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Liste
751
p. 202-219
LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
Début :
Monsieur, Vous vous attendez sans doute à un détail exact [...]
Mots clefs :
Québec, Angleterre, Sauvages, Général, Acadie, Canada, Prisonniers
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
lage.
LETTRE
De Quebec, le ZO. Nov. 171Z.
-MONSIEUR,
Vous vous attendez sans
doute à un détail exact de
ce qui s'est passé dans les
^eo;ions froides de l'Ameriquequenoushabitons,
& sur tout d'être informé
à fond de lentreprife des
Anglois sur la Colonie en
effet, rien de mieux concerté
,
rien de plus mesuré quece qu avoient projette nos ennemis principalement cette année,
-
pour se rendre maîtres de
coureia nouvelle France,
'0
si le succés avoit répondu
à leurattente.
Il faut remarquer, Mt,
qu'il y
avoir dixans ou environ que les Anglois nos
voisins, aidés de ce qu'ils
appellent ici la vieille Angleterre, formoient le dessein de joindre à leurs Colonies celle du Canada
ik
sceance. qui seroit fort à leur bienCe que les François possèdent dans la
grande & vaste Isle de
Terreneuve & dans ce que
nous appelions le Canada,
qui est plus important au
Roy que l'on ne pense; Le
Perou est au Roy d'Es.
pagne une mine bien avantageuse: mais la pêche de
la Morüe sur le grand banc
l'est peut-être autant, si
l'on considere que c'est
nonseulement un fonds,
aussi-bienque les mines de
l'Amerique méridionale,
dans lequel on ne mec
rien, & dont on tire beaucoup par cette poudre si
panionnementaimée des
hommes, aumoins des Europeens. Le Roy au milieu
de la paix, par lemoyens
de la pesche des Moruëà
de Terre-neuve, entretient
un nombre considerable
de gens de Mer& de Matelots, qui dans les changemens des affaires, font
tousprests à le servir dans
les armemens de Mer;cequi est souventtrès avan- tageux. -
Cela supposé pour revenir aux grands desseins
des Anglois sur Québec &
sur lillode Montreal, c'est
à dire sélon l'usage de parler de ce pays-ci,sur le Canada d'en bas & sur celuy
d'en haut, il ne sera point
inutile, Mr, de vous remettre fous les yeux la
conduite habile &: très prudente que Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
General de la nouvelle
France a
gardée jusqu'àpresent pour empêcher les
ennemis d'executerun def
rein qu'ils commençoient
à ébaucher.
Ce sut pour cela qu'en
1703-(jeme conrenrerai de
cette époque) M. de BeauBassin,sousles ordres deM.
le General, se mit à la tête.
d'un parti composé de Canadiens & de Sauvages
Iroquois, Abnaxis, & aurres,{e mit en marche vers
la fin de Juillet de cette
année, ôc qu'au bout d'un
mois la petite armée se
trouva au milieu de la
nouvelle Angleterre, ou
elle s'empara de plusieurs
postes.
L"a même l , année 1703. a
la fin du mois de Décembre, M. de Ronville autre
Officier Canadien emporta d'assaut laville de Diersields dans lanouvelle Angleterre.
En 1704. les Anglois
voulurent tenter le
siege
de Port-Royal, capitale
de l'Acadie, qui fait partie
de la nouvelle France. Le
ColonelChevoy,qui commandoit à la floteAngloise,
qui avoit moüillé dans la
BayeFrançoise dans le dessein de faire une descente,
fut
fut repoussé à deux attaques qu'il fit avec vigueur,
ses vaisseaux brisez & fracassez, & contraint de s'en
retourner à Baston.
-' Dans le temps que les
Anglois mettoient tout en
oeuvre pour s'emparer de
la capitale d'Acadie
,
Peter
Sehuyler Commandant
d'Orange dans la nouvelle
York
,
vint presenter six
Colliers aux Sauvages nos
Alliez, dans,l'intention de
les mettre de son parti:
maisilstinrent ferme pour
nous, & demeurerent for
,
leurs nattes.
Le Canada se trouva en
1705. plein d'Anglois que
nous avions pris en Acadie, dans la nouvelle Angleterre
,
& dans NevvYork en differens partis,
que nous avions former
Parmi ces prisonniers etoit
leMinistre de Diersields,.
place de la nouvelleAngleterre. Joseph Dudley,.
Gouverneurde Baston,Capitale de la nouvelle Anglterre, envoya à Quebec
Jean Livingston Major
y
pour négocier l'échange
avec nôtre General le
Marquis de Vaudreüil
Ce fut cette même année 1705. que les Canadiens, fous la conduite de
Mr Beaucour, Capitaine
d'un merite reconnu, également habile dans l'art de
fortifier les places, & dans
les entreprises de guerre,se
rendirent maîtres des environs du fort S. Jean, poste des plus importans que
les Anglois possedent dans
l'isle de Terre-neuve, vers l'embouchure du Fleuve
S. Laurent.
1
L'échange des Anglois
prisonniers ne put se conclure qu'en1706.
Toute la nouvelle Angleterre fut en 1707. bloquée,s'il m'est permis de
parler ainsi, par nos Sauvages alliez, les habitans
n'en osoient sortir pour
faire leur moisson.
L'entreprise de l'Acadie
ayant été remise en deliberation au Conseil de Baston, on resolut le Siége de
Port Royal. Le commandement en fut donné au
Colonel MarsH. Cette RCh
te parut dans la Baye Françoiseau commencement
de Juin.
Une expédition memorable ce fut celle de Haveril fous le commandement de M. de Rouville
& de Schaillonsaidez
des sieurs de Contrecour,
& de la Gauchetiere, elle
jetta la terreur dans Bass
ton, Haveril & dans son
voisinage;nousenlevâmes
ce porteaux Anglois
maigre leur valeur &
leur habileté.
On changea de batterie
en 1709. & au milieu des
neiges & d'un froid tel
qu'il fc fait sentir dans l'A.
merique fcptentrion,,ile.,les
Canadiens allèrent prendre le fort saint Jean.six
portes importans par la
pesche des Moruës Se
d'autres poissons que l'on
fait aux atterages de ce fort & aux bancs voisins :
auïn-côc aprés le General
NicolsonVveteche mit en
mer une flottenombreuse,
& leva une armée suffisante pour attaquerMontreal
:
mais la flote fut con-
tremandée par les Anglois
qui étoient en. Portugal
Nicholsonmarcha à la tête dessiens, prit le chemin
de Lac champlain.
Me voici àl'annee 1110.
quiest le terme de la derniere lettre que j'ay eti
l'honneur de vous addresser,je vous y ay fait voir
comment Mr le Marquis
de Vaudreuil nôtre General avoit mis les Anglois
de la nouvelle Angleterre,
ceux de la nouvelle York,
& les Sauvages leurs alliez,
en état de ne rien entre-
prendre sur nos habita
rions. C'est à la fin de 1710.
que Monsieur le Chevalier de Beaucour, Capitaine Ingenieur,fort estime dans la nouvelle France & fort habile dans
l'architecturemilitaire,
a
élevé le Fort dePontchartrain, vulgairementappellédeChambly. On ya mis
cette année, vers la fin de
Septembre, la derniere
main. C'est un puissànt
rempart contre les entreprises du côté du haut Canada..
Les
Les choses étant en cet
état, lorsque les Anglois
nos voisins, secourus de
ceux de la vieille Angleterre) ont fait les derniers
efforts pour se rendre maîtres de la nouvelle France,
en l'attaquant par en-bas,
c'est à dire en assiégeant
Quebec qui en est la Capitale.
Le Major Liumgton
Anglois, accompagnédu
Baron de Cassin François,
partirent de ce pays-là vers
la fin d'Odobre de l'année
1710. pour travailler à un
échange de prisonniers
que gardoient en Acadie
les Sauvages nos aliez:ils
ie servirent de la voye du
canot pour aller par eau,
leur petit bastiment ayant tourné, & un de leurs domestiques noyé, ils furent
obligez de continuer leur
voyage par terre, dans les
neiges & les marais à
travers les bois, ils furent
cinq jours sans trouver
d'autre nourriture que ce
qu'ils trouvoient fous les
neiges en gratant la terre.
Deux de leurs gens s'éga-
rerent en cherchant à vivre, & j'ay sçû depuis de
l'un d'eux une remarque
assez curieuse
LETTRE
De Quebec, le ZO. Nov. 171Z.
-MONSIEUR,
Vous vous attendez sans
doute à un détail exact de
ce qui s'est passé dans les
^eo;ions froides de l'Ameriquequenoushabitons,
& sur tout d'être informé
à fond de lentreprife des
Anglois sur la Colonie en
effet, rien de mieux concerté
,
rien de plus mesuré quece qu avoient projette nos ennemis principalement cette année,
-
pour se rendre maîtres de
coureia nouvelle France,
'0
si le succés avoit répondu
à leurattente.
Il faut remarquer, Mt,
qu'il y
avoir dixans ou environ que les Anglois nos
voisins, aidés de ce qu'ils
appellent ici la vieille Angleterre, formoient le dessein de joindre à leurs Colonies celle du Canada
ik
sceance. qui seroit fort à leur bienCe que les François possèdent dans la
grande & vaste Isle de
Terreneuve & dans ce que
nous appelions le Canada,
qui est plus important au
Roy que l'on ne pense; Le
Perou est au Roy d'Es.
pagne une mine bien avantageuse: mais la pêche de
la Morüe sur le grand banc
l'est peut-être autant, si
l'on considere que c'est
nonseulement un fonds,
aussi-bienque les mines de
l'Amerique méridionale,
dans lequel on ne mec
rien, & dont on tire beaucoup par cette poudre si
panionnementaimée des
hommes, aumoins des Europeens. Le Roy au milieu
de la paix, par lemoyens
de la pesche des Moruëà
de Terre-neuve, entretient
un nombre considerable
de gens de Mer& de Matelots, qui dans les changemens des affaires, font
tousprests à le servir dans
les armemens de Mer;cequi est souventtrès avan- tageux. -
Cela supposé pour revenir aux grands desseins
des Anglois sur Québec &
sur lillode Montreal, c'est
à dire sélon l'usage de parler de ce pays-ci,sur le Canada d'en bas & sur celuy
d'en haut, il ne sera point
inutile, Mr, de vous remettre fous les yeux la
conduite habile &: très prudente que Mr le Marquis
de Vaudreuil Gouverneur
General de la nouvelle
France a
gardée jusqu'àpresent pour empêcher les
ennemis d'executerun def
rein qu'ils commençoient
à ébaucher.
Ce sut pour cela qu'en
1703-(jeme conrenrerai de
cette époque) M. de BeauBassin,sousles ordres deM.
le General, se mit à la tête.
d'un parti composé de Canadiens & de Sauvages
Iroquois, Abnaxis, & aurres,{e mit en marche vers
la fin de Juillet de cette
année, ôc qu'au bout d'un
mois la petite armée se
trouva au milieu de la
nouvelle Angleterre, ou
elle s'empara de plusieurs
postes.
L"a même l , année 1703. a
la fin du mois de Décembre, M. de Ronville autre
Officier Canadien emporta d'assaut laville de Diersields dans lanouvelle Angleterre.
En 1704. les Anglois
voulurent tenter le
siege
de Port-Royal, capitale
de l'Acadie, qui fait partie
de la nouvelle France. Le
ColonelChevoy,qui commandoit à la floteAngloise,
qui avoit moüillé dans la
BayeFrançoise dans le dessein de faire une descente,
fut
fut repoussé à deux attaques qu'il fit avec vigueur,
ses vaisseaux brisez & fracassez, & contraint de s'en
retourner à Baston.
-' Dans le temps que les
Anglois mettoient tout en
oeuvre pour s'emparer de
la capitale d'Acadie
,
Peter
Sehuyler Commandant
d'Orange dans la nouvelle
York
,
vint presenter six
Colliers aux Sauvages nos
Alliez, dans,l'intention de
les mettre de son parti:
maisilstinrent ferme pour
nous, & demeurerent for
,
leurs nattes.
Le Canada se trouva en
1705. plein d'Anglois que
nous avions pris en Acadie, dans la nouvelle Angleterre
,
& dans NevvYork en differens partis,
que nous avions former
Parmi ces prisonniers etoit
leMinistre de Diersields,.
place de la nouvelleAngleterre. Joseph Dudley,.
Gouverneurde Baston,Capitale de la nouvelle Anglterre, envoya à Quebec
Jean Livingston Major
y
pour négocier l'échange
avec nôtre General le
Marquis de Vaudreüil
Ce fut cette même année 1705. que les Canadiens, fous la conduite de
Mr Beaucour, Capitaine
d'un merite reconnu, également habile dans l'art de
fortifier les places, & dans
les entreprises de guerre,se
rendirent maîtres des environs du fort S. Jean, poste des plus importans que
les Anglois possedent dans
l'isle de Terre-neuve, vers l'embouchure du Fleuve
S. Laurent.
1
L'échange des Anglois
prisonniers ne put se conclure qu'en1706.
Toute la nouvelle Angleterre fut en 1707. bloquée,s'il m'est permis de
parler ainsi, par nos Sauvages alliez, les habitans
n'en osoient sortir pour
faire leur moisson.
L'entreprise de l'Acadie
ayant été remise en deliberation au Conseil de Baston, on resolut le Siége de
Port Royal. Le commandement en fut donné au
Colonel MarsH. Cette RCh
te parut dans la Baye Françoiseau commencement
de Juin.
Une expédition memorable ce fut celle de Haveril fous le commandement de M. de Rouville
& de Schaillonsaidez
des sieurs de Contrecour,
& de la Gauchetiere, elle
jetta la terreur dans Bass
ton, Haveril & dans son
voisinage;nousenlevâmes
ce porteaux Anglois
maigre leur valeur &
leur habileté.
On changea de batterie
en 1709. & au milieu des
neiges & d'un froid tel
qu'il fc fait sentir dans l'A.
merique fcptentrion,,ile.,les
Canadiens allèrent prendre le fort saint Jean.six
portes importans par la
pesche des Moruës Se
d'autres poissons que l'on
fait aux atterages de ce fort & aux bancs voisins :
auïn-côc aprés le General
NicolsonVveteche mit en
mer une flottenombreuse,
& leva une armée suffisante pour attaquerMontreal
:
mais la flote fut con-
tremandée par les Anglois
qui étoient en. Portugal
Nicholsonmarcha à la tête dessiens, prit le chemin
de Lac champlain.
Me voici àl'annee 1110.
quiest le terme de la derniere lettre que j'ay eti
l'honneur de vous addresser,je vous y ay fait voir
comment Mr le Marquis
de Vaudreuil nôtre General avoit mis les Anglois
de la nouvelle Angleterre,
ceux de la nouvelle York,
& les Sauvages leurs alliez,
en état de ne rien entre-
prendre sur nos habita
rions. C'est à la fin de 1710.
que Monsieur le Chevalier de Beaucour, Capitaine Ingenieur,fort estime dans la nouvelle France & fort habile dans
l'architecturemilitaire,
a
élevé le Fort dePontchartrain, vulgairementappellédeChambly. On ya mis
cette année, vers la fin de
Septembre, la derniere
main. C'est un puissànt
rempart contre les entreprises du côté du haut Canada..
Les
Les choses étant en cet
état, lorsque les Anglois
nos voisins, secourus de
ceux de la vieille Angleterre) ont fait les derniers
efforts pour se rendre maîtres de la nouvelle France,
en l'attaquant par en-bas,
c'est à dire en assiégeant
Quebec qui en est la Capitale.
Le Major Liumgton
Anglois, accompagnédu
Baron de Cassin François,
partirent de ce pays-là vers
la fin d'Odobre de l'année
1710. pour travailler à un
échange de prisonniers
que gardoient en Acadie
les Sauvages nos aliez:ils
ie servirent de la voye du
canot pour aller par eau,
leur petit bastiment ayant tourné, & un de leurs domestiques noyé, ils furent
obligez de continuer leur
voyage par terre, dans les
neiges & les marais à
travers les bois, ils furent
cinq jours sans trouver
d'autre nourriture que ce
qu'ils trouvoient fous les
neiges en gratant la terre.
Deux de leurs gens s'éga-
rerent en cherchant à vivre, & j'ay sçû depuis de
l'un d'eux une remarque
assez curieuse
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Résumé : LETTRE De Quebec, le 10. Nov. 1711.
La lettre datée du 20 novembre 1712 relate les tensions et les conflits entre les Français et les Anglais en Amérique du Nord. Les Anglais, soutenus par la 'vieille Angleterre,' visaient à s'emparer des colonies françaises, notamment le Canada et Terre-Neuve, en raison de l'importance économique de la pêche à la morue. Le gouverneur général de la Nouvelle-France, le Marquis de Vaudreuil, a adopté une conduite prudente pour contrer ces menaces. En 1703, des expéditions françaises ont capturé plusieurs postes en Nouvelle-Angleterre. L'année suivante, les Anglais ont tenté de prendre Port-Royal en Acadie, mais ont été repoussés. En 1705, des prisonniers anglais ont été échangés, et les Canadiens ont pris des postes importants à Terre-Neuve. En 1707, les alliés autochtones des Français ont bloqué la Nouvelle-Angleterre. Des expéditions françaises ont également semé la terreur dans les colonies anglaises. En 1709, malgré les conditions hivernales rigoureuses, les Canadiens ont pris le fort Saint-Jean. En 1710, le Chevalier de Beaucour a construit le fort de Pontchartrain, un rempart contre les attaques venues du haut Canada. La lettre se termine par le récit d'une mission de deux hommes, un Anglais et un Français, qui ont dû traverser des conditions difficiles pour négocier un échange de prisonniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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752
p. 219-224
Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Début :
Pressez par la faim & cherchant aux dépens de leur vie [...]
Mots clefs :
Animaux, Cavernes, Manger, Feu, Faim
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Animaux qui font du
feu, dans des especes
de cavernes sons des
roches.
Pressez par la faim &C
cherchantauxdépens de
leur vie de quoi manger,
cIlest à dire suivant des
traces d'animaux sauvages, pour en trouver
quelqu'un qu'ilspuisent
tuer pour le manger, ils
trouvèrent en plusieurs
endroits de ces cavernes
de petits monceaux ou
magasins d'animaux differens qui leur parurent
comme defechez M
brûlés au feu; cela leur
fit croire que quelques
Sauvageshabitaientces
cavernes:rextrêmesaim
leur fit manger quelques morceaux de ces
animaux defechez & si
durs, qua peine pouvoientils en dechireravec lesdents.Ilsremar-
-
querent dans tous ces
endroits où étoient ces
monceaux, de grandes
places noires&des restes
de branches brulées, ce
qui leur avoit fait conclure, cômej'ay dit,que
des hommes seuls pouvoient avoir roti ces animaux: mais ils remarquoient en même temps
qu'ils étoient desechez
avecle cuir,lepoil,lesentrailles, en un mot sans
aucun aprêt:ensuiteils
trouverent au bout de
ces cavernes quelqu'un
de ces animaux qui
fuioient & qui étoient
come des especes d'ours,
maisplusalongez &C si
tinlidcs, que du plus
loin qu'ilslesavoient
entend usilsavoienttoûjours fui. Ils n'oserent
pourtant avancer plus
loin: mais en reprenant
leur route ils aperçurent
dans un autre enfoncement une lueur de feu.
La curiosité les fit avancer si doucement qu'ils
virent deux de ces animaux auprès de ce feu
mourant, & qui fuyant
d'une grande vîtesse
donnèrent à nos gens la
hardiesse d'avancer jusqu'à un brasier,où ils
virent plusieurs de ces
animaux brûlez & defechez encor tout bru-
lants & d'autres tous
cruds. Ensortê qu'aprèsplusieurs autres remarques qu'ils firent, ils ne
doutent point que ces
animaux fuyars n'ayent
l'art d'alumer du feu 6L
la prévoyance de desecher &: brûler les ani-.
maux dont ils se nourissent, parce qu'aparemment ils ne les peuvent
arrâper qu'en de certaines saison
feu, dans des especes
de cavernes sons des
roches.
Pressez par la faim &C
cherchantauxdépens de
leur vie de quoi manger,
cIlest à dire suivant des
traces d'animaux sauvages, pour en trouver
quelqu'un qu'ilspuisent
tuer pour le manger, ils
trouvèrent en plusieurs
endroits de ces cavernes
de petits monceaux ou
magasins d'animaux differens qui leur parurent
comme defechez M
brûlés au feu; cela leur
fit croire que quelques
Sauvageshabitaientces
cavernes:rextrêmesaim
leur fit manger quelques morceaux de ces
animaux defechez & si
durs, qua peine pouvoientils en dechireravec lesdents.Ilsremar-
-
querent dans tous ces
endroits où étoient ces
monceaux, de grandes
places noires&des restes
de branches brulées, ce
qui leur avoit fait conclure, cômej'ay dit,que
des hommes seuls pouvoient avoir roti ces animaux: mais ils remarquoient en même temps
qu'ils étoient desechez
avecle cuir,lepoil,lesentrailles, en un mot sans
aucun aprêt:ensuiteils
trouverent au bout de
ces cavernes quelqu'un
de ces animaux qui
fuioient & qui étoient
come des especes d'ours,
maisplusalongez &C si
tinlidcs, que du plus
loin qu'ilslesavoient
entend usilsavoienttoûjours fui. Ils n'oserent
pourtant avancer plus
loin: mais en reprenant
leur route ils aperçurent
dans un autre enfoncement une lueur de feu.
La curiosité les fit avancer si doucement qu'ils
virent deux de ces animaux auprès de ce feu
mourant, & qui fuyant
d'une grande vîtesse
donnèrent à nos gens la
hardiesse d'avancer jusqu'à un brasier,où ils
virent plusieurs de ces
animaux brûlez & defechez encor tout bru-
lants & d'autres tous
cruds. Ensortê qu'aprèsplusieurs autres remarques qu'ils firent, ils ne
doutent point que ces
animaux fuyars n'ayent
l'art d'alumer du feu 6L
la prévoyance de desecher &: brûler les ani-.
maux dont ils se nourissent, parce qu'aparemment ils ne les peuvent
arrâper qu'en de certaines saison
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Résumé : Animaux qui font du feu, dans des especes de cavernes sous des roches.
Des hommes, affamés, découvrent dans des cavernes des animaux brûlés, suggérant la présence de sauvages. Ils observent des traces de feu et des restes d'animaux desséchés, avec leur cuir, poil et entrailles, sans préparation. Plus loin, ils aperçoivent des animaux ressemblant à des ours, mais plus allongés et timides. En explorant davantage, ils voient une lueur de feu et trouvent deux de ces animaux près d'un brasier mourant. Ils constatent la présence d'animaux brûlés et d'autres crus, concluant que ces animaux sauvages maîtrisent l'art de faire du feu et de dessécher les animaux dont ils se nourrissent, probablement en certaines saisons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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753
p. 225-241
« Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...] »
Début :
Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...]
Mots clefs :
Sauvages, Québec, Anglais, Acadie, Festin, Anakis
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texteReconnaissance textuelle : « Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...] »
iintems de cette année
1711. Vveteh Officier Anglois prit le parti de s'engager dans la flote que l'on
équipoit à Baston pour assiéger Quebec,ayant quelque connoissance de la riviere S. Laurent:il quitta
pour -cetre, eSecrAcadie
&le Port-Royal que François Nicholsonavoit pris
au commencement d'Octobre de l'année 1710, Ir ôe
que l'on auroit repris, si
le Gouverneur François
qui commandoit dans ce
pays & dans cette derniere
place ne l'eût rendue un
peu trop vîte, luy qui l'avoit si bien deffenduë en
1707. Les Anglois se sont
-
vûs depuis laprisemême de
PortRoyal réduits plus d'une fois à nous y
laisser rentrer, si M. le Marquis de
Vaudreiiil, qui avoit déja
envoyé des Officiers de
distinction & du premier
rang, avec un corps de
Canadiens alertes & braves pour aider les Acadiens
restes fidelesauRoy, pour
reprendre le Port-Royal,
n'eût été oblige de survenir en les rappellant, à ce
qui étoit de plus pressé, je
veux dire à la lureté de
Quebec, de l'Isle de Montreal. : Vers la fin de Juin de la
même année les Anglois
( sirent un détachement sous
la conduite de Rith. qui
sur menacer quelques ha~
bitansde l'Acadie de les
passer tous au fil de l'epee.
Sur cette menace un
chef des Sauvages appellé l'Aimable,assembla aus
sitôt trente de ceux de fou
village des plus braves, &
les exhorta (les Chefs parmi les Sauvages de l'Amerique septentrionale exhortent & prient ceux qui
les ont choisis pour leur
Chef plutôt qu'ils ne leur
commandent) de se ranger
tous & chacun derriere des
arbres le long d'une riviere
voisine du chemin, qu'il
jugeoit que le Capitaine
R. devoir tenir. En effet les
Angloisayant peu detems
après paru dans leurs canots, le Chef des Abnakis
les iomma hardiment de
se rendre & de mettre bas
les armes, les Anglois aucontraire se mirent en devoir de faire une décharge
sur les Sauvages. Ceux-ci
bien instruits par leur Chef
avant le premier coup de
fusil se trouverenttous ventre contre terre; la décharge des Anglois faite, les
Abnakis la firent à leur
tour:mais en choisissant
chacun leur homme qu'ils
nemanquèrent point; puis
ayant prit leurs haches en
main,ils tombèrent sur le
reste, qu'ils couperent en
morceaux. A peine quelques-uns de ces Anglois se
sauverent jusqu'au fort; ce
qui est de remarquable
c'est qu'aucun des Sauvages ne fut blessé. Ruh.fut
pris avec deux autres Officiers de la garnison de
Port-Royal, & cinq ou six
soldats. Ruh. ayant supplié le Chef des Anakis de
luy laisser la liberté d'aller
prendre au fort de quoi
subvenir à ses besoins à
Quebec, où il voyoit bien
qu'on alloit le mener, le
Sauvage ne luy accorda
que vingt- quatre heures
pour cela,lequel tems expiré s'il ne * se rendoit auprés de lui ponctuellement,
ille menaça de casser la tête aux Officiers & aux (oldats compagnons de sa
captivité, & quiplus est, de
- ne faire jamais quartier à
!
qui que ce soit de la nation
Angloise s'il manquoit à sa
parole.
Le Capitaine Ruh. revint exadement,l'aimable
,
chef des Sauvages
Anakis de l'Acadie étant
arrivé à Quebec avec sept
prisonniers, après une marche telle que la font les
gens de la sorte, c'est à
dire à
travers d'épaisses forests, des rivieres ou des
Lacs
5
d'affreux deserts, alloit souvent visiter le Capitaine R. son principal
prisonnier dans une bonne
auberge à Quebec, car on
luy avoit donné cette ville
pour prison.L'Aimable qui
trouvoit les ragoûts de son
auberge meilleurs que ses
chaudieres sauvages, buvoit
& mangeoit si fréquemment avec luy, que cet Ofsicier
sicier ayant voulu s'en
plaindre leSauvagelui dit:
oh oh tu devrais plûtot me
remercier de ce que je t'en
laisse manger ta part,
la
mangerois-tu si je ne t'avois
pas laissé la vie,& me diroistu cela que tu me dis sije t'avois arraché la Unvue qui
t*ai•dJe a, manger ces vivres?
La garnison du PortRoyal d'Acadie ayant fait
un nouveau détachement,
qui menaçoit les Anakis,
l'Aimable qui s'étoit rendu chez luy, tomba dessus
brusquement, le défit & le
tailla en pieces, excepte
quatre ou cinq qu'il fit
prisonniers, dont même ;
deux ou trois se trouverent i
blessés. Ce Chefdes Sauvages s'étant saisi des provisions & des vivres de ses
ennemis, il y
découvrit de
l'eau de vie, qu'il distribua
avec beaucoup de sagesse
à
ceux de sa nation qui 1avoient aidé dans le combat; car après leur en avoir
donné feulement un coup
à boire il jetta le reste dans
la Riviere
,
de peur qu'ils
n'en abusassent & ne sus- !
fent par là exposés à la surprise des ennemis. L'Aimable voyant les blessés
en danger envoya dire au fort de Port-Royal, que
l'on pouvoit envoyer un
Chirurgien pour panser les
blessés,& que cela lui donneroit la gloire de les tuer
encore une autre fois.
Au milieu du Printems
le nommé Frenay étant
arrivéde Plaisance enTerre-neuve à Quebec
,
apporta des lettres de M. de
Costebelle,Gouverneur de
cette place, à M. de Vau-
dreüil. M. le Comte de
Ponrchartrain luy marquant que les Anglois préparant un gros armement
pours'emparer de Plaisance en l'Isle deTerre. neuve,
ou même de Quebec
,
il
falloit se tenir sur ses gar- des.
Nos Ambassadeurs ou
envoyés chés les différentes nations Sauvages d'enhaut, je veux dire du côté
des grands Lacs
,
n'ont
point mal réussi dans leurs
négociations,puisqu'ils en
ont amené environ quatre
cent. On y
voyoit des Hurons, des Missisalagues & des
Sauteurs Sauvages de la
nation des Outaouaes, ou
des néspercés; des Sakis,
desNipissings,des Miamis,
des Kikapoux,des Outagamis ou Renards, des Pontcouatamis, desMaskoutens
ou de la nation du feu, des
Malommis. Meilleurs de
Longueil,Joncaire ôc de la
Chauvinerie amenerent
des anciens ou Chefs d'entres les Iroquois des villages de Sononthouan,d'Onnonthagué, d'Onciout, ôc
de Goiogouen. Je crois
que vous ne ferez point fâché de sçavoir comment
on les reçut à Montréal,
le rendés-vous ordinaire
des Sauvages d'en-haut.
Les mots Sauvages de Nequarré, la Chaudiere est
cuite, & de Gag,nfnovouryJ
le Chien est cuit, furent repetez bien des fois durant
le festin qu'on leur fit.
Le jour du festin de ces
Sauvages assemblés fut le
7. jour d'Aoust. Comme
les SauvagesChrétiens que
nous avons icy dans nos
millions tantde Mrs de S.
Sulpice que des Reverends Pere Jesuites & des
Recolets, y
furent appelles, & que les femmes &
leurs enfans letrouverent
de la partie, quoique seulement pour voir danser les
hommes,n'y ayant chez les
Sauvages que les guerriers
qui puissent de droit danser
aux festins de guerre, le
nombre des conviés montoit a environ quinze cent.
La scene fut devant la maison de M. le Marquis de
Vaudreüil nôtre General,
& proche les bords du
grand Fleuve S. Laurent.
On comptoit au festin
sauvage douze grandes
chaudieres,quiauraient pu
ce me semble faire quelque comparaison avec
quelques-unes de celles des
Gobelins à Paris; elles étoient pleines de fort longs
quartiers de Bœufs, de
Moutons, de Cochons, &
de l'élite des plus gros
Chiens, dont on voyoit les
têtes se promener dans ces
vastesreceptacles de viandes, que l'on faisoit boüillir
lir à grand feu en attifant
des moitiez d'arbres bout
à bout, l'assaisonnement de
ces differens mets étoit de
pois fort gros & de différentes especes, que l'on jettoit avec des péles à longs
manches dans les Chaudieres.
Maisfinissonscedétail. On
m'apromispour lemois prochain dessingularitezsurle
repas des Sauvages, que je
joindrayaureste de cette relation qui efi trop longue pour
être mise dans un seul Mercure
1711. Vveteh Officier Anglois prit le parti de s'engager dans la flote que l'on
équipoit à Baston pour assiéger Quebec,ayant quelque connoissance de la riviere S. Laurent:il quitta
pour -cetre, eSecrAcadie
&le Port-Royal que François Nicholsonavoit pris
au commencement d'Octobre de l'année 1710, Ir ôe
que l'on auroit repris, si
le Gouverneur François
qui commandoit dans ce
pays & dans cette derniere
place ne l'eût rendue un
peu trop vîte, luy qui l'avoit si bien deffenduë en
1707. Les Anglois se sont
-
vûs depuis laprisemême de
PortRoyal réduits plus d'une fois à nous y
laisser rentrer, si M. le Marquis de
Vaudreiiil, qui avoit déja
envoyé des Officiers de
distinction & du premier
rang, avec un corps de
Canadiens alertes & braves pour aider les Acadiens
restes fidelesauRoy, pour
reprendre le Port-Royal,
n'eût été oblige de survenir en les rappellant, à ce
qui étoit de plus pressé, je
veux dire à la lureté de
Quebec, de l'Isle de Montreal. : Vers la fin de Juin de la
même année les Anglois
( sirent un détachement sous
la conduite de Rith. qui
sur menacer quelques ha~
bitansde l'Acadie de les
passer tous au fil de l'epee.
Sur cette menace un
chef des Sauvages appellé l'Aimable,assembla aus
sitôt trente de ceux de fou
village des plus braves, &
les exhorta (les Chefs parmi les Sauvages de l'Amerique septentrionale exhortent & prient ceux qui
les ont choisis pour leur
Chef plutôt qu'ils ne leur
commandent) de se ranger
tous & chacun derriere des
arbres le long d'une riviere
voisine du chemin, qu'il
jugeoit que le Capitaine
R. devoir tenir. En effet les
Angloisayant peu detems
après paru dans leurs canots, le Chef des Abnakis
les iomma hardiment de
se rendre & de mettre bas
les armes, les Anglois aucontraire se mirent en devoir de faire une décharge
sur les Sauvages. Ceux-ci
bien instruits par leur Chef
avant le premier coup de
fusil se trouverenttous ventre contre terre; la décharge des Anglois faite, les
Abnakis la firent à leur
tour:mais en choisissant
chacun leur homme qu'ils
nemanquèrent point; puis
ayant prit leurs haches en
main,ils tombèrent sur le
reste, qu'ils couperent en
morceaux. A peine quelques-uns de ces Anglois se
sauverent jusqu'au fort; ce
qui est de remarquable
c'est qu'aucun des Sauvages ne fut blessé. Ruh.fut
pris avec deux autres Officiers de la garnison de
Port-Royal, & cinq ou six
soldats. Ruh. ayant supplié le Chef des Anakis de
luy laisser la liberté d'aller
prendre au fort de quoi
subvenir à ses besoins à
Quebec, où il voyoit bien
qu'on alloit le mener, le
Sauvage ne luy accorda
que vingt- quatre heures
pour cela,lequel tems expiré s'il ne * se rendoit auprés de lui ponctuellement,
ille menaça de casser la tête aux Officiers & aux (oldats compagnons de sa
captivité, & quiplus est, de
- ne faire jamais quartier à
!
qui que ce soit de la nation
Angloise s'il manquoit à sa
parole.
Le Capitaine Ruh. revint exadement,l'aimable
,
chef des Sauvages
Anakis de l'Acadie étant
arrivé à Quebec avec sept
prisonniers, après une marche telle que la font les
gens de la sorte, c'est à
dire à
travers d'épaisses forests, des rivieres ou des
Lacs
5
d'affreux deserts, alloit souvent visiter le Capitaine R. son principal
prisonnier dans une bonne
auberge à Quebec, car on
luy avoit donné cette ville
pour prison.L'Aimable qui
trouvoit les ragoûts de son
auberge meilleurs que ses
chaudieres sauvages, buvoit
& mangeoit si fréquemment avec luy, que cet Ofsicier
sicier ayant voulu s'en
plaindre leSauvagelui dit:
oh oh tu devrais plûtot me
remercier de ce que je t'en
laisse manger ta part,
la
mangerois-tu si je ne t'avois
pas laissé la vie,& me diroistu cela que tu me dis sije t'avois arraché la Unvue qui
t*ai•dJe a, manger ces vivres?
La garnison du PortRoyal d'Acadie ayant fait
un nouveau détachement,
qui menaçoit les Anakis,
l'Aimable qui s'étoit rendu chez luy, tomba dessus
brusquement, le défit & le
tailla en pieces, excepte
quatre ou cinq qu'il fit
prisonniers, dont même ;
deux ou trois se trouverent i
blessés. Ce Chefdes Sauvages s'étant saisi des provisions & des vivres de ses
ennemis, il y
découvrit de
l'eau de vie, qu'il distribua
avec beaucoup de sagesse
à
ceux de sa nation qui 1avoient aidé dans le combat; car après leur en avoir
donné feulement un coup
à boire il jetta le reste dans
la Riviere
,
de peur qu'ils
n'en abusassent & ne sus- !
fent par là exposés à la surprise des ennemis. L'Aimable voyant les blessés
en danger envoya dire au fort de Port-Royal, que
l'on pouvoit envoyer un
Chirurgien pour panser les
blessés,& que cela lui donneroit la gloire de les tuer
encore une autre fois.
Au milieu du Printems
le nommé Frenay étant
arrivéde Plaisance enTerre-neuve à Quebec
,
apporta des lettres de M. de
Costebelle,Gouverneur de
cette place, à M. de Vau-
dreüil. M. le Comte de
Ponrchartrain luy marquant que les Anglois préparant un gros armement
pours'emparer de Plaisance en l'Isle deTerre. neuve,
ou même de Quebec
,
il
falloit se tenir sur ses gar- des.
Nos Ambassadeurs ou
envoyés chés les différentes nations Sauvages d'enhaut, je veux dire du côté
des grands Lacs
,
n'ont
point mal réussi dans leurs
négociations,puisqu'ils en
ont amené environ quatre
cent. On y
voyoit des Hurons, des Missisalagues & des
Sauteurs Sauvages de la
nation des Outaouaes, ou
des néspercés; des Sakis,
desNipissings,des Miamis,
des Kikapoux,des Outagamis ou Renards, des Pontcouatamis, desMaskoutens
ou de la nation du feu, des
Malommis. Meilleurs de
Longueil,Joncaire ôc de la
Chauvinerie amenerent
des anciens ou Chefs d'entres les Iroquois des villages de Sononthouan,d'Onnonthagué, d'Onciout, ôc
de Goiogouen. Je crois
que vous ne ferez point fâché de sçavoir comment
on les reçut à Montréal,
le rendés-vous ordinaire
des Sauvages d'en-haut.
Les mots Sauvages de Nequarré, la Chaudiere est
cuite, & de Gag,nfnovouryJ
le Chien est cuit, furent repetez bien des fois durant
le festin qu'on leur fit.
Le jour du festin de ces
Sauvages assemblés fut le
7. jour d'Aoust. Comme
les SauvagesChrétiens que
nous avons icy dans nos
millions tantde Mrs de S.
Sulpice que des Reverends Pere Jesuites & des
Recolets, y
furent appelles, & que les femmes &
leurs enfans letrouverent
de la partie, quoique seulement pour voir danser les
hommes,n'y ayant chez les
Sauvages que les guerriers
qui puissent de droit danser
aux festins de guerre, le
nombre des conviés montoit a environ quinze cent.
La scene fut devant la maison de M. le Marquis de
Vaudreüil nôtre General,
& proche les bords du
grand Fleuve S. Laurent.
On comptoit au festin
sauvage douze grandes
chaudieres,quiauraient pu
ce me semble faire quelque comparaison avec
quelques-unes de celles des
Gobelins à Paris; elles étoient pleines de fort longs
quartiers de Bœufs, de
Moutons, de Cochons, &
de l'élite des plus gros
Chiens, dont on voyoit les
têtes se promener dans ces
vastesreceptacles de viandes, que l'on faisoit boüillir
lir à grand feu en attifant
des moitiez d'arbres bout
à bout, l'assaisonnement de
ces differens mets étoit de
pois fort gros & de différentes especes, que l'on jettoit avec des péles à longs
manches dans les Chaudieres.
Maisfinissonscedétail. On
m'apromispour lemois prochain dessingularitezsurle
repas des Sauvages, que je
joindrayaureste de cette relation qui efi trop longue pour
être mise dans un seul Mercure
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Résumé : « Au commencement du printems de cette année 1711. Vveteh Officier [...] »
En 1711, un officier anglais s'engagea dans la flotte préparée à Boston pour assiéger Québec, grâce à sa connaissance de la rivière Saint-Laurent. Il quitta Port-Royal, récemment pris par François Nicholson en octobre 1710, mais que le gouverneur français avait rendu trop rapidement. Les Anglais avaient été contraints de laisser les Français reprendre Port-Royal à plusieurs reprises. Le marquis de Vaudreuil rappela ses officiers pour défendre Québec et l'île de Montréal. Vers la fin juin, les Anglais envoyèrent un détachement sous la conduite du capitaine R. qui menaça des habitants acadiens. En réponse, un chef abénakis appelé l'Aimable rassembla des guerriers pour tendre une embuscade aux Anglais. Lors de l'affrontement, les Abénakis, bien instruits par leur chef, se cachèrent et ripostèrent efficacement, tuant plusieurs Anglais et capturant le capitaine R. et d'autres officiers. L'Aimable amena les prisonniers à Québec, où il visita régulièrement le capitaine R. dans une auberge. Plus tard, un nouveau détachement anglais menaça les Abénakis, mais l'Aimable les attaqua et les défit, capturant quelques prisonniers et distribuant de l'eau-de-vie à ses guerriers avec prudence. Au printemps, Frenay arriva de Plaisance en Terre-Neuve à Québec avec des lettres de Costebelle, avertissant de la préparation anglaise pour attaquer Plaisance ou Québec. Les ambassadeurs français réussirent à rallier environ quatre cents autochtones de diverses nations, qui furent reçus à Montréal le 7 août. Un grand festin fut organisé, avec des chaudrons remplis de viandes diverses, et des danses de guerre furent exécutées par les guerriers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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754
p. 242
« Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles [...] »
Début :
Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles [...]
Mots clefs :
Courtisanes, Belles Grecques, Nouveau livre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles [...] »
Il paroît un nouveau Livre qui a pour titre les Belles Grecques, ou l'Histoire
des plus fameux Courtisans de la Grece,&c.
Extrait simplement historique de
ce nouveau Auteur.
des plus fameux Courtisans de la Grece,&c.
Extrait simplement historique de
ce nouveau Auteur.
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755
p. 242-245
RHODOPE.
Début :
Rhodope née en Thrace de parens fort pauvres, fut venduë [...]
Mots clefs :
Rhodope, Courtisanes, Grèce, Belles Grecques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RHODOPE.
HODOPE. R Hodope née en
Thrace de parens
fort pauvres, fut venduë à
Xantus, qui l'avoit recher-
chée pour sa grande beauté. Ce même Xantus peu
de temps aprés acheta le
fameux Esope. L'Histoire
rapporte que sa difformité
n'empefcha point Rhodope d'être sensible à son merite, & qu'Esope par l'agrément de son esprit & par
son apologue, fçut en
peu de temps s'en faire aimer. Il n'est point dit que
Xantus en devint amoureux,je ne sçais'il étoit plus
PhilosophequEsope,ou s'il
étoit feulement plusdiscret.
L'Histoire donne à Rho-
dope autant de delicatesse
dans la passionqu'elle a-
,
voit pour Esope, qu'on en
a
donné aux heroïnes de
Roman. Mais elle n'en eut
pas la constance, elle aima
depuis, ou du moins fut aimée deCharaxus,dePhaon
& de tant d'autres, qu'elle
devint une des plus illustres courtisanes de la Greve.
Elle épousaenfin Pfammetius Roy d'Egypte: dénouëment que ses autres
avantures ne sembloit pas
promettre. Les courri-
sannes de ce temps commencent &: finissent rarement comme la fameuse
Rhodope.
Thrace de parens
fort pauvres, fut venduë à
Xantus, qui l'avoit recher-
chée pour sa grande beauté. Ce même Xantus peu
de temps aprés acheta le
fameux Esope. L'Histoire
rapporte que sa difformité
n'empefcha point Rhodope d'être sensible à son merite, & qu'Esope par l'agrément de son esprit & par
son apologue, fçut en
peu de temps s'en faire aimer. Il n'est point dit que
Xantus en devint amoureux,je ne sçais'il étoit plus
PhilosophequEsope,ou s'il
étoit feulement plusdiscret.
L'Histoire donne à Rho-
dope autant de delicatesse
dans la passionqu'elle a-
,
voit pour Esope, qu'on en
a
donné aux heroïnes de
Roman. Mais elle n'en eut
pas la constance, elle aima
depuis, ou du moins fut aimée deCharaxus,dePhaon
& de tant d'autres, qu'elle
devint une des plus illustres courtisanes de la Greve.
Elle épousaenfin Pfammetius Roy d'Egypte: dénouëment que ses autres
avantures ne sembloit pas
promettre. Les courri-
sannes de ce temps commencent &: finissent rarement comme la fameuse
Rhodope.
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Résumé : RHODOPE.
Rhodope, originaire de Thrace, fut vendue à Xantus en raison de sa beauté. Xantus acheta également Esope, malgré sa difformité. Rhodope fut séduite par l'esprit et les apologues d'Esope, tombant amoureuse de lui. L'attitude de Xantus envers cette relation reste incertaine. Rhodope manifesta une passion délicate mais inconstante, aimant ou étant aimée par plusieurs hommes, dont Charaxus et Phaon, devenant ainsi une des courtisanes les plus célèbres de Grèce. Elle épousa finalement Psammétius, roi d'Égypte, un destin rare pour une courtisane de cette époque.
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756
p. 245-247
ASPASIE.
Début :
Aspasie, fille d'Axiocus Milesien, fut la plus belle femme de [...]
Mots clefs :
Courtisanes, Belles Grecques, Grèce, Aspasie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASPASIE.
ASpasie, filled'Axiocus Milesien, sut la
plus belle femme de son
temps, elle passa ses premières années à Megare,&
fut ensuite a Athènes. Periclés devint si amoureux
d'elle, que quoiqu'il en eût
obtenu ce qui fait d'ordinaire des inconstans,il ne
laiflfa pas de quitter sa
femme pour l'époufcr.
C'eil avec une espece d'injustice qu'on l'a traittée de
courrilanne: on devoit lui
pardonner quelques amans quelle avoit eu à Megare, en faveur de sa fidé.
lité à Périclés. L'Hiftolre
rapporte qu'elle resista même à Alcibiades, qui n'avoit gueres trouvé de refiC
tance dans plusieurs Greques renommées pour leur
vertu. Aspasie ne fut
@
pas
moins celebre par sa lcience5 que par sa beauté, plu-
lieurs perionnes illuitres,
de l'un & de l'autre sexe
,
rechercherent sa conversation
,
comme la plus agréable & la plus utile
qu'ils pussènt trouver dans
Athénes, & l'on pouroit
dire qu'elle fut la Ninon de
son temps.
plus belle femme de son
temps, elle passa ses premières années à Megare,&
fut ensuite a Athènes. Periclés devint si amoureux
d'elle, que quoiqu'il en eût
obtenu ce qui fait d'ordinaire des inconstans,il ne
laiflfa pas de quitter sa
femme pour l'époufcr.
C'eil avec une espece d'injustice qu'on l'a traittée de
courrilanne: on devoit lui
pardonner quelques amans quelle avoit eu à Megare, en faveur de sa fidé.
lité à Périclés. L'Hiftolre
rapporte qu'elle resista même à Alcibiades, qui n'avoit gueres trouvé de refiC
tance dans plusieurs Greques renommées pour leur
vertu. Aspasie ne fut
@
pas
moins celebre par sa lcience5 que par sa beauté, plu-
lieurs perionnes illuitres,
de l'un & de l'autre sexe
,
rechercherent sa conversation
,
comme la plus agréable & la plus utile
qu'ils pussènt trouver dans
Athénes, & l'on pouroit
dire qu'elle fut la Ninon de
son temps.
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Résumé : ASPASIE.
Aspasie, fille d'Axiochus de Milet, était réputée pour sa beauté et sa sagesse. Elle s'installa à Athènes après Megare. Périclès, amoureux d'elle, resta marié. Accusée de courtisane, elle refusa Alcibiades. Sa conversation était prisée par les personnalités athéniennes. Elle fut comparée à Ninon de l'Enclos.
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757
p. 247-251
LAIS.
Début :
Lais nâquit à Hicara en Sicile, elle fut prise dans [...]
Mots clefs :
Laïs, Courtisanes, Belles Grecques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LAIS.
LAIS. L Ais naquit à Hicara
en Sicile, elle fut
prise dans cette Ville par
Nicias, General des Atheniens) il la mena en Grece
à l'âge de lept ans, elle s'é-
tablit eniuiteaChorinte-,
Appelles fut le premier qui
rendit hommage à sa beauté, qui étoit si rare,qu'elle
attira les plus grandshommes de son temps. Le haut
prix qu'elle mit à Tes faveurs donna lieu au proverbe, il n'est pis permisi
tout le monde d'alter à Chorinte. Demosthene aima
mieux avoir fait un voyage inutile, que de luy donner quatre cent pistoles
quelle luy demanda. Diogene n'eut pas la peine de
les luy refuser, elle le reçut
pour quelques leçons
de Philosophie, & le
congédia pour Eubates
quelle aima, jusques-à le
vouloir époufer: mais cet
amant qui étoit déjà marié, la quitta fous pretexte
qu'il étoit obligé d'aller aux
jeux olimpiques. Lais pour
se venger de ton infidelelui
sir autant d'infidelitez qu'il
s'en presenta d'occasions.
Le (eulXenocrate Philofophe avoit jusques là. méprisé ses charmes. Lais piquée
de sa froideur luy fit faire
un défi, où elle esperoit en
triolllpher, le Philosophe
l'accepta, & triompha luy
même, comme la pluspart
de nos Philosophes,moins
par force d'elprit que par
infcnfibilité de coe-ur., mais
il n'importe comment, ce ble. triomphe eit toujours louaApres s'êrre si fort vengée de l'infidélité d'Arbattes,quiauroitcrû que Lais
pût s'attacher à Paulanias?
Elle aima ce Thtflalien
avec tant d'ardeur qu'elle
(e retira ieule avec luy à la
campagne, & qu'après
qu'il l'eut abandonnée elle
le fuiviten Thessalie:mais
n'ayant puleramener, elle
pouffa cette fécondé vengeance encor plus loin que
la premiere,& fut enfin at
sommée dans un Temple
de Venus, par des femmes
jalouses de sa beauté.
en Sicile, elle fut
prise dans cette Ville par
Nicias, General des Atheniens) il la mena en Grece
à l'âge de lept ans, elle s'é-
tablit eniuiteaChorinte-,
Appelles fut le premier qui
rendit hommage à sa beauté, qui étoit si rare,qu'elle
attira les plus grandshommes de son temps. Le haut
prix qu'elle mit à Tes faveurs donna lieu au proverbe, il n'est pis permisi
tout le monde d'alter à Chorinte. Demosthene aima
mieux avoir fait un voyage inutile, que de luy donner quatre cent pistoles
quelle luy demanda. Diogene n'eut pas la peine de
les luy refuser, elle le reçut
pour quelques leçons
de Philosophie, & le
congédia pour Eubates
quelle aima, jusques-à le
vouloir époufer: mais cet
amant qui étoit déjà marié, la quitta fous pretexte
qu'il étoit obligé d'aller aux
jeux olimpiques. Lais pour
se venger de ton infidelelui
sir autant d'infidelitez qu'il
s'en presenta d'occasions.
Le (eulXenocrate Philofophe avoit jusques là. méprisé ses charmes. Lais piquée
de sa froideur luy fit faire
un défi, où elle esperoit en
triolllpher, le Philosophe
l'accepta, & triompha luy
même, comme la pluspart
de nos Philosophes,moins
par force d'elprit que par
infcnfibilité de coe-ur., mais
il n'importe comment, ce ble. triomphe eit toujours louaApres s'êrre si fort vengée de l'infidélité d'Arbattes,quiauroitcrû que Lais
pût s'attacher à Paulanias?
Elle aima ce Thtflalien
avec tant d'ardeur qu'elle
(e retira ieule avec luy à la
campagne, & qu'après
qu'il l'eut abandonnée elle
le fuiviten Thessalie:mais
n'ayant puleramener, elle
pouffa cette fécondé vengeance encor plus loin que
la premiere,& fut enfin at
sommée dans un Temple
de Venus, par des femmes
jalouses de sa beauté.
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Résumé : LAIS.
Lais naquit à Hicara en Sicile et fut capturée par Nicias, général athénien, qui l'emmena en Grèce à l'âge de sept ans. Elle s'établit ensuite à Corinthe, où sa beauté exceptionnelle attira de nombreux hommes illustres. Le prix élevé de ses faveurs donna lieu au proverbe : 'Il n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinthe.' Démosthène préféra faire un voyage inutile plutôt que de lui donner les quatre cents pistoles qu'elle demandait. Diogène, quant à lui, reçut ses faveurs en échange de leçons de philosophie. Lais aima Éubate au point de vouloir l'épouser, mais celui-ci la quitta sous prétexte de se rendre aux Jeux olympiques. Pour se venger, elle multiplia les infidélités. Le philosophe Xenocrate, qui avait jusqu'alors méprisé ses charmes, accepta un défi lancé par Lais et triompha grâce à son insensibilité. Après avoir été abandonnée par Paulianias, un Thébain qu'elle aimait ardemment, Lais le suivit en Thessalie. Ne pouvant le ramener, elle se vengea en se livrant à d'autres amants. Finalement, des femmes jalouses de sa beauté la sommèrent dans un temple de Vénus.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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758
p. 251-253
LAMIA.
Début :
Lamia étoit fille de Cleanor Athenien, celebre joüeur de flute, [...]
Mots clefs :
Lamia, Belles Grecques, Courtisanes
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texteReconnaissance textuelle : LAMIA.
LAMIA.
