Résultats : 1151 texte(s)
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Liste
301
p. 208-214
Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné le Prieuré de S. Mihcel à Mr de Galiczon [...]
Mots clefs :
Evêque de Digne, Sacre, Abbé du Puget
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texteReconnaissance textuelle : Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Mr l'Abbé du Puget , frete ,
fils , & petit- fils de Prefident!
à Mortier du Parlement de
Toulouſe , a efté facré Evêque
de Digne dans l'Eglife des Cor.
delieres rue de Grenelle , par
Mr l'Archevêque de Narbonne & Mrs les Evêques de Blois
&de Valence , tous deux Com-
GALANT 209
patriotes du nouvel Evêque ; ,
les Maifons de Bertier & de Catelan font de Touloufe auffi
bien que celles du Puget. Mr
l'Evêque de Digne eftoit grand
Vicaire de Viviers , & c'eft l'Evefque de ce nom qui l'a fait
connoiftre à la Cour , & fur le
témoignage duquel il a eſté élevé à l'Epifcopat. Tout le monde connoift le merite de Mr
l'Evefque de Viviers. Un Ecclefiaftique élevé de fa main eſt
un fujet bien digne de l'Epifcopat. Catherine du Puget tante du nouvel Evefque , époufa
Jacques de Catelan Confeiller
Avril 1710. S
210 MERCURE
au Parlement de Toulouſe , &
qui fut enfuite Preſident aux
Enqueftes. De ce mariage font
fortis plufieurs enfans , entreautres Jean de Catelan Evef
que de Valence. Ainfi ces deux
Prelats font coufins germains,
Jeanne Varez fille d'Anne Catel , d'une Maiſon qualifiée du
Parlement de Toulouſe , dont
un des plus fçavans hommes
du Royaume a publié depuis
quelques mois la genealogie ,
époufa François du Puget il y a
prés d'un fiecle. La famille de
Varez fubfifte encore à Touloufe ; Mr de la Caffe en eft le
GALANT 211
Chef. Plufieurs enfans fortirent de ce mariage ; Jacques
du Puget Prefident à Mortier
du Parlement de Toulouse ,
grand - pere de cet Evefque ,
N.... du Puget femme du celebre N... d'Avifard Seigneur
de Vifelez, & N... époufe de
N... de Savi Seigneur de Gravels , dont le fils a époufé lat
foeur de feu Mrle Marquis de
Fontbeaufard , Maréchal de
Camp. Le Prefident du Puget
Seigneur de Saint - André eut
deN... de Percin grand'- tante
de Mr l'Evefque de S. Pons ,
François auffi Prefident à MorSij
212 MERCURE
tier , qui de N... des Plats de
Graniague a eu Jofeph du Puget aujourd'huy Prefident à
Mortier , le nouvel Evefque de
Digne , Mr du Puget Lieutenant de Roy du Neuf Briſack,
Mr.le Chevalier du Puget Capitaine dans le Regiment du
Roy , un autre Chevalier du
Puget qui refide à Malte , un
autre Chevalier LieutenantColonel du Regiment de Dra
gonsde Saint- Chaumont, trois
autres tuez , l'un en Catalogne, l'autre au Siege de Luxembourg , & le troifiéme à Nerwinde. Jacques du Puget eut
GALANT 213
plufieurs autres enfans de fa
premiere femme , deux Ecclefiaftiques , dont le deuxième
fut Prevoft de Lombez, Mr de
Saint Jean Capitaine au Regiment de Guyenne , mort au
Siege de Lerida. Deux autres
quiaprés avoir efté Capitaines
dans les Regimens de Breffe &
de Guyenne fe font mariez ,
Mes de Plocgnac du Puget ont
époufé , l'une Mr le Prefident
Catellan , la feconde Mr de
Nogarede , & la troifiéme Mr
de Roquefoulet parent de Mr
l'Abbé de Roquette. Jacques
du Puget , de Conftance de
214 MERCURE
get
臀
Buiffon d'Auffonne fa premiere femme n'eut qu'une fille
mariée à Mre N... de la Maimie Seigneur de Ville- neuve ,
Sindic de la Province de Languedoc. Mrle Preſident du Pud'aujourd'huy a des enfans
de N... de Chevailles de Fougeries. Nicaife Evefque de Digne
affifta au premier Concile general de Nicée. L'Eglife de Digne tire ſon origine de Saint
Domnin , Difciple de Saint
Marcellin d'Embrun , qui vivoit aprés le milieu du 4. fiecle.
fils , & petit- fils de Prefident!
