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1951
p. 2293
AU DUC DE SAVOYE.
Début :
Le Grand Ayeul de Votre Altesse Royale a agrandi ses Etats par la Guerre, il les a [...]
Mots clefs :
Duc de Savoie
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texteReconnaissance textuelle : AU DUC DE SAVOYE.
AU DUC DE SAVOYE.
E Grand Ayeul de Votre Alteffe Royale a
Lagrandifes Etats par la Guerre , illes a
affermis dans la Paix , il les quitte enfuite avec
une grandeur d'ame Jans égale ; les vertus fewles
de votre augufte Pere le placent fur le Trâne
le droit de fucceffion n'a aucune part à
cette poffeffion anticipée ; V. A R. est née d'un
Sang & dans une Maison où la vertu eft hereditaire.
Quelle heureuse esperance pour ses peuples
que ne doivent- ils pas fe promettre de cette
ame majestueuse qui brille déja ſur ſon visage
, de ce fang de tant de Heros qui coule dans
fes veines , de cette éducation qui forme à toutes
les vertus V. A. R. pour notre felicité.
Nous adreffons fans ceffe au Ciel nos voeux
les plus ardens pour la confervation de V. A. R.
vivez long tems , MONSEIGNEUR , mais
regnez tard.
On a appris en dernier lieu de Turin que le
Roi & la Reine de Sardaigne en étoient partis
pour la Foire d'Alexandrie de la Paille , & que
le Roi Victor Amedée vivoit à Chamberi dans
une grande retraite , n'ayant auprès de lui qu'un
très petit nombre d'Officiers & de Domeftiques.
E Grand Ayeul de Votre Alteffe Royale a
Lagrandifes Etats par la Guerre , illes a
affermis dans la Paix , il les quitte enfuite avec
une grandeur d'ame Jans égale ; les vertus fewles
de votre augufte Pere le placent fur le Trâne
le droit de fucceffion n'a aucune part à
cette poffeffion anticipée ; V. A R. est née d'un
Sang & dans une Maison où la vertu eft hereditaire.
Quelle heureuse esperance pour ses peuples
que ne doivent- ils pas fe promettre de cette
ame majestueuse qui brille déja ſur ſon visage
, de ce fang de tant de Heros qui coule dans
fes veines , de cette éducation qui forme à toutes
les vertus V. A. R. pour notre felicité.
Nous adreffons fans ceffe au Ciel nos voeux
les plus ardens pour la confervation de V. A. R.
vivez long tems , MONSEIGNEUR , mais
regnez tard.
On a appris en dernier lieu de Turin que le
Roi & la Reine de Sardaigne en étoient partis
pour la Foire d'Alexandrie de la Paille , & que
le Roi Victor Amedée vivoit à Chamberi dans
une grande retraite , n'ayant auprès de lui qu'un
très petit nombre d'Officiers & de Domeftiques.
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Résumé : AU DUC DE SAVOYE.
La lettre est adressée au Duc de Savoie, également connu sous le nom de Roi Victor Amédée de Sardaigne. Elle commence par louer la grandeur et les vertus des ancêtres du Duc, en particulier son grand-père, qui a acquis et consolidé les États par la guerre et la paix. La lettre souligne les qualités héréditaires de vertu et de majesté du Duc, né dans une famille où la vertu est transmise de génération en génération. Elle exprime l'espoir que les peuples du Duc peuvent nourrir grâce à ses qualités et à son éducation, qui le forment à toutes les vertus. La lettre se termine par des vœux pour la longue vie du Duc, tout en souhaitant qu'il ne règne pas trop tôt. Elle mentionne également que le Roi et la Reine de Sardaigne ont quitté Turin pour la Foire d'Alexandrie de la Paille, et que le Roi Victor Amédée vit en retraite à Chambéry, entouré d'un petit nombre d'officiers et de domestiques.
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1952
p. 2294-2295
ESPAGNE
Début :
La Flote de la Nouvelle Espagne qui entra le 18. Août dans le Port de Cadix sous l'escorte [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Cadix, Guerre, Roi
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
A Flote de la Nouvelle Efpagne qui entra le
18. Août dans le Port de Cadix fous l'efcorte
de trois Vaiffeaux de guerre , commandés
par le Marquis de Mari , étoit chargée de
968898. pieces de huit pour le Roi , & de
10481872. pour le compte des Négocians , de
121804. Piaftres en vaiffelle d'argent , de
48671 Piaftres en lingots d'argent , de 135 574
en or monnoyé , & 29152 en lingots d'or. Elle
avoit à bord, outre les matieres d'or & d'argent,
beaucoup de Cochenille , de Vanille , de Cacao ,
de bois de Campeche , de baume , de fucre , de
drogues & racines des Indes Occidentales &
Orientales , d'yvoire, d'écailles & de porcelaines.
Toutes ces Marchandiſes ont été portées dans
lés Magazins pour être diftribuées aux Particuliers
, ainfi que les matieres d'or & d'argent ;
mais on ne fçait pas encore quel fera l'indult
que le Roi retiendra fur ces effets.
Le 10. du mois dernier , le Roi , la Reine , le
Prince & la Princeffe des Afturies , & les Infants
Don Carlos & Don Philippe partirent du Palais
de l'Alcaçar de Seville , & s'embarquerent
fur les Galeres de S.-M. pour fe rendre par le=
Guadalquivir au Port de Sainte . Marie , où l'Infant
Don Louis & les Infantes Dona Marie Therefe
& Dona Marie Antoinette Ferdinande doi
vent fe rendre par terre. On a appris depuis que
L. M. n'étoient arrivées que le 19. à Saint Lucas,
ayant été retenues fur la Riviere par les vents
contraires , & que le lendemain elles étoient allées
par terre au Port de Sainte Marie , où l'Infant
Don Louis & les Lafantes étoient arrivés
dés- le- 171-
On
OCTOBRE . 1730. 229 *
On a embarqué une grande quantité de munitions
de guerre fur les Batimens de tranfport
qui font à la rade de Barcelone. Cependant des
Lettres qu'on a reçues depuis de la même Ville,
portent que l'expedition d'Italie a été fufpendue
, & que les Vaiffeaux de Guerre du Roi qui
étoient à la rade avoient ordre de retourner
à Cadix.
A Flote de la Nouvelle Efpagne qui entra le
18. Août dans le Port de Cadix fous l'efcorte
de trois Vaiffeaux de guerre , commandés
par le Marquis de Mari , étoit chargée de
968898. pieces de huit pour le Roi , & de
10481872. pour le compte des Négocians , de
121804. Piaftres en vaiffelle d'argent , de
48671 Piaftres en lingots d'argent , de 135 574
en or monnoyé , & 29152 en lingots d'or. Elle
avoit à bord, outre les matieres d'or & d'argent,
beaucoup de Cochenille , de Vanille , de Cacao ,
de bois de Campeche , de baume , de fucre , de
drogues & racines des Indes Occidentales &
Orientales , d'yvoire, d'écailles & de porcelaines.
Toutes ces Marchandiſes ont été portées dans
lés Magazins pour être diftribuées aux Particuliers
, ainfi que les matieres d'or & d'argent ;
mais on ne fçait pas encore quel fera l'indult
que le Roi retiendra fur ces effets.
Le 10. du mois dernier , le Roi , la Reine , le
Prince & la Princeffe des Afturies , & les Infants
Don Carlos & Don Philippe partirent du Palais
de l'Alcaçar de Seville , & s'embarquerent
fur les Galeres de S.-M. pour fe rendre par le=
Guadalquivir au Port de Sainte . Marie , où l'Infant
Don Louis & les Infantes Dona Marie Therefe
& Dona Marie Antoinette Ferdinande doi
vent fe rendre par terre. On a appris depuis que
L. M. n'étoient arrivées que le 19. à Saint Lucas,
ayant été retenues fur la Riviere par les vents
contraires , & que le lendemain elles étoient allées
par terre au Port de Sainte Marie , où l'Infant
Don Louis & les Lafantes étoient arrivés
dés- le- 171-
On
OCTOBRE . 1730. 229 *
On a embarqué une grande quantité de munitions
de guerre fur les Batimens de tranfport
qui font à la rade de Barcelone. Cependant des
Lettres qu'on a reçues depuis de la même Ville,
portent que l'expedition d'Italie a été fufpendue
, & que les Vaiffeaux de Guerre du Roi qui
étoient à la rade avoient ordre de retourner
à Cadix.
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Résumé : ESPAGNE
En août 1730, une flotte de la Nouvelle-Espagne est arrivée à Cadix, escortée par trois vaisseaux de guerre commandés par le Marquis de Mari. Elle transportait des marchandises précieuses, dont 968 898 pièces de huit pour le roi, 10 481 872 pièces pour les négociants, 121 804 piastres en vaisselle d'argent, 48 671 piastres en lingots d'argent, 135 574 en or monnayé et 29 152 en lingots d'or. La flotte contenait également des produits variés comme de la cochenille, de la vanille, du cacao, du bois de Campeche, du baume, du sucre, des drogues et racines des Indes Occidentales et Orientales, de l'ivoire, des écailles et des porcelaines. Ces marchandises ont été stockées dans les magasins en attendant leur distribution. Le 10 septembre 1730, le roi, la reine, le prince et la princesse des Asturies, ainsi que les infants Don Carlos et Don Philippe, ont quitté le palais de l'Alcázar de Séville pour s'embarquer sur les galères royales. Ils ont navigué sur le Guadalquivir jusqu'au port de Sainte-Marie, où l'infant Don Louis et les infantes Dona Marie Thérèse et Dona Marie Antoinette Ferdinande les ont rejoints par terre. Leur arrivée à Saint-Lucas a été retardée par des vents contraires. En octobre 1730, une grande quantité de munitions de guerre a été embarquée à Barcelone. Cependant, des lettres ultérieures ont indiqué que l'expédition en Italie avait été suspendue et que les vaisseaux de guerre du roi à la rade avaient reçu l'ordre de retourner à Cadix.
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1953
p. 2295-2296
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On mande de Londres, que la Male de Bristol ayant été volée le 10. Septembre [...]
Mots clefs :
Compagnie de la Mer du Sud
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
ON mande de Londres , que - la Male de Brif--
tol ayant été volée le io . de Septembre au
foir , près de Muydenhein , par un homme qui
monta fur le cheval du Poftillon pour ſe fauver ,
on a publié une Proclamation , promettant la
grace à ce Voleur s'il vient avouer fon crime , &
une récompenfe de 20. livres fterling à ceux qui
le feront arrêter.
M. de Beaufort , Gentilhomme François , que¨
Te Roi d'Eſpagne a nommé fon Agent en cette
Cour , alla le 17. Septembre avec les Directeurs de
la Compagnie de la Mer du Sud , à bord du Vaiffeau
le Prince Guillaume , qui partira dans
peu pour Cartagene & Porto - Bello , pour être
prefent au Jaugeage qui en fut fait ce jour- là ; il
fut reçu par M. Cleland , Capitaine de ce Bâtiment
, au bruit de neuf Canons , des Timbales &
des Trompettes. Après quoi les mêmes Directeurs
le conduifirent à Graveſend , où ils lui donnerent
un repas magnifique. On a donné au Capitaine
de ce Vaiffeau , une Commiffion de l'Amirauté ,
pour attaquer les Forbans & les Corfaires qu'il
pourra rencontrer dans fa route. M. de Beaufort
délivra le 6.de ce mois,aux Directeurs de la Compagnie
de la Mer du Sud , le Certificat du Jau
geage de ce Nayire.……
Tous
2296 MERCURE DE FRANCE
Tous les Vaiffeaux de la Compagnie de la Mer
du Sud , qui étoient allez dans les Mers du Nord,
font rentrez dans les Ports : la Péche qu'ils ont
faite cette année . ne fera pas d'un grand produit
pour la Compagnie , parce qu'ils n'ont pris que
douze Baleines à eux tous.
Le Duc de Riperda , cy -devant Premier Minitre
du Roi d'efpagne, & qui depuis fon évafion
du Château de Ségovie , a paffé près deux ans à
Londres , incognito , fut prefenté au Roi d'Angleterre
le 14. par le Duc de Newcaſtle ,
taire d'Etat.
Secre-
On apprend de Blackftonne , dans le Comte de
Lancaftre , qu'on y a vu un Animal de la figure
d'un Serpent , lequel a fix Verges de long & près
de deux de tour. Comme les Payfans des environs
ont perdu depuis quelque temps plufieurs de leurs
Moutons , ils croyent qu'ils ont été dévorez par
cet Animal.
ON mande de Londres , que - la Male de Brif--
tol ayant été volée le io . de Septembre au
foir , près de Muydenhein , par un homme qui
monta fur le cheval du Poftillon pour ſe fauver ,
on a publié une Proclamation , promettant la
grace à ce Voleur s'il vient avouer fon crime , &
une récompenfe de 20. livres fterling à ceux qui
le feront arrêter.
M. de Beaufort , Gentilhomme François , que¨
Te Roi d'Eſpagne a nommé fon Agent en cette
Cour , alla le 17. Septembre avec les Directeurs de
la Compagnie de la Mer du Sud , à bord du Vaiffeau
le Prince Guillaume , qui partira dans
peu pour Cartagene & Porto - Bello , pour être
prefent au Jaugeage qui en fut fait ce jour- là ; il
fut reçu par M. Cleland , Capitaine de ce Bâtiment
, au bruit de neuf Canons , des Timbales &
des Trompettes. Après quoi les mêmes Directeurs
le conduifirent à Graveſend , où ils lui donnerent
un repas magnifique. On a donné au Capitaine
de ce Vaiffeau , une Commiffion de l'Amirauté ,
pour attaquer les Forbans & les Corfaires qu'il
pourra rencontrer dans fa route. M. de Beaufort
délivra le 6.de ce mois,aux Directeurs de la Compagnie
de la Mer du Sud , le Certificat du Jau
geage de ce Nayire.……
Tous
2296 MERCURE DE FRANCE
Tous les Vaiffeaux de la Compagnie de la Mer
du Sud , qui étoient allez dans les Mers du Nord,
font rentrez dans les Ports : la Péche qu'ils ont
faite cette année . ne fera pas d'un grand produit
pour la Compagnie , parce qu'ils n'ont pris que
douze Baleines à eux tous.
Le Duc de Riperda , cy -devant Premier Minitre
du Roi d'efpagne, & qui depuis fon évafion
du Château de Ségovie , a paffé près deux ans à
Londres , incognito , fut prefenté au Roi d'Angleterre
le 14. par le Duc de Newcaſtle ,
taire d'Etat.
Secre-
On apprend de Blackftonne , dans le Comte de
Lancaftre , qu'on y a vu un Animal de la figure
d'un Serpent , lequel a fix Verges de long & près
de deux de tour. Comme les Payfans des environs
ont perdu depuis quelque temps plufieurs de leurs
Moutons , ils croyent qu'ils ont été dévorez par
cet Animal.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, une proclamation du 10 septembre offre la grâce au voleur de la mule du poste de Muydenhein s'il avoue son crime, ou une récompense de 20 livres sterling pour son arrestation. Le 17 septembre, M. de Beaufort, agent du roi d'Espagne, a assisté au jaugeage du vaisseau le Prince Guillaume en présence des directeurs de la Compagnie de la Mer du Sud. Il a été accueilli par le capitaine Cleland avec des salves de canons et des fanfares, puis invité à un repas somptueux à Gravesend. Le capitaine a reçu une commission de l'Amirauté pour attaquer les forbans et les corsaires. M. de Beaufort a remis aux directeurs le certificat de jaugeage du navire. Les vaisseaux de la Compagnie de la Mer du Sud, ayant pêché dans les mers du Nord, sont rentrés avec seulement douze baleines, limitant ainsi les bénéfices. Le duc de Riperda, ancien Premier ministre du roi d'Espagne, a été présenté au roi d'Angleterre le 14 septembre par le duc de Newcastle. À Blackstone, dans le comté de Lancastre, un animal ressemblant à un serpent, mesurant six verges de long et deux de tour, a été aperçu, et les paysans pensent qu'il a dévoré plusieurs moutons.
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1954
p. 2297-2299
« Le Marquis de Souvré, Maître de la Garderobbe du Roi, a été nommé [...] »
Début :
Le Marquis de Souvré, Maître de la Garderobbe du Roi, a été nommé [...]
Mots clefs :
Roi, Marquis, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Marquis de Souvré, Maître de la Garderobbe du Roi, a été nommé [...] »
E Marquis de Souvré , Maître de la
Garderobbe du Roi , à été nommé
par S. M. Meftre de Camp d'un Regiment
d'Infanterie , vacant par la démiflion volontaire
du Marquis de la Chenelaye ,
Brigadier des Armées du Roi..
Le Marquis de Lanmari à obtenu la
Compagnie de Gendarmerie , vacante par
la mort de M. Trudaine. Le Marquis de
Bouville a été nommé Sous-Lieutenant
de Gendarmerie , le Marquis de Marignane
,
2298 MERCURE DE FRANCE 1
ne , Enſeigne , & le fils de M. Trudaine ,
Guidon ,
M. de Beaucaire , Meftre de Camp réformé,
a été nommé par le Roi Meftre de
Camp d'un Régiment deCavalerie, vacant
par la démiffion volontaire du Prince de
Lambefc.
Le Roi a donné l'Evêché d'Angers à
Abbé de Vaugiraud , Grand - Vicaire de
çe Diocèfe ; & S. M. a donné l'Abbaye de
Noaillé , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Poitiers , à l'Abbé Poncet de la Riviere .
Le Marquis de Creil , Brigadier des
Armées du Roi , & Meftre de Camp du
Régiment de Baffigny , a été nommé par
S. M. Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Grenadiers à Cheval de fa Maifon
, & le Roi a accordé au fils de M. de
Villemur, Lieutenant General des Armées
de S. M. qui commandoit cette Compa
gnie , le Regiment de Baffigny.
Le Roi a nommé le Comte de Rottembourg
, fon Ambaffadeur Extraordinaire
auprès du Roi d'Eſpagne,
Le zo. de ce mois , la Reine fe rendit
à la Chapelle du Château de Versailles ,
où S.M. aprés avoir entendu la Meffe, qui
fut dite par l'Abbé de S. Aulaire, fon Aumônier
en quartier , fut relevée de fes-
Couches , avec les ceremonies accoûtumées
OCTOBRE. 1730. 2299
, par le Cardinal de Fleury , fon
Grand- Aumônier.
mées
Le 21. l'Abbé Lanti , Nonce Extraor
dinaire du Pape , s'étant rendu à Verſailles
, eut la premiere Audience particuliere'
du Roi. Il eut enfuite Audience de la Reine
& de Monfeigneur le Dauphin .
Le Roi Staniflas & la Reine fon Epoufe,
qui font venus incognito , pour paffer quelques
jours à Verfailles avec la Reine leur
Fille , font retournez à Chambord. Pendant
leur féjour à la Cour , le Roi les a
vûs plufieurs fois chez la Reine.
Garderobbe du Roi , à été nommé
par S. M. Meftre de Camp d'un Regiment
d'Infanterie , vacant par la démiflion volontaire
du Marquis de la Chenelaye ,
Brigadier des Armées du Roi..
Le Marquis de Lanmari à obtenu la
Compagnie de Gendarmerie , vacante par
la mort de M. Trudaine. Le Marquis de
Bouville a été nommé Sous-Lieutenant
de Gendarmerie , le Marquis de Marignane
,
2298 MERCURE DE FRANCE 1
ne , Enſeigne , & le fils de M. Trudaine ,
Guidon ,
M. de Beaucaire , Meftre de Camp réformé,
a été nommé par le Roi Meftre de
Camp d'un Régiment deCavalerie, vacant
par la démiffion volontaire du Prince de
Lambefc.
Le Roi a donné l'Evêché d'Angers à
Abbé de Vaugiraud , Grand - Vicaire de
çe Diocèfe ; & S. M. a donné l'Abbaye de
Noaillé , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Poitiers , à l'Abbé Poncet de la Riviere .
Le Marquis de Creil , Brigadier des
Armées du Roi , & Meftre de Camp du
Régiment de Baffigny , a été nommé par
S. M. Capitaine - Lieutenant de la Compagnie
des Grenadiers à Cheval de fa Maifon
, & le Roi a accordé au fils de M. de
Villemur, Lieutenant General des Armées
de S. M. qui commandoit cette Compa
gnie , le Regiment de Baffigny.
Le Roi a nommé le Comte de Rottembourg
, fon Ambaffadeur Extraordinaire
auprès du Roi d'Eſpagne,
Le zo. de ce mois , la Reine fe rendit
à la Chapelle du Château de Versailles ,
où S.M. aprés avoir entendu la Meffe, qui
fut dite par l'Abbé de S. Aulaire, fon Aumônier
en quartier , fut relevée de fes-
Couches , avec les ceremonies accoûtumées
OCTOBRE. 1730. 2299
, par le Cardinal de Fleury , fon
Grand- Aumônier.
mées
Le 21. l'Abbé Lanti , Nonce Extraor
dinaire du Pape , s'étant rendu à Verſailles
, eut la premiere Audience particuliere'
du Roi. Il eut enfuite Audience de la Reine
& de Monfeigneur le Dauphin .
Le Roi Staniflas & la Reine fon Epoufe,
qui font venus incognito , pour paffer quelques
jours à Verfailles avec la Reine leur
Fille , font retournez à Chambord. Pendant
leur féjour à la Cour , le Roi les a
vûs plufieurs fois chez la Reine.
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Résumé : « Le Marquis de Souvré, Maître de la Garderobbe du Roi, a été nommé [...] »
En octobre 1730, plusieurs nominations ont eu lieu à la cour de France. Le Marquis de Souvré a été nommé Maître de Camp d'un régiment d'infanterie, succédant au Marquis de la Chenelaye. Le Marquis de Lanmari a obtenu la Compagnie de Gendarmerie, vacante après le décès de M. Trudaine. Le Marquis de Bouville a été nommé Sous-Lieutenant de Gendarmerie, le Marquis de Marignane Enseigne, et le fils de M. Trudaine Guidon. M. de Beaucaire a été nommé Maître de Camp d'un régiment de cavalerie, poste laissé vacant par la démission du Prince de Lambesc. Le Roi a attribué l'Évêché d'Angers à l'Abbé de Vaugiraud et l'Abbaye de Noaillé à l'Abbé Poncet de la Rivière. Le Marquis de Creil a été nommé Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des Grenadiers à Cheval de la Maison du Roi, et le fils de M. de Villemur a reçu le Régiment de Baffigny. Le Comte de Rottembourg a été désigné Ambassadeur Extraordinaire auprès du Roi d'Espagne. Le 20 octobre, la Reine s'est rendue à la Chapelle du Château de Versailles pour être relevée de ses couches par le Cardinal de Fleury. Le 21 octobre, l'Abbé Lanti, Nonce Extraordinaire du Pape, a eu sa première audience privée avec le Roi, suivie d'audiences avec la Reine et le Dauphin. Le Roi Stanislas et la Reine son épouse, venus incognito à Versailles avec la Reine leur fille, sont retournés à Chambord.
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1955
p. 2301-2303
Réjouissance sur la Naissance du Duc d'Anjou, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Régiment d'Anjou, Infanterie, sensible à l'honneur qu'il a d'avoir pour Colonel M. le [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Naissance du duc d'Anjou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réjouissance sur la Naissance du Duc d'Anjou, &c. [titre d'après la table]
Le Régiment d'Anjou , Infanterie , fenfible à
'honneus
2302 MERCURE DE FRANCE
l'honneur qu'il a d'avoir pour Colonel M. le
Duc d'Anjou , a donné des marques éclatantes
de la joye qu'a caufé fon heureuſe Naiffance. Ce
Régiment eft campé fous Thionville ; les Dames
de la Ville & des environs ayant été invitées ,
ainfi que la plupart des Officiers Generaux & particuliers
du Camp & de la Ville de Mets , fe rendirent
le 18 Septembre au Camp, où tout étoit préparé
pour les recevoir, ce qui forma une très- brillante
Affemblée . La Fête commença par un grand
Bal , où l'on fervit toutes fortes de Rafraîchiffemens
. A l'entrée de la nuit tout le Camp fut illuminé
avec beaucoup de fimetrie ; la façade du
Camp formoit une fuite de Portiques d'un trèsbon
gout. On avoit élevé au milieu de deux Bataillons
, un Arc- de- Triomphe de 50. pieds de
haut , orné de Filaftres , de Corniches & de Confoles
; les Armes d'Anjou étoient placées en grand
dans le milieu, & celles de France dans les côtez.
Les Troupes étant en bataille , firent trois décharges
generales ; on fit dans l'intervale de chaun
feu continuel de Boetes & de Fufées . Ce
cune,
qui fut terminé par deux groffes Gerbes de Fu- fées qui partirent toutes à la fois . Enfuite on fervit
un très grand foupé , ou , pour mieux dire , plufieurs en même temps , pour toute l'Affemblée
. Après minuit le Bal recommença
jufqu'à l'ouver- ture des Portes de la Ville , que chacun fe fépara fatisfait de la Fête & du fujet qui y avoit donné
lieu. On fit auffi diftribuer beaucoup
de vin aux Soldats & aux Habitans que la curiofité y attira
La Ville de Troye , Capitale de la Province del
Champagne , s'eft toûjours diftinguée par fon
zele & fon attachement pour le Roi & pour la
Famille Royale L'année derniere tous les Ordres
de cette Ville firent éclater leur joye à l'occafion
de
OCTOBRE. 1730. 2303
de la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin , &
P'Academie de Mufique fe fignala par une Fête
dont on a donné la defcription. Les marques de
ce même zele ont été renouvellées cette année au
fujet de la Naiffance de Monfeigneur le Duc d'An
jou. M. Morel , Chevalier de l'Ordre de S Michel
& Lieutenant General au Bailliage & Siege
Préfidial de cette Ville , qui exerce depuis environ
un an cette Charge avec diftinétion , a donné une
Fête très-galante. Lors des premieres Réjouiflances
Madame la Lieutenante Generale , chez laquelle
fe raffemble ordinairement la meilleure
Compagnie de la Ville , ayant été priée par les
Dames de leur donner un Bal , elle leur répondit
qu'elle leur offriroit volontiers ce plaifir auffi-tôt
que M. l'Intendant feroit en cette Ville , où il devoit
inceffamment faire la tournée. A fon arrivée
le jour ayant été pris au 10. d'Octobre , M. &
Mad. la Lieutenante Generale inviterent la Nobleffe
des environs & les principales perfonnes de
la Ville; la Fête commença à 5. heures par le jeu
dans differens Appartemens , on vit paroître à 7.
heures une Illumination bien entendue au dehors
& au- dedans de la Maiſon , 9. heures on fervit
deux Tables de 25. Couverts chacune , où ſe réünirent
l'abondance ,la délicateffe & le bon gout.Le
Repas fut terminé par une Symphonie qui fur
fuivie du Bal dans deux grandes Sales très éclai
rées , qui dura toute la nuit avec un grand concours
de Mafques. Pendant le Bal on diftribua
toutes fortes de Rafraîchiffemens , & la Compa
gnie fe retira fort fatisfaite. Le Jeudi fuivant l'Academie
de Mufique donna un Concert à M. l'Intendant
, où l'Affemblée fut nombreufe & brillan
ge , & le Concert fut très-bien executé.
'honneus
2302 MERCURE DE FRANCE
l'honneur qu'il a d'avoir pour Colonel M. le
Duc d'Anjou , a donné des marques éclatantes
de la joye qu'a caufé fon heureuſe Naiffance. Ce
Régiment eft campé fous Thionville ; les Dames
de la Ville & des environs ayant été invitées ,
ainfi que la plupart des Officiers Generaux & particuliers
du Camp & de la Ville de Mets , fe rendirent
le 18 Septembre au Camp, où tout étoit préparé
pour les recevoir, ce qui forma une très- brillante
Affemblée . La Fête commença par un grand
Bal , où l'on fervit toutes fortes de Rafraîchiffemens
. A l'entrée de la nuit tout le Camp fut illuminé
avec beaucoup de fimetrie ; la façade du
Camp formoit une fuite de Portiques d'un trèsbon
gout. On avoit élevé au milieu de deux Bataillons
, un Arc- de- Triomphe de 50. pieds de
haut , orné de Filaftres , de Corniches & de Confoles
; les Armes d'Anjou étoient placées en grand
dans le milieu, & celles de France dans les côtez.
Les Troupes étant en bataille , firent trois décharges
generales ; on fit dans l'intervale de chaun
feu continuel de Boetes & de Fufées . Ce
cune,
qui fut terminé par deux groffes Gerbes de Fu- fées qui partirent toutes à la fois . Enfuite on fervit
un très grand foupé , ou , pour mieux dire , plufieurs en même temps , pour toute l'Affemblée
. Après minuit le Bal recommença
jufqu'à l'ouver- ture des Portes de la Ville , que chacun fe fépara fatisfait de la Fête & du fujet qui y avoit donné
lieu. On fit auffi diftribuer beaucoup
de vin aux Soldats & aux Habitans que la curiofité y attira
La Ville de Troye , Capitale de la Province del
Champagne , s'eft toûjours diftinguée par fon
zele & fon attachement pour le Roi & pour la
Famille Royale L'année derniere tous les Ordres
de cette Ville firent éclater leur joye à l'occafion
de
OCTOBRE. 1730. 2303
de la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin , &
P'Academie de Mufique fe fignala par une Fête
dont on a donné la defcription. Les marques de
ce même zele ont été renouvellées cette année au
fujet de la Naiffance de Monfeigneur le Duc d'An
jou. M. Morel , Chevalier de l'Ordre de S Michel
& Lieutenant General au Bailliage & Siege
Préfidial de cette Ville , qui exerce depuis environ
un an cette Charge avec diftinétion , a donné une
Fête très-galante. Lors des premieres Réjouiflances
Madame la Lieutenante Generale , chez laquelle
fe raffemble ordinairement la meilleure
Compagnie de la Ville , ayant été priée par les
Dames de leur donner un Bal , elle leur répondit
qu'elle leur offriroit volontiers ce plaifir auffi-tôt
que M. l'Intendant feroit en cette Ville , où il devoit
inceffamment faire la tournée. A fon arrivée
le jour ayant été pris au 10. d'Octobre , M. &
Mad. la Lieutenante Generale inviterent la Nobleffe
des environs & les principales perfonnes de
la Ville; la Fête commença à 5. heures par le jeu
dans differens Appartemens , on vit paroître à 7.
heures une Illumination bien entendue au dehors
& au- dedans de la Maiſon , 9. heures on fervit
deux Tables de 25. Couverts chacune , où ſe réünirent
l'abondance ,la délicateffe & le bon gout.Le
Repas fut terminé par une Symphonie qui fur
fuivie du Bal dans deux grandes Sales très éclai
rées , qui dura toute la nuit avec un grand concours
de Mafques. Pendant le Bal on diftribua
toutes fortes de Rafraîchiffemens , & la Compa
gnie fe retira fort fatisfaite. Le Jeudi fuivant l'Academie
de Mufique donna un Concert à M. l'Intendant
, où l'Affemblée fut nombreufe & brillan
ge , & le Concert fut très-bien executé.
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Résumé : Réjouissance sur la Naissance du Duc d'Anjou, &c. [titre d'après la table]
Le Régiment d'Anjou a célébré la naissance du Duc d'Anjou, son colonel, à Thionville le 18 septembre. La fête a réuni les dames de la ville et des environs, ainsi que les officiers généraux et particuliers du camp et de Metz. Les festivités ont commencé par un grand bal, suivi d'illuminations et de feux d'artifice. Un arc de triomphe orné des armes d'Anjou et de France a été érigé, et les troupes ont tiré trois salves entrecoupées de pétards et de fusées. Un grand souper a été servi, et le bal a repris après minuit jusqu'à l'ouverture des portes de la ville. Parallèlement, la ville de Troyes a manifesté son attachement à la famille royale en organisant une fête en 1730 pour la naissance du Duc d'Anjou. M. Morel, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et Lieutenant Général au Bailliage de Troyes, a orchestré une fête galante le 10 octobre. Madame la Lieutenante Générale a offert un bal après l'arrivée de l'Intendant, accompagné de jeux, d'une illumination et d'un repas somptueux. Un concert de l'Académie de Musique a également été donné en l'honneur de l'Intendant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1956
p. 2303-2306
Jeu de l'Anguille sur la Seine, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Dimanche 10. Septembre, les Mariniers de la Pelleterie, joints avec quelques autres pour [...]
Mots clefs :
Jeu de l'Anguille, Naissance du duc d'Anjou, Fête, Spectateurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Jeu de l'Anguille sur la Seine, &c. [titre d'après la table]
Le Dimanche 10. Septembre , les Mariniers de
la
27
2304 MERCURE DE FRANCE
la Pelleterie , joints avec quelques autres pour
témoigner leur joye au fujet de la naiffance de
Monfeigneur le Duc d'Anjou , voulurent fe
ignaler par une Fête qu'ils donnerent fur la
Seine , après en avoir obtenu la permiffion de
Meffieurs les Prevôt des Marchands & Echevins.
Ils tirerent l'anguille dans l'efpace de la
riviere qui fe trouve entre le Pont au Change
& le Pont Notre-Dame , la place étant fort convenable
pour ces fortes d'exercices , parce qu'elle
forme un quarré parfait & que les Spectateurs
s'y trouvent placez de tous côtez à une diſtance
raifonnable.
En conféquence des ordres du Prevôt des Marchands
& Echevins , on fit retirer tous les Batteaux
des Teinturiers & autres, pour rendre le caaal
entierement libre , & fur la permiffion qui
leur en fut accordée , ils arrangerent de grands
Batteaux de fel remplis de chaifes qu'ils louerent
au public & dont le produit leur fut accordé
pour fournir en quelque façon aux frais qu'ils
étoient obligez de faire pour cette Fête ; ils boucherent
toutes les arches des deux Ponts, & tout ce
grand quarré fut bordé par des Batteaux remplis
de Spectateurs , qui étoient en très-grand nombre
, auffi-bien qu'aux Balcons & aux fenêtres
des deux Ponts & des deux Quais .
On avoit orné très- proprement un grand Batteau
deftiné pour Mrs les Prévôt des Marchands ,
Echevins & autres Officiers de la Ville , & dans
lequel il fe trouva auffi beaucoup de Dames : aufſitôt
qu'on le vit approcher , les Mariniers , au fon
des Timbales & des Trompettes , commencerent
vers les 3. heures après midi , le jeu de la Lance
qui devint très - divertiffant les differentes manieres
dont ils tomboient dans l'eau & les differentes
culbutes qu'ils faifoient malgré eux ,
par
Les
OCTOBRE. 1730. 2305
Les combatans de la Lutte étoient montez fur
fix petits Batteaux , à chacun defquels il y avoit
5 Rames. 3. de ces Batteaux étoient peints en
fouge , & les 3. autres en bleu , auffi bien que
les Rames & les Lances; les Rameurs, comme les
Tireurs de Lance, étoient tous habillez de blanc
& avoient des Cocardes, dont la couleur répondoit
à celle des Batteaux où ils étoient . Par les
mouvemens de leurs Rames , ils faifoient revirer
leurs Batteaux à leur gré & s'entendoient fi - bien,
que quand ils fe rencontroient , ils fe touchoient
fi vivement avec leurs Lances , qu'il étoit rare
qu'il n'en tomba quelqu'un dans l'eau , & même
affez fouvent ils étoient renverfez tous les deux .
ce qui réjouiffoit infiniment , & formoit un petit
combat tres-divertiffant.Il y en eut deux, fur tout,
plus fermes que les autres , qui ne furent renver→
fez qu'à la fin. Ce divertiffement dura plus d'une
heure ; en finiffant les Mariniers fe jetterent tous
enſemble dans l'eau , qui fe trouva dans l'inſtant
couverte de Nageurs , dont les divers mouvemens
, joints à l'agitation de l'eau , donnerent
un fpectacle des plus agréables . Ils gagnerent le
Batteau , pour tirer l'Anguille ; & enfuite y étant
arrivez , ils tirerent au fort le rang qui devoit leur
échoir , & furent attacher l'Anguille à une corde,
qui étoit placée au milieu du Quay de Gêvres , à
la hauteur au moins d'un fecond étage , & qui
répondoit à un Tourniquet , du côté de la Pelleterie.
Ordinairement on reconnoît pour Roy celui
qui fans agir des mains , peut avec fes dents arracher
les entrailles de l'Anguille ; mais afin que
le plaifir dura plus long- temps , ils étoient convenus
enſemble que ce feroit celui qui emporteroit
le dernier morceau . Le Plaiſant de ce fpec
tacle fut que dans le temps qu'ils y penfoient le
I moins
2306 MERCURE DE FRANCE
moins , on lâchoit le Tourniquet , ce qui les faifoit
tomber & enfoncer fi avant dans l'eau, qu'ils
étoient tres - long - tems fans reparoître , & fouvent
ils fe trouvoient fi éloignez de l'Anguille
qu'ils ne pouvoient point la ratraper ; ce qui
donnoit lieu à un autre de prendre la place . Il
s'en trouva quelques - uns qui marquoient tant
de courage & de force , qu'ils fe laiffoient enlever,
en tenant la corde feulement des mains , & reftoient
dans cette fituation un temps tres-confiderable
, & quelquefois avoient encore affez de
vigueur pour s'élever & s'y attacher par les pieds.
La Fête fut interrompue pour un moment ,
par la chute d'un Echafaut trop foible , qu'on
avoit élevé fur le Batteau , qui fervoit pour monter
à la corde où l'Anguille étoit attachée. Ce qui
divertit beaucoup le public, dautant qu'ils étoient
tous montez deffus.
Tout le pafla avec beaucoup d'ordre & fans accident
, malgré la grande affluence de peuples qui
y accoururent, attirés la rareté de ces fortes de
fpectacles , dont on n'avoit point vu de pareils
depuis 37 ans.
par
Cela finit fur les fix heures du foir , avec de
grands applaudiffemens de la part des Spectateurs
, pour le Vainqueur que l'on conduifit au
Batteau de Meffieurs les Prevôt des Marchands
& Echevins , où il reçût la récompenfe de fa vic-
Loire.
M. le Cocq , Commis pour le paffage des Ponts,
homme fort entendu , s'eft donné bien des foins
pour conduire cette Fête.
la
27
2304 MERCURE DE FRANCE
la Pelleterie , joints avec quelques autres pour
témoigner leur joye au fujet de la naiffance de
Monfeigneur le Duc d'Anjou , voulurent fe
ignaler par une Fête qu'ils donnerent fur la
Seine , après en avoir obtenu la permiffion de
Meffieurs les Prevôt des Marchands & Echevins.
Ils tirerent l'anguille dans l'efpace de la
riviere qui fe trouve entre le Pont au Change
& le Pont Notre-Dame , la place étant fort convenable
pour ces fortes d'exercices , parce qu'elle
forme un quarré parfait & que les Spectateurs
s'y trouvent placez de tous côtez à une diſtance
raifonnable.
En conféquence des ordres du Prevôt des Marchands
& Echevins , on fit retirer tous les Batteaux
des Teinturiers & autres, pour rendre le caaal
entierement libre , & fur la permiffion qui
leur en fut accordée , ils arrangerent de grands
Batteaux de fel remplis de chaifes qu'ils louerent
au public & dont le produit leur fut accordé
pour fournir en quelque façon aux frais qu'ils
étoient obligez de faire pour cette Fête ; ils boucherent
toutes les arches des deux Ponts, & tout ce
grand quarré fut bordé par des Batteaux remplis
de Spectateurs , qui étoient en très-grand nombre
, auffi-bien qu'aux Balcons & aux fenêtres
des deux Ponts & des deux Quais .
On avoit orné très- proprement un grand Batteau
deftiné pour Mrs les Prévôt des Marchands ,
Echevins & autres Officiers de la Ville , & dans
lequel il fe trouva auffi beaucoup de Dames : aufſitôt
qu'on le vit approcher , les Mariniers , au fon
des Timbales & des Trompettes , commencerent
vers les 3. heures après midi , le jeu de la Lance
qui devint très - divertiffant les differentes manieres
dont ils tomboient dans l'eau & les differentes
culbutes qu'ils faifoient malgré eux ,
par
Les
OCTOBRE. 1730. 2305
Les combatans de la Lutte étoient montez fur
fix petits Batteaux , à chacun defquels il y avoit
5 Rames. 3. de ces Batteaux étoient peints en
fouge , & les 3. autres en bleu , auffi bien que
les Rames & les Lances; les Rameurs, comme les
Tireurs de Lance, étoient tous habillez de blanc
& avoient des Cocardes, dont la couleur répondoit
à celle des Batteaux où ils étoient . Par les
mouvemens de leurs Rames , ils faifoient revirer
leurs Batteaux à leur gré & s'entendoient fi - bien,
que quand ils fe rencontroient , ils fe touchoient
fi vivement avec leurs Lances , qu'il étoit rare
qu'il n'en tomba quelqu'un dans l'eau , & même
affez fouvent ils étoient renverfez tous les deux .
ce qui réjouiffoit infiniment , & formoit un petit
combat tres-divertiffant.Il y en eut deux, fur tout,
plus fermes que les autres , qui ne furent renver→
fez qu'à la fin. Ce divertiffement dura plus d'une
heure ; en finiffant les Mariniers fe jetterent tous
enſemble dans l'eau , qui fe trouva dans l'inſtant
couverte de Nageurs , dont les divers mouvemens
, joints à l'agitation de l'eau , donnerent
un fpectacle des plus agréables . Ils gagnerent le
Batteau , pour tirer l'Anguille ; & enfuite y étant
arrivez , ils tirerent au fort le rang qui devoit leur
échoir , & furent attacher l'Anguille à une corde,
qui étoit placée au milieu du Quay de Gêvres , à
la hauteur au moins d'un fecond étage , & qui
répondoit à un Tourniquet , du côté de la Pelleterie.
Ordinairement on reconnoît pour Roy celui
qui fans agir des mains , peut avec fes dents arracher
les entrailles de l'Anguille ; mais afin que
le plaifir dura plus long- temps , ils étoient convenus
enſemble que ce feroit celui qui emporteroit
le dernier morceau . Le Plaiſant de ce fpec
tacle fut que dans le temps qu'ils y penfoient le
I moins
2306 MERCURE DE FRANCE
moins , on lâchoit le Tourniquet , ce qui les faifoit
tomber & enfoncer fi avant dans l'eau, qu'ils
étoient tres - long - tems fans reparoître , & fouvent
ils fe trouvoient fi éloignez de l'Anguille
qu'ils ne pouvoient point la ratraper ; ce qui
donnoit lieu à un autre de prendre la place . Il
s'en trouva quelques - uns qui marquoient tant
de courage & de force , qu'ils fe laiffoient enlever,
en tenant la corde feulement des mains , & reftoient
dans cette fituation un temps tres-confiderable
, & quelquefois avoient encore affez de
vigueur pour s'élever & s'y attacher par les pieds.
La Fête fut interrompue pour un moment ,
par la chute d'un Echafaut trop foible , qu'on
avoit élevé fur le Batteau , qui fervoit pour monter
à la corde où l'Anguille étoit attachée. Ce qui
divertit beaucoup le public, dautant qu'ils étoient
tous montez deffus.
Tout le pafla avec beaucoup d'ordre & fans accident
, malgré la grande affluence de peuples qui
y accoururent, attirés la rareté de ces fortes de
fpectacles , dont on n'avoit point vu de pareils
depuis 37 ans.
par
Cela finit fur les fix heures du foir , avec de
grands applaudiffemens de la part des Spectateurs
, pour le Vainqueur que l'on conduifit au
Batteau de Meffieurs les Prevôt des Marchands
& Echevins , où il reçût la récompenfe de fa vic-
Loire.
M. le Cocq , Commis pour le paffage des Ponts,
homme fort entendu , s'eft donné bien des foins
pour conduire cette Fête.
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Résumé : Jeu de l'Anguille sur la Seine, &c. [titre d'après la table]
Le 10 septembre, les mariniers de la Pelleterie, rejoints par d'autres, organisèrent une fête sur la Seine pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. Cette fête se déroula entre le Pont au Change et le Pont Notre-Dame, un espace approprié pour les exercices nautiques. Les autorités firent retirer les bateaux des teinturiers pour libérer le canal. Les mariniers louèrent de grands bateaux remplis de chaises pour le public, dont les recettes couvrirent une partie des frais. Les arches des deux ponts furent bouchées, formant un grand carré bordé par des bateaux de spectateurs, ainsi que par les balcons et fenêtres des ponts et quais. Un grand bateau orné accueillit les Prévôt des Marchands, Échevins et autres officiers de la ville, ainsi que de nombreuses dames. Vers 15 heures, les mariniers commencèrent le jeu de la lance, divertissant les spectateurs par leurs différentes chutes dans l'eau. Les combattants de la lutte étaient sur de petits bateaux peints en rouge et bleu, avec des rameurs et tireurs de lance habillés de blanc et portant des cocardes assorties. Ils manœuvraient habilement leurs bateaux, se touchant vivement avec leurs lances, ce qui provoquait souvent des chutes. Deux combattants se distinguèrent par leur fermeté. Après plus d'une heure de divertissement, les mariniers se jetèrent dans l'eau, couvrant la surface de nageurs. Ils tirèrent ensuite au sort pour déterminer l'ordre de l'épreuve de l'anguille, attachée à une corde sur le quai de Gêvres. Le but était de saisir les entrailles de l'anguille avec les dents, le vainqueur étant celui qui emporterait le dernier morceau. La fête fut brièvement interrompue par la chute d'un échafaud trop faible. La fête se termina vers 18 heures avec des applaudissements pour le vainqueur, qui reçut sa récompense sur le bateau des Prévôt des Marchands et Échevins. M. le Cocq, commis pour le passage des ponts, joua un rôle clé dans l'organisation de cette fête, qui n'avait pas eu de pareille depuis 37 ans.
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1957
p. 2496-2506
LETTRE écrite de Constantinople le 15. Septembre 1730. sur l'état present des affaires de Perse.
Début :
Schah Thamas, Roi de Perse, fils & successeur de Schah Hussein, ayant rassemblé une armée [...]
Mots clefs :
Roi de Perse, Ambassadeur, Constantinople, Armée, Troupes, Prince, Ministre, Schah
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople le 15. Septembre 1730. sur l'état present des affaires de Perse.
LETTRE écrite de Conftantinople le 15 .
Septembre 1730. fur l'état prefent
des affaires de Perfe
Chah Thamas , Roi de Perfe , fils & fucceffeur
de Schah Huffein , ayant raffemblé une armée
de 40. mille hommes & livré plufieurs combats
à l'Ufurpateur Acheraf , toujours avec quelque
avantage , s'avança enfin vers Iſpaham , ou
Acheraf fe trouvant extrêmement refferré & hors
d'état de fe deffendre , manquant de vivres & de
troupes,fans efpoir d'aucun fecours, fe fauva enfin
dans une Fortereffe auprès de la Ville de Schiras.
Schab
NOVEMBRE . 1730. 2497
Schah Thamas entra en triomphe dans Iſpaham
avec une partie de fon armée , & l'autre
partie pourfuivit Acheraf , qui fut affiegé dans
la Fortereffe où il s'étoit réfugié, & obligé de fe
rendre & ſe livrer entre les mains du Vainqueur :
de- là les Troupes Perfanes allerent affieger Schi
ras, & expoferent Acheraf chargé de chaînes à la
vue des habitans. Quoique les Affiegez fuflent
épouventez de cet objet , ils ne voulurent cependant
écouter aucunes propofitions , & ils aimerent
mieux s'expoſer à la mort que de capituler , enforte
que les Affiegeans furent obligez d'emporter
cette Place de force ; ils s'en rendirent les maîtres
en peu de jours , & ce fut dans cette Ville
que le Rebelle Acheraf reçut le châtiment de fa
révolte & de fon ufurpation. Il fut conduit dans
la Place publique , nud , chargé de chaînes , & fut
expofé à la vue du Peuple fur un échaffaut. Là on
fit la lecture du Procés qui lui avoit été fait ,
du jugement que le Roi avoit prononcé contre
lui , par lequel il étoit condamné à être écorché
vif avec des Etrilles de cheval . L'éxecution de cer
Arrêt fut terrible , les Bourreaux lui déchirerent
la peau & la chair jufqu'à ce qu'il eut rendu le dernier
foupir. Après la mort on lui coupa la tête
qui fut portée à Ifpaham à Schah Thamas. Son
corps fut dépecé, jetté dans la campagne & aban ,
donné aux bêtes féroces.
fie
&
Après cette expedition l'Armée de Perfe, grofpar
de nouvelles troupes , pourfuivit le cours
de fes victoires , & reprit fans obſtacle toute la
Province de Chirvan , & les Villes de Couchon ,
Caffan , Sava , Cafbin , Ternan & Bender , avec
tous les Pays & toutes les Places ufurpées par
Acheraf , & plufieurs autres qui appartenoient à
ce Rebelle , comme Schiras , le Fort de Cafchan,
Kalafy , & plufieurs autres Places . Les autres
H Pays
2498 MERCURE DE FRANCE
Pays & Villes de la Perfe , comme la Georgie
qui en étoit tributaire , occupez par le Grand Seigneur
, font demeurez jufques à preſent ſous l'obéiffance
de Sa Hauteffe.
Chah Sefy , frere du Roi de Perſe , fut fait
prifonnier dans le temps que le Roi fon pere vivoit
encore ; ce fut Schah Thamas, fon frère , qui
regne aujourd'hui , qui le fit empriſonner par jaloufie
, Chah Sefy trouva moyen de fe fauver &
de fe réfugier dans la maifon d'un Armenien en
qui il avoit une entiere confiance ; il y demeura
caché pendant quelque tems ; mais dans la fuite
cet Armenien craignant qu'on ne le découvrît ,
& voulant mettre Chah Sefy en fureté , s'adrefla
à un autre Arménien fon ami , qui demeuroit
dans la Province de l'Arabiſtan ; il lui confia fon
fecret , lui fit connoître le Prince qu'il tenoit caché
chez lui , le defir qu'il avoit de le fouftraire
aux recherches qu'on en faifoit & pria en même
temps cet ami de le recevoir chez lui. L'Armé--
nien d'Arabistan confentit à la propofition & celui
d'Ifpaham ayant fait traveftir Chah Sefy en
Muletier , il le fit fortir fecretement de la Ville
accompagné d'un Valet affidé qui fe mit à la fuite
des Mulets qu'il avoit coûtume d'envoyer dans
les Villages circonvoifins pour fes proviſions de
bois & de paille. Ce Prince étant paffé par ce
moyen dans l'Arabiſtan, y fut reçu, comme on le
lui avoit fait efperer , par celui à qui il avoit été
recommandé , & fon arrivée ayant été fçûë des
principaux habitans de cette Province , ' ils lui
rendirent les honneurs dûs à fon le
rang > reçurent
comme fils de Roi , & le mirent à la tête de
12 mille hommes pour deffendre leur Province
de l'invafion dont elle étoit menacée de la part
d'Acheraf. La confiance que ces Peuples témoi
gnerent d'abord à Chah Sefy ne fut pas de lon-
*
gue
>
NOVEMBRE. 1730. 2499
gue durée , ils le foupçonnerent bien - tôt de vouloir
fe rendre maître de leur Pays , à la faveur
des troupes qu'ils lui avoient données , au lieu
de fonger à le deffendre contre Acheraf , & dans
cette penfée ils réfolurent de l'affaffiner; ce Prince
fut averti de leur deffein ; & pour garantir la vie
du danger dont elle étoit menacée , il réfolut de
prendre la fuite , déguifé fous les habits d'un de
fes domeftiques , à qui il dit qu'il avoit des affaires
très importantes à ménager à la faveur de ce
déguiſement , lui ordonnant de refter dans fon
Appartement fans fe montrer , & lui promettant
qu'il feroit de retour le foir même. Le Prince fe
fauva ainfi fans être reconnu , & peu de temps
après ceux qui vinrent dans fon Appartement
pour le tuer,affaffinerent cruellement fon Domef
tique, craignant qu'il ne les découvrît.
Chah Sefy étant ainfi forti de la Province de
l'Arabiſtan , & n'ofant pas fe confier à ſon frere
qui étoit déja monté fur le Trône , forma le deffein
de recourir à la protection du G. S. il alla
à Bagdat ou Babilone , & s'étant fait connoître
au l'acha, il en fut reçû très-honorablement, avec
promeffe qu'il lui donneroit une entiere affiftance,
& qu'il ménageroit fes interêts auprès de Sa Hau
teffe. Cependant il lui fournit de l'argent & tout
• ce qui lui étoit néceffaire fuivant fon rang;en même
tems ce Pacha en'donna' avis à la Porte , &
demanda des ordres pour faire transferer ce Prince
à Conftantinople.
Le G. S. fit une réponſe favorable, & en confequence
Chah Sefy fut conduit à Conftantinople.
où il eft actuellement très - honoré , & où il reçoit
des fecours confiderables pour fon entretien
& pour celui de 60. perfonnes qui font à ſa ſuite.
Il à un Tain , * pour 100. perfonnes par jour ,
* Tain, certaine ſomme aſſignée par jour.
Hi
ds
2500 MERCURE DE FRANCE
outre tous les vivres neceffaires pour l'entretien
de fa Table & de fa Maifon , pour fon Ecurie &
pour fix Caiques ou Felouques , fon logement
lui fut affigné à Calcedoine , où il est toujours
avec une Garde de 20. Janniffaires , commandez
par un Officier. Il eut dernierement une Audiance
du G.V.qui lui donna des Veſtes & des Peliffes magnifiques
, & plufieurs autres prefens , entre auties
un très- beau Cheval de l'Ecurie du G. S. avec de
riches harnois de la valeur d'environ 30. Bourfes.
L'Ambaffadeur de Schah Thamas, Roi de Perfe,
étant arrivé à Scutari , la Porte lui envoya le 18.
Juin 2. Galeres fur lesquelles s'étant embarqué
avec toute fa fuite , elles entrerent dans le Port
au bruit d'une quantité prodigieufe de Canon, &
allerent débarquer l'Ambaffadeur à l'Echelle de
la Doüanne , où s'étant repofé pendant quelque
tenips , le Chaoux Bachy y arriva pour le conduire
au logement qui lui étoit préparé , & pour
regler la Marche de fon Entrée qui fut faite dans
l'ordre fuivant :
On voyoit d'abord un grand nombre de Janniflaires
marchant fur deux lignes avec leurs Bonnets
de ceremonie ; ils étoient fuivis d'un grand
nombre de perfonnes de la Maiſon du G. V.
toutes vétues fort proprement : 120. Chaoux
à cheval venoient enfuite avec plufieurs Agas ; 12.
Perfans à pied avec des Cottes d'émail , portant
de longues Lances qu'ils manioient avec beaucoup
d'agilité , fervoient comme d'avant-garde à
l'Ambaffadeur qui marchoit d'abord aprés eux à
la gauche du Chaoux Bachy. Il avoit une Robbe
de drap d'or doublée de Marthe zibeline, unTurban
à la mode de Perfe , d'une Etoffe d'or à fleurs
de diverfes couleurs , parmi lesquelles le blanc
dominoit. C'eſt un homme d'environ 40. ans ,
ayant une barbe noire & un afpect affez gravé ,
30.
NOVEMBRE. 1730. 2501.
30. Perfans à cheval , tous jeunes & bien vêtus ,
marchoient après lui , & la Marche étoit fermé
par plus de 300. perfonnes de fa fuite ; les uns
armez d'armes à feu & les autres de Sabres &
d'Arcs , de Fleches & de Lances , & au milieu de
cette foule marchoient 10. Chevaux chargez de
Caiffes fort belles en dehors , dans lesquelles on
prétend qu'étoient contenus les Prefens deſtinez
pour le G. S. le G. V. & les autres Miniftres de
la Porte.
Le 3. Juillet il alla rendre au G. V. une vifite
privée , c'eſt-à - dire , avec très -peu de fuite , mais
la Chambre d'Audiance dans laquelle il fut reçû ,
étoit beaucoup plus parée qu'à l'ordinaire ; on y
voyoit fur les Couffins & fur les Sophas beaucoup
de Montres d'or , des Sabres & des Poignards de
grande valeur , prefque tous couverts de Pierreries
, outre 14. Pendules magnifiques par la beauté
de l'Ouvrage & la richeffe des ornemens,
Après le Compliment ordinaire , il rendit au
Vifir une Lettre de fon Maître , & lui expofa le
fujet de fa Miffion ; il lui dit que le Roi de Perfe
fouhaitoit d'avoir avec la Porte une Paix ferme
& durable , mais qu'il falloit que l'on commençât
par lui rendre toutes les Places dont le G. S.
s'étoit emparé en Perfe , & tous les Perfans qui
avoient été faits Efclaves dans la derniere guerre ;
cette vifite fe termina par des réponſes vagues &
generales.
Quelques jours après la Porte ayant reçû avis
que les Perfans avoient commencé des Actes
d'hoftilité & qu'ils s'étoient rendus maîtres d'Amadan,
Le G.V.qui avoit déja tenu deux Confeils
avec les principaux Miniftres dans le Serrail du
Capitan Pacha, en fit convoquer un autre à Fondukly
( lieu fitué en Europe , à l'entrée du Canal
de la Mer noire) il y fit appeller l'Ambaffadeur de
Hij Perfe
2502 MERCURE DE FRANCE
Perfe , auquel il dit , que puifque Schah Thamás
avoit commencé les hoftilitez dans le tems même
qu'il avoit envoyé un Ambaffadeur pour négocier
la Faix , il ne pouvoit plus écouter aucune
propofition , & qu'il falloit au contraire fe préparer
à la guerre , puifqu'il n'avoit point les pouvoirs
néceffaires pour traiter & conclure un accommodement
fur les propofitions qu'il avoit faites
à fon arrivée.L'Ambaffadeur répondit qu'il ne
pouvoit pas fe perfuader que ces nouvelles fuffent
veritables; mais qu'en fuppofant même qu'elles le
fuffent , il étoit certain que les hoftilitez n'avoient
point été commencées par l'ordre de fon Maître;
mais que c'étoit peut- être un foulevement imprévu
du Peuple irrité par le fouvenir des tyrannies
& des cruautez qui avoient été exercées dans
la derniere guerre ; que pour lui il n'avoit d'autre
pouvoir & d'autre commiffion que ce qu'il avoit
expofé dans fa premiere vifite , & dont il ne pouvoit
pas s'éloigner ; que tout ce qu'il pouvoit
fuggerer à la Porte , c'étoit d'expedier fur le
champ quelque perfonne de confiance avec des
pouvoirs de traiter avec le Roi de Perfe ; qu'il
s'offroit lui-même d'envoyer une perfonne de fa
part avec des Lettres pour tâcher de parvenir à la
Paix , efperant que dans 60. jours on pourroit
recevoir les Réponſes , ce qui fut ainfi réſolu.
L'Ambaffadeur étant retourné chez lui , il fut
mis d'abord fous la garde de 4. Compagnies de
Janniffaires , fans avoir la liberté de fortir , nonplus
que les perfonnes de fa fuite , excepté quelques-
uns de fes plus bas Officiers. Quelques jours
après la guerre fut publiée , & on déclara publiquement
les prétentions du Roi de Perfe ; on ajouta
que le G. V. iroit hyverner à Alep , le Janniffaire
Aga , à Erzeron , & le Topigi Bachy , ou
Grand - Maître d'Artillerie à Ardebil ; on expeNOVEMBRE
. 1730. 2503
pedia en même-temps un grand nombre d'Ouvriers
à Coigny pour réparer le Serrail de cette
Ville , éloigné de feize journées de Conftan
tinople , où le G. S. iroit paffer l'hyver : le
Capitan Pacha fut nommé Caimacan de Conftantinople
, & les Pavillons des principaux Commandans
furent expofez à la Place de l'Hyppodrome
& aux autres endroits accoûtumez . Le Reys
Effendi fit fçavoir aux Ambaffadeurs de France ,
d'Angleterre & de Hollande , que fuivant l'ufage
ordinaire ils pourroient faire préparer chacun un
de leurs Drogmans pour fuivre le G. V. on fit
faire la même déclaration aux Réfidens de Mofcovie
, aufquels le Reys Effendy déclara de plus
qu'ils devoient fuivre perfonnellement le G. S.
