-à- dire , ( ce
sont ses termes ) avec les Appellans et Opposans ,
du principe qu'il a établi , dit - il , il suit que
puisque les Papes déchoient du Papar , et les Eve
ques de l'Episcopat et de tonte Jurisdiction spirituelle
dans l'Eglise , suivant le Cardinal du Perron....
suivant le Pape Celestin , S. Augustin , S. Jerôme
et plusieurs autres Peres citéspar Bellarmin , on ne
peut pas douter que tous les autres Superieurs Ecclesiastiques
ou Reguliers , Generaux , Provinciaux,
Locaux , ne déchoient de mêmè de leur autorité ,
dignité et Jurisdiction, et que par consequent ils ne
doivent être regardés qu'avec horreur et execration
de tous les bons et vrais Catholiques .
C
2
Que sur l'un et l'autre Ouvrage ils ont pris les
Conclusions par écrit qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun,
Les Gens du Roi retirés :
Va l'Ecrit imprimé sans privilege ni permission,
intitulé : Instruction sur l'obéissance dûé aux
décisions de l'Eglise , ensemble l'autre Ecrit intitulé
: Replique aux Tolerans de ce tems , à Avignon
, chez Joseph Chastel 1729. et les Conclusions
par écrit du Procureur Genéral du Roi. La
matiere sur ce mise en délibération :
La Cour , faisant droit sur les Conclusions
du Procureur General du Roi , ordonne que lesdirs
Ecrits seront lacérés et brûlés en la Cour di
11. Vol. Palais
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeurde
la Haute-Justice: Enjoint à tous ceux
qui eu auroient des Exemplaires de les apporter
au Greffe de la Cour pour, y être supprimés. Fait
inhibitions et défenses à tous Imprimeurs,Libraites
,
Colpolteurs et autres de quelque état et con-
-
dition qu'ils soient, d'en vendre
,
débiter ou autrement
distribuer
,
à peine de proceder contre
eux extraordinairement
; qu'il sera en outre informé
à la requête du Procureur Central du Roi
pardevaht Me. Anne-Louis Pinon
,
Conseiller,
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville
, et pardevant les Officiers de
Police des lieux
, pour les témoins qui seroient
esdits lieux
,
à la diligence de ses Substituts esdits
Sièges ; contre les Auteurs et les distributeurs
desdits Ecrits, pour les informations faites, rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roi
,
être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que copies collationnées du
présent Arrêt s ront envoyées
,
&c.
Et ledit jour Vendredi seize Avril mil sept cent
trmte-qutltre :ë:['heuree de îri'di
, en execution de
1'Arrêt ci-dessus lesdits Ecrits y mentionnés ortt
été lacérés et jettes au feu au bas du grand Escalier
du Palais j par VExecuteur de la Haute-Justice
,
en presence de nous Marie DagobertYsabeau,
,
l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand'Chambre
,
assiste de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé, Y S A B E A U...t.,
ARREST du 18. Avril, qui ordonne que les
Chapeaux appeliez Demi-Castors, Vigognes ou
,Dauphins, Demi-Vigognes et Chapeaux de poil,
payèrent pour droits de sortie aux Bureaux des
cinq grosses Fermes, 40. sols de la douzaine *
'Pour les Provinces réputées étrangères, et 2.0.
sols pour l'Etranger et les Villes ce Marseille,
Bayonne et Dunkerque.
Ee que les Chapeaux de Castor et les Cha";
peaux de Feutre
,
continueront de payer les droits
de sortie
,
conformément au Tarif de 1664- ct
aux Arrêts du Conseil des %. Avril et 3. Octo-5
bre 1701.
!
EDIT DU ROY, donné à Versailles au mois,
d'Avril L734. Registré en Parlement le 1. Juin
suivant
, portant réunion des Jurisdictions de la
Prévôté de la Ville de Clermont, et de la Prevôté
Foraine du Comté de Clermont en Beau-,
voisis, à celle du Bailliage de ladite Ville.
Trois nouvelles Ordonnances du Roy du 1r;
May, ia première, pour regler le Rang des Capitaines
des vingt Compagrfies.de Cavalerie et
des 60.Compagniesde Dragons de nouvelle levée.
-La secomie*-, pmrr regler-te Rang des Capitaines
des quinze Bataillons de nouvelle levée.
Et la troisième
, pour regler le Rang des Capitaines
et Lieutenant des Bataillons de Mil-içe.
^
t ^ f
ARR.EST idu 13. May , • qui ordonne qu'en
payant par le Clergé du Comté de Bourgogne la , somme de livres.par chacune année ,
tous ses biens demeureront déchargez de l'execution
de la Déclaration du 17. Novembre 1733.
concernant la lévée du Dixiéme.
:.,ORDONNANCE DU ROY J du 31. May,
portant augmentation-dans les Régimens de
IJuss.trts de R'a-ttky e{Berchîny
,
qui sont à son
aërvice
, par laquelle S. M. ordonne ,qu'il sera
1470 MERCURE DE FRANCE
1
levé incessamment huit Compagnies nouvelles ,
pour former un troisiéme Escadron à chacun
desdits Régimens , chaque Compagnie composée
du Capitaine , un Lieutenant , un Cornette , un
Maréchal des Legis , trois Brigadiers , quarante
- six Hussarts , et un Trompette.
Qu'il sera pareillement levé dix hommes
d'augmentation en chacune des seize Compagnies
desdits Régimens qui sont sur pied , pour les
mettre de quarante à cinquante hommes , com-
રે
pris trois Brigadiers , sans les Officiers.
Que la solde desdits Brigadiers et Hussards
leur sera payée , à mesure qu'ils arriveront aux
Régimens ou quartiers qui leur seront désignez;
et que les Officiers des nouvelles Compagnies
recevront leurs appointemens , à commencer du
jour qu'il y aura vingt hommes à pied ou dix à
cheval , au quartier d'assemblée , en passant présens
aux Revues des Commissaires des guerres
proposez à cet effet.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le 16 avril 1734, les Gens du Roi ont interrompu les activités du Parlement pour dénoncer deux écrits jugés perturbateurs. Le premier, intitulé 'Instruction sur l'obéissance due aux décisions de l'Église', a été imprimé sans autorisation et sans nom d'auteur. Le second, 'Réplique aux Tolérants de ce temps', imprimé à Avignon en 1719, circulait à nouveau à Paris. Ces écrits étaient accusés de promouvoir un esprit de séparation et de schisme au sein de l'Église, comme le montrait un extrait de la page 240 du second ouvrage. La Cour a ordonné la destruction de ces écrits et interdit leur distribution. Des enquêtes ont été lancées pour identifier les auteurs et les distributeurs. Les écrits ont été lacérés et brûlés au Palais le 16 avril 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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767
p. 1164-1195
LES VIES des Hommes Illustres de la France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à présent. Par M. d'Auvigny. Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines. A Amsterdam, & se vendent à Paris, chés le Gras, Grand'Salle du Palais, à L couronnée 1744.
Début :
Nous avons rendu compte en son tems de tous les Volumes de cet Ouvrage, [...]
Mots clefs :
Duc de Nemours, Ennemis, Français, Armée, Troupes, Ville, Général, Roi, Vénitiens, Pierre de Navarre, Louis XII, Bataille, Bologne, Victoire, Courage, Combat, Guerre, Suisses, Italie, Armes, Colonne, Retranchements, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : LES VIES des Hommes Illustres de la France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à présent. Par M. d'Auvigny. Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines. A Amsterdam, & se vendent à Paris, chés le Gras, Grand'Salle du Palais, à L couronnée 1744.
LES VIES des Hommes Illuftres de la
France , depuis le commencement de la Monarchie
jufqu'à préfent. Par M. d' Auvigny.
Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines.
A Amfterdam , & se vendent à
Paris , chés le Gras , GrandSalle du Palais
, à L couronnée 1744:
N
Ous avons rendu compte en fon tems
de tous les Volumes de cet Ouvrage
qui ont précédé les deux dont on vient de
lire le titre , & qui viennent de paroître depuis
peu de jours . En rendant ce compte au
public , nous avons fouhaité pour fon intérêt
, que l'Auteur jouit d'une longue vie &
d'une parfaite fanté , Il a plû au Seigneur
d'en difpofer autrement. Nous avons perdu
M. d'Auvigny à la fleur de fon âge , & au
milieu de la courfe litteraire qu'il avoit entreprife.
C'eft ce que nous apprenons à regret
de M. fon Frere , Chanoine Régulier
de l'Ordre de Prémontré , dans un Avertiffement,
qui eft à la tête du IX Tome . Avertiffe-
"
JUIN. 1744. TM 1165
tiffement qui contient un détail litteraite ,
honorable , & curieux , lequel nous nous
faifons un devoir de rapporter ici dans fon
entier à caufe de fa brièveté.
Ces deux Volumes , dit M. le Chanoine ,
& ceux qui les fuivront , font les Ouvrages
pofthumes de M. d'Auvigny , Chevau- Leger
de la Garde , qui après avoir donné fes foins
pour l'Edition des Tomes VII & VIII de
fon Livre , fe hâta de partir pour joindre
La Troupe , & a été malheureufement tué
dans le Combat d'Ettinghen , à l'âge de treit
re & un ans , le 27 Juin 1743 , laiffant une
Veuve & deux enfans mâles , à qui les defcendans
des Hommes Illuftres de la France ,
qu'il a célébrés fi dignement , accorderont ,
fans doute , leur protection & par honneur
& par reconnoillance .
On fera peut-être étonné qu'un Auteur ,
qui a fi peu vécu , ait pû fournir une pareille
carriere , & qu'outre ces dix Volumes , qui
font imprimés , il ait encore laiffé la matiere
de plufieurs autres en manufcrit , entre les
mains de fon Libraire , avant que de partir
pour la Franconie, où il a fini fes jours . Peu
d'Ecrivains ont eu plus de facilité & de talens
pour écrire l'Hiftoire , & je crois que la République
des Lettres a fait en lui une perte.
Sa mémoire étoit prodigieufe , & fon ima
gination d'une vivacité extraordinaire, join-
E iij
te
1166 MERCURE DE FRANCE.
te à beaucoup de pénétration d'efprit. Naturellement
Philofophe , il s'étoit formé un
style nerveux & fententieux , qu'on remar
que facilement dans cet Ouvrage. Peut-être
aimoit- il un peu trop les ornemens du ftyle
& les agrémens de la narration , & il femble
les avoir quelquefois préférés à l'exacti
tude de la Grammaire , trop vif & trop
hardi dans fes penfées , pour s'y affujettit
fcrupuleufement.
Si l'on eft furpris qu'il ait pu achever un
fi long Ouvrage à la fleur de fes années ;
( Ouvrage qui fuppofe une lecture immenft
& un très-pénible travail ) combien le ferat'on
davantage , fi on fait attention à tous
les Livres , qu'il a publiés avant celui- ci ?
Après s'être exercé dans fa premiere jeuneffe
fur des matieres de bel efprit & de fiction ,
il s'appliqua férieufement à l'Hiftoire , &
donna un Abregé de celle de France & de la
Romaine, imprimée en 1730. Quelques an
nées après il mit au jour l'Hiftoire de la
Ville de Paris, en cinq Volumes, dont néan
moins la moitié du quatriéme & tout le cinquiéme
ne font point de lui , mais de feu
M. de la Barre , de l'Académie des Belles-
Lettres.
M. d'Auvigny étoit né dans le Hainaut
Après la mort d'un Oncle , qui lui avoit
donné de l'éducation , il vint à Paris en
1
1728
JUIN. 1169 1744.
?
1728 , & fut recommandé à une perfonne
très-connuë dans la République des Lettres ,
qui ayant apperçu en lui du génie , de l'efprit
, du talent & beaucoup d'application à
la lecture & au travail , prit quelque foin
de cultiver ces difpofitions. Mais depuis
plus de huit années , M. d'Auvigny s'étant
attaché à d'autres perfonnes , & ayant voulu
fe conduire à fon gré , celui à qui il avoit
obligation de la premiere culture de fes talens
, n'eut dans la fuite prefque aucun commerce
avec lui. Ainſi dans la compofition
des Vies des Hommes Illuftres , on peut dire
qu'il n'a été fecondé de qui que ce foit. Il
ne me fied pas de m'étendre davantage fur
les louanges d'un frere. J'ai crû devoir à fes
chers manes ce leger tribut , & que le Pu
blic l'approuveroit.
›
Pour donner une idée du travail de M.
d'Auvigny & pour fuivre la coûtume , que
nous avons prife , en rendant compte de
pareils Ouvrages nous expoferons ici
une des Vies qui compofent ce IX Tome.
Celle de GASTON DE FOIX , Duc de Nemours,
Général d'Armée , & Viceroi de Milan , fous
Louis XII , qu'on trouve à la pag. 128 ,
nous a paru convenir aux bornes de ce
Journal.
L'Hiftoire de ce Prince , tué à 24 ans ,
dans le fein de la victoire , eft une folide
E iij preu1168
MERCURE DE FRANCE.
preuve , qu'on ne peut trop fe hâter de de
venir Grand Homme , & que la vertu ne
fuit pas la jeuneffe , mais que l'ardeur & la
préfomption abandonnent rarement cet âge
dangereux .
GASTON étoit de l'Illuftre Maiſon de Foix ,
qui fe vante à jufte titre d'être iffuë de la
premiere race de nos Rois. Ces Cadets belliqueux
firent avouer de tout tems , qu'ils
étoient dignes de la Couronne , que la molleffe
de leurs aînés avoit fait perdre à leur
Maiſon. Son pere étoit N.... Comte de Foix
& de Comminges , & fa mere N.... de VALOIS
, foeur de Louis XII . Elle avoit été élevée
à la Cour de France , & témoin des malheurs
de fon frere , dont la caufe lui étoit
connuë : c'étoient les mauvais conſeils , &
une ambition déréglée . Cette Princeffe eut
donc foin d'écarter de fon fils tous les flateurs
, & de ne rien propoſer à fon émulation
, que de jufte & de légitime.
LOUIS XII , qui n'avoit point de fils , témoigna
à celui de fa foeur une affection de
pere ; il le fit venir de bonne heure à ſa
Cour , & ce qui commença à donner une
grande idée du jeune Prince , ce fut que ni
fa haute naiffance , ni les grands biens de fa
Maiſon , ni la faveur du Roi fon Oncle ne
parurent point l'occuper , ni le corrompre.
La fcience de la guerre , quoi qu'encore
bien
JUIN.17445 1169
bien imparfaite , étoit la principale de fon
tems ; il s'y adonna tout entier , & on le
vit à la journée d'Aignadet , à peine âgé de
18 ans , combattre fous les yeux du Roi avec
une valeur finguliere & une prudence que
fes regards lui infpiroient. Cette prudence
fut depuis la caufe de fa perte.
Quelque idée que Louis XII cut de fon
extrême vivacité , on ne s'en défia point
affés , à caufe de cette premiere marque de
moderation . Il le jugea lui-même depuis
auffi prudent , que tout le monde le trouvoit
brave!
·
Les Vénitiens , vaincus à Aignadel , montrerent
la fierté des anciens Romains , & fe
jugeant dans leur accablement hors d'état
d'obtenir une paix honorable , ils s'appliquerent
à attirer le Pape dans leur parti , &
à s'affurer des Suiffes , pour continuer la
guerre.D
,
Ces derniers devoient être les plus redoutables
ennemis de la France , & cependant
ils furent les moins menagés , Louis
XII avoit voulu délivrer la Nation Françoi
fe de l'efpece de tribut qu'elle payoit à ce
peuple belliqueux , ou plutôt lui faire connoître
, que c'étoit pour en être fervie , &
non pear s'en voir protegée ; de forte que
les Suiffes , animés par l'intérêt , écouterent
fans peine les propofitions des enne-
291VİV 50
Ey mis
1170 MERCURE DE FRANCE.
mis de la France , & leverent une armée
en leur faveur , pour entrer dans le Duché
de Milan.
2
Cet Etat ne s'étoit jamais vu plus puiffamment
menacé , & imoins de forces pour fe
deffendre ce dénûement dans une circonftance
femblable , ne pouvoit être réparé
que par une extrême attention , & une
grande prudence. " Enforte que le grand
nombre jugea , que le Roi confentoit en
quelque façon à le perdre , lorfqu'on vit le
Duc de Nemours, âgé de 22 ans , revêtu du
titre de Viceroi de Milan , & chargé de fa
confervation . Le jeune Prince avoit defiré
cet emploi avec ardeur, comme le plus brillant
qu'il pûr obtenir , & l'Europe vit avec
étonnement , que ce même Gafton , fi plein
de feu & d'ardeur pour la guerre , étoit devenu
tout à coup retenu & circonfpect , defirant
de combattre, comme un jeune guerrier
, mais fçachant en éviter les occaſions
comme un vieux Capitaine .
>
Sans attendre les Suiffes furieux au fortir
de leurs montagnes , il s'en approcha affés
pour leur laiffer efperer le combat. Ses vûes
étoient que les ennemis fe flatant de finir la
Campagne par une Bataille , prendroient
moins de précaution pour la fubfiftance de
leur armée , & qu'ils fe verroient contraints
par-là d'abandonner un Pays bien gardé &
dépourvût de vivres. Les
JUIN. 1171 1744.
Les Suiffes arrivés à Galera , dans le Milanez,
apprirent que le Général François étoit
pofté à Legnago , à quatre milles d'eux ,
fuivi feulement de trois cent lances , & de
deux cent Gentilshommes de la Maiſon du
Roi. Ils s'avancerent , & Gafton , fans trop
s'éloigner , pour leur donner plus d'envie
de le fuivre , recula jufques dans les Fauxbourgs
de Milan , où ils l'inveftirent , en at
tendant , pour le forcer , les fecours , qui
leur avoient été promis par le Pape & les
Vénitiens ; mais pendant que ces deux
Puiffances les amufoient d'efperances vaines
, le Duc de Nemours renforçoit fon armée
de quelques troupes tirées des garnifons
voisines.
Les Suiffes inquiets de l'abandon de leurs
Alliés , & n'ofant entreprendre d'attaquer
les François dans leurs retranchemens , s'avancerent
vers l'Adda , menaçant d'entrer
dans le Bergamafque. Le Duc de Nemours ,
toujours devant eux ou à leur fuite , campa
à Caffano , & rompit de telle forte leurs deffeins
, qu'ils lui envoyerent propoſer peu
de jours après de retourner dans leur Pays ,
s'il vouloit leur donner un mois de paye ,
fur le même pied qu'ils l'avoient toujours
reçu de la France.
re ,
Cette propofition , qu'on alloit leur fai
fut rejettée , parce qu'ils la faifoient :
E vj
on
1172 MERCURE DE FRANCE.
on marchanda ; ils s'irriterent , & mêlant
la fierté à l'intérêt , ils demanderent deux
jours après , le double de ce qu'on leur avoit
refufé, Gafton devenu plus fort en troupes ,
& en état de combattre avec plus de confiance
, en defiroit en quelque forte l'occafion.
On s'en appercevoit à fa façon de traiter
avec les Suiffes , qui envoyerent enfin
un trompette , pour déclarer qu'ils ne vouloient
plus d'accommodement , & qu'ils alloient
faire une guerre cruelle aux François
.
Le Duc de Nemours attendoit fans crainte
l'effet de ces menaces , lorfqu'on lui apprit
que les Suiffes avoient pris fecretement la
route du Lac de Côme , pour rentrer dans
leurs montagnes , vengeant la honte de cette
retraite par l'incendie de quelques Villages .
Gafton profita de leur abfence , & de la réputation
, que fa conduite lui avoit donnée
pour fortifier le Milanez , & affoiblir les
conféderés , en leur oppofant , s'il étoit poffible
, les forces de quelques Etats d'Italie.
La République de Florence & de Bologne
étoient les feuls Etats , qui laiffaffent
quelque efperance. La premiere , puiffante
par l'étendue de fes terres , le nombre & la
richeffe de fes habitans , étoit gouvernée par
un Magistrat Militaire, qui portoit le Titre
de Gonfalonier : fon inclination pour la France
JUIN. 1744. 1173
ce étoit décidée , mais le Confeil de la République
, rebuté de la legereté de la Nation
, écoutoit moins fon refpect pour le
Gonfalonier , que la crainte d'être facrifié
au premier avantage que les François pourroient
fe promettre en les abandonnant,
Gafton fut donc obligé de fe contenter de
voir garder une efpece de neutralité à cet
Etat , qu'il auroit été fi important de déterminer
pour fon parti , & de tourner toute
fon attention fur Bologne , abfolument déclarée
en fa faveur.
Cette Ville étoit alors fous la domination
des Bentivoglio , d'une Maiſon Illuftre d'Italie
, qui fe prétend defcendre d'un Roi de
Sardaigne , bâtard d'un Empereur d'Allemagne.
Les Bentivoglio ou Bentivoles , ennemis
perfonnels du Pape , de fa Maiſon &
de fes deffeins , avoient confenti , que le
Duc de Nemours mît dans Bologne une
garnifon de deux mille Allemands , & de
deux cent Gendarmes , fous les ordres d'Odet
de Foix , Seigneur de Lautrec , d'Ive
d'Alégre , & des Capitaines de la Fayette
& de S. Vincent , que les Italiens furnommoient
le Grand Diable , à caufe de fa valeur
, & de fa taille extraordinaire.
Mais l'expérience de ces Chefs , & la
force de la garnifon ne furent que la feconde
caufe du falut de la Ville ; elle étoit
perduc
1174 MERCURE DE FRANCE.
duë fans reffource , fi les ennemis avoient
pû éviter les inconvéniens ordinaires des
unions de troupes , qui infpirant differens
avis , obligent à perdre dans des déliberations
un tems toujours précieux à la guerre.
Ils confulterent donc , & Pierre de Navarre
, foldat de fortune , inftruit par Gonfalve ,
furnommé le Grand Capitaine , plus inftruit
encore par la Nature & par fon génie , fit
réfoudre d'emporter la Place par le moyen
des Mines , dont on l'a fait le premier Inventeur.
Bologne n'avoit point de dehors ;
une feule muraille , épaiffe à la vérité , étoit
toute fa défenſe ; le canon en ayant ruiné
plus de cent braffes en peu de jours , la largeur
de cette bréche tenta les affiégeans :
on voulut rifquer un affaut , dont les commencemens
eurent fi de fuccès , que les
Chefs réfolurent d'attendre l'effet de la Mine.
Pierre de Navarre l'avoit pouffée vers
la porte de Castiglione,fous un endroit de la
muraille , où il y avoit une petite Chapelle.
L'idée de l'Ingénieur étoit de la renverfer
avec la muraille dans le foffé , & de le combler
ainfi de leurs débris. La Garnifon inquiéte
de la largeur de la bréche , mais raffurée
par leur courage & par leur nombre
fe tenoit rangée le long de la muraille , affectant
une contenance fiere. Mille Fantaf
fins & cent quatre- vingt Gendarmes , enpeu
νομές
JUIN
1175 1744.
voyés par le Duc de Nemours , avoient encore
augmenté leur courage. Ils faifoient
des cris , & bravoient les affiégeans . Ceuxci
que Pierre de Navarre affuroit de l'effet
de la Mine , en attendoient le moment avec
impatience. Un tonnerre épouvantable l'annonça;
il fembloit que la Ville dût s'abîmer
, & les affiégeans célébroient déja leur
victoire par de grands cris , mais après que
le tourbillon de fumée & de poufliére für
diffipé , leur furpriſe fut extrême de voir la
Chapelle enlevée par la Mine dans le même
état, qu'elle étoit avant fon effet ; la poudre
l'avoit pouffée fi perpendiculairement, & la
maçonnerie ainfi que la charpente s'étoit
trouvée fi bonne,qu'à quelques fentes près,
on ne fe feroit point apperçu de fa tranflation
les Bolonnois crierent au miracle ,
& l'idée d'être foutenus par une providence
particuliere leur infpira une extrême réfolution.
Les affiégeans furpris refterent dans leurs
quartiers , & les nouvelles mefures , qu'ils
fe trouverent obligés de prendre , donnerent
le tems au Gouverneur d'envoyer demander
du fecours à Gafton de Foix , & l'ef
perance de le recevoir avant que d'être forcés.
Ce Général , qui affembloit les troupes à
Final , fur les frontieres du Modenois & du
-Bolorois , marcha avec toute fon armée
com1176
MERCURE DE FRANCE.
compofée d'onze mille Fantaffins , & de
treize cent lances. Craignant que le nom
bre ne le fit reconnoître , & ne pouvant
néanmoins feater de délivrer Bologne
avec moins de forces , il fut bien -tôt hots
-d'inquiétude. L'air fe chargea de nuages ,
& la neige , qui tomboit à gros flocons , en
rendant fa marche plus difficile , la rendit
auffi plus affurée. Toute Farmée, entrà dans
Bologne à l'infçu des ennemis , que l'on au
roit aifément battus à caufe de leur confiance
, fi Gaſton ent pû fe perfuader qu'ils ignorallent
fon arrivée . Le fiége fut levé fur le
champ avec beaucoup de précipitation ,
:quoique fans défordre , & le Duc de Nemours
, libérateur de Bologne fans avoir
tiré l'épée , fut regardé comme le plus prudent
, & le plus heureux Capitaine de fon
tems.
?
រ
Mais à peinegoûtoit-il les premiers fruits
de fa victoire , qu'on lui apprit la furprife
de Breffe par les Vénitiens. Cette Place fi
importante à la confervation du Milanez ,
avoit été confiée à la garde de du Lude , &
ce brave Officier fe trouvoit en état de la
conferver contre tous les ennemis du dehors
, mais il en avoit de plus dangereux
parmi les habitáns même , qui devoient
aider à fa deffenfe . Breffe , comine la plupart
des Villes d'Italie, étoit divifée en deux parJUIN.
1744. 1177
:
tis , à la tête defquels on voyoit les Maiſons
d'Avogaro , & de Gambara. Celle- ci attachée
aux François joüiffoit de toute la faveur
de ces nouveaux Maîtres de l'Italie.
& les autres ( c'eſt l'effet ordinaire de la
mauvaife politique ) éprouvoient chaque
jour de nouvelles injuftices. Une infulte ,
que le Comte de Gambara fit au Comte d'Avogaro
, obligea ce dernier à reclamer l'autorité
du Duc de Nemours . Ce Prince lui
promit de le fatisfaire , & l'oublia . L'Italien
crut qu'en lui refuſant la juftice , qui eft le
premier devoir des Souverains , on lui donnoit
l'exemple d'oublier le fien , tant il eſt
vrai que le déni de juftice , qui eft fi commun
, eft la fource de mille maux.
Il fçût donc mettre tout fon parti dans
l'intérêt de fa vengeance , & il prit fes mefures
avec tant de jufteffe , que les Vénitiens
avertis de fon deffein , parurent aux
portes de Breffe , avant que le Gouverneur
eut aucun foupçon de leur marche . La gar
nifon raffemblée fe porta toute entiere du
côté que paroiffoient les ennemis , mais
pendant qu'ils leur réfiftoient , une feconde
troupe de Vénitiens conduits par quelques
habitans entrerent par des égouts , dont ils
avoient ouvert les grilles. Aux cris de S.
Marc , qu'ils firent retentir de toutes parts ,
le Comte d'Avogaro parut dans la Place ,
font
1178 MERCURE DE FRANCE.
fondit fur le Gouverneur , déja embarraffe
par la multitude des ennemis,& l'obligea de
fe retirer au Château , d'où il pûr à peine
envoyer informer le Duc de Nemours de
fon malheur , & lui demander du fécours.
Ce Général étoit encore à Bologne , éloignée
de Breffe de quarante lieuës , & féparée
par le Pô , le Mincio , la Chieſa , & .
Les chemins devenus difficiles à caufe des
pluyes , fembloient impraticables à l'Artillerie
, dont on avoit cependant un befoin
abfolu ; mais l'ardeur du Chef , & l'affection
des Soldats pour lui , furmonterent ces
obftacles. Son armée fit en un jour trente
milles d'Italie , & ayant appris , que la République
envoyoit un Corps de cinq à fix
milles hommes au fecours de leurs troupes ,
qui affiégeoient le Château de Breffe , il fit
une diligence incroyable , pour gagner
de
vîteffe ces nouveaux ennemis. S'étant affuré
de cet avantage , il envoya contre eux le
Chevalier Bayard & Teligni avec leursGens
d'armes. Ces deux braves Chefs les ayant
joints , les battirent , & le Duc de Nemours
continuant fa route , arriva enfin à la vûë du
Château de Breffe , où il entra fans réfiftance.
Ce Prince donna une nuit à fes troupes
pour repofer , & le lendemain leur ayant
promis le pillage de la Ville , elles marcherent
JUI N. 1744. 1172
rent avec beaucoup de réfolution contre les
retranchemens des Vénitiens. Le Provedi
teur , qui les commandoit , avoit eu foin de
les munir d'une nombreufe artillerie ; outre
huit mille foldats , il avoit fous fes ordres
douze mille habitans prêts à combattre.Cette
armée étant trop nombreufe pour tenir dans
le terrain ,qui féparoit la Ville du Château,
il en avoit mis une partie en bataille , pour
rafraîchir les deffenfeurs du retranchement ;
de plus il avoit à dos une Riviére , & un
Pont , qu'il pouvoit rompre , fuppofé que
les François l'obligeaffent à la retraite.
Le Duc de Nemours étoit inftruit de tous
les avantages de l'ennemi ; mais le recouvrement
étoit d'une telle importance , qu'il réfolut
de tout rifquer. Son armée étoit de
douze mille hommes , qu'il divifa en plufieurs
corps : d'Alégre eut ordre de fe pofter
hors de la Ville , vis-à- vis la Porte de S.
Jean , la feule , que les Vénitiens avoient
laiffée ouverte , enfuite le Duc attaqua une
Abbaye appuyée contre les retranchemens ,
l'emporta , & fit paffer ce qu'il y avoit d'ennemis
au fil de l'épée. Ce premier fuccès encouragea
les troupes , fans rien faire perdre , -
au Général de fa moderation : Herigoïe , ou
Henri Gonet , fort eftimé de ce Prince &
des Soldats , fut mis à la tête d'une troupe
de Gafcons choifis , & le Chevalier Bayard
fuivit
1180 MERCURE DE FRANCE.
fuivit à pied avec fes Gens d'armes pour les
foutenir. L'ennemi les voyant avancer fiérement
& en bon ordre , fit un feu terrible
, qu'ils effuyerent fans s'ébranler ; le canon
du Château battoit avec furie contre
les retranchemens , & y faifoit de grandes
bréches ; les François les gagnerent après
avoir rempli le follé de fafcines , & ce fut
là que le combat devint fanglant. On s'y
battoit main à main , à coup de haches , de
piques , & d'épées. Le Chevalier Bayard
'animant les fiens
par fon exemple , reçut un
fi grand coup de pique dans la cuiffe , que
le fer y demeura avec le bout du bois où il
étoit attaché ; ce brave homme tomba noyé
dans fon fang , & les Soldats que fa préfen-
'ce avoit foutenus , commençoient à s'ébranler
, lorfque le Duc de Nemours la pique à
la main parut à leur tête , criant : Enfans ,
vengeons le bon Chevalier. Son exemple , &
fes cris infpirerent aux Soldats une efpece
de fureur ; les retranchemens furent forcés
en plufieurs endroits , & les fuyards pourfuivis
fi vivement , qu'ils n'eurent pas le
tems de lever le Pont , qu'il falloit paffer
pour entrer dans la Ville , où les vainqueurs
entrerent avec eux . Les Officiers leur firent
faire alte au- delà du Pont , pour les remettre
en ordre avec une facilité , qui fit connoître
combien le Duc de Nemours avoit acquis
JUI N. 1744.
1181
quis d'autorité fur fes troupes,
On reconnut bien-tôt la néceffité de cette
conduite ; la Gendarmerie Vénitienne , toute
la Cavalerie légere ,& une bonne partie
de leur Infanterie , fe firent voir en bataille
dans la Place , tout prêts à profiter du défordre
des François . Leur Général détacha
d'abord le Capitaine Bonnet , avec quelques
bataillons pour charger les Vénitiens ;
ils le reçurent avec courage , & le combat
devint plus long & plus dangereux , en cé
que les habitans montés fur les toits de leurs
maifons , en faifoient tomber de groffes
pierres & de l'eau bouillante , pendant que
d'autres tiroient par les fenêtres.
Le Duc de Nemours envoyoit fans ceffe
de nouvelles troupes pour feconder les premieres
, & les animoit par l'efpoir du pillage
, qui leur avoit été promis. Enfin après
une demie heure de combát , les Vénitiens
cédérent de tous côtés , & leur réfiftance vigoureuſe
fut la caufe que les vainqueurs ne
donnerent aucun quartier. On en fit un
grand maffacre dans toutes les rues de la
Ville. Plufieurs en fortirent , croyant trouver
leur falut dans la campagne , mais la
précaution , qu'ils avoient prife , de murer
toutes les portes de la Ville , à l'exception
de celle de S. Jean ' , leur devint funefte :
d'Alégre y étoit avec les Gens d'armes , qui
11
les
182 MERCURE DE FRANCE.
les malfacrerent . Les ennemis y perdirent ,
dix à douze mille hommes ; le Provediteur
André Gritti refta prifonnier , & ce qui mit
le comble au malheur de cette journée , fut
la prife du Comte Louis d'Avogaro & de
fon fils , Auteurs de la révolte.
Après que les Soldats les eurent rendus
témoins du pillage de leurs maiſons & de
la défolation de leur famille , contre laquelle
tout fut permis , on les préfenta au
Duc de Nemours , toute l'armée demandant
à grands cris leur fupplice. Il ne fervit de
rien au malheureux Comte de repréſenter ,
qu'étant né fujet des Vénitiens , il n'avoit
fait qu'appeller fes anciens Maîtres au ſe,
cours de la Patrie & de fa Maiſon , que l'on
accabloit d'injuftice ; le plus fort fut regardé
comme le Maître légitime , & fa mort fut
ordonnée.
Ce Seigneur appartenoit aux Maiſons les
plus confidérables de la Ville , & du Pays
d'alentour ; fon malheur y jetta la confternation
, & acheva la déſolation publique
furtout lorfqu'on vint à réfléchir fur la deftinée
de fon fils , compagnon involontaire de
fon crime , & qui devoit l'être de fon fupplice
.
Ce jeune homme avoit obéi à la Nature ,
ainfi qu'à la reconnoiffance , en fuivant le
Comte d'Avogaro , & fon courage avoit été
adJUIN.
1744. 1183
admiré par
il
le Duc de Nemours même , lorfque
fe voyant enveloppé avec fon pere ,
avoit tout tenté pour le fauver , ou pour
périr avec lui les armes à la main. Sa douleur
, lorfqu'il fe vit arrêté , fut d'un homme
plein de fentimens ; celle de fon pere
fembla feule l'occuper , & ce fut en cet
état , qu'on le préfenta au Duc de Nemours.
Ce Général , d'un âge à peu près femblable
au fien , parut touché de fon fort ; il le plaignit
, fans entreprendre de le confoler , ainfi
que le tentent ceux qui ne fçavent pas que
rien n'affoiblit dans un lâche la crainte de
perdre la vie , & qu'un homme de coeur
n'a pas beſoin de fecours pour fouffrir unę
mort honorable ; que même dans de certaines
fituations , & aux yeux d'un homme
courageux , les exhortations à la patience
& àla foumiffion font des affronts àfon courage.
On conduifit le pere & le fils en pri
fon , & le lendemain toute la Ville vint fe
jetter aux pieds du Duc de Nemours , pour
demander leur grace. La néceflité de faire
un exemple le rendit inexorable , & on vit
enfin ces deux malheureufes victimes marcher
enfemble au fupplice.
Cette fituation affreuſe pouvoit faire
comprendre qu'il eft des maux plus grands ,
que l'afpect d'une mort prochaine. Le Comte
d'Avogaro lié à côté de fon fils ne pouvoit
con1184
MERCURE DE FRANCE.
contenir les tranfports de la plus vive douleur
; il fe précipitoit vers le fupplice &
vers la mort , comme dans un afile qui devoit
le délivrer de cette cruelle vûë. Son
malheureux fils défefperé de fon état , demandoit
comme une grace , plus précieuſe
que la vie même , qu'on l'exécutât le premier.
On voyoit fur leur vifage & dans
leurs regards , l'agitation affreufe de leur
ame. Lamultitude , qui environnoit l'échaffaut
, obfervoit un filence profond , jettant
fes regards tantôt fur les deux victimes ,
tantôt fur le Duc de Nemours , dont la
trifteffe fembloit laiffer quelque efperance
de grace , mais à ce calme fuccederent des
cris perçans , lorfqu'on vit le Comte d'Avogaro
arrivé fur l'échaffaut s'approcher de
fon fils pour lui dire les derniers adieux ,
& les efforts que ces deux infortunés faifoient
pour s'embraffer malgré leurs liens.
Tandis que ce Spectacle accabloit tous les
coeurs , le Duc de Nemours fit un figne , &
les deux têtes tomberent prefque en mêmetems.
Cependant le pillage de la Ville avoit
ceffé ; après avoir été la caufe de la priſe
de la Place , en animant le foldat , il le devint
de la perte de l'armée en l'enrichiſſant.
Les troupes déferterent en foule , & cette
barbare victoire devint par- là prefque auffi
fuJUIN.
1744. 1185
funefte aux François qu'une défaite. Le Duc
de Nemours , au lieu de foldats aguerris , fe
trouva obligé de fe fervir de nouvelles levées
, inférieur en ce point aux ennemis ,
qui n'employoient contre lui que l'élite de
leurs troupes. Cependant Bologne fauvée
une armée vaincuë , Breffe reconquiſe en
moins de quinze jours , lui avoient donné
la réputation du plus grand & du plus heureux
Capitaine de l'Europe. Devenu la terreur
des ennemis , il devint le motif de la
présomption des François , qui s'imaginerent
que fon nom feul devoit triompher.
LOUIS XII , plus prudent par fon Confeil
que par fon caractere , & éblouii de fes fuccès
, lui manda de chercher par tout les Efpagnols
& de leur livrer bataille,
Une des raifons de cet empreffement étoit
la déclaration du Pape en faveur de la Ligue
, fortifiant ainfi des tréfors du S. Siége
& des troupes de l'Etat Eccléfiaftique les
Vénitiens & les Efpagnols , déja fi puiffans
en Italie . Mais Louis & fon Confeil étoient
alfés inftruits de la politique des Pontifes
pour ne pas douter qu'une victoire complette
fur les forces réunies des Conféderés , ne
déterminât le Pape à les abandonner. On
eraignoit auffi que l'Empereur , féduit par
l'exemple de la Cour de Rome , n'embraffat
le parti de la Ligue , & que les Suiffes irrités
I. Vol F du
1186 MERCURE DE FRANCE.
du mépris , que le Duc de Nemours leur
avoit témoigné , n'imitaffent toutes ces Puif
fances, en fe joignant à elles , pour accabler
les François .
Ces motifs firent agir Gaſton avec moins
de circonfpection , que l'état des affaires
ne le demandoit , dans le defir de donner
bataille pour contenter le Roi , & de déranger
les projets de tant de fiers ennemis . Il
prit donc le chemin de la Romagne à la tête
d'une armée de dix-huit mille hommes d'Infanterie
, & d'une Gendarmerie nombreuſe ;
il y trouva celle des ennemis commandée
par le Viceroi de Naples , mais ce Général
avoit reçû des ordres pofitifs d'éviter la ba
taille , le Roi d'Efpagne , fon Maître , ne
doutant pas que le Roi d'Angleterre & l'Empeu
,
pereur attaquant la France dans elle
ne fût obligée de rappeller fes troupes d'Ita
lie
pour fa deffenfe , de forte que le Duc de
Nemours , plus preffé que jamais par de
nouveaux ordres du Roi , avoit à engager
au combat des ennemis fupérieurs en nom
bre , & qui ne négligeoient rien pour l'évi
ter. Il s'empara à leur vûë de Cafteldi -Solarolo
, de Colignola & de Granarolo , eſperant
à chaque fiége de Place forcer les enne
mis à venir au fecours & les réduire à la né.
ceffité de donner bataille. Ils parurent conf
tans dans l'idée de la fuire , & pour les
conJUIN.
1744.
1187
contraindre , le Duc de Nemours fe vit forcé
d'affiéger Ravenne.
L'importance de cette Ville, par rapport à
fa richeffe , au nombre de fes habitans , à fa
fituation dans l'Etat Eccléfiaftique , & la
promeffe qu'avoit exigé Antoine Colonne
avant que de fe jetter dans la Place pour la
défendre , qu'on viendroit sûrement la fe
courir,ne permettoient plus aux Conféderés
de régler leurs démarches fur les ordres de
la Cour d'Efpagne. Rome & Venife menacées
, montrant plus d'inquiétude & plus
de feu , déterminerent leurs Alliés , & l'ar
mée entiere approcha à deuxmilles de diſtan
ce de celle des François.
Gafton , que leur arrivée combloit de
joie , donna ordre au Chevalier Bayard d'aller
les reconnoître à la tête de fes Gendarmes
, & de quelques Archers ; ce brave Capitaines
pouffa jufques dans le Camp ennemi
, qu'il eut le tems d'examiner avec attention
, tout en combattant , & répandant
Fallarme en tous lieux. Sur le compte qu'il
en rendit au Duc de Nemours , ce Prince
réfolut d'attaquer le lendemain onzième
Avril , jour de Pâques . Quelques -uns en témoignerent
du fcrupule , mais le Général
leur fit fentir qu'une guerre injufte ne devoit
jamais être entreprife , ni une guerre
jufte differée pour aucune raifon , & fur le
Fij champ
1188 MERCURE DE FRANCE.
champ onjetta un Pont fur la Romagné¿
pour aller à l'ennemi ; l'avantgarde compo
fée d'Infanterie Allemande , & précédée de
l'Artillerie , paffa fous les ordres du Duc de
Ferrare ; elle mit la riviere à fa droite , &
fa gauche fur deffendue par fept cent Gendarmes
; la bataille toute d'Infanterie Françoife
fe plaça à côté de ces derniers , & cinq
mille Italiens achevoient de former la ligne,
Le Seigneur de Chabanes , la Palice & le
Cardinal de S. Severin , armés de pied en
cap , étoient derriere avec fix cent lances
& le fameux Ive d'Alégre fut mis à la têtę
d'un Corps de quatre cent Gendarmes pour
la réferve , afin d'être à portée de repouffer
les forties que la garnifon de Ravenne
pourroit faire.
Les Chefs de l'armée Eſpagnole étoient
Pierre de Navarre , Fabrice Colonne , & Antoine
de Leve , Carvajal , Ferdinand d'Avalos
, Marquis de Pefcaire , Officiers célébres
, & peu dignes d'avoir pour Général le
Viceroi de Naples Raimond de Cardonne ,
le plus effeminé de tous les hommes , & que
le Pape même ne daignoit pas comprendre
parmi eux , l'appellant toujours Madame de
Cardonne. Tous ces Chefs mirent leur armée
en bataille , à la difference de terrain
près , ſuivant la même difpofition que celle
de France, Le Duc de Nemours lui fit paffer
le
JUIN. 1744. 1189
le Ronco , & l'artillerie fe fit bientôt entendre
d'une maniere terrible ; celle des ennemis
avoit l'avantage de prendre les François
à découvert , pendant que couchés le ventre
à terre dans leurs retranchemens , ils fe
trouvoient à l'abri des coups.
Pierre de Navarre avoit donné cet ordre
contre le fentiment de Fabrice Colonne
qui vouloit qu'on fortit pour aller au- devant
des François ; celui de Pierre de Navarre
qui mettoit les foldats en sûreté , leur parut
d'abord le meilleur , mais on reconnut bientôt
le défavantage certain d'être enfermés
& feulement fur la défenfive , contre des
ennemis , qui attaquoient avec vigueur .
