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1801
p. 2037-2038
EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même sujet par Me. l'Abbesse de ce Monastere
Début :
Je viens M. R. P. avec bien de la douleur vous apprendre une triste [...]
Mots clefs :
Tante, Religieuse, Communauté, Coup foudroyant
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même sujet par Me. l'Abbesse de ce Monastere
EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même
sujet par M. l'Abbeffe de ceMonastere.
E viens M. R. P. avec bien de la
douleur vous apprendre une triste
nouvelle ; c'est la mort de vôtre chere
Tante , nôtre R. M. Therese de Jesus,
arrivée hier , jour de la Fête de nôtre
I v M.
2038 MERCURE DE FRANCE
M. Sainte Claire. Elle étoit prés de la
grille devant le Saint Sacrement , un
coup de Tonnerre l'a frappée et fait tomber
morte , la face contre terre , et les
bras étendus , comme prosternée. La
Communauté étoit au Refectoire ; vous
pouvez juger de notre consternation ,
on a saigné une partie de nos Religieuses
qui ne peuvent revenir de leur afflic
tion causée par la perte que nous faisons
; c'étoit un de nos meilleurs sujets ,
d'une solide vertu , et très capable de
toutes choses. Elle a eu le bonheur de
communier une heure avant ce coup ,
foudroyant , qui a fait un grand fracas
dans notre Maison , surtout dans le Clocher
. On regarde comme un Miracle
que les Religieuses n'étoient pas dans .
le hoeur , d'où elles venoient de sortir ,
et où nous croyons que la plus grande
partie auroit peri du même coup, Notre
chere deffunte, étoit Maîtresse des Novices:
ces pauvres Enfants font pitié. &c.
Ces deux Lettres sont écrites au R. P
Dom Martin Bouquer,Religieux de l'Abbaye
S. Germain des Prez , Bibliothe
quaire.
sujet par M. l'Abbeffe de ceMonastere.
E viens M. R. P. avec bien de la
douleur vous apprendre une triste
nouvelle ; c'est la mort de vôtre chere
Tante , nôtre R. M. Therese de Jesus,
arrivée hier , jour de la Fête de nôtre
I v M.
2038 MERCURE DE FRANCE
M. Sainte Claire. Elle étoit prés de la
grille devant le Saint Sacrement , un
coup de Tonnerre l'a frappée et fait tomber
morte , la face contre terre , et les
bras étendus , comme prosternée. La
Communauté étoit au Refectoire ; vous
pouvez juger de notre consternation ,
on a saigné une partie de nos Religieuses
qui ne peuvent revenir de leur afflic
tion causée par la perte que nous faisons
; c'étoit un de nos meilleurs sujets ,
d'une solide vertu , et très capable de
toutes choses. Elle a eu le bonheur de
communier une heure avant ce coup ,
foudroyant , qui a fait un grand fracas
dans notre Maison , surtout dans le Clocher
. On regarde comme un Miracle
que les Religieuses n'étoient pas dans .
le hoeur , d'où elles venoient de sortir ,
et où nous croyons que la plus grande
partie auroit peri du même coup, Notre
chere deffunte, étoit Maîtresse des Novices:
ces pauvres Enfants font pitié. &c.
Ces deux Lettres sont écrites au R. P
Dom Martin Bouquer,Religieux de l'Abbaye
S. Germain des Prez , Bibliothe
quaire.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite sur le même sujet par Me. l'Abbesse de ce Monastere
L'Abbé du monastère informe Dom Martin Bouquer, religieux et bibliothécaire à l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés, de la mort tragique de la tante de Dom Martin, la Révérende Mère Thérèse de Jésus. Cette dernière est décédée la veille, jour de la fête de Notre-Dame de la Merci, après avoir été frappée par un coup de tonnerre près de la grille devant le Saint Sacrement. La communauté, alors au réfectoire, a été profondément choquée. Plusieurs religieuses ont été saignées en raison de leur affliction. Thérèse de Jésus, Maîtresse des Novices, était respectée pour sa vertu et sa polyvalence. Elle avait communié une heure avant l'incident. Le coup de tonnerre a causé des dégâts importants dans la maison, notamment dans le clocher. Il est miraculeux que les religieuses n'étaient pas à la chapelle, où elles venaient de sortir, car elles auraient probablement péri. Les jeunes novices sont particulièrement affectées par sa perte.
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1802
p. 2039-2040
BENEFICES DONNEZ.
Début :
Archevêché de Lyon, à M. de Rochebonne, Evêque de Noyon. [...]
Mots clefs :
Archevêché, Abbaye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ .
A
100.
Rchevêché de Lyon , à M. de Ro
chebonne, Evêque de Noyon.
Evêché de Noyon , à M. l'Abbé de
S. Simon.
I Evêché de Soissons , à M. le Fevre de
PAubriere , Conseiller au Parlement.
Abbaye Des Ordres à M. de la Roche-
Aimont , Evêque de Tarbes.
Abbaye d'Essonnes , à M. Neel , Doc
teur de Sorbonne .
Abbaye de sainte Marie Magdelaine
de Longvé à M. de la Boixiere , Coad
juteur du Grand-Maitre de la Maison de
Navarre.
Abbaye d'Arthoux à M. de la Coré
Vicaire Géneral de Saintes , Visiteur des
Carmelites ..
L'Abbaye de notre Dame de Nevers
à Madame le Maitre.
Abbaye de Lantenac , Ordre de S. Benoît,
Diocèse de S. Brieux , à l'Abbé Marin
de Kerbringal.
Abbaye reguliere de Fontaude , Ordre
de Premontré , Diocèse de S. Pons , au
Pere Salvan d'Hauterive ..
Abbaye des Chanoinesses de Lons - le-
Saunier , Diocèse de Besançon , à la Dame
Bellez de Villette ,.
I vj Celle
2040 MERCURE DE FRANCE
L'Abaye de Chateaudun , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Chartres , à
l'Abbé de Rochechouart- Fodoart.
Celle de Selincourt , Ordre de Prémontré
, Diocèse d'Amiens , à l'Abbé de la
Grange , Grand - Vicaire d'Arras .
Celle d'Obasine , Ordre de Citeaux
Diocèse de Limoges , à l'Abbé de la
Briffe.
Celle de Bellevaux , même Ordre ,
Diocèse de Besançon , à l'Abbé de Mar
nezia.
Celle de Buillon , même Ordre et même
Diocèse , à l'Abbé Pelissier .
Celle de la Marquette , en Flandres ,
Ordre de Cîteaux , à la Dame de Rohan ,
Abbesse de Preaux.
Le Prieuré de la Bajasse , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Flour , à
l'Abbé de Bonvoust.
L'Evêque d'Orange ayant donné la démission
de son Evêché , le Roi y a nonmé
l'Abbé de Tilly , et Sa Majesté a don
né l'Abbaye de Mazan , Ordre de Cîteaux
, Diocèse de Viviers, à l'ancien Evê
que d'Orange.
A
100.
Rchevêché de Lyon , à M. de Ro
chebonne, Evêque de Noyon.
Evêché de Noyon , à M. l'Abbé de
S. Simon.
I Evêché de Soissons , à M. le Fevre de
PAubriere , Conseiller au Parlement.
Abbaye Des Ordres à M. de la Roche-
Aimont , Evêque de Tarbes.
Abbaye d'Essonnes , à M. Neel , Doc
teur de Sorbonne .
Abbaye de sainte Marie Magdelaine
de Longvé à M. de la Boixiere , Coad
juteur du Grand-Maitre de la Maison de
Navarre.
Abbaye d'Arthoux à M. de la Coré
Vicaire Géneral de Saintes , Visiteur des
Carmelites ..
L'Abbaye de notre Dame de Nevers
à Madame le Maitre.
Abbaye de Lantenac , Ordre de S. Benoît,
Diocèse de S. Brieux , à l'Abbé Marin
de Kerbringal.
Abbaye reguliere de Fontaude , Ordre
de Premontré , Diocèse de S. Pons , au
Pere Salvan d'Hauterive ..
Abbaye des Chanoinesses de Lons - le-
Saunier , Diocèse de Besançon , à la Dame
Bellez de Villette ,.
I vj Celle
2040 MERCURE DE FRANCE
L'Abaye de Chateaudun , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Chartres , à
l'Abbé de Rochechouart- Fodoart.
Celle de Selincourt , Ordre de Prémontré
, Diocèse d'Amiens , à l'Abbé de la
Grange , Grand - Vicaire d'Arras .
Celle d'Obasine , Ordre de Citeaux
Diocèse de Limoges , à l'Abbé de la
Briffe.
Celle de Bellevaux , même Ordre ,
Diocèse de Besançon , à l'Abbé de Mar
nezia.
Celle de Buillon , même Ordre et même
Diocèse , à l'Abbé Pelissier .
Celle de la Marquette , en Flandres ,
Ordre de Cîteaux , à la Dame de Rohan ,
Abbesse de Preaux.
Le Prieuré de la Bajasse , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Flour , à
l'Abbé de Bonvoust.
L'Evêque d'Orange ayant donné la démission
de son Evêché , le Roi y a nonmé
l'Abbé de Tilly , et Sa Majesté a don
né l'Abbaye de Mazan , Ordre de Cîteaux
, Diocèse de Viviers, à l'ancien Evê
que d'Orange.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
Le document liste divers bénéfices ecclésiastiques attribués à plusieurs personnalités religieuses en France. Parmi les bénéficiaires figurent des évêques, abbés et autres dignitaires. Par exemple, le Rchevêché de Lyon est attribué à M. de Rochebonne, Evêque de Noyon. L'Abbaye de Sainte-Marie-Madeleine de Longvé est donnée à M. de la Boixière, coadjuteur du Grand-Maître de la Maison de Navarre. L'Abbaye de Lantenac, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Saint-Brieux, est attribuée à l'Abbé Marin de Kerbringal. L'Abbaye de Chateaudun, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Chartres, est donnée à l'Abbé de Rochechouart-Fodoart. De plus, après la démission de l'Evêque d'Orange, le Roi a nommé l'Abbé de Tilly à sa place et a attribué l'Abbaye de Mazan, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Viviers, à l'ancien Evêque d'Orange.
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1803
p. 2053-2066
LETTRE écrite à M. Adam, Medecin, sur la secheresse de la presente année 1731. et sur la maladie des Bestiaux en certains Pays.
Début :
Nous sommes, Monsieur, dans une année distinguée par la secheresse extrême [...]
Mots clefs :
Sécheresse , Bétail domestique, Bêtes fauves, Cerfs, Hiver, Prières publiques, Palestine, Chrétiens, Évêque de Lyon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. Adam, Medecin, sur la secheresse de la presente année 1731. et sur la maladie des Bestiaux en certains Pays.
LETTRE écrite à M. Adam, Medecin,
surla secheresse de la presente année 1731 .
et sur la maladie des Bestiaux en certains
Pays.
'Ous sommes , Monsieur , dans une
Narinée distinguée par la secheresse extrême
qui y a regné , et qui y regne encore.
Je ne sçai si nous ne pourrions pas
la comparer à celle dont parle S. Grégoire
de Tours sur la fin de Histoire de
France , et dont il dit : Siccitas immensa
>
fuit que omne pabulum herbarum avertit.
A iij
Cet
2034 MERCURE DE FRANCE
Cet Historien du sixiéme siecle , qui en
fut le témoin, ajoûte que les Quadrupedes
en souffrirent beaucoup , et qu'il en mourut
un si grand nombre , qu'à peine en
resta- t'il pour perpetuer la race , et il
applique à cette occasion ce que dit le
Prophete Habacuc : Abscindetur de ovili
pecus , & c. (a) Il ajoûte que ce ne fut pas
seulement sur le Bétail domestique que
s'étendit le mal , mais encore sur les bêtes
fauves , et qu'on trouvoit dans les Forêts
les Cerfs et autres animaux étendus morts
sur la place .
L'expérience du passé ayant fait craindre
que pareilles choses n'arrivassent de
nos jours , on a sagement prévenu le mal
en plusieurs endroits du Royaume : on
a eu recours aux Intercesseurs qui sont
les Saints , et on s'est mis sous la protection
de ceux qui sont regardez comme les
Tutelaires des Lieux , et il paroît qu'on
s'en est bien trouvé. Une remarque cependant
que quelques- uns ont faite , est
qu'il leur a semblé que les Diocèses dont
S. Etienne est Patron ont été privilegiez
et qu'ils ont eu de la pluye en abondance
(4) Je rapporte ici ce Passage suivant la Vul-
S. Grégoire le cite selon la Version qui
avoit cours dans les Gaules de son temps. Defieient
ab csca oves , Úc.
avánt
SEPTEMBRE . 1731 2055
avant les autres. Il y en a en France au
moins une douzaine ; mais je ne puis cer
tifier le fait qu'à l'égard de deux de ces
Diocèses où je me suis trouvé vers la saint
Jean derniere , dans le temps que ces
pluyes sont venues après la secheresse
commencée au mois de Fevrier . Aussi peutêtre
ne faisoit-on pas des Prieres dans tous,
et peut- être que
dans les lieux où l'on en
faisoit , on n'interroissoit pas également
S. Etienne dans ce qu'on vouloit obtenir .
Ce qu'il y a de certain c'est que depuis la
révelation faite au Prêtre Lucien , dans un
temps de secheresse , que Dieu écouteroit
les Prieres de son Peuple , appuyées de
l'intercession de S. Etienne , et qu'il en
auroit pitié , on a toûjours eu dans l'Eglise
une grande dévotion envers ce saint
Martyr , lorsqu'il a été besoin d'obtenir
la cessation de cette espece de calamité.
Le souvenir de ce qui étoit arrivé au commencement
du V. siecle pendant cette
secheresse d'hyver qui fut si fatale aux
biens de la Terre dans la Palestine , a toûjours
été present à ceux qui lisent l'Histoire
avec attention .
Je prévois dans ce moment que plus
d'une personne seront frappez de ma remarque
; mais je les prie d'observer les
Livres où sont marquées les Prieres pu-
A iiij bliques
056 MERCURE DE FRANCE
bliques de l'Antiquité pour les temps d'af-
Aliction , et ils verront que l'invocation
de S. Etienne y est marquée avec distinc-
´tion . Ce n'est donc pas la faute de nos ancêtres
, si le fait historique d'une pluye
salutaire esperée et obtenue par l'intercession
de S. Etienne , commence à être mise
en oubli . Ils ont toûjours eû soin d'en
inserer quelque chose dans leurs Livres
de l'Office divin , y faisant entrer la Revelation
du Prêtre Lucien , tant en chant
qu'en lecture. Mais depuis que l'on n'en
chante plus rien et qu'on se contente d'en
lire un abregé très- succint , où il n'est
point fait mention de cet évenement , it
est à craindre qu'on n'oublie le fait , ou
du moins qu'on ne l'ait plus si present à
l'esprit .
و
Il en étoit resté quelque vestige dans le
Breviaire de Sens de l'an 1702.à l'Office de
l'Invention deS.Etienne; on s'est fait depuis
ce temps- là un systême qui n'a point permis
que la memoire de ce trait historique
entrât dans l'Office refondu en 1726.Je ne
sçai s'il en sera de même dans toutes les
Eglises. Je tonnois un Chapitre insigne
où il sera difficile d'oublier tout-à-fait
cette ancienne Histoire : l'antiquité des
moyens temps y a pourvû d'une maniere
singuliere ; je ne veux pas la rapporter à
present ,
SETEMBRE. 1731. 2057
present. Au reste Saint Etienne n'est
pas le seul Saint par l'intercession duquel
on ait eu confiance d'obtenir de
la pluye dans les temps de secheresse.
Il paroît seulement qu'il est le premier
dont les Reliques ayent occasionné ce
secours salutaire , et c'est l'époque que.
l'on peut donner à l'antiquité de l'usage
de porter en Procession les Reliques
des Martyrs dans les temps de calamité.
à
Quelques années avant cette désolation
qu'on fixe à l'an 415. la Palestine s'étoit
ressentie d'une semblable affliction. La
secheresse avoit duré dans l'année 394.
ou 395. durant le mois de Die et d'Appellée
, qui sont deux mois de l'hyver
répondant à Novembre et Décembre ,
quelques jours près. Un S. Evêque nouvellement
placé sur le Siege de Gaze , obtint
miraculeusement de la pluye , au
moins pour son Territoire. L'Histoire en
est si curieuse qu'on ne peut la rendre
trop publique en ce temps- cy. Les Idolâtres
de cette Ville étoient allez au Temple
de Marnas , pour y prier et sacrifier ,
croyant que Marnas étoit maître de la
pluye , et qu'il étoit Jupiter même . Ils
continuerent leur chant pendant sept
jours ; mais le voyant sans effet , ils s'en'
retour2058
MERCURE DE FRANCE
retournerent à leurs ouvrages. La vie de
S. Porphyre , Evêque de cette Ville , écrite
par Marc , son Disciple , témoin oculaire ,
rapporte ensuite comment ce saint Prélat
eut le crédit d'obtenir de l'eau du Ciel.
Les Chrétiens , au nombre de 280. étoient
accourus à lui pour le prier de demander
à Dieu la cessation de la secheresse . Il ordonna
d'abord un jeûne , et commanda
qu'on s'assemblat le soir dans la grande
Eglise pour y celebrer les Vigiles , et cette
nuit-là , dit l'Ecrivain qui étoit un des
Diacres , nous y fimes trente Prieres , avec
autant d'agenouillemens , sans compter la
Psalmodie et les Leçons . Le récit de ce
Diacre témoin , appellé Marc , étant trèspropre
à prouver l'antiquité des usages
de l'Eglise Catholique , j'emprunterai ici
ses propres termes . Le matin , continuë- t'il ,
S. Porphyre faisant porter la sainte Croix
devant nous , nous marchames en chantant
des Hymnes vers l'Occident de la Ville , et
allâmes à la vieille Eglise de S. Asclepas
et là nous fimes autant de Prieres que dans
La grande Eglise. Puis nous allâmes à saint
Timothée , où sont les Reliques de sainte
Meure, Martyre, et de sainte Thée, qui a été
mise au nombre des Confesseurs , et y ayant
encore fait autant de Prieres et d'agenowil-
Lemens , nous retournâmes à la Ville ; fil
étoit
SEPTEMBRE. 1731. 2059
étoit trois heures après midi , ) et nous la
trouvâmes fermée; car les Payens vouloient
dissiper la Procession. Nous nous y
tinmes
deux heures sans qu'on voulût nous ouvrir :
et pour lors un vent de midi commença à convrir
le Ciel de nuées , et dès que le Soleilfut
couché, il fit une grosse pluye avec Tonnerre,
et les Payens voyant ce Miracle , nous ouvrirent
et vinrent avec nous à la grande
Eglise , disant : Christ est le seul Dieu. Il
plut donc depuis le buit d'Audynée jusqu'au
dix. (Audynée est le Janvier des Romains ,
hors qu'il commence cinq jours plutôt ,
comme les autres mois. ) L'onze nous celebrâmes
le saint jour de la Théophanie s et
il y eut cent cinq Payens convertis.
Il y a en France une Ville Episcopale
que je connois particulierement , où les
Prieres de cette presente année ont été
reglées à peu près sur le plan de celles
qu'on voit ordonnées par S. Porphire , et .
l'on a eû la consolation d'être exaucé le
lendemain du jeûne qui accompagna la .
ceremonie.
Mais revenons à la mortalité des Bestiaux
. C'est ordinairement la grande secheresse
qui la cause , parce que la secheresse
excessive brûlant l'herbe des Prez , les
animaux se trouvent obligez de brouter
les feuilles des arbres , aux feuilles des-
A vj quels
2060 MERCURE DE FRANCE
quels sont attachez certains Insectes qui
leur sont nuisibles. C'est une expérience
qu'on m'écrit avoir été faite en Bourgogne
au mois de Juin dernier. Elle suffit
ce me semble , pour assurer qu'Agobard,
Evêque de Lyon , avoit grande raison de
se mocquer de ceux qui croyoient de.
son temps que la mortalité qui regna sur
les Bestiaux , venoit d'une certaine poudre
des Maleficiers envoyez par le
Duc de Benevent , répandoient par la
campagne , et que le vent faisoit entrer
dans les narines des Boeufs et des Vaches.
Cette mortalité remarquable arriva en
l'an 810. Il ne faut pas songer à d'autres
causes dans celles qui arrivoient aux temps
de secheresse , qu'aux Insectes attachez
sous les feüillages.
que
Je ne sçai si celle qui arriva sous le
Roi Chilperic I. après la Bataille donnée
à Chateau -Meillan , en Berry , procedoit
d'un pareil principe ; elle fut si grande ,
au rapport de Gregoire de Tours , qu'après
qu'elle eut cessé , on regardoit comme
une chose merveilleuse de trouver une
Vache ou un Cheval sur pied . Sigebert
marque aussi dans sa Chronique à l'an
1137. qu'il y eut une si grande secheresse
en France , que de memoire d'homme
on n'en n'avoit vû de semblable. Il dit
qu'elle
SEPTEMBRE. 1731. 206
qu'elle fit tarir les Fontaines , les Puits ,
et même des Rivieres ; mais il n'ajoûte
pas si elle fut suivie d'aucune mortalité.
Il paroît que les paroles de l'Antiennedu
vieil Office de S. Etienne conviendroient
à merveille en ces ocsasions , et
qu'on peut les adresser à ceux dont il dépendroit
d'obtenir de la pluye par l'intercession
des Saints , mais qui moins diligens.
que S.Porphyre de Gaze , differeroient de
prendre cette voye. Nonne vides quanta
sit siccitas et tribulatio in toto mundo , et tu
negligenter agis ? On connoît à ce langage
alec'est le vieillard Gamaliel qui reprend
Lucien , de la négligence qu'il apportoit à
Gire proceder à la découverte du Corps de
S. Etienne , dont on attendoit le soulageanent
qui étoit si necessaire.J'ai trouvé ces
paroles dans les anciens Breviaires de Langres
et de Toul ; mais il y a une autre Eglise
queje ne veux pas nommer, où l'on chante
Cette Antienne avec une particularité qui
Rous divertira. Comme c'est le soir du
second jour d'Août , veille de l'Invention
de S. Etienne , l'un des Patrons de cette
Eglise, que cette Antienne se présente dans
l'Office , et que c'est au troisiéme Nocturne
,temps auquel la saison permet d'avoir
le gosier desseché après avoir déja chanté
deux grands Nocturnes ; on m'a assuré
qu'aussi-
1
1
2062 MERCURE DE FRANCE
qu'aussi - tôt et à l'instant que cette Antienne
est notifiée ou intimée , arrivent
au Choeur des Bedeaux ou Huissiers d'Eglise
avec des brocs de vin et des tasses .
et qu'ils y font la ronde , en offrant du
vin à tous ceux du Clergé qui en souhaitent
; bien plus , que selon la maxime ne
potus noceat , une ou deux autres personnes
portent sur un bassin des Biscuits ou
des Macarons, et en présentent à ceux qui
veulent redoubler. C'est ainsi que la gran
de secheresse ou chaleur causée au palais
par le chant , se trouve fort à propos hu
mectée et agréablement rafraîchie. Com
me je n'approfondis pas beaucoup les Ru
briques , je ne me suis pas informé si le
Breviaire ou l'Antiphonier marque dupli-,
catur à cette Antienne ; je crois cependant
que non , parce que c'est un Chapitre où
F'on ne suit pas le Breviaire Romain .
Je parierois bien , Monsieur , qu'en lisant
cecy , vous en faites l'application à
quelque Chapitre de l'Allemagne. Si cela
est , je puis vous certifier que vous vous
trompez. Mais je connois une autre pratique
usitée dans les Eglises de la Campagne
du côté de cette Region . Les Sta
Legian 1604*
tuts Synodaux de Metz de l'an 1604
m'ont donné occasion d'en être instruita
Par un article de ces Statuts , il est enjointaux
SEPTEMBRE. 1751. 2063
aux Curez , ut aboleant profana tonitrualia
festa cum paganismum redoleant , cæterasque
vanas observationes pro curandis et conservandis
pecoribus. Remarquez en passant
que les bestiaux sont toûjours en butte à
quelque adversité , que les soins ingénieux
des Paysans sçavent détourner ou faire cesser,
autant qu'il est en eux. Je ne pouvois
deviner ce que c'étoient que ces Fêtes Tonitruales,
qui paroissent influer sur la conservation
des bestiaux, mais j'en ai eu d'expli
cation d'une personne très - versée dans
toute l'Antiquité, et principalement dang
celle du Pays Messin et des environs.
Ce Sçavant m'a écrit que cette cere
monie s'appelle la Fête du Tonnerre: qu'elle
a été abolie presque par tout le Diocèse ,
mais que le voisinage du Diocèse de Tré
ves est cause qu'on n'a pû l'abolir entierement
dans le canton du Diocèse de
Metz , qui confine avec l'Allemagne , et
qu'elle est réservée dans quelques Paroisses
de ces quartiers- là . Cette Fête consiste
à celebrer certains jours de l'année
avec son des Cloches , Messe haute et avec
plusieurs ceremonies superstitieuses dif
ferentes , selon les lieux . On croit que
par ce moyen l'on est préservé du Tonnerre
, et qu'il tomberoit infailliblement
sur le lieu , si l'on n'y celebroit pas cette
Fête.
2064 MERCURE DE FRANCE
Fête .C'est un usage commun dans les Dio
cèses de Tréves , de Spire , de Cologne, de
Mayence , & c L'ancien Calendrier des
Romains , quoique rempli de Fêtes , n'avoit
point celle - la. Il peut se faire qu'elle
ait eu une origine pieuse dans le Christianisme
, et que dans la suite on ait dégeneré.
Le Méteore du Tonnerre étant
inconcevable dans ces effets , est souvent
nuisible , non -seulement aux animaux de
la Campagne , mais encore aux Hommes
et aux Edifices. Il est cependant hors de
toute apparence de croire que jamais il
ne tombe dans les Diocèses que je viens
de nommer , quoiqu'on y soit exact à
celebrer sa Fête ; il est , au contraire, certain
que de tant de milliers de Paroisses
qu'il y a en France où l'on ne la celebre
pas , à peine y en a- t'il vingt ou trente
par an qui ayent le malheur d'en être
frappées.
Je ne vous celerai point, Monsieur, que
quoiqu'on passe pour être plus éclairé en
France qu'on ne l'est en Allemagne , j'ai
trouvé des Villages en Champagne , où
les Paysans ont la même idée de certains
de nos Saints , que les Payens de la Ville
de Gaze avoient de l'Idole Marnas , dont
je vous ai parlé. Il y a de ces Villages où
l'on croit bonnement que S. Abdon
Martyr
SEPTEMBRE. 1731. 206)
Martyr de la Perse , du trente Juillet ,
est Maître du Tonnerre , et qu'il . en
peut disposer comme il lui plaît. C'est
pour cela , me disoit un jour un de ces
Paysans , c'est pour cela que notre Curé ne
manque jamais defaire la Fête de S. Abdon
de bonne heure ; il en fait grande solemnité
dans l'Octave de la Fête - Dieu , avant que
les grandes chaleurs viennent ; et personne ne
se dispense de venir ce jour-la au Service.
Encore si c'étoit de S. Jacques le Majeur
qu'ils eussent cette idée , ou de S. Jean
Evangeliste son frere , on diroit que cela
a quelque fondement dans le langage de
l'Evangile ; mais je vous avoue mon ignorance
touchant le rapport qu'a S. Abdon
avec le Tonnerre. c'est dommage que
S. Ceadde , Evêque de Lindisfarne , dont
parle le venerable Bede , n'ait pas sçû
le secret de nos Diocèses Allemans ; il se
seroit tenu fort tranquille lorsqu'il tonnoit
, lui , qui non - seulement se mettoit
alors en priere , mais y faisoit encore met.
tre les autres.
Au reste , Monsieur , quoique j'aye
attribué cy-dessus aux grandes secheresses
la mortalité des Bestiaux , je ne prétends
pas qu'elle en soit la seule cause .
On en a vû quelquefois artiver en des
années communes ; et même dans les
Pays2066
MERCURE DE FRANCE
Pays-Bas ,où les Canaux empêchent que les
Prez ne deviennent jamais si arides qu'en
France , les Bestiaux y meurent souvent
comme ailleurs ; mais ce qui doit être remarqué,
est que lorsque la maladie se met
sur ces animaux , les Religionnaires accourent
comme les Catholiques aux lieux de
dévotion , et viennent implorer l'intercession
des Saints ; Multiplicate sunt infirmitates
eorum ; postea acceleraverunt . Autour
de Bruxelles , c'est sainte Vivine , premiere
Abbesse du Grand Bigard , qu'on
invoque pour cela , comme étant l'une
des Tutelaires du Pays. Dom Martene
rapporte dans son second Voyage Litteraire
, qu'au mois de Juillet de l'année
1718. un Hollandois à qui il étoit mort
vingt- quatre Bestiaux , et à qui il en restoit
seize malades , étant venu demander
leur guérison à cette Sainte , les trouva
tous parfaitement guéris à son retour . Il
admira la vertu de la Sainte et reconnut
que dans sa Secte on ne trouve point de
si habiles Medecins. Il ne dit point si ce
Hollandois se convertit , comme firent les
Habitans de la Ville de Gaze. C'est peutêtre
ce qu'il n'avoit pas demandé , ou
plutôt ce qu'il auroit fort apprehendê.
Je suis , &c.
Ce dernier Juillet , jour du grand S. Ger
main d'Auxerre 1731 .
surla secheresse de la presente année 1731 .
et sur la maladie des Bestiaux en certains
Pays.
'Ous sommes , Monsieur , dans une
Narinée distinguée par la secheresse extrême
qui y a regné , et qui y regne encore.
Je ne sçai si nous ne pourrions pas
la comparer à celle dont parle S. Grégoire
de Tours sur la fin de Histoire de
France , et dont il dit : Siccitas immensa
>
fuit que omne pabulum herbarum avertit.
A iij
Cet
2034 MERCURE DE FRANCE
Cet Historien du sixiéme siecle , qui en
fut le témoin, ajoûte que les Quadrupedes
en souffrirent beaucoup , et qu'il en mourut
un si grand nombre , qu'à peine en
resta- t'il pour perpetuer la race , et il
applique à cette occasion ce que dit le
Prophete Habacuc : Abscindetur de ovili
pecus , & c. (a) Il ajoûte que ce ne fut pas
seulement sur le Bétail domestique que
s'étendit le mal , mais encore sur les bêtes
fauves , et qu'on trouvoit dans les Forêts
les Cerfs et autres animaux étendus morts
sur la place .
L'expérience du passé ayant fait craindre
que pareilles choses n'arrivassent de
nos jours , on a sagement prévenu le mal
en plusieurs endroits du Royaume : on
a eu recours aux Intercesseurs qui sont
les Saints , et on s'est mis sous la protection
de ceux qui sont regardez comme les
Tutelaires des Lieux , et il paroît qu'on
s'en est bien trouvé. Une remarque cependant
que quelques- uns ont faite , est
qu'il leur a semblé que les Diocèses dont
S. Etienne est Patron ont été privilegiez
et qu'ils ont eu de la pluye en abondance
(4) Je rapporte ici ce Passage suivant la Vul-
S. Grégoire le cite selon la Version qui
avoit cours dans les Gaules de son temps. Defieient
ab csca oves , Úc.
avánt
SEPTEMBRE . 1731 2055
avant les autres. Il y en a en France au
moins une douzaine ; mais je ne puis cer
tifier le fait qu'à l'égard de deux de ces
Diocèses où je me suis trouvé vers la saint
Jean derniere , dans le temps que ces
pluyes sont venues après la secheresse
commencée au mois de Fevrier . Aussi peutêtre
ne faisoit-on pas des Prieres dans tous,
et peut- être que
dans les lieux où l'on en
faisoit , on n'interroissoit pas également
S. Etienne dans ce qu'on vouloit obtenir .
Ce qu'il y a de certain c'est que depuis la
révelation faite au Prêtre Lucien , dans un
temps de secheresse , que Dieu écouteroit
les Prieres de son Peuple , appuyées de
l'intercession de S. Etienne , et qu'il en
auroit pitié , on a toûjours eu dans l'Eglise
une grande dévotion envers ce saint
Martyr , lorsqu'il a été besoin d'obtenir
la cessation de cette espece de calamité.
Le souvenir de ce qui étoit arrivé au commencement
du V. siecle pendant cette
secheresse d'hyver qui fut si fatale aux
biens de la Terre dans la Palestine , a toûjours
été present à ceux qui lisent l'Histoire
avec attention .
Je prévois dans ce moment que plus
d'une personne seront frappez de ma remarque
; mais je les prie d'observer les
Livres où sont marquées les Prieres pu-
A iiij bliques
056 MERCURE DE FRANCE
bliques de l'Antiquité pour les temps d'af-
Aliction , et ils verront que l'invocation
de S. Etienne y est marquée avec distinc-
´tion . Ce n'est donc pas la faute de nos ancêtres
, si le fait historique d'une pluye
salutaire esperée et obtenue par l'intercession
de S. Etienne , commence à être mise
en oubli . Ils ont toûjours eû soin d'en
inserer quelque chose dans leurs Livres
de l'Office divin , y faisant entrer la Revelation
du Prêtre Lucien , tant en chant
qu'en lecture. Mais depuis que l'on n'en
chante plus rien et qu'on se contente d'en
lire un abregé très- succint , où il n'est
point fait mention de cet évenement , it
est à craindre qu'on n'oublie le fait , ou
du moins qu'on ne l'ait plus si present à
l'esprit .
و
Il en étoit resté quelque vestige dans le
Breviaire de Sens de l'an 1702.à l'Office de
l'Invention deS.Etienne; on s'est fait depuis
ce temps- là un systême qui n'a point permis
que la memoire de ce trait historique
entrât dans l'Office refondu en 1726.Je ne
sçai s'il en sera de même dans toutes les
Eglises. Je tonnois un Chapitre insigne
où il sera difficile d'oublier tout-à-fait
cette ancienne Histoire : l'antiquité des
moyens temps y a pourvû d'une maniere
singuliere ; je ne veux pas la rapporter à
present ,
SETEMBRE. 1731. 2057
present. Au reste Saint Etienne n'est
pas le seul Saint par l'intercession duquel
on ait eu confiance d'obtenir de
la pluye dans les temps de secheresse.
Il paroît seulement qu'il est le premier
dont les Reliques ayent occasionné ce
secours salutaire , et c'est l'époque que.
l'on peut donner à l'antiquité de l'usage
de porter en Procession les Reliques
des Martyrs dans les temps de calamité.
à
Quelques années avant cette désolation
qu'on fixe à l'an 415. la Palestine s'étoit
ressentie d'une semblable affliction. La
secheresse avoit duré dans l'année 394.
ou 395. durant le mois de Die et d'Appellée
, qui sont deux mois de l'hyver
répondant à Novembre et Décembre ,
quelques jours près. Un S. Evêque nouvellement
placé sur le Siege de Gaze , obtint
miraculeusement de la pluye , au
moins pour son Territoire. L'Histoire en
est si curieuse qu'on ne peut la rendre
trop publique en ce temps- cy. Les Idolâtres
de cette Ville étoient allez au Temple
de Marnas , pour y prier et sacrifier ,
croyant que Marnas étoit maître de la
pluye , et qu'il étoit Jupiter même . Ils
continuerent leur chant pendant sept
jours ; mais le voyant sans effet , ils s'en'
retour2058
MERCURE DE FRANCE
retournerent à leurs ouvrages. La vie de
S. Porphyre , Evêque de cette Ville , écrite
par Marc , son Disciple , témoin oculaire ,
rapporte ensuite comment ce saint Prélat
eut le crédit d'obtenir de l'eau du Ciel.
Les Chrétiens , au nombre de 280. étoient
accourus à lui pour le prier de demander
à Dieu la cessation de la secheresse . Il ordonna
d'abord un jeûne , et commanda
qu'on s'assemblat le soir dans la grande
Eglise pour y celebrer les Vigiles , et cette
nuit-là , dit l'Ecrivain qui étoit un des
Diacres , nous y fimes trente Prieres , avec
autant d'agenouillemens , sans compter la
Psalmodie et les Leçons . Le récit de ce
Diacre témoin , appellé Marc , étant trèspropre
à prouver l'antiquité des usages
de l'Eglise Catholique , j'emprunterai ici
ses propres termes . Le matin , continuë- t'il ,
S. Porphyre faisant porter la sainte Croix
devant nous , nous marchames en chantant
des Hymnes vers l'Occident de la Ville , et
allâmes à la vieille Eglise de S. Asclepas
et là nous fimes autant de Prieres que dans
La grande Eglise. Puis nous allâmes à saint
Timothée , où sont les Reliques de sainte
Meure, Martyre, et de sainte Thée, qui a été
mise au nombre des Confesseurs , et y ayant
encore fait autant de Prieres et d'agenowil-
Lemens , nous retournâmes à la Ville ; fil
étoit
SEPTEMBRE. 1731. 2059
étoit trois heures après midi , ) et nous la
trouvâmes fermée; car les Payens vouloient
dissiper la Procession. Nous nous y
tinmes
deux heures sans qu'on voulût nous ouvrir :
et pour lors un vent de midi commença à convrir
le Ciel de nuées , et dès que le Soleilfut
couché, il fit une grosse pluye avec Tonnerre,
et les Payens voyant ce Miracle , nous ouvrirent
et vinrent avec nous à la grande
Eglise , disant : Christ est le seul Dieu. Il
plut donc depuis le buit d'Audynée jusqu'au
dix. (Audynée est le Janvier des Romains ,
hors qu'il commence cinq jours plutôt ,
comme les autres mois. ) L'onze nous celebrâmes
le saint jour de la Théophanie s et
il y eut cent cinq Payens convertis.
Il y a en France une Ville Episcopale
que je connois particulierement , où les
Prieres de cette presente année ont été
reglées à peu près sur le plan de celles
qu'on voit ordonnées par S. Porphire , et .
l'on a eû la consolation d'être exaucé le
lendemain du jeûne qui accompagna la .
ceremonie.
Mais revenons à la mortalité des Bestiaux
. C'est ordinairement la grande secheresse
qui la cause , parce que la secheresse
excessive brûlant l'herbe des Prez , les
animaux se trouvent obligez de brouter
les feuilles des arbres , aux feuilles des-
A vj quels
2060 MERCURE DE FRANCE
quels sont attachez certains Insectes qui
leur sont nuisibles. C'est une expérience
qu'on m'écrit avoir été faite en Bourgogne
au mois de Juin dernier. Elle suffit
ce me semble , pour assurer qu'Agobard,
Evêque de Lyon , avoit grande raison de
se mocquer de ceux qui croyoient de.
son temps que la mortalité qui regna sur
les Bestiaux , venoit d'une certaine poudre
des Maleficiers envoyez par le
Duc de Benevent , répandoient par la
campagne , et que le vent faisoit entrer
dans les narines des Boeufs et des Vaches.
Cette mortalité remarquable arriva en
l'an 810. Il ne faut pas songer à d'autres
causes dans celles qui arrivoient aux temps
de secheresse , qu'aux Insectes attachez
sous les feüillages.
que
Je ne sçai si celle qui arriva sous le
Roi Chilperic I. après la Bataille donnée
à Chateau -Meillan , en Berry , procedoit
d'un pareil principe ; elle fut si grande ,
au rapport de Gregoire de Tours , qu'après
qu'elle eut cessé , on regardoit comme
une chose merveilleuse de trouver une
Vache ou un Cheval sur pied . Sigebert
marque aussi dans sa Chronique à l'an
1137. qu'il y eut une si grande secheresse
en France , que de memoire d'homme
on n'en n'avoit vû de semblable. Il dit
qu'elle
SEPTEMBRE. 1731. 206
qu'elle fit tarir les Fontaines , les Puits ,
et même des Rivieres ; mais il n'ajoûte
pas si elle fut suivie d'aucune mortalité.
Il paroît que les paroles de l'Antiennedu
vieil Office de S. Etienne conviendroient
à merveille en ces ocsasions , et
qu'on peut les adresser à ceux dont il dépendroit
d'obtenir de la pluye par l'intercession
des Saints , mais qui moins diligens.
que S.Porphyre de Gaze , differeroient de
prendre cette voye. Nonne vides quanta
sit siccitas et tribulatio in toto mundo , et tu
negligenter agis ? On connoît à ce langage
alec'est le vieillard Gamaliel qui reprend
Lucien , de la négligence qu'il apportoit à
Gire proceder à la découverte du Corps de
S. Etienne , dont on attendoit le soulageanent
qui étoit si necessaire.J'ai trouvé ces
paroles dans les anciens Breviaires de Langres
et de Toul ; mais il y a une autre Eglise
queje ne veux pas nommer, où l'on chante
Cette Antienne avec une particularité qui
Rous divertira. Comme c'est le soir du
second jour d'Août , veille de l'Invention
de S. Etienne , l'un des Patrons de cette
Eglise, que cette Antienne se présente dans
l'Office , et que c'est au troisiéme Nocturne
,temps auquel la saison permet d'avoir
le gosier desseché après avoir déja chanté
deux grands Nocturnes ; on m'a assuré
qu'aussi-
1
1
2062 MERCURE DE FRANCE
qu'aussi - tôt et à l'instant que cette Antienne
est notifiée ou intimée , arrivent
au Choeur des Bedeaux ou Huissiers d'Eglise
avec des brocs de vin et des tasses .
et qu'ils y font la ronde , en offrant du
vin à tous ceux du Clergé qui en souhaitent
; bien plus , que selon la maxime ne
potus noceat , une ou deux autres personnes
portent sur un bassin des Biscuits ou
des Macarons, et en présentent à ceux qui
veulent redoubler. C'est ainsi que la gran
de secheresse ou chaleur causée au palais
par le chant , se trouve fort à propos hu
mectée et agréablement rafraîchie. Com
me je n'approfondis pas beaucoup les Ru
briques , je ne me suis pas informé si le
Breviaire ou l'Antiphonier marque dupli-,
catur à cette Antienne ; je crois cependant
que non , parce que c'est un Chapitre où
F'on ne suit pas le Breviaire Romain .
Je parierois bien , Monsieur , qu'en lisant
cecy , vous en faites l'application à
quelque Chapitre de l'Allemagne. Si cela
est , je puis vous certifier que vous vous
trompez. Mais je connois une autre pratique
usitée dans les Eglises de la Campagne
du côté de cette Region . Les Sta
Legian 1604*
tuts Synodaux de Metz de l'an 1604
m'ont donné occasion d'en être instruita
Par un article de ces Statuts , il est enjointaux
SEPTEMBRE. 1751. 2063
aux Curez , ut aboleant profana tonitrualia
festa cum paganismum redoleant , cæterasque
vanas observationes pro curandis et conservandis
pecoribus. Remarquez en passant
que les bestiaux sont toûjours en butte à
quelque adversité , que les soins ingénieux
des Paysans sçavent détourner ou faire cesser,
autant qu'il est en eux. Je ne pouvois
deviner ce que c'étoient que ces Fêtes Tonitruales,
qui paroissent influer sur la conservation
des bestiaux, mais j'en ai eu d'expli
cation d'une personne très - versée dans
toute l'Antiquité, et principalement dang
celle du Pays Messin et des environs.
Ce Sçavant m'a écrit que cette cere
monie s'appelle la Fête du Tonnerre: qu'elle
a été abolie presque par tout le Diocèse ,
mais que le voisinage du Diocèse de Tré
ves est cause qu'on n'a pû l'abolir entierement
dans le canton du Diocèse de
Metz , qui confine avec l'Allemagne , et
qu'elle est réservée dans quelques Paroisses
de ces quartiers- là . Cette Fête consiste
à celebrer certains jours de l'année
avec son des Cloches , Messe haute et avec
plusieurs ceremonies superstitieuses dif
ferentes , selon les lieux . On croit que
par ce moyen l'on est préservé du Tonnerre
, et qu'il tomberoit infailliblement
sur le lieu , si l'on n'y celebroit pas cette
Fête.
2064 MERCURE DE FRANCE
Fête .C'est un usage commun dans les Dio
cèses de Tréves , de Spire , de Cologne, de
Mayence , & c L'ancien Calendrier des
Romains , quoique rempli de Fêtes , n'avoit
point celle - la. Il peut se faire qu'elle
ait eu une origine pieuse dans le Christianisme
, et que dans la suite on ait dégeneré.
Le Méteore du Tonnerre étant
inconcevable dans ces effets , est souvent
nuisible , non -seulement aux animaux de
la Campagne , mais encore aux Hommes
et aux Edifices. Il est cependant hors de
toute apparence de croire que jamais il
ne tombe dans les Diocèses que je viens
de nommer , quoiqu'on y soit exact à
celebrer sa Fête ; il est , au contraire, certain
que de tant de milliers de Paroisses
qu'il y a en France où l'on ne la celebre
pas , à peine y en a- t'il vingt ou trente
par an qui ayent le malheur d'en être
frappées.
Je ne vous celerai point, Monsieur, que
quoiqu'on passe pour être plus éclairé en
France qu'on ne l'est en Allemagne , j'ai
trouvé des Villages en Champagne , où
les Paysans ont la même idée de certains
de nos Saints , que les Payens de la Ville
de Gaze avoient de l'Idole Marnas , dont
je vous ai parlé. Il y a de ces Villages où
l'on croit bonnement que S. Abdon
Martyr
SEPTEMBRE. 1731. 206)
Martyr de la Perse , du trente Juillet ,
est Maître du Tonnerre , et qu'il . en
peut disposer comme il lui plaît. C'est
pour cela , me disoit un jour un de ces
Paysans , c'est pour cela que notre Curé ne
manque jamais defaire la Fête de S. Abdon
de bonne heure ; il en fait grande solemnité
dans l'Octave de la Fête - Dieu , avant que
les grandes chaleurs viennent ; et personne ne
se dispense de venir ce jour-la au Service.
Encore si c'étoit de S. Jacques le Majeur
qu'ils eussent cette idée , ou de S. Jean
Evangeliste son frere , on diroit que cela
a quelque fondement dans le langage de
l'Evangile ; mais je vous avoue mon ignorance
touchant le rapport qu'a S. Abdon
avec le Tonnerre. c'est dommage que
S. Ceadde , Evêque de Lindisfarne , dont
parle le venerable Bede , n'ait pas sçû
le secret de nos Diocèses Allemans ; il se
seroit tenu fort tranquille lorsqu'il tonnoit
, lui , qui non - seulement se mettoit
alors en priere , mais y faisoit encore met.
tre les autres.
Au reste , Monsieur , quoique j'aye
attribué cy-dessus aux grandes secheresses
la mortalité des Bestiaux , je ne prétends
pas qu'elle en soit la seule cause .
On en a vû quelquefois artiver en des
années communes ; et même dans les
Pays2066
MERCURE DE FRANCE
Pays-Bas ,où les Canaux empêchent que les
Prez ne deviennent jamais si arides qu'en
France , les Bestiaux y meurent souvent
comme ailleurs ; mais ce qui doit être remarqué,
est que lorsque la maladie se met
sur ces animaux , les Religionnaires accourent
comme les Catholiques aux lieux de
dévotion , et viennent implorer l'intercession
des Saints ; Multiplicate sunt infirmitates
eorum ; postea acceleraverunt . Autour
de Bruxelles , c'est sainte Vivine , premiere
Abbesse du Grand Bigard , qu'on
invoque pour cela , comme étant l'une
des Tutelaires du Pays. Dom Martene
rapporte dans son second Voyage Litteraire
, qu'au mois de Juillet de l'année
1718. un Hollandois à qui il étoit mort
vingt- quatre Bestiaux , et à qui il en restoit
seize malades , étant venu demander
leur guérison à cette Sainte , les trouva
tous parfaitement guéris à son retour . Il
admira la vertu de la Sainte et reconnut
que dans sa Secte on ne trouve point de
si habiles Medecins. Il ne dit point si ce
Hollandois se convertit , comme firent les
Habitans de la Ville de Gaze. C'est peutêtre
ce qu'il n'avoit pas demandé , ou
plutôt ce qu'il auroit fort apprehendê.
Je suis , &c.
Ce dernier Juillet , jour du grand S. Ger
main d'Auxerre 1731 .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. Adam, Medecin, sur la secheresse de la presente année 1731. et sur la maladie des Bestiaux en certains Pays.
La lettre adressée à M. Adam, médecin, discute de la sécheresse extrême de l'année 1731 et de la maladie des bestiaux dans certains pays. L'auteur compare cette sécheresse à celle décrite par Grégoire de Tours au VIe siècle, qui avait causé une grande mortalité parmi les animaux. Pour prévenir cette catastrophe, des prières ont été adressées aux saints protecteurs des lieux, notamment saint Étienne, dont les intercessions ont été jugées efficaces dans plusieurs diocèses. Des pratiques anciennes, comme les processions avec les reliques des martyrs, étaient également utilisées pour obtenir de la pluie en temps de sécheresse. La lettre mentionne l'exemple de saint Porphyre à Gaza, qui avait obtenu de la pluie par des prières et des jeûnes. La mortalité des bestiaux est souvent causée par la sécheresse excessive, qui les force à manger des feuilles d'arbres infestées d'insectes nuisibles. Le texte évoque également une fête célébrée dans plusieurs diocèses allemands, comme Trèves, Spire, Cologne et Mayence, visant à se protéger du tonnerre. Ce phénomène météorologique, nuisible aux animaux, aux hommes et aux édifices, est perçu différemment selon les régions. En France, malgré la célébration de cette fête dans certains diocèses allemands, le tonnerre frappe rarement ces lieux, contrairement à certaines paroisses françaises où il cause des dommages. L'auteur mentionne des croyances populaires en Champagne, où les paysans attribuent à Saint Abdon, martyr perse, le pouvoir de contrôler le tonnerre. Cette croyance est comparée à celle des païens de Gaza concernant l'idole Marnas. L'auteur exprime son ignorance quant au lien entre Saint Abdon et le tonnerre et regrette que Saint Cuthbert, évêque de Lindisfarne, n'ait pas connu ces croyances pour se protéger du tonnerre. La lettre aborde également la mortalité des bestiaux, attribuée non seulement aux grandes sécheresses mais aussi à d'autres causes. En Belgique, les religionnaires invoquent sainte Vivine pour guérir leurs animaux malades. Un Hollandais, ayant perdu vingt-quatre bestiaux et en ayant seize malades, les retrouva guéris après avoir imploré sainte Vivine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1804
p. 2068-2082
EXPLICATION d'une Médaille antique trés- singuliere de CARAUSIUS, Empereur des Anciens Bretons au temps de Diocletien et de Maximien Hercule, adressée à Mylord Comte de Pembrok, Pair d'Angleterre &c. Par M. Genebrier, Docteur en Medecine.
Début :
MYLORD, De toutes les Médailles de l'Empereur Carausius, dont je fais depuis longtemps [...]
Mots clefs :
Neptune, Carausius, Médaille, Médailles, Inscription, Mer, Bretons, Temple, Type, Grande-Bretagne, Flotte, Légende, Trident, Vaisseau, Maximien, Lettres, Cheval, Figure, Abondance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION d'une Médaille antique trés- singuliere de CARAUSIUS, Empereur des Anciens Bretons au temps de Diocletien et de Maximien Hercule, adressée à Mylord Comte de Pembrok, Pair d'Angleterre &c. Par M. Genebrier, Docteur en Medecine.
EXPLICATION d'une Médaille ans
tique trés- singuliere de CARAUSIUS
Empereur des Anciens Bretons au temps
de Diocletien et de Maximien Hercule ,
adressée à Mylord Comte de Pembrok •
Pair d'Angleterre & c. Par M. Genebrier
, Docteur en Medecine,
MYLORD,
De toutes les Médailles de l'Empereur
Carausius , dont je fais depuis long-temps
une récherche très- exacte , et qui sont
venues en assés bon nombre à ma connoissance
, l'une des plus singulieres ,
et qui intéresse le plus le Royaume de
la Grande Bretagne , est celle dont j'ai
entrepris de donner une explication .
Elle ne se trouve que dans votre Cabinet
, où j'ai eu la satisfaction de la voir ,
avec quantité d'autres raretez Litteraires
de toute espece , que vous possedez et
que
THE
NEW
YOR
SUCINC
LIBRAF
ASTOR
, LENOX
AN TILDEN
FOUNDATIO
(K
RY
.
N8.
SEPTEMBRE . 1731 2009
que vous vous faites un plaisir de communiquer
aux Amateurs de l'Antiquité ;
ce qui me suffit pour justifier la liberté
que je prens de faire paroître sous vos
Auspices ce que j'ai écrit au sujet de ce
Monument .
La Médaille est de petit Bronze , nette
et bien conservée ; on y voit d'un côté
la tête de Carausius couronnée de rayons,
et tournée du côté gauche , avec cette
Inscription IMP. CARAUSIUS P. F
AUG.
Au revers pour Type , Neptune , et
Carausius débout qui se donnent la main
droite: Neptune , qui est nud au côté
droit , à la réserve des parties inferieures ,
qui sont à demi couvertes d'un manteau
Aottant , s'appuye de la main gauche sur
son Trident , ayant le pied gauche posé
sur la Proue d'un Vaisseau . Carausius de
l'autre côté en habit de Guerre , la tête
couronnée de Laurier , s'appuye de la
main gauche sur une Pique , la pointe en
haut. Pour Legende VBERITAS AUG. et
dans l'Exergue R. S. R.
•
Les Types qu'on avoit vûs jusqu'ici avec
la Legende Ubertas ou Uberitas se reduisoient
à deux differents , dont le
premier ne commence à se trouver sur
les Médailles Imperiales que sous Trajan
Dece
2070 MERCURE DE FRANCE
Dece. On y voit la figure d'une femme
debout , tenant de la main droite une
Bourse , et de la gauche une Corne d'abondance,
couchée sur le bras. Cette Médaille
étoit du Cabinet de feüe S. A. R.
MADAME , dont la Mémoire me sera toujours
en singuliere véneration .
Le second Type se trouve sur une Médaille
de Quintillus , frere de Claude le
Gothique , à qui il succeda à l'Empire
pour peu de jours. C'est une Femme debout
, le corps un peu panché en devant ,
laquelle tient des deux mains une Corne
d'abondance renversée , d'où sortent des
Pieces d'Or et d'Argent , ayant le pied
droit posé sur un Globe terrestre. Médail
le du Duc Darschot.
Il n'y a rien de semblable sur notre
Médaille de Carausius , le Type en est
tout different. Ce sont , comme je l'ai dit ,
deux figures debout ; celle d'une Divinité
, et celle d'un Heros qui se donnent la
main , et dont les divers attributs paroisgent
n'avoir guere de rapport aux autres
Types que nous venons de décrire.
Cependant à bien examiner le Type
et la Legende de celle-ci , rien de plus ingenieux
ni de plus flatteur.
En effet , que pouvoient imaginer de
plus expressif les Bretons pour donner
ung
SEPTEMBRE. 1731 207
ane juste idée de l'heureuse abondance
dont ils joüissoient sous Carausius , que
de représenter , comme ils ont fait , sur
ces Médailles Neptune qui lui donne la
main , et qui par cette attitude paroît
l'associer à l'Empire de la Mer , et le partager
avec lui ? On diroit qu'aprés la défaite
de la Flotte de Maximien Hercule ;
qui n'étoit point present à ce combat
Naval, les Bretons enflés d'une Victoire si
éclatante , eussent voulu mettre dans la
bouche de leur Protecteur cesVers deVirgi
le qui semblent avoir été faits pour relever
la gloire d'un évenement si mémorable.
Maturatefugam , Regique hac dicite vestro,
Non illi Imperium Pelagi savumque tridentem
و
›
Sed mihi sorte datum.
-On sçait qu'un Souverain qui s'est une
fois rendu le maître de la Mer joüit necessairement
de toutes choses suivant l'ex
pression de ( a ) l'Orateur Romain ; qui
mare teneat , eum necesse rerum potiri. Et si
dans le Continent il n'y a point de Peuples
heureux sans commerce , que feroient
sans ce secours ceux qui sont séparés
du reste des hommes par les Mers
C'est laNavigation et le Commerce qui de
(a) Epit. à Atticus¿
tout
2072 MERCURE DE FRANCE
tout temps ont rendu les Etats Maritimes
si florissans , en y apportant l'abondance.
c'est ce qui a formé en peu de temps les
plus puissantes Républiques de l'Univers.
Carausius ayant néttoyé l'Ocean de
Pirates , en ayant chassé les Flottes de
plusieurs Nations rédoutables , celles des
Francs et des Saxons , ayant enfin mis le
comble à ses travaux de Mer par la Victoire
navale qu'il venoit de remporter sur
la Flotte de Maximien Hercule son
concurrent , que pouvoient faire de
mieux les anciens Bretons pour immor
taliser la mémoire de leur Heros , que
de le représenter ainsi avec Neptune
qui lui donne la main ? Quoy de plus
convenable aux temps , aux lieux et aux
autres circonstances que ce Type et que
cette Legende VBERITAS AVG? puisque
par cette Victoire les Bretons demeuroient
les Maîtres de la Mer , et des
Trésors de l'Ocean. Quelque flatteur
que soit cet Eloge symbolique , il me
paroît bien plus modeste et plus beau que
celui que Pompée se donna lui même en
se disant par une vanité outrée le fils *
* Sextus Pompeius Magni Filius eo stultitia
processit inflammatus rerum maritimarum
felicitate , uutt NNeeppttuunnii se Filium diceret , es
Cyanea veste obduceretur Forph, in Horat.
de
SEPTEMBRE. 1731. 2073
de Neptune . Et cela seulement pour avoir
nettoyé, en 33. jours , la Mer de Sicile de
quelques miserables Esclaves revoltés , ou
des fugitifs des Armées de Sicile et de Capoüe.
Če qui lui suffit pour prendre le titre
que nous venons de dire , et pour se parer
d'une robe bleue cum marifeliciter uteretur,
Neptuni se Filium confessus est. Eumque bobus
auratis , et equo placavit. Aur. Victor .
On ne doit donc point être surpris de
voir Neptune sur les Médailles de Carausius
qui s'étoit rendu si redoutable sur
la Mer , et qui avoit surpassé de beaucoup
les Victoires de Pompée par ses exploits
Maritimes .
Cette Médaille de Carausius avec la
Figure de Neptune , n'est pas le seul
• Monument qui nous reste pour prouver
que les Bretons rendoient un culte particulier
à cette Divinité. On a trouvé depuis
quelque temps une Inscription antique
dans la Grande Bretagne qui merite
d'être rapportée ici , laquelle fait
remonter encore plus haut , le Culte de
Neptune dans cette Isle. Voici cette Inscription
exactement copiée sur l'Original
, gravée avec soin et avec les mêmes
Lacunes qui s'y trouvent par l'injure du
temps , mais que M. Roger Gale a heureusement
rétablies par de petits points
B aux
2074 MERCURE DE FRANCE
aux endroits qui ne sont pas assez visi .
bles et où la pierre est tronquée.
Ce Sçavant conjecture que les premieres
lettres qui manquent au commencement
de la septiéme ligne pouvoient être A
SACR. S. ou SACER . S. ( n'y ayant pas
assez de place pour un plus grand nombre
de lettres) pour dire A SACR is sunt ou
Sacerdotes sunt. Quoiqu'il en soit , cette
Inscription nous apprend qu'il y avoit
dans la grande Bretagne un Temple érigé
sous l'invocation de Neptune et sous celle
de Minerve , pour la conservation de la
Famille Imperiale , exprimée par le ter
me de Divine. DOMŪS DIVINAE.
L'Inscription apprend aussi que ce
Temple fut construit des deniers de la ,
Communauté ou du Corps des Maîtres
Charpentiers : Collegium Fabrorum , et des
autres Personnes qui pouvoient y être
admises , comme Ministres ou sous quelque
autre titre , cequi paroît être exprimé
par ces trois lettres D. S. D. de suo
dedicaverunt. Elle apprend encore que
Pudens , fils de Pudentinus , avoit donné
le fond sur lequel le Temple étoit bâti
Donante Aream Pudente Pudentini filio.
Et enfin que ce même Temple fut édifié
par l'autorité du Roy Cogidubnus , surnommé
Tibere-Claude , du nom de cet
Empereux
SEPTEMBRE. 1731. 2075
Empereur Romain , dont le Roy Breton
se faisoit honneur de prendre aussi la
qualité de Lieutenant ou de Viceroy dans
la Partie de la Grande Bretagne qui étoit
soumise à cet Empereur. Ex authoritate
Tiberii Claudii Cogidubni Regis Legati
Augusti in Britannia. C'est ainsi à peu
près que Cesar avoit établi Cavarinus
Roy des Senons , qui fut ensuite chassé
par les Siens.
Ce précieux Monument de l'Antiquité
Payenne fut trouvé à Chichester en 1723 .
·à quatre pieds sous terre , en creusant pour
faire une Cave dans la maison qui fait
le coin de la ruë de S. Martins- lane , en
tirant vers le Nord. Il est enclavé présentement
dans la muraille , sous une fenêtre
de la même Maison d'où il fut déterré.
C'est un Marbre gris , que M. Gale
croit avoir été tiré des Carrieres de Suffex .
Sa longueur est de six pieds, sur deux pieds
et trois quarts de largeur. Les lettres en
sont très-belles ; celles qui sont dans les
deux premieres lignes ont trois pouces de
longueur , et les autres ont deux pouces
un quart. Le mur du Temple * dont il
* Ily a plusieurs exemples d'un Temple consacré
à deux Divinitez. Jupiter et Minerve
avoient un Temple commun à Athenes près du
Trésor public, lequel leur étoit dédié sous le ritre
de CONSERVATEURS.Pausan,dans ses Atriques , & c.
Bij s'agit
2075 MERCURE DE FRANCE
s'agit et dont les Curieux ont examiné les
fondemens , avoit environ trois pieds
d'épaisseur .
Chichester où cette Inscription a été
trouvée , est une Ville d'Angleterre ,
qui n'est qu'à deux milles de la Mer, dont
un bras pouvoit anciennement arroser ses
Murailles. Elle est située assez près de
la Forêt d'Anderida , et de la Côte Meridionale
de l'Isle Britannique.
Minerve , dont il est parlé dans cette
Inscription , comme Inventrice des Arts,
étoit invoquée par tous les Artisans , selon
Lactance , ce qui donne lieu de
conjecturer qu'il y avoit peut-être auprès
de cette Ville un Arcenal pour la fabrique
des Vaisseaux , et que la Ville peut
avoir été autrefois beaucoup plus considerable
qu'on ne pense . On voit en effet
et aux environs les restes de trois grands
Chemins Romains qui y aboutissoient ,
et qui viennent de Porsthmouth, de Mid-,
surst et d'Arondel .
On
peut voir
l'explication
entiere
que
M.
Gale
a donnée
de cette
Inscription
dans
les
Transactions
Philosophiques
, ou
Journal
Anglois
, de l'Académie
Royale
de Londres
, page
379.
du
31. Octobre
1723.
la même
année
de sa découverte
.
* Instit
. Divin
. L. 1. P. 134,
Cet
SEPTEMBRE . 1731. 2077
Cet habile Académicien a fait là-dessus
plusieurs observations qui ne laissent rien
à desirer.
>
Pour revenir au Type de Neptune ,
qui paroît sur notre Médaille , Hygin
observe que ceux qui vouloient représenter
ce Dieu , lui mettoient ordinairement
un Dauphin à la main , ou sous le pied
croyant que c'étoit de tous les Poissons
celui qui lui étoit le plus agréable. Qui
Neptuno simulachrum faciunt Delphinum
aut in manu , aut sub pede ejus constituere
videmus , quod Neptuno gratissimum arbitrantur.
Cela se trouve conforme à la plûpart
des figures que nous avons de Neptune,
sur les Médailles de plusieurs Empereurs
et sur celles de quelques Villes Maritimes
qui représentent ainsi Neptune . Mais sur
les Médailles de Carausius , au lieu d'un
Dauphin , les Bretons ont affecté de mettre
sous les pieds de Neptune la Proie
d'un Vaisseau , pour montrer qu'ils avoient
mis leurs Vaisseaux et leurs Flottes sous
la protection d'une Divinité , laquelle
selon Diodote de Sicile , Livre s . avoit
trouvé l'Art de la Navigation , et de
mettre en Mer une Flotte entiere. Aussi
les Capitaines de Vaisseaux et les Matelots
, ne manquoient jamais avant que de
B iij mettre
3
2078 MERCURE DE FRANCE
mettre à la voile , d'adresser leurs voeux
et leurs prieres à Neptune , pour lui demander
une heureuse Navigation .
Nous avons dans Seneque , dans Plutarque
et dans Ciceron , là formule d'une
Priere que lui faisoient les Grecs avant
que de s'embarquer. Elle est toute des
plus courtes : Ορθαν αν ναῦν , ἀπαξ θανείν.
Les Latins l'ont tournée de la sorte. Quaaunque
Tempestas veniat , Neptune si averas
Navim sedens ad gubernaculum semper
rectam everte. » Divin Neptune , quelque
Tempête qui nous arrive , si vous
>> voyez que notre Vaisseau soit prêt à
» faire nauffrage ou à renverser , prenez
» vous-même le Gouvernail en main , et
" faites , par votre bonté , que notre Vaisseau
ne puisse jamais tomber que debout.
Aristide , dans un Hymne qu'il a composé
en l'honneur de Neptune , nous ap→
prend que les Fleuves , les Fontaines , et
en general toutes les Eaux étoient reverez
comme les plus grands et les premiers
Dieux de l'Antiquité. C'est pour cela que
le culte de Neptune étoit en grande veneration
chez les Grecs , sur tout dans les
Villes Maritimes. Ils avoient les Posidenies
, qui étoient des Fêtes instituées en
l'honneur de Neptune , dont elles portent
le nom . Ils avoient encore les Thynnées
SEPTEMBRE . 1731. 2079
3
nées , qui étoient des autres jours de Fê
tes où les Pêcheurs lui immoloient des
Thons. Tertullien , dans son Traité des
Spectacles , nous apprend que les Jeux
Isthmiens si celebres dans la Grece ,
( quoique le Victorieux n'y fût couronné
que d'Ache ou de Pin ) étoient
consacrez à Neptune. Ces Jeux tiroient
leur nom de Listhme de Corinthe , où
ils furent d'abord celebrez , selon Pausanias.
A Rome on faisoit la Fête de Neptune
le dixième des Kalendes de Septembre ,
sous le nom de Neptunales , et on lui
immoloit un Taureau , selon Virgile.
Taurum Neptuno , Taurum tibi pulchey
Apollo.
Homere avoit dit la même chose dans
le cinquiéme Livre de l'Odissée.
Cyaneos crines Taurus mactetur habenti.
On voit par ce Vers qu'Homere dis
tingue Neptune des autres Dieux par ses
cheveux bleus.
Arnobe , dans son huitiéme Livre contre
les Gentils , donne des yeux bleus à
Neptune. Neptunus oculis glaucis . En quoi
il est du sentiment de Lucien , mais ce
dernier lui donne des cheveux noirs ,
B iiij
contre
2080 MERCURE DE FRANCE
contre l'autorité d'Homere. Le bleu étoit
aussi la couleur de son Manteau , selon
Phurnutus , Neptuni vestis cyanea .
C'est pour cela que le fils de Pompée
prit une robbe
de cette couleur
après
son Expedition
Maritime
. Ce même General
de la Flotte Romaine
dans le passage
d'Aurelius
Victor
, rapporté
ci- dessus,
lui sacrifia
plusieurs
Taureaux
et un Cheval,
Eumque
bobus auratis et equo placavit.
On sçait que le cheval
étoit consacré
à
Neptune
, comme
à la Divinité
qui l'avoit
fait sortir de la terre d'un coup de
Trident
.
•
Tuque , cui prima frementem
Fudit equum Magno tellus percussa Trie
dente. Virg.
C'est aussi pour cette raison qu'on avoit
placé la Statuë de Neptune dans le Cirque
; mais par malheur Auguste y ayant
fait une espece de nauffrage , il en fit
-ôter la Statue , pour punir , en quelque
maniere , ce Dieu du peu de soin qu'il
avoit pris de sa personne.
•
Nous avons dans les Médailles de Gallien
deux Revers differens qui nous apprennent
que le Cheval Marin et le Ca
pricorne étoient aussi consacrez à Neptune.
Ces deux Types ont la même Lẹ-
gende
SEPTEMBRE. 1731. 208r
gende , NEPTUNO Conservatori AvGusti ;
Legende qui est commune avec la figure
du Cheval Marin . Quatre de ces Animaux
tirent ordinairement son Char sur
les Médailles de quelques autres Empereurs
; mais les Médailles de Gallien avec
Ia figure du Capricorne , sont très- rares
ou plutôt elles n'avoient pas encore été
connuës. M. l'Abbé de Rothelin en a
une, dans son Cabinet , et j'en possede une
autre ; je n'en parle ici que parce que
cette Médaille n'a encore été publiée ,
que je sçache , par aucun Antiquaire.
A l'égard du Trident sur lequel Neptune
s'appuye de la main gauche dans
notre Médaille , c'est , comme l'on sçait
le Sceptre qui lui fut fabriqué par les
Cyclopes , lorsque l'Empire de la Mer
Iui échut en partage.
Commodien , assez mauvais Poëte du
temps de Constantin , dit que Neptune
porte un Trident pour percer les Poissons.
Neptunum facitis Divum ex Saturno pronatum
Et Tridentem gerit , ut Pisces suffigere possit
Mais Prudence pense plus noblement,
forsqu'il dit que le Trident désigne la
triple qualité de l'Eau , qui est d'être liquide
, féconde , et potable. Tridentem
B. v verò
2082 MERCURE DE FRANCE
vero ob hanc rem gerere pingitur, quod aquarum
natura triplici virtute fungatur , id est
liquida , foecunda , potabili.
Je n'entrerai point ici dans un plus
grand détail sur le culte qu'on rendoit à
Neptune , principalement dans la Grece
et dans la Grande Bretagne en particulier..
Je n'ay pas dessein aussi de rapporter tout
ce que les Médailles , les Marbres , les
Pierres gravées , les Statuës et les autres
Monumens antiques , pourroient nous
fournir sur ce sujet. Tout ce que j'ay dit,
Milord , me paroît suffire pour l'explication
de cette Médaille singuliere de Carausius
, qui ne se trouve jusqu'à present
que dans votre Cabinet , et qui fut frappée
au sujet de la défaite de la Flotte de Maximien
Hercules , par le même Carausius.
J'ajoûte que c'est un Monument des plus
glorieux et des plus interessans qui puisse
se trouver pour le Royaume de la Gran
de Bretagne. Je suis avec beaucoup de
Respect , &c.
tique trés- singuliere de CARAUSIUS
Empereur des Anciens Bretons au temps
de Diocletien et de Maximien Hercule ,
adressée à Mylord Comte de Pembrok •
Pair d'Angleterre & c. Par M. Genebrier
, Docteur en Medecine,
MYLORD,
De toutes les Médailles de l'Empereur
Carausius , dont je fais depuis long-temps
une récherche très- exacte , et qui sont
venues en assés bon nombre à ma connoissance
, l'une des plus singulieres ,
et qui intéresse le plus le Royaume de
la Grande Bretagne , est celle dont j'ai
entrepris de donner une explication .
Elle ne se trouve que dans votre Cabinet
, où j'ai eu la satisfaction de la voir ,
avec quantité d'autres raretez Litteraires
de toute espece , que vous possedez et
que
THE
NEW
YOR
SUCINC
LIBRAF
ASTOR
, LENOX
AN TILDEN
FOUNDATIO
(K
RY
.
N8.
SEPTEMBRE . 1731 2009
que vous vous faites un plaisir de communiquer
aux Amateurs de l'Antiquité ;
ce qui me suffit pour justifier la liberté
que je prens de faire paroître sous vos
Auspices ce que j'ai écrit au sujet de ce
Monument .
La Médaille est de petit Bronze , nette
et bien conservée ; on y voit d'un côté
la tête de Carausius couronnée de rayons,
et tournée du côté gauche , avec cette
Inscription IMP. CARAUSIUS P. F
AUG.
Au revers pour Type , Neptune , et
Carausius débout qui se donnent la main
droite: Neptune , qui est nud au côté
droit , à la réserve des parties inferieures ,
qui sont à demi couvertes d'un manteau
Aottant , s'appuye de la main gauche sur
son Trident , ayant le pied gauche posé
sur la Proue d'un Vaisseau . Carausius de
l'autre côté en habit de Guerre , la tête
couronnée de Laurier , s'appuye de la
main gauche sur une Pique , la pointe en
haut. Pour Legende VBERITAS AUG. et
dans l'Exergue R. S. R.
•
Les Types qu'on avoit vûs jusqu'ici avec
la Legende Ubertas ou Uberitas se reduisoient
à deux differents , dont le
premier ne commence à se trouver sur
les Médailles Imperiales que sous Trajan
Dece
2070 MERCURE DE FRANCE
Dece. On y voit la figure d'une femme
debout , tenant de la main droite une
Bourse , et de la gauche une Corne d'abondance,
couchée sur le bras. Cette Médaille
étoit du Cabinet de feüe S. A. R.
MADAME , dont la Mémoire me sera toujours
en singuliere véneration .
Le second Type se trouve sur une Médaille
de Quintillus , frere de Claude le
Gothique , à qui il succeda à l'Empire
pour peu de jours. C'est une Femme debout
, le corps un peu panché en devant ,
laquelle tient des deux mains une Corne
d'abondance renversée , d'où sortent des
Pieces d'Or et d'Argent , ayant le pied
droit posé sur un Globe terrestre. Médail
le du Duc Darschot.
Il n'y a rien de semblable sur notre
Médaille de Carausius , le Type en est
tout different. Ce sont , comme je l'ai dit ,
deux figures debout ; celle d'une Divinité
, et celle d'un Heros qui se donnent la
main , et dont les divers attributs paroisgent
n'avoir guere de rapport aux autres
Types que nous venons de décrire.
Cependant à bien examiner le Type
et la Legende de celle-ci , rien de plus ingenieux
ni de plus flatteur.
En effet , que pouvoient imaginer de
plus expressif les Bretons pour donner
ung
SEPTEMBRE. 1731 207
ane juste idée de l'heureuse abondance
dont ils joüissoient sous Carausius , que
de représenter , comme ils ont fait , sur
ces Médailles Neptune qui lui donne la
main , et qui par cette attitude paroît
l'associer à l'Empire de la Mer , et le partager
avec lui ? On diroit qu'aprés la défaite
de la Flotte de Maximien Hercule ;
qui n'étoit point present à ce combat
Naval, les Bretons enflés d'une Victoire si
éclatante , eussent voulu mettre dans la
bouche de leur Protecteur cesVers deVirgi
le qui semblent avoir été faits pour relever
la gloire d'un évenement si mémorable.
Maturatefugam , Regique hac dicite vestro,
Non illi Imperium Pelagi savumque tridentem
و
›
Sed mihi sorte datum.
-On sçait qu'un Souverain qui s'est une
fois rendu le maître de la Mer joüit necessairement
de toutes choses suivant l'ex
pression de ( a ) l'Orateur Romain ; qui
mare teneat , eum necesse rerum potiri. Et si
dans le Continent il n'y a point de Peuples
heureux sans commerce , que feroient
sans ce secours ceux qui sont séparés
du reste des hommes par les Mers
C'est laNavigation et le Commerce qui de
(a) Epit. à Atticus¿
tout
2072 MERCURE DE FRANCE
tout temps ont rendu les Etats Maritimes
si florissans , en y apportant l'abondance.
c'est ce qui a formé en peu de temps les
plus puissantes Républiques de l'Univers.
Carausius ayant néttoyé l'Ocean de
Pirates , en ayant chassé les Flottes de
plusieurs Nations rédoutables , celles des
Francs et des Saxons , ayant enfin mis le
comble à ses travaux de Mer par la Victoire
navale qu'il venoit de remporter sur
la Flotte de Maximien Hercule son
concurrent , que pouvoient faire de
mieux les anciens Bretons pour immor
taliser la mémoire de leur Heros , que
de le représenter ainsi avec Neptune
qui lui donne la main ? Quoy de plus
convenable aux temps , aux lieux et aux
autres circonstances que ce Type et que
cette Legende VBERITAS AVG? puisque
par cette Victoire les Bretons demeuroient
les Maîtres de la Mer , et des
Trésors de l'Ocean. Quelque flatteur
que soit cet Eloge symbolique , il me
paroît bien plus modeste et plus beau que
celui que Pompée se donna lui même en
se disant par une vanité outrée le fils *
* Sextus Pompeius Magni Filius eo stultitia
processit inflammatus rerum maritimarum
felicitate , uutt NNeeppttuunnii se Filium diceret , es
Cyanea veste obduceretur Forph, in Horat.
de
SEPTEMBRE. 1731. 2073
de Neptune . Et cela seulement pour avoir
nettoyé, en 33. jours , la Mer de Sicile de
quelques miserables Esclaves revoltés , ou
des fugitifs des Armées de Sicile et de Capoüe.
Če qui lui suffit pour prendre le titre
que nous venons de dire , et pour se parer
d'une robe bleue cum marifeliciter uteretur,
Neptuni se Filium confessus est. Eumque bobus
auratis , et equo placavit. Aur. Victor .
On ne doit donc point être surpris de
voir Neptune sur les Médailles de Carausius
qui s'étoit rendu si redoutable sur
la Mer , et qui avoit surpassé de beaucoup
les Victoires de Pompée par ses exploits
Maritimes .
Cette Médaille de Carausius avec la
Figure de Neptune , n'est pas le seul
• Monument qui nous reste pour prouver
que les Bretons rendoient un culte particulier
à cette Divinité. On a trouvé depuis
quelque temps une Inscription antique
dans la Grande Bretagne qui merite
d'être rapportée ici , laquelle fait
remonter encore plus haut , le Culte de
Neptune dans cette Isle. Voici cette Inscription
exactement copiée sur l'Original
, gravée avec soin et avec les mêmes
Lacunes qui s'y trouvent par l'injure du
temps , mais que M. Roger Gale a heureusement
rétablies par de petits points
B aux
2074 MERCURE DE FRANCE
aux endroits qui ne sont pas assez visi .
bles et où la pierre est tronquée.
Ce Sçavant conjecture que les premieres
lettres qui manquent au commencement
de la septiéme ligne pouvoient être A
SACR. S. ou SACER . S. ( n'y ayant pas
assez de place pour un plus grand nombre
de lettres) pour dire A SACR is sunt ou
Sacerdotes sunt. Quoiqu'il en soit , cette
Inscription nous apprend qu'il y avoit
dans la grande Bretagne un Temple érigé
sous l'invocation de Neptune et sous celle
de Minerve , pour la conservation de la
Famille Imperiale , exprimée par le ter
me de Divine. DOMŪS DIVINAE.
L'Inscription apprend aussi que ce
Temple fut construit des deniers de la ,
Communauté ou du Corps des Maîtres
Charpentiers : Collegium Fabrorum , et des
autres Personnes qui pouvoient y être
admises , comme Ministres ou sous quelque
autre titre , cequi paroît être exprimé
par ces trois lettres D. S. D. de suo
dedicaverunt. Elle apprend encore que
Pudens , fils de Pudentinus , avoit donné
le fond sur lequel le Temple étoit bâti
Donante Aream Pudente Pudentini filio.
Et enfin que ce même Temple fut édifié
par l'autorité du Roy Cogidubnus , surnommé
Tibere-Claude , du nom de cet
Empereux
SEPTEMBRE. 1731. 2075
Empereur Romain , dont le Roy Breton
se faisoit honneur de prendre aussi la
qualité de Lieutenant ou de Viceroy dans
la Partie de la Grande Bretagne qui étoit
soumise à cet Empereur. Ex authoritate
Tiberii Claudii Cogidubni Regis Legati
Augusti in Britannia. C'est ainsi à peu
près que Cesar avoit établi Cavarinus
Roy des Senons , qui fut ensuite chassé
par les Siens.
Ce précieux Monument de l'Antiquité
Payenne fut trouvé à Chichester en 1723 .
·à quatre pieds sous terre , en creusant pour
faire une Cave dans la maison qui fait
le coin de la ruë de S. Martins- lane , en
tirant vers le Nord. Il est enclavé présentement
dans la muraille , sous une fenêtre
de la même Maison d'où il fut déterré.
C'est un Marbre gris , que M. Gale
croit avoir été tiré des Carrieres de Suffex .
Sa longueur est de six pieds, sur deux pieds
et trois quarts de largeur. Les lettres en
sont très-belles ; celles qui sont dans les
deux premieres lignes ont trois pouces de
longueur , et les autres ont deux pouces
un quart. Le mur du Temple * dont il
* Ily a plusieurs exemples d'un Temple consacré
à deux Divinitez. Jupiter et Minerve
avoient un Temple commun à Athenes près du
Trésor public, lequel leur étoit dédié sous le ritre
de CONSERVATEURS.Pausan,dans ses Atriques , & c.
Bij s'agit
2075 MERCURE DE FRANCE
s'agit et dont les Curieux ont examiné les
fondemens , avoit environ trois pieds
d'épaisseur .
Chichester où cette Inscription a été
trouvée , est une Ville d'Angleterre ,
qui n'est qu'à deux milles de la Mer, dont
un bras pouvoit anciennement arroser ses
Murailles. Elle est située assez près de
la Forêt d'Anderida , et de la Côte Meridionale
de l'Isle Britannique.
Minerve , dont il est parlé dans cette
Inscription , comme Inventrice des Arts,
étoit invoquée par tous les Artisans , selon
Lactance , ce qui donne lieu de
conjecturer qu'il y avoit peut-être auprès
de cette Ville un Arcenal pour la fabrique
des Vaisseaux , et que la Ville peut
avoir été autrefois beaucoup plus considerable
qu'on ne pense . On voit en effet
et aux environs les restes de trois grands
Chemins Romains qui y aboutissoient ,
et qui viennent de Porsthmouth, de Mid-,
surst et d'Arondel .
On
peut voir
l'explication
entiere
que
M.
Gale
a donnée
de cette
Inscription
dans
les
Transactions
Philosophiques
, ou
Journal
Anglois
, de l'Académie
Royale
de Londres
, page
379.
du
31. Octobre
1723.
la même
année
de sa découverte
.
* Instit
. Divin
. L. 1. P. 134,
Cet
SEPTEMBRE . 1731. 2077
Cet habile Académicien a fait là-dessus
plusieurs observations qui ne laissent rien
à desirer.
>
Pour revenir au Type de Neptune ,
qui paroît sur notre Médaille , Hygin
observe que ceux qui vouloient représenter
ce Dieu , lui mettoient ordinairement
un Dauphin à la main , ou sous le pied
croyant que c'étoit de tous les Poissons
celui qui lui étoit le plus agréable. Qui
Neptuno simulachrum faciunt Delphinum
aut in manu , aut sub pede ejus constituere
videmus , quod Neptuno gratissimum arbitrantur.
Cela se trouve conforme à la plûpart
des figures que nous avons de Neptune,
sur les Médailles de plusieurs Empereurs
et sur celles de quelques Villes Maritimes
qui représentent ainsi Neptune . Mais sur
les Médailles de Carausius , au lieu d'un
Dauphin , les Bretons ont affecté de mettre
sous les pieds de Neptune la Proie
d'un Vaisseau , pour montrer qu'ils avoient
mis leurs Vaisseaux et leurs Flottes sous
la protection d'une Divinité , laquelle
selon Diodote de Sicile , Livre s . avoit
trouvé l'Art de la Navigation , et de
mettre en Mer une Flotte entiere. Aussi
les Capitaines de Vaisseaux et les Matelots
, ne manquoient jamais avant que de
B iij mettre
3
2078 MERCURE DE FRANCE
mettre à la voile , d'adresser leurs voeux
et leurs prieres à Neptune , pour lui demander
une heureuse Navigation .
Nous avons dans Seneque , dans Plutarque
et dans Ciceron , là formule d'une
Priere que lui faisoient les Grecs avant
que de s'embarquer. Elle est toute des
plus courtes : Ορθαν αν ναῦν , ἀπαξ θανείν.
Les Latins l'ont tournée de la sorte. Quaaunque
Tempestas veniat , Neptune si averas
Navim sedens ad gubernaculum semper
rectam everte. » Divin Neptune , quelque
Tempête qui nous arrive , si vous
>> voyez que notre Vaisseau soit prêt à
» faire nauffrage ou à renverser , prenez
» vous-même le Gouvernail en main , et
" faites , par votre bonté , que notre Vaisseau
ne puisse jamais tomber que debout.
Aristide , dans un Hymne qu'il a composé
en l'honneur de Neptune , nous ap→
prend que les Fleuves , les Fontaines , et
en general toutes les Eaux étoient reverez
comme les plus grands et les premiers
Dieux de l'Antiquité. C'est pour cela que
le culte de Neptune étoit en grande veneration
chez les Grecs , sur tout dans les
Villes Maritimes. Ils avoient les Posidenies
, qui étoient des Fêtes instituées en
l'honneur de Neptune , dont elles portent
le nom . Ils avoient encore les Thynnées
SEPTEMBRE . 1731. 2079
3
nées , qui étoient des autres jours de Fê
tes où les Pêcheurs lui immoloient des
Thons. Tertullien , dans son Traité des
Spectacles , nous apprend que les Jeux
Isthmiens si celebres dans la Grece ,
( quoique le Victorieux n'y fût couronné
que d'Ache ou de Pin ) étoient
consacrez à Neptune. Ces Jeux tiroient
leur nom de Listhme de Corinthe , où
ils furent d'abord celebrez , selon Pausanias.
A Rome on faisoit la Fête de Neptune
le dixième des Kalendes de Septembre ,
sous le nom de Neptunales , et on lui
immoloit un Taureau , selon Virgile.
Taurum Neptuno , Taurum tibi pulchey
Apollo.
Homere avoit dit la même chose dans
le cinquiéme Livre de l'Odissée.
Cyaneos crines Taurus mactetur habenti.
On voit par ce Vers qu'Homere dis
tingue Neptune des autres Dieux par ses
cheveux bleus.
Arnobe , dans son huitiéme Livre contre
les Gentils , donne des yeux bleus à
Neptune. Neptunus oculis glaucis . En quoi
il est du sentiment de Lucien , mais ce
dernier lui donne des cheveux noirs ,
B iiij
contre
2080 MERCURE DE FRANCE
contre l'autorité d'Homere. Le bleu étoit
aussi la couleur de son Manteau , selon
Phurnutus , Neptuni vestis cyanea .
C'est pour cela que le fils de Pompée
prit une robbe
de cette couleur
après
son Expedition
Maritime
. Ce même General
de la Flotte Romaine
dans le passage
d'Aurelius
Victor
, rapporté
ci- dessus,
lui sacrifia
plusieurs
Taureaux
et un Cheval,
Eumque
bobus auratis et equo placavit.
On sçait que le cheval
étoit consacré
à
Neptune
, comme
à la Divinité
qui l'avoit
fait sortir de la terre d'un coup de
Trident
.
•
Tuque , cui prima frementem
Fudit equum Magno tellus percussa Trie
dente. Virg.
C'est aussi pour cette raison qu'on avoit
placé la Statuë de Neptune dans le Cirque
; mais par malheur Auguste y ayant
fait une espece de nauffrage , il en fit
-ôter la Statue , pour punir , en quelque
maniere , ce Dieu du peu de soin qu'il
avoit pris de sa personne.
•
Nous avons dans les Médailles de Gallien
deux Revers differens qui nous apprennent
que le Cheval Marin et le Ca
pricorne étoient aussi consacrez à Neptune.
Ces deux Types ont la même Lẹ-
gende
SEPTEMBRE. 1731. 208r
gende , NEPTUNO Conservatori AvGusti ;
Legende qui est commune avec la figure
du Cheval Marin . Quatre de ces Animaux
tirent ordinairement son Char sur
les Médailles de quelques autres Empereurs
; mais les Médailles de Gallien avec
Ia figure du Capricorne , sont très- rares
ou plutôt elles n'avoient pas encore été
connuës. M. l'Abbé de Rothelin en a
une, dans son Cabinet , et j'en possede une
autre ; je n'en parle ici que parce que
cette Médaille n'a encore été publiée ,
que je sçache , par aucun Antiquaire.
A l'égard du Trident sur lequel Neptune
s'appuye de la main gauche dans
notre Médaille , c'est , comme l'on sçait
le Sceptre qui lui fut fabriqué par les
Cyclopes , lorsque l'Empire de la Mer
Iui échut en partage.
Commodien , assez mauvais Poëte du
temps de Constantin , dit que Neptune
porte un Trident pour percer les Poissons.
Neptunum facitis Divum ex Saturno pronatum
Et Tridentem gerit , ut Pisces suffigere possit
Mais Prudence pense plus noblement,
forsqu'il dit que le Trident désigne la
triple qualité de l'Eau , qui est d'être liquide
, féconde , et potable. Tridentem
B. v verò
2082 MERCURE DE FRANCE
vero ob hanc rem gerere pingitur, quod aquarum
natura triplici virtute fungatur , id est
liquida , foecunda , potabili.
Je n'entrerai point ici dans un plus
grand détail sur le culte qu'on rendoit à
Neptune , principalement dans la Grece
et dans la Grande Bretagne en particulier..
Je n'ay pas dessein aussi de rapporter tout
ce que les Médailles , les Marbres , les
Pierres gravées , les Statuës et les autres
Monumens antiques , pourroient nous
fournir sur ce sujet. Tout ce que j'ay dit,
Milord , me paroît suffire pour l'explication
de cette Médaille singuliere de Carausius
, qui ne se trouve jusqu'à present
que dans votre Cabinet , et qui fut frappée
au sujet de la défaite de la Flotte de Maximien
Hercules , par le même Carausius.
J'ajoûte que c'est un Monument des plus
glorieux et des plus interessans qui puisse
se trouver pour le Royaume de la Gran
de Bretagne. Je suis avec beaucoup de
Respect , &c.
Fermer
Résumé : EXPLICATION d'une Médaille antique trés- singuliere de CARAUSIUS, Empereur des Anciens Bretons au temps de Diocletien et de Maximien Hercule, adressée à Mylord Comte de Pembrok, Pair d'Angleterre &c. Par M. Genebrier, Docteur en Medecine.
Le texte présente une médaille antique de l'empereur Carausius, un souverain des anciens Bretons ayant régné à l'époque de Diocletien et de Maximien Hercule. Cette médaille, conservée dans le cabinet de Mylord Comte de Pembrok, est en petit bronze et bien conservée. Elle porte sur une face la tête de Carausius couronnée de rayons, avec l'inscription 'IMP. CARAUSIUS P. F AUG.' Sur l'autre face, on voit Neptune et Carausius se donnant la main, avec Neptune appuyé sur son trident et Carausius sur une pique. La légende indique 'VBERITAS AUG.' et 'R. S. R.' dans l'exergue. Cette médaille se distingue des autres types de médailles impériales, qui représentent généralement une femme tenant une bourse et une corne d'abondance. La représentation de Neptune et Carausius se donnant la main symbolise la maîtrise de la mer et l'abondance apportée par la navigation et le commerce maritime. Cette scène célèbre la victoire navale de Carausius sur la flotte de Maximien Hercule, soulignant son contrôle sur les mers et les richesses océaniques. Le texte mentionne également une inscription antique trouvée à Chichester, en Angleterre, dédiée à Neptune et Minerve. Cette inscription prouve le culte rendu à ces divinités par les anciens Bretons et révèle l'existence d'un temple construit par la communauté des maîtres charpentiers sous l'autorité du roi Cogidubnus. Le culte de Neptune était particulièrement vénéré dans les villes maritimes, et les marins lui adressaient des prières pour une navigation sûre. Les Jeux Isthmiens, célébrés en Grèce en l'honneur de Neptune, étaient couronnés d'ache ou de pin et tiraient leur nom de l'Isthme de Corinthe. À Rome, la fête de Neptune, appelée Neptunales, se déroulait le 21 août et incluait le sacrifice d'un taureau. Homère et Arnobe décrivent Neptune avec des cheveux bleus, tandis que Lucien lui attribue des cheveux noirs. La couleur bleue était également associée à son manteau. Neptune était souvent représenté avec un trident, symbole de son pouvoir sur les mers. Le cheval, sorti de la terre par un coup de trident, était également consacré à Neptune. À Rome, une statue de Neptune était placée dans le Cirque, mais fut retirée après un incident impliquant Auguste. Des médailles, notamment celles de Gallien, montrent Neptune avec un cheval marin ou un capricorne, soulignant son lien avec les mers. Le trident de Neptune, fabriqué par les Cyclopes, symbolisait les trois qualités de l'eau : liquide, féconde et potable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1805
p. 2106-2123
VOYAGE dans les Etats de Bacchus. Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
Début :
J'ay fait depuis peu, Messieurs, un voyage assez subit et singulier. J'ay visité [...]
Mots clefs :
Voyage, Ordonnance, Registres, Recueil des déclarations du dieu Bacchus, Empire, Vin, Rivage de l'Yonne, Auxerre, Joigny, Vignes
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texteReconnaissance textuelle : VOYAGE dans les Etats de Bacchus. Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
VOYAGE dans les Etats de Bacchus..
Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
J4y fait depuis peu , Messieurs
, un
voyage assezsubit et singulier.Fay visité
sans le secours d'aucun guide ni d'aucune
voiture, les Châteaux et les Palais des Dieuxdu
Paganisme. A ce langage , vous vous·
imaginez que mon voyage a dû être de longue
durée , et vous ne vous tromperiez pas,
SZ
SEPTEMBRE. 1731. 2107
si je l'eusse fait physiquement ; mais la verité
est que je n'ay voyagé qu'en esprit. Fe
n'ai point marqué sur mes Tablettes le jour
de mon départ ; je sçai seulement que je
commençai à parcourir tous ces Palais et
ces Châteaux un certain soir du mois de
Fevrier dernier, auquel les fumées du repas
ne m'incommodoient pas beaucoup , et j'ai
idée que le Soleil étoit déja pour lors dans
le Signe des Poissons . Quel qu'ait été mon
voyage , et qu'elle qu'en ait été la cause , me
voila heureusement de retour ; j'ai rapporté
avec moi certaines Ordonnancės assez curieuses
, que les Bibliothequaires de ces Palais,
plus complaisans et moins formalistes
que certains d'Italie , m'ont permis de transcrire
de dessus les Registres dont ils ont la
garde.
En parcourant le Recueil des Déclarations
du Dieu Bacchus , qui est écrit en belles
lettres d'or sur un Velin couleur de Pourpre,
grand in folio , j'en ai apperçû une qui m'a
frappé plus que toutes les autres. Je pense que
c'est l'avant derniere du volume. Sur le champ
j'en ai tiré une copie , avec la résolution de
m'en servir dans l'occasion. Cette occasion
s'est presentée , Messieurs , plutôt que je ne
Faurois crû ; car à peine étois-je un pew
remis de mon vryage spirituel vers le milieu
du mois de Mars , quun de mes amis m'en..
Cvj tendant
1108 MERCURE DE FRANCE
tendant plaindre à table d'un certain vin
clairet et leger que l'on m'avoit servi , tira
de sa poche le Mercure de Fevrier 1731-
et my fit voir à la page 271. un Ecrit que
j'ai reconnu à l'instant être celui que le Dieu
Bacchus a eù en vue de faire supprimer par
son Ordonnanoe. Je vous laisse à juger du
rapport que ces deux Pieces ont l'une avec
l'autre. J'en retranche une partie du préambule
qui est dans le style ordinaire des Sonverains
, et qui ne vous apprendroit autre
chose que les Provinces et les Seigneuries qui
composent le vaste Empire de cette Divinité.
ORDONNANCE du Dieu Bacchus,
donnée dans le Printemps dernier.
fils de Jupiter dit ......
Biber , Lycus , Lenæus , Osyris ,
Dionysus , &c. Jadis la Déesse de la Paix
accorda les differends qui s'étoient élevez
entre la Bourgogne et la Champagne , sur
la primauté du Fruit qui nous est consacré
dans l'étendue de ces deux Provinces
des Gaules ; il y avoit eû force procedures
écrites , mainte Poësie signifiée de part
et d'autre , Pourchot et Grenan , plaidans
pour la Bourgogne , et Coffin pour la
Champagne. (4) Cette bonne Déesse en-
(a) Voyez le Procès Poëtique , imprimé à Paris
an 1712. chez la veuve de Claude Thiboust .
fin
SEPTEMBRE 1731. 2109
in trouva le secret de les mettre tous
d'accord ; elle fit verser dans une grande
Couppe une quantité égale de vin de
Bourgogne et de Champagne , et soudain
ayant fait gouter de ce mêlange aux deux
Partis , ils mirent les armes bas , la Champagne
cedant l'honneur à la Bourgogne ,
dont le vin avoit dominé dans la Couppe
, en gout , en couleur et en force.
Aujourd'hui un Ecrivain récemment
formé sur le Rivage de l'Yonne , réveille
en quelque sorte ce Procès , qui avoit
été jugé définitivement. Il semble avoir
pour but dans son raisonnement de donner
gain de cause à la Champagne , essayant
de faire comprendre que des vins
tendres , peu colorez , de peu de durée ,
et qui de plus ont un goût de terroir ,
doivent aller de pair avec des vins qui
ent du corps , une couleur bien rosée ,
qui sont francs , bien - faisans , amis de
l'estomach , et dont la séve est fine en
même-temps qu'elle est mâle et vigoureuse.
Et ce qu'il y a encore de plus sur
prenant dans son procedé, c'est qu'il prétend
être bon Bourguignon , en écrivant,
comme il fait , en faveur de ces vins tendres
et délicats .
Ce trop zelé Partisan fait paroître sur
les rangs Joigny , petite Ville , qu'il lui
plaît
110 MERCURE DE FRANCE
plaît de placer dans notre Province de
Bourgogne , quoiqu'elle n'y soit point
comprise , suivant l'exacte Géographie de
notre Empire ; et après avoir égalé ses
vins à ceux de notre bonne et ancienne
Ville d'Auxerre , de tout temps renfermée
dans notre Cercle de Bourgogne ,
il pousse la prévention et l'audace jusqu'à
leur donner le dessus. Oubliant lui - même
d'où il est natif , et faisant semblant
de ne pas appercevoir que c'est l'amour
aveugle de sa Patrie qui le rend Auteur,
il va jusqu'à reprocher à notre zelé Analiste
d'Auxerre , duquel Mercure nous
a fait voir les Ecrits , de s'être trop étendu
par l'effet du même amour , à rapporter
les avantages de son Pays. Nous DECLARONS
que nous aimons tous nos fideles
Sujets ; mais nous devons aussi rendre.
justice à qui elle appartient , et réfuter
ce qui mérite de l'être. Sans nous arrê
ter à remarquer que l'Avocat des vins
de joigny pourroit avoir besoin de passer
quelques mois , tant sur le Parnasse
que
dans l'une de nos Universitez , pour
y apprendre à discerner les vins par la fréquentation
des personnages versez en cette
Scienće , et à ne pas prodiguer , comme
il fait , les Citations des Poëtes Latins
dont il abuse quelquefois. Nous disons.
