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2501
p. 163-167
LETTRE du Camp devant Novarre, écrite le 14 Janvier, contenant quelque détail du Siége de la Citadelle de Milan, &c. et de Novarre.
Début :
La Tranchée fut ouverte devant la Citadelle de Milan la nuit du 15 au 16 de Decembre [...]
Mots clefs :
Nuit, Pièces, Parallèle, Batteries, Novare, Communications, Bastions, Attaque, Canon, Chemin couvert
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Camp devant Novarre, écrite le 14 Janvier, contenant quelque détail du Siége de la Citadelle de Milan, &c. et de Novarre.
LETTRE du Camp devant Novarre ,
écrite le 14 Janvier , contenant quelque
détail du Siége de la Citadelle de Milan
, & c. et de Novarre.
A Tranchée fut ouverte devant la Citadelle
Lde Milan la nuit du 15 au 16 de Decembre
deux mille travailleurs , et l'on fit cette
pár
même nuit une Parallele à 120 toises de la Pla
ce , et de 580 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele de
630 toises les deux , ce qui fut perfectionné durant
la journée du 16. La nuit du 16 au 17 on
fit trois Zigzags vis - à - vis les Angles Saillans des
deux Bastions ou de la Demi - Lune de l'attaque .
La nuit du 17 au 18 l'on fit une Parallele au
pied du Glacis de 316 toises de longueur.
La nuit du 18 au 19 on prolongea la premiere
Parallele , et l'on travailla aux Batteries de
30 pieces de Canon qui ont ruiné les deffenses ,
et aux communications pour arriver aux Batteries.
La nuit du 19 au 20, on travailla à la Sape volante
, pour continuer les débouchez des Zigzags
, sur les Capitales.
La nuit du 20 au 21 , on prolongea , encore à
la Sappe , les débouchez des Zigzags .
La nuit du 21 au 22 , on fit la troisiéme Parallele
à moitié du Glacis .
La nuit du 22 au 23 , on continua cette Parallele
et l'on prolongea la premiere Parallele jusqu'à
la Porte Verccilline , pour la commodité
des Troupes.
La même nuit du 22 au 23 , les Mineurs com-
H vj
men164
MERCURE DE FRANCE.
mencerent neuf Puits ou descentes pour chercher
les Mines des Ennemis , et l'on commença en
même-temps trois Zigzags à la Sappe, pour s'approcher
des Angles saillans,
La nuit du 23 au 24 , on fit le logement du
Chemin couvert , sur les Angles saillans , avec
des communications pour y arriver .
La nuit du 24 au 25, on continua le logement
du Chemin couvert.
La nuit du 25 au 26, on perfectionna le logegement
du Chemin couvert , de mêine que les
communications; et la même nuit on commença
les Batteries sur le Chemin couvert; sçavoir,deux
de 4 Pieces chacune , pour battre les faces de la
Demi - Lune , deux autres Batteries , de 6 Pieces
chacune , pour battre les deux faces des Bastions
du front de l'attaque.
Pendant le jour du 26 , on commença.
bouchez des descentes du Fossé.
six. dé-
La nuit du 26 au 27 , on fit les logemens dans
les deux Places d'armes rentrantes , et cette
même nuit on commença deux Batteries de qua,
tre Pieces chacune , pour ruiner les Flancs des
deux Bastions de l'attaque.
La nuit du 27 au 28 , on perfectionna les lodes
Places d'armes rentrantes , et l'on con- gemens
tinua les Batteries , et prolongea les descentes dy
Fossé , près de la Contrescarpe.
La nuit du 28 au 29 , on fit un Epaulement
sur le Chemin couvert de l'attaque de la droite ,
pour couvrir les Batteries qui étoient de ce côtélà.
Les & Pieces de Canon pour battre les faces
de la Demi- Lune , commencerent à tirer le 27 ,
et le 29 la Bréche à la face gauche étoit praticable
. Les 12 Piéces destinées pour faire Bréche
aux faces des Bastions , commencerent à tixer ,
parJANVIER
1734- IGS
partie le 27 , et l'autre partie tira le 28, et tou
tes ces Pieces faisoient beaucoup d'effet . Les &
Pieces destinées pour ruiner les Flancs , commencerent
à tirer le 29 au matin , et ce même
jour à deux heures après midi , les Ennemis demanderent
à capituler , et arborerent le Drapeau
blanc , la Garnison étoit composée de
1500 hommes d'Infanterie , on leur a accordé
les honneurs de la Guerre , et sont sortis le a
Janvier , , pour être conduits à Mantouë.
M. le Maréchal de Visconti commandoit en
Chef dans cette Citadelle ; la Garnison s'est assez
bien deffendue ; elle pouvoit néanmoins encore
tenir 3 à 4 jours , mais on l'auroit fait Prisonniere
de Guerre. Nous avons perdu dans le courant
de ce Siége 60 hommes de tuez , et 116
blessez. Les Troupes y ont servi avec beaucoup
de valeur et de distinction .
La Tranchée fut ouverte devant Novarre la nuit
du s at 6 Janvier , par 2000 travailleurs , sourenus
en avant par cinq Compagnies de Grena
diers , et sur le derriere , par 2 Bataillons. L'on
fit une Parallele à 130 toises de la Place , et de
540 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele , le tout s'est perfectionné
durant la journée du 6 , par les deux
Bataillons de la tranchée , 1000 Soldats travailn
leurs et 500 Paysans.
La nuit du 6 au 7 on fit une seconde Parallele
â la Sappe volante , avec trois communications
en zigzags ; cette Parallele étoit à 60 toises
de la premiere , et à 70 toises du Chemin
Couvert. L'on travailla dès le 6 , à deux Batteries
de 8 Mortiers , quatre dans chaque Batteries ,
qui jetterent des Bombes le 7 au matin , et l'on
commença la nuit du 6 au 7 , six Batterics de
Садом
166 MERCURE DE FRANCE
Canon ; sçavoir , deux de chacune 8 Pieces ,
pour battre les deux faces des Bastions de l'attaque
; deux de chacune trois Pieces , pour ruiner
les deux Flancs et les deffenses de la Demi-
Lune , et deux Batteries sur la gauche , et la
droite entre les deux Paralleles , pour tirer à
Ricochets et enfiler les deux faces des Bastions
du côté de l'attaque ; ces 30 Pieces de Canon
devoient tirer le 9 au matin ; mais les Bombes
ayant , dis-je, fait beaucoup de frayeur aux habitans
de la Ville ; ils allerent trouver M. Paul
Durand, Gouverneur , pour le prier de capituler,
ce qu'il accepta ; et le 7 , à 4 heures après midi
il fit rappeller et arborer le Drapeau blanc.
La Capitulation fut signé le même jour , et le
lendemain 8. on nous ceda une des Portes de la
Ville. La Garnison en sortit le onze au matin
au nombre de 1300 hommes d'Infanterie , et 40
Chevaux, deux Pieces de Canon , et 90 Chariots,
pour porter leurs Equipages , et on les escorta
jusqu'à Mantouë.
M. de la Blottiere a commandé en chef à ces
deux Siéges , de même qu'à celui de Pizighitone,
à cause que M.de Salmon son ancien, a toujours
été inalade.
Il y a eu à tous ces Siéges quatre Brigades
d'Ingénieurs,faisant en tout 32.et 16 Ingénieurs
Piémontois qui monterent avec nos Brigades.
Dans moins de deux mois de temps l'armée
bien fait des Conquêtes. Les voici : Pizzighitone
, la Citadelle de Milan , Novarre , le Château
de Crémone, et le Fort de Lecs , Tresso, Fuentes,
Arona , et Saravats. Il y avoit dans toutes ces
Places du Canon, des Garnisons , et beaucoup de
Munitions de Guerre et de Bouche .
Il y a dans Novarre 44 Piéces de Canons , &
Mor-
X
JANVIER. 1734 167
$4
Mortiers , le tout de Bronze ; 4300 Barils de
Poudre,chaque Baril de cent liv. pesant , et beaud'autres
munitions. coup
que
,
Il y a dans Pizzighitone et dans la Citadelle de
Milan beaucoup plus d'Artillerie et de Poudre
dans Novarre si le temps nous permet de
faire le Siége de Tortonne toute la Lombardie
, depuis l'Oglio jusqu'à la Sesia , près de
Verceille , sera libre ; c'est -à-dire que toutes les
Places seront soumises . On s'est même emparé
de Gouestella et de Borgoforte , cette derniere
Place qui ne vaut rien , n'est qu'à deux lieuës de
Mantoue. Je suis , &c.
écrite le 14 Janvier , contenant quelque
détail du Siége de la Citadelle de Milan
, & c. et de Novarre.
A Tranchée fut ouverte devant la Citadelle
Lde Milan la nuit du 15 au 16 de Decembre
deux mille travailleurs , et l'on fit cette
pár
même nuit une Parallele à 120 toises de la Pla
ce , et de 580 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele de
630 toises les deux , ce qui fut perfectionné durant
la journée du 16. La nuit du 16 au 17 on
fit trois Zigzags vis - à - vis les Angles Saillans des
deux Bastions ou de la Demi - Lune de l'attaque .
La nuit du 17 au 18 l'on fit une Parallele au
pied du Glacis de 316 toises de longueur.
La nuit du 18 au 19 on prolongea la premiere
Parallele , et l'on travailla aux Batteries de
30 pieces de Canon qui ont ruiné les deffenses ,
et aux communications pour arriver aux Batteries.
La nuit du 19 au 20, on travailla à la Sape volante
, pour continuer les débouchez des Zigzags
, sur les Capitales.
La nuit du 20 au 21 , on prolongea , encore à
la Sappe , les débouchez des Zigzags .
La nuit du 21 au 22 , on fit la troisiéme Parallele
à moitié du Glacis .
La nuit du 22 au 23 , on continua cette Parallele
et l'on prolongea la premiere Parallele jusqu'à
la Porte Verccilline , pour la commodité
des Troupes.
La même nuit du 22 au 23 , les Mineurs com-
H vj
men164
MERCURE DE FRANCE.
mencerent neuf Puits ou descentes pour chercher
les Mines des Ennemis , et l'on commença en
même-temps trois Zigzags à la Sappe, pour s'approcher
des Angles saillans,
La nuit du 23 au 24 , on fit le logement du
Chemin couvert , sur les Angles saillans , avec
des communications pour y arriver .
La nuit du 24 au 25, on continua le logement
du Chemin couvert.
La nuit du 25 au 26, on perfectionna le logegement
du Chemin couvert , de mêine que les
communications; et la même nuit on commença
les Batteries sur le Chemin couvert; sçavoir,deux
de 4 Pieces chacune , pour battre les faces de la
Demi - Lune , deux autres Batteries , de 6 Pieces
chacune , pour battre les deux faces des Bastions
du front de l'attaque.
Pendant le jour du 26 , on commença.
bouchez des descentes du Fossé.
six. dé-
La nuit du 26 au 27 , on fit les logemens dans
les deux Places d'armes rentrantes , et cette
même nuit on commença deux Batteries de qua,
tre Pieces chacune , pour ruiner les Flancs des
deux Bastions de l'attaque.
La nuit du 27 au 28 , on perfectionna les lodes
Places d'armes rentrantes , et l'on con- gemens
tinua les Batteries , et prolongea les descentes dy
Fossé , près de la Contrescarpe.
La nuit du 28 au 29 , on fit un Epaulement
sur le Chemin couvert de l'attaque de la droite ,
pour couvrir les Batteries qui étoient de ce côtélà.
Les & Pieces de Canon pour battre les faces
de la Demi- Lune , commencerent à tirer le 27 ,
et le 29 la Bréche à la face gauche étoit praticable
. Les 12 Piéces destinées pour faire Bréche
aux faces des Bastions , commencerent à tixer ,
parJANVIER
1734- IGS
partie le 27 , et l'autre partie tira le 28, et tou
tes ces Pieces faisoient beaucoup d'effet . Les &
Pieces destinées pour ruiner les Flancs , commencerent
à tirer le 29 au matin , et ce même
jour à deux heures après midi , les Ennemis demanderent
à capituler , et arborerent le Drapeau
blanc , la Garnison étoit composée de
1500 hommes d'Infanterie , on leur a accordé
les honneurs de la Guerre , et sont sortis le a
Janvier , , pour être conduits à Mantouë.
M. le Maréchal de Visconti commandoit en
Chef dans cette Citadelle ; la Garnison s'est assez
bien deffendue ; elle pouvoit néanmoins encore
tenir 3 à 4 jours , mais on l'auroit fait Prisonniere
de Guerre. Nous avons perdu dans le courant
de ce Siége 60 hommes de tuez , et 116
blessez. Les Troupes y ont servi avec beaucoup
de valeur et de distinction .
La Tranchée fut ouverte devant Novarre la nuit
du s at 6 Janvier , par 2000 travailleurs , sourenus
en avant par cinq Compagnies de Grena
diers , et sur le derriere , par 2 Bataillons. L'on
fit une Parallele à 130 toises de la Place , et de
540 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele , le tout s'est perfectionné
durant la journée du 6 , par les deux
Bataillons de la tranchée , 1000 Soldats travailn
leurs et 500 Paysans.
La nuit du 6 au 7 on fit une seconde Parallele
â la Sappe volante , avec trois communications
en zigzags ; cette Parallele étoit à 60 toises
de la premiere , et à 70 toises du Chemin
Couvert. L'on travailla dès le 6 , à deux Batteries
de 8 Mortiers , quatre dans chaque Batteries ,
qui jetterent des Bombes le 7 au matin , et l'on
commença la nuit du 6 au 7 , six Batterics de
Садом
166 MERCURE DE FRANCE
Canon ; sçavoir , deux de chacune 8 Pieces ,
pour battre les deux faces des Bastions de l'attaque
; deux de chacune trois Pieces , pour ruiner
les deux Flancs et les deffenses de la Demi-
Lune , et deux Batteries sur la gauche , et la
droite entre les deux Paralleles , pour tirer à
Ricochets et enfiler les deux faces des Bastions
du côté de l'attaque ; ces 30 Pieces de Canon
devoient tirer le 9 au matin ; mais les Bombes
ayant , dis-je, fait beaucoup de frayeur aux habitans
de la Ville ; ils allerent trouver M. Paul
Durand, Gouverneur , pour le prier de capituler,
ce qu'il accepta ; et le 7 , à 4 heures après midi
il fit rappeller et arborer le Drapeau blanc.
La Capitulation fut signé le même jour , et le
lendemain 8. on nous ceda une des Portes de la
Ville. La Garnison en sortit le onze au matin
au nombre de 1300 hommes d'Infanterie , et 40
Chevaux, deux Pieces de Canon , et 90 Chariots,
pour porter leurs Equipages , et on les escorta
jusqu'à Mantouë.
M. de la Blottiere a commandé en chef à ces
deux Siéges , de même qu'à celui de Pizighitone,
à cause que M.de Salmon son ancien, a toujours
été inalade.
Il y a eu à tous ces Siéges quatre Brigades
d'Ingénieurs,faisant en tout 32.et 16 Ingénieurs
Piémontois qui monterent avec nos Brigades.
Dans moins de deux mois de temps l'armée
bien fait des Conquêtes. Les voici : Pizzighitone
, la Citadelle de Milan , Novarre , le Château
de Crémone, et le Fort de Lecs , Tresso, Fuentes,
Arona , et Saravats. Il y avoit dans toutes ces
Places du Canon, des Garnisons , et beaucoup de
Munitions de Guerre et de Bouche .
Il y a dans Novarre 44 Piéces de Canons , &
Mor-
X
JANVIER. 1734 167
$4
Mortiers , le tout de Bronze ; 4300 Barils de
Poudre,chaque Baril de cent liv. pesant , et beaud'autres
munitions. coup
que
,
Il y a dans Pizzighitone et dans la Citadelle de
Milan beaucoup plus d'Artillerie et de Poudre
dans Novarre si le temps nous permet de
faire le Siége de Tortonne toute la Lombardie
, depuis l'Oglio jusqu'à la Sesia , près de
Verceille , sera libre ; c'est -à-dire que toutes les
Places seront soumises . On s'est même emparé
de Gouestella et de Borgoforte , cette derniere
Place qui ne vaut rien , n'est qu'à deux lieuës de
Mantoue. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE du Camp devant Novarre, écrite le 14 Janvier, contenant quelque détail du Siége de la Citadelle de Milan, &c. et de Novarre.
La lettre du 14 janvier détaille les sièges de la citadelle de Milan et de Novarre. Le siège de Milan a débuté la nuit du 15 au 16 décembre avec l'ouverture d'une tranchée et la construction de parallèles et de communications. Les travaux ont continué chaque nuit, incluant la création de zigzags, de parallèles supplémentaires et de batteries de canons. Le 29 janvier, après une intense canonnade, les défenseurs ont demandé à capituler. La garnison, composée de 1500 hommes, a été autorisée à sortir avec les honneurs de la guerre et a été conduite à Mantoue. Simultanément, le siège de Novarre a commencé la nuit du 5 au 6 janvier avec l'ouverture d'une tranchée et la construction de parallèles et de communications. Des batteries de mortiers et de canons ont été préparées, et les bombardements ont débuté le 7 janvier. Face à la frayeur causée par les bombes, les habitants ont demandé la capitulation, acceptée par le gouverneur. La garnison, composée de 1300 hommes d'infanterie et 40 chevaux, a quitté la ville le 11 janvier pour Mantoue. M. de la Blottière a commandé ces sièges, ainsi que celui de Pizzighitone, en raison de la maladie de M. de Salmon. En moins de deux mois, l'armée a conquis plusieurs places, dont Pizzighitone, la citadelle de Milan, Novarre, et d'autres forteresses. Ces places contenaient du canon, des garnisons et des munitions. La lettre mentionne également la possibilité de soumettre d'autres places en Lombardie si les conditions le permettent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2502
p. 167-168
« Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...] »
Début :
Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Tranchée, Ville, Marquis de Maillebois, Sardaigne
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texteReconnaissance textuelle : « Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...] »
Quelques avis reçus de plusieurs endroits
portent , que la Ville de Mantouë étoit menacée
de manquer de vivres, parce qu'on avoit été obligé
de jetter une grande quantité de Provisions
qui avoient été gâtées.
Le 1s de ce mois le Roy de Sardaigne fit publier
à Milan un Edit,par lequel il est ordonné à
tous ceux qui possedent des Terres dans le Milanès
, et qui sont dans les Pays de la nomination
de l'Empereur , de revenir dans deux mois
dans ce Duché , sous peine de la confiscation de
leurs biens
rez
On a appris que les Espagnols se sont empa
des Forts d'Ulla et de Brunetto , et que les
Garnisons de ces deux Places avoient été faites
Prisonnieres de Guerre
On apprend aussi de l'Armée d'Italie , que
le Marquis de Maillebois , Lieutenant General
des Armées de S. M. avoit été choisi pour faire
le Siége de Tortone , avec douze Bataillons des
Troupes du Roy , et cinq de celles du Roy de
Sardaigne.
Le
168 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Maillebois ayant fait ouvrir
la Tranchée devant cette Place le 26 de ce mois,
le Gouverneur se retira dans le Château avec ses
Troupes le 28 , et le même jour les Habitants
après avoir essuyé dix coups de Canon , apporterent
les Clefs de la Ville , où ils reçurent le
détachement des Troupes qui avoient monté la
Tranchée , et qui étoit composée de trois Compagnies
de Grenadiers , de 200 hommes d'Infanterie
, et de 60 Dragons.
La nuit du 29 au 30 , on ouvrit la Tranchée
devant le Château sur la droite de la Ville , et
on forma une parallele d'environ 2 fo toises
devant la Courtine qui fait face au Couvent des
Bernardins , situé hors de la Ville.
Le 30 , on perfectionna cet Ouvrage , et on
commença l'établissement d'une Batrerie de
20 piéces de Canon , avec laquelle on compte
battre en bréche le Poligone qui fait face à la
Ville on travailla le même jour à construire
deux autres Batteries de Canon et de Mortiers
pour battre la Courtine.
Les Maréchaux de Camp des Troupes da
Roy qui servent au Siége , sont M. d'Afry , le
Comte de Chatillon et le Marquis de l'Isle .
portent , que la Ville de Mantouë étoit menacée
de manquer de vivres, parce qu'on avoit été obligé
de jetter une grande quantité de Provisions
qui avoient été gâtées.
Le 1s de ce mois le Roy de Sardaigne fit publier
à Milan un Edit,par lequel il est ordonné à
tous ceux qui possedent des Terres dans le Milanès
, et qui sont dans les Pays de la nomination
de l'Empereur , de revenir dans deux mois
dans ce Duché , sous peine de la confiscation de
leurs biens
rez
On a appris que les Espagnols se sont empa
des Forts d'Ulla et de Brunetto , et que les
Garnisons de ces deux Places avoient été faites
Prisonnieres de Guerre
On apprend aussi de l'Armée d'Italie , que
le Marquis de Maillebois , Lieutenant General
des Armées de S. M. avoit été choisi pour faire
le Siége de Tortone , avec douze Bataillons des
Troupes du Roy , et cinq de celles du Roy de
Sardaigne.
Le
168 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Maillebois ayant fait ouvrir
la Tranchée devant cette Place le 26 de ce mois,
le Gouverneur se retira dans le Château avec ses
Troupes le 28 , et le même jour les Habitants
après avoir essuyé dix coups de Canon , apporterent
les Clefs de la Ville , où ils reçurent le
détachement des Troupes qui avoient monté la
Tranchée , et qui étoit composée de trois Compagnies
de Grenadiers , de 200 hommes d'Infanterie
, et de 60 Dragons.
La nuit du 29 au 30 , on ouvrit la Tranchée
devant le Château sur la droite de la Ville , et
on forma une parallele d'environ 2 fo toises
devant la Courtine qui fait face au Couvent des
Bernardins , situé hors de la Ville.
Le 30 , on perfectionna cet Ouvrage , et on
commença l'établissement d'une Batrerie de
20 piéces de Canon , avec laquelle on compte
battre en bréche le Poligone qui fait face à la
Ville on travailla le même jour à construire
deux autres Batteries de Canon et de Mortiers
pour battre la Courtine.
Les Maréchaux de Camp des Troupes da
Roy qui servent au Siége , sont M. d'Afry , le
Comte de Chatillon et le Marquis de l'Isle .
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Résumé : « Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...] »
Le texte décrit plusieurs événements militaires et politiques. Mantoue fait face à une pénurie alimentaire due à la destruction de provisions avariées. Le roi de Sardaigne a édicté à Milan que les propriétaires terriens du Milanais et des pays sous la nomination de l'Empereur doivent revenir dans le Duché, sous peine de confiscation de leurs biens. Les Espagnols ont conquis les forts d'Ulla et de Brunetto, capturant les garnisons. En Italie, le marquis de Maillebois, lieutenant général, a été chargé d'assiéger Tortone avec des troupes françaises et sardes. Le 26 du mois, il a ouvert une tranchée devant Tortone. Le gouverneur s'est retiré dans le château avec ses troupes le 28, et les habitants ont remis les clés de la ville après dix coups de canon. La nuit du 29 au 30, une tranchée a été ouverte devant le château, et une parallèle a été formée. Le 30, une batterie de 20 pièces de canon a été établie pour battre une brèche dans le polygone face à la ville, et deux autres batteries ont été construites. Les maréchaux de camp des troupes du roi servant au siège sont M. d'Afry, le comte de Châtillon et le marquis de l'Isle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2503
p. 169-173
« Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...] »
Début :
Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Château, Reine, Marquis, Chevaliers, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...] »
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.;
L
E premier Janvier les Princes et
Princesses du Sang et les Seigneurs
et Dames de la Cour , curent l'honneur
de complimenter le Roy et la Reine sur
la nouvelle année.
170 MERCURE DE FRANCE
,
Le même jour le Roy accompagné du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty du
Duc du Maine , du Prince de Dombes
du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse,
et des Chevaliers Commandeurs et Officiers
des ordres qui s'étoient assemblez
dans le Cabinet de S. M. se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles . Le
Roy devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. Le Roy
entendit la Gran P'Messe chantée par la
Musique à laquelle l'Archevêque de
Vienne , Prélat Commandeur de l'Ordre
officia pontificalement. Après la Messe
$. M. fut reconduite dans son Appartement
avec les Cérémonies accoutumées.
,
Le 2 le Roy accompagné comme le
jour précédent , se rendit à la Chipelle
vers les onze heures : S. M. étoit en
Habit violet er en Manteau court ,
la
Collier de l'Ordre par - dessus, et les Chevaliers
en Habits noirs et Manteau court,
le Roy assista à la Grand'Messe qui fut
célébrée par le même Prélat , pour le repos
des Ames des Chevaliers et Commandeurs
de l'Ordre, morts depuis le Service
solemJANVIER
1734 171
solemnel fait pour le même sujet le 5 Juin
1724, Ce Service ordonné par les Statuts
de l'Ordre , et qui depuis quelque tems
n'avoit été célébré , le sera dans la
pas
suite tous les ans le 2 Janvier où le lendemain
de la Fête de la Purification .
Le 3 la Reine communia par les mains
du Cardinal de Fleury son Grand Aumonier.
Le 3 de ce mois les Députez des Etats
de Bretagne curent audiance publique du
Roy , étant présentez par le Comte de
Toulouze , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Sécretaire
d'Etat , et conduits par le Grand
Maître et par le Maître des Cérémonies.
Ils eurent le même jour audiance de la
Reine , de Monseigneur le Dauphin er
de Mesdames de France. La Députation
étoit composée pour le Clergé de l'Evêque
de Tréguier qui porta la parole , du
Sr Baillon Sénéchal de la Ville de Rennes
pour le Tiers - Etar et du Comte de
Coëtlogon , Syndic de la Province. Le
Député pour la Noblesse étoit le Marquis
de Lannion , Maréchal de Camp , qui ne
s'eft point trouvé à l'audiance de S. M.
parce qu'il est actuellement employê à
l'Armée d'Italie.
172 MERCURE DE FRANCE
Le Roy a accordé au Comte de Tous
louze , Amiral de France , la Survivance
de cette Charge pour le Duc de Penthiévre
son fils , qui prêta serment le 4. entre
les mains de S. M.
Le Marquis de Villars qui étoit parti
e Milan le 30. Décembre après midi,
arriva àVersailles le 4. de ce mois au soir,
et apporta au Roy la nouvelle de la prise
du Château de Milan .
Le 14 après midi , le Roy reçut par le
Marquis de Firmarcon que le Maréchal
de Villars a dépêché à S. M. la nouvelle
de la prise de Novarre et du Fort
d'Arrona.
La Duchesse d'Alincourt ayant demandé
à S. M. la permission de remettre sa
place de Dame du Palais de la Réine
le Roy a nommé pour la remplacer la
Duchesse de Bouflers.
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant General de ses Armées , servant
actuellement en son Armée d'Italie,
et Gouverneur de la Ville , Château et
Principauté de Sédan , a obtenu l'agrément
du Roy de se démettre de la Charge
JANVIER. 1734 175
ge
de Colonel Generai des Dragons , en
faveur de Jean Antoine-François de Franqu
tot , Comte de Coigry , son fils , né
le 27 Septembre 1702. Grand Bailli et
Gouverneur de la Ville et Château de
Caën Le Marquis de Coigny avoit été
pourvû de cette Charge de Colonel General
le 7 Décembre 1704 .
Le Régiment de Cavalerie vacant par
la mort du Marquis d'Urfé , a été donné
à François Bernardin du Chastelet, Marquis
d'Aubigny , Comte de Clémont ,
connu sous le nom de Marquis du Chastelet
, Brigadier des Armées du Roy , du
premier Février 1719 , et Gouverneur du
Château de Vincennes.
L
E premier Janvier les Princes et
Princesses du Sang et les Seigneurs
et Dames de la Cour , curent l'honneur
de complimenter le Roy et la Reine sur
la nouvelle année.
170 MERCURE DE FRANCE
,
Le même jour le Roy accompagné du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty du
Duc du Maine , du Prince de Dombes
du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse,
et des Chevaliers Commandeurs et Officiers
des ordres qui s'étoient assemblez
dans le Cabinet de S. M. se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles . Le
Roy devant lequel les deux Huissiers de
la Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. Le Roy
entendit la Gran P'Messe chantée par la
Musique à laquelle l'Archevêque de
Vienne , Prélat Commandeur de l'Ordre
officia pontificalement. Après la Messe
$. M. fut reconduite dans son Appartement
avec les Cérémonies accoutumées.
,
Le 2 le Roy accompagné comme le
jour précédent , se rendit à la Chipelle
vers les onze heures : S. M. étoit en
Habit violet er en Manteau court ,
la
Collier de l'Ordre par - dessus, et les Chevaliers
en Habits noirs et Manteau court,
le Roy assista à la Grand'Messe qui fut
célébrée par le même Prélat , pour le repos
des Ames des Chevaliers et Commandeurs
de l'Ordre, morts depuis le Service
solemJANVIER
1734 171
solemnel fait pour le même sujet le 5 Juin
1724, Ce Service ordonné par les Statuts
de l'Ordre , et qui depuis quelque tems
n'avoit été célébré , le sera dans la
pas
suite tous les ans le 2 Janvier où le lendemain
de la Fête de la Purification .
Le 3 la Reine communia par les mains
du Cardinal de Fleury son Grand Aumonier.
Le 3 de ce mois les Députez des Etats
de Bretagne curent audiance publique du
Roy , étant présentez par le Comte de
Toulouze , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Sécretaire
d'Etat , et conduits par le Grand
Maître et par le Maître des Cérémonies.
Ils eurent le même jour audiance de la
Reine , de Monseigneur le Dauphin er
de Mesdames de France. La Députation
étoit composée pour le Clergé de l'Evêque
de Tréguier qui porta la parole , du
Sr Baillon Sénéchal de la Ville de Rennes
pour le Tiers - Etar et du Comte de
Coëtlogon , Syndic de la Province. Le
Député pour la Noblesse étoit le Marquis
de Lannion , Maréchal de Camp , qui ne
s'eft point trouvé à l'audiance de S. M.
parce qu'il est actuellement employê à
l'Armée d'Italie.
172 MERCURE DE FRANCE
Le Roy a accordé au Comte de Tous
louze , Amiral de France , la Survivance
de cette Charge pour le Duc de Penthiévre
son fils , qui prêta serment le 4. entre
les mains de S. M.
Le Marquis de Villars qui étoit parti
e Milan le 30. Décembre après midi,
arriva àVersailles le 4. de ce mois au soir,
et apporta au Roy la nouvelle de la prise
du Château de Milan .
Le 14 après midi , le Roy reçut par le
Marquis de Firmarcon que le Maréchal
de Villars a dépêché à S. M. la nouvelle
de la prise de Novarre et du Fort
d'Arrona.
La Duchesse d'Alincourt ayant demandé
à S. M. la permission de remettre sa
place de Dame du Palais de la Réine
le Roy a nommé pour la remplacer la
Duchesse de Bouflers.
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant General de ses Armées , servant
actuellement en son Armée d'Italie,
et Gouverneur de la Ville , Château et
Principauté de Sédan , a obtenu l'agrément
du Roy de se démettre de la Charge
JANVIER. 1734 175
ge
de Colonel Generai des Dragons , en
faveur de Jean Antoine-François de Franqu
tot , Comte de Coigry , son fils , né
le 27 Septembre 1702. Grand Bailli et
Gouverneur de la Ville et Château de
Caën Le Marquis de Coigny avoit été
pourvû de cette Charge de Colonel General
le 7 Décembre 1704 .
Le Régiment de Cavalerie vacant par
la mort du Marquis d'Urfé , a été donné
à François Bernardin du Chastelet, Marquis
d'Aubigny , Comte de Clémont ,
connu sous le nom de Marquis du Chastelet
, Brigadier des Armées du Roy , du
premier Février 1719 , et Gouverneur du
Château de Vincennes.
Fermer
Résumé : « Le premier Janvier les Princes et Princesses du Sang et les Seigneurs [...] »
Le 1er janvier, les membres de la cour ont félicité le roi et la reine pour la nouvelle année. Le roi, accompagné de plusieurs ducs et princes, a assisté à la grand-messe à la chapelle du château de Versailles, officiée par l'archevêque de Vienne. Le 2 janvier, le roi a de nouveau participé à la grand-messe, cette fois en mémoire des chevaliers et commandeurs de l'ordre décédés depuis le service solennel du 5 juin 1724. Le 3 janvier, la reine a communié et les députés des États de Bretagne ont été reçus en audience publique par le roi, le dauphin et les princesses de France. À cette occasion, le comte de Toulouse a été nommé amiral de France et son fils a prêté serment pour la survivance de cette charge. Le marquis de Villars a annoncé la prise du château de Milan. Le 14 janvier, le roi a appris la prise de Novarre et du fort d'Arrona. La duchesse d'Alincourt a été remplacée par la duchesse de Bouflers comme dame du palais de la reine. Le marquis de Coigny a obtenu l'approbation du roi pour transmettre la charge de colonel général des dragons à son fils. Enfin, le régiment de cavalerie vacant à la suite du décès du marquis d'Urfé a été attribué au marquis du Chastelet.
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2504
p. 173-175
« Le premier jour de l'An le Roy entendit à son lever les Hautbois de sa Chambre, [...] »
Début :
Le premier jour de l'An le Roy entendit à son lever les Hautbois de sa Chambre, [...]
Mots clefs :
Prologue, Rôles, Destouches, Omphale, Éléments, Marthésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier jour de l'An le Roy entendit à son lever les Hautbois de sa Chambre, [...] »
Le premier jour de l'An le Roy entendit
à son lever les Hautbois de sa Chambre,
et pendant son diner les vingt- quatre
exécuterent une suite d'Airs de la composition
de M. Destouches , Sur- Inten
dant de la Musique du Roy , en semestre,
Le 4 , la Reine entendit dans son Salon
de Versailles , le Prologue et le premier
Acte de l'Opéra d'Omphale , du
même M. Destouches. Il fut continué
à Marly le 9 par le second et le troisiéme,
les deux derniers furent chantez le Lundi
suivant.Les Dlles Courvasieret Duhamel,
de
174 MERCURE DE FRANCE
de la Musique du Roy ,firent les rolles des
deux Graces dans le Prologue ; la Dlle
Antier et le Sr Chassé ceux d'Argine et
d'Alcide avec beaucoup de succès , de
méme que la Dlle Lenner et le Sr Petillot,
dans les rolles d'Omphale et d'Iphis . Les
Choeurs de la Simphonie furent rendus
dans tout le gout et la précision qu'on
pouvoit désirer.
Le 13 , la Reine ordonna pour Concert
le Prologue et le premier Acte du Ballet
des Elemens , dont le second et le troisiéme
furent continuez le 16 , et le 18 on chanta
le dernier Acte , précédé du Prologue
de Marthesie . La Dlle Antier fit le rolle
d'Emilie , le Sr d'Angerville , celui de
Valere et d'Ixion , et ceux de Pomoncet ,
de Vertumne , furent chantez par la Dlle
Lenner et par le Sr Petillot , lequel remplit
aussi le rolle d'Arion. La Dlle Courvafier
exécuta les rôlles de Junon et de
Leucosie. La Dlle Lenner et le Sr d'Angerville
remplirent dans le Prologue ceux
de Venus et du Destin qui furent très
bien rendus. On applaudit beaucoup le
Prologue de Marthesie , dont les rolles ,
la Simphonie et les Choeurs parurent
très brillans. Les Auteurs de cet Opéra
sont , feu M. de la Mothe , et M. Destouches
; le Public auroit souhaité que
le
JANVIER
+
1734. 175
le Poëte eut bien voulu retoucher ce
Poëme , l'Auteur de la Musique avoüe
qu'il auroit de son cô é réparé beaucoup
de négligences qu'il convient qui lui sont
échapées , si des paroles plus interressantesl'avoient
excité à ce travail .
,
Le 20 , on chanta devant la Reine , le
Prologue et le premier Acte d'Amadis
de Grece , lequel fut continué le 23 , et
le 25 la Dile Antier fit le rolle de
Zirphée dans le Prologue , et celui
d'Argine dans la Piéce ; ce dernier rolle
a aussi été rempli avec succès par la Dile
Courvasier. La Dlie Lenner , chanta celui
de Niquée , et ceux d'Amadis et idu
Prince de Thrace, par les Srs d'Angerville
et le Prince. On louia infiniment l'exécution
de cet Opéra , et sur tout la vivacité
des Airs et des Choeurs de la Magie dans
le troisiéme Acte.
à son lever les Hautbois de sa Chambre,
et pendant son diner les vingt- quatre
exécuterent une suite d'Airs de la composition
de M. Destouches , Sur- Inten
dant de la Musique du Roy , en semestre,
Le 4 , la Reine entendit dans son Salon
de Versailles , le Prologue et le premier
Acte de l'Opéra d'Omphale , du
même M. Destouches. Il fut continué
à Marly le 9 par le second et le troisiéme,
les deux derniers furent chantez le Lundi
suivant.Les Dlles Courvasieret Duhamel,
de
174 MERCURE DE FRANCE
de la Musique du Roy ,firent les rolles des
deux Graces dans le Prologue ; la Dlle
Antier et le Sr Chassé ceux d'Argine et
d'Alcide avec beaucoup de succès , de
méme que la Dlle Lenner et le Sr Petillot,
dans les rolles d'Omphale et d'Iphis . Les
Choeurs de la Simphonie furent rendus
dans tout le gout et la précision qu'on
pouvoit désirer.
Le 13 , la Reine ordonna pour Concert
le Prologue et le premier Acte du Ballet
des Elemens , dont le second et le troisiéme
furent continuez le 16 , et le 18 on chanta
le dernier Acte , précédé du Prologue
de Marthesie . La Dlle Antier fit le rolle
d'Emilie , le Sr d'Angerville , celui de
Valere et d'Ixion , et ceux de Pomoncet ,
de Vertumne , furent chantez par la Dlle
Lenner et par le Sr Petillot , lequel remplit
aussi le rolle d'Arion. La Dlle Courvafier
exécuta les rôlles de Junon et de
Leucosie. La Dlle Lenner et le Sr d'Angerville
remplirent dans le Prologue ceux
de Venus et du Destin qui furent très
bien rendus. On applaudit beaucoup le
Prologue de Marthesie , dont les rolles ,
la Simphonie et les Choeurs parurent
très brillans. Les Auteurs de cet Opéra
sont , feu M. de la Mothe , et M. Destouches
; le Public auroit souhaité que
le
JANVIER
+
1734. 175
le Poëte eut bien voulu retoucher ce
Poëme , l'Auteur de la Musique avoüe
qu'il auroit de son cô é réparé beaucoup
de négligences qu'il convient qui lui sont
échapées , si des paroles plus interressantesl'avoient
excité à ce travail .
,
Le 20 , on chanta devant la Reine , le
Prologue et le premier Acte d'Amadis
de Grece , lequel fut continué le 23 , et
le 25 la Dile Antier fit le rolle de
Zirphée dans le Prologue , et celui
d'Argine dans la Piéce ; ce dernier rolle
a aussi été rempli avec succès par la Dile
Courvasier. La Dlie Lenner , chanta celui
de Niquée , et ceux d'Amadis et idu
Prince de Thrace, par les Srs d'Angerville
et le Prince. On louia infiniment l'exécution
de cet Opéra , et sur tout la vivacité
des Airs et des Choeurs de la Magie dans
le troisiéme Acte.
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Résumé : « Le premier jour de l'An le Roy entendit à son lever les Hautbois de sa Chambre, [...] »
En janvier 1734, plusieurs événements musicaux eurent lieu à la cour royale. Le 1er janvier, le roi écouta des hautbois à son lever et des airs composés par M. Destouches durant son dîner. Le 4 janvier, la reine assista à 'Omphale' de M. Destouches à Versailles, avec des représentations à Marly les 9 et 11 janvier. Les rôles des Grâces furent interprétés par les demoiselles Courvasier et Duhamel, ceux d'Argine et d'Alcide par la demoiselle Antier et M. Chassé, et ceux d'Omphale et d'Iphis par la demoiselle Lenner et M. Petillot. Le 13 janvier, la reine ordonna un concert avec le prologue et le premier acte du ballet 'Les Éléments'. Les deuxième et troisième actes furent joués les 16 et 18 janvier, précédés du prologue de 'Marthésie'. Les rôles principaux furent interprétés par la demoiselle Antier, M. d'Angerville, la demoiselle Lenner et M. Petillot. Les auteurs de cet opéra étaient feu M. de la Motte et M. Destouches. Le 20 janvier, le prologue et le premier acte de 'Amadis de Grèce' furent chantés devant la reine, avec des représentations supplémentaires les 23 et 25 janvier. Les rôles principaux furent interprétés par la demoiselle Antier, la demoiselle Courvasier, la demoiselle Lenner, les sieurs d'Angerville et le Prince. L'exécution de cet opéra fut particulièrement louée pour la vivacité des airs et des chœurs.
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2505
p. 175-176
« On a appris de Metz que le 3 de ce mois on avoit licentié par ordre du Roy, [...] »
Début :
On a appris de Metz que le 3 de ce mois on avoit licentié par ordre du Roy, [...]
Mots clefs :
Lieutenant, Livres, Roi, Compagnie, Cadets, Sous-lieutenant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris de Metz que le 3 de ce mois on avoit licentié par ordre du Roy, [...] »
On a appris de Metz que le 3 de ce
-mois on avoit licentié par ordre du Roy,
la Compagnie des 600 Cadets que S. M.
entretenoit, le Roy donne au Lieutenant
decette Compagnie 800 livres de pension ,
400 livres au Sous Lieutenant et 200
livres à chaque Sergent à qui S. M. permet
d'entrer dans la Milice en qualité de
Capitaines. Les Cadets qui seront pro-
,
pres
17% MERCURE DE FRANCE
pres à remplir les po tes de Lieutenant et
de Sous - Lieutenant dans les Régiments
de M.fce , y seront admis.
-mois on avoit licentié par ordre du Roy,
la Compagnie des 600 Cadets que S. M.
entretenoit, le Roy donne au Lieutenant
decette Compagnie 800 livres de pension ,
400 livres au Sous Lieutenant et 200
livres à chaque Sergent à qui S. M. permet
d'entrer dans la Milice en qualité de
Capitaines. Les Cadets qui seront pro-
,
pres
17% MERCURE DE FRANCE
pres à remplir les po tes de Lieutenant et
de Sous - Lieutenant dans les Régiments
de M.fce , y seront admis.
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Résumé : « On a appris de Metz que le 3 de ce mois on avoit licentié par ordre du Roy, [...] »
Le 3 du mois, la Compagnie des 600 Cadets a été dissoute par ordre du roi. Le lieutenant reçoit une pension de 800 livres, le sous-lieutenant 400 livres, et chaque sergent 200 livres. Les sergents peuvent intégrer la milice en tant que capitaines. Les cadets aptes peuvent devenir lieutenants ou sous-lieutenants dans l'infanterie.
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2506
p. 176-179
RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
Début :
MONSEIGNEUR, Jamais empressement ne fut ni plus juste, ni plus [...]
Mots clefs :
Abbé de La Motte, Église, Diocèse, Carpentras, Évêché, Épiscopat, Amiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
REPONSE à la Lettre d'un Evêque sur
la nomination de l'Abbé de la Motte à
l'Evêché d'Amiens,
MONSEIGNEUR ,
que
Jamais empressement ne fut ni plus
juste , ni plus loü ble
celui
> que
vous avez , de connoître le sujet que la
Providence vient de vous associer à l'Episcopat.
Messire Louis - François Gabriel d'Or
leans la Motte nâquit à Carpentras le 13 .
Janvier de l'an 1683. de Joseph d'Orleans ,
Chevalier , Seigneur de la Motte , et de
Dame Marthe- Ursule de Blégiers - d'Antelon.
( a) La nature et la grace s'unirent
en lui pour en faire un modéle dans l'Etat
qu'il embrassa. Né de parents également
distinguez par leur noblesse et par leur
vertu, il en fit d'abord les délices. L'Education
qu'on lui donna fut digne de lui
(a) La Maison d'Orleans la Mothe originaire de
Vicence eft transplantée depuis plus de 300. ans dans
le Comté Venaissin , où elle a toujours tenu rang
parmi la principale Noblesse.
et
JANVIER: 1734: 177
et toûjours soutenue par des progrès préle
maturez en science et en vertu . Parvenu
de bonne heure au dégré de Docteur en
Theologie , Clement XI. ce grand Pape ,
nomma pour être Chanoine Theologal
de l'Eglise Cathedrale de Carpentras.'
(a ) M. l'Abbé de la Motte en voye d'instruire
et d'édifier , s'y porta dès- lors avec
cette application et ce zele qui lui acquirent
l'estime et la veneration publique .
Les Conferences en forme d'instructions
qu'il fit dans son Eglise , lui attirerent des
auditeurs en foule de tous les Ordres de
la Ville : à ces Conferences familieres , il
en fit succeder sur la Theologie qu'il donna
chez lui aux Ecclefiastiques du Diocese.
Dans les intervalles que la Chaire et
le Choeur lui laissoient , M. l'Abbé de la
Motte ouvroit sa maison à tout le monde.
L'orphelin et la veuve y trouvoient un
pere et un protecteur , les affligez un consolateur
, les riches de sages conseils , les
pauvres des charitez en abondance et sans
reserve ; on le vit souvent s'épuiser et se
dépouiller lui- même pour revêtir J. C.
dans la personne de ses Pauvres.
il a ra
Eloquent jusques à convaincre ,
mené au sein de l'Eglise des personnes in-
( a ) Cefut en 1708. qu'ilfucceda à Louis Anif
Son
I fectées
MERCURE DE FRANCE
1
fectées du Calvinisme, ( a ) Des personnes
du monde et du cloître , des Communautez
entieres lui doivent leur établissement
et leur perfection ( b )
Par cette confiance que des jours fi
remplis lui mériterent , M. l'Abbé de la
Motte devint le reconciliateur des familles
divisées , et l'arbitre de leurs differends ;
il fut député par son Chapitre en qualité
de Theologien au Concile Provincial d'Avignon
tenu en 1725. il fut cheri , il fue
respecté des siens , de ses confreres ; deses
compatriotes et si l'occasion d'operer
un plus grand bien hors de sa parrie , l'en
fit éloigner ; que de larmes , que de regrets
ont suivi cette absence ! M. l'Archevêque
d'Arles , ce Prélat fi recommandable
par sa pieté voulu partager avec lui
les soins de l'Episcopat , il le fit son Grand
Vicaire et Official Métropolitain , il le
nomma pour assister en qualité de son
Theologien au Concile d'Ambrun , où
M. l'Abbé de la Motte donna des preu.
ves de son sçavoir et de son zele . Le Roi
ayant nommé M. de Salcon à l'Evêché
d'Agen , M. de la Motte fur choisi pour
lui succeder en l'administration du Diocese
de Senez . Ses travaux , ses heureux
( a )Des Dames de condition du Diocèse d'Apt.
(b ) A Carpentras , à l'Isle , ¿c,
succès
JANVIER. 1734- 179
> succès sont connus de vous Monseigneur
, et le sont de toute l'Eglise de
France. Jusqu'ici , Monseigneur , vous
reconnoissés une conduite sur laquelle
Dieu a versé ses benedictions , une conduite
digne de l't piscopat , il ne manquoit
à Monsieur l'Abbé de la Motte que d'en
être revetu. Digne du Diocèse auquel Sa
Majefté , ( par le juste discernement qui
l'a guidé par tout , ) vient de le donner ;
il ne nous reste qu'à souhaitter , qu'il vive
long tems pour la consolation d'un Eglise
illustre par sa foi et par sa régularité ,
et pour l'édification du Clergé de Franc .
J'ai l'honneur d'être avec respect , etc.
P. C.
De Paris 25. Octobre 1733 .
la nomination de l'Abbé de la Motte à
l'Evêché d'Amiens,
MONSEIGNEUR ,
que
Jamais empressement ne fut ni plus
juste , ni plus loü ble
celui
> que
vous avez , de connoître le sujet que la
Providence vient de vous associer à l'Episcopat.
Messire Louis - François Gabriel d'Or
leans la Motte nâquit à Carpentras le 13 .
Janvier de l'an 1683. de Joseph d'Orleans ,
Chevalier , Seigneur de la Motte , et de
Dame Marthe- Ursule de Blégiers - d'Antelon.
( a) La nature et la grace s'unirent
en lui pour en faire un modéle dans l'Etat
qu'il embrassa. Né de parents également
distinguez par leur noblesse et par leur
vertu, il en fit d'abord les délices. L'Education
qu'on lui donna fut digne de lui
(a) La Maison d'Orleans la Mothe originaire de
Vicence eft transplantée depuis plus de 300. ans dans
le Comté Venaissin , où elle a toujours tenu rang
parmi la principale Noblesse.
et
JANVIER: 1734: 177
et toûjours soutenue par des progrès préle
maturez en science et en vertu . Parvenu
de bonne heure au dégré de Docteur en
Theologie , Clement XI. ce grand Pape ,
nomma pour être Chanoine Theologal
de l'Eglise Cathedrale de Carpentras.'
(a ) M. l'Abbé de la Motte en voye d'instruire
et d'édifier , s'y porta dès- lors avec
cette application et ce zele qui lui acquirent
l'estime et la veneration publique .
Les Conferences en forme d'instructions
qu'il fit dans son Eglise , lui attirerent des
auditeurs en foule de tous les Ordres de
la Ville : à ces Conferences familieres , il
en fit succeder sur la Theologie qu'il donna
chez lui aux Ecclefiastiques du Diocese.
Dans les intervalles que la Chaire et
le Choeur lui laissoient , M. l'Abbé de la
Motte ouvroit sa maison à tout le monde.
L'orphelin et la veuve y trouvoient un
pere et un protecteur , les affligez un consolateur
, les riches de sages conseils , les
pauvres des charitez en abondance et sans
reserve ; on le vit souvent s'épuiser et se
dépouiller lui- même pour revêtir J. C.
dans la personne de ses Pauvres.
il a ra
Eloquent jusques à convaincre ,
mené au sein de l'Eglise des personnes in-
( a ) Cefut en 1708. qu'ilfucceda à Louis Anif
Son
I fectées
MERCURE DE FRANCE
1
fectées du Calvinisme, ( a ) Des personnes
du monde et du cloître , des Communautez
entieres lui doivent leur établissement
et leur perfection ( b )
Par cette confiance que des jours fi
remplis lui mériterent , M. l'Abbé de la
Motte devint le reconciliateur des familles
divisées , et l'arbitre de leurs differends ;
il fut député par son Chapitre en qualité
de Theologien au Concile Provincial d'Avignon
tenu en 1725. il fut cheri , il fue
respecté des siens , de ses confreres ; deses
compatriotes et si l'occasion d'operer
un plus grand bien hors de sa parrie , l'en
fit éloigner ; que de larmes , que de regrets
ont suivi cette absence ! M. l'Archevêque
d'Arles , ce Prélat fi recommandable
par sa pieté voulu partager avec lui
les soins de l'Episcopat , il le fit son Grand
Vicaire et Official Métropolitain , il le
nomma pour assister en qualité de son
Theologien au Concile d'Ambrun , où
M. l'Abbé de la Motte donna des preu.
ves de son sçavoir et de son zele . Le Roi
ayant nommé M. de Salcon à l'Evêché
d'Agen , M. de la Motte fur choisi pour
lui succeder en l'administration du Diocese
de Senez . Ses travaux , ses heureux
( a )Des Dames de condition du Diocèse d'Apt.
(b ) A Carpentras , à l'Isle , ¿c,
succès
JANVIER. 1734- 179
> succès sont connus de vous Monseigneur
, et le sont de toute l'Eglise de
France. Jusqu'ici , Monseigneur , vous
reconnoissés une conduite sur laquelle
Dieu a versé ses benedictions , une conduite
digne de l't piscopat , il ne manquoit
à Monsieur l'Abbé de la Motte que d'en
être revetu. Digne du Diocèse auquel Sa
Majefté , ( par le juste discernement qui
l'a guidé par tout , ) vient de le donner ;
il ne nous reste qu'à souhaitter , qu'il vive
long tems pour la consolation d'un Eglise
illustre par sa foi et par sa régularité ,
et pour l'édification du Clergé de Franc .
J'ai l'honneur d'être avec respect , etc.
P. C.
De Paris 25. Octobre 1733 .
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre d'un Evêque sur la nomination de l'Abbé de la Motte à l'Evêché d'Amiens.
Louis-François Gabriel d'Orléans la Motte, né à Carpentras le 13 janvier 1683, est issu d'une famille noble et vertueuse. Éduqué dignement, il obtint le titre de Docteur en Théologie et fut nommé Chanoine Théologal de l'Église Cathédrale de Carpentras par Clément XI. Reconnu pour son zèle et son application, il attirait une foule d'auditeurs lors de ses conférences et instructions théologiques. Sa charité envers les pauvres et les affligés était également notable. En 1708, il réussit à convertir des personnes au catholicisme et à réconcilier des familles divisées. En 1725, il fut député au Concile Provincial d'Avignon et nommé Grand Vicaire et Official Métropolitain par l'Archevêque d'Arles. Le Roi le choisit pour administrer le Diocèse de Senez après la nomination de M. de Salcon à l'Évêché d'Agen. Ses travaux et succès sont reconnus dans toute l'Église de France. Sa conduite, bénie par Dieu, le rend digne de l'épiscopat, justifiant ainsi sa nomination à l'évêché d'Amiens.
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2507
p. 179-180
LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
Début :
MON COUSIN, la conquête du Château de Milan, augmente encore la gloire [...]
Mots clefs :
Prise du château de Milan, Lettre, Roi, Chanter, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
LETTRE DU ROY , dattée de
Marly le 10. Janvier 1734. écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces de la Prise du Château de Milan.
Mc
ON COUSIN, la conquête du Châ→
teau de Milan , augmente encore la gloire
de mes Armes en Italie , cette Place connue dans
toute l'Europe pour une des mieux fortifiées ,
s'est rendue le 30. du mois dernier , après 13 .
jours de tranchée ouverte , en six semaines de
temps tout le Pays qui est entre des Rivieres du
Tesin et de l'Oglio a été soumis par mes Trou
I ij pes
180 MERCURE DE FRANCE
pes unies à celles de mon Frere et Oncle le Roy
de Sardaigne . C'est à Dieu que je dois rapporter
des succès si rapides ; c'est lui qui a donné à
mes Soldats la force de surmonter les obstacles
des chemins et de la saison , et qui les soutient
encore dans une nouvelle entreprise qui est commencée.
Tant de faveurs exigent que je continue
à lui rendre des actions de graces des marques
de la Protection qu'il ne cesse de m'accorder. Je
yous écris donc cette Lettre pour vous dire que
mon intention est que vous fassiez chanter le
Te Deum dans votre Eglise Métropolitaine et
autres de votre Diocèse , avec les solemnitez requises,
et que vous y invitiez tous ceux à qui il
Conviendra d'y assister . Sur ce je prie Dieu qu'il
yous ait , mon Cousin , en sa sainte et digne
garde , &c.
Marly le 10. Janvier 1734. écrite à
M. l'Archevêque de Paris , pour faire
chanter le Te Deum , en actions de
graces de la Prise du Château de Milan.
Mc
ON COUSIN, la conquête du Châ→
teau de Milan , augmente encore la gloire
de mes Armes en Italie , cette Place connue dans
toute l'Europe pour une des mieux fortifiées ,
s'est rendue le 30. du mois dernier , après 13 .
jours de tranchée ouverte , en six semaines de
temps tout le Pays qui est entre des Rivieres du
Tesin et de l'Oglio a été soumis par mes Trou
I ij pes
180 MERCURE DE FRANCE
pes unies à celles de mon Frere et Oncle le Roy
de Sardaigne . C'est à Dieu que je dois rapporter
des succès si rapides ; c'est lui qui a donné à
mes Soldats la force de surmonter les obstacles
des chemins et de la saison , et qui les soutient
encore dans une nouvelle entreprise qui est commencée.
Tant de faveurs exigent que je continue
à lui rendre des actions de graces des marques
de la Protection qu'il ne cesse de m'accorder. Je
yous écris donc cette Lettre pour vous dire que
mon intention est que vous fassiez chanter le
Te Deum dans votre Eglise Métropolitaine et
autres de votre Diocèse , avec les solemnitez requises,
et que vous y invitiez tous ceux à qui il
Conviendra d'y assister . Sur ce je prie Dieu qu'il
yous ait , mon Cousin , en sa sainte et digne
garde , &c.
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Résumé : LETTRE DU ROY, dattée de Marly le 10. Janvier 1734. écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum, en actions de graces de la Prise du Château de Milan.
Le roi Louis XV informe l'archevêque de Paris, par une lettre du 10 janvier 1734, de la prise du château de Milan le 30 décembre précédent. Cette victoire a été obtenue après 13 jours de tranchées et six semaines de campagne, durant lesquelles les troupes françaises, alliées à celles du roi de Sardaigne, ont soumis la région entre les rivières du Tessin et de l'Oglio. Louis XV attribue ces succès à la protection divine et au courage de ses soldats, qui ont surmonté les difficultés des chemins et de la saison. Il ordonne que le Te Deum soit chanté dans l'église métropolitaine et dans les autres églises du diocèse, avec les solennités appropriées, et invite toutes les personnes concernées à y assister. La lettre se conclut par une prière pour la protection divine de l'archevêque.
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2508
p. 180-182
Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Début :
Le 12. M. l'Archevêque destina sur ce sujet un Mandement, dont voici la teneur. [...]
Mots clefs :
Paix, Archevêque, Mandement, Paris, Roi, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le 12. M. l'Archevêque destina sur ce sujet
un Mandement , dont yoici la teneur.
Harles-Gaspard - Guillaume de Vintimille
séricorde Divine , et par la grace du S. Siége
Apostolique , Archevêque de Paris , Duc de Saint
Cloud , Fair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit, &c. Aux Archiprêtres de Sainte
Marie Magdelaine et de Saint Severin , et aux
Doyens Ruraux de notre Diocèse : Salut et Benedition
. Dieų , mes très- chers Freres , par la
prise du Château de Milan , vient encore de se
déclarer en faveur du Roy et de ses Alliez.
-
Quelques louanges qui soient dûes à la valeur
des Troupes , à la capacité des Generaux de Sa
Majesté , au courage et à l'activité de ses Alliez ;
ce n'est point aux moiens humains , mais à la
Providence de celui qui regle à son gré le sort
des
JANVIER 1734. 181
des Armes et des Empires , qui éleve et qui abbaisse
les Thrones , comme il lui plaît , que le
Roy attribue tant de succès inesperez ; et quelques
glorieux que soient ces évenemens, ils n'affoiblissent
point son amour pour la paix.
Entrez donc dans les sentimens de Religion et
dans les vues pacifiques d'un Roy , selon le coeur
de Dieu , qui rend hommage à la Majesté Divine
, de tout ce qui lui arrive d'heureux , et qui
tout occupé du bonheur de ses Peuples, sera toujours
prêt à préferer leur repos à sa propre gloire.
Venez , à son exemple , reconnoître au pied
des Autels , les graces et les bienfaits du Dieu qui
protege la France : * Demandez - lui ardemment
que les succès d'une Guerre juste et necessaire
nous conduisent à une prompte paix , plus dési
rable que les victoires , et pour laquelle Dieu
nous ordonne de recourir à lui , parce que c'est
de la paix de l'Etat que dépendent notre paix et
notre tranquillité.