On tira des Magazins de Top- hana 150. Canons
de campagne & 80. Canons de batterie , &
on en fit l'épreuve les 20. 21. & 22. Juin . On
voyoit dans toutes les rues de Conftantinople
vendre en grande quantité des Armes à feu &
de toutes autres fortes d'Armes , on y travailla à
des Pavillons neufs , & on y prépara, en un mot ,
tout ce qui eft neceffaire pour une armée . On a
depuis publié des ordres pour faire lever fur les
Arts & Métiers la taxe qu'ils ont accoûtumé de
payer en tems de guerre.
On prépare en toute diligence deux Vaiffeaux
de guerre pour les envoyer à Alexandrette,
chargez de Poudre , de Balles , de Canons , de
Boulets & de toutes fortes de munitions de guerre,
pour être tranſportez dans tous les endroits où
on en aura befoin , & on prépare auffi pour le
même fujet plufieurs Saiques pour aller faire le
même tranſport dans la Mer Noire à Trébiſonde.
On dit ici publiquement, que la vafte Province
de Candahar , Pays des Aghuans , d'où Acheraf
tiroit fon origine , s'eft volontairement foumis
H iiij કે
2504 MERCURE DE FRANCE
à Schah Thamas après la défaite d'Aſcheraf.
>
L'Ambaffadeur de Perfe eut le 25. une Audiance
du G. S. qui outre le Caftan ordinaire ,
lui fit prefent d'une Vefte fourrée de Marthe
Zibeline . On diftribua 16 Caftans aux principales
perfonnes de fa fuite ; & l'Ambaſſadeur préfenta
de la part de Schah Thamas , au G. S. un
Bouclier , & un Candgiar ou Poignard de grande
valeur , une Bourfe de drap d'or cachetée , dont
on ne fçait pas le contenu & plufieurs piéces
d'Etoffe d'or , d'argent & de foye , d'un travail
recherché & curieux.
x
Le matin du 27. les Queues de Cheval furent
expofées dans les lieux ordinaires , comme au dehors
de la porte du Serrail du G.S. & de celui du
G. V. & des autres Pachas , deftinez pour aller à
cette guerre ; ces Queues qui font les Etendarts
des Turcs , confiftent en une longue Perche
plantée en terre , au haut de laquelle eft un
Pommeau doré,duquel pend une queue de Cheval.
Le 31 Juillet , les Queues de Cheval furent
portées publiquement & avec ceremonie , du Serrail
à l'Echelle de Baktche Kapouci, fur une Galere
que remorquoient plufieurs Mahones. La
marche fut réglée dans l'ordre fuivant. 40. Spahis
ou Cavaliers marchoient à la tête avec des Plumets,
portant des Armes à feu & des Sabres . 50. Tartares
venoient enfuite à Cheval , armez d'Arcs & de
Fléches ; 200 jeunes gens à Cheval marchoient
enfuite , portant des Piques , au haut defquelles
étoient des Banderolles un Officier des Janiffaires
, à pied , venoit après , portant une Queuë
de Cheval. Il étoit fuivi de 19 autres à Cheval
portant chacun une Queue , mais plus petites
que celle qui étoit portée par l'Officier à pied .
80. hommes marchoient enfuite , armez differemment
; ils compofoient la garde du G.V. qui
;
>
eft
NOVEMBRE . 1730. 2509.
eft Pacha à 3.Queues. On voyoit après 10.Chevaux
de main , tres -richement harnachez.
Le Kiaya ou Lieutenant duVifir , faivoit à Cheval
, entouré de plus de 40 Tchohadas ; il étoit
fuivi de 100 Itch Alagars , richement habillez ,
venoient enfuite 36 perfonnes à Cheval, fonnant
de la Trompette , & joüant du Timpanon , du
Tambour & d'autres Inftrumens Turcs . La Marche
étoit terminée par 40 Chameaux , chargez
des Pavillons des principaux Commandans . ,
Quand ils furent arrivez à l'Echelle de Baktche
Kapouci , le Kiaya s'étant embarqué fur la Galere
avec la garde du Vifir , les Queues de Cheval
, les Joueurs d'Inftrumens qui ne difcontinuoient
pas leur fanfarre , & les Tchohadais , il
paffa à Scurary , & fut falué à fon pailage de
plufieurs coups de Canons ; tout le refte de fa
fuite s'embarqua fur les Mahones.
Dans les journées précédentes on avoit ap
plani quelques Campagnes & brûlé quelques Vi
gnes entre Scutary & Calcedoine , pour y faire
camper l'armée. Le 2 du mois d'Aouft , on vit
pendant toute la journée un grand nombre de
Mahones,de Barqués & d'autres Bâtimens ,tranf
porter de Conftantinople au Camp de Scutari utk
grand nombre de Troupes , & le Camp fe forma
au delà du Serrail du G. S. à Calcedoine ,
heure de chemin de Scutary .
à une
Le G. S. étant arrivé au Camp le 3. du mois
d'Aouft , defcendit de Cheval à fon Pavillon Impérial
& pafla fur le foir dans fon Serrail , o
il avait été précédé de fon Harem ou Maifons
des Daines , qui y avoit été porté par 11.
Caïques , couverts de drap touge. On permit à
Ambaffadeur de Perfe d'aller voir cette marche
Scutary , d'où il retourna fur le champ dans
l'endroit où il eſt logé , toujours avec la même
Hy garde
2 506 MERCURE DE FRANCE
garde de Janiffaires ; quelques- uns des Miniftres
Etrangers allerent à Scutary , dans des maifons
particulieres pour voir paffer le G.S. & fon Cortege.
La Cour du G. S. fe tient dans le Camp
où font tous les Miniftres.
Le Caïmacam a déja commencé d'exercer fon
autorité à Conftantinople , & le Capitan Pacha
a fubftitué le Terfana Eminy pour exercer fon
autorité dans l'Arfenal. Les Miniftres des Princes
Etrangers ont fait faire compliment au G.V.
au Kiaya, au Reys Effendi, & ont fait auffi complimenter
le Capitan Pacha fur fa Charge de
Caimacan .
Le 8 d'Aouft , les Ambaffadeurs de Ragufe
avec une fuite de 8 perfonnes , allerent au Camp
baifer la Vefte au G. V. comme Rayas ou Tributaires
de la Porte , & en rapporterent trois
Caftans.
Le 12 , un des deux Vaiffeaux dont on a parlé,
destiné pour Alexandrette , partit de ce Port ,
chargé de munitions de guerre. L'Armée groffit
tous les jours , & il y arrive journellement une
grande quantité de Chameaux , de Chevaux & de
Mulets.
Nous fommes aujourd'hui au 15 du mois de
Sept. fans que l'on fçache encore fi l'Armée partira.
Le G.S. continue fon féjour dans le Serrail
du Scutary , & toute la Cour demeure au Camp.
Septembre 1730. fur l'état prefent
des affaires de Perfe
Chah Thamas , Roi de Perfe , fils & fucceffeur
de Schah Huffein , ayant raffemblé une armée
de 40. mille hommes & livré plufieurs combats
à l'Ufurpateur Acheraf , toujours avec quelque
avantage , s'avança enfin vers Iſpaham , ou
Acheraf fe trouvant extrêmement refferré & hors
d'état de fe deffendre , manquant de vivres & de
troupes,fans efpoir d'aucun fecours, fe fauva enfin
dans une Fortereffe auprès de la Ville de Schiras.
Schab
NOVEMBRE . 1730. 2497
Schah Thamas entra en triomphe dans Iſpaham
avec une partie de fon armée , & l'autre
partie pourfuivit Acheraf , qui fut affiegé dans
la Fortereffe où il s'étoit réfugié, & obligé de fe
rendre & ſe livrer entre les mains du Vainqueur :
de- là les Troupes Perfanes allerent affieger Schi
ras, & expoferent Acheraf chargé de chaînes à la
vue des habitans. Quoique les Affiegez fuflent
épouventez de cet objet , ils ne voulurent cependant
écouter aucunes propofitions , & ils aimerent
mieux s'expoſer à la mort que de capituler , enforte
que les Affiegeans furent obligez d'emporter
cette Place de force ; ils s'en rendirent les maîtres
en peu de jours , & ce fut dans cette Ville
que le Rebelle Acheraf reçut le châtiment de fa
révolte & de fon ufurpation. Il fut conduit dans
la Place publique , nud , chargé de chaînes , & fut
expofé à la vue du Peuple fur un échaffaut. Là on
fit la lecture du Procés qui lui avoit été fait ,
du jugement que le Roi avoit prononcé contre
lui , par lequel il étoit condamné à être écorché
vif avec des Etrilles de cheval . L'éxecution de cer
Arrêt fut terrible , les Bourreaux lui déchirerent
la peau & la chair jufqu'à ce qu'il eut rendu le dernier
foupir. Après la mort on lui coupa la tête
qui fut portée à Ifpaham à Schah Thamas. Son
corps fut dépecé, jetté dans la campagne & aban ,
donné aux bêtes féroces.
fie
&
Après cette expedition l'Armée de Perfe, grofpar
de nouvelles troupes , pourfuivit le cours
de fes victoires , & reprit fans obſtacle toute la
Province de Chirvan , & les Villes de Couchon ,
Caffan , Sava , Cafbin , Ternan & Bender , avec
tous les Pays & toutes les Places ufurpées par
Acheraf , & plufieurs autres qui appartenoient à
ce Rebelle , comme Schiras , le Fort de Cafchan,
Kalafy , & plufieurs autres Places . Les autres
H Pays
2498 MERCURE DE FRANCE
Pays & Villes de la Perfe , comme la Georgie
qui en étoit tributaire , occupez par le Grand Seigneur
, font demeurez jufques à preſent ſous l'obéiffance
de Sa Hauteffe.
Chah Sefy , frere du Roi de Perſe , fut fait
prifonnier dans le temps que le Roi fon pere vivoit
encore ; ce fut Schah Thamas, fon frère , qui
regne aujourd'hui , qui le fit empriſonner par jaloufie
, Chah Sefy trouva moyen de fe fauver &
de fe réfugier dans la maifon d'un Armenien en
qui il avoit une entiere confiance ; il y demeura
caché pendant quelque tems ; mais dans la fuite
cet Armenien craignant qu'on ne le découvrît ,
& voulant mettre Chah Sefy en fureté , s'adrefla
à un autre Arménien fon ami , qui demeuroit
dans la Province de l'Arabiſtan ; il lui confia fon
fecret , lui fit connoître le Prince qu'il tenoit caché
chez lui , le defir qu'il avoit de le fouftraire
aux recherches qu'on en faifoit & pria en même
temps cet ami de le recevoir chez lui. L'Armé--
nien d'Arabistan confentit à la propofition & celui
d'Ifpaham ayant fait traveftir Chah Sefy en
Muletier , il le fit fortir fecretement de la Ville
accompagné d'un Valet affidé qui fe mit à la fuite
des Mulets qu'il avoit coûtume d'envoyer dans
les Villages circonvoifins pour fes proviſions de
bois & de paille. Ce Prince étant paffé par ce
moyen dans l'Arabiſtan, y fut reçu, comme on le
lui avoit fait efperer , par celui à qui il avoit été
recommandé , & fon arrivée ayant été fçûë des
principaux habitans de cette Province , ' ils lui
rendirent les honneurs dûs à fon le
rang > reçurent
comme fils de Roi , & le mirent à la tête de
12 mille hommes pour deffendre leur Province
de l'invafion dont elle étoit menacée de la part
d'Acheraf. La confiance que ces Peuples témoi
gnerent d'abord à Chah Sefy ne fut pas de lon-
*
gue
>
NOVEMBRE. 1730. 2499
gue durée , ils le foupçonnerent bien - tôt de vouloir
fe rendre maître de leur Pays , à la faveur
des troupes qu'ils lui avoient données , au lieu
de fonger à le deffendre contre Acheraf , & dans
cette penfée ils réfolurent de l'affaffiner; ce Prince
fut averti de leur deffein ; & pour garantir la vie
du danger dont elle étoit menacée , il réfolut de
prendre la fuite , déguifé fous les habits d'un de
fes domeftiques , à qui il dit qu'il avoit des affaires
très importantes à ménager à la faveur de ce
déguiſement , lui ordonnant de refter dans fon
Appartement fans fe montrer , & lui promettant
qu'il feroit de retour le foir même. Le Prince fe
fauva ainfi fans être reconnu , & peu de temps
après ceux qui vinrent dans fon Appartement
pour le tuer,affaffinerent cruellement fon Domef
tique, craignant qu'il ne les découvrît.
Chah Sefy étant ainfi forti de la Province de
l'Arabiſtan , & n'ofant pas fe confier à ſon frere
qui étoit déja monté fur le Trône , forma le deffein
de recourir à la protection du G. S. il alla
à Bagdat ou Babilone , & s'étant fait connoître
au l'acha, il en fut reçû très-honorablement, avec
promeffe qu'il lui donneroit une entiere affiftance,
& qu'il ménageroit fes interêts auprès de Sa Hau
teffe. Cependant il lui fournit de l'argent & tout
• ce qui lui étoit néceffaire fuivant fon rang;en même
tems ce Pacha en'donna' avis à la Porte , &
demanda des ordres pour faire transferer ce Prince
à Conftantinople.
Le G. S. fit une réponſe favorable, & en confequence
Chah Sefy fut conduit à Conftantinople.
où il eft actuellement très - honoré , & où il reçoit
des fecours confiderables pour fon entretien
& pour celui de 60. perfonnes qui font à ſa ſuite.
Il à un Tain , * pour 100. perfonnes par jour ,
* Tain, certaine ſomme aſſignée par jour.
Hi
ds
2500 MERCURE DE FRANCE
outre tous les vivres neceffaires pour l'entretien
de fa Table & de fa Maifon , pour fon Ecurie &
pour fix Caiques ou Felouques , fon logement
lui fut affigné à Calcedoine , où il est toujours
avec une Garde de 20. Janniffaires , commandez
par un Officier. Il eut dernierement une Audiance
du G.V.qui lui donna des Veſtes & des Peliffes magnifiques
, & plufieurs autres prefens , entre auties
un très- beau Cheval de l'Ecurie du G. S. avec de
riches harnois de la valeur d'environ 30. Bourfes.
L'Ambaffadeur de Schah Thamas, Roi de Perfe,
étant arrivé à Scutari , la Porte lui envoya le 18.
Juin 2. Galeres fur lesquelles s'étant embarqué
avec toute fa fuite , elles entrerent dans le Port
au bruit d'une quantité prodigieufe de Canon, &
allerent débarquer l'Ambaffadeur à l'Echelle de
la Doüanne , où s'étant repofé pendant quelque
tenips , le Chaoux Bachy y arriva pour le conduire
au logement qui lui étoit préparé , & pour
regler la Marche de fon Entrée qui fut faite dans
l'ordre fuivant :
On voyoit d'abord un grand nombre de Janniflaires
marchant fur deux lignes avec leurs Bonnets
de ceremonie ; ils étoient fuivis d'un grand
nombre de perfonnes de la Maiſon du G. V.
toutes vétues fort proprement : 120. Chaoux
à cheval venoient enfuite avec plufieurs Agas ; 12.
Perfans à pied avec des Cottes d'émail , portant
de longues Lances qu'ils manioient avec beaucoup
d'agilité , fervoient comme d'avant-garde à
l'Ambaffadeur qui marchoit d'abord aprés eux à
la gauche du Chaoux Bachy. Il avoit une Robbe
de drap d'or doublée de Marthe zibeline, unTurban
à la mode de Perfe , d'une Etoffe d'or à fleurs
de diverfes couleurs , parmi lesquelles le blanc
dominoit. C'eſt un homme d'environ 40. ans ,
ayant une barbe noire & un afpect affez gravé ,
30.
NOVEMBRE. 1730. 2501.
30. Perfans à cheval , tous jeunes & bien vêtus ,
marchoient après lui , & la Marche étoit fermé
par plus de 300. perfonnes de fa fuite ; les uns
armez d'armes à feu & les autres de Sabres &
d'Arcs , de Fleches & de Lances , & au milieu de
cette foule marchoient 10. Chevaux chargez de
Caiffes fort belles en dehors , dans lesquelles on
prétend qu'étoient contenus les Prefens deſtinez
pour le G. S. le G. V. & les autres Miniftres de
la Porte.
Le 3. Juillet il alla rendre au G. V. une vifite
privée , c'eſt-à - dire , avec très -peu de fuite , mais
la Chambre d'Audiance dans laquelle il fut reçû ,
étoit beaucoup plus parée qu'à l'ordinaire ; on y
voyoit fur les Couffins & fur les Sophas beaucoup
de Montres d'or , des Sabres & des Poignards de
grande valeur , prefque tous couverts de Pierreries
, outre 14. Pendules magnifiques par la beauté
de l'Ouvrage & la richeffe des ornemens,
Après le Compliment ordinaire , il rendit au
Vifir une Lettre de fon Maître , & lui expofa le
fujet de fa Miffion ; il lui dit que le Roi de Perfe
fouhaitoit d'avoir avec la Porte une Paix ferme
& durable , mais qu'il falloit que l'on commençât
par lui rendre toutes les Places dont le G. S.
s'étoit emparé en Perfe , & tous les Perfans qui
avoient été faits Efclaves dans la derniere guerre ;
cette vifite fe termina par des réponſes vagues &
generales.
Quelques jours après la Porte ayant reçû avis
que les Perfans avoient commencé des Actes
d'hoftilité & qu'ils s'étoient rendus maîtres d'Amadan,
Le G.V.qui avoit déja tenu deux Confeils
avec les principaux Miniftres dans le Serrail du
Capitan Pacha, en fit convoquer un autre à Fondukly
( lieu fitué en Europe , à l'entrée du Canal
de la Mer noire) il y fit appeller l'Ambaffadeur de
Hij Perfe
2502 MERCURE DE FRANCE
Perfe , auquel il dit , que puifque Schah Thamás
avoit commencé les hoftilitez dans le tems même
qu'il avoit envoyé un Ambaffadeur pour négocier
la Faix , il ne pouvoit plus écouter aucune
propofition , & qu'il falloit au contraire fe préparer
à la guerre , puifqu'il n'avoit point les pouvoirs
néceffaires pour traiter & conclure un accommodement
fur les propofitions qu'il avoit faites
à fon arrivée.L'Ambaffadeur répondit qu'il ne
pouvoit pas fe perfuader que ces nouvelles fuffent
veritables; mais qu'en fuppofant même qu'elles le
fuffent , il étoit certain que les hoftilitez n'avoient
point été commencées par l'ordre de fon Maître;
mais que c'étoit peut- être un foulevement imprévu
du Peuple irrité par le fouvenir des tyrannies
& des cruautez qui avoient été exercées dans
la derniere guerre ; que pour lui il n'avoit d'autre
pouvoir & d'autre commiffion que ce qu'il avoit
expofé dans fa premiere vifite , & dont il ne pouvoit
pas s'éloigner ; que tout ce qu'il pouvoit
fuggerer à la Porte , c'étoit d'expedier fur le
champ quelque perfonne de confiance avec des
pouvoirs de traiter avec le Roi de Perfe ; qu'il
s'offroit lui-même d'envoyer une perfonne de fa
part avec des Lettres pour tâcher de parvenir à la
Paix , efperant que dans 60. jours on pourroit
recevoir les Réponſes , ce qui fut ainfi réſolu.
L'Ambaffadeur étant retourné chez lui , il fut
mis d'abord fous la garde de 4. Compagnies de
Janniffaires , fans avoir la liberté de fortir , nonplus
que les perfonnes de fa fuite , excepté quelques-
uns de fes plus bas Officiers. Quelques jours
après la guerre fut publiée , & on déclara publiquement
les prétentions du Roi de Perfe ; on ajouta
que le G. V. iroit hyverner à Alep , le Janniffaire
Aga , à Erzeron , & le Topigi Bachy , ou
Grand - Maître d'Artillerie à Ardebil ; on expeNOVEMBRE
. 1730. 2503
pedia en même-temps un grand nombre d'Ouvriers
à Coigny pour réparer le Serrail de cette
Ville , éloigné de feize journées de Conftan
tinople , où le G. S. iroit paffer l'hyver : le
Capitan Pacha fut nommé Caimacan de Conftantinople
, & les Pavillons des principaux Commandans
furent expofez à la Place de l'Hyppodrome
& aux autres endroits accoûtumez . Le Reys
Effendi fit fçavoir aux Ambaffadeurs de France ,
d'Angleterre & de Hollande , que fuivant l'ufage
ordinaire ils pourroient faire préparer chacun un
de leurs Drogmans pour fuivre le G. V. on fit
faire la même déclaration aux Réfidens de Mofcovie
, aufquels le Reys Effendy déclara de plus
qu'ils devoient fuivre perfonnellement le G. S.
On tira des Magazins de Top- hana 150. Canons
de campagne & 80. Canons de batterie , &
on en fit l'épreuve les 20. 21. & 22. Juin . On
voyoit dans toutes les rues de Conftantinople
vendre en grande quantité des Armes à feu &
de toutes autres fortes d'Armes , on y travailla à
des Pavillons neufs , & on y prépara, en un mot ,
tout ce qui eft neceffaire pour une armée . On a
depuis publié des ordres pour faire lever fur les
Arts & Métiers la taxe qu'ils ont accoûtumé de
payer en tems de guerre.
On prépare en toute diligence deux Vaiffeaux
de guerre pour les envoyer à Alexandrette,
chargez de Poudre , de Balles , de Canons , de
Boulets & de toutes fortes de munitions de guerre,
pour être tranſportez dans tous les endroits où
on en aura befoin , & on prépare auffi pour le
même fujet plufieurs Saiques pour aller faire le
même tranſport dans la Mer Noire à Trébiſonde.
On dit ici publiquement, que la vafte Province
de Candahar , Pays des Aghuans , d'où Acheraf
tiroit fon origine , s'eft volontairement foumis
H iiij કે
2504 MERCURE DE FRANCE
à Schah Thamas après la défaite d'Aſcheraf.
>
L'Ambaffadeur de Perfe eut le 25. une Audiance
du G. S. qui outre le Caftan ordinaire ,
lui fit prefent d'une Vefte fourrée de Marthe
Zibeline . On diftribua 16 Caftans aux principales
perfonnes de fa fuite ; & l'Ambaſſadeur préfenta
de la part de Schah Thamas , au G. S. un
Bouclier , & un Candgiar ou Poignard de grande
valeur , une Bourfe de drap d'or cachetée , dont
on ne fçait pas le contenu & plufieurs piéces
d'Etoffe d'or , d'argent & de foye , d'un travail
recherché & curieux.
x
Le matin du 27. les Queues de Cheval furent
expofées dans les lieux ordinaires , comme au dehors
de la porte du Serrail du G.S. & de celui du
G. V. & des autres Pachas , deftinez pour aller à
cette guerre ; ces Queues qui font les Etendarts
des Turcs , confiftent en une longue Perche
plantée en terre , au haut de laquelle eft un
Pommeau doré,duquel pend une queue de Cheval.
Le 31 Juillet , les Queues de Cheval furent
portées publiquement & avec ceremonie , du Serrail
à l'Echelle de Baktche Kapouci, fur une Galere
que remorquoient plufieurs Mahones. La
marche fut réglée dans l'ordre fuivant. 40. Spahis
ou Cavaliers marchoient à la tête avec des Plumets,
portant des Armes à feu & des Sabres . 50. Tartares
venoient enfuite à Cheval , armez d'Arcs & de
Fléches ; 200 jeunes gens à Cheval marchoient
enfuite , portant des Piques , au haut defquelles
étoient des Banderolles un Officier des Janiffaires
, à pied , venoit après , portant une Queuë
de Cheval. Il étoit fuivi de 19 autres à Cheval
portant chacun une Queue , mais plus petites
que celle qui étoit portée par l'Officier à pied .
80. hommes marchoient enfuite , armez differemment
; ils compofoient la garde du G.V. qui
;
>
eft
NOVEMBRE . 1730. 2509.
eft Pacha à 3.Queues. On voyoit après 10.Chevaux
de main , tres -richement harnachez.
Le Kiaya ou Lieutenant duVifir , faivoit à Cheval
, entouré de plus de 40 Tchohadas ; il étoit
fuivi de 100 Itch Alagars , richement habillez ,
venoient enfuite 36 perfonnes à Cheval, fonnant
de la Trompette , & joüant du Timpanon , du
Tambour & d'autres Inftrumens Turcs . La Marche
étoit terminée par 40 Chameaux , chargez
des Pavillons des principaux Commandans . ,
Quand ils furent arrivez à l'Echelle de Baktche
Kapouci , le Kiaya s'étant embarqué fur la Galere
avec la garde du Vifir , les Queues de Cheval
, les Joueurs d'Inftrumens qui ne difcontinuoient
pas leur fanfarre , & les Tchohadais , il
paffa à Scurary , & fut falué à fon pailage de
plufieurs coups de Canons ; tout le refte de fa
fuite s'embarqua fur les Mahones.
Dans les journées précédentes on avoit ap
plani quelques Campagnes & brûlé quelques Vi
gnes entre Scutary & Calcedoine , pour y faire
camper l'armée. Le 2 du mois d'Aouft , on vit
pendant toute la journée un grand nombre de
Mahones,de Barqués & d'autres Bâtimens ,tranf
porter de Conftantinople au Camp de Scutari utk
grand nombre de Troupes , & le Camp fe forma
au delà du Serrail du G. S. à Calcedoine ,
heure de chemin de Scutary .
à une
Le G. S. étant arrivé au Camp le 3. du mois
d'Aouft , defcendit de Cheval à fon Pavillon Impérial
& pafla fur le foir dans fon Serrail , o
il avait été précédé de fon Harem ou Maifons
des Daines , qui y avoit été porté par 11.
Caïques , couverts de drap touge. On permit à
Ambaffadeur de Perfe d'aller voir cette marche
Scutary , d'où il retourna fur le champ dans
l'endroit où il eſt logé , toujours avec la même
Hy garde
2 506 MERCURE DE FRANCE
garde de Janiffaires ; quelques- uns des Miniftres
Etrangers allerent à Scutary , dans des maifons
particulieres pour voir paffer le G.S. & fon Cortege.
La Cour du G. S. fe tient dans le Camp
où font tous les Miniftres.
Le Caïmacam a déja commencé d'exercer fon
autorité à Conftantinople , & le Capitan Pacha
a fubftitué le Terfana Eminy pour exercer fon
autorité dans l'Arfenal. Les Miniftres des Princes
Etrangers ont fait faire compliment au G.V.
au Kiaya, au Reys Effendi, & ont fait auffi complimenter
le Capitan Pacha fur fa Charge de
Caimacan .
Le 8 d'Aouft , les Ambaffadeurs de Ragufe
avec une fuite de 8 perfonnes , allerent au Camp
baifer la Vefte au G. V. comme Rayas ou Tributaires
de la Porte , & en rapporterent trois
Caftans.
Le 12 , un des deux Vaiffeaux dont on a parlé,
destiné pour Alexandrette , partit de ce Port ,
chargé de munitions de guerre. L'Armée groffit
tous les jours , & il y arrive journellement une
grande quantité de Chameaux , de Chevaux & de
Mulets.
Nous fommes aujourd'hui au 15 du mois de
Sept. fans que l'on fçache encore fi l'Armée partira.
Le G.S. continue fon féjour dans le Serrail
du Scutary , & toute la Cour demeure au Camp.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople le 15. Septembre 1730. sur l'état present des affaires de Perse.
En septembre 1730, Chah Thamas, roi de Perse et fils de Schah Huffein, rassembla une armée de 40 000 hommes pour affronter l'usurpateur Acheraf. Après plusieurs victoires, Acheraf, manquant de vivres et de troupes, se réfugia dans une forteresse près de Schiras. Chah Thamas entra triomphalement à Ispahan et captura Acheraf, qui fut exécuté à Schiras. L'armée perse reprit ensuite plusieurs provinces et villes, dont Chirvan, Couchon, Cassan, Sava, Cafbin, Ternan et Bender. Chah Sefy, frère de Chah Thamas, s'était évadé de prison et avait trouvé refuge chez un Arménien. Déguisé en muletier, il se rendit en Arabistan où il reçut le soutien des habitants pour défendre la province contre Acheraf. Soupçonné de vouloir s'emparer du pouvoir, Chah Sefy dut fuir et se réfugia à Bagdad, puis à Constantinople, où il reçut une pension et une garde. L'ambassadeur de Chah Thamas arriva à Scutari et fut conduit à Constantinople avec une escorte solennelle. Il rencontra le Grand Vizir et demanda la restitution des places et des esclaves perses. La Porte ottomane, informée des hostilités perses, se prépara à la guerre. L'ambassadeur fut placé sous garde et des préparatifs militaires furent entrepris à Constantinople, incluant la préparation de canons, de munitions et de navires de guerre. Le 25, l'ambassadeur de Perse fut reçu en audience par le Grand Seigneur (G.S.), qui lui offrit une veste fourrée de martre zibeline et distribua 16 caftans à des personnalités importantes. L'ambassadeur présenta au G.S. divers objets précieux. Le 27 et le 31 juillet, des cérémonies militaires eurent lieu à Constantinople, incluant des processions et des expositions d'étendards turcs. Des campagnes furent planifiées et des troupes furent transportées à Scutari. Le G.S. arriva au camp de Scutari le 3 août, précédé par son harem. L'ambassadeur de Perse observa la marche et retourna à son logement sous escorte. Des visites diplomatiques et des préparatifs militaires continuèrent, avec l'arrivée de nouveaux soldats et de munitions.
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1958
p. 2506-2508
AUTRE Lettre, du 17. Septembre.
Début :
Le Grand Seigneur a pris la résolution de quitter cette Capitale, & de former un [...]
Mots clefs :
Perse, Camp, Schah
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE Lettre, du 17. Septembre.
AUTRE Lettre , du 17. Septembre.
E Grand Seigneur a pris la réfolution
I de Guiner Capitale, is de
que
Camp à Scutary , ne doutant point que dès
Schah Tamas , Roy de Perfe, auroit avis que Sa
Hauteffle avoit réfolu de fe tranfporter en Perfonne
fur les Frontieres , cela ne l'intimidat.
La
NOVEMBRE. 1730. 2507
La Cour fe rendit pour cela à Scutary le 4 du
mois paffé , avec toute la pompe, la magnificence
& le faſte Ottoman que vous connoiffez. Ce qu'il
y eut de curieux dans cette Cavalcade, & qui n'avoit
encore jamais été pratiqué en femblable occafion
, fut que tous les Gens de Loy eurent ordre
d'y paroître armez : de forte qu'il n'y avoit
rien de plus extraordinaire que de voir un Mufti
& des Kadileskers , avec des Sabres , des Piftolets
, des Arcs & des Fléches , entourez chacund'eux
de plus de cent perfonnes , avec des Moufquets.
Toutes les Maifons des Pachas , des principaux
Miniftres & des Grands de cet Empire y
étoient dans une magnificence furprenante. Le
G. S. y parut en perfonne , accompagné de fept
Princes , fes enfans , armez d'Arcs & de Fléches.
Il étoit précedé de plus de tent Chevaux de
`main, tout couverts d'or & de pierreries. Sa
Maiſon confiftoit en plus de erois mille perfonnes
, la plufpart en Cotte de Maille , armez
d'Arcs , de Fléches , de Lances , de Sabres , & de
Moufquets ; leurs Boucliers étoient garnis de
Pierres précieufes . Enfin les richeffes qui furent .
étalées ce jour- là , font ineftimables.
Le G. S. fe rendit , en traverfant les rues de
Scutary, en fort bon ordre , au Camp , entre cette
Ville & le Fanal de Calcedoine , où après avoir
refté environ deux heures à l'examiner, il remon- .
ta à Cheval & vint dans fon Serrail , fcitué à la
pointe de Scutary , qu'on lui avoit fait préparer ,
& où il eft encore actuellement avec toutes fes,
femmes.
Le G. V. employa les premiers jours à faire les
prefens accoutumez en femblables occafions , à la
Milice,& la congédia quelques jours après; parce
que ne devant pas encore partir, elle feroit beaucoup
mieux & plus commodement à Conftanti-
H vj nople
2508 MERCURE DE FRANCE
nople & aux environs , dans leurs maiſons , que
dans le Camp. Et après leur départ les Tentes ne
furent plus gardées que par des Valets ; les Miniftres
& la plupart des Grands , ayant coutume
de fe retirer tous les foirs dans les Maifons qu'ils
ont du côté de l'Afie.
Cependant on apprend de Perfe que Schah
Tamas eft entierement tranquille du côté du Candabar
, où tout lui eft foumis , de même que le
refte de la Perfe ; il a le bonheur d'avoir pour
premier Miniftre & fon General en même - tems ,
l'homme du monde le plus intrépide & le plus
fage ; c'eft un homme de fortune , originaire du
Daguiftan ; il eft connu fous le nom de Tamas
Kouli Kan , qu'il a pris depuis qu'il s'eft attaché
au fervice de Schah Tamas. Ce nom fignifie , le
Kan , Efclave du Prince Tamas. C'eſt lui qui a
défait entierement le parti d'Achéraf , & qui l'a
fait mourir. Les Perfâns l'appellent avec raiſon
le Reftaurateur de la Perfe.
&
Les Réfidens de Mofcovie fe rendent fouvent
au Camp , expedient & reçoivent fréquemment.
des nouvelles de leur Cour. Les Turcs ne font
pas contens de cette Nation , car ils prétendent
qu'ils donnent du fecours à Schah Tamas contr'eux
, ceux- ci le nient ; mais ce qu'il y a de
bieu feur , c'eft qu'il y a quantité d'Etrangers
dans les Troupes de Schah Tamas , parmi lefquelles
l'on obferve- aujourd'hui une espece de
difcipline comme en Chrétienté , qui étoit in-
Contue jufques icy aux Turcs & aux Perfans..
E Grand Seigneur a pris la réfolution
I de Guiner Capitale, is de
que
Camp à Scutary , ne doutant point que dès
Schah Tamas , Roy de Perfe, auroit avis que Sa
Hauteffle avoit réfolu de fe tranfporter en Perfonne
fur les Frontieres , cela ne l'intimidat.
La
NOVEMBRE. 1730. 2507
La Cour fe rendit pour cela à Scutary le 4 du
mois paffé , avec toute la pompe, la magnificence
& le faſte Ottoman que vous connoiffez. Ce qu'il
y eut de curieux dans cette Cavalcade, & qui n'avoit
encore jamais été pratiqué en femblable occafion
, fut que tous les Gens de Loy eurent ordre
d'y paroître armez : de forte qu'il n'y avoit
rien de plus extraordinaire que de voir un Mufti
& des Kadileskers , avec des Sabres , des Piftolets
, des Arcs & des Fléches , entourez chacund'eux
de plus de cent perfonnes , avec des Moufquets.
Toutes les Maifons des Pachas , des principaux
Miniftres & des Grands de cet Empire y
étoient dans une magnificence furprenante. Le
G. S. y parut en perfonne , accompagné de fept
Princes , fes enfans , armez d'Arcs & de Fléches.
Il étoit précedé de plus de tent Chevaux de
`main, tout couverts d'or & de pierreries. Sa
Maiſon confiftoit en plus de erois mille perfonnes
, la plufpart en Cotte de Maille , armez
d'Arcs , de Fléches , de Lances , de Sabres , & de
Moufquets ; leurs Boucliers étoient garnis de
Pierres précieufes . Enfin les richeffes qui furent .
étalées ce jour- là , font ineftimables.
Le G. S. fe rendit , en traverfant les rues de
Scutary, en fort bon ordre , au Camp , entre cette
Ville & le Fanal de Calcedoine , où après avoir
refté environ deux heures à l'examiner, il remon- .
ta à Cheval & vint dans fon Serrail , fcitué à la
pointe de Scutary , qu'on lui avoit fait préparer ,
& où il eft encore actuellement avec toutes fes,
femmes.
Le G. V. employa les premiers jours à faire les
prefens accoutumez en femblables occafions , à la
Milice,& la congédia quelques jours après; parce
que ne devant pas encore partir, elle feroit beaucoup
mieux & plus commodement à Conftanti-
H vj nople
2508 MERCURE DE FRANCE
nople & aux environs , dans leurs maiſons , que
dans le Camp. Et après leur départ les Tentes ne
furent plus gardées que par des Valets ; les Miniftres
& la plupart des Grands , ayant coutume
de fe retirer tous les foirs dans les Maifons qu'ils
ont du côté de l'Afie.
Cependant on apprend de Perfe que Schah
Tamas eft entierement tranquille du côté du Candabar
, où tout lui eft foumis , de même que le
refte de la Perfe ; il a le bonheur d'avoir pour
premier Miniftre & fon General en même - tems ,
l'homme du monde le plus intrépide & le plus
fage ; c'eft un homme de fortune , originaire du
Daguiftan ; il eft connu fous le nom de Tamas
Kouli Kan , qu'il a pris depuis qu'il s'eft attaché
au fervice de Schah Tamas. Ce nom fignifie , le
Kan , Efclave du Prince Tamas. C'eſt lui qui a
défait entierement le parti d'Achéraf , & qui l'a
fait mourir. Les Perfâns l'appellent avec raiſon
le Reftaurateur de la Perfe.
&
Les Réfidens de Mofcovie fe rendent fouvent
au Camp , expedient & reçoivent fréquemment.
des nouvelles de leur Cour. Les Turcs ne font
pas contens de cette Nation , car ils prétendent
qu'ils donnent du fecours à Schah Tamas contr'eux
, ceux- ci le nient ; mais ce qu'il y a de
bieu feur , c'eft qu'il y a quantité d'Etrangers
dans les Troupes de Schah Tamas , parmi lefquelles
l'on obferve- aujourd'hui une espece de
difcipline comme en Chrétienté , qui étoit in-
Contue jufques icy aux Turcs & aux Perfans..
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Résumé : AUTRE Lettre, du 17. Septembre.
Le 17 septembre, le Grand Seigneur ottoman décide de se rendre à Scutary, sans crainte de l'intimidation du roi de Perse, Schah Tamas. Le 4 novembre 1730, la cour ottomane se déplace à Scutary avec grande pompe. Lors de cette cavalcade, les gens de loi apparaissent armés, et les résidences des dignitaires sont magnifiquement décorées. Le Grand Seigneur, accompagné de sept princes armés, est précédé de plus de cent chevaux richement ornés et suivi de trois mille personnes, principalement armées. Le Grand Seigneur traverse Scutary en bon ordre pour rejoindre son camp entre la ville et le phare de Calcédoine. Après avoir examiné le camp, il retourne à son sérail. Il passe les premiers jours à accomplir les présences habituelles auprès de la milice, qu'il congédie ensuite. Les tentes sont gardées par des valets, tandis que les ministres se retirent en Asie. En Perse, Schah Tamas est tranquille après avoir soumis le Candahar et le reste du pays. Son premier ministre, Tamas Kouli Kan, est un homme intrépide et sage, originaire du Daguistan. Les résidents de Moscovie fréquentent régulièrement le camp pour expédier et recevoir des nouvelles de leur cour. Les Turcs accusent les Moscovites de soutenir Schah Tamas, ce que ces derniers nient. Les troupes de Schah Tamas comptent de nombreux étrangers et une discipline similaire à celle de la chrétienté.
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1959
p. 2509-2510
EXTRAIT d'une autre Lettre de Constantinople, du 20 Septembre 1730. sur les affaires de Perse.
Début :
Les Ordres ayant été envoyez de toutes parts pour rassembler & fortifier les Troupes, on [...]
Mots clefs :
Constantinople, Perse, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre de Constantinople, du 20 Septembre 1730. sur les affaires de Perse.
EXTRAIT d'une autre Lettre de
Conftantinople , du 20 Septembre 1730 .
fur les affaires de Perfe.
Es Ordres ayant été envoyez de toutes parts
Lpour affembler & fortifier les Troupes , on
forma un Camp à Scutary. Le G. S. s'y rendit.
avec une pompe & une magnificence extraordinaire
; l'armée qui fe formoit dans ce Camp
devoit prendre la route d'Alep , fe fortifier en
chemin , & fe pofter fur la Frontiere de Perfe ,
du côté de Babilonne ; mais après avoir murement
confideré, qu'en prenant cette route on au.
roit à traverser depuis Urfa jufques à Ninive
ou Moffoul , un défert de vingt journées de
marche ; on varia fur cette premiere réſolution .
& on y renonça ; enfuite fur les nouvelles qu'on
eut que les Perfans s'étoient tournez du côté
de Tauris , qu'ils avoient enlevé cette place , de
même que celle de Kermanchah & ¿Ardebil ;
cela fit déterminer à préferer le chemin d'Erzerom
. On réfolut donc que le G. V. s'avanceroit
jufques à Tokat , prefque à moitié chemin de
Conftantinople à Erzeron ; qu'on feroit trans--
porter par la Mer Noire les Provifions de Guerre
& de Bouche à Samfon , Port de la Mer Noire
entre Frebizonde & Sinope..
20
Les chofes étant dans cette fituation , il arriva.
un Exprès de Perfe , qui rapportoit , comme on
l'affuroit,la ratification faite par Schah Tamas
du Traité conclu avec fon Ambaffadeur. Cette
nouvelle calma un peu les efprits , fans établir
pourtant une entiere confiance ; ce qui fit qu'on
réfolut d'envoyer dix mille Janiffaires du côté
d'Erzeron , fous le commandement du Zagardgi
Bachi , avec. ordre de prendre d'autres Trou-
2
pes
2510 MERCURE DE FRANCE
pes en chemin , pour fortifier les Garniſons de
Guendgé , d'Erivan , & de Tiflis , qui eft la
place la plus avancée , & la plus importante
pour les Turcs. Pendant qu'on prenoit ces réfolutions
à Conftantinople , les Troupes échapées
à la fureur du Perfan , après la Bataille de
Tauris , s'étoient raffemblées & avoient fait un
Chef , appellé Kutchuk Aly , lequel méditoit , à
ce qu'on crut, de fomenter une révolte générale ;
mais le Pacha d'Erzeron en ayant eu avis
marcha contre ces Troupes , les batit & les diffipa
. Le refte s'eft répandu en diverfes parties de
PAfie , où ils achevent de ruiner le peuple & de
détruire le pays par leurs brigandages. Quoique
ces gens là foient en quelque maniere diffipez , &
leur Chef tué , on ne laiffe pas de craindre dans
Conftantinople un fi dangereux exemple , & on a
exilé plufieurs Effendis , ou Gens de Loy , pour
avoir parlé avec trop de liberté fur l'état des affaires
préfentes.
Conftantinople , du 20 Septembre 1730 .
fur les affaires de Perfe.
Es Ordres ayant été envoyez de toutes parts
Lpour affembler & fortifier les Troupes , on
forma un Camp à Scutary. Le G. S. s'y rendit.
avec une pompe & une magnificence extraordinaire
; l'armée qui fe formoit dans ce Camp
devoit prendre la route d'Alep , fe fortifier en
chemin , & fe pofter fur la Frontiere de Perfe ,
du côté de Babilonne ; mais après avoir murement
confideré, qu'en prenant cette route on au.
roit à traverser depuis Urfa jufques à Ninive
ou Moffoul , un défert de vingt journées de
marche ; on varia fur cette premiere réſolution .
& on y renonça ; enfuite fur les nouvelles qu'on
eut que les Perfans s'étoient tournez du côté
de Tauris , qu'ils avoient enlevé cette place , de
même que celle de Kermanchah & ¿Ardebil ;
cela fit déterminer à préferer le chemin d'Erzerom
. On réfolut donc que le G. V. s'avanceroit
jufques à Tokat , prefque à moitié chemin de
Conftantinople à Erzeron ; qu'on feroit trans--
porter par la Mer Noire les Provifions de Guerre
& de Bouche à Samfon , Port de la Mer Noire
entre Frebizonde & Sinope..
20
Les chofes étant dans cette fituation , il arriva.
un Exprès de Perfe , qui rapportoit , comme on
l'affuroit,la ratification faite par Schah Tamas
du Traité conclu avec fon Ambaffadeur. Cette
nouvelle calma un peu les efprits , fans établir
pourtant une entiere confiance ; ce qui fit qu'on
réfolut d'envoyer dix mille Janiffaires du côté
d'Erzeron , fous le commandement du Zagardgi
Bachi , avec. ordre de prendre d'autres Trou-
2
pes
2510 MERCURE DE FRANCE
pes en chemin , pour fortifier les Garniſons de
Guendgé , d'Erivan , & de Tiflis , qui eft la
place la plus avancée , & la plus importante
pour les Turcs. Pendant qu'on prenoit ces réfolutions
à Conftantinople , les Troupes échapées
à la fureur du Perfan , après la Bataille de
Tauris , s'étoient raffemblées & avoient fait un
Chef , appellé Kutchuk Aly , lequel méditoit , à
ce qu'on crut, de fomenter une révolte générale ;
mais le Pacha d'Erzeron en ayant eu avis
marcha contre ces Troupes , les batit & les diffipa
. Le refte s'eft répandu en diverfes parties de
PAfie , où ils achevent de ruiner le peuple & de
détruire le pays par leurs brigandages. Quoique
ces gens là foient en quelque maniere diffipez , &
leur Chef tué , on ne laiffe pas de craindre dans
Conftantinople un fi dangereux exemple , & on a
exilé plufieurs Effendis , ou Gens de Loy , pour
avoir parlé avec trop de liberté fur l'état des affaires
préfentes.
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Résumé : EXTRAIT d'une autre Lettre de Constantinople, du 20 Septembre 1730. sur les affaires de Perse.
En septembre 1730, des ordres furent envoyés pour rassembler et renforcer les troupes à Scutary, où le Grand Sultan se rendit avec une grande pompe. L'armée devait initialement se diriger vers Alep, puis vers la frontière perse du côté de Babylone. Cependant, en raison d'un désert de vingt journées de marche entre Urfa et Mossoul, cette décision fut révisée. Les nouvelles de la prise des places de Tauris, Kermanchah et Ardabil par les Perses conduisirent à préférer la route d'Erzerum. Le Grand Vizir devait avancer jusqu'à Tokat, tandis que les provisions seraient transportées par la mer Noire à Samsun. La ratification par le Shah Tamas du traité conclu avec son ambassadeur calma légèrement les esprits à Constantinople, mais sans établir une confiance totale. Dix mille janissaires furent envoyés vers Erzerum sous le commandement du Zagardgi Bachi pour renforcer les garnisons de Guendgé, Erivan et Tiflis. Les troupes échappées après la bataille de Tauris se rassemblèrent sous la direction de Kutchuk Aly, qui envisageait une révolte. Le pacha d'Erzerum les battit et les dispersa. Les survivants se répandirent en diverses parties de l'Asie, continuant à ruiner le peuple et à détruire le pays. Malgré la dispersion de ces troupes, la crainte d'un exemple dangereux persista à Constantinople, entraînant l'exil de plusieurs effendis pour avoir parlé librement de l'état des affaires.
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1960
p. 2510-2513
SUITE des nouvelles de Perse, Turquie & Afrique.
Début :
Quelques avis des Frontieres de Perse portent que les Géorgiens & quelques Kams de [...]
Mots clefs :
Roi de Perse, Perse, Constantinople, Hommes, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des nouvelles de Perse, Turquie & Afrique.
SUITE des nouvelles de Perfe, Turquie
& Afrique.
Quelques avis
Uelques avis des Frontieres de Perfe portent
que les Géorgiens & quelques Kams de
Tartares , avoient formé en fe réuniffant , un
Corps de dix à 12000 hommes , qui étoit venu
joindre l'armée du Roy de Perfe , auquel on
prétend que le Grand Mogol a fait offrir encore
depuis peu des fecours confidérables de Troupes
& d'argent.
On a reçû la confirmation des premiers avis
qu'on avoit eus de la défaite d'un Corps de
Troupes Ottomanes , près de Tauris ; de l'arrivée
du Roy de Perfe devant cette Place , & de la
retraite du Seraskier , qui commande l'armée du
G. S. dans un pofte avantageux , d'où il pouv i
G.
NOVEMBRE. 1730. 2511
inquiéter l'armée du Roy de Perfe , en attendant
qu'il eut reçû de Conftantinople les fecours confiderables
qu'il en attendoit.
Les dernieres Lettres portent que Schah Thamas
, après avoir pris la Ville de Tauris & prefque
toutes les autres Places conquifes par les
Turcs , pendant la derniere révolution de Perfe
avoit marché vers Bagdad , à la tête de fon armée
, pour y livrer Bataille à celle du G. S. qui
s'étoit retranchée fous les Fortifications de cette
Place; mais que n'ayant pû l'engager au combat,
il s'étoit retiré , en ravageant & brûlant tout le
païs des environs , afin qu'elle ne pût pas trouver
de quoi fubfifter.
Les premieres Lettres qu'on a reçûës de Conftantinople
, par Vienne , fur la dépofition du
G.S.fouverain Chef de l'Empire & de la Religion
Mufulmane , portent que le 28 du mois de Septembre
dernier , un homme de la lie du peuple
déploya dans la Place , dite des Graces , un Enfeigne
déchiré , en invitant tout Muſulman à le
fuivre. En un inftant le peuple fut en confuſion ,
les Boutiques furent fermées ; & cet homme s'étant
rendu dans la Place ", dite l'Atmeidan , ordinairement
la Scene des Révoltes . Il s'y trouva
vers le foir près de 600 hommes.
On porta la nouvelle de cet évenement au Gr.
Seig. & au G. V. qui étoient au Camp de Scutari.
Ils pafferent fur le champ le Canal & revinrent
au Serrail . Ils y furent long - temps à déliberer
fur le parti qu'ils avoient à prendre, & ils
perdirent le moment d'appaifer le premier feu
de cette Rebellion , en faisant marcher des Troupes
contre les Soulevez , qui le 29 au foir ne
montoient pas à plus de 2000 hommes. Les Janiflaires
voyant que leur Souverain demeuroit
dans l'inaction , fe rangerent du côté des Rebellc
2312 MERCURE DE FRANCE
les ; & toute la Ville ayant fuivi leur exemple ,
les Soulevez demanderent au Gr. Seigneur la
tête de plufieurs Miniftres. Sa Hauteffe croyant
devoir les contenter , fit étrangler le 1 Octobre ,
le G. V. le Kiaya , & le Capitan Pacha , dont les
corps furent portez dans un Chariot , au Camp
des Révoltez , qui bien loin de quitter les armes,
déclarerent qu'ils vouloient mettre fur le Trône le
Sultan Mamouth , neveu du G. S. Cela fut executé
le 2. Les Révoltez ayant tiré ce Prince de
la Priſon où il étoit , & y ayant conduit à fa
place Achmet III.. Le nouveau Sultan a nommé
pour G. V. Achmet Pacha , jeune homme élevé
dans le Serrail, & Gendre du Sultan dépofé ; pour
Reys Effendi , ou Grand Tréforier , un ancien
Kadileskier, qui a la réputation d'avoir des connoiffances
& de la prudence ; pour Capitan Pacha,
ou Grand Amiral, Abdikap , jeune homme ,
âgé de 26 ans, & aufli Gendre du Sultan dépofé.
D'autres Lettres reçûës , ajoutent que le nombre
des Révoltez étoit augmenté jufqu'à près de
cent mille hommes , qui obfervoient une exacte
difcipline ; qu'ils ne faifoient aucun tort à qui
que ce foit ; qu'ils avoient fait déchirer en piéces
& jetter aux chiens les Corps du Kiaya & du
Capitan Pacha ; que celui du G. V. avoit été racheté
par fa Famille ; que les Révoltez s'étoient
faifis du Mufti , & l'avoient jetté à la Mer ; que
le nouveau Sultan avoit fait partir des gens affidez
pour arrêter le fils du Sultan dépofé qui eft à
la tête de l'armée , affemblée depuis peu à l'entrée
de l'Afie ; & que Sa Hauteffe avoit été obligée
de promettre aux Janiffaires de les rêtablir
fur le pied de 80000 hommes , comme ils l'étoient
aurrefois.
Les mêmes Lettres portent que le 11 Octobre;
le feu avoit confumé près de 2000 maiſons , ац-
près
NOVEMBRE . 1730. 251 3
près de Topana , & que M.Ange Emo , nouveau
Bayle de la République de Venife , qui étoit arrivé
à Conftantinople la veille de la dépofition
d'Achmet III . avoit eu la liberté de fe rendre à
fon Palais du Faubourg de Péra , fans être infulté
par qui que ce foit.
Les nouvelles d'Afrique portent que le Roy de
Maroc , Mulley Abdalah , avoit détruit depuis
peu le parti des Rebelles qui s'étoient retirez
dans les Montagnes ; que la Ville de Fez dont il
s'étoit rendu Maître , avoit été condamnée pour
fa rebellion , à lui payer 200000 ducats , & celle
de Salé , à lui fournir 200 quintaux de poudre.
On a auffi appris par les Lettres de Ceuta ,
que vers la fin du mois de Septembre dernier , le
Roy de Maroc avoit attaqué dans une Plaine ,
l'armée des Rebelles , dont plus de 7000. étoient
demeurez fur la place , & le reste avoit pris la
fuite ; que les Noirs les pourfuivoient dans les
Montagnes ; que toute leur Artillerie, leur argent
& leurs Beftiaux avoient été pris , & que Je Roy
avoit eu pour fa part du butin 4000 Vaches &
200 Chameaux .
& Afrique.
Quelques avis
Uelques avis des Frontieres de Perfe portent
que les Géorgiens & quelques Kams de
Tartares , avoient formé en fe réuniffant , un
Corps de dix à 12000 hommes , qui étoit venu
joindre l'armée du Roy de Perfe , auquel on
prétend que le Grand Mogol a fait offrir encore
depuis peu des fecours confidérables de Troupes
& d'argent.
On a reçû la confirmation des premiers avis
qu'on avoit eus de la défaite d'un Corps de
Troupes Ottomanes , près de Tauris ; de l'arrivée
du Roy de Perfe devant cette Place , & de la
retraite du Seraskier , qui commande l'armée du
G. S. dans un pofte avantageux , d'où il pouv i
G.
NOVEMBRE. 1730. 2511
inquiéter l'armée du Roy de Perfe , en attendant
qu'il eut reçû de Conftantinople les fecours confiderables
qu'il en attendoit.
Les dernieres Lettres portent que Schah Thamas
, après avoir pris la Ville de Tauris & prefque
toutes les autres Places conquifes par les
Turcs , pendant la derniere révolution de Perfe
avoit marché vers Bagdad , à la tête de fon armée
, pour y livrer Bataille à celle du G. S. qui
s'étoit retranchée fous les Fortifications de cette
Place; mais que n'ayant pû l'engager au combat,
il s'étoit retiré , en ravageant & brûlant tout le
païs des environs , afin qu'elle ne pût pas trouver
de quoi fubfifter.
Les premieres Lettres qu'on a reçûës de Conftantinople
, par Vienne , fur la dépofition du
G.S.fouverain Chef de l'Empire & de la Religion
Mufulmane , portent que le 28 du mois de Septembre
dernier , un homme de la lie du peuple
déploya dans la Place , dite des Graces , un Enfeigne
déchiré , en invitant tout Muſulman à le
fuivre. En un inftant le peuple fut en confuſion ,
les Boutiques furent fermées ; & cet homme s'étant
rendu dans la Place ", dite l'Atmeidan , ordinairement
la Scene des Révoltes . Il s'y trouva
vers le foir près de 600 hommes.
On porta la nouvelle de cet évenement au Gr.
Seig. & au G. V. qui étoient au Camp de Scutari.
Ils pafferent fur le champ le Canal & revinrent
au Serrail . Ils y furent long - temps à déliberer
fur le parti qu'ils avoient à prendre, & ils
perdirent le moment d'appaifer le premier feu
de cette Rebellion , en faisant marcher des Troupes
contre les Soulevez , qui le 29 au foir ne
montoient pas à plus de 2000 hommes. Les Janiflaires
voyant que leur Souverain demeuroit
dans l'inaction , fe rangerent du côté des Rebellc
2312 MERCURE DE FRANCE
les ; & toute la Ville ayant fuivi leur exemple ,
les Soulevez demanderent au Gr. Seigneur la
tête de plufieurs Miniftres. Sa Hauteffe croyant
devoir les contenter , fit étrangler le 1 Octobre ,
le G. V. le Kiaya , & le Capitan Pacha , dont les
corps furent portez dans un Chariot , au Camp
des Révoltez , qui bien loin de quitter les armes,
déclarerent qu'ils vouloient mettre fur le Trône le
Sultan Mamouth , neveu du G. S. Cela fut executé
le 2. Les Révoltez ayant tiré ce Prince de
la Priſon où il étoit , & y ayant conduit à fa
place Achmet III.. Le nouveau Sultan a nommé
pour G. V. Achmet Pacha , jeune homme élevé
dans le Serrail, & Gendre du Sultan dépofé ; pour
Reys Effendi , ou Grand Tréforier , un ancien
Kadileskier, qui a la réputation d'avoir des connoiffances
& de la prudence ; pour Capitan Pacha,
ou Grand Amiral, Abdikap , jeune homme ,
âgé de 26 ans, & aufli Gendre du Sultan dépofé.
D'autres Lettres reçûës , ajoutent que le nombre
des Révoltez étoit augmenté jufqu'à près de
cent mille hommes , qui obfervoient une exacte
difcipline ; qu'ils ne faifoient aucun tort à qui
que ce foit ; qu'ils avoient fait déchirer en piéces
& jetter aux chiens les Corps du Kiaya & du
Capitan Pacha ; que celui du G. V. avoit été racheté
par fa Famille ; que les Révoltez s'étoient
faifis du Mufti , & l'avoient jetté à la Mer ; que
le nouveau Sultan avoit fait partir des gens affidez
pour arrêter le fils du Sultan dépofé qui eft à
la tête de l'armée , affemblée depuis peu à l'entrée
de l'Afie ; & que Sa Hauteffe avoit été obligée
de promettre aux Janiffaires de les rêtablir
fur le pied de 80000 hommes , comme ils l'étoient
aurrefois.
Les mêmes Lettres portent que le 11 Octobre;
le feu avoit confumé près de 2000 maiſons , ац-
près
NOVEMBRE . 1730. 251 3
près de Topana , & que M.Ange Emo , nouveau
Bayle de la République de Venife , qui étoit arrivé
à Conftantinople la veille de la dépofition
d'Achmet III . avoit eu la liberté de fe rendre à
fon Palais du Faubourg de Péra , fans être infulté
par qui que ce foit.
Les nouvelles d'Afrique portent que le Roy de
Maroc , Mulley Abdalah , avoit détruit depuis
peu le parti des Rebelles qui s'étoient retirez
dans les Montagnes ; que la Ville de Fez dont il
s'étoit rendu Maître , avoit été condamnée pour
fa rebellion , à lui payer 200000 ducats , & celle
de Salé , à lui fournir 200 quintaux de poudre.
On a auffi appris par les Lettres de Ceuta ,
que vers la fin du mois de Septembre dernier , le
Roy de Maroc avoit attaqué dans une Plaine ,
l'armée des Rebelles , dont plus de 7000. étoient
demeurez fur la place , & le reste avoit pris la
fuite ; que les Noirs les pourfuivoient dans les
Montagnes ; que toute leur Artillerie, leur argent
& leurs Beftiaux avoient été pris , & que Je Roy
avoit eu pour fa part du butin 4000 Vaches &
200 Chameaux .
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Résumé : SUITE des nouvelles de Perse, Turquie & Afrique.