Les François avoient déja perdu deux mille
hommes; les retranchemens ennemis étoient
bordés de petits chariots arnés de contelats,
& de pointes , machines d'autant plus terri
bles qu'elles étoient inconnues ; cependant
on vint à bout de les forcer. Le canon du
Duc de Nemours faifoit dans la Cavalerie
de Colonne le même ravage que celui des
ennemis dans fon Infanterie ; Colonne outré
de voir tomber fes Gendarmes ,fans pouvoir
donner un coup d'épée , demanda au
Viceroi la permiffion de charger , & malgré
fon refus vint tomber avec furie fur un Efcadron
que commandoient le Duc de Nemours
& le Chevalier Bayard ; il avoit di-
F iij vifé
1190 MERCURE DE FRANCE.
•
vifé le fien en deux pour les envelopper , &
profiter ainfi de leur petit nombre , mais
Gafton & le Chevalier Bayard foutinrent le
choc avec tant de courage & de bonheur
que Colonne mis en défordre leur donna
pour prendre une nouvelle difpofition , le
tems dont il avoit lui-même befoin pour le
ralliement ; il revint faire une feconde charge,
& les 2 troupes fe rompirent une feconde
fois; cependant lesFrançois auroient été obligés
de céder , fi Ive d'Alégre attentif à tout ce
qui fe paffoit dans la Plaine , ne fut accouru
à leur fecours. Alors le combat devint opiniâtre
, & Colonne après une vigoureufe
réfiſtance , ne ſe voyant plus que deux cent
Gendarmes de cinq cent qu'il commandoit ,
prit la fuite , & fut fuivi de Raimond de
Cardonne , avec le refte de la Cavalerie ,
qui n'avoit point encore combattu .
Pierre de Navarre refta feul avec fon Infanterie
, & préfenta, malgré cet abandon ,
un front redoutable au vainqueur ; le Duc
de Nemours jugea à leur contenance qu'il
falloit les attaquer avec précaution ; il détacha
trois mille Archers pour aller faire le
tour du retranchement , afin de prendre les
ennemis par derriere , pendant qu'il les attaqueroit
de front avec le refte de l'Infanterie.
Pierre de Navarre les voyant approcher
, fit mettre ventre à terre à fes gens ,
mais
JUI N. 1744 1191
mais les Archers Gafcons , les plus adroits
de l'Europe , en ayant tué ou bleffé un
grand nombre , il les fit tous relever , &
envoya un détachement de douze cent hommes
d'élite , qui chargerent les Gafcons avec
tant d'impétuofité , qu'ils les mirent en
fuite.
ས
Ce fuccès encouragea Pierre de Navarre ,
& jugeant bien que dépourvu de Cavalerie
il ne pouvoit efperer qu'une retraite glorieufe
, il fongea à fecourir Ravenne , pour
dé
gager la parole donnée à Antoine Colonne ,
& mettre en sûreté cette Place , qui étoit
Foccafion de la bataille , & l'objet de la victoire
; fon détachement de douze cent hommes
, après avoir pouffé les Gafcons , ne s'amufa
donc point à les pourfuivre , & prenoit
le chemin de Ravenne , lorfque le
Bâtard du Fay fe préfentant à la tête de
quelque Cavalerie , les obligea de retourner
dans leur Camp.
Pierre de Navarre les vit revenir avec
une efpece de joie ; il avoit à foutenir le
choc de l'armée Françoife entiere , & ce fut
là qu'il fit voir ce que peut la capacité à la
guerre , lorfqu'elle eft aidée du courage. Un
foffé défendoit fon retranchement ; il l'avoit
bordé d'un grand nombre de piquiers
robuftes & braves , qui foutinrent jufqu'à
fix charges fans fe rompre. Le Colonel Ja-
Fiiij cob ,
1192 MERCURE DE FRANCE.
>
cob , des Chef des Allemans , qui étoient a
la folde de la France, y fut tué ; les foldats
dont il étoit aimé , jetterent de grands cris ,
& chargerent les ennemis avec une nouvelle
fureur ; ceux- ci toujours ferrés & en bon
ordre , & pour ainfi dire , fortifiés de leurs
pertes , par le courage que l'excès du danger
donne à de braves foldats , foutinrent
cette attaque fans s'ébranler , & ils paroiffoient
impénétrables , quand un Officier
nommé Fabien , du Régiment de Jacob , un
des plus grands , & des plus forts hommes
qu'il y eut alors en Europe , défefperé de la
perte de fon Colonel , & la voulant venger
, fauta au milieu des ennemis , & prenant
fa pique par le travers , l'appuya avec
tant de force fur plufieurs de celles des ennemis
, qu'il les fit baiffer jufqu'à terre
donnant à ceux qui le fuivoient le moyen
d'entrer par cette ouverture : il y fut tué ,
mais fa mort donna la victoire à fon parti .
Les François au milieu des rangs Efpagnols
, firent des prodiges de valeur pour
achever de rompre des gens , qui à demi
vaincus , combattoient avec un courage aufli
reglé , que s'ils avoient pû efperer de vainere
on parvint jufqu'à Pierre de Navarre ;
il fut environné , accablé de coups de pique
& de traits, & enfin fait prifonnier. Ce qui
reftoit d'Espagnols , privés de leur Général ,
fe
JUIN. 1744. 1193
fe raffemblerent en un feul corps , & fe retirerent
en bon ordre par le grand chemin.
Le Duc de Nemours échauffé par un combat
fi long & fi opiniâtre , apperçut ce bataillon
; leur contenance fiere le frappa ; il
lui fembla qu'ils emportoient avec eux la
meilleure partie de fa victoire & fans
confulter que fon ardeur , il alla fe jetter
avec un petit nombre de Gendarmes fur des
troupes , que ni fon armée entiere , ni la
perte de leur Général , n'avoient pu obliger
à fe rendre.
,
A fon arrivée , les Efpagnols préfenterent
leurs piques ; fon cheval fut tué & lui- même
bleflé. Démonté & ayant perdu fa lance ,
déja couvert de fang , il mit le fabre à la
main , & regardant fon coufin Lautrec à
pied & bleffé comme lui : S'il faut périr
dit-il , faifons- nous regretter. En même- tems
il part & porte des coups terribles ; plufieurs
des ennemis tomberent à fes pieds , mais fes
armes fauffées de toutes parts par de violens
coups de pique , le laifferent bientôt à dé
couvert. Lautrec , refté prefque fenl auprès
de ce Prince , admirant la bravoure , défefperé
de fon péril , ne ceffoit de crier aux
Efpagnols : C'est le frere à votre Reine ne le
tuez pas. Mais ces cris adreffés à des gens
qui n'efperoient plus de quartier , & ac
Fy com1194
MERCURE DE FRANCE.
compagnés de grands coups de fabre , ne
touchoient point des foldats défefperés &
furieux ; Gafton affoibli par fa premiere
bleffure , & n'ayant que fon fabre pour
toute défenſe , reçut à la fois quatorze blef
fures , dont il expira fur le champ de bataille
.
gne
La témérité fit ainfi mourir dans le fein
de la victoire & à l'âge de vingt- quatreans
, un Prince , que l'ardeur d'acquerie
rop-tôt le titre de grand Capitaine , préci
pitoit dans tous les dangers. Son bonheur
l'éblouit ; le titre de foudre de l'Italie , que
trois grandes actions en une feule Campalui
avoient fait donner , lui infpira une
nouvelle présomption , & ce même titre lui
convint encore mieux après la mort , quedurant
fa vie ; car il eut de la foudre , le
bruit , l'éclat & le peu de durée. Ce Prince
fe crut invincible , parce qu'il avoit toujours .
vaincu . Des triomphes fouvent répétés , forment
le caractere brillant , à qui l'on donnele
titre d'Héroïfine , mais le mêlange dequelques
infortunes perfectionne & conferve
le grand homme.
On regretta d'autant plus le Duc de Nemours
, que fa perte fut fuivie de celle de
Italie pour les François , & qu'il avoit de
ces qualités naturelles & d'éducation , qui
Le rencontrent rarement chés les Princes. La
JeuJUIN.
1744. 1795*
Jeuneffe de la Cour , qui l'avoit fuivi , vantoit
fon affabilité , fa douceur , fes égards
pour les difpofitions heureuſes , & pour le
zéle. Les vieux Guerriers loüoient fon attention
pour leurs fervices , & fes déférences
pour la capacité & l'expérience. Le foldat
publioit fon extrême valeur , & les peuples,
vaincus fa clémence. Ces préventions favorables
, & la rapidité de fes fuccès éblouirent
tous les yeux , & l'Europe entiere le
reconnut pour un très- grand Capitaine , à
un âge où l'on ne commence qu'à être foldat.
Le bonheur eft une forte de mérite aux
yeux des hommes . S'il n'eft pas fort eſtimable
aux yeux de la raifon , il eft le plus
brillant & le plus admiré du vulgaire.
Les autres grands Capitaines , dont les
Vies rempliffent ce IX Tome , font : Louisde
la Tremoüille II. du nom , Prince de
Talmond , Vicomte de Thouars , furnommé
Le Chevalier fans reproche , fous les Rois
Louis XI & François I ; Ive d'Alégre, Che--
valier de l'ordre du Roi , Capitaine de cent
hommes d'armes , fous les Régnes de Char--
les VIII & Louis XII ; le Chevalier Bayard ,
Lieutenant Général pour le Roi en Dauphiné
, Chevalier de l'Ordre , Capitaine de
cent hommes d'armes.
France , depuis le commencement de la Monarchie
jufqu'à préfent. Par M. d' Auvigny.
Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines.
A Amfterdam , & se vendent à
Paris , chés le Gras , GrandSalle du Palais
, à L couronnée 1744:
N
Ous avons rendu compte en fon tems
de tous les Volumes de cet Ouvrage
qui ont précédé les deux dont on vient de
lire le titre , & qui viennent de paroître depuis
peu de jours . En rendant ce compte au
public , nous avons fouhaité pour fon intérêt
, que l'Auteur jouit d'une longue vie &
d'une parfaite fanté , Il a plû au Seigneur
d'en difpofer autrement. Nous avons perdu
M. d'Auvigny à la fleur de fon âge , & au
milieu de la courfe litteraire qu'il avoit entreprife.
C'eft ce que nous apprenons à regret
de M. fon Frere , Chanoine Régulier
de l'Ordre de Prémontré , dans un Avertiffement,
qui eft à la tête du IX Tome . Avertiffe-
"
JUIN. 1744. TM 1165
tiffement qui contient un détail litteraite ,
honorable , & curieux , lequel nous nous
faifons un devoir de rapporter ici dans fon
entier à caufe de fa brièveté.
Ces deux Volumes , dit M. le Chanoine ,
& ceux qui les fuivront , font les Ouvrages
pofthumes de M. d'Auvigny , Chevau- Leger
de la Garde , qui après avoir donné fes foins
pour l'Edition des Tomes VII & VIII de
fon Livre , fe hâta de partir pour joindre
La Troupe , & a été malheureufement tué
dans le Combat d'Ettinghen , à l'âge de treit
re & un ans , le 27 Juin 1743 , laiffant une
Veuve & deux enfans mâles , à qui les defcendans
des Hommes Illuftres de la France ,
qu'il a célébrés fi dignement , accorderont ,
fans doute , leur protection & par honneur
& par reconnoillance .
On fera peut-être étonné qu'un Auteur ,
qui a fi peu vécu , ait pû fournir une pareille
carriere , & qu'outre ces dix Volumes , qui
font imprimés , il ait encore laiffé la matiere
de plufieurs autres en manufcrit , entre les
mains de fon Libraire , avant que de partir
pour la Franconie, où il a fini fes jours . Peu
d'Ecrivains ont eu plus de facilité & de talens
pour écrire l'Hiftoire , & je crois que la République
des Lettres a fait en lui une perte.
Sa mémoire étoit prodigieufe , & fon ima
gination d'une vivacité extraordinaire, join-
E iij
te
1166 MERCURE DE FRANCE.
te à beaucoup de pénétration d'efprit. Naturellement
Philofophe , il s'étoit formé un
style nerveux & fententieux , qu'on remar
que facilement dans cet Ouvrage. Peut-être
aimoit- il un peu trop les ornemens du ftyle
& les agrémens de la narration , & il femble
les avoir quelquefois préférés à l'exacti
tude de la Grammaire , trop vif & trop
hardi dans fes penfées , pour s'y affujettit
fcrupuleufement.
Si l'on eft furpris qu'il ait pu achever un
fi long Ouvrage à la fleur de fes années ;
( Ouvrage qui fuppofe une lecture immenft
& un très-pénible travail ) combien le ferat'on
davantage , fi on fait attention à tous
les Livres , qu'il a publiés avant celui- ci ?
Après s'être exercé dans fa premiere jeuneffe
fur des matieres de bel efprit & de fiction ,
il s'appliqua férieufement à l'Hiftoire , &
donna un Abregé de celle de France & de la
Romaine, imprimée en 1730. Quelques an
nées après il mit au jour l'Hiftoire de la
Ville de Paris, en cinq Volumes, dont néan
moins la moitié du quatriéme & tout le cinquiéme
ne font point de lui , mais de feu
M. de la Barre , de l'Académie des Belles-
Lettres.
M. d'Auvigny étoit né dans le Hainaut
Après la mort d'un Oncle , qui lui avoit
donné de l'éducation , il vint à Paris en
1
1728
JUIN. 1169 1744.
?
1728 , & fut recommandé à une perfonne
très-connuë dans la République des Lettres ,
qui ayant apperçu en lui du génie , de l'efprit
, du talent & beaucoup d'application à
la lecture & au travail , prit quelque foin
de cultiver ces difpofitions. Mais depuis
plus de huit années , M. d'Auvigny s'étant
attaché à d'autres perfonnes , & ayant voulu
fe conduire à fon gré , celui à qui il avoit
obligation de la premiere culture de fes talens
, n'eut dans la fuite prefque aucun commerce
avec lui. Ainſi dans la compofition
des Vies des Hommes Illuftres , on peut dire
qu'il n'a été fecondé de qui que ce foit. Il
ne me fied pas de m'étendre davantage fur
les louanges d'un frere. J'ai crû devoir à fes
chers manes ce leger tribut , & que le Pu
blic l'approuveroit.
›
Pour donner une idée du travail de M.
d'Auvigny & pour fuivre la coûtume , que
nous avons prife , en rendant compte de
pareils Ouvrages nous expoferons ici
une des Vies qui compofent ce IX Tome.
Celle de GASTON DE FOIX , Duc de Nemours,
Général d'Armée , & Viceroi de Milan , fous
Louis XII , qu'on trouve à la pag. 128 ,
nous a paru convenir aux bornes de ce
Journal.
L'Hiftoire de ce Prince , tué à 24 ans ,
dans le fein de la victoire , eft une folide
E iij preu1168
MERCURE DE FRANCE.
preuve , qu'on ne peut trop fe hâter de de
venir Grand Homme , & que la vertu ne
fuit pas la jeuneffe , mais que l'ardeur & la
préfomption abandonnent rarement cet âge
dangereux .
GASTON étoit de l'Illuftre Maiſon de Foix ,
qui fe vante à jufte titre d'être iffuë de la
premiere race de nos Rois. Ces Cadets belliqueux
firent avouer de tout tems , qu'ils
étoient dignes de la Couronne , que la molleffe
de leurs aînés avoit fait perdre à leur
Maiſon. Son pere étoit N.... Comte de Foix
& de Comminges , & fa mere N.... de VALOIS
, foeur de Louis XII . Elle avoit été élevée
à la Cour de France , & témoin des malheurs
de fon frere , dont la caufe lui étoit
connuë : c'étoient les mauvais conſeils , &
une ambition déréglée . Cette Princeffe eut
donc foin d'écarter de fon fils tous les flateurs
, & de ne rien propoſer à fon émulation
, que de jufte & de légitime.
LOUIS XII , qui n'avoit point de fils , témoigna
à celui de fa foeur une affection de
pere ; il le fit venir de bonne heure à ſa
Cour , & ce qui commença à donner une
grande idée du jeune Prince , ce fut que ni
fa haute naiffance , ni les grands biens de fa
Maiſon , ni la faveur du Roi fon Oncle ne
parurent point l'occuper , ni le corrompre.
La fcience de la guerre , quoi qu'encore
bien
JUIN.17445 1169
bien imparfaite , étoit la principale de fon
tems ; il s'y adonna tout entier , & on le
vit à la journée d'Aignadet , à peine âgé de
18 ans , combattre fous les yeux du Roi avec
une valeur finguliere & une prudence que
fes regards lui infpiroient. Cette prudence
fut depuis la caufe de fa perte.
Quelque idée que Louis XII cut de fon
extrême vivacité , on ne s'en défia point
affés , à caufe de cette premiere marque de
moderation . Il le jugea lui-même depuis
auffi prudent , que tout le monde le trouvoit
brave!
·
Les Vénitiens , vaincus à Aignadel , montrerent
la fierté des anciens Romains , & fe
jugeant dans leur accablement hors d'état
d'obtenir une paix honorable , ils s'appliquerent
à attirer le Pape dans leur parti , &
à s'affurer des Suiffes , pour continuer la
guerre.D
,
Ces derniers devoient être les plus redoutables
ennemis de la France , & cependant
ils furent les moins menagés , Louis
XII avoit voulu délivrer la Nation Françoi
fe de l'efpece de tribut qu'elle payoit à ce
peuple belliqueux , ou plutôt lui faire connoître
, que c'étoit pour en être fervie , &
non pear s'en voir protegée ; de forte que
les Suiffes , animés par l'intérêt , écouterent
fans peine les propofitions des enne-
291VİV 50
Ey mis
1170 MERCURE DE FRANCE.
mis de la France , & leverent une armée
en leur faveur , pour entrer dans le Duché
de Milan.
2
Cet Etat ne s'étoit jamais vu plus puiffamment
menacé , & imoins de forces pour fe
deffendre ce dénûement dans une circonftance
femblable , ne pouvoit être réparé
que par une extrême attention , & une
grande prudence. " Enforte que le grand
nombre jugea , que le Roi confentoit en
quelque façon à le perdre , lorfqu'on vit le
Duc de Nemours, âgé de 22 ans , revêtu du
titre de Viceroi de Milan , & chargé de fa
confervation . Le jeune Prince avoit defiré
cet emploi avec ardeur, comme le plus brillant
qu'il pûr obtenir , & l'Europe vit avec
étonnement , que ce même Gafton , fi plein
de feu & d'ardeur pour la guerre , étoit devenu
tout à coup retenu & circonfpect , defirant
de combattre, comme un jeune guerrier
, mais fçachant en éviter les occaſions
comme un vieux Capitaine .
>
Sans attendre les Suiffes furieux au fortir
de leurs montagnes , il s'en approcha affés
pour leur laiffer efperer le combat. Ses vûes
étoient que les ennemis fe flatant de finir la
Campagne par une Bataille , prendroient
moins de précaution pour la fubfiftance de
leur armée , & qu'ils fe verroient contraints
par-là d'abandonner un Pays bien gardé &
dépourvût de vivres. Les
JUIN. 1171 1744.
Les Suiffes arrivés à Galera , dans le Milanez,
apprirent que le Général François étoit
pofté à Legnago , à quatre milles d'eux ,
fuivi feulement de trois cent lances , & de
deux cent Gentilshommes de la Maiſon du
Roi. Ils s'avancerent , & Gafton , fans trop
s'éloigner , pour leur donner plus d'envie
de le fuivre , recula jufques dans les Fauxbourgs
de Milan , où ils l'inveftirent , en at
tendant , pour le forcer , les fecours , qui
leur avoient été promis par le Pape & les
Vénitiens ; mais pendant que ces deux
Puiffances les amufoient d'efperances vaines
, le Duc de Nemours renforçoit fon armée
de quelques troupes tirées des garnifons
voisines.
Les Suiffes inquiets de l'abandon de leurs
Alliés , & n'ofant entreprendre d'attaquer
les François dans leurs retranchemens , s'avancerent
vers l'Adda , menaçant d'entrer
dans le Bergamafque. Le Duc de Nemours ,
toujours devant eux ou à leur fuite , campa
à Caffano , & rompit de telle forte leurs deffeins
, qu'ils lui envoyerent propoſer peu
de jours après de retourner dans leur Pays ,
s'il vouloit leur donner un mois de paye ,
fur le même pied qu'ils l'avoient toujours
reçu de la France.
re ,
Cette propofition , qu'on alloit leur fai
fut rejettée , parce qu'ils la faifoient :
E vj
on
1172 MERCURE DE FRANCE.
on marchanda ; ils s'irriterent , & mêlant
la fierté à l'intérêt , ils demanderent deux
jours après , le double de ce qu'on leur avoit
refufé, Gafton devenu plus fort en troupes ,
& en état de combattre avec plus de confiance
, en defiroit en quelque forte l'occafion.
On s'en appercevoit à fa façon de traiter
avec les Suiffes , qui envoyerent enfin
un trompette , pour déclarer qu'ils ne vouloient
plus d'accommodement , & qu'ils alloient
faire une guerre cruelle aux François
.
Le Duc de Nemours attendoit fans crainte
l'effet de ces menaces , lorfqu'on lui apprit
que les Suiffes avoient pris fecretement la
route du Lac de Côme , pour rentrer dans
leurs montagnes , vengeant la honte de cette
retraite par l'incendie de quelques Villages .
Gafton profita de leur abfence , & de la réputation
, que fa conduite lui avoit donnée
pour fortifier le Milanez , & affoiblir les
conféderés , en leur oppofant , s'il étoit poffible
, les forces de quelques Etats d'Italie.
La République de Florence & de Bologne
étoient les feuls Etats , qui laiffaffent
quelque efperance. La premiere , puiffante
par l'étendue de fes terres , le nombre & la
richeffe de fes habitans , étoit gouvernée par
un Magistrat Militaire, qui portoit le Titre
de Gonfalonier : fon inclination pour la France
JUIN. 1744. 1173
ce étoit décidée , mais le Confeil de la République
, rebuté de la legereté de la Nation
, écoutoit moins fon refpect pour le
Gonfalonier , que la crainte d'être facrifié
au premier avantage que les François pourroient
fe promettre en les abandonnant,
Gafton fut donc obligé de fe contenter de
voir garder une efpece de neutralité à cet
Etat , qu'il auroit été fi important de déterminer
pour fon parti , & de tourner toute
fon attention fur Bologne , abfolument déclarée
en fa faveur.
Cette Ville étoit alors fous la domination
des Bentivoglio , d'une Maiſon Illuftre d'Italie
, qui fe prétend defcendre d'un Roi de
Sardaigne , bâtard d'un Empereur d'Allemagne.
Les Bentivoglio ou Bentivoles , ennemis
perfonnels du Pape , de fa Maiſon &
de fes deffeins , avoient confenti , que le
Duc de Nemours mît dans Bologne une
garnifon de deux mille Allemands , & de
deux cent Gendarmes , fous les ordres d'Odet
de Foix , Seigneur de Lautrec , d'Ive
d'Alégre , & des Capitaines de la Fayette
& de S. Vincent , que les Italiens furnommoient
le Grand Diable , à caufe de fa valeur
, & de fa taille extraordinaire.
Mais l'expérience de ces Chefs , & la
force de la garnifon ne furent que la feconde
caufe du falut de la Ville ; elle étoit
perduc
1174 MERCURE DE FRANCE.
duë fans reffource , fi les ennemis avoient
pû éviter les inconvéniens ordinaires des
unions de troupes , qui infpirant differens
avis , obligent à perdre dans des déliberations
un tems toujours précieux à la guerre.
Ils confulterent donc , & Pierre de Navarre
, foldat de fortune , inftruit par Gonfalve ,
furnommé le Grand Capitaine , plus inftruit
encore par la Nature & par fon génie , fit
réfoudre d'emporter la Place par le moyen
des Mines , dont on l'a fait le premier Inventeur.
Bologne n'avoit point de dehors ;
une feule muraille , épaiffe à la vérité , étoit
toute fa défenſe ; le canon en ayant ruiné
plus de cent braffes en peu de jours , la largeur
de cette bréche tenta les affiégeans :
on voulut rifquer un affaut , dont les commencemens
eurent fi de fuccès , que les
Chefs réfolurent d'attendre l'effet de la Mine.
Pierre de Navarre l'avoit pouffée vers
la porte de Castiglione,fous un endroit de la
muraille , où il y avoit une petite Chapelle.
L'idée de l'Ingénieur étoit de la renverfer
avec la muraille dans le foffé , & de le combler
ainfi de leurs débris. La Garnifon inquiéte
de la largeur de la bréche , mais raffurée
par leur courage & par leur nombre
fe tenoit rangée le long de la muraille , affectant
une contenance fiere. Mille Fantaf
fins & cent quatre- vingt Gendarmes , enpeu
νομές
JUIN
1175 1744.
voyés par le Duc de Nemours , avoient encore
augmenté leur courage. Ils faifoient
des cris , & bravoient les affiégeans . Ceuxci
que Pierre de Navarre affuroit de l'effet
de la Mine , en attendoient le moment avec
impatience. Un tonnerre épouvantable l'annonça;
il fembloit que la Ville dût s'abîmer
, & les affiégeans célébroient déja leur
victoire par de grands cris , mais après que
le tourbillon de fumée & de poufliére für
diffipé , leur furpriſe fut extrême de voir la
Chapelle enlevée par la Mine dans le même
état, qu'elle étoit avant fon effet ; la poudre
l'avoit pouffée fi perpendiculairement, & la
maçonnerie ainfi que la charpente s'étoit
trouvée fi bonne,qu'à quelques fentes près,
on ne fe feroit point apperçu de fa tranflation
les Bolonnois crierent au miracle ,
& l'idée d'être foutenus par une providence
particuliere leur infpira une extrême réfolution.
Les affiégeans furpris refterent dans leurs
quartiers , & les nouvelles mefures , qu'ils
fe trouverent obligés de prendre , donnerent
le tems au Gouverneur d'envoyer demander
du fecours à Gafton de Foix , & l'ef
perance de le recevoir avant que d'être forcés.
Ce Général , qui affembloit les troupes à
Final , fur les frontieres du Modenois & du
-Bolorois , marcha avec toute fon armée
com1176
MERCURE DE FRANCE.
compofée d'onze mille Fantaffins , & de
treize cent lances. Craignant que le nom
bre ne le fit reconnoître , & ne pouvant
néanmoins feater de délivrer Bologne
avec moins de forces , il fut bien -tôt hots
-d'inquiétude. L'air fe chargea de nuages ,
& la neige , qui tomboit à gros flocons , en
rendant fa marche plus difficile , la rendit
auffi plus affurée. Toute Farmée, entrà dans
Bologne à l'infçu des ennemis , que l'on au
roit aifément battus à caufe de leur confiance
, fi Gaſton ent pû fe perfuader qu'ils ignorallent
fon arrivée . Le fiége fut levé fur le
champ avec beaucoup de précipitation ,
:quoique fans défordre , & le Duc de Nemours
, libérateur de Bologne fans avoir
tiré l'épée , fut regardé comme le plus prudent
, & le plus heureux Capitaine de fon
tems.
?
រ
Mais à peinegoûtoit-il les premiers fruits
de fa victoire , qu'on lui apprit la furprife
de Breffe par les Vénitiens. Cette Place fi
importante à la confervation du Milanez ,
avoit été confiée à la garde de du Lude , &
ce brave Officier fe trouvoit en état de la
conferver contre tous les ennemis du dehors
, mais il en avoit de plus dangereux
parmi les habitáns même , qui devoient
aider à fa deffenfe . Breffe , comine la plupart
des Villes d'Italie, étoit divifée en deux parJUIN.
1744. 1177
:
tis , à la tête defquels on voyoit les Maiſons
d'Avogaro , & de Gambara. Celle- ci attachée
aux François joüiffoit de toute la faveur
de ces nouveaux Maîtres de l'Italie.
& les autres ( c'eſt l'effet ordinaire de la
mauvaife politique ) éprouvoient chaque
jour de nouvelles injuftices. Une infulte ,
que le Comte de Gambara fit au Comte d'Avogaro
, obligea ce dernier à reclamer l'autorité
du Duc de Nemours . Ce Prince lui
promit de le fatisfaire , & l'oublia . L'Italien
crut qu'en lui refuſant la juftice , qui eft le
premier devoir des Souverains , on lui donnoit
l'exemple d'oublier le fien , tant il eſt
vrai que le déni de juftice , qui eft fi commun
, eft la fource de mille maux.
Il fçût donc mettre tout fon parti dans
l'intérêt de fa vengeance , & il prit fes mefures
avec tant de jufteffe , que les Vénitiens
avertis de fon deffein , parurent aux
portes de Breffe , avant que le Gouverneur
eut aucun foupçon de leur marche . La gar
nifon raffemblée fe porta toute entiere du
côté que paroiffoient les ennemis , mais
pendant qu'ils leur réfiftoient , une feconde
troupe de Vénitiens conduits par quelques
habitans entrerent par des égouts , dont ils
avoient ouvert les grilles. Aux cris de S.
Marc , qu'ils firent retentir de toutes parts ,
le Comte d'Avogaro parut dans la Place ,
font
1178 MERCURE DE FRANCE.
fondit fur le Gouverneur , déja embarraffe
par la multitude des ennemis,& l'obligea de
fe retirer au Château , d'où il pûr à peine
envoyer informer le Duc de Nemours de
fon malheur , & lui demander du fécours.
Ce Général étoit encore à Bologne , éloignée
de Breffe de quarante lieuës , & féparée
par le Pô , le Mincio , la Chieſa , & .
Les chemins devenus difficiles à caufe des
pluyes , fembloient impraticables à l'Artillerie
, dont on avoit cependant un befoin
abfolu ; mais l'ardeur du Chef , & l'affection
des Soldats pour lui , furmonterent ces
obftacles. Son armée fit en un jour trente
milles d'Italie , & ayant appris , que la République
envoyoit un Corps de cinq à fix
milles hommes au fecours de leurs troupes ,
qui affiégeoient le Château de Breffe , il fit
une diligence incroyable , pour gagner
de
vîteffe ces nouveaux ennemis. S'étant affuré
de cet avantage , il envoya contre eux le
Chevalier Bayard & Teligni avec leursGens
d'armes. Ces deux braves Chefs les ayant
joints , les battirent , & le Duc de Nemours
continuant fa route , arriva enfin à la vûë du
Château de Breffe , où il entra fans réfiftance.
Ce Prince donna une nuit à fes troupes
pour repofer , & le lendemain leur ayant
promis le pillage de la Ville , elles marcherent
JUI N. 1744. 1172
rent avec beaucoup de réfolution contre les
retranchemens des Vénitiens. Le Provedi
teur , qui les commandoit , avoit eu foin de
les munir d'une nombreufe artillerie ; outre
huit mille foldats , il avoit fous fes ordres
douze mille habitans prêts à combattre.Cette
armée étant trop nombreufe pour tenir dans
le terrain ,qui féparoit la Ville du Château,
il en avoit mis une partie en bataille , pour
rafraîchir les deffenfeurs du retranchement ;
de plus il avoit à dos une Riviére , & un
Pont , qu'il pouvoit rompre , fuppofé que
les François l'obligeaffent à la retraite.
Le Duc de Nemours étoit inftruit de tous
les avantages de l'ennemi ; mais le recouvrement
étoit d'une telle importance , qu'il réfolut
de tout rifquer. Son armée étoit de
douze mille hommes , qu'il divifa en plufieurs
corps : d'Alégre eut ordre de fe pofter
hors de la Ville , vis-à- vis la Porte de S.
Jean , la feule , que les Vénitiens avoient
laiffée ouverte , enfuite le Duc attaqua une
Abbaye appuyée contre les retranchemens ,
l'emporta , & fit paffer ce qu'il y avoit d'ennemis
au fil de l'épée. Ce premier fuccès encouragea
les troupes , fans rien faire perdre , -
au Général de fa moderation : Herigoïe , ou
Henri Gonet , fort eftimé de ce Prince &
des Soldats , fut mis à la tête d'une troupe
de Gafcons choifis , & le Chevalier Bayard
fuivit
1180 MERCURE DE FRANCE.
fuivit à pied avec fes Gens d'armes pour les
foutenir. L'ennemi les voyant avancer fiérement
& en bon ordre , fit un feu terrible
, qu'ils effuyerent fans s'ébranler ; le canon
du Château battoit avec furie contre
les retranchemens , & y faifoit de grandes
bréches ; les François les gagnerent après
avoir rempli le follé de fafcines , & ce fut
là que le combat devint fanglant. On s'y
battoit main à main , à coup de haches , de
piques , & d'épées. Le Chevalier Bayard
'animant les fiens
par fon exemple , reçut un
fi grand coup de pique dans la cuiffe , que
le fer y demeura avec le bout du bois où il
étoit attaché ; ce brave homme tomba noyé
dans fon fang , & les Soldats que fa préfen-
'ce avoit foutenus , commençoient à s'ébranler
, lorfque le Duc de Nemours la pique à
la main parut à leur tête , criant : Enfans ,
vengeons le bon Chevalier. Son exemple , &
fes cris infpirerent aux Soldats une efpece
de fureur ; les retranchemens furent forcés
en plufieurs endroits , & les fuyards pourfuivis
fi vivement , qu'ils n'eurent pas le
tems de lever le Pont , qu'il falloit paffer
pour entrer dans la Ville , où les vainqueurs
entrerent avec eux . Les Officiers leur firent
faire alte au- delà du Pont , pour les remettre
en ordre avec une facilité , qui fit connoître
combien le Duc de Nemours avoit acquis
JUI N. 1744.
1181
quis d'autorité fur fes troupes,
On reconnut bien-tôt la néceffité de cette
conduite ; la Gendarmerie Vénitienne , toute
la Cavalerie légere ,& une bonne partie
de leur Infanterie , fe firent voir en bataille
dans la Place , tout prêts à profiter du défordre
des François . Leur Général détacha
d'abord le Capitaine Bonnet , avec quelques
bataillons pour charger les Vénitiens ;
ils le reçurent avec courage , & le combat
devint plus long & plus dangereux , en cé
que les habitans montés fur les toits de leurs
maifons , en faifoient tomber de groffes
pierres & de l'eau bouillante , pendant que
d'autres tiroient par les fenêtres.
Le Duc de Nemours envoyoit fans ceffe
de nouvelles troupes pour feconder les premieres
, & les animoit par l'efpoir du pillage
, qui leur avoit été promis. Enfin après
une demie heure de combát , les Vénitiens
cédérent de tous côtés , & leur réfiftance vigoureuſe
fut la caufe que les vainqueurs ne
donnerent aucun quartier. On en fit un
grand maffacre dans toutes les rues de la
Ville. Plufieurs en fortirent , croyant trouver
leur falut dans la campagne , mais la
précaution , qu'ils avoient prife , de murer
toutes les portes de la Ville , à l'exception
de celle de S. Jean ' , leur devint funefte :
d'Alégre y étoit avec les Gens d'armes , qui
11
les
182 MERCURE DE FRANCE.
les malfacrerent . Les ennemis y perdirent ,
dix à douze mille hommes ; le Provediteur
André Gritti refta prifonnier , & ce qui mit
le comble au malheur de cette journée , fut
la prife du Comte Louis d'Avogaro & de
fon fils , Auteurs de la révolte.
Après que les Soldats les eurent rendus
témoins du pillage de leurs maiſons & de
la défolation de leur famille , contre laquelle
tout fut permis , on les préfenta au
Duc de Nemours , toute l'armée demandant
à grands cris leur fupplice. Il ne fervit de
rien au malheureux Comte de repréſenter ,
qu'étant né fujet des Vénitiens , il n'avoit
fait qu'appeller fes anciens Maîtres au ſe,
cours de la Patrie & de fa Maiſon , que l'on
accabloit d'injuftice ; le plus fort fut regardé
comme le Maître légitime , & fa mort fut
ordonnée.
Ce Seigneur appartenoit aux Maiſons les
plus confidérables de la Ville , & du Pays
d'alentour ; fon malheur y jetta la confternation
, & acheva la déſolation publique
furtout lorfqu'on vint à réfléchir fur la deftinée
de fon fils , compagnon involontaire de
fon crime , & qui devoit l'être de fon fupplice
.
Ce jeune homme avoit obéi à la Nature ,
ainfi qu'à la reconnoiffance , en fuivant le
Comte d'Avogaro , & fon courage avoit été
adJUIN.
1744. 1183
admiré par
il
le Duc de Nemours même , lorfque
fe voyant enveloppé avec fon pere ,
avoit tout tenté pour le fauver , ou pour
périr avec lui les armes à la main. Sa douleur
, lorfqu'il fe vit arrêté , fut d'un homme
plein de fentimens ; celle de fon pere
fembla feule l'occuper , & ce fut en cet
état , qu'on le préfenta au Duc de Nemours.
Ce Général , d'un âge à peu près femblable
au fien , parut touché de fon fort ; il le plaignit
, fans entreprendre de le confoler , ainfi
que le tentent ceux qui ne fçavent pas que
rien n'affoiblit dans un lâche la crainte de
perdre la vie , & qu'un homme de coeur
n'a pas beſoin de fecours pour fouffrir unę
mort honorable ; que même dans de certaines
fituations , & aux yeux d'un homme
courageux , les exhortations à la patience
& àla foumiffion font des affronts àfon courage.
On conduifit le pere & le fils en pri
fon , & le lendemain toute la Ville vint fe
jetter aux pieds du Duc de Nemours , pour
demander leur grace. La néceflité de faire
un exemple le rendit inexorable , & on vit
enfin ces deux malheureufes victimes marcher
enfemble au fupplice.
Cette fituation affreuſe pouvoit faire
comprendre qu'il eft des maux plus grands ,
que l'afpect d'une mort prochaine. Le Comte
d'Avogaro lié à côté de fon fils ne pouvoit
con1184
MERCURE DE FRANCE.
contenir les tranfports de la plus vive douleur
; il fe précipitoit vers le fupplice &
vers la mort , comme dans un afile qui devoit
le délivrer de cette cruelle vûë. Son
malheureux fils défefperé de fon état , demandoit
comme une grace , plus précieuſe
que la vie même , qu'on l'exécutât le premier.
On voyoit fur leur vifage & dans
leurs regards , l'agitation affreufe de leur
ame. Lamultitude , qui environnoit l'échaffaut
, obfervoit un filence profond , jettant
fes regards tantôt fur les deux victimes ,
tantôt fur le Duc de Nemours , dont la
trifteffe fembloit laiffer quelque efperance
de grace , mais à ce calme fuccederent des
cris perçans , lorfqu'on vit le Comte d'Avogaro
arrivé fur l'échaffaut s'approcher de
fon fils pour lui dire les derniers adieux ,
& les efforts que ces deux infortunés faifoient
pour s'embraffer malgré leurs liens.
Tandis que ce Spectacle accabloit tous les
coeurs , le Duc de Nemours fit un figne , &
les deux têtes tomberent prefque en mêmetems.
Cependant le pillage de la Ville avoit
ceffé ; après avoir été la caufe de la priſe
de la Place , en animant le foldat , il le devint
de la perte de l'armée en l'enrichiſſant.
Les troupes déferterent en foule , & cette
barbare victoire devint par- là prefque auffi
fuJUIN.
1744. 1185
funefte aux François qu'une défaite. Le Duc
de Nemours , au lieu de foldats aguerris , fe
trouva obligé de fe fervir de nouvelles levées
, inférieur en ce point aux ennemis ,
qui n'employoient contre lui que l'élite de
leurs troupes. Cependant Bologne fauvée
une armée vaincuë , Breffe reconquiſe en
moins de quinze jours , lui avoient donné
la réputation du plus grand & du plus heureux
Capitaine de l'Europe. Devenu la terreur
des ennemis , il devint le motif de la
présomption des François , qui s'imaginerent
que fon nom feul devoit triompher.
LOUIS XII , plus prudent par fon Confeil
que par fon caractere , & éblouii de fes fuccès
, lui manda de chercher par tout les Efpagnols
& de leur livrer bataille,
Une des raifons de cet empreffement étoit
la déclaration du Pape en faveur de la Ligue
, fortifiant ainfi des tréfors du S. Siége
& des troupes de l'Etat Eccléfiaftique les
Vénitiens & les Efpagnols , déja fi puiffans
en Italie . Mais Louis & fon Confeil étoient
alfés inftruits de la politique des Pontifes
pour ne pas douter qu'une victoire complette
fur les forces réunies des Conféderés , ne
déterminât le Pape à les abandonner. On
eraignoit auffi que l'Empereur , féduit par
l'exemple de la Cour de Rome , n'embraffat
le parti de la Ligue , & que les Suiffes irrités
I. Vol F du
1186 MERCURE DE FRANCE.
du mépris , que le Duc de Nemours leur
avoit témoigné , n'imitaffent toutes ces Puif
fances, en fe joignant à elles , pour accabler
les François .
Ces motifs firent agir Gaſton avec moins
de circonfpection , que l'état des affaires
ne le demandoit , dans le defir de donner
bataille pour contenter le Roi , & de déranger
les projets de tant de fiers ennemis . Il
prit donc le chemin de la Romagne à la tête
d'une armée de dix-huit mille hommes d'Infanterie
, & d'une Gendarmerie nombreuſe ;
il y trouva celle des ennemis commandée
par le Viceroi de Naples , mais ce Général
avoit reçû des ordres pofitifs d'éviter la ba
taille , le Roi d'Efpagne , fon Maître , ne
doutant pas que le Roi d'Angleterre & l'Empeu
,
pereur attaquant la France dans elle
ne fût obligée de rappeller fes troupes d'Ita
lie
pour fa deffenfe , de forte que le Duc de
Nemours , plus preffé que jamais par de
nouveaux ordres du Roi , avoit à engager
au combat des ennemis fupérieurs en nom
bre , & qui ne négligeoient rien pour l'évi
ter. Il s'empara à leur vûë de Cafteldi -Solarolo
, de Colignola & de Granarolo , eſperant
à chaque fiége de Place forcer les enne
mis à venir au fecours & les réduire à la né.
ceffité de donner bataille. Ils parurent conf
tans dans l'idée de la fuire , & pour les
conJUIN.
1744.
1187
contraindre , le Duc de Nemours fe vit forcé
d'affiéger Ravenne.
L'importance de cette Ville, par rapport à
fa richeffe , au nombre de fes habitans , à fa
fituation dans l'Etat Eccléfiaftique , & la
promeffe qu'avoit exigé Antoine Colonne
avant que de fe jetter dans la Place pour la
défendre , qu'on viendroit sûrement la fe
courir,ne permettoient plus aux Conféderés
de régler leurs démarches fur les ordres de
la Cour d'Efpagne. Rome & Venife menacées
, montrant plus d'inquiétude & plus
de feu , déterminerent leurs Alliés , & l'ar
mée entiere approcha à deuxmilles de diſtan
ce de celle des François.