Lamia étoit fille de Cleanor Athenien) celebre
joiieurde flute)elle en joiioit
elle-même parfaitement,
çe talent joint à son efpric
.&-sabeauté., la rendit fa-
meule dans ce métier de
courtisanne, que sa pau- vretél'obligeadechoisir.
Ptolomée fut une de ses
premières conquêtes, mais
ce Roy la perditbien-tôt.
Demetrius Poliorcetes la
prit dans la défaite de la
flotte de Prolornée. Il en
devint si amoureux, qu'il
luy donna la preference
sur toutes ses autres maîtresses
3
en reeonnoiffance
elle lui fut trèsfîdelle,& fitôt qu'il fut mort, elleprou
va par une retraite très reguliere, que lanecessité
feule avoit été pourelle,
comme pour bien d'autres,
le premier écueil de sa vertu
Lamia étoit fille de Cleanor Athenien) celebre
joiieurde flute)elle en joiioit
elle-même parfaitement,
çe talent joint à son efpric
.&-sabeauté., la rendit fa-
meule dans ce métier de
courtisanne, que sa pau- vretél'obligeadechoisir.
Ptolomée fut une de ses
premières conquêtes, mais
ce Roy la perditbien-tôt.
Demetrius Poliorcetes la
prit dans la défaite de la
flotte de Prolornée. Il en
devint si amoureux, qu'il
luy donna la preference
sur toutes ses autres maîtresses
3
en reeonnoiffance
elle lui fut trèsfîdelle,& fitôt qu'il fut mort, elleprou
va par une retraite très reguliere, que lanecessité
feule avoit été pourelle,
comme pour bien d'autres,
le premier écueil de sa vertu
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Résumé : LAMIA.
Lamia, fille de Cléanor, était une célèbre flûtiste et courtisane athénienne. Sa beauté et son talent la rendirent célèbre. Ptolémée fut l'une de ses premières conquêtes. Démétrios Poliorcète la captura et en tomba amoureux, la préférant à toutes ses autres maîtresses. Après la mort de Démétrios, Lamia se retira, démontrant que la pauvreté avait été son seul obstacle à la vertu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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759
p. 253-262
« On a mis dans le Mercure dernier le mariage de [...] »
Début :
On a mis dans le Mercure dernier le mariage de [...]
Mots clefs :
Gourgue, Mariage, Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a mis dans le Mercure dernier le mariage de [...] »
Onamis dans le Mercure dernier le mariage
de Monteur de Gourgue, dont le memoire
s'efl trouvé fautif, en
ce que ce n'est point Mr
de Gourgue Maître des
Requêtes, maisJacques
Dominique de Gourgue Conseiller au Parlement,qui a
épouséMa-
demoiselle Aubourg.
Voici ce qui est contenu dans un memoire
plusjuste qu'on m'a donné sur la maison de
Gourgue.
Elle cft originaire de Guyenne, elle fut iepare'e en
deux branches vers l'an 1310.
une s'établit en Efpagnc
y
l'autre qui éroit l'aînée demeura en Guienne, où elle
a
fourni depuis ce temps-là
un premier President ôc
plusieurs Presidens à Mor-
tier sùccessivement. Le
dernier dccedé etoit Jean
de Gourgue,fils de Marc
Antoine de Gourgue,Prefident à Mortier au Parlement de Bourdeaux, & de
Marie Seguyer, fœur du
Chancelier de ce nom, &
de Madame la Ducheflfe
de Verneiiil. Jean de Gourgue decedéen 1683. a
laisse
quatre garçons: Armand
Jacques de Gourgue Maître des Requêtes,ci-devant
Intendant de Limoges,&
de Jean François de Gourgue JesuiteJacquesJoseph
Evêque de Baras, & Jean
Michel President à Mortier au Parlement de Guyenne. Armand Jacques ie
Gourgue de son mariage
avec Marie Isabelle leClerc
de Cottier3iaeu Jean Fran.
çois Joseph de Gourgue,
marié en premieres noces
tivec Elisabeth deBarillon
de Morangis,petite-fillede
M. Boucherat Chancelier
de France, dont il y aune
Elle,MarieLoulfeC--abrielle;
& en fécondés noces avec
Catherine de Bardouvil4e, fille de Monsieur dr
Bar-
Mardouvîlle,,ConiCiller au
Parlement de Roüen,& de
Marie Marche de Caradas
du Héron3{œur de M. de
Héron, ci-devant Envoyé
extraordinaire du Roy en
Pologne, mort en Allemagne, après avoir mérité
Teftime du Roy dans plufleurs emplois dont illuy a
plu de l'honnorer. Louis
Armand Consèiller Clerc
au Parlement'de Parisdécedé en 1508. &: Jacques
Dominique de Gourgue
Conseiller au Parlement,
qui a
épousé Damoifèllç
N. Aubourg.Y
Dominique de Gourgue dont il est parlé dans
Mezeray & dans plusieursautres auteurs,qui
mourut à la Rochelle
fous leregne de Charles
IX.après avoir fait plusieurs belles avions qui
luy firent meriter l'honneur d'être choisi par la
Reine ElifabethpourAmiral d'Angleterre, aprés Ion retour de la Floride, qu'il avoit remis
fous l'obeiffaiice du Roy
avec trois vaisseaux qu'il
avoit armez &équipez à
ses dépens, étoit frere
d'Ogier de Gourgue,
premier President du
Parlement de Bourdeauxeni;6o. LeSrde
Mafleville
,
qui a
fait
rHissoire de Normandie, en parle en ces termes. On fut fort étonné de ce que l'armement
que l'on attendoit du
Roy sur le sujet de
la Floride, & qui ne
reussit point, fut entrepris par un Gentil-hom-
- me quiyreussit fortglorieusement.Ce fut Dominique de Gourgue,
brave Gasconlequel ne
pouvant souffrir que sa
patrie fût insultée impunément, vendit ce qu'il
avoit de bien, dont illeva trois cent hommes,
qu'il mit dans trois vaisseaux, avec lesquels il
passa heureusement dans
la Floridel'an 1567. Dés
qu'il y
futarrivé, ilattaqua trois forteresses
des Espagnols, il s'en
rend it le maître, & fit
pendre les Espagnols
qui écoiem ~n~ en garnison ;
declarant
pour répondre à l'inscription qu'ils avoient
faitmettre aux François
qu'ils avoient traitez de
même peu de tems auparavant, qu'il les faisoit
mourir, non comme des
Espagnols,mais comme
des pirates perfides &
inhumains. La maison
de Gourgue estalliée à
celle de la Roche-foucault,deDurasdelaFor-
,.-)
ac Sully, de Mortemars, de Lorraine & de
Charost, Se à plusieurs
autrestrés-distinguées
tant dansl'épée quedans
la robe.
de Monteur de Gourgue, dont le memoire
s'efl trouvé fautif, en
ce que ce n'est point Mr
de Gourgue Maître des
Requêtes, maisJacques
Dominique de Gourgue Conseiller au Parlement,qui a
épouséMa-
demoiselle Aubourg.
Voici ce qui est contenu dans un memoire
plusjuste qu'on m'a donné sur la maison de
Gourgue.
Elle cft originaire de Guyenne, elle fut iepare'e en
deux branches vers l'an 1310.
une s'établit en Efpagnc
y
l'autre qui éroit l'aînée demeura en Guienne, où elle
a
fourni depuis ce temps-là
un premier President ôc
plusieurs Presidens à Mor-
tier sùccessivement. Le
dernier dccedé etoit Jean
de Gourgue,fils de Marc
Antoine de Gourgue,Prefident à Mortier au Parlement de Bourdeaux, & de
Marie Seguyer, fœur du
Chancelier de ce nom, &
de Madame la Ducheflfe
de Verneiiil. Jean de Gourgue decedéen 1683. a
laisse
quatre garçons: Armand
Jacques de Gourgue Maître des Requêtes,ci-devant
Intendant de Limoges,&
de Jean François de Gourgue JesuiteJacquesJoseph
Evêque de Baras, & Jean
Michel President à Mortier au Parlement de Guyenne. Armand Jacques ie
Gourgue de son mariage
avec Marie Isabelle leClerc
de Cottier3iaeu Jean Fran.
çois Joseph de Gourgue,
marié en premieres noces
tivec Elisabeth deBarillon
de Morangis,petite-fillede
M. Boucherat Chancelier
de France, dont il y aune
Elle,MarieLoulfeC--abrielle;
& en fécondés noces avec
Catherine de Bardouvil4e, fille de Monsieur dr
Bar-
Mardouvîlle,,ConiCiller au
Parlement de Roüen,& de
Marie Marche de Caradas
du Héron3{œur de M. de
Héron, ci-devant Envoyé
extraordinaire du Roy en
Pologne, mort en Allemagne, après avoir mérité
Teftime du Roy dans plufleurs emplois dont illuy a
plu de l'honnorer. Louis
Armand Consèiller Clerc
au Parlement'de Parisdécedé en 1508. &: Jacques
Dominique de Gourgue
Conseiller au Parlement,
qui a
épousé Damoifèllç
N. Aubourg.Y
Dominique de Gourgue dont il est parlé dans
Mezeray & dans plusieursautres auteurs,qui
mourut à la Rochelle
fous leregne de Charles
IX.après avoir fait plusieurs belles avions qui
luy firent meriter l'honneur d'être choisi par la
Reine ElifabethpourAmiral d'Angleterre, aprés Ion retour de la Floride, qu'il avoit remis
fous l'obeiffaiice du Roy
avec trois vaisseaux qu'il
avoit armez &équipez à
ses dépens, étoit frere
d'Ogier de Gourgue,
premier President du
Parlement de Bourdeauxeni;6o. LeSrde
Mafleville
,
qui a
fait
rHissoire de Normandie, en parle en ces termes. On fut fort étonné de ce que l'armement
que l'on attendoit du
Roy sur le sujet de
la Floride, & qui ne
reussit point, fut entrepris par un Gentil-hom-
- me quiyreussit fortglorieusement.Ce fut Dominique de Gourgue,
brave Gasconlequel ne
pouvant souffrir que sa
patrie fût insultée impunément, vendit ce qu'il
avoit de bien, dont illeva trois cent hommes,
qu'il mit dans trois vaisseaux, avec lesquels il
passa heureusement dans
la Floridel'an 1567. Dés
qu'il y
futarrivé, ilattaqua trois forteresses
des Espagnols, il s'en
rend it le maître, & fit
pendre les Espagnols
qui écoiem ~n~ en garnison ;
declarant
pour répondre à l'inscription qu'ils avoient
faitmettre aux François
qu'ils avoient traitez de
même peu de tems auparavant, qu'il les faisoit
mourir, non comme des
Espagnols,mais comme
des pirates perfides &
inhumains. La maison
de Gourgue estalliée à
celle de la Roche-foucault,deDurasdelaFor-
,.-)
ac Sully, de Mortemars, de Lorraine & de
Charost, Se à plusieurs
autrestrés-distinguées
tant dansl'épée quedans
la robe.
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Résumé : « On a mis dans le Mercure dernier le mariage de [...] »
Le texte corrige une erreur du Mercure concernant le mariage de Jacques Dominique de Gourgue, Conseiller au Parlement, et non de Monsieur de Gourgue, Maître des Requêtes. La maison de Gourgue, originaire de Guyenne, s'est divisée en deux branches vers 1310. La branche aînée est restée en Guyenne et a produit plusieurs Présidents à Mortier au Parlement de Bordeaux. Jean de Gourgue, décédé en 1683, a eu quatre fils : Armand Jacques, Maître des Requêtes, Jean François, Jésuite, Jacques Joseph, Évêque de Bazas, et Jean Michel, Président à Mortier. Jacques Dominique de Gourgue a épousé Mademoiselle Aubourg. Dominique de Gourgue a mené des expéditions notables, notamment en Floride en 1567, où il a attaqué et pris des forteresses espagnoles. La maison de Gourgue est alliée à plusieurs familles distinguées, telles que La Rochefoucauld, Duras, Sully, Mortemart, Lorraine et Charost.
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760
p. 265-270
Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Début :
La nuit du premier au 2. de Mars à la [...]
Mots clefs :
Arras, Heures, Magasins, Ennemis, Tranchées
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texteReconnaissance textuelle : Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Lettre d'Arras du 3. de
Mars 1712.
La nuit du premier au t.
de Mars à la faveur de l'obscurité les ennemiss'approcherent d'Arras.
Lesécondsurlessept heures
du matinayant ouvert lu.
portes de la Ville à l'ordinaire,
les Paysansavertirent que la
ennemis travaillaient autour
de la Place, Mr le Mareschal
de Montesquiou fit AujJiroft
mettre toute la Garnison fous
les Armes, c-fitsortir lt
Cavalierie, les Grenadiers &
cinq Bataillons par la porte
.Rou'viul nous apperçûmes
les ennemis qui travailloient à
quatre censsoixante toises de
la Place, & mesmeétoient
déjà à moitié couverts dans
leur tranchées. Monsieur le
Mareschalayant envoyéreconnoijlre, apprit qu'ilsn'asoientinvesty la Ville que
depuis la rivière de Scarpe
jusquau Crinchon., il resolut
de faire attaquer les ennemis
quis'étoient rendus maistres du
Fatixbourg de Bapaume. On
leur tua baycoup de mondee
mais le combat estans trop
opiniâtre
,
nous Jugeames à
propos de mettre le feu au
Fauxbourg
en nous retirans.
Nous y avons perdu trois
braves Officiers; (9" le Colonel
du Regiment de Belsan
,
qui
commandoit cette attaque,fut
fait prisonnier. Sur les onze
heures les deserteurs affurérent
MrleMareschalque ce n'estoit
point pour assieger la Place
;
mais seulement pour brusler
les Magasins que les ennemis
stoient venus. Aussitost on
occupa la moitié de la Garnison
*défaire les Mules de soin
pour les transporter plus loin,
0* les mettre le long de la rivière
,
mais malgré les Canons de
la Ville &de la Citadelle ,sur
les quatre heures après midy ils
commencerent a jetter des Bombes & des Pots à feusur les
Magasins&sur la Citadelle;
ensuiteJur les dix heures ils tirèrent à Boulets rougessur nos
Magasins. Voyantque son éteignoit toujours le feu de leurs
bombes (7 de leurspots àfeu
a une
heure aprèsminuit, il ne
fut plus possibled'éteindre le
feu qu'ilsfaisoientavec leurs
bouletsrouges quiperçoient en.,.
tierement nos Magasins;
d'ailleurssur les dix heures du
Joir ils commencèrent à bombarder la Ville
3
ce qui obligea de relâcher tous les Bourgeois que l'onretenoit depuis
midy aux Magasins. Sur les
quatre heures de
ce matin
loyans quelques uns de nos
Magasins en feu cm quantité
de paille quonavoit allumée
exprésd'un autre costé,ils
crurent tout bruslé&craignant
quelque sortiesur des Troupes
qui s'étoient débandées
,
les
rassemblerent, ils se font retite^ cette nuit à
quatre heures.
Ily a
environ cinquante mille rations de fourages brulées ou gaflées. Il est, tombe
tant dans la Ville que dans 14
Citadelle environ deux cens
cinquante bombes & cent pots
A feu
,
ils ont esté contraints
de laisser dans leurs retranche.
ments environ trois cens bombes. On a
rasé les travaux
qu'ils ont faits, ils ont perdu
environ troiscens hommes, &
nous cent.
Mars 1712.
La nuit du premier au t.
de Mars à la faveur de l'obscurité les ennemiss'approcherent d'Arras.
Lesécondsurlessept heures
du matinayant ouvert lu.
portes de la Ville à l'ordinaire,
les Paysansavertirent que la
ennemis travaillaient autour
de la Place, Mr le Mareschal
de Montesquiou fit AujJiroft
mettre toute la Garnison fous
les Armes, c-fitsortir lt
Cavalierie, les Grenadiers &
cinq Bataillons par la porte
.Rou'viul nous apperçûmes
les ennemis qui travailloient à
quatre censsoixante toises de
la Place, & mesmeétoient
déjà à moitié couverts dans
leur tranchées. Monsieur le
Mareschalayant envoyéreconnoijlre, apprit qu'ilsn'asoientinvesty la Ville que
depuis la rivière de Scarpe
jusquau Crinchon., il resolut
de faire attaquer les ennemis
quis'étoient rendus maistres du
Fatixbourg de Bapaume. On
leur tua baycoup de mondee
mais le combat estans trop
opiniâtre
,
nous Jugeames à
propos de mettre le feu au
Fauxbourg
en nous retirans.
Nous y avons perdu trois
braves Officiers; (9" le Colonel
du Regiment de Belsan
,
qui
commandoit cette attaque,fut
fait prisonnier. Sur les onze
heures les deserteurs affurérent
MrleMareschalque ce n'estoit
point pour assieger la Place
;
mais seulement pour brusler
les Magasins que les ennemis
stoient venus. Aussitost on
occupa la moitié de la Garnison
*défaire les Mules de soin
pour les transporter plus loin,
0* les mettre le long de la rivière
,
mais malgré les Canons de
la Ville &de la Citadelle ,sur
les quatre heures après midy ils
commencerent a jetter des Bombes & des Pots à feusur les
Magasins&sur la Citadelle;
ensuiteJur les dix heures ils tirèrent à Boulets rougessur nos
Magasins. Voyantque son éteignoit toujours le feu de leurs
bombes (7 de leurspots àfeu
a une
heure aprèsminuit, il ne
fut plus possibled'éteindre le
feu qu'ilsfaisoientavec leurs
bouletsrouges quiperçoient en.,.
tierement nos Magasins;
d'ailleurssur les dix heures du
Joir ils commencèrent à bombarder la Ville
3
ce qui obligea de relâcher tous les Bourgeois que l'onretenoit depuis
midy aux Magasins. Sur les
quatre heures de
ce matin
loyans quelques uns de nos
Magasins en feu cm quantité
de paille quonavoit allumée
exprésd'un autre costé,ils
crurent tout bruslé&craignant
quelque sortiesur des Troupes
qui s'étoient débandées
,
les
rassemblerent, ils se font retite^ cette nuit à
quatre heures.
Ily a
environ cinquante mille rations de fourages brulées ou gaflées. Il est, tombe
tant dans la Ville que dans 14
Citadelle environ deux cens
cinquante bombes & cent pots
A feu
,
ils ont esté contraints
de laisser dans leurs retranche.
ments environ trois cens bombes. On a
rasé les travaux
qu'ils ont faits, ils ont perdu
environ troiscens hommes, &
nous cent.
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Résumé : Lettre d'Arras du 3. de Mars 1712.
Le 3 mars 1712, les ennemis approchèrent d'Arras durant la nuit et commencèrent à travailler autour de la ville. À sept heures du matin, les paysans avertirent de leur activité. Le maréchal de Montesquiou mobilisa la garnison et envoya la cavalerie et les grenadiers. Les ennemis avaient investi la ville depuis la rivière de Scarpe jusqu'au Crinchon. Une attaque fut lancée contre les ennemis au faubourg de Bapaume, causant de lourdes pertes, mais les forces françaises durent mettre le feu au faubourg en se retirant. Trois officiers furent tués et un colonel fut fait prisonnier. Vers onze heures, des déserteurs informèrent le maréchal que les ennemis visaient à brûler les magasins plutôt qu'à assiéger la ville. La garnison fut déployée pour protéger les magasins, mais les ennemis lancèrent des bombes et des pots à feu sur les magasins et la citadelle. Le feu ne put être éteint, et les bombardements continuèrent jusqu'au lendemain matin. Les ennemis se retirèrent à quatre heures du matin. Environ cinquante mille rations de fourrage furent brûlées ou gâchées. Environ deux cent cinquante bombes et cent pots à feu tombèrent dans la ville et la citadelle. Les ennemis laissèrent trois cents bombes dans leurs retranchements. Les travaux ennemis furent rasés, et ils perdirent environ trois cents hommes, tandis que les forces françaises perdirent cent hommes.
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761
p. 76-77
« Mr le Marquis de saint Chaumont Brigadier des armées du [...] »
Début :
Mr le Marquis de saint Chaumont Brigadier des armées du [...]
Mots clefs :
Mariage, Larcher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mr le Marquis de saint Chaumont Brigadier des armées du [...] »
Mr le Marquis de saint
Chaumont Brigadier des
arméesdu Roy,cy devant
Colonel du Regiment Royal Estranger Cavalerie,
& à present Enseigne des
Gardes du Corps, a
espousé Mademoiselle Larcher
fille de Mr Larcher Pre'fi-'
dent à
la Chambre des
Comptes. La Maison de
saint Chaumont est assez
connuë
,
& l'on sçait que
c'est une des plus anciennes &des plus illustres de
la Province de Limosin.
Tout le monde connoist la
naissancedistinguée, & les
grandes alliances de Mr le
Président Larcher
Chaumont Brigadier des
arméesdu Roy,cy devant
Colonel du Regiment Royal Estranger Cavalerie,
& à present Enseigne des
Gardes du Corps, a
espousé Mademoiselle Larcher
fille de Mr Larcher Pre'fi-'
dent à
la Chambre des
Comptes. La Maison de
saint Chaumont est assez
connuë
,
& l'on sçait que
c'est une des plus anciennes &des plus illustres de
la Province de Limosin.
Tout le monde connoist la
naissancedistinguée, & les
grandes alliances de Mr le
Président Larcher
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Résumé : « Mr le Marquis de saint Chaumont Brigadier des armées du [...] »
Le mariage entre le Marquis de Saint-Chaumont et Mademoiselle Larcher est annoncé. Le Marquis est Brigadier des armées du Roy, ancien Colonel du Régiment Royal Estranger Cavalerie et Enseigne des Gardes du Corps. Mademoiselle Larcher est la fille du Président à la Chambre des Comptes Larcher. La Maison de Saint-Chaumont est l'une des plus anciennes et illustres de la Province de Limosin.
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762
p. 77-80
Memoire touchant la mort de Mr l'Abbé de Cisteaux.
Début :
Le quatre du mois passé mourut à Cisteaux Illustrissime & Reverendissime [...]
Mots clefs :
Mémoire, Mort, Cisteaux, Élection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoire touchant la mort de Mr l'Abbé de Cisteaux.
Mémoire touchant la mort de
Mr l'Abbé de Cisteaux.
Le quatre dumois passé
mourutà Cisteauxillustrissime&ReverendissimePe-
re en Dieu Médire Nicolas Larcher, Abbéde Cisteaux, Docteur de Sorbonne, premier Conseiller né
au Parlement de Bourgogne, Chef & General de
tout l'Ordre de Cisteaux,
âgé de quatrevingt ans.
Son élection fut faite du
consentement unanime du
Chapitre general de l'Ordre le 27. May 1692. Depuis son éleaion jusqu'à sa
mort il a
gouverné cet Ordre avec toute la prudence,
lasagesse,la douceur, ôc
l'habileté possible.
Outre la pieté solide &
le parfait détachement de
ce General
,
il estoit doüé
de cette éloquence naturelle qui s'insinuë si avant
dans les cœurs des qu'elle
s'explique
,
il avoit l'accez
facile, & prévenoit tousjours ceux qui avoient affaire à luy sans compromettre sa dignité, dont il soutenoit les droits & les prérogatives avec toute la vivacité ôc le succez possible
; en un mot, on peut
dire de luy qu'il estoit de
ces heureux genies qui se
font aimer par tout.
Sa grande douceur, ses
aumosnes & ses charitez
laisseront de luyun souvenir dans son Ordre, quine
fera jamais effacé.
J'espere vous en entretenir davantage en vous
parlant de son successeur,
& de l'élection qui s'en
doit faire dans le Chapitre
général de cet Ordre, convoqué pour le dix
-
neufdu -
mois prochain
Mr l'Abbé de Cisteaux.
Le quatre dumois passé
mourutà Cisteauxillustrissime&ReverendissimePe-
re en Dieu Médire Nicolas Larcher, Abbéde Cisteaux, Docteur de Sorbonne, premier Conseiller né
au Parlement de Bourgogne, Chef & General de
tout l'Ordre de Cisteaux,
âgé de quatrevingt ans.
Son élection fut faite du
consentement unanime du
Chapitre general de l'Ordre le 27. May 1692. Depuis son éleaion jusqu'à sa
mort il a
gouverné cet Ordre avec toute la prudence,
lasagesse,la douceur, ôc
l'habileté possible.
Outre la pieté solide &
le parfait détachement de
ce General
,
il estoit doüé
de cette éloquence naturelle qui s'insinuë si avant
dans les cœurs des qu'elle
s'explique
,
il avoit l'accez
facile, & prévenoit tousjours ceux qui avoient affaire à luy sans compromettre sa dignité, dont il soutenoit les droits & les prérogatives avec toute la vivacité ôc le succez possible
; en un mot, on peut
dire de luy qu'il estoit de
ces heureux genies qui se
font aimer par tout.
Sa grande douceur, ses
aumosnes & ses charitez
laisseront de luyun souvenir dans son Ordre, quine
fera jamais effacé.
J'espere vous en entretenir davantage en vous
parlant de son successeur,
& de l'élection qui s'en
doit faire dans le Chapitre
général de cet Ordre, convoqué pour le dix
-
neufdu -
mois prochain
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Résumé : Memoire touchant la mort de Mr l'Abbé de Cisteaux.
Le texte annonce la mort de l'Abbé de Citeaux, le Père Nicolas Larcher, survenue le 4 du mois précédent. Larcher, âgé de quatre-vingts ans, occupait les fonctions d'Abbé de Citeaux, de Docteur de Sorbonne et de premier Conseiller né au Parlement de Bourgogne. Il avait été élu à l'unanimité par le Chapitre général de l'Ordre de Citeaux le 27 mai 1692. Durant son mandat, il gouverna l'Ordre avec prudence, sagesse, douceur et habileté. Larcher se distinguait par sa piété, son détachement et son éloquence, qui lui permettaient de toucher les cœurs. Il était accessible et prévenant sans compromettre sa dignité. Il défendait les droits et prérogatives de sa fonction avec vivacité et succès. Sa douceur, ses aumônes et ses charités laisseront un souvenir impérissable dans son Ordre. Le texte mentionne également l'élection de son successeur, prévue lors du Chapitre général convoqué pour le 19 du mois prochain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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763
p. 97-106
LIVRE NOUVEAU.
Début :
Les PP. Augustins Déchaussez de la Place des Victoires, eurent [...]
Mots clefs :
Livre nouveau, Maison royale de France, Généalogie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU.
LIVRE NOUVEAU. LEs PP. Augustins
Déchaussez de la
P lace des - -
Victoires
,
eurent l'honneurJeudy
31. du mois de Mars 1712.
de presenter au Roy
l'HistoireGenealogique
de la Maison Royalede
France, & des Grands
Officiers de la Couronne
,
qui est dediée à Sa Mal;
jesté. Le Pere Anselme,
Religieux du m^ne
Convent Auteurdecet
ouvrage, l'avoir faitimprimerà Paris en1674.
en deux volumes in 40.
Depuis ce temps- là il
n'avoit cessé de le revoir
&de l'augmenter, dans
la vue d'en donner une
sécondé édition,jusqu'à
ce que la mort l'empêchant de remplir ce dessein, il en remit l'execu-
tion à un de les amis,,
qui avoit beaucoup contribué à la premiereédition. Cet ami que l'on
lçaic ttre un Officier de lachambredesComptes,
respectable parson âge,
son érudition,sonamour
pour la vérité, & par une
modestiequ'ila poussée
jusqu'à ne vouloir pas
que son nomait paru,cet
ami
,
dis- je, vient de
rendre au public le dépôt que le Pere Anselme
lui avaitconfié; après y
avoir fait des augmenta.. tions trés-considerables,
& l'avoir continué jusqu'en 1712,. Ce* augmentations n'ont été faites
que sur la foy des titres
& preuves les plus autentiques, tirées du tresor & des Registresdes
Chartes du Roy, du Parlement, de la Chambre
des Comptes & du Châtelet
,
des Cartulaires
d'Eglises Cathedrales &C
Abbayes, de la Biblioteque du Roy, & des Cabinets qui ont le plus de
réputation dans Paris..
Cet Ouvrage est en
deux volumes in folio.
Le premier commence
par l'Histoiregénéalogique des trois Races
Royales de France, &
des différentes branches
qui en sont descendues.
Cette Histoire est suivie
decelle des Grands Officiers de la Couronne, &
de la Maison du Roy: &
ce premier volume contient les Sénéchaux, les
Connestables, les Chanceliers& les Marechaux
de France. Dans le second sont lesAmiraux,
lesGeneraux des galeres,
les grands Maîtres d'Artillerie, les Porte- Oriflammes
,
les Colonels
Generaux de l'Infanterie, les grands Aûmoniers,les grands Maîtres,
les grands Chambriers
,
les grands Chambellans;
les grands Ecuyers, les
grands Bouteillers, &
Echançons) les grands
Pannetiers, les grands
Veneurs, les grands Fauconniers,les grandsLou.
vetiers,les grandsQueux
&, les grands Maîtres des
Eaux & Forêts de France. On trouve à la fin les
Statuts de l'Ordre du S.
Esprit, & un catalogue
exact des Chevaliers,
Commandeurs & Offi-
ciers de cet Ordre avec
leur posterité. Chaque
volume a
ses tables alphabetiques contenant
les noms des Maisons
dont il est fait mention.
On voit assez parce détail que ce desseinrenferme la plus grande partie
des premieres, & des
plusillustresMaisonsde
France. Aussi peut-on
assurer qu'il n'a point
encore paru d'ouvrage
en ce genre
,
qui renfer-
me un aussigrand nombre de Genealogies, &
de faits prouvez par des
titres. Il reste à dire un
mot de la maniere dont
ce l
a
aétéexecuté. Dans
rémunération des Officiers qui ont rempli ces differentesChargesen
a
suivi l'ordre chronologique. On a
donné un
abrégé de la vie&des
actions de chacun en particulier, & cet abrégé
est suivi de la genealogie
de la Maisondont il s'agit. Cette Genealogie
n'est poussée quejusqu'
au temps que les titres la
peuvent prouver.
Si ce livrem'aideaujourd'hui à remplir mon
Mercure, il y
causerade
grands vuides dans la
suite, & rendra l'érudition des Genealogies si
commune, que je ferai
conscience d'en entretenir le public
Déchaussez de la
P lace des - -
Victoires
,
eurent l'honneurJeudy
31. du mois de Mars 1712.
de presenter au Roy
l'HistoireGenealogique
de la Maison Royalede
France, & des Grands
Officiers de la Couronne
,
qui est dediée à Sa Mal;
jesté. Le Pere Anselme,
Religieux du m^ne
Convent Auteurdecet
ouvrage, l'avoir faitimprimerà Paris en1674.
en deux volumes in 40.
Depuis ce temps- là il
n'avoit cessé de le revoir
&de l'augmenter, dans
la vue d'en donner une
sécondé édition,jusqu'à
ce que la mort l'empêchant de remplir ce dessein, il en remit l'execu-
tion à un de les amis,,
qui avoit beaucoup contribué à la premiereédition. Cet ami que l'on
lçaic ttre un Officier de lachambredesComptes,
respectable parson âge,
son érudition,sonamour
pour la vérité, & par une
modestiequ'ila poussée
jusqu'à ne vouloir pas
que son nomait paru,cet
ami
,
dis- je, vient de
rendre au public le dépôt que le Pere Anselme
lui avaitconfié; après y
avoir fait des augmenta.. tions trés-considerables,
& l'avoir continué jusqu'en 1712,. Ce* augmentations n'ont été faites
que sur la foy des titres
& preuves les plus autentiques, tirées du tresor & des Registresdes
Chartes du Roy, du Parlement, de la Chambre
des Comptes & du Châtelet
,
des Cartulaires
d'Eglises Cathedrales &C
Abbayes, de la Biblioteque du Roy, & des Cabinets qui ont le plus de
réputation dans Paris..
Cet Ouvrage est en
deux volumes in folio.
Le premier commence
par l'Histoiregénéalogique des trois Races
Royales de France, &
des différentes branches
qui en sont descendues.
Cette Histoire est suivie
decelle des Grands Officiers de la Couronne, &
de la Maison du Roy: &
ce premier volume contient les Sénéchaux, les
Connestables, les Chanceliers& les Marechaux
de France. Dans le second sont lesAmiraux,
lesGeneraux des galeres,
les grands Maîtres d'Artillerie, les Porte- Oriflammes
,
les Colonels
Generaux de l'Infanterie, les grands Aûmoniers,les grands Maîtres,
les grands Chambriers
,
les grands Chambellans;
les grands Ecuyers, les
grands Bouteillers, &
Echançons) les grands
Pannetiers, les grands
Veneurs, les grands Fauconniers,les grandsLou.
vetiers,les grandsQueux
&, les grands Maîtres des
Eaux & Forêts de France. On trouve à la fin les
Statuts de l'Ordre du S.
Esprit, & un catalogue
exact des Chevaliers,
Commandeurs & Offi-
ciers de cet Ordre avec
leur posterité. Chaque
volume a
ses tables alphabetiques contenant
les noms des Maisons
dont il est fait mention.
On voit assez parce détail que ce desseinrenferme la plus grande partie
des premieres, & des
plusillustresMaisonsde
France. Aussi peut-on
assurer qu'il n'a point
encore paru d'ouvrage
en ce genre
,
qui renfer-
me un aussigrand nombre de Genealogies, &
de faits prouvez par des
titres. Il reste à dire un
mot de la maniere dont
ce l
a
aétéexecuté. Dans
rémunération des Officiers qui ont rempli ces differentesChargesen
a
suivi l'ordre chronologique. On a
donné un
abrégé de la vie&des
actions de chacun en particulier, & cet abrégé
est suivi de la genealogie
de la Maisondont il s'agit. Cette Genealogie
n'est poussée quejusqu'
au temps que les titres la
peuvent prouver.
Si ce livrem'aideaujourd'hui à remplir mon
Mercure, il y
causerade
grands vuides dans la
suite, & rendra l'érudition des Genealogies si
commune, que je ferai
conscience d'en entretenir le public
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Résumé : LIVRE NOUVEAU.
Le 31 mars 1712, les Pères Augustins de la place des Victoires offrirent au roi l'Histoire Généalogique de la Maison Royale de France et des Grands Officiers de la Couronne. Initialement rédigée par le Père Anselme en 1674, cette œuvre fut imprimée en deux volumes in-4°. Le Père Anselme travailla à une seconde édition, mais sa mort interrompit ce projet. Un ami érudit, officier de la chambre des comptes, poursuivit la tâche et publia l'ouvrage en deux volumes in-folio après des augmentations considérables. L'ouvrage commence par l'histoire généalogique des trois races royales de France et de leurs branches, puis détaille les Grands Officiers de la Couronne et de la Maison du Roi. Le premier volume traite des Sénéchaux, Connétables, Chanceliers et Maréchaux de France. Le second volume couvre divers autres officiers, comme les Amiraux et les Grands Maîtres d'Artillerie, et inclut les statuts de l'Ordre du Saint-Esprit ainsi qu'un catalogue des Chevaliers et Commandeurs de cet Ordre. Chaque volume possède des tables alphabétiques des maisons mentionnées. Cet ouvrage est reconnu comme le plus complet en matière de généalogies et de faits prouvés par des titres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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764
p. 121-147
Discours sur l'Ordre de la Toison d'Or.
Début :
L'Ordre de la Toison d'Or a été institué par Philippe [...]
Mots clefs :
Ordre de la Toison d'Or, Espagne, Roi, Chevaliers, Bourgogne, Europe, Princes, Empereurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'Ordre de la Toison d'Or.
Discourssurl'Ordre de lA
Toisôn d'O,. L Ordrede laToison
d'Or aété institué
par PhilippeleBon,Duc
de Bourgogne , en la
ville de Bruges en Flandres, le 10.Janvier 1425.
le même jour qu'il épousa Isabeau de Portugal
sa troisiéme femme, il fit
au premier chapitre 24.
Chevaliers
Il y a
plusieurs opinions sur ce qui donna
occasion au Duc Philippe d'insti uer cer Ordre.
La première, que ce fut :
en mémoire du vaillant
Cedtoti,lequ,el avec trois
<
cent hommes combattit
une infinité de Madianites,& délivra le peuple
Israël: La feconde,qu'il
le fit en memoire des
grands revenus qu'il tiroit du trafic & marchandise des laines des
Pays-bas, pleins d'excellens pâturages pour noUrirlebétail à laine.
Il yenaunetroisiéme
qui est une galanterie t'
plusieurs auteurs le racôtcnt ainsi, & difèntque
le Duc Philippe étant
passionément amoureux
& aimé d'une Dame de
Bruges, entra un matin
chez elle, accompagné
de quelques familiers
courtisàs,& qu'ilsvirent
furfatoilete tout un côté
de ses cheveux blonds
dorez qu'elle avoittodus
pour faire des ouvrages
en cheveux, pour marquer sa passion à son Amant mant>;l'autre autrecôté cote dec
cheveux quilui restoit
ayant fait rire ces courtisans, fâchée de cette
rencontre, elle en rougit de colere, & le Duc
l'ayant appaifée par ses
caresses,lui fit ferment
que ceux qui s'étoient
moqué de satoison n'auroient pas l'honneurd'un
Ordrequ'ildefïgnoitdetablir pour l'amourd'elle. Voila les termes qui
font dans Favin&dans
Paliot, du moins si cela
n'a de lavérité, il est cer-
tain que ce Prince eut
quantité demaîtresses,
puisque de ses amours il
a
laissé huit bâtards &
six bâtardes.
Cet Ordre est un des
plus beaux & des plus
illustrer qui soyent en
Europe, il a
toujours
ere rempli par des Seigneurs de très- grande
distinction.LeDuc Philippe le Bon a
donc été
son infiitureur, & le premier Chef,Charles Duc
de Bourgogne son Fils
en a
été le fecond
,
Sç
comme il mourut sans
posterité masculine
,
n'ayanr laisse qu'une fille
unique, Marie Duchesse de Bourgogne, Comtesse de Flandres, &
Dame de tous les Paysbas
,
ayant hérité des
grands biens du Duc son
pere, elle épousa Maximilien, Archiducd'Autriche,RoidesRomai ns,
& depuis Empereur. Ce
mariage lui apporta le
Comtéde Flandre & la
Souveraineté des Paysbas, &le titre de Chef
& Souverain, Grand
Maître de la Toison
d'Or
5
duquel il fut le
troisiéme grand-Maître.
Il celebra sonpremier
chapitre en la ville de
Bruges en 1478. il ne
laissa qu'un fils, Philippe, Archiduc d'Autriche, qui ayantépousé
Jeanne, Reine & heri-
tiere de Castille, de
Leon & d'Arragon, par
ce mariage il devint
Roy d'Espagne, & étoit
Comte de Flandres, &
Souverain des Pays-bas
par samere, connu fous
le nom de Philippe I.
Roy d'Espagne:la mort
de son pere le rendit le
quatrième Chef, Se
grand-Maître dei'Ordre
de la Toison d'Or, &
en tint son premier chapitre en la ville de Ma-
lines en Flandres en
149ïSon fils Charles I. fut
Roy d'Espagne & Souverain des Pays
-
bas
après sa mort; depuis
fut élft Empereur des
Romains cinquième du
nom:ilfutlecinquiéme
Chef, & grand-Maître
de l'Ordre de la Toison
d'Or, comme Souverain
des Pays-bas. Ses successeurs Roys d'Espagne
ont aussi été Souverains
des Pays-bas; &C en cette
qualité ont été tous
grands Maîtres de la
Toison d'Or, & l'ont
conféré aux autres Princes Souverains, &
grands Seigneurs. Charles V. tint son premier
chapitre de l'Ordre en la
ville deBruxellesen1516.
& en augmenta le nombre jusques àcinquante,
n'ayant d'abord étéque
vingt-quatre lorsdel'institution par le Duc de
Bourgogne Philippe le
Bon. Charles V. ayantfait l'abdication de ses
Etatsà son fils Philippe
II. tint son premier chapitre de l'Ordre de la
Toison d'Or, comme
sixiéme Chef &
grand Maître, en la ville
d'Anvers en 1554. Philippe III. son fils lui ayant
succedé en tous sesEtats
fut le septiéme grand
Maîtrede l'Ordre, puis
étant mort en 1632. son
fils Philippe IV. comme
son successèur, fut
le huitième grand Maître:à samortil laissaà
son fils CharlesII. la
Couronne d'Espagne
,
la Souverainetédes
Pays-bas, & la grande
Maîtrisede l'Ordre, duquel il fut le neuviéme
grand Maître: mais ce
Prince, étant d'une fanté
trés-faible, mourut sans
posterité le I. Novembre 1700. laissant pour
son successeur par son
testament Philippe de
France, Duc d'Anjou,
second fils de Louis
Dauphin de France, &
de Marie- Anne Victoire,Duchesse de Bavière, petit -fils du Roy
Loüis X IV. dit Je
Grand,Roy deFrance&
de Navarre. Cette mort
du Roy CharlesII. a
donné la guerre à toute
l'Europe, à cause, des
prétentions &interêts
detous les Princes: mais
Philippe V. ne laisse pas
d'être reconnu de plusieurs Potentats pour
Roy d'Espagne, & Souverain des Pays-bas; Se
en cette qualitéest le
dixième grand Maître
de l'Ordre de laToison
d'Orainsides10. grands
Maîtres&Chefsdecet
ordre il yen a
deux Ducs
de Bourgogne,dont le
premier étoit l'instituteur, un Empereur &
-
septRoys d'Espagnede
fuite.
La splendeur & la
pureté de cet Ordre par
sa noblesse,&c parl'exactitude que ses grands
Maîtres ont prise à n'y
point recevoir que des
Princes, & des Seigneurs trés-distinguez,
a
été causé que les plus
grands Princes de l'Europe ont tenu à honneur
d'en être ornez: tous les
Empereurs de la Maison
d'Au-
d'Autriche ( depuis leur
alliance avec Marie de
Bourgogne) au nombre
de douze, en ont été re- vêtus; trois Roys de
France, sçavoir François
I. FrançoisII. & Charles IX. l'ont recû. Alfonce V. Roy d'Arragon, Jean II. Roy d'Arragon & de Navarre,
Ferdinand le Catolique
Roy d'Arragon, de Castille & de Leon) &
Ferdinand Roy de Na- -
pies, l'ont eû: troisRoys
d'Angleterre l'ont accepté 5
sçavoir Edouard
IV. Henry VII. &
Henry VIII. Louis Roy
de Hongrie & de Bohême, Emanuel & Jean
III. Rois de Portugal,
Jacques V. Roy d'Ecosse,Chretienne11. Roy
de Danemarck., Sigismond I. SigismondIII.
& Vladislas Sigismond,
Rois de Pologne & de
Suede l'ont aussi eûi ainsi
trente têtes couronnees
des plus grands Princes
de l'Europe, on fait honneur aux Chefs de cet
Ordre de le recevoir de
leurs mains, ou du moins
par leurs Ambassadeurs,
sans compterdes Ducs
de Savoye
,
des Electeurs de Baviere, de Saxe, de Brandebourg, des
grands Ducs de Toscane, & quantitéd'autres
PrincesSouverains de
l'Europe, & les plus
grands Seigneurs tant
de France) des Païs-bas,
d'Espagne
,
d'Allemagne, d'Italie, & de tous
les autres Royaumes:
aussi ceux qui reçoivent
à present cet honneur
doivent le regarder comme un des plus grands
qu'ils puissent recevoir.
Le Colier de cet Ordre est composé de doubles fusils alternez, entre
lesquels est une pierre à
,
fusil étincelante de feu,
lesquels fusils sont attachez par depetitschaînons les uns aux autres,
qui forment un collier
émaillé suivant l'art, au
bas duquel pend par
trois petits-chaînons une
Toison d'Or; ces fusils
font joints ensemble representans comme deux
doublesB9, font lettres
qui signifient Bourgogne, lescailloux qui
sont entre-mêlez marquent les Armes des
anciens Rois de Bourgogne du noble sangde
France(selonFavm )Ces
cailloux qui sont étincelans de feu étoit la devise
du Duc de Bourgogne,
quiavoit pourarme,ante
ferit quàmstammamicet.
Philippe le Bon, Duc
de Bourgogne, institua
son Ordre
en l'honneur
de Dieu, fous la protection de la très -
sainte
Vierge, & choisit pour
Patron saint Aiidxc:il
ordonna qu'aux trois
jours de la solemnité de
sa Feste les Chevaliers
s'habil lerooient de trois
habits differens, le premier jour d'écarlate avec
des orfrais en broderie
d'or, comme le Collier,
pour leur faireconnoître
que le, Ciel ne s'acquiert
que par l'effusion de
sang, & martyre pour
maintenir la foy Catlio,
lique le second jour de
noir pour marquer le
(
deuil des Chevalierstrépassez;&letroisiémejour
de damas blanc, en figne & marque de la
pureré del'ame,que tout
Chevalier doit avoir en
toutes les actions de sa
vie, &dans tous sesdéportemens.
L'Em )
pereur Charles
V.ordonna que les Chevaliers dudit Ordreportassent aux Festessolemnelles & dans la fenuë
deschapitres,la foutanne
de
de toile d'argent, & pardessus le manteau de velours cramoisi rouge, &
le mantelet ou chaperon
de velours violet,&dessus icelui le grand colier
d'or; & aux autres jours
simplement un ruban de
tasetas de foye rouge,avec la Toison d'or,
Plusieurs ont traité de
l'Ordre de la Toison
d'or; & entr'autres André Favin, Avocat au
Parlement de Paris, en
son Theatre d'Honneur
& de Chevalerie, en fait
une ample defeription.
Mais ce qu'ily a
de plus
beau, est un livre imprimé à Bruxelles en 1667.
fait par Jean-Baptiste
, Maurice, Heraut,&Roi
d'Armes de Sa Majesté
Catholique,intitulé, le
Blason des Armoiries de
tous les Chevaliers de
HOrdre de la Toisond'or,
depuis son institution)
dans lequeltes Statuts
de l'Ordre y
font imprimez en soixante-six articles.; après quoi les armes y
font trcs-bien gravées avec leurs ornemens sans supports, seulement le timbre & les
cimiers. Il feroit à souhaiter que l'on fist la continuation qui est à faire
depuis rimprefliôAêc ce
livre.
Toisôn d'O,. L Ordrede laToison
d'Or aété institué
par PhilippeleBon,Duc
de Bourgogne , en la
ville de Bruges en Flandres, le 10.Janvier 1425.
le même jour qu'il épousa Isabeau de Portugal
sa troisiéme femme, il fit
au premier chapitre 24.
Chevaliers
Il y a
plusieurs opinions sur ce qui donna
occasion au Duc Philippe d'insti uer cer Ordre.
La première, que ce fut :
en mémoire du vaillant
Cedtoti,lequ,el avec trois
<
cent hommes combattit
une infinité de Madianites,& délivra le peuple
Israël: La feconde,qu'il
le fit en memoire des
grands revenus qu'il tiroit du trafic & marchandise des laines des
Pays-bas, pleins d'excellens pâturages pour noUrirlebétail à laine.
Il yenaunetroisiéme
qui est une galanterie t'
plusieurs auteurs le racôtcnt ainsi, & difèntque
le Duc Philippe étant
passionément amoureux
& aimé d'une Dame de
Bruges, entra un matin
chez elle, accompagné
de quelques familiers
courtisàs,& qu'ilsvirent
furfatoilete tout un côté
de ses cheveux blonds
dorez qu'elle avoittodus
pour faire des ouvrages
en cheveux, pour marquer sa passion à son Amant mant>;l'autre autrecôté cote dec
cheveux quilui restoit
ayant fait rire ces courtisans, fâchée de cette
rencontre, elle en rougit de colere, & le Duc
l'ayant appaifée par ses
caresses,lui fit ferment
que ceux qui s'étoient
moqué de satoison n'auroient pas l'honneurd'un
Ordrequ'ildefïgnoitdetablir pour l'amourd'elle. Voila les termes qui
font dans Favin&dans
Paliot, du moins si cela
n'a de lavérité, il est cer-
tain que ce Prince eut
quantité demaîtresses,
puisque de ses amours il
a
laissé huit bâtards &
six bâtardes.
Cet Ordre est un des
plus beaux & des plus
illustrer qui soyent en
Europe, il a
toujours
ere rempli par des Seigneurs de très- grande
distinction.LeDuc Philippe le Bon a
donc été
son infiitureur, & le premier Chef,Charles Duc
de Bourgogne son Fils
en a
été le fecond
,
Sç
comme il mourut sans
posterité masculine
,
n'ayanr laisse qu'une fille
unique, Marie Duchesse de Bourgogne, Comtesse de Flandres, &
Dame de tous les Paysbas
,
ayant hérité des
grands biens du Duc son
pere, elle épousa Maximilien, Archiducd'Autriche,RoidesRomai ns,
& depuis Empereur. Ce
mariage lui apporta le
Comtéde Flandre & la
Souveraineté des Paysbas, &le titre de Chef
& Souverain, Grand
Maître de la Toison
d'Or
5
duquel il fut le
troisiéme grand-Maître.
Il celebra sonpremier
chapitre en la ville de
Bruges en 1478. il ne
laissa qu'un fils, Philippe, Archiduc d'Autriche, qui ayantépousé
Jeanne, Reine & heri-
tiere de Castille, de
Leon & d'Arragon, par
ce mariage il devint
Roy d'Espagne, & étoit
Comte de Flandres, &
Souverain des Pays-bas
par samere, connu fous
le nom de Philippe I.
Roy d'Espagne:la mort
de son pere le rendit le
quatrième Chef, Se
grand-Maître dei'Ordre
de la Toison d'Or, &
en tint son premier chapitre en la ville de Ma-
lines en Flandres en
149ïSon fils Charles I. fut
Roy d'Espagne & Souverain des Pays
-
bas
après sa mort; depuis
fut élft Empereur des
Romains cinquième du
nom:ilfutlecinquiéme
Chef, & grand-Maître
de l'Ordre de la Toison
d'Or, comme Souverain
des Pays-bas. Ses successeurs Roys d'Espagne
ont aussi été Souverains
des Pays-bas; &C en cette
qualité ont été tous
grands Maîtres de la
Toison d'Or, & l'ont
conféré aux autres Princes Souverains, &
grands Seigneurs. Charles V. tint son premier
chapitre de l'Ordre en la
ville deBruxellesen1516.
& en augmenta le nombre jusques àcinquante,
n'ayant d'abord étéque
vingt-quatre lorsdel'institution par le Duc de
Bourgogne Philippe le
Bon. Charles V. ayantfait l'abdication de ses
Etatsà son fils Philippe
II. tint son premier chapitre de l'Ordre de la
Toison d'Or, comme
sixiéme Chef &
grand Maître, en la ville
d'Anvers en 1554. Philippe III. son fils lui ayant
succedé en tous sesEtats
fut le septiéme grand
Maîtrede l'Ordre, puis
étant mort en 1632. son
fils Philippe IV. comme
son successèur, fut
le huitième grand Maître:à samortil laissaà
son fils CharlesII. la
Couronne d'Espagne
,
la Souverainetédes
Pays-bas, & la grande
Maîtrisede l'Ordre, duquel il fut le neuviéme
grand Maître: mais ce
Prince, étant d'une fanté
trés-faible, mourut sans
posterité le I. Novembre 1700. laissant pour
son successeur par son
testament Philippe de
France, Duc d'Anjou,
second fils de Louis
Dauphin de France, &
de Marie- Anne Victoire,Duchesse de Bavière, petit -fils du Roy
Loüis X IV. dit Je
Grand,Roy deFrance&
de Navarre. Cette mort
du Roy CharlesII. a
donné la guerre à toute
l'Europe, à cause, des
prétentions &interêts
detous les Princes: mais
Philippe V. ne laisse pas
d'être reconnu de plusieurs Potentats pour
Roy d'Espagne, & Souverain des Pays-bas; Se
en cette qualitéest le
dixième grand Maître
de l'Ordre de laToison
d'Orainsides10. grands
Maîtres&Chefsdecet
ordre il yen a
deux Ducs
de Bourgogne,dont le
premier étoit l'instituteur, un Empereur &
-
septRoys d'Espagnede
fuite.
La splendeur & la
pureté de cet Ordre par
sa noblesse,&c parl'exactitude que ses grands
Maîtres ont prise à n'y
point recevoir que des
Princes, & des Seigneurs trés-distinguez,
a
été causé que les plus
grands Princes de l'Europe ont tenu à honneur
d'en être ornez: tous les
Empereurs de la Maison
d'Au-
d'Autriche ( depuis leur
alliance avec Marie de
Bourgogne) au nombre
de douze, en ont été re- vêtus; trois Roys de
France, sçavoir François
I. FrançoisII. & Charles IX. l'ont recû. Alfonce V. Roy d'Arragon, Jean II. Roy d'Arragon & de Navarre,
Ferdinand le Catolique
Roy d'Arragon, de Castille & de Leon) &
Ferdinand Roy de Na- -
pies, l'ont eû: troisRoys
d'Angleterre l'ont accepté 5
sçavoir Edouard
IV. Henry VII. &
Henry VIII. Louis Roy
de Hongrie & de Bohême, Emanuel & Jean
III. Rois de Portugal,
Jacques V. Roy d'Ecosse,Chretienne11. Roy
de Danemarck., Sigismond I. SigismondIII.
