Résultats : 17234 texte(s)
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Liste
4801
p. 250-252
L'INJUSTE SOUPÇON, CANTATE.
Début :
Sur ces steriles bords que parcourt la Durance, [...]
Mots clefs :
Coeur, Berger, Amant
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texteReconnaissance textuelle : L'INJUSTE SOUPÇON, CANTATE.
L'INJUSTE SOUPÇON.
CANTATE.
n3 rance ,
iEucharis attendoit le Berger Lidamantj
Lidamant > fobjet de mes feux ,
Ici m'a promis de se rendre ,
J'y fuis depuis long- tems ; helas ! j'ai beau
l'attendre ,
II ne vient point encor > quel tourment rigou
reux !
Dieux ! un fatal soupçon vient s'offrir à moa
ame;
L'ingrat ennuyé de mes fers ,
Çst touché des appas de quelqu'autre Bergère*
Et pour avoir trop fçû lui plaire ,
Pour l'avoir trop aimé > Juste Çiel ! je le pers.
Eucharis tu devois te montrer inhumaine ,
désister plus long-tems à ses preffans désirs »
Tu le favorisas , tu mis fin à fa peine ,
£t ce malheureux jour mit fin à ses plaisirs*
Surprise avec raison de son retardement ,
EHe exprimoit ainsi sa triste impatience.
Ornement
TEVR1ER. 1730. 15*
^Ornement de nos lieux, adorables Bergères»
Vous perdiez bientôt vos Amans»
.Si vous cessez d'être sévères ,
Si vous soulagez leurs tourment.
Venez , fierté , jalouse rage *
Venez éteindre mon ardeur ;
Rendons outrage pour outrage ,
Qhaiíons Lidamant de mon coeur.
Torrent impétueux . témoin de mes allirmes,
Daigne arrêter ton cours $
Sois sensible à mes larmes >
ït contre cet ingrat prête- moi ton secours.
S'il venoit fur tes bords déplorer un tour*
ment >
Que pourroit lui causer une flamme nouvelles
D u rance , tes eaux, à l'instant,
Doivent engloutir l'Iníidelle >
Mon coeur de ses transports ne peut être le
maître}
Le cruel n'a que trop mérité mon courroux...
Mais j'apperçois quelqu'un , Ciel : je le vois
paroí tre s
C'elè lui , je4n'abusois <i»ns mes soupçons ja
loux.
L'heureux íetger arrive ; helas .' excuse moi,
3« venois , lui dit.il> mais disgrâce imprévue !
C Belle
45î MERCURE DE FRANCE.
Beíle Eucharis , un Loup s'est offert à nu
vûë ,
Jl m'enlevoit l'Agneau , le gage de ta foi j
Je cours • à fa dent je m'expofe ;
Un Amant craint-il quelque chose ì
Enfin de ce combat je sors victorieux ;
Mais la plus grande gloire en est duë à tes
yeux.
Toi feule excitois mon courage }
Sans un espoir flatteur j'eusse en vain com?
battu ,
Bientôt victime de fa rage
L' animal m'auroir abbatu.
Beautés qui fjavez tout charmer ,
ïaut-il qu'à yos soupçons votre coeur s'a
bandonne;
Souvent l'Amant que l'on soupçonne
Est celui qui sçait mieux aimer*
: - f
l'impatience
Voit tromper ses désirs ;
La moindre absence
Arrache des soupirs j
Sï le retardement de ce berger fidelle
Donne de son amour une preuve nouvelle,
Quel excès de plaisirs ?
f*r M. V. d'Aix.
CANTATE.
n3 rance ,
iEucharis attendoit le Berger Lidamantj
Lidamant > fobjet de mes feux ,
Ici m'a promis de se rendre ,
J'y fuis depuis long- tems ; helas ! j'ai beau
l'attendre ,
II ne vient point encor > quel tourment rigou
reux !
Dieux ! un fatal soupçon vient s'offrir à moa
ame;
L'ingrat ennuyé de mes fers ,
Çst touché des appas de quelqu'autre Bergère*
Et pour avoir trop fçû lui plaire ,
Pour l'avoir trop aimé > Juste Çiel ! je le pers.
Eucharis tu devois te montrer inhumaine ,
désister plus long-tems à ses preffans désirs »
Tu le favorisas , tu mis fin à fa peine ,
£t ce malheureux jour mit fin à ses plaisirs*
Surprise avec raison de son retardement ,
EHe exprimoit ainsi sa triste impatience.
Ornement
TEVR1ER. 1730. 15*
^Ornement de nos lieux, adorables Bergères»
Vous perdiez bientôt vos Amans»
.Si vous cessez d'être sévères ,
Si vous soulagez leurs tourment.
Venez , fierté , jalouse rage *
Venez éteindre mon ardeur ;
Rendons outrage pour outrage ,
Qhaiíons Lidamant de mon coeur.
Torrent impétueux . témoin de mes allirmes,
Daigne arrêter ton cours $
Sois sensible à mes larmes >
ït contre cet ingrat prête- moi ton secours.
S'il venoit fur tes bords déplorer un tour*
ment >
Que pourroit lui causer une flamme nouvelles
D u rance , tes eaux, à l'instant,
Doivent engloutir l'Iníidelle >
Mon coeur de ses transports ne peut être le
maître}
Le cruel n'a que trop mérité mon courroux...
Mais j'apperçois quelqu'un , Ciel : je le vois
paroí tre s
C'elè lui , je4n'abusois <i»ns mes soupçons ja
loux.
L'heureux íetger arrive ; helas .' excuse moi,
3« venois , lui dit.il> mais disgrâce imprévue !
C Belle
45î MERCURE DE FRANCE.
Beíle Eucharis , un Loup s'est offert à nu
vûë ,
Jl m'enlevoit l'Agneau , le gage de ta foi j
Je cours • à fa dent je m'expofe ;
Un Amant craint-il quelque chose ì
Enfin de ce combat je sors victorieux ;
Mais la plus grande gloire en est duë à tes
yeux.
Toi feule excitois mon courage }
Sans un espoir flatteur j'eusse en vain com?
battu ,
Bientôt victime de fa rage
L' animal m'auroir abbatu.
Beautés qui fjavez tout charmer ,
ïaut-il qu'à yos soupçons votre coeur s'a
bandonne;
Souvent l'Amant que l'on soupçonne
Est celui qui sçait mieux aimer*
: - f
l'impatience
Voit tromper ses désirs ;
La moindre absence
Arrache des soupirs j
Sï le retardement de ce berger fidelle
Donne de son amour une preuve nouvelle,
Quel excès de plaisirs ?
f*r M. V. d'Aix.
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Résumé : L'INJUSTE SOUPÇON, CANTATE.
Dans la cantate 'L'injuste soupçon', Eucharis, une bergère, attend Lidamant, son amant. Elle exprime son tourment et son impatience face à son retard, suspectant qu'il pourrait être attiré par une autre bergère. Elle se reproche d'avoir trop cherché à lui plaire et d'avoir trop aimé. Eucharis imagine Lidamant lui reprochant son inhumanité et son refus prolongé de ses désirs. Elle exprime sa tristesse et sa colère, souhaitant que les eaux de la Durance engloutissent Lidamant s'il venait déplorer un nouveau tourment. Soudain, elle aperçoit quelqu'un et apprend que Lidamant a combattu un loup pour sauver un agneau, symbole de sa fidélité. Lidamant raconte son combat victorieux, attribuant sa victoire à l'espoir et au soutien d'Eucharis. Il met en garde contre les soupçons injustifiés, affirmant que l'amour véritable sait mieux aimer et que l'absence peut tromper les désirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4802
p. 253-263
OBSERVATIONS sur la Méthode d'Accompagnement pour le Clavecin qui est en usage, & qu'on appelle Echelle ou Regle de l'Octave.
Début :
Les premiers élemens de la rgele de l'Octave consistent à donner aux [...]
Mots clefs :
Octave, Musique, Accords, Règles, Exceptions, Musicien, Triton
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texteReconnaissance textuelle : OBSERVATIONS sur la Méthode d'Accompagnement pour le Clavecin qui est en usage, & qu'on appelle Echelle ou Regle de l'Octave.
OBSERF ATIONS fur U Mé
thode d' Accompagnement four le Cla~,
vecin qui est en usage , & qu'on ap
pelle Echelle ou Règle de l'Ottave.
LEs premiers Siemens de la règle de
i' Octave consistent à donner aux
doigts des habitudes conformes aux ac
cords qu'elle prescrit Xur jes degrés xonscíutifs
d'un Mode.
Cette règle renferme quelque chose
de bon ; mais elle est tellement bornée,
qu'il faut dans Ja fuite y faire un nom
bre infini d'exceptions , que les Maîtres
se réservent d'enseigner, à mesure que
les cas s'en présentent.
Le détail de ces exceptions est prodi
gieux i la.connoiflance & la pratique en
font- remplies de difficultés presque in
surmontables , par la multiplicité des ac
cords , par la variation infinie de leurs
Accorhpagnemens , par la surprise où
jettent sans cesse les différentes formes
de succession dont chaque accord en
particulier est susceptible , & qui sont sou
vent contraires aux habitudes déja for
mées , par la confusion des règles fondaoiçntíks
syeç ççUes de gout , par le
154 MERCURE DE FRANCE,
vuide que l'harmonie y souffre le plus
íbuvent , par le peu de ressource que I'ot
reille y trouve pour se former aux. véri
tables progrès des sons , par l'assujetifsement
trop servile aux chifres souvent
fautifs , enfin par les fausses applications
auxquelles des règles de détail éc des ex
ceptions innombrables ne peuvent man
quer d'être sujettes.
La Règle de l'Octave, avec ses excep»
tions , contient 12. Accords dans cha
que Mode , dont yoici l'énumération ca
abrégé. • -
U Accord parfait , la 6e , la 6* ÔC 4 e,
la 7e , la petite 7e , la fausse 5e , la petite
6e , le Triton , la 7e superflue' , la $e su
perflue , la 2e , la 6e'& 5e, la $e com-
{úette , la 9e simple , la 4e , la 9e & 4e,
5ejía 2e superflue , la 7 e dimi
nuée , la 6e majeure avec la fausse j* , le
Triton avec la 5 e mineure, & la 7e super
flue avec la 6e mineure , fans parler de la
<?e doublée, ôc encore moins de la 6e
mineure avec la je majeure , que quelques-
iins ont introduit assez mal à pro
pos , de lâ 6* superflue , que le gont au.
torife depuis quelque tems , ni de la j«
supe-fliië avec la 4 e -, qui pourroit plu
tôt avoir lieu que les deux derniirs.
Chacun de ces accords a ses Accompagnemens
difterens , qui consistent en
FEVRÏEft. 1730. 35s
«leux ou trois intcrvalcs de plus que ceux
dont ces Accords portent le nom ; dtì
forte qu'à la vûë du chiffre , ou par le
moyen de quelques autres notions , il
faut fe représenter tous les intervales qui
composent l'Accord , & y porter incon^
tinent les doigts.
Chaque Accord a d'ailleurs trois faces'
ou permutations fur le Clavier ; & tel
qui connoît la première n'en est pas beau
coup plus avancé pour la seconde , nì
après celle-ci pour la troisième , quanc
à la pratique ; chacun des 2 2 . Accords
exprimés en produit donc trois differens
dans l'execution , ce qui fait k nombre
de 66*
Outre cela , il f a Ì4. Modes i & ft
l'on veut être en état d'accompagner
toute forte de Musique , ou de transpo
ser-,, il faut absolument fe procurer un©
connoiffance locale des 6 6. Accords précedens
dans chacun de ces Modes , car
tel «qui fçait toucher les Accords d'u»
Mode a encore bien à faire pour trouveç
ceux d'un autre j il faut donc multiplier
les tftf». Accords ci- dessus par 24. ce qui
fait le nombre de i584.fi ce n'est pour
ì'esprit , du moins pour' les doigts.
Chacun des- 2 2. Accords primitifs a f*
tegle patticulicfc -, tant pour ce qui doic
ïe préceder, que pour ce qui doit le
C ù\ suivre
9 jtf MERCURE DE FRANCB;
suivre ; par exemple , il faut faire la pe*
tite 6 e pour descendre sur V Accord par
fait , sur 1* 7e ou sur la 4e , il ne faut
{dus faire que la 6e , sil?on descend sûr
a petite 6e , Si si l'on passe en montant
par les mêmes accords, tout change;
ce détail ne finit point. Comment la
mémoire , le jugement &c les doigts peuvent-
ils fur le champ , & tout à la_fois ,
suffire à tant de règles ?
On dira peut-être que la connoiíTance
-du Mode soulage l'Accompagnateur en
pareil cas , puisque la règle spécifie que
tel Accord se fait sur une telle Note du
Mode , en montant ou en 'descendant ;
mais si tant est quron eonnoisse le Modey
ne faut il pas découvrir aussi-tôt quel rang
y tient la Note présente , puis son Accord,
puis les DUz.es ou les- Bémols affectés à ce
Moie , 8c si eníìn on parvient à se rendre
tout cela présent dans la promtitude de
l'execlition , qu'a t'on gagné , si la Note
en question ne porte point l'Accord atta
ché au rang qu'elle tient dans le Mode ?
car , par exemple , au lieu de Y Accord
f>arfait au premier degré, aurrement dit
a Note tonitfnt-, il peut y avoir la 64&
5e , la 5e Sc 4*, la 4e & 3* , la :e Ott
la ?' superflu* , même avec la 6e mineure,
pareillement au lieu de la petite 6e au
deuxième degré , il peut se trouver la 7'
ou
F E V R î É R. ttltì. ìff
étì la 9e tk 4e , ainsi de tous les autre»
degrés , excepté le septième , appelle Nu*
te sensible. 11 faut donc ki bien des ex*
ceptions aux règles que l'on s'est efíbrc«
d'apprendre , & présumer encore que les
doigts accoutumés à n'enchaîner que dans
le mérae ordre leí Accords qu'elles ten*
ferment , prendront facilement la route
contraire que demandent toutes les suc
cessions différentes , dont chaque Accord
est susceptible.
Les chiffres , ajoutera- t'on j doivent
suppléer ici au deffaut de la règle ; mais*
peut-on s'assurer que le Compositeur les?
aura mis régulièrement par tout s & que
íe Copiste ou l'Imprimeur n'J' aura rietï
oublié. Oh a fait voir dans \t nouveau
sistême de Musique que le plus habile
Compositeur de notre siécle n'avoit pas
été exemt de méprise à cet égard ; & c'en,
est assez pour bannir la trop grande con
fiance dans les chiffres ; au reste , qu'estte
qu'une Méthode qui nous rend escla
ves des erreurs d'autrui , ne devroit-elltf
pas plutôt nous enseigner à les rectifier ;
niais bien loin de cela , dans quel em
barras ne met- elle pas l'AccompagnateUir
lorsqu'il n'y a point de chiffres ? le chant"
du Dessus lui indiquera-t'il les Accords?
fi ce chant , par exemple , fait la j* de
la Baffe , cette 3e pourra être accompa-
C iiij, gnéof
iÇS MERCURE 0E FRANCE;
gnéede la 4e , de la 5e , de la 6e , de I»
7e ou de la 9e ; or quelle raison de pré
férence pourra-t'il tirer d'une multiplicité
de règles !
D'ailleurs , on surcharge les comment
çans par le mélange de certaines règles
de gout avec celles de fond , fans penser
que celles -ci font la baze Ôc le modelé
de celles-là ,,& qu'elles seules peuvent
* former essentiellement l'oreille , procurée
aux doigts des habitudes générales ôc ré
gulières , & mettre dans l'esprit la cer
titude avec laquelle Poreille peut secon
der l'exeeution. Ces> règles de gout ne
font pas simplement les harpegemens-,
les fredons 5c te choix des faces , dont
quelque échantillon fait pour certaine*
personnes tout le mérite ôc rout le char
me de P Accompagnement. C'est fur-tout
la règle qui deffend deux Oílaves de fuite,,
desquelles on fait un monstre , Sc dònt la
prohibition , pour éviter une faute ima
ginaire , en fait commettre de véritables.
Pour ne pas blesser ce prejugédes deux
Octaves de fuite , on fait retrancher celle
de la Basse dans presque tous les Accords
dissonans , d'où il arrive que si la Basse
parcourt successivement toutes les Notes
d'un même Accord , il faut à chacune de
ces Notes deux opérations , l'une de lé
ser lc doigt de l'Òctave , l'autre de remetus
FEVRIER. 1730. âyj
mettre celui qu'on a levé précédemment
si l'on ne veut en denuer Pharmonie ,
ce qui varie à tous momens les Accom
pagnement d'un même Accord , & le
présente sans cesse fous des dénominations
diffetentes; or quel retardement cela n'apporte-
t'il pas à la connoissance , 8c quel
préjudice n'est-ce pas pour Pexecution ?
car si les positions changent si fréquem
ment ,.& qu'en même-tems toutes les
faces du Clavier ne soient pas également
familières , il arrive souvent que les
doigts.fe refusent à l'accord qui doit suc
céder à un autre dans une certaine face ;
d'où l'on est obligé de faire aller la main
par sauts , & de la porter précipitamment
à l'endroic où la face est plus familière &
plus commode , ce qui ne se fait point
encore sans le désagrément de partager
continuellement sa- vue" entre le Pupitre
& le Clavier.
Le retranchement de l'Octave multiplie
un même accord jusqu'à cinq ou six , tant
pour l'esptit que pour les doigts , & la
forme de succession naturelle à cet Ac
cord est multipliée à proportion ; si cet
Accord en admet cinq ou six autres diffe- *
rens dans fa succession , ce sonr pour cha
cun autant de successions différentes fut
le Clavier , & autant de nouvelles règlesà-
observer ,.ce qui accable les doigts de
C y tan?
4<îo MERCURE DE FRANCE.' v
tant de positions , & de marches diffé
rentes , qu'il est impossible de ne s'y pas
tromper le plus souvent ; c'est une vérité
dont presque tous les amateurs , & mê
me plusieurs Maîtres peuvent rendre té»
moignage , pour peu qu'ils soient sincè
res. Combien de fois ont-ils senti en ac
compagnant certaines Musiques que leur»
règles , leurs connoiflances , leur oreille
même , Ôc leurs doigts se trouvoient ert
desfaut ?
On peut juger aisément de là que l'o*
reille , de concert avec Les doigts , fè
formeroit bfcn plus sûrement, Ôc s'accoutumeroit
bien plutôt à une successions
Uniforme d'accords qu'elle ne le peut fair$
à plusieurs successions , qui lui paroiflene:
différentes les unes des autres , Ôc qu'elfeprésente
même comme telles- à Pesprit ;
car suivant toutes les Méthodes d'Ac
compagnement qui ont paru jufqu'icr,:
nos Musiciens pratiquent comme diffé
rentes , plusieurs successions d'Accords*
qui dans le fond ne font qu'une , & ils
ont établi en conséquence plusieurs règles;
qui se réduisent toutes à une feule*, par
exemple, quand on dit que leTritan doit
être fauve de la 6e, la fausse 5e de 1a je
la 6e majeure- de la 8e ou de la 6e , lá 7e
/Stperfi 'f de la 8e , la ^'superflue de la-
4e,. & la z* superflue de la ^ consonantey
'*. -, tout
FEVRIER. 1730. 2Í-1
*>ut cela se réunie dans l'Accord de 1*
Note sensible qui doit être suivi de l'Ac
cord parfait de la Note tonique ; mais il
ne saur pas s'étonner du grand nombre de
règles instituées jusqu'à présent sur la
succession des Accords 5 le Muíicien que
le sentiment seul a conduit pendant si long
tems , n?en a décidé que relativement à
l'impression que les différentes dispositions*-
d'un même Accord faifoient fut son oreil
le ; la réunion de toutes ces successions'
en une feule pasloit la portée de cet or
gane.
Au reste , il n'y a presque pas une de"
ces dernieres règles de détail qui ne soit
fausse en cettains cas , puisque si les intervales
de Triton, de fau/se 5e , de 6e ma*
je ure , de 3 e rnajf.ure & de 7 e superflue' t
se trouvent dans un autre Accord que
dans le sensible , comme il arrive trèssouvent
, tantôt ils font consonans , tan--
rôt de dissonances majeures ilv deviennentdissonances
mineures , & tantôt ils font
diflonans fans être foumiïà la succession;
déterminée en premier lieu. Que devien*
fient alors les susdites règles , &c dequoi
fers encore leur multiplicité ? Tel qui
entreprendra de contester ces vérités ne
scra pas Musicien , ou se perdra dans des
distinctions frivoles & dans des éxeep"
tions- fans fin»
.. Gvj; om
ZSi MERCURE DE FRANCE."
On pourroit rapporter plusieurs autreí
exemples des difsererís cas où ces régies
échouent; mais pour achever de prouver
combien elles font vagues , & même pré
judiciables , il suffira de Pexception qu'il
faut faire à l'égard du Triton , qui selon sa
regle,doit être sauvé de la 6e en montant,
&qui selon d'autres règles que l'experience
oblige de suivre à préfent.rcste furie mêmedegré
pour former la 8e , la }e , la 6e ou.
la 5e ; ne voilà Vil pas un conflit de rè
gles opposées ? & ne font- elles pas réci
proquement sujettes à de "fausses applir
cations, vâ que l'une peut se présenter às
Tesprit ^lorsqu'il est question de l'autre?
Cette Méthode , si l'on peut qualifiée
ainsi un amas confus de règles , ne sembleroit
pas un labirinte , & ne rebuteroit
pas tant de personnes de l'Accompagnement
, si elle, étoit plus instructive du.
fond ; cependant on ne doit pas nier qu'il
ne foie possible de posséder entièrement
toutes les regles-du détail & toutes leurs
exceptions , d'en faite la juste applica
tion , & de les mettre en pratique fur les
I58 4. Accords , dont elle exige la conaoissànce.
Mais quel tems &c quels tra
vaux ne faut-il pas pour cela ? D'ailleurs
quelle confusion pour l'esprit ! quelle
charge à la mémoire , & même quel
•bstacle à la précision de l'exeCution ì
FEVRIER; t7yoï *<f?
On donnera dans le Mercure prochai*
le Plan d'une nouvelle Méthode fur le
même sujet.
thode d' Accompagnement four le Cla~,
vecin qui est en usage , & qu'on ap
pelle Echelle ou Règle de l'Ottave.
LEs premiers Siemens de la règle de
i' Octave consistent à donner aux
doigts des habitudes conformes aux ac
cords qu'elle prescrit Xur jes degrés xonscíutifs
d'un Mode.
Cette règle renferme quelque chose
de bon ; mais elle est tellement bornée,
qu'il faut dans Ja fuite y faire un nom
bre infini d'exceptions , que les Maîtres
se réservent d'enseigner, à mesure que
les cas s'en présentent.
Le détail de ces exceptions est prodi
gieux i la.connoiflance & la pratique en
font- remplies de difficultés presque in
surmontables , par la multiplicité des ac
cords , par la variation infinie de leurs
Accorhpagnemens , par la surprise où
jettent sans cesse les différentes formes
de succession dont chaque accord en
particulier est susceptible , & qui sont sou
vent contraires aux habitudes déja for
mées , par la confusion des règles fondaoiçntíks
syeç ççUes de gout , par le
154 MERCURE DE FRANCE,
vuide que l'harmonie y souffre le plus
íbuvent , par le peu de ressource que I'ot
reille y trouve pour se former aux. véri
tables progrès des sons , par l'assujetifsement
trop servile aux chifres souvent
fautifs , enfin par les fausses applications
auxquelles des règles de détail éc des ex
ceptions innombrables ne peuvent man
quer d'être sujettes.
La Règle de l'Octave, avec ses excep»
tions , contient 12. Accords dans cha
que Mode , dont yoici l'énumération ca
abrégé. • -
U Accord parfait , la 6e , la 6* ÔC 4 e,
la 7e , la petite 7e , la fausse 5e , la petite
6e , le Triton , la 7e superflue' , la $e su
perflue , la 2e , la 6e'& 5e, la $e com-
{úette , la 9e simple , la 4e , la 9e & 4e,
5ejía 2e superflue , la 7 e dimi
nuée , la 6e majeure avec la fausse j* , le
Triton avec la 5 e mineure, & la 7e super
flue avec la 6e mineure , fans parler de la
<?e doublée, ôc encore moins de la 6e
mineure avec la je majeure , que quelques-
iins ont introduit assez mal à pro
pos , de lâ 6* superflue , que le gont au.
torife depuis quelque tems , ni de la j«
supe-fliië avec la 4 e -, qui pourroit plu
tôt avoir lieu que les deux derniirs.
Chacun de ces accords a ses Accompagnemens
difterens , qui consistent en
FEVRÏEft. 1730. 35s
«leux ou trois intcrvalcs de plus que ceux
dont ces Accords portent le nom ; dtì
forte qu'à la vûë du chiffre , ou par le
moyen de quelques autres notions , il
faut fe représenter tous les intervales qui
composent l'Accord , & y porter incon^
tinent les doigts.
Chaque Accord a d'ailleurs trois faces'
ou permutations fur le Clavier ; & tel
qui connoît la première n'en est pas beau
coup plus avancé pour la seconde , nì
après celle-ci pour la troisième , quanc
à la pratique ; chacun des 2 2 . Accords
exprimés en produit donc trois differens
dans l'execution , ce qui fait k nombre
de 66*
Outre cela , il f a Ì4. Modes i & ft
l'on veut être en état d'accompagner
toute forte de Musique , ou de transpo
ser-,, il faut absolument fe procurer un©
connoiffance locale des 6 6. Accords précedens
dans chacun de ces Modes , car
tel «qui fçait toucher les Accords d'u»
Mode a encore bien à faire pour trouveç
ceux d'un autre j il faut donc multiplier
les tftf». Accords ci- dessus par 24. ce qui
fait le nombre de i584.fi ce n'est pour
ì'esprit , du moins pour' les doigts.
Chacun des- 2 2. Accords primitifs a f*
tegle patticulicfc -, tant pour ce qui doic
ïe préceder, que pour ce qui doit le
C ù\ suivre
9 jtf MERCURE DE FRANCB;
suivre ; par exemple , il faut faire la pe*
tite 6 e pour descendre sur V Accord par
fait , sur 1* 7e ou sur la 4e , il ne faut
{dus faire que la 6e , sil?on descend sûr
a petite 6e , Si si l'on passe en montant
par les mêmes accords, tout change;
ce détail ne finit point. Comment la
mémoire , le jugement &c les doigts peuvent-
ils fur le champ , & tout à la_fois ,
suffire à tant de règles ?
On dira peut-être que la connoiíTance
-du Mode soulage l'Accompagnateur en
pareil cas , puisque la règle spécifie que
tel Accord se fait sur une telle Note du
Mode , en montant ou en 'descendant ;
mais si tant est quron eonnoisse le Modey
ne faut il pas découvrir aussi-tôt quel rang
y tient la Note présente , puis son Accord,
puis les DUz.es ou les- Bémols affectés à ce
Moie , 8c si eníìn on parvient à se rendre
tout cela présent dans la promtitude de
l'execlition , qu'a t'on gagné , si la Note
en question ne porte point l'Accord atta
ché au rang qu'elle tient dans le Mode ?
car , par exemple , au lieu de Y Accord
f>arfait au premier degré, aurrement dit
a Note tonitfnt-, il peut y avoir la 64&
5e , la 5e Sc 4*, la 4e & 3* , la :e Ott
la ?' superflu* , même avec la 6e mineure,
pareillement au lieu de la petite 6e au
deuxième degré , il peut se trouver la 7'
ou
F E V R î É R. ttltì. ìff
étì la 9e tk 4e , ainsi de tous les autre»
degrés , excepté le septième , appelle Nu*
te sensible. 11 faut donc ki bien des ex*
ceptions aux règles que l'on s'est efíbrc«
d'apprendre , & présumer encore que les
doigts accoutumés à n'enchaîner que dans
le mérae ordre leí Accords qu'elles ten*
ferment , prendront facilement la route
contraire que demandent toutes les suc
cessions différentes , dont chaque Accord
est susceptible.
Les chiffres , ajoutera- t'on j doivent
suppléer ici au deffaut de la règle ; mais*
peut-on s'assurer que le Compositeur les?
aura mis régulièrement par tout s & que
íe Copiste ou l'Imprimeur n'J' aura rietï
oublié. Oh a fait voir dans \t nouveau
sistême de Musique que le plus habile
Compositeur de notre siécle n'avoit pas
été exemt de méprise à cet égard ; & c'en,
est assez pour bannir la trop grande con
fiance dans les chiffres ; au reste , qu'estte
qu'une Méthode qui nous rend escla
ves des erreurs d'autrui , ne devroit-elltf
pas plutôt nous enseigner à les rectifier ;
niais bien loin de cela , dans quel em
barras ne met- elle pas l'AccompagnateUir
lorsqu'il n'y a point de chiffres ? le chant"
du Dessus lui indiquera-t'il les Accords?
fi ce chant , par exemple , fait la j* de
la Baffe , cette 3e pourra être accompa-
C iiij, gnéof
iÇS MERCURE 0E FRANCE;
gnéede la 4e , de la 5e , de la 6e , de I»
7e ou de la 9e ; or quelle raison de pré
férence pourra-t'il tirer d'une multiplicité
de règles !
D'ailleurs , on surcharge les comment
çans par le mélange de certaines règles
de gout avec celles de fond , fans penser
que celles -ci font la baze Ôc le modelé
de celles-là ,,& qu'elles seules peuvent
* former essentiellement l'oreille , procurée
aux doigts des habitudes générales ôc ré
gulières , & mettre dans l'esprit la cer
titude avec laquelle Poreille peut secon
der l'exeeution. Ces> règles de gout ne
font pas simplement les harpegemens-,
les fredons 5c te choix des faces , dont
quelque échantillon fait pour certaine*
personnes tout le mérite ôc rout le char
me de P Accompagnement. C'est fur-tout
la règle qui deffend deux Oílaves de fuite,,
desquelles on fait un monstre , Sc dònt la
prohibition , pour éviter une faute ima
ginaire , en fait commettre de véritables.
Pour ne pas blesser ce prejugédes deux
Octaves de fuite , on fait retrancher celle
de la Basse dans presque tous les Accords
dissonans , d'où il arrive que si la Basse
parcourt successivement toutes les Notes
d'un même Accord , il faut à chacune de
ces Notes deux opérations , l'une de lé
ser lc doigt de l'Òctave , l'autre de remetus
FEVRIER. 1730. âyj
mettre celui qu'on a levé précédemment
si l'on ne veut en denuer Pharmonie ,
ce qui varie à tous momens les Accom
pagnement d'un même Accord , & le
présente sans cesse fous des dénominations
diffetentes; or quel retardement cela n'apporte-
t'il pas à la connoissance , 8c quel
préjudice n'est-ce pas pour Pexecution ?
car si les positions changent si fréquem
ment ,.& qu'en même-tems toutes les
faces du Clavier ne soient pas également
familières , il arrive souvent que les
doigts.fe refusent à l'accord qui doit suc
céder à un autre dans une certaine face ;
d'où l'on est obligé de faire aller la main
par sauts , & de la porter précipitamment
à l'endroic où la face est plus familière &
plus commode , ce qui ne se fait point
encore sans le désagrément de partager
continuellement sa- vue" entre le Pupitre
& le Clavier.
Le retranchement de l'Octave multiplie
un même accord jusqu'à cinq ou six , tant
pour l'esptit que pour les doigts , & la
forme de succession naturelle à cet Ac
cord est multipliée à proportion ; si cet
Accord en admet cinq ou six autres diffe- *
rens dans fa succession , ce sonr pour cha
cun autant de successions différentes fut
le Clavier , & autant de nouvelles règlesà-
observer ,.ce qui accable les doigts de
C y tan?
4<îo MERCURE DE FRANCE.' v
tant de positions , & de marches diffé
rentes , qu'il est impossible de ne s'y pas
tromper le plus souvent ; c'est une vérité
dont presque tous les amateurs , & mê
me plusieurs Maîtres peuvent rendre té»
moignage , pour peu qu'ils soient sincè
res. Combien de fois ont-ils senti en ac
compagnant certaines Musiques que leur»
règles , leurs connoiflances , leur oreille
même , Ôc leurs doigts se trouvoient ert
desfaut ?
On peut juger aisément de là que l'o*
reille , de concert avec Les doigts , fè
formeroit bfcn plus sûrement, Ôc s'accoutumeroit
bien plutôt à une successions
Uniforme d'accords qu'elle ne le peut fair$
à plusieurs successions , qui lui paroiflene:
différentes les unes des autres , Ôc qu'elfeprésente
même comme telles- à Pesprit ;
car suivant toutes les Méthodes d'Ac
compagnement qui ont paru jufqu'icr,:
nos Musiciens pratiquent comme diffé
rentes , plusieurs successions d'Accords*
qui dans le fond ne font qu'une , & ils
ont établi en conséquence plusieurs règles;
qui se réduisent toutes à une feule*, par
exemple, quand on dit que leTritan doit
être fauve de la 6e, la fausse 5e de 1a je
la 6e majeure- de la 8e ou de la 6e , lá 7e
/Stperfi 'f de la 8e , la ^'superflue de la-
4e,. & la z* superflue de la ^ consonantey
'*. -, tout
FEVRIER. 1730. 2Í-1
*>ut cela se réunie dans l'Accord de 1*
Note sensible qui doit être suivi de l'Ac
cord parfait de la Note tonique ; mais il
ne saur pas s'étonner du grand nombre de
règles instituées jusqu'à présent sur la
succession des Accords 5 le Muíicien que
le sentiment seul a conduit pendant si long
tems , n?en a décidé que relativement à
l'impression que les différentes dispositions*-
d'un même Accord faifoient fut son oreil
le ; la réunion de toutes ces successions'
en une feule pasloit la portée de cet or
gane.
Au reste , il n'y a presque pas une de"
ces dernieres règles de détail qui ne soit
fausse en cettains cas , puisque si les intervales
de Triton, de fau/se 5e , de 6e ma*
je ure , de 3 e rnajf.ure & de 7 e superflue' t
se trouvent dans un autre Accord que
dans le sensible , comme il arrive trèssouvent
, tantôt ils font consonans , tan--
rôt de dissonances majeures ilv deviennentdissonances
mineures , & tantôt ils font
diflonans fans être foumiïà la succession;
déterminée en premier lieu. Que devien*
fient alors les susdites règles , &c dequoi
fers encore leur multiplicité ? Tel qui
entreprendra de contester ces vérités ne
scra pas Musicien , ou se perdra dans des
distinctions frivoles & dans des éxeep"
tions- fans fin»
.. Gvj; om
ZSi MERCURE DE FRANCE."
On pourroit rapporter plusieurs autreí
exemples des difsererís cas où ces régies
échouent; mais pour achever de prouver
combien elles font vagues , & même pré
judiciables , il suffira de Pexception qu'il
faut faire à l'égard du Triton , qui selon sa
regle,doit être sauvé de la 6e en montant,
&qui selon d'autres règles que l'experience
oblige de suivre à préfent.rcste furie mêmedegré
pour former la 8e , la }e , la 6e ou.
la 5e ; ne voilà Vil pas un conflit de rè
gles opposées ? & ne font- elles pas réci
proquement sujettes à de "fausses applir
cations, vâ que l'une peut se présenter às
Tesprit ^lorsqu'il est question de l'autre?
Cette Méthode , si l'on peut qualifiée
ainsi un amas confus de règles , ne sembleroit
pas un labirinte , & ne rebuteroit
pas tant de personnes de l'Accompagnement
, si elle, étoit plus instructive du.
fond ; cependant on ne doit pas nier qu'il
ne foie possible de posséder entièrement
toutes les regles-du détail & toutes leurs
exceptions , d'en faite la juste applica
tion , & de les mettre en pratique fur les
I58 4. Accords , dont elle exige la conaoissànce.
Mais quel tems &c quels tra
vaux ne faut-il pas pour cela ? D'ailleurs
quelle confusion pour l'esprit ! quelle
charge à la mémoire , & même quel
•bstacle à la précision de l'exeCution ì
FEVRIER; t7yoï *<f?
On donnera dans le Mercure prochai*
le Plan d'une nouvelle Méthode fur le
même sujet.
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Résumé : OBSERVATIONS sur la Méthode d'Accompagnement pour le Clavecin qui est en usage, & qu'on appelle Echelle ou Regle de l'Octave.
Le texte aborde la méthode d'accompagnement au clavecin appelée 'Règle de l'Octave'. Cette méthode vise à familiariser les doigts avec les accords spécifiques de chaque degré d'un mode. Cependant, elle présente de nombreuses limitations et exceptions, rendant son apprentissage complexe et propice aux erreurs. La Règle de l'Octave inclut 12 accords par mode, chacun ayant plusieurs accompagnements et permutations sur le clavier. Chaque accord doit être maîtrisé dans 24 modes différents, ce qui totalise 1584 accords à mémoriser. Les règles sont souvent contradictoires et dépendent des successions des accords, des indications du compositeur et des habitudes déjà acquises. Les exceptions et les règles de goût ajoutent encore à la complexité, posant des défis pour la mémoire, le jugement et la dextérité des doigts. Le texte critique également l'interdiction des deux octaves de fuite, qui engendre des complications inutiles et des erreurs dans l'exécution. Enfin, il annonce la présentation d'une nouvelle méthode plus instructive et moins confuse dans un prochain numéro du Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4803
p. 263-266
LE JEUNE ELEAZAR. POEME.
Début :
Le fils d'Antiochus opprimoit les Hebreux, [...]
Mots clefs :
Sang, Armes, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE JEUNE ELEAZAR. POEME.
LE JEUNE ELEAZAR.
P- O E M E.
T E fils d'Antiochus opprimoit les Hébreux^-
■■-'D'un pere criminel le châtiment affreux»-
Du céleste courroux monument formidable»
Sert à rendre le fils encore plus coupable y
Au lieu d'en profiter , il jure d'abolir
le culte que les Juifs viennent de rétablir;;
II déclare au vrai Dieu la plus cruelle guerres?
ies Syriens armés couvrent deja la Terre.
Confonds tes ennemis & fauve tes enfans,
Seigneur , vois oes apprêts , ces nombre u*'-
Elephans ;
Chacun d'eux fur son dos porte *des Tours
énormes}
Au sommet deces Tours , fous cent terribles .
formes ,
La mort menace au loin ton peuple consternés
Boúr briser tes Autels le signal est donné.
Notre cause est la tienne , embrasseTa deffenfej ■
Ex au ce nos soupirs, protège l'innocence ;
Que dans leur sang impur les méchans soient
noyés l
•i€4 MEUCtTRÉ DE FRANCE.
Disperse au gré des Vents leurs restes fou
droyés, i
Tels fondes eris des Juifs > ils volent tous»
aux armes ,
Et le Très Haut s'apprête à finir leurs allarmes;
Sur un Trône éternel , digne de fa Grandeur»'
Dieu repose en son sein , revêtu de splendeurs
Le pouvoir , la bonté , la sagesse y résident »
A ce vaste Univers ces attributs président >
ta sagesse conduit ,1a puissance soutient»
La bonté fit le monde , & l'amour l'entretient"'
Cet amour a souvent arraché le tonnere
Au bras de la Justice armé contre la Terre >
Et c'est lui qui pour lors appaìlant son cour--
roux ,■
Surl'ennemi des Juifs en détourna les coupí;
Judas , Eleazar , restes d'un Sang illustre ,
Tous deux touchoient à peine à leur cinquiè
me Luitre ;
Tous deuxd'Anriochus repoussoient les efforts;
E'Eternel seconda leurs généreux transports.
De Siriens mourans la campagne est feme'e ;
Deux Héros font trembler une effroyable Ar
mée.
Qiie ne pent la valeur ! sous lesr coups de l'aî»
■ né t
Ee destin , de six cens , estdéja terminé
Du côté qu'il combat tout tombe , fuit ou cède;
ie carnage le fuit , la teneur le précède ».
t É V R s E R; T7JÒ*: igf
le jeune Eleasar attaque , & se deffend
II voit venir de loin un superbe Eléphant 5
Sous ses pas fastueux des flots de sang ruiflffr
lentV
Et les Armes du Roi fur son dos écincellent ;
De la Tour qu'il soûtient le sommet radieux
Domine suri' Armée, éblouit tous les yeux,
Et fur lui du Soleil les flammes recueillies
Forment de toutes parts de brillans parelies;
Le luxe y réunit les plus rares trésors
Que l'Inde avec éclat voit germer fur ses
bords j ^
On croit qu'en cette Tour d'où cent guerriers
combattent ,
D'où les traits échapés volent, percent» abbâtent
,
Le Roi caché lui même est témoin des Exploits'
D'un monde de Soldats triomphans sous ses
Loix.
Bleatar flatté d'une douce espérance >■
Des Hébreux gemiffans médite la vengeance» .
Et veut pour leur salut sacrifier ses jours ,
Trop heureux à ce prix d'en abréger le cours,- -
Intrépide Lion , guidé par son courage,
A travers mille morts.il se fait un paíJage,.
Se cache sous les flancs de l'énorme animal
Qui portoit, orgueilleux , lePavilloB Royal »
Et dans ses flancs profonds il plonge son épée» -
De leur sang confondu la campagne est crem-.-
L'Elephan».
'éiê MÈRCU-RE DE FRANCE;
i'Elóphant blessé tombe i ô funeste malheur !
Sous son poids effroyable expire le Vainqueur.
On frémit , on s'écatce , on fuit , & la pouClìere
- W:
Sous un nuage épais obscurcie la lumière;
Les juifs encouragés par ce revers heureux'
Poursuivent l'ennemi qui tremble devant eux 5
Judas pleure son frète , il le vange , & ses
: larmes
Coulent avec le sang dont il rougit ses a^rmes
;
Le scul Antiochus échape à son courroux ;
Mais bientôt de Dieu même il subira les
coups ;
Sa vengeance l'attend aux bords du préci.
pice j
ï'Bternel aux Tirans ne fut jamais pro
pice,
J*. B. Poney J.
P- O E M E.
T E fils d'Antiochus opprimoit les Hébreux^-
■■-'D'un pere criminel le châtiment affreux»-
Du céleste courroux monument formidable»
Sert à rendre le fils encore plus coupable y
Au lieu d'en profiter , il jure d'abolir
le culte que les Juifs viennent de rétablir;;
II déclare au vrai Dieu la plus cruelle guerres?
ies Syriens armés couvrent deja la Terre.
Confonds tes ennemis & fauve tes enfans,
Seigneur , vois oes apprêts , ces nombre u*'-
Elephans ;
Chacun d'eux fur son dos porte *des Tours
énormes}
Au sommet deces Tours , fous cent terribles .
formes ,
La mort menace au loin ton peuple consternés
Boúr briser tes Autels le signal est donné.
Notre cause est la tienne , embrasseTa deffenfej ■
Ex au ce nos soupirs, protège l'innocence ;
Que dans leur sang impur les méchans soient
noyés l
•i€4 MEUCtTRÉ DE FRANCE.
Disperse au gré des Vents leurs restes fou
droyés, i
Tels fondes eris des Juifs > ils volent tous»
aux armes ,
Et le Très Haut s'apprête à finir leurs allarmes;
Sur un Trône éternel , digne de fa Grandeur»'
Dieu repose en son sein , revêtu de splendeurs
Le pouvoir , la bonté , la sagesse y résident »
A ce vaste Univers ces attributs président >
ta sagesse conduit ,1a puissance soutient»
La bonté fit le monde , & l'amour l'entretient"'
Cet amour a souvent arraché le tonnere
Au bras de la Justice armé contre la Terre >
Et c'est lui qui pour lors appaìlant son cour--
roux ,■
Surl'ennemi des Juifs en détourna les coupí;
Judas , Eleazar , restes d'un Sang illustre ,
Tous deux touchoient à peine à leur cinquiè
me Luitre ;
Tous deuxd'Anriochus repoussoient les efforts;
E'Eternel seconda leurs généreux transports.
De Siriens mourans la campagne est feme'e ;
Deux Héros font trembler une effroyable Ar
mée.
Qiie ne pent la valeur ! sous lesr coups de l'aî»
■ né t
Ee destin , de six cens , estdéja terminé
Du côté qu'il combat tout tombe , fuit ou cède;
ie carnage le fuit , la teneur le précède ».
t É V R s E R; T7JÒ*: igf
le jeune Eleasar attaque , & se deffend
II voit venir de loin un superbe Eléphant 5
Sous ses pas fastueux des flots de sang ruiflffr
lentV
Et les Armes du Roi fur son dos écincellent ;
De la Tour qu'il soûtient le sommet radieux
Domine suri' Armée, éblouit tous les yeux,
Et fur lui du Soleil les flammes recueillies
Forment de toutes parts de brillans parelies;
Le luxe y réunit les plus rares trésors
Que l'Inde avec éclat voit germer fur ses
bords j ^
On croit qu'en cette Tour d'où cent guerriers
combattent ,
D'où les traits échapés volent, percent» abbâtent
,
Le Roi caché lui même est témoin des Exploits'
D'un monde de Soldats triomphans sous ses
Loix.
Bleatar flatté d'une douce espérance >■
Des Hébreux gemiffans médite la vengeance» .
Et veut pour leur salut sacrifier ses jours ,
Trop heureux à ce prix d'en abréger le cours,- -
Intrépide Lion , guidé par son courage,
A travers mille morts.il se fait un paíJage,.
Se cache sous les flancs de l'énorme animal
Qui portoit, orgueilleux , lePavilloB Royal »
Et dans ses flancs profonds il plonge son épée» -
De leur sang confondu la campagne est crem-.-
L'Elephan».
'éiê MÈRCU-RE DE FRANCE;
i'Elóphant blessé tombe i ô funeste malheur !
Sous son poids effroyable expire le Vainqueur.
On frémit , on s'écatce , on fuit , & la pouClìere
- W:
Sous un nuage épais obscurcie la lumière;
Les juifs encouragés par ce revers heureux'
Poursuivent l'ennemi qui tremble devant eux 5
Judas pleure son frète , il le vange , & ses
: larmes
Coulent avec le sang dont il rougit ses a^rmes
;
Le scul Antiochus échape à son courroux ;
Mais bientôt de Dieu même il subira les
coups ;
Sa vengeance l'attend aux bords du préci.
pice j
ï'Bternel aux Tirans ne fut jamais pro
pice,
J*. B. Poney J.
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Résumé : LE JEUNE ELEAZAR. POEME.
Le poème 'Le Jeune Eleazar' décrit la répression des Hébreux par Antiochus et son fils, qui décide d'abolir le culte juif et de déclarer la guerre au Dieu des Juifs. Les Syriens, équipés d'éléphants portant des tours, menacent les autels juifs. Le peuple juif implore Dieu de les protéger et de confondre leurs ennemis. Dieu, représenté comme tout-puissant, sage et bon, intervient en faveur des Juifs. Judas et Eleazar, deux jeunes héros, repoussent les attaques syriennes. Eleazar attaque un éléphant royal et le blesse mortellement, mais meurt écrasé sous l'animal. La mort d'Eleazar encourage les Juifs, qui poursuivent et vainquent leurs ennemis. Judas venge son frère en combattant Antiochus, qui finit par subir la vengeance divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4804
p. 266-284
EXTRAIT du Panegyrique de S. Sulpice.
Début :
Le 17. Janvier, l'Abbé Seguy, nommé par le Roi à l'Abbaye de Genlis, [...]
Mots clefs :
Église, Peuple, Saint Sulpice, Dieu, Vertu, Chrétiens, Cour, Évêque, Dignité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Panegyrique de S. Sulpice.
EXTR AIT dit Panégyriquede
S. Sulpice-
LE 1 7. Janvier , P Abbé Seguy , nom
mé par le Roi à- P Abbaye de Gcnlis ,
prononça ce Discoucs dans l'Eglise Parói.'
îul; de S. Suldce, avec uli applau»
diíse.neat universel. Jamais réputation
a'*
FE V R ÏE R. 17% o.
í'k été plus prompte que celle de ce non»
vel Orateur , dont le premier succès a et©'
assez éclatant pour être honoré de Pattendon
8c des récompenses de la Cour^
Le Public échauffé fur ion compte , at- -
tendoit avec impatience ce second Dis
cours » qui a mis , pour ainsi dire , le sceau1
à sa réputation , & avec d'autant plus de
Ì'ustice que son sujet , bien moins favora-
>le que 1c premier, ne pàroiffoit point
susceptible des traits vifs & grands qu'il
lui a prêtez. L'Extrait du Panégyrique d©'
S. Louis a fait? tant de plaisir , qu'on a'
fort souhaité voir aussi celui du Panégy
rique de S.Sulpice, Se nous avons enfin;
obtenu le consentement de M. l'Abbé Se--
guy pour faire usage du secours des Co-j
pistes qui lui ont enlevé son Discours.
-L'Orateur a pris pour Texte ces paroles
de l'Ecclesiastique : Fattum est illi fungi
facerdotin , . .& habere lait ier)* in nomine;
ejus. Voici l'Exorde , à quelques lignes^
près>
Si l'on fçait à travers les expressions
les plus simples pénétrer le sens le plus
élevé , quelles grandes idées se présentent
à ces mots ! Voilà , Chrétiens , un
Eloge digne d'Àaron , qui en est l'ob'jet
& pour dire encore plus , digne de l'Esprit
Saint qui en est l'Auteur. En effet:
loiier un homme d'avoir mérité le Sacer
doce
MERCÙRE Ï>È FÍIANCÉ.
doce & U plénitude du Sacerdoce , qtíî
«st le Pontificat , n'est-ce pas le rôties
d'avoir mérité le plus sublime de rous le»
Ministères, celui de Pacificateur , de Mé
diateur entre Dieu & son Peuple , & quelle
louange pourroit, ce semble , égaler celle
îà , si ce qui suit n'y mettoit le comble
en ajoutant que ce Ministère si auguste^
Aaron l'exerça avec gloire en Israël ,
FaSinm est Mi fungi facerdotio .... &
habere laudem ih nomme ejuù
Cette idée , toute grande qu'elle est y
Chrétiens Auditeurs , l'est-elle trop pour
k sujet qui nous assemble .... Par tout
l'Histoite de fa vie ( de S. Sulpice) m'a
présenté un homme visiblement destinés
pour entrer en part du gouvernement de
l'Eglise ; un homme que la Grâce de Jé
sus- Christ prit soin de préparer dès soit
enfance à la dignité de Pasteur dans l'E
glise; Un homme élevé d'une commune
voix à ce comble d'honneur pour l'édiSfication
& pour l'utilité de PEglise.
C'est à ce point de vûë que m'ont paru se
íapporter toutes les faces sous lesquelles
on peut l'envifager quand j'entre
prends de vous retracer une si belle vie,-
c'est ou comme la préparation la plusparfaite
à la dignité Episcopale , ou com
me l'accomplissement le plus entier des
ieyoiis qui y sont attachez ; car voici et»
FEVRIER. 1730. ìSf
in deux mots le Plan du Discours que je
consacre à la gloire de S. Sulpice. II mé
rita d'être élevé à l'honneur suprême de
l'Episcopar , & il soutint glorieusement
le poids immense de ''Episcopat. FaElum
eft illi fungi Sacerdotio .... & habere
Uudem in nornine ejus.
Dieu immortel , qui n'aliénez jamais»
votre gloire,c'est à vous que se rapportent
fes louanges de vos Saints , & c'est à vous
aussi que se rapporteroient celles d'un
de vos plus dignesMinistres qui m'écoute..
dans ce saint Temple , dont la construc--
fion n'etoit possible qu'à lui seul. Avec
quel zelc vous prépare-t-il une demeure,
pendant qu'un autre Serviteur fidèle que
tous vous êtes choisi dans fa maison , tra
vaille sans relâche à votre gloire j Pon-i
tifc & deffenscur illustre de votre Reli
gion sacrée. Ainsi Moyse executoit le Pla»
de votre auguste Tabernacle, tandis qu'ho
noré du Pontificat, Aaron son frère préíîdoit
à votre culte divin ... Je rentre
dans mon sujet , mais je sens que je n'enpuis
soutenir le poids si Marie ne s'intefefle
à^'entreprise.
Le comprenons-nous ce que c'est que
d'être un des Pasteurs préposez au gou
vernement de l'Eglise que J.C. a acquise
j»ar son Sang ? nous formons-nous une
aslez haute idée de la grandeur de ce Mi
nistère
t7ò MËRCÚRE DE FRANGÉ; .
«istere ? L'Episcopat , Chrétiens , l'Epìs»
copat n'est rien moins que le Tribunal
irréprochable de cette foi , fans laquelle
on ne peut être sauvé ; la succession non
interrompue du pouvoir &é des fonctions
des Apôtres, le complément, la plénitu
de surabondante du caractère conféré aux
autres Ministres de l' Autel , l'autorité dtf
droit ..divin fur les Fidèles & Air les Pré*
tres qui les conduisent , le gage sensible
de l'union de J. C avec son Eglise , la
participation immédiate de la puissance du
Fils de Dieu lui-même, la íourec primi-*
tive du pouvoir de Her & dé délier suc
la Terre , de conférer la Grâce & de la
suspendre* de rendre présente la Victime
adorable ôc de l'immolct!, Quelle dignité
que celle qui réunit en soi de si grandes
choses , mais aussi de la part de notre
Saint, quelle vertu, quelle capacité à
tous égards , quelle répugnance à aceep.
ter tant de grandeur.Pen rendirent digne l
trois principaux chefs dont je fais tout le
fond de cette première Parrîe. Reprenons.
U semble, Chrétiens, que Sulpice ne
pouvoit naturellement échapper au mon»
de,si son cceiK n'eût été spécialement desti
né de Dieu pour être à lui. La Cour , où sa
naissance Cappella dès ses premières an
nées- la Cour est-elle l'ecole ordinaire de
í* vcítu- > Cet âge même où lc coeur tout
m
FEVRIER. 1730. t7t
m bute aux passions , à peine Ce trouva
libre , est peut-être moins dangereux , 8ç
foubliois presque de vous dire que Sul
pice fut au Seigneur dès le point du jour,
itomme parle le Prophète , dès fa jeunesse,
parce que j'ai quelque chose de plus glo
rieux pour lui à vous dire ; c'est qu'il fut
au Seigneur dans des lieux, the'atre uni
versel desfoiblesses & des vanitez humai
nes , à la Cour. Ce n'est donc pas ici ,
Chrétiens 4 une vertu à l'abri des dangers
du siécle ; c'est une vertu à l'épreuvc des
charmes & des engagemens du monde le
plus séduisant, que l'on appelle le grand
monde , une vertu constamment sollicitée
& constamment victorieuse. . . .
L'Abbé Seguy , après avoir mis dans
tout son jour la vertu de S. Sulpice au
milieu des dangers de la Cour , le repré
sente dans fa Retraire domestique , &
voici comment il en parle.
Il quitte donc cette Cour, où il ne
voit aucun des vrais biens qu'il aime,
où font réunis ensemble tous les faus
biens qu'il n'aime pas j il se fait de sa
maison une retraite particulière aussi inr
accessible aux attaques des folles passions
que le fut jamais celle des Hilarions 8c
des Antoines. La solitude Chrétienne ,
mes frères , ne pensez pas qu'il faille ab
solument l'aller cherchée dans l'ornbre
>7* MERCURE DE FRANCE. ...^
-du Cloitre ou dans l'horreur des Déserts.'
,Un coeur tumultueux , plein des ide'es
des engagemens du siécle ne feroit pas
seul dans les Antres profonds de la Thé-
.baïde même. La vraye solitude est souyent
dans un genre de vie retirée , quoiqu'au
milieu du monde , dans les senti-» ,
.mens qui y font conformes dans le coeur,
L'Orateur , en parlant de l'humble
•résistance de S. Sulpice , lorsque son Evo
que voulut l'ordonner Prêrre, dit: T'
Malgte' un attrait naturel pour cet état ,
3e Serviteur de Dieu, par un effet de cette
íhurnilké qui met le comble à sa vertu re
fuse de repondre à un dessein qu'a fait
jiaître sa vertu même, & pour le fairô
passer de l'état laïque à la Cléricature,
de la Cléricature au Sacerdoce , il faut
que le saint Evêque engage les Princes à
íe joindre à lui. C'est ainsi que la mo
destie des Saints leur cache quelquefois
la volonté divine qu'ils adorent , & que
le Ciel fait exécuter fur eux fa volonté
fans rien faire perdre à leur modestie.
Vous résistiez donc en vain , digne Disci
ple de J. C. yous en deviez être le Prêrre ,
parce que vous en fûtes la Victime. Il étoit,
il étoit convenable que vous pussiez osfric
à l'Autel l'Agneau sans tache , vous qui
pouviez vous offrir avec lui. Vous sçaveát .
É?éja ce qu'il fut dans la vie scculkre,Chré.
liens
FEVRIER. 1730. *73
{tiens Auditeurs , jugez de ce qu'il fut dans,
le Sacerdoce. . . Sa vie inspire, persuade
la vertu que respirent tous ses discours 4
íes exemples font citez dans les familles ,
son simple aspect est une leçon , son seul
nom rappelle une idée salutaire. De'ja se
répand le bruit de sa sainteté dans les Pro
vinces voisines. La Cour l'entendir, & le
Prince Religieux qui commandoit alors
à nos Ancêtres , Clotaire II. jetta les yeux
fur le Serviteur de J. C. pour le charger
d'un emploi plus honorable encore par !»
sainteté de ses fonctions , que considérable
par l'accès & le crédit qu'il donnoit au
près du Monarque . • . Mais il s'agissoit
d'engager l'Homme de Dieu à l'accepter
& son Evêque fut intéressé pour cela ; car
Comme ce Prélat n'eût jamais pû fans le
Prince , forcer l'humilité de Sulpice à re
cevoir le Sacerdoce , le Prince n'eut aust|
jamais pû fans lui,forcer la vertu du Saint
à rentrer dans le grand monde. On l'y sic
rentrer. Sulpice reparoît à la Cour & il
l'édisie de nouveau. La Cour , quelques
passions qui y règnent s n'en est pas moins
pleine d'estime pour la vertu , & fans la.
pratiquer mieux que le peuple , elle fçaic
& la connoître mieux & la respecter dar
vantage.
Rien n'est plus beau & plus délicat que
1c Porcraic que fait V dateur de son Saint;
úm
*74 MERCURE DE FRANCE. - "
áans le crédit que lui donnoient fa Char»
,ge de Grand- Aumônier & l 'amitié de Clo-
,«aire.
Clotaire , dit-il , qui lui doit la conser
vation de ses jours , veut qu'il ait aux
affaires une part considérable , qui ne fut
jamaisl'objet de ses voeux... Je reconnois
ici , ô mon Dieu ! un grand exemple de
;la conduite que vous tenez quelquefois
^ur ceux qui vous aiment ; quoiqu'ordinairement
jaloux de les cacher dans le
secret de votre face, cependant pour lc
bien de leurs frères , pour l'honneur mêjne
de la vertu , vous les menez de temps
jcn temps comme par la main fur la Scène
changeante du monde , vous leur faites
trouver grâce devant les Dieux de la
Terre & toujours fur de leur coeur , vous
les prêtez pour récompense aux bons Rois,
À qui ils font nécessaires.
Ensuite l'Abbé Seguy fait voir S. S ulice
attentif dans fa faveur à ménager pou r
a timide vertu la protection du Monar
que , charmé de pouvoir prêter la voix
aux larmes des malheureux , se rendant
cher à sa Nation , comme un autre M ardochée
, & par le charme d'une douceur
toute Chrétienne , trouvant lc secret de
ne mécontenter personne, malgré l'impuissance
, de procurer des grâces à tous,
conduisant & exécutant tout ce qu'il se
propose
t
FEVRIER; 1730. 171
propose par une nouvelle sorte de politi
que., la droiture & la sincérités agissanc
afec zele & avec zele sçlon la science
dans tout ce qui a rapport à la Religion ,
& qui demande l'appui de l'autorité Roya
le pour l'Eglise ; enfin dans une situation
où d'autres sacrifieroient leur ame , ayant
aux yeux des hommes mêmes le mérite
de ne sacrifier que son repos : tel & plus
grand encore par le saint usage de son cré
dit étoit Sulpice, Chr. Aud. & s'il n'est pa»
le seul1 que son Portrait vous représente,
c'est une heureuse ressemblance qui honore
notre siécle. Au reste , il est bon pour votre
instruction , mes Frères , que vous remar
quiez la cause du saint usage que fit Sulpice
de sa faveur à la Cour, & la raison du bon
heur qu'il eut d'y conserver sa vertu dans
tous les temps. Dieu l'y avoit appelle ; &
parce qu'il l'y avoit appelle , il le sauva,
des écueils dangereux contre lesquels onc
brisés mille autres ; parce qu'il l'y avoit
appelle , il le mit au-dessus des foiblesses
ordinaires du sang , il lui fît oublier le
soin de l'élevation des siens & de leur
fortune particulière ; parce qu'il l'y avoie
appelle , bien loin de l'abandonner à l'amour
du plaisir qui y règne , il se servit
de lui pour y confondre les voluptueux
par son exemple ; parce qu'il l'y avoit
a^pellé, il fit faire en lui la voix de la
g cupidit4
íT6 MERCURE DE FRANCeI^I
cupidité , il lui donna ce détachement ÍÎ
nécellâire à qui peut obtenir tout ce qu'il
désire ; parce qu'il l'y avoit appelle , il
lui conserva au milieu de la pompe &c du
luxe de la Cour , un gout constant pour
la simplicité la plus modeste 3, parce qu'il
l'y avoit appellé , il l'entretint au centre
même du grand monde dans un esprit de
retraite qui l'engageoit à se dérober de
temps en temps à la Cour , pour donner
au loin de recueillir son coeur tous les
momens dont il étoit le maître ; parce
qu'il l'y avoit appellé , il justifia fa voca
tion. Ceux que Dieu lui-même expose,,
sont dans le monde fans appartenir au
monde -, Dieu est avec eux , mais aussi
ceux qui s'exposent sans son aveu, y pensent-
ils sérieusement ....
Si Sulpice y eût été porté par ses pro
pres conseils , il y auroit fait infaillible
ment naufrage. La Providence qui veut
peut-êtte tel d'entre vous loin du tumulte
du monde, le voulut long-temps lui au
rnilieu des dangers du siécle , & elle avoit
ses raisons. Ce n'étoit pas fans dessein,
qu'elle l'avoit fait naître avec les avan
tages des richesses & du rang , qu'elle lui
fit passer plusieurs années parmi les déli
ces & les vaihes pompes contre lesquelles
il étoit obligé de se deffendre. Elle le des.
«inpit à remplir dan&son Eglise une place
fEVRIER. 1730. 277:
^ni pour erre sainte , sacrée, de droit di
vin , n'en expose pás moins aux périls in
séparables des grandes places , une place
qu'une vertu à l'épreuve des tentation»
de la grandeur & de l'abondance , est feule
digne de remplir.Car depuis que les Chrér
tiens , trop indignes de leurs premier*
Ancêtres , ont renoncé à cette heureuse
pauvreté qui fut comme le berceau de leuc
Religion , depuis que l'amour des abbaifiemens
a fait place chez eux aux fatales
chimères de l'orgueil, il a fallu appuyer
l'autorité Episcopale de tout ce que l'ofmlence
, le rang ont de plus imposant à
eurs yeux. Sulpice avoit donc beloin d'u
ne vertu, éminente > éprouvée., pour ré
pondre dignement aux desseins de Dieu
fur lui , & vous avez vû si la sienne ne
fut pas telle, in integritate\ mais la vertu
feule n'eût pas suífi sans une capacité pro
portionnée à fa destination , in doftrina...
Il l'avoit , & si vous me demandez com
ment parmi les distractions & tumulte du
siécle il trouva le temps de l'acquerir , je
vous répondrai qu'il le trouva 3 force
d'attention à saisir & à employer des momens
qu'un autre auroit perdus en amufemens
frivoles ou criminels , je vous fe
rai ressouvenir de cette Retraite domcstN
que de plusieurs années où tout son temp»
jgtoit partagé entre Dieu & une étude re-
P i) glce
' ' '
*78 MERCURE D£ FRANCE; .
glée qui avoic rapporc à lui. Lorsqu'il so
faisoit ainsi par principe d'occupation un
fond de saintes connoissances , il ne prêt
voyoit pas qu'il dût un jour par état les
communiquer aux autres ... U n'e'toit pas
moins propre à annoncer les veritez Evan
géliques aux Grands, qu'à instruise les
petits & à cathéchiser les Habitans des
Campagnes , il éclaircuìoit les doutes des
âmes timorées , il assermissoit la foi des
ames foibles , il étoit utile à son Evêque
Blême qui le consultoit. .....
Voilà ce que c'étoit que les lumières
de Sulpice, Chrétiens Auditeurs, elles
ne faisoient point peut-être cette science
si étendue, li variée, de beaucoup de Sçavans
de nos jours , mais elles faisoient
une science utile à son prochain , à luimême
, & sur tout sobre, modeste , s'arrêtant
où elle devoit ; & plut à Dieu que
plusieurs de nos frères n'en eussent point
d'autre , qu'ils fussent & bien plus hum
bles ôc moins curieux, & par là moins
sujets à des égaremens déplorables. Car ,
ô Ciel ! vous confondez le téméraire re
gard qui veut s'élever jusqu'à la hauteuç
inaccessible des trésors de votre sagesse*
Rendez- nous l'heureuse simplicité des pre
miers temps de l'Eglise.'On ne sçavoit pas
disputer, ah I mais on sçavoit obéïr. . . . ,
L'Orateur , après avoir pafl[é avec un
«P*
FEVRIER. i7?ò. if9
írt infini au troisième Chef de sa subdi-,
vision , continue :
Ici, Chrétiens, s'offre un nouveau spec-i
tacle. C'est une aíTemble'e d'esprits violens
& factieux , qui se calme au seul nom de
Sulpice. Le Siège Episcopal e'toit vacant
& le peuple, alors maître du choix de son
Evêque.étok divisé en plusieurs partis qui
«n alloient venir aux mains , si une voix
sortie du milieu de tant de clameurs, n'eût
tout-à-coUp nommé Sulpice. A un nom
si respecté les troubles cessent, les esprits
font d'accord , & cette Assemblée tumul
tueuse , dont les cris differens étoient la
voix de mille passions différentes , devient
eh un moment par la réunion inespérés
de ses suffrages, l'Infcrprete du choix de
Dieu-même. Mais voici un spectacle plus
grand encore } c'est Sulpice qui refuse
d'accepter la dignité sacrée qu'on lui dé
fère ; on le presse & il résiste pour la pre
mière fois à la volonté de son Dieu , mais
remarquez qu'il y résiste dans une occa
sion où il est beau , j'ose le dire , de la
méconnoître .... c'est mériter l'Episcopat
que d'avoir la pieté , la science né
cessaire pour en exercer avec fruit les
fonctions augustes ; le refuser toutefois
par Religion , c'est avoir un mérite aufli
éminent que la place même. .. .
La résistance de Sulpice aux empréssemens
du peuple , venoit de son profond[
*8a MERCURE DE FRANCE,
respect pour la dignité sacrée qu'il mt*
ritoit si parfaitement, il regardok l'Episcopat
comme le caractère le plus auguste, le
plus élevé dont un Chrétien puisse être
revêtu ici bas. Il avoir toujours été parti
culièrement recommandable par son res
pect pour les premiers Oints duSeigneur,
& il vivoit dans un siécle où des discours»
injurieux à leur gloire , étoient un crime
presque inconnu. >
L'Abbé Seguy termine cette première
Partie pat une morale forte & convena
ble., & passe à son second Point , où it
fait voir S. Sulpice soutenant dignement
le poids immense de l'Episcopat»
La plus grande idée qu'on puisse don
ner d'un Ministre du Seigneur, n'ëst pas;
de dire qu'il mérita d'être honoré du ca
ractère Episcopal ; non , quelque grand
que soit un, tel éloge : mais dire qu'ayant
ïeçû ce caractère sacré , il le mérita tou
jours , est la suprême louange. Il y a
Chrétiens entre la gloire d'être élevé pas
fes vertus à une dignité éminente &c celle
d'en remplk parfaitement les devoirs, une
différence qu'il est aisé de sentir.pour peu
qu'on y réfléchisse . ... Audi parmi rant
d'hommes que les suffrages des peuples
élevèrent 3ux places les plus augustes ;
combien en a-t'on vû qui en auroient
toujours paru dignes s'ils ne les eussent
jamais occupées. Sulpice digne de l'Egifç
i
Ê E VRIER. 1730. M
-tèçat y ôc avant d'y parvenir , & après
y êtrcparvenUjjustifia pleinement le choix
de son peuple, & cela par Pesprit de son
gouvernement , par ses travaux , par se*
succès mêmes. '
L'Abbé Seguy, dans le premier mem
bre de cette subdivision , fait voir Pesprit
du gouvernement du S. Evêque comme
nn esprit de bonté , de fermeté, de sagesse,
& il en rapporte entr'autres exemples un
trait de ce S. Pasteur à Poccasion des ve
xations inoiiies & des cruautez qu'exerçoient
certains exacteurs d'un impôt trop
fort qui mettoit le comble à la misère du)
peuple. 1
Sulpice én est témoin', dit Phabile Pa--
-ft-egyriste , & ses entrailles paternelles en
font émues. Il s'adresse avec douceur aux
barbares Officiers , il leur fait la plus tou
chante peinture de Pétat déplorable de
son peuple, il les conjure au nom du Dieu
■ée bonté de cesser d'indignes poursuites,:
qui auiïì bien ne servent qu'à réduire au
plus affreux desespoir une partie de sort
troupeau, & sans doure il leur auroit ins
piré des fentimens plus humains, si de tels
coeurs en eussent été capables. Eh bien ,
cruels ! je me fuis inutilement abbaiffé
jusqu'à la prière -, il ne me reste qu'à vous
lancer les foudres spirituels qui m'ont été
confies. A Dieu ne plaise , que je m'op-
D iiij pose
*#* MERCURE DE FRANCÈ
pose aux ordres du Prince ; ce n'est páS
a vos pareils qu'il est donné de lui être
plus soumis & plus attachez qu'un Evê
que. Mon Rot n'ignore pas mon zele , il
n'ignore que vos cruautez. Je lui écris-,
il nous fera fçavoir sa volonté souverai
ne... Je vous abandonnerai , s'il l'exige,
& le Troupeau & le Pasteur même ; mars
en attendant n'espérez pas que je souffre
votre barbarie 5 je ne verrai point écraser
ainsi mon peuple , dont lés cris me dé
chirent ; percez plutôt ce coeur qui ne peut
vous abandonner.