Gafton , que leur arrivée combloit de
joie , donna ordre au Chevalier Bayard d'aller
les reconnoître à la tête de fes Gendarmes
, & de quelques Archers ; ce brave Capitaines
pouffa jufques dans le Camp ennemi
, qu'il eut le tems d'examiner avec attention
, tout en combattant , & répandant
Fallarme en tous lieux. Sur le compte qu'il
en rendit au Duc de Nemours , ce Prince
réfolut d'attaquer le lendemain onzième
Avril , jour de Pâques . Quelques -uns en témoignerent
du fcrupule , mais le Général
leur fit fentir qu'une guerre injufte ne devoit
jamais être entreprife , ni une guerre
jufte differée pour aucune raifon , & fur le
Fij champ
1188 MERCURE DE FRANCE.
champ onjetta un Pont fur la Romagné¿
pour aller à l'ennemi ; l'avantgarde compo
fée d'Infanterie Allemande , & précédée de
l'Artillerie , paffa fous les ordres du Duc de
Ferrare ; elle mit la riviere à fa droite , &
fa gauche fur deffendue par fept cent Gendarmes
; la bataille toute d'Infanterie Françoife
fe plaça à côté de ces derniers , & cinq
mille Italiens achevoient de former la ligne,
Le Seigneur de Chabanes , la Palice & le
Cardinal de S. Severin , armés de pied en
cap , étoient derriere avec fix cent lances
& le fameux Ive d'Alégre fut mis à la têtę
d'un Corps de quatre cent Gendarmes pour
la réferve , afin d'être à portée de repouffer
les forties que la garnifon de Ravenne
pourroit faire.
Les Chefs de l'armée Eſpagnole étoient
Pierre de Navarre , Fabrice Colonne , & Antoine
de Leve , Carvajal , Ferdinand d'Avalos
, Marquis de Pefcaire , Officiers célébres
, & peu dignes d'avoir pour Général le
Viceroi de Naples Raimond de Cardonne ,
le plus effeminé de tous les hommes , & que
le Pape même ne daignoit pas comprendre
parmi eux , l'appellant toujours Madame de
Cardonne. Tous ces Chefs mirent leur armée
en bataille , à la difference de terrain
près , ſuivant la même difpofition que celle
de France, Le Duc de Nemours lui fit paffer
le
JUIN. 1744. 1189
le Ronco , & l'artillerie fe fit bientôt entendre
d'une maniere terrible ; celle des ennemis
avoit l'avantage de prendre les François
à découvert , pendant que couchés le ventre
à terre dans leurs retranchemens , ils fe
trouvoient à l'abri des coups.
Pierre de Navarre avoit donné cet ordre
contre le fentiment de Fabrice Colonne
qui vouloit qu'on fortit pour aller au- devant
des François ; celui de Pierre de Navarre
qui mettoit les foldats en sûreté , leur parut
d'abord le meilleur , mais on reconnut bientôt
le défavantage certain d'être enfermés
& feulement fur la défenfive , contre des
ennemis , qui attaquoient avec vigueur .
Les François avoient déja perdu deux mille
hommes; les retranchemens ennemis étoient
bordés de petits chariots arnés de contelats,
& de pointes , machines d'autant plus terri
bles qu'elles étoient inconnues ; cependant
on vint à bout de les forcer. Le canon du
Duc de Nemours faifoit dans la Cavalerie
de Colonne le même ravage que celui des
ennemis dans fon Infanterie ; Colonne outré
de voir tomber fes Gendarmes ,fans pouvoir
donner un coup d'épée , demanda au
Viceroi la permiffion de charger , & malgré
fon refus vint tomber avec furie fur un Efcadron
que commandoient le Duc de Nemours
& le Chevalier Bayard ; il avoit di-
F iij vifé
1190 MERCURE DE FRANCE.
•
vifé le fien en deux pour les envelopper , &
profiter ainfi de leur petit nombre , mais
Gafton & le Chevalier Bayard foutinrent le
choc avec tant de courage & de bonheur
que Colonne mis en défordre leur donna
pour prendre une nouvelle difpofition , le
tems dont il avoit lui-même befoin pour le
ralliement ; il revint faire une feconde charge,
& les 2 troupes fe rompirent une feconde
fois; cependant lesFrançois auroient été obligés
de céder , fi Ive d'Alégre attentif à tout ce
qui fe paffoit dans la Plaine , ne fut accouru
à leur fecours. Alors le combat devint opiniâtre
, & Colonne après une vigoureufe
réfiſtance , ne ſe voyant plus que deux cent
Gendarmes de cinq cent qu'il commandoit ,
prit la fuite , & fut fuivi de Raimond de
Cardonne , avec le refte de la Cavalerie ,
qui n'avoit point encore combattu .
Pierre de Navarre refta feul avec fon Infanterie
, & préfenta, malgré cet abandon ,
un front redoutable au vainqueur ; le Duc
de Nemours jugea à leur contenance qu'il
falloit les attaquer avec précaution ; il détacha
trois mille Archers pour aller faire le
tour du retranchement , afin de prendre les
ennemis par derriere , pendant qu'il les attaqueroit
de front avec le refte de l'Infanterie.
Pierre de Navarre les voyant approcher
, fit mettre ventre à terre à fes gens ,
mais
JUI N. 1744 1191
mais les Archers Gafcons , les plus adroits
de l'Europe , en ayant tué ou bleffé un
grand nombre , il les fit tous relever , &
envoya un détachement de douze cent hommes
d'élite , qui chargerent les Gafcons avec
tant d'impétuofité , qu'ils les mirent en
fuite.
ས
Ce fuccès encouragea Pierre de Navarre ,
& jugeant bien que dépourvu de Cavalerie
il ne pouvoit efperer qu'une retraite glorieufe
, il fongea à fecourir Ravenne , pour
dé
gager la parole donnée à Antoine Colonne ,
& mettre en sûreté cette Place , qui étoit
Foccafion de la bataille , & l'objet de la victoire
; fon détachement de douze cent hommes
, après avoir pouffé les Gafcons , ne s'amufa
donc point à les pourfuivre , & prenoit
le chemin de Ravenne , lorfque le
Bâtard du Fay fe préfentant à la tête de
quelque Cavalerie , les obligea de retourner
dans leur Camp.
Pierre de Navarre les vit revenir avec
une efpece de joie ; il avoit à foutenir le
choc de l'armée Françoife entiere , & ce fut
là qu'il fit voir ce que peut la capacité à la
guerre , lorfqu'elle eft aidée du courage. Un
foffé défendoit fon retranchement ; il l'avoit
bordé d'un grand nombre de piquiers
robuftes & braves , qui foutinrent jufqu'à
fix charges fans fe rompre. Le Colonel Ja-
Fiiij cob ,
1192 MERCURE DE FRANCE.
>
cob , des Chef des Allemans , qui étoient a
la folde de la France, y fut tué ; les foldats
dont il étoit aimé , jetterent de grands cris ,
& chargerent les ennemis avec une nouvelle
fureur ; ceux- ci toujours ferrés & en bon
ordre , & pour ainfi dire , fortifiés de leurs
pertes , par le courage que l'excès du danger
donne à de braves foldats , foutinrent
cette attaque fans s'ébranler , & ils paroiffoient
impénétrables , quand un Officier
nommé Fabien , du Régiment de Jacob , un
des plus grands , & des plus forts hommes
qu'il y eut alors en Europe , défefperé de la
perte de fon Colonel , & la voulant venger
, fauta au milieu des ennemis , & prenant
fa pique par le travers , l'appuya avec
tant de force fur plufieurs de celles des ennemis
, qu'il les fit baiffer jufqu'à terre
donnant à ceux qui le fuivoient le moyen
d'entrer par cette ouverture : il y fut tué ,
mais fa mort donna la victoire à fon parti .
Les François au milieu des rangs Efpagnols
, firent des prodiges de valeur pour
achever de rompre des gens , qui à demi
vaincus , combattoient avec un courage aufli
reglé , que s'ils avoient pû efperer de vainere
on parvint jufqu'à Pierre de Navarre ;
il fut environné , accablé de coups de pique
& de traits, & enfin fait prifonnier. Ce qui
reftoit d'Espagnols , privés de leur Général ,
fe
JUIN. 1744. 1193
fe raffemblerent en un feul corps , & fe retirerent
en bon ordre par le grand chemin.
Le Duc de Nemours échauffé par un combat
fi long & fi opiniâtre , apperçut ce bataillon
; leur contenance fiere le frappa ; il
lui fembla qu'ils emportoient avec eux la
meilleure partie de fa victoire & fans
confulter que fon ardeur , il alla fe jetter
avec un petit nombre de Gendarmes fur des
troupes , que ni fon armée entiere , ni la
perte de leur Général , n'avoient pu obliger
à fe rendre.
,
A fon arrivée , les Efpagnols préfenterent
leurs piques ; fon cheval fut tué & lui- même
bleflé. Démonté & ayant perdu fa lance ,
déja couvert de fang , il mit le fabre à la
main , & regardant fon coufin Lautrec à
pied & bleffé comme lui : S'il faut périr
dit-il , faifons- nous regretter. En même- tems
il part & porte des coups terribles ; plufieurs
des ennemis tomberent à fes pieds , mais fes
armes fauffées de toutes parts par de violens
coups de pique , le laifferent bientôt à dé
couvert. Lautrec , refté prefque fenl auprès
de ce Prince , admirant la bravoure , défefperé
de fon péril , ne ceffoit de crier aux
Efpagnols : C'est le frere à votre Reine ne le
tuez pas. Mais ces cris adreffés à des gens
qui n'efperoient plus de quartier , & ac
Fy com1194
MERCURE DE FRANCE.
compagnés de grands coups de fabre , ne
touchoient point des foldats défefperés &
furieux ; Gafton affoibli par fa premiere
bleffure , & n'ayant que fon fabre pour
toute défenſe , reçut à la fois quatorze blef
fures , dont il expira fur le champ de bataille
.
gne
La témérité fit ainfi mourir dans le fein
de la victoire & à l'âge de vingt- quatreans
, un Prince , que l'ardeur d'acquerie
rop-tôt le titre de grand Capitaine , préci
pitoit dans tous les dangers. Son bonheur
l'éblouit ; le titre de foudre de l'Italie , que
trois grandes actions en une feule Campalui
avoient fait donner , lui infpira une
nouvelle présomption , & ce même titre lui
convint encore mieux après la mort , quedurant
fa vie ; car il eut de la foudre , le
bruit , l'éclat & le peu de durée. Ce Prince
fe crut invincible , parce qu'il avoit toujours .
vaincu . Des triomphes fouvent répétés , forment
le caractere brillant , à qui l'on donnele
titre d'Héroïfine , mais le mêlange dequelques
infortunes perfectionne & conferve
le grand homme.
On regretta d'autant plus le Duc de Nemours
, que fa perte fut fuivie de celle de
Italie pour les François , & qu'il avoit de
ces qualités naturelles & d'éducation , qui
Le rencontrent rarement chés les Princes. La
JeuJUIN.
1744. 1795*
Jeuneffe de la Cour , qui l'avoit fuivi , vantoit
fon affabilité , fa douceur , fes égards
pour les difpofitions heureuſes , & pour le
zéle. Les vieux Guerriers loüoient fon attention
pour leurs fervices , & fes déférences
pour la capacité & l'expérience. Le foldat
publioit fon extrême valeur , & les peuples,
vaincus fa clémence. Ces préventions favorables
, & la rapidité de fes fuccès éblouirent
tous les yeux , & l'Europe entiere le
reconnut pour un très- grand Capitaine , à
un âge où l'on ne commence qu'à être foldat.
Le bonheur eft une forte de mérite aux
yeux des hommes . S'il n'eft pas fort eſtimable
aux yeux de la raifon , il eft le plus
brillant & le plus admiré du vulgaire.
Les autres grands Capitaines , dont les
Vies rempliffent ce IX Tome , font : Louisde
la Tremoüille II. du nom , Prince de
Talmond , Vicomte de Thouars , furnommé
Le Chevalier fans reproche , fous les Rois
Louis XI & François I ; Ive d'Alégre, Che--
valier de l'ordre du Roi , Capitaine de cent
hommes d'armes , fous les Régnes de Char--
les VIII & Louis XII ; le Chevalier Bayard ,
Lieutenant Général pour le Roi en Dauphiné
, Chevalier de l'Ordre , Capitaine de
cent hommes d'armes.
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Résumé : LES VIES des Hommes Illustres de la France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à présent. Par M. d'Auvigny. Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines. A Amsterdam, & se vendent à Paris, chés le Gras, Grand'Salle du Palais, à L couronnée 1744.
Le texte traite des tomes IX et X de l'ouvrage 'Les Vies des Hommes Illustres de la France' de M. d'Auvigny, publiés en 1744. L'auteur est décédé à 31 ans lors du combat d'Ettinghen en 1743, laissant une veuve et deux enfants. Il était renommé pour sa mémoire exceptionnelle et son style dynamique, ayant déjà publié plusieurs œuvres historiques, notamment un abrégé de l'histoire de France et de Rome en 1730 et une histoire de la ville de Paris en cinq volumes. Le texte inclut une biographie de Gaston de Foix, duc de Nemours, général d'armée et vice-roi de Milan sous Louis XII. Né dans la maison de Foix, Gaston de Foix était connu pour son ardeur et sa présomption. À 18 ans, il démontra sa valeur et sa prudence lors de la bataille d'Agnadel. Nommé vice-roi de Milan à 22 ans, il adopta une stratégie prudente face aux Suisses, alliés des Vénitiens et du Pape, renforçant ses positions sans engager de combats directs. Gaston de Foix mena des opérations militaires à Bologne et Brescia. À Bologne, il installa une garnison dirigée par Odet de Foix, mais la ville resta vulnérable en raison de divisions internes. Pierre de Navarre suggéra d'utiliser des mines pour prendre la ville, mais cette tentative échoua. Gaston de Foix leva ensuite le siège de Bologne grâce à une tempête de neige. À Brescia, il repoussa les Vénitiens après un combat intense, bien que le Chevalier Bayard fût grièvement blessé. Le texte mentionne également la répression d'une révolte menée par le Comte Louis d'Avogaro et son fils, exécutés sur ordre du Duc de Nemours malgré les suppliques de la population. Cette exécution provoqua la désertion massive des troupes françaises, obligeant le Duc à recruter de nouvelles forces. Gaston de Foix obtint des succès militaires notables, mais le roi Louis XII l'envoya affronter les Espagnols en Italie. Le 11 avril, jour de Pâques, il mourut à 24 ans après une bataille décisive contre des forces ennemies supérieures en nombre. Sa mort marqua la perte de l'Italie pour les Français et fut profondément regrettée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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768
p. 1780-1784
LETTRE de M. Boyer, Médecin ordinaire du Roi, & de S. A. S. Mad. la Duchesse du Maine, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, Censeur Royal, écrite à M. Malouin, Docteur-Régent de la même Faculté de l'Académie Royale des Sciences, & Censeur Royal.
Début :
Vous avez raison, M. & très-cher Confrere, d'être surpris que M. Bruyere, [...]
Mots clefs :
Jean-Baptiste Silva, Roi, Saignée, M. Bruyère, Jean-Claude-Adrien Helvétius, Censeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Boyer, Médecin ordinaire du Roi, & de S. A. S. Mad. la Duchesse du Maine, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, Censeur Royal, écrite à M. Malouin, Docteur-Régent de la même Faculté de l'Académie Royale des Sciences, & Censeur Royal.
LETTRE de M. Boyer , Médecin ordinaire
du Roi , & de S. A. S. Mad, la Ducheffe
du Maine , Docteur Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , Cenfeur Royal,
écrite à M. Malouin , Docteur- Régent de
la même Faculté de l'Académie Royale des
Sciences, Cenfeur Royal.
Vfrere ,d'être
Ous avez raifon , M. & très-cher Confree,
terrefurpris que M. Bruyere ,
Editeur d'une Collection de divers Ouvrages
& Piéces fugitives de feu MM. Chirac
& Silva , ait mis fur le compte de ce dernier
une Differtation fur la néceffité des faignées
révulfives dans les maladies inflammatoires
, dont vous êtes l'Auteur.
*
M. Bruyere vous dira fans doute, qu'ayant
trouvé dans les papiers de M. Silva , une
Theſe où il n'a vû votre nom qu'en qualité
deRépondant, tandis que M.Silva préfidoit à
l'Acte où elle fût agitée dans nos Ecoles , il
n'avoit pas héfiré d'en croire M. Silva l'Auteur
, parce que les Préfidens dans nos Eco-
* On appelle faignée révulfive , celle qui fe prati
que toutes les fois qu'on veut dégager une partie , où le
Sang fe porte en trop grande abondance , en l'attirant
dans une partie opposée.
les ,
AOUST. 1744. 1781
?
les , font , comme l'on fçait , cenfès être les
Auteurs des Théfes qui s'y foutiennent , &
ils le font prefque toujours , à moins qu'il
ne fe rencontre des Bacheliers capables de
les compofer , comme vous l'êtiez dès -lors .
D'ailleurs , le fujet de la Théfe favorifoit
cette croyance , parce qu'il rouloit fur une
Doctrine , dont M. Silva venoit de fe déclarer
publiquement le Défenfeur , au point
d'employer le peu de loifir que lui laiffoient
fes affaires , à établir par un calcul hydrauli
que , une Théorie qui pût rendre raifon des
fuccès d'une pratique , qui lui avoit réüffi
dans tant d'occafions. Ainfi M. Bruyere ,
comme vous voyez , a pû facilement fe
tromper fur la Théfe dont vous êtes l'Auteur
; l'Elégance avec laquelle elle eft écrite ,
en fait l'éloge , & on reconnoît aisément au
ftyle l'Auteur de la Differtation fur la Mufique
, qui a été fi applaudie .
On revient de toutes les erreurs , à plus
forte raifon des méprifes , & je fuis sûr ,
comme j'ai eu l'honneur de vous le dire ,
que M. Bruyere vous rendra toute la Juſtice
qui vous eft dûë. Il est tombé dans une
bien plus grande faute à l'égard de M. Helvetius
, Premier Médecin de la Reine , notre
digne Confrere , dans le Mémoire qu'il
a publié pour fervir à l'Hiftoire de la Vie de
M. Silva , pag. 91 , en difant ce qui fuit :
» Sa
1782 MERCURE DE FRANCE.
Sa réputation déjà établie le fit appeller
par M. le Duc d'Orleans Régent , dans les
» Confultations qui furent faites au Châtean
» des Tuilleries fur le danger où le Roi fe trou-
» voit alors ; la faignée du pied , qui avoit fi
» bien fervi M. Silva dans la Cure de M. le
» Duc de Beauvilliers , ne lui manqua pas dans
» cette occafion importante ; ce remède qu'il
» confeilla , comme le plus jeune des Conful-
» tans , ayant été adopté par les autres , lui
procura la gloire de rendre à la France un
» Roi , l'objet de fes inquiétudes & de fes allar-
» mes , qui lui marqua fon eftime & Sa reconnoiffance
par un Brévet de 1500 liv. de
» pension , & c.
Quoi de plus fimple & de plus natufel
en apparence , que cette narration ? & qui,
de ceux, qui n'ont pas été témoins de ce fait,
n'y ajouteroit pas une foi entiere ? Je fuis
moi-même de ce nombre , étant alors enfermé
par ordre du Roi dans Marſeille , affligée
de la pefte , où j'ai été pendant plus de deux
ans , fans fçavoir ce qui fe paffoit à Paris. A
mon retour , j'entendis parler de ce fait à
M. Silva , avec qui , vous fçavez , que j'étois
extrêmement lié , & d'une maniere approchante
du recit de M. Bruyere ; ce fait
étoit affés flateur pour vouloir y avoir quelque
part.
Il eft vrai que M. Silva fut appellé aux
ConAOUST.
1744: 1783
Confultations , qui furent faites pour le
Roi au Château des Tuilleries ; il est vrai
auffi qu'il fe trouva le plus jeune des Confultans
; il n'eft pas moins vrai qu'il fut gratifié
d'un Brévet de 1500 1. de penfion
mais tout ce raifonnement de M. B. fe trouve
détruit par la feule date de la faignée du
pied , qui fût faite la veille du jour que M.
Silva fut appellé. Elle fut propofée par M.
Helvétius , adoptée par M. Dodart , Premier
Médecin de S. A. R. Mad. la Ducheffe
d'Orleans. Cette faignée trouva bien des
contradictions de la part des Courtisans ,
mais elle fut foutenue avec tant de chaleur ,
& par de fi bonnes raifons par M.Helvétius,
qu elle fut faite à l'inftant , & fuivie de tout
le fuccès qu'on en pouvoit attendre.
Voilà , mon très -cher Confrere , à quoi
font exposés les Editeurs , qui n'approfondiffent
pas affés la vérité des faits , furtout
quand ils font auffi récents que celui- ci , &
qu'on peut les apprendre de perfonnes encore
vivantes , qui en ont été les témoins.
Je ne doute pas que M. Bruyere ne reconnoiffe
l'erreur où il eft tombé à l'égard
de M. Helvétius , au fujet de la faignée du
pied , qui prevint le danger où étoit la
France de perdre un Roi , l'objet de fon
Amour , l'admiration aujourd'hui de toute
l'Europe. Ce fujet eft trop confiderable , &
trop
#784 MERCURE DE FRANCE.
•
trop flateur pour n'en pas rapporter la
gloire à celui qui la mérite. J'efpere que
I'Editeur rectifiera en même- tems ce qui
vous regarde. Pour moi , qui ai lû ce Livre,
par ordre de M. le Chancelier , j'ai rempli
mon devoir de Cenfeur : à l'égard des faits ,
je n'en fuis garant , comme vous fçavez ,
qu'autant qu'ils peuvent intéreffer l'État oy
la Religion. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , le 10 Juin 1744,
du Roi , & de S. A. S. Mad, la Ducheffe
du Maine , Docteur Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , Cenfeur Royal,
écrite à M. Malouin , Docteur- Régent de
la même Faculté de l'Académie Royale des
Sciences, Cenfeur Royal.
Vfrere ,d'être
Ous avez raifon , M. & très-cher Confree,
terrefurpris que M. Bruyere ,
Editeur d'une Collection de divers Ouvrages
& Piéces fugitives de feu MM. Chirac
& Silva , ait mis fur le compte de ce dernier
une Differtation fur la néceffité des faignées
révulfives dans les maladies inflammatoires
, dont vous êtes l'Auteur.
*
M. Bruyere vous dira fans doute, qu'ayant
trouvé dans les papiers de M. Silva , une
Theſe où il n'a vû votre nom qu'en qualité
deRépondant, tandis que M.Silva préfidoit à
l'Acte où elle fût agitée dans nos Ecoles , il
n'avoit pas héfiré d'en croire M. Silva l'Auteur
, parce que les Préfidens dans nos Eco-
* On appelle faignée révulfive , celle qui fe prati
que toutes les fois qu'on veut dégager une partie , où le
Sang fe porte en trop grande abondance , en l'attirant
dans une partie opposée.
les ,
AOUST. 1744. 1781
?
les , font , comme l'on fçait , cenfès être les
Auteurs des Théfes qui s'y foutiennent , &
ils le font prefque toujours , à moins qu'il
ne fe rencontre des Bacheliers capables de
les compofer , comme vous l'êtiez dès -lors .
D'ailleurs , le fujet de la Théfe favorifoit
cette croyance , parce qu'il rouloit fur une
Doctrine , dont M. Silva venoit de fe déclarer
publiquement le Défenfeur , au point
d'employer le peu de loifir que lui laiffoient
fes affaires , à établir par un calcul hydrauli
que , une Théorie qui pût rendre raifon des
fuccès d'une pratique , qui lui avoit réüffi
dans tant d'occafions. Ainfi M. Bruyere ,
comme vous voyez , a pû facilement fe
tromper fur la Théfe dont vous êtes l'Auteur
; l'Elégance avec laquelle elle eft écrite ,
en fait l'éloge , & on reconnoît aisément au
ftyle l'Auteur de la Differtation fur la Mufique
, qui a été fi applaudie .
On revient de toutes les erreurs , à plus
forte raifon des méprifes , & je fuis sûr ,
comme j'ai eu l'honneur de vous le dire ,
que M. Bruyere vous rendra toute la Juſtice
qui vous eft dûë. Il est tombé dans une
bien plus grande faute à l'égard de M. Helvetius
, Premier Médecin de la Reine , notre
digne Confrere , dans le Mémoire qu'il
a publié pour fervir à l'Hiftoire de la Vie de
M. Silva , pag. 91 , en difant ce qui fuit :
» Sa
1782 MERCURE DE FRANCE.
Sa réputation déjà établie le fit appeller
par M. le Duc d'Orleans Régent , dans les
» Confultations qui furent faites au Châtean
» des Tuilleries fur le danger où le Roi fe trou-
» voit alors ; la faignée du pied , qui avoit fi
» bien fervi M. Silva dans la Cure de M. le
» Duc de Beauvilliers , ne lui manqua pas dans
» cette occafion importante ; ce remède qu'il
» confeilla , comme le plus jeune des Conful-
» tans , ayant été adopté par les autres , lui
procura la gloire de rendre à la France un
» Roi , l'objet de fes inquiétudes & de fes allar-
» mes , qui lui marqua fon eftime & Sa reconnoiffance
par un Brévet de 1500 liv. de
» pension , & c.
Quoi de plus fimple & de plus natufel
en apparence , que cette narration ? & qui,
de ceux, qui n'ont pas été témoins de ce fait,
n'y ajouteroit pas une foi entiere ? Je fuis
moi-même de ce nombre , étant alors enfermé
par ordre du Roi dans Marſeille , affligée
de la pefte , où j'ai été pendant plus de deux
ans , fans fçavoir ce qui fe paffoit à Paris. A
mon retour , j'entendis parler de ce fait à
M. Silva , avec qui , vous fçavez , que j'étois
extrêmement lié , & d'une maniere approchante
du recit de M. Bruyere ; ce fait
étoit affés flateur pour vouloir y avoir quelque
part.
Il eft vrai que M. Silva fut appellé aux
ConAOUST.
1744: 1783
Confultations , qui furent faites pour le
Roi au Château des Tuilleries ; il est vrai
auffi qu'il fe trouva le plus jeune des Confultans
; il n'eft pas moins vrai qu'il fut gratifié
d'un Brévet de 1500 1. de penfion
mais tout ce raifonnement de M. B. fe trouve
détruit par la feule date de la faignée du
pied , qui fût faite la veille du jour que M.
Silva fut appellé. Elle fut propofée par M.
Helvétius , adoptée par M. Dodart , Premier
Médecin de S. A. R. Mad. la Ducheffe
d'Orleans. Cette faignée trouva bien des
contradictions de la part des Courtisans ,
mais elle fut foutenue avec tant de chaleur ,
& par de fi bonnes raifons par M.Helvétius,
qu elle fut faite à l'inftant , & fuivie de tout
le fuccès qu'on en pouvoit attendre.
Voilà , mon très -cher Confrere , à quoi
font exposés les Editeurs , qui n'approfondiffent
pas affés la vérité des faits , furtout
quand ils font auffi récents que celui- ci , &
qu'on peut les apprendre de perfonnes encore
vivantes , qui en ont été les témoins.
Je ne doute pas que M. Bruyere ne reconnoiffe
l'erreur où il eft tombé à l'égard
de M. Helvétius , au fujet de la faignée du
pied , qui prevint le danger où étoit la
France de perdre un Roi , l'objet de fon
Amour , l'admiration aujourd'hui de toute
l'Europe. Ce fujet eft trop confiderable , &
trop
#784 MERCURE DE FRANCE.
•
trop flateur pour n'en pas rapporter la
gloire à celui qui la mérite. J'efpere que
I'Editeur rectifiera en même- tems ce qui
vous regarde. Pour moi , qui ai lû ce Livre,
par ordre de M. le Chancelier , j'ai rempli
mon devoir de Cenfeur : à l'égard des faits ,
je n'en fuis garant , comme vous fçavez ,
qu'autant qu'ils peuvent intéreffer l'État oy
la Religion. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , le 10 Juin 1744,
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Résumé : LETTRE de M. Boyer, Médecin ordinaire du Roi, & de S. A. S. Mad. la Duchesse du Maine, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, Censeur Royal, écrite à M. Malouin, Docteur-Régent de la même Faculté de l'Académie Royale des Sciences, & Censeur Royal.
Dans sa lettre adressée à M. Malouin, M. Boyer, médecin du Roi et de la Duchesse du Maine, corrige deux erreurs éditoriales commises par M. Bruyère. La première erreur concerne l'attribution d'une dissertation sur la nécessité des saignées révulsives dans les maladies inflammatoires. Bruyère avait attribué cette œuvre à M. Silva, alors qu'elle est en réalité écrite par M. Malouin. La confusion est née du fait que Bruyère avait trouvé une thèse où Malouin apparaissait seulement comme répondant. De plus, la doctrine défendue par Silva et l'élégance du style de la dissertation rappelaient celles de Malouin sur la musique. La seconde erreur de Bruyère concerne M. Helvetius, premier médecin de la Reine. Bruyère avait écrit que Silva avait été appelé lors des consultations pour le Roi au Château des Tuileries et avait conseillé une saignée au pied, ce qui lui avait valu une pension. Boyer rectifie cette information en précisant que la saignée avait été proposée par Helvetius et adoptée par Dodart, le premier médecin de la Duchesse d'Orléans, la veille de l'appel de Silva. Cette correction est cruciale car elle rétablit la vérité sur l'acte médical en question. Boyer exprime l'espoir que Bruyère reconnaîtra ses erreurs et rectifiera ses publications. Il met en garde contre les dangers des erreurs éditoriales, particulièrement lorsqu'elles portent sur des faits récents et des personnes encore vivantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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768
769
p. 1829-1833
X Tome des Vies des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Début :
LES VIES des Hommes Illustres de la France, &c. Par M. d'Auvigny. T. X. contenant [...]
Mots clefs :
Roi, Amiral de Bonivet, Fautes, Faveurs, Inclination, Talents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : X Tome des Vies des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
LES VIES des Hommes Illuftres de la
France , &c. Par M. d'Auvigny. T. X. contenant
la fuite des Grands Capitaines , à
Amfterdam , & fe vend à Paris , chés le Gras,
Grand'Sale du Palais , à l'L couronnée ,
1744.
Nous avons rendu compte du IX Tome
de cet Ouvrage dans le I. Vol. du Mercure
de Juin dernier , p. 1164. Celui- ci contient
les Vies de l'Amiral de Bonivet , de
Charles Duc de Bourbon , premier Prince
du Sang , Pair & Grand Chambellan de
France , &c. de Claude de Lorraine , Duc
de Guife , & c. & de François , Duc de
Guife.
On fe contentera de rapporter ici l'Article
qui regarde l'Amiral de Bonivet , Capitaine
de cent Hommes d'Armes , Chevalier de
l'Ordre du Roi & Gouverneur de Provence
fous le Régne de François I , parce que cet
Article eft moins étendu , & n'excedera
point les bornes que nous fommes obligés
de nous prefcrire.
On a vû dans quelques-unes des Vies
précédentes que
l'Amiral de Bonivet avoit
commis de grandes fautes dans le Confeil
dont
1830 MERCURE DE FRANCE.
gneur ,
n'étoit
›
dont la faveur du Roi l'avoit rendu l'ame ,
& à la tête des armées que ce Monarque
avoit confiées à fa conduite. Cependant
l'inclination qu'il reffentoit pour ce Seipas
feulement Pouvrage de
la prévention. Il étoit moins néceſſaire d'ajoûter
que de retrancher du caractere de
Bonivet , pour en former un grand homme
; fa préfomption feule caufa fon malheur
& fes fautes . Les difgraces de la Fortune
n'étant point fuivies de celle du Prince
, il en fut moins humilié , & moins en
état de faire les réfléxions , dont certains ef
prits ne font capables que dans l'abattement.
Le fuccès du Siége de Fontarabie , où il
montra des talens pour la guerre , acheva
de le gâter. On a vû que de tous les favoris
de François I , Anne de Montmorenci ,
feul corrigé par de grands accidens , mérita
le nom de grand Capitaine. Chabot , Seigneur
de Brion , l'un de ceux qui partageoient
les bonnes graces du Roi , pour
avoir affifté à la défenſe de Marſeille , & à
la levée de ce Siége , formé par le Connétable
, fe crût le modéle des Généraux , &
commit depuis beaucoup de fautes.Les hommes
qui n'ont rien à défirer , méritent rarement
un pareil bonheur . L'eftime du grand
nombre s'accorde trop aifément à la faveur ,
pour que ceux qui la poffédent prennent les
moyens
A O UST. 1744: 1831
moyens néceffaires de fe rendre véritablement
utiles & eftimables. L'Hiftoire n'offre
en aucun Pays de la terre un Favori réellement
grand homme ; il ne faut que du bonheur
& de l'efprit pour gagner l'ame d'un
Prince , mais l'autre Titre ne s'acquiert qu'à
l'aide de la crainte , de l'efperance & de la
contradiction. Je n'appelle point Favoris
des hommes tels que les Cardinaux de Volfey
& de Richelieu ; ces puiffans génies
domptoient leur Maître & leur Nation
fans être aimés & fans efperer d'être excu
fés dans leur difgrace, lorfqu'elle arriveroit.
Bonivet fût donc malheureux dans fes entrepriſes
militaires , & infiniment dangereux
à l'Etat , parce qu'il fut trop affùré de
l'inclination du Roi , non de celle qui vient
de la connoiffance des talens & qui doit être
la récompenfe de la fidélité & des fervices ,
mais de ce goût du coeur qui fe déclare fouvent
fans motif, & dont on ne manque
prefque jamais d'abufer. Bonivet fut longtems
attaché à la Régente , Mere du Roi ,
qui fe fervoit de lui , pour faire paffer à fon
fils les idées qu'elle ne vouloit pas lui préfenter
elle- même. Il ne la fervit que trop
bien. Et que pouvoit-on attendre d'un Gouvernement
foumis à une femme hautaine &
capricieuſe , foûtenue dans tous fes deſſeins ,
& que fes paffions feules dirigeoient ? Bonivet
1832 MERCURE DE FRANCE.
vet fut plus heureux dans fes négociations
en Allemagne, où le Roi l'envoya au commencement
de fon Régne , & c'eft affés l'efprit
des Cours de juger un homme capable
de tout , parce qu'il a réuffi dans un genre,
Son Commandement en Italie lors de la retraite
du Connétable , & fes fuccès fâcheux ,
dont cette expédition fut fuivie , ne détromperent
point le Roi fur l'idée qu'il avoit dẹ
fes talens. Il préféra fes confeils à ceux des
plus grands Capitaines de fon Royaume , &
fon aveugle confiance en un homme , aveuglé
lui-même par fa préfomption , les perdit
l'un & l'autre. Le Roi fut pris , & Bonivet ,
devenu éclairé fur le bord du précipice ,
connut toutes les fautes, dans l'inftant qu'el
les produifoient leur plus malheureux effet
; enfin , n'écoutant plus que fon défefpoir
, il fe fit tuer à la Bataille de Pavie , les
armes à la main , ne voulant point furvivre
à la
perte du Roi , & à fa réputation . Ainfi
le défefpoir finit les jours d'un homme , à
qui rien n'avoit ofé faire ombrage pendant
le cours de fa vie , dont la faveur avoit été
continuelle , que toutes les fautes n'avoient
point rendu coupable aux yeux de celui qui
auroit pû l'en punir , & à qui fon Roi ,
prevenu de la plus forte inclination , auroit
peut-être pardonné fa propre perte , s'il
avoit
AOUST. 1744. 18 ; 3
avoit pû le réfoudre à fe la pardonner luimême.
France , &c. Par M. d'Auvigny. T. X. contenant
la fuite des Grands Capitaines , à
Amfterdam , & fe vend à Paris , chés le Gras,
Grand'Sale du Palais , à l'L couronnée ,
1744.
Nous avons rendu compte du IX Tome
de cet Ouvrage dans le I. Vol. du Mercure
de Juin dernier , p. 1164. Celui- ci contient
les Vies de l'Amiral de Bonivet , de
Charles Duc de Bourbon , premier Prince
du Sang , Pair & Grand Chambellan de
France , &c. de Claude de Lorraine , Duc
de Guife , & c. & de François , Duc de
Guife.
On fe contentera de rapporter ici l'Article
qui regarde l'Amiral de Bonivet , Capitaine
de cent Hommes d'Armes , Chevalier de
l'Ordre du Roi & Gouverneur de Provence
fous le Régne de François I , parce que cet
Article eft moins étendu , & n'excedera
point les bornes que nous fommes obligés
de nous prefcrire.
On a vû dans quelques-unes des Vies
précédentes que
l'Amiral de Bonivet avoit
commis de grandes fautes dans le Confeil
dont
1830 MERCURE DE FRANCE.
gneur ,
n'étoit
›
dont la faveur du Roi l'avoit rendu l'ame ,
& à la tête des armées que ce Monarque
avoit confiées à fa conduite. Cependant
l'inclination qu'il reffentoit pour ce Seipas
feulement Pouvrage de
la prévention. Il étoit moins néceſſaire d'ajoûter
que de retrancher du caractere de
Bonivet , pour en former un grand homme
; fa préfomption feule caufa fon malheur
& fes fautes . Les difgraces de la Fortune
n'étant point fuivies de celle du Prince
, il en fut moins humilié , & moins en
état de faire les réfléxions , dont certains ef
prits ne font capables que dans l'abattement.
Le fuccès du Siége de Fontarabie , où il
montra des talens pour la guerre , acheva
de le gâter. On a vû que de tous les favoris
de François I , Anne de Montmorenci ,
feul corrigé par de grands accidens , mérita
le nom de grand Capitaine. Chabot , Seigneur
de Brion , l'un de ceux qui partageoient
les bonnes graces du Roi , pour
avoir affifté à la défenſe de Marſeille , & à
la levée de ce Siége , formé par le Connétable
, fe crût le modéle des Généraux , &
commit depuis beaucoup de fautes.Les hommes
qui n'ont rien à défirer , méritent rarement
un pareil bonheur . L'eftime du grand
nombre s'accorde trop aifément à la faveur ,
pour que ceux qui la poffédent prennent les
moyens
A O UST. 1744: 1831
moyens néceffaires de fe rendre véritablement
utiles & eftimables. L'Hiftoire n'offre
en aucun Pays de la terre un Favori réellement
grand homme ; il ne faut que du bonheur
& de l'efprit pour gagner l'ame d'un
Prince , mais l'autre Titre ne s'acquiert qu'à
l'aide de la crainte , de l'efperance & de la
contradiction. Je n'appelle point Favoris
des hommes tels que les Cardinaux de Volfey
& de Richelieu ; ces puiffans génies
domptoient leur Maître & leur Nation
fans être aimés & fans efperer d'être excu
fés dans leur difgrace, lorfqu'elle arriveroit.
Bonivet fût donc malheureux dans fes entrepriſes
militaires , & infiniment dangereux
à l'Etat , parce qu'il fut trop affùré de
l'inclination du Roi , non de celle qui vient
de la connoiffance des talens & qui doit être
la récompenfe de la fidélité & des fervices ,
mais de ce goût du coeur qui fe déclare fouvent
fans motif, & dont on ne manque
prefque jamais d'abufer. Bonivet fut longtems
attaché à la Régente , Mere du Roi ,
qui fe fervoit de lui , pour faire paffer à fon
fils les idées qu'elle ne vouloit pas lui préfenter
elle- même. Il ne la fervit que trop
bien. Et que pouvoit-on attendre d'un Gouvernement
foumis à une femme hautaine &
capricieuſe , foûtenue dans tous fes deſſeins ,
& que fes paffions feules dirigeoient ? Bonivet
1832 MERCURE DE FRANCE.
vet fut plus heureux dans fes négociations
en Allemagne, où le Roi l'envoya au commencement
de fon Régne , & c'eft affés l'efprit
des Cours de juger un homme capable
de tout , parce qu'il a réuffi dans un genre,
Son Commandement en Italie lors de la retraite
du Connétable , & fes fuccès fâcheux ,
dont cette expédition fut fuivie , ne détromperent
point le Roi fur l'idée qu'il avoit dẹ
fes talens. Il préféra fes confeils à ceux des
plus grands Capitaines de fon Royaume , &
fon aveugle confiance en un homme , aveuglé
lui-même par fa préfomption , les perdit
l'un & l'autre. Le Roi fut pris , & Bonivet ,
devenu éclairé fur le bord du précipice ,
connut toutes les fautes, dans l'inftant qu'el
les produifoient leur plus malheureux effet
; enfin , n'écoutant plus que fon défefpoir
, il fe fit tuer à la Bataille de Pavie , les
armes à la main , ne voulant point furvivre
à la
perte du Roi , & à fa réputation . Ainfi
le défefpoir finit les jours d'un homme , à
qui rien n'avoit ofé faire ombrage pendant
le cours de fa vie , dont la faveur avoit été
continuelle , que toutes les fautes n'avoient
point rendu coupable aux yeux de celui qui
auroit pû l'en punir , & à qui fon Roi ,
prevenu de la plus forte inclination , auroit
peut-être pardonné fa propre perte , s'il
avoit
AOUST. 1744. 18 ; 3
avoit pû le réfoudre à fe la pardonner luimême.
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Résumé : X Tome des Vies des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Le dixième tome des 'Vies des Hommes Illustres de la France' de M. d'Auvigny, publié en 1744, comprend les biographies de plusieurs figures historiques, dont l'Amiral de Bonivet. Ce dernier était capitaine de cent hommes d'armes, chevalier de l'Ordre du Roi et gouverneur de Provence sous le règne de François Ier. Malgré des erreurs notables dans ses conseils et ses actions militaires, Bonivet jouissait de la faveur constante du roi. Sa présomption et son succès lors du siège de Fontarabie ont accentué ses défauts. Il entretenait également une relation privilégiée avec la régente, mère du roi, ce qui lui permettait d'influencer les décisions politiques. Ses missions diplomatiques en Allemagne furent couronnées de succès. Cependant, ses échecs militaires en Italie, notamment lors de la bataille de Pavie, ont conduit à la capture du roi et à sa propre mort. Désespéré par cette défaite et la perte de sa réputation, Bonivet choisit de se battre jusqu'à la mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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770
p. 1853
Nouvelle Carte de la France, [titre d'après la table]
Début :
Il paroît une nouvelle Carte de la France, qui comprend toutes les Opérations que M. Cassini de [...]
Mots clefs :
Carte, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Carte de la France, [titre d'après la table]
Il paroît une nouvelle Carte de la France , qui
comprend toutes les Opérations que M. Caffini de
Thury a faites , par ordre du Roi , dans l'intérieur
du Royame. On y trouve des Tables de la Longitude
, Latitude & diftance de Paris à toutes
les principales Villes du Royaume. Cette Carte
fe vend chés d'Heulland , rue Serpente , attenant
P'Hôtel de la Serpente , chés M. Martiu , Officier
du Roi.
comprend toutes les Opérations que M. Caffini de
Thury a faites , par ordre du Roi , dans l'intérieur
du Royame. On y trouve des Tables de la Longitude
, Latitude & diftance de Paris à toutes
les principales Villes du Royaume. Cette Carte
fe vend chés d'Heulland , rue Serpente , attenant
P'Hôtel de la Serpente , chés M. Martiu , Officier
du Roi.
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771
p. 1859-1867
Extrait des Amours Grivois, [titre d'après la table]
Début :
Le 19, l'Opera Comique remit au Théatre une Piéce en un Acte, toute en Vaudevilles, [...]
Mots clefs :
Opéra-Comique, Théâtre, Roi, Lois, Tambour, Acteur, Flamand, Amour, Jardinier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait des Amours Grivois, [titre d'après la table]
Le 19 , l'Opera Comique remit au Théatre
une Piéce en un Acte , toute en Vaudevilles
, avec un Divertiffement de Chants &
de Danſes , intitulée la Coquette fans le fçavoir
, ou la Fauffe Coquette , laquelle fut fuivie
du Déguisement Paftoral , dont il a été
parlé dans le dernier Journal. On donna enfuite
la petite Comédie des Amours Grivois,
qu'on voit toûjours avec le même plaifir.
Elle fut fuivie d'un Divertiffement Provençal
, exécuté au mieux . La Dlle Puvigné &
le Sr Noverre danſerent enfuite un Pas de
deux , qui a pour titre la Jardiniere , lequel
fut généralement applaudi.