& Vladislas Sigismond,
Rois de Pologne & de
Suede l'ont aussi eûi ainsi
trente têtes couronnees
des plus grands Princes
de l'Europe, on fait honneur aux Chefs de cet
Ordre de le recevoir de
leurs mains, ou du moins
par leurs Ambassadeurs,
sans compterdes Ducs
de Savoye
,
des Electeurs de Baviere, de Saxe, de Brandebourg, des
grands Ducs de Toscane, & quantitéd'autres
PrincesSouverains de
l'Europe, & les plus
grands Seigneurs tant
de France) des Païs-bas,
d'Espagne
,
d'Allemagne, d'Italie, & de tous
les autres Royaumes:
aussi ceux qui reçoivent
à present cet honneur
doivent le regarder comme un des plus grands
qu'ils puissent recevoir.
Le Colier de cet Ordre est composé de doubles fusils alternez, entre
lesquels est une pierre à
,
fusil étincelante de feu,
lesquels fusils sont attachez par depetitschaînons les uns aux autres,
qui forment un collier
émaillé suivant l'art, au
bas duquel pend par
trois petits-chaînons une
Toison d'Or; ces fusils
font joints ensemble representans comme deux
doublesB9, font lettres
qui signifient Bourgogne, lescailloux qui
sont entre-mêlez marquent les Armes des
anciens Rois de Bourgogne du noble sangde
France(selonFavm )Ces
cailloux qui sont étincelans de feu étoit la devise
du Duc de Bourgogne,
quiavoit pourarme,ante
ferit quàmstammamicet.
Philippe le Bon, Duc
de Bourgogne, institua
son Ordre
en l'honneur
de Dieu, fous la protection de la très -
sainte
Vierge, & choisit pour
Patron saint Aiidxc:il
ordonna qu'aux trois
jours de la solemnité de
sa Feste les Chevaliers
s'habil lerooient de trois
habits differens, le premier jour d'écarlate avec
des orfrais en broderie
d'or, comme le Collier,
pour leur faireconnoître
que le, Ciel ne s'acquiert
que par l'effusion de
sang, & martyre pour
maintenir la foy Catlio,
lique le second jour de
noir pour marquer le
(
deuil des Chevalierstrépassez;&letroisiémejour
de damas blanc, en figne & marque de la
pureré del'ame,que tout
Chevalier doit avoir en
toutes les actions de sa
vie, &dans tous sesdéportemens.
L'Em )
pereur Charles
V.ordonna que les Chevaliers dudit Ordreportassent aux Festessolemnelles & dans la fenuë
deschapitres,la foutanne
de
de toile d'argent, & pardessus le manteau de velours cramoisi rouge, &
le mantelet ou chaperon
de velours violet,&dessus icelui le grand colier
d'or; & aux autres jours
simplement un ruban de
tasetas de foye rouge,avec la Toison d'or,
Plusieurs ont traité de
l'Ordre de la Toison
d'or; & entr'autres André Favin, Avocat au
Parlement de Paris, en
son Theatre d'Honneur
& de Chevalerie, en fait
une ample defeription.
Mais ce qu'ily a
de plus
beau, est un livre imprimé à Bruxelles en 1667.
fait par Jean-Baptiste
, Maurice, Heraut,&Roi
d'Armes de Sa Majesté
Catholique,intitulé, le
Blason des Armoiries de
tous les Chevaliers de
HOrdre de la Toisond'or,
depuis son institution)
dans lequeltes Statuts
de l'Ordre y
font imprimez en soixante-six articles.; après quoi les armes y
font trcs-bien gravées avec leurs ornemens sans supports, seulement le timbre & les
cimiers. Il feroit à souhaiter que l'on fist la continuation qui est à faire
depuis rimprefliôAêc ce
livre.
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Résumé : Discours sur l'Ordre de la Toison d'Or.
L'Ordre de la Toison d'Or a été fondé par Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, à Bruges en Flandres, le 10 janvier 1425, jour de son mariage avec Isabeau de Portugal. Le premier chapitre comptait 24 chevaliers. Plusieurs raisons expliquent sa création, notamment en mémoire de Judas Maccabée, en souvenir des revenus du trafic des laines des Pays-Bas, ou à la suite d'un incident galant impliquant Philippe le Bon. Cet ordre est l'un des plus prestigieux d'Europe, composé de seigneurs de grande distinction. Philippe le Bon en fut le premier grand-maître, suivi par son fils Charles, Duc de Bourgogne. Après la mort de Charles sans héritier mâle, sa fille Marie, Duchesse de Bourgogne, épousa Maximilien d'Autriche, qui devint le troisième grand-maître. Leur fils Philippe, connu sous le nom de Philippe I, Roi d'Espagne, fut le quatrième grand-maître. Les successeurs de Philippe I, tous Rois d'Espagne et Souverains des Pays-Bas, continuèrent à diriger l'Ordre. Charles Quint, cinquième grand-maître, augmenta le nombre de chevaliers à cinquante. Philippe V, Roi d'Espagne, fut le dixième grand-maître. La splendeur et la pureté de cet ordre sont dues à la noblesse de ses membres et à l'exactitude des grands-maîtres à n'y admettre que des princes et des seigneurs distingués. Le collier de l'Ordre est composé de doubles fusils alternés avec des pierres étincelantes, symbolisant les armes des anciens Rois de Bourgogne. Philippe le Bon institua l'Ordre en l'honneur de Dieu, sous la protection de la Vierge, et choisit saint André comme patron. L'Ordre possède des statuts détaillés et des armoiries gravées, décrites dans un livre imprimé à Bruxelles en 1667.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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765
p. 192-212
Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Début :
L'Academie Royale des Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Discours, Mercure, Opium, Vitriol, Vapeurs, Sel, Chaux, Tartre, Chimiste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Ne croyant pas pou voir donner ce mois-ci
le memoire suivant, on
avoir déja imprimé un
morceau de Monsieur
Parent. Quoique cette
Piece foitégalement belle &solide, on en trouvera peut-être trop de
ce même genre pour
un seul mois: mais à
coup sûr ce ne fera pas lessçavans quis'en plaindront.
L'Academie Royale des
Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril
Mr l'Abbé Bignon qui prefidoit felicita la Compagnie
sur ce que cette Assemblée
ne commençoit point
à@.
l'ordinaire par l'Eloge funebre de quelque Académicien
,
n'en étant mort aucun
dans le dernier Semestre.
Mr Lemery le fils, sçavant
Medecin & Chimistehabile, lut un memoire sur les
differentes couleurs des Précipitez du Mercure;il raporta plusieurs experiences des
changementsdecouleurs
qui arrivent à
ces précipitez,
le Mercure dissous dans
l'esprit de nitre est sans
couleurs, c'est-à-dire que
la dissolution est claire &
transparente, si on verse
dessus du sel Marin, la liqueur blanchit & il se précipire peu à peu une poudre
blanche qui cft le Mercure
dans sa couleur naturelle, le
sel Ammoniac la précipite
en un blanc sale, l'eau de
chaux en jaune, & le sel de
tartre en jaune orangé, &c.
Il dit que la couleur na-
•>
turelle du Mercure étoit le
blanc, que la couleur jaune
Du rouge luy étoit étrangère, & il l'anribua aux
parties dé ftü qui portées
avec la chaux où lé sel de
Tartre penetroient le Mercure, & se méslant avec luy
prenoient la couleur rougé
& naturelle à
ces mesmes
parties de feu.
Il prouva que la couleur
haturelle des parties de feu
étoit le rouge, par la couleur
mesme dufeuordinaire, par lacouleurque prend le Mercure seul calciné de long-
temps qui le convertit de
lui-mesme en une poudre
rouge, & par la couleur des
vapeurs du Salpêtre quand
on le convertit en cfprit de
nitre, car les vapeurs qui
emplissent le bâlon dans
cette operation font rouges
comme du sang; ce qui ne
peur provenir que des partics de feu. Il dit aussi que le
sel de tartre& la chaux ne
teignoient en jaune ou en
orange que parce que con'
tenant des parties de feu,
ces parties dans le melange
des matieres abandonnoient
la chaux ou le sel de tartre
pour fc joindre au Mercure.
Un homme quisetrouvoit
auprès de moy cm qui me crut
grând Chimiste
,
me demanda pourquoy ces mêmes partics de feu qui rougissoient
le Mercure, ne rougissoient
pas neantmoins la chaux &
le sel de tartre que l'on
joignoit au Mercure dans
ces expériences? je tiray m es Tablettes & ayant mis sa
demande par écrit je lui dis
que je pourrois lui rendre
réponse dans un mois, li
parut un peu surpris du long
terme, mais cependant cela
l'encourageaà me faire une
secondedemande, pourquoy les parties de feu qui
rougissent les vapeurs de
l'esprit de pitre ne rou- girent de elles^p^ lçs vapeurs
l'huille de Vitriol; je
voulus faire le sçavant pour
cette fois, & lui répondis
que si les vapeurs de l'huile
de Vitriol n'étoient pas
rouges, sans doute qu'iln'y.
avoirpointde partiesde feu;
mais il me soutint qu'il y
avoit des parties de feu I°.
parce qu'il faut un feu
bien plus violent pour tirer
l'huile de Vitriol que pour
£jre& l'esprit de n~rc~2.~
par l'action violente de
l'huile de Vitriol qui corrode & brule trèsfortement; enfin par ce que si
ron jette l'huile glaciale de
Vitriol dans de l'eau froide,
elle y
excite un gresillement
p^çil celuy que fait un
charbonrouge que l'onjette
dans l'eau froide. Comme
cela passoit ma portée j'écrivis&luy promisréponse
dans un mois, je prie ou
Mr Lémeri ou quelque
Chimiste de vouloir bien me dégager de ma parole en
m'envoyant réponseà ces deux demandes.
Mr Cassin le fils, digne
héritier du nom qu'il
porte, lut ensuite un mémoire sur le flux & le reflux
de la Mer, il y
donna des
moyens de trouver juste
l'heure des hautes,& basses
Marées dans les Ports de
France, il fit voir que les
Equinoxes ne sont pas les
temps des plus hautes Marées comme on se l'étoit
persuadé jufqucs icy, & il
démontra que ces mouvements reglez de la Mer dépendoient presque entièrement de la pression de la
Lune sur les eaux.
Mr Boulduc le pere, trèshabile Chimiste donna la
découverte d'un nouvel
Opium, après avoir tenté
plusieurs moyens de corri.
ger l'Opium ordinaire que
l'on ne sçauroit donner que
dans une dose très petite, &
qui souvent toute petite
qu'elle est ne laisse pas de
produire encore de fâcheux
effets,&voyant que toutes
ses corrections ne changeoient point l'Opium, il
essayade différentes si narco- çliçrch4 dans l'extrait des fleurs de Coquelicot
la qualité anodine, qu'il n'y
trQuya point, lprfqueJ'e^
trait n'étoitfait qu'avec lq,
seules feuilles de la fleur;
mais il observa que lesirop
de Coquelicot & l'extrait
croient un peu somnifères
lorsqu'on laissoit la reste des
Coquelicots avec les Feuilles
des fleurs,cela l'engagea de
fairel'extrait des testes
seules, & il trouva qyic
c'étaitfun somnifere des
plus doux qu'il y eut, qui a
la dose de quatre grains faisoit dormir sanslaisser aucun
trouble dans la teste: remede
d'autant plus utile qu'il ne
faut point l'aller chercher en
Turquieétant trèscommun
en France.
:
Deux de mes woifms
chausserentbeaucoup à l'occasion
de cette dissertation poursçavoir
si l'on déçoit mettre l'Opium
au rang des remedes ou des
poisonsfroids ou chauds. Je ne
rapporteray point leurs raisons
qui me parurentfort peu deci-
fivesi mais leurs disputefinit
par une demande que je rapporte icicommem'ayantparuplusimportante;sçavoir,s'ily aquelques marques pour connoistre
si
un hommeseroitmort d'avoir
pris une trop grande doss d'Opium? l'un deux dit qu'il n'y
avoit aucune marque. L'autre
dit que tous ceux qui mouroient
ayant pris beaucoup d'Opium
avoient le sang tellement
dissous qu'ilnesefigeoitjamais.
Unepetitedissertation de quelque
habile Medecinsur cette
matiere, aideroit àremplirmon
Mercure & pourroit estre
agreable &utile au public. Mr Vinflou habile &
sçavant Anatomiste, donna
un mémoire touchant les
glandes qui se rencontrent
dans les corps des animaux, illesdiftnbuaft fous ses différentesclasses qu'ilfubdivisa aussi en plusieurs especes.
Il range dansla première
Classe les glandes conglobéesj ce sont les glandesqui
font en quelquemanière
arrondies un peu fermes
d'une grandeur confiderablc,& d'une surface lisle
&unie comme les reins,&c.
Dans la sceonde Claffclefc
glandes conglomcrécs,qui
font des amas de plusieurs
pelotons étroitement collez ensemble & renfermez
fous une menbrane commune, comme le Pancreas,
les Parotides,&c.
Dans latroisiéme Classe,
les glandes en grain, il
nommaainfide petits corps
glanduleux tantost solitaires, tantost parfemez sur ua",
mesme plan de différentes
figures,telles font une
grande parties des glandes
intestinales, les çutan*écs.,&c.,
Dans la quatrième Classe
les glandes à poil ce font
celles qui forment
ce que l'on nomme le velouté de
l'estomach & des intestins,
composé d'une infinité de
petits tuyaux glanduleux en forme de panne ou de
velours.
Dans la cinquiémc Classe
les glandes irregulieres,qui
font celles qui par leur
forme extérieure ne se rapportent à
pas une des
precedentes, par exemple lefoye,&c.
;
:', Dans la sixiémeClasse les
glandes inperceptibles, qui
son celles qui sont sipetites
qu'onne les peut pas diflip*,
guersans microscope,ouque
l'onne découvre pas même
àl'aide du Microscope; mais
dontonne supposoit que
par leurs effets, ou à l'occasion de certaines maladies,
quiles rendent sensibles
celles sont les glandes du
Pericarde & du Pericorne
Il subdivisaensuitecessix
Classes générales en differentesespeccs, en les con.
siderant fous differens égards ,1 ; ou par raport
à leur uÍfu) ou par
raport aux sucs qu'elles
filtrent, ou par raport à
leursemploys, ou par raport
à leur durée.
Il donna ensuite la description & la figure de la
plus simple de ces glandes
pour la structure qui est la
glande à poil, dont l'assemblage forme le velouté de
l'estomach
,
ensuite celle du
rein, qui est un peu plus
composée
,
celle du
foye
qu'il dit estre une glandeconglobée cellulaire, dont chacune des cellules estgarnie
intérieurementd'un velouté
fort fin, dont chaque poil
estune glande comme auvelouté des intestins, & en
fin celle de la Ratte qui cft
U glande la plus composée;
puisque c'est selon luy unr.
glande conglobée, celluleuse, reticulaire & vasculeuse.
Il fcroit difficile de bien
faire comprendre la ftruc-4
ture de ces parties qu'en raportant sa propre description jointe aux figures, ce
quele peu de pratiqueque
ayAnqçpmicne m'apas
permis de faire.
Il raporta dans ces discours une chose fort singuliere, c'est que l'on pouvoit
avoir des preuves visiblesde
la transpiration des corps
vivants, en se presentant la
teste nuë, ou le corps de
quelque animal que ce soit
au grand soleil contre une
muraille blanche on aperçoir, dit il,une ombre legere
& voltigeante au dessus de
la teste ou du corps de l'animal, qui est l'ombre de la
waticre de l'insensible transpiration. Mes voisins se de*
manderent s'il étoit possible
qu'un corps invisible produisit une ombre visible,
chacun se promit de vérifier
l'expérience avant que d'en
chercher l'explication.
Mt l'Abbé Bignon reprit
à la fin de chaque mémoire
précis de ce qui avoitétédit,
& fit sentir au public l'utilité qu'il devoir attendre de
chacune deces observations
ou de ces découvertes, ce
qu'il fit avec cette facilité,
cette netteté
,
& cette
Eloquence qui luy font si natur
le memoire suivant, on
avoir déja imprimé un
morceau de Monsieur
Parent. Quoique cette
Piece foitégalement belle &solide, on en trouvera peut-être trop de
ce même genre pour
un seul mois: mais à
coup sûr ce ne fera pas lessçavans quis'en plaindront.
L'Academie Royale des
Sciences tint séance publique, le Mercredy 6. Avril
Mr l'Abbé Bignon qui prefidoit felicita la Compagnie
sur ce que cette Assemblée
ne commençoit point
à@.
l'ordinaire par l'Eloge funebre de quelque Académicien
,
n'en étant mort aucun
dans le dernier Semestre.
Mr Lemery le fils, sçavant
Medecin & Chimistehabile, lut un memoire sur les
differentes couleurs des Précipitez du Mercure;il raporta plusieurs experiences des
changementsdecouleurs
qui arrivent à
ces précipitez,
le Mercure dissous dans
l'esprit de nitre est sans
couleurs, c'est-à-dire que
la dissolution est claire &
transparente, si on verse
dessus du sel Marin, la liqueur blanchit & il se précipire peu à peu une poudre
blanche qui cft le Mercure
dans sa couleur naturelle, le
sel Ammoniac la précipite
en un blanc sale, l'eau de
chaux en jaune, & le sel de
tartre en jaune orangé, &c.
Il dit que la couleur na-
•>
turelle du Mercure étoit le
blanc, que la couleur jaune
Du rouge luy étoit étrangère, & il l'anribua aux
parties dé ftü qui portées
avec la chaux où lé sel de
Tartre penetroient le Mercure, & se méslant avec luy
prenoient la couleur rougé
& naturelle à
ces mesmes
parties de feu.
Il prouva que la couleur
haturelle des parties de feu
étoit le rouge, par la couleur
mesme dufeuordinaire, par lacouleurque prend le Mercure seul calciné de long-
temps qui le convertit de
lui-mesme en une poudre
rouge, & par la couleur des
vapeurs du Salpêtre quand
on le convertit en cfprit de
nitre, car les vapeurs qui
emplissent le bâlon dans
cette operation font rouges
comme du sang; ce qui ne
peur provenir que des partics de feu. Il dit aussi que le
sel de tartre& la chaux ne
teignoient en jaune ou en
orange que parce que con'
tenant des parties de feu,
ces parties dans le melange
des matieres abandonnoient
la chaux ou le sel de tartre
pour fc joindre au Mercure.
Un homme quisetrouvoit
auprès de moy cm qui me crut
grând Chimiste
,
me demanda pourquoy ces mêmes partics de feu qui rougissoient
le Mercure, ne rougissoient
pas neantmoins la chaux &
le sel de tartre que l'on
joignoit au Mercure dans
ces expériences? je tiray m es Tablettes & ayant mis sa
demande par écrit je lui dis
que je pourrois lui rendre
réponse dans un mois, li
parut un peu surpris du long
terme, mais cependant cela
l'encourageaà me faire une
secondedemande, pourquoy les parties de feu qui
rougissent les vapeurs de
l'esprit de pitre ne rou- girent de elles^p^ lçs vapeurs
l'huille de Vitriol; je
voulus faire le sçavant pour
cette fois, & lui répondis
que si les vapeurs de l'huile
de Vitriol n'étoient pas
rouges, sans doute qu'iln'y.
avoirpointde partiesde feu;
mais il me soutint qu'il y
avoit des parties de feu I°.
parce qu'il faut un feu
bien plus violent pour tirer
l'huile de Vitriol que pour
£jre& l'esprit de n~rc~2.~
par l'action violente de
l'huile de Vitriol qui corrode & brule trèsfortement; enfin par ce que si
ron jette l'huile glaciale de
Vitriol dans de l'eau froide,
elle y
excite un gresillement
p^çil celuy que fait un
charbonrouge que l'onjette
dans l'eau froide. Comme
cela passoit ma portée j'écrivis&luy promisréponse
dans un mois, je prie ou
Mr Lémeri ou quelque
Chimiste de vouloir bien me dégager de ma parole en
m'envoyant réponseà ces deux demandes.
Mr Cassin le fils, digne
héritier du nom qu'il
porte, lut ensuite un mémoire sur le flux & le reflux
de la Mer, il y
donna des
moyens de trouver juste
l'heure des hautes,& basses
Marées dans les Ports de
France, il fit voir que les
Equinoxes ne sont pas les
temps des plus hautes Marées comme on se l'étoit
persuadé jufqucs icy, & il
démontra que ces mouvements reglez de la Mer dépendoient presque entièrement de la pression de la
Lune sur les eaux.
Mr Boulduc le pere, trèshabile Chimiste donna la
découverte d'un nouvel
Opium, après avoir tenté
plusieurs moyens de corri.
ger l'Opium ordinaire que
l'on ne sçauroit donner que
dans une dose très petite, &
qui souvent toute petite
qu'elle est ne laisse pas de
produire encore de fâcheux
effets,&voyant que toutes
ses corrections ne changeoient point l'Opium, il
essayade différentes si narco- çliçrch4 dans l'extrait des fleurs de Coquelicot
la qualité anodine, qu'il n'y
trQuya point, lprfqueJ'e^
trait n'étoitfait qu'avec lq,
seules feuilles de la fleur;
mais il observa que lesirop
de Coquelicot & l'extrait
croient un peu somnifères
lorsqu'on laissoit la reste des
Coquelicots avec les Feuilles
des fleurs,cela l'engagea de
fairel'extrait des testes
seules, & il trouva qyic
c'étaitfun somnifere des
plus doux qu'il y eut, qui a
la dose de quatre grains faisoit dormir sanslaisser aucun
trouble dans la teste: remede
d'autant plus utile qu'il ne
faut point l'aller chercher en
Turquieétant trèscommun
en France.
:
Deux de mes woifms
chausserentbeaucoup à l'occasion
de cette dissertation poursçavoir
si l'on déçoit mettre l'Opium
au rang des remedes ou des
poisonsfroids ou chauds. Je ne
rapporteray point leurs raisons
qui me parurentfort peu deci-
fivesi mais leurs disputefinit
par une demande que je rapporte icicommem'ayantparuplusimportante;sçavoir,s'ily aquelques marques pour connoistre
si
un hommeseroitmort d'avoir
pris une trop grande doss d'Opium? l'un deux dit qu'il n'y
avoit aucune marque. L'autre
dit que tous ceux qui mouroient
ayant pris beaucoup d'Opium
avoient le sang tellement
dissous qu'ilnesefigeoitjamais.
Unepetitedissertation de quelque
habile Medecinsur cette
matiere, aideroit àremplirmon
Mercure & pourroit estre
agreable &utile au public. Mr Vinflou habile &
sçavant Anatomiste, donna
un mémoire touchant les
glandes qui se rencontrent
dans les corps des animaux, illesdiftnbuaft fous ses différentesclasses qu'ilfubdivisa aussi en plusieurs especes.
Il range dansla première
Classe les glandes conglobéesj ce sont les glandesqui
font en quelquemanière
arrondies un peu fermes
d'une grandeur confiderablc,& d'une surface lisle
&unie comme les reins,&c.
Dans la sceonde Claffclefc
glandes conglomcrécs,qui
font des amas de plusieurs
pelotons étroitement collez ensemble & renfermez
fous une menbrane commune, comme le Pancreas,
les Parotides,&c.
Dans latroisiéme Classe,
les glandes en grain, il
nommaainfide petits corps
glanduleux tantost solitaires, tantost parfemez sur ua",
mesme plan de différentes
figures,telles font une
grande parties des glandes
intestinales, les çutan*écs.,&c.,
Dans la quatrième Classe
les glandes à poil ce font
celles qui forment
ce que l'on nomme le velouté de
l'estomach & des intestins,
composé d'une infinité de
petits tuyaux glanduleux en forme de panne ou de
velours.
Dans la cinquiémc Classe
les glandes irregulieres,qui
font celles qui par leur
forme extérieure ne se rapportent à
pas une des
precedentes, par exemple lefoye,&c.
;
:', Dans la sixiémeClasse les
glandes inperceptibles, qui
son celles qui sont sipetites
qu'onne les peut pas diflip*,
guersans microscope,ouque
l'onne découvre pas même
àl'aide du Microscope; mais
dontonne supposoit que
par leurs effets, ou à l'occasion de certaines maladies,
quiles rendent sensibles
celles sont les glandes du
Pericarde & du Pericorne
Il subdivisaensuitecessix
Classes générales en differentesespeccs, en les con.
siderant fous differens égards ,1 ; ou par raport
à leur uÍfu) ou par
raport aux sucs qu'elles
filtrent, ou par raport à
leursemploys, ou par raport
à leur durée.
Il donna ensuite la description & la figure de la
plus simple de ces glandes
pour la structure qui est la
glande à poil, dont l'assemblage forme le velouté de
l'estomach
,
ensuite celle du
rein, qui est un peu plus
composée
,
celle du
foye
qu'il dit estre une glandeconglobée cellulaire, dont chacune des cellules estgarnie
intérieurementd'un velouté
fort fin, dont chaque poil
estune glande comme auvelouté des intestins, & en
fin celle de la Ratte qui cft
U glande la plus composée;
puisque c'est selon luy unr.
glande conglobée, celluleuse, reticulaire & vasculeuse.
Il fcroit difficile de bien
faire comprendre la ftruc-4
ture de ces parties qu'en raportant sa propre description jointe aux figures, ce
quele peu de pratiqueque
ayAnqçpmicne m'apas
permis de faire.
Il raporta dans ces discours une chose fort singuliere, c'est que l'on pouvoit
avoir des preuves visiblesde
la transpiration des corps
vivants, en se presentant la
teste nuë, ou le corps de
quelque animal que ce soit
au grand soleil contre une
muraille blanche on aperçoir, dit il,une ombre legere
& voltigeante au dessus de
la teste ou du corps de l'animal, qui est l'ombre de la
waticre de l'insensible transpiration. Mes voisins se de*
manderent s'il étoit possible
qu'un corps invisible produisit une ombre visible,
chacun se promit de vérifier
l'expérience avant que d'en
chercher l'explication.
Mt l'Abbé Bignon reprit
à la fin de chaque mémoire
précis de ce qui avoitétédit,
& fit sentir au public l'utilité qu'il devoir attendre de
chacune deces observations
ou de ces découvertes, ce
qu'il fit avec cette facilité,
cette netteté
,
& cette
Eloquence qui luy font si natur
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Résumé : Discours sur l'Academie Royale des Sciences. [titre d'après la table]
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale des Sciences le 6 avril, l'Abbé Bignon félicita la compagnie pour l'absence de décès d'académiciens au dernier semestre. Plusieurs mémoires furent présentés. Mr Lemery, fils, lut un mémoire sur les différentes couleurs des précipités du mercure, expliquant que le mercure dissous dans l'esprit de nitre change de couleur selon les substances ajoutées. Il attribua la couleur jaune ou rouge du mercure à la présence de 'parties de feu' dans les substances mélangées. Mr Cassini, fils, présenta un mémoire sur le flux et le reflux de la mer, fournissant des moyens de déterminer l'heure des marées en France et démontrant que les mouvements réguliers de la mer dépendent principalement de la pression lunaire. Mr Boulduc, père, découvrit un nouvel opium à partir des fleurs de coquelicot, somnifère doux et utile, contrairement à l'opium ordinaire qui peut avoir des effets néfastes. Mr Vinflou, anatomiste, discuta des glandes animales, les classant en six catégories : glandes conglobées, conglomérées, en grain, à poil, irrégulières et imperceptibles. Il décrivit la structure de plusieurs glandes, comme celles de l'estomac, du rein, du foie et de la rate. L'Abbé Bignon conclut chaque présentation en soulignant l'utilité des observations et découvertes présentées.
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766
p. 260
SAINTE Adelaide.
Début :
A Seltz en Alsace, Sainte Adelaide Imperatrice d'Occident, étoit épouse [...]
Mots clefs :
Sainte Adélaïde, Monastère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAINTE Adelaide.
SAINTE.
Adelaide.
ASeltz en
Alsace,Sainte
Adelaide Impératrice d'Occident
,
étoit époufc dOthon premier,fut fondatrice
du Monastere de Seltz où
elle mit pourAbbé Eccémagne, qu'elle avoit toujours auprès d'elle, luy pour
expliquer la Sainte
écriture
Adelaide.
ASeltz en
Alsace,Sainte
Adelaide Impératrice d'Occident
,
étoit époufc dOthon premier,fut fondatrice
du Monastere de Seltz où
elle mit pourAbbé Eccémagne, qu'elle avoit toujours auprès d'elle, luy pour
expliquer la Sainte
écriture
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767
p. 265-300
LES MERVEILLES des Abeilles, ou analyse du fond des Alveoles, dont leurs Rayons sont composez. Par Mr PARENT.
Début :
1. Plusieurs Naturalistes habilles ont admiré la figure exagonale des [...]
Mots clefs :
Abeilles, Rhombes, Alvéoles, Figures, Angles, Sphères, Géométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES MERVEILLES des Abeilles, ou analyse du fond des Alveoles, dont leurs Rayons sont composez. Par Mr PARENT.
LES MERVEILLES des Abeilles> ouanayse du fond des Alveoles, dont leurs Rayonssont composez. ParMrPARENT, I#l? Lufieurs Naturalistes habilles ont admiré la figure exagonale des alveoles ou cellules des mouches à miel; mais il ne me fouvienc pas quaucun ait rien écric sur celle du fond de ces cellules merveilleuses, & sur la maniere donc ellesfont as. semblees& opposées entre elles, quoyque ce (bit peut estre tout ce qu'il y à d'admirable dans cesujet, des figures exagonales pouvant estre forméesnaturellement , & par le seul mouvement descorps, sans presupposeraucune connoissance , comme je l'ayexpliqué dans une autre occasion Mais en examinant la figure du fond de ces Alveoles avec application , on trouve qu'elle renferme toute la perfection que l'esprit hu- main, muni de la plus subtile geometrie peut imaginer. Car elles ont de toutes les figures qu'elles pourroient recevoir la plus reguliere, par consequent la plus belle , & la plus aisée à bastir, & aussi la plus logeable, à moindres frais, ou la plus spatieuse , avec mesme surface, la plus aisée à s'y tourner en tout sens , & en mesme temps la plus solide , quiest tout ce quele plus habile Archirecte pourroit souhaiter. C'est ce qui ma fait penser que te public ne seroit peutestre pas fasché que je luy communiquasse mes re flexions fijr un sujet aussi curieux, & qui semble nous ouvrir une voye à la connoissance de l'ame des bestes; d'autant plus que j'espere l'y faire parvenir par la voye la plus abrégée , laquelle estant exempted'Algèbre, ôc de triangles spheriques, (quim'ont servi à - le developer)lemet à la portée de ceux qui ont les moindres teintures dela geometrie. 2.. Soit donc BSDTFR la base d'un tuyau prifmatique exagonal perpendiculaire à son axe VOI, lequel tuyau represente une des Alvéoles des Abeilles. Spit X le cenrre de cette bafe : soient R A K , BI,SCM,DN,TEP&FQ les six cotiez ou arestes des faces de l'Alveole; qu'on suppose veuë si l'on veut par le dedans,l'œil respondant directement au point V de la bafe qui est entre son centre X & sa circonférence , si l'on prend un point Ofùrl^âxc VOIau dessousde cette bafe, duquel onmene trois plans par les rrois collez BF,BD,DF,dutriangle équilateral inscrit à l'exagone, sçavoir AB O Fqui coupe AFenA; & les deux faces KAFQ, KABL, de l'Alveole enAF&AB; BODC qui coupe CMen Ç9 & les faces~BCML, DCMN en RC , & CD; DOFEqui coupe EPT enE , &les faces NDEP,PEFQ,enDE, EF ; ces trois plans se cou- pant les uns les autres dans les droites OB, OD,OF; le fond de l'Alveole se trouvera fermépartrois rhombesOBAF,ODEF,ODCB, qui feront égaux &semblables en tout, comme il est assez évident;car FB, par exemple , estant le costé' du triangle équilateral inscrit à l'exagone , si l'on mene le rayon XR de , l'exagone qui rencontre BF perpendiculairement: dans son milieu G, & qui est égal au rayon X F; on aura ( à cause de l'angle. XFG de trente degrez) X G égale à la moitié de XF, & par consequent aussi à la moitié de XR; menant donc encore la droite OA, elle rencontrera XRau point G,carelles font toutes deux dans le plan des paralleles VOI, KAR) & ne scauroient avoir que G de commun. On aura donc ( à cause des triangles rectangles semblablesAGR,XGO)l'analogie (QG: GA::XG'• GR. ) Donc G est le milieu des deux droites AO, FB. M Ainsi,) àcause des angles opposezégaux AGF,BGO, & AGB, OGF, ilest évident que les deux triangles AGF, BGO, & AGB,FGO, font parfaitement égaux ; c'est pourquoi AF est parallele &égale à OB,&AB, àFO: doncABOFestun Rhombe, puisque OB & OFsont égales. On prouvera de mesme que ODEF, OBCD font aussi des Rhombes; & d'aiileurs la régularité de la construction fait voir que ces 3. Rhombes font égaux en tout. 3. Il ne s'agit donc plus maintenant, que de trouver quelle doit estrel'inclinaifon des Rhombes B AFO,DEFO,DOBC, sur l'axe VOI,afin que l'Alveole ait toutes les persections dont on a parlé cy-dessus. Pour y parvenir je considerequ'à mesure qu'on prend le point A sur K AR plus proche de K, pour mener les droites AF,AB,( ou ce quiestle mesme , à mesure qu'on prend le point O plus audessous de X pour mener la faceABOF,) l'angle B A F devient moindre que l'angle BRF de 120. degrez , & l'angle F A K ou BAK , plus grand que l'angle droit ARF ou, A RB ; c'est pourquoy on peut prendre ces points A & O à telle distance de R ou X , que les 3. angles autour de A, feront égaux; ce qui est une des conditions proposées à trouver, &laplussimplede toutes: Et l'on verra ensuite que toutes les autres perfections en derivent, & que la prudente, & subtile Abeille ne s'y trompe jamais. Or je dis qu'il faut que pour cet effet ARou OX, (car ces 2. lignes font égales, puisque GXest égale à GR) soit le tiers de A F;ce.quiestàlavérité une équation d'Algèbre à réfoudre , puisque ces 2. lignes sontinconnues. Mais supposant la chose telle, le quarré de AR que je suppose valoir, I, estans I, celuy de A F vaudra 9, & celuy deF R 8.(à cause de l'an.;, gle droitA RF.) Mais Yans gleRFGestantde 30. degrez, demesme queXFG; 1,G fera la moitié de RF & son quarré fera le quart deceluy de RF, c'est à-dire qu'il vaudra 2; donc celuy de A G fera de3 )( à cause de l'angle droit AR G,) & celuy de F G de6. tà causedel'angle droit A - GF , ou,RGF,) donc le quarré de A G fera la moitié deceluy de FG, ou celuy de A O la moitié de celuy deFB.AinsiAOfera à F B, comme le costé d'un quarréest à sa diagonale. Si l'on mene maintenant AHsurFR qui fasse l'angleHARégalàFAG,les triangles rectangles ARH, AGF, feront semblables ; ainsi le quarré de AR fera aussi le double de celuy de HR, qui par conséquent vaudraiSciera la seiziéme partie de celui de RF Aui vaut 8. donc RH serale quart de RF, & le tiers de HF , demesmequeARest sup posée le tiers de AF; ainsi l'angle RAF fera double de l'angle RAH & double de AFG. Donc RAFfe- ra égal à AFO com plément au demi cercle de BAF(àcauseduRhombe BAFO. ) Mais le mesme R AF est le complement au demi cercle de l'angle K AF;donc les anglesBAF , KAF , & par consequent aussi KAB feront égaux, ce qu'il falloitprouver. Si l'on confidere maintenant que les angles alternes FA R, AFQ, font égaux, (à cause des parallèles KAR, QFO)on verra aussi-tost que les angles AFO,AF Q; & parconsequent aussi EFO , EFQ, font encore égaux, & les complemens au demi cercle des angles autour de A, donc les n. angles plans autour de B, F,D, font touségauxen- t'reux, de mesme que les îr. autour de A,C,E,O, & les uns font les complemens des autres au demi cercle. 4. De plus on ne peut douter que les Angles des faces autour de ACEO ne soient encore égaux entr'eux;de mesme qu'autour de BDF; puisqu'iln'y a a aucune raison, pourquoy quelqu'un feroit plus grand ou ,moindre que les autres, dumoment que touslesangles plansysont égaux ; & qu'ondémontre qu'un trian gle spherique quiales troiscostez égaux, a aussi les trois angles égaux -, donc tous les angles des faces, & du fond de l'Alveole,ou ses iy arestes font de 120.degrez chacune, puisque ceux de son contoursçavoir, BRF) BSD, SBR &c, ont cette valeur. D'ou il fuit évidem- ment que cette figure est plus commode pour se loger , que si les angles estoient inégaux; & que de plus une mesme Sphère en peut toucher toutes les faces. Or elle touchera celles du fond dans leurs centres G., Y, Z, & son centre fera sur l'axe VOI , comme en I, ensorte que les perpendiculaires IG, IY,IZ)'(eronc égales à ses rayons ce qui est évident par l'égalité desangles des faces & des Rhombes.Ainsila figure du fond de ces Alveoles doit participer de celle de cette Sphere , qui est de contenir plus d'espace que tout autre, qui auroit mesme surface &un mesme nombre de faces. 5. Pourconnoistre maintenant les angles BAF , AFO , des Rhombes , & en général tous les angles tant obtusqu'aigus autour des points A,C)E"0)lk B, D, F,on se souviendra de ce qu'on vient de voir; que le quarré de AF, étant de 9 celui de AG vaut 3, celui de FG , 6 , celui de FR, 8,ainsi celui de AO vaudra12,, & celui BF 24; parconséquentces4.quarrez feront entr'eux comme les nombres9. 8-11.2.4. & les lignes AF, RF, AO,FB, comme lesnombres3. 2R2.2R3.&2R6.)ou, Rt.R3.R6) connoissant donc les raportsdescostez FA,FO, AG, qui fontles finus des angles opposez, , dans le triangle rectangle : AGF, on aura aussi-tofi la valeur de ses angles aigus , qui font les moitiés des angles du Rhombe. Ou pluitolt prenant AR qui vaut 1. pour finustotal,ôc RF qui eu la racine de 8. oui 2R2. ) pour la tangente de l'angle FAR égal AFO on en tirera l'analogie ( si 1. donne 2. R 2.. combien 100000 )dontle quatrième terme 182842. est la tangente de 70. degrez 32.minutes 8. ou de AFO, ce qui fait voir que son complément BAF est de L09. d.28. ,min.conformémentaux experiences que les sçavants Mrs. de Cassini & Maraldi en ont faites avec toute la justesse que des figures aus si petites que celles de ces Alvéolés peuvent recevoir. Car ces Mefifeurs m'ont assuré les avoir toûjours trouves; de 70. & de 110. degrez. Je leur dois au reftecettejustice d'avouerque je leur ai l'obligation de m'avoir tiré de l'erreur où j'etois, que les Abeilles travaillassenten commun, & non feulesà seules comme elles font -,& quelles fissent'leurs Alvéoles plates parie fond; & de m'avoir par-là doané occasiond'ii magmer quelle devoit estre donc la figure du fond de ces cellules qui renfermoit le plus de perfection. Il est bon d'ajouster cnco. re icy qu'on peut parvenir à la connoissance du fond de ces cellules en fupofanc d'abord les angles en AEF chacun de 120. degrez concevant chacun de ces points au centre d'une Sphère, & les rayons A,B, AB, AK, AF, prolongées jusquà sa surface , ce qui donnera un triangle spherique à résoudre , dont chaqueangle fera de 120: degrez &dontontrouvera les costez de 109. degrez 28. minuteschacun, , 6. Il restemaintenantAc Faire voir quelafigure exagonale de ces cellulesleur a donne plusde régularité , que toute autre imaginable. Pour cet effet il est premierement évident quelles ne .peuvent avoir outre la figure exagonale , que taquarree,ou la triangulaire; puisqu'il n'y aque ces 3. figures régulières qui j>ui(Tenç feules couvrir un plan quarré , ou d'un triangulaire , ( comme nous avons fait ceuxd'un exagonal) parles milieux des cotez de sà bafe, les faces du fonds ; feront avec celles du contour des angles obtus; tandis que ces derniers en font de droits entrelles, ou de 60. degrez. Ainsi ces cellules triangulaires ou quarrées auroient moins de regularité & de commodité que les exagonales, & même moins de capacitépour une surface égale, puis quelles auroient un moindre nombre de faces. On peut même tirer de là que les éxagonales ont encore plus de solidité, puis quelles tiennent les unes avec les autres par plus de faces, & que lestuyaux les plusronds sont plus solides que ceux qui ont moins de faces, comme on le voit dans toutes les productions de la nature. 7. Il reste donc de conclure que ces alveoles admirables ont toute la per- , session qu'on pouvoit fou. haiter. Par où l'on voit que l'auteur dela nature, qui conduit ces animaux,Semble nous inviterà approfondir lesfecrets dela Geometrie & de la Physique, bien loin de les'meprHer ,comme font laplupart de ceux qui neconnoissent pasces merveilles. Cest cequima porte à chercher encore la valeur du rayon G de la sphere infcriptible àl'alveole; &pour y parvenir,jeconsidereque cette sphere (touchant les faces de l'alveoleopposées diametralehicnc ;tellesqtffc DC, EF AB,DE;AF, DC, & qui font paralleles entrelles, il est évidentque son diametre doit être égal à la distance de ces mêmes faces. Or cette distance est égale à chacun des côtez BF;, B D, DF, du triangle équilateral inscrit à l'exagone , ou à chacune des grandes diagonales des rhombes ; ce qui est aisé à voir, en ce que de l'angle de l'exagone AEF deno. degrez ôtant l'angle BFD de 60, il reste 60 degrez, dont la moitié est la valeur deIangleEFD ; lequel étant ajoutéà l'angle BFD, donne Fangle-BFE droit, &de même de FBC.Ainsi BFest perpendiculaire à ces mêmes faces, & en est par consequent atiffi la distance. Donc ce diametreest à FR comme R3 a ï , & à FA comme 2R6 à 3, ou comme 6 à —R 6. 8. J'ai été plus loin. J'ai terminé le dessus d'une alvéolé par 3 rhombes égaux & semblables à ceux du fond, en faisent en sorte que les faces du contour fuflènç aussi des rhombes pareils ; ce qui sefait, en prenant les arêtesAK,BL, &c.égales aux cotes des. fbpç&t}es:du fond, & leur menant par KL, &c. des ) paralleles,commeonlevoit dans la figure solide reprefernée en perspective. Ce qui m'a donné un nouveau corps solide terminé par ix rhombestous égaux & femblables, ayant tous les angles de ses faces égaux, & de 120 degrez ; de plus 14 angles plans aigus, chacun de 70 deg. 31. min. & 2.4 obtus, chacun de 109,28, & qui est circonscriptible à ,. une (pbcfe. Il est vrai qu'il a 6 angles solides composez chacun de4anglesplans aigus de70deg. 52. min. chacun, & 8 autres angles solides corpposez de 3 angles plans obtus, chacun de 109 deg. 28 min. Ainsi il n'est pas inscriptible, àune sphere. Ce nouveau corps ta au/ïi deux especes d'axes ; & ecanc coupe perpendiculairement a ceux qui passent par les premiers anglessolides opposez,sça- voir par son centre, la coupe cA toujours un quarré: au lieu que si on le coupe de même perpendiculairement a ceuxqui passent par les derniers opposez,lecoupe est toûjours un exagone. Ce qui fait que ce corps re- presente en tout sens (étant vu selon les derniers axes) des alveoles exagonales >- & étant vu selon les premiers, il represente des alveoles quarrees. 9. De plus, on peut l'environner de iz autres corps - tous pareils, posez sur cha- cuftc de ses faces; en forte qu'il ne restera aucun jour encre ces 13 corps, à cause que les angles de ces mêmes faces font chacun de 110 degrez : d'où il luit que ce nouveau corps (que je nomme dedecaëdre apiain ou rhombique ) peur exactement remplir l'univers; de même que l'exaëdre rhombique; dont le cube ri'est qu'une espece ; ou si l'on veut, de même que l'octaëdre joint avec le tetraedre , comme jel'ai demontré ailleurs. Nous a- vous joint ici le developemenr de ce nouveau dedecaëdre. 9. Enfin il est évident qu'on peut supposer une Sphère en chacun de ces 12, corps environnans qui les touche dans les centres de leursfaces. Ce qui nousfait connoître de quelle maniéré ezspheres doivent être rangées autour d'une treizièmeégale à chacune -d'elles, pour se toucher toutes ; & on voit qu'il n'y en a pas une feule des 13 qui n'en doivetoucher 5. au- -~ ••.7 1: 4 tres, & que de pluselles se touchenttoutes4à 4^.entfin elles sont rangées 6.z:6 autour de grands cercles de la premiere , qui font entr'eux les anglesdes r hombes ci-dessus ; & chaque cercle en a de plus3 dechaque côté dè son plan , qui se tou- chent mutuellement , & quitouchentles ô.xjiji sont toutautour delui.At (a, mirâtiliu*&>
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Résumé : LES MERVEILLES des Abeilles, ou analyse du fond des Alveoles, dont leurs Rayons sont composez. Par Mr PARENT.
Le texte 'LES MERVEILLES des Abeilles' de Mr Parent explore la structure des alvéoles des abeilles, en se concentrant particulièrement sur la forme hexagonale de leur fond. Les naturalistes ont souvent admiré la figure hexagonale des alvéoles, mais peu ont étudié la forme du fond de ces cellules. Parent découvre que cette forme est d'une perfection géométrique remarquable. Les alvéoles ont une forme hexagonale régulière, ce qui les rend esthétiques, faciles à construire et économes en espace. Cette structure assure également une grande solidité et une capacité maximale pour une surface donnée. Le texte décrit en détail la géométrie des alvéoles, utilisant des concepts de géométrie et d'algèbre pour expliquer comment les abeilles construisent ces structures parfaites. Les angles des rhombes formés au fond des alvéoles sont de 120 degrés, et ces rhombes sont égaux et semblables. Parent souligne que la structure hexagonale est la plus régulière et la plus efficace, comparée aux formes triangulaires ou carrées. Par ailleurs, le texte décrit les propriétés géométriques d'un corps solide et ses interactions avec d'autres corps similaires. Lorsqu'on coupe ce corps perpendiculairement à travers ses axes, la section obtenue est un carré si le coupe passe par les premiers angles solides opposés, et un hexagone si elle passe par les derniers angles opposés. Cela signifie que le corps présente des alvéoles carrées lorsqu'il est vu selon les premiers axes et des alvéoles hexagonales selon les derniers axes. Il est possible d'entourer ce corps de 12 autres corps identiques, chacun posé sur une face du corps central. Les angles des faces, chacun mesurant 110 degrés, permettent à ces 13 corps de s'emboîter parfaitement sans laisser d'espace vide. Ce nouvel ensemble, nommé 'dédécacèdre aplain ou rhombique', peut remplir l'univers de manière exacte, similaire à l'hexacèdre rhombique ou à la combinaison de l'octaèdre et du tétraèdre. De plus, il est possible de supposer une sphère en chacun des 12 corps environnants, touchant les centres des faces. Cela permet de comprendre comment les sphères doivent être disposées autour d'une treizième sphère égale pour se toucher toutes. Chaque sphère touche 5 autres sphères, et elles sont organisées en cercles autour de la sphère centrale. Ces cercles forment des angles rhombiques et chaque cercle a trois autres cercles de chaque côté de son plan, qui se touchent mutuellement et touchent ceux qui sont autour d'eux.
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768
p. 36-42
Memoire pour une Assemblée de Droit, [titre d'après la table]
Début :
Le 25.Février, jour de S. Mathias, la Faculté de Droit [...]
Mots clefs :
Doyen, Docteurs, Faculté de droit, Honneur, Élections, Assemblée
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texteReconnaissance textuelle : Memoire pour une Assemblée de Droit, [titre d'après la table]
On a negligé au mois
de Fevrier de m'envoyer
un memoire qu'on m'avoit promis , pour une
affemblée qui fe tient
tous les ans, & dont je
ne crois pas qu'on ait
encore fait le détail dans
aucun Mercure , quoy
qu'elle foit auffi importante par fon inftitution ,
que par les perfonnes illuftres qui la compofent.
Le 25. Février , jour de
GALANT. 37
S. Mathias , la Faculté de
Droit fit une aſſemblée generale à l'ordinaire , où ſe
trouverent M. le Cardinal
de Noailles , Doyend'honneur de la Faculté , & plufieurs Confeillers d'Etat
tous Docteurs honoraires
de la même Faculté , pour
proceder à l'élection d'un
Doyen d'honneur
place de M. le Cardinal de
Noailles , dont le temps étoit fini ; & de deux Docteurs honoraires en la place de Meffieurs le Pelletier,
Miniftre d'Etat, & le Caen la
38 MERCURE
mus , Lieutenant Civil : &
on élut pour Doyen d'honneur M. de Marillac, Doyen
du Confeil ; & pour Doc.
teurs honoraires Meffieurs
Dargouges Lieutenant Civil , & l'Abbé Menguy ,
Confeiller- Clerc au Parlement, & Chanoine de Nôtre-Dame.
Il faut obferver que cette
illuftre Compagnie eft
com ofée de fix Anteceffeurs , ou Profeffeurs , qui
font le Corps de la Faculté,
à laquelle les Arrêts &Declarations du Royontajoû
GALANT.
39
té deux fortes de Docteurs
aggregez , dont douze font
Aggregez d'honneur , ou
Docteurs honoraires , qui
font ou Magiftrats , ou Ecclefiaftiques conftituez en
dignité ; & douze Docteurs
aggregez de fonction ou
d'exercice. Les premiers
peuvent affiſter à toutes les
affemblées de la Faculté ,
+
même pour les élections
des Profeffeurs , Docteurs
honoraires &aggregez d'exercice & pour les derniers, ils n'y peuvent affiffter qu'en nombre égal à
40 MERCURE
celui des Profeffeurs actuellement regentans , la voix
conclufive refervée à celui
qui prefide.
Il y a
pour Officiers un
Doyen d'honneur un
Doyen de charge ou de
fonction , un Syndic , un
Queſteur ou Receveur , &
un Cenfeur. Le Doyen
d'honneur eft toûjours un
Docteur honoraire confti
tué en dignité. Les autres
Charges font exercées par
les Profeffeurs. Le Doyen
d'honneur prefide à toutes
les affemblées où il fe trouve ,
GALANT. 41
ve , & en fon abfence le
Doyen de charge.
Tous les ans à la S. Mathias la Faculté s'affemble
pour nommer les Officiers.
commence par le On
Doyen d'honneur , qu'on
peut continuer deux ans
mais pas davantage : aprés
les deux ans on en élit un
autre du nombre des Docteurs honoraires , comme
il a été obfervé ci- deffus.
Enfuite on paſſe à l'élection
des autres Officiers , qui
changent tous ce jour-là.
M. de Marillac , Doyen
May1712.
D
42 MERCURE
du Confeil , Docteur hono
raire , fut élû Doyen d'hon
neur en la place de Monfieur le Cardinal , qui l'avoit été deux ans.
de Fevrier de m'envoyer
un memoire qu'on m'avoit promis , pour une
affemblée qui fe tient
tous les ans, & dont je
ne crois pas qu'on ait
encore fait le détail dans
aucun Mercure , quoy
qu'elle foit auffi importante par fon inftitution ,
que par les perfonnes illuftres qui la compofent.
Le 25. Février , jour de
GALANT. 37
S. Mathias , la Faculté de
Droit fit une aſſemblée generale à l'ordinaire , où ſe
trouverent M. le Cardinal
de Noailles , Doyend'honneur de la Faculté , & plufieurs Confeillers d'Etat
tous Docteurs honoraires
de la même Faculté , pour
proceder à l'élection d'un
Doyen d'honneur
place de M. le Cardinal de
Noailles , dont le temps étoit fini ; & de deux Docteurs honoraires en la place de Meffieurs le Pelletier,
Miniftre d'Etat, & le Caen la
38 MERCURE
mus , Lieutenant Civil : &
on élut pour Doyen d'honneur M. de Marillac, Doyen
du Confeil ; & pour Doc.
teurs honoraires Meffieurs
Dargouges Lieutenant Civil , & l'Abbé Menguy ,
Confeiller- Clerc au Parlement, & Chanoine de Nôtre-Dame.
Il faut obferver que cette
illuftre Compagnie eft
com ofée de fix Anteceffeurs , ou Profeffeurs , qui
font le Corps de la Faculté,
à laquelle les Arrêts &Declarations du Royontajoû
GALANT.
39
té deux fortes de Docteurs
aggregez , dont douze font
Aggregez d'honneur , ou
Docteurs honoraires , qui
font ou Magiftrats , ou Ecclefiaftiques conftituez en
dignité ; & douze Docteurs
aggregez de fonction ou
d'exercice. Les premiers
peuvent affiſter à toutes les
affemblées de la Faculté ,
+
même pour les élections
des Profeffeurs , Docteurs
honoraires &aggregez d'exercice & pour les derniers, ils n'y peuvent affiffter qu'en nombre égal à
40 MERCURE
celui des Profeffeurs actuellement regentans , la voix
conclufive refervée à celui
qui prefide.
Il y a
pour Officiers un
Doyen d'honneur un
Doyen de charge ou de
fonction , un Syndic , un
Queſteur ou Receveur , &
un Cenfeur. Le Doyen
d'honneur eft toûjours un
Docteur honoraire confti
tué en dignité. Les autres
Charges font exercées par
les Profeffeurs. Le Doyen
d'honneur prefide à toutes
les affemblées où il fe trouve ,
GALANT. 41
ve , & en fon abfence le
Doyen de charge.
