Le 17. du raoispaslele Pere
Quarta er,lW'dcs Professeurs. ;
de. la Rhétorique att toWege
de Louis le Grand r pro
nonça une Harangue Latine
a l'honneur, du Roy fur la.
destructionde i'Hcrefie,dans
•;Ja^^elîe\í|ít voira^çautanc
deiiusteíseque cfclòqucncc.
.que la Pieté avoit este le seul
motif qui avoir ínípiní aï»
Roy le dcíïèin d'une fi glo
rieuse entreprise , que la &-
geûe luy avoir fourny les
moyens de 1 executer t&qùe
le bonheur en avoir rendu le
succès tel qu'on eust pû le
GALANT. 157
soufra ittcc; f*4r le Cardinal!
Ranuzzi avec pfusieurs Pre
lats & un grand nombre de
personnesd'un rang distingué
y aísista, & fat complimente
par des En.fans de la, premiere
Gualité.Tout îc monde sortit
fort satisfait de l'Orateur , &
particulierement de ce qu'il
loua ceCardinal d'une manie
re qui répondit parfaitement
à Tidée que toute la France a.
conçue de son merite. Le Heu
où' se prononça la Harangue
estoit orné de quantité d'inscriptions&
de devises qu r: ren>
fërmoiént tous les' moyens.
.198 MERCURE
dont Ici Roy s'est servy poar
détruire i'Heresie en France.
Un > Are. dé « triomphe d'un
OrdreTofcan estoit à l'entrée.
. La Religion tenant dans sa
main droite un Calice fur le
quel eítoit une Hostie lumi
neuse % & ayant le saintEfprit
'au defïùs de sa Teste , y *pa~
roiísoit dans l'endroit le plus
releve' , fupi uri Char tiré par
^deux Chevaux blancs. On
i vóyoït le Roy sûr un Piédestal
à costé d'elle , avec un Scep
tre à la main , pour faire voir
que ía justice & l'authòrité.de
{es Edits font les feules Ar
tnes dont il s'est fervy pour
detruire l'Heresie qu'on avoit
representée à ses pieds fous la
figure d'une Hidre.Les Bustes
deHenry IV. & deLouis XIII,
qui ont commencé íi heu
reusement à affoibrir l'Here-
&e dans le Royaume , estoir
auprés de la Figure du Roy.
Geiuy deHenry IV, estoit à
la droite fur un Fronton com
posé avec çe mot ,Jdehella'víti
écrit dans la Frise au deflòus
de çe Fronton. On sçait que
ce Prince .affoiblit extreme*
ment le party des Heretiques
en leur ostant leur plus fer-
R iiij
2ôo MERCURE
me s ppuy, lors qu'il renonça?
publiquement aux erreurs
dans lesquelles il avoit veicft
ju sqúfâlorS , Ce qû i en£&gfc*
les Princes de son Sangàem*
braiser comme luy la Relr*
gion Ca t ho! ique.Cette actiotk
estbit represeitf ee dans x*ti
Bas.réîter? e% forme d'ovaifcy
qu on voyoir daés Páfótei
devèk (ks.Golonnes avec cett*
BusteWíioôis X in . placé> sor
un semblable Fronton au d e£
fòus duquel on îisok ce moi
dans h éèiíe Jpvmttti fàísoic
face de l'autre collé au Buste
GALANT 2ot
de Henry IV. Ces autres
Wprs, Kup£ÏÏa expugnata, marquoient
dans le bas Relief
entre, les Colomnes ,que la.
prise de la Rochelle avoit
reprimé la rebellion des Hex
retiques ^ qui s'estoient reti
rez d'ans cette place avec
f&£çes leW j&FÇQ$. ¥a tGarj,
touche ^l^;<$V9Ìt placé
dans le Fronton de la porte,
represcntoit la démolît ion du
Temple de Charenton avec
ces mots. EdiSfam Nawetmjè
abrogAtum^ & cet aurre j&iqr
j>lus bas JE^i«^/>>jipouif faine
2oî MERCURE
ment éteint , THeresie , en
caíîant l'Edit de Nantes, 2c
en faisant détruire ceTemple.
