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3701
p. 286
MADRIGAL à la même.
Début :
Iris cessez de vous cacher, [...]
Mots clefs :
Iris
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL à la même.
MADRIGAL
à la même.
Iris ceffezde vous cacher,
Quand vous devez le plus paroître
;
Dieuqui vous fit entrerauClottre
Veut enfin vous en arracher.
Venez ramener enfon Temple
De vos freres errants les coeurs
Séditieux , 4
Vous leferez parvostre exemple,
Et mieux encore Iris par l'éclatde
vosyeux.
à la même.
Iris ceffezde vous cacher,
Quand vous devez le plus paroître
;
Dieuqui vous fit entrerauClottre
Veut enfin vous en arracher.
Venez ramener enfon Temple
De vos freres errants les coeurs
Séditieux , 4
Vous leferez parvostre exemple,
Et mieux encore Iris par l'éclatde
vosyeux.
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3702
p. 287-288
Avis important aux Muses qui negligent leurs Personnes.
Début :
Muses au teint presque olivâtre, [...]
Mots clefs :
Traits, Muses
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texteReconnaissance textuelle : Avis important aux Muses qui negligent leurs Personnes.
Avis important aux Muſes qui
negligent leurs Perſonnes.
Mufes auteintpresque olivâtre,
Qui ne mettezrouge nyplaire ,
Qui refufeztout àvossens,
Onfçaitqu' Appollon vostrefrere,
En parcourant noſtre bemifphere ,
Présde Montmartre vous logea ,
Et que Diane en délogea
Craignant beaucoup la médifance;
Carvousjafezfans complaisance,
Et ne respectezque les Rois
Dontvousfuivezles douces loix.
Loüis le plus grand des Monarques
,
Ravipar les cruelles Parques
288 MERCURE
Fut longtemps de vos chants
l'objet ;
Ilest devenu leſujet
Devos chagrins &de vos larmes;
Contre la mort baiffezles armes,
Chantezſon tres-digne Neveu ,
Vous aurezdes François l'aveus
Mais embellißez vos viſages ,
On fait cas des belles images
Etl'on estime les Portraits,
Quandils reffemblent traits pour
traits.
negligent leurs Perſonnes.
Mufes auteintpresque olivâtre,
Qui ne mettezrouge nyplaire ,
Qui refufeztout àvossens,
Onfçaitqu' Appollon vostrefrere,
En parcourant noſtre bemifphere ,
Présde Montmartre vous logea ,
Et que Diane en délogea
Craignant beaucoup la médifance;
Carvousjafezfans complaisance,
Et ne respectezque les Rois
Dontvousfuivezles douces loix.
Loüis le plus grand des Monarques
,
Ravipar les cruelles Parques
288 MERCURE
Fut longtemps de vos chants
l'objet ;
Ilest devenu leſujet
Devos chagrins &de vos larmes;
Contre la mort baiffezles armes,
Chantezſon tres-digne Neveu ,
Vous aurezdes François l'aveus
Mais embellißez vos viſages ,
On fait cas des belles images
Etl'on estime les Portraits,
Quandils reffemblent traits pour
traits.
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3703
p. 288-290
Dissertation courte & sçavante sur le langage des Logogrifes. [titre d'après la table]
Début :
J'ay maintenant, Messieurs, quelque chose de bien plus interessant [...]
Mots clefs :
Logogriphe
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texteReconnaissance textuelle : Dissertation courte & sçavante sur le langage des Logogrifes. [titre d'après la table]
J'ay maintenant,Meſſieurs,
quelque choſe de bien plus intereſſant
à vous conter , que
tout
GALANT. 289
tout ce que vous avez lû juſqu'à
preſent ,j'ay des Logogrifes
à vous propoſer. Quelbarbare
mot pour le peuple &
pour la Province ! des Logogri.
fes ! ouy, vous dis-je , des Logogrifes
,&il n'eſt pas aujourd'huy
permis à d'honnêtes
gens , comme vous , d'ignorer
que c'eſt une nouvelle façon
d'écrire , familiere à la Cour ,
qui devient àla mode àlaVille,
& qui eſt d'autant plus refpec.
table, que c'eſt une eſpece d'imitation
des anciens caracteres
hieroglyphiquesdesEgyptiens.
Pour moyje neſçaurois regar-
Decembre 1715 . Bb
290 MERCURE
derun Logogrife entre deux yeux,
ſans m'imaginer voir à l'inſtant un
Taliſman, unObeliſque , une Pyramide
, ou même un Crocodile,
quelque choſe de bien plus intereſſant
à vous conter , que
tout
GALANT. 289
tout ce que vous avez lû juſqu'à
preſent ,j'ay des Logogrifes
à vous propoſer. Quelbarbare
mot pour le peuple &
pour la Province ! des Logogri.
fes ! ouy, vous dis-je , des Logogrifes
,&il n'eſt pas aujourd'huy
permis à d'honnêtes
gens , comme vous , d'ignorer
que c'eſt une nouvelle façon
d'écrire , familiere à la Cour ,
qui devient àla mode àlaVille,
& qui eſt d'autant plus refpec.
table, que c'eſt une eſpece d'imitation
des anciens caracteres
hieroglyphiquesdesEgyptiens.
Pour moyje neſçaurois regar-
Decembre 1715 . Bb
290 MERCURE
derun Logogrife entre deux yeux,
ſans m'imaginer voir à l'inſtant un
Taliſman, unObeliſque , une Pyramide
, ou même un Crocodile,
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3704
p. 290
Logogrifes. [titre d'après la table]
Début :
Il y en a de tres-simples, comme celui-ci par exemple ; mais c'est [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Logogrifes. [titre d'après la table]
Il y en a de tres-ſimples , comme
celui- ci par exemple , mais c'eſt
le Diable à deviner. Le voicy.
LA FAUTE EN EST AUX
DIEUX
QUI LA FIRENT SI BELLE.
Allons , courage , ferme , exercez-
vous , caffez-vous la tête ſi
vous voulez ; vous ferez bien fins
ſi vous m'obligez à vous en dire
le veritable ſens .
Pour cet autre , il eſt plus aifé ,
&l'intention de M. de M **
qui en eſt l'Auteur , & qui l'apreſentéàſon
Maître & au nôtre, eſt
que tout le monde le life .
celui- ci par exemple , mais c'eſt
le Diable à deviner. Le voicy.
LA FAUTE EN EST AUX
DIEUX
QUI LA FIRENT SI BELLE.
Allons , courage , ferme , exercez-
vous , caffez-vous la tête ſi
vous voulez ; vous ferez bien fins
ſi vous m'obligez à vous en dire
le veritable ſens .
Pour cet autre , il eſt plus aifé ,
&l'intention de M. de M **
qui en eſt l'Auteur , & qui l'apreſentéàſon
Maître & au nôtre, eſt
que tout le monde le life .
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3705
p. 302-304
POST-FACE OU EPÎTRE DEDICATOIRE
Début :
A celles & ceux qui ont trouvé, trouvent & trouveront cet Ouvrage [...]
Mots clefs :
Ouvrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POST-FACE OU EPÎTRE DEDICATOIRE
POST- FACE
OU
EPITRE DEDICATOIRE
Acelles & ceux qui ont trouvé,
trouvent & trouveront cet Ouvragefade,
SALUT reverence.
Car eſt- il que l'uſage bien ou
mal établi a eſté de tout temps ,
GALANC . 303
deprevenir tous lifante ou lifans
par un anodin compliment , &
Couvent non ſans caufe.
Nous, convaincus de labonté ,
ſolidité , verité , utilité , & fublimité
de ce nôtre preſent ouvrage,
avons pris route toute contraire,
&demandons avec confiance aux
gentils& habiles connoiſſeurs les
remerciemens du preſent que
leur avons fait ſi précieux.
Mais comme le plus jutte s'abufe,&
qu'onques abufer ne voulons
de la credulité, complaifance , ou
vanité d'aucuns , qui le trouvant
fade , n'oferoient le dire , dans
la crainte qu'on ne les montra au
doigt , pour y avoir misleurs deniers
, celles ou ceux qui feront
affez mal - encontr'eux pour ſe
trouver dans l'un des trois cas
iront chez le Typographe ; illec
>
304 MERCURE
ils récupereront leur finance ,ſans
autre déduction que du ſixiéme
pour les fauxfrais du Bibliopole ,
àla charge toutefois , & non autrement
, qu'au dire de gens à ce
connoiflans , ils n'auront par la
lecture de cettuy ouvrage l'eſprit
plus orné qu'auparavant , & qu'ils
rapporteront le livre ſans corne,
tacheni macule.
Scripfie
OU
EPITRE DEDICATOIRE
Acelles & ceux qui ont trouvé,
trouvent & trouveront cet Ouvragefade,
SALUT reverence.
Car eſt- il que l'uſage bien ou
mal établi a eſté de tout temps ,
GALANC . 303
deprevenir tous lifante ou lifans
par un anodin compliment , &
Couvent non ſans caufe.
Nous, convaincus de labonté ,
ſolidité , verité , utilité , & fublimité
de ce nôtre preſent ouvrage,
avons pris route toute contraire,
&demandons avec confiance aux
gentils& habiles connoiſſeurs les
remerciemens du preſent que
leur avons fait ſi précieux.
Mais comme le plus jutte s'abufe,&
qu'onques abufer ne voulons
de la credulité, complaifance , ou
vanité d'aucuns , qui le trouvant
fade , n'oferoient le dire , dans
la crainte qu'on ne les montra au
doigt , pour y avoir misleurs deniers
, celles ou ceux qui feront
affez mal - encontr'eux pour ſe
trouver dans l'un des trois cas
iront chez le Typographe ; illec
>
304 MERCURE
ils récupereront leur finance ,ſans
autre déduction que du ſixiéme
pour les fauxfrais du Bibliopole ,
àla charge toutefois , & non autrement
, qu'au dire de gens à ce
connoiflans , ils n'auront par la
lecture de cettuy ouvrage l'eſprit
plus orné qu'auparavant , & qu'ils
rapporteront le livre ſans corne,
tacheni macule.
Scripfie
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3706
p. 304-305
Nouvelles des Spectacles. [titre d'après la table]
Début :
Il me reste un mot à vous dire des spectacles. L'Auteur de l'extrait [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles des Spectacles. [titre d'après la table]
Il me reſte un mot àvous dire
des ſpectacles . L'Auteur de l'extrait
hiſtorique dela Tragedie de
Marius n'auroit pas manquéd'en
donner la critique ce mois-ci, ſi la
chute malheureuſe & precipitée
de cette piece ne l'avoit pas
trompé , comme elle a trompé
tout le monde.
A l'Académie Royale deMuGALANT.
305
fique on a repreſenté le... dece
mois l'Opera de Theonoé , dont
la premiere repreſentation a foulevé
d'abord bien des gens, &excité
une grande rumeur ; la critique
en a montré les deffauts , les
Auteurs les ont corrigé le mieux
qu'ils ont pû , & la piece a repris.
Pour les habits , les decorations,
&tout le ſpectacle en general , on
ne peut imaginer rien de plus magnifique
,& c'eſt à l'attention de
Meſſieurs les Syndics que le Public
eſt redevable de l'éclat &du
bon ordre qu'il admire aujourd'hui
à l'Opera .
des ſpectacles . L'Auteur de l'extrait
hiſtorique dela Tragedie de
Marius n'auroit pas manquéd'en
donner la critique ce mois-ci, ſi la
chute malheureuſe & precipitée
de cette piece ne l'avoit pas
trompé , comme elle a trompé
tout le monde.
A l'Académie Royale deMuGALANT.
305
fique on a repreſenté le... dece
mois l'Opera de Theonoé , dont
la premiere repreſentation a foulevé
d'abord bien des gens, &excité
une grande rumeur ; la critique
en a montré les deffauts , les
Auteurs les ont corrigé le mieux
qu'ils ont pû , & la piece a repris.
Pour les habits , les decorations,
&tout le ſpectacle en general , on
ne peut imaginer rien de plus magnifique
,& c'eſt à l'attention de
Meſſieurs les Syndics que le Public
eſt redevable de l'éclat &du
bon ordre qu'il admire aujourd'hui
à l'Opera .
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3707
p. 307-308
FAUSSE MARINE.
Début :
Je ne sçay de quel droit j'ai établie dans mon dernier Journal une Marine [...]
Mots clefs :
Marine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FAUSSE MARINE.
FAUSSE MARINE .
Je ne ſçay de quel droit j'ai établie
dars mondernier Journal une Marine
en Bourgogne ;mais je vous avoueray
debonne foyque tous ceux qui ont lu
(
308 MERCURE
cet article , ont refuſé hautement leur
agrément à feu M. le Préſident du
Guay , pere de M. du Guay dont je
vous appris alors la mort , & à qui j'avois
jugé à propos d'en donner l'intendance
;peut-eſtre eſt ce parce qu'il
n'y eût jamais de Marine en cette Province
; fi c'eſt là leur raifon , elle eſt des
meilleures , & j'y ſouſcris d'autant plus
volontiers , que je ne croy pas que le
même feu M. du Guay , en quelque fituation
qu'il foit en l'autre monde foit
d'humeur de revenir en celuy- cy , pour
y exercer malgré eux une commiffion
extraordinaire que j'avois crû ne pouvoir
refuſer à ſes ſervices , & à ceux de
Meſſieurs ſes Enfans.
Je ne ſçay de quel droit j'ai établie
dars mondernier Journal une Marine
en Bourgogne ;mais je vous avoueray
debonne foyque tous ceux qui ont lu
(
308 MERCURE
cet article , ont refuſé hautement leur
agrément à feu M. le Préſident du
Guay , pere de M. du Guay dont je
vous appris alors la mort , & à qui j'avois
jugé à propos d'en donner l'intendance
;peut-eſtre eſt ce parce qu'il
n'y eût jamais de Marine en cette Province
; fi c'eſt là leur raifon , elle eſt des
meilleures , & j'y ſouſcris d'autant plus
volontiers , que je ne croy pas que le
même feu M. du Guay , en quelque fituation
qu'il foit en l'autre monde foit
d'humeur de revenir en celuy- cy , pour
y exercer malgré eux une commiffion
extraordinaire que j'avois crû ne pouvoir
refuſer à ſes ſervices , & à ceux de
Meſſieurs ſes Enfans.
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3708
p. 308-309
APOSTILLE.
Début :
Mr le Marquis de Caylus, Lieutenant General des Armées de S. M. C. [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE.
APOSTILLE•
Mr le Marquis de Caylus , Lieutenant
General des Armées de S. M. C.
forti du Royaume depuis pluſieurs années
pour ſe retirer en Espagne , où il
a fervi le Roy avec distinction , fat
ſe rendre les premiers jours de ce mois
à la Conciergerie , au ſujet du Duel
GALANT . 309
dont on l'avoit accuſé avec M. leChevalier
d'Auvergne , & en eſt forti le
12. aprés avoir eſté abſous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huit ans que cette affare eſt arrivée.
La Chambre des Comptes de Blois ,
qui eſt une des plus anciennes duRoïaume
par la création ,établie àl'inſtar de
celle de Paris ,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume , confirmée
par tous les Rois Prédeceſſeurs de Sa
Majesté, ayant deputé ſes Officiers
pour complimenter le Roy ſur ſon avenement.
àla Couronne le 6. Decembre
1715. ils ont eſté preſentez à Sa Majeſté
par M. le Comte de Sommery ,
Lieutenant General de la Province , &
introduits par M. Deſgranges , Maître
des Ceremonies.
Mr le Marquis de Caylus , Lieutenant
General des Armées de S. M. C.
forti du Royaume depuis pluſieurs années
pour ſe retirer en Espagne , où il
a fervi le Roy avec distinction , fat
ſe rendre les premiers jours de ce mois
à la Conciergerie , au ſujet du Duel
GALANT . 309
dont on l'avoit accuſé avec M. leChevalier
d'Auvergne , & en eſt forti le
12. aprés avoir eſté abſous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huit ans que cette affare eſt arrivée.
La Chambre des Comptes de Blois ,
qui eſt une des plus anciennes duRoïaume
par la création ,établie àl'inſtar de
celle de Paris ,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume , confirmée
par tous les Rois Prédeceſſeurs de Sa
Majesté, ayant deputé ſes Officiers
pour complimenter le Roy ſur ſon avenement.
àla Couronne le 6. Decembre
1715. ils ont eſté preſentez à Sa Majeſté
par M. le Comte de Sommery ,
Lieutenant General de la Province , &
introduits par M. Deſgranges , Maître
des Ceremonies.
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3709
p. 310
TABLE.
Début :
Beau début en vers de la façon de l'Aut. 3 Suite ingenieuse de son Prélude. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE
Eaudébut enVers de la f con de l'Aut. a
Suite ingenieuse defon Prélude.
Invitation aux Poëtes à faire l'éloge de Louis
leGrand.
Odefur lamortduRoy.
R
ود
26
Haranguefaite àMonseigneur le Duc d'Orleans
par M. de Montempuys , Recteur de l'Uni- 6
verſité 37
Prefacesur l'Histoire galante de l'Ambassadeur
dePerfe, que l'Auteur & prudemment divisée.
parChapitres. 427
Chap. I. Des évenements curieux qui ontpreceTABLE.
délàMiſſiondeMehemetRiza Beg enFrance.
48
Chap. II . Comment Mehemet Riza Beg fut
nommé par le Kan d'Erigan , Ambassadeur
de Perſe en France. 59
Chap. III . Comment Mehemet Riza Beg arriva
àMarseille , & ses beaux dits & gestes en
cette Ville. 74
Chap. IV. Suite du precedent Chapitre , & comment
Mehemet pourfendit un Cochon d'unseul
coup defon cimeterre. 91
Chap. V. Suite du Chapitre precedent , & de
quantité d'autres belles choses que fit &dit
Mehemet , jusqu'au jour qu'il fortit de Marfeille.
100
Chap. VI. Des avantures , disgraces & extravagances
fingulieres qui arriverent pendant le
Voyage deMehemet depuis Marseille jusqu'à
Lyon. 113
Etat des noms des Officiers de la Maison duRoy,
decelles deMadame la Ducheſſede Berry, de
Madame, deMonseigneur leDuc& deMadame
la Ducheße d'Orleans..
Nouvelles de Venise.
DeRome.
DeHambourg.
13 1I
177
183
191
De Vienne.
196
DeMadrid. 200
De Londres.. 207
DelaHaye. 213
DeParis. 215
TABLE.
DeS.Male.
Morts.
218
220
Lettre de confolation àMademoiselle de ***.
furla mortdefon oncle. 235
Il ne faut pas diſputer desgoûts. Nouvelle nouvelle
241
Mariages. 248
Chanjon. 269
Chapitredes Enigmes. 272
Etrenes d'une Dame à M. D*** . 276
Versà Madame V. 278
Sonnet fur l'abjuration d'une jeune Demoiselle.
281
AutreSonnet à lamême. 184
Madrigal à la même. 286
Avis important aux Muses qui negligent leurs
Perſonnes. 287
Differtation courte &sçavantefur lelangage des
Logogrifes. 288
Logogrife. 290
Historique& burlesque origine du Tric tracpar
M. de M**. 291
Nouvelles des Spectacles . 304
Trés-humbleRequesßeddee l'Auteur anx Lecteurs.
305
FausseMarine. 307
Apostille. 308
AutreApostille. 309
Eaudébut enVers de la f con de l'Aut. a
Suite ingenieuse defon Prélude.
Invitation aux Poëtes à faire l'éloge de Louis
leGrand.
Odefur lamortduRoy.
R
ود
26
Haranguefaite àMonseigneur le Duc d'Orleans
par M. de Montempuys , Recteur de l'Uni- 6
verſité 37
Prefacesur l'Histoire galante de l'Ambassadeur
dePerfe, que l'Auteur & prudemment divisée.
parChapitres. 427
Chap. I. Des évenements curieux qui ontpreceTABLE.
délàMiſſiondeMehemetRiza Beg enFrance.
48
Chap. II . Comment Mehemet Riza Beg fut
nommé par le Kan d'Erigan , Ambassadeur
de Perſe en France. 59
Chap. III . Comment Mehemet Riza Beg arriva
àMarseille , & ses beaux dits & gestes en
cette Ville. 74
Chap. IV. Suite du precedent Chapitre , & comment
Mehemet pourfendit un Cochon d'unseul
coup defon cimeterre. 91
Chap. V. Suite du Chapitre precedent , & de
quantité d'autres belles choses que fit &dit
Mehemet , jusqu'au jour qu'il fortit de Marfeille.
100
Chap. VI. Des avantures , disgraces & extravagances
fingulieres qui arriverent pendant le
Voyage deMehemet depuis Marseille jusqu'à
Lyon. 113
Etat des noms des Officiers de la Maison duRoy,
decelles deMadame la Ducheſſede Berry, de
Madame, deMonseigneur leDuc& deMadame
la Ducheße d'Orleans..
Nouvelles de Venise.
DeRome.
DeHambourg.
13 1I
177
183
191
De Vienne.
196
DeMadrid. 200
De Londres.. 207
DelaHaye. 213
DeParis. 215
TABLE.
DeS.Male.
Morts.
218
220
Lettre de confolation àMademoiselle de ***.
furla mortdefon oncle. 235
Il ne faut pas diſputer desgoûts. Nouvelle nouvelle
241
Mariages. 248
Chanjon. 269
Chapitredes Enigmes. 272
Etrenes d'une Dame à M. D*** . 276
Versà Madame V. 278
Sonnet fur l'abjuration d'une jeune Demoiselle.
281
AutreSonnet à lamême. 184
Madrigal à la même. 286
Avis important aux Muses qui negligent leurs
Perſonnes. 287
Differtation courte &sçavantefur lelangage des
Logogrifes. 288
Logogrife. 290
Historique& burlesque origine du Tric tracpar
M. de M**. 291
Nouvelles des Spectacles . 304
Trés-humbleRequesßeddee l'Auteur anx Lecteurs.
305
FausseMarine. 307
Apostille. 308
AutreApostille. 309
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3710
s. p.
« L'air doit regarder la page 269 [...] »
Début :
L'air doit regarder la page 269 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'air doit regarder la page 269 [...] »
L'air doit regarder la page 269
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3711
s. p.
« La Figure du Logogrife doit regarder la page 290 [...] »
Début :
La Figure du Logogrife doit regarder la page 290 [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Figure du Logogrife doit regarder la page 290 [...] »
La Figure du Logogrife doit regarder la page 290
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3712
p. 7-13
A Venise le 14. Décembre 1715.
Début :
M. Grimani continuë de refuser l'employ de Capitaine [...]
Mots clefs :
Capitaine général, République, Flotte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 14. Décembre 1715.
AVenise le 14. Decembre 1715.
M. Grimani continuë de
refuſer l'employ de Capitaine
General Il a preſenté un Memoire
fur ce ſujet qui doit être
porté dans trois Conſeils dif
ferens ,c'eſt à dire dans celuy
des Confeillers du Doge , &
A iiij
8 MERCURE
د
des troisChefs de la Quarantie
, dans celuy duCollege entier
, & enfin dans le Pregadi.
Ses excuſes ont déja été agrées
dans le premier de ces Conſeils.
Les ſentiments ont été
mi partis dans le deuxième
quoyque l'affaire yait étémiſe
deux fois en déliberation .
Quelque reſolution que l'ony
prenne , il paroît continuer
dans celle de ſe faire Ecclefiaftique
plûtôt que d'être forcéà
accepter cet employ , qu'il n'y
a point d'exemple que l'on ait
jamais refusé , mais c'eſt que
les affaires de la Republique
4
GALANT. و
étoientdans une ſituationbien
differente de celles où elle ſe
trouve preſentement . 1
M. Delphin n'a point écrit
à ſes Maîtres cette ſemaine ,
mais M. Piſani , General des
Iſſes , a mandé que ce Capitaine
General eſtoit parti le
dix- huit Octobre de Glimino
avec ſa Flotte pour aller vers
les Iſles de l'Archipel , dans la
vûë apparemment de tirer des
contributions de celles qui
ſont ſans deffenfe , & de tâ
cher de tirer quelque avantage
fur lesTures , s'il trouve leur
Flotte ſeparée , ainſi qu'il en
10 MERCURE
avoit receu quelques avis.
Quoyqu'il en ſoit , on luy reprochoitde
ce que lorſqu'elle
étoit unie , il n'entreprenoit
rien fur cette Flotte , & pre
ſentement qu'elle eſt ſeparée,
on craint qu'il ne luy arrive
quelque malheur.
Toutes les Garniſons qui
étoient dans les Places priſes
parCapitulation parles Turcs
font arrivées au Zante & à
Corfou , conſiſtant à 12. ou
15.00. hommes environ. Elles
y ont eſté tranſportées ſurdes
Bâtiments François .
Ondit àcette occaſion que
CALANT IF
les Turcs n'ont point pris
Parga; qu'ils avoient tenté de
le ſurprendre,mais que lesHabitants
s'eſtant deffendus vigoureuſement
, ils s'eſtoient
retirez de devant ce petit lieu.
Il arriva icy il y a quelques
jours deuxVaiſſeaux dela Florte
qui avoient eſté nolifez de
quelques Marchands &armez
enGuerre par la Republique
qui ne s'en ſervira plus . Il eſt
auſſi arrivé avant hier un autre
Vaiſſeau de Guerre nommé
la Ligue facrée ; il doit être
deſarmé , n'eſtant plus propre
pour naviger.
12 MERCURE
On attend icy inceffamment
M. le Comte de Schulembourg
qui eſt en contuma
ce au Lazaret de Verone. On
la luy fera achever dans une
Ifle des Langunes qui luy a été
preparée.
L'on a fait deux Traitez
pour la levée de isoo. hommes
,l'un avec le ComteNoftitz
, Lieutenant General , que
laRepublique prend àſon ſer.
vice , pour un Regiment de
1000. Polonnois ; & l'autre
avec M. de la Motte , au nom
duComte d'Enoff, pour soo.
de recruës du même Pays. On
GALANT. 13
ne fait pas cependant grand
fond fur l'arrivée de ces Trou
pes ,qu'il ſera difficile de conduire
icy.
M. Grimani continuë de
refuſer l'employ de Capitaine
General Il a preſenté un Memoire
fur ce ſujet qui doit être
porté dans trois Conſeils dif
ferens ,c'eſt à dire dans celuy
des Confeillers du Doge , &
A iiij
8 MERCURE
د
des troisChefs de la Quarantie
, dans celuy duCollege entier
, & enfin dans le Pregadi.
Ses excuſes ont déja été agrées
dans le premier de ces Conſeils.
Les ſentiments ont été
mi partis dans le deuxième
quoyque l'affaire yait étémiſe
deux fois en déliberation .
Quelque reſolution que l'ony
prenne , il paroît continuer
dans celle de ſe faire Ecclefiaftique
plûtôt que d'être forcéà
accepter cet employ , qu'il n'y
a point d'exemple que l'on ait
jamais refusé , mais c'eſt que
les affaires de la Republique
4
GALANT. و
étoientdans une ſituationbien
differente de celles où elle ſe
trouve preſentement . 1
M. Delphin n'a point écrit
à ſes Maîtres cette ſemaine ,
mais M. Piſani , General des
Iſſes , a mandé que ce Capitaine
General eſtoit parti le
dix- huit Octobre de Glimino
avec ſa Flotte pour aller vers
les Iſles de l'Archipel , dans la
vûë apparemment de tirer des
contributions de celles qui
ſont ſans deffenfe , & de tâ
cher de tirer quelque avantage
fur lesTures , s'il trouve leur
Flotte ſeparée , ainſi qu'il en
10 MERCURE
avoit receu quelques avis.
Quoyqu'il en ſoit , on luy reprochoitde
ce que lorſqu'elle
étoit unie , il n'entreprenoit
rien fur cette Flotte , & pre
ſentement qu'elle eſt ſeparée,
on craint qu'il ne luy arrive
quelque malheur.
Toutes les Garniſons qui
étoient dans les Places priſes
parCapitulation parles Turcs
font arrivées au Zante & à
Corfou , conſiſtant à 12. ou
15.00. hommes environ. Elles
y ont eſté tranſportées ſurdes
Bâtiments François .
Ondit àcette occaſion que
CALANT IF
les Turcs n'ont point pris
Parga; qu'ils avoient tenté de
le ſurprendre,mais que lesHabitants
s'eſtant deffendus vigoureuſement
, ils s'eſtoient
retirez de devant ce petit lieu.
Il arriva icy il y a quelques
jours deuxVaiſſeaux dela Florte
qui avoient eſté nolifez de
quelques Marchands &armez
enGuerre par la Republique
qui ne s'en ſervira plus . Il eſt
auſſi arrivé avant hier un autre
Vaiſſeau de Guerre nommé
la Ligue facrée ; il doit être
deſarmé , n'eſtant plus propre
pour naviger.
12 MERCURE
On attend icy inceffamment
M. le Comte de Schulembourg
qui eſt en contuma
ce au Lazaret de Verone. On
la luy fera achever dans une
Ifle des Langunes qui luy a été
preparée.
L'on a fait deux Traitez
pour la levée de isoo. hommes
,l'un avec le ComteNoftitz
, Lieutenant General , que
laRepublique prend àſon ſer.
vice , pour un Regiment de
1000. Polonnois ; & l'autre
avec M. de la Motte , au nom
duComte d'Enoff, pour soo.
de recruës du même Pays. On
GALANT. 13
ne fait pas cependant grand
fond fur l'arrivée de ces Trou
pes ,qu'il ſera difficile de conduire
icy.
Fermer
3713
p. 13-17
A Livourne le 7. Decembre 1715.
Début :
M. le Duc de Masse est mort il y a trois jours d'une [...]
Mots clefs :
Roi, Notables, Grand Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Livourne le 7. Decembre 1715.
ALivourne le 7.Decembre 1715 .
2
M. le Duc de Maſſe eſt
mort il y a trois jours d'une
pleureſie , àune de ſes maiſons
de campagne ,prés de Piſe , où
il a été embaumé & conduit
de-là à Mafle,pour y être inhumédans
le Tombeau de ſes
Ancêtres . Le Prince fon frere
cader marié depuis ſept à huit
mois, fuccede àtous fesbiens.
14 MERCURE
Le Roy de Portugal a écrit
auGrand Duc& luy a donné
la qualité d' Alteſſe Royale que
luy & le feu Roy ſon pere luy
avoient conteſtée juſques àce
jour :cette Majeſté doit venir
par terre en Italie , ſur un voeu
qu'elle a fait dans ſa maladie ,
de viſiter , en cas deguériſon ,
Noſtre Dame de Lorette ; &
elle a , dit on , reſolu de paſſer
quelque temps à Florence,
Cette Ville a veu pendant le
Regne de ce Grand Duc , un
autre Roy voyageur ,& a été
viſitée par un grand nombre
de Princes . LeNonceduPape
6
GALANT. IS
qui eſt à Lisbonne , doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
LeGrand Ducayant affemblé
les Notables de ſes Etats
pour aviſer aux moyens de le.
ver 400. mille écus Florentins
qui enfont soo. mille deFrance
, qu'il diloit avoir emprunté
pour ſubvenir aux derniers
fubfides qu'il a fournià l'Empereur
, ou luyêtre neceſſaires
pourd'autres rembourſemens;
ces Notables ont , aprés pluſicurs
mois d'union , refolu
d'emprunter 320 mille écus ,
pour ſeureré dufonddeſquels
16 MERCURE
T & des interêts à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
ſera impoſé par chaque livre
du mauvais ſel qui ſe vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols ,& chaque pain blanc de
trois onces , un liard , ce qui
produira présde so. milleécus
chaque année : on dit que le
Grand Duc qui s'eſt bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife , licu auquel les
Grands Ducs, àcauſede ladou.
ceur de l'air , avoient accoûtumez
de les venir paſſerss'y rendra
dans le mois prochain. Le
ſicur del Vigna quia été longtemps
:
GALANT. 17
temps en Hollande en qualité
de Marchand , a efté nommé
àl'importanteChatgede Provediteur
de cette Doüane ,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendant denôtreFrance.