>
qu'il
SEPTEMBRE. 1731. 21FT
qu'il paroît par son langage qu'il n'a jamais
vû de ses yeux ces Vignobles qui
sont si renommez dans nos Etats , qu'à
l'entendre raisonner il semble que jamais:
il n'est sorti des limites de son petit Ter--
ritoire , si ce n'est peut-être pour venir à
Auxerre considerer superficiellement la
situation des Côteaux .
Si ce jeune Ecrivain avoit voulu se détromper
serieusement et de bonne foi ,
ainsi que font tous ceux qui sont étroitement
attachez à notre service , il auroit
pû recourir à nos Papiers - Terriers de
Coulanges - les - Vineuses , à ceux de nos:
Vignobles d'autour de Beaune et des environs,
de Nuys , Volnay , Pomar , Chase
sagne , à ceux des climats du clos de Vougeot
, ( a ) Champbertin , Savigny , la
Romance les Serrieres proche Dijon
et les côtes de Chenove auprès de la
même Ville. Il y auroit appris par les
Declarations circonstanciées de nos féaux
et amez sujets qui peuplent ces cantons ,
que les Vignes qu'ils appellent des meilleurs
endroits et du produit le plus ex-
,
3-
( a ) Vougeot est un Village entre Dijon &
Nuys , où M. l'Abbé de Citeaux a un. Clos de
Vignes très- vaste et presque tout plat , lequel
cependant produit un Vin très- excellent , contre
la Maxime de l'Avocat des Vins de Joigny.
cellent
2111 MERCURE DE FRANCE
cellent , ne sont pas situées dans un territoire
dont l'extension soit comme perpendiculaire
du Ciel vers la Terre , ainsi
qu'il se figure par une idée bizarre , que
doivent être plantées les Vignes d'une
qualité superieure. Pour peu qu'il eût
jetté la vue sur les Cartes Topographiques
qui décorent les murs de nos sallons ,
il y eût appris que dans les côteaux de
Vignes , il y a la Region suprême , la
moyenne et l'inferieure ; que comme ce
n'est pas dans la region la plus basse , la
plus applanie ou la plus inondée que croît
le meilleur vin , ce n'est pas non plus
dans la Region la plus échauffée ou la
plus chauve , et pour parler humainement
, que ce n'est pas dans le plus roide
de la côte qu'on recueille ce Vin supe ♣
rieur et transcendant , mais que c'est dans
la naissance du plis des côteaux , parce
que c'est comme le lieu de concentration ,
tant des sucs choisis de la Terre , que de
la refléxion des rayons solaires . De- là
vient que dans la Capitale de Bourgogne ,
on appelle cet endroit Le Rognon de la Côte.
L'un de nos Geographes qui connoît jusqu'aux
moindres cantons de nos Etats ,
se donna autrefois la peine d'enluminer
de couleur rouge les endroits de ces Cartes
Topographiques , dont les Vignes
sont
SEPTEMBRE. 1731. 2113
•
sont dans la situation la plus heureuse
et dont le grain de terre est en même
temps le plus favorable.
Après l'exhibition qui nous a été faite
de ces Cartes , nous déclarons n'avoir apperçû
que quelques legers coups de pinceau
sur les côtes de Joigny , au lieu que
les climats des environs d'Auxerre sont
presque tous chargez de riches et nombreux
traits de ce pinceau décisif , qui
marquent que ce qui constituë radicalement
le bon vin , y est commun et ordinaire
, c'est-à - dire › que generalement
parlant , les Vignes d'autour notre bienaimée
Ville d'Auxerre sont dans une
و
bonne exposition et qu'elles naissent
dans un grain de terre qui n'est vitié ni
par des veines nitreuses ni par une superficie
sulfureuse. Ces coups de pinceau se
trouvent abondamment
marquez entre
autres Climats , sur ceux de la Chainette,
Migraine , Boivin , Clerion , qui sont au
Septentrion
et à l'Occident de la Ville ,
et sur plus de vingt autres qui sont au
levant et au midi de la même Ville , à
une demi - lieue , ou un peu plus de distance
, dont les productions
par une
licence que jusqu'ici nous avons tolerée ,
quoique contraire à la sincerité de notre
caractere , ne sont point distribuées dans
,
>
la
2114 MERCURE DE FRANCE
la Capitale des Gaules et plus loin , sous
d'autre nom que sous celui de Vin de
Coulanges .
En vain le zelateur des Vins de Joigny,
mal instruit du prix des Vins de notre
illustre Ville d'Auxerre , voudroit - il les
abaisser jusqu'à les mettre de Niveau avec
ceux de sa Patrie. Les Historiens de nos
Etats marquent dans leurs Annales Latines
, qu'en tout temps les Vins d'Autricum
Senonum se sont vendus le double ou
environ des Vins de Joviniacum : Et même
notre Controlleur General nous ayant
representé le Registre de l'Année courante
, nous y avons vû que le Vin de la
derniere récolte , que le Partisan vante
tant , a été débité à Auxerre , à un prix
une fois plus haut que celui du cru de
Joigny. ( a ) Nous ne croyons point qu'il
y ait mortel assez téméraire pour oser
s'inscrire en faux contre un témoignage
si authentique. On sçait que nous sommes
disposez à punir de peines très- séveres
les faussaires ou les faux témoins s'il
( a ) Les Vins du plus haut prix à Joigny
n'ont pas êté à 80. livres le Muid , au lieu qu'à
Auxerre ils ont été vendus 130. et 140. livres
quoique les Tonneaux ne soient pas plus grands ,
et qu'il y ait un plus grand éloignement de la
Ville de Paris.
s'en
SEPTEMBRE. 1731. 2215
s'en trouvoit sur nos Terres , et que nous
les condamnerions à user le reste de leurs
jours d'une boisson , qui n'est ni rare ni
délicieuse.
Si après le temps de l'Hyver il reste
peu de Vins dans notre Vignoble de Joigny
, il n'est pas besoin que nous en rapportions
ici la cause ; elle est connuë du
Bourgeois comme du Vigneron ; ils
avouent franchement l'un et l'autre que
leur liqueur est de peu de garde. Qui
pourroit après cela les blâmer de ce qu'ils
s'en défont promptement ? Deplus , leur
territoire n'est point de l'étenduë dont
est celui de notre bonne Ville d'Auxerre
ni fertile au même point. Il est notoire
par la simple confrontation des Inventaires
dressez par nos Inquisiteurs modernes
, ( a ) que les reservoirs soûterrains de
Joigny n'ont jamais eû l'honneur de contenir
dans leur capacité une quantité égale
à celle de nos reservoirs d'Auxerre.
Cette Ville qui est la clef de notre incomparable
Province de Bourgogne ,
jouit d'un Territoire si avantagé des bénignes
influences des autres Divinitez qui
nous sont amies , qu'avec la qualité du
( a ) On entend sous ce nom les Tabeliers qui
wont depuis peu dans les Caves , pour prendre
le nombre des Tonneaux pleins.
Raisin J
2118 MERCURE DE FRANCE
Raisin , il y en a toujours une quantité
qui excede celle du produit de Joigny.
Phoebus et Cybele semblent s'être accordez
à le combler de leurs bienfaits . Auxerre
a mille et mille côteaux renfermez
dans des sinuositez tortueuses qui regnent
en differens vallons ; et le Vignoble de
Joigny n'est, pour ainsi dire, qu'un simple
revers d'une ou de deux Montagnes , sur
lequel est arboré celui des Domaines du
Dieu Sylvain , que l'antiquité appelle
La Forêt d'Othe. Outre cela , par une justice
qui étoit dûë au Territoire d'Auxerre,
ancienne Cité Romaine , nous l'avons
aggrandi de diverses Colonies celebres
qui lui sont soumises à trois et quatre
lieuës vers la Region Australe , et qui le
regardent comme le chef- lieu .
د
Telles sont ces Colonies , dites Vineufes
par excellence ; tel est Irancy , Jussy
Ecouleves , la Palote &c. Joigny au contraire
, au rapport des Enquêteurs nos
Commissaires en cette Partie , n'est qu'un
simple Château qui sert de Rempart au
Territoire du Dieu Sylvain ci - dessus
nommé , autour duquel Château , l'on a
fait disparoître depuis fort peu de siécles ,
l'Arbre Favori des Druides Gaulois , pour
y planter de notre Bois tortu . Mais pour
çe faire , il a bien fallu de nécessité prendre
SEPTEMBRE . 1731 . 2117
dre le terrain tel qu'il s'est presenté , terrain
caustique , rempli de craye , de cailloux
enflâmez et petillans , terrain que
nous regardons comme une écume recuite
de la Bourbe qu'engendra sur plusieurs
Côtes de l'Univers le mêlange des Fleuves
et des Mers au siécle de Deucalion. C'est
ce qui fait que dans les années les plus favorisées
par Phoebus notre frere pour les
bons Vins , ceux de Joigny ont un goût
que les Mortels appellent fort à propos
goût de Terroir ; ne sont point francs ,
sentent le Tufou le Crayon ; et plus les
rayons de Phoebus ont été violemment
lancés , plus il est besoin de faire sur les
Cuves une salutaire injection d'une lymphe
benigne et temperative.
et
Le Vin de Joigny au rapport des mêmes
Enquêteurs , est non - seulement de
peu de durée
de durée , mais encore de difficile
transport dans les Pays éloignez ; ainsi
qu'il nous a paru par certaines Querimonies
inserées dans des Placets que les Députez
de ces Pays lointains nous ont presentez.
Ce Vin est tel , presque universellement
parlant , qu'il a de la peine à se
bien comporter jusqu'au signe de la Vierge
et de la Balance dans les années qu'il
est bon. Il a si peu de corps , au dire des
mêmes Commissaires , que la moindre
cau
2118 MERCURE DE FRANCE
eau suffit pour l'éteindre et l'amortir ; et
c'est mal à propos qu'on lui donneroit
l'épitette de Generofum. Quiconque veut
le garder chaste et sans alteration doit
>
و
mettre en pratique une espece de Paradoxe
, c'est-à- dire , qu'il faut nécessairement
qu'il le marie avec d'autre Vin ,
sinon sa propre vertu fait voir combien
d'elle-même elle est fragile et caduque.
Il est Capiteux , ajoutent- ils , à raison du
terrain brûlant qui le produit. C'est ce
qui fait que les Seps en sont si courts et
si petits qu'un simple fétu les soutient.
Deplus la Déesse Cybele et le Dieu Sylvain
ont certifié à nos Secretaires par plusieurs
de leurs Vassaux , qu'il est faux que
les habitans de la Colline Jovinienne ne
mettent rien dans leurs Vignes . Ils tirent
adroitement du Domaine voisin
appartenant au dieu Sylvain , une certaine
terre jaune qu'ils appellent du Lateux
dont ils sçavent imprégner leur
terrain blanchâtre pour en corriger le défaut,
si faire se pouvoit ; au lieu qu'Auxerre
n'a besoin ni de Lateux ni de Fumier :
Aussi n'avons nous permis d'y mettre du
Fumier dans certaines Vignes basses , qu'à
ceux de nos Vassaux , qui ont déclaré à
notre Chancelier,que ces héritages étoient
destinés à abreuver abondamment le Pay-
›
san
SEPTEMBRE 1731. 2119
-san apporteur de provisions , et à humecter
journellement le gosier du Laboureur
Artisan et de l'infatigable Vigneron : em
ploi qui est conforme à nos anciennes
Ordonnances , Registre premier.
Quant à la proposition par laquelle le
Panegyriste attribue à la vente du jus dont
nous daignons favoriser la côte de Joigny,
le nombre de mâles qu'il dit y surpasser
considerablement celui des femeles ; supposant
pour un moment la verité de son
calcul , nous disons que sa conclusion est
fausse , comme se trouvant absolument
détruite par l'experience dont les disciples
d'Hippocrate nous sont garants. Et
en nous servant de leur langage clair et
précis , nous ajoûtons qu'il prend pour
cause ce qui ne l'est pas. Ces habiles Scrutateurs
de l'origine du genre humain
admis dans notre Conseil , nous assurent
que communément, c'est en tous pays que
le nombre des mâles excede d'un peu celui
des femmes ; en quoi ils font remarquer la
sagesse du Conseil des Dieux , qui a prohibé
la Polygamie. Mais ce qu'ils observent
de plus , c'est que ce n'est pas
dans
quelques Villes de pays de Vignobles seulement
qu'on trouve le nombre de mâles
excéder notablement celui de l'autre sexe ;
ils ajoûtent que cela se rencontre aussi
dans
2120 MERCURE DE FRANCE
›
dans des Villes où le mauvais usage est
resté de ne dissoudre les Alimens et de
n'éteindre la soif qu'avec dujus de pomme,
ou avec une certaine eau bouillie , et même
dans des Pays , où par un effet de notre
colere , les Animaux raisonnables et
les irraisonnables usent d'une seule et même
boisson. Les Habitans des Ifles Britanniques
, bons connoisseurs, de notre Vin
de Bourgogne se sont donné la peine
de faire là - dessus des supputations qui
sont restées sans replique. ( a )
و
Toutes ces raisons pesées et murement
examinées , dans notre Conseil , les Hippocrates
et les Galiens de toutes les Nations,
duement appellez , et entendus, ensemble
les Echansons de tous les Dieux
nos Freres ; NOUS DECLARONS les Vins
de notre bonne Ville d'Auxerre à perpetuité
superieurs en qualité à ceux de
Joigny , ainsi qu'ils l'étoient par le passé
et qu'ils le sont actuellement . Voulons
en outre que l'on mette dans le même
rang de superiorité tous Vignobles dont
les Vins supportent la limphe , ct qui au
lieu de se laisser vaincre par ce foible
Element , le parfument du goût de la
celeste ambrosie , que les Mortels appel-
( a ) Lifez les Transactions Philosophiques ,
Du Journaux de l'Académie des Sciences de`
Londres.
lent
SEPTEMBRE . 1731. 272T
lent du nom de Pinot , (i) et donnent
réellement à ceux qui en usent , des forces
perseverantes et fermement inhérentes
. Accordons de grace speciale aux Vins
de Joigny d'être d'usage aux déj ûnez de
nos Courtisans, qui les ont reconnus suffisamment
apéritifs et proportionnez à
l'exercice qu'ils prennent. Permettons pareillement
à notre Grand Bouteillier de
nous en servir au même repas , avec deffenses
, sous peine de leze- Majesté , de
nous en présenter en d'autres temps , et
sur tout à l'heure du coucher de Phébus,
et lorsque Morphée vient nous inviter
au repos. Deffendons d'usurper le titre
de superiorité , à tous Vignobles dont les
Vins ne donnent que de ces forces passageres
, qu'on ne voit briller que durant
quelques jours , lesquels n'étant point éta-
Blis sur celui de notre Jus qui a le plus
de solidité , disparoissent aisément , s'évanoüissent
à la longueur du travail , et
font succomber les Champions qui en
usoient habituellement , par un aveu forcé
de leur foiblesse et de leur insuffisance.
(a) Le Pinot est une espece de Raisin noir,
qui fait le meilleur Vin. Les Comptes de la
Ville d'Auxerre pariant des Présens de Vin ,
faits aux Princes , specifient ordinairement
qu'ils sont de Vin de Pinet,
D Faisons
2122 MERCURE DE FRANCE
Faisons les mêmes deffenses et prohibitions
à tous Vignobles quelconques , dont
les Vins contiennent trop de ce Nitre fatal
aux intestins des Buveurs , comme
étant sujets à y causer une relaxation qui
devient sensible et deshonnorante , lorsqu'elle
concourt avec certains exercices du
corps au milieu des chaleurs de la Canicule.
(a)
Er sera notre presente Déclaration affichée
ès Carrefours de la Ville de Joigny
, à ce que nul n'en ignore , et publiée
chaque année esdits lieux aux jours
suivans , par Nous spécialement choisis ,
pour raisons à Nous connues ; sçavoir
en. Août le jour de la Consecration, des,
Autels de la Déesse Ops et de Cérès . (b)
Item. En Septembre , le jour de la Dé-
(a) Il est clair que Bacchus veut parler ici
de l'antiperistase qui éclatta à Auxerre les premiersjours
d'Août de l'an 1723. lorsque le Vin
de cette Ville commença à combattre la bile
formée delongue main dans le corps des Joueurs
de Paulme de Joigny..
(b) Bacchus parle ici suivant le Calendrier
des anciens Romains ; Les quatre jours qu'il
indique répondent au 10. Août , 14. Septembre
1. Octobre et 1. janvier , jours des quatre For-
RES deJoigny et par consequent de grand concours.
C'est celle du 10. Août qui est la cause
du choix qu'a fait Bacchus.
dicace
SEPTEMBRE. 1731. 2823
dicace du Temple de Jupiter Capitolin.
De plus , aux Calendes d'Octobre et de
Janvier. SI MANDONS à nos Baillifs.
et Sénechaux , &c.
Il n'est
pas
nécessaire , Messieurs , de
vous prier de rendre publique une Ordonnance
si juste et si équitable , et à laquelle
#outes les Langues les plus fines de Paris et
des Pays- Bas ne manqueront pas d'applandir.
J'aurois souhaité d'en trouver un plus
grand nombre de pareille nature dans ce
précieux in Folio , qui me fût communiqué
fort poliment par l' Archiviste du Dieu Bac
chus. Mais je me souviens que cette Ordonnance
étoit la seule dans son genre , et qu'après
elle le Volume n'en contenoit qu'une à
baquelle le Sceau venoit d'être mis tout recem
ment après la tenue des Etats Generaux. C'est
celle qui défend de planter de la Vigne dans
des endroits qui ne conviennent point à ce
Bois. Cette derniere Ordonnance vient d'être
heureusement notifiée dans le Royaume de
France par les Publications et Placards ordinaires
; et il faut esperer que l'on tiendra la
main à son observation.
Je suis & c. ce 12. Juillet 1731.
Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
J4y fait depuis peu , Messieurs
, un
voyage assezsubit et singulier.Fay visité
sans le secours d'aucun guide ni d'aucune
voiture, les Châteaux et les Palais des Dieuxdu
Paganisme. A ce langage , vous vous·
imaginez que mon voyage a dû être de longue
durée , et vous ne vous tromperiez pas,
SZ
SEPTEMBRE. 1731. 2107
si je l'eusse fait physiquement ; mais la verité
est que je n'ay voyagé qu'en esprit. Fe
n'ai point marqué sur mes Tablettes le jour
de mon départ ; je sçai seulement que je
commençai à parcourir tous ces Palais et
ces Châteaux un certain soir du mois de
Fevrier dernier, auquel les fumées du repas
ne m'incommodoient pas beaucoup , et j'ai
idée que le Soleil étoit déja pour lors dans
le Signe des Poissons . Quel qu'ait été mon
voyage , et qu'elle qu'en ait été la cause , me
voila heureusement de retour ; j'ai rapporté
avec moi certaines Ordonnancės assez curieuses
, que les Bibliothequaires de ces Palais,
plus complaisans et moins formalistes
que certains d'Italie , m'ont permis de transcrire
de dessus les Registres dont ils ont la
garde.
En parcourant le Recueil des Déclarations
du Dieu Bacchus , qui est écrit en belles
lettres d'or sur un Velin couleur de Pourpre,
grand in folio , j'en ai apperçû une qui m'a
frappé plus que toutes les autres. Je pense que
c'est l'avant derniere du volume. Sur le champ
j'en ai tiré une copie , avec la résolution de
m'en servir dans l'occasion. Cette occasion
s'est presentée , Messieurs , plutôt que je ne
Faurois crû ; car à peine étois-je un pew
remis de mon vryage spirituel vers le milieu
du mois de Mars , quun de mes amis m'en..
Cvj tendant
1108 MERCURE DE FRANCE
tendant plaindre à table d'un certain vin
clairet et leger que l'on m'avoit servi , tira
de sa poche le Mercure de Fevrier 1731-
et my fit voir à la page 271. un Ecrit que
j'ai reconnu à l'instant être celui que le Dieu
Bacchus a eù en vue de faire supprimer par
son Ordonnanoe. Je vous laisse à juger du
rapport que ces deux Pieces ont l'une avec
l'autre. J'en retranche une partie du préambule
qui est dans le style ordinaire des Sonverains
, et qui ne vous apprendroit autre
chose que les Provinces et les Seigneuries qui
composent le vaste Empire de cette Divinité.
ORDONNANCE du Dieu Bacchus,
donnée dans le Printemps dernier.
fils de Jupiter dit ......
Biber , Lycus , Lenæus , Osyris ,
Dionysus , &c. Jadis la Déesse de la Paix
accorda les differends qui s'étoient élevez
entre la Bourgogne et la Champagne , sur
la primauté du Fruit qui nous est consacré
dans l'étendue de ces deux Provinces
des Gaules ; il y avoit eû force procedures
écrites , mainte Poësie signifiée de part
et d'autre , Pourchot et Grenan , plaidans
pour la Bourgogne , et Coffin pour la
Champagne. (4) Cette bonne Déesse en-
(a) Voyez le Procès Poëtique , imprimé à Paris
an 1712. chez la veuve de Claude Thiboust .
fin
SEPTEMBRE 1731. 2109
in trouva le secret de les mettre tous
d'accord ; elle fit verser dans une grande
Couppe une quantité égale de vin de
Bourgogne et de Champagne , et soudain
ayant fait gouter de ce mêlange aux deux
Partis , ils mirent les armes bas , la Champagne
cedant l'honneur à la Bourgogne ,
dont le vin avoit dominé dans la Couppe
, en gout , en couleur et en force.
Aujourd'hui un Ecrivain récemment
formé sur le Rivage de l'Yonne , réveille
en quelque sorte ce Procès , qui avoit
été jugé définitivement. Il semble avoir
pour but dans son raisonnement de donner
gain de cause à la Champagne , essayant
de faire comprendre que des vins
tendres , peu colorez , de peu de durée ,
et qui de plus ont un goût de terroir ,
doivent aller de pair avec des vins qui
ent du corps , une couleur bien rosée ,
qui sont francs , bien - faisans , amis de
l'estomach , et dont la séve est fine en
même-temps qu'elle est mâle et vigoureuse.
Et ce qu'il y a encore de plus sur
prenant dans son procedé, c'est qu'il prétend
être bon Bourguignon , en écrivant,
comme il fait , en faveur de ces vins tendres
et délicats .
Ce trop zelé Partisan fait paroître sur
les rangs Joigny , petite Ville , qu'il lui
plaît
110 MERCURE DE FRANCE
plaît de placer dans notre Province de
Bourgogne , quoiqu'elle n'y soit point
comprise , suivant l'exacte Géographie de
notre Empire ; et après avoir égalé ses
vins à ceux de notre bonne et ancienne
Ville d'Auxerre , de tout temps renfermée
dans notre Cercle de Bourgogne ,
il pousse la prévention et l'audace jusqu'à
leur donner le dessus. Oubliant lui - même
d'où il est natif , et faisant semblant
de ne pas appercevoir que c'est l'amour
aveugle de sa Patrie qui le rend Auteur,
il va jusqu'à reprocher à notre zelé Analiste
d'Auxerre , duquel Mercure nous
a fait voir les Ecrits , de s'être trop étendu
par l'effet du même amour , à rapporter
les avantages de son Pays. Nous DECLARONS
que nous aimons tous nos fideles
Sujets ; mais nous devons aussi rendre.
justice à qui elle appartient , et réfuter
ce qui mérite de l'être. Sans nous arrê
ter à remarquer que l'Avocat des vins
de joigny pourroit avoir besoin de passer
quelques mois , tant sur le Parnasse
que
dans l'une de nos Universitez , pour
y apprendre à discerner les vins par la fréquentation
des personnages versez en cette
Scienće , et à ne pas prodiguer , comme
il fait , les Citations des Poëtes Latins
dont il abuse quelquefois. Nous disons.
>
qu'il
SEPTEMBRE. 1731. 21FT
qu'il paroît par son langage qu'il n'a jamais
vû de ses yeux ces Vignobles qui
sont si renommez dans nos Etats , qu'à
l'entendre raisonner il semble que jamais:
il n'est sorti des limites de son petit Ter--
ritoire , si ce n'est peut-être pour venir à
Auxerre considerer superficiellement la
situation des Côteaux .
Si ce jeune Ecrivain avoit voulu se détromper
serieusement et de bonne foi ,
ainsi que font tous ceux qui sont étroitement
attachez à notre service , il auroit
pû recourir à nos Papiers - Terriers de
Coulanges - les - Vineuses , à ceux de nos:
Vignobles d'autour de Beaune et des environs,
de Nuys , Volnay , Pomar , Chase
sagne , à ceux des climats du clos de Vougeot
, ( a ) Champbertin , Savigny , la
Romance les Serrieres proche Dijon
et les côtes de Chenove auprès de la
même Ville. Il y auroit appris par les
Declarations circonstanciées de nos féaux
et amez sujets qui peuplent ces cantons ,
que les Vignes qu'ils appellent des meilleurs
endroits et du produit le plus ex-
,
3-
( a ) Vougeot est un Village entre Dijon &
Nuys , où M. l'Abbé de Citeaux a un. Clos de
Vignes très- vaste et presque tout plat , lequel
cependant produit un Vin très- excellent , contre
la Maxime de l'Avocat des Vins de Joigny.
cellent
2111 MERCURE DE FRANCE
cellent , ne sont pas situées dans un territoire
dont l'extension soit comme perpendiculaire
du Ciel vers la Terre , ainsi
qu'il se figure par une idée bizarre , que
doivent être plantées les Vignes d'une
qualité superieure. Pour peu qu'il eût
jetté la vue sur les Cartes Topographiques
qui décorent les murs de nos sallons ,
il y eût appris que dans les côteaux de
Vignes , il y a la Region suprême , la
moyenne et l'inferieure ; que comme ce
n'est pas dans la region la plus basse , la
plus applanie ou la plus inondée que croît
le meilleur vin , ce n'est pas non plus
dans la Region la plus échauffée ou la
plus chauve , et pour parler humainement
, que ce n'est pas dans le plus roide
de la côte qu'on recueille ce Vin supe ♣
rieur et transcendant , mais que c'est dans
la naissance du plis des côteaux , parce
que c'est comme le lieu de concentration ,
tant des sucs choisis de la Terre , que de
la refléxion des rayons solaires . De- là
vient que dans la Capitale de Bourgogne ,
on appelle cet endroit Le Rognon de la Côte.
L'un de nos Geographes qui connoît jusqu'aux
moindres cantons de nos Etats ,
se donna autrefois la peine d'enluminer
de couleur rouge les endroits de ces Cartes
Topographiques , dont les Vignes
sont
SEPTEMBRE. 1731. 2113
•
sont dans la situation la plus heureuse
et dont le grain de terre est en même
temps le plus favorable.
Après l'exhibition qui nous a été faite
de ces Cartes , nous déclarons n'avoir apperçû
que quelques legers coups de pinceau
sur les côtes de Joigny , au lieu que
les climats des environs d'Auxerre sont
presque tous chargez de riches et nombreux
traits de ce pinceau décisif , qui
marquent que ce qui constituë radicalement
le bon vin , y est commun et ordinaire
, c'est-à - dire › que generalement
parlant , les Vignes d'autour notre bienaimée
Ville d'Auxerre sont dans une
و
bonne exposition et qu'elles naissent
dans un grain de terre qui n'est vitié ni
par des veines nitreuses ni par une superficie
sulfureuse. Ces coups de pinceau se
trouvent abondamment
marquez entre
autres Climats , sur ceux de la Chainette,
Migraine , Boivin , Clerion , qui sont au
Septentrion
et à l'Occident de la Ville ,
et sur plus de vingt autres qui sont au
levant et au midi de la même Ville , à
une demi - lieue , ou un peu plus de distance
, dont les productions
par une
licence que jusqu'ici nous avons tolerée ,
quoique contraire à la sincerité de notre
caractere , ne sont point distribuées dans
,
>
la
2114 MERCURE DE FRANCE
la Capitale des Gaules et plus loin , sous
d'autre nom que sous celui de Vin de
Coulanges .
En vain le zelateur des Vins de Joigny,
mal instruit du prix des Vins de notre
illustre Ville d'Auxerre , voudroit - il les
abaisser jusqu'à les mettre de Niveau avec
ceux de sa Patrie. Les Historiens de nos
Etats marquent dans leurs Annales Latines
, qu'en tout temps les Vins d'Autricum
Senonum se sont vendus le double ou
environ des Vins de Joviniacum : Et même
notre Controlleur General nous ayant
representé le Registre de l'Année courante
, nous y avons vû que le Vin de la
derniere récolte , que le Partisan vante
tant , a été débité à Auxerre , à un prix
une fois plus haut que celui du cru de
Joigny. ( a ) Nous ne croyons point qu'il
y ait mortel assez téméraire pour oser
s'inscrire en faux contre un témoignage
si authentique. On sçait que nous sommes
disposez à punir de peines très- séveres
les faussaires ou les faux témoins s'il
( a ) Les Vins du plus haut prix à Joigny
n'ont pas êté à 80. livres le Muid , au lieu qu'à
Auxerre ils ont été vendus 130. et 140. livres
quoique les Tonneaux ne soient pas plus grands ,
et qu'il y ait un plus grand éloignement de la
Ville de Paris.
s'en
SEPTEMBRE. 1731. 2215
s'en trouvoit sur nos Terres , et que nous
les condamnerions à user le reste de leurs
jours d'une boisson , qui n'est ni rare ni
délicieuse.
Si après le temps de l'Hyver il reste
peu de Vins dans notre Vignoble de Joigny
, il n'est pas besoin que nous en rapportions
ici la cause ; elle est connuë du
Bourgeois comme du Vigneron ; ils
avouent franchement l'un et l'autre que
leur liqueur est de peu de garde. Qui
pourroit après cela les blâmer de ce qu'ils
s'en défont promptement ? Deplus , leur
territoire n'est point de l'étenduë dont
est celui de notre bonne Ville d'Auxerre
ni fertile au même point. Il est notoire
par la simple confrontation des Inventaires
dressez par nos Inquisiteurs modernes
, ( a ) que les reservoirs soûterrains de
Joigny n'ont jamais eû l'honneur de contenir
dans leur capacité une quantité égale
à celle de nos reservoirs d'Auxerre.
Cette Ville qui est la clef de notre incomparable
Province de Bourgogne ,
jouit d'un Territoire si avantagé des bénignes
influences des autres Divinitez qui
nous sont amies , qu'avec la qualité du
( a ) On entend sous ce nom les Tabeliers qui
wont depuis peu dans les Caves , pour prendre
le nombre des Tonneaux pleins.
Raisin J
2118 MERCURE DE FRANCE
Raisin , il y en a toujours une quantité
qui excede celle du produit de Joigny.
Phoebus et Cybele semblent s'être accordez
à le combler de leurs bienfaits . Auxerre
a mille et mille côteaux renfermez
dans des sinuositez tortueuses qui regnent
en differens vallons ; et le Vignoble de
Joigny n'est, pour ainsi dire, qu'un simple
revers d'une ou de deux Montagnes , sur
lequel est arboré celui des Domaines du
Dieu Sylvain , que l'antiquité appelle
La Forêt d'Othe. Outre cela , par une justice
qui étoit dûë au Territoire d'Auxerre,
ancienne Cité Romaine , nous l'avons
aggrandi de diverses Colonies celebres
qui lui sont soumises à trois et quatre
lieuës vers la Region Australe , et qui le
regardent comme le chef- lieu .
د
Telles sont ces Colonies , dites Vineufes
par excellence ; tel est Irancy , Jussy
Ecouleves , la Palote &c. Joigny au contraire
, au rapport des Enquêteurs nos
Commissaires en cette Partie , n'est qu'un
simple Château qui sert de Rempart au
Territoire du Dieu Sylvain ci - dessus
nommé , autour duquel Château , l'on a
fait disparoître depuis fort peu de siécles ,
l'Arbre Favori des Druides Gaulois , pour
y planter de notre Bois tortu . Mais pour
çe faire , il a bien fallu de nécessité prendre
SEPTEMBRE . 1731 . 2117
dre le terrain tel qu'il s'est presenté , terrain
caustique , rempli de craye , de cailloux
enflâmez et petillans , terrain que
nous regardons comme une écume recuite
de la Bourbe qu'engendra sur plusieurs
Côtes de l'Univers le mêlange des Fleuves
et des Mers au siécle de Deucalion. C'est
ce qui fait que dans les années les plus favorisées
par Phoebus notre frere pour les
bons Vins , ceux de Joigny ont un goût
que les Mortels appellent fort à propos
goût de Terroir ; ne sont point francs ,
sentent le Tufou le Crayon ; et plus les
rayons de Phoebus ont été violemment
lancés , plus il est besoin de faire sur les
Cuves une salutaire injection d'une lymphe
benigne et temperative.
et
Le Vin de Joigny au rapport des mêmes
Enquêteurs , est non - seulement de
peu de durée
de durée , mais encore de difficile
transport dans les Pays éloignez ; ainsi
qu'il nous a paru par certaines Querimonies
inserées dans des Placets que les Députez
de ces Pays lointains nous ont presentez.
Ce Vin est tel , presque universellement
parlant , qu'il a de la peine à se
bien comporter jusqu'au signe de la Vierge
et de la Balance dans les années qu'il
est bon. Il a si peu de corps , au dire des
mêmes Commissaires , que la moindre
cau
2118 MERCURE DE FRANCE
eau suffit pour l'éteindre et l'amortir ; et
c'est mal à propos qu'on lui donneroit
l'épitette de Generofum. Quiconque veut
le garder chaste et sans alteration doit
>
و
mettre en pratique une espece de Paradoxe
, c'est-à- dire , qu'il faut nécessairement
qu'il le marie avec d'autre Vin ,
sinon sa propre vertu fait voir combien
d'elle-même elle est fragile et caduque.
Il est Capiteux , ajoutent- ils , à raison du
terrain brûlant qui le produit. C'est ce
qui fait que les Seps en sont si courts et
si petits qu'un simple fétu les soutient.
Deplus la Déesse Cybele et le Dieu Sylvain
ont certifié à nos Secretaires par plusieurs
de leurs Vassaux , qu'il est faux que
les habitans de la Colline Jovinienne ne
mettent rien dans leurs Vignes . Ils tirent
adroitement du Domaine voisin
appartenant au dieu Sylvain , une certaine
terre jaune qu'ils appellent du Lateux
dont ils sçavent imprégner leur
terrain blanchâtre pour en corriger le défaut,
si faire se pouvoit ; au lieu qu'Auxerre
n'a besoin ni de Lateux ni de Fumier :
Aussi n'avons nous permis d'y mettre du
Fumier dans certaines Vignes basses , qu'à
ceux de nos Vassaux , qui ont déclaré à
notre Chancelier,que ces héritages étoient
destinés à abreuver abondamment le Pay-
›
san
SEPTEMBRE 1731. 2119
-san apporteur de provisions , et à humecter
journellement le gosier du Laboureur
Artisan et de l'infatigable Vigneron : em
ploi qui est conforme à nos anciennes
Ordonnances , Registre premier.
Quant à la proposition par laquelle le
Panegyriste attribue à la vente du jus dont
nous daignons favoriser la côte de Joigny,
le nombre de mâles qu'il dit y surpasser
considerablement celui des femeles ; supposant
pour un moment la verité de son
calcul , nous disons que sa conclusion est
fausse , comme se trouvant absolument
détruite par l'experience dont les disciples
d'Hippocrate nous sont garants. Et
en nous servant de leur langage clair et
précis , nous ajoûtons qu'il prend pour
cause ce qui ne l'est pas. Ces habiles Scrutateurs
de l'origine du genre humain
admis dans notre Conseil , nous assurent
que communément, c'est en tous pays que
le nombre des mâles excede d'un peu celui
des femmes ; en quoi ils font remarquer la
sagesse du Conseil des Dieux , qui a prohibé
la Polygamie. Mais ce qu'ils observent
de plus , c'est que ce n'est pas
dans
quelques Villes de pays de Vignobles seulement
qu'on trouve le nombre de mâles
excéder notablement celui de l'autre sexe ;
ils ajoûtent que cela se rencontre aussi
dans
2120 MERCURE DE FRANCE
›
dans des Villes où le mauvais usage est
resté de ne dissoudre les Alimens et de
n'éteindre la soif qu'avec dujus de pomme,
ou avec une certaine eau bouillie , et même
dans des Pays , où par un effet de notre
colere , les Animaux raisonnables et
les irraisonnables usent d'une seule et même
boisson. Les Habitans des Ifles Britanniques
, bons connoisseurs, de notre Vin
de Bourgogne se sont donné la peine
de faire là - dessus des supputations qui
sont restées sans replique. ( a )
و
Toutes ces raisons pesées et murement
examinées , dans notre Conseil , les Hippocrates
et les Galiens de toutes les Nations,
duement appellez , et entendus, ensemble
les Echansons de tous les Dieux
nos Freres ; NOUS DECLARONS les Vins
de notre bonne Ville d'Auxerre à perpetuité
superieurs en qualité à ceux de
Joigny , ainsi qu'ils l'étoient par le passé
et qu'ils le sont actuellement . Voulons
en outre que l'on mette dans le même
rang de superiorité tous Vignobles dont
les Vins supportent la limphe , ct qui au
lieu de se laisser vaincre par ce foible
Element , le parfument du goût de la
celeste ambrosie , que les Mortels appel-
( a ) Lifez les Transactions Philosophiques ,
Du Journaux de l'Académie des Sciences de`
Londres.
lent
SEPTEMBRE . 1731. 272T
lent du nom de Pinot , (i) et donnent
réellement à ceux qui en usent , des forces
perseverantes et fermement inhérentes
. Accordons de grace speciale aux Vins
de Joigny d'être d'usage aux déj ûnez de
nos Courtisans, qui les ont reconnus suffisamment
apéritifs et proportionnez à
l'exercice qu'ils prennent. Permettons pareillement
à notre Grand Bouteillier de
nous en servir au même repas , avec deffenses
, sous peine de leze- Majesté , de
nous en présenter en d'autres temps , et
sur tout à l'heure du coucher de Phébus,
et lorsque Morphée vient nous inviter
au repos. Deffendons d'usurper le titre
de superiorité , à tous Vignobles dont les
Vins ne donnent que de ces forces passageres
, qu'on ne voit briller que durant
quelques jours , lesquels n'étant point éta-
Blis sur celui de notre Jus qui a le plus
de solidité , disparoissent aisément , s'évanoüissent
à la longueur du travail , et
font succomber les Champions qui en
usoient habituellement , par un aveu forcé
de leur foiblesse et de leur insuffisance.
(a) Le Pinot est une espece de Raisin noir,
qui fait le meilleur Vin. Les Comptes de la
Ville d'Auxerre pariant des Présens de Vin ,
faits aux Princes , specifient ordinairement
qu'ils sont de Vin de Pinet,
D Faisons
2122 MERCURE DE FRANCE
Faisons les mêmes deffenses et prohibitions
à tous Vignobles quelconques , dont
les Vins contiennent trop de ce Nitre fatal
aux intestins des Buveurs , comme
étant sujets à y causer une relaxation qui
devient sensible et deshonnorante , lorsqu'elle
concourt avec certains exercices du
corps au milieu des chaleurs de la Canicule.
(a)
Er sera notre presente Déclaration affichée
ès Carrefours de la Ville de Joigny
, à ce que nul n'en ignore , et publiée
chaque année esdits lieux aux jours
suivans , par Nous spécialement choisis ,
pour raisons à Nous connues ; sçavoir
en. Août le jour de la Consecration, des,
Autels de la Déesse Ops et de Cérès . (b)
Item. En Septembre , le jour de la Dé-
(a) Il est clair que Bacchus veut parler ici
de l'antiperistase qui éclatta à Auxerre les premiersjours
d'Août de l'an 1723. lorsque le Vin
de cette Ville commença à combattre la bile
formée delongue main dans le corps des Joueurs
de Paulme de Joigny..
(b) Bacchus parle ici suivant le Calendrier
des anciens Romains ; Les quatre jours qu'il
indique répondent au 10. Août , 14. Septembre
1. Octobre et 1. janvier , jours des quatre For-
RES deJoigny et par consequent de grand concours.
C'est celle du 10. Août qui est la cause
du choix qu'a fait Bacchus.
dicace
SEPTEMBRE. 1731. 2823
dicace du Temple de Jupiter Capitolin.
De plus , aux Calendes d'Octobre et de
Janvier. SI MANDONS à nos Baillifs.
et Sénechaux , &c.
Il n'est
pas
nécessaire , Messieurs , de
vous prier de rendre publique une Ordonnance
si juste et si équitable , et à laquelle
#outes les Langues les plus fines de Paris et
des Pays- Bas ne manqueront pas d'applandir.
J'aurois souhaité d'en trouver un plus
grand nombre de pareille nature dans ce
précieux in Folio , qui me fût communiqué
fort poliment par l' Archiviste du Dieu Bac
chus. Mais je me souviens que cette Ordonnance
étoit la seule dans son genre , et qu'après
elle le Volume n'en contenoit qu'une à
baquelle le Sceau venoit d'être mis tout recem
ment après la tenue des Etats Generaux. C'est
celle qui défend de planter de la Vigne dans
des endroits qui ne conviennent point à ce
Bois. Cette derniere Ordonnance vient d'être
heureusement notifiée dans le Royaume de
France par les Publications et Placards ordinaires
; et il faut esperer que l'on tiendra la
main à son observation.
Je suis & c. ce 12. Juillet 1731.
Fermer
Résumé : VOYAGE dans les Etats de Bacchus. Lettre écrite aux Auteurs du Mercure.
La lettre adressée aux auteurs du Mercure relate un voyage spirituel effectué par l'auteur dans les États de Bacchus en février 1731. Ce périple a permis à l'auteur de visiter les châteaux et palais des dieux du paganisme et de transcrire des ordonnances trouvées dans leurs bibliothèques. L'une de ces ordonnances, datée du printemps précédent, traite d'un ancien différend entre la Bourgogne et la Champagne concernant la primauté du vin. La déesse de la Paix avait tranché en faveur de la Bourgogne, dont le vin avait dominé dans un mélange testé par les deux parties. Un écrivain récent de l'Yonne a relancé ce débat en faveur des vins de Champagne, qualifiés de tendres et délicats, contrairement aux vins bourguignons, décrits comme ayant du corps et une couleur bien rosée. L'ordonnance de Bacchus réfute ces arguments, soulignant que les vins de Bourgogne proviennent de terroirs exceptionnels et sont reconnus pour leur qualité supérieure. Elle critique l'écrivain pour son manque de connaissance des vignobles bourguignons et son utilisation abusive des citations poétiques. L'ordonnance met en avant la supériorité des vins d'Auxerre et des environs, soutenue par des documents historiques et des inventaires modernes. Les vins de Joigny sont décrits comme de faible garde et produits dans des terroirs moins favorables. Ils ont un goût de terroir, sentent le tuf et le crayon, et sont de courte durée, s'altérant facilement même avant la fin de l'été. Leur faible corps les rend sensibles à l'eau, nécessitant souvent d'être mélangés avec d'autres vins pour éviter l'altération. Les vignerons de Joigny utilisent du 'lateux', une terre jaune tirée du domaine voisin, pour améliorer leur terroir. En revanche, les vins d'Auxerre n'ont pas besoin de tels amendements et sont jugés supérieurs en qualité. Ils sont reconnus pour leur solidité et leur capacité à résister à l'eau. Les vins de Joigny sont autorisés pour les déjeuners des courtisans mais interdits à d'autres moments. Le texte se conclut par des instructions pour afficher et publier ces déclarations à Joigny à des dates spécifiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1806
p. 2126-2145
LETTRE de M. à M. sur la Musique.
Début :
Nous avons eu très-souvent occasion, Monsieur, de parler Musique, vous [...]
Mots clefs :
Musique, Basse fondamentale, Dissonances, Ton majeur, Septième superflue, Quinte, Note tonique, Basse continue, Tierce mineure, Dominante
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. à M. sur la Musique.
LETTRE
de M. à M. sur la Musique.
Ous avons eu très- souvent occasion.
Monsieur , de parler Musique , vous
m'avez
SEPTEMBRE 1731. 2127
m'avez fait l'honneur de me demander
raison sur bien des choses ; et comme
vous ne m'avez pas paru satisfait de mes
réponses sur la façon de placer les accords
, de les sauver , et de les préparer ;
je viens de faire une Carte generale de
la Basse fondamentalle , après laquelle
vous trouverez une suite de gès . ét 11es.
une suite de secondes une suite de
, septiémes
en montant et en descendant , et
un éxemple pour les Dissonances ; le tout
me paroît clair et je me flate que vous
le trouverez de même. J'ay l'honneur
d'être &c.
>
Explication de la Carte generale de la
Basse fondamentale et de ses dérivés , di
visée en quatre Articles .
Il n'y a que deux accords dans la mu
sique , d'où dérivent tous les autres , sçavoir
le parfait et la septiéme ; mais il y a
trois sortes de septiéme dans la Basse fondamentale
; sçavoir, dans le ton majeur et
mineur la septième de la seconde note dut
on , et la septième de la dominante ou
cinquiéme note du ton , et dans le ton
mineur seulement la septiéme diminuće
de la note sensible ou septiéme note
du ton.
Diiij Toute
2128 MER CURE DE FRANCE
Toute note qui porte septième ou accord
parfait , est Basse fondamentale
excepté la septiéme superfluë '
comme
vous le verrez dans les articles 3. et 4º .
LaBasse Fondamentale de la seconde , est
la septième de la note au -dessus , comme
par exemple , la Basse fondamentale de
la seconde de l'ut , est le re portant septiéme
, comme vous le verrez dans le car
ticle, excepté qu'elle ne soit accompagnée
de la 11. ou 4º , et de la se. Car alors
c'est la se..en- dessus portant septiéme qui
en est la Basse fondamentale, comme vous
le verrez dans le 3 article..
La Basse fondamentale des neuvièmes
est la tierce en dessus , portante com
me par exemple , la Basse fondamentale
de la neuvième du mi est le sol , portant
7. comme vous le verrez dans le 3e. article.
Il y a une sorte de neuviéme dans le
ton mineur , accompagnée de la quinta
superfluë , qui se met sur la médiante ou
troisiéme note du ton ; elle suit toûjours
la regle de la neuviéme précedente pour
la Basse fondamentale. comme vous le
verrez dans la 3 article , où je la marquerai
par un 5. avec une croix devant pour
la distinguer des autres .
›
La B sse fondamentale des 11es ou 4es.
est la je en -dessus portant 7e , comme
Vous
SEPTEMBRE. 1731. 2129
vous le verrez dans le 2e. article , et dans
la suite des ges et 11es. , excepté qu'elle.
ne soit accompagnée de la se superfluë ,
car alors c'est la se superfluë en -dessus
portant 7. diminuée qui en est la Basse:
fondamentale.
Dans le premier Article où je traite de:
l'accord parfait de la note tonique ou note:
du ton où l'on est , et de ses derivés , vous
trouverez la sixte de la médiante ou troi- .
siéme note du ton et la sixte et quarte
de la dominante ou cinquième note du:
ton . La regle est generale pour. le majeur
et le mineur..
,
و
Dans le second Article où je traite de
la septième , de la seconde note du ton et
de ses derivés , vous trouverez dans la
premiere partie mede majeur , la sixte et .
quinte sur la quatriéme note du ton , ce
la sixte qui se met sur la sixième note du
ton en montant , en retranchant l'oc
tave de la Basse fondamentale ; et sans y
rien retrancher , vous trouverez la petitesixte
mineure , qui se met sur la sixième :
note du ton en descendant , et sur la mê
me note vous trouverez la petite sixte:
majeure en mettant tierce majeure, à la
Basse fondamentale , qui devient alorss
dominante , et la note où l'on a mis la pea
tite sixte majeure , devient seconde note:
Div. dir
2
2130 MERCURE DE FRANCE
› du ton et en remettant
la tierce
au naturel
dans
la Basse
fondamentale
, ce qui
nous
fait
revenir
à nôtre
premier
ton
vous
trouverez
la seconde
de la note
tonique
et l'accord
de petite
onzième
ou quar
te sur la
dominante
ou
cinquiéme
note
du ton en retranchant
la tierce
et la
quinte
de la Basse
fondamentale
, et ajoûtant
l'octave
de la Basse
continuë
, qu'il
faut
regarder
comme
une
note
étrangere
à l'accord
, ainsi
que la Basse
continuë
puisqu'elle
n'en
est que la répetition
.
›
>
Dans la seconde partie mode mineure ,
ou la septième de la seconde note du ton,
est accompagnée de la fausse quinte , vous
trouverez l'accord de sixte et quinte avec
la tierce mineure sur la quatrième note
du ton , et la petite sixte majeure sur la
sixième note du ton et sur la même note
vous trouverez encore la petite sixte .
superfluë , en mettant dans la Basse fondamentale
la tierce majeure , quoi qu'il
y ait une fausse quinte et remettant
la tierce au naturel , vous trouverez la
seconde de la note tonique accompagnée
de la sixte mineure.
"
Dans le troisiéme Article où je traite
de la septième de la dominante , ou cinquiéme
note du ton et de ses derivés ,
premiere partie mode majeur , vous trou
verez
SEPTEMBRE. 1731. 2131
que ,
verez la sixte mineure qui se met sur la
septiéme note du ton en descendant , en
retranchant la septième de la Basse fondamentale
qui devient alors note tonique ,
et la note où l'on a mis la sixte , en devient
la mediante , er remettant la septie
me ce qui la fait revenir dominante , vous
trouverez la fausse quinte sur la note sensible
ou septiéme note du ton en montant,
et la septiéme superfluë de la note toniaccompagnée
de la seconde et de
la onzième ou quarte et de la quinte ;
Vous trouverez encore la petite sixte majeure
sur la seconde note du ton , et la
neuviéme sur la médiante ou troisiéme
note du ton , et le triton sur la quatriéme
note du ton accompagné de la se
conde et de la sixte, en retranchant la septiéme
de la Basse fondamentale , qui feroit
octave contre la Basse continue , er
remettant la septième dans la Basse fondamentale
, et retranchant la tierce , vous
trouverez la seconde accompagnée de la
onzième ou quarte , et de la quinte sur
la note tonique.
,
J Dans la seconde partie mode mineur
vous trouverez la sixte majeure sur la
septiême note du ton en descendant , en
retranchanr la septième de la Basse fondamentale
ce qui la fait devenir note
D vj tonique,
>
2132 MERCURE DE FRANCE
tonique , et la note où est la sixte majeure
, en devient la médiante , et en remettant
la septiéme , et l'accompagnant,
de la tierce majeure , ce qui la fait revenir
do ninante , vous trouverez la quinte
superfluë sur la mediante..
,
>
Dans le quatriéme Article mode mineur,
où je traite de la septiéme diminuée
de la note sensible , ou septiéme note du,
ton et de ses derivés vous trouverez la
septiéme superfluë de la no - e tonique „
accompagnée de la seconde , de la onzié
me ou quarte et de la sixte mineure , et
la sixte majeure sur la seconde note du.
ton accompagnée de la tierce et de la,
fauss quinte , et la onzième complette.
ou quarte accompagnée de la quinte su-.
perfluë de la septième et de la neuvième
sur la médiante ou troisiéme note du ton,
et le triton sur la quatriéme note du ton .
accompagné de la tierce mineure et de
la sixte , et la neuvième min´ure sur la
dominante ou cinquiéme note du ton
et le seconde superfluë sur la sixième note
du ton.
La onzime complette et là petite onziéme
se préparent par la sixte et quinte :
et se sauvent par l'acco d de septiéme
comme vous le verrez dans la suite des
sest lies. mais la 11 accompagnée de
le
SEPTEMBRE . 1731 2133
la
5e. superfluë qui se met sur la médiante
ou troisiéme note du ton , se doit sauver
la 6e. accord ordinaire de la médiante
, parceque la se superflue doit toû
jours remonter.
par
La petite onzième se prépare encore de
plusieurs façons , par la petite e sur la
6e. note du ton ou par la 7e de la se
2..
, conde note du ton ce qui revient au
même par l'accord parfait de la note to .
nique ou par ses derivés .
Quand il y a deux onzièmes de suite
la seconde se trouve preparée par la 7e.
La neuvième se prépare et se sauve parlae.
et se excepté la 9e. accompagnée de
la se superflue , qui se sauve. par l'accord:
de 6e.. pour faire remonter tou ours la se
superflue ; mais quand il y a deux ges. de :
suite et que
la premiere est accompa
gnée de la se superflue , la seconde setrouve
préparée de la 6e. comme vous le
verrez dans la suite des ges. et iles.
Après la suite des ges, et 11es . vous trouverez
une suite dé secondes préparées etsauvées
de la 6 et je . excepté la seconde :
accompagnée de la 11. ou 4 et de las
se qu'il fut préparer par l'accord par
fait , ce qui fera faire le veritable mouvement
à la Basse fondamentale car si on:
la préparoit de la 6. et se la Basse fon-.
damentale
2134 MERCURE DE FRANCE
3
damentale iroit par degrés conjoints em
descendant d'une septième sur l'autre
mouvement qu'elle ne peut pas faire.
Quoique vous trouviez le triton dans la
suite des secondes , il n'est pas toûjours
nécessaire de le préparer , et il ne suit pas.
la regle des secondes pour être sauvé , car
on le sauve ordinairement par la sixte sur
la médiante , ou par l'accord parfait de la
note tonique , ce qui revient au même.
Après cette suite de secondes , vous trouverez
une suite de septiémes en montant ,
préparées et sauvées de 6e et se et en
descendant preparées et sauvées de petite:
6. , mais dans le ton mineur il faut sauver
la 7. de la mediante en montant par
l'accord de 6. et la septiéme de la dominante
en descendant' par la 6e. et 4 .
car si on sauvoit la premiere par la ce et
se et la seconde par la petite 6. , cela
donneroit un accord de 7e. superfluë accompagnée
de la tierce mineure dans la
Basse fondamentale ce qu'on ne doit
jamais faire.
Quoique je n'aye pas mis l'octave dans:
toutes les 7es. de cette suite , cela n'empêche
pas qu'on ne puisse la mettre dans
f'accompagnement ; toute note qui monte
de quatre ou descend de cinq demande
76 ou accord parfait.
程
SEPTEMBRE. 7731. 2135
Il faut remarquer que la seconde superflue
et la septiéme superfluë n'ont pas besoin
d'être preparées , mais qu'on sauve
la seconde superflue par un des derivés
de l'accord parfait de la note tonique , et
la 7. superfluë par l'accord parfait de la
note tonique.
Regle generale pour préparer et sauver les:
Dissonantes du dessus ou d'une partie
à la Basse.
>
Il y a deux sortes de Dissonances qu'on
appelle majeures et mineures ; les majeu
res n'ont pas besoin d'être preparées , et
se sauvent en faisant remonter d'un degré
le dessus ou la partie qui , les a faites ,
comme vous le verrez dans le premier
article de l'exemple des dissonances ; dans
les dissonances mineures , il y en a qui
n'ont pas besoin d'être preparées , et
d'autres qu'il faut preparer ; mais elles se
sauvent toutes en faisant descendre d'un
degré le dessus ou la partie qui les a faites,
excepté la seconde , où c'est la Basse qui
est obligée de descendre d'un degré
comme vous le verrez dans le second
article.
Dans le premier Article , vous trouverez
la septiéme superflue , qui se sauve par
L'octave en faisant remonter le dessus.
d'un
2136 MERCURE DE FRANCE
d'un degré la Basse tenant le même son "
la petite sixte majeure qui se sauve par la
sixte , en faisant remonter le dessus d'ún
degré et la basse d'un autre , ou par
l'oc
tave , en faisant descendre la basse d'un
degré , ce qui revient au même , la quinte
superfluë qui se sauve par la sixte , en faisant
remonter le dessus d'un degré la
Basse tenant le même son , lè triton què
se sauve par là sixte en faisant remonter
le dessus d'un degré et descendre la Bassed'un
autre ou par
l'octave , en faisant
descendre la Basse de quatre ; Enfin vous
y trouverez la seconde superfluë qui se
sauve en faisant monter le dessus d'un
degré et descendre -la Basse d'un autre par
la quarte consonante sur la dominante
c'est à-dire , accompagnée de la sixte et
de l'octave Ou
,
la sixte sur la me
par
diante , en faisant descendre la Basse.da
quatre degrés.
,
La sixte superfluë se sauve par l'octave
en faisant monter le dessus d'un degré ec
descendre la Basse d'un autre , cet accord
se met sur la sixième note du ton dans le
mode mineur pour descendre à l'accord
parfait de la dominante.
Dans le second Article , vous trouverez
la seconde qui se prepare par la sincope
de la Basse , c'est- à-dire , que si l'on veur
faire.
SEPTEMBRE. 1731 2137
3.
2
faire une seconde sur l'ut , il faut que cet
ut ait paru un temps avant que la seconde
frappe dessus , elle se sauve par la tierce,
en faisant descendre la Basse d'un degré
le dessus tenant le même son ou par la
sixte , en faisant monter le dessus de quatre
degrés ; vous trouverez la fausse quinte
qui n'a pas besoin d'être preparée , et qui
se sauve par la tierce , en faisant descendre
le dessus d'un degré et monter la Basse
d'un autre ; vous y trouverez la septième
diminuée , qu'il n'est pas toûjours necessaire
de preparer , et qui se sauve par la
sixte , en faisant descendre le dessus d'un
degré,la Basse tenant le même son , ou par
la quinte , en faisant monter la Basse d'um
degré , ou par la tierce , en faisant monter
la Basse de quatre degrés , ou descendre
de cinq , mais qui se prepare quelquefois
comme vous le verrez ensuite ; vous
y trouverez les septièmes qui se preparent
par la sincope du dessus
conde par la sincope de la Basse , et qui se
sauvent par la sixte , en faisant descendre.
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ou par la tierce , en faisant
monter la Basse de quatre degrés ou descendre
de cinq ; vous trouverez la neuviéme
qui se prepare par la sincope du
dessus comme la septième , et qui se
2.
comme la sesauve
138 MERCURE DE FRANCE
sauve par l'octave , en faisant descendre
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ; enfin vous trouverez la onziéme
ou quarte qui se prepare par la sincope
du dessus , comme la neuvième , et
qui se sauve par la dixième ou tierce , en
faisant descendre le dessus d'un degré , la
Basse tenant le même son.
La septième de la dominante n'a pas
toûjours besoin d'être préparée , comme
vous le verrez à la fin de ce dernier article.
La septiéme diminuée et la septiéme ,
se sauvent quelquefois par la sixte majeure
, en faisant descendre le dessus d'un
degré et la note de la basse d'un demi
ton , comme vous le verrez par la seconde
septiéme diminuée du même article
, qui est sur le Si naturel , et qui est
sauvée par la sixte majeure sur le Si bmo!,
et par la septiéme qui est après sur le
La naturel , qui est encore sauvée par la
sixte majeure sur le La bmol.
Quoique dans le second article de ma
Carte , j'aye mis la Sixte sur la sixième
note du ton , je ne l'ai fait que pour me
conformer à la regle de l'Octave , et je
croi qu'il seroit mieux d'y mettre la petite
Sixte , tant en montant qu'en descendant
; car puisqu'on l'y met en descendant
SEPTEMBRE. 1731. 2139
tendant sur la dominante , on doit la .
mettre aussi pour monter à la note sensible
, puisque la note sensible représente
la dominante , et la preuve de ce que je
dis se trouve dans la regle de l'Octave
sur la seconde note du ton où l'on met
la petite Sixte , quoique la basse monte à
la mediante ou qu'elle descende à la
note tonique.
Il faut remarquer encore que la basse
fondamentale ne peut pas toûjours servir
de seconde basse , comme par exemple, dessous
les neuvièmes septièmes superfluës ,
seconde accompagnée de onzième ou
quarte et de quinte , et accord de onziéme
ou quarte , dans lesquels endroits elle
ne sert que de preuve , au lieu que dans
tout le reste elle sert de preuve et peut
presque toûjours servir de seconde basse.
Reflexions sur la nature des Onziémes
ou Quartes.
Il y a plusieurs especes de quartes ,
dont les unes ne méritent pas même le
nom d'accord , mais celui de remplissage,
les autres sont celles dont j'ai déja parlé
sous le nom de onzièmes ou quartes.
Celles de la premiere espece ne sont
jamais sauvées , parce qu'elles dérivent
de deux consonances , les unes de l'Octave
2140 MERCURE DE FRANCE
tave et les autres de la tierce de la basse
fondamentale , comme par exemple , si
je fais la petite Sixte sur la seconde note
du ton qui est Ré , la bassefon damentale
en est Sol dominante , et son octave
fait quarte contre le Ré , cette quarte ne
peut pas être sauvée , parce que si je fais
monter le Ré à la médiante de l'Ut¸
qui est Mi , ou que je le fasse descendre
à la note tonique , le Sol est obligé de
tenir pour faire la tierce sur la médiante
ou la quinte sur la note tonique : la regle
est la même pour toutes les petites Sixtess
Si je fais la seconde sur l'Ut , la basse
fondamentale en est le Ré , et la tierce de
la basse fondamentale qui est Fa , fair
quarte contre l'Ut , cette quarte ne peut
pas être sauvée , parce que si je fais descendre
l'Ut au S naturel ou au Si bmol,
le Fa est obligé de tenir pour faire la
fausse quinte du Sï naturel ou la quinte.
du Si bmol.
Il y a encore une raison pour prouver que
la quarte de la petite Sixte ne peut pas être
sauvée et qu'elle est obligée de tenir le
même son après cet accord , parce qu'elle
est accompagnée de la tierce , et que y
ayant seconde entre elles , il faut qu'elle
attende que cette tierce ait descendu d'un
degré , mouvement que fait toûjours la
tierce
SEPTEMBRE. 1731. 2141
tierce de la petite Sixte , parce qu'elle fait
septiéme contre la basse fondamentale et
que la septième est obligé de descendre
d'un degré pour trouver son repos.
La petite Sixte se trouve quelquefois
accompagnée du Triton à la place de la
quarte par la force de la modulation
mais ce Triton ne se sauve pas mieux que
la quarte , car il est obligé de tenir le même
son pour faire la quinte dans l'accord
qui suit.
Celles de la seconde espece dont j'ai
déja parlé sous le nom de onzième ou
quarte , se sauvent toutes en les faisant
descendre d'un degré , parce qu'elles dérivent
de trois dissonances , les unes de
la septième , les autres de la septiéme diminuée
, et les autres de la fausse quinte
de la basse fondamentale.
. Il faut distinguer deux sortes de onziémes,
dons les unes se préparent comme la
neuvième , par la sincope du dessus et les
autres ne se préparent point .
. Il faut encore diviser celles qui se préparent
en trois especes et celles qui ne
se préparent point aussi en trois especes.
La premiere espece d'onzièmes ou
quartes de celles qui se préparent, dérive de
la septième , c'est celle qui se met sur la
seconde note du ton dont j'ai déja parlé
Sous
142 MERCURE DE FRANCE
sous le nom d'onziémé complette ou quarte
accompagnée de la 9 , de la 7e & de
la se ou fausse quinte dans le ton mineur,
comme vous le verrez dans la suite des
ges et 11es , elle se sauve par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré , la basse tenant le même son .
La seconde dérive de la 7 diminuée
de la note sensible , c'est celle qui se met
sur la médiante dans le ton mineur accompagnée
de la quinte superfluë de la
septième et de la neuvième , comme vous
le verrez dans le quatrième article de la
Carte , elle se sauve aussi par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré de la basse , tenant le même son.
La troisiéme dérive de la septiéme de
la seconde note du ton , c'est celle dont
j'ai déja parlé sous le nom de petite onziéme
ou quarte , parce qu'elle n'est accompagnée
que de la quinte et de l'octave
, comme vous le verrez dans le second
article de la Carte premiere partie
mode majeur , et quelquefois de la septiéme
, comme vous le verrez dans la suite,
des ges et 11es ; elle se met sur la dominante
pour faire la cadence finale et elle
se sauve par la dixième ou tierce majeure,
la basse tenant le même son .
La premiere espece de celles qui ne se
prépare
SEPTEMBRE . 1731. 2143
réparent point , dérive de la 7 de la doninante
, c'est celle qui accompagne la
superflue sur la note tonique , comme
ous le verrez dans le 3 article de la Carse
premiere partie mode majeure ,
elle se
sauve par la 10 ou 3e , en la faisant descendre
d'un degré , la basse tenant le
:
ême son.
,
La seconde dérive aussi de la 7 de la
Hominante , c'est celle qui accompagne la
et se sur la note tonique ; elle ne se
Ive pas comme les autres mais elle
obligée de tenir le même son pour
aire la fausse quinte sur la note sensible
où la note tonique qui porte cet accord
doit toûjous descendre , mais elle
se sauve par la tierce , en la faisant descendre
d'un dégré quand la basse continuë
est remontée à la note tonique , l
raison qui l'oblige à tenir le même son
pour faire la fausse quinte , c'est que son
fondement , qui est la dominante continuë
aussi , comme vous le verrez à la fin
de la suité des secondes .
La troisiéme dérive de la fausse quinte
de la note sensible , portant septiéme diminuée
, c'est celle qui se met sur la note
ronique dans le mode mineur avec la sepiéme
superflue , accompagnée de la Sixte
nineure et de la seconde , comme vous le
verrez
2144 MERCURE DE FRANCE
verrez dans le quatrième article de la Car
te , elle se sauve par la 10 ou tierce , en
la faisant descendre d'un degré , la basse
tenant le même son .
La raison qui fait que ces trois onzićimes
n'ont pas besoin d'être préparées
c'est qu'elles dérivent de deux dissonar.
ces qui ne le demandent pas .
Il y a encore ue quarte qui dérive d
l'octave de la basse fondamentale no
tonique , portant accord parfait , c'est ce
te qu'on appelle la quarte consonant
c'est- à - dire accompagnée de la Sixte et
l'octave ; elle se met sur la dominante
descend ordinairement sur la tierce n
jeure , mais elle sincope quelquefois po
attendre que la Sixte qui l'accompag
soit descendue à la quinte pour faire l'acord
de petite onzième sur la dominante .
1
Explication des Signes.
I
Par tout où il faudra une petite Sixte
je la marquerai par un 6.
Aux endroits où il faudra retranch
des notes pour la compositio
les marquerai par un r qui
dera la note.
1. Et les notes ou chiffres qu'il faudra
retrancher pour l'accompagnement
et la composition , par un ret
'un point.
C
NEW
YORK
Article premier dissonan
Exemple pour les dissor
22
फ
x7
20
O
94
dissonances mineures.
Second Article
O
9999
PUBLIC
LIBRARY
ondamentale
Partie
neur
be bebe
888
POR,
LENOX, AND
TILDEN F
Article Disreme
1rePartie Modemajeur
о
8 8 8 8
dant .
70
9-0000
7
1000
O
f
7
Хо
ने
7
et
C
191
SEPTEMBRE .
1731. 2845.
J
Ce qu'il faudra ajoûter , par un a
Je
remarquerai la note tonique ou
note du ton où l'on est par un t qui
la
précedera.
La seconde note du ton pár un s.
m La médiante ou troisiéme note du
ton , par un m .
q La quatriéme note du ton , par un q
d La
dominante ou
cinquiéme note du
ton , par un d.
si La sixième note du ton , par si .
se Et la note sensible ou septiéme note
du ton , pår se.
de M. à M. sur la Musique.
Ous avons eu très- souvent occasion.
Monsieur , de parler Musique , vous
m'avez
SEPTEMBRE 1731. 2127
m'avez fait l'honneur de me demander
raison sur bien des choses ; et comme
vous ne m'avez pas paru satisfait de mes
réponses sur la façon de placer les accords
, de les sauver , et de les préparer ;
je viens de faire une Carte generale de
la Basse fondamentalle , après laquelle
vous trouverez une suite de gès . ét 11es.
une suite de secondes une suite de
, septiémes
en montant et en descendant , et
un éxemple pour les Dissonances ; le tout
me paroît clair et je me flate que vous
le trouverez de même. J'ay l'honneur
d'être &c.
>
Explication de la Carte generale de la
Basse fondamentale et de ses dérivés , di
visée en quatre Articles .
Il n'y a que deux accords dans la mu
sique , d'où dérivent tous les autres , sçavoir
le parfait et la septiéme ; mais il y a
trois sortes de septiéme dans la Basse fondamentale
; sçavoir, dans le ton majeur et
mineur la septième de la seconde note dut
on , et la septième de la dominante ou
cinquiéme note du ton , et dans le ton
mineur seulement la septiéme diminuće
de la note sensible ou septiéme note
du ton.
Diiij Toute
2128 MER CURE DE FRANCE
Toute note qui porte septième ou accord
parfait , est Basse fondamentale
excepté la septiéme superfluë '
comme
vous le verrez dans les articles 3. et 4º .
LaBasse Fondamentale de la seconde , est
la septième de la note au -dessus , comme
par exemple , la Basse fondamentale de
la seconde de l'ut , est le re portant septiéme
, comme vous le verrez dans le car
ticle, excepté qu'elle ne soit accompagnée
de la 11. ou 4º , et de la se. Car alors
c'est la se..en- dessus portant septiéme qui
en est la Basse fondamentale, comme vous
le verrez dans le 3 article..
La Basse fondamentale des neuvièmes
est la tierce en dessus , portante com
me par exemple , la Basse fondamentale
de la neuvième du mi est le sol , portant
7. comme vous le verrez dans le 3e. article.
Il y a une sorte de neuviéme dans le
ton mineur , accompagnée de la quinta
superfluë , qui se met sur la médiante ou
troisiéme note du ton ; elle suit toûjours
la regle de la neuviéme précedente pour
la Basse fondamentale. comme vous le
verrez dans la 3 article , où je la marquerai
par un 5. avec une croix devant pour
la distinguer des autres .
›
La B sse fondamentale des 11es ou 4es.
est la je en -dessus portant 7e , comme
Vous
SEPTEMBRE. 1731. 2129
vous le verrez dans le 2e. article , et dans
la suite des ges et 11es. , excepté qu'elle.
ne soit accompagnée de la se superfluë ,
car alors c'est la se superfluë en -dessus
portant 7. diminuée qui en est la Basse:
fondamentale.
Dans le premier Article où je traite de:
l'accord parfait de la note tonique ou note:
du ton où l'on est , et de ses derivés , vous
trouverez la sixte de la médiante ou troi- .
siéme note du ton et la sixte et quarte
de la dominante ou cinquième note du:
ton . La regle est generale pour. le majeur
et le mineur..
,
و
Dans le second Article où je traite de
la septième , de la seconde note du ton et
de ses derivés , vous trouverez dans la
premiere partie mede majeur , la sixte et .
quinte sur la quatriéme note du ton , ce
la sixte qui se met sur la sixième note du
ton en montant , en retranchant l'oc
tave de la Basse fondamentale ; et sans y
rien retrancher , vous trouverez la petitesixte
mineure , qui se met sur la sixième :
note du ton en descendant , et sur la mê
me note vous trouverez la petite sixte:
majeure en mettant tierce majeure, à la
Basse fondamentale , qui devient alorss
dominante , et la note où l'on a mis la pea
tite sixte majeure , devient seconde note:
Div. dir
2
2130 MERCURE DE FRANCE
› du ton et en remettant
la tierce
au naturel
dans
la Basse
fondamentale
, ce qui
nous
fait
revenir
à nôtre
premier
ton
vous
trouverez
la seconde
de la note
tonique
et l'accord
de petite
onzième
ou quar
te sur la
dominante
ou
cinquiéme
note
du ton en retranchant
la tierce
et la
quinte
de la Basse
fondamentale
, et ajoûtant
l'octave
de la Basse
continuë
, qu'il
faut
regarder
comme
une
note
étrangere
à l'accord
, ainsi
que la Basse
continuë
puisqu'elle
n'en
est que la répetition
.
›
>
Dans la seconde partie mode mineure ,
ou la septième de la seconde note du ton,
est accompagnée de la fausse quinte , vous
trouverez l'accord de sixte et quinte avec
la tierce mineure sur la quatrième note
du ton , et la petite sixte majeure sur la
sixième note du ton et sur la même note
vous trouverez encore la petite sixte .
superfluë , en mettant dans la Basse fondamentale
la tierce majeure , quoi qu'il
y ait une fausse quinte et remettant
la tierce au naturel , vous trouverez la
seconde de la note tonique accompagnée
de la sixte mineure.
"
Dans le troisiéme Article où je traite
de la septième de la dominante , ou cinquiéme
note du ton et de ses derivés ,
premiere partie mode majeur , vous trou
verez
SEPTEMBRE. 1731. 2131
que ,
verez la sixte mineure qui se met sur la
septiéme note du ton en descendant , en
retranchant la septième de la Basse fondamentale
qui devient alors note tonique ,
et la note où l'on a mis la sixte , en devient
la mediante , er remettant la septie
me ce qui la fait revenir dominante , vous
trouverez la fausse quinte sur la note sensible
ou septiéme note du ton en montant,
et la septiéme superfluë de la note toniaccompagnée
de la seconde et de
la onzième ou quarte et de la quinte ;
Vous trouverez encore la petite sixte majeure
sur la seconde note du ton , et la
neuviéme sur la médiante ou troisiéme
note du ton , et le triton sur la quatriéme
note du ton accompagné de la se
conde et de la sixte, en retranchant la septiéme
de la Basse fondamentale , qui feroit
octave contre la Basse continue , er
remettant la septième dans la Basse fondamentale
, et retranchant la tierce , vous
trouverez la seconde accompagnée de la
onzième ou quarte , et de la quinte sur
la note tonique.
,
J Dans la seconde partie mode mineur
vous trouverez la sixte majeure sur la
septiême note du ton en descendant , en
retranchanr la septième de la Basse fondamentale
ce qui la fait devenir note
D vj tonique,
>
2132 MERCURE DE FRANCE
tonique , et la note où est la sixte majeure
, en devient la médiante , et en remettant
la septiéme , et l'accompagnant,
de la tierce majeure , ce qui la fait revenir
do ninante , vous trouverez la quinte
superfluë sur la mediante..
,
>
Dans le quatriéme Article mode mineur,
où je traite de la septiéme diminuée
de la note sensible , ou septiéme note du,
ton et de ses derivés vous trouverez la
septiéme superfluë de la no - e tonique „
accompagnée de la seconde , de la onzié
me ou quarte et de la sixte mineure , et
la sixte majeure sur la seconde note du.
ton accompagnée de la tierce et de la,
fauss quinte , et la onzième complette.
ou quarte accompagnée de la quinte su-.
perfluë de la septième et de la neuvième
sur la médiante ou troisiéme note du ton,
et le triton sur la quatriéme note du ton .
accompagné de la tierce mineure et de
la sixte , et la neuvième min´ure sur la
dominante ou cinquiéme note du ton
et le seconde superfluë sur la sixième note
du ton.
La onzime complette et là petite onziéme
se préparent par la sixte et quinte :
et se sauvent par l'acco d de septiéme
comme vous le verrez dans la suite des
sest lies. mais la 11 accompagnée de
le
SEPTEMBRE . 1731 2133
la
5e. superfluë qui se met sur la médiante
ou troisiéme note du ton , se doit sauver
la 6e. accord ordinaire de la médiante
, parceque la se superflue doit toû
jours remonter.
par
La petite onzième se prépare encore de
plusieurs façons , par la petite e sur la
6e. note du ton ou par la 7e de la se
2..
, conde note du ton ce qui revient au
même par l'accord parfait de la note to .
nique ou par ses derivés .
Quand il y a deux onzièmes de suite
la seconde se trouve preparée par la 7e.
La neuvième se prépare et se sauve parlae.
et se excepté la 9e. accompagnée de
la se superflue , qui se sauve. par l'accord:
de 6e.. pour faire remonter tou ours la se
superflue ; mais quand il y a deux ges. de :
suite et que
la premiere est accompa
gnée de la se superflue , la seconde setrouve
préparée de la 6e. comme vous le
verrez dans la suite des ges. et iles.
Après la suite des ges, et 11es . vous trouverez
une suite dé secondes préparées etsauvées
de la 6 et je . excepté la seconde :
accompagnée de la 11. ou 4 et de las
se qu'il fut préparer par l'accord par
fait , ce qui fera faire le veritable mouvement
à la Basse fondamentale car si on:
la préparoit de la 6. et se la Basse fon-.
damentale
2134 MERCURE DE FRANCE
3
damentale iroit par degrés conjoints em
descendant d'une septième sur l'autre
mouvement qu'elle ne peut pas faire.
Quoique vous trouviez le triton dans la
suite des secondes , il n'est pas toûjours
nécessaire de le préparer , et il ne suit pas.
la regle des secondes pour être sauvé , car
on le sauve ordinairement par la sixte sur
la médiante , ou par l'accord parfait de la
note tonique , ce qui revient au même.
Après cette suite de secondes , vous trouverez
une suite de septiémes en montant ,
préparées et sauvées de 6e et se et en
descendant preparées et sauvées de petite:
6. , mais dans le ton mineur il faut sauver
la 7. de la mediante en montant par
l'accord de 6. et la septiéme de la dominante
en descendant' par la 6e. et 4 .
car si on sauvoit la premiere par la ce et
se et la seconde par la petite 6. , cela
donneroit un accord de 7e. superfluë accompagnée
de la tierce mineure dans la
Basse fondamentale ce qu'on ne doit
jamais faire.
Quoique je n'aye pas mis l'octave dans:
toutes les 7es. de cette suite , cela n'empêche
pas qu'on ne puisse la mettre dans
f'accompagnement ; toute note qui monte
de quatre ou descend de cinq demande
76 ou accord parfait.
程
SEPTEMBRE. 7731. 2135
Il faut remarquer que la seconde superflue
et la septiéme superfluë n'ont pas besoin
d'être preparées , mais qu'on sauve
la seconde superflue par un des derivés
de l'accord parfait de la note tonique , et
la 7. superfluë par l'accord parfait de la
note tonique.
Regle generale pour préparer et sauver les:
Dissonantes du dessus ou d'une partie
à la Basse.
>
Il y a deux sortes de Dissonances qu'on
appelle majeures et mineures ; les majeu
res n'ont pas besoin d'être preparées , et
se sauvent en faisant remonter d'un degré
le dessus ou la partie qui , les a faites ,
comme vous le verrez dans le premier
article de l'exemple des dissonances ; dans
les dissonances mineures , il y en a qui
n'ont pas besoin d'être preparées , et
d'autres qu'il faut preparer ; mais elles se
sauvent toutes en faisant descendre d'un
degré le dessus ou la partie qui les a faites,
excepté la seconde , où c'est la Basse qui
est obligée de descendre d'un degré
comme vous le verrez dans le second
article.
Dans le premier Article , vous trouverez
la septiéme superflue , qui se sauve par
L'octave en faisant remonter le dessus.
d'un
2136 MERCURE DE FRANCE
d'un degré la Basse tenant le même son "
la petite sixte majeure qui se sauve par la
sixte , en faisant remonter le dessus d'ún
degré et la basse d'un autre , ou par
l'oc
tave , en faisant descendre la basse d'un
degré , ce qui revient au même , la quinte
superfluë qui se sauve par la sixte , en faisant
remonter le dessus d'un degré la
Basse tenant le même son , lè triton què
se sauve par là sixte en faisant remonter
le dessus d'un degré et descendre la Bassed'un
autre ou par
l'octave , en faisant
descendre la Basse de quatre ; Enfin vous
y trouverez la seconde superfluë qui se
sauve en faisant monter le dessus d'un
degré et descendre -la Basse d'un autre par
la quarte consonante sur la dominante
c'est à-dire , accompagnée de la sixte et
de l'octave Ou
,
la sixte sur la me
par
diante , en faisant descendre la Basse.da
quatre degrés.
,
La sixte superfluë se sauve par l'octave
en faisant monter le dessus d'un degré ec
descendre la Basse d'un autre , cet accord
se met sur la sixième note du ton dans le
mode mineur pour descendre à l'accord
parfait de la dominante.
Dans le second Article , vous trouverez
la seconde qui se prepare par la sincope
de la Basse , c'est- à-dire , que si l'on veur
faire.
SEPTEMBRE. 1731 2137
3.
2
faire une seconde sur l'ut , il faut que cet
ut ait paru un temps avant que la seconde
frappe dessus , elle se sauve par la tierce,
en faisant descendre la Basse d'un degré
le dessus tenant le même son ou par la
sixte , en faisant monter le dessus de quatre
degrés ; vous trouverez la fausse quinte
qui n'a pas besoin d'être preparée , et qui
se sauve par la tierce , en faisant descendre
le dessus d'un degré et monter la Basse
d'un autre ; vous y trouverez la septième
diminuée , qu'il n'est pas toûjours necessaire
de preparer , et qui se sauve par la
sixte , en faisant descendre le dessus d'un
degré,la Basse tenant le même son , ou par
la quinte , en faisant monter la Basse d'um
degré , ou par la tierce , en faisant monter
la Basse de quatre degrés , ou descendre
de cinq , mais qui se prepare quelquefois
comme vous le verrez ensuite ; vous
y trouverez les septièmes qui se preparent
par la sincope du dessus
conde par la sincope de la Basse , et qui se
sauvent par la sixte , en faisant descendre.
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ou par la tierce , en faisant
monter la Basse de quatre degrés ou descendre
de cinq ; vous trouverez la neuviéme
qui se prepare par la sincope du
dessus comme la septième , et qui se
2.
comme la sesauve
138 MERCURE DE FRANCE
sauve par l'octave , en faisant descendre
le dessus d'un degré , la Basse tenant le
même son ; enfin vous trouverez la onziéme
ou quarte qui se prepare par la sincope
du dessus , comme la neuvième , et
qui se sauve par la dixième ou tierce , en
faisant descendre le dessus d'un degré , la
Basse tenant le même son.
La septième de la dominante n'a pas
toûjours besoin d'être préparée , comme
vous le verrez à la fin de ce dernier article.
La septiéme diminuée et la septiéme ,
se sauvent quelquefois par la sixte majeure
, en faisant descendre le dessus d'un
degré et la note de la basse d'un demi
ton , comme vous le verrez par la seconde
septiéme diminuée du même article
, qui est sur le Si naturel , et qui est
sauvée par la sixte majeure sur le Si bmo!,
et par la septiéme qui est après sur le
La naturel , qui est encore sauvée par la
sixte majeure sur le La bmol.
Quoique dans le second article de ma
Carte , j'aye mis la Sixte sur la sixième
note du ton , je ne l'ai fait que pour me
conformer à la regle de l'Octave , et je
croi qu'il seroit mieux d'y mettre la petite
Sixte , tant en montant qu'en descendant
; car puisqu'on l'y met en descendant
SEPTEMBRE. 1731. 2139
tendant sur la dominante , on doit la .
mettre aussi pour monter à la note sensible
, puisque la note sensible représente
la dominante , et la preuve de ce que je
dis se trouve dans la regle de l'Octave
sur la seconde note du ton où l'on met
la petite Sixte , quoique la basse monte à
la mediante ou qu'elle descende à la
note tonique.
Il faut remarquer encore que la basse
fondamentale ne peut pas toûjours servir
de seconde basse , comme par exemple, dessous
les neuvièmes septièmes superfluës ,
seconde accompagnée de onzième ou
quarte et de quinte , et accord de onziéme
ou quarte , dans lesquels endroits elle
ne sert que de preuve , au lieu que dans
tout le reste elle sert de preuve et peut
presque toûjours servir de seconde basse.
Reflexions sur la nature des Onziémes
ou Quartes.
Il y a plusieurs especes de quartes ,
dont les unes ne méritent pas même le
nom d'accord , mais celui de remplissage,
les autres sont celles dont j'ai déja parlé
sous le nom de onzièmes ou quartes.
Celles de la premiere espece ne sont
jamais sauvées , parce qu'elles dérivent
de deux consonances , les unes de l'Octave
2140 MERCURE DE FRANCE
tave et les autres de la tierce de la basse
fondamentale , comme par exemple , si
je fais la petite Sixte sur la seconde note
du ton qui est Ré , la bassefon damentale
en est Sol dominante , et son octave
fait quarte contre le Ré , cette quarte ne
peut pas être sauvée , parce que si je fais
monter le Ré à la médiante de l'Ut¸
qui est Mi , ou que je le fasse descendre
à la note tonique , le Sol est obligé de
tenir pour faire la tierce sur la médiante
ou la quinte sur la note tonique : la regle
est la même pour toutes les petites Sixtess
Si je fais la seconde sur l'Ut , la basse
fondamentale en est le Ré , et la tierce de
la basse fondamentale qui est Fa , fair
quarte contre l'Ut , cette quarte ne peut
pas être sauvée , parce que si je fais descendre
l'Ut au S naturel ou au Si bmol,
le Fa est obligé de tenir pour faire la
fausse quinte du Sï naturel ou la quinte.
du Si bmol.
Il y a encore une raison pour prouver que
la quarte de la petite Sixte ne peut pas être
sauvée et qu'elle est obligée de tenir le
même son après cet accord , parce qu'elle
est accompagnée de la tierce , et que y
ayant seconde entre elles , il faut qu'elle
attende que cette tierce ait descendu d'un
degré , mouvement que fait toûjours la
tierce
SEPTEMBRE. 1731. 2141
tierce de la petite Sixte , parce qu'elle fait
septiéme contre la basse fondamentale et
que la septième est obligé de descendre
d'un degré pour trouver son repos.
La petite Sixte se trouve quelquefois
accompagnée du Triton à la place de la
quarte par la force de la modulation
mais ce Triton ne se sauve pas mieux que
la quarte , car il est obligé de tenir le même
son pour faire la quinte dans l'accord
qui suit.
Celles de la seconde espece dont j'ai
déja parlé sous le nom de onzième ou
quarte , se sauvent toutes en les faisant
descendre d'un degré , parce qu'elles dérivent
de trois dissonances , les unes de
la septième , les autres de la septiéme diminuée
, et les autres de la fausse quinte
de la basse fondamentale.
. Il faut distinguer deux sortes de onziémes,
dons les unes se préparent comme la
neuvième , par la sincope du dessus et les
autres ne se préparent point .
. Il faut encore diviser celles qui se préparent
en trois especes et celles qui ne
se préparent point aussi en trois especes.
La premiere espece d'onzièmes ou
quartes de celles qui se préparent, dérive de
la septième , c'est celle qui se met sur la
seconde note du ton dont j'ai déja parlé
Sous
142 MERCURE DE FRANCE
sous le nom d'onziémé complette ou quarte
accompagnée de la 9 , de la 7e & de
la se ou fausse quinte dans le ton mineur,
comme vous le verrez dans la suite des
ges et 11es , elle se sauve par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré , la basse tenant le même son .
La seconde dérive de la 7 diminuée
de la note sensible , c'est celle qui se met
sur la médiante dans le ton mineur accompagnée
de la quinte superfluë de la
septième et de la neuvième , comme vous
le verrez dans le quatrième article de la
Carte , elle se sauve aussi par la dixiéme
ou tierce , en la faisant descendre d'un
degré de la basse , tenant le même son.
La troisiéme dérive de la septiéme de
la seconde note du ton , c'est celle dont
j'ai déja parlé sous le nom de petite onziéme
ou quarte , parce qu'elle n'est accompagnée
que de la quinte et de l'octave
, comme vous le verrez dans le second
article de la Carte premiere partie
mode majeur , et quelquefois de la septiéme
, comme vous le verrez dans la suite,
des ges et 11es ; elle se met sur la dominante
pour faire la cadence finale et elle
se sauve par la dixième ou tierce majeure,
la basse tenant le même son .
La premiere espece de celles qui ne se
prépare
SEPTEMBRE . 1731. 2143
réparent point , dérive de la 7 de la doninante
, c'est celle qui accompagne la
superflue sur la note tonique , comme
ous le verrez dans le 3 article de la Carse
premiere partie mode majeure ,
elle se
sauve par la 10 ou 3e , en la faisant descendre
d'un degré , la basse tenant le
:
ême son.
,
La seconde dérive aussi de la 7 de la
Hominante , c'est celle qui accompagne la
et se sur la note tonique ; elle ne se
Ive pas comme les autres mais elle
obligée de tenir le même son pour
aire la fausse quinte sur la note sensible
où la note tonique qui porte cet accord
doit toûjous descendre , mais elle
se sauve par la tierce , en la faisant descendre
d'un dégré quand la basse continuë
est remontée à la note tonique , l
raison qui l'oblige à tenir le même son
pour faire la fausse quinte , c'est que son
fondement , qui est la dominante continuë
aussi , comme vous le verrez à la fin
de la suité des secondes .
La troisiéme dérive de la fausse quinte
de la note sensible , portant septiéme diminuée
, c'est celle qui se met sur la note
ronique dans le mode mineur avec la sepiéme
superflue , accompagnée de la Sixte
nineure et de la seconde , comme vous le
verrez
2144 MERCURE DE FRANCE
verrez dans le quatrième article de la Car
te , elle se sauve par la 10 ou tierce , en
la faisant descendre d'un degré , la basse
tenant le même son .
La raison qui fait que ces trois onzićimes
n'ont pas besoin d'être préparées
c'est qu'elles dérivent de deux dissonar.
ces qui ne le demandent pas .
Il y a encore ue quarte qui dérive d
l'octave de la basse fondamentale no
tonique , portant accord parfait , c'est ce
te qu'on appelle la quarte consonant
c'est- à - dire accompagnée de la Sixte et
l'octave ; elle se met sur la dominante
descend ordinairement sur la tierce n
jeure , mais elle sincope quelquefois po
attendre que la Sixte qui l'accompag
soit descendue à la quinte pour faire l'acord
de petite onzième sur la dominante .
1
Explication des Signes.
I
Par tout où il faudra une petite Sixte
je la marquerai par un 6.
Aux endroits où il faudra retranch
des notes pour la compositio
les marquerai par un r qui
dera la note.
1. Et les notes ou chiffres qu'il faudra
retrancher pour l'accompagnement
et la composition , par un ret
'un point.
C
NEW
YORK
Article premier dissonan
Exemple pour les dissor
22
फ
x7
20
O
94
dissonances mineures.
Second Article
O
9999
PUBLIC
LIBRARY
ondamentale
Partie
neur
be bebe
888
POR,
LENOX, AND
TILDEN F
Article Disreme
1rePartie Modemajeur
о
8 8 8 8
dant .
70
9-0000
7
1000
O
f
7
Хо
ने
7
et
C
191
SEPTEMBRE .
1731. 2845.
J
Ce qu'il faudra ajoûter , par un a
Je
remarquerai la note tonique ou
note du ton où l'on est par un t qui
la
précedera.
La seconde note du ton pár un s.
m La médiante ou troisiéme note du
ton , par un m .
q La quatriéme note du ton , par un q
d La
dominante ou
cinquiéme note du
ton , par un d.
si La sixième note du ton , par si .
se Et la note sensible ou septiéme note
du ton , pår se.
Fermer
Résumé : LETTRE de M. à M. sur la Musique.
La lettre de septembre 1731 aborde la musique, en se concentrant particulièrement sur la basse fondamentale. L'auteur y répond à une demande d'explications sur la manière de placer, sauvegarder et préparer les accords. Il présente une carte générale de la basse fondamentale, accompagnée d'exemples de secondes, neuvièmes, onzièmes et dissonances. L'auteur distingue deux types d'accords fondamentaux en musique : l'accord parfait et la septième. Il détaille les différentes sortes de septièmes dans les tons majeurs et mineurs, ainsi que les règles pour les préparer et les résoudre. Le texte explique également les accords dérivés, les dissonances majeures et mineures, et les règles générales pour les préparer et les résoudre. Certaines dissonances n'ont pas besoin d'être préparées et se résolvent en faisant monter ou descendre les notes concernées. Par exemple, la septième peut se préparer par la sincope du dessus et se résoudre par la sixte ou la tierce. La neuvième et l'onzième se préparent également par la sincope du dessus et se résolvent respectivement par l'octave et la dixième. La septième de la dominante n'a pas toujours besoin d'être préparée. Le texte distingue entre les quartes qui sont des remplissages et celles qui sont des onzièmes ou quartes. Ces dernières se divisent en plusieurs espèces, certaines nécessitant une préparation par sincope, d'autres non. Des exemples spécifiques de ces espèces et leurs résolutions sont fournis. La petite sixte et le triton sont également abordés, soulignant qu'ils ne se résolvent pas de la même manière que les autres quartes. Enfin, le texte explique les signes utilisés pour marquer les notes à retrancher ou à ajouter dans la composition musicale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1807
p. 2150-2155
RÉPONSE du P. Romuald le Muët, Religieux de la Charité, à M. le Monnier.
Début :
Puisque j'ay osé m'introduire dans la République des Lettres, je dois comme [...]
Mots clefs :
Républiques des Lettres, Tribunal de la critique, Journal de Trévoux, Réfutation, Géométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE du P. Romuald le Muët, Religieux de la Charité, à M. le Monnier.
RE'PONSE du P. Romuald le Muët
Religieux de la Charité , à M. le Monnier.
Puisque j'ay osé m'introduire dans la
République des Lettres , je dois comme
bon Citoyen , me soûmettre à la Jurisdiction
qui s'y trouve établie dès son
commencement. C'est le tribunal de la
Critique , dont la puissance est soûtenuë
de l'autorité du Droit Public.
Les
SEPTEMBRE. 1731. 21ST
114
,
Les sentimens d'estime que j'ay pour la
saine Critique , peuvent persuader d'a
bord M. le Monnier , que j'ay vû avec
plaisir dans le Journal de Trevoux du
mois de Mars 1731. la réfutation qu'il a
faite de mon petit ouvrage sur la Quadrature
du Cercle la Duplication da
Cube et la Trisection de l'Angle ; mais
quelque soit mon respect pour sa personne
, et mon estime pour la Critique ,
je ne pense pas qu'il doive en inferer que
je sois disposé à me soûmettre aux loix
qu'il me préscrit , et que je me déporte
de ma methode simple et nouvelle,s'il veut,
mais exacte , mais solide , de diviser les
360. degrez de la circonference du Cercle
en vingt- deux parties , dont vingt et
une étant de seize degrez vingt - deux minutes
chacune , laissent seize degrez dixhuit
minutes pour la vingt - deuxième
qui est une difference de quatre minutes
moins que les autres , laquelle fait connoître
qu'elle est la portion que le Polygone
circonscrit de 360 , côtez , a de plus
que la circonférence du Cercle de 360 .
degrez , et qu'elle donne ainsi le dévelopement
entier de la solution parfaite du
fameux Problême de la Quadrature du
Cercle , en donnant le vrai rapport du
Diametre, 114. degrez 34. m. à la circonference
E iiij
2152 MERCURE DE FRANCE
•
ference du Cercle de 360. degrez , qui est
celui de sept à vingt- deux moins quelque
chose , lequel quelque chose , l'on voit
enfin ici , fixé à quatre minutes , à quoi
se doivent aussi fixer les difficultez que
M. le Monnier essaye inutilement d'y
opposer .
A l'égard de ce que j'ay dit que la Géometrie
simple est la seule réelle , la seule
solide , quoi qu'en puisse dire M. le Monnier
, en faveur des sections coniques , et
même de la Géometrie de l'infini , il ne
peut disconvenir sans se commettre un
peu , que ce qu'il y a de plus utile et de
plus dans l'usage , n'excede point le ressort
de la Géometrie simple , et que ce
qu'on y a imaginé de plus par la nouvelle
Algébre , cet art ingenieux , speculatif
et séduisant , qui parle aux yeux , et fait
taire la bouche , ne sont que des traits ,
que des figures symboliques qui ne servent
gueres plus qu'à irriter la curiosité
et à amuser l'esprit en effet n'est- ce pas
dans la plus haute sublimité de son intelligence
, à laquelle ses éleves puissent par
venir , qu'elle leur apprend à démontrer
que deux et deux , à quelques égards
ne font pas quatre ? Grande preuve
de sa
solidité et de son utilité ! Ce n'est pas que
je méprise ces connoissances , au contraire,
:
>
IG
SEPTEMBRE. 1731. 2153
je reconnois qu'elles ne m'ont amusé que
trop agréablement , et peut-être trop souvent;
mais je voudrois qu'on ne les encherit
point au- dessus de la valeur que le sçavant
P. Castel leur a si judicieusement
assignée dans son excellent livre de Mathématique
universelle.
C'est sincerement avec peine que je me
trouve obligé de dire que M. le Monnier
n'a pû parvenir à connoître , quelque effort
qu'il paroisse avoir fait que cinquante-
sept fois 57. degrez 17. m. valent
3265. degrez9.m. , et que dix-sept fois 17 .
m. valent quatre degrez quarante- neuf minutes
, qui font la somme totale 3269 .
degrez 58. m. J'admire comment il a squ
trouver des secondes où il ne s'agit que
de primes , je veux dire que de minutes .
N'y a-t-il point encore sujet de s'étonner
que M. le Monnier me propose de
comparer des nombres à des nombres
pour la Duplication du Cube , lui qui
doit sçavoir , que comme la Duplication
du quarré est impossible en nombre et
possible en ligne , de même la Duplication
du Cube ne se peut faire en nombre
et peut se faire en ligne , en trouvant deux
lignes moyennes proportionnelles entre
une et deux ? Quoique jusqu'à present
on ait cherché inutilement ces movennes
proportionnelles par la Géometrie
simple , E v
2154 MERCURE DE FRANCE
simple ; je crois cependant les avoir
trouvées par ce proċedé ici . Soit la ligne
A
ر
B
1
,
C D
E
" divisée en B en deux parties égales
pour faire une et deux , comme on le
verra dans la suite et chacune moitié
subdivisée en deux autres qui fassent quatre
parties égales . Alors prenant la seconde
moitié de la ligne AB , pour le côté
d'un quarré , soit sa diagonale , conduite
en C , et que D marque la moitié de la
ligne BE ; car en procedant ainsi , il est
indubitable que AB : AC AD : AE. Et
par conséquent que ces quatre lignes sont
en proportion Géometrique et continuellement
proportionnelles
, desquelles AC
et AD sont les deux moyennes. Et comme
il est démontré depuis long- temps , que
la premiere est la racine cubique du Cube
deux , il s'ensuit que la ligne AC est le
côté du Cube double du Cube de AB ,
d'où l'on doit indubitablement conclure
que la solution du célebre Problême de la
Duplication du Cube est enfin trouvée.
Quant àl'operation de la Trisection de
l'Angle , M. le Monnier peut continuer
à la faire ; les difficultez en sont levées ;
il n'a plus de Paralogisme à craindre
ayant autant de sagacité et de pénetra
tion que je lui en crois .
>
Voici
SEPTEMBRE . 1731. 2155
Voici donc bien démontrées les solutions
tant désirées et presque inesperées
de ces anciens Apores , la Quadrature du
Cercle , la Duplication du Cube et la
Trisection de l'Angle par la Géometrie
simple , sans le secours des sections Coniques
, ni de la Géometrie de l'infini ,
dont les operations ne sont point si lumi
neuses , qu'elles ne laissent quelque doute.
Religieux de la Charité , à M. le Monnier.
Puisque j'ay osé m'introduire dans la
République des Lettres , je dois comme
bon Citoyen , me soûmettre à la Jurisdiction
qui s'y trouve établie dès son
commencement. C'est le tribunal de la
Critique , dont la puissance est soûtenuë
de l'autorité du Droit Public.