Cette derniere Piéce , qui vient d'être imprimée
, a été repréſentée à l'Opera Comique
le 16 du mois dernier avec beaucoup
de fuccès , ainſi qu'on l'a dit dans le Mercure
de Juillet. Trois Auteurs ont travaillé à
cet Ouvrage ; en voici les noms tels qu'on
Gij les
1860 MERCURE DE FRANCE.
les a donnés à l'Impreffion , Par Mrs F. D.
L. G. & L. S.
On n'a pas cru devoir donner un Extrait
dans les formes de cette Piéce , attendu que
c'eft plûtôt un Recueil de Chanfons qu'un
Opera Comique régulier; ils le caractériſent
par ce Vers des Bucoliques de Virgile .
Q Meliboe ! Deus nobis hac ctia fecit.
Ils achevent d'en tracer une idée
ee Quatrain.
Trois bons François , avec naïveté ,
par
De leur Grand Roi célebrent le courage ;
Du Bel-Efprit ils n'ont rien emprunté ;
Dans leur coeur feul ils ont puifé l'Ouvrage .
Cet Ouvrage n'en a pas moins de prix
pour n'avoir, rien emprunté du bel Efprit ,
qui n'auroit fervi peut-être qu'à le gâter,
Ôn en va juger par l'Extrait de quelques
Couplets .
Le Théatre repréſente un Hameau Flamand;
on voit dans l'éloignement une Ville ,
dont les Remparts font détruits par le canon
; de l'autre côté un camp,, à la tête duquel
est une batterie de canons. Les aîles
repréfentent des Maifons, des Payfans, & des
Eftaminets. Le milieu de la Scéne eft occupé
par plufieurs Flamands , dont les uns
joüent de divers Inftrumens, fous un grand
Arbre ,
.4
A O UST. 1744. 1861
Arbre , pendant que les autres , autour de
plufieurs tables , boivent , fument , joüent
& danfent.
Un Bûveur Flamand chante
L'Amour troublé
Par le bruit des Trompettes ,
S'eft envolé
De ces retraites ;
Courons le chercher dans nos Bois ;
Qu'il entende nos voix ;
Revien dans cet azile ,
Amour , tout eft tranquile ;
LOUIS y donne des Loix.
JOLICOU K.
Nos Ennemis ont pris le large ;
Quand on les entend battre aux champs ,
Ratapataplan , ratapataplan ,
Nos Amours battent la charge.
Ce Couplet eft fuivi d'une Marche de
Grenadiers & de Vivandieres .
Le même Jolicoeur , le plus fier Héros des
Amours Grivois , en qualité de Tambour ,
chante le Couplet ſuivant.
Au fon du Tambour
Célebrez l'Amour ;
Que chacun en ce jour
A ma voix obéïſſe.
G iij Au
1862 MERCURE DE FRANCE.
Au fon du Tambour ,
Célebrez l'Amour ;
Que chacun en ce jour
Faffe l'Exercice ;
Qu'ici chaque Amant
Soit prêt au Commandement.
Montrez-nous ici comment
On prend les Belles ;
Prenez garde à vous
Grivois ; écoutez- moi tous.
x
Que les coeurs les plus rebelles
Tombent fous vos coups.
Voici l'Exercice des Amans Grivois , au
fon du Tambour , chanté par Jolicoeur.
Préfentez-vous
A genoux
Baifez la main
Remettez-vous
•
-
·
Offrez le Bouquet
Parez- en le Sein
Prenez un baifer
Alte- là . . .
Remettez- vous
·
.. •
• ..
• .. • • •
•
Nous finiffons cet Extrait par le Branle
géneral au bruit du canon ; il eſt chanté alternativement
par la Dlle Darimath , Dame
Flamande , traveftie en Servante , & par le
Sr
A OUST. 1744. 1863
Sr de Lécluse , Tambour , dont on vient de
parler.
Amis , chantons à pleine voix ,
Vive le bon Roi de France !
Enfin nous voilà fous fes Loix ,
Au gré de notre eſpérance ;
Enfin nous voilà fous les Loix
De ce bon Roi de France .
**
YPRES & MENIN , en moins d'un mois ,
Sont à lui par fa vaillance ,
Et déja FURNES , çà fait trois ;
Morgué quelle diligence !
Enfin , & c .
C'étoit malgré tous nos Bourgeois
Qu'on lui faifoit réfiftance ;
Chacun lui crioit fur les toîts ,
Y avance , y avance , y avance.
Enfin , & c.
**
Je n'étions avec ces Hongrois
Jamais en pleine allûrance ;
Giiij
LOUIS
1864 MERCURE DE FRANCE.
LOUIS fçaura mieux qu'eux , je crois ,
Veiller à notre défenſe.
Enfin , & c.
*3X
་་
Sur tous nos coeurs il a des droits ,
En vertu de fa clémence ;
Je goûtons , grace à les Exploits ,
Le repos & l'abondance ;
Enfin , & c.
>
La Bierre nous rendoit fournois ;
Du Vin j'ignorions l'uſance ;
Il nous fait boire du l'ivois ;
Morgué quelle difference !
Soyons à jamais fous les Loix
De ce bon Roi de France .
Dès qu'on le voit , on l'aime tant ,
Que l'on fe fent l'ame épriſe ;
Sur tout , le beau Sexe Flamand
Le mettroit dans fa chemife ;
Pour moi , je l'aime franchement ;
Chacun loue à fa guife.
Si
AOUST . 1744. 1865
Si pour célébrer les grands Rois
Je n'avons pas d'Eloquence ;
Tout Flamand , comme un franc Gaulois ,
Ne dit rien que ce qu'il penfe :
Parquoi j ' difons , vivent les Loix
De ce bon Roi de France !
****
Meffieurs , la Critique a des droits
Mais qu'ici l'on s'en diſpenſe :
;
Nous chantons le plus grand des Rois ;.
Le zéle vaut l'Eloquence.
Répetez tous à haute voix ,
Vive le bon Roi de France !
Au refte l'ingénieux Triumvirat , qui a
fait ce joli préfent au Public , peut fe vanter
fur tout du choix du Sujet ; il n'en eft point
de plus intéreffant , & qui foit plus du tems
préfent .
On peutaffurer d'ailleurs, que cette agréable
Piéce a été exécutée dans toutes fes parties
, foit pour le Chant , foit pour la Danfe
& pour l'Action Théatrale,d'une maniere à
ne rien laiffer à défirer. M. Boifmortier ,
Maître de Mufique , connu par plufieurs
G V bons
1866 MERCURE DEFRANCE.
bons Ouvrages , a compofé les Airs de la
Symphonie & des Vaudevilles.
Cette Piéce eft très-bien imprimée chés
Prault , le fils , Quai de Conty , vis- à - vis la
defcente du Pont-Neuf, à la Charité, 1744.
On a dit dans le dernier Mercure , que
P'Opera Comique de la Foire S. Laurent
avoit donné fon Spectacle gratis à l'occafion
de la priſe de Furnes. Ce Divertiffement populaire
fut encore marqué ce jour là , par
quelques circonstances , auffi fingulieres
qu'inattendues. Une Marchande Bouquetiere
, voulant contribuer en quelque chofe
à la Fête qu'on donnoit fur ce Théatre , s'y
rendit, & fit porter plufieurs corbeilles , remplies
de toutes fortes de fleurs & de Bouquets
, qu'elle préſenta à cette nombreuſe
Affemblée , qui fçût très bon gré à la Marchande
, de cette galanterie ..
Après la repréſentation de la premiere-
Piéce , un Acteur de la Troupe s'avança fur
le bord du Théatre pour annoncer aux Spectateurs
qu'ils ne pouvoient pas donner la feconde
Piéce qu'ils avoient promife , l'Acteur,
qui devoit remplir un des rôles ,fe trouvant
indifpofé , qu'ils étoient tous très-fâchés
de ce contre tems , & c. Le Sr de Léclufe
, Acteur des plus comiques du même
Théatre , avoit pris la précaution de ſe placer
,
AOUST. 1744. 1867
eer, comme Spectateur ,pendant la premiere
Piéce , dans une des premieres Loges , en habit
de Jardinier , confondu avec toutes fortes
de gens , de tous états ; toute l'Affemblée
fe récria fort fur cette annonce de ne pas
jouer la Piéce promiſe ; le feint Jardinier ſe
leva , comme tous les autres , porta la parole
au nom de l'Affemblée,& dit qu'on prétendoit
que la Piéce fût joüée , puifqu'on l'avoit
promife. Cette Scéne fut jouée avec
tant d'art & d'apparence & de vérité , que
tous les Spectateurs donnerent parfaitement
dans l'illufion . L'Acteur , qni avoit déja fait
l'annonce , propofa enfin au feint Jardinier,
qui étoit toujours dans la Loge , de vouloir
bien fe charger du rôle de l'Acteur malade
puifqu'il en avoit l'habit ; le défi fut accepté
; le fuppofé Jardinier quitta fa place ,
pour paffer au Théatre , & joüa fon rôle
avec l'applaudiffement de toute l'Affemblée.
une Piéce en un Acte , toute en Vaudevilles
, avec un Divertiffement de Chants &
de Danſes , intitulée la Coquette fans le fçavoir
, ou la Fauffe Coquette , laquelle fut fuivie
du Déguisement Paftoral , dont il a été
parlé dans le dernier Journal. On donna enfuite
la petite Comédie des Amours Grivois,
qu'on voit toûjours avec le même plaifir.
Elle fut fuivie d'un Divertiffement Provençal
, exécuté au mieux . La Dlle Puvigné &
le Sr Noverre danſerent enfuite un Pas de
deux , qui a pour titre la Jardiniere , lequel
fut généralement applaudi.
Cette derniere Piéce , qui vient d'être imprimée
, a été repréſentée à l'Opera Comique
le 16 du mois dernier avec beaucoup
de fuccès , ainſi qu'on l'a dit dans le Mercure
de Juillet. Trois Auteurs ont travaillé à
cet Ouvrage ; en voici les noms tels qu'on
Gij les
1860 MERCURE DE FRANCE.
les a donnés à l'Impreffion , Par Mrs F. D.
L. G. & L. S.
On n'a pas cru devoir donner un Extrait
dans les formes de cette Piéce , attendu que
c'eft plûtôt un Recueil de Chanfons qu'un
Opera Comique régulier; ils le caractériſent
par ce Vers des Bucoliques de Virgile .
Q Meliboe ! Deus nobis hac ctia fecit.
Ils achevent d'en tracer une idée
ee Quatrain.
Trois bons François , avec naïveté ,
par
De leur Grand Roi célebrent le courage ;
Du Bel-Efprit ils n'ont rien emprunté ;
Dans leur coeur feul ils ont puifé l'Ouvrage .
Cet Ouvrage n'en a pas moins de prix
pour n'avoir, rien emprunté du bel Efprit ,
qui n'auroit fervi peut-être qu'à le gâter,
Ôn en va juger par l'Extrait de quelques
Couplets .
Le Théatre repréſente un Hameau Flamand;
on voit dans l'éloignement une Ville ,
dont les Remparts font détruits par le canon
; de l'autre côté un camp,, à la tête duquel
est une batterie de canons. Les aîles
repréfentent des Maifons, des Payfans, & des
Eftaminets. Le milieu de la Scéne eft occupé
par plufieurs Flamands , dont les uns
joüent de divers Inftrumens, fous un grand
Arbre ,
.4
A O UST. 1744. 1861
Arbre , pendant que les autres , autour de
plufieurs tables , boivent , fument , joüent
& danfent.
Un Bûveur Flamand chante
L'Amour troublé
Par le bruit des Trompettes ,
S'eft envolé
De ces retraites ;
Courons le chercher dans nos Bois ;
Qu'il entende nos voix ;
Revien dans cet azile ,
Amour , tout eft tranquile ;
LOUIS y donne des Loix.
JOLICOU K.
Nos Ennemis ont pris le large ;
Quand on les entend battre aux champs ,
Ratapataplan , ratapataplan ,
Nos Amours battent la charge.
Ce Couplet eft fuivi d'une Marche de
Grenadiers & de Vivandieres .
Le même Jolicoeur , le plus fier Héros des
Amours Grivois , en qualité de Tambour ,
chante le Couplet ſuivant.
Au fon du Tambour
Célebrez l'Amour ;
Que chacun en ce jour
A ma voix obéïſſe.
G iij Au
1862 MERCURE DE FRANCE.
Au fon du Tambour ,
Célebrez l'Amour ;
Que chacun en ce jour
Faffe l'Exercice ;
Qu'ici chaque Amant
Soit prêt au Commandement.
Montrez-nous ici comment
On prend les Belles ;
Prenez garde à vous
Grivois ; écoutez- moi tous.
x
Que les coeurs les plus rebelles
Tombent fous vos coups.
Voici l'Exercice des Amans Grivois , au
fon du Tambour , chanté par Jolicoeur.
Préfentez-vous
A genoux
Baifez la main
Remettez-vous
•
-
·
Offrez le Bouquet
Parez- en le Sein
Prenez un baifer
Alte- là . . .
Remettez- vous
·
.. •
• ..
• .. • • •
•
Nous finiffons cet Extrait par le Branle
géneral au bruit du canon ; il eſt chanté alternativement
par la Dlle Darimath , Dame
Flamande , traveftie en Servante , & par le
Sr
A OUST. 1744. 1863
Sr de Lécluse , Tambour , dont on vient de
parler.
Amis , chantons à pleine voix ,
Vive le bon Roi de France !
Enfin nous voilà fous fes Loix ,
Au gré de notre eſpérance ;
Enfin nous voilà fous les Loix
De ce bon Roi de France .
**
YPRES & MENIN , en moins d'un mois ,
Sont à lui par fa vaillance ,
Et déja FURNES , çà fait trois ;
Morgué quelle diligence !
Enfin , & c .
C'étoit malgré tous nos Bourgeois
Qu'on lui faifoit réfiftance ;
Chacun lui crioit fur les toîts ,
Y avance , y avance , y avance.
Enfin , & c.
**
Je n'étions avec ces Hongrois
Jamais en pleine allûrance ;
Giiij
LOUIS
1864 MERCURE DE FRANCE.
LOUIS fçaura mieux qu'eux , je crois ,
Veiller à notre défenſe.
Enfin , & c.
*3X
་་
Sur tous nos coeurs il a des droits ,
En vertu de fa clémence ;
Je goûtons , grace à les Exploits ,
Le repos & l'abondance ;
Enfin , & c.
>
La Bierre nous rendoit fournois ;
Du Vin j'ignorions l'uſance ;
Il nous fait boire du l'ivois ;
Morgué quelle difference !
Soyons à jamais fous les Loix
De ce bon Roi de France .
Dès qu'on le voit , on l'aime tant ,
Que l'on fe fent l'ame épriſe ;
Sur tout , le beau Sexe Flamand
Le mettroit dans fa chemife ;
Pour moi , je l'aime franchement ;
Chacun loue à fa guife.
Si
AOUST . 1744. 1865
Si pour célébrer les grands Rois
Je n'avons pas d'Eloquence ;
Tout Flamand , comme un franc Gaulois ,
Ne dit rien que ce qu'il penfe :
Parquoi j ' difons , vivent les Loix
De ce bon Roi de France !
****
Meffieurs , la Critique a des droits
Mais qu'ici l'on s'en diſpenſe :
;
Nous chantons le plus grand des Rois ;.
Le zéle vaut l'Eloquence.
Répetez tous à haute voix ,
Vive le bon Roi de France !
Au refte l'ingénieux Triumvirat , qui a
fait ce joli préfent au Public , peut fe vanter
fur tout du choix du Sujet ; il n'en eft point
de plus intéreffant , & qui foit plus du tems
préfent .
On peutaffurer d'ailleurs, que cette agréable
Piéce a été exécutée dans toutes fes parties
, foit pour le Chant , foit pour la Danfe
& pour l'Action Théatrale,d'une maniere à
ne rien laiffer à défirer. M. Boifmortier ,
Maître de Mufique , connu par plufieurs
G V bons
1866 MERCURE DEFRANCE.
bons Ouvrages , a compofé les Airs de la
Symphonie & des Vaudevilles.
Cette Piéce eft très-bien imprimée chés
Prault , le fils , Quai de Conty , vis- à - vis la
defcente du Pont-Neuf, à la Charité, 1744.
On a dit dans le dernier Mercure , que
P'Opera Comique de la Foire S. Laurent
avoit donné fon Spectacle gratis à l'occafion
de la priſe de Furnes. Ce Divertiffement populaire
fut encore marqué ce jour là , par
quelques circonstances , auffi fingulieres
qu'inattendues. Une Marchande Bouquetiere
, voulant contribuer en quelque chofe
à la Fête qu'on donnoit fur ce Théatre , s'y
rendit, & fit porter plufieurs corbeilles , remplies
de toutes fortes de fleurs & de Bouquets
, qu'elle préſenta à cette nombreuſe
Affemblée , qui fçût très bon gré à la Marchande
, de cette galanterie ..
Après la repréſentation de la premiere-
Piéce , un Acteur de la Troupe s'avança fur
le bord du Théatre pour annoncer aux Spectateurs
qu'ils ne pouvoient pas donner la feconde
Piéce qu'ils avoient promife , l'Acteur,
qui devoit remplir un des rôles ,fe trouvant
indifpofé , qu'ils étoient tous très-fâchés
de ce contre tems , & c. Le Sr de Léclufe
, Acteur des plus comiques du même
Théatre , avoit pris la précaution de ſe placer
,
AOUST. 1744. 1867
eer, comme Spectateur ,pendant la premiere
Piéce , dans une des premieres Loges , en habit
de Jardinier , confondu avec toutes fortes
de gens , de tous états ; toute l'Affemblée
fe récria fort fur cette annonce de ne pas
jouer la Piéce promiſe ; le feint Jardinier ſe
leva , comme tous les autres , porta la parole
au nom de l'Affemblée,& dit qu'on prétendoit
que la Piéce fût joüée , puifqu'on l'avoit
promife. Cette Scéne fut jouée avec
tant d'art & d'apparence & de vérité , que
tous les Spectateurs donnerent parfaitement
dans l'illufion . L'Acteur , qni avoit déja fait
l'annonce , propofa enfin au feint Jardinier,
qui étoit toujours dans la Loge , de vouloir
bien fe charger du rôle de l'Acteur malade
puifqu'il en avoit l'habit ; le défi fut accepté
; le fuppofé Jardinier quitta fa place ,
pour paffer au Théatre , & joüa fon rôle
avec l'applaudiffement de toute l'Affemblée.
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Résumé : Extrait des Amours Grivois, [titre d'après la table]
Le 19 août 1744, l'Opéra Comique a présenté plusieurs spectacles au Théâtre. La soirée commença avec 'La Coquette sans le savoir, ou la Fausse Coquette', suivie d'un divertissement pastoral. Ensuite, la comédie 'Les Amours Grivois' fut jouée, accompagnée d'un divertissement provençal. La danseuse Mlle Puvigné et le danseur Sieur Noverre interprétèrent un pas de deux intitulé 'La Jardinière', acclamé par le public. 'Les Amours Grivois', récemment imprimée, avait déjà été représentée avec succès le 16 juillet précédent. Cette pièce, écrite par MM. F. D., L. G. et L. S., est un recueil de chansons plutôt qu'un opéra comique traditionnel. Elle se déroule dans un hameau flamand et célèbre l'amour et la bravoure du roi Louis XV, tout en critiquant subtilement la résistance des bourgeois locaux. La critique loue l'exécution impeccable de la pièce, tant dans le chant, la danse que l'action théâtrale. Les airs furent composés par M. Boismortier et la pièce est disponible chez Prault, le fils, Quai de Conti. En août 1744, l'Opéra Comique de la Foire Saint-Laurent offrit un spectacle gratuit pour célébrer la prise de Furnes. Une marchande bouquetière distribua des fleurs et des bouquets à l'assemblée. Après la première pièce, un acteur annonça l'annulation de la seconde en raison de l'indisposition d'un comédien, suscitant le mécontentement du public. Le sieur de Lécluze, déguisé en jardinier, prit la parole pour demander que la pièce soit jouée malgré tout. Convaincu, l'acteur proposa au 'jardinier' de remplacer le comédien indisposé, ce qu'il accepta avec succès, recevant les applaudissements du public.
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772
p. 1868-1870
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 25 du mois dernier, que le lendemain du jour auquel s'est faite la [...]
Mots clefs :
Princesse royale de Suède, Reine douairière, Souper, Fête, Roi, Bal
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texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
N mande de Berlin du 25 du mois dernier ,
que le lendemain du jour auquel s'eft faite la
célébration du Mariage de la Princeffe Royale de
Suede , le Comte de Teffin , Ambaffadeur Extraordinaire
de S. M. Sued. fe rendit au Palais avec une
fuite de 14
caroffes , pour rendre les refpects à cette
Princeffe ; que le Roi & la Reine affifterent le foir
avec
AOUST. 1744. 1869
avec les Princes & Princeffes de la Famille Royale
à une repréſentation de l'Opera de Caton d'Utique ,
& que leurs Majeftés fouperent enfuite en public
dans la Maifon de la Redoutę .
Le 19 , la Reine Douairiere donna à leurs Majefté
& à la Princeffe Royale de Suede dans le Château
de Montbijou une Fête des plus magnifiques . Ce
Château & les Jardins qui en dépendent , furent entierement
illuminés ; on tira un très - beau Feu d'artifice,&
outre la table deftinée pour le Roi & pour les
deux Reines , laquelle étoit de 60 couverts , on en
fervit plufieurs autres , dont les moindres étoient de
40 couverts chacune.
Après le fouper , la Cour defcendit dans les Jardins
, & vit repréfenter une Comédie Françoise fur
un Théatre de verdure , éclairé d'un grand nombre
de luftres & de girandoles. Ce Spectacle fut fuivi
d'un Fal , qui dura toute la nuit , & pendant
lequel on diftribua des rafraîchiffemens en abondance.
La Fête que le Roi donna le 21 à Charlottembourg
, furpaffa encore en magnificence celle de la
Reine Douairiere. Elle commença par un grand dîner
, auquel 150 Seigneurs & Dames furent invités,
& le foir on fervit une table de 350 couverts dans
Orangerie , dont l'illumination , ainfi que celle du
Jardin , formoir un Spectacle des plus furprenans
en ce genre. L'Artificier , chargé de l'exécution du
Feu qui fut tiré fur la Sprée après le fouper , fe diftingua
par plufieurs nouvelles manieres de faire
níage de la poudre.
Le Roi ouvrit avec la Princeffe Royale de Suede
le Bal qui fuivit le Feu d'artifice , & auquel on admit
tous les Mafques qui fe préfenterent . Il y eut
auffi le jour fuivant un fouper & un Bal chés la Reine
, dans fa Maiſon de plaifance de Schonhauſen,
Cette
1870 MERCURE DE FRANCE.
Cette Princeffe donna le 24 à Berlin une feconde
Fête , qui commença par la repréfentation d'une
Comédie Françoife , & qui fut terminée par un
Concert , après lequel leurs Majeftés , accompagnées
des Princes & des Princeffes de la Famille
Royale , ainfi que des autres Princes & des Princeffes
, qui s'étoient rendus à Berlin pour prendre part
aux réjouiflances publiques , allerent fouper chés
la Reine Douairiere .
La Princeffe Royale de Suede a dû partir le 26 ,
pour fe rendre à Stralfund , où elle devoit s'embar
quer.
N mande de Berlin du 25 du mois dernier ,
que le lendemain du jour auquel s'eft faite la
célébration du Mariage de la Princeffe Royale de
Suede , le Comte de Teffin , Ambaffadeur Extraordinaire
de S. M. Sued. fe rendit au Palais avec une
fuite de 14
caroffes , pour rendre les refpects à cette
Princeffe ; que le Roi & la Reine affifterent le foir
avec
AOUST. 1744. 1869
avec les Princes & Princeffes de la Famille Royale
à une repréſentation de l'Opera de Caton d'Utique ,
& que leurs Majeftés fouperent enfuite en public
dans la Maifon de la Redoutę .
Le 19 , la Reine Douairiere donna à leurs Majefté
& à la Princeffe Royale de Suede dans le Château
de Montbijou une Fête des plus magnifiques . Ce
Château & les Jardins qui en dépendent , furent entierement
illuminés ; on tira un très - beau Feu d'artifice,&
outre la table deftinée pour le Roi & pour les
deux Reines , laquelle étoit de 60 couverts , on en
fervit plufieurs autres , dont les moindres étoient de
40 couverts chacune.
Après le fouper , la Cour defcendit dans les Jardins
, & vit repréfenter une Comédie Françoise fur
un Théatre de verdure , éclairé d'un grand nombre
de luftres & de girandoles. Ce Spectacle fut fuivi
d'un Fal , qui dura toute la nuit , & pendant
lequel on diftribua des rafraîchiffemens en abondance.
La Fête que le Roi donna le 21 à Charlottembourg
, furpaffa encore en magnificence celle de la
Reine Douairiere. Elle commença par un grand dîner
, auquel 150 Seigneurs & Dames furent invités,
& le foir on fervit une table de 350 couverts dans
Orangerie , dont l'illumination , ainfi que celle du
Jardin , formoir un Spectacle des plus furprenans
en ce genre. L'Artificier , chargé de l'exécution du
Feu qui fut tiré fur la Sprée après le fouper , fe diftingua
par plufieurs nouvelles manieres de faire
níage de la poudre.
Le Roi ouvrit avec la Princeffe Royale de Suede
le Bal qui fuivit le Feu d'artifice , & auquel on admit
tous les Mafques qui fe préfenterent . Il y eut
auffi le jour fuivant un fouper & un Bal chés la Reine
, dans fa Maiſon de plaifance de Schonhauſen,
Cette
1870 MERCURE DE FRANCE.
Cette Princeffe donna le 24 à Berlin une feconde
Fête , qui commença par la repréfentation d'une
Comédie Françoife , & qui fut terminée par un
Concert , après lequel leurs Majeftés , accompagnées
des Princes & des Princeffes de la Famille
Royale , ainfi que des autres Princes & des Princeffes
, qui s'étoient rendus à Berlin pour prendre part
aux réjouiflances publiques , allerent fouper chés
la Reine Douairiere .
La Princeffe Royale de Suede a dû partir le 26 ,
pour fe rendre à Stralfund , où elle devoit s'embar
quer.
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Résumé : PRUSSE.
En août 1744, plusieurs événements festifs ont marqué la cour prussienne. Le 25 juillet, le comte de Teffin, ambassadeur de Suède, a visité le palais de Berlin avec une suite de 14 carrosses pour saluer la princesse royale de Suède. Le 18 août, le roi et la reine, accompagnés des princes et princesses de la famille royale, ont assisté à l'opéra 'Caton d'Utique' et ont soupé en public à la Maison de la Redoute. Le 19 août, la reine douairière a organisé une fête au château de Montbijou, avec illuminations, feu d'artifice, souper et comédie française suivie d'un bal nocturne. Le 21 août, le roi a donné une fête à Charlottenbourg, réunissant 150 seigneurs et dames pour un dîner, une table de 350 couverts dans l'orangerie, un feu d'artifice sur la Sprée et un bal avec la princesse royale de Suède. Le lendemain, un souper et un bal ont eu lieu chez la reine à Schönhausen. Le 24 août, la princesse royale de Suède a organisé une fête à Berlin, incluant une comédie française et un concert.
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773
p. 1881-1882
« ON apprend de Rheims du premier de ce mois, que le Roi, étant parti de [...] »
Début :
ON apprend de Rheims du premier de ce mois, que le Roi, étant parti de [...]
Mots clefs :
Roi, Reims, Église, Arc de triomphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON apprend de Rheims du premier de ce mois, que le Roi, étant parti de [...] »
O
N apprend de Rheims du premier de
ce mois , que le Roi , étant parti de
Laon le 29 du mois dernier , y arriva le
même jour vers les deux heures après - midi ,
& qu'il entra dans cette Ville par la Porte
Neuve , que S. M. defcendit à l'Eglife Métropolitaine
, où elle fut reçûë par le Chapitre
avec les cérémonies ordinaires , &
qu'elle fe rendit enfuite au Palais Archiepiſcopal.
Les rues par lesquelles elle paffa, étoient
tendues de tapifferies , & on y avoit élevé
plufieurs Arcs de Triomphe . Le foir il y eut
des illuminations à l'Hôtel-de-Ville & dans
la Place , ainfi que dans toutes les rues, Ces
marques de réjoüiffance publique furent
renouvellées les deux jours fuivans , & les
habitans ont témoigné par leur concours &
par leurs acclamations continuelles les fentimens
que leur infpiroit la préfence du
Roi,
H Le
1882 MERCURE DE FRANCE.
Le 30 au foir , S. M. alla voir le feu
d'artifice que le Corps de Ville fit tirer dans
la Place , cù il y avoit quatre fontaines de
vin , qui coulerent pendant toute la nuit.
Le Roi entendit le 31 la Meffe dans l'Eglife
de l'Abbaye de S. Remy , & en y allant
, S. M. paffa fous l'Arc de Triomphe
que les Peres de la Compagnie de Jefus
avoient fait élever près de leur Maiſon.
Le Roi partit le premier de ce mois au
matin & alla coucher à Chaalons - fur- Marne
, le 2 à Ste Menehould , le 33 à Verdun ,
& S., M. étant en parfaite ſanté , devoit ſe
rendre le 4 à Metz , & y trouver arrivé le
Détachement de troupes , parti de l'armée
de Flandre .
S. M. a nommé le Lord Tirconel , Brigadier
de fes armées.
N apprend de Rheims du premier de
ce mois , que le Roi , étant parti de
Laon le 29 du mois dernier , y arriva le
même jour vers les deux heures après - midi ,
& qu'il entra dans cette Ville par la Porte
Neuve , que S. M. defcendit à l'Eglife Métropolitaine
, où elle fut reçûë par le Chapitre
avec les cérémonies ordinaires , &
qu'elle fe rendit enfuite au Palais Archiepiſcopal.
Les rues par lesquelles elle paffa, étoient
tendues de tapifferies , & on y avoit élevé
plufieurs Arcs de Triomphe . Le foir il y eut
des illuminations à l'Hôtel-de-Ville & dans
la Place , ainfi que dans toutes les rues, Ces
marques de réjoüiffance publique furent
renouvellées les deux jours fuivans , & les
habitans ont témoigné par leur concours &
par leurs acclamations continuelles les fentimens
que leur infpiroit la préfence du
Roi,
H Le
1882 MERCURE DE FRANCE.
Le 30 au foir , S. M. alla voir le feu
d'artifice que le Corps de Ville fit tirer dans
la Place , cù il y avoit quatre fontaines de
vin , qui coulerent pendant toute la nuit.
Le Roi entendit le 31 la Meffe dans l'Eglife
de l'Abbaye de S. Remy , & en y allant
, S. M. paffa fous l'Arc de Triomphe
que les Peres de la Compagnie de Jefus
avoient fait élever près de leur Maiſon.
Le Roi partit le premier de ce mois au
matin & alla coucher à Chaalons - fur- Marne
, le 2 à Ste Menehould , le 33 à Verdun ,
& S., M. étant en parfaite ſanté , devoit ſe
rendre le 4 à Metz , & y trouver arrivé le
Détachement de troupes , parti de l'armée
de Flandre .
S. M. a nommé le Lord Tirconel , Brigadier
de fes armées.
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Résumé : « ON apprend de Rheims du premier de ce mois, que le Roi, étant parti de [...] »
Le roi est arrivé à Reims le 29 du mois précédent, accueilli par des cérémonies officielles à la cathédrale et au palais archiépiscopal. Les rues étaient ornées de tapisseries et d'arcs de triomphe, avec des illuminations à l'hôtel de ville et dans les rues pour célébrer son arrivée. La joie publique a continué les deux jours suivants. Le 30, le roi a assisté à un feu d'artifice et à des fontaines de vin sur la place publique. Le 31, il a participé à une messe à l'abbaye de Saint-Remi, passant sous un arc de triomphe érigé par les Jésuites. Le roi a ensuite quitté Reims le premier jour du mois pour se rendre à Châlons-sur-Marne, puis à Sainte-Menehould et Verdun. En bonne santé, il devait se rendre à Metz pour rencontrer des troupes venues de l'armée de Flandre. Par ailleurs, le roi a nommé le Lord Tirconnel brigadier de ses armées.
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774
p. 1884-1885
Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Début :
S. M. ayant écrit à l'Archevêque de Paris, pour faire rendre à Dieu des actions de graces [...]
Mots clefs :
Roi, Archevêque de Paris, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
S. M. ayant écrit à l'Archevêque de Paris ,
pour faire rendre à Dieu des actions de graces
folemnelles des avantages remportés par
les armées de France & d'Efpagne fur les
troupes du Roi de Sardaigne , on chanta le
12 après-midi dans l'Eglife Métropolitaine
le Te Deum , auquel l'Archevêque de Paris
officia pontificalement. Le Chancelier de
France , accompagné de plufieursConfeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifta
ainfi
AOUST. 1744. 1885
ainfi que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes & le Corps
de Ville , qui y avoient été invités de la
part du Roi par M. Defgranges , Maître des
Cérémonies . Voici la teneur de la Lettre du
Roi & du Mandement de M. l'Archevêque
de Paris , en conféquence defquels on a
chanté le Te Deum.
pour faire rendre à Dieu des actions de graces
folemnelles des avantages remportés par
les armées de France & d'Efpagne fur les
troupes du Roi de Sardaigne , on chanta le
12 après-midi dans l'Eglife Métropolitaine
le Te Deum , auquel l'Archevêque de Paris
officia pontificalement. Le Chancelier de
France , accompagné de plufieursConfeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifta
ainfi
AOUST. 1744. 1885
ainfi que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes & le Corps
de Ville , qui y avoient été invités de la
part du Roi par M. Defgranges , Maître des
Cérémonies . Voici la teneur de la Lettre du
Roi & du Mandement de M. l'Archevêque
de Paris , en conféquence defquels on a
chanté le Te Deum.
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Résumé : Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Le roi a ordonné à l'archevêque de Paris d'organiser un Te Deum pour célébrer les victoires françaises et espagnoles contre le roi de Sardaigne. Le 12 août 1744, cette cérémonie a eu lieu à l'église métropolitaine de Paris, présidée par l'archevêque en habits pontificaux. Plusieurs dignitaires et représentants d'institutions parisiennes y ont assisté sur invitation du roi.
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775
p. 1886-1889
Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
Début :
En conséquence l'Archevêque de Paris donna un Mandement, dont voici la teneur. / CHARLES-GASPARD-GUILLAUME DE Vintimille des Comtes de Marseille du Luc, [...]
Mots clefs :
Dieu, Roi, Armées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
En conféquence l'Archevêque de Paris
donna un Mandement , dont voici la teneur.
CHARLES - GASPARD-GUILLAUME DE
Vintimille des Comtes de Marfeille du Luc ,
par la Miféricorde Divine , & par la grace
du S. Siége Apoftolique , Archevêque de
Paris , &c.
Les
A O UST. 1744. 1987
Les Armées de France & d'Efpagne , après
la Conquête du Comté de Nice , viennent
de s'ouvrir l'entrée du Piedmont , & par
des prodiges de valeur , elles ont triomphé
de tous les obftacles , que l'Art & la Nature
fembloient oppofer de concert à leurs projets.
S'il eft jufte d'applaudir & à la fageffe des
Chefs qui ont conduit l'entrepriſe , & à la
valeur des Soldats qui l'ont exécutée , il
l'eft encore plus de benir & de louer celui ,
qui a donné aux uns cette fuperiorité de
génie propre à tout entreprendre avec ſuccès
, & aux autres cette intrépidité & cette
ardeur , qui ont fait l'étonnement & la furpriſe
de l'ennemi vaincu & mis en fuite.
C'eft en Dieu , que résident La fageffe & la
force :l'une & l'autre ne font dans l'hommet
que des biens émanés de cette fource iné
puifable , & tous les avantages qui en font
les fuites & les effets , doivent être regardés
comme autant de faveurs du Ciel , qui exigent
de notre part un tribut de louanges &
d'actions de
graces.
Convaincu de ces vérités, David fe voyant
délivré des mains de tous fes ennemis , s'écrioit
dans un faint tranfport : Le Seigneur
eft mon appui , mon réfuge & mon libérateur
mon aide , mon protecteur & mon afyle . Vous
m'avez donné , ajoûtoit ce faint Roi , parlant
Hiiij
à
1888 MERCURE DE FRANCE.
à Dieu , la force pour combattre , & vous avez
abattu fous moi ceux qui s'élevoient contre moi ,
c'est pourquoije publierai vos louanges , & je
chanterai des Cantiques à la gloire de votre
Saint Nom.
Entrons dans ces fentimens & imitons
cet exemple. Redevables à Dieu de l'évenement
qui fait aujourd'hui le füjet de l'allegreffe
publique , faifons retentir nos faints
Temples des témoignages de notre reconnoillance
envers lui.
Mais au milieu de notre joye , fouvenonsnous
, que notre augufte Monarque eft actuellement
occupé à repouffer les efforts de
fes ennemis , & qu'il ne fut jamais plus convenable
de redoubler nos voeux & nos prieres
pour la profpérité de fès armes , & pour
la confervation de fa Perfonne facrée. Puiffe
le fuccès répondre à fes défirs ! que le Nom
du Dieu de Jacob foit fa protection & la défenfe
; que du San&iuaire de fa gloire & du
haut de la céleste Sion , le Seigneur lui envoye
un puiffant fecours ; qu'il lui accorde
toutes chofes felon fon coeur , & qu'il ne lui refufe
aucune de fes demandes ; qu'enfin il fauve
de tout accident fâcheux un Roi , qui fupporte
les fatigues de la guerre & s'expofe
aux plus grands périls , pour procurer &
faire goûter à fes Peuples les fruits de la
Paix !
A
AOUST. 1744. 1889
A CES CAUSES , & pour nous conformer
aux intentions de Sa Majefté , après en avoir
conféré avec nos vénérables Freres les
Doyen , Chanoines & Chapitre de notre
Eglife Métropolitaine : Nous ordonnons ,
qu'en actions de graces des avantages remportés
par les armées de France & d'Efpagne
fur les Troupes du Roi de Sardaigne ,
Mercredi prochain douze du préſent mois
d'Août , on chantera le Te Deum dans notredite
Eglife, après lequel on dira l'Antienne ,
Domine falvum fac Regem , & c. avec le Verfet
, Fiat manus tua , & c . & l'Oraiſon Pro
Rege & ejus Exercitu . Que Dimanche ſeize
du même mois , il fera pareillement chanté ,
avec ladite Antienne , dans toutes les Abbayes
, Chapitres , Paroiffes , Communautés
Séculiéres & Régulieres de la Ville & des
Fauxbourgs de Paris , & le Dimanche qui
fuivra la reception de notre préfent Mande
ment , dans toutes les autres Eglifes de notre
Diocèfe. SI VOUS MANDONS , que ces
Préfentes vous ayez à notifier à tous Abbés,
Prieurs , Curés , Superieurs & Superieures
des Communautés exemptes & non exemp
tes , à ce qu'ils n'en ignorent . DONNE ' à
Paris en notre Palais Archiépiſcopal le 10
Août 1744. Signé , CHARLES , Archevêque
de Paris , &c.
donna un Mandement , dont voici la teneur.
CHARLES - GASPARD-GUILLAUME DE
Vintimille des Comtes de Marfeille du Luc ,
par la Miféricorde Divine , & par la grace
du S. Siége Apoftolique , Archevêque de
Paris , &c.
Les
A O UST. 1744. 1987
Les Armées de France & d'Efpagne , après
la Conquête du Comté de Nice , viennent
de s'ouvrir l'entrée du Piedmont , & par
des prodiges de valeur , elles ont triomphé
de tous les obftacles , que l'Art & la Nature
fembloient oppofer de concert à leurs projets.
S'il eft jufte d'applaudir & à la fageffe des
Chefs qui ont conduit l'entrepriſe , & à la
valeur des Soldats qui l'ont exécutée , il
l'eft encore plus de benir & de louer celui ,
qui a donné aux uns cette fuperiorité de
génie propre à tout entreprendre avec ſuccès
, & aux autres cette intrépidité & cette
ardeur , qui ont fait l'étonnement & la furpriſe
de l'ennemi vaincu & mis en fuite.
C'eft en Dieu , que résident La fageffe & la
force :l'une & l'autre ne font dans l'hommet
que des biens émanés de cette fource iné
puifable , & tous les avantages qui en font
les fuites & les effets , doivent être regardés
comme autant de faveurs du Ciel , qui exigent
de notre part un tribut de louanges &
d'actions de
graces.
Convaincu de ces vérités, David fe voyant
délivré des mains de tous fes ennemis , s'écrioit
dans un faint tranfport : Le Seigneur
eft mon appui , mon réfuge & mon libérateur
mon aide , mon protecteur & mon afyle . Vous
m'avez donné , ajoûtoit ce faint Roi , parlant
Hiiij
à
1888 MERCURE DE FRANCE.
à Dieu , la force pour combattre , & vous avez
abattu fous moi ceux qui s'élevoient contre moi ,
c'est pourquoije publierai vos louanges , & je
chanterai des Cantiques à la gloire de votre
Saint Nom.
Entrons dans ces fentimens & imitons
cet exemple. Redevables à Dieu de l'évenement
qui fait aujourd'hui le füjet de l'allegreffe
publique , faifons retentir nos faints
Temples des témoignages de notre reconnoillance
envers lui.
Mais au milieu de notre joye , fouvenonsnous
, que notre augufte Monarque eft actuellement
occupé à repouffer les efforts de
fes ennemis , & qu'il ne fut jamais plus convenable
de redoubler nos voeux & nos prieres
pour la profpérité de fès armes , & pour
la confervation de fa Perfonne facrée. Puiffe
le fuccès répondre à fes défirs ! que le Nom
du Dieu de Jacob foit fa protection & la défenfe
; que du San&iuaire de fa gloire & du
haut de la céleste Sion , le Seigneur lui envoye
un puiffant fecours ; qu'il lui accorde
toutes chofes felon fon coeur , & qu'il ne lui refufe
aucune de fes demandes ; qu'enfin il fauve
de tout accident fâcheux un Roi , qui fupporte
les fatigues de la guerre & s'expofe
aux plus grands périls , pour procurer &
faire goûter à fes Peuples les fruits de la
Paix !
A
AOUST. 1744. 1889
A CES CAUSES , & pour nous conformer
aux intentions de Sa Majefté , après en avoir
conféré avec nos vénérables Freres les
Doyen , Chanoines & Chapitre de notre
Eglife Métropolitaine : Nous ordonnons ,
qu'en actions de graces des avantages remportés
par les armées de France & d'Efpagne
fur les Troupes du Roi de Sardaigne ,
Mercredi prochain douze du préſent mois
d'Août , on chantera le Te Deum dans notredite
Eglife, après lequel on dira l'Antienne ,
Domine falvum fac Regem , & c. avec le Verfet
, Fiat manus tua , & c . & l'Oraiſon Pro
Rege & ejus Exercitu . Que Dimanche ſeize
du même mois , il fera pareillement chanté ,
avec ladite Antienne , dans toutes les Abbayes
, Chapitres , Paroiffes , Communautés
Séculiéres & Régulieres de la Ville & des
Fauxbourgs de Paris , & le Dimanche qui
fuivra la reception de notre préfent Mande
ment , dans toutes les autres Eglifes de notre
Diocèfe. SI VOUS MANDONS , que ces
Préfentes vous ayez à notifier à tous Abbés,
Prieurs , Curés , Superieurs & Superieures
des Communautés exemptes & non exemp
tes , à ce qu'ils n'en ignorent . DONNE ' à
Paris en notre Palais Archiépiſcopal le 10
Août 1744. Signé , CHARLES , Archevêque
de Paris , &c.