A ces causes , après en avoir conféré avec nos
venrables Freres les Doyen , Chanoines et Cha
pitre de notre Eglise Metropolitaine : Nous or
donnons qu'après demain Jeudi , 14 du present
mois , le Te Deum sera chanté dans notredite
Eglise Métropolitaine , en actions de graces de la
prise du Château de Milan : Dimanche 17 da
courant dans toutes les Abbayes , Chapitres, Pa
roisses et Couvens , exempts et non exempts , de
la Ville et Fauxbourgs ; et dans toutes les autres
Eglises de notre Diocèse , le Dimanche après la reception
du present Mandement . Si mandons aux
* Quarite pacem civitatis ad quam transmigrare
vos feci , et orate pro ea ad Dominum, quia in pace
illius erit pax vobis. Jerem. 29.7·
I iij
Ar❤
182 MERCURE DE FRANCE
Archiprêtres de sainte Marie- Magdelaine et S.Severin
de notifier notre present Mandement à tous
Abbez Prieurs , Curez , Superieurs et Superieures
de la Ville et desdirs Fauxbourgs ; et aux Doyens
Ruraux de l'envoyer aux Curez de la Campagne ,
Superieurs et Superieures des Communautez ,
exemptes et et non exemptes , à ce qu'ils n'en
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer
par les personnes qui leur sont soumises.
Donné à Paris , en notre Palais Archiepiscopal
le 12 Janvier 1734. Signé, CHARLES , Archevêque
de Paris , c.
un Mandement , dont yoici la teneur.
Harles-Gaspard - Guillaume de Vintimille
séricorde Divine , et par la grace du S. Siége
Apostolique , Archevêque de Paris , Duc de Saint
Cloud , Fair de France , Commandeur de l'Ordre
du S. Esprit, &c. Aux Archiprêtres de Sainte
Marie Magdelaine et de Saint Severin , et aux
Doyens Ruraux de notre Diocèse : Salut et Benedition
. Dieų , mes très- chers Freres , par la
prise du Château de Milan , vient encore de se
déclarer en faveur du Roy et de ses Alliez.
-
Quelques louanges qui soient dûes à la valeur
des Troupes , à la capacité des Generaux de Sa
Majesté , au courage et à l'activité de ses Alliez ;
ce n'est point aux moiens humains , mais à la
Providence de celui qui regle à son gré le sort
des
JANVIER 1734. 181
des Armes et des Empires , qui éleve et qui abbaisse
les Thrones , comme il lui plaît , que le
Roy attribue tant de succès inesperez ; et quelques
glorieux que soient ces évenemens, ils n'affoiblissent
point son amour pour la paix.
Entrez donc dans les sentimens de Religion et
dans les vues pacifiques d'un Roy , selon le coeur
de Dieu , qui rend hommage à la Majesté Divine
, de tout ce qui lui arrive d'heureux , et qui
tout occupé du bonheur de ses Peuples, sera toujours
prêt à préferer leur repos à sa propre gloire.
Venez , à son exemple , reconnoître au pied
des Autels , les graces et les bienfaits du Dieu qui
protege la France : * Demandez - lui ardemment
que les succès d'une Guerre juste et necessaire
nous conduisent à une prompte paix , plus dési
rable que les victoires , et pour laquelle Dieu
nous ordonne de recourir à lui , parce que c'est
de la paix de l'Etat que dépendent notre paix et
notre tranquillité.
A ces causes , après en avoir conféré avec nos
venrables Freres les Doyen , Chanoines et Cha
pitre de notre Eglise Metropolitaine : Nous or
donnons qu'après demain Jeudi , 14 du present
mois , le Te Deum sera chanté dans notredite
Eglise Métropolitaine , en actions de graces de la
prise du Château de Milan : Dimanche 17 da
courant dans toutes les Abbayes , Chapitres, Pa
roisses et Couvens , exempts et non exempts , de
la Ville et Fauxbourgs ; et dans toutes les autres
Eglises de notre Diocèse , le Dimanche après la reception
du present Mandement . Si mandons aux
* Quarite pacem civitatis ad quam transmigrare
vos feci , et orate pro ea ad Dominum, quia in pace
illius erit pax vobis. Jerem. 29.7·
I iij
Ar❤
182 MERCURE DE FRANCE
Archiprêtres de sainte Marie- Magdelaine et S.Severin
de notifier notre present Mandement à tous
Abbez Prieurs , Curez , Superieurs et Superieures
de la Ville et desdirs Fauxbourgs ; et aux Doyens
Ruraux de l'envoyer aux Curez de la Campagne ,
Superieurs et Superieures des Communautez ,
exemptes et et non exemptes , à ce qu'ils n'en
ignorent , et qu'ils l'observent et fassent observer
par les personnes qui leur sont soumises.
Donné à Paris , en notre Palais Archiepiscopal
le 12 Janvier 1734. Signé, CHARLES , Archevêque
de Paris , c.
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Résumé : Mandement sur ce sujet, [titre d'après la table]
Le 12 janvier 1734, l'Archevêque de Paris, Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, a publié un mandement célébrant la prise du Château de Milan. Ce succès est attribué à la Providence divine plutôt qu'aux efforts humains. Le Roi exprime sa gratitude envers Dieu et son désir de paix, malgré les victoires militaires. L'Archevêque appelle les fidèles à reconnaître les bienfaits de Dieu et à prier pour une paix rapide. Il ordonne que le Te Deum soit chanté dans l'église métropolitaine le 14 janvier et dans toutes les églises du diocèse le dimanche suivant la réception du mandement. Les archiprêtres et les doyens ruraux doivent notifier ce mandement à tous les ecclésiastiques et communautés religieuses pour assurer son observation.
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2509
p. 182
« Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Début :
Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...]
Mots clefs :
Prise du château de Milan, Te Deum, Église métropolitaine
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texteReconnaissance textuelle : « Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Le 14 , après midi , on chanta dans
l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , en
actions de graces de la prise du Château
de Milan, et l'Archevêque de Paris y of
ficia pontificalement. Le Chancelier de
France et le Garde des Sceaux , accompa
gnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi
que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes, et le Corps
de Ville , qui y avoient été invitez en la
maniere accoutumée .
Le soir il y eur des Feux de joïe et d'autres
marques de réjouissances dans toutes
les rues de la Ville.
l'Eglise Métropolitaine , le Te Deum , en
actions de graces de la prise du Château
de Milan, et l'Archevêque de Paris y of
ficia pontificalement. Le Chancelier de
France et le Garde des Sceaux , accompa
gnez de plusieurs Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes , y assisterent , ainsi
que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes, et le Corps
de Ville , qui y avoient été invitez en la
maniere accoutumée .
Le soir il y eur des Feux de joïe et d'autres
marques de réjouissances dans toutes
les rues de la Ville.
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Résumé : « Le 14, après midi, on chanta dans l'Eglise Métropolitaine, le Te Deum, en [...] »
Le 14 juillet, un Te Deum fut chanté à l'Église Métropolitaine pour célébrer la prise du Château de Milan. L'Archevêque de Paris officia. Des personnalités officielles, dont le Chancelier de France et des Conseillers d'État, assistèrent à la cérémonie. En soirée, des feux de joie et des réjouissances eurent lieu dans les rues.
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2510
p. 182-183
Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Début :
Le 15. on chanta pareillement le Te Deum, avec beaucoup de solemnité, dans l'Eglise [...]
Mots clefs :
Église, Abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, Cardinal de Bissy, Te Deum
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texteReconnaissance textuelle : Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Le 15.on chanta pareillement le Te Deum ,
avec beaucoup de solemnité , dans l'Eglise
de l'Abbaye Royale de S. Germain , en
con
JANVIER. 1734
183
conséquence d'un Mandement du Cardinal
de Bissy , dont voici la teneur :
Henry de Thiard de Bissy , par le grace de
Dieu , et du S. Siege Apostolique, Cardinal de la
farnte Eglise Romaine , du Titre de S. Bernard,
Evêque de Meaux , Commandeur de l'Orûre du
S. Esprit , Abbé Commandataire de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez : A tous ceux qui
sont soumis à notre Jurisdiction : Salut e Benediction
. Le Seigneur , Dieu des Armées , a répandu
ses nouvelles Benedictions sur les Armes
du Roy , et sur celles de ses Augustes Alliez.
Milan , une des principales Villes d'Italie ,
ouvert ses Portes aux approches de l'Armée
Royale Son Château , après 13 -jours de tranchées
, a été forcé de se rendre, Tout le Païs
renfermé entre les Rivieres du Tessin et de l'Oglio
est à present soumis à la Puissance de Sa
Majesté. Un cours si heureux et si rapide de tant
de succès , exige de nous la plus vive reconnoissance
envers le Souverain Arbitre des Etats qui
fait pancher la Victoire où il lui plaît , et qui
dispose de tout l'Univers avec poids , sagesse et
mesure. Continuons à faire des voeux les plus ardens
pnur la prosperité de notre auguste Monarque
, qui n'attaque ses ennimis que pour procurer
à l'Europe une Paix solide , et pour maintenir
les différens Princes qui y regnent dans leurs
juftes et légitimes droits. A ces causes : Nous
ordonnons que Vendredy , 15 du présent mois ,
à l'issue des Vêpres , le Te Deum sera chanté
dans notre Eglise Abbatiale , en actions de graces
des Benedictions que Dieu a répandues sur les
Armes du Roy. Donné à Paris , dans notre Pa-
Tais Abbatial , ce 13 Janvier 1734.
Signê, HENRY , Cardinal de Bissy.
avec beaucoup de solemnité , dans l'Eglise
de l'Abbaye Royale de S. Germain , en
con
JANVIER. 1734
183
conséquence d'un Mandement du Cardinal
de Bissy , dont voici la teneur :
Henry de Thiard de Bissy , par le grace de
Dieu , et du S. Siege Apostolique, Cardinal de la
farnte Eglise Romaine , du Titre de S. Bernard,
Evêque de Meaux , Commandeur de l'Orûre du
S. Esprit , Abbé Commandataire de l'Abbaye
Royale de S. Germain des Prez : A tous ceux qui
sont soumis à notre Jurisdiction : Salut e Benediction
. Le Seigneur , Dieu des Armées , a répandu
ses nouvelles Benedictions sur les Armes
du Roy , et sur celles de ses Augustes Alliez.
Milan , une des principales Villes d'Italie ,
ouvert ses Portes aux approches de l'Armée
Royale Son Château , après 13 -jours de tranchées
, a été forcé de se rendre, Tout le Païs
renfermé entre les Rivieres du Tessin et de l'Oglio
est à present soumis à la Puissance de Sa
Majesté. Un cours si heureux et si rapide de tant
de succès , exige de nous la plus vive reconnoissance
envers le Souverain Arbitre des Etats qui
fait pancher la Victoire où il lui plaît , et qui
dispose de tout l'Univers avec poids , sagesse et
mesure. Continuons à faire des voeux les plus ardens
pnur la prosperité de notre auguste Monarque
, qui n'attaque ses ennimis que pour procurer
à l'Europe une Paix solide , et pour maintenir
les différens Princes qui y regnent dans leurs
juftes et légitimes droits. A ces causes : Nous
ordonnons que Vendredy , 15 du présent mois ,
à l'issue des Vêpres , le Te Deum sera chanté
dans notre Eglise Abbatiale , en actions de graces
des Benedictions que Dieu a répandues sur les
Armes du Roy. Donné à Paris , dans notre Pa-
Tais Abbatial , ce 13 Janvier 1734.
Signê, HENRY , Cardinal de Bissy.
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Résumé : Mandement du Cardinal de Bissi, et Te Deum sur le même sujet, [titre d'après la table]
Le 15 janvier 1734, un Te Deum fut chanté solennellement à l'Église de l'Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés, conformément à un mandement du Cardinal de Bissy daté du 13 janvier. Ce mandement célébrait les récentes victoires militaires du roi de France et de ses alliés. Milan, une ville majeure d'Italie, avait été conquise après la reddition de son château, et la région entre les rivières Tessin et Oglio était désormais sous la domination française. Le Cardinal de Bissy exprimait sa reconnaissance envers Dieu pour ces succès et appelait à prier pour la prospérité du monarque, qui combattait pour une paix durable en Europe et pour la défense des droits légitimes des princes. Le Te Deum fut chanté en actions de grâce pour les bénédictions divines accordées aux armes du roi.
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2511
p. 379-380
POLOGNE.
Début :
Les Magistrats de Dantzick, s'assemblerent extraordinairement le 27. du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Magistrats, Gdańsk, Troupes, Couronne, Cracovie, Diète
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Lextraordinairement le 27. du mois dernier
Es Magistrats de Dantzick , s'assemblerent
pour déliberer sur la proposition que le Roy leur a
faite de recevoir dans les Ouvrages exterieurs,une
Garnison composée de Troupes de la Couronne;
les Magistrats y ont consenti , à condition que
les
380 MERCURE DE FRANCE
les Officiers et les Soldats prêteront serment de
ne rien entreprendre contre la liberté et les Privileges
des habitans de Dantzick .
Les Lettres de Cracovie , confirment que les
menaces de l'Electeur de Saxe et les violences des
Moscovites , n'ont pû contraindre la Noblesse de
la plupart des Palatinats de s'assembler et d'élire
des Nonces pour assister à la prétenduë Diette
generale que ce Prince avoit convoquée , et que
cette Diette ne sera point assemblée .
On a reçû avis que le Comte Pocci avoit fait
une nouvelle course en Curlande , et qu'il en
avoit ravagé la plus grande partie.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, ne s'est pas encore mis en marche pour
se rendre dans la Prusse Polonoise , il est toujours
campé sur les bords de la Riviere de Pilckza
, entre Warsovie et Cracovie , mais on con-
- tinuë d'assurer qu'il doit se rendre bientôt dans
cette Province avec l'Armée qu'il commande .
Plusieurs Régimens des Troupes du Roy de
Prusse se sont approchez de la Frontiere , et le
bruit court que Sa Majesté Prussienne a fait donner
aux Magistrats de Dantzik des assurances de
ses dispositions favorables sur ce qui regarde la
sureté de cette Ville.
Lextraordinairement le 27. du mois dernier
Es Magistrats de Dantzick , s'assemblerent
pour déliberer sur la proposition que le Roy leur a
faite de recevoir dans les Ouvrages exterieurs,une
Garnison composée de Troupes de la Couronne;
les Magistrats y ont consenti , à condition que
les
380 MERCURE DE FRANCE
les Officiers et les Soldats prêteront serment de
ne rien entreprendre contre la liberté et les Privileges
des habitans de Dantzick .
Les Lettres de Cracovie , confirment que les
menaces de l'Electeur de Saxe et les violences des
Moscovites , n'ont pû contraindre la Noblesse de
la plupart des Palatinats de s'assembler et d'élire
des Nonces pour assister à la prétenduë Diette
generale que ce Prince avoit convoquée , et que
cette Diette ne sera point assemblée .
On a reçû avis que le Comte Pocci avoit fait
une nouvelle course en Curlande , et qu'il en
avoit ravagé la plus grande partie.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, ne s'est pas encore mis en marche pour
se rendre dans la Prusse Polonoise , il est toujours
campé sur les bords de la Riviere de Pilckza
, entre Warsovie et Cracovie , mais on con-
- tinuë d'assurer qu'il doit se rendre bientôt dans
cette Province avec l'Armée qu'il commande .
Plusieurs Régimens des Troupes du Roy de
Prusse se sont approchez de la Frontiere , et le
bruit court que Sa Majesté Prussienne a fait donner
aux Magistrats de Dantzik des assurances de
ses dispositions favorables sur ce qui regarde la
sureté de cette Ville.
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Résumé : POLOGNE.
En Pologne, le 27 du mois précédent, les magistrats de Dantzick ont accepté la proposition du roi d'accueillir une garnison de troupes de la Couronne dans les ouvrages extérieurs, à condition que les officiers et soldats prêtent serment de ne pas attaquer la liberté et les privilèges des habitants. Les menaces de l'Électeur de Saxe et les violences des Moscovites n'ont pas réussi à contraindre la noblesse de la plupart des palatinats à se réunir pour élire des représentants à la diète générale convoquée par ce prince, rendant ainsi cette diète impossible. Le Comte Pocci a effectué une nouvelle incursion en Curlande, ravageant une grande partie de la région. Le Comte Potocki, régimentaire de la Couronne, n'a pas encore commencé sa marche vers la Prusse Polonoise et reste campé sur les bords de la rivière Pilckza, entre Varsovie et Cracovie, mais il doit bientôt se rendre dans cette province avec son armée. Par ailleurs, plusieurs régiments des troupes du roi de Prusse se sont rapprochés de la frontière, et le roi de Prusse a assuré aux magistrats de Dantzik ses dispositions favorables concernant la sûreté de la ville.
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2512
p. 380-381
TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
Début :
Les troubles violents dont le Royaume est affligé sont tels, qu'ils ne me permettent pas [...]
Mots clefs :
Apostolique, Pologne, Exposer, Lettres, Charge, Ministère, Témoigner
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
TRADUCTION de la Lettre du
Nonce Apostolique , au Roy de Pologne.
Es troubles violents dont le Royaume est
Laffligé sont tels , qu'ils ne me permettent pas
à moins que de m'exposer à beaucoup de dangers ,
d'aller présenter mes respects à V. M. et lui
remettre en même - temps les Lettres de notre
Très -Saint Pere en J. C. Monseigneur Clémentissime
FEVRIER 1734- 381
tissime , par lesquelles il félicite V. M. sur son
heureuse Election au Trône de Pologne , et répond
à celles que V. M. lui avoit écrites au sujet
de cet Evenement tant desiré . N'ayant donc
pû aller en personne , comme je le souhaitois
avec ardeur , et les Commissions dont j'avois été
chargé de la part de S. S. ayant été executées par
le Ministere de M. le Marquis de Monti , Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. T. C. ainsi
que son Excellence m'en a assuré par les Lettres
que j'en ai reçûes avant hier seulement . V. M,
me permettra de lui témoigner par la présente
et respectueuse Lettre , combien je desire de voir
cesser les obstacles et les périls du voyage , afin
d'aller auprès de V. M. exposer plus au long les
sentimens du Souverain Pontife pour Elle , et
y faire les fonctions de mon Ministere , ce que
je regarde comme infiniment honorable et heureux
pour moi. Je ne puis m'empêcher de me
servir de l'occasion que me fournit l'Emploi
Apostolique dont je suis chargé , pour témoigner
à V.M. la joye que je ressens en mon particulier,
et d'être bien persuadé que je demande avec instance
au Pere de Misericorde , qu'il daigne benir
le commencement de votre Regue pour l'aug
mentation de la Religion Orthodoxe , et pour
bonheur de la celebre Nation que vous gouvernez.
J'espere que le Ciel exaucera mes voeux , et
que V. M. voudra bien agréer le parfait dévouement
avec lequel je suis , & c . Fait à Warsovie
le 3. Décembre 1733. Signé Camille Palucci .
Nonce Apostolique , au Roy de Pologne.
Es troubles violents dont le Royaume est
Laffligé sont tels , qu'ils ne me permettent pas
à moins que de m'exposer à beaucoup de dangers ,
d'aller présenter mes respects à V. M. et lui
remettre en même - temps les Lettres de notre
Très -Saint Pere en J. C. Monseigneur Clémentissime
FEVRIER 1734- 381
tissime , par lesquelles il félicite V. M. sur son
heureuse Election au Trône de Pologne , et répond
à celles que V. M. lui avoit écrites au sujet
de cet Evenement tant desiré . N'ayant donc
pû aller en personne , comme je le souhaitois
avec ardeur , et les Commissions dont j'avois été
chargé de la part de S. S. ayant été executées par
le Ministere de M. le Marquis de Monti , Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. T. C. ainsi
que son Excellence m'en a assuré par les Lettres
que j'en ai reçûes avant hier seulement . V. M,
me permettra de lui témoigner par la présente
et respectueuse Lettre , combien je desire de voir
cesser les obstacles et les périls du voyage , afin
d'aller auprès de V. M. exposer plus au long les
sentimens du Souverain Pontife pour Elle , et
y faire les fonctions de mon Ministere , ce que
je regarde comme infiniment honorable et heureux
pour moi. Je ne puis m'empêcher de me
servir de l'occasion que me fournit l'Emploi
Apostolique dont je suis chargé , pour témoigner
à V.M. la joye que je ressens en mon particulier,
et d'être bien persuadé que je demande avec instance
au Pere de Misericorde , qu'il daigne benir
le commencement de votre Regue pour l'aug
mentation de la Religion Orthodoxe , et pour
bonheur de la celebre Nation que vous gouvernez.
J'espere que le Ciel exaucera mes voeux , et
que V. M. voudra bien agréer le parfait dévouement
avec lequel je suis , & c . Fait à Warsovie
le 3. Décembre 1733. Signé Camille Palucci .
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Résumé : TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
Le Nonce Apostolique adresse une lettre au Roi de Pologne le 3 décembre 1733, expliquant que les troubles violents dans le Royaume l'empêchent de se rendre en personne pour présenter ses respects et remettre les lettres du Pape. Ces lettres félicitent le Roi pour son élection au trône de Pologne et répondent à celles que le Roi avait envoyées. Les commissions du Nonce ont été exécutées par le Marquis de Monti, Ambassadeur Extraordinaire. Le Nonce exprime son désir de rencontrer le Roi pour exposer les sentiments du Souverain Pontife. Il témoigne sa joie et prie pour le succès du règne du Roi, afin d'augmenter la Religion Orthodoxe et le bonheur de la nation polonaise. Le Nonce conclut en espérant que ses vœux seront exaucés et en réaffirmant son dévouement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2513
p. 382
ALLEMAGNE.
Début :
On dit que l'Empereur nommera le prince Eugene General de l'Armée qu'elle doit [...]
Mots clefs :
Prince Eugène, Général de l'armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Eugene General de l'Armée qu'elle doit
avoir cette année sur le Rhin , et que ce Prince fait
travailler avec diligence à ses Equipages. Le Duc
d'Aremberg , qui devoit servir sous les ordres du
Géneral Mercy , en qualité de Géneral d'Infanterie
, servira dans les Troupes commandées par
le Prince Eugene , et les Comtes Novati , de Bordas
, de Saint Pierre , et de Ciceri , feront les
fonctions d'Adjudans Generaux dans l'Arméc
d'Lalie.
Eugene General de l'Armée qu'elle doit
avoir cette année sur le Rhin , et que ce Prince fait
travailler avec diligence à ses Equipages. Le Duc
d'Aremberg , qui devoit servir sous les ordres du
Géneral Mercy , en qualité de Géneral d'Infanterie
, servira dans les Troupes commandées par
le Prince Eugene , et les Comtes Novati , de Bordas
, de Saint Pierre , et de Ciceri , feront les
fonctions d'Adjudans Generaux dans l'Arméc
d'Lalie.
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2514
p. 382
ITALIE.
Début :
On apprend de Naples que sur le rapport que le géneral Traun et le Prince de Belmonte [...]
Mots clefs :
Fortifications, Capoue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
N apprend de Naples, que sur le rapport que
ie Géneral Traun et le Prince de Belmonte
Pignatelli , ont fait du mauvais état dans lequel
étoient les Fortifications de la Ville de Ca poue ,
le Viceroy a pris la résolution de la faire démanteler
, et on transporte à Gaëtte et les Munitions
et l'Artillerie qui étoient dans cette Place.
N apprend de Naples, que sur le rapport que
ie Géneral Traun et le Prince de Belmonte
Pignatelli , ont fait du mauvais état dans lequel
étoient les Fortifications de la Ville de Ca poue ,
le Viceroy a pris la résolution de la faire démanteler
, et on transporte à Gaëtte et les Munitions
et l'Artillerie qui étoient dans cette Place.
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2515
p. 382
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 5. de ce mois, les Seigneurs agiterent s'ils prieroient le Roy de communiquer à la [...]
Mots clefs :
Guerre, Seigneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Er. de ce mois , les Seigneurs agiterent s'ils
prieroient le Roy de communiquer à la
Chambre , les intentions que Sa Majesté a données
à ses Ministres par rapport aux négociations
qui sont alleguées comme les causes et les
principaux motifs de la guerre que les Puissances
Unies de France , d'Espagne et de Sardaigne ,
ont déclaré à l'Empereur , et il fut décidé à la
pluralité de cinquante- sept voix contre trente
qu'on ne feroit point cette demande à S. M.
Er. de ce mois , les Seigneurs agiterent s'ils
prieroient le Roy de communiquer à la
Chambre , les intentions que Sa Majesté a données
à ses Ministres par rapport aux négociations
qui sont alleguées comme les causes et les
principaux motifs de la guerre que les Puissances
Unies de France , d'Espagne et de Sardaigne ,
ont déclaré à l'Empereur , et il fut décidé à la
pluralité de cinquante- sept voix contre trente
qu'on ne feroit point cette demande à S. M.
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2516
p. 383-384
ARMÉE D'ITALIE,
Début :
Les travaux commencez le 30 Janvier, devant le Château de Tortonne pour l'établissement [...]
Mots clefs :
Château de Tortone, Batteries, Bastions, France, Tortone, Canon, Battre, Prince de Wurtemberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE,
ARMEE D'ITALIE >
Es travaux commencez le 30 Janvier , devant
LE
le Château de Tortonne pour l'établissement
des Batteries , furent perfectionnés les jours suivans.
On en dressa deux de 6 Piéces de Canon ,
pour battre les faces des Bastions de Sainte Barbe
et de Saint Laurent ; deux autres de quatre ,
pour battre les Flancs de ce's Bastions , et une de
quinze , contre la branche de l'Ouvrage à Corne
, et ces cinq Batteries tirerent la nuit du 1 au
2 de ce mois , avec tant de succès , que le landemain
les faces des Bastions commencerent à s'écrouler
Les Batteries de Mortiers établies depuis,
et qui furent en état de tirer le 4 , firent tant
d'effet , que le s , à deux heures après midi le
Gouverneur du Château demanda à capituler.Le
même jour le Duc de la Trémoille partit du
Camp pour aller en France , porter au Roy la
nouvelle de la prise du Château de Tortonne ,
dont
384 MERCURE DE FRANCE
dont la Garnison , composée de 1200 hommes ,
doit sortir avec les honneurs de la Guerre , et se
retirer à Mantouë . Le sieur de la Garde , Capitaine
de Grenadiers , dans le Régiment de Médoc
, a été tué à ce Siége ; il y a eu quatre Officiers
de blessez , vingt Soldats de tuez , et environ
quarante de blessez .
Le 29 du mois dernier , le Prince de Wirtemberg
sortit de Mantoue avec un détachement
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons de
4000 hommes , et il prit à Goïto du Canon , des
Pontons et 200 Travailleurs , qu'on croit qu'il
vouloit employer à rompre le Pont que les
Troupes du Roy de France ont fait sur l'Oglio
à Gazolo . Ce détachement se presenta la nuit au
Gué de S.Michel , et ensuite à celui de Marcaria.
Mais le Prince de Wirtemberg ayant trouvé ces
Postes bien gardez , il se retira à Capitello , d'où
il est entré dans Mantovë , sans avoir rien entrepris
. Le Maréchal de Villars qui étoit parti le
25 du mois dernier pour aller à Farme,, en est
revenu icy avanthier.
Es travaux commencez le 30 Janvier , devant
LE
le Château de Tortonne pour l'établissement
des Batteries , furent perfectionnés les jours suivans.
On en dressa deux de 6 Piéces de Canon ,
pour battre les faces des Bastions de Sainte Barbe
et de Saint Laurent ; deux autres de quatre ,
pour battre les Flancs de ce's Bastions , et une de
quinze , contre la branche de l'Ouvrage à Corne
, et ces cinq Batteries tirerent la nuit du 1 au
2 de ce mois , avec tant de succès , que le landemain
les faces des Bastions commencerent à s'écrouler
Les Batteries de Mortiers établies depuis,
et qui furent en état de tirer le 4 , firent tant
d'effet , que le s , à deux heures après midi le
Gouverneur du Château demanda à capituler.Le
même jour le Duc de la Trémoille partit du
Camp pour aller en France , porter au Roy la
nouvelle de la prise du Château de Tortonne ,
dont
384 MERCURE DE FRANCE
dont la Garnison , composée de 1200 hommes ,
doit sortir avec les honneurs de la Guerre , et se
retirer à Mantouë . Le sieur de la Garde , Capitaine
de Grenadiers , dans le Régiment de Médoc
, a été tué à ce Siége ; il y a eu quatre Officiers
de blessez , vingt Soldats de tuez , et environ
quarante de blessez .
Le 29 du mois dernier , le Prince de Wirtemberg
sortit de Mantoue avec un détachement
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons de
4000 hommes , et il prit à Goïto du Canon , des
Pontons et 200 Travailleurs , qu'on croit qu'il
vouloit employer à rompre le Pont que les
Troupes du Roy de France ont fait sur l'Oglio
à Gazolo . Ce détachement se presenta la nuit au
Gué de S.Michel , et ensuite à celui de Marcaria.
Mais le Prince de Wirtemberg ayant trouvé ces
Postes bien gardez , il se retira à Capitello , d'où
il est entré dans Mantovë , sans avoir rien entrepris
. Le Maréchal de Villars qui étoit parti le
25 du mois dernier pour aller à Farme,, en est
revenu icy avanthier.
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE,
Le 30 janvier, les travaux pour établir des batteries devant le Château de Tortonne débutèrent. Cinq batteries furent installées : deux de six pièces pour attaquer les faces des bastions de Sainte-Barbe et de Saint-Laurent, deux autres de quatre pièces pour les flancs, et une de quinze pièces contre la branche de l'ouvrage à corne. Ces batteries tirèrent avec succès la nuit du 1 au 2 février, provoquant l'effondrement des faces des bastions le lendemain. Les batteries de mortiers, opérationnelles le 4 février, causèrent suffisamment de dégâts pour que le gouverneur demande à capituler le même jour. Le Duc de la Trémoille informa le roi de la prise du château. La garnison, composée de 1200 hommes, se retira à Mantoue avec les honneurs. Le siège coûta la vie au sieur de la Garde et fit quatre officiers blessés, vingt soldats tués et environ quarante blessés. Le 29 janvier, le Prince de Wirtemberg tenta sans succès de rompre un pont français sur l'Oglio à Gazolo. Le Maréchal de Villars revint à Farme le 28 janvier.
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2517
p. 384-388
LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
Début :
Nous sommes ici M. entourez de Montagnes fort hautes, et sur le bord d'un Lac, où [...]
Mots clefs :
Grandeur, Loges, Théâtre, Dames, Paris, Temps, Pièce, Orchestre, Pittoresque, Chant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
LETTRE d'un Officier de l'Armée
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
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Résumé : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
La lettre d'un officier de l'armée d'Italie, datée du 27 janvier, décrit la situation des soldats à Côme, une ville entourée de montagnes et bordée par un lac. Malgré un froid intense, les soldats disposent de bois pour se chauffer et de nourriture abondante, bien que coûteuse. Les poissons locaux, tels que les brochets et les agons, sont particulièrement appréciés. La viande de boucherie est de bonne qualité, mais les vins locaux sont jugés de mauvaise qualité. Les soldats sont bien logés et côtoient des dames raisonnables, tandis que les religieuses sont confinées dans leurs couvents sur ordre de l'évêque. L'officier mentionne également la beauté et la richesse des assemblées à Milan, où les Italiens se familiarisent avec les Français. Milan est décrite comme une grande ville, plus vaste qu'un tiers de Paris mais moindre que sa moitié. L'Opéra de Milan attire par son éclat et sa durée, commençant à sept heures du soir et se terminant après minuit. La salle de l'Opéra est comparée à celles du Château des Tuileries, avec des loges profondes et ornées. Les représentations incluent des prologues, des actes et des intermèdes, avec des décors changeants et une musique orchestrale riche. Cependant, les récits sont jugés longs et les ariettes répétitives. Les acteurs et actrices sont souvent français, et les costumes sont simples pour les ballets mais beaux pour les rôles tragiques. L'officier critique certains aspects de la représentation mais admire le maintien naturel d'un vieil eunuque, grand acteur et maître du théâtre.
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2518
p. 388-394
« Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
Début :
Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Château de Versailles, Officiers, Duc, Concert, Te Deum, Chanter, Messe, Cierge, Chasser, Château de Tortone, Château de Milan, Opéra, Motets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
LE
E premier de ce mois ' , la Reine
entendit la Messe dans la Chapelle
du Château de Versailles , et S. M. y
comFEVRIER
1734. 389
communia
par les mains du Cardinal de
Fleury son Grand Aumonier.
Le même jour M. Gilbert , Recteur de
l'Université , accompagné des Doyens
des Facultez et des Promoteurs des Nations
, eut l'honneur , suivant l'ancien
usage , de présenter un Cierge au Roy ',
et un à la Reine .
Le même jour , le Pere Braban , Commandeur
du Couvent du Marais des
Religieux de la Mercy , accompagné de
trois Religieux de cette Maison eut
l'honneur de présenter un Cierge à la
Reine,pour satisfaire à une condition de
leur Etablissement fait à Paris en l'année
1615. par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 Février >, Fête de la Purification
de la Ste Vierge , les Chevaliers , Commandeurs
, et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant assemblez dans le
Cabinet du Roy , S. M. se rendit à la
Chapelle,étant précédé du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Conty ,,
du Duc du Maine , du Comte d'Eu , du
Comte de Toulouse , et des Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre..
Le Roy assista à la Bénédiction des
I Cier390
MERCURE DE FRANCE
Cierges , à la Procession et à la Grand'
Messe qui fut célébrée par l'Archevêque
de Vienne , Prélat Commandeur de
l'Ordre. Après la Messe , S. M. fut reconduite
à son Appartement avec les
cérémonies ordinaires. La Reine entendit
la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du Pere Tainturier , de la Compagnie
de Jesus , et ensuite les Vêpres
qui furent chantées par la Musique.
›
Le 4 , le Roy partit du Château de
la Meute pour aller chasser à Ecoüen ,
Maison de M. le Duc qui s'y étoit rendu
le jour précédent pour y recevoir S. M.
Il y eut une batue considérable où l'on
prit toute sorte de Gibier ; le Roy dina
et soupa dans le Château avec quantité
de Seigneurs de sa Cour ; S. M. y dîna
encore le lendemain , et partit l'après midy
pour aller coucher au Château de
Versailles .
• Le II le Duc de la Tremoüille
Premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy , arriva de l'Armée d'Italie , et apporta
à S. M. la nouvelle de la Prise du
Château de Tortone,
HoFEVRIER
1734 391
Honoré Armand ' , Marquis de Villars ,
né le 4. Octobre 1702. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Gouverneur
de Provence , en survivance du
Maréchal Duc de Villars son Pere 2
été fait Brigadier des Armées du Roy.
C'est lui qui a apporté au Roy le 4.
Janvier dernier la nouvelle de la réduc
tion du Château de Milan.
>
Le 23 de ce mois ,l'ouverture solemnelle
de l'Assemblée generale du Clergé de
France se fit dans l'Eglise des GrandsAugustins,
par laMesse du S.Esprit, à laquelle
les Prélats et les autres Députez qui composent
l'Assemblée,communiérent ; l'Archevêque
de Paris y officia pontificalement
, et l'Evêque de Bazas y prêcha
avec beaucoup d'éloquence .
Le 2. Février , Fête de la Chandeleur , il
Yeut un Concert Spirituel au Château
des Thuilleries , M. Mouret y fit chanter le
Credidi propter ,, Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi d'un autre de la composition de M. de
Monteclair, les Dlles Erremens et Petitpas chanterent
différents récits avec applaudissement, et
après plusieurs Concerto très - bien exécutez , le
Concert fut terminé par le Te Deum de M. de
la Lande.
Le 3
il y eut
un
Concert
à Versailles
. On
y
chanta
devant
la Reine
le
Prologue
, et le
pre-
I ij ,
392 MERCURE
DE FRANCE
·
mier Acte de l'Opéra d'Hipolite et Aricie , qui
fut continué le 8 et le to , dont l'exécution fut
très brillante. Les Dlles Pelissier et Petitpas
jouerent les principaux rolles , et le Sr Jeliot
chanta avec succès celui d'Hipolite ; la Dlle Rømeau
, épouse de l'Auteur de la Musique , doubla
le rolle d'Aricie ; la Reine loua beaucoup
sa voix et son gout pour le chant.
Le 13 la Cour étant à Marly , la Reine entendit
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
de Callirhoé , de la composition de M. Destouches,
Sur- Intendant de la Musique du Roy , qui
fut continué le 15 et le 17. La Dlle d'Aigremont
chanta le principal rolle d'une maniere
très touchante , et le Sr Chassé celui de Corésus
avec beaucoup de sentiment ; le St Jeliot rendit
le rolle d'Agenor avec tout le gout possible
; sa belle voix fait beaucoup de plaisir , de
même que les Choeurs et toutes les Simphonies.
Le 20 on chanta
l'Opéra
d'Issé
, du même
'Auteur
. Il fut continué
le 22 et le 27. La
Dlle
le Maure
fit le rolle
d'Issé
, et la Dile
Petitpas
celui
de Doris
. Les Srs Chassé
et Tribou
furent
très applaudis
dans
les rolles
d'Hylas
et de Philemon
, le reste
de l'Opéra
fut
zendu
avec
toute
la précision
et la vivacité
dont
il est susceptible
.
Nous avons appris un peu tard , par rapport
au Mercure de Janvier , qui étoit déja imprimé,
que le 1.0. du même mois le Te Deum en actions
de graces pour l'heureux succès des Armes dų
Roy , fut chanté solemnellement à Aix , dans
1'Eglise Métropolitaine S. Sauveur. Le Parlement
, la Cour des Comptes et des Aydes , les
Trésoriers
FEVRIER 1734. 393
Trésoriers de France , les Officiers de lá Sénechaussée
, et les Consuls et Officiers de Ville
assisterent à cette ceremonie. Après le Te Deum ,
les Consuls et leurs Officiers se rendirent à la
grande Place des Prescheurs , où ils allumerent
le Feu de joye qui y avoit été dressé .
M. le Bret , Premier Président du Parlement ,
Intendant et Commandant de la Province , donna
un magnifique soupé à la Compagnie respectable
, dont il est le digne Chef.
Le Dimanche suivant M. de la Vieuville , Brigadier
des Armées du Roy d'Espagne , Colonel
des Carabiniers , qui ont séjourné à Aix pendant
quelque temps , fit chanter par les Musiciens
qui marchent toujours à sa suite , un Te Deum
de la composition de M. l'Abbé Pellegrin , connu
par ses excellens Motets . On avoit choisi
cette Ceremonie l'Eglise des Dominicains , qui
est fort vaste. M. l'Archevêque y officia .
pour
M. le Bret , qui avoit été prié d'y assister , s'y
rendit , précedé de ses Gardes , accompagné des
Consuls et de toute la Noblesse ; toutes les Dames
y avoient été invitées , ainsi l'Assemblée
fut très -belle et très - nombreuse. Pendant le Te
Deum on fit une triple salve de Boëtes , et les Carabiniers
qui étoient en bataille sur la même
Place , firent trois décharges de Mousqueterie.
Après la Ceremonie les Dames se rendirent à
l'Hôtel de Ville où il y eut un Concert qui fut
très- bien executé par les mêmes Musiciens de
M. de la Vieuville . Au Concert succeda un fort
beau Soupé , et au Soupé le Bal , qui dura jusqu'au
jour. Toute cette Fête est dûë au même
M.de la Vieuville , dont on loue beaucoup la magnificence,
la politesse et le goût pour les Beaux-
Arts.Le même jour Mile Bret avoit donné à dîné
I iij -ma394
MERCURE DE
FRANCE
magnifiquement à tous les Officiers
Espagnols
qui se trouvoient dans cette Ville.
E premier de ce mois ' , la Reine
entendit la Messe dans la Chapelle
du Château de Versailles , et S. M. y
comFEVRIER
1734. 389
communia
par les mains du Cardinal de
Fleury son Grand Aumonier.
Le même jour M. Gilbert , Recteur de
l'Université , accompagné des Doyens
des Facultez et des Promoteurs des Nations
, eut l'honneur , suivant l'ancien
usage , de présenter un Cierge au Roy ',
et un à la Reine .
Le même jour , le Pere Braban , Commandeur
du Couvent du Marais des
Religieux de la Mercy , accompagné de
trois Religieux de cette Maison eut
l'honneur de présenter un Cierge à la
Reine,pour satisfaire à une condition de
leur Etablissement fait à Paris en l'année
1615. par la Reine Marie de Medicis.
Le 2 Février >, Fête de la Purification
de la Ste Vierge , les Chevaliers , Commandeurs
, et Officiers de l'Ordre du
S. Esprit , s'étant assemblez dans le
Cabinet du Roy , S. M. se rendit à la
Chapelle,étant précédé du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Conty ,,
du Duc du Maine , du Comte d'Eu , du
Comte de Toulouse , et des Chevaliers
Commandeurs et Officiers de l'Ordre..
Le Roy assista à la Bénédiction des
I Cier390
MERCURE DE FRANCE
Cierges , à la Procession et à la Grand'
Messe qui fut célébrée par l'Archevêque
de Vienne , Prélat Commandeur de
l'Ordre. Après la Messe , S. M. fut reconduite
à son Appartement avec les
cérémonies ordinaires. La Reine entendit
la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du Pere Tainturier , de la Compagnie
de Jesus , et ensuite les Vêpres
qui furent chantées par la Musique.
›
Le 4 , le Roy partit du Château de
la Meute pour aller chasser à Ecoüen ,
Maison de M. le Duc qui s'y étoit rendu
le jour précédent pour y recevoir S. M.
Il y eut une batue considérable où l'on
prit toute sorte de Gibier ; le Roy dina
et soupa dans le Château avec quantité
de Seigneurs de sa Cour ; S. M. y dîna
encore le lendemain , et partit l'après midy
pour aller coucher au Château de
Versailles .
• Le II le Duc de la Tremoüille
Premier Gentilhomme
de la Chambre du
Roy , arriva de l'Armée d'Italie , et apporta
à S. M. la nouvelle de la Prise du
Château de Tortone,
HoFEVRIER
1734 391
Honoré Armand ' , Marquis de Villars ,
né le 4. Octobre 1702. Mestre de Camp
d'un Régiment de Cavalerie , et Gouverneur
de Provence , en survivance du
Maréchal Duc de Villars son Pere 2
été fait Brigadier des Armées du Roy.
C'est lui qui a apporté au Roy le 4.
Janvier dernier la nouvelle de la réduc
tion du Château de Milan.
>
Le 23 de ce mois ,l'ouverture solemnelle
de l'Assemblée generale du Clergé de
France se fit dans l'Eglise des GrandsAugustins,
par laMesse du S.Esprit, à laquelle
les Prélats et les autres Députez qui composent
l'Assemblée,communiérent ; l'Archevêque
de Paris y officia pontificalement
, et l'Evêque de Bazas y prêcha
avec beaucoup d'éloquence .
Le 2. Février , Fête de la Chandeleur , il
Yeut un Concert Spirituel au Château
des Thuilleries , M. Mouret y fit chanter le
Credidi propter ,, Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi d'un autre de la composition de M. de
Monteclair, les Dlles Erremens et Petitpas chanterent
différents récits avec applaudissement, et
après plusieurs Concerto très - bien exécutez , le
Concert fut terminé par le Te Deum de M. de
la Lande.
Le 3
il y eut
un
Concert
à Versailles
. On
y
chanta
devant
la Reine
le
Prologue
, et le
pre-
I ij ,
392 MERCURE
DE FRANCE
·
mier Acte de l'Opéra d'Hipolite et Aricie , qui
fut continué le 8 et le to , dont l'exécution fut
très brillante. Les Dlles Pelissier et Petitpas
jouerent les principaux rolles , et le Sr Jeliot
chanta avec succès celui d'Hipolite ; la Dlle Rømeau
, épouse de l'Auteur de la Musique , doubla
le rolle d'Aricie ; la Reine loua beaucoup
sa voix et son gout pour le chant.
Le 13 la Cour étant à Marly , la Reine entendit
le Prologue et le premier Acte de l'Opéra
de Callirhoé , de la composition de M. Destouches,
Sur- Intendant de la Musique du Roy , qui
fut continué le 15 et le 17. La Dlle d'Aigremont
chanta le principal rolle d'une maniere
très touchante , et le Sr Chassé celui de Corésus
avec beaucoup de sentiment ; le St Jeliot rendit
le rolle d'Agenor avec tout le gout possible
; sa belle voix fait beaucoup de plaisir , de
même que les Choeurs et toutes les Simphonies.
Le 20 on chanta
l'Opéra
d'Issé
, du même
'Auteur
. Il fut continué
le 22 et le 27. La
Dlle
le Maure
fit le rolle
d'Issé
, et la Dile
Petitpas
celui
de Doris
. Les Srs Chassé
et Tribou
furent
très applaudis
dans
les rolles
d'Hylas
et de Philemon
, le reste
de l'Opéra
fut
zendu
avec
toute
la précision
et la vivacité
dont
il est susceptible
.
Nous avons appris un peu tard , par rapport
au Mercure de Janvier , qui étoit déja imprimé,
que le 1.0. du même mois le Te Deum en actions
de graces pour l'heureux succès des Armes dų
Roy , fut chanté solemnellement à Aix , dans
1'Eglise Métropolitaine S. Sauveur. Le Parlement
, la Cour des Comptes et des Aydes , les
Trésoriers
FEVRIER 1734. 393
Trésoriers de France , les Officiers de lá Sénechaussée
, et les Consuls et Officiers de Ville
assisterent à cette ceremonie. Après le Te Deum ,
les Consuls et leurs Officiers se rendirent à la
grande Place des Prescheurs , où ils allumerent
le Feu de joye qui y avoit été dressé .
M. le Bret , Premier Président du Parlement ,
Intendant et Commandant de la Province , donna
un magnifique soupé à la Compagnie respectable
, dont il est le digne Chef.
Le Dimanche suivant M. de la Vieuville , Brigadier
des Armées du Roy d'Espagne , Colonel
des Carabiniers , qui ont séjourné à Aix pendant
quelque temps , fit chanter par les Musiciens
qui marchent toujours à sa suite , un Te Deum
de la composition de M. l'Abbé Pellegrin , connu
par ses excellens Motets . On avoit choisi
cette Ceremonie l'Eglise des Dominicains , qui
est fort vaste. M. l'Archevêque y officia .
pour
M. le Bret , qui avoit été prié d'y assister , s'y
rendit , précedé de ses Gardes , accompagné des
Consuls et de toute la Noblesse ; toutes les Dames
y avoient été invitées , ainsi l'Assemblée
fut très -belle et très - nombreuse. Pendant le Te
Deum on fit une triple salve de Boëtes , et les Carabiniers
qui étoient en bataille sur la même
Place , firent trois décharges de Mousqueterie.
Après la Ceremonie les Dames se rendirent à
l'Hôtel de Ville où il y eut un Concert qui fut
très- bien executé par les mêmes Musiciens de
M. de la Vieuville . Au Concert succeda un fort
beau Soupé , et au Soupé le Bal , qui dura jusqu'au
jour. Toute cette Fête est dûë au même
M.de la Vieuville , dont on loue beaucoup la magnificence,
la politesse et le goût pour les Beaux-
Arts.Le même jour Mile Bret avoit donné à dîné
I iij -ma394
MERCURE DE
FRANCE
magnifiquement à tous les Officiers
Espagnols
qui se trouvoient dans cette Ville.
Fermer
Résumé : « Le premier de ce mois, la Reine entendit la Messe dans la Chapelle [...] »
En février 1734, plusieurs événements significatifs se déroulèrent à la cour de France. Le 1er février, la Reine participa à la messe dans la Chapelle du Château de Versailles et communia. M. Gilbert, Recteur de l'Université, et le Père Braban, Commandeur du Couvent du Marais, offrirent des cierges au Roi et à la Reine. Le 2 février, à la fête de la Purification de la Sainte Vierge, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit se rassemblèrent pour la bénédiction des cierges, une procession et une grand-messe célébrée par l'Archevêque de Vienne. Le Roi et la Reine furent reconduits à leurs appartements avec les cérémonies ordinaires. Le 4 février, le Roi partit chasser à Écouen, où il fut accueilli par le Duc. Le 11 février, le Duc de la Trémoille arriva de l'armée d'Italie et annonça la prise du Château de Tortone. Le 23 février, l'Assemblée générale du Clergé de France s'ouvrit solennellement à l'Église des Grands-Augustins, avec une messe du Saint-Esprit et un sermon de l'Évêque de Bazas. Des concerts spirituels furent organisés le 2 février aux Tuileries et le 3 février à Versailles, avec des motets et des opéras interprétés par des musiciens renommés. La Reine assista à des représentations d'opéras tels que 'Hippolyte et Aricie', 'Callirhoé' et 'Issé' au Château de Versailles et à Marly. Le 10 janvier, un Te Deum fut chanté à Aix pour célébrer les succès des armes du Roi, suivi de feux de joie et de réceptions. Le même jour, M. de la Vieuville organisa un Te Deum et un concert à Aix, avec un souper et un bal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2519
p. 586-593
A Constantinople le 15. Janvier 1734.
Début :
La derniere Lettre que je vous écrivis, Monsieur, en datte des 12. et 20. Novembre, [...]
Mots clefs :
Topal Osman Pacha, Thamas Kouli-Kan, Turcs, Troupes, Kerkout, Bagdad, Perse, Memis Pacha, Achmet Pacha, Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Constantinople le 15. Janvier 1734.
A Constantinople le 15. Janvier 1734-
L
A derniere Lettre que je vous écrivis , Monsieur
, en datte des 12. et 20. Novembre
ne vous parloit que des triomphes de Topal - Osman
Pacha ; je me préparois même alors avec
plaisir à vous en annoncer bien- tôt un autre
qui auroit mis le comble à sa gloire , et qui suivant
la situation où l'on assuroit que les affaires
des Turcs étoient en Perse , ne pouvoit lui manquer
, mais la Providence en a ordonné autrement
, et ce grand homme a trouvé sa défaite
où tout sembloit lui promettre celle de son Ennemi.
Quoique je ne doute pas que vous ne
soyez déja informé de cet Evenement, je ne laisse
pas de vous faire part de ce que j'en ai appris ,
parce que les premieres Relations qui en coururent
d'abord ont été démenties dans plusieurs
points par de plus fidelles qui sont venuës après.
Memis- Pacha , qui , comme je vous l'ai déja
mandé , avoit été détaché avec un Corps de
Troupes , chargé de poursuivre Thamas Kouli-
Kan ; après la déroute de celui-cy à Leilan , ne
se sentant pas assez fort pour l'attaquer dans le
Défilé , où l'on prétendoit qu'il avoit été contraint
de se renfermer , envoya demander du
secours à Topal - Osman. Ce Seraskier impatient
de terminer par quelque coup décisif une guerre
que le desespoir plutôt que les forces du General
Persan pouvoit encore prolonger , s'il le l'aissoit
MARS. 1734.
587
rage
soit échapper du mauvais pas, où il le croyoit engagé,
se flata que sa présence redoubleroit le coudes
Turcs, comme il l'avoit éprouvé tant de
fois, et lui faciliteroit la victoire sur son Ennemi .
Il marcha donc avec le peu de Troupes qui lui restoient,
mais à peine cut- il joint Memis-Pacha, sur
lequel Thamas Kouli- Kan vint fondre avec fureur
, que par des raisons qui n'ont pas été bien
éclaircies , ce Pacha , dont jusqu'alors la bravoure,
n'avoit point parû équivoque , prit la fuite
avec toutes ses Troupes sans faire la moindre
résistance.
Topal- Osman outré de s'en voir si lâchement
abandonné , mais incapable de suivre son exemple
, s'abandonna lui - même à son intrépidité ,
et malgré la supériorité du nombre des Persans ,
il soutint leurs attaques pendant quelques heures
, secondé du peu de monde qu'il avoit ame
né ; il combattoit même avec avantage et leur
faisoit déja perdre du terrain , lorsque deux
coups de fusil qu'il reçut à la fois , le firent tomber
mort de cheval . Ce funeste spectacle jetta un
si grand et si subit dérangement parmi ses Soldats
, qu'ils se débanderent aussi- tôt et prirent
à toutes jambes la route de Kerkout , dans laquelle
Memis-Pacha les avoit devancez.
Kouli Kan , qui depuis qu'il a' pris les armes
ne s'étoit fait connoître que par un orgueil insupportable
et un courage qui tenoit plus de la
férocité qu'on respire sur les Montagnes où il a
reçû le jour , que de cette valeur genereuse qui
n'est pas moins souvent le fruit d'une belle édu
cation , qu'un présent de la Nature , donna ce
pendant en cette occasion une marque de gran
deur d'ame à laquelle on ne s'attendoit
part,et qu'il y auroit de l'injustice à passer sous
H vj silence
pas
de sa
$ 88 MERCURE DE FRANCE
silence. Ayant sçû que l'épouvante et la retraite.
précipitee du reste des Troupes Ottomanes n'avoient
eu d'autre cause que la mort de leur Chef,
il se servit de leur Ordou- Cadi , qui avoit été
pris auprès de lui lorsqu'il fut tué , pour retrouver
et reconnoître son corps , et après l'avoir.
consideré avec une espece de veneration , il le
fit porter à la Littiere dans laquelle le Deffunt
étoit venu et le renvoya à Kerkout , pour que,
les Turcs lui fissent eux -mêmes des Obseques
convenables. Il est vrai qu'on dit qu'il n'en usa
si noblement qu'en reconnoissance de ce que
Topal - Osman lui avoit renvoyé depuis quelques
jours son beau-pere et son neveu , qui avoient
été faits prisonniers à l'affaire de Kerkout ; mais
quelqu'ait été le motif qui l'a fait agir , ce trait
de magnanimité n'en est pas moins digne de
loüange.
La nouvelle de cette mort , qu'on reçut à Constantinople
la nuit du 4. auf. Décembre , remplit
cette Ville de consternation , et le Peuple
effrayé par des faux bruits que des mal ingens
tentionnez pour cet Empire , prirent soin de semer
les jours suivans , s'imagina que tout étoit
perdu ; heureusement des avis posterieurs et plus
vrais , ont fort rassuré les esprits , et l'on sçait,
à présent que tout le dommage que les Turcs
ont souffert dans ce dernier combat, se réduit à
un très - petit nombre de morts et de prisonniers
et à la perte de Topal - Osman ; perte , à la verité
, irréparable dans un sens , quand on refléchit
sur lesgrandes qualitez de ce General et sur le
point avantageux où il avoit conduit les choses ,
mais perte , après tout , qui n'entraîne pas celle
*L'Intendant de l'Armée.
de
MARS. 1724. 589
de l'Etat , comme ceux qui voudroient le voir
anéanti , affectoient de le répandre sourdement .
En premier lieu , bien loin que Thamas Kouli
-Kan ait tiré quelque fruit de cette victoire en
poursuivant les Turcs à Kerkout et en s'emparant
de cette Forteresse , comme on avoit d'abord
publié qu'il l'avoit fait , il a été obligé de
s'en éloigner encore plus qu'il ne l'étoit et de
tenir la Campagne , tantôt d'un côté , tantôt
d'un autre pour trouver à subsister , sans même
emporter le Canon que les Turcs lui abandonnerent
avec le Champ de bataille . Secondement,
il est certain qu'il continue ses instances
pour obtenir la Paix qu'il avoit demandée aux
Turcs depuis long- temps et que leur Ordon-
Cadi , qu'il avoit renvoyé ici sur sa parole pour
cette négociation , s'en est retourné sans qu'on
ait seulement voulu écouter les propositions
que cè General l'avoit chargé de faire de sa part
Ja Porte.
est
Il y a bien plus que cela , s'il en faut croire
certaines nouvelles , que je tiens de fort bon lieu:
elles portent que Kouli - Kan , n'ayant plus un
assez gros parti pour soutenir sa rebellion en
Perse , n'ose pas y retourner , parce qu'il y
regardé comme le fleau et l'unique auteur des
dernieres calamitez dont ce malheureux Royaume
est désolé ; qu'aussi - tôt qu'il eut perdu la
Bataille du 19 Juillet , un Seigneur Persan fort
acredité , qu'on appelle le vieux Khan , & qu'il
avoit laissé devant Bagdad pour y continuer le
blocus , l'abandonna , partit en poste et s'en alla
droit à Hispahan soulever les esprits contre lui ;
que delà il passa dans le Corassan , où il tira
Schaph- Thamas de sa prison ; qu'il ramena ce
Prince dans sa Capitale et le rétablit sur son
Tiêu
$90 MERCURE DE FRANCE
Trône aux acclamations de tout le peuple ; qu'en
suite le Roy de Perse avoit de nouveau déclaré
qu'il condamnoit en tout la conduite de Kouli-
Kan depuis qu'il avoit violé la derniere Paix
qu'il persistoit à le proscrire comme rebelle à
son Souverain , et traître à sa patrie ; qu'il levoit
des Troupes pour marcher contre lui le prendre
vif ou mort, s'il étoit possible , et le livrer à
la vengeance des Turcs , et qu'il renouvelloit
sans restrition la ratification qu'il avoit faite
du Traité d'Amadan.
Je ne vous dissimulerai point , Monsieur , que
je ne voudrois pas vous garantir la verité de ces
nouvelles en leur entier , parce que je sçais qu'on
soupçonne toujours ici , que Schah- Thamas et
son premier Ministre s'entendent ensemble ; mais
je ne vous garantirai pas davantage non plus les
Nouvelles suivantes , arrivées ici depuis peu de
jours.
Les unes disent que Kouli-Kan ayant voulu
risquer une tentative sur Kerkout, Memis Pacha
étoit sorti de cette Place , et l'avoit défait à plate
Couture. Les autres portent au contraire , qu'Achmet
Pacha de Bagdad , sur l'avis qu'on lui
avoit donné , que Thamas- Kouli - Kan avoit dé
taché 4000 hommes pour aller s'emparer de
Khillet * il étoit sorti de Bagdad avec la meilleure
partie de sa Garnison dans le dessein d'enlever
ce Détachement ennemi ; mais qu'ayant
appris en route que Kouli- Kan étoit lui - même à
›
* C'est un gros Bourg avec une petite forteresse
sur le chemin de Bagdad à Bassora , lequel étant
situé au bord de l'Euphrate , sert de Magasin et
d'entrepôts aux provisions pour cette premiere
Place.
KhilMARS
1734.
591
"
Khillet avec 30 à 40 mille hommes , il avoit rebroussé
chemin en dilligence , & qu'étant rentré
dans Bagdad , où il y aa fort peu de vivres , il en
avoit fait sortir les vieillards , les femmes , les
enfans ; en un mot , toutes les bouches inutiles
dans l'aprehension que le General Persan , après
avoir établi ses Magazins à Khillet , ne revint
encore former le blocus de Bagdad ; qu'avant
que d'y être de retour , un autre Achmet , qui
est Capidgi-Bachi , et son Divan- Effendi ** , se
ressouvenant de tout ce qu'il avoit souffert l'année
passée dans cette Place , et craignant de s'y
voir renfermé de nouveau pour long- tems , avoit
débauché 6000 hommes des Troupes qui étoient
sorties avec Achmet Pacha , et que s'étant mis à
leur tête , il les avoit conduit à Kerkout , od
Memis Pacha indigné de sa désertion l'avoit fait
mettre aux fers , et se tenoit sur ses gardes avec
ce renfort contre les entreprises que Kouli-Kam
pourroit faire sur Kerkout.
Vous voyez , Monsieur , par toutes ces nonvelles
, qui se contredisent et qui se débitent
pourtant à Constantinople aussi affirmativement
les unes que les autres , combien il est difficile
pour ne rien dire de plus , de sçavoir positive.
ment ce qui se passe dans ces Contrées éloignées,
où les Etrangers qui sont ici , n'ayant point de
correspondance , ne peuvent que rarement être
instruits du véritable état des choses.