Tous les ans à la S. Mathias la Faculté s'affemble
pour nommer les Officiers.
commence par le On
Doyen d'honneur , qu'on
peut continuer deux ans
mais pas davantage : aprés
les deux ans on en élit un
autre du nombre des Docteurs honoraires , comme
il a été obfervé ci- deffus.
Enfuite on paſſe à l'élection
des autres Officiers , qui
changent tous ce jour-là.
M. de Marillac , Doyen
May1712.
D
42 MERCURE
du Confeil , Docteur hono
raire , fut élû Doyen d'hon
neur en la place de Monfieur le Cardinal , qui l'avoit été deux ans.
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Résumé : Memoire pour une Assemblée de Droit, [titre d'après la table]
Le 25 février, jour de la Saint-Mathias, la Faculté de Droit a tenu son assemblée annuelle. Cette réunion a marqué l'élection de M. de Marillac comme nouveau Doyen d'honneur, succédant à M. le Cardinal de Noailles. Deux nouveaux Docteurs honoraires ont également été élus : M. Dargouges, Lieutenant Civil, et l'Abbé Menguy, Conseiller-Clerc au Parlement et Chanoine de Notre-Dame. La Faculté est structurée autour de six Professeurs, appelés Antecesseurs, et vingt-quatre Docteurs agrégés, divisés en douze Docteurs honoraires et douze Docteurs agrégés de fonction. Les Docteurs honoraires, souvent magistrats ou ecclésiastiques, peuvent participer à toutes les assemblées, y compris les élections, contrairement aux Docteurs agrégés de fonction, dont la présence est limitée. Les officiers de la Faculté comprennent un Doyen d'honneur, un Doyen de charge, un Syndic, un Questeur ou Receveur, et un Censeur. Le Doyen d'honneur, toujours un Docteur honoraire, préside les assemblées. En son absence, le Doyen de charge assure la présidence. Chaque année, à la Saint-Mathias, la Faculté se réunit pour nommer ces officiers, le Doyen d'honneur pouvant être réélu pour un second mandat mais pas au-delà.
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769
p. 47-48
MARIAGE.
Début :
N. de Rochereau, Seigneur de Hauteville, Conseiller au Grand Conseil, [...]
Mots clefs :
Rochereau, Hauteville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
ARIAGE.
N. de Rochereau , Seigneur de Hauteville , Confeiller au Grand Confeil,
48 MERCURE
fils de Meffire Denys de
Rochereau , Seigneur de
Hauteville , Confeiller au
Grand Confeil , & de Dame Elizabeth Morel , a
épouſé le dix -ſept May N.
de la Michaudiere , fille du
feu Maître des Comptes ,
& de N. Grafſeteau.
N. de Rochereau , Seigneur de Hauteville , Confeiller au Grand Confeil,
48 MERCURE
fils de Meffire Denys de
Rochereau , Seigneur de
Hauteville , Confeiller au
Grand Confeil , & de Dame Elizabeth Morel , a
épouſé le dix -ſept May N.
de la Michaudiere , fille du
feu Maître des Comptes ,
& de N. Grafſeteau.
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770
p. 73-78
DONS DU ROY,
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye de saint Paul, Ordre des [...]
Mots clefs :
Dons, Abbayes, Diocèses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY,
9750
DONS DU ROY,
Le Roy a donné l'Abbaye de faint Paul , Ordre
des Premonftrez, Dioceſe
deVerdun , à M. de Meaux.
May1712.
G
74 MERCURE
Cet Ordre tire fon origine
de celui de faint Benoît ,
qui fut fondé par l'Evêque
Alberon l'an 1136. qui leur
donna pour premier Abbé
Roger auquel fucceda
Theodoric , fils du Comte
de Salmes , l'ana141
L'Abbaye de fainte Croix
de Bordeaux , Ordre de S.
Benoît , à M. l'Abbé de Beringham. Cette Abbaye a
été fondée par Clovis. Elle
étoit autrefois hors des
murs de la ville: ob oved
SoL'Abbaye de faint Mange, Ordre defaint Auguf
GALANT.
75
tin , Dioceſe de Châlons
à M. l'Abbé du Cambout.
L'Abbaye de ChambreFontaine , Ordre des Premonftrez Diocele de
Meaux , à M. l'Abbe de
Brancas.
91790
L'Abbaye d'Herivaut
Ordre de faint Auguftin,
Dioceſe de Paris, à M. l'Abbé des Champs.
L'Abbaye de la Prée
Ordre de Cîteaux, Dioceſe
de Bourges , à M. l'Abbé
2
de Valory.
sb moa
L'Abbaye de faint ¡ Sever , Ordre de fajin Benoît
-U!
la
Gij
76 MERCURE
Dioceſe de Tarbes , à M.
l'Abbé du Caſteja.
- L'Abbaye de Landtteveneek , Ordre de faint Benoît , Dioceſe de Quimper,
à M. l'Abbé d'Argentrée.
Cette Abbaye eft la plus
ancienne de l'Ordre , elle a
étéfondée par Grallon Roy
de Bretagne.
L'Abbaye de Fontaines ,
Ordre de Citeaux , Dioceſe 2.
de Tours à M. l'Abbé de
Baudry. On a donné le
nom de Fontaines à cette
Abbaye , à caufe de plufieurs fontaines qui font
GALANT.
77
aux environs. Ce lieu étoit
rempli de bois.
L'Abbaye du Tronchet ,
Ordre de faint Benoift ,
Dioceſe de Dol , à M. l'Abbéde Vaugenois. Cette Abbaye eft fituée dans la baſſe
Bretagne. Alan , Senechal
de Dol , la fit bâtir l'an 1150.
L'Abbaye de la Vanvaux, Dioceſe de Vannes ,
à M. l'Abbé de Vauluyre.
L'Abbaye du Rivet , Or
dre de Cîteaux , Diocefe de
Vaft, à DomJean Benoist
Bernardin.
L'Abbaye de fainte Croix
G iij
78 MERCURE
d'Apt , Ordre de Cîteaux ,
à Madame de Marnay de
la Baftie
DONS DU ROY,
Le Roy a donné l'Abbaye de faint Paul , Ordre
des Premonftrez, Dioceſe
deVerdun , à M. de Meaux.
May1712.
G
74 MERCURE
Cet Ordre tire fon origine
de celui de faint Benoît ,
qui fut fondé par l'Evêque
Alberon l'an 1136. qui leur
donna pour premier Abbé
Roger auquel fucceda
Theodoric , fils du Comte
de Salmes , l'ana141
L'Abbaye de fainte Croix
de Bordeaux , Ordre de S.
Benoît , à M. l'Abbé de Beringham. Cette Abbaye a
été fondée par Clovis. Elle
étoit autrefois hors des
murs de la ville: ob oved
SoL'Abbaye de faint Mange, Ordre defaint Auguf
GALANT.
75
tin , Dioceſe de Châlons
à M. l'Abbé du Cambout.
L'Abbaye de ChambreFontaine , Ordre des Premonftrez Diocele de
Meaux , à M. l'Abbe de
Brancas.
91790
L'Abbaye d'Herivaut
Ordre de faint Auguftin,
Dioceſe de Paris, à M. l'Abbé des Champs.
L'Abbaye de la Prée
Ordre de Cîteaux, Dioceſe
de Bourges , à M. l'Abbé
2
de Valory.
sb moa
L'Abbaye de faint ¡ Sever , Ordre de fajin Benoît
-U!
la
Gij
76 MERCURE
Dioceſe de Tarbes , à M.
l'Abbé du Caſteja.
- L'Abbaye de Landtteveneek , Ordre de faint Benoît , Dioceſe de Quimper,
à M. l'Abbé d'Argentrée.
Cette Abbaye eft la plus
ancienne de l'Ordre , elle a
étéfondée par Grallon Roy
de Bretagne.
L'Abbaye de Fontaines ,
Ordre de Citeaux , Dioceſe 2.
de Tours à M. l'Abbé de
Baudry. On a donné le
nom de Fontaines à cette
Abbaye , à caufe de plufieurs fontaines qui font
GALANT.
77
aux environs. Ce lieu étoit
rempli de bois.
L'Abbaye du Tronchet ,
Ordre de faint Benoift ,
Dioceſe de Dol , à M. l'Abbéde Vaugenois. Cette Abbaye eft fituée dans la baſſe
Bretagne. Alan , Senechal
de Dol , la fit bâtir l'an 1150.
L'Abbaye de la Vanvaux, Dioceſe de Vannes ,
à M. l'Abbé de Vauluyre.
L'Abbaye du Rivet , Or
dre de Cîteaux , Diocefe de
Vaft, à DomJean Benoist
Bernardin.
L'Abbaye de fainte Croix
G iij
78 MERCURE
d'Apt , Ordre de Cîteaux ,
à Madame de Marnay de
la Baftie
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Résumé : DONS DU ROY,
En mai 1712, le roi a fait plusieurs dons d'abbayes à divers dignitaires. L'abbaye de Saint-Paul, de l'Ordre des Prémontrés, située dans le diocèse de Verdun, a été donnée à M. de Meaux. L'Ordre des Prémontrés, fondé en 1136 par l'évêque Alberon, a eu Roger comme premier abbé, suivi par Théodoric. L'abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux, de l'Ordre de Saint Benoît, fondée par Clovis, a été attribuée à M. l'Abbé de Beringham. L'abbaye de Saint-Mange, de l'Ordre de Saint Augustin, dans le diocèse de Châlons, a été donnée à M. l'Abbé du Cambout. L'abbaye de Chambrefontaine, de l'Ordre des Prémontrés, dans le diocèse de Meaux, a été attribuée à M. l'Abbé de Brancas. L'abbaye d'Herivaut, de l'Ordre de Saint Augustin, dans le diocèse de Paris, a été donnée à M. l'Abbé des Champs. L'abbaye de la Prée, de l'Ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Bourges, a été attribuée à M. l'Abbé de Valory. L'abbaye de Saint-Sever, de l'Ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Tarbes, a été donnée à M. l'Abbé du Casteja. L'abbaye de Landtévénec, la plus ancienne de l'Ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Quimper, fondée par Grallon, roi de Bretagne, a été attribuée à M. l'Abbé d'Argentrée. L'abbaye de Fontaines, de l'Ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Tours, a été donnée à M. l'Abbé de Baudry. L'abbaye du Tronchet, de l'Ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Dol, fondée en 1150 par Alan, sénéchal de Dol, a été attribuée à M. l'Abbé de Vaugenois. L'abbaye de Vanvaux, dans le diocèse de Vannes, a été donnée à M. l'Abbé de Vauluyre. L'abbaye du Rivet, de l'Ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Vast, a été attribuée à Dom Jean Benoist Bernardin. Enfin, l'abbaye de Sainte-Croix d'Apt, de l'Ordre de Cîteaux, a été donnée à Madame de Marnay de la Bastie.
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771
p. 78-87
« Messire Pierre Rogier du Crevy, nommé au mois d'Avril à l'Evêché [...] »
Début :
Messire Pierre Rogier du Crevy, nommé au mois d'Avril à l'Evêché [...]
Mots clefs :
Famille, Rogier, Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messire Pierre Rogier du Crevy, nommé au mois d'Avril à l'Evêché [...] »
Meffire Pierre Rogier
du Crevy, nommé au mois
d'Avril àl'Evêché du Mans,
eft d'une ancienne Maiſon
de Bretagne , qui prouve
fa nobleffe de plus de fix
cent ans. 11It y avoit trois
branches de cette Maiſon :
Rogier de Villeneuve , Rogier du Crevy , & Rogier
de Calac. La derniere fut
éteinte en 1630. par la mort
de Meffire Jean Rogier de
GALANT 79
Callac , Confeiller au Parlement , mort fans enfans.
La premiere fe trouve é
teinte en 1675. par la mort
de Meffire Eugene Rogier,
Comte de Villeneuve,Marquis de Kerveno , Baron de
Baud , &c. Prevôt & Grand
Maître des Ceremonies de
l'Ordre du Saint Efprit, qui
avoit époulé Anne de Gailleul, fille du Comtede Gailleul , niece & heritiere de
Meffire Pierre de Bourneuf
de Cucé , premier Prefi
dent du Parlement de Bretagne aprés fon pere , fon
1+
G iiij
80 MERCURE
ayeul & fon bifayeul , revêtus de la même Charge.
La feconde, branche fub.
fifte dans trois enfans de
Meffire François Rogier
du Crevy , Confeiller au
Parlement de Bretagne,
L'aîné s'appelle FrançoisEugene Rogier , Comte du
Crevy , de Villeneuve , &
de la Chapelle. Le fecond,
Pierre Rogier,nomméEvê
que du Mans, aprés avoir
été grand Archidiacre de
Rennes , enfuite Doyen &
grand Vicaire de Nantes,
En troifiéme lieu, leur four
GALANT.-
}
mariée en premieres noces
à feu Monfieur le Marquis
de Genonville du Pleffier ,
Gentilhomme de Picardie
trés- qualifié , dont elle a eu
une fille unique , mariée à
Monfieur de la Faluere ,
Prefident à Mortier au Parlement de Bretagne , fils de
Monfieur de la Faluere,premier Prefident du même
Parlement : en fecondes noces à Meffire Salomon de
la Tulaye , d'une ancienne
nobleffe de Bretagne, Procureur General dans la
Chambre des Comptes de
82 MERCURE
cette Province. Depuis l'u
nion de la Bretagne avec la
France , il fe trouve plufieurs Confeillers , deux
Procureurs Generaux , &
deux Prefidens à Mortier
du nom de Rogier dans ce
Parlement, où les meilleures Maiſons n'ont pas fait
difficulté d'entrer.
Avant l'union de la Bretagne avec la Couronne de
France , les Rogiers ſe font
diftinguez parmi les plus
nobles de leur Province,
par les fervices qu'ils ont
rendus à leurs Souverains.
GALANT. 83
Il fe trouve en 1200. un Vi
ce-Chancelier de Bretagne
Jean Rogier , dont le fils
fut grand Chambellan , lè
petit-fils grand Maître des
Arbalettiers, qui répond au
Colonel general de l'infanterie ; plufieurs Miniftres
4
d'Etat , qu'on nommoit
alors Confeillers au Haut
Confeil , des Ducs , des Of
ficiers generaux d'armée.
Un Pierre Rogier eft marqué dans l'hiftoire de de
Serres entre les plus illuftres prifonniers dans la bataille de Verneuil , du re-
84 MERCURE
gne de Charles feptiéme ;
& le vœu qu'il fit alors de
fonder une Meffe à perpetuité dans l'Eglife des Carmes de Ploërmel , ville fituée à une lieuë du Crevy,
y eft executé encore aujourd'hui par le Seigneur du
Crevy , château confiderable érigé en Comté , annexé à celui de Villeneuve ,
dont une partie de cette
ville Royale releve.
Cette famille eft alliée à
de grandes Maiſons , aux
Comtes de Poitou , Vicomtes de Limoges & de
GALANT. 83
Comminges, aux Seigneurs
de Derval , de Lanniou
d'Avaugour , de Coaiquin,
de Tintenniac , de Canillac , de Rafilly , Defcartes ,
Ferrand , de Lambilly , de
Meneuf, dont il y a prefentement un Prefident à
Mortier au Parlement de
Bretagne , Ferré de la Villéblanc , de Villeblanche
du Halgouet , Foucault
Bonnier , dont il y en a trois
Prefidens à Mortier au Parlement de Bretagne , de la
Grandville , &c. Cette Mar
fonporte pour armes, d'her-
86 MERCURE
mines au greflier de fable
lié de gueules. Le Seigneur
Comte du Crevy a épouſé
en premieres noces Catherine Salieu de Chefdubois ,
fille d'un Confeiller au Parlement , dont il a un fils
Capitaine de cavalerie au
regiment d'Orleans , âgéde
vingt ans, qui s'eft mis dans
le fervice à treize ans ; &
en fecondes noces Therefe
Champion de Cicé , fœur
de l'Evêque de Siam & de
la feue Marquife de Martel , veuve du Marquis de
Martel , Lieutenat general
GALANT.. 87
des armées navales de fa
Majefté, qui ont l'honneur
d'être alliées aux Maifons
de Betune , de Lhoſpital ,
de Monteffon , &c.
du Crevy, nommé au mois
d'Avril àl'Evêché du Mans,
eft d'une ancienne Maiſon
de Bretagne , qui prouve
fa nobleffe de plus de fix
cent ans. 11It y avoit trois
branches de cette Maiſon :
Rogier de Villeneuve , Rogier du Crevy , & Rogier
de Calac. La derniere fut
éteinte en 1630. par la mort
de Meffire Jean Rogier de
GALANT 79
Callac , Confeiller au Parlement , mort fans enfans.
La premiere fe trouve é
teinte en 1675. par la mort
de Meffire Eugene Rogier,
Comte de Villeneuve,Marquis de Kerveno , Baron de
Baud , &c. Prevôt & Grand
Maître des Ceremonies de
l'Ordre du Saint Efprit, qui
avoit époulé Anne de Gailleul, fille du Comtede Gailleul , niece & heritiere de
Meffire Pierre de Bourneuf
de Cucé , premier Prefi
dent du Parlement de Bretagne aprés fon pere , fon
1+
G iiij
80 MERCURE
ayeul & fon bifayeul , revêtus de la même Charge.
La feconde, branche fub.
fifte dans trois enfans de
Meffire François Rogier
du Crevy , Confeiller au
Parlement de Bretagne,
L'aîné s'appelle FrançoisEugene Rogier , Comte du
Crevy , de Villeneuve , &
de la Chapelle. Le fecond,
Pierre Rogier,nomméEvê
que du Mans, aprés avoir
été grand Archidiacre de
Rennes , enfuite Doyen &
grand Vicaire de Nantes,
En troifiéme lieu, leur four
GALANT.-
}
mariée en premieres noces
à feu Monfieur le Marquis
de Genonville du Pleffier ,
Gentilhomme de Picardie
trés- qualifié , dont elle a eu
une fille unique , mariée à
Monfieur de la Faluere ,
Prefident à Mortier au Parlement de Bretagne , fils de
Monfieur de la Faluere,premier Prefident du même
Parlement : en fecondes noces à Meffire Salomon de
la Tulaye , d'une ancienne
nobleffe de Bretagne, Procureur General dans la
Chambre des Comptes de
82 MERCURE
cette Province. Depuis l'u
nion de la Bretagne avec la
France , il fe trouve plufieurs Confeillers , deux
Procureurs Generaux , &
deux Prefidens à Mortier
du nom de Rogier dans ce
Parlement, où les meilleures Maiſons n'ont pas fait
difficulté d'entrer.
Avant l'union de la Bretagne avec la Couronne de
France , les Rogiers ſe font
diftinguez parmi les plus
nobles de leur Province,
par les fervices qu'ils ont
rendus à leurs Souverains.
GALANT. 83
Il fe trouve en 1200. un Vi
ce-Chancelier de Bretagne
Jean Rogier , dont le fils
fut grand Chambellan , lè
petit-fils grand Maître des
Arbalettiers, qui répond au
Colonel general de l'infanterie ; plufieurs Miniftres
4
d'Etat , qu'on nommoit
alors Confeillers au Haut
Confeil , des Ducs , des Of
ficiers generaux d'armée.
Un Pierre Rogier eft marqué dans l'hiftoire de de
Serres entre les plus illuftres prifonniers dans la bataille de Verneuil , du re-
84 MERCURE
gne de Charles feptiéme ;
& le vœu qu'il fit alors de
fonder une Meffe à perpetuité dans l'Eglife des Carmes de Ploërmel , ville fituée à une lieuë du Crevy,
y eft executé encore aujourd'hui par le Seigneur du
Crevy , château confiderable érigé en Comté , annexé à celui de Villeneuve ,
dont une partie de cette
ville Royale releve.
Cette famille eft alliée à
de grandes Maiſons , aux
Comtes de Poitou , Vicomtes de Limoges & de
GALANT. 83
Comminges, aux Seigneurs
de Derval , de Lanniou
d'Avaugour , de Coaiquin,
de Tintenniac , de Canillac , de Rafilly , Defcartes ,
Ferrand , de Lambilly , de
Meneuf, dont il y a prefentement un Prefident à
Mortier au Parlement de
Bretagne , Ferré de la Villéblanc , de Villeblanche
du Halgouet , Foucault
Bonnier , dont il y en a trois
Prefidens à Mortier au Parlement de Bretagne , de la
Grandville , &c. Cette Mar
fonporte pour armes, d'her-
86 MERCURE
mines au greflier de fable
lié de gueules. Le Seigneur
Comte du Crevy a épouſé
en premieres noces Catherine Salieu de Chefdubois ,
fille d'un Confeiller au Parlement , dont il a un fils
Capitaine de cavalerie au
regiment d'Orleans , âgéde
vingt ans, qui s'eft mis dans
le fervice à treize ans ; &
en fecondes noces Therefe
Champion de Cicé , fœur
de l'Evêque de Siam & de
la feue Marquife de Martel , veuve du Marquis de
Martel , Lieutenat general
GALANT.. 87
des armées navales de fa
Majefté, qui ont l'honneur
d'être alliées aux Maifons
de Betune , de Lhoſpital ,
de Monteffon , &c.
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Résumé : « Messire Pierre Rogier du Crevy, nommé au mois d'Avril à l'Evêché [...] »
Le texte présente la famille Rogier, une maison noble bretonne dont la noblesse est attestée depuis plus de six cents ans. La famille se divise en trois branches : Rogier de Villeneuve, Rogier du Crevy et Rogier de Callac. La branche de Callac s'est éteinte en 1630 avec la mort de Jean Rogier de Callac. La branche de Villeneuve a disparu en 1675 avec la mort d'Eugène Rogier, Comte de Villeneuve. La branche de Crevy subsiste avec trois enfants de François Rogier du Crevy, conseiller au Parlement de Bretagne. L'aîné est François-Eugène Rogier, Comte du Crevy. Le second est Pierre Rogier, nommé évêque du Mans après avoir été grand archidiacre de Rennes, doyen et grand vicaire de Nantes. La troisième enfant a été mariée successivement au Marquis de Genonville du Pleffier et à Salomon de la Tulaye. Avant l'union de la Bretagne avec la France, les Rogier se distinguent par leurs services rendus à leurs souverains. La famille compte parmi ses membres un vice-chancelier de Bretagne en 1200, plusieurs ministres d'État, et des officiers généraux. Pierre Rogier est mentionné comme un prisonnier illustre à la bataille de Verneuil. La famille est alliée à de grandes maisons nobles, dont les Comtes de Poitou et les Vicomtes de Limoges. Le Seigneur Comte du Crevy a épousé Catherine Salieu de Chefdubois et Thérèse Champion de Cicé, toutes deux issues de familles nobles.
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772
p. 119
« Messire François Molé Maistre des Requestes, Abbé de Sainte Croix [...] »
Début :
Messire François Molé Maistre des Requestes, Abbé de Sainte Croix [...]
Mots clefs :
Molé, Abbé, Mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messire François Molé Maistre des Requestes, Abbé de Sainte Croix [...] »
Meffire François Molé
Maiftre des Requeftès , Ab
bé de Sainte Croix de Bordeaux , mourut les. May
âgé de 87, ans, il étoit le
dernierdes enfans de Meffice
Mathieu Molé , Procureur
Genetal au Parlement, premier Prefident & Garde des
Sceaux de France qui a rendu de grands fervices à l'Eraty & spendant toutes les
charges , n'a voulu d'autres
biens que celuy detailfor
fon nom & à fa famille
Thonneur d'une fidelité ins
violable pour fa Majeft
Maiftre des Requeftès , Ab
bé de Sainte Croix de Bordeaux , mourut les. May
âgé de 87, ans, il étoit le
dernierdes enfans de Meffice
Mathieu Molé , Procureur
Genetal au Parlement, premier Prefident & Garde des
Sceaux de France qui a rendu de grands fervices à l'Eraty & spendant toutes les
charges , n'a voulu d'autres
biens que celuy detailfor
fon nom & à fa famille
Thonneur d'une fidelité ins
violable pour fa Majeft
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773
p. 120-121
FRUIT NOUVEAU Du mois de May. Lettre envoyée pour le Mercure Galant par la Gazette veridique du Quartier de la Place Maubert.
Début :
MONSIEUR, Je ne sçay si l'avanture dont je vous fais [...]
Mots clefs :
Fruit nouveau, Fraises, Gazette véridique, Aventure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FRUIT NOUVEAU Du mois de May. Lettre envoyée pour le Mercure Galant par la Gazette veridique du Quartier de la Place Maubert.
FRUIT NOUVEAU
Du mois de May.
Lettre envoyée pour le
Mercure Galant par la
Gazette veridique du Quartier de la Place Maubert.
MONSIEUR,
Je nefçayfi l'avanture dont
je vous fais part , vaut la
peine qu'on la donne au public,
mais elle aura du moins pour
luy le merite des fruits nowvaux , ce public court fouwent auxfruits vers & nowwaux , preferablement aux
fruits
GALANT 127
fruits murs. Il s'agit icy de
fraifes nouvelles & peut eftre
des premieres qu'on ait vues
Paris cette année ; elles on
caufé dans mon quartier plú☺
fieursjalousies en unjour. La
Pomme de difcorde brouilla
trois Deeffe; enfembles ces Frai?
fes ont brouillé trois ménages,
ne meritent-elles pas bien le
nom de Fraifes de difcorde.
Du mois de May.
Lettre envoyée pour le
Mercure Galant par la
Gazette veridique du Quartier de la Place Maubert.
MONSIEUR,
Je nefçayfi l'avanture dont
je vous fais part , vaut la
peine qu'on la donne au public,
mais elle aura du moins pour
luy le merite des fruits nowvaux , ce public court fouwent auxfruits vers & nowwaux , preferablement aux
fruits
GALANT 127
fruits murs. Il s'agit icy de
fraifes nouvelles & peut eftre
des premieres qu'on ait vues
Paris cette année ; elles on
caufé dans mon quartier plú☺
fieursjalousies en unjour. La
Pomme de difcorde brouilla
trois Deeffe; enfembles ces Frai?
fes ont brouillé trois ménages,
ne meritent-elles pas bien le
nom de Fraifes de difcorde.
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Résumé : FRUIT NOUVEAU Du mois de May. Lettre envoyée pour le Mercure Galant par la Gazette veridique du Quartier de la Place Maubert.
En mai, la Gazette veridique du Quartier de la Place Maubert rapporte la découverte de nouvelles fraises à Paris. Ces fruits ont suscité des jalousies et des disputes entre trois ménages, les qualifiant de 'fraises de discorde'. Le public parisien préfère les fruits nouveaux et verts.
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774
p. 151-153
MARIAGE.
Début :
Mr le Marquis de Bissy Brigadier, Mestre de Camp de [...]
Mots clefs :
Marquis de Bissy, Auxonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Mr le Marquis de Biffy
Brigadier, Meftre de Camp
Niiij.
52 MERGURE
de Cavalerie , fils de Mr le
Marquis de Biffy , Lieute
nant General des Armées du
Roy, Gouverneur d'Auxonne , a épousé Mademoifelle Chauvelin , fille de Mr
Chauvelin Confeiller d'Etat
Ordinaire.
Le Roy a accordé à Mr
le Marquis de Biffy Brigadier le Gouvernement des
Villes & Chafteau d'Auxonne que poffede Mr fon pere
& que Mr de Biffy fon
grand pere Lieutenant general des Armées de Sa
Majefté , Commandeur des
GALANT. 153
Ordres du Roy, & Commandeur pour Sa Majesté
dans le Païs de Mets , Toul
& Verdun, avoit auſſi
poffedé.
Mr le Marquis de Biffy
Brigadier, Meftre de Camp
Niiij.
52 MERGURE
de Cavalerie , fils de Mr le
Marquis de Biffy , Lieute
nant General des Armées du
Roy, Gouverneur d'Auxonne , a épousé Mademoifelle Chauvelin , fille de Mr
Chauvelin Confeiller d'Etat
Ordinaire.
Le Roy a accordé à Mr
le Marquis de Biffy Brigadier le Gouvernement des
Villes & Chafteau d'Auxonne que poffede Mr fon pere
& que Mr de Biffy fon
grand pere Lieutenant general des Armées de Sa
Majefté , Commandeur des
GALANT. 153
Ordres du Roy, & Commandeur pour Sa Majesté
dans le Païs de Mets , Toul
& Verdun, avoit auſſi
poffedé.
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Résumé : MARIAGE.
Le mariage entre Monsieur le Marquis de Biffy, Brigadier et Maître de Camp, et Mademoiselle Chauvelin est annoncé. Monsieur le Marquis de Biffy est le fils du Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur d'Auxonne. Mademoiselle Chauvelin est la fille de Monsieur Chauvelin, Conseiller d'État Ordinaire. Le Roi a accordé à Monsieur le Marquis de Biffy le Gouvernement des Villes et Château d'Auxonne.
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775
p. 193-198
Reflexions sur la maniere d'empescher l'eau d'entrer dans les caves,
Début :
Par Mr Duguet qui a esté envoyé de la Cour [...]
Mots clefs :
Eau, Caves, Inondations, Litres, Hydraulique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexions sur la maniere d'empescher l'eau d'entrer dans les caves,
Reflexionsfurla maniere d'empefcher l'eau d'entrer dans
Les caves ,
Par Mr Duguet qui a eſté
envoyé de la Cour dans
les ports de mer , pour des
découvertes hydrauliques ,
& qui eft auffi l'autheur
des machines accouſtiques
propres à faire entendre
ceux qui ont l'oüye dure.
Premierement , on fçait
que l'eau filtre à travers
des terres , & paffe par deffous les fondements des
maifons pour entrer dans
May. 1712 .
R
194 MERCURE
les caves en cherchantfon
niveau. Ainfi lorſque l'on
veut deffecher une cave
avant l'écoulement de toutes les eaux qui l'environnent , on s'apperçoit qu'il
furvient autant d'eau dans
la cave que l'on en a retiré.
Aux caves où il n'entre
qu'environ un pied d'eau ,
il n'eft pas beſoin de
chercher d'autres moyens pour les deffecher que
d'adjoufter du fable pour
hauffer leur niveau.
2. On peut empefcher
l'eau d'entrer dans les ca
GALANT. 195
ves malgré fes plus hautes
recreuës , en adjouſtant un
corps qui luy ferve de digue , mais on rifqueroit de
faire une dépenſe inutile
fi l'on ne comptoit pas fur
l'effort de l'eau qui eft tousjours proportionnée à fa
hauteur perpendiculaire
& au diamettre de la bafe
de fon volume.
Suivant ce principe receu , il fera neceffaire de
rendre le corps que l'on
adjouftera , pour empefcher l'eau d'entrer dans
une cave , affez pefant ou
Rij
196 MERCURE
affez bien retenu pour refifter à la preffion que l'eau
luy fera par deffous ou par
les coftez pour l'enlever
ou pour le percer ; cette
preflion fera proportionnée à la quantité d'eau qui
entreroit dans la cave pour
chercher fon niveau dans
les plus grandes recreuës ,
s'il n'y avoit point d'oppofition.
En une cave de trois
toifes de longueur fur quatre de largeur , où il entreroit fix pieds d'eau
on doit s'attendre que le
>
GALANT. 197
guc
corps qui ferviroit de dià une maffe d'eau pareille , fouftiendroit le fardeau de 816480. liv. fupposé que le pied cube d'eau
des caves ne pefe que 70.
livres.
La plus forte dépenſe
ne paffera pas la fomme de
cinquante livres par toife quarrée.
Il eft de l'intereſt public , auffi bien que des
proprietaires des maiſons
baſties ou à baftir , de prévenir les accidens que peuvent caufer les frequenR iij
198 MERCURE
tes innondations qui arrivent à prefent , foit par
rapport à la ruine des fondements de leurs maiſons ,
foit à caufe des mauvaiſes
exhalaifons des eaux qui
fe corrompent dans les caves , qui peuvent empoifonner l'air , & produire
des maladies contagieufes
Les caves ,
Par Mr Duguet qui a eſté
envoyé de la Cour dans
les ports de mer , pour des
découvertes hydrauliques ,
& qui eft auffi l'autheur
des machines accouſtiques
propres à faire entendre
ceux qui ont l'oüye dure.
Premierement , on fçait
que l'eau filtre à travers
des terres , & paffe par deffous les fondements des
maifons pour entrer dans
May. 1712 .
R
194 MERCURE
les caves en cherchantfon
niveau. Ainfi lorſque l'on
veut deffecher une cave
avant l'écoulement de toutes les eaux qui l'environnent , on s'apperçoit qu'il
furvient autant d'eau dans
la cave que l'on en a retiré.
Aux caves où il n'entre
qu'environ un pied d'eau ,
il n'eft pas beſoin de
chercher d'autres moyens pour les deffecher que
d'adjoufter du fable pour
hauffer leur niveau.
2. On peut empefcher
l'eau d'entrer dans les ca
GALANT. 195
ves malgré fes plus hautes
recreuës , en adjouſtant un
corps qui luy ferve de digue , mais on rifqueroit de
faire une dépenſe inutile
fi l'on ne comptoit pas fur
l'effort de l'eau qui eft tousjours proportionnée à fa
hauteur perpendiculaire
& au diamettre de la bafe
de fon volume.
Suivant ce principe receu , il fera neceffaire de
rendre le corps que l'on
adjouftera , pour empefcher l'eau d'entrer dans
une cave , affez pefant ou
Rij
196 MERCURE
affez bien retenu pour refifter à la preffion que l'eau
luy fera par deffous ou par
les coftez pour l'enlever
ou pour le percer ; cette
preflion fera proportionnée à la quantité d'eau qui
entreroit dans la cave pour
chercher fon niveau dans
les plus grandes recreuës ,
s'il n'y avoit point d'oppofition.
En une cave de trois
toifes de longueur fur quatre de largeur , où il entreroit fix pieds d'eau
on doit s'attendre que le
>
GALANT. 197
guc
corps qui ferviroit de dià une maffe d'eau pareille , fouftiendroit le fardeau de 816480. liv. fupposé que le pied cube d'eau
des caves ne pefe que 70.
livres.
La plus forte dépenſe
ne paffera pas la fomme de
cinquante livres par toife quarrée.
Il eft de l'intereſt public , auffi bien que des
proprietaires des maiſons
baſties ou à baftir , de prévenir les accidens que peuvent caufer les frequenR iij
198 MERCURE
tes innondations qui arrivent à prefent , foit par
rapport à la ruine des fondements de leurs maiſons ,
foit à caufe des mauvaiſes
exhalaifons des eaux qui
fe corrompent dans les caves , qui peuvent empoifonner l'air , & produire
des maladies contagieufes
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Résumé : Reflexions sur la maniere d'empescher l'eau d'entrer dans les caves,
M. Duguet, envoyé par la Cour pour des découvertes hydrauliques, explique dans 'Réflexions sur la manière d’empêcher l’eau d’entrer dans les caves' que l’eau pénètre dans les caves en filtrant à travers les terres et en cherchant son niveau. Pour assécher une cave, il faut retirer toute l’eau environnante, mais l’eau continue de s’infiltrer en quantité égale à celle retirée. Pour des caves avec environ un pied d’eau, ajouter du sable pour élever leur niveau est suffisant. Pour empêcher l’eau d’entrer malgré les hautes marées, il est possible d’ajouter un corps servant de digue. Cette solution nécessite de calculer l’effort de l’eau, proportionnel à sa hauteur et au diamètre de sa base. Le corps ajouté doit être suffisamment pesant ou bien retenu pour résister à la pression de l’eau. Par exemple, dans une cave de trois toises de longueur sur quatre de largeur, avec six pieds d’eau, le corps doit supporter une masse d’eau équivalente à 816 480 livres, supposant que le pied cube d’eau pèse 70 livres. La dépense maximale ne dépassera pas cinquante livres par toise carrée. Prévenir les inondations fréquentes est dans l’intérêt public et des propriétaires, car elles peuvent ruiner les fondations des maisons et provoquer des exhalaisons nocives dans les caves, potentiellement sources de maladies contagieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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776
p. 198-211
Les Eaux de T....
Début :
Madame, Les eaux de ce pays ont cela de merveilleux [...]
Mots clefs :
Eaux , Guérir, Fontaine, Vapeurs, Magicien, Grande-Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Eaux de T....
Les Eaux de T.....
MADAME,
Les eaux de ce pays ont
cela de merveilleux qu'el-
GALANT. 199
les font également filutaires à ceux qui font malades , qui croyent l'eftre ,
ou qui veulent l'eſtre , ou
qui le feront un jour , ou
qui l'ont efté il y a longtemps : ferieuſement c'eft
un des plus charmants remedes qu'on puiffe prendre , fur tout pour guerir
de l'ennuy & du chagrin.
Charmantes eaux ceux qui les
prennent ,
Dans leurs infirmitez doucement s'entretiennent ,
Trouvant le remede fi bon
R iiij
200 MERCURE
Qu'une trop prompte guerifon
Les chagrineroit fort eux &
ceux qu'ils y menent.
On boit , on rit , on jafe , on
s'abftient de raiſon ,
Deferieux & de contrainte ,
Et d'inquietude & de crainte
Qui troubleroient des eaux
1 l'effet lenifiant ,
Tranquilifant, dulcifiant ;
Autour de la fontaine on voit
mainte Nayade ,
Qui dans fon negligé pare la
promenade
Et l'on trouveroit en ce lieu
Plus difficilement un visage
malade ,
GALANT. 201
Qu'un bon vifage à l'HoſtelDieu.
Comme j'estois furpris
devoir tous ces malades en
bonne fanté , je demandois
avecempreffement de quel
mal cette fontaine gueriffoit ; mais je n'en pus eftre
éclairci, car pour toute refponſe , les uns me hauf
foient les épaules , les autres merioient au nez ; &
j'en ferois revenu tresmalinformé, fans un honnefte homme , qui me connoiffant eftranger , me tira à l'écart , &me dit , vous
202 MERCURE
avez raiſon , Mr , de vous
eftonner de tout ce que
Vous voyez icy ; c'eft un
myſtere , & quand je vous
l'auray revelé vous en ferez voſtre profit fi vous
pouvez. Vous voyez dans
ce lieu , pourfuit- il,un refte
des enchantemens jadis fi
communs en ce pays ; c'eſt
en cet endroit qu'Amadis
& Oriane commencerent
autrefois leur mariage , &
pour conferver une memoire éternelle des plaifirs qu'ils prirent , l'Enchanteur qui les aimoit a
GALANT. 203
donne à ces eaux une vertu merveilleufe.
Ces eaux portent au cœur
fi douces vapeurs ,
Qu'une belle en beuvant , mefmefans qu'elle y penſe ;
Guerit en un moment de toutes
fes rigueurs,
Et le galant defafouffrance.
Vous voyez bien , Me,'
que fçachant cela , je n'avois garde de fouffrir que
Mademoiſelle de R....en
buft fans voftré ordonnance , n'y ayant là perfonne
qui puft luy faire raifon
par un contrat. C'est pour1
204 MERCURE
quoy nous la tiraſmes à
l'écart au plus viſte , car
pour dire le vray , outre le
charme de ces eaux dont
onnous avoit avertis , nous
jugeaſmes mefme
Acent petites bagatelles ,
Qu'on nepeut dire , &qu'on
voit mieux
Que l'air qu'on refpire en ces
lieux ,
Eft fort mal fain pour les
pucelles.
Nous la menerons au
premier jour à Wintfon ,
lieu charmant où le bon
Roy Lifvard tient main-
GALANT. 205
tenant Cour pleniere. Elle
prétend luy demander un
don , qui eft le reſtabliſſement de la Chevalerie
pour quelques jours. Elle
voudroit voir , mais feulement par repreſentation ,
comme à l'Opera , comment les Chevaliers des.
Courtois enlevoient les
Princeffes , & comment les
Amadis les délivroient.
Nous la menerons aujourd'huy voir un beau chaf
teau fait & embelli par
Fées , pour le fejour ordinaire des Graces`, & la
les
206 MERCURE
retraitte des plus tendres
amours ; plus beau fans
comparaison que la ...
de Niphée. Je ne vous diray rien des dehors qui
font faits , comme il plaiſt
à Dieu , qui en fçait bien
plus que le grand decorateur des jardins , qui vous
a donnéun deffein pour....
La nature en ce lieu de mille
"
attraits pourvenë,
Seprefente auxyeux toute nuë,
Et pour fe mieux faire ad- mirer ,
A negligé defe parer..
GALANT. 207
Le Ciel eft exempt de nuages ,
S'il enparoift ilsfont brillants ,
Et fervent à former des levants , des couchants ;
Ou pour plaire Apollon prend
tous les avantages ,
Un beau vert peint les prez ,
les , cofteaux , les bocages
Tout vous enchante , & l'art
humain
Refpectant de fi beaux où-vrages ,
N'ofe pas y mettre la main.
Il a fallu que Mademoifelle de R...fe contentaft
de ce fpectacle , car le bon
Roy Lifvart n'a rien fait
208 MERCURE
pour elle , & dans tout le
chemin que nous avons
fait nous n'avons pas encoretrouvéune feule aventure , pas un feul pont , ny
une feule barriere deffenduë ; point de torts à redreffer , ny de felons à punir ; enfin pas mefme le
le moindre Geant à combattre , mais bien un petit
Pigmée qu'on nomme Cupidon , & qui ne laiſſe pas
d'avoir une force gigantefque ; nous avons pourtant veu quelques Demoifelles en palefroi qu'on
rencontre
GALANT. 209
rencontre de temps en
temps à la chaffe , je n'aurois jamais creu eftre dans
le Royaume de la Grande
Bretagne , tant j'y trouve
tout changé depuis le regne du Roy Artus ; o
entend plus parler de Veuves ny d'Infantes enlevées.
Artus ; on n'y
Ce n'estpas qu'à l'amour moins
de belles s'addonnent :
Mais je ne fçais fi c'est que
l'on craint plus les loix ,
Ouft c'est qu'aprefent les Demoiselles donnent
Ce qu'on leur voloit autrefois.
May. 1712.
S
210 MERCURE
Quoyqu'il en foit nulle
ne fe plaint , & je les trouve mille fois plus honneftes que ces babillardes du
temps paffé qui crioient
comme des perduës , &
attiroient des quatre coins
du monde des Chevaliers
errans pour les venger des
gens qui leur avoient fait
plus d'honneur qu'elles ne
meritoient. Enfin , Madame, ce pays eft fi beau &
fi bon ,
que fi par hafard
quelque Magicien , felon
l'ancienne couftume , m'y
retient enchanté pendant
GALANT. 211
'deux ou trois mille ans
je vous prie de ne meplaindre point, & d'attendre patiemment mon retour , &
fans inquietude.
Cette Ville eft pour moy toute
pleine d'apas , and
Je n'y vois ny procez , ny luxe,
ny miferes
Onyfonne tres peu , l'on n'y
travaille guerel, onin
Et l'ony fait de longs repas.
MADAME,
Les eaux de ce pays ont
cela de merveilleux qu'el-
GALANT. 199
les font également filutaires à ceux qui font malades , qui croyent l'eftre ,
ou qui veulent l'eſtre , ou
qui le feront un jour , ou
qui l'ont efté il y a longtemps : ferieuſement c'eft
un des plus charmants remedes qu'on puiffe prendre , fur tout pour guerir
de l'ennuy & du chagrin.
Charmantes eaux ceux qui les
prennent ,
Dans leurs infirmitez doucement s'entretiennent ,
Trouvant le remede fi bon
R iiij
200 MERCURE
Qu'une trop prompte guerifon
Les chagrineroit fort eux &
ceux qu'ils y menent.
On boit , on rit , on jafe , on
s'abftient de raiſon ,
Deferieux & de contrainte ,
Et d'inquietude & de crainte
Qui troubleroient des eaux
1 l'effet lenifiant ,
Tranquilifant, dulcifiant ;
Autour de la fontaine on voit
mainte Nayade ,
Qui dans fon negligé pare la
promenade
Et l'on trouveroit en ce lieu
Plus difficilement un visage
malade ,
GALANT. 201
Qu'un bon vifage à l'HoſtelDieu.
Comme j'estois furpris
devoir tous ces malades en
bonne fanté , je demandois
avecempreffement de quel
mal cette fontaine gueriffoit ; mais je n'en pus eftre
éclairci, car pour toute refponſe , les uns me hauf
foient les épaules , les autres merioient au nez ; &
j'en ferois revenu tresmalinformé, fans un honnefte homme , qui me connoiffant eftranger , me tira à l'écart , &me dit , vous
202 MERCURE
avez raiſon , Mr , de vous
eftonner de tout ce que
Vous voyez icy ; c'eft un
myſtere , & quand je vous
l'auray revelé vous en ferez voſtre profit fi vous
pouvez. Vous voyez dans
ce lieu , pourfuit- il,un refte
des enchantemens jadis fi
communs en ce pays ; c'eſt
en cet endroit qu'Amadis
& Oriane commencerent
autrefois leur mariage , &
pour conferver une memoire éternelle des plaifirs qu'ils prirent , l'Enchanteur qui les aimoit a
GALANT. 203
donne à ces eaux une vertu merveilleufe.
Ces eaux portent au cœur
fi douces vapeurs ,
Qu'une belle en beuvant , mefmefans qu'elle y penſe ;
Guerit en un moment de toutes
fes rigueurs,
Et le galant defafouffrance.
Vous voyez bien , Me,'
que fçachant cela , je n'avois garde de fouffrir que
Mademoiſelle de R....en
buft fans voftré ordonnance , n'y ayant là perfonne
qui puft luy faire raifon
par un contrat. C'est pour1
204 MERCURE
quoy nous la tiraſmes à
l'écart au plus viſte , car
pour dire le vray , outre le
charme de ces eaux dont
onnous avoit avertis , nous
jugeaſmes mefme
Acent petites bagatelles ,
Qu'on nepeut dire , &qu'on
voit mieux
Que l'air qu'on refpire en ces
lieux ,
Eft fort mal fain pour les
pucelles.
Nous la menerons au
premier jour à Wintfon ,
lieu charmant où le bon
Roy Lifvard tient main-
GALANT. 205
tenant Cour pleniere. Elle
prétend luy demander un
don , qui eft le reſtabliſſement de la Chevalerie
pour quelques jours. Elle
voudroit voir , mais feulement par repreſentation ,
comme à l'Opera , comment les Chevaliers des.
Courtois enlevoient les
Princeffes , & comment les
Amadis les délivroient.
Nous la menerons aujourd'huy voir un beau chaf
teau fait & embelli par
Fées , pour le fejour ordinaire des Graces`, & la
les
206 MERCURE
retraitte des plus tendres
amours ; plus beau fans
comparaison que la ...
de Niphée. Je ne vous diray rien des dehors qui
font faits , comme il plaiſt
à Dieu , qui en fçait bien
plus que le grand decorateur des jardins , qui vous
a donnéun deffein pour....
La nature en ce lieu de mille
"
attraits pourvenë,
Seprefente auxyeux toute nuë,
Et pour fe mieux faire ad- mirer ,
A negligé defe parer..
GALANT. 207
Le Ciel eft exempt de nuages ,
S'il enparoift ilsfont brillants ,
Et fervent à former des levants , des couchants ;
Ou pour plaire Apollon prend
tous les avantages ,
Un beau vert peint les prez ,
les , cofteaux , les bocages
Tout vous enchante , & l'art
humain
Refpectant de fi beaux où-vrages ,
N'ofe pas y mettre la main.
Il a fallu que Mademoifelle de R...fe contentaft
de ce fpectacle , car le bon
Roy Lifvart n'a rien fait
208 MERCURE
pour elle , & dans tout le
chemin que nous avons
fait nous n'avons pas encoretrouvéune feule aventure , pas un feul pont , ny
une feule barriere deffenduë ; point de torts à redreffer , ny de felons à punir ; enfin pas mefme le
le moindre Geant à combattre , mais bien un petit
Pigmée qu'on nomme Cupidon , & qui ne laiſſe pas
d'avoir une force gigantefque ; nous avons pourtant veu quelques Demoifelles en palefroi qu'on
rencontre
GALANT. 209
rencontre de temps en
temps à la chaffe , je n'aurois jamais creu eftre dans
le Royaume de la Grande
Bretagne , tant j'y trouve
tout changé depuis le regne du Roy Artus ; o
entend plus parler de Veuves ny d'Infantes enlevées.
Artus ; on n'y
Ce n'estpas qu'à l'amour moins
de belles s'addonnent :
Mais je ne fçais fi c'est que
l'on craint plus les loix ,
Ouft c'est qu'aprefent les Demoiselles donnent
Ce qu'on leur voloit autrefois.
May. 1712.
S
210 MERCURE
Quoyqu'il en foit nulle
ne fe plaint , & je les trouve mille fois plus honneftes que ces babillardes du
temps paffé qui crioient
comme des perduës , &
attiroient des quatre coins
du monde des Chevaliers
errans pour les venger des
gens qui leur avoient fait
plus d'honneur qu'elles ne
meritoient. Enfin , Madame, ce pays eft fi beau &
fi bon ,
que fi par hafard
quelque Magicien , felon
l'ancienne couftume , m'y
retient enchanté pendant
GALANT. 211
'deux ou trois mille ans
je vous prie de ne meplaindre point, & d'attendre patiemment mon retour , &
fans inquietude.
Cette Ville eft pour moy toute
pleine d'apas , and
Je n'y vois ny procez , ny luxe,
ny miferes
Onyfonne tres peu , l'on n'y
travaille guerel, onin
Et l'ony fait de longs repas.
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Résumé : Les Eaux de T....
Le texte décrit les eaux miraculeuses d'un pays, célèbres pour leurs vertus thérapeutiques et leur capacité à apaiser l'ennui et le chagrin. Ces eaux ont un effet apaisant et doux, permettant aux malades de maintenir un état de santé modéré sans guérison trop rapide. Autour de la fontaine, l'atmosphère est joyeuse et détendue, avec des nymphes (Nayades) se promenant négligemment. Un homme explique à un étranger que ces eaux doivent leurs pouvoirs à un enchantement lié au mariage d'Amadis et Oriane, enchantement donné par un enchanteur. L'auteur mentionne qu'il a empêché Mademoiselle de R... de boire ces eaux sans ordonnance, craignant les effets charmants et les influences malvenues sur les jeunes filles. Ils décident de l'emmener à Wintfon, où le roi Lifvard tient cour, et ensuite à un château enchanté par les fées. Le paysage est décrit comme enchanteur, avec une nature luxuriante et un ciel clair. L'auteur note l'absence d'aventures chevaleresques et de dangers, contrairement aux récits anciens. Il observe que les mœurs ont changé, les jeunes filles ne se plaignant plus des enlèvements comme autrefois. L'auteur conclut en exprimant son désir de rester dans ce pays paisible et agréable, où il n'y a ni procès, ni luxe, ni misères, et où la vie est douce et sans tracas.
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777
p. 254-259
MORTS.
Début :
Le 22. d'Avril dernier mourut icy haut & puissant [...]
Mots clefs :
Noailles, Bailli, Ordre de saint Jean de Jerusalem, Malte
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Le 22. d'Avril dernier
mourut icy haut &puiſſant
& Religieux Seigneur Frere Jacques de Noailles ,
Bailly , Grand Croix de
l'Ordre de faint Jean de
Jerufalem , Commandeur
des Commanderies de S.
Thomas de Trinquetaille
en Provence , & de la Croix
en Brie , & Ambaffadeur ;
de Malthe pres Sa Majeſté,
il eftoit fils de feu Monfieur le Duc de Noailles ,
frere de feu Monfieur le
GALANT. 255
Marefchal de Noailles ,
frere de Monfieur le Cardinal de Noailles Archevefque de Paris, & de Monfieur l'Evefque Comte de
Chalons , Pair de France.
L'ancienneté de cette Maifon eft fi connue à la Cour,
& dans tout le Royaume ,'
qu'il feroit inutile de vous
en faire un détail ; je me
contenteray de vous dire
que celuy dont je parle ,
eftoit néen Octobre 1653 .
qu'il fut fait Chevalier de
Malthe en tres bas âge ,
Madame la Ducheffe fa 2
256 MERCURE
mere eftant bien aife d'a
voir un de les fils dans cet
Ordre, dont Aloph de Vignacourt fon grand Oncle , avoit efté Grand Mailtre , place où elle a veu depuis Adrien de Vignacourt
fon oncle , Prédeceffeur de
celuy qui regne aujourd'huy ; le jeune Chevalier ,
aprés avoir fait les caravannes , fe trouvant accou
ftumé à la mer , fut deſtiné
à ce fervice par Monfieur
le Ducfon Pere. Il fut fait
Capitaine de Vaiffeau ;
enfuite il eut la Charge
de
GALANT. 257
de Lieutenant General
des Galeres de France
qu'il a exercée pendant
vingt cinq Campagnes ,
ayant commandé les Galeres du Roy en cette qualité par tout où elles ont
eu ordre d'aller , à Alger ,
au bombardement de Gennes , à la priſe de Barcelonne , où il mit pied à terre , & monta la tranchée
en qualité de Lieutenant
General des armées de fa
Majefté; & enfin par tout
ailleurs où elles ont fervi
jufqu'en 1704. que Mr le
May 1712.
Y
258 MERCURE
Bailly deHautefeuille Ambaffadeur de Malthe eftant
décedé , fa Majefté trouva
bon que Monfieur le Bailly
de Noailles acceptaſt cette
Ambaffade que fon Ordre
luy propofoit, &qu'il a gardée juſqu'à ſa mort.