Fermeté héroïque, Chrétiens Auditeurs,
qui fans une prudence infinie auroit eu-,
je l'avoue , ses dangers ; mais l'esprit de
sagesse égak toûjours en Sulpice l'esprit
de force. Spiritus fortitudinis , fpiritus fa~
■pievtì* & intelleSius. Tandis que par la
vigueur de fa conduite il arrête les per
sécutions des Publicains barbares , il ex
horte d'un autre côté les riches à leur
payer le nouveau tribut , il recommande
vivement au peuple les sentimens d'atta
chement 8c d'obéissance qu'il doit à son
Souverain , il paraît prêt à accabler da
poids de son indignation quiconque óferoit
s'en écarter, & cependant il conjure
celui qui tient en ses mains les coeurs des
Rois-, de lui rendre favorable Dagobert ,
qui avoit succédé à Clouirc.
L'ait
FEVRIER. 1730. igj
L'art avec lequel l'Oratcur entre dans
la seconde partie de sa subdivision, & la
manière dont il décrit les travaux Aposto
liques du saint Evêque , auroient ici leur
place , si on pouvoit abréger cet endroit
sans le gâter. . . .
Que vous dirai-je de plus ? aussi infa
tigable , aussi prompt que plein de zelc ,
occupé sans relâche , íans altération , il
ne l'est que des intérêts du Ciel & du foin
de son Diocèse. U ne tient d'une main qu'à
ses Ouailles & de l'autre qu'à son Dieu.
L'article des succès du saint Evêque est
traité avec la même dignité & le même
feu. La conversion des Juifs de Bourges
faite par son ministère , n'y est pas ou
bliée , & l'Orateur pour relever ce grand
succès , parlant de ['obstination des Juifs
dit ... . malheureuse race , ton aveugle
ment est la peine de tes ingratitudes. C'est'
du trésor de la colère qu'est sortie ton
obstination insensée ; terrible exemple des
vengeances du Seigneur , tu portes im
primez fur toi les signes les plus marquezde
fa colère , & toi feule ne les reconnòfs
pas ; tu gardes chèrement les Livres saints
où fe lit ta condamnation manifeste , &
toi feule ne l'y trouves pas ; tu fers au
monde entier de témoin contre toi-même
& toi feule ne t'en apperçois pas ; & fi
par une eípece de prodige la vérité puis-
, v ; D v saute
i84< MERCURE DE FRANCE;
íante arrache à quelques-uns des tiens le*
fatal bandeau , ne les voit-on pas presquo
toûjours lui enlever peu de temps après
fa victoire ,& lui voiier une haine plus
cruelle que jamais ; ainsi se justifient les
oracles de tesProphetes par qui a été pre'dk
ton endurciflemenr déplorable. \4ais,Chrétiens,
Sulpice devoir avoir la gloire de
triompher de tant d'obstination. Il prêche
donc J. O crucifié à des infortunez qui le
regardent comme un sujet de scandale , iÈ
lutte contre leurs opiniâtres préjugez Sc
il en triomphe. Ce ne font plus ces enne
mis irréconciliables de rHomme-Dieu ;
ce font des vaincus, qui trop contens de
l'être, baignent de larmes de joye les ar
mes qu'ils remettent au vainqueur. Que
j'aime á les voir gémir amoureusement au
pied de>Ja Croix , ils en font le glorieux
& nouveau trophée. Plus de différence:
de culte dans la même Ville. Les enfans
de Sara Sc d'Agar se font réunis. Que les
Esprits Célestes en soient transportez de
joye , que l'Eglise en faíse retenrir ses
Temples de Chanrs d'allegreíse , que la
Îostcrité de ces Esclaves devenus libres en
. Chemise à jamais ta mémoire du siint:
Pasteur lonr Di u s'est íervi pour renou-
Tcller fur letirs pères Sc fur eux ses an
ciennes miséricordes.
S. Sulpice-
LE 1 7. Janvier , P Abbé Seguy , nom
mé par le Roi à- P Abbaye de Gcnlis ,
prononça ce Discoucs dans l'Eglise Parói.'
îul; de S. Suldce, avec uli applau»
diíse.neat universel. Jamais réputation
a'*
FE V R ÏE R. 17% o.
í'k été plus prompte que celle de ce non»
vel Orateur , dont le premier succès a et©'
assez éclatant pour être honoré de Pattendon
8c des récompenses de la Cour^
Le Public échauffé fur ion compte , at- -
tendoit avec impatience ce second Dis
cours » qui a mis , pour ainsi dire , le sceau1
à sa réputation , & avec d'autant plus de
Ì'ustice que son sujet , bien moins favora-
>le que 1c premier, ne pàroiffoit point
susceptible des traits vifs & grands qu'il
lui a prêtez. L'Extrait du Panégyrique d©'
S. Louis a fait? tant de plaisir , qu'on a'
fort souhaité voir aussi celui du Panégy
rique de S.Sulpice, Se nous avons enfin;
obtenu le consentement de M. l'Abbé Se--
guy pour faire usage du secours des Co-j
pistes qui lui ont enlevé son Discours.
-L'Orateur a pris pour Texte ces paroles
de l'Ecclesiastique : Fattum est illi fungi
facerdotin , . .& habere lait ier)* in nomine;
ejus. Voici l'Exorde , à quelques lignes^
près>
Si l'on fçait à travers les expressions
les plus simples pénétrer le sens le plus
élevé , quelles grandes idées se présentent
à ces mots ! Voilà , Chrétiens , un
Eloge digne d'Àaron , qui en est l'ob'jet
& pour dire encore plus , digne de l'Esprit
Saint qui en est l'Auteur. En effet:
loiier un homme d'avoir mérité le Sacer
doce
MERCÙRE Ï>È FÍIANCÉ.
doce & U plénitude du Sacerdoce , qtíî
«st le Pontificat , n'est-ce pas le rôties
d'avoir mérité le plus sublime de rous le»
Ministères, celui de Pacificateur , de Mé
diateur entre Dieu & son Peuple , & quelle
louange pourroit, ce semble , égaler celle
îà , si ce qui suit n'y mettoit le comble
en ajoutant que ce Ministère si auguste^
Aaron l'exerça avec gloire en Israël ,
FaSinm est Mi fungi facerdotio .... &
habere laudem ih nomme ejuù
Cette idée , toute grande qu'elle est y
Chrétiens Auditeurs , l'est-elle trop pour
k sujet qui nous assemble .... Par tout
l'Histoite de fa vie ( de S. Sulpice) m'a
présenté un homme visiblement destinés
pour entrer en part du gouvernement de
l'Eglise ; un homme que la Grâce de Jé
sus- Christ prit soin de préparer dès soit
enfance à la dignité de Pasteur dans l'E
glise; Un homme élevé d'une commune
voix à ce comble d'honneur pour l'édiSfication
& pour l'utilité de PEglise.
C'est à ce point de vûë que m'ont paru se
íapporter toutes les faces sous lesquelles
on peut l'envifager quand j'entre
prends de vous retracer une si belle vie,-
c'est ou comme la préparation la plusparfaite
à la dignité Episcopale , ou com
me l'accomplissement le plus entier des
ieyoiis qui y sont attachez ; car voici et»
FEVRIER. 1730. ìSf
in deux mots le Plan du Discours que je
consacre à la gloire de S. Sulpice. II mé
rita d'être élevé à l'honneur suprême de
l'Episcopar , & il soutint glorieusement
le poids immense de ''Episcopat. FaElum
eft illi fungi Sacerdotio .... & habere
Uudem in nornine ejus.
Dieu immortel , qui n'aliénez jamais»
votre gloire,c'est à vous que se rapportent
fes louanges de vos Saints , & c'est à vous
aussi que se rapporteroient celles d'un
de vos plus dignesMinistres qui m'écoute..
dans ce saint Temple , dont la construc--
fion n'etoit possible qu'à lui seul. Avec
quel zelc vous prépare-t-il une demeure,
pendant qu'un autre Serviteur fidèle que
tous vous êtes choisi dans fa maison , tra
vaille sans relâche à votre gloire j Pon-i
tifc & deffenscur illustre de votre Reli
gion sacrée. Ainsi Moyse executoit le Pla»
de votre auguste Tabernacle, tandis qu'ho
noré du Pontificat, Aaron son frère préíîdoit
à votre culte divin ... Je rentre
dans mon sujet , mais je sens que je n'enpuis
soutenir le poids si Marie ne s'intefefle
à^'entreprise.
Le comprenons-nous ce que c'est que
d'être un des Pasteurs préposez au gou
vernement de l'Eglise que J.C. a acquise
j»ar son Sang ? nous formons-nous une
aslez haute idée de la grandeur de ce Mi
nistère
t7ò MËRCÚRE DE FRANGÉ; .
«istere ? L'Episcopat , Chrétiens , l'Epìs»
copat n'est rien moins que le Tribunal
irréprochable de cette foi , fans laquelle
on ne peut être sauvé ; la succession non
interrompue du pouvoir &é des fonctions
des Apôtres, le complément, la plénitu
de surabondante du caractère conféré aux
autres Ministres de l' Autel , l'autorité dtf
droit ..divin fur les Fidèles & Air les Pré*
tres qui les conduisent , le gage sensible
de l'union de J. C avec son Eglise , la
participation immédiate de la puissance du
Fils de Dieu lui-même, la íourec primi-*
tive du pouvoir de Her & dé délier suc
la Terre , de conférer la Grâce & de la
suspendre* de rendre présente la Victime
adorable ôc de l'immolct!, Quelle dignité
que celle qui réunit en soi de si grandes
choses , mais aussi de la part de notre
Saint, quelle vertu, quelle capacité à
tous égards , quelle répugnance à aceep.
ter tant de grandeur.Pen rendirent digne l
trois principaux chefs dont je fais tout le
fond de cette première Parrîe. Reprenons.
U semble, Chrétiens, que Sulpice ne
pouvoit naturellement échapper au mon»
de,si son cceiK n'eût été spécialement desti
né de Dieu pour être à lui. La Cour , où sa
naissance Cappella dès ses premières an
nées- la Cour est-elle l'ecole ordinaire de
í* vcítu- > Cet âge même où lc coeur tout
m
FEVRIER. 1730. t7t
m bute aux passions , à peine Ce trouva
libre , est peut-être moins dangereux , 8ç
foubliois presque de vous dire que Sul
pice fut au Seigneur dès le point du jour,
itomme parle le Prophète , dès fa jeunesse,
parce que j'ai quelque chose de plus glo
rieux pour lui à vous dire ; c'est qu'il fut
au Seigneur dans des lieux, the'atre uni
versel desfoiblesses & des vanitez humai
nes , à la Cour. Ce n'est donc pas ici ,
Chrétiens 4 une vertu à l'abri des dangers
du siécle ; c'est une vertu à l'épreuvc des
charmes & des engagemens du monde le
plus séduisant, que l'on appelle le grand
monde , une vertu constamment sollicitée
& constamment victorieuse. . . .
L'Abbé Seguy , après avoir mis dans
tout son jour la vertu de S. Sulpice au
milieu des dangers de la Cour , le repré
sente dans fa Retraire domestique , &
voici comment il en parle.
Il quitte donc cette Cour, où il ne
voit aucun des vrais biens qu'il aime,
où font réunis ensemble tous les faus
biens qu'il n'aime pas j il se fait de sa
maison une retraite particulière aussi inr
accessible aux attaques des folles passions
que le fut jamais celle des Hilarions 8c
des Antoines. La solitude Chrétienne ,
mes frères , ne pensez pas qu'il faille ab
solument l'aller cherchée dans l'ornbre
>7* MERCURE DE FRANCE. ...^
-du Cloitre ou dans l'horreur des Déserts.'
,Un coeur tumultueux , plein des ide'es
des engagemens du siécle ne feroit pas
seul dans les Antres profonds de la Thé-
.baïde même. La vraye solitude est souyent
dans un genre de vie retirée , quoiqu'au
milieu du monde , dans les senti-» ,
.mens qui y font conformes dans le coeur,
L'Orateur , en parlant de l'humble
•résistance de S. Sulpice , lorsque son Evo
que voulut l'ordonner Prêrre, dit: T'
Malgte' un attrait naturel pour cet état ,
3e Serviteur de Dieu, par un effet de cette
íhurnilké qui met le comble à sa vertu re
fuse de repondre à un dessein qu'a fait
jiaître sa vertu même, & pour le fairô
passer de l'état laïque à la Cléricature,
de la Cléricature au Sacerdoce , il faut
que le saint Evêque engage les Princes à
íe joindre à lui. C'est ainsi que la mo
destie des Saints leur cache quelquefois
la volonté divine qu'ils adorent , & que
le Ciel fait exécuter fur eux fa volonté
fans rien faire perdre à leur modestie.
Vous résistiez donc en vain , digne Disci
ple de J. C. yous en deviez être le Prêrre ,
parce que vous en fûtes la Victime. Il étoit,
il étoit convenable que vous pussiez osfric
à l'Autel l'Agneau sans tache , vous qui
pouviez vous offrir avec lui. Vous sçaveát .
É?éja ce qu'il fut dans la vie scculkre,Chré.
liens
FEVRIER. 1730. *73
{tiens Auditeurs , jugez de ce qu'il fut dans,
le Sacerdoce. . . Sa vie inspire, persuade
la vertu que respirent tous ses discours 4
íes exemples font citez dans les familles ,
son simple aspect est une leçon , son seul
nom rappelle une idée salutaire. De'ja se
répand le bruit de sa sainteté dans les Pro
vinces voisines. La Cour l'entendir, & le
Prince Religieux qui commandoit alors
à nos Ancêtres , Clotaire II. jetta les yeux
fur le Serviteur de J. C. pour le charger
d'un emploi plus honorable encore par !»
sainteté de ses fonctions , que considérable
par l'accès & le crédit qu'il donnoit au
près du Monarque . • . Mais il s'agissoit
d'engager l'Homme de Dieu à l'accepter
& son Evêque fut intéressé pour cela ; car
Comme ce Prélat n'eût jamais pû fans le
Prince , forcer l'humilité de Sulpice à re
cevoir le Sacerdoce , le Prince n'eut aust|
jamais pû fans lui,forcer la vertu du Saint
à rentrer dans le grand monde. On l'y sic
rentrer. Sulpice reparoît à la Cour & il
l'édisie de nouveau. La Cour , quelques
passions qui y règnent s n'en est pas moins
pleine d'estime pour la vertu , & fans la.
pratiquer mieux que le peuple , elle fçaic
& la connoître mieux & la respecter dar
vantage.
Rien n'est plus beau & plus délicat que
1c Porcraic que fait V dateur de son Saint;
úm
*74 MERCURE DE FRANCE. - "
áans le crédit que lui donnoient fa Char»
,ge de Grand- Aumônier & l 'amitié de Clo-
,«aire.
Clotaire , dit-il , qui lui doit la conser
vation de ses jours , veut qu'il ait aux
affaires une part considérable , qui ne fut
jamaisl'objet de ses voeux... Je reconnois
ici , ô mon Dieu ! un grand exemple de
;la conduite que vous tenez quelquefois
^ur ceux qui vous aiment ; quoiqu'ordinairement
jaloux de les cacher dans le
secret de votre face, cependant pour lc
bien de leurs frères , pour l'honneur mêjne
de la vertu , vous les menez de temps
jcn temps comme par la main fur la Scène
changeante du monde , vous leur faites
trouver grâce devant les Dieux de la
Terre & toujours fur de leur coeur , vous
les prêtez pour récompense aux bons Rois,
À qui ils font nécessaires.
Ensuite l'Abbé Seguy fait voir S. S ulice
attentif dans fa faveur à ménager pou r
a timide vertu la protection du Monar
que , charmé de pouvoir prêter la voix
aux larmes des malheureux , se rendant
cher à sa Nation , comme un autre M ardochée
, & par le charme d'une douceur
toute Chrétienne , trouvant lc secret de
ne mécontenter personne, malgré l'impuissance
, de procurer des grâces à tous,
conduisant & exécutant tout ce qu'il se
propose
t
FEVRIER; 1730. 171
propose par une nouvelle sorte de politi
que., la droiture & la sincérités agissanc
afec zele & avec zele sçlon la science
dans tout ce qui a rapport à la Religion ,
& qui demande l'appui de l'autorité Roya
le pour l'Eglise ; enfin dans une situation
où d'autres sacrifieroient leur ame , ayant
aux yeux des hommes mêmes le mérite
de ne sacrifier que son repos : tel & plus
grand encore par le saint usage de son cré
dit étoit Sulpice, Chr. Aud. & s'il n'est pa»
le seul1 que son Portrait vous représente,
c'est une heureuse ressemblance qui honore
notre siécle. Au reste , il est bon pour votre
instruction , mes Frères , que vous remar
quiez la cause du saint usage que fit Sulpice
de sa faveur à la Cour, & la raison du bon
heur qu'il eut d'y conserver sa vertu dans
tous les temps. Dieu l'y avoit appelle ; &
parce qu'il l'y avoit appelle , il le sauva,
des écueils dangereux contre lesquels onc
brisés mille autres ; parce qu'il l'y avoit
appelle , il le mit au-dessus des foiblesses
ordinaires du sang , il lui fît oublier le
soin de l'élevation des siens & de leur
fortune particulière ; parce qu'il l'y avoie
appelle , bien loin de l'abandonner à l'amour
du plaisir qui y règne , il se servit
de lui pour y confondre les voluptueux
par son exemple ; parce qu'il l'y avoit
a^pellé, il fit faire en lui la voix de la
g cupidit4
íT6 MERCURE DE FRANCeI^I
cupidité , il lui donna ce détachement ÍÎ
nécellâire à qui peut obtenir tout ce qu'il
désire ; parce qu'il l'y avoit appelle , il
lui conserva au milieu de la pompe &c du
luxe de la Cour , un gout constant pour
la simplicité la plus modeste 3, parce qu'il
l'y avoit appellé , il l'entretint au centre
même du grand monde dans un esprit de
retraite qui l'engageoit à se dérober de
temps en temps à la Cour , pour donner
au loin de recueillir son coeur tous les
momens dont il étoit le maître ; parce
qu'il l'y avoit appellé , il justifia fa voca
tion. Ceux que Dieu lui-même expose,,
sont dans le monde fans appartenir au
monde -, Dieu est avec eux , mais aussi
ceux qui s'exposent sans son aveu, y pensent-
ils sérieusement ....
Si Sulpice y eût été porté par ses pro
pres conseils , il y auroit fait infaillible
ment naufrage. La Providence qui veut
peut-êtte tel d'entre vous loin du tumulte
du monde, le voulut long-temps lui au
rnilieu des dangers du siécle , & elle avoit
ses raisons. Ce n'étoit pas fans dessein,
qu'elle l'avoit fait naître avec les avan
tages des richesses & du rang , qu'elle lui
fit passer plusieurs années parmi les déli
ces & les vaihes pompes contre lesquelles
il étoit obligé de se deffendre. Elle le des.
«inpit à remplir dan&son Eglise une place
fEVRIER. 1730. 277:
^ni pour erre sainte , sacrée, de droit di
vin , n'en expose pás moins aux périls in
séparables des grandes places , une place
qu'une vertu à l'épreuve des tentation»
de la grandeur & de l'abondance , est feule
digne de remplir.Car depuis que les Chrér
tiens , trop indignes de leurs premier*
Ancêtres , ont renoncé à cette heureuse
pauvreté qui fut comme le berceau de leuc
Religion , depuis que l'amour des abbaifiemens
a fait place chez eux aux fatales
chimères de l'orgueil, il a fallu appuyer
l'autorité Episcopale de tout ce que l'ofmlence
, le rang ont de plus imposant à
eurs yeux. Sulpice avoit donc beloin d'u
ne vertu, éminente > éprouvée., pour ré
pondre dignement aux desseins de Dieu
fur lui , & vous avez vû si la sienne ne
fut pas telle, in integritate\ mais la vertu
feule n'eût pas suífi sans une capacité pro
portionnée à fa destination , in doftrina...
Il l'avoit , & si vous me demandez com
ment parmi les distractions & tumulte du
siécle il trouva le temps de l'acquerir , je
vous répondrai qu'il le trouva 3 force
d'attention à saisir & à employer des momens
qu'un autre auroit perdus en amufemens
frivoles ou criminels , je vous fe
rai ressouvenir de cette Retraite domcstN
que de plusieurs années où tout son temp»
jgtoit partagé entre Dieu & une étude re-
P i) glce
' ' '
*78 MERCURE D£ FRANCE; .
glée qui avoic rapporc à lui. Lorsqu'il so
faisoit ainsi par principe d'occupation un
fond de saintes connoissances , il ne prêt
voyoit pas qu'il dût un jour par état les
communiquer aux autres ... U n'e'toit pas
moins propre à annoncer les veritez Evan
géliques aux Grands, qu'à instruise les
petits & à cathéchiser les Habitans des
Campagnes , il éclaircuìoit les doutes des
âmes timorées , il assermissoit la foi des
ames foibles , il étoit utile à son Evêque
Blême qui le consultoit. .....
Voilà ce que c'étoit que les lumières
de Sulpice, Chrétiens Auditeurs, elles
ne faisoient point peut-être cette science
si étendue, li variée, de beaucoup de Sçavans
de nos jours , mais elles faisoient
une science utile à son prochain , à luimême
, & sur tout sobre, modeste , s'arrêtant
où elle devoit ; & plut à Dieu que
plusieurs de nos frères n'en eussent point
d'autre , qu'ils fussent & bien plus hum
bles ôc moins curieux, & par là moins
sujets à des égaremens déplorables. Car ,
ô Ciel ! vous confondez le téméraire re
gard qui veut s'élever jusqu'à la hauteuç
inaccessible des trésors de votre sagesse*
Rendez- nous l'heureuse simplicité des pre
miers temps de l'Eglise.'On ne sçavoit pas
disputer, ah I mais on sçavoit obéïr. . . . ,
L'Orateur , après avoir pafl[é avec un
«P*
FEVRIER. i7?ò. if9
írt infini au troisième Chef de sa subdi-,
vision , continue :
Ici, Chrétiens, s'offre un nouveau spec-i
tacle. C'est une aíTemble'e d'esprits violens
& factieux , qui se calme au seul nom de
Sulpice. Le Siège Episcopal e'toit vacant
& le peuple, alors maître du choix de son
Evêque.étok divisé en plusieurs partis qui
«n alloient venir aux mains , si une voix
sortie du milieu de tant de clameurs, n'eût
tout-à-coUp nommé Sulpice. A un nom
si respecté les troubles cessent, les esprits
font d'accord , & cette Assemblée tumul
tueuse , dont les cris differens étoient la
voix de mille passions différentes , devient
eh un moment par la réunion inespérés
de ses suffrages, l'Infcrprete du choix de
Dieu-même. Mais voici un spectacle plus
grand encore } c'est Sulpice qui refuse
d'accepter la dignité sacrée qu'on lui dé
fère ; on le presse & il résiste pour la pre
mière fois à la volonté de son Dieu , mais
remarquez qu'il y résiste dans une occa
sion où il est beau , j'ose le dire , de la
méconnoître .... c'est mériter l'Episcopat
que d'avoir la pieté , la science né
cessaire pour en exercer avec fruit les
fonctions augustes ; le refuser toutefois
par Religion , c'est avoir un mérite aufli
éminent que la place même. .. .
La résistance de Sulpice aux empréssemens
du peuple , venoit de son profond[
*8a MERCURE DE FRANCE,
respect pour la dignité sacrée qu'il mt*
ritoit si parfaitement, il regardok l'Episcopat
comme le caractère le plus auguste, le
plus élevé dont un Chrétien puisse être
revêtu ici bas. Il avoir toujours été parti
culièrement recommandable par son res
pect pour les premiers Oints duSeigneur,
& il vivoit dans un siécle où des discours»
injurieux à leur gloire , étoient un crime
presque inconnu. >
L'Abbé Seguy termine cette première
Partie pat une morale forte & convena
ble., & passe à son second Point , où it
fait voir S. Sulpice soutenant dignement
le poids immense de l'Episcopat»
La plus grande idée qu'on puisse don
ner d'un Ministre du Seigneur, n'ëst pas;
de dire qu'il mérita d'être honoré du ca
ractère Episcopal ; non , quelque grand
que soit un, tel éloge : mais dire qu'ayant
ïeçû ce caractère sacré , il le mérita tou
jours , est la suprême louange. Il y a
Chrétiens entre la gloire d'être élevé pas
fes vertus à une dignité éminente &c celle
d'en remplk parfaitement les devoirs, une
différence qu'il est aisé de sentir.pour peu
qu'on y réfléchisse . ... Audi parmi rant
d'hommes que les suffrages des peuples
élevèrent 3ux places les plus augustes ;
combien en a-t'on vû qui en auroient
toujours paru dignes s'ils ne les eussent
jamais occupées. Sulpice digne de l'Egifç
i
Ê E VRIER. 1730. M
-tèçat y ôc avant d'y parvenir , & après
y êtrcparvenUjjustifia pleinement le choix
de son peuple, & cela par Pesprit de son
gouvernement , par ses travaux , par se*
succès mêmes. '
L'Abbé Seguy, dans le premier mem
bre de cette subdivision , fait voir Pesprit
du gouvernement du S. Evêque comme
nn esprit de bonté , de fermeté, de sagesse,
& il en rapporte entr'autres exemples un
trait de ce S. Pasteur à Poccasion des ve
xations inoiiies & des cruautez qu'exerçoient
certains exacteurs d'un impôt trop
fort qui mettoit le comble à la misère du)
peuple. 1
Sulpice én est témoin', dit Phabile Pa--
-ft-egyriste , & ses entrailles paternelles en
font émues. Il s'adresse avec douceur aux
barbares Officiers , il leur fait la plus tou
chante peinture de Pétat déplorable de
son peuple, il les conjure au nom du Dieu
■ée bonté de cesser d'indignes poursuites,:
qui auiïì bien ne servent qu'à réduire au
plus affreux desespoir une partie de sort
troupeau, & sans doure il leur auroit ins
piré des fentimens plus humains, si de tels
coeurs en eussent été capables. Eh bien ,
cruels ! je me fuis inutilement abbaiffé
jusqu'à la prière -, il ne me reste qu'à vous
lancer les foudres spirituels qui m'ont été
confies. A Dieu ne plaise , que je m'op-
D iiij pose
*#* MERCURE DE FRANCÈ
pose aux ordres du Prince ; ce n'est páS
a vos pareils qu'il est donné de lui être
plus soumis & plus attachez qu'un Evê
que. Mon Rot n'ignore pas mon zele , il
n'ignore que vos cruautez. Je lui écris-,
il nous fera fçavoir sa volonté souverai
ne... Je vous abandonnerai , s'il l'exige,
& le Troupeau & le Pasteur même ; mars
en attendant n'espérez pas que je souffre
votre barbarie 5 je ne verrai point écraser
ainsi mon peuple , dont lés cris me dé
chirent ; percez plutôt ce coeur qui ne peut
vous abandonner.
Fermeté héroïque, Chrétiens Auditeurs,
qui fans une prudence infinie auroit eu-,
je l'avoue , ses dangers ; mais l'esprit de
sagesse égak toûjours en Sulpice l'esprit
de force. Spiritus fortitudinis , fpiritus fa~
■pievtì* & intelleSius. Tandis que par la
vigueur de fa conduite il arrête les per
sécutions des Publicains barbares , il ex
horte d'un autre côté les riches à leur
payer le nouveau tribut , il recommande
vivement au peuple les sentimens d'atta
chement 8c d'obéissance qu'il doit à son
Souverain , il paraît prêt à accabler da
poids de son indignation quiconque óferoit
s'en écarter, & cependant il conjure
celui qui tient en ses mains les coeurs des
Rois-, de lui rendre favorable Dagobert ,
qui avoit succédé à Clouirc.
L'ait
FEVRIER. 1730. igj
L'art avec lequel l'Oratcur entre dans
la seconde partie de sa subdivision, & la
manière dont il décrit les travaux Aposto
liques du saint Evêque , auroient ici leur
place , si on pouvoit abréger cet endroit
sans le gâter. . . .
Que vous dirai-je de plus ? aussi infa
tigable , aussi prompt que plein de zelc ,
occupé sans relâche , íans altération , il
ne l'est que des intérêts du Ciel & du foin
de son Diocèse. U ne tient d'une main qu'à
ses Ouailles & de l'autre qu'à son Dieu.
L'article des succès du saint Evêque est
traité avec la même dignité & le même
feu. La conversion des Juifs de Bourges
faite par son ministère , n'y est pas ou
bliée , & l'Orateur pour relever ce grand
succès , parlant de ['obstination des Juifs
dit ... . malheureuse race , ton aveugle
ment est la peine de tes ingratitudes. C'est'
du trésor de la colère qu'est sortie ton
obstination insensée ; terrible exemple des
vengeances du Seigneur , tu portes im
primez fur toi les signes les plus marquezde
fa colère , & toi feule ne les reconnòfs
pas ; tu gardes chèrement les Livres saints
où fe lit ta condamnation manifeste , &
toi feule ne l'y trouves pas ; tu fers au
monde entier de témoin contre toi-même
& toi feule ne t'en apperçois pas ; & fi
par une eípece de prodige la vérité puis-
, v ; D v saute
i84< MERCURE DE FRANCE;
íante arrache à quelques-uns des tiens le*
fatal bandeau , ne les voit-on pas presquo
toûjours lui enlever peu de temps après
fa victoire ,& lui voiier une haine plus
cruelle que jamais ; ainsi se justifient les
oracles de tesProphetes par qui a été pre'dk
ton endurciflemenr déplorable. \4ais,Chrétiens,
Sulpice devoir avoir la gloire de
triompher de tant d'obstination. Il prêche
donc J. O crucifié à des infortunez qui le
regardent comme un sujet de scandale , iÈ
lutte contre leurs opiniâtres préjugez Sc
il en triomphe. Ce ne font plus ces enne
mis irréconciliables de rHomme-Dieu ;
ce font des vaincus, qui trop contens de
l'être, baignent de larmes de joye les ar
mes qu'ils remettent au vainqueur. Que
j'aime á les voir gémir amoureusement au
pied de>Ja Croix , ils en font le glorieux
& nouveau trophée. Plus de différence:
de culte dans la même Ville. Les enfans
de Sara Sc d'Agar se font réunis. Que les
Esprits Célestes en soient transportez de
joye , que l'Eglise en faíse retenrir ses
Temples de Chanrs d'allegreíse , que la
Îostcrité de ces Esclaves devenus libres en
. Chemise à jamais ta mémoire du siint:
Pasteur lonr Di u s'est íervi pour renou-
Tcller fur letirs pères Sc fur eux ses an
ciennes miséricordes.
Fermer
Résumé : EXTRAIT du Panegyrique de S. Sulpice.
Le 17 janvier 1730, l'abbé Seguy, nommé par le roi à l'abbaye de Genlis, prononça un discours panégyrique de Saint Sulpice dans l'église paroissiale de Saint Sulpice, suscitant une admiration universelle. Ce discours confirma sa réputation, déjà établie par un précédent succès. L'extrait du panégyrique de Saint Louis ayant été bien accueilli, le public attendait avec impatience celui de Saint Sulpice. L'abbé Seguy accepta de partager son discours, qui fut publié dans le Mercure de France. L'orateur choisit comme texte les paroles de l'Ecclésiastique : 'Il lui fut donné de remplir l'office de prêtre, et de louer son nom.' Il souligna que louer un homme ayant mérité le sacerdoce et la plénitude du pontificat est le plus sublime des ministères, celui de pacificateur et médiateur entre Dieu et son peuple. Saint Sulpice fut présenté comme un homme destiné au gouvernement de l'Église, préparé dès son enfance à la dignité de pasteur. Le discours se structura autour de deux axes principaux : la préparation parfaite de Saint Sulpice à la dignité épiscopale et l'accomplissement entier des devoirs attachés à cette fonction. L'orateur insista sur la grandeur du ministère épiscopal, qui est le tribunal irréprochable de la foi, la succession des Apôtres, et l'autorité divine sur les fidèles. Saint Sulpice, malgré les dangers et les séductions de la cour, resta fidèle à sa vocation. Il quitta la cour pour une retraite domestique, refusant les honneurs et les passions mondaines. Son évêque et le prince Clotaire II durent insister pour qu'il accepte le sacerdoce et des responsabilités plus importantes. À la cour, il se distingua par sa vertu, son humilité et son zèle pour la religion. L'abbé Seguy conclut en soulignant que Saint Sulpice, appelé par Dieu à la cour, y conserva sa vertu grâce à la protection divine. Il utilisa son crédit pour le bien de l'Église et des malheureux, restant toujours humble et détaché des plaisirs mondains. Le texte traite également de la vie et des vertus de Sulpice, un homme d'Église ayant occupé une place éminente dans son diocèse. Sulpice a passé plusieurs années à se défendre contre les délices et les vaines pompes, tout en remplissant une fonction sacrée et divine dans son Église. Sa vertu, éprouvée par les tentations de la grandeur et de l'abondance, était nécessaire pour répondre aux desseins de Dieu. Sulpice a acquis une capacité proportionnée à sa destination grâce à une attention constante et à une retraite domestique dédiée à l'étude et à la prière. Lorsqu'il a été nommé évêque, Sulpice a refusé la dignité sacrée par humilité, mais il a finalement accepté pour répondre à la volonté divine. Son gouvernement épiscopal était marqué par la bonté, la fermeté et la sagesse. Il a protégé son peuple contre les cruautés des exacteurs d'impôts et a exhorté les riches à payer leurs tributs tout en recommandant l'obéissance au souverain. Sulpice a également mené des travaux apostoliques infatigables, convertissant notamment les Juifs de Bourges. Sa vie et son œuvre ont été marquées par une science utile, sobre et modeste, toujours au service de son prochain et de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4805
p. 285
MADRGAL. A Madlle P.
Début :
Falloit il, Belle Iris, ajouter la parure, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRGAL. A Madlle P.
MADRIGAL.
pAUoit il , Belle Iris , ajourer la parure,.
Aux attrait» que fur vous répandit la Nature ?>
N'étiez - vous pas déja trop aimable à ruesyeux
?
Mais en vain I'art vous prête encor de nou«f
veaux charmes ,
Malgré ces foins industrieux,
É'est à vos seuls appas que mon coeur rend lesarmes.-
pAUoit il , Belle Iris , ajourer la parure,.
Aux attrait» que fur vous répandit la Nature ?>
N'étiez - vous pas déja trop aimable à ruesyeux
?
Mais en vain I'art vous prête encor de nou«f
veaux charmes ,
Malgré ces foins industrieux,
É'est à vos seuls appas que mon coeur rend lesarmes.-
Fermer
4806
p. 285-291
QUESTION PROPOSÉE de Bourgogne à M. D. L. R. sur le Rhume & sur certains regimes de santé, recommandez par les Anciens.
Début :
Depuis que je lis le Mercure j'y ai trouvé si souvent des réponses satisfaisantes [...]
Mots clefs :
Rhume, Médecine, Bains, Anciens, Médecin, Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION PROPOSÉE de Bourgogne à M. D. L. R. sur le Rhume & sur certains regimes de santé, recommandez par les Anciens.
QV EsT 10 N PfiOPOSE'E dr
Bourgogne à M. D. L. R. fur le Rhtimç
& fur cenúns régimes de famé , re
commandez, par les Anciens.
DEpuis que je lis le Mercure j'y ai;
trouvé si souvent des réponses satis
faisantes à différentes Questions qui y
avoient été proposées , que j'espere qu'on
voudra bien m'en procurer une par lç
mêmes canal, sur un sujet qui inreressetour
le monde. Il n'çst rien 4e plus préçie
ux que k sarçtç ; nos Anciens avoienr
D vji unv
&$6 ME RCURE DÊ FRANCÉ'
une grande atcentioo sur ccr article. lis
placèrent de tous côtez des Sentences qui
y avoient rapport. Elles étoient quelque
fois rédigées en Vers, quelquefois cn rimes
feulement , d'autres fois en Vers latins
rimez de la nature de ceux qu'on appelle
Techniques , & cela afin qu'on les retint
plus facilement. Mais comme chacun
n'a pas la clef de ces sortes de dictions.,
je me flate que quelque Médecin zélé pour
le bien public voudra bien nous expli
quer ce qui paroît de plus obscur dans
ces sortes de Sentences.
On les trouve en Quatrains au bas de
chaque mois des Calendriers dans presque
cous les Livres d'Eglise qui ont été im
primez en France au commencement du
XVI. siécle avant le Concile de Trente.
II y avoir alors parmi les Chantres & les
autres Ecclésiastiques beaucoup de Méde
cins qui fçavoient faire l'apologie de ces
Vers & qui en dùnnoient le dénouement»
J'en ai des preuves particulières pour l'Eglise
à laquelle je fuis attaché. Aujourd'hui
qu'il n'y en a píiiSjOn regarde ces sortes de
Quatrains comme ridicules & même com
me très-impertinemment placez. Car où
sont-ils imprimez? C'est dans les Missels,
à la marge inférieure du Calendrier , com
me pour servir de brodure au bout des
Saints de chaque mois. Si ces Vers tane
bien
FEVRIER. 1730/ iîf
bien- que mal faits , ne se trouvoient que
«Mis un ou deux Missels , je les croiroís
peu dignes d'attention ; mais comme ils
k rencontrent dans le plus grand nombre
& tnêmé dans ceux de Paris, & dans ceux
de Rome, imprimez en France, c'est une
marque de l'estime generale qu'on ea
avoit. Il n'est donc pas indiffèrent d'exa
miner si cette estime étok bien fondée ôC
si les règles en font solidement établies.
J'ay eu le bonheur de n'être point at
taqué de la maladie qui a été si commune
depuis quelques mois ; mais afin que je
puisse la prévenir au retour d'une autre
année , quelque charitable Médecin voudroit-
il bien nous assurer si l'on peur se
fier à ce qui est marqué dans un de ces
Quatrains í C'est celui du mois de No-;
vembrc.
Fis sanusfieri ? curetur reuma VSovembri :
Quodque nocens vit ai tua fit prítiofa die ta î
Balnea cum ventre tune nulli profit habert :
íotio fit fana, nec jufta minutio v»na.
Voilà , ce me semble , cinq leçons dans
ce Quatrain. Le premier Vers décide que
c'est au mois de Novembre qu'il faut se
préserver du rhume ou le fake Cesser. Il
est en mêmes termes dans la plupart des
differens Missels que j'ay vus. Il y en a
feulement quelques uns où on lit ;
h.tf MERCURE DE FRANCEí
n..c tibì: fcirt dn:ur , qfiod rheuma ìÇtvemèrt
creatur.'
C'est ainsi que je trouve ce premier Vers
dans un Missel de Clugny de 15 10. dans
un d'Autun de 1 5 30. ôc dans-un de Char
tres de 1 53 1. & un de Sens de 1556V
Cetce Variante nous apprend bien que le
rhume se forme en Novembre ; mais elle
n'assure pas qu'il faille f remédier dès cc
mois- là. II est cependant bon de sçavoir
à quoi s'en tenir ; parce que bien des gens
disent que le rhume est de plus longue du
pée lorsqu'on le mitonne que lorsqu'on le
néglige. C'est lur quoi j'attends un parfait
& prompt éclaircissement.
LesVariantes du second Vers n'en chan
gent point le sens. Qj^ajus nociva i>itar
cela revient au même. Pour ce qui est de
dirtit , les Ecclésiastiques plus accoutumez
auxlangages de leurs Rubriques qu'à ce
lui de Galien ou d'Hippocrare , entendoient
autrefois par dieta, l'Office Ferial
Fit dieta, ou bien Pìt de dicta , signifioit"
qu'on faisoit de la Férie. Mais» je croirois
que ces Vers n'ayant pas été composez pat
un Rubriquaire , l' Auteur veut dire qu'il
feut bien prendre garde à la diète qu'on
observera dans ce mois-là. N'est-ce point
en effet la saison où il semble que Tappégt/
renaît à mesure que le froid approche ?
T~ t FEVR sEK. rr?ô-
Je méptiíc la Variante de certains Missels
eù on lit , tua fint pretio/a diEla , ce font'
des fautes grossières qu'on peut rejettec
fur les Imprimeurs, comme s'il falloir
donc parler moins dans le mois de No
vembre que dans les autres , ou bien qu'il
fellùr n'y parler que le langage de cesprécieux
ridicules.
Le grand nombre des Editions contient'
k troisie'me Vers comme je l'ay rapporté
d'après mon Missel Diocésain de l'an 1 5 1 8-»
Cependant celui de Cluny de 1510. ôc
celui d'Autun de 1 5$ o. mettent en stylcassertif.
Salnea eum venere tune nullum constat habere. ■
Ces deux mêmes Missels rapportent aussi;
Hn peu autrement le quatrième Vers, en;
mettant ,Potie fit fana atque minutio bona.
Je pense qu'on y recommande seulement
de prendre garde à ce que l'on boira , &
de songer qu'il sera bon de se faire ti
rer alors un peu de sang. Un Apotiquaire
attentif pourra me reprendre & dire que
folio veut dite là une Médecine , & que'
ce Quatrain ne doit pas donner l'excluíìon
aux fonctions de son ministère. A
cela je suis tout prêt à lui re'pondre , qu'il',
ne paroît pas que l'usage des potions mé
dicinales doive précéder lu saignée , maisqu'il
doit la suivre ,& que tout au plus il
jíst recommandé de ne foint boire trot*'
froid,
tjà MERCURE DE FRANCE:
froid &c peut-être de tremper son vin avetí
tin peu d'eau chaade , dont quantité de
gens, desquels je fuis du nombre, se sonc
bien trouvez. Je crois aussi , que pour ce
qui est de la queuë' du Vers, ri est question
seulement de ces saignées de précaution ,
telles qu'on les pratiquoit anciennement
dans les Monastères, où il falloit que tous
íes Moines se fissent ouvrir la veine à cer
tains jours de Tannée , de la même ma
nière qu'ils se servent tous du ministère
du Barbier un même jour de la semaine.
Au reste , si je me trompe dans mon
explication, je laisse à Messieurs les Doc
teurs ert Médecine- à en décider. Je mes
flate qu'au premier jour quelqu'un d'entt'eux
, moins afferé lorsque les rhumes
auront un peu cessé, nous donnera un
ample Commentaire de ce Quatrain : &
si le Public en est content, je prendrai la
liberté de demander par le même canal une
Paraphrase également instructive sur les?
Quatrains mis à la fin des autres mois.
Cependant pour ne rien celer , je vous
dirai que le Missel d'Autun de 1530.
ájoúte encore les deux Vers sinvans pour
le mois de Novembre , comme d'un au-?
ire Auteur.
lingues vel crines poterts prs.fcinderê~tutè ;
X>* vem minutt ,& bttlnc* citws intres.
U
FEVRIER. 1730. 10
La précision ou coupure des ongles ou
tles cheveux contribue- 1' elle donc à la
íanté , pour être mise en parallèle avec la
saignée ? A l*6gard du bain , l'Auteur or
donne de se le procurer au plutôt , bien
entendu , avec exclusion de cè qui est por
te' dans le troisième Vers cy-dessus. Je ne
connois point de Rivière qui soit chaude
au mois de Novembte , du moins dans
nos quartiers. Sans doute qu'il est question
en cet endroit des bains domestiques , oa
de ceux qui font dans les lieux où la Na
ture fait sortir des Fontaines chaudes des
entrailles de la Terre. Mais comment 8c
pourquoi les Bains sont-ils píus salutaires
au mois de Novembre qu'en d'autre tems?
C'est ce qu'il est à propos d'éclaircir , 011
bien il faut déclarer que les Anciens
avoient tort de proposer ces règles. Je re
commande fur tout l'article du rhume.
La Ptisane dont oh fé sert pour le guérir
ici , est le vin tout pur ou l'eau-de-vie.
C'est nne Médecine qui n'est pas rare
dans nos cantons, principalement au mois
de Novembre. Mais est-elle bonne ? Estce
celle que prescrit le premiers Vers qui
dit : Curetur rheima Novembn ? C'est-là
la question dont j'attends la décision.
Ce 3 1. Janvier 1730»'
Bourgogne à M. D. L. R. fur le Rhtimç
& fur cenúns régimes de famé , re
commandez, par les Anciens.
DEpuis que je lis le Mercure j'y ai;
trouvé si souvent des réponses satis
faisantes à différentes Questions qui y
avoient été proposées , que j'espere qu'on
voudra bien m'en procurer une par lç
mêmes canal, sur un sujet qui inreressetour
le monde. Il n'çst rien 4e plus préçie
ux que k sarçtç ; nos Anciens avoienr
D vji unv
&$6 ME RCURE DÊ FRANCÉ'
une grande atcentioo sur ccr article. lis
placèrent de tous côtez des Sentences qui
y avoient rapport. Elles étoient quelque
fois rédigées en Vers, quelquefois cn rimes
feulement , d'autres fois en Vers latins
rimez de la nature de ceux qu'on appelle
Techniques , & cela afin qu'on les retint
plus facilement. Mais comme chacun
n'a pas la clef de ces sortes de dictions.,
je me flate que quelque Médecin zélé pour
le bien public voudra bien nous expli
quer ce qui paroît de plus obscur dans
ces sortes de Sentences.
On les trouve en Quatrains au bas de
chaque mois des Calendriers dans presque
cous les Livres d'Eglise qui ont été im
primez en France au commencement du
XVI. siécle avant le Concile de Trente.
II y avoir alors parmi les Chantres & les
autres Ecclésiastiques beaucoup de Méde
cins qui fçavoient faire l'apologie de ces
Vers & qui en dùnnoient le dénouement»
J'en ai des preuves particulières pour l'Eglise
à laquelle je fuis attaché. Aujourd'hui
qu'il n'y en a píiiSjOn regarde ces sortes de
Quatrains comme ridicules & même com
me très-impertinemment placez. Car où
sont-ils imprimez? C'est dans les Missels,
à la marge inférieure du Calendrier , com
me pour servir de brodure au bout des
Saints de chaque mois. Si ces Vers tane
bien
FEVRIER. 1730/ iîf
bien- que mal faits , ne se trouvoient que
«Mis un ou deux Missels , je les croiroís
peu dignes d'attention ; mais comme ils
k rencontrent dans le plus grand nombre
& tnêmé dans ceux de Paris, & dans ceux
de Rome, imprimez en France, c'est une
marque de l'estime generale qu'on ea
avoit. Il n'est donc pas indiffèrent d'exa
miner si cette estime étok bien fondée ôC
si les règles en font solidement établies.
J'ay eu le bonheur de n'être point at
taqué de la maladie qui a été si commune
depuis quelques mois ; mais afin que je
puisse la prévenir au retour d'une autre
année , quelque charitable Médecin voudroit-
il bien nous assurer si l'on peur se
fier à ce qui est marqué dans un de ces
Quatrains í C'est celui du mois de No-;
vembrc.
Fis sanusfieri ? curetur reuma VSovembri :
Quodque nocens vit ai tua fit prítiofa die ta î
Balnea cum ventre tune nulli profit habert :
íotio fit fana, nec jufta minutio v»na.
Voilà , ce me semble , cinq leçons dans
ce Quatrain. Le premier Vers décide que
c'est au mois de Novembre qu'il faut se
préserver du rhume ou le fake Cesser. Il
est en mêmes termes dans la plupart des
differens Missels que j'ay vus. Il y en a
feulement quelques uns où on lit ;
h.tf MERCURE DE FRANCEí
n..c tibì: fcirt dn:ur , qfiod rheuma ìÇtvemèrt
creatur.'
C'est ainsi que je trouve ce premier Vers
dans un Missel de Clugny de 15 10. dans
un d'Autun de 1 5 30. ôc dans-un de Char
tres de 1 53 1. & un de Sens de 1556V
Cetce Variante nous apprend bien que le
rhume se forme en Novembre ; mais elle
n'assure pas qu'il faille f remédier dès cc
mois- là. II est cependant bon de sçavoir
à quoi s'en tenir ; parce que bien des gens
disent que le rhume est de plus longue du
pée lorsqu'on le mitonne que lorsqu'on le
néglige. C'est lur quoi j'attends un parfait
& prompt éclaircissement.
LesVariantes du second Vers n'en chan
gent point le sens. Qj^ajus nociva i>itar
cela revient au même. Pour ce qui est de
dirtit , les Ecclésiastiques plus accoutumez
auxlangages de leurs Rubriques qu'à ce
lui de Galien ou d'Hippocrare , entendoient
autrefois par dieta, l'Office Ferial
Fit dieta, ou bien Pìt de dicta , signifioit"
qu'on faisoit de la Férie. Mais» je croirois
que ces Vers n'ayant pas été composez pat
un Rubriquaire , l' Auteur veut dire qu'il
feut bien prendre garde à la diète qu'on
observera dans ce mois-là. N'est-ce point
en effet la saison où il semble que Tappégt/
renaît à mesure que le froid approche ?
T~ t FEVR sEK. rr?ô-
Je méptiíc la Variante de certains Missels
eù on lit , tua fint pretio/a diEla , ce font'
des fautes grossières qu'on peut rejettec
fur les Imprimeurs, comme s'il falloir
donc parler moins dans le mois de No
vembre que dans les autres , ou bien qu'il
fellùr n'y parler que le langage de cesprécieux
ridicules.
Le grand nombre des Editions contient'
k troisie'me Vers comme je l'ay rapporté
d'après mon Missel Diocésain de l'an 1 5 1 8-»
Cependant celui de Cluny de 1510. ôc
celui d'Autun de 1 5$ o. mettent en stylcassertif.
Salnea eum venere tune nullum constat habere. ■
Ces deux mêmes Missels rapportent aussi;
Hn peu autrement le quatrième Vers, en;
mettant ,Potie fit fana atque minutio bona.
Je pense qu'on y recommande seulement
de prendre garde à ce que l'on boira , &
de songer qu'il sera bon de se faire ti
rer alors un peu de sang. Un Apotiquaire
attentif pourra me reprendre & dire que
folio veut dite là une Médecine , & que'
ce Quatrain ne doit pas donner l'excluíìon
aux fonctions de son ministère. A
cela je suis tout prêt à lui re'pondre , qu'il',
ne paroît pas que l'usage des potions mé
dicinales doive précéder lu saignée , maisqu'il
doit la suivre ,& que tout au plus il
jíst recommandé de ne foint boire trot*'
froid,
tjà MERCURE DE FRANCE:
froid &c peut-être de tremper son vin avetí
tin peu d'eau chaade , dont quantité de
gens, desquels je fuis du nombre, se sonc
bien trouvez. Je crois aussi , que pour ce
qui est de la queuë' du Vers, ri est question
seulement de ces saignées de précaution ,
telles qu'on les pratiquoit anciennement
dans les Monastères, où il falloit que tous
íes Moines se fissent ouvrir la veine à cer
tains jours de Tannée , de la même ma
nière qu'ils se servent tous du ministère
du Barbier un même jour de la semaine.
Au reste , si je me trompe dans mon
explication, je laisse à Messieurs les Doc
teurs ert Médecine- à en décider. Je mes
flate qu'au premier jour quelqu'un d'entt'eux
, moins afferé lorsque les rhumes
auront un peu cessé, nous donnera un
ample Commentaire de ce Quatrain : &
si le Public en est content, je prendrai la
liberté de demander par le même canal une
Paraphrase également instructive sur les?
Quatrains mis à la fin des autres mois.
Cependant pour ne rien celer , je vous
dirai que le Missel d'Autun de 1530.
ájoúte encore les deux Vers sinvans pour
le mois de Novembre , comme d'un au-?
ire Auteur.
lingues vel crines poterts prs.fcinderê~tutè ;
X>* vem minutt ,& bttlnc* citws intres.
U
FEVRIER. 1730. 10
La précision ou coupure des ongles ou
tles cheveux contribue- 1' elle donc à la
íanté , pour être mise en parallèle avec la
saignée ? A l*6gard du bain , l'Auteur or
donne de se le procurer au plutôt , bien
entendu , avec exclusion de cè qui est por
te' dans le troisième Vers cy-dessus. Je ne
connois point de Rivière qui soit chaude
au mois de Novembte , du moins dans
nos quartiers. Sans doute qu'il est question
en cet endroit des bains domestiques , oa
de ceux qui font dans les lieux où la Na
ture fait sortir des Fontaines chaudes des
entrailles de la Terre. Mais comment 8c
pourquoi les Bains sont-ils píus salutaires
au mois de Novembre qu'en d'autre tems?
C'est ce qu'il est à propos d'éclaircir , 011
bien il faut déclarer que les Anciens
avoient tort de proposer ces règles. Je re
commande fur tout l'article du rhume.
La Ptisane dont oh fé sert pour le guérir
ici , est le vin tout pur ou l'eau-de-vie.
C'est nne Médecine qui n'est pas rare
dans nos cantons, principalement au mois
de Novembre. Mais est-elle bonne ? Estce
celle que prescrit le premiers Vers qui
dit : Curetur rheima Novembn ? C'est-là
la question dont j'attends la décision.
Ce 3 1. Janvier 1730»'
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Résumé : QUESTION PROPOSÉE de Bourgogne à M. D. L. R. sur le Rhume & sur certains regimes de santé, recommandez par les Anciens.
L'auteur d'une lettre adressée au Mercure de France manifeste un intérêt pour des sentences anciennes relatives à la santé, notamment celles concernant le rhume. Ces sentences étaient souvent présentes dans des quatrains au bas des calendriers et dans des livres d'église imprimés en France au début du XVIe siècle. Les auteurs de ces vers étaient fréquemment des chantres et des ecclésiastiques ayant des connaissances en médecine. L'auteur mentionne un quatrain spécifique du mois de novembre, qui offre des conseils pour prévenir ou guérir le rhume. Il sollicite l'explication de ce quatrain par un médecin soucieux du bien public. Le quatrain en question est le suivant : 'Fis sanus fieri? curetur reuma Novembri: Quodque nocens vit ai tua fit prætiofa die ta; Balnea cum ventre tune nulli profit habent: Potio fit fana, nec juxta minutio vina.' L'auteur examine les différentes variantes de ce quatrain trouvées dans divers missels et discute de leur signification. Il insiste sur l'importance de comprendre ces conseils pour mieux prévenir le rhume, surtout en novembre. Il conclut en espérant qu'un médecin pourra fournir un commentaire éclairé sur ce quatrain et sur ceux des autres mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4807
p. 292
A UNE DAME, En lui envoyant une Bourse brodée. MADRIGAL.
Début :
Si le mérite d'une Bourse, [...]
Mots clefs :
Bourse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A UNE DAME, En lui envoyant une Bourse brodée. MADRIGAL.
A UNE DAME,
le mérite d'une Bourse ,
Jf'entends bourse remplie , est la seule
source ,
ííon , ce n'est point l'amout » c"eíl l'argent, qui
décide»
Jadis je sçús aimer â la façon d'Ovide ,
Vers galants , petits foins » complaisances»-
soupirs »
Sans séduire mes sens , firent tous mes plaisirs».
Et vous , charmante Iris , dont la délicatesse *
Préfère à la fortune une sage tendresse ,
Surpassant votre sexe en nobles íentimens r
Tous avez des amis qui valent des Amans»
le mérite d'une Bourse ,
Jf'entends bourse remplie , est la seule
source ,
ííon , ce n'est point l'amout » c"eíl l'argent, qui
décide»
Jadis je sçús aimer â la façon d'Ovide ,
Vers galants , petits foins » complaisances»-
soupirs »
Sans séduire mes sens , firent tous mes plaisirs».
Et vous , charmante Iris , dont la délicatesse *
Préfère à la fortune une sage tendresse ,
Surpassant votre sexe en nobles íentimens r
Tous avez des amis qui valent des Amans»
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4808
p. 293-304
EXTRAIT de l'Assemblée publique de la Societé Royale des Sciences, tenuë dans la Grand'Sale de l'Hôtel de Ville de Montpellier le 22. Decembre 1729. l'Archevêque d'Alby y présidant.
Début :
Ce Prélat qui fut nommé l'année derniere à la place d'Académicien Honoraire [...]
Mots clefs :
Société royale des sciences, Société royale des sciences de Montpellier, Montpellier, Mouvement, Tourbillon, Glace, Cuivre, Vent, Mouvement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de l'Assemblée publique de la Societé Royale des Sciences, tenuë dans la Grand'Sale de l'Hôtel de Ville de Montpellier le 22. Decembre 1729. l'Archevêque d'Alby y présidant.
EXT R AIT de f Assemblée publique
de la Société Royale des Sciences , tenue
dans la Grand'Sale de PHStcl de Fille
de Montpellier le 11. Décembre 17151.
^Archevêque d' Alby y présidant*
^^nierc à la place d'Académicien Honoraire
du feu Marquis de Castries , son
frère , & qui paroissoit pour la première
fois dans ['Assemblée de l' Académie,
ítoit au haut bout de la Table , avec M.-
l'Evêque de Montpellier & M. Bon ±
Premier Président de la Cour des Com
ptes , Aides & Finances de Montpellier,',
Académiciens Honoraires ; les Académi
ciens ordinaires y croient rangés suivant
la coutume , &c les Consuls de la Ville
y assilloient en Chaperon.
L' Archevêque d'Àlbi ouvrit la Séance
par un remerciement qu'il fit à la Com
pagnie au sujet de son élection , & ce
remerciement assaisonné de toutes les grâ
ces que ce Prélat ne manque jamais de
répandre dans tous ses discours & dan*
toutes ses actions , fir connoître à la Com
pagnie qu'elle trouveroit dan* cet Ho~
aoraire noa-seulement un véritable Me»
ce»ey
i|4 ' MERCURE DE FRÁNCË;
• cene , mais encore un Acade'micien zelé^'
& très-capable par lui-même de perfec
tionner les Sciences & les Beaux- Arts,
íì les devoirs indispensables de son Mi*
nistere pouvoient le lui permettre.
M. Marçot , Directeur de la Sociétés
lut ensuite un Discours préliminaire, dans
lequel après avoir remercié M. le Pré
sident de tout ce qu'il avoir dit d'obli-'
géant pour la Compagnie , donna une
idée générale des occupations de l'Académie
, & parcourut avec beaucoup dé
précision & de netteté toutes les Scien
ces qui font l'objet dé l'Etude des Aca-*
démiciens ; il parla des Observations
particulières qu'ils y avòient déja faires ,
de futilité que le Public en avoit retiré,
& de celles qu'un tems plus favorable
aux Sciences pourroit lui procurer dans
la fuite.
Après cé Préliminaire , M. Marcot lut
tine Observation d'un Anévrisme mixtet
qui fut heureusement guéri par ses foins
& fes attentions.
Cet Anévrisme parut après une piqueure
de l'artere du bras , qui est en
fermée dans une même gaine avec la vei
ne basilique. On crut d'abord avoir suffi
samment íemedié à cet accident par des
saignées copieuses & par des compresses
graduées , soutenues par un bon banda
ge }
FEVRIER. 1730. içj
te î mais malgré ces précautions , la piqueure
de l'artere ne fut point consoli
dée , & celle de la gaine , dans laquelle,
elle est enfermée , se rejoignit en peu de
tems > le sang que fournissoit la piqueure
de l'artere dilata bientôt cette tunique
vaginale , & fit une tumeur de la gros
seur d'une petite noix , qui avoit un mou
vement de sistole & de diastole.
Cependant , soit que les compresses
graduées & les bandages eussent arrêté le
cours ordinaire du sang , soit qu'il s'en
fut extravasé quelque portion avant que
l'ouverrure de la tunique vaginale se fut
cplée , il s'étoir fait au dessous de la,
première tumeur une seconde tumeur ,
qui étoit un véritable flegmon , 5c qui
rendoit la cure de l'anevrisme très-déli-?
çate & très -difficile.
M. Marçot prit le parti dans cettç
conjoncture d'attaquer le flegmon , de
le faire suppurer & de le mener à cica
trice , & ensuite ayant le champ libre
pour comprimer sans danger la tumeur
anevrifmale , il réduisit l'artere dans son
état naturel par le bandage de l'Abbé
IJourdelot , dont on voit tous les jours
des effets merveilleux dans des occasions
semblables.
Un tourbillon qui fit beaucoup de.
ravage aux environs de Montpellier ,
%96 MERCURE DE FRANCE.
fat le sujet d'un Mémoire que lut M.
.de Montferrier le fils , Sous-Directcuc
de l'Académie.
Ceux qui furent les témoins de la vio
lence de ce Météore lui donnèrent d'a
bord le nom d'Ouragan d'autres cru
rent qu'il a voit plus de rapport aux Trom
pes de Mer qui font quelquefois si fa
tales aux Navigateurs -, & d'autres plus
superstitieux que Philosophes , voulurent
>y trouver quelque chose de surnaturel ,
ôc se persuader que quelque Esprit folet
itoit la cause de cet Orage.
M. de Montferrier fit voir par la des
cription qu'il donna des véritables Ou
ragans §c des Trompes de Mer , que le
tourbillon qui étoit le sujet de son Mé
moire , n'avait aucun rapport avec les
Orages de P Amérique , ni avec ces co
lonnes de nuées qui s'élèvent ordinaire
ment fur la Mer > & fans s'arrêter aux
Esprits Folets qui ne peuvent être admis
que dans quelques Contes de Fées , il
appella le Météore en question un tour
billon de nuée & de vent , dénomination
qui n'est point arbitraire , puisqu'elle
«st prise de la nature même du- sujet dont
il s'agit.
En effet , M. de Montferrier fit remar
quer que les Vents de Sud & les Vents
d'Est fuient les seuls qui régnèrent pen
dant
FEVRIER. 173©. *97
dant les derniers jours du mois d'Octo
bre , que ces Vents toujours humides
avoient amoncelé beaucoup de nue'es
epaiffes fur l'Horison , 6V que le second
de Novembre une portion de ces nue'es
çtant poussée par un Vent de SudfEst
fort violent , fut forcée à fe mouvoir vers
le Nord , avec tin mouvement vortiqueux
, causé par les obstacles que l'asíemblage
des autres nuages quj l'environnojent
lui présentoic de toutes parts
hors le côté de la Terre où ce tourbillon
<e porta , y trouvant moins de résistance,
Ce Groupe de nuées qui étoit fort noie
& fort épais , ne patoissoit pas avoir plus
de trois toises de largeur fur une hau
teur indéterminée •> mais comme il étoit
pouffé par un Vent de Sud-Est très vio
lent , qu'il ayoit acquis un mouvement
de tourbillon très-rapide , & qu'il forçoit
l'Air qui l'environnoit à suivre le mê
me mouvement , le tout ensemble faisoit
un tourbillon d'environ cent toises de lar
geur , qui dans l'espace d'une demie lieue
renversa ou enleva tout ce quise ttouv»
sur son passage.
II y eut des personnes qui se trouvant
ì portée de voir cette nuée obscure qui
s'avançoit du Sud-Est au Nord avec un
bruit effroyable , crurent y avoir vû une
lumière rougeâtre comme la fumée ^ qui
«'élevs
fc98 MERCURE DE FRANCE.
s'élève d'un grand incendie , & d'autres
assurent avoir senti une odeur de souffre,
Selle à peu près que celle que l'on sent
jdans les lieux qui ont été frapés de la
foudre.
L'Académicien explique la première
apparence par le mouvement rapide , du
Météore qui poussoir avec violence la
matière étherée , & produisoit par là la
lumière , comme on le' voit arriver dans
le Phosphore du Baromètre , & plusieurs
autres expériences , dans toutes lesquelles
la lumière est une fuite d'un grand
mouvement ; ou par des rayons- du So
leil , qui passant dans les intervales des
nuées , soussroient des reflexions & des
réfractions qui les dirigeoient vers les
yeux du Spectateur. Pour l'odeur de sou
fre , il dit que le froissement des matiè
res que le tourbillon enlevoit pouvoient
bien en être la cause , en faisant dévelo?
per les particules sulfureuses qui y étoient
contenues ou qui étoient répandues dans
F Air , & les vapeurs qui enyironnoient
le tourbillon.
Cette explication paroît très-naturelle,
puisque s'il y avoit eu un feu actuel
dans le nuage , il auroit infailliblement
brûlé les diverses matières combustibles
qu'il enlevoit , & qu'il emportoit à plus
ic cenc t oises.
* ■
ÏEVRIER. 1730: 199
"ïnfin ce tourbillon finit à une demie
íieue de l'endroit où il avoit été apperçû
, parce qu'à force de s'étendre dans les
terres où il étoit moins exposé à l'impul-
{ïon du vent , & de communiquer de
son mouvement aux corps qu'il rencon
trait , il perdoit de Ion mouvement
propre , & que le groupe de nuée donc
il écoit composé venant à se íondre cr»
pluye , acheva de le dissiper.
M. Rivière fit part au Public dans ua
Mémoire qu'il lut ensuite , de l'Analyse
qu'il avoit faite de l'Ivraye , & de la
cause des mauvais effets que cette graine
produit quand elle est mêlée avec le
froment dont on fait le bon pain.
II commença par donner la descrip
tion Botanique de la Plante qui produíc
ce mauvais grain , afin qu'on ne puisse
pas k méconnoître quand rlle est en
herbe , & qu'on puisse l'arracher de bonne
heure quand elle est mêlée avec la plante
qui produit le bon bled.
Il fit voir par des expériences assu
rées , & par des raisonnemens très- so
lides , que les graines produisent toujours
des Plantes de leur espece , & que la
prétendue Métamorphose du froment en
Iyraye , & de l'Ivraye en froment , n'est
qu'une erreur populaire , fondée sur l'in-
%:tention de ceux quí sèment ces grai-
E nés.
joe> MERCURE DE FRANCE,
nés , & qui ne s'apperçoivent pas que
pour l'ordinaire elles font mélangées :
or jl est constant , comme l'a remarqué
M- Rivière , que l'ivraye demande pour
germer un tems fort humide & fort pluvieux
, & que le froment , au contraire,
n'a besoin que d'une humidité médiocre;
cnforte que quand on féme du froment
mêlé avec de l'ivraye , ou de l'ivraye
mêlée avec quelque grain de froment ,
c'est toujours la saison plus ou moins hu
mide qui fait que l'une de ces graines
fructifie, au préjudice de l'autre. Voilà
tout le misterc de cette prétendue Méta-p
morphofe , qui étant bien étendue n'a
tien que de fort naturel. .
M. Rivière passa ensuite à í'Analife
Chimique de l'ivraye, & chercha dans
la décomposition de cette graine les prin*
cipes qui peuvent être la cause des mau
vais effets qu'elle ptoduir. , ,
Il ne compte pas fur I'Analife qu'il en
a faite par la Cornue' , puisque par cette
voye toutes les plantes donnent , à peu
dé chose près , les mêmes substances qu;
ne font pour l'ordinaire que de produc
tions du feu ; mais il s'attache principa
lement aux principes que l'on en peut
tirer par la voye de la fermentation &
par la voye de l'extraction.
L'ivraye fens aucune addition & fans
feu,
FEVRIER. t7ja.
feu , bien preísée , humectée & couverte
d'un entonnoir garni d'une petite chape
d'alambic , lui a donné , quand eile a été
échauféc par la fermentation qui lui est
survenue , un esprit volatil urineux.
Par l'extraction qu'il a fait de la mê
me graine par l'Esprit de vin , il en a
sité une Résine fort acre & sort piquante.
Et de la lessive qu'il a faite du Resi-
-du , il en est sorti un Sel alkali un peu
.caustique. D'où il conclud qu'une graine
qui contient de tels principes peut eni
vrer , donner des vertiges & des maux
àe tête , des maux d'estomac & des votniflernens.
L'experience a .fait voir à M. Rivière
la justesse de ses raisonnemens , puisqu'il
a guéri des personnes attaquées de quel
ques-uns decesmauXjen leur faisant quitet
leur Boulanger, 5c leur faisant man
ger du pain dont on avoit séparé avec
foin toutes les mauvaises graines. C'est
te qu'on peut appeller guérir les mala
dies sûrement , promprement & sans de»
goûr , ce qui est l'intention de la bonne
Médecine.
Personne n'ignore que la fonte de lá
Glace ne soit un effet ordinaire de la
fhaleur , & cette cause est si manifeste
qu'on he s'est pas rais en peine d'en
chercher d'autres j il y en a une cepen
£. ij daia
)©i MERCURE DE FRANCE,
dant plus cachée, que M. Haguenot fe
propose de découvrir dans le Mémoire
dont nous allons donner un Abrégé. '
Quelques Sçavans de Paris firent sçavoir
à M. Haguenot que de deux pos
tions de Glace d'uri égal poids & d'un
égal volume, dont l'une est mise sur U
rriain d'un homme qui se porte bien , &
l'autre sur une asiìete d'argent , celle qui
est mise sur l'aíîìete d'argent fond plu«
vîte de quelques minutes que celle que
l'on met' fur la main. Cette Expérience
que M. Haguenot a repeté plusieurs foisj
a toujours réussi de même.
Pour trouver la cause d'un effet qui
paroît un paradoxe , M. Haguenot mit
des portions égales de glace fur plusieurs
Métaux , comme fur l'or , le cuivre , la
plomb , l'étain , l'aiman , le fer , l'acier,
& il trouva constamment que la Glace
fondoit plus vîte fur le cuivre que fuir
tous les autres Métaux , & fur un fer à
repasser plus vîte que fur du fer ordi
naire , Sc que fur l'acier & fur l'aimanr.
Il fait remarquer que dans toutes ces
Expériences il faut que la Glace touche
immédiatement le Métail , fans quoi la
fonte de la Glace n'est pas à beaucoup
près si prompte ; il a même observé que
lorsqu'on met la Glace sur un fer rabo
teux , la superficie, de la Glace , quoique -
Hie
FEVRIER. 17?»: jej \
polie auparavant , devient inégale , c'cstà-
dire , qu'elle fond plus vîte dans lespoints
où le Métal touche la Glace im
médiatement.
M. Haguenot , après avoir cherché las
cause d'un etfet si long-tems ignoré , &•
avoir abandonné la matière magnétique
qui paroissoit une Cause assez vrai-sem
blable , s'est porté à croire que toutes les
parties intégrantes des corps solides font
dans un trémoussement perpétuel , quoiqu'infensibles
;que ce trémoussement est
la cause que les corps les plus solides fe
détruisent comme d'eux-mêmes avec le
t«ms , & que c'est à ce rríême trémoussèment
qu'il faut attribuer la fonte de 1*
Glace qui arrive sur lés Métaux quand
elle leur est immédiatement appliquée j
8c si cette fonte se fait plus vîte fur le
cuivre que' fur le fer & fur Parier , c'est
apparemment, dit M. Haguenot, pareeque
les parties du fer & de l'acier étant
beaucoup plus ferrées que celles du cui
vre , elles n'ont pas un trémoussement
assez libre , & ne peuvent pas agir si vi
vement fur la glace.