2
M. le Duc de Maſſe eſt
mort il y a trois jours d'une
pleureſie , àune de ſes maiſons
de campagne ,prés de Piſe , où
il a été embaumé & conduit
de-là à Mafle,pour y être inhumédans
le Tombeau de ſes
Ancêtres . Le Prince fon frere
cader marié depuis ſept à huit
mois, fuccede àtous fesbiens.
14 MERCURE
Le Roy de Portugal a écrit
auGrand Duc& luy a donné
la qualité d' Alteſſe Royale que
luy & le feu Roy ſon pere luy
avoient conteſtée juſques àce
jour :cette Majeſté doit venir
par terre en Italie , ſur un voeu
qu'elle a fait dans ſa maladie ,
de viſiter , en cas deguériſon ,
Noſtre Dame de Lorette ; &
elle a , dit on , reſolu de paſſer
quelque temps à Florence,
Cette Ville a veu pendant le
Regne de ce Grand Duc , un
autre Roy voyageur ,& a été
viſitée par un grand nombre
de Princes . LeNonceduPape
6
GALANT. IS
qui eſt à Lisbonne , doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
LeGrand Ducayant affemblé
les Notables de ſes Etats
pour aviſer aux moyens de le.
ver 400. mille écus Florentins
qui enfont soo. mille deFrance
, qu'il diloit avoir emprunté
pour ſubvenir aux derniers
fubfides qu'il a fournià l'Empereur
, ou luyêtre neceſſaires
pourd'autres rembourſemens;
ces Notables ont , aprés pluſicurs
mois d'union , refolu
d'emprunter 320 mille écus ,
pour ſeureré dufonddeſquels
16 MERCURE
T & des interêts à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
ſera impoſé par chaque livre
du mauvais ſel qui ſe vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols ,& chaque pain blanc de
trois onces , un liard , ce qui
produira présde so. milleécus
chaque année : on dit que le
Grand Duc qui s'eſt bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife , licu auquel les
Grands Ducs, àcauſede ladou.
ceur de l'air , avoient accoûtumez
de les venir paſſerss'y rendra
dans le mois prochain. Le
ſicur del Vigna quia été longtemps
:
GALANT. 17
temps en Hollande en qualité
de Marchand , a efté nommé
àl'importanteChatgede Provediteur
de cette Doüane ,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendant denôtreFrance.
Fermer
3714
p. 17-30
A Rome le 2. Decembre 1715.
Début :
Puisque vous voulez bien excuser la sécheresse des Nouvelles de [...]
Mots clefs :
Cardinal, Gouverneur, Empereur, Cérémonie, Ambassadeur, Sa Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 2. Decembre 1715.
ARome le 2. Decembre 1715 .
Puiſque vous voulez bien
excuſer la ſéchereſſe des Nouvelles
deces quartiers , je continuëde
vous en écrire ,& voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire
Dimanche dernier l'Ambaffadeur
del'Empereur fit chan-
Janvier 1716 . B
18 MERCURE
ter une Meſſe folemnelle dans
l'Eglise del Anima , en l'honneur
de S. Charles, dont l'Empereur
porte le nom. Ce Miniſtre
y aſſiſta en ceremonie,
Il y cût ce jour-là une nombreuſe
ſuite de Prelats & de
Seigneurs , & M.le Vicegerent
celebra la Meſſe. L'Ambaffadeur
donna enſuiteun ſuperbe
repas à tout fon cortege
& aux Miniſtres des Couronnes
. Un Prince Palermitan , de
la Maiſon Fornari , ſo rrouva
à ce repas. Il avoit place à table
immediatement aprés les
Ambaſſadeurs. On dit qu'il ſe
GALANT او
plaint fort du Gouvernement
preſent de Sicile ,&que les ſujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde ſa retraite
en cetteCour......
M. Maſſei , Echanſon de
Sa Sainteté , lequel a porté la
calote auCardinal de Biſſy , eſt
de retour en cette Ville , où il
faitvoir le beau diamantdont
cette Eminence luy a fait prefent.
Le Pere Salerne , Jeſuite ,
qui fuivit M. le Cardinal Albani
dans ſa Nonciature d'Allemagne
, ſera , dit, on , envoïé
inceflamment à la Cour de Po
Bij
20 MERCURE
logne , de la part de Sa Sainteté
, pour donner la derniere
main à l'ouvrage de la converſion
à la Religion Catholique
du Prince Electoral de
Saxe.
M. Orlandi , Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape , mourut ces jours pal
fez. Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Maric en Traſtevere ,
dont il eſtoit pourvû .
Lundy aprés midy le Pape
revint de Caſtel Gandolfe en
bonne ſanté. Unegrande partie
du Sacré College fut au
GALANT 21
devant de luy à S Jean de Latran
Il y avoit auſſi beaucoup
deNobleſſe. Les Gardes àche
val&lesCuiraſſiers ſe trouverent
là , & le conduifirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambaſladeur de
l'Empereur revenant de l'Egliſe
del Anima avec tout fon
cortege, unCocher du Cardinal
Aſtalli eût l'imprudence de
traverſer avec ſon carroffe la
filede ceux de ce Miniftre ; &
quoique le Maiſtre deChambrede
ce Cardinal, qui ſe trouve
abſent , en ait fait des excuſes
, que même il ait congedié
22 MERCURE
leCocher, on aflûre neanmoins
que l'Ambaſſadeur n'eſt point
encore fatisfait.
eft
On a ſçû que M. Imperiali
qui eſt allé à Genes pour ſes
affaires particulieres , courant
la poſte de Montefiafcone ,
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne , les
chevaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prelat par un
bonheur fingulier n'a cu aucun
mal , quoyque ſa Caleche ait
eſté fracaffée ; mais le Poſtillon
a eſté tué avec un de ſes che-
Vaux.
Le ſieur Vicentini , neveu
GALANC. 23
de M. le Nonce qui eſt à Naples
, mourut Lundy de fievre
maligne, dans la vingt quatrié.
me année de ſon âge. Il eſtoit
Gentilhomme de l'Ambaſſadeur
de l'Empereur : Ce Miniſtre
luy a fait faire des ob-
Séques àl'Ara- Cæli , & a vou
lu que tous ſes Gentilshommes
aſſiſtaſſent à la grande Meffe
quia eſté celebrée pour le repos
de l'ame du deffunt leur Confrere
, a
Sa. Sainteté toûjours attentive
au ſoulagement de ſes
Peuples , a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée ſur les
:1
24 MERCURE
Huiles,dont la difette eſtgrande
à Rome: cela va à fix Jules
pour chaque baril On efpere
1 par- là d'engager les Marchands
å en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, ſelon la coûtume
, Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point aſſiſté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté eſt toûjours incommodée
de ſon rhume & un peu
affoiblie ; Elle ſe ménagebeau
coup , & continuë de garder
la chambre. Le
GALANT. 25
Le Cardinal Tanara eſt arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Legation d'Urbin ; ily avoit
douze ans qu'il la gouvernoit.
M. Rotta,Gouverneur de
Viterbe, ayant refufé d'obéïr
à certains ordres de la Con.
fulte , a eſté appellé icy ad correctionem.
La Ceremonie Baptifmale
de la fille aînéeduDucdeFiano
ſe fit la ſemaine paſſée avec
beaucoup de magnificence : il
s'y trouva douzeCardinaux. Le
CardinalAquaviva qui baptiſa
l'enfant luy fit preſent de la
Croix qu'il avoit au col ; le
Janvier 1716. C
26 MERCURE
CardinalOttobon luy donna
aufli un Acuron de diamants
de la valeur de plus demille
écus.
M. Cibo eſt parti en poſte
pour ſe rendre à Sienne &s'aboucher
avec ſon frere le ca
det,qui par la mort duDuc de
Maſſa ſuccede à ce Duché.
C'eſt pour regler entre eux le
partagedes biens que leurMaifon
poffede.
M. Daſtea cu avis quetrois
Gateres de cotErat , aprés une
furicule bouraſque , ſe trou
voient àMeffine ,&une autre
àBaya proche Naples.
GALANT. 27
Le Gouverneur de Rome
defirant d'eſtre éclairci ſur cer.
caines particularitez , donna
ordre de mettre en priſon le
DoyendeMonſignoreConti,
Evêque de Terracine, frere du
Cardinal Conti ; mais cette
Eminence ayant pris vivement
lachoſe, empêcha que ceDomeſtique
entrât en priſon , il
fut ſeulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'eſpacede fix heures , pour y
attendre les ordres du Palais ,
qui furent que ce Doyen ſeroit
relâché ; cependant ce
} Cardinal n'ayant pû recevoir
Cij
28 MERCURE
fatisfaction du Gouverneur ,
qui allegue pour raiſon queles
Archers ont pris la fuite , a cu
recours à l'Ambaſſadeur de
Portugal ,qui auffiroſt envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faite à la perſonnede ſon Roy
en celle de Protecteur de fes
Royaumes.On prétend qu'ila
eſté répondu qu'on donneroit
toute forte de ſatisfactions
convenables.
زا
La jeune Marquiſe Macarani
, Dame fort fpirituelle ,
ayant eu quelque different avec
leMarquis fonmary, fans dire
GALANT . 29
mot à perſonne , s'en fut toute
ſeule un de ces jours de ſa maifon
, & alla trouver le Pere
Diez , Religieux de l'Ordre de
Citeaux ,homme fort exemplaire.
Ce Pere n'ayant pûengager
la Dame à retourner
avec ſon mary , & la voyant
reſoluë de s'arrêter chez luy ,
fut en informer le Gouverneur
, qui ayant envoyéappeller
le mary , fit ſi bien qu'il les
reconcilia enſemble,& s'eſtant
luy-même tranſporté chez le
Religieux , qui demeure dans
une maiſon particuliere , l'Ordre
de Citeaux n'ayant point
Ciij
30 MERCURE
deConvent en cette Ville , fit
retourner la Dame à ſonlogis.
: Dom Charles Albani & fon
Epouſe revinrent Vendredy
de la femaine paffée en cette
Ville. On dit qu'ils ont eſté à
Milan incognito voir le Comte
Charles Borromée , frere de la
femme.
- Le frere du Comte Julien ,
Agent des Cantons Catholiques
en cetteVille , ayant perdu
le reſpect à Monſignore
Mollara , Commiſſaire des Armes
, n'a eu que trois jours
pour ſe retirer de tout l'Etat
Eccleſiaſtique.
Puiſque vous voulez bien
excuſer la ſéchereſſe des Nouvelles
deces quartiers , je continuëde
vous en écrire ,& voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire
Dimanche dernier l'Ambaffadeur
del'Empereur fit chan-
Janvier 1716 . B
18 MERCURE
ter une Meſſe folemnelle dans
l'Eglise del Anima , en l'honneur
de S. Charles, dont l'Empereur
porte le nom. Ce Miniſtre
y aſſiſta en ceremonie,
Il y cût ce jour-là une nombreuſe
ſuite de Prelats & de
Seigneurs , & M.le Vicegerent
celebra la Meſſe. L'Ambaffadeur
donna enſuiteun ſuperbe
repas à tout fon cortege
& aux Miniſtres des Couronnes
. Un Prince Palermitan , de
la Maiſon Fornari , ſo rrouva
à ce repas. Il avoit place à table
immediatement aprés les
Ambaſſadeurs. On dit qu'il ſe
GALANT او
plaint fort du Gouvernement
preſent de Sicile ,&que les ſujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde ſa retraite
en cetteCour......
M. Maſſei , Echanſon de
Sa Sainteté , lequel a porté la
calote auCardinal de Biſſy , eſt
de retour en cette Ville , où il
faitvoir le beau diamantdont
cette Eminence luy a fait prefent.
Le Pere Salerne , Jeſuite ,
qui fuivit M. le Cardinal Albani
dans ſa Nonciature d'Allemagne
, ſera , dit, on , envoïé
inceflamment à la Cour de Po
Bij
20 MERCURE
logne , de la part de Sa Sainteté
, pour donner la derniere
main à l'ouvrage de la converſion
à la Religion Catholique
du Prince Electoral de
Saxe.
M. Orlandi , Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape , mourut ces jours pal
fez. Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Maric en Traſtevere ,
dont il eſtoit pourvû .
Lundy aprés midy le Pape
revint de Caſtel Gandolfe en
bonne ſanté. Unegrande partie
du Sacré College fut au
GALANT 21
devant de luy à S Jean de Latran
Il y avoit auſſi beaucoup
deNobleſſe. Les Gardes àche
val&lesCuiraſſiers ſe trouverent
là , & le conduifirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambaſladeur de
l'Empereur revenant de l'Egliſe
del Anima avec tout fon
cortege, unCocher du Cardinal
Aſtalli eût l'imprudence de
traverſer avec ſon carroffe la
filede ceux de ce Miniftre ; &
quoique le Maiſtre deChambrede
ce Cardinal, qui ſe trouve
abſent , en ait fait des excuſes
, que même il ait congedié
22 MERCURE
leCocher, on aflûre neanmoins
que l'Ambaſſadeur n'eſt point
encore fatisfait.
eft
On a ſçû que M. Imperiali
qui eſt allé à Genes pour ſes
affaires particulieres , courant
la poſte de Montefiafcone ,
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne , les
chevaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prelat par un
bonheur fingulier n'a cu aucun
mal , quoyque ſa Caleche ait
eſté fracaffée ; mais le Poſtillon
a eſté tué avec un de ſes che-
Vaux.
Le ſieur Vicentini , neveu
GALANC. 23
de M. le Nonce qui eſt à Naples
, mourut Lundy de fievre
maligne, dans la vingt quatrié.
me année de ſon âge. Il eſtoit
Gentilhomme de l'Ambaſſadeur
de l'Empereur : Ce Miniſtre
luy a fait faire des ob-
Séques àl'Ara- Cæli , & a vou
lu que tous ſes Gentilshommes
aſſiſtaſſent à la grande Meffe
quia eſté celebrée pour le repos
de l'ame du deffunt leur Confrere
, a
Sa. Sainteté toûjours attentive
au ſoulagement de ſes
Peuples , a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée ſur les
:1
24 MERCURE
Huiles,dont la difette eſtgrande
à Rome: cela va à fix Jules
pour chaque baril On efpere
1 par- là d'engager les Marchands
å en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, ſelon la coûtume
, Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point aſſiſté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté eſt toûjours incommodée
de ſon rhume & un peu
affoiblie ; Elle ſe ménagebeau
coup , & continuë de garder
la chambre. Le
GALANT. 25
Le Cardinal Tanara eſt arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Legation d'Urbin ; ily avoit
douze ans qu'il la gouvernoit.
M. Rotta,Gouverneur de
Viterbe, ayant refufé d'obéïr
à certains ordres de la Con.
fulte , a eſté appellé icy ad correctionem.
La Ceremonie Baptifmale
de la fille aînéeduDucdeFiano
ſe fit la ſemaine paſſée avec
beaucoup de magnificence : il
s'y trouva douzeCardinaux. Le
CardinalAquaviva qui baptiſa
l'enfant luy fit preſent de la
Croix qu'il avoit au col ; le
Janvier 1716. C
26 MERCURE
CardinalOttobon luy donna
aufli un Acuron de diamants
de la valeur de plus demille
écus.
M. Cibo eſt parti en poſte
pour ſe rendre à Sienne &s'aboucher
avec ſon frere le ca
det,qui par la mort duDuc de
Maſſa ſuccede à ce Duché.
C'eſt pour regler entre eux le
partagedes biens que leurMaifon
poffede.
M. Daſtea cu avis quetrois
Gateres de cotErat , aprés une
furicule bouraſque , ſe trou
voient àMeffine ,&une autre
àBaya proche Naples.
GALANT. 27
Le Gouverneur de Rome
defirant d'eſtre éclairci ſur cer.
caines particularitez , donna
ordre de mettre en priſon le
DoyendeMonſignoreConti,
Evêque de Terracine, frere du
Cardinal Conti ; mais cette
Eminence ayant pris vivement
lachoſe, empêcha que ceDomeſtique
entrât en priſon , il
fut ſeulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'eſpacede fix heures , pour y
attendre les ordres du Palais ,
qui furent que ce Doyen ſeroit
relâché ; cependant ce
} Cardinal n'ayant pû recevoir
Cij
28 MERCURE
fatisfaction du Gouverneur ,
qui allegue pour raiſon queles
Archers ont pris la fuite , a cu
recours à l'Ambaſſadeur de
Portugal ,qui auffiroſt envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faite à la perſonnede ſon Roy
en celle de Protecteur de fes
Royaumes.On prétend qu'ila
eſté répondu qu'on donneroit
toute forte de ſatisfactions
convenables.
زا
La jeune Marquiſe Macarani
, Dame fort fpirituelle ,
ayant eu quelque different avec
leMarquis fonmary, fans dire
GALANT . 29
mot à perſonne , s'en fut toute
ſeule un de ces jours de ſa maifon
, & alla trouver le Pere
Diez , Religieux de l'Ordre de
Citeaux ,homme fort exemplaire.
Ce Pere n'ayant pûengager
la Dame à retourner
avec ſon mary , & la voyant
reſoluë de s'arrêter chez luy ,
fut en informer le Gouverneur
, qui ayant envoyéappeller
le mary , fit ſi bien qu'il les
reconcilia enſemble,& s'eſtant
luy-même tranſporté chez le
Religieux , qui demeure dans
une maiſon particuliere , l'Ordre
de Citeaux n'ayant point
Ciij
30 MERCURE
deConvent en cette Ville , fit
retourner la Dame à ſonlogis.
: Dom Charles Albani & fon
Epouſe revinrent Vendredy
de la femaine paffée en cette
Ville. On dit qu'ils ont eſté à
Milan incognito voir le Comte
Charles Borromée , frere de la
femme.
- Le frere du Comte Julien ,
Agent des Cantons Catholiques
en cetteVille , ayant perdu
le reſpect à Monſignore
Mollara , Commiſſaire des Armes
, n'a eu que trois jours
pour ſe retirer de tout l'Etat
Eccleſiaſtique.
Fermer
3715
p. 31-40
Suite des Nouvelles de Rome.
Début :
Dimanche, jour de l'Anniversaire du Couronnement du Pape, il [...]
Mots clefs :
Cardinal, Rome, Palais, Empereur, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Rome.
Suite des Nouvelles de Rome.
Dimanche , jour de l'Anniverſaire
du Couronnement du
Pape , il y eut , felon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y aſſiſta
point. Elle évite toûjours , autant
qu'ellepeut, les fonctions
pour tâcher de rétablir parfaitement
ſa ſanté.
4 L'Ambaſſadeur de l'Empereur
ayant envoyé dire au Car .
dinalOttobon qu'il ſouhaitoit
de le viſiter pour le congraruler
ſur l'heureux accouche
Ciiij
32 MERCURE
ment de la Ducheſſe de Fiano ,
fon Eminence ne put recevoir
ſa viſite , ſe trouvant alors fur
le point de fortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano ;
mais ce Cardinal envoya faire
ſes excuſes à l'Ambaſſadeur ,
qui pour comble d'honnêteté
expedia à l'inſtant fon Maître
de Chambre pour aller faire
ce compliment de ſa part dans
la maiſon duDuc de Fiano , où
ſon Eminence le reçut ; & en
fortant le Maistre de Chambre
laiſſa à la fale une bonne quan-.
tité d'écus d'or pour étrenes
aux Domestiques.
1
GALANT. 33
L'Abbé Perlas , frere duSecretaire
des Dépêches de l'Empereur
, eſt arrivé de Vienne
encetteCour. Sa Majesté Imperiale
l'a nommé à l'Archevêché
de Brindeſi , ſitué dans le
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait preparer
un Appartement dans le
Conventde S. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII . le Cardinal Corſini
eſtant alors Threſorier , fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoit avancé
, avec un peu trop de confiance
, à un certain Zinaghi ,
34 MERCURE
alors Miniſtre des Galeres de
cet Etat, qui manqua& quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'inſtance de ce Cardinal , a
deſtiné uneCongregation de
dix Prelats pour reconnoiſtre
fi ſon Eminence pouvoit avoir
l'appel au Tribunal de laRote;
dela Sentence qu'il remporta ;
ce qui a cité refolu par ladite
Congregation enfaveur de ce
Cardinal. Quelques Sbirres
ayant eu la hardieſſe de paffer
derriere le Palais de l'Ambas
fadeur de Portugal , furent
furpris par les Domeſtiques de
fon Excellence & chargez à
CALANT. 35
coupsde bâtons juſques ſous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali , où ils ſe
fauverent.
Pareillement les Gardes du
la
Palais d'Eſpagne pourſuivirent
l'autre jour , les armes à
main , pluſieurs Sbirres qui
paſſoient dans la Place ; mais la
nuit ſuivante , par ordre du
Gouverneur , une quantité de
Sbirres ſe poſterent devantce
Palais, apparemment parvengeance
de ce qui eſtoit arrivé
le même jour : neanmoins les
Gardes,n'ayant point paru ,
cela n'a cu aucune fuite fa
cheufe.
36 MERCURE
2. On a publié & affiché trois
nouveaux& tres longs Moni.
toires touchant les affaires de
Sicile ; l'on voit par ces nouvelles
cenſures que l'aigreur&
l'animoſité augmentent tou
jours...
i Dernierement l'Ambaffadeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
un autre de la Maiſon
Tunghen. Le dîner fini , fon
Excellence ſe retira & les laiſſa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du different
entr'eux & ſe donnerent un
défi. Auſſi tôt aprés ilsmonteGALANC.
37
rent en carroffe pour aller fe
battre hors de Rome.: L'Ambafladeur
en ayant eſté averti ,
ſe tranſporta fur le lieu ; &
aprés leur avoir fait faire la
paix,les ramena au logis
On prétend que l'Evêché
deCitta di Caſtello eſt deſtiné
àM. Canzacchinoki
an Le pere de M. Paffionci eſt
fortmécontentde ce quel'on
n'a donné à ſon fils que la
Charge d'Inquifiteur deMalthe.
Il ſe recrice fortement làdeffus
, difant qu'aprés avoir
dépenſé plusde 25. mille écus
pour le faite briller aux Con-
2.
38 MERCURE
grezde la Paix d'Utrech & de
Bade, il luy eſt bien ſenſible
de le voir fi mal recompenfe.
M. le Gouverneur deRome
envoya au Cardinal Conti &
àM.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque forte d'excuſe fur
l'emprisonnement du Decan
dont on a parlé dans leslavis
precedents ; mais ce Gentilhomme
n'a eſté receu ni du
Cardinal , ni du Prelat
L'AbbéScarlatti , Miniſtre
du Duc de Bavidre en cette
Cour,fut dernierement trouver
le Cardinal Doyen pour
GALAND. 39
د
Juy repreſenter ,dela part de
fon Maiſtre , le defir qu'avoit
Son Alteffe, que dans les Lettres
que le Sacré College luy
écrit , toute la ſouſcription
fût de la main des Cardinaux ,
& particulierement de ſon
Eminence , qui a coûtume de
faire mettre l'affectionatiffimo
fervitore de la main du Secretaire.
Le Cardinal irrité d'une
pareille inſtance , réponditque
le Duc de Baviere devoit ſe
contenter duceremonial dont
il ſe ſervoit luy-même à l'é
gard des Cardinaux ,& que fi
celane le fatisfaifoit point , il
M zolg
40 MERCURE
ne luy écriroit pas davantage.
Je ne ſçay comment , en bon
François , on peut nommer
une pareille réponſe.
Dimanche , jour de l'Anniverſaire
du Couronnement du
Pape , il y eut , felon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y aſſiſta
point. Elle évite toûjours , autant
qu'ellepeut, les fonctions
pour tâcher de rétablir parfaitement
ſa ſanté.
4 L'Ambaſſadeur de l'Empereur
ayant envoyé dire au Car .
dinalOttobon qu'il ſouhaitoit
de le viſiter pour le congraruler
ſur l'heureux accouche
Ciiij
32 MERCURE
ment de la Ducheſſe de Fiano ,
fon Eminence ne put recevoir
ſa viſite , ſe trouvant alors fur
le point de fortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano ;
mais ce Cardinal envoya faire
ſes excuſes à l'Ambaſſadeur ,
qui pour comble d'honnêteté
expedia à l'inſtant fon Maître
de Chambre pour aller faire
ce compliment de ſa part dans
la maiſon duDuc de Fiano , où
ſon Eminence le reçut ; & en
fortant le Maistre de Chambre
laiſſa à la fale une bonne quan-.
tité d'écus d'or pour étrenes
aux Domestiques.
1
GALANT. 33
L'Abbé Perlas , frere duSecretaire
des Dépêches de l'Empereur
, eſt arrivé de Vienne
encetteCour. Sa Majesté Imperiale
l'a nommé à l'Archevêché
de Brindeſi , ſitué dans le
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait preparer
un Appartement dans le
Conventde S. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII . le Cardinal Corſini
eſtant alors Threſorier , fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoit avancé
, avec un peu trop de confiance
, à un certain Zinaghi ,
34 MERCURE
alors Miniſtre des Galeres de
cet Etat, qui manqua& quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'inſtance de ce Cardinal , a
deſtiné uneCongregation de
dix Prelats pour reconnoiſtre
fi ſon Eminence pouvoit avoir
l'appel au Tribunal de laRote;
dela Sentence qu'il remporta ;
ce qui a cité refolu par ladite
Congregation enfaveur de ce
Cardinal. Quelques Sbirres
ayant eu la hardieſſe de paffer
derriere le Palais de l'Ambas
fadeur de Portugal , furent
furpris par les Domeſtiques de
fon Excellence & chargez à
CALANT. 35
coupsde bâtons juſques ſous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali , où ils ſe
fauverent.
Pareillement les Gardes du
la
Palais d'Eſpagne pourſuivirent
l'autre jour , les armes à
main , pluſieurs Sbirres qui
paſſoient dans la Place ; mais la
nuit ſuivante , par ordre du
Gouverneur , une quantité de
Sbirres ſe poſterent devantce
Palais, apparemment parvengeance
de ce qui eſtoit arrivé
le même jour : neanmoins les
Gardes,n'ayant point paru ,
cela n'a cu aucune fuite fa
cheufe.
36 MERCURE
2. On a publié & affiché trois
nouveaux& tres longs Moni.
toires touchant les affaires de
Sicile ; l'on voit par ces nouvelles
cenſures que l'aigreur&
l'animoſité augmentent tou
jours...
i Dernierement l'Ambaffadeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
un autre de la Maiſon
Tunghen. Le dîner fini , fon
Excellence ſe retira & les laiſſa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du different
entr'eux & ſe donnerent un
défi. Auſſi tôt aprés ilsmonteGALANC.
37
rent en carroffe pour aller fe
battre hors de Rome.: L'Ambafladeur
en ayant eſté averti ,
ſe tranſporta fur le lieu ; &
aprés leur avoir fait faire la
paix,les ramena au logis
On prétend que l'Evêché
deCitta di Caſtello eſt deſtiné
àM. Canzacchinoki
an Le pere de M. Paffionci eſt
fortmécontentde ce quel'on
n'a donné à ſon fils que la
Charge d'Inquifiteur deMalthe.
Il ſe recrice fortement làdeffus
, difant qu'aprés avoir
dépenſé plusde 25. mille écus
pour le faite briller aux Con-
2.
38 MERCURE
grezde la Paix d'Utrech & de
Bade, il luy eſt bien ſenſible
de le voir fi mal recompenfe.
M. le Gouverneur deRome
envoya au Cardinal Conti &
àM.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque forte d'excuſe fur
l'emprisonnement du Decan
dont on a parlé dans leslavis
precedents ; mais ce Gentilhomme
n'a eſté receu ni du
Cardinal , ni du Prelat
L'AbbéScarlatti , Miniſtre
du Duc de Bavidre en cette
Cour,fut dernierement trouver
le Cardinal Doyen pour
GALAND. 39
د
Juy repreſenter ,dela part de
fon Maiſtre , le defir qu'avoit
Son Alteffe, que dans les Lettres
que le Sacré College luy
écrit , toute la ſouſcription
fût de la main des Cardinaux ,
& particulierement de ſon
Eminence , qui a coûtume de
faire mettre l'affectionatiffimo
fervitore de la main du Secretaire.
Le Cardinal irrité d'une
pareille inſtance , réponditque
le Duc de Baviere devoit ſe
contenter duceremonial dont
il ſe ſervoit luy-même à l'é
gard des Cardinaux ,& que fi
celane le fatisfaifoit point , il
M zolg
40 MERCURE
ne luy écriroit pas davantage.
Je ne ſçay comment , en bon
François , on peut nommer
une pareille réponſe.
Fermer
3716
p. 40-54
Suite des Nouvelles de Venise.
Début :
Messieurs les Ambassadeurs Extraordinaires de Venise pour France ont demandé [...]
Mots clefs :
Guerre, Général, Hommes, Troupes, Ambassadeurs, Roi, Officiers, Sénat, Campagne, Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Venise.
Suite des Nouvelles de Venise.
Meſſieurs les Ambaſſadeurs
ExtraordinairesdeVeniſe pour
France ont demandé des Pafſeports
du Roy , ſéparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point enſemble.
31 M. Lando qui fut nommé
Samedy dernier à l'Ambaſſade
ordinaire de France , paroift
peu diſpoſé à accepter cet employ.
Μ.
GALANT 41
M. le General Delphin a
écrit au Senat pour luy rendre
un compte general de tout ce
qui s'eſt paſſe dans la derniere
Campagne ; & aprés avoir fait
voir que les mauvais fuccés de
cette Campagne provenoient
dumanque où il a été de toutes
les chofes neceffaires pour faire
la guerre , il a conclud par la
permiſſion qu'il demande de ſe
retirer du ſervice.
M. le General Emo a auffi
écrit cette ſemaine au Senat
pour l'informer que les Turcs
continuoient à faire des préparatifs
immenfes pour le Prin-
Janvier 1716 .
D
42 MERCURE
temps prochain , & qu'il y
avoit lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
fur la Dalmatic.
- M. de Schulembourg refuſe
de ſe renfermer dans une
Place,&demande les Troupes
que l'on dit luy eſtre deſtinées,
il afait preſenter un Memoire
fur ce ſujet au Senat.
LeTraité pour les trois mille
hommes de Wirtemberg eft
rompu ſur le refus que les
Officiers& les Soldats ont fait
de ſervir en Levant ; declarant
que pluſtoſt que d'y aller , ils
eſtoient réfolus de quitter le
GALANT. 43
1
ſervice. Le Senatdépêcha Jeudy
un Courrier à l'Ambaffadeur
deVeniſe à Vienne , pour
tâcher d'engager l'Empereur
à preffer le Duc de Wirtemberg
d'executer ſon Traité.
Le Tribunal des Inquifiteurs
d'armée a commencé d'exercer
ſes fonctions. Il a déja fait
appofer dans le Palais de S.
Marcune pierre en forme de
trone , avec une inſcription
pour avertir d'y jetter tous les
avis ou denonciations ſecretes
contre les Officiers & aurres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendant la Cam-
Dij
44 MERCURE
pagne de 1715. Il a auffi fair
afficher dans tous les endroits
des Placards pour exciter tous
ceux qui ſçauront quelque
choſe de le venir teveler , Icur
promettant de garder le ſecret.
3
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chaſteaux
fituez à l'embouchure des trois
parts de cette Ville& dans les
Langunes ; & M. Erizzo a eſté
élû pour avoir l'inſpection ſur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Mare , pour amaſſer de l'arGALANT
45
gent pour les dépenſes extraordinairesde
laguerre: Julques
à preſent on en a bien peu ,&
le nombredes Troupes eſt pareillement
bien foible pour
pouvoir s'oppoſer aux entrepriſes
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la Republique en la
place de M. Delphin , qui mêmea
déja eſté rappellé ; mais il
perfiſte àdemander qu'on le
mette en état de s'oppoſer aux
entrepriſes des Turcs laCampagne
prochaine.
M. le Comte de Schulem46
MERCURE
bourg qui eft arrivé icy Di
manche dernier , fait les mêmes
inſtances , connoiffant
qu'un General ne peut l'eftre
ſans Troupes :ondonne àl'un
&à l'autre des eſperances ſur
ce ſujet , mais juſqu'à preſent
il eſt difficile de voir ſur quoy
elles font fondées ,&quelque
deſavantageuſeque puiffe être
laPaix avec lesTurcs , dans la
conjoncture preſente , elle le
ſera encore moins que la continuation
d'une guerre qu'il eſt
tout à fait impoffible de ſoû.
tenir.