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Résumé : Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
En août 1744, l'Archevêque de Paris, Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, publia un mandement après les victoires des armées françaises et espagnoles sur le Comté de Nice et leur entrée en Piémont. Il attribua ces succès à la grâce divine et loua la sagesse des chefs et le courage des soldats. L'archevêque souligna que toute sagesse et force proviennent de Dieu et que les victoires doivent être vues comme des faveurs divines. Il cita le roi David pour illustrer la reconnaissance envers Dieu. Il ordonna des actions de grâce, incluant le chant du Te Deum et des prières pour le roi, le 12 août dans la cathédrale, le 16 août dans toutes les églises de Paris et ses faubourgs, et le dimanche suivant dans tout le diocèse. Le mandement fut signé le 10 août 1744.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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776
p. 1891-1894
Maladie du Roi, [titre d'après la table]
Début :
Le 8 de ce mois, le Roi s'éveilla vers les cinq heures du matin avec un mouvement [...]
Mots clefs :
Roi, Matin, Metz, Fièvre, Douleur, Saignée, Bataillons de la milice, Maréchal de Belle-Isle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maladie du Roi, [titre d'après la table]
Le S de ce mois , le Roi s'éveilla vers les:
cinq heures du matin avec un mouvement
de fiévre & une douleur de tête , qui déterminerent
à une faignée du bras. Elle fut faite
à deux heures après midi , & elle procura
à S. M. un peu de foulagement & de la
tranquillité pendant le refte du jour.
La nuit fuivante , le Roi dormit quelques
heures , mais d'un fommeil fort interrompu.
Cependant la fiévre & la douleur de tête
étant fort diminuées le lendemain matin ,
on profita de ce calme pour purger S. M.
qui fe trouva mieux vers les fix heures du
foir , lorfque la Médecine eut produit fon
effet.
Le 10 à deux heures du matin , la fièvre
& la douleur de tête augmenterent , & on
fit au Roi une faignée du pied , laquelle diminua
confidérablement les accidens qui
l'avoient fait juger néceffaire .
Hvj
S.
1892 MERCURE DE FRANCE.
S. M. prit le onze une feconde médecine
, qui facilita l'écoulement de la bile
qu'on regardoit comme la principale cauſe
de cette maladie .
On mande de Metz du 9 de ce mois , que
le Roi , après avoir été reçû à Chaalons- fur-
Marne , à Sainte Menehould & à Verdun ,
avec les mêmes démonftrations de joye ,
par lefquelles les habitans des Villes , où le
Roi a paffé , ont fait éclater leurs fentimens
pour S. M. arriva en cette Ville le 4 de ce
mois vers une après midi. S. M. trouva ,
poftés de diſtance en diftance fur le grand
chemin depuis Malatour jufqu'à la vue de
cette Ville , 16 Bataillons de la Milice , qui
a été rétablie fur le pied de l'ancienne Milice
du Pays Meffin . Depuis le Village de
Longueville jufqu'à Metz on avoit placé 4
Bataillons de la Milice Bourgeoife de cette
Ville , qui font chacun de 1000 hommes
& dont les Officiers étoient vêtus uniformement.
Un Bataillon , compofé de 400
des plus notables Bourgeois , & un autre ,
compofé de 300 Enfans de l'âge de douze
ans , étoient en bataille fur le Glacis.
Le Maréchal de Belle Ifle , Gouverneur du
Pays Meffin & de Metz , lequel attendoit
le Roi à la premiere Barriere , lui ayant préfenté
les Clefs de la Ville , S. M. y entra ,
& étant allée deſcendre à l'Egliſe Cathédrale
,
AOUST. 1744. 1893
le , elle y fut reçûë par l'Evêque , accompagné
du Chapitre. Au fortir de l'Eglife Ĉathédrale
, le Roi fe rendit au Gouvernement
, où S. M. eft logée. Le Roi ayant traverfé
la Ville Neuve & le grand Pont des
Morts , paffa fous un Arc de Triomphe trèsmagnifique
, qui avoit été élevé au bout du
Pont , & aux deux côtés duquel couloient
deux fontaines de vin , & S. M. trouva un
fecond Arc de Triomphe à l'entrée de l'Efplanade.
Toutes les rues , par lefquelles le
Roi paffa pour fe rendre à la Cathédrale &
enfuite au Gouvernement , étoient tenduës
de tapifferies. Il y eut le foir des illuminations
dans toute la Ville ; on tira un grand
nombre de fufées fur l'Efplanade , & les habitans
n'ont rien oublié pour faire paroître
la fatisfaction que leur caufoit le bonheur
de voir le Roi. Les illuminations & les réjoiffances
publiques furent renouvellées
les deux jours fuivans .
Les au matin , le Parlement de Metz ,
ayant à fa tête M. de Montholon , Premier
Préfident , qui porta la parole , rendit fes
reſpects au Roi , étant préſenté par le Maréchal
de Belle- Ifle , & par le Comte d'Argenfon
, Miniftre & Sécretaire d'Etat , &
étant conduit par M. Defgranges , Maîtie
des Cérémonies.
Le même jour & les deux fuivans , S. M.
monta
1894 MERCURE DE FRANCE.
monta à cheval à fix heures après midi ,
pour vifiter la Citadelle , les fortifications
de la Place , & les nouveaux Ouvrages qui
y ont été ajoutés depuis quelques années ,
& elle en parut très- fatisfaite.
cinq heures du matin avec un mouvement
de fiévre & une douleur de tête , qui déterminerent
à une faignée du bras. Elle fut faite
à deux heures après midi , & elle procura
à S. M. un peu de foulagement & de la
tranquillité pendant le refte du jour.
La nuit fuivante , le Roi dormit quelques
heures , mais d'un fommeil fort interrompu.
Cependant la fiévre & la douleur de tête
étant fort diminuées le lendemain matin ,
on profita de ce calme pour purger S. M.
qui fe trouva mieux vers les fix heures du
foir , lorfque la Médecine eut produit fon
effet.
Le 10 à deux heures du matin , la fièvre
& la douleur de tête augmenterent , & on
fit au Roi une faignée du pied , laquelle diminua
confidérablement les accidens qui
l'avoient fait juger néceffaire .
Hvj
S.
1892 MERCURE DE FRANCE.
S. M. prit le onze une feconde médecine
, qui facilita l'écoulement de la bile
qu'on regardoit comme la principale cauſe
de cette maladie .
On mande de Metz du 9 de ce mois , que
le Roi , après avoir été reçû à Chaalons- fur-
Marne , à Sainte Menehould & à Verdun ,
avec les mêmes démonftrations de joye ,
par lefquelles les habitans des Villes , où le
Roi a paffé , ont fait éclater leurs fentimens
pour S. M. arriva en cette Ville le 4 de ce
mois vers une après midi. S. M. trouva ,
poftés de diſtance en diftance fur le grand
chemin depuis Malatour jufqu'à la vue de
cette Ville , 16 Bataillons de la Milice , qui
a été rétablie fur le pied de l'ancienne Milice
du Pays Meffin . Depuis le Village de
Longueville jufqu'à Metz on avoit placé 4
Bataillons de la Milice Bourgeoife de cette
Ville , qui font chacun de 1000 hommes
& dont les Officiers étoient vêtus uniformement.
Un Bataillon , compofé de 400
des plus notables Bourgeois , & un autre ,
compofé de 300 Enfans de l'âge de douze
ans , étoient en bataille fur le Glacis.
Le Maréchal de Belle Ifle , Gouverneur du
Pays Meffin & de Metz , lequel attendoit
le Roi à la premiere Barriere , lui ayant préfenté
les Clefs de la Ville , S. M. y entra ,
& étant allée deſcendre à l'Egliſe Cathédrale
,
AOUST. 1744. 1893
le , elle y fut reçûë par l'Evêque , accompagné
du Chapitre. Au fortir de l'Eglife Ĉathédrale
, le Roi fe rendit au Gouvernement
, où S. M. eft logée. Le Roi ayant traverfé
la Ville Neuve & le grand Pont des
Morts , paffa fous un Arc de Triomphe trèsmagnifique
, qui avoit été élevé au bout du
Pont , & aux deux côtés duquel couloient
deux fontaines de vin , & S. M. trouva un
fecond Arc de Triomphe à l'entrée de l'Efplanade.
Toutes les rues , par lefquelles le
Roi paffa pour fe rendre à la Cathédrale &
enfuite au Gouvernement , étoient tenduës
de tapifferies. Il y eut le foir des illuminations
dans toute la Ville ; on tira un grand
nombre de fufées fur l'Efplanade , & les habitans
n'ont rien oublié pour faire paroître
la fatisfaction que leur caufoit le bonheur
de voir le Roi. Les illuminations & les réjoiffances
publiques furent renouvellées
les deux jours fuivans .
Les au matin , le Parlement de Metz ,
ayant à fa tête M. de Montholon , Premier
Préfident , qui porta la parole , rendit fes
reſpects au Roi , étant préſenté par le Maréchal
de Belle- Ifle , & par le Comte d'Argenfon
, Miniftre & Sécretaire d'Etat , &
étant conduit par M. Defgranges , Maîtie
des Cérémonies.
Le même jour & les deux fuivans , S. M.
monta
1894 MERCURE DE FRANCE.
monta à cheval à fix heures après midi ,
pour vifiter la Citadelle , les fortifications
de la Place , & les nouveaux Ouvrages qui
y ont été ajoutés depuis quelques années ,
& elle en parut très- fatisfaite.
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Résumé : Maladie du Roi, [titre d'après la table]
En août 1744, le roi tomba malade avec de la fièvre et une douleur à la tête. Une saignée lui apporta un soulagement temporaire, suivie d'une purge qui améliora son état. Le 10 août, les symptômes réapparurent, nécessitant une nouvelle saignée et un médicament pour faciliter l'écoulement de la bile. Parallèlement, le roi arriva à Metz le 4 août après un parcours marqué par des démonstrations de joie. À Metz, il fut accueilli par 16 bataillons de milice et des bataillons de bourgeois et d'enfants. Le maréchal de Belle-Isle lui remit les clefs de la ville. Le roi visita la cathédrale avec l'évêque et le chapitre, puis se rendit au gouvernement. Son passage fut célébré par des arcs de triomphe, des fontaines de vin et des illuminations. Le parlement de Metz, dirigé par M. de Montholon, lui rendit hommage. Les jours suivants, le roi inspecta les fortifications et les nouvelles constructions de la citadelle, exprimant sa satisfaction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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777
p. 1894
« Le Maréchal de Noailles, qui avoit quitté le Roi à la Ferre pour se rendre à Metz, y [...] »
Début :
Le Maréchal de Noailles, qui avoit quitté le Roi à la Ferre pour se rendre à Metz, y [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Armée, Rhin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Maréchal de Noailles, qui avoit quitté le Roi à la Ferre pour se rendre à Metz, y [...] »
Le Maréchal de Noailles , qui avoit quitté
le Roi à la Ferre pour ſe rendre à Metz , y
attendit S. M. & après avoir reçû fes ordres
, il partit le 6 , pour fe rendre à l'armée
du Roi , qui eft fur le Rhin , où il devoit
arriver le 9.
2
Les troupes qui ont marché de Flandre
pour aller fur le Rhin , arriverent près de
Metz le z & le 4 de ce mois , & elles en
font parties fur trois Colonnes , pour aller
joindre l'armée commandée par
de Coigny.
le Roi à la Ferre pour ſe rendre à Metz , y
attendit S. M. & après avoir reçû fes ordres
, il partit le 6 , pour fe rendre à l'armée
du Roi , qui eft fur le Rhin , où il devoit
arriver le 9.
2
Les troupes qui ont marché de Flandre
pour aller fur le Rhin , arriverent près de
Metz le z & le 4 de ce mois , & elles en
font parties fur trois Colonnes , pour aller
joindre l'armée commandée par
de Coigny.
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778
p. 1894-1895
Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On chanta le 8 après midi dans l'Eglise Cathédrale le Te Deum en action de graces [...]
Mots clefs :
Roi, Te Deum, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
On chanta le 8 après midi dans l'Eglife
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
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Résumé : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Le 8 août 1744, un Te Deum fut chanté à Metz pour célébrer la prise du Château Dauphin et des retranchements de la Vallée de Sture. L'évêque de Metz officia. La ville fut illuminée et des réjouissances eurent lieu. Le roi, souffrant de fièvre et de maux de tête, ne put assister à la cérémonie. Le 9 août, sa fièvre légère lui permit de prendre un médicament apaisant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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779
p. 1899-1902
Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Metz du 18 de ce mois, que la médecine qu'on fit prendre au Roi le [...]
Mots clefs :
Roi, Douleur de tête, Fièvre, Évacuations, Redoublement, Saignée du pied
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
On a appris de Metz du 18 de ce mois ,
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
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Résumé : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Le texte décrit l'état de santé dégradé du Roi, qui souffre d'une fièvre intense et de douleurs à la tête. Le 18 du mois, il apparaît que les médicaments administrés le 11 n'ont pas apporté de soulagement. Le 12, malgré des évacuations abondantes, la fièvre et la douleur s'intensifient. Le 13, une nouvelle saignée est effectuée sans succès. Le Roi reçoit les derniers sacrements avec dévotion. Les jours suivants, divers traitements sont tentés, incluant des saignées, des purgatifs et des applications de sangsues, mais sans amélioration significative. Le 17, le Roi passe une nuit paisible et son état montre une légère amélioration. La Reine arrive à Metz le soir du 17.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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780
p. 1904-1911
ARRIVÉE & séjour du Roi à Arras.
Début :
Le Roi arriva le 21 Juillet sur les dix heures du matin à la Ville d'Arras. Le chemin, [...]
Mots clefs :
Roi, Ville, Magistrat, Armes, Arras, Échevins, Hôtel de ville, Cité, Joie, Lanternes
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texteReconnaissance textuelle : ARRIVÉE & séjour du Roi à Arras.
ARRIVEE & féjour du Roi à Arras,
Le Roi arriva le 21 Juillet fur les dix heures
du matin à la Ville d'Arras. Le chemin ,
qui fe trouve entre la Porte de Meaulens &
le Fauxbourg , étoit bordé par les Archers
& les Arbalètriers , habillés uniformement ,
avec leurs Drapeaux & leurs Tambours. On
y avoit aufli fait rraannggeerr en haye le Corps
des Bouchers & celui des Portefaix , qui font
en poffeffion d'escorter le Magiftrat dans les
grandes Cérémonies. Les uns & les autres
étoient vêtus proprement, & armés de fufils,
A O UST. 1744 . 1905
à l'exception d'un certain nombre de Bouchers
, qui , outre leurs habits finguliers ,
portoient de grands couteaux au lieu d'épées
, & des haches au lieu de moufquets .
On avoit placé près de la Barriere tous les
Joueurs d'Inftrumens qu'on avoit pû raffembler.
Au pied du Glacis étoit le Corps de
Ville en Robes noires & en Boucles , * qui
fut préfenté au Roi par M, de la Roque ,
Commandant de la Place , en l'abſence
du Gouverneur & du Lieutenant Général
de la Province , ainfi que du Gouverneur
Particulier de la Ville. A la vûë du Roi,
qui fit fon entrée à cheval , les Echevins &
les autres Officiers du Magiftrat , mirent un
genou en terre , & M. Anfart , Confeiller-
Penfionnaire , complimenta S. M, en ces
termes.
SIRE ,
» Permettez qu'au nom des Habitans de
« votre Ville d'Arras , nous nous jettions
» aux pieds de V. M. pour lui renouveller
» les proteftations de notre fincere obéïffan-
» ce & de notre inviolable fidelité. La joye
» que nous infpire votre augufte préfence ,
» eft d'autant plus vive , que nous pouvons
aujourd'hui par nous -mêmes vous offrir
»
La Boucle eft une bande de velours rouge, brodée
d'or , que le Mayeur , les Echevins & les Affeffeurs
portent fur l'épaule.
I » nos
1906 MERCURE DE FRANCE.
و ر
> nos coeurs , nos fortunes & notre vie ,
» & admirer en la Perfonne facrée de V. M.
l'éclat de fes nouvelles victoires . Tels font,
« SIRE , les vrais fentimens d'un Peuple,
» qui vous eft inviolablement attaché , &
» qui ne ceffera de former des voeux pour la
» confervation de V. M, & pour la profpé-
» rité de fes armes,
La Harangue finie , M. Boucquel du Valhuon
, Moufquetaire de la Garde du Roi, &
Mayeur de la Ville , remit au Commandant
un Baffin d'argent , où étoient deux clefs du
même métail , fur lefquelles étoient gravées
les Armes de la Ville . Le Commandant préfenta
ce Baffin à S. M. qui prit les Clefs , &
les remit au Duc de Villeroi.
Enfuite le Roi entra dans la Ville au fon
des Violons , des Hautbois , des Tambours ,
& au bruit des acclamations du Peuple
; on fonna auffi toutes les cloches , &
il fe fit une triple décharge de l'artillerie
des Remparts.
Le Roi ayant traverſé une partie de la Ville
, prit fa route par la Porte de la Cité , *
dont les Echevins rendirent en cet endroit
leurs refpects à S. M. De-là elle alla faire ſa
priere à l'Eglife Cathédrale , où elle fut
* La Cité eft un Quartier féparé du reste de la Ville
ar une muraille & un foffé. Elle eft ſoumise à la Juifdiction
de l'Evêque , qui en nomme les Echevins,
comAO
UST. 1744. 1907
complimentée par l'Evêque & par le Prévôt
du Chapitre.
Ce Prince étant rentré dans la Ville , fe
rendit au Gouvernement , que le Magiftrat
avoit fait meubler , & S. M. y reçût, fuivant
l'ancien ufage , les préfens de la Ville , confiftant
en quatre douzaines de pains , & en
autant de bouteilles de vin de Bourgogne.
Le lendemain 22 Juillet , le Confeil Provincial
& Supérieur d'Artois fut admis à
l'audience du Roi , M. Palifor d'Incourt .
Premier Préfident , porta la parole en ces .
termes .
SIRE ,
» La guerre , qui attire après elle tant de
» malheurs , procure aujourd'hui à votre
» Confeil Supérieur d'Artois le plus grand
» de tous les bonheurs , celui de vous préfenter
fes plus refpectueux hommages , &
» de porter devant V. M. les voeux ardens ,
que chaque jour nous faifons pour elle
» aux pieds du Trône de l'Eternel.
"
»
L'Europe, aveugle jufqu'à ce jour fur fes
» véritables intérêts & fur toutes les vûës
"pacifiques de V. M. j'ajoûte , SIRE ,
» l'Europe étonnée du progrès glorieux de
» de vos armes , reconnoît avec furpriſe par
» la conquête rapide de Furnes , Ypres &
» Menin , qu'il n'y a pas d'ennemis qui
» ofent foutenir la force de votre bras, quand
I ij » vous
1908 MERCURE DE FRANCE.
» vous portez vous- même les coups dont
» vous les terraffez, La Juftice , qui marche
» à la tête de toutes vos entreprifes le lui
» fait fentir de plus en plus ; elle l'en con-
» vaincra encore davantage , en continuant
» d'accroître vos victoires & vos triomphes .
و ر
» Parmi la joye que caufent dans les coeurs
» de tous vos Sujets vos glorieux Exploits ,
»V.M. nous permettra de l'affûrer qu'il n'y
»en a pas de plus pure & de plus fincere
» que celle que les Habitans de cette Province
reflentent aujourd'hui de poffeder
» votre Perfonne facrée dans la Capitale.
» Le caractere de votre Peuple d'Artois ,
SIRE , eft de refpecter , d'aimer, de fer-
>> vir & d'adorer en quelque forte fon Sou-
» verain , fans le voir. Que ne ferons-nous
point , après avoir contemplé les graces ,
»fenti les bontés , & admiré les vertus de
» V.M !
"
Le Magiftrat avoit fait fabler toutes les
rues où le Roi devoit paffer. La plupart
des maiſons étoient ornées de Tapifleries ,
de Peintures , d'Inſcriptions , de fleurs & de
feuillages.
On éleva au carrefour de S. Aubert un Arc
de triomphe à deux faces . L'une étoit décorée
d'un Ordre Dorique, furmonté d'un Attique
, avec une Balustrade , au- deffus de laquelle
on avoit placé les Armes du Roi dans
le
A O UST. 1744. 1909
le milieu , & aux côtés , des Palmiers por
tant des Drapeaux & toutes fortes d'Inftru
mens Militaires. L'autre face étoit compo
fée d'un Ravalement , fur lequel étoit auffi
un Attique en Baluftrade , dont le milieu of
froit les Armes de la Ville d'Arras ; on voyoit
au-deffus le Chiffre du Roi , accompagné
de Trophées.
Cet Edifice , qui étoit chargé de differens
Emblêmes à la louange de S. M. a été
dreffé fur les Deffeins & exécuté par les foins
du Sr d'Huez , Peintre de l'Académie de
Rome , Sculpteur & Architecte.
Le 21 au foir & les deux jours fuivans ,
la façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée
d'une quantité prodigieufe de Lampions, difpofés
en forme de Soleils , d'Etoiles , de
Fleurs - de- Lys , de Lettres de cinq pieds de
hauteur , qui compofoient plufieurs Vive le
Ri , &c. Dix grandes Niches vuides , qui
fe trouvent à ce Bâtiment , étoient remplies
de Lanternes de toile fort bien éclairées . On
avoit peint fur cinq de ces Lanternes , plus
élevées que les autres, des Perfonnages fymboliques
, repréfentant les principales Vertus
du Roi , fçavoir la Religion , la Bonté , la
Justice , la Val: ur & la Prudence . L'une des
cinq Figures d'en bas offroit la Victoire , tenant
une Palme & une branche d'Olivier ,
avec ces mots : Pariet victoria Pacem. D'un
I iij côté
1910 MERCURE DE FRANCE.
côté étoit une Renommée , embouchant fa
Trompette , dont la banderole portoit Proavum
aquavit , & aux pieds de la Figure étoit
écrit Nuntia veri. On avoit mis de l'autre
côté une feconde Renommée , qui préfentoit
fur fa banderole les noms des quatre
Places fortes , conquiſes en Flandre par
le
Roi , Menin , Ypres , la Kenoque & Furnes :
Au bas étoit cette Infcription , Uno hæc omnia
menfe. L'Hiftoire paroiffoit plus loin ,fous
la forme d'une femme tenant une plume &
un Livre , & regardant fixement le Portrait
du Roi , avec ces paroles , Hiftoria quanta
materies ! Enfin on voyoit un Apollon , touchant
fa Lyre , aux pieds duquel étoit le
Vers fuivant.
Vix rapidos poterit Regis cantare triumphos .
Il y avoit encore à l'Hôtel de Ville plu
feurs Cartouches illuminés , où on lifoit entre
autres ces Infcriptions :
LV DOVICI regls VISV eX V Ltat
atrebatVM. reX IVLIO SIMILIS VenIt ,
VIDet , atqVe VInCIt.
Tot vix Ipra dies quot reftitit Ilion annos.
Le Béfroi , Clocher remarquable par ſa
hauteur , par fa délicateffe & par fon Architecture
, quoique Gothique, fut auffi éclairé
d'un
A O UST. 1744. 1911
•
d'un grand nombre de lanternes & de ter
rines remplies de gaudron .
De plus ,le Magiftrat fit conftruire dans les
trois Places de la Ville , de grandes Piramides
, qui furent entierement garnies de
Lampions.
Il y eut outre cela de très belles Illumina
tions à l'Hôtel des Etats , au Confeil d'Artois
, à la Cathédrale & à l'Hôtel des Echevins
de la Cité , fans compter celles de toutes
les maifons particulieres , entre lefquelles
il s'en eft trouvé beaucoup de frappantes
par le nombre , l'arrangement & la vivacité
des lumieres. On fit des Feux par toute la
Ville & la Cité ; enfin les Habitans n'ont
rien épargné pour témoigner la joye qu'ils
reffentoient de la préfence de leur Souverain;
les rues les plus écartées & , pour ainf
dire, les plus pauvres , retentiffoient des mêmes
acclamations , brilloient des mêmes, fignes
de réjouiffance , que les quartiers les
plus beaux & les mieux habités.
Le Roi,pendant fon féjour à Arras, donna
plufieurs marques de fatisfaction & de
bonté.
Ce Prince partit le 24 vers les fix heures
du matin. Le Magiftrat en Corps l'attendoit
depuis quatre heures à la Barriere de Ronville
, avec le même cortége , dont il étoit
accompagné à l'entrée de S. M. qui prit le
chemin de Bapaume. I iiij VERS
Le Roi arriva le 21 Juillet fur les dix heures
du matin à la Ville d'Arras. Le chemin ,
qui fe trouve entre la Porte de Meaulens &
le Fauxbourg , étoit bordé par les Archers
& les Arbalètriers , habillés uniformement ,
avec leurs Drapeaux & leurs Tambours. On
y avoit aufli fait rraannggeerr en haye le Corps
des Bouchers & celui des Portefaix , qui font
en poffeffion d'escorter le Magiftrat dans les
grandes Cérémonies. Les uns & les autres
étoient vêtus proprement, & armés de fufils,
A O UST. 1744 . 1905
à l'exception d'un certain nombre de Bouchers
, qui , outre leurs habits finguliers ,
portoient de grands couteaux au lieu d'épées
, & des haches au lieu de moufquets .
On avoit placé près de la Barriere tous les
Joueurs d'Inftrumens qu'on avoit pû raffembler.
Au pied du Glacis étoit le Corps de
Ville en Robes noires & en Boucles , * qui
fut préfenté au Roi par M, de la Roque ,
Commandant de la Place , en l'abſence
du Gouverneur & du Lieutenant Général
de la Province , ainfi que du Gouverneur
Particulier de la Ville. A la vûë du Roi,
qui fit fon entrée à cheval , les Echevins &
les autres Officiers du Magiftrat , mirent un
genou en terre , & M. Anfart , Confeiller-
Penfionnaire , complimenta S. M, en ces
termes.
SIRE ,
» Permettez qu'au nom des Habitans de
« votre Ville d'Arras , nous nous jettions
» aux pieds de V. M. pour lui renouveller
» les proteftations de notre fincere obéïffan-
» ce & de notre inviolable fidelité. La joye
» que nous infpire votre augufte préfence ,
» eft d'autant plus vive , que nous pouvons
aujourd'hui par nous -mêmes vous offrir
»
La Boucle eft une bande de velours rouge, brodée
d'or , que le Mayeur , les Echevins & les Affeffeurs
portent fur l'épaule.
I » nos
1906 MERCURE DE FRANCE.
و ر
> nos coeurs , nos fortunes & notre vie ,
» & admirer en la Perfonne facrée de V. M.
l'éclat de fes nouvelles victoires . Tels font,
« SIRE , les vrais fentimens d'un Peuple,
» qui vous eft inviolablement attaché , &
» qui ne ceffera de former des voeux pour la
» confervation de V. M, & pour la profpé-
» rité de fes armes,
La Harangue finie , M. Boucquel du Valhuon
, Moufquetaire de la Garde du Roi, &
Mayeur de la Ville , remit au Commandant
un Baffin d'argent , où étoient deux clefs du
même métail , fur lefquelles étoient gravées
les Armes de la Ville . Le Commandant préfenta
ce Baffin à S. M. qui prit les Clefs , &
les remit au Duc de Villeroi.
Enfuite le Roi entra dans la Ville au fon
des Violons , des Hautbois , des Tambours ,
& au bruit des acclamations du Peuple
; on fonna auffi toutes les cloches , &
il fe fit une triple décharge de l'artillerie
des Remparts.
Le Roi ayant traverſé une partie de la Ville
, prit fa route par la Porte de la Cité , *
dont les Echevins rendirent en cet endroit
leurs refpects à S. M. De-là elle alla faire ſa
priere à l'Eglife Cathédrale , où elle fut
* La Cité eft un Quartier féparé du reste de la Ville
ar une muraille & un foffé. Elle eft ſoumise à la Juifdiction
de l'Evêque , qui en nomme les Echevins,
comAO
UST. 1744. 1907
complimentée par l'Evêque & par le Prévôt
du Chapitre.
Ce Prince étant rentré dans la Ville , fe
rendit au Gouvernement , que le Magiftrat
avoit fait meubler , & S. M. y reçût, fuivant
l'ancien ufage , les préfens de la Ville , confiftant
en quatre douzaines de pains , & en
autant de bouteilles de vin de Bourgogne.
Le lendemain 22 Juillet , le Confeil Provincial
& Supérieur d'Artois fut admis à
l'audience du Roi , M. Palifor d'Incourt .
Premier Préfident , porta la parole en ces .
termes .
SIRE ,
» La guerre , qui attire après elle tant de
» malheurs , procure aujourd'hui à votre
» Confeil Supérieur d'Artois le plus grand
» de tous les bonheurs , celui de vous préfenter
fes plus refpectueux hommages , &
» de porter devant V. M. les voeux ardens ,
que chaque jour nous faifons pour elle
» aux pieds du Trône de l'Eternel.
"
»
L'Europe, aveugle jufqu'à ce jour fur fes
» véritables intérêts & fur toutes les vûës
"pacifiques de V. M. j'ajoûte , SIRE ,
» l'Europe étonnée du progrès glorieux de
» de vos armes , reconnoît avec furpriſe par
» la conquête rapide de Furnes , Ypres &
» Menin , qu'il n'y a pas d'ennemis qui
» ofent foutenir la force de votre bras, quand
I ij » vous
1908 MERCURE DE FRANCE.
» vous portez vous- même les coups dont
» vous les terraffez, La Juftice , qui marche
» à la tête de toutes vos entreprifes le lui
» fait fentir de plus en plus ; elle l'en con-
» vaincra encore davantage , en continuant
» d'accroître vos victoires & vos triomphes .
و ر
» Parmi la joye que caufent dans les coeurs
» de tous vos Sujets vos glorieux Exploits ,
»V.M. nous permettra de l'affûrer qu'il n'y
»en a pas de plus pure & de plus fincere
» que celle que les Habitans de cette Province
reflentent aujourd'hui de poffeder
» votre Perfonne facrée dans la Capitale.
» Le caractere de votre Peuple d'Artois ,
SIRE , eft de refpecter , d'aimer, de fer-
>> vir & d'adorer en quelque forte fon Sou-
» verain , fans le voir. Que ne ferons-nous
point , après avoir contemplé les graces ,
»fenti les bontés , & admiré les vertus de
» V.M !
"
Le Magiftrat avoit fait fabler toutes les
rues où le Roi devoit paffer. La plupart
des maiſons étoient ornées de Tapifleries ,
de Peintures , d'Inſcriptions , de fleurs & de
feuillages.
On éleva au carrefour de S. Aubert un Arc
de triomphe à deux faces . L'une étoit décorée
d'un Ordre Dorique, furmonté d'un Attique
, avec une Balustrade , au- deffus de laquelle
on avoit placé les Armes du Roi dans
le
A O UST. 1744. 1909
le milieu , & aux côtés , des Palmiers por
tant des Drapeaux & toutes fortes d'Inftru
mens Militaires. L'autre face étoit compo
fée d'un Ravalement , fur lequel étoit auffi
un Attique en Baluftrade , dont le milieu of
froit les Armes de la Ville d'Arras ; on voyoit
au-deffus le Chiffre du Roi , accompagné
de Trophées.
Cet Edifice , qui étoit chargé de differens
Emblêmes à la louange de S. M. a été
dreffé fur les Deffeins & exécuté par les foins
du Sr d'Huez , Peintre de l'Académie de
Rome , Sculpteur & Architecte.
Le 21 au foir & les deux jours fuivans ,
la façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée
d'une quantité prodigieufe de Lampions, difpofés
en forme de Soleils , d'Etoiles , de
Fleurs - de- Lys , de Lettres de cinq pieds de
hauteur , qui compofoient plufieurs Vive le
Ri , &c. Dix grandes Niches vuides , qui
fe trouvent à ce Bâtiment , étoient remplies
de Lanternes de toile fort bien éclairées . On
avoit peint fur cinq de ces Lanternes , plus
élevées que les autres, des Perfonnages fymboliques
, repréfentant les principales Vertus
du Roi , fçavoir la Religion , la Bonté , la
Justice , la Val: ur & la Prudence . L'une des
cinq Figures d'en bas offroit la Victoire , tenant
une Palme & une branche d'Olivier ,
avec ces mots : Pariet victoria Pacem. D'un
I iij côté
1910 MERCURE DE FRANCE.
côté étoit une Renommée , embouchant fa
Trompette , dont la banderole portoit Proavum
aquavit , & aux pieds de la Figure étoit
écrit Nuntia veri. On avoit mis de l'autre
côté une feconde Renommée , qui préfentoit
fur fa banderole les noms des quatre
Places fortes , conquiſes en Flandre par
le
Roi , Menin , Ypres , la Kenoque & Furnes :
Au bas étoit cette Infcription , Uno hæc omnia
menfe. L'Hiftoire paroiffoit plus loin ,fous
la forme d'une femme tenant une plume &
un Livre , & regardant fixement le Portrait
du Roi , avec ces paroles , Hiftoria quanta
materies ! Enfin on voyoit un Apollon , touchant
fa Lyre , aux pieds duquel étoit le
Vers fuivant.
Vix rapidos poterit Regis cantare triumphos .
Il y avoit encore à l'Hôtel de Ville plu
feurs Cartouches illuminés , où on lifoit entre
autres ces Infcriptions :
LV DOVICI regls VISV eX V Ltat
atrebatVM. reX IVLIO SIMILIS VenIt ,
VIDet , atqVe VInCIt.
Tot vix Ipra dies quot reftitit Ilion annos.
Le Béfroi , Clocher remarquable par ſa
hauteur , par fa délicateffe & par fon Architecture
, quoique Gothique, fut auffi éclairé
d'un
A O UST. 1744. 1911
•
d'un grand nombre de lanternes & de ter
rines remplies de gaudron .
De plus ,le Magiftrat fit conftruire dans les
trois Places de la Ville , de grandes Piramides
, qui furent entierement garnies de
Lampions.
Il y eut outre cela de très belles Illumina
tions à l'Hôtel des Etats , au Confeil d'Artois
, à la Cathédrale & à l'Hôtel des Echevins
de la Cité , fans compter celles de toutes
les maifons particulieres , entre lefquelles
il s'en eft trouvé beaucoup de frappantes
par le nombre , l'arrangement & la vivacité
des lumieres. On fit des Feux par toute la
Ville & la Cité ; enfin les Habitans n'ont
rien épargné pour témoigner la joye qu'ils
reffentoient de la préfence de leur Souverain;
les rues les plus écartées & , pour ainf
dire, les plus pauvres , retentiffoient des mêmes
acclamations , brilloient des mêmes, fignes
de réjouiffance , que les quartiers les
plus beaux & les mieux habités.
Le Roi,pendant fon féjour à Arras, donna
plufieurs marques de fatisfaction & de
bonté.
Ce Prince partit le 24 vers les fix heures
du matin. Le Magiftrat en Corps l'attendoit
depuis quatre heures à la Barriere de Ronville
, avec le même cortége , dont il étoit
accompagné à l'entrée de S. M. qui prit le
chemin de Bapaume. I iiij VERS
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Résumé : ARRIVÉE & séjour du Roi à Arras.
Le roi arriva à Arras le 21 juillet vers dix heures du matin, accueilli par des groupes armés et vêtus uniformément, ainsi que par des musiciens. Le corps de ville, en robes noires et boucles, présenta le roi, bien que le gouverneur et le lieutenant général de la province fussent absents. À l'entrée du roi à cheval, les échevins et officiers du magistrat s'agenouillèrent et M. Anfart, conseiller-pensionnaire, exprima la loyauté et la joie des habitants. M. Boucquel du Valhuon, maire, remit les clés de la ville au roi, qui les confia au duc de Villeroi. Le roi entra ensuite dans la ville au son des instruments et des acclamations, tandis que les cloches sonnaient et que l'artillerie tirait des salves. Il se rendit à la cathédrale pour prier, puis reçut des présents de la ville. Le lendemain, le conseil provincial d'Artois fut reçu par le roi, exprimant ses hommages et ses vœux pour ses victoires. Les rues étaient ornées de tapisseries, peintures, inscriptions, fleurs et feuillages. Un arc de triomphe fut érigé au carrefour de Saint-Aubert, décoré des armes du roi et de la ville. La façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée avec des lampions formant des soleils, étoiles, fleurs de lys et lettres proclamant 'Vive le Roi'. Les niches du bâtiment étaient remplies de lanternes représentant des vertus royales et des figures symboliques. Le Béguinage et diverses institutions furent également éclairés. Les habitants manifestèrent leur joie par des feux et des acclamations. Le roi quitta Arras le 24 au matin, accueilli par le magistrat à la barrière de Ronville.
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781
p. 1912
VERS de M. Bauvin, Avocat, & Membre de la Société Littéraire d'Arras, sur l'arrivée du Roi en cette Ville.
Début :
DE la splendeur qui l'environne [...]
Mots clefs :
Roi, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : VERS de M. Bauvin, Avocat, & Membre de la Société Littéraire d'Arras, sur l'arrivée du Roi en cette Ville.
VERS de M. Bauvin , Avocat , & Membre
de la Societé Littéraire d'Arras
l'arrivée du Roi en cette Ville.
DE la fplendeur qui l'environne
Sur
LOUIS daigne nous honorer ;
Profitons des inftans que ce Héros nous donne ,
Pour le voir & pour l'admirer.
Où font donc ces regards menaçans & terribles
Dont il frappoit nos ennemis ?
Ils ofoient fe croire invincibles ;
Son ſeul aſpect les a ſoumis.
De fa préfence formidable
1
Nous ne fentons pas les effets ;
Contre fes ennemis c'eft un Roi redoutable ;
C'eft un Pere pour les Sujers.
de la Societé Littéraire d'Arras
l'arrivée du Roi en cette Ville.
DE la fplendeur qui l'environne
Sur
LOUIS daigne nous honorer ;
Profitons des inftans que ce Héros nous donne ,
Pour le voir & pour l'admirer.
Où font donc ces regards menaçans & terribles
Dont il frappoit nos ennemis ?
Ils ofoient fe croire invincibles ;
Son ſeul aſpect les a ſoumis.
De fa préfence formidable
1
Nous ne fentons pas les effets ;
Contre fes ennemis c'eft un Roi redoutable ;
C'eft un Pere pour les Sujers.
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Résumé : VERS de M. Bauvin, Avocat, & Membre de la Société Littéraire d'Arras, sur l'arrivée du Roi en cette Ville.
Le poème de M. Bauvin, avocat et membre de la Société Littéraire d'Arras, célèbre la visite du roi Louis dans cette ville. Il souligne l'honneur de cette visite et invite les habitants à admirer le roi. Le roi est décrit comme redoutable envers ses ennemis et bienveillant envers ses sujets, qu'il protège comme un père. Sa splendeur, sa puissance et son rôle protecteur sont mis en avant.
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782
p. 1912-1914
PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
Début :
Le 24 Juillet, sur les neuf heures du matin, le Roi passant à Bapaume, en Artois, pour se rendre [...]
Mots clefs :
Roi, Ville, Peuple
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texteReconnaissance textuelle : PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
Le 24 Juillet , fur les neuf heures du matin , le
Roi paffant à Bapaume , en Artois , pour se rendre
de la Frontiere de Flandre à fon armée d'Alface ,
Sa Majesté fut reçûë hors de la Ville par le Magiftrat
en Corps & en habits de cérémonie , ayant à ſa
tête M. Dubois , Lieutenant de Roi & Commandant
de la Place.
Les Compagnies des Archers & des Arbalêtriers
étoient rangées en haye pour contenir le Peuple,qui
s'etoit raffemblé de toutes parts , & qui faifoit éclatex
A O US. T. 1744. 1913
er la joye par des cris réiterés de Vive le Roi. On
fi ceffer le plûtôt qu'il fut poffible , ces premieres
acclamations , & M. Lorin , Subdelegué de l'Intendance
, qui s'étoit chargé de porter la parole , ayant
mis un genou en terre , dit au Roi :
כ כ
>>
SIRE ,
Quel bonheur pour la petite Ville de Bapaume
d'apporter ces foibles marques de fon relpect &
» de fon obéiffance jufqu'aux pieds d'un Roi pré-
» cieux à fes Sujets & réveré de fes ennemis même,
plus grand encore par la pureté de les motifs, que
par la rapidité de les fuccès , dont l'augufte pré-
» fence affûre partout le repos de fes Frontieres , &
» fait respecter par les Nations , les plus jaloufes de
notre bonheur , la fageffe & la fupériorité de fes
» Vûës pour le bien général de l'Europe !
, כ
Puiffe , SIRE , le Dieu des Victoires & de la
" Paix combler Votre Majefté de fes Bénédictions
les plus abondantes , & les mefurer fur les Voeux
" ardens d'un Peuple dont vous emportez tous les
" coeurs !
Le Roi parut fatisfait de cette courte Harangue ,
qu'il avoit écoutée avec bonté , & S. M. ayant pris
deux Clefs d'argent , qui lui furent préfentées dans
un Baffin par M. Devife , Mayeur de la Ville , à genoux
, auffi bien que le reste du Magiftrat , elle les
remit au Duc de Villeroi , Capitaine de fes Gardes
, après quoi ayant reçû le Plan de cette Place
de M de Salmon , Ingénieur en Chef, S. M. traverfa
la Ville au bruit du canon des Remparts &
aux acclamations d'un Peuple nombreux.
-Les rues par où le Roi paffa , & prefque toutes cel
les de la Ville , étoient fablées & ornées de feuillages
, de Guirlandes & de Couronnes de fleurs , entremêlées
d'Infcriptions & de Devifes à la gloire de
S. M. On avoit préparé en face de l'Hôtel de Ville
un Feu de tonneaux , à la maniere du Pays , embelli
LY de
1914 MERCURE DE FRANCE.
de Peintures & de Banderoles , mais ce feu ne fut
allumé que le 26 au foir , les habitans de cette petite
Ville ayant continué pendant trois jours entiers
les marques publiques qu'ils ont données d'une
fatisfaction inexprimable.
Le 24 Juillet , fur les neuf heures du matin , le
Roi paffant à Bapaume , en Artois , pour se rendre
de la Frontiere de Flandre à fon armée d'Alface ,
Sa Majesté fut reçûë hors de la Ville par le Magiftrat
en Corps & en habits de cérémonie , ayant à ſa
tête M. Dubois , Lieutenant de Roi & Commandant
de la Place.
Les Compagnies des Archers & des Arbalêtriers
étoient rangées en haye pour contenir le Peuple,qui
s'etoit raffemblé de toutes parts , & qui faifoit éclatex
A O US. T. 1744. 1913
er la joye par des cris réiterés de Vive le Roi. On
fi ceffer le plûtôt qu'il fut poffible , ces premieres
acclamations , & M. Lorin , Subdelegué de l'Intendance
, qui s'étoit chargé de porter la parole , ayant
mis un genou en terre , dit au Roi :
כ כ
>>
SIRE ,
Quel bonheur pour la petite Ville de Bapaume
d'apporter ces foibles marques de fon relpect &
» de fon obéiffance jufqu'aux pieds d'un Roi pré-
» cieux à fes Sujets & réveré de fes ennemis même,
plus grand encore par la pureté de les motifs, que
par la rapidité de les fuccès , dont l'augufte pré-
» fence affûre partout le repos de fes Frontieres , &
» fait respecter par les Nations , les plus jaloufes de
notre bonheur , la fageffe & la fupériorité de fes
» Vûës pour le bien général de l'Europe !
, כ
Puiffe , SIRE , le Dieu des Victoires & de la
" Paix combler Votre Majefté de fes Bénédictions
les plus abondantes , & les mefurer fur les Voeux
" ardens d'un Peuple dont vous emportez tous les
" coeurs !