Quoique l'hipotefe de M. Haguenot air;
quelque vrai-semblance , il ne la proposa
cependant que comme douteuse , fc ré
servant de faire encore plusieurs Expé
riences pour s'assurer de la vérité.
E iij Lçâ
$04 MERCURE DE FRANCE;
Les Récapitulations que fit M. te Pré
sident de tous ces Mémoires , en furenc
des Extraits plus courts , mais plus précis
Sc plus vifs que ceiix que l'on donne ici.
11 loua le travail & l'exactitude de ceux
qui a voient lû les Mémoires -, il exhorta
tous les Académiciens à continuer leurs
recherches qu'il dit être aussi utiles que
curieuses , & voulut bien leur faire espé
rer qu'il ne perdroit aucune occasion
d'assister à leurs Aslemblécs quand il se
trouveroit à portée de pouvoir en pro -
fiter.
de la Société Royale des Sciences , tenue
dans la Grand'Sale de PHStcl de Fille
de Montpellier le 11. Décembre 17151.
^Archevêque d' Alby y présidant*
^^nierc à la place d'Académicien Honoraire
du feu Marquis de Castries , son
frère , & qui paroissoit pour la première
fois dans ['Assemblée de l' Académie,
ítoit au haut bout de la Table , avec M.-
l'Evêque de Montpellier & M. Bon ±
Premier Président de la Cour des Com
ptes , Aides & Finances de Montpellier,',
Académiciens Honoraires ; les Académi
ciens ordinaires y croient rangés suivant
la coutume , &c les Consuls de la Ville
y assilloient en Chaperon.
L' Archevêque d'Àlbi ouvrit la Séance
par un remerciement qu'il fit à la Com
pagnie au sujet de son élection , & ce
remerciement assaisonné de toutes les grâ
ces que ce Prélat ne manque jamais de
répandre dans tous ses discours & dan*
toutes ses actions , fir connoître à la Com
pagnie qu'elle trouveroit dan* cet Ho~
aoraire noa-seulement un véritable Me»
ce»ey
i|4 ' MERCURE DE FRÁNCË;
• cene , mais encore un Acade'micien zelé^'
& très-capable par lui-même de perfec
tionner les Sciences & les Beaux- Arts,
íì les devoirs indispensables de son Mi*
nistere pouvoient le lui permettre.
M. Marçot , Directeur de la Sociétés
lut ensuite un Discours préliminaire, dans
lequel après avoir remercié M. le Pré
sident de tout ce qu'il avoir dit d'obli-'
géant pour la Compagnie , donna une
idée générale des occupations de l'Académie
, & parcourut avec beaucoup dé
précision & de netteté toutes les Scien
ces qui font l'objet dé l'Etude des Aca-*
démiciens ; il parla des Observations
particulières qu'ils y avòient déja faires ,
de futilité que le Public en avoit retiré,
& de celles qu'un tems plus favorable
aux Sciences pourroit lui procurer dans
la fuite.
Après cé Préliminaire , M. Marcot lut
tine Observation d'un Anévrisme mixtet
qui fut heureusement guéri par ses foins
& fes attentions.
Cet Anévrisme parut après une piqueure
de l'artere du bras , qui est en
fermée dans une même gaine avec la vei
ne basilique. On crut d'abord avoir suffi
samment íemedié à cet accident par des
saignées copieuses & par des compresses
graduées , soutenues par un bon banda
ge }
FEVRIER. 1730. içj
te î mais malgré ces précautions , la piqueure
de l'artere ne fut point consoli
dée , & celle de la gaine , dans laquelle,
elle est enfermée , se rejoignit en peu de
tems > le sang que fournissoit la piqueure
de l'artere dilata bientôt cette tunique
vaginale , & fit une tumeur de la gros
seur d'une petite noix , qui avoit un mou
vement de sistole & de diastole.
Cependant , soit que les compresses
graduées & les bandages eussent arrêté le
cours ordinaire du sang , soit qu'il s'en
fut extravasé quelque portion avant que
l'ouverrure de la tunique vaginale se fut
cplée , il s'étoir fait au dessous de la,
première tumeur une seconde tumeur ,
qui étoit un véritable flegmon , 5c qui
rendoit la cure de l'anevrisme très-déli-?
çate & très -difficile.
M. Marçot prit le parti dans cettç
conjoncture d'attaquer le flegmon , de
le faire suppurer & de le mener à cica
trice , & ensuite ayant le champ libre
pour comprimer sans danger la tumeur
anevrifmale , il réduisit l'artere dans son
état naturel par le bandage de l'Abbé
IJourdelot , dont on voit tous les jours
des effets merveilleux dans des occasions
semblables.
Un tourbillon qui fit beaucoup de.
ravage aux environs de Montpellier ,
%96 MERCURE DE FRANCE.
fat le sujet d'un Mémoire que lut M.
.de Montferrier le fils , Sous-Directcuc
de l'Académie.
Ceux qui furent les témoins de la vio
lence de ce Météore lui donnèrent d'a
bord le nom d'Ouragan d'autres cru
rent qu'il a voit plus de rapport aux Trom
pes de Mer qui font quelquefois si fa
tales aux Navigateurs -, & d'autres plus
superstitieux que Philosophes , voulurent
>y trouver quelque chose de surnaturel ,
ôc se persuader que quelque Esprit folet
itoit la cause de cet Orage.
M. de Montferrier fit voir par la des
cription qu'il donna des véritables Ou
ragans §c des Trompes de Mer , que le
tourbillon qui étoit le sujet de son Mé
moire , n'avait aucun rapport avec les
Orages de P Amérique , ni avec ces co
lonnes de nuées qui s'élèvent ordinaire
ment fur la Mer > & fans s'arrêter aux
Esprits Folets qui ne peuvent être admis
que dans quelques Contes de Fées , il
appella le Météore en question un tour
billon de nuée & de vent , dénomination
qui n'est point arbitraire , puisqu'elle
«st prise de la nature même du- sujet dont
il s'agit.
En effet , M. de Montferrier fit remar
quer que les Vents de Sud & les Vents
d'Est fuient les seuls qui régnèrent pen
dant
FEVRIER. 173©. *97
dant les derniers jours du mois d'Octo
bre , que ces Vents toujours humides
avoient amoncelé beaucoup de nue'es
epaiffes fur l'Horison , 6V que le second
de Novembre une portion de ces nue'es
çtant poussée par un Vent de SudfEst
fort violent , fut forcée à fe mouvoir vers
le Nord , avec tin mouvement vortiqueux
, causé par les obstacles que l'asíemblage
des autres nuages quj l'environnojent
lui présentoic de toutes parts
hors le côté de la Terre où ce tourbillon
<e porta , y trouvant moins de résistance,
Ce Groupe de nuées qui étoit fort noie
& fort épais , ne patoissoit pas avoir plus
de trois toises de largeur fur une hau
teur indéterminée •> mais comme il étoit
pouffé par un Vent de Sud-Est très vio
lent , qu'il ayoit acquis un mouvement
de tourbillon très-rapide , & qu'il forçoit
l'Air qui l'environnoit à suivre le mê
me mouvement , le tout ensemble faisoit
un tourbillon d'environ cent toises de lar
geur , qui dans l'espace d'une demie lieue
renversa ou enleva tout ce quise ttouv»
sur son passage.
II y eut des personnes qui se trouvant
ì portée de voir cette nuée obscure qui
s'avançoit du Sud-Est au Nord avec un
bruit effroyable , crurent y avoir vû une
lumière rougeâtre comme la fumée ^ qui
«'élevs
fc98 MERCURE DE FRANCE.
s'élève d'un grand incendie , & d'autres
assurent avoir senti une odeur de souffre,
Selle à peu près que celle que l'on sent
jdans les lieux qui ont été frapés de la
foudre.
L'Académicien explique la première
apparence par le mouvement rapide , du
Météore qui poussoir avec violence la
matière étherée , & produisoit par là la
lumière , comme on le' voit arriver dans
le Phosphore du Baromètre , & plusieurs
autres expériences , dans toutes lesquelles
la lumière est une fuite d'un grand
mouvement ; ou par des rayons- du So
leil , qui passant dans les intervales des
nuées , soussroient des reflexions & des
réfractions qui les dirigeoient vers les
yeux du Spectateur. Pour l'odeur de sou
fre , il dit que le froissement des matiè
res que le tourbillon enlevoit pouvoient
bien en être la cause , en faisant dévelo?
per les particules sulfureuses qui y étoient
contenues ou qui étoient répandues dans
F Air , & les vapeurs qui enyironnoient
le tourbillon.
Cette explication paroît très-naturelle,
puisque s'il y avoit eu un feu actuel
dans le nuage , il auroit infailliblement
brûlé les diverses matières combustibles
qu'il enlevoit , & qu'il emportoit à plus
ic cenc t oises.
* ■
ÏEVRIER. 1730: 199
"ïnfin ce tourbillon finit à une demie
íieue de l'endroit où il avoit été apperçû
, parce qu'à force de s'étendre dans les
terres où il étoit moins exposé à l'impul-
{ïon du vent , & de communiquer de
son mouvement aux corps qu'il rencon
trait , il perdoit de Ion mouvement
propre , & que le groupe de nuée donc
il écoit composé venant à se íondre cr»
pluye , acheva de le dissiper.
M. Rivière fit part au Public dans ua
Mémoire qu'il lut ensuite , de l'Analyse
qu'il avoit faite de l'Ivraye , & de la
cause des mauvais effets que cette graine
produit quand elle est mêlée avec le
froment dont on fait le bon pain.
II commença par donner la descrip
tion Botanique de la Plante qui produíc
ce mauvais grain , afin qu'on ne puisse
pas k méconnoître quand rlle est en
herbe , & qu'on puisse l'arracher de bonne
heure quand elle est mêlée avec la plante
qui produit le bon bled.
Il fit voir par des expériences assu
rées , & par des raisonnemens très- so
lides , que les graines produisent toujours
des Plantes de leur espece , & que la
prétendue Métamorphose du froment en
Iyraye , & de l'Ivraye en froment , n'est
qu'une erreur populaire , fondée sur l'in-
%:tention de ceux quí sèment ces grai-
E nés.
joe> MERCURE DE FRANCE,
nés , & qui ne s'apperçoivent pas que
pour l'ordinaire elles font mélangées :
or jl est constant , comme l'a remarqué
M- Rivière , que l'ivraye demande pour
germer un tems fort humide & fort pluvieux
, & que le froment , au contraire,
n'a besoin que d'une humidité médiocre;
cnforte que quand on féme du froment
mêlé avec de l'ivraye , ou de l'ivraye
mêlée avec quelque grain de froment ,
c'est toujours la saison plus ou moins hu
mide qui fait que l'une de ces graines
fructifie, au préjudice de l'autre. Voilà
tout le misterc de cette prétendue Méta-p
morphofe , qui étant bien étendue n'a
tien que de fort naturel. .
M. Rivière passa ensuite à í'Analife
Chimique de l'ivraye, & chercha dans
la décomposition de cette graine les prin*
cipes qui peuvent être la cause des mau
vais effets qu'elle ptoduir. , ,
Il ne compte pas fur I'Analife qu'il en
a faite par la Cornue' , puisque par cette
voye toutes les plantes donnent , à peu
dé chose près , les mêmes substances qu;
ne font pour l'ordinaire que de produc
tions du feu ; mais il s'attache principa
lement aux principes que l'on en peut
tirer par la voye de la fermentation &
par la voye de l'extraction.
L'ivraye fens aucune addition & fans
feu,
FEVRIER. t7ja.
feu , bien preísée , humectée & couverte
d'un entonnoir garni d'une petite chape
d'alambic , lui a donné , quand eile a été
échauféc par la fermentation qui lui est
survenue , un esprit volatil urineux.
Par l'extraction qu'il a fait de la mê
me graine par l'Esprit de vin , il en a
sité une Résine fort acre & sort piquante.
Et de la lessive qu'il a faite du Resi-
-du , il en est sorti un Sel alkali un peu
.caustique. D'où il conclud qu'une graine
qui contient de tels principes peut eni
vrer , donner des vertiges & des maux
àe tête , des maux d'estomac & des votniflernens.
L'experience a .fait voir à M. Rivière
la justesse de ses raisonnemens , puisqu'il
a guéri des personnes attaquées de quel
ques-uns decesmauXjen leur faisant quitet
leur Boulanger, 5c leur faisant man
ger du pain dont on avoit séparé avec
foin toutes les mauvaises graines. C'est
te qu'on peut appeller guérir les mala
dies sûrement , promprement & sans de»
goûr , ce qui est l'intention de la bonne
Médecine.
Personne n'ignore que la fonte de lá
Glace ne soit un effet ordinaire de la
fhaleur , & cette cause est si manifeste
qu'on he s'est pas rais en peine d'en
chercher d'autres j il y en a une cepen
£. ij daia
)©i MERCURE DE FRANCE,
dant plus cachée, que M. Haguenot fe
propose de découvrir dans le Mémoire
dont nous allons donner un Abrégé. '
Quelques Sçavans de Paris firent sçavoir
à M. Haguenot que de deux pos
tions de Glace d'uri égal poids & d'un
égal volume, dont l'une est mise sur U
rriain d'un homme qui se porte bien , &
l'autre sur une asiìete d'argent , celle qui
est mise sur l'aíîìete d'argent fond plu«
vîte de quelques minutes que celle que
l'on met' fur la main. Cette Expérience
que M. Haguenot a repeté plusieurs foisj
a toujours réussi de même.
Pour trouver la cause d'un effet qui
paroît un paradoxe , M. Haguenot mit
des portions égales de glace fur plusieurs
Métaux , comme fur l'or , le cuivre , la
plomb , l'étain , l'aiman , le fer , l'acier,
& il trouva constamment que la Glace
fondoit plus vîte fur le cuivre que fuir
tous les autres Métaux , & fur un fer à
repasser plus vîte que fur du fer ordi
naire , Sc que fur l'acier & fur l'aimanr.
Il fait remarquer que dans toutes ces
Expériences il faut que la Glace touche
immédiatement le Métail , fans quoi la
fonte de la Glace n'est pas à beaucoup
près si prompte ; il a même observé que
lorsqu'on met la Glace sur un fer rabo
teux , la superficie, de la Glace , quoique -
Hie
FEVRIER. 17?»: jej \
polie auparavant , devient inégale , c'cstà-
dire , qu'elle fond plus vîte dans lespoints
où le Métal touche la Glace im
médiatement.
M. Haguenot , après avoir cherché las
cause d'un etfet si long-tems ignoré , &•
avoir abandonné la matière magnétique
qui paroissoit une Cause assez vrai-sem
blable , s'est porté à croire que toutes les
parties intégrantes des corps solides font
dans un trémoussement perpétuel , quoiqu'infensibles
;que ce trémoussement est
la cause que les corps les plus solides fe
détruisent comme d'eux-mêmes avec le
t«ms , & que c'est à ce rríême trémoussèment
qu'il faut attribuer la fonte de 1*
Glace qui arrive sur lés Métaux quand
elle leur est immédiatement appliquée j
8c si cette fonte se fait plus vîte fur le
cuivre que' fur le fer & fur Parier , c'est
apparemment, dit M. Haguenot, pareeque
les parties du fer & de l'acier étant
beaucoup plus ferrées que celles du cui
vre , elles n'ont pas un trémoussement
assez libre , & ne peuvent pas agir si vi
vement fur la glace.
Quoique l'hipotefe de M. Haguenot air;
quelque vrai-semblance , il ne la proposa
cependant que comme douteuse , fc ré
servant de faire encore plusieurs Expé
riences pour s'assurer de la vérité.
E iij Lçâ
$04 MERCURE DE FRANCE;
Les Récapitulations que fit M. te Pré
sident de tous ces Mémoires , en furenc
des Extraits plus courts , mais plus précis
Sc plus vifs que ceiix que l'on donne ici.
11 loua le travail & l'exactitude de ceux
qui a voient lû les Mémoires -, il exhorta
tous les Académiciens à continuer leurs
recherches qu'il dit être aussi utiles que
curieuses , & voulut bien leur faire espé
rer qu'il ne perdroit aucune occasion
d'assister à leurs Aslemblécs quand il se
trouveroit à portée de pouvoir en pro -
fiter.
Fermer
Résumé : EXTRAIT de l'Assemblée publique de la Societé Royale des Sciences, tenuë dans la Grand'Sale de l'Hôtel de Ville de Montpellier le 22. Decembre 1729. l'Archevêque d'Alby y présidant.
Le 11 décembre 1715, une assemblée publique de la Société Royale des Sciences à Montpellier a eu lieu. L'archevêque d'Alby, présidant à la place du marquis de Castries, a remercié la compagnie pour son élection et a affirmé son soutien aux sciences et aux beaux-arts. M. Marçot, directeur de la Société, a lu un discours préliminaire sur les activités de l'Académie et les observations scientifiques réalisées. Il a également présenté une observation médicale sur la guérison d'un anévrisme complexe. M. de Montferrier, sous-directeur, a lu un mémoire sur un tourbillon ayant causé des ravages près de Montpellier. Il a décrit ce phénomène comme un tourbillon de nuages et de vent, expliquant ses effets destructeurs et corrigeant les perceptions erronées liées à des phénomènes surnaturels. M. Rivière a fait une analyse de l'ivraie, une mauvaise herbe nuisible au froment. Il a démystifié la prétendue métamorphose entre l'ivraie et le froment, expliquant que les conditions climatiques favorisent la germination de l'une ou de l'autre. Il a également analysé chimiquement l'ivraie, identifiant des substances nocives responsables de ses effets néfastes sur la santé. Enfin, M. Haguenot a présenté une étude sur la fonte de la glace, notant que celle-ci fond plus rapidement sur certains métaux comme le cuivre. Il a attribué ce phénomène à un trémoussement perpétuel des particules solides, plus libre dans certains métaux que dans d'autres. Le président de l'académie a résumé les mémoires en des extraits plus courts, précis et percutants. Il a loué le travail et l'exactitude des personnes ayant lu les mémoires et a encouragé les académiciens à poursuivre leurs recherches, qu'il juge utiles et intéressantes. Il a également exprimé son souhait de participer aux assemblées de l'académie lorsqu'il en aura l'opportunité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4809
p. 304-318
RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
Début :
Quoique Marseille, à l'imitation des plus considerables Villes du Royaume, ait [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Marseille, Cathédrale, Peuple, Tambours, Naissance du Dauphin, Fête, Bal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
R E'J OV ISSANCE S de la Ville de
Marseille.
QUoique Marseille , à l'imîtatíon des plus
considérables Villes du Royaume > ait
íait de fort belles choses à l'occafion de la
Naissance du Dauphin , indépendemment de
ce qui s'est passé dans la même Ville de 1%
part des Citadelles , du Corps des Galères
& de Y Arcenal , dont nous avons rendu comp
te en son tens. Marseille, dis- je, n'a pas
imité ces Villes du premier Ordre dans le
foin qu'elles ont pris de nous envoyer des
Descriptions de leurs Fêtes , pour les. inférer1
dans un Livre qui contient l"Histoire Jour
nalière de la Nation , & qui est particulière
ment dessiné à conserver le dépôt de ces forte»
FEVR I Ë R. trtà. }o5
de momimens. C'est ce qui fait que nouj par*
Ions si tard de ce qui s'eit fait dans cette celebreVille,&
que nous ne pourrons le faire que
fore brièvement , par les circonstances úù\
nous nous trouvons. Nous ferions même tout
à fait hors d'état de rendre ce compte au
Public , fi le hazard ne s'en étoit enfin mêlé*
en faisant tomber entre nos mains , au moié
de Février . le Mémoire imprimé à Marseille
des Réjouissances qui ont été faites dans cette
Ville, en Septembre. Nous allons donner utl
Extrait de ce Mémoire;
Le i7. Septembre au soir , quatre Trom
pettes à cheval » précédez d'un Timballier ,
accompagnez de plusieurs Tambours & Fifres*
tous avec les couleurs de la Ville , publièrent
dans tontes les Places publiques ['Ordonnan
te des Echevins, portant qu'on fermeroit les
Boutiques pendant trois jours i qu'on illumineroit
toutes les Maisons , &t qu'on feroie
des feux devant les portes. Le bruit des trom-*
pettes , des tambours & de toutes lss clo
ches de la Ville qui sonnèrent en mime terni,
anima le Peuple déja disposé à la joye- Totíí
retentit de cris& d'acclamations réitérés.
Dès le matin du iS. les Galères qui celébroient
ce jour là leur derniere Fête , furent
ornées de leurs Etendarts &c. Plus de cent
Vaisseaux & autres Bâtimens qui étoient dans
le Port arborèrent leurs Pavillons, ce quí
fit une variété aussi agréable que surprenante»
Le Peuple dansoit cèpendant au son des tam
bours dans toutes les Places ; on avoit placé
devant l'Hôtel de Ville & au Cours quatrd
Fontaines de vin<
Le Marquis de Pilles , Gouverneur* Viguief
de Marseille, & les Echevins en Roberou
3 o-6 MERCURE DE' FRANCE,
ge , suivis d'un nombreux cortège > se rendîi
rent ce même matin à TEglise Cathédrale
pour assister à la Messe solëmnelle que M%
FEvêque célébra pontificalement ; elle succhantée
en Musique ; on tira à l'élevation n.
pieces de Canon que les Echevins avoiene
fait mettre fur la Plateforme qui regarde la
Mer près la Cathédrale.
Ce jour là M. l'£vêque donna à diner k
cent pauvres dans la Cour de l'Evêché , fie
distribuer des- aumônes à tous ceux qui se pré
sentèrent à la porte pendant ces trois jours de
Fête, & il n'oublia pas les pauvres honteux
auxquels ce Prélat fit des libéralisez par le
Canal des Curez. C'est ainsi que celui qui dans
des jours de deifíl & de désolation n'abandonna
jamais les pauvres , les a traitez dans ces
jours dejoye & de jubilation.
Sur les 4. heures du soir , les Officiers mu
nicipaux & les principaux Citoyens se ren
dirent à l'Hâtel de Ville pour accompagnes
les Magistrats au Te Deum ; une troupe de
plus de mille jeunes garçons portant des
Guidons & des Banderolies aux Armes da
Roi & de Monseigneur le Dauphin commençoient
la marche. Les trompettes & les tim
bales précedoient un Corps d'Infanterie tiré'
des Arts & Métiers , divisé en 4. Compagniesde
cent hommes chacune , avec leurs dîfferens
Drapeaux , & com mandé par les 4. Ca«-
pitaines de la Ville.
Ces nouveaux Soldats étoient proprement
habillez, & avoient des Cocardes > donc les
couleurs distinguoient les différentes Compatnies.
Leurs rangs étoient mêlez de Hautbois*
e Fifres & de Tambours. Une bande de Vio
lons suivoic Les Gardes de Police » la livré*
de
FEVRIER. 1730. 307
de la Ville , celle du Gouvernfur-Viguier Sa
les Halebardiers préeedoient les Echevins. Ler
Marquis de Piles éroit à la droite des deux
premiers , & les deux autres avoient à leur
gauche l'Orateur de la Ville. Une siiite nom
breuse de personnes distinguées fermoit cette,
marche ; un Peuple infini bordoit tous les .
passages. En arrivant à la Cathédrale on fit
une décharge de toute la Mousqueterie & de
aï. pieces de Canon. Les Echevins se pla
cèrent dans le Choeur , où les Officiers de la
Senechauffée s'étoient déja rendus. M. l'Evêque
officiant pontificalement entonna le
Te Deum,<\m fut chanté par la Musique au
bruit des Canons & de toute la Mousque<
terie.
, On, commença ensuite la Procession géné
rale , âlaquelle tout le Clergé séculier & ré
gulier aíîìíta í on y porta la Statue de la trèssainte
Vierge , les Châsses de Saint Lazare 8c
de Saint Cannât , & les Reliques de Saint Vie*
tor , Martyr de Marseille; M. l'Evêque err
habits pontificaux , le Gouverneur Viguier &
les Echevins y assistèrent avec toute leur
fuite. A mesure que les Reliques sortoient de
l'Eglise elles furent íaLuées du Canon & dà
la Mousqueterie , e'ies le furent de cent Boè
tes dans toutes les Places publiques . St on
fit le même salut en rentrant j M. l'Evêque'
donna la Bénédiction du Très- Saint Sacre
ment au bruit du Canon & de la Mousque
terie. v.
Au sortir de la Cathédrale , on marcha versr
la Place Neuve , où l'on avoit dressé lJ Appa
reil d'un grand Feu de joye , orné de Porti
ques, d'Emblèmes &c. Plus de cent flambcauxdfr
cire blanche écìairoient la marcha-
£ v routes
^oS MERCURE DE FRANCE;
toutes les Maisons" étoient illuminées , de*
feux brûloient devant les portes , la Cita
delle , le Fort Saint Jean , celui de Notre-
Dame de la Garde , l'Arfenal , les Tours de
l' Abbaye de Saint Victor > la Rive- Neuve »
les Galères, le Port> tout étoit éclairé ,8e
la Ville entière paroisloit être dans un em
brasement gênerai ; les quatre Compagnies
rangées autour de la Place firent une salve
de Mousqueteric , suivie de celle de itic.
Boëtes. Après que le Marquis de Pilles & le*
Echevins eurent allumé le feu de joye > on
tira en même tems une prodigieuse quantité
de Fusées.
Le Corps de Ville se rendir ensuite à l'Hôref
de Ville par le Quay du Port* alors les Ga
lères firent trois décharges de leurs Canons
Sc des Coursiers > l'Arccnal fit tirer des Biëtes
, les Vaisseaux du Port , la Citadelle , le
Fort Saint Jean , celui de Notre-Dame de la
Garde firent autant de décharges de toute
leur Artillerie , & des Gerbes de Fusées rem
plirent le Port d'une pluye de feu à trois
différentes reprises.
. La Façade de l'Hôtel de Vil'e , fi estimée des
Connoisseurs * si remarquable par ses riches
f*) Le Chevalier Bernin ayant vú à Rome
U dejfein. entier de l'Hôtel de Ville de Mar
seille de la main de Fugeft avoua qu'il navoit
encore rien vû en ce genre d'un plus grand
goût ì ér H admira fur tout la Fa f ad?. 11 y »
une belle description d- cette Façade dans un
M. rcure de l' année iéSi à VOccasion de l*
Herbe illumination qui y parut dins la Vètt
tu* donna Marseille pour célébrer la Naissance:
•iu Due de Bourgogne f père d» Roi. Cette F*.
etobeL
EE VRI ER. 1750. 309
I ímbèllissemens & par la beauté de son Ar-
* chitecture , sur tout par cet incomparable
j morceau de sculpture qui contient les Armes
du Roi , Chef-d'oeuvre du fameux Pierre
I Puget, Marseillois , qui a donné les desseins
de tout le Bâtiment 5 cette Façade , dis-je, at
tira cc four li l' admiration publique» Plus d'un
million de lumières arrangées avec cimétriei
cn fit voir non- seulement toutes lesbeautez,
mais en marqua encore les ornemens les plus
déliez des diflíercns ordres dont elle est com
posée , en les profilant.
Les Echevins se dépouillant , pour ainff
dire , de la qualité de Magistrats pour ren
trer dans celle de simples Citoyens , voulu
rent témoigner leur zele particulier &• personel
, & donneient en leur nom des Fêtes
qui se firent remarquer* M. Ravel , premier
Echevin , donna un souper à tout le Corps
de Ville ; la Maison étoit artistement illumi
née ; les Boëtes furent tirées à chaque santé
Royale. Au sortir de table » la Compagnie alla
au Bal que les Echevins donnoient dans la
Salle de la Loge ( c'est le lieu où* s'affemblenc
tous les Negocians ; cette Salle qui a 90,
pieds de longueur fur 4? de largeur étoit
richement ornée & éclairée par quantité de
lustres de cristal & par des flambeaux por
tez par des Bras » les Portraits du Roi & de
la Reine étoient placez fous un Dais de ve
lours Cramoisi , enrichi de galons , de crepifade
étoit alors dans toute fa beauté , & on
Ciseau du célèbre Puget , font un contraste de~
[agréable.
E vj
jio MERCURE DE FRANCE,
nés & de franges d'or. Les Violons étoîrtic:
placez fur des Amphithéâtres aux deux boucs,
de la Salle ; differens Buffets étoient remplis
de toute forte de Rafraîchissemens ; on pré
senta indifféremment â tout le monde & en
profusion des confitures , des liqueurs & des
eaux glacées de toute efpece. La Salle fut
aífez grande pour y danlèr en trois differens
endroits, Le Bal dura jusqu'à 7. heures du
matin.
Le second jour les Pauvres ressentirent les
effets de l'attention des Echevins. Sur les 9.
heures du matin une Compagnie de Bouchers
habillez en Gladiateurs , quynarchoient avec
des Tambours , escorta deux Boeufs qu'on
avoir égorgez & qui étoienc ornez de Guirlan
des ; ils furent portez chacun par quatre de
ces Gladiateurs à la Place Neuve où on les
rôtit tous entiers ; peu de gens fe refusèrent
à ce fpeótacle ; fur les 4. heures du soir ces
Boeufs furent portez devant l'Hôcel de Ville,
dépecez & distribuez. On y donna deux mille
pains, les Fontaines de vin coulant toujours»
outre cela on fit distribuer des charitez à un
grand nombre de personnes , qui fans ce
secours n'auroient pas participé a la joye pu
blique.
Sur le sòir, les quatre Compagnies dont on
a parlé , s'étant renduës devant l'Hôrel de Vil
le , & toute la Ville étant déja éclairée Comme
el le l'étoit le jour précédent ; le Marquis de
Pilles & les fc chevins , allèrent en Cc-rrmonie
a'iumer un Feu de ioye dressé â la Place de
Linche , au bruit réitéré de la Moufqueterie ,
des Boëtes , & de trois décharges que les Vais
seaux du Port firent de leurs Calons , on y tira.
ua grand nombre de fusée».. Le Corps.de TUfe
FEVRíER. 1730. 31*
alla ensuite chez M. Martin , second Echevin ,
1 qui à ion tour lui donnoit à souper ; sa Maison
tut éclairée avec distinction , les samez Royales
& de Monseigneur le Dauphin furent laluées
au bruit de toutes les Boëtes.
Cependant les Echevins avoient fait élever
un Arc de Triomphe au milieu. du Couis , en
tre les deux grands Bassins de marbre blanc ;
cet Edifice compoíé. de deux Ordres , avoic
depuis le Zocle jusqu'au Eronton qui le couronnort
5-4. piés de hauteur, fus jtf. de largeur.
Les deux principales Faces étoient tournées
l'une vers la Porte Royale > & l'autre vers la
Porte de Rome. II y avoit au milieu de chaque
Eace une grande ouverture ceintrée de 57. piés
de hauteur > fur 10. de largeur.
Le premier Ordre étoit posé fur un Zocle de
marbre brun de j. piés de hauteur , d'où s'éle-,
voient 4- Pilastres saillants d'un marbre jaspé ,
dont les Bases & les Chapiteaux étoient d'or
feint , portant une Corniche qui fer voit d'Im
poste à l'ouverture de l'Arc : les Pihsires les
plus proches dé cette ouverture formoient un',
Avant Corps ,. & des Piédestaux de marbre
blanc ornez de moulúresd'or qui s'élevo:ent
du Zocle y étoient adossés ^ I'entre-dr ux des;
Pilastres étoit rempli de Cartouches , dont les
bordures étoient d'or fur un fond de marbregris
dont tout f Edifice étoit bâti , & l'Entablement
étoit de marbreblanc, excepté laFrize
de lapis , enrichie de tous les orr.emens cpnvenables.
Les Cartouches portoient des Em
blèmes & des Devises.
Des Pilastres couplés & faillànts .. dont les
Bases & Chapiteaux étoient anifi d'or , for
moient le second Ordre qui étoit orné d'une:
Ceiniche de majbie blanc , d'oûí'élevoit un
Etontoite
i t £ MHÏICÛRÊ DÊ FRANCË. ^
Fronton triangulaire . dont le Timpan étoít de
rnarbre noir? les entre-deux de ces Pilastres
étoient remplis de Cartouches ausli remplis
íFEmblêmes & de Devises, & les Cartouches
étoient suspendus à des Festons, attachés à des
masques bronzés & aux volutes des Chapi
teaux.
Dans la Face opposée à la Porte Royale, orr
Voyoit dans le Frontispice les Atmes du Roy
soutenues par deux grands Génies ; & dans
• un riche Cartouche qui forrnoit la clef de
l'ArCjonlisoit cette Inscription en Lettres d'orí
Vublict IttitU Uonumentum tdajsilia civitas
fostiit , M. DCd XXIX.
Sur le sommet du Frontort qui cóuronnóît
tout l' Edifice, s'élevoit sur un Piédestal de
rnarbre une belle 8c grande Figure de Femme ,
Symbole de la Ville de Marseille , qui tenoie
le Portrait de Monseigneur le Dauphin , avec
ces mots qu'on li 1 oie dans un Cadre d'or fur
le Piédestal : Mitjftlia voti compts*
Sut deux autres Piédestaux , à côté de la Fi
gure de Marseille , on voyoit à droite la Re!i-<
gion habillée en Vestale , tenant un Vase d'or
qui exhaloit des Parfums , & à gauche la Justi
ce tenant la Balance d'une main & un Faisceau
d'armesde l'autre ; fur la Corniche de l' Arrierë-
Corps du premier Ordre , d'un côté on voyoit
- Apollon , & de l'autre Minerve , avec tous
leurs Attributs j & devant les Pilastres de
1" Avant Corps fur les Piédestaux qui s'éls-
Voient dt! 2ocle » orí voyoit d'un cô^é Mercure
Dieu du Commerce , tenant une Bourse rem
plie, & de l'autre Thetis tenant un Vaisseau ì
Voiles enflées , ayant à ses pieds des Coquil
lages , des Perles , du Corail , &c.
Tous les Cartouches étoient , comme on l'a
dit ,
fEVRTÊR; 1716;
dît ) remplis de Peintures symboliques , ceusí
des Pilastres supérieurs contenoient ces quatres
Emblèmes.
La première , un Aigle volant & un Aiglon
un peu mains élevé,avec ces mots : Superas docet
ire pir auras»
La seconde , Alcide dans le berceau étouf
fant deux Serpens: Nunc Alcides mox Her
cules,
La troisième , une Corne d'abondance t pré-*
sentant trois Roses & un Lys au-dessus beau
coup plus élevé: Vives jam copia Cornu.
La quatrième » un,Dauphin couronné sor
tant de la mer , environné d'une multitude
d'autres Poissons : Parriìs regnabit in undisj
Sur le Piédestal d'où s'élevoit la Figure de
Mercure, cn'avoit peint dans un Cadre d'or*
une Ancre où étoit entortillé un Dauphin avec
ees mots : Firmat & ornât ; & fur celui d'od;
s'élevoic Thttis on avoit peint la Planette de'
Jupiter & un de ses Satellites : Monsirat miner'
ignis iter.
Dans les Cartouches qui au-dessus de Mer
cure & de Thí cís rempliflòitnt les entre-deux
des Pilastres du premier Ordre , en voyois
ces deux autres Emblèmes.
Trois Homme» regardant un Arc en- Ciel'
& tournant le dos à un Soleil levant : Dat
signa & foedtra pacis Un Soleil naissant &
trois Etoiles qui commençoient à diíparoître í
Majora dabit Soi lum'ma terris^
Dans ta face de 1* Arc de Triomphe, tour-'
liée vers la Porte de Rome , on liíoit au fron
tispice qui étoit de marbre noir cette Infcrip-f
tion en lettres d'or : Serenijsime Galliar. Delfhino
natoprid, non. sept, conjf. N Joan.'B.n'velj
Francis. Martin, J*c, Remuant , Joa». Roman-.
M.DCC XXlXt
Sas
MERCURE DE FRANCE;
Sur la des de l" Arc , un riche Cartouche ,
contenoit ce Distique aussi en lectre d'or.
Expe&ate diò , per te Gens í rancie» neèìit*-
Perpétuas paci Utituque moras.
Sur le Timpan on voyoic s'élever trois gran
des Figures fur leurs Piédestaux, richementpeintes,;
celle du milieu qui paroiíToit fur le
sommet, reprefentoit la France, tenant d'une
màin les Armes de Monseigneur le Dauphin
& de l'autre des liens ou Guirlandes de fleurs.
avec lesquels elie tenoit comme enchaînées la
Paix & la Joye, représentées par les deux au
tres Figures qui étoient à fes côrëi. La Paixqui
étoic à droite avoit à ses pieds trois Gé
nies , dont un lui prefentoit un Rameau d'O--
livier , l'autre une Gorne d'abondance , 8c le
troisième paroilíoit occupé à briser des lances
& des flèches; la joye qui dtoir à gauche,
tenoit à la main un Caducée, & avnit à fespieds
des Feux d'artifice & toutes fortes d'ínstrumens
de Musique.
Sur les Piedestaux^qui s'éíevoierrt du Zocle,.
adossez, au Pilastre du premier ordre, on voyoic
de chaque côté une grande Figure. A droite
celle du Maréchal Duc de Viílars, Gouver
neur de Provence ,■ armé d'une Cuiralîe &-
d:un Bouclier, tenant à la main le Bâton de
commandcment-Un petit-Génie à ses pieds por
tait l'Ecu de les Aimes, 8í au dessous dansune
Bordure i'or on lisoit ces Vers fur le
piédestal de la Figure-
"La Guerre au plus haut point avait porté ma
gloire ,
C'est h mes foins qu'on dut la Faix i
Mais son plus fur garand & le plu: plein d'at~
traits x
FEVRIER. 1730. 31J
Man/jttoit à m» double victoire ,
XJ'ti Héros en naissant y met les derniers traits.
La Figure du côté gauche representoit en-'
core Marseille en Nymphe & dans une attitu^
de majestuejfe,regardant le Portrait deMonseifneur
le Dauphin que la France présentoir dit
auc du Timpan, auquel elle adressoic ces Vers*
Moi qui dans des teins s moins heureux ,
Met 1 ois ma gloire a n avoir point de Maître ,
Au bonheur d'obéir au Roi qui vous fit naître »•
Jt borne aujourd'hui tous mes voeux ,
Comme il est mon Héros vous devez, un jour Vêt rt;
Mais le plus tard fera le mieux.'
Deux grands Génies qu^ s'élevoíent fur Ia>
Corniche du premier ordre, tenoient chacur»
irn Cartouche; on avoit peint dans l'un une colomne
soutenant une partie d'un Edifice avec'
ces mots; Columenque decufque :8c dans l'au
tre des illuminations & des Feux d'artifice
a'vec ces mots.. Veiïora ardetitiùs.
Dans deux autres Cartouches placez audessous
dans les entre- colonnemens de-ce pre
mier ordre, on voyoit dans l'un des Oliviers
qui reçoivent les rayons du Soleil levant, avec
ces mots : Oleas foecundat ab ortu :' & dans
1 autre un Vaisseau , fur la poupe duquel paroissoit
Arion jouant de la Lyre , & fur l'eau,
un Dauphin avec ces mots : Cantu precibujque
VocatHs.
Les Cartouches placez des deux côte* dans
les entre- deux des Pilastres supérieurs contenoient
4. autres Emblèmes. La première des
deux qui écoienc fous la figure de la Joye,.
«ost
;i£ MËRCURË DE Ï*RANÍCE.
étoit un Soleil levant regardé par un Lyórí ,
tin Aigle & un Léopard : Unum fusficitmt omiies:
& l'autre étoit un Dauphin sur la íurface
de la Mer : Mole mìnìr fed Majejìate vcrendús.
La première de celles qui étoient placées de
l'autre côté fous la Figure de la Joye , vepre*
sentoit deux Bergers tendans lès mains vers
le Ciel, à la vue d'une pluye qui tombe , &
la Terre couverte de fleurs desséchées : Preci*
bus alcftia: l'autre faisoit voir trois'Etoiles*
deux ensemble & une plus éloignée j & toutes
trois touchées par les rayons du Soleil nais
sant : Pttlchrior exibit fí fr&eeffere minâtes.
Cet Arc de Triomphe , qui par la beauté du
dessein , la magnificence de sa structure & le
succès de l'execution , avoit déja attiré tous
les regards , les fixi entièrement lorsque le i<u
Septembre au soir il fut éclairé d'une multitude
infinie de Lampions», qui joints à s'illumina-,
tion de tòutes les maisons du Cours , qui font
toutes d'une même hauteur & Architecture,
avec des Balcons, dissipèrent entièrement les
ténèbres. Les 4. Compagnies entrèrent dans
íè Cours par l' Avenue qui est du côté de la
Porte Royale , passèrent fous l'Arc de Triom
phe , firent une salve devant ce Monument &
allèrent se ranger en bon ordre autour de la
Place S, Louis , où le Feu de joye étoit dressé.
Lorsque le Gouverneur- Viguier & les Eche
vins l' eurent allumé, il sortit des 8. Colomnes
posées autour des Portiques de l'Edifice du
Feu & des Caisses placées fur les Corniches
de l'Arc de Triomphe, un fi grand nombre de
fusées, que se croisant ensemble elles firenï
paroître comme une voute de feu , qui occupoit
ce qu'il y a d'espace entre la Place sainÉ
louis & celle de l'Arc de Triomphe. On en
tendit
FEVRÍÉR. T730. itfy
iendit alors une salve de toute la Mousquets
rie , celle de zoo. Boëces, te plus de 500. coups
de Canons que tirèrent les Vaisseaux. Ce bruie
joint à celui des Trompettes , des Timbales 8C
des Tambours > au son des Hautbois & des
Violons , & aux acclamations de tout un grand
Peuple; tout cela fit un effet surprenant.
Le Corps de Ville se rendit ensuite cheA
M. Ramusat , premier Echevin nouvean, qui
f avoit invité pour ce loir-là , sa Maison étoit
ingénieusement éclairée , il y eut y o- Boëtes ti
rées à chaque Santé Royale que l'on but.Aprèí
le Repâs on alla au Concert que les Echevins
donnèrent dans la Salle de la Loge > elle étoit
ornée comme on l'a dit. Le Concert étoit com
posé des meilleurs Instrumens & des p'us belles
voix de l'Academie de Musique & de l' Opérai
11 y eut une affluence infinie de monde. Au
Concert succéda le Bal qui dura jusqu'à neuf
heures du matin, & on diítribua des Confitures
& des Rafraîchissemens comme le premier iour«
M. Roman > Echevin , qui pendant ces trois
jours n'avoit pu donner fa Fête en particulier,
invita le Corps de Ville à souper le premier/
d'Octobre. La situation avantageuse de sa matson
fit encore plus remarquejr son illumina
tion. Les Boëtes se firent entendre . le Repas
fut suivi du Bal, & fa Fête fut cofhme une
extension des Réjouissances publiques. La pro
preté 5 la délicareflè & Tabondance régnèrent
dans tous les repas donnez par les Echevins.
Les Intendans de la Santé ont aussi marqué
leur joye par une Fête particulière;- ils prièrent
les Echevins d'assister au Te Deum qu'ils firent
chanter dans la Chapelle des Infirmeries.» on
alluma ensuite un Feu de joye qu'ils a voient
fait préparer hors des Enceintes ; on fie une
iiì MERCURE m FR ÂlSsCÉ.
décharge de cent cinquante Boëtes > & orir tirai
plusieurs Gerbes de Fusées , toute la façade du
Bureau de la Santé qu'on avoit ornée d'Em
blèmes, &c. étoit parfaitement illuminée, de
même 'que la Porte du grand Pavillon des In
firmeries & les Portes de la double enceinte.'
Ils se rendirent ensuite en un Pavillon voisin ,•
«û l'on servit un Ambigu, & on tira cinquante
Boëtes à chaque Santé Royale
Marseille.
QUoique Marseille , à l'imîtatíon des plus
considérables Villes du Royaume > ait
íait de fort belles choses à l'occafion de la
Naissance du Dauphin , indépendemment de
ce qui s'est passé dans la même Ville de 1%
part des Citadelles , du Corps des Galères
& de Y Arcenal , dont nous avons rendu comp
te en son tens. Marseille, dis- je, n'a pas
imité ces Villes du premier Ordre dans le
foin qu'elles ont pris de nous envoyer des
Descriptions de leurs Fêtes , pour les. inférer1
dans un Livre qui contient l"Histoire Jour
nalière de la Nation , & qui est particulière
ment dessiné à conserver le dépôt de ces forte»
FEVR I Ë R. trtà. }o5
de momimens. C'est ce qui fait que nouj par*
Ions si tard de ce qui s'eit fait dans cette celebreVille,&
que nous ne pourrons le faire que
fore brièvement , par les circonstances úù\
nous nous trouvons. Nous ferions même tout
à fait hors d'état de rendre ce compte au
Public , fi le hazard ne s'en étoit enfin mêlé*
en faisant tomber entre nos mains , au moié
de Février . le Mémoire imprimé à Marseille
des Réjouissances qui ont été faites dans cette
Ville, en Septembre. Nous allons donner utl
Extrait de ce Mémoire;
Le i7. Septembre au soir , quatre Trom
pettes à cheval » précédez d'un Timballier ,
accompagnez de plusieurs Tambours & Fifres*
tous avec les couleurs de la Ville , publièrent
dans tontes les Places publiques ['Ordonnan
te des Echevins, portant qu'on fermeroit les
Boutiques pendant trois jours i qu'on illumineroit
toutes les Maisons , &t qu'on feroie
des feux devant les portes. Le bruit des trom-*
pettes , des tambours & de toutes lss clo
ches de la Ville qui sonnèrent en mime terni,
anima le Peuple déja disposé à la joye- Totíí
retentit de cris& d'acclamations réitérés.
Dès le matin du iS. les Galères qui celébroient
ce jour là leur derniere Fête , furent
ornées de leurs Etendarts &c. Plus de cent
Vaisseaux & autres Bâtimens qui étoient dans
le Port arborèrent leurs Pavillons, ce quí
fit une variété aussi agréable que surprenante»
Le Peuple dansoit cèpendant au son des tam
bours dans toutes les Places ; on avoit placé
devant l'Hôtel de Ville & au Cours quatrd
Fontaines de vin<
Le Marquis de Pilles , Gouverneur* Viguief
de Marseille, & les Echevins en Roberou
3 o-6 MERCURE DE' FRANCE,
ge , suivis d'un nombreux cortège > se rendîi
rent ce même matin à TEglise Cathédrale
pour assister à la Messe solëmnelle que M%
FEvêque célébra pontificalement ; elle succhantée
en Musique ; on tira à l'élevation n.
pieces de Canon que les Echevins avoiene
fait mettre fur la Plateforme qui regarde la
Mer près la Cathédrale.
Ce jour là M. l'£vêque donna à diner k
cent pauvres dans la Cour de l'Evêché , fie
distribuer des- aumônes à tous ceux qui se pré
sentèrent à la porte pendant ces trois jours de
Fête, & il n'oublia pas les pauvres honteux
auxquels ce Prélat fit des libéralisez par le
Canal des Curez. C'est ainsi que celui qui dans
des jours de deifíl & de désolation n'abandonna
jamais les pauvres , les a traitez dans ces
jours dejoye & de jubilation.
Sur les 4. heures du soir , les Officiers mu
nicipaux & les principaux Citoyens se ren
dirent à l'Hâtel de Ville pour accompagnes
les Magistrats au Te Deum ; une troupe de
plus de mille jeunes garçons portant des
Guidons & des Banderolies aux Armes da
Roi & de Monseigneur le Dauphin commençoient
la marche. Les trompettes & les tim
bales précedoient un Corps d'Infanterie tiré'
des Arts & Métiers , divisé en 4. Compagniesde
cent hommes chacune , avec leurs dîfferens
Drapeaux , & com mandé par les 4. Ca«-
pitaines de la Ville.
Ces nouveaux Soldats étoient proprement
habillez, & avoient des Cocardes > donc les
couleurs distinguoient les différentes Compatnies.
Leurs rangs étoient mêlez de Hautbois*
e Fifres & de Tambours. Une bande de Vio
lons suivoic Les Gardes de Police » la livré*
de
FEVRIER. 1730. 307
de la Ville , celle du Gouvernfur-Viguier Sa
les Halebardiers préeedoient les Echevins. Ler
Marquis de Piles éroit à la droite des deux
premiers , & les deux autres avoient à leur
gauche l'Orateur de la Ville. Une siiite nom
breuse de personnes distinguées fermoit cette,
marche ; un Peuple infini bordoit tous les .
passages. En arrivant à la Cathédrale on fit
une décharge de toute la Mousqueterie & de
aï. pieces de Canon. Les Echevins se pla
cèrent dans le Choeur , où les Officiers de la
Senechauffée s'étoient déja rendus. M. l'Evêque
officiant pontificalement entonna le
Te Deum,<\m fut chanté par la Musique au
bruit des Canons & de toute la Mousque<
terie.
, On, commença ensuite la Procession géné
rale , âlaquelle tout le Clergé séculier & ré
gulier aíîìíta í on y porta la Statue de la trèssainte
Vierge , les Châsses de Saint Lazare 8c
de Saint Cannât , & les Reliques de Saint Vie*
tor , Martyr de Marseille; M. l'Evêque err
habits pontificaux , le Gouverneur Viguier &
les Echevins y assistèrent avec toute leur
fuite. A mesure que les Reliques sortoient de
l'Eglise elles furent íaLuées du Canon & dà
la Mousqueterie , e'ies le furent de cent Boè
tes dans toutes les Places publiques . St on
fit le même salut en rentrant j M. l'Evêque'
donna la Bénédiction du Très- Saint Sacre
ment au bruit du Canon & de la Mousque
terie. v.
Au sortir de la Cathédrale , on marcha versr
la Place Neuve , où l'on avoit dressé lJ Appa
reil d'un grand Feu de joye , orné de Porti
ques, d'Emblèmes &c. Plus de cent flambcauxdfr
cire blanche écìairoient la marcha-
£ v routes
^oS MERCURE DE FRANCE;
toutes les Maisons" étoient illuminées , de*
feux brûloient devant les portes , la Cita
delle , le Fort Saint Jean , celui de Notre-
Dame de la Garde , l'Arfenal , les Tours de
l' Abbaye de Saint Victor > la Rive- Neuve »
les Galères, le Port> tout étoit éclairé ,8e
la Ville entière paroisloit être dans un em
brasement gênerai ; les quatre Compagnies
rangées autour de la Place firent une salve
de Mousqueteric , suivie de celle de itic.
Boëtes. Après que le Marquis de Pilles & le*
Echevins eurent allumé le feu de joye > on
tira en même tems une prodigieuse quantité
de Fusées.
Le Corps de Ville se rendir ensuite à l'Hôref
de Ville par le Quay du Port* alors les Ga
lères firent trois décharges de leurs Canons
Sc des Coursiers > l'Arccnal fit tirer des Biëtes
, les Vaisseaux du Port , la Citadelle , le
Fort Saint Jean , celui de Notre-Dame de la
Garde firent autant de décharges de toute
leur Artillerie , & des Gerbes de Fusées rem
plirent le Port d'une pluye de feu à trois
différentes reprises.
. La Façade de l'Hôtel de Vil'e , fi estimée des
Connoisseurs * si remarquable par ses riches
f*) Le Chevalier Bernin ayant vú à Rome
U dejfein. entier de l'Hôtel de Ville de Mar
seille de la main de Fugeft avoua qu'il navoit
encore rien vû en ce genre d'un plus grand
goût ì ér H admira fur tout la Fa f ad?. 11 y »
une belle description d- cette Façade dans un
M. rcure de l' année iéSi à VOccasion de l*
Herbe illumination qui y parut dins la Vètt
tu* donna Marseille pour célébrer la Naissance:
•iu Due de Bourgogne f père d» Roi. Cette F*.
etobeL
EE VRI ER. 1750. 309
I ímbèllissemens & par la beauté de son Ar-
* chitecture , sur tout par cet incomparable
j morceau de sculpture qui contient les Armes
du Roi , Chef-d'oeuvre du fameux Pierre
I Puget, Marseillois , qui a donné les desseins
de tout le Bâtiment 5 cette Façade , dis-je, at
tira cc four li l' admiration publique» Plus d'un
million de lumières arrangées avec cimétriei
cn fit voir non- seulement toutes lesbeautez,
mais en marqua encore les ornemens les plus
déliez des diflíercns ordres dont elle est com
posée , en les profilant.
Les Echevins se dépouillant , pour ainff
dire , de la qualité de Magistrats pour ren
trer dans celle de simples Citoyens , voulu
rent témoigner leur zele particulier &• personel
, & donneient en leur nom des Fêtes
qui se firent remarquer* M. Ravel , premier
Echevin , donna un souper à tout le Corps
de Ville ; la Maison étoit artistement illumi
née ; les Boëtes furent tirées à chaque santé
Royale. Au sortir de table » la Compagnie alla
au Bal que les Echevins donnoient dans la
Salle de la Loge ( c'est le lieu où* s'affemblenc
tous les Negocians ; cette Salle qui a 90,
pieds de longueur fur 4? de largeur étoit
richement ornée & éclairée par quantité de
lustres de cristal & par des flambeaux por
tez par des Bras » les Portraits du Roi & de
la Reine étoient placez fous un Dais de ve
lours Cramoisi , enrichi de galons , de crepifade
étoit alors dans toute fa beauté , & on
Ciseau du célèbre Puget , font un contraste de~
[agréable.
E vj
jio MERCURE DE FRANCE,
nés & de franges d'or. Les Violons étoîrtic:
placez fur des Amphithéâtres aux deux boucs,
de la Salle ; differens Buffets étoient remplis
de toute forte de Rafraîchissemens ; on pré
senta indifféremment â tout le monde & en
profusion des confitures , des liqueurs & des
eaux glacées de toute efpece. La Salle fut
aífez grande pour y danlèr en trois differens
endroits, Le Bal dura jusqu'à 7. heures du
matin.
Le second jour les Pauvres ressentirent les
effets de l'attention des Echevins. Sur les 9.
heures du matin une Compagnie de Bouchers
habillez en Gladiateurs , quynarchoient avec
des Tambours , escorta deux Boeufs qu'on
avoir égorgez & qui étoienc ornez de Guirlan
des ; ils furent portez chacun par quatre de
ces Gladiateurs à la Place Neuve où on les
rôtit tous entiers ; peu de gens fe refusèrent
à ce fpeótacle ; fur les 4. heures du soir ces
Boeufs furent portez devant l'Hôcel de Ville,
dépecez & distribuez. On y donna deux mille
pains, les Fontaines de vin coulant toujours»
outre cela on fit distribuer des charitez à un
grand nombre de personnes , qui fans ce
secours n'auroient pas participé a la joye pu
blique.
Sur le sòir, les quatre Compagnies dont on
a parlé , s'étant renduës devant l'Hôrel de Vil
le , & toute la Ville étant déja éclairée Comme
el le l'étoit le jour précédent ; le Marquis de
Pilles & les fc chevins , allèrent en Cc-rrmonie
a'iumer un Feu de ioye dressé â la Place de
Linche , au bruit réitéré de la Moufqueterie ,
des Boëtes , & de trois décharges que les Vais
seaux du Port firent de leurs Calons , on y tira.
ua grand nombre de fusée».. Le Corps.de TUfe
FEVRíER. 1730. 31*
alla ensuite chez M. Martin , second Echevin ,
1 qui à ion tour lui donnoit à souper ; sa Maison
tut éclairée avec distinction , les samez Royales
& de Monseigneur le Dauphin furent laluées
au bruit de toutes les Boëtes.
Cependant les Echevins avoient fait élever
un Arc de Triomphe au milieu. du Couis , en
tre les deux grands Bassins de marbre blanc ;
cet Edifice compoíé. de deux Ordres , avoic
depuis le Zocle jusqu'au Eronton qui le couronnort
5-4. piés de hauteur, fus jtf. de largeur.
Les deux principales Faces étoient tournées
l'une vers la Porte Royale > & l'autre vers la
Porte de Rome. II y avoit au milieu de chaque
Eace une grande ouverture ceintrée de 57. piés
de hauteur > fur 10. de largeur.
Le premier Ordre étoit posé fur un Zocle de
marbre brun de j. piés de hauteur , d'où s'éle-,
voient 4- Pilastres saillants d'un marbre jaspé ,
dont les Bases & les Chapiteaux étoient d'or
feint , portant une Corniche qui fer voit d'Im
poste à l'ouverture de l'Arc : les Pihsires les
plus proches dé cette ouverture formoient un',
Avant Corps ,. & des Piédestaux de marbre
blanc ornez de moulúresd'or qui s'élevo:ent
du Zocle y étoient adossés ^ I'entre-dr ux des;
Pilastres étoit rempli de Cartouches , dont les
bordures étoient d'or fur un fond de marbregris
dont tout f Edifice étoit bâti , & l'Entablement
étoit de marbreblanc, excepté laFrize
de lapis , enrichie de tous les orr.emens cpnvenables.
Les Cartouches portoient des Em
blèmes & des Devises.
Des Pilastres couplés & faillànts .. dont les
Bases & Chapiteaux étoient anifi d'or , for
moient le second Ordre qui étoit orné d'une:
Ceiniche de majbie blanc , d'oûí'élevoit un
Etontoite
i t £ MHÏICÛRÊ DÊ FRANCË. ^
Fronton triangulaire . dont le Timpan étoít de
rnarbre noir? les entre-deux de ces Pilastres
étoient remplis de Cartouches ausli remplis
íFEmblêmes & de Devises, & les Cartouches
étoient suspendus à des Festons, attachés à des
masques bronzés & aux volutes des Chapi
teaux.
Dans la Face opposée à la Porte Royale, orr
Voyoit dans le Frontispice les Atmes du Roy
soutenues par deux grands Génies ; & dans
• un riche Cartouche qui forrnoit la clef de
l'ArCjonlisoit cette Inscription en Lettres d'orí
Vublict IttitU Uonumentum tdajsilia civitas
fostiit , M. DCd XXIX.
Sur le sommet du Frontort qui cóuronnóît
tout l' Edifice, s'élevoit sur un Piédestal de
rnarbre une belle 8c grande Figure de Femme ,
Symbole de la Ville de Marseille , qui tenoie
le Portrait de Monseigneur le Dauphin , avec
ces mots qu'on li 1 oie dans un Cadre d'or fur
le Piédestal : Mitjftlia voti compts*
Sut deux autres Piédestaux , à côté de la Fi
gure de Marseille , on voyoit à droite la Re!i-<
gion habillée en Vestale , tenant un Vase d'or
qui exhaloit des Parfums , & à gauche la Justi
ce tenant la Balance d'une main & un Faisceau
d'armesde l'autre ; fur la Corniche de l' Arrierë-
Corps du premier Ordre , d'un côté on voyoit
- Apollon , & de l'autre Minerve , avec tous
leurs Attributs j & devant les Pilastres de
1" Avant Corps fur les Piédestaux qui s'éls-
Voient dt! 2ocle » orí voyoit d'un cô^é Mercure
Dieu du Commerce , tenant une Bourse rem
plie, & de l'autre Thetis tenant un Vaisseau ì
Voiles enflées , ayant à ses pieds des Coquil
lages , des Perles , du Corail , &c.
Tous les Cartouches étoient , comme on l'a
dit ,
fEVRTÊR; 1716;
dît ) remplis de Peintures symboliques , ceusí
des Pilastres supérieurs contenoient ces quatres
Emblèmes.
La première , un Aigle volant & un Aiglon
un peu mains élevé,avec ces mots : Superas docet
ire pir auras»
La seconde , Alcide dans le berceau étouf
fant deux Serpens: Nunc Alcides mox Her
cules,
La troisième , une Corne d'abondance t pré-*
sentant trois Roses & un Lys au-dessus beau
coup plus élevé: Vives jam copia Cornu.
La quatrième » un,Dauphin couronné sor
tant de la mer , environné d'une multitude
d'autres Poissons : Parriìs regnabit in undisj
Sur le Piédestal d'où s'élevoit la Figure de
Mercure, cn'avoit peint dans un Cadre d'or*
une Ancre où étoit entortillé un Dauphin avec
ees mots : Firmat & ornât ; & fur celui d'od;
s'élevoic Thttis on avoit peint la Planette de'
Jupiter & un de ses Satellites : Monsirat miner'
ignis iter.
Dans les Cartouches qui au-dessus de Mer
cure & de Thí cís rempliflòitnt les entre-deux
des Pilastres du premier Ordre , en voyois
ces deux autres Emblèmes.
Trois Homme» regardant un Arc en- Ciel'
& tournant le dos à un Soleil levant : Dat
signa & foedtra pacis Un Soleil naissant &
trois Etoiles qui commençoient à diíparoître í
Majora dabit Soi lum'ma terris^
Dans ta face de 1* Arc de Triomphe, tour-'
liée vers la Porte de Rome , on liíoit au fron
tispice qui étoit de marbre noir cette Infcrip-f
tion en lettres d'or : Serenijsime Galliar. Delfhino
natoprid, non. sept, conjf. N Joan.'B.n'velj
Francis. Martin, J*c, Remuant , Joa». Roman-.
M.DCC XXlXt
Sas
MERCURE DE FRANCE;
Sur la des de l" Arc , un riche Cartouche ,
contenoit ce Distique aussi en lectre d'or.
Expe&ate diò , per te Gens í rancie» neèìit*-
Perpétuas paci Utituque moras.
Sur le Timpan on voyoic s'élever trois gran
des Figures fur leurs Piédestaux, richementpeintes,;
celle du milieu qui paroiíToit fur le
sommet, reprefentoit la France, tenant d'une
màin les Armes de Monseigneur le Dauphin
& de l'autre des liens ou Guirlandes de fleurs.
avec lesquels elie tenoit comme enchaînées la
Paix & la Joye, représentées par les deux au
tres Figures qui étoient à fes côrëi. La Paixqui
étoic à droite avoit à ses pieds trois Gé
nies , dont un lui prefentoit un Rameau d'O--
livier , l'autre une Gorne d'abondance , 8c le
troisième paroilíoit occupé à briser des lances
& des flèches; la joye qui dtoir à gauche,
tenoit à la main un Caducée, & avnit à fespieds
des Feux d'artifice & toutes fortes d'ínstrumens
de Musique.
Sur les Piedestaux^qui s'éíevoierrt du Zocle,.
adossez, au Pilastre du premier ordre, on voyoic
de chaque côté une grande Figure. A droite
celle du Maréchal Duc de Viílars, Gouver
neur de Provence ,■ armé d'une Cuiralîe &-
d:un Bouclier, tenant à la main le Bâton de
commandcment-Un petit-Génie à ses pieds por
tait l'Ecu de les Aimes, 8í au dessous dansune
Bordure i'or on lisoit ces Vers fur le
piédestal de la Figure-
"La Guerre au plus haut point avait porté ma
gloire ,
C'est h mes foins qu'on dut la Faix i
Mais son plus fur garand & le plu: plein d'at~
traits x
FEVRIER. 1730. 31J
Man/jttoit à m» double victoire ,
XJ'ti Héros en naissant y met les derniers traits.
La Figure du côté gauche representoit en-'
core Marseille en Nymphe & dans une attitu^
de majestuejfe,regardant le Portrait deMonseifneur
le Dauphin que la France présentoir dit
auc du Timpan, auquel elle adressoic ces Vers*
Moi qui dans des teins s moins heureux ,
Met 1 ois ma gloire a n avoir point de Maître ,
Au bonheur d'obéir au Roi qui vous fit naître »•
Jt borne aujourd'hui tous mes voeux ,
Comme il est mon Héros vous devez, un jour Vêt rt;
Mais le plus tard fera le mieux.'
Deux grands Génies qu^ s'élevoíent fur Ia>
Corniche du premier ordre, tenoient chacur»
irn Cartouche; on avoit peint dans l'un une colomne
soutenant une partie d'un Edifice avec'
ces mots; Columenque decufque :8c dans l'au
tre des illuminations & des Feux d'artifice
a'vec ces mots.. Veiïora ardetitiùs.
Dans deux autres Cartouches placez audessous
dans les entre- colonnemens de-ce pre
mier ordre, on voyoit dans l'un des Oliviers
qui reçoivent les rayons du Soleil levant, avec
ces mots : Oleas foecundat ab ortu :' & dans
1 autre un Vaisseau , fur la poupe duquel paroissoit
Arion jouant de la Lyre , & fur l'eau,
un Dauphin avec ces mots : Cantu precibujque
VocatHs.
Les Cartouches placez des deux côte* dans
les entre- deux des Pilastres supérieurs contenoient
4. autres Emblèmes. La première des
deux qui écoienc fous la figure de la Joye,.
«ost
;i£ MËRCURË DE Ï*RANÍCE.
étoit un Soleil levant regardé par un Lyórí ,
tin Aigle & un Léopard : Unum fusficitmt omiies:
& l'autre étoit un Dauphin sur la íurface
de la Mer : Mole mìnìr fed Majejìate vcrendús.
La première de celles qui étoient placées de
l'autre côté fous la Figure de la Joye , vepre*
sentoit deux Bergers tendans lès mains vers
le Ciel, à la vue d'une pluye qui tombe , &
la Terre couverte de fleurs desséchées : Preci*
bus alcftia: l'autre faisoit voir trois'Etoiles*
deux ensemble & une plus éloignée j & toutes
trois touchées par les rayons du Soleil nais
sant : Pttlchrior exibit fí fr&eeffere minâtes.
Cet Arc de Triomphe , qui par la beauté du
dessein , la magnificence de sa structure & le
succès de l'execution , avoit déja attiré tous
les regards , les fixi entièrement lorsque le i<u
Septembre au soir il fut éclairé d'une multitude
infinie de Lampions», qui joints à s'illumina-,
tion de tòutes les maisons du Cours , qui font
toutes d'une même hauteur & Architecture,
avec des Balcons, dissipèrent entièrement les
ténèbres. Les 4. Compagnies entrèrent dans
íè Cours par l' Avenue qui est du côté de la
Porte Royale , passèrent fous l'Arc de Triom
phe , firent une salve devant ce Monument &
allèrent se ranger en bon ordre autour de la
Place S, Louis , où le Feu de joye étoit dressé.
Lorsque le Gouverneur- Viguier & les Eche
vins l' eurent allumé, il sortit des 8. Colomnes
posées autour des Portiques de l'Edifice du
Feu & des Caisses placées fur les Corniches
de l'Arc de Triomphe, un fi grand nombre de
fusées, que se croisant ensemble elles firenï
paroître comme une voute de feu , qui occupoit
ce qu'il y a d'espace entre la Place sainÉ
louis & celle de l'Arc de Triomphe. On en
tendit
FEVRÍÉR. T730. itfy
iendit alors une salve de toute la Mousquets
rie , celle de zoo. Boëces, te plus de 500. coups
de Canons que tirèrent les Vaisseaux. Ce bruie
joint à celui des Trompettes , des Timbales 8C
des Tambours > au son des Hautbois & des
Violons , & aux acclamations de tout un grand
Peuple; tout cela fit un effet surprenant.
Le Corps de Ville se rendit ensuite cheA
M. Ramusat , premier Echevin nouvean, qui
f avoit invité pour ce loir-là , sa Maison étoit
ingénieusement éclairée , il y eut y o- Boëtes ti
rées à chaque Santé Royale que l'on but.Aprèí
le Repâs on alla au Concert que les Echevins
donnèrent dans la Salle de la Loge > elle étoit
ornée comme on l'a dit. Le Concert étoit com
posé des meilleurs Instrumens & des p'us belles
voix de l'Academie de Musique & de l' Opérai
11 y eut une affluence infinie de monde. Au
Concert succéda le Bal qui dura jusqu'à neuf
heures du matin, & on diítribua des Confitures
& des Rafraîchissemens comme le premier iour«
M. Roman > Echevin , qui pendant ces trois
jours n'avoit pu donner fa Fête en particulier,
invita le Corps de Ville à souper le premier/
d'Octobre. La situation avantageuse de sa matson
fit encore plus remarquejr son illumina
tion. Les Boëtes se firent entendre . le Repas
fut suivi du Bal, & fa Fête fut cofhme une
extension des Réjouissances publiques. La pro
preté 5 la délicareflè & Tabondance régnèrent
dans tous les repas donnez par les Echevins.
Les Intendans de la Santé ont aussi marqué
leur joye par une Fête particulière;- ils prièrent
les Echevins d'assister au Te Deum qu'ils firent
chanter dans la Chapelle des Infirmeries.» on
alluma ensuite un Feu de joye qu'ils a voient
fait préparer hors des Enceintes ; on fie une
iiì MERCURE m FR ÂlSsCÉ.
décharge de cent cinquante Boëtes > & orir tirai
plusieurs Gerbes de Fusées , toute la façade du
Bureau de la Santé qu'on avoit ornée d'Em
blèmes, &c. étoit parfaitement illuminée, de
même 'que la Porte du grand Pavillon des In
firmeries & les Portes de la double enceinte.'