M. Memo qui eft revenu
GALANT. 47
1
de Conſtantinople , a parlé à
peu prés dans ce fens dansun
des derniers Pregadis . Il a fait
voir la neceflité de conclure
cette Paix à quelque prix que
ce ſoit ,ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que cePrince
veüille exiger de la Republique;
mais laderniere Ligue
qui amis cet Etat dans la foibleſſe
où il ſe trouve , quoyqu'aprés
de grandes conquêtes
, acheveroit preſentement
de le détruire , ſi on en faiſoit
une nouvelle. Il paroiſt en effet
que le ſentiment general
48 MERCURE
eſtde faire la Paix.
M Memo voulut , à cette
occafion , justifier la conduite
de M. Delphin. Les eſprits
eſtoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'ilen
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambaſſadeurs Ex.
traordinaires pour la France
ont cu ordre , par de certaines
raiſons , de ſe tenir preſts à
partir dans le mois de Février ;
on parle même d'élire aujourd'huy
un Ambaſſadeur ordinaire
pour refider auprés du
Roy. Je crois cependant que
cette élection ſera remife.
Les
GALANT. 49
à
Les Vaſſeaux de guerre la
Ligue ſacrée de 54. pieces de
canons ,& la Croix rouge de
80. pieces , ont eſté renvoyez
Veniſe, àcauſe que leur vieilleſſe
nepermettoit pas que l'on
pût s'en ſervir. Le premier eft
heureuſement entré dans ce
Port ,Dimanche. Le ſecond a
fait naufrage Mardy ſur la
coſteàdeux licuës d'icy , aïant
eſtébattud'une furicuſe tempeſte
pendant deux jours , ſans
que l'on aye pû pendant ce
tems là luydonner du ſecours,
les ondes empêchant les autres
Baſtiments d'en approcher.Le
Janvier 1716 .
E
so
MERCURE
1
Capitaine la fait échoüer fur
le fable, ce qui adonné moïen
de ſauver soo. perfonnes tant
Mariniers que Paffagers , 18.
autres ont eſté noyées dans le
Vaiſſeau ; elles eſtoient fi malades
qu'elles n'ont pû fortir de
leur lit pour monter ſur le
Pont. Le nouveau Receveur
de Malthe & le nouveau Refident
d'Angleterre font arrivez
icy.
On a fait trois Inquifiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville , pour
examiner la conduite que tous
les Commandants & Officiers
GALANT. SE
÷
ont tenuë pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traité avec M. le Comte de
Schulembourg , pour la levée
de 6000. hommes Saxons. La
ſituation preſente des affaires
du Roy Auguſte en Pologne
donne licu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
fes vieilles Troupes , & que
celles qu'il envoyera aux Venitiens
ne pourront eſtre que
nouvelles levées: elles feront
ainſi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens , qui
font dans une épouvante qui
E ij
52 MERCURE
*
ne ſe peut exprimer à l'occafion
des conqueſtes que les
Turesy ont faites.
Le Duc de Wirtembergs'eſt
excuſé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'eſtoit engagé
de fournir au Senat ſur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de ſervir dans le Levant
; on a expedié un Courrier
à Vienne pour porter l'Em- .
pereur àfaire changer cePrince
de fentiment , mais il y a peu
d'eſperance que l'on y puiſſe
réüdir .
Le General Delphin eſt retourné
de Zantes à Corfou
GALANT . 53
1
,
avec toute fa Flotte ; elle a
fouffert dans ce petit trajet une
tempête furicuſe qui a fort endommagé
les baſtimens.
Joubliois de vous dire
Monfieur , que le Senat conclut
encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ; je doute qu'ily puiffe
fitoft réüffir : on a vendu icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas fi
facilement des acheteurs pour
l'acquifition des Procuraties
vieilles , & de quelques autres
Elij
54 MERCURE
biens publics.
M. Lando paroiſt toûjours
peu difpofé d'accepter l'Ambaffade
ordinaire de France.
Les Ambaſſadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
Meſſieurs les Ambaſſadeurs
ExtraordinairesdeVeniſe pour
France ont demandé des Pafſeports
du Roy , ſéparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point enſemble.
31 M. Lando qui fut nommé
Samedy dernier à l'Ambaſſade
ordinaire de France , paroift
peu diſpoſé à accepter cet employ.
Μ.
GALANT 41
M. le General Delphin a
écrit au Senat pour luy rendre
un compte general de tout ce
qui s'eſt paſſe dans la derniere
Campagne ; & aprés avoir fait
voir que les mauvais fuccés de
cette Campagne provenoient
dumanque où il a été de toutes
les chofes neceffaires pour faire
la guerre , il a conclud par la
permiſſion qu'il demande de ſe
retirer du ſervice.
M. le General Emo a auffi
écrit cette ſemaine au Senat
pour l'informer que les Turcs
continuoient à faire des préparatifs
immenfes pour le Prin-
Janvier 1716 .
D
42 MERCURE
temps prochain , & qu'il y
avoit lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
fur la Dalmatic.
- M. de Schulembourg refuſe
de ſe renfermer dans une
Place,&demande les Troupes
que l'on dit luy eſtre deſtinées,
il afait preſenter un Memoire
fur ce ſujet au Senat.
LeTraité pour les trois mille
hommes de Wirtemberg eft
rompu ſur le refus que les
Officiers& les Soldats ont fait
de ſervir en Levant ; declarant
que pluſtoſt que d'y aller , ils
eſtoient réfolus de quitter le
GALANT. 43
1
ſervice. Le Senatdépêcha Jeudy
un Courrier à l'Ambaffadeur
deVeniſe à Vienne , pour
tâcher d'engager l'Empereur
à preffer le Duc de Wirtemberg
d'executer ſon Traité.
Le Tribunal des Inquifiteurs
d'armée a commencé d'exercer
ſes fonctions. Il a déja fait
appofer dans le Palais de S.
Marcune pierre en forme de
trone , avec une inſcription
pour avertir d'y jetter tous les
avis ou denonciations ſecretes
contre les Officiers & aurres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendant la Cam-
Dij
44 MERCURE
pagne de 1715. Il a auffi fair
afficher dans tous les endroits
des Placards pour exciter tous
ceux qui ſçauront quelque
choſe de le venir teveler , Icur
promettant de garder le ſecret.
3
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chaſteaux
fituez à l'embouchure des trois
parts de cette Ville& dans les
Langunes ; & M. Erizzo a eſté
élû pour avoir l'inſpection ſur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Mare , pour amaſſer de l'arGALANT
45
gent pour les dépenſes extraordinairesde
laguerre: Julques
à preſent on en a bien peu ,&
le nombredes Troupes eſt pareillement
bien foible pour
pouvoir s'oppoſer aux entrepriſes
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la Republique en la
place de M. Delphin , qui mêmea
déja eſté rappellé ; mais il
perfiſte àdemander qu'on le
mette en état de s'oppoſer aux
entrepriſes des Turcs laCampagne
prochaine.
M. le Comte de Schulem46
MERCURE
bourg qui eft arrivé icy Di
manche dernier , fait les mêmes
inſtances , connoiffant
qu'un General ne peut l'eftre
ſans Troupes :ondonne àl'un
&à l'autre des eſperances ſur
ce ſujet , mais juſqu'à preſent
il eſt difficile de voir ſur quoy
elles font fondées ,&quelque
deſavantageuſeque puiffe être
laPaix avec lesTurcs , dans la
conjoncture preſente , elle le
ſera encore moins que la continuation
d'une guerre qu'il eſt
tout à fait impoffible de ſoû.
tenir.
M. Memo qui eft revenu
GALANT. 47
1
de Conſtantinople , a parlé à
peu prés dans ce fens dansun
des derniers Pregadis . Il a fait
voir la neceflité de conclure
cette Paix à quelque prix que
ce ſoit ,ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que cePrince
veüille exiger de la Republique;
mais laderniere Ligue
qui amis cet Etat dans la foibleſſe
où il ſe trouve , quoyqu'aprés
de grandes conquêtes
, acheveroit preſentement
de le détruire , ſi on en faiſoit
une nouvelle. Il paroiſt en effet
que le ſentiment general
48 MERCURE
eſtde faire la Paix.
M Memo voulut , à cette
occafion , justifier la conduite
de M. Delphin. Les eſprits
eſtoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'ilen
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambaſſadeurs Ex.
traordinaires pour la France
ont cu ordre , par de certaines
raiſons , de ſe tenir preſts à
partir dans le mois de Février ;
on parle même d'élire aujourd'huy
un Ambaſſadeur ordinaire
pour refider auprés du
Roy. Je crois cependant que
cette élection ſera remife.
Les
GALANT. 49
à
Les Vaſſeaux de guerre la
Ligue ſacrée de 54. pieces de
canons ,& la Croix rouge de
80. pieces , ont eſté renvoyez
Veniſe, àcauſe que leur vieilleſſe
nepermettoit pas que l'on
pût s'en ſervir. Le premier eft
heureuſement entré dans ce
Port ,Dimanche. Le ſecond a
fait naufrage Mardy ſur la
coſteàdeux licuës d'icy , aïant
eſtébattud'une furicuſe tempeſte
pendant deux jours , ſans
que l'on aye pû pendant ce
tems là luydonner du ſecours,
les ondes empêchant les autres
Baſtiments d'en approcher.Le
Janvier 1716 .
E
so
MERCURE
1
Capitaine la fait échoüer fur
le fable, ce qui adonné moïen
de ſauver soo. perfonnes tant
Mariniers que Paffagers , 18.
autres ont eſté noyées dans le
Vaiſſeau ; elles eſtoient fi malades
qu'elles n'ont pû fortir de
leur lit pour monter ſur le
Pont. Le nouveau Receveur
de Malthe & le nouveau Refident
d'Angleterre font arrivez
icy.
On a fait trois Inquifiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville , pour
examiner la conduite que tous
les Commandants & Officiers
GALANT. SE
÷
ont tenuë pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traité avec M. le Comte de
Schulembourg , pour la levée
de 6000. hommes Saxons. La
ſituation preſente des affaires
du Roy Auguſte en Pologne
donne licu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
fes vieilles Troupes , & que
celles qu'il envoyera aux Venitiens
ne pourront eſtre que
nouvelles levées: elles feront
ainſi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens , qui
font dans une épouvante qui
E ij
52 MERCURE
*
ne ſe peut exprimer à l'occafion
des conqueſtes que les
Turesy ont faites.
Le Duc de Wirtembergs'eſt
excuſé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'eſtoit engagé
de fournir au Senat ſur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de ſervir dans le Levant
; on a expedié un Courrier
à Vienne pour porter l'Em- .
pereur àfaire changer cePrince
de fentiment , mais il y a peu
d'eſperance que l'on y puiſſe
réüdir .
Le General Delphin eſt retourné
de Zantes à Corfou
GALANT . 53
1
,
avec toute fa Flotte ; elle a
fouffert dans ce petit trajet une
tempête furicuſe qui a fort endommagé
les baſtimens.
Joubliois de vous dire
Monfieur , que le Senat conclut
encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ; je doute qu'ily puiffe
fitoft réüffir : on a vendu icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas fi
facilement des acheteurs pour
l'acquifition des Procuraties
vieilles , & de quelques autres
Elij
54 MERCURE
biens publics.
M. Lando paroiſt toûjours
peu difpofé d'accepter l'Ambaffade
ordinaire de France.
Les Ambaſſadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
Fermer
3717
p. 56-69
De Melilla, c'est une Ville d'Afrique, depuis long-temps (comme Ceuta) assiegée par les Mores.
Début :
Du 5. Decembre 1715. Le 9. du mois passé un [...]
Mots clefs :
Maures, Ennemis, Camp, Mines, Ennemi, Travail, Tranchée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Melilla, c'est une Ville d'Afrique, depuis long-temps (comme Ceuta) assiegée par les Mores.
DeMelilla, c'est une Ville d'Afrique
, depuis long-temps
( comme Ceuta ) affiegée
par les Mores.
Du 5. Decembre 1715 .
Le 9. du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hospital fortit
pour ſe rendre à Malaga ; fur
le ſoir on fit embarquer les
deux Mores de confiance pour
les mettre à terre , afin qu'ils
rapportaſſent des nouvelles du
Camp ennemi ; & en même-
:
GALANT. 57
1
temps on apprit qu'on entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler ; cela fut cauſe
que le Sergent Major de la
Place reſta plus de trois heures
de la nuit à la tefte des mines ,
&aprés il fut changé par le
Gouverneur qui y mit l'Ingenieur
qui y demeura juſqu'à
dix heures du matin ; il enten
dit les Mores qui continuoient
le même travail ; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel ১
Le ro au matin on entendit
dans les mines que les
58 MERCURE
Mores travailloient en pluſieurs
endroits ; c'eſt ce qui fait
croirequ'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un
chemin pour un autre , mais
nous continuons toûjours
noſtre même travail , perſuadez
qu'il eſt le meilleur.
Le 11. aumatin un homme
de la tranchéequi avoit la voix
fort groſſe , demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaiſſeau
chargé de vin , de biscuits &
de fufils; ce Navire venoit à
1
GALANT. 59
cette Place avec 25. foldats
& deux femmes ; celuy qui
l'entendit luy répondit , pourquoy
ne prenez vous pas auffi
ce Fort , à quoy il luy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place , & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcalde
eſtoit allé à Meguinez .
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent,
&ils confirmerent la priſe de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcalde à Meguinez,
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp ſept échelles fort longues
& fort larges , & capa60
MERCURE
bles de monter trois hommes
defront.
On n'a pas pû apporter icy
de Boeufs ny de Moutons , ce
qui eſt fort triſte pour les malades
de cette Place; la mine
que nous fimes ſauter le 23 .
d'Octobre n'a fait périr que fix
perſonnes& autant debleſſez.
Le 13. au matin on vit un
Ingenieur avec un inſtrument
à la main , à la teſte de la tranchée
la plus proche du Fort S,
Michel , qui regardoit du haut
en bas du parapet , meſurant
&jettant de temps en temps
avec la main des pierres pour
GALANT. 61
indiquer la distance du travail;
il étoit accompagné du General
de l'Armée &de pluſieurs
Negres. :
Le 14. voyant que l'ennemi
continuoit toûjours ſon
travail pour venir par - deſſous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S. Michel , on a chargé
la huitiéme mine avec quinze
barils de poudre.
Le 15. au matin on partagea
nos Troupes en pluſieurs
corps ; & comme ce mouvement
ne s'eſt pas pû faire fans
eſtre vû des ennemis qui do
62 MERCURE
minent fur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées , croyant que les
affiegez vouloient faire quelque
fortie ſur eux , & ils ont
retiré leurs travailleurs des mines;&
nous autres n'ayant rien
entendu , nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter .
* Le 16 on entendit l'ennemi
qui travailloit ſousterre , auffitoſton
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores fur le
foir eſtant venu reconnoiſtre
les chevaux de Friſfe qui deffenr
GALANT. 63
dent la Place, ils furent furpris ;
il y en eût un qui ſe ſauva, &
P'autre fut bleſſe ; il cria qu'on
ne le tuâ point , & qu'il diroit
cequiſe paſſoit dans le Camp ;
eequifit qu'on le porta à l'Hôpital,
où il fut penſé: Il declara
que la derniere mine
avoit beaucoup tuéde monde ,
&qu'elle cauſoit une grande
conſternationdans le camp, &
il mourut deux heures aprés .
Le 17. au matin les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More bleffé amenerent un
Etendart de Paix , ce que nous
fimes de noſtre coſté ; ils dirent
64 MERCURE
que fi nous avions le More,
nous leur ferions beaucoup de
plaisir de le leur rendre mort
ou vif; on l'alla chercher à
'Hôpital , & on le leur envoïa
au camp : pendant ce tems les
Mores estoient fur leurs tran
chées &nous fur le parapetde
laPlace ,& on ſe parloit :ce qui
fut deplus extraordinaire, c'eſt
que les Soldats ennemis reffem.
bloient à des Religieux par
P'habillement. :
Le 18. 19. 20.desMores
deterepent leurs tuozipar la
mine : 910
Le 21.22.23. & 24. chacun
GALANT . 65
:
cun continua le même travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande peſche
à la vûë des Ennemis , ce qui a
eſté d'un grand ſecours pour la
Garniſon. LesChevaux deFriſe
nous furent en cette occafion
tres-utiles , parce que les planches
fur lesquelles ils font
cloüez ſervirent de remparts
aux Matelots qui peſchoient.
Le 25. 26. & 27. les Ennemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais préſumant
que cela cachoit quelque deffein
nous apperçumes qu'ils
continuoient leurs mines de-
Janvier 1716.
F
66 MERCURE
vers faint Michel , & nous
nous avons continué noſtre paralelle
où nous les attendions .
Le 28. & le 29. on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements ; on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines ,
ils font un autre travail au-delàde
la riviere deOro ducoſté
du Fort S. Laurent', où ils efperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 200. Mores
à pied , avec 400. à cheval ,
d'un air fort audacieux , avec
des drapeaux rouges , ce qui
GALANT 67
E
marque de la joye , veritablement
ils venoient pour folem-
Rifer la fin de leurCareſme qui
commença hier la nuit , & ils
vouloient feſter leur Pâques
qui commence aujourd'huy.
Lorſqu'ils virent la nouvelle
Lune ils firent ungrand bruit ,
ce qui nous obligea à tirer fur
cux.
Il pleut icy depuis huit
jours , quoyqu'il en ſoit , les
Mores ſe maintiennent dans
leurs tranchées , ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fufil de temps en
temps ,avec des cris ,& des
Fij
68 MERCURE
hurlemens horribles .
Nos deux Mores confidents
, fortirent il y a huit
jours , & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à ſept licües
d'icy du canon& des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza .
Depuis il eſt arrivé un More
de la tranchée dans la Place ,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza , eit prefentement
au Camp ,&qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours , ce qui nous a eſté confirmé
par un More d'Oranqui
vient de Miguenez , qui doit
paffer en Eſpagne pour voir
GALANT. 69
ſon frere , nous travaillons à
nous mettre en deffenſe de
tous coſtez , c'eſt à dire autant
que nous pouvons.
Du 28. dudit mois.
Nous avons icy beaucoup
detravail , parce que le Siege
devient ſerieux , nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers ,
commela Place eſt petite , ils
deſoleront tout avec les
pierres.
, depuis long-temps
( comme Ceuta ) affiegée
par les Mores.
Du 5. Decembre 1715 .
Le 9. du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hospital fortit
pour ſe rendre à Malaga ; fur
le ſoir on fit embarquer les
deux Mores de confiance pour
les mettre à terre , afin qu'ils
rapportaſſent des nouvelles du
Camp ennemi ; & en même-
:
GALANT. 57
1
temps on apprit qu'on entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler ; cela fut cauſe
que le Sergent Major de la
Place reſta plus de trois heures
de la nuit à la tefte des mines ,
&aprés il fut changé par le
Gouverneur qui y mit l'Ingenieur
qui y demeura juſqu'à
dix heures du matin ; il enten
dit les Mores qui continuoient
le même travail ; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel ১
Le ro au matin on entendit
dans les mines que les
58 MERCURE
Mores travailloient en pluſieurs
endroits ; c'eſt ce qui fait
croirequ'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un
chemin pour un autre , mais
nous continuons toûjours
noſtre même travail , perſuadez
qu'il eſt le meilleur.
Le 11. aumatin un homme
de la tranchéequi avoit la voix
fort groſſe , demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaiſſeau
chargé de vin , de biscuits &
de fufils; ce Navire venoit à
1
GALANT. 59
cette Place avec 25. foldats
& deux femmes ; celuy qui
l'entendit luy répondit , pourquoy
ne prenez vous pas auffi
ce Fort , à quoy il luy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place , & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcalde
eſtoit allé à Meguinez .
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent,
&ils confirmerent la priſe de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcalde à Meguinez,
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp ſept échelles fort longues
& fort larges , & capa60
MERCURE
bles de monter trois hommes
defront.
On n'a pas pû apporter icy
de Boeufs ny de Moutons , ce
qui eſt fort triſte pour les malades
de cette Place; la mine
que nous fimes ſauter le 23 .
d'Octobre n'a fait périr que fix
perſonnes& autant debleſſez.
Le 13. au matin on vit un
Ingenieur avec un inſtrument
à la main , à la teſte de la tranchée
la plus proche du Fort S,
Michel , qui regardoit du haut
en bas du parapet , meſurant
&jettant de temps en temps
avec la main des pierres pour
GALANT. 61
indiquer la distance du travail;
il étoit accompagné du General
de l'Armée &de pluſieurs
Negres. :
Le 14. voyant que l'ennemi
continuoit toûjours ſon
travail pour venir par - deſſous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S. Michel , on a chargé
la huitiéme mine avec quinze
barils de poudre.
Le 15. au matin on partagea
nos Troupes en pluſieurs
corps ; & comme ce mouvement
ne s'eſt pas pû faire fans
eſtre vû des ennemis qui do
62 MERCURE
minent fur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées , croyant que les
affiegez vouloient faire quelque
fortie ſur eux , & ils ont
retiré leurs travailleurs des mines;&
nous autres n'ayant rien
entendu , nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter .
* Le 16 on entendit l'ennemi
qui travailloit ſousterre , auffitoſton
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores fur le
foir eſtant venu reconnoiſtre
les chevaux de Friſfe qui deffenr
GALANT. 63
dent la Place, ils furent furpris ;
il y en eût un qui ſe ſauva, &
P'autre fut bleſſe ; il cria qu'on
ne le tuâ point , & qu'il diroit
cequiſe paſſoit dans le Camp ;
eequifit qu'on le porta à l'Hôpital,
où il fut penſé: Il declara
que la derniere mine
avoit beaucoup tuéde monde ,
&qu'elle cauſoit une grande
conſternationdans le camp, &
il mourut deux heures aprés .
Le 17. au matin les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More bleffé amenerent un
Etendart de Paix , ce que nous
fimes de noſtre coſté ; ils dirent
64 MERCURE
que fi nous avions le More,
nous leur ferions beaucoup de
plaisir de le leur rendre mort
ou vif; on l'alla chercher à
'Hôpital , & on le leur envoïa
au camp : pendant ce tems les
Mores estoient fur leurs tran
chées &nous fur le parapetde
laPlace ,& on ſe parloit :ce qui
fut deplus extraordinaire, c'eſt
que les Soldats ennemis reffem.
bloient à des Religieux par
P'habillement. :
Le 18. 19. 20.desMores
deterepent leurs tuozipar la
mine : 910
Le 21.22.23. & 24. chacun
GALANT . 65
:
cun continua le même travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande peſche
à la vûë des Ennemis , ce qui a
eſté d'un grand ſecours pour la
Garniſon. LesChevaux deFriſe
nous furent en cette occafion
tres-utiles , parce que les planches
fur lesquelles ils font
cloüez ſervirent de remparts
aux Matelots qui peſchoient.
Le 25. 26. & 27. les Ennemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais préſumant
que cela cachoit quelque deffein
nous apperçumes qu'ils
continuoient leurs mines de-
Janvier 1716.
F
66 MERCURE
vers faint Michel , & nous
nous avons continué noſtre paralelle
où nous les attendions .
Le 28. & le 29. on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements ; on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines ,
ils font un autre travail au-delàde
la riviere deOro ducoſté
du Fort S. Laurent', où ils efperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 200. Mores
à pied , avec 400. à cheval ,
d'un air fort audacieux , avec
des drapeaux rouges , ce qui
GALANT 67
E
marque de la joye , veritablement
ils venoient pour folem-
Rifer la fin de leurCareſme qui
commença hier la nuit , & ils
vouloient feſter leur Pâques
qui commence aujourd'huy.
Lorſqu'ils virent la nouvelle
Lune ils firent ungrand bruit ,
ce qui nous obligea à tirer fur
cux.
Il pleut icy depuis huit
jours , quoyqu'il en ſoit , les
Mores ſe maintiennent dans
leurs tranchées , ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fufil de temps en
temps ,avec des cris ,& des
Fij
68 MERCURE
hurlemens horribles .
Nos deux Mores confidents
, fortirent il y a huit
jours , & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à ſept licües
d'icy du canon& des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza .
Depuis il eſt arrivé un More
de la tranchée dans la Place ,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza , eit prefentement
au Camp ,&qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours , ce qui nous a eſté confirmé
par un More d'Oranqui
vient de Miguenez , qui doit
paffer en Eſpagne pour voir
GALANT. 69
ſon frere , nous travaillons à
nous mettre en deffenſe de
tous coſtez , c'eſt à dire autant
que nous pouvons.
Du 28. dudit mois.
Nous avons icy beaucoup
detravail , parce que le Siege
devient ſerieux , nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers ,
commela Place eſt petite , ils
deſoleront tout avec les
pierres.
Fermer
3718
p. 70-82
RELATION de ce qui s'est passé au Caire depuis le 17. Septembre 1715. jusqu'au 24. dudit mois.
Début :
Depuis la mort de Caïtas Beg grand Tefterdar, & Chef [...]
Mots clefs :
Hommes, Troupes, Abdi Pacha, Ibrahim Bey, Janissaires, Caire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé au Caire depuis le 17. Septembre 1715. jusqu'au 24. dudit mois.
RELATION
de ce qui s'est paffé au Caire
depuis le 17. Septembre1715.
jusqu'au 24. dudit mois.
Depuis la mort de Caïtas
Bog grand Tefterdar , & Chef
du party de Sade , qui avoit
pris la reſolution de détruire
celuy d'Aran qui eſtoit en faveur
d'Abdy Pacha , & d'Ibrahim
Bey . Le premier eſtant
informé de ſes mouvements
fecrets , luy oſtala Charge de
grand Tefterdar . Comme il
continuoit à lever des trouGALANT.
71
1
pes fecrettement pour fortifier
fon party , le Pacha prit
ledeſſein de le faire perir ,il le
fit poignarder en ſa prefence,
&le fit jetter par une fenêtre,
au * Carameydan , où il eſtoit:
Mehemet Bey , fa Creature ,
Kaa Abdullah , cy- devant
Bacha Chaous , Olman Bey,
Aflan Caya , Bekir Odabachi
& quelques autres Puiffances
de leur parti , refuferent d'obéïr
au commandement du
Pacha , qui vouloit les exiler.
pour s'en défaire plus facilement.
Ils ſe fortifierent dans
*Placepublique.
72
MERCURE
leurs maiſons ,dhommes ,de
munitions de guerre & de
bouche. Ils corrompirent à
force d'argent tout ce qu'ils
purent des Janiſſaires & d'autres
, & firent cinq ou fix cens
hommes chacun des meilleures
troupes du Caire. Le Pacha
ne jugea pas à propos de
les faire attaquer , il ſe fortifia
de ſon coſté de troupes ,
&gagna une partie des ſept
milices par l'entremiſe d'Ibrahim
Bey ; il vouloit les laiſſer
conſommer à petit feu dans
leurs maiſons : ces derniers s'en
eſtant apperçus formerentune
confpiration
GALANT. 73
conſpiration le 17. de ce mois
contre Ibrahim Bey , & contre
les principaux de ſon party
, ils refolurent de faire affaffiner
Ibrahim Bey en allant
auChaſteau , avec Ismaël Bey
qui eſt un des plus puiſſants
Seigneurs de l'Egypte , & de
depoſer le Pacha. Ibrahim
Bey ayant découvert cette
conſpiration , & ayant eſté
averti que quelques-uns des
plus hardis du party de Sade ,
s'eſtoient poſtez dans une ruë
pour l'affaffiner , en allant au
Chaſteau, pafla par un autre
endroit , pour avertir le Pacha
Janvier 1716.
G
74 MERCURE
de ce qui ſe paſſoit ; comme
l'affaire devenoit ſericuſe , il
fit aſſembler un Divan general
, & aprés avoir remontré
les deſordres auſquels on étoit
expoſé , il fut reſolu que l'on
fommeroit pour la derniere
fois , Mehemet Bey , Kiaa
Abdallah ,& les principaux de
leur party , de comparoiſtre
auDivan , qu'autrement ils ſeroient
declarez rebelles au
Grand Seigneur , ce qu'ils refuferent
de faire ,& prirent le
partide ſe preſenter à la porte
des Janiſſaires , ayant réſolu la
nuit du 18, de ſe ſaiſir de la
GALANT . 75
porte des Janiffaires , & de
faire affaffiner en mêmetemps
Cherif HuffeinCaya en charge
des Janiſlaires , & Belacha
Odaba
Odabachi en charge , qui
étoient les deux Chefs de cet
Odgeak, ce qui fut executé.
Ils ſe rendirent les maiſtres de
la porte , ayant fait entrer environ400.
de leurs meilleures
troupes ; le Pacha en ayant
eſté informé , fit avertir Ibrahim
Bey ,& tous ceux de ſon
party, qui font le Saboundgi,
Kedek Mehemet , Ismaël Bey,
qui firent prendredans lemoment
les armes à leurs trou-
Gij
76 MERCURE
ce
pes ,& ſe ſaiſirent de toutes
les avenuës , pour empêcher
le ſecours que Mahomet Bey
pourroit leur envoyer
dernier n'ayant pas voulu fortir
de ſa maiſon. Ibrahim Bey
donna ordre à un de ſes Agas
de ſe fortifier dans ſon Palais,
où il fit jetter 600. hommes,
avec ordre d'attaquer en même
temps Mehemet Bey dans
le fien ce qu'il fit le 20.
Mehemet Bey voyant qu'il ne
pouvoit ſecourir ceux qui
eſtoient dans le Chaſteau des
Janiſſaires qui estoient bloquez
de toutes parts , n'ayant
,
GALANT 7177
pris aucune précaution pour
y faire porter des vivres , ſe
trouva fort intrigué , & lors
qu'il apprit le 20. que la pluſpart
des Janiſſaires de ceux de
fon parti , ſe precipitoient des
murailles , qu'on les arreſtoit,
&que le Pacha les faifoit mettre
en pieces , comme rebelles
aux ordresdu Grand Seigneur,
il prit le parti de ſe ſauver le
21. une heure avant le jour ;
Kiaa Abdallah , & Bequir O
dabachi , ſe voyant abandonnez
de leurs plus fidelles troupes
, prirent auſſi le parti de
ſe faire deſcendre avec des
P
Giij
78 MERCURE
cordes , dans un endroit qui
eſtoit le moins obſervé;Kiaa
Abdallah trouva le moyende
ſe ſauver à la faveur de la nuit,
Bequir Odabachi tomba entre
les mains de ſes ennemis , la
Pacha luy fit couper la teſte ,
& ayant eſté informé qu'il ne
reſtoit dans le Chaſteau qu'environ
Iso. Janiffaires , avec
Naſſouf Caya , Kara Ilmaël ,
& Affan Caya , cy - devant
grand Doüanier , il prit le parti
de mettre ſon Caya à la tête
de huit cens hommes choifis
, pour les forcer dans le
Chafſteau , il fit ſapper la mu-
(
.
GALANT9
raille par trois endroits , ils y
entrerent le ſabre à la main,
&firent main baſſe ſur tout
ce qu'ils trouverent fans aucune
reſiſtance , il fit couper
la teſte à ſes trois principaux
Chefs ; le Pacha y entra
dans cette entrefaite , &
s'eſtant rendu maiſtre du
Chaftean , il fut victorieux ,
il crea en même temps Jedik
Mehemet Caya en Charge ,
&Moustafa Bochnac , creatured'Ibrahim
Bey ,pourBachodabachi
, & ordonna en même
temps de paſſer au fil de l'épée
tous ceux qu'ils trouveroient
G iiij
80 MERCURE
du parti contraire, ce qui a eſté
executé fort ponctuellement ,
juſqu'aujourd'huy 24. de ce
mois , on en a fait perir plus de
400.& on continuë les executions
, il a mis la teſte de Kiaa
Abdallah à prix , & a promis
1000. pieces à qui la luy apportera
, & la même choſe à
l'égard de Mehemet Bey , qui
s'embarqua à Boulac , fur une
cayaſſe à la pourfſuite de ſes
ennemis , & s'eſt ſauvé ſur le
Nil , dans le Village du Chek
Habib , qui eſt à huit petites
lieuës d'icy ce Chek Habib
eſt un fameux voleur que l'on
,
1
1
1
1
t
GALANT. 8s1
n'a jamais pû détruire , & qui
faifoitcontribuer tous les Ba
timentsqui alloient à Damiette
,&dans le Delta , étant ſoûtenu
par le party détruit. Le
Pacha étantavertyde ſa retraite
dans ce Village , & que ce
Chek avoit au moins 4000.