Mais ce dont je puis vous parler avec certitu
de , c'est que depuis la mort de Topal - Osman
on fait de tous côtez dans cet Empire , des préparatifs
extraordinaires contre la Pers . Tous les
** Secretaire du Conseil , ou son premier Secttaire.
7
Pachas
192 MERCURE DE FRANCE
>
Pachas d'Asie ont eu ordre de marcher sans
délai avec le plus de Milices qu'ils pourront rassembler,
chacun dans l'étendue de son Gouvernement
il doit partir d'ici vingt chambrées de
Jannissaires qui composeront environ 8000
hommes. On compte que quand toutes ces
Troupes seront arrivées au lieu du rendez.vous ,
elles se monteront à 90 mille combattans , qui
joints à ce qu'il y en a déja en Perse formeront
une armée formidable ; et l'on s'en promet d'antant
plus de succès , que le G. S. pour encouràger
les gens de Guerre , a considérablement augmenté
la paye , ou les apointemens de tous ceux
qui serviroient dans cette armée pendant la campagne
prochaine. D'ailleurs trois Bâtimens François
frettez par sa hautesse ont déja fait voile
ces jours- ci , chargez de Canons , de Poudre ,
de Boulets , & c . qu'ils doivent débarquer à Alexandrete.
:
Abdoulla Cuperli , ci -devant Pacha du Caire ,
et à présent de Cogni , a été nommé pour remplacer
Topal - Osman , et le G. V. a déclaré en
public , qu'il marcheroit lui - même , pour exterminer
les Persans cette année , ou les forcer du
moins à faire une Paix solide , et honorable à la
Porte.
Au reste , Monsieur , pour finir ma Lettre ,
par quelque chose de consolant sur la mort de
Topal - Osman Pacha , je vous dirai que le G. S.
voulant donner des marques éclatantes du cas
qu'il faisoit de cet illustre et fidele sujet à récompensé
dans la personne de son fils Achmet , les
services que le Pere rendoit depuis si longtems à
cet Empire ; quoique ce jeune Seigneur n'aitt pas
encore 24 ans sa hautesse l'a fait tout d'un
coup et de son propre mouvement Pacha à trois
queües ,
>
MARS 1734.
593
*
queues , et Beylerbey de Romelie ; il est parti
d'ici dernierement avec un Equipage aussi nombreux
que superbe , pour se rendre à Nissa , ré..
sidence affectée au Pacha qui est revêtu de ce
Beylerbeylik .
Ce bienfait tout grand qu'il est en lui - même ,
a été cependant accompagné d'une circonstance,
qui à notre maniere de penser semble en dimi
nuer beaucoup le prix , et que ceux qui ne sont
pas au fait des maximes de l'Empire Ottoman ',
trouveront sans - doute fort extraordinaire , c'est
que dans le même tems que le G. S. a temoigné
avec tant de distinction sa reconnoissance envers
Topal - Osman , en élevant son fils si jeune encore
aux premieres dignitez de l'Etat , Sa Hautesse a
dépêché un Capidgi -Bachi en Perse , pour confisquer
au profit du Trésor Imperial tous les
effets mobiliers du deffunt : de sorte qu'il ne reste
à Achmet Pacha , de la grande succession de son
pere , qui passoit pour extrémement riche , que
les immeubles consistant en Maisons &c. parcè
que Topal Osman avoit eu la précaution de rendre
tous ces bens - là Vacoufs : c'est - à - dire de les
donner en proprieté à des Mosquées et de s'en
réserver l'usufruit pour lui , et pour ses descendans
jusqu'à l'extinction de sa race. Cette précaution
fort en usage dans ce Païs - ci , est le seul
moyen , par lequel ceux qui ont eu quelque part
aux affaires publiques peuvent assurer leur héritage
à leurs enfans : car les biens devenus Vacoufs
sont sacrez : pour quelque cause que ce soit ,
personne ne peut s'en emparer ; et ils ne sont dévolus
aux Mosquées pour la jouissance effective
qu'après le décès du dernier usufruitier .Je suis & c .
P. V. D.
L
A derniere Lettre que je vous écrivis , Monsieur
, en datte des 12. et 20. Novembre
ne vous parloit que des triomphes de Topal - Osman
Pacha ; je me préparois même alors avec
plaisir à vous en annoncer bien- tôt un autre
qui auroit mis le comble à sa gloire , et qui suivant
la situation où l'on assuroit que les affaires
des Turcs étoient en Perse , ne pouvoit lui manquer
, mais la Providence en a ordonné autrement
, et ce grand homme a trouvé sa défaite
où tout sembloit lui promettre celle de son Ennemi.
Quoique je ne doute pas que vous ne
soyez déja informé de cet Evenement, je ne laisse
pas de vous faire part de ce que j'en ai appris ,
parce que les premieres Relations qui en coururent
d'abord ont été démenties dans plusieurs
points par de plus fidelles qui sont venuës après.
Memis- Pacha , qui , comme je vous l'ai déja
mandé , avoit été détaché avec un Corps de
Troupes , chargé de poursuivre Thamas Kouli-
Kan ; après la déroute de celui-cy à Leilan , ne
se sentant pas assez fort pour l'attaquer dans le
Défilé , où l'on prétendoit qu'il avoit été contraint
de se renfermer , envoya demander du
secours à Topal - Osman. Ce Seraskier impatient
de terminer par quelque coup décisif une guerre
que le desespoir plutôt que les forces du General
Persan pouvoit encore prolonger , s'il le l'aissoit
MARS. 1734.
587
rage
soit échapper du mauvais pas, où il le croyoit engagé,
se flata que sa présence redoubleroit le coudes
Turcs, comme il l'avoit éprouvé tant de
fois, et lui faciliteroit la victoire sur son Ennemi .
Il marcha donc avec le peu de Troupes qui lui restoient,
mais à peine cut- il joint Memis-Pacha, sur
lequel Thamas Kouli- Kan vint fondre avec fureur
, que par des raisons qui n'ont pas été bien
éclaircies , ce Pacha , dont jusqu'alors la bravoure,
n'avoit point parû équivoque , prit la fuite
avec toutes ses Troupes sans faire la moindre
résistance.
Topal- Osman outré de s'en voir si lâchement
abandonné , mais incapable de suivre son exemple
, s'abandonna lui - même à son intrépidité ,
et malgré la supériorité du nombre des Persans ,
il soutint leurs attaques pendant quelques heures
, secondé du peu de monde qu'il avoit ame
né ; il combattoit même avec avantage et leur
faisoit déja perdre du terrain , lorsque deux
coups de fusil qu'il reçut à la fois , le firent tomber
mort de cheval . Ce funeste spectacle jetta un
si grand et si subit dérangement parmi ses Soldats
, qu'ils se débanderent aussi- tôt et prirent
à toutes jambes la route de Kerkout , dans laquelle
Memis-Pacha les avoit devancez.
Kouli Kan , qui depuis qu'il a' pris les armes
ne s'étoit fait connoître que par un orgueil insupportable
et un courage qui tenoit plus de la
férocité qu'on respire sur les Montagnes où il a
reçû le jour , que de cette valeur genereuse qui
n'est pas moins souvent le fruit d'une belle édu
cation , qu'un présent de la Nature , donna ce
pendant en cette occasion une marque de gran
deur d'ame à laquelle on ne s'attendoit
part,et qu'il y auroit de l'injustice à passer sous
H vj silence
pas
de sa
$ 88 MERCURE DE FRANCE
silence. Ayant sçû que l'épouvante et la retraite.
précipitee du reste des Troupes Ottomanes n'avoient
eu d'autre cause que la mort de leur Chef,
il se servit de leur Ordou- Cadi , qui avoit été
pris auprès de lui lorsqu'il fut tué , pour retrouver
et reconnoître son corps , et après l'avoir.
consideré avec une espece de veneration , il le
fit porter à la Littiere dans laquelle le Deffunt
étoit venu et le renvoya à Kerkout , pour que,
les Turcs lui fissent eux -mêmes des Obseques
convenables. Il est vrai qu'on dit qu'il n'en usa
si noblement qu'en reconnoissance de ce que
Topal - Osman lui avoit renvoyé depuis quelques
jours son beau-pere et son neveu , qui avoient
été faits prisonniers à l'affaire de Kerkout ; mais
quelqu'ait été le motif qui l'a fait agir , ce trait
de magnanimité n'en est pas moins digne de
loüange.
La nouvelle de cette mort , qu'on reçut à Constantinople
la nuit du 4. auf. Décembre , remplit
cette Ville de consternation , et le Peuple
effrayé par des faux bruits que des mal ingens
tentionnez pour cet Empire , prirent soin de semer
les jours suivans , s'imagina que tout étoit
perdu ; heureusement des avis posterieurs et plus
vrais , ont fort rassuré les esprits , et l'on sçait,
à présent que tout le dommage que les Turcs
ont souffert dans ce dernier combat, se réduit à
un très - petit nombre de morts et de prisonniers
et à la perte de Topal - Osman ; perte , à la verité
, irréparable dans un sens , quand on refléchit
sur lesgrandes qualitez de ce General et sur le
point avantageux où il avoit conduit les choses ,
mais perte , après tout , qui n'entraîne pas celle
*L'Intendant de l'Armée.
de
MARS. 1724. 589
de l'Etat , comme ceux qui voudroient le voir
anéanti , affectoient de le répandre sourdement .
En premier lieu , bien loin que Thamas Kouli
-Kan ait tiré quelque fruit de cette victoire en
poursuivant les Turcs à Kerkout et en s'emparant
de cette Forteresse , comme on avoit d'abord
publié qu'il l'avoit fait , il a été obligé de
s'en éloigner encore plus qu'il ne l'étoit et de
tenir la Campagne , tantôt d'un côté , tantôt
d'un autre pour trouver à subsister , sans même
emporter le Canon que les Turcs lui abandonnerent
avec le Champ de bataille . Secondement,
il est certain qu'il continue ses instances
pour obtenir la Paix qu'il avoit demandée aux
Turcs depuis long- temps et que leur Ordon-
Cadi , qu'il avoit renvoyé ici sur sa parole pour
cette négociation , s'en est retourné sans qu'on
ait seulement voulu écouter les propositions
que cè General l'avoit chargé de faire de sa part
Ja Porte.
est
Il y a bien plus que cela , s'il en faut croire
certaines nouvelles , que je tiens de fort bon lieu:
elles portent que Kouli - Kan , n'ayant plus un
assez gros parti pour soutenir sa rebellion en
Perse , n'ose pas y retourner , parce qu'il y
regardé comme le fleau et l'unique auteur des
dernieres calamitez dont ce malheureux Royaume
est désolé ; qu'aussi - tôt qu'il eut perdu la
Bataille du 19 Juillet , un Seigneur Persan fort
acredité , qu'on appelle le vieux Khan , & qu'il
avoit laissé devant Bagdad pour y continuer le
blocus , l'abandonna , partit en poste et s'en alla
droit à Hispahan soulever les esprits contre lui ;
que delà il passa dans le Corassan , où il tira
Schaph- Thamas de sa prison ; qu'il ramena ce
Prince dans sa Capitale et le rétablit sur son
Tiêu
$90 MERCURE DE FRANCE
Trône aux acclamations de tout le peuple ; qu'en
suite le Roy de Perse avoit de nouveau déclaré
qu'il condamnoit en tout la conduite de Kouli-
Kan depuis qu'il avoit violé la derniere Paix
qu'il persistoit à le proscrire comme rebelle à
son Souverain , et traître à sa patrie ; qu'il levoit
des Troupes pour marcher contre lui le prendre
vif ou mort, s'il étoit possible , et le livrer à
la vengeance des Turcs , et qu'il renouvelloit
sans restrition la ratification qu'il avoit faite
du Traité d'Amadan.
Je ne vous dissimulerai point , Monsieur , que
je ne voudrois pas vous garantir la verité de ces
nouvelles en leur entier , parce que je sçais qu'on
soupçonne toujours ici , que Schah- Thamas et
son premier Ministre s'entendent ensemble ; mais
je ne vous garantirai pas davantage non plus les
Nouvelles suivantes , arrivées ici depuis peu de
jours.
Les unes disent que Kouli-Kan ayant voulu
risquer une tentative sur Kerkout, Memis Pacha
étoit sorti de cette Place , et l'avoit défait à plate
Couture. Les autres portent au contraire , qu'Achmet
Pacha de Bagdad , sur l'avis qu'on lui
avoit donné , que Thamas- Kouli - Kan avoit dé
taché 4000 hommes pour aller s'emparer de
Khillet * il étoit sorti de Bagdad avec la meilleure
partie de sa Garnison dans le dessein d'enlever
ce Détachement ennemi ; mais qu'ayant
appris en route que Kouli- Kan étoit lui - même à
›
* C'est un gros Bourg avec une petite forteresse
sur le chemin de Bagdad à Bassora , lequel étant
situé au bord de l'Euphrate , sert de Magasin et
d'entrepôts aux provisions pour cette premiere
Place.
KhilMARS
1734.
591
"
Khillet avec 30 à 40 mille hommes , il avoit rebroussé
chemin en dilligence , & qu'étant rentré
dans Bagdad , où il y aa fort peu de vivres , il en
avoit fait sortir les vieillards , les femmes , les
enfans ; en un mot , toutes les bouches inutiles
dans l'aprehension que le General Persan , après
avoir établi ses Magazins à Khillet , ne revint
encore former le blocus de Bagdad ; qu'avant
que d'y être de retour , un autre Achmet , qui
est Capidgi-Bachi , et son Divan- Effendi ** , se
ressouvenant de tout ce qu'il avoit souffert l'année
passée dans cette Place , et craignant de s'y
voir renfermé de nouveau pour long- tems , avoit
débauché 6000 hommes des Troupes qui étoient
sorties avec Achmet Pacha , et que s'étant mis à
leur tête , il les avoit conduit à Kerkout , od
Memis Pacha indigné de sa désertion l'avoit fait
mettre aux fers , et se tenoit sur ses gardes avec
ce renfort contre les entreprises que Kouli-Kam
pourroit faire sur Kerkout.
Vous voyez , Monsieur , par toutes ces nonvelles
, qui se contredisent et qui se débitent
pourtant à Constantinople aussi affirmativement
les unes que les autres , combien il est difficile
pour ne rien dire de plus , de sçavoir positive.
ment ce qui se passe dans ces Contrées éloignées,
où les Etrangers qui sont ici , n'ayant point de
correspondance , ne peuvent que rarement être
instruits du véritable état des choses.
Mais ce dont je puis vous parler avec certitu
de , c'est que depuis la mort de Topal - Osman
on fait de tous côtez dans cet Empire , des préparatifs
extraordinaires contre la Pers . Tous les
** Secretaire du Conseil , ou son premier Secttaire.
7
Pachas
192 MERCURE DE FRANCE
>
Pachas d'Asie ont eu ordre de marcher sans
délai avec le plus de Milices qu'ils pourront rassembler,
chacun dans l'étendue de son Gouvernement
il doit partir d'ici vingt chambrées de
Jannissaires qui composeront environ 8000
hommes. On compte que quand toutes ces
Troupes seront arrivées au lieu du rendez.vous ,
elles se monteront à 90 mille combattans , qui
joints à ce qu'il y en a déja en Perse formeront
une armée formidable ; et l'on s'en promet d'antant
plus de succès , que le G. S. pour encouràger
les gens de Guerre , a considérablement augmenté
la paye , ou les apointemens de tous ceux
qui serviroient dans cette armée pendant la campagne
prochaine. D'ailleurs trois Bâtimens François
frettez par sa hautesse ont déja fait voile
ces jours- ci , chargez de Canons , de Poudre ,
de Boulets , & c . qu'ils doivent débarquer à Alexandrete.
:
Abdoulla Cuperli , ci -devant Pacha du Caire ,
et à présent de Cogni , a été nommé pour remplacer
Topal - Osman , et le G. V. a déclaré en
public , qu'il marcheroit lui - même , pour exterminer
les Persans cette année , ou les forcer du
moins à faire une Paix solide , et honorable à la
Porte.
Au reste , Monsieur , pour finir ma Lettre ,
par quelque chose de consolant sur la mort de
Topal - Osman Pacha , je vous dirai que le G. S.
voulant donner des marques éclatantes du cas
qu'il faisoit de cet illustre et fidele sujet à récompensé
dans la personne de son fils Achmet , les
services que le Pere rendoit depuis si longtems à
cet Empire ; quoique ce jeune Seigneur n'aitt pas
encore 24 ans sa hautesse l'a fait tout d'un
coup et de son propre mouvement Pacha à trois
queües ,
>
MARS 1734.
593
*
queues , et Beylerbey de Romelie ; il est parti
d'ici dernierement avec un Equipage aussi nombreux
que superbe , pour se rendre à Nissa , ré..
sidence affectée au Pacha qui est revêtu de ce
Beylerbeylik .
Ce bienfait tout grand qu'il est en lui - même ,
a été cependant accompagné d'une circonstance,
qui à notre maniere de penser semble en dimi
nuer beaucoup le prix , et que ceux qui ne sont
pas au fait des maximes de l'Empire Ottoman ',
trouveront sans - doute fort extraordinaire , c'est
que dans le même tems que le G. S. a temoigné
avec tant de distinction sa reconnoissance envers
Topal - Osman , en élevant son fils si jeune encore
aux premieres dignitez de l'Etat , Sa Hautesse a
dépêché un Capidgi -Bachi en Perse , pour confisquer
au profit du Trésor Imperial tous les
effets mobiliers du deffunt : de sorte qu'il ne reste
à Achmet Pacha , de la grande succession de son
pere , qui passoit pour extrémement riche , que
les immeubles consistant en Maisons &c. parcè
que Topal Osman avoit eu la précaution de rendre
tous ces bens - là Vacoufs : c'est - à - dire de les
donner en proprieté à des Mosquées et de s'en
réserver l'usufruit pour lui , et pour ses descendans
jusqu'à l'extinction de sa race. Cette précaution
fort en usage dans ce Païs - ci , est le seul
moyen , par lequel ceux qui ont eu quelque part
aux affaires publiques peuvent assurer leur héritage
à leurs enfans : car les biens devenus Vacoufs
sont sacrez : pour quelque cause que ce soit ,
personne ne peut s'en emparer ; et ils ne sont dévolus
aux Mosquées pour la jouissance effective
qu'après le décès du dernier usufruitier .Je suis & c .
P. V. D.
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Résumé : A Constantinople le 15. Janvier 1734.
Le 15 janvier 1734, à Constantinople, un auteur rapporte la défaite et la mort de Topal Osman Pacha, un général ottoman, lors d'une bataille contre Thamas Kouli-Kan en Perse. Initialement, Topal Osman semblait en position de victoire, mais des événements imprévus ont conduit à sa défaite. Memis Pacha, envoyé pour poursuivre Thamas Kouli-Kan, a fui sans combattre, laissant Topal Osman seul face à l'ennemi. Malgré une résistance héroïque, Topal Osman a été tué, provoquant la débandade de ses troupes. Thamas Kouli-Kan, connu pour son orgueil et sa férocité, a montré une marque de grandeur en renvoyant le corps de Topal Osman à Constantinople pour des funérailles dignes. Cette action a été interprétée comme une reconnaissance de la noblesse de Topal Osman, qui avait récemment libéré des prisonniers persans. La nouvelle de la mort de Topal Osman a semé la consternation à Constantinople, mais des informations ultérieures ont rassuré la population sur l'état des forces ottomanes. Thamas Kouli-Kan, malgré sa victoire, n'a pas pu exploiter pleinement son avantage et a dû se retirer. De plus, des nouvelles indiquent que Kouli-Kan est isolé et que le roi de Perse le considère comme un rebelle. En réponse à cette situation, l'Empire ottoman prépare une grande offensive contre la Perse. Des troupes sont mobilisées et des renforts sont envoyés. Abdoulla Cuperli a été nommé pour remplacer Topal Osman, et le sultan a déclaré qu'il mènerait personnellement la campagne pour vaincre les Persans ou les forcer à faire la paix. Enfin, le sultan a honoré la mémoire de Topal Osman en nommant son fils Achmet Pacha à un haut poste, malgré la confiscation des biens mobiliers du défunt au profit du trésor impérial. Cette pratique est courante dans l'Empire ottoman pour protéger les héritages des familles impliquées dans les affaires publiques.
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2520
p. 594-595
« D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
Début :
D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...]
Mots clefs :
Troupes, Général, Mehemet, Armée, Thamas Kouli-Kan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
D'autres lettres portent que l'avantage remporté
par les Persans sur les Turcs , a étémandé
au G. S. par Mahomet Pacha de Dierbeck ,
et ci-devant Grand Visir , qui a pris le commandement
des Troupes Ottomanes depuis
qu'elles ont perdu leur General, lequel, ajoutent
ces Lettres , ayant résolu d'aller joindre Mehemet
qui avec vingt mille hommes tenoit une partie
de l'armée Persane enfermée dans des défilez
sortit du Camp où il étoit retranché sous Kerkout
, et il s'avança avec un Corps de Troupes
à peu près égal à celui que Mehemet commandoit
, vers l'endroit où étoit ce Pacha , il n'en
étoit plus éloigné que de quatre journées , lorsqu'il
fut attaqué par Thamas-Kouli - Kan qui
ayant été instruit de la marche du Seraskier
avoit passé par des chemins peu connus , pour
empêcher les deux corps d'armée des Turcs de
se joindre. Les Troupes de Topal- Osman soutinrent
le premier choc avec valeur , mais à la
fin elles furent contraintes de céder au nombre.
Ce General voyant qu'elles commençoient à
plier , quitta sa Litière dans laquelle il avoit
demeuré jusqu'alors à cause de son grand âge
et de ses infirmitez , et s'étant fait mettre à cheval
, il exhorta ceux qui étoient près de lui , à
le suivre , et il se jetta dans le fort de la mêlée .
Quelques efforts qu'il fit pour animer les Troupes
par son exemple , plusieurs Pachas se retirerent
et il ne resta avec lui que ses meilleures
Troupes qui disputérent encore pendant quelque
temps la victoire aux Ennemis ; mais le Seraskier
étant tombé percé de coups , et les Troupes
qui l'avoient suivi étant découragées par la
mort de leur General , elles abandonnerent le
Champ de bataille aux Persans
McheMARS.
1734. 595
Mehemet mande à Sa Hautesse , que les Turcs
ont perdu dans cette Action près de huit mille
hommes et qu'il est actuellement avec l'armée
dans le Camp de Kerkout , où il rassemble le
plus de Troupes qu'il lui est possible .
Une action de Thamas Kouli-Kan , qui paroîtra
sans doute severe , si elle est bien vraie ;
mais qui est remarquable. C'est qu'après ce dernier
avantage remporté sur les Turcs , et la défaite
et la mort de l'Illustre Topal - Osman , ses
Courtisans lui prodiguerent toute sorte de Dis
cours flateurs ; il en coûta la vie à son Secretaire
, pour avoir été plus loin que les autres ; il lui
proposa , pour étendre , disoit - il , son crédit ,
et les moyens d'augmenter le nombre de ses
créatures , et de ses Partisans , la vente des Emplois
et des Charges Civiles et Militaires ; mais
Kouli-Kan accabla d'injures le donneur d'avis ,
ajoûtant que c'étoit un artifice pour lui ôter les
moyens de récompenser le mérite , le rendre
odieux , et pour s'enrichir lui - même ; et le jugeant
digne de mort , il le fit mettre dans un
Sac et jetter sur le Champ dans la Riviere.
par les Persans sur les Turcs , a étémandé
au G. S. par Mahomet Pacha de Dierbeck ,
et ci-devant Grand Visir , qui a pris le commandement
des Troupes Ottomanes depuis
qu'elles ont perdu leur General, lequel, ajoutent
ces Lettres , ayant résolu d'aller joindre Mehemet
qui avec vingt mille hommes tenoit une partie
de l'armée Persane enfermée dans des défilez
sortit du Camp où il étoit retranché sous Kerkout
, et il s'avança avec un Corps de Troupes
à peu près égal à celui que Mehemet commandoit
, vers l'endroit où étoit ce Pacha , il n'en
étoit plus éloigné que de quatre journées , lorsqu'il
fut attaqué par Thamas-Kouli - Kan qui
ayant été instruit de la marche du Seraskier
avoit passé par des chemins peu connus , pour
empêcher les deux corps d'armée des Turcs de
se joindre. Les Troupes de Topal- Osman soutinrent
le premier choc avec valeur , mais à la
fin elles furent contraintes de céder au nombre.
Ce General voyant qu'elles commençoient à
plier , quitta sa Litière dans laquelle il avoit
demeuré jusqu'alors à cause de son grand âge
et de ses infirmitez , et s'étant fait mettre à cheval
, il exhorta ceux qui étoient près de lui , à
le suivre , et il se jetta dans le fort de la mêlée .
Quelques efforts qu'il fit pour animer les Troupes
par son exemple , plusieurs Pachas se retirerent
et il ne resta avec lui que ses meilleures
Troupes qui disputérent encore pendant quelque
temps la victoire aux Ennemis ; mais le Seraskier
étant tombé percé de coups , et les Troupes
qui l'avoient suivi étant découragées par la
mort de leur General , elles abandonnerent le
Champ de bataille aux Persans
McheMARS.
1734. 595
Mehemet mande à Sa Hautesse , que les Turcs
ont perdu dans cette Action près de huit mille
hommes et qu'il est actuellement avec l'armée
dans le Camp de Kerkout , où il rassemble le
plus de Troupes qu'il lui est possible .
Une action de Thamas Kouli-Kan , qui paroîtra
sans doute severe , si elle est bien vraie ;
mais qui est remarquable. C'est qu'après ce dernier
avantage remporté sur les Turcs , et la défaite
et la mort de l'Illustre Topal - Osman , ses
Courtisans lui prodiguerent toute sorte de Dis
cours flateurs ; il en coûta la vie à son Secretaire
, pour avoir été plus loin que les autres ; il lui
proposa , pour étendre , disoit - il , son crédit ,
et les moyens d'augmenter le nombre de ses
créatures , et de ses Partisans , la vente des Emplois
et des Charges Civiles et Militaires ; mais
Kouli-Kan accabla d'injures le donneur d'avis ,
ajoûtant que c'étoit un artifice pour lui ôter les
moyens de récompenser le mérite , le rendre
odieux , et pour s'enrichir lui - même ; et le jugeant
digne de mort , il le fit mettre dans un
Sac et jetter sur le Champ dans la Riviere.
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Résumé : « D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
Le texte décrit une bataille entre les Persans et les Turcs. Mahomet Pacha de Dierbeck, ancien Grand Visir, a pris le commandement des troupes ottomanes après la perte de leur général. Il a tenté de rejoindre Mehemet, qui dirigeait une partie de l'armée persane. Thamas-Kouli-Kan, informé de l'avancée des Turcs, a attaqué les troupes de Topal-Osman, un général turc. Malgré une résistance initiale, les Turcs ont été vaincus en raison de leur infériorité numérique. Topal-Osman, malgré son âge et ses infirmités, a tenté de rallier ses troupes mais a été tué, entraînant la déroute des Turcs. Mehemet a informé le souverain ottoman de la défaite, mentionnant la perte de près de huit mille hommes. Après sa victoire, Thamas-Kouli-Kan a sévèrement réprimé son secrétaire pour des conseils jugés malveillants, le faisant exécuter.
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2521
p. 595-596
RUSSIE.
Début :
La Czarine ayant été informée des mouvemens que quelques Troupes de Turcs et de [...]
Mots clefs :
Tsarine, Troupes, Russie, Armée, Cour, Thamas Kouli-Kan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine ayant été informée des mouvemens
que quelques Troupes de Turcs et de
Tartares faisoient sur les Frontieres de l'Ukraine
; cette Princesse a donné ordre au Comte de
Munich - Feldt , Maréchal , de se rendre incessamment
dans cette Province , et l'on assure
qu'il doit commander l'Armée qu'on y assemblera
, s'il arrive une rupture entre cette Cour et
celle de Constantinople. On est fort inquiet dans
cette Ville, du parti que le Grand Seigneur prendra
596 MERCURE DE FRANCE
dra par rapport aux propositions de Paix qui lui
ont été faites par Thamas - Kouli - Kam , à qui la ·
Guerre Civile , allumée depuis peu en Perse
cause beaucoup d'embarras."
.
Le Gouvernement a fait partir un Convoi considérable
de munitions de Guerre pour les Troupes
Moscovites qui sont en Pologne , et il a or--
donné qu'on equipàt à Revel quelques Frégates
pour aller croiser à la hauteur de Dantzick. Le
General Lesci a mandé à la Czarine que le Corps
de Troupes avec lequel il étoit entré dans la
Prusse Polonoise , n'étoit composé que de douze
mille hommes , et qu'il n'étoit point en état de
tenter aucune entreprise considerable , si on ne
lui envoyoit de nouveaux secours .
On aprend par des Lettres d'Allemagne , que .
lé 7 du mois dernier, un Ambassadeur de Schah-
Abbas III. Roy de Perse , envoyé à la Cour de
Russie , par Thamas- Kouli Kan , Regent de ce
Royaume , et General de l'Armée Persanne , arriva
à Petersbourg , et y fit son Entrée avec une .
nombreuse suite , et qu'il eut le lendemain sa
premiere audience publique de la Czarine , à la
quelle il fut conduit avec les cérémonies accoutumées
, et reçû avec toute la magnificence possible.
A Czarine ayant été informée des mouvemens
que quelques Troupes de Turcs et de
Tartares faisoient sur les Frontieres de l'Ukraine
; cette Princesse a donné ordre au Comte de
Munich - Feldt , Maréchal , de se rendre incessamment
dans cette Province , et l'on assure
qu'il doit commander l'Armée qu'on y assemblera
, s'il arrive une rupture entre cette Cour et
celle de Constantinople. On est fort inquiet dans
cette Ville, du parti que le Grand Seigneur prendra
596 MERCURE DE FRANCE
dra par rapport aux propositions de Paix qui lui
ont été faites par Thamas - Kouli - Kam , à qui la ·
Guerre Civile , allumée depuis peu en Perse
cause beaucoup d'embarras."
.
Le Gouvernement a fait partir un Convoi considérable
de munitions de Guerre pour les Troupes
Moscovites qui sont en Pologne , et il a or--
donné qu'on equipàt à Revel quelques Frégates
pour aller croiser à la hauteur de Dantzick. Le
General Lesci a mandé à la Czarine que le Corps
de Troupes avec lequel il étoit entré dans la
Prusse Polonoise , n'étoit composé que de douze
mille hommes , et qu'il n'étoit point en état de
tenter aucune entreprise considerable , si on ne
lui envoyoit de nouveaux secours .
On aprend par des Lettres d'Allemagne , que .
lé 7 du mois dernier, un Ambassadeur de Schah-
Abbas III. Roy de Perse , envoyé à la Cour de
Russie , par Thamas- Kouli Kan , Regent de ce
Royaume , et General de l'Armée Persanne , arriva
à Petersbourg , et y fit son Entrée avec une .
nombreuse suite , et qu'il eut le lendemain sa
premiere audience publique de la Czarine , à la
quelle il fut conduit avec les cérémonies accoutumées
, et reçû avec toute la magnificence possible.
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Résumé : RUSSIE.
La czarine de Russie a été alertée des mouvements de troupes turques et tartares à la frontière ukrainienne. Elle a chargé le comte de Munich-Feldt de se rendre en Ukraine pour commander l'armée en cas de conflit avec la cour de Constantinople. L'incertitude persiste quant à la décision du Grand Seigneur concernant les propositions de paix de Thamas-Kouli-Kam, perturbé par la guerre civile en Perse. Le gouvernement russe a envoyé des munitions en Pologne et ordonné l'équipement de frégates à Revel pour patrouiller près de Dantzick. Le général Lesci a signalé que ses douze mille hommes en Prusse polonaise ne pouvaient agir sans renforts. Par ailleurs, un ambassadeur du roi de Perse, Shah-Abbas III, envoyé par Thamas-Kouli-Kam, est arrivé à Saint-Pétersbourg le 7 du mois précédent. Il a été reçu avec une suite nombreuse et a eu une première audience publique avec la czarine, marquée par des cérémonies et une magnificence appropriées.
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2522
p. 596-601
POLOGNE.
Début :
Les Troupes du Roy, destinées à composer la Garnison de Dantzick, y sont entrées quelques [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Gdańsk, Électeur de Saxe, Couronne, République, Couronnement, Général, Majesté, Primat
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLO G N E.
Es Troupes du Roy , destinées à composer
Lla Garnison de Danizicky sont entrées quelques
jours plustard qu'il n'avoit été résolu , à
cause de quelques difficultez faues par les Magistrats
; quelques - uns d'eux vouloient que dès
qu'elles y seroient , elles ne reçussent plus l'ordre
que d'un General qui eût prêté serment à la
Ville ; ils désiroient aussi qu'on ne permit point
l'en-
J
MARS 1734. 597
Pentrée au Regiment des Gardes de la Couronne
, parce que c'est un Corps attaché plus immédiatement
au Roy qu'à la République ; mais
toutes ces difficultez ont été levées à la satisfaction
de Sa Majesté , et ses Troupes ont été reçues
dans cette Ville , et dans tous les lieux de sa
dépendance , où elles gardent une exacte dis
cipline.
Le 11 Février , ces Troupes prêterent serment
entre les mains des Magistrats , suivant ce qui
été convenu , et plusieurs des Officiers de l'etat
Major et des Capitaines dés Gardes de la Couronne
ayant refusé de le faire , sous prétexte
que cela étoit contraire à leurs prérogatives ,
le Roy a ordonné qu'ils n'auroient aucun commandement
tant que le Régiment seroit à Dantzick
, et Sa Majesté a nommé d'autres Officiers
pour commander à leur place .
Le Roy a fait fignifier aux Agens , qui résident
à Dantzick , de la part de la Czarine , et de
l'Electeur de Saxe , d'en sortir. Ils seront gardez
à vue jusqu'à leur départ. On vient d'apprendre
qu'ils ont obéi aux Ordres du Roy , et qu'ils ont
été accompagnez par une Escorte, jusqu'au Camp
du Général Lesci .
L'Avant-garde des Troupes Moscovites que ce
Général commande , s'étoit avancée jusqu'aux
environs de Prest , Village qui n'est éloigné de
Dantzick que de quelques lieuës ; mais le Général
Lesci n'ayant point une Armée assez nombreuse
pour former le Blocus de la Ville , a pris
le parti de se retirer du côté de Langfuhr. On
croit qu'il a dessein d'y former quelques retranehemens
pour empêcher les débarquemens que
l'on pourroit tenter de faire à la Rade de cet
endroit.
Qwel598
MERCURE DE FRANCE
Quelques Prisonniers de l'Armée ennemie ont
rapporté qu'il avoit été résolu d'attaquer Wechselmunde
, afin de pouvoir , en s'en emparant ,
ôter à Dantzick la communication avec la Mer ,
mais que les Moscovites avoient renoncé à cette
entreprise , en apprenant que ce Fort étoit abondamment
pourvû de toutes sortes de Munitions,
et qu'il étoit en état , non seulement par la maniere
dont il est fortifié, mais encore pat le nombre
des Troupes qui y sont en garnison , de soû
tenir un long Siége .
Les Fortifications de cette Ville sont entiere
ment réparées , et l'on y a ajouté divers Ouvra
ges exterieurs qui en rendent les approches extrémement
difficiles . On a inondé , au moyen
des Ecluses, toutes les Prairies qui sont à l'Ouest,
et il est impossible aux Ennemis d'y arriver de
ce côté -là.
Outre les Troupes que le Roy a fait entrer
Dantzick , du consentement des Magistrats , la
Ville entretient pour sa deffense une Garnison
considérable , laquelle sera encore augmentée.
On apprend de Cracovie que les opposants
ont demandé au Comte de Hewolde , Ambassadeur
de la Czarine près l'Electeur de Saxe , que
les Troupes Moscovites payassent à l'avenir les
Vivres et les Fourages qu'elles consommeroient,
mais qu'ils n'ont point reçû de ce Ministre une
réponse telle qu'ils la désiroient.
Les dernieres Lettres de Dantzick , portent
que le Roy y tint le 20. du mois dernier un
grand Conseil , auquel assisterent le Primat , les
Sénateurs et tous les Députez que les Palatinats
ont nommez pour demeurer auprès de la personne
de Sa Majesté ; on y lût le Projet du Manifeste
contre le Couronnement de l'Electeur de
Saxe,
MARS. 1734
599
Baxe, et Sa Majesté , après qu'il eut été approuvé
, ordonna qu'il seroit rendu public , et qu'on
en déposeroit dans le Trésor des Archives une
copic qui seroit signée par le Primat et par le
sieur Radzieuscki, Maréchal de la Diette d'Election.
Ce Manifeste contient une Protestation du
Sénat et de la Noblesse , contre tous les Actes de
Souveraineté que l'Electeur de Saxe pourroit
exercer en vertu de son Couronnement ,et l'on y
fait un long dédail des violences que les Troupes
Moscovites et Saxones commettent dans le
Royaume pour procurer à ce Prince une Couronne
que le consentement unanime de la Nation
a donnée au Roy.
Sur la fin du mois dernier le General Lesci
tenta de surprendre le Fort de Wechselmunde
mais il fut repoussé avec perte , et depuis il n'a
formé aucune autre entreprise.
>
Le Manifeste dont on vient de parler porte en
substance , qu'une poignée d'Enfans dénaturez de
La Patrie , ayant fait à Praage une Election toutà-
fait illegitime , et craignant que la République
ne leur demande raison de leur procedé criminel
ils aiment mieux poursuivre leurs Entreprises dont
ils connoissent déja eux mêmes l'injustice , que de
se soumettre au Jugement de la République qu'ils
ont outragée ; qu'il ne faut pas s'étonner , après
leurs démarches desesperées de la résolution que
l'Electeur de Saxe a prise de se faire couronner
après une Election qu'il ne peut pas ignorer être
tout à -fait invalide ; que le Roy Stanislas étant le
seul légitimement et unanimement élû , il n'y avoit
que lui qui ait pu être couronné Roy de Pologne ;
qu'il étoit le maître de se faire d'abord couronner à
Varsovie par le Primat , en présence d'environ
60000.
Gentilshommes qui l'avoient élú ; qu'il
pourroit
foo MERCURE DE FRANCE
>
pourroit bien aller à Cracovie pour y reprendre la
Couronne avec plus de solemnité , que même il
pourroit se faire couronner avec les Diademes ordinaires
et usite dans la Province où il se trouve
accompagné d'un si grand nombre d'illustres Citoyens
, dont plusieurs y seroient encore survenus en
foule mais que Sa Majesté n'ayant rien voulu
précipiter , a mieux aimé observer tous les degrez
es toutes les formalitez requises ; qu'au contraire
la Proclamation de l'Electeur de Saxe étant
tout à fait nulle son Couronnement ne peut
étre qu'illégitime , et de xulle valeur : que cependant
pour le faire par force on a fait entrer
les Troupes Saxones dans le Royaume déja opprimé
par celles de Russie ; que le Prince VVeissen➡
feld's, Commandant des Troupes Saxones , a commis
d'abord à son Entrée un attentat contre les
Loix les plus fondamentales de la République , en
donnant un Edit par lequel il deffend aux Officiers
des Finances de la République de remettre les de-,
niers publics aux Grands Trésoriers du Royaume ;
et de Lithuanie : Que la prétenduë Diette du Couronnement
, et les prétendues Diestines qui l'ont précédé
, n'ont été convoquées quepar les Universaux
du Sieur Poninski , qui n'avoit aucun droit de le
faire , n'ayant pas même été du nombre des Nonces
à la Diette d'Election : Que le prétendu Couronnement
ne s'est pas fait avec les Diadémes anciens
et usitez , mais avec d'autres qu'on afabriquez &
set effet en Saxe : Que cet acte s'est fait sous les
armes et au préjudice du Primat , à qui seul il
appartient de couronner les Rois de Pologne ; que
Evêque de Cracovie ayant préfumé de le faire
sans aucun droit , a méprisé par- là la constitution
de Sixte V, et le Jugement du S. Siége , qui avoit
déja reconnu Stanislas I. pour légitime Roy. Qu'il
a agi
MARS 1734
agi en cela contre les sentimens de toute la République
qui se confédere et prend les Armes pour sousenir
sa liberté , et la Couronne de son Roy contre
ceux qui la lui veulent ravir. Et que pour toutes
ces raisons le Sénat , et l'Ordre Equestre , conformément
au serment prêté à la Diette de Convocation
sur l'exclusion de l'Etranger , proteste trèsfolemnellement
contre le Couronnement illégitime
de l'Electeur de Saxe : et contre tous les Acres qui
en dépendent , &c. fait à Dantzick le 10 Février
1734. Signé Theodore Potocski , Archevêque et
Primat, François de Brien Radzevvski , Chambelan
de Posnanie , Maréchal de l'Ordre Equestre à
la Diette d'Election .
On a appris d'Elbing , que les Polonois y
avoient fait créver les Canons et les Mortiers qui
y sont , pour empêcher que les Russiens et les
Saxons ne pussent s'en servir contre la Ville de
Dantzick.
Es Troupes du Roy , destinées à composer
Lla Garnison de Danizicky sont entrées quelques
jours plustard qu'il n'avoit été résolu , à
cause de quelques difficultez faues par les Magistrats
; quelques - uns d'eux vouloient que dès
qu'elles y seroient , elles ne reçussent plus l'ordre
que d'un General qui eût prêté serment à la
Ville ; ils désiroient aussi qu'on ne permit point
l'en-
J
MARS 1734. 597
Pentrée au Regiment des Gardes de la Couronne
, parce que c'est un Corps attaché plus immédiatement
au Roy qu'à la République ; mais
toutes ces difficultez ont été levées à la satisfaction
de Sa Majesté , et ses Troupes ont été reçues
dans cette Ville , et dans tous les lieux de sa
dépendance , où elles gardent une exacte dis
cipline.
Le 11 Février , ces Troupes prêterent serment
entre les mains des Magistrats , suivant ce qui
été convenu , et plusieurs des Officiers de l'etat
Major et des Capitaines dés Gardes de la Couronne
ayant refusé de le faire , sous prétexte
que cela étoit contraire à leurs prérogatives ,
le Roy a ordonné qu'ils n'auroient aucun commandement
tant que le Régiment seroit à Dantzick
, et Sa Majesté a nommé d'autres Officiers
pour commander à leur place .
Le Roy a fait fignifier aux Agens , qui résident
à Dantzick , de la part de la Czarine , et de
l'Electeur de Saxe , d'en sortir. Ils seront gardez
à vue jusqu'à leur départ. On vient d'apprendre
qu'ils ont obéi aux Ordres du Roy , et qu'ils ont
été accompagnez par une Escorte, jusqu'au Camp
du Général Lesci .
L'Avant-garde des Troupes Moscovites que ce
Général commande , s'étoit avancée jusqu'aux
environs de Prest , Village qui n'est éloigné de
Dantzick que de quelques lieuës ; mais le Général
Lesci n'ayant point une Armée assez nombreuse
pour former le Blocus de la Ville , a pris
le parti de se retirer du côté de Langfuhr. On
croit qu'il a dessein d'y former quelques retranehemens
pour empêcher les débarquemens que
l'on pourroit tenter de faire à la Rade de cet
endroit.
Qwel598
MERCURE DE FRANCE
Quelques Prisonniers de l'Armée ennemie ont
rapporté qu'il avoit été résolu d'attaquer Wechselmunde
, afin de pouvoir , en s'en emparant ,
ôter à Dantzick la communication avec la Mer ,
mais que les Moscovites avoient renoncé à cette
entreprise , en apprenant que ce Fort étoit abondamment
pourvû de toutes sortes de Munitions,
et qu'il étoit en état , non seulement par la maniere
dont il est fortifié, mais encore pat le nombre
des Troupes qui y sont en garnison , de soû
tenir un long Siége .
Les Fortifications de cette Ville sont entiere
ment réparées , et l'on y a ajouté divers Ouvra
ges exterieurs qui en rendent les approches extrémement
difficiles . On a inondé , au moyen
des Ecluses, toutes les Prairies qui sont à l'Ouest,
et il est impossible aux Ennemis d'y arriver de
ce côté -là.
Outre les Troupes que le Roy a fait entrer
Dantzick , du consentement des Magistrats , la
Ville entretient pour sa deffense une Garnison
considérable , laquelle sera encore augmentée.
On apprend de Cracovie que les opposants
ont demandé au Comte de Hewolde , Ambassadeur
de la Czarine près l'Electeur de Saxe , que
les Troupes Moscovites payassent à l'avenir les
Vivres et les Fourages qu'elles consommeroient,
mais qu'ils n'ont point reçû de ce Ministre une
réponse telle qu'ils la désiroient.
Les dernieres Lettres de Dantzick , portent
que le Roy y tint le 20. du mois dernier un
grand Conseil , auquel assisterent le Primat , les
Sénateurs et tous les Députez que les Palatinats
ont nommez pour demeurer auprès de la personne
de Sa Majesté ; on y lût le Projet du Manifeste
contre le Couronnement de l'Electeur de
Saxe,
MARS. 1734
599
Baxe, et Sa Majesté , après qu'il eut été approuvé
, ordonna qu'il seroit rendu public , et qu'on
en déposeroit dans le Trésor des Archives une
copic qui seroit signée par le Primat et par le
sieur Radzieuscki, Maréchal de la Diette d'Election.
Ce Manifeste contient une Protestation du
Sénat et de la Noblesse , contre tous les Actes de
Souveraineté que l'Electeur de Saxe pourroit
exercer en vertu de son Couronnement ,et l'on y
fait un long dédail des violences que les Troupes
Moscovites et Saxones commettent dans le
Royaume pour procurer à ce Prince une Couronne
que le consentement unanime de la Nation
a donnée au Roy.
Sur la fin du mois dernier le General Lesci
tenta de surprendre le Fort de Wechselmunde
mais il fut repoussé avec perte , et depuis il n'a
formé aucune autre entreprise.
>
Le Manifeste dont on vient de parler porte en
substance , qu'une poignée d'Enfans dénaturez de
La Patrie , ayant fait à Praage une Election toutà-
fait illegitime , et craignant que la République
ne leur demande raison de leur procedé criminel
ils aiment mieux poursuivre leurs Entreprises dont
ils connoissent déja eux mêmes l'injustice , que de
se soumettre au Jugement de la République qu'ils
ont outragée ; qu'il ne faut pas s'étonner , après
leurs démarches desesperées de la résolution que
l'Electeur de Saxe a prise de se faire couronner
après une Election qu'il ne peut pas ignorer être
tout à -fait invalide ; que le Roy Stanislas étant le
seul légitimement et unanimement élû , il n'y avoit
que lui qui ait pu être couronné Roy de Pologne ;
qu'il étoit le maître de se faire d'abord couronner à
Varsovie par le Primat , en présence d'environ
60000.
Gentilshommes qui l'avoient élú ; qu'il
pourroit
foo MERCURE DE FRANCE
>
pourroit bien aller à Cracovie pour y reprendre la
Couronne avec plus de solemnité , que même il
pourroit se faire couronner avec les Diademes ordinaires
et usite dans la Province où il se trouve
accompagné d'un si grand nombre d'illustres Citoyens
, dont plusieurs y seroient encore survenus en
foule mais que Sa Majesté n'ayant rien voulu
précipiter , a mieux aimé observer tous les degrez
es toutes les formalitez requises ; qu'au contraire
la Proclamation de l'Electeur de Saxe étant
tout à fait nulle son Couronnement ne peut
étre qu'illégitime , et de xulle valeur : que cependant
pour le faire par force on a fait entrer
les Troupes Saxones dans le Royaume déja opprimé
par celles de Russie ; que le Prince VVeissen➡
feld's, Commandant des Troupes Saxones , a commis
d'abord à son Entrée un attentat contre les
Loix les plus fondamentales de la République , en
donnant un Edit par lequel il deffend aux Officiers
des Finances de la République de remettre les de-,
niers publics aux Grands Trésoriers du Royaume ;
et de Lithuanie : Que la prétenduë Diette du Couronnement
, et les prétendues Diestines qui l'ont précédé
, n'ont été convoquées quepar les Universaux
du Sieur Poninski , qui n'avoit aucun droit de le
faire , n'ayant pas même été du nombre des Nonces
à la Diette d'Election : Que le prétendu Couronnement
ne s'est pas fait avec les Diadémes anciens
et usitez , mais avec d'autres qu'on afabriquez &
set effet en Saxe : Que cet acte s'est fait sous les
armes et au préjudice du Primat , à qui seul il
appartient de couronner les Rois de Pologne ; que
Evêque de Cracovie ayant préfumé de le faire
sans aucun droit , a méprisé par- là la constitution
de Sixte V, et le Jugement du S. Siége , qui avoit
déja reconnu Stanislas I. pour légitime Roy. Qu'il
a agi
MARS 1734
agi en cela contre les sentimens de toute la République
qui se confédere et prend les Armes pour sousenir
sa liberté , et la Couronne de son Roy contre
ceux qui la lui veulent ravir. Et que pour toutes
ces raisons le Sénat , et l'Ordre Equestre , conformément
au serment prêté à la Diette de Convocation
sur l'exclusion de l'Etranger , proteste trèsfolemnellement
contre le Couronnement illégitime
de l'Electeur de Saxe : et contre tous les Acres qui
en dépendent , &c. fait à Dantzick le 10 Février
1734. Signé Theodore Potocski , Archevêque et
Primat, François de Brien Radzevvski , Chambelan
de Posnanie , Maréchal de l'Ordre Equestre à
la Diette d'Election .
On a appris d'Elbing , que les Polonois y
avoient fait créver les Canons et les Mortiers qui
y sont , pour empêcher que les Russiens et les
Saxons ne pussent s'en servir contre la Ville de
Dantzick.
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Résumé : POLOGNE.
En mars 1734, les troupes du roi destinées à la garnison de Dantzick entrèrent dans la ville avec retard en raison des difficultés soulevées par les magistrats. Ces derniers exigeaient que les troupes ne reçoivent d'ordres que d'un général ayant prêté serment à la ville et refusaient l'entrée des Gardes de la Couronne. Ces problèmes furent résolus à la satisfaction du roi, et les troupes furent accueillies dans la ville et ses dépendances, où elles maintinrent une discipline stricte. Le 11 février, les troupes prêtèrent serment entre les mains des magistrats. Plusieurs officiers refusèrent de prêter serment, invoquant leurs prérogatives. Le roi ordonna alors qu'ils n'aient aucun commandement tant que le régiment resterait à Dantzick et nomma d'autres officiers pour les remplacer. Le roi fit également expulser les agents résidant à Dantzick au nom de la czarine et de l'électeur de Saxe, qui furent gardés à vue jusqu'à leur départ. Les troupes moscovites, commandées par le général Lesci, s'étaient avancées jusqu'aux environs de Prest, mais se retirèrent vers Langfuhr pour former des retranchements et empêcher les débarquements. Les fortifications de Dantzick furent entièrement réparées et renforcées par divers ouvrages extérieurs. Les prairies à l'ouest furent inondées pour empêcher l'accès des ennemis. Outre les troupes du roi, la ville entretenait une garnison considérable pour sa défense. À Cracovie, les opposants demandèrent aux troupes moscovites de payer les vivres et les fourrages qu'elles consommaient, mais n'obtinrent pas la réponse souhaitée. Le roi tint un grand conseil à Dantzick le 20 février, où fut approuvé un manifeste contre le couronnement de l'électeur de Saxe. Ce manifeste protestait contre les actes de souveraineté de l'électeur et détaillait les violences commises par les troupes moscovites et saxonnes. Le manifeste affirmait que Stanislas était le seul roi légitimement élu et que son couronnement à Varsovie avait été validé par environ 60 000 gentilshommes. Il dénonçait le couronnement illégitime de l'électeur de Saxe, soutenu par les troupes saxonnes et russes, et les violations des lois fondamentales de la République. Le Sénat et la noblesse protestèrent solennellement contre ce couronnement et les actes qui en découlaient. À Elbing, les Polonais firent crever les canons et mortiers pour empêcher les Russiens et les Saxons de s'en servir contre Dantzick.
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2523
p. 601-603
ALLEMAGNE.
Début :
L'Armée que l'Empereur aura cette année en Italie, et qui sera composée d'environ cinquante [...]
Mots clefs :
Comte de Mercy, Prince de Wurtemberg, Empereur, Armée, Troupes, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
'Armée que l'Empereur aura cette année enIta
L'lic, et quisera composée d'environ cinquante
mille homines , doit s'assembler entre les Villes
de Trente , et de Eolzano , et l'on a reçû avis
que le Comte de Mercy s'étoit rendu à Rovere
pour faire la revue des Troupes à mesure qu'elles
arrivent , et pour les distribuer dans les quartiers
où elles resteront jusqu'à l'ouverture de la Campagne.
Le Prince d'Armstadt Gouverneur de Mantouë
, et le Prince Frederic de Wirtemberg
qui ont refusé de servir sous les ordres du Comte
de Mercy sont attendus à Vienne.
Sa Majesté Imperiale a ordonné au General
Palfi qui avoit demandé que son Regiment allât
sur le Rhin , de le faire marcher en Hongrie
I Palk
602 MERCURE DE FRANCE
où l'on doit envoyer encore d'autres Troupes.
;
L'Empereur a nommé pour servir dans l'Armée
du Rhin , sous les ordres du Prince Eugene,
le Duc de Wirtemberg , le Duc de Brunswick-
Lunebourg Bevern , et le Comte de Harrac
Feldt Maréchaux; le Duc d'Aremsberg , et le
Comte de Wallis , Généraux d'Infanterie le
Comte de Hauttois , Général de Cavalerie ; le
Prince Ferdinand de Baviere, le Prince de Hesse,
le Prince de Hohenzolern , le Comte Philippi ,
le Baron de Wittigenaw , le Baron de Schmettaw
, &c. le Comte de Soissons , le Prince de
Lichtenstein , &c.Majors Généraux de Cavalerie.
Selon diverses Lettres d'Allemagne , la Diette
de Ratisbonne a déliberé sur le Décret que l'Empereur
y a envoyé au sujet de la Guerre ; et les
Ministres des Electeurs de Bavière et de Cologne,
de l'Electeur Palatin, et de plusieurs autres Princes
, ont representé à l'Assemblée toutes les rai-
Sons qui devoient déterminer les Princes de l'Empire
à ne point déclarer la Guerre à la France
mais malgré leurs remontrances , il a été résolų,
à la pluralité des voix , que l'Empire se joindroit
à l'Empereur.
On mande de Vienne que le Conseil des Finances
s'étant assemblé plusieurs fois pour déliberer
sur les moyens de fournir aux dépenses de la
Guerre , sans surcharger les Païs héréditaires
d'impositions trop onéreuses ; il s'est déterminé
à la levée du Dixiéme sur les revenus desTerres
, et des autres biens fonds , dans tous les Païs
de la Domination de S.M. Imp . et le bruit court
qu'il a été résolu en même - temps de prendre le
Centiéme des Capitaux de toutes les obligations
portant interêt.
Les mêmes Lettres ajoûtent que le Grand- Seigncur
1
MARS. 1734. 603
gneur continuoit de faire assembler les Troupes
d'Europe , et que le Kan des Tartares s'étoit
avancé avee son Armée dans la Basse- Arabie ,
pour agir contre les Moscovites.
'Armée que l'Empereur aura cette année enIta
L'lic, et quisera composée d'environ cinquante
mille homines , doit s'assembler entre les Villes
de Trente , et de Eolzano , et l'on a reçû avis
que le Comte de Mercy s'étoit rendu à Rovere
pour faire la revue des Troupes à mesure qu'elles
arrivent , et pour les distribuer dans les quartiers
où elles resteront jusqu'à l'ouverture de la Campagne.
Le Prince d'Armstadt Gouverneur de Mantouë
, et le Prince Frederic de Wirtemberg
qui ont refusé de servir sous les ordres du Comte
de Mercy sont attendus à Vienne.
Sa Majesté Imperiale a ordonné au General
Palfi qui avoit demandé que son Regiment allât
sur le Rhin , de le faire marcher en Hongrie
I Palk
602 MERCURE DE FRANCE
où l'on doit envoyer encore d'autres Troupes.
;
L'Empereur a nommé pour servir dans l'Armée
du Rhin , sous les ordres du Prince Eugene,
le Duc de Wirtemberg , le Duc de Brunswick-
Lunebourg Bevern , et le Comte de Harrac
Feldt Maréchaux; le Duc d'Aremsberg , et le
Comte de Wallis , Généraux d'Infanterie le
Comte de Hauttois , Général de Cavalerie ; le
Prince Ferdinand de Baviere, le Prince de Hesse,
le Prince de Hohenzolern , le Comte Philippi ,
le Baron de Wittigenaw , le Baron de Schmettaw
, &c. le Comte de Soissons , le Prince de
Lichtenstein , &c.Majors Généraux de Cavalerie.
Selon diverses Lettres d'Allemagne , la Diette
de Ratisbonne a déliberé sur le Décret que l'Empereur
y a envoyé au sujet de la Guerre ; et les
Ministres des Electeurs de Bavière et de Cologne,
de l'Electeur Palatin, et de plusieurs autres Princes
, ont representé à l'Assemblée toutes les rai-
Sons qui devoient déterminer les Princes de l'Empire
à ne point déclarer la Guerre à la France
mais malgré leurs remontrances , il a été résolų,
à la pluralité des voix , que l'Empire se joindroit
à l'Empereur.
On mande de Vienne que le Conseil des Finances
s'étant assemblé plusieurs fois pour déliberer
sur les moyens de fournir aux dépenses de la
Guerre , sans surcharger les Païs héréditaires
d'impositions trop onéreuses ; il s'est déterminé
à la levée du Dixiéme sur les revenus desTerres
, et des autres biens fonds , dans tous les Païs
de la Domination de S.M. Imp . et le bruit court
qu'il a été résolu en même - temps de prendre le
Centiéme des Capitaux de toutes les obligations
portant interêt.
Les mêmes Lettres ajoûtent que le Grand- Seigncur
1
MARS. 1734. 603
gneur continuoit de faire assembler les Troupes
d'Europe , et que le Kan des Tartares s'étoit
avancé avee son Armée dans la Basse- Arabie ,
pour agir contre les Moscovites.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1734, l'armée impériale allemande, forte de cinquante mille hommes, se rassemble entre Trente et Eozano sous la direction du Comte de Mercy. Les Princes d'Armstadt et Frédéric de Wurtemberg, ayant refusé de servir sous Mercy, sont attendus à Vienne. L'Empereur ordonne au Général Palfi de diriger son régiment vers la Hongrie, où d'autres troupes doivent également être envoyées. Pour l'armée du Rhin, dirigée par le Prince Eugène, plusieurs hauts gradés sont nommés, dont les Ducs de Wurtemberg et de Brunswick-Lunebourg Bevern, et le Comte de Harrach. La Diète de Ratisbonne décide, malgré des objections, que l'Empire se joindra à l'Empereur dans le conflit. À Vienne, le Conseil des Finances décide de lever un dixième sur les revenus des terres et un centième sur les capitaux des obligations pour financer la guerre. Par ailleurs, le Grand Seigneur rassemble des troupes en Europe, et le Khan des Tartares avance en Basse-Arabie contre les Moscovites.
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2524
p. 603-604
ITALIE.
Début :
On dit que Mrs Signoribus et Giacovazzi qui avoient été chargez par le Pape d'accélérer [...]
Mots clefs :
Cardinal, Payer, Sortir, Escorte, Naples, Château Saint-Ange, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE .
N dit que Mrs Signoribus et Giacovazzi
qui avoient été chargez par le Paged'accé
lérer l'affaire du Cardinal Coscia , ont enfin levé
toutes les difficultez qui la retardoient : que ce
Cardinal s'est engagé à payer actuellement quarante
mille écus , qu'il donne des sûretez convenables
pour
le reste de la somme qu'il a été condamné
de payer; que le Pape en conséquence lui
donne la permission de sortir du Château Saint-
Ange , et de se retirer dans le Convent de S. Alé
xis , et que Sa Sainteté a promis de lui rendre la
voix active et passive dans le Conclave aussi- tôt
qu'il se sera entierement acquitté; et l'on apprend
en dernier lieu qu'Elle a signé le 20 du mois
dernier un Bref pour l'absoudre de l'Excommunication
, ce Cardinal ayant satisfait de sa part
à tout ce qu'on exigeoit de lui ; mais il ne doit
sortir du Château S.Ange qu'après avoir fait accepter
par la Chambre Apostolique les sûretez qu'il
donne pour les sommes qu'il lui reste à
payer.
Le Pape a fait publier un Décret par lequel il
est ordonné que les habitans de Rome qui y auront
commis quelques meurtres, ne jouiront pas
plus du droit des azyles Ecclesiastiques que les
Etrangers, et qu'ils pourront être arrêtez par les
Officiers de Justice , dans les Eglises où ils se seront
retirez pour se soustraire à la rigueur des Loix .
L'Infant Dom Carlos, qui , accompagné d'une
Escorte de 800 hommes , partit de Parme le 4
I ij dia
604 MERCURE DE FRANCE
du mois dernier , a dépêché un Courrier à la
Duchesse doüairiere Dorothée, qu'il a chargée de
l'administration de ses Etats pendant son absence
, pour l'informer qu'il étoit arrivé le 10 du
même mois à Florence , et qu'il y avoit été reçu
au bruit des acclamations réitérées de tout le
peuple.
Le Vice-Roy de Naples a reçu ordre de l'Empereur
de faire publier dans toutes les Villes du
Royaume , que Sa Majesté Impériale déclare la
Guerre au Roy d'Espagne , et d'ordonner à tous
les Espagnols de sortir des Terres de cet Etat.
On a commandé trois mille Travailleurs pour
démanteller la Ville de Capoue, et toutes les Munitions
et l'Artillerie qui étoient dans cette Place
ont été transportées à Gaëtte , dont on répare
les Fortifications avec toute la diligence possible.
Les Lettres de Florence marquent que le 24.
Février l'Infant Don Carlos en étoit parti avec
une escorte de soo. chevaux pour aller joindre
l'Armée Espagnole destinée à attaquer le Royaume
de Naples , et qu'il avoit été salué en sortant
de la Ville par une salve generale de toute l'Artillerie
de la Citadelle et des Remparts.
Selon les derniers avis reçus du Mantouan , le
Comte de Merci , General de l'Armée Imperiale
qui doit servir en Italie , a déja fait défiler vers
cette Province 12000. hommes , consistant en
13. Bataillons , deux Régimens de Cavalerie er
six Compagnies d'Ussarts.
On a sçu aussi qu'un Détachement de Cavalerie
Espagnole , s'étoit avancé près d'Orbitello,
et qu'il avoit enlevé sous le Canon de cette Place,
un grand nombre de Bestiaux , sans avoir perdu
un seul homme.
N dit que Mrs Signoribus et Giacovazzi
qui avoient été chargez par le Paged'accé
lérer l'affaire du Cardinal Coscia , ont enfin levé
toutes les difficultez qui la retardoient : que ce
Cardinal s'est engagé à payer actuellement quarante
mille écus , qu'il donne des sûretez convenables
pour
le reste de la somme qu'il a été condamné
de payer; que le Pape en conséquence lui
donne la permission de sortir du Château Saint-
Ange , et de se retirer dans le Convent de S. Alé
xis , et que Sa Sainteté a promis de lui rendre la
voix active et passive dans le Conclave aussi- tôt
qu'il se sera entierement acquitté; et l'on apprend
en dernier lieu qu'Elle a signé le 20 du mois
dernier un Bref pour l'absoudre de l'Excommunication
, ce Cardinal ayant satisfait de sa part
à tout ce qu'on exigeoit de lui ; mais il ne doit
sortir du Château S.Ange qu'après avoir fait accepter
par la Chambre Apostolique les sûretez qu'il
donne pour les sommes qu'il lui reste à
payer.
Le Pape a fait publier un Décret par lequel il
est ordonné que les habitans de Rome qui y auront
commis quelques meurtres, ne jouiront pas
plus du droit des azyles Ecclesiastiques que les
Etrangers, et qu'ils pourront être arrêtez par les
Officiers de Justice , dans les Eglises où ils se seront
retirez pour se soustraire à la rigueur des Loix .
L'Infant Dom Carlos, qui , accompagné d'une
Escorte de 800 hommes , partit de Parme le 4
I ij dia
604 MERCURE DE FRANCE
du mois dernier , a dépêché un Courrier à la
Duchesse doüairiere Dorothée, qu'il a chargée de
l'administration de ses Etats pendant son absence
, pour l'informer qu'il étoit arrivé le 10 du
même mois à Florence , et qu'il y avoit été reçu
au bruit des acclamations réitérées de tout le
peuple.
Le Vice-Roy de Naples a reçu ordre de l'Empereur
de faire publier dans toutes les Villes du
Royaume , que Sa Majesté Impériale déclare la
Guerre au Roy d'Espagne , et d'ordonner à tous
les Espagnols de sortir des Terres de cet Etat.
On a commandé trois mille Travailleurs pour
démanteller la Ville de Capoue, et toutes les Munitions
et l'Artillerie qui étoient dans cette Place
ont été transportées à Gaëtte , dont on répare
les Fortifications avec toute la diligence possible.
Les Lettres de Florence marquent que le 24.
Février l'Infant Don Carlos en étoit parti avec
une escorte de soo. chevaux pour aller joindre
l'Armée Espagnole destinée à attaquer le Royaume
de Naples , et qu'il avoit été salué en sortant
de la Ville par une salve generale de toute l'Artillerie
de la Citadelle et des Remparts.
Selon les derniers avis reçus du Mantouan , le
Comte de Merci , General de l'Armée Imperiale
qui doit servir en Italie , a déja fait défiler vers
cette Province 12000. hommes , consistant en
13. Bataillons , deux Régimens de Cavalerie er
six Compagnies d'Ussarts.
On a sçu aussi qu'un Détachement de Cavalerie
Espagnole , s'étoit avancé près d'Orbitello,
et qu'il avoit enlevé sous le Canon de cette Place,
un grand nombre de Bestiaux , sans avoir perdu
un seul homme.
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Résumé : ITALIE.
Le texte relate divers événements en Italie. Les envoyés du Pape, Mrs Signoribus et Giacovazzi, ont résolu les problèmes liés à l'affaire du Cardinal Coscia, qui s'est engagé à payer quarante mille écus et a fourni des garanties pour le reste de la somme due. Le Pape lui a permis de quitter le Château Saint-Ange pour se retirer au couvent de Saint-Alexis et lui rendra ses droits de vote au Conclave une fois la somme entièrement payée. Un bref papal absout le Cardinal de l'excommunication, sous réserve de l'acceptation des garanties par la Chambre Apostolique. Le Pape a également publié un décret supprimant le droit d'asile dans les églises pour les meurtriers à Rome, permettant leur arrestation par les officiers de justice. L'Infant Dom Carlos, parti de Parme avec une escorte de 800 hommes, a informé la Duchesse Dorothée de son arrivée à Florence, où il a été acclamé par le peuple. Plus tard, il est parti de Florence avec une escorte de 500 chevaux pour rejoindre l'armée espagnole destinée à attaquer le Royaume de Naples. Le Vice-Roy de Naples a reçu l'ordre de l'Empereur de déclarer la guerre au Roi d'Espagne et d'expulser les Espagnols du royaume. Des travailleurs ont été commandés pour démanteler Capoue et les munitions ont été transférées à Gaëtte pour renforcer ses fortifications. Le Comte de Mercy a déplacé 12 000 hommes vers la province de Mantoue. Un détachement de cavalerie espagnole a enlevé du bétail près d'Orbitello sans perte humaine.
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2525
p. 6[0]5
ESPAGNE.
Début :
Le Roy a ordonné dès le milieu du mois dernier que tous les Regimens de Cavalerie [...]
Mots clefs :
Dragons, Escadrons, Bataillons, Provinces, Milices
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Roy a ordonné dès le milieu du mois
L dernier que tous les Regimens de Cavalerie
et de Dragons , qui ne sont composez que de
trois Escadrons , seront augmentez d'un quatriéme
, et que les Compagnies d'Infanterie le
seront de dix hommes. S. M. a ordonné en même
temps la levêe de douze Bataillons , et de
seize Escadrons de Dragons. Outre cette augmentation
de Troupes , on doit lever dans les
Provinces 34. Bataillons de Milices et six Excadrons
pour garder les Côtes . Ces Milices seront
habillées et payées par les Provinces qui se
chargent de les entretenir , sans qu'il en coûte
rien à Sa Majesté.
E Roy a ordonné dès le milieu du mois
L dernier que tous les Regimens de Cavalerie
et de Dragons , qui ne sont composez que de
trois Escadrons , seront augmentez d'un quatriéme
, et que les Compagnies d'Infanterie le
seront de dix hommes. S. M. a ordonné en même
temps la levêe de douze Bataillons , et de
seize Escadrons de Dragons. Outre cette augmentation
de Troupes , on doit lever dans les
Provinces 34. Bataillons de Milices et six Excadrons
pour garder les Côtes . Ces Milices seront
habillées et payées par les Provinces qui se
chargent de les entretenir , sans qu'il en coûte
rien à Sa Majesté.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a augmenté les régiments de cavalerie et de dragons à quatre escadrons et ajouté dix hommes par compagnie d'infanterie. Il a également levé douze bataillons et seize escadrons de dragons. Trente-quatre bataillons de milices et six escadrons ont été levés pour la garde des côtes, financés par les provinces.
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2526
p. 6[0]5-606
GRANDE BRETAGNE.
Début :
La Chambre des Communes résolut en grand Commité le 26. du mois dernier, d'accorder [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Dépenses, Chevalier, Rang, Amiral, Hôpital, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
résolutd'accor- LA
A Chambre des Communes résolut en grand
der du Roy 202670. livres sterlins pour la Flotte,
y compris les appointemens des Officiers de Ma
rine à la demie paye pour cette année , dix mille
pour l'Hôpital de Greenwich , 48126. pour les
dépenses auxquelles le Parlement n'avoit pas
pourvû dans la derniere Session , 25057. pour
les Pensionnaires externes de l'Hôpital de Chelsea
; 52690. pour les Officiers réformez de Terre
et de Mer , 5386. pour les pensions des veuves
d'Officiers , 85199. pour les dépenses du Bureau
de l'Artillerie ; 1614. pour quelques dépenses
extraordinaires , et 287343. pour suppléer aux
non- valeurs des fonds accordez l'année derniere.
Le 9. de ce mois , le Roy nomma pour commander
laFlote que S. M. doit avoir en Mer
I iij
Cette
606 MERCURE DE FRANCE
cette année , le Chevalier Jean Norris , qui doit
arborer son Pavillon à bord duVaisseau de guerre
la Britannia du premier rang , de 110. Pieces
de Canon et de roco. hommes d'Equipage , et
qu'il aura sous ses ordres le Chevalier Georges
Valton, Vice- Amiral de l'Escadre Rouge , et le
Contre-Amiral Stevvart , lesquels arboreront
leurs Pavillons , le premier abord du Vaisseau
le Namur , du second rang , et de 90. Canons ,
et le second abord du Torbay , de 80. Canons
et du troisiéme rang . Le Lord Forbes , Envoyé
Extraordinaire du Roy à Petersbourg , et le Capitaine
Nicolas Haddork , ont été faits Amiraux,
à la place du Chevalier Jean Jennings , et de l'Amiral
Guillaume Morres , qui ont remis , leurs
Emplois , à cause de leurs infirmitez.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
La Chambre des Communes en Grande-Bretagne a alloué 606 270 livres sterling pour diverses dépenses militaires. Cette somme inclut 202 670 livres pour la Flotte, les appointements des officiers de marine à demi-paye, et les hôpitaux de Greenwich et Chelsea. Des fonds ont également été attribués aux officiers réformés, aux veuves d'officiers, aux dépenses du Bureau de l'Artillerie, et pour compenser les non-valeurs des fonds accordés l'année précédente. Le 9 du mois, le roi a nommé le Chevalier Jean Norris pour commander la flotte à bord du vaisseau Britannia. Norris sera assisté par les Chevaliers Georges Valton, Vice-Amiral, et Stevvart, Contre-Amiral. De plus, le Lord Forbes et le Capitaine Nicolas Haddork ont été nommés Amiraux, remplaçant les Chevaliers Jean Jennings et Guillaume Morres en raison de leurs infirmités.
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2527
p. 609-612
Assemblée Generale du Clergé, [titre d'après la table]
Début :
Le 22 Février, l'Assemblée Générale du Clergé, après avoir élu pour Président [...]
Mots clefs :
Assemblée générale du Clergé de France, Roi, Évêque, Cardinal de Fleury, Archevêque, Clergé, Paris, Prélats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Assemblée Generale du Clergé, [titre d'après la table]
E 22 Février, l'Assemblée Générale du
Clergé , après avoir élu pour Président
l'Archevêque de Paris , l'Archevêque
de Vienne , l'Evêque de Châlons sur
Saone , et l'Evêque de Vabres; l'Abbé de
Brissac , pour Secretaire , et l'Abbé de
Chabannes pour Promoteur; choisit pour
premier Président le Cardinal de Fleury ,
Ministre d'Etat , et le même jour l'Assemblée
lui envoya des Députez pour
le prier d'accepter ce choix .
Le
24 les Prélats et autres Députez ,
I v qui
10 MERCURE DE FRANCE
qui composent l'Assemblée Générale du
Clergé , allerent à Marly , rendre leurs
respects au Roy ; ils s'assemblerent dans
l'appartement du Château qui leur avoit
été destiné , et le Comte de Maurepas ;
Sécretaire d'Etat , étant venu les prendre
pour les présenter au Roy,ils furent con
duits à l'Audience de Sa Majesté par le
Marquis de Brézé, Grand - Maître des Cé
rémonies , et par M. Desgranges , Maître
des Cérémonies , avec les honneurs qui
se rendent au Clergé lorsqu'il est en
Corps ; les Gardes du Corps étant en
haye et sous les Armes , et les deux Batans
des Portes étans ouverts, le Cardinal
de Fleury , Premier Président de l'Assemblée
, alla se joindre aux Députez
dans l'appartement où ils s'étoient assemblez
, et il marcha à leur tête, à la droite
des Archevêques de Paris et de Vienne.
L'Archevêque de Paris fit au Roy un
Discours tres éloquents et lorsque Sa
Majesté y cut répondu , le Cardinal de
Fleury présenta au Roy chaque Député
en particulier.
Après l'Audience du Roy , les mêmes
Députez , ayant le Cardinal de Fleury à
leur tête , eurent l'honneur de complimenter
la Reine et ils allerent le même
jour à Versailles rendre leurs respects
Monsigncur k Dauphin.
MARS. 1734. 611
Le 27 , M. Fagon , Conseiller d't tat
Ordinaire et du Conseil Royal des Finances
; le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat ; M. de Courson , Conseiller
d'Etat Ordinaire et du Conseil Royal des
Finances ; M. d'Ormesson , Conseiller
d'Etat et Intendant des Finances , et M.
Orry , Contrôleur General des Finances,
Commissaires du Roy , allerent à l'Assemblée
Generale du Clergé , où ils furent
reçus avec les cérémonies ordinaires
; ils demanderent aux Députez , au
nom de Sa Majesté , un secours de douza
millions de livres , qui fut unanimement
accordé .
Le 4 de ce mois , le Cardinal de Fleury,
Ministre d'Etat , alla présider à l'Assemblée
du Clergé , qui ayant été informée
de son arrivée dans l'Eglise des Grands
Augustins , députa pour aller le recevoir,
l'Archevêque de Rouen , l'Evêque de
Vabres , l'Evêque de S. Paul trois Châteaux
, l'Evêque de Glandeve , l'Evêque
de B zas l'Evêque Comte de Beauvais , et
les Abbez de Bouillé , de Crussol , de Sades ,
de S. Aulaire, de la Farre, et de Montiller.
Ces Députez allérent audevant du Cardinal
de Fleury jusqu'à l'Eglise , d'où
ils le conduisirent dans la Salle de l'Assemblée.
Il y prit sa place de Premier Fré
I vj sident
612 MERCURE DE FRANCE
sident, et il fit un Discours très éloquent,
auquel l'Archevêque de Paris répondit
au nom de l'Assemblée. Le Cardinal de
Fleury tint la Séance , et lorsqu'elle fut
finie , il fut reconduit par plusieurs des
Prélats de l'Assemblée.
L'Assemblée ayant fini ses Séances , les
Prélats et les autres Députez qui la composent
, se rendirent à Versailles le 19
de ce mois , et ils eurent audience du
Roy avec les cérémonies observées le 24
du mois dernier , dont on vient de parler.
L'Archevêque de Tours , à la tête des
Prélats , harangua le Roy avec beaucoup
d'Eloquence.
Clergé , après avoir élu pour Président
l'Archevêque de Paris , l'Archevêque
de Vienne , l'Evêque de Châlons sur
Saone , et l'Evêque de Vabres; l'Abbé de
Brissac , pour Secretaire , et l'Abbé de
Chabannes pour Promoteur; choisit pour
premier Président le Cardinal de Fleury ,
Ministre d'Etat , et le même jour l'Assemblée
lui envoya des Députez pour
le prier d'accepter ce choix .
Le
24 les Prélats et autres Députez ,
I v qui
10 MERCURE DE FRANCE
qui composent l'Assemblée Générale du
Clergé , allerent à Marly , rendre leurs
respects au Roy ; ils s'assemblerent dans
l'appartement du Château qui leur avoit
été destiné , et le Comte de Maurepas ;
Sécretaire d'Etat , étant venu les prendre
pour les présenter au Roy,ils furent con
duits à l'Audience de Sa Majesté par le
Marquis de Brézé, Grand - Maître des Cé
rémonies , et par M. Desgranges , Maître
des Cérémonies , avec les honneurs qui
se rendent au Clergé lorsqu'il est en
Corps ; les Gardes du Corps étant en
haye et sous les Armes , et les deux Batans
des Portes étans ouverts, le Cardinal
de Fleury , Premier Président de l'Assemblée
, alla se joindre aux Députez
dans l'appartement où ils s'étoient assemblez
, et il marcha à leur tête, à la droite
des Archevêques de Paris et de Vienne.
L'Archevêque de Paris fit au Roy un
Discours tres éloquents et lorsque Sa
Majesté y cut répondu , le Cardinal de
Fleury présenta au Roy chaque Député
en particulier.
Après l'Audience du Roy , les mêmes
Députez , ayant le Cardinal de Fleury à
leur tête , eurent l'honneur de complimenter
la Reine et ils allerent le même
jour à Versailles rendre leurs respects
Monsigncur k Dauphin.
MARS. 1734. 611
Le 27 , M. Fagon , Conseiller d't tat
Ordinaire et du Conseil Royal des Finances
; le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat ; M. de Courson , Conseiller
d'Etat Ordinaire et du Conseil Royal des
Finances ; M. d'Ormesson , Conseiller
d'Etat et Intendant des Finances , et M.
Orry , Contrôleur General des Finances,
Commissaires du Roy , allerent à l'Assemblée
Generale du Clergé , où ils furent
reçus avec les cérémonies ordinaires
; ils demanderent aux Députez , au
nom de Sa Majesté , un secours de douza
millions de livres , qui fut unanimement
accordé .
Le 4 de ce mois , le Cardinal de Fleury,
Ministre d'Etat , alla présider à l'Assemblée
du Clergé , qui ayant été informée
de son arrivée dans l'Eglise des Grands
Augustins , députa pour aller le recevoir,
l'Archevêque de Rouen , l'Evêque de
Vabres , l'Evêque de S. Paul trois Châteaux
, l'Evêque de Glandeve , l'Evêque
de B zas l'Evêque Comte de Beauvais , et
les Abbez de Bouillé , de Crussol , de Sades ,
de S. Aulaire, de la Farre, et de Montiller.
Ces Députez allérent audevant du Cardinal
de Fleury jusqu'à l'Eglise , d'où
ils le conduisirent dans la Salle de l'Assemblée.
Il y prit sa place de Premier Fré
I vj sident
612 MERCURE DE FRANCE
sident, et il fit un Discours très éloquent,
auquel l'Archevêque de Paris répondit
au nom de l'Assemblée. Le Cardinal de
Fleury tint la Séance , et lorsqu'elle fut
finie , il fut reconduit par plusieurs des
Prélats de l'Assemblée.
L'Assemblée ayant fini ses Séances , les
Prélats et les autres Députez qui la composent
, se rendirent à Versailles le 19
de ce mois , et ils eurent audience du
Roy avec les cérémonies observées le 24
du mois dernier , dont on vient de parler.
L'Archevêque de Tours , à la tête des
Prélats , harangua le Roy avec beaucoup
d'Eloquence.
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Résumé : Assemblée Generale du Clergé, [titre d'après la table]
Le 22 février, l'Assemblée Générale du Clergé élit plusieurs membres pour des postes clés, dont le Cardinal de Fleury comme premier Président. Des députés sont envoyés pour le prier d'accepter ce choix. Le 24 février, les prélats et députés se rendent à Marly pour rendre hommage au roi, conduits par le Marquis de Brézé et M. Desgranges. L'Archevêque de Paris prononce un discours, et le Cardinal de Fleury présente chaque député au roi. Après l'audience, les députés complimentent la reine et le Dauphin à Versailles. Le 27 février, des commissaires du roi demandent un secours de douze millions de livres à l'Assemblée Générale du Clergé, qui l'accorde unanimement. Le 4 mars, le Cardinal de Fleury préside une séance de l'Assemblée, où il prononce un discours auquel l'Archevêque de Paris répond. Le 19 mars, les prélats et députés se rendent à Versailles pour une audience royale, où l'Archevêque de Tours harangue le roi avec éloquence.
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2528
p. 612-615
« Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
Début :
Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...]
Mots clefs :
Reine, Concert, Demoiselle, Marly, Reine, Musique, Roi, Destouches, Opéra, Marie Pélissier, Chasse, Église paroissiale de Saint-Sulpice, Fête de l'Annonciation de la Vierge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
Le premier Mars , il y eut Concert à
Marly chez la Reine , qui fut continué
3 et le 6. M. Destouches Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
l'Opéra de Pirame et Thisbé , mis en
Musique par les Sieurs Rebel et Francoeur,
le premier, Sur- Intendant de la Musique
en Survivance de M. Destouches , et le
second, Compositeur de la Chambre. Les
Diles Lenner , d'Aigremont et Roblin ,
chanterent lesRolles du Prologue; ceux de
Zoroastre, de Ninus, et de Pirame , furent
chantez dans laTragédie par les SrsChassé,
d'Angerville etJelior, la voix de ce dernier
parut
MARS 1734: 613
parut très touchante . Les Dlles Erremens et
Pelissier remplirent les Rolles deZoraïde et
de Thisbé avec beaucoup de précision .
La Reine eut la bonté de marquer aux
Auteurs sa satisfaction , et de louer leurs
talens. Le Poëme est de M. de la Serre.
›
Le 8 et le 9 , S. M. souhaita d'entendre
le Ballet du Carnaval et de la Folie ,
dont l'exécution parut très- brillante . Le
Rolle de la Folie fut rempli avec applaudissement
par la Dlle Pelissier , celui du
Carnaval par le Sieur d'Angerville ; la
Dlle Mathieu et le Sr Petillot , chanterent
ceux de Plutus , et de la Jeunesse. Cet
Opéra,de la composition de M. Destouches
, plut beaucoup à la Reine , S. M.
ordonna qu'on le chanteroit tous les
ahs pendant le Carnaval .
2
Le 15 , 17 et 22 , on chanta l'Opéra
·de Telemaque du même Auteur. Le Rolle
de Minerve dans le Prologue et dans la
Piéce , fut chanté par la Dlle Lenner ;
celui de Calipso par la Dlle Anuer , et
ceux d'Eucharis et de Telemaque furent
remplis d'une façon très interessante par
la Dile Pelissier et par le Sr Jeliot.
Le 11 de ce mois , le Roy étant allé
chasser sur Lotti , le cerf mena la chasse
jusqu'au près de Magni , d'où le Roy
ICVC614
MERCURE DE FRANCE
revenant à Marly , la nuit le surprit à
Meulan , et Sa Majesté prévoyant qu'il
arriveroit trop tard à Marly , alla demander
à souper à l'Abbé Bignon, qui se trouvoit
par hazard dans sa Maison de l'Isle - Belle.
Au sortir de table , le Roy partit vers les
dix heures un quart pour retourner à
Marly , témoignant beaucoup de satisfaction
de la maniere dont il avoit éte reçu .
S.M.n'étoit accompagnée que du Duc de
Richelieu , du Comte d'Ayen , du Marquis
de Coigny et du Marquis de Sourches.
Le 20 Mars on consacra solemnellement
le Grand Autel de l'Eglise Paroissiale
de Saint Sulpice ; M. l'Archevêque
de Sens en fit la cérémonie : la Reine
d'Espagne y assista avec plusieurs personnes
de considération . La cérémonie finit
par une décharge d'un grand nombre
de boëtes, et par les Aumônes que M. le
Curé fit distribuer à quantité de Pauvres
.
Le 25 Mars , Fête de l'Anronciation de
la Vierge , il y eut Concert Spirituel au
Chateau des Thuilleries . M. Mouret y
fit chanter le Magnus Dominus , excelent
Motet de M. de la Lande. La Dlle Petite .
pas
MARS 1734.
619
pas , et le Sr Jeliot en chanterent un au
tre à deux voix , qui fut très applaudi
par une très nombreuse Assemblée ; de
même que les Concerto exécutez par les
Srs Blavet et le Clair . Le Concert fut
terminé par le Motet Cantate du même
Auteur dans lequel la Dlle Erremens
chanta le beau verset Viderunt avec toute
la précision que demande un si beau
morceau de Musique .
Marly chez la Reine , qui fut continué
3 et le 6. M. Destouches Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
l'Opéra de Pirame et Thisbé , mis en
Musique par les Sieurs Rebel et Francoeur,
le premier, Sur- Intendant de la Musique
en Survivance de M. Destouches , et le
second, Compositeur de la Chambre. Les
Diles Lenner , d'Aigremont et Roblin ,
chanterent lesRolles du Prologue; ceux de
Zoroastre, de Ninus, et de Pirame , furent
chantez dans laTragédie par les SrsChassé,
d'Angerville etJelior, la voix de ce dernier
parut
MARS 1734: 613
parut très touchante . Les Dlles Erremens et
Pelissier remplirent les Rolles deZoraïde et
de Thisbé avec beaucoup de précision .
La Reine eut la bonté de marquer aux
Auteurs sa satisfaction , et de louer leurs
talens. Le Poëme est de M. de la Serre.
›
Le 8 et le 9 , S. M. souhaita d'entendre
le Ballet du Carnaval et de la Folie ,
dont l'exécution parut très- brillante . Le
Rolle de la Folie fut rempli avec applaudissement
par la Dlle Pelissier , celui du
Carnaval par le Sieur d'Angerville ; la
Dlle Mathieu et le Sr Petillot , chanterent
ceux de Plutus , et de la Jeunesse. Cet
Opéra,de la composition de M. Destouches
, plut beaucoup à la Reine , S. M.
ordonna qu'on le chanteroit tous les
ahs pendant le Carnaval .
2
Le 15 , 17 et 22 , on chanta l'Opéra
·de Telemaque du même Auteur. Le Rolle
de Minerve dans le Prologue et dans la
Piéce , fut chanté par la Dlle Lenner ;
celui de Calipso par la Dlle Anuer , et
ceux d'Eucharis et de Telemaque furent
remplis d'une façon très interessante par
la Dile Pelissier et par le Sr Jeliot.
Le 11 de ce mois , le Roy étant allé
chasser sur Lotti , le cerf mena la chasse
jusqu'au près de Magni , d'où le Roy
ICVC614
MERCURE DE FRANCE
revenant à Marly , la nuit le surprit à
Meulan , et Sa Majesté prévoyant qu'il
arriveroit trop tard à Marly , alla demander
à souper à l'Abbé Bignon, qui se trouvoit
par hazard dans sa Maison de l'Isle - Belle.
Au sortir de table , le Roy partit vers les
dix heures un quart pour retourner à
Marly , témoignant beaucoup de satisfaction
de la maniere dont il avoit éte reçu .
S.M.n'étoit accompagnée que du Duc de
Richelieu , du Comte d'Ayen , du Marquis
de Coigny et du Marquis de Sourches.
Le 20 Mars on consacra solemnellement
le Grand Autel de l'Eglise Paroissiale
de Saint Sulpice ; M. l'Archevêque
de Sens en fit la cérémonie : la Reine
d'Espagne y assista avec plusieurs personnes
de considération . La cérémonie finit
par une décharge d'un grand nombre
de boëtes, et par les Aumônes que M. le
Curé fit distribuer à quantité de Pauvres
.
Le 25 Mars , Fête de l'Anronciation de
la Vierge , il y eut Concert Spirituel au
Chateau des Thuilleries . M. Mouret y
fit chanter le Magnus Dominus , excelent
Motet de M. de la Lande. La Dlle Petite .
pas
MARS 1734.
619
pas , et le Sr Jeliot en chanterent un au
tre à deux voix , qui fut très applaudi
par une très nombreuse Assemblée ; de
même que les Concerto exécutez par les
Srs Blavet et le Clair . Le Concert fut
terminé par le Motet Cantate du même
Auteur dans lequel la Dlle Erremens
chanta le beau verset Viderunt avec toute
la précision que demande un si beau
morceau de Musique .
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Résumé : « Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
En mars 1734, plusieurs événements musicaux et cérémoniels marquèrent le mois. Du 1er au 6 mars, l'opéra 'Pirame et Thisbé' de Rebel et Francoeur fut interprété à Marly chez la Reine, avec des rôles principaux chantés par les demoiselles Lenner, d'Aigremont, Roblin, Erremens et Pelissier, ainsi que par les sieurs Chassé, d'Angerville et Jeliot. La Reine exprima sa satisfaction. Les 8 et 9 mars, le roi écouta le ballet 'Le Carnaval et la Folie' de Destouches, interprété par la demoiselle Pelissier, le sieur d'Angerville, la demoiselle Mathieu et le sieur Petillot. La Reine ordonna que cet opéra soit chanté quotidiennement pendant le Carnaval. Du 15 au 22 mars, l'opéra 'Télémaque' de Destouches fut chanté, avec les rôles de Minerve, Calypso, Eucharis et Télémaque interprétés par les demoiselles Lenner, Anuer, Pelissier et le sieur Jeliot. Le 11 mars, le roi chassa sur l'île de Loiti avec plusieurs nobles et soupa à Meulan chez l'abbé Bignon. Le 20 mars, l'archevêque de Sens consacra solennellement le grand autel de l'église paroissiale de Saint-Sulpice en présence de la reine d'Espagne et de personnes de considération. Le 25 mars, à l'occasion de la fête de l'Annonciation de la Vierge, un concert spirituel eut lieu au château des Tuileries. M. Mouret dirigea le 'Magnus Dominus' de M. de la Lande, et les demoiselles Petitepas et Erremens, ainsi que le sieur Jeliot, chantèrent d'autres morceaux applaudis. Les concerts furent exécutés par les sieurs Blavet et le Clair.
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2529
p. 773-775
POLOGNE.
Début :
Le 13. du mois dernier, le Comte de Munich, Feldt Maréchal, arriva au Camp des [...]
Mots clefs :
Comte Pocci, Troupes, Général, Prince de Radziwill, Électeur de Saxe, Batterie, Régimentaire de Lituanie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
du mois dernier , le Comte de Mu-
Lnich', Feldt Maréchal , arriva au Camp des
Moscovites , dont il prit le commandement . Le
20. du même mois , il fit, a taquer un poste
qui couvroit le Village de Schotland , près de
Dantzick , lequel fut emporté. Les Ennemis y
ont perdu environ 600. hommes , et ils y ont
placé une batterie de que ques Mortiers , qui ne
peuvent causer aucun dommage à la Ville , à
cause de la trop grande distance.
Ce General fit tirer le 26. d'une hauteur , sur
laquelle il a placé une Batterie de six Pieces de
Canon , quelques Boulets rouges , qui ne purent
arriver jusqu'à la Ville , mais qui mirent le feu à
deux maisons d'un petit Bourg voisin.
Le Comte Pocci , Régimentaire de Lithuanie ,
a écrit au Roy , qu'il avoit été joint par la plupart
des Seigneurs et des Gentilshommes de cette
Province , qui avoient pris les Armes pour les interêts
communs du Roy et de la Nation , et que
PArmée qu'il commande étoit très - considerable-
Le Prince de Radzivil et quelques autres Sei
Encurs Lithuaniens , attachez au Parti de l'Elec-
Gy teur
774 MERCURE DE FRANCE
teur de Saxe , ont pris la fuite pour éviter de
tomber entre les mains du Comte Pocci , qui
avoit envoyé des Troupes pour les enlever et le
bruit court qu'ils sont allez en Curlande , mais
on n'est pas encore informé exactement du lieu
de leur retraite , on sçait seulement que plusieurs
de leurs terres les plus considerables ont été ravagées
et que leurs Vassaux ont été contraints
de payer de fortes contributions .
Selon les derniers avis reçûs du Palatinat de
Culm , la Noblesse des trois Palatinats de la
Prusse Polonoise , qui s'étoit assemblée à Graudentz
, a joint le corps de Troupes commandé
par le General Schliebing , à qui le Castellan de
Czersk , et les Generaux Fronese et Barkouski ,
ont amené un renfort considerable de Troupes
Sa Majesté a reçû avis de Warsovie , que l'Electeur
de Saxe , qui y étoit arrivé le 19. du mois
passé , en étoit parti avec précipitation pour
Dresde , que la plupart des Seigneurs qui avoient
assisté au Couronnement dè ce Prince , avoient
abandonné en même - temps la Ville , dans la
crainte de n'y être pas en sûreté après son dé
part , et qu'on croyoit même que le Prince Wienovieski
, cy - devant Regimentaire de Lithuanie,
et les deux Princes Lubomirski , avoient pris le
parti de sortir du Royaume .
On a reçû avis qu'un Détachement avoit battu
P'Escorte des Equipages de l'Electeur de Saxe
qu'on en avoit enlevé plusieurs Chariots où l'on
avoit trouvé un butin considerable , et que celui
que les Polonois avoient fait en pillant les Equi
pages du Comte Brannitzki et du Comte de Cetner
, montoit à plus de cent mille écus.
La Comtesse de Brannitzki , qui avoit pris la
route de Dresde , avec une escorte de 1Iro. hom-
'm'es
AVRIL 1734. 775
mes d'Infanterie Saxone , a eu le même sort que
le Comte son Epoux , et elle a été faite prisonniere
par un Détachement des Troupes Polonoises
, qui l'ont menée au Camp du Palatin de
Lublin ; mais ce General l'a renvoyée à Craco
vie , après lui avoir donné la permission de voir
son Epoux.
du mois dernier , le Comte de Mu-
Lnich', Feldt Maréchal , arriva au Camp des
Moscovites , dont il prit le commandement . Le
20. du même mois , il fit, a taquer un poste
qui couvroit le Village de Schotland , près de
Dantzick , lequel fut emporté. Les Ennemis y
ont perdu environ 600. hommes , et ils y ont
placé une batterie de que ques Mortiers , qui ne
peuvent causer aucun dommage à la Ville , à
cause de la trop grande distance.
Ce General fit tirer le 26. d'une hauteur , sur
laquelle il a placé une Batterie de six Pieces de
Canon , quelques Boulets rouges , qui ne purent
arriver jusqu'à la Ville , mais qui mirent le feu à
deux maisons d'un petit Bourg voisin.
Le Comte Pocci , Régimentaire de Lithuanie ,
a écrit au Roy , qu'il avoit été joint par la plupart
des Seigneurs et des Gentilshommes de cette
Province , qui avoient pris les Armes pour les interêts
communs du Roy et de la Nation , et que
PArmée qu'il commande étoit très - considerable-
Le Prince de Radzivil et quelques autres Sei
Encurs Lithuaniens , attachez au Parti de l'Elec-
Gy teur
774 MERCURE DE FRANCE
teur de Saxe , ont pris la fuite pour éviter de
tomber entre les mains du Comte Pocci , qui
avoit envoyé des Troupes pour les enlever et le
bruit court qu'ils sont allez en Curlande , mais
on n'est pas encore informé exactement du lieu
de leur retraite , on sçait seulement que plusieurs
de leurs terres les plus considerables ont été ravagées
et que leurs Vassaux ont été contraints
de payer de fortes contributions .
Selon les derniers avis reçûs du Palatinat de
Culm , la Noblesse des trois Palatinats de la
Prusse Polonoise , qui s'étoit assemblée à Graudentz
, a joint le corps de Troupes commandé
par le General Schliebing , à qui le Castellan de
Czersk , et les Generaux Fronese et Barkouski ,
ont amené un renfort considerable de Troupes
Sa Majesté a reçû avis de Warsovie , que l'Electeur
de Saxe , qui y étoit arrivé le 19. du mois
passé , en étoit parti avec précipitation pour
Dresde , que la plupart des Seigneurs qui avoient
assisté au Couronnement dè ce Prince , avoient
abandonné en même - temps la Ville , dans la
crainte de n'y être pas en sûreté après son dé
part , et qu'on croyoit même que le Prince Wienovieski
, cy - devant Regimentaire de Lithuanie,
et les deux Princes Lubomirski , avoient pris le
parti de sortir du Royaume .
On a reçû avis qu'un Détachement avoit battu
P'Escorte des Equipages de l'Electeur de Saxe
qu'on en avoit enlevé plusieurs Chariots où l'on
avoit trouvé un butin considerable , et que celui
que les Polonois avoient fait en pillant les Equi
pages du Comte Brannitzki et du Comte de Cetner
, montoit à plus de cent mille écus.
La Comtesse de Brannitzki , qui avoit pris la
route de Dresde , avec une escorte de 1Iro. hom-
'm'es
AVRIL 1734. 775
mes d'Infanterie Saxone , a eu le même sort que
le Comte son Epoux , et elle a été faite prisonniere
par un Détachement des Troupes Polonoises
, qui l'ont menée au Camp du Palatin de
Lublin ; mais ce General l'a renvoyée à Craco
vie , après lui avoir donné la permission de voir
son Epoux.
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Résumé : POLOGNE.
En Pologne, le Comte de Münnich a pris le commandement des forces moscovites et a attaqué un poste près de Dantzick, infligeant environ 600 pertes aux ennemis. Le 26, il a mis le feu à deux maisons d'un bourg voisin. Le Comte Pocci a informé le Roi que les seigneurs et gentilshommes de Lithuanie avaient formé une armée pour soutenir le Roi et la Nation, forçant des partisans de l'Électeur de Saxe, comme le Prince de Radzivil, à fuir en Curlande. La noblesse des trois Palatinats de la Prusse Polonoise a rejoint les troupes du Général Schliebing. À Varsovie, l'Électeur de Saxe a quitté précipitamment la ville pour Dresde, suivi par plusieurs seigneurs. Un détachement polonais a capturé des chariots contenant un butin considérable et pillé les équipages de nobles saxons, récupérant plus de cent mille écus. La Comtesse de Brannitzki a été capturée puis renvoyée à Cracovie.
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2530
p. 775
ALLEMAGNE.
Début :
On écrit de Vienne, que le 8. du mois dernier au soir, l'Empereur vit representer [...]
Mots clefs :
Hommes d'infanterie, Cavalerie, Diète de Ratisbonne, Guerre contre la France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
ON écritde Vienne , que le 8. du mois dernier
au soir , l'Empereur vit representer
par les Pages de l'Imperatrice , sur le Théatre
du Palais , une Comedie intitulée , Don Quichotte
à la Cour de la Duchesse .
Selon l'Etat remis à la Diette de Ratisbonne
et éxaminé par elle , du nombre des Troupes
que chaque Etat de l'Empire sera obligé de fournir
pour soutenir la Guerre contre la France , il
doit être fourni ; sçavoir , par le Cercle du Haut-
Rhin 2946. hommes d'Infanterie et 490. de
Cavalerie ; par celui du Bas- Rin , un pareil nombre
; par celui de Baviere , 1700. hommes d'Infanterie
et 800. de Cavalerie , par ceux de la
Haute et de la Basse Saxe , 2500. hommes de
Cavalerie , et 5000. hommes d'Infanterie ; par
ceux d'Autriche et de Bohëme , 5300. hommes
d'Infanterie , et 2660. de Cavalerie ; et par ceux
de Franconie , de Suabe et de Westphalie , environ
12000. hommes , tant de Cavalerie que
d'Infanterie , la Diette n'a encore pris sur cette
affaire aucune résolution positive.
ON écritde Vienne , que le 8. du mois dernier
au soir , l'Empereur vit representer
par les Pages de l'Imperatrice , sur le Théatre
du Palais , une Comedie intitulée , Don Quichotte
à la Cour de la Duchesse .
Selon l'Etat remis à la Diette de Ratisbonne
et éxaminé par elle , du nombre des Troupes
que chaque Etat de l'Empire sera obligé de fournir
pour soutenir la Guerre contre la France , il
doit être fourni ; sçavoir , par le Cercle du Haut-
Rhin 2946. hommes d'Infanterie et 490. de
Cavalerie ; par celui du Bas- Rin , un pareil nombre
; par celui de Baviere , 1700. hommes d'Infanterie
et 800. de Cavalerie , par ceux de la
Haute et de la Basse Saxe , 2500. hommes de
Cavalerie , et 5000. hommes d'Infanterie ; par
ceux d'Autriche et de Bohëme , 5300. hommes
d'Infanterie , et 2660. de Cavalerie ; et par ceux
de Franconie , de Suabe et de Westphalie , environ
12000. hommes , tant de Cavalerie que
d'Infanterie , la Diette n'a encore pris sur cette
affaire aucune résolution positive.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 8 du mois précédent, l'Empereur a vu la comédie 'Don Quichotte à la Cour de la Duchesse' au Théâtre du Palais de Vienne. La Diète de Ratisbonne a examiné un état exigeant des troupes des États de l'Empire pour la guerre contre la France. Les contingents varient selon les Cercles, sans résolution définitive.
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2531
p. 775-781
ITALIE.
Début :
Le 9. du mois dernier, le Pape envoya au Duc de Palombara, le Bref par lequel S. S. [...]
Mots clefs :
Royaume de Naples, Troupes impériales, Ville de Naples, Vice-roi, Infant Don Carlos, Empereur, Armée, Capoue, Pape, Conseil collatéral
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 9. du mois dernier , le Pape envoya au
Duc de Palombara , le Brefpar lequel S. S
absout le Cardinal Coscia de l'excommunication
G vj qu'il
776 MERCURE DE FRANCE
qu'il avoit encourue. On compte que ce Cardinal
sortira du Château Saint - Ange , et qu'il se
retirera dans le Convent de Saint Eusebe , où il
demeurera en attendant que la Chambre Apostolique
ait accepté les sûretez qu'il offre pour les
sonnes qui lui restent à payer. On a appris depuis
, qu'ayant reçû ce Bref, il entendit le 14.
la Messe dans le Château Saint- Ange.
On cut avis à Rome le 15. Mais , que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé le matin à Monte-
Rotondo , et que le Cardinal Acquaviva , les
Princes Don Barthelemy et Don Philippe Corsini
, le Prince de Santo - Buono , le Marquis
Strozzi , le Marquis Sorano , les deux Auditeurs
de Rote de la Nation Espagnole , et quelques autres
personnes de distinction , qui y étoient allez
pour rendre leurs respects à ce Prince , avoient
cû l'honneur d'y dîner avec lui .
Le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur du
Roy de France , s'y rendit l'après midy , et fut
admis à l'Audience du Prince , et le , Chevalier
de Saint Georges y alla le soir avec la Princesse
son Epouse et les deux Princes ses fils.
Le 22. le Prince Don Barthelemy Corsini ,
Grand- Ecuyer de l'Infant Don Carlos , partit de
Rome pour l'aller joindre à Tivoli.
Le Gouverneur de Rome a fait publier un ordre
à tous les Vagabons et autres gens sans aveu
qui sont dans cette Capitale , d'en sortir dans
un terme prescrit , sous peine d'être condamnez
2 Cinq. ans de Galeres ; il doit paroître incessamment
un autre Edit pour menacer de la même
peine les Déserteurs des Troupes Etrangeres quit
se réfugieront dans l'Etat Ecclesiastique , et qu'on
ne sera pas à portée de remettre à leurs Officiers.
» Sur la fin du Consistoire secret que le Pape
FIDE
A VRIL . 1734. 777
tint le 24. du mois dernier , S. S. créa Cardinaux
M, Pompée Aldovrandi , Boulonois , Patriarche
de Jerusalem , Vice-Camerlingue de la Sainte
Eglise , Gouverneur de la Ville et du Territoire
de Rome . Consulteur du saint Office , et des
Rits ; M. Séraphin Cency , Romain , Archevêque
de Benevent , le P. François - Pierre - Marie
Pieri , Siennois , General de l'Ordre des Servites,
Consulteur du Saint Office et des Rits , er Examinateur
des Evêques ; et M. Jacques Amadori
de Lanfredini , Florentin Chanoine de l'Eglise
de S. Pierre du Vatican , Secretaire de la Congrégation
du Concile , et Dataire de la Penitencerie
.
On a reçû avis de Rovero , que le Comte de
Merci , qui a été nommé par l'Empereur pour
commander l'Armée que 5. M. Imper ale assemblé
dans le Trentin avoit eu une attaque
d'apoplexie , qu'il é oit resté en paralysie, et que
le Prince Louis de Waremberg avoit pris le commandement
des Troupes
On écrit de Naples , que les sommes qu'on a
exigées des Communautez qui n'étoient pas en
drar de fournir le nombre d'hommes qu'on leur
a de mandé montent à 3600co . Ducats.
L'Empereur a écrit au Viceroy , d'accorder
certains Privileges à chaque Négociant de cette
Ville qui voudront prêter socco florins à quatre
pour cent d'interèt pour les dépenses de la
Guerre.
SM. Imperiale a envoyé de nouveaux Ordres
pour faire observer , avec la derniere rigueur , le
Decret par lequel il est enjoint à la Cour de la
Vicairerie de tatre saisit tous les revenus de ceux
qui ayant des Charges ou ces biens , fonds dans
le Royaume de Naples , n'y seront pas revenus
au temps prescrit.
778 MERCURE DE FRANCE
Il paroîtra incessamment un Edit pour permettre
à tous ceux qui ont été bannis du Royaume
, d'y rentrer , à condition que chacun d'eux
payera une somme proportionnée à la faute pour
laquelle il a été condamné au bannissement.
Il ne paroît pas que le Gouvernement persiste
dans la résolution qu'il avoit prise de faire démanteler
Capoue , et l'on assure au contraire
que le Prince Caraffe , Grand - Maréchal du
Royaume , le Prince de Belmonte Pignatelli ,
General de la Cavalerie , et le Comte de Traun ,
qui partirent le 8. du mois passé pour s'y rendre
, ont ordre d'en faire réparer les Fortifications
et d'y faire conduire une grande quantité
de Munitions de bouche et de
guerre , et que
plupart des Troupes de Naples , au lieu de tenir
la Campagne , sont destinées à deffendre cette
Place et celle de Gaëtte.
la
Il a été résolu par le Conseil Collateral d'abandonner
un des Châteaux de Naples et d'aug
menter les Garnisons des trois autres.
Le Gouvernement a aussi résolu de faire démolir
les lignes qu'on avoit construites près de
San-Germano , pour s'opposer au passage des
Troupes Espagnoles , et il a ordonné que les
Troupes qui étoient à portée dans ces quartierslà
, marchassent vers Gaëtte , après qu'elles auront
rompu le Pont de Garigliano , afin d'empêcher
les Espagnols d'en profiter pour entrer
dans le Royaume de Naples ; et on se propose
de former aux environs de Garigliano un Camp
qui sera composé des Bataillons qu'on attend de
Sicile et d'une partie des nouvelles Milices .
On a appris en dernier lieu que la plus grande
partie des Troupes qui restoient à Naples , s'est
mise en marche le 22. du mois dernier pour aller
AVRIL 1734. 779
ler à Capoue , où l'on a envoyé depuis peu
plusieurs Mortiers et 1400. Bombes , et qu'il
ne reste ici que foo. hommes pour la deffense
des Châteaux , et deux Compagnies de
Cuirassiers pour la garde du Viceroy , qui selon
les apparences, se retirera à Manfredonia, en attendant
l'arrivée de son Successeur ; cette Ville
est gardée actuellement par ses Habitans, qu'on a
distribués par Compagnies , dont on a donné le
commandement à des Gentilshommes et aux
principaux Bourgeois . Le Conseil Collateral a reçû
ordre de se preparer à suivre le Viceroy , mais
plusieurs Conseillers de ce Tribunal ont allegué
divers prétextes pour s'en dispenser.
On a reçû avis de la Province de Labour dans
le Royaume de Naples , que le 25. Mars il étoit
arrivé dans les environs de la Ville d'Agnani
6000. hommes de Troupes Espagnoles , qui y
avoient été joints le lendemain par 5000. autres ,
que le 29. l'Infant Don Carlos s'étoit rendu au
Mont Cassin , dont l'Abbé lui avoit fourni 1000.
hommes , tant de Cavalerie que d'Infanterie ,
que le même jour un Détachement de l'Armée
de S. M. Catholique s'étoit emparé de la Ville
de Sora , dont les Habitans s'étoient soumis
sans résistance , et que les Troupes Imperiales
qui étoient près de San- Germano , s'étoient retirées.
Le 25. du mois dernier , le Viceroy ayant reçu
avis qu'un Vaisseau Espagnol s'étoit avancé à
une petite distance de ce Port , et que faute de
vent il ne pouvoit regagner le large , il donna
ordre à M. Palavicini , General de la Mer , d'aller
le canoner , et l'on détacha en même- temps
quelques Galeres pour attaquer deux Felouques
de la même Nation qui étoient près de la Côte ,
inais
70 MERCURE DE FRANCE
mais le Vaisseau profita d'un vent favorable qui
s'éleva pour s'éloigner , après avoir lâché plusieurs
borées de Canon au Château de l'Euf,
et à une Galere qu'il coula à fond, et les Felouques
se retirerent avant qu'on cût pû les joindre.
Dans le Conseil Collateral tenu le 27. il fut
résolu que les Troupes Impériales qui sont dans
le Royaume de Naples , et qui ne sont compo
sées que de 1000 hommes , en comptant le
secours envoyé par le Comte de Sastago , n'étant
pas suffisantes pour tenir la Campagne contre
l'Armée du Roy d'Espagne , on se borneroit
à deffendre les Places de Gaette er de Capoue ,
dans chacune desquelles on mettroit 3000. hommes
, et les Châteaux de Naples , où l'on a laissé
une Garnison de 1500. hoinies , et que les 3000
qui restent au Viceroy , seroient employez pour
Pescorter dans sa retraite.
1
Le Comte de Cerbellon , qui étoit nommé
pour lui succeder , arriva le 29 mais ayant jugé
que sa présence étoit inutile à Naples dans la
conjoncture présente , il n'a point vou u prendre
possession de la Viceroyauté , et il se dispose à
suivre le Viceroy qui dont partir pour Barletta
, où Pun et l'autre s'embarqueront pour retourner
à Vienne
Les derniers avis reçus par la voye de Genes ,
portent que le 3. de ce mois le Viceroy de Naples
, escorté de 3000. hommes , en étoit parti
avec le Comte de Corbellon , et qu'ils avoient
pris la route de Barletta , dans le dessein de s'y
embarquer pour Trieste
Que le 9. l'Infant Don Carlos , qui étoit entré
dès le 29. du mois dernier dans le Royaume
de Niples , à la tête des Troupes du Roy d'Espa
gne , mais qui n'avoit pû marcher que lentement,
parce
AVRIL. 1734. 781
parce qu'il avoit été obligé de recevoir en chemin
lès Députez de la plupart des Villes et des
principaux Bourgs , étoit arrivé à Mantalone ,
où les Magistrats de la Ville de Naples étoient
venus le même jour lui en apporter les Clefs et
prêter serment de fidelité à S. M. Catholique ,
que ce Prince vouloit attendre , pour faire son
entrée dans la Ville , la prise des Châteaux , et
qu'après avoir donné ses ordres aux Troupes qui
les assiegent , il étoit allé à Aversa avec le reste
de son Armée qu'il avoit séparée en trois corps ,
dont l'un étoit destiné à demeurer sous ses ordres
et les deux autres à former en même- temps le
Siege de Gaëtte et de Capoüe. Les mêmes avis
ajoutent qu'on ne croit pas que ces deux Places
puissent faire une longue résistance à cause de la
foiblesse de leurs Garnisons , que presque tout le
Royaume est actuellement soumis , et que Pin
fant Don Carlos , en recevant au nom du Roy
d'Espagne , l'hommage du Conseil Collateral et
des autres ptincipaux Tribunaux du Royaume.
et de la Ville de Naples , à promis solemnellement
que Sa Majesté Catholique maintiendroit
les habitans dans tous leurs Privileges ,
qu'elle supprimeroit toutes les impositions établies
par l'Empereur , lesquelles cesseroient dès
à present d'être éxigées ; qu'elle continueroit
de payer les pensions que l'Empereur avoit accordées
, et qu'elle ne changeroit rien aux usages
qui regardent la collation des Benefices.
E 9. du mois dernier , le Pape envoya au
Duc de Palombara , le Brefpar lequel S. S
absout le Cardinal Coscia de l'excommunication
G vj qu'il
776 MERCURE DE FRANCE
qu'il avoit encourue. On compte que ce Cardinal
sortira du Château Saint - Ange , et qu'il se
retirera dans le Convent de Saint Eusebe , où il
demeurera en attendant que la Chambre Apostolique
ait accepté les sûretez qu'il offre pour les
sonnes qui lui restent à payer. On a appris depuis
, qu'ayant reçû ce Bref, il entendit le 14.
la Messe dans le Château Saint- Ange.
On cut avis à Rome le 15. Mais , que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé le matin à Monte-
Rotondo , et que le Cardinal Acquaviva , les
Princes Don Barthelemy et Don Philippe Corsini
, le Prince de Santo - Buono , le Marquis
Strozzi , le Marquis Sorano , les deux Auditeurs
de Rote de la Nation Espagnole , et quelques autres
personnes de distinction , qui y étoient allez
pour rendre leurs respects à ce Prince , avoient
cû l'honneur d'y dîner avec lui .
Le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur du
Roy de France , s'y rendit l'après midy , et fut
admis à l'Audience du Prince , et le , Chevalier
de Saint Georges y alla le soir avec la Princesse
son Epouse et les deux Princes ses fils.
Le 22. le Prince Don Barthelemy Corsini ,
Grand- Ecuyer de l'Infant Don Carlos , partit de
Rome pour l'aller joindre à Tivoli.
Le Gouverneur de Rome a fait publier un ordre
à tous les Vagabons et autres gens sans aveu
qui sont dans cette Capitale , d'en sortir dans
un terme prescrit , sous peine d'être condamnez
2 Cinq. ans de Galeres ; il doit paroître incessamment
un autre Edit pour menacer de la même
peine les Déserteurs des Troupes Etrangeres quit
se réfugieront dans l'Etat Ecclesiastique , et qu'on
ne sera pas à portée de remettre à leurs Officiers.
» Sur la fin du Consistoire secret que le Pape
FIDE
A VRIL . 1734. 777
tint le 24. du mois dernier , S. S. créa Cardinaux
M, Pompée Aldovrandi , Boulonois , Patriarche
de Jerusalem , Vice-Camerlingue de la Sainte
Eglise , Gouverneur de la Ville et du Territoire
de Rome . Consulteur du saint Office , et des
Rits ; M. Séraphin Cency , Romain , Archevêque
de Benevent , le P. François - Pierre - Marie
Pieri , Siennois , General de l'Ordre des Servites,
Consulteur du Saint Office et des Rits , er Examinateur
des Evêques ; et M. Jacques Amadori
de Lanfredini , Florentin Chanoine de l'Eglise
de S. Pierre du Vatican , Secretaire de la Congrégation
du Concile , et Dataire de la Penitencerie
.
On a reçû avis de Rovero , que le Comte de
Merci , qui a été nommé par l'Empereur pour
commander l'Armée que 5. M. Imper ale assemblé
dans le Trentin avoit eu une attaque
d'apoplexie , qu'il é oit resté en paralysie, et que
le Prince Louis de Waremberg avoit pris le commandement
des Troupes
On écrit de Naples , que les sommes qu'on a
exigées des Communautez qui n'étoient pas en
drar de fournir le nombre d'hommes qu'on leur
a de mandé montent à 3600co . Ducats.
L'Empereur a écrit au Viceroy , d'accorder
certains Privileges à chaque Négociant de cette
Ville qui voudront prêter socco florins à quatre
pour cent d'interèt pour les dépenses de la
Guerre.
SM. Imperiale a envoyé de nouveaux Ordres
pour faire observer , avec la derniere rigueur , le
Decret par lequel il est enjoint à la Cour de la
Vicairerie de tatre saisit tous les revenus de ceux
qui ayant des Charges ou ces biens , fonds dans
le Royaume de Naples , n'y seront pas revenus
au temps prescrit.
778 MERCURE DE FRANCE
Il paroîtra incessamment un Edit pour permettre
à tous ceux qui ont été bannis du Royaume
, d'y rentrer , à condition que chacun d'eux
payera une somme proportionnée à la faute pour
laquelle il a été condamné au bannissement.
Il ne paroît pas que le Gouvernement persiste
dans la résolution qu'il avoit prise de faire démanteler
Capoue , et l'on assure au contraire
que le Prince Caraffe , Grand - Maréchal du
Royaume , le Prince de Belmonte Pignatelli ,
General de la Cavalerie , et le Comte de Traun ,
qui partirent le 8. du mois passé pour s'y rendre
, ont ordre d'en faire réparer les Fortifications
et d'y faire conduire une grande quantité
de Munitions de bouche et de
guerre , et que
plupart des Troupes de Naples , au lieu de tenir
la Campagne , sont destinées à deffendre cette
Place et celle de Gaëtte.
la
Il a été résolu par le Conseil Collateral d'abandonner
un des Châteaux de Naples et d'aug
menter les Garnisons des trois autres.
Le Gouvernement a aussi résolu de faire démolir
les lignes qu'on avoit construites près de
San-Germano , pour s'opposer au passage des
Troupes Espagnoles , et il a ordonné que les
Troupes qui étoient à portée dans ces quartierslà
, marchassent vers Gaëtte , après qu'elles auront
rompu le Pont de Garigliano , afin d'empêcher
les Espagnols d'en profiter pour entrer
dans le Royaume de Naples ; et on se propose
de former aux environs de Garigliano un Camp
qui sera composé des Bataillons qu'on attend de
Sicile et d'une partie des nouvelles Milices .