Ils se rendirent ensuite en un Pavillon voisin ,•
«û l'on servit un Ambigu, & on tira cinquante
Boëtes à chaque Santé Royale
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Résumé : RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
En septembre, Marseille a célébré la naissance du Dauphin avec des festivités grandioses. Bien que la ville n'ait pas initialement fourni de descriptions pour un livre historique, un mémoire imprimé retrouvé en février 1730 a permis de rendre compte des événements. Les réjouissances ont débuté le 17 septembre avec des trompettes, tambours et cloches annonçant la fermeture des boutiques et l'illumination des maisons. Le 18 septembre, les galères et vaisseaux étaient ornés, et le peuple dansait dans les places publiques. Le Marquis de Pilles, gouverneur de Marseille, et les échevins ont assisté à une messe solennelle à la cathédrale, suivie d'un Te Deum et d'une procession générale avec des reliques. La ville était illuminée, et des feux de joie étaient allumés. Les échevins ont organisé des fêtes, des soupers et des bals, et ont distribué des aumônes aux pauvres. Un arc de triomphe décoré d'emblèmes et de devises a été érigé sur le Cours. Les festivités incluaient des feux d'artifice et des salves de mousqueterie. L'arc de triomphe présentait diverses figures allégoriques et emblèmes symboliques. Sur la corniche, une figure tenait une balance et un faisceau d'armes, flanquée d'Apollon et de Minerve. Devant les pilastres, Mercure, dieu du Commerce, tenait une bourse remplie, et Thétis tenait un vaisseau à voiles enflées, entourée de coquillages, de perles et de corail. Les cartouches étaient remplis de peintures symboliques. Les emblèmes incluaient un aigle et un aiglon avec l'inscription 'Superas docet ire piras', Alcide étouffant deux serpents avec 'Nunc Alcides mox Hercules', une corne d'abondance avec 'Vives jam copia Cornu', et un dauphin couronné sortant de la mer avec 'Parvis regnabit in undis'. Sur les piédestaux, des figures de Mercure et Thétis étaient accompagnées d'emblèmes supplémentaires comme des hommes regardant un arc-en-ciel et un soleil levant avec 'Dat signa & foedera pacis', et un soleil naissant avec 'Majora dabit Sol lumina terris'. L'arc de triomphe portait une inscription en lettres d'or dédiée au dauphin, avec des distiques en latin. Sur le tympan, la France était représentée tenant les armes du dauphin et des guirlandes de fleurs, enchaînant la Paix et la Joie. La Paix était accompagnée de génies offrant un rameau d'olivier et une corne d'abondance, tandis que la Joie tenait un caducée et des feux d'artifice. Des figures du maréchal Duc de Villars et de Marseille en nymphe étaient également présentes, avec des vers dédiés à leur gloire et à leur loyauté. Les festivités incluaient des concerts, des bals et des feux d'artifice, avec des réjouissances publiques et des fêtes privées organisées par les échevins et les intendants de la santé.
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4810
p. 318-320
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes.
Début :
Les Jesuites de la Ville de Rennes furent assez heureux pour annoncer les premiers [...]
Mots clefs :
Église, Réjouissances, Naissance du Dauphin, Jésuites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes*
LEs Jésuites de la Ville de Rennes furent
assez heureux pour annoncer les premiers?
au Public la grande nouvelle de la Naissance
«lu. Dauphin- , plusieurs Lettres en avoient dé/ainstruit
les personnes les plus qualifiées , mais'
íé Peuple l'apprit par une décharg-e generale'
& réitérée des Canons conduits fur les bords*
dé la Villaine , qui arrose les: dehors du Col
lège. Le lendemain 8. de Septembre , on y
continua c?s éclatantes démonstrations d'allé
gresse , & le Pere Eo-n , ancien Prédicateur du1
Roi , parla éloquemment dans le Sermon de la
Fête au' noìn de la Compagnie, fur l'heureu*
présent que le Cîel venoit de faire à la France,-
& y joignit les voeux les plus tendres auprès*
du Seigneur pòur la conservation d'un si pré
cieux dépôt- ( ( .
Ces premiers témoignages furent simples.'
le peu de temps qu'on avoit ne permettoit pas
d'en faire davantage; mais ils ne surent que"
fes préludes de la Fête qui fe prépara pour Je
rhardy io. du même mois.- Elle commença fur
fes quatre heures du soir par une salve generafe
d'Artillerie , suivie des Fanfares, des Trom^
jettes 8e' du bruit des Tambours. Ùne multi
tude-
\
FEVRIER. Ï730. ^
I tàde incroyable de Peuple se rendit à l'Eglise
" des Jésuites , en assiégea les avenues , ne
Eouvant y entrer. Cette Eglise est un des plus
eaux morceaux d'Architecture qui soit dan?
le Royaume ; on en doit le dessein au famé u*
F. Martelange, cjui traça celui de l'Eglise du
ï^oviciat desjesuites deParis,& l'execution à la
liberalitédesNobles JSourgeois deRennes.Deux
Tours octogones accompagnent le Frontispice,
& le milieu de ce.superbeYaisseau est couronné
d'une Tourelle en forme de Lanterne, d'un)
travail exquis 5 ce fut là que fe dressa tout
ì'appareil d'une magnifique illumination.
Après que le Te Deummz été chanté avec
l'accompagnement des Flûtes , Hautbois Sc
Tambours , on fit une décharge generale da
Boëtes , on cria plusieus fois , Vive ie Ror ,
Vive ia Reine, Vi.ve Monseigneur is
Dauphin. La nuit cornmençoit lorsqu'on sortk
de l'Eglise; toute sa large façade parut char?
gée des plus brillantes lumières, aussi bien que
son Frontispice. Les Ceintres,le$ Entabletriens
les ouvertures étoient couvertes d'une infinité
de Lampions , difpoíez avec art &: assez mé
nagez pour y 1; ílìer appercevoir des caractè
res hyorogiyphiques à l'fconneur du Roi, de la
Reine & du Dauphin. Le sommet des Tours,
les Balustrades qui y règnent & la Lanterne
étoient chargez de Pots à feu, de Globes lu
mineux & entrelassez d'Ecufíons aux Armes
du Dauphin, qui étoient éclairez par des lu
mières postiches 5 les Trompettes, les Haujbois
& les Tambours fe faifoient entendre du
haut de ces Tours, & répandoient de toutes
parts leurs sons d'allégresses. Les Fusées par
tirent eh abondance , & se mêlant dans les
airs y dissipèrent de temps-en- temps les té
nèbres.
: •
3ìo MERCURE DE FRANCE,
«ebres de la mut. L'oeil n'e'toit pas seulement
frappé du spectacle , l'oreille étoit agréable
ment .flattée par les voix mélodieuses d'une
.troupe chokîé, qui repetoit à differens Choeurs
Aine Chanson fâite à l'occasion de l'heureux
jour.L'Illumination dura quatre jours; la Ville
ue fut pas la feule à en avoir I'agrement , les
lieux circonvoifins placez par la Nature en
differens Amphithéâtres , eurent l'avantage
d'avoir pendant plusieurs nuits ce charmant
point de vûë.
LEs Jésuites de la Ville de Rennes furent
assez heureux pour annoncer les premiers?
au Public la grande nouvelle de la Naissance
«lu. Dauphin- , plusieurs Lettres en avoient dé/ainstruit
les personnes les plus qualifiées , mais'
íé Peuple l'apprit par une décharg-e generale'
& réitérée des Canons conduits fur les bords*
dé la Villaine , qui arrose les: dehors du Col
lège. Le lendemain 8. de Septembre , on y
continua c?s éclatantes démonstrations d'allé
gresse , & le Pere Eo-n , ancien Prédicateur du1
Roi , parla éloquemment dans le Sermon de la
Fête au' noìn de la Compagnie, fur l'heureu*
présent que le Cîel venoit de faire à la France,-
& y joignit les voeux les plus tendres auprès*
du Seigneur pòur la conservation d'un si pré
cieux dépôt- ( ( .
Ces premiers témoignages furent simples.'
le peu de temps qu'on avoit ne permettoit pas
d'en faire davantage; mais ils ne surent que"
fes préludes de la Fête qui fe prépara pour Je
rhardy io. du même mois.- Elle commença fur
fes quatre heures du soir par une salve generafe
d'Artillerie , suivie des Fanfares, des Trom^
jettes 8e' du bruit des Tambours. Ùne multi
tude-
\
FEVRIER. Ï730. ^
I tàde incroyable de Peuple se rendit à l'Eglise
" des Jésuites , en assiégea les avenues , ne
Eouvant y entrer. Cette Eglise est un des plus
eaux morceaux d'Architecture qui soit dan?
le Royaume ; on en doit le dessein au famé u*
F. Martelange, cjui traça celui de l'Eglise du
ï^oviciat desjesuites deParis,& l'execution à la
liberalitédesNobles JSourgeois deRennes.Deux
Tours octogones accompagnent le Frontispice,
& le milieu de ce.superbeYaisseau est couronné
d'une Tourelle en forme de Lanterne, d'un)
travail exquis 5 ce fut là que fe dressa tout
ì'appareil d'une magnifique illumination.
Après que le Te Deummz été chanté avec
l'accompagnement des Flûtes , Hautbois Sc
Tambours , on fit une décharge generale da
Boëtes , on cria plusieus fois , Vive ie Ror ,
Vive ia Reine, Vi.ve Monseigneur is
Dauphin. La nuit cornmençoit lorsqu'on sortk
de l'Eglise; toute sa large façade parut char?
gée des plus brillantes lumières, aussi bien que
son Frontispice. Les Ceintres,le$ Entabletriens
les ouvertures étoient couvertes d'une infinité
de Lampions , difpoíez avec art &: assez mé
nagez pour y 1; ílìer appercevoir des caractè
res hyorogiyphiques à l'fconneur du Roi, de la
Reine & du Dauphin. Le sommet des Tours,
les Balustrades qui y règnent & la Lanterne
étoient chargez de Pots à feu, de Globes lu
mineux & entrelassez d'Ecufíons aux Armes
du Dauphin, qui étoient éclairez par des lu
mières postiches 5 les Trompettes, les Haujbois
& les Tambours fe faifoient entendre du
haut de ces Tours, & répandoient de toutes
parts leurs sons d'allégresses. Les Fusées par
tirent eh abondance , & se mêlant dans les
airs y dissipèrent de temps-en- temps les té
nèbres.
: •
3ìo MERCURE DE FRANCE,
«ebres de la mut. L'oeil n'e'toit pas seulement
frappé du spectacle , l'oreille étoit agréable
ment .flattée par les voix mélodieuses d'une
.troupe chokîé, qui repetoit à differens Choeurs
Aine Chanson fâite à l'occasion de l'heureux
jour.L'Illumination dura quatre jours; la Ville
ue fut pas la feule à en avoir I'agrement , les
lieux circonvoifins placez par la Nature en
differens Amphithéâtres , eurent l'avantage
d'avoir pendant plusieurs nuits ce charmant
point de vûë.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes.
À Rennes, les Jésuites ont annoncé la naissance du Dauphin par des salves de canons sur les bords de la Vilaine. Le 8 septembre, des démonstrations de joie ont continué, avec un sermon élogieux du Père Eon. Une fête plus grandiose a été organisée le 10 septembre. Elle a débuté à 16 heures par une salve d'artillerie et des fanfares. Une grande foule s'est rassemblée à l'église des Jésuites, un chef-d'œuvre architectural financé par les nobles et bourgeois de Rennes. L'église était magnifiquement illuminée avec des lampions et des hiéroglyphes en l'honneur du Roi, de la Reine et du Dauphin. Les tours et la lanterne étaient ornées de pots à feu et de globes lumineux, accompagnés de musique. Des fusées ont été lancées pour disperser les ténèbres. L'illumination a duré quatre jours, offrant un spectacle magnifique à la ville et aux environs.
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4811
p. 320-322
CHANSON, Chantée à la Fête des Jesuites de Rennes,
Début :
Chantons du nouveau Dauphin, [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Gloire, Rennes, Fête des jésuites, Jésuites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON, Chantée à la Fête des Jesuites de Rennes,
A l'ouverture des Classes, les Profefîeurj
célébrèrent à l'envi la glorieuse Naissance du
Dauphin j ils exprimèrent en Vers ou en Prose
tout ce que le coeur put leur inspirer de voeux.
& de présages à la gloire du Prince nouveau né,
Chantée a la Fête desjesìtitet de Rentes,
#">Hantons du nouveau Dauphin ,
Nous voyons s'accomplir enfin ,
Nos voeux, notre espérance ,
Que chacun d'un si beau destin S
Applaudislè à la France.
Aussi tôt qu'il a vû le jour «
Une vive allégresse,
Et de la Ville & de la Cour i
A banni la tristeííe ,
Tout François en cet heureux jour,,
fuit l'auâere sagesse
CHANSON,
De*
FEVRIER. 173e.
Des biens que nous en attendons ,
Quelle preuve éclatante ,
Déja dans la nuit des priions ,
Cette Aurore naifíante,
Porte de ses premiers rayons ,
La lueur bienfaisante.
II naît au milieu de la Paix,
Quel favorable augure !
Pour le bonheur de ses fuiets »
Qu'en pouvons- nous conclure ,
Que tous ses jours par des bienfaits 3
Seront conte? , j'en jure.
Il aura l'air , la majesté ,
De son auguste Père,
La .douceur & la pieté
De son aimable Mere :
. Dieux , pour notre félicité ,
En pouviesyous P^us
_
V Amour est , dit-on , en courroux^
Eh , qui pourroit le croire »
Au Piince > des attraits plus doux, -
Assurent la victoire :
Mars ne sera-t-il point jaloux ,
Quelque jour de fa gloire.
Les Jeux Si les Ris à l'iiistanr,
$î* MERCURE DE FRANCE.
iCette Troupe volage,
Au Berceau de ['illustre Ensanc ,
•Coururent faire hommage,
lis feropt son amusement*
Mais pendant 'ion bas âge.
Quand li raison éclairera
Ses premières années ,
A ses yeux on dévoilera ,
Ses hautes destinées ,
Son Pere seul le guidera,
Aux routes fortunées.
Pour faire couler dans son coeur ,
Une ardeur héroïque,
Qu'il ne Use jamais d'Auteur,
Ni de vieille Chronique,
Car dans fa maison la valeur ,
S'apprend par la pratique.
Mais s'il veut frapper l'Univers»
De l'éclat de fa gloire ,
/Voler chez cent Peuples divers ,
Qu'il lise bien l'Histoire
D'un Roi plus grand dans les revers f
Qu'au sein de la victoire.
D. R. J.
On trouvera l^ir noté avec la Chanson
sage 367.
célébrèrent à l'envi la glorieuse Naissance du
Dauphin j ils exprimèrent en Vers ou en Prose
tout ce que le coeur put leur inspirer de voeux.
& de présages à la gloire du Prince nouveau né,
Chantée a la Fête desjesìtitet de Rentes,
#">Hantons du nouveau Dauphin ,
Nous voyons s'accomplir enfin ,
Nos voeux, notre espérance ,
Que chacun d'un si beau destin S
Applaudislè à la France.
Aussi tôt qu'il a vû le jour «
Une vive allégresse,
Et de la Ville & de la Cour i
A banni la tristeííe ,
Tout François en cet heureux jour,,
fuit l'auâere sagesse
CHANSON,
De*
FEVRIER. 173e.
Des biens que nous en attendons ,
Quelle preuve éclatante ,
Déja dans la nuit des priions ,
Cette Aurore naifíante,
Porte de ses premiers rayons ,
La lueur bienfaisante.
II naît au milieu de la Paix,
Quel favorable augure !
Pour le bonheur de ses fuiets »
Qu'en pouvons- nous conclure ,
Que tous ses jours par des bienfaits 3
Seront conte? , j'en jure.
Il aura l'air , la majesté ,
De son auguste Père,
La .douceur & la pieté
De son aimable Mere :
. Dieux , pour notre félicité ,
En pouviesyous P^us
_
V Amour est , dit-on , en courroux^
Eh , qui pourroit le croire »
Au Piince > des attraits plus doux, -
Assurent la victoire :
Mars ne sera-t-il point jaloux ,
Quelque jour de fa gloire.
Les Jeux Si les Ris à l'iiistanr,
$î* MERCURE DE FRANCE.
iCette Troupe volage,
Au Berceau de ['illustre Ensanc ,
•Coururent faire hommage,
lis feropt son amusement*
Mais pendant 'ion bas âge.
Quand li raison éclairera
Ses premières années ,
A ses yeux on dévoilera ,
Ses hautes destinées ,
Son Pere seul le guidera,
Aux routes fortunées.
Pour faire couler dans son coeur ,
Une ardeur héroïque,
Qu'il ne Use jamais d'Auteur,
Ni de vieille Chronique,
Car dans fa maison la valeur ,
S'apprend par la pratique.
Mais s'il veut frapper l'Univers»
De l'éclat de fa gloire ,
/Voler chez cent Peuples divers ,
Qu'il lise bien l'Histoire
D'un Roi plus grand dans les revers f
Qu'au sein de la victoire.
D. R. J.
On trouvera l^ir noté avec la Chanson
sage 367.
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Résumé : CHANSON, Chantée à la Fête des Jesuites de Rennes,
Le texte célèbre la naissance du Dauphin, héritier du trône de France. À l'ouverture des Classes, les professeurs ont exprimé leurs vœux et leurs présages en faveur du nouveau prince. La naissance du Dauphin a suscité une grande allégresse tant à la cour qu'à la ville, mettant fin à la tristesse. Une chanson composée pour l'occasion souligne les bienfaits attendus de ce nouvel héritier, né en temps de paix, et prédit qu'il héritera de la majesté de son père et de la douceur de sa mère. Les dieux sont appelés à favoriser ce prince, dont les attraits doucereux pourraient même apaiser Mars, le dieu de la guerre. Les muses, représentées par la troupe volage de Mercure, rendent hommage au berceau du prince et promettent de l'amuser pendant son bas âge. Plus tard, son père le guidera vers des destinées héroïques, en lui inculquant la valeur par la pratique plutôt que par les livres. Pour briller par sa gloire, il est conseillé au Dauphin de lire l'histoire d'un roi qui a su triompher dans les revers autant que dans les victoires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4812
p. 323-328
EXTRAIT d'un Discours prononcé à Rennes sur la Naissance du DAUPHIN.
Début :
Le Pere Coriou, Professeur de Rethorique au College des Jesuites de la Ville de Rennes [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Jésuites, Discours, Orateur, Vertus, Larmes, Princes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Discours prononcé à Rennes sur la Naissance du DAUPHIN.
E XTR AlT d'un Discours prononcé h
' Rennes fur la Naissance du Dauph i n.
LE Pere Coriou , Professeur de Rethorique
au Collège des Jésuites de la Ville de Rennés
, n'a semblé différer de célébrer I'heuteuse
Naissance d'un Dauphin, qu'afin de re
veiller la joye publique par les motifs les plus
interessans pouj la France.
Le Programme étoit conçu en ces termes.:
Telfhinum Varentìbus, Parentes Delphino gratulahìtur
Orator, Le dessein étoit naturel,
mais il fut traité d'une façon qui le rendit, fìnr
gulier à son ingénieux Auteur.
L'Orateur dans son Exorde , conduisoit Iei
ris & les grâces au berceau de l'Auguste En
fant, rien ne s'y offre que d'aimable & d«
propre à fixer les regards. L'amour des Pranr
çois se mêle à cette troupe badine. Les Zephirs
raccompagnent » re:pcctent & augmen
tent le sommeil du Dauphin. II viendra un
tems où la valeur & la gloire ne troubleront
.que trop son repos. L'Exorde étoit terminé
{>ar un Compliment à l'Illustre Chef du Par
ement de Bretagne, qui honoroit l'Oraceur
de fa présence.
L'Orateur entra dans fa première Partie, en
marquant que les Enfans des Rois naissent à &
yerité dans les larmes comme les autres , mais
que la Grandeur , la Majesté , 1 allégresse sui
vent de près les premiers instants de leur séjour
sur la terre. Nafcuxtur ut ateris ìmperent hotninil/
tts ìnter ques fe'dent ut Patres , t minent
Ht foles , coluntur ut numina.
. Ensuite il félicita le Roy & la Reine d'ayoir
un Dauphin, puisque cetoe Naissance* dis.
- - '■ 1 F sijpe
3a4 MERCURE DE FRANGE,
sipe toutes les inquiétudes du Roy, puisqu'elle
donne un nouvel accroissement à l'autorité de
la Reine.
i'9-, Qu'il est douloureux à un Grand Roy
de se voir privé d' un héritier de son Thrône! A
quoi même les Peuples rie sont-ils pas exposés
dans défi critiques conjonctures i L'áge de nos
'Pères ne nous -en est qu'un" trop fidèle garand.
les Guerres intestines ou Etrangères dont il?
furent les victimes , l'ambition , la perfidie >
qu'allumèrent les intérêts divisés , font sentir
Je déplorable état d'un Royaume dont le Mo
narque n'a point de Fils auquel il transmette
sa Couronne. La France n'a plus à redouter
de pareils malheurs. Le Dauphin , heureux
présage du calme . écarte en naisíant toutes les;
tempêtes que nous pouvions redotiter.
Les larmes que nous versâmes fur la perte
de "nos Princes, font taries dans un jour £
forrttné. L'Orateur exposa ici les justes dou
leurs qui saisirent tous les François à la mort
des Princes. Leurs caractères étoient maniés
4e plus délicatement. Celui du feu Roy plus
Çrand dans ses revers qu'au milieu de l'éclat
de ses prospérités , couronnoit ces magnifiques
-éloges.
Après tant d'alarmes , un Astre nouveau
s'élève, & nous fournit les plus heureux au
gures pour rendre la fortune tributaire à ses
armes , donner la loy aux Nations jalouses ,
faire trembler les Rois , affermir son Trône par
de nouvelles conquêtes . ce fera un "jour l'occupation
du Dauphin. Les Augustes , les Tites,
les Alexandres , les Henrys & les Louis , feront
ses modelés ; mais s'il se peut , il les surpas
sera.
- j>. L'autorité de la Reine s'accroît à la
• Náïflanc*
FEVRIER. 1730."
íîíaissance d'un Dauphin. II a été l'objet de ses
demandes & de ses soupirs. L'Orateur congra
tula la Bretagne, d'avoir trouvé dans sainte
Anne un de ses Anges turelaires , qui ait porté
au Trône de TEternel l'encens de ses prières »
pour obtenir un bien si précieux; quoiqu'ajottta
t il , il n'est aucun Temple dans la France
qui n'ait retenti des Voeux qu'on y a addressé,de
concert avec les désirs de la Reine. II prit à té
moin les aziles secrets où elle presentoit au
Tout- puissant ses prières les plus ferventes , '
les Vierges consacrées à Dieu , les pauvres qui
ont intcrrefle le Ciel à combler les Voeux de
leur Bienfaitrice. Il invita ses Auditeurs i
contempler cette Princesse aux pieds de sainte
iGenevieve > y répandant d'abord ses larmes
& ses désirs , Sc peu après > les tendres gages
de fa reconnoiffance.
Il fit voir par le détail de ses hautes qualitez,,
que la Reine leur doit Péclat du rang qu'elle
occupe. Aujourd'hui comme une autre Cor*
-nelie» elle montre dans son Dauphin le plus
précieux de ses Trésors. Ce fera aussi le Tré
sor de tous les malheureux. Le coeur de la
Reine compatira à toutes les misères , & le
Dauphin à qui elle ies postera , suffira pour les
bannir dans tous les Etats. C'est à cet usage,
que la Reine consacrera l'accroiilèment nou-
.Veau de son autorité.
De cette première Partie , l'Orateur conclut
que les François retrouvent à Ja 'Naissance du
Dauphin leur bonheur , uni à celui du Roy St
de la Reine.
L'Orateur commençoit la seconde Partie, en
disant que le Dauphin ne devoit •point enviée
aux anciens Héros la Noblesse de leur origine,
■wrexcellencc des Maîtres fous qui ils s'étoiene
F ij fuîmes.
■%*6 MERCURE DE FRANCE,
formez. Le Roy son Pere lui apprendra l'art de
régner . la Reine sa Mere sera son Modelé dans
ice qu'il doit à la Religion.
i°. C'est beaucoup de fournir le Sang des
Rois , c'est plus de former un Roy. C'est le
double bien que Louis XV. transporte à son
Dauphin. Autrefois il mit les délices à cultiver
des Fleurs ; il s'en présente une à ia culture
qui aura tous ses foins.
G'eít sous un tel Maître que le Dauphin ap
prendra à mériter l'amour des Peuples , à es
suyer leurs larmes , à procurer leur félicité >
à en devenir le Pere-
C'est fous un tel Maître qu'il apprendra à
donner des Batailles & à y vaincre. Les autres
n'apprennent à commander qu'à leurs dépens ,
pu par une longue expérience. Les Bourbons
naissent Héros & triomphateurs.
, C'est sous un tel Maîrre qu'il apprendra à
préférer les vertus pacifiques aux vertus GuerrieresL,
. . Déja la paix est née avec le Roy son
Pere, il s'emprefiera comme lui d'accroître
son Temple.
Ênfin , point de vertus héroïques dont le
Dauphin ne trouve en son Pere l'éclatant mo
delé ; Hector, Achille, César ou Alexandre
Îeuyent servir de Guides aux autres Princes ,
,oúis est le seul que le Dauphin doive consul
ter , puisqu'il a tout ce qui fait & les Grandi
Rois & les bons Rois.
i°. La tendre pieté de la Reine n'est pas une
leçon moins précieuse pour le Dauphin. Au
trefois Saùl demanda à David quelle étoit fa
Famille. A peine Peut- il fçu , qu'il connut que
le jeune David devoit être l'appui de la Reli
gion en Israël : II suffit de seavoir que le Dau
phin a pour Mere la plus religieuse Prineeiie,
FEVRIER. Ï730'. jl?
p«ur augurer quel sera son zele pour la Reli
gion de ies Pères.
L'Orateur exposa avec rout l'art possible les
exemples de pieté que la Reine fait briller aux
yeux de íës Sujets , & avec quelle ardeur elle
conservera pour le Ciel le Héros qu'elle en a
reçu.
Il marqua ensuite que les Nations Etrangères
préparent leurs Princes à l'exercice des vertus
par des Symboles qui leur en retracent la prati-
!^ue dès l'enfance j le Dauphin n'a besoin pour
è former à la prêté , que des foins d'une
Reine dont le coeur est l'Autel même de-la
Religion. II fit le parallèle d'Annibal présenté
aux Autels, & dont la consécration n'eut dèslors
rien que de funeste gux Romains , & ce
lui *du Dauphin offert au Seigneur , & en qui
la Religion dès ee moment a reconnu son ap
pui & son vengeur.
L'Orateur conclut cette seconde Partie, en
recueillant les avantages que l'éducatton pa
ternelle & maternelle vont Ini procurer. II la
termine par les Voeux les plus touchants pour
•la conservation d'un fi cher Dépôt. I! n'a rien
de plus grand à désirer à son Héros naiíìànt ,
que de ressembler à Louis & à Marie , vivat
dignus Pâtre , vivat digvus Matre , vivat
utrique fimilis.
L'accompagnement de la Harangue répon-.'
dok au sujet. La Salle étoit décorée de super*
bes Tapisseries , fur lesquelles éroient dans un
riche enfoncement les Portraits du Roy & de
la Reine , & l'Ecusson du Dauphin. Ils étoienc
couronnés d'un Dais , & éclairés par une in
finité de lumières. Plusieurs Lustres & Giran
doles éroient placés de distance en distance.
L' Assemblée étoit des plus choisies. M. de Bril-
F iij lac
fttt MERCURE'DE FRANCE.
lac, Premier Président , s'y trouva â la tête de?
plusieurs Presidens. à Mortier & Conseillers
du Parlement.
Le Discours fini , on donna à l'Orateur les
applaudillemens que déja plusieurs fois pen-' ^i
dant l'adtion , l'admiration unanime n'avoic
pû suspendre. On fut agréablement frappé en'
sortant-, de trouver toute la Cour du Collège'
illuminée } chaque Croisée étoic chargée de
Piramides de Lampions, ou chargée de Pots
à Feu , ou d'Ecuílons aux Armes du Roy , de'
là Reine & du Dauphin. Un grand Bûcher
étoit préparé au milieu de la Cour. Cent Ecoî
lîers richement habillés 7 & portant chacun un-
Drapeau j firent autour diverses évolutions ,
& deux des plus qualifiés y mirent le feu au
bruit des Tambours & dés Trompettes. Les<
Boëtes tirèrent avec un fracas qui n'avoit rien
que de superbe ; les Fusées se mêlèrent dans les
airs, 3i firent disparoître pendant quelques)
heures , les ténèbres de la nuit. Le Public pa*
nu charmés du Spectacle, & ranima à cette
nouvelle Fête les premiers sentimensde joye
tìjue la Naissance du Dauphin avoic causé 3 f
avoit quelques mois.
' Rennes fur la Naissance du Dauph i n.
LE Pere Coriou , Professeur de Rethorique
au Collège des Jésuites de la Ville de Rennés
, n'a semblé différer de célébrer I'heuteuse
Naissance d'un Dauphin, qu'afin de re
veiller la joye publique par les motifs les plus
interessans pouj la France.
Le Programme étoit conçu en ces termes.:
Telfhinum Varentìbus, Parentes Delphino gratulahìtur
Orator, Le dessein étoit naturel,
mais il fut traité d'une façon qui le rendit, fìnr
gulier à son ingénieux Auteur.
L'Orateur dans son Exorde , conduisoit Iei
ris & les grâces au berceau de l'Auguste En
fant, rien ne s'y offre que d'aimable & d«
propre à fixer les regards. L'amour des Pranr
çois se mêle à cette troupe badine. Les Zephirs
raccompagnent » re:pcctent & augmen
tent le sommeil du Dauphin. II viendra un
tems où la valeur & la gloire ne troubleront
.que trop son repos. L'Exorde étoit terminé
{>ar un Compliment à l'Illustre Chef du Par
ement de Bretagne, qui honoroit l'Oraceur
de fa présence.
L'Orateur entra dans fa première Partie, en
marquant que les Enfans des Rois naissent à &
yerité dans les larmes comme les autres , mais
que la Grandeur , la Majesté , 1 allégresse sui
vent de près les premiers instants de leur séjour
sur la terre. Nafcuxtur ut ateris ìmperent hotninil/
tts ìnter ques fe'dent ut Patres , t minent
Ht foles , coluntur ut numina.
. Ensuite il félicita le Roy & la Reine d'ayoir
un Dauphin, puisque cetoe Naissance* dis.
- - '■ 1 F sijpe
3a4 MERCURE DE FRANGE,
sipe toutes les inquiétudes du Roy, puisqu'elle
donne un nouvel accroissement à l'autorité de
la Reine.
i'9-, Qu'il est douloureux à un Grand Roy
de se voir privé d' un héritier de son Thrône! A
quoi même les Peuples rie sont-ils pas exposés
dans défi critiques conjonctures i L'áge de nos
'Pères ne nous -en est qu'un" trop fidèle garand.
les Guerres intestines ou Etrangères dont il?
furent les victimes , l'ambition , la perfidie >
qu'allumèrent les intérêts divisés , font sentir
Je déplorable état d'un Royaume dont le Mo
narque n'a point de Fils auquel il transmette
sa Couronne. La France n'a plus à redouter
de pareils malheurs. Le Dauphin , heureux
présage du calme . écarte en naisíant toutes les;
tempêtes que nous pouvions redotiter.
Les larmes que nous versâmes fur la perte
de "nos Princes, font taries dans un jour £
forrttné. L'Orateur exposa ici les justes dou
leurs qui saisirent tous les François à la mort
des Princes. Leurs caractères étoient maniés
4e plus délicatement. Celui du feu Roy plus
Çrand dans ses revers qu'au milieu de l'éclat
de ses prospérités , couronnoit ces magnifiques
-éloges.
Après tant d'alarmes , un Astre nouveau
s'élève, & nous fournit les plus heureux au
gures pour rendre la fortune tributaire à ses
armes , donner la loy aux Nations jalouses ,
faire trembler les Rois , affermir son Trône par
de nouvelles conquêtes . ce fera un "jour l'occupation
du Dauphin. Les Augustes , les Tites,
les Alexandres , les Henrys & les Louis , feront
ses modelés ; mais s'il se peut , il les surpas
sera.
- j>. L'autorité de la Reine s'accroît à la
• Náïflanc*
FEVRIER. 1730."
íîíaissance d'un Dauphin. II a été l'objet de ses
demandes & de ses soupirs. L'Orateur congra
tula la Bretagne, d'avoir trouvé dans sainte
Anne un de ses Anges turelaires , qui ait porté
au Trône de TEternel l'encens de ses prières »
pour obtenir un bien si précieux; quoiqu'ajottta
t il , il n'est aucun Temple dans la France
qui n'ait retenti des Voeux qu'on y a addressé,de
concert avec les désirs de la Reine. II prit à té
moin les aziles secrets où elle presentoit au
Tout- puissant ses prières les plus ferventes , '
les Vierges consacrées à Dieu , les pauvres qui
ont intcrrefle le Ciel à combler les Voeux de
leur Bienfaitrice. Il invita ses Auditeurs i
contempler cette Princesse aux pieds de sainte
iGenevieve > y répandant d'abord ses larmes
& ses désirs , Sc peu après > les tendres gages
de fa reconnoiffance.
Il fit voir par le détail de ses hautes qualitez,,
que la Reine leur doit Péclat du rang qu'elle
occupe. Aujourd'hui comme une autre Cor*
-nelie» elle montre dans son Dauphin le plus
précieux de ses Trésors. Ce fera aussi le Tré
sor de tous les malheureux. Le coeur de la
Reine compatira à toutes les misères , & le
Dauphin à qui elle ies postera , suffira pour les
bannir dans tous les Etats. C'est à cet usage,
que la Reine consacrera l'accroiilèment nou-
.Veau de son autorité.
De cette première Partie , l'Orateur conclut
que les François retrouvent à Ja 'Naissance du
Dauphin leur bonheur , uni à celui du Roy St
de la Reine.
L'Orateur commençoit la seconde Partie, en
disant que le Dauphin ne devoit •point enviée
aux anciens Héros la Noblesse de leur origine,
■wrexcellencc des Maîtres fous qui ils s'étoiene
F ij fuîmes.
■%*6 MERCURE DE FRANCE,
formez. Le Roy son Pere lui apprendra l'art de
régner . la Reine sa Mere sera son Modelé dans
ice qu'il doit à la Religion.
i°. C'est beaucoup de fournir le Sang des
Rois , c'est plus de former un Roy. C'est le
double bien que Louis XV. transporte à son
Dauphin. Autrefois il mit les délices à cultiver
des Fleurs ; il s'en présente une à ia culture
qui aura tous ses foins.
G'eít sous un tel Maître que le Dauphin ap
prendra à mériter l'amour des Peuples , à es
suyer leurs larmes , à procurer leur félicité >
à en devenir le Pere-
C'est fous un tel Maître qu'il apprendra à
donner des Batailles & à y vaincre. Les autres
n'apprennent à commander qu'à leurs dépens ,
pu par une longue expérience. Les Bourbons
naissent Héros & triomphateurs.
, C'est sous un tel Maîrre qu'il apprendra à
préférer les vertus pacifiques aux vertus GuerrieresL,
. . Déja la paix est née avec le Roy son
Pere, il s'emprefiera comme lui d'accroître
son Temple.
Ênfin , point de vertus héroïques dont le
Dauphin ne trouve en son Pere l'éclatant mo
delé ; Hector, Achille, César ou Alexandre
Îeuyent servir de Guides aux autres Princes ,
,oúis est le seul que le Dauphin doive consul
ter , puisqu'il a tout ce qui fait & les Grandi
Rois & les bons Rois.
i°. La tendre pieté de la Reine n'est pas une
leçon moins précieuse pour le Dauphin. Au
trefois Saùl demanda à David quelle étoit fa
Famille. A peine Peut- il fçu , qu'il connut que
le jeune David devoit être l'appui de la Reli
gion en Israël : II suffit de seavoir que le Dau
phin a pour Mere la plus religieuse Prineeiie,
FEVRIER. Ï730'. jl?
p«ur augurer quel sera son zele pour la Reli
gion de ies Pères.
L'Orateur exposa avec rout l'art possible les
exemples de pieté que la Reine fait briller aux
yeux de íës Sujets , & avec quelle ardeur elle
conservera pour le Ciel le Héros qu'elle en a
reçu.
Il marqua ensuite que les Nations Etrangères
préparent leurs Princes à l'exercice des vertus
par des Symboles qui leur en retracent la prati-
!^ue dès l'enfance j le Dauphin n'a besoin pour
è former à la prêté , que des foins d'une
Reine dont le coeur est l'Autel même de-la
Religion. II fit le parallèle d'Annibal présenté
aux Autels, & dont la consécration n'eut dèslors
rien que de funeste gux Romains , & ce
lui *du Dauphin offert au Seigneur , & en qui
la Religion dès ee moment a reconnu son ap
pui & son vengeur.
L'Orateur conclut cette seconde Partie, en
recueillant les avantages que l'éducatton pa
ternelle & maternelle vont Ini procurer. II la
termine par les Voeux les plus touchants pour
•la conservation d'un fi cher Dépôt. I! n'a rien
de plus grand à désirer à son Héros naiíìànt ,
que de ressembler à Louis & à Marie , vivat
dignus Pâtre , vivat digvus Matre , vivat
utrique fimilis.
L'accompagnement de la Harangue répon-.'
dok au sujet. La Salle étoit décorée de super*
bes Tapisseries , fur lesquelles éroient dans un
riche enfoncement les Portraits du Roy & de
la Reine , & l'Ecusson du Dauphin. Ils étoienc
couronnés d'un Dais , & éclairés par une in
finité de lumières. Plusieurs Lustres & Giran
doles éroient placés de distance en distance.
L' Assemblée étoit des plus choisies. M. de Bril-
F iij lac
fttt MERCURE'DE FRANCE.
lac, Premier Président , s'y trouva â la tête de?
plusieurs Presidens. à Mortier & Conseillers
du Parlement.
Le Discours fini , on donna à l'Orateur les
applaudillemens que déja plusieurs fois pen-' ^i
dant l'adtion , l'admiration unanime n'avoic
pû suspendre. On fut agréablement frappé en'
sortant-, de trouver toute la Cour du Collège'
illuminée } chaque Croisée étoic chargée de
Piramides de Lampions, ou chargée de Pots
à Feu , ou d'Ecuílons aux Armes du Roy , de'
là Reine & du Dauphin. Un grand Bûcher
étoit préparé au milieu de la Cour. Cent Ecoî
lîers richement habillés 7 & portant chacun un-
Drapeau j firent autour diverses évolutions ,
& deux des plus qualifiés y mirent le feu au
bruit des Tambours & dés Trompettes. Les<
Boëtes tirèrent avec un fracas qui n'avoit rien
que de superbe ; les Fusées se mêlèrent dans les
airs, 3i firent disparoître pendant quelques)
heures , les ténèbres de la nuit. Le Public pa*
nu charmés du Spectacle, & ranima à cette
nouvelle Fête les premiers sentimensde joye
tìjue la Naissance du Dauphin avoic causé 3 f
avoit quelques mois.
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Résumé : EXTRAIT d'un Discours prononcé à Rennes sur la Naissance du DAUPHIN.
Le texte relate un discours prononcé par le Père Coriou, professeur de rhétorique au Collège des Jésuites de Rennes, à l'occasion de la naissance du Dauphin. Le discours, intitulé 'Telfhinum Varentibus, Parentes Delphino gratulatur Orator', visait à célébrer cet événement joyeux pour la France. L'orateur commence par évoquer les grâces et les zéphyrs accompagnant le sommeil du Dauphin, contrastant avec les futurs défis de la valeur et de la gloire. Il adresse ensuite un compliment à l'Illustre Chef du Parlement de Bretagne présent. Dans la première partie, l'orateur souligne que les enfants des rois naissent dans les larmes mais sont rapidement entourés de grandeur et de majesté. Il félicite le roi et la reine pour la naissance du Dauphin, qui apaise les inquiétudes du roi et renforce l'autorité de la reine. Il rappelle les douleurs passées lors de la perte des princes et les dangers pour la France en l'absence d'héritier. La naissance du Dauphin est perçue comme un présage de calme et de prospérité. L'orateur exprime ensuite ses vœux pour que le Dauphin surpasse les grands souverains du passé et affermisse le trône par de nouvelles conquêtes. Il souligne l'augmentation de l'autorité de la reine et son rôle de protectrice des malheureux. Dans la seconde partie, l'orateur affirme que le Dauphin n'a pas besoin d'envier les héros anciens, car il sera formé par le roi son père et la reine sa mère. Il met en avant les vertus du roi et de la reine comme modèles pour le Dauphin, soulignant la piété et la religiosité de la reine. Il conclut en exprimant des vœux pour la conservation et l'éducation du Dauphin, afin qu'il ressemble à Louis XV et à Marie. Le discours est accompagné de décorations somptueuses et d'un spectacle pyrotechnique, illustrant la joie et l'enthousiasme suscités par la naissance du Dauphin.
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4813
p. 328-331
LOGOGRYPHE d'une espece particuliere, dont la difficulté n'est pas seulement d'en trouver le mot, mais toutes les explications.
Début :
De six piéces formé, je designe un Empire ; [...]
Mots clefs :
France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE d'une espece particuliere, dont la difficulté n'est pas seulement d'en trouver le mot, mais toutes les explications.
LOG O G R TP HE A' une espece p*r-\
ticuliere , dont la difficulté n*eft p u feu
lement d'en trouver le mot , mais touteslet
explications.
j
DE six piéces formé , je designe un Em»
pire;
La derniere de moins je fuis homme fans fard; '.
Remets*
FEVRIER. 17 ?o. ils
ièmets tout , & fans chef daigne à présent
f me lire,
tu pourras m'ajuiìrer avec de bon vieux lard s
Ote mon second chef, & je me trouve utilff
Aux seaux , aux panniers , aux chau«í
drons,
I -Voyons , pour me trouver en changement
I fertile
Comme quoi nous nous y prendrons.
Bon. Chiffre mes six parts , 8c me fuis à U?
" - trace ,
je vais te dévoiler mes divers chargemens,
h Et t'exposer le tout aussi clair qu'une glace,.
Dans ces divers arrangemens.
Trois , quatre , six , je fuis Rossignol d' Arca-
' die,.
Trois , quatre, cinq , deux , fix , alors j'expose
aux yeux
Dís S ça vans & des Curieux
Prose 8c Vers, & de plus je peins la mélo»
die j
Si je fais de la Chine, on en fait des Tableaux,
n même arrangement , j'arrête les Vaisseaux.-
Ûn , trois , deux , six , la nuit j'éclaire au
bord des eaux.
Cinq , trois , six . quatre , alors Ville de $oiV
mandie.
Puis un » six , cinq , trois « quatre , une riche
%r Abbaye.
Quatre , six , deux , trois , cinq , Ville près de
Bordeaux,
F iiij Cinq
3?o MERCURE DE FRANCE:
Cinq , deux , trois , quatre , six , je couvre Ia!
cervelle.
Trois , deux > cinq peut armer les Indiens
& l' Amour;
Autre ; trois , cinq , deux , six , j'ai le goût de
prunelle.
Cinq , trois > deux , je me vis presque prescrit
• un jour.
Item , un j trois , cinq , six , je fuis utv gro*
visage í "
)Et deux , trois , quatre , cinq , un Peintre re
cherché.
Plus un , trois , deux » cinq , six , mon ordi
naire usage
Est d'amuser le Peuple au milieu d'un marché.
Trois j quatre, cinq , six , deux , en latin, ma
parole
A jadis des Gaulois sauvé le Capitole.
En François , un , six , deux ; je fuis un dur
métal.
"Cinq , six , deux , un , je fuis chassé par la
Noblesse.
Quatre , trois , cinq , deux , six , Coquille
d'une espece
Auflì brillante qu'un cristal.
Et cinq , trois , quatre , six , je soutiens la
vieillesse.
Bref , quatre , six , deux , un , je fais mouvoir
les doigts >
Les yeux , les pieds , les bras , en avant , en
arriére*
Puis
FEVRIER. 1730. 33 1
Puis trois , deux , quatre , six , je fuis une Ri
vière.
Cinq , trois , deux , quatre , six 1 coin de pierre
ou de bois , j
Ou d'un volet , ou d'une cheminée.
Quatre , trois , un , deux , six , est drogûe
raffinée ,
Dont contre les vapeurs femme use quelque- ^
fois.
Et cinq , trois , un , deux > six , Peuple à sau
vages Loix.
Cinq , trois , quatre > un > deux , six » drogue
d'Apoticaire
Qu'avec de l'Eau de vie on mêle assez sou
vent.
Cinq , deux , troh , quatre enfin , dent de la
crémaillère ,
Ou d'un cri, si l'on veut. Devinez à présent.
ticuliere , dont la difficulté n*eft p u feu
lement d'en trouver le mot , mais touteslet
explications.
j
DE six piéces formé , je designe un Em»
pire;
La derniere de moins je fuis homme fans fard; '.
Remets*
FEVRIER. 17 ?o. ils
ièmets tout , & fans chef daigne à présent
f me lire,
tu pourras m'ajuiìrer avec de bon vieux lard s
Ote mon second chef, & je me trouve utilff
Aux seaux , aux panniers , aux chau«í
drons,
I -Voyons , pour me trouver en changement
I fertile
Comme quoi nous nous y prendrons.
Bon. Chiffre mes six parts , 8c me fuis à U?
" - trace ,
je vais te dévoiler mes divers chargemens,
h Et t'exposer le tout aussi clair qu'une glace,.
Dans ces divers arrangemens.
Trois , quatre , six , je fuis Rossignol d' Arca-
' die,.
Trois , quatre, cinq , deux , fix , alors j'expose
aux yeux
Dís S ça vans & des Curieux
Prose 8c Vers, & de plus je peins la mélo»
die j
Si je fais de la Chine, on en fait des Tableaux,
n même arrangement , j'arrête les Vaisseaux.-
Ûn , trois , deux , six , la nuit j'éclaire au
bord des eaux.
Cinq , trois , six . quatre , alors Ville de $oiV
mandie.
Puis un » six , cinq , trois « quatre , une riche
%r Abbaye.
Quatre , six , deux , trois , cinq , Ville près de
Bordeaux,
F iiij Cinq
3?o MERCURE DE FRANCE:
Cinq , deux , trois , quatre , six , je couvre Ia!
cervelle.
Trois , deux > cinq peut armer les Indiens
& l' Amour;
Autre ; trois , cinq , deux , six , j'ai le goût de
prunelle.
Cinq , trois > deux , je me vis presque prescrit
• un jour.
Item , un j trois , cinq , six , je fuis utv gro*
visage í "
)Et deux , trois , quatre , cinq , un Peintre re
cherché.
Plus un , trois , deux » cinq , six , mon ordi
naire usage
Est d'amuser le Peuple au milieu d'un marché.
Trois j quatre, cinq , six , deux , en latin, ma
parole
A jadis des Gaulois sauvé le Capitole.
En François , un , six , deux ; je fuis un dur
métal.
"Cinq , six , deux , un , je fuis chassé par la
Noblesse.
Quatre , trois , cinq , deux , six , Coquille
d'une espece
Auflì brillante qu'un cristal.
Et cinq , trois , quatre , six , je soutiens la
vieillesse.
Bref , quatre , six , deux , un , je fais mouvoir
les doigts >
Les yeux , les pieds , les bras , en avant , en
arriére*
Puis
FEVRIER. 1730. 33 1
Puis trois , deux , quatre , six , je fuis une Ri
vière.
Cinq , trois , deux , quatre , six 1 coin de pierre
ou de bois , j
Ou d'un volet , ou d'une cheminée.
Quatre , trois , un , deux , six , est drogûe
raffinée ,
Dont contre les vapeurs femme use quelque- ^
fois.
Et cinq , trois , un , deux > six , Peuple à sau
vages Loix.
Cinq , trois , quatre > un > deux , six » drogue
d'Apoticaire
Qu'avec de l'Eau de vie on mêle assez sou
vent.
Cinq , deux , troh , quatre enfin , dent de la
crémaillère ,
Ou d'un cri, si l'on veut. Devinez à présent.
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4814
p. 331-332
PREMIERE ENIGME.
Début :
Je fais souvent bien du chemin [...]
Mots clefs :
Lettre de change
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERE ENIGME.
PREMIERE ENIGME.
JE fais souvent bien du chemin
Quoique je sois fans pied , fans patte î
Commç je fuis aussi fans Ratte,
Mon plaisir est d'aller grand train.
Je cours de Province en Provinces
Mon corps est leger , & fort mince t
Le feu m'allarme , & je crains l'eau ;
Fy ftuel*
j-i MERCURE DE FRANCE.
Quelquefois je deviens un très-pesant far*
deau j / - . j ■
Ç'é trait & le suivant vous le feront eonnoître,-
Jè me transforme en ceux qui m'avoicnt don
né l'êcre.
JE fais souvent bien du chemin
Quoique je sois fans pied , fans patte î
Commç je fuis aussi fans Ratte,
Mon plaisir est d'aller grand train.
Je cours de Province en Provinces
Mon corps est leger , & fort mince t
Le feu m'allarme , & je crains l'eau ;
Fy ftuel*
j-i MERCURE DE FRANCE.
Quelquefois je deviens un très-pesant far*
deau j / - . j ■
Ç'é trait & le suivant vous le feront eonnoître,-
Jè me transforme en ceux qui m'avoicnt don
né l'êcre.
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4815
p. 332
DEUXIÈME ENIGME.
Début :
Je me plais à marcher la nuit ; [...]
Mots clefs :
Lune
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEUXIÈME ENIGME.
DEVXIE'ME ENIGME.
JE me plais à marcher la nuit t-
Aucun guide ne me conduit ;
Je marche aussi le jour : fa clarté m'est conv
• traire»-
Aux flambeaux seuls j'ài dequoi plaire*,
Je fuis d'un difficile accès j
On ne peut m' approcher de près.
J'ai cependant le regard favorable :
Ma blancheur me rend agréable ,
Le rouge me rend effroyable;
Sur le corps le plus fioid j'exerce mon pou»
voir ;
Je fçai quand il me plaît fortement l'émou.
voir ; .
e fais aussi paroitre en tous lieux ma puîslàn-
J ce»
On est charmé de ma présence.
JE me plais à marcher la nuit t-
Aucun guide ne me conduit ;
Je marche aussi le jour : fa clarté m'est conv
• traire»-
Aux flambeaux seuls j'ài dequoi plaire*,
Je fuis d'un difficile accès j
On ne peut m' approcher de près.
J'ai cependant le regard favorable :
Ma blancheur me rend agréable ,
Le rouge me rend effroyable;
Sur le corps le plus fioid j'exerce mon pou»
voir ;
Je fçai quand il me plaît fortement l'émou.
voir ; .
e fais aussi paroitre en tous lieux ma puîslàn-
J ce»
On est charmé de ma présence.
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4816
p. 332
« Le mot de l'Enigme de Janvier a dû s'expliquer par le Tems, & celui du Logogryphe [...] »
Début :
Le mot de l'Enigme de Janvier a dû s'expliquer par le Tems, & celui du Logogryphe [...]
Mots clefs :
Temps, Panneau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le mot de l'Enigme de Janvier a dû s'expliquer par le Tems, & celui du Logogryphe [...] »
Le mot de l'Enigme de Janvier a dûi
S'expli^uet par le Tems t & celui du Loaogryp:
iï par Panai au*
S'expli^uet par le Tems t & celui du Loaogryp:
iï par Panai au*
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4817
p. 333
« IN ORTU Serenissimi Galliarum DELPHINI Gratulatio. Habita in Regio [...] »
Début :
IN ORTU Serenissimi Galliarum DELPHINI Gratulatio. Habita in Regio [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « IN ORTU Serenissimi Galliarum DELPHINI Gratulatio. Habita in Regio [...] »
IN o r tu Serenifimi Ga/liarum Delphini
Gramlaúo. Habita in Re^io
Ludovici Magni Collegio , à Carolo Poréc
, Societatis Jefn Sacerdote. Postridie
lins Septembris , anni Domini M.
DCC. XXIX. Vol. 4. Parisiis , sumptibus
Marci Bordelet , via Jacohoeâ , sub *
signo sancti Ignatii. M. DCC. XXX.
De Serenìssimo Delphino
Ludovici XV. Filio , in fpem Galliarum
crefcente. Oratio, Habita Idibus DecemÌtris
\ Anni M. DCC. XXIX. in Regio
Ludovici Magni Collegio Societatis Jt/ùt,
ab yÊgid. An. Xaverio de la Santé,,
ejusdem Societatis Sacerdote. VqI. in-4^
Parisiïs , sumptibus ejusdem M. Bordelec
&c. M. DCC. XXX.
Ces deux Discours qui ont été applau
dis lorsqu'ils ont été prononcés devant"
une illustre Assemblée , méritoient d'êrrç'
rendus publics ; ils méritent aujourd'hui1
á'être recherchés , 6c d'être iûs -avec uneattention
pactiçuliere.
Gramlaúo. Habita in Re^io
Ludovici Magni Collegio , à Carolo Poréc
, Societatis Jefn Sacerdote. Postridie
lins Septembris , anni Domini M.
DCC. XXIX. Vol. 4. Parisiis , sumptibus
Marci Bordelet , via Jacohoeâ , sub *
signo sancti Ignatii. M. DCC. XXX.
De Serenìssimo Delphino
Ludovici XV. Filio , in fpem Galliarum
crefcente. Oratio, Habita Idibus DecemÌtris
\ Anni M. DCC. XXIX. in Regio
Ludovici Magni Collegio Societatis Jt/ùt,
ab yÊgid. An. Xaverio de la Santé,,
ejusdem Societatis Sacerdote. VqI. in-4^
Parisiïs , sumptibus ejusdem M. Bordelec
&c. M. DCC. XXX.
Ces deux Discours qui ont été applau
dis lorsqu'ils ont été prononcés devant"
une illustre Assemblée , méritoient d'êrrç'
rendus publics ; ils méritent aujourd'hui1
á'être recherchés , 6c d'être iûs -avec uneattention
pactiçuliere.
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Résumé : « IN ORTU Serenissimi Galliarum DELPHINI Gratulatio. Habita in Regio [...] »
Le Collège Royal du Louvre à Paris a accueilli deux discours en 1729. Le premier, 'Ortu Serenifimi Galliarum Delphini', a été prononcé par un prêtre jésuite le 13 septembre et publié par Marc Bordelet. Le second, 'De Serenissimo Delphino Ludovici XV. Filio, in spem Galliarum crescente', a été prononcé par l'abbé Xavier de la Santé le 13 décembre et publié par le même éditeur. Les deux discours ont été acclamés par une assemblée illustre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4818
p. 334
Histoire de la Ville & de l'Eglise de Frejus, [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE de la Ville & de l'Eglise de Frejus, par M. G. C. D. C. D. E. T. [...]
Mots clefs :
Histoire, Fréjus, Église de Fréjus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de la Ville & de l'Eglise de Frejus, [titre d'après la table]
Histoire de la Ville & de l'Eglise
de Frejus , par M. G. C. D. C. D. E. T.
Tome i. de 278. pages , & Tome a*
de 2-6. pages. 1. Vol. in-n. A Paris ,
chez. La Veuve Delaulne , Rué des Noyerss
Cette Histoire dédiée à S. E. M. le
Cardinal de Fleury est précédée d'unePréface
instructive , & la Préface est suivie
de PApprobation de M. Tourncly , par
laquelle ce Docteur déclare que l'Histoire
de la Ville & de l'Eglise de Frejus
lui a paru fidèle , exacte & curieuse.
»» L'Histoire particulière d'une Province
» ou d'une Ville , dit-il , jette souvent
5) un grand jour sur PHistoire generale
» de tout un Royaume. Un Auteur atta*
»ché à creuser Porigine d'une Ville,
■•«trouve souvent dequoi débrouiller cer-
» tains faits que l'obscurité des tems les
» plus reculés a dérobé à notre connoisj>
sance. C'est ce que l'Auteur de cette
f Histoire a heureusement exécuté , en
«donnant à sa Patrie un juste tribut de
» sa reconnoiffance ; il laisse au Public
»des preuves certaines d'une érudition
»peu commune.
de Frejus , par M. G. C. D. C. D. E. T.
Tome i. de 278. pages , & Tome a*
de 2-6. pages. 1. Vol. in-n. A Paris ,
chez. La Veuve Delaulne , Rué des Noyerss
Cette Histoire dédiée à S. E. M. le
Cardinal de Fleury est précédée d'unePréface
instructive , & la Préface est suivie
de PApprobation de M. Tourncly , par
laquelle ce Docteur déclare que l'Histoire
de la Ville & de l'Eglise de Frejus
lui a paru fidèle , exacte & curieuse.
»» L'Histoire particulière d'une Province
» ou d'une Ville , dit-il , jette souvent
5) un grand jour sur PHistoire generale
» de tout un Royaume. Un Auteur atta*
»ché à creuser Porigine d'une Ville,
■•«trouve souvent dequoi débrouiller cer-
» tains faits que l'obscurité des tems les
» plus reculés a dérobé à notre connoisj>
sance. C'est ce que l'Auteur de cette
f Histoire a heureusement exécuté , en
«donnant à sa Patrie un juste tribut de
» sa reconnoiffance ; il laisse au Public
»des preuves certaines d'une érudition
»peu commune.
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Résumé : Histoire de la Ville & de l'Eglise de Frejus, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire de la Ville & de l'Eglise de Frejus' se compose de deux tomes : le premier de 278 pages et le second de 26 pages. Publié à Paris chez La Veuve Delaulne, rue des Noyers, il est dédié à Son Éminence Monseigneur le Cardinal de Fleury. L'ouvrage est précédé d'une préface instructive et suivi de l'approbation de M. Tourncly, qui le juge fidèle, exact et curieux. Tourncly souligne que l'étude d'une province ou d'une ville peut éclairer l'histoire générale d'un royaume en révélant des faits obscurs des temps anciens. L'auteur a ainsi apporté une contribution érudite à la connaissance de sa patrie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4819
p. 334-336
« On nous écrit de Londres que les Libraires Innys, Prevôt, du Noyer & [...] »
Début :
On nous écrit de Londres que les Libraires Innys, Prevôt, du Noyer & [...]
Mots clefs :
Mahomet, Cantates
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On nous écrit de Londres que les Libraires Innys, Prevôt, du Noyer & [...] »
On nous écrit de Londres que les
Libraires Innys , Prevòt , du Noyer &
JBriiadlci acheyent d'imprimer l'Histoin
j.
FEVRIER. 173 a. 3jf
de Mahomet , composée par le. Comte
de Boulainvilliers , du moins pour lesdeux
premiers Livres , car le troifie'me
& dernier Livre est d'une autre main , la
mort ayant surpris l' Auteur fur la fin de
son travail. On ttouvera dans le premier
Livre , outre une Description de toute
PArabie , une Relation des moeurs dés
Arabes , & des Reflexions fur la Reli
gion & les Coutumes des Mahométans,,
une Description particulière des Villes
de la Mecque & Medine. On verra dans
le second la Généalogie & la Vie du pré
tendu Prophète jusqu'au tems de YHegire.
Le dernier Livre expose ce qui s'est passé
par rapport à Mahomet , depuis cette*
Epoque jusqu'à l'année de sa mort. Oa
imprime cet Ouvrage sur du grand í£
du petit papier ; on le vendra une Gui*
nçe le grand papier , & une demie Gui*;
née le petit»
M. Bergiron de Briou, l'un de ceu*
qrfi a le plus contribué à l 'établissement
de l' Académie des Beaux- Arts de Lyon ,
& qui a conduit les Concerts pendant six
années entières , avec autant de succès
que s'il éroit Musicien de profession ,
•vient de donner au Public un Recueil dè
Cantates Françoifes de. fa composition qu'il
» fait graver. Cet Ouvrage se vend eti
5^ MERCURE DE FRANCE
Blanc sept livres dix sols. A Lyon , chez?
Thomas y i Marchand Parfumeur , Rué
Mercière , vis -à'- vis S. Antoine , &
a Paris', chez. Beivin , Rue saint Ho
nore , k la Règle d'or. Les paroles de
cet Ouvrage (ont de differens Auteurs^
Il y a plusieurs sujets qui n'ont jamais été'
traités en Poésie de ce genre là.
Libraires Innys , Prevòt , du Noyer &
JBriiadlci acheyent d'imprimer l'Histoin
j.
FEVRIER. 173 a. 3jf
de Mahomet , composée par le. Comte
de Boulainvilliers , du moins pour lesdeux
premiers Livres , car le troifie'me
& dernier Livre est d'une autre main , la
mort ayant surpris l' Auteur fur la fin de
son travail. On ttouvera dans le premier
Livre , outre une Description de toute
PArabie , une Relation des moeurs dés
Arabes , & des Reflexions fur la Reli
gion & les Coutumes des Mahométans,,
une Description particulière des Villes
de la Mecque & Medine. On verra dans
le second la Généalogie & la Vie du pré
tendu Prophète jusqu'au tems de YHegire.
Le dernier Livre expose ce qui s'est passé
par rapport à Mahomet , depuis cette*
Epoque jusqu'à l'année de sa mort. Oa
imprime cet Ouvrage sur du grand í£
du petit papier ; on le vendra une Gui*
nçe le grand papier , & une demie Gui*;
née le petit»
M. Bergiron de Briou, l'un de ceu*
qrfi a le plus contribué à l 'établissement
de l' Académie des Beaux- Arts de Lyon ,
& qui a conduit les Concerts pendant six
années entières , avec autant de succès
que s'il éroit Musicien de profession ,
•vient de donner au Public un Recueil dè
Cantates Françoifes de. fa composition qu'il
» fait graver. Cet Ouvrage se vend eti
5^ MERCURE DE FRANCE
Blanc sept livres dix sols. A Lyon , chez?
Thomas y i Marchand Parfumeur , Rué
Mercière , vis -à'- vis S. Antoine , &
a Paris', chez. Beivin , Rue saint Ho
nore , k la Règle d'or. Les paroles de
cet Ouvrage (ont de differens Auteurs^
Il y a plusieurs sujets qui n'ont jamais été'
traités en Poésie de ce genre là.
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Résumé : « On nous écrit de Londres que les Libraires Innys, Prevôt, du Noyer & [...] »
Le texte décrit l'achèvement de l'impression de l'Histoire de Mahomet par les libraires londoniens Innys, Prévôt, du Noyer et J. Briadlci. L'ouvrage, composé par le Comte de Boulainvilliers, comprend les deux premiers livres, tandis que le troisième et dernier livre est rédigé par un autre auteur en raison du décès de Boulainvilliers. Le premier livre présente une description de l'Arabie, des mœurs arabes, et des réflexions sur la religion et les coutumes mahométanes, ainsi que des descriptions des villes de La Mecque et Médine. Le second livre traite de la généalogie et de la vie de Mahomet jusqu'à l'Hégire. Le dernier livre couvre la période de l'Hégire jusqu'à la mort de Mahomet. L'ouvrage est imprimé sur grand et petit papier, vendu respectivement une guinée et une demi-guinée. Par ailleurs, M. Bergiron de Briou, contributeur majeur à l'Académie des Beaux-Arts de Lyon et directeur des Concerts pendant six ans, a publié un recueil de cantates françaises. Cet ouvrage, vendu cinq livres dix sols à Lyon et à Paris, contient des paroles de différents auteurs et traite de sujets inédits en poésie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4820
p. 336-337
Réponse aux quatre Mémoires du Comte d'Orval, [titre d'après la table]
Début :
RÉPONSE GENERALE aux quatre Mémoires que le Comte d'Orval vient d'ajoûter [...]
Mots clefs :
Édit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse aux quatre Mémoires du Comte d'Orval, [titre d'après la table]
Re'ponse Gêner ai n aux quatre Mé
moires que le Comte d'Otval vient d'a
jouter a cinq1 qui av oient précédé. Bro--
ehure Fol. de 20. pages. De l'Imprimerie
de Ph. NiLottin , Rue S. Jacques , à la=
Vérité ,1719.
Cette nouvelle Réponse est divisée estdeux
parties , dont la première exposeles
anciennes Règles des Pairies avant
l'Edit de 17 ï 1. & la seconde marque'
les dispositions de ce même tdir. On ex»
cederoir les bornes fi on entroit ici dans*
lé détail de ce que renferment ces deux
Parties. Le Deffenseur de M. le Duc de-
Sully n'y oublie rien d'essentiel , & ré
pond avec autant de clarté que de pré
cision à toutes les objections. Quoique'
la question dont il s'agit dans cette affai
re soit importante , & qu'elle paroisse
susceptible de plusieurs points de vue,
l'Auteur a sçû , pour ainsi dire , là sim
plifier } on en jugera par les tergies quiFEVRIER.
1750; jjjr
ft trouvent à la première page dans le
Préliminaire de la Réponse gene'rale.
Une vue plus simple encore, suffit ,
clic- il , pour la décision. Si le Comte d'Or-
Val.puisnéjpeuc prendre la qualité d'Aîné
des mâles descendus de Maximìlien de
EethutH, son droit est bon, mais si le Duc
de Sully , reconnu l'Ainé d'une Maison , ,
dont la première Branche descend de
Maximilien de Bcthune , ne peut avoir
cette qualité sans être nécessairement'
YAtnè des mâles descendus du même Ma
ximilien-, la cause est'décidée en sa fa
veur par un texte formel dans PArticle*
7. de l'Edit.-
moires que le Comte d'Otval vient d'a
jouter a cinq1 qui av oient précédé. Bro--
ehure Fol. de 20. pages. De l'Imprimerie
de Ph. NiLottin , Rue S. Jacques , à la=
Vérité ,1719.
Cette nouvelle Réponse est divisée estdeux
parties , dont la première exposeles
anciennes Règles des Pairies avant
l'Edit de 17 ï 1. & la seconde marque'
les dispositions de ce même tdir. On ex»
cederoir les bornes fi on entroit ici dans*
lé détail de ce que renferment ces deux
Parties. Le Deffenseur de M. le Duc de-
Sully n'y oublie rien d'essentiel , & ré
pond avec autant de clarté que de pré
cision à toutes les objections. Quoique'
la question dont il s'agit dans cette affai
re soit importante , & qu'elle paroisse
susceptible de plusieurs points de vue,
l'Auteur a sçû , pour ainsi dire , là sim
plifier } on en jugera par les tergies quiFEVRIER.
1750; jjjr
ft trouvent à la première page dans le
Préliminaire de la Réponse gene'rale.
Une vue plus simple encore, suffit ,
clic- il , pour la décision. Si le Comte d'Or-
Val.puisnéjpeuc prendre la qualité d'Aîné
des mâles descendus de Maximìlien de
EethutH, son droit est bon, mais si le Duc
de Sully , reconnu l'Ainé d'une Maison , ,
dont la première Branche descend de
Maximilien de Bcthune , ne peut avoir
cette qualité sans être nécessairement'
YAtnè des mâles descendus du même Ma
ximilien-, la cause est'décidée en sa fa
veur par un texte formel dans PArticle*
7. de l'Edit.-
Fermer
Résumé : Réponse aux quatre Mémoires du Comte d'Orval, [titre d'après la table]
Le document, publié en 1719 par Ph. Nilottin, répond aux mémoires du Comte d'Orval concernant les pairies. Il est structuré en deux parties : la première expose les anciennes règles des pairies avant l'Édit de 1711, et la seconde présente les dispositions de cet édit. L'auteur, soutenant le Duc de Sully, clarifie les objections soulevées. La question, complexe, est simplifiée pour une meilleure compréhension. L'auteur affirme que si le Comte d'Orval, puîné, peut revendiquer la qualité d'aîné des mâles descendants de Maximilien de Béthune, son droit est valide. Cependant, si le Duc de Sully, reconnu comme l'aîné d'une maison dont la première branche descend de Maximilien de Béthune, ne peut avoir cette qualité sans être nécessairement l'aîné des mâles descendants du même Maximilien, l'Article 7 de l'Édit tranche en faveur du Duc de Sully.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4821
p. 337-339
« OEUVRES DIVERSES de M. l'Abbé de Saint Pierre. Tome second, contenant [...] »
Début :
OEUVRES DIVERSES de M. l'Abbé de Saint Pierre. Tome second, contenant [...]
Mots clefs :
Abbé Saint-Pierre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « OEUVRES DIVERSES de M. l'Abbé de Saint Pierre. Tome second, contenant [...] »
Oeuvres Diverses de M. l'Abbë^
de Saint Pierre. Tome second , contenant
t". Un projet pour rendre les Sermons -
plus utiles; i". Un Projet pour perfec
tionner l'éducation domestique des Prin
ces & des Grands Seigneurs. 2°« Un '
Projet pour perfectionner l'éducation des ;
Filles. 40 Observations fur le dessein
d'établir un Bureau perpétuel pour l'édu
cation publique des Collèges* j'Un Pro
jet pour sendre les Spectacles plus utiles >
àM'État. 6°. Un Projet pour mieux met
tre en oeuvre le désir de la distinctionentre
pareils. 1. vol. in- 11. de 2^ «r<» -
pages. A P^ris , tIh% Briajfon , Rué S .
>5S MERCURE DE FRANCE;
Jacques > a la Science 1730.
On continue de remarquer dans ce zì
Volume des Oeuvres de M. l'Abbé de
Saint Pierre les sentimens d'un Philosophe
chrétien, les intentions louables d'un bon
Citoyen , & les talens d'un Ecrivain ,
distingué dans la bonne Littérature.
Coignard imprime actuellement avec
beaucoup de foin Sc de diligence le troi
sième & dernier Tome des Oeuvres de
S. Basile . dont l'Edition , d'abord entre
prise par Dom Julien Garnier , Bénédic
tin de S. Germain des Prez , a été con
tinuée , & mise dans fa perfection pat
le R. P. Dom Prudent Maran , Reli
gieux du même Monastère. L'Eglife ga
gnera roûjours à la publication de pareils
Ouvrages , Sc la République des Lettres
fera en quelque raçon dédommagée de
tant de Livres frivoles qui l'inondent
depuis quelque tems , Sc dont on ne fait
l'annonce qu'à regret.
-
Re'ponse à la Lettre du Gentilhom
me Perigourdin , par uneRéfutation juste
d'un nouveau Livre de Lettres. & de la
Grammaire Françoise de M. de Grimarest
, Maître de Langues à Paris, à la
quelle l' Auteur oppose fa Grammaire
Françoise en faveur des Etrangers. Ou
vrage
FEVRIER. 1730.
rrage dédié aux Sçavans. Par M. de la»
Lande , Interprète ordinaire du Roi 4
Professeur des Langues Françoise , Ita^
lienne , de Géohraphie & d'Histoire. 1 j
vol. K 2. de 41 j. pages. A Paris , cheà
U Veuve de Pierre Ribou. M. DCC*
XXX.
de Saint Pierre. Tome second , contenant
t". Un projet pour rendre les Sermons -
plus utiles; i". Un Projet pour perfec
tionner l'éducation domestique des Prin
ces & des Grands Seigneurs. 2°« Un '
Projet pour perfectionner l'éducation des ;
Filles. 40 Observations fur le dessein
d'établir un Bureau perpétuel pour l'édu
cation publique des Collèges* j'Un Pro
jet pour sendre les Spectacles plus utiles >
àM'État. 6°. Un Projet pour mieux met
tre en oeuvre le désir de la distinctionentre
pareils. 1. vol. in- 11. de 2^ «r<» -
pages. A P^ris , tIh% Briajfon , Rué S .