Arabes bien armez,il a envoyé
plus de deux mille Janniſfaires
aprés ,& environ mil ou douze
cens chevaux pour fe faifir de
toutes les avenues , ſes Arabes
ſe deffendent autant qu'il peuvent
; enſorte que le Pacha &
Ibrahim Bey ont réduit
l'Egypte à l'obéiffance du
82
1
MERCURE
Grand Seigneur fans avoirperdu
cinquante hommes de leur
party.
Le 28. dudit mois .
On vient d'amener Kiaa
Abdallah avec une chaîne au
col , le Pacha luy a fait couper
la teſte ; le Chekhabib s'eſt
ſauvé à la faveur de la nuit
avecMehemetBey. LesTroupes
du Caire ont ſaccagé fon
Village & fa maiſon qu'ils ont
raſée & renver ſée dans le Nil ;
voila la fin de la Tragedie.
de ce qui s'est paffé au Caire
depuis le 17. Septembre1715.
jusqu'au 24. dudit mois.
Depuis la mort de Caïtas
Bog grand Tefterdar , & Chef
du party de Sade , qui avoit
pris la reſolution de détruire
celuy d'Aran qui eſtoit en faveur
d'Abdy Pacha , & d'Ibrahim
Bey . Le premier eſtant
informé de ſes mouvements
fecrets , luy oſtala Charge de
grand Tefterdar . Comme il
continuoit à lever des trouGALANT.
71
1
pes fecrettement pour fortifier
fon party , le Pacha prit
ledeſſein de le faire perir ,il le
fit poignarder en ſa prefence,
&le fit jetter par une fenêtre,
au * Carameydan , où il eſtoit:
Mehemet Bey , fa Creature ,
Kaa Abdullah , cy- devant
Bacha Chaous , Olman Bey,
Aflan Caya , Bekir Odabachi
& quelques autres Puiffances
de leur parti , refuferent d'obéïr
au commandement du
Pacha , qui vouloit les exiler.
pour s'en défaire plus facilement.
Ils ſe fortifierent dans
*Placepublique.
72
MERCURE
leurs maiſons ,dhommes ,de
munitions de guerre & de
bouche. Ils corrompirent à
force d'argent tout ce qu'ils
purent des Janiſſaires & d'autres
, & firent cinq ou fix cens
hommes chacun des meilleures
troupes du Caire. Le Pacha
ne jugea pas à propos de
les faire attaquer , il ſe fortifia
de ſon coſté de troupes ,
&gagna une partie des ſept
milices par l'entremiſe d'Ibrahim
Bey ; il vouloit les laiſſer
conſommer à petit feu dans
leurs maiſons : ces derniers s'en
eſtant apperçus formerentune
confpiration
GALANT. 73
conſpiration le 17. de ce mois
contre Ibrahim Bey , & contre
les principaux de ſon party
, ils refolurent de faire affaffiner
Ibrahim Bey en allant
auChaſteau , avec Ismaël Bey
qui eſt un des plus puiſſants
Seigneurs de l'Egypte , & de
depoſer le Pacha. Ibrahim
Bey ayant découvert cette
conſpiration , & ayant eſté
averti que quelques-uns des
plus hardis du party de Sade ,
s'eſtoient poſtez dans une ruë
pour l'affaffiner , en allant au
Chaſteau, pafla par un autre
endroit , pour avertir le Pacha
Janvier 1716.
G
74 MERCURE
de ce qui ſe paſſoit ; comme
l'affaire devenoit ſericuſe , il
fit aſſembler un Divan general
, & aprés avoir remontré
les deſordres auſquels on étoit
expoſé , il fut reſolu que l'on
fommeroit pour la derniere
fois , Mehemet Bey , Kiaa
Abdallah ,& les principaux de
leur party , de comparoiſtre
auDivan , qu'autrement ils ſeroient
declarez rebelles au
Grand Seigneur , ce qu'ils refuferent
de faire ,& prirent le
partide ſe preſenter à la porte
des Janiſſaires , ayant réſolu la
nuit du 18, de ſe ſaiſir de la
GALANT . 75
porte des Janiffaires , & de
faire affaffiner en mêmetemps
Cherif HuffeinCaya en charge
des Janiſlaires , & Belacha
Odaba
Odabachi en charge , qui
étoient les deux Chefs de cet
Odgeak, ce qui fut executé.
Ils ſe rendirent les maiſtres de
la porte , ayant fait entrer environ400.
de leurs meilleures
troupes ; le Pacha en ayant
eſté informé , fit avertir Ibrahim
Bey ,& tous ceux de ſon
party, qui font le Saboundgi,
Kedek Mehemet , Ismaël Bey,
qui firent prendredans lemoment
les armes à leurs trou-
Gij
76 MERCURE
ce
pes ,& ſe ſaiſirent de toutes
les avenuës , pour empêcher
le ſecours que Mahomet Bey
pourroit leur envoyer
dernier n'ayant pas voulu fortir
de ſa maiſon. Ibrahim Bey
donna ordre à un de ſes Agas
de ſe fortifier dans ſon Palais,
où il fit jetter 600. hommes,
avec ordre d'attaquer en même
temps Mehemet Bey dans
le fien ce qu'il fit le 20.
Mehemet Bey voyant qu'il ne
pouvoit ſecourir ceux qui
eſtoient dans le Chaſteau des
Janiſſaires qui estoient bloquez
de toutes parts , n'ayant
,
GALANT 7177
pris aucune précaution pour
y faire porter des vivres , ſe
trouva fort intrigué , & lors
qu'il apprit le 20. que la pluſpart
des Janiſſaires de ceux de
fon parti , ſe precipitoient des
murailles , qu'on les arreſtoit,
&que le Pacha les faifoit mettre
en pieces , comme rebelles
aux ordresdu Grand Seigneur,
il prit le parti de ſe ſauver le
21. une heure avant le jour ;
Kiaa Abdallah , & Bequir O
dabachi , ſe voyant abandonnez
de leurs plus fidelles troupes
, prirent auſſi le parti de
ſe faire deſcendre avec des
P
Giij
78 MERCURE
cordes , dans un endroit qui
eſtoit le moins obſervé;Kiaa
Abdallah trouva le moyende
ſe ſauver à la faveur de la nuit,
Bequir Odabachi tomba entre
les mains de ſes ennemis , la
Pacha luy fit couper la teſte ,
& ayant eſté informé qu'il ne
reſtoit dans le Chaſteau qu'environ
Iso. Janiffaires , avec
Naſſouf Caya , Kara Ilmaël ,
& Affan Caya , cy - devant
grand Doüanier , il prit le parti
de mettre ſon Caya à la tête
de huit cens hommes choifis
, pour les forcer dans le
Chafſteau , il fit ſapper la mu-
(
.
GALANT9
raille par trois endroits , ils y
entrerent le ſabre à la main,
&firent main baſſe ſur tout
ce qu'ils trouverent fans aucune
reſiſtance , il fit couper
la teſte à ſes trois principaux
Chefs ; le Pacha y entra
dans cette entrefaite , &
s'eſtant rendu maiſtre du
Chaftean , il fut victorieux ,
il crea en même temps Jedik
Mehemet Caya en Charge ,
&Moustafa Bochnac , creatured'Ibrahim
Bey ,pourBachodabachi
, & ordonna en même
temps de paſſer au fil de l'épée
tous ceux qu'ils trouveroient
G iiij
80 MERCURE
du parti contraire, ce qui a eſté
executé fort ponctuellement ,
juſqu'aujourd'huy 24. de ce
mois , on en a fait perir plus de
400.& on continuë les executions
, il a mis la teſte de Kiaa
Abdallah à prix , & a promis
1000. pieces à qui la luy apportera
, & la même choſe à
l'égard de Mehemet Bey , qui
s'embarqua à Boulac , fur une
cayaſſe à la pourfſuite de ſes
ennemis , & s'eſt ſauvé ſur le
Nil , dans le Village du Chek
Habib , qui eſt à huit petites
lieuës d'icy ce Chek Habib
eſt un fameux voleur que l'on
,
1
1
1
1
t
GALANT. 8s1
n'a jamais pû détruire , & qui
faifoitcontribuer tous les Ba
timentsqui alloient à Damiette
,&dans le Delta , étant ſoûtenu
par le party détruit. Le
Pacha étantavertyde ſa retraite
dans ce Village , & que ce
Chek avoit au moins 4000.
Arabes bien armez,il a envoyé
plus de deux mille Janniſfaires
aprés ,& environ mil ou douze
cens chevaux pour fe faifir de
toutes les avenues , ſes Arabes
ſe deffendent autant qu'il peuvent
; enſorte que le Pacha &
Ibrahim Bey ont réduit
l'Egypte à l'obéiffance du
82
1
MERCURE
Grand Seigneur fans avoirperdu
cinquante hommes de leur
party.
Le 28. dudit mois .
On vient d'amener Kiaa
Abdallah avec une chaîne au
col , le Pacha luy a fait couper
la teſte ; le Chekhabib s'eſt
ſauvé à la faveur de la nuit
avecMehemetBey. LesTroupes
du Caire ont ſaccagé fon
Village & fa maiſon qu'ils ont
raſée & renver ſée dans le Nil ;
voila la fin de la Tragedie.
Fermer
3719
p. 93-104
De Paris.
Début :
Le 24. du mois passé, veille de Noël, Madame la Duchesse [...]
Mots clefs :
Abbé, Duc d'Orléans, Corps, Marquis, Gouverneur, Chevalier, Roi, Palais, Province, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
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3720
p. 121-140
MORTS.
Début :
Dame Anne Morin, veuve de Messire Henry Loüis Habert de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Fille, Dame, Roi, Conseiller au Parlement, Femme, Famille, Enfants, Paris, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS. ..
11.
Dame Anne Morin , veuve
de Meffire Henry Loüis Habert
de Montmor , Maiſtre
des Requeſtes , mourut le
Decembre 1715. fans poſteri.
té : Elle eſtoit fille de Jacques
Morin, Secretaire du Roy &
Maistre d'Hoſtel ordinaire de
Janvier 1716. L
:
122 MERCURE
Sa Majefté , & d'Anne Yvelin ;
Elle avoit pour fooeurs aifnées
feuë Dame Marie- Marguerite
Morin,femme de Meffire Jean
Comte d'Eſtrées , & de Tourpes
, Maréchal & Vice- Amiral
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , duquel elle
a laiſſé pour enfants M. le
Maréchal d'Estrées & M. l'Ab .
bé d'Eſtrées , nommé à l'Ar
cheveſché de Cambray ; &
Dame Françoiſe Morin , premiere
femme de Meffire Phílippes
de Courcillon Marquis
de Dangeau , Chevalier des
Ordres du Roy , Chevalier
GALANT . 12
d'honneur de feuë Madame la
Dauphine , Grand Maiſtre des
Ordres de Mont Carmel &de
S. Lazare , Conſeiller d'Etat
d'Epée , & Gouverneur de la
Province de Touraine , morte
en 1682. laiſſant pour fille
unique Dame Marie - Anne-
Jeanne de Courcillon de Dangeau
, à preſent veuve deMeffire
Honoré Charles d'Albert,
Duc de Montfort , & mere de
M. le Duc de Luynes: feu
M. de Montmor avoit épouſé
en premieres noces Marie-
Claude Phelypeaux de Pontchartrain
, foeur de M. de Pont-
Lij
124 MERCURE
chartrain , ci devant Chancelick
de France , laquelle mourut
auſſi ſans enfans . Il eſtoit
frere de Meffire Louis Habert,
Evefque de Perpignan , mort
en 1695. de Meffire Jean
Loüis Habert , Seigneur du
Meſnil , Maiſtre des Requeſtes,
marié avec N... Nicole
de la Reynie, fille de feu M,
de la Reynie , Conſeiller d'Etat
ordinaire , de laquelle il n'a
point d'enfans ; d'Anne Loüife
Habert , femme de Meffire
Nicolas Jehannot de Bartillac,
Lieutenant General des Armées
du Roy , duquel elle a
GALANT . 125
laiflé des enfans ; & de Claude-
Magdelaine Habert , femme
de Bernard Del Rieu , premier
Maiſtre d'Hoſtel du Roy, dont
elle a eu M. de Rieu du Fargis,
Chambellan de Monseigneur
le Duc d'Orleans : Ils eſtoient
tous enfans de Meffire Henry
Loüis Habert , Seigneur de
Montmor , mort Doyen des
Maiſtres des Requeſtes , & de
Dame Henriette de Buade de
Frontenac ,& petits enfans de
Jean Habert , Seigneur de
Montmor , Treſorier General
de l'Erat des Guerres , lequel
eſtoit fils de Loüis Habert ,
Lij
- 126 MERCURE
Seigneur duMeſnil , Secretaire
dukoy,Treſorier de l'Extraordinaire
des Guerres en 1584,
&Confeiller d'Etat.
Meffire Philippes de la Porte,
Maistre des Comptes honoraire
, mourut le 14. Decembre
1715. laiſſant de feuë Anne
Picques ſon épouſe , morte
en 1694. Jacques de la Porte ,
reçû Maiſtre des Comptes au
lieu de ſon pere en 1697 &
Anne- Françoiſe de la Porte ,
femme de M.fſfire Claude Anjorrand,
Confeiller au Parlement
, & Commiſſaire au Requeſtes
du Palais , morte en
1709 . 4
GALANT. 127
.
Religieux Seigneur Frere
François du Moncel de Martinvaft
, Grand Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jerufalem ,
GrandTreforier duditOrdre ,
&Commandeur de Villers au
Liege, mourut le 24. Decembre
1715. il avoit fait ſes preuves
pour ſa Reception dans cet
Ordre au Grand Prieuré de
France le 24. May 1653. par
leſquelles il ſe juſtifie qu'il fortoit
d'une famille ancienne &
diftinguée dans la Province de
Normandie , où elle ſubſiſte
encore dans l'Eveſché de Coutances
en la perſonne deM. de
Liiij
128 MERCURE
Martinvaſt, neveu de celuyqui
donne lieu à cet article .
Meffire Urfin Camus Durand
de Pontcarré , Conſeiller
au Parlement , mourut ſans alliance
le 25. Decembre 1715 .
âgé de 42. ans ; il portoit le
nom de Durand envertu d'une
ſubſtitution faite en ſa faveur
par Urfin Durand ſon ayeul
maternel : Il eſtoit frere de
Meffire Nicolas Camus , Scigneur
de Pontcarré , premier
Préfident, du Parlement de
Normandie , & fils de Nicolas
Camus , Seigneur de Pontcarré
, Confeiller au Parle-
!
GALANT 129
ment; & de ....... Durand ,
petit fils de Nicolas Camus ,
Seigneur de Pontcarré , Confeiller
au Parlement , & d'Helene
Hallé ,& arriere petit fils
de Nicolas Camus , Seigneur
de Pontcarré , auffi Conſeiller
au Parlement, lequel étoit fils
de Geoffroy Camus , Seigneur
de Pontcarré, Maiſtre des Requeſtes
en 1673 & de Jeanne
Sanguin de Livry. La famille
de Camus eft originaire de la
Ville de Lyon , où elle eſt con
nuë depuis prés de deux cens
ans ; elle s'eſt diviſée en pluſieurs
branches qui ſont celles
130 MERCURE
des Seigneurs de Chavignicu ,
du Perron , de S. Bonner de la
Chapelle,deBagnols,d'Ivours,
d'Argini& de Chaſtillon d'Azegues
,&c.
Meffire Charles Verret, Seigneur
de S. Sulpice , Inſpecteur
general de la Marine &
des Galeres , mourut le ....
Decembre 1715. laiſſant un
fils fort jeune de ſon mariage
avec .... Ragot de la Coudraye
, ſoeur de M. Ragot de
la Coudraye , Conſeiller en la
Cour des Aydes , & fille de ...
Ragot , Seigneur de la Coudraye
, Secretaire du Roy,&
GALANT. 131
deM. de Pontchartrain , cydevant
Chancelier de France.
M. de S. Sulpice fortoit d'une
famille noble originaire du
Bléfois .
re
DameMarie-Louiſe Lully,
femme de M Pierre Thierfault
, Seigneur de Meraucourt
, mourut le ... Decembre
1715. elle estoit fille du
celebre M. Lully , Surintendant
de la Muſique du Roy ,
& elle ne laiſſe qu'une fille
dont je vous appris le mariage
avec Ma le Comte de Sourches
de la Maiſon duBoucher,
dans mon Journal du mois de
132 MERCURE
Novembre dernier.
Meffire François Phelypeaux
, Maiſtre des Requeſtes,
mourut le 19. Decembre 1715.
âgé de 26. ans , laiſſant pluſieurs
enfans de Dame ......
Voyfin de faint Paul ſa femme
, il eſtoit frere puiſné de
Jean Louis Phelypeaux , Seigneur
de Montlhery , cy-devant
Avocat du Roy au Châ
telet de Paris , & fils de feu
Melfire Jean Phelypeaux Mattre
des Requeſtes , & Intens
dantde la Generalité de Paris ,
& Confeiller d'Eltat , & de
Dame Anne de Beauharnois ,
一番
GALANT 133
& neveu de M Louis Phelypeaux
Comte de Pontchar
train , cy devant Chancelier
de France. La famille de Phe
lypeaux eft fi generalement
connuepour une des plus illuftres
de laRobe, qu'il fuffi,
ra de vous dire icy , qu'outre
unChancelier de France , elle
aaccuu l'avantage dedonnerneuf
Secretaires d'Etat , pluſieurs
grands Officiers Comman
deurs des Ordres du Roy .
pluſieurs Archeveſques &Eveſques
,&pluſieurs Confeillers
d'Etat , & qu'elle s'eſt alliée
aux Maiſons de Neufville.
$34 MERCURE
Villeroy , Crevant - d'Humieres
, de Rochechouart !
Aubuflon , la Feüillade , la
Rochefoucaud , Roye , de
Mailly , du Blé d'Huxelles.
Dame Claude Colbert ,
veuve de Meffire JacquesOl
lier SeigneurdeVerneuilCon
feiller au Parlement de Paris,
mort en 1689. & qu'elle avoit
épousé en 1658. mourut le ...
Decembre 1715. ayant eu entre
autres enfans feu Jean-
Baptifte Jacques Olier , Scigneur
de Verneuil , Maiſtre
de la Garderobe de M. le Duc
d'Orleans , qui a laiſſé des en
GALANT. 135
fans de Dame...... de Mal
herbe du Bouillon ſa femme.
Je vous ay déja tant entretenu
de la famille de Colbert , &
elle vous doit eſtre ſi connuë
par les grands Hommes qui
en font fortis , & par les alliances
illuſtres qu'elle eſt en
poffeffion de contracter , que
je mecontenteray de vous dire
icy , que feu Madame de
Verneuil eſtoit fille de Meflire
Jean Baptifte Colbert Scigneur
de Saint Pouange &de
Villacerf Conſeiller du Roy
en tous fes: Conſeils , & de
Dame Claudele Tellier ,foeur
136 MERCURE
de M. le Tellier Chancelier
de France : pour la famille
d'Ollier , elle eſt diſtinguée
depuis un temps confiderable
dans la robe , & elle eſt alliée
à la Maiſon de la Baume ,
Montrevel , & aux familles de
Molé, deThurin , de Malonde
Bercy , Daubray , & de
Paris,&c.
DameDenise Bordier,épou
ſe de Meffire Adrien Morel ,
Seigneur deCourci , Gouverneur
des Ville & Chafteau de
Valogne , & avant deMeffire
Charles de Vaffan Prefident
de laChambre des Comptes,
mourut
L
GALANT . 137
mourut le premier de ce mois,
ayant eu pour fille de ſon premier
mariage Deniſe de Vaffan
, femme de .... Truchot
Greffier enchefde la Cour des
Aydes : elle estoit fille d'Hilaire
Bordier Preſident de la
Cour des Aydes de Paris ,&
de Deniſe de Heere..
Meffire Charles Brifard ,
Abbé de S Prix à S. Quentin
,& Confeiller dela Grand
Chambre du Parlement de
Paris , mourut le 5. Janvier
1716. âgé de 81. ans ; il étois
le ſeptiémeConſeiller au Parlement
,de fon nom , depuis
Janvier 1716. M
1
138 MERCURE
Jacques Brifart fon bis ayeul,
qui fut reçudans cet Office en
1535. cette famille eft ancienne&
originaire du Perche
où elle ſubſiſte encore en plu
fieurs branches , & à Paris
dans la perſonne de M. Brifart,
neveu de feu M l'Abbé
Brifart , Lieutenant dans le
Regiment des Gardes Fran.
çoiſes , où il ſertdepuis longtemps
avec beaucoup de reputation.
1
Mafire Jean Pierre Marcdat
,Conſeiller au Parlement
deMetz , mourutle 10. Jan-
Vier 1716. :
7
GALANT. 139
Dame Antoinette - Henriette
Canaye , épouſe de
Charles François leNormant,
Seigneur de Tournchem,cydevant
Fermier General de Sa
Majcité , mourut le .... Janvier
1716. elle estoit de même
famille que M. Canaye, Confeiller
au Parlement , & fille
de Frederic Canaye Seigneur
de Freſne , & de Dame Magdelaine
de Silhans de Crevilly,
&arriere petite fille du celebre
Philippes Canaye Seigneur de
Freſne , Conſeillerd'Etat ſous
les Rois Henry III . & Henry
IV. Ambaſſadeur en Angle-
Mij
140 MERCURE
terte , en Allemagne & àVenife
, & de Dame Renée de
Courcillon de Dangeau...
Jeremets au premier mois
à vous entretenir de pluſieurs
autres, perſonnes de confideration
, qui font encore mortes
dans celuy cy , & fur tout
de Madame la Ducheſſe de
Leſdiguieres.
11.
Dame Anne Morin , veuve
de Meffire Henry Loüis Habert
de Montmor , Maiſtre
des Requeſtes , mourut le
Decembre 1715. fans poſteri.
té : Elle eſtoit fille de Jacques
Morin, Secretaire du Roy &
Maistre d'Hoſtel ordinaire de
Janvier 1716. L
:
122 MERCURE
Sa Majefté , & d'Anne Yvelin ;
Elle avoit pour fooeurs aifnées
feuë Dame Marie- Marguerite
Morin,femme de Meffire Jean
Comte d'Eſtrées , & de Tourpes
, Maréchal & Vice- Amiral
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , duquel elle
a laiſſé pour enfants M. le
Maréchal d'Estrées & M. l'Ab .
bé d'Eſtrées , nommé à l'Ar
cheveſché de Cambray ; &
Dame Françoiſe Morin , premiere
femme de Meffire Phílippes
de Courcillon Marquis
de Dangeau , Chevalier des
Ordres du Roy , Chevalier
GALANT . 12
d'honneur de feuë Madame la
Dauphine , Grand Maiſtre des
Ordres de Mont Carmel &de
S. Lazare , Conſeiller d'Etat
d'Epée , & Gouverneur de la
Province de Touraine , morte
en 1682. laiſſant pour fille
unique Dame Marie - Anne-
Jeanne de Courcillon de Dangeau
, à preſent veuve deMeffire
Honoré Charles d'Albert,
Duc de Montfort , & mere de
M. le Duc de Luynes: feu
M. de Montmor avoit épouſé
en premieres noces Marie-
Claude Phelypeaux de Pontchartrain
, foeur de M. de Pont-
Lij
124 MERCURE
chartrain , ci devant Chancelick
de France , laquelle mourut
auſſi ſans enfans . Il eſtoit
frere de Meffire Louis Habert,
Evefque de Perpignan , mort
en 1695. de Meffire Jean
Loüis Habert , Seigneur du
Meſnil , Maiſtre des Requeſtes,
marié avec N... Nicole
de la Reynie, fille de feu M,
de la Reynie , Conſeiller d'Etat
ordinaire , de laquelle il n'a
point d'enfans ; d'Anne Loüife
Habert , femme de Meffire
Nicolas Jehannot de Bartillac,
Lieutenant General des Armées
du Roy , duquel elle a
GALANT . 125
laiflé des enfans ; & de Claude-
Magdelaine Habert , femme
de Bernard Del Rieu , premier
Maiſtre d'Hoſtel du Roy, dont
elle a eu M. de Rieu du Fargis,
Chambellan de Monseigneur
le Duc d'Orleans : Ils eſtoient
tous enfans de Meffire Henry
Loüis Habert , Seigneur de
Montmor , mort Doyen des
Maiſtres des Requeſtes , & de
Dame Henriette de Buade de
Frontenac ,& petits enfans de
Jean Habert , Seigneur de
Montmor , Treſorier General
de l'Erat des Guerres , lequel
eſtoit fils de Loüis Habert ,
Lij
- 126 MERCURE
Seigneur duMeſnil , Secretaire
dukoy,Treſorier de l'Extraordinaire
des Guerres en 1584,
&Confeiller d'Etat.
Meffire Philippes de la Porte,
Maistre des Comptes honoraire
, mourut le 14. Decembre
1715. laiſſant de feuë Anne
Picques ſon épouſe , morte
en 1694. Jacques de la Porte ,
reçû Maiſtre des Comptes au
lieu de ſon pere en 1697 &
Anne- Françoiſe de la Porte ,
femme de M.fſfire Claude Anjorrand,
Confeiller au Parlement
, & Commiſſaire au Requeſtes
du Palais , morte en
1709 . 4
GALANT. 127
.
Religieux Seigneur Frere
François du Moncel de Martinvaft
, Grand Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jerufalem ,
GrandTreforier duditOrdre ,
&Commandeur de Villers au
Liege, mourut le 24. Decembre
1715. il avoit fait ſes preuves
pour ſa Reception dans cet
Ordre au Grand Prieuré de
France le 24. May 1653. par
leſquelles il ſe juſtifie qu'il fortoit
d'une famille ancienne &
diftinguée dans la Province de
Normandie , où elle ſubſiſte
encore dans l'Eveſché de Coutances
en la perſonne deM. de
Liiij
128 MERCURE
Martinvaſt, neveu de celuyqui
donne lieu à cet article .
Meffire Urfin Camus Durand
de Pontcarré , Conſeiller
au Parlement , mourut ſans alliance
le 25. Decembre 1715 .
âgé de 42. ans ; il portoit le
nom de Durand envertu d'une
ſubſtitution faite en ſa faveur
par Urfin Durand ſon ayeul
maternel : Il eſtoit frere de
Meffire Nicolas Camus , Scigneur
de Pontcarré , premier
Préfident, du Parlement de
Normandie , & fils de Nicolas
Camus , Seigneur de Pontcarré
, Confeiller au Parle-
!
GALANT 129
ment; & de ....... Durand ,
petit fils de Nicolas Camus ,
Seigneur de Pontcarré , Confeiller
au Parlement , & d'Helene
Hallé ,& arriere petit fils
de Nicolas Camus , Seigneur
de Pontcarré , auffi Conſeiller
au Parlement, lequel étoit fils
de Geoffroy Camus , Seigneur
de Pontcarré, Maiſtre des Requeſtes
en 1673 & de Jeanne
Sanguin de Livry. La famille
de Camus eft originaire de la
Ville de Lyon , où elle eſt con
nuë depuis prés de deux cens
ans ; elle s'eſt diviſée en pluſieurs
branches qui ſont celles
130 MERCURE
des Seigneurs de Chavignicu ,
du Perron , de S. Bonner de la
Chapelle,deBagnols,d'Ivours,
d'Argini& de Chaſtillon d'Azegues
,&c.
Meffire Charles Verret, Seigneur
de S. Sulpice , Inſpecteur
general de la Marine &
des Galeres , mourut le ....
Decembre 1715. laiſſant un
fils fort jeune de ſon mariage
avec .... Ragot de la Coudraye
, ſoeur de M. Ragot de
la Coudraye , Conſeiller en la
Cour des Aydes , & fille de ...
Ragot , Seigneur de la Coudraye
, Secretaire du Roy,&
GALANT. 131
deM. de Pontchartrain , cydevant
Chancelier de France.
M. de S. Sulpice fortoit d'une
famille noble originaire du
Bléfois .
re
DameMarie-Louiſe Lully,
femme de M Pierre Thierfault
, Seigneur de Meraucourt
, mourut le ... Decembre
1715. elle estoit fille du
celebre M. Lully , Surintendant
de la Muſique du Roy ,
& elle ne laiſſe qu'une fille
dont je vous appris le mariage
avec Ma le Comte de Sourches
de la Maiſon duBoucher,
dans mon Journal du mois de
132 MERCURE
Novembre dernier.
Meffire François Phelypeaux
, Maiſtre des Requeſtes,
mourut le 19. Decembre 1715.
âgé de 26. ans , laiſſant pluſieurs
enfans de Dame ......
Voyfin de faint Paul ſa femme
, il eſtoit frere puiſné de
Jean Louis Phelypeaux , Seigneur
de Montlhery , cy-devant
Avocat du Roy au Châ
telet de Paris , & fils de feu
Melfire Jean Phelypeaux Mattre
des Requeſtes , & Intens
dantde la Generalité de Paris ,
& Confeiller d'Eltat , & de
Dame Anne de Beauharnois ,
一番
GALANT 133
& neveu de M Louis Phelypeaux
Comte de Pontchar
train , cy devant Chancelier
de France. La famille de Phe
lypeaux eft fi generalement
connuepour une des plus illuftres
de laRobe, qu'il fuffi,
ra de vous dire icy , qu'outre
unChancelier de France , elle
aaccuu l'avantage dedonnerneuf
Secretaires d'Etat , pluſieurs
grands Officiers Comman
deurs des Ordres du Roy .
pluſieurs Archeveſques &Eveſques
,&pluſieurs Confeillers
d'Etat , & qu'elle s'eſt alliée
aux Maiſons de Neufville.
$34 MERCURE
Villeroy , Crevant - d'Humieres
, de Rochechouart !
Aubuflon , la Feüillade , la
Rochefoucaud , Roye , de
Mailly , du Blé d'Huxelles.
Dame Claude Colbert ,
veuve de Meffire JacquesOl
lier SeigneurdeVerneuilCon
feiller au Parlement de Paris,
mort en 1689. & qu'elle avoit
épousé en 1658. mourut le ...
Decembre 1715. ayant eu entre
autres enfans feu Jean-
Baptifte Jacques Olier , Scigneur
de Verneuil , Maiſtre
de la Garderobe de M. le Duc
d'Orleans , qui a laiſſé des en
GALANT. 135
fans de Dame...... de Mal
herbe du Bouillon ſa femme.
Je vous ay déja tant entretenu
de la famille de Colbert , &
elle vous doit eſtre ſi connuë
par les grands Hommes qui
en font fortis , & par les alliances
illuſtres qu'elle eſt en
poffeffion de contracter , que
je mecontenteray de vous dire
icy , que feu Madame de
Verneuil eſtoit fille de Meflire
Jean Baptifte Colbert Scigneur
de Saint Pouange &de
Villacerf Conſeiller du Roy
en tous fes: Conſeils , & de
Dame Claudele Tellier ,foeur
136 MERCURE
de M. le Tellier Chancelier
de France : pour la famille
d'Ollier , elle eſt diſtinguée
depuis un temps confiderable
dans la robe , & elle eſt alliée
à la Maiſon de la Baume ,
Montrevel , & aux familles de
Molé, deThurin , de Malonde
Bercy , Daubray , & de
Paris,&c.