Il fut enterré le lendemain de fon deceds , dans
la Chapelle que la Maiſon
de Noailles a en l'Eglife
de Noftre - Dame , & Meffieurs de Malthe firent celebrer pour luy le 7. May
fuivant un Service folemnel dans leur Egliſe du
GALANT. 259
Temple , où tous les Commandeurs & Chevaliers af
fifterent avec Monfieur le
Cardinal de Noailles , &
les Seigneurs & Dames de
fa famille.
Le 22. d'Avril dernier
mourut icy haut &puiſſant
& Religieux Seigneur Frere Jacques de Noailles ,
Bailly , Grand Croix de
l'Ordre de faint Jean de
Jerufalem , Commandeur
des Commanderies de S.
Thomas de Trinquetaille
en Provence , & de la Croix
en Brie , & Ambaffadeur ;
de Malthe pres Sa Majeſté,
il eftoit fils de feu Monfieur le Duc de Noailles ,
frere de feu Monfieur le
GALANT. 255
Marefchal de Noailles ,
frere de Monfieur le Cardinal de Noailles Archevefque de Paris, & de Monfieur l'Evefque Comte de
Chalons , Pair de France.
L'ancienneté de cette Maifon eft fi connue à la Cour,
& dans tout le Royaume ,'
qu'il feroit inutile de vous
en faire un détail ; je me
contenteray de vous dire
que celuy dont je parle ,
eftoit néen Octobre 1653 .
qu'il fut fait Chevalier de
Malthe en tres bas âge ,
Madame la Ducheffe fa 2
256 MERCURE
mere eftant bien aife d'a
voir un de les fils dans cet
Ordre, dont Aloph de Vignacourt fon grand Oncle , avoit efté Grand Mailtre , place où elle a veu depuis Adrien de Vignacourt
fon oncle , Prédeceffeur de
celuy qui regne aujourd'huy ; le jeune Chevalier ,
aprés avoir fait les caravannes , fe trouvant accou
ftumé à la mer , fut deſtiné
à ce fervice par Monfieur
le Ducfon Pere. Il fut fait
Capitaine de Vaiffeau ;
enfuite il eut la Charge
de
GALANT. 257
de Lieutenant General
des Galeres de France
qu'il a exercée pendant
vingt cinq Campagnes ,
ayant commandé les Galeres du Roy en cette qualité par tout où elles ont
eu ordre d'aller , à Alger ,
au bombardement de Gennes , à la priſe de Barcelonne , où il mit pied à terre , & monta la tranchée
en qualité de Lieutenant
General des armées de fa
Majefté; & enfin par tout
ailleurs où elles ont fervi
jufqu'en 1704. que Mr le
May 1712.
Y
258 MERCURE
Bailly deHautefeuille Ambaffadeur de Malthe eftant
décedé , fa Majefté trouva
bon que Monfieur le Bailly
de Noailles acceptaſt cette
Ambaffade que fon Ordre
luy propofoit, &qu'il a gardée juſqu'à ſa mort.
Il fut enterré le lendemain de fon deceds , dans
la Chapelle que la Maiſon
de Noailles a en l'Eglife
de Noftre - Dame , & Meffieurs de Malthe firent celebrer pour luy le 7. May
fuivant un Service folemnel dans leur Egliſe du
GALANT. 259
Temple , où tous les Commandeurs & Chevaliers af
fifterent avec Monfieur le
Cardinal de Noailles , &
les Seigneurs & Dames de
fa famille.
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Résumé : MORTS.
Jacques de Noailles, haut seigneur et religieux, membre de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, est décédé le 22 avril. Il occupait les fonctions de Bailly, Grand Croix, Commandeur des Commanderies de Saint Thomas de Trinquetaille en Provence et de la Croix en Brie, ainsi qu'Ambaffadeur de Malthe auprès du roi. Né en octobre 1653, il était fils du Duc de Noailles et frère du Maréchal de Noailles, du Cardinal de Noailles, Archevêque de Paris, et de l'Évêque Comte de Chalons, Pair de France. Jacques de Noailles fut fait Chevalier de Malthe à un jeune âge, à la demande de sa mère, la Duchesse. Il devint Capitaine de Vaisseau et Lieutenant Général des Galères de France, poste qu'il occupa pendant vingt-cinq campagnes. Il participa à diverses missions, notamment à Alger, lors du bombardement de Gênes, et à la prise de Barcelone. En 1712, il succéda à Monsieur le Bailly de Hautefeuille comme Ambaffadeur de Malthe, fonction qu'il exerça jusqu'à sa mort. Jacques de Noailles fut enterré le lendemain de son décès dans la chapelle de la Maison de Noailles à l'église Notre-Dame. Un service solennel en sa mémoire fut célébré le 7 mai suivant dans l'église du Temple par les membres de l'Ordre de Malthe, en présence du Cardinal de Noailles et des membres de sa famille.
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778
p. 259-263
PROMOTION de Cardinaux.
Début :
Le 18. le Pape a remply les dix huit places [...]
Mots clefs :
Promotion, Cardinaux, Pape, Sacré Collège
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texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Cardinaux.
PROMOTION
de Cardinaux.
Le 18. le Pape a remply
les dix huit places vacantes dans le Sacré College ;
fçavoir , les onze faits fuivans , & il ena retenu ſept
in petto,
Y ij
260 MERCURE
MESSIEURS
Davia.
Cufani.
Piaffa , Nonce à Vienne.
Zondedari.
De Rohan , Evefque de
Strasbourg , pour la
.. France.
Acuna de Afeide , pour le
Portugal.
,
Scofembach Evefque
d'Olmuts , pour Vienne.
Prioli , Auditeur de Rote ,
pour Venife.
Tolames ,Jefuite.
Thomafi , Theatin.
Caffini , Capucin , Prédi
GALANT. 261
cateur du Palais Apoftolique.
Les fept retenus in petto
font :
Celuy pour l'Espagne , &
les trois du Palais ; fçavoir:
Corradini , Miniftre de la
Chambre.
Pico , Majordome.
Oriaghi , Secretaire de la
Chambre. Ces quatre
font feurs.
L'Abbé de Polignac eſt
le cinquième felon toute
apparence , l'Evefque de
Barcelonne le fixiéme.
262 MERCURE
Mr Buffi Nonce de Pologne le ſeptiéme.
Un pareil article merite bien qu'on l'eftende
beaucoup mais je reçois
cette Lettre fur la fin de
l'impreffion du Mercure ;
je vous donne toujours cecy comme nouvelle fraifche , ce qui n'empefchera
pas que pour le Mercure
prochain je ne recherche
avec foin des memoires
curieux fur les perfonnes.
illuftres qui ont eſté nommées , & fi je puis quelque
érudition fur les élections
GALANT. 263
des Cardinaux en general.
de Cardinaux.
Le 18. le Pape a remply
les dix huit places vacantes dans le Sacré College ;
fçavoir , les onze faits fuivans , & il ena retenu ſept
in petto,
Y ij
260 MERCURE
MESSIEURS
Davia.
Cufani.
Piaffa , Nonce à Vienne.
Zondedari.
De Rohan , Evefque de
Strasbourg , pour la
.. France.
Acuna de Afeide , pour le
Portugal.
,
Scofembach Evefque
d'Olmuts , pour Vienne.
Prioli , Auditeur de Rote ,
pour Venife.
Tolames ,Jefuite.
Thomafi , Theatin.
Caffini , Capucin , Prédi
GALANT. 261
cateur du Palais Apoftolique.
Les fept retenus in petto
font :
Celuy pour l'Espagne , &
les trois du Palais ; fçavoir:
Corradini , Miniftre de la
Chambre.
Pico , Majordome.
Oriaghi , Secretaire de la
Chambre. Ces quatre
font feurs.
L'Abbé de Polignac eſt
le cinquième felon toute
apparence , l'Evefque de
Barcelonne le fixiéme.
262 MERCURE
Mr Buffi Nonce de Pologne le ſeptiéme.
Un pareil article merite bien qu'on l'eftende
beaucoup mais je reçois
cette Lettre fur la fin de
l'impreffion du Mercure ;
je vous donne toujours cecy comme nouvelle fraifche , ce qui n'empefchera
pas que pour le Mercure
prochain je ne recherche
avec foin des memoires
curieux fur les perfonnes.
illuftres qui ont eſté nommées , & fi je puis quelque
érudition fur les élections
GALANT. 263
des Cardinaux en general.
Fermer
Résumé : PROMOTION de Cardinaux.
Le 18 du mois, le Pape a comblé dix-huit places vacantes au sein du Sacré Collège. Onze nominations ont été rendues publiques, incluant Davia, Cufani, Piaffa (Nonce à Vienne), Zondedari, De Rohan (Évêque de Strasbourg pour la France), Acuna de Afeide (pour le Portugal), Scofembach (Évêque d'Olmuts pour Vienne), Prioli (Auditeur de Rote pour Venise), Tolames (Jésuite), Thomasi (Théatin) et Caffini (Capucin, Prédicateur du Palais Apostolique). Sept autres nominations ont été gardées secrètes, parmi lesquelles celle pour l'Espagne, Corradini (Ministre de la Chambre), Pico (Majordome), Oriaghi (Secrétaire de la Chambre), tous laïcs, l'Abbé de Polignac, l'Évêque de Barcelone et Monsieur Buffi, Nonce de Pologne. L'auteur n'a pas pu développer davantage en raison de la fin de l'impression mais prévoit d'ajouter des informations supplémentaires dans le prochain numéro du Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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779
p. 263-264
« Monsieur l'Abbé de Vauginnois, dont on a desja parlé, a [...] »
Début :
Monsieur l'Abbé de Vauginnois, dont on a desja parlé, a [...]
Mots clefs :
Abbé, Vauginnois, Ordre de Saint Benoît, Fyot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur l'Abbé de Vauginnois, dont on a desja parlé, a [...] »
Monfieur l'Abbé de Vauginnois , dont on a desja
parlé , a eu de Sa Majeſté
l'Abbaye de Noftre- Dame
du Tronchet en Bretagne,
Dioceſe de Dol , Ordre de
faint Benoift.
Monfieur l'Abbé de Vauginnois eft de la famille
de Fyot , une des plus anciennes du Parlement de
Bourgogne , fils de Monfieur de Vauginnois Préſident aux Requeſtes du Pa-
264 MERCURE
lais à Dijon neveu d'un
Abbé de fon nom , ancien
Aumofnier du Roy , Confeiller d'honneur en ce Parlement , & Abbé de faint
Eftienne de Dijon , & neveu auffi de Monfieur le
Marquis de Mimeure, Marechal des Camps & Armées du Roy , qui a eſté
Gentilhomme de la Chambre, & Menin de feu Monfeigneur le Dauphin.
parlé , a eu de Sa Majeſté
l'Abbaye de Noftre- Dame
du Tronchet en Bretagne,
Dioceſe de Dol , Ordre de
faint Benoift.
Monfieur l'Abbé de Vauginnois eft de la famille
de Fyot , une des plus anciennes du Parlement de
Bourgogne , fils de Monfieur de Vauginnois Préſident aux Requeſtes du Pa-
264 MERCURE
lais à Dijon neveu d'un
Abbé de fon nom , ancien
Aumofnier du Roy , Confeiller d'honneur en ce Parlement , & Abbé de faint
Eftienne de Dijon , & neveu auffi de Monfieur le
Marquis de Mimeure, Marechal des Camps & Armées du Roy , qui a eſté
Gentilhomme de la Chambre, & Menin de feu Monfeigneur le Dauphin.
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Résumé : « Monsieur l'Abbé de Vauginnois, dont on a desja parlé, a [...] »
L'Abbé de Vauginnonis, membre de la famille de Fyot, a reçu l'Abbaye de Notre-Dame du Tronchet en Bretagne. Il est le fils du Président aux Requestes du Palais à Dijon et neveu de l'abbé de Saint-Étienne de Dijon et du Marquis de Mimeure, Maréchal des Camps et Armées du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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780
p. 265-284
Extrait d'une Lettre de M. Galiczon, Evêque d'Agathople, & Coadjuteur de Babylone, à M... A Teflis ce 3. Août 1711.
Début :
Monsieur, J'ai eu l'honneur de vous écrire vers [...]
Mots clefs :
Géorgie, Arméniens, Agathople, Babylone, Teflis, Catholique, Christianisme
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de M. Galiczon, Evêque d'Agathople, & Coadjuteur de Babylone, à M... A Teflis ce 3. Août 1711.
Extrait d'une Lettre de M.
Galiczon , Evêque d'Aga
thople , Coadjuteur de
Babylone, à M.....
A Teflis ce 3. Août 1711,
MONSIEUR,
J'ai eu l'honneur de vous
écrire vers le 15. Juin à nôtre débarquement de la
Mer noire , en un lieu où
rade appellée Arkaval, dans
le Bachalie ou GouverneMANY 7
266 MERCURE
ment de Calfikais , qui faifoit une partie de l'ancien
Royaume de Georgie , de
laquelle les Turcs ont prefque banni la Religion
Chrétienne à force d'impôts & d'avanies qu'ils ont
exercez fur les habitans.
Nous avons été obligez de
prendre cette route pour
paffer en Perfe ; & le 16. Juin
au matin nous montâmes
fur de méchans chevaux du
pays avec leurs bats , conduits par des Turcs , dont
un particulier , qui étoit
leur Mouffa , penfa , fur les
1
GALANT. 267.
deux heures aprés midi, fur
une coline entre des bois,
tuer M. Richard d'une grof
fe pierre , & nous faire affaffiner par tous ces infide
les. Il n'y a que les hommes
& les chevaux du pays qui
puiffent paffer par les montagnes affreufes , les bois
entrecoupez, les torrens , &
les routes eſcarpées par lef
quelles ces gens - là nous
menerent pendant plu
fieurs jours. Nous arrivâmes enfin à Calfikais le
Mercredi, Nos caracteres
n'étoient point connus , &
1
Zij
268 MERCURE
nous paſſions comme de
pauvres Marchands François ; ce qui nous avoit obligez de laiffer tout à Conftantinople,principalement
nos livres & breviaires.
A nôtre arrivée à Calfikais , quantité d'Armeniens
Catholiques en avoient rencontré deux de nôtre troupe , qui , quoique Schiſmatiques , nous avoient été
d'un grand fecours dans
plufieurs occafions dangereuſes. Dansune prairie un
Douannier vifita nos harJes , & nous contraignit de
GALANT. 269
lui donner dix piaftres ,
quoique nous n'euffions
rien qu'à nôtre uſage. Enfuite ces Armeniens nous
menerent à un endroit prés
les murailles , où nôtre gui-.
de nous étoit allé prendre
un logement chez une pauvre veuve , afin que nous
ne fuffions point obligez de
paroître dans la ville. Nôtre guide nous avoit fait
faire des prefens que nous
avions achetez à la femme
& au fils du Bacha , qu'il
leur étoit allé porter fur la "
route à une maiſon de camZ iij .
270 MERCURE
ई
pagne , & dont il tira une
lettre de recommandation
pour le Muffalem qui commandoit dans l'abſence du
Bacha. Cette lettre , nôtre
ferment , & nôtre bojour
dy, les prefens que nôtre
guide nous fit auffi faire au
Doüannier, au Muffalem &
au Soubachi , n'empêcherent pas tous ces gens- là de
nous avanizer étrangement, & principalement le
Muffalem , qui aprés avoir
reçû nos prefens nous prit
pour des efpions , & crut
volontiers les Armeniens.
GALANT. 271
Schifmatiques, qui ne manquerent pas d'aller lui dire
que nous voulions paffer
en Georgie pour nous rendre chez les Mofcovites ,
& que nôtre deffein étoit
d'exciter à la revolte les
Armeniens Catholiques ,
quifont à Calfikais au nombre d'environ foixante familles. Nous fûmes gardez
à vûë , on nous retint nôtre
ferment & nôtre bojourdy,
on nous voulut obliger
d'attendre le retour du Bacha ; enfin on ne nous laiffa
paffer qu'à force d'argent ,
Z iiij
272 MERCURE
& fi on eût découvert qui
nous étions , jamais nous
n'euffions paffé.
Nous partîmes la nuit du
. 28. au 29. à minuit : mais
comme nous montions à
cheval , il vint deux Janiffaires le coûteau tiré fur
nous , que nous ne pûmes
appailer qu'avec de l'ar
gent.
Le 30. fête de faint Paul ,
nous entrâmes fur les ter-.
res de Georgie , qui eſt un
pays Chrétien dépendant
du Roy de Perfe. La joye
que nous eûmes de retrou
1.
GALANT. 273
ver la Croix dans le che-.
min , des Eglifes Chrétiennes en chaque village , &
des habitans tous Chré-.
tiens , nous remit un peude
nos fatigues. Nous arrivâmes le 2. de Juillet à Teflis ,
Capitale de Georgie , où
les Peres Capucins Italiens,
qui vinrent avec beaucoup
de Catholiques au devant
de nous , nous menerent logerrchez eux. Ils étoient ra-.
vis d'y voir un Evêque Latin , n'y en ayant jamais eu
depuis foixante ans qu'ils .
font établis. Ils m'ont fait
274 MERCURE
officier le Dimanche cinq
Juillet , & le Vendredi fuivant , aufquels ils folemnifent la Nativité de faint
Jean- Baptifte & la fête de
faint Pierre & faint Paul ,
felon le vieux Calendrier
qu'ils fuivent avec les Georgiens & Armeniens.
Ils m'ont mené faluer le
Prince de Georgie , qui
commande à la place de
fon frere , qui eft Generaliffime du Roy de Perfe au
fiege de la fortereſſe de
Candahar , qu'il eſt allé reprendre vers le Mogol. J'ai
GALANT. 275
vû aufli ſon autre frere , &
plufieurs perfonnes de la
famille Royale , tous Chrétiens , & qui nous demandent des nouvelles des guerres de la Chrétienté. Ils furent affligez de la mort de
l'Empereur , dont la nouvelle vint à
Conftantinople
à nôtre départ.
Onapreffé plufieurs fois
le Prince qui commande
de fe faire Mahometan :
mais il eft toûjours demeuré ferme , offrant de quitter
plûtôt le commandement
que la Religion Chrétien
$
276 MERCURE
ne, & s'excufant auprés du
Roy de Perfe fur un vœu
particulier qu'il avoit fait
de la profeffer toûjours. Le
nom de ce Prince eft Vak--
tank..
C'eft une chofe confolante de voir qu'un pays
auffi refferré que la Geor--
gie par les Infideles , s'eft
toûjours confervé dans le
Chriftianifme depuis que
les Perfans l'ont fubjugué..
On compte à Teflis treize:
Eglifes Georgiennes , &
neufArmeniennes , & celle:
des Peres Capucins , qui eſt:
GALANT. 277
affez grande & tous lesjours
remplie de Catholiques. Il
y a dans la Citadelle , qui
eft vafte, fept Eglifes Georgiennes mais comme les
Mahometans feuls y de
meurent , ils les ont profanées. Ils y ont feulement
deux Molquées , & deux
dans la ville , mais fans minarets ou tours pour appeller à leurs prieres ; au
lieu que nous entendons de
côté & d'autre les cloches
des Chrétiens , qui ont de
grands clochers ou tours
depierres fur une partie de
278 MERCURE
leurs Eglifes. Les Georgiens le difent defcendus
des Iberiens venus d'Efpagne.
J'ai vu officier le 11. Juillet leur Catholicos , qui à
fous lui cinquante - deux
Archevêques ou Evêques.
Il y avoit trois Archevêques.
& neuf Prêtres qui celebroient la Meſſe avec lui :
le refte du Clergé y ſervoit
& les Chantres laïques
ayant un Prêtre ou Religieux à leur tête, faifoient
une fymphonie affez grave
dans la nefà côté gauche.
GALANT. 279
Le Prince ayant fçûlaveille
que je devois aller voir of
ficier le Catholicos , qui eſt
fon frere , avoit donné ordre que j'y euffe toute la
fatisfaction que je pourrois
defirer.
Maplus grande peine à
Teflis a été d'entendre à
mon arrivée les plaintes
des Miffionnaires fur le pitoyable état de leur Mif
fion : ils medirent qu'à peine M. Michel , Envoyé du
Royà la Cour de Perfe , où
il leuravoit obtenu & à toutes les Miffions plufieurs
a
280 MERCURE
commandemens favora
bles , étoit forti du Royaume,que la perfecution avoit
recommencé. Les Armeniens vinrent affieger l'Eglife & la maifon des Peres , qu'ils vouloient tuer :
ne pouvant y reuſfir , ils allerent piller dix-huit maifons des Catholiques , &en
battirent pluſieurs , qu'ils
laifferent comme morts
fans qu'on en pût avoir juſtice.
1
Les Armeniens font venus pour fermer la porte
de l'Eglife des Peres de TeAlis .
GALANT. 281
>
Alis & celle de Gori en
Georgie, qui n'attend que
le moment de l'être , comme le font déja celles de
Gangia , de Chamoké , &
de Tauris.
Celle de Gangia fouffre
depuis ce temps - là une fi
cruelle perfecution , que le
Superieur aété mis plufieurs
fois fous le bâton , & avanizé de trés- groſſe ſomme.
Enfin l'ayant été encore depuis peu , il a été obligé de
s'enfuir vers la Mofcovie ,
&fon compagnonà Teflis,
où il fe refugia en ma pre-
·May 1712.
Aa
282 MERCURE
fence chez les Peres..
La Miffion de Tauris ,
poffedée par les Reverends
Peres Capucins de la Province de Touraine , aprés
plufieurs perfecutions , fut
fermée le 11. Janvier , en
forte que les Peres font demeurez fans communica
tion &fans fecours ; & j'ap
prends que le Patriarche
veutdonnerle dernier coup
aux Miffions , & chaffer en
tierement les Miffionnaires. Ce Patriarche a tellement le deffus , que dans le
Ragan ou écrit qu'il a ob-
GALANT. 283
tenu , il eſt marqué que fi
le Patriarche ne voulant pas
qu'ils reftent dans les lieux
où ils font , & qui font fpecifiez , comme Hifpahan ,
Jutpha , Hamadan , Chiras , Tauris , Gangia, Chamaquiés, Teflis, &tous autres qui font dans le Royaume, & s'il a deffem d'acheter
leurs maiſons , il pourra les
faire vendre fuivant l'efti
mation du Juge de la ville.
Le Prince de Teflis m'a
donné mille marques d'affection ; il m'a donné un
repas à fa maiſon de plaiAa ij
284 MERCURE
fance avec , avec quantité de
Prelats & Seigneurs de ſa
Cour , & m'a fait preſent
d'un cheval , &c. V. S.
SHQIP
Cette Lettre eft trés- -
curieufe , en ce qu'elle
fait voir naïvement l'é
tat où eft à preſent le
Chriftianifme dans ces
pays- là , d'où l'on reçoit
peu de nouvelles auffi
certaines que celles- ci
Galiczon , Evêque d'Aga
thople , Coadjuteur de
Babylone, à M.....
A Teflis ce 3. Août 1711,
MONSIEUR,
J'ai eu l'honneur de vous
écrire vers le 15. Juin à nôtre débarquement de la
Mer noire , en un lieu où
rade appellée Arkaval, dans
le Bachalie ou GouverneMANY 7
266 MERCURE
ment de Calfikais , qui faifoit une partie de l'ancien
Royaume de Georgie , de
laquelle les Turcs ont prefque banni la Religion
Chrétienne à force d'impôts & d'avanies qu'ils ont
exercez fur les habitans.
Nous avons été obligez de
prendre cette route pour
paffer en Perfe ; & le 16. Juin
au matin nous montâmes
fur de méchans chevaux du
pays avec leurs bats , conduits par des Turcs , dont
un particulier , qui étoit
leur Mouffa , penfa , fur les
1
GALANT. 267.
deux heures aprés midi, fur
une coline entre des bois,
tuer M. Richard d'une grof
fe pierre , & nous faire affaffiner par tous ces infide
les. Il n'y a que les hommes
& les chevaux du pays qui
puiffent paffer par les montagnes affreufes , les bois
entrecoupez, les torrens , &
les routes eſcarpées par lef
quelles ces gens - là nous
menerent pendant plu
fieurs jours. Nous arrivâmes enfin à Calfikais le
Mercredi, Nos caracteres
n'étoient point connus , &
1
Zij
268 MERCURE
nous paſſions comme de
pauvres Marchands François ; ce qui nous avoit obligez de laiffer tout à Conftantinople,principalement
nos livres & breviaires.
A nôtre arrivée à Calfikais , quantité d'Armeniens
Catholiques en avoient rencontré deux de nôtre troupe , qui , quoique Schiſmatiques , nous avoient été
d'un grand fecours dans
plufieurs occafions dangereuſes. Dansune prairie un
Douannier vifita nos harJes , & nous contraignit de
GALANT. 269
lui donner dix piaftres ,
quoique nous n'euffions
rien qu'à nôtre uſage. Enfuite ces Armeniens nous
menerent à un endroit prés
les murailles , où nôtre gui-.
de nous étoit allé prendre
un logement chez une pauvre veuve , afin que nous
ne fuffions point obligez de
paroître dans la ville. Nôtre guide nous avoit fait
faire des prefens que nous
avions achetez à la femme
& au fils du Bacha , qu'il
leur étoit allé porter fur la "
route à une maiſon de camZ iij .
270 MERCURE
ई
pagne , & dont il tira une
lettre de recommandation
pour le Muffalem qui commandoit dans l'abſence du
Bacha. Cette lettre , nôtre
ferment , & nôtre bojour
dy, les prefens que nôtre
guide nous fit auffi faire au
Doüannier, au Muffalem &
au Soubachi , n'empêcherent pas tous ces gens- là de
nous avanizer étrangement, & principalement le
Muffalem , qui aprés avoir
reçû nos prefens nous prit
pour des efpions , & crut
volontiers les Armeniens.
GALANT. 271
Schifmatiques, qui ne manquerent pas d'aller lui dire
que nous voulions paffer
en Georgie pour nous rendre chez les Mofcovites ,
& que nôtre deffein étoit
d'exciter à la revolte les
Armeniens Catholiques ,
quifont à Calfikais au nombre d'environ foixante familles. Nous fûmes gardez
à vûë , on nous retint nôtre
ferment & nôtre bojourdy,
on nous voulut obliger
d'attendre le retour du Bacha ; enfin on ne nous laiffa
paffer qu'à force d'argent ,
Z iiij
272 MERCURE
& fi on eût découvert qui
nous étions , jamais nous
n'euffions paffé.
Nous partîmes la nuit du
. 28. au 29. à minuit : mais
comme nous montions à
cheval , il vint deux Janiffaires le coûteau tiré fur
nous , que nous ne pûmes
appailer qu'avec de l'ar
gent.
Le 30. fête de faint Paul ,
nous entrâmes fur les ter-.
res de Georgie , qui eſt un
pays Chrétien dépendant
du Roy de Perfe. La joye
que nous eûmes de retrou
1.
GALANT. 273
ver la Croix dans le che-.
min , des Eglifes Chrétiennes en chaque village , &
des habitans tous Chré-.
tiens , nous remit un peude
nos fatigues. Nous arrivâmes le 2. de Juillet à Teflis ,
Capitale de Georgie , où
les Peres Capucins Italiens,
qui vinrent avec beaucoup
de Catholiques au devant
de nous , nous menerent logerrchez eux. Ils étoient ra-.
vis d'y voir un Evêque Latin , n'y en ayant jamais eu
depuis foixante ans qu'ils .
font établis. Ils m'ont fait
274 MERCURE
officier le Dimanche cinq
Juillet , & le Vendredi fuivant , aufquels ils folemnifent la Nativité de faint
Jean- Baptifte & la fête de
faint Pierre & faint Paul ,
felon le vieux Calendrier
qu'ils fuivent avec les Georgiens & Armeniens.
Ils m'ont mené faluer le
Prince de Georgie , qui
commande à la place de
fon frere , qui eft Generaliffime du Roy de Perfe au
fiege de la fortereſſe de
Candahar , qu'il eſt allé reprendre vers le Mogol. J'ai
GALANT. 275
vû aufli ſon autre frere , &
plufieurs perfonnes de la
famille Royale , tous Chrétiens , & qui nous demandent des nouvelles des guerres de la Chrétienté. Ils furent affligez de la mort de
l'Empereur , dont la nouvelle vint à
Conftantinople
à nôtre départ.
Onapreffé plufieurs fois
le Prince qui commande
de fe faire Mahometan :
mais il eft toûjours demeuré ferme , offrant de quitter
plûtôt le commandement
que la Religion Chrétien
$
276 MERCURE
ne, & s'excufant auprés du
Roy de Perfe fur un vœu
particulier qu'il avoit fait
de la profeffer toûjours. Le
nom de ce Prince eft Vak--
tank..
C'eft une chofe confolante de voir qu'un pays
auffi refferré que la Geor--
gie par les Infideles , s'eft
toûjours confervé dans le
Chriftianifme depuis que
les Perfans l'ont fubjugué..
On compte à Teflis treize:
Eglifes Georgiennes , &
neufArmeniennes , & celle:
des Peres Capucins , qui eſt:
GALANT. 277
affez grande & tous lesjours
remplie de Catholiques. Il
y a dans la Citadelle , qui
eft vafte, fept Eglifes Georgiennes mais comme les
Mahometans feuls y de
meurent , ils les ont profanées. Ils y ont feulement
deux Molquées , & deux
dans la ville , mais fans minarets ou tours pour appeller à leurs prieres ; au
lieu que nous entendons de
côté & d'autre les cloches
des Chrétiens , qui ont de
grands clochers ou tours
depierres fur une partie de
278 MERCURE
leurs Eglifes. Les Georgiens le difent defcendus
des Iberiens venus d'Efpagne.
J'ai vu officier le 11. Juillet leur Catholicos , qui à
fous lui cinquante - deux
Archevêques ou Evêques.
Il y avoit trois Archevêques.
& neuf Prêtres qui celebroient la Meſſe avec lui :
le refte du Clergé y ſervoit
& les Chantres laïques
ayant un Prêtre ou Religieux à leur tête, faifoient
une fymphonie affez grave
dans la nefà côté gauche.
GALANT. 279
Le Prince ayant fçûlaveille
que je devois aller voir of
ficier le Catholicos , qui eſt
fon frere , avoit donné ordre que j'y euffe toute la
fatisfaction que je pourrois
defirer.
Maplus grande peine à
Teflis a été d'entendre à
mon arrivée les plaintes
des Miffionnaires fur le pitoyable état de leur Mif
fion : ils medirent qu'à peine M. Michel , Envoyé du
Royà la Cour de Perfe , où
il leuravoit obtenu & à toutes les Miffions plufieurs
a
280 MERCURE
commandemens favora
bles , étoit forti du Royaume,que la perfecution avoit
recommencé. Les Armeniens vinrent affieger l'Eglife & la maifon des Peres , qu'ils vouloient tuer :
ne pouvant y reuſfir , ils allerent piller dix-huit maifons des Catholiques , &en
battirent pluſieurs , qu'ils
laifferent comme morts
fans qu'on en pût avoir juſtice.
1
Les Armeniens font venus pour fermer la porte
de l'Eglife des Peres de TeAlis .
GALANT. 281
>
Alis & celle de Gori en
Georgie, qui n'attend que
le moment de l'être , comme le font déja celles de
Gangia , de Chamoké , &
de Tauris.
Celle de Gangia fouffre
depuis ce temps - là une fi
cruelle perfecution , que le
Superieur aété mis plufieurs
fois fous le bâton , & avanizé de trés- groſſe ſomme.
Enfin l'ayant été encore depuis peu , il a été obligé de
s'enfuir vers la Mofcovie ,
&fon compagnonà Teflis,
où il fe refugia en ma pre-
·May 1712.
Aa
282 MERCURE
fence chez les Peres..
La Miffion de Tauris ,
poffedée par les Reverends
Peres Capucins de la Province de Touraine , aprés
plufieurs perfecutions , fut
fermée le 11. Janvier , en
forte que les Peres font demeurez fans communica
tion &fans fecours ; & j'ap
prends que le Patriarche
veutdonnerle dernier coup
aux Miffions , & chaffer en
tierement les Miffionnaires. Ce Patriarche a tellement le deffus , que dans le
Ragan ou écrit qu'il a ob-
GALANT. 283
tenu , il eſt marqué que fi
le Patriarche ne voulant pas
qu'ils reftent dans les lieux
où ils font , & qui font fpecifiez , comme Hifpahan ,
Jutpha , Hamadan , Chiras , Tauris , Gangia, Chamaquiés, Teflis, &tous autres qui font dans le Royaume, & s'il a deffem d'acheter
leurs maiſons , il pourra les
faire vendre fuivant l'efti
mation du Juge de la ville.
Le Prince de Teflis m'a
donné mille marques d'affection ; il m'a donné un
repas à fa maiſon de plaiAa ij
284 MERCURE
fance avec , avec quantité de
Prelats & Seigneurs de ſa
Cour , & m'a fait preſent
d'un cheval , &c. V. S.
SHQIP
Cette Lettre eft trés- -
curieufe , en ce qu'elle
fait voir naïvement l'é
tat où eft à preſent le
Chriftianifme dans ces
pays- là , d'où l'on reçoit
peu de nouvelles auffi
certaines que celles- ci
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Résumé : Extrait d'une Lettre de M. Galiczon, Evêque d'Agathople, & Coadjuteur de Babylone, à M... A Teflis ce 3. Août 1711.
La lettre de M. Galiczon, Évêque d'Aga thople et Coadjuteur de Babylone, datée du 3 août 1711 à Teflis, relate les péripéties de son voyage depuis la Mer Noire jusqu'à Teflis. Après avoir débarqué à Arkaval dans le Bachalie, une région de l'ancien Royaume de Géorgie dominée par les Turcs, Galiczon et son groupe ont dû emprunter cette route pour atteindre la Perse. Le 16 juin, M. Richard fut tué par un Turc, obligeant le groupe à continuer son chemin à travers des montagnes et des forêts dangereuses. À Calfikais, ils se firent passer pour des marchands français pour éviter les ennuis. Des Arméniens catholiques les aidèrent à plusieurs reprises, mais ils furent contraints de payer des pots-de-vin à divers officiels, y compris un douanier et un Mouffa, qui les soupçonnaient d'être des espions. Après avoir payé des sommes importantes, ils furent autorisés à partir. Le 30 juin, ils entrèrent en Géorgie, un pays chrétien dépendant du roi de Perse. Ils furent accueillis par des Pères Capucins italiens à Teflis, où ils célébrèrent plusieurs messes. Galiczon rencontra le prince de Géorgie, Vak-tank, et d'autres membres de la famille royale, tous chrétiens. Ces derniers exprimèrent leur tristesse concernant la mort de l'empereur et leur intérêt pour les guerres de la chrétienté. La Géorgie, malgré sa domination par les infidèles, a conservé sa foi chrétienne. Teflis compte treize églises géorgiennes, neuf arméniennes et une des Pères Capucins. Les missionnaires y subissent des persécutions, notamment de la part des Arméniens. La mission de Tauris a été fermée, et le patriarche cherche à chasser les missionnaires. Le prince de Teflis montra beaucoup d'affection à Galiczon, lui offrant un repas et des présents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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781
p. 11-36
« On a grand tort de faire des excuses d'un repas [...] »
Début :
On a grand tort de faire des excuses d'un repas [...]
Mots clefs :
Table, Festin, Repas, Frugalité, Cordialité, Anciens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a grand tort de faire des excuses d'un repas [...] »
Ona grand tort de faire
des excufes d'un repas fru
gal: les repas où l'on mange peu , ne font pas ceux
où l'on parle le plus , mais
ceux où l'on parle mieux.
Il femble que la frugalité
fourniffe les converfations
I2 MERCURE
de table les plus cenfées ,
& les plus agreables. J'entends par frugalité celle du
vin auffi bien que celles
des viandes ; on fçait affez
que le vin pris juſqu'à certain degré nous donne de
l'enjoüement , de l'efprit
& de la cordialité pour les
convives , mais que tout
cela degenere en beſtiſe ,
& en brutalité quand on
boit trop. Ainfi comme on
ne doit aimer la table qu'-
autant qu'elle contribue à
la douceur de la focieté &
de l'union , le repas frugal
GALANT. 13
eft tousjours le plus aimable.
Plutarque définit la table une focieté , qui par le
commerce du plaifir & du
vin, & l'entremise des graces , fe termine en amitié;
c'en eft auffi bien la définition que la fin. Elle augmente la bienveillance
dans les amis , par la meſme raifon qu'elle l'engendre dans les ennemis. Les
Anciens , dit Athenée,l'ont
appellée agape , charité.
Pour cette raiſon , on ne
doit venir à table que pour
14 MERCURE
y gagner l'amitié de quelqu'un des conviez. Levin,
dit Athenée , eft le filtre
de l'amitié ; il femble que
la meſme nourriture pro-,
duifant les mefmes qualitez dans le ſang & dans les
efprits , produit la fimpathie entre les convicz ; les
efprits y font montez fur
le mefme ton 2 & par ce
moyendeviennentun meſme corps & une mefme
ame. Les effets contraires
fe remarquent dans les
hommes & dans les animaux qui vivent de diffe-
GALANT.
rentes nourritures. Voyez.
cet homme extraordinaire
qui fe met au deffus de
toutes les bienféances , &
de tous les devoirs , qui
oublie mefme en voltre
prefence que vous foyez
au monde. Mettez une
bouteille de bon vin entre
vous & luy , le voila fociable , vous diriez qu'il vous
mais ce n'eſt pas
cela , ce font les efprits du
vin qui fe réuniffent , &
qui le lient avec vous ; l'effet du vin paffé , il ne ſonge plus à vous : hors la
aime
16 MERCURE
table n'attendez de luy ny
politeffe ny honnefteté
vous ne le retrouverez qu'à
la premiere bouteille que
vous boirez enfemble.
Les Anciens avoient raifon de croire menfa Deos
Tone
adeffe,felonle rapportd'Ovide & de Caftor. Afclepiade rapporte que Paufanias eftoit bien fondé de
dire qu'un repas fage &
bien entendu eftoit un
conciliabule des Dieux fociables , puifque l'amitié ,
la gayeté , & l'élevation
d'efprit , qu'on nommefageffe ,
GALANT. 17
geffe. , font les Dieux tutelaires des hommes qui
y préſident , & en font
l'efprit.
Les Anciens regardo ent
la table comme une chofe
facrée. Arnobe dit que les
Romains y eftabliſſoient
I'Idole d'un Dieu qu'ils regardoient commeprotecteur
&genie de la table , dit . il ,
Sam, ad
facitis menfas falinorum.appofitu , & fimulacris Deorum
ils invoquoient les Dieux
en s'y mettant adifti- menquam cùm venire cupimus , Deas invocamus , die
Juin 1712.
B
18 MERCURE
Quint. declamar. 30-1 . Ils
faifoient des libations au
commencement & à la fin
de la table , ils facrifioient
à Mercure les langues des
facrifices avec libation..
Dans Stuch 287. les libations ne ſe faifoient qu'avec duvin pur, & qui n'eftoit point forti d'une vigne fouillée par le tonnerre
par un pied bleffé , par un
pendu , &c. Id. 283. Les
habitans de Nacrale ville
d'Egypte , aux differens
fervices qu'on apportoit à
table , fe mettoient à ge-
GALANT. 19
noux , faifant des prieres ,
& fe raffeyoient , dit Athenée.
Paufanias affure , fur la
foy des anciennes Annales que les premiers Ançiens n'eftoient point plus
de trois à table à caufe du
nombre ternaire qu'ils croyent facré. La Loy Faunia
à Rome , regloit ce nombre à trois dans la maiſon ,
& cinq inforo Le nombre
de fept fut enfuite de leur
gouſt , d'où eft venu le proverbe , feptem conviviunt
novem concutiunt. Agamem
Bij
20 MERCURE
non dans l'Iliade prie ce
nombre à difner , Menelaus y vient de furcroift.
Le nombre de dix plaiſt
à Homere. Beaucoup de
villes bien policées ont
reglé le nombre , il y avoit un Officier appellé
chez les Romains Nomenclateur , Commis pour
les compter , l'hiftoire du
parafite dans
en fait foy. L'Officier ,
aprés avoir compré , dit au
parafite qui eft it le dernier à table , de fe retirer
parce qu'il eftoit le tren-
•
GALANT. ZT
te-uniéme contre la Loy
qui n'en permettoit que
trente : recomprez , dit le
parafite , & commencez
par moy , & vous verrez
que je ne fuis point furnumeraire. Stuch 146.
Parafite eftoit chez les
Anciens celuy qui avoit le'
foin de chofir les mets
pour les feftins facrez , ce
qui leur donna occafion
de prendre les droits fur
tous les marchands de
vivres >
& d'eftre appellez à tous les repas ;
ainfi cet employ d'hon-
22 MERCURE
nefte qu'il eftoit d'abord ,
devint honteux.
Les anciens Hebreux
felon le nouveau Teftament , lavoient les pieds,
avant le repas. Homere dit
la mefme chofe , & adjoufte avec Virgile , qu'ils lavoient auffi les mains devant & aprés le repas , per
fingula fercula , apparemment dans tous les fervices chez les Romains, comme il paroift dans Lampridius , qui dit que Heliogabale faifoit fervir des mets
de cire & de marbre à fes
GALANT 23
parafites , & leur faifoit laver les mains perfingula fercula quafi fi comediffent. Ils
ne faifoient que fe tourner
fans fe lever de table. Retrorfufqueconverfus , tanquam
monitus aquam poftularent.
On mettoit du nitre dans
cette eau pour mieux dé
craffer , & des odeurs. Les
Lacedemoniens fe nettoyoient les mains à table
avec une mie de pain , il
en eft fait mention dans
Homere.
Chez les Grecs , les Hilarodes ou Chanteurs de
24 MERCURE
chanfons agreables , & qui
exerçoient la fcience gaye
des Provençaux , eſtoient
placez au milieu des conviez dans le feftin. Il paroift que ces Chanteurs
eftoient fort estimez chez
les Anciens. Demofthenes
difoit , qu'ils meritoient
d'eftre honorez par tout le
monde, & loriqu'il fit main
baffe fur les amants de Penelope , il laiffa la vie au
Chantre Fenecus par la
mefme railon. Les Gau
lois honoroient de la mef
mefaçon leurs Trouveres
4
•
Ou
GALANT. 25
oubaladins , & aprés qu'ils
en avoient efté divertis à
table & dans leurs feftins ,
ils fe dépouilloient de leurs
leur donnoient
plus belles robes , & les
champ.
fur le
Socrate , dans le Protagoras , traitte d'ignorants ,
& de miferables qui n'ont
rien à dire , ceux qui met,
tent la Mufique & les Baladins à la place de la converfation. C'est pourquoy
dans ce noble banquet de
Platon , la chanteuse en eft
exclue & renvoyée pour
Juin 1712.
C
26 MERCURE
chanter aux femmes. 'D'un
autre cofté Xenophon
7
dans fon banquet , où Socrate & Anthiftenes font
conviez , Philippe boufon
y eft introduit , & aprés le
repas une jolie fille & un
joli garçon danferent.
Socrate dans Xenophon
dit qu'il faut éviter ce qui
excite à manger & à
boire fans faim & fans
foif. On peut adjouſter
qu'il faut faire le contrai -
re pour la converſation ,
c'eſt à- dire , chercher des
difccurs qui reveillent l'ap-
GALANT. 27
petit & la curiofité languiffante de l'efprit ; il
faut épargner la raillerie
à table , & ménager des
efprits échauffez de vin.
Il ne faut entreprendre
dans une réjoüiffance que
ce qu'on peut dire & faire
agreablement, felon la couftume des Lacedemoniens
qui aimoient le plaifir de
la table & la danſe. Antiochus ayant dansé armé
avec les amis , quand ce
vint au tour de Hegefianacte , au lieu de danſer il
fe fauva , & dit à haute
Cij
28 MERCURE
t
voix , Choififfez , Antiochus , ou de me voir mal
danfer , ou de m'entendre
reciter des vers que je me
fens en difpofition de faire
fur le champ à voſtre honneur. Le Prince ayant accepté ce dernier party ,
Hegefianacte charma toute la compagnie &le Roy
particulierement , qui luy
fit de grandes liberalitez, & le retint depuis ce
temps là au nombre de fes
amis.
Les Heros d'Homere ne
mangeoient que du bœuf,
150
GALANT. 29
mefme le delicat Alcinous ;
pour honorer Ajax on leur
fert fur une affiette longa
terga boum , &c. Ils ne le
mangeoient que rofti &
fans fauce. Ces Heros ne
mangeoient que ce qu'ils
avoient apprefté eux meſmes ; & Homere parlant
d'Ulyffe, dit qu'il eftoit habile cuifinier , & qu'il fçavoit allumer le feu auffibien que perfonne du monde.
Dans les repas à Athenes on lavoit les mains
avant le deſſerts Un jeune
C iij
30 MERCURE
garçon apportoit une eau
de fenteur , un autre apportoit des couronnes de
rofes ,enfuite on fervoit du
fruit , comme poires , pommes, raifins , fraiſes , tourtes , &c. aprés quoy entroient deux courtisanes
preftigiatrices , legeres à la
danfe comme des oifeaux.
Chez les propreté
extréme , grande vaiſſelle
d'argent , ferviteurs habillez magnifiquement , &
fervantes jolies pendant
leur jeuneſſe.
Chez le Roy des Parthes
GALANT. 31
l'amy convié eft à terre , &
le Roy luy jette à manger
d'un lit eflevé. Pour la
moindre faute on l'enleve ,
& on le foüette jufqu'au
fang , & profterné à terre
il remercie celuy qui la
foüerté, comme d'unbienfait & d'une grace du Roy.
Chez les Egyptiens qui
faifoient grande chere , on
portoit les plats à la ronde
fans table. LeRoy d'Egypte eftant prifonnier d'O
chus Roy de Perfe , fe mocqua de fes repas , & luy demanda permiffion de luy
C iiij
3:2 MERCURE
montrer avec les cuifiniers,
4
Egyptiens , comment on
devoit traitter un grand
Prince. Ochus voyant fa
bonne chere , les Dieux te
confondent , Egyptien, dire
il , qui as quitté de fi bons
repas pourvenirrifquer les
miens.
Cleomene Royde Sparte , Marc- Antoine , &c.
faifoient reciter des ouvra
ges à table.
Nourriture. Table. Feftins.
Seneque appelle fon déjeuner prandium. Augufte
GALANT. 331
le nommetout de mefme ,
ce qui verifie la remarque
de Servius, que les Anciens
ne connoiffoient point noftre difner, & ne prenoient
leur repas qu'avant le coucher du Soleil. Cependant
Filemon donne aux Anciens nos quatre mefmes
repas.
Les anciens Romains ne
portoient jamais de robbe
noire à table , fur tout pendant le regne d'Augufte
Ily avoit dans tous leurs
feſtins un Roy de la table
qu'ils appelloient arbiter bie
38 MERCURE
bendi. Chacun avoit fon
plat à table , & tiroit au
fort la part qu'il devoit
a
avoir.
Au commencement les
nappes leur fervoient de
ferviettes , mais dans la
fuite ils ne fervirent plus
que pour couvrir la table,
& chacun apportoit fa ferviette.
Les Romains n'oftoient
point la table vuide , &
n'éteignoient point la lampe par principe d'humanité , pour dire qu'ils en laif.
foient aux autres.
CALANT.
Chez les Macedoniens
nul n'avoit droit d'eftre
couché à table qu'il n'euft
tué un fanglier hors des
toiles , c'eft pourquoy Caf
fandre y eftoit affis à cofté
de fon pere couché.
Nos Rois avoient auffi
couftume de faire de
grands feftins publics aux
feftes folemnelles. En Angleterre on faifoit des largeffes confiderables au peuple. Les grands Seigneurs.
en ufoient de mefme cnvers leurs vaffaux.
Convivorum numerus inci-
36 MERCURE
pere oportet à Græcorum numero , progredi ad Mufarum numerum. Il y avoit chez
les Romains & les Grecs
des prix à remporter pour
des Questions proposées à
table. A propos de Queftions de table il m'en vient
une pour le mois prochain. Je prie ceux qui
ont refpondu à celles du
mois dernier , de refpondre
à celle- cy
des excufes d'un repas fru
gal: les repas où l'on mange peu , ne font pas ceux
où l'on parle le plus , mais
ceux où l'on parle mieux.
Il femble que la frugalité
fourniffe les converfations
I2 MERCURE
de table les plus cenfées ,
& les plus agreables. J'entends par frugalité celle du
vin auffi bien que celles
des viandes ; on fçait affez
que le vin pris juſqu'à certain degré nous donne de
l'enjoüement , de l'efprit
& de la cordialité pour les
convives , mais que tout
cela degenere en beſtiſe ,
& en brutalité quand on
boit trop. Ainfi comme on
ne doit aimer la table qu'-
autant qu'elle contribue à
la douceur de la focieté &
de l'union , le repas frugal
GALANT. 13
eft tousjours le plus aimable.
Plutarque définit la table une focieté , qui par le
commerce du plaifir & du
vin, & l'entremise des graces , fe termine en amitié;
c'en eft auffi bien la définition que la fin. Elle augmente la bienveillance
dans les amis , par la meſme raifon qu'elle l'engendre dans les ennemis. Les
Anciens , dit Athenée,l'ont
appellée agape , charité.
Pour cette raiſon , on ne
doit venir à table que pour
14 MERCURE
y gagner l'amitié de quelqu'un des conviez. Levin,
dit Athenée , eft le filtre
de l'amitié ; il femble que
la meſme nourriture pro-,
duifant les mefmes qualitez dans le ſang & dans les
efprits , produit la fimpathie entre les convicz ; les
efprits y font montez fur
le mefme ton 2 & par ce
moyendeviennentun meſme corps & une mefme
ame. Les effets contraires
fe remarquent dans les
hommes & dans les animaux qui vivent de diffe-
GALANT.
rentes nourritures. Voyez.
cet homme extraordinaire
qui fe met au deffus de
toutes les bienféances , &
de tous les devoirs , qui
oublie mefme en voltre
prefence que vous foyez
au monde. Mettez une
bouteille de bon vin entre
vous & luy , le voila fociable , vous diriez qu'il vous
mais ce n'eſt pas
cela , ce font les efprits du
vin qui fe réuniffent , &
qui le lient avec vous ; l'effet du vin paffé , il ne ſonge plus à vous : hors la
aime
16 MERCURE
table n'attendez de luy ny
politeffe ny honnefteté
vous ne le retrouverez qu'à
la premiere bouteille que
vous boirez enfemble.
Les Anciens avoient raifon de croire menfa Deos
Tone
adeffe,felonle rapportd'Ovide & de Caftor. Afclepiade rapporte que Paufanias eftoit bien fondé de
dire qu'un repas fage &
bien entendu eftoit un
conciliabule des Dieux fociables , puifque l'amitié ,
la gayeté , & l'élevation
d'efprit , qu'on nommefageffe ,
GALANT. 17
geffe. , font les Dieux tutelaires des hommes qui
y préſident , & en font
l'efprit.
Les Anciens regardo ent
la table comme une chofe
facrée. Arnobe dit que les
Romains y eftabliſſoient
I'Idole d'un Dieu qu'ils regardoient commeprotecteur
&genie de la table , dit . il ,
Sam, ad
facitis menfas falinorum.appofitu , & fimulacris Deorum
ils invoquoient les Dieux
en s'y mettant adifti- menquam cùm venire cupimus , Deas invocamus , die
Juin 1712.
B
18 MERCURE
Quint. declamar. 30-1 . Ils
faifoient des libations au
commencement & à la fin
de la table , ils facrifioient
à Mercure les langues des
facrifices avec libation..
Dans Stuch 287. les libations ne ſe faifoient qu'avec duvin pur, & qui n'eftoit point forti d'une vigne fouillée par le tonnerre
par un pied bleffé , par un
pendu , &c. Id. 283. Les
habitans de Nacrale ville
d'Egypte , aux differens
fervices qu'on apportoit à
table , fe mettoient à ge-
GALANT. 19
noux , faifant des prieres ,
& fe raffeyoient , dit Athenée.
Paufanias affure , fur la
foy des anciennes Annales que les premiers Ançiens n'eftoient point plus
de trois à table à caufe du
nombre ternaire qu'ils croyent facré. La Loy Faunia
à Rome , regloit ce nombre à trois dans la maiſon ,
& cinq inforo Le nombre
de fept fut enfuite de leur
gouſt , d'où eft venu le proverbe , feptem conviviunt
novem concutiunt. Agamem
Bij
20 MERCURE
non dans l'Iliade prie ce
nombre à difner , Menelaus y vient de furcroift.
Le nombre de dix plaiſt
à Homere. Beaucoup de
villes bien policées ont
reglé le nombre , il y avoit un Officier appellé
chez les Romains Nomenclateur , Commis pour
les compter , l'hiftoire du
parafite dans
en fait foy. L'Officier ,
aprés avoir compré , dit au
parafite qui eft it le dernier à table , de fe retirer
parce qu'il eftoit le tren-
•
GALANT. ZT
te-uniéme contre la Loy
qui n'en permettoit que
trente : recomprez , dit le
parafite , & commencez
par moy , & vous verrez
que je ne fuis point furnumeraire. Stuch 146.
Parafite eftoit chez les
Anciens celuy qui avoit le'
foin de chofir les mets
pour les feftins facrez , ce
qui leur donna occafion
de prendre les droits fur
tous les marchands de
vivres >
& d'eftre appellez à tous les repas ;
ainfi cet employ d'hon-
22 MERCURE
nefte qu'il eftoit d'abord ,
devint honteux.