Tout l'appareil jde la Salle
destinee à 1 a ceremonie,estoit
disposé par raportau deíîèin
de laHaranguequ'on y devoit
prononcer. Cette inscription
generale qu'on' Ji soi* <& bord
dans une Frise qui regnoit au
tour de la Salle, . t.' : . mr. •>
u ilfcVDOVIGO : MAGNQ.. j
AUCTA RELIGIONÇ.. ú
DEFENS A , RESTITVTA,
1 .AMPLI FIC A TA.
faisoit connoistre que cet
appareil estoit consacré à la
Gloire de Louis le Grand,
GALANT. 20?
pour avoir' soutenu les droirs
de l'ancienne Religion ,retably
son culte dans tous les en
droits du Royaume où l'Heresie
l'avoit aboly, étendu
íes bornes non feulement
dans la France , mais encore
dans les Pais écrangers. Sous
Un riche Dais estoic le Por
trait du Roy , soutenu d'un
costé parla'Pieté, de l'autre
par la Sagesse , tandis'que la
Felicite' Fe couronnoit , ce
qui faisoit voir que la Pieté
a inspiré à ce grand Monar
que le dessein d'exterminer
l'Heresie , que la Sagesse luy
2o4 MERCURE
en a foUrny les moyens , St
qie la Felicité a couronne
cette glorieuse entreprise.
C'est ce qu exprimoit cetee
inscription.
. EXTINXIT,
INSPIRANTE PIETATE,
PROMOVENTE SAP1ENT1A,
ÎELICITATE CORONANTE.
. A l'autre bout de la Salle,
& vis à vis du Portrait du
Roy , on voyois la Religion
dans une attitude qui fatsoit
. connoistre íà tranquillité.Elte
avait les yeux arrestez {ìir ce
Monarque , comme pour le
remercier du repos qu'elle
lu.y dpit, ce qu'elle exprimoit
GALANT. 20s
,j>ar deux Devises. Le Corps
de lune estbk une hautò
Montagne jíéWkfrée prefqu*
•de tous codiez par les rayons
du Soleit foret^'^s^ap^roehe'
Ixalíénnes pou^ àjiié, Vìusìtu
Roy est de verni grand par&fr
Vertus & paries Conqueste*,
pltìs il a trafvaiMà ètcínorcr lá
Religion. Une Vigne deve*
ifcrë pl«s feelle j& plus éten
due paf 4 appuy ou cite re^
eoit d'un grand arbre , faifoit
le Corps de l'autre I^evh'ey
zo6 MERCURE
&ees motsluy servoicnt d'a-
VdCyAmpJificat^fulàt, tutatur&
ornat , ce qui Faisoit voir, que
íì la Religion s'est étendue si
loin au dedans & au dehors
du Royaume , elle en est re
devable à la Pieté du Roy.
... La Galerie qui regne íùr
les trois faces de la Salle , étoit
tendue d'une Tapiíïèrie
eje verdure íùr laquelle on
aVoit disposé dix Inscriptions
qui expliquoient les moyens
dont le Roy s'est servy pour >
détruire l'Heresie en France.
La premiere Inscription marquoit
que le Roy ayant osté
GALANT. 207
aux Heretiques les Charges
qu'ils possedoient dans l'Epée
& dans la Robe , & les ayant
éloignez du Commerce ôc
des Ecoles, avoit rendu l'Hc
resie auíïì méprisable qu'elle
l'estoit lors qu'elle avoit
commencé à fe répandre. En,
voicy les cermes.
' ' , QJJ O D :
EJECTAM AULA , FORO , CASTRIS4 ,
COMMERCIO , SCHOLIS,,
H'^RESIM
AD NATALES TENEBRAS,
jVC P R I M A M IGNOBILITATJEM:
a.x ,.;iPAMNAV I.TV»; : ,
Cette Inscription estoic ex*
pliquee par deux Devises,
çour le sauver plus aifëment
da naufrage. On y liíbic ces
'paroles Q foret jatfum x èduh
?:.ìi ì íi.to s.» 3
Ogel^ucs Arbres j 49ns pîi
a coupé toutes les branches
à i& reserve de celles qui font
À la cime, faiíbient le Corps
^ia' .íecaa^è Deviíe Ivok
ces paroles, t/íC^/b affurgant*
.Afrique v$rs le ÇùlUsfuijfeat.
ver».
GAL&Ws,
Ea seconde Inícnptionexw
pîique'e. par deux'. Devises,
comme toutes les autres
estoit conceuë en ces termes.
EX C 15 1 S^TQTA GALLIAI
F AN ÍS IMPIIS MI LLE ,
EK.ECT.IS S A CR IS' j£DIBUSS
SE X A G I NT A>
HvERESEOS FUNDAMENTAv
CONVULSIT,
HELIGIONIS DÏTIONEM
. ; AMPLIAVIT.
n
DesMbntagnes& desRai.
chers entasiez lès uns fur les.;
autres pour escalader lès.
Êieux , & renversez* par uni
cou p de foudre , ma rqu oknec
4io MERCURE
les Temples des Herretiques
íabatus dans tout le Royaume.