Les
SEPTEMBRE. 1731. 21ST
114
,
Les sentimens d'estime que j'ay pour la
saine Critique , peuvent persuader d'a
bord M. le Monnier , que j'ay vû avec
plaisir dans le Journal de Trevoux du
mois de Mars 1731. la réfutation qu'il a
faite de mon petit ouvrage sur la Quadrature
du Cercle la Duplication da
Cube et la Trisection de l'Angle ; mais
quelque soit mon respect pour sa personne
, et mon estime pour la Critique ,
je ne pense pas qu'il doive en inferer que
je sois disposé à me soûmettre aux loix
qu'il me préscrit , et que je me déporte
de ma methode simple et nouvelle,s'il veut,
mais exacte , mais solide , de diviser les
360. degrez de la circonference du Cercle
en vingt- deux parties , dont vingt et
une étant de seize degrez vingt - deux minutes
chacune , laissent seize degrez dixhuit
minutes pour la vingt - deuxième
qui est une difference de quatre minutes
moins que les autres , laquelle fait connoître
qu'elle est la portion que le Polygone
circonscrit de 360 , côtez , a de plus
que la circonférence du Cercle de 360 .
degrez , et qu'elle donne ainsi le dévelopement
entier de la solution parfaite du
fameux Problême de la Quadrature du
Cercle , en donnant le vrai rapport du
Diametre, 114. degrez 34. m. à la circonference
E iiij
2152 MERCURE DE FRANCE
•
ference du Cercle de 360. degrez , qui est
celui de sept à vingt- deux moins quelque
chose , lequel quelque chose , l'on voit
enfin ici , fixé à quatre minutes , à quoi
se doivent aussi fixer les difficultez que
M. le Monnier essaye inutilement d'y
opposer .
A l'égard de ce que j'ay dit que la Géometrie
simple est la seule réelle , la seule
solide , quoi qu'en puisse dire M. le Monnier
, en faveur des sections coniques , et
même de la Géometrie de l'infini , il ne
peut disconvenir sans se commettre un
peu , que ce qu'il y a de plus utile et de
plus dans l'usage , n'excede point le ressort
de la Géometrie simple , et que ce
qu'on y a imaginé de plus par la nouvelle
Algébre , cet art ingenieux , speculatif
et séduisant , qui parle aux yeux , et fait
taire la bouche , ne sont que des traits ,
que des figures symboliques qui ne servent
gueres plus qu'à irriter la curiosité
et à amuser l'esprit en effet n'est- ce pas
dans la plus haute sublimité de son intelligence
, à laquelle ses éleves puissent par
venir , qu'elle leur apprend à démontrer
que deux et deux , à quelques égards
ne font pas quatre ? Grande preuve
de sa
solidité et de son utilité ! Ce n'est pas que
je méprise ces connoissances , au contraire,
:
>
IG
SEPTEMBRE. 1731. 2153
je reconnois qu'elles ne m'ont amusé que
trop agréablement , et peut-être trop souvent;
mais je voudrois qu'on ne les encherit
point au- dessus de la valeur que le sçavant
P. Castel leur a si judicieusement
assignée dans son excellent livre de Mathématique
universelle.
C'est sincerement avec peine que je me
trouve obligé de dire que M. le Monnier
n'a pû parvenir à connoître , quelque effort
qu'il paroisse avoir fait que cinquante-
sept fois 57. degrez 17. m. valent
3265. degrez9.m. , et que dix-sept fois 17 .
m. valent quatre degrez quarante- neuf minutes
, qui font la somme totale 3269 .
degrez 58. m. J'admire comment il a squ
trouver des secondes où il ne s'agit que
de primes , je veux dire que de minutes .
N'y a-t-il point encore sujet de s'étonner
que M. le Monnier me propose de
comparer des nombres à des nombres
pour la Duplication du Cube , lui qui
doit sçavoir , que comme la Duplication
du quarré est impossible en nombre et
possible en ligne , de même la Duplication
du Cube ne se peut faire en nombre
et peut se faire en ligne , en trouvant deux
lignes moyennes proportionnelles entre
une et deux ? Quoique jusqu'à present
on ait cherché inutilement ces movennes
proportionnelles par la Géometrie
simple , E v
2154 MERCURE DE FRANCE
simple ; je crois cependant les avoir
trouvées par ce proċedé ici . Soit la ligne
A
ر
B
1
,
C D
E
" divisée en B en deux parties égales
pour faire une et deux , comme on le
verra dans la suite et chacune moitié
subdivisée en deux autres qui fassent quatre
parties égales . Alors prenant la seconde
moitié de la ligne AB , pour le côté
d'un quarré , soit sa diagonale , conduite
en C , et que D marque la moitié de la
ligne BE ; car en procedant ainsi , il est
indubitable que AB : AC AD : AE. Et
par conséquent que ces quatre lignes sont
en proportion Géometrique et continuellement
proportionnelles
, desquelles AC
et AD sont les deux moyennes. Et comme
il est démontré depuis long- temps , que
la premiere est la racine cubique du Cube
deux , il s'ensuit que la ligne AC est le
côté du Cube double du Cube de AB ,
d'où l'on doit indubitablement conclure
que la solution du célebre Problême de la
Duplication du Cube est enfin trouvée.
Quant àl'operation de la Trisection de
l'Angle , M. le Monnier peut continuer
à la faire ; les difficultez en sont levées ;
il n'a plus de Paralogisme à craindre
ayant autant de sagacité et de pénetra
tion que je lui en crois .
>
Voici
SEPTEMBRE . 1731. 2155
Voici donc bien démontrées les solutions
tant désirées et presque inesperées
de ces anciens Apores , la Quadrature du
Cercle , la Duplication du Cube et la
Trisection de l'Angle par la Géometrie
simple , sans le secours des sections Coniques
, ni de la Géometrie de l'infini ,
dont les operations ne sont point si lumi
neuses , qu'elles ne laissent quelque doute.
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Résumé : RÉPONSE du P. Romuald le Muët, Religieux de la Charité, à M. le Monnier.
Le Père Romuald le Muët, religieux de la Charité, répond à M. le Monnier après que ce dernier ait critiqué son ouvrage sur la quadrature du cercle, la duplication du cube et la trisection de l'angle. Le Père Romuald exprime son respect pour la critique mais refuse de se soumettre aux lois que M. le Monnier lui prescrit. Il défend sa méthode de division des 360 degrés de la circonférence du cercle en vingt-deux parties, affirmant que cette méthode permet de résoudre le problème de la quadrature du cercle en déterminant le rapport entre le diamètre et la circonférence. Le Père Romuald soutient que la géométrie simple est la seule réelle et solide, contrairement aux sections coniques et à la géométrie de l'infini, qu'il considère comme des artifices symboliques. Il reconnaît l'utilité de ces connaissances mais les juge surévaluées. Il critique également M. le Monnier pour ses erreurs de calcul, notamment dans la duplication du cube, et affirme avoir trouvé une solution en utilisant la géométrie simple. Il explique que la duplication du cube peut se faire en ligne en trouvant deux lignes moyennes proportionnelles entre une et deux. Le Père Romuald conclut que les solutions aux problèmes de la quadrature du cercle, de la duplication du cube et de la trisection de l'angle sont démontrées par la géométrie simple, sans recours aux sections coniques ou à la géométrie de l'infini.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1808
p. 2157-2161
« COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
Début :
COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...]
Mots clefs :
Coutumes, Avocat, Grèce, Sermons, Psaume, Jésus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
NOUVELLES LITTERAIRES
C
DES BEAUX ARTS , &c.
OUTUME des Bailliages de Sens et de
Langres,commentée et conferée avec
les Coûtumes voisines , et specialement
avec celle de Clermont en Bassigni . Par M.
Juste Delaistre , Avocat en Parlement. à
Paris , Quay des Augustins , chez les Freres
Osmont. 173 1. in 4 °.
PAU2г58
MERCURE DE FRANCE
PAUSANIAS , ou Voyage Historique de
la Grece , traduit en François avec des
Remarques par M. l'Abbé Gedoyn
Chanoine de la Sainte Chapelle , et Abbé
de Baugenci , de l'Académie Françoise
et de l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles-Lettres . A Paris , chez Didot ,
Quay des Augustins , 1731. in 4°. 2 vol .
Tom. 1. pp. 478. Tom . 2. pp . 523 , Plan
ches détachées 7.
SERMONS de M. l'Abbé Anselme , &c.
Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques ,
chez MM. Gandouin et Giffart 1731.6.
vol. in 12.
LES Gémissemens d'un coeur Chrétien ;
exprimez dans les Paroles du Pseaume
118. Beati immaculati in via &c. avec de
courtes Prieres touchantes sur differens
sujets. Par M. H *** ruë S. Jacques ,
Ph. N. Lottin , 1731. 2. vol . in 12.
cher
JESUS AU CALVAIRE , ou Pratiques pour
adorer et suivre Jesus daus sa Passion
avec une Instruction sur les Pelerinages
et l'Office et la Messe de la Croix en faveur
de ceux qui font le Pelerinage dis
Calvaire , in 18. A Paris , chez Jacques
Chardon , Imprimeur- Libraire , rue S. Severin
, à la Croix d'Or₂
HIS
SEPTEMRE. 1741. 2159
HISTOIRE DE L'ISLE ESPAGNOLE , ou de
S. Domingue , écrite particulierement
sur des Memoites manuscrits du P. Jean-
Baptiste Le Pers , Jesuite Missionnaire à
S. Domingue , et sur les Pieces originales
qui se conservent au dépot de la Marine,
Parle P. Pierre-François de Charle
voix , de la Compagnie de Jesus . 2. vol.
in 4 ° . lc I. en 1730. et le H. en 1735
Ces deux Volumes sont enrichis de Plans
et d'un bon nombre de Cartes Géographiques
, dressées par M. d'Amoille. A
Paris , Quay des Augustins , chez Jacques
Guerin.
ESSAI SUR L'ESPRIT , ses differens carac
teres et ses differentes operations. Place
du Pont S. Michel , chez André Cailleau.
1731. in 12. de 410. Pages.
LA VIE ET LE DEVOIR DES EVESQUES
suivant la Doctrine de S. Paul , la Discipline
constante et l'Esprit de l'Eglise . Par
le P. Thomas- Marie Alfani , de l'Ordre
des Freres Prêcheurs , Theologien de S.
M. I. et de la Ville de Naples. A Naples ,
shez Janvier Maziot , 1728. in 8. de
249. Pages. Cet ouvrage est en Italien.
EXPLICATION de l'ouverture du côté et
de
2160 MER CURE DE FRANCE
de la sepulture de J. Ch. suivant la concorde.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée
et considerablement augmentée. A
Bruxelles , chez la veuve Foppens. 1731
vol. in 12. d'environ 600. pages.
TRAITE' OU ESSAI sur la Nature et
le choix des Alimens , suivant les differens
Temperamens. Par M. Arbuthnot .
Docteur en Medecine , Membre du College
des Medecins de la Societé Royale.
A Londres , chez J. Tonson , 1731. in 8 °.
en Anglois.
DISSERTATION HISTORIQUE , dans laquelle
on prouve que l'Eglise n'a point
refusé l'Absolution pendant les trois pre
miers siécles à ceux qui étoient coupables
de crimes capitaux . Par le P. Jofeph- Augustin
Orsi , de l'Ordre des FF . Prêcheurs.
A Milan , chez Joseph Malatesta , 1730.
in 4°. L'Ouvrage est en Latin.
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie , et Observations
sur les usages locaux de la même Coûtu
me , et sur les Articles placitez ou Arrêtez
du Parlement de Roiien , avec une
explication des termes difficiles ou inusitez
qui se trouvent dans le Texte de cette
Сой-
SEPTEMBRE 1731. 2161
Coûtume ; et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me .
Pierre de Merville , ancien Avocat au
Parlement. A Paris , chez Gabr. Valleyre
ruë de la Vieille Bouclerie , 1731 , in fol.
PP . 747. sans les Tables.
>
Nouveau systême su la maniere de dé-
Fendre les Places , par le moyen des Contremines.
Ouvrage posthume de M. ***
dédié au Roy . A Paris , rue S. Jacques ,
chez Jacques Clousier. 1731. in 12. de 182 .
Pages , sans le Discours préliminaire , de
152. Pages.
,
TRAITE' des Operations de Chirurgie ,
fondé sur la Mécanique des Organes de
l'homme , et sur la Theorie et la Pratique
la plus autorisée enrichi de Cures trèssingulieres
et de figures en Taille douce ,
representant les attitudes des Operations.
Par René Jacques Croissant de Garengeot ,
Maître ès Arts et en Chirurgie , Démonstrateur
Royal en matiere chirurgicale , et
Membre de la Societé Royale de Londres,
2º Edition , revûë , corrigée et augmentée
par l'Auteur. A Paris , chez G. Cavelier
ruë S. Jacques , 1731. trois Vol. in 12 .
1. vol . pp. 476. 2 vol . pp . 468. 3. vol.
pp. 472 .
C
DES BEAUX ARTS , &c.
OUTUME des Bailliages de Sens et de
Langres,commentée et conferée avec
les Coûtumes voisines , et specialement
avec celle de Clermont en Bassigni . Par M.
Juste Delaistre , Avocat en Parlement. à
Paris , Quay des Augustins , chez les Freres
Osmont. 173 1. in 4 °.
PAU2г58
MERCURE DE FRANCE
PAUSANIAS , ou Voyage Historique de
la Grece , traduit en François avec des
Remarques par M. l'Abbé Gedoyn
Chanoine de la Sainte Chapelle , et Abbé
de Baugenci , de l'Académie Françoise
et de l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles-Lettres . A Paris , chez Didot ,
Quay des Augustins , 1731. in 4°. 2 vol .
Tom. 1. pp. 478. Tom . 2. pp . 523 , Plan
ches détachées 7.
SERMONS de M. l'Abbé Anselme , &c.
Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques ,
chez MM. Gandouin et Giffart 1731.6.
vol. in 12.
LES Gémissemens d'un coeur Chrétien ;
exprimez dans les Paroles du Pseaume
118. Beati immaculati in via &c. avec de
courtes Prieres touchantes sur differens
sujets. Par M. H *** ruë S. Jacques ,
Ph. N. Lottin , 1731. 2. vol . in 12.
cher
JESUS AU CALVAIRE , ou Pratiques pour
adorer et suivre Jesus daus sa Passion
avec une Instruction sur les Pelerinages
et l'Office et la Messe de la Croix en faveur
de ceux qui font le Pelerinage dis
Calvaire , in 18. A Paris , chez Jacques
Chardon , Imprimeur- Libraire , rue S. Severin
, à la Croix d'Or₂
HIS
SEPTEMRE. 1741. 2159
HISTOIRE DE L'ISLE ESPAGNOLE , ou de
S. Domingue , écrite particulierement
sur des Memoites manuscrits du P. Jean-
Baptiste Le Pers , Jesuite Missionnaire à
S. Domingue , et sur les Pieces originales
qui se conservent au dépot de la Marine,
Parle P. Pierre-François de Charle
voix , de la Compagnie de Jesus . 2. vol.
in 4 ° . lc I. en 1730. et le H. en 1735
Ces deux Volumes sont enrichis de Plans
et d'un bon nombre de Cartes Géographiques
, dressées par M. d'Amoille. A
Paris , Quay des Augustins , chez Jacques
Guerin.
ESSAI SUR L'ESPRIT , ses differens carac
teres et ses differentes operations. Place
du Pont S. Michel , chez André Cailleau.
1731. in 12. de 410. Pages.
LA VIE ET LE DEVOIR DES EVESQUES
suivant la Doctrine de S. Paul , la Discipline
constante et l'Esprit de l'Eglise . Par
le P. Thomas- Marie Alfani , de l'Ordre
des Freres Prêcheurs , Theologien de S.
M. I. et de la Ville de Naples. A Naples ,
shez Janvier Maziot , 1728. in 8. de
249. Pages. Cet ouvrage est en Italien.
EXPLICATION de l'ouverture du côté et
de
2160 MER CURE DE FRANCE
de la sepulture de J. Ch. suivant la concorde.
Nouvelle Edition , revûë , corrigée
et considerablement augmentée. A
Bruxelles , chez la veuve Foppens. 1731
vol. in 12. d'environ 600. pages.
TRAITE' OU ESSAI sur la Nature et
le choix des Alimens , suivant les differens
Temperamens. Par M. Arbuthnot .
Docteur en Medecine , Membre du College
des Medecins de la Societé Royale.
A Londres , chez J. Tonson , 1731. in 8 °.
en Anglois.
DISSERTATION HISTORIQUE , dans laquelle
on prouve que l'Eglise n'a point
refusé l'Absolution pendant les trois pre
miers siécles à ceux qui étoient coupables
de crimes capitaux . Par le P. Jofeph- Augustin
Orsi , de l'Ordre des FF . Prêcheurs.
A Milan , chez Joseph Malatesta , 1730.
in 4°. L'Ouvrage est en Latin.
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie , et Observations
sur les usages locaux de la même Coûtu
me , et sur les Articles placitez ou Arrêtez
du Parlement de Roiien , avec une
explication des termes difficiles ou inusitez
qui se trouvent dans le Texte de cette
Сой-
SEPTEMBRE 1731. 2161
Coûtume ; et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me .
Pierre de Merville , ancien Avocat au
Parlement. A Paris , chez Gabr. Valleyre
ruë de la Vieille Bouclerie , 1731 , in fol.
PP . 747. sans les Tables.
>
Nouveau systême su la maniere de dé-
Fendre les Places , par le moyen des Contremines.
Ouvrage posthume de M. ***
dédié au Roy . A Paris , rue S. Jacques ,
chez Jacques Clousier. 1731. in 12. de 182 .
Pages , sans le Discours préliminaire , de
152. Pages.
,
TRAITE' des Operations de Chirurgie ,
fondé sur la Mécanique des Organes de
l'homme , et sur la Theorie et la Pratique
la plus autorisée enrichi de Cures trèssingulieres
et de figures en Taille douce ,
representant les attitudes des Operations.
Par René Jacques Croissant de Garengeot ,
Maître ès Arts et en Chirurgie , Démonstrateur
Royal en matiere chirurgicale , et
Membre de la Societé Royale de Londres,
2º Edition , revûë , corrigée et augmentée
par l'Auteur. A Paris , chez G. Cavelier
ruë S. Jacques , 1731. trois Vol. in 12 .
1. vol . pp. 476. 2 vol . pp . 468. 3. vol.
pp. 472 .
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Résumé : « COUTUME des Bailliages de Sens et de Langres, commentée et conferée avec [...] »
Le document recense diverses publications littéraires et scientifiques parues entre 1728 et 1741. Parmi les ouvrages notables, on trouve 'Usages des Bailliages de Sens et de Langres', commenté par Juste Delaistre, avocat au Parlement, publié en 1731. Le 'Mercure de France' mentionne également 'Pausanias, ou Voyage Historique de la Grèce', traduit par l'Abbé Gedoyn, publié en deux volumes en 1731. D'autres publications incluent les 'Sermons' de l'Abbé Anselme, 'Les Gémissements d'un cœur Chrétien' par M. H***, et 'Jésus au Calvaire' par Jacques Chardon. Le document liste également des ouvrages historiques et scientifiques tels que 'Histoire de l'Isle Espagnole' par le Père Pierre-François de Charlevoix, enrichi de plans et de cartes géographiques, et 'Essai sur l'esprit' publié par André Cailleau en 1731. D'autres publications notables incluent 'La Vie et le Devoir des Évêques' par le Père Thomas-Marie Alfani, 'Explication de l'ouverture du côté et de la sépulture de J. Ch.' en nouvelle édition, et 'Traité sur la Nature et le choix des Aliments' par M. Arbuthnot. Le document mentionne également des ouvrages juridiques et médicaux, comme 'Décisions sur chaque Article de la Coutume de Normandie' par Pierre de Merville, et 'Traité des Opérations de Chirurgie' par René Jacques Croissant de Garengeot, publié en trois volumes en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1809
p. 2162-2163
Histoire de l'Eglise de Vaison, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE GENERALE de l'Eglise Cathredrale de Vaison, avec une Chronologie [...]
Mots clefs :
Paroisses, Chapelles, Diocèse, Chorographie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de l'Eglise de Vaison, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE GENERALE de l'Eglise Cathr
drale de Vaison , avec une Chronologie
de tous les Evêques qui l'ont gouvernée ;
et une Corographie , ou Description en
Vers Latins et François des Villes, Bourgs,
Villages , Paroisses et Chapelles qui composent
ce Diocese. Par le R. P. Louis- Anselme
Boyer de Sainte Marrhe de Tarascon
, Professeur en Théologie de l'Ordre
des FF . Prêcheurs , de la Congrégation du
Três Saint Sacrement. Livre premier 1
Vol. in 4. à Avignon , de l'Imprimerie de
Marc Chave , 1731. pp. 260. pour le
1. livre.
1
, Le second livre ou plutôt le second
tome de cet Ouvrage , compris dans le
même Volume , contient environ cent
pages , y compris la Table generale. Il
renferme en particulier la Corographie ;
dont il est parlé dans le Titre general. ·
Cetre Description du Diocèse de Vaison
a été faite en Vers Latins par Joseph- Marie
Suarez , Evêque de Vaison , l'un des
plus sçavants Prelats qui ayent gouverné
ce Diocèse . Le P. Boyer , Auteur de cette
Histoire a cru devoir traduire en Vers
François les Vers Latins de l'habile Prelar:
les Lecteurs intelligents en sentiront la
difference , et trouveront peut- être à re-.
dire
SEPTEMBRE. 173. 2163
dire aur stile peu châtié de tout l'ouvrage
historique. Cet ouvrage est cependant le
fruit de beaucoup de recherches , et d'un
long et assidu travail . Il se fera toûjours
lire avec plaisir par les Amateurs de la
Patrie , et par quantité de Personnes curieuses
, à qui les Histoires particulieres
ne sont pas indifferentes .
drale de Vaison , avec une Chronologie
de tous les Evêques qui l'ont gouvernée ;
et une Corographie , ou Description en
Vers Latins et François des Villes, Bourgs,
Villages , Paroisses et Chapelles qui composent
ce Diocese. Par le R. P. Louis- Anselme
Boyer de Sainte Marrhe de Tarascon
, Professeur en Théologie de l'Ordre
des FF . Prêcheurs , de la Congrégation du
Três Saint Sacrement. Livre premier 1
Vol. in 4. à Avignon , de l'Imprimerie de
Marc Chave , 1731. pp. 260. pour le
1. livre.
1
, Le second livre ou plutôt le second
tome de cet Ouvrage , compris dans le
même Volume , contient environ cent
pages , y compris la Table generale. Il
renferme en particulier la Corographie ;
dont il est parlé dans le Titre general. ·
Cetre Description du Diocèse de Vaison
a été faite en Vers Latins par Joseph- Marie
Suarez , Evêque de Vaison , l'un des
plus sçavants Prelats qui ayent gouverné
ce Diocèse . Le P. Boyer , Auteur de cette
Histoire a cru devoir traduire en Vers
François les Vers Latins de l'habile Prelar:
les Lecteurs intelligents en sentiront la
difference , et trouveront peut- être à re-.
dire
SEPTEMBRE. 173. 2163
dire aur stile peu châtié de tout l'ouvrage
historique. Cet ouvrage est cependant le
fruit de beaucoup de recherches , et d'un
long et assidu travail . Il se fera toûjours
lire avec plaisir par les Amateurs de la
Patrie , et par quantité de Personnes curieuses
, à qui les Histoires particulieres
ne sont pas indifferentes .
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Résumé : Histoire de l'Eglise de Vaison, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire Générale de l'Église Cathédrale de Vaison' se compose de deux livres en un seul volume. Le premier livre, publié en 1731 par le Père Louis-Anselme Boyer de Sainte Marrhe de Tarascon, professeur en théologie de l'Ordre des Frères Prêcheurs, compte 260 pages. Il présente une chronologie des évêques du diocèse de Vaison et une corographie décrivant les villes, bourgs, villages, paroisses et chapelles du diocèse en vers latins et français. Le second livre, d'environ cent pages, se concentre également sur la corographie. Cette description a été rédigée en vers latins par Joseph-Marie Suarez, évêque de Vaison, et traduite en vers français par le Père Boyer. L'ouvrage, bien que critiqué pour son style, est le fruit de nombreuses recherches et d'un travail assidu. Il est destiné aux amateurs de la patrie et aux personnes curieuses des histoires locales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1810
p. 2163-2170
Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
Début :
CONTINUATION de l'Article de Guill. Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires [...]
Mots clefs :
Histoire, Langues, Académie des sciences, Phosphore, Végétations, Évaporation de l'air
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
CONTINUATION de l'Article de Guill .
Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires
, pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres &c..
Il revint à Paris au bout de quelques
années ; et tant de connoissances qu'il
avoit acquises , ses Posphores , une Machine
Pneumatique de son invention plus
parfaite que celle de Guerike et que celle
de Boile , qu'il avoit vûë à Londres , les
nouveaux Phenomenes qu'elle lui produisoit
tous les jours , des Microscopes de sa
façon très simples , très - commodes et
très- exacts autre source inépuisable de
Phenomênes une infinité d'Operations
rares , ou de découvertes de Chymie , lui
donnerent bien- tôt une des premieres places
entre les premiers Sçavans.
-
>
,
M. l'Abbé Bignon ayant eû en 1691. la
direction de l'Académie des Sciences , y
fit
2164 MERCURE DE FRANCE
fit entrer M. Homberg , et lui donna le
Laboratoire de l'Académie , et par là une
entiere liberté de travailler en Chimie
sans inquiétude.
3
M. le Duc d'Orleans , qui se livroit au
goût et au talent qu'il avoit pour les
Sciences ayant voulu entrer dans les
mysteres de la Chymie et de la Physique
experimentale , prit en 1702. M. Hombert
auprès de lui en qualité de son Physicien
, et lui donna une Pension et un Laboratoire
le mieux fourni et le plus su
perbe que la Chymie eût jamais eû.
Ce Prince ayant aussi fait venir d'Alle
magne la même année , ce grand Miroir
ardent convexe , qui est si connu : M.
Homberg s'en servit pour faire un grand
nombre d'experiences entierement nou
yelles .
L'an 1704 ce Prince le choisit pour son
premier Medecin . Ce choix n'étoit pas
encore declaré , lors qu'on vînt offrir à
M. Homberg de la part de l'Electeur Pa
latin , et même d'une manière très- pressante
des avantages plus considerables
que ceux même qui l'attendoient. M. le
Duc d'Orleans ne lui permit pas de les
accepter. Un autre attachement d'une espece
differente s'y joignit encore. Il songeoit
à se marier , et y songcoit depuis si
›
longSEPTEMBRE.
1731. 215
long- emps , que l'amour seul , sans une
forte estime , n'eût pas produit tant de
constance.
En devenant Premier Medecin de M. le
Duc d'Orleans , il tomboit dans le cas
d'une des Loix de l'Académie des Sciences
, qui porte que toute charge demandant
résidence hors de Paris , est incompatible
avec une place d'Académicien
Pensionnaire ; il déclara nettement que
s'il étoit réduit à opter , il se détermineroit
pour l'Académie ; mais le Roi le jugea
digne d'exception ; ainsi il conserva
les deux Postes en même temps.
En 1708. il se maria , et épousa Marguerite-
Angelique Dodart fille de M.
Dodart , Medecin , pour qui il avoit été
si constant.
2
Quelques années après , il devint sujet
à une petite Dissenterie , dont il se guérissoit
, et qui revenoit de tems en tems.
Le mal s'augmenta toûjours , et il en
mourut le 24. Septembre 1715. âgé de
63. ans. Quoiqu'il fût d'une complexion
foible , il étoit fort laborieux et d'un courage
qui lui tenoit lieu de force . Outre
une quantité de faits curieux de Physique
rassemblez dans sa tête , et presens
à sa mémoire , il avoit de quoi faire un
sçavant ordinaire en Histoire et en Langues
2766 MERCURE DE FRANCE
gues. Il sçavoit même de l'Hebreu . Son
caractere d'esprit est marqué dans tout ce
qu'on a de lui ; il avoit une attention ingenieuse
sur tout ce qui lui faisoit faire des
observations où les autres ne voyent rien ,
une adresse extrême pour demêler les routes
qui menent aux découvertes , de la singularité
dans ses experiences. Sa maniere
de s'expliquer étoit simple , mais méthodique
et précise ; soit que le François fûr
toûjours pour lui une langue étrangere
soit que naturellement il ne fût pas abondant
en paroles , il cherchoit son mot
presque à chaque moment , mais enfin il
le trouvoit. Il n'a point publié de corps
d'ouvrage. On trouve seulement dans
l'histoire de l'Académie des Sciences plusieurs
Memoires de sa façon , qui sont
tous singuliers , curieux et interessans ,
et dont je vais donner la liste .
1. Maniere de faire le Phosphore brûlant de
Kunkel. Année 1692.
2. Diverses expériences du Phosphore. Ibid.
3. Réflexions sur differentes Vegetations Mé
talliques. Ibid.
4. Maniere d'extraire un sel volatile mineral
en forme séche. Ibid.
5. Réflexions sur l'expérience des larmes de
verre , qui se brisent dans le vuide. Ibid.
G₁
SEPTEMBRE . 1731. 2167
·
7. Expérience sur la glace dans le vuide.
An. 1693.
7. Expérience du ressort de l'Air dans le
vuide. Ibid.
8. Expérience de l'Evaporation de l'Eau
dans le vuide avec des Réflexions. Ibid.
9. Expériences sur la Germination des Plan
tes. Ibid.
10. Observations de la difference du poids
de certains corps dans l'Air , libre et dans
le vuide. Ibid.
11. Observation curieuse sur une infusion
d'Antimoine. Ibid.
12. Réflexions sur unfait extraordinaire ar
rivé dans une Coupelle d'or. Ibid.
13. Nouveau Phosphore . Ibid.
14. Observation sur la quantité exacte des
sels volatiles , acides , contenus dans les
differens esprits acides . An . 1694 .
15. Essais pour examiner les sels des Plantes.
Ibid.
16. Observations sur cette sorte d'Insectes ,
qui s'appellent ordinairement Demoiselles.
Ibid.
17. Essais sur les Injections Anatomiques.
Ibid.
18. Observations sur la quantité des Acides
, absorbés par les Alcalis Terreux.
"
An .
1700.
19. Observations sur les Dissolvans du
Mercure. Ibid .
Ob2568
MERCURE
DE FRANCE
20. Observations sur les Huiles des Plantes.
Ibid .
21. Surl'Acide de l'Antimoine. Ibid.
22. Observations
sur le Raffinage de l'Ar
gent. An. 1701 .
23. Observations sur quelques effets de Fer
mentations. Ibid.
24. Observations sur les Analyses des Plan
tes. Ibid.
25. Observations sur les Sels Volatiles des
Plantes. Ibid.
26. Essais de Chimie. An. 1702.
27. Observations faites par
verre ardent. Ibid.
le
moyen
du
a8 . Essai de l'Analyse du Souffre commun.
29.
An. 1703 .
Observations sur un battement de vei
nes semblables au battement des Arteres
An . 1704.
30. Suite des Essais de Chymie , Article 3 .
du Souffre principe. An . 1705 .
31. Observation sur une Dissolution de
l'Argent. An . 1706.
32. Observations sur le fer qu verre ardent
Ibid.
33. Suite de l'Article 3. des Essais de Chy
mie du Souffre principe. Ibid.
34. Eclaircissemens
touchant la Vitrifica
tion de l'Or au verre ardent. An . 1707.
35. Observations
sur les Araignées . Ibid.
36. MeSEPTEMBRE.
1731. 2169
6. Mémoire touchant les Acides et les Alcalis.
An. 1708 .
37. Suite des Essais de Chymie. Article 4.
-du Mercure. An , 1709.
8.
Observations touchant l'effet de certains
Acides sur les Alcalis volatiles. Ibid.
39.
Observations sur les matieres sulphu
reuses , et sur la facilité, de les changer
d'une espece de souffre en une autre . An.
1710.
40.
Memoire touchant les Vegetations Artificielles.
Ibid.
41.
Observations sur la matiere fecale. And
1711.
42. Phosphore nouveau , on suite des obser
vations sur la matiere fecale. Ibid .
43.
Observations sur l'Acide qui se trouve
dans le Sang et dans les autres par-.
ties des
Animaux. Deux Memoires. An.
1712.
44. Maniere de copier sur le verre coloré
les Pierres gravées . Ibid .
45.
Observation sur une séparation de l'Or
avec l'Argent par la fonte. An . 1713 .
46.
Observation sur une
sublimation da
Mercure. Ibid.
+
: 47.
Observations sur des Matieres qui pénetrent
et qui traversent les métaux sans
les fondre. Ibid.
48. Mémoire touchant la
volatilisation des
Sels fixes des Plantes . An . 1714.
F
Voyez
1170 MERCURE
DE FRANCE
.
Voyez son Eloge dans l'histoire de l'Aca
démie des Sciences. An. 1715.
Hombert. Extrait du XIV . Tome des Memoires
, pour servir à l'Histoire des Hommes
Illustres &c..
Il revint à Paris au bout de quelques
années ; et tant de connoissances qu'il
avoit acquises , ses Posphores , une Machine
Pneumatique de son invention plus
parfaite que celle de Guerike et que celle
de Boile , qu'il avoit vûë à Londres , les
nouveaux Phenomenes qu'elle lui produisoit
tous les jours , des Microscopes de sa
façon très simples , très - commodes et
très- exacts autre source inépuisable de
Phenomênes une infinité d'Operations
rares , ou de découvertes de Chymie , lui
donnerent bien- tôt une des premieres places
entre les premiers Sçavans.
-
>
,
M. l'Abbé Bignon ayant eû en 1691. la
direction de l'Académie des Sciences , y
fit
2164 MERCURE DE FRANCE
fit entrer M. Homberg , et lui donna le
Laboratoire de l'Académie , et par là une
entiere liberté de travailler en Chimie
sans inquiétude.
3
M. le Duc d'Orleans , qui se livroit au
goût et au talent qu'il avoit pour les
Sciences ayant voulu entrer dans les
mysteres de la Chymie et de la Physique
experimentale , prit en 1702. M. Hombert
auprès de lui en qualité de son Physicien
, et lui donna une Pension et un Laboratoire
le mieux fourni et le plus su
perbe que la Chymie eût jamais eû.
Ce Prince ayant aussi fait venir d'Alle
magne la même année , ce grand Miroir
ardent convexe , qui est si connu : M.
Homberg s'en servit pour faire un grand
nombre d'experiences entierement nou
yelles .
L'an 1704 ce Prince le choisit pour son
premier Medecin . Ce choix n'étoit pas
encore declaré , lors qu'on vînt offrir à
M. Homberg de la part de l'Electeur Pa
latin , et même d'une manière très- pressante
des avantages plus considerables
que ceux même qui l'attendoient. M. le
Duc d'Orleans ne lui permit pas de les
accepter. Un autre attachement d'une espece
differente s'y joignit encore. Il songeoit
à se marier , et y songcoit depuis si
›
longSEPTEMBRE.
1731. 215
long- emps , que l'amour seul , sans une
forte estime , n'eût pas produit tant de
constance.
En devenant Premier Medecin de M. le
Duc d'Orleans , il tomboit dans le cas
d'une des Loix de l'Académie des Sciences
, qui porte que toute charge demandant
résidence hors de Paris , est incompatible
avec une place d'Académicien
Pensionnaire ; il déclara nettement que
s'il étoit réduit à opter , il se détermineroit
pour l'Académie ; mais le Roi le jugea
digne d'exception ; ainsi il conserva
les deux Postes en même temps.
En 1708. il se maria , et épousa Marguerite-
Angelique Dodart fille de M.
Dodart , Medecin , pour qui il avoit été
si constant.
2
Quelques années après , il devint sujet
à une petite Dissenterie , dont il se guérissoit
, et qui revenoit de tems en tems.
Le mal s'augmenta toûjours , et il en
mourut le 24. Septembre 1715. âgé de
63. ans. Quoiqu'il fût d'une complexion
foible , il étoit fort laborieux et d'un courage
qui lui tenoit lieu de force . Outre
une quantité de faits curieux de Physique
rassemblez dans sa tête , et presens
à sa mémoire , il avoit de quoi faire un
sçavant ordinaire en Histoire et en Langues
2766 MERCURE DE FRANCE
gues. Il sçavoit même de l'Hebreu . Son
caractere d'esprit est marqué dans tout ce
qu'on a de lui ; il avoit une attention ingenieuse
sur tout ce qui lui faisoit faire des
observations où les autres ne voyent rien ,
une adresse extrême pour demêler les routes
qui menent aux découvertes , de la singularité
dans ses experiences. Sa maniere
de s'expliquer étoit simple , mais méthodique
et précise ; soit que le François fûr
toûjours pour lui une langue étrangere
soit que naturellement il ne fût pas abondant
en paroles , il cherchoit son mot
presque à chaque moment , mais enfin il
le trouvoit. Il n'a point publié de corps
d'ouvrage. On trouve seulement dans
l'histoire de l'Académie des Sciences plusieurs
Memoires de sa façon , qui sont
tous singuliers , curieux et interessans ,
et dont je vais donner la liste .
1. Maniere de faire le Phosphore brûlant de
Kunkel. Année 1692.
2. Diverses expériences du Phosphore. Ibid.
3. Réflexions sur differentes Vegetations Mé
talliques. Ibid.
4. Maniere d'extraire un sel volatile mineral
en forme séche. Ibid.
5. Réflexions sur l'expérience des larmes de
verre , qui se brisent dans le vuide. Ibid.
G₁
SEPTEMBRE . 1731. 2167
·
7. Expérience sur la glace dans le vuide.
An. 1693.
7. Expérience du ressort de l'Air dans le
vuide. Ibid.
8. Expérience de l'Evaporation de l'Eau
dans le vuide avec des Réflexions. Ibid.
9. Expériences sur la Germination des Plan
tes. Ibid.
10. Observations de la difference du poids
de certains corps dans l'Air , libre et dans
le vuide. Ibid.
11. Observation curieuse sur une infusion
d'Antimoine. Ibid.
12. Réflexions sur unfait extraordinaire ar
rivé dans une Coupelle d'or. Ibid.
13. Nouveau Phosphore . Ibid.
14. Observation sur la quantité exacte des
sels volatiles , acides , contenus dans les
differens esprits acides . An . 1694 .
15. Essais pour examiner les sels des Plantes.
Ibid.
16. Observations sur cette sorte d'Insectes ,
qui s'appellent ordinairement Demoiselles.
Ibid.
17. Essais sur les Injections Anatomiques.
Ibid.
18. Observations sur la quantité des Acides
, absorbés par les Alcalis Terreux.
"
An .
1700.
19. Observations sur les Dissolvans du
Mercure. Ibid .
Ob2568
MERCURE
DE FRANCE
20. Observations sur les Huiles des Plantes.
Ibid .
21. Surl'Acide de l'Antimoine. Ibid.
22. Observations
sur le Raffinage de l'Ar
gent. An. 1701 .
23. Observations sur quelques effets de Fer
mentations. Ibid.
24. Observations sur les Analyses des Plan
tes. Ibid.
25. Observations sur les Sels Volatiles des
Plantes. Ibid.
26. Essais de Chimie. An. 1702.
27. Observations faites par
verre ardent. Ibid.
le
moyen
du
a8 . Essai de l'Analyse du Souffre commun.
29.
An. 1703 .
Observations sur un battement de vei
nes semblables au battement des Arteres
An . 1704.
30. Suite des Essais de Chymie , Article 3 .
du Souffre principe. An . 1705 .
31. Observation sur une Dissolution de
l'Argent. An . 1706.
32. Observations sur le fer qu verre ardent
Ibid.
33. Suite de l'Article 3. des Essais de Chy
mie du Souffre principe. Ibid.
34. Eclaircissemens
touchant la Vitrifica
tion de l'Or au verre ardent. An . 1707.
35. Observations
sur les Araignées . Ibid.
36. MeSEPTEMBRE.
1731. 2169
6. Mémoire touchant les Acides et les Alcalis.
An. 1708 .
37. Suite des Essais de Chymie. Article 4.
-du Mercure. An , 1709.
8.
Observations touchant l'effet de certains
Acides sur les Alcalis volatiles. Ibid.
39.
Observations sur les matieres sulphu
reuses , et sur la facilité, de les changer
d'une espece de souffre en une autre . An.
1710.
40.
Memoire touchant les Vegetations Artificielles.
Ibid.
41.
Observations sur la matiere fecale. And
1711.
42. Phosphore nouveau , on suite des obser
vations sur la matiere fecale. Ibid .
43.
Observations sur l'Acide qui se trouve
dans le Sang et dans les autres par-.
ties des
Animaux. Deux Memoires. An.
1712.
44. Maniere de copier sur le verre coloré
les Pierres gravées . Ibid .
45.
Observation sur une séparation de l'Or
avec l'Argent par la fonte. An . 1713 .
46.
Observation sur une
sublimation da
Mercure. Ibid.
+
: 47.
Observations sur des Matieres qui pénetrent
et qui traversent les métaux sans
les fondre. Ibid.
48. Mémoire touchant la
volatilisation des
Sels fixes des Plantes . An . 1714.
F
Voyez
1170 MERCURE
DE FRANCE
.
Voyez son Eloge dans l'histoire de l'Aca
démie des Sciences. An. 1715.
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Résumé : Continuation de l'Art. de Guillaume Homberd. [titre d'après la table]
Le texte décrit la vie et les contributions scientifiques de M. Homberg. Après avoir acquis diverses connaissances et inventé une machine pneumatique améliorée, Homberg revint à Paris et devint rapidement un des premiers savants grâce à ses découvertes en chimie et ses instruments, tels que les microscopes et les phosphores. En 1691, l'abbé Bignon, directeur de l'Académie des Sciences, lui offrit un laboratoire, lui permettant de travailler librement en chimie. En 1702, le duc d'Orléans, intéressé par la chimie et la physique expérimentale, engagea Homberg comme son physicien, lui fournissant une pension et un laboratoire bien équipé. Cette même année, Homberg utilisa un miroir ardent convexe pour de nouvelles expériences. En 1704, il fut nommé premier médecin du duc d'Orléans, malgré des offres plus avantageuses de l'Électeur Palatin. Homberg conserva ses postes à l'Académie des Sciences et auprès du duc grâce à une exception royale. Il se maria en 1708 avec Marguerite-Angélique Dodart. Homberg souffrit d'une dissenterie qui s'aggrava et causa sa mort le 24 septembre 1715, à l'âge de 63 ans. Malgré une constitution faible, il était très laborieux et avait une mémoire exceptionnelle pour les faits de physique. Il maîtrisait plusieurs langues, y compris l'hébreu. Homberg n'a pas publié de grands ouvrages, mais plusieurs mémoires de ses recherches furent publiés dans l'histoire de l'Académie des Sciences. Ces mémoires couvrent une large gamme de sujets, allant des expériences sur le phosphore et les végétations métalliques aux observations sur les acides et les alcalis.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1811
p. 2170-2179
Sethos, Histoire ou Vie, &c. [titre d'après la table]
Début :
SETHOS, Histoire ou Vie tirée des Monumens anecdotes de l'ancienne Egypte [...]
Mots clefs :
Ancienne Égypte, Prince, Reine, Académies, Éducation, Peinture, Carthage, Observatoire des prêtres thébains, Phéniciens, Esclaves
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sethos, Histoire ou Vie, &c. [titre d'après la table]
SETHOS , Histoire ou Vie tirée des Monumens
anecdotes de l'ancienne Egypte
traduite d'un Manuscrit Grec . A Paris ,
chez les Freres Guerin , Quay des Augustins
, et rue S. Jacques , 1731. trois Volumes
in 12. de plus de 400 , pages chacun
sans la Préface , l'Epitre et les Additions,
Cartes d'Egypte , d'Affrique , &c.
Le nom de M. l'Abbé Terrasson
qui n'est pas à la tête du livre , se trouve
dans le Privilege . Nous ne prétendons
pas donner au Public dans le mois de
Septembre , la premiere nouvelle d'un
Ouvrage , qui a été fort répandu dès les
premiers jours de Juillet : mais les trois
volumes in 12.dont il est composé , ne nous
ont pas permis plutôt d'en faire quelque
rapport au Public . C'est un ouvrage de
fiction à peu près dans le goût de Telema
que,ou des Voyages de Cyrus. Mais au lieu
que ces deux-cy se bornent en quelque
sorte à l'idée d'une éducation ; ce sujet
particulier ne remplit que le premier volume
de Sethos . Ce jeune Prince est fils
d'Osoroth , Roi de Memphis , Prince âgé
et indolent. Sethos dès le premier livre
perd
SEPTEMBRE . 1731. 2171
L
perd Nephté sa mere , Reine admirable
par sa vertu et par sa sagesse . Le Grand
Prêtre en la presentant au Senat , qui ju
geoit les morts en Egypte , fait d'elle un
Eloge Funebre , dont tous les lecteurs
ont été également frappez. Nephté en
mourant , avoit laissé pour Gouverneur
à son fils unique , âgé de huit ans , un excellent
homme , nommé Amedés , qui
conduit toute l'éducation de Sethos . Outre
le soin qu'il en prend par lui - même ,
il le fait profiter de l'éducation publique
des Egyptiens. A cette occasion , l'Auteur
fait dans le second livre une description
historique des Académies de Memphis. Il
donne là un leger crayon de toutes les
sciences qui ont rendu cette Nation si
fameuse , et il joint à ce narré d'excellens
avis pour tous ceux qui sont chargez de
l'instruction de la jeunesse , ou qui veulent
s'instruire eux - mêmes. Il insinuë , suivant
le principe déja exposé dans la Préface
, que les Sciences sont une des plus
grandes sources des vertus humaines et
civiles , non -seulement par l'occupation
qui est un obstacle au déreglement des
moeurs , mais encore par les préceptes et
par les exemples que la lecture nous
fournit. La Reine Daluca , qui épouse
Osoroth après la mort de Nephté , et qui
Fij vouloit
2172 MERCURE DE FRANCE
› vouloit perdre Sethos pour faire place
à l'aîné des deux Enfans qu'elle eût de
lui , songea d'abord à corrompre la Cour,
dans le dessein de faire passer son projet.
Elle ne trouva point de plus sûr moyen
pour introduire cette corruption , que de
décréditer ces Académies , et de jetter
les jeunes Seigneurs dans l'oisiveté et dans
le goût des amusemens frivoles. Elle Y
réussit dont les femmes de sa cour par
l'Auteur fait une peinture qui s'est attiré
une appro bation generale.
с
genereux ,
,
et mê-
Après huit ans de cette éducation pu
blique et particuliere , Amedés concevant
que son disciple avoit besoin d'un
mérite plus qu'ordinaire pour surmonter
les entreprises de ses ennemis domestiques
, conçoit le dessein
me perilleux , de lui procurer l'initiation.
C'étoit alors l'école des vertus les plus
héroïques, Les épreuves du corps qu'il
falloit subir , demandoient un courage
extrême , et les épreuves de l'ame exigeoient
une docilité qui faisoient de l'aspirant
un homme nouveau L'autheur fait
de ces pratiques un tableau qu'on n'a
vû encore nulle part , et où la fiction ne
sert que d'ornement à un fond vrai
mais qui n'a été sçû jusqu'à present que
de ceux qui ont une grande connoissance
9
de
SEPTEMBRE. 1737. 2173
de l'Antiquité.Ces exercices exposez dans
le troisième livre finissent à l'égard de
Sethos , par trois questions qu'on lui
propose sur l'héroïsme : les réponses qu'il
y donne font , pour ainsi dire , la base de
tout le reste de sa vie. Il satisfait à ces
questions dans le quatriéme livre à l'occasion
de l'histoire de deux freres , fils du
Prince de Carthage , qui avoit promis sa
succession à celui des deux qui feroit
dans le cours de trois années l'action la
plus héroïque . Sethos ayant décidé que
la premiere vertu du Heros , est un amour
zelé du genre humain , se consacre luimême
au service des hommes en general:
et en conséquence de cette résolution , it
employe le long exil où le jette la persécution
de Daluca , à faire chez des peuples
inconnus les voyages utiles pour eux,
qui font le sujet du second volume.
Le cinquiéme livre le premier des
trois qui composent ce volume , contient
le détail d'une guerre que le Roi de Thebes
fait au Roy de Memphis. L'artificieuse
Daluca veut se servir de cette
guerre pour faire perir Sethos . Elle arrache
, pour ainsi dire , le consentement
du Roy pour la nomination d'un General
indigne , nommé Thoris , auquel elle
communique ses intentions. Le Roy se
Fiij. COR
2174 MERCURE DE FRANCE
}
contente de soustraire son fils à l'obéïssance
d'un tel chef , et de ne lui donner
aucun autre Commandant qu'Amedés.
Le jeune Prince part pour Captos que le
Roy de Thebes menaçoit d'un Siége.
Mais avant qu'il fût formé , Sethos profite
du Privilege commun à tous les initiez
, pour visiter secretement sous la
conduite des Prêtres , les curiositez principales
du Royaume de Thebes. On trou
ve ici en abregé les singularitez dù Nil .
Sethos termine cette petite course par la
visite de l'Observatoire des Prêtres Thebains.
Il prend là des connoissances utiles
et nécessaires à une grande navigation ,
où il conduira bien- tôt les Phéniciens , et
qu'il montrera le premier aux hommes.
Revenu à Captos , les essais de son intelligence
et de son courage en fait de guerre
, sont des actions merveilleuses ; et
quoi qu'il ne combattit encore que comme
volontaire , il s'attire l'admiration
des assiegez et même des assiegeans . Enfin
pourtant le traître Thoris pressé d'ailleurs
les lettres de la Reine , et sçapar
chant qu'Amedés ne permettoit point au
jeune Prince de sortir de la place , imagine
un moyen de faire entrer à la faveur
d'une attaque de nuit , les ennemis dans
la Ville , qu'il défendoit lui- même au - de-
,
hors
SEPTEMBRE. 1731. 2179
porte
:
,
›
hors. Les ennemis néanmoins n'entrerent
pas mais Sethos et Amedés lui-même
combattant avec les Assiegez dans une
alors ouverte se trouverent sortis
eux-mêmes dans le fort de l'action , et
séparez l'un de l'autre. Sethos fut griévement
blessé , fut pris par des Soldats
Ethiopiens , et porté dans une Ville voisine
, où les Pheniciens avoient un établissement
considérable. Les Ethiopiens
qui ne le connoissoient pas ; vendirent ce
Prince aux Pheniciens qui ne le reconnurent
pas non plus . Ce jeune Prince
commençoit à se rétablir , lorsque la publication
d'une Lettre du Roy son Pere ,
par laquelle il offroit la moitié de son
Royaume au Roy de Thebes pour racheter
son fils , si on le trouvoit , arriva jusques
dans la chambre où il étoit couché.
Sethos qu'on croyoit déja par tout avoir
été tué se confirma à la vûë de cette rancon
énorme , dans la reserve qu'il avoit
gardée jusqu'alors sur sa condition : et il
pria lui-même les Pheniciens de le conduire
jusqu'à la flote qu'ils avoient sur la
mer rouge , et qui alloit mettre à la voile
pour un voyage de long cours.
Dans le sixième livre , Sethos déguisé
sous le nom de Cherés , se distingue d'apar
ses connoissances auprès d'Ors-
Fiiij tarte
bord
2176 MERCURE DE FRANCE
tarte , Commandant de cette Flotte, où il
venoit d'entrer Esclave .. Il se signala encore
davantage dans un combat naval , que
les Pheniciens donnerent contre la Flotte
des Rois de la Taprobane. Ces Rois s'opposoient
aux Pheniciens qui venoient deffendre
leur Colonie établie dans cette Isledepuis
quelque - temps ; et on les soupçonnoit
de l'avoir exterminée . Astrate
après une victoire sur Mer , qui étoit dûë
en sa plus grande partie aux conseils et
au courage de Cherés , débarqua la nuit
pour achever la déstruction des insulaires
: mais se trouvant au point du jour à
la vûë de leur camp , les Rois lui députent
un Heraut pour lui demander une
conférence dans la plaine. Que là on lui
exposeroit le sujet de la Guerre qu'ils faisoient
à Pheletés, chef de la Colonie Phenicienne
; s'ils acceptoient pour Arbitredu
differend qu'ils avoient avec la Phenicie
, l'Egyptien même qu'Aytarte avoit
amené , et dont quelques Prisonniers
qu'ils avoient faits dans le combat de la
veille , leur avoient parlé avec de grands
éloges. Astrate ayant accordé au Heraut
cette demande ; on apprit dans la conférence
, que Pheletés avoit fait égorger en
une nuit le Gouverneur et la Garnison de
Galiba , ville maritime de la Taprobane
Qu
SEPTEMBRE . 1731 2177
où l'on avoit reçû les Pheniciens : ce qui
obligeoit les Rois d'assieger cette Ville
pour la reprendre. Cherés interrogé sur
cette question , prend hautement le parti
des insulaires
Pheniciens mêmes , le combat et la victoire
de la Ville . Pheletés qui assistoit à
cette conférence , commençoit à se deffendre
d'une maniere injurieuse pour
Cherés , lorsqu'Astrate montra une lettre
patente du Roy de Phenicie. Il étoit dit:
dans cette lettre , que le Roy ne sçachant
que confusément la cause de cette guerre ,.
envoyoit Astrate pour défendre la Colo--
nie si les Rois de l'Isle lui vouloient ôter
l'établissement qu'on lui avoit accordé :
autrefois. Il lui donnoit en même temps
la place de Pheletés , qui n'étoit agréable :
ny aux Pheniciens ny aux Insulaires , et
joignoit à l'égard de ce dernier , un ordre
de lui faire son Procez , s'il avoit fait aux
Rois ses amis et ses alliez , quelque offen--
se capitale. Pheletés entendant ces paroles
, sort brusquement de la tente , et se
jette dans la Mer : après quoi la Ville de
Galiba fut rendue à ses légitimes posses--
seurs et la Paix. rétablie entre les deux
Peuples.
et désavoie au nom des
Mais avant que la conférence se romapît
, Cherés proposa aux deux Nations
Fy Pen
2178 MERCURE DE FRANCE
l'entreprise de faire le tour de l'Affrique
par son extrêmité méridionale. Ilinsinua
qu'il avoit sur ce sujet des connoissances
particulieres dont il ne pouvoit pas dire
la source. C'étoient les Notions Geographiques
que les Prêtres de Thebes lui
avoient données. Il demanda à chacun
des deux Peuples six grands Vaisseaux , et
quelques autres plus petits , qui leur por
teroient de ses nouvelles pendant sa course
, et qui rapporteroient les provisions
dont il auroit besoin. Le credit que
Cherés s'étoit acquis , et l'esperance d'un
commerce avantageux fit consentir l'Assemblée
à ce dessein. Cherés commence
icy à devenir Chef et Commandant et
l'on verra dans toute la suite , que la réputation
de sa vertu , de son intelligence
et de son courage le rendra le Maître dans
tous les lieux où il arrivera.
›
:
Le sixième livre contient encore la route
qu'il fait le premier par la pleine Mer à
Menuthias , aujourd'huy Madagascar . I}
soûmet sans effusion de sang les Sauvages
de cette Isle , qui n'avoient aucune
forme de gouvernement , par une conquête
qui les rend plus heureux qu'ils ne
Fétoient avant son arrivée : et il leur
donne pour maîtres sous des conditions:
équitables , les Rois de la Taprobane,
Cheréa
SEPTEMBRE 1731. 2179
Cherés est plus severe à l'égard des Antropophages
, qui possedoient sur les cô
tes orientales de l'Affrique , les mines de
Sophir , ou Ophir , sans connoître leurs
richesses. Mais leur coûtumé étoit de
manger les hommes que les tempêtes ou
les naufrages jettoient sur leurs côtes. Ils
parurent d'abord se soûmetrre à un vain
queur bien-faisant. Mais s'étant revoltez
ensuite , et ayant fait massacrer avant un
combat qu'ils livrerent à Cherés , tous les
prisonniers qu'ils destinoient à leurs nourritures
; le vainqueur fit mettre en croix
le long du rivage tous les chefs , et condamna
tous les habitans à ouvrir les mines,
dont il donna la possession aux Pheni--
ciens..Il n'oublia pas néanmoins de faire
à l'égard de ces Esclaves , des loix qui
changerent leur punition en un travail
reglé et suportable:
Ce fût là enfin que Cherés se disposa
à découvrir le passage de la mer orientale
à la mer occidentale de l'Affriques pas
sage que l'on avoit souhaitté jusqu'alors.
sans aucun espoir. L'Auteur entre par- là
dans le septiéme livre que nous renvoyons;
avec les trois suivans au mois prochain
anecdotes de l'ancienne Egypte
traduite d'un Manuscrit Grec . A Paris ,
chez les Freres Guerin , Quay des Augustins
, et rue S. Jacques , 1731. trois Volumes
in 12. de plus de 400 , pages chacun
sans la Préface , l'Epitre et les Additions,
Cartes d'Egypte , d'Affrique , &c.
Le nom de M. l'Abbé Terrasson
qui n'est pas à la tête du livre , se trouve
dans le Privilege . Nous ne prétendons
pas donner au Public dans le mois de
Septembre , la premiere nouvelle d'un
Ouvrage , qui a été fort répandu dès les
premiers jours de Juillet : mais les trois
volumes in 12.dont il est composé , ne nous
ont pas permis plutôt d'en faire quelque
rapport au Public . C'est un ouvrage de
fiction à peu près dans le goût de Telema
que,ou des Voyages de Cyrus. Mais au lieu
que ces deux-cy se bornent en quelque
sorte à l'idée d'une éducation ; ce sujet
particulier ne remplit que le premier volume
de Sethos . Ce jeune Prince est fils
d'Osoroth , Roi de Memphis , Prince âgé
et indolent. Sethos dès le premier livre
perd
SEPTEMBRE . 1731. 2171
L
perd Nephté sa mere , Reine admirable
par sa vertu et par sa sagesse . Le Grand
Prêtre en la presentant au Senat , qui ju
geoit les morts en Egypte , fait d'elle un
Eloge Funebre , dont tous les lecteurs
ont été également frappez. Nephté en
mourant , avoit laissé pour Gouverneur
à son fils unique , âgé de huit ans , un excellent
homme , nommé Amedés , qui
conduit toute l'éducation de Sethos . Outre
le soin qu'il en prend par lui - même ,
il le fait profiter de l'éducation publique
des Egyptiens. A cette occasion , l'Auteur
fait dans le second livre une description
historique des Académies de Memphis. Il
donne là un leger crayon de toutes les
sciences qui ont rendu cette Nation si
fameuse , et il joint à ce narré d'excellens
avis pour tous ceux qui sont chargez de
l'instruction de la jeunesse , ou qui veulent
s'instruire eux - mêmes. Il insinuë , suivant
le principe déja exposé dans la Préface
, que les Sciences sont une des plus
grandes sources des vertus humaines et
civiles , non -seulement par l'occupation
qui est un obstacle au déreglement des
moeurs , mais encore par les préceptes et
par les exemples que la lecture nous
fournit. La Reine Daluca , qui épouse
Osoroth après la mort de Nephté , et qui
Fij vouloit
2172 MERCURE DE FRANCE
› vouloit perdre Sethos pour faire place
à l'aîné des deux Enfans qu'elle eût de
lui , songea d'abord à corrompre la Cour,
dans le dessein de faire passer son projet.
Elle ne trouva point de plus sûr moyen
pour introduire cette corruption , que de
décréditer ces Académies , et de jetter
les jeunes Seigneurs dans l'oisiveté et dans
le goût des amusemens frivoles. Elle Y
réussit dont les femmes de sa cour par
l'Auteur fait une peinture qui s'est attiré
une appro bation generale.
с
genereux ,
,
et mê-
Après huit ans de cette éducation pu
blique et particuliere , Amedés concevant
que son disciple avoit besoin d'un
mérite plus qu'ordinaire pour surmonter
les entreprises de ses ennemis domestiques
, conçoit le dessein
me perilleux , de lui procurer l'initiation.
C'étoit alors l'école des vertus les plus
héroïques, Les épreuves du corps qu'il
falloit subir , demandoient un courage
extrême , et les épreuves de l'ame exigeoient
une docilité qui faisoient de l'aspirant
un homme nouveau L'autheur fait
de ces pratiques un tableau qu'on n'a
vû encore nulle part , et où la fiction ne
sert que d'ornement à un fond vrai
mais qui n'a été sçû jusqu'à present que
de ceux qui ont une grande connoissance
9
de
SEPTEMBRE. 1737. 2173
de l'Antiquité.Ces exercices exposez dans
le troisième livre finissent à l'égard de
Sethos , par trois questions qu'on lui
propose sur l'héroïsme : les réponses qu'il
y donne font , pour ainsi dire , la base de
tout le reste de sa vie. Il satisfait à ces
questions dans le quatriéme livre à l'occasion
de l'histoire de deux freres , fils du
Prince de Carthage , qui avoit promis sa
succession à celui des deux qui feroit
dans le cours de trois années l'action la
plus héroïque . Sethos ayant décidé que
la premiere vertu du Heros , est un amour
zelé du genre humain , se consacre luimême
au service des hommes en general:
et en conséquence de cette résolution , it
employe le long exil où le jette la persécution
de Daluca , à faire chez des peuples
inconnus les voyages utiles pour eux,
qui font le sujet du second volume.
Le cinquiéme livre le premier des
trois qui composent ce volume , contient
le détail d'une guerre que le Roi de Thebes
fait au Roy de Memphis. L'artificieuse
Daluca veut se servir de cette
guerre pour faire perir Sethos . Elle arrache
, pour ainsi dire , le consentement
du Roy pour la nomination d'un General
indigne , nommé Thoris , auquel elle
communique ses intentions. Le Roy se
Fiij. COR
2174 MERCURE DE FRANCE
}
contente de soustraire son fils à l'obéïssance
d'un tel chef , et de ne lui donner
aucun autre Commandant qu'Amedés.
Le jeune Prince part pour Captos que le
Roy de Thebes menaçoit d'un Siége.
Mais avant qu'il fût formé , Sethos profite
du Privilege commun à tous les initiez
, pour visiter secretement sous la
conduite des Prêtres , les curiositez principales
du Royaume de Thebes. On trou
ve ici en abregé les singularitez dù Nil .
Sethos termine cette petite course par la
visite de l'Observatoire des Prêtres Thebains.
Il prend là des connoissances utiles
et nécessaires à une grande navigation ,
où il conduira bien- tôt les Phéniciens , et
qu'il montrera le premier aux hommes.
Revenu à Captos , les essais de son intelligence
et de son courage en fait de guerre
, sont des actions merveilleuses ; et
quoi qu'il ne combattit encore que comme
volontaire , il s'attire l'admiration
des assiegez et même des assiegeans . Enfin
pourtant le traître Thoris pressé d'ailleurs
les lettres de la Reine , et sçapar
chant qu'Amedés ne permettoit point au
jeune Prince de sortir de la place , imagine
un moyen de faire entrer à la faveur
d'une attaque de nuit , les ennemis dans
la Ville , qu'il défendoit lui- même au - de-
,
hors
SEPTEMBRE. 1731. 2179
porte
:
,
›
hors. Les ennemis néanmoins n'entrerent
pas mais Sethos et Amedés lui-même
combattant avec les Assiegez dans une
alors ouverte se trouverent sortis
eux-mêmes dans le fort de l'action , et
séparez l'un de l'autre. Sethos fut griévement
blessé , fut pris par des Soldats
Ethiopiens , et porté dans une Ville voisine
, où les Pheniciens avoient un établissement
considérable. Les Ethiopiens
qui ne le connoissoient pas ; vendirent ce
Prince aux Pheniciens qui ne le reconnurent
pas non plus . Ce jeune Prince
commençoit à se rétablir , lorsque la publication
d'une Lettre du Roy son Pere ,
par laquelle il offroit la moitié de son
Royaume au Roy de Thebes pour racheter
son fils , si on le trouvoit , arriva jusques
dans la chambre où il étoit couché.
Sethos qu'on croyoit déja par tout avoir
été tué se confirma à la vûë de cette rancon
énorme , dans la reserve qu'il avoit
gardée jusqu'alors sur sa condition : et il
pria lui-même les Pheniciens de le conduire
jusqu'à la flote qu'ils avoient sur la
mer rouge , et qui alloit mettre à la voile
pour un voyage de long cours.
Dans le sixième livre , Sethos déguisé
sous le nom de Cherés , se distingue d'apar
ses connoissances auprès d'Ors-
Fiiij tarte
bord
2176 MERCURE DE FRANCE
tarte , Commandant de cette Flotte, où il
venoit d'entrer Esclave .. Il se signala encore
davantage dans un combat naval , que
les Pheniciens donnerent contre la Flotte
des Rois de la Taprobane. Ces Rois s'opposoient
aux Pheniciens qui venoient deffendre
leur Colonie établie dans cette Isledepuis
quelque - temps ; et on les soupçonnoit
de l'avoir exterminée . Astrate
après une victoire sur Mer , qui étoit dûë
en sa plus grande partie aux conseils et
au courage de Cherés , débarqua la nuit
pour achever la déstruction des insulaires
: mais se trouvant au point du jour à
la vûë de leur camp , les Rois lui députent
un Heraut pour lui demander une
conférence dans la plaine. Que là on lui
exposeroit le sujet de la Guerre qu'ils faisoient
à Pheletés, chef de la Colonie Phenicienne
; s'ils acceptoient pour Arbitredu
differend qu'ils avoient avec la Phenicie
, l'Egyptien même qu'Aytarte avoit
amené , et dont quelques Prisonniers
qu'ils avoient faits dans le combat de la
veille , leur avoient parlé avec de grands
éloges. Astrate ayant accordé au Heraut
cette demande ; on apprit dans la conférence
, que Pheletés avoit fait égorger en
une nuit le Gouverneur et la Garnison de
Galiba , ville maritime de la Taprobane
Qu
SEPTEMBRE . 1731 2177
où l'on avoit reçû les Pheniciens : ce qui
obligeoit les Rois d'assieger cette Ville
pour la reprendre. Cherés interrogé sur
cette question , prend hautement le parti
des insulaires
Pheniciens mêmes , le combat et la victoire
de la Ville . Pheletés qui assistoit à
cette conférence , commençoit à se deffendre
d'une maniere injurieuse pour
Cherés , lorsqu'Astrate montra une lettre
patente du Roy de Phenicie. Il étoit dit:
dans cette lettre , que le Roy ne sçachant
que confusément la cause de cette guerre ,.
envoyoit Astrate pour défendre la Colo--
nie si les Rois de l'Isle lui vouloient ôter
l'établissement qu'on lui avoit accordé :
autrefois. Il lui donnoit en même temps
la place de Pheletés , qui n'étoit agréable :
ny aux Pheniciens ny aux Insulaires , et
joignoit à l'égard de ce dernier , un ordre
de lui faire son Procez , s'il avoit fait aux
Rois ses amis et ses alliez , quelque offen--
se capitale. Pheletés entendant ces paroles
, sort brusquement de la tente , et se
jette dans la Mer : après quoi la Ville de
Galiba fut rendue à ses légitimes posses--
seurs et la Paix. rétablie entre les deux
Peuples.
et désavoie au nom des
Mais avant que la conférence se romapît
, Cherés proposa aux deux Nations
Fy Pen
2178 MERCURE DE FRANCE
l'entreprise de faire le tour de l'Affrique
par son extrêmité méridionale. Ilinsinua
qu'il avoit sur ce sujet des connoissances
particulieres dont il ne pouvoit pas dire
la source. C'étoient les Notions Geographiques
que les Prêtres de Thebes lui
avoient données. Il demanda à chacun
des deux Peuples six grands Vaisseaux , et
quelques autres plus petits , qui leur por
teroient de ses nouvelles pendant sa course
, et qui rapporteroient les provisions
dont il auroit besoin. Le credit que
Cherés s'étoit acquis , et l'esperance d'un
commerce avantageux fit consentir l'Assemblée
à ce dessein. Cherés commence
icy à devenir Chef et Commandant et
l'on verra dans toute la suite , que la réputation
de sa vertu , de son intelligence
et de son courage le rendra le Maître dans
tous les lieux où il arrivera.
›
:
Le sixième livre contient encore la route
qu'il fait le premier par la pleine Mer à
Menuthias , aujourd'huy Madagascar . I}
soûmet sans effusion de sang les Sauvages
de cette Isle , qui n'avoient aucune
forme de gouvernement , par une conquête
qui les rend plus heureux qu'ils ne
Fétoient avant son arrivée : et il leur
donne pour maîtres sous des conditions:
équitables , les Rois de la Taprobane,
Cheréa
SEPTEMBRE 1731. 2179
Cherés est plus severe à l'égard des Antropophages
, qui possedoient sur les cô
tes orientales de l'Affrique , les mines de
Sophir , ou Ophir , sans connoître leurs
richesses. Mais leur coûtumé étoit de
manger les hommes que les tempêtes ou
les naufrages jettoient sur leurs côtes. Ils
parurent d'abord se soûmetrre à un vain
queur bien-faisant. Mais s'étant revoltez
ensuite , et ayant fait massacrer avant un
combat qu'ils livrerent à Cherés , tous les
prisonniers qu'ils destinoient à leurs nourritures
; le vainqueur fit mettre en croix
le long du rivage tous les chefs , et condamna
tous les habitans à ouvrir les mines,
dont il donna la possession aux Pheni--
ciens..Il n'oublia pas néanmoins de faire
à l'égard de ces Esclaves , des loix qui
changerent leur punition en un travail
reglé et suportable:
Ce fût là enfin que Cherés se disposa
à découvrir le passage de la mer orientale
à la mer occidentale de l'Affriques pas
sage que l'on avoit souhaitté jusqu'alors.
sans aucun espoir. L'Auteur entre par- là
dans le septiéme livre que nous renvoyons;
avec les trois suivans au mois prochain
Fermer
Résumé : Sethos, Histoire ou Vie, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Sethos, Histoire ou Vie tirée des Monumens anecdotiques de l'ancienne Egypte' a été traduit d'un manuscrit grec et publié à Paris en 1731 par les Frères Guerin. Il se compose de trois volumes in-12, chacun contenant plus de 400 pages, sans compter la préface, l'épître et les additions. Le nom de l'abbé Terrasson apparaît dans le privilège, mais pas à la tête du livre. L'histoire relate la vie de Sethos, fils d'Osoroth, roi de Memphis, et de la reine Nephté. Après la mort de Nephté, Sethos est élevé par Amedés, un gouverneur sage et vertueux. Le second volume décrit les académies de Memphis et les sciences qui ont rendu l'Égypte célèbre, soulignant l'importance des sciences pour les vertus humaines et civiles. La reine Daluca, nouvelle épouse d'Osoroth, cherche à éliminer Sethos pour favoriser ses propres enfants. Elle tente de discréditer les académies et de corrompre la cour. Amedés, pour protéger Sethos, décide de lui faire subir l'initiation, un processus exigeant des épreuves physiques et morales. Après son initiation, Sethos se consacre au service de l'humanité et entreprend des voyages utiles. Le cinquième volume relate une guerre entre le roi de Thèbes et le roi de Memphis, où Daluca tente de faire périr Sethos en nommant un général indigne. Sethos, malgré les trahisons, se distingue par son courage et son intelligence. Capturé et vendu comme esclave, Sethos se retrouve sur un navire phénicien sous le nom de Cherés. Il se distingue lors d'un combat naval et aide à résoudre un conflit entre les Phéniciens et les rois de la Taprobane. Il propose ensuite une expédition pour faire le tour de l'Afrique par son extrémité méridionale, utilisant les connaissances géographiques acquises auprès des prêtres de Thèbes. Le sixième volume décrit les aventures de Cherés en Afrique, où il soumet les habitants de Madagascar et des côtes orientales de l'Afrique, mettant fin à leurs pratiques anthropophages et établissant des lois équitables. Il découvre finalement le passage entre la mer orientale et la mer occidentale de l'Afrique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1812
p. 2179-2190
Oeuvres de M. Dufresni. [titre d'après la table]
Début :
OEUVRES de M. Charles Riviere du Fresni. A Paris, rue St. Jacques, chez [...]
Mots clefs :
Théâtre, Musique, Jardinage, Plaisir, Volupté, Libertinage, Peinture, Sculpture, Chansons, Imagination, Charles Dufresny
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Oeuvres de M. Dufresni. [titre d'après la table]
OEUVRES de M, Charles Riviere d
Fresnil A Paris , rue St. Jacques: che
Fvi Briase
2180 MERCURE DE FRANCE
Briasson , 1731. 6. vol. in 12. prix 15.
liv..relié.
On voit à la tête un Portrait fort ressemblant
de l'Auteur , gravé par François .
Jollain , d'après le Tableau original de M..
Ch. Coypel ; et dans un Avertissement de
37. pages , l'Editeur donne cette idée du
caractere de feu M. du Fresni .
-C
il
il ne
En donnant simplement l'essor à son
Imagination , naturellement tournée à la
gayeté et aux idées singulieres gagna
les bonnes graces du feu Roi , et se trouva
comblé de ses bienfaits , qui , joints à son
bien de patrimoine , rendirent bien -tôt sa
situation opulante ; mais son goût pour la
dépense , l'empêcha de la rendre solide.
Comme il étoit né sans ambition
désiroit les richesses que pour satisfaire
aux; commoditez de la vie , ( car il n'en
avoit pas encore connu les besoins ; ) il:
aimoit le plaisir comme volupté et non
comme libertinage ; une table délicate et
des amis choisis étoient les choses qui le
flattoient le plus . Il avoit reçu de la natu
re beaucoup de goût pour tous les Arts ;;
Peinture , Sculpture , Architecture , Jar
dinage , tous sembloient lui être familiers :
par les jugemens justes qu'il portoit de
leurs productions.
Outre le goût pour les Arts , il avoit
encore
SEPTEMBRE. 173 218
1
encore un talent naturel et particulier
pour la Musique et pour le Dessein ; quoi--
que les principes de l'un et de l'autre n'eussent
point fait partie de son éducation , ill
a néanmoins produit dans ces deux genres
des choses inimitables. Les airs de ses
chansons de caractere en sont une preuve
convainquante ; car il n'y a pas un de ces:
airs qui ne soit de sa composition : mais
ce que l'on ne peut transmettre , c'est l'intelligence
et le goût avec lesquels il les
chantoit. Il est vrai que la fecondité deson
genie lui en faisoit varier les chants
toutes les fois qu'on l'engageoit à les exe--
cuter ; ce qui souvent lui déplaisoit , etsur-
tout lorsqu'on le loiioit sur un talent:
qu'il regardoit comme fört inferieur aux:
autres. Il est cependant facheux qu'il nous
reste si peu de ses chansons , puisqu'il
convient lui -même dans un de ses Mercures
, d'en avoir fait plus de cent.
Il n'étoit pas moins surprenant du côté
du Dessein , que du côté de la Musique s
il n'avoit , il est vrai , aucune pratique du
crayon , du pinceau ni de la plume ; mais
il s'étoit fait à lui- même un équivalent de
tout cela , en prenant dans differentes Es
tampes des parties d'homme , d'animaux,.
de plantes ou d'arbres qu'il découpoit , et
dont il formoit un sujet dessiné seulement
dans;
T82 MERCURE DE FRANCE
dans son imagination ; il les disposoit et
les colloit les unes auprès des autres , selon
que le sujet le demandoit : il lui arrivoit
même de changer l'expression des
têtes , qui ne convenoit pas à son idée, en
supprimant les yeux , la bouche , le nez
et les autres parties du visage , et y en
fubstituant d'autres qui étoient propres à
exprimer la passion qu'il vouloit peindre ;
tant il étoit sûr du jeu de ces parties pour
Feffet qu'il en attendoit. Mais ce qu'il y a
d'étonnant , c'est que cet assemblage de
pieces rapportées , en apparence , au hazard
et sans esquisse , formoit un tout
agréable , dont l'incorrection de Dessein
n'étoit sensible qu'à des yeux connoise
seurs.
Quelques séduisans que fussent pour lui
ees deux talens , ils ne prévaloient pas au
goût dominant qu'il avoit pour l'art de
construire des Jardins. Il avoit pour cet
Art un genie singulier , mais nullement
susceptible de comparaison avec celui dés
grands hommes que nous avons eû , et
que nous avons encore dans ce genre. Dufreny
ne travailloit avec plaisir , et pour
ainsi dire , à l'aise , que sur un terrain irregulier
et inégal .. If lui falloit des obstar
cles à vaincre , et quand la nature ne lui
en fournissoit pas , il s'en donnoit luimême,
SEPTEMBRE. 173. 28
même ; c'est-à dire que d'un emplacement
regulier , et d'un terrain plat , il en faisoit
un montueux ; afin de varier , disoit
il , les objets en les multipliant , et se garantir
des vûës voisines , en leur oppo
sant des élevations de terre , qui servoient
en même temps de Belveders. Tels étoient
les jardins de Mignaux près Poissy ; es
tels sont encore ceux qu'ils a faits dans le
Faubourg S. Antoine , pendant les dix
dernieres années de sa vie , dont l'un est
connu sous le nom du Moulin , et l'autre
qu'il appelloit le chemin creux. Tout le
monde connoit aussi la maison et les jardins
de M. l'Abbé Pajot près de Vincennes
; par là on peut juger du goût et du
genie de Dufreny dans ce genre.
Louis XIV. ayant pris la résolution de
faire faire à Versailles des Jardins dont la
grandeur et la magnificence surpassassent
tout ce qu'on avoit vû et même imaginé
jusqu'alors , lui demanda des Desseins..
Dufreny en fit deux differens ; ce Prince
les examina et les compara avec ceux
qu'on lui avoit presentez ; Il en parut
content , et ne les refusa que par l'exces--
sive dépense dans laquelle l'exécution
l'auroit engagé . Ce Monarque qui aimoit
les Arts , et qui les avoit portez à leurplus
haut degré de perfection par les :
›
tecome
2184 MERCURE DE FRANCE
recompenses dont il prévenoit ceux qu'i
s'y distinguoient , accorda à Dufreny un
Brevet de Contrôleur de ses Jardins . Peu
de temps après il obtint encore de Sa Majesté
le Privilege d'une nouvelle Manufac
ture de grandes Glaces que l'on proposoit
d'établir , et dont le succès a passé de beau--
Coup ce qu'on en attendoit.
›
Si Dufreny avoit été capable de prévoir
l'avenir , il auroit senti la valeur du
don que le Roy lui avoit fait mais sa
maniere de penser ne lui läissoit jamais
imaginer le lendemain ; le present étoit
son seul point de vûë , et faisoit son bon-
Keur ou son malheur desorte que pressé
de satisfaire à quelques caprices, qui en lui:
étoient aussi, forts que des besoins , il ceda
le Privilege des Glaces pour une somme
assez modique , &c. M. Dufreny ayant
ensuite vendu sa charge et quitté la Cour,
se fixa à Paris , et les liaisons étroites qu'il!
eut avec Renard , Philosophe voluptueux
comme lui , et celebre Auteur comique
déveloperent les talens qu'ils avoient pour
le Theatre. La Comedie Italienne fleuris- _
soit alors ; et les Acteurs qui la compo
soient avoient surmonté les difficultezz
d'une langue étrangere. Leurs Pieces
étoient presque entierement françoises ;
d'etoit la mode de fréquenter ce Theatre ,
est
SEPTEMBRE. 173. 2185
et par conséquent les Auteurs y portoient
leurs ouvrages par préference.
Des Pieces sans regles et sans conduite
mais lucratives , convenoient parfaite
ment à Dufreny ; car, à dire vray , son genie
étoit plus propre à produire des Scenes.
détachées , qu'à bien conduire une Comedie.
En effet , n'auroit-il pas été étonnant ,
qu'un homme qui avoit eû si peu de conduite
dans le cours de sa vie , en eût mis
beaucoup dans ses Pieces de Theatre.
C'est aussi le seul défaut qu'on puisse
lui reprocher à cet égard. D'ailleurs on
y trouve des caracteres bien peints et bien
soutenus , un Dialogue juste et concis
un Comique pris dans la pensée , et rarement
jouant sur le mot ; des portraits ,
critiques sans être satyriques ; et dans
tout une vivacité de genie qui lui prom
pre. Tel on dépeint Dufreny dans ses ouvrages
,.
tel il étoit avec ses amis ; c'està-
dire , aimable sans médisance , et plai..
sant sans raillerie piquante ; aussi disoitil
; Qu'on est plus excusable de ne pas penser
juste , que de penser malignement.
Ce que j'ai dit à l'égard des Comedies.
de nôtre Auteur , poursuit l'Editeur , regarde
principalement celles qu'il a données
au Theatre François ; car il regnoit
sur celui des Italiens un goût de satyre et
d'équi
2186 MERCURE DE FRANCE
d'équivoque auquel il falloit nécessaire
ment se préter pour reüssir.
Après a suppression de leur Theatre ,
notre Auteur travailla pour celui des
François les Pieces qu'il y donna , n’eurent
pas tout le succès qu'il en esperoit ;
et il ne pouvoit compter de veritables
succès que ceux du double. Veuvage et de
P'Esprit de Contradiction ; encore cette der
niere qui passe pour un chef - d'oeuvre
dans son genre , eût- elle le sort de quel
ques -unes de nos anciennes Pieces , qui
font cependant aujourd'huy les délices
du Public
M. Dufreny avoit été marié deux fois.
Distrait par l'application involontaire de
son esprit à ses compositions qui le sui
voient par tout , il lui auroit été fort difficile
de se livrer aux soins d'une famille.
Il le sentoit bien ; et peut-être étoit - ce
pour s'en dispenser entierement qu'il
avoit imaginé d'avoir en même temps 3.
ou 4. logemens dans differens quartiers de
Paris ; et qu'il les quittoit dès qu'il soupçonnoit
d'y être connu de ceux avec les
quels il ne vouloit point avoir de commerce
, & c.
A sa mort , arrivée le 6. Octobre 1724.
en la 7 me. année de son âge , ses sentimans
de pieté et de resignation furent i
sin
SEPTEMBRE. 1731. 2187
sinceres , qu'il consentit, à la sollicitation
des deux enfans qu'il avoit eû de son premier
mariage , que l'on brûlât tous ses
ouvrages , le seul bien qui lui restoit alors .
C'étoit une seconde partie des Amusemens
serieux et comiques , les Vapeurs , Comedie
en un Acte , qu'il avoit lûës à tous ses
amis , et dont ils ne se rappellent le souvenir
qu'avec regret ; La Joueuse , qu'il
avoit mise en vers ; le Superstitieux , et le
Valet-Maître , Comedies en cinq Actes ,
presque finies , de même
que l'Epreuve
en trois Actes , avec des Intermedes qu'il
comptoit donner incessamment au Public.
Si jamais ouvrages de Theatre devoient
être épargnés , c'étoient ceux de notre
Auteur par la pureté des moeurs qui y regnoit
; mais ce zéle pour lequel le seul
nom de Comedie est un crime , et celui
de Theatre une profanation , en ordonna
autrement ; Scenes détachées , canevas da
Pieces , Refléxions , Ouvrages même de
ses mains ; tout fût mis en cendre , & c . >
On ne peut donc donner qu'un recueil
le plus complet qu'il a été possible de ses
oeuvres déja imprimées , mais , ou malimprimées
, ou devenuës rares ; on y a
ajoûté tout ce qu'on a jugé être de lui
dans les Mercures , comme Paralleles ,
Dissertations ou Examens critiques ,
›
His2188
MERCURE DE FRANCE
Historietes nouvelles et Chansons dong
on a toûjours désiré d'avoir une suite. I
est vrai que ce qui enrichir le plus cette
édition , ce sont trois Comedies , qui n'avoient
jamais été imprimées , et dont une
n'avoit pas encore été répresentée . Ces
trois Pieces sont la Malade sans maladie
La Joueuse , en Prose , et le faux Sincere.
On est redevable des deux premieres à
générosité des Comediens François ,
qui possedoient dans leur dépôt les seuls
Manuscrits qui existassent de ces deux
Pieces , et qui ont bien voulu les abandonner
à l'impression ; ils ont fait même
toutes les recherches possibles pour l'aug
menter encore de trois autres Pieces , intitulées
: Sancho Pansa en trois Actes ;
le Portrait , en un Acte , et les Dominos ,
aussi en un Acte ; mais malgré tous les
soins qu'ils se sont donnez , ils n'ont pû
les recouvrer , & c ..
>
>
La multiplicité d'avis differens , et la
facilité que M. Dufreny avoit à repro
duire lui faisoient presque toûjours
changer ses Pieces et les tourner de diffe
rentes façons , et souvent à leur désavantage.
C'est pour cette raison que M. de
M.... exigea de Dufreny , qu'il prit copie
de sonfaux Sincere , afin de la conserver
dans le meilleur état que ses amis .
ju+.
SEPTEMBRE . 1731. 2189
jugerent qu'il le pouvoit nettre : Jugement
que le Public a confirmé par l'accueil
favorable qu'il a fait à cette Comedie
Voilà ce que nous croyons pouvoir extraire
de cette Préface sur la vie , le caractere et les
Ouvrages defeu M. Dufreny. Voici le Cata-
Logue de ses Pieces , sçavoir , celles qui ont
été données au Theatre François.
Le Negligent. Prose , f . Actes.
Attendez- moy sous l'Orme. Prose , 1. Acte
Le Chevalier Joueur. 5. Actes . Prose .
La Nôce interrompuë. 1. Acte. Prose.
La Malade sans maladie. 5. Actes. Prose
L'esprit de contradiction. 1. Acte. Prose.
Le double Veuvage. 3. Actes. Prose.
Lefaux Honnête - Homme. 3. Actes . Prose
Le faux Instinct. 3. Actes. Prose.
Le Jaloux honteux. 5. Actes . Prose.
La Joueuse. 5. Actes . Prose.
Le Lot suposé. En Vers . 3. Actes.
La Réconciliation Normande. 5. Act. Vers
Le Dédit. 1. Acte . Vers.
Le Mariage fait et rompu. 3. Actes. Vers
Le faux Sincere. 5. Actes . Vers.
Comedies pour le Theatre Italien,
L'Opera de Campagne. 3. Actes.
L'union des deux Opera. Un Acté.
Les
2190 MERCURE DE FRANCE
Les Chinois. 4. Actes et un Prologue.
La Baguette de Vulcain . Un Acte .
Les Adieux des Officiers , ou Venus justifiée
. Un Acte.
Les Mal- Assortis . 2. Actes .
Le Départ des Comédiens. Un Acte.
Attendez- moi sous l'orme . Un Acte.
La Foire S. Germain. 3. Actes.
Les Momies d'Egypte. Un Acte.
Pasquin et Morphorio, Medecins des Moeurs.
3. Actes.
Les Fées , ou les Contes de ma Mere.
l'Oye. Un Acte.
Les 4. premiers Volumes contiennent les
Comédies joüées sur le Théatre François.
Le quatriéme Tome rempli par les
Amusemens serieux et comiques , Ouvrage
très- excellent et rrès - connu , puis
qu'il est traduit dans toutes les Langues
l'Europe.
Le Puits de la Verité. Histoire Gauloise.
Parallele d'Homere et de Rabelais.
Reflexions sur la Tragedie de Rhadamiste
et Zénobie.
Réponse Apologetique de l'Auteur du Mercure
Galant , au Mercure de Trévoux .
Le sixième Volume , de 300. pages sans
les Chansons notées , contient les Oenvres
diverses de Dufresny , &c.
Fresnil A Paris , rue St. Jacques: che
Fvi Briase
2180 MERCURE DE FRANCE
Briasson , 1731. 6. vol. in 12. prix 15.
liv..relié.
On voit à la tête un Portrait fort ressemblant
de l'Auteur , gravé par François .
Jollain , d'après le Tableau original de M..
Ch. Coypel ; et dans un Avertissement de
37. pages , l'Editeur donne cette idée du
caractere de feu M. du Fresni .
-C
il
il ne
En donnant simplement l'essor à son
Imagination , naturellement tournée à la
gayeté et aux idées singulieres gagna
les bonnes graces du feu Roi , et se trouva
comblé de ses bienfaits , qui , joints à son
bien de patrimoine , rendirent bien -tôt sa
situation opulante ; mais son goût pour la
dépense , l'empêcha de la rendre solide.
Comme il étoit né sans ambition
désiroit les richesses que pour satisfaire
aux; commoditez de la vie , ( car il n'en
avoit pas encore connu les besoins ; ) il:
aimoit le plaisir comme volupté et non
comme libertinage ; une table délicate et
des amis choisis étoient les choses qui le
flattoient le plus . Il avoit reçu de la natu
re beaucoup de goût pour tous les Arts ;;
Peinture , Sculpture , Architecture , Jar
dinage , tous sembloient lui être familiers :
par les jugemens justes qu'il portoit de
leurs productions.
Outre le goût pour les Arts , il avoit
encore
SEPTEMBRE. 173 218
1
encore un talent naturel et particulier
pour la Musique et pour le Dessein ; quoi--
que les principes de l'un et de l'autre n'eussent
point fait partie de son éducation , ill
a néanmoins produit dans ces deux genres
des choses inimitables. Les airs de ses
chansons de caractere en sont une preuve
convainquante ; car il n'y a pas un de ces:
airs qui ne soit de sa composition : mais
ce que l'on ne peut transmettre , c'est l'intelligence
et le goût avec lesquels il les
chantoit. Il est vrai que la fecondité deson
genie lui en faisoit varier les chants
toutes les fois qu'on l'engageoit à les exe--
cuter ; ce qui souvent lui déplaisoit , etsur-
tout lorsqu'on le loiioit sur un talent:
qu'il regardoit comme fört inferieur aux:
autres. Il est cependant facheux qu'il nous
reste si peu de ses chansons , puisqu'il
convient lui -même dans un de ses Mercures
, d'en avoir fait plus de cent.
Il n'étoit pas moins surprenant du côté
du Dessein , que du côté de la Musique s
il n'avoit , il est vrai , aucune pratique du
crayon , du pinceau ni de la plume ; mais
il s'étoit fait à lui- même un équivalent de
tout cela , en prenant dans differentes Es
tampes des parties d'homme , d'animaux,.
de plantes ou d'arbres qu'il découpoit , et
dont il formoit un sujet dessiné seulement
dans;
T82 MERCURE DE FRANCE
dans son imagination ; il les disposoit et
les colloit les unes auprès des autres , selon
que le sujet le demandoit : il lui arrivoit
même de changer l'expression des
têtes , qui ne convenoit pas à son idée, en
supprimant les yeux , la bouche , le nez
et les autres parties du visage , et y en
fubstituant d'autres qui étoient propres à
exprimer la passion qu'il vouloit peindre ;
tant il étoit sûr du jeu de ces parties pour
Feffet qu'il en attendoit. Mais ce qu'il y a
d'étonnant , c'est que cet assemblage de
pieces rapportées , en apparence , au hazard
et sans esquisse , formoit un tout
agréable , dont l'incorrection de Dessein
n'étoit sensible qu'à des yeux connoise
seurs.
Quelques séduisans que fussent pour lui
ees deux talens , ils ne prévaloient pas au
goût dominant qu'il avoit pour l'art de
construire des Jardins. Il avoit pour cet
Art un genie singulier , mais nullement
susceptible de comparaison avec celui dés
grands hommes que nous avons eû , et
que nous avons encore dans ce genre. Dufreny
ne travailloit avec plaisir , et pour
ainsi dire , à l'aise , que sur un terrain irregulier
et inégal .. If lui falloit des obstar
cles à vaincre , et quand la nature ne lui
en fournissoit pas , il s'en donnoit luimême,
SEPTEMBRE. 173. 28
même ; c'est-à dire que d'un emplacement
regulier , et d'un terrain plat , il en faisoit
un montueux ; afin de varier , disoit
il , les objets en les multipliant , et se garantir
des vûës voisines , en leur oppo
sant des élevations de terre , qui servoient
en même temps de Belveders. Tels étoient
les jardins de Mignaux près Poissy ; es
tels sont encore ceux qu'ils a faits dans le
Faubourg S. Antoine , pendant les dix
dernieres années de sa vie , dont l'un est
connu sous le nom du Moulin , et l'autre
qu'il appelloit le chemin creux. Tout le
monde connoit aussi la maison et les jardins
de M. l'Abbé Pajot près de Vincennes
; par là on peut juger du goût et du
genie de Dufreny dans ce genre.
Louis XIV. ayant pris la résolution de
faire faire à Versailles des Jardins dont la
grandeur et la magnificence surpassassent
tout ce qu'on avoit vû et même imaginé
jusqu'alors , lui demanda des Desseins..
Dufreny en fit deux differens ; ce Prince
les examina et les compara avec ceux
qu'on lui avoit presentez ; Il en parut
content , et ne les refusa que par l'exces--
sive dépense dans laquelle l'exécution
l'auroit engagé . Ce Monarque qui aimoit
les Arts , et qui les avoit portez à leurplus
haut degré de perfection par les :
›
tecome
2184 MERCURE DE FRANCE
recompenses dont il prévenoit ceux qu'i
s'y distinguoient , accorda à Dufreny un
Brevet de Contrôleur de ses Jardins . Peu
de temps après il obtint encore de Sa Majesté
le Privilege d'une nouvelle Manufac
ture de grandes Glaces que l'on proposoit
d'établir , et dont le succès a passé de beau--
Coup ce qu'on en attendoit.
›
Si Dufreny avoit été capable de prévoir
l'avenir , il auroit senti la valeur du
don que le Roy lui avoit fait mais sa
maniere de penser ne lui läissoit jamais
imaginer le lendemain ; le present étoit
son seul point de vûë , et faisoit son bon-
Keur ou son malheur desorte que pressé
de satisfaire à quelques caprices, qui en lui:
étoient aussi, forts que des besoins , il ceda
le Privilege des Glaces pour une somme
assez modique , &c. M. Dufreny ayant
ensuite vendu sa charge et quitté la Cour,
se fixa à Paris , et les liaisons étroites qu'il!
eut avec Renard , Philosophe voluptueux
comme lui , et celebre Auteur comique
déveloperent les talens qu'ils avoient pour
le Theatre. La Comedie Italienne fleuris- _
soit alors ; et les Acteurs qui la compo
soient avoient surmonté les difficultezz
d'une langue étrangere. Leurs Pieces
étoient presque entierement françoises ;
d'etoit la mode de fréquenter ce Theatre ,
est
SEPTEMBRE. 173. 2185
et par conséquent les Auteurs y portoient
leurs ouvrages par préference.
Des Pieces sans regles et sans conduite
mais lucratives , convenoient parfaite
ment à Dufreny ; car, à dire vray , son genie
étoit plus propre à produire des Scenes.
détachées , qu'à bien conduire une Comedie.
En effet , n'auroit-il pas été étonnant ,
qu'un homme qui avoit eû si peu de conduite
dans le cours de sa vie , en eût mis
beaucoup dans ses Pieces de Theatre.
C'est aussi le seul défaut qu'on puisse
lui reprocher à cet égard. D'ailleurs on
y trouve des caracteres bien peints et bien
soutenus , un Dialogue juste et concis
un Comique pris dans la pensée , et rarement
jouant sur le mot ; des portraits ,
critiques sans être satyriques ; et dans
tout une vivacité de genie qui lui prom
pre. Tel on dépeint Dufreny dans ses ouvrages
,.
tel il étoit avec ses amis ; c'està-
dire , aimable sans médisance , et plai..
sant sans raillerie piquante ; aussi disoitil
; Qu'on est plus excusable de ne pas penser
juste , que de penser malignement.
Ce que j'ai dit à l'égard des Comedies.
de nôtre Auteur , poursuit l'Editeur , regarde
principalement celles qu'il a données
au Theatre François ; car il regnoit
sur celui des Italiens un goût de satyre et
d'équi
2186 MERCURE DE FRANCE
d'équivoque auquel il falloit nécessaire
ment se préter pour reüssir.
Après a suppression de leur Theatre ,
notre Auteur travailla pour celui des
François les Pieces qu'il y donna , n’eurent
pas tout le succès qu'il en esperoit ;
et il ne pouvoit compter de veritables
succès que ceux du double. Veuvage et de
P'Esprit de Contradiction ; encore cette der
niere qui passe pour un chef - d'oeuvre
dans son genre , eût- elle le sort de quel
ques -unes de nos anciennes Pieces , qui
font cependant aujourd'huy les délices
du Public
M. Dufreny avoit été marié deux fois.
Distrait par l'application involontaire de
son esprit à ses compositions qui le sui
voient par tout , il lui auroit été fort difficile
de se livrer aux soins d'une famille.
Il le sentoit bien ; et peut-être étoit - ce
pour s'en dispenser entierement qu'il
avoit imaginé d'avoir en même temps 3.
ou 4. logemens dans differens quartiers de
Paris ; et qu'il les quittoit dès qu'il soupçonnoit
d'y être connu de ceux avec les
quels il ne vouloit point avoir de commerce
, & c.
A sa mort , arrivée le 6. Octobre 1724.
en la 7 me. année de son âge , ses sentimans
de pieté et de resignation furent i
sin
SEPTEMBRE. 1731. 2187
sinceres , qu'il consentit, à la sollicitation
des deux enfans qu'il avoit eû de son premier
mariage , que l'on brûlât tous ses
ouvrages , le seul bien qui lui restoit alors .
C'étoit une seconde partie des Amusemens
serieux et comiques , les Vapeurs , Comedie
en un Acte , qu'il avoit lûës à tous ses
amis , et dont ils ne se rappellent le souvenir
qu'avec regret ; La Joueuse , qu'il
avoit mise en vers ; le Superstitieux , et le
Valet-Maître , Comedies en cinq Actes ,
presque finies , de même
que l'Epreuve
en trois Actes , avec des Intermedes qu'il
comptoit donner incessamment au Public.
Si jamais ouvrages de Theatre devoient
être épargnés , c'étoient ceux de notre
Auteur par la pureté des moeurs qui y regnoit
; mais ce zéle pour lequel le seul
nom de Comedie est un crime , et celui
de Theatre une profanation , en ordonna
autrement ; Scenes détachées , canevas da
Pieces , Refléxions , Ouvrages même de
ses mains ; tout fût mis en cendre , & c . >
On ne peut donc donner qu'un recueil
le plus complet qu'il a été possible de ses
oeuvres déja imprimées , mais , ou malimprimées
, ou devenuës rares ; on y a
ajoûté tout ce qu'on a jugé être de lui
dans les Mercures , comme Paralleles ,
Dissertations ou Examens critiques ,
›
His2188
MERCURE DE FRANCE
Historietes nouvelles et Chansons dong
on a toûjours désiré d'avoir une suite. I
est vrai que ce qui enrichir le plus cette
édition , ce sont trois Comedies , qui n'avoient
jamais été imprimées , et dont une
n'avoit pas encore été répresentée . Ces
trois Pieces sont la Malade sans maladie
La Joueuse , en Prose , et le faux Sincere.
On est redevable des deux premieres à
générosité des Comediens François ,
qui possedoient dans leur dépôt les seuls
Manuscrits qui existassent de ces deux
Pieces , et qui ont bien voulu les abandonner
à l'impression ; ils ont fait même
toutes les recherches possibles pour l'aug
menter encore de trois autres Pieces , intitulées
: Sancho Pansa en trois Actes ;
le Portrait , en un Acte , et les Dominos ,
aussi en un Acte ; mais malgré tous les
soins qu'ils se sont donnez , ils n'ont pû
les recouvrer , & c ..