En novembre 1730, des informations provenant des frontières de Perse signalent la formation d'une armée de 10 à 12 000 hommes, composée de Géorgiens et de certains clans tartares, qui se sont alliés aux forces du roi de Perse. Le Grand Mogol a également proposé des renforts en troupes et en argent. Les Ottomans ont subi une défaite près de Tauris, où le roi de Perse a pris la ville et d'autres places conquises par les Turcs. Le Seraskier, commandant de l'armée ottomane, a dû se retirer en attendant des renforts de Constantinople. Le chah Thamas a ensuite marché vers Bagdad pour affronter l'armée ottomane, mais n'a pas pu l'engager au combat. Il s'est retiré en ravageant les environs pour empêcher l'ennemi de se ravitailler. À Constantinople, le 28 septembre, une rébellion a été déclenchée par un homme du peuple brandissant un étendard déchiré. Le soulèvement a rapidement gagné en ampleur avec le soutien des janissaires. Le sultan a dû exécuter plusieurs ministres pour apaiser les rebelles, qui ont proclamé le sultan Mamouth comme nouveau souverain. Achmet III a été remplacé, et de nouveaux dignitaires ont été nommés. Les rebelles, disciplinés et nombreux, ont continué à exercer leur pression sur le nouveau sultan. En Afrique, le roi du Maroc, Mulley Abdalah, a réprimé une rébellion dans les montagnes et imposé des amendes aux villes de Fez et de Salé. Il a également vaincu une armée rebelle, capturant une grande quantité de butin.
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1961
p. 2513
RUSSIE.
Début :
Il est arrivé à Petersbourg deux Vaisseaux Espagnols richement chargés, dont toutes les [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Left arrivé à Petersbourg deux Vaiffeaux Efpagnols
richement chargés , dont toutes les
marchandiſes ont été mifes fur le canal de Ladoga
pour les tranfporter á Mofcou .
On affure que le General Wiesbach , qui eft
actuellement auprès du Roi de Pologne , a été
chargé dans fes Inftructions d'afflurer la République
de Pologne que la Czarine ne ſouffriroit
jamais qu'on portât aucune atteinte aux Privileges
des Etats du Duché de Curlande.
Left arrivé à Petersbourg deux Vaiffeaux Efpagnols
richement chargés , dont toutes les
marchandiſes ont été mifes fur le canal de Ladoga
pour les tranfporter á Mofcou .
On affure que le General Wiesbach , qui eft
actuellement auprès du Roi de Pologne , a été
chargé dans fes Inftructions d'afflurer la République
de Pologne que la Czarine ne ſouffriroit
jamais qu'on portât aucune atteinte aux Privileges
des Etats du Duché de Curlande.
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1962
p. 2514-2515
POLOGNE.
Début :
Le Roi étant parti de Warsovie le 23. Septembre, arriva à Grodno le 30. du même [...]
Mots clefs :
Varsovie, Élection, Protestation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E Roi étant parti de Warfovie le 23 . Sep-
Lembre ,arriva àGrodno le so. du même
mois. Le premier Octobre S. M. reçut les complimens
des Sénateurs , des Miniftres & des Nonces.
Le 2. jour indiqué pour l'ouverture de la
Diette , les Nonces fe rendirent à leur Chambre;
le Prince de Lubomirski Starofte de Spiski , qui
eft le premier d'entre les Nonces , préfidera en
cette qualité jufqu'à l'élection d'un Maréchal de
la Diette. Cette élection ayant fait naître diverfes
conteftations , la feffion a été remiſe de
jour en jour jufqu'au 6. fans qu'on ait pû déterminer
les Nonces de Lithuanie & le Nonce de
Pofnanie à lever les oppofitions qu'ils ont formées
à cette élection , prétendant que celles de
quelques Nonces n'ayant pas été legitimement faites
, on devoit les confirmer ou les caffer avant
que de proceder à toute autre affaire.
On a appris depuis que le Prince Lubomirski,
qui préfide dans la Chambre des Nonces jufqu'à
l'élection du Maréchal de la Diette , n'ayant pú
déterminer le Nonce Marcinkiewits à lever fon
oppofition dans aucune des féances depuis le 7.
jufqu'au 11. d'Octobre , a été obligé de remettre
encore la feffion au 13. dans l'efperance de faire
revenir ce Nonce qui s'eft abfenté apres avoir
laiffé une copie de fa proteftation au Greffe de
cette Ville , fans cependant avoir exigé qu'elle
y fut enregistrée ; mais comme on appréhende
qu'il n'y ait encore quelque Nonce qui ait d'autres
oppofitions à former pour retarder l'élection
du Maréchal , on commence à craindre que
Diette ne fe fépare comme celle de l'année derniere.
la
Le 12. Octobre , le Prince Lubomirski nomma
des Députés pour aller folliciter le Nonce
NOVEMBRE . 1730. 2515
ee Marcinkiewitz à revenir prendre féance & à
lever fon oppofition ; mais comme ils n'ont pû
Py déterminer , ce Nonce partit le 13. après avoir
fait enregistrer la proteftation contre tout ce qui
pourroit être décidé pendant fon abſence. Le
principal motifde fa proteftation eft le peu d'attention
qu'on a euë d'engager le Comte Maurice
de Saxe à rendre le Diplome d'Election éventuelle
donné en fa faveur par les Etats du Duché
de Curlande , quoique cela eut été expreffément
ftipulé dans une des Conftitutions de la
Diette genérale de 1726.
Le 14. le Préfident de la Chambre mit en déliberation
s'il devoit congédier l'Affemblée , ou
s'il renvoyeroit la feffion au Lundi fuivant : cette
feconde propofition ayant été approuvée , les
Nonces s'affemblerent encore le 16. Le Prince
Lubomirski ayant fait connoître à l'Affemblée
que fuivant les Loix du Royaume la retraite &
la proteftation du Nonce Marcinkiewits empêchoit
la Diette de déliberer , il prit congé des
Sénateurs , fortit de la Chambre , & rompit la
Diette.
>
Le 20. les Sénateurs & les Miniftres s'affemblerent
dans l'appartement du Château pour le
Confeil qui fe tint le cinquiéme jour aprés la
Diette. Le Roi en fit l'ouverture par un difcours
dans lequel il leur repréfenta les fatigues qu'il
avoit fouffertes , même au préjudice de fa fanté
pour contribuer autant qu'il le pouvoit au bien
& à l'avantage du Royaume ; il ajoûta qu'il étoit
perfuadé de leurs bonnes intentions pour le bien
de la Patrie ; mais que quelques perfonnes s'y
oppofant , il efperoit qu'on prendroit des mefures
pour empêcher que fes fideles ſujets n'en puſfent
recevoir aucun préjudice.
Le 27. le Roi arriva à Warfovie de Grodno.
E Roi étant parti de Warfovie le 23 . Sep-
Lembre ,arriva àGrodno le so. du même
mois. Le premier Octobre S. M. reçut les complimens
des Sénateurs , des Miniftres & des Nonces.
Le 2. jour indiqué pour l'ouverture de la
Diette , les Nonces fe rendirent à leur Chambre;
le Prince de Lubomirski Starofte de Spiski , qui
eft le premier d'entre les Nonces , préfidera en
cette qualité jufqu'à l'élection d'un Maréchal de
la Diette. Cette élection ayant fait naître diverfes
conteftations , la feffion a été remiſe de
jour en jour jufqu'au 6. fans qu'on ait pû déterminer
les Nonces de Lithuanie & le Nonce de
Pofnanie à lever les oppofitions qu'ils ont formées
à cette élection , prétendant que celles de
quelques Nonces n'ayant pas été legitimement faites
, on devoit les confirmer ou les caffer avant
que de proceder à toute autre affaire.
On a appris depuis que le Prince Lubomirski,
qui préfide dans la Chambre des Nonces jufqu'à
l'élection du Maréchal de la Diette , n'ayant pú
déterminer le Nonce Marcinkiewits à lever fon
oppofition dans aucune des féances depuis le 7.
jufqu'au 11. d'Octobre , a été obligé de remettre
encore la feffion au 13. dans l'efperance de faire
revenir ce Nonce qui s'eft abfenté apres avoir
laiffé une copie de fa proteftation au Greffe de
cette Ville , fans cependant avoir exigé qu'elle
y fut enregistrée ; mais comme on appréhende
qu'il n'y ait encore quelque Nonce qui ait d'autres
oppofitions à former pour retarder l'élection
du Maréchal , on commence à craindre que
Diette ne fe fépare comme celle de l'année derniere.
la
Le 12. Octobre , le Prince Lubomirski nomma
des Députés pour aller folliciter le Nonce
NOVEMBRE . 1730. 2515
ee Marcinkiewitz à revenir prendre féance & à
lever fon oppofition ; mais comme ils n'ont pû
Py déterminer , ce Nonce partit le 13. après avoir
fait enregistrer la proteftation contre tout ce qui
pourroit être décidé pendant fon abſence. Le
principal motifde fa proteftation eft le peu d'attention
qu'on a euë d'engager le Comte Maurice
de Saxe à rendre le Diplome d'Election éventuelle
donné en fa faveur par les Etats du Duché
de Curlande , quoique cela eut été expreffément
ftipulé dans une des Conftitutions de la
Diette genérale de 1726.
Le 14. le Préfident de la Chambre mit en déliberation
s'il devoit congédier l'Affemblée , ou
s'il renvoyeroit la feffion au Lundi fuivant : cette
feconde propofition ayant été approuvée , les
Nonces s'affemblerent encore le 16. Le Prince
Lubomirski ayant fait connoître à l'Affemblée
que fuivant les Loix du Royaume la retraite &
la proteftation du Nonce Marcinkiewits empêchoit
la Diette de déliberer , il prit congé des
Sénateurs , fortit de la Chambre , & rompit la
Diette.
>
Le 20. les Sénateurs & les Miniftres s'affemblerent
dans l'appartement du Château pour le
Confeil qui fe tint le cinquiéme jour aprés la
Diette. Le Roi en fit l'ouverture par un difcours
dans lequel il leur repréfenta les fatigues qu'il
avoit fouffertes , même au préjudice de fa fanté
pour contribuer autant qu'il le pouvoit au bien
& à l'avantage du Royaume ; il ajoûta qu'il étoit
perfuadé de leurs bonnes intentions pour le bien
de la Patrie ; mais que quelques perfonnes s'y
oppofant , il efperoit qu'on prendroit des mefures
pour empêcher que fes fideles ſujets n'en puſfent
recevoir aucun préjudice.
Le 27. le Roi arriva à Warfovie de Grodno.
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Résumé : POLOGNE.
Le roi de Pologne quitta Varsovie le 23 septembre pour Grodno. Le 1er octobre, il reçut les compliments des sénateurs, ministres et nonces. L'ouverture de la Diète, prévue le 2 octobre, fut retardée par des contestations sur l'élection du maréchal jusqu'au 6 octobre. Les nonces de Lituanie et de Podlachie contestèrent la légitimité de certaines élections. Le prince Lubomirski, président des nonces, ne put lever l'opposition de Marcinkiewicz, qui quitta la Diète après avoir enregistré sa protestation le 13 octobre. Marcinkiewicz protestait contre le manque d'attention portée à l'engagement du comte Maurice de Saxe concernant un diplôme d'élection. Le 14 octobre, la Diète délibéra sur la possibilité de se séparer ou de reporter la séance. La seconde proposition fut approuvée, mais Lubomirski rompit la Diète le 16 octobre. Le 20 octobre, les sénateurs et ministres se réunirent pour un conseil. Le roi exprima l'espoir que des mesures seraient prises pour éviter des préjudices à ses sujets. Il retourna à Varsovie le 27 octobre.
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1963
p. 2516
DANEMARCK.
Début :
Mr. de Plessen, Conseiller Privé & Gentilhomme de la Chambre du Roi, & M. de [...]
Mots clefs :
Roi, Mort du roi
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texteReconnaissance textuelle : DANEMARCK.
DANEMARCK.
R. de Pleffen , Confeiller Privé & Gentil-
Mhomme de la Chambre du Roi , & M. de
>
Roſencrantz, auffi Confeiller Privé, étant arrivés
d'Odenfée à Copenhague le 13. du mois dernier ,
firent fermer toutes les portes de la Ville , & double.
rent les gardes ; enfuite ayant fait affembler au
Palais le Confeil , les Chefs des Tribunaux de
la Milice , du Clergé & le Corps de Vilie , ils leur
annoncerent la mort du Roi , après quoi M. de
Pleffen alla fur le Balcon du Palais crier à haute
voix Vive le Roi Chriftian VI. Cette proclamation
fut faité enfuite dans toutes les Places de la
Ville par deux Hérauts d'armes au bruit de plufieurs
décharges du Canon des Remparts , & au
fon de toutes les Cloches. La Reine Douairicre
qui s'eft retirée à Bamftrup à une lieuë d'Odenfée
, y eft malade.
R. de Pleffen , Confeiller Privé & Gentil-
Mhomme de la Chambre du Roi , & M. de
>
Roſencrantz, auffi Confeiller Privé, étant arrivés
d'Odenfée à Copenhague le 13. du mois dernier ,
firent fermer toutes les portes de la Ville , & double.
rent les gardes ; enfuite ayant fait affembler au
Palais le Confeil , les Chefs des Tribunaux de
la Milice , du Clergé & le Corps de Vilie , ils leur
annoncerent la mort du Roi , après quoi M. de
Pleffen alla fur le Balcon du Palais crier à haute
voix Vive le Roi Chriftian VI. Cette proclamation
fut faité enfuite dans toutes les Places de la
Ville par deux Hérauts d'armes au bruit de plufieurs
décharges du Canon des Remparts , & au
fon de toutes les Cloches. La Reine Douairicre
qui s'eft retirée à Bamftrup à une lieuë d'Odenfée
, y eft malade.
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Résumé : DANEMARCK.
Après la mort du roi au Danemark, M. de Pleffen et M. de Rosencrantz ont sécurisé Copenhague et annoncé la nouvelle au conseil et aux notables. M. de Pleffen a proclamé 'Vive le Roi Christian VI'. La reine douairière s'est retirée à Bamstrup.
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1964
p. 2516
ALLEMAGNE.
Début :
On a reçû avis du Duché de Meckelbourg, qu'une Compagnie d'Infanterie des Troupes [...]
Mots clefs :
Troupes, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLE MAGNE.
Na reçû avis du Duché de Meckelbourg ,
qu'une Compagnie d'Infanterie des Troupes
de la Commiffion Impériale étoit entrée dans la
Ville de Buzow , dont elle avoit enlevé plufieurs
des principaux Habitans pour les conduire prifonniers
à Rostock , parce que les principaux
d'entr'eux avoient déclaré hautement qu'ils répandroient
leur fang pour la défenſe de leur Souverain.
Outre cette exécution , on a arrêté dans
les Villes de Gadebuſch , de Crivitz , de Stemberg
& de Grabau la plupart de ceux qui paroiffoient
affectionnés à ce Prince.
Na reçû avis du Duché de Meckelbourg ,
qu'une Compagnie d'Infanterie des Troupes
de la Commiffion Impériale étoit entrée dans la
Ville de Buzow , dont elle avoit enlevé plufieurs
des principaux Habitans pour les conduire prifonniers
à Rostock , parce que les principaux
d'entr'eux avoient déclaré hautement qu'ils répandroient
leur fang pour la défenſe de leur Souverain.
Outre cette exécution , on a arrêté dans
les Villes de Gadebuſch , de Crivitz , de Stemberg
& de Grabau la plupart de ceux qui paroiffoient
affectionnés à ce Prince.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Dans le Duché de Meckelbourg, des troupes de la Commission Impériale ont arrêté des habitants influents à Buzow, Gadebusch, Crivitz, Stemberg et Grabau. Ces arrestations visaient des personnes loyales à leur souverain, suite à leurs déclarations publiques en sa faveur. Les prisonniers ont été conduits à Rostock.
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1965
p. 2516-2518
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire du 2. Octobre, le Cardinal Ottoboni, Protecteur des affaires de [...]
Mots clefs :
Cardinal, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Dans le du zcteur des affaires de
Ans le Confiftoire du 2. Octobre , le Car-
France , propofa l'Evêché de Tarbes pour
M.
NOVEMBRE . 1730. 2517
M. Charles Antoine de la Rocheaymon , qui
étoit Evêque de Sarepte , l'Abbaye de Notre Dame
de Silly , Ordre de Prémontré , Diocèfe de
Seez pour M. Louis François Neele , & celle de
Notre Dame de Jofaphat , Ordre de S. Benoît ,
Diocéfe de Chartres pour l'Abbé de la Baſtie. Il
préconifa enfuite l'Abbé de Choiſeuil pour l'Abbaye
de Bolbonne , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Mirepoix.
La République de Luques ayant appris que le
Chanoine Fatinelli , fon Agent à la Cour de Rome
, ne pouvoit obtenir d'audience du Pape , a
fait dire au Cardinal Secretaire d'Etat , qu'elle
confentiroit à admettre M. Cervioni , nommé à
P'Archevêché de Luques , auffi - tôt que le Pape
l'ordonneroit , pourvû qu'on lui permit de faire
les proteftations & de prendre les mesures neceffaires
pour conferver les privileges de la Ville à
ce fujet.
Le Pape a nommé M. Dominique Paffionei de
Foffombrone , Archevêque d'Ephefe , actuellement
Nonce Apoftolique auprès de Cantons
Suiffes Catholiques , Nonce à Vienne ; M. Delci
de Sienne , Vice- Legat d'Avignon , Nonce en
France , où l'Abbé Rota continuera à être chargé
des affaires de S.S. jufqu'à l'arrivée de ce nouveau
Nonce ; M. Jean Baptifte Barni , de Lodi ,
Gouverneur de Macerata , Nonce auprés des Cantons
Suiffes Catholiques.
Le bruit court que M. Firrao , ci -devant Nonce
en Suiffe, qui étoit allé à Lisbonne, pour y être
Nonce à la place de M. Bichi , retournera à Rome
; que M. Bichi exercera de nouveau la Nonciature
pendant quelques mois , & qu'enfuite il
fera fait Cardinal.
Le bruit court auffi que le Cardinal Coſcia
a promis de donner ſa démiſſion de fon Archevê
2518 MERCURE DE FRANCE
vêché de Benevent , que le Cardinal Petra fera
nommé à cet Archevêché ; que fa Charge de
Grand- Penitencier fera donnée au Cardinal Sal- ~
viati ; celle de Préfet de la Signature , au Cardinal
de fainte Agnès , & celle de Préfet du College
de Propaganda Fide, au Cardinal Rufpoli.
Les Rebelles de l'Ile de Corfe, continuent leurs
pillages , & la République de Genes , n'efperant
plus de les ramener à leur devoir par la voye de
la douceur , prend actuellement des meſures
les foumettre par la force.
Dans le du zcteur des affaires de
Ans le Confiftoire du 2. Octobre , le Car-
France , propofa l'Evêché de Tarbes pour
M.
NOVEMBRE . 1730. 2517
M. Charles Antoine de la Rocheaymon , qui
étoit Evêque de Sarepte , l'Abbaye de Notre Dame
de Silly , Ordre de Prémontré , Diocèfe de
Seez pour M. Louis François Neele , & celle de
Notre Dame de Jofaphat , Ordre de S. Benoît ,
Diocéfe de Chartres pour l'Abbé de la Baſtie. Il
préconifa enfuite l'Abbé de Choiſeuil pour l'Abbaye
de Bolbonne , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Mirepoix.
La République de Luques ayant appris que le
Chanoine Fatinelli , fon Agent à la Cour de Rome
, ne pouvoit obtenir d'audience du Pape , a
fait dire au Cardinal Secretaire d'Etat , qu'elle
confentiroit à admettre M. Cervioni , nommé à
P'Archevêché de Luques , auffi - tôt que le Pape
l'ordonneroit , pourvû qu'on lui permit de faire
les proteftations & de prendre les mesures neceffaires
pour conferver les privileges de la Ville à
ce fujet.
Le Pape a nommé M. Dominique Paffionei de
Foffombrone , Archevêque d'Ephefe , actuellement
Nonce Apoftolique auprès de Cantons
Suiffes Catholiques , Nonce à Vienne ; M. Delci
de Sienne , Vice- Legat d'Avignon , Nonce en
France , où l'Abbé Rota continuera à être chargé
des affaires de S.S. jufqu'à l'arrivée de ce nouveau
Nonce ; M. Jean Baptifte Barni , de Lodi ,
Gouverneur de Macerata , Nonce auprés des Cantons
Suiffes Catholiques.
Le bruit court que M. Firrao , ci -devant Nonce
en Suiffe, qui étoit allé à Lisbonne, pour y être
Nonce à la place de M. Bichi , retournera à Rome
; que M. Bichi exercera de nouveau la Nonciature
pendant quelques mois , & qu'enfuite il
fera fait Cardinal.
Le bruit court auffi que le Cardinal Coſcia
a promis de donner ſa démiſſion de fon Archevê
2518 MERCURE DE FRANCE
vêché de Benevent , que le Cardinal Petra fera
nommé à cet Archevêché ; que fa Charge de
Grand- Penitencier fera donnée au Cardinal Sal- ~
viati ; celle de Préfet de la Signature , au Cardinal
de fainte Agnès , & celle de Préfet du College
de Propaganda Fide, au Cardinal Rufpoli.
Les Rebelles de l'Ile de Corfe, continuent leurs
pillages , & la République de Genes , n'efperant
plus de les ramener à leur devoir par la voye de
la douceur , prend actuellement des meſures
les foumettre par la force.
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Résumé : ITALIE.
En novembre 1730, plusieurs nominations ecclésiastiques ont été annoncées. M. Charles Antoine de la Rocheaymon a été proposé pour l'Évêché de Tarbes. L'Abbaye de Notre Dame de Silly a été attribuée à M. Louis François Neele, et l'Abbaye de Notre Dame de Josaphat à l'Abbé de la Bastie. L'Abbé de Choiseuil a été préconisé pour l'Abbaye de Boulbonne. La République de Lucques a accepté M. Cervioni pour l'Archevêché de Lucques, sous réserve de conserver les privilèges de la ville. Le Pape a nommé plusieurs nonces apostoliques : M. Dominique Passionei de Fossombrone et M. Jean Baptiste Barni auprès des Cantons Suisses Catholiques, M. Delci comme Vice-Légat d'Avignon et Nonce en France. Des rumeurs évoquent des changements dans les nonciatures, notamment le retour de M. Firrao à Rome et la possible nomination de M. Bichi comme cardinal. Par ailleurs, la République de Gênes prépare des mesures militaires contre les rebelles corses.
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1966
p. 2518
ESPAGNE
Début :
Le 18. Octobre, le Roi & la Reine accompagnez du Prince, de la Princesse des Asturies & [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Reine d'Espagne, Vaisseau, Japon, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
pour
E 18. Octobre , le Roi & la Reine accompa
Lgnez du Prince , de la Princeffe des Afturies &
des Infants, arriverent du Port de fainte Mariè au
Palais de l'Alcaçar de Seville , après avoir été retenus
quelques jours fur le Guadalquivir par les
vents contraires . Les Infantes Dona Marie- Therefe
& Dona Marie- Antoinette Ferdinande qui
y vont par terre , n'y font pas encore arrivées.
Tous les Vaiffeaux de tranfport qu'on avoit
fretez l'été dernier , ont été renvoyez dans leurs
Ports , à la réſerve de ceux qui étoient deſtinez à
tranſporter de la Cavalerie " qu'on a retenuë
une nouvelle convention.
par
On a appris par un Vaiffeau arrivé à Cadix ,
qu'on avoit conduit à Carthagene 16 millions de
pieces de huit , pour les employer à l'achat des
Marchandifes d'Europe qu'on doit vendre à la
prochaine Foire , & qu'on y attendoit encore 8.
à 10. millions .
On a appris par des Lettres de Lisbonne de la
fin du mois dernier , qu'il y avoit eu au Japon un
Tremblement de terre des plus terribles ; que la
Ville de Macao , qui en eft la Capitale , avoit été
entierement détruite , & qu'il y avoit péri plus
d'un million d'habitans .
pour
E 18. Octobre , le Roi & la Reine accompa
Lgnez du Prince , de la Princeffe des Afturies &
des Infants, arriverent du Port de fainte Mariè au
Palais de l'Alcaçar de Seville , après avoir été retenus
quelques jours fur le Guadalquivir par les
vents contraires . Les Infantes Dona Marie- Therefe
& Dona Marie- Antoinette Ferdinande qui
y vont par terre , n'y font pas encore arrivées.
Tous les Vaiffeaux de tranfport qu'on avoit
fretez l'été dernier , ont été renvoyez dans leurs
Ports , à la réſerve de ceux qui étoient deſtinez à
tranſporter de la Cavalerie " qu'on a retenuë
une nouvelle convention.
par
On a appris par un Vaiffeau arrivé à Cadix ,
qu'on avoit conduit à Carthagene 16 millions de
pieces de huit , pour les employer à l'achat des
Marchandifes d'Europe qu'on doit vendre à la
prochaine Foire , & qu'on y attendoit encore 8.
à 10. millions .
On a appris par des Lettres de Lisbonne de la
fin du mois dernier , qu'il y avoit eu au Japon un
Tremblement de terre des plus terribles ; que la
Ville de Macao , qui en eft la Capitale , avoit été
entierement détruite , & qu'il y avoit péri plus
d'un million d'habitans .
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Résumé : ESPAGNE
Le 18 octobre, le Roi et la Reine d'Espagne, accompagnés du Prince, de la Princesse des Asturies et des Infants, sont arrivés au Palais de l'Alcázar de Séville après un retard causé par des vents contraires sur le Guadalquivir. Les Infantes Dona Marie-Thérèse et Dona Marie-Antoinette Ferdinande, qui voyageaient par terre, n'étaient pas encore arrivées. Tous les vaisseaux de transport loués l'été précédent ont été renvoyés, sauf ceux destinés à la cavalerie, retenus par une nouvelle convention. Un vaisseau à Cadix a rapporté que 16 millions de pièces de huit avaient été conduits à Carthagène pour acheter des marchandises d'Europe à la prochaine foire, avec 8 à 10 millions supplémentaires attendus. Des lettres de Lisbonne ont annoncé un tremblement de terre au Japon, détruisant Macao et causant la mort de plus d'un million d'habitants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1967
p. 2519
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le Duc de Riperda, qui étoit à Londres depuis environ deux ans, en est parti sur la fin [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E Duc de Riperda , qui étoit à Londres de-
Louisenviron deux ans , en eft parti fur la fin >
du mois dernier pour la Hollande.
On mande de Dublin , qu'il y étoit arrivé le
24. Octobre , un Colonel & d'autres Officiers au
fervice du Roi Tr. Chr. pour y engager , avec
permiffion du Roi , 750. Soldats qui doivent fervir
de recrue aux Régimens Irlandois qui font
en France.
E Duc de Riperda , qui étoit à Londres de-
Louisenviron deux ans , en eft parti fur la fin >
du mois dernier pour la Hollande.
On mande de Dublin , qu'il y étoit arrivé le
24. Octobre , un Colonel & d'autres Officiers au
fervice du Roi Tr. Chr. pour y engager , avec
permiffion du Roi , 750. Soldats qui doivent fervir
de recrue aux Régimens Irlandois qui font
en France.
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1968
p. 2521-2528
« Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...] »
Début :
Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...]
Mots clefs :
Reine, Église, Roi, Messe, Musique, Princesse, Palais, Opéra, Cérémonies, Ambassadeurs, Jésuites, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...] »
E 23. Octobre , la Ducheffe d'Orleans donna '
une petite Fête à Bagnolet pour le Divertiffe
ment des deux Princeffes fes filles , à laquelle toutès
les Dames du Palais Royal & plufieurs autres
attachées à S. A. R. & aux Princeffes , fe trouverent
, de même que plufieurs Seigneurs attachés
à la Maifon d'Orleans . S. A. R. fit donner aux
Princeffes & aux Dames qui étoient du Souper ,
à chacune un habit de Satin gaufré , d'une nouvelle
fabrique établie depuis peu au Village de
Bagnolet. Les Seigneurs qui étoient de la danfe ,
eurent auffi des habits & des veftes de même . Le
tout fut trouvé très - galant & d'un très - bon gout;il
y eut plufieurs danfes & contre- danfes qui furent
parfaitement bien executées par les jeunes Princeffes
& par les Dames & les Seigneurs qui eurent
l'honneur de danfer avec elles.
Le 25. du même mois , la jeune Princeſſe de
Bade , Niece du Duc d'Orleans , fe rendit au Palais
Royal pour rendre vifite à S. A. R. qui la
reçut très-gracieufement , & lui fit prefent d'une
magnifique Poupée, de la grandeur de cette jeune
Princeffe, ornée de Boucles d'oreilles de diamans,
de Papillons & autres ornemens de tête auffi en
brillans,avec plufieurs habits magnifiques pour la
Poupée. Les Princeffes d'Orleans ajoûterent à ce
Prefent plufieurs Bijoux très-galans , qui furent
mis dans les poches de la Poupée , laquelle étoit
accompagnée d'une Figure de Crocheteur en
I carton
2522 MERCURE DE FRANCE
carton , portant une Valife qui renfermoit diffe
rens habits & nipes pour l'ufage de la Poupée .
Le 7. le Marquis de Caftellar , nouvel Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne, fe rendit aux Carmelites,
où il eut Audiance de la Reine Douairiere d'Efpagne
, qui le reçut très gracieufement . Ce Miniftre
témoigna à S. M. C. les affurances d'amitié
qu'il venoit lui faire de la part du Roi & de la
Reine d'Espagne.
Le 8.de ce mois , Madame d'Orleans , Abbeffe
de Chelles , alla à la Magdeleine de Trenel dîner
avec la Ducheffe d'Orleans fa mere & avec les
Princeffes fes Soeurs. L'après dîné , la Reine d'Eſpagne
s'y rendit auffi , & quelque tems après M. le.
Duc d'Orleans , accompagné du Duc de Chartres,
fon Fils , y arriva. Deforte que S. A. R. eut le
plaifir de voir dans la même journée preſque toure
fon augufte Famille raffemblée.
Le 25. Octobre , la jeune Princeffe de Bade ,
fille duMargrave de Bade Baden, & Niece du Duc
d'Orleans , partit de Paris pour s'en retourner
à Raftalt , en parfaite fanté. M. Petit , Chirurgien
Juré , Démonftrateur Royal & Membre
des Académies des Sciences de Paris & de Londres,
lui avoit extirpé à la joue une loupe d'une groffeur
prodigieufe, & avec tant de fuccès, que cette
Princeffe n'en fera pas même marquée ; auffi ar'elle
récompenfé noblement l'habile main qui a
fi bien operé, & a de plus fait preſent à M. Petit
d'un Neceffaire , c'est - à-dire , d'un affortiment
de tout ce qu'il convient pour faire & fervir du
Caffé , du Thé & du Chocolat , contenant differentes
pieces , comme Aiguére , Soucoupe , plufreurs
Pots , Taffes , Drageoires , Cuilliers , & c.
le tout en Vermeil doré , & Porcelaines de Drefde,
d'un prix confiderable & d'un travail exquis.
Cette Princeffe a donné à la Sacriſtie du Conyent
NOVEMBRE. 1730. 2523
went des Petites Cordelieres , où elle a occupé un
Appartement pendant fon féjour à Paris , un Baffin
& une Aiguiere d'argent , & a fait des préfens
à toutes les Religieafes , pour leur marquer fa
Latisfaction fur leurs foins & fur leurs attentions,
Le Roi a nommé le Duc de Saint- Aignan, Chevalier
des Ordres de S. M. Ambaffadeur à Rome.
Le 29. du mois dernier , le Marquis de Caſte-
Jar , Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roi d'Efpagne , eut fa premiere Audience
particuliere du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin , étant conduit par le Chevalier
de Sainctot, Introducteur des Ambaſſadeurs.
Le 31. Octobre , veille de la Fête de tous les
Saints , le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit dans la Chapelle du
Château de Verſailles , où S. M. entendit la Meffe
& communia par les mains de l'Abbé de Choifeul
, fon Aumônier en quartier enfuite le Roi
toucha un grand nombre de Malades.
L'aprés midi , S. M. affifta dans la même Chapelle
aux premieres Vêpres chantées par la Mufique,
aufquelles l'Evêque d'Aire officla pontificalement.
Le premier de ce mois, jour de la Fête , le
Roi entendit la grande Meffe celebrée pontificalement
par l'Evêque d'Aire,& chantée par la Mufique.
L'aprés midi S. M. entendit le Sermon du
Pere Cotoner de la Compagnie de Jefus ; enfuite
les fecondes Vêpres qui furent chantéesS par la
Mufique , aufquelles le même Prélat officia. Le
Roi affitta aufli aux Vêpres des Morts.
Le même jour, la Reine entendit la Meffe dans la
même Chapelle, & S. M. communia par les mains
du Cardinal de Fleury , fon Grand- Aumônier .
Le 2. jour des Trépaffez , le Roi & la Reine entendirent
1 ij
2524 MERCURE DE FRANCE
tendirent la Meffe de Requiem , pendant laquelle
le De profundis fut chanté par la Mufique. Aprés
la Meffe , le Roi partit pour Rambouillet.
La Reine ayant voulu rendre à Dieu fes actions
de graces particulieres , de fon heureux
accouchement, & de la naiffarce de Monfeigneur
le Duc d'Anjou, S.M. vint le 6 de ce mois à l'Eglife
Métropolitaine de Paris . La Reine accompagnée
de Mademoiſelle de Clermont , Sur - Intendante
de Sa Maiſon , des Dames de fa Cour & de
fes principaux Officiers , arriva à midi à l'Eglife
Métropolitaine , où les détachemens des Régimens
des Gardes Françoifes & Suifles étoient en
haye & fous les armes. L'Archevêque de Paris ,
revêtu de fes habits Pontificaux & à la tête des
Chanoines , reçut la Reine à la porte de l'Eglife ,
avec les cérémonies accoutumées ; & après avoir
complimenté Sa Majefté , il la conduifit dans le
Choeur. La Reine y fit fa priere , & alla enfuite
à l'Autel de la Vierge entendre la Meffe , qui
fut dite par un de fes Chapelains.La Reine ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife , avec les
mêmes cérémonies qui avoient été observées à
fon arrivée , S. M. partit pour retourner à Verfailles,
Le fi Novembre aprés midi, les RR.PP. de la
Compagnie de JESUS , firent avec beaucoup de
folemnité , dans leur Eglife de la Maiſon Profeffe
de Paris , qui étoit éclairée par un grand
nombre de lumieres , l'ouverture de l'Octave de
fa Fête de la Canonifation de S. Louis de Gonzague
& de S. Staniflas Koftka , de leur Compagnie.
Le lendemain l'Archevêque de Paris , à la
tête du Chapitre de l'Eglife Metropolitaine , fe
rendit à cette Eglife, & y célebra pontificalement
la Meffe , qui fut chantée à plufieurs choeurs de
mufique
NOVEMBRE . 1730. 2525
mufique. L'après midi , l'Evêque de Cifteron
prononça le Panegyrique de ces deux Saints avec
beaucoup d'éloquence , & l'Abbé de Gontault ,
Doyen du Chapitre , officia au Salut .
Les jours fuivans , differens Evêques y ont cé
lébré pontificalement la Meffe , & ont officié aux
Saluts .
Le 12 de ce mois , le Comte de Seefted , Ambaffadeur
Extraordinaire du Roy de Danemarc ,
eut , en long Manteau de deuil , une Audience
particuliere du Roy , dans laquelle il donna part
a S. M. de la mort du Roy de Danemarc , Frederic.
IV . Il fut conduit à cette Audience par le
Chevalier de Sainctot , Introducteur des Ambaf
fadeurs , qui le conduifit enfuite à l'Audience de
Ia Reine , & à celle de Monfeigneur le Dauphin.
Le 16. le Roy prit le deuil pour cette mort.
Le 19. le Roy & la Reine partirent de Verfailles
pour aller paffer quelques jours au Château
de Marly.
Le 13 , l'ouverture du Parlement fe fit avec les
céremonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, célébrée pontificalement dans la Grand'-
Salle du Palais , par l'Archevêque de Bourges , à
laquelle M. Portail , Pr. Préfident , & les Chambres
affifterent.
A la rentrée du Parlement de Dijon , à la faint
Martin , M. le Prefident de la Marche , qui eft
un jeune Magiftrat , né Orateur , s'étoit chargé
de faire le Difcours des Mercuriales & de l'Audience
publique , & il s'en acquitta parfaitement."
Le Difcours aux Chambres affemblées , fut pour
apprendre aux Officiers à ne pas juger par hu-
I. iij meur.
2526 MERCURE DE FRANCE
meur. Ce fujet parut nouveau & fut traité avec
toute la politeffe , la nobleffe & l'éloquence poffible,
ainfi que celui pour les Avocats , fur l'amour
de la verité ; & il finit par un éloge magnifique
du Roy & du Miniftere,
Le 14 , la Reine vint à Paris , & alla entendre
la Meffe dans l'Eglife de la Maiſon Profeffe des
Jefuites,à l'occafion de la Fête qu'on y célébroit.
S. M. accompagnée de Mademoiſelle de Clermont,
Sur- Intendante de Sa Maiſon , des Dames
de fa Cour , du Cardinal de Fleury , fon Grand
Aumônier , & de fes principaux Officiers , fut
reçûë à la porte de l'Eglife par le Pere Supérieur,
accompagné des Jefuites de la Maiſon , de ceux
du College de LoUIS LE GRAND , & de ceux du
Noviciat. Après que le P. Supérieur eut compli
menté la Reine par un Difcours auffi éloquent
que convenable à la piété de S. M. la Reine fut
Conduite dans le Sanctuaire , & elle y entendit la
Meffe , qui fut dite par un de fes Chapelains ;
pendant laquelle on chanta un Motet. S.M.ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife avec les ceremonies
obfervées à ſon arrivée, elle ſe rendit au
Monaftere des Religieufes de l'Ave Maria , d'où
S. M. alla dîner au Palais des Thuilleries , après
avoir paflé par la Place Royale. La Reine trouva,
à l'Eglife des Jéfuites , à celle de l'Ave Maria
& au Palais des Thuilleries , les Gardes Françoifes
& Suiffes en haye & fous les Armes. L'après
midi , S. M. partit de Paris vers les quatre
heures , pour retourner à Verſailles , & s'arrêta
quelque temps au Couvent des Religieufes de
Sainte Marie de Chaillot.
> Le 22. de ce mois , la Fête de Sainte Cecile
fut celebrée avec éclat dans l'Eglife des Enfans.
Rouges
NOVEMBRE 1730. 2527
Rouges ; on y chanta une grande Meffe & les
Vêpres en Mufique & à grand choeur , de la.
compofition de l'Abbé Senefchal , qui fut genéralement
applaudie..
Le 25. là Lotterie de la Compagnie des Indes
pour le remboursement des Actions fut tirée en
la maniere accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
On a publié la Lifte des Numero des Actions
& dixièmes d'Actions qui feront rembourfées
, failant en tout le nombre de 3.00. Actions..
Le premier de ce mois , Fête de la Touffaint ,
il y eut Concert fpirituel au Château des Thuil--
leries. M. Mouret fit chanter Exultate jufti ,
Motet de M. de la Lande , fuivi d'un autre Motet
à deux Baffes - Tailles qui fut très gouté. Les
Dile, Erremens & . Petitpas chanterent avec applaudiffement
un petit Motet nouveau à deux
Deffus , de la compofiiion de M. Le Máire. La
Dile le Maure chanta Ufquequò , petit Moter
de M. Mouret , avec une grande préciſion. Le
Concert fut terminé par le Dixit Dominus de
M. de la Lande.
Le 2. jour des Morts , on exécuta le Divertiffement
de la Chaffe du Cerf . & plufieurs
Piéces de fimphonie , après lefquelles on chanta
le De profundis de M. de la Lande.
Il y a eu Concert François tous les Mercredis
de ce mois , dans lefquels on a chanté plufieurs
Divertiffemens de différens Maîtres , & tous les
Concerts ont toujours été terminés par un Mo.
tet à grands choeurs , de M. de la Lânde.
Le 4. de ce mois , M. de Blamont, Sur- Intendant
de la Mufique du Roi , fit chanter chez la
Reine le 4 & 5e Acte de l'Opera d'Amadis de
L. iiij Gaule;
2528 MERCURE DE FRANCE
Gaule ; La Dile Pitron chanta le Rôle d'Arcabonne
la Dle Lenner celui d'Oriane , le St
d'Angerville celui d'Archelaus & le Sr Guedon
remplit celui d'Amadis .
>
Le 12. on chanta un Divertiffement intitulé
Les Plaisirs de l'Hyver , de la compofition de
M. Capuce , Maître de Mufique de l'Académie
de Dijon , qui fut fort applaudi. Cet Auteur vient
de donner au Public un Livre de Piéces de Viole
qui eft fort goûté .
Le 15. on chanta un Divertiffement de M. de
Blamont qui a pour titre Le Retour des Dieux.
fur la Terre , lequel avoit été chanté devant
L. M. le jour de leur mariage à Fontainebleau.
Le 20. on chanta à Marli le Prologue & le
premier Acte du Balet des Fêtes Grecques &
Romaines de M. de Blamont ; les Dies Antier &
Le Maure chanterent les Rôles de Clio & d'Erato
, & le S d'Angerville celui d'Apollon , &
dans la Piéce les Diles Le Maure , Barbier & le
Noir remplirent les principaux les . La D'e
Pitron chanta enfuite un Air détaché .
Le 22. on chanta la fuite du fecond & du troifiéme
Acte , dans lefquels les Diles Antier , Lenner
& Barbier chanterent les principaux Rôles ,
& le S le Prince fit celui de Tibule.
une petite Fête à Bagnolet pour le Divertiffe
ment des deux Princeffes fes filles , à laquelle toutès
les Dames du Palais Royal & plufieurs autres
attachées à S. A. R. & aux Princeffes , fe trouverent
, de même que plufieurs Seigneurs attachés
à la Maifon d'Orleans . S. A. R. fit donner aux
Princeffes & aux Dames qui étoient du Souper ,
à chacune un habit de Satin gaufré , d'une nouvelle
fabrique établie depuis peu au Village de
Bagnolet. Les Seigneurs qui étoient de la danfe ,
eurent auffi des habits & des veftes de même . Le
tout fut trouvé très - galant & d'un très - bon gout;il
y eut plufieurs danfes & contre- danfes qui furent
parfaitement bien executées par les jeunes Princeffes
& par les Dames & les Seigneurs qui eurent
l'honneur de danfer avec elles.
Le 25. du même mois , la jeune Princeſſe de
Bade , Niece du Duc d'Orleans , fe rendit au Palais
Royal pour rendre vifite à S. A. R. qui la
reçut très-gracieufement , & lui fit prefent d'une
magnifique Poupée, de la grandeur de cette jeune
Princeffe, ornée de Boucles d'oreilles de diamans,
de Papillons & autres ornemens de tête auffi en
brillans,avec plufieurs habits magnifiques pour la
Poupée. Les Princeffes d'Orleans ajoûterent à ce
Prefent plufieurs Bijoux très-galans , qui furent
mis dans les poches de la Poupée , laquelle étoit
accompagnée d'une Figure de Crocheteur en
I carton
2522 MERCURE DE FRANCE
carton , portant une Valife qui renfermoit diffe
rens habits & nipes pour l'ufage de la Poupée .
Le 7. le Marquis de Caftellar , nouvel Ambaffadeur
du Roi d'Efpagne, fe rendit aux Carmelites,
où il eut Audiance de la Reine Douairiere d'Efpagne
, qui le reçut très gracieufement . Ce Miniftre
témoigna à S. M. C. les affurances d'amitié
qu'il venoit lui faire de la part du Roi & de la
Reine d'Espagne.
Le 8.de ce mois , Madame d'Orleans , Abbeffe
de Chelles , alla à la Magdeleine de Trenel dîner
avec la Ducheffe d'Orleans fa mere & avec les
Princeffes fes Soeurs. L'après dîné , la Reine d'Eſpagne
s'y rendit auffi , & quelque tems après M. le.
Duc d'Orleans , accompagné du Duc de Chartres,
fon Fils , y arriva. Deforte que S. A. R. eut le
plaifir de voir dans la même journée preſque toure
fon augufte Famille raffemblée.
Le 25. Octobre , la jeune Princeffe de Bade ,
fille duMargrave de Bade Baden, & Niece du Duc
d'Orleans , partit de Paris pour s'en retourner
à Raftalt , en parfaite fanté. M. Petit , Chirurgien
Juré , Démonftrateur Royal & Membre
des Académies des Sciences de Paris & de Londres,
lui avoit extirpé à la joue une loupe d'une groffeur
prodigieufe, & avec tant de fuccès, que cette
Princeffe n'en fera pas même marquée ; auffi ar'elle
récompenfé noblement l'habile main qui a
fi bien operé, & a de plus fait preſent à M. Petit
d'un Neceffaire , c'est - à-dire , d'un affortiment
de tout ce qu'il convient pour faire & fervir du
Caffé , du Thé & du Chocolat , contenant differentes
pieces , comme Aiguére , Soucoupe , plufreurs
Pots , Taffes , Drageoires , Cuilliers , & c.
le tout en Vermeil doré , & Porcelaines de Drefde,
d'un prix confiderable & d'un travail exquis.
Cette Princeffe a donné à la Sacriſtie du Conyent
NOVEMBRE. 1730. 2523
went des Petites Cordelieres , où elle a occupé un
Appartement pendant fon féjour à Paris , un Baffin
& une Aiguiere d'argent , & a fait des préfens
à toutes les Religieafes , pour leur marquer fa
Latisfaction fur leurs foins & fur leurs attentions,
Le Roi a nommé le Duc de Saint- Aignan, Chevalier
des Ordres de S. M. Ambaffadeur à Rome.
Le 29. du mois dernier , le Marquis de Caſte-
Jar , Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roi d'Efpagne , eut fa premiere Audience
particuliere du Roi , de la Reine & de Monfeigneur
le Dauphin , étant conduit par le Chevalier
de Sainctot, Introducteur des Ambaſſadeurs.
Le 31. Octobre , veille de la Fête de tous les
Saints , le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit dans la Chapelle du
Château de Verſailles , où S. M. entendit la Meffe
& communia par les mains de l'Abbé de Choifeul
, fon Aumônier en quartier enfuite le Roi
toucha un grand nombre de Malades.
L'aprés midi , S. M. affifta dans la même Chapelle
aux premieres Vêpres chantées par la Mufique,
aufquelles l'Evêque d'Aire officla pontificalement.
Le premier de ce mois, jour de la Fête , le
Roi entendit la grande Meffe celebrée pontificalement
par l'Evêque d'Aire,& chantée par la Mufique.
L'aprés midi S. M. entendit le Sermon du
Pere Cotoner de la Compagnie de Jefus ; enfuite
les fecondes Vêpres qui furent chantéesS par la
Mufique , aufquelles le même Prélat officia. Le
Roi affitta aufli aux Vêpres des Morts.
Le même jour, la Reine entendit la Meffe dans la
même Chapelle, & S. M. communia par les mains
du Cardinal de Fleury , fon Grand- Aumônier .
Le 2. jour des Trépaffez , le Roi & la Reine entendirent
1 ij
2524 MERCURE DE FRANCE
tendirent la Meffe de Requiem , pendant laquelle
le De profundis fut chanté par la Mufique. Aprés
la Meffe , le Roi partit pour Rambouillet.
La Reine ayant voulu rendre à Dieu fes actions
de graces particulieres , de fon heureux
accouchement, & de la naiffarce de Monfeigneur
le Duc d'Anjou, S.M. vint le 6 de ce mois à l'Eglife
Métropolitaine de Paris . La Reine accompagnée
de Mademoiſelle de Clermont , Sur - Intendante
de Sa Maiſon , des Dames de fa Cour & de
fes principaux Officiers , arriva à midi à l'Eglife
Métropolitaine , où les détachemens des Régimens
des Gardes Françoifes & Suifles étoient en
haye & fous les armes. L'Archevêque de Paris ,
revêtu de fes habits Pontificaux & à la tête des
Chanoines , reçut la Reine à la porte de l'Eglife ,
avec les cérémonies accoutumées ; & après avoir
complimenté Sa Majefté , il la conduifit dans le
Choeur. La Reine y fit fa priere , & alla enfuite
à l'Autel de la Vierge entendre la Meffe , qui
fut dite par un de fes Chapelains.La Reine ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife , avec les
mêmes cérémonies qui avoient été observées à
fon arrivée , S. M. partit pour retourner à Verfailles,
Le fi Novembre aprés midi, les RR.PP. de la
Compagnie de JESUS , firent avec beaucoup de
folemnité , dans leur Eglife de la Maiſon Profeffe
de Paris , qui étoit éclairée par un grand
nombre de lumieres , l'ouverture de l'Octave de
fa Fête de la Canonifation de S. Louis de Gonzague
& de S. Staniflas Koftka , de leur Compagnie.
Le lendemain l'Archevêque de Paris , à la
tête du Chapitre de l'Eglife Metropolitaine , fe
rendit à cette Eglife, & y célebra pontificalement
la Meffe , qui fut chantée à plufieurs choeurs de
mufique
NOVEMBRE . 1730. 2525
mufique. L'après midi , l'Evêque de Cifteron
prononça le Panegyrique de ces deux Saints avec
beaucoup d'éloquence , & l'Abbé de Gontault ,
Doyen du Chapitre , officia au Salut .
Les jours fuivans , differens Evêques y ont cé
lébré pontificalement la Meffe , & ont officié aux
Saluts .
Le 12 de ce mois , le Comte de Seefted , Ambaffadeur
Extraordinaire du Roy de Danemarc ,
eut , en long Manteau de deuil , une Audience
particuliere du Roy , dans laquelle il donna part
a S. M. de la mort du Roy de Danemarc , Frederic.
IV . Il fut conduit à cette Audience par le
Chevalier de Sainctot , Introducteur des Ambaf
fadeurs , qui le conduifit enfuite à l'Audience de
Ia Reine , & à celle de Monfeigneur le Dauphin.
Le 16. le Roy prit le deuil pour cette mort.
Le 19. le Roy & la Reine partirent de Verfailles
pour aller paffer quelques jours au Château
de Marly.
Le 13 , l'ouverture du Parlement fe fit avec les
céremonies accoutumées , par une Meffe folemnelle
, célébrée pontificalement dans la Grand'-
Salle du Palais , par l'Archevêque de Bourges , à
laquelle M. Portail , Pr. Préfident , & les Chambres
affifterent.
A la rentrée du Parlement de Dijon , à la faint
Martin , M. le Prefident de la Marche , qui eft
un jeune Magiftrat , né Orateur , s'étoit chargé
de faire le Difcours des Mercuriales & de l'Audience
publique , & il s'en acquitta parfaitement."
Le Difcours aux Chambres affemblées , fut pour
apprendre aux Officiers à ne pas juger par hu-
I. iij meur.
2526 MERCURE DE FRANCE
meur. Ce fujet parut nouveau & fut traité avec
toute la politeffe , la nobleffe & l'éloquence poffible,
ainfi que celui pour les Avocats , fur l'amour
de la verité ; & il finit par un éloge magnifique
du Roy & du Miniftere,
Le 14 , la Reine vint à Paris , & alla entendre
la Meffe dans l'Eglife de la Maiſon Profeffe des
Jefuites,à l'occafion de la Fête qu'on y célébroit.
S. M. accompagnée de Mademoiſelle de Clermont,
Sur- Intendante de Sa Maiſon , des Dames
de fa Cour , du Cardinal de Fleury , fon Grand
Aumônier , & de fes principaux Officiers , fut
reçûë à la porte de l'Eglife par le Pere Supérieur,
accompagné des Jefuites de la Maiſon , de ceux
du College de LoUIS LE GRAND , & de ceux du
Noviciat. Après que le P. Supérieur eut compli
menté la Reine par un Difcours auffi éloquent
que convenable à la piété de S. M. la Reine fut
Conduite dans le Sanctuaire , & elle y entendit la
Meffe , qui fut dite par un de fes Chapelains ;
pendant laquelle on chanta un Motet. S.M.ayant
été reconduite à la porte de l'Eglife avec les ceremonies
obfervées à ſon arrivée, elle ſe rendit au
Monaftere des Religieufes de l'Ave Maria , d'où
S. M. alla dîner au Palais des Thuilleries , après
avoir paflé par la Place Royale. La Reine trouva,
à l'Eglife des Jéfuites , à celle de l'Ave Maria
& au Palais des Thuilleries , les Gardes Françoifes
& Suiffes en haye & fous les Armes. L'après
midi , S. M. partit de Paris vers les quatre
heures , pour retourner à Verſailles , & s'arrêta
quelque temps au Couvent des Religieufes de
Sainte Marie de Chaillot.
> Le 22. de ce mois , la Fête de Sainte Cecile
fut celebrée avec éclat dans l'Eglife des Enfans.
Rouges
NOVEMBRE 1730. 2527
Rouges ; on y chanta une grande Meffe & les
Vêpres en Mufique & à grand choeur , de la.
compofition de l'Abbé Senefchal , qui fut genéralement
applaudie..
Le 25. là Lotterie de la Compagnie des Indes
pour le remboursement des Actions fut tirée en
la maniere accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
On a publié la Lifte des Numero des Actions
& dixièmes d'Actions qui feront rembourfées
, failant en tout le nombre de 3.00. Actions..
Le premier de ce mois , Fête de la Touffaint ,
il y eut Concert fpirituel au Château des Thuil--
leries. M. Mouret fit chanter Exultate jufti ,
Motet de M. de la Lande , fuivi d'un autre Motet
à deux Baffes - Tailles qui fut très gouté. Les
Dile, Erremens & . Petitpas chanterent avec applaudiffement
un petit Motet nouveau à deux
Deffus , de la compofiiion de M. Le Máire. La
Dile le Maure chanta Ufquequò , petit Moter
de M. Mouret , avec une grande préciſion. Le
Concert fut terminé par le Dixit Dominus de
M. de la Lande.
Le 2. jour des Morts , on exécuta le Divertiffement
de la Chaffe du Cerf . & plufieurs
Piéces de fimphonie , après lefquelles on chanta
le De profundis de M. de la Lande.
Il y a eu Concert François tous les Mercredis
de ce mois , dans lefquels on a chanté plufieurs
Divertiffemens de différens Maîtres , & tous les
Concerts ont toujours été terminés par un Mo.
tet à grands choeurs , de M. de la Lânde.
Le 4. de ce mois , M. de Blamont, Sur- Intendant
de la Mufique du Roi , fit chanter chez la
Reine le 4 & 5e Acte de l'Opera d'Amadis de
L. iiij Gaule;
2528 MERCURE DE FRANCE
Gaule ; La Dile Pitron chanta le Rôle d'Arcabonne
la Dle Lenner celui d'Oriane , le St
d'Angerville celui d'Archelaus & le Sr Guedon
remplit celui d'Amadis .
>
Le 12. on chanta un Divertiffement intitulé
Les Plaisirs de l'Hyver , de la compofition de
M. Capuce , Maître de Mufique de l'Académie
de Dijon , qui fut fort applaudi. Cet Auteur vient
de donner au Public un Livre de Piéces de Viole
qui eft fort goûté .
Le 15. on chanta un Divertiffement de M. de
Blamont qui a pour titre Le Retour des Dieux.
fur la Terre , lequel avoit été chanté devant
L. M. le jour de leur mariage à Fontainebleau.
Le 20. on chanta à Marli le Prologue & le
premier Acte du Balet des Fêtes Grecques &
Romaines de M. de Blamont ; les Dies Antier &
Le Maure chanterent les Rôles de Clio & d'Erato
, & le S d'Angerville celui d'Apollon , &
dans la Piéce les Diles Le Maure , Barbier & le
Noir remplirent les principaux les . La D'e
Pitron chanta enfuite un Air détaché .
Le 22. on chanta la fuite du fecond & du troifiéme
Acte , dans lefquels les Diles Antier , Lenner
& Barbier chanterent les principaux Rôles ,
& le S le Prince fit celui de Tibule.
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Résumé : « Le 23. Octobre, la Duchesse d'Orleans donna une petite Fête à Bagnolet pour le Divertissement [...] »
En octobre 1730, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour de France. Le 7 octobre, le Marquis de Castellar, nouvel ambassadeur d'Espagne, fut reçu par la Reine douairière d'Espagne. Le 8 octobre, Madame d'Orléans, Abbesse de Chelles, dîna avec la Duchesse d'Orléans et les Princesses, rejointes plus tard par la Reine d'Espagne et le Duc d'Orléans. Le 25 octobre, la Princesse de Bade, nièce du Duc d'Orléans, rendit visite au Palais Royal et reçut une poupée ornée en cadeau. La même journée, elle quitta Paris pour Rastatt après une opération réussie pour enlever une loupe à sa joue, récompensant le chirurgien avec un nécessaire en vermeil doré et porcelaine de Dresde. Le Roi nomma le Duc de Saint-Aignan ambassadeur à Rome. Le 29 octobre, le Marquis de Castellar eut sa première audience privée avec le Roi, la Reine et le Dauphin. Le 31 octobre, le Roi assista à la messe et communia à Versailles, touchant ensuite un grand nombre de malades. Les 1er et 2 novembre, le Roi et la Reine assistèrent à des messes et sermons à Versailles, incluant une messe de Requiem. Le 6 novembre, la Reine rendit grâce pour son accouchement à l'église métropolitaine de Paris. Le 11 novembre, les Jésuites célébrèrent la canonisation de Saint Louis de Gonzague et Saint Stanislas Kostka. Le 12 novembre, l'ambassadeur du Danemark informa le Roi de la mort du Roi Frédéric IV. Le 16 novembre, le Roi prit le deuil. Le 19 novembre, le Roi et la Reine se rendirent au Château de Marly. Le 13 novembre, le Parlement ouvrit avec une messe solennelle à Dijon, où un jeune magistrat prononça un discours sur l'humilité des juges. Le 14 novembre, la Reine assista à une messe chez les Jésuites et visita le monastère des Religieuses de l'Ave Maria avant de retourner à Versailles. Le 22 novembre, la fête de Sainte Cécile fut célébrée avec une grande messe et des vêpres. Le 25 novembre, la loterie de la Compagnie des Indes eut lieu. Divers concerts et divertissements musicaux furent organisés au Château des Tuileries et à Marly, incluant des motets et des opéras.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1969
p. 2528-2529
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 21. Novembre 1730, sur la Fête celebrée dans l'Eglise des R R. P P. Jesuites.
Début :
Tout le monde sçait avec quel zele les R R. P P. Jesuites font éclater leur joye [...]
Mots clefs :
Église, Jésuites, Caen, Naissance du Dauphin
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 21. Novembre 1730, sur la Fête celebrée dans l'Eglise des R R. P P. Jesuites.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën
le 21. Novembre 1730. fur la Fête celebrée
dans l'Eglife des RR. P P. Jeft ites .
TR
Out le monde fçait avec quel zele les
R R. P P. Jefuites font éclater leur joye
orfqu'il s'agit de l'interêt de la Religion & de
a gloire du Roi. , On vit à Caen l'année paffée
les Réjouiffances publiques qu'ils firent pour
la
NOVEMBRE. 1730. 2520
la Naiffance du Dauphin ; elles furent unanimement
applaudies.
Ils ont cette année fignalé leur piété par la
Fête de la Canonifation des Bienheureux S S.
Louis de Gonzague & Staniſlas Koſtka , de leur
Compagnie. L'ouverture s'en fit le Dimanche 12.
. Novembre. La veille de cette folemnité M. de
Luynes , Evêque de Bayeux , fulmina les Balles
de la Canonifation , & le Te Deum fut enfuite
chanté au bruit de l'Artillerie , laquelle fut placée
fur les Remparts qui donnent fur la Cour de
P'Eglife des Jeunes. On fit le Salut le foir ,
cette Eglife fut illuminée de plus de 6000. Lam
pions & de quantité de cierges & de bougies , Illumination
qui a été continuée pendant l'Octave
entiere.