Le Roi parut fatisfait de cette courte Harangue ,
qu'il avoit écoutée avec bonté , & S. M. ayant pris
deux Clefs d'argent , qui lui furent préfentées dans
un Baffin par M. Devife , Mayeur de la Ville , à genoux
, auffi bien que le reste du Magiftrat , elle les
remit au Duc de Villeroi , Capitaine de fes Gardes
, après quoi ayant reçû le Plan de cette Place
de M de Salmon , Ingénieur en Chef, S. M. traverfa
la Ville au bruit du canon des Remparts &
aux acclamations d'un Peuple nombreux.
-Les rues par où le Roi paffa , & prefque toutes cel
les de la Ville , étoient fablées & ornées de feuillages
, de Guirlandes & de Couronnes de fleurs , entremêlées
d'Infcriptions & de Devifes à la gloire de
S. M. On avoit préparé en face de l'Hôtel de Ville
un Feu de tonneaux , à la maniere du Pays , embelli
LY de
1914 MERCURE DE FRANCE.
de Peintures & de Banderoles , mais ce feu ne fut
allumé que le 26 au foir , les habitans de cette petite
Ville ayant continué pendant trois jours entiers
les marques publiques qu'ils ont données d'une
fatisfaction inexprimable.
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Résumé : PASSAGE du Roi par la Ville de Bapaume.
Le 24 juillet, le roi traversa la ville de Bapaume en Artois, se rendant de la frontière de Flandre à son armée d'Allemagne. Il fut accueilli par le magistrat, dirigé par M. Dubois, et des compagnies d'archers et d'arbalétriers. La foule exprima sa joie par des cris de 'Vive le Roi'. M. Lorin, subdélégué de l'Intendance, prononça une harangue en l'honneur du roi, soulignant son respect, son obéissance et les succès rapides du roi. Le roi reçut deux clefs d'argent du maire, M. Devise, et un plan de la place de M. Salmon, ingénieur en chef. Il traversa ensuite la ville au son du canon et des acclamations, les rues étant décorées de feuillages, de guirlandes, de couronnes de fleurs et de devises en l'honneur du roi. Un feu de tonneaux fut allumé devant l'hôtel de ville le 26 au soir. Les habitants de Bapaume manifestèrent leur satisfaction pendant trois jours.
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783
p. 1914-1916
TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
Début :
LE Parlement ayant été informé de la maladie du Roi, s'assembla le 17 Août & arrêta que M. [...]
Mots clefs :
Parlement, Roi, Chapelle, Cour, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
TEDEUM chanté à la Chapelle du Palais
à Paris , pour la Convalescence du Roi,
L
E Parlement été informé de la maladie ayant
du Roi , s'affembla le 17 Août & arrêta que M.
Dufranc , le plus ancien des quatre Sécretaires du
Roi , fervant près la Cour de Parlement , feroit député
en cette qualité pour aller à Metz s'informer
au nom de la Cour de la fanté du Roi , & témoigner
à S. M. la part que fon Parlement prenoit à fa maladie.
M. Dufranc ,étant parti le lendemain 18 , arriva
à Metz le 19 , & fat introduit dans la chanbre
du Roi par le Duc de Bouillon , Grand Chambellan
de France. Il rendit compte à S. M. du fujer
de fa députation . Le Roi répondit qu'il étoit trèsfenfible
aux inquiétudes de fon Parlement , que gra
ces à Dieu , fa fanté étoit beaucoup meilleure , &
& qu'il pouvoit en affûrer le Parlement. M. Dufranc
, étant de retour à Paris le 21 au foir , M.
le Premier Préfident fut auffi - tôt avertir le Corps
`du Parlement , de fe trouver le lendemain à l'affem .
blée des Chambres.
Le 22 à 10 heures du matin, les Chambres étant
affemblées , M. Dufranc rendit compte de fa députation
& de la réponſe du Roi , dont il fut fait regiftre
, & il fut arrêté que la Cour feroit chanter
fur le champ un Te Deum en la Chapelle de la
grand'Salle du Palais , en actions de graces de la
Convalescence du Roi : les ordres ayant été donnés
auffiA
OUST. 17.44. 1915
auffi - tôt pour faire les difpofitions néceffaires & tout
étant prêt vers l'heure de midi , Mrs du Parlement
fortirent de la Grand'Chambre en Corps de Cour
précédés du premier Huiffier , & de huit autres Huif
fiers de fervice & du Greffier , qui tenoit ce jour la
plume à la Grand'Chambre.
M. le Premier Préſident & MM . les Préſidens à
Mortier fe placerent fur lesBanquettes qui étoient à
gauche du côté de l'Evangile , enfuite MM. les
Confeillers d'honneur , quatre de MM . les Maîtres
des Requêtes , MM. les Préfidens des Enquêtes &
Requêtes , & Mrs les Confeillers de Grand- Chambre
des Enquêtes & des Requêtes fe placerent du
même côté fur le refte des Banquettes , & fur celles
qui étoient du côté de l'Epitre . L'affemblée étant
fort nombreuſe , on fut obligé de doubler & de tripler
les rangs.
Les Avocats étoient fur un Banc à gauche , der
riere M. le Premier Préfident & Mrs les autres Préfidens
& Confeillers.
M. Feydeau de Marville , Lieutenant Général de
Police , affifta à cette cérémonie & prit place parmi
MM. du Parlement , en qualité de Maître des Requêtes
.
Sur un Banc , dans le fond de la Salle , en face de
la Chapelle, étoient Mrs les Gens du Roi , & à côté
d'eux , MM . les Sécretaires de la Cour . Sur deux
autres Bancs derriere celui - ci , étoient les Subſtituts
de M. le Procureur Général , & fur un quatrième
Banc plufieurs Greffiers du Parlement .
Les Huiffiers du Parlement étoient fur un Banc à
gauche , proche la Chapelle , le premier Huiffier
ayant un Siége à part pour lui & un Prie - Dieu.
M. Duval , Commandant du Guet , qui étoit préfent
à cette cérémonie , avoit pofé derriere les Bancs,
depuis la Chapelle jufqu'à la porte de la Grand-
I vj Cham-
+
1916 MERCURE DE FRANCE.
Chambre , un double rang de Soldats du Guet pour
empêcher la confufion.
Lorfque le Parlement fut arrivé , le Clergé de la
Ste Chapelle , qui avoit été invité pour venir chanter
le Te Deum , vint proceffionnellement ; M. de
Vichy de Chanron , qui en eft le Tréforier , étant
revêtu de les habits Pontificaux , entonna le Te
Deum , qui fut continué par le Choeur de Mufique
de la Ste Chapelle, auquel s'étoient joints beaucoup
d'autres Chantres , Muticiens , & quantité d'Inftruimens.
Après le Te Deum, on chanta Domine falvum
fac Regem auffi en Mufique ; ces deux morceaux
qui étoient l'un & l'autre de la compofition de
l'Abbé de la Croix , Maître de Mufique de la Ste
Chapelle , furent très - bien exécutés. M. le Tréfo-
Tier ayant dit les Oraifons & Pricres accoutumées
& donné la Bénédiction , s'en retourna avec fon
Clergé dans le même ordre qu'il étoit venu .
à Paris , pour la Convalescence du Roi,
L
E Parlement été informé de la maladie ayant
du Roi , s'affembla le 17 Août & arrêta que M.
Dufranc , le plus ancien des quatre Sécretaires du
Roi , fervant près la Cour de Parlement , feroit député
en cette qualité pour aller à Metz s'informer
au nom de la Cour de la fanté du Roi , & témoigner
à S. M. la part que fon Parlement prenoit à fa maladie.
M. Dufranc ,étant parti le lendemain 18 , arriva
à Metz le 19 , & fat introduit dans la chanbre
du Roi par le Duc de Bouillon , Grand Chambellan
de France. Il rendit compte à S. M. du fujer
de fa députation . Le Roi répondit qu'il étoit trèsfenfible
aux inquiétudes de fon Parlement , que gra
ces à Dieu , fa fanté étoit beaucoup meilleure , &
& qu'il pouvoit en affûrer le Parlement. M. Dufranc
, étant de retour à Paris le 21 au foir , M.
le Premier Préfident fut auffi - tôt avertir le Corps
`du Parlement , de fe trouver le lendemain à l'affem .
blée des Chambres.
Le 22 à 10 heures du matin, les Chambres étant
affemblées , M. Dufranc rendit compte de fa députation
& de la réponſe du Roi , dont il fut fait regiftre
, & il fut arrêté que la Cour feroit chanter
fur le champ un Te Deum en la Chapelle de la
grand'Salle du Palais , en actions de graces de la
Convalescence du Roi : les ordres ayant été donnés
auffiA
OUST. 17.44. 1915
auffi - tôt pour faire les difpofitions néceffaires & tout
étant prêt vers l'heure de midi , Mrs du Parlement
fortirent de la Grand'Chambre en Corps de Cour
précédés du premier Huiffier , & de huit autres Huif
fiers de fervice & du Greffier , qui tenoit ce jour la
plume à la Grand'Chambre.
M. le Premier Préſident & MM . les Préſidens à
Mortier fe placerent fur lesBanquettes qui étoient à
gauche du côté de l'Evangile , enfuite MM. les
Confeillers d'honneur , quatre de MM . les Maîtres
des Requêtes , MM. les Préfidens des Enquêtes &
Requêtes , & Mrs les Confeillers de Grand- Chambre
des Enquêtes & des Requêtes fe placerent du
même côté fur le refte des Banquettes , & fur celles
qui étoient du côté de l'Epitre . L'affemblée étant
fort nombreuſe , on fut obligé de doubler & de tripler
les rangs.
Les Avocats étoient fur un Banc à gauche , der
riere M. le Premier Préfident & Mrs les autres Préfidens
& Confeillers.
M. Feydeau de Marville , Lieutenant Général de
Police , affifta à cette cérémonie & prit place parmi
MM. du Parlement , en qualité de Maître des Requêtes
.
Sur un Banc , dans le fond de la Salle , en face de
la Chapelle, étoient Mrs les Gens du Roi , & à côté
d'eux , MM . les Sécretaires de la Cour . Sur deux
autres Bancs derriere celui - ci , étoient les Subſtituts
de M. le Procureur Général , & fur un quatrième
Banc plufieurs Greffiers du Parlement .
Les Huiffiers du Parlement étoient fur un Banc à
gauche , proche la Chapelle , le premier Huiffier
ayant un Siége à part pour lui & un Prie - Dieu.
M. Duval , Commandant du Guet , qui étoit préfent
à cette cérémonie , avoit pofé derriere les Bancs,
depuis la Chapelle jufqu'à la porte de la Grand-
I vj Cham-
+
1916 MERCURE DE FRANCE.
Chambre , un double rang de Soldats du Guet pour
empêcher la confufion.
Lorfque le Parlement fut arrivé , le Clergé de la
Ste Chapelle , qui avoit été invité pour venir chanter
le Te Deum , vint proceffionnellement ; M. de
Vichy de Chanron , qui en eft le Tréforier , étant
revêtu de les habits Pontificaux , entonna le Te
Deum , qui fut continué par le Choeur de Mufique
de la Ste Chapelle, auquel s'étoient joints beaucoup
d'autres Chantres , Muticiens , & quantité d'Inftruimens.
Après le Te Deum, on chanta Domine falvum
fac Regem auffi en Mufique ; ces deux morceaux
qui étoient l'un & l'autre de la compofition de
l'Abbé de la Croix , Maître de Mufique de la Ste
Chapelle , furent très - bien exécutés. M. le Tréfo-
Tier ayant dit les Oraifons & Pricres accoutumées
& donné la Bénédiction , s'en retourna avec fon
Clergé dans le même ordre qu'il étoit venu .
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Résumé : TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
Le Parlement de Paris, informé de la maladie du roi, s'est réuni le 17 août et a envoyé M. Dufranc à Metz pour évaluer son état de santé. M. Dufranc a rencontré le roi le 19 août et a rapporté une amélioration. De retour à Paris le 21 août, il a informé le Parlement, qui a décidé de célébrer un Te Deum en action de grâce. Le 22 août, les chambres du Parlement se sont assemblées pour écouter le compte rendu de M. Dufranc. La cérémonie religieuse a eu lieu dans la chapelle de la grand'salle du Palais, dirigée par M. de Vichy de Chanron, avec la participation du chœur de la Sainte-Chapelle et d'autres musiciens. Après le Te Deum, le 'Domine salvum fac Regem' a été chanté, suivi de prières et d'une bénédiction.
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784
p. 1918
« Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...] »
Début :
Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Ambassadeurs, Metz, Compliment
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texteReconnaissance textuelle : « Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...] »
Le 22 au foir , les Ambaffadeurs & les Miniftres
Etrangers , lefquels fur la premiere nouvelle de la
maladie du Roi , fe rendirent avec empreffement à
Metz , furent admis à faire à S. M. leur compliment
fur la guérifon. Ils furent conduits tous enfemble
chés le Roi par M. de Verneuil , Introducteur des
Ambaffadeurs.
Le même jour , le Comte de Tering , que l'Empereur
a envoyé au Roi , pour fçavoir des nouvelles
de la fanté de S. M. s'acquitta de cette commiffion
& préfenta au Roi une Lettre de S. M. I.
Le Comte de Vactendonck , Grand Chambellan
de l'Electeur Palatin , & fon Miniftre d'Etat , ayant
été envoyé à Metz par ce Prince pour le même fujet
, il eut le 23 l'honneur de voir le Roi , & il félicita
S. M. de la part de l'Electeur Palatin . Ils furent
préfentés par le même Introducteur , ainfi que le
Comte de Spada , Grand - Maître de la Ducheffe de
Lorraine Doiiairiere , lequel fit le 24 , au nom de
cette Princeffe , fon compliment fur la guériſon
de S. M.
Etrangers , lefquels fur la premiere nouvelle de la
maladie du Roi , fe rendirent avec empreffement à
Metz , furent admis à faire à S. M. leur compliment
fur la guérifon. Ils furent conduits tous enfemble
chés le Roi par M. de Verneuil , Introducteur des
Ambaffadeurs.
Le même jour , le Comte de Tering , que l'Empereur
a envoyé au Roi , pour fçavoir des nouvelles
de la fanté de S. M. s'acquitta de cette commiffion
& préfenta au Roi une Lettre de S. M. I.
Le Comte de Vactendonck , Grand Chambellan
de l'Electeur Palatin , & fon Miniftre d'Etat , ayant
été envoyé à Metz par ce Prince pour le même fujet
, il eut le 23 l'honneur de voir le Roi , & il félicita
S. M. de la part de l'Electeur Palatin . Ils furent
préfentés par le même Introducteur , ainfi que le
Comte de Spada , Grand - Maître de la Ducheffe de
Lorraine Doiiairiere , lequel fit le 24 , au nom de
cette Princeffe , fon compliment fur la guériſon
de S. M.
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Résumé : « Le 22 au soir, les Ambassadeurs & les Ministres Etrangers, lesquels sur la premiere nouvelle de la [...] »
Le 22 août, des ambassadeurs et ministres étrangers se rendirent à Metz pour souhaiter un prompt rétablissement au roi malade. Le Comte de Tering remit une lettre de l'Empereur. Le 23 août, le Comte de Vaictendonck transmit les félicitations de l'Électeur Palatin. Le 24 août, le Comte de Spada présenta les compliments de la Duchesse de Lorraine. Tous furent introduits par M. de Verneuil.
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785
p. 1918-1920
Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Metz du 25 de ce mois, que le calme, dans lequel le Roi se trouva le 18 après [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Nouvelles, Santé, Convalescence
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texteReconnaissance textuelle : Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
On a appris de Metz du 25 de ce mois , que le
calme , dans lequel le Roi fe trouva le 18 après
midi , fe foûtint tout le jour , & que le redoublement
AOUST . 1744. 1919
"
ment de fiévre , qu'on craignoit dans la nuit fuivante
fut fi peu marqué , qu'il n'empêcha pas S.
M. de dormit huit heures , fans autre interruption
que celle du tems néceffaite pour prendre deux
bouillons , & pour changer de lit.
Cet heureux état de la ſanté du Roi , bien diffe
rent de celui des jours précédens , & la ceffation
des accidens de la maladie , firent juger le 19 au
matin , avec fondement , que S. M. toit hors de
danger , & qu'elle alloit entrer dans la Convalef
cence .
La joye inexprimable , que cet événement a répandu
dans tous les coeurs , fe fortifie de jour en
jour. J
La médecine douce qu'on fit prendre au Roi le
22 , pour prévenir le retour d'un mouvement de
fiévre , ayant emporté le refte de la bile , qui auroit
pú occafionner quelque accident , le Roi s'eft trou
vé depuis de mieux en mieux ; le poulx eft dans
fon état naturel , & il a permis de commencer le
à donner au Roi deux potages. S. , M . en a pris
un le 25 à midi ; elle a été levée l'après- midi près
de quatre heures , & le progrès de fa Convalefcence
annonce que le rétabliffement de fa fanté fera
prompt & auffi parfait qu'on puiffe le défirer.
24
La nuit du 24 , le Roi a fait dire la Meffe dans fa
Chambre à minuit , & il y a communié par les
mains de l'Evêque de Soiffons , Premier Aumônier
de S. M.
La Reine , qui fur les nouvelles , qu'elle avoit
reçûës de l'état du Roi , étoit partie de Verſailles le
15 au matin , pour fe rendre à Metz , y arriva le
17 , vers les onze heures & demie du foir , & elle
entra dès le moment chés le Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de France.
eurent le 20 la fatisfaction de le voir , & de le trouver
guéri.
Les
424
1920 MERCURE DE FRANCE.
Les Prévôt des Marchands & Echevins de la Ville
de Paris , allarmés des nouvelles arrivées le 15 au
matin de la fanté du Roi , & touchés vivement de
l'extrême inquiétude qu'elles caufoient dans toute
la Ville , firent partir fur le champ deux des Officiers
des Gardes de la Ville , afin que ces Officiers ,
pour fatisfaire le Public , pûffent envoyer de Metz
des nouvelles du Roi , par des couriers extraordinaires
établis fur la route. Deux de ces couriers
font partis chaque jour de Metz avec les nouvelles
de la fanté du Roi , que leur donnoit le Duc de Gêvres
, Gouverneuf de Paris , lequel ayant appris
que le Roi avoit été faigné du pied le 12 , pour la
feconde fois , le rendit auprès du Roi , & arriva à
Metz le ry.
>
La guérifon de S. M. a infpiré à ceux qui ont
P'honneur de lui être particulierement attachés
une joye dont on ne peut juger , que par les fentimens
qu'ils ont toujours fait paroître pour S. M. &
dont la défolation , dans laquelle la Cour a été pendant
la maladie du Roi , eft une nouvelle preuve .
calme , dans lequel le Roi fe trouva le 18 après
midi , fe foûtint tout le jour , & que le redoublement
AOUST . 1744. 1919
"
ment de fiévre , qu'on craignoit dans la nuit fuivante
fut fi peu marqué , qu'il n'empêcha pas S.
M. de dormit huit heures , fans autre interruption
que celle du tems néceffaite pour prendre deux
bouillons , & pour changer de lit.
Cet heureux état de la ſanté du Roi , bien diffe
rent de celui des jours précédens , & la ceffation
des accidens de la maladie , firent juger le 19 au
matin , avec fondement , que S. M. toit hors de
danger , & qu'elle alloit entrer dans la Convalef
cence .
La joye inexprimable , que cet événement a répandu
dans tous les coeurs , fe fortifie de jour en
jour. J
La médecine douce qu'on fit prendre au Roi le
22 , pour prévenir le retour d'un mouvement de
fiévre , ayant emporté le refte de la bile , qui auroit
pú occafionner quelque accident , le Roi s'eft trou
vé depuis de mieux en mieux ; le poulx eft dans
fon état naturel , & il a permis de commencer le
à donner au Roi deux potages. S. , M . en a pris
un le 25 à midi ; elle a été levée l'après- midi près
de quatre heures , & le progrès de fa Convalefcence
annonce que le rétabliffement de fa fanté fera
prompt & auffi parfait qu'on puiffe le défirer.
24
La nuit du 24 , le Roi a fait dire la Meffe dans fa
Chambre à minuit , & il y a communié par les
mains de l'Evêque de Soiffons , Premier Aumônier
de S. M.
La Reine , qui fur les nouvelles , qu'elle avoit
reçûës de l'état du Roi , étoit partie de Verſailles le
15 au matin , pour fe rendre à Metz , y arriva le
17 , vers les onze heures & demie du foir , & elle
entra dès le moment chés le Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de France.
eurent le 20 la fatisfaction de le voir , & de le trouver
guéri.
Les
424
1920 MERCURE DE FRANCE.
Les Prévôt des Marchands & Echevins de la Ville
de Paris , allarmés des nouvelles arrivées le 15 au
matin de la fanté du Roi , & touchés vivement de
l'extrême inquiétude qu'elles caufoient dans toute
la Ville , firent partir fur le champ deux des Officiers
des Gardes de la Ville , afin que ces Officiers ,
pour fatisfaire le Public , pûffent envoyer de Metz
des nouvelles du Roi , par des couriers extraordinaires
établis fur la route. Deux de ces couriers
font partis chaque jour de Metz avec les nouvelles
de la fanté du Roi , que leur donnoit le Duc de Gêvres
, Gouverneuf de Paris , lequel ayant appris
que le Roi avoit été faigné du pied le 12 , pour la
feconde fois , le rendit auprès du Roi , & arriva à
Metz le ry.
>
La guérifon de S. M. a infpiré à ceux qui ont
P'honneur de lui être particulierement attachés
une joye dont on ne peut juger , que par les fentimens
qu'ils ont toujours fait paroître pour S. M. &
dont la défolation , dans laquelle la Cour a été pendant
la maladie du Roi , eft une nouvelle preuve .
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Résumé : Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
Du 18 au 25 août 1744, l'état de santé du roi s'améliore progressivement. Le 18 août, il dort huit heures sans interruption, signe d'un calme relatif. Le 19 août, son état s'améliore significativement, suscitant une grande joie parmi le peuple. Le 22 août, une médecine douce élimine les restes de bile, favorisant sa convalescence. Le 25 août, il prend un potage et se lève l'après-midi, montrant des signes de rétablissement rapide. La reine, informée de son état, quitte Versailles le 15 août pour le rejoindre à Metz le 17 août. Le dauphin et les princesses de France voient le roi guéri le 20 août. Les autorités parisiennes envoient des officiers à Metz pour rapporter régulièrement les nouvelles de sa convalescence. La guérison du roi inspire une grande joie parmi ses proches et la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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786
p. 1920-1922
« La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...] »
Début :
La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Maladie, Conservation, Nouvelles, Joie, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : « La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...] »
La Ville de Metz & les habitans du Pays Meffin ,
qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz , &
pendant qu'il y étoit en bonne fanté , fe font entierement
occupés du loin de prouver à S. M. leur
amour & leur refpect , lui ont marqué dans fa maladie
F'un & l'autre , de la maniere la plus éclatante
, par leurs prieres continuelles pour la confervation
du Roi , par l'empreffement avec lequel ils fe
mettoient à portée d'apprendre à tout inftant des
nouvelles de S. M. par leurs tranfports de joye ,
dès qu'ils ont été certains de fa guérifon , & par
tout ce qu'ils ont crû le plus capable de faire connoître
leur fidélité & leut affection pour le Roi.
Toutes les Villes du Royaume ont donné pendant
AOUS T. 1921
1744 .
dant la maladie du Roi les plus fortes preuves de
leur refpectueux attachement pour S. M. & celle
de Paris , qui s'eft toujours fait un devoir de fe diftinguer
par fon zéle , a fait éclater fes fentimens ,
d'une maniere , qui depuis long - tems n'a point eú
d'exemple.
>
La premiere nouvelle de la maladie de S. M.
avoit répandu à Paris une affliction générale , & de
vives allarmes fe joignirent à cette affliction , lorfqu'on
fut informé par les lettres de Metz du 11 au
foir & par celles des jours fuivans , que les faignées
du pied , faites à S. M. n'avoient pas eû plus de fuccès
que les autres remédes employés , pour lui procurer
du foulagement.
On tomba dans une défolation inexprimable , en
apprenant que le 13 le Roi avoit reçû le Viatique ;
le furlendemain on lui avoit donné l'Extrêmeque
Onction , & qu'on avoit perdu prefque entierement
l'efperance de la guérifon de S. M. Les Eglifes ,
pendant les Prieres de Quarante - Heures , ordonnées
pour demander à Dieu la confervation du Roi ,
furent remplies le jour & la nuit par les perfonnes
de tous les Ordres , lefquelles par la ferveur dont
elles prioient , montroient combien elles défiroient
d'être exaucées. La plupart ne fe contentant pas de
mêler aux chants du Clergé leurs voix entrecou
pées de foupirs & de fanglots , & mettant en ufage
toutes les bonnes oeuvres que la Piété pouvoit leur
infpirer , diftribuoient d'abondantes aumônes aux
Pauvres , & elles portoient des fommes confidérables
aux Sacrifties , pour faire dire des Mefles. Des
perfonnes même , à qui leur peu de fortune fembloit
ne permettre que d'adreffer des voeux au
Ciel , pour en obtenir la grace qui faifoit l'objet
des fouhaits publics , employoient à ces ufages
pieux tout l'argent dont leurs befoins leur laiffoient
la
1922 MERCURE DE FRANCE.
la liberté de difpofer. On ne fortoit des Eglifes ,
que pour aller chercher des nouvelles de la fanté du
Roi chés ceux qu'on jugeoit être plus à portée d'en
être inftruits , & il y avoit une affluence conti
nuelle aux portes des Miniftres , ainsi qu'au Bureau
de la Pofte.
Le Peuple arrêtoit tous les couriers qu'il croyoit
arriver de Metz ; il les queftionnoit avec crainte
& felon leurs réponſes , il ſe livroit à la confterna
tion ou à l'efperance . Il fembloit que tous les habitans
de cette Ville partageaffent le danger avec le
Roi , & qu'ils éprouvaffent les mêmes orages que
S. M.
Cette agitation diminua par les nouvelles qu'on
reçût de l'état dans lequel le Roi s'étoit trouvé le
18 au foir , & elle fit place à la joye la plus parfaite
dès qu'on fut affûré que le 19 au matin S. M. étoit
hors de danger. Alors , on retourna aux Eglifes ,
pour rendre des actions de graces , avec le même
empreffement qu'on avoit eeuû ,, pour demander la
guérifon du Roi. La Ville ne retentit plus que de
cris d'allegreffe ; on voyoit de tous côtés des gens
courir dans les rues , & fe dire avec transport : Le
Roi eft guéri , & ces mots étoient accompagnés de
voeux ardens pour la confervation de S. M. La fatisfaction
augmente , à mesure qu'on apprend que
le Roi avance dans fa convalefcence , & il ne manque
à la joye des Parifiens que le plaifir d'avoir S.
pour témoin des démonſtrations de leur amour
& de leur refpect , lefquelles leur font autant d'honneur
, qu'elles font flateufes pour notre Augufte
Monarque.
qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz , &
pendant qu'il y étoit en bonne fanté , fe font entierement
occupés du loin de prouver à S. M. leur
amour & leur refpect , lui ont marqué dans fa maladie
F'un & l'autre , de la maniere la plus éclatante
, par leurs prieres continuelles pour la confervation
du Roi , par l'empreffement avec lequel ils fe
mettoient à portée d'apprendre à tout inftant des
nouvelles de S. M. par leurs tranfports de joye ,
dès qu'ils ont été certains de fa guérifon , & par
tout ce qu'ils ont crû le plus capable de faire connoître
leur fidélité & leut affection pour le Roi.
Toutes les Villes du Royaume ont donné pendant
AOUS T. 1921
1744 .
dant la maladie du Roi les plus fortes preuves de
leur refpectueux attachement pour S. M. & celle
de Paris , qui s'eft toujours fait un devoir de fe diftinguer
par fon zéle , a fait éclater fes fentimens ,
d'une maniere , qui depuis long - tems n'a point eú
d'exemple.
>
La premiere nouvelle de la maladie de S. M.
avoit répandu à Paris une affliction générale , & de
vives allarmes fe joignirent à cette affliction , lorfqu'on
fut informé par les lettres de Metz du 11 au
foir & par celles des jours fuivans , que les faignées
du pied , faites à S. M. n'avoient pas eû plus de fuccès
que les autres remédes employés , pour lui procurer
du foulagement.
On tomba dans une défolation inexprimable , en
apprenant que le 13 le Roi avoit reçû le Viatique ;
le furlendemain on lui avoit donné l'Extrêmeque
Onction , & qu'on avoit perdu prefque entierement
l'efperance de la guérifon de S. M. Les Eglifes ,
pendant les Prieres de Quarante - Heures , ordonnées
pour demander à Dieu la confervation du Roi ,
furent remplies le jour & la nuit par les perfonnes
de tous les Ordres , lefquelles par la ferveur dont
elles prioient , montroient combien elles défiroient
d'être exaucées. La plupart ne fe contentant pas de
mêler aux chants du Clergé leurs voix entrecou
pées de foupirs & de fanglots , & mettant en ufage
toutes les bonnes oeuvres que la Piété pouvoit leur
infpirer , diftribuoient d'abondantes aumônes aux
Pauvres , & elles portoient des fommes confidérables
aux Sacrifties , pour faire dire des Mefles. Des
perfonnes même , à qui leur peu de fortune fembloit
ne permettre que d'adreffer des voeux au
Ciel , pour en obtenir la grace qui faifoit l'objet
des fouhaits publics , employoient à ces ufages
pieux tout l'argent dont leurs befoins leur laiffoient
la
1922 MERCURE DE FRANCE.
la liberté de difpofer. On ne fortoit des Eglifes ,
que pour aller chercher des nouvelles de la fanté du
Roi chés ceux qu'on jugeoit être plus à portée d'en
être inftruits , & il y avoit une affluence conti
nuelle aux portes des Miniftres , ainsi qu'au Bureau
de la Pofte.
Le Peuple arrêtoit tous les couriers qu'il croyoit
arriver de Metz ; il les queftionnoit avec crainte
& felon leurs réponſes , il ſe livroit à la confterna
tion ou à l'efperance . Il fembloit que tous les habitans
de cette Ville partageaffent le danger avec le
Roi , & qu'ils éprouvaffent les mêmes orages que
S. M.
Cette agitation diminua par les nouvelles qu'on
reçût de l'état dans lequel le Roi s'étoit trouvé le
18 au foir , & elle fit place à la joye la plus parfaite
dès qu'on fut affûré que le 19 au matin S. M. étoit
hors de danger. Alors , on retourna aux Eglifes ,
pour rendre des actions de graces , avec le même
empreffement qu'on avoit eeuû ,, pour demander la
guérifon du Roi. La Ville ne retentit plus que de
cris d'allegreffe ; on voyoit de tous côtés des gens
courir dans les rues , & fe dire avec transport : Le
Roi eft guéri , & ces mots étoient accompagnés de
voeux ardens pour la confervation de S. M. La fatisfaction
augmente , à mesure qu'on apprend que
le Roi avance dans fa convalefcence , & il ne manque
à la joye des Parifiens que le plaifir d'avoir S.
pour témoin des démonſtrations de leur amour
& de leur refpect , lefquelles leur font autant d'honneur
, qu'elles font flateufes pour notre Augufte
Monarque.
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Résumé : « La Ville de Metz & les habitans du Pays Messin, qui dans le moment de l'arrivée du Roi à Metz, & [...] »
En 1744, lors de la maladie du roi, les habitants de Metz et du Pays Messin ont manifesté leur loyauté et leur affection en priant pour sa guérison, en suivant de près l'évolution de sa santé et en exprimant leur joie à l'annonce de son rétablissement. Cette réaction était partagée par toutes les villes du royaume, notamment Paris. À Paris, la nouvelle de la maladie du roi a suscité une grande affliction et des inquiétudes intenses, aggravées par les rapports indiquant l'inefficacité des traitements. La ville est tombée dans une profonde désolation lorsque le roi a reçu le Viatique et l'Extrême-Onction, laissant peu d'espoir de guérison. Les églises étaient constamment remplies de personnes de tous milieux, priant avec ferveur et faisant des aumônes aux pauvres. Le peuple interceptait les courriers pour obtenir des nouvelles et partageait les angoisses du roi. L'anxiété a commencé à diminuer avec les nouvelles positives sur son état de santé, et la joie a éclaté lorsqu'il a été déclaré hors de danger. Paris a alors résonné de cris de joie et de vœux pour la conservation du roi, intensifiés à mesure que sa convalescence progressait.
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787
p. 1922-1923
« M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
Début :
M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...]
Mots clefs :
Parlement, Roi, Paris, Te Deum, Sainte-Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
M. Dufranc , Sécretaire du Roi , fervant près de
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
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Résumé : « M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
En 1744, M. Dufranc, secrétaire du Roi, rapporta au Parlement la guérison du Roi après une mission à Metz. Le 23, le Parlement pria à la Sainte-Chapelle et organisa des réjouissances publiques. Paris s'illumina, et le peuple célébra la convalescence du Roi toute la nuit avec des acclamations.
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788
p. 1925
MORTS.
Début :
LE 21 Juillet, D. Claire-Charlotte-Seraphine du Tillet de S. Mathieu, femme de François du Prat, [...]
Mots clefs :
Famille du Tillet, Comte, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS,
E 21 Juillet , D. Claire -Charlotte- Seraphine du
Tillet de S.Mathieu, femme de François du Prat,
Comte de Barbançon , Brigadier des Armées du
Roi , du premier Février 1719 , ci -devant premier
Veneur de M. le Duc d'Orleans , Régent du Royaume
, avec lequel elle avoit été mariée le 8 Octobre
1712 , mourut à Bourbon , âgée de 61 ans , laiffant
plufieurs enfans , entre autres le Comte de Barbançon
, Meftre de Camp d'un Régiment de fon nom ,
depuis 1735 , Brigadier d'Armée de la derniere Promotion
. Elle étoit fille de Jean- François du Tillet ,
Vicomte de S. Mathieu , & de D. Jeanne-Marguerite
de Botrant-Nanteuil. La Famille du Tillet eft
une des premieres de la Robe ; pour celle de du Prat,
voyez la Généalogie, qui en eft rapportée dans l'Hif
toire des Grands Officiers de la Couronne ,Vol . VI .
fol . 456 .
3.
Le 23 , D. Marguerite Ferrant de S. Dizant
femme de Raoul- Antoine de S. Simon , Comte de
Courtomer , Capitaine d'une Compagnie dans le
Régiment des Gardes Françoifes , & Maréchal des
Camps & Armées du Roi , avec lequel elle étoit
mariée depuis 1719 , mourut en fon Château de
Flain , âgée de 46 ans , laiffant plufieurs enfans. Ele
étoit fille d'Etienne Ferrant, Seigneur de S. Dizant ,
Intendant & Contrôleur Général de l'Argenterie ,
Menus plaifirs & Affaires de la Chambre du Roi , &
d'Anne Beffet de la Chapelle.
E 21 Juillet , D. Claire -Charlotte- Seraphine du
Tillet de S.Mathieu, femme de François du Prat,
Comte de Barbançon , Brigadier des Armées du
Roi , du premier Février 1719 , ci -devant premier
Veneur de M. le Duc d'Orleans , Régent du Royaume
, avec lequel elle avoit été mariée le 8 Octobre
1712 , mourut à Bourbon , âgée de 61 ans , laiffant
plufieurs enfans , entre autres le Comte de Barbançon
, Meftre de Camp d'un Régiment de fon nom ,
depuis 1735 , Brigadier d'Armée de la derniere Promotion
. Elle étoit fille de Jean- François du Tillet ,
Vicomte de S. Mathieu , & de D. Jeanne-Marguerite
de Botrant-Nanteuil. La Famille du Tillet eft
une des premieres de la Robe ; pour celle de du Prat,
voyez la Généalogie, qui en eft rapportée dans l'Hif
toire des Grands Officiers de la Couronne ,Vol . VI .
fol . 456 .
3.
Le 23 , D. Marguerite Ferrant de S. Dizant
femme de Raoul- Antoine de S. Simon , Comte de
Courtomer , Capitaine d'une Compagnie dans le
Régiment des Gardes Françoifes , & Maréchal des
Camps & Armées du Roi , avec lequel elle étoit
mariée depuis 1719 , mourut en fon Château de
Flain , âgée de 46 ans , laiffant plufieurs enfans. Ele
étoit fille d'Etienne Ferrant, Seigneur de S. Dizant ,
Intendant & Contrôleur Général de l'Argenterie ,
Menus plaifirs & Affaires de la Chambre du Roi , &
d'Anne Beffet de la Chapelle.
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Résumé : MORTS.
Le 21 juillet, Claire-Charlotte-Seraphine du Tillet de Saint-Mathieu, épouse de François du Prat, Comte de Barbançon et Brigadier des Armées du Roi, décéda à Bourbon à l'âge de 61 ans. Elle avait épousé François du Prat le 8 octobre 1712 et était mère de plusieurs enfants, dont le Comte de Barbançon, Maître de Camp d'un régiment portant son nom depuis 1735 et Brigadier d'Armée lors de la dernière promotion. Elle était la fille de Jean-François du Tillet, Vicomte de Saint-Mathieu, et de Jeanne-Marguerite de Botrant-Nanteuil. La famille du Tillet est l'une des premières familles de la Robe. Le 23 juillet, Marguerite Ferrant de Saint-Dizant, épouse de Raoul-Antoine de Saint-Simon, Comte de Courtomer, Capitaine d'une compagnie dans le Régiment des Gardes Françaises et Maréchal des Camps et Armées du Roi, décéda à son château de Flain à l'âge de 46 ans. Elle laissait plusieurs enfants. Elle était la fille d'Étienne Ferrant, Seigneur de Saint-Dizant, Intendant et Contrôleur Général de l'Argenterie, Menus Plaisirs et Affaires de la Chambre du Roi, et d'Anne Besset de la Chapelle.
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789
p. 1966-1972
EXTRAIT d'une Ode sur les Conquêtes du Roi.
Début :
LA résolution que le Roi a prise de se mettre à la tête de ses armées, pour [...]
Mots clefs :
Ode, Strophe, Roi, Bellone, Gloire, Louis, Conquêtes, Critique, Élie-Catherine Fréron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Ode sur les Conquêtes du Roi.
EXTRAIT d'une Ode fur les Conquêtes
L
du Roi,
A réfolution que le Roi a prife de le
mettre à la tête de fes armées , pour
avancer le grand Ouvrage de la Paix
ayant ranimé les Mufes en France , a fait
éclore un nombre infini de Piéces de Poëfie.
>
M. l'Abbé Freron a fait part au Public d'une
Ode de fa façon , affés belle
pour exciter la
Critique nous avons cru qu'on nous fçauroit
bon gré d'en donner une idée dans ce
Journal par un Extrait.
,
Cette Ode qu'on peut dire belle , fans la
garantir bonne dans toutes fes parties a
pour objet & pour titre les Conquêtes du
Ro : commençons par l'oeconomie que l'ingénieux
Auteur y à mife. La Guerre vient
Le préfenter au jeune Monarque , & l'invite
à ne plus differer de venger les droits violés.
L'Auteur , avant que de la faire parler ,
la peint fous ces horribles traits :
Quelle Divinité barbare
S'offre à mes yeux épouvantés !
Deux glaives , forgés au Tarrare ,
Arment fes bras enfanglantés ;
Des
SEPTEMBRE. 1744. 1967
Des Serpens forment la Couronne ;
L'ombre du trépas l'environne ;
Le tonnerre gronde à l'entour
Les inexorables furies ,
;
Les Gorgones , de fang nourries ',
Compolent fon horrible Cour.
On a trouvé cette image trop noire ; on
auroi : voulu , que cette Guerre que l'Auteur
confond avec Pallas ou Bellonne dans
les autres Strophes , infpirât plus de terreur
que d'horreur , furtout devant fervir de
guide à un Roi , dont il fait cette aimable
peinture dans fa troifiéme Strophe.
Je fçais que mon pouvoir ſuprême
Ne fut jamais l'appui du tien ;
Que l'éclat de ton Diadême
A la clémence pour ſoutien ;
Mais fur des Rivaux mercénaires ,
Yvres d'exploits imagina: res ,
C'eft affés verfer de bienfaits ;
L'ennemi , que ta vertu bleſſe ,
Taxeroit enfin de foibleffe
La jufte horreur de mes forfaits.
B llonne animeroit le vengeur des droits ,
par l'exemple de Titus devant Soline , &
furtout par celui de fes plus grands Ayeux
comme on le voit dans la feptiéme Strophe :
>
Tes
1968 MERCURE DE FRANCE.
Tes Peres , Souverains Arbitres
Des querelles des Potentats ,
Ne t'ont eux - mêmes qu'à ces titres
Tranfmis de fi vaftes Etats ;
Ce n'eft qu'en marchant fur la trace
Du Dieu Conquerant de la Thrace ,
Que leurs pas fe font annoblis ;
Au haut du Temple de la Gloire ,
Sur les ailes de la victoire ,
Ils n'euffent point porté tes Lis.
LOUIS , inftruit par des leçons fi nobles
, fuit Bellonne dans la Flandre. Voici
quels font les Guerriers , à la tête defquels
il va fe mettre :
LOUIS apperçoit dans fa courfe
Ces vieux Guerriers , Maîtres du Sort ,
Avides de tarir la fource
D'un fang refpecté par la Mort .
Ce Sang dans leurs veines bouillonne ;
De leur Prince , aux Champs de Bellonne,
Ils brûlent de fuivre les pas ;
Dans fes yeux leur ame ravie
Puifant une nouvelle vie ,
Ne refpire que le trépas .
Nous fupprimons , pour abbreger , plufieurs
Strophes , & nous paffons à la dixiéme
, où il s'agit de la prife de Menin ; voici
la
SEPTEMBRE. 1744 1969
la Deſcription de cette premiere Place conquife
:
Sufpendant fon deſtin tragique ,
A l'abri des retranchemens ,
Vainement le Lion Belgique
Remplit l'air de rugiffemens ;
Vainement-fa gueule enflâmée
Vomit le fang & la fumée ;
Effrayé de nos appareils ,
Il héfite , il tremble , il recule ;
Dans LOUIS il croit voir Hercule ,
Le Destructeur de fes pareils.
la flâme
'Armé de la terrible Lance,
Que la Guerre mit dans ſa main ,
Le Héros s'approche & s'élance
A travers cent foudres d'airain ;
Le bruit , l'horreur , les eaux ,
Rien n'épouvante fa grande Ame ;
Ses Soldats en font éblouis ;
Bellonne elle- même l'admire,
Orgueilleufe quefon Empire
Ait un Guerrier tel que Louis.
La douziéme Strophe eft confacrée à la
gloire d'un de nos vaillans Princes ; le Public
la verra avec fatisfaction .
Mais
T
1970 MERCURE DEFRANCE.
Mais tandis que ma voix rapide
T'arrête au milieu des hazards ,
Quel eft ce Guerrier intrépide
Qui brave les horreurs de Mars ?
Mes yeux peuvent- ils méconnoître
L'Augufte Sang qui le fit naître ?
C'eſt le tien ; c'eft le Sang des Dieux ;
Clermont tonne ; le Ciel s'embrafe
La foudre gronde , tombe , écrase
L'antre du Lion furieux.
L'Auteur ayant paffé avec le même feu ,
de la réduction de Menin à celle d'Ypres ,
& aux autres Conquêtes du Roi , pourſuit
ainfi :
Sur les débris de ces murailles
Bellonne s'éleve foudain.