>
>
La multiplicité d'avis differens , et la
facilité que M. Dufreny avoit à repro
duire lui faisoient presque toûjours
changer ses Pieces et les tourner de diffe
rentes façons , et souvent à leur désavantage.
C'est pour cette raison que M. de
M.... exigea de Dufreny , qu'il prit copie
de sonfaux Sincere , afin de la conserver
dans le meilleur état que ses amis .
ju+.
SEPTEMBRE . 1731. 2189
jugerent qu'il le pouvoit nettre : Jugement
que le Public a confirmé par l'accueil
favorable qu'il a fait à cette Comedie
Voilà ce que nous croyons pouvoir extraire
de cette Préface sur la vie , le caractere et les
Ouvrages defeu M. Dufreny. Voici le Cata-
Logue de ses Pieces , sçavoir , celles qui ont
été données au Theatre François.
Le Negligent. Prose , f . Actes.
Attendez- moy sous l'Orme. Prose , 1. Acte
Le Chevalier Joueur. 5. Actes . Prose .
La Nôce interrompuë. 1. Acte. Prose.
La Malade sans maladie. 5. Actes. Prose
L'esprit de contradiction. 1. Acte. Prose.
Le double Veuvage. 3. Actes. Prose.
Lefaux Honnête - Homme. 3. Actes . Prose
Le faux Instinct. 3. Actes. Prose.
Le Jaloux honteux. 5. Actes . Prose.
La Joueuse. 5. Actes . Prose.
Le Lot suposé. En Vers . 3. Actes.
La Réconciliation Normande. 5. Act. Vers
Le Dédit. 1. Acte . Vers.
Le Mariage fait et rompu. 3. Actes. Vers
Le faux Sincere. 5. Actes . Vers.
Comedies pour le Theatre Italien,
L'Opera de Campagne. 3. Actes.
L'union des deux Opera. Un Acté.
Les
2190 MERCURE DE FRANCE
Les Chinois. 4. Actes et un Prologue.
La Baguette de Vulcain . Un Acte .
Les Adieux des Officiers , ou Venus justifiée
. Un Acte.
Les Mal- Assortis . 2. Actes .
Le Départ des Comédiens. Un Acte.
Attendez- moi sous l'orme . Un Acte.
La Foire S. Germain. 3. Actes.
Les Momies d'Egypte. Un Acte.
Pasquin et Morphorio, Medecins des Moeurs.
3. Actes.
Les Fées , ou les Contes de ma Mere.
l'Oye. Un Acte.
Les 4. premiers Volumes contiennent les
Comédies joüées sur le Théatre François.
Le quatriéme Tome rempli par les
Amusemens serieux et comiques , Ouvrage
très- excellent et rrès - connu , puis
qu'il est traduit dans toutes les Langues
l'Europe.
Le Puits de la Verité. Histoire Gauloise.
Parallele d'Homere et de Rabelais.
Reflexions sur la Tragedie de Rhadamiste
et Zénobie.
Réponse Apologetique de l'Auteur du Mercure
Galant , au Mercure de Trévoux .
Le sixième Volume , de 300. pages sans
les Chansons notées , contient les Oenvres
diverses de Dufresny , &c.
Fermer
Résumé : Oeuvres de M. Dufresni. [titre d'après la table]
Le texte présente les œuvres de Charles Riviere Dufreny, publiées à Paris en 1731. L'ouvrage se compose de six volumes in-12, reliés, et inclut un portrait de l'auteur gravé par François Jollain d'après un tableau de Charles Coypel. Dufreny est décrit comme un homme à l'imagination vive et aux idées singulières, favori du roi Louis XIV, qui lui accorda de nombreux bienfaits. Il avait un goût prononcé pour les arts, notamment la peinture, la sculpture, l'architecture et le jardinage. Bien qu'il n'ait jamais reçu de formation formelle, Dufreny possédait un talent naturel pour la musique et le dessin. Ses chansons et compositions musicales étaient très appréciées. En jardinage, Dufreny préférait les terrains irréguliers et inégaux, créant des jardins variés et pittoresques. Louis XIV lui confia des projets pour les jardins de Versailles et lui accorda des privilèges, comme celui de contrôler les jardins royaux et d'établir une manufacture de grandes glaces. Cependant, Dufreny vendit ce privilège pour satisfaire ses caprices. Il se consacra ensuite au théâtre, écrivant des pièces pour la Comédie Italienne et la Comédie Française. Ses œuvres théâtrales étaient caractérisées par des scènes détachées et un comique subtil. Dufreny fut marié deux fois et eut des enfants de son premier mariage. À sa mort en 1724, il demanda que ses œuvres soient brûlées, mais certaines furent sauvées et publiées. Le texte liste également plusieurs de ses œuvres littéraires, telles que 'Le Puits de la Vérité. Histoire Gauloise', 'Parallèle d'Homère et de Rabelais', 'Réflexions sur la Tragédie de Rhadamiste et Zénobie', et 'Réponse Apologétique de l'Auteur du Mercure Galant, au Mercure de Trévoux'. Un sixième volume contient diverses œuvres de Dufreny, totalisant 300 pages sans compter les chansons notées. Une de ses œuvres est particulièrement excellente et connue, traduite dans toutes les langues d'Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1813
p. 2191-2193
Portrait de Mlle d'Angeville. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu, imprimé in 4. un Poëme de M. Fuzelier, d'environ 200. [...]
Mots clefs :
Portrait, Comédienne, Friponne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Portrait de Mlle d'Angeville. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu , imprimé in 4.
un Poëme de M. Fuzelier , d'environ 200.
Vers, sous le titre de Portrait de Mlle Marie-
Anne d'Angeville. Les Talens et les
Graces de cette jeune Comedienne de la
Troupe du Roy , y sont celebrez avec
beaucoup de finesse , d'agrément et de
feu. En voicy quelques fragmens.
S'il n'étoit question que de tracer l'Image ; Il
De ces traits qui ne sont que beaux ,
On verroit triompher nos Appelles nouveaux ;
Mais rendre des traits fins , c'est un Apprentissage,
Pour les plus habiles Pinceaux .
Or , D'ANGEVILLE porte une certaine Mine
Friponne , Ironique , Lutine ,
Faite exprés pour désesperer
Le plus tranquile esprit , le coeur le plus rebelle.
En formant ce joli Modelle ,
La Nature jalouse a voulu nous montrer
Que le Galand VATEAU n'en sçavoit pas tant
qu'elle &c.
Pour la peindre groupons les Ris avec les Jeux ?
Avec choix dispersés pour seconder ses voeux
Les uns forment sa Cour , les autres sa Toillette ;
Et comme ils sont badins ; Bouquet , Panier ,
Cornette >
Tout est amusement pour eux :
Inspirés
*192 MERCURE DE FRANCE
Inspirés par leur goût faǹtasque ,
L'unpour se déguiser ne saisissant qu'un Masque
Epouvante un Couple ingenu ,
Que comiqnement il houspille ;
Tous deux sur leur gentil Corps nu
N'ont pour tout ornement , l'un qu'un galand
Fichu ,
L'autre qu'un riche Mantille :
Celui-là préferant l'attirail d'un Cadet ,
Un Manteau sur le Nés , arbore le Plumet , &C.
Jeune Prodige , ainsi paroissés sur la Scene
Soit en fille , soit en garçon ,
Des Coeurs que surprend votre chaine
L'Amour fait égale Moisson ;
C'en est trop : devez vous faire des Infidelles
Parmi nos Guerriers et nos Belles ,
Et vexer tour à tour la Veuve et l'Orphelin #
Décidés vos attraits ; optés un genre
Repentés- vous d'être Complice
enfin;
De tous les Larcins de Paphos ;
Laissés du moins , Charmante Actrice ,
L'un des deux Sexes en repos &c,
Mais l'Inscription manque : autre écueil pour me
veine :
C'est ici que souvent on a vu perdre haleine
Aux Poëtes les plus vantés.
D'ANGEVILLE , Actrice touchante ,
Fasse Apollon que je vous chante
Sur
SEPTEMBRE
1731. 2193
7.
Sur le ton que vous merités !
C'est demander beaucoup : les neuf Soeurs immortelles
,
Accordent rarement ce feu vif et serein ,
Qui doit éclairer un Quatrain :
Plus d'un Auteur pourroit en dire des nouvelles ,
Et sur plus d'une Estampe , avec droit condamné,
Nous prouver par ses Vers que les doctes Pu
celles ,
De ce feu précieux ne l'ont pas guerdoné.
Etre mal loué donc est assez en usage ;
Tel cas ( quoique par fois ce ne soit grand dom→
mage )
Est fréquent dans les Cours ; & , même dans les
Cieux ,
On n'est pas à couvert de ce fade langage ;
Le Dieu qu'on prise davantage ;
N'est pas toujours celui qu'on encense le mieux.
INSCRIPTION.
Pour former D'ANGEVILLE , au Théatre François
, •
A Thalie on l'offrit ; et ce don sçut lui plaire:
Mais elle dit , ceci n'a besoin de mes Loix ,
La Nature a tout fait , l'Art n'a plus rien à faire.
un Poëme de M. Fuzelier , d'environ 200.
Vers, sous le titre de Portrait de Mlle Marie-
Anne d'Angeville. Les Talens et les
Graces de cette jeune Comedienne de la
Troupe du Roy , y sont celebrez avec
beaucoup de finesse , d'agrément et de
feu. En voicy quelques fragmens.
S'il n'étoit question que de tracer l'Image ; Il
De ces traits qui ne sont que beaux ,
On verroit triompher nos Appelles nouveaux ;
Mais rendre des traits fins , c'est un Apprentissage,
Pour les plus habiles Pinceaux .
Or , D'ANGEVILLE porte une certaine Mine
Friponne , Ironique , Lutine ,
Faite exprés pour désesperer
Le plus tranquile esprit , le coeur le plus rebelle.
En formant ce joli Modelle ,
La Nature jalouse a voulu nous montrer
Que le Galand VATEAU n'en sçavoit pas tant
qu'elle &c.
Pour la peindre groupons les Ris avec les Jeux ?
Avec choix dispersés pour seconder ses voeux
Les uns forment sa Cour , les autres sa Toillette ;
Et comme ils sont badins ; Bouquet , Panier ,
Cornette >
Tout est amusement pour eux :
Inspirés
*192 MERCURE DE FRANCE
Inspirés par leur goût faǹtasque ,
L'unpour se déguiser ne saisissant qu'un Masque
Epouvante un Couple ingenu ,
Que comiqnement il houspille ;
Tous deux sur leur gentil Corps nu
N'ont pour tout ornement , l'un qu'un galand
Fichu ,
L'autre qu'un riche Mantille :
Celui-là préferant l'attirail d'un Cadet ,
Un Manteau sur le Nés , arbore le Plumet , &C.
Jeune Prodige , ainsi paroissés sur la Scene
Soit en fille , soit en garçon ,
Des Coeurs que surprend votre chaine
L'Amour fait égale Moisson ;
C'en est trop : devez vous faire des Infidelles
Parmi nos Guerriers et nos Belles ,
Et vexer tour à tour la Veuve et l'Orphelin #
Décidés vos attraits ; optés un genre
Repentés- vous d'être Complice
enfin;
De tous les Larcins de Paphos ;
Laissés du moins , Charmante Actrice ,
L'un des deux Sexes en repos &c,
Mais l'Inscription manque : autre écueil pour me
veine :
C'est ici que souvent on a vu perdre haleine
Aux Poëtes les plus vantés.
D'ANGEVILLE , Actrice touchante ,
Fasse Apollon que je vous chante
Sur
SEPTEMBRE
1731. 2193
7.
Sur le ton que vous merités !
C'est demander beaucoup : les neuf Soeurs immortelles
,
Accordent rarement ce feu vif et serein ,
Qui doit éclairer un Quatrain :
Plus d'un Auteur pourroit en dire des nouvelles ,
Et sur plus d'une Estampe , avec droit condamné,
Nous prouver par ses Vers que les doctes Pu
celles ,
De ce feu précieux ne l'ont pas guerdoné.
Etre mal loué donc est assez en usage ;
Tel cas ( quoique par fois ce ne soit grand dom→
mage )
Est fréquent dans les Cours ; & , même dans les
Cieux ,
On n'est pas à couvert de ce fade langage ;
Le Dieu qu'on prise davantage ;
N'est pas toujours celui qu'on encense le mieux.
INSCRIPTION.
Pour former D'ANGEVILLE , au Théatre François
, •
A Thalie on l'offrit ; et ce don sçut lui plaire:
Mais elle dit , ceci n'a besoin de mes Loix ,
La Nature a tout fait , l'Art n'a plus rien à faire.
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Résumé : Portrait de Mlle d'Angeville. [titre d'après la table]
Le texte présente un poème de M. Fuzelier intitulé 'Portrait de Mlle Marie-Anne d'Angeville', récemment publié en format in-4. Ce poème, composé d'environ 200 vers, célèbre les talents et les grâces de Marie-Anne d'Angeville, une jeune comédienne de la Troupe du Roy. Il met en lumière la finesse, l'agrément et l'énergie avec lesquels les qualités de l'actrice sont décrites. D'Angeville est décrite comme ayant une mine friponne, ironique et lutine, capable de désarçonner même les esprits les plus tranquilles. Le poème évoque divers aspects de sa vie et de son jeu sur scène, où elle excelle aussi bien dans les rôles féminins que masculins. Il souligne également les risques et les défis auxquels les poètes sont confrontés lorsqu'ils tentent de décrire des acteurs talentueux. Le texte se termine par une réflexion sur la difficulté de bien louer quelqu'un et sur le fait que même les dieux ne sont pas à l'abri des critiques. L'inscription finale souligne que la nature a doté d'Angeville de tous les talents nécessaires, rendant l'art superflu.
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1814
p. 2193-2195
Monumens de la Monarchie Françoise. [titre d'après la table]
Début :
On débite chez Pierre Giffart et Jul. Michel Gandoüin, le III. Tome des Monumens de la [...]
Mots clefs :
Monarchie française, Règne, Cortège du roi, Officiers, Anglais
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texteReconnaissance textuelle : Monumens de la Monarchie Françoise. [titre d'après la table]
On débite chez Pierre Giffart et Jul. Miehel
Gandoüin le III. Tome des Monumens de la
Monarchie Françoise, par Don Bernard de Monfaucon.
Ce Volume contient les Histoires de
Charles
2194 MERCURE DE FRANCE
Charles V , de Charles VI , de Charles VII , er
de Louis XI. Les monumens du premier Regne
presentent des Chasses , des Prestations de serment
, le Cortege du Roy à la campagne , deş
Assemblées devant le Roy , où se trouvoient le
Chancelier et les autres Officiers , le Duel fameux
d'un Gentilhomme Assassin et d'un Chien , en
presence de toute la Cour , dans un Amphitheatre
, & c.
On voit sous le Regne suivant le Sacre du Roi
les douze Pairs de France qui y assisterent , la
bataille de Rosebec et d'autres les habillemens
du tems , &c.
;
Sous Charles VII . l'Entrée triomphante de ce
Prince dans Paris , d'où son armée avoit chassé
les Anglois , et de même dans les Villes de Rouen
et de Caën ; la Bastille de bois , faite par les Anglois
devant Dieppe , l'attaque de cette Bastille
par le Dauphin Louis l'Artillerie de ce temslà
, &c. On apprend sous le même Regne , dans
un écrit de l'Historien Berry , Roy d'Armes ,
imprimé dans ce Volume pour la premiere fois
et accompagné de figures la maniere dont les
Princes et les Seigneurs devoient paroître à
cheval.
>
Le Regne de Louis XI . montre en Peinture
originale la Création de l'Ordre de S. Michel ,
les Portraits de presque tous les Princes et Seigneurs
de ce tems , et , ce qui est encore plus
remarquable , un Parlement de Charles Duc de
Bourgogne où sont écrits les noms de tous
ceux qui le composent , &c. Dans le corps de
l'Histoire , l'Auteur s'est particulierement attaché
à produire certains faits interressants , et des
circonstances curieuses , qui ne se trouvent que
dans les Originaux.
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2195
Le quatriéme Volume des Veillées de Thessa
le , paroît chez J. Fr. Josse , ruë S. Jacques .
Gandoüin le III. Tome des Monumens de la
Monarchie Françoise, par Don Bernard de Monfaucon.
Ce Volume contient les Histoires de
Charles
2194 MERCURE DE FRANCE
Charles V , de Charles VI , de Charles VII , er
de Louis XI. Les monumens du premier Regne
presentent des Chasses , des Prestations de serment
, le Cortege du Roy à la campagne , deş
Assemblées devant le Roy , où se trouvoient le
Chancelier et les autres Officiers , le Duel fameux
d'un Gentilhomme Assassin et d'un Chien , en
presence de toute la Cour , dans un Amphitheatre
, & c.
On voit sous le Regne suivant le Sacre du Roi
les douze Pairs de France qui y assisterent , la
bataille de Rosebec et d'autres les habillemens
du tems , &c.
;
Sous Charles VII . l'Entrée triomphante de ce
Prince dans Paris , d'où son armée avoit chassé
les Anglois , et de même dans les Villes de Rouen
et de Caën ; la Bastille de bois , faite par les Anglois
devant Dieppe , l'attaque de cette Bastille
par le Dauphin Louis l'Artillerie de ce temslà
, &c. On apprend sous le même Regne , dans
un écrit de l'Historien Berry , Roy d'Armes ,
imprimé dans ce Volume pour la premiere fois
et accompagné de figures la maniere dont les
Princes et les Seigneurs devoient paroître à
cheval.
>
Le Regne de Louis XI . montre en Peinture
originale la Création de l'Ordre de S. Michel ,
les Portraits de presque tous les Princes et Seigneurs
de ce tems , et , ce qui est encore plus
remarquable , un Parlement de Charles Duc de
Bourgogne où sont écrits les noms de tous
ceux qui le composent , &c. Dans le corps de
l'Histoire , l'Auteur s'est particulierement attaché
à produire certains faits interressants , et des
circonstances curieuses , qui ne se trouvent que
dans les Originaux.
Le
SEPTEMBRE. 1731. 2195
Le quatriéme Volume des Veillées de Thessa
le , paroît chez J. Fr. Josse , ruë S. Jacques .
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Résumé : Monumens de la Monarchie Françoise. [titre d'après la table]
Le troisième tome des 'Monumens de la Monarchie Françoise' de Don Bernard de Monfaucon est désormais disponible chez Pierre Giffart et Jul. Michel. Ce volume traite des règnes de Charles V, Charles VI, Charles VII et Louis XI. Il présente des illustrations et descriptions variées, telles que des chasses, des prestations de serment, des cortèges royaux et des assemblées devant le roi sous Charles V. Le règne de Charles VI est marqué par son sacre, la bataille de Rosebec et les habits de l'époque. Sous Charles VII, le livre détaille l'entrée triomphante du roi à Paris, Rouen et Caen, ainsi que des événements militaires comme l'attaque d'une bastille de bois par le dauphin Louis. Le règne de Louis XI est illustré par la création de l'Ordre de Saint-Michel, des portraits de princes et seigneurs, et un parlement de Charles Duc de Bourgogne. L'auteur a inclus des faits et des circonstances curieuses tirés des originaux.
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1815
p. 2195-2196
Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
Début :
On nous a prié d'avertir le Public, que quelques Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
On nous a prié d'avertir le Public , que quelques
Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie
du fameux Guillaume Postel. Ils prient les Personnes
qui peuvent avoir des Lettres des Mémoires
ou autres Instructions qui puissent
éclaircir l'Histoire de ce sçavant Normand , et
celle de ses ouvrages , de vouloir bien en donner
avis par la Poste , ou autrement au Sieur Charles
Rouan , Libraire àParis , Quay des Augustins ,
à l'Image S. Christophe.
>
Nous ne doutons pas que les Auteurs de cette
entreprise n'ayent vu tout ce que le P. Niceron
a rapporté touchant G. Postel dans le VIII.
Tome de ses Mémoires , et qu'ils ne trouvent
à éclaircir et à rectifier plusieurs choses dans le
long Article qui concerne ce Sçavant dont il
s'agit. Nous croyons toûjours qu'il y a une
faute dans le Catalogue de ses Ouvrages , art. f .
au sujet du Livre intitulé : De Magistratibus
Atheniensium Liber Basilea 1543. L'Editeur
des Mémoires ajoûte que cet Ouvrage a été imprimé
plusieurs fois depuis cette premiere édition
et qu'il a paru à Lipsic en 1591. in 8.
avec les Notes de Jean- Frederic Stekelins. C'est
en 1691. que ce Livre a été réimprimé. Le II.
vol. des supplements du Journal de Lipsic en fait
foy. sect. VII . page 350..
Tous les Ouvrages de Postel , compris dans le
Catalogue du Pere N. sont imprimez dans le
XVI. siecle à la reserve d'un seul , et c'est
ce qui a pû induire en erreur au sujet de celui dont
on vient de parler.
>
Gij Lo
2196 MERCURE DE FRANCE
Le Samedy 1. Septembre , l'Académie Royale
des Sciences élût Mr. Camus , de la Compagnie ,
et Mr. Bouguier , Professeur d'hydrographie au
Hâvre , pour remplir la place d'Associé Géovacante
par l'élevation metre de Mr. de Mau¬
pertuis , à celle de Pensionaire.
>
Le même jour , l'Académie élût Mr. Morgagny
,
celebre Anatomiste d'Italie et Mr.
Herman , fameux Géometre Allemand , pour
remplir la place d'Associé étranger vacante
la mort de Mr. Sthal , mort depuis peu. par
>
Le Mercredy 5 , le Comte de Maurepas donna
avis que le Roy avoit choisi Mrs. Bouguier er
Morgagny pour remplir ces deux places .
Gens de Lettres ont entrepris d'écrire la vie
du fameux Guillaume Postel. Ils prient les Personnes
qui peuvent avoir des Lettres des Mémoires
ou autres Instructions qui puissent
éclaircir l'Histoire de ce sçavant Normand , et
celle de ses ouvrages , de vouloir bien en donner
avis par la Poste , ou autrement au Sieur Charles
Rouan , Libraire àParis , Quay des Augustins ,
à l'Image S. Christophe.
>
Nous ne doutons pas que les Auteurs de cette
entreprise n'ayent vu tout ce que le P. Niceron
a rapporté touchant G. Postel dans le VIII.
Tome de ses Mémoires , et qu'ils ne trouvent
à éclaircir et à rectifier plusieurs choses dans le
long Article qui concerne ce Sçavant dont il
s'agit. Nous croyons toûjours qu'il y a une
faute dans le Catalogue de ses Ouvrages , art. f .
au sujet du Livre intitulé : De Magistratibus
Atheniensium Liber Basilea 1543. L'Editeur
des Mémoires ajoûte que cet Ouvrage a été imprimé
plusieurs fois depuis cette premiere édition
et qu'il a paru à Lipsic en 1591. in 8.
avec les Notes de Jean- Frederic Stekelins. C'est
en 1691. que ce Livre a été réimprimé. Le II.
vol. des supplements du Journal de Lipsic en fait
foy. sect. VII . page 350..
Tous les Ouvrages de Postel , compris dans le
Catalogue du Pere N. sont imprimez dans le
XVI. siecle à la reserve d'un seul , et c'est
ce qui a pû induire en erreur au sujet de celui dont
on vient de parler.
>
Gij Lo
2196 MERCURE DE FRANCE
Le Samedy 1. Septembre , l'Académie Royale
des Sciences élût Mr. Camus , de la Compagnie ,
et Mr. Bouguier , Professeur d'hydrographie au
Hâvre , pour remplir la place d'Associé Géovacante
par l'élevation metre de Mr. de Mau¬
pertuis , à celle de Pensionaire.
>
Le même jour , l'Académie élût Mr. Morgagny
,
celebre Anatomiste d'Italie et Mr.
Herman , fameux Géometre Allemand , pour
remplir la place d'Associé étranger vacante
la mort de Mr. Sthal , mort depuis peu. par
>
Le Mercredy 5 , le Comte de Maurepas donna
avis que le Roy avoit choisi Mrs. Bouguier er
Morgagny pour remplir ces deux places .
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Résumé : Vie de Guillaume Postel. [titre d'après la table]
Un groupe d'érudits entreprend de rédiger la biographie de Guillaume Postel, savant normand. Ils demandent au public de fournir des informations et des mémoires à transmettre au libraire Charles Rouan à Paris. Les auteurs sont conscients des travaux du Père Niceron sur Postel, mais cherchent à corriger certaines erreurs, notamment dans le catalogue des œuvres de Postel. Ils signalent une erreur concernant le livre 'De Magistratibus Atheniensium Liber', imprimé pour la première fois à Bâle en 1543 et réimprimé à Leipzig en 1591 et 1691. La plupart des ouvrages de Postel ont été imprimés au XVIe siècle. Par ailleurs, des élections ont eu lieu à l'Académie Royale des Sciences : le 1er septembre, Mr. Camus et Mr. Bouguier ont été élus pour remplacer Mr. de Maupertuis, et Mr. Morgagni et Mr. Herman pour succéder à Mr. Stahl. Le 5 septembre, le Comte de Maurepas a confirmé le choix du roi pour les places de Mr. Bouguier et Mr. Morgagni.
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1816
p. 2196-2198
PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
Début :
L'ACADÉMIE ayant été obligée de reserver le prix de cette année ; Elle en propose deux [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts, Bordeaux, Marseille, Dissertations , Paquets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
PROGRAME de l'Académie Royale
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
des Belles Lettres , Sciences et Aris , établie
à Bordeaux.
'ACADEMIE ayant été obligée de reserver
Lile prix de cette année Elle en propose
;
deux
aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribucz
le vingt- cinq d'Août 1732 .
Elle destine un de ces Prix à celui qui expliquera
avec le plus de probabilité la question suiyante
; S'il y a un Magnetisme dans les Corps ,
quelle en est la cause , et quelles en sont les
Loix.
Elle destine l'autre à celui qui donnera l'explication
la plus protable du mouvement de la Seve
dans les Plantes , et les Loix de ce mouvement.
Il sera libre d'envoyer les Dissertations en
François ou en Latin : on demande qu'elles
soient écrites en caracteres lisibles ; elles ne se„
tont reçues pour le concours que jusqu'au premier
May prochain inclusivement.
An
SEPTEMBRE 1731. 2797
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
et l'Auteur mettra dans un Billet separé
et cacheté la même Sentence avec son nom
>
et son adresse .
>
Les Paquets seront affranchis , et adresser
à M. Sarray , Secretaire de l'Académie , ruë
de Gourgues , ou au Sieur Brun , Imprimeur
de l'Académie , ruë S. Jâmes.
s'est
On avertit les Sçavans , que l'Académie n'a pas
distribué le Prix cette année , parce que la Dissertation
à qui elle auroit pu l'adjuger
trouvée trop conforme à l'explication du Son
donnée par Mr. CROUSAS dans son Traité
du Beau.
›
A Bordeaux , ce 25. Août 1731J
Le sujet que l'Académie des Belles Lettres de
Marseille propose cette année pour le Prix , est
que Adversité n'abbat que ceux que la
Prosperité avoit aveuglés , selon ces paroles
de Seneque , consol . Ad Helv. Neminem adversa
fortuna comminuit nisi quem secunda décepit.
Il faut que l'Ouvrage soit en Prose , d'une demiheure
de lecture au plus , et d'un quart -d'heure
au moins on envoyera les Paquets à Mr. de
Chalamont de la Visclede , Secretaire perpetuel
de l'Académie , en les affranchissant , sans quoi
ils ne seront point retirez . On cachera le nom
de l'Auteur tant au Public " qu'au Sieur de la
Visclede , en lui envoyant les Ouvrages ; ils ne
seront reçûs que jusqu'au premier Decembre inclusivement.
Le prix sera adjugé à l'ordinaire ,
le premier Mercredy après la Quasimodo. Les
G iij Au-
>
2198 MERCURE DE FRANCE
Auteurs envoyeront , s'ils veulent , une adresse à
laquelle Mr. de la Visclede envoyera son récepissé
, et celui qui aura remporté le Prix , n'aura
qu'à envoyer le récepissé à quelqu'un qui reside
Marseille , auquel on remettra le Prix à la
vûë de ce récepissé .
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Résumé : PROGRAME de l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts, établie à Bordeaux.
En 1732, l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a annoncé deux prix. Le premier récompense l'explication du magnétisme dans les corps, sa cause et ses lois. Le second concerne le mouvement de la sève dans les plantes et ses lois. Les dissertations, en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1731. Les auteurs doivent inclure une sentence en bas de leur dissertation et envoyer cette même sentence avec leur nom et adresse dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarray ou au Sieur Brun. L'Académie de Marseille propose également un prix pour une dissertation sur le thème 'Adversité n'abat que ceux que la Prosperité avait aveuglés' de Sénèque. L'ouvrage, en prose et d'une durée de lecture entre un quart d'heure et une demi-heure, doit être soumis avant le 1er décembre. Les paquets doivent être adressés à M. de Chalamont de la Visclede, secrétaire perpétuel de l'Académie, et doivent être affranchis. Les noms des auteurs doivent rester cachés. Le prix sera attribué le premier mercredi après la Quasimodo.
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1817
p. 2198-2199
Difficulté Historique sur la Ville d'Evreux. [titre d'après la table]
Début :
DIFFICULTÉ Historique sur la Ville d'Evreux ; Extrait d'une Lettre écrite d'Evreux, le [...]
Mots clefs :
Normandie, Histoire manuscrite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Difficulté Historique sur la Ville d'Evreux. [titre d'après la table]
DIFFICULTE' Historique sur la Ville d'E.
vreux ; Extrait d'une Lettre écrite d'Evreux , le
premier Juillet 1731 .
J'ay , Monsieur
une difficulté
que je vous
prie de m'éclaircir
, ou de me faire éclaircir. Elle
regarde
l'ancien
nom d'Evreux
. Selon M. le
Brasseur
dans son Histoire
manuscrite
de Normandie
, c'étoit Mediolanum
ou Mediolanium
Aulercorum
; mais depuis qu'on a divisé les
Aulerques
en Eburovices
, Cenomans
et Diablin¬
tres , Evreux fût nommé
Mediolanum
Eburovicum
en François Evreux , d'où l'on a fait
dans la suite pat corruption Ebroica , Ebroica ,
Ebroa. On appelloit Evreux Mediolanum Eburovicum
, comme ceux de Saintes , Mediolanum
Sancionum .
2- M. le Brasseur dans son Histoire d'Evreux
fait une Remarque qui me paroît frivole ; il
prétend que le nom Mediolauum ou Mediolanium
se donnoit autrefois à la Capitale de tout
un Pays : Cependant je ne connois que trois Villes
qui portent ce nom Milan , Mediolanum Insubrium
, Saintes , Mediolanum Sanetonum , et
Evreux Mediolanum Eburovicum. Si cette déno .
mination avoit été la dénomination ordinaire
> d'une Ville Capitale on en verroit une infinité
qui porteroient ce même nom ; si Meun sur
Yeure étoit une Capitale , il serviroit à autoriser
lc
SEPTEMBRE . 1731. 2199
le sentiment de M. le Brasseur ; Mais par malheur
il ne l'est pas. Armoris , 1. 3. c. 49. l'appelle
Castrum Mediolanense , sed Biturigi , dit
ce Moine , Apud Castrum Mediolanense quod
nunc Magdunum dicitur quindecim armatorum
millia desiderio duci opponentes cum eo conflixere
: faites attention , je vous prie , à cette diffic
culté , et donnez - en communication aux Experts
par la voye du Mercure , afin d'en avoir la réso
lution , &e.
vreux ; Extrait d'une Lettre écrite d'Evreux , le
premier Juillet 1731 .
J'ay , Monsieur
une difficulté
que je vous
prie de m'éclaircir
, ou de me faire éclaircir. Elle
regarde
l'ancien
nom d'Evreux
. Selon M. le
Brasseur
dans son Histoire
manuscrite
de Normandie
, c'étoit Mediolanum
ou Mediolanium
Aulercorum
; mais depuis qu'on a divisé les
Aulerques
en Eburovices
, Cenomans
et Diablin¬
tres , Evreux fût nommé
Mediolanum
Eburovicum
en François Evreux , d'où l'on a fait
dans la suite pat corruption Ebroica , Ebroica ,
Ebroa. On appelloit Evreux Mediolanum Eburovicum
, comme ceux de Saintes , Mediolanum
Sancionum .
2- M. le Brasseur dans son Histoire d'Evreux
fait une Remarque qui me paroît frivole ; il
prétend que le nom Mediolauum ou Mediolanium
se donnoit autrefois à la Capitale de tout
un Pays : Cependant je ne connois que trois Villes
qui portent ce nom Milan , Mediolanum Insubrium
, Saintes , Mediolanum Sanetonum , et
Evreux Mediolanum Eburovicum. Si cette déno .
mination avoit été la dénomination ordinaire
> d'une Ville Capitale on en verroit une infinité
qui porteroient ce même nom ; si Meun sur
Yeure étoit une Capitale , il serviroit à autoriser
lc
SEPTEMBRE . 1731. 2199
le sentiment de M. le Brasseur ; Mais par malheur
il ne l'est pas. Armoris , 1. 3. c. 49. l'appelle
Castrum Mediolanense , sed Biturigi , dit
ce Moine , Apud Castrum Mediolanense quod
nunc Magdunum dicitur quindecim armatorum
millia desiderio duci opponentes cum eo conflixere
: faites attention , je vous prie , à cette diffic
culté , et donnez - en communication aux Experts
par la voye du Mercure , afin d'en avoir la réso
lution , &e.
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Résumé : Difficulté Historique sur la Ville d'Evreux. [titre d'après la table]
Le 1er juillet 1731, une lettre discute de l'ancien nom de la ville d'Évreux. L'auteur mentionne que, selon M. le Brasseur, Évreux était initialement nommé Mediolanum ou Mediolanium Aulercorum. Après la division des Aulerques en Eburovices, Cenomans et Diablintes, Évreux fut renommé Mediolanum Eburovicum, évoluant ensuite en Ebroica, Ebroica, Ebroa. L'auteur conteste l'affirmation de M. le Brasseur selon laquelle Mediolanum désignait une capitale, notant que seules trois villes portent ce nom : Milan, Saintes et Évreux. Il argue que si cette dénomination avait été courante pour les capitales, davantage de villes porteraient ce nom. Il cite également Meun-sur-Yèvre et un moine parlant du Castrum Mediolanense. L'auteur demande à son destinataire de résoudre cette difficulté en consultant des experts via le Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1818
p. 2199-2203
Lettre d'un Partisan du systême typographique, à un de ses amis.
Début :
Vous voulez donc sçavoir, mon cher Monsieur, la suite des disputes, au sujet du Bureau [...]
Mots clefs :
Système typographique, Maîtres mercenaires, Critique anonyme, Collège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Partisan du systême typographique, à un de ses amis.
Lettre d'un Partisan du systême typogra
phique , à un de ses amis.
V sicur , la suite des disputes , au sujet du Bu-
Ous voulez donc sçavoir , mon cher Mon-
›
reau Typographique la voici ; l'Auteur de cette
methode , bien loin de se rebuter des vaines déclamations
des petits genies remplis d'eux-mêmes
, suit le conseil que de grands hommes lui
ont donné , qui est de ne pas se mettre beaucoup
en peine des critiqueurs de College , dont tout le
plaisir seroit de vouloir faire adopter leur ignorance
comme une science certaine et infaillible.
Cet Aureur va toûjours son train, en prouvant et
établissant de plus en plus , par le raisonnement
et par l'expérience le systême du Bureau , il néglige
ce que la prévention et la mauvaise foi des
Maîtres mercenaires pourroient dire contre la
verité et l'utilité de ce systême . La plupart de ces
Maîtres regardent les anciennes methodes comme
incorporées avec leur être : L'indifference pour le
bien public er pour la bonne éducation , les rendent
insensibles aux avantages des nouvelles mé
thodes . Au contraire les Partisans du Bureau
méprisent la ridicule prévention où l'on est d'a-
Giiij. muser
2200 MERCURE DE FRANCE
muser les enfans à des niaiseries qui ne leur laissent
rien de bon dans la mémoire , et les parens
sensés goûtent volontiers une méthode qui débarasse
leurs enfans de toutes les épines qui accompagnent
les premiers principes.
Vous sçaurez d'abord que la critique anonime
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, fût encore plus mal reçûë du Public , que
celle du mois de Janvier. M. Gaullyer , regent
de quatrième au College du Plessis , se flâta d'être
plus heureux en donnant avec des notes de
sa façon une nouvelle édition de la methode de
M. Lefevre , voici ce qu'en dit le Nouveliste du
Parnasse , lettre 28. page 285.
>
L'infatigable M. Gaullyer , Professeur au
College du Plessis a publié une méthode pour
l'étude des Humanités . C'est un Grammairien
fecond , qui suivant toutes les apparences , regalera
encore ses écoliers d'un bon nombre de
Volumes. Je ne sçai si cette multiplication est
nécessaire ; il me semble que le grand nombre
de regles accable plus l'esprit qu'il ne le soulage.
>
La réponse inserée dans le second volume du
Mercure de Juin a fait voir à ce Regent qu'il
n'avoit pas tous les rieurs de son côté. La Cour
et la Ville ont fort goûté cette réponse de l'Auteur
des Tropes , et l'on doute avec raison que
M. Gaullyer y puisse répondre comme il faut.
dit- on ,
M.
Gaullyer voyant donc le peu de succês de
ses critiques et de ses brochures , a eu ,
recours au Regent de seconde du même College
pour tâcher de tourner en ridicule le systême du
Bureau et les Personnes
de la Cour et de la Ville
qui en aprouveroient
l'usage. On exigea là-dessus
un secret inviolable
de la part des Acteurs de
cetto
SEPTEMBRE . 1731. 220L
›
cette nouvelle Piece et le secret synderetique
fut si grand , que la plupart des Spectateurs s'en
retournerent sans sçavoir le sujet de cette farce ,
annoncée le Mercredy 22. Août , pour le lendemain
Jeudy 23. après la Tragedie de Joseph de
M. l'Abbé Genest . Une personne au fait des
Spectacles , et de l'ordre qu'on y doit observer ,
ayant été témoin des traits injurieux et personnels
dont cette Piece étoit remplie , et de l'accident
vrayement tragique qui arriva pendant la
premiere , par la chûte d'un échafaut , sous lequel
il y eût des bras et des jambes cassées , ne
pût s'empêcher de dire publiquement qu'il seroit
de l'ordre de la Police d'empêcher de tels abus ,
de prévenir de pareils accidens dans les répresentations
de College , d'en faire auparavant examiner
ler Pieces et visiter les échafauts comme
il se pratique dans les autres Theatres.
2
Pour revenir à cette petite Piece , dont le sujet
devoit, disoit- on, s'anoncer de lui- même , Momus:
ouvre la Scene , en se tenant les côtez de rire du
projet ridicule de certains avanturiers de la me--
nuë literature , qui s'érigeant en réformateursdu
Parnasse , voudroient renvoyer les Muses à
l'école ; et remettre Apollon lui- même à l'Abécé..
Jupiter , personnage entierement inutile , et qui .
ne sert au plus qu'à multiplier les rôles de la
Piece pour le compte du Regent qui en est l'Auteur
, vient demander à Momus quel est ce bruit:
de Scies et de Marteaux qu'on entend sur le Par
nasse ? Momus lui répond que c'est une Manu--
facture de Bureaux Typographiques qu'on veut .
Y établir , et dont un visionnaire , nommé M.
Buriver , vient demander à Apollon le Privilege
Apollon survient , et entendant parler de Buriver ,.
demande à Momus , quelle espece d'homme est .
Gy CC
2202 MERCURE DE FRANCE
ce Buriver ? Momus lui dit que c'est un fou sérieux
, qui croit avoir une Mission pour changer
le nom des Lettres de l'Alphabet , et qui a telleà
coeur de mettre à profit les premieres années
de l'enfance , qu'il veut absolument ( au dire
de l'Auteur ) qu'on apprenne à lire aux Enfans,
dès le maillot , pour réparer le temps qu'ils ont
perdu dans le ventre de leur Mere.
ment
2
Apollon ayant donné ordre de l'introduire
on voit entrer M. Buriver , suivi de deux autres.
réformateurs ausquels on ne comprend rien , et :
qui n'étant-là , que pour faire nombre , ne servent
, comme on l'a dit de Jupiter , qu'à multiplier
les personnages de la Piece. L'Auteur fait
ensuite exposer à M. Buvier le projet et la pratique
de sa réforme de la maniere du monde la
plus plate et la plus insipide aux yeux des Spec-.
tateurs , mais d'une maniere très - ingenieuse aux
yeux des Regens , qui trouvent que cette Piece
petille d'esprit. L'on en peut juger par l'exemple:
suivant Pour empêcher les Enfans de ronger
leurs Livres , Buriver , dit - on , a imaginé de
leur donner des Rudimens de bois , et d'en mettre
les Leçons sur des cartes détachées › pour les.
empêcher d'épuiser leur salive , et d'user leur
pouce à en tourner les feuillets..
Voilà les gentillesses que l'Auteur met dans la
bouche de M. Buriver , et il n'a eû garde de faire
un mauvais usage de son esprit , en lui faisant
dire › pour prouver les effets merveilleux de sa
méthode , que c'étoit par son moyen , que la
chienne de la Foire S. Germain avoit appris à
lire , tant il a eu soin d'éviter les basses plaisanseries
, quoique plus naturelles et plus propres à
son sujet.
Enfin , un Menuisier nommé Thibaud , an-
допсе
SEPTEMBRE . 1731. 2203
nonce pour
"'
dénoüment les Muses viennent
que
de:
de mettre en pieces tous ses Bureaux , de briser
ses outils et de lui rompre ses Regles sur le
corps , et il finit la piece en se proposant
retourner à sa boutique , et en conseillant à M..
Buriver de le suivre et de devenir son garçon
c'est ainsi que des gens de College s'éforcent de
tourner en ridicule la métode du Bureau , pendant
que les personnes les plus sages de la Ville
et de la Cour font gloire d'en reconnoître l'uti
lité , et que cette métode a l'avantage d'être em
ployée à l'instruction des ENFANS DE FRANCE
Voici , Monsieur , un Certificat qui vous fera
voir le Jugement de la societé des Arts " uns peus
different de celui des Regens du College du
Plessis..
phique , à un de ses amis.
V sicur , la suite des disputes , au sujet du Bu-
Ous voulez donc sçavoir , mon cher Mon-
›
reau Typographique la voici ; l'Auteur de cette
methode , bien loin de se rebuter des vaines déclamations
des petits genies remplis d'eux-mêmes
, suit le conseil que de grands hommes lui
ont donné , qui est de ne pas se mettre beaucoup
en peine des critiqueurs de College , dont tout le
plaisir seroit de vouloir faire adopter leur ignorance
comme une science certaine et infaillible.
Cet Aureur va toûjours son train, en prouvant et
établissant de plus en plus , par le raisonnement
et par l'expérience le systême du Bureau , il néglige
ce que la prévention et la mauvaise foi des
Maîtres mercenaires pourroient dire contre la
verité et l'utilité de ce systême . La plupart de ces
Maîtres regardent les anciennes methodes comme
incorporées avec leur être : L'indifference pour le
bien public er pour la bonne éducation , les rendent
insensibles aux avantages des nouvelles mé
thodes . Au contraire les Partisans du Bureau
méprisent la ridicule prévention où l'on est d'a-
Giiij. muser
2200 MERCURE DE FRANCE
muser les enfans à des niaiseries qui ne leur laissent
rien de bon dans la mémoire , et les parens
sensés goûtent volontiers une méthode qui débarasse
leurs enfans de toutes les épines qui accompagnent
les premiers principes.
Vous sçaurez d'abord que la critique anonime
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, fût encore plus mal reçûë du Public , que
celle du mois de Janvier. M. Gaullyer , regent
de quatrième au College du Plessis , se flâta d'être
plus heureux en donnant avec des notes de
sa façon une nouvelle édition de la methode de
M. Lefevre , voici ce qu'en dit le Nouveliste du
Parnasse , lettre 28. page 285.
>
L'infatigable M. Gaullyer , Professeur au
College du Plessis a publié une méthode pour
l'étude des Humanités . C'est un Grammairien
fecond , qui suivant toutes les apparences , regalera
encore ses écoliers d'un bon nombre de
Volumes. Je ne sçai si cette multiplication est
nécessaire ; il me semble que le grand nombre
de regles accable plus l'esprit qu'il ne le soulage.
>
La réponse inserée dans le second volume du
Mercure de Juin a fait voir à ce Regent qu'il
n'avoit pas tous les rieurs de son côté. La Cour
et la Ville ont fort goûté cette réponse de l'Auteur
des Tropes , et l'on doute avec raison que
M. Gaullyer y puisse répondre comme il faut.
dit- on ,
M.
Gaullyer voyant donc le peu de succês de
ses critiques et de ses brochures , a eu ,
recours au Regent de seconde du même College
pour tâcher de tourner en ridicule le systême du
Bureau et les Personnes
de la Cour et de la Ville
qui en aprouveroient
l'usage. On exigea là-dessus
un secret inviolable
de la part des Acteurs de
cetto
SEPTEMBRE . 1731. 220L
›
cette nouvelle Piece et le secret synderetique
fut si grand , que la plupart des Spectateurs s'en
retournerent sans sçavoir le sujet de cette farce ,
annoncée le Mercredy 22. Août , pour le lendemain
Jeudy 23. après la Tragedie de Joseph de
M. l'Abbé Genest . Une personne au fait des
Spectacles , et de l'ordre qu'on y doit observer ,
ayant été témoin des traits injurieux et personnels
dont cette Piece étoit remplie , et de l'accident
vrayement tragique qui arriva pendant la
premiere , par la chûte d'un échafaut , sous lequel
il y eût des bras et des jambes cassées , ne
pût s'empêcher de dire publiquement qu'il seroit
de l'ordre de la Police d'empêcher de tels abus ,
de prévenir de pareils accidens dans les répresentations
de College , d'en faire auparavant examiner
ler Pieces et visiter les échafauts comme
il se pratique dans les autres Theatres.
2
Pour revenir à cette petite Piece , dont le sujet
devoit, disoit- on, s'anoncer de lui- même , Momus:
ouvre la Scene , en se tenant les côtez de rire du
projet ridicule de certains avanturiers de la me--
nuë literature , qui s'érigeant en réformateursdu
Parnasse , voudroient renvoyer les Muses à
l'école ; et remettre Apollon lui- même à l'Abécé..
Jupiter , personnage entierement inutile , et qui .
ne sert au plus qu'à multiplier les rôles de la
Piece pour le compte du Regent qui en est l'Auteur
, vient demander à Momus quel est ce bruit:
de Scies et de Marteaux qu'on entend sur le Par
nasse ? Momus lui répond que c'est une Manu--
facture de Bureaux Typographiques qu'on veut .
Y établir , et dont un visionnaire , nommé M.
Buriver , vient demander à Apollon le Privilege
Apollon survient , et entendant parler de Buriver ,.
demande à Momus , quelle espece d'homme est .
Gy CC
2202 MERCURE DE FRANCE
ce Buriver ? Momus lui dit que c'est un fou sérieux
, qui croit avoir une Mission pour changer
le nom des Lettres de l'Alphabet , et qui a telleà
coeur de mettre à profit les premieres années
de l'enfance , qu'il veut absolument ( au dire
de l'Auteur ) qu'on apprenne à lire aux Enfans,
dès le maillot , pour réparer le temps qu'ils ont
perdu dans le ventre de leur Mere.
ment
2
Apollon ayant donné ordre de l'introduire
on voit entrer M. Buriver , suivi de deux autres.
réformateurs ausquels on ne comprend rien , et :
qui n'étant-là , que pour faire nombre , ne servent
, comme on l'a dit de Jupiter , qu'à multiplier
les personnages de la Piece. L'Auteur fait
ensuite exposer à M. Buvier le projet et la pratique
de sa réforme de la maniere du monde la
plus plate et la plus insipide aux yeux des Spec-.
tateurs , mais d'une maniere très - ingenieuse aux
yeux des Regens , qui trouvent que cette Piece
petille d'esprit. L'on en peut juger par l'exemple:
suivant Pour empêcher les Enfans de ronger
leurs Livres , Buriver , dit - on , a imaginé de
leur donner des Rudimens de bois , et d'en mettre
les Leçons sur des cartes détachées › pour les.
empêcher d'épuiser leur salive , et d'user leur
pouce à en tourner les feuillets..
Voilà les gentillesses que l'Auteur met dans la
bouche de M. Buriver , et il n'a eû garde de faire
un mauvais usage de son esprit , en lui faisant
dire › pour prouver les effets merveilleux de sa
méthode , que c'étoit par son moyen , que la
chienne de la Foire S. Germain avoit appris à
lire , tant il a eu soin d'éviter les basses plaisanseries
, quoique plus naturelles et plus propres à
son sujet.
Enfin , un Menuisier nommé Thibaud , an-
допсе
SEPTEMBRE . 1731. 2203
nonce pour
"'
dénoüment les Muses viennent
que
de:
de mettre en pieces tous ses Bureaux , de briser
ses outils et de lui rompre ses Regles sur le
corps , et il finit la piece en se proposant
retourner à sa boutique , et en conseillant à M..
Buriver de le suivre et de devenir son garçon
c'est ainsi que des gens de College s'éforcent de
tourner en ridicule la métode du Bureau , pendant
que les personnes les plus sages de la Ville
et de la Cour font gloire d'en reconnoître l'uti
lité , et que cette métode a l'avantage d'être em
ployée à l'instruction des ENFANS DE FRANCE
Voici , Monsieur , un Certificat qui vous fera
voir le Jugement de la societé des Arts " uns peus
different de celui des Regens du College du
Plessis..
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Résumé : Lettre d'un Partisan du systême typographique, à un de ses amis.
La lettre d'un partisan du système typographique à un ami met en lumière les controverses entourant cette méthode d'enseignement. L'auteur de la méthode, malgré les critiques des 'petits génies' et des maîtres mercenaires attachés aux anciennes méthodes, continue de promouvoir son système. Il est soutenu par des grands hommes et des parents sensibles aux avantages de cette nouvelle approche. Les critiques anonymes, comme celle publiée dans le Mercure de février, ont été mal reçues par le public. M. Gaullyer, un régent du Collège du Plessis, a tenté de discréditer la méthode en publiant une édition annotée de la méthode de M. Lefevre. Cependant, sa critique a été réfutée dans le Mercure de juin. Gaullyer a ensuite essayé de ridiculiser le système typographique à travers une pièce de théâtre, mais cette tentative a été un échec, marquée par un accident tragique. La pièce, jouée au Collège du Plessis, a été critiquée pour ses traits injurieux et personnels. Malgré ces attaques, les personnes sages de la Ville et de la Cour reconnaissent l'utilité de la méthode typographique, qui est utilisée pour l'instruction des enfants en France. Un certificat de la société des Arts confirme ce jugement positif.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1819
p. 2203-2204
EXTRAIT du Registre des déliberations de la societé des Arts, du Dimanche dix-septiéme Decembre 1730.
Début :
Ce jour, Messieurs Medallon, Romieu, Degua et Romond, Commissaires nommés, [...]
Mots clefs :
Société des arts, Extrait, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Registre des déliberations de la societé des Arts, du Dimanche dix-septiéme Decembre 1730.
EXTRAIT du Registre des déliberations
de la societé des Arts , du Dimanche
dix- septiéme Decembre 1730.
CEjour ,Messieurs Medallon
Romiew
Degua et Romond , Commissaires nommés,
par déliberation. de la Societé du 27. Août dern
mier , pourl'examen d'une nouvelle Machine
servant à apprendre aux enfans plus facile
ment et plus promptement à connoître les let
tres , à les assembler , à lire , à ortographier
tant en Latin qu'en François , et même less
premiers Principes de la Langue Latine , présentée
à la Societé par le Sieur Damas , seuss
le nom de Bureau Typographique , ont fait leur ·
rapport à la Compagnie , conçu en ces termes :
Nous Commissaires nommés par la Societé pour
L'examen du Bureau Typographique , inventé:
G› vjs
1
2204 MERCURE DE FRANCE
par le Sieur Dumas ; Certifions que cette now
velle invention nous a paru mériter à plusieurs
titres une enviere préference sur toutes les mé
todes employées jusqu'à present pour l'instruc
tion des enfans , en ce qu'elle fournit un moyen
infaillible d'employer utilement les premieres
années de la plus tendre enfance , en mettant
en oeuvre la mesure d'intelligence , qui accom◄
pagne cet âge , en épargnant les préceptes , em
ne parlant qu'aux sens et à l'imagination qui
sont le seul partage de l'enfance , en profitant
même des imperfections de cet âge pour le progrès
des connoissances , puisqu'on n'y employe
que la voye du plaisir , et d'une pratique aisée
et toute mécanique , laquelle est néanmoins
fondée sur la Teorie la plus éxacte et la mieux
suivie ; Enfin en donnant aux enfans une habitude
d'ordre et de travail , et ce qui mérite
encore plus d'attention en leur épargnant le
dégout , qui , les éloignant de l'étude , décide
souvent de leur sort pour le reste de leur vie.
Nous croyons que tous ceux qui sentent l'importance
de l'employ, des premieres années de
l'enfance , regarderont avec estime une invention
dont l'utilité s'étend sur tous les âges
que l'Auteur récüeillera par le succès et l'ap-.
probation generale du Public , la seule récompense
qu'il ait attenduë de son travail.
> et
Je soussigné , Secretaire de la Societé des
Arts ; certifie que l'Extrait cy - dessus a été tiré
du Registre des déliberations de la Societé , et
qu'il est en tout conforme à son Original. Donné
à Paris , ce 14. Septembre 173 1..
HYNAULT
de la societé des Arts , du Dimanche
dix- septiéme Decembre 1730.
CEjour ,Messieurs Medallon
Romiew
Degua et Romond , Commissaires nommés,
par déliberation. de la Societé du 27. Août dern
mier , pourl'examen d'une nouvelle Machine
servant à apprendre aux enfans plus facile
ment et plus promptement à connoître les let
tres , à les assembler , à lire , à ortographier
tant en Latin qu'en François , et même less
premiers Principes de la Langue Latine , présentée
à la Societé par le Sieur Damas , seuss
le nom de Bureau Typographique , ont fait leur ·
rapport à la Compagnie , conçu en ces termes :
Nous Commissaires nommés par la Societé pour
L'examen du Bureau Typographique , inventé:
G› vjs
1
2204 MERCURE DE FRANCE
par le Sieur Dumas ; Certifions que cette now
velle invention nous a paru mériter à plusieurs
titres une enviere préference sur toutes les mé
todes employées jusqu'à present pour l'instruc
tion des enfans , en ce qu'elle fournit un moyen
infaillible d'employer utilement les premieres
années de la plus tendre enfance , en mettant
en oeuvre la mesure d'intelligence , qui accom◄
pagne cet âge , en épargnant les préceptes , em
ne parlant qu'aux sens et à l'imagination qui
sont le seul partage de l'enfance , en profitant
même des imperfections de cet âge pour le progrès
des connoissances , puisqu'on n'y employe
que la voye du plaisir , et d'une pratique aisée
et toute mécanique , laquelle est néanmoins
fondée sur la Teorie la plus éxacte et la mieux
suivie ; Enfin en donnant aux enfans une habitude
d'ordre et de travail , et ce qui mérite
encore plus d'attention en leur épargnant le
dégout , qui , les éloignant de l'étude , décide
souvent de leur sort pour le reste de leur vie.
Nous croyons que tous ceux qui sentent l'importance
de l'employ, des premieres années de
l'enfance , regarderont avec estime une invention
dont l'utilité s'étend sur tous les âges
que l'Auteur récüeillera par le succès et l'ap-.
probation generale du Public , la seule récompense
qu'il ait attenduë de son travail.
> et
Je soussigné , Secretaire de la Societé des
Arts ; certifie que l'Extrait cy - dessus a été tiré
du Registre des déliberations de la Societé , et
qu'il est en tout conforme à son Original. Donné
à Paris , ce 14. Septembre 173 1..
HYNAULT
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Résumé : EXTRAIT du Registre des déliberations de la societé des Arts, du Dimanche dix-septiéme Decembre 1730.
Le 17 décembre 1730, les commissaires Medallon, Romiew, Degua et Romond, désignés par la Société des Arts, ont soumis un rapport sur le Bureau Typographique, une invention du Sieur Damas. Cette machine est conçue pour enseigner aux enfants les lettres, la lecture, l'orthographe en latin et en français, ainsi que les bases de la langue latine. Les commissaires ont souligné plusieurs avantages de cette invention par rapport aux méthodes traditionnelles. Elle utilise les premières années de l'enfance de manière productive en stimulant les sens et l'imagination. Elle évite les préceptes théoriques en favorisant le plaisir et la pratique mécanique, tout en étant basée sur une théorie précise. De plus, elle inculque aux enfants l'habitude de l'ordre et du travail, évitant ainsi le dégoût de l'étude. Les commissaires ont estimé que cette invention serait appréciée par ceux qui reconnaissent l'importance des premières années de l'enfance et qu'elle serait utile à tous les âges. Le rapport a été certifié conforme par le secrétaire de la Société des Arts le 14 septembre 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1820
p. 2205-2206
« Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...] »
Début :
Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...]
Mots clefs :
Enfants typographes, École vulgaire, Bibliothèque des enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...] »
Les Parens curieux en fait d'éducation , qui
voudront connoître par eux - mêmes le mérite
et l'utilité du Bureau Typographique , pourront
prendre la peine d'aller voir les Enfans Typographes
, instruits et exercéz selon cette nouvelle
métode. On trouvera chez un Marchand de Soye;
au bras d'or , dans la rue S. Denis vis- à- vis
Sainte Catherine , une aimable petite fille ,
dessous de trois ans qui , en peu de mois a appris
avec le Bureau ce que bien des enfans ignorent
après des années d'école vulgaire. On trouvera
chez Madame Beaulieu , à l'égoût Montmartre
vis - à - vis le petit Hôtel de Charot , un digne
Enfant , dont le seul exemple est capable de fermer
la bouche à tous les critiques. On pourroitindiquer
un grand nombre d'autres Enfans Typogriphes
, si on ne craignoit de fatiguer les
Parens ou les Maîtres. Dom Ventura de Liria ,
qui a un Bureau au College d'Harcourt , a fais
en peu de tems . l'heureuse expérience de cette
métode , de même que le petit Remilli , qui ,
ayant aussi un Bureau au College du Plessis
eu un des prix de mémoire distribués le jour de
la Tragedie , et qui est en état d'aller en classe
selon le goût et la volonté de ses Parens .
Les Personnes bien intentionnées qui aiment
le bien public , sçachant que Monseigneur le
DAUPHIN et MES DAMES DE FRANCE ,
apprennent à lire par la métode du Bureau Typographique
, et que l'Auteur par commission ,
en a déja envoyé dans les Provinces , ces persondis
je s'embarrasseront peu des
critiques
qu'ont produit jusqu'ici l'ignorance , la préven
tion , et peut-être l'Envie ou la mauvaise foi.
nes ,
·
>
,
a
2
Ceux qui souhaitteront avoir quelqu'unes des
quatre Classes du Bureau Typographique "
en
trous
2206 MERCURE DE FRANCE
twouveront de toutes garnies dans la maison ate---
nant la porte du College de Lisieux , ruë Saint
Etienne des Grès ; l'Avis , le Prix et l'instruction
sur ces quatre Classes se trouvent à la fin de la
neuviéme lettre sur la Bibliotheque des Enfans .
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, p. 209. ou 234. En attendant la suite de la…
Relation Typographique , J'ay l'honneur d'être
&c..A. Paris ce 15. Septembre 173 I.
RIOMBA L.
voudront connoître par eux - mêmes le mérite
et l'utilité du Bureau Typographique , pourront
prendre la peine d'aller voir les Enfans Typographes
, instruits et exercéz selon cette nouvelle
métode. On trouvera chez un Marchand de Soye;
au bras d'or , dans la rue S. Denis vis- à- vis
Sainte Catherine , une aimable petite fille ,
dessous de trois ans qui , en peu de mois a appris
avec le Bureau ce que bien des enfans ignorent
après des années d'école vulgaire. On trouvera
chez Madame Beaulieu , à l'égoût Montmartre
vis - à - vis le petit Hôtel de Charot , un digne
Enfant , dont le seul exemple est capable de fermer
la bouche à tous les critiques. On pourroitindiquer
un grand nombre d'autres Enfans Typogriphes
, si on ne craignoit de fatiguer les
Parens ou les Maîtres. Dom Ventura de Liria ,
qui a un Bureau au College d'Harcourt , a fais
en peu de tems . l'heureuse expérience de cette
métode , de même que le petit Remilli , qui ,
ayant aussi un Bureau au College du Plessis
eu un des prix de mémoire distribués le jour de
la Tragedie , et qui est en état d'aller en classe
selon le goût et la volonté de ses Parens .
Les Personnes bien intentionnées qui aiment
le bien public , sçachant que Monseigneur le
DAUPHIN et MES DAMES DE FRANCE ,
apprennent à lire par la métode du Bureau Typographique
, et que l'Auteur par commission ,
en a déja envoyé dans les Provinces , ces persondis
je s'embarrasseront peu des
critiques
qu'ont produit jusqu'ici l'ignorance , la préven
tion , et peut-être l'Envie ou la mauvaise foi.
nes ,
·
>
,
a
2
Ceux qui souhaitteront avoir quelqu'unes des
quatre Classes du Bureau Typographique "
en
trous
2206 MERCURE DE FRANCE
twouveront de toutes garnies dans la maison ate---
nant la porte du College de Lisieux , ruë Saint
Etienne des Grès ; l'Avis , le Prix et l'instruction
sur ces quatre Classes se trouvent à la fin de la
neuviéme lettre sur la Bibliotheque des Enfans .
inserée dans le Mercure du mois de Fevrier dernier
, p. 209. ou 234. En attendant la suite de la…
Relation Typographique , J'ay l'honneur d'être
&c..A. Paris ce 15. Septembre 173 I.
RIOMBA L.
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Résumé : « Les Parens curieux en fait d'éducation, qui voudront connoître par eux-mêmes le mérite [...] »
Le Bureau Typographique est une nouvelle méthode d'éducation qui attire l'attention des parents. Pour en évaluer l'efficacité, ils peuvent observer des enfants ayant appris à lire rapidement grâce à cette méthode. Par exemple, une petite fille de moins de trois ans a appris à lire rapidement, contrairement à d'autres enfants ayant suivi l'enseignement traditionnel. Un autre enfant, chez Madame Beaulieu, illustre également les avantages de cette méthode. Dom Ventura de Liria et le petit Remilli, utilisant le Bureau Typographique dans leurs collèges respectifs, ont constaté son efficacité. Le petit Remilli a même reçu un prix de mémoire. Le Dauphin et les Dames de France apprennent également à lire par cette méthode, et des bureaux ont été envoyés dans les provinces. Les personnes intéressées par le bien public sont encouragées à ne pas se laisser décourager par les critiques. Les quatre classes du Bureau Typographique sont disponibles dans la maison attenante à la porte du Collège de Lisieux, rue Saint-Étienne des Grès. Des informations supplémentaires sont disponibles dans la neuvième lettre sur la Bibliothèque des Enfants, publiée dans le Mercure de France de février.
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1821
p. 2206-2207
MEMOIRE sur l'Etude des Langues vivantes.
Début :
Dieu ayant châtié l'insolence de nos Peres, par la confusion des Langues à l'entreprise [...]
Mots clefs :
Science, Latin, Grec, Arts, Grammaire anglaise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE sur l'Etude des Langues vivantes.
MEMOIRE sur l'Etude des Langues;
vivantes.
D
Leu ayant: châtié l'insolence de nos Peres 2"
par la confusion des Langues à l'entreprise :
de Babel ; il n'y a pas de meilleur moyen pour
adoucir l'effet de cette punition , que d'apprendre
plusieurs Langues ; et l'on doit regarder
cette science comme la clef de la Sagesse des
differentes Nations.
La plus grande partie de notre jeunesse est .
occupée à apprendre le Latin et le Grec ; sur
quoi il faut observer , qu'on se fait par - là , à la
verité un bon fond , mais presque tous les
Auteurs Grecs ee Latins étant traduits en François
, il seroit sans doute , plus utile de s'ap
pliquer à l'étude des Langues de nos . Voisins.
>
L'on ne peut donc excuser l'ignorance de nos
Sçavans là-dessus ; car ne pas approfondir la
science des étrangers , est une présomption de
soi -même , et un mépris des autres qui n'est pas
pardonnable. Sur- tout si ceux que l'on méprise ,.
sont gens d'érudition ; c'est même une arrogance
insupportable de soutenir que les moindress
SEPTEMBRE 1731. 2207
Peuples ne puissent avoir quelque chose digne
de notre attention ..
Ainsi , à mon avis , aucun homme ne devroit
passer pour Sçavant parmi nous , s'il ignore
la Langue de ses voisins : et parmi ceux - cy , les..
Anglois semblent meriter notre premiere attention.
En effet , ce Peuple par une sagacité particuliere
, et par une application infatigable , travaille
beaucoup à l'avancement des Arts et des
Sciences et y fait tous les jours de grands
Progrès.
"
:
C'est sur quoi je trouve que c'est un malheur
que nous n'ayons pas une bonne Grammaire.
Angloise il y a presentement à Paris , Eaubourg
S. Jacques , près les Feuillantines , chez Monsieur
Wallon , un Gentilhomme Anglois , qui a
entrepris de faire une Grammaire Angloise , laquelle
donnera de grandes facilitez ; mais le peu
d'inclination qu'il reconnoît dans norre nation
pour l'étude aux Langues Etrangeres , le décourage
presque entierement d'éxecuter son Projet ;;
le zele pour notre Patrie également renommée
du côté des Sciences , des Arts et des Armes
devroit faire cesser cette plainte : car comme nos
voisins étudient assidument notre Langue si.
nous n'étudions pas la leur , ils seront bien- tôt
plus sçavans que nous ; et ceux que nous semblons
mépriser , auront lieu de nous mépriser à
leur tour.
vivantes.
D
Leu ayant: châtié l'insolence de nos Peres 2"
par la confusion des Langues à l'entreprise :
de Babel ; il n'y a pas de meilleur moyen pour
adoucir l'effet de cette punition , que d'apprendre
plusieurs Langues ; et l'on doit regarder
cette science comme la clef de la Sagesse des
differentes Nations.
La plus grande partie de notre jeunesse est .
occupée à apprendre le Latin et le Grec ; sur
quoi il faut observer , qu'on se fait par - là , à la
verité un bon fond , mais presque tous les
Auteurs Grecs ee Latins étant traduits en François
, il seroit sans doute , plus utile de s'ap
pliquer à l'étude des Langues de nos . Voisins.
>
L'on ne peut donc excuser l'ignorance de nos
Sçavans là-dessus ; car ne pas approfondir la
science des étrangers , est une présomption de
soi -même , et un mépris des autres qui n'est pas
pardonnable. Sur- tout si ceux que l'on méprise ,.
sont gens d'érudition ; c'est même une arrogance
insupportable de soutenir que les moindress
SEPTEMBRE 1731. 2207
Peuples ne puissent avoir quelque chose digne
de notre attention ..
Ainsi , à mon avis , aucun homme ne devroit
passer pour Sçavant parmi nous , s'il ignore
la Langue de ses voisins : et parmi ceux - cy , les..
Anglois semblent meriter notre premiere attention.
En effet , ce Peuple par une sagacité particuliere
, et par une application infatigable , travaille
beaucoup à l'avancement des Arts et des
Sciences et y fait tous les jours de grands
Progrès.
"
:
C'est sur quoi je trouve que c'est un malheur
que nous n'ayons pas une bonne Grammaire.
Angloise il y a presentement à Paris , Eaubourg
S. Jacques , près les Feuillantines , chez Monsieur
Wallon , un Gentilhomme Anglois , qui a
entrepris de faire une Grammaire Angloise , laquelle
donnera de grandes facilitez ; mais le peu
d'inclination qu'il reconnoît dans norre nation
pour l'étude aux Langues Etrangeres , le décourage
presque entierement d'éxecuter son Projet ;;
le zele pour notre Patrie également renommée
du côté des Sciences , des Arts et des Armes
devroit faire cesser cette plainte : car comme nos
voisins étudient assidument notre Langue si.
nous n'étudions pas la leur , ils seront bien- tôt
plus sçavans que nous ; et ceux que nous semblons
mépriser , auront lieu de nous mépriser à
leur tour.
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Résumé : MEMOIRE sur l'Etude des Langues vivantes.
Le texte 'MÉMOIRE sur l'Étude des Langues vivantes' met en avant l'importance d'apprendre plusieurs langues pour pallier la confusion des langues à Babel. L'auteur estime que la maîtrise des langues étrangères est cruciale pour accéder à la sagesse des différentes nations. Il critique l'accent mis sur le latin et le grec, arguant que la plupart des auteurs grecs et latins sont déjà traduits en français. Il recommande de se concentrer sur les langues des voisins, notamment l'anglais, en raison des avancées de ce peuple dans les arts et les sciences. L'auteur déplore l'ignorance des savants français concernant les langues étrangères, qualifiant cette attitude de présomptueuse et arrogante. Il propose que toute personne se prétendant savante en France devrait connaître la langue de ses voisins. Il souligne également l'absence d'une bonne grammaire anglaise à Paris et encourage son développement. Enfin, il met en garde contre le risque que les voisins, en étudiant le français, deviennent plus savants que les Français s'ils ne s'intéressent pas à leurs langues.
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1822
p. 2207-2209
MEMOIRE envoyé aux Auteurs du Mercure, à l'occasion de la Retraite de M. de Woolhouse.
Début :
Monsieur de Voolhouse, celebre Medecin Oculiste est retiré depuis peu à cause [...]
Mots clefs :
Retraite, Oculiste , Art ophtalmique, Maladie des yeux, Cicatrices, Restes d'ulcères et d'abcès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE envoyé aux Auteurs du Mercure, à l'occasion de la Retraite de M. de Woolhouse.
MEMOIRE envoyé aux Auteurs du
Mercure , à l'occasion de la Retraite de
M. de Woolhouse.
de Voolhouse celebre Medecina
MOculiste est retiré depuis peu à cause
>
de
2208 MERCURE DE FRANCE
2
de son grand âge : mais pour répondre à la con
fiance du Public , et pour continuer de lui être
utile , il a mis en possession de sa pratique et de
tous ses secrets concernant l'Art Ophthalmique
le Sieur Babelin , comme celui de tous ses Eleves
le plus en état de lui succeder pour la dexterité
de ses operations , et par la parfaite connoissance
qu'il a de tout ce qui concerne la maladie
des Yeux et des Remedes, convenables "
dequoi il a donné des marques par une pratique
de dix années consécutives avec tout le succès
possible , sous le même M. de Voolhouse.
>
>
>
>
Affermi dans les Principes , et en suivant la
méthode d'un si excellent Maître , le Sieur Babelin
ne craint point. d'assurer le Public , qu'il
emporte toutes les Taches , Nuages. Tayes ,
Mailles , Cicatrices , Unglets , restes d'Ul- .
ceres et d'Abscès mauvaises empreintes de la.
petite Verole , de la Rougeole et d'Inflammations
inveterées ou des Ecroüelles , des coups
de feu , et des Corps étrangers qui ont blessé la
Visiere . Ces guérisons se font en quinze jours
de temps , pourvû que la partie n'ait pas été
abbreuvée et imbue de quelque liqueur étrangere
d'une vertu.caustique et brûlante , et qu'on n'y.
ait pas touché avec le feu potentiel ; ce qui rend.
ces maux incurables en cauterisant la transparance
du miroir ;. ce qui n'arrive que trop souvent
à des Personnes qui ont le malheur d'être
mal adresées .
2
Sa méthode est de déclarer d'abord la Nature .
du mal en question ; et s'il est guérissable ,, en
combien de temps à peu près , par quels remedes
et operations. Il a été heureux jusqu'à present
dans les plus subtiles et les plus délicates de
es . Operations. Il guérit particulierement et radica
SEPTEMBRE. 1731. 2209
dicalement la Cataracte vraye en huit jours , de
quoy il peut fournir un grand nombre d'és
xemples .
Le Sieur Babelin est sur le point de publier une
Dissertation de sa façon , qu'il a faite sous les
yeux de M. Voolhouse , sur les Collyres Aqueux,
ou Eaux Ophthalmiques qui se débitent à Paris ,
pour toutes sortes de maladies des yeux .
On le trouve constamment tous les jours ,
depuis huit heures du matin jusqu'à deux heures
après midi à l'Hôpital Royal des Quinzevingts ,
à la Porte cochere de la grande Aumônerie ,
Cour de la Pompe. Il recevrà les Pauvres gratis ,
le Lundy et le Samedy jusqu'à midi.
Mercure , à l'occasion de la Retraite de
M. de Woolhouse.
de Voolhouse celebre Medecina
MOculiste est retiré depuis peu à cause
>
de
2208 MERCURE DE FRANCE
2
de son grand âge : mais pour répondre à la con
fiance du Public , et pour continuer de lui être
utile , il a mis en possession de sa pratique et de
tous ses secrets concernant l'Art Ophthalmique
le Sieur Babelin , comme celui de tous ses Eleves
le plus en état de lui succeder pour la dexterité
de ses operations , et par la parfaite connoissance
qu'il a de tout ce qui concerne la maladie
des Yeux et des Remedes, convenables "
dequoi il a donné des marques par une pratique
de dix années consécutives avec tout le succès
possible , sous le même M. de Voolhouse.
>
>
>
>
Affermi dans les Principes , et en suivant la
méthode d'un si excellent Maître , le Sieur Babelin
ne craint point. d'assurer le Public , qu'il
emporte toutes les Taches , Nuages. Tayes ,
Mailles , Cicatrices , Unglets , restes d'Ul- .
ceres et d'Abscès mauvaises empreintes de la.
petite Verole , de la Rougeole et d'Inflammations
inveterées ou des Ecroüelles , des coups
de feu , et des Corps étrangers qui ont blessé la
Visiere . Ces guérisons se font en quinze jours
de temps , pourvû que la partie n'ait pas été
abbreuvée et imbue de quelque liqueur étrangere
d'une vertu.caustique et brûlante , et qu'on n'y.
ait pas touché avec le feu potentiel ; ce qui rend.
ces maux incurables en cauterisant la transparance
du miroir ;. ce qui n'arrive que trop souvent
à des Personnes qui ont le malheur d'être
mal adresées .
2
Sa méthode est de déclarer d'abord la Nature .
du mal en question ; et s'il est guérissable ,, en
combien de temps à peu près , par quels remedes
et operations. Il a été heureux jusqu'à present
dans les plus subtiles et les plus délicates de
es . Operations. Il guérit particulierement et radica
SEPTEMBRE. 1731. 2209
dicalement la Cataracte vraye en huit jours , de
quoy il peut fournir un grand nombre d'és
xemples .
Le Sieur Babelin est sur le point de publier une
Dissertation de sa façon , qu'il a faite sous les
yeux de M. Voolhouse , sur les Collyres Aqueux,
ou Eaux Ophthalmiques qui se débitent à Paris ,
pour toutes sortes de maladies des yeux .
On le trouve constamment tous les jours ,
depuis huit heures du matin jusqu'à deux heures
après midi à l'Hôpital Royal des Quinzevingts ,
à la Porte cochere de la grande Aumônerie ,
Cour de la Pompe. Il recevrà les Pauvres gratis ,
le Lundy et le Samedy jusqu'à midi.
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Résumé : MEMOIRE envoyé aux Auteurs du Mercure, à l'occasion de la Retraite de M. de Woolhouse.
Le mémoire informe les auteurs du Mercure de la retraite de M. de Woolhouse, un oculiste renommé. Woolhouse a transmis sa pratique et ses secrets à M. Babelin, son élève le plus compétent. Après dix années de succès sous Woolhouse, Babelin annonce sa capacité à traiter divers maux des yeux, tels que les taches, nuages, cicatrices, et les séquelles de maladies comme la variole ou la rougeole. Il garantit des guérisons en quinze jours, sauf si la zone affectée a été traitée avec des substances caustiques ou par cautérisation. Babelin affirme également pouvoir guérir radicalement la cataracte en huit jours. Il prévoit de publier une dissertation sur les collyres aqueux utilisés à Paris pour les maladies des yeux. Babelin est disponible quotidiennement à l'Hôpital Royal des Quinze-Vingts et offre des consultations gratuites aux pauvres les lundis et samedis jusqu'à midi.
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1823
p. 2209-2212
Buste du Cardinal de Polignac. [titre d'après la table]
Début :
M. Charles- Nicolas Cochin de Paris, habile Graveur, a été reçu de l'Académie Royale de [...]
Mots clefs :
Cardinal, Académie française de peinture et sculpture, Marchands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Buste du Cardinal de Polignac. [titre d'après la table]
M. Charles- Nicolas Cochin de Paris ' , habile
> reçu
Graveur a été de l'Académie Royale de
Peinture et de Sculpture , le dernier jour d'Août ,
sur deux Portraits gravés , l'un de M. le Sueur
peint par lui- même et l'autre de M. Sarazin ,
Paîné , Sculpteur , peint par le même M. le
Sueur.
•
Le Portrait de M. René Herault , Conseiller
d'Etat Lieutenant Général de Police , paroît
en Estampe , peint et gravé par le Sieur Jean-
Etienne Liotard. Il se vend rue S. Jacques , chez
la veuve Chereau.
Il paroît une nouvelle Estampe , d'après Var
teau , intitulée le Chat malade , gravée par le
même Liotard , qui se vend au même endroit .
Par une Lettre de Rome >
on nous prie d'Inserer
dans le Mercure de France les Vers suivans
, ausquels le Buste du Cardinal de Polignac
a donné lieu
>
D&
2210 MERCURE DE FRANCE
De Bouchardon , la main sçavante
Ne pouvoit mieux transmettre à la posterité ,
Ces traits dont Polignac enchante ,
Tous ceux qui de le voir ont la félicité .
Ce marbre vit , il pense , et seul il fera croire
Tant de faits merveilleux dont il montre l'Auteur.
On y reconnoîtrà comme dans notre histoire ,
Des interêts des Rois le Conciliateur ,
Et l'oracle du consistoire.
Par Dom Le Blanc , Procureur Général de
Fordre de Cluny en Cour de Rome .
Le sieur Bouchardon est un François élevé à
Rome ; à l'Académie Françoise de Peinture et
Sculpture. I travaille actuellement au Buste
du Pape.
elle a
On écrit de Vienne en Autriche , qué l'Aloe
Spinosa mucronate folio Americana major
Plante qu'on cultive depuis trente- trois ans dans
les Jardins du Palais de la Favorite , et dont on
voit rarement la Fleur en Europe , y a fleuri depuis
environ la my - Août de cette année ;
Commencé à pousser la tige de son Bouquet vers
la fin du mois de May dernier ; et.depuis ce
temps là cette tige s'étant élevée à la hauteur de
vingt sept pieds et demy , avec 41. branches ,
le Bouquet total épanoui est de 5548. fleurs .
Cette rareté attire à Vienne un grand nombre de
Botanistes et des Curieux des principales Villes
d'Allemagne.
On écrit de Perpignan , que la femme d'us
Sellier
SEPTEMBRE . 1731. 2211
Sellier de cette Ville > étoit accouchée le 10.
d'Août de cinq filles , lesquelles avoient été baptisées
le lendemain ; que 15. jours auparavant ,
la Soeur de cette femme étoit accouchée de cinq
garçons , dont 4. étoient encore en vie , et que
leur Mere qui avoit eû quinze enfans en avoir
´mis au monde 12. en trois couches.
>
On apprend de Londres , qu'une Lionne qui
étoit enfermée dans la Tour , fit le 27. du mois
dernier des Petits ; il est à remarquer que cette
Lionne , ainsi que le mâle >
y nâquirent il y a
environ six ans.
"
Le Sieur Julien , Apoticaire ordinaire du Roy
en l'Artillerie , fait et vend la veritable et bonne
Pate de Guimauve et Suc de Reglisse blanc
pour la guérison des maladies de poitrine , toutes.
sortes de Thoux , Rhumes , adoucissent les Serosités
âcres, qui tombent sur les Poulmons , gué
rissent les inflammations et maux de gorge.
Sa demeure est toûjours à Paris , ruë de la
Verrerie , prache la ruë des Carmes Billettes.
>
› Messieurs Girandeau le jeune et fils Mar
chands à Montpellier , qui font depuis environ
trente ans un commerce considérable en gros ,
en Liqueurs , Syrops , Eau d'Hongrie , et autres
marchandises permises ont crû devoir avertir
le Public qu'ils continuent la vente de l'Eau
Dauphine , qu'ils ont inventée sur la fin de l'année
derniere 1730. avec un débit étonnant ; mais
que s'étant apperçus que plusieurs Particuliers.
qui se sont imaginé d'avoir trouvé la composition
de cette liqueur quoiqu'ils en soient infiniment
éloignez , s'avisent d'en offrir
>
2.
et même
de
2212 MERCURE DE FRANCE
>
de contrefaire la signature que lesdits Sieurs Grrandeau
le jeune et fils mettent sur l'Etiquette ;
bien plus , que certaines Personnes de leur commerce
, qu'on a chargé d'acheter chez eux de leur
Eau Dauphine , n'en ont pris que la moitié du
nombre des Bouteilles qu'on leur en demandoit
et d'une bouteille en ont fait deux , dans le des
sein de diminuer , s'il leur étoit possible , la juste
préférence qu'on donne à cette liqueur sur toutes
celles qui sont connues ; c'est ce qui les a déter
minez à mettre sur chacune des Bouteilles de.
cette liqueur deux cachets en cire rouge , le premier
est sur le Parchemin , qui couvre le bouchon
de Liege , autour duquel on trouve ces
mots , Girandeau jeune et au milieu est fils ,
entre le commencement du nom Girandeau et
mot jeune , il y a un petit Dauphin ; l'autre cachet
est aposé sur le noud du fil qui serre le
Parchemin , il ne contient que ces trois lettres
GJ F. ce sera à ces marques qu'on pourra distinguer
leur Eau Dauphine , d'avec celle qu'on
supposera en être.
& c.
Les Personnes qui auront besoin tant d'Ean
Dauphine , que d'autres liqueurs , Syrops , Eau
d'Hongrie , P'Esprit de Vin , Eaux-de- Vie ,
sont priez de s'adresser à ceux à droitute , comme
leur commerce est très - étendu , ils ont des cor .
respondances dans toutes les principales Villes du
Royaume et des Pays Etrangers , par le moyen
desquelles il leur sera aisé de faire parvenir les
Marchandises qu'on leur demandera . Leur adresse
est à Mrs. Girandeau le jeune et fils , Marz
ebands à lagrande ruë , à Montpellier.
> reçu
Graveur a été de l'Académie Royale de
Peinture et de Sculpture , le dernier jour d'Août ,
sur deux Portraits gravés , l'un de M. le Sueur
peint par lui- même et l'autre de M. Sarazin ,
Paîné , Sculpteur , peint par le même M. le
Sueur.
•
Le Portrait de M. René Herault , Conseiller
d'Etat Lieutenant Général de Police , paroît
en Estampe , peint et gravé par le Sieur Jean-
Etienne Liotard. Il se vend rue S. Jacques , chez
la veuve Chereau.
Il paroît une nouvelle Estampe , d'après Var
teau , intitulée le Chat malade , gravée par le
même Liotard , qui se vend au même endroit .
Par une Lettre de Rome >
on nous prie d'Inserer
dans le Mercure de France les Vers suivans
, ausquels le Buste du Cardinal de Polignac
a donné lieu
>
D&
2210 MERCURE DE FRANCE
De Bouchardon , la main sçavante
Ne pouvoit mieux transmettre à la posterité ,
Ces traits dont Polignac enchante ,
Tous ceux qui de le voir ont la félicité .
Ce marbre vit , il pense , et seul il fera croire
Tant de faits merveilleux dont il montre l'Auteur.
On y reconnoîtrà comme dans notre histoire ,
Des interêts des Rois le Conciliateur ,
Et l'oracle du consistoire.
Par Dom Le Blanc , Procureur Général de
Fordre de Cluny en Cour de Rome .
Le sieur Bouchardon est un François élevé à
Rome ; à l'Académie Françoise de Peinture et
Sculpture. I travaille actuellement au Buste
du Pape.
elle a
On écrit de Vienne en Autriche , qué l'Aloe
Spinosa mucronate folio Americana major
Plante qu'on cultive depuis trente- trois ans dans
les Jardins du Palais de la Favorite , et dont on
voit rarement la Fleur en Europe , y a fleuri depuis
environ la my - Août de cette année ;
Commencé à pousser la tige de son Bouquet vers
la fin du mois de May dernier ; et.depuis ce
temps là cette tige s'étant élevée à la hauteur de
vingt sept pieds et demy , avec 41. branches ,
le Bouquet total épanoui est de 5548. fleurs .
Cette rareté attire à Vienne un grand nombre de
Botanistes et des Curieux des principales Villes
d'Allemagne.
On écrit de Perpignan , que la femme d'us
Sellier
SEPTEMBRE . 1731. 2211
Sellier de cette Ville > étoit accouchée le 10.
d'Août de cinq filles , lesquelles avoient été baptisées
le lendemain ; que 15. jours auparavant ,
la Soeur de cette femme étoit accouchée de cinq
garçons , dont 4. étoient encore en vie , et que
leur Mere qui avoit eû quinze enfans en avoir
´mis au monde 12. en trois couches.
>
On apprend de Londres , qu'une Lionne qui
étoit enfermée dans la Tour , fit le 27. du mois
dernier des Petits ; il est à remarquer que cette
Lionne , ainsi que le mâle >
y nâquirent il y a
environ six ans.
"
Le Sieur Julien , Apoticaire ordinaire du Roy
en l'Artillerie , fait et vend la veritable et bonne
Pate de Guimauve et Suc de Reglisse blanc
pour la guérison des maladies de poitrine , toutes.
sortes de Thoux , Rhumes , adoucissent les Serosités
âcres, qui tombent sur les Poulmons , gué
rissent les inflammations et maux de gorge.
Sa demeure est toûjours à Paris , ruë de la
Verrerie , prache la ruë des Carmes Billettes.
>
› Messieurs Girandeau le jeune et fils Mar
chands à Montpellier , qui font depuis environ
trente ans un commerce considérable en gros ,
en Liqueurs , Syrops , Eau d'Hongrie , et autres
marchandises permises ont crû devoir avertir
le Public qu'ils continuent la vente de l'Eau
Dauphine , qu'ils ont inventée sur la fin de l'année
derniere 1730. avec un débit étonnant ; mais
que s'étant apperçus que plusieurs Particuliers.
qui se sont imaginé d'avoir trouvé la composition
de cette liqueur quoiqu'ils en soient infiniment
éloignez , s'avisent d'en offrir
>
2.
et même
de
2212 MERCURE DE FRANCE
>
de contrefaire la signature que lesdits Sieurs Grrandeau
le jeune et fils mettent sur l'Etiquette ;
bien plus , que certaines Personnes de leur commerce
, qu'on a chargé d'acheter chez eux de leur
Eau Dauphine , n'en ont pris que la moitié du
nombre des Bouteilles qu'on leur en demandoit
et d'une bouteille en ont fait deux , dans le des
sein de diminuer , s'il leur étoit possible , la juste
préférence qu'on donne à cette liqueur sur toutes
celles qui sont connues ; c'est ce qui les a déter
minez à mettre sur chacune des Bouteilles de.
cette liqueur deux cachets en cire rouge , le premier
est sur le Parchemin , qui couvre le bouchon
de Liege , autour duquel on trouve ces
mots , Girandeau jeune et au milieu est fils ,
entre le commencement du nom Girandeau et
mot jeune , il y a un petit Dauphin ; l'autre cachet
est aposé sur le noud du fil qui serre le
Parchemin , il ne contient que ces trois lettres
GJ F. ce sera à ces marques qu'on pourra distinguer
leur Eau Dauphine , d'avec celle qu'on
supposera en être.
& c.
Les Personnes qui auront besoin tant d'Ean
Dauphine , que d'autres liqueurs , Syrops , Eau
d'Hongrie , P'Esprit de Vin , Eaux-de- Vie ,
sont priez de s'adresser à ceux à droitute , comme
leur commerce est très - étendu , ils ont des cor .
respondances dans toutes les principales Villes du
Royaume et des Pays Etrangers , par le moyen
desquelles il leur sera aisé de faire parvenir les
Marchandises qu'on leur demandera . Leur adresse
est à Mrs. Girandeau le jeune et fils , Marz
ebands à lagrande ruë , à Montpellier.
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Résumé : Buste du Cardinal de Polignac. [titre d'après la table]
En septembre 1731, le Mercure de France a publié plusieurs événements et annonces notables. M. Charles-Nicolas Cochin, graveur de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, a été distingué pour deux portraits gravés : ceux de M. le Sueur et de M. Sarazin, tous deux peints par M. le Sueur. Jean-Étienne Liotard a réalisé une estampe du Portrait de M. René Herault, Conseiller d'État Lieutenant Général de Police, disponible chez la veuve Chereau rue Saint-Jacques. Liotard a également gravé une estampe intitulée 'Le Chat malade' d'après Watteau, vendue au même endroit. Une lettre de Rome demande l'insertion de vers dédiés au buste du Cardinal de Polignac, sculpté par Bouchardon, un Français élevé à Rome. Bouchardon est actuellement occupé à sculpter le buste du Pape. De Vienne, on rapporte la floraison rare d'une plante, l'Aloe Spinosa mucronate folio Americana major, dans les jardins du Palais de la Favorite, attirant de nombreux botanistes. De Perpignan, on apprend qu'une femme a accouché de cinq filles, tandis que sa sœur avait précédemment donné naissance à cinq garçons. À Londres, une lionne a mis bas dans la Tour. Le Sieur Julien, apothicaire du Roi, vend des remèdes pour les maladies de poitrine et les maux de gorge à Paris. Enfin, les marchands Girandeau à Montpellier avertissent le public de la contrefaçon de leur Eau Dauphine et décrivent les marques distinctives pour authentifier leur produit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1824
p. 2213-2218
« Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...] »
Début :
Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...]
Mots clefs :
Feuille volante, Tragédie, Académie de Marseille, Collège de Vernon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...] »
SPECTACLE S.
U fille ,nous apprend que fur la fin
Ne Feüille volante imprimée à Mar
du mois passé , on y representa avec beaucoup
de succès sur le Theatre du College
des PP. de l'Oratoire , la Tragedie de
Themistocle , dont l'Argument est exposé
au long dans la même feuille. Les Echevins
et tout le Corps de Ville assisterent à
ce Spectacle , auquel il y eût un concours
extraordinaire. Voici le Compliment qui
fut fait aux Echevins , pris du fonds du
sujet de la Piéce Tragique , et qui receut
de justes applaudissemens , sur tout dans
l'endroit qui regarde la nouvelle Academie
de Marseille.
Vous le sçavez , MESSIEURS , Mar
seille étoit sçavante & polie , lorsque le refte
desGaules n'étoit éclairé quepar le sçavoir bar
bare des Druïdes. Elle a déja repris cet ancien
éclat ; elle est devenue encore le séjour des
Lettres, une Société qui réunit tous les talens,
y met , pour ainsi dire , l'esprit en commun ,
& le travail particulier devient le profit general.
De là , nous verrons une succeffion de
génies
2214 MERCURE DE FRANCE
génies rares que la Capitale nous enviera ,
comme Rome en envia autrefois à nos Ancêtres.
De là, vos noms passeront avec les leurs,
à l'immortalité , et nos derniers Neveux admireront
tout ensemble et vos vertus et leurs
progrès.
Če Compliment fut prononcé par Louis
de Saint-Jacques, et l'Argument de la Tragédie
, récité par Pierre - Augustin Guis
Ecoliers d'élite , tous deux de Marseille.
du
Mr de Vernon , fort jolie Ville ,
Diocèse d'Evreux, ne se plaindront pas de
se trouver mal placez , si ensuite de ce
qui s'est passé à Marseille , nous rendons
aussi compte de ce qui les regarde en fait
de Spectacle. Voici l'Extrait d'une Lettre ,
écrite de cette Ville , le 25 Aoust.
Le College de Vernon est aujourd'hui
l'un des meilleurs et des plus florissans de
la Province de Normandie.
Le 22. Août on repréſenta fur le Theatre
de ce College , pour la distribution
des Prix , la Mort d'Antiochus , l'illuftre
Roy de Syrie , qui fit mourir les Maccabées
, fujet des plus tragiques , et tiré de
l'Ecriture Sainte.
Un fpectacle si touchant , et qui fut heureuſement
executé devant une nombreuſe
Affemblée , demandoit quelque chofe à
fa
SEPTEMBRE. 1731. 2215
fa fuite qui fût capable de divertir les Auditeurs
, et de les dédommager , pour ainsi
dire , des sentimens de terreur et de pitié
qui venoient de les émouvoir. On ne pouvoit
guere mieux y réussir qu'en représentant
, comme on fit , les Rufes des Ecoliers,
Comedie en trois Actes , de la compofition
de MM. Gautier et d'Orvilliers ,
dont voici un petit Extrait.
ACTE I. Tripolin , le plus espiegle des
Ecoliers , engage quatre ou cinq de ses
Compagnons à ne plus retourner au College
: il parle plaisamment des mauvais
traitemens des Regens ; les autres applaudissent
et se plaignent à leur tour . Pygron se
mocque de Filidor qu'il trouve allant porter
des liqueurs à son Regent pour en être
mieux traité, et l'engage à aller boire les liqueurs
avec deux ou trois de ses camarades.
ACTE II. Les Ecoliers se disent mutuellement
les tours qu'ils jouent à leurs Parens
pour attraper de l'argent. Tripolin
déclare à Brufcambille, que pour lui il fait
l'esprit folet pendant la nuit , et que ce
moyen lui donne lieu de voler, &c. Pigron
dit qu'ayant acheté un écu faux , et l'ayant
donné à garder à sa grand'mere , qui le
mit avec d'autres écus dans sa cassette , la
bonne femme lui avoit rendu un bon écu
au lieu du faux . Ils proposent ensuite de
joiier
2216 MERCURE DE FRANCE
jouer une partie de Lansquenet. Ils joüent
un moment , et sur un coup douteux ils
contestent , et se querellent en Ecoliers.
Un de leurs camarades vient fort essouflé
les avertir qu'on les cherche de tous
côtez , ce qui les fait tous disparoître.
ACTE III. & le plus comique. Deux
Ecoliers étant allé voler du fruit dans le
verger d'un Paysan , le disent à deux autres
qui ne manquent pas d'y aller. Guingan,
maître du Verger , les ayant surpris ,
s'empare du chapeau de Bruscambille , et
dit en jurant , qu'il ne le rendra qu'après
qu'on lui aura payé ses poires. Tripolin
s'écarte un moment pour consulter avec
Pigron sur les moyens de se tirer d'intrigue
, et d'attraper le Paysan . Voici comment
ils s'y prennent.
Ils reviennent en disputant fortement
l'un contre l'autre à qui aura un
mauvais bonnet qu'ils tiennent : Guingan
tâche de les mettre d'accord , et leur
dit qu'une pareille guenille ne vaut pas la
peine de disputer. Ils lui persuadent que
ce bonnet n'a point de prix , et qu'il rend
invisibles ceux qui le portent : ils le lui
prouvent en le mettant alternativement
sur leur tête et en s'esquivant adroitement,
ce qui fait un très plaisant jeu de Theatre.
Enfin ils prêtent le bonnet au Paysan qui
les
SEPTEMBRE. 1731 2217
les en prie , et qui rend le chapeau de Bruscambille
, se promettant de bien profiter
du temps qu'il possedera cet heureux bonnet.
Il le met sur sa tête et se croît invisi -
ble , les Ecoliers jurant qu'ils ne le voyent
pas , &c. Un Marquis paroît , auquel le
Paysan veut voler l'épée , croyant qu'il
n'en sera pas apperçû , mais il est chassé
et battu .
Tripolin rentre aussi-tôt sur la Scene
en riant du tour qu'il vient de jouer au
Paysan ; son pere qui le cherche arrive ,
le saisit et veut le conduire à St. L. Les
autres Ecoliers surviennent; ils sont si touchez
du péril où se trouve leur ami , qu'ils
jurent de rentrer dans leur devoir , de se
corriger , &c. C'est la fin de la Piéce ,
qui a fait beaucoup de plaisir.
M. de Guiry de Beaumont , Docteur de
Sorbonne , Chanoine de la Collegiale , et
Principal du College , a voulu lui -même
en faire le Prologue qui a été goûté des
Connoisseurs ; mais ce qui a été particu
lierement applaudi , c'eft un Compliment
que déclama , avec beaucoup de grace ,
en Vers de sa façon , un jeune Ecolier de
Troisiéme , et l'un des Acteurs de la Comedie.
Il est fils de M. d'Orvilliers ; c'est
à dire,fils de Maître . On ne mettra ici que
la fin de son Compliment , pour abreger
cet Extrait. H Avec
7218 MERCURE DE FRANCE
Avec quelque talent , beaucoup de hardiesse ,
Nous avons découvert tous nos tours de jeunesse,
Vous amuser étoit notre plus grand plaisir;
Des Acteurs de notre âge ont peine à réussir.
Mais si nous n'avons pû , Messieurs , vous satisfaire
,
'Applaudissez du moins au desir de vous plaire.
Le 13. de ce mois , les Comédiens
François remirent au Theatre la Tragede
Romulus de M. de la Motte , que le
Public revoit avec beaucoup de plaisir.
Les principaux Personnages de cette Piéce
sont Romulus , Tatius , Proculus , Erfilie, et
ces rôles sont remplis par les S" Du Fresne,
Sarrazin , Le Grand , la Dlle Du Fresne ,
&c. Nous renvoyons pour l'Extrait de
ce Poëme au Mercure de Janvier 1722 .
page 96.
Le Lundi 17. les mêmes Comédiens
représenterent à la Cour la Comédie du
Misantrope , qui fut suivie des Folies-
Amoureufes.
U fille ,nous apprend que fur la fin
Ne Feüille volante imprimée à Mar
du mois passé , on y representa avec beaucoup
de succès sur le Theatre du College
des PP. de l'Oratoire , la Tragedie de
Themistocle , dont l'Argument est exposé
au long dans la même feuille. Les Echevins
et tout le Corps de Ville assisterent à
ce Spectacle , auquel il y eût un concours
extraordinaire. Voici le Compliment qui
fut fait aux Echevins , pris du fonds du
sujet de la Piéce Tragique , et qui receut
de justes applaudissemens , sur tout dans
l'endroit qui regarde la nouvelle Academie
de Marseille.
Vous le sçavez , MESSIEURS , Mar
seille étoit sçavante & polie , lorsque le refte
desGaules n'étoit éclairé quepar le sçavoir bar
bare des Druïdes. Elle a déja repris cet ancien
éclat ; elle est devenue encore le séjour des
Lettres, une Société qui réunit tous les talens,
y met , pour ainsi dire , l'esprit en commun ,
& le travail particulier devient le profit general.