&ta
Le lendemain Dimanche la Melle fut celebrée
par M. l'Evêque après une Proceffion genérale..
Les Vêpres furent dites de la même maniere , &
la même folemn. a été continuée pendant toute
l'Octave , avec un éclat & un concours extraor
dinaire ..
Le Dimanche 19. jour de l'Octave , on entene
dit dès le matin une falve des mêmes Canons.
M. Vicaire , Curé de S. Michel de Vaucelles
prononça le Panegyrique des deux Saints avec :
beaucoup d'éloquence & d'applaudiffement. Suc
fe foir on entendit encore le bruit du Canon ;:
c'étoit le fignal d'une illumination magnifique
& d'un feu d'artifice qui fut tiré avec un grand
fuccès devant l'Eglife des Jefuites..
le 21. Novembre 1730. fur la Fête celebrée
dans l'Eglife des RR. P P. Jeft ites .
TR
Out le monde fçait avec quel zele les
R R. P P. Jefuites font éclater leur joye
orfqu'il s'agit de l'interêt de la Religion & de
a gloire du Roi. , On vit à Caen l'année paffée
les Réjouiffances publiques qu'ils firent pour
la
NOVEMBRE. 1730. 2520
la Naiffance du Dauphin ; elles furent unanimement
applaudies.
Ils ont cette année fignalé leur piété par la
Fête de la Canonifation des Bienheureux S S.
Louis de Gonzague & Staniſlas Koſtka , de leur
Compagnie. L'ouverture s'en fit le Dimanche 12.
. Novembre. La veille de cette folemnité M. de
Luynes , Evêque de Bayeux , fulmina les Balles
de la Canonifation , & le Te Deum fut enfuite
chanté au bruit de l'Artillerie , laquelle fut placée
fur les Remparts qui donnent fur la Cour de
P'Eglife des Jeunes. On fit le Salut le foir ,
cette Eglife fut illuminée de plus de 6000. Lam
pions & de quantité de cierges & de bougies , Illumination
qui a été continuée pendant l'Octave
entiere.
&ta
Le lendemain Dimanche la Melle fut celebrée
par M. l'Evêque après une Proceffion genérale..
Les Vêpres furent dites de la même maniere , &
la même folemn. a été continuée pendant toute
l'Octave , avec un éclat & un concours extraor
dinaire ..
Le Dimanche 19. jour de l'Octave , on entene
dit dès le matin une falve des mêmes Canons.
M. Vicaire , Curé de S. Michel de Vaucelles
prononça le Panegyrique des deux Saints avec :
beaucoup d'éloquence & d'applaudiffement. Suc
fe foir on entendit encore le bruit du Canon ;:
c'étoit le fignal d'une illumination magnifique
& d'un feu d'artifice qui fut tiré avec un grand
fuccès devant l'Eglife des Jefuites..
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 21. Novembre 1730, sur la Fête celebrée dans l'Eglise des R R. P P. Jesuites.
Le 21 novembre 1730, une fête fut organisée dans l'église des Jésuites de Caen pour célébrer la canonisation des bienheureux Louis de Gonzague et Stanislas Kostka. Les festivités débutèrent le 12 novembre avec la publication des bulles de canonisation par l'évêque de Bayeux, M. de Luynes, et le chant du Te Deum, accompagné par l'artillerie. L'église fut illuminée avec plus de 6000 lampes, cierges et bougies, illumination maintenue durant toute l'octave. Le dimanche suivant, l'évêque célébra la messe après une procession générale, suivie de vêpres solennelles. Les célébrations se poursuivirent avec éclat et une grande affluence pendant toute l'octave. Le 19 novembre, une salve de canons annonça le panégyrique des deux saints, prononcé par M. Vicaire, curé de Saint-Michel de Vaucelles. La journée se conclut par une illumination et un feu d'artifice devant l'église des Jésuites.
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1970
p. 2530-2532
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Chambort, le 30. Octobre 1730.
Début :
Le mariage de M. le Duc de Chastelleraud avec Mademoiselle la Palatine de Russie fut hier [...]
Mots clefs :
Reine, Roi, Mariage, Table
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Chambort, le 30. Octobre 1730.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Cham- ]
bort , le 30. Octobre 1730 .
E mariage de M. le Duc de Chaftelleraud avec
Mademoiſelie la Palatine de Ruffie fut bier
celebré ici avec une magnificence digne de la majefté
des Perfonnes Royales qui honorerent la
Cerémonie de leur préfence.
Toute la Cour nombreufe & magnifiquement
parée affifta à la Meffe du Roi Stanillas , pendant
Laquelle on chanta un très beau motet. Quelque
tems après le diné fut fervi , & le Roi fe mit à
une Table de 30. Couverts. On y avoit invité les
parens des mariés , quelques amis & plufieurs
perfonnes de diftinction de la Province.” Mademoiſelle
la Palatine n'y dîna pas.
A trois heures les Fiançailles fe firent dans le
Cabinet de la Reine , Epoufe du Roi Staniſlas..
La Mariée étoit en habit de Cour , & M. le Duc
de Chaftelleraud étoit auffi magnifiquement vêtu
On fe fepara immédiatement après cette Cerémonie
, & on fe rejoignit à quatre heures dans
la Chapelle ; la Mariée y fut conduite par le Roi
& M. l'Evêque de Blois commença la benediction
Nuptiale par le Difcours qui fuit.
Le mariage dans la nouvelle alliance est
élevé à la dignité du Sacrement ; il eſt le type
la figure , il doit être l'expreffion & l'image
de l'union de Jesus- Chrift avec fon Eglife . Dé
tournons donc nos regards de tout l'éclat mondain
qui accompagne cette augufte Cerémonies.
La jeuneſſe & la beauté font de foibles avanta
ges que le tems emporte & détruit. La Naiſſance
la plus éclatante eft peu de chofe pour de
véritables Chrétiens qui ne connoiffent rien de
pl.s
NOVEMBRE. 1730. 2531
plus-grand que la qualité d'Enfans de Dieu &
de coheritiers de Jefus - Christ . Qu'est - ce que les
biens , les Titres & les rangs ? les Trônes meme
& les Couronnes font dans la main de Dien
qui les donne felon fon bon plaifir ; mais vous
devez connoitre qu'une foi vive , une Religion
éclairée animée par la charité , fondée fur
des principes , entretenus par des pratiques>
qu'une estime & une confiance réciproque ,
fruits & fondemens d'une conftante fidelité
conjugale , font le véritable bonheur de l'état
où vous allez entrer . Pendant que tous les Rois
Reines de la terre , depuis le midi jufqu'aw¨
Septentrion , prennent part à l'alliance que
vous contractez , nous demandons à Dieu qu'il
vous falle profiter des exemples que vous avez
devant les yeux dans ceux à qui vous êtesattachez
par tant de titres , du fang de reconnoiffance
de devoir , & nous esperons:
qu'il fera naître de vous une pofterité diguer
des Chevaliers ( a ) fans peur & fans reproche
des Héros (b) qui dans le fiecle dernier
ont deffendu l'Europe contre Pinvafion der
l'Ennemi des Chrétiens.
un
Le Veni Creator fut chanté enfuite par la Mu
fique qui eft excellente ; de la Chapelle on fe
rendit à la Salle de la Mufique ; on y chanta
Divertiffement fait exprès pour la fête du jour ,
après quoi on alla chez la Reine , où l'on trouva
plufieurs Tables de jeux. Le fouper fut fervi farune
Table de 30. Couverts , du milieu de laquelle
en fortoit une autre fans être féparée de la grande..
Le Roi & la Reine fe mirent à cette petite Tabl
du côté qui regardoit la Compagnie. M. le Duc
( a ) Louis de la Trimouille fut furnommé le
Chevalier fans peur & fans reproche.
(b) M. Jablonoufrio
Je vj
2532 MERCURE DE FRANCE
de Chaftelleraud fur le côté à la droite du Roi
& M la Ducheffe de Chaftelleraud fur le côté à
gauche de la Reine.
Le Roi fit l'honneur aux Mariés de boire leur
fanté debout ; il la porta à M. le Prince de Talmond
, & elle fut buë à la ronde . Quoique le
foupé fut affez long , il n'en fut pas moins gay..
En fortant de table , le Roi mena M. le Duc de
Chaftelleraud dans la Chambre où étoit ſa toilette
, & lui fit l'honneur de lui donner la chemife.
La Reine en ufa de même pour Made la.
Ducheffe de Chatelleraud.
bort , le 30. Octobre 1730 .
E mariage de M. le Duc de Chaftelleraud avec
Mademoiſelie la Palatine de Ruffie fut bier
celebré ici avec une magnificence digne de la majefté
des Perfonnes Royales qui honorerent la
Cerémonie de leur préfence.
Toute la Cour nombreufe & magnifiquement
parée affifta à la Meffe du Roi Stanillas , pendant
Laquelle on chanta un très beau motet. Quelque
tems après le diné fut fervi , & le Roi fe mit à
une Table de 30. Couverts. On y avoit invité les
parens des mariés , quelques amis & plufieurs
perfonnes de diftinction de la Province.” Mademoiſelle
la Palatine n'y dîna pas.
A trois heures les Fiançailles fe firent dans le
Cabinet de la Reine , Epoufe du Roi Staniſlas..
La Mariée étoit en habit de Cour , & M. le Duc
de Chaftelleraud étoit auffi magnifiquement vêtu
On fe fepara immédiatement après cette Cerémonie
, & on fe rejoignit à quatre heures dans
la Chapelle ; la Mariée y fut conduite par le Roi
& M. l'Evêque de Blois commença la benediction
Nuptiale par le Difcours qui fuit.
Le mariage dans la nouvelle alliance est
élevé à la dignité du Sacrement ; il eſt le type
la figure , il doit être l'expreffion & l'image
de l'union de Jesus- Chrift avec fon Eglife . Dé
tournons donc nos regards de tout l'éclat mondain
qui accompagne cette augufte Cerémonies.
La jeuneſſe & la beauté font de foibles avanta
ges que le tems emporte & détruit. La Naiſſance
la plus éclatante eft peu de chofe pour de
véritables Chrétiens qui ne connoiffent rien de
pl.s
NOVEMBRE. 1730. 2531
plus-grand que la qualité d'Enfans de Dieu &
de coheritiers de Jefus - Christ . Qu'est - ce que les
biens , les Titres & les rangs ? les Trônes meme
& les Couronnes font dans la main de Dien
qui les donne felon fon bon plaifir ; mais vous
devez connoitre qu'une foi vive , une Religion
éclairée animée par la charité , fondée fur
des principes , entretenus par des pratiques>
qu'une estime & une confiance réciproque ,
fruits & fondemens d'une conftante fidelité
conjugale , font le véritable bonheur de l'état
où vous allez entrer . Pendant que tous les Rois
Reines de la terre , depuis le midi jufqu'aw¨
Septentrion , prennent part à l'alliance que
vous contractez , nous demandons à Dieu qu'il
vous falle profiter des exemples que vous avez
devant les yeux dans ceux à qui vous êtesattachez
par tant de titres , du fang de reconnoiffance
de devoir , & nous esperons:
qu'il fera naître de vous une pofterité diguer
des Chevaliers ( a ) fans peur & fans reproche
des Héros (b) qui dans le fiecle dernier
ont deffendu l'Europe contre Pinvafion der
l'Ennemi des Chrétiens.
un
Le Veni Creator fut chanté enfuite par la Mu
fique qui eft excellente ; de la Chapelle on fe
rendit à la Salle de la Mufique ; on y chanta
Divertiffement fait exprès pour la fête du jour ,
après quoi on alla chez la Reine , où l'on trouva
plufieurs Tables de jeux. Le fouper fut fervi farune
Table de 30. Couverts , du milieu de laquelle
en fortoit une autre fans être féparée de la grande..
Le Roi & la Reine fe mirent à cette petite Tabl
du côté qui regardoit la Compagnie. M. le Duc
( a ) Louis de la Trimouille fut furnommé le
Chevalier fans peur & fans reproche.
(b) M. Jablonoufrio
Je vj
2532 MERCURE DE FRANCE
de Chaftelleraud fur le côté à la droite du Roi
& M la Ducheffe de Chaftelleraud fur le côté à
gauche de la Reine.
Le Roi fit l'honneur aux Mariés de boire leur
fanté debout ; il la porta à M. le Prince de Talmond
, & elle fut buë à la ronde . Quoique le
foupé fut affez long , il n'en fut pas moins gay..
En fortant de table , le Roi mena M. le Duc de
Chaftelleraud dans la Chambre où étoit ſa toilette
, & lui fit l'honneur de lui donner la chemife.
La Reine en ufa de même pour Made la.
Ducheffe de Chatelleraud.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Chambort, le 30. Octobre 1730.
Le 30 octobre 1730, le mariage de M. le Duc de Châtellerault et Mademoiselle la Palatine de Ruffie fut célébré à Chambort avec une grande magnificence, en présence de personnes royales. La Cour assista à la messe du Roi Stanislas, suivie d'un dîner où le Roi se joignit à une table de 30 couverts, invitant les parents des mariés et des personnes de distinction. Les fiançailles eurent lieu dans le cabinet de la Reine, après quoi la bénédiction nuptiale fut donnée par l'évêque de Blois. Le mariage fut élevé au rang de sacrement, symbolisant l'union de Jésus-Christ avec son Église. La cérémonie fut marquée par des discours sur la foi et la charité. Après la bénédiction, un Veni Creator fut chanté, suivi de divertissements musicaux. Le souper fut servi à une table de 30 couverts, avec le Roi et la Reine honorant les mariés. Le Roi mena ensuite M. le Duc de Châtellerault dans sa chambre pour l'aider à se préparer, imité par la Reine avec la Duchesse de Châtellerault.
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1971
p. 2740-2741
Prise de possession de S. Jean de Latran.
Début :
Le 19. Novembre, le Pape se rendit le matin du Palais du Quirinal à celui du Vatican [...]
Mots clefs :
Pape, Cardinaux, Cérémonie, Officiers, Chevaux, Trône, Vatican
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texteReconnaissance textuelle : Prise de possession de S. Jean de Latran.
Prife de poffeffion de S. Jean de Latran.
L
E 19. Novembre , le Pape fe rendit le matin
du Palais du Quirinal à celui du Vatican,
où fa S. dîna. L'après midi , les Cardinaux , les
Prélats & les Seigneurs Romains qui avoient rang
dans la Cerémonie , s'y étant rendus , la marche
fe fit dans l'ordre fuivant, Un détachement des.
chevaux Legers de la Garde , habillés de drap
écarlatte galonné d'or , fortit du Palais , ayant à
fa tête le Marquis Caponi , Grand - Maréchal
des Logis du Pape . Il fut fuivi des Officiers de
la Chambre & de la livrée des Cardinaux , de
leurs Maffiers à cheval , de leurs Gentilshommes
& de la principale Nobleffe à cheval , ayant
livriée à fes cûtés .
fa
A quelque distance marchoient les bas Officiers
du Palais Apoftolique , la Haquenée du Pape couverte
d'un magnifique caparaçon , les litières de
S. S. fon Grand-Ecuyer , les Trompettes des Cheyaux
Legers de la Garde , les Cameriers extraor-
1. Vol dinaires
DECEMBRE. 1730 : 2741
dinaires , les Adjudans de la Chambre , les Avocats
Confiftoriaux , les Chapelains ordinaires , les
Chapelains Secrets , les Cameriers d'honneur de
Cape & d'Epée , les Cameriers d'honneur Ecclefiaftiques
, les Cameriers fecrets de Cape &
d'Epée , les Cameriers fecrets Écclefiaftiques , les
Abreviateurs , les Votans de la fignature 2. les
Clercs de la Chambre , les Auditeurs de Rote , le
Religieux Dominicain qui eft Maître du Palais
-Apoftolique, l'Ambaffadeur de laVille de Bologne,
le Prieur & les Confervateurs des Privileges du
Peuple Romain , le Connétable Colonne , Prince
du Soglio , le Gouverneur de Rome , les Maîtres
des Cerémonies Pontificales , M. Befonico , qui
étant le dernier des Auditeurs de Rote, portoit la
Croix au milieu de deux Acolites & marchoit
-immediatement devant le Pape , lequel étoit dans
un fauteuil de velours cramoifi , galonné d'or
porté fur un brancart par deux chevaux blancs ,
magnifiquement caparaçonnés . S.S. étoit entourée
de la Garde Suiffe , du refte de fa Compagnie,des
Chevaux Legers , de fes Pages , Coureurs, Palfre-
-niers , de deux Officiers portant des Ombrelles
-ou Parafols & de fes deux Maffiers à cheval. M.
Doria , Archevêque de Patraffo , Maître de la
Chambre du Pape , marchoit après S. S. au mi-
-lieu de deux Cameriers Secrets Affiftans. Il étoit
fuivi du Medecin , du Caudataire & du Maître de
la Garderobe du Pape , de deux Officiers de la
-bouche , avec leurs Cantines , du cheval que le
-Pape devoit monter , d'une chaife à porteurs , & de la Litière du Corps. Après ce Cortege marchoient
les Cardinaux
Barberin , Sous - Doyen du
Sacré College , Albani de S. Clement , Zondodari
, Belluga de S. Mathieu , Querini , Lercari , Caraffe , Borghefe , Cibo , Altieri , Alexandre
Albani, del Giudice & Rufpoli ; ils étoient fuivis
1. Vol.
I dés
2742 MERCURE DE FRANCE
des Patriarches, Archevêques &Evêques affiftans du
Trône, de l'Auditeur de S. S. & du Tréforier de
la Chambre Apoftolique. M.NeriCorfini, neveu du
Pape , marchoit au milieu des deux plus anciens
Protonotaires Apoftoliques , qui étoient fuivis des
autres Protonotaires , des Evêques non affiftans
des Referendaires des deux fignatures , des chevaux
de main & du Caroffe de S. S. devant lequel
étoient deux Trompettes de la Garde , de la Com.
pagnie des Cuiraffiers , de huit Compagnies d'Infanterie
, Enfeignes déployées , qui fe rangerent
en bataille dans la Place de S. Jean de Latran.
Le Pape étant arrivé au Capitole qui étoit tapiffé
de Velours cramoifi , avec des Crépines &
Galons d'or , le Marquis Marie Franchipani ,
en longue robbe de Sénateur , de toile d'or , accompagné
de fes Collegues , des Officiers du Capitole
, & affifté de deux Maîtres de cérémonies,
vint recevoir le Pape & lui rendre l'obédience au
nom du Sénat & du Peuple Romain. Son Difcours
fut reçû tres - favorablement de S. S. qui y
répondit en peu de mots.
>
Elle continua fa marche vers l'Arc de Triomphe
de Septime Severe, & quand on fût à une petite
diftance de celui de Tité, on trouva un autre
Arc de Triomphe , nouvellement érigé , fuivant
qu'il fe pratique en pareille cérémonie, par les Ordres
du Sereniff. Duc de Parme & de Plaiſance.
Cet Arc dont l'élevation, le gout, les riches ornemens
attirerent les regards de tous les connoiffeurs
, fut applaudi du Pape même , qui en marqua
une particuliere fatisfaction. On voyoit fur
la principale face deux grandes Statues dans des
Niches , l'une à droite, reprefentant la Charité
avec cette Infcription : Videant Pauperes &
latentur ; l'autre à gauche , fymbole de la Juftice
, avec ces mots : Juftitia ejus manet . Sur le
>
1. Velo milieu
DECEMBRE. 1730. 2743
milieu du comble de tout l'Edifice étoit pofé
entre deux Renommées , un grand Cartouche ,
contenant les Armes du Pape : avec cette Infcri
ption : CLEMENTI XII . P. O. M. genere virtutibus
praftantiffimo , Magno, Chriftiana Reipublica
bono & gaudio. Antonius Farnefius
Parma & Plac, Dux P. On lifoit cette autre Inf
cription fur la face oppofée , où les Armes du
Pape , foutenues par deux Renommées , étoient
encore répétées : AD ECCLESIAM OMNIUM
MATREM exoptatiffimi Principis iter , urbe
borbe plaudentibus , obfequentiffimè veneratur
Antonius Farnefius Parma & Plac. Dux. Il
feroit trop long de rapporter icy les autres Emblêmes
& Devifes qui ornoient toutes les parties
de ce Monument. Elles étoient toutes d'une heureufe
application & tirées pour la plupart de l'E
criture.Nous fommes auffi obligez de paffer fous
filence les autres magnificences du Duc de Parme
dans cette grande Fête. Elles brillerent fur tout
à la Façade du Jardin Farneſe , qui étoit fur la
même route , ainfi que l'Arc de Tite , à travers
duquel le Pape paffa,& le quartier des Juifs .L'Arc
de Tite étoit décoré de plufieurs Emblêmes, Devifes
, Infcriptions , &c. & on y lifoit fur divers
Rouleaux des Elegies latines à la gloire de S. S.
Le Pape fut reçû à l'entrée du Portail de l'Eglife
de S. Jean de Latran par le Card. Ottoboni
qui en eft Archiprêtre, à la tête du Chapitre.Etant
entré dans l'Eglife , ce Cardinal lui apporta la
Croix à baifer ; après quoi S. S. alla s'affeoir
fur fon Trône , préparé fous le Portique , qui
étoit tapiffé de brocard d'or & de damas. Elle y
prit les habits Pontificaux blancs & fa Mitre; alors
le Card. Ottoboni lui prefenta dans un Baffin
d'or deux Cefs , l'une d'or & l'autre d'argent.
Cette Cérémonie fut fuivie d'un Difcours latin
1. Vol. I ij très2744
MERCURE DE FRANCE
tres - éloquent que lui fit le même Cardinal ; après.
lequel les Cardinaux , les Patriarches , les Archevêques
& les Evêques qui s'étoient revêtus de
leurs habits Pontificaux dans une Salle à côté dụ
Portique , vinrent baifer les pieds du Pape ; cérémonie
qui fut enfuite obfervée par tous les Chanoines
, à chacun defquels le Tréforier de la
Chambre Apoftolique donna une Médaille d'argent.
Le Pape defcendit de fon Trône , précédé
de la Croix , des Cardinaux & des differens Or- .
dres de Prélature . Il entra dans l'Eglife donnant
l'Eau-benite à tous les affiftans. On lifoit deux
Infcriptions , l'une en dedans de la principale
Porte , & l'autre en dehors. La premiere contenoit
ce qui fuit , Ingredere, Sanctiffime Pater ,
exultantem adventu tuo comple&ere fponfam
Ecclefiarum Matrem que virtutis tua fulgoribus
illuftrata depofuit viduitatis infigne ut
novo tuorum latetur meritorum triumpho . Induit
fe veftimentis jucunditatis fua , Clementia
tua prafidio fulta nullos post hac fecura
pavebit incurfus . Pontifex pietate &munificentia
Optime , Maxime , diù vivas foelix aterno
Ecclefia decori , Corfinorum gloria perpe ,
tuo augmento. Publicè Urbis & Orbis Patri.
L'autre Infcription étoit en ces termes : Vox po
puli de Civitate , vox de Templo . Ecce venit defideratus
Gentibus fructus honoris quem dede-.
runtflores. CLEMENS XII. PONT. MAX.
occurrere latanti & facienti juftitiam . Lateranenfis
Ecclefia exultans clama magnum principium
, femita jufti recta eft , ofculate pedes ;
attolle portas ingredietur cuftodiens veritatem;
implebit Templum Majeftate nova. Parafii folium
, videbis Regem in decore fuc. Lorfque S.S.
fut arrivée dans le Choeur , elle y entonna le Te
Deum , après lequel elle fe rendit à fon Trône
I. Vol. élevé
DECEMBRE . 1730. 2743
élevé à côté du Grand Autel , où elle reçut l'obé
dience des Cardinaux qui lui baiferent la main, &
qui reçurent chacun une Médaille d'or & une
d'argent. Enfuite le Pape fut porté proceffionellement
à la grande Loge du Portail , où il donna
fa Benediction au peuple au fon des Timbales &
des Trompettes & au bruit d'une décharge gene
tale des Boëtes qui étoient rangées dans la Place.
Après la cérémonie , le Pape retourna en Chaife
à Porteurs au Palais du Quirinal.
Le foir , toute la Façade du Capitole fut ma
gnifiquement illuminée , ainfi que tous les Palais
de la Ville, & Pon fit plufieurs décharges de l'Ar
tillerie du Château S. Ange. A l'occafion de cette
cérémonie , le Pape a fait diftribuer du pain
toutes les pauvres familles , & diminuer confidérablement
le prix de la viande .
L
E 19. Novembre , le Pape fe rendit le matin
du Palais du Quirinal à celui du Vatican,
où fa S. dîna. L'après midi , les Cardinaux , les
Prélats & les Seigneurs Romains qui avoient rang
dans la Cerémonie , s'y étant rendus , la marche
fe fit dans l'ordre fuivant, Un détachement des.
chevaux Legers de la Garde , habillés de drap
écarlatte galonné d'or , fortit du Palais , ayant à
fa tête le Marquis Caponi , Grand - Maréchal
des Logis du Pape . Il fut fuivi des Officiers de
la Chambre & de la livrée des Cardinaux , de
leurs Maffiers à cheval , de leurs Gentilshommes
& de la principale Nobleffe à cheval , ayant
livriée à fes cûtés .
fa
A quelque distance marchoient les bas Officiers
du Palais Apoftolique , la Haquenée du Pape couverte
d'un magnifique caparaçon , les litières de
S. S. fon Grand-Ecuyer , les Trompettes des Cheyaux
Legers de la Garde , les Cameriers extraor-
1. Vol dinaires
DECEMBRE. 1730 : 2741
dinaires , les Adjudans de la Chambre , les Avocats
Confiftoriaux , les Chapelains ordinaires , les
Chapelains Secrets , les Cameriers d'honneur de
Cape & d'Epée , les Cameriers d'honneur Ecclefiaftiques
, les Cameriers fecrets de Cape &
d'Epée , les Cameriers fecrets Écclefiaftiques , les
Abreviateurs , les Votans de la fignature 2. les
Clercs de la Chambre , les Auditeurs de Rote , le
Religieux Dominicain qui eft Maître du Palais
-Apoftolique, l'Ambaffadeur de laVille de Bologne,
le Prieur & les Confervateurs des Privileges du
Peuple Romain , le Connétable Colonne , Prince
du Soglio , le Gouverneur de Rome , les Maîtres
des Cerémonies Pontificales , M. Befonico , qui
étant le dernier des Auditeurs de Rote, portoit la
Croix au milieu de deux Acolites & marchoit
-immediatement devant le Pape , lequel étoit dans
un fauteuil de velours cramoifi , galonné d'or
porté fur un brancart par deux chevaux blancs ,
magnifiquement caparaçonnés . S.S. étoit entourée
de la Garde Suiffe , du refte de fa Compagnie,des
Chevaux Legers , de fes Pages , Coureurs, Palfre-
-niers , de deux Officiers portant des Ombrelles
-ou Parafols & de fes deux Maffiers à cheval. M.
Doria , Archevêque de Patraffo , Maître de la
Chambre du Pape , marchoit après S. S. au mi-
-lieu de deux Cameriers Secrets Affiftans. Il étoit
fuivi du Medecin , du Caudataire & du Maître de
la Garderobe du Pape , de deux Officiers de la
-bouche , avec leurs Cantines , du cheval que le
-Pape devoit monter , d'une chaife à porteurs , & de la Litière du Corps. Après ce Cortege marchoient
les Cardinaux
Barberin , Sous - Doyen du
Sacré College , Albani de S. Clement , Zondodari
, Belluga de S. Mathieu , Querini , Lercari , Caraffe , Borghefe , Cibo , Altieri , Alexandre
Albani, del Giudice & Rufpoli ; ils étoient fuivis
1. Vol.
I dés
2742 MERCURE DE FRANCE
des Patriarches, Archevêques &Evêques affiftans du
Trône, de l'Auditeur de S. S. & du Tréforier de
la Chambre Apoftolique. M.NeriCorfini, neveu du
Pape , marchoit au milieu des deux plus anciens
Protonotaires Apoftoliques , qui étoient fuivis des
autres Protonotaires , des Evêques non affiftans
des Referendaires des deux fignatures , des chevaux
de main & du Caroffe de S. S. devant lequel
étoient deux Trompettes de la Garde , de la Com.
pagnie des Cuiraffiers , de huit Compagnies d'Infanterie
, Enfeignes déployées , qui fe rangerent
en bataille dans la Place de S. Jean de Latran.
Le Pape étant arrivé au Capitole qui étoit tapiffé
de Velours cramoifi , avec des Crépines &
Galons d'or , le Marquis Marie Franchipani ,
en longue robbe de Sénateur , de toile d'or , accompagné
de fes Collegues , des Officiers du Capitole
, & affifté de deux Maîtres de cérémonies,
vint recevoir le Pape & lui rendre l'obédience au
nom du Sénat & du Peuple Romain. Son Difcours
fut reçû tres - favorablement de S. S. qui y
répondit en peu de mots.
>
Elle continua fa marche vers l'Arc de Triomphe
de Septime Severe, & quand on fût à une petite
diftance de celui de Tité, on trouva un autre
Arc de Triomphe , nouvellement érigé , fuivant
qu'il fe pratique en pareille cérémonie, par les Ordres
du Sereniff. Duc de Parme & de Plaiſance.
Cet Arc dont l'élevation, le gout, les riches ornemens
attirerent les regards de tous les connoiffeurs
, fut applaudi du Pape même , qui en marqua
une particuliere fatisfaction. On voyoit fur
la principale face deux grandes Statues dans des
Niches , l'une à droite, reprefentant la Charité
avec cette Infcription : Videant Pauperes &
latentur ; l'autre à gauche , fymbole de la Juftice
, avec ces mots : Juftitia ejus manet . Sur le
>
1. Velo milieu
DECEMBRE. 1730. 2743
milieu du comble de tout l'Edifice étoit pofé
entre deux Renommées , un grand Cartouche ,
contenant les Armes du Pape : avec cette Infcri
ption : CLEMENTI XII . P. O. M. genere virtutibus
praftantiffimo , Magno, Chriftiana Reipublica
bono & gaudio. Antonius Farnefius
Parma & Plac, Dux P. On lifoit cette autre Inf
cription fur la face oppofée , où les Armes du
Pape , foutenues par deux Renommées , étoient
encore répétées : AD ECCLESIAM OMNIUM
MATREM exoptatiffimi Principis iter , urbe
borbe plaudentibus , obfequentiffimè veneratur
Antonius Farnefius Parma & Plac. Dux. Il
feroit trop long de rapporter icy les autres Emblêmes
& Devifes qui ornoient toutes les parties
de ce Monument. Elles étoient toutes d'une heureufe
application & tirées pour la plupart de l'E
criture.Nous fommes auffi obligez de paffer fous
filence les autres magnificences du Duc de Parme
dans cette grande Fête. Elles brillerent fur tout
à la Façade du Jardin Farneſe , qui étoit fur la
même route , ainfi que l'Arc de Tite , à travers
duquel le Pape paffa,& le quartier des Juifs .L'Arc
de Tite étoit décoré de plufieurs Emblêmes, Devifes
, Infcriptions , &c. & on y lifoit fur divers
Rouleaux des Elegies latines à la gloire de S. S.
Le Pape fut reçû à l'entrée du Portail de l'Eglife
de S. Jean de Latran par le Card. Ottoboni
qui en eft Archiprêtre, à la tête du Chapitre.Etant
entré dans l'Eglife , ce Cardinal lui apporta la
Croix à baifer ; après quoi S. S. alla s'affeoir
fur fon Trône , préparé fous le Portique , qui
étoit tapiffé de brocard d'or & de damas. Elle y
prit les habits Pontificaux blancs & fa Mitre; alors
le Card. Ottoboni lui prefenta dans un Baffin
d'or deux Cefs , l'une d'or & l'autre d'argent.
Cette Cérémonie fut fuivie d'un Difcours latin
1. Vol. I ij très2744
MERCURE DE FRANCE
tres - éloquent que lui fit le même Cardinal ; après.
lequel les Cardinaux , les Patriarches , les Archevêques
& les Evêques qui s'étoient revêtus de
leurs habits Pontificaux dans une Salle à côté dụ
Portique , vinrent baifer les pieds du Pape ; cérémonie
qui fut enfuite obfervée par tous les Chanoines
, à chacun defquels le Tréforier de la
Chambre Apoftolique donna une Médaille d'argent.
Le Pape defcendit de fon Trône , précédé
de la Croix , des Cardinaux & des differens Or- .
dres de Prélature . Il entra dans l'Eglife donnant
l'Eau-benite à tous les affiftans. On lifoit deux
Infcriptions , l'une en dedans de la principale
Porte , & l'autre en dehors. La premiere contenoit
ce qui fuit , Ingredere, Sanctiffime Pater ,
exultantem adventu tuo comple&ere fponfam
Ecclefiarum Matrem que virtutis tua fulgoribus
illuftrata depofuit viduitatis infigne ut
novo tuorum latetur meritorum triumpho . Induit
fe veftimentis jucunditatis fua , Clementia
tua prafidio fulta nullos post hac fecura
pavebit incurfus . Pontifex pietate &munificentia
Optime , Maxime , diù vivas foelix aterno
Ecclefia decori , Corfinorum gloria perpe ,
tuo augmento. Publicè Urbis & Orbis Patri.
L'autre Infcription étoit en ces termes : Vox po
puli de Civitate , vox de Templo . Ecce venit defideratus
Gentibus fructus honoris quem dede-.
runtflores. CLEMENS XII. PONT. MAX.
occurrere latanti & facienti juftitiam . Lateranenfis
Ecclefia exultans clama magnum principium
, femita jufti recta eft , ofculate pedes ;
attolle portas ingredietur cuftodiens veritatem;
implebit Templum Majeftate nova. Parafii folium
, videbis Regem in decore fuc. Lorfque S.S.
fut arrivée dans le Choeur , elle y entonna le Te
Deum , après lequel elle fe rendit à fon Trône
I. Vol. élevé
DECEMBRE . 1730. 2743
élevé à côté du Grand Autel , où elle reçut l'obé
dience des Cardinaux qui lui baiferent la main, &
qui reçurent chacun une Médaille d'or & une
d'argent. Enfuite le Pape fut porté proceffionellement
à la grande Loge du Portail , où il donna
fa Benediction au peuple au fon des Timbales &
des Trompettes & au bruit d'une décharge gene
tale des Boëtes qui étoient rangées dans la Place.
Après la cérémonie , le Pape retourna en Chaife
à Porteurs au Palais du Quirinal.
Le foir , toute la Façade du Capitole fut ma
gnifiquement illuminée , ainfi que tous les Palais
de la Ville, & Pon fit plufieurs décharges de l'Ar
tillerie du Château S. Ange. A l'occafion de cette
cérémonie , le Pape a fait diftribuer du pain
toutes les pauvres familles , & diminuer confidérablement
le prix de la viande .
Fermer
Résumé : Prise de possession de S. Jean de Latran.
Le 19 novembre, le Pape effectua un déplacement du Palais du Quirinal au Palais du Vatican. L'après-midi, une procession cérémonielle fut organisée, incluant divers dignitaires et membres de la cour pontificale. Le cortège comprenait des détachements de la Garde, des officiers de la Chambre, des gentilshommes et des nobles. Le Pape était transporté dans un fauteuil de velours cramoisi sur un brancard tiré par deux chevaux blancs, entouré par la Garde suisse, des pages et des trompettes. Les cardinaux, patriarches, archevêques et évêques suivaient derrière. La procession traversa plusieurs arcs de triomphe, dont un nouvellement érigé par le Duc de Parme, orné de statues et d'inscriptions. Au Capitole, le Pape fut accueilli par le Marquis Franchipani, qui lui rendit hommage au nom du Sénat et du peuple romain. La procession continua jusqu'à l'église Saint-Jean-de-Latran, où le Pape fut reçu par le Cardinal Ottoboni. Après avoir revêtu les habits pontificaux et écouté un discours en latin, le Pape donna la bénédiction au peuple. La cérémonie se conclut par des illuminations et des salves d'artillerie. Le lendemain, le Pape distribua du pain aux pauvres familles et réduisit le prix de la viande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1972
p. 2720-2733
ORDRE de la Marche du Grand Seigneur, de Constantinople à Scutary, le 3. Août 1730.
Début :
Le résultat de plusieurs Conseils tenus à la Porte, depuis l'arrivée de l'Ambassadeur de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Cheval, Chevaux, Argent, Armes, Chef, Officiers, Sultan, Lieutenant, Compagnie, Trésorier, Cavalier, Cavalerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDRE de la Marche du Grand Seigneur, de Constantinople à Scutary, le 3. Août 1730.
ORDRE de la Marche du Grand Seigneur,
de Conftantinople à Scutary ,
·le 3. Août 1730.
E réſultat de plufieurs Confeils tenus à la
9
Pambaffadeur
Chah - Thamas , ayant été de continuer la guerre
contre les Perfans , le Grand Seigneur fe détermina
à paffer en Afie , & à faire marcher le G. Vizir
à la tête de fes Troupes. Pour cet effet on
marqua le lieu d'affemblée dans la Campagne
entre Calcedoine & Scutary , derriere un Serrail
du Sultan : fes Tentes y furent dreffées & les Etendarts
à queue de Cheval, au nombre de 20. portez
& arborez avec beaucoup de pompe & de ceremonie
, fuivant l'ufage en pareille occafion.
*
Le 3. Août , le G. S. accompagné du G. V. du
Mufty , des Pachas & de fes autres principaux
Miniftres & Officiers , alla à 8. heures du matin
faire fa priere à la Mofquée d'Ajoub, dans le fond
du Port où le Mufty lui çeignit l'épée de la mê-
* L'Etendart à queue de Cheval ou le Toug,
comme les Turcs l'appellent , efl formé par une
groffe longue Pique , pour ceux qui le portent
à pied , par une plus petite pour ceux
qui le portent à cheval , au haut de laquelle eft
une boule de vermeil , & au- dessous un peu
plus bas , tout autour d'un bourrelet de bois doré
font attachez les crins d'une queuë de Cheval,
ordinairement teints de differentes couleurs,
I. Vol. me
DECEMBRE. 1730. 2721
me maniere qu'il fe pratique à l'avenement d'un
Sultan à l'Empire , ce qui tient lieu de Couronnement.
Cette cerémonie achevée , le G. S. revint
au Serrail , d'où peu après il s'embarqua avec les
Princes fes fils , le G. V. les Pachas & autres Miniftres
, fur la Galere du Capitan Pacha , dite la
Patrone Imperiale , magnifique ment pavoifée ;
il arriva à Scutary , vers le midi , au bruit du
Canon de la Galere qu'il montoit , & d'une autre
fur laquelle étoient les Pages & quelques -uns de
fes Officiers. Dès qu'il eut mis pied à terre , il
alla à une des principales Mofquées de la Ville où
il demeura plus d'une demie heure à prier Dieu
fur le Tombeau de fa mere qui y eft inhumée ;
enfuite montant à cheval il pourfuivit fa route
jufqu'à fon Serrail de Calcedoine , où il a toûjours
demeuré depuis avec fes Sultanes favorites
qui l'y vinrent joindre le même jour , n'étant
allé fous fes Tentes que quand il y a eu Grand-
Divan ou Confeil extraordinaire .
Quoique tous ceux qui devoient accompagner
le Sultan , fe fuffent mis en marche de grand
matin , les derniers cependant n'arriverent au
Camp qu'à plus de quatre heures après midi ; ce
n'eft pas que le Cortege de Sa Hauteffe , tout
nombreux qu'il étoit , n'eût du employer beaumoins
de temps à faire ce chemin qui n'eft
que d'environ une lieuë & demie , mais c'eſt que
faute d'âffez de terrain à la Marine , & de bon or -
dre pour mettre à propos chacun en mouvement,
à quoi les Turcs ne paroiffent gueres s'entendre ,
la Marche étoit fouvent interrompuë ; de forte
coup
* On remarque que c'est la premiere fois de
fa vie qu'il est venu à ce Serrail , quoique le
lieu foit fort agréable , & qu'il n'y ait pas une
demie heure de trajet de Mer à paffer.
Hiij qu'il 1. Vol.
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il s'écouloit quelquefois une demie heure fans
que perfonne bougeât , à cela près il n'y eut ni
foule ni confufion furtout de la part des Spectateurs
, quoiqu'en très- grand nombre , & il n'arriva
pas le moindre defordre , & depuis l'Echelle
où l'on débarque à Scutary jufqu'aux Pavillons
du G. S. les rues & la Campagne étoient bordées
de part & d'autre d'une haye de gens fous les armes,
fçavoir , de Janniffaires à droit & de Topdgis
& Gebedgis ou Canoniers &Armuriers à
che.
gau
Un peu avant que la Marche s'ouvrit , so . Chiaoux
des Janniffaires , pafferent , & après eux en differens
temps , la plus grande partie des principaux
Officiers de cette Milice , comme des Tchorbadgis
ou Capitaines , le Bach- Chiaoux ou le
Sergent Major, Le Sanffoudgi - Bachi. Chef
de ceux qui ont le foin des Levriers ou grands
Chiens du Sultan . Le Zagardgi - Bachi , à qui font
confiez les Dogues , les Epagneuls & autres
Chiens pour la Chaffe du fufil. Le Bach - Yazidgi
ou premier Secretaire des Janiffaires. L'Affas- Bachi
, qui a le foin de la Police , & le Sou- Bachi ,
qui eft le Prévôt de Conftantinople . Le Kiaya-
Bey , autrement nommé le Koul- Kiayaffy , ou le
Lieutenant General de ce Corps. Le Janiffaire,
Aga , ou le General des Janniffaires , & plufieurs
lefquels prirent tous les devants
cevoir Sa Hauteffe au Camp , ou parce que quelques
fonctions particulieres les empêchoient de
fe trouver à la Marche.
autres , pour
re-
Maiſon & Suite du G. V. fçavoir , 70. Tartares
à cheval , marchant deux à deux , ayant leur
Tartar- Agaffy ou Commandant à leur tête , leur
Drapeau blanc déployé , & armez chacun d'un
Sabie, de Piftolets d'Arçon , d'Arcs & de Fleches
Les Tartares font les Couriers du G. V.
I. Vol. Les
DECEMBRE. 1730. 2723
Les 4 Chefs des Gnululis & des Delis , qui
font des efpeces de Cavaliers ou Dragons volontaires
, tirez la plupart de l'Albanie & de la Bofnie
, & qui font une partie de la Garde à Cheval
du G. V.
Une Compagnie de Gnunulis , marchant fur
une ligne à la droite & une de Delis , marchant
´de même à la gauche ; il y avoit encore quelques
Dragons d'une autre forte , mêlez parmi ces deux
Compagnies.
Beaucoup de Divans Tchaoux ou Huiffiers du
Confeil à cheval fur deux lignes , & en Muderedgé,
c'eft- à-dire en grand Bonnet de ceremonie
, étroit par en bas , fort large au fommet
, haut d'un pied & demi , & tout couvert
d'une Mouffeline pliée autour.
Deux Tougilars ou Officiers portant chacun un
Etendart 2à queue de Cheval , fuivi de 4. Sangiactars
ou Porte- Enfeignes , portant les Sangiaks
ou Drapeaux des Pachas ; celui du G. V.
étoit verd , les autres de diverfes couleurs , & ils
étoient pliez tous quatre.
100. tant Vizirs- Agaffy , que Tcheknegirs ou
Mutaferikas , fort bien vétus & montez ; ils
avoient pour armes l'Arc & des Fleches dorées
dans des Carquois de cuivre ou couverts de ve→
lours , le tout relevé d'une riche broderie .
Les Ghedikluzaims , forte d'Officiers de Cavaferie
, qui poffedent les plus confiderables Ziamets
ou Fiefs de l'Empire.
Les Muderris ou Profeffeurs qui enfeignent
P'Alcoran , la Medecine , les Langues Arabe &
Perfane , & qui afpirent aux Charges de Judicature.
Les Moullahs , Grands -Juges ou Juges Souverains
dans les Provinces , en Turban rond , d'une
grofleur démefurée.
I. Vole
Hiiij 300.
2724 MERCURE DE FRANCE
300. Yazidgis du Kalem , Effendis ou Codgeas;
ee font differentes efpeces de Commis & d'Ecrivains
du Divan de la Chancellerie & des Tréſors.
Une Compagnie de Janniffaires en habit de
guerre , le fufil fur l'épaule.
L'Imbrohor , ou Grand- Ecuyer.
36. Chevaux de main , dont 7. entre autres
plus beaux & plus fuperbement harnachez que le
refte , portoient des Boucliers d'airain argenté
chargez d'ornemens d'or,& attachez à la Selle du
côté hors du montoir.
Le Capidgilar- Buluk- Bachi , ou Chef de Brigade
des Capidgis ou Portiers , entouré de beaucoup
de Choadars , ou -Porte - Manteau , le Moufquet
fur l'épaule.
Le Telkitchi , efpece de Meffager qui porte les
Billets & dans de certaines occafions les Avis de
bouche du G. V. au G. S.
Le Mectupchi ou Secretaire du Cabinet du G.V.
Le Buyuk & le Cutchuk- Teskeredgi , ou le
Grand & le Petit Greffier , qui expedient les ordres
du G. V. au Divan , & écoutent , accompagnez
du Chiaoux - Bachi , les plaintes & les Procès
des Particuliers.
La Compagnie du Muzur- Aga , ou d'Halebardiers
du G. V. marchant deux à deux, & fuivis
de leur Capitaine. Ils ont pour arme une demi
pique de bois noir ornée d'une bande
d'argent d'un pouce de large, qui tourne tout autour
en Spirale du bas en haut.
>
Le Kiaya du G. V. autrement dit le Vizir
Kiayaffi , il avoit un Arc & un Carquois fuperbes
, une petite Garde de Janniffaires & environ
100. Choadars à pied , le Moufquet fur l'épaule
& le Sabre au coté.
Le Hafnadar ou Tréforier , & l'Imam ou Aumônier
, avec l'Arc & le Carquois , & beaucoup
de Valets armez.
DECEMBRE . 1730. 2725
100. Itch Agalars ou Pages , marchant deux à
deux en fort bon ordre , & montez fur des Chevaux
d'une grande beauté , magnifiquement harnachez
& caparaçonnez à la Romaine; ils avoient
pour armes offenfives, le Sabre , les Piſtolets d'Arçon
, l'Arc & la Mildrac ou Lance Hongroife ,
qui n'eft qu'une demi Pique , & pour armes deffenfives
, une Cotte de Mailles à demi manches ,
qui leur defcendoit jufqu'aux genoux ; des Braſfarts
d'acier poli & damafquiné , dont leur avant
bras étoit couvert en dehors jufqu'au conde , &
de Mail.es en dedans ; une Calotte du même acier
leur tenoit lieu de Turban ; il en pendoit un petit
Raiſeau de Mailles pour leur garantir le cou &
& les joues & autour de cette Calotte une longue
Seffe ou écharpe de Soye de differentes couleurs ,
étoit entortillée & ajustée avec beaucoup de grace
; ils portoient outre cela un Kerekié au Manteau
long d'étoffe de Soye leger , à fleurs d'or &
d'argent, qui leur paffoit en écharpe de deffus l'épaule
gauche fous le bras droit , & dont les bouts
toient nouez par derriere à un Carquois de velours
en broderie , rempli de Fleches dorées .
Il y avoit un grand nombre de gens très - bien
faits , tant parmi ces Cavaliers , que parmi ceux
dont on va parler , & le tout enfemble for moit
une Troupe d'un air auffi lefte que martial.
100. autres Itch- Agalars en pareil équipage
que les précedens , excepté qu'au lieu de la Lance,
ils portoient la Carabine haute, dont la monture,
quoique d'un travail fort imparfait, ne laiffoit pas
de produire un effet très - brillant par la riche
marqueterie d'or , d'argent , de Nacre de Perle ,
de Corail & d'autres Joyaux dont elle étoit toute
couverte .
de
La Mufique guerriere du G. V. compofée de
40. Muficiens à cheval , tant Trompettes,
I. Vel.
plus
Hv Haut
2726 MERCURE DE FRANCE
Hautbois , Cimbales, que Tabours , petites Timbales
& autres Inftrumens du Pays. Marchoit
après la Maiſon & Sunte du Vizir Kiayaffy , fça.
voir , 22. Agas , Gentils - hommes Courtifans ou
Servans, bien montez, fort leftes & en bon ordre..
L'Imbrohor ou Ecuyer.
7. Chevaux de main , auffi beaux & auffi fu
perbement harnachez que ceux du G. V. à l'exception
qu'ils n'avoient ni peaux de Tigre , ni
Boucliers à la Selle . Il n'a pas droit de faire mener
un plus grand nombre de Chevaux, non- plus
que les Pachas. Le G. V. en fait mener tant qu'il
yeut.
avec la Carabine.
30. Itch-Agalars , avec l'Arc & le Carquois..
30. autres avec la Lance Hongroife. Et 30. autres
Le Kiaya ou l'Intendant du Vizir Kiayaffy &
le Kiatib ou Secretaire du Kiaya.
Le Hafnadar ou Tréforier & beaucoup d'au
tres Officiers & Domestiques..
Maifon & Suite particuliere du G. S.
200. Zaims ou Cavaliers rentez , c'eft- à- dire
qui poffedent des Ziamets ou Fiefs , entourez de
leurs Domestiques à pied armez.
60. Tant Effendis que Kiatibleri , Secretaires ,
Ecrivains ou Commis de la Chancellerie & du
Tréfor , en même équipage que les Zaims.
130. Eulemas ou Docteurs , coeffez de prodigieux
Turbans , & portant la Peliffe à longues.
manches fendues & pendantes
4. heiks ou Chefs d'Ordres Religieux..
4. Toygilars ou Porte- Ltendarts à queue de
Cheval, fuivis de 7. Bairactars ou Porte - Enfeignes,
portant chacun un Drapeau plié de diverfes couleurs.
Le G. S. a fix de ces Queues , mais on n'en
portoit que 4. les autres étoient au Camp pour
I. Vol.
marDECEMBRE
. 1730. 2727
marquer les Tentes de Sa Hauteffe.
6. Longs Sacqs de cuir rouge , pliffez & liez en
bourfe par en bas & par en haut à une grande
Pique qui les traverſe , renfermant des Bâtons pour
donner la baftonade , fupplice fort ordinaire &
qu'on inflge pour peu de chofe chez les Turcs .
Ces Sacqs portez font des marques d'autorité &
de fouveraineté .
&
Le fecond Hafnadar ou fecond Tréforier ,
le Tefter Eminy ou Controlleur . Le Hafnadar
Aga ou premier Tréforier du Serrail , qui eft un
Eunuque noir , étoit abſent.
Le Hekim- Bachi ou Premier Medecin , & le
Dgeack- Bachi ou Premier Chirurgien.
L'Ordi - Cadiffy , ou l'Intendant & le Juge des
Corps de Métiers & des Marchands . Il fait les
fonctions de Grand Prévôt à l'armée .
2. Anciens Iftambol- Effendy ou Lieutenans Ge
neraux de l'olice de Conftantinople.
Le Defterdar ou le Grand - Tréforier , qui après
le G. V. eft . auffi Sur - Intendant des Finances
marchant à la droite , & le Reys Effendi , Secretaire
d'Etat , marchant à la gauche. La Charge de
Reys- Effendi répond à peu près à celle de Chanceliér
en France.
Le Bach- Baki Koulon ou Chef des Receveurs
qui pourfuivent le payement des fommes dues au
Tréfor.
L'Iftambol- Effendy ou le Lieutenant General
de Police actuel , & le Nakib- Echeref, ou le Chef
des Emirs , defcendans de Mahomet.
20. Anciens Kadileskers ou Juges fuprêmes
d'Anatolie & de Komelie , en gros Turban , à la
tête defquels marchoient les deux Unkiar- Imams,"
ou le premier & le fecond Aumônier du G. Ş .
Les deux Kadileskiers qui font actuellement en
charge ; celui d'Anatolie marchant à la droite &
I. Vol.
H vj celui
2728 MERCURE DE FRANCE
celui de Romelie à la gauche ; ils étoient armez
d'Arcs & de Fleches & environnez de beaucoup
de Choadars.
4.Pachas ouVizirs à trois queues,marchant deux
deux précedez de leurs Eftafiers , ils portoient le
Turban nommé Calevi , fait à 4. coins ronds .
comme le font communément nos Mortiers à
piler ; ils étoient fuperbes en tout , & avoient
chacun plus de 4. Choadars , fort proprement
vétus & bien armez .
Le Mufti ou le premier Miniſtre de la Loy &
l'Oracle de la Religion parmi les Turcs en habit
blanc de Camelot , armé d'un Sabre , d'un
Arc & d'un Carquois , comme accompagnant le
G. S. à la guerre contre des Heretiques. Il marchoit
feul , entouré d'une vingtaine de Valets de
Pied , le Moufquet fur l'épaule.
*
Le G. V. appellé par les Turcs Vizir- Azem ,
qui fignifie le Chef du Confeil , & Muhur- Sahibi,
qui veut dire le Maître du Sceau , fon Cheval
étoit couvert de harnois d'argent , enrichis de
Pierres précieuſes. Ses Tufekchis ou Moufquetaires
& fes 8 Eftafiers le précedoient à pied, il étoit
entouré d'un grand nombre d'autres Domestiques
à pied, & fuivi de 4.Tchorbadgis de Janiffaires avec
le Bonnet de Ceremonie en grand plumage , il regardoit
de côté & d'autre affablement & jettoit de
temps en temps des Sequins au Peuple , fur tout
où il appercevoit des Etrangers.
24. Capidgis- Bachis , ou Chefs des Portiers du
Serrail ; ce font des Gentilshommes de la Chambre
, il y en a toûjours un de garde à la porte
des Appartemens de S. H. Ils introduifent à fon
* Cachet d'or où le nom du G. S. éft gravé.
S.H. le donne à celui qu'elle fait G. V. & le lui
ête quand il est tombé dans fa disgrace.
I, Vol. AuDECEMBRE.
1730. 2729
D
Audience les Ambaffadeurs & tous ceux qu'on y
admet en les prenant fous les bras ; ils ne paffent
jamais à de plus grandes Charges, & n'ont que
3.1. 15. .. par jour , mais on les envoye porter les.
ordres du Sultan au Vizir & Pachas dont ils font
quelquefois chargez d'apporter la tête , & ces fortes
de commiflions les dédommagent de la modicité
de leurs appointemens.
Le Buyuk Imbrohor , ou Grand-Ecuyer , & le
Kutchub Imbrohor , ou petit Ecuyer ; le premier
a l'inſpection fur tous les Chevaux , Chameaux,
Mulets &c. & le fecond qui eft le Lieutenant du
premier , fur les Coches , Caroffes , Litieres &c.
& marche devant la Sultane Valité , ou mere du
G. S. quand elle monte en Carroffe.
48. Chevaux de main ; fçavoir , 14. couverts
de houffes trainantes , les unes de drap , les autres
d'etoffes de foye relevées en broderie d'or &
d'argent.
10. autres auffi en houffes de drap trainantes
mais chargées d'ornemens faits de petites plaques.
en boffe d'argent ou d'or maffif , appliquées fur
le drap.
15. autres à houffes courtes de velours cramoifi
, brodées d'or & d'argent , avec un riche
bouclier attaché à la felle.
9. autres dont les houffes , les harnois & les
boucliers étoient couverts de perles & de pierres
précieuſes.
30. de ces Chevaux portoient des bouquets de
plumes fur la tête accompagnés d'enfeignes de
pierres précieufes , & de deffous la gorge , ik
pendoit un toupet de crin blanc , ou teint de diverfes
couleurs , avec une boule de vermeil au
bout. Une écharpe de gaze , de moire ou d'autre
étoffe de foye , mêlée d'or & d'argent s'entortiloít
legerement autour de ce toupet , & for-
1. Vel mang
2730 MERCURE DE FRANCE
mant une espece de fefton , fe retrouffoit à la
*felle qui avoit l'accompagnement ordinaire d'une
Maffe , d'une hache d'Armes , & d'un grand fabre
, le tout bien garni de pierreries. Il eft certain
qu'on ne peut gueres rien voir de plus fuperbe
en ce genre que ces 48. Chevaux de main
& leurs harnois .
Quelques Salabors , ou Ecuyers Cavalcadours,
fuivis par des redekchis , des Saratches & des
Seis , trois claffes differentes de Palfreniers.
6. Dogues & 6. autres Chiens pour la Chaffe
au fufil , peints en differens endroits de leur corps
& menés chacun en leffe par deux Boftandgis.
·Le Selam Agaffy , ou le Chef des Selam-
Chiaoux , ou Chiaoux du falut , & le Capidgilar
Kiayaffy , ou le Lieutenant des Portiers , qui fait
les fonctions de Maître des Cerémonies , & d'Introducteur
de tous ceux qui vont à l'audience du
Sultan.
Le Sandgiak Cherif , ou l'Etendart verd que
Mahomet donna lui-même aux Muſulmans ; il
étoit plié & enveloppé dans une longue bourfe
de taffetas verd ; un Emir , qui eft l'Alemdar , out
le Lieutenant du Nakib Echref , ou Chef des
Emirs , le portoit , entouré de beaucoup d'au
tres Emirs , tous , foi - difant , de la famille du
Prophete , & fuivis de plufieurs Dervichs ou Religieux
, ainfi que d'autres perfonnes qui deffervent
les Mofquées , chantant tous des Hymnes
pour la profperité des Armes du Sultan , la propagation
de la Foi Mufulmane Orthodoxe , &
la deftruction des Perfans Herétiques Sectateurs
d'Aly.
Un grand Caroffe fort bien doré par tout >
tant en dedans qu'en dehors , tiré par fix Chevaux
blancs dont les houffes & les harnois
étoient de velours cramoifi , brodé d'or ; il por-
2.
J. Vol.
toir
DECEMBRE. 1730. 2731
toit une petite caffette d'argent doré qui renfermoit
un Manufcrit de l'Alcoran & une boëte
d'argent ovale , dans laquelle étoit le Manteau
de Mahomet. C'est pour la premiere fois qu'on
a vû un Caroffe dans une Marche du G. S.
Le Solak- Bachi & le Peik Bachi ,
i, oules Commandans
des Solaks & des Peiks , ou petits Valets
de S. H. en habits magnifiques & en bonnets
de vermeils d'un pied de haut.
+6
& une 200. Selaks marchant deux à deux
Compagnie de Peiks , marchant de même dans.
l'interieur des deux lignes que formoient les Solaks
.
Le G. S entouré de s . Solaks à pied , portant
le Bonnet à haut & grand pannache , pour empêcher
, dit- on , qu'il ne foit va fi facilement du
peuple , & fuivi de 200. Chateirs , Boftandgis
Baltadgis & autres fortes de Domestiques à pied.
& bien armés . Le G. S. n'avoit pour tout orne→
ment guerrier qu'un Arc & un Carquois .
Les 6. Chah Jade , ou fils du G. S. armés
d'Arcs & de Carquois , marchant deux à deux
& environnés de leurs Gouverneurs , Officiers &
Domeftiques.
و
Le Selictar Aga , ou Porte- Epée de S. H. le.
Sabre du Sultan qu'il portoit éclatoit de pierreries
, & lui pendoit d'un Ceinturon paffé un baudrier.
Le Tehohadar Aga , ou Maître de la Garde
Robe , & Porte -Manteau du Sultan ; il portoir
fa Maffe d'Armes , & jettoit de fa part des poignées
de Paras au Peuple. Ce font de petites .
Piéces qui ne valent que 18. deniers.
2. Dulbent Agalar , ou Porte-Turban ; cha
cun d'eux en tenoit un dans fes mains , enveloppé
d'un taffetas verd fort clair , au travers du
quel brilloient de belles Enfeignes de diamans...
I. Vol.
2732 MERCURE DE FRANCE
4. Pages de l'Hafoda portant le Tabouret , l'Aiguiere
, le Sorbet & la Caffoletre de S. H.