DameDenise Bordier,épou
ſe de Meffire Adrien Morel ,
Seigneur deCourci , Gouverneur
des Ville & Chafteau de
Valogne , & avant deMeffire
Charles de Vaffan Prefident
de laChambre des Comptes,
mourut
L
GALANT . 137
mourut le premier de ce mois,
ayant eu pour fille de ſon premier
mariage Deniſe de Vaffan
, femme de .... Truchot
Greffier enchefde la Cour des
Aydes : elle estoit fille d'Hilaire
Bordier Preſident de la
Cour des Aydes de Paris ,&
de Deniſe de Heere..
Meffire Charles Brifard ,
Abbé de S Prix à S. Quentin
,& Confeiller dela Grand
Chambre du Parlement de
Paris , mourut le 5. Janvier
1716. âgé de 81. ans ; il étois
le ſeptiémeConſeiller au Parlement
,de fon nom , depuis
Janvier 1716. M
1
138 MERCURE
Jacques Brifart fon bis ayeul,
qui fut reçudans cet Office en
1535. cette famille eft ancienne&
originaire du Perche
où elle ſubſiſte encore en plu
fieurs branches , & à Paris
dans la perſonne de M. Brifart,
neveu de feu M l'Abbé
Brifart , Lieutenant dans le
Regiment des Gardes Fran.
çoiſes , où il ſertdepuis longtemps
avec beaucoup de reputation.
1
Mafire Jean Pierre Marcdat
,Conſeiller au Parlement
deMetz , mourutle 10. Jan-
Vier 1716. :
7
GALANT. 139
Dame Antoinette - Henriette
Canaye , épouſe de
Charles François leNormant,
Seigneur de Tournchem,cydevant
Fermier General de Sa
Majcité , mourut le .... Janvier
1716. elle estoit de même
famille que M. Canaye, Confeiller
au Parlement , & fille
de Frederic Canaye Seigneur
de Freſne , & de Dame Magdelaine
de Silhans de Crevilly,
&arriere petite fille du celebre
Philippes Canaye Seigneur de
Freſne , Conſeillerd'Etat ſous
les Rois Henry III . & Henry
IV. Ambaſſadeur en Angle-
Mij
140 MERCURE
terte , en Allemagne & àVenife
, & de Dame Renée de
Courcillon de Dangeau...
Jeremets au premier mois
à vous entretenir de pluſieurs
autres, perſonnes de confideration
, qui font encore mortes
dans celuy cy , & fur tout
de Madame la Ducheſſe de
Leſdiguieres.
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3721
p. 159-168
Extraits de Livres nouveaux. [titre d'après la table]
Début :
Il paroist depuis quelques jours un certain Livre intitulé Sphere [...]
Mots clefs :
Histoire, Prononciation, Orthographe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extraits de Livres nouveaux. [titre d'après la table]
Il paroiſt depuis quelques
jours un certainLivre intitulé
SphereHistorique : ce titre m'a
furpris d'abord,&en ſurprendra
biend'autres ,qui auront
peine à croire , qu'on puiffe
tirer aucunes Hiſtoires veritables
des Signes &desConſtellations
,ce qui m'a obligé de
le lire avec attention , l'Auteur
, quel qu'il ſoit , m'a paru
fort ſçavant dans l'Histoire
ancienne , profond dans les
réflexions , exact dans l'ordre,
&dans la méthode qu'il ob160
MERCURE
ſerve avec ſoin.
Peu d'Ecrivains ont expliqué
juſqu'à preſent les plus
beaux endroits de la Mytholo .
gie à la lettre , & dévclopé
les Enigmes des Poëtes fi à
fond : iléclaircitmême les plus
grandes difficultez de laChronologie
, en diftinguant les
perſonnes de même nom ; &
les divers noms de chaque perſonne
pour accorder les perſonnes
avec les temps & les
lieux.
Il donne auſſi un abregé
de l'Histoire des Dieux qui ont
donné commencement à l'Idolatrie
,
1
GALANT. 161
dolatrie,plus clairement & plus
ouvertement que Voffius; car
il nomme ces faux Dicux par
les noms propres , & par les
qualitez qu'ils avoient fur la
terre : &c'eſt là proprement la
clef de l'Histoire ancienne , &
l'origine de la Chronologic.
Son ſtile eſt ſimple & naturel
, & par conſequent ne ſeroit
pas ennuyeux , s'il ne
tomboit affez frequemment
dans des redites qu'il a peuteſtre
crû ne pouvoir éviter en
faveur de ceux qui ne font pas
verſez dans cette matiere , fon
Orthographe eſt à la moderne
Janvier 1716 .
162 MERCURE
il eſt fort fcrupuleux dans la
diſtinction des é par le moyen
des accens , pour rectifier la
prononciation des Etrangers ;
mais ily a quelques noms pro.
pres qu'il écrit d'une maniere
extraordinaire ,tels que font
Ené,Orphé, Perfé , Theſé, Eol,
Achil , Mercur , Hercul , &c.
diſant , que les noms d'hommes
ne doivent pas avoir d'é femimin
à la fin du mot :felon laRegle
de la Grammaire reçue de toutes
les Nations. Omne viro foli ,
c. Il écrit auffi Circée , Dircée
, Caffiopée , Hebée , par
deux é , comme étant des
GALANT. 163
noms
noms de femmes qu'on ne
peut diftinguer des
d'hommes , que par un é feminin
final; ſuivant la Regle
univerſellement requë. Eflo
femineum recipit quod femina ,
tantum.
Mais ildonne un avertiflementau
Lecteur de cette diverſité
d'écrire ; où il invite
les Sçavans à établir ce principe
important à toutes les Langues
vivantes ou mortes , par
lequel on puiſſe faire la differencedu
Maſculin & du Feminin;
puiſque nous avons un é
particulier , qui ne fert qu'à
O ij
164 MERCURE
cela , & que l'on appelle pour
ce ſujet éfeminin,éfinal : il eſt
de la derniere importance de
ne point confondre les ſexes
grammaticalement , non plus
que les nombres .
Dans cet avertiſſement , il
prie les Sçavans de faire attention,
ſur la difference qu'ily a
entre l'uſage de la parole , &
l'uſage de l'écriture : le premier
, dit-il , eſt libre , ſans
regles ,&ſujetà changement ;
le ſecond , au contraire , eſt
fixe , immuable , & fondé fur
les principes inviolables de la
Grammaire univerſelle , qu'il
GALANT. 165
4
dit eſtre des propofitions d'éternelle
verité. Propofitiones
aterna veritatis.
Ce qu'il tâche de prouver
parune comparaiſon fort fimple
& qui ne laiſſe pas d'eſtre
ingenieuſe&perfuafive :
Il dit qu'uunnee LLaanngguueevivante
eſt ſemblable à un cadran
d'Horloge , où il y a deux
choſes à remarquer , ſçavoir
l'éguille qui eſt toûjours en
mouvement & tourne ſans
ceffe ,comme une Langue vivante
, qui change de mots ,
change de prononciation ,
changede conſtruction , & de
166 MERCURE
modes. Les chiffres du cadran
quireprefentent par des lettres
capitales les heures , font fixes ,
& immuables , comme étant
fondez ſur les principes invio.
lables & non corrompus de la
Grammaire univerſelle ,& ils
reprefentent l'uſage de l'écriture
, ou orthographe.
Que l'on parle , & que l'on
prononce comme on voudra ,
l'écriture s'accommodera à
tout , ſuivant les principes des
lettres bien affermis & bien
reftituez chacune a leur effet
propre&naturel.
Ainſi l'uſage de parler
étant bien diftingué d'avec
GALANT. 167
au
l'uſage de l'écriture ; il foutient
que l'Orthographe conforme
à la prononciation , ne
changera jamais , non plus que
les chiffres du cadran. Vous
pourrez voir le reſte expliqué
bien au long dans l'Onginal ,
commencement de la Sphe.
reHiſtorique ,&dans les principes
de la noſtre en 1669. &
1670. Le corps du Livre eſt
agreable par ſes Hiſtoires curieuſes
; par les maximes de
morale , & par les anciens
principes d'Aftronomie ,prefqueperdus
& inufitez dans les
derniers fiecles .
CeLivre eſt dedié à S. A. R.
168 MERCURE
Monſeigneur leDuc d'Orleans
Regent du Royaume ,
jours un certainLivre intitulé
SphereHistorique : ce titre m'a
furpris d'abord,&en ſurprendra
biend'autres ,qui auront
peine à croire , qu'on puiffe
tirer aucunes Hiſtoires veritables
des Signes &desConſtellations
,ce qui m'a obligé de
le lire avec attention , l'Auteur
, quel qu'il ſoit , m'a paru
fort ſçavant dans l'Histoire
ancienne , profond dans les
réflexions , exact dans l'ordre,
&dans la méthode qu'il ob160
MERCURE
ſerve avec ſoin.
Peu d'Ecrivains ont expliqué
juſqu'à preſent les plus
beaux endroits de la Mytholo .
gie à la lettre , & dévclopé
les Enigmes des Poëtes fi à
fond : iléclaircitmême les plus
grandes difficultez de laChronologie
, en diftinguant les
perſonnes de même nom ; &
les divers noms de chaque perſonne
pour accorder les perſonnes
avec les temps & les
lieux.
Il donne auſſi un abregé
de l'Histoire des Dieux qui ont
donné commencement à l'Idolatrie
,
1
GALANT. 161
dolatrie,plus clairement & plus
ouvertement que Voffius; car
il nomme ces faux Dicux par
les noms propres , & par les
qualitez qu'ils avoient fur la
terre : &c'eſt là proprement la
clef de l'Histoire ancienne , &
l'origine de la Chronologic.
Son ſtile eſt ſimple & naturel
, & par conſequent ne ſeroit
pas ennuyeux , s'il ne
tomboit affez frequemment
dans des redites qu'il a peuteſtre
crû ne pouvoir éviter en
faveur de ceux qui ne font pas
verſez dans cette matiere , fon
Orthographe eſt à la moderne
Janvier 1716 .
162 MERCURE
il eſt fort fcrupuleux dans la
diſtinction des é par le moyen
des accens , pour rectifier la
prononciation des Etrangers ;
mais ily a quelques noms pro.
pres qu'il écrit d'une maniere
extraordinaire ,tels que font
Ené,Orphé, Perfé , Theſé, Eol,
Achil , Mercur , Hercul , &c.
diſant , que les noms d'hommes
ne doivent pas avoir d'é femimin
à la fin du mot :felon laRegle
de la Grammaire reçue de toutes
les Nations. Omne viro foli ,
c. Il écrit auffi Circée , Dircée
, Caffiopée , Hebée , par
deux é , comme étant des
GALANT. 163
noms
noms de femmes qu'on ne
peut diftinguer des
d'hommes , que par un é feminin
final; ſuivant la Regle
univerſellement requë. Eflo
femineum recipit quod femina ,
tantum.
Mais ildonne un avertiflementau
Lecteur de cette diverſité
d'écrire ; où il invite
les Sçavans à établir ce principe
important à toutes les Langues
vivantes ou mortes , par
lequel on puiſſe faire la differencedu
Maſculin & du Feminin;
puiſque nous avons un é
particulier , qui ne fert qu'à
O ij
164 MERCURE
cela , & que l'on appelle pour
ce ſujet éfeminin,éfinal : il eſt
de la derniere importance de
ne point confondre les ſexes
grammaticalement , non plus
que les nombres .
Dans cet avertiſſement , il
prie les Sçavans de faire attention,
ſur la difference qu'ily a
entre l'uſage de la parole , &
l'uſage de l'écriture : le premier
, dit-il , eſt libre , ſans
regles ,&ſujetà changement ;
le ſecond , au contraire , eſt
fixe , immuable , & fondé fur
les principes inviolables de la
Grammaire univerſelle , qu'il
GALANT. 165
4
dit eſtre des propofitions d'éternelle
verité. Propofitiones
aterna veritatis.
Ce qu'il tâche de prouver
parune comparaiſon fort fimple
& qui ne laiſſe pas d'eſtre
ingenieuſe&perfuafive :
Il dit qu'uunnee LLaanngguueevivante
eſt ſemblable à un cadran
d'Horloge , où il y a deux
choſes à remarquer , ſçavoir
l'éguille qui eſt toûjours en
mouvement & tourne ſans
ceffe ,comme une Langue vivante
, qui change de mots ,
change de prononciation ,
changede conſtruction , & de
166 MERCURE
modes. Les chiffres du cadran
quireprefentent par des lettres
capitales les heures , font fixes ,
& immuables , comme étant
fondez ſur les principes invio.
lables & non corrompus de la
Grammaire univerſelle ,& ils
reprefentent l'uſage de l'écriture
, ou orthographe.
Que l'on parle , & que l'on
prononce comme on voudra ,
l'écriture s'accommodera à
tout , ſuivant les principes des
lettres bien affermis & bien
reftituez chacune a leur effet
propre&naturel.
Ainſi l'uſage de parler
étant bien diftingué d'avec
GALANT. 167
au
l'uſage de l'écriture ; il foutient
que l'Orthographe conforme
à la prononciation , ne
changera jamais , non plus que
les chiffres du cadran. Vous
pourrez voir le reſte expliqué
bien au long dans l'Onginal ,
commencement de la Sphe.
reHiſtorique ,&dans les principes
de la noſtre en 1669. &
1670. Le corps du Livre eſt
agreable par ſes Hiſtoires curieuſes
; par les maximes de
morale , & par les anciens
principes d'Aftronomie ,prefqueperdus
& inufitez dans les
derniers fiecles .
CeLivre eſt dedié à S. A. R.
168 MERCURE
Monſeigneur leDuc d'Orleans
Regent du Royaume ,
Fermer
3722
p. 168-172
« aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...] »
Début :
aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...]
Mots clefs :
Cardinal, Évêques, Cardinal de Richelieu, Cardinal de Mazarin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...] »
auffibien
que cet autre de M.
l'Abbé Richard , qui a pour
titre : Parallele du Cardinal
de Richelieu , & du Cardinal
Mazarin , contenant les anecdotes
de leurs vies & de leurs
minifteres ; &c'eſt le premier
Ouvrage qui ait eſté dedié au
Regent , depuis que ce Prince
remplit fi dignement cette
place.
La lecture de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déja
dedié le parallele du Cardinal
Ximenés
GALANT. 169
Ximenés & du Cardinal de
Richelieu , qui a eſté univerſellement
eſtimé dans toutel'Europeoù
il a eſté pluſieurs fois
imprimé , même traduit enEfpagnol
, il eſt à ſouhaiter que
l'Abbé Richard puiſſe trouver
letemps d'executer les grands
deſſeins qu'il a de faire dans le
même goût & avec le même
ſtile les paralleles de deux derniers
Archevêques de Paris ,
des deux derniers Evêques
de Meaux , des deux derniers
Evêques d'Orleans , des deux
derniers Evêques d'Evreux , &
des deux derniers Confeſſeurs
Janvier 1716 . P
170 MERCURE
du Roy , dont il a deja faitune
bonne partie ; on voit dans
celui-cy la difference du gouvernement
de Richelieu tous
Louis XIII . dans le miniſteré
de Mazarin ſous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commencemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte hif
toriquement ce qui s'eſt paſſé
fous ces deux grands Cardinaux
, touchant le jugement
de la perſonne & de la doctrine
des Evêques , & la Cenfure
de l'Egliſe de France à
Poccafion de la Conftitution
GALANT. 171
d'Alexandre VII. fur le Janſeniſme
,& enfuite il tombe
fur ce qui vient de ſe paffer
depuis deux ans en France ,
pour la Conftitution Unigenitus
du Pape Clement XI . de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des chofes trescurieuſes
ſur les affaires du
temps.Ce Livre ſe vend àParis
au Palais , chez Cavelier &
Brunet ; dans la rue S. Jacques
chez Etienne ; fur le Pont S.
Michel chez Bouillerot , &
chezCailleau ſur leQuay des
Auguftins.
10. Le même Auteur eft déja
Pij
172 MERCURE
:
connu dans la Republique des
Lettres , par pluſieurs ouvrages
d'Histoire & d'Erudition :
c'eſt luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Joſeph
Capucin.
que cet autre de M.
l'Abbé Richard , qui a pour
titre : Parallele du Cardinal
de Richelieu , & du Cardinal
Mazarin , contenant les anecdotes
de leurs vies & de leurs
minifteres ; &c'eſt le premier
Ouvrage qui ait eſté dedié au
Regent , depuis que ce Prince
remplit fi dignement cette
place.
La lecture de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déja
dedié le parallele du Cardinal
Ximenés
GALANT. 169
Ximenés & du Cardinal de
Richelieu , qui a eſté univerſellement
eſtimé dans toutel'Europeoù
il a eſté pluſieurs fois
imprimé , même traduit enEfpagnol
, il eſt à ſouhaiter que
l'Abbé Richard puiſſe trouver
letemps d'executer les grands
deſſeins qu'il a de faire dans le
même goût & avec le même
ſtile les paralleles de deux derniers
Archevêques de Paris ,
des deux derniers Evêques
de Meaux , des deux derniers
Evêques d'Orleans , des deux
derniers Evêques d'Evreux , &
des deux derniers Confeſſeurs
Janvier 1716 . P
170 MERCURE
du Roy , dont il a deja faitune
bonne partie ; on voit dans
celui-cy la difference du gouvernement
de Richelieu tous
Louis XIII . dans le miniſteré
de Mazarin ſous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commencemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte hif
toriquement ce qui s'eſt paſſé
fous ces deux grands Cardinaux
, touchant le jugement
de la perſonne & de la doctrine
des Evêques , & la Cenfure
de l'Egliſe de France à
Poccafion de la Conftitution
GALANT. 171
d'Alexandre VII. fur le Janſeniſme
,& enfuite il tombe
fur ce qui vient de ſe paffer
depuis deux ans en France ,
pour la Conftitution Unigenitus
du Pape Clement XI . de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des chofes trescurieuſes
ſur les affaires du
temps.Ce Livre ſe vend àParis
au Palais , chez Cavelier &
Brunet ; dans la rue S. Jacques
chez Etienne ; fur le Pont S.
Michel chez Bouillerot , &
chezCailleau ſur leQuay des
Auguftins.
10. Le même Auteur eft déja
Pij
172 MERCURE
:
connu dans la Republique des
Lettres , par pluſieurs ouvrages
d'Histoire & d'Erudition :
c'eſt luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Joſeph
Capucin.
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3723
p. 172-182
EXTRAIT FRANCOIS d'un Poëme Latin intitulé, Annus-In cunis, l'Année au berceau, dedié & presenté par M. l'Abbé Jamoays le premier jour de l'an à Monseigneur le Duc d'Orleans Regent du Royaume.
Début :
Comme le Soleil & la Lune ne font l'année par leur mouvement [...]
Mots clefs :
Poème, Amour, Auteur, Duc d'Orléans, Peuples, Enfant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT FRANCOIS d'un Poëme Latin intitulé, Annus-In cunis, l'Année au berceau, dedié & presenté par M. l'Abbé Jamoays le premier jour de l'an à Monseigneur le Duc d'Orleans Regent du Royaume.
EXTRAIT FRANCOIS
d'un Poëme Latin intitulé,
Annus-In cunis, l'Année au
berceau , dedié & preſenté
parM. l'AbbéJamoays lepremier
jour de l'an à Monfeigneur
leDuc d'Orleans Regent
du Royaume.
Comme le Soleil & la LuGALANT.
173
ne font l'année par leurmouvement,
le Poete fait du nouvel
An un petit Dieu.
Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup, & le nouvel
An deſcend dans un berceau
au Palais Royal .
Ce divin enfant , ce fils ai .
mable de l'Aſtre du jour , &
de l'Aſtre qui préſide à la nuit,
témoigne ſon empreſſement
pour ſaluer un Prince , qui eft
l'auteur du ſalut des François.
Il eſt porté par l'amour des
peuples , & par ces heures précieuſes
, que S. A. R. veut
bien facrifier au rétabliſſement
Piij
174 MERCURE
i
&au bonheur de la France.
L'amour grave ſur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus
, les qualités ſupericures&
lesbelles actions du Prince.
On voit d'abord un en
fant fur le Trône * que
Monſeigneur le Duc d'Orleans
ſoutient de la main.
La crainte & la fraude ſont
bannies du Troſne. Thémis
ſeule y préſide : la Pieté , la Fidelité
, la Foy & la Religion
tiennent la balance :la Liberté
en garde l'entrée.
* Loüis XV.
GALANT. 175
Les lis, les roſes &les fleurs
lesplus agréables naiſſent ſous
les pas deS.A.
Laclemence , les graces , la
candeur , la force & la faveur
avec un viſage prévenant, l'accompagnent
par tout.
J
L'honneur le plus bel enfant
des Dieux ,& qui eſt luymême
le pere des beautez ,
marche à la teſte ſuivi de la
renommée , de la gloire & des
loüanges.
On voit gravé ſur le berceau
en caracteres brillans d'or
ce jour cet heureux jour ,
auquel le Regent accompa-
Piiij
176 MERCURE
gné de la Famille Royale &
des Grands , entre au Parle
ment aux applaudiffemens de
ce Corps illuftre & des Parifiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
les traits d'éloquence , qui partent
de ſa bouche. Aftrée revient
inceſſamment du Ciel ,
pour luy mettre en main les
reſnes d'un puiſſant Empire ,
qu'il tenoit déja par la naiſſance
, &par ſon merite connu
depuis fi long-temps.
La Renommée vole avec
rapidité de ville en ville , pour
GALANT. 877
annoncer unenouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoient avec impatience ,
&cli
Il faudroit traduire toute
Thiſtoire de ce Poëme , pour
endonner uneplus juſte idée;
mais l'Auteur pourroit ne me
ſçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne ſerviroit peuteſtre
qu'à affoiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
àParis , chez le Sieur Simon
Langlois,dans la rue S. Eſtienne
des Grez , à l'Enſeigne du
Bon Pasteur. 159
M. l'Abbé Jamoays , qui
178 MERCURE
۱
en eftl'Auteur , a fait le pres
mier Poeme ſur la mort du
Roy fur le nouveau Regne
&la Regence ,& a cû l'honneur
de le preſenter au jeune
Roy , & à Monſeigneur le
Duc d'Orleans. J'en ay parlé
au mois de Decembre dernier ;
il eſt intitulé;Ludovicus moriens,
Louismourant,
C'eſt encore icy le premier
Poeme, qui ait paru fur S. A.
R. depuis qu'elle tient les rênes
de l'Empire,le même Auteur
acû auffi Phonneur de le luy
preſenter &à Monfeigneur le
Ducde Chartres. L'un& l'au-
1
GALANT. 172
1
tre ont été également goûtez
de la Cour , & applaudis du
publicquoique dans un genre
different.
La premier eſt un enfantde
douleur , né parmi les larmes ,
&les ſoupirs.
Le ſecond eſt un enfant de
l'Amour ; mais d'un amour
pur , fincere & ardent des
peuples , & d'une tendreſſe
refpectueuſe du Pocte pour
S. A. R.
Celui làeſt dans le grand ;
la douceur , & la délicateſſe
font le caractere dominant de
celui- cy : les plaiſirs , la joye ,
180 MERCURE
Ies ris , les jeux innocens , ont
preſidéà fa naiſſance.
Ledeffein en eſt nouveau&
tres ingenieux, depuis le commencement
juſqu'à la fin la
nature y joue avec l'art , &
l'art avec la nature.
* L'Hiſtoire , la Fable , la
Theologie desAnciens,les ont
répanduesde toutes parts dans
cet Ouvrage , & par de continuelles
allégories on voit
renaître la France ſous le nouveau
Regne & la Regenee.
LeCiel , qui change tout à
coup de face , le nouvel an ,
fon berceau , les heures de S.
GALANT. 181
A. R. l'amour des peuples, font
autant de Symboles , à la ſuite
deſquels le Pocte fait paroître
une grande varieté d'images
peintes avec nobleſſe. Il s'elevepourtant
detemps en temps
fur tout dans l'épiſode des Sieges
,,des Batailles , & des Victoires
de S. A. R. &c.
e
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
, cette vivacité, ce feu,
quien font l'ame , & ces couleurs
naturelles , qui le font
briller avec éclat , j'ay jugé à
propos de ne donner qu'une
idée de l'Ouvrage , & de ren182
MERCURE
voyer les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
d'un Poëme Latin intitulé,
Annus-In cunis, l'Année au
berceau , dedié & preſenté
parM. l'AbbéJamoays lepremier
jour de l'an à Monfeigneur
leDuc d'Orleans Regent
du Royaume.
Comme le Soleil & la LuGALANT.
173
ne font l'année par leurmouvement,
le Poete fait du nouvel
An un petit Dieu.
Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup, & le nouvel
An deſcend dans un berceau
au Palais Royal .
Ce divin enfant , ce fils ai .
mable de l'Aſtre du jour , &
de l'Aſtre qui préſide à la nuit,
témoigne ſon empreſſement
pour ſaluer un Prince , qui eft
l'auteur du ſalut des François.
Il eſt porté par l'amour des
peuples , & par ces heures précieuſes
, que S. A. R. veut
bien facrifier au rétabliſſement
Piij
174 MERCURE
i
&au bonheur de la France.
L'amour grave ſur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus
, les qualités ſupericures&
lesbelles actions du Prince.
On voit d'abord un en
fant fur le Trône * que
Monſeigneur le Duc d'Orleans
ſoutient de la main.
La crainte & la fraude ſont
bannies du Troſne. Thémis
ſeule y préſide : la Pieté , la Fidelité
, la Foy & la Religion
tiennent la balance :la Liberté
en garde l'entrée.
* Loüis XV.
GALANT. 175
Les lis, les roſes &les fleurs
lesplus agréables naiſſent ſous
les pas deS.A.
Laclemence , les graces , la
candeur , la force & la faveur
avec un viſage prévenant, l'accompagnent
par tout.
J
L'honneur le plus bel enfant
des Dieux ,& qui eſt luymême
le pere des beautez ,
marche à la teſte ſuivi de la
renommée , de la gloire & des
loüanges.
On voit gravé ſur le berceau
en caracteres brillans d'or
ce jour cet heureux jour ,
auquel le Regent accompa-
Piiij
176 MERCURE
gné de la Famille Royale &
des Grands , entre au Parle
ment aux applaudiffemens de
ce Corps illuftre & des Parifiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
les traits d'éloquence , qui partent
de ſa bouche. Aftrée revient
inceſſamment du Ciel ,
pour luy mettre en main les
reſnes d'un puiſſant Empire ,
qu'il tenoit déja par la naiſſance
, &par ſon merite connu
depuis fi long-temps.
La Renommée vole avec
rapidité de ville en ville , pour
GALANT. 877
annoncer unenouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoient avec impatience ,
&cli
Il faudroit traduire toute
Thiſtoire de ce Poëme , pour
endonner uneplus juſte idée;
mais l'Auteur pourroit ne me
ſçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne ſerviroit peuteſtre
qu'à affoiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
àParis , chez le Sieur Simon
Langlois,dans la rue S. Eſtienne
des Grez , à l'Enſeigne du
Bon Pasteur. 159
M. l'Abbé Jamoays , qui
178 MERCURE
۱
en eftl'Auteur , a fait le pres
mier Poeme ſur la mort du
Roy fur le nouveau Regne
&la Regence ,& a cû l'honneur
de le preſenter au jeune
Roy , & à Monſeigneur le
Duc d'Orleans. J'en ay parlé
au mois de Decembre dernier ;
il eſt intitulé;Ludovicus moriens,
Louismourant,
C'eſt encore icy le premier
Poeme, qui ait paru fur S. A.
R. depuis qu'elle tient les rênes
de l'Empire,le même Auteur
acû auffi Phonneur de le luy
preſenter &à Monfeigneur le
Ducde Chartres. L'un& l'au-
1
GALANT. 172
1
tre ont été également goûtez
de la Cour , & applaudis du
publicquoique dans un genre
different.
La premier eſt un enfantde
douleur , né parmi les larmes ,
&les ſoupirs.
Le ſecond eſt un enfant de
l'Amour ; mais d'un amour
pur , fincere & ardent des
peuples , & d'une tendreſſe
refpectueuſe du Pocte pour
S. A. R.
Celui làeſt dans le grand ;
la douceur , & la délicateſſe
font le caractere dominant de
celui- cy : les plaiſirs , la joye ,
180 MERCURE
Ies ris , les jeux innocens , ont
preſidéà fa naiſſance.
Ledeffein en eſt nouveau&
tres ingenieux, depuis le commencement
juſqu'à la fin la
nature y joue avec l'art , &
l'art avec la nature.
* L'Hiſtoire , la Fable , la
Theologie desAnciens,les ont
répanduesde toutes parts dans
cet Ouvrage , & par de continuelles
allégories on voit
renaître la France ſous le nouveau
Regne & la Regenee.
LeCiel , qui change tout à
coup de face , le nouvel an ,
fon berceau , les heures de S.
GALANT. 181
A. R. l'amour des peuples, font
autant de Symboles , à la ſuite
deſquels le Pocte fait paroître
une grande varieté d'images
peintes avec nobleſſe. Il s'elevepourtant
detemps en temps
fur tout dans l'épiſode des Sieges
,,des Batailles , & des Victoires
de S. A. R. &c.
e
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
, cette vivacité, ce feu,
quien font l'ame , & ces couleurs
naturelles , qui le font
briller avec éclat , j'ay jugé à
propos de ne donner qu'une
idée de l'Ouvrage , & de ren182
MERCURE
voyer les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
Fermer
3724
p. 182-188
« J'ay encore un nouveau petit Livre à vous presenter, [...] »
Début :
J'ay encore un nouveau petit Livre à vous presenter, [...]
Mots clefs :
Livre, Roi, Journal historique, Curiosités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ay encore un nouveau petit Livre à vous presenter, [...] »
J'ay encore un nouveau
petit Livre à vous preſenter ,
c'eſt une Differtation fur la
nouvelle découverte de l'hydropiſine
du conduit lachrimal,
fur les cauſes qui la produifent,
& fur les avantages que
l'on retirera de cette nouvelle
découverte , avec la maniere
de donner à boire par l'oeil ,
& un projet pour s'inſtruire
àfonds des maladies des yeux ,
preſentée à Meffieurs de l'Académie
Royale des Sciences
de Paris le 16. NovembrederGALANT
183
nier ,& iue dans inAffemblée
de la même Académie le 29;
du même mois. Ce Livre eft
de la compofitionde M.Anel,
Docteur en Chirurgie , &
Chirurgien Penſionnaire de
Madame Royale , mere du
Roy de Sicile , biſaycule du
Roy Tres Chrêtien , dediée à
S. A. R. Monſeigneur leDuc
d'Orleans , Regent du Royaume
: il ſe vend à Paris chez le
fieurJean-Baptiste del Eſpine,
rue S. Jacques , à l'Image faint
PaulFOC
On trouvera auffi chez le
ſieur Saugrain l'aifné , Libraire
184 MERCURE
fur le Quay des Auguſtins ,
prés la rue Pavée , à la Fleur de
Lys , un Livre nouveau intitulé
: Les Curiofitez de Paris ,
de Verſailles , de Marly , de
Vincennes galde S. Cloud , &
des environs , avec les adreſſes
neceſſaires pour trouver facilement
tout ce que ces beaux
lieux renferment d'agréable &
d'utile. Cet Ouvrage eſt enrichi
d'un grand nombre de figures
, & dedié au Roy Loüis
XV. par L. R. Le prix eft de
3. livres relié en veau On trou
vera chez le même Marchand
l'Hiſtoite de Zcloïde & d'A
manzarifdine ,
GALANT. 185
+
manzarifdine , Conte Arabe.
Ce Livre eſt ſorti avec ſuccés
de la plume d'un jeune homme
qui a beaucoup d'eſprit ,
& qui écrit bien ; c'eſt le jugement
de tous ceux qui ont
lû ſes Ouvrages.
Je vous parlerois maintenant
des miens ,& cela ſeroit
bien juſte , ſi je n'apprchen
dois de ſoulever encore une
fois les honnêtes gens qui ſe
ſont plaints que je parlois trop
ſouvent de moy ; mais d'un
autre coſté l'affaire eſt ſi im.
portante , que je ne ſçaurois
avoir la docilité de me foûmer-
Janvier 1716 .