Ces paroles serv oient d'Ame
à cette premiere Devise,
Jguod contraJuperos extmfiía.
Contre le Ciel ils estaient élevez^
'C Cx
,,1/autre Devise estoit le So
leil > qui d'un çosté fait fon
dre des Montagnes de neiges,
& de l'autre cleve des Va
peurs, avec ces mots , Hinc
defiruit , erigit inde.
S'il abat d'une part , il elezte de
' " fautre:
La troisième Inscription
çomprenoit par ces paroles
GALANT, zn
Te'Ioignement des Ministres
qui soûtenoient les esprits
dans les Erreurs de Calvin, &
dont la presence auroit empeschéles
progrès de la Reli
gion Catholique. ' . ; •>
. QUOD "
PULSIS E REGNI FINIBUS
LETIFÈRjE DOCTRINE
MAGÏSTÍUS,
SUUM HJRESI PRiESIDIUM
AC SPEM OMNEM ER1PUIT.
j. La premiere^ Devise estoiç
une Hydre avec toutes ses
Testes abatu'ës , & ces mots ,
Wfteuntabjàjf* ngcerg^iv,. .']
S ij
m MERCURE
. \*:$tfwe7^es fa Corps , leur vinsib
r&peuf nwre. rlcì^'r i n*
Dans ìa íeco«de on voyoits
T Aurore dilîipant par sa pre
sence ces petifs íèux qut lui
sent quelquefois pendant la
nuit , & qui .conduisent in
sensiblement nans les preci
pices , & dans les Rivieres.
Vunejtos dissipat ignes.
Leur faux brillant trofnpoit3 fort
éclat les di.ffìp».
Les Enfans des Calvinistes
que le Roy s'est ctï"ai,gêtlttymeíme
de faire elever dans îa
Religion Catholiques , fai^t
soient le íùjet 4eÀ quatçi©^p
13 ALANT
me Inícriprion , dont voicy^
ses ternies, ;n.V." . ;
. vr.u
civoft
AVULS05 AB H^RESIS GKEMIO
IN SINIJM AVIT^E RELIGIONISi
Les deux Devises estoienr,,
l'une de> jeunes Sauvageons,
entez fur de bons Arbres
avec ces paroles, íUíc vemevt
selicìus. '.v' '
feront en ÌM9' beaucoup
, mieujç fleyeí ; . . , : .
& l'autre, une branche de Co~
rail, qui ne devient precieux
qu aprés avoir, este tiré de
ai4 MERCURE
Mer avec ce mot Radicate
nulla , Jradicato tutto fvale.
De la main qui íarrache il reçoit
tout son prix. '* '
La cinquieme Inscription
regardoic les avantages que
la Religion Catholique a re
tirez des Missionnaires que
Sa Majesté a envoyez dans
tous les endroits du Royau
me où l'Heresie s'estoit ré
pandue, ce qui eítoit marque'
par ces mots. 3v Y '• .;
au o d
I.NSINGULAS GÁILLEPR0V1NCIAS
.M.1SSIS DÌVINI VERBI
GALANT,
POPULIS ERRORES MALOS
DE P U LIT,
PRISTINAM RELIGIONIS SPECIEM
REVOCAVIT. .
Elle estoit accompagnee de
ces deux Devises. L' Attre qui
precede le lever du Soleil
ravec ces paroles , Fugat tenebrcLs
, lucemque reducit.
jl ramene le jour en chaffant les
tenèbres. .'.'>;. .a
Des Phares élevez fur le
bord de la Mer , Monfirant
portumque 3 <viamque.
Ils montrent le chemin , &con-
^Luisent au <Pfr£, , . j, .>, , \
. La . sixième . Inscription &
*tf MERCURE
toit sur la bonté avec laquelle v
lè Roy a reçeu les nouveaux
Convertis , se faisant un pláiíìr
de les combler de ses gra
ces , afinde porter ceux qui
demeuroient engager dans
l'Herefie , à suivre lexemple
des auçrçs^ Voicy les termes ,
de Hnícriptioní L,?q,;y
* >> . v:^rRQÎ^q0 0:'' TíJ'XJLJ :
RfiGIA IN DESERENTES HjERBSIM,
LIBER ALI TATE,
. (LCTEROS Ap EANDEM;
."'A;ByfURANDAM,
ÍNV IT AV IT.
Les deux Devises quiTex»
,'• GALANT- %m
miere une Nacre de Perle
qui s'ouvre en mefme remps
•que le Soleil levant fait tom
ber la rosee , avec ces paroles,
Dona <vum in^veniunt.