Le Kiaya , ou Lieutenant du Kiflar- Aga , où
Second Chef des Eunuques Noirs , & le Capon-
Aga , ou Chef des Eunuques Blancs.
"
Une partie des Eunuques Noirs & des Eunuques
Blancs en cotte de mailles , le Pot en tête
avec le Sabre , l'Arc & le Carquois . Cette Troupe
n'étoit pas la moins curieufe de la Marche.
La Mufique Guerriere du G. S. composée de
plus de 60. perfonnes à cheval , excepté les Timbaliers
, montés fur des Chameaux.
2. Eunuques Blancs , à la tête de 30. Itch-
Agalars , ou Pages de l'Haf- oda , montés fur
des Chevaux Arabes ; ils étoient équipés comme
ceux dont on a ci- devant parlé , mais avec encore
plus de magnificence. Ils avoient un Kerckie
d'étoffe de foye jaune , une Echarpe ou Seſſe
rouge autour de leur calotte de fer , & pour armes
l'Arc & le Carquois.
2. Eunuques Blancs , fuivis de 30. Pages d'une
autre Chambre en Kerckie rouge , coeffure
blanche , & la lance ou demi- pique à la main .
Idem , fi ce n'eft que le Kerckté étoit verd &
la coëffure aurore.
Idem , en Kerckie couleur de rofe & coëffure
bleuë .
Idem , en Kerckie bleu , coëffure verd de mer ,
& portant la Carabine haute.
idem , en Kerckie verd celadon & coëffure
cramoifi .
>
2. Eunuques Blancs , & 20. Pages feulement ,
en Kerckie couleur de cerife , coëffure couleur
de citron , & avec la Carabine comme les deux
Brigades précedentes.
Et enfin quelques bas Officiers & Valets du
Sérail en foule qui fermoient la Marche.
I Vol Les
DECEMBRE. 1730. 2733
3
Les 6. Brigades d'Itch - Agalar dont on vient
de parler , formoient une Troupe veritablement
digne d'un grand Souverain , par la bonne mine
de la plupart des Cavaliers , la beauté des Chevaux
, la riche varieté , & le bon gout des habits
& des Equipages.
de Conftantinople à Scutary ,
·le 3. Août 1730.
E réſultat de plufieurs Confeils tenus à la
9
Pambaffadeur
Chah - Thamas , ayant été de continuer la guerre
contre les Perfans , le Grand Seigneur fe détermina
à paffer en Afie , & à faire marcher le G. Vizir
à la tête de fes Troupes. Pour cet effet on
marqua le lieu d'affemblée dans la Campagne
entre Calcedoine & Scutary , derriere un Serrail
du Sultan : fes Tentes y furent dreffées & les Etendarts
à queue de Cheval, au nombre de 20. portez
& arborez avec beaucoup de pompe & de ceremonie
, fuivant l'ufage en pareille occafion.
*
Le 3. Août , le G. S. accompagné du G. V. du
Mufty , des Pachas & de fes autres principaux
Miniftres & Officiers , alla à 8. heures du matin
faire fa priere à la Mofquée d'Ajoub, dans le fond
du Port où le Mufty lui çeignit l'épée de la mê-
* L'Etendart à queue de Cheval ou le Toug,
comme les Turcs l'appellent , efl formé par une
groffe longue Pique , pour ceux qui le portent
à pied , par une plus petite pour ceux
qui le portent à cheval , au haut de laquelle eft
une boule de vermeil , & au- dessous un peu
plus bas , tout autour d'un bourrelet de bois doré
font attachez les crins d'une queuë de Cheval,
ordinairement teints de differentes couleurs,
I. Vol. me
DECEMBRE. 1730. 2721
me maniere qu'il fe pratique à l'avenement d'un
Sultan à l'Empire , ce qui tient lieu de Couronnement.
Cette cerémonie achevée , le G. S. revint
au Serrail , d'où peu après il s'embarqua avec les
Princes fes fils , le G. V. les Pachas & autres Miniftres
, fur la Galere du Capitan Pacha , dite la
Patrone Imperiale , magnifique ment pavoifée ;
il arriva à Scutary , vers le midi , au bruit du
Canon de la Galere qu'il montoit , & d'une autre
fur laquelle étoient les Pages & quelques -uns de
fes Officiers. Dès qu'il eut mis pied à terre , il
alla à une des principales Mofquées de la Ville où
il demeura plus d'une demie heure à prier Dieu
fur le Tombeau de fa mere qui y eft inhumée ;
enfuite montant à cheval il pourfuivit fa route
jufqu'à fon Serrail de Calcedoine , où il a toûjours
demeuré depuis avec fes Sultanes favorites
qui l'y vinrent joindre le même jour , n'étant
allé fous fes Tentes que quand il y a eu Grand-
Divan ou Confeil extraordinaire .
Quoique tous ceux qui devoient accompagner
le Sultan , fe fuffent mis en marche de grand
matin , les derniers cependant n'arriverent au
Camp qu'à plus de quatre heures après midi ; ce
n'eft pas que le Cortege de Sa Hauteffe , tout
nombreux qu'il étoit , n'eût du employer beaumoins
de temps à faire ce chemin qui n'eft
que d'environ une lieuë & demie , mais c'eſt que
faute d'âffez de terrain à la Marine , & de bon or -
dre pour mettre à propos chacun en mouvement,
à quoi les Turcs ne paroiffent gueres s'entendre ,
la Marche étoit fouvent interrompuë ; de forte
coup
* On remarque que c'est la premiere fois de
fa vie qu'il est venu à ce Serrail , quoique le
lieu foit fort agréable , & qu'il n'y ait pas une
demie heure de trajet de Mer à paffer.
Hiij qu'il 1. Vol.
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il s'écouloit quelquefois une demie heure fans
que perfonne bougeât , à cela près il n'y eut ni
foule ni confufion furtout de la part des Spectateurs
, quoiqu'en très- grand nombre , & il n'arriva
pas le moindre defordre , & depuis l'Echelle
où l'on débarque à Scutary jufqu'aux Pavillons
du G. S. les rues & la Campagne étoient bordées
de part & d'autre d'une haye de gens fous les armes,
fçavoir , de Janniffaires à droit & de Topdgis
& Gebedgis ou Canoniers &Armuriers à
che.
gau
Un peu avant que la Marche s'ouvrit , so . Chiaoux
des Janniffaires , pafferent , & après eux en differens
temps , la plus grande partie des principaux
Officiers de cette Milice , comme des Tchorbadgis
ou Capitaines , le Bach- Chiaoux ou le
Sergent Major, Le Sanffoudgi - Bachi. Chef
de ceux qui ont le foin des Levriers ou grands
Chiens du Sultan . Le Zagardgi - Bachi , à qui font
confiez les Dogues , les Epagneuls & autres
Chiens pour la Chaffe du fufil. Le Bach - Yazidgi
ou premier Secretaire des Janiffaires. L'Affas- Bachi
, qui a le foin de la Police , & le Sou- Bachi ,
qui eft le Prévôt de Conftantinople . Le Kiaya-
Bey , autrement nommé le Koul- Kiayaffy , ou le
Lieutenant General de ce Corps. Le Janiffaire,
Aga , ou le General des Janniffaires , & plufieurs
lefquels prirent tous les devants
cevoir Sa Hauteffe au Camp , ou parce que quelques
fonctions particulieres les empêchoient de
fe trouver à la Marche.
autres , pour
re-
Maiſon & Suite du G. V. fçavoir , 70. Tartares
à cheval , marchant deux à deux , ayant leur
Tartar- Agaffy ou Commandant à leur tête , leur
Drapeau blanc déployé , & armez chacun d'un
Sabie, de Piftolets d'Arçon , d'Arcs & de Fleches
Les Tartares font les Couriers du G. V.
I. Vol. Les
DECEMBRE. 1730. 2723
Les 4 Chefs des Gnululis & des Delis , qui
font des efpeces de Cavaliers ou Dragons volontaires
, tirez la plupart de l'Albanie & de la Bofnie
, & qui font une partie de la Garde à Cheval
du G. V.
Une Compagnie de Gnunulis , marchant fur
une ligne à la droite & une de Delis , marchant
´de même à la gauche ; il y avoit encore quelques
Dragons d'une autre forte , mêlez parmi ces deux
Compagnies.
Beaucoup de Divans Tchaoux ou Huiffiers du
Confeil à cheval fur deux lignes , & en Muderedgé,
c'eft- à-dire en grand Bonnet de ceremonie
, étroit par en bas , fort large au fommet
, haut d'un pied & demi , & tout couvert
d'une Mouffeline pliée autour.
Deux Tougilars ou Officiers portant chacun un
Etendart 2à queue de Cheval , fuivi de 4. Sangiactars
ou Porte- Enfeignes , portant les Sangiaks
ou Drapeaux des Pachas ; celui du G. V.
étoit verd , les autres de diverfes couleurs , & ils
étoient pliez tous quatre.
100. tant Vizirs- Agaffy , que Tcheknegirs ou
Mutaferikas , fort bien vétus & montez ; ils
avoient pour armes l'Arc & des Fleches dorées
dans des Carquois de cuivre ou couverts de ve→
lours , le tout relevé d'une riche broderie .
Les Ghedikluzaims , forte d'Officiers de Cavaferie
, qui poffedent les plus confiderables Ziamets
ou Fiefs de l'Empire.
Les Muderris ou Profeffeurs qui enfeignent
P'Alcoran , la Medecine , les Langues Arabe &
Perfane , & qui afpirent aux Charges de Judicature.
Les Moullahs , Grands -Juges ou Juges Souverains
dans les Provinces , en Turban rond , d'une
grofleur démefurée.
I. Vole
Hiiij 300.
2724 MERCURE DE FRANCE
300. Yazidgis du Kalem , Effendis ou Codgeas;
ee font differentes efpeces de Commis & d'Ecrivains
du Divan de la Chancellerie & des Tréſors.
Une Compagnie de Janniffaires en habit de
guerre , le fufil fur l'épaule.
L'Imbrohor , ou Grand- Ecuyer.
36. Chevaux de main , dont 7. entre autres
plus beaux & plus fuperbement harnachez que le
refte , portoient des Boucliers d'airain argenté
chargez d'ornemens d'or,& attachez à la Selle du
côté hors du montoir.
Le Capidgilar- Buluk- Bachi , ou Chef de Brigade
des Capidgis ou Portiers , entouré de beaucoup
de Choadars , ou -Porte - Manteau , le Moufquet
fur l'épaule.
Le Telkitchi , efpece de Meffager qui porte les
Billets & dans de certaines occafions les Avis de
bouche du G. V. au G. S.
Le Mectupchi ou Secretaire du Cabinet du G.V.
Le Buyuk & le Cutchuk- Teskeredgi , ou le
Grand & le Petit Greffier , qui expedient les ordres
du G. V. au Divan , & écoutent , accompagnez
du Chiaoux - Bachi , les plaintes & les Procès
des Particuliers.
La Compagnie du Muzur- Aga , ou d'Halebardiers
du G. V. marchant deux à deux, & fuivis
de leur Capitaine. Ils ont pour arme une demi
pique de bois noir ornée d'une bande
d'argent d'un pouce de large, qui tourne tout autour
en Spirale du bas en haut.
>
Le Kiaya du G. V. autrement dit le Vizir
Kiayaffi , il avoit un Arc & un Carquois fuperbes
, une petite Garde de Janniffaires & environ
100. Choadars à pied , le Moufquet fur l'épaule
& le Sabre au coté.
Le Hafnadar ou Tréforier , & l'Imam ou Aumônier
, avec l'Arc & le Carquois , & beaucoup
de Valets armez.
DECEMBRE . 1730. 2725
100. Itch Agalars ou Pages , marchant deux à
deux en fort bon ordre , & montez fur des Chevaux
d'une grande beauté , magnifiquement harnachez
& caparaçonnez à la Romaine; ils avoient
pour armes offenfives, le Sabre , les Piſtolets d'Arçon
, l'Arc & la Mildrac ou Lance Hongroife ,
qui n'eft qu'une demi Pique , & pour armes deffenfives
, une Cotte de Mailles à demi manches ,
qui leur defcendoit jufqu'aux genoux ; des Braſfarts
d'acier poli & damafquiné , dont leur avant
bras étoit couvert en dehors jufqu'au conde , &
de Mail.es en dedans ; une Calotte du même acier
leur tenoit lieu de Turban ; il en pendoit un petit
Raiſeau de Mailles pour leur garantir le cou &
& les joues & autour de cette Calotte une longue
Seffe ou écharpe de Soye de differentes couleurs ,
étoit entortillée & ajustée avec beaucoup de grace
; ils portoient outre cela un Kerekié au Manteau
long d'étoffe de Soye leger , à fleurs d'or &
d'argent, qui leur paffoit en écharpe de deffus l'épaule
gauche fous le bras droit , & dont les bouts
toient nouez par derriere à un Carquois de velours
en broderie , rempli de Fleches dorées .
Il y avoit un grand nombre de gens très - bien
faits , tant parmi ces Cavaliers , que parmi ceux
dont on va parler , & le tout enfemble for moit
une Troupe d'un air auffi lefte que martial.
100. autres Itch- Agalars en pareil équipage
que les précedens , excepté qu'au lieu de la Lance,
ils portoient la Carabine haute, dont la monture,
quoique d'un travail fort imparfait, ne laiffoit pas
de produire un effet très - brillant par la riche
marqueterie d'or , d'argent , de Nacre de Perle ,
de Corail & d'autres Joyaux dont elle étoit toute
couverte .
de
La Mufique guerriere du G. V. compofée de
40. Muficiens à cheval , tant Trompettes,
I. Vel.
plus
Hv Haut
2726 MERCURE DE FRANCE
Hautbois , Cimbales, que Tabours , petites Timbales
& autres Inftrumens du Pays. Marchoit
après la Maiſon & Sunte du Vizir Kiayaffy , fça.
voir , 22. Agas , Gentils - hommes Courtifans ou
Servans, bien montez, fort leftes & en bon ordre..
L'Imbrohor ou Ecuyer.
7. Chevaux de main , auffi beaux & auffi fu
perbement harnachez que ceux du G. V. à l'exception
qu'ils n'avoient ni peaux de Tigre , ni
Boucliers à la Selle . Il n'a pas droit de faire mener
un plus grand nombre de Chevaux, non- plus
que les Pachas. Le G. V. en fait mener tant qu'il
yeut.
avec la Carabine.
30. Itch-Agalars , avec l'Arc & le Carquois..
30. autres avec la Lance Hongroife. Et 30. autres
Le Kiaya ou l'Intendant du Vizir Kiayaffy &
le Kiatib ou Secretaire du Kiaya.
Le Hafnadar ou Tréforier & beaucoup d'au
tres Officiers & Domestiques..
Maifon & Suite particuliere du G. S.
200. Zaims ou Cavaliers rentez , c'eft- à- dire
qui poffedent des Ziamets ou Fiefs , entourez de
leurs Domestiques à pied armez.
60. Tant Effendis que Kiatibleri , Secretaires ,
Ecrivains ou Commis de la Chancellerie & du
Tréfor , en même équipage que les Zaims.
130. Eulemas ou Docteurs , coeffez de prodigieux
Turbans , & portant la Peliffe à longues.
manches fendues & pendantes
4. heiks ou Chefs d'Ordres Religieux..
4. Toygilars ou Porte- Ltendarts à queue de
Cheval, fuivis de 7. Bairactars ou Porte - Enfeignes,
portant chacun un Drapeau plié de diverfes couleurs.
Le G. S. a fix de ces Queues , mais on n'en
portoit que 4. les autres étoient au Camp pour
I. Vol.
marDECEMBRE
. 1730. 2727
marquer les Tentes de Sa Hauteffe.
6. Longs Sacqs de cuir rouge , pliffez & liez en
bourfe par en bas & par en haut à une grande
Pique qui les traverſe , renfermant des Bâtons pour
donner la baftonade , fupplice fort ordinaire &
qu'on inflge pour peu de chofe chez les Turcs .
Ces Sacqs portez font des marques d'autorité &
de fouveraineté .
&
Le fecond Hafnadar ou fecond Tréforier ,
le Tefter Eminy ou Controlleur . Le Hafnadar
Aga ou premier Tréforier du Serrail , qui eft un
Eunuque noir , étoit abſent.
Le Hekim- Bachi ou Premier Medecin , & le
Dgeack- Bachi ou Premier Chirurgien.
L'Ordi - Cadiffy , ou l'Intendant & le Juge des
Corps de Métiers & des Marchands . Il fait les
fonctions de Grand Prévôt à l'armée .
2. Anciens Iftambol- Effendy ou Lieutenans Ge
neraux de l'olice de Conftantinople.
Le Defterdar ou le Grand - Tréforier , qui après
le G. V. eft . auffi Sur - Intendant des Finances
marchant à la droite , & le Reys Effendi , Secretaire
d'Etat , marchant à la gauche. La Charge de
Reys- Effendi répond à peu près à celle de Chanceliér
en France.
Le Bach- Baki Koulon ou Chef des Receveurs
qui pourfuivent le payement des fommes dues au
Tréfor.
L'Iftambol- Effendy ou le Lieutenant General
de Police actuel , & le Nakib- Echeref, ou le Chef
des Emirs , defcendans de Mahomet.
20. Anciens Kadileskers ou Juges fuprêmes
d'Anatolie & de Komelie , en gros Turban , à la
tête defquels marchoient les deux Unkiar- Imams,"
ou le premier & le fecond Aumônier du G. Ş .
Les deux Kadileskiers qui font actuellement en
charge ; celui d'Anatolie marchant à la droite &
I. Vol.
H vj celui
2728 MERCURE DE FRANCE
celui de Romelie à la gauche ; ils étoient armez
d'Arcs & de Fleches & environnez de beaucoup
de Choadars.
4.Pachas ouVizirs à trois queues,marchant deux
deux précedez de leurs Eftafiers , ils portoient le
Turban nommé Calevi , fait à 4. coins ronds .
comme le font communément nos Mortiers à
piler ; ils étoient fuperbes en tout , & avoient
chacun plus de 4. Choadars , fort proprement
vétus & bien armez .
Le Mufti ou le premier Miniſtre de la Loy &
l'Oracle de la Religion parmi les Turcs en habit
blanc de Camelot , armé d'un Sabre , d'un
Arc & d'un Carquois , comme accompagnant le
G. S. à la guerre contre des Heretiques. Il marchoit
feul , entouré d'une vingtaine de Valets de
Pied , le Moufquet fur l'épaule.
*
Le G. V. appellé par les Turcs Vizir- Azem ,
qui fignifie le Chef du Confeil , & Muhur- Sahibi,
qui veut dire le Maître du Sceau , fon Cheval
étoit couvert de harnois d'argent , enrichis de
Pierres précieuſes. Ses Tufekchis ou Moufquetaires
& fes 8 Eftafiers le précedoient à pied, il étoit
entouré d'un grand nombre d'autres Domestiques
à pied, & fuivi de 4.Tchorbadgis de Janiffaires avec
le Bonnet de Ceremonie en grand plumage , il regardoit
de côté & d'autre affablement & jettoit de
temps en temps des Sequins au Peuple , fur tout
où il appercevoit des Etrangers.
24. Capidgis- Bachis , ou Chefs des Portiers du
Serrail ; ce font des Gentilshommes de la Chambre
, il y en a toûjours un de garde à la porte
des Appartemens de S. H. Ils introduifent à fon
* Cachet d'or où le nom du G. S. éft gravé.
S.H. le donne à celui qu'elle fait G. V. & le lui
ête quand il est tombé dans fa disgrace.
I, Vol. AuDECEMBRE.
1730. 2729
D
Audience les Ambaffadeurs & tous ceux qu'on y
admet en les prenant fous les bras ; ils ne paffent
jamais à de plus grandes Charges, & n'ont que
3.1. 15. .. par jour , mais on les envoye porter les.
ordres du Sultan au Vizir & Pachas dont ils font
quelquefois chargez d'apporter la tête , & ces fortes
de commiflions les dédommagent de la modicité
de leurs appointemens.
Le Buyuk Imbrohor , ou Grand-Ecuyer , & le
Kutchub Imbrohor , ou petit Ecuyer ; le premier
a l'inſpection fur tous les Chevaux , Chameaux,
Mulets &c. & le fecond qui eft le Lieutenant du
premier , fur les Coches , Caroffes , Litieres &c.
& marche devant la Sultane Valité , ou mere du
G. S. quand elle monte en Carroffe.
48. Chevaux de main ; fçavoir , 14. couverts
de houffes trainantes , les unes de drap , les autres
d'etoffes de foye relevées en broderie d'or &
d'argent.
10. autres auffi en houffes de drap trainantes
mais chargées d'ornemens faits de petites plaques.
en boffe d'argent ou d'or maffif , appliquées fur
le drap.
15. autres à houffes courtes de velours cramoifi
, brodées d'or & d'argent , avec un riche
bouclier attaché à la felle.
9. autres dont les houffes , les harnois & les
boucliers étoient couverts de perles & de pierres
précieuſes.
30. de ces Chevaux portoient des bouquets de
plumes fur la tête accompagnés d'enfeignes de
pierres précieufes , & de deffous la gorge , ik
pendoit un toupet de crin blanc , ou teint de diverfes
couleurs , avec une boule de vermeil au
bout. Une écharpe de gaze , de moire ou d'autre
étoffe de foye , mêlée d'or & d'argent s'entortiloít
legerement autour de ce toupet , & for-
1. Vel mang
2730 MERCURE DE FRANCE
mant une espece de fefton , fe retrouffoit à la
*felle qui avoit l'accompagnement ordinaire d'une
Maffe , d'une hache d'Armes , & d'un grand fabre
, le tout bien garni de pierreries. Il eft certain
qu'on ne peut gueres rien voir de plus fuperbe
en ce genre que ces 48. Chevaux de main
& leurs harnois .
Quelques Salabors , ou Ecuyers Cavalcadours,
fuivis par des redekchis , des Saratches & des
Seis , trois claffes differentes de Palfreniers.
6. Dogues & 6. autres Chiens pour la Chaffe
au fufil , peints en differens endroits de leur corps
& menés chacun en leffe par deux Boftandgis.
·Le Selam Agaffy , ou le Chef des Selam-
Chiaoux , ou Chiaoux du falut , & le Capidgilar
Kiayaffy , ou le Lieutenant des Portiers , qui fait
les fonctions de Maître des Cerémonies , & d'Introducteur
de tous ceux qui vont à l'audience du
Sultan.
Le Sandgiak Cherif , ou l'Etendart verd que
Mahomet donna lui-même aux Muſulmans ; il
étoit plié & enveloppé dans une longue bourfe
de taffetas verd ; un Emir , qui eft l'Alemdar , out
le Lieutenant du Nakib Echref , ou Chef des
Emirs , le portoit , entouré de beaucoup d'au
tres Emirs , tous , foi - difant , de la famille du
Prophete , & fuivis de plufieurs Dervichs ou Religieux
, ainfi que d'autres perfonnes qui deffervent
les Mofquées , chantant tous des Hymnes
pour la profperité des Armes du Sultan , la propagation
de la Foi Mufulmane Orthodoxe , &
la deftruction des Perfans Herétiques Sectateurs
d'Aly.
Un grand Caroffe fort bien doré par tout >
tant en dedans qu'en dehors , tiré par fix Chevaux
blancs dont les houffes & les harnois
étoient de velours cramoifi , brodé d'or ; il por-
2.
J. Vol.
toir
DECEMBRE. 1730. 2731
toit une petite caffette d'argent doré qui renfermoit
un Manufcrit de l'Alcoran & une boëte
d'argent ovale , dans laquelle étoit le Manteau
de Mahomet. C'est pour la premiere fois qu'on
a vû un Caroffe dans une Marche du G. S.
Le Solak- Bachi & le Peik Bachi ,
i, oules Commandans
des Solaks & des Peiks , ou petits Valets
de S. H. en habits magnifiques & en bonnets
de vermeils d'un pied de haut.
+6
& une 200. Selaks marchant deux à deux
Compagnie de Peiks , marchant de même dans.
l'interieur des deux lignes que formoient les Solaks
.
Le G. S entouré de s . Solaks à pied , portant
le Bonnet à haut & grand pannache , pour empêcher
, dit- on , qu'il ne foit va fi facilement du
peuple , & fuivi de 200. Chateirs , Boftandgis
Baltadgis & autres fortes de Domestiques à pied.
& bien armés . Le G. S. n'avoit pour tout orne→
ment guerrier qu'un Arc & un Carquois .
Les 6. Chah Jade , ou fils du G. S. armés
d'Arcs & de Carquois , marchant deux à deux
& environnés de leurs Gouverneurs , Officiers &
Domeftiques.
و
Le Selictar Aga , ou Porte- Epée de S. H. le.
Sabre du Sultan qu'il portoit éclatoit de pierreries
, & lui pendoit d'un Ceinturon paffé un baudrier.
Le Tehohadar Aga , ou Maître de la Garde
Robe , & Porte -Manteau du Sultan ; il portoir
fa Maffe d'Armes , & jettoit de fa part des poignées
de Paras au Peuple. Ce font de petites .
Piéces qui ne valent que 18. deniers.
2. Dulbent Agalar , ou Porte-Turban ; cha
cun d'eux en tenoit un dans fes mains , enveloppé
d'un taffetas verd fort clair , au travers du
quel brilloient de belles Enfeignes de diamans...
I. Vol.
2732 MERCURE DE FRANCE
4. Pages de l'Hafoda portant le Tabouret , l'Aiguiere
, le Sorbet & la Caffoletre de S. H.
Le Kiaya , ou Lieutenant du Kiflar- Aga , où
Second Chef des Eunuques Noirs , & le Capon-
Aga , ou Chef des Eunuques Blancs.
"
Une partie des Eunuques Noirs & des Eunuques
Blancs en cotte de mailles , le Pot en tête
avec le Sabre , l'Arc & le Carquois . Cette Troupe
n'étoit pas la moins curieufe de la Marche.
La Mufique Guerriere du G. S. composée de
plus de 60. perfonnes à cheval , excepté les Timbaliers
, montés fur des Chameaux.
2. Eunuques Blancs , à la tête de 30. Itch-
Agalars , ou Pages de l'Haf- oda , montés fur
des Chevaux Arabes ; ils étoient équipés comme
ceux dont on a ci- devant parlé , mais avec encore
plus de magnificence. Ils avoient un Kerckie
d'étoffe de foye jaune , une Echarpe ou Seſſe
rouge autour de leur calotte de fer , & pour armes
l'Arc & le Carquois.
2. Eunuques Blancs , fuivis de 30. Pages d'une
autre Chambre en Kerckie rouge , coeffure
blanche , & la lance ou demi- pique à la main .
Idem , fi ce n'eft que le Kerckté étoit verd &
la coëffure aurore.
Idem , en Kerckie couleur de rofe & coëffure
bleuë .
Idem , en Kerckie bleu , coëffure verd de mer ,
& portant la Carabine haute.
idem , en Kerckie verd celadon & coëffure
cramoifi .
>
2. Eunuques Blancs , & 20. Pages feulement ,
en Kerckie couleur de cerife , coëffure couleur
de citron , & avec la Carabine comme les deux
Brigades précedentes.
Et enfin quelques bas Officiers & Valets du
Sérail en foule qui fermoient la Marche.
I Vol Les
DECEMBRE. 1730. 2733
3
Les 6. Brigades d'Itch - Agalar dont on vient
de parler , formoient une Troupe veritablement
digne d'un grand Souverain , par la bonne mine
de la plupart des Cavaliers , la beauté des Chevaux
, la riche varieté , & le bon gout des habits
& des Equipages.
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Résumé : ORDRE de la Marche du Grand Seigneur, de Constantinople à Scutary, le 3. Août 1730.
Le 3 août 1730, le Grand Seigneur de Constantinople décida de poursuivre la guerre contre les Persans et se prépara à partir en Asie, envoyant le Grand Vizir à la tête des troupes. Le lieu de rassemblement fut fixé entre Calcedoine et Scutary. Vingt étendards à queue de cheval furent dressés avec pompe et cérémonie. Le même jour, le Grand Seigneur, accompagné de dignitaires, se rendit à la mosquée d'Ajoub pour une prière. Le Mufty ceignit l'épée du Grand Seigneur, marquant ainsi son couronnement. Après cette cérémonie, le Grand Seigneur revint au serrail, s'embarqua sur la galère du Capitan Pacha et arriva à Scutary vers midi. Il pria ensuite sur le tombeau de sa mère et se dirigea vers son serrail de Calcedoine, où il resta avec ses sultanes favorites. La procession du Sultan, bien que nombreuse, rencontra des interruptions en raison du manque de terrain et de l'absence d'ordre. Malgré cela, il n'y eut ni foule ni confusion parmi les spectateurs. La marche fut organisée avec divers groupes, incluant des Jannissaires, des Tartares, des Gnululis et des Delis, des huissiers du conseil, des officiers de cavalerie, des professeurs, des juges, des écrivains du Divan, et des pages. Chaque groupe avait des rôles spécifiques et des équipements distincts. La procession comprenait également divers dignitaires, chacun reconnaissable par ses attributs et sa suite. Les Pachas ou Vizirs marchaient précédés de leurs Eftafiers. Le Mufti, premier ministre religieux, portait un habit blanc et des armes. Le Grand Vizir, appelé Vizir-Azem et Muhur-Sahibi, chevauchait un cheval richement harnaché. Le Sandgiak Cherif, étendard vert de Mahomet, était porté par un Emir, suivi de Derviches chantant des hymnes. Un carrosse doré transportait un manuscrit du Coran et le manteau de Mahomet. Le Sultan, entouré de Solaks et de domestiques, portait un arc et un carquois. Ses fils, les Chah Jade, étaient également armés et entourés de leurs gouvernants. La musique guerrière du Sultan, composée de plus de soixante personnes à cheval, fermait la marche, accompagnée de pages et d'eunuques richement vêtus. La procession se terminait par divers officiers et valets du Sérail. Après plusieurs heures de marche, le Grand Seigneur et sa suite arrivèrent au camp, marquant le début de la campagne militaire.
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1973
p. 2733-2736
Suite des Nouvelles de Turquie.
Début :
Les Lettres de Syrie portent que le Pacha de Damas continuant de piller la Province, les [...]
Mots clefs :
Constantinople, Révolution, Sultan, Janissaires, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Turquie.
Suite des Nouvelles de Turquie.
› Lamascondunt depiller la Province ,les
Es Lettres de Syrie portent que le Pacha de
Payfans s'étoient affemblés fous les ordres du
nommé Alayon , Chef d'une Troupe d'Arabes,
qu'ils avoient attaqué les Troupes du Pacha , les
avoient battuës , & les avoient forcées de fe retirer.
On mande de Conftantinople que le nouveau
Sultan Mamouth , fils de Muftapha , frere du
Sultan dépofé , étoit un Prince âgé de 34. ans ;
que les Janiffaires du Camp de Scutari ayant
appris le commencement de la révolution dont
on a parlé , & la nouvelle de la mort du G. V .:
en avoient fait de grandes réjouiflances ; qu'ils
avoient écrit à ceux de Conftantinople pour les
déterminer à la dépofition du Sultan Achmet
III. que ces Lettres ayant été luës dans la Place
d'Atmeidam avoient animé le Peuple qui paroiffoit
d'abord ne pas approuver la révolte , & qui
s'y porta enfuite avec fureur.
Des Lettres particulieres portent que le nouveau
Sultan avoit envoyé ordre aux Pachas de
la Morée , de la Dalmatie & de l'Albanie , de
fournir à Sa Hauteffe 12000. hommes pour le
mois de Mars prochain ; que les Hofpodars de
Valachie & de Moldavie devoient auf fournir
6000. chevaux.
On a appris par la
1.Vol.
voye de Venife que 4i
Octobre
le
2734 MERCURE DE FRANCÈ
Octobre dernier les Soulevés s'étant affemblés de
nouveau devant le Sérail , avoient demandé les
têtes du Mufti & de l'Aga des Janiffaires ; que
le nouveau Sultan ayant promis de les fatisfaire,
avoit envoyé fur le champ des Eunuques pour"
les étrangler dans leurs Maifons ; mais qu'ayant
eu le tems de s'échaper , ils avoient traversé le
Canal dans une Barque Etrangere ; que le Mufti
avoit été pourfuivi jufqu'au rivage par la populace
: que le même jour après midi les Soulevez
s'étoient rendus en grand nombre aux Priſons
communes qu'ils avoient fait ouvrir , & avoient
donné la liberté à tous les prifonniers : qu'ils
s'etoient tranfportés enfuite à l'Arfenal , & qu'ils
avoient mis en liberté les Forçats de cinq Galeres
qui étoient la plupart étrangers que te
foir ils avoient tiré du vieux Sérail la mere du
nouveau Sultan qui y avoit été renfermée lorfque
le Sultan Mustapha avoit été dépofé ; qu'ils
Pavoient conduite en triomphe au nouveau Sérail
, & l'avoient déclarée Sultane mere : que les
Soulevés de Conftantinople quitterent les armes
les . qu'ils cefferent de s'affembler tumultueufement
, & commencerent à travailler aux préparatifs
du Couronnement dù G. S. on rouvrit
ce jour là les Boutiques , & le calme fut entie
rement rétabli dans toute la Ville ; que le même
jour S. H. fit une promotion de fes Grands Officiers
, ayant caffé tous ceux qui étoient en place
fous le Sultan dépofé , & renouvellé entierement
le Divan , dont il n'y a eu que quatre ou cinq
Membres qui ayent été confervés.
au
Le 6. jour deftiné à la Cerémonie du Couronnement
, les Grands Officiers s'étant rendus
nouveau Sérail , les Ruës & les Places de la
Ville furent occupées par les Janiffaires , dont la
plus grande partie fut poftée fur le chemin qui
Is Vol.
conduit
DÉCEMBRE . 1730. 2735
sonduit du Sérail à la grande Mofquée ; ils y
formerent une double haye , & le Peuple étoit
rangé derriere eux . Au fignal donné par un coup
de Canon, le G.S.monta à Cheval, & fon Cortege
fe mit en marche ; S. H. étoit revêtue d'une Robe
&la tête couverte d'un Turban prefque entierement
couverts de pierreries. Ce Prince étant arrivé à la
Mofquée , le Mufti que le Sultan avoit nommé
fa veille , lui ceignit le Cimeterre & falua enfuite
le G. S. avec les cerémonies accoutumées.
S. H. à fon retour au Sérail fit de grandes largeffes
au peuple , & envoya des aumônes confiderables
aux Efclaves Chrétiens qui font fur
les Galeres.
•
Le 7. le G. S. reçut les refpects & le ferment
de fidelité des Grands Officiers de l'Empire , du
nouvel Aga & des autres Officiers des Janiffaires,
du Capitan Pacha & autres Officiers de Marine,
& des principaux Officiers du Camp de Scutari
qui étoient venus pour recevoir les ordres de
S. H. fur le départ de l'Armée. L'après - midi , le
G. S. tint un grand Divan , dans lequel il fut
réfolu , à ce qu'on affure , de faire la paix avec
les Perfans , & d'envoyer des pleins pouvoirs au
Pacha de Babilone pour traiter avec le Roi de
Perfe
Le 8. il y eut comme les deux jours précedens
des réjouiffances publiques dans toute la
Ville.
Le 9. le G. V. reçut les vifites des Miniftres
Etrangers , aufquels il offrit de faire reparer tout
le dommage qu'on pourroit leur avoir fait
pendant le foulevement. L'après- midi il y eut encore
un grand Divan , dans lequel on acheva de
regler les principales affaires de l'interieur de
l'Empire.
Le 10. il y eut un petit Divan pour nommer
I. Vol.
2736 MERCURE DE FRANCE
à divers Emplois qui n'avoient pas été remplis
les jours précedens , & que le G. S. donna par
préference à ceux qui fe font diftingués dans
les Troupes.
Le 11. le Corps des Janiffaires qui fe trouve
à Conftantinople , & qui n'auroit dû être que
de 40000. s'affembla fur la grande Place , & ſe
trouva monter à 70000. hommes , pour demander
une augmentation de paye que le G. S.
leur a fait promettre , ainfi qu'aux Topigis ou
Canoniers qui s'étoient auſſi aſſemblez au nombre
de près de 20000.
Le bruit court qu'on a trouvé dans l'Appartement
du Sultan dépofé 28000000. en efpeces
d'or , & près de 6000000. en efpeces d'argent ,
10000000. chez le G. V. & des fommes trèsconfiderables
chez le Mufti , le Capitan Pacha
le Capigi Aga & l'Aga des Janiffaires. On attend
la confirmation de toutes ces Nouvelles , qui
pourroient n'être pas exactes , par des Lettres de
Conftantinople.
› Lamascondunt depiller la Province ,les
Es Lettres de Syrie portent que le Pacha de
Payfans s'étoient affemblés fous les ordres du
nommé Alayon , Chef d'une Troupe d'Arabes,
qu'ils avoient attaqué les Troupes du Pacha , les
avoient battuës , & les avoient forcées de fe retirer.
On mande de Conftantinople que le nouveau
Sultan Mamouth , fils de Muftapha , frere du
Sultan dépofé , étoit un Prince âgé de 34. ans ;
que les Janiffaires du Camp de Scutari ayant
appris le commencement de la révolution dont
on a parlé , & la nouvelle de la mort du G. V .:
en avoient fait de grandes réjouiflances ; qu'ils
avoient écrit à ceux de Conftantinople pour les
déterminer à la dépofition du Sultan Achmet
III. que ces Lettres ayant été luës dans la Place
d'Atmeidam avoient animé le Peuple qui paroiffoit
d'abord ne pas approuver la révolte , & qui
s'y porta enfuite avec fureur.
Des Lettres particulieres portent que le nouveau
Sultan avoit envoyé ordre aux Pachas de
la Morée , de la Dalmatie & de l'Albanie , de
fournir à Sa Hauteffe 12000. hommes pour le
mois de Mars prochain ; que les Hofpodars de
Valachie & de Moldavie devoient auf fournir
6000. chevaux.
On a appris par la
1.Vol.
voye de Venife que 4i
Octobre
le
2734 MERCURE DE FRANCÈ
Octobre dernier les Soulevés s'étant affemblés de
nouveau devant le Sérail , avoient demandé les
têtes du Mufti & de l'Aga des Janiffaires ; que
le nouveau Sultan ayant promis de les fatisfaire,
avoit envoyé fur le champ des Eunuques pour"
les étrangler dans leurs Maifons ; mais qu'ayant
eu le tems de s'échaper , ils avoient traversé le
Canal dans une Barque Etrangere ; que le Mufti
avoit été pourfuivi jufqu'au rivage par la populace
: que le même jour après midi les Soulevez
s'étoient rendus en grand nombre aux Priſons
communes qu'ils avoient fait ouvrir , & avoient
donné la liberté à tous les prifonniers : qu'ils
s'etoient tranfportés enfuite à l'Arfenal , & qu'ils
avoient mis en liberté les Forçats de cinq Galeres
qui étoient la plupart étrangers que te
foir ils avoient tiré du vieux Sérail la mere du
nouveau Sultan qui y avoit été renfermée lorfque
le Sultan Mustapha avoit été dépofé ; qu'ils
Pavoient conduite en triomphe au nouveau Sérail
, & l'avoient déclarée Sultane mere : que les
Soulevés de Conftantinople quitterent les armes
les . qu'ils cefferent de s'affembler tumultueufement
, & commencerent à travailler aux préparatifs
du Couronnement dù G. S. on rouvrit
ce jour là les Boutiques , & le calme fut entie
rement rétabli dans toute la Ville ; que le même
jour S. H. fit une promotion de fes Grands Officiers
, ayant caffé tous ceux qui étoient en place
fous le Sultan dépofé , & renouvellé entierement
le Divan , dont il n'y a eu que quatre ou cinq
Membres qui ayent été confervés.
au
Le 6. jour deftiné à la Cerémonie du Couronnement
, les Grands Officiers s'étant rendus
nouveau Sérail , les Ruës & les Places de la
Ville furent occupées par les Janiffaires , dont la
plus grande partie fut poftée fur le chemin qui
Is Vol.
conduit
DÉCEMBRE . 1730. 2735
sonduit du Sérail à la grande Mofquée ; ils y
formerent une double haye , & le Peuple étoit
rangé derriere eux . Au fignal donné par un coup
de Canon, le G.S.monta à Cheval, & fon Cortege
fe mit en marche ; S. H. étoit revêtue d'une Robe
&la tête couverte d'un Turban prefque entierement
couverts de pierreries. Ce Prince étant arrivé à la
Mofquée , le Mufti que le Sultan avoit nommé
fa veille , lui ceignit le Cimeterre & falua enfuite
le G. S. avec les cerémonies accoutumées.
S. H. à fon retour au Sérail fit de grandes largeffes
au peuple , & envoya des aumônes confiderables
aux Efclaves Chrétiens qui font fur
les Galeres.
•
Le 7. le G. S. reçut les refpects & le ferment
de fidelité des Grands Officiers de l'Empire , du
nouvel Aga & des autres Officiers des Janiffaires,
du Capitan Pacha & autres Officiers de Marine,
& des principaux Officiers du Camp de Scutari
qui étoient venus pour recevoir les ordres de
S. H. fur le départ de l'Armée. L'après - midi , le
G. S. tint un grand Divan , dans lequel il fut
réfolu , à ce qu'on affure , de faire la paix avec
les Perfans , & d'envoyer des pleins pouvoirs au
Pacha de Babilone pour traiter avec le Roi de
Perfe
Le 8. il y eut comme les deux jours précedens
des réjouiffances publiques dans toute la
Ville.
Le 9. le G. V. reçut les vifites des Miniftres
Etrangers , aufquels il offrit de faire reparer tout
le dommage qu'on pourroit leur avoir fait
pendant le foulevement. L'après- midi il y eut encore
un grand Divan , dans lequel on acheva de
regler les principales affaires de l'interieur de
l'Empire.
Le 10. il y eut un petit Divan pour nommer
I. Vol.
2736 MERCURE DE FRANCE
à divers Emplois qui n'avoient pas été remplis
les jours précedens , & que le G. S. donna par
préference à ceux qui fe font diftingués dans
les Troupes.
Le 11. le Corps des Janiffaires qui fe trouve
à Conftantinople , & qui n'auroit dû être que
de 40000. s'affembla fur la grande Place , & ſe
trouva monter à 70000. hommes , pour demander
une augmentation de paye que le G. S.
leur a fait promettre , ainfi qu'aux Topigis ou
Canoniers qui s'étoient auſſi aſſemblez au nombre
de près de 20000.
Le bruit court qu'on a trouvé dans l'Appartement
du Sultan dépofé 28000000. en efpeces
d'or , & près de 6000000. en efpeces d'argent ,
10000000. chez le G. V. & des fommes trèsconfiderables
chez le Mufti , le Capitan Pacha
le Capigi Aga & l'Aga des Janiffaires. On attend
la confirmation de toutes ces Nouvelles , qui
pourroient n'être pas exactes , par des Lettres de
Conftantinople.
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Résumé : Suite des Nouvelles de Turquie.
Le texte décrit des événements politiques et militaires en Turquie et dans les provinces voisines. En Syrie, les troupes du Pacha ont été défaites par des Arabes dirigés par Alayon. À Constantinople, Mamouth, fils de Muftapha et frère du Sultan déchu, a pris le pouvoir à l'âge de 34 ans. Les Janissaires, après avoir appris la révolution et la mort du Grand Vizir, ont incité le peuple à se révolter contre le Sultan Achmet III. Le nouveau Sultan a ordonné aux Pachas de la Morée, de la Dalmatie et de l'Albanie de fournir 12 000 hommes, et aux Hospodars de Valachie et de Moldavie de fournir 6 000 chevaux. Le 27 octobre, les révoltés ont demandé les têtes du Mufti et de l'Aga des Janissaires, mais ceux-ci ont réussi à s'échapper. Les révoltés ont libéré les prisonniers et les forçats des galères, et ont déclaré la mère du nouveau Sultan comme Sultane mère. Le calme est revenu à Constantinople, et le nouveau Sultan a renouvelé le Divan et promu ses Grands Officiers. Le 6 décembre, la cérémonie du couronnement a eu lieu, suivie de largesses et d'aumônes. Les jours suivants, le Sultan a reçu les serments de fidélité des officiers et a tenu des Divans pour régler les affaires de l'Empire et nommer de nouveaux employés. Les Janissaires et les Topigis ont obtenu une augmentation de paie. Des rumeurs parlent de sommes importantes trouvées dans les appartements du Sultan déchu et de hauts dignitaires.
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1974
p. 2736-2737
RUSSIE.
Début :
Les Lettres de Derbent portent que le Roi de Perse avoit fait dire aux Commandans des [...]
Mots clefs :
Tsarine, Commandant
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
LEs Roide
Es Lettres de Derbent portent que le Roi de
Troupes Mofcovites en Perfe qu'il obferveroit
exactement les Traités qu'il a conclus avec le
feu Czar Pierre I. & que fi les Marchands, Sujets
de la Czarine , vouloient aller négocier dans
fes Etats , il leur accorderoit tous les Paffeports
qu'ils demanderoient.
>
Les Ouvriers qu'on avoit envoyés dans les
Montagnes de la Georgie pour y travailler aux
Mines d'or & d'argent qu'on y a découvertes
n'en étoient pas encore revenus à Aftracant au
mois de Septembre dernier , & l'on a fçû que
I. Vel. n'étant
DECEMBRE. 1730. 2737
:
n'étant pas en affez grand nombre , ils n'avoient
pú faire fauter les Rochers qui couvrent ces
Mines comme on eft perfuadé qu'elles feront
d'un grand produit , parceque les fources qui
coulent de ces Montagnes entraînent un fable
très -chargé de paillittes d'or , on a réſolu de ne
point abandonner cette entrepriſe & d'y envoyer
encore deux cens homines , avec des provifions
en abondance,
Les Chefs des Cofaques venus à Moscou pour
fervir d'otages de la fidelité de leur Nation , ont
été renvoyés chez eux après avoir promis , avec
ferment, de ne prendre les armes qu'en faveur de
la Czarine , & de lui fournir 100000. hommes
en cas qu'elle fut obligée d'entrer en guerre avec
le Grand- Seigneur.
Le Commandant de Pultowa a écrit depuis que
les Cofaques , tant ceux qui font fous la protection
du G. S. que ceux qui fe font mis fous
celle de S. M. Cz. avoient eu ordre , fous peine
de mort , de prêter ferment de fidelité à S. H.
& d'envoyer à Conftantinople les arrerages échus
de leur tribut ordinaire.
â
On a dépeché un Courier au Commandant
dans l'Ukraine pour lui porter ordre d'empêcher
les Cofaques foumis à la Czarine d'executer les
ordres de la Porte , & de leur promettre toutes
fortes de fecours , en cas qu'on voulut les forcer
à prêter le ferment qu'on leur demande.
LEs Roide
Es Lettres de Derbent portent que le Roi de
Troupes Mofcovites en Perfe qu'il obferveroit
exactement les Traités qu'il a conclus avec le
feu Czar Pierre I. & que fi les Marchands, Sujets
de la Czarine , vouloient aller négocier dans
fes Etats , il leur accorderoit tous les Paffeports
qu'ils demanderoient.
>
Les Ouvriers qu'on avoit envoyés dans les
Montagnes de la Georgie pour y travailler aux
Mines d'or & d'argent qu'on y a découvertes
n'en étoient pas encore revenus à Aftracant au
mois de Septembre dernier , & l'on a fçû que
I. Vel. n'étant
DECEMBRE. 1730. 2737
:
n'étant pas en affez grand nombre , ils n'avoient
pú faire fauter les Rochers qui couvrent ces
Mines comme on eft perfuadé qu'elles feront
d'un grand produit , parceque les fources qui
coulent de ces Montagnes entraînent un fable
très -chargé de paillittes d'or , on a réſolu de ne
point abandonner cette entrepriſe & d'y envoyer
encore deux cens homines , avec des provifions
en abondance,
Les Chefs des Cofaques venus à Moscou pour
fervir d'otages de la fidelité de leur Nation , ont
été renvoyés chez eux après avoir promis , avec
ferment, de ne prendre les armes qu'en faveur de
la Czarine , & de lui fournir 100000. hommes
en cas qu'elle fut obligée d'entrer en guerre avec
le Grand- Seigneur.
Le Commandant de Pultowa a écrit depuis que
les Cofaques , tant ceux qui font fous la protection
du G. S. que ceux qui fe font mis fous
celle de S. M. Cz. avoient eu ordre , fous peine
de mort , de prêter ferment de fidelité à S. H.
& d'envoyer à Conftantinople les arrerages échus
de leur tribut ordinaire.
â
On a dépeché un Courier au Commandant
dans l'Ukraine pour lui porter ordre d'empêcher
les Cofaques foumis à la Czarine d'executer les
ordres de la Porte , & de leur promettre toutes
fortes de fecours , en cas qu'on voulut les forcer
à prêter le ferment qu'on leur demande.
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Résumé : RUSSIE.
En décembre 1730, plusieurs affaires politiques et économiques sont rapportées en Russie. Le roi de Perse s'engage à respecter les traités avec le tsar Pierre Ier et à délivrer des passeports aux marchands russes. En Géorgie, des ouvriers envoyés exploiter des mines d'or et d'argent n'étaient pas revenus à Astracan en septembre. En raison de leur faible nombre, ils n'avaient pas pu dégager les mines, mais 200 hommes supplémentaires avec des provisions abondantes doivent être envoyés. Les chefs cosaques à Moscou ont offert des otages pour prouver leur fidélité à la czarine et ont promis 100 000 hommes en cas de guerre avec le Grand Seigneur. Le commandant de Pultowa a signalé que les Cosaques, qu'ils soient sous la protection du Grand Seigneur ou de la czarine, avaient reçu l'ordre de prêter serment à la Sublime Porte et de payer les arriérés de leur tribut. Un courrier a été envoyé en Ukraine pour empêcher les Cosaques soumis à la czarine d'exécuter les ordres de la Porte et pour leur offrir des secours en cas de pression.
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1975
p. 2737-2738
SUEDE.
Début :
Le College du Commerce de Stockolm a présenté une Requête au Roi pour le prier [...]
Mots clefs :
Roi de Suède, Commerce, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE,
Lfente the Reque au Roi pour le prier
d'envoyer en Efpagne un Miniftre chargé de
pleins pouvoirs pour y négocier un Traité de
Commerce , & obtenir la diminution des droits
1. Vol. qu'on
E College du Commerce de Stokolm a pré
2738 MERCURE DE FRANCE
qu'on leve dans les Ports d'Eſpagne fur les Mar.
chandifes qu'on y porte de ce Pays . Ce College
a même offert de faire les frais de l'Ambaffade.
Le 16. Novembre le Roi donna des ordres
pour que les Officiers qui commandent les Troupes
que S. M. Suedoife doit fournir aux Puiffances
alliées par le Traité de Seville , fe tinffent
prêtes à marcher. On a envoyé depuis dans le
Landgraviat de Heffe- Caffel une Ordonnance dụ
Roi , par laquelle il eft défendu à tous les Sujets
d'entrer au fervice d'aucune Puiffance Etrangere,
& ordonné à ceux qui y font actuellement de
revenir dans l'efpace de trois mois , à peine de
confifcation de leurs biens.
Lfente the Reque au Roi pour le prier
d'envoyer en Efpagne un Miniftre chargé de
pleins pouvoirs pour y négocier un Traité de
Commerce , & obtenir la diminution des droits
1. Vol. qu'on
E College du Commerce de Stokolm a pré
2738 MERCURE DE FRANCE
qu'on leve dans les Ports d'Eſpagne fur les Mar.
chandifes qu'on y porte de ce Pays . Ce College
a même offert de faire les frais de l'Ambaffade.
Le 16. Novembre le Roi donna des ordres
pour que les Officiers qui commandent les Troupes
que S. M. Suedoife doit fournir aux Puiffances
alliées par le Traité de Seville , fe tinffent
prêtes à marcher. On a envoyé depuis dans le
Landgraviat de Heffe- Caffel une Ordonnance dụ
Roi , par laquelle il eft défendu à tous les Sujets
d'entrer au fervice d'aucune Puiffance Etrangere,
& ordonné à ceux qui y font actuellement de
revenir dans l'efpace de trois mois , à peine de
confifcation de leurs biens.
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Résumé : SUEDE.
Le Collège du Commerce de Stockholm a demandé au roi de Suède d'envoyer un ministre en Espagne pour négocier un traité de commerce. Le roi a ordonné aux officiers suédois de préparer les troupes pour les puissances alliées selon le Traité de Séville. Une ordonnance royale interdit aux sujets suédois de s'engager au service de puissances étrangères.
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1976
p. 2738
POLOGNE.
Début :
Le second Nonce d'Upita fit enregistrer au commencement du mois de Novembre dans [...]
Mots clefs :
Pologne, Protestation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E fecond Nonce d'Upita fit enregistrer au
LEcommencement du mois de Novembre dans
le Greffe de Grodno une proteftation contre celle
de M. Marcinkiewits , fon Collegue , qui a été
caufe de la rupture de la Diette , prétendant qu'il
n'avoit pas d'ordre particulier de faire cette proteftation.
La Czarine craignant qu'à l'occafion des changemens
arrivés à Conftantinople , les Turcs ou
les Perfans , & peut- être ces deux Puiffances
enfemble , ne vinflent attaquer les Provinces que
le feu Czar Pierre I.a conquifes en Perfe, a ordonné
à fon Miniftre à la Cour de Pologne , de
propofer un renouvellement d'alliance avec la
République , & de ne plus folliciter de paffage
pour les 3000.0. hommes qu'elle dévoit fournir
à l'Empereur , & dont elle prévoit qu'elle peut
avoir béfoin pour La propre fûreté.
E fecond Nonce d'Upita fit enregistrer au
LEcommencement du mois de Novembre dans
le Greffe de Grodno une proteftation contre celle
de M. Marcinkiewits , fon Collegue , qui a été
caufe de la rupture de la Diette , prétendant qu'il
n'avoit pas d'ordre particulier de faire cette proteftation.
La Czarine craignant qu'à l'occafion des changemens
arrivés à Conftantinople , les Turcs ou
les Perfans , & peut- être ces deux Puiffances
enfemble , ne vinflent attaquer les Provinces que
le feu Czar Pierre I.a conquifes en Perfe, a ordonné
à fon Miniftre à la Cour de Pologne , de
propofer un renouvellement d'alliance avec la
République , & de ne plus folliciter de paffage
pour les 3000.0. hommes qu'elle dévoit fournir
à l'Empereur , & dont elle prévoit qu'elle peut
avoir béfoin pour La propre fûreté.
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Résumé : POLOGNE.
En Pologne, le nonce d'Upita a protesté contre M. Marcinkiewits pour la rupture de la Diète. La czarine, inquiète des changements à Constantinople, craignait une attaque turque ou persane. Elle a ordonné à son ministre en Pologne de renouveler l'alliance avec la République et de ne plus demander le passage des troupes polonaises destinées à l'empereur.
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1977
p. 2739
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris par les Lettres de Berlin que le Prince Royal de Prusse étoit rentré dans [...]
Mots clefs :
Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
O
Na appris par les Lettres de Berlin que
le Prince Royal de Fruffe étoit rentré dans
les bonnes graces du Roi fon pere.
>
Les Lettres de Belgrade portent que les Pachas
de Widin , de Nizza & de Bofnie avoient été
arrêtés & conduits à Conftantinople , & que le
Pacha de la Morée ayant été foupçonné d'être
en intelligence avec la République de Venife
avoit été étranglé.
O
Na appris par les Lettres de Berlin que
le Prince Royal de Fruffe étoit rentré dans
les bonnes graces du Roi fon pere.
>
Les Lettres de Belgrade portent que les Pachas
de Widin , de Nizza & de Bofnie avoient été
arrêtés & conduits à Conftantinople , & que le
Pacha de la Morée ayant été foupçonné d'être
en intelligence avec la République de Venife
avoit été étranglé.
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1978
p. 2739-2740
ITALIE.
Début :
On publia au commencement du mois dernier à Rome un Edit du Cardinal Camerlingue, [...]
Mots clefs :
Ordre, Cardinal, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
2
N publia au commencement du mois derau
commencement din alclanderlingue
, portant deffenfe à toute perfonne , fans
exception , de porter fur les habits aucun galon
ou autres ornemens d'or & d'argent , excepté dans
les Villes de Rome , de Bologne & de Ferrare .
Le Cardinal Pignatelli ayant prié le Pape d'annuller
les conceflions accordées par le feu Pape
à plufieurs Seigneurs du Royaume de Naples de
garder le S. Sacrement dans leurs Chapelles domeftiques
, S. S. a donné ordre à la Congrégation
des Indulgences de fupprimer tous ces privileges
& plufieurs autres concernant tant les
Autels privilegiés que les Indulgences qu'on publie
dans diverfes Eglifes depuis le dernier Pontificat.
Le 9. Novembre vers les 3. heures après- midi,
il y eut à Rome un orage furieux , qui dura depuis
3. heures après-midi jufqu'à 10. heures du
foir. Le Tonnerre tomba dans le jardin du Duc
de Cefi & dans celui du Marquis Cavalieri , ou
1. Vol il
2740 MERCURE DE FRANCE
il renverfa plus de 30. toifes de muraille. Il tomba
auffi chez le Marquis Sacchetti , où il traverſa
une Salle dans laquelle il y avoit une affemblée
de Dames & de Cavaliers , aufquels il ne fit aucnn
mal . Vers le foir , il tomba ſur le Palais du
Prince de S. Martin dont il brûla ou gâta les plus
beaux tableaux.
Dans le Confiftoire du 22. du mois dernier ,
le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires de
France , propofa l'Abbaye de Sainte Marie au
Vou de Cherbourg , Ordre de S. Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , pour l'Abbé le Normand ; il
préconifa enfuite l'Abbé de la Vigerie pour celle
de S. Etienne de Baffac , Ordre de S. Benoît
Diocèfe de Saintes.
2
N publia au commencement du mois derau
commencement din alclanderlingue
, portant deffenfe à toute perfonne , fans
exception , de porter fur les habits aucun galon
ou autres ornemens d'or & d'argent , excepté dans
les Villes de Rome , de Bologne & de Ferrare .
Le Cardinal Pignatelli ayant prié le Pape d'annuller
les conceflions accordées par le feu Pape
à plufieurs Seigneurs du Royaume de Naples de
garder le S. Sacrement dans leurs Chapelles domeftiques
, S. S. a donné ordre à la Congrégation
des Indulgences de fupprimer tous ces privileges
& plufieurs autres concernant tant les
Autels privilegiés que les Indulgences qu'on publie
dans diverfes Eglifes depuis le dernier Pontificat.
Le 9. Novembre vers les 3. heures après- midi,
il y eut à Rome un orage furieux , qui dura depuis
3. heures après-midi jufqu'à 10. heures du
foir. Le Tonnerre tomba dans le jardin du Duc
de Cefi & dans celui du Marquis Cavalieri , ou
1. Vol il
2740 MERCURE DE FRANCE
il renverfa plus de 30. toifes de muraille. Il tomba
auffi chez le Marquis Sacchetti , où il traverſa
une Salle dans laquelle il y avoit une affemblée
de Dames & de Cavaliers , aufquels il ne fit aucnn
mal . Vers le foir , il tomba ſur le Palais du
Prince de S. Martin dont il brûla ou gâta les plus
beaux tableaux.
Dans le Confiftoire du 22. du mois dernier ,
le Cardinal Ottoboni , Protecteur des affaires de
France , propofa l'Abbaye de Sainte Marie au
Vou de Cherbourg , Ordre de S. Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , pour l'Abbé le Normand ; il
préconifa enfuite l'Abbé de la Vigerie pour celle
de S. Etienne de Baffac , Ordre de S. Benoît
Diocèfe de Saintes.
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Résumé : ITALIE.