De là , nous verrons une succeffion de
génies
2214 MERCURE DE FRANCE
génies rares que la Capitale nous enviera ,
comme Rome en envia autrefois à nos Ancêtres.
De là, vos noms passeront avec les leurs,
à l'immortalité , et nos derniers Neveux admireront
tout ensemble et vos vertus et leurs
progrès.
Če Compliment fut prononcé par Louis
de Saint-Jacques, et l'Argument de la Tragédie
, récité par Pierre - Augustin Guis
Ecoliers d'élite , tous deux de Marseille.
du
Mr de Vernon , fort jolie Ville ,
Diocèse d'Evreux, ne se plaindront pas de
se trouver mal placez , si ensuite de ce
qui s'est passé à Marseille , nous rendons
aussi compte de ce qui les regarde en fait
de Spectacle. Voici l'Extrait d'une Lettre ,
écrite de cette Ville , le 25 Aoust.
Le College de Vernon est aujourd'hui
l'un des meilleurs et des plus florissans de
la Province de Normandie.
Le 22. Août on repréſenta fur le Theatre
de ce College , pour la distribution
des Prix , la Mort d'Antiochus , l'illuftre
Roy de Syrie , qui fit mourir les Maccabées
, fujet des plus tragiques , et tiré de
l'Ecriture Sainte.
Un fpectacle si touchant , et qui fut heureuſement
executé devant une nombreuſe
Affemblée , demandoit quelque chofe à
fa
SEPTEMBRE. 1731. 2215
fa fuite qui fût capable de divertir les Auditeurs
, et de les dédommager , pour ainsi
dire , des sentimens de terreur et de pitié
qui venoient de les émouvoir. On ne pouvoit
guere mieux y réussir qu'en représentant
, comme on fit , les Rufes des Ecoliers,
Comedie en trois Actes , de la compofition
de MM. Gautier et d'Orvilliers ,
dont voici un petit Extrait.
ACTE I. Tripolin , le plus espiegle des
Ecoliers , engage quatre ou cinq de ses
Compagnons à ne plus retourner au College
: il parle plaisamment des mauvais
traitemens des Regens ; les autres applaudissent
et se plaignent à leur tour . Pygron se
mocque de Filidor qu'il trouve allant porter
des liqueurs à son Regent pour en être
mieux traité, et l'engage à aller boire les liqueurs
avec deux ou trois de ses camarades.
ACTE II. Les Ecoliers se disent mutuellement
les tours qu'ils jouent à leurs Parens
pour attraper de l'argent. Tripolin
déclare à Brufcambille, que pour lui il fait
l'esprit folet pendant la nuit , et que ce
moyen lui donne lieu de voler, &c. Pigron
dit qu'ayant acheté un écu faux , et l'ayant
donné à garder à sa grand'mere , qui le
mit avec d'autres écus dans sa cassette , la
bonne femme lui avoit rendu un bon écu
au lieu du faux . Ils proposent ensuite de
joiier
2216 MERCURE DE FRANCE
jouer une partie de Lansquenet. Ils joüent
un moment , et sur un coup douteux ils
contestent , et se querellent en Ecoliers.
Un de leurs camarades vient fort essouflé
les avertir qu'on les cherche de tous
côtez , ce qui les fait tous disparoître.
ACTE III. & le plus comique. Deux
Ecoliers étant allé voler du fruit dans le
verger d'un Paysan , le disent à deux autres
qui ne manquent pas d'y aller. Guingan,
maître du Verger , les ayant surpris ,
s'empare du chapeau de Bruscambille , et
dit en jurant , qu'il ne le rendra qu'après
qu'on lui aura payé ses poires. Tripolin
s'écarte un moment pour consulter avec
Pigron sur les moyens de se tirer d'intrigue
, et d'attraper le Paysan . Voici comment
ils s'y prennent.
Ils reviennent en disputant fortement
l'un contre l'autre à qui aura un
mauvais bonnet qu'ils tiennent : Guingan
tâche de les mettre d'accord , et leur
dit qu'une pareille guenille ne vaut pas la
peine de disputer. Ils lui persuadent que
ce bonnet n'a point de prix , et qu'il rend
invisibles ceux qui le portent : ils le lui
prouvent en le mettant alternativement
sur leur tête et en s'esquivant adroitement,
ce qui fait un très plaisant jeu de Theatre.
Enfin ils prêtent le bonnet au Paysan qui
les
SEPTEMBRE. 1731 2217
les en prie , et qui rend le chapeau de Bruscambille
, se promettant de bien profiter
du temps qu'il possedera cet heureux bonnet.
Il le met sur sa tête et se croît invisi -
ble , les Ecoliers jurant qu'ils ne le voyent
pas , &c. Un Marquis paroît , auquel le
Paysan veut voler l'épée , croyant qu'il
n'en sera pas apperçû , mais il est chassé
et battu .
Tripolin rentre aussi-tôt sur la Scene
en riant du tour qu'il vient de jouer au
Paysan ; son pere qui le cherche arrive ,
le saisit et veut le conduire à St. L. Les
autres Ecoliers surviennent; ils sont si touchez
du péril où se trouve leur ami , qu'ils
jurent de rentrer dans leur devoir , de se
corriger , &c. C'est la fin de la Piéce ,
qui a fait beaucoup de plaisir.
M. de Guiry de Beaumont , Docteur de
Sorbonne , Chanoine de la Collegiale , et
Principal du College , a voulu lui -même
en faire le Prologue qui a été goûté des
Connoisseurs ; mais ce qui a été particu
lierement applaudi , c'eft un Compliment
que déclama , avec beaucoup de grace ,
en Vers de sa façon , un jeune Ecolier de
Troisiéme , et l'un des Acteurs de la Comedie.
Il est fils de M. d'Orvilliers ; c'est
à dire,fils de Maître . On ne mettra ici que
la fin de son Compliment , pour abreger
cet Extrait. H Avec
7218 MERCURE DE FRANCE
Avec quelque talent , beaucoup de hardiesse ,
Nous avons découvert tous nos tours de jeunesse,
Vous amuser étoit notre plus grand plaisir;
Des Acteurs de notre âge ont peine à réussir.
Mais si nous n'avons pû , Messieurs , vous satisfaire
,
'Applaudissez du moins au desir de vous plaire.
Le 13. de ce mois , les Comédiens
François remirent au Theatre la Tragede
Romulus de M. de la Motte , que le
Public revoit avec beaucoup de plaisir.
Les principaux Personnages de cette Piéce
sont Romulus , Tatius , Proculus , Erfilie, et
ces rôles sont remplis par les S" Du Fresne,
Sarrazin , Le Grand , la Dlle Du Fresne ,
&c. Nous renvoyons pour l'Extrait de
ce Poëme au Mercure de Janvier 1722 .
page 96.
Le Lundi 17. les mêmes Comédiens
représenterent à la Cour la Comédie du
Misantrope , qui fut suivie des Folies-
Amoureufes.
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Résumé : « Une Feüille volante imprimée à Marseille, nous apprend que sur la fin [...] »
En septembre 1731, la tragédie 'Themistocle' a été représentée avec succès au théâtre du Collège des Pères de l'Oratoire à Marseille. Cette représentation a attiré un public nombreux, y compris les échevins et le corps de ville. Louis de Saint-Jacques a adressé un compliment aux échevins, mettant en avant l'antique savoir de Marseille et son renouveau intellectuel grâce à une société réunissant divers talents. Pierre-Augustin Guis a récité l'argument de la tragédie. À Vernon, le Collège, l'un des meilleurs de Normandie, a organisé une représentation pour la distribution des prix. La tragédie 'La Mort d'Antiochus' a été suivie de la comédie 'Les Ruses des Écoliers'. Cette comédie, en trois actes, a été composée par MM. Gautier et d'Orvilliers et a diverti le public après la tragédie. Le spectacle a été complété par un prologue du Docteur de Sorbonne M. de Guiry de Beaumont et un compliment en vers d'un jeune écolier, fils de M. d'Orvilliers. À Paris, les comédiens français ont repris la tragédie 'Romulus' de M. de la Motte et la comédie 'Le Misantrope' suivie des 'Folies Amoureuses'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1825
p. 2218-2222
Mort du Sr. de la Thorilliere &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Theatre François vient de faire une très-grande perte en la personne de Pierre [...]
Mots clefs :
Troupe de Molière, Amoureuses comiques, Manigances, Fourberies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort du Sr. de la Thorilliere &c. [titre d'après la table]
Le Theatre François vient de faire une
très-grande perte en la personne de Pierre
le Noir de la THORILLIERE , mort à Paris le
18. de ce mois , dans la 75. année de son
âge , aprés avoir reçû tous ses Sacremens.
Il étoit fort aimé du Public , qui vraisemblaSEPTEMBR.
E . 1731. 2219
>
semblablement le regretera long - temps ;
c'étoit le seul qui restoit de la Troupe de
Moliere . Il étoit frere de Louise et Therese
le Noir , épouses des feu sieurs Baron et
Dancourt toutes deux mortes depuis
quelques années. Le Public garde encore
un précieux souvenir de la derniere , qui
jusqu'à l'âge de 60. ans , avoit conservé
les airs enfantins et les graces de la jeunesse
dans les rôles d'Amoureuses comiques,
avec une finesse , un naturel et une
noblesse admirable.
Le sieur de la Thorilliere avoit joué d'abord
dans le Tragique les rôles d'Oreste §
de Bajazet , &c. et les Amoureux Comiques;
mais en 1693. après la mort de J. B.
Siret Raifin , le plus excellent Comique
de la Scene Françoise , dont Moliere avoit
cultivé les heureux talens , il lui succeda
dans la plus grande partie de ses rôles , et
l'on peut dire qu'aprés l'inimitable Acteur
dont on vient de parler , le sieur de la
Thorilliere étoit le meilleur Comédieu
dans son genre de tous ceux que Moliere
avoit formés : aucun n'a si bien réussi , ni
si bien attrapé , et avec tant de graces et
de finesses naïves , les manigances , les
fourberies , les manieres et le ridicule d'un
Valet.
Il étoit d'une taille médiocre, mais très-
Hij bien
2220 MERCURE DE FRANCE
bien prise , dansant très bien et de bonne
grace ; le visage ouvert et gracieux , de
beaux yeux et le regard agréable , vif et
expressif; la voix legere , pleine et sonore,
Son jeu étoit plein d'action et d'un badinage
aimable et gay , sans être trivial : un
mouvement , une attitude , un geste , un
souris , un clin d'oeil , tout parloit en lui;
il animoit tout , sans sortir de l'esprit de
son rôle et de son vrai caractere. Ses heureux
talens et une longue pratique lui
avoient acquis cette perfection et la grande
réputation dont il a joüi ; car peu d'Acteurs
peuvent se vanter d'avoir été autant
et si constamment cheris du Public . Cependant
dans sa jeunesse , il chargeoit et
outroit un peu ses caracteres , pour plaire
au bas Parterre , qui l'accabloit d'applau
dissemens écueil fatal pour un Comédien
, qui naturellement au moins aussi vain
que les autres hommes,se prévient de son
merite sur de tels suffrages, sans compter
encore les fades complimens faits d'aprés
pareils juges ; en sorte que non seulenient
il se croit sans défaut , mais encore arrivé
au comble de la perfection ; tandis que
les gens sensez qui ont quelques lumieres
et du goût , haussent les épaules de yoir
applaudir une déclamation entierement
hors de la bienséance et du vrai , et qui
manque
SEPTEMBRE. 173. 22it
manque totalement de vrai- semblance et
de naturel .
Qu'on nous passe cette petite digres
sion à l'occasion de l'excellent Acteur que
nous regrettons avec tout le Public. " II
étoit fils de N. le Noir de la Thorilliere ,
mort il y a plus de 60. ans , très-gracieux
Comédien , quoique d'une taille médiocre
; sur tout il avoit de beaux yeux et de
belles dents. Il excelloit dans les rôles de
Roy et de Paysan . Il avoit été , dit- on ,
Officier de Cavalerie , et succeda à Juvenen
de la Fleur , fameux Comédien qui joüa
d'original le rôle d'Acomat , dans la Tragedie
de Bajazet.
Le sieur de la Thorilliere dansoit avec
beaucoup de grace et de legereté, et chantoit
fort agréablement . Il étoit bon convive
et aimoit la table quelquefois avec excès.
Le plaisir qu'il avoit fait à la Cour et à la
Ville , avoit été récompensé par une pension
de 1200. liv. que le Roy lui avoit accordée
, dont il jouissoit depuis dix ans.
Le 6. l'Académie Royale de Musique ,
reprit l'Opera de Phaeton , et redonna
Les Festes Venitiennes le 28. On répete
Amadis de Gaule , qu'on doit donner au
commencement d'Octobre.
Le 18. Août dernier , le Roy par Arrêt
de son Conseil du même jour , a ac-
Hij corde
2222 MERCURE DE FRANCE
cordé le Privilege de l'Académie Royale
du Musique au sieur le Comte , qu'avoit
ci-devant le sieur Gruer.
très-grande perte en la personne de Pierre
le Noir de la THORILLIERE , mort à Paris le
18. de ce mois , dans la 75. année de son
âge , aprés avoir reçû tous ses Sacremens.
Il étoit fort aimé du Public , qui vraisemblaSEPTEMBR.
E . 1731. 2219
>
semblablement le regretera long - temps ;
c'étoit le seul qui restoit de la Troupe de
Moliere . Il étoit frere de Louise et Therese
le Noir , épouses des feu sieurs Baron et
Dancourt toutes deux mortes depuis
quelques années. Le Public garde encore
un précieux souvenir de la derniere , qui
jusqu'à l'âge de 60. ans , avoit conservé
les airs enfantins et les graces de la jeunesse
dans les rôles d'Amoureuses comiques,
avec une finesse , un naturel et une
noblesse admirable.
Le sieur de la Thorilliere avoit joué d'abord
dans le Tragique les rôles d'Oreste §
de Bajazet , &c. et les Amoureux Comiques;
mais en 1693. après la mort de J. B.
Siret Raifin , le plus excellent Comique
de la Scene Françoise , dont Moliere avoit
cultivé les heureux talens , il lui succeda
dans la plus grande partie de ses rôles , et
l'on peut dire qu'aprés l'inimitable Acteur
dont on vient de parler , le sieur de la
Thorilliere étoit le meilleur Comédieu
dans son genre de tous ceux que Moliere
avoit formés : aucun n'a si bien réussi , ni
si bien attrapé , et avec tant de graces et
de finesses naïves , les manigances , les
fourberies , les manieres et le ridicule d'un
Valet.
Il étoit d'une taille médiocre, mais très-
Hij bien
2220 MERCURE DE FRANCE
bien prise , dansant très bien et de bonne
grace ; le visage ouvert et gracieux , de
beaux yeux et le regard agréable , vif et
expressif; la voix legere , pleine et sonore,
Son jeu étoit plein d'action et d'un badinage
aimable et gay , sans être trivial : un
mouvement , une attitude , un geste , un
souris , un clin d'oeil , tout parloit en lui;
il animoit tout , sans sortir de l'esprit de
son rôle et de son vrai caractere. Ses heureux
talens et une longue pratique lui
avoient acquis cette perfection et la grande
réputation dont il a joüi ; car peu d'Acteurs
peuvent se vanter d'avoir été autant
et si constamment cheris du Public . Cependant
dans sa jeunesse , il chargeoit et
outroit un peu ses caracteres , pour plaire
au bas Parterre , qui l'accabloit d'applau
dissemens écueil fatal pour un Comédien
, qui naturellement au moins aussi vain
que les autres hommes,se prévient de son
merite sur de tels suffrages, sans compter
encore les fades complimens faits d'aprés
pareils juges ; en sorte que non seulenient
il se croit sans défaut , mais encore arrivé
au comble de la perfection ; tandis que
les gens sensez qui ont quelques lumieres
et du goût , haussent les épaules de yoir
applaudir une déclamation entierement
hors de la bienséance et du vrai , et qui
manque
SEPTEMBRE. 173. 22it
manque totalement de vrai- semblance et
de naturel .
Qu'on nous passe cette petite digres
sion à l'occasion de l'excellent Acteur que
nous regrettons avec tout le Public. " II
étoit fils de N. le Noir de la Thorilliere ,
mort il y a plus de 60. ans , très-gracieux
Comédien , quoique d'une taille médiocre
; sur tout il avoit de beaux yeux et de
belles dents. Il excelloit dans les rôles de
Roy et de Paysan . Il avoit été , dit- on ,
Officier de Cavalerie , et succeda à Juvenen
de la Fleur , fameux Comédien qui joüa
d'original le rôle d'Acomat , dans la Tragedie
de Bajazet.
Le sieur de la Thorilliere dansoit avec
beaucoup de grace et de legereté, et chantoit
fort agréablement . Il étoit bon convive
et aimoit la table quelquefois avec excès.
Le plaisir qu'il avoit fait à la Cour et à la
Ville , avoit été récompensé par une pension
de 1200. liv. que le Roy lui avoit accordée
, dont il jouissoit depuis dix ans.
Le 6. l'Académie Royale de Musique ,
reprit l'Opera de Phaeton , et redonna
Les Festes Venitiennes le 28. On répete
Amadis de Gaule , qu'on doit donner au
commencement d'Octobre.
Le 18. Août dernier , le Roy par Arrêt
de son Conseil du même jour , a ac-
Hij corde
2222 MERCURE DE FRANCE
cordé le Privilege de l'Académie Royale
du Musique au sieur le Comte , qu'avoit
ci-devant le sieur Gruer.
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Résumé : Mort du Sr. de la Thorilliere &c. [titre d'après la table]
Pierre le Noir de la Thorillière, acteur renommé, est décédé à Paris le 18 septembre 1731 à l'âge de 75 ans, après avoir reçu les sacrements. Il était le dernier survivant de la troupe de Molière et le frère de Louise et Thérèse le Noir, épouses des défunts sieurs Baron et Dancourt. Thérèse était connue pour ses rôles d'amoureuses comiques et conservait des grâces juvéniles jusqu'à 60 ans. La Thorillière a d'abord interprété des rôles tragiques comme Oreste et Bajazet, ainsi que des rôles comiques. En 1693, après la mort de Jean-Baptiste Siret Raffin, il lui a succédé dans la plupart de ses rôles et est devenu l'un des meilleurs comédiens dans le genre formé par Molière, excellant particulièrement dans les rôles de valets. Physiquement, il avait une taille moyenne mais bien proportionnée, dansait avec grâce et possédait un visage ouvert et gracieux avec de beaux yeux expressifs. Sa voix était légère, pleine et sonore. Son jeu était plein d'action et de badinage aimable, sans jamais sortir de l'esprit de son rôle. Malgré une jeunesse marquée par des excès pour plaire au public, il a acquis une grande réputation et une perfection reconnue. Il était le fils de Nicolas le Noir de la Thorillière, comédien gracieux et Officier de Cavalerie, qui avait succédé à Juvenal de la Fleur. Pierre le Noir de la Thorillière dansait et chantait agréablement, aimait la bonne table et recevait une pension de 1200 livres accordée par le roi depuis dix ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1826
p. 2222-2223
L'Amante difficile, Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. Août, les Comédiens Italiens joüerent l'Amante difficile, Comédie de [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Comédie, Divertissements
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texteReconnaissance textuelle : L'Amante difficile, Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 23. Août , les Comédiens Italiens
joüerent l'Amante difficile , Comédie de
M. de la Motte , en Prose et en cinq
Actes , avec trois Divertissemens mis en
Musique par M. Mouret. Le Canevas de
cette Piéce avoit été donné par M. de la
Motte aux Comédiens Italiens à leur premiere
nouveauté ; ils l'executerent en 1716
en Italien avec beaucoup de succès , sans
en avoir fait une seule répetition , et seulement
aprés avoir écouté avec beaucoup
d'attention le sujet bien détaillé par le
sieur Lelio. Le plaisir que fit le gros de
P'action ( quoi que le détail se sentit bien
de l'impromptu ) persuada à M. de la
Motte , que les Scenes écrites avec soin
ne feroient qu'augmenter l'agrément du
Sujet. Il y a répandu beaucoup d'esprit et
'de sentiment.. L'action est bien conduite
et interessante ; et elle le seroit encoredavantage
, si les Scenes entre les Valets :
qui sont trop épisodiques et trop boufonnes
, ne l'interrompoient et ne l'avilissoient
même un peu . La De Silvia jouë
dans la perfection le rôle de l'Amantedifficile
: elle en a rendu les differens déguis
SEPTEMBRE . 1731. 2223
.
guisemens dans leur vrai caractere , et fur
tout le personnage de Gascon , avec toutes
les graces et la vivacité qui lui sont propres.
joüerent l'Amante difficile , Comédie de
M. de la Motte , en Prose et en cinq
Actes , avec trois Divertissemens mis en
Musique par M. Mouret. Le Canevas de
cette Piéce avoit été donné par M. de la
Motte aux Comédiens Italiens à leur premiere
nouveauté ; ils l'executerent en 1716
en Italien avec beaucoup de succès , sans
en avoir fait une seule répetition , et seulement
aprés avoir écouté avec beaucoup
d'attention le sujet bien détaillé par le
sieur Lelio. Le plaisir que fit le gros de
P'action ( quoi que le détail se sentit bien
de l'impromptu ) persuada à M. de la
Motte , que les Scenes écrites avec soin
ne feroient qu'augmenter l'agrément du
Sujet. Il y a répandu beaucoup d'esprit et
'de sentiment.. L'action est bien conduite
et interessante ; et elle le seroit encoredavantage
, si les Scenes entre les Valets :
qui sont trop épisodiques et trop boufonnes
, ne l'interrompoient et ne l'avilissoient
même un peu . La De Silvia jouë
dans la perfection le rôle de l'Amantedifficile
: elle en a rendu les differens déguis
SEPTEMBRE . 1731. 2223
.
guisemens dans leur vrai caractere , et fur
tout le personnage de Gascon , avec toutes
les graces et la vivacité qui lui sont propres.
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Résumé : L'Amante difficile, Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 23 août, les Comédiens Italiens ont interprété 'L'Amante difficile', une comédie en prose et en cinq actes écrite par M. de la Motte. La pièce incluait trois divertissements musicaux composés par M. Mouret. Le canevas de cette œuvre avait été donné par M. de la Motte aux Comédiens Italiens lors de leur première nouveauté en 1716, qu'ils avaient jouée en italien avec succès après une préparation rapide. La pièce est riche en esprit et en sentiment, avec une action bien conduite et intéressante. Cependant, les scènes entre les valets sont trop épisodiques et bouffonnes, interrompant et avilissant légèrement l'action. La comédienne De Silvia a interprété à la perfection le rôle de l'Amante difficile, rendant les différents déguisements avec toutes les grâces et la vivacité nécessaires, notamment le personnage de Gascon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1827
p. 2223-2226
Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Début :
Le 12. Septembre , les mêmes Comédiens représenterent pour la premiere fois [...]
Mots clefs :
Pièce en vers libres, Éloquence, Déesse des Amours, Critique
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texteReconnaissance textuelle : Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 12. Septembre , les mêmes Comédiens
représenterent pour la premiere fois
le Je ne sçai quoi , Piece en Vers libres
et en un Acte, ornée d'un Divertissement.
Cette Piece attire tous les jours un concours
extraordinaire ; elle est generalement
applaudie ; en voici un Extrait assez
succinct ; Nous le donnons Scene
par Scene
, pour ne nous point écarter
de l'ordre que l'Auteur y a mis ; elle est
de Mr. de Boissy , qui a déja brillé sur ce
Theatre par le Triomphe de l'Interêt.
.
Le Theatre réprésente un lieu champê
tre , où le Je ne sçai quoi s'est retiré. Venus
ouvre la Scene avec Momus ; elle se
plaint de la retraite du Je ne sçai quoi ,
qu'elle voudroit bien rappeller dans Paris
, où elle fait son séjour Momus lur
fait entendre qu'elle l'a perdu par sa
faute.
Apollon qui survient , fait les mêmes
plaintes que Venus , et Momus lui fait à
peu près la même réponse ; il les laisse
tous deux déliberer sur les mesures qu'ils
prendront pour tirer le Je ne sçai quoi
du desert qui le dérobe aux yeux de
tout le monde , et fait entendre qu'il va
Hiiij
ten-
د
2224 MERCURE DE FRANCE
tenter de son côté une entreprise si glorieuse.
Le Je ne sçai quoi , Genie représenté
par Arlequin, sort de son antre 5 Apollon
et Venus n'oublient rien pour l'engager ;
l'un déploye toute son éloquence , et
l'autre étale tous ses appas ; mais ils n'avancent
rien ; le Je ne sçai quoi les renvoye
très - mécontens , en leur disant
qu'ils s'éloignent trop de la Nature , que
la Déesse des Amours est trop fardée , et
que le Dieu des beaux Esprits est forcé
dans toutes ses productions .
Une Dame se présente au Je ne sçai
quoi , le genie lui demande son nom ;
il est très surpris d'apprendre que c'est
le Public en cornette . Ce Public femelle
lui dit que son Frere , qui est le Public
masculin , lui cede en sentiment et en
goût , et que ce sont les Dames qui font
le succès,sur- tout des Pieces de Theatre ;
après une Critique très- vive et très- bien
vérsifiée , le Public Feminin se flate que
le Je ne sçai quoi se rendra à ses pressantes
sollicitations : le genie lui demande .
du temps pour s'y déterminer , et en attendant
qu'il ait pris sa derniere resolu
tion , illui conseille de se raprocher un
peu plus de la Nature et sur tout de
boire un peu moins de Vin de Grave.
>
Cette
SEPTEMBRE . 1731. 2225
•
Cette Scene est celle qui fait le plus
de plaisir aux connoisseurs ; celle qui la
suit fait plus rire le Peuple ; c'est une
imitation de la Scene du Maître à chanter
et du Maître à danser des Fêtes Veni
tiennes de l'Opera . Le Sr. Theveneau y met
le Comique qu'on y peut souhaitter , er
la Dlle Thomassin toute la legereté et toute
la vivacité que son Rôle demande, Le Je
ne sçai quoi n'est satisfait ni de l'un ni
de l'autre ; le Chanteur lui paroît trop
manieré , et la Danseuse saute trop haut
pour une femme.
Nous ne nous arrêtons pas à deux Sce
nes , dont l'une est entre un petit Maître
et un Suisse , le Je ne sçai quoi les
renvoye , en disant au premier qu'il
cherche trop à plaire , et au dernier qu'il
ne plaît pas assez . L'autre Scene est d'un
Géometre , qui prétend mésurer le Je ne
sçai quoi au Compas : on l'a retranchée
à la seconde réprésentation
La derniere Scene est entre une Calotine
et le Je ne sçai quoi . Ils se trouvent si
bien faits l'un pour l'autre , qu'ils forrent
la résolution de ne se jamais quit
ter ; Momus qui a envoyé la Calotine
vient s'applaudir de l'heureux succès de
son projet il confirme cette nouvelle
alliance , et en fait célébrer la Fête par
Hv La
2226 MERCURE DE FRANCE
le Regiment de la Calotte. Voici le couplet
du Vaudeville , qui a fait le plus
de plaisir.
'Aujourd'huy l'Opera nous frappe ;
Demain les Comédiens
Après-demain on nous attrape
Par les moindres petits riens..
Que la Marotte
Passe soudain
De main en main ,.
Que la Calotte
Couvre la Tête falote
Du genre humain.
Toute la Musique de cette Piece , qui
est très -ingenieuse et très- bien caracterisée
, est de M. Mouret.
Le 18. les mêmes Comédiens joüerentà
la Cour la Comédie dont on vient de
parler. Cette Piéce n'a pas moins été goûtée
à la Cour qu'à la Ville , où elle attire
encore tous les jours de nombreuses Assemblées
à l'Hôtel de Bourgogne. L'Auteur
promet de donner encore quelques
Scenes nouvelles , dont nous rendrons.
compte.
représenterent pour la premiere fois
le Je ne sçai quoi , Piece en Vers libres
et en un Acte, ornée d'un Divertissement.
Cette Piece attire tous les jours un concours
extraordinaire ; elle est generalement
applaudie ; en voici un Extrait assez
succinct ; Nous le donnons Scene
par Scene
, pour ne nous point écarter
de l'ordre que l'Auteur y a mis ; elle est
de Mr. de Boissy , qui a déja brillé sur ce
Theatre par le Triomphe de l'Interêt.
.
Le Theatre réprésente un lieu champê
tre , où le Je ne sçai quoi s'est retiré. Venus
ouvre la Scene avec Momus ; elle se
plaint de la retraite du Je ne sçai quoi ,
qu'elle voudroit bien rappeller dans Paris
, où elle fait son séjour Momus lur
fait entendre qu'elle l'a perdu par sa
faute.
Apollon qui survient , fait les mêmes
plaintes que Venus , et Momus lui fait à
peu près la même réponse ; il les laisse
tous deux déliberer sur les mesures qu'ils
prendront pour tirer le Je ne sçai quoi
du desert qui le dérobe aux yeux de
tout le monde , et fait entendre qu'il va
Hiiij
ten-
د
2224 MERCURE DE FRANCE
tenter de son côté une entreprise si glorieuse.
Le Je ne sçai quoi , Genie représenté
par Arlequin, sort de son antre 5 Apollon
et Venus n'oublient rien pour l'engager ;
l'un déploye toute son éloquence , et
l'autre étale tous ses appas ; mais ils n'avancent
rien ; le Je ne sçai quoi les renvoye
très - mécontens , en leur disant
qu'ils s'éloignent trop de la Nature , que
la Déesse des Amours est trop fardée , et
que le Dieu des beaux Esprits est forcé
dans toutes ses productions .
Une Dame se présente au Je ne sçai
quoi , le genie lui demande son nom ;
il est très surpris d'apprendre que c'est
le Public en cornette . Ce Public femelle
lui dit que son Frere , qui est le Public
masculin , lui cede en sentiment et en
goût , et que ce sont les Dames qui font
le succès,sur- tout des Pieces de Theatre ;
après une Critique très- vive et très- bien
vérsifiée , le Public Feminin se flate que
le Je ne sçai quoi se rendra à ses pressantes
sollicitations : le genie lui demande .
du temps pour s'y déterminer , et en attendant
qu'il ait pris sa derniere resolu
tion , illui conseille de se raprocher un
peu plus de la Nature et sur tout de
boire un peu moins de Vin de Grave.
>
Cette
SEPTEMBRE . 1731. 2225
•
Cette Scene est celle qui fait le plus
de plaisir aux connoisseurs ; celle qui la
suit fait plus rire le Peuple ; c'est une
imitation de la Scene du Maître à chanter
et du Maître à danser des Fêtes Veni
tiennes de l'Opera . Le Sr. Theveneau y met
le Comique qu'on y peut souhaitter , er
la Dlle Thomassin toute la legereté et toute
la vivacité que son Rôle demande, Le Je
ne sçai quoi n'est satisfait ni de l'un ni
de l'autre ; le Chanteur lui paroît trop
manieré , et la Danseuse saute trop haut
pour une femme.
Nous ne nous arrêtons pas à deux Sce
nes , dont l'une est entre un petit Maître
et un Suisse , le Je ne sçai quoi les
renvoye , en disant au premier qu'il
cherche trop à plaire , et au dernier qu'il
ne plaît pas assez . L'autre Scene est d'un
Géometre , qui prétend mésurer le Je ne
sçai quoi au Compas : on l'a retranchée
à la seconde réprésentation
La derniere Scene est entre une Calotine
et le Je ne sçai quoi . Ils se trouvent si
bien faits l'un pour l'autre , qu'ils forrent
la résolution de ne se jamais quit
ter ; Momus qui a envoyé la Calotine
vient s'applaudir de l'heureux succès de
son projet il confirme cette nouvelle
alliance , et en fait célébrer la Fête par
Hv La
2226 MERCURE DE FRANCE
le Regiment de la Calotte. Voici le couplet
du Vaudeville , qui a fait le plus
de plaisir.
'Aujourd'huy l'Opera nous frappe ;
Demain les Comédiens
Après-demain on nous attrape
Par les moindres petits riens..
Que la Marotte
Passe soudain
De main en main ,.
Que la Calotte
Couvre la Tête falote
Du genre humain.
Toute la Musique de cette Piece , qui
est très -ingenieuse et très- bien caracterisée
, est de M. Mouret.
Le 18. les mêmes Comédiens joüerentà
la Cour la Comédie dont on vient de
parler. Cette Piéce n'a pas moins été goûtée
à la Cour qu'à la Ville , où elle attire
encore tous les jours de nombreuses Assemblées
à l'Hôtel de Bourgogne. L'Auteur
promet de donner encore quelques
Scenes nouvelles , dont nous rendrons.
compte.
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Résumé : Le Je ne sçai quoy ? Comedie nouvelle. [titre d'après la table]
Le 12 septembre, la pièce 'Le Je ne sçai quoi' fut représentée pour la première fois par les comédiens. Écrite par Monsieur de Boissy, cette œuvre en vers libres et en un acte, accompagnée d'un divertissement, connut un succès immédiat et attira un public nombreux chaque jour. La pièce se déroule dans un lieu champêtre où le 'Je ne sçai quoi', incarné par Arlequin, s'est retiré. Vénus, Apollon et Momus tentent de le ramener à Paris, mais Arlequin refuse, jugeant ces divinités trop éloignées de la nature. Une Dame, représentant le public féminin, affirme que les femmes déterminent le succès des pièces de théâtre. Le 'Je ne sçai quoi' lui demande du temps pour réfléchir et lui conseille de se rapprocher davantage de la nature. Une scène appréciée du peuple imite celle du Maître à chanter et du Maître à danser des Fêtes vénitiennes de l'Opéra. Cependant, le 'Je ne sçai quoi' n'est satisfait ni par le chanteur ni par la danseuse. D'autres personnages, comme un petit maître, un Suisse et un géomètre, sont également renvoyés par le 'Je ne sçai quoi'. Dans la dernière scène, une Calotine et le 'Je ne sçai quoi' décident de ne jamais se quitter. Momus célèbre cette alliance, confirmée par le Régiment de la Calotte. La musique de la pièce, très ingénieuse et bien caractérisée, est de Monsieur Mouret. Le 18 septembre, la pièce fut jouée à la Cour, où elle fut également très appréciée. L'auteur prévoit d'ajouter de nouvelles scènes à l'œuvre.
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1828
p. 2226-2235
Les Eveillez de Poissi et les petits Comediens. Autres Pieces nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Le 27. Août, l'Opera Comique donna la premiere Représentation de deux petites [...]
Mots clefs :
Foire, Danse, Chevalier, Tragédie, Enfants comédiens, Danseurs pantomimes anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Eveillez de Poissi et les petits Comediens. Autres Pieces nouvelles. [titre d'après la table]
Le 27. Août , l'Opera Comique donna
la premiere Représentation de deux petites .
Piéces
SEPTEMBRE . 1731. 2227
Pièces nouvelles , d'un'Acte chacune, avec
des Divertissemens. La premiere a pour titre
les Eveillez de Poiffi, et l'autre, les petits
Comédiens, ou la Tante dupée. Les rôles
de cette derniere Piéce sont joüez par
des Enfans , dont le plus âgé n'a pas treize
ans ; ils sont très-applaudis par de nombreuses
Assemblées que cette singularité
attire à la Foire S. Laurent pour voir ce
spectacle , aussi singulier qu'agréable . Il y
a dans le Divertissement un Enfant âgé
de quatre ans seulement, qui danse et parodie
avec beaucoup de grace et de justesse:
la danse du Sabotier , executée aux Foires
précedentes par le sieur Nivelon , fameux
Danseur pour ces sortes de caracteres. Ce
Divertissement est terminé par un très -joli
Balet, quireprésente en Scenes muettes et
dansantes , le Jugement de Pâris , et qui est
executé par les excellens Danseurs Pantomimes
dont on a déja parlé. La D Groi
gnet , nouvelle Danseuse , s'y est aussi dis-´
tinguée par differentes danses , executées :
avec beaucoup de vivacité. Voici un Extrait
de la Piéce.
La Scene se passe dans une Maison de
Campagne auprès de Tours , où se trouve
le Chevalier , ami de la Dame du lieu ,.
appellée Jule , laquelle devant donner
une Fête , avoit mandé une Troupe de
H vj Comé
2228 MERCURE DE FRANCE
Comédiens de Campagne . Dans le tempsqu'ils
étoient dans une vive impatience de
voir paroître cette Troupe pour représenter
la Tragédie d'Iphigenie , qu'on
avoit demandée ; un Domestique vient
annoncer le désastre arrivé en chemin à
cette Troupe. La Rancune * qui en est le
Chef, arrive un moment après un bras en
écharpe et un emplatre à la joüe , et s'adressant
à Julie et au Chevalier , leur dit :
Jamais nous ne goutons de parfaite allegresse ;
Nos plus heureux succès sont mêlez de tristesse
Madame,je comptoís que ma Troupe aujourd'hui,
De ce charmant séjour viendroit chasser l'ennui,
Chacun s'étoit flatté de la douce esperance ,
D'étaler à vos yeux son Art et sa Science ,
Mais un malheur subit a trahi nos desirs ,
Renversé notre espoir et détruis vos plaisirs ;-
Nous avions presque fait les trois quarts
voyage ,
Et nous voyons déja le Clocher du Village ,
Quand un maudit Chasseur que le Ciel en couroux
,
Pour punir nos forfaits fit approcher de nous ,
Vit un Oiseau perché sur la branche d'un Hêtre ;
Sa main dans le moment met la mainau Salpêtre,
Il apprête , il ajuste , et d'un coup effrayant ,
Pait voler dans les airs le métal fondroyant.
Le Sr Drouin. qui joue très - bien ce Rôle
La
SEPTEMBRE. 1731. 2229
La terre s'en émeut , les Antres en gémissent ,
De nos Coursiers fringants tous les crins se he
rissent ;
La terreur les saisit , et de colere ardens ,
Soudain nous les voyons prendre le mords aux:
dents ;
Du Guide consterné la voix foible et tremblante;
Tâche en vain d'arrêter leur fougue violente
La voiture entraînée au gré de leur fureur ,
Va donner contre un Roc d'une énorme gros
seur ;
L'essieu crie et se rompt ::ô ! spectacle terrible !
Capable d'attendrir l'ame la moins sensible..
Dans un Marais bourbeux Ragotin renversé ,
Et dans ses brodequins lui- même embarrassé ,
Après avoir long-temps dans un confus mélange,
De Livres , de paquets , de poussiere et de fange ,
Lutté contre la mort , la fortune et les Dieux ,
Reste à la fin sans force et périt à nos yeux.
J'ai vû , Seigneur , j'ai vâles ronces degoutantes,
Porter de ce Heros les dépouilles sanglantes ;
Comme lui maint Acteur dans le sang est baigné,
Et c'est moi que le sort a le plus épargné.
Julie plaint beaucoup la situation de
ce Comédien et de sa Troupe , mais elle
veut l'obliger à jouer la Tragédie d'Iphigenie.
Le Chevalier y joint ses instances,
oni , dit- il , et chante sur l'Air de la Palisse
est mort .
2230 MERCURE DE FRANCE
Le Chevalier..
Vous là jouerez ......
Le Comédien..
Eh ! comment:
Satisfaire votre envie ?
Peut- être dans ce moment
On trépane Iphigenie.
Si vous voyez dans quel état est Aga
memnon ( continue le Comédien ) et
chante sur l'Air : Que dans l'amoureux
mystere.
Pouvons-nous sur le Théatre ,
Mettre un Roy tout fracassé
Achille porte un emplâtre ,..
Ulisse a le bras cassé ;
De notre Orquestre ,
Le Pupitre s'est brisé
Sur Clytemnestre ..
,,
Ce contre- temps engage la Rancune
à proposer de faire jouer une petite Trou
pe composée de sa Famille , qui s'est trouvée
heureusement dans une autre Voitu
re ; Julie et le Chevalier acceptent ceparti
. Le Comédien demande au Public
quelque indulgence pour cette Troupe
naissante.
SEPTEMBRE 1731. 2238
naissante , et chante sur l'Air : Ici je fonde
une Abbaye.
S'ils n'ont pas l'honneur de vous plaire ,,
Epargnez-les , c'est moi , Messieurs ,
Qui doit porter votre colere ;
J'ai fait la Piece et les Acteurs.
Les Enfans . Comédiens joüent ensuite
une petite Piece ingénieusement composée
et proportionnée à leur âge. Elle est
intitulée la Niece vengée , ou la Double
Surprise ; elle est de la composition de
M. Panard , la Musique est de M. Gillier :
voicy quelques Couplets du Vaudeville..
Fulie.
Par l'âge ni par la grandeur ;
Ne jugeons jamais d'un Acteur ;
Ceux-cy dont je suis satisfaite ,
Font voir que pour être amusants,
Les petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands.
De la bravoure des Soldats ,
La taille ne décide pas ;
Bien souvent , lorsque la Trompette
Appelle au feu les Combattans ,
Les Petits, & c..
Les
2232 MERCURE DE FRANCE
Les Vers sublimes et pompeux ,
Deviennent souvent ennuyeux ;
Ceux d'une simple Chansonnette ,
Quelquefois sont vifs et picquants ;
Les Petits , & c..
La Foire dans ses plus beaux jours ,
Ne vit jamais un tel concours ;
L'aspect de la Salle complette ,
Me fait chanter , ô ! l'heureux temps !!
Les Petits , tourelourirette ,
Font venir les Grands.
Le Petit Sabottier.
Quoique je ne sois qu'un nabot ,
Je sçai remuer le sabot ;
Ma danse est encore imparfaite ,
Mais j'espere qu'en peu de temps ,.
Mes petons , tourelourirette ,
Vaudront bien les grands..
La Petite Tante.
Ha! que nous nous croirons heureux ,
Si l'on est content de nos Jeux ;
Et qu'avec moi chacun repete ,
Ces mots , pour nous si ravissans ;
Les Petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands,
Un
SEPTEMBRE. 1731. 2233
Un petit Crispin.
Que mon destin seroit charmant ,
Si le Spectateur en sortant ,
Disoit d'une ame satisfaite ,
Crispin me plaît , il est brillant ;
Ce Petit , tourelourirette ,
En vaut bien un grand.
Le 18. Septembre , le même Opera Comique
fut mandé pour aller jouer à la
Cour. Il représenta devant la Reine ,
l'Acte de Strasbourg , Piece jouée au commencement
de la Foire S. Laurent , dans
lequel la Dite le Grand , habillée en homme
, fait beaucoup de plaisir ; ensuite la
Piece des Petits Comédiens , dont on vient
de parler , et la danse du Petit Sabotier
qui plut infiniment. Ce Divertissement
fut terminé par le premier Ballet executé
par les Danseurs Anglois Pantomimes
dont on a parlé . S. M. parut très - satisfaite
de ce Divertissement , par la singu→
larité de ces Petits Comédiens qui jouerent
avec beaucoup de hardiesse et d'intelligence.
Le 20. l'Opera Comique donna le premiere
Représentation d'une Piece nouvelle
en un Acte , qui a pour titre : le
Temple du Sommeil , suivie de celle des
Petits Comédiens , et du premier Ballet de
Danseurs Pantomimes Anglois .
la premiere Représentation de deux petites .
Piéces
SEPTEMBRE . 1731. 2227
Pièces nouvelles , d'un'Acte chacune, avec
des Divertissemens. La premiere a pour titre
les Eveillez de Poiffi, et l'autre, les petits
Comédiens, ou la Tante dupée. Les rôles
de cette derniere Piéce sont joüez par
des Enfans , dont le plus âgé n'a pas treize
ans ; ils sont très-applaudis par de nombreuses
Assemblées que cette singularité
attire à la Foire S. Laurent pour voir ce
spectacle , aussi singulier qu'agréable . Il y
a dans le Divertissement un Enfant âgé
de quatre ans seulement, qui danse et parodie
avec beaucoup de grace et de justesse:
la danse du Sabotier , executée aux Foires
précedentes par le sieur Nivelon , fameux
Danseur pour ces sortes de caracteres. Ce
Divertissement est terminé par un très -joli
Balet, quireprésente en Scenes muettes et
dansantes , le Jugement de Pâris , et qui est
executé par les excellens Danseurs Pantomimes
dont on a déja parlé. La D Groi
gnet , nouvelle Danseuse , s'y est aussi dis-´
tinguée par differentes danses , executées :
avec beaucoup de vivacité. Voici un Extrait
de la Piéce.
La Scene se passe dans une Maison de
Campagne auprès de Tours , où se trouve
le Chevalier , ami de la Dame du lieu ,.
appellée Jule , laquelle devant donner
une Fête , avoit mandé une Troupe de
H vj Comé
2228 MERCURE DE FRANCE
Comédiens de Campagne . Dans le tempsqu'ils
étoient dans une vive impatience de
voir paroître cette Troupe pour représenter
la Tragédie d'Iphigenie , qu'on
avoit demandée ; un Domestique vient
annoncer le désastre arrivé en chemin à
cette Troupe. La Rancune * qui en est le
Chef, arrive un moment après un bras en
écharpe et un emplatre à la joüe , et s'adressant
à Julie et au Chevalier , leur dit :
Jamais nous ne goutons de parfaite allegresse ;
Nos plus heureux succès sont mêlez de tristesse
Madame,je comptoís que ma Troupe aujourd'hui,
De ce charmant séjour viendroit chasser l'ennui,
Chacun s'étoit flatté de la douce esperance ,
D'étaler à vos yeux son Art et sa Science ,
Mais un malheur subit a trahi nos desirs ,
Renversé notre espoir et détruis vos plaisirs ;-
Nous avions presque fait les trois quarts
voyage ,
Et nous voyons déja le Clocher du Village ,
Quand un maudit Chasseur que le Ciel en couroux
,
Pour punir nos forfaits fit approcher de nous ,
Vit un Oiseau perché sur la branche d'un Hêtre ;
Sa main dans le moment met la mainau Salpêtre,
Il apprête , il ajuste , et d'un coup effrayant ,
Pait voler dans les airs le métal fondroyant.
Le Sr Drouin. qui joue très - bien ce Rôle
La
SEPTEMBRE. 1731. 2229
La terre s'en émeut , les Antres en gémissent ,
De nos Coursiers fringants tous les crins se he
rissent ;
La terreur les saisit , et de colere ardens ,
Soudain nous les voyons prendre le mords aux:
dents ;
Du Guide consterné la voix foible et tremblante;
Tâche en vain d'arrêter leur fougue violente
La voiture entraînée au gré de leur fureur ,
Va donner contre un Roc d'une énorme gros
seur ;
L'essieu crie et se rompt ::ô ! spectacle terrible !
Capable d'attendrir l'ame la moins sensible..
Dans un Marais bourbeux Ragotin renversé ,
Et dans ses brodequins lui- même embarrassé ,
Après avoir long-temps dans un confus mélange,
De Livres , de paquets , de poussiere et de fange ,
Lutté contre la mort , la fortune et les Dieux ,
Reste à la fin sans force et périt à nos yeux.
J'ai vû , Seigneur , j'ai vâles ronces degoutantes,
Porter de ce Heros les dépouilles sanglantes ;
Comme lui maint Acteur dans le sang est baigné,
Et c'est moi que le sort a le plus épargné.
Julie plaint beaucoup la situation de
ce Comédien et de sa Troupe , mais elle
veut l'obliger à jouer la Tragédie d'Iphigenie.
Le Chevalier y joint ses instances,
oni , dit- il , et chante sur l'Air de la Palisse
est mort .
2230 MERCURE DE FRANCE
Le Chevalier..
Vous là jouerez ......
Le Comédien..
Eh ! comment:
Satisfaire votre envie ?
Peut- être dans ce moment
On trépane Iphigenie.
Si vous voyez dans quel état est Aga
memnon ( continue le Comédien ) et
chante sur l'Air : Que dans l'amoureux
mystere.
Pouvons-nous sur le Théatre ,
Mettre un Roy tout fracassé
Achille porte un emplâtre ,..
Ulisse a le bras cassé ;
De notre Orquestre ,
Le Pupitre s'est brisé
Sur Clytemnestre ..
,,
Ce contre- temps engage la Rancune
à proposer de faire jouer une petite Trou
pe composée de sa Famille , qui s'est trouvée
heureusement dans une autre Voitu
re ; Julie et le Chevalier acceptent ceparti
. Le Comédien demande au Public
quelque indulgence pour cette Troupe
naissante.
SEPTEMBRE 1731. 2238
naissante , et chante sur l'Air : Ici je fonde
une Abbaye.
S'ils n'ont pas l'honneur de vous plaire ,,
Epargnez-les , c'est moi , Messieurs ,
Qui doit porter votre colere ;
J'ai fait la Piece et les Acteurs.
Les Enfans . Comédiens joüent ensuite
une petite Piece ingénieusement composée
et proportionnée à leur âge. Elle est
intitulée la Niece vengée , ou la Double
Surprise ; elle est de la composition de
M. Panard , la Musique est de M. Gillier :
voicy quelques Couplets du Vaudeville..
Fulie.
Par l'âge ni par la grandeur ;
Ne jugeons jamais d'un Acteur ;
Ceux-cy dont je suis satisfaite ,
Font voir que pour être amusants,
Les petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands.
De la bravoure des Soldats ,
La taille ne décide pas ;
Bien souvent , lorsque la Trompette
Appelle au feu les Combattans ,
Les Petits, & c..
Les
2232 MERCURE DE FRANCE
Les Vers sublimes et pompeux ,
Deviennent souvent ennuyeux ;
Ceux d'une simple Chansonnette ,
Quelquefois sont vifs et picquants ;
Les Petits , & c..
La Foire dans ses plus beaux jours ,
Ne vit jamais un tel concours ;
L'aspect de la Salle complette ,
Me fait chanter , ô ! l'heureux temps !!
Les Petits , tourelourirette ,
Font venir les Grands.
Le Petit Sabottier.
Quoique je ne sois qu'un nabot ,
Je sçai remuer le sabot ;
Ma danse est encore imparfaite ,
Mais j'espere qu'en peu de temps ,.
Mes petons , tourelourirette ,
Vaudront bien les grands..
La Petite Tante.
Ha! que nous nous croirons heureux ,
Si l'on est content de nos Jeux ;
Et qu'avec moi chacun repete ,
Ces mots , pour nous si ravissans ;
Les Petits , tourelourirette ,
Valent bien les grands,
Un
SEPTEMBRE. 1731. 2233
Un petit Crispin.
Que mon destin seroit charmant ,
Si le Spectateur en sortant ,
Disoit d'une ame satisfaite ,
Crispin me plaît , il est brillant ;
Ce Petit , tourelourirette ,
En vaut bien un grand.
Le 18. Septembre , le même Opera Comique
fut mandé pour aller jouer à la
Cour. Il représenta devant la Reine ,
l'Acte de Strasbourg , Piece jouée au commencement
de la Foire S. Laurent , dans
lequel la Dite le Grand , habillée en homme
, fait beaucoup de plaisir ; ensuite la
Piece des Petits Comédiens , dont on vient
de parler , et la danse du Petit Sabotier
qui plut infiniment. Ce Divertissement
fut terminé par le premier Ballet executé
par les Danseurs Anglois Pantomimes
dont on a parlé . S. M. parut très - satisfaite
de ce Divertissement , par la singu→
larité de ces Petits Comédiens qui jouerent
avec beaucoup de hardiesse et d'intelligence.
Le 20. l'Opera Comique donna le premiere
Représentation d'une Piece nouvelle
en un Acte , qui a pour titre : le
Temple du Sommeil , suivie de celle des
Petits Comédiens , et du premier Ballet de
Danseurs Pantomimes Anglois .
Fermer
Résumé : Les Eveillez de Poissi et les petits Comediens. Autres Pieces nouvelles. [titre d'après la table]
Le 27 août 1731, l'Opéra Comique a présenté deux pièces en un acte, accompagnées de divertissements. Les pièces, intitulées 'Les Éveillez de Poiffi' et 'Les petits Comédiens, ou la Tante dupée', ont été interprétées par des enfants dont le plus âgé n'avait pas treize ans. Ces représentations ont attiré une foule nombreuse à la Foire Saint-Laurent, notamment grâce à la présence d'un enfant de quatre ans qui dansait et parodiait avec grâce. La pièce 'Les petits Comédiens' se déroule dans une maison de campagne près de Tours. Julie, la dame du lieu, et son ami le Chevalier attendent une troupe de comédiens pour représenter la tragédie d'Iphigénie. Cependant, un domestique annonce un accident ayant causé la mort de plusieurs comédiens. La Rancune, chef de la troupe, arrive blessé et raconte l'accident. Julie et le Chevalier insistent pour que la pièce soit jouée malgré tout. La Rancune propose alors une troupe composée de sa famille, qui joue une pièce intitulée 'La Nièce vengée, ou la Double Surprise'. Le 18 septembre, l'Opéra Comique a été invité à la cour pour représenter 'L'Acte de Strasbourg', 'Les petits Comédiens', et la danse du Petit Sabotier, suivie d'un ballet exécuté par des danseurs anglais. La reine a été très satisfaite de ces représentations. Le 20 septembre, l'Opéra Comique a présenté une nouvelle pièce en un acte, 'Le Temple du Sommeil', suivie de 'Les petits Comédiens' et d'un ballet de danseurs anglais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1829
p. 2277-2295
LETTRE écrite par M. D. L. R. à M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille au sujet de deux Medailles antiques.
Début :
MONSIEUR, La Médaille Romaine de grand Bronze que vous m'avez envoyée depuis peu, et [...]
Mots clefs :
Abbaye, Médailles, Impératrice Lucille, Argent, Tête de Jupiter, Prêtresse, Phocéens d'Ionie, Traducteurs latins, Marseille, Bronze
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille au sujet de deux Medailles antiques.
LETTRE écrite par M. D. L. R. à
M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille
au sujet de deux Medailles an
tiques .
>
MONSIE ONSIEUR ,
La Médaille Romaine de grand Bronze
que vous m'avez envoyée depuis peu , et
qui a été deterrée dans nôtre Vignoble
de S. Just , a bien son mérite . Si vous ne
l'avez pas reconnue d'abord pour ce qu'elle
est , je ne m'en étonne pas ; il auroit fallu
là nettoyer et en rétablir » pour
ain si dire
, la verité
,
la verité
, obscurcie
par les injures
du temps
, et par la qualité
du lieu
où ce monument
est resté
depuis
tant de
siécles
. Quoi
qu'il
en soit , j'ai aisément connu
, après
quelque
soin
, que c'est
une
Medaille
de l'Imperatrice
Lucille
fille du sage Marc
- Aurelle
, et de Faustine la jeune
, qui porta
en dot à son Epoux
l'Empire
Romain
, avec
une mediocre vertu
. Lucille
épousa
Luce
Vere
, associé
à l'Empire
avec son Beau-Pere.
Mais avant que de m'étendre davan-"
tage sur cette Médaille , je dois vous dire
A v que
2278 MERCURE DE FRANCE
>
que peu de jours avant que je l'eusse
reçûë , M. Vergile de la Bastide , Gentilhomme
de Languedoc , Languedoc , le même qui a
fait depuis peu la découverte d'un beau
reste de chemins des Romains entre
Beaucaire et Nismes , dont vous entendrez
parler bien- tôt dans un Memoire
que je me dispose à publier , m'ayant apporté
plusieurs Médailles qui ont été
trouvées depuis peu en ce Pays- là , je fûs
charmé de rencontrer dans ce nombre
une fort belle Médaille Grecque d'Argent
, qui regarde la Ville de Marseille
differente de toutes celles de cette ancienne
Ville , qui sont venues à ma connoissance
l'estime que j'en fais ainsi
que de la Médaille Romaine,qu'il vous a
plû de m'envoyer presqu'en même temps,
m'a engagé de faire graver l'une et l'autre
,
>
>
pour les exposer à vos yeux sur une
même Planche , et d'en faire le sujet de
cette Lettre. Par droit d'ancienneté , jet
commencerai par la Médaille Grecque ,
qui doit d'ailleurs nous interesser plus
particulierement.
Elle est , comme je l'ai déja dit , d'Argent
, et presque de la grandeur de la
gravure. On y voit d'un côté une très-
* Ce Memoire a depuis été imprimé dans le
Mercure d'Août 1731. p. 1894.
belle
OCTOBRE. 1731 . 2279
belle Tête d'Homme ,
une espece de Sautoir
et sur le revers
› avec ces deux
lettres M A commencement
du nom de
Marseille , ou de son Fondateur , qui se
trouve quelquefois tout entier , quelquefois
en diminutif , comme MAZZA , et
MA dans les Médailles qui nous restent
de cette Ville .
J'ay dit dans une Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1722 .
tout ce qu'on peut observer au sujet des
Médailles de Marseille , en fixant au
nombre de 22. celles qui étoient venuës
à ma connoissance , ou que je passedois
alors. J'ay même fait graver l'une des
plus belles de ces dernieres , et cette gravure
se trouve dans le Mercure d'Avril
1723. page 689. Ainsi point de répetition
sur les Médailles de Marseille en
general , contentons nous d'expliquer ,
s'il est possible , celle dont il s'agit ici
et qui est pour moy toute nouvelle.
La Tête d'Homme , parfaitement belle
et bien conservée , qui paroît d'un côté ,
doit faire le principal objet de notre attention
. Ce n'est ni la Tête de Jupiter ,
ni celle d'Apollon , Divinitez adorées
dans Marseille Payenne ; nul symbole
nul attribut qui les désigne comme
elles sont désignées dans d'autres Mé
A vj dailles
,
2280 MERCURE DE FRANCE
>
et
dailles de la même Ville. Ce n'est pas
celle d'Aristarcha Prêtresse de Diane ,
qui vint d'Ephese sur les côtes de la
Gaule Narbonnoise avec les Chefs des
Phocéens , Fondateurs de Marseille
qui cût beaucoup de part à cette Fondation
. On voit , si on en croit Goltzius
la Tête de cette Prêtresse , qui exerça
à Marseille les mêmes fonctions qu'à
Ephese , sur l'une des Medailles Marseilloises
rapportées dans son Recueil , c'est
la IX ; cette Tête a un certain air mâle
qui n'est pas ordinaire aux Têtes de Femmes
, et qui seule peut faire douter de la
verité de l'application de Goltzius. La
Tête au contraire , qui paroît sur nôtre
Medaille n'a rien d'ambigu ; les moins
éclairez la prendront dabord pour celle
d'un homme ; elle est d'ailleurs toute
differente de celles que Goltzius a gravées
lui - même d'après les Originaux
qu'il dit avoir vûs au nombre de dix .
و
Pour moi , après avoir examiné la chose
avec quelque attention , je crois ne
rien risquer
en pensant que c'est ici la
Tête d'un des Fondateurs de Marseille ,
Justin en nomme deux , Furius et Peranus
, qui n'ont pas les mêmes noms
dans Athenée ; plusieurs bons Auteurs
tiennent d'ailleurs que les Phocéens d'Ionie
OCTOBRE. 1731. 2281
nie ont fait deux voyages sur les côtes
du Pays des Saliens , où ils bâtirent enfin
la Ville dont nous parlons.
Selon Plutarque , dans la vie de Solon
le Chef de la premiere expedition , ou
pour me servir de ses termes ,
bien entendus
, le premier Fondateur de Marseille
avoit nom Maasaλías qui donna sans doute
son nom à la nouvelle Ville , et en
ce cas , toutes les autres étymologies qu'on
a données jusqu'ici du nom de Marseille ,
tombent d'elles- mêmes , elles paroissent
aussi pour la plus part bien forcées.
le
Je repete , Monsieur , que Plutarque
bien entendu , fait Mawanias le premier
Fondateur de Marseille ; car je n'ignore
pas que quelques Traducteurs Latins
suivis par Amiot , et par M. Dacier, font
de ce même nom celui de la Ville fondée .
M. de Ruffi le Pere s'est déclaré pour
sentiment contraire , qu'il appuye d'une
judicieuse Critique sur le Passage de
Plutarque , rapporté en entier dans la
premiere édition ( 1642. ) de son Histoire
de Marseille . Xilander , bon critique et
bon Traducteur , avoit pensé la même
chose en traduisant l'endroit en question
ὡς καὶ Μασσαλίας πρῶτος parut Massi
lias Massilia Autor ; à quoi je puis
ajoûter l'autorité d'Isidore de Seville >
qui
2282 MERCURE DE FRANCE
qui reconnoît que Marseille a pris son
nom de celui du General des Phocéens.
Г
C'est donc à ce premier Fondateur que
j'attribuerois volontiers nôtre Medaille
et toutes les raisons de convenance me
paroissent favoriser cette opinion . Quant
à Furius et à Peranus , qui après le témoignage
de Justin &c . peuvent aussi passer
pour Fondateurs de Marseille on ne
sçauroit guere , au sentiment des meilleurs
Critiques , les admettre en cette
qualité , que posterieurement et plus
d'un demi- siécle après la premiere fondation
, faite , selon le témoignage d'un
Auteur respectable , tel que Plutarque
par Μαγαλίας. Ces seconds Chefs ne peuvent
en ce cas être considerez que comme
les Ampliateurs du premier établissement
des Phocéens , qu'ils ont , sans doute, perfectionné
et fini.
Il est donc à croire que dans le temps
de Marseille Grecque et florissante , les
descendans des Phocéens qui l'avoient
bâtie , en frapant des Medailles avec les
Têtes de Jupiter , d'Apollon , de Diane,
&c. pour marquer leur pieté et leur culte
particulier en vers ces Divinitez , n'oublicrent
pas d'en fraper aussi pour immortaliser
la mémoire du Fondateur , qui avoit
donné son nom et la premiete forme à
une
OCTOBRE.
1731. 2283
une Ville , devenue depuis également
puissante et celebre.
,
Les lettres M A qui paroissent sur le
revers de la Medaille en question , peuvent
fort bien être le commencement du
nom de ce premier Fondateur et faire
ici un surcroît de preuves : elles peuvent
Erre aussi le diminutif de ΜΑΣΣΑΛΙΗΤΩΝ
qu'on
qu'on trouve ordinairement sur les Medailles
Marseilloises , ce qui est presque
la même chose . A l'égard de l'espece de
sautoir qui est sur nôtre revers , c'est un
mistere d'antiquité que personne n'est ,
selon moi , en état d'éclaircir aujourd'hui
; Caprice ou Marque du Monetaire,
et tout ce qu'il plaira d'imaginer là - dessus
paroîtra toujours hazardé aux per- ›
sonnes sensées.
C'est un autre mistere non moins impénetrable
, et qui semble exiger plus d'attention
, que parmi les grandes découvertes
qu'on a faites , et celles qu'on fait
tous les jours , en fait de Monumens Antiques
, et sur- tout de Medailles , on n'en
ait point encore trouvé de frappées en
cette Ville au nom de quelque Empereur
, depuis qu'elle tomba sous la puissance
des Romains comme on en voit
de presque toutes les Villes Grecques d'origine
qui comme Marseille fûrent
sou2284
MERCURE DE FRANCE
soumises à l'Empire Romain. M. de
Ruffy, copié là - dessus par le P. Guesnay ,
dans ses Annales Latines de Marseille
a prétendu le contraire ; mais il ne rapporte
ni Monuments
sorte de preuve.
,
>
>
ni aucune autre
Je laisse à ceux de nos sçavans Compatriotes
, qui , comme je l'apprens , ont
entrepris de travailler à une nouvelle
Histoire de Marseille , le soin d'éclaircir
ce point d'Antiquité , et de rapporter le
plus qu'il leur sera possible , de Medailles
de cette Ville en n'oubliant pas de les
faire mieux graver que ne le sont celles
que Mrs. de Ruffy ont empruntées de
Goltzius ou d'ailleurs , et en donnant de
ces Medailles des explications plus exactes
et plus étendues et ce n'est pas la seule
chose en quoi ces Messieurs seront obligez
de reformer , d'éclaircir , d'ajoûter
dans la nouvelle Histoire .
Pour ne point sortir de mon sujet , et
pour ny rien ômettre , il est bon que je
donne ici un avis , qui épargnera une
erreur de fait à ceux qui traiteront dans
la suite le même sujet , en prenant pour
une découverte une veritable méprise ou
l'effet de la préoccupation d'un Sçavant de
réputation , sçavoir , M. Baudelot de
Dairval , qui dans un petit livre de 96.
pages
OCTOBRE. 1731 2285
=
pages , imprimé à Paris en 1698. chez
Aubouin et Clousier , intitulé , Reponse
à M. G......... où l'on examine plusieurs
questions d'Antiquité & c.. nous donne à la
tête de son Ecrit plusieurs Medailles gravées
, dont la derniere de son cabinet a
été , selon lui , frappée à Marseille
l'Empereur Posthume.
pour
Cette Medaille est de grand Bronze ;
voit d'un côté une Tête d'Empe-
, reur couronnée de Laurier avec une
Inscription au tour , luë parM. Baudelot.
»
ΑΥΤΚΛΑΤΙ . Π . ETYMOCCEBACTEYCEB
Au revers est une Sirenne ou Figure de
Femme , dont le bas se termine en Poisson
pour Legende MACCAAIHTON
selon le même Antiquaire , avec cette
époque L QIZ. Anno 817. qu'il assure
aussi s'y trouver,quoique dit- il , elle n'ait
pas été découverte d'abord. Je dis que
c'est M. Baudelot qui asseure tout cela :
mais je puis assurer à mon tour , que tout
cela est très -gratuitement avancé et uniquement
fondé sur une imagination , séduite
par l'attrait de posseder une Medaille
unique et encore inconnue à tous
les Antiquaires , une Medaille , dis-je ,
frappée à Marseille au visage d'un Empereur
Romain. Mes Garands là - dessus sont
des Antiquaires du premier ordre qui
ont
2286 MERCURE DE FRANCE
ont vu avant moy cette Medaille , à la
tête desquels je dois mettre M. Galland ,
à qui M. Baudelot adresse sa lettre . Ces
connoisseurs ont tous jugé qu'il étoit d'abord
très incertain que la Medaille fût
de Posthume ; M. Galland la croyoit
d'Antonin Pie , et qu'au surplus de quel
que Empereur qu'elle soit , à moins d'une
prévention extraordinaire , on n'y voyoit
pas plus de caracteres Grecs que de caracteres
Romains , tant la Medaille étoit
fruste et méconnoissable aux yeux les
plus clair-voyans .
,
,
Ainsi encore une fois , tout ce que M.
B. a étalé d'érudition , ou employé de sagacité
pour soutenir son idée tout ce
que le sçavant P. Pezron , Abbé de la
Charmoye , qui n'avoit pas vû la Piece
a ajouté du sien dans une Lettre écrite
à notre Académicien où ce Pere s'efforce
de faire quadrer l'Epoque prétendue
L. Qiz , ou l'Année 817. d'une seconde
Fondation de Marseille , avec l'an
265 de J. C. temps auquel Posthume regnoit
dans les Gaules &c. tout cela , disje
, en y joignant encore si l'on veut ,
l'habileté du Graveur Ettinger , dont le
talent à faire revivre les Medailles , est ici
›
* Cette Lettre est Imprimée dans le méme
livre , p.77.
expeOCTOBRE.
1731. 2287
>
expressement vanté par M. de Dairval
n'operera jamais rien de certain en faveur
de celle dont il est ici question , à l'égard
de Marseille ; et il sera toujours vrai de
dire que jusqu'à present , malgré tant d'heureuses découvertes
faites depuis
près d'un siècle que la recherche et l'étude
des Medailles sont en si grande vogue
il ne s'est point encore trouvé de
Medaille frappée à Marseille pour un Empereur
Romain : il ne sera pas moins vrai
que nous ne devons rien admettre d'incertain
et de douteux pour illustrer nôtre
Histoire . Marseille se passera bien d'un
tel ornement. Il faut donc convenir que
M. B. s'est trompé , il n'avoit pas alors
toutes les lumieres qu'il a acquises depuis.
C'étoit long - temps avant son entrée à
l'Académie dont il a été un sujet des ,
plus distinguez .
Je laisse , comme je l'ay déja dit , à mes
illustres Compatriotes , Membres de la
nouvelle Académie , chargez de travailler
à l'Histoire de notre Ville , le soin
d'approfondir la singularité dont je viens
de parler , et d'en découvrir , s'il est possible
, la veritable cause ; ce soin est digne
de leurs recherches. Je les avertis
encore , en finissant , de ne point se laisser
éblouir sur ce sujet par l'autorité du
,
R
2288 MERCURE DE FRANCE
R. P. Hardouin , reclamée reclamée ici et alle-
2.
guée, en vain par M. B. pag. 75. de son
livre. Ce Pere , quelque habileté qu'il
cût d'ailleurs , a trop donné dans des
idées extraordinaires et manifestement
chimeriques sur le fait de plusieurs Medailles
, pour être crû dans celui dont il
s'agit ici.
>
?
Qui pourra , par exemple , se persuader
sur sa garantie que ces quatre lettres
DMKV qu'on trouve sur le revers
d'une Medaille par lui rapportée de Maximien
Hercule , marquent que cette
Medaille fû frappée à Marseille Il est
vrai que ce Prince , poursuivi par Constantin
, s'y réfugia ; le Héros Chrétien
dont votre Abbaye porte le nom , lui
doit la gloire de son martyre. Mais cette
retraite ne prouve rien ; au contraire ,
comme elle fût faite dans le temps de
l'entiere décadence des affaires de Maximien
, il y a tout lieu de présumer , contre
la pensée de M. B. qu'il ne s'occupa
point à y faire battre de la Monnoye , et
que les Marseillois ne songerent pas non
plus à frapper des Medailles en l'honneur
d'un Prince infortuné , qui pensa enveloper
Marseille dans son malheur , et qui
gueres , après la prise de la Ville
par Constantin , a finir tragiquement ses
ne tarda
jours.
OCTOBRE 1731. 2289
jours. Mais en voilà assès sur le sujet de
notre Medaille Grecque.
Venons à la Medaille Romaine que .
vous venez de m'envoyer , elle ne nous
occupera pas si long - temps ; je vous ay
déja dit qu'elle est de l'Imperatrice Lucille
, Fille de Marc- Antonin , et de Faustine
la jeune , laquelle , après une disgrace
éclatante , et un évenement extraordinaire
dont le recit est ici inutile ,
épousa l'Empereur Luce - Vere. On voit
d'un côté sa Tête avec cette Legende
LUCILLE AU G. ANTONINI AUG. F.
et sur le revers une figure de Femme assise
tenant d'une main une Fleur et
sur l'autre bras un petit enfant emmailloté
avec cette Inscription , JUNONI LUCINE.
A l'Exergue S. C.
,
و
C'est ce revers qui fait , selon moi , la
singularité de votre Médaille , car en general
, les Médailles de cette Imperatrice
ne sont pas rares. M. Vaillant n'en marque
que trois d'une grande rareté parmi
celles de grand Bronze , j'ai tout lieu de
croire qu'on peut joindre la nôtre à ce
petit nombre , et que ce fameux Antiquaire
avoit vû un revers tout semblable;
c'est celle dont il parle * p . 94. art . 2 .
* Numismata Imperat. Romanorum &c. vol.
4. Paris 1692.
Mais
2290 MERCURE DE FRANCE
Mais il falloit que la Médaille qu'il a vûë
fût bien fruste et bien usée par le temps ,
ce qui ne permettoit pas , sans doute ,
d'en bien fire l'inscription ; car au lieu
de JUNONI LUCILLE , M. Vaillant a imprimé
JUNONI REGINE. Il n'a pas non
plus distingué ce que la figure de Femme
portoit sur son bras. Au surplus c'est à
peu près la même chose : la Femme est
assise et tient une Fleur d'une main comme
sur notre revers.
و
En supposant même que je me trompe
dans ma conjectare , et qu'il n'y ait
point cû de méprise ou d'omission du
côté de M. Vaillant notre Medaille ,
par rapport à son revers , aura toûjours
sa rareté et son mérite. Lucille y est representée
simboliquement sous la figure
et le nom de JUNON LUCINE : excès de
flatterie de la part des Romains , qui doubloient
, pour ainsi dire , la Divinité dans
une même Personne , de quoy il y a plus
d'un exemple , et cela pour égaler leur
Imperatrice à la premiere des Déesses
et pour la considerer en même temps
comme une autre Lucine , Déesse de la
Fecondité &c. ce qui joint au Simbole de
l'Enfant emmailloté présageoit , sans
doute , que Lucille donneroit bien - tôt
un successeur à l'Empire. Il se peut faire
و
>
aussi
OCTOBRE. 1731. 2291
aussi , et je le croirois plus volontiers ,
que cette Imperatrice fût déja Mere lorsque
notre Medaille a été frappée , et en ce
cas c'étoit pour marquer cet heureux évevement
, et pour celebrer la fécondité de
Lucille ; la Fleur qu'elle tient à la main
désigneroit l'attente du Peuple Romain .
qui avoit lieu d'esperer encore d'autres
fruits de cette fécondité.
و
Ce que je viens de vous dire de la Fé- ´
condité , arrivée ou attenduë de Lucille ,
se confirme non - seulement par un Medaillon
de çerte Imperatrice , décrit ainsi
par Vaillant , p. 210. du même livre
d'un côté sa Tête avec la même Legende
que sur la notre et au revers Lucille
assise , tenant dans ses bras un petit Enfant
, mais encore par une Medaille d'Argent
, de Lucille , rapportée dans le 2 .
vol. du même Auteur , pag. 187. au revers
de laquelle est encore une figure de
Femme assise tenant entre ses bras un
petit Enfant , un autre Enfant est debout
devant elle et pour Legende FOECUNDITAS
AUGUSTE: C'est ainsi que les
Auteurs du revers de la Medaille , presentée
au Roy , le premier jour de cette année
1731. en ont usé très - à - propos pour
désigner la continuation de l'heureuse
fecondité de la Reine par la naissance du
>
Duc
2292 MERCURE DE FRANCE
Duc d'Anjou. La France assise et caracterisée
par ses Symboles , tient sur un
bras le Prince nouveau né enveloppé de
Langes , et le Dauphin de l'autre main
debout entre ses genoux , ce qui marque
le bon goût et la capacité de ces Auteurs.
Cette Medaille est gravée dans le Mercure
de Mars p. 5 74.
Je voudrois bien , au reste , pour la
rareté du fait , que parmi les Medailles
que vous m'annoncez , et que vous avez
reçûes depuis peu pour moy de Syrie , il
se trouvât la Medaille Grecque de Lucille
dont je vais parler : cela n'est pas impossible.
M. Baudelot a marqué dans son
Catalogue des Medailles Imperiales , que
les Medailles Grecques de cette Imperatrice
sont communes : ce qui n'est pas
tout-à-fait exact , puisqu'il y en a quelques-
unes de singulieres et de fort rares
en ce genre là : telle est , par exemple ,
celle qui est gravée dans le Selecta Numismata
antiqua de P. Seguin , Doyen
* Ce Catalogue est dans le a. T. de l'Utilitê
des Voyages , p. 345. derniere Edit. 1727 ,
faite après la mort de M. Baudelot , qui auroit
rendu un si bon Livre parfait en corrigeant
quelques méprises en petit nombre , et
en suppleant à plusieurs ômissions . On n'y verroit
pas non plus les fautes qui viennent des
Editeurs denuez de la capacité de M. B.
de
OCTOBRE. 1731 2293
de S. Germain de l'Auxerrois , p. 158.
Cette Medaille est d'Argent , on y
voit d'un côté la Têre de Lucille coëffée
plus galamment qu'ailleurs " avec cette
Legende AOTKIÄÄA CEBACTH . et sur
le revers la même Princesse assise et representée
sous la figure de Cerés , tenant
d'une main desEpis , et de l'autre un flambeau
, avec cette Inscription B CIAEYC
MANNOC ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ qui indique et
qui confirme un point d'Histoire considerable.
C'est Mannus , Roy des Arabes,
qui a fait frapper cette Medaille. Il étoit
Fils ou Neveu et Successeur du Roy de
même nom , dont il est parlé dans Dion,
L. 68. qui regnoit sur les Arabes , Habitans
du Pays situé au -delà de l'Euphra
re , entre la grande Armenie et l'Osrhoëne
, lequel devint suspect à Trajan , dans
son expédition contre les Parthes , par
une manoeuvre marquée dans cette His-
Foire.
C'est le successeur de ce Prince , qui
plus avisé et plus politique que lui , nonseulement
se ménagea beaucoup avec les
Romains , mais qui affecta de les aimer
jusqu'à prendre le titre de ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ
qui est expressement marqué dans cette
Medaille Grecque de Lucille. Elle fût
frappée par les ordres de ce Roy , vray➡
B sem2294
MERCURE DE FRANCE
,
semblablement dans le temps que Luce
Vere son epoux et elle séjournoient
à Antioche , Ville peu éloignée des
Etats du Monarque Arabe , et que l'Ar
mée Romaine , sous le commandement
de A. Cassius , agi soit contre les Parthes.
Que ce Prince eût le même nom de
Mannus , que celui qui regnoit sous
Trajan , l'usage constant de tous les Rois
voisins de la Syrie , qui portoient tous
un même nom , le prouve ,
le prouve , la Medaille
dont je viers de parler le confirme.
M. Seguin , en parlant de cette Medaille
a marqué par ces paroles le cas
qu'il en faisoit , Rarior mihi videtur bie
Nummus , tum quia Gracus tum quia Regis
Barbari nomen minus notum profitetur.
Ajoûtant que Savot , qui a écrit sur la rareté
des Medailles antiques , a mis au
nombre des plus rares les Medailles Imperiales
Grecques d'Argent. Ce que Seguin
dit avoir souvent éprouvé , sur-tout à
Pégard des Medailles d'Imperatrices.
M. Vaillant , qui n'a dit que quelques
mots sur la Medaille en question , ajoute,
après avoir renvoyé au livre de M. Se
guin , Hic Nummus eximia raritatis et elegantia
habetur. Et ce n'est point trop dire
Il croit, au reste , que c'est l'Empereur
L. Vere lui -même , qui , à la priere de
Mannus
OCTOBRE. 1731. 2295
Mannus , lui accorda ce titre d'Ami des
Romains , et que ce fût pour en marquer
sa reconnoissance , et pour faire sa Cour
à l'Empereur , que ce Prince Arabe fit
frapper une Medaille où ce titre est ex--
pressement marqué. 1105 0
Quoiqu'il en soit, ne vous lassez point,
Monsieur , de m'envoyer de pareils Monumens,
on en trouve tous les jours de singuliers
, et qui ont échapé à la recherche
de ceux qui nous ont précedé dans cette
trude , je vous rendrai bon compte de
tout ce qui me viendra de curieux de
vôtre part. Je suis ,
AParis , le 15. Mars 1731.
M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille
au sujet de deux Medailles an
tiques .
>
MONSIE ONSIEUR ,
La Médaille Romaine de grand Bronze
que vous m'avez envoyée depuis peu , et
qui a été deterrée dans nôtre Vignoble
de S. Just , a bien son mérite . Si vous ne
l'avez pas reconnue d'abord pour ce qu'elle
est , je ne m'en étonne pas ; il auroit fallu
là nettoyer et en rétablir » pour
ain si dire
, la verité
,
la verité
, obscurcie
par les injures
du temps
, et par la qualité
du lieu
où ce monument
est resté
depuis
tant de
siécles
. Quoi
qu'il
en soit , j'ai aisément connu
, après
quelque
soin
, que c'est
une
Medaille
de l'Imperatrice
Lucille
fille du sage Marc
- Aurelle
, et de Faustine la jeune
, qui porta
en dot à son Epoux
l'Empire
Romain
, avec
une mediocre vertu
. Lucille
épousa
Luce
Vere
, associé
à l'Empire
avec son Beau-Pere.
Mais avant que de m'étendre davan-"
tage sur cette Médaille , je dois vous dire
A v que
2278 MERCURE DE FRANCE
>
que peu de jours avant que je l'eusse
reçûë , M. Vergile de la Bastide , Gentilhomme
de Languedoc , Languedoc , le même qui a
fait depuis peu la découverte d'un beau
reste de chemins des Romains entre
Beaucaire et Nismes , dont vous entendrez
parler bien- tôt dans un Memoire
que je me dispose à publier , m'ayant apporté
plusieurs Médailles qui ont été
trouvées depuis peu en ce Pays- là , je fûs
charmé de rencontrer dans ce nombre
une fort belle Médaille Grecque d'Argent
, qui regarde la Ville de Marseille
differente de toutes celles de cette ancienne
Ville , qui sont venues à ma connoissance
l'estime que j'en fais ainsi
que de la Médaille Romaine,qu'il vous a
plû de m'envoyer presqu'en même temps,
m'a engagé de faire graver l'une et l'autre
,
>
>
pour les exposer à vos yeux sur une
même Planche , et d'en faire le sujet de
cette Lettre. Par droit d'ancienneté , jet
commencerai par la Médaille Grecque ,
qui doit d'ailleurs nous interesser plus
particulierement.
Elle est , comme je l'ai déja dit , d'Argent
, et presque de la grandeur de la
gravure. On y voit d'un côté une très-
* Ce Memoire a depuis été imprimé dans le
Mercure d'Août 1731. p. 1894.
belle
OCTOBRE. 1731 . 2279
belle Tête d'Homme ,
une espece de Sautoir
et sur le revers
› avec ces deux
lettres M A commencement
du nom de
Marseille , ou de son Fondateur , qui se
trouve quelquefois tout entier , quelquefois
en diminutif , comme MAZZA , et
MA dans les Médailles qui nous restent
de cette Ville .
J'ay dit dans une Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1722 .
tout ce qu'on peut observer au sujet des
Médailles de Marseille , en fixant au
nombre de 22. celles qui étoient venuës
à ma connoissance , ou que je passedois
alors. J'ay même fait graver l'une des
plus belles de ces dernieres , et cette gravure
se trouve dans le Mercure d'Avril
1723. page 689. Ainsi point de répetition
sur les Médailles de Marseille en
general , contentons nous d'expliquer ,
s'il est possible , celle dont il s'agit ici
et qui est pour moy toute nouvelle.
La Tête d'Homme , parfaitement belle
et bien conservée , qui paroît d'un côté ,
doit faire le principal objet de notre attention
. Ce n'est ni la Tête de Jupiter ,
ni celle d'Apollon , Divinitez adorées
dans Marseille Payenne ; nul symbole
nul attribut qui les désigne comme
elles sont désignées dans d'autres Mé
A vj dailles
,
2280 MERCURE DE FRANCE
>
et
dailles de la même Ville. Ce n'est pas
celle d'Aristarcha Prêtresse de Diane ,
qui vint d'Ephese sur les côtes de la
Gaule Narbonnoise avec les Chefs des
Phocéens , Fondateurs de Marseille
qui cût beaucoup de part à cette Fondation
. On voit , si on en croit Goltzius
la Tête de cette Prêtresse , qui exerça
à Marseille les mêmes fonctions qu'à
Ephese , sur l'une des Medailles Marseilloises
rapportées dans son Recueil , c'est
la IX ; cette Tête a un certain air mâle
qui n'est pas ordinaire aux Têtes de Femmes
, et qui seule peut faire douter de la
verité de l'application de Goltzius. La
Tête au contraire , qui paroît sur nôtre
Medaille n'a rien d'ambigu ; les moins
éclairez la prendront dabord pour celle
d'un homme ; elle est d'ailleurs toute
differente de celles que Goltzius a gravées
lui - même d'après les Originaux
qu'il dit avoir vûs au nombre de dix .
و
Pour moi , après avoir examiné la chose
avec quelque attention , je crois ne
rien risquer
en pensant que c'est ici la
Tête d'un des Fondateurs de Marseille ,
Justin en nomme deux , Furius et Peranus
, qui n'ont pas les mêmes noms
dans Athenée ; plusieurs bons Auteurs
tiennent d'ailleurs que les Phocéens d'Ionie
OCTOBRE. 1731. 2281
nie ont fait deux voyages sur les côtes
du Pays des Saliens , où ils bâtirent enfin
la Ville dont nous parlons.
Selon Plutarque , dans la vie de Solon
le Chef de la premiere expedition , ou
pour me servir de ses termes ,
bien entendus
, le premier Fondateur de Marseille
avoit nom Maasaλías qui donna sans doute
son nom à la nouvelle Ville , et en
ce cas , toutes les autres étymologies qu'on
a données jusqu'ici du nom de Marseille ,
tombent d'elles- mêmes , elles paroissent
aussi pour la plus part bien forcées.
le
Je repete , Monsieur , que Plutarque
bien entendu , fait Mawanias le premier
Fondateur de Marseille ; car je n'ignore
pas que quelques Traducteurs Latins
suivis par Amiot , et par M. Dacier, font
de ce même nom celui de la Ville fondée .
M. de Ruffi le Pere s'est déclaré pour
sentiment contraire , qu'il appuye d'une
judicieuse Critique sur le Passage de
Plutarque , rapporté en entier dans la
premiere édition ( 1642. ) de son Histoire
de Marseille . Xilander , bon critique et
bon Traducteur , avoit pensé la même
chose en traduisant l'endroit en question
ὡς καὶ Μασσαλίας πρῶτος parut Massi
lias Massilia Autor ; à quoi je puis
ajoûter l'autorité d'Isidore de Seville >
qui
2282 MERCURE DE FRANCE
qui reconnoît que Marseille a pris son
nom de celui du General des Phocéens.
Г
C'est donc à ce premier Fondateur que
j'attribuerois volontiers nôtre Medaille
et toutes les raisons de convenance me
paroissent favoriser cette opinion . Quant
à Furius et à Peranus , qui après le témoignage
de Justin &c . peuvent aussi passer
pour Fondateurs de Marseille on ne
sçauroit guere , au sentiment des meilleurs
Critiques , les admettre en cette
qualité , que posterieurement et plus
d'un demi- siécle après la premiere fondation
, faite , selon le témoignage d'un
Auteur respectable , tel que Plutarque
par Μαγαλίας. Ces seconds Chefs ne peuvent
en ce cas être considerez que comme
les Ampliateurs du premier établissement
des Phocéens , qu'ils ont , sans doute, perfectionné
et fini.
Il est donc à croire que dans le temps
de Marseille Grecque et florissante , les
descendans des Phocéens qui l'avoient
bâtie , en frapant des Medailles avec les
Têtes de Jupiter , d'Apollon , de Diane,
&c. pour marquer leur pieté et leur culte
particulier en vers ces Divinitez , n'oublicrent
pas d'en fraper aussi pour immortaliser
la mémoire du Fondateur , qui avoit
donné son nom et la premiete forme à
une
OCTOBRE.
1731. 2283
une Ville , devenue depuis également
puissante et celebre.
,
Les lettres M A qui paroissent sur le
revers de la Medaille en question , peuvent
fort bien être le commencement du
nom de ce premier Fondateur et faire
ici un surcroît de preuves : elles peuvent
Erre aussi le diminutif de ΜΑΣΣΑΛΙΗΤΩΝ
qu'on
qu'on trouve ordinairement sur les Medailles
Marseilloises , ce qui est presque
la même chose . A l'égard de l'espece de
sautoir qui est sur nôtre revers , c'est un
mistere d'antiquité que personne n'est ,
selon moi , en état d'éclaircir aujourd'hui
; Caprice ou Marque du Monetaire,
et tout ce qu'il plaira d'imaginer là - dessus
paroîtra toujours hazardé aux per- ›
sonnes sensées.
C'est un autre mistere non moins impénetrable
, et qui semble exiger plus d'attention
, que parmi les grandes découvertes
qu'on a faites , et celles qu'on fait
tous les jours , en fait de Monumens Antiques
, et sur- tout de Medailles , on n'en
ait point encore trouvé de frappées en
cette Ville au nom de quelque Empereur
, depuis qu'elle tomba sous la puissance
des Romains comme on en voit
de presque toutes les Villes Grecques d'origine
qui comme Marseille fûrent
sou2284
MERCURE DE FRANCE
soumises à l'Empire Romain. M. de
Ruffy, copié là - dessus par le P. Guesnay ,
dans ses Annales Latines de Marseille
a prétendu le contraire ; mais il ne rapporte
ni Monuments
sorte de preuve.
,
>
>
ni aucune autre
Je laisse à ceux de nos sçavans Compatriotes
, qui , comme je l'apprens , ont
entrepris de travailler à une nouvelle
Histoire de Marseille , le soin d'éclaircir
ce point d'Antiquité , et de rapporter le
plus qu'il leur sera possible , de Medailles
de cette Ville en n'oubliant pas de les
faire mieux graver que ne le sont celles
que Mrs. de Ruffy ont empruntées de
Goltzius ou d'ailleurs , et en donnant de
ces Medailles des explications plus exactes
et plus étendues et ce n'est pas la seule
chose en quoi ces Messieurs seront obligez
de reformer , d'éclaircir , d'ajoûter
dans la nouvelle Histoire .
Pour ne point sortir de mon sujet , et
pour ny rien ômettre , il est bon que je
donne ici un avis , qui épargnera une
erreur de fait à ceux qui traiteront dans
la suite le même sujet , en prenant pour
une découverte une veritable méprise ou
l'effet de la préoccupation d'un Sçavant de
réputation , sçavoir , M. Baudelot de
Dairval , qui dans un petit livre de 96.
pages
OCTOBRE. 1731 2285
=
pages , imprimé à Paris en 1698. chez
Aubouin et Clousier , intitulé , Reponse
à M. G......... où l'on examine plusieurs
questions d'Antiquité & c.. nous donne à la
tête de son Ecrit plusieurs Medailles gravées
, dont la derniere de son cabinet a
été , selon lui , frappée à Marseille
l'Empereur Posthume.
pour
Cette Medaille est de grand Bronze ;
voit d'un côté une Tête d'Empe-
, reur couronnée de Laurier avec une
Inscription au tour , luë parM. Baudelot.
»
ΑΥΤΚΛΑΤΙ . Π . ETYMOCCEBACTEYCEB
Au revers est une Sirenne ou Figure de
Femme , dont le bas se termine en Poisson
pour Legende MACCAAIHTON
selon le même Antiquaire , avec cette
époque L QIZ. Anno 817. qu'il assure
aussi s'y trouver,quoique dit- il , elle n'ait
pas été découverte d'abord. Je dis que
c'est M. Baudelot qui asseure tout cela :
mais je puis assurer à mon tour , que tout
cela est très -gratuitement avancé et uniquement
fondé sur une imagination , séduite
par l'attrait de posseder une Medaille
unique et encore inconnue à tous
les Antiquaires , une Medaille , dis-je ,
frappée à Marseille au visage d'un Empereur
Romain. Mes Garands là - dessus sont
des Antiquaires du premier ordre qui
ont
2286 MERCURE DE FRANCE
ont vu avant moy cette Medaille , à la
tête desquels je dois mettre M. Galland ,
à qui M. Baudelot adresse sa lettre . Ces
connoisseurs ont tous jugé qu'il étoit d'abord
très incertain que la Medaille fût
de Posthume ; M. Galland la croyoit
d'Antonin Pie , et qu'au surplus de quel
que Empereur qu'elle soit , à moins d'une
prévention extraordinaire , on n'y voyoit
pas plus de caracteres Grecs que de caracteres
Romains , tant la Medaille étoit
fruste et méconnoissable aux yeux les
plus clair-voyans .
,
,
Ainsi encore une fois , tout ce que M.
B. a étalé d'érudition , ou employé de sagacité
pour soutenir son idée tout ce
que le sçavant P. Pezron , Abbé de la
Charmoye , qui n'avoit pas vû la Piece
a ajouté du sien dans une Lettre écrite
à notre Académicien où ce Pere s'efforce
de faire quadrer l'Epoque prétendue
L. Qiz , ou l'Année 817. d'une seconde
Fondation de Marseille , avec l'an
265 de J. C. temps auquel Posthume regnoit
dans les Gaules &c. tout cela , disje
, en y joignant encore si l'on veut ,
l'habileté du Graveur Ettinger , dont le
talent à faire revivre les Medailles , est ici
›
* Cette Lettre est Imprimée dans le méme
livre , p.77.
expeOCTOBRE.
1731. 2287
>
expressement vanté par M. de Dairval
n'operera jamais rien de certain en faveur
de celle dont il est ici question , à l'égard
de Marseille ; et il sera toujours vrai de
dire que jusqu'à present , malgré tant d'heureuses découvertes
faites depuis
près d'un siècle que la recherche et l'étude
des Medailles sont en si grande vogue
il ne s'est point encore trouvé de
Medaille frappée à Marseille pour un Empereur
Romain : il ne sera pas moins vrai
que nous ne devons rien admettre d'incertain
et de douteux pour illustrer nôtre
Histoire . Marseille se passera bien d'un
tel ornement. Il faut donc convenir que
M. B. s'est trompé , il n'avoit pas alors
toutes les lumieres qu'il a acquises depuis.
C'étoit long - temps avant son entrée à
l'Académie dont il a été un sujet des ,
plus distinguez .
Je laisse , comme je l'ay déja dit , à mes
illustres Compatriotes , Membres de la
nouvelle Académie , chargez de travailler
à l'Histoire de notre Ville , le soin
d'approfondir la singularité dont je viens
de parler , et d'en découvrir , s'il est possible
, la veritable cause ; ce soin est digne
de leurs recherches. Je les avertis
encore , en finissant , de ne point se laisser
éblouir sur ce sujet par l'autorité du
,
R
2288 MERCURE DE FRANCE
R. P. Hardouin , reclamée reclamée ici et alle-
2.
guée, en vain par M. B. pag. 75. de son
livre. Ce Pere , quelque habileté qu'il
cût d'ailleurs , a trop donné dans des
idées extraordinaires et manifestement
chimeriques sur le fait de plusieurs Medailles
, pour être crû dans celui dont il
s'agit ici.
>
?
Qui pourra , par exemple , se persuader
sur sa garantie que ces quatre lettres
DMKV qu'on trouve sur le revers
d'une Medaille par lui rapportée de Maximien
Hercule , marquent que cette
Medaille fû frappée à Marseille Il est
vrai que ce Prince , poursuivi par Constantin
, s'y réfugia ; le Héros Chrétien
dont votre Abbaye porte le nom , lui
doit la gloire de son martyre. Mais cette
retraite ne prouve rien ; au contraire ,
comme elle fût faite dans le temps de
l'entiere décadence des affaires de Maximien
, il y a tout lieu de présumer , contre
la pensée de M. B. qu'il ne s'occupa
point à y faire battre de la Monnoye , et
que les Marseillois ne songerent pas non
plus à frapper des Medailles en l'honneur
d'un Prince infortuné , qui pensa enveloper
Marseille dans son malheur , et qui
gueres , après la prise de la Ville
par Constantin , a finir tragiquement ses
ne tarda
jours.
OCTOBRE 1731. 2289
jours. Mais en voilà assès sur le sujet de
notre Medaille Grecque.
Venons à la Medaille Romaine que .
vous venez de m'envoyer , elle ne nous
occupera pas si long - temps ; je vous ay
déja dit qu'elle est de l'Imperatrice Lucille
, Fille de Marc- Antonin , et de Faustine
la jeune , laquelle , après une disgrace
éclatante , et un évenement extraordinaire
dont le recit est ici inutile ,
épousa l'Empereur Luce - Vere. On voit
d'un côté sa Tête avec cette Legende
LUCILLE AU G. ANTONINI AUG. F.
et sur le revers une figure de Femme assise
tenant d'une main une Fleur et
sur l'autre bras un petit enfant emmailloté
avec cette Inscription , JUNONI LUCINE.
A l'Exergue S. C.
,
و
C'est ce revers qui fait , selon moi , la
singularité de votre Médaille , car en general
, les Médailles de cette Imperatrice
ne sont pas rares. M. Vaillant n'en marque
que trois d'une grande rareté parmi
celles de grand Bronze , j'ai tout lieu de
croire qu'on peut joindre la nôtre à ce
petit nombre , et que ce fameux Antiquaire
avoit vû un revers tout semblable;
c'est celle dont il parle * p . 94. art . 2 .
* Numismata Imperat. Romanorum &c. vol.
4. Paris 1692.
Mais
2290 MERCURE DE FRANCE
Mais il falloit que la Médaille qu'il a vûë
fût bien fruste et bien usée par le temps ,
ce qui ne permettoit pas , sans doute ,
d'en bien fire l'inscription ; car au lieu
de JUNONI LUCILLE , M. Vaillant a imprimé
JUNONI REGINE. Il n'a pas non
plus distingué ce que la figure de Femme
portoit sur son bras. Au surplus c'est à
peu près la même chose : la Femme est
assise et tient une Fleur d'une main comme
sur notre revers.
و
En supposant même que je me trompe
dans ma conjectare , et qu'il n'y ait
point cû de méprise ou d'omission du
côté de M. Vaillant notre Medaille ,
par rapport à son revers , aura toûjours
sa rareté et son mérite. Lucille y est representée
simboliquement sous la figure
et le nom de JUNON LUCINE : excès de
flatterie de la part des Romains , qui doubloient
, pour ainsi dire , la Divinité dans
une même Personne , de quoy il y a plus
d'un exemple , et cela pour égaler leur
Imperatrice à la premiere des Déesses
et pour la considerer en même temps
comme une autre Lucine , Déesse de la
Fecondité &c. ce qui joint au Simbole de
l'Enfant emmailloté présageoit , sans
doute , que Lucille donneroit bien - tôt
un successeur à l'Empire. Il se peut faire
و
>
aussi
OCTOBRE. 1731. 2291
aussi , et je le croirois plus volontiers ,
que cette Imperatrice fût déja Mere lorsque
notre Medaille a été frappée , et en ce
cas c'étoit pour marquer cet heureux évevement
, et pour celebrer la fécondité de
Lucille ; la Fleur qu'elle tient à la main
désigneroit l'attente du Peuple Romain .
qui avoit lieu d'esperer encore d'autres
fruits de cette fécondité.
و
Ce que je viens de vous dire de la Fé- ´
condité , arrivée ou attenduë de Lucille ,
se confirme non - seulement par un Medaillon
de çerte Imperatrice , décrit ainsi
par Vaillant , p. 210. du même livre
d'un côté sa Tête avec la même Legende
que sur la notre et au revers Lucille
assise , tenant dans ses bras un petit Enfant
, mais encore par une Medaille d'Argent
, de Lucille , rapportée dans le 2 .
vol. du même Auteur , pag. 187. au revers
de laquelle est encore une figure de
Femme assise tenant entre ses bras un
petit Enfant , un autre Enfant est debout
devant elle et pour Legende FOECUNDITAS
AUGUSTE: C'est ainsi que les
Auteurs du revers de la Medaille , presentée
au Roy , le premier jour de cette année
1731. en ont usé très - à - propos pour
désigner la continuation de l'heureuse
fecondité de la Reine par la naissance du
>
Duc
2292 MERCURE DE FRANCE
Duc d'Anjou. La France assise et caracterisée
par ses Symboles , tient sur un
bras le Prince nouveau né enveloppé de
Langes , et le Dauphin de l'autre main
debout entre ses genoux , ce qui marque
le bon goût et la capacité de ces Auteurs.
Cette Medaille est gravée dans le Mercure
de Mars p. 5 74.
Je voudrois bien , au reste , pour la
rareté du fait , que parmi les Medailles
que vous m'annoncez , et que vous avez
reçûes depuis peu pour moy de Syrie , il
se trouvât la Medaille Grecque de Lucille
dont je vais parler : cela n'est pas impossible.