On a appris en dernier lieu que la plus grande
partie des Troupes qui restoient à Naples , s'est
mise en marche le 22. du mois dernier pour aller
AVRIL 1734. 779
ler à Capoue , où l'on a envoyé depuis peu
plusieurs Mortiers et 1400. Bombes , et qu'il
ne reste ici que foo. hommes pour la deffense
des Châteaux , et deux Compagnies de
Cuirassiers pour la garde du Viceroy , qui selon
les apparences, se retirera à Manfredonia, en attendant
l'arrivée de son Successeur ; cette Ville
est gardée actuellement par ses Habitans, qu'on a
distribués par Compagnies , dont on a donné le
commandement à des Gentilshommes et aux
principaux Bourgeois . Le Conseil Collateral a reçû
ordre de se preparer à suivre le Viceroy , mais
plusieurs Conseillers de ce Tribunal ont allegué
divers prétextes pour s'en dispenser.
On a reçû avis de la Province de Labour dans
le Royaume de Naples , que le 25. Mars il étoit
arrivé dans les environs de la Ville d'Agnani
6000. hommes de Troupes Espagnoles , qui y
avoient été joints le lendemain par 5000. autres ,
que le 29. l'Infant Don Carlos s'étoit rendu au
Mont Cassin , dont l'Abbé lui avoit fourni 1000.
hommes , tant de Cavalerie que d'Infanterie ,
que le même jour un Détachement de l'Armée
de S. M. Catholique s'étoit emparé de la Ville
de Sora , dont les Habitans s'étoient soumis
sans résistance , et que les Troupes Imperiales
qui étoient près de San- Germano , s'étoient retirées.
Le 25. du mois dernier , le Viceroy ayant reçu
avis qu'un Vaisseau Espagnol s'étoit avancé à
une petite distance de ce Port , et que faute de
vent il ne pouvoit regagner le large , il donna
ordre à M. Palavicini , General de la Mer , d'aller
le canoner , et l'on détacha en même- temps
quelques Galeres pour attaquer deux Felouques
de la même Nation qui étoient près de la Côte ,
inais
70 MERCURE DE FRANCE
mais le Vaisseau profita d'un vent favorable qui
s'éleva pour s'éloigner , après avoir lâché plusieurs
borées de Canon au Château de l'Euf,
et à une Galere qu'il coula à fond, et les Felouques
se retirerent avant qu'on cût pû les joindre.
Dans le Conseil Collateral tenu le 27. il fut
résolu que les Troupes Impériales qui sont dans
le Royaume de Naples , et qui ne sont compo
sées que de 1000 hommes , en comptant le
secours envoyé par le Comte de Sastago , n'étant
pas suffisantes pour tenir la Campagne contre
l'Armée du Roy d'Espagne , on se borneroit
à deffendre les Places de Gaette er de Capoue ,
dans chacune desquelles on mettroit 3000. hommes
, et les Châteaux de Naples , où l'on a laissé
une Garnison de 1500. hoinies , et que les 3000
qui restent au Viceroy , seroient employez pour
Pescorter dans sa retraite.
1
Le Comte de Cerbellon , qui étoit nommé
pour lui succeder , arriva le 29 mais ayant jugé
que sa présence étoit inutile à Naples dans la
conjoncture présente , il n'a point vou u prendre
possession de la Viceroyauté , et il se dispose à
suivre le Viceroy qui dont partir pour Barletta
, où Pun et l'autre s'embarqueront pour retourner
à Vienne
Les derniers avis reçus par la voye de Genes ,
portent que le 3. de ce mois le Viceroy de Naples
, escorté de 3000. hommes , en étoit parti
avec le Comte de Corbellon , et qu'ils avoient
pris la route de Barletta , dans le dessein de s'y
embarquer pour Trieste
Que le 9. l'Infant Don Carlos , qui étoit entré
dès le 29. du mois dernier dans le Royaume
de Niples , à la tête des Troupes du Roy d'Espa
gne , mais qui n'avoit pû marcher que lentement,
parce
AVRIL. 1734. 781
parce qu'il avoit été obligé de recevoir en chemin
lès Députez de la plupart des Villes et des
principaux Bourgs , étoit arrivé à Mantalone ,
où les Magistrats de la Ville de Naples étoient
venus le même jour lui en apporter les Clefs et
prêter serment de fidelité à S. M. Catholique ,
que ce Prince vouloit attendre , pour faire son
entrée dans la Ville , la prise des Châteaux , et
qu'après avoir donné ses ordres aux Troupes qui
les assiegent , il étoit allé à Aversa avec le reste
de son Armée qu'il avoit séparée en trois corps ,
dont l'un étoit destiné à demeurer sous ses ordres
et les deux autres à former en même- temps le
Siege de Gaëtte et de Capoüe. Les mêmes avis
ajoutent qu'on ne croit pas que ces deux Places
puissent faire une longue résistance à cause de la
foiblesse de leurs Garnisons , que presque tout le
Royaume est actuellement soumis , et que Pin
fant Don Carlos , en recevant au nom du Roy
d'Espagne , l'hommage du Conseil Collateral et
des autres ptincipaux Tribunaux du Royaume.
et de la Ville de Naples , à promis solemnellement
que Sa Majesté Catholique maintiendroit
les habitans dans tous leurs Privileges ,
qu'elle supprimeroit toutes les impositions établies
par l'Empereur , lesquelles cesseroient dès
à present d'être éxigées ; qu'elle continueroit
de payer les pensions que l'Empereur avoit accordées
, et qu'elle ne changeroit rien aux usages
qui regardent la collation des Benefices.
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Résumé : ITALIE.
Le 9 du mois dernier, le Pape a envoyé un bref au Duc de Palombara, levant l'excommunication du Cardinal Coscia. Le Cardinal doit quitter le Château Saint-Ange pour le couvent de Saint-Eusèbe en attendant l'acceptation des garanties pour ses dettes par la Chambre Apostolique. Le 14, il a assisté à la messe au Château Saint-Ange. À Rome, le 15, l'Infant Don Carlos est arrivé à Monte-Rotondo, accueilli par plusieurs personnalités, dont le Duc de Saint Aignan et le Chevalier de Saint-Georges. Le 22, le Prince Don Barthélemy Corsini a quitté Rome pour rejoindre Don Carlos à Tivoli. Le Gouverneur de Rome a ordonné l'expulsion des vagabonds et des déserteurs étrangers sous peine de galères. Le 24 du mois dernier, le Pape a créé plusieurs cardinaux, dont Pompée Aldovrandi, Séraphin Cency, François-Pierre-Marie Pieri, et Jacques Amadori de Lanfredini. À Rovero, le Comte de Merci, nommé par l'Empereur pour commander l'armée dans le Trentin, a eu une attaque d'apoplexie, et le Prince Louis de Waremberg a pris le commandement. À Naples, des sommes ont été exigées des communautés pour fournir des hommes, et l'Empereur a accordé des privilèges aux négociants prêtant de l'argent pour la guerre. Un décret impérial ordonne la saisie des revenus de ceux absents du Royaume de Naples. Un édit permettra aux bannis de rentrer en payant une somme proportionnée à leur faute. Le gouvernement napolitain a décidé de renforcer les fortifications de Capoue et Gaëtte, et de démolir les lignes près de San-Germano pour empêcher les Espagnols d'entrer. Les troupes napolitaines se préparent à défendre ces places. Le Viceroy se retire à Manfredonia, et le Conseil Collateral doit le suivre. Dans la province de Labour, les troupes espagnoles ont pris plusieurs villes, et l'Infant Don Carlos a reçu l'hommage des magistrats napolitains. Le Viceroy et le Comte de Cerbellon ont quitté Naples pour Barletta, puis Trieste. Don Carlos a promis de maintenir les privilèges des habitants et de supprimer les impositions impériales.
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2532
p. 781-783
ESPAGNE.
Début :
Le Prince des Asturies s'étoit trouvé, il y a déja quelque temps, assez incommodé d'une [...]
Mots clefs :
José Vallejo de la Canal, Maures, Ennemis, Drapeau, Prince des Asturies, Opération, Tumeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E Prince des Asturies s'étoit trouvé , il y a
Ldéja quelque tempos , assez ise trouve d'une
tumeur à la fesse , et l'état de ce Prince avoit
causé de l'inquiétude, mais elle est bien diminuée
depuis l'arrivée du sieur P'erit , qui a été envoyé
à Madrid de Paris , et qui après avoir czaminé
le
782 MERCURE DE FRANCE
le mal , a assuré qu'il n'étoit pas , à beaucoup
près , aussi considerable qu'on l'avoit crû d'abord.
L'Operation que le sieur Petit a jugé nécessaire
pour la plus prompte guérison du Prince des
Asturies , fut faite le 29. du mois passé à sept
heures du matin avec beaucoup de succès ; elle
a été très - legere, et elle n'a duré qu'une minute ;
le Prince a très - peu souffert , et depuis l'operation
il est fort tranquille et dans le meilleur état
qu'on puisse souhaiter , sans qu'il y ait aucune .
suite fâcheuse appréhender , et l'on espere que
dans peu sa santé sera entierement rétablie .
Don Joseph Vallejo , Commandant General
des Troupes Espagnoles qui sont en Afrique , a
écrit au Roy , pour informer S. M. que le 2. du
mois dernier , ayant sçû qu'un grand nombre de
Maures s'étoient mis en embuscade dans les environs
de la Fontaine voisine de la Ville d'Oran,
il avoit fait sortir de cette Place un Détachement
d'Infanterie , avec ordre d'attaquer les Ennemis
et de les attirer du côté de la Ville , en
feignant de leur ceder peu à peu le terrain ; que
les Maures trompez par la feinte retraite des Espagnols
, avoient donné dans le piege qu'il leur
avoit tendu , et que pendant qu'ils étoient occupez
à poursuivre les Troupes sorties de la Place
, deux Compagnies de Volontaires qui étoient
postées à la tête du Vallon,et qu'ils n'avoient pas
apperçûës , avoient fait feu sur leur arriere garde
et l'avoient mise en désordre ; que l'Adjudant
Don Joseph Rubina , qui commandoit les Volontaires
, avoit pris le premier Drapeau des Ennemis
et avoit tué celui qui le portoit , sur le refus
qu'il avoit fait de se rendre , et que les Maures,
après avoir eû plusieurs de leurs gens tuez ou
blessez , avoient été contraints de prendre la fuite.
Ces
AVRIL. 1734. 783
Ces Lettres ajoûtent que les Espagnols , par la
sage conduite des Officiers , n'ont pas perdu un
seul homme dans cette occasion . Don Joseph
Vallejo a envoyé au Roy le Drapeau pris sur les
Ennemis , qui ont été fort sensibles à cette perte,
parce que c'étoit un Drapeau qui avoit reposé
long- temps sur le Tombeau de Mahomet à la
Mecque, d'où quelques Pelerins l'avoient apporté.
On travaille à réparer les Fortifications de Badajos
et de toutes les Places qui sont sur les
Frontieres du Royaume de Portugal .
E Prince des Asturies s'étoit trouvé , il y a
Ldéja quelque tempos , assez ise trouve d'une
tumeur à la fesse , et l'état de ce Prince avoit
causé de l'inquiétude, mais elle est bien diminuée
depuis l'arrivée du sieur P'erit , qui a été envoyé
à Madrid de Paris , et qui après avoir czaminé
le
782 MERCURE DE FRANCE
le mal , a assuré qu'il n'étoit pas , à beaucoup
près , aussi considerable qu'on l'avoit crû d'abord.
L'Operation que le sieur Petit a jugé nécessaire
pour la plus prompte guérison du Prince des
Asturies , fut faite le 29. du mois passé à sept
heures du matin avec beaucoup de succès ; elle
a été très - legere, et elle n'a duré qu'une minute ;
le Prince a très - peu souffert , et depuis l'operation
il est fort tranquille et dans le meilleur état
qu'on puisse souhaiter , sans qu'il y ait aucune .
suite fâcheuse appréhender , et l'on espere que
dans peu sa santé sera entierement rétablie .
Don Joseph Vallejo , Commandant General
des Troupes Espagnoles qui sont en Afrique , a
écrit au Roy , pour informer S. M. que le 2. du
mois dernier , ayant sçû qu'un grand nombre de
Maures s'étoient mis en embuscade dans les environs
de la Fontaine voisine de la Ville d'Oran,
il avoit fait sortir de cette Place un Détachement
d'Infanterie , avec ordre d'attaquer les Ennemis
et de les attirer du côté de la Ville , en
feignant de leur ceder peu à peu le terrain ; que
les Maures trompez par la feinte retraite des Espagnols
, avoient donné dans le piege qu'il leur
avoit tendu , et que pendant qu'ils étoient occupez
à poursuivre les Troupes sorties de la Place
, deux Compagnies de Volontaires qui étoient
postées à la tête du Vallon,et qu'ils n'avoient pas
apperçûës , avoient fait feu sur leur arriere garde
et l'avoient mise en désordre ; que l'Adjudant
Don Joseph Rubina , qui commandoit les Volontaires
, avoit pris le premier Drapeau des Ennemis
et avoit tué celui qui le portoit , sur le refus
qu'il avoit fait de se rendre , et que les Maures,
après avoir eû plusieurs de leurs gens tuez ou
blessez , avoient été contraints de prendre la fuite.
Ces
AVRIL. 1734. 783
Ces Lettres ajoûtent que les Espagnols , par la
sage conduite des Officiers , n'ont pas perdu un
seul homme dans cette occasion . Don Joseph
Vallejo a envoyé au Roy le Drapeau pris sur les
Ennemis , qui ont été fort sensibles à cette perte,
parce que c'étoit un Drapeau qui avoit reposé
long- temps sur le Tombeau de Mahomet à la
Mecque, d'où quelques Pelerins l'avoient apporté.
On travaille à réparer les Fortifications de Badajos
et de toutes les Places qui sont sur les
Frontieres du Royaume de Portugal .
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Résumé : ESPAGNE.
Le Prince des Asturies a récemment été diagnostiqué avec une tumeur à la fesse, mais une opération légère réalisée le 29 du mois précédent a été un succès. Le Prince se porte bien et une guérison complète rapide est espérée. Par ailleurs, Don Joseph Vallejo, Commandant Général des Troupes Espagnoles en Afrique, a rapporté une opération militaire réussie. Le 2 du mois dernier, il a organisé une embuscade contre des Maures près de la Fontaine voisine d'Oran. Les Maures, attirés par une feinte retraite des Espagnols, ont été pris à revers par des Volontaires en embuscade. L'Adjudant Don Joseph Rubina a capturé le drapeau ennemi et tué son porteur. Les Maures ont subi plusieurs pertes et ont pris la fuite, tandis que les Espagnols n'ont subi aucune perte grâce à la sage conduite des officiers. Le drapeau capturé, ayant une valeur religieuse pour les Maures, a été envoyé au Roi. Enfin, des travaux de réparation des fortifications sont en cours à Badajos et dans d'autres places frontalières avec le Portugal.
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2533
p. 783-785
PORTUGAL.
Début :
Les Lettres de Lisbonne du commencement du mois dernier, portent que le grand nombre [...]
Mots clefs :
Diamants, Mines de diamant, Roi, Compagnie, Brésil, Valeur, Vente, Propriétaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGA L.
Es Lettres de Lisbonne du commencement
?
Ldu mois dernier , portent que le grand nom
bre de Diamans apportez du Brezil depuis quel
ques années , ayant causé un préjudice considérable
au Commerce de cette précieuse Marchandise
, et le Roy voulant prêvenir ce désordre et
maintenir les Diamans dans leur juste valeur
S. M. fit assembler le 3. Février dernier dans son
Palais 14. Marchands des plus experts pour déliberer
sur quatre diverses propositions qui lui
avoient été faites à ce sujet. On résolut dans cette
Assemblée l'établissement d'une Compagnie , et
P'on y convint en attendant des Articles suivans.
1º. Que S. M.fera cesser tout travail aux Mines
de Diamans au Brezil , sous peine de mort.
2.Que tous les Diamans à bord des Flotes qu'on
attend de la Baye de Tous les Saints et de Rio de
Janeiro , seront portez à la Monnoye.
D
3°. Qu'on choisira des Experts pour évaluer
en présence des Proprietaires , lesdits Diamans sur
le prix qu'ils pourront valoir en Europe.
4° . Que les Proprietaires éliront entre eux neuf
Directeurs , auxquels le Roy en ajoûtera unun , et que
ceux
784 MERCURE DE FRANCE
ceux qui auront la valeur de 20000. Cruzades y
auront une voix.
5. Qu'on fournira aux Proprietaires des Obli
gations pour la valeur de leurs Effets .
6°. Qu'il leur sera permis de vendre leurs Obli
gations de la maniere qu'ils jugeront la plus convenable.
7°. Que le Roy abonnera lesdites Obligations sur
leur valeur , offrant de l'argent comptant à ceux
qui en voudront.
8°. Que tous ceux qui auront des, Diamans invendus
, seront obligez de les porter à la Monnoye ,
sous peine de confiscation .
9° . Que la Compagnie aura le Privilege d'exposer
en vente une quantité de Diamans limitée et non
assez considerable pour en alterer le prix , et qu'on
publiera d'avance le tems de la vente , afin que
les
Etrangers puissent y assister ou donner leurs ordres.
10°. Que cette vente se fera à Lisbonne , au plus
offrant et dernier encherisseur.
11°. Qu'on imprimera le compte du produit de la
vente et qu'on en payera aux Porteurs d'Obligations
le provenu à proportion de leurs interêts.
12°. Que la Compagnie aura seule le Privilege
de faire traaviller aux Mines ,selon l'occurrence des
temps , en y employant seulement 5. à 600. Escla
ves , afin que ce Commerce se soutienne.
13 ° . Qu'on accordera à ladite Compagnie tous
les avantages possibles , afin de l'encourager.
14°. Que ladite Compagnie , pour indemniser le
Roy de la fermeture des Mines , payera à S. M.
10. pour cent du profit qu'elle fera.
15º . Qu'on ne vendra rien qu'après qu'on aura
placé ce qui est hors de terre , à moins qu'il n'arrive
quelque changement considerable dans les prix
des Diamans.
AVRIL. 1734. 785
On ne doute pas que le Projet cy - dessus ne
soit inis en execution immédiatement après l'arrivée
de la Flote de la Baye de Tous les Saints ,
quoique ceux qui attendent des Diamans ayent
fait offrir 15. pour cent au Roy, pour avoir la liberté
de disposer de leurs Marchandises à leur gré..
Es Lettres de Lisbonne du commencement
?
Ldu mois dernier , portent que le grand nom
bre de Diamans apportez du Brezil depuis quel
ques années , ayant causé un préjudice considérable
au Commerce de cette précieuse Marchandise
, et le Roy voulant prêvenir ce désordre et
maintenir les Diamans dans leur juste valeur
S. M. fit assembler le 3. Février dernier dans son
Palais 14. Marchands des plus experts pour déliberer
sur quatre diverses propositions qui lui
avoient été faites à ce sujet. On résolut dans cette
Assemblée l'établissement d'une Compagnie , et
P'on y convint en attendant des Articles suivans.
1º. Que S. M.fera cesser tout travail aux Mines
de Diamans au Brezil , sous peine de mort.
2.Que tous les Diamans à bord des Flotes qu'on
attend de la Baye de Tous les Saints et de Rio de
Janeiro , seront portez à la Monnoye.
D
3°. Qu'on choisira des Experts pour évaluer
en présence des Proprietaires , lesdits Diamans sur
le prix qu'ils pourront valoir en Europe.
4° . Que les Proprietaires éliront entre eux neuf
Directeurs , auxquels le Roy en ajoûtera unun , et que
ceux
784 MERCURE DE FRANCE
ceux qui auront la valeur de 20000. Cruzades y
auront une voix.
5. Qu'on fournira aux Proprietaires des Obli
gations pour la valeur de leurs Effets .
6°. Qu'il leur sera permis de vendre leurs Obli
gations de la maniere qu'ils jugeront la plus convenable.
7°. Que le Roy abonnera lesdites Obligations sur
leur valeur , offrant de l'argent comptant à ceux
qui en voudront.
8°. Que tous ceux qui auront des, Diamans invendus
, seront obligez de les porter à la Monnoye ,
sous peine de confiscation .
9° . Que la Compagnie aura le Privilege d'exposer
en vente une quantité de Diamans limitée et non
assez considerable pour en alterer le prix , et qu'on
publiera d'avance le tems de la vente , afin que
les
Etrangers puissent y assister ou donner leurs ordres.
10°. Que cette vente se fera à Lisbonne , au plus
offrant et dernier encherisseur.
11°. Qu'on imprimera le compte du produit de la
vente et qu'on en payera aux Porteurs d'Obligations
le provenu à proportion de leurs interêts.
12°. Que la Compagnie aura seule le Privilege
de faire traaviller aux Mines ,selon l'occurrence des
temps , en y employant seulement 5. à 600. Escla
ves , afin que ce Commerce se soutienne.
13 ° . Qu'on accordera à ladite Compagnie tous
les avantages possibles , afin de l'encourager.
14°. Que ladite Compagnie , pour indemniser le
Roy de la fermeture des Mines , payera à S. M.
10. pour cent du profit qu'elle fera.
15º . Qu'on ne vendra rien qu'après qu'on aura
placé ce qui est hors de terre , à moins qu'il n'arrive
quelque changement considerable dans les prix
des Diamans.
AVRIL. 1734. 785
On ne doute pas que le Projet cy - dessus ne
soit inis en execution immédiatement après l'arrivée
de la Flote de la Baye de Tous les Saints ,
quoique ceux qui attendent des Diamans ayent
fait offrir 15. pour cent au Roy, pour avoir la liberté
de disposer de leurs Marchandises à leur gré..
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Résumé : PORTUGAL.
Le roi du Portugal a pris des mesures pour réguler le commerce des diamants, notamment ceux du Brésil. Le 3 février précédent, il a réuni 14 experts marchands pour délibérer sur diverses propositions visant à maintenir la valeur des diamants. Les décisions incluent l'interdiction de travailler les mines de diamants au Brésil sous peine de mort, la collecte de tous les diamants à bord des flottes en provenance de la Baye de Tous les Saints et de Rio de Janeiro pour les évaluer et les monnayer, et la création d'une compagnie chargée de gérer ce commerce. Cette compagnie aura le privilège exclusif de vendre des diamants et d'exploiter les mines avec un nombre limité d'esclaves. Les propriétaires de diamants recevront des obligations pour la valeur de leurs effets, qu'ils pourront vendre à leur convenance. Le roi abondera ces obligations et offrira de l'argent comptant à ceux qui en voudront. La vente des diamants se fera à Lisbonne au plus offrant et dernier enchérisseur, avec publication préalable des dates de vente pour permettre la participation des étrangers. La compagnie devra payer 10 % de ses profits au roi pour indemniser la fermeture des mines. Le projet doit être mis en exécution immédiatement après l'arrivée de la flotte de la Baye de Tous les Saints.
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2534
p. 785
HOLLANDE, PAYS-BAS.
Début :
Le 23. Mars, le feu prit au Palais Episcopal de la Ville de Liege, dont la plus grande partie [...]
Mots clefs :
Palais épiscopal, Liège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE, PAYS-BAS.
HOLLANDE , PAYS - BA s.
L
E 23. Mars , le feu prit au Palais Episcopal
de la Ville de Liege , dont la plus grande partie
a été entierement consumée par les flammes,
ainsi que l'Eglise Paroissialle des onze mille Vierges
, la Chancellerie , les Prisons de l'Officialité ,
et un Magasin considerable de Draps.
L
E 23. Mars , le feu prit au Palais Episcopal
de la Ville de Liege , dont la plus grande partie
a été entierement consumée par les flammes,
ainsi que l'Eglise Paroissialle des onze mille Vierges
, la Chancellerie , les Prisons de l'Officialité ,
et un Magasin considerable de Draps.
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2535
p. 785-790
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On mande de Londres, qu'un Officier de Marine, commis pour prendre de force des [...]
Mots clefs :
Chambre des communes, Roi, Prince de Nassau, Princesse de Nassau, Seigneurs, Dépenses, Honneur, Parlement, Augmentation, Grande-Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
N mande de Londres , qu'un Officier de
Marine , commis pour prendre de force des
Matelots , entra dernierement à main armée avec
sa Suite chez M. Imberti , Résident de la République
de Venise,et qu'il enleva quelques Matelots
Etrangers , malgré l'opposition des Domestiques
de ce Ministre, qui en a porté ses plaintes à S. M.
Le Prince de Nassau dîna le 18 du mois dernier
chez le Chevalier Hans- Sloane , & après
avoir vu le Cabinet de ce Medecin , il se rendit
à la Societé Royale dont il fût reçû Membre le
du même mois.
24
Le 26 Mars à six heures du soir , le Prince de
Nassau, accompagné du Chevalier Clement Cotterel
Maître des cérémonies , qui étoit allé le
prendre au Palais de Sommerset dans les Carosses
du Roy , se rendit au Palais de Saint James ; le
Carosse de Sa Majesté dans lequel étoit le Prince
étoit précedé de plusieurs autres , remplis par les
Gentilshommes de sa suite , et il étoit suivi des
Carosses de la Reine , du Prince de Galles , du
DC
786 MERCURE DE FRANCE
Duc de Cumberland , et de la Princesse Royale.
Vers les huit heures , les Grands Officiers de la
Couronne , les Pairs d'Angleterre , ceux d'Ecosse
et les autres personnes de distinction , qui par
leurs charges ou par leur rang ont droit d'assister
aux Mariages des Princes et des Princesses
de la Grande Bretagne,commencerent à se mettre
en marche pour aller à la Chapelle Françoise où
ils se rendirent par une galerie qu'on avoit construite
depuis le Palais jusqu'à cette Chapelle . Le
Roy y étant arrivé un peu avant neuf heures
on celebra le Mariage de la Princesse Royale ,
avec le Prince de Nassau , et l'Evêque de Londres
leur donna la Benediction Nuptiale, au bruit
des Salves réïterées du Canon du Parc et de la
Tour.
Après la cérémonie , leurs Majestez précedées
du même cortege , retournerent au Palais avec le
Prince et la Princesse de Nassau, qui étant entrez
dans la Chambre du Roy , se mirent à genoux
devant leurs Majestez pour recevoir leur benediction
.
A onze heures , le Roy et la Famille Royale
souperent en public dans la grande chambre du
Bal Leurs Majestez étoient placées au haut de
la table sous un Dais ; à leur droite étoient le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , etj le
Prince de Nassau , et à la gauche , la Princesse
de Nassau , et les Princesses Amelie , Caroline ,
et Marie.
Pendant toute la nuit , il y eût des feux et
des illuminations dans les rues , et le peuple
donna de très grandes démonstrations de joye .
Aucun Pair d'Irlande n'a assisté au Mariage
de la Princesse de Nassau , parce que le Comte
de Tilney , les Vicomtes de Gallouway , Brundell
,
>
AVRIL. 1724. 787
dell , Gage , Grimston et Vane , les Lords Kingsale
, Southowel , Ranelagh , et les autres Seigneurs
Irlandois, qui étoient à Londres, n'avoient
point été invitez à se trouver à cette cérémonie
en qualité de Pairs d'Irlande , et qu'ils ont
prétendus qu'ils ne pouvoient sans déroger à
leurs prérogatives , y assister comme simples.
spectateurs , et qu'ils devoient avoir rang dans
la marche et à la Chapelle , immédiatement
après les Pairs d'Ecosse .
Le 26 , le Roy et la Reine reçûrent les Compliments
des Ministres Etrangers , des Ministres
d'Etat et des Seigneurs ; toute la Cour se rendit
ensuite chez la Princesse de Nassau qui
trouva sur sa toillette une Corbeille d'or , remplie
de fleurs , sous lesquelles il y avoit plusieurs
bijoux enrichis de diamants d'un prix
considérable , dont le Prince son Epoux lui a fait
présent.
La Chambre des Pairs s'assembla le 29 , et il
y fût résolu que les Seigneurs à Baguettes blanches
iroient feliciter le Roy de la part de la
Chambre sur le Mariage de la Princesse de
Nassau ; que les Comtes de Chesterfield , et de
Scarborough , et le Lord Hardwick porteroient
un Message à la Reine sur le même sujet , et
qu'on en envoyeroit un au Prince de Nassau , et
a la Princesse de Nassau par le Comte de Cholmondeley
, et le Lord de Lawar : on ordonna
ensuite de porter un Bill pour naturaliser le
Prince de Nassau , et le Lord Chef de Justice
de la Cour des Communs Plaidoyers fût chargé
d'en dresser le Proer
Le premier d'Avril le Roy se rendit à la
Chambre des Pairs avec les cérémonies accoûtumées
, et Sa Majesté ayant mandé la Chambre
des
788 MERCURE DE FRANCE
des Communes , donna son consentement Royal
au Bill pour naturaliser Guillaume- Charles-
Henry , Prince de Nassau .
Ce Prince doit être créé Duc de Glocester
êt îl prendra place dans la Chambre des Pairs
après les Princes du Sang.
Le 8 de ce mois , le Duc de Newcastle ICmit
de la part du Roy à la Chambre un Message
, lequel contient , que Sa Majesté a vû avec
beaucoup de plaisir le zele et l'affection que les
Seigneurs ont fait paroître dans l'Expedition des
affaires , qu'elle n'a rien plus à coeur que de voir
la Paix rétablie en Europe , et d'éviter , s'il est
possible , d'engager ses sujets dans les dépenses
et les hazards de la Guerre , et qu'elle desire en
même temps de ne donner aucune juste allarme
aux autres Nations ; qu'il est convenable de prendre
des mesures afin que les efforts de S. M. et ceux
de ses Alliez pour procurer un accommodement,
puissent avoir l'effet desiré; et afin qu'elle soit en
état de contracter et de remplir les engagemens
que l'honneur,la justice, et la prudence exigeront,
et d'empêcher que ses Royaumes ne demeurent
exposez aux insultes imprévues lorsqu'il ne lui
sera plus possible d'avoir sur le champ dans chacune
des occafions qui naîtront de la conjoncture
presente des affaires , et qui interesseront la sûreté
de la Grande Bretagne , l'avis et l'assistance
de son Parlement ; que Sa Majesté espere que le
Parlement lui fournira les secours nécessaires
pour cet effet , en ordonnant une augmentation
des forces de Terre et de mer , telle qu'il conviendra
pour l'honneur et la deffense de la nation
, que les dépenses que cette augmentation
pourra occafionner, seront faites avec le plus d'oesonomie
qu'il sera possible, et qu'il en sera remis
un
AVRIL 1734. 789
un compte devant le prochain Parlement.
Le 9 , les Seigneurs ayant deliberé sur le
Message du Roy , résolurent à la pluralité de
101 voix , contre 58 , de présenter une Adresse
à Sa Majesté pour l'assurer de leur respect et
de leur fidelité , de la reconnoissance que leur
inspirent ses soins , et son attention pour l'honneur
et la sureté de ses Etats , et de la disposi
tion où ils sont de concourir de tout leur pouvoir
à ses vues pour la Paix , et d'augmenter
les forces de la nation autant qu'il sera nécessaire
pour la mettre à couvert de toute insulte
et pour remercier Sa Majesté de la promesse
qu'Elle a faite d'ordonner qu'on remette devant
le prochain Parlement un compte des dépenses
que l'augmenration des Troupes rendra nécessaires.
¿ Le 10. Les Seigneurs présenterent leur Adresse
au Roy , qui rêpondit en ces termes : Je reçois
cette Adresse comme une grande marque de vôtre
zele, et de vôtre affection pour ma Perfonne et pour
mon Gouvernement. Je vous remercie de la confiance
que vous avez en moi , et vous pouvez
être
assurez que je ne m'en servirai que pour les fins
que vous vous proposez et avec tout l'égard possible
pour les veritables interêts de mon Peuple.
de
Le 8 Avril , la Chambre des Communes recut
par le Chancelier de l'Echiquier un Message
du Roy semblable à celui que Sa Majesté avoit
envoyé à la Chambre des Pairs , et il fut résolu
à la pluralité de 248 voix contre 147 ,
présenter une Adresse à Sa Majesté pour lui
faire de très-humbles remercimens de son application
continuelle au bien Public , et pour la
prier de faire dans les Troupes l'augmentation
qu'elle jugera nécessaire , et d'être persuadée que
H la
I
795 MERCURE DE FRANCE
la Chambre approuvera toutes les dépenses que
Sa Majesté fera pour l'honneur , l'interêt et la
deffense de ses Royaumes.
Le 12 , la Chambre alla présenter son Adresse
au Roy ; Sa Majesté y fit la réponse suivante :
Messieurs , Je vous remercie de çes assurances de
vôtre respect et de votre fidelité pour ma personne et
pour mon Gouvernement , et de la confiance que
Vous avez en moi. Je desire seulement de pouvoir
être en état de soutenir l'honneur et l'interét de ma
Couronne et de mon Peuple , et je n'employerai jamais
dans d'autres vûës le pouvoir que vous m'avez
donné.
> Le 1s on lut dans la Chambre
pour la troisiéme
fois , et l'on passa sans aucun changement
Le Bill pour accorder
une indemnité
à ceux qui
ont été obligez
de se démettre
de leurs Emplois
,
parce qu'ils n'ont pas voulu
prêter
les serments
ordinaires
.
que
La veille la Chambre des Communes délibera
en grand Commité si l'on porteroit un Bill pour
donner pouvoir au Roy de prendre les mesures
Sa Majesté jugera nécessaires à la sureté et
ala deffense de la Grande Bretagne , et de tirer
de la Caisse du fonds d'amortissement les sommes
dont Sa Majesté aura besoin pour l'augmentation
des foices de terre et de mer , et Paffirmative
l'emporta à la pluralité de 155 voix contre
60.
Le 16 , la Chambre passa le Bill pour autori
ser le Roy à employer 120000 livres sterlings ,
aux dépenses qu'exige le service de l'année coutante.
33 Signeurs ont fait inserer dans les Registres?
de la Chamb e ars ans une protestation contre
PAdresse que cente Chambre présenta le zo
au Roy au sujet du Message de Sa Majesté.
Fermer
Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1724, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Grande-Bretagne. Un officier de marine a forcé l'entrée chez M. Imberti, Résident de la République de Venise, pour enlever des matelots étrangers. Le Prince de Nassau a été accueilli au sein de la Société Royale et a dîné chez le Chevalier Hans-Sloane. Le 26 mars, le mariage de la Princesse Royale avec le Prince de Nassau a été célébré au Palais de Saint James, en présence de la famille royale et des pairs. Aucun pair d'Irlande n'a assisté à la cérémonie en raison de l'absence d'invitation officielle. Le même jour, le roi et la reine ont reçu les compliments des ministres étrangers et des seigneurs. La Chambre des Pairs a décidé d'envoyer des félicitations au roi et à la reine pour le mariage et a approuvé un bill pour naturaliser le Prince de Nassau, qui devait devenir Duc de Gloucester. Le roi a exprimé son désir de maintenir la paix en Europe et d'augmenter les forces de terre et de mer. La Chambre des Pairs et la Chambre des Communes ont approuvé des adresses au roi pour augmenter les troupes et les dépenses nécessaires à la défense du royaume. La Chambre des Communes a également approuvé un bill pour accorder une indemnité à ceux qui ont dû démissionner de leurs emplois pour refus de prêter serment. Enfin, la Chambre des Communes a voté pour autoriser le roi à utiliser 120 000 livres sterling pour les dépenses de l'année en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2536
p. 793-798
« Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
Début :
Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...]
Mots clefs :
Roi, Sa Majesté, Reine, Château, Musique, Camp, Régiment, Concert, Lieutenant, Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
E Roy a donné il y a déja quelque
tems le Gouvernement de Thionville
à M. de Sioujeat , Lieutenant General
de ses Armées ,
Le Marquis de Montrevel que le Roy
a nommé Maréchal de Camp par la Promotion
du 20 Février , étoit Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie de son
nom ; ce n'est pas le Colonel du Regiment
de Rouergue.
Le Marquis de Graville a été nommé
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Cavalerie d'Orleans ; le Chevalier
de Castelane , Mestre de Camp Lieutenant
du Regiment de Dragons d'Orleans
et M. de Saint Simon , Mestre
de Camp Lieutenant du Regiment du
Mayne .
,
,
On a établi depuis peu
à l'Hôtel
Royal des Invalides une Ecole de
Trompettes pour servir dans les Troupes
du Roy. Ceux qu'on y admettra doivent
s'engager à servir pendant six ans . Ils
seront instruits aux dépens de Sa Majesté,
H iij
et
794 MERCURE DE FRANCE
et on augmentera leur paye à proportion
des progrès qu'ils feront .
Le 21 Mars , l'Evêque d'Evreux fut
scré dans l'Eglise du Noviciat des Jesuites
, par l'Archevêque de Rouen , assisté
des Evêques de Coutances et de Metz,
et le 25 il prêta serment de fidelité entre
les mains du Roy.
Le 31 du même mois il y eur Concert à Versailles
chez la Reine . M. Destouches Sur Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Tarsis ev
Zelie , dont le Poëme est de M. de la Serre , et
la Musique des sieurs Rebel et Francoeur .
Les et le 7 Avril , on continua le même Opera;
sa parfaite exécution fit beaucoup de plaisirs ,
tant pour les rôles et les choeurs que pour la
Sinphonie. Sa Majesté en témoigna beaucoup
de satisfaction.
Le 11 Avril , Dimanche de la Passion , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
dans lequel les Diles Erremens , Petitpas , Julie
et une autre Dlie de Province , qui n'y avoit pas
encore paru , chanterent differents Motets avec
aplaudissement ; le Concert fut terminé par le
Miserere de M. de laLande ,
Les de ce mois , M. le Marquis de
Nicolaï , Conseiller au Parlement , reçu
en survivance le 18 Decembre 1731. dans
la Charge de Premier President de la
Chambre des Comptes , ayant vingtcinq
AVRIL. 1734.. 795
cinq ans accomplis , sur la démission de
M. son pere , prit possession de sa place
en ladite Chambre où la séance fut publique
et nombreuse. Elle commença par
une Audience qui a été plaidée pendant
trois matinées par Mrs Millet et Laverdy,
Avocats au Parlement; chacun dans son
Plaidoyer , prit occasion de faire un compliment
au nouveau Premier President
sur son merite personel et sur celui de
M. son Pere et de ses Ancêtres . Il est à
remarquer que ce Magistrat nouveau reçu
est le neuviéme de sa famille.
>
Le 6 de ce mois , le Roy fit dans la
Place d'Armes qui est entre le Château
et les Ecuries la revûe des deux Compagnies
des Mousquetaires de la Garde de
Sa Majesté . Le Roy passa dans les rangs
et ensuite les vir défiler par Escadrons et
par Brigades ; les Détachements qui feront
la Campagne étoient à la tête . Après
la revûë , les deux Compagnies entrerent
dans la cour du Château , et elles défi,
lerent devant la Reine. Monseigneur le
Dauphin et Mesdames de France se trou,
verent à cette revûë à laquelle le Duc
de Chartres étoit à Cheval auprès de Sa
Majesté.
›
Le 18 Dimanche des Rameaux, le même Concert
Hiij fut
796 MERCURE DE FRANCE
fut continué , et lesau tres jours de la Semaine
Sainte, on y a exécuté differents Motets deM. de
la Lande,et d'autres Maîtres modernes , le Sieur
Jeliote dont la voix fait tant de plaisir , s'y est
distingué par plusieurs morceaux qu'il a chantés
avec beaucoup d'aplaudissemens
le ainsi que
Sr Mondonville dans l'exécution de plusieurs
Concertoqu'il a joués sur le violon d'une maniere
Très brillante. Le même Concert a été continué
Jusqu'à la fin du mois.
Les dernieres Lettres de Madrid marquent
que le Prince des Asturies étoit
presque entierement guéri de l'Opération
que le St Petit lui a faite. On ajoute que
ce Chirurgien étoit sur son départ pour
revenir à Paris , où il sera de retour le
15 du mois prochain .
Le Dimanche des Rameaux , le Roy
accompagné du Duc du Maine , du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu , assista
dans la Chapelle du Château , à la Benediction
desPalmes qui fut faite par l'Abbé
Brosseau , Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , qui en présenta une
à Sa Majesté le Roy assista à la Procession
, et après l'Evangile il adora la
Croix . Sa Majesté entendit ensuite la
Grande Messe célébrée par le même
Chapelain , et chantée par la Musique.
La Reine entendit la même Messe dans
sa Tribune.
:
L'après
AVRIL. 1734. 797
L'après midy Leurs Majestez entendirent
la Prédication du Pere Tainturier,
de la Compagnie de Jesus , et ensuite les
Vêpres.
9
Le Jeudi Saint , le Roy entendit le
Sermon de la Cêne du P. Painchinat
Cordelier du Convent de Paris , après
quoi l'Archevêque de Tours fit l'Absoute.
Le Roy lava les pieds à douze Pauvres ,
et Sa Majesté les servit à table : le Duc
de Bourbon Grand Maître de la Maison
du Roy , à la tête des Maîtres d'Hôtel ,
précedoit le Service .Monseigneur le Dauphin
, le Comte de Clermont , le Prince
de Conty , le Prince de Dombes , le
Comte d'Eu , le Comte de Toulouze et
les principaux Officiers de Sa Majesté
portoient les plats. Après cette cérémonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château ,
où sa Majesté entendit la Grande Messe ,
et assista à la Procession , et ensuite aux
Vêpres. La Reine entendit l'Office dans
sa Tribune , et l'après midy , Sa Majesté
entendit le Sermon de la Cêne du Pere
Jean François , Capucin , et l'Archevêque
de Rouen , Premier Aumônier de la
Reine , ayant fait l'Absoute , Sa Majesté
lava les pieds à douze pauvres filles , et
les servit à table . Le Marquis de Chamarande
, Premier Maître d'Hôtel de Sa
Hy Ma798
MERCURE DE FRANCE
•
Majesté précedoit leService dont les plats
étoient portez par les Princesses du Sang ,
par les Dames du Palais et par d'autres
Dames de la Cour .
:
Le Vendredy Saint , le Roy et la Reine
entendirent le Sermon de la Passion du
Pere Tainturier, de la Compagnie de Jesus
le Roy assista ensuite à l'Office , et
alla à l'Adoration de la Croix : la Reine
entendit l'Office dans la Tribune . Le soir
Leurs Majestez assistérent à l'Office des
Ténébres, qui fut chanté par la Musique .
Le Samedy Saint , le Roy revêtu du
Grand Collier de l'Ordre du Saint Esprit,
se rendità l'Eglise de la Paroisse du Château
, où Sa Majesté communia par les
mains du Cardinal de Rohan Grand
Aumônier de France. Le Roy toucha ensuite
un grand nombre de malades .
,
"
Le soir Leurs Majestez accompagnées
de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames
de France assistérent dans la
Chapelle du Château aux Complies , et
au Salut , pendant lequel l'O Filii fut
chanté par la Musique.
tems le Gouvernement de Thionville
à M. de Sioujeat , Lieutenant General
de ses Armées ,
Le Marquis de Montrevel que le Roy
a nommé Maréchal de Camp par la Promotion
du 20 Février , étoit Mestre de
Camp du Regiment de Cavalerie de son
nom ; ce n'est pas le Colonel du Regiment
de Rouergue.
Le Marquis de Graville a été nommé
Mestre de Camp , Lieutenant du Regiment
de Cavalerie d'Orleans ; le Chevalier
de Castelane , Mestre de Camp Lieutenant
du Regiment de Dragons d'Orleans
et M. de Saint Simon , Mestre
de Camp Lieutenant du Regiment du
Mayne .
,
,
On a établi depuis peu
à l'Hôtel
Royal des Invalides une Ecole de
Trompettes pour servir dans les Troupes
du Roy. Ceux qu'on y admettra doivent
s'engager à servir pendant six ans . Ils
seront instruits aux dépens de Sa Majesté,
H iij
et
794 MERCURE DE FRANCE
et on augmentera leur paye à proportion
des progrès qu'ils feront .
Le 21 Mars , l'Evêque d'Evreux fut
scré dans l'Eglise du Noviciat des Jesuites
, par l'Archevêque de Rouen , assisté
des Evêques de Coutances et de Metz,
et le 25 il prêta serment de fidelité entre
les mains du Roy.
Le 31 du même mois il y eur Concert à Versailles
chez la Reine . M. Destouches Sur Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera de Tarsis ev
Zelie , dont le Poëme est de M. de la Serre , et
la Musique des sieurs Rebel et Francoeur .
Les et le 7 Avril , on continua le même Opera;
sa parfaite exécution fit beaucoup de plaisirs ,
tant pour les rôles et les choeurs que pour la
Sinphonie. Sa Majesté en témoigna beaucoup
de satisfaction.
Le 11 Avril , Dimanche de la Passion , il y
eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries,
dans lequel les Diles Erremens , Petitpas , Julie
et une autre Dlie de Province , qui n'y avoit pas
encore paru , chanterent differents Motets avec
aplaudissement ; le Concert fut terminé par le
Miserere de M. de laLande ,
Les de ce mois , M. le Marquis de
Nicolaï , Conseiller au Parlement , reçu
en survivance le 18 Decembre 1731. dans
la Charge de Premier President de la
Chambre des Comptes , ayant vingtcinq
AVRIL. 1734.. 795
cinq ans accomplis , sur la démission de
M. son pere , prit possession de sa place
en ladite Chambre où la séance fut publique
et nombreuse. Elle commença par
une Audience qui a été plaidée pendant
trois matinées par Mrs Millet et Laverdy,
Avocats au Parlement; chacun dans son
Plaidoyer , prit occasion de faire un compliment
au nouveau Premier President
sur son merite personel et sur celui de
M. son Pere et de ses Ancêtres . Il est à
remarquer que ce Magistrat nouveau reçu
est le neuviéme de sa famille.
>
Le 6 de ce mois , le Roy fit dans la
Place d'Armes qui est entre le Château
et les Ecuries la revûe des deux Compagnies
des Mousquetaires de la Garde de
Sa Majesté . Le Roy passa dans les rangs
et ensuite les vir défiler par Escadrons et
par Brigades ; les Détachements qui feront
la Campagne étoient à la tête . Après
la revûë , les deux Compagnies entrerent
dans la cour du Château , et elles défi,
lerent devant la Reine. Monseigneur le
Dauphin et Mesdames de France se trou,
verent à cette revûë à laquelle le Duc
de Chartres étoit à Cheval auprès de Sa
Majesté.
›
Le 18 Dimanche des Rameaux, le même Concert
Hiij fut
796 MERCURE DE FRANCE
fut continué , et lesau tres jours de la Semaine
Sainte, on y a exécuté differents Motets deM. de
la Lande,et d'autres Maîtres modernes , le Sieur
Jeliote dont la voix fait tant de plaisir , s'y est
distingué par plusieurs morceaux qu'il a chantés
avec beaucoup d'aplaudissemens
le ainsi que
Sr Mondonville dans l'exécution de plusieurs
Concertoqu'il a joués sur le violon d'une maniere
Très brillante. Le même Concert a été continué
Jusqu'à la fin du mois.
Les dernieres Lettres de Madrid marquent
que le Prince des Asturies étoit
presque entierement guéri de l'Opération
que le St Petit lui a faite. On ajoute que
ce Chirurgien étoit sur son départ pour
revenir à Paris , où il sera de retour le
15 du mois prochain .
Le Dimanche des Rameaux , le Roy
accompagné du Duc du Maine , du Prince
de Dombes et du Comte d'Eu , assista
dans la Chapelle du Château , à la Benediction
desPalmes qui fut faite par l'Abbé
Brosseau , Chapelain ordinaire de la Chapelle
de Musique , qui en présenta une
à Sa Majesté le Roy assista à la Procession
, et après l'Evangile il adora la
Croix . Sa Majesté entendit ensuite la
Grande Messe célébrée par le même
Chapelain , et chantée par la Musique.
La Reine entendit la même Messe dans
sa Tribune.
:
L'après
AVRIL. 1734. 797
L'après midy Leurs Majestez entendirent
la Prédication du Pere Tainturier,
de la Compagnie de Jesus , et ensuite les
Vêpres.
9
Le Jeudi Saint , le Roy entendit le
Sermon de la Cêne du P. Painchinat
Cordelier du Convent de Paris , après
quoi l'Archevêque de Tours fit l'Absoute.
Le Roy lava les pieds à douze Pauvres ,
et Sa Majesté les servit à table : le Duc
de Bourbon Grand Maître de la Maison
du Roy , à la tête des Maîtres d'Hôtel ,
précedoit le Service .Monseigneur le Dauphin
, le Comte de Clermont , le Prince
de Conty , le Prince de Dombes , le
Comte d'Eu , le Comte de Toulouze et
les principaux Officiers de Sa Majesté
portoient les plats. Après cette cérémonie
le Roy se rendit à la Chapelle du Château ,
où sa Majesté entendit la Grande Messe ,
et assista à la Procession , et ensuite aux
Vêpres. La Reine entendit l'Office dans
sa Tribune , et l'après midy , Sa Majesté
entendit le Sermon de la Cêne du Pere
Jean François , Capucin , et l'Archevêque
de Rouen , Premier Aumônier de la
Reine , ayant fait l'Absoute , Sa Majesté
lava les pieds à douze pauvres filles , et
les servit à table . Le Marquis de Chamarande
, Premier Maître d'Hôtel de Sa
Hy Ma798
MERCURE DE FRANCE
•
Majesté précedoit leService dont les plats
étoient portez par les Princesses du Sang ,
par les Dames du Palais et par d'autres
Dames de la Cour .
:
Le Vendredy Saint , le Roy et la Reine
entendirent le Sermon de la Passion du
Pere Tainturier, de la Compagnie de Jesus
le Roy assista ensuite à l'Office , et
alla à l'Adoration de la Croix : la Reine
entendit l'Office dans la Tribune . Le soir
Leurs Majestez assistérent à l'Office des
Ténébres, qui fut chanté par la Musique .
Le Samedy Saint , le Roy revêtu du
Grand Collier de l'Ordre du Saint Esprit,
se rendità l'Eglise de la Paroisse du Château
, où Sa Majesté communia par les
mains du Cardinal de Rohan Grand
Aumônier de France. Le Roy toucha ensuite
un grand nombre de malades .
,
"
Le soir Leurs Majestez accompagnées
de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames
de France assistérent dans la
Chapelle du Château aux Complies , et
au Salut , pendant lequel l'O Filii fut
chanté par la Musique.
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Résumé : « Le Roy a donné il y a déja quelque tems le Gouvernement de Thionville [...] »
En 1734, plusieurs événements militaires et religieux marquants ont eu lieu. Le roi a nommé M. de Sioujeat gouverneur de Thionville, Lieutenant Général de ses armées. Le Marquis de Montrevel a été promu Maréchal de Camp et était Maître de Camp du Régiment de Cavalerie du roi, sans être Colonel du Régiment de Rouergue. Le Marquis de Graville a été désigné Maître de Camp Lieutenant du Régiment de Cavalerie d'Orléans, le Chevalier de Castelane Maître de Camp Lieutenant du Régiment de Dragons d'Orléans, et M. de Saint Simon Maître de Camp Lieutenant du Régiment du Mayne. Une École de Trompettes a été établie à l'Hôtel Royal des Invalides pour servir dans les troupes du roi. Les trompettes y sont formés aux frais de Sa Majesté et reçoivent une augmentation de salaire proportionnelle à leurs progrès. Le 21 mars, l'Évêque d'Évreux a été sacré dans l'Église du Noviciat des Jésuites par l'Archevêque de Rouen, assisté des Évêques de Coutances et de Metz. Le 25 mars, il a prêté serment de fidélité au roi. Le 31 mars, un concert a eu lieu à Versailles chez la Reine, où M. Destouches, Surintendant de la Musique du roi, a fait chanter le prologue et le premier acte de l'opéra 'Tarsis et Zélie'. Les 6 et 7 avril, l'opéra a été continué, suscitant une grande satisfaction royale. Le 11 avril, un concert spirituel a été donné au Château des Tuileries, avec des motets chantés par les demoiselles Erremens, Petitpas, Julie et une autre chanteuse de province. Le concert s'est terminé par le 'Miserere' de M. de Lalande. Le Marquis de Nicolaï a pris possession de la charge de Premier Président de la Chambre des Comptes le 7 avril, après la démission de son père. Le 6 avril, le roi a passé en revue les Mousquetaires de la Garde à la Place d'Armes. Le 18 avril, un concert a été continué pendant la Semaine Sainte, avec des motets de M. de Lalande et d'autres maîtres modernes. Les lettres de Madrid indiquent que le Prince des Asturies était presque guéri d'une opération. Le roi a assisté à diverses cérémonies religieuses durant la Semaine Sainte, incluant la bénédiction des palmes, la messe, les vêpres, et le lavement des pieds. Le Vendredi Saint, le roi et la reine ont assisté au sermon de la Passion. Le Samedi Saint, le roi a communié et touché un grand nombre de malades.
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2537
p. 798-800
Armée d'Allemagne., [titre d'après la table]
Début :
L'Armée du Roy, commandée par le Marêchal Duc de Berwick, ayant été [...]
Mots clefs :
Armée d'Allemagne, Maréchal duc de Berwick, Troupes, Comte de Belle-Isle, Armée, Ordres, Trèves
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Armée d'Allemagne., [titre d'après la table]
L'Armée du Roy, commandée par le
Marêchal Duc de Berwick , ayant été
separée en trois corps , elle se mit en
mouvement le 8 de ce mois : le Comte
de
AVRIL. 1734. 799
et
de Belle- Isle, qui avoit fait assembler aux
environs de Consarbrick le Corps des
Troupes qui est sous ses ordres , fit jetter
un Pont sur la Sarre , et le 8 il marcha
à Tréves dont il s'empara ; il avoit détaché
14 Compagnies de Grenadiers ,
300 Dragons du Regiment de la Suze
commandez par leChevalier de Belle- Isle,
Brigadier, lequel arriva avec ces Troupes
devant Traerback le & à la pointe du
jour. Il força les barrieres , rompit les
portes avec des petards , et il se rendit
maître de la Ville dans laquelle on a fait
Prisonniers un Officier et 20 Soldats ;
le Comte de Belle Isle après avoir donné
ses ordres dans Tréves pour la subsistance
des Troupes , s'est avancé le 12 à Ismenac,
où il a campé, pour être à portée de
faire le Siége du Château de Traerback.
•
Le Duc de Noailles marcha le 8 avec
le Corps de Troupes qu'il commande
et qu'il avoit fait assembler aux environs
de Sarreloüis , et il alla camper à Saint
Vandel ; il a étendu ses quartiers depuis
la Sarre jusqu'à Keyserlouter , et il a pris
le sien à Hombourg.
Le Corps d'armée le plus considérable
commandé par le Marechal Duc de Berwick
, marcha aussi le 8 ; et le lendemain
il campa , la droite à la petite Hollande ,
H vj
et
800 MERCURE DE FRANCE
et la gauche à Spire. Le Maréchal Duc
de Berwick a fait occuper en même - tems
sur le Spireback , le poste Marientrault
et le Château de Neustadt, pour être
en état , s'il est nécessaire , de communiquer
à Keyserlaute.
Marêchal Duc de Berwick , ayant été
separée en trois corps , elle se mit en
mouvement le 8 de ce mois : le Comte
de
AVRIL. 1734. 799
et
de Belle- Isle, qui avoit fait assembler aux
environs de Consarbrick le Corps des
Troupes qui est sous ses ordres , fit jetter
un Pont sur la Sarre , et le 8 il marcha
à Tréves dont il s'empara ; il avoit détaché
14 Compagnies de Grenadiers ,
300 Dragons du Regiment de la Suze
commandez par leChevalier de Belle- Isle,
Brigadier, lequel arriva avec ces Troupes
devant Traerback le & à la pointe du
jour. Il força les barrieres , rompit les
portes avec des petards , et il se rendit
maître de la Ville dans laquelle on a fait
Prisonniers un Officier et 20 Soldats ;
le Comte de Belle Isle après avoir donné
ses ordres dans Tréves pour la subsistance
des Troupes , s'est avancé le 12 à Ismenac,
où il a campé, pour être à portée de
faire le Siége du Château de Traerback.
•
Le Duc de Noailles marcha le 8 avec
le Corps de Troupes qu'il commande
et qu'il avoit fait assembler aux environs
de Sarreloüis , et il alla camper à Saint
Vandel ; il a étendu ses quartiers depuis
la Sarre jusqu'à Keyserlouter , et il a pris
le sien à Hombourg.
Le Corps d'armée le plus considérable
commandé par le Marechal Duc de Berwick
, marcha aussi le 8 ; et le lendemain
il campa , la droite à la petite Hollande ,
H vj
et
800 MERCURE DE FRANCE
et la gauche à Spire. Le Maréchal Duc
de Berwick a fait occuper en même - tems
sur le Spireback , le poste Marientrault
et le Château de Neustadt, pour être
en état , s'il est nécessaire , de communiquer
à Keyserlaute.
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Résumé : Armée d'Allemagne., [titre d'après la table]
En avril 1734, l'Armée du Roy, dirigée par le Maréchal Duc de Berwick, se divisa en trois corps et se mit en mouvement le 8 avril. Le Comte de Belle-Isle rassembla ses troupes près de Consarbrick, construisit un pont sur la Sarre et marcha sur Trèves, qu'il conquit le 8 avril. Il envoya des grenadiers et des dragons prendre Traerbach, capturant un officier et 20 soldats. Après avoir organisé la subsistance des troupes à Trèves, le Comte de Belle-Isle avança vers Ismenac pour préparer le siège du château de Traerbach. Le Duc de Noailles, avec son corps de troupes, marcha également le 8 avril et campa à Saint-Vandel, étendant ses quartiers jusqu'à Keyserlouter et prenant ses quartiers à Hombourg. Le corps d'armée le plus important, sous les ordres du Maréchal Duc de Berwick, se déplaça le 8 avril et campa le lendemain, sa droite à la petite Hollande et sa gauche à Spire. Le Maréchal Duc de Berwick occupa également les postes de Marientrault et du château de Neustadt sur le Spirebach, pour assurer la communication avec Keyserlaute si nécessaire.
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2538
p. 800-801
Promotion dans la Gendarmerie. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant disposé des Charges qui vaquoient dans la Gendarmerie, le Marquis de Surgeres [...]
Mots clefs :
Gendarmerie, Compagnie des gendarmes, Marquis, Chevau-légers, Sous-lieutenant, Lieutenant, Cornette de la compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Promotion dans la Gendarmerie. [titre d'après la table]
Le Roy ayant disposé des Charges qui vaquoient
dans la Gendarmerie, le Marquis de Surgeres
a été nommé Capitaine - Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux- Legers de la Reine.
.
Le Marq. de Tillieres , Capitaine- Lieutenant de
la Compagnie des Chevaux -Legers de Bretagne.
Le Chevalier Daguesseau , Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux - Legers
d'Anjou.
M. de Bernage de Chaumont , Capitaine -Lieu
tenant de la Compagnie des Chevaux - Legers de
Berry .
Le Marquis de Réfuges , Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Chevanx Legers d'Orleans.
M. de la Marche , Sous- Lieutenant de la Com
pagnie des Gendarmes Ang.ois.
Le Marquis d'Estrehan , Sous -Lieutenant de la
Compagnie des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de Choiseul , Sous-Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux - Legers Dauphins
M. de Moussy , Sous- Lieutenant de la Com→
pagnie des Gendarmes d'Anjou .
Le Marquis de Mailly Daucourt , Sous- Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux- Legers de
Berry .
Le Comte de Castelmoron , Sous- Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes d'Orleans .
Le Marquis de Dromesnil , Premier Cornette
de
AVRIL. 1734. 801
•
de la Compagnie des Chevaux - Legers de la Reine.
Le Marquis de Fodoas Canisi , Premier Cornette
de la Compagnie des Chevaux- Legers Dauphins.
Le Marquis de Mérinville , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de Bretagne.
Le Comte de la Carte , Premier Cornette de la
Compagnie des Chevaux - Legers de Bretagne.