186 MERCURE
tre à leurs déciſions ; je vous
diray donc encore , quoyqu'il
en ſoit ,que je ſuis l'Auteur
duJournal Hiſtorique de tous
les Evenements qui ont precedé
la mort du Roy , & de
tous ceux qui l'ont ſuivi fix
femaines aprés ; mais je ne
vous le repète que parce que
je ſuis eſtonné que le Public
n'ait receu qu'à demi tout au
plus , la façon dont je luy ay
annoncé M. de Villars ; fon
Eau merveilleuſe eſt d'une fi
grande refſſource contre toutes
les maladies du monde ,
quej'ay crû queperſonnen'heGALANT
. 187
د
fireroit à avoir recours à luy ,
&àmoy pour enavoir;le Lecteur
ſage & diferet fera de ce
troiſième avis l'uſagequ'il luy
plaira , il ne m'appartient pas
de luy donner des conſeils
mais la place que j'occupe me
preſcrit de luy propoſer tout
ce qui luy peut eſtre utile. S'il
aime ſa ſanté , & la conſerver
juſqu'à l'extrême vieilleſſe ,il
doit ſe munir de ce Livre qui
fe vend chez les Sieurs Jollet
& Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du coſté du Marche
Neuf , au Livre Royal ; il
y apprendra toutes les pro
Qij
188 MERCURE
prietez d'une Eau, que la quantité
des merveilles qu'elle opere
, peut incontestablement
faire paffer pour une Medecine
univerſelle.
petit Livre à vous preſenter ,
c'eſt une Differtation fur la
nouvelle découverte de l'hydropiſine
du conduit lachrimal,
fur les cauſes qui la produifent,
& fur les avantages que
l'on retirera de cette nouvelle
découverte , avec la maniere
de donner à boire par l'oeil ,
& un projet pour s'inſtruire
àfonds des maladies des yeux ,
preſentée à Meffieurs de l'Académie
Royale des Sciences
de Paris le 16. NovembrederGALANT
183
nier ,& iue dans inAffemblée
de la même Académie le 29;
du même mois. Ce Livre eft
de la compofitionde M.Anel,
Docteur en Chirurgie , &
Chirurgien Penſionnaire de
Madame Royale , mere du
Roy de Sicile , biſaycule du
Roy Tres Chrêtien , dediée à
S. A. R. Monſeigneur leDuc
d'Orleans , Regent du Royaume
: il ſe vend à Paris chez le
fieurJean-Baptiste del Eſpine,
rue S. Jacques , à l'Image faint
PaulFOC
On trouvera auffi chez le
ſieur Saugrain l'aifné , Libraire
184 MERCURE
fur le Quay des Auguſtins ,
prés la rue Pavée , à la Fleur de
Lys , un Livre nouveau intitulé
: Les Curiofitez de Paris ,
de Verſailles , de Marly , de
Vincennes galde S. Cloud , &
des environs , avec les adreſſes
neceſſaires pour trouver facilement
tout ce que ces beaux
lieux renferment d'agréable &
d'utile. Cet Ouvrage eſt enrichi
d'un grand nombre de figures
, & dedié au Roy Loüis
XV. par L. R. Le prix eft de
3. livres relié en veau On trou
vera chez le même Marchand
l'Hiſtoite de Zcloïde & d'A
manzarifdine ,
GALANT. 185
+
manzarifdine , Conte Arabe.
Ce Livre eſt ſorti avec ſuccés
de la plume d'un jeune homme
qui a beaucoup d'eſprit ,
& qui écrit bien ; c'eſt le jugement
de tous ceux qui ont
lû ſes Ouvrages.
Je vous parlerois maintenant
des miens ,& cela ſeroit
bien juſte , ſi je n'apprchen
dois de ſoulever encore une
fois les honnêtes gens qui ſe
ſont plaints que je parlois trop
ſouvent de moy ; mais d'un
autre coſté l'affaire eſt ſi im.
portante , que je ne ſçaurois
avoir la docilité de me foûmer-
Janvier 1716 .
186 MERCURE
tre à leurs déciſions ; je vous
diray donc encore , quoyqu'il
en ſoit ,que je ſuis l'Auteur
duJournal Hiſtorique de tous
les Evenements qui ont precedé
la mort du Roy , & de
tous ceux qui l'ont ſuivi fix
femaines aprés ; mais je ne
vous le repète que parce que
je ſuis eſtonné que le Public
n'ait receu qu'à demi tout au
plus , la façon dont je luy ay
annoncé M. de Villars ; fon
Eau merveilleuſe eſt d'une fi
grande refſſource contre toutes
les maladies du monde ,
quej'ay crû queperſonnen'heGALANT
. 187
د
fireroit à avoir recours à luy ,
&àmoy pour enavoir;le Lecteur
ſage & diferet fera de ce
troiſième avis l'uſagequ'il luy
plaira , il ne m'appartient pas
de luy donner des conſeils
mais la place que j'occupe me
preſcrit de luy propoſer tout
ce qui luy peut eſtre utile. S'il
aime ſa ſanté , & la conſerver
juſqu'à l'extrême vieilleſſe ,il
doit ſe munir de ce Livre qui
fe vend chez les Sieurs Jollet
& Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du coſté du Marche
Neuf , au Livre Royal ; il
y apprendra toutes les pro
Qij
188 MERCURE
prietez d'une Eau, que la quantité
des merveilles qu'elle opere
, peut incontestablement
faire paffer pour une Medecine
univerſelle.
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3725
p. 188-201
Discours sur le Bal de l'Opera, suivi d'une Avanture de Bal. [titre d'après la table]
Début :
Le spectacle de Paris, le plus suivi à present & le plus agréable [...]
Mots clefs :
Paris, Fortune, Homme, Bal, Amant, Dames, Église, Maîtresse, Bal de l'Opéra, Aventure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur le Bal de l'Opera, suivi d'une Avanture de Bal. [titre d'après la table]
Le ſpectacle de Paris, leplus
ſuivi à preſent & le plus agréa
ble en même temps , eft celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy , les Mereredy ,& les
Samedy de chaque ſemaine.
C'eſt un Bal établi avec tant
d'ordre , de lumieres , & de
propreté , qu'il eſt devenu le
divertiſſementde Paris le plus
GALANT. 189
à la mode. Chaque Maſquey
eft receu moyennant le prix
&fomme d'un écu. C'eſt à ce
titre qu'il acquiert le plaiſir
(quel qu'il foit )de danſer , ou
de s'entretenir à la faveur de
fon maſque , avec les plus diftinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il eſt entreprennant
, & qu'il ait de l'efprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy , je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avantures
, mais il y fait fi clair ,
qu'onn'y peut attrapertoutau
plus ,que quelques lambeaux
1,0 MERCURE
de converfation. Le jargon
de ce païs là tout déteſtable
qu'il eſt , eſt la plus amuſante
choſedu monde ,& il ſemble
qu'il a été donné à tous , par
un don particulier ( & l'efprit
àpart)la faculté de parler également
bien cette langue.Au
reſte cet établiſſement a été
inventé fort à propos , dans
une Ville comme Paris ,où il
faut abſolument des plaiſirs.
Cependant il y arrive tous les
jours une choſe dont le ridicule
eſt extrême ,& qui revolte
lesEtrangers , comme toutce
qu'il ya de François raiſonnaGALANT
. 191
bles. Enunmot on dit , & je
penſe comme ceux qui le
difent , qu'il eſttout à fait impertinent
de voir dans une
affemblée auffi brillante par le
nombre & les graces des Dames
qui s'y trouvent tous les
jours ,un tas de jeunes étourdisquidanſent
entr'cux , toute
les danſes qu'il leur plaît , pendant
que la pluſpart du temps
les Dames font debout , occupées
à les regarder faire leurs
exercices . Si ce Bal donne matiere
à quelquejolic avanture,
comme je l'efpere , je nemanqueraypas
d'en fairemonpro192
MERCURE
fit ,& d'en amuſer le public.
Je n'y ay vû , juſqu'à preſent
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy unc.
Le 25. de ce mois à minuit
, une grande , brillante ,
&belle Maſque entra dans le
Balde l'Opera , accompagnée
d'une perſonne preſque auffibien
miſe qu'elle. Ces deux
beaurez fendirent la fouledes
Maſques avecune fierté digne
de leur rang La fermeté de
leur démarche & la nobleſfe
de leur contenance leur attirerent
des civilitez , des hommages
, qui penſerent leur
faire
GALANT. 193
i
faire tourner la cervelle. Un
bien ,
jeune homme de condition
remarqua leur embarras , &
leur trouva en même temps ,
une ſi prodigieuſe quantité
degraces , qu'il les prit ſous ſa
protection. Ses ſoins & d'autres
objets écarterent la foule
desprétendans. Il fit enfin fi
leur trouva une
place dans un coin del'Orqueftre
du fond du Theatre. Ce
fut là qu'aux pieds de fa grande
Reine , il étala de fon mieux
tous les ſentimens de ſon
coeur. Il luy dit entre autres
choſes , qu'il ne voyoit rien
Janvier 1716.
,qu'il
R
194 MERCURE
د
de fibeau que l'énorme groffeur
de fon poitrail , qu'elle
avoit un embonpoint dont il
eſtoit enchanté ,& qu'il s'eſti- enchante
meroit trop favoriſé de l'amour
& de la fortune , s'il
pouvoit parvenir un jour à la
gloire de ſe voir l'heureux
nourriſſon d'une ſi belle Nourriffe.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belles choſes
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de ſe
trouver partout où ily a quelque
apparence d'avantures , )
n'a pas eu le courage de retenir
. Il eſt neanmoins bien vrai
GALANT. 195
qu'il ſuivit la converſation de
ces Maſques , & qu'il entendit
avant de les quitter , qu'ils ſe
fer , qu
donnoient un rendez - vous
pour le lendemain àmidy dans
l'Egliſe des Cordeliers , où les
Acteurs ne manquerent pas de
ſe trouver comme ils ſe l'étoient
promis . Leurs regards
& quelques fignaux reciproques
affûrerent leur reconnoifſance.
Ils ſe joignirent à la
porte de l'Eglife ,ils ſe parlerent
, & ſe ſeparerent aprés
eſtre convenus de ſe revoir l'apreſdinée
dans la maiſon même
de la belle Avanturiere.
Rij
196 MERCURE
Vers le ſoir le Cavalier fut
faire la viſite à laquelle il s'étoit
engagé le matin. Il heurta
à la porte qu'une ſervante alla
luy ouvrir pour le conduire
dans un Appartement magnifique
, où ſa Dame le receut
avec toute la joye & toute la
politeſſe imaginables. Sa viſite
finie , il ne fongea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voulut recevoir la confidence
de ſa bonne fortune. Il
exagera fon bonheur , il éleva
ſa belle au- deſſus de toutes les
belles du monde , & ne ſe promit
en un mot rien moins
GALANT. 197
qu'unheureux& ſplendidehymen
avec une ſi aimable & fi
riche perſonne. Mais ſon indifcretion
luy coûra cher ; il
parla trop , il retourna mal-àpropos
au logis de la Dame de
ſes penſées , enfin il fit tantd'éloges
de ſa prétenduë felicité ,
qu'au bout de trois jours , il ne
luy reſta pour tout fruit de ſes
pas , que la honte de ſes ſoins .
Un particulier de ſa connoiffance
qui demeuroit dans le
vorfinage de ſa Maiſtreſſe ,devint
le dernier confident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant ſur le merite de fa
Riij
198 MERCURE
conqueſte ; mais un moment
aprés il luy dit qu'il voyoit
bienqu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire , qu'il eſtoit bien ailede
luyapprendre que ſaMaiſtreſſe
eſtoit en liaiſon étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point , & que le lendemain
, s'il eſtoit curieux , il la
luy feroit voir dans un état qui
le dégoûteroit à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
propoſition d'un air de confiance
qui annonçoit ſon incredulité
, & conſentit enfin à
ſe trouver à cinq heures du
matin chez celuy qui luy parGALANT
199
loit avec tantd'afleurance d'une
choſe qu'il ne pouvoit ſe
perfuader. L'heure du rendezvous
arrivée , il alla au logis de
fon amy , il le ſomma de luy
tenir parole , ce que l'autre fit
àl'inſtant. Ilmena l'Amant de
fa charmante voiſine juſqu'au
coin de l'Egliſe de S. Cômedu
côté de la ruë de la Harpe , il
fe mit avec luy en ſentinelle
fous une porte ,& aucoup de
fix heures , il luy recommenda
d'ouvrir ſi bien les yeux qu'il
ne luy pût rien échaper de ce
qu'il alloit voir . En effer , le
jeunehomme regardatant qu'
R iiij
200 MERCURE
il pût , & vit à la fin avecun
étonnement extrême ſon heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honneſtes
Marchandes qui eſtabliſſent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&reconnut
enfin , à la faveur de la lumiere
, que ſa chere Maiſtreſſe
ettoit une des plus graffes TripieresdeParis
.Al'inſtant,con.
fus de fon Avanture , il embraſſa
ſon indifcret amy , &
prit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avoüera-t- il
pas maintenant que ces deux
Amants alloient faire bien du
GALANT. 201
chemin enſemble , ſous l'étendart
de l'amour , fi ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confié ce ſecret important
à un homme trop inſtruit
des affaires de ſa Mantreffe.
ſuivi à preſent & le plus agréa
ble en même temps , eft celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy , les Mereredy ,& les
Samedy de chaque ſemaine.
C'eſt un Bal établi avec tant
d'ordre , de lumieres , & de
propreté , qu'il eſt devenu le
divertiſſementde Paris le plus
GALANT. 189
à la mode. Chaque Maſquey
eft receu moyennant le prix
&fomme d'un écu. C'eſt à ce
titre qu'il acquiert le plaiſir
(quel qu'il foit )de danſer , ou
de s'entretenir à la faveur de
fon maſque , avec les plus diftinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il eſt entreprennant
, & qu'il ait de l'efprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy , je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avantures
, mais il y fait fi clair ,
qu'onn'y peut attrapertoutau
plus ,que quelques lambeaux
1,0 MERCURE
de converfation. Le jargon
de ce païs là tout déteſtable
qu'il eſt , eſt la plus amuſante
choſedu monde ,& il ſemble
qu'il a été donné à tous , par
un don particulier ( & l'efprit
àpart)la faculté de parler également
bien cette langue.Au
reſte cet établiſſement a été
inventé fort à propos , dans
une Ville comme Paris ,où il
faut abſolument des plaiſirs.
Cependant il y arrive tous les
jours une choſe dont le ridicule
eſt extrême ,& qui revolte
lesEtrangers , comme toutce
qu'il ya de François raiſonnaGALANT
. 191
bles. Enunmot on dit , & je
penſe comme ceux qui le
difent , qu'il eſttout à fait impertinent
de voir dans une
affemblée auffi brillante par le
nombre & les graces des Dames
qui s'y trouvent tous les
jours ,un tas de jeunes étourdisquidanſent
entr'cux , toute
les danſes qu'il leur plaît , pendant
que la pluſpart du temps
les Dames font debout , occupées
à les regarder faire leurs
exercices . Si ce Bal donne matiere
à quelquejolic avanture,
comme je l'efpere , je nemanqueraypas
d'en fairemonpro192
MERCURE
fit ,& d'en amuſer le public.
Je n'y ay vû , juſqu'à preſent
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy unc.
Le 25. de ce mois à minuit
, une grande , brillante ,
&belle Maſque entra dans le
Balde l'Opera , accompagnée
d'une perſonne preſque auffibien
miſe qu'elle. Ces deux
beaurez fendirent la fouledes
Maſques avecune fierté digne
de leur rang La fermeté de
leur démarche & la nobleſfe
de leur contenance leur attirerent
des civilitez , des hommages
, qui penſerent leur
faire
GALANT. 193
i
faire tourner la cervelle. Un
bien ,
jeune homme de condition
remarqua leur embarras , &
leur trouva en même temps ,
une ſi prodigieuſe quantité
degraces , qu'il les prit ſous ſa
protection. Ses ſoins & d'autres
objets écarterent la foule
desprétendans. Il fit enfin fi
leur trouva une
place dans un coin del'Orqueftre
du fond du Theatre. Ce
fut là qu'aux pieds de fa grande
Reine , il étala de fon mieux
tous les ſentimens de ſon
coeur. Il luy dit entre autres
choſes , qu'il ne voyoit rien
Janvier 1716.
,qu'il
R
194 MERCURE
د
de fibeau que l'énorme groffeur
de fon poitrail , qu'elle
avoit un embonpoint dont il
eſtoit enchanté ,& qu'il s'eſti- enchante
meroit trop favoriſé de l'amour
& de la fortune , s'il
pouvoit parvenir un jour à la
gloire de ſe voir l'heureux
nourriſſon d'une ſi belle Nourriffe.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belles choſes
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de ſe
trouver partout où ily a quelque
apparence d'avantures , )
n'a pas eu le courage de retenir
. Il eſt neanmoins bien vrai
GALANT. 195
qu'il ſuivit la converſation de
ces Maſques , & qu'il entendit
avant de les quitter , qu'ils ſe
fer , qu
donnoient un rendez - vous
pour le lendemain àmidy dans
l'Egliſe des Cordeliers , où les
Acteurs ne manquerent pas de
ſe trouver comme ils ſe l'étoient
promis . Leurs regards
& quelques fignaux reciproques
affûrerent leur reconnoifſance.
Ils ſe joignirent à la
porte de l'Eglife ,ils ſe parlerent
, & ſe ſeparerent aprés
eſtre convenus de ſe revoir l'apreſdinée
dans la maiſon même
de la belle Avanturiere.
Rij
196 MERCURE
Vers le ſoir le Cavalier fut
faire la viſite à laquelle il s'étoit
engagé le matin. Il heurta
à la porte qu'une ſervante alla
luy ouvrir pour le conduire
dans un Appartement magnifique
, où ſa Dame le receut
avec toute la joye & toute la
politeſſe imaginables. Sa viſite
finie , il ne fongea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voulut recevoir la confidence
de ſa bonne fortune. Il
exagera fon bonheur , il éleva
ſa belle au- deſſus de toutes les
belles du monde , & ne ſe promit
en un mot rien moins
GALANT. 197
qu'unheureux& ſplendidehymen
avec une ſi aimable & fi
riche perſonne. Mais ſon indifcretion
luy coûra cher ; il
parla trop , il retourna mal-àpropos
au logis de la Dame de
ſes penſées , enfin il fit tantd'éloges
de ſa prétenduë felicité ,
qu'au bout de trois jours , il ne
luy reſta pour tout fruit de ſes
pas , que la honte de ſes ſoins .
Un particulier de ſa connoiffance
qui demeuroit dans le
vorfinage de ſa Maiſtreſſe ,devint
le dernier confident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant ſur le merite de fa
Riij
198 MERCURE
conqueſte ; mais un moment
aprés il luy dit qu'il voyoit
bienqu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire , qu'il eſtoit bien ailede
luyapprendre que ſaMaiſtreſſe
eſtoit en liaiſon étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point , & que le lendemain
, s'il eſtoit curieux , il la
luy feroit voir dans un état qui
le dégoûteroit à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
propoſition d'un air de confiance
qui annonçoit ſon incredulité
, & conſentit enfin à
ſe trouver à cinq heures du
matin chez celuy qui luy parGALANT
199
loit avec tantd'afleurance d'une
choſe qu'il ne pouvoit ſe
perfuader. L'heure du rendezvous
arrivée , il alla au logis de
fon amy , il le ſomma de luy
tenir parole , ce que l'autre fit
àl'inſtant. Ilmena l'Amant de
fa charmante voiſine juſqu'au
coin de l'Egliſe de S. Cômedu
côté de la ruë de la Harpe , il
fe mit avec luy en ſentinelle
fous une porte ,& aucoup de
fix heures , il luy recommenda
d'ouvrir ſi bien les yeux qu'il
ne luy pût rien échaper de ce
qu'il alloit voir . En effer , le
jeunehomme regardatant qu'
R iiij
200 MERCURE
il pût , & vit à la fin avecun
étonnement extrême ſon heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honneſtes
Marchandes qui eſtabliſſent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&reconnut
enfin , à la faveur de la lumiere
, que ſa chere Maiſtreſſe
ettoit une des plus graffes TripieresdeParis
.Al'inſtant,con.
fus de fon Avanture , il embraſſa
ſon indifcret amy , &
prit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avoüera-t- il
pas maintenant que ces deux
Amants alloient faire bien du
GALANT. 201
chemin enſemble , ſous l'étendart
de l'amour , fi ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confié ce ſecret important
à un homme trop inſtruit
des affaires de ſa Mantreffe.
Fermer
3726
p. 202-218
Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Début :
Le Lecteur doit s'attendre icy à la vûë du plus brillant tableau [...]
Mots clefs :
Bal, Palais, Appartement, Ambassadeur, Portugal, Meubles, Étoffe, Diamants, Ambassadeur de Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Le Lecteur doit s'attendre
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
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3727
p. 218-223
Nouvelles de la Comedie. [titre d'après la table]
Début :
Au commencement de ce mois, les Comediens ont remis sur [...]
Mots clefs :
Tragédie, Comédie, Succès, Prince, Molière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Comedie. [titre d'après la table]
d'en parler.
Au commencement de ce
GALANT. 219
mois , les Comediens ont remis
fur leur Theatre , leBourgeois
Gentilhomme , Comedie
de Moliere. Cette piece a
elté repreſentée avec un ſuccés
tres mediocre,& les Spetateurs
ont trouvé fort mauvais
, que M. Quinaut qui a
de l'eſprit , ait voulu en avoir
plus que Moliere , & qu'il luy
ait plûde changer les divertiſſements
que cetilluſtreAuteur
avoit mis à propos dans ſa
Comedie, pour leur en ſubſtituer
de ſon invention. Item
M. Quinaut eft Muficien :
mais la muſiquedeMMddeeLully
Tij
220 MERCURE
luy déplaiſt ; il en a compoſétant
qu'il a pû , de ſa petite
façon , & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme ; ce qui a
raiſonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
neceflité d'anticiper ſur le
mois de Février , pour vous
apprendre encore une nouvellede
ce païs. Vous ſçaurez
donc que le premier jour de
Février , les Comediens ont .
donné la premiere repréſentation
dela Tragedie de Semiramis
, qu'ils annonçoient depuis
pluſieurs mois , comme
GALANT 221
quelque choſe de bon : mais
il n'a fallu qu'une repréſentation
,pour détromper tout
le monde:& Semiramis a pafſe
ſur la ſcene , pour une extravagante
, qui n'avoit ni
fens , nirime , ni raifon. Son
Hiſtoire a été reçue comme
une miferable Fable , mal inventée
, & plus mal contée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragedie , ont
donné lieu à vingt ſobriquets.
Le Prince. Menon , le Prince
Arius , ont dit des choſes tresrares.
Le Prince Aretas a efté
furnommé le Prince Aretin ,
Tiij
222 MERCURE
&la Princefle Nicotris la Prin
ceffe Logogrif , & autrement
encore. Vous me direz que je
vous conte- là de pauvres cho
fes , eft ce ma faute ? Et ne
fuis -je pas obligé devous faire
un recit fidele du ſuccés des
nouvelles pieces ?C'eſt pourtant
biendommage , & l'Auteur
d'Habis , qui a certaine
ment autant de merite &d'efprit
qu'aucune perſonne de
fon ſexe, chargée des Lauriers
dontle ſuccés glorieux de ſa
premiere Tragedie,avoit cou
ronné fon front , devoit bien
ſe garder d'expoſer ſi vilaine
GALANT. 223
ment la déplorable Semiramis
: mais conſokz vous ,
Meffieurs , tous les ſpectacles
dela Foire qui fontmaintenant
ouverts , vont vanger
lepublicdes catastrophes de
la Comedic. Au reſte je ne
doute pas qu'on ne revoye
inceffamiment Semiramis à la
Foire.
Au commencement de ce
GALANT. 219
mois , les Comediens ont remis
fur leur Theatre , leBourgeois
Gentilhomme , Comedie
de Moliere. Cette piece a
elté repreſentée avec un ſuccés
tres mediocre,& les Spetateurs
ont trouvé fort mauvais
, que M. Quinaut qui a
de l'eſprit , ait voulu en avoir
plus que Moliere , & qu'il luy
ait plûde changer les divertiſſements
que cetilluſtreAuteur
avoit mis à propos dans ſa
Comedie, pour leur en ſubſtituer
de ſon invention. Item
M. Quinaut eft Muficien :
mais la muſiquedeMMddeeLully
Tij
220 MERCURE
luy déplaiſt ; il en a compoſétant
qu'il a pû , de ſa petite
façon , & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme ; ce qui a
raiſonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
neceflité d'anticiper ſur le
mois de Février , pour vous
apprendre encore une nouvellede
ce païs. Vous ſçaurez
donc que le premier jour de
Février , les Comediens ont .
donné la premiere repréſentation
dela Tragedie de Semiramis
, qu'ils annonçoient depuis
pluſieurs mois , comme
GALANT 221
quelque choſe de bon : mais
il n'a fallu qu'une repréſentation
,pour détromper tout
le monde:& Semiramis a pafſe
ſur la ſcene , pour une extravagante
, qui n'avoit ni
fens , nirime , ni raifon. Son
Hiſtoire a été reçue comme
une miferable Fable , mal inventée
, & plus mal contée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragedie , ont
donné lieu à vingt ſobriquets.
Le Prince. Menon , le Prince
Arius , ont dit des choſes tresrares.
Le Prince Aretas a efté
furnommé le Prince Aretin ,
Tiij
222 MERCURE
&la Princefle Nicotris la Prin
ceffe Logogrif , & autrement
encore. Vous me direz que je
vous conte- là de pauvres cho
fes , eft ce ma faute ? Et ne
fuis -je pas obligé devous faire
un recit fidele du ſuccés des
nouvelles pieces ?C'eſt pourtant
biendommage , & l'Auteur
d'Habis , qui a certaine
ment autant de merite &d'efprit
qu'aucune perſonne de
fon ſexe, chargée des Lauriers
dontle ſuccés glorieux de ſa
premiere Tragedie,avoit cou
ronné fon front , devoit bien
ſe garder d'expoſer ſi vilaine
GALANT. 223
ment la déplorable Semiramis
: mais conſokz vous ,
Meffieurs , tous les ſpectacles
dela Foire qui fontmaintenant
ouverts , vont vanger
lepublicdes catastrophes de
la Comedic. Au reſte je ne
doute pas qu'on ne revoye
inceffamiment Semiramis à la
Foire.
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3728
p. 224-226
MARIAGES.
Début :
M. le Marquis d'Harcourt, Mestre de Camp d'un Regiment [...]
Mots clefs :
Roi, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
M. le Marquis d'Harcourt,
Meſtre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie&Capitaine
des Gardes du Corps du Roy,
fils aiſné de Meffire Henry
deHarcourt,Duc d'Harcourt,
Pair & Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General pour Sa
Majesté de la Province de
Normandie , & Capitaine de
fes Gardes du Corps , & de
GALANT. 225
Dame Maric Anne - Claude
deBrulart deGenlis , a épousé
le ... de ce mois N .. de Neufville
,Damoiſelle de Villeroy ,
fille aiſnée de Meſſire François
deNeufville, Duc de Villeroy,
Pair de France , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy &
CapitainedesGardes du Corps
de Sa Majefté , & de feuë Dame
Marguerite le Tellier de
Louvoy , & petite fille de
Meffire François de Neufville,
Duc de Villeroy , Pair & Maréchal
de France , Chevalier
desOrdres du Roy , Gouverneur
des Provinces de Lyon226
MERCURE
nois, Forets&Beaujollois,&c.
La Maiſon d'Harcourt eft fr
ancienne& fi illuftre &cellede
Neufville eft finoble&fi décoséc,&
par confequent ficonnue,
queje nevousen diray rien
icy, me contentant de vous
renvoyer à l'Hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne
, dans laquelle vous trouverez
amplement de quoy
fatisfaire voſtre curiofité fur
ces deux illuftres Maiſons.
M. le Marquis d'Harcourt,
Meſtre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie&Capitaine
des Gardes du Corps du Roy,
fils aiſné de Meffire Henry
deHarcourt,Duc d'Harcourt,
Pair & Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General pour Sa
Majesté de la Province de
Normandie , & Capitaine de
fes Gardes du Corps , & de
GALANT. 225
Dame Maric Anne - Claude
deBrulart deGenlis , a épousé
le ... de ce mois N .. de Neufville
,Damoiſelle de Villeroy ,
fille aiſnée de Meſſire François
deNeufville, Duc de Villeroy,
Pair de France , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy &
CapitainedesGardes du Corps
de Sa Majefté , & de feuë Dame
Marguerite le Tellier de
Louvoy , & petite fille de
Meffire François de Neufville,
Duc de Villeroy , Pair & Maréchal
de France , Chevalier
desOrdres du Roy , Gouverneur
des Provinces de Lyon226
MERCURE
nois, Forets&Beaujollois,&c.
La Maiſon d'Harcourt eft fr
ancienne& fi illuftre &cellede
Neufville eft finoble&fi décoséc,&
par confequent ficonnue,
queje nevousen diray rien
icy, me contentant de vous
renvoyer à l'Hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne
, dans laquelle vous trouverez
amplement de quoy
fatisfaire voſtre curiofité fur
ces deux illuftres Maiſons.
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3729
p. 240-243
Suite des Mariages. [titre d'après la table]
Début :
Messire ... du Fay, Comte de la Tour Maubourg, veuf de [...]
Mots clefs :
Dame, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Mariages. [titre d'après la table]
Meffire... du Fay , Comte
de la Tour Maubourg,veuf
de feueDame .... de la Vieuville
,
GALANT. 241
ville, a épousé le ... Baſin Damoiſelle
de Befons , fille aiſnée
de Moffire Jacques Baſin de
Befons , Maréchal de France ,
&de Dame Marie Marguerite
le Meneſtrel ; & niéce de
Meffire Armand Basin de Befons
Archevêque de Bordeaux.
M. le Comte de la Tour-Maubourg
fort d'une Maiſon
originaire du Vivarais , diftinguée
par ſon ancienneté & par
Les alliances : pour la famille
deBaſin deBefons , elle eſt une
des mieux alliées & des plus
diftinguées du Royaume.
Meflire ... de la Croix,Mar.
Janvier 1716. X
242 MERCURE
quis de Caftres , fils de Meffire
Joſeph François de la Croix ,
Marquis de Caftres , Chevalierd'honneur
de S. A. R. Ma.
dame la Duchefle d'Orleans ,
& de Dame Marie Elifabeth
de Rochechoüart , & petit fils
de Meffire René Gaspard de
la Croix, Marquis deCaftres ,
Lieutenant General des Armées
du Roy , Chevalier de
fes Ordres , Gouverneur des
Ville & Citadelle de Montpellier
, & de Dame Iſabeau de
Bonzi , ſa ſeconde femme , a
épouféle 20. de ce mois , Da
moiſelle ... du Mouceau , ſeconde
fille de Meffire Charles
GALANT. 243
...
du Mouceau Seigneur deWol .
lent,Intendant des Armées du
Roy , & de Dame Marie Charlotte
Camus des Touches , &
foeur puiſnée de ... du Mouceau
,mariée depuis peu d'années
à Meffire . Hennequin
, Seigneur d'Heſquerolles
: la Maiſon de la Croix
eſt originaire de la Ville de
Montpellier , où elle eſt connuë
il y a plus de 400. ans :
pour la famille du Mouceau ,
elle eſt diſtinguée depuis long.
temps & des mieux alliées de
la robe.
de la Tour Maubourg,veuf
de feueDame .... de la Vieuville
,
GALANT. 241
ville, a épousé le ... Baſin Damoiſelle
de Befons , fille aiſnée
de Moffire Jacques Baſin de
Befons , Maréchal de France ,
&de Dame Marie Marguerite
le Meneſtrel ; & niéce de
Meffire Armand Basin de Befons
Archevêque de Bordeaux.
M. le Comte de la Tour-Maubourg
fort d'une Maiſon
originaire du Vivarais , diftinguée
par ſon ancienneté & par
Les alliances : pour la famille
deBaſin deBefons , elle eſt une
des mieux alliées & des plus
diftinguées du Royaume.