Les anciens Hebreux
felon le nouveau Teftament , lavoient les pieds,
avant le repas. Homere dit
la mefme chofe , & adjoufte avec Virgile , qu'ils lavoient auffi les mains devant & aprés le repas , per
fingula fercula , apparemment dans tous les fervices chez les Romains, comme il paroift dans Lampridius , qui dit que Heliogabale faifoit fervir des mets
de cire & de marbre à fes
GALANT 23
parafites , & leur faifoit laver les mains perfingula fercula quafi fi comediffent. Ils
ne faifoient que fe tourner
fans fe lever de table. Retrorfufqueconverfus , tanquam
monitus aquam poftularent.
On mettoit du nitre dans
cette eau pour mieux dé
craffer , & des odeurs. Les
Lacedemoniens fe nettoyoient les mains à table
avec une mie de pain , il
en eft fait mention dans
Homere.
Chez les Grecs , les Hilarodes ou Chanteurs de
24 MERCURE
chanfons agreables , & qui
exerçoient la fcience gaye
des Provençaux , eſtoient
placez au milieu des conviez dans le feftin. Il paroift que ces Chanteurs
eftoient fort estimez chez
les Anciens. Demofthenes
difoit , qu'ils meritoient
d'eftre honorez par tout le
monde, & loriqu'il fit main
baffe fur les amants de Penelope , il laiffa la vie au
Chantre Fenecus par la
mefme railon. Les Gau
lois honoroient de la mef
mefaçon leurs Trouveres
4
•
Ou
GALANT. 25
oubaladins , & aprés qu'ils
en avoient efté divertis à
table & dans leurs feftins ,
ils fe dépouilloient de leurs
leur donnoient
plus belles robes , & les
champ.
fur le
Socrate , dans le Protagoras , traitte d'ignorants ,
& de miferables qui n'ont
rien à dire , ceux qui met,
tent la Mufique & les Baladins à la place de la converfation. C'est pourquoy
dans ce noble banquet de
Platon , la chanteuse en eft
exclue & renvoyée pour
Juin 1712.
C
26 MERCURE
chanter aux femmes. 'D'un
autre cofté Xenophon
7
dans fon banquet , où Socrate & Anthiftenes font
conviez , Philippe boufon
y eft introduit , & aprés le
repas une jolie fille & un
joli garçon danferent.
Socrate dans Xenophon
dit qu'il faut éviter ce qui
excite à manger & à
boire fans faim & fans
foif. On peut adjouſter
qu'il faut faire le contrai -
re pour la converſation ,
c'eſt à- dire , chercher des
difccurs qui reveillent l'ap-
GALANT. 27
petit & la curiofité languiffante de l'efprit ; il
faut épargner la raillerie
à table , & ménager des
efprits échauffez de vin.
Il ne faut entreprendre
dans une réjoüiffance que
ce qu'on peut dire & faire
agreablement, felon la couftume des Lacedemoniens
qui aimoient le plaifir de
la table & la danſe. Antiochus ayant dansé armé
avec les amis , quand ce
vint au tour de Hegefianacte , au lieu de danſer il
fe fauva , & dit à haute
Cij
28 MERCURE
t
voix , Choififfez , Antiochus , ou de me voir mal
danfer , ou de m'entendre
reciter des vers que je me
fens en difpofition de faire
fur le champ à voſtre honneur. Le Prince ayant accepté ce dernier party ,
Hegefianacte charma toute la compagnie &le Roy
particulierement , qui luy
fit de grandes liberalitez, & le retint depuis ce
temps là au nombre de fes
amis.
Les Heros d'Homere ne
mangeoient que du bœuf,
150
GALANT. 29
mefme le delicat Alcinous ;
pour honorer Ajax on leur
fert fur une affiette longa
terga boum , &c. Ils ne le
mangeoient que rofti &
fans fauce. Ces Heros ne
mangeoient que ce qu'ils
avoient apprefté eux meſmes ; & Homere parlant
d'Ulyffe, dit qu'il eftoit habile cuifinier , & qu'il fçavoit allumer le feu auffibien que perfonne du monde.
Dans les repas à Athenes on lavoit les mains
avant le deſſerts Un jeune
C iij
30 MERCURE
garçon apportoit une eau
de fenteur , un autre apportoit des couronnes de
rofes ,enfuite on fervoit du
fruit , comme poires , pommes, raifins , fraiſes , tourtes , &c. aprés quoy entroient deux courtisanes
preftigiatrices , legeres à la
danfe comme des oifeaux.
Chez les propreté
extréme , grande vaiſſelle
d'argent , ferviteurs habillez magnifiquement , &
fervantes jolies pendant
leur jeuneſſe.
Chez le Roy des Parthes
GALANT. 31
l'amy convié eft à terre , &
le Roy luy jette à manger
d'un lit eflevé. Pour la
moindre faute on l'enleve ,
& on le foüette jufqu'au
fang , & profterné à terre
il remercie celuy qui la
foüerté, comme d'unbienfait & d'une grace du Roy.
Chez les Egyptiens qui
faifoient grande chere , on
portoit les plats à la ronde
fans table. LeRoy d'Egypte eftant prifonnier d'O
chus Roy de Perfe , fe mocqua de fes repas , & luy demanda permiffion de luy
C iiij
3:2 MERCURE
montrer avec les cuifiniers,
4
Egyptiens , comment on
devoit traitter un grand
Prince. Ochus voyant fa
bonne chere , les Dieux te
confondent , Egyptien, dire
il , qui as quitté de fi bons
repas pourvenirrifquer les
miens.
Cleomene Royde Sparte , Marc- Antoine , &c.
faifoient reciter des ouvra
ges à table.
Nourriture. Table. Feftins.
Seneque appelle fon déjeuner prandium. Augufte
GALANT. 331
le nommetout de mefme ,
ce qui verifie la remarque
de Servius, que les Anciens
ne connoiffoient point noftre difner, & ne prenoient
leur repas qu'avant le coucher du Soleil. Cependant
Filemon donne aux Anciens nos quatre mefmes
repas.
Les anciens Romains ne
portoient jamais de robbe
noire à table , fur tout pendant le regne d'Augufte
Ily avoit dans tous leurs
feſtins un Roy de la table
qu'ils appelloient arbiter bie
38 MERCURE
bendi. Chacun avoit fon
plat à table , & tiroit au
fort la part qu'il devoit
a
avoir.
Au commencement les
nappes leur fervoient de
ferviettes , mais dans la
fuite ils ne fervirent plus
que pour couvrir la table,
& chacun apportoit fa ferviette.
Les Romains n'oftoient
point la table vuide , &
n'éteignoient point la lampe par principe d'humanité , pour dire qu'ils en laif.
foient aux autres.
CALANT.
Chez les Macedoniens
nul n'avoit droit d'eftre
couché à table qu'il n'euft
tué un fanglier hors des
toiles , c'eft pourquoy Caf
fandre y eftoit affis à cofté
de fon pere couché.
Nos Rois avoient auffi
couftume de faire de
grands feftins publics aux
feftes folemnelles. En Angleterre on faifoit des largeffes confiderables au peuple. Les grands Seigneurs.
en ufoient de mefme cnvers leurs vaffaux.
Convivorum numerus inci-
36 MERCURE
pere oportet à Græcorum numero , progredi ad Mufarum numerum. Il y avoit chez
les Romains & les Grecs
des prix à remporter pour
des Questions proposées à
table. A propos de Queftions de table il m'en vient
une pour le mois prochain. Je prie ceux qui
ont refpondu à celles du
mois dernier , de refpondre
à celle- cy
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Résumé : « On a grand tort de faire des excuses d'un repas [...] »
Le texte explore le rôle des repas dans la société antique, en soulignant l'importance de la frugalité et de la modération. Les repas frugaux favorisent des conversations plus sensées et agréables. Le vin, consommé avec modération, peut apporter de l'enjouement et de l'esprit, mais en excès, il mène à la bestialité. Plutarque définit la table comme un lieu de société où le plaisir et le vin peuvent se terminer en amitié. Les Anciens considéraient la table comme un lieu sacré, où l'on invoquait les dieux et faisait des libations. Le nombre de convives était souvent réglementé, et les repas suivaient des rites spécifiques, comme le lavage des mains et des pieds. Les anciens Grecs et Romains avaient des pratiques particulières lors des repas. Par exemple, ils invitaient souvent des chanteurs ou des bouffons pour divertir les convives. Le texte mentionne également des héros comme ceux d'Homère, qui mangeaient du bœuf rôti sans sauce et préparaient eux-mêmes leur nourriture. Les repas étaient souvent accompagnés de danses et de récitations. Les Romains avaient des coutumes spécifiques, comme l'interdiction de porter des robes noires à table et l'usage de serviettes personnelles. Les grands festins publics étaient courants chez les rois et les nobles, et des prix étaient parfois offerts pour des questions posées lors des repas.
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782
p. 47-48
MARIAGE.
Début :
Monsieur le Marquis de Mesmes, connu cy-devant sous le [...]
Mots clefs :
Marquis de Mesmes, Ravignan
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Monfieur le Marquis de
Mefmes, connu cy- devant
fous le nom de Ravignan,
Senechal du Marfan , Marefchal des Camps & Ar
mées du Roy , Inspecteur
general d'Infanterie, fils de
feu Meffire Alcibiades de
Mefmes Marquis de Ravignan, Senechal & Gouver
48 MERCURE
neurdu Marfan, & de feue
Dame Marie de Vignes , a
épousé Mademoiſelle Racine fille de MeffireMichel
Racine Efcuyer , Receveur
general des finances d'Alençon , & de Dame Petronille Vanderlinde. Je ne
parle pas de la famille de
Mr le Marquis de Meſmes ,
je renvoye le Lecteur à ce
que j'en ay dit au fujet de
Monfieur le Premier Préfident dans le Mercure de:
Janvier 1712. page 22
Monfieur le Marquis de
Mefmes, connu cy- devant
fous le nom de Ravignan,
Senechal du Marfan , Marefchal des Camps & Ar
mées du Roy , Inspecteur
general d'Infanterie, fils de
feu Meffire Alcibiades de
Mefmes Marquis de Ravignan, Senechal & Gouver
48 MERCURE
neurdu Marfan, & de feue
Dame Marie de Vignes , a
épousé Mademoiſelle Racine fille de MeffireMichel
Racine Efcuyer , Receveur
general des finances d'Alençon , & de Dame Petronille Vanderlinde. Je ne
parle pas de la famille de
Mr le Marquis de Meſmes ,
je renvoye le Lecteur à ce
que j'en ay dit au fujet de
Monfieur le Premier Préfident dans le Mercure de:
Janvier 1712. page 22
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Résumé : MARIAGE.
Le texte annonce le mariage entre le Marquis de Mesmes, dit Ravignan, et Mademoiselle Racine. Le Marquis est Sénéchal du Marfan, Maréchal des Camps et Armées du Roy, Inspecteur général d'Infanterie. Mademoiselle Racine est la fille de Michel Racine, Receveur général des finances d'Alençon. Le texte renvoie à une précédente publication du Mercure de janvier 1712 pour plus d'informations.
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783
p. 158-165
Lettre d'une Dame infirme qui ne pouvoit faire réponse.
Début :
L'émulation, qui peut-estre est chez moy un composé de [...]
Mots clefs :
Infirme, Migraine, Vers, Constance
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texteReconnaissance textuelle : Lettre d'une Dame infirme qui ne pouvoit faire réponse.
Lettre d'une Dame
infirme qui nepouvoit
faire réponse.
L'émulation , qui
peut-eftre eft chez moy
GALANT. 159
uncompofé de la vanité,
& de l'amitié que jay
pour vous , l'émulation
dis-je, eft l'éguillon le plus
propre à reveiller l'ima
gination ; j'avois cru
que vos vers feroient
cet effet fur la mienne ;
maisunemigraine continuelle y amis bon ordre,
je fuis tombée dans une
telle langueur , que vos
vers n'ont pû tirer de
moy qu'une admiration
muette, car la langueur
160 MERCURE
T
&la pareffe n'ôtent point
la faculté d'admirer, t
Qui le pouroit imaginer
Vif efprit veut m'abandonner
Qu'il prend mal for
temps pour magloire
Point nefçaurois luypardonner
Jevoulois ton los entonner
Par vers dignes de toy
mais voir
Qui le pouroit.
Cette migraine me
rendpeut- eftre un grand
GALANT. 161
fervice , en m'épargnant
la honte de répondre
mal , tout ce que je puis
faire c'eft de donner à
quelques amis de longs
& d'agreables dînez, car
vous en connoiſſez deux
qui ont tout l'efprit du
monde, ils chantent vos
louanges le verre en main
celà ne vaut-il pas bien
les vers froids , d'un
malade.
Qui les pouroit aßaifonner.
Juin 1712.
O
162 MERCURE
Nos repas &les guer
wedonner
De ta prefence, peut-on
croire
Que tu daignes abandonner
Ce lieu charmant dont la
memoire
Doit encore t'éguillouner
Mais tu promets trop
pour tagloire
Grandes promeßes frais
donner
Tu voudrais les tenie,
mais voire
GALANT. 163
Qui le pouroit.
de
Une malade rens pour
vous ces petits voya
ges auffi difficiles que
feroient pour moy ceux
l'Amerique , la plaine
de Vileneuve vous paroît
plus feche & plus longue que les Landes de
Bordeaux , & la riviere
de Paris à Vileneuve
vous paroift un Ocean
impraticable.
Qui le pouroit imaginer
O ij
164 MERCURE
Que Conftance pût Se
borner
Autrefois l' Amour&fes
aîles
Pour voguer vousfervoit
de voiles
Nulperil n'eutpú t'étonner
Mais pourquoy me tant
chagriner
Je fuis encore dans ta
memoire
Tu m'écris, c'eft chofe
notoire
GALANT. 165
Onedevroit pluftoft
s'étonner
Que conftance on ne put
borner
Tous les Amants , il le
faut croire
Pour leur plaifir &pour
leur gloire
Voudroienteftreconftants
mais voire
Qui le pouroit
infirme qui nepouvoit
faire réponse.
L'émulation , qui
peut-eftre eft chez moy
GALANT. 159
uncompofé de la vanité,
& de l'amitié que jay
pour vous , l'émulation
dis-je, eft l'éguillon le plus
propre à reveiller l'ima
gination ; j'avois cru
que vos vers feroient
cet effet fur la mienne ;
maisunemigraine continuelle y amis bon ordre,
je fuis tombée dans une
telle langueur , que vos
vers n'ont pû tirer de
moy qu'une admiration
muette, car la langueur
160 MERCURE
T
&la pareffe n'ôtent point
la faculté d'admirer, t
Qui le pouroit imaginer
Vif efprit veut m'abandonner
Qu'il prend mal for
temps pour magloire
Point nefçaurois luypardonner
Jevoulois ton los entonner
Par vers dignes de toy
mais voir
Qui le pouroit.
Cette migraine me
rendpeut- eftre un grand
GALANT. 161
fervice , en m'épargnant
la honte de répondre
mal , tout ce que je puis
faire c'eft de donner à
quelques amis de longs
& d'agreables dînez, car
vous en connoiſſez deux
qui ont tout l'efprit du
monde, ils chantent vos
louanges le verre en main
celà ne vaut-il pas bien
les vers froids , d'un
malade.
Qui les pouroit aßaifonner.
Juin 1712.
O
162 MERCURE
Nos repas &les guer
wedonner
De ta prefence, peut-on
croire
Que tu daignes abandonner
Ce lieu charmant dont la
memoire
Doit encore t'éguillouner
Mais tu promets trop
pour tagloire
Grandes promeßes frais
donner
Tu voudrais les tenie,
mais voire
GALANT. 163
Qui le pouroit.
de
Une malade rens pour
vous ces petits voya
ges auffi difficiles que
feroient pour moy ceux
l'Amerique , la plaine
de Vileneuve vous paroît
plus feche & plus longue que les Landes de
Bordeaux , & la riviere
de Paris à Vileneuve
vous paroift un Ocean
impraticable.
Qui le pouroit imaginer
O ij
164 MERCURE
Que Conftance pût Se
borner
Autrefois l' Amour&fes
aîles
Pour voguer vousfervoit
de voiles
Nulperil n'eutpú t'étonner
Mais pourquoy me tant
chagriner
Je fuis encore dans ta
memoire
Tu m'écris, c'eft chofe
notoire
GALANT. 165
Onedevroit pluftoft
s'étonner
Que conftance on ne put
borner
Tous les Amants , il le
faut croire
Pour leur plaifir &pour
leur gloire
Voudroienteftreconftants
mais voire
Qui le pouroit
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Résumé : Lettre d'une Dame infirme qui ne pouvoit faire réponse.
En juin 1712, une dame infirme écrit une lettre exprimant son admiration pour les vers d'un destinataire. Elle est empêchée de répondre adéquatement en raison d'une migraine continue qui la plonge dans une grande langueur. Cette migraine lui évite la honte de mal répondre, mais elle regrette de ne pouvoir exprimer ses louanges par des vers dignes de lui. Elle se contente d'organiser des dîners agréables avec quelques amis qui chantent les louanges du destinataire. La dame évoque également les difficultés de voyage, comparant les distances et les rivières à des obstacles impraticables. Elle exprime son chagrin et sa surprise que l'amour et la confiance puissent se borner, tout en affirmant que le destinataire reste dans sa mémoire. La lettre se conclut par une réflexion sur la constance des amants, qui cherchent toujours à plaire et à glorifier leurs sentiments.
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784
p. 187-189
PROMOTION de Cardinaux.
Début :
Le 18. May le Pape a remply les dix-huit Places [...]
Mots clefs :
Promotion de Cardinaux, Pape
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texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Cardinaux.
PROMOTION
de Cardinaux.
Le 18. May le Pape a
remply les dix - huit Places
vacantes dans le Sacré College fçavoir , les onze
faits fuivans , & il en a retenu ſept in petto.
MESSIEURS
Davia.
Cufani.
Piazza , Nonce à Vienne.
Zondodari.
De Rohan , Evefque de
Strafbourg , pour la
France.
Qij
188 MERCURE
le Cunha de Ataïdé , pour
Portugal.
Schrottembach , Evefque
d'Olmuts, pour Vienne.
Priuli , Auditeur de Rote ,
pour Venife.
Tolomei , Jefuite.
Thomafi , Theatin.
Caffini , Capucin , Prédicateur du Palais Apoftolique.
Les fept retenusin petto,
font :
Celuy pour l'Espagne , &
les trois du Palais ; fçavoir:
Corradini , Miniftre de la
Chambre.
GALANT. 189
Pico, Majordome.
Driaghi , Secretaire de la
Chambre. Ces quatre
font feurs.
L'Abbé de Polignac eft
le cinquiéme felon toute
apparence , l'Evefque de
Barcelonne le fixiéme.
MrBuffi , Nonce de Pologne , le feptiéme.
de Cardinaux.
Le 18. May le Pape a
remply les dix - huit Places
vacantes dans le Sacré College fçavoir , les onze
faits fuivans , & il en a retenu ſept in petto.
MESSIEURS
Davia.
Cufani.
Piazza , Nonce à Vienne.
Zondodari.
De Rohan , Evefque de
Strafbourg , pour la
France.
Qij
188 MERCURE
le Cunha de Ataïdé , pour
Portugal.
Schrottembach , Evefque
d'Olmuts, pour Vienne.
Priuli , Auditeur de Rote ,
pour Venife.
Tolomei , Jefuite.
Thomafi , Theatin.
Caffini , Capucin , Prédicateur du Palais Apoftolique.
Les fept retenusin petto,
font :
Celuy pour l'Espagne , &
les trois du Palais ; fçavoir:
Corradini , Miniftre de la
Chambre.
GALANT. 189
Pico, Majordome.
Driaghi , Secretaire de la
Chambre. Ces quatre
font feurs.
L'Abbé de Polignac eft
le cinquiéme felon toute
apparence , l'Evefque de
Barcelonne le fixiéme.
MrBuffi , Nonce de Pologne , le feptiéme.
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Résumé : PROMOTION de Cardinaux.
Le 18 mai, le Pape a nommé dix-huit nouveaux cardinaux. Onze nominations ont été publiées, incluant Davia, Cufani et De Rohan. Sept nominations ont été gardées secrètes, parmi lesquelles Corradini et l'Abbé de Polignac. M. Buffi, Nonce de Pologne, est également nommé secrètement.
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785
p. 189-193
Remarques sur la maison de Rohan. [titre d'après la table]
Début :
La Maison de Rohan, qui est une des plus grandes [...]
Mots clefs :
Maison de Rohan, Bretagne
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texteReconnaissance textuelle : Remarques sur la maison de Rohan. [titre d'après la table]
La Maiſon de Rohan ,
quieftune des plus grandes
& des plus illuftres de l'Europe , tire fon origine par
les Comtes dePhoruoet des
anciens Rois & Souverains
de Bretagne. Elle a eſté
...
190 MERCURE
alliée par cinq differentes
fois avec la Maiſon des
Ducs de Bretagne.La Tante d'Anne de Bretagne ,
Reine de France & de Navarre , fille du Duc de Bretagne , eſt la derniere alliance qu'il y ait euë entre
la Maiſon de Bretagne &la
Maifon de Rohan. On
donna cent mille écus ,
fomme tres - confiderable
dans ce temps- là , & la
Comté de Montfort , pour
dédommager le Seigneur
de Rohan de fes prétentions ſur la Bretagne. Deux
E GALANT. 191
:
filles des Rois de Navarre ,
de l'une fille de Philippe d'Evreux , Roy de Navarre dit
le Sage & le Bel, & de Jeanne de France la femme , &
l'autre fille de Jean d'Albret , Roy de Navarre.
e grand-pere d'Henry IV.
font entrées dans cette illuftre Maiſon. Le Comte
d'Angouleſme , petit - fils .
de France , fils du Duc
d'Orleans , frere de Charles VI. Roy de France , qui
fut affaffiné dans Paris par
le Duc de Bourgogne, avoit
épousé Marie de Rohan
19 MERCURE
qui fur grand' mere de
François I. Roy de France;
ainfiles Seigneurs de cette
cette Maifon ont eu l'honneur de fe voir parens au
troifiéme degré des Rois
François I. & Henry IV.
Elle a eu des alliances
avec la Maiſon d'Ecoffe ,
de Lorraine , & plufieurs
autres Maifons Souveraines & des plus confiderables de l'Eftat. Les Rois
d'Angleterre les ont tousjours traité comme leurs
parens , & le Seigneur de
Soubize , Chef des Religionnaires ,
GALANT. 193 n
gionnaires , étant mort à
Londres , y fut enterré dans
l'Eglife de Vveſtminſter
dans les tombeaux des Rois
d'Angleterre , commeforti
de leur fang.
quieftune des plus grandes
& des plus illuftres de l'Europe , tire fon origine par
les Comtes dePhoruoet des
anciens Rois & Souverains
de Bretagne. Elle a eſté
...
190 MERCURE
alliée par cinq differentes
fois avec la Maiſon des
Ducs de Bretagne.La Tante d'Anne de Bretagne ,
Reine de France & de Navarre , fille du Duc de Bretagne , eſt la derniere alliance qu'il y ait euë entre
la Maiſon de Bretagne &la
Maifon de Rohan. On
donna cent mille écus ,
fomme tres - confiderable
dans ce temps- là , & la
Comté de Montfort , pour
dédommager le Seigneur
de Rohan de fes prétentions ſur la Bretagne. Deux
E GALANT. 191
:
filles des Rois de Navarre ,
de l'une fille de Philippe d'Evreux , Roy de Navarre dit
le Sage & le Bel, & de Jeanne de France la femme , &
l'autre fille de Jean d'Albret , Roy de Navarre.
e grand-pere d'Henry IV.
font entrées dans cette illuftre Maiſon. Le Comte
d'Angouleſme , petit - fils .
de France , fils du Duc
d'Orleans , frere de Charles VI. Roy de France , qui
fut affaffiné dans Paris par
le Duc de Bourgogne, avoit
épousé Marie de Rohan
19 MERCURE
qui fur grand' mere de
François I. Roy de France;
ainfiles Seigneurs de cette
cette Maifon ont eu l'honneur de fe voir parens au
troifiéme degré des Rois
François I. & Henry IV.
Elle a eu des alliances
avec la Maiſon d'Ecoffe ,
de Lorraine , & plufieurs
autres Maifons Souveraines & des plus confiderables de l'Eftat. Les Rois
d'Angleterre les ont tousjours traité comme leurs
parens , & le Seigneur de
Soubize , Chef des Religionnaires ,
GALANT. 193 n
gionnaires , étant mort à
Londres , y fut enterré dans
l'Eglife de Vveſtminſter
dans les tombeaux des Rois
d'Angleterre , commeforti
de leur fang.
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Résumé : Remarques sur la maison de Rohan. [titre d'après la table]
La Maison de Rohan, l'une des plus prestigieuses d'Europe, descend des Comtes de Porhoët et des anciens Rois de Bretagne. Elle s'est alliée cinq fois avec la Maison des Ducs de Bretagne, la dernière alliance étant la tante d'Anne de Bretagne, Reine de France et de Navarre. Pour compenser les prétentions du Seigneur de Rohan sur la Bretagne, il reçut cent mille écus et la Comté de Montfort. Deux filles des Rois de Navarre intégrèrent également cette Maison. Le Comte d'Angoulême, petit-fils de France et frère de Charles VI, épousa Marie de Rohan, grand-mère de François I, établissant ainsi un lien familial avec les Rois François I et Henri IV. La Maison de Rohan a aussi des alliances avec les Maisons d'Écosse, de Lorraine et d'autres Maisons influentes. Les Rois d'Angleterre les considéraient comme leurs parents, et le Seigneur de Soubise fut inhumé à Westminster.
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786
p. 193-195
Remarque sur la maison de Polignac. [titre d'après la table]
Début :
La Maison de Polignac est une des plus illustres Maisons [...]
Mots clefs :
Maison de Polignac, Vicomte, Chevalier des Ordres du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarque sur la maison de Polignac. [titre d'après la table]
La Maifon de Polignac
eft une des plus illuftres
Maifons de l'Europe. Elle
avoit autrefois en fouverai
neté toutes les terres qu'elle poffede : elle jouit encore de l'honneur fingulier,
qu'aux affemblées des Etats
generaux le Vicomte de
Polignac ne cede le pas
qu'au feul Comte d'Alais ,
Juin 1712.
R
> > ki
R
194 MERCURE
& precede les vingt , deux
Barons qui compofent l'af
femblée de cette Province.
Unediſtinction fi finguliere
dans fa Province marque la
grandeur & la diftinction
de cette Maifon. Elle eſt alliée aux Maifons les plus illuftres du Royaume. Le feu
Vicomte de Polignac étoit
Chevalier des Ordres du
Roy, Gouverneur du Puys:
il fut undes Seigneurs à qui
le Roy fit donner 1 Ordre
Monfeigneur le Prince
de Conty dans la ville de
Pezenas. Il avoit épouſé N.
par
GALANT. 195
de Beauvoir du Roure, ffille
du Comte du Roure , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant general de la
Province de Languedoc ,
Gouverneur de la ville &
citadelle du Saint Eſprit.
eft une des plus illuftres
Maifons de l'Europe. Elle
avoit autrefois en fouverai
neté toutes les terres qu'elle poffede : elle jouit encore de l'honneur fingulier,
qu'aux affemblées des Etats
generaux le Vicomte de
Polignac ne cede le pas
qu'au feul Comte d'Alais ,
Juin 1712.
R
> > ki
R
194 MERCURE
& precede les vingt , deux
Barons qui compofent l'af
femblée de cette Province.
Unediſtinction fi finguliere
dans fa Province marque la
grandeur & la diftinction
de cette Maifon. Elle eſt alliée aux Maifons les plus illuftres du Royaume. Le feu
Vicomte de Polignac étoit
Chevalier des Ordres du
Roy, Gouverneur du Puys:
il fut undes Seigneurs à qui
le Roy fit donner 1 Ordre
Monfeigneur le Prince
de Conty dans la ville de
Pezenas. Il avoit épouſé N.
par
GALANT. 195
de Beauvoir du Roure, ffille
du Comte du Roure , Chevalier des Ordres du Roy ,
Lieutenant general de la
Province de Languedoc ,
Gouverneur de la ville &
citadelle du Saint Eſprit.
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Résumé : Remarque sur la maison de Polignac. [titre d'après la table]
La Maison de Polignac est l'une des familles les plus prestigieuses d'Europe. Elle possédait autrefois en souveraineté toutes ses terres et jouit encore d'un honneur particulier lors des assemblées des États généraux, où le Vicomte de Polignac ne cède le pas qu'au Comte d'Alais. Elle précède également les vingt-deux Barons de l'assemblée de cette Province. La Maison de Polignac est alliée aux familles les plus illustres du Royaume. Le feu Vicomte de Polignac était Chevalier des Ordres du Roi et Gouverneur du Puy. Il reçut l'Ordre du Roi par Monseigneur le Prince de Conty à Pezenas. Il avait épousé N. de Beauvoir du Roure, fille du Comte du Roure, Chevalier des Ordres du Roi, Lieutenant général de la Province de Languedoc et Gouverneur de la ville et citadelle du Saint Esprit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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787
p. 217-247
Discours sur l'origine & la dignité de Cardinal.
Début :
Le Pape a fait une promotion de dix-huit Cardinaux [...]
Mots clefs :
Cardinaux, Pape, Église, Rome, Clergé, Diocèse, Évêques, Diacres, Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'origine & la dignité de Cardinal.
ifcours fur l'origine & la
dignité de Cardinal.
LEPape a fait une pro-
&
motion de dix- huit Cardi
naux le 18. du mois de May,
il en a declaré onze
s'en eft refervé fept inpetto.
Onfera bien aife d'apprendre l'origine de cette dignité , qui eft à preſent la ſeconde de l'Eglife , le Pape
en eftant le chef.
Les Papes , à l'imitation
de faint Pierre & de fes
fucceffeurs , font tousjours
demeurez Evefques de RoJuin 1712.
T
218 MERCURE
me, quoyqu'ils fuffent eftablis de Dieu le chefdetous
les Chreftiens , cette ville
eftant le premier Eveſché
du monde, & le lieu particulier de leur refidence.
De là eft venu que ne
pouvant entrer eux - mefmes dans le détail du gouvernement de leur Dioceſe
pendant qu'ils avoient à
regler le fpirituel de toute
la terre,ils firent choix d'un
certain nombre d'Evef
ques , de Preftres , & de
Diacres, pour les foulager,
comme autant de Coadju
GALANT. 219
teurs , & de Vicaires.
Les premiers faifoient la
fonction d'Evefques dans
le détroit de Rome , à la
place du Pape , & avoient
chacun leur Eglife particuliere dans l'enceinte du
Dioceſe.
Les Preftres eftoient Titulaires des Paroiffes de la
ville , & prenoient la conduite des ames comme les.
Curez font aujourd'huy
& les Diacres avoient le
foin de quelques Eglifes ou
Chapelles de devotion qu'-
ils tenoient en Diaconies,
Tij
220 MERCURE
& devoient affifter le Pape
quand il officioit publiquement.
* Ces trois Ordres eurent
le nom de Cardinati ou Car
dinales , pour dire qu'ils eftoient les premiers & les
Chefs des autres , & que
c'eftoit fous leur conduite
que rouloient toutes les affaires du Dioceſe ; & parce que les Preftres & les
Diacres de quelques autres
villes prirent aufſi le meſme nom de Cardinaux
afin de fe diftinguer des autres Preftres, & des autres
GALANT. 221
Diacres qui leur eftoient inferieurs & foumis , les Papes ordonnerent qu'il n'y
auroit que ceux qu'ils avoient choifis , qui le pourroient honorer du titre de
Cardinal , ce qui a eſté inviolablement obfervé par
lafuite dans toute l'Italie.
Avec le temps ces digni
tez ſe font rendues fort recommandables. Les Papes
qui ne choififfoient pour
Cardinaux que des perfonnes d'un merite diftingué,commencerent àavoir
une entiere confiance en
T iij
222 MERCURE
eux , ils les reveftirent des
principales charges & dignitez, ils leur donnerent
le premier rang dans tous
les tribunaux , & dans toutes les Congregations ; ils
leur mirent en mainles affaires les plus importantes ;
ils les firent leurs Confeillers d'Eftat , pour le temporel , & pour le fpirituel
de leur Royaume , ne reglerent prefque plus rien
que par leur avis , & par
leur confeil , de forte que
peu à peu ils font montez
au faifte de la gloire oùnous.
GALANT. 223
E
les voyons , & fe trouvent
aujourd'huy les premiers
du Clergé , faifant la meſmefigure dans l'Eſtat Ecclefiaftique que faiſoient
autrefois les Senateurs Romains dans l'ancienne
Rome.
pas
Mais ce qui releve infiniment l'éclat de ce haut
rang & leur donne le
au deffus des Evefques &
des Patriarches mefmes ,
c'eſt la puiffance qu'ils ont
dans l'Eglife durant le Siege vacant, le droit d'élire
le nouveau Pape , & l'a
T iiij
224 MERCURE
vantage d'eftre les feuls fur
qui tombe cette élection
les Confiftoires dont ils
font les membres , comme
le Pape en eft le chef.
Ces grandes prérogati
ves leur ont acquis le titre
de Princes de l'Eglife , &
en cette qualité ils prétendent aller de pair avec les
Teftes couronnées, &trouventpeu de Princes en Ita
lie qui leur veuillent difputer le pas ; auffi ont-ils des
marques exterieures qui
font connoiftre la gran
deur d'une dignité fi émi-
GALANT. 225
mente , les fouverains Pontifesont voulu qu'ils fuffent
veftus de pourpre , & principalement quand ils paroiffent en public.
Innocent IV. fut le premier qui leur donna le chapeau rouge au Concile de
Lyon en 1244. Boniface
VIII. permit aux Cardinaux feculiers de porter
l'habit rouge , quand les
Papes commencerent à ſe
veftir de blanc. Paul III.
leur accorda le Bonnet
rouge , & enfin Gregoire
XIV. permit aux Cardi-
226 MERCURE
nota
naux Religieux de le por
ter voulant neanmoins
qu'ils continuaffent tousjours à s'habiller de la couleur de leur Ordre
queles Clercs Reguliers ne
retiennent point la couleur
de l'Ordre quand ils font
faits Cardinaux , mais ils
prennent la pourpre commeles Cardinaux feculiers
Toutes ces differentes
couleurs ne font pas fans
raifon, &fans quelque forte de myftere : le Pape eft
veftu de blanc pour donner à entendre que fa vie
GALANT. 227
doit eftre plus pure & plus
nette que celle de tous les
autres Chreftiens , & qu'il
faudroit eftre fans tache &
fans deffaut, s'il le pouvoit,
pour s'affeoir dans la chaire
de faint Pierre.
La pourpre eft la couleur des Rois & des Empereurs , mais cette couleur a
efté donnée encore aux
Cardinaux pour les faire
reffouvenir qu'ils doivent
eftre tousjours preſts à repandre leur fang quand il
s'agit de fouftenir les interefts de la foy , c'eſt pour
118 MERCURE
cette raison qu'ils portent
l'habit rouge dans les jours
ordinaires qui eft la pourpre naturelle , & la veritable couleur du fang , an
lieu que dans les jours de
trifteffe ils prennent le violet qui eft une couleur de
pourpre plus lugubre &
plus obfcure , & qui imite
affez le fang livide d'un
homme accablé de maladies &dechagrins , & parce que durant deux jours
de l'année qui font le troifiéme Dimanche de l'Advent , & le quatriéme de
GALANT. 229
Carefme , l'Eglife mefle
un peu dejoye dans fa trif
teffe , comme ayant paffé
la moitié du temps de penitence , & fe voyant approcher des jours heureux
de la Naiffance , & de la
Refurrection du Sauveur,
alors les Cardinaux prennent une eftoffe de roſe feche , qui eft beaucoup plus
rouge que le violet , & qui
neanmoins eft plus fombre
que le rouge mefme.
Pour les Cardinaux Religieux ils ont retenu jufqu'aprefent la couleur de
230 MERCURE
leur Ordre fur leurs habits,
à l'exception des Clercs Reguliers , comme je l'ay dit
cy. devant , & les Papes ont
voulu faire connoiftre exterieurement par là l'eftime qu'ils ont tousjours faites de la hierarchie Regu
liere , voulant bien l'admettre avec la Seculiere
dans tous les honneurs du
Clergé , ils leur ont ſeulement accordé le Chapeau,
le Bonnet , & la Calotte
rouge, pour les diſtinguer
des autres Prélats.
Al'égard du nombredes
GALANT. 231
Cardinaux , il n'a pas tousjours efté le meſme , quelques uns prétendent qu'ils
n'eftoient que vingt- cinq
dans les premiers fiecles, &
que Rome eftant divifée en
vingt- cinq paroiffes , ils
en eftoient les Curez &
les Paſteurs ; maisfans aller
ficavant dans l'antiquité ,
contentons- nous des fiecles plus recens , nous trouverons qu'ils ont efté longtemps fixez à cinquantetrois , dont il y en avoir
fept d'Evefques, vingt huit
de Preftres , & dix - huit de
232 MERCURE
Diacres ; les Evefques eftoient les coadjuteurs du
Pape dans le Dioceſe de
Rome , & préfidoient fur
le Clergé , les vingt - huit
Preftres faifoient l'office de
Vicaires du Pape, & avoient
chacun une Eglife particuliere dans Rome où ils exerçoient toutes les fonctions parochiales , les dixhuit Diacres avoient auffi
chacun leur Eglife dans les
quatorze quartiers de la
Ville qui eftoit leur Diaconé particulier. Ce nombre.
fut fort alteré , & diminua
quand
GALANT. 233
quand les Papes ont negli
gé de pourvoir aux places
vacantes des titres, ou qu'ils
les ont donné en comman
de, & au contraire ileft de
beaucoup augmenté lorfqu'ils en ont créé de nouveaux.
Quand Nicolas III. fut
éleu Pape , il n'y avoit que
huit Cardinaux , & peu avant la mort d'Alexandre
IV. il ne s'en trouva que
quatre ; mais en revanche
fous le Pontificat de Pie IV.
on en a veu jufqu'à ſoixante & quatorze. Cette granFuin 1712.
V
234 MERCURE
de diverfité donna occa
fion à Sixte V. d'en fixer le
nombre à foixante & dix ,
en memoire des foixante &
dix Vieillards dont il eſt
parlé dans l'Ecriture , & il
ordonna qu'il y auroit fix
Evefques , cinquante Preftres , & quatorze Diacres ,
& ce nombre eft demeuré
jufques àprefent. Les Evef
ques ont chacun leur Eglife dans le détroit de Rome;
les Preftres ont leur titre
dans la Ville , & les Diacres.
yont leurs Diaconats.
La juriſdiction que les
GALANT. 235
Cardinaux Evefques ont
aujourd'huy dans leur
Eglife & dans la Ville
où elle eft fituée est une
veritable juriſdiction Epifcopale & ordinaire. Il y a
ce
cependant cette difference
que les fept Evefchez Cardinaux ( dont il y en a
deux de réunis ) ne requierent point de refiden-
& font compatibles
avec d'autres Evefchez.
Celles que les Cardinaux
Preftres, & les Cardinaux
Diacres ont dans leurs titres & dans leurs DiacoV ij
236 MERCURE
nats , fe peut direunejurifdiction prefqueEpifcopales
elle ne s'eftend que dans
l'enceinte de l'Eglife , & de
la Sacriftie. Ils y ont la
chaife Epiſcopale fous un
dais comme les Evefques.
Ils y beniffent folemnellement le peuple ; ils yont la
nomination des Benefices
quand ce font des Eglifes
Collegiales ; ils y vont le
Rochet découvert pour y
faire voir leur pouvoir , &
parmyces titres & ces Diaconats , il s'yrencontre des
Egliles Collegiales , des Par
GALANT. 237
roiffes , des Convents
d'Hommes , des Monafteres de Filles , des Hofpitaux , & de fimples Eglifes
de devotion.
Pourla forme de la crea
tion des Cardinaux , le Pa
pe en eft entierement le
maiftre, & quand il a refolu.
de faire une promotion , il
prend le jour d'un ConfiItoire ( n'ayant communiqué fon deffein à perfonne ) & aprés avoir donné
Audience aux Cardinaux ,
& avoir expedié toutes les
affaires pour lesquelles l'af
238 MERCURE
femblée confiftoriale eft
faite , fa Sainteté eftant fur
le point de fortir , tefmoigne aux Cardinaux qu'Elle
eft dans le deffein de leur
donner des Confreres , &
leur demande, fuivant l'ancien ufage , ce qui leur
femble. Le Doyen des Car
dinaux parle ordinairement pour tout le corps ,
& chacun approuve feparément le choix de fa Sainteté par quelque figne de
tefte , ou autrement , aprés
quoy le Pape les créé , &
les declare Cardinaux , &
GALANT 239
puis s'en va , laiffant fur un
fiege la lifte de leurs noms
qui fe publie à la fortie du
Confiftoire.
Les Cardinaux nouveaux
élûs , qui font pour lors à
Rome, vontfaire leur premiere vifite au Pape dés le
mefme jour , & eftant introduits les uns aprés les
autres par un maiſtre des
ceremonies , fa Sainteté
leur donne le Bonnet rouge qu'il leur met fur la teſte
eftant à genoux , & le maiftre des ceremonies luy
met le Camail violet fur
"
240 MERCURE
•
les épaules , puis ayant ofte
fon Bonnet il baife les
pieds de fa Sainteté puis.
fa main, aprés quoy le Pa
l'embraffe & le fait relever, ce qui fe fait à tous
les uns aprés les autres
aprés quoy on leur donne
de petits fieges , & le Pape
les reçoit à l'Audience affis
pe
& couverts.
L'Audience finie ils fe
retirent , & vont rendre
viſite au Cardinal Doyen ,
& puis s'en retournent
chez eux où ils demeurent,
& reçoivent les vifites incognito ,
GALANT. 241
cognito, jufqu'au Confiftoire
public dans lequel le Pape
leur donne le Chapeau ,
où il y a ordinairement une
celebre compagnie , le Pape veſtu pontificalement ,
& placé fur fon Throne ,
avec toute fa Cour , reçoit
les nouveaux Cardinaux
qui font conduits par un!
ancien , & aprés avoir bai
sé les pieds & la main du
Pape qui les embraſſe , ils
vont embraffer tous les
Cardinaux les uns aprés les
autres , puis retournant au
Throne ils reçoivent à ge
Juin 1712.
X
242 MERCURE
noux le Chapeau rouge des
mains du Pape , aprés quoy
oftant le Chapeau, & ayant
falué fa Sainteté , fe rangent parmy les autres Cardinaux. Sa Sainteté s'eftant
retirée , les Cardinaux anciens & nouveaux vont à
la Chapelle où on chante
le Te Deum , puis les Prieres finies , les nouveaux
Cardinaux fortent les premiers , & demeurent à la
porte de la Chapelle pour
remercier les anciens à mefurequ'ils paffent , puis s'en
retournent chacun chez
eux.
GALANT. 243
L'apréfdinée ils vont à
l'Eglife faint Pierre du Vatican , où aprés avoir adoréle faint Sacrement , vont
à la Confeffion de S. Pierre pour visiter les Corps
faints , aprés quoy font
leurs vifites le lendemain
& autres jours fuivants aux
anciens Cardinaux.
J
Dans un Confiftoire ſecret le Pape fait la ceremonie de leur fermer la
bouche , qui leur est ouverte dans un autre quelques
jours aprés. Ces deux ceremonies fe font à huis
X ij
244 MERGURE
clos , & ne font rien autre
chofe qu'un filence que fa
Sainteté leur impofe , qui
les rend hors d'eftat d'opiner dans les Confiftoires & Congregations , &
quand il leur declare enfuite qu'il leur ouvre la bouche, il les releve de ces empeſchemens , & diftribuë à
chacun defdits Cardinaux
un titre de Cardinal Pref
tre , ou de Cardinal Dia
cre , leur mettant au quatriéme doigt une bague
d'or pour marque du mariage qu'ils contractent
GALANT. 245
avec l'Eglife , puis vont
prendre poffeffion de l'Eglife dont ils ont le titre.
Pour les Cardinaux abfens le Pape leur envoye
la Calotte rouge dans l'endroit où ils font en Nonciature, ou dans le Royau
meoù ils ont leur refidence, & pour lors c'est le Roy
ou le Prince Souverain qui
la leur met fur la tefte , &
qui la reçoit du Camerier
que le Pape envoye pour
cet effet , comme il s'eft
veu plufieurs fois en France , lorfque le Roy l'a donX iij
246 MERCURE
née à plufieurs Nonces que
le Pape avoit fait Cardinauxpendant leur Nonciature , & à d'autres Cardinaux François , ce qui fe
fait ordinairement après la
Meſſe du Roy. Pour le
Chapeau Rouge & les autres ceremonies, ils ne peuvent les recevoir qu'ils ne
foyent à Rome, ne pouvant
recevoir le Chapeau Rouge que des mains du Pape,
& le titre qu'après les deux
ceremonies d'ouvrir & de
fermer la bouche , c'eſt ce'
qui fait qu'il y a quantité
GALANT. 247
de Cardinaux qui n'ont jamaisreceu le Chapeau rouge , eftant morts fans avoir
efte à Rome.
Voilà tout ce qui le peut
dire en abregé fur l'origine , l'antiquité & la maniere de créér les Cardinaux , je reſerve les ceremonies de leurs obfeques
lorſque Dieu en aura difposé de quelqu'un.
dignité de Cardinal.
LEPape a fait une pro-
&
motion de dix- huit Cardi
naux le 18. du mois de May,
il en a declaré onze
s'en eft refervé fept inpetto.
Onfera bien aife d'apprendre l'origine de cette dignité , qui eft à preſent la ſeconde de l'Eglife , le Pape
en eftant le chef.
Les Papes , à l'imitation
de faint Pierre & de fes
fucceffeurs , font tousjours
demeurez Evefques de RoJuin 1712.
T
218 MERCURE
me, quoyqu'ils fuffent eftablis de Dieu le chefdetous
les Chreftiens , cette ville
eftant le premier Eveſché
du monde, & le lieu particulier de leur refidence.
De là eft venu que ne
pouvant entrer eux - mefmes dans le détail du gouvernement de leur Dioceſe
pendant qu'ils avoient à
regler le fpirituel de toute
la terre,ils firent choix d'un
certain nombre d'Evef
ques , de Preftres , & de
Diacres, pour les foulager,
comme autant de Coadju
GALANT. 219
teurs , & de Vicaires.
Les premiers faifoient la
fonction d'Evefques dans
le détroit de Rome , à la
place du Pape , & avoient
chacun leur Eglife particuliere dans l'enceinte du
Dioceſe.
Les Preftres eftoient Titulaires des Paroiffes de la
ville , & prenoient la conduite des ames comme les.
Curez font aujourd'huy
& les Diacres avoient le
foin de quelques Eglifes ou
Chapelles de devotion qu'-
ils tenoient en Diaconies,
Tij
220 MERCURE
& devoient affifter le Pape
quand il officioit publiquement.
* Ces trois Ordres eurent
le nom de Cardinati ou Car
dinales , pour dire qu'ils eftoient les premiers & les
Chefs des autres , & que
c'eftoit fous leur conduite
que rouloient toutes les affaires du Dioceſe ; & parce que les Preftres & les
Diacres de quelques autres
villes prirent aufſi le meſme nom de Cardinaux
afin de fe diftinguer des autres Preftres, & des autres
GALANT. 221
Diacres qui leur eftoient inferieurs & foumis , les Papes ordonnerent qu'il n'y
auroit que ceux qu'ils avoient choifis , qui le pourroient honorer du titre de
Cardinal , ce qui a eſté inviolablement obfervé par
lafuite dans toute l'Italie.
Avec le temps ces digni
tez ſe font rendues fort recommandables. Les Papes
qui ne choififfoient pour
Cardinaux que des perfonnes d'un merite diftingué,commencerent àavoir
une entiere confiance en
T iij
222 MERCURE
eux , ils les reveftirent des
principales charges & dignitez, ils leur donnerent
le premier rang dans tous
les tribunaux , & dans toutes les Congregations ; ils
leur mirent en mainles affaires les plus importantes ;
ils les firent leurs Confeillers d'Eftat , pour le temporel , & pour le fpirituel
de leur Royaume , ne reglerent prefque plus rien
que par leur avis , & par
leur confeil , de forte que
peu à peu ils font montez
au faifte de la gloire oùnous.
GALANT. 223
E
les voyons , & fe trouvent
aujourd'huy les premiers
du Clergé , faifant la meſmefigure dans l'Eſtat Ecclefiaftique que faiſoient
autrefois les Senateurs Romains dans l'ancienne
Rome.
pas
Mais ce qui releve infiniment l'éclat de ce haut
rang & leur donne le
au deffus des Evefques &
des Patriarches mefmes ,
c'eſt la puiffance qu'ils ont
dans l'Eglife durant le Siege vacant, le droit d'élire
le nouveau Pape , & l'a
T iiij
224 MERCURE
vantage d'eftre les feuls fur
qui tombe cette élection
les Confiftoires dont ils
font les membres , comme
le Pape en eft le chef.
Ces grandes prérogati
ves leur ont acquis le titre
de Princes de l'Eglife , &
en cette qualité ils prétendent aller de pair avec les
Teftes couronnées, &trouventpeu de Princes en Ita
lie qui leur veuillent difputer le pas ; auffi ont-ils des
marques exterieures qui
font connoiftre la gran
deur d'une dignité fi émi-
GALANT. 225
mente , les fouverains Pontifesont voulu qu'ils fuffent
veftus de pourpre , & principalement quand ils paroiffent en public.
Innocent IV. fut le premier qui leur donna le chapeau rouge au Concile de
Lyon en 1244. Boniface
VIII. permit aux Cardinaux feculiers de porter
l'habit rouge , quand les
Papes commencerent à ſe
veftir de blanc. Paul III.
leur accorda le Bonnet
rouge , & enfin Gregoire
XIV. permit aux Cardi-
226 MERCURE
nota
naux Religieux de le por
ter voulant neanmoins
qu'ils continuaffent tousjours à s'habiller de la couleur de leur Ordre
queles Clercs Reguliers ne
retiennent point la couleur
de l'Ordre quand ils font
faits Cardinaux , mais ils
prennent la pourpre commeles Cardinaux feculiers
Toutes ces differentes
couleurs ne font pas fans
raifon, &fans quelque forte de myftere : le Pape eft
veftu de blanc pour donner à entendre que fa vie
GALANT. 227
doit eftre plus pure & plus
nette que celle de tous les
autres Chreftiens , & qu'il
faudroit eftre fans tache &
fans deffaut, s'il le pouvoit,
pour s'affeoir dans la chaire
de faint Pierre.
La pourpre eft la couleur des Rois & des Empereurs , mais cette couleur a
efté donnée encore aux
Cardinaux pour les faire
reffouvenir qu'ils doivent
eftre tousjours preſts à repandre leur fang quand il
s'agit de fouftenir les interefts de la foy , c'eſt pour
118 MERCURE
cette raison qu'ils portent
l'habit rouge dans les jours
ordinaires qui eft la pourpre naturelle , & la veritable couleur du fang , an
lieu que dans les jours de
trifteffe ils prennent le violet qui eft une couleur de
pourpre plus lugubre &
plus obfcure , & qui imite
affez le fang livide d'un
homme accablé de maladies &dechagrins , & parce que durant deux jours
de l'année qui font le troifiéme Dimanche de l'Advent , & le quatriéme de
GALANT. 229
Carefme , l'Eglife mefle
un peu dejoye dans fa trif
teffe , comme ayant paffé
la moitié du temps de penitence , & fe voyant approcher des jours heureux
de la Naiffance , & de la
Refurrection du Sauveur,
alors les Cardinaux prennent une eftoffe de roſe feche , qui eft beaucoup plus
rouge que le violet , & qui
neanmoins eft plus fombre
que le rouge mefme.
Pour les Cardinaux Religieux ils ont retenu jufqu'aprefent la couleur de
230 MERCURE
leur Ordre fur leurs habits,
à l'exception des Clercs Reguliers , comme je l'ay dit
cy. devant , & les Papes ont
voulu faire connoiftre exterieurement par là l'eftime qu'ils ont tousjours faites de la hierarchie Regu
liere , voulant bien l'admettre avec la Seculiere
dans tous les honneurs du
Clergé , ils leur ont ſeulement accordé le Chapeau,
le Bonnet , & la Calotte
rouge, pour les diſtinguer
des autres Prélats.
Al'égard du nombredes
GALANT. 231
Cardinaux , il n'a pas tousjours efté le meſme , quelques uns prétendent qu'ils
n'eftoient que vingt- cinq
dans les premiers fiecles, &
que Rome eftant divifée en
vingt- cinq paroiffes , ils
en eftoient les Curez &
les Paſteurs ; maisfans aller
ficavant dans l'antiquité ,
contentons- nous des fiecles plus recens , nous trouverons qu'ils ont efté longtemps fixez à cinquantetrois , dont il y en avoir
fept d'Evefques, vingt huit
de Preftres , & dix - huit de
232 MERCURE
Diacres ; les Evefques eftoient les coadjuteurs du
Pape dans le Dioceſe de
Rome , & préfidoient fur
le Clergé , les vingt - huit
Preftres faifoient l'office de
Vicaires du Pape, & avoient
chacun une Eglife particuliere dans Rome où ils exerçoient toutes les fonctions parochiales , les dixhuit Diacres avoient auffi
chacun leur Eglife dans les
quatorze quartiers de la
Ville qui eftoit leur Diaconé particulier. Ce nombre.
fut fort alteré , & diminua
quand
GALANT. 233
quand les Papes ont negli
gé de pourvoir aux places
vacantes des titres, ou qu'ils
les ont donné en comman
de, & au contraire ileft de
beaucoup augmenté lorfqu'ils en ont créé de nouveaux.