Le Marquis Dauvet , Premier Cornette de la
Compagnie des Chevaux-Legers d'Anjou .
Le Marquis de Jonsac , Enseigne de la Compagnie
des Gendarmes d'Orleans.
Le Chevalier de Beaufremont , Guidon de la
Compagnie des Gendarmes Bourguignons.
Le Marquis de Bourdeilles , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes de la Reine.
Le Marquis de Sourdis, Second Cornette de la
Compagnie des Chevaux Legers Dauphins.
Le Chevalier de Raré , Second Cornette de la
Compagnie des Chevaux - Legers de Bretagne.
Le Comte de Martel , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes d'Anjou .
Le Marquis de Lignieres , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes de Beriy.
Le Marquis de Cernay , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes d'Orleans . -
Le Marquis de Torcy , Second Cornette de la
Compagnie des Chevaux - Legers d'Orleans .
dans la Gendarmerie, le Marquis de Surgeres
a été nommé Capitaine - Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux- Legers de la Reine.
.
Le Marq. de Tillieres , Capitaine- Lieutenant de
la Compagnie des Chevaux -Legers de Bretagne.
Le Chevalier Daguesseau , Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux - Legers
d'Anjou.
M. de Bernage de Chaumont , Capitaine -Lieu
tenant de la Compagnie des Chevaux - Legers de
Berry .
Le Marquis de Réfuges , Capitaine - Lieutenant
de la Compagnie des Chevanx Legers d'Orleans.
M. de la Marche , Sous- Lieutenant de la Com
pagnie des Gendarmes Ang.ois.
Le Marquis d'Estrehan , Sous -Lieutenant de la
Compagnie des Gendarmes Bourguignons.
Le Comte de Choiseul , Sous-Lieutenant de la
Compagnie des Chevaux - Legers Dauphins
M. de Moussy , Sous- Lieutenant de la Com→
pagnie des Gendarmes d'Anjou .
Le Marquis de Mailly Daucourt , Sous- Lieutenant
de la Compagnie des Chevaux- Legers de
Berry .
Le Comte de Castelmoron , Sous- Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes d'Orleans .
Le Marquis de Dromesnil , Premier Cornette
de
AVRIL. 1734. 801
•
de la Compagnie des Chevaux - Legers de la Reine.
Le Marquis de Fodoas Canisi , Premier Cornette
de la Compagnie des Chevaux- Legers Dauphins.
Le Marquis de Mérinville , Enseigne de la
Compagnie des Gendarmes de Bretagne.
Le Comte de la Carte , Premier Cornette de la
Compagnie des Chevaux - Legers de Bretagne.
Le Marquis Dauvet , Premier Cornette de la
Compagnie des Chevaux-Legers d'Anjou .
Le Marquis de Jonsac , Enseigne de la Compagnie
des Gendarmes d'Orleans.
Le Chevalier de Beaufremont , Guidon de la
Compagnie des Gendarmes Bourguignons.
Le Marquis de Bourdeilles , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes de la Reine.
Le Marquis de Sourdis, Second Cornette de la
Compagnie des Chevaux Legers Dauphins.
Le Chevalier de Raré , Second Cornette de la
Compagnie des Chevaux - Legers de Bretagne.
Le Comte de Martel , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes d'Anjou .
Le Marquis de Lignieres , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes de Beriy.
Le Marquis de Cernay , Guidon de la Compagnie
des Gendarmes d'Orleans . -
Le Marquis de Torcy , Second Cornette de la
Compagnie des Chevaux - Legers d'Orleans .
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Résumé : Promotion dans la Gendarmerie. [titre d'après la table]
En avril 1734, le roi a attribué diverses charges au sein de la gendarmerie. Le Marquis de Surgeres a été nommé Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des Chevaux-Légers de la Reine. D'autres nominations incluent le Marquis de Tillieres pour les Chevaux-Légers de Bretagne, le Chevalier Daguesseau pour les Chevaux-Légers d'Anjou, M. de Bernage de Chaumont pour les Chevaux-Légers de Berry, et le Marquis de Réfuges pour les Chevaux-Légers d'Orléans. Parmi les Sous-Lieutenants, on trouve M. de la Marche pour les Gendarmes Angoumois, le Marquis d'Estrehan pour les Gendarmes Bourguignons, et le Comte de Choiseul pour les Chevaux-Légers Dauphins. Les Premiers Cornettes incluent le Marquis de Dromesnil pour les Chevaux-Légers de la Reine et le Marquis de Fodoas Canisi pour les Chevaux-Légers Dauphins. Les Enseignes et Guidons ont également été nommés, comme le Marquis de Mérinville pour les Gendarmes de Bretagne et le Chevalier de Beaufremont pour les Gendarmes Bourguignons. Ces nominations couvrent diverses compagnies de gendarmes et de chevaux-légers à travers le royaume.
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2539
p. 801-802
REMPLACEMENT d'Officiers de Marine, fait par le Roy, le 10. Mars par lequel S. M. a nommé :
Début :
Le Comte de Béthune de Selles, Lieutenant General de ses Armées Navales. [...]
Mots clefs :
Marine, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMPLACEMENT d'Officiers de Marine, fait par le Roy, le 10. Mars par lequel S. M. a nommé :
REMPLACEMENT dOfficiers
de Marine , fait par le Roy , le 10. Mars
par lequel S. M. a nommé :
Le Comte de Béthune de Selles , Lieutenant
General de ses Armées Navales.
Mrs de Sainte- Hermine , de la Blandiniere ,
Defor
MERCURE DE FRANCE
Descoyeux , le Marquis de Languetot , le Che
valier de Camilly , et M. de Beauquaire , Chefs
d'Escadre.
M. de Radouai , Commissaire General d'Artillerie
, Mrs de Saint - Germain , et de Fondelin ,
Inspecteurs des Troupes de la Marine , et M. de
Cheylus , Major à Toulon.
Sa Majesté a fait en même- temps neuf Capitaines
de Vaisseaux , vingt Lieutenans , vingttrois
Enseignes , et trois Aydes d'Artillerie .
de Marine , fait par le Roy , le 10. Mars
par lequel S. M. a nommé :
Le Comte de Béthune de Selles , Lieutenant
General de ses Armées Navales.
Mrs de Sainte- Hermine , de la Blandiniere ,
Defor
MERCURE DE FRANCE
Descoyeux , le Marquis de Languetot , le Che
valier de Camilly , et M. de Beauquaire , Chefs
d'Escadre.
M. de Radouai , Commissaire General d'Artillerie
, Mrs de Saint - Germain , et de Fondelin ,
Inspecteurs des Troupes de la Marine , et M. de
Cheylus , Major à Toulon.
Sa Majesté a fait en même- temps neuf Capitaines
de Vaisseaux , vingt Lieutenans , vingttrois
Enseignes , et trois Aydes d'Artillerie .
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Résumé : REMPLACEMENT d'Officiers de Marine, fait par le Roy, le 10. Mars par lequel S. M. a nommé :
Le 10 mars, le roi a nommé le Comte de Béthune de Selles Lieutenant Général des Armées Navales. Plusieurs Chefs d'Escadre ont été désignés, dont Mrs de Sainte-Hermine et le Marquis de Languetot. M. de Radouai est devenu Commissaire Général d'Artillerie. Mrs de Saint-Germain et de Fondelin sont Inspecteurs des Troupes de la Marine. Neuf Capitaines de Vaisseaux et vingt Lieutenants ont été promus.
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2540
p. 802-804
OFFICIERS GENERAUX nommez par le Roy, et employez dans ses Armées pendant la Campagne prochaine.
Début :
Armée d'Italie, sous les ordres du Maréchal Duc de Villars. [...]
Mots clefs :
Armée d'Italie, Maréchal duc de Villars, Armée d'Allemagne, Maréchal duc de Berwick, Lieutenants généraux, Maréchaux de camp, Marquis, Comte, Duc
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texteReconnaissance textuelle : OFFICIERS GENERAUX nommez par le Roy, et employez dans ses Armées pendant la Campagne prochaine.
OFFICIERS GENERAUX
nommez par le Roy , et employez
dans ses Armées pendant la Campagne
prochaine. Armée d'Italie , sous les
ordres du Maréchal Duc de Villars .
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Coigny. Le Marq. de Maillebois.
Le Comte de Broglio.
M. le Guerchois .
Le Marquis de Savines.
Le Marquis de Cadrieu .
Le Marquis de Maulevrier
- Langeron .
Le Comte de Beuil.
M. de Contade .
M. d'Affri.
Le Marquis de Sandricourt.
Le Vicomte de Melun.
M. de Berville.
Le Marquis de Bonas-
Gondrin.
M. de St Perier , Commandant
l'Artilleric.
Maréchaux de Camp.
Le Comte de Chatillon .
Le Marquis de Bissy. Le Duc d'Harcourt.
Le Marquis de Montal . Le Marquis de Pezé.
Le Marq. de Lannion. Le Marquis de Lifle.
Le Marq . de Fervaques, Le Comte de S. Sernin.
M.
AVRIL. 1734 803
M. de Louvigny."
Le Comte Scipion de
Bozelly.
Le Marquis de Mizon.
Le Comte d'Estaing.
M. du Cayla.
Le Marquis d'Epinay. Le Marquis de Segur.
Le Comte de la Motte- Le Comte de Boissieux.
Houdancourt .
ARME'E D'ALLEMAGNE.
Officiers Generaux , sous les ordres
du Maréchal Duc de Berwick.
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Puysegur
, en Flandres.
Le Marquis d'Asfeldt.
Le Duc de Noailles .
Le Marquis de Cilly .
Le Duc de Levy .
Le Prince de Tingry.
Le Marq. de Guerchy.'
Le Marquis de Dreux .
Le Duc de Chaulnes:
Le Marquis de Nangis.
Le Prince d'Isenghien . M. de Valliere.
M. de Quadt.
Le Duc de Duras.
Le Prince de Robecq.
Le Prince de Carignan
Le Marquis de Leuville.
Le Comte de Belleisle.
Le Marquis de Flavacourt
.
M. de Vernassal .
M. de Tarneau.
M. de la Billarderie.
Maréchaux de Camp.
Le Marq. de Gassion.
Le Chevalier de Givry.
Le Comte de Guitault
en Flandres.
Le Comte de Laval-
Montmorency.
Le Comte d'Aubigné .
Le Marquis de la Farre.
Le Comte de Saxe.
Le Chev . de Roccozel.
Le Marquis de Clermont-
Tonnerre .
Le Comte de Montboissier.
Le Marq. de Balincourt. Le Marq. d'Houdetot,
Le Duc de Bethune. Le Baron d'Eltz .
M.
804 MERCURE DE FRANCE
M. de Terlaye.
M. de Gensac.
Le Comte de Polastron .
M. d'Herouville.
Le Marquis de Curton ,
en Flandres.
M. de Lutteaux .
Le Comte de Middelbourg
.
Le Marquis de Castelmoron
.
M. Philippes.
M. de Cherisey.
M. le Chev. d'Auger.
Le Marquis de Creil .
Le Comte de Sennec
terre , en Italie .
M. de Bulkeley.
Le Marquis de Bauffre→
mont.
Le Marquis de Clermont
d'Amboise .
M. de la Javeliere .
Le Marquis du Chaila.
Le Comte de Gramont.
Le Comte de Vaudrey.
Le Comte d'Avejan.
Le Comte de Baviere,
M. Lenck.
nommez par le Roy , et employez
dans ses Armées pendant la Campagne
prochaine. Armée d'Italie , sous les
ordres du Maréchal Duc de Villars .
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Coigny. Le Marq. de Maillebois.
Le Comte de Broglio.
M. le Guerchois .
Le Marquis de Savines.
Le Marquis de Cadrieu .
Le Marquis de Maulevrier
- Langeron .
Le Comte de Beuil.
M. de Contade .
M. d'Affri.
Le Marquis de Sandricourt.
Le Vicomte de Melun.
M. de Berville.
Le Marquis de Bonas-
Gondrin.
M. de St Perier , Commandant
l'Artilleric.
Maréchaux de Camp.
Le Comte de Chatillon .
Le Marquis de Bissy. Le Duc d'Harcourt.
Le Marquis de Montal . Le Marquis de Pezé.
Le Marq. de Lannion. Le Marquis de Lifle.
Le Marq . de Fervaques, Le Comte de S. Sernin.
M.
AVRIL. 1734 803
M. de Louvigny."
Le Comte Scipion de
Bozelly.
Le Marquis de Mizon.
Le Comte d'Estaing.
M. du Cayla.
Le Marquis d'Epinay. Le Marquis de Segur.
Le Comte de la Motte- Le Comte de Boissieux.
Houdancourt .
ARME'E D'ALLEMAGNE.
Officiers Generaux , sous les ordres
du Maréchal Duc de Berwick.
Lieutenans Generaux.
Le Marquis de Puysegur
, en Flandres.
Le Marquis d'Asfeldt.
Le Duc de Noailles .
Le Marquis de Cilly .
Le Duc de Levy .
Le Prince de Tingry.
Le Marq. de Guerchy.'
Le Marquis de Dreux .
Le Duc de Chaulnes:
Le Marquis de Nangis.
Le Prince d'Isenghien . M. de Valliere.
M. de Quadt.
Le Duc de Duras.
Le Prince de Robecq.
Le Prince de Carignan
Le Marquis de Leuville.
Le Comte de Belleisle.
Le Marquis de Flavacourt
.
M. de Vernassal .
M. de Tarneau.
M. de la Billarderie.
Maréchaux de Camp.
Le Marq. de Gassion.
Le Chevalier de Givry.
Le Comte de Guitault
en Flandres.
Le Comte de Laval-
Montmorency.
Le Comte d'Aubigné .
Le Marquis de la Farre.
Le Comte de Saxe.
Le Chev . de Roccozel.
Le Marquis de Clermont-
Tonnerre .
Le Comte de Montboissier.
Le Marq. de Balincourt. Le Marq. d'Houdetot,
Le Duc de Bethune. Le Baron d'Eltz .
M.
804 MERCURE DE FRANCE
M. de Terlaye.
M. de Gensac.
Le Comte de Polastron .
M. d'Herouville.
Le Marquis de Curton ,
en Flandres.
M. de Lutteaux .
Le Comte de Middelbourg
.
Le Marquis de Castelmoron
.
M. Philippes.
M. de Cherisey.
M. le Chev. d'Auger.
Le Marquis de Creil .
Le Comte de Sennec
terre , en Italie .
M. de Bulkeley.
Le Marquis de Bauffre→
mont.
Le Marquis de Clermont
d'Amboise .
M. de la Javeliere .
Le Marquis du Chaila.
Le Comte de Gramont.
Le Comte de Vaudrey.
Le Comte d'Avejan.
Le Comte de Baviere,
M. Lenck.
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Résumé : OFFICIERS GENERAUX nommez par le Roy, et employez dans ses Armées pendant la Campagne prochaine.
Le document énumère les officiers généraux nommés par le roi pour la campagne de 1734, répartis en deux armées : l'armée d'Italie et l'armée d'Allemagne. L'armée d'Italie, dirigée par le Maréchal Duc de Villars, inclut les lieutenants généraux Marquis de Coigny, Marquis de Maillebois, Comte de Broglio et Marquis de Savines. Les maréchaux de camp de cette armée comprennent le Comte de Chatillon, le Marquis de Bissy et le Duc d'Harcourt. L'armée d'Allemagne, sous le commandement du Maréchal Duc de Berwick, compte les lieutenants généraux Marquis de Puysegur, Duc de Noailles et Prince de Tingry. Les maréchaux de camp de cette armée incluent le Marquis de Gassion, le Comte de Guitault et le Comte de Saxe. Le document précise également des dates : avril 1734 pour l'armée d'Italie et une date non spécifiée pour l'armée d'Allemagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2541
p. 804-810
RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
Début :
M. le Marquis de Villars arriva à Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse [...]
Mots clefs :
Marquis de Villars, Gouverneur de Provence, Marquis de Pilles, Gardes, Noblesse, Marseille, Marche, Distinction, Musique, Souper
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texteReconnaissance textuelle : RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
RECEPTION de M. le Marquis
de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur
de Provence. Extrait d'une Lettre
écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
M. le Marquis de Villars arriva à
Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse
étoit allée audevant de lui jusqu'aux
confins du Territoire , ayant à
sa tête le Marquis de Pilles , Gouverneur-
Vignier de Marseille , qui eût l'honneur
de présenter tous les Gentilshommes ,
qui l'avoient suivi , et qui furent reçus
de la maniere du monde la plus gracieuse .
Le Marquis de Villars monta ensuite
sur un très - beau Cheval du Marquis de
Pilles , superbement harnaché , suivi de
la
AVRIL. 1734. 805
la Noblesse , et précedé de la Compagnie
de ses Gardes . Il arriva ainsi au lieu de
la Viste , marqué pour la réception que
devoient lui faire les Echevins de Mar-
'seille. Ce Lieu est remarquable par sa
situation élevée et qui offre une veuë
toute charmante , par la multiplicité des
différents objets de Terre et de Mer , qui
font ensemble une Perspective enchantée.
C'est- là que le Marquis de Pilles s'étant
mis à la tête des Echevins et les ayant
présentez au Gouverneur , l'Orateur harangua
au nom de la Ville , on tira en
même tems quantité de Boëtes , et on fit
plusieurs Salves de Mousqueterie.
>
On se remit en marche au milieu
d'une foule innombrable de peuple , accouru
de toutes parts , et on arriva aux
Portes de la Ville . Le Marquis de Villars
précedé de sa Maison , de ses Gardes et
de la Noblesse , avoit à sa droite le Marquis
de Pilles , et le premier Echevin à
sa gauche les autres Echevins étoient
derriere lui avec son Capitaine des Gardes,
suivis duCorps de Ville et des PrincipauxBourgeois
et Négocians deMarseille.
C'est avec ce Cortége qu'il entra dans
la Ville par la Porte Royale, qu'on avoit
ornée d'un fort bel Arc de Triomphe
d'ordre Corinthien. Au milieu du Frontispi806
MERCURE DE FRANCE
tispice étoit l'Ecu des Armes du Marquis
de Villars , et au bas de l'Arc de Triomphe
couloient deux Fontaines de vin .
Le Marquis de Pilles lui présenta alors,
´en qualité de Gouverneur - Viguier , les
Clefs de la Ville. C'étoient les mêmes
Clef d'or que son Bisayeul avoit eû
l'honneur de présenter à Louis XIV , le
2 Mars de l'année 1660. et que ce grand
Prince lui rendit, en lui disant:M. de Pilles
gardez ces Clefs , elles sont bien entre vos
mains. Les Ech vins présenterent ensuite
le Dais que le Gouverneur refusa.
,
-
La marche fut continuée jusqu'à l'Eglise
Cathedrale au milieu d'une double haye,
formée par les quatre Compagnies Bourgeoises
de la Ville de cent hommes chacune
, bien armez et très
proprement
habillez . Durant la marche deux Officiers
du Marquis deVillars jettoient de l'argent
au Peuple , et les Trompertes , les Tambours
et les Hautbois ne cessérent de se
faire entendre.
M. l'Evêque de Marseille l'ayant reçu
et complimenté à la tête de son Chapi
tre , il le conduisit jusqu'au Prie- Dieu
qui lui avoit été preparé dans le Sanc-
* La seule Ville de Marseille présente des Clefs
d'or. Voyez la raison de cette distinction dans le
Mercure d'Avril 1723. p. 696.
tuaire .
AVRIL. 1734 807 .
.
tuaire. Le Te Deum fut ensuite solemnellement
chanté par la Musique de la
Cathédrale ; le Choeur et le reste de l'Eglise
étant magnifiquement ornez.
Au sortir de cette cérémonie le Marquis
de Villars ,suivi du même Cortége ,
se rendit à l'Hôtel Le M. Le Bret , Conseiller
d'Etat , Premier Président du Parlement
, Intendant de Justice et du Commerce
, et Commandant en Provence . Il
remercia là le Marquis de Pilles et toute
la Noblesse qui l'avoit suivi pour se reti
rer dans son Appartement , où il reçut
peu de tems après la visite de l'Evêque
de Marseille , et les complimens des différents
Corps et Jurisdictions de la Ville.
Peu de tems après il se rendit dans la
Sale de l'Académie de Musique pour entendre
le Concert . Il trouva un magnifique
Fauteuil avec un tapis de pied placé
dans la Galerie , qui regne autour de
cette Sale ; mais comme il y avoit beaucoup
de Dames, et qu'il n'y avoit que ce
seul Fauteuil , le Marquis de Villars ne
voulut point l'occuper , il se plaça au milieu
des Principales Dames de la Ville
dans le bas de la Sale .
Après le Concert il alla à pied , précedé
de ses Gardes et suivi de la Noblesse,
souper chez le Chevalier de Pilles, Capitaine
868 MERCURE DE FRANCE
taine de Galeres , et exerçant la Charge
de Gouverneur-Viguier pendant la minorité
du Marquis de Pilles son neveu .
Toute la Maison étoit extraordinairement
éclairée en dedans et en dehors : plus de
cent personnes de distinction y souperent.
La premiere table fut servie pour
le Marquis de Villars qui y fit placer
vingt-quatre Dames. Les autres Dames
souperent à deux autres Tables avec les
principaux Gentilhommes de la Ville et
de la Province ; tout fut servi avec la
délicatesse , le bon gout , et l'ordre qui
se rencontrent rarement avec la profusion
et le grand Monde . On admira sur tout
a magnificence du Fruit qui fut tout servi
en Porcelaines rares , et en cristaux .
Le souper fut suivi du Jeu et d'un Bal.
Le lendemain matin le Marquis de
Villars fut occupé à recevoir les Corps
des Communautez Religieuses , qui vin.
rent le complimenter , et qui furent
traitées avec toute la politesse et toute la
distinction possible . Il retourna diner
chez le Chevalier de Pilles . Ce diner répondit
parfaitement au soupé de la veille
et la joye y fut entiere. On y but plusieurs
fois avec les meilleurs vins de
France , la santé du Marêchal Duc de
Villars et la sienne..
Sur
AVRIL. 1734- 805
و
Sur la fin du Repas arriveren tles
Prudhommes du Quartier S. Jean , Cefs
et Juges du Corps des Pescheurs de la
Ville avec leurs habits de cérémonie à
l'Antiquité , l'épée nue sur l'épaule , appareil
assez singulier qui ne déplût pas
au Marquis de Villars il les reçût avec
beaucoup de bonté , loüa leur probité ,
leur exacte et briéve justice.
:
Il alla ensuite à la Comédie , dont il
vit la Représentation sur le Theatre , où
étoient aussi placées avec lui trente des
principales Dames de la Ville . Le Spectacle
étoit des plus brillants par les ornemens
extraordinaires et par le beau
Monde, La Sale étoit absolument touse
remplie.
Je ne finirois point s'il falloit ajouter
ici le détail du souper , que donna le
Biême jour au Marquis de Villars Monsieur
d'Hericourt , Intendant des Galeres ,
de celui que lui donna le lendemain M. de
S. Cannat , de la Fête et du Bal qu'il y
cut dans la Sale de l'Académie de Musique
, établie à Marseille sous la protection
particuliere du Gouverneur de la
Province. Tout fut magnifique et somptueux
par tout où il fut receu , et ce Seigneur
donna tout des marques
par tout de politesse
et de bonté , qui l'ont fait adorer
ence pays- cy.
810 MERCURE DE FRANCE .
I le quitta après avoir séjourné deux
jours et demi , témoignant autant d'empressement
d'y revenir que nous en avons
nous mêmes de le posseder un plus longtems.
Il partit hier pour Toulon suivi
du Marquis de Rognes , Premier Procureur
des Etats et Pays de Provence , du
Marquis de Pilles , qui l'accompagne en
Italie , pour servir en qualité d Ayde de
Camp du Maréchal de Villars , du Marquis
de Foresta , du Comte de Flotte et
de plusieurs autres Gentilhommes qualifiez
de la Province.
de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur
de Provence. Extrait d'une Lettre
écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
M. le Marquis de Villars arriva à
Marseille le quinze de ce mois. La Noblesse
étoit allée audevant de lui jusqu'aux
confins du Territoire , ayant à
sa tête le Marquis de Pilles , Gouverneur-
Vignier de Marseille , qui eût l'honneur
de présenter tous les Gentilshommes ,
qui l'avoient suivi , et qui furent reçus
de la maniere du monde la plus gracieuse .
Le Marquis de Villars monta ensuite
sur un très - beau Cheval du Marquis de
Pilles , superbement harnaché , suivi de
la
AVRIL. 1734. 805
la Noblesse , et précedé de la Compagnie
de ses Gardes . Il arriva ainsi au lieu de
la Viste , marqué pour la réception que
devoient lui faire les Echevins de Mar-
'seille. Ce Lieu est remarquable par sa
situation élevée et qui offre une veuë
toute charmante , par la multiplicité des
différents objets de Terre et de Mer , qui
font ensemble une Perspective enchantée.
C'est- là que le Marquis de Pilles s'étant
mis à la tête des Echevins et les ayant
présentez au Gouverneur , l'Orateur harangua
au nom de la Ville , on tira en
même tems quantité de Boëtes , et on fit
plusieurs Salves de Mousqueterie.
>
On se remit en marche au milieu
d'une foule innombrable de peuple , accouru
de toutes parts , et on arriva aux
Portes de la Ville . Le Marquis de Villars
précedé de sa Maison , de ses Gardes et
de la Noblesse , avoit à sa droite le Marquis
de Pilles , et le premier Echevin à
sa gauche les autres Echevins étoient
derriere lui avec son Capitaine des Gardes,
suivis duCorps de Ville et des PrincipauxBourgeois
et Négocians deMarseille.
C'est avec ce Cortége qu'il entra dans
la Ville par la Porte Royale, qu'on avoit
ornée d'un fort bel Arc de Triomphe
d'ordre Corinthien. Au milieu du Frontispi806
MERCURE DE FRANCE
tispice étoit l'Ecu des Armes du Marquis
de Villars , et au bas de l'Arc de Triomphe
couloient deux Fontaines de vin .
Le Marquis de Pilles lui présenta alors,
´en qualité de Gouverneur - Viguier , les
Clefs de la Ville. C'étoient les mêmes
Clef d'or que son Bisayeul avoit eû
l'honneur de présenter à Louis XIV , le
2 Mars de l'année 1660. et que ce grand
Prince lui rendit, en lui disant:M. de Pilles
gardez ces Clefs , elles sont bien entre vos
mains. Les Ech vins présenterent ensuite
le Dais que le Gouverneur refusa.
,
-
La marche fut continuée jusqu'à l'Eglise
Cathedrale au milieu d'une double haye,
formée par les quatre Compagnies Bourgeoises
de la Ville de cent hommes chacune
, bien armez et très
proprement
habillez . Durant la marche deux Officiers
du Marquis deVillars jettoient de l'argent
au Peuple , et les Trompertes , les Tambours
et les Hautbois ne cessérent de se
faire entendre.
M. l'Evêque de Marseille l'ayant reçu
et complimenté à la tête de son Chapi
tre , il le conduisit jusqu'au Prie- Dieu
qui lui avoit été preparé dans le Sanc-
* La seule Ville de Marseille présente des Clefs
d'or. Voyez la raison de cette distinction dans le
Mercure d'Avril 1723. p. 696.
tuaire .
AVRIL. 1734 807 .
.
tuaire. Le Te Deum fut ensuite solemnellement
chanté par la Musique de la
Cathédrale ; le Choeur et le reste de l'Eglise
étant magnifiquement ornez.
Au sortir de cette cérémonie le Marquis
de Villars ,suivi du même Cortége ,
se rendit à l'Hôtel Le M. Le Bret , Conseiller
d'Etat , Premier Président du Parlement
, Intendant de Justice et du Commerce
, et Commandant en Provence . Il
remercia là le Marquis de Pilles et toute
la Noblesse qui l'avoit suivi pour se reti
rer dans son Appartement , où il reçut
peu de tems après la visite de l'Evêque
de Marseille , et les complimens des différents
Corps et Jurisdictions de la Ville.
Peu de tems après il se rendit dans la
Sale de l'Académie de Musique pour entendre
le Concert . Il trouva un magnifique
Fauteuil avec un tapis de pied placé
dans la Galerie , qui regne autour de
cette Sale ; mais comme il y avoit beaucoup
de Dames, et qu'il n'y avoit que ce
seul Fauteuil , le Marquis de Villars ne
voulut point l'occuper , il se plaça au milieu
des Principales Dames de la Ville
dans le bas de la Sale .
Après le Concert il alla à pied , précedé
de ses Gardes et suivi de la Noblesse,
souper chez le Chevalier de Pilles, Capitaine
868 MERCURE DE FRANCE
taine de Galeres , et exerçant la Charge
de Gouverneur-Viguier pendant la minorité
du Marquis de Pilles son neveu .
Toute la Maison étoit extraordinairement
éclairée en dedans et en dehors : plus de
cent personnes de distinction y souperent.
La premiere table fut servie pour
le Marquis de Villars qui y fit placer
vingt-quatre Dames. Les autres Dames
souperent à deux autres Tables avec les
principaux Gentilhommes de la Ville et
de la Province ; tout fut servi avec la
délicatesse , le bon gout , et l'ordre qui
se rencontrent rarement avec la profusion
et le grand Monde . On admira sur tout
a magnificence du Fruit qui fut tout servi
en Porcelaines rares , et en cristaux .
Le souper fut suivi du Jeu et d'un Bal.
Le lendemain matin le Marquis de
Villars fut occupé à recevoir les Corps
des Communautez Religieuses , qui vin.
rent le complimenter , et qui furent
traitées avec toute la politesse et toute la
distinction possible . Il retourna diner
chez le Chevalier de Pilles . Ce diner répondit
parfaitement au soupé de la veille
et la joye y fut entiere. On y but plusieurs
fois avec les meilleurs vins de
France , la santé du Marêchal Duc de
Villars et la sienne..
Sur
AVRIL. 1734- 805
و
Sur la fin du Repas arriveren tles
Prudhommes du Quartier S. Jean , Cefs
et Juges du Corps des Pescheurs de la
Ville avec leurs habits de cérémonie à
l'Antiquité , l'épée nue sur l'épaule , appareil
assez singulier qui ne déplût pas
au Marquis de Villars il les reçût avec
beaucoup de bonté , loüa leur probité ,
leur exacte et briéve justice.
:
Il alla ensuite à la Comédie , dont il
vit la Représentation sur le Theatre , où
étoient aussi placées avec lui trente des
principales Dames de la Ville . Le Spectacle
étoit des plus brillants par les ornemens
extraordinaires et par le beau
Monde, La Sale étoit absolument touse
remplie.
Je ne finirois point s'il falloit ajouter
ici le détail du souper , que donna le
Biême jour au Marquis de Villars Monsieur
d'Hericourt , Intendant des Galeres ,
de celui que lui donna le lendemain M. de
S. Cannat , de la Fête et du Bal qu'il y
cut dans la Sale de l'Académie de Musique
, établie à Marseille sous la protection
particuliere du Gouverneur de la
Province. Tout fut magnifique et somptueux
par tout où il fut receu , et ce Seigneur
donna tout des marques
par tout de politesse
et de bonté , qui l'ont fait adorer
ence pays- cy.
810 MERCURE DE FRANCE .
I le quitta après avoir séjourné deux
jours et demi , témoignant autant d'empressement
d'y revenir que nous en avons
nous mêmes de le posseder un plus longtems.
Il partit hier pour Toulon suivi
du Marquis de Rognes , Premier Procureur
des Etats et Pays de Provence , du
Marquis de Pilles , qui l'accompagne en
Italie , pour servir en qualité d Ayde de
Camp du Maréchal de Villars , du Marquis
de Foresta , du Comte de Flotte et
de plusieurs autres Gentilhommes qualifiez
de la Province.
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Résumé : RECEPTION de M. le Marquis de Villars à Marseille en qualité de Gouverneur de Provence. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 22 Mars 1734.
Le 15 mars 1734, le Marquis de Villars arriva à Marseille pour prendre ses fonctions de Gouverneur de Provence. Il fut accueilli par la noblesse, dirigée par le Marquis de Pilles, Gouverneur-Viguier de Marseille, aux confins du territoire. Le Marquis de Villars monta un cheval superbement harnaché fourni par le Marquis de Pilles et fut escorté jusqu'à un lieu de visite élevé offrant une vue charmante. Là, le Marquis de Pilles présenta les échevins au Gouverneur, qui fut harangué au nom de la ville, tandis que des salves de mousqueterie étaient tirées. La procession continua vers Marseille, accompagnée par une foule innombrable. Le Marquis de Villars entra dans la ville par la Porte Royale, ornée d'un arc de triomphe corinthien avec les armes du Marquis et deux fontaines de vin. Le Marquis de Pilles lui remit les clefs d'or de la ville, les mêmes que son aïeul avait présentées à Louis XIV en 1660. Les échevins offrirent ensuite un dais, que le Gouverneur refusa. La marche se poursuivit jusqu'à la cathédrale, flanquée de compagnies bourgeoises armées. Durant la marche, des officiers jetaient de l'argent au peuple et des musiciens jouaient. À la cathédrale, l'évêque de Marseille accueillit le Marquis de Villars, qui assista au Te Deum. Après la cérémonie, il se rendit à l'hôtel du Conseiller d'État Le Bret, où il remercia le Marquis de Pilles et la noblesse. Le Marquis de Villars se rendit ensuite à l'Académie de Musique, puis soupa chez le Chevalier de Pilles. Le lendemain, il reçut les corps des communautés religieuses et dina à nouveau chez le Chevalier de Pilles. Il assista également à une représentation théâtrale et à divers soupers et bals donnés en son honneur. Après un séjour de deux jours et demi, le Marquis de Villars quitta Marseille pour Toulon, accompagné de plusieurs gentilshommes de la province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2542
p. 810-819
ENTRÉE SOLEMNELLE de M. l'Evêque d'Orleans, faite le 2 Mars 1734.
Début :
Le Mardy deuxiéme jour de Mars, M. Nicolas Joseph de Paris, Evêque d'Orleans, fit sa nouvelle [...]
Mots clefs :
Évêque d'Orléans, Nouvel évêque, Entrée solennelle, Joyeuse entrée, Officiers de la bourgeoisie, Cathédrale, Église, Prélat, Abbaye, Chanoines, Bailliage et siège présidial
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENTRÉE SOLEMNELLE de M. l'Evêque d'Orleans, faite le 2 Mars 1734.
ENTRE E SOLEMNELLE
de M. l'Evêque d'Orleans , faite le 2
Mars 1734.
Le Mardy deuxième jour de Mars, M. Nicolas
Joseph de Paris , Evêque d'Orleans , fit sa nouvelle
er joyeuse Entrée dans sa Ville Episcopale
et dans son Eglise , avec les cérémonies observées
sous les Evêques ses Prédecesseurs , dont
voici le détail.
Ce Prélat suivant l'ancien usage se rendit la
surveille à la Cour Dieu , Abbaye de l'Ordre de
Citeaux dans la Forêt d'Orleans , à six lieues de
cette Vile , il avoit avec lui son Official , son
Promoteur , le Bailly et es autres Officiers de
sa Justice temporelle , le Syndic et un autre
Chano ne député de la Cathédrale , qui l'ont
accompagné dans toutes les cérémonies. Il fut
reçu à a Porte et en dehors de l'Abbaye par le
Prieur
AVRIL. 1734 811
Prieur à la tête de ses Religieux en Chapes , qui
le conduisirent à l'eglise , où après avoir fait sa
priere il donna la Benediction , i se retira ensuite
dans l'Hôtel Abbatial , où on lui avoit pipare à
souper pour lui et pour sa suite. L'Abbaye de
la Cour Dieu est tenue à ce souper par le droit
de Procuration ou de Giste qu'ont sur elle les
nouveaux Evêques d'Orleans à l'occasion de
lenr Entrée. "
Le lendemain après le déjeuner le nouvel Evê
que partit pour Orleans , et arriva dans l'aprèsdîuer
à S. Loup, Abbaye de filles de l'Ordre de
S. Bernard , à un quart de lieue seulement de la
Vilie , où il fit la visite de la Maison ; il y cut
à ce sujet quelques contestations , sur les représentations
de l'Abbesse qui demeurant d'accord
que l'Evêque comme Ordinaire, pouvoit, quand il
vouloit, faire sa visite, prétendoit que cette visite
ne pouvoit être faite en veue et par rapport à
son Entrée , qui ne l'obligcoit ni son Abbaye à
aucune servitu le, et de fait on ne présenta point
Ja collation que les Abbesses précedentes avoient
offerte et chacun verbalisa de son côté.
·D S. Loup le nouvel Evêque arriva sur le soir
P'Abbaye de S Euverte de l'Ordre de S. Augustin
, dont les Chanoines - Réguliers sont de la
Congrégation de France , situez dans la Ville.
Il fut reçu par le Prieur et les Religieux de la
Maison avec les mêmes cérémonies qu'à la
Cour Dieu . On avoit preparé, dans la Maison
Abbatiale de la part de l'Abbé un grand souper
qu'on lui offrit , après toutefois qu'il eut accepté
Fancienne redevance de deux oeufs frais qui est
tout ce que les Abbez de S. Euverte se croyent
obligez de présenter aux nouveaux Evêques dans
ces occasions , et qu'on cut averti qu'on avoit
fair
812 MERCURE DE FRANCE
fait mettre du foin dans l'Ecurie pour sa Mule
sous les protestations en outre que le repas offert
étant par honneur et volontaire , il ne pourroit
nuire aux Abbez ses Successeurs.
Le Mardy 2 Mars jour de l'Entrée , dès les
six heures du matin le nouvel Evêque accompa
gné comme la veille et ayant avec lui les Garde
du Gouvernement, fut conduit par les Religieux
à l'Eglise , où après sa priere faite , on le dé
chaussa et on lui mit des sandales ; on le revêtit
ensuite d'un Aube et d'une Etole blanche on
lui mit sur la tête une Mitre blanche unie et sa
Crosse fut couverte d'un taffetas blanc. Jusquesici
ce Prélat avoit toujours été en Rochet et en
Mantelet.
"
En sortant du Choeur de S. Euverte , le Recteur
de l'Université à la tête des Docteurs et des
Officiers de ce Corps , eut l'honneur de compli
menter ce Prélat , après quoi ils se retirerent sans
assister à la Procession , et cela à cause du rang
que les Chanoines des deux Collegiales de Saint
Pierre Empont et de S. Pierre le Puellier venoient
d'obtenir sur eux par Arrest contradictoire rendu
au Parlement le dernier jour de Décembre.
Le Maire et les Echevins en Robbes rouges,
à la tête du Corps de Ville et des Officiers de la
Bourgeoisie, se présenterent ensuite , le Maire et
leCommandant de la Bourgeoisie le complimenterent
, après quoi l'Evêque alla se mettre debout,
les mains jointes, sur le süeil de la porte, en
dehors de l'Abbaye,d'où il vit arriver son Clergé
qui le venoit prendre .
La marche commença par les Pauvres de l'Hô
pital , de l'un et de l'autre sexe , conduits par les
Administrateurs accompagnez de leurs Appariteurs
; suivoient les Communautez Religieuses ,
les
AVRIL 1734- 813
les Minîmes , les Capucins , les Recollets , les
Jacobins , les Augustins et les Carmes anciens.
Tous les Ecclesiastiques , Prêtres habituez et
Vicaires de la Ville précedez de toutes leurs
Croix et suivis des Curez en Etole , les deux
Chapitres de S. Pierre Empont et de S. Pierre le
Puellier , suivis de celui de la Cathedrale ayant
A devant eux leurs Croix : venoit ensuite le Sacristain
portant la Croix de vermeil , suivi d'un
Chanoine en Aube et Tunique, portant le Livre
des S S. Evangiles , qu'il fit baiser au nouvel
Evêque , lequel commença à marcher ayant derriere
lui le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie , et étant environné des Gardes du
Gouvernement.
•
Le temps trop incertain qu'il faisoit empêcha
les Ecclesiastiques de se mettre en Chapes , ils
étoient en leurs habitsd'Eglise ordinaires pendant
Phyver.
La Procession étant arrivée à l'Eglise de Saint
Agnan , le nouvel Evêque trouva à la porte du
Cloître le Chantre,à la tête du Chapitre en Chapes
qui le reçût avec laCroix , l'Eau Benite et l'Encens,
et le conduisit à l'Eglise et delà dans la Sacristic
où après lui avoir lavé lés pieds , ses Aumoniers
lui mirent des Brodequins et des Sandales
de damas rouge , et le revêtirent par dessus
son Aube d'une Tunique , d'une Dalmatique ét
d'une Chape de même couleur,ils lui mirent une
Mitre en broderie d'or , et son anneau Pastoral
au doigt. Alors sa Crosse ayant été découverte
il donna sa Benediction solemnelle , ayant été
ensuite reconduit à l'Autel il y jura sur les Evangiles
la conservation des Priviléges de l'Eglise
de S. Agnan , comme ont fait tous ses Prédecesseurs
, donna la bénédiction au peuple, et fut
ins
814 MERCURE DE FRANCE
astallé dans la premiere Chaire du Choeur du
ôté droit vers l'Autel,en qualité de Chanoine.
tant sorti du Choeur , il s'assit dans un Fau
uil qui fut élevé par les quatre premieres Di
nitez du Chapitre de S.Agnan, assistées de leurs
Choristes qui le porterent jusqu'hors de leur
Cloître ; là leur ayant derechef donné sa béné
diction Episcopale , le fauteuil fut mis à bas, et le
nouvel Evêque s'assit dans un autre qui étoit
prepare,tandis que les Chanoines de S. Ågnan se
retirerent dans leur Eglise.
Le nouvel Evêque fit appeller par son Bailly
les quatre Barons ou Seigneurs qui sont obligez
de le porter depuis le Cloître de S. Agnan jusqu'à
son Eglise , et qu'il avoit fait sommer
quelques jours devant l'Entrée de s'y trouver
pour ce sujet. Ces quatre Seigneurs sont , le Bar
ron d'Yeure le Chastel , le Baron de Sully , le
Baron du Cheray et celui des Baronies d'Ascheres
et Rougemont qui s'y trouverent par des Gentilshommes
fondez de leurs procurations; après
quelques protestations de la part des Barons sur
la préséance , le fauteuil fut élevé sur les épaules
des gens de ces Gentilshommes qui mirent
chacun la main sur un des bouts duBrancard sur
lequel il étoit élevé . Après quoi chacun s'étant
mis en inarche on arriva à la vieille Porte de
Bourgogne ou tous les Magistrats de la Ville
s'étoient rendus avec le Prevôt des Maréchaux,
et y avoient fait conduire les Remissionaires
qui à la veuë du nouvel Evêque,se jetterent à ge-.
Doux et crierent trois fois Misericorde.
L'Oficial de l'Evêque harangua ensuite ce
Prélat et jura sur le Livre des Evangiles qu'il
avoit fait conduire tous les Prisonniers qui se
trouvaient dans les Prisons , et qu'il n'ep détenoit
AVRIL. 1734. 815
noit aucun ce que jurerent aussi le Lieutenane,
General au Bailliage et Siége Présidial ; un Conseiller
du Siége qui faisoit les fonctions du Lieutenant
Criminel absent , et le grand Prevôt de la
Maréchaussée. Le Lieutenant General, le Premier,
des Présidens du Présidial , et le Prevôt de la
Maréchaussée avoient harangué avant le serment
: quant aux Officiers de la Prevôté , le
Prevôt d'Orleans qui étoit en ville ne s'étant
point rendu à la Porte de Bourgogne , le Lieutenant
qui étoit à la tête des Officiers de son
Corps complimenta le nouvel Evêque ; mais il
refusa de prêter le serment , prétendant qu'il ne
le pouvoit faire n'ayant pû se transporter dans
les Prisons le Prevôt étant actuellement en
ville . ce qui suspendoit toutes fonctions de sa
part , on prit ensuite le serment des Geoliers des
deux Prisons qui marcherent à la tête des Remissionaires
qu'on fit marcher deux à deux à la
tête de la Procession , qui se remit en marche dans
le même ordre jusqu'à l'Eglise Cathedrale.
>
Le Lieutenant de la Prevôté protesta alors
contre le Prevôt de la Maréchaussée , qui avoit
obtenu un Arrêt du Conseil qui lui donnoit la
préséance en toutes Assemb ées publiques et
particulieres sur les Officiers de la Prevôté,et qui
en vertu de cet Arrêt avoit harangué avant lui ,
après quoi il se retira,
1
1
Les Officiers du Bailliage et Siége Présidial
priérent le nouvel Evêque de trouver bon qu'ils
ne suivissent pas la Procession à cause de la
grande foule , étant impossible qu'ils pussentmarcher
conjointement avec la Ville dans des
Ruës aussi étroites que le sont celles par où il
falloit passer ils se rendirent par un autre
chemin à la Cathedrale où ils prirent leur place
1 ij ordig
816 MERCURE DE FRANCE
Ordinaire dans les hautes stales du côté gauche
du Choeur.
Les nouveaux ouvrages qu'on fait pour les
Fondations des Tours de l'Eglise Cathédrale empêchant
qu'on ne put entrer dans le Cloître qui
conduit à la principale Porte , on fut obligé
d'avancer plus loin et d'entrer par un des Cloftres
des portes laterales vis - à - vis le grand Cimetiere
, sur quoi les Barons protesterent à ce
que cet allongement du chemin qu'ils étoient
obligez de faire ne leur put porter préjudice à
l'avenir , dont leur fut donné Acte.
Le nouvel Evêque étant arrivé à la Porte de
son Eglise qu'on avoit fermée, fut complimenté
par le Doyen qui lui fit jurer la conservation
des droits du Chapitre , lequel serment fait la
portefut ouverte et le Doyen en qualité de Grand
Archidiacre, dont la dignité est unie à la sienne ,
conduisant ce Prélat à l'Autel et sur son Trône, et
enfin dans une Stale de Chanoine P'installat
ainsi dans la possession de son Evêché avec les
cérémonies ordinaires. Le nouvel Evêque fut
ensuite conduit à la Sacristie où ayant pris une
Chasuble , il alla à l'Autel et célébra la Messe
pontificalement.
Mrs du Bailliage et Siége Présidial placez ;
comme on l'a dit, dans les hauts siéges du côté
gauche , le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie occupérent le côté droit du Choeur
entre les Chanoines et sur des siéges préparez
pour eux , ceux de la Prevôté et de l'Université
ne se trouverent point à l'Eglise , non plus que.
le Bureau des Financès , les Officiers des Eaux
et Forêts et l'Election , quoiqu'invitez à la cérémonie
les Remissionaires se répandirent
par toute l'Eglise .
La
AVRIL 817 1734
La Messe étant dite le nouvel Evêque fut reconduit
à son Palais où en entrant le Doyen lui
dit de se ressouvenir qu'il devoit ce jour là à
dîner à son Chapitre , à quoi ce Prélat répon
dit qu'il l'avoit fait inviter et qu'il l'invitoit en
core.
La table disposée en fer à cheval fut placée
an haut de la Galerie , le nouvel Evêque et
l'Evêque de Chartres qui étoit venu à Orleans .
pour voir la cérémonie , se placerent dans le
fond , entre les deux premieres dignitez de la
Cathedrale , les autres dignitez et les Chanoines
de cette Eglise occuperenr les deux côtez en dehors.
Les Chanoines de S. Aignan se placerent
dans le centre , ces derniers avoient quelque
tems avant l'Entrée presenté une Requête
M. l'Evêque pour obtenir un côté entier du
fer à cheval tandis que la Cathedrale occuperoit
l'autre côté , mais ce Prélat les ayant renvoyez
là- dessus à Mrs de la Cathédrale , ils s'étoient
pourvûs au Parlement où ils avoient obtenu un
Arrêt sur Requête qui leur confirmoit le côté
gauche par tout où ils se trouveroient avec la
Cathedrale ; mais comme il n'étoit point fait
mention de la table dans cet Arrêt , et comme
l'Evêque leur avoit declaré que le repas qu'il
donnoit à son Chapitre étoit d'obligation , au
lieu que pour eux ils ne s'y trouvoient que
comme invitez et par cérémonie , ils jugerent" à
propos de ne point faire signifier leur Arrêt et de
prendre au dîner les places qu'ils avoient occu
pées aux Entrées précedentes.
•
Après les Chanoines de S. Agnan étoient assis
les Dignitez des deux Collegiales de S. Pierre
Empont et de S. Pierre le Puellier et le Porte-
Crosse en qualité de Chapelain de l'Evêque.
I iij
11
818 MERCURE DE FRANCE
ity
avoit
une
autre
table
ou
mangerent
les
Parens
et autres
Personnes
de distinction
invitées
par
l'Evêque
, une
autre
où étoient
les Barons
et
quelques
Ecclesiastiques
; ce Prélat
donna
de
même
à dîner
au Corps
de Ville
et aux
Officiers
de la Bourgeoisie
dans
l'Hôtel
de
Ville
et dans
differentes
maisons
particulieres
, aux
Officiers
du
Bailliage
, de la Prevôté
, des
Eaux
et Forêts
,
au
Prevôr
de la Maréchaussée
, à l'Election
à l'Université
, et aux
Officiers
de la Justice
temporelle
.
>
Le repas fini , après que les Remissionaires qui
s'étoient tous rendus dans la cour du Palais Episcopal
curent entendus le Sermon qui leur fut fait,
le nouvel Evêque parut à une des fenêtres qui
donnent sur la cour ; aussi tôt qu'il parut les
Remissionaires s'étant mis à genoux ,crierent encore
trois fois Misericorde , M. l'Evêque leur fit
une Exhortation ; et leur ayant prononcé leur
Remission, il leur donna sa Bénédiction ; après
quoi on leur servit selon la coutume les restes de
la table.
On compte plus de 1300 Remissionaires d'écrouez
dans les prisons , dont plus de 1150 , ont
receu leurs Lettres de Grace. Le Bureau pour
l'examen des supliques étoit composé de M. l'Evêque
, de ses deux Grands Vicaires , de M. De
Paris de la Brosse , Conseiller de la cinquième
Chambre des Enquêtes du Parlement , de M. de
Héere Premier des Présidens au Présidial d'Orleans
, de M: Curaut , Lieutenant General au
Bailliage et Siége Présidial, du Prevôt d'Orleans
et d'un Conseiller au Bailliage , ils commencerent
à travailler à cet examen dès le 8 Février.
Il y a eu dans laChapelle Episcopale une Mission
établie pour l'instruction des Remissionaires
que
AVRIL 1734. 81
que le nouvel Evêque ouvrit par une Messe so
Temnelle qu'il y celebra le Dimanche 14. Fevrie
et après laquelle il prècha. Les RR . PP Jesuite
ont eu la direction de cette Mission , et s'en son
acquittez avec leur zele ordinaire.
de M. l'Evêque d'Orleans , faite le 2
Mars 1734.
Le Mardy deuxième jour de Mars, M. Nicolas
Joseph de Paris , Evêque d'Orleans , fit sa nouvelle
er joyeuse Entrée dans sa Ville Episcopale
et dans son Eglise , avec les cérémonies observées
sous les Evêques ses Prédecesseurs , dont
voici le détail.
Ce Prélat suivant l'ancien usage se rendit la
surveille à la Cour Dieu , Abbaye de l'Ordre de
Citeaux dans la Forêt d'Orleans , à six lieues de
cette Vile , il avoit avec lui son Official , son
Promoteur , le Bailly et es autres Officiers de
sa Justice temporelle , le Syndic et un autre
Chano ne député de la Cathédrale , qui l'ont
accompagné dans toutes les cérémonies. Il fut
reçu à a Porte et en dehors de l'Abbaye par le
Prieur
AVRIL. 1734 811
Prieur à la tête de ses Religieux en Chapes , qui
le conduisirent à l'eglise , où après avoir fait sa
priere il donna la Benediction , i se retira ensuite
dans l'Hôtel Abbatial , où on lui avoit pipare à
souper pour lui et pour sa suite. L'Abbaye de
la Cour Dieu est tenue à ce souper par le droit
de Procuration ou de Giste qu'ont sur elle les
nouveaux Evêques d'Orleans à l'occasion de
lenr Entrée. "
Le lendemain après le déjeuner le nouvel Evê
que partit pour Orleans , et arriva dans l'aprèsdîuer
à S. Loup, Abbaye de filles de l'Ordre de
S. Bernard , à un quart de lieue seulement de la
Vilie , où il fit la visite de la Maison ; il y cut
à ce sujet quelques contestations , sur les représentations
de l'Abbesse qui demeurant d'accord
que l'Evêque comme Ordinaire, pouvoit, quand il
vouloit, faire sa visite, prétendoit que cette visite
ne pouvoit être faite en veue et par rapport à
son Entrée , qui ne l'obligcoit ni son Abbaye à
aucune servitu le, et de fait on ne présenta point
Ja collation que les Abbesses précedentes avoient
offerte et chacun verbalisa de son côté.
·D S. Loup le nouvel Evêque arriva sur le soir
P'Abbaye de S Euverte de l'Ordre de S. Augustin
, dont les Chanoines - Réguliers sont de la
Congrégation de France , situez dans la Ville.
Il fut reçu par le Prieur et les Religieux de la
Maison avec les mêmes cérémonies qu'à la
Cour Dieu . On avoit preparé, dans la Maison
Abbatiale de la part de l'Abbé un grand souper
qu'on lui offrit , après toutefois qu'il eut accepté
Fancienne redevance de deux oeufs frais qui est
tout ce que les Abbez de S. Euverte se croyent
obligez de présenter aux nouveaux Evêques dans
ces occasions , et qu'on cut averti qu'on avoit
fair
812 MERCURE DE FRANCE
fait mettre du foin dans l'Ecurie pour sa Mule
sous les protestations en outre que le repas offert
étant par honneur et volontaire , il ne pourroit
nuire aux Abbez ses Successeurs.
Le Mardy 2 Mars jour de l'Entrée , dès les
six heures du matin le nouvel Evêque accompa
gné comme la veille et ayant avec lui les Garde
du Gouvernement, fut conduit par les Religieux
à l'Eglise , où après sa priere faite , on le dé
chaussa et on lui mit des sandales ; on le revêtit
ensuite d'un Aube et d'une Etole blanche on
lui mit sur la tête une Mitre blanche unie et sa
Crosse fut couverte d'un taffetas blanc. Jusquesici
ce Prélat avoit toujours été en Rochet et en
Mantelet.
"
En sortant du Choeur de S. Euverte , le Recteur
de l'Université à la tête des Docteurs et des
Officiers de ce Corps , eut l'honneur de compli
menter ce Prélat , après quoi ils se retirerent sans
assister à la Procession , et cela à cause du rang
que les Chanoines des deux Collegiales de Saint
Pierre Empont et de S. Pierre le Puellier venoient
d'obtenir sur eux par Arrest contradictoire rendu
au Parlement le dernier jour de Décembre.
Le Maire et les Echevins en Robbes rouges,
à la tête du Corps de Ville et des Officiers de la
Bourgeoisie, se présenterent ensuite , le Maire et
leCommandant de la Bourgeoisie le complimenterent
, après quoi l'Evêque alla se mettre debout,
les mains jointes, sur le süeil de la porte, en
dehors de l'Abbaye,d'où il vit arriver son Clergé
qui le venoit prendre .
La marche commença par les Pauvres de l'Hô
pital , de l'un et de l'autre sexe , conduits par les
Administrateurs accompagnez de leurs Appariteurs
; suivoient les Communautez Religieuses ,
les
AVRIL 1734- 813
les Minîmes , les Capucins , les Recollets , les
Jacobins , les Augustins et les Carmes anciens.
Tous les Ecclesiastiques , Prêtres habituez et
Vicaires de la Ville précedez de toutes leurs
Croix et suivis des Curez en Etole , les deux
Chapitres de S. Pierre Empont et de S. Pierre le
Puellier , suivis de celui de la Cathedrale ayant
A devant eux leurs Croix : venoit ensuite le Sacristain
portant la Croix de vermeil , suivi d'un
Chanoine en Aube et Tunique, portant le Livre
des S S. Evangiles , qu'il fit baiser au nouvel
Evêque , lequel commença à marcher ayant derriere
lui le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie , et étant environné des Gardes du
Gouvernement.
•
Le temps trop incertain qu'il faisoit empêcha
les Ecclesiastiques de se mettre en Chapes , ils
étoient en leurs habitsd'Eglise ordinaires pendant
Phyver.
La Procession étant arrivée à l'Eglise de Saint
Agnan , le nouvel Evêque trouva à la porte du
Cloître le Chantre,à la tête du Chapitre en Chapes
qui le reçût avec laCroix , l'Eau Benite et l'Encens,
et le conduisit à l'Eglise et delà dans la Sacristic
où après lui avoir lavé lés pieds , ses Aumoniers
lui mirent des Brodequins et des Sandales
de damas rouge , et le revêtirent par dessus
son Aube d'une Tunique , d'une Dalmatique ét
d'une Chape de même couleur,ils lui mirent une
Mitre en broderie d'or , et son anneau Pastoral
au doigt. Alors sa Crosse ayant été découverte
il donna sa Benediction solemnelle , ayant été
ensuite reconduit à l'Autel il y jura sur les Evangiles
la conservation des Priviléges de l'Eglise
de S. Agnan , comme ont fait tous ses Prédecesseurs
, donna la bénédiction au peuple, et fut
ins
814 MERCURE DE FRANCE
astallé dans la premiere Chaire du Choeur du
ôté droit vers l'Autel,en qualité de Chanoine.
tant sorti du Choeur , il s'assit dans un Fau
uil qui fut élevé par les quatre premieres Di
nitez du Chapitre de S.Agnan, assistées de leurs
Choristes qui le porterent jusqu'hors de leur
Cloître ; là leur ayant derechef donné sa béné
diction Episcopale , le fauteuil fut mis à bas, et le
nouvel Evêque s'assit dans un autre qui étoit
prepare,tandis que les Chanoines de S. Ågnan se
retirerent dans leur Eglise.
Le nouvel Evêque fit appeller par son Bailly
les quatre Barons ou Seigneurs qui sont obligez
de le porter depuis le Cloître de S. Agnan jusqu'à
son Eglise , et qu'il avoit fait sommer
quelques jours devant l'Entrée de s'y trouver
pour ce sujet. Ces quatre Seigneurs sont , le Bar
ron d'Yeure le Chastel , le Baron de Sully , le
Baron du Cheray et celui des Baronies d'Ascheres
et Rougemont qui s'y trouverent par des Gentilshommes
fondez de leurs procurations; après
quelques protestations de la part des Barons sur
la préséance , le fauteuil fut élevé sur les épaules
des gens de ces Gentilshommes qui mirent
chacun la main sur un des bouts duBrancard sur
lequel il étoit élevé . Après quoi chacun s'étant
mis en inarche on arriva à la vieille Porte de
Bourgogne ou tous les Magistrats de la Ville
s'étoient rendus avec le Prevôt des Maréchaux,
et y avoient fait conduire les Remissionaires
qui à la veuë du nouvel Evêque,se jetterent à ge-.
Doux et crierent trois fois Misericorde.