>5S MERCURE DE FRANCE;
Jacques > a la Science 1730.
On continue de remarquer dans ce zì
Volume des Oeuvres de M. l'Abbé de
Saint Pierre les sentimens d'un Philosophe
chrétien, les intentions louables d'un bon
Citoyen , & les talens d'un Ecrivain ,
distingué dans la bonne Littérature.
Coignard imprime actuellement avec
beaucoup de foin Sc de diligence le troi
sième & dernier Tome des Oeuvres de
S. Basile . dont l'Edition , d'abord entre
prise par Dom Julien Garnier , Bénédic
tin de S. Germain des Prez , a été con
tinuée , & mise dans fa perfection pat
le R. P. Dom Prudent Maran , Reli
gieux du même Monastère. L'Eglife ga
gnera roûjours à la publication de pareils
Ouvrages , Sc la République des Lettres
fera en quelque raçon dédommagée de
tant de Livres frivoles qui l'inondent
depuis quelque tems , Sc dont on ne fait
l'annonce qu'à regret.
-
Re'ponse à la Lettre du Gentilhom
me Perigourdin , par uneRéfutation juste
d'un nouveau Livre de Lettres. & de la
Grammaire Françoise de M. de Grimarest
, Maître de Langues à Paris, à la
quelle l' Auteur oppose fa Grammaire
Françoise en faveur des Etrangers. Ou
vrage
FEVRIER. 1730.
rrage dédié aux Sçavans. Par M. de la»
Lande , Interprète ordinaire du Roi 4
Professeur des Langues Françoise , Ita^
lienne , de Géohraphie & d'Histoire. 1 j
vol. K 2. de 41 j. pages. A Paris , cheà
U Veuve de Pierre Ribou. M. DCC*
XXX.
Fermer
Résumé : « OEUVRES DIVERSES de M. l'Abbé de Saint Pierre. Tome second, contenant [...] »
Le texte présente diverses œuvres de l'Abbé de Saint-Pierre, notamment dans le second tome de ses 'Œuvres Diverses', publié à Paris en 1730 par Briasson. Ce volume inclut plusieurs projets visant à améliorer la société, tels qu'un projet pour rendre les sermons plus utiles, un projet pour perfectionner l'éducation domestique des princes et des grands seigneurs, un projet pour perfectionner l'éducation des filles, des observations sur l'établissement d'un bureau perpétuel pour l'éducation publique des collèges, un projet pour rendre les spectacles plus utiles à l'État, et un projet pour mieux mettre en œuvre le désir de distinction entre pairs. L'ouvrage est salué pour ses sentiments philosophiques chrétiens, les intentions louables d'un bon citoyen, et les talents littéraires de l'auteur. Le texte mentionne également la publication en cours du troisième et dernier tome des œuvres de Saint Basile, entreprise par Dom Julien Garnier et continuée par Dom Prudent Maran. Cette édition est appréciée pour son utilité tant pour l'Église que pour la République des Lettres. Enfin, le texte fait référence à une réponse à une lettre d'un gentilhomme Périgourdin, réfutant un nouveau livre de lettres et de grammaire française de M. de Grimarest, et à un ouvrage de grammaire française dédié aux savants par M. de La Lande, publié en 1730.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4822
p. 339-351
Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la Republique [...]
Mots clefs :
Auteurs, Roi, Mémoires, Hommes illustres, Ouvrages, Histoire, Belles-lettres, Savants, Guillaume Budé, Sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Mémoires pour servira l'Histoire
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres > avec un Catalogue raisonné
de leurs Ouvrages , tome 8 . de 40 8 . pages
fans les Tables. A Paris , chez. Bnaffon „
rué S. làcques , a la Science. 1730.
. A la tête de ce 8 e. volume est un coure
Avertissement , qui apprend au Lecteut
une chose auíïl agréable que nécessaire á
l'égard de ceux qui aiment Inexactitude Sc
la perfection dans les entreprises Litté
raires. L' Auteur de ces Mémoires se pré
pare, nous dit-on , à donner dans le di
xième vol. qui paroîtra fur la fin du mois
de Décembre 1729. les corrections fur les
neuf vol. qui le précédent ^ avec les Ad
ditions qu'on lui a déja données. Il invite
de plus ceux qui auront reconnu quelque
faute , quelque îegere qu'elle puisse être ,
ou qui sçauront <juelques faits oubliez ,
ou enfin qui auront quelques Additions, à
les lui communiquer , se chargeant d'in
struire le Public du nom de ceux dont il
auxar
34© MERCURE Í)E FRANGÉ,
aura receu des remarques utiles. On aver»
tic aussi que le dixième vol. contiendra en
core des Tables générales , Alphabéti
que, Nécrologique ì 6c selon l'ordre des
Matières de ce qui est contenu dans les
neuf premiers vol enfin qu'on pourrs
s'addrefler au Libraire qui vend ce Livre ^
pour tout ce qu'on voudra faire tenir ìt
l'Auteur.
Nous profiterons de l'invitation conte
nue dans cet Avertissement , pour conti
nuer de parler avec franchise en faveur de
la vérité, & pour fa perfection de cet~Ou->
Vrage , quand l'occaíìon s'en présentera.1
Le 7e. vol. en offroit une , mais il n'étfoit
pas encore rems de publier notre Re
niai que , qui n'auroit pu passer alors que
pour une conjecture. Nous. avons depuisdécouvert
que cette Remarque peut être
solidement appuyée. Voici de quoi il s'a
git1. Dans le Catalogue des Ouvrages
d'André Ducheshe , qui est à la fin du
Mémoire quile concerne dans le 7e. tome
pag. 32}'. on trouve art. 6. le Titre qui
fuit : Les Antiquitez. & Recherches des
Villes , Châteaux & Places remarquables
de toute la France■", suivant l'ordre des huit
Parlement. Paris i (íi&. in-%. On ajoute
que' cettepremiere Edition a été suivie de
celles dis années 16 14. 1611. 1619.
iôji. 1637. úv8. Item, rêvât s corri'
g"*
Lévrier. 1730. 3 4 r
gées & augmentées par François Ducbejhe.
Paris 1 £47. in 8.& 166%. z. vol.in-ii.'
L'Arciclc finit par ces paroles Ce Livre
est mal écrit , mais il contient des choses;
curieuses , la derniere Edition que Duchesne
le Fils a procure'e est la meilleure.*
Nous avons toujours cru que cet Ou
vrage, quoique publié sous le nom d'An
dré Duchesne , n'étoit point de ce célèbre'
Auteur. II ne faut que le lire avec une*'
médiocre attention pour s'en appercevoic
: Mauvais stile, défaut de critique ,>
excès de crédulité , tout sent une maint*
qui ne cherche qu'à accumuler des Phra
ses , pour produire enfin un Livre com
posé de choses communes , & qu'on trou
ve dans plusieurs autres Ouvrages', eo-'
qui est bien éloigné du génie & de la ca
pacité d'André Duchesne.
Mais ce qui a achevé de nous con
vaincre fur ce point , c'est le témoignage
d'un Sçavant du premier ordre & des plus
respectables. Il faut d'abord observer que
la première Edition de ce Livre n'est pas
celle de.i 6 l e. marquée ci dessus par no
tre Editeur. Il s'en trouve une autre de
1609. dont il y a un exemplaire dans la
Bibliothèque de S. Germain des Prez ,
faite à Paris, chez Jean Petit Pas. En
second lieu, on lit à la tête de cet Exem
plaire de 1609. les paroles qui suivent,
cuites -
$4* MERCURE DE FRANGÉ,
éiîrites de la main du célèbre Dom' Lire
Dachery ^ contemporain & ami d' André?
Ducheíne.
Ce présent Livre n'ejì point de M. Ditchefìte
, je Pai ffudesà propre bouche r
ifant venu voir quelque chose k notre Bibliothequei
On P a mis fous son nom pour
le mieux vendre , parce que de soi il nevaut
rien , ni pour l' Histoire ni pour le
Stile. Le 19. Avril 1640.
Après une attestation si précise , on ne
peut s'empêcher de convenir de ^impo
sture , laquelle a continué àvec plus d»
facilité après la mort de l' Auteur dans:
les Editions qui ont suivi , jusqu'à sou
tenir que les deux dernieres ont été re
vues & corrigées par F. Duchesne sort
Fils, &c. Quand même il seroit vrai que
le Fils ait eu quelque part à ces dernieres
Editions , ce qui est extrêmement dou
teux , il doit toujours passer pour certaia
que l'Ouvrage original n'est point de son
Père : Au reste l' Auteur des Mémoires
n'a erré Ià dessus qu'après le P. le Long ,
qui l'acopié fur l'article d'André Duches
ne , & après plusieurs autres.
Ce n'est pas la première fois que les1
Libraires , même quelques Auteurs en
ont imposé au Public , en mettant ut»
fiom respectable à la tête d'un Ouvrage
médiocre dans la vue de l'acrediter : C'est
ainsi
FEVRIER. 1730. î4j
•insi qu'on a vu paroître en l'année
1719. un Livre fort superficiel, sous le
nom de M. l'Abbé de Bellegarde , qui
ccrit si poliment , & qui a donné tant de
bons Ouvrages , lequei nous a assure' n'a»-
voir aucune part à celui dor.t on vient de
parler. Mais revenons à notre 8e. vol.
des Mémoires pour l'Histoire des Hom
mes Illustres , Sec. Ce vol. contient la
Vie & le Catalogue des Ouvrages de 37.
Sçavans, dont voici les noms.
Léon Allatius , Emeri Bigot , Lazare
André Bocquillot , Guillaume Budé , Ni*
col. Calliachi , Charles du Cange , Jean
Cocceius , Jacques Cujas , Jean Donne ,
Caffandre Fedele , Claude Fleury , Théo*
phi le Foltngo , Jean Gallois , Th. Qatar
keryijean Gravi us , Nicol. Hartfoel(er ,
Jean Htnn Hottinger , Jacques le Paulmier
de Grantemefnil , Barth. Platine ,
Jean Jovien Pontan , Louis Pontico VirUr
nio , Guill. Poftcl > Etien. Rajficod , Abel
de sainte Marthe Père & Fils , jîbel Louis
de sainte Marthe , Charles de sainte Mar
the , Claude de sainte Marthe , Pierre Sce-r
vole de sainte Marthe , Scevole de saints
Marthe , Scevole & Louis de sainte Mar
the , Jacques Sannazar , Jean-Marie de
la Marque Tilladet , Sebafiien Vaillants
Çharles'VerarÂQ. ..f . '. . v .1
1/ Article. de Guillaume Budé nous »
fan»
tajf. MERCURE* DE PRANOS.
j>aru être l'un des plus curieux de ce vdj.
'& nous croyons que nos Lecteurs nous
^■sçauront gré de le trouver ici , tel que
l'Auteur des Mémoires Ta présenté au
public. Guillaume Budé , ( en Latin Budoeus)
naquit à Paris l'an 14.67. de Jeajn
JBudé , Seigneur d'Yerre , de Villers fur
Marne , & de Marly , Grand-Audianciex
en la Chancellerie de France , & de Ca
therine le Picart*
\ On lui donna des Maîtres dès-qu'il pa,-
lut capable d'apprendre quelque choses
mais la barbarie qui regnoit alors dans lc$
.Collèges , le dégoûta , Ôc l'empêcha de
faire de grands progr.es. C'étoit la cou
tume de pafler à l'étude da Droit , dè$
qu'on sçavoit un peu de Latin , il la sui
vit comme les autres, & alla à Orléans
pour ce sujet ; mais il . y demeura trois ans
fans y rien apprendre. Il n'entendoit pres-
,que point les Auteurs Latins , il n'çtoit
J>as par conséquent eu état de comprendre
es Ecrits & les Leçons de ses Professeurs.
Ainsi il revint à Paris a,ussi ignorant qu'il
,«n éroit parti , & plus dégoûté de l'étude
jqu'il ne l'étoit auparavant. ' . ■
Les plaisirs firent alors toute son occu
pation , ôc il s'adonna particulièrement £
îa chaffe ; mais lorsque le premier feu de
la jeunesse se fût rallenti en lui , il se sentit
coat d'un coup saisi d'une oasEon si vios
FEVRIER. 175©. ?4I
tente pour l'étude , qu'il s'y donna avec
une ardeur inexprimable. Il renonça dès*
j lors à tous les divertissemens & à toutes
j les compagnies ; & regardant comme per
du tout le tems qui n'étoit point employé
àl'étude , il regrettoitles heures qu'il étoit
obligé de donner à (es repas & à son som
meil.
Ce qu'il y a voit de fâcheux pour lui t
1 c'est qu'il n'avoit personne qui pût le dí*
íiger dans ses études, & lui montrer la
route qu'il devojt tenir pour ne poinc
perdre un tems qui lui étoit si précieux»
îl ne fçavoit quels étoient les Auteurs
qu'il de voit lire les premiers , & il se trompoit
souvent dans le choix qu'il en faisoit.
Ce ne fut que dans la fuite , qu'il
apprit par fa propre expérience , & pat
son propre gout , ceux qu'il devoit préfé
rer aux autres. Ainsi il ne dut qu'à luimême
les progtès qu'il fit , par son appli-
I cation assidue dans les Belles-Lettres.
II ne fut non plus redevable qu'à son
travail de la connoissance qu'il acquk de
ia Langue Grecque , il eût, à la vérité, un
Maître nommé George Hermonyme , qui
L se disok natif de Lacédémone , "mais qui
ne sçachant pas grand chose ., ne pouvoit
lui en apprendre beaucoup. Quelques en
tretiens qu'il eut avec Jean Lascaris lui
furent plus utiles , . & les instructions dç
* 4* MERCURE DE FRANCE,
ce grand homme lui soumirent les moy em
d'avancer avec plus de succès dans les
çonnoiffances qu'il s'étoit proposé d'ac
quérir.
Les Belles -Lettres ne l'occuperent pas
jtellement, qu'il négligeât les autres Scien
ces» U apprit les Mathématiques de Jean
Faber, dont il épuisa bientôt le sçavoir ,
par la facilité qu'il ayoit à comprendre
tout ce qu'il lui disoit.
Cependant son Père n« le vòïoit qu'ar
yec peine attaché si fort à l'ctude , appré
hendant que cer attachement ne préjudifiât
à ses affaires domestiques , & ne nui
sît à fa santé ; mais tout ce qu'il pût lui
dire fur ce sujet fut inutile , fa passion
l'emporta fur les remontrances. Au reste
íes craintes de son Pere n'eureqt lieu qu'en
partie ; car il ne négligea jamais ses affai
res , il eut foin au contraire de se parta
gé» entre-elles & ses études. Mais fa santé
en souffrit , car son assiduité au travail lui
procura une maladie , qui le tourmenta à
différentes reprises , pendant plus de vingt
»ns , &c qui le rendit mélancolique & cha
grin. Le triste état où il se trouv,oit alors,
n'étoit point capable de le dégoûter de
J'érude , il profìtojt des niomens de relâ
che qu'il avoit, pour s'y livrer de nou
veau. C'est même pendant cc tems - là
qu'il a composé la plupart de ses QuÏJWgefe
Quelque*
TEVR1ER. 1730. ?4f
Quelques Auteurs on mis en question :
S'il étoit à propos pour un Homme de
Lettres de íe marier , & se sont servi de
Pexemple de Budé pour soutenir l'affirmative.
Il se maria en effet , & si l'on et»
croit un de ces Auteurs > fa femme bienloin
de l'empêcher d'étudier , lui servoit
de second , en lui cherchant les passages ,
& les Livres dont il avoit «besoin, Il falloir,
^u'il l'eût connue de ce goût-là des avant
ion mariage , puisque, le jeùr même de
ses noces il se de'roba trois heures ait
moins , pour les passer avec ses Livres.
Louis le Roy , de'crit ainsi la manière,
dont il avoit coutume de passer lá jour
née : En se levant, il se mettoit au travail,
& étudioit jusqu'à l'heure de dîner j avant
que de se mettre à table , il fáisoit un peu
d'exercice pour se donner de l'appetit.
Après le repas, il passoit deux heures »
Causer avec sa famille , ou ses amis , après
quoi il recommençoit à travailler jusqu'à»
souper. Comme ce repas íe saisott ordi
nairement fort tard , i! ne faisoit jamais
rien après. Ii avoit une Maison de Cam
pagne à saint Maur , où il demeuroic assez
volontiers , parce que son e'rude n'y étoiç
point interrompue par des visites , com
me à la Ville.
t II vécut fort long-tems dans l'obscuriré
{Le son Cabinet , mais son rne'rir,e j'eq tira:
$4 S MERCURE DE FRANCE.
Qay de Rochefort , Chancelier de Fran.
çe , le fit çonnoître au Roy Charles VIII.»
qui voalut le voir , Sc le fie venir auprès
de luiî mais il ne vécut pas assez après
çela, pour lui faire du bien, .. i
Louis XIL successeur de Charles, l'en»,
voya deux fois en Italie pour quelques;
négociations , & le mit ensuite au nombre,
de íes Secrétaires. 11 youlur aussi le fairç,
Conseiller au, Parlement de Paris ; maiç.
Budé refusa cette Charge , qui lui aurpir^
çauíé trop de distractions, ÔC qui lui auroit
enlevé un tems , qu'il aimoit mieu%
donner à ses études.
II se vit cependanc dans la fuite exposd
à ces distractions qu'il craignoit. Le Roy
Fcançois I. qui aimoit les Gens de Lettres,
k fit venir auprès de lui à Ardres » où
5'e'toit rendu en 1520. pour s'aboucher,
avec le Roy d'Angleterre. L' Auteur de fa.
vie remarque , que ce fut alors pour 1%
première fois que Budé eut accès auprès
de lui : ce qui détruit cç que Yarillas aavancé
dans son Histoire da François I<
(a) que ce Prince l'envoya à Rome etj
Ambassade en iji 5. auprès du Pap©
Léon X. fait suppose par cet Auteur ,
qu'iL accompagne d'une reflexion , qui
n'est pas plus vraie. » Budé, dit-il , n'ér
«toit pas mal adroit co négociation ,
Çà) 144$ u fi i -; "---.-< -i
\i'i.< C « quoiqu'il
I 'J TE V RIE R. 17300 j4f
B'qqoiqu'il eut vécu dans Paris , fans au-
» cre conversation que celle de ses Livres, «c
| -Comment Varillas a-r-il pu parler ainsi,
puisque Budé avoit déja e'té deux fois ea
! Italie pour différentes négociations ?
I François I. ayant pris gout à la convec*
/ation de Budé , voulut ,1'avoir toujours
attprès de lui , lui confia le foin de fa Bi
bliothèque , & lui donna une Charge de
Maître des Requêtes , dont il fut pourvu
}e2 I. Août 1522. La. Ville de Paris l'é*
lût la même anne'e Prevôc des Mar»
chands. . • ,
• Il aimoit trop les Sciences , pour ne pas
faire servir à leur avantage le crédit qu'il
> atoit auprès du Roy > il fut un des prin
cipaux Promoteurs de l'érection du CoU
lege Royal , & de la Fondation des Chai-s
res , qui y fur faite fous le Règne ^ de
François I.
, Il se brouilla avec Antoine du Prat t
Chancelier de France , ce qui l'obligea
pendant quelque temsà n'aller à la Cour,
qu'autanc que le devoir de fa Charge l'y
engageoit. M? is ce tems ne dura pas ; car
Guillaume. Po;;et qui l'aimoit , ayant e'té
fait Chancelier , voulut qu'il demeurât
continuellement auprès de lui.
Un voyage qu'il fit avec lui en 15 40.
fur les côres de Normandie , à la fuite duj!
&oy , qui y alloit chercher du rafraîchisr.,
. ^ * G ij sèment
^5<> MERCURE DE FRANCBj
íement dans les chaleurs excessives da
cette année , lui fut funeste. Il y ga*
gna une fièvre , qui lui paroissant dan»
gereuse , lui fit naître l'envie de se faire
porter chez lui , pour mourir du moins
au milieu de fa Famille.
De retour à Paris , il vit bien tôt son
mal s'augmenter , & il mourut le 23,
Août de la même année 1540. âgé de 73.
ans. Plusieurs Auteurs se sont trompés fut
la datte de fa mort La Croix du Maine
en la fixant au z 5. Août. S ponde , en la
mettant au 2©. Août , & Pierre de saint
Romuald, en l'avançant au $. Août de
la même année. Le P. Garasse dans fa
Doctrine curieuse , le fait mourir en 1 5 ; 9.
L'erreurde M. de Launoy est encore plus
considérable , puisqu'il recule (a) sa mort
jusqu'au premier Septembre 1 ç 7 3.
Budé fut enterré le x6 . Août à saint Ni»
colas des Champs 3 fans aucune pompe ,
comme il l'avoit ordonné par son Testa»
ment , ou il dit : m Je veux être porté en
«•terre de nuit , & íans semonce , à une
» Torche , ou à deux seulement , & ne
» veux être proclamé à l'Eglise , ne à la
» Ville , ne alors que je ferai inhumé s ne
>le lendemain; car je n'approuverai ja-
>mais la coutume des cérémonies lugu-
» bres , & pompes funèbres*. . . Je détens
(s) Hijì. Gjmn. ì{*v»rr. f» 8.8 xì. . -
*■ # qu'or*
LEVRIER, i^rjd. jç»
»qn'on m'en fasse, tant pour ce, quepout
»autres choses , qui ne se peuvent faire
asans scandale ; & si je ne veux qu'il y aie
^cérémonie funèbre , ne autre Représerr.
Mtarion à l'entour du lieu où je serai en*
«terré , le long de l'anne'e de mon trépas ,
«parce qu'il me semble imitation des Ce-
Dnotaphes , donc les Gentils ancienne-*
»xment ont asé#
C'étoit ici le lieu de placer rEpigram»
me , que fit Melain de saint Gelais , à
l'oecasion de la mort de Budé, & de la
disposition Testamentaire qu'on vient de
lire. 11 est à croire que l'Editeur des Mé
moires ne l'a pas connue > on ne fera pas
fâché de la trouver ici.
Qui est celui que tout le monde fuit >
tas ! c'est Budé au Cercueil étendu.
Pourquoi n'ont fait les Cloches plus grand]
bruk?
Son nom fans Cloche est aflez épanda;
Que n'a-t on plus en Torches dépendu í
Suivant la mode accoutumée & sainte »
Afin qu'il sut par l'obscur entendu
Que des François la lumière est éteinte*
Nous donnerons dans le prochain Mer*
Cure la fuite de ce Mémoire*
des Hommes Illustres dans la République
des Lettres > avec un Catalogue raisonné
de leurs Ouvrages , tome 8 . de 40 8 . pages
fans les Tables. A Paris , chez. Bnaffon „
rué S. làcques , a la Science. 1730.
. A la tête de ce 8 e. volume est un coure
Avertissement , qui apprend au Lecteut
une chose auíïl agréable que nécessaire á
l'égard de ceux qui aiment Inexactitude Sc
la perfection dans les entreprises Litté
raires. L' Auteur de ces Mémoires se pré
pare, nous dit-on , à donner dans le di
xième vol. qui paroîtra fur la fin du mois
de Décembre 1729. les corrections fur les
neuf vol. qui le précédent ^ avec les Ad
ditions qu'on lui a déja données. Il invite
de plus ceux qui auront reconnu quelque
faute , quelque îegere qu'elle puisse être ,
ou qui sçauront <juelques faits oubliez ,
ou enfin qui auront quelques Additions, à
les lui communiquer , se chargeant d'in
struire le Public du nom de ceux dont il
auxar
34© MERCURE Í)E FRANGÉ,
aura receu des remarques utiles. On aver»
tic aussi que le dixième vol. contiendra en
core des Tables générales , Alphabéti
que, Nécrologique ì 6c selon l'ordre des
Matières de ce qui est contenu dans les
neuf premiers vol enfin qu'on pourrs
s'addrefler au Libraire qui vend ce Livre ^
pour tout ce qu'on voudra faire tenir ìt
l'Auteur.
Nous profiterons de l'invitation conte
nue dans cet Avertissement , pour conti
nuer de parler avec franchise en faveur de
la vérité, & pour fa perfection de cet~Ou->
Vrage , quand l'occaíìon s'en présentera.1
Le 7e. vol. en offroit une , mais il n'étfoit
pas encore rems de publier notre Re
niai que , qui n'auroit pu passer alors que
pour une conjecture. Nous. avons depuisdécouvert
que cette Remarque peut être
solidement appuyée. Voici de quoi il s'a
git1. Dans le Catalogue des Ouvrages
d'André Ducheshe , qui est à la fin du
Mémoire quile concerne dans le 7e. tome
pag. 32}'. on trouve art. 6. le Titre qui
fuit : Les Antiquitez. & Recherches des
Villes , Châteaux & Places remarquables
de toute la France■", suivant l'ordre des huit
Parlement. Paris i (íi&. in-%. On ajoute
que' cettepremiere Edition a été suivie de
celles dis années 16 14. 1611. 1619.
iôji. 1637. úv8. Item, rêvât s corri'
g"*
Lévrier. 1730. 3 4 r
gées & augmentées par François Ducbejhe.
Paris 1 £47. in 8.& 166%. z. vol.in-ii.'
L'Arciclc finit par ces paroles Ce Livre
est mal écrit , mais il contient des choses;
curieuses , la derniere Edition que Duchesne
le Fils a procure'e est la meilleure.*
Nous avons toujours cru que cet Ou
vrage, quoique publié sous le nom d'An
dré Duchesne , n'étoit point de ce célèbre'
Auteur. II ne faut que le lire avec une*'
médiocre attention pour s'en appercevoic
: Mauvais stile, défaut de critique ,>
excès de crédulité , tout sent une maint*
qui ne cherche qu'à accumuler des Phra
ses , pour produire enfin un Livre com
posé de choses communes , & qu'on trou
ve dans plusieurs autres Ouvrages', eo-'
qui est bien éloigné du génie & de la ca
pacité d'André Duchesne.
Mais ce qui a achevé de nous con
vaincre fur ce point , c'est le témoignage
d'un Sçavant du premier ordre & des plus
respectables. Il faut d'abord observer que
la première Edition de ce Livre n'est pas
celle de.i 6 l e. marquée ci dessus par no
tre Editeur. Il s'en trouve une autre de
1609. dont il y a un exemplaire dans la
Bibliothèque de S. Germain des Prez ,
faite à Paris, chez Jean Petit Pas. En
second lieu, on lit à la tête de cet Exem
plaire de 1609. les paroles qui suivent,
cuites -
$4* MERCURE DE FRANGÉ,
éiîrites de la main du célèbre Dom' Lire
Dachery ^ contemporain & ami d' André?
Ducheíne.
Ce présent Livre n'ejì point de M. Ditchefìte
, je Pai ffudesà propre bouche r
ifant venu voir quelque chose k notre Bibliothequei
On P a mis fous son nom pour
le mieux vendre , parce que de soi il nevaut
rien , ni pour l' Histoire ni pour le
Stile. Le 19. Avril 1640.
Après une attestation si précise , on ne
peut s'empêcher de convenir de ^impo
sture , laquelle a continué àvec plus d»
facilité après la mort de l' Auteur dans:
les Editions qui ont suivi , jusqu'à sou
tenir que les deux dernieres ont été re
vues & corrigées par F. Duchesne sort
Fils, &c. Quand même il seroit vrai que
le Fils ait eu quelque part à ces dernieres
Editions , ce qui est extrêmement dou
teux , il doit toujours passer pour certaia
que l'Ouvrage original n'est point de son
Père : Au reste l' Auteur des Mémoires
n'a erré Ià dessus qu'après le P. le Long ,
qui l'acopié fur l'article d'André Duches
ne , & après plusieurs autres.
Ce n'est pas la première fois que les1
Libraires , même quelques Auteurs en
ont imposé au Public , en mettant ut»
fiom respectable à la tête d'un Ouvrage
médiocre dans la vue de l'acrediter : C'est
ainsi
FEVRIER. 1730. î4j
•insi qu'on a vu paroître en l'année
1719. un Livre fort superficiel, sous le
nom de M. l'Abbé de Bellegarde , qui
ccrit si poliment , & qui a donné tant de
bons Ouvrages , lequei nous a assure' n'a»-
voir aucune part à celui dor.t on vient de
parler. Mais revenons à notre 8e. vol.
des Mémoires pour l'Histoire des Hom
mes Illustres , Sec. Ce vol. contient la
Vie & le Catalogue des Ouvrages de 37.
Sçavans, dont voici les noms.
Léon Allatius , Emeri Bigot , Lazare
André Bocquillot , Guillaume Budé , Ni*
col. Calliachi , Charles du Cange , Jean
Cocceius , Jacques Cujas , Jean Donne ,
Caffandre Fedele , Claude Fleury , Théo*
phi le Foltngo , Jean Gallois , Th. Qatar
keryijean Gravi us , Nicol. Hartfoel(er ,
Jean Htnn Hottinger , Jacques le Paulmier
de Grantemefnil , Barth. Platine ,
Jean Jovien Pontan , Louis Pontico VirUr
nio , Guill. Poftcl > Etien. Rajficod , Abel
de sainte Marthe Père & Fils , jîbel Louis
de sainte Marthe , Charles de sainte Mar
the , Claude de sainte Marthe , Pierre Sce-r
vole de sainte Marthe , Scevole de saints
Marthe , Scevole & Louis de sainte Mar
the , Jacques Sannazar , Jean-Marie de
la Marque Tilladet , Sebafiien Vaillants
Çharles'VerarÂQ. ..f . '. . v .1
1/ Article. de Guillaume Budé nous »
fan»
tajf. MERCURE* DE PRANOS.
j>aru être l'un des plus curieux de ce vdj.
'& nous croyons que nos Lecteurs nous
^■sçauront gré de le trouver ici , tel que
l'Auteur des Mémoires Ta présenté au
public. Guillaume Budé , ( en Latin Budoeus)
naquit à Paris l'an 14.67. de Jeajn
JBudé , Seigneur d'Yerre , de Villers fur
Marne , & de Marly , Grand-Audianciex
en la Chancellerie de France , & de Ca
therine le Picart*
\ On lui donna des Maîtres dès-qu'il pa,-
lut capable d'apprendre quelque choses
mais la barbarie qui regnoit alors dans lc$
.Collèges , le dégoûta , Ôc l'empêcha de
faire de grands progr.es. C'étoit la cou
tume de pafler à l'étude da Droit , dè$
qu'on sçavoit un peu de Latin , il la sui
vit comme les autres, & alla à Orléans
pour ce sujet ; mais il . y demeura trois ans
fans y rien apprendre. Il n'entendoit pres-
,que point les Auteurs Latins , il n'çtoit
J>as par conséquent eu état de comprendre
es Ecrits & les Leçons de ses Professeurs.
Ainsi il revint à Paris a,ussi ignorant qu'il
,«n éroit parti , & plus dégoûté de l'étude
jqu'il ne l'étoit auparavant. ' . ■
Les plaisirs firent alors toute son occu
pation , ôc il s'adonna particulièrement £
îa chaffe ; mais lorsque le premier feu de
la jeunesse se fût rallenti en lui , il se sentit
coat d'un coup saisi d'une oasEon si vios
FEVRIER. 175©. ?4I
tente pour l'étude , qu'il s'y donna avec
une ardeur inexprimable. Il renonça dès*
j lors à tous les divertissemens & à toutes
j les compagnies ; & regardant comme per
du tout le tems qui n'étoit point employé
àl'étude , il regrettoitles heures qu'il étoit
obligé de donner à (es repas & à son som
meil.
Ce qu'il y a voit de fâcheux pour lui t
1 c'est qu'il n'avoit personne qui pût le dí*
íiger dans ses études, & lui montrer la
route qu'il devojt tenir pour ne poinc
perdre un tems qui lui étoit si précieux»
îl ne fçavoit quels étoient les Auteurs
qu'il de voit lire les premiers , & il se trompoit
souvent dans le choix qu'il en faisoit.
Ce ne fut que dans la fuite , qu'il
apprit par fa propre expérience , & pat
son propre gout , ceux qu'il devoit préfé
rer aux autres. Ainsi il ne dut qu'à luimême
les progtès qu'il fit , par son appli-
I cation assidue dans les Belles-Lettres.
II ne fut non plus redevable qu'à son
travail de la connoissance qu'il acquk de
ia Langue Grecque , il eût, à la vérité, un
Maître nommé George Hermonyme , qui
L se disok natif de Lacédémone , "mais qui
ne sçachant pas grand chose ., ne pouvoit
lui en apprendre beaucoup. Quelques en
tretiens qu'il eut avec Jean Lascaris lui
furent plus utiles , . & les instructions dç
* 4* MERCURE DE FRANCE,
ce grand homme lui soumirent les moy em
d'avancer avec plus de succès dans les
çonnoiffances qu'il s'étoit proposé d'ac
quérir.
Les Belles -Lettres ne l'occuperent pas
jtellement, qu'il négligeât les autres Scien
ces» U apprit les Mathématiques de Jean
Faber, dont il épuisa bientôt le sçavoir ,
par la facilité qu'il ayoit à comprendre
tout ce qu'il lui disoit.
Cependant son Père n« le vòïoit qu'ar
yec peine attaché si fort à l'ctude , appré
hendant que cer attachement ne préjudifiât
à ses affaires domestiques , & ne nui
sît à fa santé ; mais tout ce qu'il pût lui
dire fur ce sujet fut inutile , fa passion
l'emporta fur les remontrances. Au reste
íes craintes de son Pere n'eureqt lieu qu'en
partie ; car il ne négligea jamais ses affai
res , il eut foin au contraire de se parta
gé» entre-elles & ses études. Mais fa santé
en souffrit , car son assiduité au travail lui
procura une maladie , qui le tourmenta à
différentes reprises , pendant plus de vingt
»ns , &c qui le rendit mélancolique & cha
grin. Le triste état où il se trouv,oit alors,
n'étoit point capable de le dégoûter de
J'érude , il profìtojt des niomens de relâ
che qu'il avoit, pour s'y livrer de nou
veau. C'est même pendant cc tems - là
qu'il a composé la plupart de ses QuÏJWgefe
Quelque*
TEVR1ER. 1730. ?4f
Quelques Auteurs on mis en question :
S'il étoit à propos pour un Homme de
Lettres de íe marier , & se sont servi de
Pexemple de Budé pour soutenir l'affirmative.
Il se maria en effet , & si l'on et»
croit un de ces Auteurs > fa femme bienloin
de l'empêcher d'étudier , lui servoit
de second , en lui cherchant les passages ,
& les Livres dont il avoit «besoin, Il falloir,
^u'il l'eût connue de ce goût-là des avant
ion mariage , puisque, le jeùr même de
ses noces il se de'roba trois heures ait
moins , pour les passer avec ses Livres.
Louis le Roy , de'crit ainsi la manière,
dont il avoit coutume de passer lá jour
née : En se levant, il se mettoit au travail,
& étudioit jusqu'à l'heure de dîner j avant
que de se mettre à table , il fáisoit un peu
d'exercice pour se donner de l'appetit.
Après le repas, il passoit deux heures »
Causer avec sa famille , ou ses amis , après
quoi il recommençoit à travailler jusqu'à»
souper. Comme ce repas íe saisott ordi
nairement fort tard , i! ne faisoit jamais
rien après. Ii avoit une Maison de Cam
pagne à saint Maur , où il demeuroic assez
volontiers , parce que son e'rude n'y étoiç
point interrompue par des visites , com
me à la Ville.
t II vécut fort long-tems dans l'obscuriré
{Le son Cabinet , mais son rne'rir,e j'eq tira:
$4 S MERCURE DE FRANCE.
Qay de Rochefort , Chancelier de Fran.
çe , le fit çonnoître au Roy Charles VIII.»
qui voalut le voir , Sc le fie venir auprès
de luiî mais il ne vécut pas assez après
çela, pour lui faire du bien, .. i
Louis XIL successeur de Charles, l'en»,
voya deux fois en Italie pour quelques;
négociations , & le mit ensuite au nombre,
de íes Secrétaires. 11 youlur aussi le fairç,
Conseiller au, Parlement de Paris ; maiç.
Budé refusa cette Charge , qui lui aurpir^
çauíé trop de distractions, ÔC qui lui auroit
enlevé un tems , qu'il aimoit mieu%
donner à ses études.
II se vit cependanc dans la fuite exposd
à ces distractions qu'il craignoit. Le Roy
Fcançois I. qui aimoit les Gens de Lettres,
k fit venir auprès de lui à Ardres » où
5'e'toit rendu en 1520. pour s'aboucher,
avec le Roy d'Angleterre. L' Auteur de fa.
vie remarque , que ce fut alors pour 1%
première fois que Budé eut accès auprès
de lui : ce qui détruit cç que Yarillas aavancé
dans son Histoire da François I<
(a) que ce Prince l'envoya à Rome etj
Ambassade en iji 5. auprès du Pap©
Léon X. fait suppose par cet Auteur ,
qu'iL accompagne d'une reflexion , qui
n'est pas plus vraie. » Budé, dit-il , n'ér
«toit pas mal adroit co négociation ,
Çà) 144$ u fi i -; "---.-< -i
\i'i.< C « quoiqu'il
I 'J TE V RIE R. 17300 j4f
B'qqoiqu'il eut vécu dans Paris , fans au-
» cre conversation que celle de ses Livres, «c
| -Comment Varillas a-r-il pu parler ainsi,
puisque Budé avoit déja e'té deux fois ea
! Italie pour différentes négociations ?
I François I. ayant pris gout à la convec*
/ation de Budé , voulut ,1'avoir toujours
attprès de lui , lui confia le foin de fa Bi
bliothèque , & lui donna une Charge de
Maître des Requêtes , dont il fut pourvu
}e2 I. Août 1522. La. Ville de Paris l'é*
lût la même anne'e Prevôc des Mar»
chands. . • ,
• Il aimoit trop les Sciences , pour ne pas
faire servir à leur avantage le crédit qu'il
> atoit auprès du Roy > il fut un des prin
cipaux Promoteurs de l'érection du CoU
lege Royal , & de la Fondation des Chai-s
res , qui y fur faite fous le Règne ^ de
François I.
, Il se brouilla avec Antoine du Prat t
Chancelier de France , ce qui l'obligea
pendant quelque temsà n'aller à la Cour,
qu'autanc que le devoir de fa Charge l'y
engageoit. M? is ce tems ne dura pas ; car
Guillaume. Po;;et qui l'aimoit , ayant e'té
fait Chancelier , voulut qu'il demeurât
continuellement auprès de lui.
Un voyage qu'il fit avec lui en 15 40.
fur les côres de Normandie , à la fuite duj!
&oy , qui y alloit chercher du rafraîchisr.,
. ^ * G ij sèment
^5<> MERCURE DE FRANCBj
íement dans les chaleurs excessives da
cette année , lui fut funeste. Il y ga*
gna une fièvre , qui lui paroissant dan»
gereuse , lui fit naître l'envie de se faire
porter chez lui , pour mourir du moins
au milieu de fa Famille.
De retour à Paris , il vit bien tôt son
mal s'augmenter , & il mourut le 23,
Août de la même année 1540. âgé de 73.
ans. Plusieurs Auteurs se sont trompés fut
la datte de fa mort La Croix du Maine
en la fixant au z 5. Août. S ponde , en la
mettant au 2©. Août , & Pierre de saint
Romuald, en l'avançant au $. Août de
la même année. Le P. Garasse dans fa
Doctrine curieuse , le fait mourir en 1 5 ; 9.
L'erreurde M. de Launoy est encore plus
considérable , puisqu'il recule (a) sa mort
jusqu'au premier Septembre 1 ç 7 3.
Budé fut enterré le x6 . Août à saint Ni»
colas des Champs 3 fans aucune pompe ,
comme il l'avoit ordonné par son Testa»
ment , ou il dit : m Je veux être porté en
«•terre de nuit , & íans semonce , à une
» Torche , ou à deux seulement , & ne
» veux être proclamé à l'Eglise , ne à la
» Ville , ne alors que je ferai inhumé s ne
>le lendemain; car je n'approuverai ja-
>mais la coutume des cérémonies lugu-
» bres , & pompes funèbres*. . . Je détens
(s) Hijì. Gjmn. ì{*v»rr. f» 8.8 xì. . -
*■ # qu'or*
LEVRIER, i^rjd. jç»
»qn'on m'en fasse, tant pour ce, quepout
»autres choses , qui ne se peuvent faire
asans scandale ; & si je ne veux qu'il y aie
^cérémonie funèbre , ne autre Représerr.
Mtarion à l'entour du lieu où je serai en*
«terré , le long de l'anne'e de mon trépas ,
«parce qu'il me semble imitation des Ce-
Dnotaphes , donc les Gentils ancienne-*
»xment ont asé#
C'étoit ici le lieu de placer rEpigram»
me , que fit Melain de saint Gelais , à
l'oecasion de la mort de Budé, & de la
disposition Testamentaire qu'on vient de
lire. 11 est à croire que l'Editeur des Mé
moires ne l'a pas connue > on ne fera pas
fâché de la trouver ici.
Qui est celui que tout le monde fuit >
tas ! c'est Budé au Cercueil étendu.
Pourquoi n'ont fait les Cloches plus grand]
bruk?
Son nom fans Cloche est aflez épanda;
Que n'a-t on plus en Torches dépendu í
Suivant la mode accoutumée & sainte »
Afin qu'il sut par l'obscur entendu
Que des François la lumière est éteinte*
Nous donnerons dans le prochain Mer*
Cure la fuite de ce Mémoire*
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Résumé : Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Le texte est un extrait des 'Mémoires pour servira l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres', tome 8, publié à Paris en 1730. L'auteur annonce des corrections et des additions pour les neuf volumes précédents dans le dixième volume, prévu pour décembre 1729, et invite les lecteurs à signaler toute erreur ou information erronée. Le septième volume contenait une remarque confirmée depuis, concernant une erreur sur un ouvrage attribué à André Duchesne. Le catalogue des œuvres de Duchesne mentionne 'Les Antiquitez & Recherches des Villes, Châteaux & Places remarquables de toute la France', avec plusieurs éditions. Cependant, l'auteur des Mémoires affirme que cet ouvrage n'est pas de Duchesne, en se basant sur le témoignage de Dom Louis D'Achery, qui a déclaré que le livre n'était pas de Duchesne et avait été publié sous son nom pour mieux se vendre. Le texte mentionne également d'autres cas où des libraires ou des auteurs ont attribué des œuvres médiocres à des noms respectables pour les accréditer. Le huitième volume des Mémoires contient les vies et les catalogues des œuvres de 37 savants, dont Guillaume Budé. La vie de Budé est détaillée, soulignant son parcours académique, son assiduité dans les études, et son rôle dans la promotion des sciences sous le règne de François I. Budé a refusé des charges qui auraient pu le distraire de ses études, mais a finalement été nommé maître des requêtes et prévôt des marchands de Paris. Il a également joué un rôle clé dans la création du Collège Royal et la fondation des chaires sous François I. Le texte relate la mort de Budé, survenue en 1540. Budé, âgé de 73 ans, contracta une fièvre lors d'un séjour en Normandie et décida de retourner à Paris pour mourir entouré de sa famille. Il décéda le 23 août 1540. Plusieurs auteurs ont commis des erreurs sur la date de sa mort, la situant entre le 25 et le 31 août, ou même en 1573. Budé fut enterré le 26 août à Saint-Nicolas-des-Champs sans cérémonie, conformément à ses volontés exprimées dans son testament. Il souhaitait une inhumation discrète, sans pompe funèbre, et sans proclamation à l'église ou à la ville. Il comparait les cérémonies funèbres à des pratiques païennes. Le texte mentionne également une épigramme de Melchior de Saint-Gelais sur la mort de Budé et ses dispositions testamentaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4823
p. 352-355
« LA VIE DE CALLISTHENE, Philosophe, à la Cour d'Alexandre le Grand. [...] »
Début :
LA VIE DE CALLISTHENE, Philosophe, à la Cour d'Alexandre le Grand. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LA VIE DE CALLISTHENE, Philosophe, à la Cour d'Alexandre le Grand. [...] »
Da Vie de Cal listhene , Philo*
íophe, à la Cour d'Alexandre le Grand.
ji Paris , au Palais , chez. Prudbomme,
& Quay de Canty y chez, la veuve Pijfot ,
Í730. Brochure in- 11. de }8. pages.
■ Ce petit Ouvrage , ainsi que la Vie de
Brutus, a été faite à Poccasion de la Tragé
die de Caliifthene , de la composition de
M.Piron,qu'on joue au Théâtre François»
Desprez & Deseffarts , Libraires , don
nent avis qu'ils ont mis au jour une nou
velle Edition de la Bible , traduite par
M. Le Maître de Sacy , où l'on a joint
500. Figures,, grave'es d'après ks grands
Maîtres , par le sieur de Marne , fíraveur
ordinaire de la Reine , avec des Sommai
res Historiques fur chaque Livre de i? An
cien & du nouveau Testament , divisé en
£x volumes in-\* A P'ans , che\ lesdits
Jìettrs Desprez. & Defijfarts ,\i%'è S. Jac
ques, & chez. V Auteur des Gravures % rué
4* Foin y en entrant par la rué de la- fíarpe,
aut Heaume. Il vendra séparément les Es
tampes de grandeur in-folio ou in-^.sa
3. volumes rv
. ..L. , . t Z... »
r. Gabriel Martin., Libraire, rue S. Jac
ques , à l'Etoile , imprime le Catalogue
de la Bibliothèque de M. Turgot de Saint
Çlair , Evêque de Seez., & celui de M. le
/- \ > Président
FEVRIER. 1730. 3<fj
i Président Lambert , Pre'vôt des Mar
chands. La vente de ces deux Bibliothè
ques doit se faite incessamment.
. On trouve chez le même Gabriel M*r+
Ìtin & chez Coignard, fils , & Guerin-Yû*
aié,ruè' S.Jacques, la nouvelle Edition
des Llemens de l'Histoire de feu M.l'Ab-
■hé de Vallemont, en 4. volumes in-ix*
■considérablement augmèntée.
Le Paradis Perdu deMiítoh*
traduit de l'Anglois en Vers Hullandois,
-par M. L. P. A Amsterdam , cbeT^ E.
•ffifihtr., *7 3 o. /'»•!?. »'
Cette Traduction cil fake fur celle que
M. Vanzanten , sçavaat Médecin à Har-
4em i peblia il y a deux ans en Vers Hoir
4iiidois non rimez. »
■ ■
: Histoire modekde de l'Etat preH
■sent de tous les Peuples du monde , trat»
■duit de l'Anglois de M. Salmon , enrichie
de Remarques , de Cartes Géographiques
•8c de Tailles-douces. Idem , chez. Isaac
I-TïrioH , 173 ô. Tome premier, Premiers
•Partie , contenant une Description de
-i-'Eta* présent de PEmpire de la Chine.
in- 8.
c On apprend de Vérone, que Jacques
•V«Uarsi, Libraire-, y a donne' ane behVe
L .....4 G iiij Edí
^54 MERCURE DE FRANCE.
Edition «de toutes les Oeuvres du Trijfìrf^
cn z. vol. in- 4. fous ce titre. Tutte le
Opère di Giovan Giorgio Triíîìna , Gen~
hlhuomo Vicentinoynon pin raccolte.17 29.
Jean Albert Tumermani , de la même
•Ville, a imprimé m-%. un Poème Italie»
d'environ 450. Vers , intitulé , I. Ca
nari ni , les Serins, dont PAuteur , ap
pelle Ignacio da Perfico , n'a que 1 6. ans.
on en fait beaucoup de cas.
, II paroît à Londres une trentième Edi
tion de VEtat présent de la Grande Brer
tagne , par Chamberlain*
Un Comédien de Campagne a publie*
dans la même Ville , une Réponse à la
Préface que M. Pope a mise à la tête de
i'Edition qu'il a donnée des Oeuvres de
•Shakespear. Le Comédien prend fa deffense
des anciens Acteurs qui ont repré
senté les Pieces de ce Poète. II fait voie
dans cette Réponse les fautes qu?on a
faites dans cette Edition , & donne quel
ques éclaircissemens nouveaux fur la vie
de Shakespear , & sur l'Histoire du Théâ
tre de son temps.
On trouve aussi à Londres , chez les
jÇnaptons, un. Traité en Anglois de M. Ri
chard;
FEVRIER. Í7Ì0. jçç
<hatd Brown , intitulé : Medicina Ain
sicí, , ou Eísai , dans lequel on examine
par les Loix de la Méchanique les effets
du Chant, de la Musique & de la Danse
suc le corps humain , avec un Traité suc
la nature des maladies de la Rate & des
yapeurs , & fur la manière de les guérir.
íophe, à la Cour d'Alexandre le Grand.
ji Paris , au Palais , chez. Prudbomme,
& Quay de Canty y chez, la veuve Pijfot ,
Í730. Brochure in- 11. de }8. pages.
■ Ce petit Ouvrage , ainsi que la Vie de
Brutus, a été faite à Poccasion de la Tragé
die de Caliifthene , de la composition de
M.Piron,qu'on joue au Théâtre François»
Desprez & Deseffarts , Libraires , don
nent avis qu'ils ont mis au jour une nou
velle Edition de la Bible , traduite par
M. Le Maître de Sacy , où l'on a joint
500. Figures,, grave'es d'après ks grands
Maîtres , par le sieur de Marne , fíraveur
ordinaire de la Reine , avec des Sommai
res Historiques fur chaque Livre de i? An
cien & du nouveau Testament , divisé en
£x volumes in-\* A P'ans , che\ lesdits
Jìettrs Desprez. & Defijfarts ,\i%'è S. Jac
ques, & chez. V Auteur des Gravures % rué
4* Foin y en entrant par la rué de la- fíarpe,
aut Heaume. Il vendra séparément les Es
tampes de grandeur in-folio ou in-^.sa
3. volumes rv
. ..L. , . t Z... »
r. Gabriel Martin., Libraire, rue S. Jac
ques , à l'Etoile , imprime le Catalogue
de la Bibliothèque de M. Turgot de Saint
Çlair , Evêque de Seez., & celui de M. le
/- \ > Président
FEVRIER. 1730. 3<fj
i Président Lambert , Pre'vôt des Mar
chands. La vente de ces deux Bibliothè
ques doit se faite incessamment.
. On trouve chez le même Gabriel M*r+
Ìtin & chez Coignard, fils , & Guerin-Yû*
aié,ruè' S.Jacques, la nouvelle Edition
des Llemens de l'Histoire de feu M.l'Ab-
■hé de Vallemont, en 4. volumes in-ix*
■considérablement augmèntée.
Le Paradis Perdu deMiítoh*
traduit de l'Anglois en Vers Hullandois,
-par M. L. P. A Amsterdam , cbeT^ E.
•ffifihtr., *7 3 o. /'»•!?. »'
Cette Traduction cil fake fur celle que
M. Vanzanten , sçavaat Médecin à Har-
4em i peblia il y a deux ans en Vers Hoir
4iiidois non rimez. »
■ ■
: Histoire modekde de l'Etat preH
■sent de tous les Peuples du monde , trat»
■duit de l'Anglois de M. Salmon , enrichie
de Remarques , de Cartes Géographiques
•8c de Tailles-douces. Idem , chez. Isaac
I-TïrioH , 173 ô. Tome premier, Premiers
•Partie , contenant une Description de
-i-'Eta* présent de PEmpire de la Chine.
in- 8.
c On apprend de Vérone, que Jacques
•V«Uarsi, Libraire-, y a donne' ane behVe
L .....4 G iiij Edí
^54 MERCURE DE FRANCE.
Edition «de toutes les Oeuvres du Trijfìrf^
cn z. vol. in- 4. fous ce titre. Tutte le
Opère di Giovan Giorgio Triíîìna , Gen~
hlhuomo Vicentinoynon pin raccolte.17 29.
Jean Albert Tumermani , de la même
•Ville, a imprimé m-%. un Poème Italie»
d'environ 450. Vers , intitulé , I. Ca
nari ni , les Serins, dont PAuteur , ap
pelle Ignacio da Perfico , n'a que 1 6. ans.
on en fait beaucoup de cas.
, II paroît à Londres une trentième Edi
tion de VEtat présent de la Grande Brer
tagne , par Chamberlain*
Un Comédien de Campagne a publie*
dans la même Ville , une Réponse à la
Préface que M. Pope a mise à la tête de
i'Edition qu'il a donnée des Oeuvres de
•Shakespear. Le Comédien prend fa deffense
des anciens Acteurs qui ont repré
senté les Pieces de ce Poète. II fait voie
dans cette Réponse les fautes qu?on a
faites dans cette Edition , & donne quel
ques éclaircissemens nouveaux fur la vie
de Shakespear , & sur l'Histoire du Théâ
tre de son temps.
On trouve aussi à Londres , chez les
jÇnaptons, un. Traité en Anglois de M. Ri
chard;
FEVRIER. Í7Ì0. jçç
<hatd Brown , intitulé : Medicina Ain
sicí, , ou Eísai , dans lequel on examine
par les Loix de la Méchanique les effets
du Chant, de la Musique & de la Danse
suc le corps humain , avec un Traité suc
la nature des maladies de la Rate & des
yapeurs , & fur la manière de les guérir.
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Résumé : « LA VIE DE CALLISTHENE, Philosophe, à la Cour d'Alexandre le Grand. [...] »
En février 1730, une brochure parisienne présente diverses annonces littéraires et bibliographiques. Elle mentionne la publication de la 'Vie de Calisthène' et de la 'Vie de Brutus', inspirées par la tragédie de Calisthène de M. Piron. Les libraires Desprez et Deseffarts annoncent une nouvelle édition de la Bible traduite par M. Le Maître de Sacy, enrichie de 500 figures gravées et de résumés historiques. Gabriel Martin imprime les catalogues des bibliothèques de M. Turgot de Saint-Clair et du Président Lambert, dont les ventes sont imminentes. Une nouvelle édition des 'Éléments de l'Histoire' de l'abbé de Vallemont est publiée en quatre volumes. Le 'Paradis Perdu' de Milton est traduit en vers hollandais par M. L. P., et une 'Histoire moderne de l'État présent de tous les Peuples du monde' est traduite de l'anglais par M. Salmon. À Vérone, Jacques Varisi publie les œuvres de Giovanni Giorgio Trissino. À Londres, une trentième édition de 'L'État présent de la Grande-Bretagne' par Chamberlain est publiée, ainsi qu'une réponse d'un comédien de campagne à la préface de M. Pope sur les œuvres de Shakespeare. Enfin, un traité de M. Richard Chald Brown sur les effets de la musique et de la danse sur le corps humain est annoncé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4824
p. 355-356
Carte des environs de Paris, [titre d'après la table]
Début :
L'Abbé de la Grive, vient de mettre au jour la premiere feüille de sa Carte [...]
Mots clefs :
Chemins, Carte, Environs de Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Carte des environs de Paris, [titre d'après la table]
L'Abbé de la Grive, vient de mettre
au jour la première feuille de fa Carte
Topographique des Environs de Paris , à
cinq lieue! a, la ronde. Cet Ouvrage con
tiendra neuf feuilles de papier de grand
Aigle. L'Auteur y a observé tous les dé
tails > de façon qu'on y reconnoîtra les
Plans exacts de tous les Villages , leurs
issues & les chemins qui conduisent de
L'un à l'autre , les principales Maisons de
Campagne avec leurs Jardins; les Bois avec
kurs routes -, les Moulins, Carrières , Ca
barets détachez fur les chemins, les Pla
ces des Vignes , Prez . Terres labourables»
Çc en friche;. La première feuille qui par-
oît , renferme presque toute la Banlieue'..
L'Auteur donnera dans la fuite une dixié*
me feuille qui comprendra les précédentes,
dans laquelle il ne manquera aucun détaiL
Ce que celle- cy aura de singulier & de:
plus curieux , c'est qu'on y trouvera les;
differens Triangles qui onr fervj à lever
Jì Carte , U valeur des Angles & degrez?
tf6 MERCURE ÔE FRANCE;
& le calcul des Côtes en toises , ce qu#
h'a encore été exécuté que par M" de.
l' Académie des Sciences y pour détermi
ner la Méridienne de l'Observatoire de
Paris , & mettre le Public en état de vé
rifier les Observations de l'Auteur. // de
meure Cloître S. Binon t cliez. M. Dubois*
Avocau
au jour la première feuille de fa Carte
Topographique des Environs de Paris , à
cinq lieue! a, la ronde. Cet Ouvrage con
tiendra neuf feuilles de papier de grand
Aigle. L'Auteur y a observé tous les dé
tails > de façon qu'on y reconnoîtra les
Plans exacts de tous les Villages , leurs
issues & les chemins qui conduisent de
L'un à l'autre , les principales Maisons de
Campagne avec leurs Jardins; les Bois avec
kurs routes -, les Moulins, Carrières , Ca
barets détachez fur les chemins, les Pla
ces des Vignes , Prez . Terres labourables»
Çc en friche;. La première feuille qui par-
oît , renferme presque toute la Banlieue'..
L'Auteur donnera dans la fuite une dixié*
me feuille qui comprendra les précédentes,
dans laquelle il ne manquera aucun détaiL
Ce que celle- cy aura de singulier & de:
plus curieux , c'est qu'on y trouvera les;
differens Triangles qui onr fervj à lever
Jì Carte , U valeur des Angles & degrez?
tf6 MERCURE ÔE FRANCE;
& le calcul des Côtes en toises , ce qu#
h'a encore été exécuté que par M" de.
l' Académie des Sciences y pour détermi
ner la Méridienne de l'Observatoire de
Paris , & mettre le Public en état de vé
rifier les Observations de l'Auteur. // de
meure Cloître S. Binon t cliez. M. Dubois*
Avocau
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Résumé : Carte des environs de Paris, [titre d'après la table]
L'Abbé de la Grive a publié la première feuille de la Carte Topographique des Environs de Paris, couvrant une zone de cinq lieues autour de la ville. Cette carte, qui comportera neuf feuilles, détaille les plans des villages, leurs accès, les chemins, les maisons de campagne avec leurs jardins, les bois, les moulins, les carrières, les cabarets, les vignes, les prés, les terres labourables et celles en friche. La première feuille inclut presque toute la banlieue parisienne. L'auteur prévoit une dixième feuille résumant les précédentes et incluant tous les détails. Cette feuille notable contiendra les triangles utilisés pour lever la carte, la valeur des angles et des degrés, ainsi que le calcul des côtes en toises. Ces informations permettront au public de vérifier les observations de l'auteur, une démarche similaire à celle réalisée par un membre de l'Académie des Sciences pour la Méridienne de l'Observatoire de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4825
p. 356-357
« Le sieur Langlois, Fabricateur d'Instrumens de Mathématique, Eleve du sieur [...] »
Début :
Le sieur Langlois, Fabricateur d'Instrumens de Mathématique, Eleve du sieur [...]
Mots clefs :
Cadran
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Langlois, Fabricateur d'Instrumens de Mathématique, Eleve du sieur [...] »
Le sieur Langlois, Fabricateur d'Insèru^
mens de Mathématique , Elevé du heur
Butterfìeld , demeurant à Paris , au Quay
de PHorloge du Palais , aux Armes d'An
gleterre , avertit le Public qu'il fait &C
vend un nouveau Cadran universel &C
portatif, qui a toutes les proprietez qu'on
peut souhaiter pour ce qui regarde le So»
leil , ce qu'on n'a pas encore vû dans au
cun autre. Il marque (pourtour le mon
de habitable, c'est-à-dire jusqu'au 70e
degré de Latitude Méridionale & Septen
trionale , sans Soleil , & pour tel jour que
l'on veut ) à quelle heure commencent les-
Crépuscules du matin, & finissent ceux d*
soir. A quelle heure le Soleil se levé &
le couche ; de combien de degrez il est
élevé pardessus l'Horison 3 ou abaissé pardessous
, à telle heure qu'on vondra ; de
combien de degrez cet Astre décline 01»
est éloigné de ['Equateur. Dans quel signe
& dans quel degré dti Signe il íe trouve*
v *. st
"f E V R I E R. 17J0« 3 fr
íc plusieurs autres choses curieuses qu'if
ieroit trop long de rapporter ici , qu'og
trouvera clans l'usagc ou manière de seser-
■vir de ce Cadran.
mens de Mathématique , Elevé du heur
Butterfìeld , demeurant à Paris , au Quay
de PHorloge du Palais , aux Armes d'An
gleterre , avertit le Public qu'il fait &C
vend un nouveau Cadran universel &C
portatif, qui a toutes les proprietez qu'on
peut souhaiter pour ce qui regarde le So»
leil , ce qu'on n'a pas encore vû dans au
cun autre. Il marque (pourtour le mon
de habitable, c'est-à-dire jusqu'au 70e
degré de Latitude Méridionale & Septen
trionale , sans Soleil , & pour tel jour que
l'on veut ) à quelle heure commencent les-
Crépuscules du matin, & finissent ceux d*
soir. A quelle heure le Soleil se levé &
le couche ; de combien de degrez il est
élevé pardessus l'Horison 3 ou abaissé pardessous
, à telle heure qu'on vondra ; de
combien de degrez cet Astre décline 01»
est éloigné de ['Equateur. Dans quel signe
& dans quel degré dti Signe il íe trouve*
v *. st
"f E V R I E R. 17J0« 3 fr
íc plusieurs autres choses curieuses qu'if
ieroit trop long de rapporter ici , qu'og
trouvera clans l'usagc ou manière de seser-
■vir de ce Cadran.
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Résumé : « Le sieur Langlois, Fabricateur d'Instrumens de Mathématique, Eleve du sieur [...] »
Le sieur Langlois, fabricant d'instruments de mathématiques et élève de M. Butterfield, résidant à Paris au Quai de l'Horloge du Palais, aux Armes d'Angleterre, annonce la vente d'un nouveau cadran universel portatif. Cet instrument présente des propriétés uniques pour l'observation du soleil, non encore vues dans d'autres cadrans. Il permet de déterminer les heures de début et de fin des crépuscules du matin et du soir, ainsi que les heures de lever et de coucher du soleil, même sans soleil et pour un jour spécifique. Il indique également l'élévation ou l'abaissement du soleil au-dessus ou en dessous de l'horizon à une heure donnée, ainsi que le degré de déclinaison de l'astre par rapport à l'équateur. Le cadran permet de localiser le soleil dans un signe zodiacal et un degré précis. D'autres fonctionnalités sont disponibles, mais elles sont trop nombreuses pour être toutes mentionnées. Le prix du cadran est de 3 francs.
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4826
p. 357-361
Nouvelle Imprimerie du Sérail &c. [titre d'après la table]
Début :
On nous écrit de Constantinople que M. le Marquis de Villeneuve, Ambassadeur [...]
Mots clefs :
Imprimerie, Livre, Constantinople, Auteurs, Ouvrages, Imprimerie de Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Imprimerie du Sérail &c. [titre d'après la table]
On nous e'crit de Constantinople qui
M. le Marquis de Villeneuve, Ambassa
deur du Roy à la Porte , a envoyé depuis
peu pour la Bibliothèque de S. M. trois
Livres , qui ont été imprimez en 1728..
!dans ^Imprimerie nouvellerant établie;
Jans cette Capitale, fur de très-beau pa
pier &c en Caractères extrêmement nets,,
ôc on ajoûte ce qui fuit :
• Le premier de ces Livres est un Diction
naire Arabe, composé par Gianhari t &
traduit en Langue Turque par Ovancouli,
■ce qui saie deux volumes in-folio d'envi
ron 700. pages chacun. On ttouve à la
Tête du Dictionnaire les Vies de ces deux
fçavans Orientaux, précédées d'une assez
longue Préface , qui instruit de ce qui s'est
passé, tanr à l'égird du G. Vizir, qu'à l'égard
•du Mufti , au sujet de l'Etablisíement de
cette Imprimerie \ on y voit enfin les raiions
qui ont déterminé à commencer par"
le Dictionnaire en question.
Après la Préface fuit une copie du Cuti*
■eherif,o\i Commandement Impérial, écrit"
Jíe la main du G. S. par lequel un Privilèges
.exclusif est aexoedé à Zaid , his de Me-
G vj hemeç
3 5 3 MERCURE DE FRANCE;
îemet EfFendi , qui a été cy-devant ho*
noré de l' Ambassade de France , & à Ibra>-
him Aga , Muteferaka , * de faire impri
mer toutes sortes d'Ouvrages composez
en Arabe, en Turc, en Persan,' &c. pourvu,
qu'ils ne regardent point la Religion de
Mahomet : à la charge que les Ouvrages
qui s'imprimeront seront revùs & corri
gez par quatre personnes íçavantes fur
les matières dont ils traitent.
Enfin , outre la permission du Mufti
'jibdalah , pour imprimer , on trouve dans,
ce premier volume un Discours , qui peut
passer pour une seconde Préface , & qui
traite de l'utilité & des avantages que les
Turcs peuvent tirer de rétablissement dfl
la nouvelle Imprimerie. On y rappelle le
Mémoire présenté au G. Vizir , sur ce su
jet , & répondu favorablement par le
Mufti & par les deux Cadileskiers , ou
Juges Suprêmes de tout l'Empire Turc.
Le second Livre , sorti de la même Im
primerie , est d'un Auteur nommé Haggi
Calfah. C'est une Instruction en Langue
Turque sur le Globle de la Terre , sur la
Sphère & íur les Cartes Géographiques^
II décrit en patticulier l'Etat de Venise,
l' Albanie , l'Isle de Corfou & les autres
lieux qui font le plus à portée de Constanti-,
* Les Muteférak* , composent un Corps par]
tUnlitr pour In Qnt4t da 6. fi.
■ ÍEVRIER. 1730-. $0
nople. On y trouve auílì pluficurs traits
d'Histoire concernant les Expéditions Ma«
ritimesdes Turcs,& l'Histoire abrégée des
Capitans Pacha, depuis la conquête de la
Ville Impériale par Mahomec II. jusqu'à
l'anne'e ìíçj. Il décrit encore l'Arcenaldc
Constantinople,& entre dans le détail des
.dépenses de (on entretien» Il instruit enfin
les Armateurs Turcs de ce qu'ils doivent
observer dans leurs Courses. L'Editeut
.Ibrahim y a ajouté un Discours de fa com
position fur les Distances itinéraires ou les
Mesures géographiques , & fur le tour du>
Globe Terrestre.
Ce Livre d'Haggi Calfah , est enrichi^
d'une Mappemonde éV de plusieurs Car»»
tes Hydrographiques de la Mer Médire-'
rannée , de la Mer Noire , de l'Archipei
8c du Golphe de Venise. On y trouve
aussi en deux Planches , deux Boussolespour
l'Ocean & pour la Mer Médite»
tannée.
Le troisième Livre imprimé dans le mê»
tnelieuen 1728. est uneTraductionTurr
que d'une Histoire Latine de la derniere
' Révolution de Perse. L'Auteur de la Tra
duction est le même Ibrahim, Editeur»
dont on vient de parler. L'Auteur Ori
ginal donne dans cette Histoire un abregç
de l'Histoire des Rois de Perse , de la Dy
nastie de. ceux qui ont été abusivement
MERCURE DE FRAÍJCÉ<
■appeliez Safis , dont Schah-fíufeiri est lt?
áernier; il paîle de son détrôhement & de
^usurpation de Miri-Mamoud , auquel a.
íuccedé Acheraf, qui occupe aujourd'huiïe
Trône de Perse. C'est par ce Sultan que
finir l'Histoirë Latine , traduite en Turc,
laquelle est précédée d'une Préface dii
Traducteur , &c h Préface suivie de la
Requête par lui présentée au G. Vizir,
$our obtenir la permission d'imprimer*.
€)n y trouve tout de suite cetre permis*-'
''íìon du Premier Ministre.
' Il est marqué à la En de ces Livres',
qu'ils font imprimez à Tlmprimerie cFe
Constantinople l'aa de l'Begke 1141.
C'est-à-dire 172 8. de J. C.
L'Auteur de la Lettre qui nous est écrite
de Constantinople, n'a pas", fans douté,
été instruit au sujet à'Haggi Calsah , Ai>
*¥eur du second de ces- Livres 5 car il auïoit
pâ ajoûter que cet Ecrivain, dont I»
réputation n'est pas petite , est un Turc
Moderne de Constantinople , fils d'un Se
crétaire du: Divan. H fut premier Com
mis du Secrétaire d'Etat en Chef, & il *
passé poUt l'un des plus habiles hommes1
de son temps. On en peut juger par fa
Bibliographie, qui est dans la Eibliottieque
du Roi , laquelle contient un ample'
Recueil alphabétique de tous les Auteurs
OtKiitaux, de an-Gatabgue raisonné «te
**"*" kur-s
íetrrs Ouvrages depuis l'originc du Ma«-
hometisme. M, Petis de la Croix , mort
cn 1 7 1 3 . avoir traduit ce Livre en notre
íangue. ,
Il ne reste plus qu'à souhaiter la con?
tinuation des progrès de cette Imprime
rie , & que les tons Livres qui en soi>
firont , soient non-seulement envoyez en
France , mais encore que les Interprètes*
du Roi & les autres personnes employées?
au service de S. M. versées dans les Lan
gues Orientales , prennent foin de les'
traduire pour l'utilité publique ; & c'estce
qu'il y a lieu d'espérer de la Capacité**
& de l'e'mulation de cçs Messieurs.
M. le Marquis de Villeneuve, Ambassa
deur du Roy à la Porte , a envoyé depuis
peu pour la Bibliothèque de S. M. trois
Livres , qui ont été imprimez en 1728..
!dans ^Imprimerie nouvellerant établie;
Jans cette Capitale, fur de très-beau pa
pier &c en Caractères extrêmement nets,,
ôc on ajoûte ce qui fuit :
• Le premier de ces Livres est un Diction
naire Arabe, composé par Gianhari t &
traduit en Langue Turque par Ovancouli,
■ce qui saie deux volumes in-folio d'envi
ron 700. pages chacun. On ttouve à la
Tête du Dictionnaire les Vies de ces deux
fçavans Orientaux, précédées d'une assez
longue Préface , qui instruit de ce qui s'est
passé, tanr à l'égird du G. Vizir, qu'à l'égard
•du Mufti , au sujet de l'Etablisíement de
cette Imprimerie \ on y voit enfin les raiions
qui ont déterminé à commencer par"
le Dictionnaire en question.