Meflire ... de la Croix,Mar.
Janvier 1716. X
242 MERCURE
quis de Caftres , fils de Meffire
Joſeph François de la Croix ,
Marquis de Caftres , Chevalierd'honneur
de S. A. R. Ma.
dame la Duchefle d'Orleans ,
& de Dame Marie Elifabeth
de Rochechoüart , & petit fils
de Meffire René Gaspard de
la Croix, Marquis deCaftres ,
Lieutenant General des Armées
du Roy , Chevalier de
fes Ordres , Gouverneur des
Ville & Citadelle de Montpellier
, & de Dame Iſabeau de
Bonzi , ſa ſeconde femme , a
épouféle 20. de ce mois , Da
moiſelle ... du Mouceau , ſeconde
fille de Meffire Charles
GALANT. 243
...
du Mouceau Seigneur deWol .
lent,Intendant des Armées du
Roy , & de Dame Marie Charlotte
Camus des Touches , &
foeur puiſnée de ... du Mouceau
,mariée depuis peu d'années
à Meffire . Hennequin
, Seigneur d'Heſquerolles
: la Maiſon de la Croix
eſt originaire de la Ville de
Montpellier , où elle eſt connuë
il y a plus de 400. ans :
pour la famille du Mouceau ,
elle eſt diſtinguée depuis long.
temps & des mieux alliées de
la robe.
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3730
p. 246-250
« Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Début :
Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Meffire ... de Pardaillan
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
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3731
p. 250-252
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Début :
Une des trois places de Conseillers d'Etat d'Eglise, ayant [...]
Mots clefs :
Prince, Conseiller d'État d'Église, Régent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Unedes trois places de Conſeillers
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
Fermer
3732
p. 254-257
« Il faut assûrement que les Enigmes du mois passé soient bien [...] »
Début :
Il faut assûrement que les Enigmes du mois passé soient bien [...]
Mots clefs :
Énigmes, Logogriphe, Lettre E, Lettre V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il faut assûrement que les Enigmes du mois passé soient bien [...] »
Il faut aſſûrement que les Enigmes
du mois paffé ſoient bien
belles , & bien envelopées , puifque
perſonne n'en a deviné le
mot, nymoynon plus.Cependant
:
GALANT. 255
l'Auteur de cesEnigmes m'a écrit
depuis peu de jours , que la premiere
étoit la Lettre E , & la ſeconde
la Lettre v. Pluſieurs perſonnes
les ont auſſi deviné aprés
luy,&voici leurs noms . LeMoufquetaire
en pied favorydes Muſes
, MademoiselleRaparye , Mademoiselle
Patron, Leclize & fon
amy , l'Amoureux oiſif des bords
de la Marne , mon amyMendoce,
le joly Profeſſeur du College de
Bayeux , Iaimable Jolie de la rue
de la Monnoye, le grosAnonyme,
& l'Amant des ſept Douleurs .
Pour le ſecond Logogrif, il a eſté
plus heureux , & bien des perfonnes
de confideration dont la
penetration eſt admirable , m'ont
fait l'honneur de m'écrire qu'il
fignifioit incontestablement , le
Regent qui ne l'aime ? ce qu'expri256
MERCURE
ment parfaitement toutes les
figures dont il est compofé. Le
premier Logogrife a eû un fort
plus malheureux encore que les
Enigmes , il a eſté plus indechiffrable
qu'elles ; & perſonne ne
m'en a envoyé le veritable ſens .
J'en appelle à fon Auteur. J'ay receu
ſur le chapitre des Logogrifs
une Lettre du gros. Anonyme ,
fort bien écrite ; mais s'il avoit
enviede voirimprimez quelques
uns de ſes Logogrifes , il devoit
prendre la peine de les faire graver.
Il n'avoit pour cela qu'à s'adreffer
àM. Jean-BaptisteAudry,
Profefleur del Academie dePeinture
,& tres habile Graveur ,
Auteur tres moderne d'un Livre
de Logogrifs gravez en taille
douce. Ce Livre ſe vend à Paris
chez
:
GALANT. 257
chez la veuve de S. Martin , au
Sofeil d'or , fur le Pont Noftre-
Dame , & ruë S. Jacques , vis-àvis
les Mathurins , au Mecenas.
En voilà je penſe aſſez de dit ſur
cet article , paffons auxEnigmes,
du mois paffé ſoient bien
belles , & bien envelopées , puifque
perſonne n'en a deviné le
mot, nymoynon plus.Cependant
:
GALANT. 255
l'Auteur de cesEnigmes m'a écrit
depuis peu de jours , que la premiere
étoit la Lettre E , & la ſeconde
la Lettre v. Pluſieurs perſonnes
les ont auſſi deviné aprés
luy,&voici leurs noms . LeMoufquetaire
en pied favorydes Muſes
, MademoiselleRaparye , Mademoiselle
Patron, Leclize & fon
amy , l'Amoureux oiſif des bords
de la Marne , mon amyMendoce,
le joly Profeſſeur du College de
Bayeux , Iaimable Jolie de la rue
de la Monnoye, le grosAnonyme,
& l'Amant des ſept Douleurs .
Pour le ſecond Logogrif, il a eſté
plus heureux , & bien des perfonnes
de confideration dont la
penetration eſt admirable , m'ont
fait l'honneur de m'écrire qu'il
fignifioit incontestablement , le
Regent qui ne l'aime ? ce qu'expri256
MERCURE
ment parfaitement toutes les
figures dont il est compofé. Le
premier Logogrife a eû un fort
plus malheureux encore que les
Enigmes , il a eſté plus indechiffrable
qu'elles ; & perſonne ne
m'en a envoyé le veritable ſens .
J'en appelle à fon Auteur. J'ay receu
ſur le chapitre des Logogrifs
une Lettre du gros. Anonyme ,
fort bien écrite ; mais s'il avoit
enviede voirimprimez quelques
uns de ſes Logogrifes , il devoit
prendre la peine de les faire graver.
Il n'avoit pour cela qu'à s'adreffer
àM. Jean-BaptisteAudry,
Profefleur del Academie dePeinture
,& tres habile Graveur ,
Auteur tres moderne d'un Livre
de Logogrifs gravez en taille
douce. Ce Livre ſe vend à Paris
chez
:
GALANT. 257
chez la veuve de S. Martin , au
Sofeil d'or , fur le Pont Noftre-
Dame , & ruë S. Jacques , vis-àvis
les Mathurins , au Mecenas.
En voilà je penſe aſſez de dit ſur
cet article , paffons auxEnigmes,
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3733
p. 262
« Une belle Inconnuë m'a envoyé un Logogrife assez juste ; c'est la [...] »
Début :
Une belle Inconnuë m'a envoyé un Logogrife assez juste ; c'est la [...]
Mots clefs :
Rien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Une belle Inconnuë m'a envoyé un Logogrife assez juste ; c'est la [...] »
Une belleInconnuëm'a envoyé
un Logogrufe affez juſte ; c'eſt la
figure de Mercure telle qu'elle eſt
au commencement de ce Livre ,
avec ce mot fur la Figure, RIEN.
Je la remercie de ſon preſent.
un Logogrufe affez juſte ; c'eſt la
figure de Mercure telle qu'elle eſt
au commencement de ce Livre ,
avec ce mot fur la Figure, RIEN.
Je la remercie de ſon preſent.
Fermer
3734
s. p.
TABLE.
Début :
Prélude que l'Auteur voudroit, à la gloire de chaque Prince de l'Europe [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
P
Rélude quell''Auteurvoudroit àla
glovre de chaque Prince de l'Euro---
pe, copier tous les mois. 3
Nouvelles non extraites des Gazettes
deVe ise... 7
De Livourne. 13
DeRome. 17
Suite des Nouvelles de Venise. 40.
De Melilla , Ville d'Afrique , depuis
longtems affiegée parles Mores. 56
Relationdece qui s'eſt paſſé au Caire depuis
le 17. Septembre 1715. jusqu'au
24. duditmois. 70
Lettre écrite par un Curieux de Roven
àParis , àM. Gal , Docteur en Me
decine de l'Univerſité de Boulogne,..
Piece nouvelle ...
DeParis.
83
93
Odefurla mortde Louis leGrand. 105
Vandeville. 116
TABLE.
Morts. 121
Extraits d'Oraiſons Funebres. 141
Extraits de Livres nouveaux. 159
Discours fur le Bal de l'Opera , ſuivi
d'une Avanture de Bal 183
Description modeste de la magnificence
du Balde M. l' Ambaſſateur de Portugal..
201
Nouvellesde la Comedie. 218
Mariages. 224
Epithalame furle Mariage de M. le
moiselle de Villeroy..
Seite des Mariages.
doine Apolli aire afajoeur,
Marquis d'Harcourt avec Made-
Chanson tirée d'un Compliment de S. Si-
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise va-
227
240
244
conte par la mort de M. de la Но-
gutte, donnée par le Regent à м.
Abbé Dubois. 250
Portrait du Regent. 253
Chapitre des Enigmes. 257
Avertiffment fingulier. 260
P
Rélude quell''Auteurvoudroit àla
glovre de chaque Prince de l'Euro---
pe, copier tous les mois. 3
Nouvelles non extraites des Gazettes
deVe ise... 7
De Livourne. 13
DeRome. 17
Suite des Nouvelles de Venise. 40.
De Melilla , Ville d'Afrique , depuis
longtems affiegée parles Mores. 56
Relationdece qui s'eſt paſſé au Caire depuis
le 17. Septembre 1715. jusqu'au
24. duditmois. 70
Lettre écrite par un Curieux de Roven
àParis , àM. Gal , Docteur en Me
decine de l'Univerſité de Boulogne,..
Piece nouvelle ...
DeParis.
83
93
Odefurla mortde Louis leGrand. 105
Vandeville. 116
TABLE.
Morts. 121
Extraits d'Oraiſons Funebres. 141
Extraits de Livres nouveaux. 159
Discours fur le Bal de l'Opera , ſuivi
d'une Avanture de Bal 183
Description modeste de la magnificence
du Balde M. l' Ambaſſateur de Portugal..
201
Nouvellesde la Comedie. 218
Mariages. 224
Epithalame furle Mariage de M. le
moiselle de Villeroy..
Seite des Mariages.
doine Apolli aire afajoeur,
Marquis d'Harcourt avec Made-
Chanson tirée d'un Compliment de S. Si-
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise va-
227
240
244
conte par la mort de M. de la Но-
gutte, donnée par le Regent à м.
Abbé Dubois. 250
Portrait du Regent. 253
Chapitre des Enigmes. 257
Avertiffment fingulier. 260
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3735
s. p.
« L'Air doit regarder la page 244. [...] »
Début :
L'Air doit regarder la page 244. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Air doit regarder la page 244. [...] »
L'Air doit regarder la page 244.
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3736
p. 3-19
De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
Début :
Le vingt Decembre dernier il se fit un Service trés-solemnel [...]
Mots clefs :
Roi, Bourgeois nobles, Nobles, Perpignan, Consuls, Gentilhommes, Service, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
De Perpignan.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
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3737
p. 19
« On a crû que ce morceau d'Histoire ne seroit pas indigne [...] »
Début :
On a crû que ce morceau d'Histoire ne seroit pas indigne [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On a crû que ce morceau d'Histoire ne seroit pas indigne [...] »
dH<ftoirc ne feroic pas indigne
dela curiositéduPubîic.
Il eti<dcs gens qui se phifent à
éstre instruits des u (age$, des
diflForcnccsVilles duRoyaume.
dela curiositéduPubîic.
Il eti<dcs gens qui se phifent à
éstre instruits des u (age$, des
diflForcnccsVilles duRoyaume.
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3738
p. 19-24
A Rome le 21. Decembre 1715
Début :
Le Pape joüit presentement d'une santé parfaite : outre la [...]
Mots clefs :
Cardinal, Sa Sainteté, Pape, Valets, Cour, Rome
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texteReconnaissance textuelle : A Rome le 21. Decembre 1715
.4Rome le 2.1. Decembre 171j
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
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3739
p. 24-33
De Rome le 28. Decembre 1715.
Début :
Le Pape ordinairement tient Chapelle de Noël à Sainte Marie [...]
Mots clefs :
Cardinal, Chapelle, Pape, Ambassadeur, Rome
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texteReconnaissance textuelle : De Rome le 28. Decembre 1715.
De Rome le18. Dcccmbre 1715-
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
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3740
p. 34-41
De Rome le 11. Janvier 1716.
Début :
Le jour de l'Epiphanie le Pape assista à la Chapelle, il [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Duc, Ambassadeur
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texteReconnaissance textuelle : De Rome le 11. Janvier 1716.
De Rome le II. Janvier ijl6.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
Fermer
3741
p. 41-46
A Venise le 11. Janvier 1716.
Début :
Dimanche l'on fit ici l'Election d'un Capitaine General, [...]
Mots clefs :
Général, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 11. Janvier 1716.
A Vewfcle11. Janvier 1ji6.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
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3742
p. 47-52
A Venise le 21. Decembre 1715.
Début :
M. le Chevalier Morosini qui a esté Ambassadeur à Rome [...]
Mots clefs :
République, Chevalier, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 21. Decembre 1715.
jiVeniJïleil.Décembre i71j.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
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3743
p. 52-57
De Venise le 28. Decembre 1715.
Début :
On croyoit qu'un Courrier qui est arrivé de Vienne cette [...]
Mots clefs :
Turcs, Guerre, Courrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise le 28. Decembre 1715.
DcVmife le t-8.Dicembre 1715.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
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3744
p. 57-61
A Livourne le 24. Janvier 1716.
Début :
Il vient d'arriver ici un Vaisseau Hollandois venant de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Vaisseau, Vizir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Livourne le 24. Janvier 1716.
ALivournc lc24JanvierljlG.
1I vient d'arriver ici un VaiC.
seau Hollandois venant de
Smyme, donril est parti le1j.
duparte,parlequelonareceu
des Lettres qui portent que le
Grand Seigneur & son Armée
estoient arrivez Ir 19 Novembre
fous les murs deConlLntmoplc,
où ellepufLra1 hyver
fous les icmcsjcnun heu appelle
Azmedam, ainsi quil se
pratiqueen tems de Guerre;
le Grand Seigneur lui même ole passera dans un petit Serrait
qu'il a fait bânr prés de Conftanunople
,
& n'entrera pas
dans la Ville, non plus que le
Visir. Les Grands Seigneurs
ne font point lujets à dite déposez
tant qu'ils (ont hors de
leur Ca pitale & de leur Palais
Impérial, restant à la garde de
leur Armérqui leuraeslé toujours
fidele
,
quand ellea furtout
estéaufli bien payée que
ce Grand Seigneur paye ses
Troupes. Il forcit d'Andrinopie,
& s'avança jufquJà deux
lieues de la VilU-pour y recevoir
le grand Visir, auquel il
a fit un accueil des plus favorab!
cs,en lui donnant deux aigrettes
de diamants, & six chevaux
harnachez, dont la valeurest
estimée 500 mil écus.
Il lui remit de plus (a fille, qu'il
lui avoit promis depuis longtems,
& qui nest point encore
nubile.
Toute l'application du
grandScigneur & duVifir font
à prefcnt à augmenter les Armées
de Mer & de Terre, ôc
de faire toutes lesdilpoficions
pour une tres-grandc campagne
, sans qu'il paroisse néanmoins
aucuneenviedattaquer
l'Empereur
)
à moins qu'il ne
le prévienne.
Le Vaisseau de 104. pieces
de canons qui elioit forci cette
année de Conflantinople ne
servira pluslaproch aine ,
s'eftant
ouvert au troifiémecoup
qu'il tira de sa bjttcne baffe,
où il y a huit picccs de canon
de 104, livrés debile;mais on
travaille à Cooftantinople &
dans les Portsde la Mcr Noire
à la confiruétlon de quantité
de Bânmencs ql/on prétend
faire (eivif lacampagne prochaine.
1I vient d'arriver ici un VaiC.
seau Hollandois venant de
Smyme, donril est parti le1j.
duparte,parlequelonareceu
des Lettres qui portent que le
Grand Seigneur & son Armée
estoient arrivez Ir 19 Novembre
fous les murs deConlLntmoplc,
où ellepufLra1 hyver
fous les icmcsjcnun heu appelle
Azmedam, ainsi quil se
pratiqueen tems de Guerre;
le Grand Seigneur lui même ole passera dans un petit Serrait
qu'il a fait bânr prés de Conftanunople
,
& n'entrera pas
dans la Ville, non plus que le
Visir. Les Grands Seigneurs
ne font point lujets à dite déposez
tant qu'ils (ont hors de
leur Ca pitale & de leur Palais
Impérial, restant à la garde de
leur Armérqui leuraeslé toujours
fidele
,
quand ellea furtout
estéaufli bien payée que
ce Grand Seigneur paye ses
Troupes. Il forcit d'Andrinopie,
& s'avança jufquJà deux
lieues de la VilU-pour y recevoir
le grand Visir, auquel il
a fit un accueil des plus favorab!
cs,en lui donnant deux aigrettes
de diamants, & six chevaux
harnachez, dont la valeurest
estimée 500 mil écus.
Il lui remit de plus (a fille, qu'il
lui avoit promis depuis longtems,
& qui nest point encore
nubile.
Toute l'application du
grandScigneur & duVifir font
à prefcnt à augmenter les Armées
de Mer & de Terre, ôc
de faire toutes lesdilpoficions
pour une tres-grandc campagne
, sans qu'il paroisse néanmoins
aucuneenviedattaquer
l'Empereur
)
à moins qu'il ne
le prévienne.
Le Vaisseau de 104. pieces
de canons qui elioit forci cette
année de Conflantinople ne
servira pluslaproch aine ,
s'eftant
ouvert au troifiémecoup
qu'il tira de sa bjttcne baffe,
où il y a huit picccs de canon
de 104, livrés debile;mais on
travaille à Cooftantinople &
dans les Portsde la Mcr Noire
à la confiruétlon de quantité
de Bânmencs ql/on prétend
faire (eivif lacampagne prochaine.
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3745
p. 61-79
Extrait Curieux & Historique des Nouvelles de Lisbonne.
Début :
Il y a dans les nouvelles qui viennent de Goa beaucoup de [...]
Mots clefs :
Roi, Ports, Roi de Portugal, Vaisseaux, Guerre, Port, Europe, Portugais, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait Curieux & Historique des Nouvelles de Lisbonne.
Extrait Curieux&H'florique
des Nouvelles de Lisbonne.
Il y a dans lesnouvellesqui
tiennent de Goabeaucoup de
chofcs- qui nous font souvenir
des premieres actions des Portugais
lor[qu)ils se rendirent
maistre des Indes Orientales.
Le Roy de Canara qui estvoifin
deGoa, ayant manquéà
la foy des Traitez anciens, &
refusé de payer le tnbuc accoutumé
au Roy de Poitugal
J
le
Viceioy Vasco Fernandcs Ccfar
mit une Armée sur pied
qui s'empara des principales
de Ces Places, & ayant mis en
même rcmps une Flotte en
Met fie des Je fcentes danstous
fc* Porrsde Mer, & après les
avoir saccagé &. brûlé mit le
feu pu coula à foncU plus de
80.de (es Vaisseaux parmi lefquels
il y en avoir pluficurs de
guerre,&retira touteIArtillerie
tant des Places, que' des
Vaisseaux
, ce qui obligea le
Canara à demander la Pa.x par
un Ambaffudcur
, aux conditiens
qu on luy voudroir im-* -porer:Çcpcoddnt apiéskTraitéfiçrnéîlvouluc
encorernan-
,
quer a l'obleiver,mais le Viceroy
ayant invertide nouveauune
de fès'Placc:s,ll prit le
parti d'envoyerunnouvel Afnhafladeur
, pour demander
pardon d'avoir manqué dr pa.
role,& consentit à unTiailé
qui nous fut encore plus avantageux
que le premier. 'r
L'Angria quiestunfameux
Pirate de ces M.rs, qui les ioquietoit
depuis long temps , & quis'éfeoit formé unecfpecc
de Royauté., ayantentrepris
•quelque choielur nos Vaiffeaux
Marchands, le Viceroy
y envoya une Escadre qui
-
après avoir donné la chasle à
sesVaidéaux
,
les avoit obligé
de fc renfermer dans ses Ports
où ils avoicntété bloquezplusieurs
mois sans qu'il y enrrâc
ni en (ortie aucun Vaisseau,
& on cfperoit qu'on les iroic
attaquer même dans les Ports,
quoyque d'une entréealrez
-difficile, après l'arrivéed'un
renfort qui devoit partir de
Goa.
L'Arabe qui caIa.puissance
maritimelaplus .confidcrablc
'é-. -. dans
dans les Indes, a de tout temps
eula guerre avec nous. LeVu
ccroy sçachant que la principale
partie de leursVaiffcaux de
guerre étoienc à la rade de
Surrate) &ayant pris d'abord
laréfolucion de les aller brûler
dans le Port ireme ,
il changea.
d'avis par rapporta l'amitle
que nous avons toujours
confcrvéavec le Grand Magol
a qui appartient le Port, &hc
attendre l'Armée Navale qu'il
y envoya ,
hors de la rade)
jusqua ce que les Vaissèaux
fulîent fortis
,
après quoy les
ayantcannoné deux jours durant
,
il en coula deux des
-
principaux à fonJs,en rua p!us
de 1300. sans les blessez
,
&
sans lanuit qui leur permit de
s'échaper & de se sauver à
Mafcite,ils ne s'en feroient pas
tirez àsi bon marché.
Ces succésaugmentèrent
tellement la réputation denos
Armes, & de la bravoure de
nôtre Viceroy, que la pluspart
des Princesvoisins y cnvoyerent
desAmbassades. LeGrand
Mogol lui écrivit une Lettre
b
fort obligeante dans laquelle
après lui avoir témoigné l'amitIé
qu'il conservoit pour les
Portugais
,
il lui dit qu'il avoit
dtffendu à sa consideration
dorefnavanc aux VaiflTeaux
Arabes
,
l'entrée dans ses
Ports; ce qui (si d'autant plus
clhmable, qucc'cft le Prince le
rplAusllreic.hl-eie&&lleepplulussppuuiisfsfainntt de
Le Roy de la Cochinchine
y a envoyé le Pere Arnedo
(on Mandarin des Mathématiques,
enqualité de sonAmballadeur
auprès du Viceroy y
de qui il sur magnifiquement
rccü,& défrayé durant son
séjour £ Goa. Il offroit aux
Portugais, un libre commetce
dans les Ports, &la ptrmiffion
d'envoyer des Missionnaires
pour y prêcher l'Evangile. Il
venoit encore chargé de pre-
[cnrs pour le Roy de Portugal;
fnais s'étant embarqué pour
ce voyage,il mouruc en chemin.
Il n'estpas hors de propos de
dire ici quelque chofc de ce que
leRoi dePortug d poli: de dans
rAGe, l'Afrique&l'Alnerique
qui comprend cent fois plusde
Pui\ qu'il n'en porteJe cnEuro.
pe.Cefurent Ie^Portugais qui
découvrirent les premiers, le
pafluge du Capde Bonne Efpcrancc
, l'an 1498 (oue; le
règne du Roi Emmanuel. Ils
y firent des exploits si memorables
,
& des conquêtes si fur- ;
prenantesn'é,tantqu'u, ne poignée
d'hommes,contre tous
les Rois de l'Afie, qu'ils furpaf:
ferent de beaucoup tour ce qui
a esté dit des anciens. Les deux
Sieges de Dio
, ceux de Chaul
& de Goa, soutenus par 300.
Portuogais, contre trois cent
ZD milledes Ennemis munis de la
plus grolTeArtillerie qu'on aie
jamais vu portant plus de
deux cent livres de baie,la
durée des Sieges&la fureur
des affûtsioutcnus avec une
fermeté pus que naturelle
,
&
une infinité de conquêtes qui
les rendirent les nuilt* es d'une
étendue de plus demille lieues
de Côtes , & des Places les
plus importantes & pour les
Fortifications & pour le Commerce,
enfin tant de batailles
gagnées par Mer &par Terre,
mirent le non, Portugais à un
si h IlH point,qu'il cft difficile
de trouver dans toute l'hiftoirc
aucune çxcmple de l'importançe
&dela rapidité de leurs
ccnqueres.
Dans toutes les Costes de
TAfic on n'entend point d'autre
langue dansle commerce
que laportugalue, &tant les
Hollandois & autres- Nitions
d'Europe , que les naturels du
pïs, fontobligez de l'apptendre
pour pouvoir trafiquerr
dans leurs mêmes Ports, cette
langue étant devenuë commulne'Oporuiretonutte.
s lleessNN-o.mtitolonnssddee
* Dans l'Afrique le Roy de
Portugal possede les RoyaO"
mes dAngola de Congo, &
de Banguella) & plusieurs
Places Maritimes sur toute la
cofte du Ponant, sans compter
Mafagan qui elt dans le Roïaume
de Maroc:au delà du Cap
de Bonne Esperance il possede
Mozarobique,Sofala, &un
P.iïstrès- riche en or dansla
Riviere deSena.
Dans l'Amérique il poflfedc
cette vaste & belle érendue de
Pays qu'on nommr Bresis, plus
grand lui fcul qu'un des plus
grands Royaumes d'Europea
& très confiderabfe par les richefles
dont route l'Europe Ce
riflentvTes Sucres & ses Ta.
bacs en étant les délices; &
son or le soûtien par son con1,
rnercc"
i
Comme
Comme toute l'Europe est
attentive à ce qui se passe en
Ecosse,vousferez bien-aise
queje vous en sa(Te parr. M.
leChevalier de SGeorges après
avoir esté repoussé pluficurs
fois par la tempêce,s'elnbarqua
le i7.D:cembre 171 y. à Dunkerque,
sur un Vaisseau d'un
Mâichand d'eau-de-vieàaPres
avoir pasle en revue devant le
Gommifliire Anglois, ce Vaifseau,
avoic un Paffcporc de
M*"Stairsj il débarqua la nuit
du x.au Janviera Petcrhead
au Nord d Ecosse:ce VaiflTeau
ne parue pas plustost au Port
portant Bannière de France,
qu'une infinité d Ecossois y accoururent
pour s'informer des
nouvelles du Roy Jacques, s'il
arriveroit bientost; plusieurs
de fcs fujccs s'adresserent à
luymême; encreautre un
grand Montagnard quile conduifit
dans un cabaret où ils
mangèrent une épaule de mputon
; & le Montagnard beuc
& fit boire toute la compagnie
à la fante du Roy Jacques. Au
milieu du repas ayant examiné
leRoy,il seressouvintd'un de
ses Portraits qu'il avoir vu, &
qui lui rcflfcmbloic, il se leva
& se tint debout derrière la
chaise du Roy, sans qu'on pûc
plus le faire asseoir, quoy qu'-
on l'en preflâc : à la fin il en dit
la raison, en se jeetant à genoux
& baisant la main de
son Maistre. Le Roy alla erv*
fuite à Feteroffjoù il eut quelque
accès de fievre: & le 17.
à Dundee, où il fit son Entrée
pu blique, habillé en Montagnardy
c'est-à-dire avec un
manteau de velours & un bonet
de même, orné de pierreries
: il resta deux heures entieres
à cheval, donnant sa
main à baiser à tout lemonde;
il y en avoit un nombre prodigieux
qui étoir accouru de
toute t'Econe
, pour le voir,
& qui avoit fait des feux de
joye par tout aussi tost qu'on
eûtappris (on arrivée: de
Dundée il alla à Scoon, & de
Scoon à Penh
,
où il fie auffitost
Ton Entréepublique le
11. de Perth il retourna à
Scoon, qui est la Ville où l'on
a toûjours couronné les Rois
d'Ecoflfe,& où la pluspart des
Dames Ecofloifes luy ont envoyé
leurs pierreries pour or-
,ner sa Couronnejc'etf à Scoon
où il a cité couronné. Il a
donné plusieurs Declarations:
La première porte qu'on fera
des Prtcrespubtiqucs dans tous
fcs Royaumes, pour son heureuse
arrivée: La feconde que
tous Ces fujecs,depuis l'âge de
i6. ans jusqu'à 6o. en état de
porter les armes les prendront:
La troisiéme qu'il convoque
un Parlement libre à Perth
pour le 4. de Février, rompant
l'union qu'on en avoir
fait à celui d' Angleterre, & le
retablilLnt dans Ces anciens
Privilèges:La quatrième porte
qu'ild;ffnd, (ur peine de la
'vie, d'attentcr à la personne
dupucd Hanovre, quoyqu'il
luy aie usurpé la Couronne de
fesPvoyaumes,Déclaration qui
marque la magnanimiré de ce
Prince, le Par lement j'Angleterre
ayant mis satête à ccnt
cinquante mille livres sterlin.
Le Roy Georges a esté déjà
deux fois au Parlemenr, pour
demander du fccours, & pour
representer les besoins prcfsans,
difanc qu'il ne pouvoic
plus douter que le Prétendant
ne fut à la tcce des Re belles.
Le Roy J eques a fait le
Comte de Marr Chevalier de
la Jarretière, &le Vicomte de
Bullinbrok Comte.
des Nouvelles de Lisbonne.
Il y a dans lesnouvellesqui
tiennent de Goabeaucoup de
chofcs- qui nous font souvenir
des premieres actions des Portugais
lor[qu)ils se rendirent
maistre des Indes Orientales.
Le Roy de Canara qui estvoifin
deGoa, ayant manquéà
la foy des Traitez anciens, &
refusé de payer le tnbuc accoutumé
au Roy de Poitugal
J
le
Viceioy Vasco Fernandcs Ccfar
mit une Armée sur pied
qui s'empara des principales
de Ces Places, & ayant mis en
même rcmps une Flotte en
Met fie des Je fcentes danstous
fc* Porrsde Mer, & après les
avoir saccagé &. brûlé mit le
feu pu coula à foncU plus de
80.de (es Vaisseaux parmi lefquels
il y en avoir pluficurs de
guerre,&retira touteIArtillerie
tant des Places, que' des
Vaisseaux
, ce qui obligea le
Canara à demander la Pa.x par
un Ambaffudcur
, aux conditiens
qu on luy voudroir im-* -porer:Çcpcoddnt apiéskTraitéfiçrnéîlvouluc
encorernan-
,
quer a l'obleiver,mais le Viceroy
ayant invertide nouveauune
de fès'Placc:s,ll prit le
parti d'envoyerunnouvel Afnhafladeur
, pour demander
pardon d'avoir manqué dr pa.
role,& consentit à unTiailé
qui nous fut encore plus avantageux
que le premier. 'r
L'Angria quiestunfameux
Pirate de ces M.rs, qui les ioquietoit
depuis long temps , & quis'éfeoit formé unecfpecc
de Royauté., ayantentrepris
•quelque choielur nos Vaiffeaux
Marchands, le Viceroy
y envoya une Escadre qui
-
après avoir donné la chasle à
sesVaidéaux
,
les avoit obligé
de fc renfermer dans ses Ports
où ils avoicntété bloquezplusieurs
mois sans qu'il y enrrâc
ni en (ortie aucun Vaisseau,
& on cfperoit qu'on les iroic
attaquer même dans les Ports,
quoyque d'une entréealrez
-difficile, après l'arrivéed'un
renfort qui devoit partir de
Goa.
L'Arabe qui caIa.puissance
maritimelaplus .confidcrablc
'é-. -. dans
dans les Indes, a de tout temps
eula guerre avec nous. LeVu
ccroy sçachant que la principale
partie de leursVaiffcaux de
guerre étoienc à la rade de
Surrate) &ayant pris d'abord
laréfolucion de les aller brûler
dans le Port ireme ,
il changea.
d'avis par rapporta l'amitle
que nous avons toujours
confcrvéavec le Grand Magol
a qui appartient le Port, &hc
attendre l'Armée Navale qu'il
y envoya ,
hors de la rade)
jusqua ce que les Vaissèaux
fulîent fortis
,
après quoy les
ayantcannoné deux jours durant
,
il en coula deux des
-
principaux à fonJs,en rua p!us
de 1300. sans les blessez
,
&
sans lanuit qui leur permit de
s'échaper & de se sauver à
Mafcite,ils ne s'en feroient pas
tirez àsi bon marché.