M. Baudelot a marqué dans son
Catalogue des Medailles Imperiales , que
les Medailles Grecques de cette Imperatrice
sont communes : ce qui n'est pas
tout-à-fait exact , puisqu'il y en a quelques-
unes de singulieres et de fort rares
en ce genre là : telle est , par exemple ,
celle qui est gravée dans le Selecta Numismata
antiqua de P. Seguin , Doyen
* Ce Catalogue est dans le a. T. de l'Utilitê
des Voyages , p. 345. derniere Edit. 1727 ,
faite après la mort de M. Baudelot , qui auroit
rendu un si bon Livre parfait en corrigeant
quelques méprises en petit nombre , et
en suppleant à plusieurs ômissions . On n'y verroit
pas non plus les fautes qui viennent des
Editeurs denuez de la capacité de M. B.
de
OCTOBRE. 1731 2293
de S. Germain de l'Auxerrois , p. 158.
Cette Medaille est d'Argent , on y
voit d'un côté la Têre de Lucille coëffée
plus galamment qu'ailleurs " avec cette
Legende AOTKIÄÄA CEBACTH . et sur
le revers la même Princesse assise et representée
sous la figure de Cerés , tenant
d'une main desEpis , et de l'autre un flambeau
, avec cette Inscription B CIAEYC
MANNOC ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ qui indique et
qui confirme un point d'Histoire considerable.
C'est Mannus , Roy des Arabes,
qui a fait frapper cette Medaille. Il étoit
Fils ou Neveu et Successeur du Roy de
même nom , dont il est parlé dans Dion,
L. 68. qui regnoit sur les Arabes , Habitans
du Pays situé au -delà de l'Euphra
re , entre la grande Armenie et l'Osrhoëne
, lequel devint suspect à Trajan , dans
son expédition contre les Parthes , par
une manoeuvre marquée dans cette His-
Foire.
C'est le successeur de ce Prince , qui
plus avisé et plus politique que lui , nonseulement
se ménagea beaucoup avec les
Romains , mais qui affecta de les aimer
jusqu'à prendre le titre de ΦΙΛΟΡΩΜΑΙΟΣ
qui est expressement marqué dans cette
Medaille Grecque de Lucille. Elle fût
frappée par les ordres de ce Roy , vray➡
B sem2294
MERCURE DE FRANCE
,
semblablement dans le temps que Luce
Vere son epoux et elle séjournoient
à Antioche , Ville peu éloignée des
Etats du Monarque Arabe , et que l'Ar
mée Romaine , sous le commandement
de A. Cassius , agi soit contre les Parthes.
Que ce Prince eût le même nom de
Mannus , que celui qui regnoit sous
Trajan , l'usage constant de tous les Rois
voisins de la Syrie , qui portoient tous
un même nom , le prouve ,
le prouve , la Medaille
dont je viers de parler le confirme.
M. Seguin , en parlant de cette Medaille
a marqué par ces paroles le cas
qu'il en faisoit , Rarior mihi videtur bie
Nummus , tum quia Gracus tum quia Regis
Barbari nomen minus notum profitetur.
Ajoûtant que Savot , qui a écrit sur la rareté
des Medailles antiques , a mis au
nombre des plus rares les Medailles Imperiales
Grecques d'Argent. Ce que Seguin
dit avoir souvent éprouvé , sur-tout à
Pégard des Medailles d'Imperatrices.
M. Vaillant , qui n'a dit que quelques
mots sur la Medaille en question , ajoute,
après avoir renvoyé au livre de M. Se
guin , Hic Nummus eximia raritatis et elegantia
habetur. Et ce n'est point trop dire
Il croit, au reste , que c'est l'Empereur
L. Vere lui -même , qui , à la priere de
Mannus
OCTOBRE. 1731. 2295
Mannus , lui accorda ce titre d'Ami des
Romains , et que ce fût pour en marquer
sa reconnoissance , et pour faire sa Cour
à l'Empereur , que ce Prince Arabe fit
frapper une Medaille où ce titre est ex--
pressement marqué. 1105 0
Quoiqu'il en soit, ne vous lassez point,
Monsieur , de m'envoyer de pareils Monumens,
on en trouve tous les jours de singuliers
, et qui ont échapé à la recherche
de ceux qui nous ont précedé dans cette
trude , je vous rendrai bon compte de
tout ce qui me viendra de curieux de
vôtre part. Je suis ,
AParis , le 15. Mars 1731.
Fermer
Résumé : LETTRE écrite par M. D. L. R. à M ...... de l'Abbaye S. Victor de Marseille au sujet de deux Medailles antiques.
La lettre de M. D. L. R. à M...... de l'Abbaye Saint-Victor de Marseille discute de deux médailles antiques. La première est une médaille romaine en bronze découverte dans le vignoble de Saint-Just, attribuée à l'impératrice Lucille, fille de Marc-Aurèle et de Faustine la Jeune. Lucille avait épousé Lucius Verus, associé à l'Empire avec son beau-père. La seconde est une pièce grecque en argent trouvée dans le Languedoc par M. Vergile de la Bastide. Elle représente une tête d'homme et un sautoir, avec les lettres 'M A' au revers, probablement en référence à Marseille ou à son fondateur. L'auteur attribue cette médaille à Massalia, le premier fondateur de Marseille selon Plutarque, tout en mentionnant d'autres fondateurs potentiels comme Furius et Peranus, qu'il considère comme secondaires. Le texte aborde également une médaille attribuée à Maximien Hercule, portant les lettres DMKV sur son revers. Le Père Hardouin interprète ces lettres comme indiquant une frappe à Marseille, mais cette hypothèse est contestée car Maximien, poursuivi par Constantin, s'y réfugia durant une période de décadence, rendant improbable la frappe de monnaie en son honneur. La médaille romaine de Lucille présente sur son revers une figure féminine assise tenant une fleur et un enfant emmailloté, avec l'inscription JUNONI LUCINE. Cette représentation symbolise Lucille sous les traits de Junon Lucine, déesse de la fécondité, suggérant soit une fécondité future, soit une maternité déjà réalisée. Cette interprétation est confirmée par d'autres médailles et médaillons similaires décrits par Vaillant. Le texte mentionne aussi une médaille grecque de Lucille, frappée par le roi arabe Mannus, qui se présente comme ami des Romains. Cette médaille est rare et élégante, frappée durant le séjour de Lucius Verus et Lucille à Antioche. L'auteur encourage les savants de Marseille à approfondir ces découvertes et à publier des explications plus exactes et étendues dans la nouvelle histoire de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1830
p. 2297-2309
LETTRE de Madame la Comtesse de.... à M.le Chevalier de ... sur la Tragedie d'Astrate.
Début :
Je vous avouë, Monsieur, que j'ai été terriblement en colere contre le Public [...]
Mots clefs :
Rire, Satire, Despréaux, Famille royale, Conspiration , Reine, Autorité, Reconnaissance, Défiance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de Madame la Comtesse de.... à M.le Chevalier de ... sur la Tragedie d'Astrate.
LETTRE de Madame la Comtesse de....
à M.le Chevalier de ... sur la Tragedie
d'Astrate
J
E vous avoue , Monsieur , que j'ai été
terriblement en colere contre le Public
et même contre vous , à la lecture
de votre derniere Lettre ; vous m'annoncez
qu'on a ri à la représentation d'Astrate
, et loin de me l'annoncer comme
une injustice des plus criantes , vous ne
rougissez pas d'ajoûter que vous n'avez
pas pû vous empêcher d'y rire , comme
les autres , sur tout au second Acte , où il
s'agit de l'Anneau Royal , qu'il a plû à
l'Aristarque François de tourner en ridicule
par ce Vers : Sur tout l'Anneau Royal
me semble bien trouvé. Vous auriez été
B iij
LIFT
2298 MERCURE DE FRANCE
un peu plus en garde contre votre envie
de rire , si vous eussiez consideré que
Despreaux met ces Vers ironiques dans
la bouche d'un Campagnard , par un reste
de pudeur qui l'empêche d'adopter un
sentiment si peu sensé. Ce n'est pas que
je prétende ici justifier cet implacable
Auteur ; il a bien pû penser lui - même
ce qu'il fait dire à un autre , puisqu'il a
osé avancer dans une autre Satyre.
Et quand je veux citer un Auteur sans deffaut
La raison dit Virgile , et la rime Quinault.
En vain Despreaux a chanté la Palinodie
, quand il s'y est vû forcé par la gloire
que Quinault s'étoit acquise par tant d'au
tres Ouvrages ; le Public , je veux dire
un certain Public malin ; la Tourbe
pour mieux m'expliquer , a persisté à croire
qu'Astrate étoit une Tragédie très -risible,
et n'a pas voulu renoncer au droit de
rire à fes Représentations. Pour moi ;
Monsieur , qui ai un peu plus de vanitě
que vous , j'ai trop de soin de ma gloirė
pour me confondre dans la foule ; et j'ai
toûjours regardé Astrate comme une Piece
que nos plus grands Dramatiques ne
desavoüeroient pas. Despreaux à beaut
faire dire aux Interlocuteurs de son re
pas ridicule , que chaque Acte de cette
Tragédie
OCTOBRE. 1731. 2299
Tragedie est une Piece entiere , l'action y
est si peu chargée que j'entreprends de
vous la retracer en aussi peu de mots
qu'' on puisse réduire la plus simple : voici
de quoi il s'agit.
L'action theatrale se passe dans le Pa
Jais d'Elise , Reine de Tyr. Le Trône où
elle est assise a été usurpé par son Pere
sur Adraste , qui en étoit le veritable
possesseur. Ce funeste heritage l'a réduire
faire périr ce Roy détrôné et deux de
ses enfans ; un troisième est échappé au
fer meurtrier ; voilà ce qui s'est passé
avant l'Action théatrale , et qui , comme
vous le voyez , ne doit pas faire une protase
trop chargée. Passons au noeud de
la Piece. Elise aime Astrate , crû fils de
Sichée , ses Sujets souffrent impatiemment
qu'une femme regne sur eux ; elle
yeut leur donner un Roy , & croit ne
pouvoir mieux faire que de choisir un
Prince qui par sa valeur a soutenu le
Trône où l'usurpation l'a placée ; elle fait
part de son dessein à Sichée , qui tâche
de l'en détourner par des raisons de politique
; il ne peut lui découvrir la veritable
, la voici : Astrate qui passe pour
son fils , est celui des trois fils du veri-
→ table Roy échappé
au fer meurtrier
.
Elise ayant
annoncé
à Astrate
que. le
B iiij
choix
2300 MERCURE DE FRANCE
contre
choix qu'elle va faire d'un Epoux tombe
sur lui ; et leur amour étant réciproque ,
Sichée , qui est à la tête d'une conspira
tion prête à vanger la mort du veritable
Roy , et à rétablir sur le Trône usurpé
le reste précieux de la Famille Royale
fait entendre à son prétendu fils , qu'il
ne doit pas accepter une place qu'il ne
pourroit long- temps conserver
une révolte qui est sur le point d'éclatter .
Astrate croit le rassurer contre ce peri
en lui annonçant que la conspiration est
découverte , et en lui nommant trois des
conjurez ; Sichée plus allarmé qu'au pa
ravant , et voyant qu'Astrate veut aller
tout découvrir à la Keine , ne peut mieux
l'arrêter qu'en se faisant connoître à lui
pour Chef de la conspiration . Quelcom
bat entre l'Amour et la Nature ! Astrate
croit enfin les accorder tous deux , en
obrenant de la Reine une Amnistie ge
nerale ; il l'obtient en effet , Sichée n'a
rien à craindre pour ses jours , non - plus
que pour ceux de ses amis ; Elise demande
seulement qu'on lui livre ce
dernier fils du vrai Roy , en faveur du
quel on conspire ; c'est alors que Sichéa
ne pouvant plus differer de le faire con
noître , montre des Tablettes à Adraste
dans lesquelles ces Vers sont traceź
c'est
OCTOBR E. 1731. 2301
c'est le vrai Roy qui parle dans ces Tablettes.
Le plus jeune de mes trois fils
Echappe aux cruels Ennemis ,
Dont sur moi l'injustice éclatte ;
Et quand il sera temps de découvrir son sort ,
Ou pour rompre mes fers ou pour vanger ma
mort ;
Sichée en est crû pere , et son nom est Astrate.
Voilà , Monsieur , le noeud de la Piece ;
en voici le dénouement. La cospiration
éclatte malgré le nouveau Roy, à qui
Sichée n'a point laissé les Tablettes qui
peuvent seules le faire reconnoître ; il
combat lui - même contre ceux qui n'ont
pris les armes que pour lui ; on le desarme
, on lui donne des Gardes ; il a beau
dire à ses Sujets qu'il est leur Roy ; on
croit que l'Amour lui dicte ce langage ;
Elise craignant que cet amour ne coûte
enfin la vie à ce cher Prince , attente sur
ses propres jours ; elle vient mourir à ses
yeux , empoisonnée .
D
Vous ne manquerez pas , Monsieur
de m'accuser de supercherie , parce que
je retranche l'épisode d'Agenor , pour
vous faire paroître l'action plus simple
mais cet Episode n'a lieu dans la Piece
B. V
que
2302 MERCURE DE FRANCE
que pendant les deux premiers Actes , et
l'Auteur auroit bien pû s'en passer ; j'avoüe
même qu'il n'en auroit que mieux
fait ; nous n'aurions pas vû cet Anneau
Royal qui a excité des ris dans un sujet
uniquement destiné à faire verser des larmes
; je conviens avec vous que
deffaut , mais trouvez bon aussi que je
cherche à le justifier autant qu'il me sera
possible.
c'est un
Quand j'avoue que l'Anneau Royal est
un deffaut , je ne conviens pas qu'il le
foit jusqu'à être risible ; en effet si l'on y
rit , ce n'est que par le coup sur coup
qu'il produit. Ainsi Despreaux n'a pas
rencontré juste quand il a fait dire à son
Campagnard : Sur tout l'Anneau Royal ,
& c. Cet Auteur atrabilaire auroit dû se
souvenir qu'Alexandre le Grand , fit Perdiccas
dépositaire de son autorité par un
Anneau qu'il lui remit entre les mains ;
Quinault n'est donc ni risible ni blâmable
, d'employer le même signe d'autorité
dans sa Piece ; je dis bien plus , Elise ne
remet cette marque de toute - puissance à
A genor , que par des motifs très - senseż,
soit de reconnoissance , soit de défiance.
Agenor lui a parû très- soû mis quand elle
lui a fait entendre qu'elle vouloit faire
un Roy , indépendamment de la loi que
son
OCTOBRE 1731. 2303
son pere lui avoit imposée : voici com
me il s'explique dans le second Acte.
J'ai de subir vos loix un double engagement ;
C'est peu d'être Sujet, je suis encore Amant, &c
Je ne vous dis plus rien , Madame , et vais attendre
,
L'Arrêt que sur mon sort il vous plaira de ren- `
dre , &c.
Elise est si touchée d'une si parfaite
résignation, qu'elle dit à sa Confidente :
Par quelle injuste loy ,
Ne lui dois-je plus rien quand il fait tout pour
moi ?
Corisbe me croit- elle une ame si farouche ,
Et que
Qu'une belle action n'ait plus rien qui me touche?
l'excès d'amour d'un Prince si soumis ,
N'ait pas des droits plus forts que ceux qu'il m'a
remis ?
Voilà , Monsieur , le motif de reconnoissance
; passons au motif de défiance ;
c'est toûjours Elise qui parle :
J'ai peine toutefois , quoique je me figure ,
De croire dans le Prince une vertu si pure ,
Et de ne soupçonner d'aucun déguisement ,
L'excès étudié d'un si beau sentiment.
Que peut-elle faire de plus sensé , en
B vj parlant
2304 MERCURE DE FRANCE
parlant de ces deux principes , que da
récompenser Agenor , s'il est sincere , ou
de le punir , s'il ne l'est pas ? voici comment
elle en agit avec lui ; elle commence
par lui déclarer qu'elle aime Adraste
comme Agenor le dit lui- même , parlant
à son Rival dans le commencement
du troisiéme Acte; voici ses propres mots
Après m'avoir loüé d'avoir cedé mes droits ,
En mettant dans mes mains cet Anneau de nos
Rois ,
La Reine avec adresse a sçû me faire entendre ,
Que son coeur à vos feux s'étoit laissé surpren
dre , & c. ...
Mais qu'elle avoit voulu du moins pour reconnoître
,
La generosité que j'avois fait paroître ,
Et pour
rendre pour moi son refus moins hon
teux ,
Que ce fût de ma main que vous fussiez heureux;
Qu'elle ne doutoit point qu'après cette priere ,
Ma génerosité ne se montrât entiere.
Voilà donc le premier motif rempli ;
l'abus qu'Adraste fait du pouvoir remis
entre ses mains , justifie la punition que
la Reine en va faires à peine a- t'elle appris
qu'il veut faire arrêter Adraste , qu'el
le l'envoye arrêter lui-même . Qu'y a - t'il
de
OCTOBRE . 1731. 230,
de plus juste et de plus consequent ? La
soumission est récompensée , la dissimulation
est punie ; Agenor est précipité du
faîte de la grandeur , Astrate est élevé
aur comble du bonheur ; et c'est ce coup
sur- coup de peripetie qui fait rire les
Spectateurs , sans qu'ils s'apperçoivent
eux-mêmes de quoi ils rient.
Ne riez -vous pas vous-même , Monsieur
, de ce que je viens d'avancer ?
Non; ce n'est pas l'Anneau Royal qui
fait rite , n'en déplaise à Despreaux , c'est
ce passage subit du. Trône à. la prison ,
et du dernier malheur au bonheur suprême
; on est ravi de voir Agenor mortifié
; on ne l'est pas moins de voir Astrate
heureux ; les ris ne sont pas toûjours
des. marques de mocquerie , ou du moins
dans cette occafion les rieurs ne sont pas
pour Agenor.
En effet , Monsieur , vous n'avez qu'à
vous rappeller le personnage qu'il vient
de jouer dans la Scene précedente , pour
convenir qu'il a justement merité les mocqueries
du Parterre ; après avoir avoüé
à Astrate qu'il est aimé et que la Reine
ne lui a mis l'Anneau Royal entre les
mains que pour en user genereusement ;
il lui dit d'un ton de voix insultant :
Mon
2306 MERCURE DE FRANCE
Mon coeur ne peut former une plas noble envie
A cet illustre effort la gloire me convie ;
La generosité m'y fait voir mille appas ;
Mais l'Amour plus puissant ne me le permer .
pas , &c.
Que voulez- vous? chacun a sa façon d'aimer,& c.
Vous aimez en Heros ; pour moi , je le confeffe ,
Le Ciel m'a fait un coeur capable de foiblesse ;
Mais je n'en rougis point et jusqu'à ce jour ,
La foiblesse jamais n'a fait honte à l'Amour , &C.
Laissez -moi les douceurs qui me sont accordées ,
Et jouissez en paix de vos belles idées .
Tandis qu'un noeud sacré , propice à mes souhaits
,
Va mettre entre mes bras la Reine et ses attraits,
Que sans m'embarrasser d'un scrupule inutile ,
J'en vais être à vos yeux le possesseur franquille ,
Et vais enfin au gré de mes transports pressants ,
M'assurer d'être heureux sur la foi de mes sens.
Pour vous en consoler , songez qu'au fond de
l'ame
guere
La Reine, avec regret, s'arrache à votre flâme, &c,
J'y veux bien consentir ; un reste d'amitié
M'oblige à voir encor vos maux avec pitié ,
Et sûr d'un bien solide , il ne me coûte
De vous abandonner un bien imaginaire ;
Ainsi chacun de nous se tiendra satisfait ;
Vous , de vous croire heureux , moi , de l'être an
effet.
OCTOBRE. 1731. 2307
'Ajoûtez à cela , Monsieur , la lâcheté
avec laquelle Agenor refuse le défi que
lui fait Astrate; en faut- il davantage pour
exciter le Spectateur à rire de le voir
puni , comme il l'a merité ?
Ce n'est pas que j'approuve le caractere
que Quinault lui donne ; il pouvoit
le rendre odieux , sans le rendre mauvais-
plaisant , et sans l'ériger en Marquis
ridicule de Comédie ; mais il a mis assez
de noblesse dans tout le reste de sa Tra◄
gédie , pour faire voir de quoi il est capable
quand il veut s'en donner la peine.
Il cst temps de passer à des choses plus
dignes de noire attention ; et qu'une Apologie
dont il n'a pas besoin , fasse place
à des éloges si bien méritez. En effet
Monsieur , quoi de plus délicat que la
Scene où la Reine enhardit Astrate à lui
parler de son amour , fondée sur cette
maxime :
Je sçais qu'à notre Sexe il sied bien d'ordinaire ,
De laisser aux Amans les premiers pas à faire ,
De tenir avec soin tout notre amour caché ,
D'attendre que l'aveu nous en soit arraché ,
De ne parler qu'après d'extrémes violences ;
Mais je regne, et le Trône a d'autres bienséances ;
Et quand jusqu'à ce rang notre Sexe est monté,
Ild oit tre au-dessus de la timidité :
Astrate
2308 MERCURE DE FRANCE
Astrate est mon Sujet , et la toute -puissance ,
L'engage aux mêmes loix dont elle me dispense ;
Quelqu'ardeur qui l'emporte , il doit se retenir
C'est à moi de descendre et de le prévenir ,
De l'aider à s'ouvrir ,de l'y servir de guide ;.
Jusques - là , c'est à lui d'aimer d'un feu timide
D'encocher tout l'éclat, et pour le mettre au jour
D'attendre qu'il m'ait plû d'enhardir son amour.
N'est-ce pas là aimer en Reine ? voici
comment Elise s'y prend pour enhardir
son sujet à lui parler de son amour.
Cessons de feindre , Astrate ; on veut me faire
croire ,
Qu'oubliant tout devoir , séduit par trop de gloire,
Vous avez jusqu'à moi secretement osé ;
Astrate voulant se justifier , elle lui
ferme la bouche par ces mots :
Il n'est besoin ici que de me bien entenåre ;
Avant que de répondre examinez - vous bien ,
Voyez si votre coeur ne s'accuse de rien ,
S'il ne se sent pour moi rien d'un peu témer aire
Rien qui passe l'ardeur d'un sujet ordinaire , & c.
La douceur avec laquelle la Reine invite
Astrate à faire cet examen , l'enhardit
à être sincere ; voici comme il
s'explique et s'excuse en même temps
D'un
OCTOBRE. 1731 2309
D'un crime si charmant mon coeur insatiable ,
En voudroit s'il pouvoit être encor plus coupable,
Et , si je l'ose dire , aime mieux consentir ,
A tout votre courroux qu'au moindre repentir ,
Lorsque par un transport dont on n'est plus le
maître,
On devient témeraire , on ne sçauroit trop l'êtres
Et dès qu'on a pû mettre un feu coupable au jour,
C'est l'excès qui peut seul justifier l'amour.
Le reste pour le prochain Mercurè.
à M.le Chevalier de ... sur la Tragedie
d'Astrate
J
E vous avoue , Monsieur , que j'ai été
terriblement en colere contre le Public
et même contre vous , à la lecture
de votre derniere Lettre ; vous m'annoncez
qu'on a ri à la représentation d'Astrate
, et loin de me l'annoncer comme
une injustice des plus criantes , vous ne
rougissez pas d'ajoûter que vous n'avez
pas pû vous empêcher d'y rire , comme
les autres , sur tout au second Acte , où il
s'agit de l'Anneau Royal , qu'il a plû à
l'Aristarque François de tourner en ridicule
par ce Vers : Sur tout l'Anneau Royal
me semble bien trouvé. Vous auriez été
B iij
LIFT
2298 MERCURE DE FRANCE
un peu plus en garde contre votre envie
de rire , si vous eussiez consideré que
Despreaux met ces Vers ironiques dans
la bouche d'un Campagnard , par un reste
de pudeur qui l'empêche d'adopter un
sentiment si peu sensé. Ce n'est pas que
je prétende ici justifier cet implacable
Auteur ; il a bien pû penser lui - même
ce qu'il fait dire à un autre , puisqu'il a
osé avancer dans une autre Satyre.
Et quand je veux citer un Auteur sans deffaut
La raison dit Virgile , et la rime Quinault.
En vain Despreaux a chanté la Palinodie
, quand il s'y est vû forcé par la gloire
que Quinault s'étoit acquise par tant d'au
tres Ouvrages ; le Public , je veux dire
un certain Public malin ; la Tourbe
pour mieux m'expliquer , a persisté à croire
qu'Astrate étoit une Tragédie très -risible,
et n'a pas voulu renoncer au droit de
rire à fes Représentations. Pour moi ;
Monsieur , qui ai un peu plus de vanitě
que vous , j'ai trop de soin de ma gloirė
pour me confondre dans la foule ; et j'ai
toûjours regardé Astrate comme une Piece
que nos plus grands Dramatiques ne
desavoüeroient pas. Despreaux à beaut
faire dire aux Interlocuteurs de son re
pas ridicule , que chaque Acte de cette
Tragédie
OCTOBRE. 1731. 2299
Tragedie est une Piece entiere , l'action y
est si peu chargée que j'entreprends de
vous la retracer en aussi peu de mots
qu'' on puisse réduire la plus simple : voici
de quoi il s'agit.
L'action theatrale se passe dans le Pa
Jais d'Elise , Reine de Tyr. Le Trône où
elle est assise a été usurpé par son Pere
sur Adraste , qui en étoit le veritable
possesseur. Ce funeste heritage l'a réduire
faire périr ce Roy détrôné et deux de
ses enfans ; un troisième est échappé au
fer meurtrier ; voilà ce qui s'est passé
avant l'Action théatrale , et qui , comme
vous le voyez , ne doit pas faire une protase
trop chargée. Passons au noeud de
la Piece. Elise aime Astrate , crû fils de
Sichée , ses Sujets souffrent impatiemment
qu'une femme regne sur eux ; elle
yeut leur donner un Roy , & croit ne
pouvoir mieux faire que de choisir un
Prince qui par sa valeur a soutenu le
Trône où l'usurpation l'a placée ; elle fait
part de son dessein à Sichée , qui tâche
de l'en détourner par des raisons de politique
; il ne peut lui découvrir la veritable
, la voici : Astrate qui passe pour
son fils , est celui des trois fils du veri-
→ table Roy échappé
au fer meurtrier
.
Elise ayant
annoncé
à Astrate
que. le
B iiij
choix
2300 MERCURE DE FRANCE
contre
choix qu'elle va faire d'un Epoux tombe
sur lui ; et leur amour étant réciproque ,
Sichée , qui est à la tête d'une conspira
tion prête à vanger la mort du veritable
Roy , et à rétablir sur le Trône usurpé
le reste précieux de la Famille Royale
fait entendre à son prétendu fils , qu'il
ne doit pas accepter une place qu'il ne
pourroit long- temps conserver
une révolte qui est sur le point d'éclatter .
Astrate croit le rassurer contre ce peri
en lui annonçant que la conspiration est
découverte , et en lui nommant trois des
conjurez ; Sichée plus allarmé qu'au pa
ravant , et voyant qu'Astrate veut aller
tout découvrir à la Keine , ne peut mieux
l'arrêter qu'en se faisant connoître à lui
pour Chef de la conspiration . Quelcom
bat entre l'Amour et la Nature ! Astrate
croit enfin les accorder tous deux , en
obrenant de la Reine une Amnistie ge
nerale ; il l'obtient en effet , Sichée n'a
rien à craindre pour ses jours , non - plus
que pour ceux de ses amis ; Elise demande
seulement qu'on lui livre ce
dernier fils du vrai Roy , en faveur du
quel on conspire ; c'est alors que Sichéa
ne pouvant plus differer de le faire con
noître , montre des Tablettes à Adraste
dans lesquelles ces Vers sont traceź
c'est
OCTOBR E. 1731. 2301
c'est le vrai Roy qui parle dans ces Tablettes.
Le plus jeune de mes trois fils
Echappe aux cruels Ennemis ,
Dont sur moi l'injustice éclatte ;
Et quand il sera temps de découvrir son sort ,
Ou pour rompre mes fers ou pour vanger ma
mort ;
Sichée en est crû pere , et son nom est Astrate.
Voilà , Monsieur , le noeud de la Piece ;
en voici le dénouement. La cospiration
éclatte malgré le nouveau Roy, à qui
Sichée n'a point laissé les Tablettes qui
peuvent seules le faire reconnoître ; il
combat lui - même contre ceux qui n'ont
pris les armes que pour lui ; on le desarme
, on lui donne des Gardes ; il a beau
dire à ses Sujets qu'il est leur Roy ; on
croit que l'Amour lui dicte ce langage ;
Elise craignant que cet amour ne coûte
enfin la vie à ce cher Prince , attente sur
ses propres jours ; elle vient mourir à ses
yeux , empoisonnée .
D
Vous ne manquerez pas , Monsieur
de m'accuser de supercherie , parce que
je retranche l'épisode d'Agenor , pour
vous faire paroître l'action plus simple
mais cet Episode n'a lieu dans la Piece
B. V
que
2302 MERCURE DE FRANCE
que pendant les deux premiers Actes , et
l'Auteur auroit bien pû s'en passer ; j'avoüe
même qu'il n'en auroit que mieux
fait ; nous n'aurions pas vû cet Anneau
Royal qui a excité des ris dans un sujet
uniquement destiné à faire verser des larmes
; je conviens avec vous que
deffaut , mais trouvez bon aussi que je
cherche à le justifier autant qu'il me sera
possible.
c'est un
Quand j'avoue que l'Anneau Royal est
un deffaut , je ne conviens pas qu'il le
foit jusqu'à être risible ; en effet si l'on y
rit , ce n'est que par le coup sur coup
qu'il produit. Ainsi Despreaux n'a pas
rencontré juste quand il a fait dire à son
Campagnard : Sur tout l'Anneau Royal ,
& c. Cet Auteur atrabilaire auroit dû se
souvenir qu'Alexandre le Grand , fit Perdiccas
dépositaire de son autorité par un
Anneau qu'il lui remit entre les mains ;
Quinault n'est donc ni risible ni blâmable
, d'employer le même signe d'autorité
dans sa Piece ; je dis bien plus , Elise ne
remet cette marque de toute - puissance à
A genor , que par des motifs très - senseż,
soit de reconnoissance , soit de défiance.
Agenor lui a parû très- soû mis quand elle
lui a fait entendre qu'elle vouloit faire
un Roy , indépendamment de la loi que
son
OCTOBRE 1731. 2303
son pere lui avoit imposée : voici com
me il s'explique dans le second Acte.
J'ai de subir vos loix un double engagement ;
C'est peu d'être Sujet, je suis encore Amant, &c
Je ne vous dis plus rien , Madame , et vais attendre
,
L'Arrêt que sur mon sort il vous plaira de ren- `
dre , &c.
Elise est si touchée d'une si parfaite
résignation, qu'elle dit à sa Confidente :
Par quelle injuste loy ,
Ne lui dois-je plus rien quand il fait tout pour
moi ?
Corisbe me croit- elle une ame si farouche ,
Et que
Qu'une belle action n'ait plus rien qui me touche?
l'excès d'amour d'un Prince si soumis ,
N'ait pas des droits plus forts que ceux qu'il m'a
remis ?
Voilà , Monsieur , le motif de reconnoissance
; passons au motif de défiance ;
c'est toûjours Elise qui parle :
J'ai peine toutefois , quoique je me figure ,
De croire dans le Prince une vertu si pure ,
Et de ne soupçonner d'aucun déguisement ,
L'excès étudié d'un si beau sentiment.
Que peut-elle faire de plus sensé , en
B vj parlant
2304 MERCURE DE FRANCE
parlant de ces deux principes , que da
récompenser Agenor , s'il est sincere , ou
de le punir , s'il ne l'est pas ? voici comment
elle en agit avec lui ; elle commence
par lui déclarer qu'elle aime Adraste
comme Agenor le dit lui- même , parlant
à son Rival dans le commencement
du troisiéme Acte; voici ses propres mots
Après m'avoir loüé d'avoir cedé mes droits ,
En mettant dans mes mains cet Anneau de nos
Rois ,
La Reine avec adresse a sçû me faire entendre ,
Que son coeur à vos feux s'étoit laissé surpren
dre , & c. ...
Mais qu'elle avoit voulu du moins pour reconnoître
,
La generosité que j'avois fait paroître ,
Et pour
rendre pour moi son refus moins hon
teux ,
Que ce fût de ma main que vous fussiez heureux;
Qu'elle ne doutoit point qu'après cette priere ,
Ma génerosité ne se montrât entiere.
Voilà donc le premier motif rempli ;
l'abus qu'Adraste fait du pouvoir remis
entre ses mains , justifie la punition que
la Reine en va faires à peine a- t'elle appris
qu'il veut faire arrêter Adraste , qu'el
le l'envoye arrêter lui-même . Qu'y a - t'il
de
OCTOBRE . 1731. 230,
de plus juste et de plus consequent ? La
soumission est récompensée , la dissimulation
est punie ; Agenor est précipité du
faîte de la grandeur , Astrate est élevé
aur comble du bonheur ; et c'est ce coup
sur- coup de peripetie qui fait rire les
Spectateurs , sans qu'ils s'apperçoivent
eux-mêmes de quoi ils rient.
Ne riez -vous pas vous-même , Monsieur
, de ce que je viens d'avancer ?
Non; ce n'est pas l'Anneau Royal qui
fait rite , n'en déplaise à Despreaux , c'est
ce passage subit du. Trône à. la prison ,
et du dernier malheur au bonheur suprême
; on est ravi de voir Agenor mortifié
; on ne l'est pas moins de voir Astrate
heureux ; les ris ne sont pas toûjours
des. marques de mocquerie , ou du moins
dans cette occafion les rieurs ne sont pas
pour Agenor.
En effet , Monsieur , vous n'avez qu'à
vous rappeller le personnage qu'il vient
de jouer dans la Scene précedente , pour
convenir qu'il a justement merité les mocqueries
du Parterre ; après avoir avoüé
à Astrate qu'il est aimé et que la Reine
ne lui a mis l'Anneau Royal entre les
mains que pour en user genereusement ;
il lui dit d'un ton de voix insultant :
Mon
2306 MERCURE DE FRANCE
Mon coeur ne peut former une plas noble envie
A cet illustre effort la gloire me convie ;
La generosité m'y fait voir mille appas ;
Mais l'Amour plus puissant ne me le permer .
pas , &c.
Que voulez- vous? chacun a sa façon d'aimer,& c.
Vous aimez en Heros ; pour moi , je le confeffe ,
Le Ciel m'a fait un coeur capable de foiblesse ;
Mais je n'en rougis point et jusqu'à ce jour ,
La foiblesse jamais n'a fait honte à l'Amour , &C.
Laissez -moi les douceurs qui me sont accordées ,
Et jouissez en paix de vos belles idées .
Tandis qu'un noeud sacré , propice à mes souhaits
,
Va mettre entre mes bras la Reine et ses attraits,
Que sans m'embarrasser d'un scrupule inutile ,
J'en vais être à vos yeux le possesseur franquille ,
Et vais enfin au gré de mes transports pressants ,
M'assurer d'être heureux sur la foi de mes sens.
Pour vous en consoler , songez qu'au fond de
l'ame
guere
La Reine, avec regret, s'arrache à votre flâme, &c,
J'y veux bien consentir ; un reste d'amitié
M'oblige à voir encor vos maux avec pitié ,
Et sûr d'un bien solide , il ne me coûte
De vous abandonner un bien imaginaire ;
Ainsi chacun de nous se tiendra satisfait ;
Vous , de vous croire heureux , moi , de l'être an
effet.
OCTOBRE. 1731. 2307
'Ajoûtez à cela , Monsieur , la lâcheté
avec laquelle Agenor refuse le défi que
lui fait Astrate; en faut- il davantage pour
exciter le Spectateur à rire de le voir
puni , comme il l'a merité ?
Ce n'est pas que j'approuve le caractere
que Quinault lui donne ; il pouvoit
le rendre odieux , sans le rendre mauvais-
plaisant , et sans l'ériger en Marquis
ridicule de Comédie ; mais il a mis assez
de noblesse dans tout le reste de sa Tra◄
gédie , pour faire voir de quoi il est capable
quand il veut s'en donner la peine.
Il cst temps de passer à des choses plus
dignes de noire attention ; et qu'une Apologie
dont il n'a pas besoin , fasse place
à des éloges si bien méritez. En effet
Monsieur , quoi de plus délicat que la
Scene où la Reine enhardit Astrate à lui
parler de son amour , fondée sur cette
maxime :
Je sçais qu'à notre Sexe il sied bien d'ordinaire ,
De laisser aux Amans les premiers pas à faire ,
De tenir avec soin tout notre amour caché ,
D'attendre que l'aveu nous en soit arraché ,
De ne parler qu'après d'extrémes violences ;
Mais je regne, et le Trône a d'autres bienséances ;
Et quand jusqu'à ce rang notre Sexe est monté,
Ild oit tre au-dessus de la timidité :
Astrate
2308 MERCURE DE FRANCE
Astrate est mon Sujet , et la toute -puissance ,
L'engage aux mêmes loix dont elle me dispense ;
Quelqu'ardeur qui l'emporte , il doit se retenir
C'est à moi de descendre et de le prévenir ,
De l'aider à s'ouvrir ,de l'y servir de guide ;.
Jusques - là , c'est à lui d'aimer d'un feu timide
D'encocher tout l'éclat, et pour le mettre au jour
D'attendre qu'il m'ait plû d'enhardir son amour.
N'est-ce pas là aimer en Reine ? voici
comment Elise s'y prend pour enhardir
son sujet à lui parler de son amour.
Cessons de feindre , Astrate ; on veut me faire
croire ,
Qu'oubliant tout devoir , séduit par trop de gloire,
Vous avez jusqu'à moi secretement osé ;
Astrate voulant se justifier , elle lui
ferme la bouche par ces mots :
Il n'est besoin ici que de me bien entenåre ;
Avant que de répondre examinez - vous bien ,
Voyez si votre coeur ne s'accuse de rien ,
S'il ne se sent pour moi rien d'un peu témer aire
Rien qui passe l'ardeur d'un sujet ordinaire , & c.
La douceur avec laquelle la Reine invite
Astrate à faire cet examen , l'enhardit
à être sincere ; voici comme il
s'explique et s'excuse en même temps
D'un
OCTOBRE. 1731 2309
D'un crime si charmant mon coeur insatiable ,
En voudroit s'il pouvoit être encor plus coupable,
Et , si je l'ose dire , aime mieux consentir ,
A tout votre courroux qu'au moindre repentir ,
Lorsque par un transport dont on n'est plus le
maître,
On devient témeraire , on ne sçauroit trop l'êtres
Et dès qu'on a pû mettre un feu coupable au jour,
C'est l'excès qui peut seul justifier l'amour.
Le reste pour le prochain Mercurè.
Fermer
Résumé : LETTRE de Madame la Comtesse de.... à M.le Chevalier de ... sur la Tragedie d'Astrate.
La Comtesse de... exprime sa colère envers le Chevalier de... après avoir appris que le public avait ri lors de la représentation de la tragédie 'Astrate' de Jean Racine. Elle critique particulièrement la réaction du Chevalier, qui a également ri, notamment lors du second acte où l'Anneau Royal est mentionné. La Comtesse défend Racine en expliquant que les vers ironiques sur l'Anneau Royal sont prononcés par un personnage campagnard par pudeur. Elle reconnaît cependant que Racine a pu avoir des sentiments similaires dans d'autres œuvres. La Comtesse résume ensuite l'intrigue d''Astrate'. L'action se déroule à Tyr, où la reine Elise a usurpé le trône d'Adraste. Elise aime Astrate, qu'elle croit être le fils de Sichée. Les sujets d'Elise souffrent de voir une femme régner et souhaitent un roi. Elise envisage de choisir Astrate comme époux, mais Sichée, qui est en réalité le père d'Astrate et le véritable roi, tente de l'en dissuader. Il révèle finalement à Astrate qu'il est le fils du roi détrôné et qu'une conspiration est prête à rétablir la famille royale. Astrate obtient une amnistie générale, mais la conspiration éclate malgré tout. Elise, craignant pour la vie d'Astrate, se suicide. La Comtesse critique l'épisode de l'Anneau Royal, qui a suscité des rires, et défend Quinault en expliquant que l'Anneau est un symbole d'autorité légitime. Elle conclut en soulignant que les rires du public sont dus au passage subit du trône à la prison et au bonheur suprême, et non à l'Anneau Royal. Elle critique également le personnage d'Agenor, qui est puni à juste titre pour sa lâcheté et son comportement odieux. Enfin, elle loue la délicatesse de la scène où Elise encourage Astrate à lui parler de son amour. Par ailleurs, le texte relate une conversation entre deux personnages, Astrea et une reine. Astrea est accusé de sentiments excessifs envers la reine. Pour se défendre, Astrea est invité à examiner son cœur et à vérifier s'il ne ressent pas pour la reine une ardeur dépassant celle d'un sujet ordinaire. Encouragé par la douceur de la reine, Astrea avoue son amour coupable et insatiable. Il exprime son désir de rester coupable plutôt que de regretter ses sentiments. Il justifie son audace par l'intensité de son amour, affirmant que seul l'excès peut expliquer un tel sentiment. La suite de la conversation est reportée au prochain Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1831
p. 2318-2326
REMARQUES de M. Gaullier, sur la Censure portée contre lui dans la vingt-huitiéme Lettre du Nouvelliste du Parnasse.
Début :
Le grand Critique qui enfante toutes les semaines une feüille d'impression [...]
Mots clefs :
Nouvelliste du Parnasse, Humanités, Grammairien , Abrégé de la grammaire française, Règles de poétique, Conjugaisons, Combinaisons des verbes, Syntaxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES de M. Gaullier, sur la Censure portée contre lui dans la vingt-huitiéme Lettre du Nouvelliste du Parnasse.
REMARQUES de M. Gaullier , sur la
Censure portée contre lui dans la vingtbuitiéme
Lettre du Nouvelliste du Par
nasse.
E grand Critique qui enfante toutes
les semaines une feuille d'impression
in-douze , de caractere moyen , a jugé à
propos de parler ainsi de la methode de
M. Lefevre que j'ai fait réimprimer
avec des Notes : L'infatigable M. Gaullyer
, dit-il , Professeur au College du Plessis
apublié nne Methode pour l'étude des
humanitez. C'est un Grammairien fecond ;
qui , suivant toutes les apparences , regalera
encore ses Ecoliers d'un bon nombre de Volumes.
Je ne sçai si cette multiplication est
nécessaire. Il me semble que le grand nombre
de Regles accable plus l'Esprit qu'il ne le
soulage.
-
M. Gaullier n'est pas si infatigable
ny si fecond en Grammaires que le Nouvelliste
l'est en Nouvelles , ou plutôt er
Censure et en Satyre . Depuis 1716 , que
parut sa premiere Methode , il n'a fait im
primer que cinq petites parties des Regle ÷
pour la Langue Latine et la Françoise
avec un Abregé de la Grammaire Françoi
se
OCTOBRE.
1737.
2219
se , et des Regles de Poëtique , tirées
d'Aristote ,
d'Horace , de
Despreaux et
d'autres célebres Auteurs , tant anciens
que modernes. Les cinq autres Volumes
de M. Gaullier sont , non des Volumes
de Regles , mais des Auteurs Grecs et.
Latins notés à l'usage des Classes . Tous
douze ont été
approuvés par une , et six
par deux Conclusions de l'Université , en
1716. et en la presente Année 1731. honneur
qui n'avoit été fait à personne avant
lui , que je sçache , et qu'un ou deux seulement
ont reçû après lui .
> Quant aux sept Volumes de Regles
ce n'est qu'un abregé et un choix de ce
que nous avons de plus excellent en ce
genre , je veux dire , des Methodes de
Port -Royal , de la
Grammaire Françoise
de l'Abbé Regnier - Desmarais . Mais com
me M. Gaullier ne regale poine ses Ecoliers
de Regles de Poëtique qui sont audessus
de leur portée , ni de versification
françoise ni de plusieurs autres choses
qu'il leur fait passer dans ses livres , com.
meles
Declinaisons et les
Conjugaisons , les
Préfaces , les
Combinaisons des Verbes ; ces
7. Volumes se réduisent à six , qui tous ensemble
ne font pas plus de cinq cent pages.
Et même M. Gaullier
connoissant un peu
les differents goûts , pour ne pas dire les
Cij
divers
23 20 MERCURE DE FRANCE
divers Caprices des hommes , il a réduit
à une Feuille d'impression de 24. pages
de petit caractere , Le Rudiment et
la Syntaxe 2 Les Préterits et Supins
qui en tiennent plus de 300. in 80. dans
Despautere , et plus de 350. aussi in 8º.
dans Port- Royal 3º plus de 400. pages
de la Methode de Bretonneau ont aussi
été réduites à 26 : et 740 in 4° . de la
Grammaire de M. l'Abbé Regnier - Desmarais
ont été abregés par lui d'abord en
52 pages de Petit-Romain , et puis en 24
de Petit-Texte.
С
Comment le Nouvelliste peut- il donc
se plaindre de la multiplication de mes
Livres de Grammaite et des Regles , et
prophetiser que je regalerai encore mes
Ecoliers d'un grand nombre de Volumes ?
Quand on fait le Métier de Satirique
comme le fait le Nouvelliste , il faudroit
au moins être exempt des fautes qu'on
reprend dans les autres , et ne leur en reprocher
que de vrayes. C'est ici tout le
contraire ; et il me paroît évident que celui
qui de son autorité privée , s'est érigé
depuis six ou sept mois en Juge de tous
les Auteurs , manque lui-même ici de
Jugement.
L'infatigable M. Gaullyer , Professeur
au College du Plessis , a publié, dit- on , une
Methode pour les Humanitez.
La
OCTOBRE. 173. 232F
La Methode que M. Gaullier a publiée ,
n'est point de lui : elle est du celebre M. Le
Fevre de Saumur , Pere de Me Dacier.
Elle n'est que de trois feuilles de Gros
Romain , qui n'en valent pas une de Petit
Texte. Les Notes de M. Gaullier , ne
sont aussi que de trois Feuilles d'un caractere
presque aussi gros . Qui pourra donc
jamais penser qu'un homme qui est accoûtumé
à porter quatre heures et demie
tous les jours le pesant fardeau d'une
Classe , soit nommé infatigable à juste
titre , pour avoir donné au Public six
Feuilles de grosse Impression , dont il y
én a la moitié qui n'est pas de lui ? Mais
quelqu'un ne sera-t'il point tenté de croi
re , que le Nouvelliste , pour bien juger
des Auteurs et de leurs ouvrages , porte
l'exactitude jusqu'à ne pas lire en entier
les titres des Livres , et à passer ce qui y
est écrit en plus petit caractere : et que
c'est là la vraye raison qui paroît lui faire
attribuer à M. Gaullier , un ouvrage qui
est de M. Le Fevre ?
Que si c'est à bon droit qu'on donne le
nom d'Infatigable à M. Gaullier , pour
avoir publié en un an un Livre de six
feuilles , dont il n'y en a que trois de
lui; à combien plus forte raison doit- on le
donner au Nouvelliste , qui , sans se fa-
Ciij tiguer
2322 MERCURE DE FRANCE
"
tiguer , fatiguera tous les ans le Public
de 52. Feuilles d'impression , qui est au
dessous de celle de la Methode de M. Le
Fevre et des Notes de M. Gaullier.
C'est un Grammairién fecond , continuë
le Nouvelliste , qui , suivant toutes les ap
parences , regalera encore ses Ecoliers d'un
bon nombre de Volumes. Il me semble que
le Nouvelliste est à peu près du même
caractere que la Déesse qui préside aux
Nouvelles , je veux dire la Renommée
dont Virgile dit quelque part :
Tamficti pravique tenax quàm nuntia veri;
La difference qui me paroît être entre
elle et lui , c'est que cette Déesse publie
également la verité et la fausseté , et que
notre homme panche plus souvent du
côté de la fausseté et verifie en sa personne
d'une maniere qui lui est propre
ce qui est dit de l'homme en general ,
Omnis homo mendax,
Une autre difference qui ne me paroît
pas moins considerable , c'est que la Ré
nommée rne nous annonce que le passé ,
et que le Nouvelliste se mêle de nous
prédire l'avenir , et s'érige en Prophete
de malheur , ou en diseur de mauvaises
avantures ; car ne peut- on pas donner ce
nom au régal d'un bon nombre de Volu◄
›
mes
OCTOBRE. 1731. 2325
*
mes de Grammaire , qu'il pronostique à
mes Ecoliers ?
Mais encore sur quoi est fondée cette
nouvelle Prophetie ? Et comment peutelle
avoir aucune apparence de verité ?
Si on juge de l'avenir par le passé , comme
la raison le veut , quelle apparence que
moi , qui , depuis 1719. que la cinquiéme
partie des Regles a parue , n'ai regalé
mes Ecoliers que du petit Volume de la
Grammaire Françoise , je les regale dans
la suite d'un bon nombre de Volumes ?
Pour moi , si j'aimois à prophetiser , je
pourrois dire que le Nouvelliste est un
Critique fecond , qui , suivant toutes les
apparences , regalera encore le Public
d'un bon nombre de Lettres. Il l'a promis
; il tient parole ; depuis sept mois ,
il nous a déja servi 29. de ces Lettres :
c'est un gage presque sûr pour l'avenir ;
à moins que le Public ne persevere de plus
en plus à ne pas faire cas du régal qu'on
veut lui donner malgré lui .
Je ne sçai , c'est le Nouvelliste qui parle
, si cette multiplication est nécessaire . Il
me semble que le grand nombre de Regles
accable plus l'Esprit qu'il ne le soulage.
Pour moi je crois sçavoir que la multiplication
des Regles er des Volumes de
Grammaire , non seulement n'est pas
Ciiij néces-
-
2324 MERCURE DE FRANCE
gles ,
1
nécessaire , mais même est très- inutile
et très - préjudiciable. C'est pour cela que
j'ai tant abregé les gros Volumes de Resoit
pour le Latin soit pour le
François ; et que , comme je l'ai déja
prouvé plus haut par les faits , je les ai
réduit d'abord à 100. ou 200. pages, puis
à une feuille de 24. Pages. C'est pour la
même raison que j'ai donné au Public
une nouvelle Edition de la petite Methode
de M. Le Fevre , afin d'empêcher , s'il
est possible , la multiplication des nouveaux
systêmes pour le Latin , dont l'exposition
et les préliminaires sont souvent
beaucoup plus longs et plus ennuyeux que
toutes les Regles , et d'étouffer dans leur
naissance un bon nombre d'insectes de la
basse litterature , qui fourmillent et pul- .
lulent de tous côtés depuis quinze ou
vingt ans et qui achevent de ruiner et
de désoler le Pays de la Grammaire , qui
de sa Nature est si peu riante et si peu
fertille.
Voilà ce que je crois sçavoir , et à quoi
est bonne la nouvelle édition du petit
ouvrage de M. Le Fevre. Ce que je ne sçai
pas , c'est si cette multiplication de Nouvelles
Litteraires est bien nécessaire , et
si elle n'accable et n'assomme pas plutôt
le Public qu'elle ne le soulage . Nous
avons
OCTOBRE 1731. 2325
avons déja tant d'autres ouvrages de cette
espece , qui ont la vogue depuis tant d'années,
sans parler des autres.
Il s'en faut bien que le Nouvelliste du
Parnasse ait toutes les bonnes qualitez et
tous les avantages des autres ouvrages Periodiques
premierement le titre en est
trompeur. C'est un Nouvelliste qui n'apprend
point de Nouvelles ; il ne se borne
point au Parnasse mais il descend du
haut de cette Montagne , dans les Vallées
les plus basses , d'où ensuite il s'écarte à
droite et à gauche et s'égare dans le
pays de la Rethorique et de la Grammaire
, qu'il ne connoît que très- imparfaitement
, et des autres Arts liberaux. Le
titre de Nouvelliste du Parnasse ne lui
convient donc en aucune maniere , à
moins qu'on ne veüille faire entendre parlà
qu'il prétend jouir du Privilege du
Parnasse , c'est - à-dire , de feindre et de
mentir comme les Poëtes qui habitent
cette Montagne .
,
Mais au lieu des Nouvelles.du Parnasse
qu'il nous promet , comme il juge des
autres par lui- même , il croit que des
Censures et des Satyres , même fausses
leur feront plus de plaisir. Il monte donc
sur un Tribunal qu'il s'érige à lui-même ,
et de- là il prononce toûjours avec har-
Cv diesse
L
2326 MERCURE DE FRANCE
diessse , mais souvent sans modération et
sans équité , des Jugemens précipitez et
injustes contre tous ceux qui lui sont
bien superieurs en science et en autorité ;
contre les ROLLINS les GIBERTS
les VOLTAIRES . Il faut donc lui ôter
son nom de Nouvelliste du Parnasse , qui
est faux , comme nous venons de le prouver
, et qui de plus ne donne pas de lui
une bonne idée , puisque Nouvelliste ne
se prend gueres qu'en mauvaise part ; et
lui donner le nom de Censeur general de
la Republique des Lettres.
On peut aussi dire de lui , ce que l'E
criture dit d'Ismaël , Gen. 16. 12. Qu'il
leve la main contre tous , Manus ejus
contra omnes ; et ajoûter que tous leve-
'ront aussi la main contre lui ; Etmanus
omnium contra eum ; à moins que le peu
de cas qu'on paroît faire de lui , ne le
fasse rentrer dans le néant dont il est
sorti depuis quelques mois .
Voilà une partie de ce que j'avois à ré,
pondre , pour deffendre contre le Nouvelliste
Parnassien le peu de réputation
que je me suis acquise depuis 15. ou 20.
ans , qui m'est nécessaire pour continuer
ma Profession avec honneur , et que ce
Critique injuste veut , mais ne doit ni
ne pourra jamais m'ôter.
Censure portée contre lui dans la vingtbuitiéme
Lettre du Nouvelliste du Par
nasse.
E grand Critique qui enfante toutes
les semaines une feuille d'impression
in-douze , de caractere moyen , a jugé à
propos de parler ainsi de la methode de
M. Lefevre que j'ai fait réimprimer
avec des Notes : L'infatigable M. Gaullyer
, dit-il , Professeur au College du Plessis
apublié nne Methode pour l'étude des
humanitez. C'est un Grammairien fecond ;
qui , suivant toutes les apparences , regalera
encore ses Ecoliers d'un bon nombre de Volumes.
Je ne sçai si cette multiplication est
nécessaire. Il me semble que le grand nombre
de Regles accable plus l'Esprit qu'il ne le
soulage.
-
M. Gaullier n'est pas si infatigable
ny si fecond en Grammaires que le Nouvelliste
l'est en Nouvelles , ou plutôt er
Censure et en Satyre . Depuis 1716 , que
parut sa premiere Methode , il n'a fait im
primer que cinq petites parties des Regle ÷
pour la Langue Latine et la Françoise
avec un Abregé de la Grammaire Françoi
se
OCTOBRE.
1737.
2219
se , et des Regles de Poëtique , tirées
d'Aristote ,
d'Horace , de
Despreaux et
d'autres célebres Auteurs , tant anciens
que modernes. Les cinq autres Volumes
de M. Gaullier sont , non des Volumes
de Regles , mais des Auteurs Grecs et.
Latins notés à l'usage des Classes . Tous
douze ont été
approuvés par une , et six
par deux Conclusions de l'Université , en
1716. et en la presente Année 1731. honneur
qui n'avoit été fait à personne avant
lui , que je sçache , et qu'un ou deux seulement
ont reçû après lui .
> Quant aux sept Volumes de Regles
ce n'est qu'un abregé et un choix de ce
que nous avons de plus excellent en ce
genre , je veux dire , des Methodes de
Port -Royal , de la
Grammaire Françoise
de l'Abbé Regnier - Desmarais . Mais com
me M. Gaullier ne regale poine ses Ecoliers
de Regles de Poëtique qui sont audessus
de leur portée , ni de versification
françoise ni de plusieurs autres choses
qu'il leur fait passer dans ses livres , com.
meles
Declinaisons et les
Conjugaisons , les
Préfaces , les
Combinaisons des Verbes ; ces
7. Volumes se réduisent à six , qui tous ensemble
ne font pas plus de cinq cent pages.
Et même M. Gaullier
connoissant un peu
les differents goûts , pour ne pas dire les
Cij
divers
23 20 MERCURE DE FRANCE
divers Caprices des hommes , il a réduit
à une Feuille d'impression de 24. pages
de petit caractere , Le Rudiment et
la Syntaxe 2 Les Préterits et Supins
qui en tiennent plus de 300. in 80. dans
Despautere , et plus de 350. aussi in 8º.
dans Port- Royal 3º plus de 400. pages
de la Methode de Bretonneau ont aussi
été réduites à 26 : et 740 in 4° . de la
Grammaire de M. l'Abbé Regnier - Desmarais
ont été abregés par lui d'abord en
52 pages de Petit-Romain , et puis en 24
de Petit-Texte.
С
Comment le Nouvelliste peut- il donc
se plaindre de la multiplication de mes
Livres de Grammaite et des Regles , et
prophetiser que je regalerai encore mes
Ecoliers d'un grand nombre de Volumes ?
Quand on fait le Métier de Satirique
comme le fait le Nouvelliste , il faudroit
au moins être exempt des fautes qu'on
reprend dans les autres , et ne leur en reprocher
que de vrayes. C'est ici tout le
contraire ; et il me paroît évident que celui
qui de son autorité privée , s'est érigé
depuis six ou sept mois en Juge de tous
les Auteurs , manque lui-même ici de
Jugement.
L'infatigable M. Gaullyer , Professeur
au College du Plessis , a publié, dit- on , une
Methode pour les Humanitez.
La
OCTOBRE. 173. 232F
La Methode que M. Gaullier a publiée ,
n'est point de lui : elle est du celebre M. Le
Fevre de Saumur , Pere de Me Dacier.
Elle n'est que de trois feuilles de Gros
Romain , qui n'en valent pas une de Petit
Texte. Les Notes de M. Gaullier , ne
sont aussi que de trois Feuilles d'un caractere
presque aussi gros . Qui pourra donc
jamais penser qu'un homme qui est accoûtumé
à porter quatre heures et demie
tous les jours le pesant fardeau d'une
Classe , soit nommé infatigable à juste
titre , pour avoir donné au Public six
Feuilles de grosse Impression , dont il y
én a la moitié qui n'est pas de lui ? Mais
quelqu'un ne sera-t'il point tenté de croi
re , que le Nouvelliste , pour bien juger
des Auteurs et de leurs ouvrages , porte
l'exactitude jusqu'à ne pas lire en entier
les titres des Livres , et à passer ce qui y
est écrit en plus petit caractere : et que
c'est là la vraye raison qui paroît lui faire
attribuer à M. Gaullier , un ouvrage qui
est de M. Le Fevre ?
Que si c'est à bon droit qu'on donne le
nom d'Infatigable à M. Gaullier , pour
avoir publié en un an un Livre de six
feuilles , dont il n'y en a que trois de
lui; à combien plus forte raison doit- on le
donner au Nouvelliste , qui , sans se fa-
Ciij tiguer
2322 MERCURE DE FRANCE
"
tiguer , fatiguera tous les ans le Public
de 52. Feuilles d'impression , qui est au
dessous de celle de la Methode de M. Le
Fevre et des Notes de M. Gaullier.
C'est un Grammairién fecond , continuë
le Nouvelliste , qui , suivant toutes les ap
parences , regalera encore ses Ecoliers d'un
bon nombre de Volumes. Il me semble que
le Nouvelliste est à peu près du même
caractere que la Déesse qui préside aux
Nouvelles , je veux dire la Renommée
dont Virgile dit quelque part :
Tamficti pravique tenax quàm nuntia veri;
La difference qui me paroît être entre
elle et lui , c'est que cette Déesse publie
également la verité et la fausseté , et que
notre homme panche plus souvent du
côté de la fausseté et verifie en sa personne
d'une maniere qui lui est propre
ce qui est dit de l'homme en general ,
Omnis homo mendax,
Une autre difference qui ne me paroît
pas moins considerable , c'est que la Ré
nommée rne nous annonce que le passé ,
et que le Nouvelliste se mêle de nous
prédire l'avenir , et s'érige en Prophete
de malheur , ou en diseur de mauvaises
avantures ; car ne peut- on pas donner ce
nom au régal d'un bon nombre de Volu◄
›
mes
OCTOBRE. 1731. 2325
*
mes de Grammaire , qu'il pronostique à
mes Ecoliers ?
Mais encore sur quoi est fondée cette
nouvelle Prophetie ? Et comment peutelle
avoir aucune apparence de verité ?
Si on juge de l'avenir par le passé , comme
la raison le veut , quelle apparence que
moi , qui , depuis 1719. que la cinquiéme
partie des Regles a parue , n'ai regalé
mes Ecoliers que du petit Volume de la
Grammaire Françoise , je les regale dans
la suite d'un bon nombre de Volumes ?
Pour moi , si j'aimois à prophetiser , je
pourrois dire que le Nouvelliste est un
Critique fecond , qui , suivant toutes les
apparences , regalera encore le Public
d'un bon nombre de Lettres. Il l'a promis
; il tient parole ; depuis sept mois ,
il nous a déja servi 29. de ces Lettres :
c'est un gage presque sûr pour l'avenir ;
à moins que le Public ne persevere de plus
en plus à ne pas faire cas du régal qu'on
veut lui donner malgré lui .
Je ne sçai , c'est le Nouvelliste qui parle
, si cette multiplication est nécessaire . Il
me semble que le grand nombre de Regles
accable plus l'Esprit qu'il ne le soulage.
Pour moi je crois sçavoir que la multiplication
des Regles er des Volumes de
Grammaire , non seulement n'est pas
Ciiij néces-
-
2324 MERCURE DE FRANCE
gles ,
1
nécessaire , mais même est très- inutile
et très - préjudiciable. C'est pour cela que
j'ai tant abregé les gros Volumes de Resoit
pour le Latin soit pour le
François ; et que , comme je l'ai déja
prouvé plus haut par les faits , je les ai
réduit d'abord à 100. ou 200. pages, puis
à une feuille de 24. Pages. C'est pour la
même raison que j'ai donné au Public
une nouvelle Edition de la petite Methode
de M. Le Fevre , afin d'empêcher , s'il
est possible , la multiplication des nouveaux
systêmes pour le Latin , dont l'exposition
et les préliminaires sont souvent
beaucoup plus longs et plus ennuyeux que
toutes les Regles , et d'étouffer dans leur
naissance un bon nombre d'insectes de la
basse litterature , qui fourmillent et pul- .
lulent de tous côtés depuis quinze ou
vingt ans et qui achevent de ruiner et
de désoler le Pays de la Grammaire , qui
de sa Nature est si peu riante et si peu
fertille.
Voilà ce que je crois sçavoir , et à quoi
est bonne la nouvelle édition du petit
ouvrage de M. Le Fevre. Ce que je ne sçai
pas , c'est si cette multiplication de Nouvelles
Litteraires est bien nécessaire , et
si elle n'accable et n'assomme pas plutôt
le Public qu'elle ne le soulage . Nous
avons
OCTOBRE 1731. 2325
avons déja tant d'autres ouvrages de cette
espece , qui ont la vogue depuis tant d'années,
sans parler des autres.
Il s'en faut bien que le Nouvelliste du
Parnasse ait toutes les bonnes qualitez et
tous les avantages des autres ouvrages Periodiques
premierement le titre en est
trompeur. C'est un Nouvelliste qui n'apprend
point de Nouvelles ; il ne se borne
point au Parnasse mais il descend du
haut de cette Montagne , dans les Vallées
les plus basses , d'où ensuite il s'écarte à
droite et à gauche et s'égare dans le
pays de la Rethorique et de la Grammaire
, qu'il ne connoît que très- imparfaitement
, et des autres Arts liberaux. Le
titre de Nouvelliste du Parnasse ne lui
convient donc en aucune maniere , à
moins qu'on ne veüille faire entendre parlà
qu'il prétend jouir du Privilege du
Parnasse , c'est - à-dire , de feindre et de
mentir comme les Poëtes qui habitent
cette Montagne .
,
Mais au lieu des Nouvelles.du Parnasse
qu'il nous promet , comme il juge des
autres par lui- même , il croit que des
Censures et des Satyres , même fausses
leur feront plus de plaisir. Il monte donc
sur un Tribunal qu'il s'érige à lui-même ,
et de- là il prononce toûjours avec har-
Cv diesse
L
2326 MERCURE DE FRANCE
diessse , mais souvent sans modération et
sans équité , des Jugemens précipitez et
injustes contre tous ceux qui lui sont
bien superieurs en science et en autorité ;
contre les ROLLINS les GIBERTS
les VOLTAIRES . Il faut donc lui ôter
son nom de Nouvelliste du Parnasse , qui
est faux , comme nous venons de le prouver
, et qui de plus ne donne pas de lui
une bonne idée , puisque Nouvelliste ne
se prend gueres qu'en mauvaise part ; et
lui donner le nom de Censeur general de
la Republique des Lettres.
On peut aussi dire de lui , ce que l'E
criture dit d'Ismaël , Gen. 16. 12. Qu'il
leve la main contre tous , Manus ejus
contra omnes ; et ajoûter que tous leve-
'ront aussi la main contre lui ; Etmanus
omnium contra eum ; à moins que le peu
de cas qu'on paroît faire de lui , ne le
fasse rentrer dans le néant dont il est
sorti depuis quelques mois .
Voilà une partie de ce que j'avois à ré,
pondre , pour deffendre contre le Nouvelliste
Parnassien le peu de réputation
que je me suis acquise depuis 15. ou 20.
ans , qui m'est nécessaire pour continuer
ma Profession avec honneur , et que ce
Critique injuste veut , mais ne doit ni
ne pourra jamais m'ôter.
Fermer
Résumé : REMARQUES de M. Gaullier, sur la Censure portée contre lui dans la vingt-huitiéme Lettre du Nouvelliste du Parnasse.
M. Gaullier, professeur au Collège du Plessis, réagit à une critique parue dans le Nouvelliste du Parnasse concernant sa méthode d'enseignement des humanités. Le critique, surnommé le 'grand Critique', reproche à M. Gaullier de publier trop de volumes de grammaire. M. Gaullier réfute cette accusation en détaillant ses publications depuis 1716. Il a publié cinq parties de règles pour le latin et le français, un abrégé de grammaire française et des règles de poétique. En outre, il a édité des auteurs grecs et latins annotés. Tous ses ouvrages ont été approuvés par l'Université. M. Gaullier précise que ses sept volumes de règles sont des abrégés des meilleures méthodes existantes, réduisant des œuvres volumineuses à des formats plus accessibles. Il critique le Nouvelliste pour ses erreurs et son manque de jugement, notant que ce dernier publie des nouvelles et des satires sans fondement. M. Gaullier défend son travail en expliquant que ses publications visent à simplifier et à rendre les règles grammaticales plus accessibles, contrairement aux affirmations du Nouvelliste. Il conclut en critiquant le titre trompeur et les jugements hâtifs du Nouvelliste, suggérant de le renommer 'Censeur général de la République des Lettres'.
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1832
p. 2329-2331
REMARQUES sur une Médaille de l'Empereur Posthume.
Début :
Dans l'Extrait d'une Lettre écrite d'Auxerre, imprimée dans le Mercure [...]
Mots clefs :
Médaille, Vaisseau, Galère, Yonne, Seine, Loire, Grande-Bretagne
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur une Médaille de l'Empereur Posthume.
REMARQUES sur une Médaille de
l'Empereur Posthume.
D
>
-
>
Ans l'Extrait d'une Lettre écrite
d'Auxerre , imprimée dans le Mercure
de Juin , premier Volume , page.
1207. concernant des Medailles Antiques
,
découvertes à une lieuë de cette
Ville , en 1730. au Territoire d'un Village
situé au bord de la Riviere d'Yonne
il s'en est trouvé des Empereurs
Adrien , Marc Aurele et autres : mais
sur-tout , beaucoup de Posthume en.
grand Bronze. Une , entr'autres , qui est
la plus conservée , represente au Revers
le Vaisseau Prétorien , Navis Prætoria ,
ou plutôt une Galere avec cette Legende
, Latitia Augusti , laquelle étoit commandée
par l'Empereur lui - même , ou
l'un de ses Generaux , pour une Expedition
Maritime , comme l'on voit parmi
nous la Reale commandée par le General
des Galeres . L'Auteur de la Lettre
demande si cette Medaille n'a point rapport
à quelque Navigation de la Riviere
d'Yonne , à quoi il n'y a aucune appapuisque
cette Riviere n'est d'aence
,
bord
2330 MERCURE DE FRANCE
.
>
bord navigable à Auxerre que pour de
petits Batteaux ou Batteaux Marchands
et ne pourroit supporter la Manoeuvre
d'une Galere. Mais parce que cette Medaille
, comme beaucoup d'autres , qui
avoient cours dans l'étendue de l'Empire
Romain , s'est trouvée sur les bords de
cette Riviere , peut-on présumer qu'elle.
y ait quelque rapport , non plus qu'elle
en auroit à la Seine ou à la Loire , si on
l'avoit découverte sur leurs bords aux en->
virons de Paris ou d'Orleans ? D'ailleurs
pareilles Medailles de Posthume , qui a regné
plusieurs années dans les Gaules , sont
très-communes et citées plusieurs fois avec
le même revers dans les Recueils des Antiquaires
, et sur - tout dans celui des Medailles
du P. Anselme Banduri . Cette
même Medaille a été auparavant rapportée
et expliquée dans Tristan , qui croit
avec raison que le revers , qui est le même
, désigne quelque notable Victoire
ou la Conquête , dit- il , de la Grande-
Bretagne , et la joye que Posthume en
reçût. Ce que Tristan confirme par une
autre Medaille de Posthume fils ; mais :
que l'on doit plutôt attribuer au Pere
suivant les sentimens de Patin et de Vaillant
, elle represente au revers le serment
de fidelité des Soldats de l'Armée , fait àz
l'EmOCTOBRE
. 1731 2331
l'Empereur , avec cette Legende , Exer
citus Iscanicus du nom de la Ville d'Isca
dans la Grande- Bretagne. D'ailleurs , cette
même Galere se trouve dans les Familles
Romaines de Patin , et sur les Legions
de Marc- Antoine , ainsi que sur les Medailles
des Empereurs Adrien de Verus ,
et autres citées par les Antiquaires..
M. D. M.
l'Empereur Posthume.
D
>
-
>
Ans l'Extrait d'une Lettre écrite
d'Auxerre , imprimée dans le Mercure
de Juin , premier Volume , page.
1207. concernant des Medailles Antiques
,
découvertes à une lieuë de cette
Ville , en 1730. au Territoire d'un Village
situé au bord de la Riviere d'Yonne
il s'en est trouvé des Empereurs
Adrien , Marc Aurele et autres : mais
sur-tout , beaucoup de Posthume en.
grand Bronze. Une , entr'autres , qui est
la plus conservée , represente au Revers
le Vaisseau Prétorien , Navis Prætoria ,
ou plutôt une Galere avec cette Legende
, Latitia Augusti , laquelle étoit commandée
par l'Empereur lui - même , ou
l'un de ses Generaux , pour une Expedition
Maritime , comme l'on voit parmi
nous la Reale commandée par le General
des Galeres . L'Auteur de la Lettre
demande si cette Medaille n'a point rapport
à quelque Navigation de la Riviere
d'Yonne , à quoi il n'y a aucune appapuisque
cette Riviere n'est d'aence
,
bord
2330 MERCURE DE FRANCE
.
>
bord navigable à Auxerre que pour de
petits Batteaux ou Batteaux Marchands
et ne pourroit supporter la Manoeuvre
d'une Galere. Mais parce que cette Medaille
, comme beaucoup d'autres , qui
avoient cours dans l'étendue de l'Empire
Romain , s'est trouvée sur les bords de
cette Riviere , peut-on présumer qu'elle.
y ait quelque rapport , non plus qu'elle
en auroit à la Seine ou à la Loire , si on
l'avoit découverte sur leurs bords aux en->
virons de Paris ou d'Orleans ? D'ailleurs
pareilles Medailles de Posthume , qui a regné
plusieurs années dans les Gaules , sont
très-communes et citées plusieurs fois avec
le même revers dans les Recueils des Antiquaires
, et sur - tout dans celui des Medailles
du P. Anselme Banduri . Cette
même Medaille a été auparavant rapportée
et expliquée dans Tristan , qui croit
avec raison que le revers , qui est le même
, désigne quelque notable Victoire
ou la Conquête , dit- il , de la Grande-
Bretagne , et la joye que Posthume en
reçût. Ce que Tristan confirme par une
autre Medaille de Posthume fils ; mais :
que l'on doit plutôt attribuer au Pere
suivant les sentimens de Patin et de Vaillant
, elle represente au revers le serment
de fidelité des Soldats de l'Armée , fait àz
l'EmOCTOBRE
. 1731 2331
l'Empereur , avec cette Legende , Exer
citus Iscanicus du nom de la Ville d'Isca
dans la Grande- Bretagne. D'ailleurs , cette
même Galere se trouve dans les Familles
Romaines de Patin , et sur les Legions
de Marc- Antoine , ainsi que sur les Medailles
des Empereurs Adrien de Verus ,
et autres citées par les Antiquaires..
M. D. M.
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Résumé : REMARQUES sur une Médaille de l'Empereur Posthume.
En 1730, près d'Auxerre, des médailles antiques, dont plusieurs de l'empereur Posthume en grand bronze, furent découvertes. Une médaille bien conservée montre au revers une galère, identifiée comme la Navis Prætoria, avec la légende 'Laetitia Augusti'. Cette galère était utilisée par l'empereur ou un de ses généraux pour une expédition maritime. L'auteur de la lettre se demande si cette médaille pourrait être liée à une navigation sur la rivière d'Yonne, mais cette hypothèse est improbable car la rivière n'est navigable qu'à petits bateaux à Auxerre. La médaille, comme beaucoup d'autres, circulait dans l'Empire romain, et sa découverte près de l'Yonne ne prouve pas un lien direct avec cette rivière. Des médailles similaires de Posthume, qui régna plusieurs années dans les Gaules, sont courantes. Tristan suggère que la médaille commémore une victoire notable ou la conquête de la Grande-Bretagne. Patin et Vaillant attribuent plutôt cette médaille au père de Posthume, indiquant un serment de fidélité des soldats de l'armée à l'empereur, avec la légende 'Exercitus Iscanicus', du nom de la ville d'Isca en Grande-Bretagne. Des représentations similaires de galères se trouvent également dans les familles romaines de Patin, sur les légions de Marc-Antoine, et sur les médailles des empereurs Adrien et Verus.
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Fermer
1833
p. 2334-2352
RÉPONSE aux Remarques inserées dans le Mercure de Juillet dernier, sur l'Inscription trouvée à Auxerre, au mois de May, adressée à M. Bouhier, Président au Parlement de Dijon.
Début :
MONSIEUR, Je présume qu'ayant eu la bonté de me féliciter au sujet de l'Inscription [...]
Mots clefs :
Inscription, Antiquaires, Lettres initiales, Médailles, Historien, Anonyme d'Orléans, Langage, Voyelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE aux Remarques inserées dans le Mercure de Juillet dernier, sur l'Inscription trouvée à Auxerre, au mois de May, adressée à M. Bouhier, Président au Parlement de Dijon.
RE'PONSE aux Remarques inserées dans
le Mercure de Juillet dernier , sur l'Inscription
trouvée à Auxerre , au mois de
May , adressée à M. Bouhier , Président
au Parlement de Dijon.
MONSIEUR ,
Je présume qu'ayant eu la bonté de
me féliciter au sujet de l'Inscription découverte
nouvellement près d'Auxerre ;
et d'applaudir à l'explication que j'en ai
donnée dans le Mercure du Mois de May
dernier , vous me permettrez aussi de
Vous communiquer la réponse que je fais
aux Remarques que deux Antiquaires
ont fait imprimer sur le même sujet dans
le Mercure du mois de Juillet suivant.
Je me suis bien attendu que ce que j'ay
écrit dans le Mercure de May , sans beaucoup
de préparation , ne resteroit pas
non plus sans subir la Critique de quel
ques Personnes attentives aux conjectures
des autres. C'est même dans le dessein
de les y inviter , que j'écrivis dès le lendemain
de la découverte ce que vous avez
lû de moy.
Mais
OCTOBRE. 1731. 2335
,
Mais , Monsieur , la contradiction qui
se trouve entre ces deux Auteurs est
bien plus capable de me confirmer dans
ma premiere pensée , que de me la faire
abandonner ; il paroît d'abord que le second
auroit dû lire avec un peu plus d'attention
qu'il n'a fait , la vie de l'Empereur
Alexandre Severe. Le premier après
avoir dit fort gravement que cette Ins-
» cription , qui n'est qu'un Fragment , seroit
plus instructive , si elle étoit entiere , ajoûte
que
>
les titres de Dominus , Domini , Dominorum
en entier , ou en lettres initiales ,
n'ont été employez que pour les Empereurs
du bas Empire , et dans le siéale de
Constantin , tant sur les Medailles, que
dans les Inscriptions et autres Monu
mens : et le second me fournit trois feuil
lets aprés dans le même Mercure des
armes contre cette opinion . Il rapporte
en effet une Inscription qui se voit dans
Gruter , à la page 121. dans laquelle on
lit GENIO D. N. SEVERI ALEXANDRI
AUG. Voilà donc sûrement Domini au
moins en lettre initiale employé à l'occasion
d'Alexandre Severe , et la remarque
du premier Critique détruite par cer
exemple.
En second lieu , ce que Lampride écrit
au commencement de la vie de cet Em
pereur ,
2336 MERCURE DE FRANCE
•
"
pereur , qu'il deffendit qu'on l'appeltâr
Dominus › prouve que la coûtume étoit
de le faire dans l'usage commun ; autrement
, il n'auroit point fait cette défense.
Alexandre fût unEmpereur beaucoup plus
modeste que bien d'autres , et par cette
raison la qualité de Maître et de Seigneur
ne lui plaisoit point. On peut donc bien
croire qu'il declara souvent de vive voix
que cet epithete n'étoit pas de son goût ,
qu'on lui feroit plaisir de s'en abstenir
mais comme c'étoit par un esprit de modestie
qu'il parloit ainsi cela ne put
empêcher que ceux qui vouloient lui
marquer leur entiere dépendance , ne
l'employassent quelquefois. Il y a
jours eu des flatteurs qui ne craignent
point de blesser la modestie des Princes
les moins ambitieux. Cependant l'objection
seroit plus forte , si Alexandre en
avoit fait une Loi ou un Edit : mais j'attends
qu'on produise cet Acte , pour
commencer à douter de l'usage du terme
de Dominus à son égard. Et quand même
il en auroit fait un Edit , il arrive souvent
que quelques Particuliers passent audessus
des Loix , et un Edit promulgué
contre un usage , n'est pas toûjours une
preuve suffisante que cet usage n'ait
point été mis en pratique depuis. L'expétoûrience
OCTOBRE . 1731 2337
›
rience n'apprend que trop , que s'il y a
des Loix , il y a aussi des gens qui les
transgressent , etet que les infracteurs sont
trés-communs sur- tout lorsqu'il n'y a
point de punition à subir . Voilà , Monsieur
, ce que j'ai à remarquer au sujet
des deux premieres pages imprimées à
mon occasion dans le Mercure du mois
de Juillet.
page
Pour ce qui est des observations de
l'Orleannois , qui commencent à la
1688. du même livre , la premiere consiste
à faire regarder comme fabuleux ce
que Lampride rapporte de l'Association
d'Ovinius Camillus à l'Empire par Ale-.
xandre Severe ; et pour le prouver, il dit
que ce récit n'est appuyé que sur des dis-
Cours populaires , et que Lampride est le
seul Auteur qui rapporte ce fait. Les
deux Articles de cette réponse ne peuvent
être discutez soigneusement qu'en
representant içi en entier le Texte de
PHistorien.
Cum quidam Ovinius Camillus Senator.
antiqua familia delicatissimus rebellare vo◄ .
luisset tyrannidem affectans eique ( Alexandro
) nuntiatum esset ac statim probatum ,
ad Palatium eum rogavit eique gratias egit
quod curam rei publice que recusantibus bonis
imponeretur spontè reciperet deinde ad
Senatum
7338 MERCURE DE FRANCE
Senatum processit et timentem ac tante con
scientia tale confectum participem Imperii
appellavit , in Palatium recepit , convivio
adhibuit , ornamentis Imperialibus et melioribus
quam ipse utebatur , affecit. Et cum
expeditio barbanica esset nuntiata, vel ipsum
si vellet ire , vel ut secum proficiscetur , hortatus
est. Et cum ipse iter pedes faceret , illum
invitavit ad laborem , quam post quinque
millia cunctanten equo sedere jussit :
cumque post duas mansiones equo etiam
fatigatus esset carpento imposuit. Hoc quoque
seu timore seu verè respuentem , abdicantem
quin etiam imperium et meri paratum dimisit
, commendatumque militibus à quibus
Alexander unicè amabatur tutum ad villas
smas ire precepit , in quibus diù vixit , sed
post jussu Imperatoris occisus est , quòd ille
militaris esset et à militibus amatus. Scio ,
vulgum hanc rem quam contexui , Trajani
putare , sed neque in vita ejus id Marius
Maximus ita exposuit , neque Fabius
Marcellinus, neque Aurelius Vetus , neque
Statius Valens , qui omnem ejus vitam in
Litteras miserunt. Contra autem et Septimius
et Acholius et Encolpius vitæ Scriptores
caterique de hoc talia prædicarunt : qued
ideò addidi, ne quis vulgi magis famam sequeretur
quam Historiam , que rumore utique
vulgi verior reperitur.
L'Ano
OCTOBRE. 1737. 2335
>
L'Anonime d'Orleans fait valoir ces papoles
de Lampride Scio vulgum , hanc rem
quam contexui , Trajani putare , et il prétend
que cela signifie que Lampride étoit
d'avis que l'Association d'Ovinius à l'Empire
par Alexandre n'étoit fondée que
sur des bruits populaires. Il est clair au
contraire , que c'est l'Association de cet
Ovinius en tant que faite par Trajan, que
cet Ecrivain traitte de fabuleuse , et qu'il
établit par les termes les plus forts la verité
de cette Association faite par Alexandre
Severe , puisqu'après avoir attribué
le fait à ce dernier Empereur , il dit expressement
qu'il a appuyé sur cet Article
, afin d'empêcher les lecteurs d'ajoûter
foi aux Traditions populaires , qui
ne sont pas si bien fondées que l'est la ve
rité de l'Histoire.
Or, sur quoi est-elle établie , la verité
de cette Association d'Ovinius à Alexan-
Are Sur le témoignage positif de trois
Auteurs qui avoient écrit sa vie , qui lui
étoient contemporains , et qui étoient de
sa Cour ; sçavoir , Septimius Acolius , et
Encolpius , et d'autres encore qu'il ne
nomme pas. Ce sont les garants de Lampride.
Ce dernier étoit bien croyable sur
l'Article , puisque c'étoit l'un des grands
amis de cet Empereur. Lampride dit de
lui
2340 MERCURE DE FRANCE
fui en parlant d'un autre fait ; Referebat
Encolpius quo ille ( Imperator ) familiarissimo
usus est. Acolius étoit un Ecrivain si
attentif aux démarches d'Alexandre Severe
, qu'il fit un livre exprès de ses Voyages
, où , par conséquent , étoit contenuë
l'expedition dans laquelle ce Prince voulût
mener Ovinius contre les Barbares.
Il ne doit point paroître incroyable que
Lampride eût sous les yeux les ouvrages
de ces trois Ecrivains , puisqu'il ne vivoit
que cent ans après eux . Quoiqu'il eût
souvent les deux derniers , il n'estimoit
pas moins l'Histoire de Septimius , dont
fl a placé les Fragmens en la place qui
leur convenoit. Gerard Vossius a mis ces
trois Ecrivains originaux de la vie d'Alexandre
au rang des Ecrivains Latins uni- '
quement sur le témoignage de Lampride.'
Cet Historien voulant marquer sa sincerité
à l'Empereur Constantin , à qui il
adressa la vie d'Alexandre Severe , qu'il
avoit redigée sur les Memoires de Septimius
, d'Acolius et d'Encolpius , crût ne
devoir pas cacher à ce Prince , que le Peuple
attribuoit à Trajan l'Association d'Ovinius
, quoiqu'elle ne fût point d'une
date si reculée . En même temps il lui apporta
les preuves les plus convainquantes
pour assurer la véritable Epoque de ce
Fait.
Pour
OCTOBRE. 1731. 2341
›
Pour que cette Association
d'Ovinius
pût être reputée avoir été faite par l'Empereur
Trajan , il auroit fallu , dit-il ,
que les Historiens de ce même Trajan en
eussent fait mention : Or de
quatre
Historiens , qui avoient écrit toute la vie
de Trajan , aucun ne rapporte cette action
prétenduë ; au contraire , les trois
Auteurs de la vie d'Alexandre Severe l'attribuent
à ce dernier
Empereur : Il est
donc nécessaire d'en conclure , comme
fait Lampride , que c'est le Peuple qui
étoit dans l'erreur , prenant un
Empereur
pour un autre. Le Peuple pouvoit s'y
méprendre
d'autant plus aisément
qu'Alexandre
Severe avoit la réputation
d'être un Prince orné des mêmes qualitez
que Trajan. On racontoit le fait parmi la
populace avec les mèmes
circonstances
qu'on les lisoit dans les Ecrivains de la
vie
d'Alexandre Severe ; mais on se trompoit
sur le nom de l'Empereur . C'est ce
qui arrive assez souvent dans les opinions
populaires. Le Vulgaire peu instruit
dans la Chronologie , est sujet à faire des
Anachronismes , et à atrribuer à un Prince
ce qui a été fait par un autre sur-tout
lorsque ces deux Princes ont passé pour
être également
favorables aux Peuples.
Je pourrois en produire icy un exem-
D ple
,
,
2342 MERCURE DE FRANCE
1
ple familier , si je n'apprehendois d'interompre
mon discours. Je laisse à l'Ecrivain
d'Orleans à se rappeller le souvenir
de certains cas semblables . Il n'y a pas
jusqu'aux Historiens de notre France qui
n'ayent long- temps attribué à Charlemagne
ce qui ne convenoit certainement qu'à
Charles le Chauve , méprise assez semblable
à celle du Peuple Romain , qui
donnoit à l'Evenement en question une
antiquité qu'il n'avoit pas . Les faits sont
veritables dans le fond ; il n'y a que l'attribution
à tel ou tel Prince dans laquelle
on se trompe. Il n'est donc pas si véritable
que l'Anonime d'Orleans l'avance >
qu'on ne puisse tabler sur le recit de Lampride.
Ce recit est tourné avec toutes les
précautions que doit prendre un Historien
qui veut empêcher qu'on ne revoque
en doute un fait extraordinaire , et je ne
vois pas comment on peut éluder l'autorité
d'un Auteur , qui écrit seulement
cent ans aprés Alexandre , sur les memoires
de trois Courtisans de cèt Empereur ,
à moins qu'on ne prétende que Septimus ,
Acolius et Encolpius sont des Ecrivains
chimeriques , et que Lampride est luimême
un Historien supposé , aussi - bien
que tous les Ecrivains de l'Histoire d'Auguste
, ce que Vossius et Monsieur de
TilOCTOBRE
.
1731.
2343
و etcequiestTillemontn'ontpascrû
une
opinion
ensevelie
depuis peu avec
son
Autheur
qu'il n'est pas besoin de
nommer aux Lecteurs
intelligens . Il n'est
pas
étonnant que des
opuscules en for
me de
Memoires , que ces trois
Courtisans
avoient
redigez , ayent été perdus ,
et ne soient point
parvenus
jusqu'à nous ;
mais l'on ne peut , ce semble ,
s'inscrire
en faux
contre un
témoiguage
aussi authentique
que celui de
Lampride , qui
nous a
conservé la
substance de ces trois
Memoires , et qui les a mis dans l'ordre
que nous voyons , pour en faire une Histoire
suivie. Il
paroîtroit
extraordinaire
que l'on doutât de la
sincerité des Fragmens
des
anciens
Auteurs ,
qu'Eusebe a
inserez dans son
Histoire
et Photius
dans sa
Bibliotheque : il doit être également
surprenant
qu'on
revoque en doute
le
témoignage
d'un Auteur , qui déclare
que ce qu'il écrit , est tiré des
Memoires
qu'avoient
laissé ceux qui étoient
témoins
des faits.
>
Quant à ce qu'ajoûte l'Ecrivain d'Orleans
, que les autres
Historiens depuis
Lampride ne parlent point de cette Association
d'Ovinius , il est aisé de voir que
c'est parce qu'ils ne sont que des Abbreviateurs
, et des
Ecrivains déja
éloignez
Dij
du
2344 MERCURE
DE FRANCE
du siécle d'Alexandre
; ces Abbreviateurs
ont même
obmis plusieurs
autres
choses
que Lampride
n'avoit
pas crûes indignes
. de passer
à la posterité
. Nous voyons quelquefois
dans nos Abregés
de l'Histoi re de France
des faits aussi mémorables
obmis
et passez sous silence. Tout ce que je puis accorder
, en finissant
cet Article
, est que l'Association
d'Ovinius
à l'Empire
, quoiqu'en
apparence
très- réelle , a pû
n'être
au fond du côté d'Alexandre
qu'une
Association
simulée
, et seulement
pour empêcher
une revolte
que ce Sena- teur auroit
pû former
. Mais ce fut un Mystere
dont les Peuples
ne pûrent
être informez
si - tôt ; et dans le temps
qu'on .
croyoit
cette Association
sincere
et veritable
, le bruit dût s'en répandre
dans tout l'Empire
Romain
; ce qui donna occasion
aux Monumens
qui y font allu sion , et entr'autres
à celui qui a été découvert
à Auxerre
.
Le Critique
d'Orleans
continue
, et dit, que quand même l'Association
d'Ovinius
Camillus
à l'Empire
par Alexandre
, seroit
veritable
, je me serois roûjours
trom- pé , en disant que ce fut dans la Guerre
d'Allemagne
qu'Ovinius
fût associé de
cette maniere. Je remarquerai
ici que
pour avoir sujet de me combattre
, il me
fait
OCTOBRE 1731. 2345
fait dire ce que je n'ay pas dit. J'ai veritablement
écrit qu'Alexandre s'associa
Ovinius , mais je n'ay pas ajoûté que ce
fût dans la guerre d'Allemagne . Je me
suis attaché étroitement au texte de Lampride
, qui rapporte le fait de l'Association
, independamment de la Guerre des
Barbares mais qui dit ensuite que peu
de temps après qu'elle fût faite , on vint
annoncer à l'Empereur que les Barbares
s'avançoient l'Association préceda done
la guerre contre les Barbares. J'ai marqué
que par ces Barbares, qui firent irruption
en 228. on ne doit entendre que les Allemans
, et je l'ay dit fondé sur les Medailles
qui attestent le fait. On en trouve de
l'an 229. et même de l'an 228. qui font
foi d'une Victoire remportée sur eux : et
comme l'Illyrie se trouve en partie entre
le Pays des Allemans et l'Italie , il paroît
que l'on doit entendre de cette Victoire
sur les Allemans , ce que Lampride marque
des succès qu'eurent dans l'Illyrie les
armes de Varius Macrinus. Je suis de ce
sentiment après M. de Tillemont . ( a )
L'Anonime d'Orleans anticipe done
extrêmement les choses , et il dérange à
plaisir la Chronologie en faveur de ses
( a) Hist. des Empereurs , T. 111.
Diij idées
2346 MERCURE DE FRANCE-
و
idées , lorsqu'il me fait dire que ce fut
dans cette expédition d'Allemagne , où
Alexandre fût tué qu'Ovinius avoit
commencé à suivre cet Empereur , et à
paroître en qualité d'Associé à l'Empire.
En effet , il s'agit en cet endroit d'une expédition
toute differente , et qui préceda
de sept à huit ans. Celle dont Lampride
parle en general sous le nom de guerre
contre les Barbares , est de l'an 228. et ce
sont les Medailles qui en fixent l'époque :
l'autre contre les . Germains , est de l'an
235. Mais quand même ce seroit dans la
guerre du côté du Rhin , qui est de cette
derniere Année , qu'Alexandre , auroit
voulu mener avec lui Ovinius , le raisonnement
du Critique porteroit toûjours à
faux , parce que rien n'engage à croire
nécessairement que ce fut Alexandre Severe
qui fit mourir cet ancien Associé ,
retiré depuis à la Campagne. Il paroît
qu'on doit plutôt s'attacher au sentiment
de M. Tillemont , ( qui est, selon lui , l'opinion
commune , ) et dire qu'il fut tué
par ordre de l'Empereur qui regnoit alors,
c'est- à-dire , d'un des successeurs d'Alexandre.
Il y auroit eû une difficulté à m'opposer
contre la Campagne d'Alexandre de
l'an 228. s'il étoit certain par la datte des
Loix
OCTOBRE . 1731. 2347
1
Loix que cet Empereur eût passé toute
cette année- là à Rome. Mais comme on
ne peut produire de Loix de cet Empereur
, sous le Consulat de Modeste et de
Probus , que des six jours qui suivent ,
sçavoir , des Calendes de Fevrier , du 10.
Mars , du 9. Juin , des 1. et 19. Août ,
et du 10. Octobre , on a la liberté toute
entiere , de croire qu'il a pû être ailleurs.
qu'à Rome dans l'intervalle de ces dattes,
sur-tout depuis le 10. Mars , jusqu'au 9.
Juins ce qui fait une espace de trois mois.
C'est le Code de Justinien qui fournit
ces dattes.
Quoique jusqu'ici j'aye produit tout
ce qui peut servir à soutenir la premiere
pensée que j'eûs touchant l'Inscription de
Saint - Amate lez - Auxerre , dès le jour
même qu'elle y fût découverte , je ne
m'obstine point cependant à prétendre
que mon explication soit inataquable ; il
n'y a qu'à relire ma Lettre pour voir que
je ne l'ai pas prétendu . Je ne la crois pas
de la derniere certitude , parce que cette
Inscription est mutilée et que le commencement
y manque ; mais en avoüant
que mon explication , quoique fondée
nommément sur l'Histoire de l'an 228.
n'est que vrai-semblable , je ne prétends
pas pour cela autoriser davantage les deux
,
Dv ου
2348 MERCURE DE FRANCE
ou trois autres explications qui viennent
d'être proposées dans le Mercure , et je
les mets toutes indifferemment dans la
même Classe , n'ayant écrit cecy précisement
que pour montrer que par Dominorum,
il est au moins aussi permis d'entendre
Alexandre et Ovinius , qu'Alexandre
et son Epouse , ou bien sa Mere avec lui ,
ou enfin des Magistrats . Si quelque jour
nous découvrons ailleurs le commencement
de cette Inscription , elle pourra
nous rendre plus sçavants , et servir à
décider qui sont ceux qui ont le mieux
deviné. Je souhaitte que cela arrive. Mais
je ne souhaitterois pas moins de voir de
nos jours quelque découverte d'Inscription
à Orleans , qui fût du premier ou du
second siécle , et qui nous persuadât que
ceux-là sont bien fondez qui croyent que
c'étoit là qu'étoit le Genabum de Cesar ;
car je compte pour rien le sentiment
d'Aimoin de Fleury , et j'ai des raisons
très - fortes pour m'en défier .
En fait de dévination , l'Anonime d'Orleans
a mieux rencontré , lorsqu'il s'est
douté que ce n'est point dans le plus grand
sérieux du monde que je demandois l'explication
des quatre Lettres initiales . En
effet , Gruter nous a appris il y a longtemps
les quatre mots qui sont significz
01-
OCTOBRE. 1731. 2349
ordinairement par ces quatre Lettres :
mais aussi il faut avouer que la coûtume
est de les voir terminer les Inscriptions
où elles se trouvent ; ce qui ne se rencontre
point dans la notre où la dédicace du
Monument est marquée ensuite , aussibien
que la date des Consuls . J'étois bienaise
outre cela , que mon doute apparent
m'attirât quelques réponses , et c'est ce
qui n'a pas manqué d'arriver , puisqu'ou
tre les deux réponses du Mercure , j'en
ai trois ou quatre autres manuscrites ,
dans lesquelles on s'accorde à expliquer
ainsi ces quatre Lettres Votum solvit libens
merito , ou libenter merito ou bien Voto
suscepto libens merito. Je préfererois au
reste cette derniere , à cause du Verbe
dedicavit , qui suit immediatement après.
,
Quelques autres Personnes s'autorisant
des explications dans lesquelles excelloit
ces années dernieres un Personnage trèscelebre
dans l'art de deviner , croyoient
que l'inscription telle qu'elle est , manquant
de Nominatif ; ce Nominatif
pou
voit être compris dans ces Lettres initiales
, et que V. S. pouvoit signifier Urbs
Senonum , qu'ensuite les deux autres lettres
pouvoient signifier l'action du sacrifice
d'un Taureau ou d'un Bellier, ou bien
d'une Chevre , comme lata mactavit , ou
DY. tel:
2350 MERCURE DE FRANCE
tel autre langage approchant qu'on voudra
imaginer ; mais il faut avouer que
ç'auroit été un style inoüi , que celui de
désigner par des lettres initiales les noms
propres et specifiques à une Inscription ,
et que ç'eût été le veritable secret de rendre
tout obscur , incertain et problématique,
Outre cela , comme on voit clairement
par la taille de la Pierre , que l'inscription
a été mutilée dans son commencement
, il ne faut point esperer de trouver
ce Nominatif ailleurs que dans ce qui
manque aujourd'ui à la Pierre en question
, si ce Fragment réparoît jamais au
jour.
Je suis surpris M. que ceux qui m'ont envoyé
directement ou par la voye du Mercure
, des remarques sur mon interprétation
, n'ayent pas insinué que l'Inscrip
tion leur paroissoit fausse , si en elle- même
elle est telle qu'on la trouve imprimée
avec des U voyelles , puisque ces U sont
d'un usage très-moderne. Comment l'un
d'eux n'a t'il point dit qu'il falloit la mettre
au rang de semblables Antiquitez prétendues
qu'Annius de Viterbe fabriqua
autrefois Ils ont mieux aimé supposer
les deux U qui s'y trouvent , que sont des
fautes d'Imprimeur , comme en effet c'est
la verité. Trouvez donc bon que je vous
cerOCTOBRE.
1731.
2351
certifie ici en passant que Salute Dominorum
est écrit ainsi sur la Pierre , SALVTE
DOMINORVM , que dans les deux lignes
de l'Inscription toutes les lettres sont
d'une hauteur égale , et que les quatre
initiales ne sont point plus hautes que les
autres.
Tout ce que vous me faites la grace de
m'envoyer , Monsieur , m'étant très - précieux
, je n'ai garde de ne pas conserver
soigneusementl'explication que vous donnez
au Fragment d'une autre Inscription
trouvée dans le même Jardin , sur lequel
il reste :
PATER ....
LUPERC ....
ET CARA ....
LA COI ....
·
J'approuve très fort vos conjectures
sur ce qui manque à chacune de ces quatre
lignes , et je crois , comme vous , qu'il
faut suppléer à cette Inscription par les
mots que vous favorisez PATER SACR.