L'Oficial de l'Evêque harangua ensuite ce
Prélat et jura sur le Livre des Evangiles qu'il
avoit fait conduire tous les Prisonniers qui se
trouvaient dans les Prisons , et qu'il n'ep détenoit
AVRIL. 1734. 815
noit aucun ce que jurerent aussi le Lieutenane,
General au Bailliage et Siége Présidial ; un Conseiller
du Siége qui faisoit les fonctions du Lieutenant
Criminel absent , et le grand Prevôt de la
Maréchaussée. Le Lieutenant General, le Premier,
des Présidens du Présidial , et le Prevôt de la
Maréchaussée avoient harangué avant le serment
: quant aux Officiers de la Prevôté , le
Prevôt d'Orleans qui étoit en ville ne s'étant
point rendu à la Porte de Bourgogne , le Lieutenant
qui étoit à la tête des Officiers de son
Corps complimenta le nouvel Evêque ; mais il
refusa de prêter le serment , prétendant qu'il ne
le pouvoit faire n'ayant pû se transporter dans
les Prisons le Prevôt étant actuellement en
ville . ce qui suspendoit toutes fonctions de sa
part , on prit ensuite le serment des Geoliers des
deux Prisons qui marcherent à la tête des Remissionaires
qu'on fit marcher deux à deux à la
tête de la Procession , qui se remit en marche dans
le même ordre jusqu'à l'Eglise Cathedrale.
>
Le Lieutenant de la Prevôté protesta alors
contre le Prevôt de la Maréchaussée , qui avoit
obtenu un Arrêt du Conseil qui lui donnoit la
préséance en toutes Assemb ées publiques et
particulieres sur les Officiers de la Prevôté,et qui
en vertu de cet Arrêt avoit harangué avant lui ,
après quoi il se retira,
1
1
Les Officiers du Bailliage et Siége Présidial
priérent le nouvel Evêque de trouver bon qu'ils
ne suivissent pas la Procession à cause de la
grande foule , étant impossible qu'ils pussentmarcher
conjointement avec la Ville dans des
Ruës aussi étroites que le sont celles par où il
falloit passer ils se rendirent par un autre
chemin à la Cathedrale où ils prirent leur place
1 ij ordig
816 MERCURE DE FRANCE
Ordinaire dans les hautes stales du côté gauche
du Choeur.
Les nouveaux ouvrages qu'on fait pour les
Fondations des Tours de l'Eglise Cathédrale empêchant
qu'on ne put entrer dans le Cloître qui
conduit à la principale Porte , on fut obligé
d'avancer plus loin et d'entrer par un des Cloftres
des portes laterales vis - à - vis le grand Cimetiere
, sur quoi les Barons protesterent à ce
que cet allongement du chemin qu'ils étoient
obligez de faire ne leur put porter préjudice à
l'avenir , dont leur fut donné Acte.
Le nouvel Evêque étant arrivé à la Porte de
son Eglise qu'on avoit fermée, fut complimenté
par le Doyen qui lui fit jurer la conservation
des droits du Chapitre , lequel serment fait la
portefut ouverte et le Doyen en qualité de Grand
Archidiacre, dont la dignité est unie à la sienne ,
conduisant ce Prélat à l'Autel et sur son Trône, et
enfin dans une Stale de Chanoine P'installat
ainsi dans la possession de son Evêché avec les
cérémonies ordinaires. Le nouvel Evêque fut
ensuite conduit à la Sacristie où ayant pris une
Chasuble , il alla à l'Autel et célébra la Messe
pontificalement.
Mrs du Bailliage et Siége Présidial placez ;
comme on l'a dit, dans les hauts siéges du côté
gauche , le Corps de Ville et les Officiers de la
Bourgeoisie occupérent le côté droit du Choeur
entre les Chanoines et sur des siéges préparez
pour eux , ceux de la Prevôté et de l'Université
ne se trouverent point à l'Eglise , non plus que.
le Bureau des Financès , les Officiers des Eaux
et Forêts et l'Election , quoiqu'invitez à la cérémonie
les Remissionaires se répandirent
par toute l'Eglise .
La
AVRIL 817 1734
La Messe étant dite le nouvel Evêque fut reconduit
à son Palais où en entrant le Doyen lui
dit de se ressouvenir qu'il devoit ce jour là à
dîner à son Chapitre , à quoi ce Prélat répon
dit qu'il l'avoit fait inviter et qu'il l'invitoit en
core.
La table disposée en fer à cheval fut placée
an haut de la Galerie , le nouvel Evêque et
l'Evêque de Chartres qui étoit venu à Orleans .
pour voir la cérémonie , se placerent dans le
fond , entre les deux premieres dignitez de la
Cathedrale , les autres dignitez et les Chanoines
de cette Eglise occuperenr les deux côtez en dehors.
Les Chanoines de S. Aignan se placerent
dans le centre , ces derniers avoient quelque
tems avant l'Entrée presenté une Requête
M. l'Evêque pour obtenir un côté entier du
fer à cheval tandis que la Cathedrale occuperoit
l'autre côté , mais ce Prélat les ayant renvoyez
là- dessus à Mrs de la Cathédrale , ils s'étoient
pourvûs au Parlement où ils avoient obtenu un
Arrêt sur Requête qui leur confirmoit le côté
gauche par tout où ils se trouveroient avec la
Cathedrale ; mais comme il n'étoit point fait
mention de la table dans cet Arrêt , et comme
l'Evêque leur avoit declaré que le repas qu'il
donnoit à son Chapitre étoit d'obligation , au
lieu que pour eux ils ne s'y trouvoient que
comme invitez et par cérémonie , ils jugerent" à
propos de ne point faire signifier leur Arrêt et de
prendre au dîner les places qu'ils avoient occu
pées aux Entrées précedentes.
•
Après les Chanoines de S. Agnan étoient assis
les Dignitez des deux Collegiales de S. Pierre
Empont et de S. Pierre le Puellier et le Porte-
Crosse en qualité de Chapelain de l'Evêque.
I iij
11
818 MERCURE DE FRANCE
ity
avoit
une
autre
table
ou
mangerent
les
Parens
et autres
Personnes
de distinction
invitées
par
l'Evêque
, une
autre
où étoient
les Barons
et
quelques
Ecclesiastiques
; ce Prélat
donna
de
même
à dîner
au Corps
de Ville
et aux
Officiers
de la Bourgeoisie
dans
l'Hôtel
de
Ville
et dans
differentes
maisons
particulieres
, aux
Officiers
du
Bailliage
, de la Prevôté
, des
Eaux
et Forêts
,
au
Prevôr
de la Maréchaussée
, à l'Election
à l'Université
, et aux
Officiers
de la Justice
temporelle
.
>
Le repas fini , après que les Remissionaires qui
s'étoient tous rendus dans la cour du Palais Episcopal
curent entendus le Sermon qui leur fut fait,
le nouvel Evêque parut à une des fenêtres qui
donnent sur la cour ; aussi tôt qu'il parut les
Remissionaires s'étant mis à genoux ,crierent encore
trois fois Misericorde , M. l'Evêque leur fit
une Exhortation ; et leur ayant prononcé leur
Remission, il leur donna sa Bénédiction ; après
quoi on leur servit selon la coutume les restes de
la table.
On compte plus de 1300 Remissionaires d'écrouez
dans les prisons , dont plus de 1150 , ont
receu leurs Lettres de Grace. Le Bureau pour
l'examen des supliques étoit composé de M. l'Evêque
, de ses deux Grands Vicaires , de M. De
Paris de la Brosse , Conseiller de la cinquième
Chambre des Enquêtes du Parlement , de M. de
Héere Premier des Présidens au Présidial d'Orleans
, de M: Curaut , Lieutenant General au
Bailliage et Siége Présidial, du Prevôt d'Orleans
et d'un Conseiller au Bailliage , ils commencerent
à travailler à cet examen dès le 8 Février.
Il y a eu dans laChapelle Episcopale une Mission
établie pour l'instruction des Remissionaires
que
AVRIL 1734. 81
que le nouvel Evêque ouvrit par une Messe so
Temnelle qu'il y celebra le Dimanche 14. Fevrie
et après laquelle il prècha. Les RR . PP Jesuite
ont eu la direction de cette Mission , et s'en son
acquittez avec leur zele ordinaire.
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Résumé : ENTRÉE SOLEMNELLE de M. l'Evêque d'Orleans, faite le 2 Mars 1734.
Le 2 mars 1734, Nicolas Joseph de Paris, évêque d'Orléans, fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale. La veille, il se rendit à l'abbaye de la Cour Dieu, où il fut accueilli par le prieur et les religieux. Après une prière et une bénédiction, il soupa à l'hôtel abbatial. Le lendemain, il visita l'abbaye de Saint-Loup, où des contestations eurent lieu concernant sa visite. Il se rendit ensuite à l'abbaye de Saint-Euverte, où il fut reçu avec les mêmes cérémonies qu'à la Cour Dieu et accepta une ancienne redevance. Le jour de son entrée officielle, l'évêque fut conduit à l'église de Saint-Euverte, où il fut revêtu des habits liturgiques. Une procession débuta avec les pauvres de l'hôpital, suivie des communautés religieuses et des ecclésiastiques. En raison du temps incertain, les ecclésiastiques ne portaient pas de chapes. À l'église de Saint-Agnan, il fut reçu par le chantre et le chapitre, qui le conduisirent à la sacristie. Après avoir lavé ses pieds, il fut revêtu de nouveaux habits liturgiques et donna une bénédiction solennelle. Il jura ensuite la conservation des privilèges de l'église de Saint-Agnan et fut installé dans la première chaire du chœur. La procession se dirigea ensuite vers la cathédrale, où l'évêque fut complimenté par divers dignitaires et officiers. Des contestations eurent lieu concernant la préséance et les serments. L'évêque célébra la messe pontificalement et fut reconduit à son palais, où il dina avec les dignitaires et les chanoines. Des tables furent également préparées pour les parents, les personnes de distinction, les barons et les ecclésiastiques. L'évêque offrit un dîner au corps de ville et aux officiers de la bourgeoisie. Par ailleurs, une cérémonie de rémission des écroués eut lieu dans la cour du Palais Episcopal. Après un sermon et une exhortation de l'évêque, les remissionaires, agenouillés, crièrent trois fois 'Miséricorde'. L'évêque leur accorda la rémission et leur donna sa bénédiction, suivie de la distribution des restes du repas selon la coutume. Plus de 1300 remissionaires étaient incarcérés, dont plus de 1150 reçurent des lettres de grâce. Un bureau, composé de l'évêque, de ses vicaires, de conseillers du Parlement et du Bailliage, ainsi que du prévôt d'Orléans, examina les suppliques à partir du 8 février. Une mission d'instruction des remissionaires fut établie dans la chapelle épiscopale, ouverte par une messe et un sermon de l'évêque le 14 février. Les Jésuites dirigèrent cette mission avec zèle.
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2543
p. 819
« Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Début :
Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...]
Mots clefs :
Colonel, Brigadier, Roi, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Jean- Antoine-François de Franquetot , Comte
de Coigny , Colonel General des Dragons , par la
démission du Marquis de Coigny , son pere ,
ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure de Janvier
dernier , page 172. fut fait Brigadier des
Armées du Roy, le 15. du même mois de Janvier.
Le 13. Fvrier 1744. Antoine Marquis de Mon
ti , de Boulogne en Italie , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Brigadier d'Infanterie du
1. Février 1719. Ambassadeur ordinaire du Roy
en Pologne depuis 1729. et Colonel de Régiment
Royal Italien, Infanterie, par commission
da 17. Juillet 1731. fut nommé Maréchal de
Camp.
Charles- Louis de Biodos , Comte de Casteja , qui
été successivement Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , Guidon des Gendarmes Bourguignons
en 1708. Enseigne des Gendarmes de Bretagne
, Gouverneur des Ville et Château de Saint
Dizier en Champagne , le 31. Mars 1718. actuellement
Ministre et Plénipotentiaire du Roy
à la Cour de Suede , depuis 1727. et enfin Sous-
Lieutenant des Chevaux- Legers d'Orleans , depuis
le mois de Décembre 1731. a été nommé
en même-temps Brigadier de Cavalerie.
de Coigny , Colonel General des Dragons , par la
démission du Marquis de Coigny , son pere ,
ainsi qu'on l'a marqué dans le Mercure de Janvier
dernier , page 172. fut fait Brigadier des
Armées du Roy, le 15. du même mois de Janvier.
Le 13. Fvrier 1744. Antoine Marquis de Mon
ti , de Boulogne en Italie , Chevalier de l'Ordre
Militaire de S. Louis , Brigadier d'Infanterie du
1. Février 1719. Ambassadeur ordinaire du Roy
en Pologne depuis 1729. et Colonel de Régiment
Royal Italien, Infanterie, par commission
da 17. Juillet 1731. fut nommé Maréchal de
Camp.
Charles- Louis de Biodos , Comte de Casteja , qui
été successivement Colonel d'un Régiment
d'Infanterie , Guidon des Gendarmes Bourguignons
en 1708. Enseigne des Gendarmes de Bretagne
, Gouverneur des Ville et Château de Saint
Dizier en Champagne , le 31. Mars 1718. actuellement
Ministre et Plénipotentiaire du Roy
à la Cour de Suede , depuis 1727. et enfin Sous-
Lieutenant des Chevaux- Legers d'Orleans , depuis
le mois de Décembre 1731. a été nommé
en même-temps Brigadier de Cavalerie.
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Résumé : « Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, Colonel General des Dragons, par la [...] »
Le texte décrit des promotions militaires et diplomatiques en France au XVIIIe siècle. Jean-Antoine-François de Franquetot, Comte de Coigny, a succédé à son père comme Colonel Général des Dragons et a été nommé Brigadier des Armées du Roy le 15 janvier. Antoine Marquis de Monti, Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis et Brigadier d'Infanterie depuis le 1er février 1719, Ambassadeur en Pologne depuis 1729 et Colonel du Régiment Royal Italien, a été promu Maréchal de Camp le 13 février 1744. Charles-Louis de Biodos, Comte de Casteja, a occupé divers postes militaires et diplomatiques, notamment Colonel d'Infanterie, Guidon des Gendarmes Bourguignons, Enseigne des Gendarmes de Bretagne, Gouverneur de Saint-Dizier, Ministre et Plénipotentiaire à la Cour de Suède, et Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers d'Orléans. Il a été nommé Brigadier de Cavalerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2544
p. 820-826
PROMOTION de Lieutenant[s] Generaux, de Maréchaux de Camp et de Brigadiers, signée par le Roy le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7. Mars.
Début :
Lieutenans Generaux. Jean-Charles de Bournel de Namps, Marquis de [...]
Mots clefs :
Lieutenants généraux, Maréchal de camp, Régiment, Brigadier, Ordre de Saint-Louis, Mestre de camp, Régiment de cavalerie
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texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Lieutenant[s] Generaux, de Maréchaux de Camp et de Brigadiers, signée par le Roy le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7. Mars.
PROMOTION de Lieutenant
Generaux , de Maréchaux de Camp
et de Brigadiers , signée par le Roy
le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7.
Mars.
Lieutenans Generaux.
Jean- Charles de Bournel de Namps , Marquis
de Monchi , en 1666. Colonel d'Infanterie en
1695. Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis
en 1703. Brigadier le 10. Février 1704. Maréchal
de Camp le 19. Mars 1710. et fut fait Commandeur
de l'Ordre de S. Louis , au mois de
May 1716 .
Alexandre- Louis - Philippe de Foüilleuse , Marquis
de Flavacourt , il a long- temps servi en Espagne
, où il étoit devenu Officier General , et
étant revenu en France après la mort du Roy
Louis XIV, Il fut fait Maréchal de Camp le 11 .
Février 1718.
Jacques de Vassal, Seigneur , Marquis de Montviel
, il fut fait Brigadier le 23. Décembre 1701 .
il eut la Croix de S. Louis en 1703. servit en
Flandres en 1709. en qualité de Maréchal des
Logis de l'Armée , fut fait Inspecteur general
d'Infanterie le 25. May 1716. et Maréchal de
Camp le 8. Mars 1718 .
Jean - Louis d'Hautefort , appellé le Comte
d'Hautefort-Bozen , Lieutenant de Roy en Périgord.
Il fut fait au mois de Novembre
1695. Colonel d'un Régiment d'Infanterie
qui fut réformé en 1697. il eut permission
au mois de Janvier 1701. de lever un nouveau
Régiment , mais il fut fait la même année
Colonel
AVRIL. 1
821
1 734.1
Colonel -Lieutenant de celui de Toulouze , Infanterie
, Brigadier , le 26. Octobre 1704. Chevalier
de S. Louis en 1705. Maréchal de Camp
le 8. Mars 1718. Gouverneur des Ville , Chateau
et Fort de S. Malo le 20. Juillet 1727 .
Louis - François de Bouschet , Comte de Sourches
, il fut d'abord Enseigne au Régiment des
Gardes Françoises , puis au mois de Novembre
mil six cent quatre- vingt quinze , Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , qui fut réformé en
1697. il fut remplacé le 17. Octobre, 1703. Je
Roy lui ayant donné celui de Sanzay, et il fut fait
Brigadier le 26. Octobre 1704. il eut au mois de
Septembre 1706. le Régiment de Vaudreuil , auparavant
Sourches , Chef de Brigade , et fut nom .
mé Maréchal de Camp le 5. Mars 1718. il a été
autrefois connu sous le nom de Chevalier de
Sourches , ayant été reçû dans l'Ordre de Malthe
le 19. Février 1693. il quitta la Croix de
Malthe en se mariant en 1715. il est frere puîné
de Louis de Bouschet , Comte de Montsoreau ,
Grand- Prévôt de France , et Lieutenant General
des Armées du Roy.
›
N.... de Lastic , Seigneur de Siougent. Il fut
d'abord Enseigne au Régiment des Gardes Françoises
, puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
au mois de Novembre 1695. réfor
mé après la Paix de Riswik , Chevalier de
S. Louis en 1703. Brigadier le 26. Octobre 1704
Colonel du Régiment de Bearn au mois de Décembre
1714, et enfin Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718.
Louis du Plessis-Chastillon , Marquis dudit Licu
et de Nonant. Il fut fait Colonel du Régiment
de Provence, Infanterie, le 9. Mars 1700. Briga4-
dier le 26. Octobre 1704. et Maréchal de Camp
e 3. Mars 1718, Louis
22 MERCURE DE FRANCE
Louis-François de Saint Simon , Marquis de
Sandricourt. Il fut fait Mestre de Camp du Régiment
de Berry , Cavalerie , en 1702. Brigadier
le 14. Octobre 1705. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
N.... de Vassignac , Sieur de la Loge d'Imécourt.
Il fut Lieutenant Colonel du Régiment de
Fourbin , Cavalerie , avec Brevet de Mestre de
Camp , créé Brigadier le 7. Mars 1706. depuis
Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie ,
cy- devant Croy, réformé en 1714.après la Paix
d'Utrecht , et enfin fait Maréchal de Camp le .
Mars 1718 .
·
Nicolas Alexandre le Cordier , Marquis du
Troncq . Il fut fait en 1702. Mestre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie , cy- devant Narbonne ,
Chevalier de S. Louis , Brigadier le 12. Octobre
1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars 1718.
Gabriel de Melun , des Vicomtes de Gand , Cadets
des Princes d'Espinoy , appellé le Vicomte de
Melun , et Commandant à Abbeville. Il fut d'abord
Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
d'Alexandre Comte de M.lun , son frere aîné ,
et en fut fait Mestre de Camp par sa démission ,
au mois de Décembre 1702. Brigadier le 12 .
Octobre 1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars
1718.
N .... de Carion de Nizas , étant Colonel
d'Infanterie réformé , et commandant le Régiment
de la Marine , il fut fait Colonel de celui
de Tierache au mois d'Août 1702 puis Brigadier
le 16. Août 1707. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
• Gilles , Marquis de Trecesson , en Bretagne ,
Seigneur de Berneant et de la Lande , & c. Il fut
d'abord Capitaine dans le Régiment Royal Artil
lerie ,
AVRIL. 1734. 823
lerie , puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
en 1695. fait Brigadier le 10.Février 1704. et
Chevalier de S. Louis en 1705. Maréchal de
Camp le premier Février 1719.
Louis - Jean - Baptiste Goyon de Matignon , Comte
de Gacé , et de Montmartin , Baron de Gié ,
appellé le Comte de Matignon , fut fait Mestre
de Camp , Lieutenant du Régiment de Tou-
Jouze , Cavalerie , au mois de Février 1702 .
obtint au mois de Septembre 1706. le Régiment
Dauphin Etranger , et fait Brigadier
le 29. Janvier 1709. il fut pourvû du Gouvernement
et de la Lieutenance generale des Païs
d'Aunis , Ville et Gouvernement de la Rochelle,
Ile de Ré, Brouage, Oleron , Païs et Iſles adjacentes
, sur la démission du Maréchal de Matignon
, son pere , par Lettres du 25. May 1710.
le Gouvernement particulier des Ville et Tour de
la Rochelle, fut réuni en sa faveur au Gouverne .
ment et à la Lieutenance generale du Païs d'Aunis
, par Lettres du 2. Février 17 17. il fut créé
Maréchal de Camp le premier Février 1719. et
ayant été proposé le 2 Février 1724. pour être
Chevalier des Ordres du Roy , il en reçut la
Croix et le Collier le 3. Juin suivant.
Charles le Gendre , Seigneur de Berville , de
Romilly , de Fourneau et de Livarot ; il fut fait
Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment Colonel
General des Dragons , en Janvier 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. Maréchal de Camp
le premier Février 1719. et enfin Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , par expectative,
au mois de Septembre 1721.
Maximilien de la Roche de Vernassal , il obtint
un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie ,
étant Exempt des Gardes du Corps , au mois de
I vj
Février
824 MERCURE DE FRANCE
Février 1702. et fut fait Ayde- Major au mois de
Janvier 1703. il en devint depuis successivement
Enseigne et Lieutenant. Il fut fait Brigadier le
29. Janvier 1709. Maréchal de Camp le premier
Février 1719. et Gouverneur de Rocroy au mois
de Juin 1730.
André - Joseph d'Aubusson , Seigneur de Castelnouvel
, Marquis de S. Paul , &c. étant Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de la Feuillade
, il en fut fait Mestre de Camp par la démission
du Duc de la Feüillade , en 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. et Maréchal de Camp
le premier Février 1719..
N..... de Tarneau , il fut fait . Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , en 1702.
Brigadier le 29. Janvier 1709. Inspecteur General
de Cavalerie le 2. Mars 1712. et Maréchal
de Camp le premier Février 1719.
Pons Auguste Sublet , Marquis d'Heudicourt ,
Seigneur de S. Paire , Bezu , S. Eloy' , la Brosse ,
le Mesnil, Boischarmant en Saintonge, &c . Il fut
fait Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie
, cy- devant vivant , en Décembre 1702. Che
va lier de S. Louis , Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719
il est Grand-Louvetier de France , ayant été
pourvû de cette Charge par la démission de feu
son pere , au mois d'Avril 1718 ..
Charles- Cesar de Flahaut , Seigneur de la Billarderie
, et de S. Remy en l'Eau , étant Lieute
hant-Colonel du Régiment de Cavalerie de Brissac
; il fut fait Exempt des Gardes du Corps da
Roy , en 1701. eut un Brevet de Mestre de Camp
en 1702. et la Croix de S. Louis en 1795 f
fait au mois de Décembre de la même année Ensegne
des Gardes du Corps dans la premiere
1
fut
Com
AVRIL 1734. 829
Compagnie , dont ensuite il devint Lieute
nant. Fut nommé Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719.
Commandeur de l'Ordre de S. Louis par expectative
, au mois de Décembre suivant ; eut une
place vacante de Commandeur , avec la pension
de 3000. livres au mois de May 1721. et fur
fait Gouverneur de S. Venant , au mois de Décembre
1725 .
Guy- Auguste de Rohan- Chabot , appellé le
Comte de Chabot . Il est né le 18. Avril 1683. il
fut fait Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons
, cy- devant de Sainte- Hermine , au mois
de Décembre 1702. Brigadier le 29. Janvier .
1709. Chevalier de S. Louis , et Maréchal de
Camp le premier Février 1719 .
Jacques de Badier , Seigneur de Verseilles. Il fut
Capitaine dans le Régiment du Roy , Cheva
lier de S. Louis en 1704. puis Mestre de Camp
d'un Régiment de Hussarts ; fait Maréchal Ge
neral des Logis des Camps et Armées du Roy au
mois de Mars 1708. Brigadier de Cavalerie le
29. Janvier 1709. servit la même année et les
suivantes en Allemagne , en qualité de Maréchal
des Logis de l'Armée , fut fait Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordré Militaire de S. Louis.
N... de Pardaillan , Marquis de Bonas-
Gondrin , il a été Lieutenant- Colonel du Régiment
de Ruffey , depuis Marsillac , eut un Bré
vet de Mestre de Camp au mois de Mars 1705 .
et la Croix de S. Louis la même année . Il fut
fair Brigadier le 29. Janvier 1709. Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordre de S. Louis .
N...de S. Perrier , Chevalier de S. Louis
depuis
826 MERCURE DE FRANCE
depuis 1705. Lieutenant General d'Artillerie ,
fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars 1710.
étant alors Chef de l'Artillerie en Espagne ,
réchal de Camp du premier Février 1719.
Ma
N…….. de Valliere , Lieutenant General d'Artillerie
; il fut dabord Capitaine d'une Compagaie
de Mineurs , fait Chevalier de S. Louis
en 1705. Brigadier d'Infanterie le 9. Décembre
1170. Maréchal de Camp le premier Février
1719. et Inspecteur General des Ecoles et Instructions
des Bataillons du Régiment Royal Artillerie
, au mois de Février 1720, il en eut la
Direction generale au mois de Mars 1726. Il
est aussi Commandeur de l'Ordre de S. Louis.
On donnera la Liste des Maréchaux de
Camp dans le prochain Mercure .
Generaux , de Maréchaux de Camp
et de Brigadiers , signée par le Roy
le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7.
Mars.
Lieutenans Generaux.
Jean- Charles de Bournel de Namps , Marquis
de Monchi , en 1666. Colonel d'Infanterie en
1695. Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis
en 1703. Brigadier le 10. Février 1704. Maréchal
de Camp le 19. Mars 1710. et fut fait Commandeur
de l'Ordre de S. Louis , au mois de
May 1716 .
Alexandre- Louis - Philippe de Foüilleuse , Marquis
de Flavacourt , il a long- temps servi en Espagne
, où il étoit devenu Officier General , et
étant revenu en France après la mort du Roy
Louis XIV, Il fut fait Maréchal de Camp le 11 .
Février 1718.
Jacques de Vassal, Seigneur , Marquis de Montviel
, il fut fait Brigadier le 23. Décembre 1701 .
il eut la Croix de S. Louis en 1703. servit en
Flandres en 1709. en qualité de Maréchal des
Logis de l'Armée , fut fait Inspecteur general
d'Infanterie le 25. May 1716. et Maréchal de
Camp le 8. Mars 1718 .
Jean - Louis d'Hautefort , appellé le Comte
d'Hautefort-Bozen , Lieutenant de Roy en Périgord.
Il fut fait au mois de Novembre
1695. Colonel d'un Régiment d'Infanterie
qui fut réformé en 1697. il eut permission
au mois de Janvier 1701. de lever un nouveau
Régiment , mais il fut fait la même année
Colonel
AVRIL. 1
821
1 734.1
Colonel -Lieutenant de celui de Toulouze , Infanterie
, Brigadier , le 26. Octobre 1704. Chevalier
de S. Louis en 1705. Maréchal de Camp
le 8. Mars 1718. Gouverneur des Ville , Chateau
et Fort de S. Malo le 20. Juillet 1727 .
Louis - François de Bouschet , Comte de Sourches
, il fut d'abord Enseigne au Régiment des
Gardes Françoises , puis au mois de Novembre
mil six cent quatre- vingt quinze , Colonel d'un
Régiment d'Infanterie , qui fut réformé en
1697. il fut remplacé le 17. Octobre, 1703. Je
Roy lui ayant donné celui de Sanzay, et il fut fait
Brigadier le 26. Octobre 1704. il eut au mois de
Septembre 1706. le Régiment de Vaudreuil , auparavant
Sourches , Chef de Brigade , et fut nom .
mé Maréchal de Camp le 5. Mars 1718. il a été
autrefois connu sous le nom de Chevalier de
Sourches , ayant été reçû dans l'Ordre de Malthe
le 19. Février 1693. il quitta la Croix de
Malthe en se mariant en 1715. il est frere puîné
de Louis de Bouschet , Comte de Montsoreau ,
Grand- Prévôt de France , et Lieutenant General
des Armées du Roy.
›
N.... de Lastic , Seigneur de Siougent. Il fut
d'abord Enseigne au Régiment des Gardes Françoises
, puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
au mois de Novembre 1695. réfor
mé après la Paix de Riswik , Chevalier de
S. Louis en 1703. Brigadier le 26. Octobre 1704
Colonel du Régiment de Bearn au mois de Décembre
1714, et enfin Maréchal de Camp le 8.
Mars 1718.
Louis du Plessis-Chastillon , Marquis dudit Licu
et de Nonant. Il fut fait Colonel du Régiment
de Provence, Infanterie, le 9. Mars 1700. Briga4-
dier le 26. Octobre 1704. et Maréchal de Camp
e 3. Mars 1718, Louis
22 MERCURE DE FRANCE
Louis-François de Saint Simon , Marquis de
Sandricourt. Il fut fait Mestre de Camp du Régiment
de Berry , Cavalerie , en 1702. Brigadier
le 14. Octobre 1705. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
N.... de Vassignac , Sieur de la Loge d'Imécourt.
Il fut Lieutenant Colonel du Régiment de
Fourbin , Cavalerie , avec Brevet de Mestre de
Camp , créé Brigadier le 7. Mars 1706. depuis
Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie ,
cy- devant Croy, réformé en 1714.après la Paix
d'Utrecht , et enfin fait Maréchal de Camp le .
Mars 1718 .
·
Nicolas Alexandre le Cordier , Marquis du
Troncq . Il fut fait en 1702. Mestre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie , cy- devant Narbonne ,
Chevalier de S. Louis , Brigadier le 12. Octobre
1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars 1718.
Gabriel de Melun , des Vicomtes de Gand , Cadets
des Princes d'Espinoy , appellé le Vicomte de
Melun , et Commandant à Abbeville. Il fut d'abord
Capitaine dans le Régiment de Cavalerie
d'Alexandre Comte de M.lun , son frere aîné ,
et en fut fait Mestre de Camp par sa démission ,
au mois de Décembre 1702. Brigadier le 12 .
Octobre 1706. et Maréchal de Camp le 8. Mars
1718.
N .... de Carion de Nizas , étant Colonel
d'Infanterie réformé , et commandant le Régiment
de la Marine , il fut fait Colonel de celui
de Tierache au mois d'Août 1702 puis Brigadier
le 16. Août 1707. et Maréchal de Camp le
8. Mars 1718.
• Gilles , Marquis de Trecesson , en Bretagne ,
Seigneur de Berneant et de la Lande , & c. Il fut
d'abord Capitaine dans le Régiment Royal Artil
lerie ,
AVRIL. 1734. 823
lerie , puis Colonel d'un Régiment d'Infanterie
en 1695. fait Brigadier le 10.Février 1704. et
Chevalier de S. Louis en 1705. Maréchal de
Camp le premier Février 1719.
Louis - Jean - Baptiste Goyon de Matignon , Comte
de Gacé , et de Montmartin , Baron de Gié ,
appellé le Comte de Matignon , fut fait Mestre
de Camp , Lieutenant du Régiment de Tou-
Jouze , Cavalerie , au mois de Février 1702 .
obtint au mois de Septembre 1706. le Régiment
Dauphin Etranger , et fait Brigadier
le 29. Janvier 1709. il fut pourvû du Gouvernement
et de la Lieutenance generale des Païs
d'Aunis , Ville et Gouvernement de la Rochelle,
Ile de Ré, Brouage, Oleron , Païs et Iſles adjacentes
, sur la démission du Maréchal de Matignon
, son pere , par Lettres du 25. May 1710.
le Gouvernement particulier des Ville et Tour de
la Rochelle, fut réuni en sa faveur au Gouverne .
ment et à la Lieutenance generale du Païs d'Aunis
, par Lettres du 2. Février 17 17. il fut créé
Maréchal de Camp le premier Février 1719. et
ayant été proposé le 2 Février 1724. pour être
Chevalier des Ordres du Roy , il en reçut la
Croix et le Collier le 3. Juin suivant.
Charles le Gendre , Seigneur de Berville , de
Romilly , de Fourneau et de Livarot ; il fut fait
Mestre de Camp, Lieutenant du Régiment Colonel
General des Dragons , en Janvier 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. Maréchal de Camp
le premier Février 1719. et enfin Commandeur
de l'Ordre Militaire de S. Louis , par expectative,
au mois de Septembre 1721.
Maximilien de la Roche de Vernassal , il obtint
un Brevet de Mestre de Camp de Cavalerie ,
étant Exempt des Gardes du Corps , au mois de
I vj
Février
824 MERCURE DE FRANCE
Février 1702. et fut fait Ayde- Major au mois de
Janvier 1703. il en devint depuis successivement
Enseigne et Lieutenant. Il fut fait Brigadier le
29. Janvier 1709. Maréchal de Camp le premier
Février 1719. et Gouverneur de Rocroy au mois
de Juin 1730.
André - Joseph d'Aubusson , Seigneur de Castelnouvel
, Marquis de S. Paul , &c. étant Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de la Feuillade
, il en fut fait Mestre de Camp par la démission
du Duc de la Feüillade , en 1702. Brigadier
le 29. Janvier 1709. et Maréchal de Camp
le premier Février 1719..
N..... de Tarneau , il fut fait . Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , en 1702.
Brigadier le 29. Janvier 1709. Inspecteur General
de Cavalerie le 2. Mars 1712. et Maréchal
de Camp le premier Février 1719.
Pons Auguste Sublet , Marquis d'Heudicourt ,
Seigneur de S. Paire , Bezu , S. Eloy' , la Brosse ,
le Mesnil, Boischarmant en Saintonge, &c . Il fut
fait Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie
, cy- devant vivant , en Décembre 1702. Che
va lier de S. Louis , Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719
il est Grand-Louvetier de France , ayant été
pourvû de cette Charge par la démission de feu
son pere , au mois d'Avril 1718 ..
Charles- Cesar de Flahaut , Seigneur de la Billarderie
, et de S. Remy en l'Eau , étant Lieute
hant-Colonel du Régiment de Cavalerie de Brissac
; il fut fait Exempt des Gardes du Corps da
Roy , en 1701. eut un Brevet de Mestre de Camp
en 1702. et la Croix de S. Louis en 1795 f
fait au mois de Décembre de la même année Ensegne
des Gardes du Corps dans la premiere
1
fut
Com
AVRIL 1734. 829
Compagnie , dont ensuite il devint Lieute
nant. Fut nommé Brigadier le 29. Janvier 1709
et Maréchal de Camp le premier Février 1719.
Commandeur de l'Ordre de S. Louis par expectative
, au mois de Décembre suivant ; eut une
place vacante de Commandeur , avec la pension
de 3000. livres au mois de May 1721. et fur
fait Gouverneur de S. Venant , au mois de Décembre
1725 .
Guy- Auguste de Rohan- Chabot , appellé le
Comte de Chabot . Il est né le 18. Avril 1683. il
fut fait Mestre de Camp d'un Régiment de Dragons
, cy- devant de Sainte- Hermine , au mois
de Décembre 1702. Brigadier le 29. Janvier .
1709. Chevalier de S. Louis , et Maréchal de
Camp le premier Février 1719 .
Jacques de Badier , Seigneur de Verseilles. Il fut
Capitaine dans le Régiment du Roy , Cheva
lier de S. Louis en 1704. puis Mestre de Camp
d'un Régiment de Hussarts ; fait Maréchal Ge
neral des Logis des Camps et Armées du Roy au
mois de Mars 1708. Brigadier de Cavalerie le
29. Janvier 1709. servit la même année et les
suivantes en Allemagne , en qualité de Maréchal
des Logis de l'Armée , fut fait Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordré Militaire de S. Louis.
N... de Pardaillan , Marquis de Bonas-
Gondrin , il a été Lieutenant- Colonel du Régiment
de Ruffey , depuis Marsillac , eut un Bré
vet de Mestre de Camp au mois de Mars 1705 .
et la Croix de S. Louis la même année . Il fut
fair Brigadier le 29. Janvier 1709. Maréchal de
Camp le premier Février 1719. et depuis aussi
Commandeur de l'Ordre de S. Louis .
N...de S. Perrier , Chevalier de S. Louis
depuis
826 MERCURE DE FRANCE
depuis 1705. Lieutenant General d'Artillerie ,
fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars 1710.
étant alors Chef de l'Artillerie en Espagne ,
réchal de Camp du premier Février 1719.
Ma
N…….. de Valliere , Lieutenant General d'Artillerie
; il fut dabord Capitaine d'une Compagaie
de Mineurs , fait Chevalier de S. Louis
en 1705. Brigadier d'Infanterie le 9. Décembre
1170. Maréchal de Camp le premier Février
1719. et Inspecteur General des Ecoles et Instructions
des Bataillons du Régiment Royal Artillerie
, au mois de Février 1720, il en eut la
Direction generale au mois de Mars 1726. Il
est aussi Commandeur de l'Ordre de S. Louis.
On donnera la Liste des Maréchaux de
Camp dans le prochain Mercure .
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Résumé : PROMOTION de Lieutenant[s] Generaux, de Maréchaux de Camp et de Brigadiers, signée par le Roy le 20. Fevrier 1734. et déclarée le 7. Mars.
Le document présente une liste de promotions militaires signées par le roi le 20 février 1734 et déclarées le 7 mars 1734. Ces promotions concernent des Lieutenants Généraux, des Maréchaux de Camp et des Brigadiers. Voici les points essentiels concernant les Lieutenants Généraux : Jean-Charles de Bournel de Namps, Marquis de Monchy, a été Colonel d'Infanterie en 1695, Chevalier de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1703, Brigadier en 1704, Maréchal de Camp en 1710, et Commandeur de l'Ordre de S. Louis en mai 1716. Alexandre-Louis-Philippe de Foüilleuse, Marquis de Flavacourt, a servi en Espagne et est devenu Officier Général. Revenu en France après la mort de Louis XIV, il fut fait Maréchal de Camp en 1718. Jacques de Vassal, Seigneur, Marquis de Montviel, a été Brigadier en 1701, Chevalier de S. Louis en 1703, Maréchal de Camp en 1718, et a servi en Flandres en 1709. Jean-Louis d'Hautefort, Comte d'Hautefort-Bozen, a été Lieutenant de Roi en Périgord, Colonel d'Infanterie en 1695, Brigadier en 1704, Chevalier de S. Louis en 1705, Maréchal de Camp en 1718, et Gouverneur de Saint-Malo en 1727. Louis-François de Bouschet, Comte de Sourches, a été Enseigne au Régiment des Gardes Françoises, Colonel d'Infanterie en 1695, Brigadier en 1704, Maréchal de Camp en 1718, et anciennement Chevalier de Malthe. N.... de Lastic, Seigneur de Siougent, a été Enseigne au Régiment des Gardes Françoises, Colonel d'Infanterie en 1695, Chevalier de S. Louis en 1703, Brigadier en 1704, et Maréchal de Camp en 1718. Louis du Plessis-Chastillon, Marquis de Nonant, a été Colonel du Régiment de Provence en 1700, Brigadier en 1704, et Maréchal de Camp en 1718. Louis-François de Saint Simon, Marquis de Sandricourt, a été Mestre de Camp du Régiment de Berry en 1702, Brigadier en 1705, et Maréchal de Camp en 1718. N.... de Vassignac, Sieur de la Loge d'Imécourt, a été Lieutenant Colonel du Régiment de Fourbin, Brigadier en 1706, et Maréchal de Camp en 1718. Nicolas Alexandre le Cordier, Marquis du Troncq, a été Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1702, Chevalier de S. Louis, Brigadier en 1706, et Maréchal de Camp en 1718. Gabriel de Melun, Vicomte de Melun, a été Capitaine puis Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie en 1702, Brigadier en 1706, et Maréchal de Camp en 1718. N.... de Carion de Nizas a été Colonel d'Infanterie réformé, Brigadier en 1707, et Maréchal de Camp en 1718. Gilles, Marquis de Trecesson, a été Capitaine puis Colonel d'Infanterie en 1695, Brigadier en 1704, Chevalier de S. Louis en 1705, et Maréchal de Camp en 1719. Louis-Jean-Baptiste Goyon de Matignon, Comte de Matignon, a été Mestre de Camp Lieutenant du Régiment de Touloze en 1702, Brigadier en 1709, Maréchal de Camp en 1719, et Chevalier des Ordres du Roy en 1724. Charles le Gendre, Seigneur de Berville, a été Mestre de Camp Lieutenant du Régiment Colonel Général des Dragons en 1702, Brigadier en 1709, Maréchal de Camp en 1719, et Commandeur de l'Ordre Militaire de S. Louis en 1721.
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2545
p. 968
RUSSIE.
Début :
Le Roy de Suede a chargé son Ministre à la Cour de Petersbourg, de déclarer à la Czarine, [...]
Mots clefs :
Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Roy de Suede a chargé son Ministre à la
Cour de Petersbourg , de déclarer à la Czarine
, qui lui avoit fait témoigner quelque inquiétude
au sujet de la Flore qu'il fait équiper ,
que toutes les Puissances du Nord préparant des
Armements considerables , il s'est cru dans la
necessité de suivre leur exemple , et qu'il est résolu
de soutenir la liberté du commerce dans la
Mer Baltique contre tous ceux qui entrepren
dront d'y mettre obstacle.
La plupart des Seigneurs et des Gentilshommes
qui possedent des Terres dans les Provinces
cedées par la Suede au feu Czar Pierre I. ont
demandé à Sa Majesté Czarienne la permission
de se rendre à Stokholm , pour y assister à l'Assemblée
des Etats du Royaume de Suede..
E Roy de Suede a chargé son Ministre à la
Cour de Petersbourg , de déclarer à la Czarine
, qui lui avoit fait témoigner quelque inquiétude
au sujet de la Flore qu'il fait équiper ,
que toutes les Puissances du Nord préparant des
Armements considerables , il s'est cru dans la
necessité de suivre leur exemple , et qu'il est résolu
de soutenir la liberté du commerce dans la
Mer Baltique contre tous ceux qui entrepren
dront d'y mettre obstacle.
La plupart des Seigneurs et des Gentilshommes
qui possedent des Terres dans les Provinces
cedées par la Suede au feu Czar Pierre I. ont
demandé à Sa Majesté Czarienne la permission
de se rendre à Stokholm , pour y assister à l'Assemblée
des Etats du Royaume de Suede..
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Résumé : RUSSIE.
Le roi de Suède a chargé son ministre à Petersbourg de rassurer la czarine sur l'armement de la flotte suédoise, la Flore, en raison des préparatifs militaires des autres puissances du Nord et pour protéger le commerce en mer Baltique. Parallèlement, des seigneurs suédois ont demandé à la czarine la permission de se rendre à Stockholm pour l'Assemblée des États.
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2546
p. 968-970
POLOGNE.
Début :
Selon diverses Lettres de Dantzick, les Ennemis ont attaqué le poste du Ohre que le Capitaine [...]
Mots clefs :
Troupes, Gdańsk, Comte de Munich, Lettres, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Elon diverses Lettres de Dantzick , les Enne.
S mis ont attaqué le poste du Obre que le Ga-
"'
pitaine Fraissinet gardoit avec soo Soldats de la
Garnison et ils s'en sont emparez après avoir
perdu 600 homines , du nombre desquels sont
un Colonel , un Lieutenant Colonel et & autres
Officiers . Le Capitaine Fraissinet reçut en cette
occasion plusieurs blessures dont il est mort
deux jours après à Dantzick , étant également
regretté du Roy , des Troupes et de tous les ha
bitants-
>
Le
MAY 1734: 959
"
Le Comte de Munich a fait faire de nouvelles
propositions aux habitants de cette Ville , pour
les engager à se soumettre aux volontez de la
Czarine , et à abandonner le parti du Roy pour
suivre celui de l'Electeur de Saxe mais ils les
ont rejettées avec toute la fermeté qu'on avoit
lieu d'attendre de leur zele pour Sa Majesté , et
de leur attachement pour l'honneur de la liberté
de la Nation ; ils montrent même toujours plus
d'ardeur à se défendre jusqu'à la derniere extremité
, et à tout sacrifier pour éviter le joug auquel
on veut les asservir.
Nouvelles menaces furent encore reçûes à Dantzick
le27du mois dernier, apportées par unOfficier
et contenuës dans une Lettre adressée aux Magistrats
par le Comte de Munich , portant que cc
General a ordre de la Czarine de commencer
le bombardement de la Ville aussi-tôt que l'artillerie
qu'on attend sera arrivée , et de ne le
cesser que lorsque les habitants se seront rendus
à discretion , ou que la Ville aura été emportée
d'assaut , et que les Etrangers , Négociants ou
autres qui se trouvent dans la Ville , et qui vou
dront se garantir du peril dont elle est menaçée,
auront jusqu'à un certain tems la liberté d'en
sortir et de se retirer , soit par eau à Elbing
soit par terre au Camp des Assiegeants , pour se
rendre où ils jugeront à propos.
Le General Moscovite ajoute dans cette Lettre
que si quelques Troupes Etrangeres tentent un
débarquement pour venir au secours de la Ville,
il fera raser non seulement les Fauxbourgs , mais
encore toutes les habitations qui se trouvent dans
les environs ,afin d'ôter à ces Troupes les moyens.
de s'y établir. Toutes ces menaces de la pars
des Ennemis n'ont pas fait plus d'impression sur.
975 MERCURE DE FRANCE
Les habitants que les autres moyens auxquels le
Comte de Munich a eû recours pour ébranler
leur filelité , et pour les engiger à reconnoître
P'Electeur de Saxe.
Le premier May , un Détachement de la Gar
nison fit un: sortie , et attaqua avec tant de valeur
le poste de Schiedlitz , occupé par les Enne
mis , qu'on s'en seroit rendu maître , si le Comte
de Munich n'eût porté ses principales forces de
ce côté pour obliger les Polonois de se retirer . Les
Moscovites ont Р rda en cette occasion quelques
Officiers de distinction , du nombre desquels est
M Hrmann , M. Brown , Major General dans
leurs Troupes , y a reçu une blessure dange▾
reuse .
Les dernieres Lettres de Dantzick dattées du
10 de ce mois , marquent que la nuit précedente
les Moscovites avoint tenté d'emporter par esca
la de le Fort de Hagelsberg , mais qu'ils n'avoient
pû réussir dans ce dessein, les troupes qui étoient
dans ce Fort s'étant défenduës avec beaucoup de
valeur. Ces Lettres ajoûtent que le Roy de Pologne
ayant été averti de l'attaque de ce Fort, avoit
fait sortir de la Ville des Troupes pour charger
les Assiégeans qui furent obligez de prendre la
fuite après un combat de cinq heures , dans lequel
ils ont perdu beaucoup de monde , et plusieurs
de leurs principaux Officiers. On a apris par
quelques Lettres venues en même temps , que les
Troupes Françoises étoient arrivées à Dantzick,
et que le ro elles avoient commencé à débar◄
quer.
Elon diverses Lettres de Dantzick , les Enne.
S mis ont attaqué le poste du Obre que le Ga-
"'
pitaine Fraissinet gardoit avec soo Soldats de la
Garnison et ils s'en sont emparez après avoir
perdu 600 homines , du nombre desquels sont
un Colonel , un Lieutenant Colonel et & autres
Officiers . Le Capitaine Fraissinet reçut en cette
occasion plusieurs blessures dont il est mort
deux jours après à Dantzick , étant également
regretté du Roy , des Troupes et de tous les ha
bitants-
>
Le
MAY 1734: 959
"
Le Comte de Munich a fait faire de nouvelles
propositions aux habitants de cette Ville , pour
les engager à se soumettre aux volontez de la
Czarine , et à abandonner le parti du Roy pour
suivre celui de l'Electeur de Saxe mais ils les
ont rejettées avec toute la fermeté qu'on avoit
lieu d'attendre de leur zele pour Sa Majesté , et
de leur attachement pour l'honneur de la liberté
de la Nation ; ils montrent même toujours plus
d'ardeur à se défendre jusqu'à la derniere extremité
, et à tout sacrifier pour éviter le joug auquel
on veut les asservir.
Nouvelles menaces furent encore reçûes à Dantzick
le27du mois dernier, apportées par unOfficier
et contenuës dans une Lettre adressée aux Magistrats
par le Comte de Munich , portant que cc
General a ordre de la Czarine de commencer
le bombardement de la Ville aussi-tôt que l'artillerie
qu'on attend sera arrivée , et de ne le
cesser que lorsque les habitants se seront rendus
à discretion , ou que la Ville aura été emportée
d'assaut , et que les Etrangers , Négociants ou
autres qui se trouvent dans la Ville , et qui vou
dront se garantir du peril dont elle est menaçée,
auront jusqu'à un certain tems la liberté d'en
sortir et de se retirer , soit par eau à Elbing
soit par terre au Camp des Assiegeants , pour se
rendre où ils jugeront à propos.
Le General Moscovite ajoute dans cette Lettre
que si quelques Troupes Etrangeres tentent un
débarquement pour venir au secours de la Ville,
il fera raser non seulement les Fauxbourgs , mais
encore toutes les habitations qui se trouvent dans
les environs ,afin d'ôter à ces Troupes les moyens.
de s'y établir. Toutes ces menaces de la pars
des Ennemis n'ont pas fait plus d'impression sur.
975 MERCURE DE FRANCE
Les habitants que les autres moyens auxquels le
Comte de Munich a eû recours pour ébranler
leur filelité , et pour les engiger à reconnoître
P'Electeur de Saxe.
Le premier May , un Détachement de la Gar
nison fit un: sortie , et attaqua avec tant de valeur
le poste de Schiedlitz , occupé par les Enne
mis , qu'on s'en seroit rendu maître , si le Comte
de Munich n'eût porté ses principales forces de
ce côté pour obliger les Polonois de se retirer . Les
Moscovites ont Р rda en cette occasion quelques
Officiers de distinction , du nombre desquels est
M Hrmann , M. Brown , Major General dans
leurs Troupes , y a reçu une blessure dange▾
reuse .
Les dernieres Lettres de Dantzick dattées du
10 de ce mois , marquent que la nuit précedente
les Moscovites avoint tenté d'emporter par esca
la de le Fort de Hagelsberg , mais qu'ils n'avoient
pû réussir dans ce dessein, les troupes qui étoient
dans ce Fort s'étant défenduës avec beaucoup de
valeur. Ces Lettres ajoûtent que le Roy de Pologne
ayant été averti de l'attaque de ce Fort, avoit
fait sortir de la Ville des Troupes pour charger
les Assiégeans qui furent obligez de prendre la
fuite après un combat de cinq heures , dans lequel
ils ont perdu beaucoup de monde , et plusieurs
de leurs principaux Officiers. On a apris par
quelques Lettres venues en même temps , que les
Troupes Françoises étoient arrivées à Dantzick,
et que le ro elles avoient commencé à débar◄
quer.
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Résumé : POLOGNE.
En mai 1734, à Dantzick, les forces ennemies ont attaqué et pris un poste défendu par le capitaine Fraissinet et ses soldats. Fraissinet a été mortellement blessé et est décédé deux jours plus tard. Le roi, les troupes et les habitants ont déploré sa perte. Le comte de Munich a proposé aux habitants de Dantzick de se soumettre à la czarine et d'abandonner le roi de Pologne pour l'électeur de Saxe, mais ils ont refusé. Le comte a menacé de bombarder la ville et de raser les environs si des troupes étrangères tentaient de secourir Dantzick. Malgré ces menaces, les habitants ont maintenu leur détermination. Le 1er mai, un détachement de la garnison a attaqué un poste ennemi à Schiedlitz, mais a dû se retirer face aux renforts ennemis. Les Moscovites ont subi des pertes, dont le major général Brown, blessé. Le 10 mai, les Moscovites ont tenté sans succès de prendre le fort de Hagelsberg. Les troupes polonaises, renforcées par les Français, ont repoussé les assiégeants après un combat de cinq heures.
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2547
p. 970-972
ALLEMAGNE.
Début :
L'Empereur, en conséquence de la résolution prise dans la Diette de Ratisbonne, à la [...]
Mots clefs :
Empire, Allemagne, Décret, Forces de l'Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
'Empereur , en conséquence de la résolution
prise dans la Diette de Ratisbonne , à la
Pluralité des voix , d'unir les forces de l'Empire
MAY. 1734. 971
,
à celles de S. M. I. contre les Rois de France es
de Sardaigne , a fait publier un Decret par lequel
il est ordonné à tous les sujets de l'Empire , qui
servent dans les Troupes Françoises et l'iémontoises
, de retourner incessamment en Allemagne
, sous peine de perare leurs biens , et même
d'être punis de mort , s'ils sont pris en portant
les armes . S. M. I. ajoute dans ce Decret que
tous les Electeurs , Princes et autres Etats de
l'Empire , qui refuseront de concourir à la défence
commune , qui fourniront aux Puissances
avec lesquelles on est en Guerre , des recrues ,
des Chevaux , des munitions , ou d'autres se-
Cours ou qui affoibliront les forces de l'Empire
en attaquant quelque Electeur ou Prince d'Allemagne
pour faire diversion , seront traitez comme
Ennemis , qu'on procedera contr'eux selon toute
la rigueur des Constitutions , et qu'is seront
privez de tous les Fiefs qu'ils tiennent de l'Empire
, ou des Benefices qu'ils y possedent ; que
les Seigneurs , les Gentilshommes et autres qui
contreviendront au présent Decret , seront déclarez
traîtres à la Patrie , et poursuivis comme
tels par les Tribunaux dont ils seront justiciables;
que s'ils sont absents , ils seront exécutez en effigie
, que leurs descendants ne pourront porter les
Armes de leurs familles ni jouir d'aucun droit
de la Noblesse , et qu'ils seront incapables de
posseder des terres , des charges et des Benefices
de l'Empire qu'il ne sera permis à qui que ce
soit de faire sortir d'Allemagne des grains , des
Chevaux , ni aucune autre marchandise , ni d'y
en faire entrer aucune qui vienne des Pays de la
Domination des Rois de France et de Sardaigne;
que tout commerce avec ces Pays sera interrompu
; qu'aucune personnel, née sujette des Souverains
$72 MERCURE DE FRANCE
7
rains qui font la Guerre à l'Empire , ne pourra
être reçue dans les Convents ou Communautez
ni dans aucun autre Maison sous quelque prétexte
qu'on puisse alléguer et de quelque sexe
qu'elle soit , et que celles qui se trouvent actuel
lement en Allemagne seront obligées d'en sortir
dans un terme prescrit.
'Empereur , en conséquence de la résolution
prise dans la Diette de Ratisbonne , à la
Pluralité des voix , d'unir les forces de l'Empire
MAY. 1734. 971
,
à celles de S. M. I. contre les Rois de France es
de Sardaigne , a fait publier un Decret par lequel
il est ordonné à tous les sujets de l'Empire , qui
servent dans les Troupes Françoises et l'iémontoises
, de retourner incessamment en Allemagne
, sous peine de perare leurs biens , et même
d'être punis de mort , s'ils sont pris en portant
les armes . S. M. I. ajoute dans ce Decret que
tous les Electeurs , Princes et autres Etats de
l'Empire , qui refuseront de concourir à la défence
commune , qui fourniront aux Puissances
avec lesquelles on est en Guerre , des recrues ,
des Chevaux , des munitions , ou d'autres se-
Cours ou qui affoibliront les forces de l'Empire
en attaquant quelque Electeur ou Prince d'Allemagne
pour faire diversion , seront traitez comme
Ennemis , qu'on procedera contr'eux selon toute
la rigueur des Constitutions , et qu'is seront
privez de tous les Fiefs qu'ils tiennent de l'Empire
, ou des Benefices qu'ils y possedent ; que
les Seigneurs , les Gentilshommes et autres qui
contreviendront au présent Decret , seront déclarez
traîtres à la Patrie , et poursuivis comme
tels par les Tribunaux dont ils seront justiciables;
que s'ils sont absents , ils seront exécutez en effigie
, que leurs descendants ne pourront porter les
Armes de leurs familles ni jouir d'aucun droit
de la Noblesse , et qu'ils seront incapables de
posseder des terres , des charges et des Benefices
de l'Empire qu'il ne sera permis à qui que ce
soit de faire sortir d'Allemagne des grains , des
Chevaux , ni aucune autre marchandise , ni d'y
en faire entrer aucune qui vienne des Pays de la
Domination des Rois de France et de Sardaigne;
que tout commerce avec ces Pays sera interrompu
; qu'aucune personnel, née sujette des Souverains
$72 MERCURE DE FRANCE
7
rains qui font la Guerre à l'Empire , ne pourra
être reçue dans les Convents ou Communautez
ni dans aucun autre Maison sous quelque prétexte
qu'on puisse alléguer et de quelque sexe
qu'elle soit , et que celles qui se trouvent actuel
lement en Allemagne seront obligées d'en sortir
dans un terme prescrit.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mai 1734, l'empereur d'Allemagne a publié un décret suite à une résolution adoptée à la Diète de Ratisbonne. Ce décret impose aux sujets de l'Empire servant dans les troupes françaises et sardes de retourner en Allemagne, sous peine de confiscation de leurs biens et de la peine de mort s'ils sont pris en armes. Les électeurs, princes et autres États de l'Empire refusant de contribuer à la défense commune ou aidant les puissances ennemies seront traités comme des ennemis. Ils perdront leurs fiefs et bénéfices, et leurs descendants seront privés de leurs droits nobles. Le décret interdit également l'exportation et l'importation de marchandises avec les pays ennemis, interrompt tout commerce avec eux, et interdit l'accueil de personnes nées sous les souverains en guerre avec l'Empire dans les couvents ou autres maisons. Les personnes concernées devront quitter l'Allemagne dans un délai prescrit.
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2548
p. 972-979
EXTRAIT du Protocole de la Diete de l'Empire, contenant les raisons alleguées par les Ministres de Baviere, pour s'opposer à la Déclaration de guerre contre la France.
Début :
Quelque déplorable que soit la Guerre actuellement allumée entre Sa Majesté Imperiale et la [...]
Mots clefs :
Saint Empire romain, Guerre, États, Cercles, Défense, Déclaration de guerre, Couronne, France, Commission, Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Protocole de la Diete de l'Empire, contenant les raisons alleguées par les Ministres de Baviere, pour s'opposer à la Déclaration de guerre contre la France.
EXTRAIT du Protocole de la Diete
de l'Empire , contenant les raisons alleguées
par les Ministres de Baviere ,
pour s'opposer à la Déclaration de
guerre contre la France.
Velque déplorable que soit la Guerre actuelle
Y
ment allumée entre Sa Majesté Imperiale et l'a
Couronne de France , il est néanmoins évident
même par la Déclaration qu'il a plû à S. M. Imp.
de faire à l'Empire au commencement de son Deeret
de Commission , ainsi que par la Piece intitulée,
Motifs de Résolution du Roy , jointe audit De
eret , que la présente Guerre survenue entre ces deux
Hautes-Puissances, prénd sa source dans l'affaire de
Election d'un Roy de Pologne, mais que quelque
soit l'affaire de cette Election , et quelque fondé et
incontestable qne puisse être tout ce qu'on a publié
touchant les intrigues pratiquées à ce sujet , ( car il
ne s'agit pas ici d'entrer dans aucune discussion par
rapport à l'agresseur , ni dans aucun examen par
rapport aux Traitez précedemment faits à l'insc
de l'Empire , avec des Puissances Etrangeres ) il
est toujours certain que l'Empire n'ayant ni allian.
ce ni engagement special avec le Royaume de Pologne
, doit regarder cette affaire én quelque façon
comme étrangere, et à laquelle il n'est point oblige
de prendre part. Il s'agit donc présentement de dé
liberer
MAY. 1734. 973
liberer si , vu les motifs representez par S. M. Im.
ala Diete , l'Empire doit generalement consentirà
une Déclaration de Guerre contre la France.