D'affreux monceaux de funerailles -
Soûtiennent fon Trône d'airain ;
Son oeil farouche au loin contemple
Tous les Peuples , qui dans fon Temple
Rendent hommage à fes fureurs ;
Son ame de joye enyvrée ,
Voit la terre aux combats livrée ,
Et s'applaudit de ces horreurs.
Quelques Profateurs ont critiqué le terme
prifes pour des enterre- de funerailles , priſes pour
mens ,
SEPTEMBRE. 1744 1971
mens , & non pour la mort même . Mais
l'exemple de Corneille dans le Cid , autorife
l'Auteur à s'exprimer , comme il a fait ;
eh ! que deviendroit le langage des Dieux ,
fi l'on le réduifoit à s'en tenir à celui des
Hommes : paffons à une Strophe qui a réuni
tous les fuffrages ; c'eft Bellonne qui parle :
Ah ! dit-elle , quel doux ſpectacle
Les Alpes offrent à mes fens !
CONTY s'indigne de l'obſtacle
Des Rocs fous fes pas renaiffans.
Kival du Héros de Carthage ,
Sa gloire devient, ton partage ;
L'orgueil des Monts eft démenti ,
Et ces roches du Ciel voiſines ,
Dans l'Hiftoire de leurs ruines
Verront Annibal & CONTY.
L'Hiftoire ne fait point paffer les Alpes à
Annibal , mais de cette Critique , quelque
jufte quelle foit , il n'en revient que plus
de gloire au Prince que l'Auteur veut célé
brer , puifqu'il a plus fait qu'Annibal.
Bellonne finit l'Ode par cette Strophe ,
adreffée aux François :
François , fous de plus doux aufpices
Vous verrez renaître ces jours ,
Don
1972 MERCURE DE FRANCE
Dont les Dieux , jadis fi propices ,
Prenoient foin d'embellir le cours ;
Et moi , plongeant aux noirs abîmes
L'horrible amas de mes victimes ,
La Mort , le Tumulte & l'Effroi ,
J'irai dans les demeures fombres
Etonner les plus fiéres ombres
Des triomphes de votre Roi.
Les voix recueillies fur cette Piéce , on
dire que fi elle a eu des Contradicpeut
teurs , l'Auteur doit fe flater que les vrais
Connoiffeurs lui ont rendu avec éloge la
juſtice qui lui eſt dûë.
L
du Roi,
A réfolution que le Roi a prife de le
mettre à la tête de fes armées , pour
avancer le grand Ouvrage de la Paix
ayant ranimé les Mufes en France , a fait
éclore un nombre infini de Piéces de Poëfie.
>
M. l'Abbé Freron a fait part au Public d'une
Ode de fa façon , affés belle
pour exciter la
Critique nous avons cru qu'on nous fçauroit
bon gré d'en donner une idée dans ce
Journal par un Extrait.
,
Cette Ode qu'on peut dire belle , fans la
garantir bonne dans toutes fes parties a
pour objet & pour titre les Conquêtes du
Ro : commençons par l'oeconomie que l'ingénieux
Auteur y à mife. La Guerre vient
Le préfenter au jeune Monarque , & l'invite
à ne plus differer de venger les droits violés.
L'Auteur , avant que de la faire parler ,
la peint fous ces horribles traits :
Quelle Divinité barbare
S'offre à mes yeux épouvantés !
Deux glaives , forgés au Tarrare ,
Arment fes bras enfanglantés ;
Des
SEPTEMBRE. 1744. 1967
Des Serpens forment la Couronne ;
L'ombre du trépas l'environne ;
Le tonnerre gronde à l'entour
Les inexorables furies ,
;
Les Gorgones , de fang nourries ',
Compolent fon horrible Cour.
On a trouvé cette image trop noire ; on
auroi : voulu , que cette Guerre que l'Auteur
confond avec Pallas ou Bellonne dans
les autres Strophes , infpirât plus de terreur
que d'horreur , furtout devant fervir de
guide à un Roi , dont il fait cette aimable
peinture dans fa troifiéme Strophe.
Je fçais que mon pouvoir ſuprême
Ne fut jamais l'appui du tien ;
Que l'éclat de ton Diadême
A la clémence pour ſoutien ;
Mais fur des Rivaux mercénaires ,
Yvres d'exploits imagina: res ,
C'eft affés verfer de bienfaits ;
L'ennemi , que ta vertu bleſſe ,
Taxeroit enfin de foibleffe
La jufte horreur de mes forfaits.
B llonne animeroit le vengeur des droits ,
par l'exemple de Titus devant Soline , &
furtout par celui de fes plus grands Ayeux
comme on le voit dans la feptiéme Strophe :
>
Tes
1968 MERCURE DE FRANCE.
Tes Peres , Souverains Arbitres
Des querelles des Potentats ,
Ne t'ont eux - mêmes qu'à ces titres
Tranfmis de fi vaftes Etats ;
Ce n'eft qu'en marchant fur la trace
Du Dieu Conquerant de la Thrace ,
Que leurs pas fe font annoblis ;
Au haut du Temple de la Gloire ,
Sur les ailes de la victoire ,
Ils n'euffent point porté tes Lis.
LOUIS , inftruit par des leçons fi nobles
, fuit Bellonne dans la Flandre. Voici
quels font les Guerriers , à la tête defquels
il va fe mettre :
LOUIS apperçoit dans fa courfe
Ces vieux Guerriers , Maîtres du Sort ,
Avides de tarir la fource
D'un fang refpecté par la Mort .
Ce Sang dans leurs veines bouillonne ;
De leur Prince , aux Champs de Bellonne,
Ils brûlent de fuivre les pas ;
Dans fes yeux leur ame ravie
Puifant une nouvelle vie ,
Ne refpire que le trépas .
Nous fupprimons , pour abbreger , plufieurs
Strophes , & nous paffons à la dixiéme
, où il s'agit de la prife de Menin ; voici
la
SEPTEMBRE. 1744 1969
la Deſcription de cette premiere Place conquife
:
Sufpendant fon deſtin tragique ,
A l'abri des retranchemens ,
Vainement le Lion Belgique
Remplit l'air de rugiffemens ;
Vainement-fa gueule enflâmée
Vomit le fang & la fumée ;
Effrayé de nos appareils ,
Il héfite , il tremble , il recule ;
Dans LOUIS il croit voir Hercule ,
Le Destructeur de fes pareils.
la flâme
'Armé de la terrible Lance,
Que la Guerre mit dans ſa main ,
Le Héros s'approche & s'élance
A travers cent foudres d'airain ;
Le bruit , l'horreur , les eaux ,
Rien n'épouvante fa grande Ame ;
Ses Soldats en font éblouis ;
Bellonne elle- même l'admire,
Orgueilleufe quefon Empire
Ait un Guerrier tel que Louis.
La douziéme Strophe eft confacrée à la
gloire d'un de nos vaillans Princes ; le Public
la verra avec fatisfaction .
Mais
T
1970 MERCURE DEFRANCE.
Mais tandis que ma voix rapide
T'arrête au milieu des hazards ,
Quel eft ce Guerrier intrépide
Qui brave les horreurs de Mars ?
Mes yeux peuvent- ils méconnoître
L'Augufte Sang qui le fit naître ?
C'eſt le tien ; c'eft le Sang des Dieux ;
Clermont tonne ; le Ciel s'embrafe
La foudre gronde , tombe , écrase
L'antre du Lion furieux.
L'Auteur ayant paffé avec le même feu ,
de la réduction de Menin à celle d'Ypres ,
& aux autres Conquêtes du Roi , pourſuit
ainfi :
Sur les débris de ces murailles
Bellonne s'éleve foudain.
D'affreux monceaux de funerailles -
Soûtiennent fon Trône d'airain ;
Son oeil farouche au loin contemple
Tous les Peuples , qui dans fon Temple
Rendent hommage à fes fureurs ;
Son ame de joye enyvrée ,
Voit la terre aux combats livrée ,
Et s'applaudit de ces horreurs.
Quelques Profateurs ont critiqué le terme
prifes pour des enterre- de funerailles , priſes pour
mens ,
SEPTEMBRE. 1744 1971
mens , & non pour la mort même . Mais
l'exemple de Corneille dans le Cid , autorife
l'Auteur à s'exprimer , comme il a fait ;
eh ! que deviendroit le langage des Dieux ,
fi l'on le réduifoit à s'en tenir à celui des
Hommes : paffons à une Strophe qui a réuni
tous les fuffrages ; c'eft Bellonne qui parle :
Ah ! dit-elle , quel doux ſpectacle
Les Alpes offrent à mes fens !
CONTY s'indigne de l'obſtacle
Des Rocs fous fes pas renaiffans.
Kival du Héros de Carthage ,
Sa gloire devient, ton partage ;
L'orgueil des Monts eft démenti ,
Et ces roches du Ciel voiſines ,
Dans l'Hiftoire de leurs ruines
Verront Annibal & CONTY.
L'Hiftoire ne fait point paffer les Alpes à
Annibal , mais de cette Critique , quelque
jufte quelle foit , il n'en revient que plus
de gloire au Prince que l'Auteur veut célé
brer , puifqu'il a plus fait qu'Annibal.
Bellonne finit l'Ode par cette Strophe ,
adreffée aux François :
François , fous de plus doux aufpices
Vous verrez renaître ces jours ,
Don
1972 MERCURE DE FRANCE
Dont les Dieux , jadis fi propices ,
Prenoient foin d'embellir le cours ;
Et moi , plongeant aux noirs abîmes
L'horrible amas de mes victimes ,
La Mort , le Tumulte & l'Effroi ,
J'irai dans les demeures fombres
Etonner les plus fiéres ombres
Des triomphes de votre Roi.
Les voix recueillies fur cette Piéce , on
dire que fi elle a eu des Contradicpeut
teurs , l'Auteur doit fe flater que les vrais
Connoiffeurs lui ont rendu avec éloge la
juſtice qui lui eſt dûë.
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Résumé : EXTRAIT d'une Ode sur les Conquêtes du Roi.
L'ode de l'Abbé Fréron célèbre les conquêtes militaires d'un roi tout en reconnaissant certaines critiques. Elle débute par une description effrayante de la guerre, personnifiée, appelant le roi à venger les droits violés. Le roi est présenté comme un souverain clément mais déterminé, comparé à ses ancêtres glorieux et à des figures historiques telles que Titus et Hercule. L'ode relate notamment la prise de Menin, où le roi est comparé à Hercule terrassant un lion symbolisant la résistance ennemie. La guerre, incarnée par Bellonne, se réjouit des conquêtes et des horreurs des batailles. Des images poétiques fortes et des références aux mythes antiques sont utilisées pour décrire les exploits militaires du roi. L'ode se conclut par une prophétie de Bellonne annonçant des jours glorieux et des triomphes futurs pour les Français sous la conduite de leur roi. Par ailleurs, l'auteur réfléchit sur une œuvre littéraire ou théâtrale, évoquant une descente aux 'noirs abîmes' pour rencontrer 'l'horrible amas de [ses] victimes', symbolisant les thèmes sombres et les personnages tragiques. Il mentionne également la 'Mort, le Tumulte & l'Effroi', soulignant les éléments dramatiques et terrifiants de son travail. L'auteur exprime son ambition d'étonner même 'les plus fières ombres' par les 'triomphes de [son] Roi'. Concernant la réception de l'œuvre, bien qu'elle ait suscité des contradicteurs, les véritables connaisseurs ont reconnu sa qualité en adressant des éloges à l'auteur.
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790
p. 2043-2046
ESTAMPES NOUVELLES.
Début :
La suite des Portraits des Hommes Illustres dans les Arts & dans les Sciences contin[u]ë de paroître [...]
Mots clefs :
Portraits, Hommes illustres, Vers, Roi, Feu d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESTAMPES NOUVELLES.
ESTAMPES NOUVELLE S.
LA fuite des Portraits des Hommes Illuftres dans
les Arts & dans les Sciences , continnë de paroître
avec fuccès chés Odieuvre , Marchand d'Eftampes ,
ruë d'Anjou . Il vient de mettre en vente ceux de
HENRI DE LORRAINE , COMTE DE HARCOURT ,
Chevalier des Ordres du Roi , Grand Ecuyer de
France , né le 20 Mars 1601 , mort le 25 Juillet
1666 , peint par Nic. Mignard & gravé par Fiquet.
FRANÇOIS DE LA MOTHE LE VAYER , de l'Acadé
mie Françoiſe , mort en 1672 , âgé de 86 ans , def
finé par Nanteuil & gravé par Etienne Feffard.
SCEVOLE DE Ste MARTHE , né à Loudun le 2 Fé
vrier 1536 , mort le 29 Mars 1623 , âgé de 87 ans
gravé par le même.
JEAN LAURENT BERNIN , Sculpteur , Architecte
& Peintre , né à Naples le 7 Décembre 1598 , mort
à Rome le 28 Novembre 1680 , peint par J. B
Gaulli & gravé par Pinffio.
Le
2044 MERCURE DEFRANCE.
Le Sr Petit , Graveur , rue S. Jacques , à la Couronne
d'Epines , près les Mathurins , qui continuë
de graver avec fuccès la fuite des Hommes Illuf
tres du feu Sr Defrochers , Graveur du Roi , vient
de mettre en vente les deux Portraits fuivans , qui
font Pendant .
LOUIS-FR.RANÇOIS DE BOURBON , PRINCE DE CONTY
, né à Paris le 13 Août 1717. On lit ces Vers an
bas de M. Moraine.
Digne fils des Héros qui t'ont donné naiffance ,
Terreur des Ennemis , amour de nos Soldats ,
Prince , auffi bien faifant , que fier dans les Combats,
Après LOUIS , tu fais la gloire de la France.
NICOLAS DE CATINAT , Maréchal de France , né
à Paris le premier Septembre 1637 , mort dans fon
Château de S. Gratien , près S. Denis en France , le
25 Février 1712. On lit ces Vers au bas, auſſi de M.
Moraine.
Grand Général , dont la mémoire
Sera toûjours pleine de gloire ,
Dont Marfal & Staffarde éternifent l'honneur ,
Du Prince Savoyard brave & fage vainqueur ,
Il ne tint pas à ton courage
Que notre Grand Conty n'eût plus trouvé d'ouvrage
Autre Portrait en hauteur , jufqu'aux genoux de
DON BERNARD DE MONTFAUCON , de la Congrégation
de S. Maur , né au Château de Soulage le 17
Janvier 1655 , mort à Paris le 21 Décembre 1741 ,
fort bien gravé par B. Audran , d'après le Portrait
original de M. Geuſlin. Il fe yend à Paris chés l'Auteur
,
SEPTEMBRE . 1744
2045'
teur , rue S. Jacques , à la Ville de Paris. On lit ces
Vers au bas.
Objetde fes fçavantes veilles
La docte Antiquité cachoit peu de merveilles ,
Qu'en vrai Critique il n'ait fçû voir,
Et par un fort, digne d'envie,
L'Or * , dont un Grand Monarque honora fon fça
yoir ,
Brille moins que l'éclat des Vertus de ſa vie. ·
REPRESENTATION DU FEU D'ARTIFICE , élevé
dans la Place de Gréve , par ordre de Mrs les Prévôt
des Marchands & Echevins de la Ville de Paris , en
réjouiffance de l'heureux rétabliffement de la fanté
du Roi , le 8 Septembre 1744. Ce feu a été exécuté
fous la conduite de M. Beaufire , Architecte du Roi
& de fon Académie d'Architecture , Maître Général
Contrôleur , Infpecteur des Bâtimens de la Ville ,
inventé & peint par les Sieurs Dumefnil , freres ,
Peintres ordinaires de la Ville , fe vend chés de Peilly,
rue S. Jacques , à l'Image S. Benoît , & chés Heriffet
, le Pere , Graveur , rue S, Jacques , vis-à - vis
les Jefuites.
On vend au même endroit une autre Eftampe en
large & plus grande : c'eſt la repréſentation du Fau
D'ARTIFICE ET DE L'ILLUMINATION , élevé dans la
même Place , par l'ordre des mêmes Magiftrats , &
pour le même fujet. L'Illumination eftdu même M.
Beaufire , & l'artifice a été compofé & exécuté par
les Srs Rugieri , freres , Italiens de Bologne.
* La Médaille d'Or , que l'Empereur lui envoya ;
accompagnée d'une Lettre.
La
2046 MERCURE DE FRANCE.
Le Sr Moyreau vient de mettre au jour une fort
belle Etampe en large , qu'on veni chés lui , ruë
S. Jacques , à la vieiile Poite , d'après le Tableau
Original de Ph. Vauvremens , de 20 pouces & demi
de haut fur 25 de large , qui eft dans le Cabinet
de M. le Préſident de Tugny . Cette Eftampe qui
porte pour Titre L'EMERASEMENT DU MOULIN , eft
dédiée au même Président de Tugny , 1744.
LA fuite des Portraits des Hommes Illuftres dans
les Arts & dans les Sciences , continnë de paroître
avec fuccès chés Odieuvre , Marchand d'Eftampes ,
ruë d'Anjou . Il vient de mettre en vente ceux de
HENRI DE LORRAINE , COMTE DE HARCOURT ,
Chevalier des Ordres du Roi , Grand Ecuyer de
France , né le 20 Mars 1601 , mort le 25 Juillet
1666 , peint par Nic. Mignard & gravé par Fiquet.
FRANÇOIS DE LA MOTHE LE VAYER , de l'Acadé
mie Françoiſe , mort en 1672 , âgé de 86 ans , def
finé par Nanteuil & gravé par Etienne Feffard.
SCEVOLE DE Ste MARTHE , né à Loudun le 2 Fé
vrier 1536 , mort le 29 Mars 1623 , âgé de 87 ans
gravé par le même.
JEAN LAURENT BERNIN , Sculpteur , Architecte
& Peintre , né à Naples le 7 Décembre 1598 , mort
à Rome le 28 Novembre 1680 , peint par J. B
Gaulli & gravé par Pinffio.
Le
2044 MERCURE DEFRANCE.
Le Sr Petit , Graveur , rue S. Jacques , à la Couronne
d'Epines , près les Mathurins , qui continuë
de graver avec fuccès la fuite des Hommes Illuf
tres du feu Sr Defrochers , Graveur du Roi , vient
de mettre en vente les deux Portraits fuivans , qui
font Pendant .
LOUIS-FR.RANÇOIS DE BOURBON , PRINCE DE CONTY
, né à Paris le 13 Août 1717. On lit ces Vers an
bas de M. Moraine.
Digne fils des Héros qui t'ont donné naiffance ,
Terreur des Ennemis , amour de nos Soldats ,
Prince , auffi bien faifant , que fier dans les Combats,
Après LOUIS , tu fais la gloire de la France.
NICOLAS DE CATINAT , Maréchal de France , né
à Paris le premier Septembre 1637 , mort dans fon
Château de S. Gratien , près S. Denis en France , le
25 Février 1712. On lit ces Vers au bas, auſſi de M.
Moraine.
Grand Général , dont la mémoire
Sera toûjours pleine de gloire ,
Dont Marfal & Staffarde éternifent l'honneur ,
Du Prince Savoyard brave & fage vainqueur ,
Il ne tint pas à ton courage
Que notre Grand Conty n'eût plus trouvé d'ouvrage
Autre Portrait en hauteur , jufqu'aux genoux de
DON BERNARD DE MONTFAUCON , de la Congrégation
de S. Maur , né au Château de Soulage le 17
Janvier 1655 , mort à Paris le 21 Décembre 1741 ,
fort bien gravé par B. Audran , d'après le Portrait
original de M. Geuſlin. Il fe yend à Paris chés l'Auteur
,
SEPTEMBRE . 1744
2045'
teur , rue S. Jacques , à la Ville de Paris. On lit ces
Vers au bas.
Objetde fes fçavantes veilles
La docte Antiquité cachoit peu de merveilles ,
Qu'en vrai Critique il n'ait fçû voir,
Et par un fort, digne d'envie,
L'Or * , dont un Grand Monarque honora fon fça
yoir ,
Brille moins que l'éclat des Vertus de ſa vie. ·
REPRESENTATION DU FEU D'ARTIFICE , élevé
dans la Place de Gréve , par ordre de Mrs les Prévôt
des Marchands & Echevins de la Ville de Paris , en
réjouiffance de l'heureux rétabliffement de la fanté
du Roi , le 8 Septembre 1744. Ce feu a été exécuté
fous la conduite de M. Beaufire , Architecte du Roi
& de fon Académie d'Architecture , Maître Général
Contrôleur , Infpecteur des Bâtimens de la Ville ,
inventé & peint par les Sieurs Dumefnil , freres ,
Peintres ordinaires de la Ville , fe vend chés de Peilly,
rue S. Jacques , à l'Image S. Benoît , & chés Heriffet
, le Pere , Graveur , rue S, Jacques , vis-à - vis
les Jefuites.
On vend au même endroit une autre Eftampe en
large & plus grande : c'eſt la repréſentation du Fau
D'ARTIFICE ET DE L'ILLUMINATION , élevé dans la
même Place , par l'ordre des mêmes Magiftrats , &
pour le même fujet. L'Illumination eftdu même M.
Beaufire , & l'artifice a été compofé & exécuté par
les Srs Rugieri , freres , Italiens de Bologne.
* La Médaille d'Or , que l'Empereur lui envoya ;
accompagnée d'une Lettre.
La
2046 MERCURE DE FRANCE.
Le Sr Moyreau vient de mettre au jour une fort
belle Etampe en large , qu'on veni chés lui , ruë
S. Jacques , à la vieiile Poite , d'après le Tableau
Original de Ph. Vauvremens , de 20 pouces & demi
de haut fur 25 de large , qui eft dans le Cabinet
de M. le Préſident de Tugny . Cette Eftampe qui
porte pour Titre L'EMERASEMENT DU MOULIN , eft
dédiée au même Président de Tugny , 1744.
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Résumé : ESTAMPES NOUVELLES.
En 1744, à Paris, plusieurs portraits et estampes étaient disponibles à la vente. Parmi les portraits notables figuraient ceux de Henri de Lorraine, comte de Harcourt, François de La Mothe Le Vayer, Scévole de Sainte Marthe, Jean Laurent Bernin, Louis-François de Bourbon, prince de Conti, Nicolas de Catinat, maréchal de France, et Don Bernard de Montfaucon. Ces œuvres étaient réalisées par des artistes tels que Nic. Mignard, Fiquet, Nanteuil, Étienne Fessard, J.B. Gaulli, et B. Audran. Le document mentionnait aussi des représentations de feux d'artifice et d'illuminations en place de Grève pour célébrer le rétablissement de la santé du roi, dirigées par M. Beaufire et les frères Rugieri. Une estampe intitulée 'L'Émerasement du Moulin' par Ph. Vauvremens était dédiée au Président de Tugny. Les estampes pouvaient être achetées chez Odieuvre, rue d'Anjou, et chez le Sr Petit, rue Saint-Jacques.
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791
p. 2048-2050
BRANLE, Dont la Musique est de M. Grandval.
Début :
Que chacun ici gambade ; [...]
Mots clefs :
Gai, Coeur, Commère, Souci, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BRANLE, Dont la Musique est de M. Grandval.
BRANLE ,
Dont la Mufique eft de M. Grandval.
QUe chacun ici gambade ;
Faut tous fe mettre en train ;
Le bon Roi n'eft plus malade ;
Je n'ons plus de chagrin ;
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , Camarade ;
Point d'fouci ,
Que tout ici
Crie avec moi ,
Vive le Roi.
**
Quand je craignions pour la vie ,
J'étions comme des foux ;
Le bon Vin & l'Eau de vie
Aviont perdu leur goût ;
Gai, gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Bûvons ; faifons la vie ;
Point d'fouci , & c .
+34
On oublioit la Guinguette ;
On pleuroit tout le jour ;
La Grand' Dame & la Grifette
Ne
SEPTEMBRE . 1744 2049.
Ne faifoient plus l'amour ;
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , Guillemette ,
Point d'fouci , & c.
Le Marquis , l'Apoticaire ;
Mrs les Porteux d'Eau ;
La Fille & le Commiffaire ,
Aujourd'hui font égaux
Viens , Fanchon ;
Viens , Margoton ;
Viens auffi ma Comere ;
Point d'fouci , & c.
Je gagnons journée entiere ;
Pour rien on eft nourri ;
Comme l'Eau à la Riviere ,
Le Vin coule à Paris ; i
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , mon Compere ;
Point d'fouci , & c.
Je ferons tout des premieres
Affifes à l'Opera ;
J'en avons eu la priere ,
Et
2050 MERCURE DE FRANCE.
Et de par Ecrit d'a ;"
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , ma Comere ;
Point d'fouci , &c.
J'avons un Mariage à faire ,
Et nos voeux font remplis .
Nous allons le voir grand Pere
De par Monfieur fon Fils ;
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
*
Haut le pied , ma Comere ;
Point d'fouci , & c..
Pour une fanté fi chere
Tout le monde joyeux ,
Vient de recouvrer fon Pere
Dans ce moment heureux ;'
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Gai , Mrs du Parterre ;
Point d'fouci ;
Que tout ici
Crie avec moi ;
Vive le Roi,
Dont la Mufique eft de M. Grandval.
QUe chacun ici gambade ;
Faut tous fe mettre en train ;
Le bon Roi n'eft plus malade ;
Je n'ons plus de chagrin ;
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , Camarade ;
Point d'fouci ,
Que tout ici
Crie avec moi ,
Vive le Roi.
**
Quand je craignions pour la vie ,
J'étions comme des foux ;
Le bon Vin & l'Eau de vie
Aviont perdu leur goût ;
Gai, gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Bûvons ; faifons la vie ;
Point d'fouci , & c .
+34
On oublioit la Guinguette ;
On pleuroit tout le jour ;
La Grand' Dame & la Grifette
Ne
SEPTEMBRE . 1744 2049.
Ne faifoient plus l'amour ;
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , Guillemette ,
Point d'fouci , & c.
Le Marquis , l'Apoticaire ;
Mrs les Porteux d'Eau ;
La Fille & le Commiffaire ,
Aujourd'hui font égaux
Viens , Fanchon ;
Viens , Margoton ;
Viens auffi ma Comere ;
Point d'fouci , & c.
Je gagnons journée entiere ;
Pour rien on eft nourri ;
Comme l'Eau à la Riviere ,
Le Vin coule à Paris ; i
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , mon Compere ;
Point d'fouci , & c.
Je ferons tout des premieres
Affifes à l'Opera ;
J'en avons eu la priere ,
Et
2050 MERCURE DE FRANCE.
Et de par Ecrit d'a ;"
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Haut le pied , ma Comere ;
Point d'fouci , &c.
J'avons un Mariage à faire ,
Et nos voeux font remplis .
Nous allons le voir grand Pere
De par Monfieur fon Fils ;
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
*
Haut le pied , ma Comere ;
Point d'fouci , & c..
Pour une fanté fi chere
Tout le monde joyeux ,
Vient de recouvrer fon Pere
Dans ce moment heureux ;'
Gai , gai , gai ,
Et le coeur gai ;
Gai , Mrs du Parterre ;
Point d'fouci ;
Que tout ici
Crie avec moi ;
Vive le Roi,
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Résumé : BRANLE, Dont la Musique est de M. Grandval.
La chanson 'Branle' composée par M. Grandval célèbre la guérison du roi et la joie collective qui en découle. Les paroles invitent à la fête et à la danse, soulignant la disparition de la tristesse et le bonheur général. Divers groupes sociaux, tels que les marquis, les apothicaires, les porteurs d'eau, les filles et les commis, participent à cette allégresse. La chanson mentionne des festivités comme des mariages et des retrouvailles familiales. À Paris, le vin coule à flots, et les gens sont encouragés à danser et à célébrer sans retenue. La chanson se conclut par un cri collectif en faveur du roi, symbolisant la joie et l'union du peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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792
p. 2066
L'Algérien, nouvelle Piéce joüée sur le Théatre François, [titre d'après la table]
Début :
Le 15, ils donnerent la premiere représentation d'une Piéce nouvelle en Vers, & [...]
Mots clefs :
Comédie, Roi, Vers, Nation, Comédiens-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Algérien, nouvelle Piéce joüée sur le Théatre François, [titre d'après la table]
Le 15 , ils donnerent la premiere repré
fentation d'une Piéce nouvelle en Vers , &
en trois Actes , précédée d'un Prologue , laquelle
a pour titre , l'Algérien , ou les Mu
Les Coné liennes , Comédie-Ballet , terminée
par un Divertiffement fait au fujet de la
Convalescence du Roi ; cette Comédie , qui
a été généralement applaudie , eft de M.
de Cabufat. Elle ne fe reffent point de la
hâte avec laquelle elle a été faite , foit
pour le ftyle , l'élégance des Vers , & la délicateffe
des Eloges du Roi & de la Nation ;
l'Auteur a rempli les efpérances que fes premiers
Ouvrages avoient fait concevoir de
ſes talens ; on ne manquera pas d'en parler
plus au long.
fentation d'une Piéce nouvelle en Vers , &
en trois Actes , précédée d'un Prologue , laquelle
a pour titre , l'Algérien , ou les Mu
Les Coné liennes , Comédie-Ballet , terminée
par un Divertiffement fait au fujet de la
Convalescence du Roi ; cette Comédie , qui
a été généralement applaudie , eft de M.
de Cabufat. Elle ne fe reffent point de la
hâte avec laquelle elle a été faite , foit
pour le ftyle , l'élégance des Vers , & la délicateffe
des Eloges du Roi & de la Nation ;
l'Auteur a rempli les efpérances que fes premiers
Ouvrages avoient fait concevoir de
ſes talens ; on ne manquera pas d'en parler
plus au long.
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Résumé : L'Algérien, nouvelle Piéce joüée sur le Théatre François, [titre d'après la table]
Le 15, la pièce 'L'Algérien, ou les Conéliennes' de M. de Cabusat a été jouée pour la première fois. Cette comédie-ballet en trois actes, avec prologue, célèbre la convalescence du roi. Bien accueillie pour son style et ses éloges élégants, elle confirme les attentes de l'auteur. La pièce sera discutée ultérieurement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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793
p. 2067-2068
Les Comédiens Italiens font la même chose, & donnent une très-belle Illumination, [titre d'après la table]
Début :
Le 16, les Comédiens Italiens, qui n'ont pas été les derniers à marquer leur zéle à [...]
Mots clefs :
Roi, Hôtel, Illumination, Iris, Temple, Soleil, Comédiens-Italiens
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texteReconnaissance textuelle : Les Comédiens Italiens font la même chose, & donnent une très-belle Illumination, [titre d'après la table]
Le 16 , les Comédiens Italiens , qui n'ont
pas été des derniers à marquer leur zéle à
l'occafion de la Convalefcence du Roi , donnerent
la Comédie gratis. Ils repréfenterent
les Payfans de qualité , le Fleuve d'oubli , &
Arlequin toujours Arlequin, Piéces ornées de
Divertiffemens , de Chants & de Danfes ,
qui attirerent un concours prodigieux à
l'Hôtel de Bourgogne. Le foir, il y eut encore
une très-belle Illumination ; on avoit
placé fur le Balcon de cet Hôtel , quatre
Piéces de Vin , qu'on fit couler pendant la
plus grande partie de la nuit. On y avoit
placé auffi differens Symphoniftes , qui exécutérent
plufieurs beaux Morceaux de Mufique
, anciens & modernes.
Les mêmes Comédiens avoient déja donné
le 10 du même mois , jour que le Te
Deum fut chanté à N. D. une très - belle Illumination
fur toute la façade de leur Hôtel,
accompagnée d'une Décoration peinte en
détrempe , laquelle repréfentoit le Temple
d'Iris , de forme circulaire , furmonté par
un Arc- en-Ciel , fur le haut duquel paroiffoit
la Déeffe Iris , affife , avec les attributs
qui lui conviennent , & dans l'action de répandre
la rofée pour rendre la Terre féconde.
Les Illuminations , qui accompagnoient
ce grand Tableau , formoient trois Arcades
d'Ordre
2068 MERCURE DE FRANCE.
d'Ordre Ruftique , foûtenuës par des Pilaftres
du même Ordre. Entre les Arcades , regnoit
une espece de frife , fur laquelle on lifoit
en très-gros Caractéres , VIVE LE ROI.
Au -deffous des Pilaftres , on avoit pofé quatre
Pyramides de lumiere. L'intérieur du
Temple étoit d'une Architecture noble , &
tout tranfparant , ainfi
ainfi que l'Arc-en-Ciel &
la Figure d'Iris. On avoit auffi placé au milieu
du Temple le Portrait du Roi , ſous la
figure du Soleil , avec fes Symboles ordinaires
; on lifoit cette Infcription , POST NUBILA
PHOBÚ S.
Aux deux côtés du Soleil , étoient deux
Niches ; dans l'une étoit repréfentée la figure
de la Paix , & dans l'autre celle de
P'Abondance. Aux deux extremités & fur le
même Plan de l'Edifice , on avoit élevé deux
grandes Pyramides , qui faifoient un effet
merveilleux . Cette grande Décoration , qui
avoit s pieds de hauteur , fur so de large,
& qui a été goûtée des Connoiffeurs , a été
deffinée , peinte & conduite par les Sieurs
Brunetti , Pere & fils , Peintres Italiens, qui
ont déja donné des marques de leurs talens
fur ce même Théatre.
pas été des derniers à marquer leur zéle à
l'occafion de la Convalefcence du Roi , donnerent
la Comédie gratis. Ils repréfenterent
les Payfans de qualité , le Fleuve d'oubli , &
Arlequin toujours Arlequin, Piéces ornées de
Divertiffemens , de Chants & de Danfes ,
qui attirerent un concours prodigieux à
l'Hôtel de Bourgogne. Le foir, il y eut encore
une très-belle Illumination ; on avoit
placé fur le Balcon de cet Hôtel , quatre
Piéces de Vin , qu'on fit couler pendant la
plus grande partie de la nuit. On y avoit
placé auffi differens Symphoniftes , qui exécutérent
plufieurs beaux Morceaux de Mufique
, anciens & modernes.
Les mêmes Comédiens avoient déja donné
le 10 du même mois , jour que le Te
Deum fut chanté à N. D. une très - belle Illumination
fur toute la façade de leur Hôtel,
accompagnée d'une Décoration peinte en
détrempe , laquelle repréfentoit le Temple
d'Iris , de forme circulaire , furmonté par
un Arc- en-Ciel , fur le haut duquel paroiffoit
la Déeffe Iris , affife , avec les attributs
qui lui conviennent , & dans l'action de répandre
la rofée pour rendre la Terre féconde.
Les Illuminations , qui accompagnoient
ce grand Tableau , formoient trois Arcades
d'Ordre
2068 MERCURE DE FRANCE.
d'Ordre Ruftique , foûtenuës par des Pilaftres
du même Ordre. Entre les Arcades , regnoit
une espece de frife , fur laquelle on lifoit
en très-gros Caractéres , VIVE LE ROI.
Au -deffous des Pilaftres , on avoit pofé quatre
Pyramides de lumiere. L'intérieur du
Temple étoit d'une Architecture noble , &
tout tranfparant , ainfi
ainfi que l'Arc-en-Ciel &
la Figure d'Iris. On avoit auffi placé au milieu
du Temple le Portrait du Roi , ſous la
figure du Soleil , avec fes Symboles ordinaires
; on lifoit cette Infcription , POST NUBILA
PHOBÚ S.
Aux deux côtés du Soleil , étoient deux
Niches ; dans l'une étoit repréfentée la figure
de la Paix , & dans l'autre celle de
P'Abondance. Aux deux extremités & fur le
même Plan de l'Edifice , on avoit élevé deux
grandes Pyramides , qui faifoient un effet
merveilleux . Cette grande Décoration , qui
avoit s pieds de hauteur , fur so de large,
& qui a été goûtée des Connoiffeurs , a été
deffinée , peinte & conduite par les Sieurs
Brunetti , Pere & fils , Peintres Italiens, qui
ont déja donné des marques de leurs talens
fur ce même Théatre.
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Résumé : Les Comédiens Italiens font la même chose, & donnent une très-belle Illumination, [titre d'après la table]
Le 16 du mois, les Comédiens Italiens donnèrent une représentation gratuite à l'Hôtel de Bourgogne pour célébrer la convalescence du roi. Ils jouèrent 'Les Payfans de qualité', 'Le Fleuve d'oubli' et 'Arlequin toujours Arlequin', accompagnés de divertissements, de chants et de danses, attirant une foule nombreuse. Une illumination fut organisée avec distribution de vin et musique. Le 10 du même mois, lors du Te Deum à Notre-Dame, les Comédiens Italiens illuminèrent leur hôtel avec une décoration représentant le Temple d'Iris, surmonté d'un arc-en-ciel et de la déesse Iris. La façade comportait trois arcades rustiques soutenues par des pilastres, avec l'inscription 'VIVE LE ROI'. Des pyramides de lumière étaient placées sous les pilastres. À l'intérieur, le portrait du roi, représenté sous la forme du Soleil, portait l'inscription 'POST NUBILA PHŒBUS'. Les figures de la Paix et de l'Abondance flanquaient le Soleil. Deux grandes pyramides complétaient la décoration, appréciée par les connaisseurs. Cette œuvre, mesurant 5 pieds de hauteur sur 6 de largeur, fut conçue et réalisée par les peintres italiens Brunetti père et fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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794
p. 2068-2069
Les mêmes Comédiens représentent trois Piéces nouvelles, intitulées, l'Illumination, la Nôce de Village & les Fêtes sinceres, [titre d'après la table]
Début :
Le 17, les mêmes Comédiens donnerent la premiere représentation de trois Piéces [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Pièces, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Les mêmes Comédiens représentent trois Piéces nouvelles, intitulées, l'Illumination, la Nôce de Village & les Fêtes sinceres, [titre d'après la table]
Le 17 , les mêmes Comédiens donnerent
la premiere repréſentation de trois Piéces
nouvelles , en Vers , & en un Acte chacune ,
composées au fujet de la Convalescence du
Roi ; la premiere , intitulée l'illumination
la
SEPTEMBRE. 1744. 2069
la feconde,la Noce de Villagé, & la troiſième,
les Fêtes fincéres. Ces Piéces ont été parfaitemeet
bein executées , de-même que les Divertiffemens
& quelques Airs détachés , qui
ont fait beaucoup de plaifir , fans compter le
Vaudeville de la troifiéme Piéce , qui a été
auffi fort applaudi .
la premiere repréſentation de trois Piéces
nouvelles , en Vers , & en un Acte chacune ,
composées au fujet de la Convalescence du
Roi ; la premiere , intitulée l'illumination
la
SEPTEMBRE. 1744. 2069
la feconde,la Noce de Villagé, & la troiſième,
les Fêtes fincéres. Ces Piéces ont été parfaitemeet
bein executées , de-même que les Divertiffemens
& quelques Airs détachés , qui
ont fait beaucoup de plaifir , fans compter le
Vaudeville de la troifiéme Piéce , qui a été
auffi fort applaudi .
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Résumé : Les mêmes Comédiens représentent trois Piéces nouvelles, intitulées, l'Illumination, la Nôce de Village & les Fêtes sinceres, [titre d'après la table]
Le 17 septembre 1744, des comédiens ont présenté trois pièces en vers célébrant la convalescence du roi : 'L'Illumination', 'La Noce de Village' et 'Les Fêtes sincères'. Les représentations et les divertissements musicaux ont été bien accueillis, notamment le vaudeville de la dernière pièce.
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795
p. 2085-2086
« LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...] »
Début :
LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...]
Mots clefs :
Metz, Reine, Monseigneur le Dauphin, Église collégiale, Saint Louis, Panégyrique, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...] »
LE 24 du mois dernier
,
le Parlement de
Metz rendit ses respects à la Reine , &
ensuite à Monseigneur le Dauphin,M. de
Montholon,Premier Président,portant la
parole. Ce Parlement fut présenté & conduit
chés la Reine & chés Monseigneur le
Dauphin avec les, mêmes cérémonies
,
observées,
lorsqu'il eut audience du Roi, le
lendemain de l'arrivée de S. M. à Metz, Le.
même jour, les Députés de ce Parlement eurent
l'honneur de rendre leurs respects à
Mesdames de France.
La nouvelleEgliseCollégialdeS.Louis du
LouvreJaquelle a été rebâtie par les libéralités
du Roi, étant entièrement achevée, M.
Robinet,Vicaire Général de l'Archevêque
de Paris,fit le 24 du mois dernier la cérémonie
de bénir cette Eglise.
Le lendemain, jour de la Fête de Saint
Louis,lePanégyrique de ce Saint y fut prononcé
par l'AbbéAtaud,Chanoinedumême
ChaChapitre,
qui fit une vive peinture de la:
désolation dans laquelle la maladie du Roi
avoir jette tous ses peuples. On chanta enfuite
le Te Durn en Musique, pour remercier
Dieu d'avoir conservé S. M. & l'Archevêque
de Bordeaux y officia pontificalement.
,
le Parlement de
Metz rendit ses respects à la Reine , &
ensuite à Monseigneur le Dauphin,M. de
Montholon,Premier Président,portant la
parole. Ce Parlement fut présenté & conduit
chés la Reine & chés Monseigneur le
Dauphin avec les, mêmes cérémonies
,
observées,
lorsqu'il eut audience du Roi, le
lendemain de l'arrivée de S. M. à Metz, Le.
même jour, les Députés de ce Parlement eurent
l'honneur de rendre leurs respects à
Mesdames de France.
La nouvelleEgliseCollégialdeS.Louis du
LouvreJaquelle a été rebâtie par les libéralités
du Roi, étant entièrement achevée, M.
Robinet,Vicaire Général de l'Archevêque
de Paris,fit le 24 du mois dernier la cérémonie
de bénir cette Eglise.
Le lendemain, jour de la Fête de Saint
Louis,lePanégyrique de ce Saint y fut prononcé
par l'AbbéAtaud,Chanoinedumême
ChaChapitre,
qui fit une vive peinture de la:
désolation dans laquelle la maladie du Roi
avoir jette tous ses peuples. On chanta enfuite
le Te Durn en Musique, pour remercier
Dieu d'avoir conservé S. M. & l'Archevêque
de Bordeaux y officia pontificalement.
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Résumé : « LE 24 du mois dernier, le Parlement de Metz rendit ses respects à la Reine, & [...] »
Le 24 du mois précédent, le Parlement de Metz a rendu hommage à la Reine et au Dauphin. M. de Montholon, Premier Président, a pris la parole. Les députés du Parlement ont également salué Mesdames de France. L'église collégiale Saint-Louis du Louvre, reconstruite grâce aux libéralités du Roi, a été bénie par M. Robinet, Vicaire Général de l'Archevêque de Paris. À l'occasion de la fête de Saint Louis, l'Abbé Ataud a prononcé un panégyrique du saint, évoquant la désolation causée par la maladie du Roi parmi ses sujets. Un Te Deum a ensuite été chanté en musique pour remercier Dieu de la préservation du Roi, avec l'Archevêque de Bordeaux officiant pontificalement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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796
p. 2090-2096
Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Début :
Le Maréchal de Noailles envoya ordre aux deux autres Détachemens que commandoient [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Roi, Troupes, Maréchal de Noailles, Rhin, Compagnies, Chevalier de Belle-Isle, Village, Ponts, Grenadiers, Détachement, Santé du roi
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texteReconnaissance textuelle : Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
Le Maréchal de Noailles envoya ordre
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
Fermer
Résumé : Victoires remportées sur les ennemis, [titre d'après la table]
En septembre 1744, le Maréchal de Noailles mena des opérations militaires en Allemagne. Il ordonna aux troupes du Chevalier de Belle-Isle et du Comte de Berchiny de traverser la Mautern et de se diriger vers le Fort-Louis. Face à la résistance ennemie à Suffelsheim, Noailles envoya des renforts dirigés par le Comte d'Eu et le Marquis de Clermont-Tonnerre. Après une heure de combat, les Français prirent les retranchements ennemis et poursuivirent les troupes adverses. Le Chevalier de Belle-Isle captura Suffelsheim, infligeant environ 1500 pertes aux ennemis contre 170 pertes françaises. Le Comte de Lowendahl signala des ennemis retranchés à Angenheim, ce qui amena Noailles à envoyer le Duc de Gramont avec les Gardes Françaises. Ces derniers attaquèrent Angenheim, mirent en fuite les ennemis et capturèrent deux redoutes. Le lendemain, ils apprirent que le Prince Charles avait repassé le Rhin. Parallèlement, un service solennel fut organisé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis pour le roi Louis XIV. À Strasbourg, Noailles fit construire deux ponts sur le Rhin, permettant à l'armée française de traverser du 25 au 29 septembre. L'armée se déplaça en plusieurs divisions et campa entre Stoloffen et Mulberg. La première division, sous les ordres du Chevalier de Belle-Isle, rejoignit l'arrière-garde des troupes de la reine de Hongrie. L'armée impériale, renforcée par des régiments allemands, traversa le Rhin à Germersheim. Le Maréchal de Noailles se dirigea ensuite vers Metz, où l'on rapporta une amélioration significative de la santé du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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797
p. 2096-2101
Te Deum chanté à Metz pour la guérison du Roi, [titre d'après la table]
Début :
Le 3 de ce mois après midi, la Reine, Monseigneur le Dauphin & Mesdames de [...]