C'est-à- dire , Sacrorum, ou bien Pater An
gustalis Lupercus et Carantilla conjux , ensorte
qu'il y auroit eû sur la Pierre lorsqu'elle
étoit entiere !
D vj PA2352
MERCURE DE FRANCE
PATER AVG.
LVPERCVS
ET CARANTIL
LA CONJVX.
Vous me faites remarquer que ce ne se
roit pas la premiere Inscription où on liroit
Pater Sacrorum pour désigner un Prêtre
des Faux - Dieux , qui présidoit aux
Sacrifices , ou bien Pater Augustalis pour
marquer l'ancien ou le premier des Augustaux.
A l'égard du nom propre de la
troisiéme ligne , qui est celui d'une Famille
, comme il se trouve trois fois dans
les Inscriptions de Dijon il ne seroit
pas étonnant qu'ils se rencontrassent aussi
à Auxerre . Ainsi , je souscris à toutes vos
remarques ; et j'ay l'honneur d'être & c.
le Mercure de Juillet dernier , sur l'Inscription
trouvée à Auxerre , au mois de
May , adressée à M. Bouhier , Président
au Parlement de Dijon.
MONSIEUR ,
Je présume qu'ayant eu la bonté de
me féliciter au sujet de l'Inscription découverte
nouvellement près d'Auxerre ;
et d'applaudir à l'explication que j'en ai
donnée dans le Mercure du Mois de May
dernier , vous me permettrez aussi de
Vous communiquer la réponse que je fais
aux Remarques que deux Antiquaires
ont fait imprimer sur le même sujet dans
le Mercure du mois de Juillet suivant.
Je me suis bien attendu que ce que j'ay
écrit dans le Mercure de May , sans beaucoup
de préparation , ne resteroit pas
non plus sans subir la Critique de quel
ques Personnes attentives aux conjectures
des autres. C'est même dans le dessein
de les y inviter , que j'écrivis dès le lendemain
de la découverte ce que vous avez
lû de moy.
Mais
OCTOBRE. 1731. 2335
,
Mais , Monsieur , la contradiction qui
se trouve entre ces deux Auteurs est
bien plus capable de me confirmer dans
ma premiere pensée , que de me la faire
abandonner ; il paroît d'abord que le second
auroit dû lire avec un peu plus d'attention
qu'il n'a fait , la vie de l'Empereur
Alexandre Severe. Le premier après
avoir dit fort gravement que cette Ins-
» cription , qui n'est qu'un Fragment , seroit
plus instructive , si elle étoit entiere , ajoûte
que
>
les titres de Dominus , Domini , Dominorum
en entier , ou en lettres initiales ,
n'ont été employez que pour les Empereurs
du bas Empire , et dans le siéale de
Constantin , tant sur les Medailles, que
dans les Inscriptions et autres Monu
mens : et le second me fournit trois feuil
lets aprés dans le même Mercure des
armes contre cette opinion . Il rapporte
en effet une Inscription qui se voit dans
Gruter , à la page 121. dans laquelle on
lit GENIO D. N. SEVERI ALEXANDRI
AUG. Voilà donc sûrement Domini au
moins en lettre initiale employé à l'occasion
d'Alexandre Severe , et la remarque
du premier Critique détruite par cer
exemple.
En second lieu , ce que Lampride écrit
au commencement de la vie de cet Em
pereur ,
2336 MERCURE DE FRANCE
•
"
pereur , qu'il deffendit qu'on l'appeltâr
Dominus › prouve que la coûtume étoit
de le faire dans l'usage commun ; autrement
, il n'auroit point fait cette défense.
Alexandre fût unEmpereur beaucoup plus
modeste que bien d'autres , et par cette
raison la qualité de Maître et de Seigneur
ne lui plaisoit point. On peut donc bien
croire qu'il declara souvent de vive voix
que cet epithete n'étoit pas de son goût ,
qu'on lui feroit plaisir de s'en abstenir
mais comme c'étoit par un esprit de modestie
qu'il parloit ainsi cela ne put
empêcher que ceux qui vouloient lui
marquer leur entiere dépendance , ne
l'employassent quelquefois. Il y a
jours eu des flatteurs qui ne craignent
point de blesser la modestie des Princes
les moins ambitieux. Cependant l'objection
seroit plus forte , si Alexandre en
avoit fait une Loi ou un Edit : mais j'attends
qu'on produise cet Acte , pour
commencer à douter de l'usage du terme
de Dominus à son égard. Et quand même
il en auroit fait un Edit , il arrive souvent
que quelques Particuliers passent audessus
des Loix , et un Edit promulgué
contre un usage , n'est pas toûjours une
preuve suffisante que cet usage n'ait
point été mis en pratique depuis. L'expétoûrience
OCTOBRE . 1731 2337
›
rience n'apprend que trop , que s'il y a
des Loix , il y a aussi des gens qui les
transgressent , etet que les infracteurs sont
trés-communs sur- tout lorsqu'il n'y a
point de punition à subir . Voilà , Monsieur
, ce que j'ai à remarquer au sujet
des deux premieres pages imprimées à
mon occasion dans le Mercure du mois
de Juillet.
page
Pour ce qui est des observations de
l'Orleannois , qui commencent à la
1688. du même livre , la premiere consiste
à faire regarder comme fabuleux ce
que Lampride rapporte de l'Association
d'Ovinius Camillus à l'Empire par Ale-.
xandre Severe ; et pour le prouver, il dit
que ce récit n'est appuyé que sur des dis-
Cours populaires , et que Lampride est le
seul Auteur qui rapporte ce fait. Les
deux Articles de cette réponse ne peuvent
être discutez soigneusement qu'en
representant içi en entier le Texte de
PHistorien.
Cum quidam Ovinius Camillus Senator.
antiqua familia delicatissimus rebellare vo◄ .
luisset tyrannidem affectans eique ( Alexandro
) nuntiatum esset ac statim probatum ,
ad Palatium eum rogavit eique gratias egit
quod curam rei publice que recusantibus bonis
imponeretur spontè reciperet deinde ad
Senatum
7338 MERCURE DE FRANCE
Senatum processit et timentem ac tante con
scientia tale confectum participem Imperii
appellavit , in Palatium recepit , convivio
adhibuit , ornamentis Imperialibus et melioribus
quam ipse utebatur , affecit. Et cum
expeditio barbanica esset nuntiata, vel ipsum
si vellet ire , vel ut secum proficiscetur , hortatus
est. Et cum ipse iter pedes faceret , illum
invitavit ad laborem , quam post quinque
millia cunctanten equo sedere jussit :
cumque post duas mansiones equo etiam
fatigatus esset carpento imposuit. Hoc quoque
seu timore seu verè respuentem , abdicantem
quin etiam imperium et meri paratum dimisit
, commendatumque militibus à quibus
Alexander unicè amabatur tutum ad villas
smas ire precepit , in quibus diù vixit , sed
post jussu Imperatoris occisus est , quòd ille
militaris esset et à militibus amatus. Scio ,
vulgum hanc rem quam contexui , Trajani
putare , sed neque in vita ejus id Marius
Maximus ita exposuit , neque Fabius
Marcellinus, neque Aurelius Vetus , neque
Statius Valens , qui omnem ejus vitam in
Litteras miserunt. Contra autem et Septimius
et Acholius et Encolpius vitæ Scriptores
caterique de hoc talia prædicarunt : qued
ideò addidi, ne quis vulgi magis famam sequeretur
quam Historiam , que rumore utique
vulgi verior reperitur.
L'Ano
OCTOBRE. 1737. 2335
>
L'Anonime d'Orleans fait valoir ces papoles
de Lampride Scio vulgum , hanc rem
quam contexui , Trajani putare , et il prétend
que cela signifie que Lampride étoit
d'avis que l'Association d'Ovinius à l'Empire
par Alexandre n'étoit fondée que
sur des bruits populaires. Il est clair au
contraire , que c'est l'Association de cet
Ovinius en tant que faite par Trajan, que
cet Ecrivain traitte de fabuleuse , et qu'il
établit par les termes les plus forts la verité
de cette Association faite par Alexandre
Severe , puisqu'après avoir attribué
le fait à ce dernier Empereur , il dit expressement
qu'il a appuyé sur cet Article
, afin d'empêcher les lecteurs d'ajoûter
foi aux Traditions populaires , qui
ne sont pas si bien fondées que l'est la ve
rité de l'Histoire.
Or, sur quoi est-elle établie , la verité
de cette Association d'Ovinius à Alexan-
Are Sur le témoignage positif de trois
Auteurs qui avoient écrit sa vie , qui lui
étoient contemporains , et qui étoient de
sa Cour ; sçavoir , Septimius Acolius , et
Encolpius , et d'autres encore qu'il ne
nomme pas. Ce sont les garants de Lampride.
Ce dernier étoit bien croyable sur
l'Article , puisque c'étoit l'un des grands
amis de cet Empereur. Lampride dit de
lui
2340 MERCURE DE FRANCE
fui en parlant d'un autre fait ; Referebat
Encolpius quo ille ( Imperator ) familiarissimo
usus est. Acolius étoit un Ecrivain si
attentif aux démarches d'Alexandre Severe
, qu'il fit un livre exprès de ses Voyages
, où , par conséquent , étoit contenuë
l'expedition dans laquelle ce Prince voulût
mener Ovinius contre les Barbares.
Il ne doit point paroître incroyable que
Lampride eût sous les yeux les ouvrages
de ces trois Ecrivains , puisqu'il ne vivoit
que cent ans après eux . Quoiqu'il eût
souvent les deux derniers , il n'estimoit
pas moins l'Histoire de Septimius , dont
fl a placé les Fragmens en la place qui
leur convenoit. Gerard Vossius a mis ces
trois Ecrivains originaux de la vie d'Alexandre
au rang des Ecrivains Latins uni- '
quement sur le témoignage de Lampride.'
Cet Historien voulant marquer sa sincerité
à l'Empereur Constantin , à qui il
adressa la vie d'Alexandre Severe , qu'il
avoit redigée sur les Memoires de Septimius
, d'Acolius et d'Encolpius , crût ne
devoir pas cacher à ce Prince , que le Peuple
attribuoit à Trajan l'Association d'Ovinius
, quoiqu'elle ne fût point d'une
date si reculée . En même temps il lui apporta
les preuves les plus convainquantes
pour assurer la véritable Epoque de ce
Fait.
Pour
OCTOBRE. 1731. 2341
›
Pour que cette Association
d'Ovinius
pût être reputée avoir été faite par l'Empereur
Trajan , il auroit fallu , dit-il ,
que les Historiens de ce même Trajan en
eussent fait mention : Or de
quatre
Historiens , qui avoient écrit toute la vie
de Trajan , aucun ne rapporte cette action
prétenduë ; au contraire , les trois
Auteurs de la vie d'Alexandre Severe l'attribuent
à ce dernier
Empereur : Il est
donc nécessaire d'en conclure , comme
fait Lampride , que c'est le Peuple qui
étoit dans l'erreur , prenant un
Empereur
pour un autre. Le Peuple pouvoit s'y
méprendre
d'autant plus aisément
qu'Alexandre
Severe avoit la réputation
d'être un Prince orné des mêmes qualitez
que Trajan. On racontoit le fait parmi la
populace avec les mèmes
circonstances
qu'on les lisoit dans les Ecrivains de la
vie
d'Alexandre Severe ; mais on se trompoit
sur le nom de l'Empereur . C'est ce
qui arrive assez souvent dans les opinions
populaires. Le Vulgaire peu instruit
dans la Chronologie , est sujet à faire des
Anachronismes , et à atrribuer à un Prince
ce qui a été fait par un autre sur-tout
lorsque ces deux Princes ont passé pour
être également
favorables aux Peuples.
Je pourrois en produire icy un exem-
D ple
,
,
2342 MERCURE DE FRANCE
1
ple familier , si je n'apprehendois d'interompre
mon discours. Je laisse à l'Ecrivain
d'Orleans à se rappeller le souvenir
de certains cas semblables . Il n'y a pas
jusqu'aux Historiens de notre France qui
n'ayent long- temps attribué à Charlemagne
ce qui ne convenoit certainement qu'à
Charles le Chauve , méprise assez semblable
à celle du Peuple Romain , qui
donnoit à l'Evenement en question une
antiquité qu'il n'avoit pas . Les faits sont
veritables dans le fond ; il n'y a que l'attribution
à tel ou tel Prince dans laquelle
on se trompe. Il n'est donc pas si véritable
que l'Anonime d'Orleans l'avance >
qu'on ne puisse tabler sur le recit de Lampride.
Ce recit est tourné avec toutes les
précautions que doit prendre un Historien
qui veut empêcher qu'on ne revoque
en doute un fait extraordinaire , et je ne
vois pas comment on peut éluder l'autorité
d'un Auteur , qui écrit seulement
cent ans aprés Alexandre , sur les memoires
de trois Courtisans de cèt Empereur ,
à moins qu'on ne prétende que Septimus ,
Acolius et Encolpius sont des Ecrivains
chimeriques , et que Lampride est luimême
un Historien supposé , aussi - bien
que tous les Ecrivains de l'Histoire d'Auguste
, ce que Vossius et Monsieur de
TilOCTOBRE
.
1731.
2343
و etcequiestTillemontn'ontpascrû
une
opinion
ensevelie
depuis peu avec
son
Autheur
qu'il n'est pas besoin de
nommer aux Lecteurs
intelligens . Il n'est
pas
étonnant que des
opuscules en for
me de
Memoires , que ces trois
Courtisans
avoient
redigez , ayent été perdus ,
et ne soient point
parvenus
jusqu'à nous ;
mais l'on ne peut , ce semble ,
s'inscrire
en faux
contre un
témoiguage
aussi authentique
que celui de
Lampride , qui
nous a
conservé la
substance de ces trois
Memoires , et qui les a mis dans l'ordre
que nous voyons , pour en faire une Histoire
suivie. Il
paroîtroit
extraordinaire
que l'on doutât de la
sincerité des Fragmens
des
anciens
Auteurs ,
qu'Eusebe a
inserez dans son
Histoire
et Photius
dans sa
Bibliotheque : il doit être également
surprenant
qu'on
revoque en doute
le
témoignage
d'un Auteur , qui déclare
que ce qu'il écrit , est tiré des
Memoires
qu'avoient
laissé ceux qui étoient
témoins
des faits.
>
Quant à ce qu'ajoûte l'Ecrivain d'Orleans
, que les autres
Historiens depuis
Lampride ne parlent point de cette Association
d'Ovinius , il est aisé de voir que
c'est parce qu'ils ne sont que des Abbreviateurs
, et des
Ecrivains déja
éloignez
Dij
du
2344 MERCURE
DE FRANCE
du siécle d'Alexandre
; ces Abbreviateurs
ont même
obmis plusieurs
autres
choses
que Lampride
n'avoit
pas crûes indignes
. de passer
à la posterité
. Nous voyons quelquefois
dans nos Abregés
de l'Histoi re de France
des faits aussi mémorables
obmis
et passez sous silence. Tout ce que je puis accorder
, en finissant
cet Article
, est que l'Association
d'Ovinius
à l'Empire
, quoiqu'en
apparence
très- réelle , a pû
n'être
au fond du côté d'Alexandre
qu'une
Association
simulée
, et seulement
pour empêcher
une revolte
que ce Sena- teur auroit
pû former
. Mais ce fut un Mystere
dont les Peuples
ne pûrent
être informez
si - tôt ; et dans le temps
qu'on .
croyoit
cette Association
sincere
et veritable
, le bruit dût s'en répandre
dans tout l'Empire
Romain
; ce qui donna occasion
aux Monumens
qui y font allu sion , et entr'autres
à celui qui a été découvert
à Auxerre
.
Le Critique
d'Orleans
continue
, et dit, que quand même l'Association
d'Ovinius
Camillus
à l'Empire
par Alexandre
, seroit
veritable
, je me serois roûjours
trom- pé , en disant que ce fut dans la Guerre
d'Allemagne
qu'Ovinius
fût associé de
cette maniere. Je remarquerai
ici que
pour avoir sujet de me combattre
, il me
fait
OCTOBRE 1731. 2345
fait dire ce que je n'ay pas dit. J'ai veritablement
écrit qu'Alexandre s'associa
Ovinius , mais je n'ay pas ajoûté que ce
fût dans la guerre d'Allemagne . Je me
suis attaché étroitement au texte de Lampride
, qui rapporte le fait de l'Association
, independamment de la Guerre des
Barbares mais qui dit ensuite que peu
de temps après qu'elle fût faite , on vint
annoncer à l'Empereur que les Barbares
s'avançoient l'Association préceda done
la guerre contre les Barbares. J'ai marqué
que par ces Barbares, qui firent irruption
en 228. on ne doit entendre que les Allemans
, et je l'ay dit fondé sur les Medailles
qui attestent le fait. On en trouve de
l'an 229. et même de l'an 228. qui font
foi d'une Victoire remportée sur eux : et
comme l'Illyrie se trouve en partie entre
le Pays des Allemans et l'Italie , il paroît
que l'on doit entendre de cette Victoire
sur les Allemans , ce que Lampride marque
des succès qu'eurent dans l'Illyrie les
armes de Varius Macrinus. Je suis de ce
sentiment après M. de Tillemont . ( a )
L'Anonime d'Orleans anticipe done
extrêmement les choses , et il dérange à
plaisir la Chronologie en faveur de ses
( a) Hist. des Empereurs , T. 111.
Diij idées
2346 MERCURE DE FRANCE-
و
idées , lorsqu'il me fait dire que ce fut
dans cette expédition d'Allemagne , où
Alexandre fût tué qu'Ovinius avoit
commencé à suivre cet Empereur , et à
paroître en qualité d'Associé à l'Empire.
En effet , il s'agit en cet endroit d'une expédition
toute differente , et qui préceda
de sept à huit ans. Celle dont Lampride
parle en general sous le nom de guerre
contre les Barbares , est de l'an 228. et ce
sont les Medailles qui en fixent l'époque :
l'autre contre les . Germains , est de l'an
235. Mais quand même ce seroit dans la
guerre du côté du Rhin , qui est de cette
derniere Année , qu'Alexandre , auroit
voulu mener avec lui Ovinius , le raisonnement
du Critique porteroit toûjours à
faux , parce que rien n'engage à croire
nécessairement que ce fut Alexandre Severe
qui fit mourir cet ancien Associé ,
retiré depuis à la Campagne. Il paroît
qu'on doit plutôt s'attacher au sentiment
de M. Tillemont , ( qui est, selon lui , l'opinion
commune , ) et dire qu'il fut tué
par ordre de l'Empereur qui regnoit alors,
c'est- à-dire , d'un des successeurs d'Alexandre.
Il y auroit eû une difficulté à m'opposer
contre la Campagne d'Alexandre de
l'an 228. s'il étoit certain par la datte des
Loix
OCTOBRE . 1731. 2347
1
Loix que cet Empereur eût passé toute
cette année- là à Rome. Mais comme on
ne peut produire de Loix de cet Empereur
, sous le Consulat de Modeste et de
Probus , que des six jours qui suivent ,
sçavoir , des Calendes de Fevrier , du 10.
Mars , du 9. Juin , des 1. et 19. Août ,
et du 10. Octobre , on a la liberté toute
entiere , de croire qu'il a pû être ailleurs.
qu'à Rome dans l'intervalle de ces dattes,
sur-tout depuis le 10. Mars , jusqu'au 9.
Juins ce qui fait une espace de trois mois.
C'est le Code de Justinien qui fournit
ces dattes.
Quoique jusqu'ici j'aye produit tout
ce qui peut servir à soutenir la premiere
pensée que j'eûs touchant l'Inscription de
Saint - Amate lez - Auxerre , dès le jour
même qu'elle y fût découverte , je ne
m'obstine point cependant à prétendre
que mon explication soit inataquable ; il
n'y a qu'à relire ma Lettre pour voir que
je ne l'ai pas prétendu . Je ne la crois pas
de la derniere certitude , parce que cette
Inscription est mutilée et que le commencement
y manque ; mais en avoüant
que mon explication , quoique fondée
nommément sur l'Histoire de l'an 228.
n'est que vrai-semblable , je ne prétends
pas pour cela autoriser davantage les deux
,
Dv ου
2348 MERCURE DE FRANCE
ou trois autres explications qui viennent
d'être proposées dans le Mercure , et je
les mets toutes indifferemment dans la
même Classe , n'ayant écrit cecy précisement
que pour montrer que par Dominorum,
il est au moins aussi permis d'entendre
Alexandre et Ovinius , qu'Alexandre
et son Epouse , ou bien sa Mere avec lui ,
ou enfin des Magistrats . Si quelque jour
nous découvrons ailleurs le commencement
de cette Inscription , elle pourra
nous rendre plus sçavants , et servir à
décider qui sont ceux qui ont le mieux
deviné. Je souhaitte que cela arrive. Mais
je ne souhaitterois pas moins de voir de
nos jours quelque découverte d'Inscription
à Orleans , qui fût du premier ou du
second siécle , et qui nous persuadât que
ceux-là sont bien fondez qui croyent que
c'étoit là qu'étoit le Genabum de Cesar ;
car je compte pour rien le sentiment
d'Aimoin de Fleury , et j'ai des raisons
très - fortes pour m'en défier .
En fait de dévination , l'Anonime d'Orleans
a mieux rencontré , lorsqu'il s'est
douté que ce n'est point dans le plus grand
sérieux du monde que je demandois l'explication
des quatre Lettres initiales . En
effet , Gruter nous a appris il y a longtemps
les quatre mots qui sont significz
01-
OCTOBRE. 1731. 2349
ordinairement par ces quatre Lettres :
mais aussi il faut avouer que la coûtume
est de les voir terminer les Inscriptions
où elles se trouvent ; ce qui ne se rencontre
point dans la notre où la dédicace du
Monument est marquée ensuite , aussibien
que la date des Consuls . J'étois bienaise
outre cela , que mon doute apparent
m'attirât quelques réponses , et c'est ce
qui n'a pas manqué d'arriver , puisqu'ou
tre les deux réponses du Mercure , j'en
ai trois ou quatre autres manuscrites ,
dans lesquelles on s'accorde à expliquer
ainsi ces quatre Lettres Votum solvit libens
merito , ou libenter merito ou bien Voto
suscepto libens merito. Je préfererois au
reste cette derniere , à cause du Verbe
dedicavit , qui suit immediatement après.
,
Quelques autres Personnes s'autorisant
des explications dans lesquelles excelloit
ces années dernieres un Personnage trèscelebre
dans l'art de deviner , croyoient
que l'inscription telle qu'elle est , manquant
de Nominatif ; ce Nominatif
pou
voit être compris dans ces Lettres initiales
, et que V. S. pouvoit signifier Urbs
Senonum , qu'ensuite les deux autres lettres
pouvoient signifier l'action du sacrifice
d'un Taureau ou d'un Bellier, ou bien
d'une Chevre , comme lata mactavit , ou
DY. tel:
2350 MERCURE DE FRANCE
tel autre langage approchant qu'on voudra
imaginer ; mais il faut avouer que
ç'auroit été un style inoüi , que celui de
désigner par des lettres initiales les noms
propres et specifiques à une Inscription ,
et que ç'eût été le veritable secret de rendre
tout obscur , incertain et problématique,
Outre cela , comme on voit clairement
par la taille de la Pierre , que l'inscription
a été mutilée dans son commencement
, il ne faut point esperer de trouver
ce Nominatif ailleurs que dans ce qui
manque aujourd'ui à la Pierre en question
, si ce Fragment réparoît jamais au
jour.
Je suis surpris M. que ceux qui m'ont envoyé
directement ou par la voye du Mercure
, des remarques sur mon interprétation
, n'ayent pas insinué que l'Inscrip
tion leur paroissoit fausse , si en elle- même
elle est telle qu'on la trouve imprimée
avec des U voyelles , puisque ces U sont
d'un usage très-moderne. Comment l'un
d'eux n'a t'il point dit qu'il falloit la mettre
au rang de semblables Antiquitez prétendues
qu'Annius de Viterbe fabriqua
autrefois Ils ont mieux aimé supposer
les deux U qui s'y trouvent , que sont des
fautes d'Imprimeur , comme en effet c'est
la verité. Trouvez donc bon que je vous
cerOCTOBRE.
1731.
2351
certifie ici en passant que Salute Dominorum
est écrit ainsi sur la Pierre , SALVTE
DOMINORVM , que dans les deux lignes
de l'Inscription toutes les lettres sont
d'une hauteur égale , et que les quatre
initiales ne sont point plus hautes que les
autres.
Tout ce que vous me faites la grace de
m'envoyer , Monsieur , m'étant très - précieux
, je n'ai garde de ne pas conserver
soigneusementl'explication que vous donnez
au Fragment d'une autre Inscription
trouvée dans le même Jardin , sur lequel
il reste :
PATER ....
LUPERC ....
ET CARA ....
LA COI ....
·
J'approuve très fort vos conjectures
sur ce qui manque à chacune de ces quatre
lignes , et je crois , comme vous , qu'il
faut suppléer à cette Inscription par les
mots que vous favorisez PATER SACR.
C'est-à- dire , Sacrorum, ou bien Pater An
gustalis Lupercus et Carantilla conjux , ensorte
qu'il y auroit eû sur la Pierre lorsqu'elle
étoit entiere !
D vj PA2352
MERCURE DE FRANCE
PATER AVG.
LVPERCVS
ET CARANTIL
LA CONJVX.
Vous me faites remarquer que ce ne se
roit pas la premiere Inscription où on liroit
Pater Sacrorum pour désigner un Prêtre
des Faux - Dieux , qui présidoit aux
Sacrifices , ou bien Pater Augustalis pour
marquer l'ancien ou le premier des Augustaux.
A l'égard du nom propre de la
troisiéme ligne , qui est celui d'une Famille
, comme il se trouve trois fois dans
les Inscriptions de Dijon il ne seroit
pas étonnant qu'ils se rencontrassent aussi
à Auxerre . Ainsi , je souscris à toutes vos
remarques ; et j'ay l'honneur d'être & c.
Fermer
Résumé : RÉPONSE aux Remarques inserées dans le Mercure de Juillet dernier, sur l'Inscription trouvée à Auxerre, au mois de May, adressée à M. Bouhier, Président au Parlement de Dijon.
Le texte est une réponse adressée à M. Bouhier, Président au Parlement de Dijon, concernant une inscription découverte près d'Auxerre. L'auteur exprime sa gratitude pour les félicitations et les critiques reçues dans le Mercure de Juillet. Il souligne la contradiction entre les deux critiques et défend son interprétation initiale de l'inscription. L'auteur mentionne que le terme 'Dominus' était utilisé pour les empereurs du Bas-Empire, y compris Alexandre Sévère, malgré les objections des critiques. L'auteur discute de l'association d'Ovinius Camillus avec l'Empire par Alexandre Sévère, réfutant les doutes exprimés par l'antiquaire d'Orléans. Il soutient que Lampride, l'historien, a basé son récit sur des mémoires contemporains et fiables. Il cite des exemples historiques et des sources pour appuyer son argumentation, notamment des médailles attestant une victoire sur les Allemans en 228 et l'importance stratégique de l'Illyrie. L'auteur critique l'Anonyme d'Orléans pour avoir perturbé la chronologie en faveur de ses idées. Il explique que l'association d'Ovinius précède la guerre contre les Barbares et que les succès en Illyrie sont attribués à Varius Macrinus. Il se range à l'opinion de M. de Tillemont, selon laquelle Ovinius aurait été tué par un successeur d'Alexandre Sévère. Le texte aborde également l'inscription découverte à Auxerre, reconnaissant que son explication est vraisemblable mais non certaine en raison de l'état mutilé de l'inscription. Il mentionne d'autres explications proposées et souhaite des découvertes futures pour éclaircir le sujet. L'auteur exprime également son désir de trouver des inscriptions à Orléans pour confirmer l'emplacement du Genabum de César, rejetant l'opinion d'Aimoin de Fleury. Enfin, l'auteur discute des lettres initiales de l'inscription et des diverses interprétations proposées, préférant l'explication 'Voto suscepto libens merito' en raison du verbe 'dedicavit' qui suit. Il critique ceux qui n'ont pas remis en question l'authenticité de l'inscription en raison des voyelles 'U', qu'il considère comme des fautes d'imprimeur. Il approuve les conjectures d'un correspondant sur un autre fragment d'inscription trouvé dans le même jardin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1834
p. 2354-2358
REPONSE à une Lettre de M. de Fontenelle.
Début :
Plusieurs Personnes d'esprit de l'un et de l'autre Sexe, rassemblés cet [...]
Mots clefs :
Ouvrages de goût, Critique, Merveilles, Esprit, Éloge, Peintre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE à une Lettre de M. de Fontenelle.
Pet de l'autre sexe , rassemblés cet
Eté à la Campagne , employoient d'ordinaire
deux ou trois heures par jour à lire
en commun quelques ouvrages de goût et
d'agrément. Cette occupation si agréable
d'elle- même , le devenoit de plus en plus
par l'utilité que chacun en retiroit . Les
lectures étoient suivies de l'examen de ce
qu'on avoit lû. On tâchoit de rendre raison
de son dégoût et de son plaisir , d'éclairer
le sentiment. La Critique étoit
toûjours accompagnée de cette modetation
, qui n'est pas moins l'effet de la superiorité
de l'esprit , que de la douceur
du caractere .
*
En lisant dans les oeuvres de M. de Fontenelle
la Lettre à une Demoiselle de Suede
de .... quelqu'un de la Compagnie
proposa d'y faire une réponse au nom de
la Demoiselle. Les plus habiles
c'est l'ordinaire , fûrent les plus modes→
›
comme
(* ) Cette Lettrt se tronve parmi les Poësies
diverses de M. de Fontenelle ; et a pour titre
Lettre à une Demoiselle de Suede , dont j'avois
vu un très - agreable Portrait chez M. l'Envoyé
de Suede , qui de plus m'en avoit dit des mer
veilless
- tes ,
OCTOBRE 1731. 2355
re ,
tes , et réfuserent absolument . Moins capable
que tous les autres , et aussi modessi
on peut appeller modestie la connoissance
ou son incapacité , je travaillay
par obéïssance , et fis la réponse qu'on va
fire. Je n'avertiray point les lecteurs , qu'il
seroit peut- être à propos , pour le mieux
entendre , de lire auparavant la Lettre
de M. de Fontenelle , je ne veux point
être lûaprès lui.
REPONSE à une Lettre de
M. de Fontenelle .
O
N vous a trompé , Monsieur. Je ne
suis point , et je me crois obligée
de vous en avertir au plutôt , de peur
que tendre comme vous êtes , vous n'alliez
vous enflammer pour une idée sans
réalité. Cet amour ne pourroit manquer
de vous faire beaucoup de peine ; car je
ne vous crois pas accoutumé à aimer sans
retour ; et il n'auroit rien de flatteur pour
moy , puisque ce ne seroit pas moy que
vous aimeriez . Mon Portrait , dites vous,
represente le plus charmant visage du
monde ; on vous a dit des merveilles de
mon esprit. Ne vous y fiez pas , Monsicur
; Portrait , Eloge , tout est infidele ;
rien ne ressemble , rien n'est dans le vrai.
Mais c'est de M. l'Envoyé de Suede que
Vous
2356 MERCURE DE FRANCE
>
vous et moi devons nous plaindre davantage
; le Panegyriste a de beaucoup encheri
sur le Peintre . Dans le dessein malicieux
de vous donner de l'amour , il'a
bien vû qu'ayant affaire au plus ingénieux
Auteur de la plus ingénieuse Nation , il
falloit me relever, sur tout , du côté de l'esprit
. Mais pourquoi donc vous montroitit
de mes Vers ? Car il est vrai que j'en
ai fait quelques-uns en vôtre Langue.
N'étoit- ce pas le moyen de détruire en
un moment tout ce qu'il vous auroit dit
en ma faveur et de passer auprès de
vous pour mauvais connoisseur en Poësie ,
pendant qu'il y réussit fort bien lui- même
? Non ,Monsieur , vous n'avez point
vû de mes Vers ; je devine que pour pousser
la tromperie jusqu'au bout , M. T'Envoyé
de Suede m'aura fait honneur des
siens ; et c'étoit en effet le meilleur moyen
de vous tromper : Revenez de vôtre er--
reur je vous en conjure ; j'y perdrois
trop lorsque vous me verriez , car je vous
apprends que je vais incessamment à Paris ,
et que je veux vous y voir ; je sacrifie
volontiers les interêts de ma vanité , au
plaisir de connoître et d'entretenir un
homme dont les ouvrages m'ont donné
une si haute idée. J'y ai trouvé le Philosophe
, le bel Esprit , et l'Homme sensi-
,
ble.
OCTOBRE . 1731. 2317
ble. Quel mérite que celui qui résulte de
ces trois qualitez réunies ? Un Auteur n'at-
il pas rempli tous nos besoins , lorsqu'il
a sçû nous instruire , nous amuser , nous
toucher ? Mais ce que j'admire le plus en
vous , Monsieur , et ce qu'il me convient
plus aussi d'y admirer ; c'est la finesse et
la verité des sentimens répandus dans vos
aimables Poësies . On voit bien qu'elles
'sont l'ouvrage d'un Philosophe qui a aimé
et qui a reflechi sur son coeur , qui sent
ce qu'il exprime , et qui connoît ce qu'il
sent. Sur tout cela , Monsieur , vous êtes
pour moi l'Auteur François par excellence.
Vous possedez dans le degré le plus
éminent , ce qui caractérise votre Nation ,
et la distingue de toutes les autres . Plusieurs
de vos meilleurs Ecrivains me semblent
, si j'ose le dire , tros Grecs et trop
Romains ; ils ne sont pas assez de leur
temps et de leur Pays. Cette conformité
avec les anciens a jusqu'à present beaucoup
aidé à leur réputation ; mais je ne
sçai si elle n'y nuira point dans la suite.
Pour vous , Monsieur , je le repete , vous
êtes l'Ecrivain de la Nation Françoise ;
c'estvous qu'elle doit presenter aux Etrangers,
curieux d'étudier le Genie François
ils le trouveront dans vos ouvrages dans
toute sa perfection .
Mais
2358 MERCURE DE FRANCE
3
Mais je ne m'apperçois pas qu'il y a
bien de la présomption à m'étendre ainsi
sur vos louanges. Je suis Femme , je suis
Suedoise , et je fais ici la Sçavante et le '
bel esprit. Vos Dames Françoises , si exactes
à observer les bien -séances , ne trouveroient
- elles point que j'y ai manqué ?
Ne les en faites pas juger , je vous en prie ;
gardez moi exactement le secret que vous
m'avez promis. J'ai même envie , pour
vous y engager plus sûrement , d'y inte
resser votre délicatesse , en vous assurant
que je ne prends point votre Lettre pour
une simple galanterie , que je suis persuadée
que vous m'aimez veritablement ,
que j'en ressens un plaisir ou la vanité n'a
aucune part.
et
Cette petite Piece est de l'Auteur des Refle
xions sur la Politesse , inserées dans le second
Volume du Mercure de Juin.
Eté à la Campagne , employoient d'ordinaire
deux ou trois heures par jour à lire
en commun quelques ouvrages de goût et
d'agrément. Cette occupation si agréable
d'elle- même , le devenoit de plus en plus
par l'utilité que chacun en retiroit . Les
lectures étoient suivies de l'examen de ce
qu'on avoit lû. On tâchoit de rendre raison
de son dégoût et de son plaisir , d'éclairer
le sentiment. La Critique étoit
toûjours accompagnée de cette modetation
, qui n'est pas moins l'effet de la superiorité
de l'esprit , que de la douceur
du caractere .
*
En lisant dans les oeuvres de M. de Fontenelle
la Lettre à une Demoiselle de Suede
de .... quelqu'un de la Compagnie
proposa d'y faire une réponse au nom de
la Demoiselle. Les plus habiles
c'est l'ordinaire , fûrent les plus modes→
›
comme
(* ) Cette Lettrt se tronve parmi les Poësies
diverses de M. de Fontenelle ; et a pour titre
Lettre à une Demoiselle de Suede , dont j'avois
vu un très - agreable Portrait chez M. l'Envoyé
de Suede , qui de plus m'en avoit dit des mer
veilless
- tes ,
OCTOBRE 1731. 2355
re ,
tes , et réfuserent absolument . Moins capable
que tous les autres , et aussi modessi
on peut appeller modestie la connoissance
ou son incapacité , je travaillay
par obéïssance , et fis la réponse qu'on va
fire. Je n'avertiray point les lecteurs , qu'il
seroit peut- être à propos , pour le mieux
entendre , de lire auparavant la Lettre
de M. de Fontenelle , je ne veux point
être lûaprès lui.
REPONSE à une Lettre de
M. de Fontenelle .
O
N vous a trompé , Monsieur. Je ne
suis point , et je me crois obligée
de vous en avertir au plutôt , de peur
que tendre comme vous êtes , vous n'alliez
vous enflammer pour une idée sans
réalité. Cet amour ne pourroit manquer
de vous faire beaucoup de peine ; car je
ne vous crois pas accoutumé à aimer sans
retour ; et il n'auroit rien de flatteur pour
moy , puisque ce ne seroit pas moy que
vous aimeriez . Mon Portrait , dites vous,
represente le plus charmant visage du
monde ; on vous a dit des merveilles de
mon esprit. Ne vous y fiez pas , Monsicur
; Portrait , Eloge , tout est infidele ;
rien ne ressemble , rien n'est dans le vrai.
Mais c'est de M. l'Envoyé de Suede que
Vous
2356 MERCURE DE FRANCE
>
vous et moi devons nous plaindre davantage
; le Panegyriste a de beaucoup encheri
sur le Peintre . Dans le dessein malicieux
de vous donner de l'amour , il'a
bien vû qu'ayant affaire au plus ingénieux
Auteur de la plus ingénieuse Nation , il
falloit me relever, sur tout , du côté de l'esprit
. Mais pourquoi donc vous montroitit
de mes Vers ? Car il est vrai que j'en
ai fait quelques-uns en vôtre Langue.
N'étoit- ce pas le moyen de détruire en
un moment tout ce qu'il vous auroit dit
en ma faveur et de passer auprès de
vous pour mauvais connoisseur en Poësie ,
pendant qu'il y réussit fort bien lui- même
? Non ,Monsieur , vous n'avez point
vû de mes Vers ; je devine que pour pousser
la tromperie jusqu'au bout , M. T'Envoyé
de Suede m'aura fait honneur des
siens ; et c'étoit en effet le meilleur moyen
de vous tromper : Revenez de vôtre er--
reur je vous en conjure ; j'y perdrois
trop lorsque vous me verriez , car je vous
apprends que je vais incessamment à Paris ,
et que je veux vous y voir ; je sacrifie
volontiers les interêts de ma vanité , au
plaisir de connoître et d'entretenir un
homme dont les ouvrages m'ont donné
une si haute idée. J'y ai trouvé le Philosophe
, le bel Esprit , et l'Homme sensi-
,
ble.
OCTOBRE . 1731. 2317
ble. Quel mérite que celui qui résulte de
ces trois qualitez réunies ? Un Auteur n'at-
il pas rempli tous nos besoins , lorsqu'il
a sçû nous instruire , nous amuser , nous
toucher ? Mais ce que j'admire le plus en
vous , Monsieur , et ce qu'il me convient
plus aussi d'y admirer ; c'est la finesse et
la verité des sentimens répandus dans vos
aimables Poësies . On voit bien qu'elles
'sont l'ouvrage d'un Philosophe qui a aimé
et qui a reflechi sur son coeur , qui sent
ce qu'il exprime , et qui connoît ce qu'il
sent. Sur tout cela , Monsieur , vous êtes
pour moi l'Auteur François par excellence.
Vous possedez dans le degré le plus
éminent , ce qui caractérise votre Nation ,
et la distingue de toutes les autres . Plusieurs
de vos meilleurs Ecrivains me semblent
, si j'ose le dire , tros Grecs et trop
Romains ; ils ne sont pas assez de leur
temps et de leur Pays. Cette conformité
avec les anciens a jusqu'à present beaucoup
aidé à leur réputation ; mais je ne
sçai si elle n'y nuira point dans la suite.
Pour vous , Monsieur , je le repete , vous
êtes l'Ecrivain de la Nation Françoise ;
c'estvous qu'elle doit presenter aux Etrangers,
curieux d'étudier le Genie François
ils le trouveront dans vos ouvrages dans
toute sa perfection .
Mais
2358 MERCURE DE FRANCE
3
Mais je ne m'apperçois pas qu'il y a
bien de la présomption à m'étendre ainsi
sur vos louanges. Je suis Femme , je suis
Suedoise , et je fais ici la Sçavante et le '
bel esprit. Vos Dames Françoises , si exactes
à observer les bien -séances , ne trouveroient
- elles point que j'y ai manqué ?
Ne les en faites pas juger , je vous en prie ;
gardez moi exactement le secret que vous
m'avez promis. J'ai même envie , pour
vous y engager plus sûrement , d'y inte
resser votre délicatesse , en vous assurant
que je ne prends point votre Lettre pour
une simple galanterie , que je suis persuadée
que vous m'aimez veritablement ,
que j'en ressens un plaisir ou la vanité n'a
aucune part.
et
Cette petite Piece est de l'Auteur des Refle
xions sur la Politesse , inserées dans le second
Volume du Mercure de Juin.
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Résumé : REPONSE à une Lettre de M. de Fontenelle.
Un groupe de jeunes gens, réunis à la campagne, passait quotidiennement quelques heures à lire collectivement des ouvrages de goût et d'agrément. Ces séances de lecture étaient suivies de discussions où chacun partageait ses impressions et critiques avec modération. Lors de la lecture de la 'Lettre à une Demoiselle de Suède' de Fontenelle, un participant proposa de rédiger une réponse au nom de la demoiselle. Malgré les refus des plus habiles, l'auteur, se considérant le moins capable, accepta par obéissance et écrivit la réponse. Dans cette réponse, l'auteur informe Fontenelle qu'elle n'est pas la personne décrite dans le portrait et les éloges. Elle accuse l'envoyé de Suède d'avoir exagéré ses qualités, notamment en matière d'esprit et de poésie. Elle exprime son désir de rencontrer Fontenelle à Paris pour le connaître davantage, admirant ses œuvres pour leur philosophie, leur esprit et leur sensibilité. Elle le considère comme l'écrivain français par excellence, incarnant parfaitement le génie de la nation française. L'auteur conclut en avouant sa présomption à s'étendre ainsi sur les louanges de Fontenelle et demande à garder le secret sur cette lettre, assurant qu'elle prend sa lettre au sérieux et non comme une simple galanterie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1835
p. 2362-2364
REFLEXIONS de M. Capperon, sur une Lettre de M. le Beuf, sur les anciens Tombeaux, inserée dans le Mercure de May 1731. page 1045.
Début :
Notre sçavant Chanoine d'Auxerre, M. le Beuf, a pris, comme vous [...]
Mots clefs :
Urne, Médailles, Crâne humain, Chanoine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS de M. Capperon, sur une Lettre de M. le Beuf, sur les anciens Tombeaux, inserée dans le Mercure de May 1731. page 1045.
REFLEXIONS de M. Capperon ,
sur une Lettre de M. le Beuf, sur les
anciens Tombeaux , inserée dans le Mercure
de May 1731. page 1045.
N
Otre sçavant Chanoine d'Auxerre ;
M. le Beuf , a pris , comme vous
sçavez , Monfieur , occasion de l'Urne et
des Médailles trouvées proche d'Auxerre
sa Patrie , pour relever ce que j'ai avancé
en 1722. au sujet de quelques Tom .
beaux qui furent découverts ici ; sçavoir,
que selon le témoignage d'Alexandre ab
Alex. et de Gronovius , l'usage de bruler
les corps n'avoit pas passé le temps des
Antonins , et qu'on enterroit generale
ment tous les corps , du temps de Commode.
C'est ce que j'ai dit alors en effet ,
appuyé comme j'étois de l'autorité de ces
deux Sçavans.
Il est vrai que M. l'Abbé des Thuille
ries, contraria mon sentiment , sappuyant
de sa part sur l'autorité de Kircmanus,
Comme nous avions tous deux nos garants
, la question demeura indécise
n'ayant l'un et l'autre que les sentimens
des Auteurs à produire.
Enfin
OCTOBRE. 1731. 2363
Enfin , je l'avoue , la voilà decidée cette
question , par la découverte rapportée par
M. le Beuf; puisqu'ayant trouvé divers
fragmens d'une Urne , et des morceaux
de Crâne humain , dont l'un paroît avoir
souffert la violence du feu , le tout accompagné
de quelques Médailles de Posthume
, c'est une preuve qu'on bruloit
encore les Morts au temps de cet Empereur
bien posterieur à Commode , sous
lequel j'ai dit que l'usage de bruler les
corps avoit cessé : on ne peut qu'on ne
se rende à une preuve de fait , telle qu'est
celle - là .
Il n'en est pas de même de ce que le
sçavant Chanoine veut insinuer ; sçavoir ,
que M. Huet et M. l'Abbé des Thuilleries
ont eu raison de croire que le nom
de la Ville d'Eu vient des mots Allemans
ou , auu , auue , ou aug , lesquels en
Langue Teutonique signifient un Pré
et cela parce que proche d'Auxerre il y
a un Village qui se nomme Augy , lequel
est situé sur le bord de la Riviere , sur
quoi il cite encore M. Ducange , qui parlant
dans son Glossaire , d'un lieu nommé
Augia , proche le Danube , conclud
que par le mot d'Augia , il faut entendre
une Prairie située sur le bord d'une Riviere
, ou entourée d'un Fleuve ; d'où
notre
2364 MERCURE DE FRANCE
notre Chanoine prétend , comme avoit
fait M. des Thuilleries , que le nom de
la Ville d'Eu , qu'on dit en latín Augum
lui vient de même du mot de Prairie.
Je suis surpris que M. le Beuf donne
encore dans ce sentiment , après avoir vû
sans doute , la Réponse que je fis aux objections
de M. l'Abbé des Thuilleries
où je faisois voir qu'il faudroit que ceux
qui auroient donné le nom de Pré & de
Prairie , soit à la Ville d'Eu ou au Comté
d'Eu , eussent été absolument dépourvus
du bon sens , puisque la Ville , loin d'être
dans une Prairie , est située sur un
Côteau , et que le Comté est un Païs de
Forêt et de belles et vastes Campagnes.
Il me paroît que cela seul suffit pour dé
truire sans réplique , toutes les conjectures
de ces Sçavans. Je suis , &c.
A Eu , ce 9. Juillet 1731 .
sur une Lettre de M. le Beuf, sur les
anciens Tombeaux , inserée dans le Mercure
de May 1731. page 1045.
N
Otre sçavant Chanoine d'Auxerre ;
M. le Beuf , a pris , comme vous
sçavez , Monfieur , occasion de l'Urne et
des Médailles trouvées proche d'Auxerre
sa Patrie , pour relever ce que j'ai avancé
en 1722. au sujet de quelques Tom .
beaux qui furent découverts ici ; sçavoir,
que selon le témoignage d'Alexandre ab
Alex. et de Gronovius , l'usage de bruler
les corps n'avoit pas passé le temps des
Antonins , et qu'on enterroit generale
ment tous les corps , du temps de Commode.
C'est ce que j'ai dit alors en effet ,
appuyé comme j'étois de l'autorité de ces
deux Sçavans.
Il est vrai que M. l'Abbé des Thuille
ries, contraria mon sentiment , sappuyant
de sa part sur l'autorité de Kircmanus,
Comme nous avions tous deux nos garants
, la question demeura indécise
n'ayant l'un et l'autre que les sentimens
des Auteurs à produire.
Enfin
OCTOBRE. 1731. 2363
Enfin , je l'avoue , la voilà decidée cette
question , par la découverte rapportée par
M. le Beuf; puisqu'ayant trouvé divers
fragmens d'une Urne , et des morceaux
de Crâne humain , dont l'un paroît avoir
souffert la violence du feu , le tout accompagné
de quelques Médailles de Posthume
, c'est une preuve qu'on bruloit
encore les Morts au temps de cet Empereur
bien posterieur à Commode , sous
lequel j'ai dit que l'usage de bruler les
corps avoit cessé : on ne peut qu'on ne
se rende à une preuve de fait , telle qu'est
celle - là .
Il n'en est pas de même de ce que le
sçavant Chanoine veut insinuer ; sçavoir ,
que M. Huet et M. l'Abbé des Thuilleries
ont eu raison de croire que le nom
de la Ville d'Eu vient des mots Allemans
ou , auu , auue , ou aug , lesquels en
Langue Teutonique signifient un Pré
et cela parce que proche d'Auxerre il y
a un Village qui se nomme Augy , lequel
est situé sur le bord de la Riviere , sur
quoi il cite encore M. Ducange , qui parlant
dans son Glossaire , d'un lieu nommé
Augia , proche le Danube , conclud
que par le mot d'Augia , il faut entendre
une Prairie située sur le bord d'une Riviere
, ou entourée d'un Fleuve ; d'où
notre
2364 MERCURE DE FRANCE
notre Chanoine prétend , comme avoit
fait M. des Thuilleries , que le nom de
la Ville d'Eu , qu'on dit en latín Augum
lui vient de même du mot de Prairie.
Je suis surpris que M. le Beuf donne
encore dans ce sentiment , après avoir vû
sans doute , la Réponse que je fis aux objections
de M. l'Abbé des Thuilleries
où je faisois voir qu'il faudroit que ceux
qui auroient donné le nom de Pré & de
Prairie , soit à la Ville d'Eu ou au Comté
d'Eu , eussent été absolument dépourvus
du bon sens , puisque la Ville , loin d'être
dans une Prairie , est située sur un
Côteau , et que le Comté est un Païs de
Forêt et de belles et vastes Campagnes.
Il me paroît que cela seul suffit pour dé
truire sans réplique , toutes les conjectures
de ces Sçavans. Je suis , &c.
A Eu , ce 9. Juillet 1731 .
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Résumé : REFLEXIONS de M. Capperon, sur une Lettre de M. le Beuf, sur les anciens Tombeaux, inserée dans le Mercure de May 1731. page 1045.
M. Capperon réagit à une lettre de M. le Beuf publiée dans le Mercure de mai 1731. Cette lettre conteste l'affirmation de M. Capperon selon laquelle l'usage de brûler les corps avait cessé au temps de Commode. La découverte d'une urne et de médailles près d'Auxerre, ainsi que des fragments d'urne et de crânes humains montrant des traces de feu, prouve que la crémation était encore pratiquée sous un empereur postérieur à Commode. Cette découverte résout la controverse entre Capperon, qui s'appuyait sur Alexandre ab Alexandre et Gronovius, et l'abbé des Thuilleries, qui citait Kirckmanus. Par ailleurs, M. le Beuf et l'abbé des Thuilleries suggèrent que le nom de la ville d'Eu pourrait provenir des mots teutoniques signifiant 'pré', en se référant à des lieux similaires. Capperon réfute cette hypothèse, soulignant que la ville d'Eu est située sur un coteau et que le comté est boisé et agricole, ce qui contredit l'idée d'une origine liée à un pré. Capperon conclut que cette observation suffit à invalider les conjectures des savants.
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1836
p. 2368-2370
« HISTOIRE DU THEATRE ITALIEN depuis la décadence de la Comédie [...] »
Début :
HISTOIRE DU THEATRE ITALIEN depuis la décadence de la Comédie [...]
Mots clefs :
Théâtre italien, Comédie latine, Almanach chronologique, Histoire universelle, Privilèges des Suisses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE DU THEATRE ITALIEN depuis la décadence de la Comédie [...] »
NOUVELLES LITTERAIRES
DES BEAUX ARTS , &c.
ISTOIRE DU THEATRE ITALIEN
Hdepuis la décadence de - la-Comédie
Latine , avec des Extraits et Examens
critiques de plusieurs Tragédies et Comédies
Italiennes , ausquels on a joint une
Explication des figures , avec une Lettre
de M. Rousseau , et la Réponse de l'Auteur.
Par Louis Riccoboni , dit Lelio ,
Tome II . Chez And. Cailleau , Place du
Pont S. Michel , 1731. grand in 8.
CALENDRIER UNIVERSEL , ou Almanach
Chronologique et perpetuel , necessaire
à la Chronologie , à l'Histoire ,
à la Critique , à la verification des dattes,
&c. Par le P. de Rebeque , D. L. C. D. J.
Seconde Edition , revûë et augmentée .
A Paris , chez Rollin , fils , Quay des Angustins
, 1731. in 4. pp . 38 .
ABREGE' DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE ,
par feu M. Claude de l'Ifle , Historiographe
et Censeur Royal. A Paris , Quay
des
OCTOBR E. 1731. 2369
des Augustins , chez Jacq. Guerin , et Fr.
Didot , 1731. 7. vol. in 12. avec figures
COUTUMES des Bailliages de Sens et
de Langres , commentées et conférées
avec les Coûtumes voisines , et specialement
de Chaumont en Bassigny. Par
MeFuste de Laistre, Avocat au Parlement.
A Paris , Quay des Augustins , chez les
Freres Osmont , 1731. in 4. de $ 60 . pages,
sans la . Table.
LES PRIVILEGES DES SUISSES , ensemble
ceux accordez aux Villes Imperiales et
Anseatiques , et aux Habitans de Geneve,
Résidens en France. Avec un Traité historique
et politique des Alliances entre
la France et les Treize Cantons , depuis
Charles VII . jusqu'à present. Et des Observations
sur la Justice des Suisses ; fondées
sur les principes du Droit Public.
Par M. Vagel , Grand- Juge des Gardes
Suisses . A Paris, chez Saugrain et P.Prault,
Quay de Gesures , in 4.
OBSERVATIONS sur le Plomb Laminé ,
nouvellement revûës et augmentées d'un
rapport de Mrs les Commissaires de l'Académie
d'Architecture , qui prouve que
ce Plomb a les défauts citez dans les Ob.
E iij ser1370
MERCURE DE FRANCE
servations , avec quelques Reflexions sur
le Memoire de M. de Remond. Par M. B.
A Paris , de l'Imprimerie de Jacq . Guerin
Quay des Augustins , 1731. brochure in 8.
de 42. pages.
>
VOYAGE DU MONDE DE LA LUNE ;
découvert par Dominique Gonzales, Avanturier
Espagnol , surnommé le Courier
volant , traduit nouvellement de l'Espagnol
. A Paris , chez Ant . de Henqueville,
an coin de la rue Gist- le -coeur. 1731. brochure
in 12, de 68. pages.
On débite chez François le Breton , Libraire
, à l'Aigle d'or , à la descente du
Pont Neuf , chez Didot , ruë du Hurpoix
, du côté du Pont S. Michel , à la
Bible d'or , et chez Josse , rue S. Jacques,
à la Fleur de Lys d'or , quatre Tragédies
sur les sujets d'Oedipe , par M. de la
Tournelle , Commissaire des Guerres.
La varieté singuliere qui regne dans
ces quatre Ouvrages , se soutiendra , diton
, dans huit autres Tragédies sur le
même sujet d'Oedipe , et par le même
Auteur ; elles sont actuellement sous
presse.
DES BEAUX ARTS , &c.
ISTOIRE DU THEATRE ITALIEN
Hdepuis la décadence de - la-Comédie
Latine , avec des Extraits et Examens
critiques de plusieurs Tragédies et Comédies
Italiennes , ausquels on a joint une
Explication des figures , avec une Lettre
de M. Rousseau , et la Réponse de l'Auteur.
Par Louis Riccoboni , dit Lelio ,
Tome II . Chez And. Cailleau , Place du
Pont S. Michel , 1731. grand in 8.
CALENDRIER UNIVERSEL , ou Almanach
Chronologique et perpetuel , necessaire
à la Chronologie , à l'Histoire ,
à la Critique , à la verification des dattes,
&c. Par le P. de Rebeque , D. L. C. D. J.
Seconde Edition , revûë et augmentée .
A Paris , chez Rollin , fils , Quay des Angustins
, 1731. in 4. pp . 38 .
ABREGE' DE L'HISTOIRE UNIVERSELLE ,
par feu M. Claude de l'Ifle , Historiographe
et Censeur Royal. A Paris , Quay
des
OCTOBR E. 1731. 2369
des Augustins , chez Jacq. Guerin , et Fr.
Didot , 1731. 7. vol. in 12. avec figures
COUTUMES des Bailliages de Sens et
de Langres , commentées et conférées
avec les Coûtumes voisines , et specialement
de Chaumont en Bassigny. Par
MeFuste de Laistre, Avocat au Parlement.
A Paris , Quay des Augustins , chez les
Freres Osmont , 1731. in 4. de $ 60 . pages,
sans la . Table.
LES PRIVILEGES DES SUISSES , ensemble
ceux accordez aux Villes Imperiales et
Anseatiques , et aux Habitans de Geneve,
Résidens en France. Avec un Traité historique
et politique des Alliances entre
la France et les Treize Cantons , depuis
Charles VII . jusqu'à present. Et des Observations
sur la Justice des Suisses ; fondées
sur les principes du Droit Public.
Par M. Vagel , Grand- Juge des Gardes
Suisses . A Paris, chez Saugrain et P.Prault,
Quay de Gesures , in 4.
OBSERVATIONS sur le Plomb Laminé ,
nouvellement revûës et augmentées d'un
rapport de Mrs les Commissaires de l'Académie
d'Architecture , qui prouve que
ce Plomb a les défauts citez dans les Ob.
E iij ser1370
MERCURE DE FRANCE
servations , avec quelques Reflexions sur
le Memoire de M. de Remond. Par M. B.
A Paris , de l'Imprimerie de Jacq . Guerin
Quay des Augustins , 1731. brochure in 8.
de 42. pages.
>
VOYAGE DU MONDE DE LA LUNE ;
découvert par Dominique Gonzales, Avanturier
Espagnol , surnommé le Courier
volant , traduit nouvellement de l'Espagnol
. A Paris , chez Ant . de Henqueville,
an coin de la rue Gist- le -coeur. 1731. brochure
in 12, de 68. pages.
On débite chez François le Breton , Libraire
, à l'Aigle d'or , à la descente du
Pont Neuf , chez Didot , ruë du Hurpoix
, du côté du Pont S. Michel , à la
Bible d'or , et chez Josse , rue S. Jacques,
à la Fleur de Lys d'or , quatre Tragédies
sur les sujets d'Oedipe , par M. de la
Tournelle , Commissaire des Guerres.
La varieté singuliere qui regne dans
ces quatre Ouvrages , se soutiendra , diton
, dans huit autres Tragédies sur le
même sujet d'Oedipe , et par le même
Auteur ; elles sont actuellement sous
presse.
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Résumé : « HISTOIRE DU THEATRE ITALIEN depuis la décadence de la Comédie [...] »
Le document recense des publications littéraires et historiques de l'année 1731. Parmi elles, 'Histoire du Théâtre Italien' de Louis Riccoboni contient des extraits critiques de tragédies et comédies italiennes, ainsi qu'une lettre de Jean-Jacques Rousseau et la réponse de l'auteur. Le 'Calendrier Universel' du Père de Rebeque est une édition révisée et augmentée, utile pour la chronologie et la vérification des dates. L''Abrégé de l'Histoire Universelle' de Claude de l'Ifle, historiographe royal, est publié en sept volumes. Les 'Coutumes des Bailliages de Sens et de Langres' sont commentées par Me Fuste de Laistre, avocat au Parlement. 'Les Privilèges des Suisses' de M. Vagel traite des alliances entre la France et les Treize Cantons, ainsi que des observations sur la justice des Suisses. Les 'Observations sur le Plomb Laminé' de M. B. incluent un rapport de l'Académie d'Architecture. Le 'Voyage du Monde de la Lune' est une traduction d'un ouvrage espagnol de Dominique Gonzales. Enfin, quatre tragédies sur le sujet d'Œdipe par M. de la Tournelle sont disponibles, avec huit autres en préparation.
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1837
p. 2370-2373
Douze Tragédies sur le même sujet d'Œdipe, [titre d'après la table]
Début :
L'une de ces quatre Tragédies, qui a pour titre : Oedipe et toute sa Famille, est [...]
Mots clefs :
Préface, Tragédie, Psaumes de David, Cantique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Douze Tragédies sur le même sujet d'Œdipe, [titre d'après la table]
L'une de ces quatre Tragédies , qui a
pour titre : Oedipe et toute sa Famille , est
précedée
OCTOBRE . 1731. 2371
précedée d'une Préface et suivie d'un Dialogue
entre l'Auteur et feu M. Boivin .
Le commencement de la Préface regarde
la Tragédie des trois fils de Jocaste
, qui avoit été imprimée sans Préface
; tout le reste est une explication des
moyens dont il s'est servi pour concilier
diverses opinions de M" Corneille , Despreaux
et Boivin , sur le cinquiéme Acte
de l'Oedipe de Sophocle , et pour accommoder
au Théatre les lamentations
de l'Oedipe Grec. Voici un Trait tiré du
Dialogue.
Ce n'est pas que cette nouvelle Tragédie ,
dont vous parlez , doive sa naissance à nos
procès ; elle la doit , Monsieur , à la Preface
qui précede votre Traduction de l'Oedipe
de Sophocle. Lorsque je la lûs , je m'étonnai
d'abord de ce qu'en faisant tant de
Tragédies d'Oedipe , il ne m'étoit pas seulement
une fois venu dans l'idée d'employer
·les Lamentations du cinquième Acte . Con
meille les avoit rejettées. Votre Préface m'apprit
qu'elles étoient d'un grand prix. J'ai
connu votre habileté , l'excellence de votre
gout, & la solidité de votre esprit. Votre seniment
sur ces plaintes d'Oedipe , me fit chercher
avec grand soin pendant deux jours un
nouveau sujet sur les malheurs de ce Prince,
et un moyen de faire préceder sa mort par ses
E iiij plaintes
2372 MERCURE DE FRANCE
plaintes , telles que Sophocle les a mises. Fe
crois être venu à bout de mon dessein ; je
venx dire que mon cinquième Acte doit être
bien reçû. Les Modernes avoient emprunté
déja de Sophocle , presque toutes les autres
beautez qui sont très -fréquentes dans sa Tragédie
d'Oedipe , et avoient réussi. J'ai le
premier usé de ces Lamentations , et ne leur
ai rien ôté de leur mérite. Cela ne m'a pas
été bien difficile. J'ai mis en Vers votre noble
et magnifique Traduction , et tout ce que
j'y ai ajoûé du mien n'est qu'un tour assez
ingenieux et très- heureux en même -temps
pour sauver l'horreur que le visage sanglant
d'Oedipe auroit causée aux Spectateurs sj'ai
trouvé le secret de placer de si belles plaintes
avant que ce Prince puisse porter ses
mains sur lui , et quoiqu'un peu longues ex
un temps out ce Prince qui est sans armes
ne cherche que la mort, elles ne courent poin
le risque d'ennuyer.
9
PARAPHRASE DES PSEAUMES DE DAVID
et dés Cantiques de l'Eglise , avec une
application suivie de chaque Pseaume et
de chaque Cantique à un sujet particulier
, propre à servir d'entretien avec
Dieu. Par le R. P. Th . Bern . Fellon , de
la Compagnie de Jesus. 4. vol . in 12. A
Lion , chez Claude Fournet , 1731 .
PHILO
OCTOBRE . 1731. 2373
LE PHILOSOPHE ANGLOIS, Ou Histoire de
M. Cleveland , fils naturel de Cromwel ,
écrite par lui - même , et traduite de l'Anglois
par l'Auteur des Memoires d'un Hom
me de qualité. AUtrecht, chez E. Neaulme,
4. volumes in 12.
SUPPLEMENT à l'Histoire des Guerres
Civiles de Flandres sous Philippe II . Roy
d'Espagne , du Pere Famien Strada , et
d'autres Auteurs , contenant les Procès
criminels de Lamoral , Comte d'Egmont,
et de Philippe de Montmorency , Comte
de Hornes , ausquels le Duc d'Albe a
fait trancher la Tête à Bruxelles. A Amsterdam
, chez Pierre Michield , et se trouvé
Paris , chez Briasson ruë S. Jacques ,
›
2. vol. in 12. 1729.
OEUVRES DE CLEMENT MAROT , Valet
de Chambre de François I. Roi de France
, revûës sur plusieurs Manuscrits , et
sur plus de 40. Editions ; et augmentées
tant de diverses Poësies veritables , que de
celles qu'on lui a faussement attribuées :
avec les ouvrages de Jean Marot , son
Pere , ceux de Michel Marot , son fils ,
et les Picces du differend de Clement avec
François Sagon . Accompagnées d'une
Préface Historique , et d'Observations
critiques. A la Haye , chez P. Gosse et
f. Neaulme , 1731. 6. vol. in 12 .
pour titre : Oedipe et toute sa Famille , est
précedée
OCTOBRE . 1731. 2371
précedée d'une Préface et suivie d'un Dialogue
entre l'Auteur et feu M. Boivin .
Le commencement de la Préface regarde
la Tragédie des trois fils de Jocaste
, qui avoit été imprimée sans Préface
; tout le reste est une explication des
moyens dont il s'est servi pour concilier
diverses opinions de M" Corneille , Despreaux
et Boivin , sur le cinquiéme Acte
de l'Oedipe de Sophocle , et pour accommoder
au Théatre les lamentations
de l'Oedipe Grec. Voici un Trait tiré du
Dialogue.
Ce n'est pas que cette nouvelle Tragédie ,
dont vous parlez , doive sa naissance à nos
procès ; elle la doit , Monsieur , à la Preface
qui précede votre Traduction de l'Oedipe
de Sophocle. Lorsque je la lûs , je m'étonnai
d'abord de ce qu'en faisant tant de
Tragédies d'Oedipe , il ne m'étoit pas seulement
une fois venu dans l'idée d'employer
·les Lamentations du cinquième Acte . Con
meille les avoit rejettées. Votre Préface m'apprit
qu'elles étoient d'un grand prix. J'ai
connu votre habileté , l'excellence de votre
gout, & la solidité de votre esprit. Votre seniment
sur ces plaintes d'Oedipe , me fit chercher
avec grand soin pendant deux jours un
nouveau sujet sur les malheurs de ce Prince,
et un moyen de faire préceder sa mort par ses
E iiij plaintes
2372 MERCURE DE FRANCE
plaintes , telles que Sophocle les a mises. Fe
crois être venu à bout de mon dessein ; je
venx dire que mon cinquième Acte doit être
bien reçû. Les Modernes avoient emprunté
déja de Sophocle , presque toutes les autres
beautez qui sont très -fréquentes dans sa Tragédie
d'Oedipe , et avoient réussi. J'ai le
premier usé de ces Lamentations , et ne leur
ai rien ôté de leur mérite. Cela ne m'a pas
été bien difficile. J'ai mis en Vers votre noble
et magnifique Traduction , et tout ce que
j'y ai ajoûé du mien n'est qu'un tour assez
ingenieux et très- heureux en même -temps
pour sauver l'horreur que le visage sanglant
d'Oedipe auroit causée aux Spectateurs sj'ai
trouvé le secret de placer de si belles plaintes
avant que ce Prince puisse porter ses
mains sur lui , et quoiqu'un peu longues ex
un temps out ce Prince qui est sans armes
ne cherche que la mort, elles ne courent poin
le risque d'ennuyer.
9
PARAPHRASE DES PSEAUMES DE DAVID
et dés Cantiques de l'Eglise , avec une
application suivie de chaque Pseaume et
de chaque Cantique à un sujet particulier
, propre à servir d'entretien avec
Dieu. Par le R. P. Th . Bern . Fellon , de
la Compagnie de Jesus. 4. vol . in 12. A
Lion , chez Claude Fournet , 1731 .
PHILO
OCTOBRE . 1731. 2373
LE PHILOSOPHE ANGLOIS, Ou Histoire de
M. Cleveland , fils naturel de Cromwel ,
écrite par lui - même , et traduite de l'Anglois
par l'Auteur des Memoires d'un Hom
me de qualité. AUtrecht, chez E. Neaulme,
4. volumes in 12.
SUPPLEMENT à l'Histoire des Guerres
Civiles de Flandres sous Philippe II . Roy
d'Espagne , du Pere Famien Strada , et
d'autres Auteurs , contenant les Procès
criminels de Lamoral , Comte d'Egmont,
et de Philippe de Montmorency , Comte
de Hornes , ausquels le Duc d'Albe a
fait trancher la Tête à Bruxelles. A Amsterdam
, chez Pierre Michield , et se trouvé
Paris , chez Briasson ruë S. Jacques ,
›
2. vol. in 12. 1729.
OEUVRES DE CLEMENT MAROT , Valet
de Chambre de François I. Roi de France
, revûës sur plusieurs Manuscrits , et
sur plus de 40. Editions ; et augmentées
tant de diverses Poësies veritables , que de
celles qu'on lui a faussement attribuées :
avec les ouvrages de Jean Marot , son
Pere , ceux de Michel Marot , son fils ,
et les Picces du differend de Clement avec
François Sagon . Accompagnées d'une
Préface Historique , et d'Observations
critiques. A la Haye , chez P. Gosse et
f. Neaulme , 1731. 6. vol. in 12 .
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Résumé : Douze Tragédies sur le même sujet d'Œdipe, [titre d'après la table]
Le texte présente une tragédie intitulée 'Oedipe et toute sa Famille', précédée d'une préface et suivie d'un dialogue entre l'auteur et M. Boivin. La préface explique comment l'auteur a concilié diverses opinions sur le cinquième acte de l''Oedipe' de Sophocle et adapté les lamentations d'Oedipe pour le théâtre. Le dialogue révèle que l'auteur a été inspiré par la préface d'une traduction de l''Oedipe' de Sophocle pour créer une nouvelle tragédie intégrant les lamentations du cinquième acte. L'auteur affirme avoir réussi à placer ces plaintes de manière à éviter l'horreur du visage sanglant d'Oedipe et à maintenir l'intérêt des spectateurs. Le texte mentionne également d'autres publications, telles qu'une paraphrase des Psaumes de David, une histoire intitulée 'Le Philosophe Anglois', un supplément à l'histoire des guerres civiles de Flandres, et les œuvres de Clément Marot.
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1838
p. 2374-2375
Essai sur la Poësie et sur la Peinture, [titre d'après la table]
Début :
ESSAI SUR LA POESIE ET SUR la PEITURE, par rapport à l'Histoire Sacrée et [...]
Mots clefs :
Traité, Recueil de discours, Érudition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essai sur la Poësie et sur la Peinture, [titre d'après la table]
ESSAI SUR LA POESIE ET SUR la Pɛin-
TURE , par rapport à l'Histoire Sacrée et
Prophane. Par M. Charles de la Motte
Membre de l'Académie Royale , et de la
Societé des Antiquaires , &c. A Londres ,
chez Desnoyers , 1731. in 8.
Ce livre qui contient une vaste érudition
sur ces deux Arts est en Anglois . Il
est terminé par un Discours sur l'obscon
Tité chez les Ecrivains et chez les Peintres,
qui fait voir combien il est dangereux de
donner dans ce défaut , lors même qu'on
le censure.
RECUEIL DE DISCOURS sur diverses ma
sieres importantes , traduits ou composez
par Jean Barbeyrac , Professeur en Drott
dans l'Université de Groningue , qui y a
joint un Eloge Historique de feu M.
Noodt , 2. vol. in 12. A Amsterdam, chez
P. Humbert , 1731.
TRAITE' DE L'HOMME , ou du Corps
Humain vivant , par rapport à la santé
ou à la maladie , partagé en trois livres ,
où l'on expose par une nouvelle Methode
claire et abregée , la Theorie et la Pratique
de Medecine selon l'idée des Anciens
et des Modernes. Par M. Alexandre
>
Pascoli de Perouse , premier Professeur
de
OCTOBRE. 1731 2375
de Medecine à Rome , et premier Mede
cin de l'Etat Ecclesiastique. A Rome ,
chez Jerôme Maynard , 1728, in 4. pp.
850. Tout l'ouvrage est en latin.
TURE , par rapport à l'Histoire Sacrée et
Prophane. Par M. Charles de la Motte
Membre de l'Académie Royale , et de la
Societé des Antiquaires , &c. A Londres ,
chez Desnoyers , 1731. in 8.
Ce livre qui contient une vaste érudition
sur ces deux Arts est en Anglois . Il
est terminé par un Discours sur l'obscon
Tité chez les Ecrivains et chez les Peintres,
qui fait voir combien il est dangereux de
donner dans ce défaut , lors même qu'on
le censure.
RECUEIL DE DISCOURS sur diverses ma
sieres importantes , traduits ou composez
par Jean Barbeyrac , Professeur en Drott
dans l'Université de Groningue , qui y a
joint un Eloge Historique de feu M.
Noodt , 2. vol. in 12. A Amsterdam, chez
P. Humbert , 1731.
TRAITE' DE L'HOMME , ou du Corps
Humain vivant , par rapport à la santé
ou à la maladie , partagé en trois livres ,
où l'on expose par une nouvelle Methode
claire et abregée , la Theorie et la Pratique
de Medecine selon l'idée des Anciens
et des Modernes. Par M. Alexandre
>
Pascoli de Perouse , premier Professeur
de
OCTOBRE. 1731 2375
de Medecine à Rome , et premier Mede
cin de l'Etat Ecclesiastique. A Rome ,
chez Jerôme Maynard , 1728, in 4. pp.
850. Tout l'ouvrage est en latin.
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Résumé : Essai sur la Poësie et sur la Peinture, [titre d'après la table]
En 1731, trois ouvrages notables ont été publiés. Le premier, 'Essai sur la poésie et sur la peinture, par rapport à l'Histoire Sacrée et Prophane', est écrit par Charles de la Motte, membre de l'Académie Royale et de la Société des Antiquaires. Ce livre, en anglais, examine les arts de la poésie et de la peinture à travers une vaste érudition et se conclut par un discours sur l'obscénité chez les écrivains et les peintres, mettant en garde contre ses dangers même lorsqu'elle est critiquée. Le deuxième ouvrage est le 'Recueil de discours sur diverses matières importantes', traduit ou composé par Jean Barbeyrac, professeur de droit à l'Université de Groningue. Ce recueil, en deux volumes, inclut un éloge historique de feu M. Noodt. Le troisième ouvrage, 'Traité de l'Homme, ou du Corps Humain vivant', est écrit par Alexandre Pascoli de Perouse, premier professeur de médecine à Rome et premier médecin de l'État Ecclésiastique. Ce traité, en latin, a été publié à Rome en 1728 et comprend trois livres qui exposent la théorie et la pratique de la médecine selon les idées des Anciens et des Modernes, en utilisant une méthode claire et abrégée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1839
p. 2375-2380
Bibliotheque raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, T. 2. premiere [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée, Érudition, Manuscrit, Nouveau Testament, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque raisonnée, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE RAISONNE'E des Ouvrages
des Sçavans de l'Europe , T. 2. premiere
et seconde Partie in 12. de 456.
pages. A Amsterdam , chez les Westeiens
et Smitti. 1729.
La premiere Partie , qui contient les
mois de Janvier , Fevrier et Mars , ne
nous fournit presque rien qui n'ait déja
été annoncé en 1729. dans les autres.
Journaux. Nous observerons seulement
que le style de celui-ci est peu châtié ; et
que les expressions triviales , et quelquefois
basses y sont souvent employées ;
ce qui soit dit sans préjudice de la réputation
que l'Auteur peut s'acquérir
d'ailleurs par son érudition. Voici ce que
nous apprennent les Nouvelles Litteraires
de la premiere Partie.
D'OXFORD. M. Hearne , qui continue
de nous donner des Pieces rares , vient
de publier deux Volumes in 8. sous ce titre.
Liber Scaccarii. E Codice , calamo exa
rato , sibique ipsi à Richardo Gravesio Mike
tetoniensi donato , descripsit , et nunc primum
edidit Thobearnius . Qui et cum dus,
Evj
bus
2376 MERCURE DE FRANCE
bus aliis Codicibus M. contulit , Wilhel
mique etiam Worcestrei Annales rerum Anglicarum
, ante hâc itidem in editos subjecit.
On conserve précieusement l'Original de
ce Livre noir. Le Manuscrit dont s'est
servi M. Hearne , explique dans le titre
ce que c'est que ce Livre. Exemplar ve-_
tusti Codias Ms. ( nigro velamine cooperti)
in scacario penès Rememoratorem Regis conservati.
Certificationes Feodorum Militum
quæ per majores.hujus Regni Barones , aliosde
Rege in capite tenentur , de quibus
auxilium ad Matildam , Regis Henrici secundi
filium , Henrico Romanorum Imperatori
maritandam levatum erat precipuè continens.
M. Hearne a ajoûté par maniere
de Supplément un Ecrit tiré de la Bibliotheque
Colonienne , iutitulé , Catalogus
tenentium Terras per singulas hundredas ,
sive Centurias in comitatu Lincolii tempore
R. Henrici II.
que
LONDRES. Le Nouveau Testament en
Grec et en Anglois , contenant le Texte Grec
corrigé sur l'autorité des Manuscrits les plus
authentiques , et une nouvelle Traduction
conforme aux Observations des plus sçavans
Commentateurs et des plus habiles Critiques:
avec des Remarques et les Variantes , et une
Table fort ample . in 8. 2. vol. L'Auteur
de cette Traduction n'a mis ni dans le
Texte,
OCTOBRE. 17312 2377
Texte , ni dans la Traduction le fameux
Passage des trois Témoins de la premiere
Epître de S. Jean , c. 5. v. 7. Il tâche de
justifier cette omission par les Peres et
par les Critiques modernes. Les Remarques
sont purement critiques : elles sont
placées à la fin de chaque livre , et sont
fort courtes.
On vient de faire une nouvelle Edition
des Oeuvres du feu Duc de Buckingham .
en 2. vol. in 8 .
y "' M. Wilson Chanoine de Lincoln
travaille à une Version Angloise de l'Histoire
de M. de Thou , faite sur l'Edition
de Geneve en 1620. Il en est déja ( au
mois de Mars 1729. ) à la onzième Brochure
car il l'a publiée par Brochures
qui paroissent de temps en temps.
,
On a traduit en Anglois l'Histoire de
la derniere Révolution de Perse , du Pere
Du Cerceau , 2. vol. in 8 .
M. Bundy vient de donner le second
Tome de - sa Traduction Angloise de
P'Histoire Romaine des PP. Catrou et
Rouillé , in fol . Il y en a une autre Traduction
qui s'imprime par Brochures
in 8 .
Voici le titre d'un ouvrage curieux.
The present state & c. c'est-à- dire , l'Etat
présent et les Reglemens de l'Eglise de Russie
,
2378 MERCURE DE FRANCE
sie , conformément à l'Edit du feu Czar.
Avec un second Volume , qui contient plusieurs
Pieces qui regardent les flottes de ce
Prince , son expedition à Derbent ,
&c.
traduite des Originaux écrits en Langue Esclavonne
et Russiennes et une Carie très-·
exacte de la Mer Caspienne . A quoy l'on a
ajouté une Préface Generale où l'on trouve
une Relation exacte et fidele de l'élevation ·
et de la chûte du Prince Menshicoff. Par
Tho. Codsel. M. A. ci - devant Chapelain
du Comptoir Anglois en Russie , et
Membre de la Societé Royale des Sciences
à Berlin . in 8 .
-M. Durand a publié une Brochure , intitulée
, C. Plinii senioris Historiæ natu
ralis ad Titum Imp. Præfatio. Ex Ms. Regia
Societatis et veteri Editione recensuit et
illustravit David Durandus , in 12. Il a
dedié cette Brochure par une Inscription
très-élegante à la Societé Royale , qui l'a
aggregé à son Corps.
La z . Partie de ce II . Tome contient les
mois d'Avril , May et Juin 17 :9. Voici
les Titres des 5 , 7, 11 , 12 et 13 Articles
de cette Partie.
Dissertation sur les Sens et sur l'Imagina
tion , et un Essai sur la Connoissance de soymême.
En Anglois. A Londres , chez J.
Jonson , dans le Strand , 1728. in 8 pp .
231.
OCTOBRE . 1731 2372
231. L'Auteur traite ces matieres en Metaphysicien
, c'est-à- dire , d'une maniere
très- abstraite , mais peu méthodique ;
y donnant quelquefois deux et trois définitions
d'une même chose. Cet ouvrage
est semblable à tous ceux qui paroissent
en ce genre ; c'est un Ecrivain qui donne
ses imaginations et ses idées particulieres ,
en laissant à chacun la liberté de penser ,
après la lecture de ses ouvrages , comme
il pensoit auparavant.
>
Dissertatio Epistolica & c. c'est - à - dire ,
Dissertation en forme de Lettre de Mr.
Buddeus , Professeur en Theologie à Fene ,
pour servir de défense modeste contre les objections
de M. Turrettin , Professeur en Theo
logie à Geneve au sujet de la Pythonisse
dEndor. Brochure in 4. de 24. pages. A
Jene
,
chez J. Frederic Ritter , 1727.
Des trois opinions qui partagent les Sçavans
sur l'Histoire de la Pythonisse d'Endor
, M. Turrettin ayant rejetté dans une
Dissertation , celle qui suppose que ce fût
l'ombre de Samuel qui apparût veritablement
à Saül , aussi - bien que celle qui at
tribuë aù Demon d'avoir pris la figure
qui parut dans ce moment , il avoit avan
cé qu'il y a toute apparence que tout cela
ne fût qu'un jeu et un artifice de cette
femme prétendue Necromancienne. Mr.
Bud1380
MERCURE DE FRANCE
Buddeus qui a embrassé la seconde opinion
, tâche de la justifier et de l'appuyer
par cette Dissertation . Le Journaliste se
déclare en faveur de M. Turrettin , et fait
quelques remarques sur cette Dissertation
, toutes favorables au Professeur de
Geneve ; il en donne ensuite une Lettre
adressée à M. Graf , posterieure à cette
Dissertation , dans laquelle M. Turrettin
combat le Professeur d'Iena , parcequ'il
faudroit dans son sentiment supposer que
le Diable pût faire de vrais Miracles
ce qui ne se peut admettre de leur com
mun aveu. Le Journaliste renvoye au
Traitté sur les Miracles , composé par J.
Sercés , contre le Docteur Clarke , pour
y voir les raisons alléguées de part et d'autre.
Quoiqu'il en soit , on remarque dans
la dispute de ces deux Professeurs une
grande modération jointe à toute la Politesse
imaginable ; c'est un exemple dont
tous les Sçavans devroient profiter dans
leurs combats Litteraires.-
des Sçavans de l'Europe , T. 2. premiere
et seconde Partie in 12. de 456.
pages. A Amsterdam , chez les Westeiens
et Smitti. 1729.
La premiere Partie , qui contient les
mois de Janvier , Fevrier et Mars , ne
nous fournit presque rien qui n'ait déja
été annoncé en 1729. dans les autres.
Journaux. Nous observerons seulement
que le style de celui-ci est peu châtié ; et
que les expressions triviales , et quelquefois
basses y sont souvent employées ;
ce qui soit dit sans préjudice de la réputation
que l'Auteur peut s'acquérir
d'ailleurs par son érudition. Voici ce que
nous apprennent les Nouvelles Litteraires
de la premiere Partie.
D'OXFORD. M. Hearne , qui continue
de nous donner des Pieces rares , vient
de publier deux Volumes in 8. sous ce titre.
Liber Scaccarii. E Codice , calamo exa
rato , sibique ipsi à Richardo Gravesio Mike
tetoniensi donato , descripsit , et nunc primum
edidit Thobearnius . Qui et cum dus,
Evj
bus
2376 MERCURE DE FRANCE
bus aliis Codicibus M. contulit , Wilhel
mique etiam Worcestrei Annales rerum Anglicarum
, ante hâc itidem in editos subjecit.
On conserve précieusement l'Original de
ce Livre noir. Le Manuscrit dont s'est
servi M. Hearne , explique dans le titre
ce que c'est que ce Livre. Exemplar ve-_
tusti Codias Ms. ( nigro velamine cooperti)
in scacario penès Rememoratorem Regis conservati.
Certificationes Feodorum Militum
quæ per majores.hujus Regni Barones , aliosde
Rege in capite tenentur , de quibus
auxilium ad Matildam , Regis Henrici secundi
filium , Henrico Romanorum Imperatori
maritandam levatum erat precipuè continens.
M. Hearne a ajoûté par maniere
de Supplément un Ecrit tiré de la Bibliotheque
Colonienne , iutitulé , Catalogus
tenentium Terras per singulas hundredas ,
sive Centurias in comitatu Lincolii tempore
R. Henrici II.
que
LONDRES. Le Nouveau Testament en
Grec et en Anglois , contenant le Texte Grec
corrigé sur l'autorité des Manuscrits les plus
authentiques , et une nouvelle Traduction
conforme aux Observations des plus sçavans
Commentateurs et des plus habiles Critiques:
avec des Remarques et les Variantes , et une
Table fort ample . in 8. 2. vol. L'Auteur
de cette Traduction n'a mis ni dans le
Texte,
OCTOBRE. 17312 2377
Texte , ni dans la Traduction le fameux
Passage des trois Témoins de la premiere
Epître de S. Jean , c. 5. v. 7. Il tâche de
justifier cette omission par les Peres et
par les Critiques modernes. Les Remarques
sont purement critiques : elles sont
placées à la fin de chaque livre , et sont
fort courtes.
On vient de faire une nouvelle Edition
des Oeuvres du feu Duc de Buckingham .
en 2. vol. in 8 .
y "' M. Wilson Chanoine de Lincoln
travaille à une Version Angloise de l'Histoire
de M. de Thou , faite sur l'Edition
de Geneve en 1620. Il en est déja ( au
mois de Mars 1729. ) à la onzième Brochure
car il l'a publiée par Brochures
qui paroissent de temps en temps.
,
On a traduit en Anglois l'Histoire de
la derniere Révolution de Perse , du Pere
Du Cerceau , 2. vol. in 8 .
M. Bundy vient de donner le second
Tome de - sa Traduction Angloise de
P'Histoire Romaine des PP. Catrou et
Rouillé , in fol . Il y en a une autre Traduction
qui s'imprime par Brochures
in 8 .
Voici le titre d'un ouvrage curieux.
The present state & c. c'est-à- dire , l'Etat
présent et les Reglemens de l'Eglise de Russie
,
2378 MERCURE DE FRANCE
sie , conformément à l'Edit du feu Czar.
Avec un second Volume , qui contient plusieurs
Pieces qui regardent les flottes de ce
Prince , son expedition à Derbent ,
&c.
traduite des Originaux écrits en Langue Esclavonne
et Russiennes et une Carie très-·
exacte de la Mer Caspienne . A quoy l'on a
ajouté une Préface Generale où l'on trouve
une Relation exacte et fidele de l'élevation ·
et de la chûte du Prince Menshicoff. Par
Tho. Codsel. M. A. ci - devant Chapelain
du Comptoir Anglois en Russie , et
Membre de la Societé Royale des Sciences
à Berlin . in 8 .
-M. Durand a publié une Brochure , intitulée
, C. Plinii senioris Historiæ natu
ralis ad Titum Imp. Præfatio. Ex Ms. Regia
Societatis et veteri Editione recensuit et
illustravit David Durandus , in 12. Il a
dedié cette Brochure par une Inscription
très-élegante à la Societé Royale , qui l'a
aggregé à son Corps.
La z . Partie de ce II . Tome contient les
mois d'Avril , May et Juin 17 :9. Voici
les Titres des 5 , 7, 11 , 12 et 13 Articles
de cette Partie.
Dissertation sur les Sens et sur l'Imagina
tion , et un Essai sur la Connoissance de soymême.
En Anglois. A Londres , chez J.
Jonson , dans le Strand , 1728. in 8 pp .
231.
OCTOBRE . 1731 2372
231. L'Auteur traite ces matieres en Metaphysicien
, c'est-à- dire , d'une maniere
très- abstraite , mais peu méthodique ;
y donnant quelquefois deux et trois définitions
d'une même chose. Cet ouvrage
est semblable à tous ceux qui paroissent
en ce genre ; c'est un Ecrivain qui donne
ses imaginations et ses idées particulieres ,
en laissant à chacun la liberté de penser ,
après la lecture de ses ouvrages , comme
il pensoit auparavant.
>
Dissertatio Epistolica & c. c'est - à - dire ,
Dissertation en forme de Lettre de Mr.
Buddeus , Professeur en Theologie à Fene ,
pour servir de défense modeste contre les objections
de M. Turrettin , Professeur en Theo
logie à Geneve au sujet de la Pythonisse
dEndor. Brochure in 4. de 24. pages. A
Jene
,
chez J. Frederic Ritter , 1727.
Des trois opinions qui partagent les Sçavans
sur l'Histoire de la Pythonisse d'Endor
, M. Turrettin ayant rejetté dans une
Dissertation , celle qui suppose que ce fût
l'ombre de Samuel qui apparût veritablement
à Saül , aussi - bien que celle qui at
tribuë aù Demon d'avoir pris la figure
qui parut dans ce moment , il avoit avan
cé qu'il y a toute apparence que tout cela
ne fût qu'un jeu et un artifice de cette
femme prétendue Necromancienne. Mr.
Bud1380
MERCURE DE FRANCE
Buddeus qui a embrassé la seconde opinion
, tâche de la justifier et de l'appuyer
par cette Dissertation . Le Journaliste se
déclare en faveur de M. Turrettin , et fait
quelques remarques sur cette Dissertation
, toutes favorables au Professeur de
Geneve ; il en donne ensuite une Lettre
adressée à M. Graf , posterieure à cette
Dissertation , dans laquelle M. Turrettin
combat le Professeur d'Iena , parcequ'il
faudroit dans son sentiment supposer que
le Diable pût faire de vrais Miracles
ce qui ne se peut admettre de leur com
mun aveu. Le Journaliste renvoye au
Traitté sur les Miracles , composé par J.
Sercés , contre le Docteur Clarke , pour
y voir les raisons alléguées de part et d'autre.
Quoiqu'il en soit , on remarque dans
la dispute de ces deux Professeurs une
grande modération jointe à toute la Politesse
imaginable ; c'est un exemple dont
tous les Sçavans devroient profiter dans
leurs combats Litteraires.-
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Résumé : Bibliotheque raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un résumé de la 'BIBLIOTHEQUE RAISONNEE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe', volume 2, publié en 1729 à Amsterdam. La première partie, couvrant les mois de janvier, février et mars, ne contient que peu d'informations nouvelles par rapport à d'autres journaux de l'époque. Le style est jugé peu châtié, avec des expressions triviales et parfois basses. Les 'Nouvelles Littéraires' mentionnent plusieurs publications notables. À Oxford, M. Hearne a publié deux volumes intitulés 'Liber Scaccarii', basés sur un manuscrit rare. Il a également ajouté un supplément tiré de la Bibliothèque Colonienne. À Londres, une nouvelle édition du Nouveau Testament en grec et en anglais a été publiée, omettant le passage des trois témoins dans la première Épître de Saint Jean. Une nouvelle édition des œuvres du Duc de Buckingham et une traduction en anglais de l'Histoire de M. de Thou sont également signalées. Une traduction de l'Histoire de la dernière Révolution de Perse du Père Du Cerceau et le second tome de la traduction anglaise de l'Histoire Romaine des Pères Catrou et Rouillé sont également mentionnés. Le second volume couvre les mois d'avril, mai et juin 1729. Parmi les articles notables, on trouve une 'Dissertation sur les Sens et sur l'Imagination' en anglais, jugée abstraite et peu méthodique, et une 'Dissertatio Epistolica' de M. Buddeus défendant une opinion sur la Pythonisse d'Endor contre les objections de M. Turrettin. La dispute entre les deux professeurs est marquée par une grande modération et politesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1840
p. 2380-2384
Oeuvres de M de S. Evremont, [titre d'après la table]
Début :
OEUVRES de M. de S. Evremond, publiées sur les Manuscrits, avec la vie de [...]
Mots clefs :
Manuscrits, Figures gravées, Anecdotes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Oeuvres de M de S. Evremont, [titre d'après la table]
OEUVRES de M. de S. Evremond , publiées
sur les Manuscrits , avec la vie de
Auteur , par M. Des Maizeaux , Membre
de la Societé Royale . Quatrième Edition ;
revue , corrigée et augmentée. Enrichie de figures
gravées par B. Picart le Romain. A
Amsterdam chez Covens et Mortier.
17.6. 5. vol. in 12:
,
On
OCTOBRE. - 1731. 2385
On trouve dans cet Article une énumeration
de toutes les differentes Editions
, bonnes ou falcifiées , qui se sont
faites de cet Ouvrage en differens endroits.
On y trouve aussi les avantages
que cette Edition peut avoir sur les autres.
M. Des Maizeaux a mis la vie de M.
de S. Evremond à la tête. Il y a beaucoup
d'Anecdotes qu'il dit tenir de M. de S.
Evremond même. L'Editeur a fait entres
dans cette vie l'Histoire ou le Catalogue
raisonné des Ouvrages de cet Auteur. Il
a ajoûté dans cette Edition plusieurs Pieces
qui ne se trouvent point dans les
autres.
A la suite de ce . Article , le Journaliste
en a placé un autre qui regarde
aussi quelques Ouvrages de M. de S. Evremond
, donnez au Public par le même
Editeur. En voici leTitre seulement . Mé-
Lange curieux des meilleures Pieces attribuées
à M. de S. Evremond , et de quelques au
tres Ouvrages rares ou nouveaux . Troisiéme
Edition , où l'on a retranché plusieurs Pieces
pour en ajoûter de plus interessantes , enrichie
de figures gravées par B. Picart le Romain.
A Amsterdam chez Covens et
Mortier , 1726. 2. vol . 12.
و
. Lettres à M. Mead , Docteur en Medecine
, touchant une nouvelle Edition de l'Histoire
2382 MERCURE DE FRANCE
toire de M. de Thon , traduites de l'Anglois.
A Londres , 1729. in 12. de 44 :
pages pour la premiere Lettre , et de 61 .
pour
la seconde.
M. Buckley est l'Auteur de ces Lettres
qui parurent en Anglois en 1728. C'est
lui- même qui a entrepris cette Edition .
Voici le Plan sur lequel il travaille . It
donnera pour Texte l'Edition toute entiere
de Lingelsheim , à qui M. de Thou
avoit envoyé peu de temps avant sa mort
une copie de son ouvrage , que Lingelsheim
fit imprimer à Geneve en 1620.
L'Editeur mettra au bas des pages les diverses
Leçons des Editions qui se firent à
Paris pendant la vie dè l'Auteur , et dont
celles de Francfort ne furent durant ca
temps - là que d'infideles copies . Il distinguera
,
à
de même les corrections et les Additions
que MM. Dupuy et Rigault
qui M. de Thou avoit confié par son Testament
, le soin de publier son Histoire ,
ont eu soin de faire dans i'Edition de Geneve
, dans laquelle il s'étoit glissé quantité
de fautes . Ces additions et ces corrections
faites par les Executeurs du Testament
de M. de Thou sur les papiers
qu'il leur avoit laissés , paroîtront à la
marge , à moins qu'elles ne regardent
seulement que des fautes de Copiste ou
,
d'I'm
OCTOBRE . 1731 2383
d'Imprimeur , ce qui dès là ne sera point
distingué du Texte ; il accompagnera
tout cela d'un Recücil , suivant l'ordre
des temps
, de Lettres imprimées et manuscrites
, qui contiennent des particula
ritez au sujet des changemens , corrections
, censures &c. de l'Histoire de Mr.
de Thou , pendant que l'Auteur fût en
vie mais ce qui n'est pas de moindre
importance , c'est une Interprétation authentique
écrite de la propre main de M.
Pierre Dupuy , des noms propres que M..
de Thou à déguisés à dessein , dont M.
Buckley enrichit son Edition.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires , que M. G. Merville et Dander
Kloot ont imprimé sur la copie de Paris ,
les oeuvres diverses de M. de la Fontaine,
en 4. petits Volumes. On trouve dans
cette Edition ses Oeuvres posthumes ,
plusieurs Pieces tirées de divers Recüeils,
et d'autres qui n'ont jamais paru , et que
l'on a eues des amis de M. de la Fontaine,
et de la Veuve de son Fils .
On a imprimé à Geneve une Réfutation
d'un Officier , mort au service des
Hollandois , de l'Hypothese de M. Ru→
chat , Professeur en Droit et en Histoire ,
de l'Académie de Lausanne , sur la
ques
tion
2384 MERCURE DE FRANCE
, tion si un particulier peut s'engager au
service d'un Prince Etranger sans s'informer
de la justice ou de l'injustice de la Guerre
qu'il a sur les bras ; et si un Souverain peut
fournir des Troupes aux deux Paris opposez.
On apprend de Valence en Espagne ;
que MM. de Mayans et Bordafar ons
traduit de l'Italien en Espagnol , le Monde
trompé par les Medecins de Joseph
Gafola.
sur les Manuscrits , avec la vie de
Auteur , par M. Des Maizeaux , Membre
de la Societé Royale . Quatrième Edition ;
revue , corrigée et augmentée. Enrichie de figures
gravées par B. Picart le Romain. A
Amsterdam chez Covens et Mortier.
17.6. 5. vol. in 12:
,
On
OCTOBRE. - 1731. 2385
On trouve dans cet Article une énumeration
de toutes les differentes Editions
, bonnes ou falcifiées , qui se sont
faites de cet Ouvrage en differens endroits.
On y trouve aussi les avantages
que cette Edition peut avoir sur les autres.
M. Des Maizeaux a mis la vie de M.
de S. Evremond à la tête. Il y a beaucoup
d'Anecdotes qu'il dit tenir de M. de S.
Evremond même. L'Editeur a fait entres
dans cette vie l'Histoire ou le Catalogue
raisonné des Ouvrages de cet Auteur. Il
a ajoûté dans cette Edition plusieurs Pieces
qui ne se trouvent point dans les
autres.
A la suite de ce . Article , le Journaliste
en a placé un autre qui regarde
aussi quelques Ouvrages de M. de S. Evremond
, donnez au Public par le même
Editeur. En voici leTitre seulement . Mé-
Lange curieux des meilleures Pieces attribuées
à M. de S. Evremond , et de quelques au
tres Ouvrages rares ou nouveaux . Troisiéme
Edition , où l'on a retranché plusieurs Pieces
pour en ajoûter de plus interessantes , enrichie
de figures gravées par B. Picart le Romain.
A Amsterdam chez Covens et
Mortier , 1726. 2. vol . 12.
و
. Lettres à M. Mead , Docteur en Medecine
, touchant une nouvelle Edition de l'Histoire
2382 MERCURE DE FRANCE
toire de M. de Thon , traduites de l'Anglois.
A Londres , 1729. in 12. de 44 :
pages pour la premiere Lettre , et de 61 .
pour
la seconde.
M. Buckley est l'Auteur de ces Lettres
qui parurent en Anglois en 1728. C'est
lui- même qui a entrepris cette Edition .
Voici le Plan sur lequel il travaille . It
donnera pour Texte l'Edition toute entiere
de Lingelsheim , à qui M. de Thou
avoit envoyé peu de temps avant sa mort
une copie de son ouvrage , que Lingelsheim
fit imprimer à Geneve en 1620.