Ces succésaugmentèrent
tellement la réputation denos
Armes, & de la bravoure de
nôtre Viceroy, que la pluspart
des Princesvoisins y cnvoyerent
desAmbassades. LeGrand
Mogol lui écrivit une Lettre
b
fort obligeante dans laquelle
après lui avoir témoigné l'amitIé
qu'il conservoit pour les
Portugais
,
il lui dit qu'il avoit
dtffendu à sa consideration
dorefnavanc aux VaiflTeaux
Arabes
,
l'entrée dans ses
Ports; ce qui (si d'autant plus
clhmable, qucc'cft le Prince le
rplAusllreic.hl-eie&&lleepplulussppuuiisfsfainntt de
Le Roy de la Cochinchine
y a envoyé le Pere Arnedo
(on Mandarin des Mathématiques,
enqualité de sonAmballadeur
auprès du Viceroy y
de qui il sur magnifiquement
rccü,& défrayé durant son
séjour £ Goa. Il offroit aux
Portugais, un libre commetce
dans les Ports, &la ptrmiffion
d'envoyer des Missionnaires
pour y prêcher l'Evangile. Il
venoit encore chargé de pre-
[cnrs pour le Roy de Portugal;
fnais s'étant embarqué pour
ce voyage,il mouruc en chemin.
Il n'estpas hors de propos de
dire ici quelque chofc de ce que
leRoi dePortug d poli: de dans
rAGe, l'Afrique&l'Alnerique
qui comprend cent fois plusde
Pui\ qu'il n'en porteJe cnEuro.
pe.Cefurent Ie^Portugais qui
découvrirent les premiers, le
pafluge du Capde Bonne Efpcrancc
, l'an 1498 (oue; le
règne du Roi Emmanuel. Ils
y firent des exploits si memorables
,
& des conquêtes si fur- ;
prenantesn'é,tantqu'u, ne poignée
d'hommes,contre tous
les Rois de l'Afie, qu'ils furpaf:
ferent de beaucoup tour ce qui
a esté dit des anciens. Les deux
Sieges de Dio
, ceux de Chaul
& de Goa, soutenus par 300.
Portuogais, contre trois cent
ZD milledes Ennemis munis de la
plus grolTeArtillerie qu'on aie
jamais vu portant plus de
deux cent livres de baie,la
durée des Sieges&la fureur
des affûtsioutcnus avec une
fermeté pus que naturelle
,
&
une infinité de conquêtes qui
les rendirent les nuilt* es d'une
étendue de plus demille lieues
de Côtes , & des Places les
plus importantes & pour les
Fortifications & pour le Commerce,
enfin tant de batailles
gagnées par Mer &par Terre,
mirent le non, Portugais à un
si h IlH point,qu'il cft difficile
de trouver dans toute l'hiftoirc
aucune çxcmple de l'importançe
&dela rapidité de leurs
ccnqueres.
Dans toutes les Costes de
TAfic on n'entend point d'autre
langue dansle commerce
que laportugalue, &tant les
Hollandois & autres- Nitions
d'Europe , que les naturels du
pïs, fontobligez de l'apptendre
pour pouvoir trafiquerr
dans leurs mêmes Ports, cette
langue étant devenuë commulne'Oporuiretonutte.
s lleessNN-o.mtitolonnssddee
* Dans l'Afrique le Roy de
Portugal possede les RoyaO"
mes dAngola de Congo, &
de Banguella) & plusieurs
Places Maritimes sur toute la
cofte du Ponant, sans compter
Mafagan qui elt dans le Roïaume
de Maroc:au delà du Cap
de Bonne Esperance il possede
Mozarobique,Sofala, &un
P.iïstrès- riche en or dansla
Riviere deSena.
Dans l'Amérique il poflfedc
cette vaste & belle érendue de
Pays qu'on nommr Bresis, plus
grand lui fcul qu'un des plus
grands Royaumes d'Europea
& très confiderabfe par les richefles
dont route l'Europe Ce
riflentvTes Sucres & ses Ta.
bacs en étant les délices; &
son or le soûtien par son con1,
rnercc"
i
Comme
Comme toute l'Europe est
attentive à ce qui se passe en
Ecosse,vousferez bien-aise
queje vous en sa(Te parr. M.
leChevalier de SGeorges après
avoir esté repoussé pluficurs
fois par la tempêce,s'elnbarqua
le i7.D:cembre 171 y. à Dunkerque,
sur un Vaisseau d'un
Mâichand d'eau-de-vieàaPres
avoir pasle en revue devant le
Gommifliire Anglois, ce Vaifseau,
avoic un Paffcporc de
M*"Stairsj il débarqua la nuit
du x.au Janviera Petcrhead
au Nord d Ecosse:ce VaiflTeau
ne parue pas plustost au Port
portant Bannière de France,
qu'une infinité d Ecossois y accoururent
pour s'informer des
nouvelles du Roy Jacques, s'il
arriveroit bientost; plusieurs
de fcs fujccs s'adresserent à
luymême; encreautre un
grand Montagnard quile conduifit
dans un cabaret où ils
mangèrent une épaule de mputon
; & le Montagnard beuc
& fit boire toute la compagnie
à la fante du Roy Jacques. Au
milieu du repas ayant examiné
leRoy,il seressouvintd'un de
ses Portraits qu'il avoir vu, &
qui lui rcflfcmbloic, il se leva
& se tint debout derrière la
chaise du Roy, sans qu'on pûc
plus le faire asseoir, quoy qu'-
on l'en preflâc : à la fin il en dit
la raison, en se jeetant à genoux
& baisant la main de
son Maistre. Le Roy alla erv*
fuite à Feteroffjoù il eut quelque
accès de fievre: & le 17.
à Dundee, où il fit son Entrée
pu blique, habillé en Montagnardy
c'est-à-dire avec un
manteau de velours & un bonet
de même, orné de pierreries
: il resta deux heures entieres
à cheval, donnant sa
main à baiser à tout lemonde;
il y en avoit un nombre prodigieux
qui étoir accouru de
toute t'Econe
, pour le voir,
& qui avoit fait des feux de
joye par tout aussi tost qu'on
eûtappris (on arrivée: de
Dundée il alla à Scoon, & de
Scoon à Penh
,
où il fie auffitost
Ton Entréepublique le
11. de Perth il retourna à
Scoon, qui est la Ville où l'on
a toûjours couronné les Rois
d'Ecoflfe,& où la pluspart des
Dames Ecofloifes luy ont envoyé
leurs pierreries pour or-
,ner sa Couronnejc'etf à Scoon
où il a cité couronné. Il a
donné plusieurs Declarations:
La première porte qu'on fera
des Prtcrespubtiqucs dans tous
fcs Royaumes, pour son heureuse
arrivée: La feconde que
tous Ces fujecs,depuis l'âge de
i6. ans jusqu'à 6o. en état de
porter les armes les prendront:
La troisiéme qu'il convoque
un Parlement libre à Perth
pour le 4. de Février, rompant
l'union qu'on en avoir
fait à celui d' Angleterre, & le
retablilLnt dans Ces anciens
Privilèges:La quatrième porte
qu'ild;ffnd, (ur peine de la
'vie, d'attentcr à la personne
dupucd Hanovre, quoyqu'il
luy aie usurpé la Couronne de
fesPvoyaumes,Déclaration qui
marque la magnanimiré de ce
Prince, le Par lement j'Angleterre
ayant mis satête à ccnt
cinquante mille livres sterlin.
Le Roy Georges a esté déjà
deux fois au Parlemenr, pour
demander du fccours, & pour
representer les besoins prcfsans,
difanc qu'il ne pouvoic
plus douter que le Prétendant
ne fut à la tcce des Re belles.
Le Roy J eques a fait le
Comte de Marr Chevalier de
la Jarretière, &le Vicomte de
Bullinbrok Comte.
Fermer
3746
p. 79-95
MORTS.
Début :
Dame Marie Guillaume de la Vieuville, veuve de Messire Pierre [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneur, Chevalier, Chevalier, Famille, Commandement, Anglais, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Daine Marie Guillaume de
la Vieuville
, veuve deMcffirc
Pierre Pollars,Seigneur de
Villequoy, Conseiller au Parlement)
mourut le io. du mois
pafleâgée de 31.ans,lailfant
trois filles de Ton mariage. Elle
étoit foeur de Messire Alexandre
Guillaume de la Vieuville,
ci devant Secrétaire des Commandemens
de feue Madame
la Dau pliine,de Pierre Guillaume
de la Vieuville, Abbé
& de Dame Henriette Guillau.
me de la Vieuville
,
femme
de Médire Pierre Poulietier
,
Seigneur de Nlinvilie
,
Maiftre
des Requêtes.Elle étoit
sile de Mflire Joseph Guillaume
deL Vieuville, Marquis
de MiuKs, Mailire des Requêtes
ordinaire delHôteldu
Roy,& Secretaire des Commandemens
de feue Madame
laDuchesse de Bourgogne,&
de Marie Luilher, & petite fille
de Pierre Guillaume Seigneur
de la Vieuville, Tresorier de
France en Bretagne
,
forti
d'une famille noble de la Ville
de S. Miio, où elle efteonnue
depuis l'an 1400.
Louis Doger
,
Mirquis de
Cavoye, grand Muéchal des
Logis de la Misson du Roy,
mourut le troisiéme dtFévrier
de cette année; il étoit le dernier
d'une famille îllustre de
Picardie. Sa meic sortie de la
Mlifondc Strignan, Maison
dillinguéc dans leLanguedoc,
ZD D avoir ineriré pir son eiprit &
par savertu la confiance dela
Reine Anne d' Autriche. Son
pereaprèsavoir toujours servi
avec éclat, sur tuédans lemoment
qu'il touchoit aux plus
grands honneurs de la guerre.
Deux des frercs de M. de Cavoye,
ont eu le même fort que
leur pere.
: M de Cavoye commença
de se faire connoistre fous le
nom de Chevalier de Cavoye,
par une action tres brillante.
Ilétoitavec Mcfficurs les Chevaliers
de Lorraine & de Coaflin
& M. de Bu fca, sur le bord
de l'Amiral Ruyter, à la Bataille
Navale que les Hollandois
perdirent contre les Anglois
,
l'an 1666. au mois
d'Aoult. Ruyteraccablé par le
nombre faisoit cette belleretraite
qui luy acquit plus de
gloire qu'une victoire.UiiBrulot
Angjois qui venoit à luy
alloitinfailliblement le faire
perir. M de Cavoye proposa
le seul moyen de le lauver, 8c
pria l'Amiral Hollandois de
permettre aux quatre Seigneurs
François, d'aller dani
une chaloupe couperles cables
des chaloupes du brulot :il
obtintcette permissïonSepar
une démarche si intrepide contraignit
les Anglois de mettre
eux meries le feu à leur brulot.
Ilr'pussaau travers descnnemis&
revinr joindrel'Amiral
qu'ilavoit fauve.
L' Auteur de lavie de Ruyter
avoue que la confervarion
de la F.otte & peut êcrc de
l'Etat dépendoit de ce coup
périlleux. Les Etats Généraux
voulurent recom pcn fer d une
somme confi Jerable la bravouiedes
François ; mais les
quatre Seigneurs aufli libéraux
que vaillans firent difiribuer
cetargent à l'Equipage M. le
Maréchal de Turenne qui fc
connoifloit mieux qu'un autre
en grandes actions, fut si touchécelle
du Chevalier de Cav qu'il voulut leconnoiftre&
qu'illiaavec lui une
amitié ,.que rien dans la fuite
n'a pu affoiblir.
L'attachement de M. de
Cavoye, pour le Roy défunt,
a été infiniment plus fort
J
clevéau prés de cegrand Prince
désragedefept ans3il avoic
merk-é son anvitié la plus intime,
la fermcté, la droiture du
coeur de M. de Cavoye onc
été lesliaifons de cetteamitié*
LoUIS le Grand aimoit en
lui des qualitez qu'il pofledoic iîéminemment. M. de Cavoye
luiatoujours dittaveure sans
craindre de lui déplafre
, &
quoiqu'il ait cû pour ennemis
des perfonncs qui pouvoienc
beaucoup auprès du Roy;
quoi qu'on air mis tout en ufage
pour le perdre dans (on
cfprit
, on n'a jamais pû y
réüssir,onatravcrfé safortune
,il s'en foucioit peu; mais
on n'a pû lui ôtcr le coeur ni
l'eftimcdc son maiftrç, c'est
toutcequ'ilvouloit du Roy.
Il a fUIVl cc Prince dans toutes
ses CUmp^gnes, & (on iorrepidue
luiavoir mérité le nom de
brave Cavoye.- le Roi lui donna
la Chargede grand Maréchal
des Logis, en le mariant à
Loiïifedc Coëtlogon
,
fortic
d'uneancienneMufbn deBretagne,
fille&<oeurdes Lieutenants
deRoy de cettcProvince,
Fille d'Honneur de la Reine
Marie Therese d'Autriche. Sa
vertu l'avoit rendue favorite
de la fainte Reine, & roure
la France la regarde comme un
modeleaccompli de l'amour
conjugal ; il n'cft venu de ce
mariage qu'un fils mort après
sa naissance.
M. de Cavoye ne s'est jamais
fcrvi de son crédit que pour
faire du bien. La France est
pleine de personnes à qui ila
rendu service
,
son plus grand
plaisirétoit detirer dei'obscu.
rirélemériteinconnu,&il n'a
jamais manqué de prendre
hautement leparti de l'innocent
opprimécontrelesPuiffances
les plus redoutables ; il
fufËfoic d'estre malheureux
pour obtenir sa recommandation
tior\.& ceux qui ne pouvaient
trouver d'accèsjusquau'foône
en trouvoienc (eurement un
- par lui. Toute la Cour jùfqu'au
plus bas Officicr lui rend
ce témoignage : M. de Vaux,
Ecuyer du Roi
, rencontrant
un jour M. de Cavoye, dit à
des personnes à qui il vcnoit de
montrer les beautez de Ver-
(ailles : Voiry ce qtïilya de plus
rare à la Cour :.regardez un horllme
quin a jamais mentI &qui ne
s'efifervideson credit que pour
-' fairepUijjra tout lemonde. L'Eloge
étoic d'autant plus sincere
que M. de Cavoyc n'a jamais
eu d'oecafion de lervir M. de
Vaut.
On peut juger qu'on s'cmpressoit
d'être ami d'un homme
si officieux, mais il n'a jamais
accordé Con amitié qu'au
rncrite. Elle étoir pour ceux
qui l'obtenaient un titre de
probité.Laconfiance des deux
derniers Princes de Condé, du
feu Due de Bour bon,& du
feu Prince de Conti pour luy
aefte sans rererve.M.Colbert
ce arand Min'stre n'en a eû
c> pour per sonne autant que
pour M deCavoyejla fidélité
de MonGeur de Cavoye pour
M"de Seignelai son filsfcroit
feule son éloge.M. leMaréchal
de Noailles) M. le Maréchal
deBouflers ,ont été ses amis
particuliers
; mais hors M. de
Turenne il n'a point eu de
liaison plus étroite qu'avec M.
le Maréchal de Luxembourg;
c'est par son conseil
, que ce
grand homme prés d'être op.
primé par un ennemi puissant
& par une accusation adroitement
concertée, prit le dtiTein
d'aller lui-meme se rendre prifonnier
à la Bartille. On ne parlera
point ici de ses amis vi.
vans , on' peut dire que les
noms detout ce quily a
d'hoftnêtes gensen France fcroienc
dans ce catalogue &
qu'il enaformé plusieurs par
ses infiruébons & par ses cxemples
qui feront gloire
d'avoikrcequ'ils lui doivent.
Un de ses plus parfaits élèves a
estéRené Guy Edouard Comte
de Tournemine
, neveu de
Madame de Cavoye, Capitaine
Lieutenant des Gensdarmes
dela Reinea mort d'une
blessure aprèslabataille de
Malplaquet. On n'a oublié ni à la Cour, ni dans les Armées
la probité) la generofiré
, la
rcrmete, 6cu religionde cec
imitateur de M de Cavoye.
M. de Cavoye n'avoic
fait aucunes études ; mais il
avoit le goût excellent, en cela
(enlblableau Roy son Maître,
& il a toujours favorisé
les gens de lettres. M. Racine
lui étoit fort attaché, & M.
l'Abbé Genefl: reconnoît qu'il
contribua beaucoup à le
faire
connoître à laCour.
Une fin Chrêtienne a couronné
tant de vertus; depuis
vingt ans il faisoit professîon
d'une pieté solide & finccre,
xachetoit ses pechez par de
grandes aumônes. Unehydropille
de poitrine l'a emporté
après un an de maladie; il pa.
roifloir guéri quand la maladie
du Roy commença: la
douleur que lui a causé la mort
de ce Prince le fit rcromber,
& a rendu son mal incurable.
Il a envisagé la morten Heros
Chtctien, avec un grand mé.
pris pour la vie, un vif regret
de ne l'avoir pas mieux employée
, une confiance entiere
dans la mifcricorde du Sauveur
Les trois derniers jours
de sa vie ont été une prière
prefquc continuelle. Il a reçu
trois fois en quinze jours le
Corps de Nôtre Sclgneur,&
ille reçut encore ta nuit. même
de sa mort : il fit dire luy- même
& se fitexpliquer la recommandation
de l'amc. Sa femme
surmontant par la religion.
& par la vertu l'extrême «S}tc.
tion qui fait craindre pour sa
vie, aeû lecourage de l'exhorter
elle-même à la mort, il
avoit deux ans moins que le
Roy, cft mort âgé de soixante
& quinze ans accomplis du
mois de Septembre pasle.
Daine Marie Guillaume de
la Vieuville
, veuve deMcffirc
Pierre Pollars,Seigneur de
Villequoy, Conseiller au Parlement)
mourut le io. du mois
pafleâgée de 31.ans,lailfant
trois filles de Ton mariage. Elle
étoit foeur de Messire Alexandre
Guillaume de la Vieuville,
ci devant Secrétaire des Commandemens
de feue Madame
la Dau pliine,de Pierre Guillaume
de la Vieuville, Abbé
& de Dame Henriette Guillau.
me de la Vieuville
,
femme
de Médire Pierre Poulietier
,
Seigneur de Nlinvilie
,
Maiftre
des Requêtes.Elle étoit
sile de Mflire Joseph Guillaume
deL Vieuville, Marquis
de MiuKs, Mailire des Requêtes
ordinaire delHôteldu
Roy,& Secretaire des Commandemens
de feue Madame
laDuchesse de Bourgogne,&
de Marie Luilher, & petite fille
de Pierre Guillaume Seigneur
de la Vieuville, Tresorier de
France en Bretagne
,
forti
d'une famille noble de la Ville
de S. Miio, où elle efteonnue
depuis l'an 1400.
Louis Doger
,
Mirquis de
Cavoye, grand Muéchal des
Logis de la Misson du Roy,
mourut le troisiéme dtFévrier
de cette année; il étoit le dernier
d'une famille îllustre de
Picardie. Sa meic sortie de la
Mlifondc Strignan, Maison
dillinguéc dans leLanguedoc,
ZD D avoir ineriré pir son eiprit &
par savertu la confiance dela
Reine Anne d' Autriche. Son
pereaprèsavoir toujours servi
avec éclat, sur tuédans lemoment
qu'il touchoit aux plus
grands honneurs de la guerre.
Deux des frercs de M. de Cavoye,
ont eu le même fort que
leur pere.
: M de Cavoye commença
de se faire connoistre fous le
nom de Chevalier de Cavoye,
par une action tres brillante.
Ilétoitavec Mcfficurs les Chevaliers
de Lorraine & de Coaflin
& M. de Bu fca, sur le bord
de l'Amiral Ruyter, à la Bataille
Navale que les Hollandois
perdirent contre les Anglois
,
l'an 1666. au mois
d'Aoult. Ruyteraccablé par le
nombre faisoit cette belleretraite
qui luy acquit plus de
gloire qu'une victoire.UiiBrulot
Angjois qui venoit à luy
alloitinfailliblement le faire
perir. M de Cavoye proposa
le seul moyen de le lauver, 8c
pria l'Amiral Hollandois de
permettre aux quatre Seigneurs
François, d'aller dani
une chaloupe couperles cables
des chaloupes du brulot :il
obtintcette permissïonSepar
une démarche si intrepide contraignit
les Anglois de mettre
eux meries le feu à leur brulot.
Ilr'pussaau travers descnnemis&
revinr joindrel'Amiral
qu'ilavoit fauve.
L' Auteur de lavie de Ruyter
avoue que la confervarion
de la F.otte & peut êcrc de
l'Etat dépendoit de ce coup
périlleux. Les Etats Généraux
voulurent recom pcn fer d une
somme confi Jerable la bravouiedes
François ; mais les
quatre Seigneurs aufli libéraux
que vaillans firent difiribuer
cetargent à l'Equipage M. le
Maréchal de Turenne qui fc
connoifloit mieux qu'un autre
en grandes actions, fut si touchécelle
du Chevalier de Cav qu'il voulut leconnoiftre&
qu'illiaavec lui une
amitié ,.que rien dans la fuite
n'a pu affoiblir.
L'attachement de M. de
Cavoye, pour le Roy défunt,
a été infiniment plus fort
J
clevéau prés de cegrand Prince
désragedefept ans3il avoic
merk-é son anvitié la plus intime,
la fermcté, la droiture du
coeur de M. de Cavoye onc
été lesliaifons de cetteamitié*
LoUIS le Grand aimoit en
lui des qualitez qu'il pofledoic iîéminemment. M. de Cavoye
luiatoujours dittaveure sans
craindre de lui déplafre
, &
quoiqu'il ait cû pour ennemis
des perfonncs qui pouvoienc
beaucoup auprès du Roy;
quoi qu'on air mis tout en ufage
pour le perdre dans (on
cfprit
, on n'a jamais pû y
réüssir,onatravcrfé safortune
,il s'en foucioit peu; mais
on n'a pû lui ôtcr le coeur ni
l'eftimcdc son maiftrç, c'est
toutcequ'ilvouloit du Roy.
Il a fUIVl cc Prince dans toutes
ses CUmp^gnes, & (on iorrepidue
luiavoir mérité le nom de
brave Cavoye.- le Roi lui donna
la Chargede grand Maréchal
des Logis, en le mariant à
Loiïifedc Coëtlogon
,
fortic
d'uneancienneMufbn deBretagne,
fille&<oeurdes Lieutenants
deRoy de cettcProvince,
Fille d'Honneur de la Reine
Marie Therese d'Autriche. Sa
vertu l'avoit rendue favorite
de la fainte Reine, & roure
la France la regarde comme un
modeleaccompli de l'amour
conjugal ; il n'cft venu de ce
mariage qu'un fils mort après
sa naissance.
M. de Cavoye ne s'est jamais
fcrvi de son crédit que pour
faire du bien. La France est
pleine de personnes à qui ila
rendu service
,
son plus grand
plaisirétoit detirer dei'obscu.
rirélemériteinconnu,&il n'a
jamais manqué de prendre
hautement leparti de l'innocent
opprimécontrelesPuiffances
les plus redoutables ; il
fufËfoic d'estre malheureux
pour obtenir sa recommandation
tior\.& ceux qui ne pouvaient
trouver d'accèsjusquau'foône
en trouvoienc (eurement un
- par lui. Toute la Cour jùfqu'au
plus bas Officicr lui rend
ce témoignage : M. de Vaux,
Ecuyer du Roi
, rencontrant
un jour M. de Cavoye, dit à
des personnes à qui il vcnoit de
montrer les beautez de Ver-
(ailles : Voiry ce qtïilya de plus
rare à la Cour :.regardez un horllme
quin a jamais mentI &qui ne
s'efifervideson credit que pour
-' fairepUijjra tout lemonde. L'Eloge
étoic d'autant plus sincere
que M. de Cavoyc n'a jamais
eu d'oecafion de lervir M. de
Vaut.
On peut juger qu'on s'cmpressoit
d'être ami d'un homme
si officieux, mais il n'a jamais
accordé Con amitié qu'au
rncrite. Elle étoir pour ceux
qui l'obtenaient un titre de
probité.Laconfiance des deux
derniers Princes de Condé, du
feu Due de Bour bon,& du
feu Prince de Conti pour luy
aefte sans rererve.M.Colbert
ce arand Min'stre n'en a eû
c> pour per sonne autant que
pour M deCavoyejla fidélité
de MonGeur de Cavoye pour
M"de Seignelai son filsfcroit
feule son éloge.M. leMaréchal
de Noailles) M. le Maréchal
deBouflers ,ont été ses amis
particuliers
; mais hors M. de
Turenne il n'a point eu de
liaison plus étroite qu'avec M.
le Maréchal de Luxembourg;
c'est par son conseil
, que ce
grand homme prés d'être op.
primé par un ennemi puissant
& par une accusation adroitement
concertée, prit le dtiTein
d'aller lui-meme se rendre prifonnier
à la Bartille. On ne parlera
point ici de ses amis vi.
vans , on' peut dire que les
noms detout ce quily a
d'hoftnêtes gensen France fcroienc
dans ce catalogue &
qu'il enaformé plusieurs par
ses infiruébons & par ses cxemples
qui feront gloire
d'avoikrcequ'ils lui doivent.
Un de ses plus parfaits élèves a
estéRené Guy Edouard Comte
de Tournemine
, neveu de
Madame de Cavoye, Capitaine
Lieutenant des Gensdarmes
dela Reinea mort d'une
blessure aprèslabataille de
Malplaquet. On n'a oublié ni à la Cour, ni dans les Armées
la probité) la generofiré
, la
rcrmete, 6cu religionde cec
imitateur de M de Cavoye.
M. de Cavoye n'avoic
fait aucunes études ; mais il
avoit le goût excellent, en cela
(enlblableau Roy son Maître,
& il a toujours favorisé
les gens de lettres. M. Racine
lui étoit fort attaché, & M.
l'Abbé Genefl: reconnoît qu'il
contribua beaucoup à le
faire
connoître à laCour.
Une fin Chrêtienne a couronné
tant de vertus; depuis
vingt ans il faisoit professîon
d'une pieté solide & finccre,
xachetoit ses pechez par de
grandes aumônes. Unehydropille
de poitrine l'a emporté
après un an de maladie; il pa.
roifloir guéri quand la maladie
du Roy commença: la
douleur que lui a causé la mort
de ce Prince le fit rcromber,
& a rendu son mal incurable.
Il a envisagé la morten Heros
Chtctien, avec un grand mé.
pris pour la vie, un vif regret
de ne l'avoir pas mieux employée
, une confiance entiere
dans la mifcricorde du Sauveur
Les trois derniers jours
de sa vie ont été une prière
prefquc continuelle. Il a reçu
trois fois en quinze jours le
Corps de Nôtre Sclgneur,&
ille reçut encore ta nuit. même
de sa mort : il fit dire luy- même
& se fitexpliquer la recommandation
de l'amc. Sa femme
surmontant par la religion.
& par la vertu l'extrême «S}tc.
tion qui fait craindre pour sa
vie, aeû lecourage de l'exhorter
elle-même à la mort, il
avoit deux ans moins que le
Roy, cft mort âgé de soixante
& quinze ans accomplis du
mois de Septembre pasle.
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3747
p. 96-148
RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
Début :
L'Abbaïe du Ronceray, aliàs de Nôtre-Dame de la [...]
Mots clefs :
Abbaye, Choeur, Église, Vierges, Voeux, Autel, Cérémonie, Angers, Religieuses, Dame, Abbaye du Ronceray, Abbesse, Chapelle, Consécration, Chanoine, Sainte Trinité, Diacre, Royaume, Dieu, Filles, Voix, Archidiacre, Genoux, Paroles
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texteReconnaissance textuelle : RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
RELATIO N
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
Fermer
3748
p. 149-150
SONNET.
Début :
Enfin voicy le jour, sage Iris, où ta foy [...]
Mots clefs :
Vesture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNET.
Enfin voicy le jour Jfage Iris,
oùlaJoy
Va d'un nouveau prodige enrichir
ton Histoire ;
C'eflpeud'avoir quittéCalvin
pour nostre Loy,
Ta retraite du monde orne encor
ta viéloire.
Acbeveton dcjjeini ilejldigne
de toyJ
Eloigne pourjamais Damon de
ta memoire,
Vn autre que ton Dieu quand
même ilferott Roy,
# De régnersurtoncoeur merite-t il
la gloiref
Amant Jeflffcré suspend tes
déplaisirs,
Par de prophancs pleurs
J par
d'indignessoupirs,
Ne ternis pas l'éclat d'une si belle
ftfle?
Jesus cft ton rival
)
apprend
joiblc mortel
Que de luy disputeratte fainte
corisjueflc
,
Ce faoitl'attaquer jufcjues sur
Ion Autel.
Enfin voicy le jour Jfage Iris,
oùlaJoy
Va d'un nouveau prodige enrichir
ton Histoire ;
C'eflpeud'avoir quittéCalvin
pour nostre Loy,
Ta retraite du monde orne encor
ta viéloire.
Acbeveton dcjjeini ilejldigne
de toyJ
Eloigne pourjamais Damon de
ta memoire,
Vn autre que ton Dieu quand
même ilferott Roy,
# De régnersurtoncoeur merite-t il
la gloiref
Amant Jeflffcré suspend tes
déplaisirs,
Par de prophancs pleurs
J par
d'indignessoupirs,
Ne ternis pas l'éclat d'une si belle
ftfle?
Jesus cft ton rival
)
apprend
joiblc mortel
Que de luy disputeratte fainte
corisjueflc
,
Ce faoitl'attaquer jufcjues sur
Ion Autel.
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3749
p. 161-162
SONNET. Bouts-rimez sur l'Etablissement de l'Académie des Heliconides.
Début :
Se vante qui voudra d'une illustre . . origine, [...]
Mots clefs :
Académie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET. Bouts-rimez sur l'Etablissement de l'Académie des Heliconides.
SONNET.
Bouts-rimez sur rEcablifTemenc
de l'Académie des Heliconides.
Se vante qui voudra d'une illujlre
origine,
Pour moy je ne. voudrois que les
donsde Phoebus, Jeméprise Bacchus & je crains
les abus
Des dejirs que fait naître une beauté
3
divine.
-- -
-
Vous qui toujours ajjis sur la
double Coline,
Enfans de TeleJJlle, évitez, les
rebus
ELt ne faites jamais ouvrages de bibus
De mon ejjrit leflntrcmonttz lltmachine.
Vous formez dans ces lieuxun
nouvel Helicon.,
Ou vous ne recevet ni l'ami du
Flacon
Ni celui que retient l'indolente
parcflfc*
Inflmitsfarlesneuffoeursdans -
leurdoÛe mérier
Du Pinde vous sçavez, jusquau
moindre sentier
Et vous faitesrevivre icy l'an- cienne, Grece.
Bouts-rimez sur rEcablifTemenc
de l'Académie des Heliconides.
Se vante qui voudra d'une illujlre
origine,
Pour moy je ne. voudrois que les
donsde Phoebus, Jeméprise Bacchus & je crains
les abus
Des dejirs que fait naître une beauté
3
divine.
-- -
-
Vous qui toujours ajjis sur la
double Coline,
Enfans de TeleJJlle, évitez, les
rebus
ELt ne faites jamais ouvrages de bibus
De mon ejjrit leflntrcmonttz lltmachine.
Vous formez dans ces lieuxun
nouvel Helicon.,
Ou vous ne recevet ni l'ami du
Flacon
Ni celui que retient l'indolente
parcflfc*
Inflmitsfarlesneuffoeursdans -
leurdoÛe mérier
Du Pinde vous sçavez, jusquau
moindre sentier
Et vous faitesrevivre icy l'an- cienne, Grece.
Fermer
3750
p. 163-176
De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
Début :
Cambray à M. l'Abbé d'Estrées, à 20000. livres [...]
Mots clefs :
Abbé, Chevalier, Roi, Pension, Abbaye, Aumônier, Duc d'Orléans, Bénéfices, Pensions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
De Paris.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
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