Sçs.Prescns hy font un passage.
.:" Là' 'féconde representoit
des Vapeurs élevées par la
chaleur du Spleil , avec ces
mots , Ernos Coelo tîitt munem
tolkíî2t. ri p r rr i p Q y.\ f 1 ; >
Voì hten.fMts ' tóut-fu Jfjms nous
elevent au Ciel, 54 I
^ iÇPSéNMÍÏòit par ces pa
roles de la septième Inscrip
tion y,
Janvier 1686. T
ki8 MERCURE )
Q^U O D
OBSTINAT AM H #R E 51 M
, SOXO MILITUM STREPITU,^
RELIGIONIS DOCILÉM
î E C I T.
que íî le Roy aprés avoir
employé les plu« doux
moyens , s'eítoit veii con
traint de recourir à des re
medes un peu plus forts , on
avoit deu plûtbft l'imputerà
li bonté&àla tendreííe qu'il
avoic pour ses Sujets Herre
tiques , qua auciïffê envie
d'ufe.r de rìg icur contre eux^
Des Chiens qui couroienc
GALANT 219
aprés des Brebis égarées pour
?les ramener dans le Trou
peau fartaient leCôrps de la
premiercDevise aveç ce mot,
Vis arnica.
C'est une dsuce violence.
. ^L'autre estait un Diamant
<jue l'on tailloir , avec ces
paroles , Ben mi fa cki mi feri/
ce.
~ . Qui mefrappe me fait du bien.
. La revocation de l'Edit de
Nantes estoit expliquée en
ces termes dans la huitième
inscription.
*io MERCURE
A F F Lì C T A M* PR £T E R ITIS
CLADI BO S ' !
$Dl Ç.T I NANNETE.N^IS^
ABROGAT IÒ.NE 'é&OTECITÍ,
Le noeud Gordien coupé
:par la main d'Alexandre , faiioit
je Corps de, la premiere
Devise qui kceompagnoit
cette Inscription avec ces pa
roles , Frufíra tentassent al>f.
D'antres en vain L'auroient tenté
íhKa fecondeeítoit uneColomne^
quipâiP sa cheute en
traînait 4ans sa ruine tout
un Edifice qu'elle soûtenoit.
GALANT.. ztt
Traxit convulja ruinam,
Elie entraîne en tombant tout lè'
rejie aprés foy.
Les deàx Devises qui accompagnoient
la neuviéme:
Inscription conceue en ces.
termes,, ) ->ì r. ioO î.:nv.s' 'i ! ,
CONSTANT1 PIETAT1S EXEMPL0-.
RELIGION I PONDUS AC
fkisoient connoistre que le
Roy a. plus fait pour la. Reli
gion. par les exemples de fa
piete , que par tous les autres1,
moyens, dont il s'est ser.vy,
1 iif.
MERCURE.
contre l'Heresie. La premie
re eíloic une pierre d'Aiman
enlevant plusieurs anneaux
de fer^No» <vi3fêd<virtute\.
Par sa vertu' plùtòft que par lie
. ìi *\ Vi " i r
La seconde ëstbit le Soleil
avec un Cadran , une Pen
dule , une Montre ,&c. Otnnibtis
exemplum est , regalct,,
Jt est de toifs le m&ìelle & la regle.
La ; d'eVnidre Inscription
marqûòí rcjbé le ieîe du Roy
pout la kèîiçion Catholique
ne s'est: pas renferme dárvs la'
France . mais qu'il s est éten
du dans i'Europe par l'appuy
.. GALA W, m?
qu'il adonné aux Peine es ses
Voisins dans les afíaires de la
Religion,, & meírae dans les»
Pays les plus éloignez par les
Miíïions yôc parles celebres
Arnbaûades qu'il y envoyé
dans respeE^nce î d'y. átabíir
le "Cu lte du "y ra m pieu.i ,'Çette
Inscription qui fe Iifoit en ces
termes T . .
*W REMÒTÍS S ÏMÁS OR AS
B R O P A G A R E
ï E L I C rf Etf P'È'R' ^fe N T 'A VIT..
.T mjy
eíloir expliquee par ces.
deux Devises. La premiere
a voit pour corps le Soleil ,
qui: du centre de ; IjUriMreafe.
ou Copernic le faic immobile,
répand sa lumiere dans tour
le monde. HinC t&tmn' lucét in
De la dans tyujt fe mvnde ilr&* '
pand fa lumiere. » y
La seconde estoit un Fleu
ve dans fa source. DafioU
D'abàri aux Siens , ensuite aux
Etrangers.