L'Editeur mettra au bas des pages les diverses
Leçons des Editions qui se firent à
Paris pendant la vie dè l'Auteur , et dont
celles de Francfort ne furent durant ca
temps - là que d'infideles copies . Il distinguera
,
à
de même les corrections et les Additions
que MM. Dupuy et Rigault
qui M. de Thou avoit confié par son Testament
, le soin de publier son Histoire ,
ont eu soin de faire dans i'Edition de Geneve
, dans laquelle il s'étoit glissé quantité
de fautes . Ces additions et ces corrections
faites par les Executeurs du Testament
de M. de Thou sur les papiers
qu'il leur avoit laissés , paroîtront à la
marge , à moins qu'elles ne regardent
seulement que des fautes de Copiste ou
,
d'I'm
OCTOBRE . 1731 2383
d'Imprimeur , ce qui dès là ne sera point
distingué du Texte ; il accompagnera
tout cela d'un Recücil , suivant l'ordre
des temps
, de Lettres imprimées et manuscrites
, qui contiennent des particula
ritez au sujet des changemens , corrections
, censures &c. de l'Histoire de Mr.
de Thou , pendant que l'Auteur fût en
vie mais ce qui n'est pas de moindre
importance , c'est une Interprétation authentique
écrite de la propre main de M.
Pierre Dupuy , des noms propres que M..
de Thou à déguisés à dessein , dont M.
Buckley enrichit son Edition.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires , que M. G. Merville et Dander
Kloot ont imprimé sur la copie de Paris ,
les oeuvres diverses de M. de la Fontaine,
en 4. petits Volumes. On trouve dans
cette Edition ses Oeuvres posthumes ,
plusieurs Pieces tirées de divers Recüeils,
et d'autres qui n'ont jamais paru , et que
l'on a eues des amis de M. de la Fontaine,
et de la Veuve de son Fils .
On a imprimé à Geneve une Réfutation
d'un Officier , mort au service des
Hollandois , de l'Hypothese de M. Ru→
chat , Professeur en Droit et en Histoire ,
de l'Académie de Lausanne , sur la
ques
tion
2384 MERCURE DE FRANCE
, tion si un particulier peut s'engager au
service d'un Prince Etranger sans s'informer
de la justice ou de l'injustice de la Guerre
qu'il a sur les bras ; et si un Souverain peut
fournir des Troupes aux deux Paris opposez.
On apprend de Valence en Espagne ;
que MM. de Mayans et Bordafar ons
traduit de l'Italien en Espagnol , le Monde
trompé par les Medecins de Joseph
Gafola.
Fermer
Résumé : Oeuvres de M de S. Evremont, [titre d'après la table]
Le document traite de diverses publications et éditions d'œuvres littéraires et historiques. Il commence par mentionner les œuvres de M. de Saint-Évremond, publiées par M. Des Maizeaux. Cette édition inclut une biographie de l'auteur et des pièces inédites, enrichies de figures gravées par B. Picart. Elle est publiée à Amsterdam chez Covens et Mortier. Le texte énumère également les différentes éditions de ces œuvres, en soulignant les avantages de cette édition par rapport aux autres. Un autre article du document aborde une édition intitulée 'Mélange curieux des meilleures pièces attribuées à M. de Saint-Évremond', également publiée par M. Des Maizeaux à Amsterdam chez Covens et Mortier en 1726. Cette édition est enrichie de nouvelles pièces et de figures gravées par B. Picart. Le document mentionne aussi des lettres de M. Buckley à M. Mead concernant une nouvelle édition de l'histoire de M. de Thou. Cette édition utilise le texte de Lingelsheim, imprimé à Genève en 1620, et inclut des corrections et des additions faites par MM. Dupuy et Rigault, exécuteurs testamentaires de M. de Thou. L'éditeur prévoit également d'inclure un recueil de lettres et une interprétation authentique des noms propres déguisés par M. de Thou. Enfin, le texte note la publication des œuvres diverses de M. de La Fontaine à Paris, incluant des œuvres posthumes et des pièces inédites. Il mentionne également une réfutation de l'hypothèse de M. Ruchat sur des questions de droit et d'histoire, publiée à Genève, ainsi qu'une traduction en espagnol du 'Monde trompé par les médecins' de Joseph Gafola, réalisée par MM. de Mayans et Bordafar en Espagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1841
p. 2384-2391
Reception de M. de Crebillon à l'Acad. Franç [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Françoise n'a point donné cette année les Prix d'Eloquence et de Poësie [...]
Mots clefs :
Mort, Académie, Roi, Académie française, Prix d'éloquence et de poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception de M. de Crebillon à l'Acad. Franç [titre d'après la table]
L'Académie Françoise n'a point donné
cette année les Prix d'Eloquence et de Poë
sie , qu'elle a coûtume de distribuer le
jour de la Fête de S. Louis . Ils sont reservez
pour l'Année prochaine .
Cette Académie élut le 19. AoûtM.
'de Crebillon , pour remplir la place vacante
par la mort de M. de la Faye. Le
nouvel Académicien prit séance le Jeudy
27. Septembre , er prononça un Remerciment
en Vers digne de la réputation
que ses grands talens pour le Poëme Dra.
matique lui ont acquise , et que nous sommes
mortifiez de ne pouvoir pas mettre ici
en entier pour la satisfaction de nos Lecteurs
: reduits à n'en donner qu'un précis
nous ne sommes pas peu embarassez sur
le choix car le grand , le nerveux , le
sublime
OCTOBRE. 1731. 23.85.
sublime regne par tout. Ce remerciment ,
composé de 1-18 . Vers , souvent croiscz
commence ainsi :
Muse, voici le jour si long- temps attendu,,
Jour dont aucun espoir ne m'annonçoit l'Aurore,
Jour heureux qui pour nous ne luisoit point
encore ,
Si de nos seuls succès sa course eût dépendu.
Muse , vous le voyez , une troupe immortelle
Daigne vous partager ses honneurs , ses emplois :
Parlez ; et , s'il se peut , justifiez son choix :
Mais ne prononcez rien qui ne soit digne d'elle,
Le Poëte invoque ensuite Apollon ,
pour pouvoir dignement lotier ses Nlustres
Confreres.
}
Dieu des Vers
Elûs ,
> aux rayons dont brillent tes
Souffre pour un moment que mon fen se ra
lume,
Je les vois tous couverts de ces rayons divins :
Dans leurs mains chaque jour tu déposes ta Lyre
Ma Muse , un jour de gloire est un jour de délire
, }
Sers mon audace , et prens la Lyre dans leure
mains
Après
2386 MERCURE DE FRANCE
Après la déscription de l'Académie et
des Académiciens , on lit ces Portraits :
Ame de Richelieu , contemple ton ouvrage,
Qui doit ainsi que toi percer la nuit des tems ?
Ces illustres Mortels sans cesse renaissans ,
Comme pour t'assurer un éternel hommage.
Dans l'art de gouverner moins Ministre que
Roy ,
L'Univers en tremblant , adora ton genie ;
Tout plia devant toi dans le cours de ta vie ;
Tu soûmets l'avenir , et regnes après toi , &e
Louis , ô nom cheri ! Souverain adorable ,
Des caprices du sort exemple mémorable ,
A tes Manes sacrés nous n'offrons plus de fleurs ;
Que nos regrets profonds n'arrosent de nos
pleurs.
Vous , qui l'avez suivi de victoire en victoire ,
A la fois Compagnon , et témoin de sa gloire ,
Qui de tout vôtre sang sçûtes la consacrer ,
Guerrier , qui mieux que vous pourroit la céle◄
brer ?
Quel Roi mérita mieux une auguste loüange ? ``.
De dons et de vertus quel précieux mélange
C'étoit après les Dieux , l'ame de l'univers , &c.
Le
OCTOBR E. 1731. 2387
Le Portrait du Roy est terminé par ces
deux beaux Vers.
Juste , Clement , Pieux , son austere jeunesse
Semble déja dicter les loix de la vieillesse .
Un Ministre attentif , prudent , religieux ,
Fuyant des vains Lauriers l'éclat ambitieux ,
Qui sçait , du bien public sage dépositaire ,
User en Citoyen du pouvoir arbitraire ;
Aigle de Jupiter , maïs ami de la Paix ,
Il gouverne la foudre , et ne tonne jamais .
LOUIS , c'est mériter l'Empire de la Terre ,
Que sçavoir dignement confier son Tonnere, & c.
Ce Poëme est terminé par le Portrait
de M. de la Faye , dont nous ne prendrons
que ces 4.
ces 4. Vers.
Le goût du vray, du beau , Censeur ingenieux ,
Qui , sans humilier , montroit à faire mieux ;
Le Sel Athenien , l'Urbanité Romaine ;
Tour à tour Lelius , Malherbe , ou la Fontaine ;
Si nous avons été embarrassez dans
l'Extrait qu'on vient de lire nous voici
encore plus en peine sur la réponse faite
par M. Hardion , Directeur de l'Académie.
Que prendre en effet dans un Discours
de 80. lignes de Prose , d'un stile
concis , simple , et aussi noble que naturel
.
2388 MERCURE DE FRANCE
> rel ? Nous nous bornons à deux traits
l'un sur l'Académicien qui n'est plus ,
l'autre sur celui qui le remplace. Nous
demandons pardon à l'Auteur et au Lecteur
, d'être obligez de tronquer un Dis
cours dont on ne sçauroit rien retrancher
qu'aux dépens de l'un et de l'autre.
MONSIEUR ,
Une mort précipitée nous a enlevé un
Confrere , que le caractere de son esprit
et la douceur de ses moeurs , nous font
également regretter. Né avec d'heureuses
dispositions pour la Poësie , M. de la
Faye en fit son plus agréable amusement ,
et réussit dans les differens genres où son
goût l'avoit porté. Soit que dans des sujets
galans il se plût à exprimer , ou les
sentimens d'un coeur tendre et délicat ,
ou les transports d'une joye aimable ; soit
qu'avec la Lyre de Malherbe , il celebrat
sur un ton plus sérieux et plus élevé , les
puissans charmes de l'harmonie , l'ame
des beaux Vers , et en soûtint les Privileges
contre un illustre ami Mr. de la
Motte , qui s'étoit fait un jeu de les attaquer
, pour l'exciter à les établir plus solidement
sous quelque forme qu'il ait
voulu se montrer , il a fait voir par tout
une imagination feconde et brillante , un
genic
OCTOBRE 17318 2389
genie simple , aisé , naïf , toûjours ennemi
de l'affectation , et de cette paiure recherchée
qui détruit les vrayes beautez
de la nature.
Mais aussi simple dans ses moeurs que
dans ses Ecrits , il fut regardé comme un
modele des vertus propres pour la Societé
et autant qu'on estimoit dans ses
Poësies l'agrément , l'élegance , la délicatesse
, autant on aimoit dins sa personne
la docilité , la mode tie , la politesse , et
sur tout , une gayeté douce et spirituelle
dont il assai onnoit tous ses discou s.
M Hardion continuant de répondre au
nouvel Académicien , lui dit que son
élection a eu autint d'Approbateurs qu'il
y a de Personnes éclairées sur le vrai mérite
..... que ses Tragedies , depuis longtemps
l'objet de l'admiration publique ,
seront un sujet d'émulation dans les siécles
à venir On peut , Monsieur , poursuit
il par le faux éclat de quelques
fleurs passageres , ébloüir pour un instant
des Spectateurs avides de nouveautez . Ils
cedent d'abord à la douce illusion d'un
trait lumineux d'une pasée plus specieu
e que solide et ne dé elent pas
toûjours du premier coup d'oeil , le vice
caché sous l'apparenc de l beuté. Mais
lor que des Poëmes tels que les vôtres ,
›
,
F. Mon
2390 MERCURE DE FRANCE
Monsieur , redemandés avec empressement
, reparoissent toûjours plus beaux
et plus dignes d'être applaudis lorsque
livrés au grand jour de l'impression , plus
dangereux encore que celui de la représentation
, ils ont soutenu le rigoureux
examen du Censeur , recueilli dans le silence
de son Cabinet , lorsqu'ils ont résisté
aux efforts de l'envie toûjours armée
contre les Auteurs vivans.: quelles preu
ves plus certaines peut- on desirer de leur
perfection ? quels présages plus assurés de
Ieur durée & c.
Les Cartes qui font dans l'Hiftoire de l'Isle de
S. Domingue , du R. P. de Charlevoix , Jesuite .
de laquelle on a fait mention dans le Mercure
précédent , sont de M. d'Anville , Géographe or¬
dinaire du Roy , dont on a remarqué que le nom
n'étoit pas donné correctement dans cet article
page 2159.
On peut dire en général des divers Sujets
traitez dans ces Cartes, mais principalement à l'égard
de toute l'étendue de la Carte generale , qui
comprend une partie confiderable et la plus fréquentée
du nouveau Monde, que l'Auteur ayant
trouvé la matiere comme toute neuve , quoique
déja traitée par presque tous les Géographes, elle
paroît sortie de ses mains avec plus de détail et de
précision qu'on n'y en avoit encore mis. L'Auteur
que plusieurs personnes aussi touchées du progrès
general de la Géographie , que de sa réputation
particuliere , avoient excité à écrire sur le détail
de cet Ouvrage , s'eft trouvé mortifié de n'avoir
раз
OCTOBRE. 1721. 23༡ ་
Pas le tems de le faire , pensant qu'il auroit peutêtre
été agréable pour le public,et sûrement avantageux
pour son Ouvrage, le rendre compted'une
infinité de circonstances assez curieuses , et peu
familieres , tirées la plupart des Histoires particulieres
des Espagnols , que tout le monde ne
peut pas lire dans leur langue, dans tout leur détail
, inconnues sur tout aux Géographes , quoique
la connoissance interieure des vastes païs, sous
la domination du Roy d'Espagne , dépende de
celle de leurs Ecrivains , qui seuls ont pû en être
suffisamment instruirs.
cette année les Prix d'Eloquence et de Poë
sie , qu'elle a coûtume de distribuer le
jour de la Fête de S. Louis . Ils sont reservez
pour l'Année prochaine .
Cette Académie élut le 19. AoûtM.
'de Crebillon , pour remplir la place vacante
par la mort de M. de la Faye. Le
nouvel Académicien prit séance le Jeudy
27. Septembre , er prononça un Remerciment
en Vers digne de la réputation
que ses grands talens pour le Poëme Dra.
matique lui ont acquise , et que nous sommes
mortifiez de ne pouvoir pas mettre ici
en entier pour la satisfaction de nos Lecteurs
: reduits à n'en donner qu'un précis
nous ne sommes pas peu embarassez sur
le choix car le grand , le nerveux , le
sublime
OCTOBRE. 1731. 23.85.
sublime regne par tout. Ce remerciment ,
composé de 1-18 . Vers , souvent croiscz
commence ainsi :
Muse, voici le jour si long- temps attendu,,
Jour dont aucun espoir ne m'annonçoit l'Aurore,
Jour heureux qui pour nous ne luisoit point
encore ,
Si de nos seuls succès sa course eût dépendu.
Muse , vous le voyez , une troupe immortelle
Daigne vous partager ses honneurs , ses emplois :
Parlez ; et , s'il se peut , justifiez son choix :
Mais ne prononcez rien qui ne soit digne d'elle,
Le Poëte invoque ensuite Apollon ,
pour pouvoir dignement lotier ses Nlustres
Confreres.
}
Dieu des Vers
Elûs ,
> aux rayons dont brillent tes
Souffre pour un moment que mon fen se ra
lume,
Je les vois tous couverts de ces rayons divins :
Dans leurs mains chaque jour tu déposes ta Lyre
Ma Muse , un jour de gloire est un jour de délire
, }
Sers mon audace , et prens la Lyre dans leure
mains
Après
2386 MERCURE DE FRANCE
Après la déscription de l'Académie et
des Académiciens , on lit ces Portraits :
Ame de Richelieu , contemple ton ouvrage,
Qui doit ainsi que toi percer la nuit des tems ?
Ces illustres Mortels sans cesse renaissans ,
Comme pour t'assurer un éternel hommage.
Dans l'art de gouverner moins Ministre que
Roy ,
L'Univers en tremblant , adora ton genie ;
Tout plia devant toi dans le cours de ta vie ;
Tu soûmets l'avenir , et regnes après toi , &e
Louis , ô nom cheri ! Souverain adorable ,
Des caprices du sort exemple mémorable ,
A tes Manes sacrés nous n'offrons plus de fleurs ;
Que nos regrets profonds n'arrosent de nos
pleurs.
Vous , qui l'avez suivi de victoire en victoire ,
A la fois Compagnon , et témoin de sa gloire ,
Qui de tout vôtre sang sçûtes la consacrer ,
Guerrier , qui mieux que vous pourroit la céle◄
brer ?
Quel Roi mérita mieux une auguste loüange ? ``.
De dons et de vertus quel précieux mélange
C'étoit après les Dieux , l'ame de l'univers , &c.
Le
OCTOBR E. 1731. 2387
Le Portrait du Roy est terminé par ces
deux beaux Vers.
Juste , Clement , Pieux , son austere jeunesse
Semble déja dicter les loix de la vieillesse .
Un Ministre attentif , prudent , religieux ,
Fuyant des vains Lauriers l'éclat ambitieux ,
Qui sçait , du bien public sage dépositaire ,
User en Citoyen du pouvoir arbitraire ;
Aigle de Jupiter , maïs ami de la Paix ,
Il gouverne la foudre , et ne tonne jamais .
LOUIS , c'est mériter l'Empire de la Terre ,
Que sçavoir dignement confier son Tonnere, & c.
Ce Poëme est terminé par le Portrait
de M. de la Faye , dont nous ne prendrons
que ces 4.
ces 4. Vers.
Le goût du vray, du beau , Censeur ingenieux ,
Qui , sans humilier , montroit à faire mieux ;
Le Sel Athenien , l'Urbanité Romaine ;
Tour à tour Lelius , Malherbe , ou la Fontaine ;
Si nous avons été embarrassez dans
l'Extrait qu'on vient de lire nous voici
encore plus en peine sur la réponse faite
par M. Hardion , Directeur de l'Académie.
Que prendre en effet dans un Discours
de 80. lignes de Prose , d'un stile
concis , simple , et aussi noble que naturel
.
2388 MERCURE DE FRANCE
> rel ? Nous nous bornons à deux traits
l'un sur l'Académicien qui n'est plus ,
l'autre sur celui qui le remplace. Nous
demandons pardon à l'Auteur et au Lecteur
, d'être obligez de tronquer un Dis
cours dont on ne sçauroit rien retrancher
qu'aux dépens de l'un et de l'autre.
MONSIEUR ,
Une mort précipitée nous a enlevé un
Confrere , que le caractere de son esprit
et la douceur de ses moeurs , nous font
également regretter. Né avec d'heureuses
dispositions pour la Poësie , M. de la
Faye en fit son plus agréable amusement ,
et réussit dans les differens genres où son
goût l'avoit porté. Soit que dans des sujets
galans il se plût à exprimer , ou les
sentimens d'un coeur tendre et délicat ,
ou les transports d'une joye aimable ; soit
qu'avec la Lyre de Malherbe , il celebrat
sur un ton plus sérieux et plus élevé , les
puissans charmes de l'harmonie , l'ame
des beaux Vers , et en soûtint les Privileges
contre un illustre ami Mr. de la
Motte , qui s'étoit fait un jeu de les attaquer
, pour l'exciter à les établir plus solidement
sous quelque forme qu'il ait
voulu se montrer , il a fait voir par tout
une imagination feconde et brillante , un
genic
OCTOBRE 17318 2389
genie simple , aisé , naïf , toûjours ennemi
de l'affectation , et de cette paiure recherchée
qui détruit les vrayes beautez
de la nature.
Mais aussi simple dans ses moeurs que
dans ses Ecrits , il fut regardé comme un
modele des vertus propres pour la Societé
et autant qu'on estimoit dans ses
Poësies l'agrément , l'élegance , la délicatesse
, autant on aimoit dins sa personne
la docilité , la mode tie , la politesse , et
sur tout , une gayeté douce et spirituelle
dont il assai onnoit tous ses discou s.
M Hardion continuant de répondre au
nouvel Académicien , lui dit que son
élection a eu autint d'Approbateurs qu'il
y a de Personnes éclairées sur le vrai mérite
..... que ses Tragedies , depuis longtemps
l'objet de l'admiration publique ,
seront un sujet d'émulation dans les siécles
à venir On peut , Monsieur , poursuit
il par le faux éclat de quelques
fleurs passageres , ébloüir pour un instant
des Spectateurs avides de nouveautez . Ils
cedent d'abord à la douce illusion d'un
trait lumineux d'une pasée plus specieu
e que solide et ne dé elent pas
toûjours du premier coup d'oeil , le vice
caché sous l'apparenc de l beuté. Mais
lor que des Poëmes tels que les vôtres ,
›
,
F. Mon
2390 MERCURE DE FRANCE
Monsieur , redemandés avec empressement
, reparoissent toûjours plus beaux
et plus dignes d'être applaudis lorsque
livrés au grand jour de l'impression , plus
dangereux encore que celui de la représentation
, ils ont soutenu le rigoureux
examen du Censeur , recueilli dans le silence
de son Cabinet , lorsqu'ils ont résisté
aux efforts de l'envie toûjours armée
contre les Auteurs vivans.: quelles preu
ves plus certaines peut- on desirer de leur
perfection ? quels présages plus assurés de
Ieur durée & c.
Les Cartes qui font dans l'Hiftoire de l'Isle de
S. Domingue , du R. P. de Charlevoix , Jesuite .
de laquelle on a fait mention dans le Mercure
précédent , sont de M. d'Anville , Géographe or¬
dinaire du Roy , dont on a remarqué que le nom
n'étoit pas donné correctement dans cet article
page 2159.
On peut dire en général des divers Sujets
traitez dans ces Cartes, mais principalement à l'égard
de toute l'étendue de la Carte generale , qui
comprend une partie confiderable et la plus fréquentée
du nouveau Monde, que l'Auteur ayant
trouvé la matiere comme toute neuve , quoique
déja traitée par presque tous les Géographes, elle
paroît sortie de ses mains avec plus de détail et de
précision qu'on n'y en avoit encore mis. L'Auteur
que plusieurs personnes aussi touchées du progrès
general de la Géographie , que de sa réputation
particuliere , avoient excité à écrire sur le détail
de cet Ouvrage , s'eft trouvé mortifié de n'avoir
раз
OCTOBRE. 1721. 23༡ ་
Pas le tems de le faire , pensant qu'il auroit peutêtre
été agréable pour le public,et sûrement avantageux
pour son Ouvrage, le rendre compted'une
infinité de circonstances assez curieuses , et peu
familieres , tirées la plupart des Histoires particulieres
des Espagnols , que tout le monde ne
peut pas lire dans leur langue, dans tout leur détail
, inconnues sur tout aux Géographes , quoique
la connoissance interieure des vastes païs, sous
la domination du Roy d'Espagne , dépende de
celle de leurs Ecrivains , qui seuls ont pû en être
suffisamment instruirs.
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Résumé : Reception de M. de Crebillon à l'Acad. Franç [titre d'après la table]
En octobre 1731, l'Académie Françoise n'a pas attribué les Prix d'Éloquence et de Poésie, habituellement décernés lors de la fête de Saint-Louis, et les a reportés à l'année suivante. Le 19 août, l'Académie a élu Claude-Prosper Jolyot de Crébillon pour remplacer M. de la Faye, décédé. Crébillon a pris séance le 27 septembre et a prononcé un remerciement en vers, soulignant ses talents en poésie dramatique. Ce discours, composé de 118 vers, invoquait la Muse et Apollon pour justifier son élection et honorer ses confrères. Le texte mentionne également des portraits des académiciens et du roi Louis, louant ses vertus et son gouvernement. Le portrait de M. de la Faye est brièvement cité, soulignant son goût pour la poésie et ses qualités personnelles. M. Hardion, directeur de l'Académie, a répondu au nouvel académicien en louant ses tragédies et leur valeur durable. Enfin, le texte évoque les cartes de l'histoire de l'île de Saint-Domingue du père Charlevoix, réalisées par M. d'Anville, géographe du roi. Ces cartes sont saluées pour leur détail et leur précision, bien que l'auteur n'ait pas eu le temps de les compléter avec des informations supplémentaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1842
p. 2391-2394
DESCRIPTION d'un Globe celeste mouvant, qui represente le mouvement du Soleil, de la Lune et des Etoiles fixes, inventé par M. Outhier, Prêtre du Diocèse de Besançon, et presenté par l'Autheur à l'Academie Royale des Sciences, le 26 Juillet 1727.
Début :
On voit d'abord un Globe celeste, porté par l'Axe du monde dans un Cercle méridien, [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Étoiles fixes, Machine, Lune, Sonnerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION d'un Globe celeste mouvant, qui represente le mouvement du Soleil, de la Lune et des Etoiles fixes, inventé par M. Outhier, Prêtre du Diocèse de Besançon, et presenté par l'Autheur à l'Academie Royale des Sciences, le 26 Juillet 1727.
OF
N voit d'abord un Globe celeste, porté par
l'Axe du monde dans un Cercle méridien ,
qui est engagé dans l'horizon à l'élevation du Polet
aux Spheres ordinaires. Sur ce Globe sont représentées
toutes les constellations et les Etoiles fixes,
et au dedans est enfermé le mouvement d'une
Pendule qui le fait mouvoir,et lui fait achever sa
révolution d'Orient en Occident , heures ,
16 minutes et quelques secondes, sur les Poles du
monde.
en 23
Pendant que le Globe tourne ainsi , une Aiguille
marque les heures du temps moyen , sur un petit
Cadran , qui est attaché fur le Méridien , au Pole
Arctique ; et en même temps un second mou-
Fij vement
2392 MERCURE
DE FRANCE
vement , qui est conduit par le premier , donne
sur les Poles de l'Eccliptique les mouvemens
propres du Soleil , de la Lune et des Nuës , par
le moyen d'une piece excentrique & de trois branches
,dont l'une porte le Soleil , qui demeure par
la construction de la Machine, huit jours de plus
dans les signes Septentrionaux, que dans les Méridionaux.
La seconde branche conduit la Lune
qui est portée sur la troisiéme ; & cette troisiéme
est dirigée par l'Excentrique , pour faire prendre
à la Lune ses latitudes Septentrionale & Méridionale
. L'Excentrique a aussi son mouvement
particulier , pour donner le mouvement des
noeuds. La Lune outre cela , ou plutôt le petit
Globe d'yvoire qui le représente, tourne sur son
centre et prefente toujours la moitié qui est blanche
vers le Soleil.
Par tous ces mouvemens on connoît le lever ,
le paffage au Meridien , le coucher , les amp itudes
ortives & occases , les differentes élevations
fous le Meridien du Soleil, de la Lune et des Etoiles
fixes ; les conjonctions du Soleil et de la Lune,
celles qui font Ecliptiques & celles qui ne le font
pas , et toutes les Phases de la Lune. Le Soleil
ayant ses differences d'ascension droite fait connoître
le temps vrai , & sa difference au temps
moyen que l'on connoît sur le petit Çadran , qui
eft au Pole Arétique.
Toute la machine eft d'une telle construction,
qu'elle n'eft pas pius sujette à s'arrêter que les
Pendules ordinaires , les differens mouvemens
qu'on vient de rapporter ne chatgeant prefque en
rien l'ouvrage .
Messieurs de l'Académic Royale des Sciences
qui eurent la bonté de donner une approbation
generale à cet Ouvrage , ont bien voulu après le
rap
OCTOBRE 1731. \ 2293
faport de Messieurs Cassini et du Fay, qui avoient
été nommez pour l'examiner , le faire inserer
dans l'histoire de l'Académie de 1727. au nom→
bre des Machines et des inventions qu'ils ont approuvécs.
EXTRAITde l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17270
page 143.
ور
ם כ
အ
כ כ
ן כ
UN Globe celeste mouvant, de M. Guthier,
Prêtre du Diocèse de Besançon , qui représente
le mouvement diurne & le mouvement
annuel du Soleil , leur difference ou celle
" du temps vrai et du moyen , tous les mouvemens
de la Lune , ses Phases , les Eclipses , le
bɔ passage des Etoiles fixes
par le Méridien , leur
mouvement particulier , &c . tout cela par la
construction interieure du Globe, qui contient
deux mouvemens séparez, dont l'un se fait sur
l'axe de l'Equateur , & l'autre sur celui de l'Ecliptique.
Il contient aussi une Horloge sonante.
Quoiqu'il y ait déja plusieurs Ouvrages dans
ce gout - là , on a trouvé que celui - cy
étoit tres ingénieusement imaginé , que quel-
» ques dispositions nouvelles ; celles par exemple
, qui regardent les Phases de la Lune et ses
Latitudes , le rendoient simple , et donnoient
une idée avantageuse de l'intelligence et de
» l'habileté de l'inventeur.
>>
∞
ל כ
Da
que
Comme Messieurs de l'Académie trouverent
la Machine seroit encore plus simple et plus
parfaite , de n'avoir point de sonnerie , mais d'avoir
une Aiguille de minutes. L'Auteur dans d'autres
semblables Ouvrages qu'il a fait exécuter ,
en a` retranché la sonnerie , qui les auroit rendus
Fiij trop
2394 MERCURE
DE FRANCE
trop composez, y a ajouté l'Aiguille des minutes,
les a fait marcher huit jours sans les remonter ,y
a donné un moyen d'allonger ou accourcir la
Pendule tres facilement , pour en regler les mouvemens
, sans être obligé d'ouvrir le Globe. Un
de ces Ouvrages a paru à l'Assemblée de l'Acadé
mie , le 1 Septembre 1731 et a été envoïé au
Roy de Portugal , et P'Auteur a eu l'honneur de
lire à l'Assemblée du s du même mois , un Memoire
au sujet de ces perfections qu'il a donné à
son Ouvrage, qu'il a fait exécuter par le sieur
Jean - Baptiste Cattin , Horloger de Franche-
Comté , qui y a parfaitement bien réussi .
I
Les Curieux qui voudront avoir de pareilles
Machines , du même Auteur, en trouveront chez
le sieur C. Langlois , Ingénieur du Roy pour les
Instrumens de Mathématique .
Il demeure sur le Quai de l'Horloge du Palais
, à l'Enseigne du Niveau , et c'est lui qui a
P'honneur de travailler pour l'Observatoire,pour
PAcademie Royale des Sciences , et pour les autres
differentes Académies du Royaume.
N voit d'abord un Globe celeste, porté par
l'Axe du monde dans un Cercle méridien ,
qui est engagé dans l'horizon à l'élevation du Polet
aux Spheres ordinaires. Sur ce Globe sont représentées
toutes les constellations et les Etoiles fixes,
et au dedans est enfermé le mouvement d'une
Pendule qui le fait mouvoir,et lui fait achever sa
révolution d'Orient en Occident , heures ,
16 minutes et quelques secondes, sur les Poles du
monde.
en 23
Pendant que le Globe tourne ainsi , une Aiguille
marque les heures du temps moyen , sur un petit
Cadran , qui est attaché fur le Méridien , au Pole
Arctique ; et en même temps un second mou-
Fij vement
2392 MERCURE
DE FRANCE
vement , qui est conduit par le premier , donne
sur les Poles de l'Eccliptique les mouvemens
propres du Soleil , de la Lune et des Nuës , par
le moyen d'une piece excentrique & de trois branches
,dont l'une porte le Soleil , qui demeure par
la construction de la Machine, huit jours de plus
dans les signes Septentrionaux, que dans les Méridionaux.
La seconde branche conduit la Lune
qui est portée sur la troisiéme ; & cette troisiéme
est dirigée par l'Excentrique , pour faire prendre
à la Lune ses latitudes Septentrionale & Méridionale
. L'Excentrique a aussi son mouvement
particulier , pour donner le mouvement des
noeuds. La Lune outre cela , ou plutôt le petit
Globe d'yvoire qui le représente, tourne sur son
centre et prefente toujours la moitié qui est blanche
vers le Soleil.
Par tous ces mouvemens on connoît le lever ,
le paffage au Meridien , le coucher , les amp itudes
ortives & occases , les differentes élevations
fous le Meridien du Soleil, de la Lune et des Etoiles
fixes ; les conjonctions du Soleil et de la Lune,
celles qui font Ecliptiques & celles qui ne le font
pas , et toutes les Phases de la Lune. Le Soleil
ayant ses differences d'ascension droite fait connoître
le temps vrai , & sa difference au temps
moyen que l'on connoît sur le petit Çadran , qui
eft au Pole Arétique.
Toute la machine eft d'une telle construction,
qu'elle n'eft pas pius sujette à s'arrêter que les
Pendules ordinaires , les differens mouvemens
qu'on vient de rapporter ne chatgeant prefque en
rien l'ouvrage .
Messieurs de l'Académic Royale des Sciences
qui eurent la bonté de donner une approbation
generale à cet Ouvrage , ont bien voulu après le
rap
OCTOBRE 1731. \ 2293
faport de Messieurs Cassini et du Fay, qui avoient
été nommez pour l'examiner , le faire inserer
dans l'histoire de l'Académie de 1727. au nom→
bre des Machines et des inventions qu'ils ont approuvécs.
EXTRAITde l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17270
page 143.
ور
ם כ
အ
כ כ
ן כ
UN Globe celeste mouvant, de M. Guthier,
Prêtre du Diocèse de Besançon , qui représente
le mouvement diurne & le mouvement
annuel du Soleil , leur difference ou celle
" du temps vrai et du moyen , tous les mouvemens
de la Lune , ses Phases , les Eclipses , le
bɔ passage des Etoiles fixes
par le Méridien , leur
mouvement particulier , &c . tout cela par la
construction interieure du Globe, qui contient
deux mouvemens séparez, dont l'un se fait sur
l'axe de l'Equateur , & l'autre sur celui de l'Ecliptique.
Il contient aussi une Horloge sonante.
Quoiqu'il y ait déja plusieurs Ouvrages dans
ce gout - là , on a trouvé que celui - cy
étoit tres ingénieusement imaginé , que quel-
» ques dispositions nouvelles ; celles par exemple
, qui regardent les Phases de la Lune et ses
Latitudes , le rendoient simple , et donnoient
une idée avantageuse de l'intelligence et de
» l'habileté de l'inventeur.
>>
∞
ל כ
Da
que
Comme Messieurs de l'Académie trouverent
la Machine seroit encore plus simple et plus
parfaite , de n'avoir point de sonnerie , mais d'avoir
une Aiguille de minutes. L'Auteur dans d'autres
semblables Ouvrages qu'il a fait exécuter ,
en a` retranché la sonnerie , qui les auroit rendus
Fiij trop
2394 MERCURE
DE FRANCE
trop composez, y a ajouté l'Aiguille des minutes,
les a fait marcher huit jours sans les remonter ,y
a donné un moyen d'allonger ou accourcir la
Pendule tres facilement , pour en regler les mouvemens
, sans être obligé d'ouvrir le Globe. Un
de ces Ouvrages a paru à l'Assemblée de l'Acadé
mie , le 1 Septembre 1731 et a été envoïé au
Roy de Portugal , et P'Auteur a eu l'honneur de
lire à l'Assemblée du s du même mois , un Memoire
au sujet de ces perfections qu'il a donné à
son Ouvrage, qu'il a fait exécuter par le sieur
Jean - Baptiste Cattin , Horloger de Franche-
Comté , qui y a parfaitement bien réussi .
I
Les Curieux qui voudront avoir de pareilles
Machines , du même Auteur, en trouveront chez
le sieur C. Langlois , Ingénieur du Roy pour les
Instrumens de Mathématique .
Il demeure sur le Quai de l'Horloge du Palais
, à l'Enseigne du Niveau , et c'est lui qui a
P'honneur de travailler pour l'Observatoire,pour
PAcademie Royale des Sciences , et pour les autres
differentes Académies du Royaume.
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Résumé : DESCRIPTION d'un Globe celeste mouvant, qui represente le mouvement du Soleil, de la Lune et des Etoiles fixes, inventé par M. Outhier, Prêtre du Diocèse de Besançon, et presenté par l'Autheur à l'Academie Royale des Sciences, le 26 Juillet 1727.
Le texte présente un Globe céleste conçu par M. Guthier, prêtre du diocèse de Besançon. Cet instrument illustre les mouvements diurnes et annuels du Soleil, ainsi que ceux de la Lune, y compris ses phases et les éclipses. Il montre également le passage des étoiles fixes par le méridien et leurs mouvements particuliers. Le Globe est doté de deux mouvements séparés : l'un sur l'axe de l'équateur et l'autre sur celui de l'écliptique. Il comprend une horloge sonnante et des dispositifs innovants pour les phases de la Lune et ses latitudes, ce qui le rend simple et ingénieux. L'Académie Royale des Sciences a approuvé cet ouvrage et l'a inclus dans l'histoire de l'Académie de 1727. Les membres de l'Académie ont recommandé de supprimer la sonnerie et d'ajouter une aiguille de minutes pour simplifier et améliorer la machine. M. Guthier a ensuite créé d'autres instruments similaires sans sonnerie, avec une aiguille de minutes, et capables de fonctionner huit jours sans remontage. Un de ces ouvrages a été présenté à l'Assemblée de l'Académie le 1er septembre 1731 et envoyé au roi de Portugal. Les personnes intéressées peuvent acquérir des machines similaires auprès de M. C. Langlois, ingénieur du roi pour les instruments de mathématiques, résidant sur le Quai de l'Horloge du Palais, à l'Enseigne du Niveau. M. Langlois travaille pour l'Observatoire, l'Académie Royale des Sciences et d'autres académies du royaume.
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1843
p. 2394-2396
LETTRE écrite de Nîmes, le 20 Aoust 1731. au sujet d'un Remede qui dissout la Pierre.
Début :
On a vû, Monfieur, avec plaisir dans votre Mercure de Juillet dernier, une Lettre qui [...]
Mots clefs :
Remède, Pierre, Libérateur, Charité, Sauveur, Générosité chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Nîmes, le 20 Aoust 1731. au sujet d'un Remede qui dissout la Pierre.
N-a vu , Monfieur , avec plaifir dans votre
Mercure deJuillet dernier , une Lettre qui
confirme la verité du remede qui sert à dissoudre
la Pierre dans les Reins . Cette confirmation eft
tres -agréable au public et aux personnes interessées;
mais elle le seroit bien davantage,si on avoit
bien voulu manifester la composition de ce remede;
car que sert-il d'être assuré qu'il y en a un,
si l'on ne sçait point en quoi il consiste : Il paroît
OCTOBRE. 173. 2395
ne
roit que celui qui en possede le secret , ne veut
point le découvrir , et qu'il ne le distribuë qu'à
ceux qui ont le bonheur d'être de ses amis ou
qui peuvent le récompenser dignement ; quoiqu'il
en soit des motifs qu'il peut avoir ,
seroit - il pas plus honorable pour lui , de
livrer au public un remede qui lui procureroit
la gloire d'être comme le Liberateur du genre
humain, en affranchissant une infinité de malheureux
des douleurs piquantes et insupportables
qu'ils ressentens ? Quelle consolation pour lui ,
d'imiter la charité et la compassion du Sauveur
même , qui n'avoit point de plus grand plaisir que
de soulager et de guérir des malades . Toutes les
personnes affligées de ce mal ; lui donneroient
mille louanges et mille benedictions. Pour moi
je vous l'avouë , si j'étois à sa place , je serois incapable
de refuser au public un remede si salutaire
, et je renoncerois de bon coeur pour cela
à toutes les esperances de la fortune . Quel plus
grand mérite ponr un honnête homnie , et sur
tout pour un Chrétien , que de rendre la santé à
ses semblables ? Mérite également loüable et devant
Dieu et devant les hommes.
Il est vrai que la communication de ce remede
auroit des suites , et que plusieurs Opérateurs
tres - habiles perdroient par ce moyen toute leur
pratique ; mais faudroit- il que cette pratique se
soutint aux dépens de tant de malheureux , exposez
à leurs cruelles opérations ; et la générosi
té chrétienne ne devroit - elle pas inspirer à celui
qui est le dépositaire de ce remede , de finir tous
les tourmens , toutes les inquiétudes , tous les perils
, dont ces infortunez malades sont menacez ?
Voilà , Monsieur , les sentimens que la lettre de
votre dernier Mercure m'a inſpirez . J'ai crû , ent
Fiiij lisan
219K MERCURE DE FRANCE
.
lifant le titre de cette Lettre, que j'y trouverois ce
remede si désiré mais on nous a laissé sur la
bonne bouché , et tout le monde a le déplaisir de
se voir frustré de son attente. Car on voit bien
qu'il est impossible aux personnes interessées de
trouver par elles -mêmes la composition de ce
remede. Si vous voulez inserer cette Lettre dans
votre Mercure, peut - être serviroit - elle à toucher
de compassion et de charité le Possesseur de ce
remede. C'est ce que j'ose me promettre , et de
votre politesse et du soin que vous avez de procurer
en toutes occasions le bien public . Je suis ,
&c.
Mercure deJuillet dernier , une Lettre qui
confirme la verité du remede qui sert à dissoudre
la Pierre dans les Reins . Cette confirmation eft
tres -agréable au public et aux personnes interessées;
mais elle le seroit bien davantage,si on avoit
bien voulu manifester la composition de ce remede;
car que sert-il d'être assuré qu'il y en a un,
si l'on ne sçait point en quoi il consiste : Il paroît
OCTOBRE. 173. 2395
ne
roit que celui qui en possede le secret , ne veut
point le découvrir , et qu'il ne le distribuë qu'à
ceux qui ont le bonheur d'être de ses amis ou
qui peuvent le récompenser dignement ; quoiqu'il
en soit des motifs qu'il peut avoir ,
seroit - il pas plus honorable pour lui , de
livrer au public un remede qui lui procureroit
la gloire d'être comme le Liberateur du genre
humain, en affranchissant une infinité de malheureux
des douleurs piquantes et insupportables
qu'ils ressentens ? Quelle consolation pour lui ,
d'imiter la charité et la compassion du Sauveur
même , qui n'avoit point de plus grand plaisir que
de soulager et de guérir des malades . Toutes les
personnes affligées de ce mal ; lui donneroient
mille louanges et mille benedictions. Pour moi
je vous l'avouë , si j'étois à sa place , je serois incapable
de refuser au public un remede si salutaire
, et je renoncerois de bon coeur pour cela
à toutes les esperances de la fortune . Quel plus
grand mérite ponr un honnête homnie , et sur
tout pour un Chrétien , que de rendre la santé à
ses semblables ? Mérite également loüable et devant
Dieu et devant les hommes.
Il est vrai que la communication de ce remede
auroit des suites , et que plusieurs Opérateurs
tres - habiles perdroient par ce moyen toute leur
pratique ; mais faudroit- il que cette pratique se
soutint aux dépens de tant de malheureux , exposez
à leurs cruelles opérations ; et la générosi
té chrétienne ne devroit - elle pas inspirer à celui
qui est le dépositaire de ce remede , de finir tous
les tourmens , toutes les inquiétudes , tous les perils
, dont ces infortunez malades sont menacez ?
Voilà , Monsieur , les sentimens que la lettre de
votre dernier Mercure m'a inſpirez . J'ai crû , ent
Fiiij lisan
219K MERCURE DE FRANCE
.
lifant le titre de cette Lettre, que j'y trouverois ce
remede si désiré mais on nous a laissé sur la
bonne bouché , et tout le monde a le déplaisir de
se voir frustré de son attente. Car on voit bien
qu'il est impossible aux personnes interessées de
trouver par elles -mêmes la composition de ce
remede. Si vous voulez inserer cette Lettre dans
votre Mercure, peut - être serviroit - elle à toucher
de compassion et de charité le Possesseur de ce
remede. C'est ce que j'ose me promettre , et de
votre politesse et du soin que vous avez de procurer
en toutes occasions le bien public . Je suis ,
&c.
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Résumé : LETTRE écrite de Nîmes, le 20 Aoust 1731. au sujet d'un Remede qui dissout la Pierre.
L'auteur d'une lettre adressée à un éditeur exprime sa satisfaction de voir confirmée l'efficacité d'un remède contre la pierre dans les reins dans le Mercure de Juillet. Il regrette cependant que la composition de ce remède ne soit pas révélée. L'auteur suggère que le détenteur du secret pourrait gagner en gloire et en bénédictions en partageant ce remède, soulageant ainsi de nombreuses personnes souffrant de douleurs insupportables. Il compare cette action à la charité et la compassion du Sauveur, soulignant le mérite d'un chrétien qui rend la santé à ses semblables. L'auteur reconnaît que la divulgation du remède pourrait nuire à certains opérateurs, mais insiste sur l'importance de la générosité chrétienne pour mettre fin aux souffrances des malades. La lettre se termine par l'espoir que cette missive touchera le détenteur du remède et l'incitera à le partager, exprimant la confiance en la politesse et le souci du bien public de l'éditeur.
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1844
p. 2396-2399
OBSERVATIONS sur une maladie, qui attaque les Bêtes à corne et les Chevaux, dans la Généralité d'Auvergne ; & qui s'est introduite sur la fin du mois d'Avril dernier, dans l'Election de Gannac, Généralité de Moulins.
Début :
Cette maladie se découvre par une Vessie qui qui paroît dessus, dessous, ou aux côtez de la [...]
Mots clefs :
Bêtes à corne, Chevaux, Maladie, Vessie, Ulcère, Langue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur une maladie, qui attaque les Bêtes à corne et les Chevaux, dans la Généralité d'Auvergne ; & qui s'est introduite sur la fin du mois d'Avril dernier, dans l'Election de Gannac, Généralité de Moulins.
OBSERVATIONS sur une maladie, qui
attaque les Bêtes à corne et les Chevaux ,
dans la Généralité d'Auvergne ; & qui
s'est introduite sur la fin du mois d'Avril
dernier , dans l'Election de Gannac, Généralité
de Moulins.
Ette maladie se découvre par une Vessie qui
Caromdadu ,découv ,par une
langue de la bête malade. Cette vessie est blanche
dans sa naissance , rougit ensuite , et devient
enfin presque noire. Elle créve , et laisse après elle
un ulcere chancreux , qui creuse dans l'épaisseur
de la langue , en avançant du côté de sa racine ,
la coupe en entier , et fait peu de temps après perir
Panimal. On voit dans vingt- quatre heures,
le commencement , le progrès et la fin de cette
maladie.
Elle est d'autant plus dangereuse, qu'elle ne se
manifeste par aucun symptôme exterieur , et
que la Bête malade boit, mange et travaille à son
ordi
OCTOBRE 1731. 2397
ordinaire , jusqu'à ce que la langue soit tombée.
Il est donc question , pour prévenir les suites
fâcheuses de cette maladie , d'avoir une attentioninfinie
à faire visiter deux ou trois fois par jour
la langue de toutes les Bêtes à corne , pour être
en état de prendre le mal dans sa naissance , et
sur tout l'on ne doit point se tranquilliser sur
l'éloignement de la maladie.
L'Experience vient d'apprendre que quoiqu'elle
fut à une distance raisonnable de là Ville de
Gannac , toutes les Paroisses des environs de cette
Ville et à une lieuë et demie à la ronde , en ont
été infectées dans le même jour, sans qu'il y ait eu
aucune communication d'une Paroisse à l'autre..
Voicy les remedes dont on s'est servi en Auvergne
, et dont on use encore dans la partie de
l'Election de Gannac , qui est affligée de cette
maladie.
L'on propose d'abord un remede préservatif
pour les Bestiaux qui ne sont point encore attaquez
, et on le compose des Drogues suivantes ;
pour chaque Bête.
Theriaque ou Orvietan ; 3 dragmes.
Gingembre , Gerofle et Canelle , une dragie
Genievre en grain et Poivre concassé, 2 dragmés
de chaque.
Et une Muscade , d'une moyenne grosseur
qu'il faut concasser..
L'on fait infuser le tout dans un Pot couvert ,
pendants à 6 heures au moins, dans une pinte de
Bon vin rouge ; et avant de donner le remede , on
asoinde bien remuer le tout , de maniere que le
mare suive l'infusion. L'en observe encore de he
Ev le
2398 MERCURE DE FRANCE
le donner qu'après que la Bête a étés à 6 heu
res sans manger.
Ce breuvage ne peut que faire du bien au Bes
tiaux qui le prennent ; mais il n'est pas toujours
infaillible pour empêcher la maladie , qui se guérit
de la maniere suivante.
Si en visitant les Bestiaux l'on apperçoit une
on plusieurs Vessies adhérantes à la langue, il faut
sur le champ avec une cueilliere d'argent ou une
piece d'argent , créver la Vessie , en enlever la
peau,et racler la playe jusqu'au sang ; 'ensuite l'étuver
et laver avec de l'eau de fontaine , et mieux
encore avec du fort vinaigre, dans lequel on aura
mis auparavant du Sel pilé , du Poivre , de l'Ait
concassé et des Herbes fortes , si l'on en a. Cela
fait , l'on couvre la playe de Sel bien fin , après
l'avoir bien frottée avec une Pierre de Vitriol de
Chypre.
Si en visitant les Bestiaux , l'on trouve l'ulcere
formé , il faut user du même remede et le réiterer
dans l'un et dans l'autre cas, deux et trois fois
par jour , jusqu'à la guérison.
L'on prétend que lorsque la Vessie se trouve
sur la langue , l'on doit faire saigner la Beste au
Gol.
L'on se sert actuellement et avec succès de ce
remede , qui fut mis en usage il y a environ dixhuit
ans contre une pareille maladiet qui depuis
quelque temps regne à Paris et aux environs sur
les Chevaux , ainsi que sur les Bêtes à corne. On
attribuë cette maladie à la grande sécheresse , et à
la prodigieuse quantité de Chenilles qu'il y a eu
cette année. Au reste on peut en toute seureté se
servir de ce remede, que nous tenons d'une bonne
main , et que nous avons encore fait examiner
par des personnes intelligentes , qui , sur l'experience
OCTOBRE. 1731. 2399
rience , ne doutent pas de l'utilité que le public
en doit rétirer .
attaque les Bêtes à corne et les Chevaux ,
dans la Généralité d'Auvergne ; & qui
s'est introduite sur la fin du mois d'Avril
dernier , dans l'Election de Gannac, Généralité
de Moulins.
Ette maladie se découvre par une Vessie qui
Caromdadu ,découv ,par une
langue de la bête malade. Cette vessie est blanche
dans sa naissance , rougit ensuite , et devient
enfin presque noire. Elle créve , et laisse après elle
un ulcere chancreux , qui creuse dans l'épaisseur
de la langue , en avançant du côté de sa racine ,
la coupe en entier , et fait peu de temps après perir
Panimal. On voit dans vingt- quatre heures,
le commencement , le progrès et la fin de cette
maladie.
Elle est d'autant plus dangereuse, qu'elle ne se
manifeste par aucun symptôme exterieur , et
que la Bête malade boit, mange et travaille à son
ordi
OCTOBRE 1731. 2397
ordinaire , jusqu'à ce que la langue soit tombée.
Il est donc question , pour prévenir les suites
fâcheuses de cette maladie , d'avoir une attentioninfinie
à faire visiter deux ou trois fois par jour
la langue de toutes les Bêtes à corne , pour être
en état de prendre le mal dans sa naissance , et
sur tout l'on ne doit point se tranquilliser sur
l'éloignement de la maladie.
L'Experience vient d'apprendre que quoiqu'elle
fut à une distance raisonnable de là Ville de
Gannac , toutes les Paroisses des environs de cette
Ville et à une lieuë et demie à la ronde , en ont
été infectées dans le même jour, sans qu'il y ait eu
aucune communication d'une Paroisse à l'autre..
Voicy les remedes dont on s'est servi en Auvergne
, et dont on use encore dans la partie de
l'Election de Gannac , qui est affligée de cette
maladie.
L'on propose d'abord un remede préservatif
pour les Bestiaux qui ne sont point encore attaquez
, et on le compose des Drogues suivantes ;
pour chaque Bête.
Theriaque ou Orvietan ; 3 dragmes.
Gingembre , Gerofle et Canelle , une dragie
Genievre en grain et Poivre concassé, 2 dragmés
de chaque.
Et une Muscade , d'une moyenne grosseur
qu'il faut concasser..
L'on fait infuser le tout dans un Pot couvert ,
pendants à 6 heures au moins, dans une pinte de
Bon vin rouge ; et avant de donner le remede , on
asoinde bien remuer le tout , de maniere que le
mare suive l'infusion. L'en observe encore de he
Ev le
2398 MERCURE DE FRANCE
le donner qu'après que la Bête a étés à 6 heu
res sans manger.
Ce breuvage ne peut que faire du bien au Bes
tiaux qui le prennent ; mais il n'est pas toujours
infaillible pour empêcher la maladie , qui se guérit
de la maniere suivante.
Si en visitant les Bestiaux l'on apperçoit une
on plusieurs Vessies adhérantes à la langue, il faut
sur le champ avec une cueilliere d'argent ou une
piece d'argent , créver la Vessie , en enlever la
peau,et racler la playe jusqu'au sang ; 'ensuite l'étuver
et laver avec de l'eau de fontaine , et mieux
encore avec du fort vinaigre, dans lequel on aura
mis auparavant du Sel pilé , du Poivre , de l'Ait
concassé et des Herbes fortes , si l'on en a. Cela
fait , l'on couvre la playe de Sel bien fin , après
l'avoir bien frottée avec une Pierre de Vitriol de
Chypre.
Si en visitant les Bestiaux , l'on trouve l'ulcere
formé , il faut user du même remede et le réiterer
dans l'un et dans l'autre cas, deux et trois fois
par jour , jusqu'à la guérison.
L'on prétend que lorsque la Vessie se trouve
sur la langue , l'on doit faire saigner la Beste au
Gol.
L'on se sert actuellement et avec succès de ce
remede , qui fut mis en usage il y a environ dixhuit
ans contre une pareille maladiet qui depuis
quelque temps regne à Paris et aux environs sur
les Chevaux , ainsi que sur les Bêtes à corne. On
attribuë cette maladie à la grande sécheresse , et à
la prodigieuse quantité de Chenilles qu'il y a eu
cette année. Au reste on peut en toute seureté se
servir de ce remede, que nous tenons d'une bonne
main , et que nous avons encore fait examiner
par des personnes intelligentes , qui , sur l'experience
OCTOBRE. 1731. 2399
rience , ne doutent pas de l'utilité que le public
en doit rétirer .
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Résumé : OBSERVATIONS sur une maladie, qui attaque les Bêtes à corne et les Chevaux, dans la Généralité d'Auvergne ; & qui s'est introduite sur la fin du mois d'Avril dernier, dans l'Election de Gannac, Généralité de Moulins.
À la fin du mois d'avril, une maladie affectant les bovins et les chevaux a été observée dans la Généralité d'Auvergne et l'Élection de Gannac. Cette maladie se caractérise par l'apparition d'une vessie sur la langue de l'animal, qui passe du blanc au noir avant d'éclater, laissant un ulcère mortel. Les animaux ne montrent pas de symptômes extérieurs et continuent de boire, manger et travailler normalement jusqu'à la chute de la langue. Pour prévenir cette maladie, il est conseillé de surveiller régulièrement la langue des animaux. La maladie s'est rapidement propagée dans les paroisses environnantes de Gannac, sans communication directe entre elles. Les remèdes proposés incluent un traitement préventif à base de thériaque, gingembre, girofle, cannelle, genièvre, poivre et muscade, infusés dans du vin rouge. Pour les animaux déjà atteints, il est recommandé de crever les vessies, de nettoyer la plaie avec du vinaigre et du sel, et d'appliquer du sel fin et du vitriol de Chypre. Un saignement au garrot est également suggéré. Ces traitements ont été utilisés avec succès contre une maladie similaire à Paris et sont attribués à la sécheresse et à la prolifération de chenilles.
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1845
p. 2399-2400
EXTRAIT d'une Lettre d'Orleans, écrite le 20 Septembre 1731. sur une production singuliere.
Début :
Un Orleanois, en temps de vendange, peut parler Raisin : Navita de Ventis, &. On [...]
Mots clefs :
Orléans, Vendange, Bourguignon, Vigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre d'Orleans, écrite le 20 Septembre 1731. sur une production singuliere.
EXTRAIT d'une Lettre d'Orleans , écrite
le 20 Septembre 1731. fur une
production finguliere .
N Orleanois , en temps de vendange , peut
>
s'empresseroit,sans doute davantage, à écouter un
Champenois ou un Bourguignon. On se flateroit
de quelque nouvelle découverte ; mais un Or-
Jéanois , dira-t - on , avec son vin bier inferieur
que va-t- il nous conter quelque chose qui va
Nous surprendre , et que vous croirez peut - être
digne de faire un article du Mercure.
Voicy dequoi il est question.
>
Etant allé me promener il y a deux jours ,
chez un ami qui faisoit sa vendange , il me régala
d'une Branche de Vigne , de laquelle pendoient
deux Raisins , l'un noir , l'autre blanc ,
tous deux en parfaite maturité ; de sorte qu'on ne
pouvoit pas dire que le blanc n'étoit qu'un verjus
qui n'avoit pas encore pris couleur ; d'ailleurs
nulle supercherie pour faire donner quelqu'un
dans le panneau , cela auroit été grossier . J'examinai
la branche long- temps et de fort pres. C'étoit
réellement les deux differentes especes de blanc
et de noir , sorties du même endroit , sur la longueur
de deux pouces.
>
Aprés la branche , il me presenta une Grappe ,
moitié de grains noirs , moitié de grains blancs ,
et le tout encore de parfaite maturité , autre espece
de prodige. Je prends cette Grappe , je la
considere ; je l'examine , je tire des grains de
l'une et l'autre espece ; je les goute , je les trouve
F vj tous
2400 MERCURE DE FRANCE
tous deux bons et mûrs. Ce n'est point encore là
une Grappe qu'on auroit pû dire moitié raisin et
moitié verjus ; la parfaite maturité des grains
les deux differentes especes réünies. er ,
comme confonduës.
prouve
Sur mes questions réïterées , le maître de la
maison me répondit que les deux Seps qui produisent
ces sortes de Raisins sont dans sa Vigne,
en plein champ , qu'il me les fera voir, si je veux.
Ôn scait qu'il n'y a sur la vigne ni greffe ni
écusson , pour marier différentes especes , comme
cela se fait sur les Arbres fruitiers. Pour mertre
en quelque façon le comble à la varieté dans
ce genre , deux personnes me dirent qu'elles
connoissoient une Treille , qui produisoit une
année des raisins blancs , et l'autre année des
raisins noirs ; elles nommerent même la maison
dans cette Ville où est cette Treille singuliere.
Aprés cela , n'avouerez- vous pas que si nos
Vignes ne produisent rien d'exquis, du moins elles
font voir quelque chose d'assez rare . Que les Scavans
nous expliquent , s'il est possible , les causes
Phisiques de ces productions bizarres , où tout est
de la nature , et rien absolument de l'art. Pour
moi je ne sçai dire autre chose , si- non : J'ai vû,
et que s'il y avoit sur ce sujet des incrédules , il
esr encore temps de leur faire voir la même
chose.
le 20 Septembre 1731. fur une
production finguliere .
N Orleanois , en temps de vendange , peut
>
s'empresseroit,sans doute davantage, à écouter un
Champenois ou un Bourguignon. On se flateroit
de quelque nouvelle découverte ; mais un Or-
Jéanois , dira-t - on , avec son vin bier inferieur
que va-t- il nous conter quelque chose qui va
Nous surprendre , et que vous croirez peut - être
digne de faire un article du Mercure.
Voicy dequoi il est question.
>
Etant allé me promener il y a deux jours ,
chez un ami qui faisoit sa vendange , il me régala
d'une Branche de Vigne , de laquelle pendoient
deux Raisins , l'un noir , l'autre blanc ,
tous deux en parfaite maturité ; de sorte qu'on ne
pouvoit pas dire que le blanc n'étoit qu'un verjus
qui n'avoit pas encore pris couleur ; d'ailleurs
nulle supercherie pour faire donner quelqu'un
dans le panneau , cela auroit été grossier . J'examinai
la branche long- temps et de fort pres. C'étoit
réellement les deux differentes especes de blanc
et de noir , sorties du même endroit , sur la longueur
de deux pouces.
>
Aprés la branche , il me presenta une Grappe ,
moitié de grains noirs , moitié de grains blancs ,
et le tout encore de parfaite maturité , autre espece
de prodige. Je prends cette Grappe , je la
considere ; je l'examine , je tire des grains de
l'une et l'autre espece ; je les goute , je les trouve
F vj tous
2400 MERCURE DE FRANCE
tous deux bons et mûrs. Ce n'est point encore là
une Grappe qu'on auroit pû dire moitié raisin et
moitié verjus ; la parfaite maturité des grains
les deux differentes especes réünies. er ,
comme confonduës.
prouve
Sur mes questions réïterées , le maître de la
maison me répondit que les deux Seps qui produisent
ces sortes de Raisins sont dans sa Vigne,
en plein champ , qu'il me les fera voir, si je veux.
Ôn scait qu'il n'y a sur la vigne ni greffe ni
écusson , pour marier différentes especes , comme
cela se fait sur les Arbres fruitiers. Pour mertre
en quelque façon le comble à la varieté dans
ce genre , deux personnes me dirent qu'elles
connoissoient une Treille , qui produisoit une
année des raisins blancs , et l'autre année des
raisins noirs ; elles nommerent même la maison
dans cette Ville où est cette Treille singuliere.
Aprés cela , n'avouerez- vous pas que si nos
Vignes ne produisent rien d'exquis, du moins elles
font voir quelque chose d'assez rare . Que les Scavans
nous expliquent , s'il est possible , les causes
Phisiques de ces productions bizarres , où tout est
de la nature , et rien absolument de l'art. Pour
moi je ne sçai dire autre chose , si- non : J'ai vû,
et que s'il y avoit sur ce sujet des incrédules , il
esr encore temps de leur faire voir la même
chose.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre d'Orleans, écrite le 20 Septembre 1731. sur une production singuliere.
Dans une lettre du 20 septembre 1731, un Orléanais relate une observation inhabituelle faite lors des vendanges chez un ami. Il décrit une branche de vigne portant deux grappes de raisins, l'une noire et l'autre blanche, toutes deux parfaitement mûres. Il observe également une grappe composée de grains noirs et blancs mélangés, tous également mûrs. Le propriétaire de la vigne confirme que ces phénomènes se produisent naturellement, sans greffe ni écusson. Deux autres personnes mentionnent connaître une treille produisant alternativement des raisins blancs et noirs chaque année. L'auteur invite les savants à expliquer ces curiosités naturelles et assure avoir vu ces phénomènes de ses propres yeux.
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1846
p. 2400-2402
LETTRE écrite de Paris, le 30 Aoust 1731. sur la petite Verole.
Début :
Vous feriez plaisir, Monsieur, à plusieurs personnes, d'inserer dans le Mercure de [...]
Mots clefs :
Petite vérole, Maladie contagieuse, Médecins physiciens
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Paris, le 30 Aoust 1731. sur la petite Verole.
LETTRE écrite de Paris; le 30 Aouſt 17 3:10
sur la petite Verole.
V à
Ous feriez plaisir , Monsieur , plusieurs
personnes , d'inserer dans le Mercure de
France , la question suivante.
Il y a quelques jours que dans une compagaie-
Qui
OCTOBRE . 1731. 240
bù il se trouva deux Médecins : il s'éleva une
dispute touchant la petite Vérole , sçavoir :
Si c'est une maladie contagieuse.
Hippocrate dit . oui , et Galien dit non. Quoi
que la question ne soit pas nouvelle , il est certain
qu'elle n'a pas encore été traitée comme elle
pourroit l'être. On ne sçait encore qu'en croire ,
et cependant l'affirmative cause bien des desor
dres. La frayeur que cette maladie inspire , fait
en quelque sorte renoncer aux devoirs les plus
sacrez de la nature ; une mere tendre se refuse
l'enfant le plus cheri, et le laisse à la discretion
d'une main étrangere ; le fils évite son pere , les .
umis se fuyent ; enfin les personnes les mieux
unies se séparent et se privent de toute consolation
, tant que cette maladie dure. On raisonna
beaucoup sur l'Expedient des Anglois , avec
leur Infertion, et quelqu'un de la Compagnie les
compara à de braves soldats qui s'essayent à tirer
les uns sur les autres , avec des Fusils chargez à
balles , dont tous les coups ne portent pas.
D'un autre côté , la négative fait faire bien des
imprudences. On blâme ceux qui sont attaquez.
de la petite Vérole pour avoir été dans des en
droits où elle étoit , et l'on ne manque pas d'en
attribuer la cause à leurs démarches, s'ils en échapent
sans l'avoir , on est dans l'admiration ; ne
seroit-ce pas une erreur de part et d'autre ? De
quelque façon que la chose soit décidée , pourvû
qu'elle le soit , le public. sçauroit du moins
à quoi s'en tenir.
On voit quelquefois s'élever dans la litterature
entre de grands adversaires des disputes sur des
choses moins importantes , et après replique sur
repli
2402 MERCURE DE FRANCE
replique tous les suffrages se réunir.La question
proposée n'est assurément pas indifferente ; er
quelques habiles Médecins Physiciens , qu'on
verroit aux prises là - dessus ,ne manqueroient pas
d'attirer l'attention du public . Quoiqu'on en dise,
il est constant que ces Messieurs sont recherchez,
et qu'on ne sent que trop souvent le besoin qu'on
a d'eux . Nous en passons communément par tout
ce qu'ils veulent , et nous mettons tous les jours ,
avec confiance , notre vie entre leurs mains.
Le public , sans être Medecin de profession ;
n'en est pas pour cela moins capable de juger
cette affaire , comme il en a jugé d'autres qui
sembloient n'être pas de sa competence ; et le
vaincu dans cette espece de combat, auroit constamment
autant de gloire que le vainqueur.
Vous n'ignorez pas , Monsieur , combien les
sentimens sont partagez là - dessus. Si en proposant
cette question il se trouvoit quelqu'un qui
découvrit nettement la vérité , vous obligeriez,
Monsieur , votre , &c.
sur la petite Verole.
V à
Ous feriez plaisir , Monsieur , plusieurs
personnes , d'inserer dans le Mercure de
France , la question suivante.
Il y a quelques jours que dans une compagaie-
Qui
OCTOBRE . 1731. 240
bù il se trouva deux Médecins : il s'éleva une
dispute touchant la petite Vérole , sçavoir :
Si c'est une maladie contagieuse.
Hippocrate dit . oui , et Galien dit non. Quoi
que la question ne soit pas nouvelle , il est certain
qu'elle n'a pas encore été traitée comme elle
pourroit l'être. On ne sçait encore qu'en croire ,
et cependant l'affirmative cause bien des desor
dres. La frayeur que cette maladie inspire , fait
en quelque sorte renoncer aux devoirs les plus
sacrez de la nature ; une mere tendre se refuse
l'enfant le plus cheri, et le laisse à la discretion
d'une main étrangere ; le fils évite son pere , les .
umis se fuyent ; enfin les personnes les mieux
unies se séparent et se privent de toute consolation
, tant que cette maladie dure. On raisonna
beaucoup sur l'Expedient des Anglois , avec
leur Infertion, et quelqu'un de la Compagnie les
compara à de braves soldats qui s'essayent à tirer
les uns sur les autres , avec des Fusils chargez à
balles , dont tous les coups ne portent pas.
D'un autre côté , la négative fait faire bien des
imprudences. On blâme ceux qui sont attaquez.
de la petite Vérole pour avoir été dans des en
droits où elle étoit , et l'on ne manque pas d'en
attribuer la cause à leurs démarches, s'ils en échapent
sans l'avoir , on est dans l'admiration ; ne
seroit-ce pas une erreur de part et d'autre ? De
quelque façon que la chose soit décidée , pourvû
qu'elle le soit , le public. sçauroit du moins
à quoi s'en tenir.
On voit quelquefois s'élever dans la litterature
entre de grands adversaires des disputes sur des
choses moins importantes , et après replique sur
repli
2402 MERCURE DE FRANCE
replique tous les suffrages se réunir.La question
proposée n'est assurément pas indifferente ; er
quelques habiles Médecins Physiciens , qu'on
verroit aux prises là - dessus ,ne manqueroient pas
d'attirer l'attention du public . Quoiqu'on en dise,
il est constant que ces Messieurs sont recherchez,
et qu'on ne sent que trop souvent le besoin qu'on
a d'eux . Nous en passons communément par tout
ce qu'ils veulent , et nous mettons tous les jours ,
avec confiance , notre vie entre leurs mains.
Le public , sans être Medecin de profession ;
n'en est pas pour cela moins capable de juger
cette affaire , comme il en a jugé d'autres qui
sembloient n'être pas de sa competence ; et le
vaincu dans cette espece de combat, auroit constamment
autant de gloire que le vainqueur.
Vous n'ignorez pas , Monsieur , combien les
sentimens sont partagez là - dessus. Si en proposant
cette question il se trouvoit quelqu'un qui
découvrit nettement la vérité , vous obligeriez,
Monsieur , votre , &c.
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Résumé : LETTRE écrite de Paris, le 30 Aoust 1731. sur la petite Verole.
Dans une lettre datée du 30 août 1731, deux médecins débattent de la nature contagieuse de la petite vérole. L'un soutient la contagiosité, suivant Hippocrate, tandis que l'autre la nie, suivant Galien. Cette controverse, bien que non nouvelle, reste non résolue et cause des désordres sociaux. La peur de la maladie pousse les gens à éviter leurs proches. La lettre mentionne la méthode anglaise de l'inoculation, comparée à des soldats tirant avec des fusils. La négation de la contagiosité mène à des imprudences, tandis que l'affirmation cause des séparations. La lettre suggère que la question doit être traitée par des médecins compétents et que le public est capable de juger cette affaire. Elle appelle à une résolution claire pour éviter les erreurs et les souffrances inutiles.
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1847
p. 2402-2403
Composition de l'Orvietan et du Mitridate, [titre d'après la table]
Début :
Mercredi, 24 de ce mois, les Marchands Apoticaires de Paris, exposerent en public, dans [...]
Mots clefs :
Marchands apothicaires, Drogues, Mithridate, Orviétan
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texteReconnaissance textuelle : Composition de l'Orvietan et du Mitridate, [titre d'après la table]
Mercredi , 24 de ce mois , les Marchands Apoticaires
de Paris , exposerent en public , dans
leur Maison , ruë de l'Arbalête , toutes les Drogues
qui entrent dans la composition du Mitridate
et de l'Orvietan. Les Magistrats et la Faculté
de Medecine leur firent l'honneur d'y assister et
parurent très- satisfaits du choix et de l'arrangement.
M. Baron , Doyen de la Faculté de Medecine
de Paris , et M. Afforty , Professeur en Pharmacie,
prononcerent chacun un Discours histo rique
de ces deux Antidotes , et M. Habert, Garde
en Charge du Corps des Apoticaires , en fit un
autre sur le méme sujet . Il fit ensuite connoître
chaque Drogue en particulier aux Magistrats qui
avoient
OCTOBRE 1731. 240
avoient honoré cette assemblée de leur présence.
On proceda tout de suite à l'ouverture du vaisseau
qui renferme la Thériaque qu'ils composerent
l'année derniere. La visite en ayant été faite par
les Magistrats, et la Faculté de Medecine , ilfut
décidé qu'elle étoit dans sa perfection pour la
consistence , le goût , la couleur et l'odeur. Messieurs
les Apoticaires de Paris la distribueront
ainsi qu'ils l'ont annoncé au public par leurs af
fiches.
de Paris , exposerent en public , dans
leur Maison , ruë de l'Arbalête , toutes les Drogues
qui entrent dans la composition du Mitridate
et de l'Orvietan. Les Magistrats et la Faculté
de Medecine leur firent l'honneur d'y assister et
parurent très- satisfaits du choix et de l'arrangement.
M. Baron , Doyen de la Faculté de Medecine
de Paris , et M. Afforty , Professeur en Pharmacie,
prononcerent chacun un Discours histo rique
de ces deux Antidotes , et M. Habert, Garde
en Charge du Corps des Apoticaires , en fit un
autre sur le méme sujet . Il fit ensuite connoître
chaque Drogue en particulier aux Magistrats qui
avoient
OCTOBRE 1731. 240
avoient honoré cette assemblée de leur présence.
On proceda tout de suite à l'ouverture du vaisseau
qui renferme la Thériaque qu'ils composerent
l'année derniere. La visite en ayant été faite par
les Magistrats, et la Faculté de Medecine , ilfut
décidé qu'elle étoit dans sa perfection pour la
consistence , le goût , la couleur et l'odeur. Messieurs
les Apoticaires de Paris la distribueront
ainsi qu'ils l'ont annoncé au public par leurs af
fiches.
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Résumé : Composition de l'Orvietan et du Mitridate, [titre d'après la table]
Le 24 octobre 1731, les Marchands Apoticaires de Paris ont exposé publiquement les drogues composant le Mitridate et l'Orvietan dans leur Maison rue de l'Arbalête. Cette exposition a été marquée par la présence des Magistrats et de la Faculté de Médecine, qui ont approuvé le choix et l'arrangement des drogues. M. Baron, Doyen de la Faculté de Médecine, M. Afforty, Professeur en Pharmacie, et M. Habert, Garde en Charge du Corps des Apoticaires, ont prononcé des discours historiques sur ces antidotes. M. Habert a ensuite présenté chaque drogue aux Magistrats. La Thériaque composée l'année précédente a été inspectée et jugée parfaite en termes de consistance, goût, couleur et odeur. Les Apoticaires de Paris ont annoncé qu'ils distribueraient cette Thériaque au public.
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1848
p. 2405-2406
RÉPONSE à la Lettre d'une Dame, qui depuis peu fait usage du Bureau Tipographique.
Début :
Je n'ai jamais douté, Madame, que l'experience ne confirmât ce que j'avois déja eu [...]
Mots clefs :
Ignorance, Prévention, Présomptueux, Critique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la Lettre d'une Dame, qui depuis peu fait usage du Bureau Tipographique.
LETTRE de l'Auteur Typographe à M.
Riombal , au sujet de sa Lettre inserée
dans le Mercure du mois de Septembre
dernier.
J
'Ai appris , Monsieur , qu'on se plaignoit
de ce que vous aviez employé dans vôtre
Lettre ces termes subsantifs d'ignorance , de prévention
, d'envie et de mauvaise foi , contre
des Critiques habiles , qui supposent avoir droit
d'employer contre leurs adversaires de la Cour
et de la Ville , les termes adjectifs de présomptueux
, de fou , de sot , de dupe , de charlatan
et d'avanturier. On dit que vous avez mal -fait
de suivre leur exemple en cela. Le Public scandalisé
du fait , jugera la dispute : Si le bureau
a eu le malheur de n'être pas du goût de quelques
Regens du Plessis , il ne s'ensuit pas qu'ils
soient bien au fait du Sistême Typographique ;
ces Messieurs sçavent bien qu'on peut être habile
sur une chose et être dans l'ignorance sur
l'autre.
>
Quoiqu'ils sçachent bien le Latin et le Grec
qu'ils sont obligez d'enseigner , ils peuvent ignorer
le sistême dont ils croyent n'avoir pas besoin
2406 MERCURE DE FRANCE
soin ; et ce n'est que sur cet Article que doivent
tomber les expressions qui vous ont échappé à
Poccasion des leurs. Nous aurions tort d'ailleurs
de nous plaindre d'un College célebre , dont le
digne Principal a bien voulu permettre l'usage du
Bureau, sans sçavoir que dans la suite on s'en serviroit
pour MONSEIGNEUR LE DAUPHINCT
pour MESDAMES DE FRANCE ; Vous n'ignorez pas
non plus que les deux Sous - Principaux de ce
fameux College ont reconnu l'utilité de ce sistême
il y auroit donc de l'injustice , et même
de l'ingratitude à confondre sous le terme de
College , les Critiques et les Approbateurs du
Bureau Typographique , J'ai l'honneur d'être
&c.
Riombal , au sujet de sa Lettre inserée
dans le Mercure du mois de Septembre
dernier.
J
'Ai appris , Monsieur , qu'on se plaignoit
de ce que vous aviez employé dans vôtre
Lettre ces termes subsantifs d'ignorance , de prévention
, d'envie et de mauvaise foi , contre
des Critiques habiles , qui supposent avoir droit
d'employer contre leurs adversaires de la Cour
et de la Ville , les termes adjectifs de présomptueux
, de fou , de sot , de dupe , de charlatan
et d'avanturier. On dit que vous avez mal -fait
de suivre leur exemple en cela. Le Public scandalisé
du fait , jugera la dispute : Si le bureau
a eu le malheur de n'être pas du goût de quelques
Regens du Plessis , il ne s'ensuit pas qu'ils
soient bien au fait du Sistême Typographique ;
ces Messieurs sçavent bien qu'on peut être habile
sur une chose et être dans l'ignorance sur
l'autre.
>
Quoiqu'ils sçachent bien le Latin et le Grec
qu'ils sont obligez d'enseigner , ils peuvent ignorer
le sistême dont ils croyent n'avoir pas besoin
2406 MERCURE DE FRANCE
soin ; et ce n'est que sur cet Article que doivent
tomber les expressions qui vous ont échappé à
Poccasion des leurs. Nous aurions tort d'ailleurs
de nous plaindre d'un College célebre , dont le
digne Principal a bien voulu permettre l'usage du
Bureau, sans sçavoir que dans la suite on s'en serviroit
pour MONSEIGNEUR LE DAUPHINCT
pour MESDAMES DE FRANCE ; Vous n'ignorez pas
non plus que les deux Sous - Principaux de ce
fameux College ont reconnu l'utilité de ce sistême
il y auroit donc de l'injustice , et même
de l'ingratitude à confondre sous le terme de
College , les Critiques et les Approbateurs du
Bureau Typographique , J'ai l'honneur d'être
&c.
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Résumé : RÉPONSE à la Lettre d'une Dame, qui depuis peu fait usage du Bureau Tipographique.
L'auteur typographe écrit à M. Riombal pour répondre à une lettre publiée dans le Mercure de septembre précédent. L'auteur note que M. Riombal a utilisé des termes tels qu'ignorance, prévention, envie et mauvaise foi contre des critiques, tandis que ces critiques employaient des adjectifs péjoratifs comme présomptueux, fou, sot, dupe, charlatan et aventurier. L'auteur souligne que le public jugera cette dispute. Il précise que le fait que le bureau typographique n'ait pas plu à certains régents du Plessis ne signifie pas qu'ils maîtrisent le système typographique. Ces régents, bien qu'experts en latin et en grec, peuvent ignorer ce système qu'ils jugent inutile. L'auteur défend l'usage du bureau typographique, approuvé par le principal d'un collège célèbre et reconnu utile par deux sous-principaux. Il conclut en soulignant l'injustice de confondre les critiques et les approbateurs du système typographique.
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1849
p. 2406-2407
CLARISSIMIS VIRIS
Début :
Petro Chirac, Regi à sanctioribus Consiliis ; antiquo Universitatis Medicine Monspelliensis [...]
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texteReconnaissance textuelle : CLARISSIMIS VIRIS
CLARISSIMIS VIRIS
Petro Chirac , Regi à sanctioribus Consiliis ;
antiquo Universitatis Medicine Monspelliensis
Professori , Regiæ Scientiarum Academiæ Pari--
siensis Socio honorario , Horti Regii Præfecto
et Archiatrorum Comiti..
Et Francisco Chicoyneau in suprema Mons
pel . Computorum , subsidiorum , Fiscique juria
Curia Senatori integerrimo , Professori Regio
Anatomico , et Botanico Universitatis Medicina
ejusdem urbis Cancellario amplissimo , et Ju
dici æquissimo. Nunc Regiæ Prolis Archiatro
1
Carmen.
Gallia festivo repetat nova gaudia plausu ;
Regia perpetuo jam vivent lilia Flore :
Augusti Regis Chirac , prolisque sacratæ
Franciscus , pretiosa tuentur corpora et ævum.
Imperio istorum segnes Clothus , lachesisque
Nectere
OCTOBRE . 1737. 2407
Nectere continuo cogentur fila labore ;
Forcipe et abrupto , manibusq ad terga ligatio
Atropos immitis nitetur scindere frustra :
Regia perpetuo sic vivent lilia flore.
Laurus Reiazari Italus vovet.
Petro Chirac , Regi à sanctioribus Consiliis ;
antiquo Universitatis Medicine Monspelliensis
Professori , Regiæ Scientiarum Academiæ Pari--
siensis Socio honorario , Horti Regii Præfecto
et Archiatrorum Comiti..
Et Francisco Chicoyneau in suprema Mons
pel . Computorum , subsidiorum , Fiscique juria
Curia Senatori integerrimo , Professori Regio
Anatomico , et Botanico Universitatis Medicina
ejusdem urbis Cancellario amplissimo , et Ju
dici æquissimo. Nunc Regiæ Prolis Archiatro
1
Carmen.
Gallia festivo repetat nova gaudia plausu ;
Regia perpetuo jam vivent lilia Flore :
Augusti Regis Chirac , prolisque sacratæ
Franciscus , pretiosa tuentur corpora et ævum.
Imperio istorum segnes Clothus , lachesisque
Nectere
OCTOBRE . 1737. 2407
Nectere continuo cogentur fila labore ;
Forcipe et abrupto , manibusq ad terga ligatio
Atropos immitis nitetur scindere frustra :
Regia perpetuo sic vivent lilia flore.
Laurus Reiazari Italus vovet.
Fermer
Résumé : CLARISSIMIS VIRIS
Le poème célèbre Pierre Chirac et François Chicoyneau, éminents médecins français. Chirac, membre des conseils royaux et directeur du Jardin Royal, et Chicoyneau, sénateur et professeur, protègent le roi Auguste et son fils François des destins funestes. Laurus Reiazari Italus offre un laurier en octobre 1737.
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1850
p. 2407-2411
« On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...] »
Début :
On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...]
Mots clefs :
Petite vérole, Catalogne, Bonnet de Docteur en Théologie, Tremblement de terre, Estampe, Violon
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texteReconnaissance textuelle : « On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...] »
On mande de Barcelonne , que la petite Ve
role est devenue epidemique cette année dans
toute la Catalogne , qu'elle attaque toutes sortes
de Personnes et à tout âge mais qu'elle n'est
pas mortelle. On mande au contraire de Milan
que la même maladie y fait de grands ravages ,
et qu'il y est mort depuis quelque temps plus de
3000. Enfans,
-
On apprend de Lisbonne , que le 31. Aoust ,
le P. Pierre de la Conception , Religieux du
Tiers Ordre de S. François , reçût le Bonnet
de Docteur en Theologie dans l'Université de
Coimbre. C'est le premier Religieux de l'Ordre
de S. François qui ait été reçû Docteur
› non.
seulement dans cette Université , mais dans toutes
les autres du Royaume de Portugal : il eût
pour Parrain le P. Manuel de S. Jerome , Provincial
du Tiers-Ordre de S. François en Por
tugal.
Les Académies Litteraires se multiplient ent
Portugal ; outre celle de l'Histoire établie à Lisbonne
et celle de Guimaraens , qui a publić :
depuis peu diverses Pieces de Poësie , qui sont
fort applaudies , il vient de s'en établir une nou◄
velle dans la Ville de Braga.
2408 MERCURE DE FRANCE
On apprend en même temps de la Ville de
Chaves en Portugal , que le 8. Août on y avoit
essuyé une Tempête affreuse , qui s'étoit formée
autour d'une Montagne voisine de cette Ville ,
qu'en très-peu de temps la Riviere d'Avelans
s'étoit tellement enflée par la Pluye , que dans
l'espace de trois heures elle avoit entrainé toutes
les Maisons voisines , déraciné tous les Arbres
et fait perir une partie des Habitans.
?
Le Comte d'Orrery , sçavant Anglois , mort
depuis peu , a laissé à l'Université d'Oxford ,
sa belle Bibliotheque qu'on estime 6000. livres
sterlings.
On apprend de la Haye , que le Docteur Desaguliers
y donne depuis le mois dernier , un
cours de Philosophie experimentale , auquel assistent
un grand nombre de Personnes de distinction
le Duc de Lorraine , aussi curieux que
versé dans ce genre de Science , l'a honoré plusieurs
fois de sa presence.
::
On a appris en dernier lieu de la Chine ,
que le Tremblement de Terre dont nous avons
déja parlé , arrivé à Pekim et aux environs , le
30. Septembre 1730. à dix heures trois quarts
fût si violent et si subit , qu'il ne
de se mettre en su-
>
le
temps
›
du matin
donna à personne
reté. Au moment qu'on l'apperçût on vît les
Maisons tomber : l'effort se faisoit par- dessous ,
et les Murailles s'élevoient comme si ç'eût été
l'effet d'une Mine. La premiere sécoussé qui fût
P'unique violente ne dura qu'une minute , et
dans ce peu de temps elle renversa la moitié de
la Ville de Pekin. On compte déja plus de cent
mille personnes qui ont péri
OCTOBRE. 1731. 2409
A quatre lieues au Nord de Pekin , la Terre
s'est ouverte ; il en est sorti une fumée ou un
Brouillard épais ; la Terre s'est trouvée ensuite
couverte d'une eau noire en un endroit , jaúnatre
dans un autre , noire et rougeatre
ailleurs e
un gros Village appellé Tcha - ho a été entie
rement abîmé.
>
"
2
On n'est pas encore sans crainte le Tremblement
n'êtant pas fini. Le jour qu'il commença
, il y eût huit ou neuf secousses mais legeres
; depuis le 30. Septembre jusqu'au 12. d'Öctobre
, il y en cût 23. Lorsque a premiere secousse
se fit sentir P'Empereur étoit dans une
Barque sur un Canal de ses Jardins ; il se prosterna
aussi tôt , acora l'Esprit du Ciel , et l'invoqua
, en s'accusant et attribuant ce fleau du
Ciel à sa négligence dans le Gouvernement. .
>
On écrit de Florence , que le Riposodi Rafaele
paroît imprimé avec de nouvelles figures. C'est
un Dialogue sur la Feinture et la Sculpture ,
très bien écrit et très estimé où l'on traitte
de l'invention , de la disposition , du choix des
attitudes , du dessein et du coloris.
>
Il paroît une nouvelle Estampe dont le
sujet est la Ceremonie du Mariage de Louis
XIV avec Marie Therese d'Autriche. Elle est
de parei le grandeur des six qui ont déja paru ,
dont cinq sont gravées par le celebre SEBASTIEN
LE CLERC , la sixiéme representant l'Entrevuë
des deux Rois Louis XIV. et Philippe IV. Roi
d'Espagne , et celle qui donne lieu à cet article
sont du Sieur Jeorat , d'après aes Tableaux de
Ja composition de M. Le Brun ces deux dernieres
Estampes se vendent chez ledit Jcorat ,
•
Graveur
AIO MERCURE DE FRANCE
>
Graveur , ruë S. Jacques , vis - à- vis les Mathu
rins au Livre d'Or. On trouve aussi chez lui
beaucoup d'Estampes du même Sebastien Le
Clerc , son Beau Pere ; cet avis est d'autant plus
necessaire , que l'on expose en Public quantité
de copies des ouvrages de cet excellent Maître ;
et qu'à deux entr'autres ( l'Académie des Sciences
et des beaux Arts , et l'Entrée d'Alexandre
dans Babilone ) pour les rendre plus conformes
aux Originales , on en a imité jusqu'aux dedicaces
avec le nom de l'Auteur , exactitude , à la
verité , dont le motif est aussi visible que condamnable
par les honnêtes gens et par les cu
rieux intelligens.
Le Sieur le Blanc , Fondeur du Roy , extrê
mement connu par les beaux Ouvrages qu'il fair
d'un Métal de sa composition , couleur d'Or ,
qu'on a bien de la peine à distinguer du vrai or ,
nous prie d'avertir le Public , qu'il est trompé
tous les jours par de méchants Ouvriers , qui
veulent imiter sa composition et son travail , se
Bervant même de son nom pour vendre de mauvaises
Marchandises. Le Sr. le Blanc fait depuis
dix ans un grand débit de ses ouvrages , qu'on
peut voir chez le Roy , chez les Princes et chez
quantité de Seigneurs de la Ville et de la Cour,
Il demeure dans le Cloître S. Germain l'Au
xerrois.
Les Curieux trouveront chez lui quantité d'ouvrages
de goût , utiles et agréables , comme ornemens
de toute espece , Boucles , Pommes de
Cannes , Gardes d'Epées , Tabatieres , Garnitures
de Boutons , Flambeaux , Toilettes , Bras
Lustres , sur-tout de Table , Grilles à feu , & c.
Le
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
O IL
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
.
Le
OCTOBRE. 1731. 2411
Le Sieur Aubert , Intendant de la Musique
de S. A. S. M. le Duc , vient de donner au Public
un quatriéme Livre de Sonnates ; les Ouvra➡
,
de cet Auteur sont très recherchez. Il suffira
de dire qu'il a sçû joindre dans ce dernier , le
beau chant et les au neuf. On le peut
graces
executer sur la Flute comme sur le Violon ; il
donnera aussi dans le cours de l'Hyver prochain
sa quatriéme suite de Concert de Simphonie ;
on trouvera tous ses ouvrages chez le Sr. Boivin,
rue S. Honoré , à laregle d'or , le Sr. le Clerc ,
rue du Roule , à la Croix d'or , et chez l'Auteur
ruë S. Honoré , vis - à- vis la ruë de Gre➡
nelle , aux Dames de France. Il fera les envois
en Province tels qu'on les souhaittera , en lui
écrivant et lui marquant une adresse exacte.
Le prix de ce Livre de Sonnates est de 8. liv.
et celui de ses Concerts de Symphonie est de
3. liv. 12. fols.
› Papillon , Graveur en bois ruë S. Louis ,
près le Palais , à Paris , donne avis que le petit
Almanach de Paris , pour l'Année 1732. sera
augmenté et embelli de plusieurs choses curieuses.
Avec deux nouvelles planches des mois
qui feront la moitié de l'Année complette .
role est devenue epidemique cette année dans
toute la Catalogne , qu'elle attaque toutes sortes
de Personnes et à tout âge mais qu'elle n'est
pas mortelle. On mande au contraire de Milan
que la même maladie y fait de grands ravages ,
et qu'il y est mort depuis quelque temps plus de
3000. Enfans,
-
On apprend de Lisbonne , que le 31. Aoust ,
le P. Pierre de la Conception , Religieux du
Tiers Ordre de S. François , reçût le Bonnet
de Docteur en Theologie dans l'Université de
Coimbre. C'est le premier Religieux de l'Ordre
de S. François qui ait été reçû Docteur
› non.
seulement dans cette Université , mais dans toutes
les autres du Royaume de Portugal : il eût
pour Parrain le P. Manuel de S. Jerome , Provincial
du Tiers-Ordre de S. François en Por
tugal.
Les Académies Litteraires se multiplient ent
Portugal ; outre celle de l'Histoire établie à Lisbonne
et celle de Guimaraens , qui a publić :
depuis peu diverses Pieces de Poësie , qui sont
fort applaudies , il vient de s'en établir une nou◄
velle dans la Ville de Braga.
2408 MERCURE DE FRANCE
On apprend en même temps de la Ville de
Chaves en Portugal , que le 8. Août on y avoit
essuyé une Tempête affreuse , qui s'étoit formée
autour d'une Montagne voisine de cette Ville ,
qu'en très-peu de temps la Riviere d'Avelans
s'étoit tellement enflée par la Pluye , que dans
l'espace de trois heures elle avoit entrainé toutes
les Maisons voisines , déraciné tous les Arbres
et fait perir une partie des Habitans.
?
Le Comte d'Orrery , sçavant Anglois , mort
depuis peu , a laissé à l'Université d'Oxford ,
sa belle Bibliotheque qu'on estime 6000. livres
sterlings.
On apprend de la Haye , que le Docteur Desaguliers
y donne depuis le mois dernier , un
cours de Philosophie experimentale , auquel assistent
un grand nombre de Personnes de distinction
le Duc de Lorraine , aussi curieux que
versé dans ce genre de Science , l'a honoré plusieurs
fois de sa presence.
::
On a appris en dernier lieu de la Chine ,
que le Tremblement de Terre dont nous avons
déja parlé , arrivé à Pekim et aux environs , le
30. Septembre 1730. à dix heures trois quarts
fût si violent et si subit , qu'il ne
de se mettre en su-
>
le
temps
›
du matin
donna à personne
reté. Au moment qu'on l'apperçût on vît les
Maisons tomber : l'effort se faisoit par- dessous ,
et les Murailles s'élevoient comme si ç'eût été
l'effet d'une Mine. La premiere sécoussé qui fût
P'unique violente ne dura qu'une minute , et
dans ce peu de temps elle renversa la moitié de
la Ville de Pekin. On compte déja plus de cent
mille personnes qui ont péri
OCTOBRE. 1731. 2409
A quatre lieues au Nord de Pekin , la Terre
s'est ouverte ; il en est sorti une fumée ou un
Brouillard épais ; la Terre s'est trouvée ensuite
couverte d'une eau noire en un endroit , jaúnatre
dans un autre , noire et rougeatre
ailleurs e
un gros Village appellé Tcha - ho a été entie
rement abîmé.
>
"
2
On n'est pas encore sans crainte le Tremblement
n'êtant pas fini. Le jour qu'il commença
, il y eût huit ou neuf secousses mais legeres
; depuis le 30. Septembre jusqu'au 12. d'Öctobre
, il y en cût 23. Lorsque a premiere secousse
se fit sentir P'Empereur étoit dans une
Barque sur un Canal de ses Jardins ; il se prosterna
aussi tôt , acora l'Esprit du Ciel , et l'invoqua
, en s'accusant et attribuant ce fleau du
Ciel à sa négligence dans le Gouvernement. .
>
On écrit de Florence , que le Riposodi Rafaele
paroît imprimé avec de nouvelles figures. C'est
un Dialogue sur la Feinture et la Sculpture ,
très bien écrit et très estimé où l'on traitte
de l'invention , de la disposition , du choix des
attitudes , du dessein et du coloris.
>
Il paroît une nouvelle Estampe dont le
sujet est la Ceremonie du Mariage de Louis
XIV avec Marie Therese d'Autriche. Elle est
de parei le grandeur des six qui ont déja paru ,
dont cinq sont gravées par le celebre SEBASTIEN
LE CLERC , la sixiéme representant l'Entrevuë
des deux Rois Louis XIV. et Philippe IV. Roi
d'Espagne , et celle qui donne lieu à cet article
sont du Sieur Jeorat , d'après aes Tableaux de
Ja composition de M. Le Brun ces deux dernieres
Estampes se vendent chez ledit Jcorat ,
•
Graveur
AIO MERCURE DE FRANCE
>
Graveur , ruë S. Jacques , vis - à- vis les Mathu
rins au Livre d'Or. On trouve aussi chez lui
beaucoup d'Estampes du même Sebastien Le
Clerc , son Beau Pere ; cet avis est d'autant plus
necessaire , que l'on expose en Public quantité
de copies des ouvrages de cet excellent Maître ;
et qu'à deux entr'autres ( l'Académie des Sciences
et des beaux Arts , et l'Entrée d'Alexandre
dans Babilone ) pour les rendre plus conformes
aux Originales , on en a imité jusqu'aux dedicaces
avec le nom de l'Auteur , exactitude , à la
verité , dont le motif est aussi visible que condamnable
par les honnêtes gens et par les cu
rieux intelligens.
Le Sieur le Blanc , Fondeur du Roy , extrê
mement connu par les beaux Ouvrages qu'il fair
d'un Métal de sa composition , couleur d'Or ,
qu'on a bien de la peine à distinguer du vrai or ,
nous prie d'avertir le Public , qu'il est trompé
tous les jours par de méchants Ouvriers , qui
veulent imiter sa composition et son travail , se
Bervant même de son nom pour vendre de mauvaises
Marchandises. Le Sr. le Blanc fait depuis
dix ans un grand débit de ses ouvrages , qu'on
peut voir chez le Roy , chez les Princes et chez
quantité de Seigneurs de la Ville et de la Cour,
Il demeure dans le Cloître S. Germain l'Au
xerrois.
Les Curieux trouveront chez lui quantité d'ouvrages
de goût , utiles et agréables , comme ornemens
de toute espece , Boucles , Pommes de
Cannes , Gardes d'Epées , Tabatieres , Garnitures
de Boutons , Flambeaux , Toilettes , Bras
Lustres , sur-tout de Table , Grilles à feu , & c.
Le
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ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
O IL
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS
.
Le
OCTOBRE. 1731. 2411
Le Sieur Aubert , Intendant de la Musique
de S. A. S. M. le Duc , vient de donner au Public
un quatriéme Livre de Sonnates ; les Ouvra➡
,
de cet Auteur sont très recherchez. Il suffira
de dire qu'il a sçû joindre dans ce dernier , le
beau chant et les au neuf. On le peut
graces
executer sur la Flute comme sur le Violon ; il
donnera aussi dans le cours de l'Hyver prochain
sa quatriéme suite de Concert de Simphonie ;
on trouvera tous ses ouvrages chez le Sr. Boivin,
rue S. Honoré , à laregle d'or , le Sr. le Clerc ,
rue du Roule , à la Croix d'or , et chez l'Auteur
ruë S. Honoré , vis - à- vis la ruë de Gre➡
nelle , aux Dames de France. Il fera les envois
en Province tels qu'on les souhaittera , en lui
écrivant et lui marquant une adresse exacte.
Le prix de ce Livre de Sonnates est de 8. liv.
et celui de ses Concerts de Symphonie est de
3. liv. 12. fols.
› Papillon , Graveur en bois ruë S. Louis ,
près le Palais , à Paris , donne avis que le petit
Almanach de Paris , pour l'Année 1732. sera
augmenté et embelli de plusieurs choses curieuses.
Avec deux nouvelles planches des mois
qui feront la moitié de l'Année complette .
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Résumé : « On mande de Barcelonne, que la petite Verole est devenuë epidemique cette année dans [...] »
En 1731, plusieurs événements historiques et culturels marquants ont eu lieu. En Catalogne, une épidémie de variole est devenue endémique, affectant toutes les classes d'âge sans être mortelle. À Milan, la variole a causé la mort de plus de 3000 enfants. Au Portugal, le Père Pierre de la Conception a obtenu le bonnet de docteur en théologie à l'Université de Coimbre, devenant le premier religieux de l'Ordre de Saint-François à recevoir ce titre dans le pays. Les académies littéraires se sont multipliées avec de nouvelles créations à Braga et Guimaraens. À Chaves, une tempête a causé des ravages et entraîné la mort de nombreux habitants. Le Comte d'Orrery a légué sa bibliothèque à l'Université d'Oxford. À La Haye, le Docteur Desaguliers a donné des cours de philosophie expérimentale, fréquentés par des personnalités distinguées. En Chine, un violent tremblement de terre a frappé Pékin, causant la mort de plus de cent mille personnes et des destructions massives. À Florence, un dialogue sur la peinture et la sculpture a été publié. Une nouvelle estampe représentant le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche a été mise en vente. Le fondeur Le Blanc a averti contre les contrefaçons de ses œuvres. Le musicien Aubert a publié un quatrième livre de sonates et annoncé une suite de concerts pour l'hiver prochain. Enfin, le graveur Papillon a annoncé l'augmentation et l'embellissement de l'Almanach de Paris pour l'année 1732.
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