Après la Préface fuit une copie du Cuti*
■eherif,o\i Commandement Impérial, écrit"
Jíe la main du G. S. par lequel un Privilèges
.exclusif est aexoedé à Zaid , his de Me-
G vj hemeç
3 5 3 MERCURE DE FRANCE;
îemet EfFendi , qui a été cy-devant ho*
noré de l' Ambassade de France , & à Ibra>-
him Aga , Muteferaka , * de faire impri
mer toutes sortes d'Ouvrages composez
en Arabe, en Turc, en Persan,' &c. pourvu,
qu'ils ne regardent point la Religion de
Mahomet : à la charge que les Ouvrages
qui s'imprimeront seront revùs & corri
gez par quatre personnes íçavantes fur
les matières dont ils traitent.
Enfin , outre la permission du Mufti
'jibdalah , pour imprimer , on trouve dans,
ce premier volume un Discours , qui peut
passer pour une seconde Préface , & qui
traite de l'utilité & des avantages que les
Turcs peuvent tirer de rétablissement dfl
la nouvelle Imprimerie. On y rappelle le
Mémoire présenté au G. Vizir , sur ce su
jet , & répondu favorablement par le
Mufti & par les deux Cadileskiers , ou
Juges Suprêmes de tout l'Empire Turc.
Le second Livre , sorti de la même Im
primerie , est d'un Auteur nommé Haggi
Calfah. C'est une Instruction en Langue
Turque sur le Globle de la Terre , sur la
Sphère & íur les Cartes Géographiques^
II décrit en patticulier l'Etat de Venise,
l' Albanie , l'Isle de Corfou & les autres
lieux qui font le plus à portée de Constanti-,
* Les Muteférak* , composent un Corps par]
tUnlitr pour In Qnt4t da 6. fi.
■ ÍEVRIER. 1730-. $0
nople. On y trouve auílì pluficurs traits
d'Histoire concernant les Expéditions Ma«
ritimesdes Turcs,& l'Histoire abrégée des
Capitans Pacha, depuis la conquête de la
Ville Impériale par Mahomec II. jusqu'à
l'anne'e ìíçj. Il décrit encore l'Arcenaldc
Constantinople,& entre dans le détail des
.dépenses de (on entretien» Il instruit enfin
les Armateurs Turcs de ce qu'ils doivent
observer dans leurs Courses. L'Editeut
.Ibrahim y a ajouté un Discours de fa com
position fur les Distances itinéraires ou les
Mesures géographiques , & fur le tour du>
Globe Terrestre.
Ce Livre d'Haggi Calfah , est enrichi^
d'une Mappemonde éV de plusieurs Car»»
tes Hydrographiques de la Mer Médire-'
rannée , de la Mer Noire , de l'Archipei
8c du Golphe de Venise. On y trouve
aussi en deux Planches , deux Boussolespour
l'Ocean & pour la Mer Médite»
tannée.
Le troisième Livre imprimé dans le mê»
tnelieuen 1728. est uneTraductionTurr
que d'une Histoire Latine de la derniere
' Révolution de Perse. L'Auteur de la Tra
duction est le même Ibrahim, Editeur»
dont on vient de parler. L'Auteur Ori
ginal donne dans cette Histoire un abregç
de l'Histoire des Rois de Perse , de la Dy
nastie de. ceux qui ont été abusivement
MERCURE DE FRAÍJCÉ<
■appeliez Safis , dont Schah-fíufeiri est lt?
áernier; il paîle de son détrôhement & de
^usurpation de Miri-Mamoud , auquel a.
íuccedé Acheraf, qui occupe aujourd'huiïe
Trône de Perse. C'est par ce Sultan que
finir l'Histoirë Latine , traduite en Turc,
laquelle est précédée d'une Préface dii
Traducteur , &c h Préface suivie de la
Requête par lui présentée au G. Vizir,
$our obtenir la permission d'imprimer*.
€)n y trouve tout de suite cetre permis*-'
''íìon du Premier Ministre.
' Il est marqué à la En de ces Livres',
qu'ils font imprimez à Tlmprimerie cFe
Constantinople l'aa de l'Begke 1141.
C'est-à-dire 172 8. de J. C.
L'Auteur de la Lettre qui nous est écrite
de Constantinople, n'a pas", fans douté,
été instruit au sujet à'Haggi Calsah , Ai>
*¥eur du second de ces- Livres 5 car il auïoit
pâ ajoûter que cet Ecrivain, dont I»
réputation n'est pas petite , est un Turc
Moderne de Constantinople , fils d'un Se
crétaire du: Divan. H fut premier Com
mis du Secrétaire d'Etat en Chef, & il *
passé poUt l'un des plus habiles hommes1
de son temps. On en peut juger par fa
Bibliographie, qui est dans la Eibliottieque
du Roi , laquelle contient un ample'
Recueil alphabétique de tous les Auteurs
OtKiitaux, de an-Gatabgue raisonné «te
**"*" kur-s
íetrrs Ouvrages depuis l'originc du Ma«-
hometisme. M, Petis de la Croix , mort
cn 1 7 1 3 . avoir traduit ce Livre en notre
íangue. ,
Il ne reste plus qu'à souhaiter la con?
tinuation des progrès de cette Imprime
rie , & que les tons Livres qui en soi>
firont , soient non-seulement envoyez en
France , mais encore que les Interprètes*
du Roi & les autres personnes employées?
au service de S. M. versées dans les Lan
gues Orientales , prennent foin de les'
traduire pour l'utilité publique ; & c'estce
qu'il y a lieu d'espérer de la Capacité**
& de l'e'mulation de cçs Messieurs.
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Résumé : Nouvelle Imprimerie du Sérail &c. [titre d'après la table]
En 1728, le Marquis de Villeneuve, ambassadeur du roi à Constantinople, envoya trois livres imprimés à la Porte. Ces ouvrages provenaient d'une nouvelle imprimerie installée dans la capitale ottomane, utilisant du papier de haute qualité et des caractères nets. Le premier livre est un dictionnaire arabe composé par Gianhari et traduit en turc par Ovancouli. Il se présente en deux volumes in-folio de 700 pages chacun. Le dictionnaire inclut des biographies des auteurs, une préface sur l'établissement de l'imprimerie, et un commandement impérial accordant un privilège exclusif à Zaid, fils de Mehemeç Efendi, et à Ibrahim Aga pour imprimer des ouvrages en arabe, turc et persan, à condition qu'ils n'abordent pas la religion de Mahomet. Les ouvrages doivent être révisés par des experts. Le second livre, écrit par Haggi Calfah, est une instruction en turc sur la géographie. Il décrit notamment l'État de Venise, l'Albanie, et l'île de Corfou. Le livre inclut des traits d'histoire sur les expéditions maritimes turques et l'histoire des capitans pacha, enrichis de cartes et de boussoles. Le troisième livre est une traduction turque d'une histoire latine sur la révolution perse, traduite par Ibrahim. Elle résume l'histoire des rois de Perse et des Safavides, jusqu'à l'usurpation de Miri-Mamoud et l'accession d'Acheraf au trône. Le texte mentionne également la réputation d'Haggi Calfah, fils d'un secrétaire du Divan, et la bibliothèque du roi contenant une bibliographie des auteurs orientaux. Il exprime l'espoir de voir continuer les progrès de cette imprimerie et la traduction des livres pour l'utilité publique.
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4827
p. 361
« On a appris de Londres, que le 19. Janvier, M. Southall, ayant été introduit [...] »
Début :
On a appris de Londres, que le 19. Janvier, M. Southall, ayant été introduit [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris de Londres, que le 19. Janvier, M. Southall, ayant été introduit [...] »
On a appris de Londres, que le 19 Í
Janvier , M. Soutliall , ayant ère' introduit
dans la Société Royale , par le Chevalier
Hans-Sloane , qui en est Président , laiprésenta
un Traité nouveau qu'il a com
posé sur l'origine , la narure & la propâ»
gation des Punaises , & il fit part du Re
mède qJU'ii a découvert à la Jamaïque-r
pour se garantit de ces Insectes* ■
Janvier , M. Soutliall , ayant ère' introduit
dans la Société Royale , par le Chevalier
Hans-Sloane , qui en est Président , laiprésenta
un Traité nouveau qu'il a com
posé sur l'origine , la narure & la propâ»
gation des Punaises , & il fit part du Re
mède qJU'ii a découvert à la Jamaïque-r
pour se garantit de ces Insectes* ■
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4828
p. 363-365
EXTRAIT du Discours que lût M. l'Abbé Souchay, à l'Assemblée publique de l'Academie Royale des Belles-Lettres, le mardi 15. Novembre de l'année derniere.
Début :
Monsieur l'Abbé Souchay s'étant proposé de faire un parallele de [...]
Mots clefs :
Ovide, Règles, Académie des Belles-Lettres, Parallèle, Poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Discours que lût M. l'Abbé Souchay, à l'Assemblée publique de l'Academie Royale des Belles-Lettres, le mardi 15. Novembre de l'année derniere.
JÊ XTRAtT da ttifeouri que lût M*
VAbbé Souchay , a FAssemblée publi
que de l' Académie Royale des Bellesm
Lettres , le mardi 1 5. Novembre d§
Vannée derniere* ,
TLyT Onííenr í'Abbc Soucnay s'c'tané
XVJL proposé de faire un parallèle de
Tibulle , de Properce , 8c d'Ovide , trois
Poètes Latins qui se íont distingués dans
Je genre Elegiaque , il commença par ex
poser les divers jugemens que l'on a por
tés fur le mérite de ces Auteurs , les uns
donnant la préférence à Tibulle , d'autres
à Properce y & le grand nombre des Mo
dernes la donnant à Ovide.
L'Auteur , avant que d'examiner qui la
mente , établit en peu de mots la règle
4ç comparaison dont il doit se servir. Cet
te
fé4 MERCtfRE DE FRÁHÒÈ:
íe règle est , que tout .genre de Poésie est
nne imitation , mais une forte d'imitation
qui, pour être parfaite , doit exciter dans
í'inagination les mêmes mouvemens qu'y
exciteraient les objets réels , & produire
les mêmes effets que produiroit la vérité
íte ce principí. M. l'Abbé Souchay tire?'
plusieurs conséquences , celle-ci entre-au
tres : Qu'il faût que les images qu'em-
|?loye la Poésie , soient vives & naturelles*
roút ensemble ; parce que si ks imageS
ft'exprimoienf pas la nature , I'esprit s'apìpercevroit
aise'ment de la fiction , &c que'
fi elles étoient foib'îés', I'esprit ne se prê
te roir point à 'cette mém-e fìctiòft. "" * *
*~ L*/Suteaf -•appíiquc' etisuite terre règle
auxtrois Poètes dont it est cjuc'ftíon. í/oii
íl résulte, /eloil Uri, que le? images de
^r'o'p'ercè ni celles d'Ovide n'exprímeBt
point h narufe , quoiqu'il convienne qtie
îroperce s'en éloigne moins qu'Ovide,
qui est presque toujours fardé 5 & far ce
la il entre dans des détails dans lesquels
nous né pouvons le suivre ici. Il Dancher
:donc vers Tíbqlle , qu'il croît être le
seul qur ait connu le vrai caractère de
FËtegie. » Çe désordre ingénieux, (c'est
jj.l'Auteur qui parle ) qui est corrrrhe l'arrre
Ji de la Poésie Elegîaque, parce qu'il est
w si conforme à ía nature ; il a fçû le jettet
Mí áansses Êlcjiesi On drroìt qu'elles font
» uniquement
FÉVRIER. 173a. íí§
55 iniquement le fruic de la passion. Les'
5? différentes parties qui les composent ,
r> dc'sunies , séparées , íemblent ne former
»que des tours irreguliers. Un écart el|
» suivi d'un nouvel écart , une digression
« attire une autre digression. Mais le dé-
» sordre qui règne dans ces mêmes Ele-
»gies , n'eff.-il pas un tour secret qui en'
» lie le deslein , & quf leur donne toute
>>la justesse &c toute la régularité dont elles1
>> étoient susceptibles.
. L'Auteur , après s'être eomme déclare
cn faveur de Tibulie , appuyé ion senti
ssent de celui de Quiutilieii , Si des deux
Seneques parmi les Anciens, & parmi lejÇ.
jpitri>es de cei;x de Parru & de Grayina
: «quoiqu'au fend y dit il., Ces tés
j>moignages ne prouvent rien par eiix^
» mêmes , contraires ou favorables , a
» moins qu'ils ne soient précédés d'un
5? exameo sérieux , & qu'ils ne soient ap*
»_puye'ssur de solides raisonnemens.
VAbbé Souchay , a FAssemblée publi
que de l' Académie Royale des Bellesm
Lettres , le mardi 1 5. Novembre d§
Vannée derniere* ,
TLyT Onííenr í'Abbc Soucnay s'c'tané
XVJL proposé de faire un parallèle de
Tibulle , de Properce , 8c d'Ovide , trois
Poètes Latins qui se íont distingués dans
Je genre Elegiaque , il commença par ex
poser les divers jugemens que l'on a por
tés fur le mérite de ces Auteurs , les uns
donnant la préférence à Tibulle , d'autres
à Properce y & le grand nombre des Mo
dernes la donnant à Ovide.
L'Auteur , avant que d'examiner qui la
mente , établit en peu de mots la règle
4ç comparaison dont il doit se servir. Cet
te
fé4 MERCtfRE DE FRÁHÒÈ:
íe règle est , que tout .genre de Poésie est
nne imitation , mais une forte d'imitation
qui, pour être parfaite , doit exciter dans
í'inagination les mêmes mouvemens qu'y
exciteraient les objets réels , & produire
les mêmes effets que produiroit la vérité
íte ce principí. M. l'Abbé Souchay tire?'
plusieurs conséquences , celle-ci entre-au
tres : Qu'il faût que les images qu'em-
|?loye la Poésie , soient vives & naturelles*
roút ensemble ; parce que si ks imageS
ft'exprimoienf pas la nature , I'esprit s'apìpercevroit
aise'ment de la fiction , &c que'
fi elles étoient foib'îés', I'esprit ne se prê
te roir point à 'cette mém-e fìctiòft. "" * *
*~ L*/Suteaf -•appíiquc' etisuite terre règle
auxtrois Poètes dont it est cjuc'ftíon. í/oii
íl résulte, /eloil Uri, que le? images de
^r'o'p'ercè ni celles d'Ovide n'exprímeBt
point h narufe , quoiqu'il convienne qtie
îroperce s'en éloigne moins qu'Ovide,
qui est presque toujours fardé 5 & far ce
la il entre dans des détails dans lesquels
nous né pouvons le suivre ici. Il Dancher
:donc vers Tíbqlle , qu'il croît être le
seul qur ait connu le vrai caractère de
FËtegie. » Çe désordre ingénieux, (c'est
jj.l'Auteur qui parle ) qui est corrrrhe l'arrre
Ji de la Poésie Elegîaque, parce qu'il est
w si conforme à ía nature ; il a fçû le jettet
Mí áansses Êlcjiesi On drroìt qu'elles font
» uniquement
FÉVRIER. 173a. íí§
55 iniquement le fruic de la passion. Les'
5? différentes parties qui les composent ,
r> dc'sunies , séparées , íemblent ne former
»que des tours irreguliers. Un écart el|
» suivi d'un nouvel écart , une digression
« attire une autre digression. Mais le dé-
» sordre qui règne dans ces mêmes Ele-
»gies , n'eff.-il pas un tour secret qui en'
» lie le deslein , & quf leur donne toute
>>la justesse &c toute la régularité dont elles1
>> étoient susceptibles.
. L'Auteur , après s'être eomme déclare
cn faveur de Tibulie , appuyé ion senti
ssent de celui de Quiutilieii , Si des deux
Seneques parmi les Anciens, & parmi lejÇ.
jpitri>es de cei;x de Parru & de Grayina
: «quoiqu'au fend y dit il., Ces tés
j>moignages ne prouvent rien par eiix^
» mêmes , contraires ou favorables , a
» moins qu'ils ne soient précédés d'un
5? exameo sérieux , & qu'ils ne soient ap*
»_puye'ssur de solides raisonnemens.
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Résumé : EXTRAIT du Discours que lût M. l'Abbé Souchay, à l'Assemblée publique de l'Academie Royale des Belles-Lettres, le mardi 15. Novembre de l'année derniere.
L'abbé Souchay a comparé Tibulle, Properce et Ovide, trois poètes latins élégiaques, lors d'une assemblée de l'Académie Royale des Belles-Lettres le 15 novembre précédent. Il a noté que les avis divergeaient, certains préférant Tibulle, d'autres Properce, et la majorité des modernes favorisant Ovide. Souchay a défini la poésie comme une imitation visant à stimuler l'imagination de manière naturelle et vive. Selon lui, les images de Properce et d'Ovide ne reflètent pas suffisamment la nature, bien que Properce s'en rapproche plus qu'Ovide. Il a donc privilégié Tibulle, estimant que ce dernier incarnait mieux l'élégie. Tibulle a su créer un désordre ingénieux conforme à la nature, rendant ses élégies authentiques et passionnées. Ses œuvres, bien que désordonnées, forment un ensemble cohérent. Souchay a appuyé son jugement sur les avis de Quintilien, Sénèque, Parrhasius et Graynius, tout en insistant sur la nécessité d'un examen sérieux et de raisonnements solides.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4829
p. 365-367
« Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...] »
Début :
Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...] »
Le samedi 4. de ce mois , M. Fromenl'un
des Professeurs de Rhétorique
du Collège Mazarin , prononça un fott^
Ëeaù Discours Latin au sujet de la Naisf
fance du Dauphin. L'Assemblée fut fortno
rnhre use i le Cardinal de Biffy j le
^lonce du Pape , plusieurs Prélats ,& ua
grand nombre de personnes jde distincy
uóa>
fis MERCÚRÈ DÉ FRÀNCÉ.
iion s'y trouvèrent. On applaudit beau
coup à k Description que l'O'rateíir fié'
du Feu, qui a été tiré fur la Rivière pat
Ordre des Ambassadeurs d'Espagne.
Le même jour 4. de Février, ï'Acade-' ,
mie Royale des Sciences , élut Mrs. Lieu-*
íaud & de Liste , Associés Astronome* J
de cette Académie , & M. Maraldi Exter
ne & Neveu de feu M. Maraldi , pour'
que l'un de ces trois Sujets , au choix du
Roi, remplisse la place dé Pensionnaire
Astronome , vacante par la mort de M.
Maraldi , décède au mois de Decembr©
dernier , âgé d*envifott 7 i. ans.
Le mercredi 9. le Comte de Maurépa*
écrivit à V Académie que S. M. avoíé
choisi M. Lieutaud.'
Le samedi 18* M. Daguessèau de Val-
|Oum, Frère puiíhé da Chancelier de Frartfce
, fut élu pour remplir la piace d'Aca
démicien Honoraire, vacante par la mort
de M. de Valincourtv
Lé Comté dé Portmore a été recetf
dépuis peu Membre de la Société Royalé
de Londres. ,
Six Allemands expérimentez dans lé
travail des Mines , vont dans les Mont
ïagaes de k Calabre ,.pour faire l'épreuvé
d'une
une Mine d'or qu'on çroit y avoir été"
c'eouverce*
On donne avis aux Antiquaires , que le jaî
du mois de May prochain on vendra à Amster
dam le fameux Cabinet de feu M, Jacques de
. Bí ry , ci-devant Consul de L. H. P. à Seville :
Kl consiste dans des Médailles d'or & d"argent,
t & en un très-grand nombre de cuivre , toutes
■intiques > parmi lesquelles on ne trouve pas
feulement les principales & les plus rares Mé
dailles des Empereurs , en grandes & moyennes
sortes en cuivre, mais auífi un très- beau &
véritable Othon > dont le pareil est à peine con
nu dans l'Europe: II contient encore une sin
gulière collection de Médailles Espagnoles Se
Puniques, & plusieurs autres , selen lc Cata^
logue qui est imprimé.
des Professeurs de Rhétorique
du Collège Mazarin , prononça un fott^
Ëeaù Discours Latin au sujet de la Naisf
fance du Dauphin. L'Assemblée fut fortno
rnhre use i le Cardinal de Biffy j le
^lonce du Pape , plusieurs Prélats ,& ua
grand nombre de personnes jde distincy
uóa>
fis MERCÚRÈ DÉ FRÀNCÉ.
iion s'y trouvèrent. On applaudit beau
coup à k Description que l'O'rateíir fié'
du Feu, qui a été tiré fur la Rivière pat
Ordre des Ambassadeurs d'Espagne.
Le même jour 4. de Février, ï'Acade-' ,
mie Royale des Sciences , élut Mrs. Lieu-*
íaud & de Liste , Associés Astronome* J
de cette Académie , & M. Maraldi Exter
ne & Neveu de feu M. Maraldi , pour'
que l'un de ces trois Sujets , au choix du
Roi, remplisse la place dé Pensionnaire
Astronome , vacante par la mort de M.
Maraldi , décède au mois de Decembr©
dernier , âgé d*envifott 7 i. ans.
Le mercredi 9. le Comte de Maurépa*
écrivit à V Académie que S. M. avoíé
choisi M. Lieutaud.'
Le samedi 18* M. Daguessèau de Val-
|Oum, Frère puiíhé da Chancelier de Frartfce
, fut élu pour remplir la piace d'Aca
démicien Honoraire, vacante par la mort
de M. de Valincourtv
Lé Comté dé Portmore a été recetf
dépuis peu Membre de la Société Royalé
de Londres. ,
Six Allemands expérimentez dans lé
travail des Mines , vont dans les Mont
ïagaes de k Calabre ,.pour faire l'épreuvé
d'une
une Mine d'or qu'on çroit y avoir été"
c'eouverce*
On donne avis aux Antiquaires , que le jaî
du mois de May prochain on vendra à Amster
dam le fameux Cabinet de feu M, Jacques de
. Bí ry , ci-devant Consul de L. H. P. à Seville :
Kl consiste dans des Médailles d'or & d"argent,
t & en un très-grand nombre de cuivre , toutes
■intiques > parmi lesquelles on ne trouve pas
feulement les principales & les plus rares Mé
dailles des Empereurs , en grandes & moyennes
sortes en cuivre, mais auífi un très- beau &
véritable Othon > dont le pareil est à peine con
nu dans l'Europe: II contient encore une sin
gulière collection de Médailles Espagnoles Se
Puniques, & plusieurs autres , selen lc Cata^
logue qui est imprimé.
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Résumé : « Le samedi 4. de ce mois, M. Fromentin, l'un des Professeurs de Rhetorique [...] »
Le 4 février, M. Fromenl'un, professeur de rhétorique au Collège Mazarin, prononça un discours en latin célébrant la naissance du Dauphin. L'événement fut marqué par la présence du Cardinal de Bissy, du nonce du Pape, de plusieurs prélats et de nombreuses personnes distinguées. Le discours fut acclamé, notamment pour sa description du feu d'artifice organisé par les ambassadeurs d'Espagne. Le même jour, l'Académie Royale des Sciences élut Messieurs Lieutaud, de L'Isle et Maraldi pour remplacer l'astronome décédé, M. Maraldi, âgé d'environ 71 ans. Le 9 février, le Comte de Maurepas annonça que le Roi avait choisi M. Lieutaud. Le 18 février, M. Daguessau de Val-Pin, frère puîné du Chancelier de France, fut élu académicien honoraire pour remplacer M. de Valincourt. Le Comte de Portmore fut récemment admis à la Société Royale de Londres. Six Allemands experts en mines se rendirent en Calabre pour explorer une mine d'or supposée. Les antiquaires furent informés que le cabinet de feu M. Jacques de Biri, ancien consul à Séville, serait vendu à Amsterdam le 1er mai. Ce cabinet comprend des médailles rares, dont un Othon véritable, ainsi qu'une collection de médailles espagnoles et puniques.
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4830
p. 367-369
MUSETTE.
Début :
Je veux chanter sur ma Musette, [...]
Mots clefs :
Musette, Amour, Voeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSETTE.
FUSETTE,
ÏE veux chanter sur ma Musette ,
:s doux attraits qui m'ont charmé »
jîvion tendre coeur est enflammé
Des yeux 4e la jeune Lisette:
Elle est favorabje à mes voeux,
Won sort n'est-i.I pas trop heureux t
L'Amour a fait son beau visage ,
Pour lancer ses Traits les plus doux j -t
Dès qu'on la voit on sent ses coups ,
• 1 C«r
3*11 NsERCURE DE FRAÍICE^ „
;Car il s'tst peint dans son Ouvrage :
Elle est favorable à mes voeux ,
ífyoa fort n'est- il pas trop heureux.?
Tous les Bergers de ce Village.»
Adorent ses naiiîans appas ,
En tous lieux ils -suivent ses pas î
Mais elle rit de leur hommage :
Elle est favorable à mes voeux ,
■Mon fort n'est- ii pas trop heureux?
Quand je lut vante ma tendresse,
file m'écoute avec plaisir ,
Et quand au gré de mon désir ,
Sur le gazon je la caresse ; .
ÊUe est favorable à mes voeux*
Mon fort R'est-il pas trop heureux*
Ainsi ,Tircis , qu'Amour inspire,
Assis à l'ombre d'un Ormeau .
Un jour en gardant son Troupeau »
Au tendre Echo faisoic redire :
EUe est favorable à mes voeux ,
Mon fore n'est-il pas trop heureux f
II fut surpris de fa Bergère ,
Qui l'çcoutoit ftès d'«n Bnisspn>" ■ * 4
YT>. Et
FEVRIER. î7jov 3**<
Et le refrain de la Chanson ,
Fut repeté sur la fougère : ,
EUé" est favorable à mes voeux, , i
Mon sort n'etì-il pas trop heureux ?
: Par M. l'stffichtrd.
ÏE veux chanter sur ma Musette ,
:s doux attraits qui m'ont charmé »
jîvion tendre coeur est enflammé
Des yeux 4e la jeune Lisette:
Elle est favorabje à mes voeux,
Won sort n'est-i.I pas trop heureux t
L'Amour a fait son beau visage ,
Pour lancer ses Traits les plus doux j -t
Dès qu'on la voit on sent ses coups ,
• 1 C«r
3*11 NsERCURE DE FRAÍICE^ „
;Car il s'tst peint dans son Ouvrage :
Elle est favorable à mes voeux ,
ífyoa fort n'est- il pas trop heureux.?
Tous les Bergers de ce Village.»
Adorent ses naiiîans appas ,
En tous lieux ils -suivent ses pas î
Mais elle rit de leur hommage :
Elle est favorable à mes voeux ,
■Mon fort n'est- ii pas trop heureux?
Quand je lut vante ma tendresse,
file m'écoute avec plaisir ,
Et quand au gré de mon désir ,
Sur le gazon je la caresse ; .
ÊUe est favorable à mes voeux*
Mon fort R'est-il pas trop heureux*
Ainsi ,Tircis , qu'Amour inspire,
Assis à l'ombre d'un Ormeau .
Un jour en gardant son Troupeau »
Au tendre Echo faisoic redire :
EUe est favorable à mes voeux ,
Mon fore n'est-il pas trop heureux f
II fut surpris de fa Bergère ,
Qui l'çcoutoit ftès d'«n Bnisspn>" ■ * 4
YT>. Et
FEVRIER. î7jov 3**<
Et le refrain de la Chanson ,
Fut repeté sur la fougère : ,
EUé" est favorable à mes voeux, , i
Mon sort n'etì-il pas trop heureux ?
: Par M. l'stffichtrd.
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Résumé : MUSETTE.
La chanson 'Fusette' exprime l'amour du narrateur pour Lisette, une jeune femme dont il admire les doux attraits et les yeux enflammants. Le narrateur se réjouit de l'attention favorable de Lisette et se considère chanceux. Tous les bergers du village sont épris de Lisette, mais elle rit de leurs hommages. Cependant, elle écoute avec plaisir les déclarations du narrateur et accepte ses caresses sur le gazon. Dans une scène, Tircis, inspiré par l'amour, répète son admiration pour Lisette à l'écho, et elle l'écoute en souriant. Le refrain souligne la chance du narrateur d'être aimé par Lisette. La chanson est datée de février 1730 et signée par M. l'Abbé de Frayche.
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4831
p. 369-370
« La jeune Dlle Dangeville, qui a continué de paroître avec avantage sur [...] »
Début :
La jeune Dlle Dangeville, qui a continué de paroître avec avantage sur [...]
Mots clefs :
Mlle Dangeville, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La jeune Dlle Dangeville, qui a continué de paroître avec avantage sur [...] »
LA jeune D"e Dangeville, qui a con?'
cinué de paroîrre avec avantage fur
le Ttowatre François , dans les Rôles de
Suivantes Comiques , joua celui de la-
Comédie du Florentin le 5. de ce mois,
avec un applaudiísement universel , le 7.
celui de Laurette, dans la Comédie de
la Mere Coquette , avec le même succès „
& le 9. la Suivante encore , dans les Fo
ies Amoureuses , avec toute la vivacité»
les grâces, la justesse & la légèreté ima
ginable. Elle est assez grande pour son
âge, avec la taille admirable, bon air,
marchant bien , la parole , le geste aisé,
le visage agréable , & quelque chose de
fin & de picquant dans la philïonomie
dans les manières.
; La D"c Dangeville a jolie depuis trois
autres Rôles , qui lui ont fait beaucoup
4'honnçur, & .qui ont unanimement con-
* " fr1"!
;3>o -MERCURE DE FRANCE,
jfirmé dans la boqnc opinion qu'on avoit
d'elle & dé ses talcns. La Suivante , dans
ia Comédie d' Esope à la Fille , celui de
Túnette , .dans le Malade Imaginaire , Sf.
Jjifette , dans la petite Comédie de la Sé
rénade , ce qui a fait dire à tout le monde
<juc cette jeune personne commence com
me les meilleurs Comédiens ont fini.
cinué de paroîrre avec avantage fur
le Ttowatre François , dans les Rôles de
Suivantes Comiques , joua celui de la-
Comédie du Florentin le 5. de ce mois,
avec un applaudiísement universel , le 7.
celui de Laurette, dans la Comédie de
la Mere Coquette , avec le même succès „
& le 9. la Suivante encore , dans les Fo
ies Amoureuses , avec toute la vivacité»
les grâces, la justesse & la légèreté ima
ginable. Elle est assez grande pour son
âge, avec la taille admirable, bon air,
marchant bien , la parole , le geste aisé,
le visage agréable , & quelque chose de
fin & de picquant dans la philïonomie
dans les manières.
; La D"c Dangeville a jolie depuis trois
autres Rôles , qui lui ont fait beaucoup
4'honnçur, & .qui ont unanimement con-
* " fr1"!
;3>o -MERCURE DE FRANCE,
jfirmé dans la boqnc opinion qu'on avoit
d'elle & dé ses talcns. La Suivante , dans
ia Comédie d' Esope à la Fille , celui de
Túnette , .dans le Malade Imaginaire , Sf.
Jjifette , dans la petite Comédie de la Sé
rénade , ce qui a fait dire à tout le monde
<juc cette jeune personne commence com
me les meilleurs Comédiens ont fini.
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Résumé : « La jeune Dlle Dangeville, qui a continué de paroître avec avantage sur [...] »
La jeune Demoiselle Dangeville a récemment brillé sur le Théâtre Français en interprétant plusieurs rôles avec succès. Le 5 du mois, elle a joué dans 'La Comédie du Florentin' et a reçu des applaudissements universels. Le 7, elle a incarné Laurette dans 'La Mère Coquette', et le 9, elle a interprété un rôle dans 'Les Folles Amoureuses', démontrant vivacité, grâce, justesse et légèreté. Physiquement, elle est de taille convenable pour son âge, avec une silhouette admirable, une bonne allure, une démarche assurée, une parole et des gestes aisés, un visage agréable, et une expression fine et piquante. Depuis, elle a joué trois autres rôles qui lui ont valu beaucoup d'honneur et ont confirmé l'opinion favorable sur ses talents. Elle a interprété La Suivante dans 'Esope à la Ville', Tunette dans 'Le Malade Imaginaire', et Javotte dans 'La Sérénade', ce qui a conduit à des éloges, soulignant qu'elle commence sa carrière comme les meilleurs comédiens l'ont terminée.
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4832
p. 370
Tragédie nouvelle de Calistene, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedi 18. de ce mois, les Comediens François donnerent la premiere représentation [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Tragédie, Callisthène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tragédie nouvelle de Calistene, [titre d'après la table]
Lé Samedi 1 8. de ce mois , les Come»
4iens François donnèrent la première re
présentation de la Tragédie nouvelle de
Callystene , à une .des plus nombreuses
Assemblées qu'on ait vu de long rfmps.
Elle fut fort applaudie & fott critiquée.
A la seconde représentation , donnée le
fur-lendemain , ou a beaucoup moins
.censuré que loué , & les meilleurs con
naisseurs ont trouvé dans ce Poème de<
bcautez comparables à ce que nos pluí
grands Poètes ont fait de plus beau. Nous
en parlerons plus au long.
4iens François donnèrent la première re
présentation de la Tragédie nouvelle de
Callystene , à une .des plus nombreuses
Assemblées qu'on ait vu de long rfmps.
Elle fut fort applaudie & fott critiquée.
A la seconde représentation , donnée le
fur-lendemain , ou a beaucoup moins
.censuré que loué , & les meilleurs con
naisseurs ont trouvé dans ce Poème de<
bcautez comparables à ce que nos pluí
grands Poètes ont fait de plus beau. Nous
en parlerons plus au long.
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Résumé : Tragédie nouvelle de Calistene, [titre d'après la table]
Le 18 du mois, les Comédiens Français ont présenté la tragédie 'Callystène'. La première représentation a été très applaudie mais aussi critiquée. Le lendemain, l'œuvre a été davantage louée. Les experts y ont trouvé des beautés comparables aux plus grandes réalisations poétiques. Un commentaire détaillé suivra.
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4833
p. 370-371
« Le 5. les Comediens Italiens remirent au Théatre l'Italien Marié à Paris, Piece [...] »
Début :
Le 5. les Comediens Italiens remirent au Théatre l'Italien Marié à Paris, Piece [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 5. les Comediens Italiens remirent au Théatre l'Italien Marié à Paris, Piece [...] »
Le 5. les Comédiens Italiens remirent
du Théâtre {'Italien Marie' a d'ans , Piece
-, Françoise ,en cinq Actes , avec des agré"-
Jnens , de la composition du sieur Lelic.
Elle fut donnée dans fa nouveauté ea
Ïji6. Elle étoit pour lors en Italien:
l'Auteur, qui y joiioit le principal Rôle ,
la donna en François au mois de Novem
bre
FEVRIER. 17? o..' J7 r
t>re i 7 2 8 . Le sieur Paghety a joíié celui
du sieuc LeRo à cette derniere reprise , &c
a rempli le caractère de Jaloux, sur le
quel roule toute la Piece. On en peut
yoir le Sujet 8c ('Extrait dans le premier
-yolume de Décembre 17:8.
Le 6. les mêmes Comédiens jouèrent
Arlequin Mut t par crainte , Comédie Ita
lienne , en trois Actes , du mime Auteur
de Y Italien Marié a Paris. M. le Duc
de Lorraine honora cette Piece. de fa pré
sence , & parut y prendre beaucoup de
plaisir , surtout par le Rôle d'Arlequin,
qui a presque tout le jeu de la Piece. On
joiïa ensuite la' petite Piece du Retour de
Tendress ,,quí ne fit pas moins de plaisir
à la nombreuse Assemblée qu'il y eut cc
jour-là à l'Hòtel de Bourgogne.
du Théâtre {'Italien Marie' a d'ans , Piece
-, Françoise ,en cinq Actes , avec des agré"-
Jnens , de la composition du sieur Lelic.
Elle fut donnée dans fa nouveauté ea
Ïji6. Elle étoit pour lors en Italien:
l'Auteur, qui y joiioit le principal Rôle ,
la donna en François au mois de Novem
bre
FEVRIER. 17? o..' J7 r
t>re i 7 2 8 . Le sieur Paghety a joíié celui
du sieuc LeRo à cette derniere reprise , &c
a rempli le caractère de Jaloux, sur le
quel roule toute la Piece. On en peut
yoir le Sujet 8c ('Extrait dans le premier
-yolume de Décembre 17:8.
Le 6. les mêmes Comédiens jouèrent
Arlequin Mut t par crainte , Comédie Ita
lienne , en trois Actes , du mime Auteur
de Y Italien Marié a Paris. M. le Duc
de Lorraine honora cette Piece. de fa pré
sence , & parut y prendre beaucoup de
plaisir , surtout par le Rôle d'Arlequin,
qui a presque tout le jeu de la Piece. On
joiïa ensuite la' petite Piece du Retour de
Tendress ,,quí ne fit pas moins de plaisir
à la nombreuse Assemblée qu'il y eut cc
jour-là à l'Hòtel de Bourgogne.
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Résumé : « Le 5. les Comediens Italiens remirent au Théatre l'Italien Marié à Paris, Piece [...] »
Le 5 février 1728, les Comédiens Italiens ont présenté la pièce 'Françoise' en cinq actes, avec des agréments composés par le sieur Lelic. Initialement en italien, la pièce a été traduite en français en novembre. Lors de la dernière représentation, le sieur Paghety a interprété le rôle du jaloux, personnage central. Un sujet et un extrait de cette pièce sont disponibles dans le premier volume de décembre 1728. Le 6 février, les mêmes comédiens ont joué 'Arlequin Mut par crainte', une comédie italienne en trois actes du même auteur, en présence du Duc de Lorraine, qui a apprécié le rôle d'Arlequin. Ensuite, la pièce 'Le Retour de Tendresse' a été jouée à l'Hôtel de Bourgogne, suscitant beaucoup de plaisir parmi l'assemblée nombreuse présente.
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4834
p. 371-373
Le malade par complaisance, [titre d'après la table]
Début :
Le 3. de ce mois, l'ouverture de la Foire S. Germain fut faite par le Lieutenant [...]
Mots clefs :
Foire Saint-Germain, Pierrot, Malade par complaisance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le malade par complaisance, [titre d'après la table]
Le 3. de ce mois , l'ouverture de la
tFoire S. Germain fut faite par le Lieute
nant General de Police, en la manière ac
coutumée. Le même jour l'Opera Comi
que, qui est toujours danslaruë deBussy,
& disposé plus commodément que Tannée
passé, a ouvert son Théâtre par la pre*-
miere Représentation du Malade par
complaisance , Piece en trois Actes, ornée
de Divertissemens. Le fond de cette Piece
est tout-à-fait Comique; en-voici le sujet,
£erf»^rf,Officier,aïnoureux d'une jeune
;H per-sonne
372 MËRCURÊ DE FRANCE.
personne qu'il ne connoît pas , en fait
(Confidence à Pierrot , son Valet. Dans' lé
temps qu'ils concertent les moyens d'enirec
dans le Château, résidence de laBellej
jl en fort un Paysan qu'ils interrogent &
jqui dans le fil de fa conversation rustique,
|eur apprend qu'il y a une certaine Gou
vernante des filles du Seigneur du Vil
lage , de qui le tic est de traiter des mala
des, & qu'il íçair par expérience comme
elle les mitonne. Aussi-toc Leandre propose
à Pierrot de contrefaire le malade ;
& pour l'engager à accepter ce rôle-là,
il lui fait une peinture délicieuse des foinç
qu'on aura pour lui & des bons morceaux
<m'on lui servira. Pierrot , frappé d'une
idée gourmande , accepte sur le champ Iè
parti proposé , & feint un mal de pied
ttès-douloureux , fans en prévoir la con
séquence. Il est reçu comme goûteux dani
le Château, & en cette qualité condamne
à Peau & à une scrupuleuse abstinence par
la rigide Gouvernante qui s'intéresse d'a
bord à fa santé. Cette situation triste pour
un Valet doué d'un grand apétit , produit
plusieurs Scènes divertissantes dans he
cours de la Piece. Il y a dans un des Actes
un Divertissement d'Enthumez qui im
plorent le secours d'un Operateur. Le
Rhume universel qui a régné cet hyver
dans Paris, a rendu cette maladie un Vau -
deville.
FEVRIER, in». 11%
jâevillc. Voici les Couplets de ce Diver
tissement , dont les paroles font de M. Panart,
& la Musique de M. Gilliers, aussibien
que celle de tous les Divertiflemensv
Le Duc de Lorraine , accompagne de
plusieurs Seigneurs de la Cour ôc d'autres
•personnes de considération , honora ce
Spectacle de fa présence , auquel on ajoû-
,ta leDivertiffement de l' Impromptu duPont
Neuf, qui avoit été joué à la derniere
Foire S. Laurent avec beaucoup de succès;
pn y dansa aussi plusieurs Entrées de Cai»
íactercs , dont ce Prince parut satisfait..
tFoire S. Germain fut faite par le Lieute
nant General de Police, en la manière ac
coutumée. Le même jour l'Opera Comi
que, qui est toujours danslaruë deBussy,
& disposé plus commodément que Tannée
passé, a ouvert son Théâtre par la pre*-
miere Représentation du Malade par
complaisance , Piece en trois Actes, ornée
de Divertissemens. Le fond de cette Piece
est tout-à-fait Comique; en-voici le sujet,
£erf»^rf,Officier,aïnoureux d'une jeune
;H per-sonne
372 MËRCURÊ DE FRANCE.
personne qu'il ne connoît pas , en fait
(Confidence à Pierrot , son Valet. Dans' lé
temps qu'ils concertent les moyens d'enirec
dans le Château, résidence de laBellej
jl en fort un Paysan qu'ils interrogent &
jqui dans le fil de fa conversation rustique,
|eur apprend qu'il y a une certaine Gou
vernante des filles du Seigneur du Vil
lage , de qui le tic est de traiter des mala
des, & qu'il íçair par expérience comme
elle les mitonne. Aussi-toc Leandre propose
à Pierrot de contrefaire le malade ;
& pour l'engager à accepter ce rôle-là,
il lui fait une peinture délicieuse des foinç
qu'on aura pour lui & des bons morceaux
<m'on lui servira. Pierrot , frappé d'une
idée gourmande , accepte sur le champ Iè
parti proposé , & feint un mal de pied
ttès-douloureux , fans en prévoir la con
séquence. Il est reçu comme goûteux dani
le Château, & en cette qualité condamne
à Peau & à une scrupuleuse abstinence par
la rigide Gouvernante qui s'intéresse d'a
bord à fa santé. Cette situation triste pour
un Valet doué d'un grand apétit , produit
plusieurs Scènes divertissantes dans he
cours de la Piece. Il y a dans un des Actes
un Divertissement d'Enthumez qui im
plorent le secours d'un Operateur. Le
Rhume universel qui a régné cet hyver
dans Paris, a rendu cette maladie un Vau -
deville.
FEVRIER, in». 11%
jâevillc. Voici les Couplets de ce Diver
tissement , dont les paroles font de M. Panart,
& la Musique de M. Gilliers, aussibien
que celle de tous les Divertiflemensv
Le Duc de Lorraine , accompagne de
plusieurs Seigneurs de la Cour ôc d'autres
•personnes de considération , honora ce
Spectacle de fa présence , auquel on ajoû-
,ta leDivertiffement de l' Impromptu duPont
Neuf, qui avoit été joué à la derniere
Foire S. Laurent avec beaucoup de succès;
pn y dansa aussi plusieurs Entrées de Cai»
íactercs , dont ce Prince parut satisfait..
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Résumé : Le malade par complaisance, [titre d'après la table]
Le 3 février, la Foire Saint-Germain a été inaugurée par le Lieutenant Général de Police. Le même jour, l'Opéra Comique a ouvert sa saison avec la pièce 'Le Malade par complaisance', une comédie en trois actes. L'intrigue suit Leandre, un officier amoureux d'une jeune femme inconnue, qui demande à son valet Pierrot de l'aider à entrer dans le château où elle réside. Ils interrogent un paysan qui leur parle d'une gouvernante réputée pour soigner les malades. Leandre suggère à Pierrot de se faire passer pour un malade. Pierrot accepte et simule un mal de pied, ce qui lui permet d'être accueilli au château mais soumis à un régime strict. Cette situation génère plusieurs scènes comiques. La pièce inclut également un divertissement sur les enrhumés, une maladie courante à Paris cet hiver. Le Duc de Lorraine et plusieurs personnalités ont assisté à la représentation, qui comprenait aussi l''Impromptu du Pont Neuf' et des danses de caractère.
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4835
p. 373-374
VAUDEVILLE.
Début :
Maris, quand la peur d'avoir un Rival, [...]
Mots clefs :
Coutume, Femme, Coeur
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texteReconnaissance textuelle : VAUDEVILLE.
VAUDEVILLE.
MAris, quand la peur d'avoir un Rivai,'
Vous fait épier votre femme au Bal ,
O la folle coutume!
Vous croyez sauver l'bonneur conjugal}
C'est çe qui vous enrhume,
m
Lorsque dans les Bois , Amans langoureux,
Vous allez pousser des cris douloureux ,
O la sotte coûtume !
Par-là vous croyez devenir heureux,
C'est ce qui vous enrhume.
m
Vieillards amourçux, qui chez le Baigneur .
H ij Ch,erclica
174 MERCURE DE FRANCE,
Cherchez des attraits & de la fraîcheur ,
O la sotte coûtumç
JPar-U vous croyez prendre un jeune coeur î
C'est ce qui vous enrhume.
m '
Quand un Qffider pour vous en tient 14 ; *
Chez votre Notaire il dit qu'il ira ;
Belles , c'est fa coutume-
Vous courez d'abord , croyant qu'il viendra \
C'est ce qui vous enrhume.
m }'
Vous, qui vous flattez d'agir prudemment ,
En prenant pour femme un objet charmant ,
O la sotte coutume !
Vpus croyez l' avoir pour vous feulement i
C'est ce qui vous enrhume.
Quand un Opéra chez nous reu/fic , I
pt que chaque jour la foule grossit ,
Notre ardeur se rallume j
Quand les rangs font clairs, le froid nous fkifìr,
C'est ce qui nous enrhume,
* Le coeur>
On trouvera l'Air notté , p4ge 367.
MAris, quand la peur d'avoir un Rivai,'
Vous fait épier votre femme au Bal ,
O la folle coutume!
Vous croyez sauver l'bonneur conjugal}
C'est çe qui vous enrhume,
m
Lorsque dans les Bois , Amans langoureux,
Vous allez pousser des cris douloureux ,
O la sotte coûtume !
Par-là vous croyez devenir heureux,
C'est ce qui vous enrhume.
m
Vieillards amourçux, qui chez le Baigneur .
H ij Ch,erclica
174 MERCURE DE FRANCE,
Cherchez des attraits & de la fraîcheur ,
O la sotte coûtumç
JPar-U vous croyez prendre un jeune coeur î
C'est ce qui vous enrhume.
m '
Quand un Qffider pour vous en tient 14 ; *
Chez votre Notaire il dit qu'il ira ;
Belles , c'est fa coutume-
Vous courez d'abord , croyant qu'il viendra \
C'est ce qui vous enrhume.
m }'
Vous, qui vous flattez d'agir prudemment ,
En prenant pour femme un objet charmant ,
O la sotte coutume !
Vpus croyez l' avoir pour vous feulement i
C'est ce qui vous enrhume.
Quand un Opéra chez nous reu/fic , I
pt que chaque jour la foule grossit ,
Notre ardeur se rallume j
Quand les rangs font clairs, le froid nous fkifìr,
C'est ce qui nous enrhume,
* Le coeur>
On trouvera l'Air notté , p4ge 367.
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Résumé : VAUDEVILLE.
Le texte est un vaudeville qui critique diverses coutumes sociales et leurs conséquences. Il dénonce les maris jaloux qui surveillent leurs femmes lors des bals, croyant préserver leur honneur, mais finissent par tomber malades. De même, les amants qui expriment leur passion dans les bois et les vieillards cherchant la jeunesse chez les baigneurs tombent malades à cause de ces comportements. Les femmes qui se réjouissent de la visite d'un officier finissent par être déçues et tombent malades. Le texte critique aussi ceux qui se marient par prudence, pensant posséder leur épouse exclusivement, mais qui en souffrent. Il évoque également l'enthousiasme pour les opéras qui attire la foule, mais peut conduire à la maladie lorsque les salles se vident. Le texte se conclut par l'idée que ces coutumes finissent par 'enrhumer' ceux qui les suivent.
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4836
p. 374-376
« Le 18. l'Opera Comique donna la premiere Représentation de la Reine de Barostan [...] »
Début :
Le 18. l'Opera Comique donna la premiere Représentation de la Reine de Barostan [...]
Mots clefs :
Théâtre, Opéra, Musique
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texteReconnaissance textuelle : « Le 18. l'Opera Comique donna la premiere Représentation de la Reine de Barostan [...] »
Le i 8. l'Opera Comique donna la pre
mière Représentation de la Reine de Barostan
, Pie'ce nouvelle Héroïque , en un
FEVRIER; ï7?o: 37*
Acte, suivie d'une autre petite Píéce dl'un
Acte , qui a pour titre les Couplets dei
Vaudevilles en procès , avec un Prologue
qui précède ces deux Pieces , lesquelleá
Ont été reçues très-favofablement du Pu
blic. On en parlera plus au long.
Le 19. l'Acadéniíe Royale de Musiqué
donna la derniere Représentation de Thefée
, 8c le zj. on remit au Théâtre l'Qpera
de Telemaque ou Calypso , donne
dans sa nouveauté en ftovembré 17 14.
qui n'avoic point été repris depuis fi
nouveauté , & que le Public sòuhaitoic
revoir. Il a marqué sa satisfaction par
beaucoup d'applaudissèmens. On en par-*
lera plus au long le mois prochain.
Le Lundi 8c le Mardi gras , on donna
fur le même Théâtre un Divertissement
très-convenable pour finir le Carnaval,
composé du Prologue du Ballet des
Amours de Mars & de Ftrins , mis en
Musique par M. Campra , de la Paftofale
Héroïque 3 chantée à la Fête des
Ambassadeurs d'Espagne , & des deux
Divertiffemens de Pourceaugnac & de
Carifelly , mis en Musique par M. de
Lully. Le Sr Tribou joua dans ces deux
dernieres Piéces le principal Rôle d'une
manière tout à fait comique , & rrès-eonvenable
au íujet ; il fut généralement
H iij ap-.
jfi MÊfcOtfRE DÉ FRANCÉ.
applaudi. Les Dlles Camargo , Sali» Sc
W ariette se sont aussi signale'es par les
différentes Entrées qu'elles ont dansé.
On apprend de Bruxelles que l'Opera
Italien à? A uale qu'on y représenta le ç.
de ce mois pour la première fois , eut
beaucoup de succès, ainsi que celui de
Jules Ccfas, qu'on représenta à Londres à'
peu près dans le meme-tems.
Le 30. Janvier au soir , le Cardinal
Ottoboni fit faire sur le Théâtre de la
Chancellerie à Rome , une Répétition
generale du nouvel Opsra de Constantin
le Grand , qui fut généralement applaudi»
Deux Opéra nouveaux ont été donnex
depuis peu à Venise , sur les Théâtres de
S. Ange & de S. Moyse ; ils font intitul
iez Hélène & les Stratagèmes amoureux.
mière Représentation de la Reine de Barostan
, Pie'ce nouvelle Héroïque , en un
FEVRIER; ï7?o: 37*
Acte, suivie d'une autre petite Píéce dl'un
Acte , qui a pour titre les Couplets dei
Vaudevilles en procès , avec un Prologue
qui précède ces deux Pieces , lesquelleá
Ont été reçues très-favofablement du Pu
blic. On en parlera plus au long.
Le 19. l'Acadéniíe Royale de Musiqué
donna la derniere Représentation de Thefée
, 8c le zj. on remit au Théâtre l'Qpera
de Telemaque ou Calypso , donne
dans sa nouveauté en ftovembré 17 14.
qui n'avoic point été repris depuis fi
nouveauté , & que le Public sòuhaitoic
revoir. Il a marqué sa satisfaction par
beaucoup d'applaudissèmens. On en par-*
lera plus au long le mois prochain.
Le Lundi 8c le Mardi gras , on donna
fur le même Théâtre un Divertissement
très-convenable pour finir le Carnaval,
composé du Prologue du Ballet des
Amours de Mars & de Ftrins , mis en
Musique par M. Campra , de la Paftofale
Héroïque 3 chantée à la Fête des
Ambassadeurs d'Espagne , & des deux
Divertiffemens de Pourceaugnac & de
Carifelly , mis en Musique par M. de
Lully. Le Sr Tribou joua dans ces deux
dernieres Piéces le principal Rôle d'une
manière tout à fait comique , & rrès-eonvenable
au íujet ; il fut généralement
H iij ap-.
jfi MÊfcOtfRE DÉ FRANCÉ.
applaudi. Les Dlles Camargo , Sali» Sc
W ariette se sont aussi signale'es par les
différentes Entrées qu'elles ont dansé.
On apprend de Bruxelles que l'Opera
Italien à? A uale qu'on y représenta le ç.
de ce mois pour la première fois , eut
beaucoup de succès, ainsi que celui de
Jules Ccfas, qu'on représenta à Londres à'
peu près dans le meme-tems.
Le 30. Janvier au soir , le Cardinal
Ottoboni fit faire sur le Théâtre de la
Chancellerie à Rome , une Répétition
generale du nouvel Opsra de Constantin
le Grand , qui fut généralement applaudi»
Deux Opéra nouveaux ont été donnex
depuis peu à Venise , sur les Théâtres de
S. Ange & de S. Moyse ; ils font intitul
iez Hélène & les Stratagèmes amoureux.
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Résumé : « Le 18. l'Opera Comique donna la premiere Représentation de la Reine de Barostan [...] »
En février 1770, plusieurs événements marquants ont eu lieu dans le monde de l'opéra. Le 8 février, l'Opéra Comique a présenté 'La Reine de Barostan' et 'Les Couplets des Vaudevilles en procès', tous deux bien accueillis par le public. Le 19 février, l'Académie Royale de Musique a donné la dernière représentation de 'Thésée'. Le 21 février, 'Télémaque ou Calypso' a été repris avec succès. Lors du lundi et mardi gras, un divertissement a inclus des extraits de 'Ballet des Amours de Mars et de Vénus', de la 'Pastorale héroïque' et des divertissements de 'Pourceaugnac' et 'Carifelly'. Le sieur Tribou, les demoiselles Camargo, Sallé et Wariette se sont distingués par leurs performances. À Bruxelles, 'Le Cid' a connu un succès notable. À Londres, 'Jules César' a également été acclamé. Le 30 janvier, le Cardinal Ottoboni a organisé une répétition générale de 'Constantin le Grand' à Rome. À Venise, deux nouveaux opéras, 'Hélène' et 'Les Stratagèmes amoureux', ont été présentés.
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4837
p. 376-377
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On apprend de Constantinople, qu'on y avoit reçu avis, que le Prince Thamas [...]
Mots clefs :
Prince, Sultan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
T xj r Q_u ie et Perse.
ON apprend de Constantinople, qu'on y
avoit reçu avis , que le Prince Thamas
ayant été joint par quelques troupes de Maymud
, l'un des principaux Seigneurs de la
Province de Candahar , avoit défait en trois
combats la principale armée du Sultan Achec
F E V R I Ë R. I7îq. 377
raf ; qu'il s'étoìt rendu maître quelques jours
après de BenJer- Abassi ; que par la prise de
Cette Pbce importante , le reste des troupe*
. du Sultan Acheraf n'avoit plus de communia
cation avec la ville d'Ispahan , dont le Prince
Thamas avoir résolu de former le siège , aussi-,
tôt qu'il auroitreçu les secours que se Grandi
Mogol lui envoyé. Ces nouvelles, dont le GrJ
Vizir a reçu h confirmation, l'ont obligé d'as
sembler extraordJtairement le Divan , pou*
délibérer si on donneroit du secours au Sultan
Acheraf ; niais les avis ont été partagez ; il est
Cependant arrivé à Constantinople un Envoyé
Extraordinaire du Prince Thamas,qui a obtenu
que la Porte reíteroit neutre.
On a appris depuis que le Prince Thamas
i'étoit emparé de Cafoin 8r de quelques autres
Places ; que les troupes du Mogol étoient en
trées en Perse, &que le Sultan Acheraf a voit
été obligé de se retirer à Ispahan , où on ne
croyoit pas qu'il fut en état de soutenir un
- Siège.
ON apprend de Constantinople, qu'on y
avoit reçu avis , que le Prince Thamas
ayant été joint par quelques troupes de Maymud
, l'un des principaux Seigneurs de la
Province de Candahar , avoit défait en trois
combats la principale armée du Sultan Achec
F E V R I Ë R. I7îq. 377
raf ; qu'il s'étoìt rendu maître quelques jours
après de BenJer- Abassi ; que par la prise de
Cette Pbce importante , le reste des troupe*
. du Sultan Acheraf n'avoit plus de communia
cation avec la ville d'Ispahan , dont le Prince
Thamas avoir résolu de former le siège , aussi-,
tôt qu'il auroitreçu les secours que se Grandi
Mogol lui envoyé. Ces nouvelles, dont le GrJ
Vizir a reçu h confirmation, l'ont obligé d'as
sembler extraordJtairement le Divan , pou*
délibérer si on donneroit du secours au Sultan
Acheraf ; niais les avis ont été partagez ; il est
Cependant arrivé à Constantinople un Envoyé
Extraordinaire du Prince Thamas,qui a obtenu
que la Porte reíteroit neutre.
On a appris depuis que le Prince Thamas
i'étoit emparé de Cafoin 8r de quelques autres
Places ; que les troupes du Mogol étoient en
trées en Perse, &que le Sultan Acheraf a voit
été obligé de se retirer à Ispahan , où on ne
croyoit pas qu'il fut en état de soutenir un
- Siège.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le prince Thamas, appuyé par les troupes de Maymud, seigneur de Candahar, a vaincu l'armée du sultan Acheraf lors de trois batailles. Il a ensuite pris le contrôle de Benjer-Abassi, isolant ainsi les forces restantes du sultan d'Ispahan. Thamas prévoit de mettre le siège devant Ispahan après avoir reçu des renforts du Grand Mogol. À Constantinople, le Grand Vizir a convoqué le Divan pour discuter d'un éventuel soutien au sultan Acheraf, mais les opinions étaient divisées. Un envoyé de Thamas a obtenu la neutralité de la Porte ottomane. Thamas a également conquis d'autres places, dont Cafoin, et les troupes mogoles ont pénétré en Perse. Le sultan Acheraf s'est retiré à Ispahan, où sa capacité à résister à un siège est incertaine.
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4838
p. 377-378
RUSSIE
Début :
On mande de Moscou, que quatre Marchands d'Ispahan y étoient arrivez depuis [...]
Mots clefs :
Moscou, Tsar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE
Russie
ON mande da Moscou > que quatre Mar-»
chands d'Ispahan y étoient arrivez depuis
peu pour s'y établir , & que les effets qu'ils y
jtvoient aportez consistoient en bijoux & au*
tres marchandises précieuses. Ils ont demandé
la permission de prendre intérêt dans les prin
cipales Compagnies du commerce de ce pays »
& principalement dans celle du commerce de
la Chine , où tous les Negociáns Etrangers
fiourront à présent prendre part . en vertu de
a nouvelle Ordonnance que le Czar a fait pu
blier.
. Le 11. Janvier , premier jour de l'an , selort
H ííij l'an378
MÉRCURÈ DÉ FRANCE,
í'ançien stile , le Czar , la Princeíïe Dolho-r
iucki sa fiancée , & les Princesses du Sang , re
çurent les complimens de tous les Seigneurs
& Dames de la Cour , à Moscou , sur la nou
velle année.
On mande aussi de Moscou du 18. Janvier »
«jue la Cérémonie du Mariage du Czar se fer oie
avant la fin de ce mois-là i & on apprend de
Peteríbourg que la plupart ^es .prisonniers des
prisons de cette ville avoient été mis en liberté
a l'occasion de ce futurMariage>â condition de
travailler aux Digues de la Neva pendant
J'hyver.
Il est arrivé à Moscou un Envoyé Extraor
dinaire du Prince Thamas , fils du dernier Roy
de Perse , avec une suite de trente à quaran-ce
Persans.
ON mande da Moscou > que quatre Mar-»
chands d'Ispahan y étoient arrivez depuis
peu pour s'y établir , & que les effets qu'ils y
jtvoient aportez consistoient en bijoux & au*
tres marchandises précieuses. Ils ont demandé
la permission de prendre intérêt dans les prin
cipales Compagnies du commerce de ce pays »
& principalement dans celle du commerce de
la Chine , où tous les Negociáns Etrangers
fiourront à présent prendre part . en vertu de
a nouvelle Ordonnance que le Czar a fait pu
blier.
. Le 11. Janvier , premier jour de l'an , selort
H ííij l'an378
MÉRCURÈ DÉ FRANCE,
í'ançien stile , le Czar , la Princeíïe Dolho-r
iucki sa fiancée , & les Princesses du Sang , re
çurent les complimens de tous les Seigneurs
& Dames de la Cour , à Moscou , sur la nou
velle année.
On mande aussi de Moscou du 18. Janvier »
«jue la Cérémonie du Mariage du Czar se fer oie
avant la fin de ce mois-là i & on apprend de
Peteríbourg que la plupart ^es .prisonniers des
prisons de cette ville avoient été mis en liberté
a l'occasion de ce futurMariage>â condition de
travailler aux Digues de la Neva pendant
J'hyver.
Il est arrivé à Moscou un Envoyé Extraor
dinaire du Prince Thamas , fils du dernier Roy
de Perse , avec une suite de trente à quaran-ce
Persans.
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Résumé : RUSSIE
Le document relate plusieurs événements récents en Russie. Quatre marchands d'Ispahan sont arrivés à Moscou pour s'y établir, apportant des bijoux et d'autres marchandises précieuses. Ils ont sollicité une participation aux principales compagnies de commerce, notamment celle du commerce de la Chine, désormais ouverte aux négociants étrangers grâce à une nouvelle ordonnance du Czar. Le 11 janvier, jour du Nouvel An selon le calendrier julien, le Czar, le prince Dolhoriucki, sa fiancée et les princesses du sang ont reçu les vœux des seigneurs et dames de la cour à Moscou. Le 18 janvier, il a été annoncé que la cérémonie de mariage du Czar se tiendrait avant la fin du mois. À Saint-Pétersbourg, la plupart des prisonniers ont été libérés pour travailler sur les digues de la Neva pendant l'hiver. Par ailleurs, un envoyé extraordinaire du prince Thamas, fils du dernier roi de Perse, est arrivé à Moscou accompagné d'une suite de trente à quarante Persans.
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4839
p. 378-383
EXTRAIT d'une Lettre de M. Delisle, écrite de Petersbourg le 3. Janvier 1730.
Début :
Le 9. du mois de Novembre, j'ai fait chanter la Messe & le Te Deum en Musique dans [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Réjouissances, Lumières, Armes, Fleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M. Delisle, écrite de Petersbourg le 3. Janvier 1730.
EXTRAIT d'une Lettre de M. Delijle;
i écrits de Peterjbourg le 3 . Janvier
1730.
LE 9. du mois de Novembre, j'ai fait char*-
ter la Messe & 1; Te Veum en Musique dans
j'Eglise^ Catholique , en action de grâces de
j'heureux Accouchement de la Reine, & de
]a Naissance de Monseigneur le Dauphin. J'y
avois invité non seulement tous les François
qui font dans cette ville , mais encore toutes
les personnes de distinction qu'il y a ici > com
me Officiers Généraux, Amiraux, Vice- Ami
raux, Contre- Amiraux , les principaux Mem
bres des différents Collèges , les principaux
Marchands , & tous les Académiciens. Toutes
ces personnes invitées se sont ensuite rendues le
même soir dans la maison de l' Académie oú
est l'Observatoire , & dans laquelle je demeu
re.
FEVRIER. 1750; J79
ré. Cette maison qui est isolée , est avantageu
sement située au milieu de la ville , à la pointe
de l'ifle appellée Vasile OHrou ; elle est com
posée de deux grands Corps de logis , au mi
lieu desquels est élevé l'Obscrvatoire. Toute
:1a maison, percée de plus de cent fenêtres ,
^étoic éclairée d'illuminations par des Pìramides
de lumières posées en dedans de chaque
fenêcie , suivant l'usage du pays- J'avois auífi
fait préparer un grand nombre de terrines pour
illuminer en dehors la tour de l'Obscrvatoire»
dans trois rangs , les uns au dessus des autres \
il y avoit une fort grosse boule transparente ,
qui devoir terminer cette illumination de ï*
Tour , & qui étant élevée tout au haut de
l'Obscrvatoire , à plus de deux cens pieds de
.hauteur > pouvoit être vûe de toute la ville
& des environs , & y montrer fur un fond
obscur les Fleurs de Lys des Armes de France
illuminées ; mais la grande tempête & le venc
-qu'il fit toute cette nuit à Peteríbourg, ne
permirent pas cette illumination de la Tour.
D; plein pied à mon Appartement est une
:grande Salle que j'avois fait préparer pour la
Fête; elle ctoit ornée des plus belles Tapisse
ries de haute & basse Lisse , au dessus desquel
les regnoit tout autour de la Salle une large
bande d' Etoffé bleue' , couverte de figures , de
Dauphins & de Lys de France. La voûte étoic
soutenue par huit Colomnes, autour desquel-
,fcs j'avois fait attacher en spirales des bran
ches d'arbres qui faisoient l'esset des Colonnes
torscs. Cette Salle étoit illuminée , de même
que le reste de la ftiaison , en Pîramides de
lumières dedans l'embrasure de chaque fenêtrer
Outre cela dans les deux fonds , par les
quels cette Salle est contiguê au reste de la
*. , H y Maison,
38o MERCURE DÉ FRANCE.
Maison , & dans lesquels il n'y a point de fé>
Jiêtres , il y avoir fur le mur quatre autres
plus grandes Piramides de lumières > & entre
ces Piramides , fur chaque fond , on voyoit
en haut comme dans un enfoncement un
grand Tableau transparent , sur lequel étoient
peintes des Devises qui convenoient au sujet.
Celui de ces Tableaux qui étoît le premier vû
en entrant , reprefentoic le sujet de la Fête.
Les deux Anges qui servent de Support aux
Armes de France , y étoient représentez en
pied s & au lieu de sòûtenir l'Ecuífon , ils recevoient
des Cieux un Enfant richement ernr
mailloté &accollé de l'Ordre du S. Esprit,
avec cette Inscription : C&lesti tr,unere Ui»
Gallia. La Traduction en Rulìe étoit au bas.
Du côté opposé > sur un Tableau de même
grandeur , étoit représente' un Dauphin au
tour du Sceptre Royal de France , lequel fer
retminoit en Ancre , avec cette Inscription*;
Spet fausta futuri , la Traduction en Ruflè
étoit au bas. Au fond de la Salle il y avoit
«ne grande Table de cent Couverts , dressée
en fer â cheval, & aux deux côtez vers le
bas , deux autres Tables de if. Couverts cha
cune; enfin vers le plus bas de la Table étoir
Choeurs , entre lesquels on passoit fous un
Berceau de vetdure , pour entrer dans la Salle.
Cette entrée étoit gardée par deux grands Gre
nadiers de la Garde de S. M. il y en avoit iSautres
à rentrée de la maison & de mon ap
partement. Entre l'Amphitheatre des Musi
ciens & les Tables il y avoit encorô un fore
grand espace vuide pour la Danse , fans in
commoder le Service des Tables , pour lequeî
il y avoit deux grands Buffets dressez aux deux
cote?
FEVRIER, ma. jSi
çâtez de la Salle. J'avois fait servir sur les
Tables une Collation en Ambigu , laquelle
faifoic un fore bel effet par le grand nombre
de bougies qui étoient fur ces Tables dans
des flambeaux de cristal. Toutes les Piramides
qui étoient aussi de cristal éroient ornées de
fleurs naturelles & artificielles ; toutes les
viandes étóient jonchées de Bouquets de lau
riers naturels . dorez 8r argentez par les extremitez
; j'avois auíïi fait représenter fur cette
Collation , autant que l'on avoit pû , des figu
res de Dauphins & dè Fleurs de-Lys , fur le»
Tourtes , les Pàtez , & dans les Candits.
Il y avoit au haut de la plus grande Piramide
, qui étoit placée au milieu de h plus
frande Table, un groupe de plusieurs figures
e relief, en cire , de près d*un pied de hau
teur , dorées , & les Draperies argentées. La
principale figure étoit debout , & represen
toit la France , ayant le Manteau Royal , 8c la
Couronne de Fiance. Elle tenoit fur fes bras
un Enfant nud , qui representoit le Dauphin.
Au bas étoit un petit Amour , qui mettant les
pieds fur un Carreau semé de Fleurs de-Lys ,
cherchoit à s'élever pour présenter à l'aucuste
Enfant la Couronne du Dauphin , 8t
fc Cordon de l'Ordre dû S. Efprir,. Ce groupe
qui étoit artistement entouré des plus belles
Tleurs naturelles & artificielles , étoit sur
monté d'une Arcade de feuilles de Lauriers ,
dorées 8r argentées. Au haut de cette Arcade
étoit une grande Fleur-de- Lys de Sucre caniîî
transparante > qui à la clarté des lumières paroissoit
d'or. Aux deux côtez , fur les pince»
du Fer à cheval , étoient deux autres figures
de même matière, dorées & argentées de la
»é.me manière j l'une representoit la Paix, 8c
H vj l'awî*
3 8 1 MERCURE DE FRAtíCE;
l'autre l' Abondance, avec léurs attributs, pour
marquerque cette Naissance étoit arrivée dans,
la Paix & l'Abondance. J'avois aussi fait met
tre fur la Tapisserie du fond de la Salle les
Portraits du Roy & de lá Reine. Enfirt
fur le bas de la Nappe du milieu de la grande
Table , on voyoit les Armes du Dauphin ,
peintes en grand. Voilà quelle étoit la disposi
tion de la Salle, dont on ne fit Touverturc
qu'après que toute la Compagnie sc'fû't assem
blée dans mon Appartement.