Les Loix de l'Empire établissent suffisamment
ce qu'il convient de faire pour sa deffense , en cas
de quelque attaque ennemie , personne ne l'ignore ;
mais comme le Saint Empire Romain est en paix
avec toutes les Puissances étrangeres , et que la
Couronne de France même, après s'être emparée du ..
Fort de Kell , afait déclarer par écrit le 14. Octobre
dernier à tous les Electeurs , Frinces et Etats
du Saint Empire Romain , par M. Blondel , son
Ministre,ainsi qu'il paroît par la Piece annexée au
Decret Imperial de Commission , qu'elle n'a rien
plus à coeur que de maintenir la Paix avec l'Empire
et d'observer les Traitez , sans vouloirfaire des
conquêtes , promettant en consequence de rendre ce
Fort de Kell ; on ne voit pas que l'Empire puisse
avoir aucune raison suffisante d'entrer en guerre ;
d'ailleurs c'est une chose notoire aux Electeurs ,
Princes et Etats , que pendant le peu d'années de
Paix dont on a joui , l'Empire , et en particulier les
Cercles , qui durant la derniere Guerre et tant d'au
tres qui l'ont précedée , se sont trouvez les plus èxposez
aux attaques ennemies , et n'ont pû éviter les
degâts et la destruction qui accompagnent toujours
les Armes , ne se sont pas encore assez bien rétablis
des pertes qu'ils ont soufertes , pour qu'on les expose
de nouveau aux mêmes inconveniens , et cela pour
une affaire étrangere à laquelle ils n'ont aucune
part , et pour qu'on exige d'eux qu'ils contribuent
aux frais d'une guerre qui durera peut -être plu
sieurs années ; car si l'on considere avec attention
les suites onereuses d'une rupture , on trouvera ,
l'experience nous le montre, que lorsqu'elle est entamée,
il est bien difficile d'en prévoir les évenemens et
dejuger de sa durée.
"
et
Après
974 MERCURE DE FRANCE
>
Apr's cela quelqu'heureuse que pût être cette
Guerre , et quand meme on pourroit obliger la Partie
adverse à consentir à une Paix durable et avantageuse
, la méme experience nous fait voir que
toute l'utilité qui en resultera aux Etats du Saint
Empire Romain , sera qu'on leur rende leurs Pays
mais désolez , et dans un état plus triste encore que
celui où leurs Sujets et leurs Pays se trouvent actuellement
sans pouvoir esperer aucun agrandissement
, puisqu'on a vu que tous les efforts qu'on a
faits jusqu'à pretent pour cela , ont toujours été infructueux.
C'est pourquoi , et dautant S. M. I.
par son Decret de Commission , a non seulement recommandé
le fait aux Etats , mais que méme elle
demande gracieusement leur conseil et avis , ilparoit
qu'on doit murement déliberer si avant que de
parler d'aucune Déclaration de Guerre , il ne seroit
pas con enable la Diette songeat aux moyens
d'éviter un aussigrand mal qu'est une Guerre offensive
; il paroit que c'est l'unique moyen de conserver
la tranquillitéparmi les Etats de l'Empire et de
les mettre en état de mieux servir S. MI. et la
Patrie
que
que
que
>
Aussi-tôt S. A. E. de Baviere comme
Membre du Cercle de Suabe, en vertu des Terres et
Seigneuries qu'elle y possede , eût appris que ce Cercle
et les autres Cercles associez devoient s'assembler
, elle donna ordre de leur representer la necessité
qu'il y avoit de mettre promptement leurs Pays
dans un état convenable de deffense , sans préjudice
de qui que ce fut.
C'est un pareil état de deffense conformement aux
résolutions prises dans l'Assemblée desdits Cercles
que S. A. E. souhaite de la part des Electeurs
Princes et Etats de l'Empire , et elle le regarde
comme un point si necessaire et si important dans la
circons
MAY 1724. 975
sirconstance présente des affaires , que bien loin de
vouloir s'en élo gner iant soit peu , elle est disposée ,
en conformité de sa Naissance et ae son devoir ,
contribuer de tout son pouvoir à tout ce qui peut
tendre à la conservation du Sant Empire Romain
en general, et de chaqueEtat en particulier,mais elle
croit qu'il faut éviter toute offense et qu'il est bien
piur convenable de songer un quement à la defense
et à la conservation dudit Saint Empire Romain et
de ses Etass particuliers .
I •. Parce que toute personne qui voudra se donner
la peine d'examiner sans partialité et sans prévention
la source et la cause de la presente Guerre
, verra facilement en consequence des raisons al.
leguées ci- dessus , qu'elle ne peut originairement regarder
en aucune maniere le Saint Empire Romain,
puisque les Hautes Parties Belligerantes ont pour
principal motif le soin de vanger reciproquement leur
honneur qu'elles croyent offensé.
·
>
2 Farce qu'on ne sçauroit conseiller ni approuver
que pour une cause étrangere , à laquelle le
Saint Empire Romain n'a aucune part , on veüil-
Le prizer de la douce Paix rétablie en dernier lieu
et acquise aux dépens de tant de sang répandu , et
qu'on cherche à l'engager dans une nouvelle Guerre
onereuse , dont l'is në et la durée sont si incertaines
et dont tout le poids tomberoit sur ces Cercles , qui
par leur situation se trouvent les plus exposés au danger
, et par consequent à une ruine inévitable sans
Pavoir meritée Les Pactes entre la très - Illustre
Maison Archiducale de l'Empereur et la Couronne
de Pologne , subsistent depuis plusieurs années ,
ayant été établis sous le gouvernement de l'Archiduc
Albert et du Roi Casimir , et confirmés dernie➡
rement par 1 En pereur Leopold,de glorieuse memoi-
Fe ; ils ont pour objet la défense mutuelle de leurs
Royaumes ,
976 MERCURE DE FRANCE
Royaumes , ainsi que de leur Commerce ; mais ce
n'est pas en qualité d'Empereurs et du consentement
de l'Empire , que les Princes de la Maison d'Autriche
ont contracté ces Alliances ; ils ne l'ontfait
que pour leur propre interêt , et à cause de la proximité
de leurs Terres et Provinces , par consequent
Le Saint Empire. Romain n'y a aucune part.
3°. Comme Sa Majeste Imperiale , pendant son
glorieux Regne , a donnéplusieurs preuves éclatantes
du desir qu'elle a de maintenir et de conserver
le repos et le salut du Saint Empire Romain , et
que de tout tems on a regardé la tranquillité genevale
comme le bien le plus desirable , Elle peut d'autant
moins trouver mauvais que les Etats se
mettent simplement dans un état de défense , qu'elle
a tout lieu d'avoir une entiere confiance dans le
Saint Empire Romain , et qu'elle n'ignore pas les
tristes suites que la Guerre entraîne après elle . Il est
d'ailleurs à remarquer que d'autres Puissances
quoiqu'étroitement unies et alliées avec Š. M. I.
auxquelles on aura sans doute communiqué tout ce
qui s'est passé dans l'affaire de Pologne , et qui par
consequent n'ignorent pas laquelle des deux Hautes
Parties doit être considerée comme l'Agresseur dans
la presente Guerre , n'ont pas encore jusqu'à present
jugé à propos de se déclarer contre la France ,
soit par le desir de conserver quelques uns de leurs
Etats et Sujets , ou pour d'autres raisons , quoique
quelques unes de ces Puissances se mettent sur
leurs gardes , ce n'est apparemment que pour mieux
maintenir et conserver la tranquillité.
Si le Saint Empire Romain se trouvoit frustré de
Passistance de ces Puissances, le poids de la presente
Guerre lui seroit difficile à supporter , et le danger
plus grand et plus évident sur tout si S. M. I.
alloit retirer en tout ou en partie , les Troupes qu'elle
a fur
MAY. 1734
977
vaisur
le Rhin pour les envoyer à la défense de ses
autres Etatt et qu'elle laissat aux Cercles le soin de
la défense de l'Empire. Cette crainte n'est pas
neni chimerique , elle est fondée sur l'experience de
se qui s'est passé pendant la derniere Guerre , où
P'on a vu les Troupes Imperiales quitter le Rhin , et
les Cercles seuls obligés de défendre leurs Terres ,
leur grand préjudice , et à la ruine de leurs Pays.
Deplus , les Actes de l'Empire font foi que d'un
côté les Etats ne voulurent pas dans la derniere
Guerre s'engager avant que les deux Puissances
Maritimes se fussent alliés avec Sa Majesté Imperiale
; et que d'un autre côté , aussi- tôt que lesdites
Puissances se furent separées de la grande Alliance
, les mêmes Etats jugerent à propos d'accepter
les conditions du Traité de Rastadt , donnant
par-1
-là clairement à connoître combien il leur étoit
impossible de continuer la Guerre sans la concurrence
des Puissances Maritimes. C'est pourquoi le
Saint Empire Romain , et en particulier les Cercles
les plus exposés , qui certainement ne se sont pas encore
rétablis des pertes souffertes , feroient bien de
senger à épargner et ménager leurs forces chancellantes
pour des occasions plus importantes qui pourroient
survenir , et qui dépendent de la viciffitude
des choses , sans quoi on pourroit bien s'en repentir ,
mais peut-être trop tard.
4°. La Couronnede France ne peut trouver mau
vais que l'Empire employe pour sa défense tous les
moyens necessaires et conformes au droit naturel ;
puisque dans la Déclaration qu'elle a fait faire par
son Ministre , et qui se trouve attachée au Decret
Imperial de Commission ci - desus mentionné , Elle
promet solemnellement sous la Foi publique qu'elle
se prêtera à tout ce qui peut maintenir la tranquil-
Jité du SaintEmpire Romain : Or , rien n'y pens
G plus
978 MERCURE DE FRANCE
plus contribuer qu'un Etat convenable de défense ?
d'ailleurs cette même Couronne У déclare qu'elle
fera bonifier , si cela n'a étéfait , les Contributions
qu'elle a été obligée d'exiger sur les Terres de l'Empire
, et qu'elle fera restituer le Fort de Kehl dont
elle s'est emparée , ou qu'elle le fera garder par des
Troupes Neutres jusqu'à la Paix , afin que le Saint
Empire Romain n'en prenne aucun ombrage.
›
Pour toutes les raisons alleguées ci- dessus , S. A.
E. quelque affectionnée et fidele qu'elle soit à S. M.
I. ne sçauroit conformément à son devoir conseiller
que le Saint Empire Remain doive s'engager
dans une Guerre generale si dangereuse et si ruineuse
, qui occasionnera dans la suite l'effusion de
tant de sang Chrétien et la désolation des Terres
qui pourront être foulées autant par les Troupes qui
viendront à son secours que par celles des Ennemis.
Elle espere au contraire , que S. M. I. qui a donné
tant de preuves de son amour pour la Justice et la
Paix , voudra bien en consequence de cet amour
et vú les presentes circonstances dangereuses approuver,
ainsi qu'on vient de le proposer , que le Saint
Empire Romain se mette dans un état naturel et
convenable de défense , et qu'elle regardera d'un
oil favorable tout ce qui a été allegué à ce sujet ,
comme provenant d'un coeur sincere et affectionné
pour le bien de la Patrie. S. A. E. souhaite de
plus , conformément aux Loix établies par la Paix
de Vestphalie , que les Etats de l'Empire , avani
que de prendre les Armes , tentent les voyes d'ac
commodement au moyen d'une mediation generale
du Saint Empire Romain , ainsi que cela s'est pratiqué
ci-devant , sous le Regne des Predecesseurs de
S. M. I. et en particulier en l'année 1673. on
pourroit peut-être par ce moyen terminer le tout à
Pamiable. Mais si cette proposition , quoique fondée
5267
MAY. 1734. 9-9
ser les Loix fondamental es du Traité de Paix n'est
point acceptée , S. A. E. de Baviere persiste toujours
dans son opinion , que dans la situation presente
des affaires il ne convient pas au Saint Empire
Romain de donner occasion à de nouvelles hostilités
de la part de la France ; et quoiqu'on doive
s'attendre que cette Couronne maintiendra la déclaration
faite par M. Blondel , son Miniftre , et
que conformément à ses promesses , Elle ne troublera
pas la paix et la tranquillité de l'Empire , à
moins qu'elle n'y soit provoquée. S. A. E. croit
néanmoins que le Saint Empire en general et chaque
Etat en particulier , doivent conformement à ce
qui a été résolu dans l'Assemblée des Cercles associés
, se mettre en bon état de se défendre , sans préjudice
de qui que ce soit. Ulteriora reservando.
de l'Empire , contenant les raisons alleguées
par les Ministres de Baviere ,
pour s'opposer à la Déclaration de
guerre contre la France.
Velque déplorable que soit la Guerre actuelle
Y
ment allumée entre Sa Majesté Imperiale et l'a
Couronne de France , il est néanmoins évident
même par la Déclaration qu'il a plû à S. M. Imp.
de faire à l'Empire au commencement de son Deeret
de Commission , ainsi que par la Piece intitulée,
Motifs de Résolution du Roy , jointe audit De
eret , que la présente Guerre survenue entre ces deux
Hautes-Puissances, prénd sa source dans l'affaire de
Election d'un Roy de Pologne, mais que quelque
soit l'affaire de cette Election , et quelque fondé et
incontestable qne puisse être tout ce qu'on a publié
touchant les intrigues pratiquées à ce sujet , ( car il
ne s'agit pas ici d'entrer dans aucune discussion par
rapport à l'agresseur , ni dans aucun examen par
rapport aux Traitez précedemment faits à l'insc
de l'Empire , avec des Puissances Etrangeres ) il
est toujours certain que l'Empire n'ayant ni allian.
ce ni engagement special avec le Royaume de Pologne
, doit regarder cette affaire én quelque façon
comme étrangere, et à laquelle il n'est point oblige
de prendre part. Il s'agit donc présentement de dé
liberer
MAY. 1734. 973
liberer si , vu les motifs representez par S. M. Im.
ala Diete , l'Empire doit generalement consentirà
une Déclaration de Guerre contre la France.
Les Loix de l'Empire établissent suffisamment
ce qu'il convient de faire pour sa deffense , en cas
de quelque attaque ennemie , personne ne l'ignore ;
mais comme le Saint Empire Romain est en paix
avec toutes les Puissances étrangeres , et que la
Couronne de France même, après s'être emparée du ..
Fort de Kell , afait déclarer par écrit le 14. Octobre
dernier à tous les Electeurs , Frinces et Etats
du Saint Empire Romain , par M. Blondel , son
Ministre,ainsi qu'il paroît par la Piece annexée au
Decret Imperial de Commission , qu'elle n'a rien
plus à coeur que de maintenir la Paix avec l'Empire
et d'observer les Traitez , sans vouloirfaire des
conquêtes , promettant en consequence de rendre ce
Fort de Kell ; on ne voit pas que l'Empire puisse
avoir aucune raison suffisante d'entrer en guerre ;
d'ailleurs c'est une chose notoire aux Electeurs ,
Princes et Etats , que pendant le peu d'années de
Paix dont on a joui , l'Empire , et en particulier les
Cercles , qui durant la derniere Guerre et tant d'au
tres qui l'ont précedée , se sont trouvez les plus èxposez
aux attaques ennemies , et n'ont pû éviter les
degâts et la destruction qui accompagnent toujours
les Armes , ne se sont pas encore assez bien rétablis
des pertes qu'ils ont soufertes , pour qu'on les expose
de nouveau aux mêmes inconveniens , et cela pour
une affaire étrangere à laquelle ils n'ont aucune
part , et pour qu'on exige d'eux qu'ils contribuent
aux frais d'une guerre qui durera peut -être plu
sieurs années ; car si l'on considere avec attention
les suites onereuses d'une rupture , on trouvera ,
l'experience nous le montre, que lorsqu'elle est entamée,
il est bien difficile d'en prévoir les évenemens et
dejuger de sa durée.
"
et
Après
974 MERCURE DE FRANCE
>
Apr's cela quelqu'heureuse que pût être cette
Guerre , et quand meme on pourroit obliger la Partie
adverse à consentir à une Paix durable et avantageuse
, la méme experience nous fait voir que
toute l'utilité qui en resultera aux Etats du Saint
Empire Romain , sera qu'on leur rende leurs Pays
mais désolez , et dans un état plus triste encore que
celui où leurs Sujets et leurs Pays se trouvent actuellement
sans pouvoir esperer aucun agrandissement
, puisqu'on a vu que tous les efforts qu'on a
faits jusqu'à pretent pour cela , ont toujours été infructueux.
C'est pourquoi , et dautant S. M. I.
par son Decret de Commission , a non seulement recommandé
le fait aux Etats , mais que méme elle
demande gracieusement leur conseil et avis , ilparoit
qu'on doit murement déliberer si avant que de
parler d'aucune Déclaration de Guerre , il ne seroit
pas con enable la Diette songeat aux moyens
d'éviter un aussigrand mal qu'est une Guerre offensive
; il paroit que c'est l'unique moyen de conserver
la tranquillitéparmi les Etats de l'Empire et de
les mettre en état de mieux servir S. MI. et la
Patrie
que
que
que
>
Aussi-tôt S. A. E. de Baviere comme
Membre du Cercle de Suabe, en vertu des Terres et
Seigneuries qu'elle y possede , eût appris que ce Cercle
et les autres Cercles associez devoient s'assembler
, elle donna ordre de leur representer la necessité
qu'il y avoit de mettre promptement leurs Pays
dans un état convenable de deffense , sans préjudice
de qui que ce fut.
C'est un pareil état de deffense conformement aux
résolutions prises dans l'Assemblée desdits Cercles
que S. A. E. souhaite de la part des Electeurs
Princes et Etats de l'Empire , et elle le regarde
comme un point si necessaire et si important dans la
circons
MAY 1724. 975
sirconstance présente des affaires , que bien loin de
vouloir s'en élo gner iant soit peu , elle est disposée ,
en conformité de sa Naissance et ae son devoir ,
contribuer de tout son pouvoir à tout ce qui peut
tendre à la conservation du Sant Empire Romain
en general, et de chaqueEtat en particulier,mais elle
croit qu'il faut éviter toute offense et qu'il est bien
piur convenable de songer un quement à la defense
et à la conservation dudit Saint Empire Romain et
de ses Etass particuliers .
I •. Parce que toute personne qui voudra se donner
la peine d'examiner sans partialité et sans prévention
la source et la cause de la presente Guerre
, verra facilement en consequence des raisons al.
leguées ci- dessus , qu'elle ne peut originairement regarder
en aucune maniere le Saint Empire Romain,
puisque les Hautes Parties Belligerantes ont pour
principal motif le soin de vanger reciproquement leur
honneur qu'elles croyent offensé.
·
>
2 Farce qu'on ne sçauroit conseiller ni approuver
que pour une cause étrangere , à laquelle le
Saint Empire Romain n'a aucune part , on veüil-
Le prizer de la douce Paix rétablie en dernier lieu
et acquise aux dépens de tant de sang répandu , et
qu'on cherche à l'engager dans une nouvelle Guerre
onereuse , dont l'is në et la durée sont si incertaines
et dont tout le poids tomberoit sur ces Cercles , qui
par leur situation se trouvent les plus exposés au danger
, et par consequent à une ruine inévitable sans
Pavoir meritée Les Pactes entre la très - Illustre
Maison Archiducale de l'Empereur et la Couronne
de Pologne , subsistent depuis plusieurs années ,
ayant été établis sous le gouvernement de l'Archiduc
Albert et du Roi Casimir , et confirmés dernie➡
rement par 1 En pereur Leopold,de glorieuse memoi-
Fe ; ils ont pour objet la défense mutuelle de leurs
Royaumes ,
976 MERCURE DE FRANCE
Royaumes , ainsi que de leur Commerce ; mais ce
n'est pas en qualité d'Empereurs et du consentement
de l'Empire , que les Princes de la Maison d'Autriche
ont contracté ces Alliances ; ils ne l'ontfait
que pour leur propre interêt , et à cause de la proximité
de leurs Terres et Provinces , par consequent
Le Saint Empire. Romain n'y a aucune part.
3°. Comme Sa Majeste Imperiale , pendant son
glorieux Regne , a donnéplusieurs preuves éclatantes
du desir qu'elle a de maintenir et de conserver
le repos et le salut du Saint Empire Romain , et
que de tout tems on a regardé la tranquillité genevale
comme le bien le plus desirable , Elle peut d'autant
moins trouver mauvais que les Etats se
mettent simplement dans un état de défense , qu'elle
a tout lieu d'avoir une entiere confiance dans le
Saint Empire Romain , et qu'elle n'ignore pas les
tristes suites que la Guerre entraîne après elle . Il est
d'ailleurs à remarquer que d'autres Puissances
quoiqu'étroitement unies et alliées avec Š. M. I.
auxquelles on aura sans doute communiqué tout ce
qui s'est passé dans l'affaire de Pologne , et qui par
consequent n'ignorent pas laquelle des deux Hautes
Parties doit être considerée comme l'Agresseur dans
la presente Guerre , n'ont pas encore jusqu'à present
jugé à propos de se déclarer contre la France ,
soit par le desir de conserver quelques uns de leurs
Etats et Sujets , ou pour d'autres raisons , quoique
quelques unes de ces Puissances se mettent sur
leurs gardes , ce n'est apparemment que pour mieux
maintenir et conserver la tranquillité.
Si le Saint Empire Romain se trouvoit frustré de
Passistance de ces Puissances, le poids de la presente
Guerre lui seroit difficile à supporter , et le danger
plus grand et plus évident sur tout si S. M. I.
alloit retirer en tout ou en partie , les Troupes qu'elle
a fur
MAY. 1734
977
vaisur
le Rhin pour les envoyer à la défense de ses
autres Etatt et qu'elle laissat aux Cercles le soin de
la défense de l'Empire. Cette crainte n'est pas
neni chimerique , elle est fondée sur l'experience de
se qui s'est passé pendant la derniere Guerre , où
P'on a vu les Troupes Imperiales quitter le Rhin , et
les Cercles seuls obligés de défendre leurs Terres ,
leur grand préjudice , et à la ruine de leurs Pays.
Deplus , les Actes de l'Empire font foi que d'un
côté les Etats ne voulurent pas dans la derniere
Guerre s'engager avant que les deux Puissances
Maritimes se fussent alliés avec Sa Majesté Imperiale
; et que d'un autre côté , aussi- tôt que lesdites
Puissances se furent separées de la grande Alliance
, les mêmes Etats jugerent à propos d'accepter
les conditions du Traité de Rastadt , donnant
par-1
-là clairement à connoître combien il leur étoit
impossible de continuer la Guerre sans la concurrence
des Puissances Maritimes. C'est pourquoi le
Saint Empire Romain , et en particulier les Cercles
les plus exposés , qui certainement ne se sont pas encore
rétablis des pertes souffertes , feroient bien de
senger à épargner et ménager leurs forces chancellantes
pour des occasions plus importantes qui pourroient
survenir , et qui dépendent de la viciffitude
des choses , sans quoi on pourroit bien s'en repentir ,
mais peut-être trop tard.
4°. La Couronnede France ne peut trouver mau
vais que l'Empire employe pour sa défense tous les
moyens necessaires et conformes au droit naturel ;
puisque dans la Déclaration qu'elle a fait faire par
son Ministre , et qui se trouve attachée au Decret
Imperial de Commission ci - desus mentionné , Elle
promet solemnellement sous la Foi publique qu'elle
se prêtera à tout ce qui peut maintenir la tranquil-
Jité du SaintEmpire Romain : Or , rien n'y pens
G plus
978 MERCURE DE FRANCE
plus contribuer qu'un Etat convenable de défense ?
d'ailleurs cette même Couronne У déclare qu'elle
fera bonifier , si cela n'a étéfait , les Contributions
qu'elle a été obligée d'exiger sur les Terres de l'Empire
, et qu'elle fera restituer le Fort de Kehl dont
elle s'est emparée , ou qu'elle le fera garder par des
Troupes Neutres jusqu'à la Paix , afin que le Saint
Empire Romain n'en prenne aucun ombrage.
›
Pour toutes les raisons alleguées ci- dessus , S. A.
E. quelque affectionnée et fidele qu'elle soit à S. M.
I. ne sçauroit conformément à son devoir conseiller
que le Saint Empire Remain doive s'engager
dans une Guerre generale si dangereuse et si ruineuse
, qui occasionnera dans la suite l'effusion de
tant de sang Chrétien et la désolation des Terres
qui pourront être foulées autant par les Troupes qui
viendront à son secours que par celles des Ennemis.
Elle espere au contraire , que S. M. I. qui a donné
tant de preuves de son amour pour la Justice et la
Paix , voudra bien en consequence de cet amour
et vú les presentes circonstances dangereuses approuver,
ainsi qu'on vient de le proposer , que le Saint
Empire Romain se mette dans un état naturel et
convenable de défense , et qu'elle regardera d'un
oil favorable tout ce qui a été allegué à ce sujet ,
comme provenant d'un coeur sincere et affectionné
pour le bien de la Patrie. S. A. E. souhaite de
plus , conformément aux Loix établies par la Paix
de Vestphalie , que les Etats de l'Empire , avani
que de prendre les Armes , tentent les voyes d'ac
commodement au moyen d'une mediation generale
du Saint Empire Romain , ainsi que cela s'est pratiqué
ci-devant , sous le Regne des Predecesseurs de
S. M. I. et en particulier en l'année 1673. on
pourroit peut-être par ce moyen terminer le tout à
Pamiable. Mais si cette proposition , quoique fondée
5267
MAY. 1734. 9-9
ser les Loix fondamental es du Traité de Paix n'est
point acceptée , S. A. E. de Baviere persiste toujours
dans son opinion , que dans la situation presente
des affaires il ne convient pas au Saint Empire
Romain de donner occasion à de nouvelles hostilités
de la part de la France ; et quoiqu'on doive
s'attendre que cette Couronne maintiendra la déclaration
faite par M. Blondel , son Miniftre , et
que conformément à ses promesses , Elle ne troublera
pas la paix et la tranquillité de l'Empire , à
moins qu'elle n'y soit provoquée. S. A. E. croit
néanmoins que le Saint Empire en general et chaque
Etat en particulier , doivent conformement à ce
qui a été résolu dans l'Assemblée des Cercles associés
, se mettre en bon état de se défendre , sans préjudice
de qui que ce soit. Ulteriora reservando.
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Résumé : EXTRAIT du Protocole de la Diete de l'Empire, contenant les raisons alleguées par les Ministres de Baviere, pour s'opposer à la Déclaration de guerre contre la France.
Le Protocole de la Diète de l'Empire présente les arguments des ministres de Bavière contre une déclaration de guerre contre la France. La guerre en cours entre l'Empire et la France résulte de l'élection d'un roi de Pologne, mais l'Empire n'a ni alliance ni engagement spécifique avec la Pologne, considérant donc cette affaire comme étrangère. Les ministres soulignent que l'Empire est en paix avec toutes les puissances étrangères et que la France a exprimé son désir de maintenir la paix et de respecter les traités, notamment en promettant de rendre le fort de Kehl. Les ministres estiment que l'Empire n'a aucune raison suffisante d'entrer en guerre, surtout que les États de l'Empire n'ont pas encore récupéré des pertes précédentes. Ils soulignent également que les conséquences d'une guerre sont incertaines et coûteuses. La Bavière recommande donc de se préparer à la défense sans provoquer de nouvelles hostilités et de chercher des voies d'accommodement par une médiation générale. Elle espère que l'Empereur approuvera cette position, visant à préserver la tranquillité au sein de l'Empire. Par ailleurs, une résolution adoptée lors de l'Assemblée des Cercles associés prévoit de se mettre en état de défense sans causer de préjudice à quiconque. La phrase 'Ulteriora reservando' indique que des points supplémentaires sont réservés pour une discussion ou une décision ultérieure.
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2549
p. 979-980
ITALIE.
Début :
Le 9. Avril, le Comte Zaluschi, Ministre du Roi de Pologne à Rome, eut Audience du Pape, [...]
Mots clefs :
Pologne, Rome, Pape, Théologiens, Élection, Électeur de Saxe, Corse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Le 9. Avril , le Comte Zaluschi , Ministre da
Roi de Pologne à Rome , eut Audience du Pape ,
à qui il demanda de la part de Sa Majesté Polonoise
, qu'on procedât contre les quatre Théologiens
qui ont approuvé et signé le faux Bref que
les Partisans de l'Electeur de Saxe avoient fait
répandre dans la Pologne , avant la prétendue
Election de ce Prince , et par lequel le Pape étoit
supposé délier les Evêques Polonois du serment
qu'ils avoient fait dans la Diete generale de Convocation
.
Le bruit court que le Pape a cité par un Bref
l'Evêque de Cracovie pour venir rendre compte
à Rome de sa conduite , au sujet de la prétendue
Election et du Couronnement de l'Electeur de
Saxe , mais on ne sçait pas encore les résolutions
que SaSainteté a prises par rapport aux quatre
Gij Théo980
MERCURE DE FRANCE
Théologiens , sur le procedé desquels le Roi de ·
Pologne demande satisfaction.
Il est défendu à Rome,sous des peines très- rigoureuses
par un Edit qu'on y a publié depuis peu , à
toutes personnes de quelque condition qu'elles
soient, de parler peu respectueusement d'aucun
Prince à l'occasion de la Guerre , et de former
des Assemblées tumultueuses.
On écrit de Genes que le Gouvernement a
donné ordre de faire de nouvelles levées qu'il destine
pour l'Ile de Corse , où on a été obligé d'envoyer
depuis peu un renfort de 3000. hommes
pour s'opposer aux progrès des Rebelles , dont
le nombre augmente tous les jours , et d'où on a
reçû avis que la Garnison de Corse , étant convenue
avec leurs Chefs de leur rendre cette Place
, si elle n'étoit pas secouruë dans un tems prescrit
, en étoit sortie après ce terme expiré; que le
Commandant et quatre autres Officiers avoient
eu seuls la liberté d'emporter leurs armes , et
qu'ils avoient été conduits , ainsi que le reste de
la Garnison , à San - Pelegrino,
Le 9. Avril , le Comte Zaluschi , Ministre da
Roi de Pologne à Rome , eut Audience du Pape ,
à qui il demanda de la part de Sa Majesté Polonoise
, qu'on procedât contre les quatre Théologiens
qui ont approuvé et signé le faux Bref que
les Partisans de l'Electeur de Saxe avoient fait
répandre dans la Pologne , avant la prétendue
Election de ce Prince , et par lequel le Pape étoit
supposé délier les Evêques Polonois du serment
qu'ils avoient fait dans la Diete generale de Convocation
.
Le bruit court que le Pape a cité par un Bref
l'Evêque de Cracovie pour venir rendre compte
à Rome de sa conduite , au sujet de la prétendue
Election et du Couronnement de l'Electeur de
Saxe , mais on ne sçait pas encore les résolutions
que SaSainteté a prises par rapport aux quatre
Gij Théo980
MERCURE DE FRANCE
Théologiens , sur le procedé desquels le Roi de ·
Pologne demande satisfaction.
Il est défendu à Rome,sous des peines très- rigoureuses
par un Edit qu'on y a publié depuis peu , à
toutes personnes de quelque condition qu'elles
soient, de parler peu respectueusement d'aucun
Prince à l'occasion de la Guerre , et de former
des Assemblées tumultueuses.
On écrit de Genes que le Gouvernement a
donné ordre de faire de nouvelles levées qu'il destine
pour l'Ile de Corse , où on a été obligé d'envoyer
depuis peu un renfort de 3000. hommes
pour s'opposer aux progrès des Rebelles , dont
le nombre augmente tous les jours , et d'où on a
reçû avis que la Garnison de Corse , étant convenue
avec leurs Chefs de leur rendre cette Place
, si elle n'étoit pas secouruë dans un tems prescrit
, en étoit sortie après ce terme expiré; que le
Commandant et quatre autres Officiers avoient
eu seuls la liberté d'emporter leurs armes , et
qu'ils avoient été conduits , ainsi que le reste de
la Garnison , à San - Pelegrino,
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Résumé : ITALIE.
Le 9 avril, le Comte Zaluschi, Ministre du Roi de Pologne à Rome, a rencontré le Pape pour demander son intervention contre quatre théologiens ayant approuvé et signé un faux bref en Pologne. Ce document prétendait que le Pape déliait les évêques polonais de leur serment lors de la Diète générale de Convocation. Des rumeurs évoquent une convocation de l'évêque de Cracovie pour expliquer sa conduite concernant l'élection et le couronnement de l'Électeur de Saxe, mais les décisions concernant les théologiens restent inconnues. À Rome, un édit récent interdit les propos irrespectueux sur les princes en lien avec la guerre et les rassemblements tumultueux, sous peine de sanctions sévères. De Gênes, des nouvelles rapportent l'ordre de lever de nouvelles troupes pour la Corse, où 3000 hommes ont été envoyés pour contrer les rebelles. La garnison de Corse a été transférée à San-Pélegrino, sauf le commandant et quatre officiers qui ont pu emporter leurs armes.
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2550
p. 980-987
Nouvelles de Naples et de Sicile.
Début :
L'Infant Don Carlos a fait publier et afficher sur les frontieres du Royaume de Naples le [...]
Mots clefs :
Naples, Infant Don Carlos, Troupes, Sicile, Prince, Guerre, Pardon général, Hommes, Peuples, Royaumes, Empereur, Comte Visconti, Dieu, Armées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Naples et de Sicile.
Nouvelles de Naples et de Sicile.
'Infant Don Carlos a fait publier et afficher
sur les frontieres du Royaume de Naples le
Decret suivant.
DON CARLOS , Par la grace de Dieu , Infant
d'Espagne , Duc de Parme , de Plaisance et
de Castro , &c. Grand Prince de Toscane et Generalissime
des Armées de Sa Majesté Catholi
que en Italie.
Le Roi , mon très- cher et honoré Pere , par
sa Lettre du 27. Fevrier dernier , écrite dans le
Palais Royal du Pardo , me mande ce qui suit,
ΜΟΝ
MAY.
981 1734.
MON CHER ET BIEN AIME' FILS.
•
>
Vos interêts inséparables de la dignité de ma
Couronne , et ceux de mes fideles Alliez , m'ont déterminez
à envoyer des Troupes dans la Lombardie
afin d'executer de concert avec leurs Armées
les justes Entreprises ausquelles on les a destinées
; mais dautant qu'à l'occasion de la presente
Guerre , les clameurs des Peuplet de Naples et de Sicile
, excessivement violentés , opprimés et tirannisés
depuis tant d'années par
le gouvernement Allemand
, ont pénetré mon coeur Royal , et que j'ai
toujours eu pour ces Peuples un amour Paternel
me ressouvenant fort bien de leurs démonstration's
de joye et de leurs acclamattons unanimées lorsqu'is
me reçûrent autrefois à Naples , et qu'ils consenti
rent à admettre mes Troupes en Sicile. Excité par
une compassion si naturelle , j'ai préferé à toute autre
expedition celle de délivrer de leurs maux insupportables
ces Peuples opprimés , en employant
avecgenerosité , pour leur prompt soulagement , les
forces qu'il a plu à Dieu de me confier , d'autant
plus que je considere qu'avant que leurs volontés
fussent en quelque façon captivées , leur zele répondoit
parfaitement à mes desirs et que ce n'a été
qu'après avoir été séduits ou par des insinuations
trompeuses , ou par des esperances chimeriques , ou
par la crainie des menaces violentes , qu'ils ont tous
été contraints de dissimuler leur propre inclination
en adoptant des operations très - contraires
leur fidelité. Dans cette persuasion j'ai toujours regardé
avec mépris , et comme des actes involontaires
ou forcés , tout ce qu'ils ont fait , soit en general
, soit en particulier , puisqu'ils y ont été excités
par mes ennemis , et je l'ai mis en oubli comme
s'il ne s'étoitjamais rien passé à ce sujet , ne dou-
Giij tant
>
>
982 MERCURE DE FRANCE
tant point qu'aussi- tôt qu'ils se verront en état Pagir
librement selon leurs desirs , ils ne me donnent
les mêmes preuves de leur parfait devoüement , da
leur loyauté , et de leur zele qu'ils m'ont donné cidevant.
Incité par de si justes motifs , j'ai pris là
resolution de vous y envoyer en personne , et en
qualité de Generalissime de mes Armées , pour recouvrer
ces Royaumes , malgré le risque où pourroit
être votre précieuse santé dans un si long voyage
, afin que par votre Royale et aimable présence,
vous puissiez confirmer en mon nom l'Amnistie et le
Pardon general ou particulier , que mon amour Paternel
m'engage à accorder à un chacun , de quelque
Nation qui soit , et donner à tous en mêmetems
les sûretés les plus authentiques . Vous confirmerez
en outre, vous étendre et augmenterêz , nonseulement
les Privileges dont ces Peuples jouissent a
present , mais encore vous les déchargere de toutes
sortes d'Impôts , et particulierement de ceux qui ne
doivent leur invention et leur établissement qu'à l'avidité
insatialle du Gouvernement Allemand ; et
tout cela afin que le monde soit convaincu que mon
juste et unique but est de rétablir deux Illustres
Royaumes, qui ont si bien merité de la Monarchie,
et de les faire encore jouir de leur ancienne felicité ,
réputation et dignité , et qu'on ne croye pas que ce
soit pas aucun autre interêt que j'ai entrepris de recouvrer
ces Royaumes . Et afin que le contenu de la
Presente soit notoire à tous je vous ordonne de le
rendre Public et Manifeste , dans la forme que vous
jugerez la plus convenable Dieu vous conserve
mon cher et bien aimé Fils , aussi long- tems que je
le desire. Moi le Roi , DON JOSEPH PATINO .
En vertu du pouvoir qu'il a plu à Sa Majesté,
par un effet de son amour Paternel de me donner,
ct
MAY. 1734. 983
et afin que les Sujets ci- dessus mentionnés des
deux Royaumes de Naples et de Sicile ,ces Peuples
si cheris du Roi mon Pere , et dont Sa Majesté
s'est toujours les souvenue avec tant d'estime et
d'affection , en soient dûëment et amplement informés
, je leur déclare ,et je les assûre tous et un
chacun , que l'Indult et le Pardon general et particulier
que Sa Majesté m'a ordonné d'accorder ,
et que j'accorde sur l'assûrance de son sacré et
souverain Nom , comprend toutes sortes de délits
, motifs ou démonstrations sans aucune restriction
, le tout restant enseveli dans un éternel
oubli, que la confirmation de leurs Privileges
comprend et s'étend aux Loix et aux Coutumes
tant Civiles que Criminelles , et même aux
Ecclesiastiques , sans qu'il soit permis d'y établir
aucun nouveau Tribunal , ou Procedures.
Que la louable et juste pratique de conferer les
Benefices et les Pensions sera continuée dans la
forme qui s'y observe ,actuellement ; et que toutes
les impositions et Charges établies par le
Gouvernement tyrannique des Allemands seront
abolis dès à present , lesquelles graces seront
conformes au clement et benin coeur de Sa Majesté
Et afin que ceci soit notoire , j'ai ordonné
qu'on expedie en Langue Espagnole et Italienne
la Présente signée de notre main , scellée
de notre sceau Royal , et contresignée par notre
Secretaire d'Etat , et qu'on l'affiche aux lieux ordinaires.
Fait à Civita Castellana le 14. Mars
1734. CHARLES , Don Joseph-Joachin de Montealegre.
:
Les divers avis du Royaume de Naples portent,
que l'infant Don Carlos , qui est toujours
Aversa , avoit détaché le Marquis de Las - Minas
G iiij
er
1984 MERCURE DE FRANCE
et le Duc de Castro Pignano , avec 34. Compa
gnies de Grenadiers et 2300. hommes de Cavalerie
, du nombre desquels sont les Carabiniers,
pour suivre le Viceroi , lequel accompagné du
Prince Caraffe , Grand Maréchal du Royaume ,
et du Prince de Belmonte Pignatelli , General de
la Cavalerie, s'est retiré dans la Poüille avec près
de sooo . hommes . Ces avis ajoûtent que le Com
te de Charni avoit le Commandement des Troupes
qui assiegent les Châteaux de Naples ; que
le Comte de Marsillac avoit marché pour s'emparer
de celui de Baya , et qu'on formoit en même-
tems le Siege de Gaëtte et de Capouë .
Les quatre Galeres que l'Empereur avoit fait .
équiper dans le Port de Naples , sont sorties de
ce Port, et se sont sauvés à la faveur d'un grand
calme qui a empêché l'Escadre Espagnole des'opposer
à leur fuite.
Les Lettres de la fin d'Avril marquent , que
l'Infant Don Carlos avoit continué le Juge de la
Cour de la Vicairerie à Naples , et l'Elû du Peuple
dans l'exercice de leurs Emplois, et qu'il avoit
laissé aux Habitans le soin de garder la Ville.
Ces mêmes Lettres portent que ce Prince a fait
signifier aux Troupes qui sont dans les Châteaux,
et aux Garnisons de Gaette , et de Capouë, qu'on
ne leur donnoit pour se rendre qu'un petit nom →
bre de jours , après lesquels il ne leur sera accordé
aucune Capitulation.
Ces Lettres ajoutent que le nouveau Vaisseau
de Guerre que le Comte Visconti, ci - devant Vi
ceroi du Royaume , avoit fait construire par or
dre de l'Empereur , étant sorti du Port le 19. du
mois passé pour faire voile vers la Sicile , avoit
été attaqué par quelques vaisseaux de l'Escadre
Espagnole qui l'avoient coulé à fond.
L'Infans
MAY. 1734. 985
et
L'Infant Don Carlos a déclaré le Comte de
Charny , Lieutenant General du Royaume ; il a
nommé en même- tems VicairesGeneraux le Prince
de la Rochella ,pour la Calabre Ulterieure , le
Marquis de Forcardi, pour la Calabre Citerieure;
le Duc d'Andria,pour la Principauté de Bari ,
pour la Capitanate et le Comté de Melfi , le
Marquis Doria , pour la Principauté de Lezze ;
le Duc de Sentiti , pour la Bazilicate ; le Frince
de Monte-Mileto , pour la Principauté Ulterieure
; le Duc Lorenzano , pour la Citerieure , le
Duc de Sora , pour l'Abruzze Ulterieure , et le
Prince d'Isciscane pour l'autre partie de l'Abruze.
Le 24. du mois passé la Garnison du Châreau
S. Elme demanda à capîtuler , mais comme
elle ne s'est point rendue dans le tems qui
lui avoit été prescrit , les Officiers et les Soldats
qui la composoient ont été faits prisonniers de
Guerre ; celle du Château Neuf , qui ne peut tenir
encore long-tems , subira le même sort.
On a reçû avis de Baye que le Comte Marsil
lae , aprés un Siege qui n'avoit duré que quelques
jours s'en étoit emparé , et que la Garnison
et les Habitans s'étoient rendus à discretion
Les Troupes qu'on avoit envoyées pour suivre
le Comte Visconti l'ont joint dans les environs
d'Otrante , et elles n'ont pu encore l'attaquer
parce qu'il s'est retiré dans des bois où il est dif
ficile de le forcer ; mais on croit qu'il ne pourra
pas y demeurer long-tems , et qu'il sera obligé
de sortir du Royaume.
On a appris par des Lettres de Messine , qu'on
voit vû passer à la hauteur de Salerne à les
quatre Galeres Imperiales qui sortirent ily
quelque temps du Port de Naples , dont on viene
Gy
D
986 MERCURE DE FRANCE
de parler , et on conjecture qu'elles sont allées
à Messine.
On écrit de Sicile , que les Habitans ont refusé
de payer un subside de 13c0000. ducats
que le Comte de Sastago , Viceroy de cette Isle ,
leur a demandé de la part de l'Empereur , et que
les menaces qu'il leur a faites de les contraindre à
payer cette somme , y ont excité un soulevement
presque general.
L'ouverture de la breche faite par une batterie
de 8. Canons et de 2. Mortiers , qu'on avoit
dressée contre le Château de l'Euf , se trouva le
premier de ce mois , au matin , assez grande pour
que 30 hommes pussent y passer de front , et
le Commandant de ce Château , voyant qu'on se
disposoit à l'emporter d'assaut , fit battre la chamade
, mais on n'a voulu lui accorder aucune caputulation
, et il a été fait prisonnier de guerre ,
ainsi que la Garnison , qui étoit composée de
300. hommes.
Les Villes de Gaëtte et de Capoüe sont tou
jours bloquées , et l'on n'attend que l'arrivée de
la grosse Artillerie pour ouvrir la Tranchée
devant ces deux Places. Cinq Vaisseaux de
l'Escadre Epagnole , qui croisent sur les Côtes de
Naples , sont allez dans la Mer Adriatique, pour
empêcher le transport des Troupes que l'Empereur
pourroit envoyer ici de Trieste.
Le Comte Visconti ayant été joint par quel
ques Troupes que le Viceroy de Sicile lui a envoyées
, s'est jetté dans Otrante , et le Duc de
Castro Pignano a demandé un renfort d'Infanterie
pour l'y assieger.
5oo . des Soldats Imperiaux , qui ont été faits
prisonniers de guerre , ont pris parti dans les
Troupes de S. M. Catholique , et l'Infant Don
Carl
MAY. 1734. 987
"
Carlos leur a fait distribuer de l'argent.
Les derniers avis de Naples , portent qu'une
partie du Détachement des Troupes Espagnoles
qui avoit suivi le Comte Visconti dans la Pouille,
avoit enveloppé 300. Soldats Imperiaux , qui
n'avoient pu faire assez de diligence pour entrer
avec lui dans Otrante , et qu'ils avoient été faits
prisonniers de guerre.
Selon les mêmes avis , le Prince Della Torella
a fait lever dans ses Terres 800. hommes de Milice
pour le Service de S. M. Catholique .
'Infant Don Carlos a fait publier et afficher
sur les frontieres du Royaume de Naples le
Decret suivant.
DON CARLOS , Par la grace de Dieu , Infant
d'Espagne , Duc de Parme , de Plaisance et
de Castro , &c. Grand Prince de Toscane et Generalissime
des Armées de Sa Majesté Catholi
que en Italie.
Le Roi , mon très- cher et honoré Pere , par
sa Lettre du 27. Fevrier dernier , écrite dans le
Palais Royal du Pardo , me mande ce qui suit,
ΜΟΝ
MAY.
981 1734.
MON CHER ET BIEN AIME' FILS.
•
>
Vos interêts inséparables de la dignité de ma
Couronne , et ceux de mes fideles Alliez , m'ont déterminez
à envoyer des Troupes dans la Lombardie
afin d'executer de concert avec leurs Armées
les justes Entreprises ausquelles on les a destinées
; mais dautant qu'à l'occasion de la presente
Guerre , les clameurs des Peuplet de Naples et de Sicile
, excessivement violentés , opprimés et tirannisés
depuis tant d'années par
le gouvernement Allemand
, ont pénetré mon coeur Royal , et que j'ai
toujours eu pour ces Peuples un amour Paternel
me ressouvenant fort bien de leurs démonstration's
de joye et de leurs acclamattons unanimées lorsqu'is
me reçûrent autrefois à Naples , et qu'ils consenti
rent à admettre mes Troupes en Sicile. Excité par
une compassion si naturelle , j'ai préferé à toute autre
expedition celle de délivrer de leurs maux insupportables
ces Peuples opprimés , en employant
avecgenerosité , pour leur prompt soulagement , les
forces qu'il a plu à Dieu de me confier , d'autant
plus que je considere qu'avant que leurs volontés
fussent en quelque façon captivées , leur zele répondoit
parfaitement à mes desirs et que ce n'a été
qu'après avoir été séduits ou par des insinuations
trompeuses , ou par des esperances chimeriques , ou
par la crainie des menaces violentes , qu'ils ont tous
été contraints de dissimuler leur propre inclination
en adoptant des operations très - contraires
leur fidelité. Dans cette persuasion j'ai toujours regardé
avec mépris , et comme des actes involontaires
ou forcés , tout ce qu'ils ont fait , soit en general
, soit en particulier , puisqu'ils y ont été excités
par mes ennemis , et je l'ai mis en oubli comme
s'il ne s'étoitjamais rien passé à ce sujet , ne dou-
Giij tant
>
>
982 MERCURE DE FRANCE
tant point qu'aussi- tôt qu'ils se verront en état Pagir
librement selon leurs desirs , ils ne me donnent
les mêmes preuves de leur parfait devoüement , da
leur loyauté , et de leur zele qu'ils m'ont donné cidevant.
Incité par de si justes motifs , j'ai pris là
resolution de vous y envoyer en personne , et en
qualité de Generalissime de mes Armées , pour recouvrer
ces Royaumes , malgré le risque où pourroit
être votre précieuse santé dans un si long voyage
, afin que par votre Royale et aimable présence,
vous puissiez confirmer en mon nom l'Amnistie et le
Pardon general ou particulier , que mon amour Paternel
m'engage à accorder à un chacun , de quelque
Nation qui soit , et donner à tous en mêmetems
les sûretés les plus authentiques . Vous confirmerez
en outre, vous étendre et augmenterêz , nonseulement
les Privileges dont ces Peuples jouissent a
present , mais encore vous les déchargere de toutes
sortes d'Impôts , et particulierement de ceux qui ne
doivent leur invention et leur établissement qu'à l'avidité
insatialle du Gouvernement Allemand ; et
tout cela afin que le monde soit convaincu que mon
juste et unique but est de rétablir deux Illustres
Royaumes, qui ont si bien merité de la Monarchie,
et de les faire encore jouir de leur ancienne felicité ,
réputation et dignité , et qu'on ne croye pas que ce
soit pas aucun autre interêt que j'ai entrepris de recouvrer
ces Royaumes . Et afin que le contenu de la
Presente soit notoire à tous je vous ordonne de le
rendre Public et Manifeste , dans la forme que vous
jugerez la plus convenable Dieu vous conserve
mon cher et bien aimé Fils , aussi long- tems que je
le desire. Moi le Roi , DON JOSEPH PATINO .
En vertu du pouvoir qu'il a plu à Sa Majesté,
par un effet de son amour Paternel de me donner,
ct
MAY. 1734. 983
et afin que les Sujets ci- dessus mentionnés des
deux Royaumes de Naples et de Sicile ,ces Peuples
si cheris du Roi mon Pere , et dont Sa Majesté
s'est toujours les souvenue avec tant d'estime et
d'affection , en soient dûëment et amplement informés
, je leur déclare ,et je les assûre tous et un
chacun , que l'Indult et le Pardon general et particulier
que Sa Majesté m'a ordonné d'accorder ,
et que j'accorde sur l'assûrance de son sacré et
souverain Nom , comprend toutes sortes de délits
, motifs ou démonstrations sans aucune restriction
, le tout restant enseveli dans un éternel
oubli, que la confirmation de leurs Privileges
comprend et s'étend aux Loix et aux Coutumes
tant Civiles que Criminelles , et même aux
Ecclesiastiques , sans qu'il soit permis d'y établir
aucun nouveau Tribunal , ou Procedures.
Que la louable et juste pratique de conferer les
Benefices et les Pensions sera continuée dans la
forme qui s'y observe ,actuellement ; et que toutes
les impositions et Charges établies par le
Gouvernement tyrannique des Allemands seront
abolis dès à present , lesquelles graces seront
conformes au clement et benin coeur de Sa Majesté
Et afin que ceci soit notoire , j'ai ordonné
qu'on expedie en Langue Espagnole et Italienne
la Présente signée de notre main , scellée
de notre sceau Royal , et contresignée par notre
Secretaire d'Etat , et qu'on l'affiche aux lieux ordinaires.
Fait à Civita Castellana le 14. Mars
1734. CHARLES , Don Joseph-Joachin de Montealegre.
:
Les divers avis du Royaume de Naples portent,
que l'infant Don Carlos , qui est toujours
Aversa , avoit détaché le Marquis de Las - Minas
G iiij
er
1984 MERCURE DE FRANCE
et le Duc de Castro Pignano , avec 34. Compa
gnies de Grenadiers et 2300. hommes de Cavalerie
, du nombre desquels sont les Carabiniers,
pour suivre le Viceroi , lequel accompagné du
Prince Caraffe , Grand Maréchal du Royaume ,
et du Prince de Belmonte Pignatelli , General de
la Cavalerie, s'est retiré dans la Poüille avec près
de sooo . hommes . Ces avis ajoûtent que le Com
te de Charni avoit le Commandement des Troupes
qui assiegent les Châteaux de Naples ; que
le Comte de Marsillac avoit marché pour s'emparer
de celui de Baya , et qu'on formoit en même-
tems le Siege de Gaëtte et de Capouë .
Les quatre Galeres que l'Empereur avoit fait .
équiper dans le Port de Naples , sont sorties de
ce Port, et se sont sauvés à la faveur d'un grand
calme qui a empêché l'Escadre Espagnole des'opposer
à leur fuite.
Les Lettres de la fin d'Avril marquent , que
l'Infant Don Carlos avoit continué le Juge de la
Cour de la Vicairerie à Naples , et l'Elû du Peuple
dans l'exercice de leurs Emplois, et qu'il avoit
laissé aux Habitans le soin de garder la Ville.
Ces mêmes Lettres portent que ce Prince a fait
signifier aux Troupes qui sont dans les Châteaux,
et aux Garnisons de Gaette , et de Capouë, qu'on
ne leur donnoit pour se rendre qu'un petit nom →
bre de jours , après lesquels il ne leur sera accordé
aucune Capitulation.
Ces Lettres ajoutent que le nouveau Vaisseau
de Guerre que le Comte Visconti, ci - devant Vi
ceroi du Royaume , avoit fait construire par or
dre de l'Empereur , étant sorti du Port le 19. du
mois passé pour faire voile vers la Sicile , avoit
été attaqué par quelques vaisseaux de l'Escadre
Espagnole qui l'avoient coulé à fond.
L'Infans
MAY. 1734. 985
et
L'Infant Don Carlos a déclaré le Comte de
Charny , Lieutenant General du Royaume ; il a
nommé en même- tems VicairesGeneraux le Prince
de la Rochella ,pour la Calabre Ulterieure , le
Marquis de Forcardi, pour la Calabre Citerieure;
le Duc d'Andria,pour la Principauté de Bari ,
pour la Capitanate et le Comté de Melfi , le
Marquis Doria , pour la Principauté de Lezze ;
le Duc de Sentiti , pour la Bazilicate ; le Frince
de Monte-Mileto , pour la Principauté Ulterieure
; le Duc Lorenzano , pour la Citerieure , le
Duc de Sora , pour l'Abruzze Ulterieure , et le
Prince d'Isciscane pour l'autre partie de l'Abruze.
Le 24. du mois passé la Garnison du Châreau
S. Elme demanda à capîtuler , mais comme
elle ne s'est point rendue dans le tems qui
lui avoit été prescrit , les Officiers et les Soldats
qui la composoient ont été faits prisonniers de
Guerre ; celle du Château Neuf , qui ne peut tenir
encore long-tems , subira le même sort.
On a reçû avis de Baye que le Comte Marsil
lae , aprés un Siege qui n'avoit duré que quelques
jours s'en étoit emparé , et que la Garnison
et les Habitans s'étoient rendus à discretion
Les Troupes qu'on avoit envoyées pour suivre
le Comte Visconti l'ont joint dans les environs
d'Otrante , et elles n'ont pu encore l'attaquer
parce qu'il s'est retiré dans des bois où il est dif
ficile de le forcer ; mais on croit qu'il ne pourra
pas y demeurer long-tems , et qu'il sera obligé
de sortir du Royaume.
On a appris par des Lettres de Messine , qu'on
voit vû passer à la hauteur de Salerne à les
quatre Galeres Imperiales qui sortirent ily
quelque temps du Port de Naples , dont on viene
Gy
D
986 MERCURE DE FRANCE
de parler , et on conjecture qu'elles sont allées
à Messine.
On écrit de Sicile , que les Habitans ont refusé
de payer un subside de 13c0000. ducats
que le Comte de Sastago , Viceroy de cette Isle ,
leur a demandé de la part de l'Empereur , et que
les menaces qu'il leur a faites de les contraindre à
payer cette somme , y ont excité un soulevement
presque general.
L'ouverture de la breche faite par une batterie
de 8. Canons et de 2. Mortiers , qu'on avoit
dressée contre le Château de l'Euf , se trouva le
premier de ce mois , au matin , assez grande pour
que 30 hommes pussent y passer de front , et
le Commandant de ce Château , voyant qu'on se
disposoit à l'emporter d'assaut , fit battre la chamade
, mais on n'a voulu lui accorder aucune caputulation
, et il a été fait prisonnier de guerre ,
ainsi que la Garnison , qui étoit composée de
300. hommes.
Les Villes de Gaëtte et de Capoüe sont tou
jours bloquées , et l'on n'attend que l'arrivée de
la grosse Artillerie pour ouvrir la Tranchée
devant ces deux Places. Cinq Vaisseaux de
l'Escadre Epagnole , qui croisent sur les Côtes de
Naples , sont allez dans la Mer Adriatique, pour
empêcher le transport des Troupes que l'Empereur
pourroit envoyer ici de Trieste.
Le Comte Visconti ayant été joint par quel
ques Troupes que le Viceroy de Sicile lui a envoyées
, s'est jetté dans Otrante , et le Duc de
Castro Pignano a demandé un renfort d'Infanterie
pour l'y assieger.
5oo . des Soldats Imperiaux , qui ont été faits
prisonniers de guerre , ont pris parti dans les
Troupes de S. M. Catholique , et l'Infant Don
Carl
MAY. 1734. 987
"
Carlos leur a fait distribuer de l'argent.
Les derniers avis de Naples , portent qu'une
partie du Détachement des Troupes Espagnoles
qui avoit suivi le Comte Visconti dans la Pouille,
avoit enveloppé 300. Soldats Imperiaux , qui
n'avoient pu faire assez de diligence pour entrer
avec lui dans Otrante , et qu'ils avoient été faits
prisonniers de guerre.
Selon les mêmes avis , le Prince Della Torella
a fait lever dans ses Terres 800. hommes de Milice
pour le Service de S. M. Catholique .
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Résumé : Nouvelles de Naples et de Sicile.
Le texte décrit les actions et déclarations de l'Infant Don Carlos, fils du roi d'Espagne, concernant les royaumes de Naples et de Sicile. Le roi d'Espagne, motivé par les souffrances des peuples napolitains et siciliens sous le gouvernement allemand, a décidé d'envoyer des troupes pour les libérer. Don Carlos, en tant que généralissime des armées, est chargé de récupérer ces royaumes, de confirmer une amnistie générale, de restaurer les privilèges des peuples et d'abolir les impôts imposés par le gouvernement allemand. Les nouvelles de Naples indiquent que Don Carlos a détaché plusieurs officiers et troupes pour suivre le vice-roi, qui s'est retiré en Pouille. Les galères impériales ont pu s'échapper grâce à un calme marin. Don Carlos a maintenu les juges et élus du peuple dans leurs fonctions et a donné un délai limité aux troupes dans les châteaux pour se rendre. Il a également nommé plusieurs lieutenants généraux et vicaires pour différentes régions des royaumes. Les garnisons des châteaux de Naples et de Baïa se sont rendues. Les troupes impériales, dirigées par le Comte Visconti, sont en difficulté et cherchent à quitter le royaume. Les habitants de Sicile ont refusé de payer un subside demandé par le vice-roi, provoquant un soulèvement. Les villes de Gaëtte et de Capoue sont bloquées en attendant l'arrivée de l'artillerie. Les vaisseaux espagnols patrouillent pour empêcher l'arrivée de renforts impériaux. Plusieurs soldats impériaux ont été faits prisonniers et ont rejoint les troupes espagnoles.
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