Mots clefs :
Roi, Armée, Metz, Cour, Ennemis, Maréchal Comte de Saxe, Troupes, Lieutenant, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté à Metz pour la guérison du Roi, [titre d'après la table]
Le Maréchal de Noailles envoya ordre
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
aux deux autres Détachemens que commandoient
le Chevalier de Belle - Ifle & leComte
de Berchiny , de paffer la Mautern à Kalkenhaufen
, & de marcher du côté du Fort-
Louis par Schiren & par Suffelsheim . Vers
le midi , le Chevalier de Belle-Ifle lui manda
que les ennemis occupoient ce dernier Pofte
, & qu'ils y avoient un Corps de troupes ,
retranché derriere des abbatis d'Arbres , &
fur cet avis , le Maréchal de Noailles détacha
auffi-tôt fous les ordres du Comte d'Eu
& du Marquis de Clermont-Tonnerre
Lieutenans-Généraux , 16 Bataillons à la
tête defquels étoit la Brigade de Champagne
, & 16 Eſcadrons , avec fix piéces de
canon , pour foutenir le Chevalier de Belle-
Ifle , qui s'étant joint au Comte de Berchiny
, attaqua les retranchemens conſtruits
par les ennemis en deçà de Suffelsheim , &
dans lefquels il y avoit 4 à 5000 hommes ,
commandés par le Prince de Bade-Dourlach.
Ces retranchemens furent emportés l'épée à
la main , après une réſiſtance d'environ une
heure , & les troupes , qui les gardoient ,
furent pourfuivies jufqu'à l'entrée de la petite
SEPTEMBRE. 1744 2091
C
tite Plaine , qui eft entre la Forêt de Haguenau
& Suffelsheim .
Le Chevalier de Belle-lfle , après avoir
rallié fes troupes , attaqua auffi ce Village ,
qui étoit paliffadé, & dans lequel les ennemis
étoient en grand nombre , & il s'en empara.
Les ennemis , fuivant le rapport de tous
les prifonniers , ont perdu environ 1500
hommes dans ces deux actions , & il n'y a
eû , du côté des François , que 170 hommes
tués ou bleffés.
Le Comte de Lowendalh , qui étoit à une
lieuë fur la droite , ayant trouvé les ennemis
retranchés dans le Village d'Angenheim
, & jugeant qu'ils lui étoient trop fupericurs,
pour qu'il pût entreprendre de les
y forcer avec fon Détachement , il en donna
avis au Maréchal de Noailles , qui fit
avancer le Duc de Gramont à la tête de la
Brigade des Gardes Françoifes , avec ordre
de gagner la grande chauffée du Fort-Louis.
Le Maréchal de Noailles fit marcher en même-
tems de ce côté une Brigade d'artillerie
& dix piéces de canon , & ayant appris que
l'armée ennemie étoit campée , fa gauche à
fes Ponts de Benheim , & fa droite à Rechvangle
, Village fitué vis-à-vis du Fort-
Louis , il ordonna à toute l'armée , de joindre
le Détachement du Comte de Lowendalh
,
2092 MERCURE DE FRANCE
dalh , ce qui s'exécuta avec tant d'activité ,
que les troupes firent cette marche en trois
heures.
La Brigade des Gardes Françoifes s'étoit
renduë quelque-tems auparavant à Drufenheim
, & elle fe difpofoit à attaquer Angenheim
, lorfqu'elle s'apperçût que ce Village
étoit tout en feu . On y marcha fur le champ,
& comme il étoit prefque nuit , on ne penfoit
à fe former qu'au de là du Village. En
arrivant près d'un Ruiffeau bordé de Prai
ries marécageufes , & qui fe jette dans le
Rhin , un peu au- deffus du Fort- Louis , on
rencontra 32 Compagnies de Grenadiers ,
& un pareil nombre de Compagnies de Fufiliers
des ennemis , avec leurs troupes irregulieres
, qui étoient placées fur les aîles
dans les bois , & qui firent une décharge
fur nos troupes.
Les Grenadiers de l'armée du Roi franchirent
le Ruiffeau & le Foffé fur lequel les
ennemis avoient un retranchement ; ils
s'emparerent de deux redoutes ; ils pénétrerent
dans le retranchement , & ayant mis
les ennemis en fuite , il les pourfuivirent
jufqu'à dix heures du foir. La trop grande
obfcurité obligea les troupes de S. M. de
faire halte , & elles demeurerent en bataille
toute la nuit.
Le lendemain , à la pointe du jour , l'armée
SEPTEMBRE . 1744. 209
mée ayant commencé à paffer le Défilé , pour
marcher à Benheim , on reçût avis que le
Prince Charles avoit repaffé le Rhin , &
qu'il avoit brûlé fes Ponts.
Les troupes dans l'action du 23 au foir
& dans les deux attaques des retranchemens
& du Village de Suffelsheim , ont fait des
prodiges de valeur , & elles ont combattu
avec autant de bonheur que d'intrépidité
les ennemis ne nous ayant tué ou bleflé
qu'environ 200 hommes. Le Grand Prieur
de France a reçû un coup de fufil dans la
cuiffe ; M. de Fremur , Maréchal de Camp ,
a été bleffé dangereufement , ainfi que M.
Quenaut de Clermont , Maréchal de Camp
& Ingénieur , lequel eft mort depuis de fes
bleffures. M. de la Serre , Lieutenant Colonel
du Régiment du Roi , Infanterie , eft
bleffé à la jambe. M. du Tillet , Capitaine
d'une Compagnie du Régiment des Gardes
Françoifes , M. d'Amfreville , Lieutenant
de Grenadiers dans ce Régiment , & le Che
valier de la Cofte Meffeliere , Officier dans
le même Régiment , ont été tués.
La perte des ennemis monte à 3000 hommes
, tués ou bleffés , fans y comprendre les
prifonniers , dont le nombre augmentoir
tous les jours , beaucoup de Soldats ennemis
, qui n'avoient pû rejoindre leur armée ,
fortant des bois où ils s'étoient réfugiés , &
venant fe rendre à difcrétion. On
2094 MERCURE DE FRANCE.
On fit paffer le 24 une partie de l'armée
du Roi dans l'Ifle du Marquifat , & l'armée
Impériale marcha vers Germersheim , où elle
devoit paffer le Rhin fur les Ponts de Bâteaux
qu'on avoit laiffés à Philifbourg.
Le 25 & le 26 , on travailla à jetter des
Ponts vis-à- vis du Fort-Louis.
Le Chevalier de Belle Ifle fut détaché le
27 avec 22 Compagnies de Grenadiers
cinq Régimens de Dragons , trois de Huffards
, & toutes les Compagnies Franches ,
aller à la pourfuite de l'arriere-garde
pour
des ennemis.
•
Le Maréchal de Seckendorf a fait un Détachement
de l'armée Impériale , lequel devoit
joindre le 29 celui du Chevalier de
Belle - Ifle au-delà de Philifbourg.
Le Marquis de Croiffy a été nommé Lieutenant
Général des armées du Roi , & le
Comte de Montmorency , Colonel du Régiment
d'Infanterie de Flandre , a été fait
Brigadier.
,
Le premier Septembre , on célébra avec
les cérémonies accoûtumées dans l'Eglife
de l'Abbaye Royale de S. Denis , le
Service folemnel qui s'y fait tous les ans
pour le repos de l'Ame du feu Roi LOUIS
XIV , & l'Evêque de Meaux y officia pontificalement.
On
SEPTEMBRE. 1744.
2095
On mande de Strasbourg du S de ce
mois , que le Maréchal de Noailles ayant
fait jetter au Fort-Louis deux Ponts fur le
Rhin , l'armée du Roi paffa ce Fleuve depuis
le vingt-fix jufqu'au 29 du mois dernier , &
qu'ayant marché en plufieurs Divifions elle
a campé dans differens Poftes fur la route de
Stoloffen à Mulberg.
La premiere Divifion , compofée de 22
Compagnies de Grenadiers , de 36 Efca--
drons de Dragons & de Huffards , & des
Compagnies Franches , partit le 31 de Staf- ,
furt fous les ordres du Chevalier de Belle-
Ifle , Lieutenant Général , pour tâcher de
joindre l'arriere-garde des troupes de la
Reine de Hongrie.
,
L'armée Impériale , à laquelle fe font
joints les Régimens Allemands , qui font au
fervice du Roi , a paffé le Rhin à Germerfheim
, & le Comte de Seckendorf en a détaché
4000 hommes d'Infanterie & 2000,
de Cavalerie , qui font commandés par le
Comte de Piofafque , Général de Cavalerie
des troupes de l'Empereur , & par le Comte
de Segur , Lieutenant Général de celles du
Roi . Če Détachement arriva le 31 à Bretten
, & fur l'avis que les ennemis s'étoient
retirés le matin de Phortzheim , & , étoient
allés à Cauftadt , il dirigea fa marche , pour
aller paffer la Riviere d'Entz à Bietigheim.
Un
96 MERCURE DE FRANCE.
Un grand nombre de Déferreurs de l'armée
des ennemis s'eft rendu à celle du
Roi.
Le Maréchal de Noailles a paffé par Strafbourg
, en allant à Metz , où il devoit arriver
les de ce mois.
-On apprend de Metz du 8 du même mois,
que le progrès du rétabliſſement de la ſanté
du Roi étoit plus marqué depuis quelques
jours , qu'il ne l'avoit été dans ceux qui ont
fuivi les momens de la guérifon de S. M.
le Roi fe levoit vers le midi , fe promenoit
dans fon appartement , & ne ſe recouchoit
qu'à dix heures du foir,
que
S. M. dormit très-bien la nuit du 7 ; elle
s'habilla le 8 , & elle étoit dans l'état de
convalefcenee , le plus favorable qu'on pût
defirer ; ainfi l'on comptoit qu'elle fortiroit
inceffamment , & qu'en prenant l'air , elle
avanceroit beaucoup l'entier recouvrement
'de fes forces.
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Résumé : Te Deum chanté à Metz pour la guérison du Roi, [titre d'après la table]
En septembre 1744, le Maréchal de Noailles mena des opérations militaires en Allemagne. Il ordonna aux troupes du Chevalier de Belle-Isle et du Comte de Berchiny de traverser la Mautern et de se diriger vers le Fort-Louis. Face à la résistance ennemie à Suffelsheim, Noailles envoya des renforts dirigés par le Comte d'Eu et le Marquis de Clermont-Tonnerre. Après une heure de combat, les Français prirent les retranchements ennemis et poursuivirent les troupes adverses. Le Chevalier de Belle-Isle captura Suffelsheim, infligeant environ 1500 pertes aux ennemis contre 170 pertes françaises. Le Comte de Lowendahl signala des ennemis retranchés à Angenheim, ce qui amena Noailles à envoyer le Duc de Gramont avec les Gardes Françaises. Ces derniers attaquèrent Angenheim, mirent en fuite les ennemis et capturèrent deux redoutes. Le lendemain, ils apprirent que le Prince Charles avait repassé le Rhin. Parallèlement, un service solennel fut organisé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis pour le roi Louis XIV. À Strasbourg, Noailles fit construire deux ponts sur le Rhin, permettant à l'armée française de traverser du 25 au 29 septembre. L'armée se déplaça en plusieurs divisions et campa entre Stoloffen et Mulberg. La première division, sous les ordres du Chevalier de Belle-Isle, rejoignit l'arrière-garde des troupes de la reine de Hongrie. L'armée impériale, renforcée par des régiments allemands, traversa le Rhin à Germersheim. Le Maréchal de Noailles se dirigea ensuite vers Metz, où l'on rapporta une amélioration significative de la santé du roi.
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798
p. 2105-2110
FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Début :
Le Dimanche 13 Septembre, on chanta processionnellement dans la grande Cour de [...]
Mots clefs :
Hôtel royal des Invalides, Te Deum, Alexandre Milon de Mesme, Procession, Illumination, Pots à feu, Lampions, Peuple, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Le Dimanche 13 Septembre , on chanta
proceffionnellement dans la grande Cour de
Î'Hôtel Royal des Invalides , pour la Convalefcence
du Roi un , Te Deum folemnel au
bruit des Timballes , des Trompettes , du
canon & de la moufqueterie. M. Milon
Evêque de Valence , y officia enfuite pontificalement
au Salut , & donna la Bénédic
tion du S. Sacrement. Le Curé de l'Hôtel fe
Hv char-
›
2106 MERCURE DE FRANCE.
chargea de conduire la Proceflion , qu'il fit
marcher dans un très bel ordre . Le Clergé ,
foutenu des plus belles Baffes de la Muſique
de la Cathédrale , & accompagné d'un grand
nombre d'autres Eccléfiaftiques , tous en
Chapes & converts de ces magnifiques
Ornemens en broderie, qui font une des
curiofités de l'Hôtel , étoit precedé de 20
jeunes Clercs , couronnés de fleurs , & revêtus
de belles Aubes & de ceintures couleur
de feu . Le bruit de guerre qui fe faifoit
entendre dans l'intervalle des Verfets du
Te Deum , joint à la modeftie de tous les
Soldats de l'Hôtel , qui précédoient la Proceffion
, ou qui marchoient à la fuite , ayant
à leur tête M. de la Courneufve , Gouverneur
, accompagné de l'Erat Major , infpiroit
tout enfemble la joie & la dévotion au
grand nombre de Peuple , qui fut attiré par
la beauté & par la nouveauté de cette Cérémonie.
Elle fut fuivie à l'entrée de la nuit , d'une
Illumination la plus brillante & la mieux
entendue , que l'on eût encore offerte aux
yeux du Public ; la face immenfe de l'Hôtel
étoit parfaitement bien éclairée de plus de
10 mille gros Lampions , arrangés fuivant
l'ordre de fon Architecture ; les vaftes côtés
de la grande Porte d'entrée , appellée la
Porte Royale , ceux des Portes collaterales ,
les
SEPTEMBRE. 1744. 2107
, les les chambranles de toutes les croifées
pilaftres & généralement toutes les principales
piéces de l'Edifice en étoient remplies.
Les plintes de chaque étage formoient fans
interruption de grandes lignes de lumieres ,
les corniches & tout l'entablement étoient
garnis de grands pots à feu , & le vuide des
croifées du corps avancé , orné de magnifiques
Girandoles.
Les deux petits Pavillons , qui accompagnent
la grille de la premiere Porte d'entrée,
auffi - bien que les Trophées qui les couronnent
, étoient illuminés en plein , & les
parapets des foffés garnis de groffes terrines,
à très-peu de distance l'une de l'autre. Sur
le devant de l'avant cour , étoient rangées
fur des piédeftaux feize grandes & hautes
Girandoles , en forme d'Epicias , dont
la lumiere éclatante , jointe à celle de l'Illumination
, changeoit la nuit en un trèsbeau
jour.
Le Periftile de l'entrée de la cour Royale
étoit auffi illuminé en dedans par des pots à
feu , des Lampions & des Luftres .
Les trois grandes Portes de l'Eglife , en,
tierement fermées , étoient auffi éclairées-
& toute l'Architecture du Portail , ornée de
Lampions & de pots à feu ; une grande al+
lée d'autres pots à feu > l'on avoit tra
cée dans toute la longueur de la cour Roya→
H vj
que
le ,
L108 MERCURE DE FRANCE.
le , réuniffoit l'Illumination du Portail de
l'Eglife à celle du Périftile , ce qui formoit
dans l'éloignement une charmante perſpecti
ve , & faifoit paroître tout l'interieur de
l'Hôtel en feu .
Un Monde prodigieux rempliffoit toute
l'étendue du Cours la Reine , où étoit le
plus beau coup d'oeil , & la chauffée du chemin
de Verfailles , qui paffe devant ce
Cours , étoit occupée de fix rangs de caroffes
de Spectateurs diftingués. Tous les environs
de l'Hôtel n'en étoient pas moins rémplis
, & le Peuple à qui l'on permit d'entrer
dans les cours , s'y réjouit bien avant dans
la nuit , à la brillante lumiere de ces Illuminations
, en faifant à plufieurs repriſes des
acclamations de VIVE LE ROI.
Plufieurs Maréchaux de France , les Familles
des Ambaſſadeurs Etrangers & grand
nombre de Dames du premier rang , voulurent
honorer cette Fête de leur préfence.
On fit au Peuple une diftribution de plufieurs
piéces de Vin hors l'enceinte de l'Hôtel
, où tout ſe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& de tranquillité.
Le Grand Confeil fit chanter le 27 du
mois dernier le Te Deum dans fa Chapelle.
Les Sécretaires du Roi & les Payeurs des
Rentes l'ont fait chanter , les premiers dans
I'ESEPTEMBRE.
1744. 2109
•
l'Eglife des Céleftins , & les feconds dans
celle des Religieux de Notre-Dame de la
Mercy.
Le 11 de ce mois , le Marquis Doria , Envoyé
Extraordinaire de la République de
Génes , eut une audience particuliere du
Roi , & il préfenta à S. M. le Marquis Pallavicini
, qui fut la nouvelle de la marche
du Roi , pour aller en Allemagne , avoit
reçû ordre de la République de Génes , de
fe rendre auprès de S. M. en qualité d'Envoyé
Extraordinaire , & qui après avoir
rempli la commiflion pour laquelle il eft
allé à Metz , félicita le Roi de la part de la
République fur la guérifon de S. M. Ces
deux Miniftres furent conduits à cette audience
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
>
On mande de Metz du 15 de ce mois ,
que le Roi fe portoit de mieux en mieux
qu'il avoit de l'appetit , qu'il paffoit les
nuits , auffi tranquillement qu'on pouvoit
le defirer , que fes forces fe rétablilfoient
chaque jour fenfiblement , & que S. M.
avoit tenu depuis huit jours deux Confeils
d'Etat , & elle a travaillé plufieurs fois
avec fes Miniftres .
-
Elle s'eft promenée le 14 en caroffe dans
les dehors de la Vilie , fans en être fatiguée
,
2110 MERCURE DE FRANCE.
guée , & elle eft allée le 15 après midi jufqu'à
Frefcati , qui eft à une lieuë de Metz.
Le Dimanche 13 Septembre , on chanta
proceffionnellement dans la grande Cour de
Î'Hôtel Royal des Invalides , pour la Convalefcence
du Roi un , Te Deum folemnel au
bruit des Timballes , des Trompettes , du
canon & de la moufqueterie. M. Milon
Evêque de Valence , y officia enfuite pontificalement
au Salut , & donna la Bénédic
tion du S. Sacrement. Le Curé de l'Hôtel fe
Hv char-
›
2106 MERCURE DE FRANCE.
chargea de conduire la Proceflion , qu'il fit
marcher dans un très bel ordre . Le Clergé ,
foutenu des plus belles Baffes de la Muſique
de la Cathédrale , & accompagné d'un grand
nombre d'autres Eccléfiaftiques , tous en
Chapes & converts de ces magnifiques
Ornemens en broderie, qui font une des
curiofités de l'Hôtel , étoit precedé de 20
jeunes Clercs , couronnés de fleurs , & revêtus
de belles Aubes & de ceintures couleur
de feu . Le bruit de guerre qui fe faifoit
entendre dans l'intervalle des Verfets du
Te Deum , joint à la modeftie de tous les
Soldats de l'Hôtel , qui précédoient la Proceffion
, ou qui marchoient à la fuite , ayant
à leur tête M. de la Courneufve , Gouverneur
, accompagné de l'Erat Major , infpiroit
tout enfemble la joie & la dévotion au
grand nombre de Peuple , qui fut attiré par
la beauté & par la nouveauté de cette Cérémonie.
Elle fut fuivie à l'entrée de la nuit , d'une
Illumination la plus brillante & la mieux
entendue , que l'on eût encore offerte aux
yeux du Public ; la face immenfe de l'Hôtel
étoit parfaitement bien éclairée de plus de
10 mille gros Lampions , arrangés fuivant
l'ordre de fon Architecture ; les vaftes côtés
de la grande Porte d'entrée , appellée la
Porte Royale , ceux des Portes collaterales ,
les
SEPTEMBRE. 1744. 2107
, les les chambranles de toutes les croifées
pilaftres & généralement toutes les principales
piéces de l'Edifice en étoient remplies.
Les plintes de chaque étage formoient fans
interruption de grandes lignes de lumieres ,
les corniches & tout l'entablement étoient
garnis de grands pots à feu , & le vuide des
croifées du corps avancé , orné de magnifiques
Girandoles.
Les deux petits Pavillons , qui accompagnent
la grille de la premiere Porte d'entrée,
auffi - bien que les Trophées qui les couronnent
, étoient illuminés en plein , & les
parapets des foffés garnis de groffes terrines,
à très-peu de distance l'une de l'autre. Sur
le devant de l'avant cour , étoient rangées
fur des piédeftaux feize grandes & hautes
Girandoles , en forme d'Epicias , dont
la lumiere éclatante , jointe à celle de l'Illumination
, changeoit la nuit en un trèsbeau
jour.
Le Periftile de l'entrée de la cour Royale
étoit auffi illuminé en dedans par des pots à
feu , des Lampions & des Luftres .
Les trois grandes Portes de l'Eglife , en,
tierement fermées , étoient auffi éclairées-
& toute l'Architecture du Portail , ornée de
Lampions & de pots à feu ; une grande al+
lée d'autres pots à feu > l'on avoit tra
cée dans toute la longueur de la cour Roya→
H vj
que
le ,
L108 MERCURE DE FRANCE.
le , réuniffoit l'Illumination du Portail de
l'Eglife à celle du Périftile , ce qui formoit
dans l'éloignement une charmante perſpecti
ve , & faifoit paroître tout l'interieur de
l'Hôtel en feu .
Un Monde prodigieux rempliffoit toute
l'étendue du Cours la Reine , où étoit le
plus beau coup d'oeil , & la chauffée du chemin
de Verfailles , qui paffe devant ce
Cours , étoit occupée de fix rangs de caroffes
de Spectateurs diftingués. Tous les environs
de l'Hôtel n'en étoient pas moins rémplis
, & le Peuple à qui l'on permit d'entrer
dans les cours , s'y réjouit bien avant dans
la nuit , à la brillante lumiere de ces Illuminations
, en faifant à plufieurs repriſes des
acclamations de VIVE LE ROI.
Plufieurs Maréchaux de France , les Familles
des Ambaſſadeurs Etrangers & grand
nombre de Dames du premier rang , voulurent
honorer cette Fête de leur préfence.
On fit au Peuple une diftribution de plufieurs
piéces de Vin hors l'enceinte de l'Hôtel
, où tout ſe paffa avec beaucoup d'ordre ,
& de tranquillité.
Le Grand Confeil fit chanter le 27 du
mois dernier le Te Deum dans fa Chapelle.
Les Sécretaires du Roi & les Payeurs des
Rentes l'ont fait chanter , les premiers dans
I'ESEPTEMBRE.
1744. 2109
•
l'Eglife des Céleftins , & les feconds dans
celle des Religieux de Notre-Dame de la
Mercy.
Le 11 de ce mois , le Marquis Doria , Envoyé
Extraordinaire de la République de
Génes , eut une audience particuliere du
Roi , & il préfenta à S. M. le Marquis Pallavicini
, qui fut la nouvelle de la marche
du Roi , pour aller en Allemagne , avoit
reçû ordre de la République de Génes , de
fe rendre auprès de S. M. en qualité d'Envoyé
Extraordinaire , & qui après avoir
rempli la commiflion pour laquelle il eft
allé à Metz , félicita le Roi de la part de la
République fur la guérifon de S. M. Ces
deux Miniftres furent conduits à cette audience
par le Chevalier de Sainctot , Introducteur
des Ambaffadeurs.
>
On mande de Metz du 15 de ce mois ,
que le Roi fe portoit de mieux en mieux
qu'il avoit de l'appetit , qu'il paffoit les
nuits , auffi tranquillement qu'on pouvoit
le defirer , que fes forces fe rétablilfoient
chaque jour fenfiblement , & que S. M.
avoit tenu depuis huit jours deux Confeils
d'Etat , & elle a travaillé plufieurs fois
avec fes Miniftres .
-
Elle s'eft promenée le 14 en caroffe dans
les dehors de la Vilie , fans en être fatiguée
,
2110 MERCURE DE FRANCE.
guée , & elle eft allée le 15 après midi jufqu'à
Frefcati , qui eft à une lieuë de Metz.
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Résumé : FESTE donné à l'Hôtel Royal des Invalides.
Le 13 septembre, une fête fut organisée à l'Hôtel Royal des Invalides pour célébrer la convalescence du roi. Une procession solennelle eut lieu dans la grande cour, accompagnée d'un Te Deum chanté au son des timbales, trompettes, canons et fusillades. M. Milon, évêque de Valence, officia et bénit le Saint-Sacrement. La procession, dirigée par le curé de l'Hôtel, comprenait des clercs en aubes et ceintures rouges, précédés par des soldats des Invalides. Cette cérémonie inspira joie et dévotion parmi le peuple présent. À la tombée de la nuit, une illumination spectaculaire éclaira l'Hôtel, avec plus de 10 000 lampions disposés selon l'architecture du bâtiment. Les façades, portes et fenêtres étaient ornées de girandoles et pots à feu, créant une perspective lumineuse impressionnante. La foule, incluant des maréchaux de France et des ambassadeurs étrangers, se rassembla pour admirer la scène. Du vin fut distribué au peuple, et tout se déroula dans l'ordre et la tranquillité. Le 27 septembre précédent, le Grand Conseil avait également chanté le Te Deum dans sa chapelle. Les secrétaires du roi et les payeurs des rentes firent de même dans leurs églises respectives. Le 11 septembre, le marquis Doria, envoyé extraordinaire de la République de Gênes, présenta au roi le marquis Pallavicini, porteur de félicitations pour la guérison du souverain. Le roi, alors à Metz, se portait mieux, passait des nuits tranquilles et avait repris ses activités, comme tenir des conseils d'État et travailler avec ses ministres. Il se promena également en voiture sans fatigue excessive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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799
p. 2110-2113
Illuminations dans toutes les rües de Paris, [titre d'après la table]
Début :
Le jour qu'on tira le Feu d'artifice de l'Hôtel-de-Ville, toutes les maisons furent [...]
Mots clefs :
Roi, Ville, Habitants, Inscriptions, Devises, Metz, Te Deum, Fête, La Reine, Illuminations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Illuminations dans toutes les rües de Paris, [titre d'après la table]
Le jour qu'on tira le Feu d'artifice de
l'Hôtel - de-Ville , toutes les maiſons furent
illuminées. Chaque Quai , chaque Place publique,
offrit cette nuit là un Spectacle qu'on
ne voyoit qu'avec furprife , & qu'on ne
quittoit qu'avec regret . Après avoir parcouru
une partie de Paris , on croyoit avoir
épuifé fon admiration , & on trouvoit en
arrivant dans une autre partie , un nouveau
fujet d'admirer. L'ardeur du zéle chés plufieurs
habitans de cette Ville , paroiffoit
avoir
SEPTEMBRE. 1744 211
avoir eû prefque les mêmes reffources que
l'opulence . Dans plus d'un endroit , on étoit
étonné , en confiderant l'élégance & le goût
d'une Illumination , d'apprendre qu'elle
avoit été ordonnée par un particulier , connu
de fes feuls voifins . Par tout on remarquoit
des objets, qui , s'ils n'étoient pas tous
également frappans par la magnificence , du
moins étoient tous également intéreffans
par ce qu'ils avoient de flateur pour le Roi.
Les habitans qui avoient été obligés de fe
tenir dans les bornes de la fimplicité , s'étoient
efforcés de montrer qu'ils ne cédoient
aux autres que par la dépenfe , & non par
les fentimens , & ce qui n'étoit peut-être
pas encore arrivé , la plupart des Boutiques
des moindres Artifans étoient ornées d'Inf
criptions , qui loiioient d'autant mieux S.
M. qu'elles étoient moins recherchées : ces
mots , Vive Louis le Bien- Aimé , tracés prefque
par tout en caracteres de feu , annonçoient
que la Nation déféroit à notre Monarque
un Titre , qui eft au- deffus de tous
les autres , & qui les renferme tous . Pendant
toute la nuit , les rues furent remplies ,
non-feulement de peuple , qui faifoit retentir
l'air de fes cris d'allegreffe , mais encore
de perfonnes de tous les Ordres , attirées par
le plaifir de partager la joie publique. On
entendoit de toutes parts , les unes expliquer
, à celles qui n'entendoient pas le Latim
,
2112 MERCURE DE FRANCE.
tin , les Inſcriptions & les Devifes , compofées
en cette Langue ; les autres applaudir à
la jufteffe de ces Infcriptions & de ces Devifes
, les répéter plufieurs fois , les faire redire
à leurs enfans . Ce qu'on lifoit , il fembloit
qu'on l'appercevoit gravé dans tous
les coeurs. Jamais il n'y eut une plus grande
agitation dans Paris , & jamais il n'y régna
plus d'ordre , malgré la multitude prodigieufe
de caroffes qui furent en mouvement
jufqu'à trois heures du matin . Cette
Fête , à jamais mémorable par fon objet ,
par fes circonftances & par fon éclat , doit
l'ètre encore plus par l'avantage fingulier
qu'elle a eû de n'être troublée par aucun
accident ni par aucune querelle . On auroit
dit que la joie ne laiffoit place à nul autre
fentiment ; que tous les Parifiens ne compofoient
qu'une feule Famille , unie par les
liens de la tendreffe ,autant que par ceux du
Sang , & qu'ils étoient des Freres , occupés
de l'unique foin de fe réjouir de ce que leur
Pere leur étoit rendu .
Les Etrangers , qui ont été témoins de
tous les tranfports aufquels les habitans de
cette Capitale fe font livrés , ont dû , en
voyant les marques de l'affection des François
pour le Roi , trouver la France bien redoutable
à fes ennemis .
Le 8 de ce mois , Fête de la Nativité de
la Ste Vierge , la Reine ſe rendit à l'Eglife
du
SEPTEMBRE . 1744. 2113
du Monaftere des Carmélites de Metz , &
S. M. y communia par les mains de l'Archevêque
de Rouen , fon Grand Aumônier.
Depuis 15 jours , les Eglifes de cette Ville
retentiffent des actions de graces que l'on
rend à Dieu pour la guérifon du Roi , les
differens Corps des Officiers de S. M. &
ceux des habitans de la Ville , s'étant également
empreffés de remercier la Bonté Di
vine d'avoir confervé le Roi pour le bonheur
de la France , & pour celui des
perfonnes
, qui font particulierement attachées
au fervice de S. M.
La Reine , Monfeigneur le Dauphin &
Mefdames de France ont entendu les Te
Deum , qui ont été chantés à cette occafion .
Le 13 après midi , la Reine , accompa
gr ée de Monfeigneur le Dauphin & de
Mefdames & fuivie de toute la Cour
> >
affifta à celui que le Prince de Campo
Florido
, Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne
auprès
du Roi , fit chanter
dans l'Eglife
de l'Abbaye
de S. Arnoul
de Metz , qui étoit éclaipar
un grand
nombre
de lumieres
.
rée
Le foir , le même Ambaffadeur fit illuminer
, avec autant de magnificence que le
Lieu pouvoit le permettre , la maifon qu'il
occupe en cette Ville , & la rue qui y conduit
, & après un feu d'artifice on fervit un
fouper très-fplendide pour toutes les perfonnes
de la Cour , que le Prince de Campo
Florido avoit invitées à cette Fête .
l'Hôtel - de-Ville , toutes les maiſons furent
illuminées. Chaque Quai , chaque Place publique,
offrit cette nuit là un Spectacle qu'on
ne voyoit qu'avec furprife , & qu'on ne
quittoit qu'avec regret . Après avoir parcouru
une partie de Paris , on croyoit avoir
épuifé fon admiration , & on trouvoit en
arrivant dans une autre partie , un nouveau
fujet d'admirer. L'ardeur du zéle chés plufieurs
habitans de cette Ville , paroiffoit
avoir
SEPTEMBRE. 1744 211
avoir eû prefque les mêmes reffources que
l'opulence . Dans plus d'un endroit , on étoit
étonné , en confiderant l'élégance & le goût
d'une Illumination , d'apprendre qu'elle
avoit été ordonnée par un particulier , connu
de fes feuls voifins . Par tout on remarquoit
des objets, qui , s'ils n'étoient pas tous
également frappans par la magnificence , du
moins étoient tous également intéreffans
par ce qu'ils avoient de flateur pour le Roi.
Les habitans qui avoient été obligés de fe
tenir dans les bornes de la fimplicité , s'étoient
efforcés de montrer qu'ils ne cédoient
aux autres que par la dépenfe , & non par
les fentimens , & ce qui n'étoit peut-être
pas encore arrivé , la plupart des Boutiques
des moindres Artifans étoient ornées d'Inf
criptions , qui loiioient d'autant mieux S.
M. qu'elles étoient moins recherchées : ces
mots , Vive Louis le Bien- Aimé , tracés prefque
par tout en caracteres de feu , annonçoient
que la Nation déféroit à notre Monarque
un Titre , qui eft au- deffus de tous
les autres , & qui les renferme tous . Pendant
toute la nuit , les rues furent remplies ,
non-feulement de peuple , qui faifoit retentir
l'air de fes cris d'allegreffe , mais encore
de perfonnes de tous les Ordres , attirées par
le plaifir de partager la joie publique. On
entendoit de toutes parts , les unes expliquer
, à celles qui n'entendoient pas le Latim
,
2112 MERCURE DE FRANCE.
tin , les Inſcriptions & les Devifes , compofées
en cette Langue ; les autres applaudir à
la jufteffe de ces Infcriptions & de ces Devifes
, les répéter plufieurs fois , les faire redire
à leurs enfans . Ce qu'on lifoit , il fembloit
qu'on l'appercevoit gravé dans tous
les coeurs. Jamais il n'y eut une plus grande
agitation dans Paris , & jamais il n'y régna
plus d'ordre , malgré la multitude prodigieufe
de caroffes qui furent en mouvement
jufqu'à trois heures du matin . Cette
Fête , à jamais mémorable par fon objet ,
par fes circonftances & par fon éclat , doit
l'ètre encore plus par l'avantage fingulier
qu'elle a eû de n'être troublée par aucun
accident ni par aucune querelle . On auroit
dit que la joie ne laiffoit place à nul autre
fentiment ; que tous les Parifiens ne compofoient
qu'une feule Famille , unie par les
liens de la tendreffe ,autant que par ceux du
Sang , & qu'ils étoient des Freres , occupés
de l'unique foin de fe réjouir de ce que leur
Pere leur étoit rendu .
Les Etrangers , qui ont été témoins de
tous les tranfports aufquels les habitans de
cette Capitale fe font livrés , ont dû , en
voyant les marques de l'affection des François
pour le Roi , trouver la France bien redoutable
à fes ennemis .
Le 8 de ce mois , Fête de la Nativité de
la Ste Vierge , la Reine ſe rendit à l'Eglife
du
SEPTEMBRE . 1744. 2113
du Monaftere des Carmélites de Metz , &
S. M. y communia par les mains de l'Archevêque
de Rouen , fon Grand Aumônier.
Depuis 15 jours , les Eglifes de cette Ville
retentiffent des actions de graces que l'on
rend à Dieu pour la guérifon du Roi , les
differens Corps des Officiers de S. M. &
ceux des habitans de la Ville , s'étant également
empreffés de remercier la Bonté Di
vine d'avoir confervé le Roi pour le bonheur
de la France , & pour celui des
perfonnes
, qui font particulierement attachées
au fervice de S. M.
La Reine , Monfeigneur le Dauphin &
Mefdames de France ont entendu les Te
Deum , qui ont été chantés à cette occafion .
Le 13 après midi , la Reine , accompa
gr ée de Monfeigneur le Dauphin & de
Mefdames & fuivie de toute la Cour
> >
affifta à celui que le Prince de Campo
Florido
, Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne
auprès
du Roi , fit chanter
dans l'Eglife
de l'Abbaye
de S. Arnoul
de Metz , qui étoit éclaipar
un grand
nombre
de lumieres
.
rée
Le foir , le même Ambaffadeur fit illuminer
, avec autant de magnificence que le
Lieu pouvoit le permettre , la maifon qu'il
occupe en cette Ville , & la rue qui y conduit
, & après un feu d'artifice on fervit un
fouper très-fplendide pour toutes les perfonnes
de la Cour , que le Prince de Campo
Florido avoit invitées à cette Fête .
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Résumé : Illuminations dans toutes les rües de Paris, [titre d'après la table]
Le 21 septembre 1744, Paris fut illuminé pour célébrer un feu d'artifice tiré depuis l'Hôtel de Ville. Les maisons, quais et places publiques étaient ornés de lumières, suscitant l'admiration des habitants. L'enthousiasme et le zèle des Parisiens rivalisaient avec l'opulence, certains particuliers ayant organisé des illuminations élégantes. Des inscriptions telles que 'Vive Louis le Bien-Aimé' étaient omniprésentes, reflétant la dévotion nationale envers le roi. La nuit fut marquée par une grande agitation joyeuse et un ordre exemplaire malgré la foule. La fête fut mémorable pour son absence d'incidents et l'unité des Parisiens, comparés à une famille réunie par l'amour pour leur souverain. Les étrangers présents notèrent l'affection des Français pour le roi, renforçant l'image de la France comme une nation redoutable pour ses ennemis. Le 8 septembre, la reine se rendit à l'église du monastère des Carmélites de Metz pour communier. Depuis quinze jours, les églises de la ville résonnaient d'actions de grâce pour la guérison du roi, avec des Te Deum chantés par divers corps d'officiers et habitants. Le 13 septembre, la reine, accompagnée du dauphin et des princesses, assista à un Te Deum à l'abbaye de Saint-Arnoul de Metz, illuminée pour l'occasion. L'ambassadeur d'Espagne, le prince de Campo Florido, organisa également une illumination et un souper somptueux pour la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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800
p. 2115-2116
AUTRE du même Cardinal, au sujet de la prise du Château Dauphin.
Début :
PIERRE GUERIN DE TENCIN, &c. La Victoire dont nous allons rendre graces au [...]
Mots clefs :
Seigneur, Princes, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE du même Cardinal, au sujet de la prise du Château Dauphin.
AUTRE du même Cardinal , au sujet de
la prife du Château Dauphin.
IERRE GUERIN DE TENCIN , & C.
Pla Victoire dont nous allons rendre graces au
Seigneur , mes très chers Freres , renferme tout ce
qui pouvoit en relever le prix & l'éclat . Elle a été
remportée par deux. Princes de la Maifon de France
, & elle n'eft pas moins glorieuſe par la valeur
que les troupes des deux Nations ont montrée ,
qu'avantageule par les facilités qu'elle donne au
Roi d'Espagne de faire valoir la justice de fes droits
fur les Etats que le feu Empereur poffedoit en Italie.
Quelle joye pour des coeurs vraiment François ,
mes très chers Freres , & en même- teins quel puif
fant motif de confiance , de penser que nous avons
toujours été victorieux partout où le Roi & les
Princes de fon Sang ont commandé en Perfonne
Quelle fatisfaction pour Sa Majesté de voir ſe développer
fi rapidement dans ces jeunes Hé os ce
germe de bravoure & de fageffe qu'ils tiennent de
leurs
2116 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ancêtres ! mais que notre jufte admiration
pour nos Princes, n'affoibliffe pas la reconnoiffance
que nous devons au Seigneur . Quelques naturelles
que paroiffent dans certains hommes privilegiés les
qualités & les vertus qui font les grands Hommes ,
elles n'en font pas moins des dons de Dieu . Quelque
fort que foit le bras du Vainqueur , c'est tou
jours celui de Dieu qui l'a fait vaincre . Ainfi en demandant
au Seigneur de nouveaux fuccès qui hâtent
le retour de la Paix , attendons- les de få feula
Bonté , & que nos voeux foient auffi humbles que
purs & défintereflés .
A ces caufes , &c.
la prife du Château Dauphin.
IERRE GUERIN DE TENCIN , & C.
Pla Victoire dont nous allons rendre graces au
Seigneur , mes très chers Freres , renferme tout ce
qui pouvoit en relever le prix & l'éclat . Elle a été
remportée par deux. Princes de la Maifon de France
, & elle n'eft pas moins glorieuſe par la valeur
que les troupes des deux Nations ont montrée ,
qu'avantageule par les facilités qu'elle donne au
Roi d'Espagne de faire valoir la justice de fes droits
fur les Etats que le feu Empereur poffedoit en Italie.
Quelle joye pour des coeurs vraiment François ,
mes très chers Freres , & en même- teins quel puif
fant motif de confiance , de penser que nous avons
toujours été victorieux partout où le Roi & les
Princes de fon Sang ont commandé en Perfonne
Quelle fatisfaction pour Sa Majesté de voir ſe développer
fi rapidement dans ces jeunes Hé os ce
germe de bravoure & de fageffe qu'ils tiennent de
leurs
2116 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ancêtres ! mais que notre jufte admiration
pour nos Princes, n'affoibliffe pas la reconnoiffance
que nous devons au Seigneur . Quelques naturelles
que paroiffent dans certains hommes privilegiés les
qualités & les vertus qui font les grands Hommes ,
elles n'en font pas moins des dons de Dieu . Quelque
fort que foit le bras du Vainqueur , c'est tou
jours celui de Dieu qui l'a fait vaincre . Ainfi en demandant
au Seigneur de nouveaux fuccès qui hâtent
le retour de la Paix , attendons- les de få feula
Bonté , & que nos voeux foient auffi humbles que
purs & défintereflés .
A ces caufes , &c.
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Résumé : AUTRE du même Cardinal, au sujet de la prise du Château Dauphin.
Dans une lettre adressée à ses frères, le Cardinal célèbre la récente prise du Château Dauphin, attribuant cette victoire à deux princes de la Maison de France. La bravoure des troupes des deux nations impliquées est soulignée. Cette victoire permet au roi d'Espagne de revendiquer ses droits sur les États italiens autrefois détenus par l'empereur défunt. Le Cardinal exprime sa joie et sa confiance, notant que la France a toujours triomphé lorsque le roi et les princes de son sang ont commandé en personne. Il admire le courage et le dévouement des jeunes héros, hérités de leurs ancêtres. Toutefois, il rappelle que ces qualités sont des dons de Dieu et que toute victoire est due à la volonté divine. Il conclut en appelant à des succès futurs pour hâter la paix, tout en restant humble et désintéressé dans leurs prières.
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