Quand Nicolas III. fut
éleu Pape , il n'y avoit que
huit Cardinaux , & peu avant la mort d'Alexandre
IV. il ne s'en trouva que
quatre ; mais en revanche
fous le Pontificat de Pie IV.
on en a veu jufqu'à ſoixante & quatorze. Cette granFuin 1712.
V
234 MERCURE
de diverfité donna occa
fion à Sixte V. d'en fixer le
nombre à foixante & dix ,
en memoire des foixante &
dix Vieillards dont il eſt
parlé dans l'Ecriture , & il
ordonna qu'il y auroit fix
Evefques , cinquante Preftres , & quatorze Diacres ,
& ce nombre eft demeuré
jufques àprefent. Les Evef
ques ont chacun leur Eglife dans le détroit de Rome;
les Preftres ont leur titre
dans la Ville , & les Diacres.
yont leurs Diaconats.
La juriſdiction que les
GALANT. 235
Cardinaux Evefques ont
aujourd'huy dans leur
Eglife & dans la Ville
où elle eft fituée est une
veritable juriſdiction Epifcopale & ordinaire. Il y a
ce
cependant cette difference
que les fept Evefchez Cardinaux ( dont il y en a
deux de réunis ) ne requierent point de refiden-
& font compatibles
avec d'autres Evefchez.
Celles que les Cardinaux
Preftres, & les Cardinaux
Diacres ont dans leurs titres & dans leurs DiacoV ij
236 MERCURE
nats , fe peut direunejurifdiction prefqueEpifcopales
elle ne s'eftend que dans
l'enceinte de l'Eglife , & de
la Sacriftie. Ils y ont la
chaife Epiſcopale fous un
dais comme les Evefques.
Ils y beniffent folemnellement le peuple ; ils yont la
nomination des Benefices
quand ce font des Eglifes
Collegiales ; ils y vont le
Rochet découvert pour y
faire voir leur pouvoir , &
parmyces titres & ces Diaconats , il s'yrencontre des
Egliles Collegiales , des Par
GALANT. 237
roiffes , des Convents
d'Hommes , des Monafteres de Filles , des Hofpitaux , & de fimples Eglifes
de devotion.
Pourla forme de la crea
tion des Cardinaux , le Pa
pe en eft entierement le
maiftre, & quand il a refolu.
de faire une promotion , il
prend le jour d'un ConfiItoire ( n'ayant communiqué fon deffein à perfonne ) & aprés avoir donné
Audience aux Cardinaux ,
& avoir expedié toutes les
affaires pour lesquelles l'af
238 MERCURE
femblée confiftoriale eft
faite , fa Sainteté eftant fur
le point de fortir , tefmoigne aux Cardinaux qu'Elle
eft dans le deffein de leur
donner des Confreres , &
leur demande, fuivant l'ancien ufage , ce qui leur
femble. Le Doyen des Car
dinaux parle ordinairement pour tout le corps ,
& chacun approuve feparément le choix de fa Sainteté par quelque figne de
tefte , ou autrement , aprés
quoy le Pape les créé , &
les declare Cardinaux , &
GALANT 239
puis s'en va , laiffant fur un
fiege la lifte de leurs noms
qui fe publie à la fortie du
Confiftoire.
Les Cardinaux nouveaux
élûs , qui font pour lors à
Rome, vontfaire leur premiere vifite au Pape dés le
mefme jour , & eftant introduits les uns aprés les
autres par un maiſtre des
ceremonies , fa Sainteté
leur donne le Bonnet rouge qu'il leur met fur la teſte
eftant à genoux , & le maiftre des ceremonies luy
met le Camail violet fur
"
240 MERCURE
•
les épaules , puis ayant ofte
fon Bonnet il baife les
pieds de fa Sainteté puis.
fa main, aprés quoy le Pa
l'embraffe & le fait relever, ce qui fe fait à tous
les uns aprés les autres
aprés quoy on leur donne
de petits fieges , & le Pape
les reçoit à l'Audience affis
pe
& couverts.
L'Audience finie ils fe
retirent , & vont rendre
viſite au Cardinal Doyen ,
& puis s'en retournent
chez eux où ils demeurent,
& reçoivent les vifites incognito ,
GALANT. 241
cognito, jufqu'au Confiftoire
public dans lequel le Pape
leur donne le Chapeau ,
où il y a ordinairement une
celebre compagnie , le Pape veſtu pontificalement ,
& placé fur fon Throne ,
avec toute fa Cour , reçoit
les nouveaux Cardinaux
qui font conduits par un!
ancien , & aprés avoir bai
sé les pieds & la main du
Pape qui les embraſſe , ils
vont embraffer tous les
Cardinaux les uns aprés les
autres , puis retournant au
Throne ils reçoivent à ge
Juin 1712.
X
242 MERCURE
noux le Chapeau rouge des
mains du Pape , aprés quoy
oftant le Chapeau, & ayant
falué fa Sainteté , fe rangent parmy les autres Cardinaux. Sa Sainteté s'eftant
retirée , les Cardinaux anciens & nouveaux vont à
la Chapelle où on chante
le Te Deum , puis les Prieres finies , les nouveaux
Cardinaux fortent les premiers , & demeurent à la
porte de la Chapelle pour
remercier les anciens à mefurequ'ils paffent , puis s'en
retournent chacun chez
eux.
GALANT. 243
L'apréfdinée ils vont à
l'Eglife faint Pierre du Vatican , où aprés avoir adoréle faint Sacrement , vont
à la Confeffion de S. Pierre pour visiter les Corps
faints , aprés quoy font
leurs vifites le lendemain
& autres jours fuivants aux
anciens Cardinaux.
J
Dans un Confiftoire ſecret le Pape fait la ceremonie de leur fermer la
bouche , qui leur est ouverte dans un autre quelques
jours aprés. Ces deux ceremonies fe font à huis
X ij
244 MERGURE
clos , & ne font rien autre
chofe qu'un filence que fa
Sainteté leur impofe , qui
les rend hors d'eftat d'opiner dans les Confiftoires & Congregations , &
quand il leur declare enfuite qu'il leur ouvre la bouche, il les releve de ces empeſchemens , & diftribuë à
chacun defdits Cardinaux
un titre de Cardinal Pref
tre , ou de Cardinal Dia
cre , leur mettant au quatriéme doigt une bague
d'or pour marque du mariage qu'ils contractent
GALANT. 245
avec l'Eglife , puis vont
prendre poffeffion de l'Eglife dont ils ont le titre.
Pour les Cardinaux abfens le Pape leur envoye
la Calotte rouge dans l'endroit où ils font en Nonciature, ou dans le Royau
meoù ils ont leur refidence, & pour lors c'est le Roy
ou le Prince Souverain qui
la leur met fur la tefte , &
qui la reçoit du Camerier
que le Pape envoye pour
cet effet , comme il s'eft
veu plufieurs fois en France , lorfque le Roy l'a donX iij
246 MERCURE
née à plufieurs Nonces que
le Pape avoit fait Cardinauxpendant leur Nonciature , & à d'autres Cardinaux François , ce qui fe
fait ordinairement après la
Meſſe du Roy. Pour le
Chapeau Rouge & les autres ceremonies, ils ne peuvent les recevoir qu'ils ne
foyent à Rome, ne pouvant
recevoir le Chapeau Rouge que des mains du Pape,
& le titre qu'après les deux
ceremonies d'ouvrir & de
fermer la bouche , c'eſt ce'
qui fait qu'il y a quantité
GALANT. 247
de Cardinaux qui n'ont jamaisreceu le Chapeau rouge , eftant morts fans avoir
efte à Rome.
Voilà tout ce qui le peut
dire en abregé fur l'origine , l'antiquité & la maniere de créér les Cardinaux , je reſerve les ceremonies de leurs obfeques
lorſque Dieu en aura difposé de quelqu'un.
Fermer
Résumé : Discours sur l'origine & la dignité de Cardinal.
Le texte traite de la dignité et de l'origine des cardinaux dans l'Église catholique. Le 18 mai, le pape a promu dix-huit cardinaux, en déclarant onze et en réservant sept in petto. La dignité cardinalice est la seconde dans l'Église, après celle du pape. Les papes, imitant saint Pierre, résident à Rome, premier évêché du monde. Ne pouvant gérer seuls leur diocèse tout en régissant l'Église universelle, ils ont choisi des évêques, prêtres et diacres pour les assister. Ces trois ordres, appelés cardinaux, étaient chargés des affaires du diocèse et se distinguaient par leurs fonctions spécifiques : les évêques représentaient le pape dans le diocèse, les prêtres dirigeaient les paroisses, et les diacres assistaient le pape lors des offices publics. Avec le temps, les cardinaux ont acquis des prérogatives importantes, devenant conseillers du pape et participant aux affaires temporelles et spirituelles. Ils ont le droit d'élire le nouveau pape et de gouverner l'Église durant le siège vacant, ce qui leur vaut le titre de princes de l'Église. Leur habillement, notamment la pourpre, symbolise leur rôle et leur dévouement. Le nombre de cardinaux a varié au fil des siècles, mais il est actuellement fixé à soixante-dix, répartis en évêques, prêtres et diacres. La création des cardinaux est un processus cérémoniel dirigé par le pape, incluant des visites et des audiences spécifiques. Pour les cardinaux absents, le pape envoie la calotte rouge, qui est ensuite placée sur leur tête par le roi ou le prince souverain dans le pays où ils résident. Cette cérémonie a eu lieu plusieurs fois en France, souvent après la messe du roi. Le chapeau rouge et les autres cérémonies ne peuvent être reçus qu'à Rome, directement des mains du pape. De plus, le titre de cardinal est conféré après deux cérémonies spécifiques : l'ouverture et la fermeture de la bouche. En conséquence, de nombreux cardinaux n'ont jamais reçu le chapeau rouge s'ils sont décédés avant de se rendre à Rome.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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788
p. 18-23
ADDRESSE de remerciment des Aldermans, & du commun Conseil de la Ville de Londres, à la Reine de la Grande Bretagne.
Début :
Madame, C'est avec la reconnoissance & l'obeïssance la plus [...]
Mots clefs :
Remerciements, Londres, Reine, Reconnaissance, Adresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDRESSE de remerciment des Aldermans, & du commun Conseil de la Ville de Londres, à la Reine de la Grande Bretagne.
ADDRESSE
de remerciment des Aldermans, & du commun Con
feil de la Ville de Londres
à la Reine de la Grande
Bretagne.
MADAME,
C'eft avec la reconnoift
fance & l'obeïffance la plus
fincere , que nous ofons ap
procher Voſtre Majefté ,
pour la remercier tres
&
1
GALANT. 19
humblement & de tout noftre cœur de la grande
confiance que vous avez
eu la bonté de prendre en
vos fujets , en leur communiquant les conditions fur
lefquelles on peut faire la
paix.
Le fentiment plein de
reconnoiffance qu'ils ont
pour les tendres foins de
Voftre Majefté, en ſe propofant principalement &
pourſuivant fans relaſche
le veritable intereſt de Vos
Royaumes, imprimera encore plus fortement dans
Bij
20 MERCURE
leurs cœurs , le zele qu'ils
ont tousjours fait paroiftre
pour la Perfonne & pour le
Gouvernement de Voftre
Majeſté , & les portera à
rechercher toutes les occa
fions de luy donner des
marques de leur fidelité &
de leur obeiffance.
Comme il n'y a rien que
Voftre Majefté prenne plus
à cœur , que d'affeurer la
Religion Proteftante , ainfi
qu'elle eſt eſtablie par les
Loix,dans la Maifon d'Hanover , auffi rien ne peut
eftre plus agreable à vos
GALANT.
fujets , que de voir qu'on
prendun foin tout particu
hier de la faire reconnoiſtre
dans les termes les plus
forts.
Pour nous , les habitants
de Londres , nous ferions
entierement fans égards
pour noftre intereft , & ne.
gligerions de faire noftre
devoir , fi nous ne marquions d'une maniere para
ticuliere noftre reconnoif
fance , pour l'avantage ine
ftimable que nous & noftre
Pofterité pouvons efperer
de tirer du ſoin diftingué
22 MERCURE
que Voftre
Majesté
a pris
du commerce
de la Grande Bretagne
, en affeurant
noftre
négoce
dans les lieux
où il a cfté troublé
, en le
reftabliffant
où il a efté
perdu
, & en l'eſtendant
jufques à des climats où il
n'eftoit pas encore par
venu.
Puiffe Voſtre Majelté a
chever promptement ce
bon ouvrage , que Voftre
grande fageffe a fi fort
avancé,nonobftant les machinations artificieufes &
les efforts envieux d'un
GALANT. 23
Parti factieux & malicieux ,
& puiffiez vous vivre longtemps , pour recueillir les
fruits heureux d'une Paix
feure & honorable.
de remerciment des Aldermans, & du commun Con
feil de la Ville de Londres
à la Reine de la Grande
Bretagne.
MADAME,
C'eft avec la reconnoift
fance & l'obeïffance la plus
fincere , que nous ofons ap
procher Voſtre Majefté ,
pour la remercier tres
&
1
GALANT. 19
humblement & de tout noftre cœur de la grande
confiance que vous avez
eu la bonté de prendre en
vos fujets , en leur communiquant les conditions fur
lefquelles on peut faire la
paix.
Le fentiment plein de
reconnoiffance qu'ils ont
pour les tendres foins de
Voftre Majefté, en ſe propofant principalement &
pourſuivant fans relaſche
le veritable intereſt de Vos
Royaumes, imprimera encore plus fortement dans
Bij
20 MERCURE
leurs cœurs , le zele qu'ils
ont tousjours fait paroiftre
pour la Perfonne & pour le
Gouvernement de Voftre
Majeſté , & les portera à
rechercher toutes les occa
fions de luy donner des
marques de leur fidelité &
de leur obeiffance.
Comme il n'y a rien que
Voftre Majefté prenne plus
à cœur , que d'affeurer la
Religion Proteftante , ainfi
qu'elle eſt eſtablie par les
Loix,dans la Maifon d'Hanover , auffi rien ne peut
eftre plus agreable à vos
GALANT.
fujets , que de voir qu'on
prendun foin tout particu
hier de la faire reconnoiſtre
dans les termes les plus
forts.
Pour nous , les habitants
de Londres , nous ferions
entierement fans égards
pour noftre intereft , & ne.
gligerions de faire noftre
devoir , fi nous ne marquions d'une maniere para
ticuliere noftre reconnoif
fance , pour l'avantage ine
ftimable que nous & noftre
Pofterité pouvons efperer
de tirer du ſoin diftingué
22 MERCURE
que Voftre
Majesté
a pris
du commerce
de la Grande Bretagne
, en affeurant
noftre
négoce
dans les lieux
où il a cfté troublé
, en le
reftabliffant
où il a efté
perdu
, & en l'eſtendant
jufques à des climats où il
n'eftoit pas encore par
venu.
Puiffe Voſtre Majelté a
chever promptement ce
bon ouvrage , que Voftre
grande fageffe a fi fort
avancé,nonobftant les machinations artificieufes &
les efforts envieux d'un
GALANT. 23
Parti factieux & malicieux ,
& puiffiez vous vivre longtemps , pour recueillir les
fruits heureux d'une Paix
feure & honorable.
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Résumé : ADDRESSE de remerciment des Aldermans, & du commun Conseil de la Ville de Londres, à la Reine de la Grande Bretagne.
Les Aldermen et le commun conseil de la Ville de Londres adressent un remerciement à la Reine de Grande-Bretagne pour la confiance accordée en communiquant les conditions de paix. Ils expriment leur fidélité et leur zèle envers la Reine et son gouvernement, motivés par les soins qu'elle porte à ses royaumes. La Reine est particulièrement attachée à assurer la Religion Protestante, établie par les lois de la Maison d'Hanover, ce qui est apprécié par ses sujets. Les habitants de Londres affirment leur soutien à la Reine, indépendamment de leurs intérêts personnels, reconnaissants pour les avantages futurs tirés de ses soins pour le commerce de la Grande-Bretagne. La Reine a assuré et restauré le commerce dans les lieux troublés et l'a étendu à de nouveaux climats. L'adresse souhaite que la Reine achève promptement cette œuvre malgré les obstacles et qu'elle vive longtemps pour jouir des fruits d'une paix sûre et honorable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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789
p. 23-24
Response de Sa Majesté.
Début :
Cette Adresse m'est tres agreable, & je vous en [...]
Mots clefs :
Réponse, Reine, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Response de Sa Majesté.
Refponfe de Sa Majesté.
Cette Addreffe m'eft
tres agreable, & je vous en
remercie.
Mon but a efté d'affeuver noftre Religion , la Succeffion Proteftante & vos
libertez, de pourvoir à la
feureté de mes Alliez , de
foulager mes propres ſujets
du pelant fardeau qu'ils
2$4 MERCURE
noftre
fupportent , & d'augmen
ter & eftendre
Commerce , & j'efpere que
Dous obtiendrons tous ces
avantages , avec la benediction de Dieufur les prefentes Negociations de
Paix
Cette Addreffe m'eft
tres agreable, & je vous en
remercie.
Mon but a efté d'affeuver noftre Religion , la Succeffion Proteftante & vos
libertez, de pourvoir à la
feureté de mes Alliez , de
foulager mes propres ſujets
du pelant fardeau qu'ils
2$4 MERCURE
noftre
fupportent , & d'augmen
ter & eftendre
Commerce , & j'efpere que
Dous obtiendrons tous ces
avantages , avec la benediction de Dieufur les prefentes Negociations de
Paix
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790
p. 49-51
Adresse de la Chambre des Communes à la Reine.
Début :
Trés-gracieuse Reine, Nous les trés-humbles & obeïssans sujets [...]
Mots clefs :
Paix, Londres, Chambre des communes, Reine, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Adresse de la Chambre des Communes à la Reine.
Nouvelles de Londres.
Adreffe de la Chambre des
Communes à la Reine.
Trés gracieule Reine ,
Nous les trés- humbles
& obeïffans fujets de Vôtre
Majefté , les Communes de
la Grande Bretagne aſſemblées en Parlement , demandons permiſſion de reconnoître trés - humblement la grande condefcendance de V. M. à nous communiquer les conditions
Fuillet 1712.
•
E
50 MERCURE
fur lefquelles une paix generale peut être faite.
Nos cœurs font pleins de
gratitude pource que V. M.
a déja fait , & les paroles
nous manquent pour exprimer la fatisfaction avec laquelle nous avons reçû tout
ce dont il a plû à V. M. de
faire part à vos Communes,
Nous avons une entiere
confiance en V. M. qu'Elle
pourſuivra constamment le
veritable interêt de vos propres Royaumes , & qu'Elle
tâchera de procurer à tous
les alliez ce qui leur eſt dû
GALANT.
par les traitez , & qui eft nepour leur fûreté:
aire
Ces affurances font le
moindre retour de vos fidelles Communes , pour
tant de condeſcendance &
de bonté ; & Elles fupplient
trés - humblement V. M.
qu'il lui plaiſe de proceder
dans la prefente negocia
tion , pour obtenir une
prompte paix.
Adreffe de la Chambre des
Communes à la Reine.
Trés gracieule Reine ,
Nous les trés- humbles
& obeïffans fujets de Vôtre
Majefté , les Communes de
la Grande Bretagne aſſemblées en Parlement , demandons permiſſion de reconnoître trés - humblement la grande condefcendance de V. M. à nous communiquer les conditions
Fuillet 1712.
•
E
50 MERCURE
fur lefquelles une paix generale peut être faite.
Nos cœurs font pleins de
gratitude pource que V. M.
a déja fait , & les paroles
nous manquent pour exprimer la fatisfaction avec laquelle nous avons reçû tout
ce dont il a plû à V. M. de
faire part à vos Communes,
Nous avons une entiere
confiance en V. M. qu'Elle
pourſuivra constamment le
veritable interêt de vos propres Royaumes , & qu'Elle
tâchera de procurer à tous
les alliez ce qui leur eſt dû
GALANT.
par les traitez , & qui eft nepour leur fûreté:
aire
Ces affurances font le
moindre retour de vos fidelles Communes , pour
tant de condeſcendance &
de bonté ; & Elles fupplient
trés - humblement V. M.
qu'il lui plaiſe de proceder
dans la prefente negocia
tion , pour obtenir une
prompte paix.
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Résumé : Adresse de la Chambre des Communes à la Reine.
En 1712, la Chambre des Communes adresse une lettre à la Reine pour exprimer sa gratitude concernant la communication des conditions d'une paix générale. Les Communes manifestent leur entière confiance en la Reine pour défendre les intérêts des royaumes et garantir la sécurité des alliés conformément aux traités. Elles supplient humblement la Reine de poursuivre les négociations afin d'obtenir une paix rapide.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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791
p. 73-98
DISCOURS préliminaire sur la lumiere.
Début :
Quoyque ce discours ne soit pas une piece complette, ny [...]
Mots clefs :
Miroirs, Lumière, Yeux, Esprit, Animaux, Objets, Obscurité, Cerveau, Matière, Corps lumineux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS préliminaire sur la lumiere.
DISCO U R S
préliminaire fur la
lumiere.
QUoyque ce difcours ne
foit pas une piece com-.
plette , nyabfolument nouvelle , on n'a pas cru cependant devoir la laiffer
dans l'oubli non feulement parce qu'on y expli
que unfyfteme de la lumiere qui commence à avoir
de la vogue , mais encore
parce que la fuite va paFuillet 17120 G
74 MERCURE
roiftre inceffamment dans
un troifiéme volume des
effais & recherches de Mathematique & de Phyſique.
Premierement pour ce qui
regarde la nature de la lumiere , il n'eft rien aujour
d'huy de plus univerfellement reconnu que l'erreur des anciens Philofophes. Car fi on dit avec
quelques- uns que c'est une
qualité fenfible , fans expliquer quelle eft la nature & l'origine de cette qualité , il est évident que par
cette reſponſe , on ne nous
1
GALANT. 75
rend pas plus fçavans de
rien ; puifqu'il faudroit eftre aveugle pour ne fçavoir
pas que la lumiere eft fenfible & ennemi de la
clarté ,
ſe contenter , pour
des termes de qualitez occultes. Si on prétend avec
quelques autres que la lumiere n'eft autre chofe qu'-
une émanation d'efprits
animaux , qui fortant de
nos yeux , vont parcourir ,
& pour ainsi dire , vifiter
tous les objets qui font au
devant de nous pour en faire enfuite un fidelle rapGij
78 MERCURE
port à l'ame. Dans quelle
obfcurité ne tombe-t - on
pas, de prétendre qu'il puft
fortir d'un reſervoir aufli
borné , que l'eft celuy du
cerveau d'un animal , affez
de particules de matiere
pour s'eftendre non feulement à tous les corps qui
font autour de nous , dans
une diſtance de huit ou dix
lieuës à la ronde , mais
mefme jufques à la Lune ,
au Soleil , &juſques au Firmament , & de vouloir que
la viteffe de ces efprits ſoit
affez grande , pour parcou
1
GALANT. - 77
rir de tels efpaces deux fois
dans un clin d'œil , c'eſt àdire , dans un inftant fenfible ? Mais quand mefme
on leur accorderoit ces
deux paradoxes , quelle eft
la connoiffance de ces particules de matiere , pour
examiner les figures des
objets; & quelle eft leur memoire , pour retrouver les
yeux d'où elles font forties,
& pour en faire un fidelle
rapport à l'ame ? Pourquoy
ces meffageres ne nous
rendent - elles compte que
de la partie des corps qui
G iij
78 MERCURE
nous regarde , & non pas
auffi de celle qui eft derriere ces mefmes corps ?
Pourquoy ces efprits lumineux ne peuvent ils pas
faire leur effet , auffi bien
tandis que le Soleil & la
Lune font fous l'horizon ,
que lorsqu'ils font deffous ?
Eft - ce qu'ils ont quelque
fecrette fympathie avec ces
deux aftres , pluftoft qu'avec une infinité d'autres ,
dont le Ciel paroiſt parſemé pendant la nuit ? Ontils quelque antipathie pour
les ombres des corps, pour
GALANT. 79
ne s'y porter jamais qu'en
petite quantité, & avec peu
de force , quoyque d'ail .
leurs nos yeux foient expofez à la lumiere."
Enfiu posé que nos of
prits animaux fuffent en
affez grande quantité , qu'-
ils euffent toute la viteffe
neceffaire , & toutes les
connoiffances , & la memoire requifes , pour une
vifion parfaire , ce feroit
encore une preuve tres- infuffifante pour nous convaincre qu'ils font ce qu'on
doit entendre par la lumieG iiij
80 MERCURE
re naturelle. Car l'experience journaliere nous oblige toujours d'avouer qu'il
fort des corps lumineux
quelque chofe qui eft ca
pable de produire des effets
qu'on ne peut attribuer
qu'à des corpufcules , tels
que font ceux d'echauffer
de brufler , de fondre , &
de vitrifier toutesfortes de
corps , mefme l'or & les
diamants ; & d'où il n'eft
pas impoffible au contraire
de deduire tous ceux que
ces anciens Philofophes
attribuoient aux efprits lu-
GALANT.
81*
mineux des animaux , ou à
des qualitez encore plus.
occultes , comme vous allez le voir maintenant.
Bien loin donc , de tirer
de nos foibles yeux la lumiere mefme qui doit les
éclairer , & de nous rendre
avec les Anciens par ce
procedé fufpects en quel
que façon d'arrogance
nous irons chercher fonorigine dans les corps mefmes.
qu'on appellelumineux, tels.
que le Soleil , la Lune , lés
Etoilles , une chandelle &
autres de mefme nature..
1 82 MERCURE
,. que
Et nous fommes portez à
prendre ce parti avec d'autant plus de raiſon
nous avons par l'experience journaliere, que plus
il y a de corps lumineux.
dans un mefme lieu , &
plus ils font vifs ou ardents;
plus nos yeuxenfont éclairez ; & tout au contraire à
mefure qu'on diminuë le
nombre & la force des
corps lumineux , la vifion
s'affoiblit. On a une preuve inconteſtable de cette
émanation de lumiere des
corps lumineux dans les
1
>:
GALANT. 83
miroirs ardents , qui eſtant
expofez directement à des
corps lumineux , raffemblent leur lumiere , & la
répandent en abondance
fur les objets qu'on veut
éclairer fortement. Mais
ce qui mefemble détruire
entre autres chofes, le ſyſtefmedes efprits lumineux des
Anciens, c'eft qu'on nelaiffe
pas quelquefois de voir fort
clair , quoyque le corps lumineux foit abfent, comme
il arrive pendant le temps.
de l'aurore & du crepufcule , c'est- à-dire, par l'efpace
84 MERCURE
de près de deux heures le
matin , & le foir dans les
longs jours d'Efté de ces
contrées; à moins qu'on ne
vouluſt dire que ces efprits
lumineux n'ont pas befoin .
alors abfolument du Soleil pour nous faire voir
clair ; mais la refponfe eft
aisée , car pourquoy cette
prétendue dépendance des
efprits animaux à l'égard
des corps lumineux n'auroit - elle lieu que pendant
le jour , & cefferoit- elle au
lever de l'aurore, ou au cou--
cher. du Soleil.
GALANT. 85
On nene peut cependant , fe difpenfer ablolument d'avouër icy en faveur des anciens partiſans
des efprits lumineux , qu'il
y a des yeux de certains
animauxd'où ilfemblefortir quelque chofe de fort
femblable à de la lumiere.
car outre que nous enfommes témoins en quelque
façon par nous - mefmes ,
quand nous regardons la
Ruit les yeux de quelque
animal nocturne comme
ceux des lapins, des hiboux,
& autres , principalement
86 MERCURE
fi ces animaux font carnaciers , tels les loups , les
renads , les tigres. Il paroift d'abord fort difficile.
d'expliquer fans le ſecours
de ces efprits , comment.
ces animaux pourroient
courirpendant la plus fombre nuit , avec autant de
rapidité qu'ils font , ſoit
pour le fauver
chaffer leur proye au travers des bleds , des vignes,
des bois , & des broufailles,
ou pour s'affembler , &
comment tant d'autres
ou pour
pourroient paſſer la moitié
GALAN . 87
de leur vie , enfermez dans
des terriers , ou tanieres, ou
dans des caves tres obfcures. D'un autre cofté il
femble qu'on peut tresbien douter auffi qu'il forte aucune telle lumiere des
yeux de ces animaux lorfque tout corps lumineux
eft abſent , comme chacun
peut s'en convaincre par
experience , & comme je
l'ay experimenté plufieurs
fois fur les chats , quoyqu'on foit affez communement perfuadé du contraire.
88. MERGURE
Mais après tout cette
prétenduë lumiere , quand
mefme elle viendroit de
ces animaux , eft tres- rare ;
& on ne peut pas meſme
dire qu'elle leur ſerve de
quelque chofe pendant le
jour, puifqu'elle difparoift
alors à nos yeux. A combien plus forte raifon donc
doit- on conclure que la lumiere qui nous éclaire
dant le jour ou la nuit , ne
vient pas de nos yeux, puifque dans quelque occafion que ce foit , on n'en
voit rien fortir de pareil.
penDe
GALANT. 89
De plus , il eft certain
que la lumiere qu'on raf
femble avecles miroirs ardents expofez directement
aux corps lumineux , agit
fur les corps , comme on
l'a dit cy- deffus , & comme on le peut voir au mo
yen du grand miroir de
métal qui eft à l'Obfervatoire , & d'un autre de verre
qui eft au Palais Royal,
avec lesquels onfond , on
vitrifie , & on calcine en
tres peu de temps toutes
fortes de corps , fans qu'il
foit neceffaire de recourir
Fuillet 17120 H
90 MERCURE
aux hiftoires fabuleuſes ,
qui pour relever l'excellen
ce des inventions d'Archimede nous racontent qu'il
brufloit du haut des murs.
de Siracufe , les vaiffeaux
des Romains qui la tenoient affiegée ; il faut
donc eftablir pour principe , que la lumiere eſt un
corps materiel comme les
corps mefmes , fur lesquels
elle agit , avec cette difference cependant , que fa
fubtilité , fa viteffe , & fa
fluidité , font prefque inconcevables , & qu'elle
émanedu corps lumineux ,
GALANT. 91
& non pas de nos yeux.
Quant à la fubtilité de
la lumiere , il faut qu'elle
foit extrême pour penetrer
en auffi peu de temps les
corps les plus durs & les
plus ferrez , comme les cryftaux, les diamants , & pref
que toutes les autres pierres précieuſes , fans parler
des nœuds des bois réfineux qu'elle penetre quelquefois juſqu'à l'épaiſſeur
de plus d'un pouce. Les
corps fluides ne font pas
plus à l'épreuve de ſa ſubtilité , que ceux dont on
Hij
94´ MERCURE
vient de parler ; & on peut
dire mefme queles yeuxde
la plufpart des poiffons leur
feroient prefque inutiles ,
s'ils ne pouvoient s'en ſervir que vers la fuperficie ·
de l'eau , & non pas au fond
des abysmes de la mer, où:
ils trouvent leur nourritu
re. Car il eft prefque inoui ,
qu'on ait apperceu aucune
lumiere fortir des yeux des
poiffons , ou des monstres
marins , quoyque pendant
la nuit les écailles de plufieurs en répandent en
abondance.
A l'égard de la viteffe
GALANT. 93 .
de la lumiere elle n'eft pas
moins prodigieufe que fa
fubtilité ,
puifqu'elle parcourt dans un temps fort
petit comme de deux heures environ des efpaces immenfes , tels que celuy qui
eft entre Saturne , c'est- àdire , entre la plus haute
Planette & la terre ; deforte qu'il n'y a aucune viteſſe
fenfible fur la terre , foit
d'une fleche ou d'un boulet de canon, qui ne foit à
l'égard de celle de la lu
miere moindre , que celled'une tortue ou d'un lima,
*
94 MERCURE
çon à l'égard de celles là.
On peut s'en convaincre
en confiderant de combien
la lumiere de la flamme
d'un canon précede le coup
fon boulet donné à une demielieuë du canon. Enfin
que la lumiere foit uncorps
tres fluide , perfonne n'en
doit douter , puifqu'elle
n'empefche aucunement
les divers mouvemens des
corps qui fe trouvent entre l'œil & le corps lumineux.
La nature de la lumiere
eſtant donc ainſi eſtablie ,
GALANT. 95
fçavoir qu'elle eft un corps
fluide , tres- rapide , &tresfubril , & eftant certain
aufli qu'elle dérive des
corps qu'on appelle lumineux , comme on l'a prouvécy- devant , il nous refte
d'expliquer de quelle maniere elle eft contenue
dans le corps lumineux ,
comment elle en découle
dans nos yeux , & enfin
comment nous appercevons parfon moyen tout ce
qui compofe ce qu'on appelle le monde. vifible.
Pour vous faire connoif
96 MERCURE
tre de quelle maniere elle eft contenue dans le
>
corps lumineux-, j'eſtabli
ray pour principe que le
corps lumineux , ou du
moins fa fuperficie , n'eſt
autre chofe qu'un amas de
matiere fort fubtile , forts
agitée , & tres fluide , lequel eft environné d'air ,
ou de quelque autre matiere fluide plus groffiere ,
qui le preffant de tous coftez lui fait prendre la figure
ronde fous laquelle il nous
paroift.Jefuppoferay encore que l'air que nous refpirons ,
GALANT. 97
rons , auffi bien que la
region aërée qui s'étend tout
autour de la terre à l'infini ,
font remplis de la matiere
que j'ay dit eftre la lumiere , laquelle lumiere doit
eftre differente de celle qui
compofe le corps lumineux , puiſqu'il a des bornes , & que celle - cy n'en
a point. Cecy eſtant ſupposé , voicy comme j'explique de quelle maniere
elle eft contenue dans le
corps lumineux.
Ce difcours s'eft trouvé
Juillet 1712.
I
98 MERCURE
trop long , pour le mettre
dans un feul Mercure , on
la partagé en deux , & l'on
donnera le refte le mois
prochain.
préliminaire fur la
lumiere.
QUoyque ce difcours ne
foit pas une piece com-.
plette , nyabfolument nouvelle , on n'a pas cru cependant devoir la laiffer
dans l'oubli non feulement parce qu'on y expli
que unfyfteme de la lumiere qui commence à avoir
de la vogue , mais encore
parce que la fuite va paFuillet 17120 G
74 MERCURE
roiftre inceffamment dans
un troifiéme volume des
effais & recherches de Mathematique & de Phyſique.
Premierement pour ce qui
regarde la nature de la lumiere , il n'eft rien aujour
d'huy de plus univerfellement reconnu que l'erreur des anciens Philofophes. Car fi on dit avec
quelques- uns que c'est une
qualité fenfible , fans expliquer quelle eft la nature & l'origine de cette qualité , il est évident que par
cette reſponſe , on ne nous
1
GALANT. 75
rend pas plus fçavans de
rien ; puifqu'il faudroit eftre aveugle pour ne fçavoir
pas que la lumiere eft fenfible & ennemi de la
clarté ,
ſe contenter , pour
des termes de qualitez occultes. Si on prétend avec
quelques autres que la lumiere n'eft autre chofe qu'-
une émanation d'efprits
animaux , qui fortant de
nos yeux , vont parcourir ,
& pour ainsi dire , vifiter
tous les objets qui font au
devant de nous pour en faire enfuite un fidelle rapGij
78 MERCURE
port à l'ame. Dans quelle
obfcurité ne tombe-t - on
pas, de prétendre qu'il puft
fortir d'un reſervoir aufli
borné , que l'eft celuy du
cerveau d'un animal , affez
de particules de matiere
pour s'eftendre non feulement à tous les corps qui
font autour de nous , dans
une diſtance de huit ou dix
lieuës à la ronde , mais
mefme jufques à la Lune ,
au Soleil , &juſques au Firmament , & de vouloir que
la viteffe de ces efprits ſoit
affez grande , pour parcou
1
GALANT. - 77
rir de tels efpaces deux fois
dans un clin d'œil , c'eſt àdire , dans un inftant fenfible ? Mais quand mefme
on leur accorderoit ces
deux paradoxes , quelle eft
la connoiffance de ces particules de matiere , pour
examiner les figures des
objets; & quelle eft leur memoire , pour retrouver les
yeux d'où elles font forties,
& pour en faire un fidelle
rapport à l'ame ? Pourquoy
ces meffageres ne nous
rendent - elles compte que
de la partie des corps qui
G iij
78 MERCURE
nous regarde , & non pas
auffi de celle qui eft derriere ces mefmes corps ?
Pourquoy ces efprits lumineux ne peuvent ils pas
faire leur effet , auffi bien
tandis que le Soleil & la
Lune font fous l'horizon ,
que lorsqu'ils font deffous ?
Eft - ce qu'ils ont quelque
fecrette fympathie avec ces
deux aftres , pluftoft qu'avec une infinité d'autres ,
dont le Ciel paroiſt parſemé pendant la nuit ? Ontils quelque antipathie pour
les ombres des corps, pour
GALANT. 79
ne s'y porter jamais qu'en
petite quantité, & avec peu
de force , quoyque d'ail .
leurs nos yeux foient expofez à la lumiere."
Enfiu posé que nos of
prits animaux fuffent en
affez grande quantité , qu'-
ils euffent toute la viteffe
neceffaire , & toutes les
connoiffances , & la memoire requifes , pour une
vifion parfaire , ce feroit
encore une preuve tres- infuffifante pour nous convaincre qu'ils font ce qu'on
doit entendre par la lumieG iiij
80 MERCURE
re naturelle. Car l'experience journaliere nous oblige toujours d'avouer qu'il
fort des corps lumineux
quelque chofe qui eft ca
pable de produire des effets
qu'on ne peut attribuer
qu'à des corpufcules , tels
que font ceux d'echauffer
de brufler , de fondre , &
de vitrifier toutesfortes de
corps , mefme l'or & les
diamants ; & d'où il n'eft
pas impoffible au contraire
de deduire tous ceux que
ces anciens Philofophes
attribuoient aux efprits lu-
GALANT.
81*
mineux des animaux , ou à
des qualitez encore plus.
occultes , comme vous allez le voir maintenant.
Bien loin donc , de tirer
de nos foibles yeux la lumiere mefme qui doit les
éclairer , & de nous rendre
avec les Anciens par ce
procedé fufpects en quel
que façon d'arrogance
nous irons chercher fonorigine dans les corps mefmes.
qu'on appellelumineux, tels.
que le Soleil , la Lune , lés
Etoilles , une chandelle &
autres de mefme nature..
1 82 MERCURE
,. que
Et nous fommes portez à
prendre ce parti avec d'autant plus de raiſon
nous avons par l'experience journaliere, que plus
il y a de corps lumineux.
dans un mefme lieu , &
plus ils font vifs ou ardents;
plus nos yeuxenfont éclairez ; & tout au contraire à
mefure qu'on diminuë le
nombre & la force des
corps lumineux , la vifion
s'affoiblit. On a une preuve inconteſtable de cette
émanation de lumiere des
corps lumineux dans les
1
>:
GALANT. 83
miroirs ardents , qui eſtant
expofez directement à des
corps lumineux , raffemblent leur lumiere , & la
répandent en abondance
fur les objets qu'on veut
éclairer fortement. Mais
ce qui mefemble détruire
entre autres chofes, le ſyſtefmedes efprits lumineux des
Anciens, c'eft qu'on nelaiffe
pas quelquefois de voir fort
clair , quoyque le corps lumineux foit abfent, comme
il arrive pendant le temps.
de l'aurore & du crepufcule , c'est- à-dire, par l'efpace
84 MERCURE
de près de deux heures le
matin , & le foir dans les
longs jours d'Efté de ces
contrées; à moins qu'on ne
vouluſt dire que ces efprits
lumineux n'ont pas befoin .
alors abfolument du Soleil pour nous faire voir
clair ; mais la refponfe eft
aisée , car pourquoy cette
prétendue dépendance des
efprits animaux à l'égard
des corps lumineux n'auroit - elle lieu que pendant
le jour , & cefferoit- elle au
lever de l'aurore, ou au cou--
cher. du Soleil.
GALANT. 85
On nene peut cependant , fe difpenfer ablolument d'avouër icy en faveur des anciens partiſans
des efprits lumineux , qu'il
y a des yeux de certains
animauxd'où ilfemblefortir quelque chofe de fort
femblable à de la lumiere.
car outre que nous enfommes témoins en quelque
façon par nous - mefmes ,
quand nous regardons la
Ruit les yeux de quelque
animal nocturne comme
ceux des lapins, des hiboux,
& autres , principalement
86 MERCURE
fi ces animaux font carnaciers , tels les loups , les
renads , les tigres. Il paroift d'abord fort difficile.
d'expliquer fans le ſecours
de ces efprits , comment.
ces animaux pourroient
courirpendant la plus fombre nuit , avec autant de
rapidité qu'ils font , ſoit
pour le fauver
chaffer leur proye au travers des bleds , des vignes,
des bois , & des broufailles,
ou pour s'affembler , &
comment tant d'autres
ou pour
pourroient paſſer la moitié
GALAN . 87
de leur vie , enfermez dans
des terriers , ou tanieres, ou
dans des caves tres obfcures. D'un autre cofté il
femble qu'on peut tresbien douter auffi qu'il forte aucune telle lumiere des
yeux de ces animaux lorfque tout corps lumineux
eft abſent , comme chacun
peut s'en convaincre par
experience , & comme je
l'ay experimenté plufieurs
fois fur les chats , quoyqu'on foit affez communement perfuadé du contraire.
88. MERGURE
Mais après tout cette
prétenduë lumiere , quand
mefme elle viendroit de
ces animaux , eft tres- rare ;
& on ne peut pas meſme
dire qu'elle leur ſerve de
quelque chofe pendant le
jour, puifqu'elle difparoift
alors à nos yeux. A combien plus forte raifon donc
doit- on conclure que la lumiere qui nous éclaire
dant le jour ou la nuit , ne
vient pas de nos yeux, puifque dans quelque occafion que ce foit , on n'en
voit rien fortir de pareil.
penDe
GALANT. 89
De plus , il eft certain
que la lumiere qu'on raf
femble avecles miroirs ardents expofez directement
aux corps lumineux , agit
fur les corps , comme on
l'a dit cy- deffus , & comme on le peut voir au mo
yen du grand miroir de
métal qui eft à l'Obfervatoire , & d'un autre de verre
qui eft au Palais Royal,
avec lesquels onfond , on
vitrifie , & on calcine en
tres peu de temps toutes
fortes de corps , fans qu'il
foit neceffaire de recourir
Fuillet 17120 H
90 MERCURE
aux hiftoires fabuleuſes ,
qui pour relever l'excellen
ce des inventions d'Archimede nous racontent qu'il
brufloit du haut des murs.
de Siracufe , les vaiffeaux
des Romains qui la tenoient affiegée ; il faut
donc eftablir pour principe , que la lumiere eſt un
corps materiel comme les
corps mefmes , fur lesquels
elle agit , avec cette difference cependant , que fa
fubtilité , fa viteffe , & fa
fluidité , font prefque inconcevables , & qu'elle
émanedu corps lumineux ,
GALANT. 91
& non pas de nos yeux.
Quant à la fubtilité de
la lumiere , il faut qu'elle
foit extrême pour penetrer
en auffi peu de temps les
corps les plus durs & les
plus ferrez , comme les cryftaux, les diamants , & pref
que toutes les autres pierres précieuſes , fans parler
des nœuds des bois réfineux qu'elle penetre quelquefois juſqu'à l'épaiſſeur
de plus d'un pouce. Les
corps fluides ne font pas
plus à l'épreuve de ſa ſubtilité , que ceux dont on
Hij
94´ MERCURE
vient de parler ; & on peut
dire mefme queles yeuxde
la plufpart des poiffons leur
feroient prefque inutiles ,
s'ils ne pouvoient s'en ſervir que vers la fuperficie ·
de l'eau , & non pas au fond
des abysmes de la mer, où:
ils trouvent leur nourritu
re. Car il eft prefque inoui ,
qu'on ait apperceu aucune
lumiere fortir des yeux des
poiffons , ou des monstres
marins , quoyque pendant
la nuit les écailles de plufieurs en répandent en
abondance.
A l'égard de la viteffe
GALANT. 93 .
de la lumiere elle n'eft pas
moins prodigieufe que fa
fubtilité ,
puifqu'elle parcourt dans un temps fort
petit comme de deux heures environ des efpaces immenfes , tels que celuy qui
eft entre Saturne , c'est- àdire , entre la plus haute
Planette & la terre ; deforte qu'il n'y a aucune viteſſe
fenfible fur la terre , foit
d'une fleche ou d'un boulet de canon, qui ne foit à
l'égard de celle de la lu
miere moindre , que celled'une tortue ou d'un lima,
*
94 MERCURE
çon à l'égard de celles là.
On peut s'en convaincre
en confiderant de combien
la lumiere de la flamme
d'un canon précede le coup
fon boulet donné à une demielieuë du canon. Enfin
que la lumiere foit uncorps
tres fluide , perfonne n'en
doit douter , puifqu'elle
n'empefche aucunement
les divers mouvemens des
corps qui fe trouvent entre l'œil & le corps lumineux.
La nature de la lumiere
eſtant donc ainſi eſtablie ,
GALANT. 95
fçavoir qu'elle eft un corps
fluide , tres- rapide , &tresfubril , & eftant certain
aufli qu'elle dérive des
corps qu'on appelle lumineux , comme on l'a prouvécy- devant , il nous refte
d'expliquer de quelle maniere elle eft contenue
dans le corps lumineux ,
comment elle en découle
dans nos yeux , & enfin
comment nous appercevons parfon moyen tout ce
qui compofe ce qu'on appelle le monde. vifible.
Pour vous faire connoif
96 MERCURE
tre de quelle maniere elle eft contenue dans le
>
corps lumineux-, j'eſtabli
ray pour principe que le
corps lumineux , ou du
moins fa fuperficie , n'eſt
autre chofe qu'un amas de
matiere fort fubtile , forts
agitée , & tres fluide , lequel eft environné d'air ,
ou de quelque autre matiere fluide plus groffiere ,
qui le preffant de tous coftez lui fait prendre la figure
ronde fous laquelle il nous
paroift.Jefuppoferay encore que l'air que nous refpirons ,
GALANT. 97
rons , auffi bien que la
region aërée qui s'étend tout
autour de la terre à l'infini ,
font remplis de la matiere
que j'ay dit eftre la lumiere , laquelle lumiere doit
eftre differente de celle qui
compofe le corps lumineux , puiſqu'il a des bornes , & que celle - cy n'en
a point. Cecy eſtant ſupposé , voicy comme j'explique de quelle maniere
elle eft contenue dans le
corps lumineux.
Ce difcours s'eft trouvé
Juillet 1712.
I
98 MERCURE
trop long , pour le mettre
dans un feul Mercure , on
la partagé en deux , & l'on
donnera le refte le mois
prochain.
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Résumé : DISCOURS préliminaire sur la lumiere.
Le texte est un discours préliminaire sur la lumière, destiné à être publié en deux parties. L'auteur justifie la publication de ce discours en soulignant qu'il expose un système de la lumière en vogue, qui sera inclus dans un troisième volume de ses œuvres de mathématiques et de physique. L'auteur critique les erreurs des anciens philosophes concernant la nature de la lumière. Certains la considéraient comme une qualité sensible sans en expliquer la nature et l'origine. D'autres la voyaient comme une émanation d'esprits animaux sortant des yeux pour explorer les objets et en informer l'âme. Cette dernière théorie est jugée improbable car elle implique que des particules de matière sortent du cerveau pour parcourir de grandes distances à une vitesse incroyable. L'auteur affirme que la lumière est un corps matériel émanant des objets lumineux tels que le Soleil, la Lune, les étoiles et les chandelles. Cette théorie est soutenue par l'observation que plus il y a de corps lumineux, plus la vision est éclairée. Les miroirs ardents, qui concentrent la lumière, sont une preuve de cette émanation. Le texte mentionne également que certains animaux semblent émettre une lumière, mais cette lumière est rare et ne sert pas pendant le jour. La lumière est décrite comme extrêmement subtile, rapide et fluide, capable de pénétrer les corps durs et les fluides. Sa vitesse est telle qu'elle parcourt des distances immenses en peu de temps. Enfin, l'auteur propose que les corps lumineux contiennent une matière subtile et fluide qui est pressée par l'air ou une autre matière fluide, lui donnant une forme ronde. Cette lumière est différente de celle qui compose le corps lumineux car elle n'a pas de bornes. Le discours sera poursuivi dans le prochain numéro du Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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792
p. 190-192
LIVRE NOUVEAU. EXTRAIT d'une Response de Mr D... à la Lettre d'un de ses amis, au sujet du Livre intitulé, Tableau des maladies... traduit de Lommius avec des Remarques, &c. vol in 12. à Pari, chez L. Sevestre, rüe des Amandiers, vis-à-vis le College des Crassins.
Début :
Mr, le Livre dont vous me parlez fait assez de [...]
Mots clefs :
Livre nouveau, Maladies, Tournemine, Lommius, Hippocrate, Pronostic, Accidents
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texteReconnaissance textuelle : LIVRE NOUVEAU. EXTRAIT d'une Response de Mr D... à la Lettre d'un de ses amis, au sujet du Livre intitulé, Tableau des maladies... traduit de Lommius avec des Remarques, &c. vol in 12. à Pari, chez L. Sevestre, rüe des Amandiers, vis-à-vis le College des Crassins.
LIVRE NOUVEAU.
EXTRAIT
d'une Refponfe de MrD...
à la Lettre d'un defes amis ,
aufujet du Livre intitulé ,
Tableau des maladies...
traduit de Lommius avec
des Remarques ,&c, vol in
12. à Paris , chez L. Seveftre , rue des Amandiers ,
vis - à- vis le College des
Craffins.
Mr , le Livre dont vous
me parlez fait affez de
bruit. Un fage & fçavant
GALANT. 191
critique ( le R. P. Tournemine) avoit mis cette traduction en credit avant
qu'elle paruft ( mem. de Tr.
m. deJan. 1712. ) Lommius
Med. de Bruxelles , avoit
effayé de donner un abbregé de Hippocrate , en raffemblant fur chaque maladie tout ce qu'il avoit peu
rencontrer dans fes œuvres , d'obſervations effentielles pour bien connoif
tre les maladies , & en faire
un pronoftic affuré de leur .
évenement. Comme Hippocrate n'a merité le nom
192 MERCURE
de divin que pour avoir excellé dans cette partie de
l'art qui apprendà prévoir
les accidens qui doivent arriver dans les maladies , &
comment elles doivent fe
terminer , Lommius s'eft
particulierement attaché
aux obfervations fur lefquelles cette fcience eft
cftablie ; & il en a fait un
heureux choix , qui fait
honneur à la fource d'où
il eft puisé. Cela joint à la
pureté du ftile de l'Autheur , a fait goufter ce Livre à tous les habiles Medecins
EXTRAIT
d'une Refponfe de MrD...
à la Lettre d'un defes amis ,
aufujet du Livre intitulé ,
Tableau des maladies...
traduit de Lommius avec
des Remarques ,&c, vol in
12. à Paris , chez L. Seveftre , rue des Amandiers ,
vis - à- vis le College des
Craffins.
Mr , le Livre dont vous
me parlez fait affez de
bruit. Un fage & fçavant
GALANT. 191
critique ( le R. P. Tournemine) avoit mis cette traduction en credit avant
qu'elle paruft ( mem. de Tr.
m. deJan. 1712. ) Lommius
Med. de Bruxelles , avoit
effayé de donner un abbregé de Hippocrate , en raffemblant fur chaque maladie tout ce qu'il avoit peu
rencontrer dans fes œuvres , d'obſervations effentielles pour bien connoif
tre les maladies , & en faire
un pronoftic affuré de leur .
évenement. Comme Hippocrate n'a merité le nom
192 MERCURE
de divin que pour avoir excellé dans cette partie de
l'art qui apprendà prévoir
les accidens qui doivent arriver dans les maladies , &
comment elles doivent fe
terminer , Lommius s'eft
particulierement attaché
aux obfervations fur lefquelles cette fcience eft
cftablie ; & il en a fait un
heureux choix , qui fait
honneur à la fource d'où
il eft puisé. Cela joint à la
pureté du ftile de l'Autheur , a fait goufter ce Livre à tous les habiles Medecins
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Résumé : LIVRE NOUVEAU. EXTRAIT d'une Response de Mr D... à la Lettre d'un de ses amis, au sujet du Livre intitulé, Tableau des maladies... traduit de Lommius avec des Remarques, &c. vol in 12. à Pari, chez L. Sevestre, rüe des Amandiers, vis-à-vis le College des Crassins.
Le livre 'Tableau des maladies' est une traduction des travaux du médecin bruxellois Lommius. Avant même sa publication, il a été recommandé par le critique respecté R. P. Tournemine. Lommius a compilé des observations essentielles tirées des œuvres d'Hippocrate pour améliorer la compréhension et la prédiction des maladies. Hippocrate est reconnu pour son excellence dans la prévision des accidents et des issues des maladies. Lommius a sélectionné ces observations avec soin, ce qui a été apprécié pour la clarté et la qualité de son style. Le livre a été bien accueilli par les médecins compétents. L'ouvrage est disponible à Paris, chez L. Sevestre, rue des Amandiers, en face du Collège des Carmes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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793
p. 237-241
HARANGUE.