Les Amiraux & autres Officiers Généraux,
à mesure qu'ils arrivoient par eau dans leurs
Barques, etoient annoncez par les Timballes
& les Trompettes', & étoient reçus , les Gre
nadiers étant fous les armes , & leur Lieute»
nant à leur tête. Lorsque la Compagnie fut
doute aflemblée, & qu'au sortir de mon Ap
partement elle entra dans la Salle où 'les Musi
ciens la reçurent pat un Concert de tous leurs
înstrumens ; elle y fut agréablement surprise
de l'éclat de toutes les lumières & de la belle
■disposition de la Salle , que chacun prit plaisir
de voir plus d'un quart d'heureavant que de sb
mettre à table. Chacun s'étant ensuite placé
suivant son.rang , & les Dames ayant été eon*.
duites par les personnes les plus distinguées ,
le Repas fut accompagné de la- Musique , qui
joiia les plus belles Sonnâtes , & autres Airs
choisis. L'on y but les Santez de Leurs Ma
lestez & de Monseigneur lè Dauphin au son
des Timballes & des Trompettes , & ensuite
toutes les autres Santez , suivant la coutume
du pays, comme celles du haut Ministère,. de
Ï Amirauté, & de la Généralité , des fidèles
Serviteurs , des Absents , &c, J'y fis servît
avec profusion ks meilleurí vins du Rhin , de
Bouc»
FEVRIER. *7%tí. i%$
Bourgogne & de Canarie , faisant donner à
chacun celuy qu'il souhaittoit , & autant qu'il
cn vouloir. Après la Collation le Bal fut ou
vert par M. le General Major Tessin, Envoyé
du Duc de Holstein , qui dansa avec la fille
Je l'Arniral Sivcrs. On dansa non-seulemenc
dans la grande Salle , mais aussi dans les au*
tres Chambres de mon Appartement , & je fis
servir pendant le Bal tous les Rafraîchissemtns
que l'on souhaittoit- J'y avois aufli fait dresser
des tables pour ceux qui vouloient fumer ou
chanter , ou boire de la Ponche, à la manière
Angloife , afin que rien ne manquât dans cette
Fête , qui a dure jusqu'au lendemain huit heu
res du matin , avec une telle satisfaction de
tout le monde , que plusieurs personnes ont
allure qu'il n'y avoic point encore eu jufqu'aîors
à Peterfbourg une Fête plus belle & mieu*
ordonnée.
M. Delijle-, Astronome , de l'Academie
Royale des Sciences de Paris » Lecteur &
Professeur au Collège Royal de France, de
la Société Royale de Londres, & de celle de
Prusse, alla à Peterfbourg il y a quatre ans,
avec la permission du Roy , pour y travailler
avec plusieurs autres Sçavans, à un Observa
toire & à une A cademie des Sciences que le feu-
Czar avoit commencé d'y établi»
i écrits de Peterjbourg le 3 . Janvier
1730.
LE 9. du mois de Novembre, j'ai fait char*-
ter la Messe & 1; Te Veum en Musique dans
j'Eglise^ Catholique , en action de grâces de
j'heureux Accouchement de la Reine, & de
]a Naissance de Monseigneur le Dauphin. J'y
avois invité non seulement tous les François
qui font dans cette ville , mais encore toutes
les personnes de distinction qu'il y a ici > com
me Officiers Généraux, Amiraux, Vice- Ami
raux, Contre- Amiraux , les principaux Mem
bres des différents Collèges , les principaux
Marchands , & tous les Académiciens. Toutes
ces personnes invitées se sont ensuite rendues le
même soir dans la maison de l' Académie oú
est l'Observatoire , & dans laquelle je demeu
re.
FEVRIER. 1750; J79
ré. Cette maison qui est isolée , est avantageu
sement située au milieu de la ville , à la pointe
de l'ifle appellée Vasile OHrou ; elle est com
posée de deux grands Corps de logis , au mi
lieu desquels est élevé l'Obscrvatoire. Toute
:1a maison, percée de plus de cent fenêtres ,
^étoic éclairée d'illuminations par des Pìramides
de lumières posées en dedans de chaque
fenêcie , suivant l'usage du pays- J'avois auífi
fait préparer un grand nombre de terrines pour
illuminer en dehors la tour de l'Obscrvatoire»
dans trois rangs , les uns au dessus des autres \
il y avoit une fort grosse boule transparente ,
qui devoir terminer cette illumination de ï*
Tour , & qui étant élevée tout au haut de
l'Obscrvatoire , à plus de deux cens pieds de
.hauteur > pouvoit être vûe de toute la ville
& des environs , & y montrer fur un fond
obscur les Fleurs de Lys des Armes de France
illuminées ; mais la grande tempête & le venc
-qu'il fit toute cette nuit à Peteríbourg, ne
permirent pas cette illumination de la Tour.
D; plein pied à mon Appartement est une
:grande Salle que j'avois fait préparer pour la
Fête; elle ctoit ornée des plus belles Tapisse
ries de haute & basse Lisse , au dessus desquel
les regnoit tout autour de la Salle une large
bande d' Etoffé bleue' , couverte de figures , de
Dauphins & de Lys de France. La voûte étoic
soutenue par huit Colomnes, autour desquel-
,fcs j'avois fait attacher en spirales des bran
ches d'arbres qui faisoient l'esset des Colonnes
torscs. Cette Salle étoit illuminée , de même
que le reste de la ftiaison , en Pîramides de
lumières dedans l'embrasure de chaque fenêtrer
Outre cela dans les deux fonds , par les
quels cette Salle est contiguê au reste de la
*. , H y Maison,
38o MERCURE DÉ FRANCE.
Maison , & dans lesquels il n'y a point de fé>
Jiêtres , il y avoir fur le mur quatre autres
plus grandes Piramides de lumières > & entre
ces Piramides , fur chaque fond , on voyoit
en haut comme dans un enfoncement un
grand Tableau transparent , sur lequel étoient
peintes des Devises qui convenoient au sujet.
Celui de ces Tableaux qui étoît le premier vû
en entrant , reprefentoic le sujet de la Fête.
Les deux Anges qui servent de Support aux
Armes de France , y étoient représentez en
pied s & au lieu de sòûtenir l'Ecuífon , ils recevoient
des Cieux un Enfant richement ernr
mailloté &accollé de l'Ordre du S. Esprit,
avec cette Inscription : C&lesti tr,unere Ui»
Gallia. La Traduction en Rulìe étoit au bas.
Du côté opposé > sur un Tableau de même
grandeur , étoit représente' un Dauphin au
tour du Sceptre Royal de France , lequel fer
retminoit en Ancre , avec cette Inscription*;
Spet fausta futuri , la Traduction en Ruflè
étoit au bas. Au fond de la Salle il y avoit
«ne grande Table de cent Couverts , dressée
en fer â cheval, & aux deux côtez vers le
bas , deux autres Tables de if. Couverts cha
cune; enfin vers le plus bas de la Table étoir
Choeurs , entre lesquels on passoit fous un
Berceau de vetdure , pour entrer dans la Salle.
Cette entrée étoit gardée par deux grands Gre
nadiers de la Garde de S. M. il y en avoit iSautres
à rentrée de la maison & de mon ap
partement. Entre l'Amphitheatre des Musi
ciens & les Tables il y avoit encorô un fore
grand espace vuide pour la Danse , fans in
commoder le Service des Tables , pour lequeî
il y avoit deux grands Buffets dressez aux deux
cote?
FEVRIER, ma. jSi
çâtez de la Salle. J'avois fait servir sur les
Tables une Collation en Ambigu , laquelle
faifoic un fore bel effet par le grand nombre
de bougies qui étoient fur ces Tables dans
des flambeaux de cristal. Toutes les Piramides
qui étoient aussi de cristal éroient ornées de
fleurs naturelles & artificielles ; toutes les
viandes étóient jonchées de Bouquets de lau
riers naturels . dorez 8r argentez par les extremitez
; j'avois auíïi fait représenter fur cette
Collation , autant que l'on avoit pû , des figu
res de Dauphins & dè Fleurs de-Lys , fur le»
Tourtes , les Pàtez , & dans les Candits.
Il y avoit au haut de la plus grande Piramide
, qui étoit placée au milieu de h plus
frande Table, un groupe de plusieurs figures
e relief, en cire , de près d*un pied de hau
teur , dorées , & les Draperies argentées. La
principale figure étoit debout , & represen
toit la France , ayant le Manteau Royal , 8c la
Couronne de Fiance. Elle tenoit fur fes bras
un Enfant nud , qui representoit le Dauphin.
Au bas étoit un petit Amour , qui mettant les
pieds fur un Carreau semé de Fleurs de-Lys ,
cherchoit à s'élever pour présenter à l'aucuste
Enfant la Couronne du Dauphin , 8t
fc Cordon de l'Ordre dû S. Efprir,. Ce groupe
qui étoit artistement entouré des plus belles
Tleurs naturelles & artificielles , étoit sur
monté d'une Arcade de feuilles de Lauriers ,
dorées 8r argentées. Au haut de cette Arcade
étoit une grande Fleur-de- Lys de Sucre caniîî
transparante > qui à la clarté des lumières paroissoit
d'or. Aux deux côtez , fur les pince»
du Fer à cheval , étoient deux autres figures
de même matière, dorées & argentées de la
»é.me manière j l'une representoit la Paix, 8c
H vj l'awî*
3 8 1 MERCURE DE FRAtíCE;
l'autre l' Abondance, avec léurs attributs, pour
marquerque cette Naissance étoit arrivée dans,
la Paix & l'Abondance. J'avois aussi fait met
tre fur la Tapisserie du fond de la Salle les
Portraits du Roy & de lá Reine. Enfirt
fur le bas de la Nappe du milieu de la grande
Table , on voyoit les Armes du Dauphin ,
peintes en grand. Voilà quelle étoit la disposi
tion de la Salle, dont on ne fit Touverturc
qu'après que toute la Compagnie sc'fû't assem
blée dans mon Appartement.
Les Amiraux & autres Officiers Généraux,
à mesure qu'ils arrivoient par eau dans leurs
Barques, etoient annoncez par les Timballes
& les Trompettes', & étoient reçus , les Gre
nadiers étant fous les armes , & leur Lieute»
nant à leur tête. Lorsque la Compagnie fut
doute aflemblée, & qu'au sortir de mon Ap
partement elle entra dans la Salle où 'les Musi
ciens la reçurent pat un Concert de tous leurs
înstrumens ; elle y fut agréablement surprise
de l'éclat de toutes les lumières & de la belle
■disposition de la Salle , que chacun prit plaisir
de voir plus d'un quart d'heureavant que de sb
mettre à table. Chacun s'étant ensuite placé
suivant son.rang , & les Dames ayant été eon*.
duites par les personnes les plus distinguées ,
le Repas fut accompagné de la- Musique , qui
joiia les plus belles Sonnâtes , & autres Airs
choisis. L'on y but les Santez de Leurs Ma
lestez & de Monseigneur lè Dauphin au son
des Timballes & des Trompettes , & ensuite
toutes les autres Santez , suivant la coutume
du pays, comme celles du haut Ministère,. de
Ï Amirauté, & de la Généralité , des fidèles
Serviteurs , des Absents , &c, J'y fis servît
avec profusion ks meilleurí vins du Rhin , de
Bouc»
FEVRIER. *7%tí. i%$
Bourgogne & de Canarie , faisant donner à
chacun celuy qu'il souhaittoit , & autant qu'il
cn vouloir. Après la Collation le Bal fut ou
vert par M. le General Major Tessin, Envoyé
du Duc de Holstein , qui dansa avec la fille
Je l'Arniral Sivcrs. On dansa non-seulemenc
dans la grande Salle , mais aussi dans les au*
tres Chambres de mon Appartement , & je fis
servir pendant le Bal tous les Rafraîchissemtns
que l'on souhaittoit- J'y avois aufli fait dresser
des tables pour ceux qui vouloient fumer ou
chanter , ou boire de la Ponche, à la manière
Angloife , afin que rien ne manquât dans cette
Fête , qui a dure jusqu'au lendemain huit heu
res du matin , avec une telle satisfaction de
tout le monde , que plusieurs personnes ont
allure qu'il n'y avoic point encore eu jufqu'aîors
à Peterfbourg une Fête plus belle & mieu*
ordonnée.
M. Delijle-, Astronome , de l'Academie
Royale des Sciences de Paris » Lecteur &
Professeur au Collège Royal de France, de
la Société Royale de Londres, & de celle de
Prusse, alla à Peterfbourg il y a quatre ans,
avec la permission du Roy , pour y travailler
avec plusieurs autres Sçavans, à un Observa
toire & à une A cademie des Sciences que le feu-
Czar avoit commencé d'y établi»
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M. Delisle, écrite de Petersbourg le 3. Janvier 1730.
Le 9 novembre 1730, M. Delijle organisa une messe et un Te Deum en musique dans l'église catholique de Peterjbourg pour célébrer l'accouchement heureux de la Reine et la naissance de Monseigneur le Dauphin. Il invita tous les Français résidant dans la ville ainsi que des personnes de distinction, y compris des officiers généraux, des amiraux, des membres des collèges, des marchands et des académiciens. Le soir même, ces invités se rendirent à la maison de l'Académie, où se trouve l'Observatoire et où réside M. Delijle. La maison, située au milieu de la ville sur l'île de Vasile Ostrou, est composée de deux grands corps de logis avec l'Observatoire au centre. Elle était illuminée par des pyramides de lumières à chaque fenêtre et des terrines pour éclairer la tour de l'Observatoire. Cependant, une grande tempête empêcha l'illumination complète de la tour. Une grande salle, située au même niveau que l'appartement de M. Delijle, était préparée pour la fête. Elle était ornée de tapisseries, de bandes bleues avec des figures, des dauphins et des lys de France. La voûte était soutenue par huit colonnes décorées de branches d'arbres. La salle était illuminée par des pyramides de lumières et des tableaux transparents avec des devises appropriées au sujet de la fête. La salle contenait une grande table de cent couverts en fer à cheval, flanquée de deux autres tables de cinquante couverts chacune. Entre les chœurs de musiciens et les tables, un espace était réservé pour la danse. La collation servie était richement décorée avec des bougies, des pyramides de cristal ornées de fleurs, et des viandes jonchées de bouquets de laurier. Un groupe de figures en cire représentait la France tenant le Dauphin, entouré de symboles de paix et d'abondance. Les invités, annoncés par des timballes et des trompettes, furent reçus par des grenadiers. Après un concert des musiciens, ils prirent place selon leur rang. Le repas fut accompagné de musique, et des santés furent portées au son des timballes et des trompettes. Après la collation, un bal fut ouvert par M. le Général Major Tessin, et dura jusqu'au lendemain matin. La fête fut jugée par plusieurs comme étant la plus belle et la mieux ordonnée jamais vue à Peterjbourg. M. Delijle, astronome de l'Académie Royale des Sciences de Paris, lecteur et professeur au Collège Royal de France, membre de la Société Royale de Londres et de celle de Prusse, se rendit à Peterjbourg il y a quatre ans pour travailler à un observatoire et à une académie des sciences.
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4840
p. 383-384
ALLEMAGNE.
Début :
Le 28. du mois dernier, on celebra à Vienne, dans l'Eglise du Monastere Royal des [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
Allemagne.
LE ií. da mois dernier , on célébra à Vien
ne, dans l'Eglife du Monastère Royal des
Religieuses de Sainte Claire , l' Anniversaire de
ía Reine. Epouse du Roy de France Charles
IX. quiétoit fille de l'Empereur Maximiiie»
1 1. & fondatrice de ce Monastère»
jÍ4 MERCtfRB t»E FRANCE.
Les tîoupcs que l'Etnpereur a résolu d'en»
Voyer en Italie au Printemps prochain , con
sistent en iérf Bataillons , deux Compagnies de
Cuirassiers , & 78. Escadrons.
On écrie de Danncmarcfc qu'on a arrêté
deux soldats, soupçonnez d'être les auteurs
d'un terrible meurtre qui s'est commis depuis
peu dans la maison d'un Chasseur du Roy , à
4. lieues de Coppenhague. Le Chasseur , ía
femme , son pere , deux enfans 8c la ser
vante y ont été cruellement massacrez ì
coups de hache , par trois hommes déduisez 3
un garçon de sept ans , qui au bruit qu'on sai
son , s'étoit caché sous un four» a eu le bon
heur d'échaper de leurs mains > & en a fait le
rapport à la Justice.
LE ií. da mois dernier , on célébra à Vien
ne, dans l'Eglife du Monastère Royal des
Religieuses de Sainte Claire , l' Anniversaire de
ía Reine. Epouse du Roy de France Charles
IX. quiétoit fille de l'Empereur Maximiiie»
1 1. & fondatrice de ce Monastère»
jÍ4 MERCtfRB t»E FRANCE.
Les tîoupcs que l'Etnpereur a résolu d'en»
Voyer en Italie au Printemps prochain , con
sistent en iérf Bataillons , deux Compagnies de
Cuirassiers , & 78. Escadrons.
On écrie de Danncmarcfc qu'on a arrêté
deux soldats, soupçonnez d'être les auteurs
d'un terrible meurtre qui s'est commis depuis
peu dans la maison d'un Chasseur du Roy , à
4. lieues de Coppenhague. Le Chasseur , ía
femme , son pere , deux enfans 8c la ser
vante y ont été cruellement massacrez ì
coups de hache , par trois hommes déduisez 3
un garçon de sept ans , qui au bruit qu'on sai
son , s'étoit caché sous un four» a eu le bon
heur d'échaper de leurs mains > & en a fait le
rapport à la Justice.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, Vienne a célébré l'anniversaire de la Reine Élisabeth d'Autriche, épouse de Charles IX et fondatrice du Monastère Royal des Religieuses de Sainte Claire. Au Danemark, deux soldats ont été arrêtés pour le meurtre à coups de hache d'un chasseur du roi et de sa famille. Un garçon de sept ans a survécu.
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4841
p. 384-386
ITALIE.
Début :
On écrit de Livourne que l'Agneau blanc, Vaisseau Hollandois, y étoit arrivé le [...]
Mots clefs :
Pape, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
I ? A l 1 E«
ON écrit de Livourne que Y Agneau lìnnc t
Vaisseau Hollandois , y étoh arrivé le
ínois dernier , venant du Levant , après s'être
échapé heureusement d'un Corsaire d'Alger
qui s'en étoit emparé , sous prétexte que fou
Passeport étoit trop vieux. Douze Turcs dé
voient le conduire à Alger; mais une terri -
père étant survenue sort à propos , & ce Bâ
timent ayant perdu le Corsaire de vuë , dix
Matelots Hollandois qui étoient restez fur ce
íîavire , attaquèrent les douze Turcs , en tuè
rent six j & se rendirent maîtres des autres.
Le Comte d'Almenera , ci-devant Viceroy
de Sicile, » qu* étoit allé à Rome pour entrer
dans les Ordres5re$ut le Dimanche if. Janvier
le Diaconat » & le lendemain le Pape lui con
féra l'Ordre de Prêtrise.
On a publié à Florence une Ordonnance du
Grand
FEVRIER, f 75 è:' ifs
CrandDuc, portant deffenses de se masques'
avant quatre heures du soir , & de l'étre en
core après huit , comme aussi de commettre
aucune irrévérence devant les Eglises , & au
cun desordre aux Spectacles & Feílins pu
blics.
La République de Luques a fait offrir une
pension considérable à 'M. Servioni , s'il veut
K démettre de l'Evêché de cette ville, auquel
le Pape l'a nommé. Il a demandé le coníen»
fentement de Sa Sainteté , pour se déterminer
à accepter cette offre > & on croit qu'il lui seta
accordé pour ne pas compromettre le S. Siège
avec cette Republique , qui veut absolument'
avoir un Ecclésiastique Luquois pour son Evê
que.
Le 19. Janvier , le Chapitre de S. Pierre fk
Célébrer la première Messe solemnelle qu'il a>
fondée, pour demander à Dieu la conserva
tion de la santé du Pape , & le repos de son
ame après fa mort, en reconnoissance de ce
que Sa Sainteté a déchargé let Chanoines da
payement d'une somme considérable qu'ils dé
voient à la Chambre Apostolique.
La Cérémonie de la Béatification du Véné
rable Pierre Fourier , Curé de Matincourt »
Fondateur des Chanoines Réguliers de la
Paix , se fit ce méme jour dansl'Eglise de saint
Pierre , avec la solemnité accoutumée.
Le Gouverneur de Milan a donné ordre $
tous les ouvriers ausquels on avoit permis
de travailler à leurs ouvrages dans les Corpsde-
Garde de la Porte Tosa , d'en emporter
leurs métiers . pour faire place aux troupes
Impériales qu'on attend incessamment à Milan*
On écrit de Gènes que le 24. du mois der
nier M. Marie Balbi y .avoit été éiw Doge de
cette
}8é MERCURE DE FRANCE.
cette République , à la place de M. Grimaldi,
dont les deux années e'toient expirées.
ON écrit de Livourne que Y Agneau lìnnc t
Vaisseau Hollandois , y étoh arrivé le
ínois dernier , venant du Levant , après s'être
échapé heureusement d'un Corsaire d'Alger
qui s'en étoit emparé , sous prétexte que fou
Passeport étoit trop vieux. Douze Turcs dé
voient le conduire à Alger; mais une terri -
père étant survenue sort à propos , & ce Bâ
timent ayant perdu le Corsaire de vuë , dix
Matelots Hollandois qui étoient restez fur ce
íîavire , attaquèrent les douze Turcs , en tuè
rent six j & se rendirent maîtres des autres.
Le Comte d'Almenera , ci-devant Viceroy
de Sicile, » qu* étoit allé à Rome pour entrer
dans les Ordres5re$ut le Dimanche if. Janvier
le Diaconat » & le lendemain le Pape lui con
féra l'Ordre de Prêtrise.
On a publié à Florence une Ordonnance du
Grand
FEVRIER, f 75 è:' ifs
CrandDuc, portant deffenses de se masques'
avant quatre heures du soir , & de l'étre en
core après huit , comme aussi de commettre
aucune irrévérence devant les Eglises , & au
cun desordre aux Spectacles & Feílins pu
blics.
La République de Luques a fait offrir une
pension considérable à 'M. Servioni , s'il veut
K démettre de l'Evêché de cette ville, auquel
le Pape l'a nommé. Il a demandé le coníen»
fentement de Sa Sainteté , pour se déterminer
à accepter cette offre > & on croit qu'il lui seta
accordé pour ne pas compromettre le S. Siège
avec cette Republique , qui veut absolument'
avoir un Ecclésiastique Luquois pour son Evê
que.
Le 19. Janvier , le Chapitre de S. Pierre fk
Célébrer la première Messe solemnelle qu'il a>
fondée, pour demander à Dieu la conserva
tion de la santé du Pape , & le repos de son
ame après fa mort, en reconnoissance de ce
que Sa Sainteté a déchargé let Chanoines da
payement d'une somme considérable qu'ils dé
voient à la Chambre Apostolique.
La Cérémonie de la Béatification du Véné
rable Pierre Fourier , Curé de Matincourt »
Fondateur des Chanoines Réguliers de la
Paix , se fit ce méme jour dansl'Eglise de saint
Pierre , avec la solemnité accoutumée.
Le Gouverneur de Milan a donné ordre $
tous les ouvriers ausquels on avoit permis
de travailler à leurs ouvrages dans les Corpsde-
Garde de la Porte Tosa , d'en emporter
leurs métiers . pour faire place aux troupes
Impériales qu'on attend incessamment à Milan*
On écrit de Gènes que le 24. du mois der
nier M. Marie Balbi y .avoit été éiw Doge de
cette
}8é MERCURE DE FRANCE.
cette République , à la place de M. Grimaldi,
dont les deux années e'toient expirées.
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Résumé : ITALIE.
Le texte décrit plusieurs événements historiques. À Livourne, le vaisseau hollandais 'L'Agneau' a été capturé par un corsaire algérien en raison d'un passeport périmé. Douze Turcs devaient le conduire à Alger, mais une tempête a permis aux matelots hollandais de reprendre le contrôle du navire. Le Comte d'Almenera, ancien vice-roi de Sicile, a reçu les ordres du diaconat et de prêtrise à Rome. À Florence, une ordonnance du Grand-Duc a interdit le port de masques avant 16h et après 20h, ainsi que les comportements irrévérencieux devant les églises et les désordres lors des spectacles publics. La République de Lucques a proposé une pension à M. Servioni pour qu'il démissionne de son poste d'évêque, offre qu'il a acceptée après avoir obtenu le consentement du Pape. Le 19 janvier, le Chapitre de Saint-Pierre a célébré une messe solennelle pour la santé du Pape et le repos de son âme, ainsi que la béatification du vénérable Pierre Fourier. À Milan, le gouverneur a ordonné aux ouvriers de retirer leurs métiers des corps de garde pour faire place aux troupes impériales. Enfin, à Gênes, M. Marie Balbi a été élu doge, succédant à M. Grimaldi.
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4842
p. 386-387
ESPAGNE
Début :
On a apris de Seville, que les Fêtes que le Corps de Ville devoit celebrer pour [...]
Mots clefs :
Course de Taureaux, Fête, Naissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
Espagne
ON a aprís deSeville , que íes Fêtes qui
le Corps de Ville dévoie célébrer pour
l'heureux Accouchement de la Reine, & la
Naissance de l'Infante Dona Maria Antoinet
te Ferdinante, commencèrent le n- Janvier
au matin , dans la Place de S. François , qu'on
avoit ornée de magnifiques Tapisseries , par la
Course de dix Taureaux qui furent attaquez
par des homme à pied , & par quelques
Cavaliers armez de lances ; les uns & les au
tres s'en acquittèrent avec beaucoup d'adresse;
Vers ies deux heuras aprés Midy , le Roy
& la Re ie , accompagnez du Prince & de la
Princeiï* des Aíturies , des Infants Don Car*
los-, Do i Philippe & Don Louis , & de l'In
fante Dona Marie Thérèse , se rendirent aux
balcons de l'Hôtel de Ville , suivies des OrTíciers
de leurs Maisons , des Dames de la Cour,
& escortées par les Gardes d-u Corps & fa
Compagnie des Hallebardiers de la Garde : les
Regimens des Gardes Espagnoles &Walones
ètoient en haye & fous les armes. Aussi tôt
que Leurs Majestez parurent on commença la
Course des Cannes, huic Quadrilles composées
chacune de quatre Cavalia.s.&r diílíng.uées par
la couleur des habits &par les Devises , étant
entrées dans la Place , se divisèrent en deux
Corps ou Escadrons, dont le premier avoit
four Parrain Don Rodolphe Acquaviva » &
autre le Marquis de Monte-Suertí. Le premier
Parrain étoit suivi de vingt-quatre Laquais
vêtus en Esclaves Negxes , avec des chaînes,
FEVRIER. i7$ o; îtij
des grelots & des menotes dorées , des brode
quins & des turbans. Le second avoit à sa
suite un pareil nombre de Laquais vêtus en
Hussarts , avec des bonnets d'hermine & des
sabres : outre cette fuite chaque Parrain avoit
encore huit Laquais de fa livrée très » bien'
montez , & cette Marche étoit terminée par/
seize chevaux de main des Cavaliers qui cemÎosorent
les Quadrilles , conduits par leurs'
aquais , de différentes livrées , & precedezí
les uns & les autres de Clairons & de Ti'rrw
baies.
Les Parrains ayant donné se lignai, les Qua
drilles coururent les Cannes avec beaucoup
d'agilité & d'adreiTe : ensuite les Cavaliers fi
rent faire l'exercice à leurs chevaux , & I»
Fête fut terminée ce jour-là par une Course
de sept Taureaux.
Le lendemain matin il y eut Une Course
d'onze Taureaux . & l'après-midy te Roy &
la Reine , les Princes & Princesses de la Fa
mille Roïile , étant retournez à l'Hôte! de"
Ville avec la même fuite que le jour précé
dent, Don Niçois de Toledo , Don Simondé
Legorbura , & Don Antoine de Bertendona
, tous trois natifs de Seville, & suivis
chacun de cinquante. Laquais de leur livrée ,
entrèrent dans la Place , où ils attaquèrent
Siuinze Taureaux avec tant de vivacité, que
è Roy voyant le danger où ils s'exposoient ,
leur ordonna de fe retirer ; cette seconde Fête
fut terminée par sept autres Taureaux, que de
jeunes gens du peuple actaquerent à piea.S.M.
a été si satisfaite de l'adrelìè des trois Cava
liers dont on vient de parler , qu'elle les a
fait ses Ecuyers , avec les mêmes appointemens
dont jouissent ceux qui font en charge"
depuis plusieurs années.
ON a aprís deSeville , que íes Fêtes qui
le Corps de Ville dévoie célébrer pour
l'heureux Accouchement de la Reine, & la
Naissance de l'Infante Dona Maria Antoinet
te Ferdinante, commencèrent le n- Janvier
au matin , dans la Place de S. François , qu'on
avoit ornée de magnifiques Tapisseries , par la
Course de dix Taureaux qui furent attaquez
par des homme à pied , & par quelques
Cavaliers armez de lances ; les uns & les au
tres s'en acquittèrent avec beaucoup d'adresse;
Vers ies deux heuras aprés Midy , le Roy
& la Re ie , accompagnez du Prince & de la
Princeiï* des Aíturies , des Infants Don Car*
los-, Do i Philippe & Don Louis , & de l'In
fante Dona Marie Thérèse , se rendirent aux
balcons de l'Hôtel de Ville , suivies des OrTíciers
de leurs Maisons , des Dames de la Cour,
& escortées par les Gardes d-u Corps & fa
Compagnie des Hallebardiers de la Garde : les
Regimens des Gardes Espagnoles &Walones
ètoient en haye & fous les armes. Aussi tôt
que Leurs Majestez parurent on commença la
Course des Cannes, huic Quadrilles composées
chacune de quatre Cavalia.s.&r diílíng.uées par
la couleur des habits &par les Devises , étant
entrées dans la Place , se divisèrent en deux
Corps ou Escadrons, dont le premier avoit
four Parrain Don Rodolphe Acquaviva » &
autre le Marquis de Monte-Suertí. Le premier
Parrain étoit suivi de vingt-quatre Laquais
vêtus en Esclaves Negxes , avec des chaînes,
FEVRIER. i7$ o; îtij
des grelots & des menotes dorées , des brode
quins & des turbans. Le second avoit à sa
suite un pareil nombre de Laquais vêtus en
Hussarts , avec des bonnets d'hermine & des
sabres : outre cette fuite chaque Parrain avoit
encore huit Laquais de fa livrée très » bien'
montez , & cette Marche étoit terminée par/
seize chevaux de main des Cavaliers qui cemÎosorent
les Quadrilles , conduits par leurs'
aquais , de différentes livrées , & precedezí
les uns & les autres de Clairons & de Ti'rrw
baies.
Les Parrains ayant donné se lignai, les Qua
drilles coururent les Cannes avec beaucoup
d'agilité & d'adreiTe : ensuite les Cavaliers fi
rent faire l'exercice à leurs chevaux , & I»
Fête fut terminée ce jour-là par une Course
de sept Taureaux.
Le lendemain matin il y eut Une Course
d'onze Taureaux . & l'après-midy te Roy &
la Reine , les Princes & Princesses de la Fa
mille Roïile , étant retournez à l'Hôte! de"
Ville avec la même fuite que le jour précé
dent, Don Niçois de Toledo , Don Simondé
Legorbura , & Don Antoine de Bertendona
, tous trois natifs de Seville, & suivis
chacun de cinquante. Laquais de leur livrée ,
entrèrent dans la Place , où ils attaquèrent
Siuinze Taureaux avec tant de vivacité, que
è Roy voyant le danger où ils s'exposoient ,
leur ordonna de fe retirer ; cette seconde Fête
fut terminée par sept autres Taureaux, que de
jeunes gens du peuple actaquerent à piea.S.M.
a été si satisfaite de l'adrelìè des trois Cava
liers dont on vient de parler , qu'elle les a
fait ses Ecuyers , avec les mêmes appointemens
dont jouissent ceux qui font en charge"
depuis plusieurs années.
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Résumé : ESPAGNE
En Espagne, des fêtes ont été organisées à Séville pour célébrer l'accouchement de la Reine et la naissance de l'Infante Dona Maria Antoinette Ferdinande. Les festivités ont débuté le 1er janvier sur la Place de S. François, décorée de tapisseries. La journée a commencé par une course de dix taureaux attaqués par des hommes à pied et des cavaliers armés de lances. L'après-midi, le Roi, la Reine et la famille royale se sont rendus aux balcons de l'Hôtel de Ville, escortés par les Gardes du Corps et la Compagnie des Hallebardiers. La course des cannes a suivi, impliquant huit quadrilles de cavaliers. Chaque quadrille était dirigé par un parrain et suivi de laquais et de chevaux de main. Après les courses des cannes, les cavaliers ont fait exercer leurs chevaux, et la fête s'est terminée par une course de sept taureaux. Le lendemain, une course de onze taureaux a eu lieu le matin, suivie d'une autre course l'après-midi. Trois cavaliers sévillans ont attaqué seize taureaux, impressionnant le Roi qui les a nommés écuyers. La fête s'est conclue par une course de sept taureaux attaqués par des jeunes du peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4843
p. 388
PORTUGAL.
Début :
Il est entré dans le Port de Lisbonne dans le courant de l'année derniere 534. Navires [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
Portugal;
ÍL est entré dans le Port de Lisbonne daná
le courant de Tannée derniere f 34. Navi
res Marchands ; sçavoir 74. François , 361.
Anglois , y compris les Paquebots , çt. Hollàndois
, 16. Espagnols , 8. Impériaux , m
Suédois, 6. Danois, 10. Hamboufgois, $»
rvlaItois,i. Génois, un Navire de Lubec,-8ff
71* Portugais.
ÍL est entré dans le Port de Lisbonne daná
le courant de Tannée derniere f 34. Navi
res Marchands ; sçavoir 74. François , 361.
Anglois , y compris les Paquebots , çt. Hollàndois
, 16. Espagnols , 8. Impériaux , m
Suédois, 6. Danois, 10. Hamboufgois, $»
rvlaItois,i. Génois, un Navire de Lubec,-8ff
71* Portugais.
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4844
p. 388-389
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Il s'est formé à Londres une Compagnie qui a obtenu des Lettres Patentes pour faire fabriquer [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneurs, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
Grande Brïtagbí.
I' L s'est formé à Londres une Compagnie qta
a obtenu des Lettres Patentes pour faire ira-
Briquer des Tapifleries de Hautélisse , sem-»
biables à celles dé Bruxelles.
On assure qu'on doit présenter un Bill au
Parlement , poúr fixer les gages des domese
tiques i & poUr empêcher que les jeunes
gens les mieux fairs ne quittent les campai
gnes pour venir servir dans la ViHev
î>eux Officiers , dont l'un est Major Gd> .
rierat , & l'autre Lieutenant dans le Régi»,
ment de* Gardes , 'ayant pris querelle ait
Bal du Théâtre du Marché au foin , altèrent
Çgs jours passez lè battre en duel à Hideparc,
Í1s se tirèrent d'abord deux coups de pistolet?
chacun fa.ns se blesser ; & étant descendus de
cheval pour mettre I'épée à la main , ils furenc
séparez par la Garde du Parc. í)eux Officiers!
Generauj; qui font leurs amis communs , ons .
promis au Roy de les réconcilier^
Les Seigneurs ont présenté une Adresse a»
Roy í pour remercier Sa Majesté de ce c^u'ella'
a bien voulu leur communiquer le Traité de
à
FEVRIER. T7?e». )*9
Paix , d'union & d'alliance deffensive , conclut
à Seville le >. Novembre dernier , Sc pouf
l'assurer qu'après l'avoir examiné , ils ont
trouvé qu'il contenoit toutes les stipulation*
neceílàires pour le maintien & la fureté dç
l'honneur , de la dignité , des droits &r pofíesfions
de cette Couronne, & que toutes les
précautions nécessaires y font prises pour l'avantage
dur commerce de ce Royaume , & la
réparation des pertes que les Marchands Anglois
ont fouffertes pendant le temps des hoftïlitez.
La resolution de présenter cette Adresse'
au Roy , avoit passé le jour précédent à la>
pluralité de soixante- dix - neuf voix contre?
trente 5 mais deux jours après vingt quatra
des Seigneurs , qui s'y étoient opposez, pro
testèrent contre elle , & firent enregistrer leu*
protestation.
I' L s'est formé à Londres une Compagnie qta
a obtenu des Lettres Patentes pour faire ira-
Briquer des Tapifleries de Hautélisse , sem-»
biables à celles dé Bruxelles.
On assure qu'on doit présenter un Bill au
Parlement , poúr fixer les gages des domese
tiques i & poUr empêcher que les jeunes
gens les mieux fairs ne quittent les campai
gnes pour venir servir dans la ViHev
î>eux Officiers , dont l'un est Major Gd> .
rierat , & l'autre Lieutenant dans le Régi»,
ment de* Gardes , 'ayant pris querelle ait
Bal du Théâtre du Marché au foin , altèrent
Çgs jours passez lè battre en duel à Hideparc,
Í1s se tirèrent d'abord deux coups de pistolet?
chacun fa.ns se blesser ; & étant descendus de
cheval pour mettre I'épée à la main , ils furenc
séparez par la Garde du Parc. í)eux Officiers!
Generauj; qui font leurs amis communs , ons .
promis au Roy de les réconcilier^
Les Seigneurs ont présenté une Adresse a»
Roy í pour remercier Sa Majesté de ce c^u'ella'
a bien voulu leur communiquer le Traité de
à
FEVRIER. T7?e». )*9
Paix , d'union & d'alliance deffensive , conclut
à Seville le >. Novembre dernier , Sc pouf
l'assurer qu'après l'avoir examiné , ils ont
trouvé qu'il contenoit toutes les stipulation*
neceílàires pour le maintien & la fureté dç
l'honneur , de la dignité , des droits &r pofíesfions
de cette Couronne, & que toutes les
précautions nécessaires y font prises pour l'avantage
dur commerce de ce Royaume , & la
réparation des pertes que les Marchands Anglois
ont fouffertes pendant le temps des hoftïlitez.
La resolution de présenter cette Adresse'
au Roy , avoit passé le jour précédent à la>
pluralité de soixante- dix - neuf voix contre?
trente 5 mais deux jours après vingt quatra
des Seigneurs , qui s'y étoient opposez, pro
testèrent contre elle , & firent enregistrer leu*
protestation.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, une compagnie londonienne a reçu des lettres patentes pour produire des tapisseries de haute qualité, rivales de celles de Bruxelles. Un projet de loi vise à réguler les salaires des domestiques et à dissuader les jeunes talents de quitter les campagnes pour la ville. À Hyde Park, un major et un lieutenant du régiment des Gardes se sont affrontés en duel après une dispute au bal du Théâtre du Marché au foin. Ils ont échangé des coups de pistolet sans se blesser et ont été séparés par la Garde du Parc. Leurs amis communs ont promis au roi de les réconcilier. Les Seigneurs ont adressé une lettre au roi pour le remercier du traité de paix, d'union et d'alliance défensive signé à Séville le 1er novembre précédent. Ce traité garantit l'honneur, la dignité, les droits et possessions de la couronne, ainsi que la protection du commerce et la réparation des pertes des marchands anglais durant les hostilités. La résolution d'adresser cette lettre a été adoptée par 79 voix contre 35, mais 24 Seigneurs ont ensuite protesté contre cette décision.
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4845
p. 389
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le Prince Menzicoff mourut le 2. du mois de Novembre dernier en Siberie, où cet [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS*,
LE Prince Meníicoff mourut le %, dix mois
de Novembre dernier en Sibérie , où cet
ancien Ministre duCzar avoit été relégué depuis
fa disgrâce.
On a reçu avis que le Czar étoit mort de
la petite vérole , à Moscou , dans la quinziè
me année de son âge , étant né le ix. Octo
bre mr. il avoit été praclamé Czar le xs*
Février 17x7.
Le Pape Benoît XIII. mourut à Rome le 11
Février, â 4 heures après midi. Sa S. avoit
tenu le S un Consistoire, dans lequel Elle avoit
fait Cardinal M. Alamanno Salviati , qui a
LE Prince Meníicoff mourut le %, dix mois
de Novembre dernier en Sibérie , où cet
ancien Ministre duCzar avoit été relégué depuis
fa disgrâce.
On a reçu avis que le Czar étoit mort de
la petite vérole , à Moscou , dans la quinziè
me année de son âge , étant né le ix. Octo
bre mr. il avoit été praclamé Czar le xs*
Février 17x7.
Le Pape Benoît XIII. mourut à Rome le 11
Février, â 4 heures après midi. Sa S. avoit
tenu le S un Consistoire, dans lequel Elle avoit
fait Cardinal M. Alamanno Salviati , qui a
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le prince Meníicoff est décédé en Sibérie dix mois après sa disgrâce. Le Czar est mort de la petite vérole à Moscou à quinze ans, le 9 octobre, après avoir été proclamé le 10 février 17x7. Le Pape Benoît XIII est décédé à Rome le 11 février à 16 heures, après avoir nommé cardinal M. Alamanno Salviati.
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4846
p. 390-403
DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
Début :
Les préparatifs immenses & la dépense veritablement Royale de cette superbe Fête, [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête, Feu d'artifice, Paris, Roi d'Espagne, Spectacle, Jardin, Hôtel de Bouillon, Musique, Ambassadeurs d'Espagne
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
DESCRIPTION de la Fête & du
Fen d'Artifice tiré sur la Rivière , *
Paris , entre If P'ont- Neuf & le Pont
Royal , au sujet de la Naijsance du ■
Dau p h i ri , par ordre du Roy d'Espa- !
gné , & par les foins de MM. le Mar
quis de Sanca-Cruz & de Barrenechea,
^Ambassadeurs Extraordinaires & Plé
nipotentiaires de S. M, Catholique.
LEs préparatifs immenses & la dépense ve-"
ritablement Royale de cette superbe Fête,'
dans l'execution de laquelle on a, pour ainsi
dire, forcé la nature, & surmonté tous les
obstacles de la Saison , méritent bien que le
Mercure de France en parle d'une manière i
en pouvoir donner une idée à ceux qui n'ons
pas été à portée de voir un spectacle auíS
■éclatant , lequel a parfaitement répondu aux
ordres que M M. les Ambassadeurs d'Espagne
avoient reçus du Roy , leur Maître , S. M. O
ayant voulu à l'occasion de cet heureux évé
nement , exprimer avec pompe dans la Capi
tale du Royaume , ses tendres sentimens pour
le Roi , son Neveu , & mêler fa joye avec
celle de toute la France.
On fçait assez Jes marques de joye qu'ont
fait paroître le Roi & la Reine d'Espagne de
l'heureux Accouchement de la Reine ; mais
íjuelques brillantes & générales qu'ayent été
les Fêtes qu'on a données dans leurs Etats l
ÍSCCC
t ù '.-ìjìò LIìjRARY.
A5TCR, LENOX AND
TILOEM FOUMOATlONâ.
FEVRIER. î73«. 391
î
eette occasion , elles n'ont pas encore été pro
portionnées à ce que L. M, C. ont senti dans
le coeur.
M M de Santa- Cruz & de Barrenechea ont
agi avec tant de sagacité , tant de grandeur
cl'ame , de discernement , cie goût , & sur touç
avec tact de zèle pour le service de S. M.
qu'il a résulté de leur application & de l'étenduë
de leurs lumières , une iclatante Fête,
où la grandeur » la variété & la magnificence
ont également régné.
L'Hpcel de Bouillon , situé fur le Quai de*
Theatins , vis-à-vis le Louvre , que léDuode
ce nom â bien voulu prêter . avec la noblesse
& les manières qa j font ordinaires aux person
nes de son rang , a servi de principale Scène.
C'étoit comme le centre de la Fête & du
spectacle , qui fut heureusement favorisé d'une
très- belle nuit.
Le ti. Janvier > à six heures du soir , tou
tes les Illuminations parurent dans l'éclat &
dans le brillant qu'il eít plus aisé de s'i
maginer que de décrire. La Façade de l'Hôtel
de Bouillon présentoit aux yeux sept Porques
de lumières ; on liloit au-dessus de ceìui
du milieu , qui étoit formé par la porte
de L'Hôtel , une Inscription Latine qui man-
Suoit l'union & le bonheur de la France & -
e l'îíspagne. Les ceimres des Portiques étoient
«lecórés alternativement par des Dauphins de
relief entrclaíTés > & par les Chifres du Roi ;
le tòut rehaussé d'or. Le vuide des Portiques
étoit occupé par des Emblèmes peintes en
camayeux , dans des Médaillons ornés de guir
landes. Au premier adroite, la France étòh;
'représentée sous la figure d'une belle femme,
gui montre à, l'Efpagne le Dauphin entre les
sjjî MERCURE DE FRANCE.
hus de Lncint. Çe Vers d'Ovide ctoit au ba<*
"3*1» nostrum curvi porunt Delphine; amorem.
Au deuxième Portique , à gauche , TEspagne
montroit à la France le jeune Dauphin,
armé d'un casque & d'une cuirasse que J'Amour
conduit. , & lui présente. Et ce Vers de
Iroj/erce.
Sed tibi fuífidio Delphinum eurrere vidi.
Les deux Portiques ensuite n'attiroient pas
*.ant les regards ; mais en revanche les go
siers altérés y couroient ayee grand empres
sement s car de deux mûries de Lion dorés ,
couloient deux Fontaines de vin pour lè
peuple.
On voyoit au Médaillon du troisième Poe- ,
tique un Coq , simbole de la France } qui
s'addressoit au Lion , simbole de l'Espagne,
<Bi ce Vers à' Ovide. Met amorphofi
ÌJttnc dtio concordes anima vivemus in uni,
L'amour qui entre dans cet Emblème . Ii«
ensemble le Coq , le Lion & le Dauphin.
Sur le dernier Portique de la gauche , un
Xion paroissoit donner au Coq des assurances
d'une íînceie amitié par ce Vers de Virgile»
f>ispeream fi te fuerit tnihi chariot alttr.
L'Amour au bas avec un Dauphin à ses
pieds, gravoit ces paroies fur le marbre 8c
fur l'airain pour en marquer lá solidité 8c la
jRncerité.
Un entablement formé par des lampions ,
leguoit
'FEVRIER. iys0; -9J
tegnoit sur les Portiques i il étoit surmonté
par une Galerie découverte , dont la Balustra
de étoit formée par des Qirandoles d'une fi
gure agréable; I* Architecture de toute la Fa
çade de l'Hôtel de Bouillon étoit ingénieu
sement dessinée par des Lampions , & enri
chie de Lustres & de Girandoles aux Tru
meaux , dans les Croisées & fur les Comble»,
On voyoit fur la principale porte un Dau
phin de relief ■ en marbre blanc , rthaussc
d'or & couronné > accompagné de Lys , re
présentés en lumière ; à quoi on a pou
voir appliquer ce Vers d'Ovide :
p f*cr* frogcn'tes d'tgna ptrente tuo.
L'interieur de la Cour étoit aussi illumines
non seulement par des Chambranles à toutes
les Croisées julqu'à celles des deux aîles qui
jendent iur le Quay , mais encore jusques fur
le faite du Bâtiment où l'on avoit placé des
Girandoles & des Pots à feu.
D'autres Portiques de lumières décoroienc
encore le pourtour de cette Cour. On lisoit
au-dessus de celui du milieu , où est la Porte
id'Entrée , cette Inscription tirée d'un Vers de
IroÇerce.
luce.ït é» toti fiamm* secund* dôme.
A l'appLomb de cette porte , fur les Corn*
bles , on avoic élevé une Tour lumineuse,
faisant allusion aux Tours de Castille ; elle
étoit acompagnée des,Chiísres & du princi
pal Attribut des Armes de Philippe V.
Toute ì'ordonnance de cette Illumination
* été conduite pai le S. Beauûre , 1e fils *
594 MERCURE DE FRANCE. -.
Architecte de la Ville de Paris, qui en, ~
donné les Dcsstins.
La surface de la Rivière , vis-à-vis l'HôteJ
de Bouillon , offroit un spectacle d'une autrç
espece , dont les yeux étoient également en-
'chantés & éblouis. C'étoit un vaste Jardin >
de l'un â l'autre Rivage du Fleuve , qui â
cet endroit a environ 90- toises de large , sur^
un espace de 70. dans fa loneueur. La si-N
tuation étoit des plus magnifiques & des
plus avantageuses , étant naturellement dé
corée par le Qiiay du Collège des Quatre:
ÎNations d'un côté , par celui des GaUeries dp
Louvre de l'autre , &c aux deux bouts , pat
je Pont-Neuf & par le Pont Royal.
Deux Rochers isolés ou Montagnes escar
pées , Simbole des Monts Pirennées > qui
séparent la France de í'Espagne , formciénc
le principal objet de ce::e pompeuse décor
ration- au milieu de la Rivière. Les deux
Monts étoient joints par leurs Bases fur un
Plan d'environ 140. pieds de íong , fur 60.
de large , & séparés par leur cime de près
de 40. pieds , ayant chacun 9i. pieds d'élé
vation au-deííus de la surface de l'eau 8c
des deux grands Bateaux fur lesquels touc
i'Edihce étoit construit.
On voyoit une agréable variété fur ces
Montagnes. s où la nature étoit imitée avec
beaucoup d'art, dans tout ce qu'elle a d'a
greste & de sauvage. Dans un endroit c'étoient
des crevasses avec des quartiers de Rochers ;
en saillie 5 dans d'autres , des Plantes & des I
Arbustes , des Cascades , des Napes & chu
tes d'eau , imitées par des gases d'argent ,
des Antres , des Cavernes &c. Il y avoir,
couc au pourtour, à fleur d'eau, des Jirenes,
•: 4n
TEVRIER. ryto.
ces Tritons , des Néréides & autres Mons
tres marins.
A une certaine distance , au-dessus & audeilous
des Rochers , en voyoit à fleur d'eau
deux Parceres de lumières qui occupoient
chacun un espace de 18. toises fur i/. donc
Jes bordures etoient ornées alternativemcnc
dlrs & d'Orangers, avec leurs fruits, de
ii. pieds de hauc, chargez de lumières. Le
deflein des Parceres étoic trace? & figuré d'une
mamete variée & agréable par des Terrines,
îe^rs Sa2°n lc dc diveises Cou*
Du milieu de chacun de ces Parteres s'éltì
voient des espèces de Rochers jusqu'à la hau
teur de if. pieds , fur un Plan de J0. pieda
í^'i",? . »V01t,Placé au dessus une Figure
Colossale, bronzée en ronde bosse de 16
pieds de proportion. A l'un c'étoit lê Fleuve*
du Guadalquivir , avec un Lion au bas. On
Jifoit en Lettres d'or, fur l'Urnede ce Fleuve,
ces deux Vers d'Ovide ;
Ho» iOi melior quìsqutm , nec •mmnthr tquì.
Rex fuit aut UU reverentior ulla Dearum.
Et à l'autre Partere c'éroit la Rivière de
Seine avec un Coq. On voyoit fur l'Urne,
d ou 1 eau du Fleuve paroisloit sortir cn gaze
d argent, ces Vers de Tiíulle:
St longé ante alias omnes mitijftmm muter.
Issue Pater , quo non alter amabìlitr.
Aux deux cotez des Parteres & dés deux
rfoncs regnoieht fix Platebandes fur t. lignes
au* a fieiu 4 eau , ornées & décorées fans
I le
MERCURE DE FRANCE.
Je même goûc des Parteres. Les trois de cha
que cócé occupoienc un espace^ de plus decent
pieds de long fur if. de large.
■ Deux Terrasses de charpente , à doubles
Rampes de 10. piés de haut, étoient adoste'es
aux Quais dés deux cotez , oc se terminoienç
en Gradins jusques fur le rivage. Elles regnoient
fur toute la longueur du Jardin, &
occupoienc un terrain de 4oS« piés fur la même
ligne , en y comprenant une fuite de Décora
tions rustiques , qui semblaient servir d'appuy
à ces deux grands Perrons , le tpue étoit garni
d'une si grande quantité de Terrines , que les
yeux en étoient éblouis , & les ténèbres de la
nuit entièrement dissipées. Le mouvement des
lumières , qui en les confondant leur donnoit
encore plus d'éclat , faisoit un tel effet à unecertaine
distance, qu'on croyoit voir des Napcs.
8í des Cascades de feu donc les Spectateu r s.
étoient enchantez.
Entre ces Terrasses lumineuses & le brillant
Jardin , à la hauteur des deux Montagnes , otv
avoic placé deux Bateaux de 70. piés de long ,
£ár M- de large, d'une forme singulière 8e
agréable , ornez de sculpture & dorez. Dtimk
lieu de chacun de ces Bateaux, s'élevoit une
espece de Temple Octogone, couvert enjnaflierede
Baldaquin , soutenu par huit Palmiers
àvec des Quirlandes , des lestons de Fleurs ,
& des Lustres de exista*. Les Bateaux étoient ,
remplis de Musiciens pour les fanfares qu'on
enteodoic alternativement. Les Timbales , les
Trompettes, les Cors de Chasse, les Hautbois^
frappoient agréablement l'oreille.
Surla partie la plus élevée du Temple .placé
j3u côté de l'Hôcd de Bouillon, «nlifoir, ce
Vexs de TìíhUs, [ ,.' ... ... / .. ;-. . i
tl Omnibus
FEVRIER. 1730:
Bmnihus ille die s Çtmpr natal! 1 agatur. , "
Pour Inscription sur l'autre Temple du c$J
*é du Louvre > onlisoit cet autre Vers du mème
toc te.
o quantum fttix , ter que quat erque dits»
Le sommet de ces deux magnifiques G09*1
doles étoit terminé par de gros Fanaux & par
<ies Etandarts , fur lesquels on avoir represen- «
*é des Dauphins & des Amours.
Les quatre coins .de ce vaste , lumineux Sfí
magnifique Jardin, étojent terminez par 4-
brillantcs Tours , couvertes de Lampions ì
plaques de fer-blapc , qui augmentoient cop-
Cderablement l'éclat des lumières , &■ qui per
dant le iour faisoient paroître les Tours comm«
argentées. Elles fembloient s'élever fut q.uat«ji
Terrafles de lumières , ayant 18. piés de diamettre
, fur 70. de haut, en y .comprenant le*
Etendarts aux Armes de France & d'Espagne,
Îu'on y avoit aròorez, à un petit Mât chargé
'un gros Fallot.
C'elt du haut de ces Tours que coinmene*
une partie de l'artisice de ce grand Spectacle ,
après que le signal en eut été donné par une
décharge de Boëces & de Canons , placez fur
le Quay du côré des Thuilleries , 8c après que;
les Princes & Princesses du Sang, les AmbaG»
fadeurs & Minières Etrangers , & les Sei
gneurs & Dames de la Cour , invitez à la Fête,
furent arrivez à l'Hôtel de Bouillon.
On vit partir en même teins de ces Toifr$
les Fusées d'Honneur, & ensuite quantitf
d'autres Auiâces , Soleils fixes & touinans,
'.' I ij Gerbes >
MERCURE t>E FRANCE.
Gerbes, &c. après quoi commença leSpec*
tacle d'un Combat fur la Rivière , dans Jëfc intervales
& les allées du Jardin , de douze
Monstres Marins, tous differens, figurez fur aurantde
Bateaux dé plus de io. píésdelong, d'où
on vie forcir une grande quantité de Serpen
teaux , de Grenades , Balons d'eau , & autres
Artifices qui plongeoientdans laRiviere>& qui
en reíTortoient avec une extrême vitesse , pre
nant différentes formes » comme de Serpens ,
&r.
Pour troisième Acte de cet agréable Spectaclè,
on fit partir i'abord du bas des deux
Montagnes, &r ensuite par gradation, des Sail
lies , des Crevasses , des Cavitez , & enfin
du sommet des deux Monts une très-grande
quantité d'Artifice suivi & diversifie , ce qui
cevoit former comme deux Montagnes de feu
-dont l'action n'etoit interrompue que par des
Volcans clairs & ,brillans , qui fortoient â plu
sieurs reprises de tous côrez & du sommet des
Rochers. Les intervales des differens tems ausvrjuels
les Volcans partoient , écoient remplis
par des Fòugades très- vives par le grand
nombre & par la singularité des Fusées. La
fin fut marquée par plusieurs Girandes.
• Après que les yeux d'un grand nombre, oa
plutôt d'un monde de Spectateurs , eurent ctê
afïez long- tems & allez agréablement occupez
de ce qui se passoit dans l'air , la surface des
eaux attira tous les regards. On la voyoit ptac
inrervales presque entièrement couverte d'arrtifice
-, Dauphins brillans qui s'élevoient &r le
replongeoient, & mille autres Figures animées
& éclatantes , Jets deau , ou plutôt de feu %
& Gerbes flotantes fur des plateaux , qui fà?^
fcient un agréable contraste, par leur état pai»
Ê ETRIER. 1730. 3
sible, avec la vivacité & le bruit éclatant des
autres feux ; enrìn on auroit dit qu'il n'y avoir>
pïus d'antipatie entre le feu & l'eau , & que*
ces deux Elemens si opposez , s'étoient réunis
pour faire un charmant badinage en faveur de
cette superbe Fête.
Après tout l' Artifice* terminé par une secorw
de iàlve de Canon , il devoir sortir une lu
mière éclatante du centre des deux Monta
gnes , pour désigner un Soleil- Levant » de ji»
pieds de diamettre , & rester fixe fur son horiíon,
avec ces mots à'Ovide au tour du Disque i
Ijubil» disjecit. Et en méme-tems s'élever un
Arc-en- Ciel de 40 piés d'ouverture , très-vif
& trés lumineux, avec ses couleurs naturelles,
& la Déesse Iris au -dessus . les deux extremitez
liant les sommets des Montagnes , ce qui
fera plus sensible dans la Planche cy -jointe,
dette Inscription saisok allusion au Traits
d'Alliance conclu depuis peu.
• JEttma fiat CòncorÀi* Rcgum.
Toute l'Ordonnance de ce Spectacle fur Is
Rivière , dont les Ambassadeurs Plénipoten
tiaires d'Espagne ont fourni les pensées , a été
conduire & dessinée par le íìeur Servandoni ,
Florentin , Peintre & Architecte , premier
Peintre de PAcademie Royale de Musique,
très-connu par beaucoup d'autres Décorations
<run excellent gout , qu'il a heureusement
faites , en Italie , en France , & en Angle
terre. Toutes les Illuminations ont été exé
cutées fur ses Desseins , par les sieurs Berthelin
&rÒ'erard, Chandeliers Illuminateurs' or
dinaires des plaisirs du Roy. Quelques Lam
pions à Plaque qu'ils ont nouvellement ima
ginés 1 ontfa.it beaucoup d'effet.
1 iij Nous
4o ó MÊRCURtf DE FRANCE.
Nous n'entreprendrons point de donner une
idée de la vûë admirable que produiíoit la
fpule des Spectateurs de tous états , de tout
âge & de tout sexe, dans des Bateaux fur la
Rîvïere , fur les deux Quais & fur les deux
Ponts , fur les Terrasses . les Balcons & nux
fe'hêtres du Louvre , des Hôtels & des Maisons
des deux cotez ; moins encore du coup d'oeit
magnifique, éclatants? tói;í-à fait fupeibe de
lá Galerie de l'Hòtel de Bouillon , & des Ter-*
rasses en Amphithéâtre qui- s'y joignoient ,
couverts & ornez d'une manière convenable,
oû étoient placei tous les Princes , Princesses,
Seigneurs &c Dames invitez à la Pêtc, tous
en habits neufs magnifiques , qui , à l'envi , se
difputoient la richesse, legout & la magni
ficence , & dont plusieurs , avec tout ce qu'on
p'eUt employer de dorures, de broderies &r de
superbes Etoffes , étoient encore enrichis de
Garnitures ccmplettes de Pierreries.,
Dans la Galerie du grand Appartement de
l'Hòtel de Bouillon , on avoit dressé un Théâ
tre très- bien décoré par le sieur Servandoni ,
& disposé d'une manière convenable aux íìj
ches ofrietnêns de la Galerie, dont les Specta
teurs occupoient les deux tiers. Le Rideau du
Théâtre prefentoit aux yeux un Lion, Ufv
Dauphin & des Amòufs , fur un Globe Ter*
reítre, avec quelques attributs de la Fêcç. On
Hfoit au-dessus: Mrs. Egl.
. Clark T)tum sohles
, Jlspìce vmturo Utantur ut cm nia secU.
C'est dans cette Galerie que toute l'illuslre
Compagnie fe rendit aptes tout í" Artifice, pour
j voir une Pastorale dé la composition de M. de
la
FEVRîER. 1730. 461
/* Serre 3c un Ballet. Toute la Musique est dfc
M. R t bel , le Ris , Compositeur de la Musique
de la Chambre du Roy. La Scène se passoit dans,
íin Paysage au pied des Pirenées. Ce Diver
tissement» généralement goûté , fut exécuté
par l'élite des Acteurs de l'Opera, qui ont été
gratifiez par des Bijoux d'or , d'un prix
considérable , outre leurs habits , qui étoient
-euflì riches que convenables» Le sieur Lavtl
avoit composé le Ballet j il y dansa avec te
sieur Dtngtvìlle & les Dlles Prévost & Salil
chantoient dans la Piece. , les Dlle» utntier ,
Pelifur, Le Maure , &c. & les fieurs Tribut, ,
Vun , &c.
Après ce Spectacle, toute 1" Assemblée" i
composée de tout ce qu'il y à de grand par la
.naissance & par les dignitez dans le Royaume,)
& des Ministres Etrangers > passa dans le grand
8alon de 108. piés de long, fur 4 s. de large
& n. d'élévation dans Oeuvre , construit ex
près dans le Jardin , & élevé jusqu'au plein
sied du Vestibule & des Appartemens bas da
Hôtel de Bouillon.
Cette magnifique Salle, destinée à un superbe
Festin , étoi: percée de sept portes , trcis gran
des & quatre moindres. Huit Cabinets hors
d'oeuvre de n. pieds en quarréj distribuez aux
iquatres Angles , & dans les intervales des co
tez , étoierit destinez pour les Bufets , pendant
le Souper & pendant le Bal. Cette Salle , éclai
rée par un très-grand nombre de Lustres de
cristal & de Girandoles garnies de bougies
étoit décorée & richement ornée par leíieur
Titoísy Sculpteur & Décorateur , qui a trèsbien
réiislî , surtout dans les bas- reliefs do
rez, où l'on voyoit les attributs de différentes
Divinitesj de Bacchus , de l' Abondance, &rc,
I iiij enfin
'49i MERCURE t)E FRANCE;
ènfin on avoit sçû allier la plus grande srîmp*
tuosité â tout ce qui peut procurer Sc inspires
la joyè & la gayeté.
Les illustres Convives priez, se placèrent i
fix tablâsS de cinquante couverts chacune >
fervks à quatre Services , en gras & en maigre,
dans la plus grande magnificence & avec au
tant de délicateflè que d'abondance. Au Des
sert on but l£S Santez Royales au bruit de l'Ar
tillerie. Deux autres tables de ja» couverts
chacune , furent servies en Ambigu dans deux
Appartemens à plein pied du Vestibule.
Après le Festin on remonta dans la Galerie
de la Pastorale , où l'on entendit un charmant
Concert de Voix & d'Inítrumens. On y executa
le cinquième Acte de l'Opera de Phaeton,
après quoi on retourna dans le grand Salon,
qu'on trouva préparé pour le Bal , avec six
rangs de Gradins tout autour, fur lesquels on
ne vit jamais une feule place vuide jusqu'à
sept heures du matin. Il est aisé de comprendre
le charmant effet que dévoient faire à la clarté
vive des lumières , la richesse de la parure âc
, k brillant des Pierreries des Seigneurs & des
Dames de cette auguste Assemblée.
Vers les deux heures après minuit on laisíà
entrer les personnes invitées au Bal par billet,
& peu de temps après tous les Masques qui se
présentèrent, ce qui rendit le Bal très- nom
breux & très-animé jusqu'au grand jour qu'on
se retira plein d'admiration d'une si belle Fête
& charmé des manières nobles , & polies des
en avoient fait les honneurs avec tant de di
gnité. Ces Ministres avoient donné de si bons
ordres , que pendant tout le Bal les Rafraîenissemens
de toutes les espèces qu'on avoic
:FE VRI ER. 1750. 40$
pû ìiîiaginer , dans la plus grande abondance
& la plus grande délicatesse, furent présentez
de tous côcez , enforte qu'on n'avoit pas mê
me le temps de souhaiter , & chose assez rare
dans ces sortes de Fêtes » malgré la foule pro-,
digieule.il n'est pas arrivé le moindre désordre.
Fen d'Artifice tiré sur la Rivière , *
Paris , entre If P'ont- Neuf & le Pont
Royal , au sujet de la Naijsance du ■
Dau p h i ri , par ordre du Roy d'Espa- !
gné , & par les foins de MM. le Mar
quis de Sanca-Cruz & de Barrenechea,
^Ambassadeurs Extraordinaires & Plé
nipotentiaires de S. M, Catholique.
LEs préparatifs immenses & la dépense ve-"
ritablement Royale de cette superbe Fête,'
dans l'execution de laquelle on a, pour ainsi
dire, forcé la nature, & surmonté tous les
obstacles de la Saison , méritent bien que le
Mercure de France en parle d'une manière i
en pouvoir donner une idée à ceux qui n'ons
pas été à portée de voir un spectacle auíS
■éclatant , lequel a parfaitement répondu aux
ordres que M M. les Ambassadeurs d'Espagne
avoient reçus du Roy , leur Maître , S. M. O
ayant voulu à l'occasion de cet heureux évé
nement , exprimer avec pompe dans la Capi
tale du Royaume , ses tendres sentimens pour
le Roi , son Neveu , & mêler fa joye avec
celle de toute la France.
On fçait assez Jes marques de joye qu'ont
fait paroître le Roi & la Reine d'Espagne de
l'heureux Accouchement de la Reine ; mais
íjuelques brillantes & générales qu'ayent été
les Fêtes qu'on a données dans leurs Etats l
ÍSCCC
t ù '.-ìjìò LIìjRARY.
A5TCR, LENOX AND
TILOEM FOUMOATlONâ.
FEVRIER. î73«. 391
î
eette occasion , elles n'ont pas encore été pro
portionnées à ce que L. M, C. ont senti dans
le coeur.
M M de Santa- Cruz & de Barrenechea ont
agi avec tant de sagacité , tant de grandeur
cl'ame , de discernement , cie goût , & sur touç
avec tact de zèle pour le service de S. M.
qu'il a résulté de leur application & de l'étenduë
de leurs lumières , une iclatante Fête,
où la grandeur » la variété & la magnificence
ont également régné.
L'Hpcel de Bouillon , situé fur le Quai de*
Theatins , vis-à-vis le Louvre , que léDuode
ce nom â bien voulu prêter . avec la noblesse
& les manières qa j font ordinaires aux person
nes de son rang , a servi de principale Scène.
C'étoit comme le centre de la Fête & du
spectacle , qui fut heureusement favorisé d'une
très- belle nuit.
Le ti. Janvier > à six heures du soir , tou
tes les Illuminations parurent dans l'éclat &
dans le brillant qu'il eít plus aisé de s'i
maginer que de décrire. La Façade de l'Hôtel
de Bouillon présentoit aux yeux sept Porques
de lumières ; on liloit au-dessus de ceìui
du milieu , qui étoit formé par la porte
de L'Hôtel , une Inscription Latine qui man-
Suoit l'union & le bonheur de la France & -
e l'îíspagne. Les ceimres des Portiques étoient
«lecórés alternativement par des Dauphins de
relief entrclaíTés > & par les Chifres du Roi ;
le tòut rehaussé d'or. Le vuide des Portiques
étoit occupé par des Emblèmes peintes en
camayeux , dans des Médaillons ornés de guir
landes. Au premier adroite, la France étòh;
'représentée sous la figure d'une belle femme,
gui montre à, l'Efpagne le Dauphin entre les
sjjî MERCURE DE FRANCE.
hus de Lncint. Çe Vers d'Ovide ctoit au ba<*
"3*1» nostrum curvi porunt Delphine; amorem.
Au deuxième Portique , à gauche , TEspagne
montroit à la France le jeune Dauphin,
armé d'un casque & d'une cuirasse que J'Amour
conduit. , & lui présente. Et ce Vers de
Iroj/erce.
Sed tibi fuífidio Delphinum eurrere vidi.
Les deux Portiques ensuite n'attiroient pas
*.ant les regards ; mais en revanche les go
siers altérés y couroient ayee grand empres
sement s car de deux mûries de Lion dorés ,
couloient deux Fontaines de vin pour lè
peuple.
On voyoit au Médaillon du troisième Poe- ,
tique un Coq , simbole de la France } qui
s'addressoit au Lion , simbole de l'Espagne,
<Bi ce Vers à' Ovide. Met amorphofi
ÌJttnc dtio concordes anima vivemus in uni,
L'amour qui entre dans cet Emblème . Ii«
ensemble le Coq , le Lion & le Dauphin.
Sur le dernier Portique de la gauche , un
Xion paroissoit donner au Coq des assurances
d'une íînceie amitié par ce Vers de Virgile»
f>ispeream fi te fuerit tnihi chariot alttr.
L'Amour au bas avec un Dauphin à ses
pieds, gravoit ces paroies fur le marbre 8c
fur l'airain pour en marquer lá solidité 8c la
jRncerité.
Un entablement formé par des lampions ,
leguoit
'FEVRIER. iys0; -9J
tegnoit sur les Portiques i il étoit surmonté
par une Galerie découverte , dont la Balustra
de étoit formée par des Qirandoles d'une fi
gure agréable; I* Architecture de toute la Fa
çade de l'Hôtel de Bouillon étoit ingénieu
sement dessinée par des Lampions , & enri
chie de Lustres & de Girandoles aux Tru
meaux , dans les Croisées & fur les Comble»,
On voyoit fur la principale porte un Dau
phin de relief ■ en marbre blanc , rthaussc
d'or & couronné > accompagné de Lys , re
présentés en lumière ; à quoi on a pou
voir appliquer ce Vers d'Ovide :
p f*cr* frogcn'tes d'tgna ptrente tuo.
L'interieur de la Cour étoit aussi illumines
non seulement par des Chambranles à toutes
les Croisées julqu'à celles des deux aîles qui
jendent iur le Quay , mais encore jusques fur
le faite du Bâtiment où l'on avoit placé des
Girandoles & des Pots à feu.
D'autres Portiques de lumières décoroienc
encore le pourtour de cette Cour. On lisoit
au-dessus de celui du milieu , où est la Porte
id'Entrée , cette Inscription tirée d'un Vers de
IroÇerce.
luce.ït é» toti fiamm* secund* dôme.