En novembre, un édit italien interdit le port d'ornements d'or et d'argent sur les habits, sauf à Rome, Bologne et Ferrare. Le cardinal Pignatelli demanda au pape d'annuler les concessions permettant à des seigneurs du Royaume de Naples de conserver le Saint-Sacrement dans leurs chapelles. Le pape ordonna la suppression de ces privilèges ainsi que ceux concernant les autels privilégiés et les indulgences publiées dans diverses églises. Le 9 novembre, un violent orage à Rome causa des dégâts dans les jardins du duc de Cefi, du marquis Cavalieri et du marquis Sacchetti, ainsi qu'au palais du prince de Saint-Martin. Lors du consistoire du 22 octobre, le cardinal Ottoboni proposa l'abbaye de Sainte-Marie au Val de Cherbourg pour l'abbé Le Normand et l'abbé de La Vigerie pour l'abbaye de Saint-Étienne de Bassa.
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1979
p. 2745-2746
« On a appris par Livourne que les Troupes de la République de Génes s'étoient saisies de plusieurs [...] »
Début :
On a appris par Livourne que les Troupes de la République de Génes s'étoient saisies de plusieurs [...]
Mots clefs :
Gênes, Troupes, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris par Livourne que les Troupes de la République de Génes s'étoient saisies de plusieurs [...] »
On a appris par Livourne que les Troupes de
la République de Génes s'étoient faifies de plufieurs
Chefs des Rebelles de l'Ile de Corfe, & que
plufieurs Villes de cette le avoient quitté les ar
mes & abandonné le parti des Révoltez.
On a auffi appris de la même Ville, qu'il y étoit
arrivé un Vaiffeau de Smirne , dont le Capitaine
a raporté qu'il y avoit embarqué l'Aga Aggi
Ofman & Mufa- Aly,& qu'il les avoit tranfportez
a l'Ile des Cerfs dans l'Archipel , où ces deux
Pachas le font fauvez pour éviter le fort malheureux
des autres principaux Officiers du Sultan
dépofé.
Les Lettres de Génes portent que les Rebelles
de l'Ile de Corfe avoient détruit deux habitations
de Grecs qui étoient établis depuis plufieurs an
Bées dans cette Ifle , & aufquels la République
de Gênes avoit accordé divers Privileges , &
qu'ils en avoient maffacré tous les habitans, fans
épargner les femmes ni les enfans ; que la Répu
I. Vol. I iij
bli
2746 MERCURE DE FRANCE
blique avoit réfolu de prendre des Suiffes à fa
folde pour aller réduire ces Rebelles , & que le
Commandement de ces Troupes étrangeres feroit
donné à M. Anfalde de Grimaldi.
Le bruit vient de fe répandre que l'on a arrêté
dans l'Ile de Corfe le principal Chef des Rebelles
de cette Ifle.
Le Comte de Staremberg eft parti du Camp
de la Lunegiane , avec quatre Bataillons.Le Prince
de Saxe & un autre General Allemand l'ont
fuivi avec deux Regimens d'Infanterie , & le
Comte de Waldeck avec le refte des Troupes Impériales
qui ont pris leurs quartiers dans differens
Villages de la Lombardie.
On écrit de Milan que le Comte Rezzonico
s'étant accommodé avec les parens de Dom Guy
Brevio , qu'il a tué en duel , avoit été remis en
liberté.
la République de Génes s'étoient faifies de plufieurs
Chefs des Rebelles de l'Ile de Corfe, & que
plufieurs Villes de cette le avoient quitté les ar
mes & abandonné le parti des Révoltez.
On a auffi appris de la même Ville, qu'il y étoit
arrivé un Vaiffeau de Smirne , dont le Capitaine
a raporté qu'il y avoit embarqué l'Aga Aggi
Ofman & Mufa- Aly,& qu'il les avoit tranfportez
a l'Ile des Cerfs dans l'Archipel , où ces deux
Pachas le font fauvez pour éviter le fort malheureux
des autres principaux Officiers du Sultan
dépofé.
Les Lettres de Génes portent que les Rebelles
de l'Ile de Corfe avoient détruit deux habitations
de Grecs qui étoient établis depuis plufieurs an
Bées dans cette Ifle , & aufquels la République
de Gênes avoit accordé divers Privileges , &
qu'ils en avoient maffacré tous les habitans, fans
épargner les femmes ni les enfans ; que la Répu
I. Vol. I iij
bli
2746 MERCURE DE FRANCE
blique avoit réfolu de prendre des Suiffes à fa
folde pour aller réduire ces Rebelles , & que le
Commandement de ces Troupes étrangeres feroit
donné à M. Anfalde de Grimaldi.
Le bruit vient de fe répandre que l'on a arrêté
dans l'Ile de Corfe le principal Chef des Rebelles
de cette Ifle.
Le Comte de Staremberg eft parti du Camp
de la Lunegiane , avec quatre Bataillons.Le Prince
de Saxe & un autre General Allemand l'ont
fuivi avec deux Regimens d'Infanterie , & le
Comte de Waldeck avec le refte des Troupes Impériales
qui ont pris leurs quartiers dans differens
Villages de la Lombardie.
On écrit de Milan que le Comte Rezzonico
s'étant accommodé avec les parens de Dom Guy
Brevio , qu'il a tué en duel , avoit été remis en
liberté.
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Résumé : « On a appris par Livourne que les Troupes de la République de Génes s'étoient saisies de plusieurs [...] »
Le texte relate divers événements politiques et militaires en Méditerranée. À Livourne, les troupes génoises ont capturé des chefs rebelles de Corfou, et plusieurs villes de l'île ont capitulé. Les pachas Aga Aggi Ofman et Mufa-Aly se sont réfugiés sur l'île des Cerfs pour échapper au sort des officiers du sultan déposé. Les rebelles de Corfou ont attaqué et massacré les habitants de deux habitations grecques. La République de Gênes a nommé M. Anfalde de Grimaldi pour diriger les troupes étrangères contre les rebelles. Le principal chef des rebelles de Corfou a été arrêté. En Italie, le comte de Staremberg a déplacé ses régiments de la Lunegiane vers la Lombardie. À Milan, le comte Rezzonico a été libéré après un accord avec la famille de Dom Guy Brevio, qu'il avait tué en duel.
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1980
p. 2746-2747
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 29 du mois dernier, on publia à Londres une Proclamation du Roy, portant récompense [...]
Mots clefs :
Roi, Lettres anonymes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 29 du mois dernier , on publia à Londres
une Proclamation du Roy , portant récompenfe
de 30 liv. Sterlin , pour ceux qui découvriront
les Auteurs des Lettres Anonimes menaçantes
, qui ont été écrites depuis peu à plufieurs
particuliers de Briftol & d'autres Villes . Ceux
d'entre les coupables qui viendront déclarer leurs
complices , auront leur grace & la même récompenfe.
Les de ce mois , Myladi Betti Germain , foeur
du Comte de Berkley , reçut une Lettre Anonime
, par laquelle on la menaçoit de l'affaffiner,fi
elle ne faifoit mettre dans un endroit indiqué les
jo Guinées qu'on lui demandoit. Le Duc de
Dorfet ayant porté cette Lettre au Palais de faint
James , le Roy donna ordre qu'on mit toutes les
1. Vole
nuits
DECEMBRE. 1730. 2747
nuits près de la maiſon de cette Dame fix Soldats
du Regiment des Gardes , avec un Sergent.
Aux Seffions qui s'affemblerent le 14. à Hickf
hall , le grand Juré y porta des Billets d'accufation
contre divers Prifonniers de la Prifon de
Newgatte , acculez d'avoir écrit les Lettres Anonimes
menaçantes , à l'ocafion defquels on a pu
plié la Proclamation du Roy ; & comme il n'y a
point de Loy affez fevere contre ce crime , on af
fure qu'on paffera un acte dans le prochain Parlement
, pour les punir avec la derniere rigueur.
L'Envoyé Extraordinairè de la Regence d'Alger
, dans une Audience particuliere qu'il a eu du
Roy & de la Reine , prefenta à L. M. Brit . deux
Léopards de la part du Dey de cette Regence.
Le Prince de Galles & la Princeffe Amelie al
lerent le 29 au Théâtre de Drurylane voir la
Comédie du Rehearsal, du feu Duc de Buckingham
, & le 12 de ce mois , le Roy , la Reine &
la Famille Royale , allerent au Théatre du Mar
ché au Foin , voir l'Opera d'Armide.
E 29 du mois dernier , on publia à Londres
une Proclamation du Roy , portant récompenfe
de 30 liv. Sterlin , pour ceux qui découvriront
les Auteurs des Lettres Anonimes menaçantes
, qui ont été écrites depuis peu à plufieurs
particuliers de Briftol & d'autres Villes . Ceux
d'entre les coupables qui viendront déclarer leurs
complices , auront leur grace & la même récompenfe.
Les de ce mois , Myladi Betti Germain , foeur
du Comte de Berkley , reçut une Lettre Anonime
, par laquelle on la menaçoit de l'affaffiner,fi
elle ne faifoit mettre dans un endroit indiqué les
jo Guinées qu'on lui demandoit. Le Duc de
Dorfet ayant porté cette Lettre au Palais de faint
James , le Roy donna ordre qu'on mit toutes les
1. Vole
nuits
DECEMBRE. 1730. 2747
nuits près de la maiſon de cette Dame fix Soldats
du Regiment des Gardes , avec un Sergent.
Aux Seffions qui s'affemblerent le 14. à Hickf
hall , le grand Juré y porta des Billets d'accufation
contre divers Prifonniers de la Prifon de
Newgatte , acculez d'avoir écrit les Lettres Anonimes
menaçantes , à l'ocafion defquels on a pu
plié la Proclamation du Roy ; & comme il n'y a
point de Loy affez fevere contre ce crime , on af
fure qu'on paffera un acte dans le prochain Parlement
, pour les punir avec la derniere rigueur.
L'Envoyé Extraordinairè de la Regence d'Alger
, dans une Audience particuliere qu'il a eu du
Roy & de la Reine , prefenta à L. M. Brit . deux
Léopards de la part du Dey de cette Regence.
Le Prince de Galles & la Princeffe Amelie al
lerent le 29 au Théâtre de Drurylane voir la
Comédie du Rehearsal, du feu Duc de Buckingham
, & le 12 de ce mois , le Roy , la Reine &
la Famille Royale , allerent au Théatre du Mar
ché au Foin , voir l'Opera d'Armide.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, le 29 du mois précédent, une proclamation royale offrit une récompense de 30 livres sterling pour identifier les auteurs de lettres anonymes menaçantes envoyées à des particuliers de Bristol et d'autres villes. Les complices se dénonçant eux-mêmes bénéficieraient de la grâce et de la récompense. Le 14 décembre, Lady Betti Germain reçut une lettre anonyme la menaçant de mort si elle ne plaçait pas 50 guinées dans un endroit spécifié. Le Duc de Dorset porta cette lettre au Palais de Saint James, conduisant le roi à ordonner la surveillance nocturne de la maison de Lady Betti par des soldats. Lors des sessions du 14 décembre à Hickshall, le grand jury présenta des billets d'accusation contre divers prisonniers de la prison de Newgate, accusés d'avoir écrit les lettres anonymes. En raison de l'absence de loi sévère contre ce crime, il fut décidé de proposer un acte au prochain Parlement pour punir les coupables avec rigueur. Par ailleurs, l'Envoyé Extraordinaire de la Régence d'Alger offrit deux léopards au roi et à la reine. Le Prince de Galles et la Princesse Amélie assistèrent à la comédie 'The Rehearsal' au Théâtre de Drury Lane le 29 décembre, tandis que le roi, la reine et la famille royale se rendirent au Théâtre du Marché au Foin pour voir l'opéra 'Armide' le 12 décembre.
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1981
p. 2747-2750
EXTRAIT d'une Lettre de M. Chêne, Vicaire Apostolique à Alger, écrite le 12. Octobre 1730. à M. Durand, Trésorier Géneral des Ligues Suisses, cy-devant Consul à Alger.
Début :
Je sçai que la Lettre que j'ai l'honneur de vous écrire, vous causera une douleur d'autant [...]
Mots clefs :
Consul à Alger, Ligues suisses, Vicaire Apostolique, Consul, Alger, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M. Chêne, Vicaire Apostolique à Alger, écrite le 12. Octobre 1730. à M. Durand, Trésorier Géneral des Ligues Suisses, cy-devant Consul à Alger.
EXTRAIT d'une Lettre de M. Chêne,
Vicaire Apoftolique à Alger , écrite le
12. Octobre 1730. à M. Durand ,
Tréforier Géneral des Ligues Suiffes
cy-devant Conful à Alger
J
Efçai que laLettre quej'ai l'honneur de vous
écrire , vous caufera une douleur d'autant
plus fenfible , que vous avez moins de fujet de
vous y attendre. M. Antoine- Gabriël Durand
votre frere & notre cher & ancien ami ; Conful·
Réfident pour le Roi en cette Ville & Royaume,
eft mort après une maladie de fix femaines , laquelle
pour avoir été longue , n'en a pas été plus.
1. Vol. I iij con2748
MERCURE DE FRANCE
connue & nous a laiffez tous dans une affliction
qu'il eft difficile d'exprimer ; les Chrétiens , los
Turcs les Maures , le Dey lui-même , pleurent
cette perte; elle arriva le 8. de ce mois,& ilfur
inhumé le même jour , âgé d'environ 89. ans. Je
doute qu'on ait jamais vû dans Alger des funerailles
d'un Chrétien plus magnifiques ; tout ce
qu'il y a ici de Chrétiens , François , Espagnolsi
Portugais , e s'y trouverent. Les Confuls Anglois
, Suedois Hollandois , y affifterent avec
leurs Nations ; enfin ily eut des Turcs , des Mau
rès & des Juifs , choſe juſqu'à prefent fans
exemple, chacun donnant des marques fenfibles
de la douleur dont il étoit penetré.
*
Nous lui ferons des funerailles folemnelles.
dans notre Chapelle le 13. de ce mois , &j'ay.
donné des ordres pour les faire le même jour
dans tous les Bagnes , chez les RR. PP.)
Trinitaires de l'Hôpital, où elles feront celebrées
encore plus magnifiquement . Nous ferons venir
de Livourne , un Tombeau de Marbre qui ſera
orné d'un Epitaphe pour éternifer la mémoire
de cet Illuftre Conful.
A l'occafion de cette Lettre , il est bon de
favoir que le Vicaire Apoftolique d'Ager eft
soujours un Miffionnaire François ; it a avec
lui un autre Miffionnaire & un Frere pour le
fervir. Cete Miffion a été fondée & établie à
Algerpar la pi té de la Ducheffe diguillon ,
pour fou ager & con o'er les Efa aves dans leur
Servitude , & pour es confirmer dans leur for.
Les fonds en ont été affectez aux Miffionnaires
de S. Laz re , fous e bon plaifir du Roy . Celui
des deux miffionnaires qui eft Superieur , reçoit
du Pape le titre de Vic ire Apoftolique , qui
S
Lieux où font enfermez les Efclaves.
1. Val.
Li
DECEMBRE. 1730. 2749
<
lui donne une authorité preſqu'auſſi étenduë que`
celle d'un Evêque.
M. Durand qui vient de mourir , étoit fi's des
feu M, Durand , Secretaire du Roy , dont la
probité le défintereffement lui procurerent.
Veftime de S. M. & la confiance de M. Colbert
qui lui donna la Caiffe des Emprunts. Il laiffa
deux fils, dont l'aîné eft M. Durand , Thréforier
General des Ligues Suiffes , lequel a été fuccef
fvement Conful à Tripo'y & à Ager , & em
ployé en differentes Négociations auprès des
Puiffances d'Afrique. L'eftime qu'il s'est ace
quife chez es Algeriens, ' a fait choisir en plufieurs
occafions pour arbitre de leurs differends .
Le Dey même le confultoit quelquefois , & il
s'est fervi defes confeils en plufieurs occafions.
En 1704. il forma le deffein de repaffer en
France. Le Dey auquel il communiqua fon def
fein , ne confentit à ce voyage que fur la parole
lui donna M. Durand , qu'il retourneroit que
Alger.
M. Durand ayant terminé les affaires qui l'avoient
appellé en France revint à Alger Afon
Arrivée le Dey fit tirer tous les Canons de 14
Ville & des Forts : la plupart des perfonnes dif
tinguées allerent à bord de fon Vaiffeau pour le
recevoir : il fut reçû de la Ville avec toutes for
tes de démonftration de joye.on
En 1706, il eut ordre d'aller à Tunis ; pour J
négocier un Traité. Après l'avoir conclu il repaffa
en France , où il avoit refelu de fixer ſom
féjour, évita de paſſer à Alger , où fans doute
il eut été retenu,
Il fut remplacé par M. de Clerambaut , Frere
du Genealogifte des ordres du Roy , qui prit pour
fon Chancelier M. Durand , Frere de fon Préde
ceffeur , qui avoit été élevé à Alger auprès de
Lo Polo
Lov
2750 MERCURE DE FRANCE?
fon Frere. Dans lafuite M. de Clerambaut ayane
paffé à un autre Confulat , M. Durand fut nommé
Vice- Conful à la Canée : Mais par les inftances
des Algeriens auprès du Roi , M. Durand
leur fut accordé pour être Conful à Alger.
On ne peut donner de meilleures preuves de
l'amitié que les Algeriens avoient pour lui , fondée
fur fes excellentes qualités , que le trait
que voici. Il fut nommé il y a environ deux ans
Au Confulat du Grand- Caire. A peine le Dey
enfut-il informé qu'il fit appeller M. Durand,
& lui demanda s'il étoit poffible qu'il voulût
quitter Alger , s'il eftimoit fi peu l'amitié
que toute la nation lui portoit. M. Durand ayant
répondu qu'il étoit obligé d'obéir aux ordres du
Roi , le Dey écrivit à la Cour,& fit de fi grandes
inftances pour retenir M. Durand à Alger ,
que S. M. voulut bien y confentir , & elle lui
fit même donner une augmentation d'appointe
mens en confideration de ſes ſervices.
Vicaire Apoftolique à Alger , écrite le
12. Octobre 1730. à M. Durand ,
Tréforier Géneral des Ligues Suiffes
cy-devant Conful à Alger
J
Efçai que laLettre quej'ai l'honneur de vous
écrire , vous caufera une douleur d'autant
plus fenfible , que vous avez moins de fujet de
vous y attendre. M. Antoine- Gabriël Durand
votre frere & notre cher & ancien ami ; Conful·
Réfident pour le Roi en cette Ville & Royaume,
eft mort après une maladie de fix femaines , laquelle
pour avoir été longue , n'en a pas été plus.
1. Vol. I iij con2748
MERCURE DE FRANCE
connue & nous a laiffez tous dans une affliction
qu'il eft difficile d'exprimer ; les Chrétiens , los
Turcs les Maures , le Dey lui-même , pleurent
cette perte; elle arriva le 8. de ce mois,& ilfur
inhumé le même jour , âgé d'environ 89. ans. Je
doute qu'on ait jamais vû dans Alger des funerailles
d'un Chrétien plus magnifiques ; tout ce
qu'il y a ici de Chrétiens , François , Espagnolsi
Portugais , e s'y trouverent. Les Confuls Anglois
, Suedois Hollandois , y affifterent avec
leurs Nations ; enfin ily eut des Turcs , des Mau
rès & des Juifs , choſe juſqu'à prefent fans
exemple, chacun donnant des marques fenfibles
de la douleur dont il étoit penetré.
*
Nous lui ferons des funerailles folemnelles.
dans notre Chapelle le 13. de ce mois , &j'ay.
donné des ordres pour les faire le même jour
dans tous les Bagnes , chez les RR. PP.)
Trinitaires de l'Hôpital, où elles feront celebrées
encore plus magnifiquement . Nous ferons venir
de Livourne , un Tombeau de Marbre qui ſera
orné d'un Epitaphe pour éternifer la mémoire
de cet Illuftre Conful.
A l'occafion de cette Lettre , il est bon de
favoir que le Vicaire Apoftolique d'Ager eft
soujours un Miffionnaire François ; it a avec
lui un autre Miffionnaire & un Frere pour le
fervir. Cete Miffion a été fondée & établie à
Algerpar la pi té de la Ducheffe diguillon ,
pour fou ager & con o'er les Efa aves dans leur
Servitude , & pour es confirmer dans leur for.
Les fonds en ont été affectez aux Miffionnaires
de S. Laz re , fous e bon plaifir du Roy . Celui
des deux miffionnaires qui eft Superieur , reçoit
du Pape le titre de Vic ire Apoftolique , qui
S
Lieux où font enfermez les Efclaves.
1. Val.
Li
DECEMBRE. 1730. 2749
<
lui donne une authorité preſqu'auſſi étenduë que`
celle d'un Evêque.
M. Durand qui vient de mourir , étoit fi's des
feu M, Durand , Secretaire du Roy , dont la
probité le défintereffement lui procurerent.
Veftime de S. M. & la confiance de M. Colbert
qui lui donna la Caiffe des Emprunts. Il laiffa
deux fils, dont l'aîné eft M. Durand , Thréforier
General des Ligues Suiffes , lequel a été fuccef
fvement Conful à Tripo'y & à Ager , & em
ployé en differentes Négociations auprès des
Puiffances d'Afrique. L'eftime qu'il s'est ace
quife chez es Algeriens, ' a fait choisir en plufieurs
occafions pour arbitre de leurs differends .
Le Dey même le confultoit quelquefois , & il
s'est fervi defes confeils en plufieurs occafions.
En 1704. il forma le deffein de repaffer en
France. Le Dey auquel il communiqua fon def
fein , ne confentit à ce voyage que fur la parole
lui donna M. Durand , qu'il retourneroit que
Alger.
M. Durand ayant terminé les affaires qui l'avoient
appellé en France revint à Alger Afon
Arrivée le Dey fit tirer tous les Canons de 14
Ville & des Forts : la plupart des perfonnes dif
tinguées allerent à bord de fon Vaiffeau pour le
recevoir : il fut reçû de la Ville avec toutes for
tes de démonftration de joye.on
En 1706, il eut ordre d'aller à Tunis ; pour J
négocier un Traité. Après l'avoir conclu il repaffa
en France , où il avoit refelu de fixer ſom
féjour, évita de paſſer à Alger , où fans doute
il eut été retenu,
Il fut remplacé par M. de Clerambaut , Frere
du Genealogifte des ordres du Roy , qui prit pour
fon Chancelier M. Durand , Frere de fon Préde
ceffeur , qui avoit été élevé à Alger auprès de
Lo Polo
Lov
2750 MERCURE DE FRANCE?
fon Frere. Dans lafuite M. de Clerambaut ayane
paffé à un autre Confulat , M. Durand fut nommé
Vice- Conful à la Canée : Mais par les inftances
des Algeriens auprès du Roi , M. Durand
leur fut accordé pour être Conful à Alger.
On ne peut donner de meilleures preuves de
l'amitié que les Algeriens avoient pour lui , fondée
fur fes excellentes qualités , que le trait
que voici. Il fut nommé il y a environ deux ans
Au Confulat du Grand- Caire. A peine le Dey
enfut-il informé qu'il fit appeller M. Durand,
& lui demanda s'il étoit poffible qu'il voulût
quitter Alger , s'il eftimoit fi peu l'amitié
que toute la nation lui portoit. M. Durand ayant
répondu qu'il étoit obligé d'obéir aux ordres du
Roi , le Dey écrivit à la Cour,& fit de fi grandes
inftances pour retenir M. Durand à Alger ,
que S. M. voulut bien y confentir , & elle lui
fit même donner une augmentation d'appointe
mens en confideration de ſes ſervices.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M. Chêne, Vicaire Apostolique à Alger, écrite le 12. Octobre 1730. à M. Durand, Trésorier Géneral des Ligues Suisses, cy-devant Consul à Alger.
Le 12 octobre 1730, M. Chêne, Vicaire Apostolique à Alger, adresse une lettre à M. Durand, Trésorier Général des Ligues Suiffes, pour annoncer le décès de M. Antoine-Gabriel Durand, frère de M. Durand et Consul Résident pour le Roi à Alger. M. Antoine-Gabriel Durand est décédé à l'âge d'environ 89 ans après une maladie de six semaines, le 8 octobre 1730. Ses funérailles, auxquelles ont assisté des chrétiens, des Turcs, des Maures, le Dey et des représentants de diverses nations, ont été grandioses et sans précédent. La lettre mentionne des funérailles solennelles prévues dans la chapelle et dans les bagnes, ainsi que l'arrivée d'un tombeau de marbre de Livourne avec une épitaphe. M. Chêne explique que la mission des Vicaires Apostoliques à Alger, fondée par la piété de la Duchesse de Guillon, vise à assister et confirmer les esclaves chrétiens dans leur foi. M. Antoine-Gabriel Durand, décédé, était fils de M. Durand, Secrétaire du Roi, connu pour sa probité et son désintéressement. Il a laissé deux fils, dont l'aîné est M. Durand, Trésorier Général des Ligues Suiffes. Ce dernier a été Consul à Tripoli et à Alger et a été impliqué dans diverses négociations en Afrique. M. Durand était respecté par les Algériens, qui le choisissaient souvent comme arbitre et consultaient le Dey pour ses conseils. En 1704, il avait prévu de repartir en France, mais le Dey l'a retenu. En 1706, il a négocié un traité à Tunis avant de revenir en France. Plus tard, il a été nommé Vice-Consul à La Canée, mais les Algériens ont insisté pour qu'il revienne à Alger, ce que le Roi a accepté, lui accordant même une augmentation de son appointement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1982
p. 2750-2751
Addition aux Nouvelles de Turquie.
Début :
Par les Lettres venuës de Constantinople par Moscou, on apprend que quoique le Grand [...]
Mots clefs :
Constantinople, Conquêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Addition aux Nouvelles de Turquie.
Addition aux Nouvelles de Turquie:
Ar les Lettres venues de Conftantinople par
Mofcou , on apprend que quoique le Grand
Seigneur eut ordonné plufieurs fois aux Janiffaires
de quitter les Armes & de fe retirer chez
eux , on en voyoit tous les jours un affez grand
nombre à la porte du Serrail ,qu'ils demandoient
avec hauteur la tête de plufieurs Miniftres & la
confifcation de leurs biens ; & qu'ayant exigé
auffi qu'on fit de nouveaux Réglemens en faveur
du Commerce avec les Etrangers , S. H. avoit
promis qu'elle en feroit publier un inceffamment,
que le G. S. avoit envoyé ordre au Pacha de
Smirne de faire étrangler Mufa Aly , Ofman
Aga & Agy Aga , favori du Sultan dépofé , mais
7
I. Val.
qu'on
- DECEMBRE. 1730.2751
qu'on avoit appris qu'ils s'étoient fauvez dans
une Ifle de l'Archipel ; que S. H. avoit déposé le
nouvel Hofpodar de Valachie , fils du dernier
Hofpodar , Mauro Cordato, qu'il l'avoit fait enfermer
avec fes enfans , que fes biens avoient été
mis en fequeftre , mais que fon fucceffeur n'étoit
pas encore nommé ; que les fils du Sultan déposé
avoient été enfermez dans les fept Tours , & fes
femmes difperfées dans diverfes Provinces, que les
Troupes du Camp de Scutari avoient eu ordre de
marcher vers Andrinople & d'y attendre de nouveaux
ordres; que le nouveau Roy de Perfe ayant
cu avis de la révolution arrivée à Conftantinople,
s'étoit retiré avec fon Armée du côté de Tauris
où il demeuroit dans l'inaction , ne doutant pas
que le nouveau Sultan ne lui fit bien - tôt propoſer
la Paix ; que le bruit couroit que dans les propo
fitions que le G. S. fait faire à ce Prince , S.H. ne
fouhaitoit de conferver de fes conquêtes que l'ancienne
Babylone , la Province qui en dépend , &
la Géorgie ; qu'elle offroit de rendre les autres.
conquêtes faites par Achmet IIF. & de fournir
des fecours au Roy de Perfe , pour aider à reprendre
les Conquêtes faites en Perfe par le feur
Czar Pierre I. & par la Czarine Catherine fa
veuve.
On mande de Venife qu'on y avoit appris par
des Lettres écrites de Conftantinople , que le G.S.
avoit pris vingt millions dans le Tréfor du Serrail
, pour des preffans befoins , & qu'il faifoit
faire des perquifitions , pour découvrir le lieu de
la retraite du Mufti & de l'Aga des Janiflaires.
Ar les Lettres venues de Conftantinople par
Mofcou , on apprend que quoique le Grand
Seigneur eut ordonné plufieurs fois aux Janiffaires
de quitter les Armes & de fe retirer chez
eux , on en voyoit tous les jours un affez grand
nombre à la porte du Serrail ,qu'ils demandoient
avec hauteur la tête de plufieurs Miniftres & la
confifcation de leurs biens ; & qu'ayant exigé
auffi qu'on fit de nouveaux Réglemens en faveur
du Commerce avec les Etrangers , S. H. avoit
promis qu'elle en feroit publier un inceffamment,
que le G. S. avoit envoyé ordre au Pacha de
Smirne de faire étrangler Mufa Aly , Ofman
Aga & Agy Aga , favori du Sultan dépofé , mais
7
I. Val.
qu'on
- DECEMBRE. 1730.2751
qu'on avoit appris qu'ils s'étoient fauvez dans
une Ifle de l'Archipel ; que S. H. avoit déposé le
nouvel Hofpodar de Valachie , fils du dernier
Hofpodar , Mauro Cordato, qu'il l'avoit fait enfermer
avec fes enfans , que fes biens avoient été
mis en fequeftre , mais que fon fucceffeur n'étoit
pas encore nommé ; que les fils du Sultan déposé
avoient été enfermez dans les fept Tours , & fes
femmes difperfées dans diverfes Provinces, que les
Troupes du Camp de Scutari avoient eu ordre de
marcher vers Andrinople & d'y attendre de nouveaux
ordres; que le nouveau Roy de Perfe ayant
cu avis de la révolution arrivée à Conftantinople,
s'étoit retiré avec fon Armée du côté de Tauris
où il demeuroit dans l'inaction , ne doutant pas
que le nouveau Sultan ne lui fit bien - tôt propoſer
la Paix ; que le bruit couroit que dans les propo
fitions que le G. S. fait faire à ce Prince , S.H. ne
fouhaitoit de conferver de fes conquêtes que l'ancienne
Babylone , la Province qui en dépend , &
la Géorgie ; qu'elle offroit de rendre les autres.
conquêtes faites par Achmet IIF. & de fournir
des fecours au Roy de Perfe , pour aider à reprendre
les Conquêtes faites en Perfe par le feur
Czar Pierre I. & par la Czarine Catherine fa
veuve.
On mande de Venife qu'on y avoit appris par
des Lettres écrites de Conftantinople , que le G.S.
avoit pris vingt millions dans le Tréfor du Serrail
, pour des preffans befoins , & qu'il faifoit
faire des perquifitions , pour découvrir le lieu de
la retraite du Mufti & de l'Aga des Janiflaires.
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Résumé : Addition aux Nouvelles de Turquie.
En décembre 1730, à Constantinople, les janissaires se rassemblaient malgré les ordres du Sultan de déposer les armes. Ils exigeaient la tête de plusieurs ministres, la confiscation de leurs biens et de nouveaux règlements commerciaux avec les étrangers. Le Sultan avait ordonné l'exécution de Musa Aly, Osman Aga et Agy Aga, mais ceux-ci s'étaient réfugiés sur une île de l'Archipel. Le nouveau hospodar de Valachie, Mauro Cordato, avait été déposé et emprisonné avec ses enfants. Les fils du sultan déposé étaient enfermés dans les sept tours, et ses femmes dispersées dans diverses provinces. Les troupes de Scutari devaient marcher vers Andrinople. Le nouveau roi de Perse, informé des événements, s'était retiré avec son armée vers Tauris, attendant une proposition de paix. Des rumeurs indiquaient que le Grand Seigneur souhaitait conserver seulement l'ancienne Babylone, la province dépendante et la Géorgie, offrant de rendre les autres conquêtes et de fournir des secours au roi de Perse. À Venise, on apprenait que le Grand Seigneur avait prélevé vingt millions du trésor du Serrail et menait des enquêtes pour localiser le mufti et l'aga des janissaires.
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1983
p. 2752-2753
« Le 30. Novembre, Fête de S. André, la Reine alla à l'Abbaye de Poissi, [...] »
Début :
Le 30. Novembre, Fête de S. André, la Reine alla à l'Abbaye de Poissi, [...]
Mots clefs :
Reine, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 30. Novembre, Fête de S. André, la Reine alla à l'Abbaye de Poissi, [...] »
E Novembre , Fête de S. André,
La Reine alla à l'Abbaye de Poiffi
où elle entendit la Meffe avec une pieté
édifiante ; on y chanta plufieurs Morets;
enfuite S. M. vifita les lieux réguliers
de ce refpectable Monaftere , & remarqua
en particulier la magnificence du
Refectoire , où s'eft tenu le fameux Colloque
de Poiffi. Elle fortit pour aller diner
chez Me la Comteffe de Mailly , dans
l'enceinte de la Maiſon. Les Dames de la
fuite de S. M. & la famille de Me de
Mailli eurent l'honneur de manger avec
la Reine ; fa Maifon y fut fervie avec
beaucoup d'ordre. Après diné S. M. rentra
dans l'Abbaye pour affifter à la Bene-
'diction du S. Sacrement , où l'Abbé de
S. Hermine , fon Aumônier en quartier
officia . L'Eglife étoit magnifiquement or
née , & la beauté du Temple relevée par
une très belle grille, attira l'admiration de
toutes les perfonnes qui y entrerent . Au
fortir du falut , la Reine fut reconduite à
la Porte par Me l'Abbeffe & par fa Com-
2
munauté.
Le
DECEMBRE. 1730. 2753
Le 2. de ce mois , le Roi & la Reine
revinrent à Verfailles du Château de'
Marli , & le même jour la Cour quitta
le deuil qu'on avoit pris pour la mort
du Roi de Danemark.
Le 3. premier Dimanche de l'Avent ,
pendant la Meffe du Roi , l'Evêque de
Digne prêta ferment de fidelité entre les
mains de S. M. L'après -midi , le Roi &
la Reine , accompagnés du Duc d'Orléans
& du Duc du Maine , entendirent
te fermon du Pere Cotonay , de la Compagnie
de Jefus .
Le 4. M. Chirac , que le Roi a nommé
fon Premier Medecin , prêta ferment
de fidelité entre les mains de S. M..
La Reine alla à l'Abbaye de Poiffi
où elle entendit la Meffe avec une pieté
édifiante ; on y chanta plufieurs Morets;
enfuite S. M. vifita les lieux réguliers
de ce refpectable Monaftere , & remarqua
en particulier la magnificence du
Refectoire , où s'eft tenu le fameux Colloque
de Poiffi. Elle fortit pour aller diner
chez Me la Comteffe de Mailly , dans
l'enceinte de la Maiſon. Les Dames de la
fuite de S. M. & la famille de Me de
Mailli eurent l'honneur de manger avec
la Reine ; fa Maifon y fut fervie avec
beaucoup d'ordre. Après diné S. M. rentra
dans l'Abbaye pour affifter à la Bene-
'diction du S. Sacrement , où l'Abbé de
S. Hermine , fon Aumônier en quartier
officia . L'Eglife étoit magnifiquement or
née , & la beauté du Temple relevée par
une très belle grille, attira l'admiration de
toutes les perfonnes qui y entrerent . Au
fortir du falut , la Reine fut reconduite à
la Porte par Me l'Abbeffe & par fa Com-
2
munauté.
Le
DECEMBRE. 1730. 2753
Le 2. de ce mois , le Roi & la Reine
revinrent à Verfailles du Château de'
Marli , & le même jour la Cour quitta
le deuil qu'on avoit pris pour la mort
du Roi de Danemark.
Le 3. premier Dimanche de l'Avent ,
pendant la Meffe du Roi , l'Evêque de
Digne prêta ferment de fidelité entre les
mains de S. M. L'après -midi , le Roi &
la Reine , accompagnés du Duc d'Orléans
& du Duc du Maine , entendirent
te fermon du Pere Cotonay , de la Compagnie
de Jefus .
Le 4. M. Chirac , que le Roi a nommé
fon Premier Medecin , prêta ferment
de fidelité entre les mains de S. M..
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Résumé : « Le 30. Novembre, Fête de S. André, la Reine alla à l'Abbaye de Poissi, [...] »
Le 2 novembre, la Reine visita l'Abbaye de Poissy pour la fête de Saint-André. Elle assista à la messe, visita les lieux de l'abbaye, et admira le réfectoire où eut lieu le Colloque de Poissy. Ensuite, elle dîna chez la Comtesse de Mailly en compagnie des Dames de sa suite et de la famille de la Comtesse. Après le dîner, elle retourna à l'abbaye pour la bénédiction du Saint-Sacrement, officiée par l'Abbé de Saint-Hermine. Le 2 décembre, le Roi et la Reine revinrent à Versailles depuis le Château de Marly, marquant la fin du deuil pour la mort du Roi de Danemark. Le 3 décembre, l'Évêque de Digne prêta serment de fidélité au Roi pendant la messe. L'après-midi, le Roi et la Reine écoutèrent un sermon du Père Cotonay. Le 4 décembre, M. Chirac, nommé Premier Médecin du Roi, prêta serment de fidélité.
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1984
p. 2753-2755
Entrée publique & Audience du Roy, de l'Ambassadeur de Venise, [titre d'après la table]
Début :
Le 3. de ce mois, M. Aluise Mocenigo, Ambassadeur Ordinaire de la République [...]
Mots clefs :
Ambassadeur de Venise, Roi, Reine, Chevalier, Comte, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée publique & Audience du Roy, de l'Ambassadeur de Venise, [titre d'après la table]
Le 3. de ce mois , M. Aluife Mocenigo ,
Ambaffadeur Ordinaire de la Républi
que de Venife , fit fon Entrée publique
dans la Ville de Paris. Le Maréchal de
Roquelaure & le Chevalier de Sainctor ,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent
le prendre dans les Caroffes du Roi &
de la Reine au Convent de Picpus , d'où
la Marche fe fit dans l'ordre fuivant : le
Caroffe de l'Introducteur , le Caroffe du
Maréchal de Roquelaure , précedés de
fon Ecuyer & de deux Pages à cheval ;
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la
SAL. Vol. livrés
2754 MERCURE DE FRANCE
livrée de l'Ambaffadeur à pied , fix Officiers
à cheval , deux Ecuyers & fix Pages.
à cheval , le Caroffe du Roi , aux côtés
duquel marchoient la livrée du Maréchal
de Roquelaure & celle du Chevalier de
Sainctor ; le Caroffe de la Reine , celui
de Madame la Ducheffe d'Orleans ,
Douairiere , ceux du Duc d'Orleans , de
la Ducheffe de Bourbon
J
"
> Douairiere
du Duc de Bourbon , de la Ducheffe de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princeffe de
Conti , Douairiere , de la Princeffe de
Conti , Seconde Douairiere , de la Princeffe
de Conti , Troifiéme Douairiere ,
du Prince de Conti , du Duc & de la
Ducheffe du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte & de
la Comteffe de Touloufe , & celui de M.
Chauvelin , Garde des Sceaux , Miniftre
& Secretaire d'Etat , ayant le département
des affaires étrangeres , & à unc
diſtance de 30 à 40. pas , un Suiffe de
l'Ambaffadeur marchant à cheval devant
fes quatre Caroffes.
part
Après qu'il fut arrivé à fon Hôtel , if
fut complimenté de la
du Roi par
le Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre , de lapart
de
la Reine par le Comte de Teffé , fon
Premier Ecuyer , & de la part de Mada-
1. Vol. me
DECEMBRE . 1730. 2755
me la Ducheffe d'Orleans , Douairiere
par le Marquis de Crevecoeur , fon Premier
Ecuyer.
Le 5. le Prince de Pons & le Chevalier
de Sainctot , Introducteur des Ambaffadeurs
, allerent prendre l'Ambaffadeur
en fon Hôtel dans les Caroffes du
Roi & de la Reine , & le conduifirent à
Verſailles , où il eut fa premiere audiance
publique du Roi. Il trouva à fon paffage
dans l'avant court du Château les Compagnies
des Gardes Françoifes & Suiffes
fous les armes , les tambours appellant ;
dans la Cour les Gardes de la Porte &
ceux de la Prevôté fous les armes à leurs
poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent Suiffes en habits de cerémonie , la
hallebarde à la main . Il fut reçû en dedans
de la Salle des Gardes par le Duc
d'Harcourt , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye & fous les
armes. Après l'audience du Roi , l'Ambaffadeur
fut conduit à celle de la Reine
& de Monfeigneur le Dauphin par le
Prince de Pons & le Chevalier de Sainctot.
I alla à ces Audiences en Robe
conformément à l'uſage des Ambaſſadeurs
de Venife , & après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris par le Chevalier de Sainctot dans
les Caroffes de L. M. avec les cerémonies
accoutumées .
Ambaffadeur Ordinaire de la Républi
que de Venife , fit fon Entrée publique
dans la Ville de Paris. Le Maréchal de
Roquelaure & le Chevalier de Sainctor ,
Introducteur des Ambaffadeurs , allerent
le prendre dans les Caroffes du Roi &
de la Reine au Convent de Picpus , d'où
la Marche fe fit dans l'ordre fuivant : le
Caroffe de l'Introducteur , le Caroffe du
Maréchal de Roquelaure , précedés de
fon Ecuyer & de deux Pages à cheval ;
un Suiffe de l'Ambaffadeur à cheval , la
SAL. Vol. livrés
2754 MERCURE DE FRANCE
livrée de l'Ambaffadeur à pied , fix Officiers
à cheval , deux Ecuyers & fix Pages.
à cheval , le Caroffe du Roi , aux côtés
duquel marchoient la livrée du Maréchal
de Roquelaure & celle du Chevalier de
Sainctor ; le Caroffe de la Reine , celui
de Madame la Ducheffe d'Orleans ,
Douairiere , ceux du Duc d'Orleans , de
la Ducheffe de Bourbon
J
"
> Douairiere
du Duc de Bourbon , de la Ducheffe de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princeffe de
Conti , Douairiere , de la Princeffe de
Conti , Seconde Douairiere , de la Princeffe
de Conti , Troifiéme Douairiere ,
du Prince de Conti , du Duc & de la
Ducheffe du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte & de
la Comteffe de Touloufe , & celui de M.
Chauvelin , Garde des Sceaux , Miniftre
& Secretaire d'Etat , ayant le département
des affaires étrangeres , & à unc
diſtance de 30 à 40. pas , un Suiffe de
l'Ambaffadeur marchant à cheval devant
fes quatre Caroffes.
part
Après qu'il fut arrivé à fon Hôtel , if
fut complimenté de la
du Roi par
le Duc de Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre , de lapart
de
la Reine par le Comte de Teffé , fon
Premier Ecuyer , & de la part de Mada-
1. Vol. me
DECEMBRE . 1730. 2755
me la Ducheffe d'Orleans , Douairiere
par le Marquis de Crevecoeur , fon Premier
Ecuyer.
Le 5. le Prince de Pons & le Chevalier
de Sainctot , Introducteur des Ambaffadeurs
, allerent prendre l'Ambaffadeur
en fon Hôtel dans les Caroffes du
Roi & de la Reine , & le conduifirent à
Verſailles , où il eut fa premiere audiance
publique du Roi. Il trouva à fon paffage
dans l'avant court du Château les Compagnies
des Gardes Françoifes & Suiffes
fous les armes , les tambours appellant ;
dans la Cour les Gardes de la Porte &
ceux de la Prevôté fous les armes à leurs
poftes ordinaires , & fur l'efcalier les
Cent Suiffes en habits de cerémonie , la
hallebarde à la main . Il fut reçû en dedans
de la Salle des Gardes par le Duc
d'Harcourt , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye & fous les
armes. Après l'audience du Roi , l'Ambaffadeur
fut conduit à celle de la Reine
& de Monfeigneur le Dauphin par le
Prince de Pons & le Chevalier de Sainctot.
I alla à ces Audiences en Robe
conformément à l'uſage des Ambaſſadeurs
de Venife , & après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris par le Chevalier de Sainctot dans
les Caroffes de L. M. avec les cerémonies
accoutumées .
Fermer
Résumé : Entrée publique & Audience du Roy, de l'Ambassadeur de Venise, [titre d'après la table]
Le 3 décembre 1730, M. Alvise Mocenigo, ambassadeur de la République de Venise, arriva à Paris. Il fut accueilli par le maréchal de Roquelaure et le chevalier de Sainctot, qui l'escortèrent jusqu'à son hôtel dans un cortège cérémoniel comprenant des carrosses du roi, de la reine, de Madame la duchesse d'Orléans douairière, du duc d'Orléans et d'autres nobles. À son arrivée, Mocenigo reçut des compliments de représentants royaux. Le 5 décembre, le prince de Pons et le chevalier de Sainctot conduisirent l'ambassadeur à Versailles pour sa première audience publique avec le roi. Les Gardes Françaises et Suisses étaient sous les armes, et les Cent Suisses en habits de cérémonie l'attendaient sur l'escalier. Après l'audience, Mocenigo fut reçu par la reine et le Dauphin. Il porta une robe conforme à l'usage des ambassadeurs vénitiens et fut reconduit à Paris par le chevalier de Sainctot avec les cérémonies habituelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1985
p. 2756-2760
« Le 4. de ce mois, jour de la naissance de la Princesse des Asturies, les Ambassadeurs [...] »
Début :
Le 4. de ce mois, jour de la naissance de la Princesse des Asturies, les Ambassadeurs [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Concert, Musique, Symphonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 4. de ce mois, jour de la naissance de la Princesse des Asturies, les Ambassadeurs [...] »
Le 4. de ce mois , jour de la naiſſance
de la Princeffe des Afturies , les Ambaffadeurs
du Roi Catholique en France , les
Grands d'Efpagne & les Chevaliers de la
Toifon d'or qui font à Paris , allerent le
matin au Convent des Carmelites baifer
la main à la Reine d'Efpagne , Veuve du
Roi Louis I. Les Dames y allerent l'aprèsmidi.
Le 11. jour de la naiffance de la Reine
d'Espagne , qui entroit dans fa 22. année,
S. M. reçut les mêmes complimens des
mêmes Seigneurs & Dames.
La troifiéme Charge de Garde du Tréfor
Royal qui avoit été fupprimée , a été
rétablie en faveur de M. Paris de Montmartel
, lequel ayoit déja poffedé cetto:
Charge.
Le Roi a accordé à M. Samuel Bernard
, Comte de Coubert , un Brevet de
Confeiller d'Etat.
S. M. a auffi accordé l'agrément de la
Charge de Préfident à Mortier , vacante
par la mort de M. Amelot de Gournay ,
M. Molé , Confeiller au Parlement.
Les Mercuriales du Parlement fe firent
le 29. du mois dernier à la maniere accoûtumée.
Le Premier Préfident & le Pro-
1. Vol. cureur
DECEMBRE. 1730. 2757
cureur General y parlerent avec beaucoup
d'éloquence : le premier fur la Cenfure de
foi-même , qualité effentielle dans un Magiftrat
, & le fecond fur le Respect humain ,
écueil le plus dangereux pour un Magiftrat
Le Duc d'Orleans a donné entre les
mains du Roi la démiffion de ſa Charge
de Colonel General de l'Infanterie Francoife
, qui avoit été fupprimée en 1639.
à la mort du Duc d'Epernon , & rétablie
en 1721. en faveur de S. A. S.
Le Marquis de Themines , ci - devant
Chevalier de Malte , qui avoit une Ab.
baye de 3000. livres de revenu , ayant
demandé au Duc d'Orleans avant la celé
bration de fon mariage P'agrément pour
entrer dans l'Ordre de S. Lazare , afin de
pouvoir conferver ce Benefice , ce Prince
a mieux aimé lui accorder une penfion
de pareille fomme , & l'a obligé de don
ner la démiffion du Benefice dont il joüif
foit.
"
Le 9. de gé mois , le Prince de Rohan
fit recevoir & prêter ferment à M. le
Comte de Gadagne de fa Charge de Gui
don des Gendarmes de la Garde du Roi.
On écrit de Chamberi que l'air de
cette Ville eft contraire à la fanté du Roi
Victor , pere du Roi de Sardaigne , actuellement
I. -Vol.
2758 MERCURE DË FRANCË
tuellement regnant , & que ce Prince
pourra retourner à Turin occuper l'ancien
Palais de la Ducheffe Douairiere de Savoye
, fa mere , pendant l'Hyver , & paffer
le Printems & l'Eté à Alexandrie ¿
où l'air eft très pur.
Le 22. Novembre , M. de Blamont , Sur-Intendant
de la Mufique du Roi , fit chanter
à Marly le fecond & troifiéme acte de fon
Balet des Fêtes Grecques & Rómainės , le fieur
Guignon , fameux joueur de Violon , executa ur
Concerto de fa compofition qui fut très applaudis
l'heure du fouper du Roi empêcha qu'il ne fut
achevé , & la Reine ordonna qu'il fut réjoué au
premier Concert.
Le 25. la Reine fe rendit au Salon de la Mufique
, où le fieur Guignon joüa feul deux Sonnates
qui firent beaucoup de plaifir à S. M. il fut accompagné
du Clavecin par M. de Blamont , &
de la Viole par le fieur Dampierre , le Roi demanda
enfuite qu'on jouat le Printemps de Vi
valdi , qui eft une excelente Piece de fimphonie ,
& comme les Muficiens du Roi ne fe trouvent pas
ordinairement à ce Concert,le Prince de Dombes,
le Comte d'Eu, & plufieurs autres Seigneurs de la
Cour , voulurent bien accompagner le fieur Gui
gnon , pour ne pas priver S. M. d'entendre cette
belle Piece de fimphonie qui fut parfaitement bien
executée.
Le 27. on chanta le divertiffement d'Erato ,
ainfi qu'il a été joué à l'Academie Royale de Mufique.
La Dlle. Antier chanta le Rolle de Junon ,
le fieur Dangerville celui d'Apollon , & la Dlle .
Lenner chanta celui d'une Baccante.
Le 29. on chanta à Marly le prologue & le
4. Vol premier
DECEMBRE 1730. 2759
premier Acte de Bellerophon ; les Dlles. Antier
& Lenner , chanterent les Rolles de Stenobée &
de la Princeffe ; les fieurs Boutelou & Godeneche
, ceux de Bellerophon & du Roi.
Le 4. & le 6. Decembre on continua le même
Opera avee beaucoup de fuccès , le fieur Dangerville
y chanta le Rolle d'Amiodar.
Le 11. on chanta dans les grands appartemens
du Château de Verfailles , le premier Acte d'Armide
, dont le principal Rolle fut chanté par la
Dlle. Antier , & celui d'Hidraot, par le fieur Dangerville.
Le 13. & le 18. on chanta le même Opera ; le
fieur le Prince chanta le Rolle de Renaud, le fieur
d'Aigremont celui d'Artemidore , & les Diles,
Barbier & Courvafier ceux de Bergere & de
Nymphe.
Le 8. jour Fête de la Conception , il y eut
Concert fpirituel au Château des Tuilleries : if
commença par Exultate jufti , Moret de M. de la
Lande , les Dlles. Erremens , le Maure & Petit
Pas , chanterent chacune une Cantatille avec ac
compagnement , qui firent beaucoup de plaifir ;"
le fieur Bordicio , habile Muficien Italien , chanta
deux Arietes qui furent goutées par ceux qui ai
ment cette forte de chant ; le Motet Confitebor
termina le Concert qui fut precedé de plufieurs
Pieces de fimphonie , executées par les fieurs Leller
& Blavet.
Le 13. & 20. il y eut Concert François; toute la
fimphonie executa une fuite d'Airs de Noëls anciens
& nouveaux, qui furent très goûtés ; le même
Muficien Italien chanta deux Arietes , & on finit
par le Motet Exultabo te Deus.
Le 24. & le 25. jour de la veille & fête de Noël,
il y eut Concert fpirituel , on y joüa encore une
fuite d'Airs des plus beaux Noëls , avec Violons
I. Vol. Flutes
2460 MERCURE DE FRANCE
Flutes , Hautbois, & Mufettes. La Dlle. le Maure
chanta feule un petit Motet , Hodiè Chriftus natus
eft , avec beaucoup de précifion , le Concert
de ces deux jours fut terminé par un Motet de
M. de la L'ande .
Le 24. de ce mois , veille de la fête de la Nati
vité de N. S. le Roi revêtu du Grand Collier dé
l'ordre du S. Efprit , fe rendit à la Chapelle du
Château de Verfailles , où S. M. communia par
les mains du Cardinal de Rohan , Grand Aumônier
de France : enfuite le Roi toucha un grand
nombre de malades .
Le même jour , la Reine entendit la Meffe dans
la même Chapelle , & S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , fon Grand Aumônier.
L'après midi, le Roi & la Reine entendirent les
premieres Vêpres chantées par la Mufique , aufquelles
l'Evêque de Tarbe officia
Le 25. jour de la Fête , le Roi & la Reine , qui
après avoir afifté aux Matines avoient entendu
à minuit trois Meffes , affifterent le matin à la
grande Meffe , celebrée pontificalement par l'Evêque
de Tarbes .
L'après midi , L. M. accompagnées du Prince
de Conty , du Prince de Dombes & du Comte
d'Eu , entendirent la Prédication du P. Cotonay ,
de la Compagnie de Jefus , & enfuite les Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles le même
Prélat officia.
de la Princeffe des Afturies , les Ambaffadeurs
du Roi Catholique en France , les
Grands d'Efpagne & les Chevaliers de la
Toifon d'or qui font à Paris , allerent le
matin au Convent des Carmelites baifer
la main à la Reine d'Efpagne , Veuve du
Roi Louis I. Les Dames y allerent l'aprèsmidi.
Le 11. jour de la naiffance de la Reine
d'Espagne , qui entroit dans fa 22. année,
S. M. reçut les mêmes complimens des
mêmes Seigneurs & Dames.
La troifiéme Charge de Garde du Tréfor
Royal qui avoit été fupprimée , a été
rétablie en faveur de M. Paris de Montmartel
, lequel ayoit déja poffedé cetto:
Charge.
Le Roi a accordé à M. Samuel Bernard
, Comte de Coubert , un Brevet de
Confeiller d'Etat.
S. M. a auffi accordé l'agrément de la
Charge de Préfident à Mortier , vacante
par la mort de M. Amelot de Gournay ,
M. Molé , Confeiller au Parlement.
Les Mercuriales du Parlement fe firent
le 29. du mois dernier à la maniere accoûtumée.
Le Premier Préfident & le Pro-
1. Vol. cureur
DECEMBRE. 1730. 2757
cureur General y parlerent avec beaucoup
d'éloquence : le premier fur la Cenfure de
foi-même , qualité effentielle dans un Magiftrat
, & le fecond fur le Respect humain ,
écueil le plus dangereux pour un Magiftrat
Le Duc d'Orleans a donné entre les
mains du Roi la démiffion de ſa Charge
de Colonel General de l'Infanterie Francoife
, qui avoit été fupprimée en 1639.
à la mort du Duc d'Epernon , & rétablie
en 1721. en faveur de S. A. S.
Le Marquis de Themines , ci - devant
Chevalier de Malte , qui avoit une Ab.
baye de 3000. livres de revenu , ayant
demandé au Duc d'Orleans avant la celé
bration de fon mariage P'agrément pour
entrer dans l'Ordre de S. Lazare , afin de
pouvoir conferver ce Benefice , ce Prince
a mieux aimé lui accorder une penfion
de pareille fomme , & l'a obligé de don
ner la démiffion du Benefice dont il joüif
foit.
"
Le 9. de gé mois , le Prince de Rohan
fit recevoir & prêter ferment à M. le
Comte de Gadagne de fa Charge de Gui
don des Gendarmes de la Garde du Roi.
On écrit de Chamberi que l'air de
cette Ville eft contraire à la fanté du Roi
Victor , pere du Roi de Sardaigne , actuellement
I. -Vol.
2758 MERCURE DË FRANCË
tuellement regnant , & que ce Prince
pourra retourner à Turin occuper l'ancien
Palais de la Ducheffe Douairiere de Savoye
, fa mere , pendant l'Hyver , & paffer
le Printems & l'Eté à Alexandrie ¿
où l'air eft très pur.
Le 22. Novembre , M. de Blamont , Sur-Intendant
de la Mufique du Roi , fit chanter
à Marly le fecond & troifiéme acte de fon
Balet des Fêtes Grecques & Rómainės , le fieur
Guignon , fameux joueur de Violon , executa ur
Concerto de fa compofition qui fut très applaudis
l'heure du fouper du Roi empêcha qu'il ne fut
achevé , & la Reine ordonna qu'il fut réjoué au
premier Concert.
Le 25. la Reine fe rendit au Salon de la Mufique
, où le fieur Guignon joüa feul deux Sonnates
qui firent beaucoup de plaifir à S. M. il fut accompagné
du Clavecin par M. de Blamont , &
de la Viole par le fieur Dampierre , le Roi demanda
enfuite qu'on jouat le Printemps de Vi
valdi , qui eft une excelente Piece de fimphonie ,
& comme les Muficiens du Roi ne fe trouvent pas
ordinairement à ce Concert,le Prince de Dombes,
le Comte d'Eu, & plufieurs autres Seigneurs de la
Cour , voulurent bien accompagner le fieur Gui
gnon , pour ne pas priver S. M. d'entendre cette
belle Piece de fimphonie qui fut parfaitement bien
executée.
Le 27. on chanta le divertiffement d'Erato ,
ainfi qu'il a été joué à l'Academie Royale de Mufique.
La Dlle. Antier chanta le Rolle de Junon ,
le fieur Dangerville celui d'Apollon , & la Dlle .
Lenner chanta celui d'une Baccante.
Le 29. on chanta à Marly le prologue & le
4. Vol premier
DECEMBRE 1730. 2759
premier Acte de Bellerophon ; les Dlles. Antier
& Lenner , chanterent les Rolles de Stenobée &
de la Princeffe ; les fieurs Boutelou & Godeneche
, ceux de Bellerophon & du Roi.
Le 4. & le 6. Decembre on continua le même
Opera avee beaucoup de fuccès , le fieur Dangerville
y chanta le Rolle d'Amiodar.
Le 11. on chanta dans les grands appartemens
du Château de Verfailles , le premier Acte d'Armide
, dont le principal Rolle fut chanté par la
Dlle. Antier , & celui d'Hidraot, par le fieur Dangerville.
Le 13. & le 18. on chanta le même Opera ; le
fieur le Prince chanta le Rolle de Renaud, le fieur
d'Aigremont celui d'Artemidore , & les Diles,
Barbier & Courvafier ceux de Bergere & de
Nymphe.
Le 8. jour Fête de la Conception , il y eut
Concert fpirituel au Château des Tuilleries : if
commença par Exultate jufti , Moret de M. de la
Lande , les Dlles. Erremens , le Maure & Petit
Pas , chanterent chacune une Cantatille avec ac
compagnement , qui firent beaucoup de plaifir ;"
le fieur Bordicio , habile Muficien Italien , chanta
deux Arietes qui furent goutées par ceux qui ai
ment cette forte de chant ; le Motet Confitebor
termina le Concert qui fut precedé de plufieurs
Pieces de fimphonie , executées par les fieurs Leller
& Blavet.
Le 13. & 20. il y eut Concert François; toute la
fimphonie executa une fuite d'Airs de Noëls anciens
& nouveaux, qui furent très goûtés ; le même
Muficien Italien chanta deux Arietes , & on finit
par le Motet Exultabo te Deus.