Début :
Monseigneur, La Faculté de Theologie venant vous marquer combien elle [...]
Mots clefs :
Faculté de théologie, Cardinal, Mérites, Maison de Rohan, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HARANGUE.
HARANGUE.
Monfeigneur,
La Faculté de 'Theologie
venant vous marquer com+
bien elle eſt ſenſible à vôtre élevation à la dignité de
Cardinal , fe fait honneur à
elle -même. Elle regarde
avec plaifir l'éclat de votre
pourpre rejaillir fur tous les
membres qui la compoſent.
Cette fçavante Compagnie
238 MERCURE
n'oubliera jamais les riches
talens que vous avez fait
briller dans fon Ecole. Les
diſtinctions qu'elle vous a
données ne font pas tant
des marques de fon eftime,
que des preuves évidentes
de vos merites fingulièrs ;
de cet efprit vif &perçant ,
de cette fcience vafte &
profonde, de cette éloquen.
ce folide , accompagnée de
toute la politeffe des anciens. Qualitez excellentes
qui vous ont fait admirer
de tout le monde , & qui
vous ont attiré les applau
GALANT. 239
diffemens de la Cour. Le
Souverain Pontife qui vous
a fait éminent en dignité ,
vous a trouvé éminent en
vertu , en fageffe , en modeftie , en douceur , en verité , en pieté : vertus rares
dans lesjeunes Princes , élevez fouvent dans la mol
leffe & dans le fein des plaifirs Mais ce qui eft plus glorieux à Vôtre Alteffe Emninentiffime eſt Monfei
gneur , que le plus grand
Roydu monde , aprés vous
avoir choifi dans votre flo.
riffante jeuneffe pour rem-
240 MERCURE
plir le Siege d'une ville importante à l'Etat & à la Re.
ligion , vous a jugé digne
de la Pourpre , Prince dont
la penetration ne permet
pas qu'il ſe trompe dans ſes
jugemens. Cette nouvelle
dignité que vous avez fait
entrer dans l'illuftre Maifon
de Rohan , donne un nouveau luftre à vos ancêtres ,
Ces Princes fouverains
que l'hiſtoire nous apprend
avoir regné avec valeur ,
& avoir gouverné leur peuple avec équité & religion.
Il ne nous refte plus
Monfei-
GALANT. 241
Monfeigneur, qu'un devoir
à remplir , qui eſt de prier
Dieu de vous laiffer longtemps dans cette éminente
place , pour la gloire de ſon
nom & pour le bien de fon
Eglife.
Cette Harangue a été
faite par M. de la Roque , Doyen de la Faculté de Theologie de
Paris , accompagné de
plufieurs des principaux
de cette Faculté.
Monfeigneur,
La Faculté de 'Theologie
venant vous marquer com+
bien elle eſt ſenſible à vôtre élevation à la dignité de
Cardinal , fe fait honneur à
elle -même. Elle regarde
avec plaifir l'éclat de votre
pourpre rejaillir fur tous les
membres qui la compoſent.
Cette fçavante Compagnie
238 MERCURE
n'oubliera jamais les riches
talens que vous avez fait
briller dans fon Ecole. Les
diſtinctions qu'elle vous a
données ne font pas tant
des marques de fon eftime,
que des preuves évidentes
de vos merites fingulièrs ;
de cet efprit vif &perçant ,
de cette fcience vafte &
profonde, de cette éloquen.
ce folide , accompagnée de
toute la politeffe des anciens. Qualitez excellentes
qui vous ont fait admirer
de tout le monde , & qui
vous ont attiré les applau
GALANT. 239
diffemens de la Cour. Le
Souverain Pontife qui vous
a fait éminent en dignité ,
vous a trouvé éminent en
vertu , en fageffe , en modeftie , en douceur , en verité , en pieté : vertus rares
dans lesjeunes Princes , élevez fouvent dans la mol
leffe & dans le fein des plaifirs Mais ce qui eft plus glorieux à Vôtre Alteffe Emninentiffime eſt Monfei
gneur , que le plus grand
Roydu monde , aprés vous
avoir choifi dans votre flo.
riffante jeuneffe pour rem-
240 MERCURE
plir le Siege d'une ville importante à l'Etat & à la Re.
ligion , vous a jugé digne
de la Pourpre , Prince dont
la penetration ne permet
pas qu'il ſe trompe dans ſes
jugemens. Cette nouvelle
dignité que vous avez fait
entrer dans l'illuftre Maifon
de Rohan , donne un nouveau luftre à vos ancêtres ,
Ces Princes fouverains
que l'hiſtoire nous apprend
avoir regné avec valeur ,
& avoir gouverné leur peuple avec équité & religion.
Il ne nous refte plus
Monfei-
GALANT. 241
Monfeigneur, qu'un devoir
à remplir , qui eſt de prier
Dieu de vous laiffer longtemps dans cette éminente
place , pour la gloire de ſon
nom & pour le bien de fon
Eglife.
Cette Harangue a été
faite par M. de la Roque , Doyen de la Faculté de Theologie de
Paris , accompagné de
plufieurs des principaux
de cette Faculté.
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Résumé : HARANGUE.
La Faculté de Théologie adresse une harangue à un cardinal nouvellement promu, exprimant sa sensibilité et son honneur face à cette distinction. Elle souligne l'éclat de la pourpre cardinalice qui rejaillit sur tous ses membres. La Faculté reconnaît les talents exceptionnels du cardinal, mettant en avant son esprit vif, sa science vaste et profonde, ainsi que son éloquence. Ces qualités lui ont valu l'admiration de la Cour. Le Souverain Pontife l'a choisi pour sa vertu, sagesse, modestie, douceur, vérité et piété, des vertus rares chez les jeunes princes. Le roi l'a également jugé digne de la pourpre après l'avoir choisi pour gouverner une ville importante pour l'État et la religion. Cette nouvelle dignité illumine la maison de Rohan, connue pour la valeur et la gouvernance équitable de ses ancêtres. La harangue se conclut par une prière pour que Dieu lui permette de rester longtemps dans cette position pour la gloire de son nom et le bien de l'Église. Cette harangue a été prononcée par M. de la Roque, doyen de la Faculté de Théologie de Paris, accompagné de plusieurs membres éminents.
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794
p. 27-32
LIVRE ESPAGNOL.
Début :
Il paroist depuis peu un Livre en Espagnol, qui meriteroit [...]
Mots clefs :
Livre espagnol, Médecine, Hippocrate, Maladie, Practiciens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRE ESPAGNOL.
LIVRE ESPAGNOL:
IL paroist depuis peu
un
Livre en Espagnol, qui meriteroit bien qu'on le traduisist en François:il est
d'un des plus excellents
Medecins de l'Europe, & •
cet autheursemble ne s"cf,
tre consommé dansla theorie, &dans la pratique de
la medecine que pour détruire tous les fauxpréjugez dont cette scienceest
obscurcie.-
Letitredu Livreest,Hippocrate deffendu detoutes
lescalomnies;dont les Medecins l'accusoientinjustenient en particulier dans
la cure des maladies ai-,
guës';. & onfait voirque Jufquesaàperfentperfanne
n'a sceu comment il traietoit ces maladies, c'est ce
qu'explique, comentant le
premier des aphorismes,le
Docteur Michel Marcellino -
Boix
,
natif du Royaume
deValence, membredu
Collegedes trois Langues,
Professeur en Medecine
{JansTypivçrfïçe' d'Alcala
, Fondateur de l'Académie
Royale deSeville, & à present Medecin honoraire
du Roy.
:
h
Ce Livre a
esté escrit par l'autheur, pour détruire la
confusiondes sistemes, qui
au lieu d'avancer la Medecine, retardent considerablement ses progrez, il explique mot par mot les paroles du premier aphorisme d'Hippocrare,&àchaque periode fait un discours
qui comprend tout ce qu'il
y a
de meilleur & de plus
necessaire aux Medecins
pour bienconduire leurs
malades.Il fait voir par
plusieurs partages des Livres légitimés d'Hippocrate,quelle a
efi¿ sa pratique
dans les maladies aiguës.
Il prétend qu'il faut écou-
ter la nature
-
sans la détourner des mouvements
critiques qu'elle feroit sans
l'importune pratique des
saignées & purgations faites dans ces maladiesla
ordinairement mal à propos:il prouve tout cela par
l'experience
,
la raison &
l'authorité non feulement
d'Hippocrate, mais des
meilleurs Praticiens de
l'Europe. C'est asseurement un Livre, où l'autheur fait connoistre beaucoup d'érudition, & une
profonde connoissance en
tout ce qui regarde sa prôsession.
IL paroist depuis peu
un
Livre en Espagnol, qui meriteroit bien qu'on le traduisist en François:il est
d'un des plus excellents
Medecins de l'Europe, & •
cet autheursemble ne s"cf,
tre consommé dansla theorie, &dans la pratique de
la medecine que pour détruire tous les fauxpréjugez dont cette scienceest
obscurcie.-
Letitredu Livreest,Hippocrate deffendu detoutes
lescalomnies;dont les Medecins l'accusoientinjustenient en particulier dans
la cure des maladies ai-,
guës';. & onfait voirque Jufquesaàperfentperfanne
n'a sceu comment il traietoit ces maladies, c'est ce
qu'explique, comentant le
premier des aphorismes,le
Docteur Michel Marcellino -
Boix
,
natif du Royaume
deValence, membredu
Collegedes trois Langues,
Professeur en Medecine
{JansTypivçrfïçe' d'Alcala
, Fondateur de l'Académie
Royale deSeville, & à present Medecin honoraire
du Roy.
:
h
Ce Livre a
esté escrit par l'autheur, pour détruire la
confusiondes sistemes, qui
au lieu d'avancer la Medecine, retardent considerablement ses progrez, il explique mot par mot les paroles du premier aphorisme d'Hippocrare,&àchaque periode fait un discours
qui comprend tout ce qu'il
y a
de meilleur & de plus
necessaire aux Medecins
pour bienconduire leurs
malades.Il fait voir par
plusieurs partages des Livres légitimés d'Hippocrate,quelle a
efi¿ sa pratique
dans les maladies aiguës.
Il prétend qu'il faut écou-
ter la nature
-
sans la détourner des mouvements
critiques qu'elle feroit sans
l'importune pratique des
saignées & purgations faites dans ces maladiesla
ordinairement mal à propos:il prouve tout cela par
l'experience
,
la raison &
l'authorité non feulement
d'Hippocrate, mais des
meilleurs Praticiens de
l'Europe. C'est asseurement un Livre, où l'autheur fait connoistre beaucoup d'érudition, & une
profonde connoissance en
tout ce qui regarde sa prôsession.
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Résumé : LIVRE ESPAGNOL.
Un livre en espagnol récemment publié mérite d'être traduit en français. Son auteur, le docteur Michel Marcellino Boix, éminent médecin européen, vise à démanteler les faux préjugés en médecine. Intitulé 'Hippocrate défendu de toutes les calomnies', l'ouvrage conteste les accusations injustes portées contre Hippocrate, notamment dans le traitement des maladies aiguës. Boix, natif du Royaume de Valence, membre du Collège des trois Langues, professeur de médecine à Alcalá et fondateur de l'Académie Royale de Séville, commente le premier aphorisme d'Hippocrate. Il clarifie les systèmes médicaux qui retardent les progrès de la médecine et explique mot par mot les paroles de cet aphorisme. Boix fournit des discours détaillés sur les meilleures pratiques pour les médecins et démontre la méthode d'Hippocrate à travers des extraits légitimes de ses œuvres. Il critique les pratiques courantes de saignées et de purgations, prônant l'écoute de la nature sans perturber ses mouvements. Ses arguments sont soutenus par l'expérience, la raison et l'autorité d'Hippocrate ainsi que des meilleurs praticiens européens. Le livre révèle l'érudition et la profonde connaissance de l'auteur en médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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795
p. 32-42
EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Début :
Monsieur, Un habile Chimiste de mes amis, qui ne veut [...]
Mots clefs :
Londres, Chat, Venin, Rage, Expérience, Chimiste, Baquet, Araignées, Musique, Remède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
EXPERIENCE
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
sur un Chat enragé.
Extrait d'une LettreAngloifc
de Londres.
MONSIEUR,
Un habile Chimiste de
mes amis,qui ne veut point
estre nomme avant que davoir verifiéencore par quelques expériences le remede qu'il croit avoir trouve
contre la rage, a
fait en
ma presencel'épreuve que
yoicy. Il a
choisi un Chat
tresfort,ôc la attaché par
deux coliers à boucles, l'un
au col,& l'autre au bas des
reins, & l,¡ ainsi suspendu
au bout d'un cordon de
soye passé dans une poulie
attachée au plafond d'une
chambre; ensuite illa laissé
sans boire quelques jours,
& la fouetté de coups de
baguettes menuës en fortnc de verges, &cela si
violemment à plusieurs reprises
, que jamais on 'n'a
veuunobjet si terrible que
ce Chat. Rien ne peut
donner l'idée d'une rage
plus violente; il a encore
mis au dessous de l'endroit
où le Chat estoit suspendit
un baquet d'eau tiede, dans
laquelle il a
jette environ
un demillier de sa distillation. On a
plongé leChat
deux fois dans ce baquet
en laschant le cordon, ôc
le retirantpresque dans le
mesmeinstant; ensutre ostant le baquet, on a
descendu le Chat jusques sur
le plancher, où on l'a veu
s'estendre & allonger les
pattes & le col comme un
Chat qui se reveille d'un
long sommeil
,
& il a paru
si tranquille que mon amy
s'en est approché avec un
peu de viande que le Chat
a pris avec toute la douceur
ôc toutes les carresses imaginables. Mon amy prerend que ce bain fera le
mesme effet sur les ani-
-,
maux & les hommes atteients d'une veritable râge ;
c'est ce qu'il veut éprouver avant que de rendre son remede public.
Cette distillation esttirée en partie de certaines
araignées à jambes courtes, que mon amy a
fait
venir d'Italie,&quisontà
peu près de l'especede celles qu'on nomme Tarentoles,
parce quelles font fort
communesdans le territoire de lavilledeTarente
*à Royaume de Naples;
Le venin que cet animal
communique par sa morfïl£C
,
produit des effets si
surprenants, & si contraires entre eux, qu'ils paroistroient incroyables s'ils
nestoient connus par une
infinité d'experiences. Entre ceux qui en sont piuez lesuns ne sçauroienc ormir,les
autres ne peu-
,vent estre éveillez,lesuns
forment de continuelles
plaintes, & les autres rient
tousjours, Quelques-uns
grincent les dents, & sont
agitez detransports derage:quelquesautresau contraires chantient & dansent sans cesse. Aux uns,
ce venin cause des vomissements, aux autres des
sueurs abondantes & pref-
que a tous une forte parnon pour les couleurs;
mais differemment.- Ainsi
le rouge plaist à l'un, le
verd contente l'autre
»
le
jaune en réjouit plusieurs
&c. Ce qu'il y a
de particulier en ce venin, c'est
que comme il est gluant,
n'estant que l'humeur salivaire de cette araignée,
il fixe d'abord l'imagination sur l'objet qui l'occupoit lorsqu'il est piqué, de
forte que si un homme s'imaginoit alors d'estreRoi,
cette agreable idée ne le
quitteroit qu'après l'entietiere dissipationdel'humeur insinuée par lamorsure de la Tarentole. Ce
venin, par la mesme raison
de viscosité, ne fait d'abord
ressentir auçun fascheux
symptosime
; mais dans la
suite, qui est quelquefois
d'une année entiere, après
estre demeuré long. temps
caché, il se subtilise ,&se
reveille par la chaleur du
Soleil. Il acquiert du mouvement & de l'action
,
&
produit différents effets,
selon les parties qu'il ixi-
secte. Si ce venin bouche
les nerfs dans leur concours
au cerveau, les esprits animaux ne pouvant dcfcendre aux organes, demeurent comme endormis. Au
contraire, il cause des veilles continuelles s'il tient
par son activité tousjours
ouverts les nerfs par où
ces mesmes esprits peuvent descendre sansdis
continuation. En corrompant la bile,ce venin cause
des fiévres ardentes, & en
se joignant avec lesesprits
à l'origine des nerfs,il picote
, cote extraordinairement
tes muscles & parce picotement porte le malade à
gesticuler &à danser, ce
qui arrive principalement
lorsque les esprits y
sont
excitez par quelquesairs
de Musique convenables
au temperamernt di}mala-.
de,& à la qualité diijvenku
C'est par cette raifq#r,que la,Mtifiquee/tTciniquç,&
souverain remecle<\pom;>cô
mal; car le malade dansant avec
violence au son
de l'instrument, & mesme
(
avec justêssequandîln'au-j
roit jamais appris à danfer,
fait sortir ce venin avec la
sueur. Que s'il en reste
quelque petite partie, c'est
un levain qui causse périodiquement les mesmes
symptosmes,& dela vient
que l'on voit des personnes qui en font incommodées des quarante & cinquante annees.
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Résumé : EXPERIENCE sur un Chat enragé. Extrait d'une Lettre Angloise de Londres.
Un chimiste a mené une expérience sur un chat enragé afin de tester un remède. Pour préserver son anonymat jusqu'à la vérification de son traitement, il a suspendu un chat robuste avec des cordes et l'a soumis à des coups violents pour provoquer une rage intense. Ensuite, le chat a été immergé dans un baquet d'eau tiède contenant une distillation préparée à partir d'araignées italiennes, similaires aux tarentules. Après ce traitement, le chat est devenu calme et a accepté de la nourriture avec douceur. Le texte décrit également les effets variés du venin de la tarentule, qui peuvent inclure l'incapacité à dormir, des plaintes continues, des rires incessants, des grincements de dents, ou des danses. Le venin affecte également la perception des couleurs et peut provoquer des vomissements ou des sueurs abondantes. La distillation utilisée dans l'expérience est dérivée de ce venin, connu pour ses effets surprenants et contraires. Le chimiste prévoit de tester son remède sur d'autres animaux et humains atteints de rage avant de le rendre public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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796
p. 42-59
MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Début :
Louis Joseph Duc de Vendosme, Pair de France, Prince de [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Mort, Général, Apprentissage, Armée, Commandement, Espagne, Roi, Siège, Campagne, Combat, Valeur, Victoire, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Ona différé l'article de
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
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Résumé : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Le texte relate la vie et les exploits militaires de Louis Joseph de Vendôme, Duc de Vendôme, Pair de France, Prince de Martigues, Chevalier des Ordres du Roy, Grand Sénéchal et Gouverneur de la Provence, et Général des Galères. Né petit-fils d'un grand roi, il montra dès son enfance des qualités rares telles que l'humanité, l'affabilité, la générosité et la compassion. Il s'illustra très tôt dans sa carrière militaire, servant avec assiduité et gravissant les échelons jusqu'à devenir un grand général. Sous la tutelle de Turenne et de Crequy, il participa à de nombreuses batailles, comme celle d'Altenheim où il fut grièvement blessé. Il se distingua également lors des sièges de Barcelone et de Cremone, et dans diverses campagnes en Allemagne, en Flandres et en Italie. Ses actions militaires, telles que la prise de plusieurs villes et la victoire à la bataille de Luzara, contribuèrent à affermir la couronne du Roi d'Espagne. Le Duc de Vendôme était également connu pour sa magnificence et son hospitalité, notamment lors des séjours du Dauphin à sa maison d'Anet. Il reçut de grandes marques de confiance du Roi, qui lui confia divers commandements importants. Sa carrière militaire fut marquée par des succès notables, bien que la victoire lui ait parfois échappé, comme à la bataille d'Oudenarde. Le texte mentionne également la préparation d'un journal détaillant ses actions en Espagne, soulignant l'impact de ses exploits sur la couronne espagnole.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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797
p. 87-109
SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Début :
La lumiere entant qu'elle est contenuë dans le corps [...]
Mots clefs :
Corps lumineux, Lumière, Corps opaque, Ombres, Catoptrique, Dioptrique, Arc-en-ciel, Parélie, Microscopes, Couronnes célestes, Vision
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
SUITE DU DISCOURS
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
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Résumé : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Le texte explore la nature et la propagation de la lumière. La lumière, issue d'un corps lumineux, est décrite comme une action par laquelle ce corps émet de la lumière matérielle autour de lui. Cette émission résulte du mouvement d'une matière fluide et agitée à la surface du corps lumineux, qui tend à s'étendre. Un combat perpétuel oppose cette matière à l'éther environnant, chacun alternant entre victoire et défaite. La lumière se propage en poussant les couches de lumière environnantes, formant des sphères concentriques similaires aux cercles dans l'eau après un impact. La lumière pénètre facilement les parties transparentes de l'œil pour impressionner les esprits animaux au fond de l'œil, permettant ainsi la vision. Le texte distingue entre la lumière directe et la lumière réfléchie, expliquant que les objets sont vus grâce à la lumière réfléchie par leur surface. Les couleurs et les ombres sont également mentionnées comme des effets de la lumière. Le texte annonce une suite de discours sur les ombres, les pénombres, la lumière réfléchie et la lumière réfractée, ainsi que sur les propriétés des miroirs et des verres. Il mentionne également des phénomènes célestes comme les arcs-en-ciel et les parhélies, dont l'explication sera développée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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798
p. 195-208
CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
Début :
Un jeune Officier devint amoureux d'une jeune personne appellée [...]
Mots clefs :
Mère, Fille, Lyon, Deux pères, Officier amoureux, Fidélité, Marianne, Juge, Procès, Loi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
CONTRE-PARTII
duprocès deLion.
LA PETITE FILLE.
àdeux feres, UN -
jeuneOfficier devint amoureux d'une jeune
personne appellée Marianne ;elle: lepréféra à un
vieux Bourgeoistrés-opulent. CetOScierecoic si
bienfait & si pauvre,
qu'il fit. compassionà une
riche veuve,, ni jeune, ni
belle, mais d'un bon natu- rel. Elle eut autant d'envie
de faire la fortune de l'Ofsicier, que l'Officier enavoit defairecelle de Marianne: mais quel parti
prendre ?
S'épouser sans
bIen, c'étoit se rendremiserablesépouserle vieillard
& lavieille,c'étoit sacrifierleur bonheur pour des
richesses nos jeunes amans
ne pouvoient s'y resoudre.
Cependant le vieillard &
la vieille les pressoientfort,
ôc le mauvais état de leurs
adiréslesprenant encore
davantage, ilsse conseillejent
enfin
l'un àl'autre ce
qu'ils ne pouvaient se resoudre d'executer :ce fut;
d'épouser ceux qui pouvoient leur donner moyen
d'être quelque jour l'un &
l'autre bienà leur aise; car
quoyqu'ils ne souhaitassent
pas en se mariant de devenir bientôt veufs, le grand
âge du Bourgeois & de la
veuve devoirprévenir leur
souhait en peu d'années. Ils
prirent donc la verrueufe
refollition de ne se jamais,
voir,dés, qu'ils auroient
promis chacunà leur vieille
moitié une fidélité inviolable. Ilsalut se separer
que ne se dirent point ces
tendres amans! que de soûpirs ! que de larmes ! La,,
douleur d'une separationsi
cruelle redoubla leur ten.
dresse, & troubla leur rarson. L'Officier perditlerespeét
,
Marianne perdit la
ttamqnrane;ils ne se poffedoientplus. Jenesçaicomment ilsse separerent:mais
ils promirentde se revoir
encore; cependant levieillard & la vieille vouloient
terminer leurs mariages;
les jeunes remettoienttoujours aulendemain; & de
lendemainen lendemain ils
auroient;différé. toute leur
vie,sansunecrainte fecrece
qui obligea Marianne de
conclure les noces au plûtôfcv Elle n'y perdit pas un
moment,&au moyen de
cette diligence levieillard
eut lignée justement au
bout de neuf mois.
,
L'Officier s'étoit marié
dés le même jour à cette
vieille veuve, enquil'amour fit par miraclel'effet
de la jeunesse;car à 60. ans,..
dit-on, elle accoucha d'une:
fille, à qui ayant donné le
peu de chaleur naturelle
quilui restoit, ellemourut à
rinftantj&rÔfficier se trouvant pere & veuf en même
jour, se fit un plaisir de
-
don.
ner secretement cette fille
à nourrir à la même nourrice qui nourrissoitdéjà
celle de Marianne. Ensuite
roncier partit pour la
guerre, parce que la vertueuseMarianne nevouloir
:
point le voir tant. que [olt;
mari vivroit,
Peu de temps après le
vieillard & Marianne sa
femme furent,obligez dé
faire un longvoyage pour des affaires importantes;
en tprie que lesdeux petites
filles resterent en nourrice
ensèmble, & l'une des deux
ecant morte peu aprés,
la nourrice avare voyant la
mere 6c tes, deuxperes absens, continua de se faire
payer des deux côtex lapensîôn de celle qui restoit
;
mais; l'embarras fut que là*
nourrice étant morteenfuite subitement. la fille, qui pouvoiravoirquatre oucinqans,resta entre
les mainsd'une voisine,qui
s'en chargea pour tâcherde
tirer encoreles deux pensions.Mais l'Officier revint
Bientôtde l'armée, & s'empara dela petitefille, qu'il
crut de bonne foy être celle
qu'ilavoit euë deson mariage, parce quelle avoit
beaucoup de son air.
-
Il faut remarquer que
personne ne sçavoit plus véritablement àqui elle, ap-
-.
«
p^fceaoic :la jeune mere ficeles deuxperes ne l'avoient,
point vuedepuis sa naissance, 6c cela doiuia lieu à.
un grand procès
; car le
vieillardde retour
,.
voulut
avoir le fruit desonmariage ,
dontl'Officiers'étoit
emparé.Onplaida la causè,
quelquesJuges opinerenc.x
~t~c~M/~ de iobfeuritêimfmttrairitrépandissur
xt4tte affaire
y
l'enfant reftttroit au perc leplusriche parcemieux qu'iletoitélever. en ÇÏAÏ de III
Un autre Juge, plusér
claire, demanda si la petite
fille n'avoit point encore VIL la mere ; on Ion. réponditque
-
Il nousresse donc,dit ce
*
Jpge, deux moyens de con
noitresi la femme du vieillard
te mere ou non. Le premier, *
cVyî la ressemblance,quenous
examineron dans lafuite.
Vautre moyen,.t'ifl qu'il!
fautmettre la petite fille au
milieu d'une douzaine dam..dtres du mêmeâge, v', qu'on
.l(S amene toutes ensemble. deJ
vant nous.
On!executa l'arrêtcom-
rne ce dernierJuge. l'avoit
prononcé; onamena à
laudience suivante cette troupe de petitesfilles,l'ondit
-"a lamere de choisir celle
de toutespour qui elle se
sentoit le plus d'inclination
naturelle,&ellechoisitjustement entre toutes la pe- tite filleen question.
Je sçavoisbien, dit le Juge,quel'instinctferoit meilleurJuge
que moy :
la ressemblnceparfaitequeje vois entre lamere & lafillemepersuade encore que
Cinfliniléfl
veritable.
Les deuxperescepenJant etoieil'tns à ce
jugement. Le vieillard
,,, -transporté de joye qu'on feûtjugépubliquement qu'à
sonâge il pouvoitêtre >
pere,
courut pour embrasser la
;;petite fille
;
maiselle eut
peur, & s'écria en le repoussant: Ah
ce n'est point là monpapa, j'aime bien mieux
celui.ci;continuait-elle, en
se tournant vers l'Officier,
qu'elle courutembrasser ;
ahjevois bien que celui-ci est
mon "iraipapa.
Cet évenementimprévu
embarassaquelques-uns des oient-.:tdHoie,nt-ils i si s,t
CinjlinB a donnél'enfant àla
•
mere.tSPau-vieill.irdy le même
injlinÛ taaujji donné a
l'Ofsficier :
ainjïcelanedécidé
rIen.
.,Ol\JNt queIey pluscensez opinerent pour le premierinstinct; parce que la
inerc' étant designée sûrementparl'instinct
,
&le
pere demontréparlemariage avec la mere,ilfaloit
suivrelaloyà l'égard du
pere,&non l'instinct. En
effetcen'estpasla faute des
.)uges si la loy ne s'accorde
pastoûjours avec l'instinct.
duprocès deLion.
LA PETITE FILLE.
àdeux feres, UN -
jeuneOfficier devint amoureux d'une jeune
personne appellée Marianne ;elle: lepréféra à un
vieux Bourgeoistrés-opulent. CetOScierecoic si
bienfait & si pauvre,
qu'il fit. compassionà une
riche veuve,, ni jeune, ni
belle, mais d'un bon natu- rel. Elle eut autant d'envie
de faire la fortune de l'Ofsicier, que l'Officier enavoit defairecelle de Marianne: mais quel parti
prendre ?
S'épouser sans
bIen, c'étoit se rendremiserablesépouserle vieillard
& lavieille,c'étoit sacrifierleur bonheur pour des
richesses nos jeunes amans
ne pouvoient s'y resoudre.
Cependant le vieillard &
la vieille les pressoientfort,
ôc le mauvais état de leurs
adiréslesprenant encore
davantage, ilsse conseillejent
enfin
l'un àl'autre ce
qu'ils ne pouvaient se resoudre d'executer :ce fut;
d'épouser ceux qui pouvoient leur donner moyen
d'être quelque jour l'un &
l'autre bienà leur aise; car
quoyqu'ils ne souhaitassent
pas en se mariant de devenir bientôt veufs, le grand
âge du Bourgeois & de la
veuve devoirprévenir leur
souhait en peu d'années. Ils
prirent donc la verrueufe
refollition de ne se jamais,
voir,dés, qu'ils auroient
promis chacunà leur vieille
moitié une fidélité inviolable. Ilsalut se separer
que ne se dirent point ces
tendres amans! que de soûpirs ! que de larmes ! La,,
douleur d'une separationsi
cruelle redoubla leur ten.
dresse, & troubla leur rarson. L'Officier perditlerespeét
,
Marianne perdit la
ttamqnrane;ils ne se poffedoientplus. Jenesçaicomment ilsse separerent:mais
ils promirentde se revoir
encore; cependant levieillard & la vieille vouloient
terminer leurs mariages;
les jeunes remettoienttoujours aulendemain; & de
lendemainen lendemain ils
auroient;différé. toute leur
vie,sansunecrainte fecrece
qui obligea Marianne de
conclure les noces au plûtôfcv Elle n'y perdit pas un
moment,&au moyen de
cette diligence levieillard
eut lignée justement au
bout de neuf mois.
,
L'Officier s'étoit marié
dés le même jour à cette
vieille veuve, enquil'amour fit par miraclel'effet
de la jeunesse;car à 60. ans,..
dit-on, elle accoucha d'une:
fille, à qui ayant donné le
peu de chaleur naturelle
quilui restoit, ellemourut à
rinftantj&rÔfficier se trouvant pere & veuf en même
jour, se fit un plaisir de
-
don.
ner secretement cette fille
à nourrir à la même nourrice qui nourrissoitdéjà
celle de Marianne. Ensuite
roncier partit pour la
guerre, parce que la vertueuseMarianne nevouloir
:
point le voir tant. que [olt;
mari vivroit,
Peu de temps après le
vieillard & Marianne sa
femme furent,obligez dé
faire un longvoyage pour des affaires importantes;
en tprie que lesdeux petites
filles resterent en nourrice
ensèmble, & l'une des deux
ecant morte peu aprés,
la nourrice avare voyant la
mere 6c tes, deuxperes absens, continua de se faire
payer des deux côtex lapensîôn de celle qui restoit
;
mais; l'embarras fut que là*
nourrice étant morteenfuite subitement. la fille, qui pouvoiravoirquatre oucinqans,resta entre
les mainsd'une voisine,qui
s'en chargea pour tâcherde
tirer encoreles deux pensions.Mais l'Officier revint
Bientôtde l'armée, & s'empara dela petitefille, qu'il
crut de bonne foy être celle
qu'ilavoit euë deson mariage, parce quelle avoit
beaucoup de son air.
-
Il faut remarquer que
personne ne sçavoit plus véritablement àqui elle, ap-
-.
«
p^fceaoic :la jeune mere ficeles deuxperes ne l'avoient,
point vuedepuis sa naissance, 6c cela doiuia lieu à.
un grand procès
; car le
vieillardde retour
,.
voulut
avoir le fruit desonmariage ,
dontl'Officiers'étoit
emparé.Onplaida la causè,
quelquesJuges opinerenc.x
~t~c~M/~ de iobfeuritêimfmttrairitrépandissur
xt4tte affaire
y
l'enfant reftttroit au perc leplusriche parcemieux qu'iletoitélever. en ÇÏAÏ de III
Un autre Juge, plusér
claire, demanda si la petite
fille n'avoit point encore VIL la mere ; on Ion. réponditque
-
Il nousresse donc,dit ce
*
Jpge, deux moyens de con
noitresi la femme du vieillard
te mere ou non. Le premier, *
cVyî la ressemblance,quenous
examineron dans lafuite.
Vautre moyen,.t'ifl qu'il!
fautmettre la petite fille au
milieu d'une douzaine dam..dtres du mêmeâge, v', qu'on
.l(S amene toutes ensemble. deJ
vant nous.
On!executa l'arrêtcom-
rne ce dernierJuge. l'avoit
prononcé; onamena à
laudience suivante cette troupe de petitesfilles,l'ondit
-"a lamere de choisir celle
de toutespour qui elle se
sentoit le plus d'inclination
naturelle,&ellechoisitjustement entre toutes la pe- tite filleen question.
Je sçavoisbien, dit le Juge,quel'instinctferoit meilleurJuge
que moy :
la ressemblnceparfaitequeje vois entre lamere & lafillemepersuade encore que
Cinfliniléfl
veritable.
Les deuxperescepenJant etoieil'tns à ce
jugement. Le vieillard
,,, -transporté de joye qu'on feûtjugépubliquement qu'à
sonâge il pouvoitêtre >
pere,
courut pour embrasser la
;;petite fille
;
maiselle eut
peur, & s'écria en le repoussant: Ah
ce n'est point là monpapa, j'aime bien mieux
celui.ci;continuait-elle, en
se tournant vers l'Officier,
qu'elle courutembrasser ;
ahjevois bien que celui-ci est
mon "iraipapa.
Cet évenementimprévu
embarassaquelques-uns des oient-.:tdHoie,nt-ils i si s,t
CinjlinB a donnél'enfant àla
•
mere.tSPau-vieill.irdy le même
injlinÛ taaujji donné a
l'Ofsficier :
ainjïcelanedécidé
rIen.
.,Ol\JNt queIey pluscensez opinerent pour le premierinstinct; parce que la
inerc' étant designée sûrementparl'instinct
,
&le
pere demontréparlemariage avec la mere,ilfaloit
suivrelaloyà l'égard du
pere,&non l'instinct. En
effetcen'estpasla faute des
.)uges si la loy ne s'accorde
pastoûjours avec l'instinct.
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Résumé : CONTRE-PARTIE du procés de Lion. LA PETITE FILLE à deux peres.
Le texte raconte l'histoire d'un jeune officier amoureux de Marianne, une jeune femme qu'il préfère à un vieux bourgeois riche. Une riche veuve, bienveillante mais ni jeune ni belle, souhaite également aider l'officier. Les deux jeunes amants, confrontés à des pressions et des difficultés financières, décident de se marier chacun avec l'aîné de l'autre pour assurer leur avenir, promettant de ne jamais se revoir après leur mariage. Marianne épouse rapidement le vieillard, qui décède neuf mois plus tard. L'officier épouse la veuve, qui donne naissance à une fille avant de mourir. L'officier confie sa fille à la même nourrice que celle de Marianne. Marianne refuse de voir l'officier tant que son mari est en vie. Peu après, Marianne et son beau-père doivent partir en voyage, laissant les deux filles chez la nourrice. À la mort de la nourrice, une voisine prend en charge la fille restante pour percevoir les deux pensions. L'officier revient de la guerre et récupère la petite fille, croyant qu'elle est la sienne. Un procès s'ensuit entre les deux pères pour déterminer la véritable filiation de l'enfant. Un juge propose de laisser la mère choisir son enfant parmi plusieurs filles. Marianne reconnaît immédiatement sa fille. Les juges, bien que divisés, décident de suivre la loi, attribuant l'enfant au père légitime, le vieillard. Cependant, l'enfant refuse le vieillard et court vers l'officier, affirmant qu'il est son vrai père.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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799
p. 211-216
DONS DU ROY.
Début :
Le 15. Août le Roy nomma à l'Evêché de Toulon [...]
Mots clefs :
Dons, Evêché de Toulon, Abbayes, Abbé du Crevy, Prieuré
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONSDVROY.
Lei5.AoûtleRoynom-
ma à l'Evêché de Toulon
l'Abbé de Montauban
Grand Vicaire d'Apt.
Et donna l'Abbaye de
Vaux-Cernay, Ordre de
Cîteaux, Diocese de Pa":
ris, vacance par lamort de
Messire LoüisArmand
Bonnin de Chalucet,Evêque deToulon,àl'Abbé
de Broglio, Agent general
du Clergé.
Cette Abbaye est à huit
lieuës de Paris, & à une
lieuë &demiedeChevreuse, à l'occident d'hyver. Elle
fut fondée en mS. par- le
.,
Comte de Nelle, Connêcâble de France, &par sa
femme nommée Eve.
L'Abbaye de Lezat, Ord^e de saint Benoît, DiocesedeRieux, vacantepar
la mort de l'Abbé de Crussold'Uzez, Chanoine de
-
Strasbourg
,
aFAbbedeBe
rulle*
UAbbàyc deS.Paulde
Verdun, Ordre de Prémon
tré, vacante par la mort de
l'AbbéMolé, AbbédeSte
.: Croix
-
de Bordeaux
, -
au..
Pere Etheard
,
-
Abbé de la.
L'Abbaye du Rivet,Ordrrc deCîteaux
,
Diocese
de Bazas,auReverendPere
Jourdan de Fleins.
-
Il est d'une des meilleur
res famillesd'Angers,allié
a toutcequ'il ya de plus
distingué danslaNoblesse.
de la Province d'Anjou. Il
/efitReligieux en l'Abbaye
dePontron
: peu de temps
aprèsqu'il fut Prêtre on le
|ïc;Soupripir. Il fut choisi
g$urêtreDiredeurdesDa-
mes Religieuses de l'Abaye.
Royale de Panthemont,
dans le Fauxbourg faine,
Germain. Il s'est acquitté
de cet employ pendant
-
quinze ans; ensuite il fut
;
fait Prieur de l'Abbaye de
Lepau, proche laville du
Mans.
L'Abbaye de Gendras,
Ordre de saint Benoît, Diocese de Nîmes 3à l'Abbé de
Maniban.
,
LePrieurédeVauxàl'Evêque d'Arethuse.
1.
Le Prieuré de saint Léonard àl'AbbédeMaranzac.
L'Abbaye de laVirgini- té, Ordre de Cîteaux,Diocefedu Mans, à la Dame de
Preaux, Religieuse; de la..
due Abbaye.
Le 11. Août l'Abbé du
Crevy fut sacréEvêque du
Mans, dans la Chapelle du
Noviciat des Jesuites, par
l'Evêque de Tournay
,
asfifié des Evêques deQuimpçr& de Rennes.
Lei5.AoûtleRoynom-
ma à l'Evêché de Toulon
l'Abbé de Montauban
Grand Vicaire d'Apt.
Et donna l'Abbaye de
Vaux-Cernay, Ordre de
Cîteaux, Diocese de Pa":
ris, vacance par lamort de
Messire LoüisArmand
Bonnin de Chalucet,Evêque deToulon,àl'Abbé
de Broglio, Agent general
du Clergé.
Cette Abbaye est à huit
lieuës de Paris, & à une
lieuë &demiedeChevreuse, à l'occident d'hyver. Elle
fut fondée en mS. par- le
.,
Comte de Nelle, Connêcâble de France, &par sa
femme nommée Eve.
L'Abbaye de Lezat, Ord^e de saint Benoît, DiocesedeRieux, vacantepar
la mort de l'Abbé de Crussold'Uzez, Chanoine de
-
Strasbourg
,
aFAbbedeBe
rulle*
UAbbàyc deS.Paulde
Verdun, Ordre de Prémon
tré, vacante par la mort de
l'AbbéMolé, AbbédeSte
.: Croix
-
de Bordeaux
, -
au..
Pere Etheard
,
-
Abbé de la.
L'Abbaye du Rivet,Ordrrc deCîteaux
,
Diocese
de Bazas,auReverendPere
Jourdan de Fleins.
-
Il est d'une des meilleur
res famillesd'Angers,allié
a toutcequ'il ya de plus
distingué danslaNoblesse.
de la Province d'Anjou. Il
/efitReligieux en l'Abbaye
dePontron
: peu de temps
aprèsqu'il fut Prêtre on le
|ïc;Soupripir. Il fut choisi
g$urêtreDiredeurdesDa-
mes Religieuses de l'Abaye.
Royale de Panthemont,
dans le Fauxbourg faine,
Germain. Il s'est acquitté
de cet employ pendant
-
quinze ans; ensuite il fut
;
fait Prieur de l'Abbaye de
Lepau, proche laville du
Mans.
L'Abbaye de Gendras,
Ordre de saint Benoît, Diocese de Nîmes 3à l'Abbé de
Maniban.
,
LePrieurédeVauxàl'Evêque d'Arethuse.
1.
Le Prieuré de saint Léonard àl'AbbédeMaranzac.
L'Abbaye de laVirgini- té, Ordre de Cîteaux,Diocefedu Mans, à la Dame de
Preaux, Religieuse; de la..
due Abbaye.
Le 11. Août l'Abbé du
Crevy fut sacréEvêque du
Mans, dans la Chapelle du
Noviciat des Jesuites, par
l'Evêque de Tournay
,
asfifié des Evêques deQuimpçr& de Rennes.
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Résumé : DONS DU ROY.
Le document détaille diverses nominations et vacances d'abbayes et de prieurés en France au XVIIIe siècle. Le 5 août, le roi nomma l'Abbé de Montauban Grand Vicaire d'Apt et attribua l'Abbaye de Vaux-Cernay, de l'Ordre de Cîteaux, à l'Abbé de Broglio. Cette abbaye est située à huit lieues de Paris et à une lieue et demie de Chevreuse, fondée au XIe siècle par le Comte de Nelle et son épouse Eve. D'autres nominations incluent l'Abbaye de Lezat, de l'Ordre de Saint Benoît, attribuée à l'Abbé de Berulle, et l'Abbaye de Saint-Paul de Verdun, de l'Ordre de Prémontré, attribuée au Père Etheard. L'Abbaye du Rivet, de l'Ordre de Cîteaux, fut donnée au Père Jourdan de Fleins, issu d'une famille distinguée d'Angers. Ce dernier était également Directeur des Dames Religieuses de l'Abbaye Royale de Panthemont et Prieur de l'Abbaye de Lepau. L'Abbé de Maniban fut nommé à l'Abbaye de Gendras, de l'Ordre de Saint Benoît. Le 11 août, l'Abbé du Crevy fut sacré Évêque du Mans par l'Évêque de Tournay, assisté des Évêques de Quimper et de Rennes.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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800
p. 132-140
Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Début :
Il s'agit de sçavoir si en 19. années Solaires [...]
Mots clefs :
Minutes, Heures, Temps, Journal des savants, Années solaires grégoriennes astronomiques, Mois lunaires astronomiques, Calendrier, Astronomes, Académie des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Note fur le Journal des Scavans , par rapport à la con
noiffance des temps , pour
Fannée 1711
Il s'agit de fçavoir ſi ens
19. années Solaires Gregoriennes Aftronomiques s'acompliffent precifément
253. mois Lunaires Aftro
nomiques.
Les reformateurs du Ca--
GALANT.
433
lendrier ont pretendu juftifier par toutes les obfervations des Aftronomes , què
235. mois Lunaires Aftronomiques excedent 19. années
Aftronomiques Gregoriennes d'environ une heure, &
58. minutes. 4
M. Caffini , dansleJournal des Sçavans du Lundi
18. Février 1697. page 81. a
mis plus preciſement cet excés a une heure 37,38,52
48
Tous les Aftronomes de
puis Hypparchus saccor
dent dans le même excés ,
134
MERCURE
àсune minuteprés , &la plû.
part des Modernes depuis
deux fiecles à une feconde
prés.
M. Touraine, auteur du
Traité des Inftructions du
Calendrier univerfel , qui
veut que le temps des 19.
années foit égal dans la derniere préciſion à celui des
233. mois Lunaires , pretend
que de tout l'excés ci-def
fus il n'en peut pas revenir
à chaque Lune de ces 235.
mois Lunaires une premiere, ou une minute , parce
que hors l'heure & les 57'
GALANT. 135
!
ou minutes , qui font enfemble 117 ou minutes, tout
le refte ne monte pas à une
minute.
1. heure.
60%
7
57.
117.
Or ces 117. minutes ne
fuffifent pas pour être divifees aux 235. Lunes ou mois
Lunaires , en forte que chacun en puiffe avoir une minute, il en faudroit encore
118. autres pour aller juſ
qu'au nombre de 235. qui
136 MERCURE
eft celui des Lunes, Lunaifons , ou mois Lunaires , &
le nombre des 17, n'en eft
pas la moitié.
Par confequent de tout
cet excés il n'en peut pas revenirà chacune de ces Lunes la moitié d'une minute,
qui font 30' ou momens.
Quoique dans le Traité
des Inftructions du Calen
drier univerfel &perpetuel
page 150. dans l'entretien familier avec le R. P. Meron,
cet excés y paroiffe abfolument impoffible , on veut
bien faire la grace à chacune
GALANT 137
cune de ces 235. Lunes , ou
mois Lunaires, de leur donner gratuitement une minute de cet excés pretendu. Qu'en peut-il arriver ?
Ceft qu'au lieu qué les 235.
Lunes étant parfaitement
égales aux 19. années Solaires Aftronomiques, chaque Lune ſera de29. jours ,
12. heures 43 , ou minutes
33 ou momens , 8 " ou inf
tans , & cent autres inftans
de plus à rejetter fur les 235.
comme il eft prouvé & verifié par les operations d'Arithmetique convenables
Sept. 1712.
M
१
MERCURE
en la feptiéme conclufion
dudit Traité des Inftructions du Calendrier univerfel. Ainfi chaque Lune fe
trouvera de 29. jours , 12.
heures , 44. minutes , dato
non conceffo.
Dans la Connoiffance des
temps M. de Lieutaud , l'un
desMeffieurs de l'Academie
desSciences de Paris, ouvra
ge qui a l'approbation de
tous ces Meffieurs , les nou.
velles Lunes font placées en
May de cette année 1711. le
dix feptiéme jour à 3. heures, 12. minutes du matin, &
1 GALANT. 2139
en Juin de la même année
fe16. à fix heures, 18. minu
tes du matin, d'où il s'enfuit
neceffairementdeux erreurs.
confiderables que l'on releve par cet écrit. La premiere, c'eft une Lunaiſon , ou
unmois Lunaire trop grandde 14 heures, 24 minutes
La feconde, c'eft uneLunai!
fon de30 jours entiers , trois
heures & fix minutes. En
voicy la preuve.
le
Le 17. de Mayfe trouve
137. jour de l'année, & le
16. de Juin en eft le 167. Si
l'on met la nouvelle Lune
Mij
140 MERCURE:
enJuin le 167.jour de l'année ·
à 6. heures, 18. minutes , &
en May le 137. de l'année
à 3. heures , 12. minutes , &
que l'on ôte enfuite ces 137.
jours, 3 heures, 12. minutes
des 167. fix heures, dix- huit
minutes , il restera 30. jours,
3. heures , 6 minuttes : que
l'on retire de ces 30. jours,3 ..
heures, 6. minutes une Lune
ou une mois Lunaire de 29
jours , 12. heures , 44 minu
tes, ne reftera-t-il pas les 14.
heures & 22. minuttes fuf
dites ?
noiffance des temps , pour
Fannée 1711
Il s'agit de fçavoir ſi ens
19. années Solaires Gregoriennes Aftronomiques s'acompliffent precifément
253. mois Lunaires Aftro
nomiques.
Les reformateurs du Ca--
GALANT.
433
lendrier ont pretendu juftifier par toutes les obfervations des Aftronomes , què
235. mois Lunaires Aftronomiques excedent 19. années
Aftronomiques Gregoriennes d'environ une heure, &
58. minutes. 4
M. Caffini , dansleJournal des Sçavans du Lundi
18. Février 1697. page 81. a
mis plus preciſement cet excés a une heure 37,38,52
48
Tous les Aftronomes de
puis Hypparchus saccor
dent dans le même excés ,
134
MERCURE
àсune minuteprés , &la plû.
part des Modernes depuis
deux fiecles à une feconde
prés.
M. Touraine, auteur du
Traité des Inftructions du
Calendrier univerfel , qui
veut que le temps des 19.
années foit égal dans la derniere préciſion à celui des
233. mois Lunaires , pretend
que de tout l'excés ci-def
fus il n'en peut pas revenir
à chaque Lune de ces 235.
mois Lunaires une premiere, ou une minute , parce
que hors l'heure & les 57'
GALANT. 135
!
ou minutes , qui font enfemble 117 ou minutes, tout
le refte ne monte pas à une
minute.
1. heure.
60%
7
57.
117.
Or ces 117. minutes ne
fuffifent pas pour être divifees aux 235. Lunes ou mois
Lunaires , en forte que chacun en puiffe avoir une minute, il en faudroit encore
118. autres pour aller juſ
qu'au nombre de 235. qui
136 MERCURE
eft celui des Lunes, Lunaifons , ou mois Lunaires , &
le nombre des 17, n'en eft
pas la moitié.
Par confequent de tout
cet excés il n'en peut pas revenirà chacune de ces Lunes la moitié d'une minute,
qui font 30' ou momens.
Quoique dans le Traité
des Inftructions du Calen
drier univerfel &perpetuel
page 150. dans l'entretien familier avec le R. P. Meron,
cet excés y paroiffe abfolument impoffible , on veut
bien faire la grace à chacune
GALANT 137
cune de ces 235. Lunes , ou
mois Lunaires, de leur donner gratuitement une minute de cet excés pretendu. Qu'en peut-il arriver ?
Ceft qu'au lieu qué les 235.
Lunes étant parfaitement
égales aux 19. années Solaires Aftronomiques, chaque Lune ſera de29. jours ,
12. heures 43 , ou minutes
33 ou momens , 8 " ou inf
tans , & cent autres inftans
de plus à rejetter fur les 235.
comme il eft prouvé & verifié par les operations d'Arithmetique convenables
Sept. 1712.
M
१
MERCURE
en la feptiéme conclufion
dudit Traité des Inftructions du Calendrier univerfel. Ainfi chaque Lune fe
trouvera de 29. jours , 12.
heures , 44. minutes , dato
non conceffo.
Dans la Connoiffance des
temps M. de Lieutaud , l'un
desMeffieurs de l'Academie
desSciences de Paris, ouvra
ge qui a l'approbation de
tous ces Meffieurs , les nou.
velles Lunes font placées en
May de cette année 1711. le
dix feptiéme jour à 3. heures, 12. minutes du matin, &
1 GALANT. 2139
en Juin de la même année
fe16. à fix heures, 18. minu
tes du matin, d'où il s'enfuit
neceffairementdeux erreurs.
confiderables que l'on releve par cet écrit. La premiere, c'eft une Lunaiſon , ou
unmois Lunaire trop grandde 14 heures, 24 minutes
La feconde, c'eft uneLunai!
fon de30 jours entiers , trois
heures & fix minutes. En
voicy la preuve.
le
Le 17. de Mayfe trouve
137. jour de l'année, & le
16. de Juin en eft le 167. Si
l'on met la nouvelle Lune
Mij
140 MERCURE:
enJuin le 167.jour de l'année ·
à 6. heures, 18. minutes , &
en May le 137. de l'année
à 3. heures , 12. minutes , &
que l'on ôte enfuite ces 137.
jours, 3 heures, 12. minutes
des 167. fix heures, dix- huit
minutes , il restera 30. jours,
3. heures , 6 minuttes : que
l'on retire de ces 30. jours,3 ..
heures, 6. minutes une Lune
ou une mois Lunaire de 29
jours , 12. heures , 44 minu
tes, ne reftera-t-il pas les 14.
heures & 22. minuttes fuf
dites ?
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Résumé : Note sur le Journal des Sçavans, par rapport à la connoissance des temps, pour l'année 1711.
Le texte traite de la précision des calendriers et des observations astronomiques, en comparant les années solaires grégoriennes et les mois lunaires. Les réformateurs du calendrier ont noté que 235 mois lunaires dépassent 19 années solaires grégoriennes d'environ une heure et 58 minutes. M. Cassini a affiné cette estimation à une heure, 37 minutes et 38,52 secondes. Depuis Hipparque, les astronomes s'accordent sur cet excédent, avec des variations mineures. M. Touraine, auteur du 'Traité des Instructions du Calendrier universel', argue que cet excédent ne permet pas de donner une minute à chaque lune des 235 mois lunaires, car 117 minutes d'excédent ne suffisent pas pour être divisées entre 235 lunes. Le texte mentionne également des erreurs dans les nouvelles lunes placées en mai et juin 1711 par M. de Lieutaud, incluant une lunaison trop grande de 14 heures et 24 minutes, et une lunaison de 30 jours entiers, trois heures et six minutes.
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