A l'appLomb de cette porte , fur les Corn*
bles , on avoic élevé une Tour lumineuse,
faisant allusion aux Tours de Castille ; elle
étoit acompagnée des,Chiísres & du princi
pal Attribut des Armes de Philippe V.
Toute ì'ordonnance de cette Illumination
* été conduite pai le S. Beauûre , 1e fils *
594 MERCURE DE FRANCE. -.
Architecte de la Ville de Paris, qui en, ~
donné les Dcsstins.
La surface de la Rivière , vis-à-vis l'HôteJ
de Bouillon , offroit un spectacle d'une autrç
espece , dont les yeux étoient également en-
'chantés & éblouis. C'étoit un vaste Jardin >
de l'un â l'autre Rivage du Fleuve , qui â
cet endroit a environ 90- toises de large , sur^
un espace de 70. dans fa loneueur. La si-N
tuation étoit des plus magnifiques & des
plus avantageuses , étant naturellement dé
corée par le Qiiay du Collège des Quatre:
ÎNations d'un côté , par celui des GaUeries dp
Louvre de l'autre , &c aux deux bouts , pat
je Pont-Neuf & par le Pont Royal.
Deux Rochers isolés ou Montagnes escar
pées , Simbole des Monts Pirennées > qui
séparent la France de í'Espagne , formciénc
le principal objet de ce::e pompeuse décor
ration- au milieu de la Rivière. Les deux
Monts étoient joints par leurs Bases fur un
Plan d'environ 140. pieds de íong , fur 60.
de large , & séparés par leur cime de près
de 40. pieds , ayant chacun 9i. pieds d'élé
vation au-deííus de la surface de l'eau 8c
des deux grands Bateaux fur lesquels touc
i'Edihce étoit construit.
On voyoit une agréable variété fur ces
Montagnes. s où la nature étoit imitée avec
beaucoup d'art, dans tout ce qu'elle a d'a
greste & de sauvage. Dans un endroit c'étoient
des crevasses avec des quartiers de Rochers ;
en saillie 5 dans d'autres , des Plantes & des I
Arbustes , des Cascades , des Napes & chu
tes d'eau , imitées par des gases d'argent ,
des Antres , des Cavernes &c. Il y avoir,
couc au pourtour, à fleur d'eau, des Jirenes,
•: 4n
TEVRIER. ryto.
ces Tritons , des Néréides & autres Mons
tres marins.
A une certaine distance , au-dessus & audeilous
des Rochers , en voyoit à fleur d'eau
deux Parceres de lumières qui occupoient
chacun un espace de 18. toises fur i/. donc
Jes bordures etoient ornées alternativemcnc
dlrs & d'Orangers, avec leurs fruits, de
ii. pieds de hauc, chargez de lumières. Le
deflein des Parceres étoic trace? & figuré d'une
mamete variée & agréable par des Terrines,
îe^rs Sa2°n lc dc diveises Cou*
Du milieu de chacun de ces Parteres s'éltì
voient des espèces de Rochers jusqu'à la hau
teur de if. pieds , fur un Plan de J0. pieda
í^'i",? . »V01t,Placé au dessus une Figure
Colossale, bronzée en ronde bosse de 16
pieds de proportion. A l'un c'étoit lê Fleuve*
du Guadalquivir , avec un Lion au bas. On
Jifoit en Lettres d'or, fur l'Urnede ce Fleuve,
ces deux Vers d'Ovide ;
Ho» iOi melior quìsqutm , nec •mmnthr tquì.
Rex fuit aut UU reverentior ulla Dearum.
Et à l'autre Partere c'éroit la Rivière de
Seine avec un Coq. On voyoit fur l'Urne,
d ou 1 eau du Fleuve paroisloit sortir cn gaze
d argent, ces Vers de Tiíulle:
St longé ante alias omnes mitijftmm muter.
Issue Pater , quo non alter amabìlitr.
Aux deux cotez des Parteres & dés deux
rfoncs regnoieht fix Platebandes fur t. lignes
au* a fieiu 4 eau , ornées & décorées fans
I le
MERCURE DE FRANCE.
Je même goûc des Parteres. Les trois de cha
que cócé occupoienc un espace^ de plus decent
pieds de long fur if. de large.
■ Deux Terrasses de charpente , à doubles
Rampes de 10. piés de haut, étoient adoste'es
aux Quais dés deux cotez , oc se terminoienç
en Gradins jusques fur le rivage. Elles regnoient
fur toute la longueur du Jardin, &
occupoienc un terrain de 4oS« piés fur la même
ligne , en y comprenant une fuite de Décora
tions rustiques , qui semblaient servir d'appuy
à ces deux grands Perrons , le tpue étoit garni
d'une si grande quantité de Terrines , que les
yeux en étoient éblouis , & les ténèbres de la
nuit entièrement dissipées. Le mouvement des
lumières , qui en les confondant leur donnoit
encore plus d'éclat , faisoit un tel effet à unecertaine
distance, qu'on croyoit voir des Napcs.
8í des Cascades de feu donc les Spectateu r s.
étoient enchantez.
Entre ces Terrasses lumineuses & le brillant
Jardin , à la hauteur des deux Montagnes , otv
avoic placé deux Bateaux de 70. piés de long ,
£ár M- de large, d'une forme singulière 8e
agréable , ornez de sculpture & dorez. Dtimk
lieu de chacun de ces Bateaux, s'élevoit une
espece de Temple Octogone, couvert enjnaflierede
Baldaquin , soutenu par huit Palmiers
àvec des Quirlandes , des lestons de Fleurs ,
& des Lustres de exista*. Les Bateaux étoient ,
remplis de Musiciens pour les fanfares qu'on
enteodoic alternativement. Les Timbales , les
Trompettes, les Cors de Chasse, les Hautbois^
frappoient agréablement l'oreille.
Surla partie la plus élevée du Temple .placé
j3u côté de l'Hôcd de Bouillon, «nlifoir, ce
Vexs de TìíhUs, [ ,.' ... ... / .. ;-. . i
tl Omnibus
FEVRIER. 1730:
Bmnihus ille die s Çtmpr natal! 1 agatur. , "
Pour Inscription sur l'autre Temple du c$J
*é du Louvre > onlisoit cet autre Vers du mème
toc te.
o quantum fttix , ter que quat erque dits»
Le sommet de ces deux magnifiques G09*1
doles étoit terminé par de gros Fanaux & par
<ies Etandarts , fur lesquels on avoir represen- «
*é des Dauphins & des Amours.
Les quatre coins .de ce vaste , lumineux Sfí
magnifique Jardin, étojent terminez par 4-
brillantcs Tours , couvertes de Lampions ì
plaques de fer-blapc , qui augmentoient cop-
Cderablement l'éclat des lumières , &■ qui per
dant le iour faisoient paroître les Tours comm«
argentées. Elles fembloient s'élever fut q.uat«ji
Terrafles de lumières , ayant 18. piés de diamettre
, fur 70. de haut, en y .comprenant le*
Etendarts aux Armes de France & d'Espagne,
Îu'on y avoit aròorez, à un petit Mât chargé
'un gros Fallot.
C'elt du haut de ces Tours que coinmene*
une partie de l'artisice de ce grand Spectacle ,
après que le signal en eut été donné par une
décharge de Boëces & de Canons , placez fur
le Quay du côré des Thuilleries , 8c après que;
les Princes & Princesses du Sang, les AmbaG»
fadeurs & Minières Etrangers , & les Sei
gneurs & Dames de la Cour , invitez à la Fête,
furent arrivez à l'Hôtel de Bouillon.
On vit partir en même teins de ces Toifr$
les Fusées d'Honneur, & ensuite quantitf
d'autres Auiâces , Soleils fixes & touinans,
'.' I ij Gerbes >
MERCURE t>E FRANCE.
Gerbes, &c. après quoi commença leSpec*
tacle d'un Combat fur la Rivière , dans Jëfc intervales
& les allées du Jardin , de douze
Monstres Marins, tous differens, figurez fur aurantde
Bateaux dé plus de io. píésdelong, d'où
on vie forcir une grande quantité de Serpen
teaux , de Grenades , Balons d'eau , & autres
Artifices qui plongeoientdans laRiviere>& qui
en reíTortoient avec une extrême vitesse , pre
nant différentes formes » comme de Serpens ,
&r.
Pour troisième Acte de cet agréable Spectaclè,
on fit partir i'abord du bas des deux
Montagnes, &r ensuite par gradation, des Sail
lies , des Crevasses , des Cavitez , & enfin
du sommet des deux Monts une très-grande
quantité d'Artifice suivi & diversifie , ce qui
cevoit former comme deux Montagnes de feu
-dont l'action n'etoit interrompue que par des
Volcans clairs & ,brillans , qui fortoient â plu
sieurs reprises de tous côrez & du sommet des
Rochers. Les intervales des differens tems ausvrjuels
les Volcans partoient , écoient remplis
par des Fòugades très- vives par le grand
nombre & par la singularité des Fusées. La
fin fut marquée par plusieurs Girandes.
• Après que les yeux d'un grand nombre, oa
plutôt d'un monde de Spectateurs , eurent ctê
afïez long- tems & allez agréablement occupez
de ce qui se passoit dans l'air , la surface des
eaux attira tous les regards. On la voyoit ptac
inrervales presque entièrement couverte d'arrtifice
-, Dauphins brillans qui s'élevoient &r le
replongeoient, & mille autres Figures animées
& éclatantes , Jets deau , ou plutôt de feu %
& Gerbes flotantes fur des plateaux , qui fà?^
fcient un agréable contraste, par leur état pai»
Ê ETRIER. 1730. 3
sible, avec la vivacité & le bruit éclatant des
autres feux ; enrìn on auroit dit qu'il n'y avoir>
pïus d'antipatie entre le feu & l'eau , & que*
ces deux Elemens si opposez , s'étoient réunis
pour faire un charmant badinage en faveur de
cette superbe Fête.
Après tout l' Artifice* terminé par une secorw
de iàlve de Canon , il devoir sortir une lu
mière éclatante du centre des deux Monta
gnes , pour désigner un Soleil- Levant » de ji»
pieds de diamettre , & rester fixe fur son horiíon,
avec ces mots à'Ovide au tour du Disque i
Ijubil» disjecit. Et en méme-tems s'élever un
Arc-en- Ciel de 40 piés d'ouverture , très-vif
& trés lumineux, avec ses couleurs naturelles,
& la Déesse Iris au -dessus . les deux extremitez
liant les sommets des Montagnes , ce qui
fera plus sensible dans la Planche cy -jointe,
dette Inscription saisok allusion au Traits
d'Alliance conclu depuis peu.
• JEttma fiat CòncorÀi* Rcgum.
Toute l'Ordonnance de ce Spectacle fur Is
Rivière , dont les Ambassadeurs Plénipoten
tiaires d'Espagne ont fourni les pensées , a été
conduire & dessinée par le íìeur Servandoni ,
Florentin , Peintre & Architecte , premier
Peintre de PAcademie Royale de Musique,
très-connu par beaucoup d'autres Décorations
<run excellent gout , qu'il a heureusement
faites , en Italie , en France , & en Angle
terre. Toutes les Illuminations ont été exé
cutées fur ses Desseins , par les sieurs Berthelin
&rÒ'erard, Chandeliers Illuminateurs' or
dinaires des plaisirs du Roy. Quelques Lam
pions à Plaque qu'ils ont nouvellement ima
ginés 1 ontfa.it beaucoup d'effet.
1 iij Nous
4o ó MÊRCURtf DE FRANCE.
Nous n'entreprendrons point de donner une
idée de la vûë admirable que produiíoit la
fpule des Spectateurs de tous états , de tout
âge & de tout sexe, dans des Bateaux fur la
Rîvïere , fur les deux Quais & fur les deux
Ponts , fur les Terrasses . les Balcons & nux
fe'hêtres du Louvre , des Hôtels & des Maisons
des deux cotez ; moins encore du coup d'oeit
magnifique, éclatants? tói;í-à fait fupeibe de
lá Galerie de l'Hòtel de Bouillon , & des Ter-*
rasses en Amphithéâtre qui- s'y joignoient ,
couverts & ornez d'une manière convenable,
oû étoient placei tous les Princes , Princesses,
Seigneurs &c Dames invitez à la Pêtc, tous
en habits neufs magnifiques , qui , à l'envi , se
difputoient la richesse, legout & la magni
ficence , & dont plusieurs , avec tout ce qu'on
p'eUt employer de dorures, de broderies &r de
superbes Etoffes , étoient encore enrichis de
Garnitures ccmplettes de Pierreries.,
Dans la Galerie du grand Appartement de
l'Hòtel de Bouillon , on avoit dressé un Théâ
tre très- bien décoré par le sieur Servandoni ,
& disposé d'une manière convenable aux íìj
ches ofrietnêns de la Galerie, dont les Specta
teurs occupoient les deux tiers. Le Rideau du
Théâtre prefentoit aux yeux un Lion, Ufv
Dauphin & des Amòufs , fur un Globe Ter*
reítre, avec quelques attributs de la Fêcç. On
Hfoit au-dessus: Mrs. Egl.
. Clark T)tum sohles
, Jlspìce vmturo Utantur ut cm nia secU.
C'est dans cette Galerie que toute l'illuslre
Compagnie fe rendit aptes tout í" Artifice, pour
j voir une Pastorale dé la composition de M. de
la
FEVRîER. 1730. 461
/* Serre 3c un Ballet. Toute la Musique est dfc
M. R t bel , le Ris , Compositeur de la Musique
de la Chambre du Roy. La Scène se passoit dans,
íin Paysage au pied des Pirenées. Ce Diver
tissement» généralement goûté , fut exécuté
par l'élite des Acteurs de l'Opera, qui ont été
gratifiez par des Bijoux d'or , d'un prix
considérable , outre leurs habits , qui étoient
-euflì riches que convenables» Le sieur Lavtl
avoit composé le Ballet j il y dansa avec te
sieur Dtngtvìlle & les Dlles Prévost & Salil
chantoient dans la Piece. , les Dlle» utntier ,
Pelifur, Le Maure , &c. & les fieurs Tribut, ,
Vun , &c.
Après ce Spectacle, toute 1" Assemblée" i
composée de tout ce qu'il y à de grand par la
.naissance & par les dignitez dans le Royaume,)
& des Ministres Etrangers > passa dans le grand
8alon de 108. piés de long, fur 4 s. de large
& n. d'élévation dans Oeuvre , construit ex
près dans le Jardin , & élevé jusqu'au plein
sied du Vestibule & des Appartemens bas da
Hôtel de Bouillon.
Cette magnifique Salle, destinée à un superbe
Festin , étoi: percée de sept portes , trcis gran
des & quatre moindres. Huit Cabinets hors
d'oeuvre de n. pieds en quarréj distribuez aux
iquatres Angles , & dans les intervales des co
tez , étoierit destinez pour les Bufets , pendant
le Souper & pendant le Bal. Cette Salle , éclai
rée par un très-grand nombre de Lustres de
cristal & de Girandoles garnies de bougies
étoit décorée & richement ornée par leíieur
Titoísy Sculpteur & Décorateur , qui a trèsbien
réiislî , surtout dans les bas- reliefs do
rez, où l'on voyoit les attributs de différentes
Divinitesj de Bacchus , de l' Abondance, &rc,
I iiij enfin
'49i MERCURE t)E FRANCE;
ènfin on avoit sçû allier la plus grande srîmp*
tuosité â tout ce qui peut procurer Sc inspires
la joyè & la gayeté.
Les illustres Convives priez, se placèrent i
fix tablâsS de cinquante couverts chacune >
fervks à quatre Services , en gras & en maigre,
dans la plus grande magnificence & avec au
tant de délicateflè que d'abondance. Au Des
sert on but l£S Santez Royales au bruit de l'Ar
tillerie. Deux autres tables de ja» couverts
chacune , furent servies en Ambigu dans deux
Appartemens à plein pied du Vestibule.
Après le Festin on remonta dans la Galerie
de la Pastorale , où l'on entendit un charmant
Concert de Voix & d'Inítrumens. On y executa
le cinquième Acte de l'Opera de Phaeton,
après quoi on retourna dans le grand Salon,
qu'on trouva préparé pour le Bal , avec six
rangs de Gradins tout autour, fur lesquels on
ne vit jamais une feule place vuide jusqu'à
sept heures du matin. Il est aisé de comprendre
le charmant effet que dévoient faire à la clarté
vive des lumières , la richesse de la parure âc
, k brillant des Pierreries des Seigneurs & des
Dames de cette auguste Assemblée.
Vers les deux heures après minuit on laisíà
entrer les personnes invitées au Bal par billet,
& peu de temps après tous les Masques qui se
présentèrent, ce qui rendit le Bal très- nom
breux & très-animé jusqu'au grand jour qu'on
se retira plein d'admiration d'une si belle Fête
& charmé des manières nobles , & polies des
en avoient fait les honneurs avec tant de di
gnité. Ces Ministres avoient donné de si bons
ordres , que pendant tout le Bal les Rafraîenissemens
de toutes les espèces qu'on avoic
:FE VRI ER. 1750. 40$
pû ìiîiaginer , dans la plus grande abondance
& la plus grande délicatesse, furent présentez
de tous côcez , enforte qu'on n'avoit pas mê
me le temps de souhaiter , & chose assez rare
dans ces sortes de Fêtes » malgré la foule pro-,
digieule.il n'est pas arrivé le moindre désordre.
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Résumé : DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
Une fête somptueuse fut organisée à Paris pour célébrer la naissance du Dauphin d'Espagne. Cette célébration, ordonnée par le roi d'Espagne et orchestrée par les ambassadeurs espagnols, les marquis de Santa-Cruz et de Barrenechea, visait à exprimer la joie et les sentiments affectueux du roi d'Espagne envers son neveu, le roi de France. La fête se déroula sur la rivière entre le Pont Neuf et le Pont Royal, malgré les obstacles saisonniers. Les préparatifs furent immenses et la dépense royale. L'Hôtel de Bouillon, situé sur le quai des Théatins, servit de scène principale. Sa façade était illuminée avec sept portiques de lumières, des inscriptions latines célébrant l'union entre la France et l'Espagne, et des emblèmes peints en camaïeux. La rivière fut transformée en un vaste jardin illuminé, avec des rochers symbolisant les Pyrénées, des cascades d'eau imitées par des jets d'argent, et des figures marines. Deux bateaux ornés de temples octogones et de musiciens naviguaient sur la rivière. Le spectacle inclut un combat de monstres marins, des feux d'artifice formant des montagnes de feu, et des jets d'eau brillants. Le spectacle se conclut par une salve de canon, révélant un soleil levant et un arc-en-ciel avec la déesse Iris, symbolisant l'alliance entre les deux royaumes. L'ensemble de l'organisation fut dirigée par le peintre et architecte florentin Servandoni. Par ailleurs, une autre fête fut organisée dans un grand salon de l'Hôtel de Bouillon, destiné à un festin. Cette salle, percée de sept portes et ornée de huit cabinets pour les buffets, était éclairée par de nombreux lustres et girandoles. Le sculpteur et décorateur Titoisy réalisa des bas-reliefs représentant des divinités comme Bacchus et l'Abondance. Les convives, placés à six tables de cinquante couverts chacune, dégustèrent des mets en abondance et en magnificence. Après le festin, ils assistèrent à un concert exécutant le cinquième acte de l'opéra de Phaëton, suivi d'un bal jusqu'à sept heures du matin. Les rafraîchissements furent servis en abondance et avec délicatesse, sans désordre malgré la foule. Les ministres ayant organisé la fête reçurent des éloges pour leur dignité et leurs bonnes manières.
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4846
DESCRIPTION de la Fête & du Feu d'Artifice tiré sur la Riviere, à Paris, entre le Pont-Neuf & le Pont Royal, au sujet de la Naissance du DAUPHIN, par ordre du Roy d'Espagne, & par les soins de M M. le Marquis de Santa-Cruz & de Barrenechea, Ambassadeurs Extraordinaires & Plenipotentiaires de S. M. Catholique.
4847
p. 403-405
VERS LIBRES, Sur le Feu d'Artifice tiré sur l'Eau, par ordre du Roy d'Espagne, & les soins de M M. les Ambassadeurs à la Cour de France.
Début :
Hier dans ces Grottes profondes, [...]
Mots clefs :
Feu d'artifice, Naissance du Dauphin, Fête
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texteReconnaissance textuelle : VERS LIBRES, Sur le Feu d'Artifice tiré sur l'Eau, par ordre du Roy d'Espagne, & les soins de M M. les Ambassadeurs à la Cour de France.
VERS LIBRES,
Surje Feu d' Artifice tiré fur l'Eau , par
ordre du Roy d'Espagne , & les foins,,
de MM. les Ambassadeurs à la Cour
de France.
r dans ces Grottes profondes,
D'où la Seine épanche ses Ondes ,
CQui chaque jour la gloire & l'honncur de no*
' champs ,
De la B onde Cerés augmentent les prefens )
Ëífe appella les Dieux soumis à son Empire ;
Nayades, Nimphes &Tritons ,
Sont assis dans leur rang fur des sièges de joncs:
Un mal commun à tous , en ces lieux nous at
tire :
Vous le fçavez , l'hyver, dit la Reine des flots,,
De nos jours tous les ans vient troubler le re
pos,
Ce- n'est plus à présent un tranqui I Zephire,.
Ç£ui folâtre & qui rit sur le sein de mes eaux*.
Non. l' Aquilon bien- tôt, toujours prompt £
me nuire ,
Arrêtera mon corn» & rompra mes roseaux.
1 y Ceffi
'404 MÊRCURE DE FRANCTj .
. C'elt sut ce point » tritons , qu'il faut qu'orïdélibère.
Mettons nous à l'abrides coups de fa coîere j
Voyons par quels moyens on peut s'en ga
rantir i
Ou par quels dons enfin nous pourrons la fle«*
chir ; •
la tristesse à ces mots se peint sur le visage,
Les Nayadea alors regardent le Rivage,
* Où quand le Ciel donnoit des jours purs &
serains >
Elles alloient au son d'un instrument cham
pêtre ,
A l'ombre de quelque vieux hêtre ,
Datiser avec les Dieux Silvains.-
les Nimphes de leurs yeux laissent couler des;
larmes j
t es Tritons affligez n'y trouventplus les char--
mes
Qui sçureht asservir leurs coeurs ;
Ainsi chacun se llvroit aUx douleurs.
Quand une'Nimphe accourt : helasl en Cetteplace
>
Que fahes- vous í'uh mal bien plus grand hotts
menace j. .
Venez , Reine des flots, arrêtez les desseins »
Que forment contre nous des aveugles Hu
mains.
Allons , courons punir une main sacrilège ,
Dit ia Seine . . . elle part en ce même momèhrí
les Nimphes, les Tritons, composent son cor"
■ ' C'est:
• f EV RIE,R. i-fìó. 40í
C'est ainsi qu'en la voie dans le vaste Océan ,
'truand elle offre à ce Dieu les Eaux de son
Hmpire.
Elle approche. .. elle voit. . > & son courrou»
expire.
Sur sa Suite surprise elle jette les yeux j
Enfin elle applaudit d'un rire gracieux »
Elle voit les Jardins dignes de la Nature >
Une Nayade y court sécher sa chevelure >
l'une y cueille à lafois & des fruits & des
fleurs ,
L'autre ne songe plus aux cruelles rigueurs
Que l' Amant fougueux d'Orithie >
Leur prépare dans fa furie.
L'autre fous ces Rochers va chercher le repos i
Tandis que l'une ici contemple cet Ouvrage >
Ett l'autre des Poissons en embrassant le dos >
Coupe rapidement les flots.
Les Himphes . à l'envi , courent fur le Rivages
Élies dansent d'un pas leger ,
-Âu doux chant des Triions qui font retens
tir Pair»
Alors la Seine les appelle 3,
Courez à I'Ocean, chers Tritons, leur dit-elle;
Que ses Dieux fur ces bords se rendent avec
voUî* ! >
Allez encore au Tage , à cet ami fidèle >
Apprendre les apprêts d'une fête fi belle >
Qu'il vienne paitager les plaisirs avec nous-,-
UAbbi Bonnoi de Mably.
Surje Feu d' Artifice tiré fur l'Eau , par
ordre du Roy d'Espagne , & les foins,,
de MM. les Ambassadeurs à la Cour
de France.
r dans ces Grottes profondes,
D'où la Seine épanche ses Ondes ,
CQui chaque jour la gloire & l'honncur de no*
' champs ,
De la B onde Cerés augmentent les prefens )
Ëífe appella les Dieux soumis à son Empire ;
Nayades, Nimphes &Tritons ,
Sont assis dans leur rang fur des sièges de joncs:
Un mal commun à tous , en ces lieux nous at
tire :
Vous le fçavez , l'hyver, dit la Reine des flots,,
De nos jours tous les ans vient troubler le re
pos,
Ce- n'est plus à présent un tranqui I Zephire,.
Ç£ui folâtre & qui rit sur le sein de mes eaux*.
Non. l' Aquilon bien- tôt, toujours prompt £
me nuire ,
Arrêtera mon corn» & rompra mes roseaux.
1 y Ceffi
'404 MÊRCURE DE FRANCTj .
. C'elt sut ce point » tritons , qu'il faut qu'orïdélibère.
Mettons nous à l'abrides coups de fa coîere j
Voyons par quels moyens on peut s'en ga
rantir i
Ou par quels dons enfin nous pourrons la fle«*
chir ; •
la tristesse à ces mots se peint sur le visage,
Les Nayadea alors regardent le Rivage,
* Où quand le Ciel donnoit des jours purs &
serains >
Elles alloient au son d'un instrument cham
pêtre ,
A l'ombre de quelque vieux hêtre ,
Datiser avec les Dieux Silvains.-
les Nimphes de leurs yeux laissent couler des;
larmes j
t es Tritons affligez n'y trouventplus les char--
mes
Qui sçureht asservir leurs coeurs ;
Ainsi chacun se llvroit aUx douleurs.
Quand une'Nimphe accourt : helasl en Cetteplace
>
Que fahes- vous í'uh mal bien plus grand hotts
menace j. .
Venez , Reine des flots, arrêtez les desseins »
Que forment contre nous des aveugles Hu
mains.
Allons , courons punir une main sacrilège ,
Dit ia Seine . . . elle part en ce même momèhrí
les Nimphes, les Tritons, composent son cor"
■ ' C'est:
• f EV RIE,R. i-fìó. 40í
C'est ainsi qu'en la voie dans le vaste Océan ,
'truand elle offre à ce Dieu les Eaux de son
Hmpire.
Elle approche. .. elle voit. . > & son courrou»
expire.
Sur sa Suite surprise elle jette les yeux j
Enfin elle applaudit d'un rire gracieux »
Elle voit les Jardins dignes de la Nature >
Une Nayade y court sécher sa chevelure >
l'une y cueille à lafois & des fruits & des
fleurs ,
L'autre ne songe plus aux cruelles rigueurs
Que l' Amant fougueux d'Orithie >
Leur prépare dans fa furie.
L'autre fous ces Rochers va chercher le repos i
Tandis que l'une ici contemple cet Ouvrage >
Ett l'autre des Poissons en embrassant le dos >
Coupe rapidement les flots.
Les Himphes . à l'envi , courent fur le Rivages
Élies dansent d'un pas leger ,
-Âu doux chant des Triions qui font retens
tir Pair»
Alors la Seine les appelle 3,
Courez à I'Ocean, chers Tritons, leur dit-elle;
Que ses Dieux fur ces bords se rendent avec
voUî* ! >
Allez encore au Tage , à cet ami fidèle >
Apprendre les apprêts d'une fête fi belle >
Qu'il vienne paitager les plaisirs avec nous-,-
UAbbi Bonnoi de Mably.
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Résumé : VERS LIBRES, Sur le Feu d'Artifice tiré sur l'Eau, par ordre du Roy d'Espagne, & les soins de M M. les Ambassadeurs à la Cour de France.
Le texte relate une scène mythologique où la Seine, personnifiée, convoque les Nayades, les Nymphes et les Tritons pour discuter des perturbations causées par l'hiver. La Reine des flots déplore les actions de l'Aquilon, qui troublent ses eaux et menacent ses roseaux. Les Nymphes et les Tritons se souviennent des jours paisibles où ils se divertissaient sur le rivage. Une Nymphe annonce ensuite une menace plus grave : des humains préparent un feu d'artifice sur l'eau, sur ordre du roi d'Espagne et en présence des ambassadeurs à la cour de France. Furieuse, la Seine décide de punir cette offense, mais en chemin, elle découvre des jardins magnifiques et des Nayades profitant de la nature. Apaisée, elle appelle les Tritons à annoncer les préparatifs d'une fête à l'Océan et au Tage. Les Nymphes et les Tritons, ravis, dansent au chant des Tritons, tandis que la Seine les invite à se rendre à l'Océan pour la fête.
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4848
p. 406-407
« Le 7. de ce mois, M. Destouches, SurIntendant de la Musique du Roi, fit chanter [...] »
Début :
Le 7. de ce mois, M. Destouches, SurIntendant de la Musique du Roi, fit chanter [...]
Mots clefs :
Reine, Opéra, Duchesse
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texteReconnaissance textuelle : « Le 7. de ce mois, M. Destouches, SurIntendant de la Musique du Roi, fit chanter [...] »
7. de ce mois ,. M. Destouches , Sus»
Intendant de la Musique du Roi , fie chan
ter à Marly, devant la Reine, un Concert còm-
£osé du Prologue du Ballet des Elemens , de
1 Fête de Junon dans l' entrée de Vuiìr , 8c
de l'Acte entier de la Vestale. Le Sr Chaste
chanta le Rôle du Destin, Si laDllc Lenner
celui de Venus. Le Sr d'Angerville fit le Rô>e
de Valere , & la Dlle Antier s'attira bien des
applaudi flemens dans les Rôles de 'Junon 8c
à'.Emilie. Ce Concert eut un grand succès a
l*execiKÌon en ayant été parfaite.
Le 8. on chanta le Prologue & le premier
cte à'jimadis de Grèce , qui fut très-goûré.;
a été mis en Musique par M. Destouches-.
Le 13. on continua le même Opéra par le
second & le troisième Acte > & le if . on chanta
les deux derniers Actes. La D le Antier fit le
Rôle de Melijfe , & celui d' Amadis fut chanté
par le Sr Dangerville. La Reine parut trèkcontente
de cet. Opéra & de l*execution.
Le io. là Reine demanda les deux dernier*
Actes de l'Opera de Thésée , qui firent un
extrême plaisir- On l'avoit interrompu depuis
k départ de VerfaillèSi
Le 17. la Cour étant de retour à Versailles?,
la Reine ordonna pour les grands Appartemens
le Prologue & le premier Acte du Bal
let, des Elemens , que S. M. voulut entendre
«rie. seconde foi». Les Acteurs furent les mê
mes,
FEVRIER. 1730. 40s
mes qui avoienc dunté & Marly , à I'cxcepti'on
de la-D"6 Le Maure j qui chanta avec;
succès le Rôle de Venus dans le Prologue» ,
& celui de Junon au premier Acte.
te ï. Fête de la Purification , il y eut un
Concerc spirituel au Château des Thuille-
' ries, qui commença par le Motet Dominus
rtgnuvit. La D')e Petitpas & le S Bun en
chantèrent un autre en duo , de M. Du Bousset
, & la Díle Le Maure chanta seule un
autre Motet du même Auteur. On joua differens
Concerto íùr le Violon & la Plute qui
furent exécutés avec une grande précision.
On finit par le beau Te Deum de M. de h
lande , précédé d'une fimphonie de Violons,.
Hautboi$|, Trompettes- , & Timbales , de la
composition de M. Mouret , qu'on entend tóûjours
avec plaisir. Il y eut une très-nonvbreuse
assemblée , que le Duc de Lorraine
honora de fa présence .-
Le 8. il y eut Concert François qui' a1
continué tous les Mercredis du mois. Oh'
chanta le même jour une Cantatille nouv
velle qui a pour titre Le Rhume , &• la Can
tate de Psyché, chantée par la D"« Petitpas;
La D' Le Maure chanta le rf. une Can»,
tate nouvelle , intitulée VAbsence , qui St.
beaucoup' de plaisir.
Le 8. la Loterie pour le remboursement des
Rentes de l'Hôtel de Ville ûit tirée en prés
sence du Prévôt des Marchands '& des Echavins,
en la. manière accoutumée. Lefonds du
second mois de. cette année s'est trouvé mon
ter à la somme de i3i?.?7r- liv- laquelle a été
distribuée aux Rentiers pour les Lots qui leur
font échus., conformément à. la. Liste gênée
rale qui a été renduë publique.
Le 1.. Fevrier, S A. R. Madame la Duchesse
d'Orléans
, donna
, avec l'agrément
du Roi, la place de sa Dame d'honneur, à
la Duchesse de Nevers; vacante par lamort
de la Duchesse de Sforze,
Intendant de la Musique du Roi , fie chan
ter à Marly, devant la Reine, un Concert còm-
£osé du Prologue du Ballet des Elemens , de
1 Fête de Junon dans l' entrée de Vuiìr , 8c
de l'Acte entier de la Vestale. Le Sr Chaste
chanta le Rôle du Destin, Si laDllc Lenner
celui de Venus. Le Sr d'Angerville fit le Rô>e
de Valere , & la Dlle Antier s'attira bien des
applaudi flemens dans les Rôles de 'Junon 8c
à'.Emilie. Ce Concert eut un grand succès a
l*execiKÌon en ayant été parfaite.
Le 8. on chanta le Prologue & le premier
cte à'jimadis de Grèce , qui fut très-goûré.;
a été mis en Musique par M. Destouches-.
Le 13. on continua le même Opéra par le
second & le troisième Acte > & le if . on chanta
les deux derniers Actes. La D le Antier fit le
Rôle de Melijfe , & celui d' Amadis fut chanté
par le Sr Dangerville. La Reine parut trèkcontente
de cet. Opéra & de l*execution.
Le io. là Reine demanda les deux dernier*
Actes de l'Opera de Thésée , qui firent un
extrême plaisir- On l'avoit interrompu depuis
k départ de VerfaillèSi
Le 17. la Cour étant de retour à Versailles?,
la Reine ordonna pour les grands Appartemens
le Prologue & le premier Acte du Bal
let, des Elemens , que S. M. voulut entendre
«rie. seconde foi». Les Acteurs furent les mê
mes,
FEVRIER. 1730. 40s
mes qui avoienc dunté & Marly , à I'cxcepti'on
de la-D"6 Le Maure j qui chanta avec;
succès le Rôle de Venus dans le Prologue» ,
& celui de Junon au premier Acte.
te ï. Fête de la Purification , il y eut un
Concerc spirituel au Château des Thuille-
' ries, qui commença par le Motet Dominus
rtgnuvit. La D')e Petitpas & le S Bun en
chantèrent un autre en duo , de M. Du Bousset
, & la Díle Le Maure chanta seule un
autre Motet du même Auteur. On joua differens
Concerto íùr le Violon & la Plute qui
furent exécutés avec une grande précision.
On finit par le beau Te Deum de M. de h
lande , précédé d'une fimphonie de Violons,.
Hautboi$|, Trompettes- , & Timbales , de la
composition de M. Mouret , qu'on entend tóûjours
avec plaisir. Il y eut une très-nonvbreuse
assemblée , que le Duc de Lorraine
honora de fa présence .-
Le 8. il y eut Concert François qui' a1
continué tous les Mercredis du mois. Oh'
chanta le même jour une Cantatille nouv
velle qui a pour titre Le Rhume , &• la Can
tate de Psyché, chantée par la D"« Petitpas;
La D' Le Maure chanta le rf. une Can»,
tate nouvelle , intitulée VAbsence , qui St.
beaucoup' de plaisir.
Le 8. la Loterie pour le remboursement des
Rentes de l'Hôtel de Ville ûit tirée en prés
sence du Prévôt des Marchands '& des Echavins,
en la. manière accoutumée. Lefonds du
second mois de. cette année s'est trouvé mon
ter à la somme de i3i?.?7r- liv- laquelle a été
distribuée aux Rentiers pour les Lots qui leur
font échus., conformément à. la. Liste gênée
rale qui a été renduë publique.
Le 1.. Fevrier, S A. R. Madame la Duchesse
d'Orléans
, donna
, avec l'agrément
du Roi, la place de sa Dame d'honneur, à
la Duchesse de Nevers; vacante par lamort
de la Duchesse de Sforze,
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Résumé : « Le 7. de ce mois, M. Destouches, SurIntendant de la Musique du Roi, fit chanter [...] »
En janvier 1730, plusieurs événements musicaux notables ont eu lieu. Le 7 janvier, M. Destouches a dirigé un concert à Marly devant la Reine, incluant des extraits du Ballet des Éléments et de la Vestale, avec des interprètes tels que le Sr Chaste, la Dlle Lenner, le Sr d'Angerville et la Dlle Antier. Ce concert a été acclamé pour son exécution parfaite. Les 8, 13 et 14 janvier, des extraits de l'opéra *Jumadis de Grèce* de M. Destouches ont été interprétés, avec la Dlle Antier et le Sr d'Angerville dans les rôles principaux. La Reine a exprimé sa satisfaction. Le 10 janvier, la Reine a demandé les deux derniers actes de l'opéra *Thésée*. Le 17 janvier, à Versailles, le Prologue et le premier acte du Ballet des Éléments ont été représentés, avec la Dlle Le Maure remplaçant la Dlle Lenner. Le 2 février, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries, incluant des motets, des concertos et le Te Deum de M. de Lully. Le 8 février, un concert français a été donné, avec des interprétations de la Dlle Petitpas et de la Dlle Le Maure. Par ailleurs, le 1er février, la Duchesse d'Orléans a nommé la Duchesse de Nevers Dame d'honneur. Le 8 février, la loterie pour le remboursement des rentes de l'Hôtel de Ville a été tirée, distribuant 131 771 livres aux rentiers.
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4849
p. 410-411
Foy & hommage prêté par le Duc de Lorraine, & sejour de ce Prince à la Cour, [titre d'après la table]
Début :
Ensuite le Roi se leva, se découvrit, se recouvrit aussi-tôt, & fit couvrir le Duc de [...]
Mots clefs :
Duc, Prince, Duc de Lorraine, Comte de Blâmont, Roi, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Foy & hommage prêté par le Duc de Lorraine, & sejour de ce Prince à la Cour, [titre d'après la table]
Le 27. du mois dernier, le Duc de Lorraine
étant parti de Luneville avec six Berlines
& 4o. Chevaux de poste, coucha le
lendemain au Château de.à30. lieuës
de Paris, appartenant au Prince de Lambesc, il en partir le 29. & arriva le loir au Palais
Royal, dans les Caroffes du Duc d'Or-
Jeans, son cousin germain, qui avoit été audevant
de lui jusqu'à Claye.
Ce Prince qui a toujours été ici incognito,
fous le nom du Comte de Blamont, alla le
lendemain à Versailles avec le Duc d'Orleans,
vit le Roi & la Reine, & revint le même
jour à Paris.
La nuit du 29, au 30. après avoir soupé
avec le Duc d'O rleans & un grand nombre
<ie Seigneurs, vit le Bal de l'Opera de la
.Loge du Palais Royal, d'où il vit aussi la
Représentation del'Operad'Hesîone le lurlendemain.
Le 1, de ce mois, le Duc de Lorraine retourna
àVersailles, Se à trois heures aprèsmidi
il prêta foi & hommage au Roi pour
le Duché de Bar & autres domaines mouvans
de la Couronne, en execution du Traité
de Riswik
,
&en la même maniere qu'avoit
fait le Duc de Lorraine, sonPere, le 1f.dL1
mois de Novembre 1699.
Le Roi étoit dans sa Chambre assis dans un
fauteuil
1
& couvert. Le Duc de Lorraine y
étant
étant entré, fit trois reverences en s'approchant
de Sa Majesté, qui ne se leva & ne
se découvrir pas. Le Duc de Lorraine quitta
son Epée
,
son Chapeau & ses gants , que
reçût le Premier Gentilhomme de la Chambre
,
& il se mit à genoux sur un Carreau
qui étoit aux pieds du Roi. S. M. lui une
les mains jointes entre les fiennes
,
pendant
que le Chancelier de France lut le ferment
à haute voix *, M. Chauvelin,Garde des
Sceaux de Franc, Ministre & Secretaire d'Etat
,
& le Comte de Maurepas ,
Secretaire
d'Etat, étant présens
,
Se le Duc promit de
l'observer.
(*) Teneur du ferment. Monsieur, VOU,
rendez au Roi la foi & hommage, lige que
vous lui devez, commeà votre Souverain Seigneur
jà. cause du Duché de Bar, pour lei
Terres dudit Duché qui sont mouvantes de
sa Couronne, & pour les autres Terres qui
vous appartiennent en propriété dans l'étendue
du chemin depuis Metz jusqu'enAlsace, dont la Souveraineté appartient à S. M. en
conséquence du Traité de Paix , fait & conelu
à RifvvickC'T"e. Vous jurez , promettez è
S. M. de lui rendre la fidelité, service (jp
obéissance que vous êtes tenu de lui rendre
9 cause desdites Terres, & de le servir de
votre personne & de vos biens, envers tous &
contre tous,sansnul excepter, en toutes les
guerres que lui & ses successeurs Rois pourroient
ci-après avoir contre les ennemis de f.
Couronne, pour quelque cause que ce soit , ainsî que vous y étes obligé pour raison desdites
Terres, & ne permetrezqu'enicelles il
fùoit fait aucune chose au préjudice deS. M. de son Etats Vous lejurez&promettez.
Enluke
Ensuite le Roi se leva , se décou vrit , fè
recouvrit aussi-tôt , & fit couvrir le Duc dé
Lorraine. Le Duc d'Orléans , le Duc de Bour
bon , le Comte de Charoloiy , le Comte de
Clermont , le Prince de Conty , le Prince de
Bombes , le Comte d'Eu & le Comte deTouiouse
qur étoient auprès du Roi , se cou
vrirent auslî un moment après. Le Duc da
Lorraine s'etant retiré, S. M. rentra dans son
Cabinet. •' ^.
Le Duc de Lorraine retourna à Paris le
même jour > après avoir dîné chez le Car
dinal de Fleury. Le lendemain , il alla â la
Chaste avec le Roi dans la Forêt de S. Ger
main en Laye , & fut ensuite traité dans lé
Château par le Duc de Noailles qui en est
Gouverneur.
Le 5. ce Prince accompagna le Roi à la
Chasiè du Cerf.
Le 41. il alla à la Comédie Françoise volt
la Tragédie à' Electre , & la petite Comédie du
florentin-
Le s- il vit l'Opera de Thésée.
Le <• il alla diner à Arcueil cheí le Prince
de Guise , le soir à la Comédie Italienne , &
après son souper au Bal de l'Opera.
Le 7. après avoir été a la chasse avec lé
Roi , & joué ensuite à la partie du Lans
quenet de S. M. ce Prince soupa, à Marli ,
ehez le Duc de Noailles qui le traita magniifiquement
, & alla coucher à Versailles , dans
l' Appartement du Duc d'OrleanSi
Le lendemain il vit les Apvartemens du
Château , alla tirer dans le Parc , & vint j
déjeuner à la Ménagerie , où il fut traité par
le Duc de Noailles. Il alla ensuite à S. Cyr»
pour yoit U Maison , d'où il revint à Vers.
F E VRÏ E R. 1/30. 41I
Ailles pour voir le Cabinet des Médailles-»
les Pierres gravées , & les autres Monument
rares de ce célèbre Cabinet, que ce Prince
examina ayec beaucoup d'attention ; il sou
pa chez le Prince Charles de Lorraine.
Le 9. le Duc de Lorraine vit joùer le*
eaux , alla ensuite au Manège voir les Pa*
ges monter à Cheval , dina chez le Prince
Charles ?& revint à Paris pour voir l'Opera.
Ce Prince a vû avec beaucoup de satisfac
tion à Versailles les Tableaux , les Antiques de
la Grande Galleric & des Jardins , & tout ce
qu'il y a de magnifique & de Curieux dans ce
superbe Château ; à la Ménagerie, à Trianon^
à Marly , à Saint Germain en Laye , à Saint
Cloud , à Meudon , à la Muette > &c. Il a vû ì
Paris ce qu'il y a de plus remarquable ;THôtel
Royal des Invalides , f Observatoire , la Sorbonne
, la Bibliothèque du Roy , la Gallerie
des Plans,, l' Académie Royale de Peinture 8c
Sculptuie , la Monnoye des Médailles , &c.
U vit avec beaucoup de satisfaction le Cabinet
où font conservex dans un grand ordre, un
nombre prodigieux de Quarrez & de Poin
çons. M. de Cotte , Directeur de la Monnoye
des Médailles , fit frapper en fa présence des
Médailles & des Jetions , en or & en argení.
étant parti de Luneville avec six Berlines
& 4o. Chevaux de poste, coucha le
lendemain au Château de.à30. lieuës
de Paris, appartenant au Prince de Lambesc, il en partir le 29. & arriva le loir au Palais
Royal, dans les Caroffes du Duc d'Or-
Jeans, son cousin germain, qui avoit été audevant
de lui jusqu'à Claye.
Ce Prince qui a toujours été ici incognito,
fous le nom du Comte de Blamont, alla le
lendemain à Versailles avec le Duc d'Orleans,
vit le Roi & la Reine, & revint le même
jour à Paris.
La nuit du 29, au 30. après avoir soupé
avec le Duc d'O rleans & un grand nombre
<ie Seigneurs, vit le Bal de l'Opera de la
.Loge du Palais Royal, d'où il vit aussi la
Représentation del'Operad'Hesîone le lurlendemain.
Le 1, de ce mois, le Duc de Lorraine retourna
àVersailles, Se à trois heures aprèsmidi
il prêta foi & hommage au Roi pour
le Duché de Bar & autres domaines mouvans
de la Couronne, en execution du Traité
de Riswik
,
&en la même maniere qu'avoit
fait le Duc de Lorraine, sonPere, le 1f.dL1
mois de Novembre 1699.
Le Roi étoit dans sa Chambre assis dans un
fauteuil
1
& couvert. Le Duc de Lorraine y
étant
étant entré, fit trois reverences en s'approchant
de Sa Majesté, qui ne se leva & ne
se découvrir pas. Le Duc de Lorraine quitta
son Epée
,
son Chapeau & ses gants , que
reçût le Premier Gentilhomme de la Chambre
,
& il se mit à genoux sur un Carreau
qui étoit aux pieds du Roi. S. M. lui une
les mains jointes entre les fiennes
,
pendant
que le Chancelier de France lut le ferment
à haute voix *, M. Chauvelin,Garde des
Sceaux de Franc, Ministre & Secretaire d'Etat
,
& le Comte de Maurepas ,
Secretaire
d'Etat, étant présens
,
Se le Duc promit de
l'observer.
(*) Teneur du ferment. Monsieur, VOU,
rendez au Roi la foi & hommage, lige que
vous lui devez, commeà votre Souverain Seigneur
jà. cause du Duché de Bar, pour lei
Terres dudit Duché qui sont mouvantes de
sa Couronne, & pour les autres Terres qui
vous appartiennent en propriété dans l'étendue
du chemin depuis Metz jusqu'enAlsace, dont la Souveraineté appartient à S. M. en
conséquence du Traité de Paix , fait & conelu
à RifvvickC'T"e. Vous jurez , promettez è
S. M. de lui rendre la fidelité, service (jp
obéissance que vous êtes tenu de lui rendre
9 cause desdites Terres, & de le servir de
votre personne & de vos biens, envers tous &
contre tous,sansnul excepter, en toutes les
guerres que lui & ses successeurs Rois pourroient
ci-après avoir contre les ennemis de f.
Couronne, pour quelque cause que ce soit , ainsî que vous y étes obligé pour raison desdites
Terres, & ne permetrezqu'enicelles il
fùoit fait aucune chose au préjudice deS. M. de son Etats Vous lejurez&promettez.
Enluke
Ensuite le Roi se leva , se décou vrit , fè
recouvrit aussi-tôt , & fit couvrir le Duc dé
Lorraine. Le Duc d'Orléans , le Duc de Bour
bon , le Comte de Charoloiy , le Comte de
Clermont , le Prince de Conty , le Prince de
Bombes , le Comte d'Eu & le Comte deTouiouse
qur étoient auprès du Roi , se cou
vrirent auslî un moment après. Le Duc da
Lorraine s'etant retiré, S. M. rentra dans son
Cabinet. •' ^.
Le Duc de Lorraine retourna à Paris le
même jour > après avoir dîné chez le Car
dinal de Fleury. Le lendemain , il alla â la
Chaste avec le Roi dans la Forêt de S. Ger
main en Laye , & fut ensuite traité dans lé
Château par le Duc de Noailles qui en est
Gouverneur.
Le 5. ce Prince accompagna le Roi à la
Chasiè du Cerf.
Le 41. il alla à la Comédie Françoise volt
la Tragédie à' Electre , & la petite Comédie du
florentin-
Le s- il vit l'Opera de Thésée.
Le <• il alla diner à Arcueil cheí le Prince
de Guise , le soir à la Comédie Italienne , &
après son souper au Bal de l'Opera.
Le 7. après avoir été a la chasse avec lé
Roi , & joué ensuite à la partie du Lans
quenet de S. M. ce Prince soupa, à Marli ,
ehez le Duc de Noailles qui le traita magniifiquement
, & alla coucher à Versailles , dans
l' Appartement du Duc d'OrleanSi
Le lendemain il vit les Apvartemens du
Château , alla tirer dans le Parc , & vint j
déjeuner à la Ménagerie , où il fut traité par
le Duc de Noailles. Il alla ensuite à S. Cyr»
pour yoit U Maison , d'où il revint à Vers.
F E VRÏ E R. 1/30. 41I
Ailles pour voir le Cabinet des Médailles-»
les Pierres gravées , & les autres Monument
rares de ce célèbre Cabinet, que ce Prince
examina ayec beaucoup d'attention ; il sou
pa chez le Prince Charles de Lorraine.
Le 9. le Duc de Lorraine vit joùer le*
eaux , alla ensuite au Manège voir les Pa*
ges monter à Cheval , dina chez le Prince
Charles ?& revint à Paris pour voir l'Opera.
Ce Prince a vû avec beaucoup de satisfac
tion à Versailles les Tableaux , les Antiques de
la Grande Galleric & des Jardins , & tout ce
qu'il y a de magnifique & de Curieux dans ce
superbe Château ; à la Ménagerie, à Trianon^
à Marly , à Saint Germain en Laye , à Saint
Cloud , à Meudon , à la Muette > &c. Il a vû ì
Paris ce qu'il y a de plus remarquable ;THôtel
Royal des Invalides , f Observatoire , la Sorbonne
, la Bibliothèque du Roy , la Gallerie
des Plans,, l' Académie Royale de Peinture 8c
Sculptuie , la Monnoye des Médailles , &c.
U vit avec beaucoup de satisfaction le Cabinet
où font conservex dans un grand ordre, un
nombre prodigieux de Quarrez & de Poin
çons. M. de Cotte , Directeur de la Monnoye
des Médailles , fit frapper en fa présence des
Médailles & des Jetions , en or & en argení.
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Résumé : Foy & hommage prêté par le Duc de Lorraine, & sejour de ce Prince à la Cour, [titre d'après la table]
Le Duc de Lorraine, connu sous le nom du Comte de Blamont, quitta Luneville le 27 du mois précédent avec six berlines et 40 chevaux de poste. Il séjourna au Château du Prince de Lambesc avant d'arriver au Palais Royal à Paris le 1er du mois suivant. Il rencontra le Roi et la Reine à Versailles avec le Duc d'Orléans. Le 29, il dîna avec le Cardinal de Fleury et accompagna le Roi à la chasse le lendemain. Il assista à des représentations théâtrales et chassa à nouveau avec le Roi le 5. Le 7, il soupa à Marly et passa la nuit à Versailles. Le 8, il visita la ménagerie et Saint-Cyr. Le 9, il assista à des jeux d'eau et visita le manège avant de revenir à Paris pour voir une opéra. Durant son séjour, il visita de nombreux sites remarquables à Versailles et à Paris, tels que la Grande Galerie, Trianon, Marly, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Cloud, Meudon, la Muette, l'Hôtel des Invalides, l'Observatoire, la Sorbonne, la Bibliothèque du Roi, la Galerie des Plans, l'Académie Royale de Peinture et Sculpture, et la Monnaie des Médailles. Il exprima sa satisfaction face à ces visites et observa la frappe de médailles et de jetons en or et en argent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4850
p. 411-415
Fête au Palais Royal & à Bagnolet, [titre d'après la table]
Début :
Le 11. S. A R. Madame la Duchesse d'Orleans, dont tout le monde connoît la bonté du [...]
Mots clefs :
Prince, Fête, Palais royal, Duc de Lorraine, Duc d'Orléans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fête au Palais Royal & à Bagnolet, [titre d'après la table]
Le 11. S. A ft. Madame la Duchesse d'Or
léans , dont tout le monde connoît la bonté du
coeur , & la noblesse des stntimens , ayant été
bien ajse de procurer au Duc de Lorraine , son
Neveu, pendant lesejour-que ce Prince a fait
à Paris incognito , fous le nom de Comte de
Blamont , quelque divertissement , ainsi qu'aux
Princesses d'Orléans ses Filles , donna un Bal
magnifique au Palais Royal. S. A. R avore
fait préparer 1c $rand Salon de son Apparte
ment;
4 i4 MERCURE DE FRANCE,
.nient avec des Gradins à crois étages tout afltour
pour les Dames & Seigneurs qui dévoient
être feulement Spectateurs , & quantité de
fieges pour les personnes qui dévoient danferi
Ce Salon étoit orné de Lustres , de Girando
les , & de Bras garnis de bougies. On n'aura
pas de peine à se persuader que l' Assemblée
«toit des plus brillante* » puisqu'un très grand
nombre de Seigneurs & Dames de la Cour ,
& de la Ville , de la première distinction , la
composoienc L'éclat de quantité de belles
pei sonnes , la magnificence des Habits , & Je
vif brillant des Pierreries dont toutes les Da
ines étoient parées » faifoit un effet surprenant.
Ce Bal sans Masque» commença à six heu tes
.du soir, par une excellente Simphonie» com*
posée de tout ce qu'il y a de plus habile á Paíis,
& finit â onze heures. Mademoiselle dé
Beaujollois en fit l'ouverture par lèJ caractères
de la Danse « qu'elle dansa avec le Duc de là
Tremoille , dans la plus grande perfection *
& avec toute l'intelligence , la justesse . & là
grâce possible , de meme que Mademoiselle
de Chartres dans tòut ce qu'elle dansa. La
plupart des Seigneurs & Dames dansèrent en
suite plusieurs différentes Danses , Contre
danses , &Ci
Au reste toute l' Assemblée fut extrêmement
édifiée & pleinement satisfaite de la bonté, des
attentions > & des politesses continuelles de
S A. R. Cette Princesse avoit donné dasi bons
ordres , que quoique l'Assemblée fut des plus
nombreuses , tout s'est passé avec la plus gran
de magnificence , & fans la moindre confusion.
Oíi distribua toute sorte de Fruits , & des Rifraichisíemens
dans la plus grande abondance,
servis par les Officiers de Si A.R. quiaveedes
manières
FEVRIER. 1730. 4T 5
manières polies prevcnoient tout le monde*
Le Duc de Lorraine qui a affilié à ce Bal in
cognito , a été charmé de cette belle & illustre
Assemblée 1 des Danses, de l'ordié, du bon
goût, Sec.
Le 14, S. A. R. se rendit l'après midi^n son
Château de Bagnolet , pour donner encore au
Duc de Lorraine ( qui s'y étoit rendu le mêmè
jour ) une nouvelle Fête ; ce Prince à son ar
rivée sa promena quelque tems dans le Parc ,
ou S. A.R. se promenoir alors ; cette Princelïe
étoit accompagnée de Mesdemoiselles de
Beaujollois & de Chartres , de la Marquise de
Conflans , leur Gouvernante,- & de plufieurs
autres Dames de fa Cour. Ce Parc qui eíì
très spaci«ux , est planté avec autant degouc
que desimetrie. Les Eaux jouèrent pendaHt la
promenade. La Duchesse de Nevers , à préftns
Dame d'Honneur de S. A R.. & la Marquise
de Clermont sa Dame d'Atour , restèrent pen
dant la promenade dans les Appartements dit
Château , pour recevoir les Seigneurs 8c ks
Dames qui arrivoient de Paris pour prendre
part à la fête. Il y eut avant le Bal vingt Ta
bles de Quadrille &: de Piquer. Après la Pro
menade, S. A. R. rentra au Châ:eau , elle
joua au Quadrille , & le Duc de Lorraine au
Piquet. Après le Jeu on se rendit sur le Per
ron, pour voir l'IUumination de la Cour Roya
le, éclairée par qu-antité de Lustres arpentez,
qui produisoiènt une clarté des plus brillantes.'
L'Avant Cour qui est très- spacieuse, étoit auíìì
Hluminée d'un nombre prodigieux de Lam
pions , de«même que plusieurs Piramides de'
charpente, autour desquelles on avoit placé»1
avec simetrie, une très - grande quantité de
Lampion».
4 f 4 MÉRClTRÊ DÈ FRANCS
Á huit heures , on passa dans îe grand Safony
éclairé par quantité de Lustres & de Girandolesè
On y commença le Bal , qui fut ouvert1
par un Menuet à quatre > dansé par Mesdernoifes
de Beaujollois & de Chartres , 8f par',
lés Ducs de la Tremoille & de Bouflery, après
3UOÎ on dansa différentes Danses & Contreanses
qui furent exécutées dans la plus grande
perfection.
A côté du Salon du Bal, ou avoit préparé
une Sale à manger , parfaitement bien éclai-;
rée » dans laquelle on trouva trois grandes Ta
bles , oû l'on servit un Ambigu , composé de?
toutes sortes de Pâtez froids , Jambons & au
tres viandes convenables , avec autant de dé-»
lîcatesse que de- profusion . & de toutes fortes;
de Fruits 8c de Pâtisseries legeres. II y a voit
dans une Sale à côté, on magnifique Buffet
garni de toutes sortes de Vins ,£aux glacées r-
Vins de Liqueurs & tous les rafraîchislemens'
qu'on pouvoit souhaiter , 8í qu'on servit i
rout le monde eri abondance jusqu'à deUx heu-^
res du matin, après quoi S- A. R. jugea i
propos de se retirer pour donner le temps au ,
Duc de Lorraine, qui devoit parEir le lende
main, de prendre quelque icpos.^ -
On a ouMié de dire que S. A, R. toujours
attentive à tout ce qui pouvoit rendre la Fête1
plus variée & plus brrlfante > avoit donné or
dre défaire venir plusieurs exceilens Danseurs'
Provençaux, qui danserem pluííetìrs Esitrées
grotesques & champêtres , d'une manière trèsvive
& très singulière , pendant qu'une parcier
des Daraes-étoîent allées quitter leurs habits
de Villé, fans rien changes à leur Coëfure,
póur prendre des Domina , dont on avoit eu
soir* de préparer un grand nombre.* afin qu«
ce»
FEVRIER. 1730. 4-tj
mes mêmes Dames , habillées plus légèrement
pussent danser plus à leur aise > & auífi pour
varier les différentes couleurs des Etoffes. Les
Seigneurs n'ont point changé d'habit , & enfin
toute cette belle Assemblée se retira très-safìsfaite
d'avoir pû prendre parc à une fi ga
lante & magnifique Fête.
Le même jour i r. le Duc de Lorraine partit
pour retourner dans ses Etats, après avoir pris
congé du Roi. S.M. lui a fait présent d'une
très- riche Tenture de Tapisserie, rehaussée d'or,
faite fur les DefTeins de Raphaël, à la Manu*
facture Royale des Gobelins.
Le Duc de Lorraine, pendant son séjour à
Paris , a occupé le grand Appartement du Pa»
lais Royal. Une Table d'environ if. Couvert»
a toujours été servie,soir &matiniavec la plus ■
grande fomp tuoíîré & la plus grande délica
tesse, par les Officiers du Duc d'Orléans. 11
y a eu d'auttes Tables très -bien servies pour
fa Suite.
Tous les Spectales où ce Prince a assisté , &
où fa présence a attiré un très grand concours,
ont reçu des marques de fa libéralité. Ses gran*
des qualité* & ses manières nobles & géné
reuses ont paru dans toutes les occasions.
Les Officiers du Duc d'Orléans qui ont ser
vi auprès de fa personne, ont reçu des Diamans
brillans & d'autres Bijoux d un pris
considérable.
léans , dont tout le monde connoît la bonté du
coeur , & la noblesse des stntimens , ayant été
bien ajse de procurer au Duc de Lorraine , son
Neveu, pendant lesejour-que ce Prince a fait
à Paris incognito , fous le nom de Comte de
Blamont , quelque divertissement , ainsi qu'aux
Princesses d'Orléans ses Filles , donna un Bal
magnifique au Palais Royal. S. A. R avore
fait préparer 1c $rand Salon de son Apparte
ment;
4 i4 MERCURE DE FRANCE,
.nient avec des Gradins à crois étages tout afltour
pour les Dames & Seigneurs qui dévoient
être feulement Spectateurs , & quantité de
fieges pour les personnes qui dévoient danferi
Ce Salon étoit orné de Lustres , de Girando
les , & de Bras garnis de bougies. On n'aura
pas de peine à se persuader que l' Assemblée
«toit des plus brillante* » puisqu'un très grand
nombre de Seigneurs & Dames de la Cour ,
& de la Ville , de la première distinction , la
composoienc L'éclat de quantité de belles
pei sonnes , la magnificence des Habits , & Je
vif brillant des Pierreries dont toutes les Da
ines étoient parées » faifoit un effet surprenant.
Ce Bal sans Masque» commença à six heu tes
.du soir, par une excellente Simphonie» com*
posée de tout ce qu'il y a de plus habile á Paíis,
& finit â onze heures. Mademoiselle dé
Beaujollois en fit l'ouverture par lèJ caractères
de la Danse « qu'elle dansa avec le Duc de là
Tremoille , dans la plus grande perfection *
& avec toute l'intelligence , la justesse . & là
grâce possible , de meme que Mademoiselle
de Chartres dans tòut ce qu'elle dansa. La
plupart des Seigneurs & Dames dansèrent en
suite plusieurs différentes Danses , Contre
danses , &Ci
Au reste toute l' Assemblée fut extrêmement
édifiée & pleinement satisfaite de la bonté, des
attentions > & des politesses continuelles de
S A. R. Cette Princesse avoit donné dasi bons
ordres , que quoique l'Assemblée fut des plus
nombreuses , tout s'est passé avec la plus gran
de magnificence , & fans la moindre confusion.
Oíi distribua toute sorte de Fruits , & des Rifraichisíemens
dans la plus grande abondance,
servis par les Officiers de Si A.R. quiaveedes
manières
FEVRIER. 1730. 4T 5
manières polies prevcnoient tout le monde*
Le Duc de Lorraine qui a affilié à ce Bal in
cognito , a été charmé de cette belle & illustre
Assemblée 1 des Danses, de l'ordié, du bon
goût, Sec.
Le 14, S. A. R. se rendit l'après midi^n son
Château de Bagnolet , pour donner encore au
Duc de Lorraine ( qui s'y étoit rendu le mêmè
jour ) une nouvelle Fête ; ce Prince à son ar
rivée sa promena quelque tems dans le Parc ,
ou S. A.R. se promenoir alors ; cette Princelïe
étoit accompagnée de Mesdemoiselles de
Beaujollois & de Chartres , de la Marquise de
Conflans , leur Gouvernante,- & de plufieurs
autres Dames de fa Cour. Ce Parc qui eíì
très spaci«ux , est planté avec autant degouc
que desimetrie. Les Eaux jouèrent pendaHt la
promenade. La Duchesse de Nevers , à préftns
Dame d'Honneur de S. A R.. & la Marquise
de Clermont sa Dame d'Atour , restèrent pen
dant la promenade dans les Appartements dit
Château , pour recevoir les Seigneurs 8c ks
Dames qui arrivoient de Paris pour prendre
part à la fête. Il y eut avant le Bal vingt Ta
bles de Quadrille &: de Piquer. Après la Pro
menade, S. A. R. rentra au Châ:eau , elle
joua au Quadrille , & le Duc de Lorraine au
Piquet. Après le Jeu on se rendit sur le Per
ron, pour voir l'IUumination de la Cour Roya
le, éclairée par qu-antité de Lustres arpentez,
qui produisoiènt une clarté des plus brillantes.'
L'Avant Cour qui est très- spacieuse, étoit auíìì
Hluminée d'un nombre prodigieux de Lam
pions , de«même que plusieurs Piramides de'
charpente, autour desquelles on avoit placé»1
avec simetrie, une très - grande quantité de
Lampion».
4 f 4 MÉRClTRÊ DÈ FRANCS
Á huit heures , on passa dans îe grand Safony
éclairé par quantité de Lustres & de Girandolesè
On y commença le Bal , qui fut ouvert1
par un Menuet à quatre > dansé par Mesdernoifes
de Beaujollois & de Chartres , 8f par',
lés Ducs de la Tremoille & de Bouflery, après
3UOÎ on dansa différentes Danses & Contreanses
qui furent exécutées dans la plus grande
perfection.
A côté du Salon du Bal, ou avoit préparé
une Sale à manger , parfaitement bien éclai-;
rée » dans laquelle on trouva trois grandes Ta
bles , oû l'on servit un Ambigu , composé de?
toutes sortes de Pâtez froids , Jambons & au
tres viandes convenables , avec autant de dé-»
lîcatesse que de- profusion . & de toutes fortes;
de Fruits 8c de Pâtisseries legeres. II y a voit
dans une Sale à côté, on magnifique Buffet
garni de toutes sortes de Vins ,£aux glacées r-
Vins de Liqueurs & tous les rafraîchislemens'
qu'on pouvoit souhaiter , 8í qu'on servit i
rout le monde eri abondance jusqu'à deUx heu-^
res du matin, après quoi S- A. R. jugea i
propos de se retirer pour donner le temps au ,
Duc de Lorraine, qui devoit parEir le lende
main, de prendre quelque icpos.^ -
On a ouMié de dire que S. A, R. toujours
attentive à tout ce qui pouvoit rendre la Fête1
plus variée & plus brrlfante > avoit donné or
dre défaire venir plusieurs exceilens Danseurs'
Provençaux, qui danserem pluííetìrs Esitrées
grotesques & champêtres , d'une manière trèsvive
& très singulière , pendant qu'une parcier
des Daraes-étoîent allées quitter leurs habits
de Villé, fans rien changes à leur Coëfure,
póur prendre des Domina , dont on avoit eu
soir* de préparer un grand nombre.* afin qu«
ce»
FEVRIER. 1730. 4-tj
mes mêmes Dames , habillées plus légèrement
pussent danser plus à leur aise > & auífi pour
varier les différentes couleurs des Etoffes. Les
Seigneurs n'ont point changé d'habit , & enfin
toute cette belle Assemblée se retira très-safìsfaite
d'avoir pû prendre parc à une fi ga
lante & magnifique Fête.
Le même jour i r. le Duc de Lorraine partit
pour retourner dans ses Etats, après avoir pris
congé du Roi. S.M. lui a fait présent d'une
très- riche Tenture de Tapisserie, rehaussée d'or,
faite fur les DefTeins de Raphaël, à la Manu*
facture Royale des Gobelins.
Le Duc de Lorraine, pendant son séjour à
Paris , a occupé le grand Appartement du Pa»
lais Royal. Une Table d'environ if. Couvert»
a toujours été servie,soir &matiniavec la plus ■
grande fomp tuoíîré & la plus grande délica
tesse, par les Officiers du Duc d'Orléans. 11
y a eu d'auttes Tables très -bien servies pour
fa Suite.
Tous les Spectales où ce Prince a assisté , &
où fa présence a attiré un très grand concours,
ont reçu des marques de fa libéralité. Ses gran*
des qualité* & ses manières nobles & géné
reuses ont paru dans toutes les occasions.
Les Officiers du Duc d'Orléans qui ont ser
vi auprès de fa personne, ont reçu des Diamans
brillans & d'autres Bijoux d un pris
considérable.
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Résumé : Fête au Palais Royal & à Bagnolet, [titre d'après la table]
Le 11 février 1730, la Duchesse d'Orléans organisa un bal somptueux au Palais Royal en l'honneur du Duc de Lorraine, son neveu, qui séjournait à Paris incognito sous le nom de Comte de Blamont. Le grand salon de l'appartement de la Duchesse fut aménagé avec des gradins pour les spectateurs et des sièges pour les danseurs. Le salon était illuminé par des lustres, girandoles et bougies, et accueillit de nombreux seigneurs et dames de la cour et de la ville. Le bal, sans masque, débuta à six heures du soir par une symphonie interprétée par les meilleurs musiciens de Paris et se termina à onze heures. Mademoiselle de Beaujollois et Mademoiselle de Chartres ouvrirent le bal avec des danses exécutées avec perfection et grâce, suivies par divers seigneurs et dames dansant des danses et contredanses. La Duchesse d'Orléans fut louée pour sa bonté, ses attentions et ses politesses, et les ordres qu'elle donna assurèrent une organisation magnifique et sans confusion. Des fruits et des rafraîchissements furent servis en abondance par les officiers de la Duchesse. Le 14 février, la Duchesse se rendit à son château de Bagnolet pour offrir une nouvelle fête au Duc de Lorraine. Après une promenade dans le parc, ils jouèrent aux cartes. Le soir, une illumination éclaira la cour royale et l'avant-cour. Le bal commença à huit heures dans le grand salon éclairé par des lustres et girandoles. Mademoiselle de Beaujollois, Mademoiselle de Chartres, le Duc de la Tremoille et le Duc de Boufflers ouvrirent le bal avec un menuet à quatre. Un salon adjacent servit de salle à manger avec des tables offrant des pâtisseries, jambons et autres viandes, ainsi qu'un buffet avec vins, liqueurs et rafraîchissements. La Duchesse fit venir des danseurs provençaux pour exécuter des danses grotesques et champêtres, permettant aux dames de changer leurs habits pour des dominos. Le Duc de Lorraine quitta Paris le même jour après avoir pris congé du Roi, qui lui offrit une riche tenture de tapisserie des Gobelins. Pendant son séjour, le Duc occupa un grand appartement au Palais Royal où une table était toujours servie avec somptuosité. Il fit preuve de libéralité lors des spectacles qu'il fréquenta et offrit des diamants et bijoux à ses hôtes.
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