Le 24. & le 25. jour de la veille & fête de Noël,
il y eut Concert fpirituel , on y joüa encore une
fuite d'Airs des plus beaux Noëls , avec Violons
I. Vol. Flutes
2460 MERCURE DE FRANCE
Flutes , Hautbois, & Mufettes. La Dlle. le Maure
chanta feule un petit Motet , Hodiè Chriftus natus
eft , avec beaucoup de précifion , le Concert
de ces deux jours fut terminé par un Motet de
M. de la L'ande .
Le 24. de ce mois , veille de la fête de la Nati
vité de N. S. le Roi revêtu du Grand Collier dé
l'ordre du S. Efprit , fe rendit à la Chapelle du
Château de Verfailles , où S. M. communia par
les mains du Cardinal de Rohan , Grand Aumônier
de France : enfuite le Roi toucha un grand
nombre de malades .
Le même jour , la Reine entendit la Meffe dans
la même Chapelle , & S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , fon Grand Aumônier.
L'après midi, le Roi & la Reine entendirent les
premieres Vêpres chantées par la Mufique , aufquelles
l'Evêque de Tarbe officia
Le 25. jour de la Fête , le Roi & la Reine , qui
après avoir afifté aux Matines avoient entendu
à minuit trois Meffes , affifterent le matin à la
grande Meffe , celebrée pontificalement par l'Evêque
de Tarbes .
L'après midi , L. M. accompagnées du Prince
de Conty , du Prince de Dombes & du Comte
d'Eu , entendirent la Prédication du P. Cotonay ,
de la Compagnie de Jefus , & enfuite les Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles le même
Prélat officia.
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Résumé : « Le 4. de ce mois, jour de la naissance de la Princesse des Asturies, les Ambassadeurs [...] »
En décembre 1730, plusieurs événements significatifs se sont déroulés à la cour de France. Le 4 décembre, les ambassadeurs du Roi Catholique, les Grands d'Espagne et les Chevaliers de la Toison d'or ont rendu hommage à la Reine d'Espagne, veuve du Roi Louis I, à l'occasion de la naissance de la Princesse des Asturies. Le 11 décembre, la Reine d'Espagne, âgée de 22 ans, a de nouveau reçu ces hommages. Le Roi a rétabli la charge de Garde du Trésor Royal en faveur de M. Paris de Montmartel et a accordé un brevet de Conseiller d'État à M. Samuel Bernard, Comte de Coubert. La charge de Président à Mortier, vacante après la mort de M. Amelot de Gournay, a été attribuée à M. Molé, Conseiller au Parlement. Les Mercuriales du Parlement ont eu lieu le 29 novembre, avec des discours sur la censure de soi-même et le respect humain. Le Duc d'Orléans a démissionné de sa charge de Colonel Général de l'Infanterie Française, tandis que le Marquis de Themines a reçu une pension pour conserver son bénéfice. Le 9 décembre, le Comte de Gadagne a été investi de la charge de Guidon des Gendarmes de la Garde du Roi. Des événements musicaux ont également marqué ce mois, notamment des concerts et des représentations d'opéras à Marly et Versailles, avec des interventions de musiciens renommés comme le sieur Guignon et la demoiselle Antier. Le 24 décembre, le Roi a communié et touché des malades à Versailles, tandis que la Reine a assisté à la messe. Le 25 décembre, le Roi et la Reine ont participé aux célébrations de la fête de Noël, incluant des matines, des messes et des vêpres.
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1986
p. 2760-2762
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
L'Abbaye d'Abfie, Ordre de S. Benoist, Diocése [...]
Mots clefs :
Abbaye, Roi, Bénéfices donnés, Bénéfices
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
BENEFICES
L'
DONNEZ
par le Roy.
'Abbaye d'Abfie , Ordre, de S. Benoift , Dio
céfe de la Rochelle , vacante par le décès de
M. de la Vieuville à l'Evêque de Châlons fur
Saone , à la charge de 800. livres de penfion
T. Vol. pour
DECEMBRE. 1730. 2761
pour le fieur Taflin , & 700. livres au fieur Dis
gaultray.
Celle de S. Florent -lès- Saumur,Ordre de faint
Benoist,Diocéfe d'Angers,vacante par la démiffion
du fieur Abbé de Thiard de Biffi , à la charge
de 1200. livres de penfion , pour le fieur Maille
de Carman , en faveur de l'Abbé de Forbin d'Opede
, Aumônier du Roi.
Celle de Vierzon , Ordre de S. Benoist , Diocéte
de Bourges , vacante par le décès du dernier
Titulaire , en faveur du fieur Bovenic de Bec de
Lievre.
Celle de Beaugency , Ordre de S. Auguftin
Diocéfe d'Orleans , vacante par le décès du fieur
Souving , en faveur du fieur Gedoyn , de l'Aca
demie Françoife.
Celle de S. Acheüil , Ordre de S. Auguftin ,
Diocéfe d'Amiens , vacante par le décès du fieur .
de Montbrifeuil , en faveur du fieur de Leftocq ,
Vicaire General d'Amiens.
Celle de S. Thibery , Ordre de S. Benoit ,Diocéfe
d'Agde , vacante par le décès du fieur Paris,
en faveur de Dom Simoneau , Religieux de l'Ordre
de Citeaux , à la charge de soo. livres dé
penfion pour le fieur Crevel.
. Celle d'Andres , Ordre de S. Benoift , Diocéfe
de Boulogne , vacante par le décés du fieur Tiberge
, en faveur du fieur de Luffan.
Celle de S. André le Hault , Ordre de S. Benoift
, Ville & Diocéfe de Vienne , vacante par le
décès de la Dame Charpin, en faveur de la Dame
de By de Vallier .
La Coadjutorerie de l'Abbaye de Liqueux
pour la Dame de Beaupoil de S. Aulaire.
Le Prieuré de Chavanon , Ordre de Grandmont
, Diocéfe de Clermont , vacant par le décès
du dernier Titulaire , en faveur du fieur Olivier.
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de Citeaux ,
1. Vol ...Diocéle
2762 MERCURE DE FRANCE
Diocéfe de Sens , vacante par le décés de M. de
Chavigny , Archevêque de Sens , en faveur de
M. l'ancien Evêque de Troyes,
Celle de Beaulieu,Ordre de S. Auguftin, dite de
Boulogne , vacante par la démiffion de M. Madot
, Evêque de Châlons , en faveur du fieur de
Courteillés .
Celle de Tonnay- Charente , Ordre de S. Benoift
, Diocéfe de Saintes , vacante par le décés
du hieur du Solier , en faveur du fieur Giemare,
Chanoine de Lizieux.
L'Archevêché de Sens a été donné à l'Evêque
de Soiffons.
L'
DONNEZ
par le Roy.
'Abbaye d'Abfie , Ordre, de S. Benoift , Dio
céfe de la Rochelle , vacante par le décès de
M. de la Vieuville à l'Evêque de Châlons fur
Saone , à la charge de 800. livres de penfion
T. Vol. pour
DECEMBRE. 1730. 2761
pour le fieur Taflin , & 700. livres au fieur Dis
gaultray.
Celle de S. Florent -lès- Saumur,Ordre de faint
Benoist,Diocéfe d'Angers,vacante par la démiffion
du fieur Abbé de Thiard de Biffi , à la charge
de 1200. livres de penfion , pour le fieur Maille
de Carman , en faveur de l'Abbé de Forbin d'Opede
, Aumônier du Roi.
Celle de Vierzon , Ordre de S. Benoist , Diocéte
de Bourges , vacante par le décès du dernier
Titulaire , en faveur du fieur Bovenic de Bec de
Lievre.
Celle de Beaugency , Ordre de S. Auguftin
Diocéfe d'Orleans , vacante par le décès du fieur
Souving , en faveur du fieur Gedoyn , de l'Aca
demie Françoife.
Celle de S. Acheüil , Ordre de S. Auguftin ,
Diocéfe d'Amiens , vacante par le décès du fieur .
de Montbrifeuil , en faveur du fieur de Leftocq ,
Vicaire General d'Amiens.
Celle de S. Thibery , Ordre de S. Benoit ,Diocéfe
d'Agde , vacante par le décès du fieur Paris,
en faveur de Dom Simoneau , Religieux de l'Ordre
de Citeaux , à la charge de soo. livres dé
penfion pour le fieur Crevel.
. Celle d'Andres , Ordre de S. Benoift , Diocéfe
de Boulogne , vacante par le décés du fieur Tiberge
, en faveur du fieur de Luffan.
Celle de S. André le Hault , Ordre de S. Benoift
, Ville & Diocéfe de Vienne , vacante par le
décès de la Dame Charpin, en faveur de la Dame
de By de Vallier .
La Coadjutorerie de l'Abbaye de Liqueux
pour la Dame de Beaupoil de S. Aulaire.
Le Prieuré de Chavanon , Ordre de Grandmont
, Diocéfe de Clermont , vacant par le décès
du dernier Titulaire , en faveur du fieur Olivier.
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de Citeaux ,
1. Vol ...Diocéle
2762 MERCURE DE FRANCE
Diocéfe de Sens , vacante par le décés de M. de
Chavigny , Archevêque de Sens , en faveur de
M. l'ancien Evêque de Troyes,
Celle de Beaulieu,Ordre de S. Auguftin, dite de
Boulogne , vacante par la démiffion de M. Madot
, Evêque de Châlons , en faveur du fieur de
Courteillés .
Celle de Tonnay- Charente , Ordre de S. Benoift
, Diocéfe de Saintes , vacante par le décés
du hieur du Solier , en faveur du fieur Giemare,
Chanoine de Lizieux.
L'Archevêché de Sens a été donné à l'Evêque
de Soiffons.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
En décembre 1730, le roi attribue plusieurs bénéfices ecclésiastiques. L'abbaye d'Abfie, diocèse de La Rochelle, est confiée à l'évêque de Châlons-sur-Saône, avec des pensions pour les sieurs Taflin et Disgaultray. L'abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur, diocèse d'Angers, est attribuée à l'abbé de Forbin d'Oppède, avec une pension pour le sieur Maillé de Carman. L'abbaye de Vierzon, diocèse de Bourges, est donnée au sieur Bovenic de Bec de Lièvre. L'abbaye de Beaugency, diocèse d'Orléans, est attribuée au sieur Gedoyn. L'abbaye de Saint-Acheul, diocèse d'Amiens, est confiée au sieur de Leftoq. L'abbaye de Saint-Thibery, diocèse d'Agde, est donnée à Dom Simoneau, avec une pension pour le sieur Crevel. L'abbaye d'Andres, diocèse de Boulogne, est attribuée au sieur de Luffan. L'abbaye de Saint-André-le-Haut, diocèse de Vienne, est confiée à la dame de By de Vallier. La coadjutorerie de l'abbaye de Liqueux est attribuée à la dame de Beaupoil de Saint-Aulaire. Le prieuré de Chavanon, diocèse de Clermont, est donné au sieur Olivier. L'abbaye de Vauluisant, diocèse de Sens, est attribuée à l'ancien évêque de Troyes. L'abbaye de Beaulieu, diocèse de Boulogne, est confiée au sieur de Courteilles. L'abbaye de Tonnay-Charente, diocèse de Saintes, est attribuée au sieur Giemare. Enfin, l'archevêché de Sens est attribué à l'évêque de Soissons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1987
p. 2942-2953
Extrait de plusieurs Lettres de Turquie.
Début :
Le Sultan Achmet IV. après un Regne de 28 ans, vient d'être déposé. Le G. Visir Hibraim [...]
Mots clefs :
Sultan, Ministre, Chefs, Rebelles, Constantinople, Révolte, Vizir, Janissaires, Troupes, Règne
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de plusieurs Lettres de Turquie.
E Sultan Achmet IV. après un Regne de 28
Lans ,vient d'être dépofé. Le G.Vifir Hibraim
Pacha , fon gendre & fon favori, avoit gouverné
PEmpire fous lui pendant douze ans, & connoiffant
le defir du Sultan pour les richeſſes , il n'avoit
rien oublié pour en amaffer ; mais le Kiaia
& les perfonnes qu'il avoit employées pour cela ,
s'étant rendues infupportables par leur orgueil ,
leurs monopoles & leurs véxations ; & le G.Viz.
après avoir amufé long- temps les peuples par
des préparatifs de Guerre , ayant enfin affemblé
une Armée près de Scutari , & mécontenté les
Docteurs de la Loy & les Troupes , qui en general
n'approuvoient pas la Guerre contre les
Perfans , fe défiant d'ailleurs des réfolutions
chancelantes & myfterieufes du Vizir , toutes
ces circonstances animerent un certain Janiffaire ,
furnommé Patrona , Albanois de nation , homme
hardi & intriguant , à entreprendre la Révolution
arrivée le 28 Septembre dernier . Il s'affo-
II. Vel. cia
DECEMBRE. 1730. 2943
cia pour cet effet avec un nommé Emir-Ali , &
fix autres hommes .
Ce jour- là , 28 Septembre , à 8 heures du matin
, ces 8 perfonnes parurent fur la grande Place,
avec une ferme réfolution d'exécuter leur deffein
Ils attacherent au bout d'un bâton un morceau
de vieux Taffetas , en guife de Drapeau ; &
parcourant toute la Place; un criant à haute voix:
Que tout vrai Muſulman devoit fuivre leur parti
& s'affembler dans la grande Place d'Atmeidan ,
pour deffendre le bien public & faire exécuter les
Loix. Delà ils fe rendirent au grand Bezenften ,
qui eft un Place ou Halle , couverte d'un Toît, &
où il y a plus de mille Boutiques, de toutes fortes
de riches Marchandiſes . Ils ordonnerent à l'Inf→
pecteur de cette Place d'en fermer les Portes , &
commanderent la même chofe aux Marchands ,
qui là- deffus fermerent leurs Boutiques & fe retirerent
chez eux. Cette entrepriſe fi hardie ne promettoit
pas une heureuſe iffuë ; neanmoins une
concurrence tacite des habitans de Conftantino .
ple paroiffoit la favorifer plutôt qu'aucun ſe- cours réel.
Quelques autres Janiflaires voyant la hardieffe
de ces Mécontens , en furent émus ; ils ſe joignirent
à eux avec quelques Gebelis , qui font
ceux qui fervent l'Artillerie , & coururent tous
au Marché aux Armes , où ils s'armérent. Ils allerent
enfuite à la Maiſon des Janiſſaires , qui eft
un grand Bâtiment , au milieu de Conftantinople
, partagé en plufieurs Chambres , & où l'on
peut loger quelques milliers de cette Milice : Ils
s'arréterent devant la 1ere & st Chambres,qui en
font les principales , & inviterent les Janiffaires
de fe joindre à eux . Les principaux Officiers de ces
Chambres les avoient abandonnées pour aller au
Rendez -vous , où on avoit porté le Drapeau des •
II. Vol.
Hv Janif
2944 MERCURE DE FRANCE
Janiflaires.Les Chefs de cette Milice & le Chaoux
Bachi , s'étoient auffi retirez , tant pour n'être
pas accufez d'être les Auteurs de cette Révolte
que pour n'être pas obligez de s'opposer aux
Mécontens qui s'étoient partagez en Compagnies
, & avoient pofé des Sentinelles pour la
fureté des Marchands & des grandes Places..
Pendant ce temps là , l'Infpecteur du Bezenften
tâcha à diverſes repriſes de r'ouvrir cette Place
, & d'y faire revenir les Marchands ; il fut fecondé
en cela par diverfes perfonnes , que le Capitan
Pacha , ou Grand Amiral , qui commandoit
en l'abfence du G Viz. lui avoit envoyées
mais inutilement , plufieurs de ces derniers fe
joignirent aux Mécontens,& l'Aga des Janiflairés
étant venu en perfonne , & voyant qu'il étoit
trop tard pour arrêter le mal , jugea à propos.
de fe retirer dans fa Maiſon , & ne parut plus
depuis. Le Kiaia ou Lieute ant du Gr Vizir
qui étoit venu ce jour là à Conftantinople pour
Les affaires particulieres , fut fi faifi d'épouvente à.
la premiere nouvelle de cette émotion , qu'il fe
fauva avec deux de fes confidens , à bord d'un:
pest Bitiment.
Le Capitan Pacha qui étoit dans fon Palais ;
fur le Canal de la Mer Noire , ayant appris la
révolte , vint d'abord à Conftantinople , où il fit
de nouveaux efforts pour faire r'ouvrir le Buzenften
& les Boutiques qui y font . Il tâcha auffi
par toutes fortes de moyens d'appaifer le tumulte,
fans néanmoins y employer la force ; &
voyant que tous fes efforts étoient inutiles , il fe
retira pour aller joindre le Sultan , après avoir
laiffé quelques ordres à l'Arſenal.
Tous les autres Pa has en firent de même. Le
G. V. à la reception de la trifte nouvelle , monta
à cheval , & alla trouver le Sultan qui étoit dans
1.Vol le
DECEMBRE . 1730. 2945
Le Palais de la Sultane Chahige fa foeur , fitué
près de Scutari. On y tint un grand Confeil ,
pour déliberer fur les moyens d'arrêter le progrès
de la révolte.
A l'iffue du Conſeil , le Sultan fe retira dans
fon Serrail , & le foir il partit pour Conftantinople.
On dit qu'à cette occafion la Sultane Chahige
confeilla a fon frere de ne pas permettre que
fes principaux Vizirs abandonnaflent fa perfonne
, parce que , comme il étoit à préfumer que
les Mécontens en vouloient à fes Miniftres ,
pourroit , en les facrifiant à leur vengeance, fe
tirer d'affaires , au cas que le mal fut fans remede.
>"
il
La nouvelle de cette révolte mit tout le Camp
dans une grande confufion & dans la derniere
confternation ; ceux qui poffedoient des Charges
en furent les plus allarmée ; ils fe cacherent
tous , & fans fonger au devoir auquel ils étoient
obligez par leurs Charges , ils abandonnerent lâchement
leurs Maîtres ; enforte que le G. Viz.
lorfqu'il arriva au Serrail n'étoit fuivi que
de fon Ecuyer , de fon Valet de Chambre & de
autres domeftiques . Ce Miniftre fongea d'abord
à employer la force , pour mettre les Rebelles à
la raiſon. Il envoya pour cet effet les Ordres
au Camp pour en faire venir du monde ; mais il
ne put affembler cette nuit que cent perfonnes.
On employa neanmoins quelques Matelots pour
tranfporter du Camp au Serrail le tréfor & les
effets les plus précieux du Sultan.
Quoique les Mécontens fe donnaffent de leur
côté tous les mouvemens poffibles pour augmenter
leur parti , ils ne purent affembler ce jour-là
que 300 hommes , qui pafferent la nuit au lieu de
leur rendez -vous; mais le lendemain leur nombre
augmenta fi confiderablement , u'ils furent bientôt
en état de donner la loy à toute la Ville 3 ils
I L. Vol. Hovi déla
2946 MERCURE DE FRANCE
détacherent plufieurs Compagnies pour ouvrir
toutes les priſons , & délivrer tous les Galeriens;
dans cette confufion quantité d'Efclaves Chréziens
eurent le bonheur d'être mis en liberté.
Les Révoltés voyant que leur entrepriſe avoit
tout le fuccès qu'ils en pouvoient attendre , réfolurent
d'élire un Aga des Janiffaires ; ils choifirent
pour cet effet un nommé Chanefey , homme
hardi,bon Soldat,& qui avoit déja exercé la
Charge d'Aga des Janiflaires dans le Bamat deTemefvar,
mais dont il avoit été privé fous le précédent
Gouvernement; ils choiſirent enfuite les plus
courageux d'entre eux pour remplir les places
vacantes par l'abſence des Officiers des Janiflaires
, qui s'étoient cachés ou qui refufoient de
fuivre leur parti. Ils élurent auffi un Topigi Bachi
, ou Genéral de l'Artillerie ; & s'étant emparés
du grand Etendart , ils le porterent au lieu
de leur Rendez- vous , où ils drefferent leurs Tenzes
, & formerent leur Camp ; après quoi ils pri
rent les mesures convenables pour pourvoir à
la fureté publique , & pouffer à bout leur entreprife
, fi heureufement commencée. Pendant ce
rems là le G. S. ne fe trouvant pas en état d'appaifer
ce tumulte par la force , envoya un de fes
principaux Officiers aux Mécontens , pour leur
demander la raifon de leur révolte , & ce qu'ils
fouhaitoient de S.H. Ils répondirent à cet Offcier
que les malverfations des Miniftres du Sultan
en étoient la caufe , & qu'ils demandoient
qu'on les leur livrât. Sur cette nouvelle , le Grand
Vízir tâcha d'infinuer au Sultan que la demande
que les Mécontens venoient de faire n'étoit
qu'un prétexte pour cacher le deffein qu'ils méditoient
de le détrôner , & peut- être de lui ôter
la vie. S. H. en fut émuë , & fe retira dans le
Harem , ou Appartement des femmes.
11. Velo
DECEMBRE. 1730. 2947
Cependant ce premier Miniftre & le Kiaya
après avoir tenu divers Confeils fur la trifte fitua
tion de leurs affaires , ſe voyant fans reffource ,
réfolurent dans cette extrémité d'avoir recours
l'Etendart de Mahomet , dans l'efperance que le
refpect pour la Religion animeroit le Peuple à
fe ranger par devoir & par affection du côté du
Sultan. Ils arborerent effectivement cet Etendart
fur la deuxième porte du Sérail , & firent faire
de grandes promeffes au Peuple pour l'engager à
prendre les armes contre les Mécontens , en ordonnant
en même- tems aux Topigis ou Canoniers
de venir au Sérail pour le défendre contre
les ennemis de S. H. mais tous leurs efforts furent
inutiles ; l'expofition de l'Etendart imprima
bien quelque venération dans le coeur des habitans
de Conftantinople , fans que perfonne néanmoins
prit les armes pour la défenſe du G. S.
& les Topigis refuferent de le rendre au Sérail .
Les Boftandgis , ou Jardiniers , & les Baltagis
qui fervent de Gardes du Corps auroient été
en état de défendre le Sérail , mais la défunion
fe mit entr'eux ; de forte que le G. Vizir réduit
au defefpoir , couroit comme un infenfé dans le
Sérail , animant tout le monde à prendre les
armes & demandant à chaque inftant fi les
Rebelles ne s'étoient pas encore rendu maîtres
du Sérail . Tout ceci fe paffa le 29. Septembre.
Le 30. les Mécontens firent venir dans leur
armée le Morza Sibelfackiafcher , qui eft un
des Grands Juges de l'Empire que le G. V. avoit
exilé , pour avoir parlé trop librement dans le
Confeil contre les deffeins de ce Miniftre ; ils
le reçurent avec beaucoup de refpect , le reconaurent
pour leur Legiflatcur , & envoyerent enfuite
un Détachement à Topana pour inviter les
Topigis de fe joindre à eux , ce qu'ils firent le
même jour.
La
2948 MERCURE DE FRANCE
<
Le Sultan confera la Charge de Capitan Pacha
, ou Grand- Amiral , à l'Alidy , ou Premier
Capitaine des Vaiffeaux de Guerre , afin de fe
conferver par fon moyen , en cas de beſoin , la
poffeffion de l'Arfenal. Cet Officier accepta ce
grand Emploi , & fit même en cette qualité fon
Entrée à PArfenal , où il fut reçû au bruit de 9.
pieces de Canon de chaque Vaiffeaux de Guerre ;
mais jugeant que la neceffité lui avoit procuré
cet honneur , & prévoyant bien que fon autorité
ne feroit pas de longue durée , il fe retira peu
après , & alla joindre les Mécontens , qui le
confirmerent dans la Charge de Grand- Amiral.
Après qu'il eut pris quelques mefures avec eux ,
il retourna à l'Arfenal , où il fit équiper 4. Galeres
qu'il envoya devant le Sérail , afin d'en couper
la communication , & empêcher l'entrée du
fecours on défendit en même tems fous de
groffes peines d'y porter des vivres , & on ferna
tous les Acqueducs..
D'un autre côté le nouvel Aga des Janiffaires
donna les ordres neceffaires pour procurer l'abondance
dans la Ville ; il mit des Gardes par
tout pour la fûreté des Marchands ,
& pour empêcher
le pillage . I fi: punir feverement ceux
qui contrevenoient à fes ordres .
Cependant le Sultan étoit dans des angoiffes
morte les ; il fe voyoit abandonné de tout le
monde ; & fe trouvant fans reffource , il réfolut
de faire un dernier effort fur l'efprit des Mécontens
, il leur envoya pour cet effet l'Iprizade
& le Mirza Effendi'; mais les Mécontens furent
inexorables , & perfifterent dans la demande qu'ils .
avoient faite des principaux Miniftres , fur quoi
Je Sultan réfolut enfin d'envoyer en prifon le
G. V. le Kiaia & le Capitan Pacha , & i envoya
le Mufti en exil dans une des Iles de l'Archipel.
Le
DECEMBRE. 1730. 2949
Le premier Octobre 7000. Janiffaires , qui
quelques jours auparavant avoient été détachés
pour la Perfe , ayant appris la Revolte , revinrent
fur leurs pas , & allerent joindre l'arméedes
Mécontens. Ils étoient commandés par uns
Pacha à neuës , qui en paffant à Scutari avoit
pris avec lui le prétendu Prince de Perfe , &
l'avoit conduit à l'armée des Rebelles , ou par
honneur on lui donna une Garde. Ce Prince fe
difoit fits aîné du dernier Roi de Perfe ; il étoit
venu à Conftantinople pour demander la protection
de la Porte contre le Prince Thamas fon
frere.
Cependant la confufion continuoit au Sérail ;
des amis du Sultan lui repréſenterent la neceſſité
qu'il y avoit de facrifier fes 3. Miniftres à la
vengeance des Mécontens , comme étant l'unique
moyen d'appaifer leur animofité , & même de
conferver la vie. Sur quoi S. H. ordonna qu'ils
fuffent étranglés , & qu'on envoyar leurs corps
aux Mécontens , ce qui fut executé , & chaque
corps fut mis fur un Chariot attelé de boeufs . On
ne (çauroit exprimer les injures que les Mécontans
vomirent contre ces 3. miferables corps
fur lefques ils exercerent tout ce que la rage leur
pouvoient infpirer ; enfin après avoir affouvi
leur vengeance, ils jetterent le corps du Kiaya dans.
un puits rempli d'immondices , mais aux inſtantes
prieres & aux larmes de la mere du Capitan
Pacha , ils lui rendirent celui de fon fils. Quant:
au corps du G. V les Chefs des Mécontens pu
blierent que le Sultan les avoit trompés , que ce
corps n'étoit pas celui d'Ibrahim Pacha , mais
le corps d'une autre perfonne qui lui reffembloit.
Dans cette croyance les Mécontens attacherent
ce corps
à la queue d'un cheval , & le:
traînerent devant le Sérail auprès d'une magnifi
LL. Vol. que
2950 MERCURE DE FRANCE
que fontaine que le G. V. avoit fait élever , &
le jetterent en proye aux chiens.
Les Chefs des Mécontens qui avoient déja
réfolu de détrôner le Sultan , publierent exprès
que le corps du G.V. étoit un corps fuppofé ,
dans la crainte que l'indulgence que S. H. avoit
euë de facrifier fes plus chers favoris , n'appaifàt
la colere des Soldats. C'eſt ainfi que les 3. premiers
Miniftres de l'Empire Ottoman finirent
miferablement leur vie. On dit que le G. V. appréhendant
d'être livré vif aux Mécontens , s'étoit
empoisonné dans la prifon. On dit auffi que
le Mufti , envoyé par le Sultan en exil dans une
des Inles de l'Archipel , y a été jetté dans la Mer,
de même que le Finfulch Molla , que S. H. y
avoit pareillement exilé.
Les Mécontens ayant obtenu tout ce qu'ils
avoient defiré par rapport aux Miniftres , réfolurent
de mettre en execution le deffein qu'ils
avoient conçu de détrôner le Sultan Achmet , &
de mettre à la place le Sultan Mahmoud , fon
neveu , fils du Sultan Muſtapha , déposé en 1703 .
En confequence de cette réfolution , ce Prince
fut proclamé Empereur le même jour premier
Octobre à 11. heures du foir par toute la Milice.
Dès que le Sultan Achmet eut reçû cette triſte
nouvelle , il donna ordre qu'on fit fortir ce nouveauSultan
de l'Appartement
où il l'avoit fait gar.
der avec foin , & après s'être entretenu quelque
tems avec lui , il le fit entrer dans l'Apartement
Imperial , & fe retira enfuite dans celui qui est
deftiné pour les Sultans déposez.
Après les proclamations du nouvel Empereur
le Seliktar , à qui le Sultan Achmet avoit donné
les Sceaux de l'Empire , fut confirmé par les Méso
ntens dans la Charge de G. V. mais feulement
II. Vol. par
DECEMBRE. 1730. 2951
par provifion & en attendant le retour d'Abdalab
Kuperly , Pacha d'Egypte , qu'ils avoient choifi
pour exercer cette haute dignité.
Les Janniffaires & les autres Troupes , afin de
fe rendre plus formidables , réfolurent enfuite
d'augmenter leur Corps par de nouvelles Recrues;
ce qu'ils commencerent à executer dès cette nuit
même le nombre de ceux qui fe preſentoient
pour être enrollez , fut d'autant plus grand
qu'ils étoient animez par l'efperance de recevoir .
les 15. Piaftres qu'on donne à chaque Janniflaire
à l'avenement au Trône d'un nouveau Sultan.Le
2. le Kul-Kiaya , qui eft chargé de faire entrer
dans les Coffres du G. S. la finance provenant
des droits que les Sujets payent au Souverain , fut
mis en piece par les Mécontens , à cauſe qu'il
avoit repréfenté qu'il ne falloit pas augmenter la
dépenfe du Tréfor Imperial par un plus grand
nombre de Troupes.
Ce jour là & les deux jours fuivans , furent em
ployez à vifiter les Palais des Miniftres & les
Maifons de leurs adherans ; on trouva dans celui
du Kiaya ou Lieutenantt du G. V. des
fommes immenfes , quantité de Vaiffeile d'argent
& beaucoup de Diamans. On chercha par tout le
Reis Effendi ou Grand- Chancelier & plufieurs
autres créatures des Miniftres , fans les trouver.
Les Mécontens ordonnerent aux Changeurs
Arméniens & Juifs, & à diverfes autres perfonnes
qui avoient la réputation de s'être enrichi , de
ne ss'habiller que de drap ou d'étoffe d'une certaine
couleur , & de ne porter à l'avenir que des bas
jaunes , cette couleur étant après le noir , celle
que les Turcs ont le plus en horreur. Cet ordre
fut executé avec beaucoup de rigueur envers
ceux qui y contrevenoient , leurs habits ayant été
arrachez de leurs corps & déchirez en pleine rue.
I I. Vol. Pendant
2952 MERCURE DE FRANCE
Pendant ce tems-là le nouveau Sultan ayant fouhaité
de voir les principaux Chefs des Mécontens,
ils les fit venir , & après leur avoir fait diverfes
queftions , il leur offrit de les faire Pachas ; mais
dans la crainte que cet honneur ne leur devint un
jour fatal , ils s'excuferent de l'accepter.
Le 5. Octobre on tint un grand Divan ; le 6.
fe fit le Couronnement du nouveau Sultan , dont
toute la ceremonie confifte à lui mettre le Sabre
d'Othoman au côté , dans la Moſquée d'Ajoub
qui eft à l'extremité du Port. Le Sultan , precedé
des Chefs des Rebelles , s'y rendit avec un magnifique
cortege ; pendant la Marche on jetta de
l'argent au peuple & à la Milice qui étoient rangez
le long des rues. Après cette ceremonie S. H
fe rendit à la Moſquée de Sultan Mahomet , y
fit fa priere du midi , & retourna enfuite au Serrail.
;
Les Chefs des Rebelles,à qui le Sultan avoit fais
prefent de très- beaux chevaux magnifiquement
harnachez , retournerent au Camp , d'où confervant
toujours leur autorité , ils députerent quelques
perfonnes au Sultan , pour le prier de leur
accorder les furetez convenables pour leur vie
ils demanderent aufſi qu'on rafa jufqu'aux fondemens
la belle Maifon de plaifance que le dernier
G. V. avoit fait bâtir fur le Canal de la Mer
Noire , à deux lieues de Conftantinople , dont
ce Miniftre fe fervoit pour fes plaifirs . Le premier
Chef des Rebelles nommé Patrona, alla ce jour là.
voir le G.V. qui le reçut très gracieuſement, fans
l'obliger à aucune des foumiffions que ce Minif
tre exige même des plus Grands de l'Empire , &
le fit mettre à fes côtez.
Le 7. on confera divers emplois : le Teftherdar
ou Chef des Finances , fut confirmé dans
cette Charge : Miri- Alem , qui eft en faveur au-
II. Vol. près
DECEMBRE. 1730. 2953
près de la Sultane Validé , Mere du Sultan regnant
, fut fait Kiaia , & l'on rétablit le Sulelm
qui eft fort aimé des Troupes , dans la Charge de
Secretaire du G. V. qu'il l'avoit exercée fous le
Vizir Ali-Pacha , qui fut défait à la bataille de
Peter-Waradin. Le même jour le Reys - Effendi ,
le Vaivode de Galata & quelques autres qu'on
avoit cherchez pendant plufieurs jours , furent
enfis trouvez ; mais au moyen de préfens confiderables
, ils obtinrent leur pardon des Chefs
des Rebelles.
Le 8. Hazi -Achmet , Pacha , fut inftallé dans
la Charge de Capitan Pacha , ou Grand- Amiral.
Le 9. & le 10. on paya aux Troupes les
Piaftres
par tête , dont on a parlé , après quoi on pu
blia un ordre de r'ouvrir le grand Bezeftan & les
Boutiques des Marchands ; fur quoi les Soldats
commencerent le foir à rentrer dans leurs anciens
quartiers , où l'on porta les Drapeaux & autres
fignes Militaires , ce que l'on continua le 11. &
le 12.
Lans ,vient d'être dépofé. Le G.Vifir Hibraim
Pacha , fon gendre & fon favori, avoit gouverné
PEmpire fous lui pendant douze ans, & connoiffant
le defir du Sultan pour les richeſſes , il n'avoit
rien oublié pour en amaffer ; mais le Kiaia
& les perfonnes qu'il avoit employées pour cela ,
s'étant rendues infupportables par leur orgueil ,
leurs monopoles & leurs véxations ; & le G.Viz.
après avoir amufé long- temps les peuples par
des préparatifs de Guerre , ayant enfin affemblé
une Armée près de Scutari , & mécontenté les
Docteurs de la Loy & les Troupes , qui en general
n'approuvoient pas la Guerre contre les
Perfans , fe défiant d'ailleurs des réfolutions
chancelantes & myfterieufes du Vizir , toutes
ces circonstances animerent un certain Janiffaire ,
furnommé Patrona , Albanois de nation , homme
hardi & intriguant , à entreprendre la Révolution
arrivée le 28 Septembre dernier . Il s'affo-
II. Vel. cia
DECEMBRE. 1730. 2943
cia pour cet effet avec un nommé Emir-Ali , &
fix autres hommes .
Ce jour- là , 28 Septembre , à 8 heures du matin
, ces 8 perfonnes parurent fur la grande Place,
avec une ferme réfolution d'exécuter leur deffein
Ils attacherent au bout d'un bâton un morceau
de vieux Taffetas , en guife de Drapeau ; &
parcourant toute la Place; un criant à haute voix:
Que tout vrai Muſulman devoit fuivre leur parti
& s'affembler dans la grande Place d'Atmeidan ,
pour deffendre le bien public & faire exécuter les
Loix. Delà ils fe rendirent au grand Bezenften ,
qui eft un Place ou Halle , couverte d'un Toît, &
où il y a plus de mille Boutiques, de toutes fortes
de riches Marchandiſes . Ils ordonnerent à l'Inf→
pecteur de cette Place d'en fermer les Portes , &
commanderent la même chofe aux Marchands ,
qui là- deffus fermerent leurs Boutiques & fe retirerent
chez eux. Cette entrepriſe fi hardie ne promettoit
pas une heureuſe iffuë ; neanmoins une
concurrence tacite des habitans de Conftantino .
ple paroiffoit la favorifer plutôt qu'aucun ſe- cours réel.
Quelques autres Janiflaires voyant la hardieffe
de ces Mécontens , en furent émus ; ils ſe joignirent
à eux avec quelques Gebelis , qui font
ceux qui fervent l'Artillerie , & coururent tous
au Marché aux Armes , où ils s'armérent. Ils allerent
enfuite à la Maiſon des Janiſſaires , qui eft
un grand Bâtiment , au milieu de Conftantinople
, partagé en plufieurs Chambres , & où l'on
peut loger quelques milliers de cette Milice : Ils
s'arréterent devant la 1ere & st Chambres,qui en
font les principales , & inviterent les Janiffaires
de fe joindre à eux . Les principaux Officiers de ces
Chambres les avoient abandonnées pour aller au
Rendez -vous , où on avoit porté le Drapeau des •
II. Vol.
Hv Janif
2944 MERCURE DE FRANCE
Janiflaires.Les Chefs de cette Milice & le Chaoux
Bachi , s'étoient auffi retirez , tant pour n'être
pas accufez d'être les Auteurs de cette Révolte
que pour n'être pas obligez de s'opposer aux
Mécontens qui s'étoient partagez en Compagnies
, & avoient pofé des Sentinelles pour la
fureté des Marchands & des grandes Places..
Pendant ce temps là , l'Infpecteur du Bezenften
tâcha à diverſes repriſes de r'ouvrir cette Place
, & d'y faire revenir les Marchands ; il fut fecondé
en cela par diverfes perfonnes , que le Capitan
Pacha , ou Grand Amiral , qui commandoit
en l'abfence du G Viz. lui avoit envoyées
mais inutilement , plufieurs de ces derniers fe
joignirent aux Mécontens,& l'Aga des Janiflairés
étant venu en perfonne , & voyant qu'il étoit
trop tard pour arrêter le mal , jugea à propos.
de fe retirer dans fa Maiſon , & ne parut plus
depuis. Le Kiaia ou Lieute ant du Gr Vizir
qui étoit venu ce jour là à Conftantinople pour
Les affaires particulieres , fut fi faifi d'épouvente à.
la premiere nouvelle de cette émotion , qu'il fe
fauva avec deux de fes confidens , à bord d'un:
pest Bitiment.
Le Capitan Pacha qui étoit dans fon Palais ;
fur le Canal de la Mer Noire , ayant appris la
révolte , vint d'abord à Conftantinople , où il fit
de nouveaux efforts pour faire r'ouvrir le Buzenften
& les Boutiques qui y font . Il tâcha auffi
par toutes fortes de moyens d'appaifer le tumulte,
fans néanmoins y employer la force ; &
voyant que tous fes efforts étoient inutiles , il fe
retira pour aller joindre le Sultan , après avoir
laiffé quelques ordres à l'Arſenal.
Tous les autres Pa has en firent de même. Le
G. V. à la reception de la trifte nouvelle , monta
à cheval , & alla trouver le Sultan qui étoit dans
1.Vol le
DECEMBRE . 1730. 2945
Le Palais de la Sultane Chahige fa foeur , fitué
près de Scutari. On y tint un grand Confeil ,
pour déliberer fur les moyens d'arrêter le progrès
de la révolte.
A l'iffue du Conſeil , le Sultan fe retira dans
fon Serrail , & le foir il partit pour Conftantinople.
On dit qu'à cette occafion la Sultane Chahige
confeilla a fon frere de ne pas permettre que
fes principaux Vizirs abandonnaflent fa perfonne
, parce que , comme il étoit à préfumer que
les Mécontens en vouloient à fes Miniftres ,
pourroit , en les facrifiant à leur vengeance, fe
tirer d'affaires , au cas que le mal fut fans remede.
>"
il
La nouvelle de cette révolte mit tout le Camp
dans une grande confufion & dans la derniere
confternation ; ceux qui poffedoient des Charges
en furent les plus allarmée ; ils fe cacherent
tous , & fans fonger au devoir auquel ils étoient
obligez par leurs Charges , ils abandonnerent lâchement
leurs Maîtres ; enforte que le G. Viz.
lorfqu'il arriva au Serrail n'étoit fuivi que
de fon Ecuyer , de fon Valet de Chambre & de
autres domeftiques . Ce Miniftre fongea d'abord
à employer la force , pour mettre les Rebelles à
la raiſon. Il envoya pour cet effet les Ordres
au Camp pour en faire venir du monde ; mais il
ne put affembler cette nuit que cent perfonnes.
On employa neanmoins quelques Matelots pour
tranfporter du Camp au Serrail le tréfor & les
effets les plus précieux du Sultan.
Quoique les Mécontens fe donnaffent de leur
côté tous les mouvemens poffibles pour augmenter
leur parti , ils ne purent affembler ce jour-là
que 300 hommes , qui pafferent la nuit au lieu de
leur rendez -vous; mais le lendemain leur nombre
augmenta fi confiderablement , u'ils furent bientôt
en état de donner la loy à toute la Ville 3 ils
I L. Vol. Hovi déla
2946 MERCURE DE FRANCE
détacherent plufieurs Compagnies pour ouvrir
toutes les priſons , & délivrer tous les Galeriens;
dans cette confufion quantité d'Efclaves Chréziens
eurent le bonheur d'être mis en liberté.
Les Révoltés voyant que leur entrepriſe avoit
tout le fuccès qu'ils en pouvoient attendre , réfolurent
d'élire un Aga des Janiffaires ; ils choifirent
pour cet effet un nommé Chanefey , homme
hardi,bon Soldat,& qui avoit déja exercé la
Charge d'Aga des Janiflaires dans le Bamat deTemefvar,
mais dont il avoit été privé fous le précédent
Gouvernement; ils choiſirent enfuite les plus
courageux d'entre eux pour remplir les places
vacantes par l'abſence des Officiers des Janiflaires
, qui s'étoient cachés ou qui refufoient de
fuivre leur parti. Ils élurent auffi un Topigi Bachi
, ou Genéral de l'Artillerie ; & s'étant emparés
du grand Etendart , ils le porterent au lieu
de leur Rendez- vous , où ils drefferent leurs Tenzes
, & formerent leur Camp ; après quoi ils pri
rent les mesures convenables pour pourvoir à
la fureté publique , & pouffer à bout leur entreprife
, fi heureufement commencée. Pendant ce
rems là le G. S. ne fe trouvant pas en état d'appaifer
ce tumulte par la force , envoya un de fes
principaux Officiers aux Mécontens , pour leur
demander la raifon de leur révolte , & ce qu'ils
fouhaitoient de S.H. Ils répondirent à cet Offcier
que les malverfations des Miniftres du Sultan
en étoient la caufe , & qu'ils demandoient
qu'on les leur livrât. Sur cette nouvelle , le Grand
Vízir tâcha d'infinuer au Sultan que la demande
que les Mécontens venoient de faire n'étoit
qu'un prétexte pour cacher le deffein qu'ils méditoient
de le détrôner , & peut- être de lui ôter
la vie. S. H. en fut émuë , & fe retira dans le
Harem , ou Appartement des femmes.
11. Velo
DECEMBRE. 1730. 2947
Cependant ce premier Miniftre & le Kiaya
après avoir tenu divers Confeils fur la trifte fitua
tion de leurs affaires , ſe voyant fans reffource ,
réfolurent dans cette extrémité d'avoir recours
l'Etendart de Mahomet , dans l'efperance que le
refpect pour la Religion animeroit le Peuple à
fe ranger par devoir & par affection du côté du
Sultan. Ils arborerent effectivement cet Etendart
fur la deuxième porte du Sérail , & firent faire
de grandes promeffes au Peuple pour l'engager à
prendre les armes contre les Mécontens , en ordonnant
en même- tems aux Topigis ou Canoniers
de venir au Sérail pour le défendre contre
les ennemis de S. H. mais tous leurs efforts furent
inutiles ; l'expofition de l'Etendart imprima
bien quelque venération dans le coeur des habitans
de Conftantinople , fans que perfonne néanmoins
prit les armes pour la défenſe du G. S.
& les Topigis refuferent de le rendre au Sérail .
Les Boftandgis , ou Jardiniers , & les Baltagis
qui fervent de Gardes du Corps auroient été
en état de défendre le Sérail , mais la défunion
fe mit entr'eux ; de forte que le G. Vizir réduit
au defefpoir , couroit comme un infenfé dans le
Sérail , animant tout le monde à prendre les
armes & demandant à chaque inftant fi les
Rebelles ne s'étoient pas encore rendu maîtres
du Sérail . Tout ceci fe paffa le 29. Septembre.
Le 30. les Mécontens firent venir dans leur
armée le Morza Sibelfackiafcher , qui eft un
des Grands Juges de l'Empire que le G. V. avoit
exilé , pour avoir parlé trop librement dans le
Confeil contre les deffeins de ce Miniftre ; ils
le reçurent avec beaucoup de refpect , le reconaurent
pour leur Legiflatcur , & envoyerent enfuite
un Détachement à Topana pour inviter les
Topigis de fe joindre à eux , ce qu'ils firent le
même jour.
La
2948 MERCURE DE FRANCE
<
Le Sultan confera la Charge de Capitan Pacha
, ou Grand- Amiral , à l'Alidy , ou Premier
Capitaine des Vaiffeaux de Guerre , afin de fe
conferver par fon moyen , en cas de beſoin , la
poffeffion de l'Arfenal. Cet Officier accepta ce
grand Emploi , & fit même en cette qualité fon
Entrée à PArfenal , où il fut reçû au bruit de 9.
pieces de Canon de chaque Vaiffeaux de Guerre ;
mais jugeant que la neceffité lui avoit procuré
cet honneur , & prévoyant bien que fon autorité
ne feroit pas de longue durée , il fe retira peu
après , & alla joindre les Mécontens , qui le
confirmerent dans la Charge de Grand- Amiral.
Après qu'il eut pris quelques mefures avec eux ,
il retourna à l'Arfenal , où il fit équiper 4. Galeres
qu'il envoya devant le Sérail , afin d'en couper
la communication , & empêcher l'entrée du
fecours on défendit en même tems fous de
groffes peines d'y porter des vivres , & on ferna
tous les Acqueducs..
D'un autre côté le nouvel Aga des Janiffaires
donna les ordres neceffaires pour procurer l'abondance
dans la Ville ; il mit des Gardes par
tout pour la fûreté des Marchands ,
& pour empêcher
le pillage . I fi: punir feverement ceux
qui contrevenoient à fes ordres .
Cependant le Sultan étoit dans des angoiffes
morte les ; il fe voyoit abandonné de tout le
monde ; & fe trouvant fans reffource , il réfolut
de faire un dernier effort fur l'efprit des Mécontens
, il leur envoya pour cet effet l'Iprizade
& le Mirza Effendi'; mais les Mécontens furent
inexorables , & perfifterent dans la demande qu'ils .
avoient faite des principaux Miniftres , fur quoi
Je Sultan réfolut enfin d'envoyer en prifon le
G. V. le Kiaia & le Capitan Pacha , & i envoya
le Mufti en exil dans une des Iles de l'Archipel.
Le
DECEMBRE. 1730. 2949
Le premier Octobre 7000. Janiffaires , qui
quelques jours auparavant avoient été détachés
pour la Perfe , ayant appris la Revolte , revinrent
fur leurs pas , & allerent joindre l'arméedes
Mécontens. Ils étoient commandés par uns
Pacha à neuës , qui en paffant à Scutari avoit
pris avec lui le prétendu Prince de Perfe , &
l'avoit conduit à l'armée des Rebelles , ou par
honneur on lui donna une Garde. Ce Prince fe
difoit fits aîné du dernier Roi de Perfe ; il étoit
venu à Conftantinople pour demander la protection
de la Porte contre le Prince Thamas fon
frere.
Cependant la confufion continuoit au Sérail ;
des amis du Sultan lui repréſenterent la neceſſité
qu'il y avoit de facrifier fes 3. Miniftres à la
vengeance des Mécontens , comme étant l'unique
moyen d'appaifer leur animofité , & même de
conferver la vie. Sur quoi S. H. ordonna qu'ils
fuffent étranglés , & qu'on envoyar leurs corps
aux Mécontens , ce qui fut executé , & chaque
corps fut mis fur un Chariot attelé de boeufs . On
ne (çauroit exprimer les injures que les Mécontans
vomirent contre ces 3. miferables corps
fur lefques ils exercerent tout ce que la rage leur
pouvoient infpirer ; enfin après avoir affouvi
leur vengeance, ils jetterent le corps du Kiaya dans.
un puits rempli d'immondices , mais aux inſtantes
prieres & aux larmes de la mere du Capitan
Pacha , ils lui rendirent celui de fon fils. Quant:
au corps du G. V les Chefs des Mécontens pu
blierent que le Sultan les avoit trompés , que ce
corps n'étoit pas celui d'Ibrahim Pacha , mais
le corps d'une autre perfonne qui lui reffembloit.
Dans cette croyance les Mécontens attacherent
ce corps
à la queue d'un cheval , & le:
traînerent devant le Sérail auprès d'une magnifi
LL. Vol. que
2950 MERCURE DE FRANCE
que fontaine que le G. V. avoit fait élever , &
le jetterent en proye aux chiens.
Les Chefs des Mécontens qui avoient déja
réfolu de détrôner le Sultan , publierent exprès
que le corps du G.V. étoit un corps fuppofé ,
dans la crainte que l'indulgence que S. H. avoit
euë de facrifier fes plus chers favoris , n'appaifàt
la colere des Soldats. C'eſt ainfi que les 3. premiers
Miniftres de l'Empire Ottoman finirent
miferablement leur vie. On dit que le G. V. appréhendant
d'être livré vif aux Mécontens , s'étoit
empoisonné dans la prifon. On dit auffi que
le Mufti , envoyé par le Sultan en exil dans une
des Inles de l'Archipel , y a été jetté dans la Mer,
de même que le Finfulch Molla , que S. H. y
avoit pareillement exilé.
Les Mécontens ayant obtenu tout ce qu'ils
avoient defiré par rapport aux Miniftres , réfolurent
de mettre en execution le deffein qu'ils
avoient conçu de détrôner le Sultan Achmet , &
de mettre à la place le Sultan Mahmoud , fon
neveu , fils du Sultan Muſtapha , déposé en 1703 .
En confequence de cette réfolution , ce Prince
fut proclamé Empereur le même jour premier
Octobre à 11. heures du foir par toute la Milice.
Dès que le Sultan Achmet eut reçû cette triſte
nouvelle , il donna ordre qu'on fit fortir ce nouveauSultan
de l'Appartement
où il l'avoit fait gar.
der avec foin , & après s'être entretenu quelque
tems avec lui , il le fit entrer dans l'Apartement
Imperial , & fe retira enfuite dans celui qui est
deftiné pour les Sultans déposez.
Après les proclamations du nouvel Empereur
le Seliktar , à qui le Sultan Achmet avoit donné
les Sceaux de l'Empire , fut confirmé par les Méso
ntens dans la Charge de G. V. mais feulement
II. Vol. par
DECEMBRE. 1730. 2951
par provifion & en attendant le retour d'Abdalab
Kuperly , Pacha d'Egypte , qu'ils avoient choifi
pour exercer cette haute dignité.
Les Janniffaires & les autres Troupes , afin de
fe rendre plus formidables , réfolurent enfuite
d'augmenter leur Corps par de nouvelles Recrues;
ce qu'ils commencerent à executer dès cette nuit
même le nombre de ceux qui fe preſentoient
pour être enrollez , fut d'autant plus grand
qu'ils étoient animez par l'efperance de recevoir .
les 15. Piaftres qu'on donne à chaque Janniflaire
à l'avenement au Trône d'un nouveau Sultan.Le
2. le Kul-Kiaya , qui eft chargé de faire entrer
dans les Coffres du G. S. la finance provenant
des droits que les Sujets payent au Souverain , fut
mis en piece par les Mécontens , à cauſe qu'il
avoit repréfenté qu'il ne falloit pas augmenter la
dépenfe du Tréfor Imperial par un plus grand
nombre de Troupes.
Ce jour là & les deux jours fuivans , furent em
ployez à vifiter les Palais des Miniftres & les
Maifons de leurs adherans ; on trouva dans celui
du Kiaya ou Lieutenantt du G. V. des
fommes immenfes , quantité de Vaiffeile d'argent
& beaucoup de Diamans. On chercha par tout le
Reis Effendi ou Grand- Chancelier & plufieurs
autres créatures des Miniftres , fans les trouver.
Les Mécontens ordonnerent aux Changeurs
Arméniens & Juifs, & à diverfes autres perfonnes
qui avoient la réputation de s'être enrichi , de
ne ss'habiller que de drap ou d'étoffe d'une certaine
couleur , & de ne porter à l'avenir que des bas
jaunes , cette couleur étant après le noir , celle
que les Turcs ont le plus en horreur. Cet ordre
fut executé avec beaucoup de rigueur envers
ceux qui y contrevenoient , leurs habits ayant été
arrachez de leurs corps & déchirez en pleine rue.
I I. Vol. Pendant
2952 MERCURE DE FRANCE
Pendant ce tems-là le nouveau Sultan ayant fouhaité
de voir les principaux Chefs des Mécontens,
ils les fit venir , & après leur avoir fait diverfes
queftions , il leur offrit de les faire Pachas ; mais
dans la crainte que cet honneur ne leur devint un
jour fatal , ils s'excuferent de l'accepter.
Le 5. Octobre on tint un grand Divan ; le 6.
fe fit le Couronnement du nouveau Sultan , dont
toute la ceremonie confifte à lui mettre le Sabre
d'Othoman au côté , dans la Moſquée d'Ajoub
qui eft à l'extremité du Port. Le Sultan , precedé
des Chefs des Rebelles , s'y rendit avec un magnifique
cortege ; pendant la Marche on jetta de
l'argent au peuple & à la Milice qui étoient rangez
le long des rues. Après cette ceremonie S. H
fe rendit à la Moſquée de Sultan Mahomet , y
fit fa priere du midi , & retourna enfuite au Serrail.
;
Les Chefs des Rebelles,à qui le Sultan avoit fais
prefent de très- beaux chevaux magnifiquement
harnachez , retournerent au Camp , d'où confervant
toujours leur autorité , ils députerent quelques
perfonnes au Sultan , pour le prier de leur
accorder les furetez convenables pour leur vie
ils demanderent aufſi qu'on rafa jufqu'aux fondemens
la belle Maifon de plaifance que le dernier
G. V. avoit fait bâtir fur le Canal de la Mer
Noire , à deux lieues de Conftantinople , dont
ce Miniftre fe fervoit pour fes plaifirs . Le premier
Chef des Rebelles nommé Patrona, alla ce jour là.
voir le G.V. qui le reçut très gracieuſement, fans
l'obliger à aucune des foumiffions que ce Minif
tre exige même des plus Grands de l'Empire , &
le fit mettre à fes côtez.
Le 7. on confera divers emplois : le Teftherdar
ou Chef des Finances , fut confirmé dans
cette Charge : Miri- Alem , qui eft en faveur au-
II. Vol. près
DECEMBRE. 1730. 2953
près de la Sultane Validé , Mere du Sultan regnant
, fut fait Kiaia , & l'on rétablit le Sulelm
qui eft fort aimé des Troupes , dans la Charge de
Secretaire du G. V. qu'il l'avoit exercée fous le
Vizir Ali-Pacha , qui fut défait à la bataille de
Peter-Waradin. Le même jour le Reys - Effendi ,
le Vaivode de Galata & quelques autres qu'on
avoit cherchez pendant plufieurs jours , furent
enfis trouvez ; mais au moyen de préfens confiderables
, ils obtinrent leur pardon des Chefs
des Rebelles.
Le 8. Hazi -Achmet , Pacha , fut inftallé dans
la Charge de Capitan Pacha , ou Grand- Amiral.
Le 9. & le 10. on paya aux Troupes les
Piaftres
par tête , dont on a parlé , après quoi on pu
blia un ordre de r'ouvrir le grand Bezeftan & les
Boutiques des Marchands ; fur quoi les Soldats
commencerent le foir à rentrer dans leurs anciens
quartiers , où l'on porta les Drapeaux & autres
fignes Militaires , ce que l'on continua le 11. &
le 12.
Fermer
Résumé : Extrait de plusieurs Lettres de Turquie.
Le sultan Ahmed III a été déposé après 28 ans de règne. Son gendre et favori, le grand vizir Ibrahim Pacha, avait gouverné l'Empire pendant douze ans et accumulé des richesses, ce qui avait suscité l'orgueil et les vexations de ses subordonnés. Une guerre préparée par le grand vizir et une armée rassemblée près de Scutari ont mécontenté les docteurs de la loi et les troupes. Le 28 septembre 1730, un janissaire nommé Patrona a déclenché une révolution à Constantinople. Patrona et sept autres hommes ont appelé les musulmans à les rejoindre pour défendre le bien public et faire exécuter les lois. Ils ont fermé les boutiques du grand bazar et se sont armés avec l'aide de janissaires et d'artilleurs. Les principaux officiers des janissaires se sont retirés, craignant d'être accusés de rébellion. Le sultan, informé de la révolte, s'est retiré dans le palais de la sultane Chahige près de Scutari. Les rebelles ont libéré les prisonniers et les galériens, et élu un nouveau chef des janissaires. Le grand vizir, voyant l'échec de ses tentatives pour réprimer la révolte, a envoyé des émissaires aux rebelles, qui ont demandé la livraison des ministres du sultan. Le sultan, craignant pour sa vie, s'est retiré dans le harem. Les rebelles ont continué à renforcer leur position, libérant des juges exilés et prenant le contrôle de l'arsenal. Le sultan a finalement ordonné l'exécution des principaux ministres pour apaiser les rebelles. Les chefs des mécontents ont découvert que le corps présenté comme celui d'Ibrahim Pacha était en réalité celui d'une autre personne. Ils ont propagé la rumeur que le corps du grand vizir était supposé, craignant que l'indulgence du sultan envers ses favoris n'apaisât la colère des soldats. Les trois principaux ministres de l'Empire ottoman ont péri. Le grand vizir s'est empoisonné en prison, tandis que le mufti et le Finfulch Molla, exilés par le sultan, furent jetés à la mer. Les mécontents ont décidé de destituer le sultan Ahmed pour placer à sa place le sultan Mahmoud, neveu du sultan Mustapha, déposé en 1703. Mahmoud a été proclamé empereur le 1er octobre. Ahmed, informé de cette nouvelle, a fait sortir Mahmoud de sa garde et s'est retiré dans les appartements destinés aux sultans déposés. Après la proclamation de Mahmoud, le Seliktar a été confirmé dans sa charge en attendant le retour d'Abdulab Kuperly, pacha d'Égypte. Les Jannissaires et autres troupes ont augmenté leurs effectifs, espérant recevoir des paiements à l'avènement du nouveau sultan. Le Kul-Kiaya a été tué pour s'être opposé à cette augmentation des dépenses impériales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1988
p. 2953-2956
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 9. Octobre 1730. au sujet de la derniere Révolution arrivée dans cette Ville.
Début :
Je ne veux pas, Monsieur, vous laisser ignorer un Evenement aussi singulier qu'interessant, [...]
Mots clefs :
Hommes, Rebelles, Janissaires, Révolution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 9. Octobre 1730. au sujet de la derniere Révolution arrivée dans cette Ville.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Conftantinople le 9. Octobre 1730 , au sujet
de la derniere Révolution arrivée dans
cette Ville.
JE
E ne veux pas , Monfieur , vous laiffer ignorer
un Evenement auffi fingulier qu'intereffant ,
dont nous venons d'être les témoins. Sur la fin
du mois dernier , les Janniffaires fe révolterent.
fous un Chef nommé Patrona , c'eft un homme
qui avoit dépensé tout fon petit argent à ſe ménager
un équipage pour fuivre l'Armée Turque ,
deftinée contre la Perfe ; voyant qu'elle ne partoit
point, il employa la derniere Piaftre qui lui reftoit
11. Vela
2954 MERCURE DE FRANCE
à l'achat d'un Mouton , dont il régala fes Camarades
, au nombre de 12. Janniffaires . Après le
Repas il leur dit : Vous venez de manger tout ce
qui me reftoit au monde , demain je n'aurai
pas de quoi payer une taffe de Caffé ; fi vous êtes
gens
à
vous procurer une meilleure fortune, il n'y
a qu'à m'aider à fecouer le joug. Le complot fut
à peine projetté , qu'il fut exccuté ; ces douze
convives fe répandirent dans la Ville , en criant
Liberté , & ils exciterent une fédition qui a eu
des fuites très-confiderables , comme vous allez
le voir.
Si le G. S. eût eu la prudence d'étouffer d'abord
cette émeute , ce qui étoit facile , il ne feroit pas
réduit à l'état où il eft aujourd'hui ; mais ayant
méprifé tous les avis qui lui furent donnez , il fe
contenta de quitter fon Serrail d'Afie , pour venir
occuper celui d'Europe , il s'y enferma avec quelques
Pieces de Canon & des munitions de bouche
& de guerre pour trois mois. A peine y fut-il
entré qu'il arbora le Pavillon Imperial, & promit
20. Piaftres à tous ceux qui viendroient ſe ranger
deffous.On étoit fi mécontent du Gouvernement,
que perfonne ne bougea.
Le lendemain les Janniffaires qui n'étoient pas
plus de 12. le jour précedent , furent renforcez
par les Rebelles qui quittoient l'Armée, & par la
populace qu'ils contraignirent d'entrer dans leur
parti , par des promeffes ou par de mauvais traitemens.
Quand les Mutins fe virent les maîtres , ils allerent
en tumulte à la porte du Serrail, demander
qu'on leur livrât le G. V. le Capitan Pacha & le
Kiaya; le Sultan eut la foibleffe de les faire étrangler
tous trois , & il envoya leurs corps aux Rebelles
, qui vinrent lui faire audacieuſement des
reproches de ce qu'il ne les leur avoit pas livrez
II. Vol. en
DECEMBRE. 1730. 2955
en vie, ajoutant que c'étoit à eux de les faire mourir.
Ils pendirent ces cadavres par les pieds , leur
firent mille indignitez & les abandonnerent enfin
aux chiens.
Le Mufti fut arrêté quelque temps après , on
lui donna la qualité de Pacha , pour effacer en
quelque maniere le caractere dont il étoit revêtu ,
on le décapita enfuite. Il n'eſt pas permis de faire
mourir un Mufti qu'il n'ait été auparavant dégradé.
Le nombre des Grands que les Rebelles ont
profcrit eft de 90. la plupart ont pris la fuite ;
mais on en arrête tous les jours quelqu'un , auquel
les Rebelles font fouffrir les plus cruels fupplices.
De la maniere dont ils s'y prennent , il n'y
a pas d'apparence qu'aucun puiffe échapper à leur
fureur. Enfin le 30. Septembre ils dépoferent le
G. S. qu'ils mirent en prifon , & ils éleverent fur
le Trône Sultan Mahmout , Prince de grande efperance,
& fous lequel on fe flate que les chofes
prendront une meilleure face .
Il faut avouer que le Sultan dépofé s'eſt attiré
lui-même fa difgrace par le peu de part qu'il prenoit
au Gouvernement , duquel il fe repofoit entierement
fur le G. V. celui- cy en faifoit autant
à l'égard de fon Kiaya , qui étoit l'homme du
monde le plus méchant. Les autres Seigneurs
fuivoient , à l'envi , l'exemple du Maître.
&
On dit que Patrona , Chef de la Revolte , veut
obliger le nouvel Empereur à demeurer à Andrinople
, & de faire la guerre aux Chrétiens ,
qu'en attendant il lui fait dire de demeurer tranquille
& de le laiffer faire. Enfin cet homme qui
n'avoit pas le fol il y a 8. jours , eft aujoud'hui
le Maître à Conftantinople ; il eſt monté fur un
Cheval de mille Piaftres,& jette les Sequins à pleiges
mains. Il fit hier un Capitan Pacha, & il vient
II. Vol.
2956 MERCURE DE FRANCE
aujourd'hui de lui faire couper la tête : il a faiɛ
auffi un G. V. mais il le menace de le faire
mourir , s'il ne lui trouve dans trois jours un
certain homme qu'il lui demande. On dit qu'on.
a trouvé trente-cinq millions dans les Coffres du
Capitan Pacha.
Conftantinople le 9. Octobre 1730 , au sujet
de la derniere Révolution arrivée dans
cette Ville.
JE
E ne veux pas , Monfieur , vous laiffer ignorer
un Evenement auffi fingulier qu'intereffant ,
dont nous venons d'être les témoins. Sur la fin
du mois dernier , les Janniffaires fe révolterent.
fous un Chef nommé Patrona , c'eft un homme
qui avoit dépensé tout fon petit argent à ſe ménager
un équipage pour fuivre l'Armée Turque ,
deftinée contre la Perfe ; voyant qu'elle ne partoit
point, il employa la derniere Piaftre qui lui reftoit
11. Vela
2954 MERCURE DE FRANCE
à l'achat d'un Mouton , dont il régala fes Camarades
, au nombre de 12. Janniffaires . Après le
Repas il leur dit : Vous venez de manger tout ce
qui me reftoit au monde , demain je n'aurai
pas de quoi payer une taffe de Caffé ; fi vous êtes
gens
à
vous procurer une meilleure fortune, il n'y
a qu'à m'aider à fecouer le joug. Le complot fut
à peine projetté , qu'il fut exccuté ; ces douze
convives fe répandirent dans la Ville , en criant
Liberté , & ils exciterent une fédition qui a eu
des fuites très-confiderables , comme vous allez
le voir.
Si le G. S. eût eu la prudence d'étouffer d'abord
cette émeute , ce qui étoit facile , il ne feroit pas
réduit à l'état où il eft aujourd'hui ; mais ayant
méprifé tous les avis qui lui furent donnez , il fe
contenta de quitter fon Serrail d'Afie , pour venir
occuper celui d'Europe , il s'y enferma avec quelques
Pieces de Canon & des munitions de bouche
& de guerre pour trois mois. A peine y fut-il
entré qu'il arbora le Pavillon Imperial, & promit
20. Piaftres à tous ceux qui viendroient ſe ranger
deffous.On étoit fi mécontent du Gouvernement,
que perfonne ne bougea.
Le lendemain les Janniffaires qui n'étoient pas
plus de 12. le jour précedent , furent renforcez
par les Rebelles qui quittoient l'Armée, & par la
populace qu'ils contraignirent d'entrer dans leur
parti , par des promeffes ou par de mauvais traitemens.
Quand les Mutins fe virent les maîtres , ils allerent
en tumulte à la porte du Serrail, demander
qu'on leur livrât le G. V. le Capitan Pacha & le
Kiaya; le Sultan eut la foibleffe de les faire étrangler
tous trois , & il envoya leurs corps aux Rebelles
, qui vinrent lui faire audacieuſement des
reproches de ce qu'il ne les leur avoit pas livrez
II. Vol. en
DECEMBRE. 1730. 2955
en vie, ajoutant que c'étoit à eux de les faire mourir.
Ils pendirent ces cadavres par les pieds , leur
firent mille indignitez & les abandonnerent enfin
aux chiens.
Le Mufti fut arrêté quelque temps après , on
lui donna la qualité de Pacha , pour effacer en
quelque maniere le caractere dont il étoit revêtu ,
on le décapita enfuite. Il n'eſt pas permis de faire
mourir un Mufti qu'il n'ait été auparavant dégradé.
Le nombre des Grands que les Rebelles ont
profcrit eft de 90. la plupart ont pris la fuite ;
mais on en arrête tous les jours quelqu'un , auquel
les Rebelles font fouffrir les plus cruels fupplices.
De la maniere dont ils s'y prennent , il n'y
a pas d'apparence qu'aucun puiffe échapper à leur
fureur. Enfin le 30. Septembre ils dépoferent le
G. S. qu'ils mirent en prifon , & ils éleverent fur
le Trône Sultan Mahmout , Prince de grande efperance,
& fous lequel on fe flate que les chofes
prendront une meilleure face .
Il faut avouer que le Sultan dépofé s'eſt attiré
lui-même fa difgrace par le peu de part qu'il prenoit
au Gouvernement , duquel il fe repofoit entierement
fur le G. V. celui- cy en faifoit autant
à l'égard de fon Kiaya , qui étoit l'homme du
monde le plus méchant. Les autres Seigneurs
fuivoient , à l'envi , l'exemple du Maître.
&
On dit que Patrona , Chef de la Revolte , veut
obliger le nouvel Empereur à demeurer à Andrinople
, & de faire la guerre aux Chrétiens ,
qu'en attendant il lui fait dire de demeurer tranquille
& de le laiffer faire. Enfin cet homme qui
n'avoit pas le fol il y a 8. jours , eft aujoud'hui
le Maître à Conftantinople ; il eſt monté fur un
Cheval de mille Piaftres,& jette les Sequins à pleiges
mains. Il fit hier un Capitan Pacha, & il vient
II. Vol.
2956 MERCURE DE FRANCE
aujourd'hui de lui faire couper la tête : il a faiɛ
auffi un G. V. mais il le menace de le faire
mourir , s'il ne lui trouve dans trois jours un
certain homme qu'il lui demande. On dit qu'on.
a trouvé trente-cinq millions dans les Coffres du
Capitan Pacha.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople le 9. Octobre 1730. au sujet de la derniere Révolution arrivée dans cette Ville.
Le 9 octobre 1730, une révolte éclata à Constantinople, menée par un homme nommé Patrona. Après avoir partagé un repas avec douze camarades, Patrona les incita à se révolter contre le gouvernement en criant 'Liberté'. Cette sédition se propagea rapidement dans la ville. Le Grand Vizir (G. V.) tenta de réprimer la révolte mais se réfugia dans le Serrail d'Europe avec des munitions, offrant 20 piastres à ses soutiens sans succès. Le lendemain, les rebelles, renforcés par des déserteurs et la populace, demandèrent la livraison du G. V., du Capitan Pacha et du Kiaya. Le Sultan ordonna leur exécution, mais les rebelles pendirent leurs cadavres et les abandonnèrent aux chiens. Le Mufti fut arrêté, dégradé et décapité. Les rebelles poursuivirent et exécutèrent cruellement de nombreux Grands. Le 30 septembre, ils déposèrent le Sultan, jugé indifférent au gouvernement, et le remplacèrent par Sultan Mahmout. Patrona, chef de la révolte, chercha à influencer le nouvel Empereur, accumulant richesse et pouvoir. Il nomma et exécuta des hauts fonctionnaires à sa guise. On découvrit également trente-cinq millions dans les coffres du Capitan Pacha.
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1989
p. 2956-2957
« Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
Début :
Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...]
Mots clefs :
Constantinople, Guerre, Sultan
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texteReconnaissance textuelle : « Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
Des Lettres venues par l'Italie , écrites de Conftantinople
le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur
dans la date , portent que ce jour - là la Milice
étoit encore fous les armes , qu'elle avoit déclaré
qu'elle ne les poferoit pas avant qu'on eût
execute les promeffes qu'on lui avoit faites ; que
les] Troupes demandoient la guerre , que fur la
propofition qui leur avoit été faite de la faire aur
Perfans , les Janiffaires l'avoient rejettée , fous
prétexte qu'ils ne vouloient pas être féparez, qu'ils
le plaignoient fortement des injuftices faites par,
le dernier Gouvernement à Gianon - Coggia , qui
a été banni de la Cour , & dont ils demandent le
retour avec beaucoup d'inftances. Ces Lettres
ajoûtent qu'on a trouvé des Tréfors immenfes
dans les coffres du dernier Sultan , du G. V. du
Kiaya & du Kaimakan .
Les dernieres Lettres de Conftantinople, venues
auffi par l'Italie , portent qu'on avoit reçû avis
que l'Aga des Janniffaires s'étoit fauvé du côté
de la Morée , que le Mufti avoit été arrêté &
étranglé à deux journées de Conftantinople; que
les fils du Sultan dépofé , qui étoient reftez dans
le Camp de Scutari , avoient été arrêtez & renfermez
aux Sept Tours ; qu'on efperoit que la
guerre avec les Perfans feroit inceffamment terminée
par un Traité dont on avoit déja reçû les
Préliminaires ; que le nouveau Sultan gouvernoit
Les Sujets avec beaucoup de douceur , qu'il leur
faifoit rendre la juftice avec la plus grande exac-
II. Vol.
titude
DECEMBRE 1730. 2957
titude , & qu'il avoit menacé de faire punir de
mort les Juges qui prévariqueroient dans les fon-
Etions de leurs Charges.
le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur
dans la date , portent que ce jour - là la Milice
étoit encore fous les armes , qu'elle avoit déclaré
qu'elle ne les poferoit pas avant qu'on eût
execute les promeffes qu'on lui avoit faites ; que
les] Troupes demandoient la guerre , que fur la
propofition qui leur avoit été faite de la faire aur
Perfans , les Janiffaires l'avoient rejettée , fous
prétexte qu'ils ne vouloient pas être féparez, qu'ils
le plaignoient fortement des injuftices faites par,
le dernier Gouvernement à Gianon - Coggia , qui
a été banni de la Cour , & dont ils demandent le
retour avec beaucoup d'inftances. Ces Lettres
ajoûtent qu'on a trouvé des Tréfors immenfes
dans les coffres du dernier Sultan , du G. V. du
Kiaya & du Kaimakan .
Les dernieres Lettres de Conftantinople, venues
auffi par l'Italie , portent qu'on avoit reçû avis
que l'Aga des Janniffaires s'étoit fauvé du côté
de la Morée , que le Mufti avoit été arrêté &
étranglé à deux journées de Conftantinople; que
les fils du Sultan dépofé , qui étoient reftez dans
le Camp de Scutari , avoient été arrêtez & renfermez
aux Sept Tours ; qu'on efperoit que la
guerre avec les Perfans feroit inceffamment terminée
par un Traité dont on avoit déja reçû les
Préliminaires ; que le nouveau Sultan gouvernoit
Les Sujets avec beaucoup de douceur , qu'il leur
faifoit rendre la juftice avec la plus grande exac-
II. Vol.
titude
DECEMBRE 1730. 2957
titude , & qu'il avoit menacé de faire punir de
mort les Juges qui prévariqueroient dans les fon-
Etions de leurs Charges.
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Résumé : « Des Lettres venues par l'Italie, écrites de Constantinople le 13. Novembre, s'il n'y a point d'erreur [...] »
En novembre 1730, à Constantinople, des tensions politiques et militaires étaient palpables. Le 13 novembre, la milice refusait de déposer les armes tant que les promesses faites ne seraient pas tenues. Les troupes réclamaient la guerre, mais les janissaires avaient rejeté une campagne contre les Persans, préférant rester unis. Ils dénonçaient les injustices commises par le dernier gouvernement envers Gianon-Coggia, banni de la cour, et exigeaient son retour. Des trésors considérables ont été trouvés dans les coffres du dernier sultan, du grand vizir, du kiaya et du kaimakan. Par la suite, l'aga des janissaires s'était enfui en Morée, tandis que le mufti avait été arrêté et exécuté. Les fils du sultan déchu, restés dans le camp de Scutari, furent arrêtés et emprisonnés aux Sept Tours. Un traité de paix avec les Persans était en négociation. Le nouveau sultan gouvernait avec douceur, rendait la justice avec exactitude et menaçait de punir les juges corrompus.
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1990
p. 2957-2958
RUSSIE.
Début :
Le bruit court à Moscou qu'il y a un nouveau Traité d'Alliance conclu entre la Czarine, [...]
Mots clefs :
Moscou, Vaisseaux, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E bruit court à Mofcou qu'il y a un nouveau
Traité d'Alliance conclu entre la Czarine ,
l'Empereur & le Roi de Pruffe , par lequel ils
doivent fe donner des fecours mutuels en cas de
guerre.
S. M. Cz. a envoyé des ordres dans diverſes
Provinces pour faire des levées de Soldats , cette
Princeffe ayant réfolu d'augmenter les Troupes
ſes
de 60000. hommes.
Les Négociations qui fe font entre les Princes
du Nord , donnent beaucoup d'inquiétude, & l'on
craint qu'il n'y ait quelque Alliance entre ces
Puiffances , pour réduire cet Etat à fes anciennes
limites.
Le Duc de Liria , Ambaffadeur d'Eſpagne en
Ruffie , partit de Mofcou le 30. Novembre pour
retourner à la Cour du Roi Catholique. La Cza
rine a ordonné qu'on le défrayât jufqu'aux Frontieres
de la Pologne , ayant dirigé la route par
Warfovie. S. M. Cz. a affuré S. Ex. avant fon
départ , dans les termes les plus obligeans , qu'elle
étoit fort fatisfaite de fa conduite, & qu'elle ne
négligeroit rien pour conferver l'amitié du Roi
fon Maître , & qu'elle favoriferoit en toute occafion
le Commerce établi entre l'Eſpagne & la
Ruffie.
On a appris par Mofcou , que le Pacha de Babylone
qui avoit été obligé de ſe retirer vers
Bagdat avec les Troupes du G. S. qu'il commande
, avoit trouvé le moyen de figner un Traité
d'accommodement avec le Roi de Perfe , en pro-
11. Vol. mettant
2958 MERCURE DE FRANCE
mettant au nom de S. H. de fournir à ce Prince
les fecours néceffaires pour l'aider à reprendre
toutes les Places conquifes en Perfe par le feu
Czar Pierre I. & qu'il avoit dépêché un Exprès
à Conftantinople pour faire ratifier ce Traité
le nouveau Sultan.
par
Des Lettres de l'Ukraine , portent que les Turcs
font divers mouvemens de ce côté là , & que les
Tartares voifins ont reçû ordre de ſe joindre à
eux dans un mois ou fix femaines .
On mande auffi de Conftantinople, qu'on y chargeoit
un grand nombre de Barques de Munitions
de guerre , qu'elles devoient traverſer la Mer
Noire , & que le bruit couroit que tous les préparatifs
qu'on faifoit , étoient contre les Mofcovites.
Il a été ftipulé par le Traité de Commerce ,
que le Duc de Liria , Ambaſſadeur Extaordinaire
de S. M. Cath. a conclu à Mofcou , que tous les
Vaiffeaux Mofcovites , foit de guerre , foit Mar
chands , feront reçus dans les Ports d'Eſpagne
comme les Vaiffeaux des autres Nations ; que
ceux qui apporteront des Goudrons , des bois
propres à la conftruction des Vaiffeaux & d'autres
Marchandiſes convenables à la Marine , ne payeront
qu'un droit très-modique , & que les Vaiffeaux
Eſpagnols qui iront dans les Ports de Mofcovie
, jouiront de la même liberté & des mê→
mes franchiſes .
E bruit court à Mofcou qu'il y a un nouveau
Traité d'Alliance conclu entre la Czarine ,
l'Empereur & le Roi de Pruffe , par lequel ils
doivent fe donner des fecours mutuels en cas de
guerre.
S. M. Cz. a envoyé des ordres dans diverſes
Provinces pour faire des levées de Soldats , cette
Princeffe ayant réfolu d'augmenter les Troupes
ſes
de 60000. hommes.
Les Négociations qui fe font entre les Princes
du Nord , donnent beaucoup d'inquiétude, & l'on
craint qu'il n'y ait quelque Alliance entre ces
Puiffances , pour réduire cet Etat à fes anciennes
limites.
Le Duc de Liria , Ambaffadeur d'Eſpagne en
Ruffie , partit de Mofcou le 30. Novembre pour
retourner à la Cour du Roi Catholique. La Cza
rine a ordonné qu'on le défrayât jufqu'aux Frontieres
de la Pologne , ayant dirigé la route par
Warfovie. S. M. Cz. a affuré S. Ex. avant fon
départ , dans les termes les plus obligeans , qu'elle
étoit fort fatisfaite de fa conduite, & qu'elle ne
négligeroit rien pour conferver l'amitié du Roi
fon Maître , & qu'elle favoriferoit en toute occafion
le Commerce établi entre l'Eſpagne & la
Ruffie.
On a appris par Mofcou , que le Pacha de Babylone
qui avoit été obligé de ſe retirer vers
Bagdat avec les Troupes du G. S. qu'il commande
, avoit trouvé le moyen de figner un Traité
d'accommodement avec le Roi de Perfe , en pro-
11. Vol. mettant
2958 MERCURE DE FRANCE
mettant au nom de S. H. de fournir à ce Prince
les fecours néceffaires pour l'aider à reprendre
toutes les Places conquifes en Perfe par le feu
Czar Pierre I. & qu'il avoit dépêché un Exprès
à Conftantinople pour faire ratifier ce Traité
le nouveau Sultan.
par
Des Lettres de l'Ukraine , portent que les Turcs
font divers mouvemens de ce côté là , & que les
Tartares voifins ont reçû ordre de ſe joindre à
eux dans un mois ou fix femaines .
On mande auffi de Conftantinople, qu'on y chargeoit
un grand nombre de Barques de Munitions
de guerre , qu'elles devoient traverſer la Mer
Noire , & que le bruit couroit que tous les préparatifs
qu'on faifoit , étoient contre les Mofcovites.
Il a été ftipulé par le Traité de Commerce ,
que le Duc de Liria , Ambaſſadeur Extaordinaire
de S. M. Cath. a conclu à Mofcou , que tous les
Vaiffeaux Mofcovites , foit de guerre , foit Mar
chands , feront reçus dans les Ports d'Eſpagne
comme les Vaiffeaux des autres Nations ; que
ceux qui apporteront des Goudrons , des bois
propres à la conftruction des Vaiffeaux & d'autres
Marchandiſes convenables à la Marine , ne payeront
qu'un droit très-modique , & que les Vaiffeaux
Eſpagnols qui iront dans les Ports de Mofcovie
, jouiront de la même liberté & des mê→
mes franchiſes .
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, des rumeurs évoquent un nouveau traité d'alliance entre la tsarine, l'empereur et le roi de Prusse, prévoyant des secours mutuels en cas de guerre. La tsarine a ordonné des levées de soldats pour augmenter ses troupes de 60 000 hommes. Les négociations entre les princes du Nord suscitent des inquiétudes, avec des craintes d'une alliance visant à réduire la Russie à ses anciennes limites. Le duc de Liria, ambassadeur d'Espagne en Russie, a quitté Moscou le 30 novembre pour retourner en Espagne. La tsarine l'a assuré de sa satisfaction quant à sa conduite et a promis de favoriser le commerce entre l'Espagne et la Russie. Par ailleurs, le pacha de Babylone a signé un traité avec le roi de Perse pour reprendre les places conquises par le tsar Pierre Ier. Des mouvements turcs et tartares sont signalés en Ukraine. À Constantinople, des barques sont chargées de munitions de guerre destinées à traverser la mer Noire, probablement contre les Moscovites. Un traité de commerce conclu par le duc de Liria stipule que les vaisseaux russes, qu'ils soient de guerre ou marchands, seront reçus dans les ports espagnols avec des droits modiques, et réciproquement pour les vaisseaux espagnols en Russie.
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1991
p. 2958
POLOGNE.
Début :
Le Roy ayant résolu d'augmenter jusqu'à 400000. hommes les Troupes de l'Electorat [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
LE-Roy ayant réfolu d'augmenter jufqu'à
de Saxe , S. M. a envoyé fes ordres à Dreſde
pour y faire délivrer aux Officiers les fonds neceffaires
pour cette augmentation , & pour faire
remplir les Magazins de toutes fortes de munitions.
LE-Roy ayant réfolu d'augmenter jufqu'à
de Saxe , S. M. a envoyé fes ordres à Dreſde
pour y faire délivrer aux Officiers les fonds neceffaires
pour cette augmentation , & pour faire
remplir les Magazins de toutes fortes de munitions.
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1992
p. 2959
SUEDE.
Début :
On assure qu'il a été signé à Stokolm, au commencement de ce mois, un Traité d'Alliance [...]
Mots clefs :
Traité d'alliance, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
N affure qu'il a été figné à Stokolm , an
commencement de ce mois, un Traité d'Alliance
deffenfive entre le Roi , le Roi de la Grande
Bretagne & le Duc de Brunfwik- Wolfembutel,
pour la confervation & défenſe mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne. Suivant ce Traité , ces trois
Puiffances doivent raffembler dans la Baff: Saxe
un Corps de Troupes de 35000. hommes , & on
invitera les autres Puiffances voifines d'acceder à
ce Traité pour la fureté de leurs Etats.
Il a été réſolu dans le Conſeil du Roi , de faire
drefler une Lifte de tous les jeunes gens depuis 20
juſqu'à 36. ans , dans toutes les Vilies , Bourgs
& Villages de fes Etats d'Allemagne , on établira
pour cet effet des Magazins d'Armes dans les Arfenaux
de Caffel , de Ziegenheim & de Marpurg.
Le Miniftre du Roi à Warfovie , a écrit que le
Roi de Pologne avoit accordé aux Proteftans de
fon Royaume le libre exercice de leur Religion
& qu'ils efperoient que dans la prochaine Diete
generale on les remettroit en poff ffion des biens
qu'on leur a enlevez depuis 12. ou 15. ans.
N affure qu'il a été figné à Stokolm , an
commencement de ce mois, un Traité d'Alliance
deffenfive entre le Roi , le Roi de la Grande
Bretagne & le Duc de Brunfwik- Wolfembutel,
pour la confervation & défenſe mutuelle de leurs
Etats d'Allemagne. Suivant ce Traité , ces trois
Puiffances doivent raffembler dans la Baff: Saxe
un Corps de Troupes de 35000. hommes , & on
invitera les autres Puiffances voifines d'acceder à
ce Traité pour la fureté de leurs Etats.
Il a été réſolu dans le Conſeil du Roi , de faire
drefler une Lifte de tous les jeunes gens depuis 20
juſqu'à 36. ans , dans toutes les Vilies , Bourgs
& Villages de fes Etats d'Allemagne , on établira
pour cet effet des Magazins d'Armes dans les Arfenaux
de Caffel , de Ziegenheim & de Marpurg.
Le Miniftre du Roi à Warfovie , a écrit que le
Roi de Pologne avoit accordé aux Proteftans de
fon Royaume le libre exercice de leur Religion
& qu'ils efperoient que dans la prochaine Diete
generale on les remettroit en poff ffion des biens
qu'on leur a enlevez depuis 12. ou 15. ans.
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Résumé : SUEDE.
En Suède, un traité d'alliance défensive a été signé à Stockholm entre le roi de Suède, le roi de Grande-Bretagne et le duc de Brunswick-Wolfenbüttel. Ce traité vise à la conservation et à la défense mutuelle de leurs États en Allemagne. Les trois puissances doivent rassembler un corps de troupes de 35 000 hommes en Basse-Saxe et invitent les autres puissances voisines à adhérer à ce traité pour assurer la sûreté de leurs États. Par ailleurs, il a été décidé de dresser une liste de tous les jeunes gens âgés de 20 à 36 ans dans toutes les villes, bourgs et villages des États d'Allemagne. Des magasins d'armes seront établis dans les arsenaux de Cassel, de Ziegenheim et de Marpurg. En Pologne, le roi a accordé aux protestants le libre exercice de leur religion. Ils espèrent que lors de la prochaine diète générale, les biens qui leur ont été enlevés au cours des 12 à 15 dernières années leur seront restitués.
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1993
p. 2959-2960
DANNEMARCK.
Début :
On a découvert aux environs de Konigsberg en Norwege une Mine d'argent dont les [...]
Mots clefs :
Roi, Officiers, Corps du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEM ARC K.
Na découvert aux environs de Konigsberg
en Norwege une Mine d'argent dont les
produits font trés-confiderables.
Le Corps du teu Roy fut porté le 13. du mois
dernier d'Odenfée à la Fregate qui devoit le tranfporter
en Zelande , au bruit de plufieurs décharges
d'artillerie. Les Seigneurs de la Cour & les
Officiers de ce Prince s'embarquerent fur divers
Batinens , & pafferent le Belt en trés- peu de
! 11. Vol. 1 tems
2960 MERCURE DE FRANCE
temps. Auffi - tôt que la Fregate eut jetté l'ancre ,
le Corps du Roy fut reçu à terre par un étachement
de Cavalerie , qui le conduifit à Rofchild
, où eſt la Sepulture des Rois de Dannemarck.
La marche du Convoi commença dans la
Ville par un Eſcadron des Gardes à cheval , qui
étoit fuivi de 34. Caroffes de deuil , où étoient les
Chevaliers de l'Ordre de l'Elephant , & de l'Ordre
de Dannebrock , des Pages du Roy , des
Trompettes & des Hautbois de S. M. de plufieurs
Officiers portant des Drapeaux & des Etendarts
aux Armes des differentes Provinces de ce Royau
me , & de trois Lieutenans Colonels qui portoient
le grand Etendart Royal. Le Corps du feu Roy
étoit dans un Carofle à huit chevaux , précedé
du Grand - Maréchal de la Cour , du Grand-
Chambellan , & du Grand- Ecuyer. Le Roy qui
s'y etoit rendu pour recevoir le Corps à la Porte
-de l'Eglife , revint à Copenhague aprés la ceremonie.
Na découvert aux environs de Konigsberg
en Norwege une Mine d'argent dont les
produits font trés-confiderables.
Le Corps du teu Roy fut porté le 13. du mois
dernier d'Odenfée à la Fregate qui devoit le tranfporter
en Zelande , au bruit de plufieurs décharges
d'artillerie. Les Seigneurs de la Cour & les
Officiers de ce Prince s'embarquerent fur divers
Batinens , & pafferent le Belt en trés- peu de
! 11. Vol. 1 tems
2960 MERCURE DE FRANCE
temps. Auffi - tôt que la Fregate eut jetté l'ancre ,
le Corps du Roy fut reçu à terre par un étachement
de Cavalerie , qui le conduifit à Rofchild
, où eſt la Sepulture des Rois de Dannemarck.
La marche du Convoi commença dans la
Ville par un Eſcadron des Gardes à cheval , qui
étoit fuivi de 34. Caroffes de deuil , où étoient les
Chevaliers de l'Ordre de l'Elephant , & de l'Ordre
de Dannebrock , des Pages du Roy , des
Trompettes & des Hautbois de S. M. de plufieurs
Officiers portant des Drapeaux & des Etendarts
aux Armes des differentes Provinces de ce Royau
me , & de trois Lieutenans Colonels qui portoient
le grand Etendart Royal. Le Corps du feu Roy
étoit dans un Carofle à huit chevaux , précedé
du Grand - Maréchal de la Cour , du Grand-
Chambellan , & du Grand- Ecuyer. Le Roy qui
s'y etoit rendu pour recevoir le Corps à la Porte
-de l'Eglife , revint à Copenhague aprés la ceremonie.
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Résumé : DANNEMARCK.
Le texte relate deux événements historiques distincts. Premièrement, il mentionne la découverte d'une mine d'argent près de Konigsberg en Norvège, dont les produits sont très considérables. Deuxièmement, il décrit le transfert du corps du roi de Dannemarck. Le 13 du mois précédent, le corps du roi a été transporté d'Odenfée à une frégate, qui devait le transporter en Zelande, au son de plusieurs décharges d'artillerie. Les seigneurs de la cour et les officiers du prince se sont embarqués sur divers bateaux et ont traversé le Belt en peu de temps. Une fois la frégate ancrée, le corps du roi a été accueilli à terre par un détachement de cavalerie, qui l'a conduit à Roschild, où se trouve la sépulture des rois de Dannemarck. La procession funéraire a commencé dans la ville avec un escadron des Gardes à cheval, suivi de 34 carrosses de deuil. Ces carrosses transportaient les Chevaliers de l'Ordre de l'Éléphant et de l'Ordre de Dannebrock, des pages du roi, des trompettes et des hautbois de Sa Majesté, ainsi que plusieurs officiers portant des drapeaux et des étendards aux armes des différentes provinces du royaume. Trois lieutenants-colonels portaient le grand étendard royal. Le corps du défunt roi était placé dans un carrosse à huit chevaux, précédé du Grand-Maréchal de la Cour, du Grand-Chambellan et du Grand-Écuyer. Le roi, qui s'était rendu à la porte de l'église pour recevoir le corps, est retourné à Copenhague après la cérémonie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1994
p. 2960-2961
ALLEMAGNE.
Début :
On écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy d'Angleterre, comme Electeur d'Hanover, [...]
Mots clefs :
Duché de Mecklembourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy
O agile de V, cone a au
& au Duc de Brunſwick- Woltembutel , un Refcript
Imperial , concernant les affaires du Duché
de Meckelbourg , par lequel ces Princes font priés
de repréfenter au Duc Charles Leopold les fuites fâcheufes
de fa longue defobéiflance aux Refcripts de
P'Empereur,&de faire leurs efforts pour l'engager à
fe foumettre fans aucune reſtriction , d'empêcher
que les peuples du Duché de Meckelbourg ne
foient ruinez par les véxations des troupes d'execution
, & a'employer toutes fortes de moyens
pour mettre à l'abri de toutes violences le Duc
Chrétien Louis , fa Famille , & la Nobleffe qui
luy eft affectionnée,
II. Vole Оп
DECEMBRE . 1730. 2961
On a reçu avis de Roftock , depuis la publica
tion de ce Decret , que la Nobleffe & les Etats du
Duché de Mekelbourg devoient s'aſſembler au
commencement de l'année prochaine , pour déliberer
fur les affaires du Duché , conformément
aux intentions de S. M. Imp .
On a auffi reçu avis de Conftantinople , que le
G. S. avoit refolu de renforcer de 40000. homines
les garnifons qui font fur les frontieres de
Tranfilvanie , & de faire marcher au Printems
prochain , vers les mêmes Frontieres , une armée
de 150. mille hommes .
On a appris d'Hanover que S. M. Brit. auroit
dans cet Electorat au Printems prochain 34000.
hommes , non compris la Milice & les Compagnies
d'Invalides qui font diftribuées dans divers
endroits.
On écrit de Dantzick que le Roi de Pologne
avoit refufé le paffage par ce Royaume aux
30000. Mofcovites que la Czarine a promis de
fournir à l'Empereur en cas de guerre.
N écrit de Vienne qu'on a envoyé au Roy
O agile de V, cone a au
& au Duc de Brunſwick- Woltembutel , un Refcript
Imperial , concernant les affaires du Duché
de Meckelbourg , par lequel ces Princes font priés
de repréfenter au Duc Charles Leopold les fuites fâcheufes
de fa longue defobéiflance aux Refcripts de
P'Empereur,&de faire leurs efforts pour l'engager à
fe foumettre fans aucune reſtriction , d'empêcher
que les peuples du Duché de Meckelbourg ne
foient ruinez par les véxations des troupes d'execution
, & a'employer toutes fortes de moyens
pour mettre à l'abri de toutes violences le Duc
Chrétien Louis , fa Famille , & la Nobleffe qui
luy eft affectionnée,
II. Vole Оп
DECEMBRE . 1730. 2961
On a reçu avis de Roftock , depuis la publica
tion de ce Decret , que la Nobleffe & les Etats du
Duché de Mekelbourg devoient s'aſſembler au
commencement de l'année prochaine , pour déliberer
fur les affaires du Duché , conformément
aux intentions de S. M. Imp .
On a auffi reçu avis de Conftantinople , que le
G. S. avoit refolu de renforcer de 40000. homines
les garnifons qui font fur les frontieres de
Tranfilvanie , & de faire marcher au Printems
prochain , vers les mêmes Frontieres , une armée
de 150. mille hommes .
On a appris d'Hanover que S. M. Brit. auroit
dans cet Electorat au Printems prochain 34000.
hommes , non compris la Milice & les Compagnies
d'Invalides qui font diftribuées dans divers
endroits.
On écrit de Dantzick que le Roi de Pologne
avoit refufé le paffage par ce Royaume aux
30000. Mofcovites que la Czarine a promis de
fournir à l'Empereur en cas de guerre.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1730, l'empereur a adressé un réquisitoire aux rois de Vienne, de Prusse et au Duc de Brunswick-Wolfenbüttel concernant le Duché de Meckelbourg. Ce document demande à ces princes de convaincre le Duc Charles Léopold de se soumettre aux ordres impériaux pour éviter la ruine des peuples du duché par les vexations des troupes d'exécution. Il est également demandé de protéger le Duc Chrétien Louis, sa famille et la noblesse fidèle. La noblesse et les États du Duché de Meckelbourg doivent se réunir au début de l'année suivante pour délibérer sur les affaires du duché, conformément aux intentions de l'empereur. À Constantinople, le Grand Sultan a décidé de renforcer les garnisons aux frontières de Transylvanie de 40 000 hommes et de préparer une armée de 150 000 hommes pour le printemps. À Hanover, le roi de Grande-Bretagne disposera de 34 000 hommes au printemps, sans compter la milice et les compagnies d'invalides. Enfin, le roi de Pologne a refusé le passage à travers son royaume aux 30 000 Moscovites promis par la tsarine à l'empereur en cas de guerre.
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1995
p. 2961-2963
ITALIE.
Début :
Le 30. Novembre les Peres de la Compagnie de Jesus élurent pour leur General le Pere [...]
Mots clefs :
Cardinal, Abbé, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
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Résumé : ITALIE.
Le 30 novembre, les Jésuites élurent François Res comme nouveau Général. Le Cardinal Secrétaire d'État convoqua Mgr Coscia, Évêque de Targa, à comparaître devant le Pape sous peine de suspension et d'excommunication. Le Cardinal de Polignac baptisa le fils du Marquis Gualterio et remit un portrait du Roi à la mère. Le 11 décembre, un consistoire secret nomma les Cardinaux Aldobrandini, Grimaldi et Maffei aux légations de Bologne, Ferrare et Romagne. L'affaire du Grand-Prieuré de Rome fut résolue en faveur du Cardinal Cibo, qui transmit ensuite cette charge au Cardinal Ruspoli. Le Cardinal Ottoboni proposa plusieurs postes ecclésiastiques, dont l'évêché de Mirepoix, l'abbaye de Saint-Étienne de Baulge, et l'évêché d'Angers. Lors du consistoire du 18 décembre, il proposa l'évêché de Carcassonne, l'abbaye de la Grave, et l'abbaye de Saint-Florent-lez-Saumur. À Benevent, la population enleva les armes du Cardinal Coscia du portail du Palais Archépiscopal. On murmurait que l'archevêché pourrait être donné au Cardinal Grimaldi si Coscia démissionnait. À Gênes, Jérôme Veneroso revint de Corse avec deux galères, et Camille Doria était attendu pour le remplacer. Les rebelles des montagnes avaient remis leurs armes dans des magasins publics.
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1996
p. 2963
ESPAGNE.
Début :
Quelques Troupes du Roy sont occupées à revêtir le retranchement qui empêche la [...]
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
QTelques Troupes du Roy font occupées à
revêtir le retranchement qui empêche la
Contrebande qu'on pourroit faire de Gibraltar
dans l'intérieur du Pays , & à conſtruire un Fort
à la pointe Occidentale de la Baye de Gibraltar
QTelques Troupes du Roy font occupées à
revêtir le retranchement qui empêche la
Contrebande qu'on pourroit faire de Gibraltar
dans l'intérieur du Pays , & à conſtruire un Fort
à la pointe Occidentale de la Baye de Gibraltar
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1997
p. 2963-2964
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a arrêté depuis peu à Winchester un Gentilhomme, d'une des plus anciennes Familles [...]
Mots clefs :
Enfants, Morts
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
Orilhomme, d'une des plus anciennes Familles
Na arrêté depuis peu à Wincheſter un Gendu
Comté de Warwick , & un Lieutenant d'un
II. Vol. Vaif-
I iij
2964 MERCURE DE FRANCE
Vaiffeau de Guerre du Roy , accufez d'avoir fait
deux vols de grand chemin.
On mande de Dublin , du z 5 du mois dernier
que ce jour-là le fieur Richard Johnfton , frere
d'un fameux Avocat , & le fieur Jean Porter , fils
aîné de M. Porter , Alderman de cette Ville,&
cy devant Maire , y avoient été exécutez pour
meurtre, quoiqu'ï's euffent nié le fait juſques à la
-mort; & que peu après leur exécution , il y arriva
un répit pour 40 jours , du Duc de Dorfet ,
Viceroy d'Irlande , mais trop tard , au grand
regret de tous les Spectateurs , qui étoient extrê
mement touchez du malheur de ces deux Gentilshommes
.
Suivant l'Extrait des Regiftres Baptiftaires &
Mortuaires des Paroiffes de Londres , on a bap-
-tifé pendant l'année 1730., tant dans cette Ville ,
que dans les dépendances de Weftminſter 8606
garçons , & 812. filles , ce qui fait en tout
17118 enfans. Il eft mort pendant la même an.
née 13306 hommes ou enfans , & 13455 femmes
ou filles . Le nombre des morts eft moindre que
celui de l'année précedente de 2951, Dans le
nombre des morts de cette année, il y en a 10368
au deffous de l'âge de 2 ans , 2448. entre 2 & 5
ans , 1092 entre 5 & 10 ans , 901. entre 10 &
entre 30
20 ans , 2048. entre 20 & 30. 2471
40. 2373. entre 40 & 50. 1713. entre 50 & 60.
1577. entre 60 & 70. 1001. entre 70 & 80.
622. entre 80 & 90. 138. entre 90 & 100. 22
101 ans. 2 à 103. ans. 3 à 104. & un à 105 .
Orilhomme, d'une des plus anciennes Familles
Na arrêté depuis peu à Wincheſter un Gendu
Comté de Warwick , & un Lieutenant d'un
II. Vol. Vaif-
I iij
2964 MERCURE DE FRANCE
Vaiffeau de Guerre du Roy , accufez d'avoir fait
deux vols de grand chemin.
On mande de Dublin , du z 5 du mois dernier
que ce jour-là le fieur Richard Johnfton , frere
d'un fameux Avocat , & le fieur Jean Porter , fils
aîné de M. Porter , Alderman de cette Ville,&
cy devant Maire , y avoient été exécutez pour
meurtre, quoiqu'ï's euffent nié le fait juſques à la
-mort; & que peu après leur exécution , il y arriva
un répit pour 40 jours , du Duc de Dorfet ,
Viceroy d'Irlande , mais trop tard , au grand
regret de tous les Spectateurs , qui étoient extrê
mement touchez du malheur de ces deux Gentilshommes
.
Suivant l'Extrait des Regiftres Baptiftaires &
Mortuaires des Paroiffes de Londres , on a bap-
-tifé pendant l'année 1730., tant dans cette Ville ,
que dans les dépendances de Weftminſter 8606
garçons , & 812. filles , ce qui fait en tout
17118 enfans. Il eft mort pendant la même an.
née 13306 hommes ou enfans , & 13455 femmes
ou filles . Le nombre des morts eft moindre que
celui de l'année précedente de 2951, Dans le
nombre des morts de cette année, il y en a 10368
au deffous de l'âge de 2 ans , 2448. entre 2 & 5
ans , 1092 entre 5 & 10 ans , 901. entre 10 &
entre 30
20 ans , 2048. entre 20 & 30. 2471
40. 2373. entre 40 & 50. 1713. entre 50 & 60.
1577. entre 60 & 70. 1001. entre 70 & 80.
622. entre 80 & 90. 138. entre 90 & 100. 22
101 ans. 2 à 103. ans. 3 à 104. & un à 105 .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, deux individus, un gentilhomme du comté de Warwick et un lieutenant de vaisseau de guerre, ont été arrêtés à Winchester pour des vols de grand chemin. À Dublin, Richard Johnston et Jean Porter ont été exécutés pour meurtre le 25 du mois précédent, malgré leurs dénégations. Un répit du Duc de Dorset est arrivé trop tard. En 1730, à Londres, 8606 garçons et 812 filles ont été baptisés, totalisant 17118 enfants. La même année, 13306 hommes ou enfants et 13455 femmes ou filles sont décédés, soit 2951 de moins que l'année précédente. Les décès étaient répartis selon les tranches d'âge suivantes : 10368 enfants de moins de 2 ans, 2448 entre 2 et 5 ans, 1092 entre 5 et 10 ans, 901 entre 10 et 20 ans, 2048 entre 20 et 30 ans, 2471 entre 30 et 40 ans, 2373 entre 40 et 50 ans, 1713 entre 50 et 60 ans, 1577 entre 60 et 70 ans, 1001 entre 70 et 80 ans, 622 entre 80 et 90 ans, 138 entre 90 et 100 ans, 2 à 101 ans, 3 à 104 ans et 1 à 105 ans.
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1998
p. 2966
« Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
Début :
Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...]
Mots clefs :
Roi, Loterie de la Compagnie des Indes
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texteReconnaissance textuelle : « Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
E 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes ,
pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée , à l'Hôtel de la Compagnie.
La Lifte des Numero des Actions & Dixiemes
d'Action , qui doivent être remboursées ,
a été renduë publique , faiſant en tout le nombre
de trois cens Actions.
Le Roy a nommé à l'Evêché de Soiffons l'Abbé
'de Sefmaifons , Aumônier de S. M.
Le Roy a accordé l'Abbaye de S. Quentin de
Beauvais , Ordre de S. Auguftin , à l'Abbé Labifenski
, Confeffeur de la Reine.
pour le Remboursement des Actions , fut tirée
en la maniere accoûtumée , à l'Hôtel de la Compagnie.
La Lifte des Numero des Actions & Dixiemes
d'Action , qui doivent être remboursées ,
a été renduë publique , faiſant en tout le nombre
de trois cens Actions.
Le Roy a nommé à l'Evêché de Soiffons l'Abbé
'de Sefmaifons , Aumônier de S. M.
Le Roy a accordé l'Abbaye de S. Quentin de
Beauvais , Ordre de S. Auguftin , à l'Abbé Labifenski
, Confeffeur de la Reine.
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Résumé : « Le 23 la Lotterie de la Compagnie des Indes, pour le Remboursement des Actions, fut tirée [...] »
Le 23, la Lotterie de la Compagnie des Indes a été organisée pour rembourser trois cents actions. Le roi a nommé l'Abbé de Sefmaifons à l'évêché de Soiffons et l'Abbé Labifenski à l'Abbaye de Saint-Quentin de Beauvais.
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1999
p. 54-57
DISCOURS de M. l'Olivier, Avocat au Parlement, Substitut de M. le Procureur General, et l'un des deux Substituts des Procureurs Generaux, Sindics des Etats de Bretagne, prononcé dans l'Assemblée des Etats.
Début :
Messieurs, Depuis l'élection que vous avez bien voulu faire en [...]
Mots clefs :
Discours, Assemblée, Prélat, Épiscopat, Honneur, Magistrat, Reconnaissance
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS de M. l'Olivier, Avocat au Parlement, Substitut de M. le Procureur General, et l'un des deux Substituts des Procureurs Generaux, Sindics des Etats de Bretagne, prononcé dans l'Assemblée des Etats.
DISCOURS de M. l'Olivier , Avocat
au Parlement , Substitut de M. le
Procureur General , et l'un des deux
Substituts des Procureurs Generaux ,
Sindics des Etats de Bretagne , prononcé
dans l'Assemblée des Etats.
MESSI ESSIEURS ,
Depuis l'élection que vous avez bien voulu
faire en ma faveur , j'ai 'souhaité avec
empressement qu'il se présentat quelque occasion
de vous en faire mes trés
remercimens.
respectueux
Penetré de la reconnoissance la plus vive,
je m'étois flatté que les expressions qui pou
voient la rendre sensible suivroient de près
les mouvemens de mon coeur ; mais le
respect
at la crainte dont je me sens penetré à la vuë
de cette auguste assemblée , ne me permettent
qu'à peine de vous faire entendre ma timide
voix.
Je ne trouve rien , Messieurs , de comparable
pour moi à la grace dont vous avez
bien voulu m'honorer. La préference que
vous m'avez donnée sur une foule de concurrens
distingués par leur mérite , en rehausse
infiniment le prix . Quelle gloire ne reçois-je
pas
JANVIER. 1731. 58
pas d'une place où je suis chargé de veiller
à la conservation des droits de la patrie ?
quelle satisfaction de pouvoir chaque jour
trouver de nouvelles occasions de la servir ?
L'honneur d'être admis dans vos assemblées
est encore un avantage qui me rend
cette place très précieuse ; c'est cette prérogative
, Messieurs , qui me met à portée de
connoître et d'admirer en même tems la superiorité
de vos lumieres , la penétration de
vos esprits , la sagesse de vos déliberations
c'est cette prérogative qui me rend témoin de
Fart et de la prudence avec lesquels vous
Scavez , Messieurs , concilier le service du
Roi avec les franchises et les libertés de cette
grande Province.
C'est enfin cette prérogative qui me procure
l'inestimable honneur d'approcher les augustes
personnages qui président à vos déliberations.
Un Prélat nourri dans la sagesse et dans
la pieté , également instruit de tous ses devoirs,
et fidele à les observer , qui joignant aux
vertus de l'Episcopat une parfaite connoissance
des affaires , et destiné à remplir
un jour les plus sublimes emplois de l'Eglise
et de l'Etat.
Un Seigneur aussi grand par sa haute
naissance , qu'il est aimable par les graces
naturelles qui l'accompagnent ; un Seigneur
qui dans un âge de tout tems consacré auxe
plaisirs
56 MERCURE DE FRANCE
plaisirs sçait s'occuper avec autant de dignité
que de succès des affaires les plus importantes
d'une Nation dont il est tout à la fois les délices
et la gloire.
Un Magistrat habile , prudent , équitable
qui par ses lumieres et une longue experience
s'est acquis une profonde connoissance des affaires
de la Province , et s'est tant de fois
distingué dans la place qu'il occupe si dignement.
Quelle gloire n'est ce pas pour moi , Messieurs
, de devoir à vos suffrages une place
qui me procure l'honneur de parler devant
des Personnes si illustres .
"
Des témoignages de bonté si marqués et si
éclatans exigent sans doute de ma part des
hommages pleins de respect pour cette majestueuse
assemblée , un zele à toute épreuve
pour les interêts qu'elle confie et une exactitude
scrupuleuse à tous mes devoirs.
C'est aussi , Messieurs , ce que je vous
supplie d'agréer , et en même tems tout ce
que je puis vous offrir. Quoique jeune , jose
esperer et le désir de répondre à votre choix
est le garant de mon esperance , que par mes:
soins et par mon attention à consulter les
maximes et à suivre les exemples de Messieurs
vos Procureurs Generaux Sindics , je
serai dans peu en état de travailler utilement
sous leurs ordres , et de vous donner des preuves
de mon inviolable dévouëment et de ma
respecineuse reconnoissance- Le
JANVIER. 1731. 57
Le Collegue de M. l'Olivier , dans la
même Charge de Subsitut des Procureurs
Generaux Sindics des Etats , est M. Odye,
Avocat au Parlement , et d'une réputation
distinguée.
au Parlement , Substitut de M. le
Procureur General , et l'un des deux
Substituts des Procureurs Generaux ,
Sindics des Etats de Bretagne , prononcé
dans l'Assemblée des Etats.
MESSI ESSIEURS ,
Depuis l'élection que vous avez bien voulu
faire en ma faveur , j'ai 'souhaité avec
empressement qu'il se présentat quelque occasion
de vous en faire mes trés
remercimens.
respectueux
Penetré de la reconnoissance la plus vive,
je m'étois flatté que les expressions qui pou
voient la rendre sensible suivroient de près
les mouvemens de mon coeur ; mais le
respect
at la crainte dont je me sens penetré à la vuë
de cette auguste assemblée , ne me permettent
qu'à peine de vous faire entendre ma timide
voix.
Je ne trouve rien , Messieurs , de comparable
pour moi à la grace dont vous avez
bien voulu m'honorer. La préference que
vous m'avez donnée sur une foule de concurrens
distingués par leur mérite , en rehausse
infiniment le prix . Quelle gloire ne reçois-je
pas
JANVIER. 1731. 58
pas d'une place où je suis chargé de veiller
à la conservation des droits de la patrie ?
quelle satisfaction de pouvoir chaque jour
trouver de nouvelles occasions de la servir ?
L'honneur d'être admis dans vos assemblées
est encore un avantage qui me rend
cette place très précieuse ; c'est cette prérogative
, Messieurs , qui me met à portée de
connoître et d'admirer en même tems la superiorité
de vos lumieres , la penétration de
vos esprits , la sagesse de vos déliberations
c'est cette prérogative qui me rend témoin de
Fart et de la prudence avec lesquels vous
Scavez , Messieurs , concilier le service du
Roi avec les franchises et les libertés de cette
grande Province.
C'est enfin cette prérogative qui me procure
l'inestimable honneur d'approcher les augustes
personnages qui président à vos déliberations.
Un Prélat nourri dans la sagesse et dans
la pieté , également instruit de tous ses devoirs,
et fidele à les observer , qui joignant aux
vertus de l'Episcopat une parfaite connoissance
des affaires , et destiné à remplir
un jour les plus sublimes emplois de l'Eglise
et de l'Etat.
Un Seigneur aussi grand par sa haute
naissance , qu'il est aimable par les graces
naturelles qui l'accompagnent ; un Seigneur
qui dans un âge de tout tems consacré auxe
plaisirs
56 MERCURE DE FRANCE
plaisirs sçait s'occuper avec autant de dignité
que de succès des affaires les plus importantes
d'une Nation dont il est tout à la fois les délices
et la gloire.
Un Magistrat habile , prudent , équitable
qui par ses lumieres et une longue experience
s'est acquis une profonde connoissance des affaires
de la Province , et s'est tant de fois
distingué dans la place qu'il occupe si dignement.
Quelle gloire n'est ce pas pour moi , Messieurs
, de devoir à vos suffrages une place
qui me procure l'honneur de parler devant
des Personnes si illustres .
"
Des témoignages de bonté si marqués et si
éclatans exigent sans doute de ma part des
hommages pleins de respect pour cette majestueuse
assemblée , un zele à toute épreuve
pour les interêts qu'elle confie et une exactitude
scrupuleuse à tous mes devoirs.
C'est aussi , Messieurs , ce que je vous
supplie d'agréer , et en même tems tout ce
que je puis vous offrir. Quoique jeune , jose
esperer et le désir de répondre à votre choix
est le garant de mon esperance , que par mes:
soins et par mon attention à consulter les
maximes et à suivre les exemples de Messieurs
vos Procureurs Generaux Sindics , je
serai dans peu en état de travailler utilement
sous leurs ordres , et de vous donner des preuves
de mon inviolable dévouëment et de ma
respecineuse reconnoissance- Le
JANVIER. 1731. 57
Le Collegue de M. l'Olivier , dans la
même Charge de Subsitut des Procureurs
Generaux Sindics des Etats , est M. Odye,
Avocat au Parlement , et d'une réputation
distinguée.
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Résumé : DISCOURS de M. l'Olivier, Avocat au Parlement, Substitut de M. le Procureur General, et l'un des deux Substituts des Procureurs Generaux, Sindics des Etats de Bretagne, prononcé dans l'Assemblée des Etats.
M. l'Olivier, avocat au Parlement et substitut du Procureur Général, adresse un discours aux États de Bretagne après son élection. Il exprime sa gratitude pour l'honneur reçu et la préférence accordée parmi de nombreux concurrents. Il se réjouit de pouvoir veiller sur les droits de la patrie et servir quotidiennement la province. L'honneur d'être admis dans les assemblées lui permet d'admirer la sagesse et la prudence des délibérations des États, ainsi que leur capacité à concilier le service du Roi avec les franchises et libertés de la Bretagne. M. l'Olivier admire également les personnalités présentes, notamment un prélat sage et pieux, un seigneur distingué par sa naissance et ses compétences, et un magistrat expérimenté. Il promet de faire preuve de respect, de zèle et de scrupule dans l'exercice de ses devoirs. Bien que jeune, il espère, en suivant les exemples de ses prédécesseurs, pouvoir travailler utilement et prouver son dévouement et sa reconnaissance. Son collègue, M. Odye, est également mentionné pour sa réputation distinguée.
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2000
p. 135-136
« On a imprimé à Rome depuis un Livre intitulé : Motivi [...] »
Début :
On a imprimé à Rome depuis un Livre intitulé : Motivi [...]
Mots clefs :
Rome, Invention , Florence, Sculpteurs, Église métropolitaine de Lisbonne
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texteReconnaissance textuelle : « On a imprimé à Rome depuis un Livre intitulé : Motivi [...] »
On a imprimé à Rome depuis peu un
Livre intitulé : Motivi di credere tuta
via ascoso è non iscoperto l'anno 1695. Il
sacro Corpo di S. Agostino. L'Ouvrage est
bien écrit ; mais feu M. Fontanini , qui
fit imprimer en 1728. une Dissertation
sur la verité de la découverte du Corps
de S. Augustin , y est fort peu ménagé.
Il paroît à Rome une nouvelle édition
du Riposo , di Raphaello Borghini
auquel on a ajouté plusieurs figures. C'est
un Dialogue tres - bien écrit sur la Peinture
et la Sculpture ; l'Auteur y enseigne
tout ce qui concerne l'invention , la disposition
, le choix des attitudes , le dessein
et le coloris . Cet Ouvrage est tresestimé
en Italie.
On a appris de Florence , que le Roy
de Portugal y fait travailler par les plus
Gij ha
136 MERCURE DE FRANCE .
habiles Sculpteurs de cette Ville, aux Statuës
en marbre des 12 Apôtres , de 8
pieds de proportion , pour les placer dans
l'Eglise Métropolitaine de Lisbonne.
Chaque Statue sera payée mille écus
Romains,
On a aussi appris de Florence que
quelques personnes de consideration de
cette Ville ont fait entr'elles une société
pour faire graver la fameuse Galerie du
Grand Duc.Le premier volume de ce beau
Recueil , doit bien- tôt paroître , avec des
Explications curieuses de M. Gori , déja
connu par des Ouvrages dont le public
a été satisfait.
Livre intitulé : Motivi di credere tuta
via ascoso è non iscoperto l'anno 1695. Il
sacro Corpo di S. Agostino. L'Ouvrage est
bien écrit ; mais feu M. Fontanini , qui
fit imprimer en 1728. une Dissertation
sur la verité de la découverte du Corps
de S. Augustin , y est fort peu ménagé.
Il paroît à Rome une nouvelle édition
du Riposo , di Raphaello Borghini
auquel on a ajouté plusieurs figures. C'est
un Dialogue tres - bien écrit sur la Peinture
et la Sculpture ; l'Auteur y enseigne
tout ce qui concerne l'invention , la disposition
, le choix des attitudes , le dessein
et le coloris . Cet Ouvrage est tresestimé
en Italie.
On a appris de Florence , que le Roy
de Portugal y fait travailler par les plus
Gij ha
136 MERCURE DE FRANCE .
habiles Sculpteurs de cette Ville, aux Statuës
en marbre des 12 Apôtres , de 8
pieds de proportion , pour les placer dans
l'Eglise Métropolitaine de Lisbonne.
Chaque Statue sera payée mille écus
Romains,
On a aussi appris de Florence que
quelques personnes de consideration de
cette Ville ont fait entr'elles une société
pour faire graver la fameuse Galerie du
Grand Duc.Le premier volume de ce beau
Recueil , doit bien- tôt paroître , avec des
Explications curieuses de M. Gori , déja
connu par des Ouvrages dont le public
a été satisfait.
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Résumé : « On a imprimé à Rome depuis un Livre intitulé : Motivi [...] »
En 1695, à Rome, a été imprimé 'Motivi di credere tutta via ascoso è non iscoperto', un livre critiquant une dissertation de M. Fontanini publiée en 1728 sur la découverte du corps de Saint Augustin. Une nouvelle édition du 'Riposo' de Raphaello Borghini, dialogue sur la peinture et la sculpture, a également été publiée avec des figures supplémentaires. Cet ouvrage est très apprécié en Italie pour ses enseignements sur l'invention, la disposition, le choix des attitudes, le dessein et le coloris. À Florence, le roi de Portugal commande des statues en marbre des douze apôtres, destinées à l'église métropolitaine de Lisbonne. Par ailleurs, des personnalités influentes de Florence se sont associées pour graver la Galerie du Grand Duc, dont le premier volume, accompagné d'explications de M. Gori, doit bientôt paraître.
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