à Mortier du Parlement de
Toulouſe , a efté facré Evêque
de Digne dans l'Eglife des Cor.
delieres rue de Grenelle , par
Mr l'Archevêque de Narbonne & Mrs les Evêques de Blois
&de Valence , tous deux Com-
GALANT 209
patriotes du nouvel Evêque ; ,
les Maifons de Bertier & de Catelan font de Touloufe auffi
bien que celles du Puget. Mr
l'Evêque de Digne eftoit grand
Vicaire de Viviers , & c'eft l'Evefque de ce nom qui l'a fait
connoiftre à la Cour , & fur le
témoignage duquel il a eſté élevé à l'Epifcopat. Tout le monde connoift le merite de Mr
l'Evefque de Viviers. Un Ecclefiaftique élevé de fa main eſt
un fujet bien digne de l'Epifcopat. Catherine du Puget tante du nouvel Evefque , époufa
Jacques de Catelan Confeiller
Avril 1710. S
210 MERCURE
au Parlement de Toulouſe , &
qui fut enfuite Preſident aux
Enqueftes. De ce mariage font
fortis plufieurs enfans , entreautres Jean de Catelan Evef
que de Valence. Ainfi ces deux
Prelats font coufins germains,
Jeanne Varez fille d'Anne Catel , d'une Maiſon qualifiée du
Parlement de Toulouſe , dont
un des plus fçavans hommes
du Royaume a publié depuis
quelques mois la genealogie ,
époufa François du Puget il y a
prés d'un fiecle. La famille de
Varez fubfifte encore à Touloufe ; Mr de la Caffe en eft le
GALANT 211
Chef. Plufieurs enfans fortirent de ce mariage ; Jacques
du Puget Prefident à Mortier
du Parlement de Toulouse ,
grand - pere de cet Evefque ,
N.... du Puget femme du celebre N... d'Avifard Seigneur
de Vifelez, & N... époufe de
N... de Savi Seigneur de Gravels , dont le fils a époufé lat
foeur de feu Mrle Marquis de
Fontbeaufard , Maréchal de
Camp. Le Prefident du Puget
Seigneur de Saint - André eut
deN... de Percin grand'- tante
de Mr l'Evefque de S. Pons ,
François auffi Prefident à MorSij
212 MERCURE
tier , qui de N... des Plats de
Graniague a eu Jofeph du Puget aujourd'huy Prefident à
Mortier , le nouvel Evefque de
Digne , Mr du Puget Lieutenant de Roy du Neuf Briſack,
Mr.le Chevalier du Puget Capitaine dans le Regiment du
Roy , un autre Chevalier du
Puget qui refide à Malte , un
autre Chevalier LieutenantColonel du Regiment de Dra
gonsde Saint- Chaumont, trois
autres tuez , l'un en Catalogne, l'autre au Siege de Luxembourg , & le troifiéme à Nerwinde. Jacques du Puget eut
GALANT 213
plufieurs autres enfans de fa
premiere femme , deux Ecclefiaftiques , dont le deuxième
fut Prevoft de Lombez, Mr de
Saint Jean Capitaine au Regiment de Guyenne , mort au
Siege de Lerida. Deux autres
quiaprés avoir efté Capitaines
dans les Regimens de Breffe &
de Guyenne fe font mariez ,
Mes de Plocgnac du Puget ont
époufé , l'une Mr le Prefident
Catellan , la feconde Mr de
Nogarede , & la troifiéme Mr
de Roquefoulet parent de Mr
l'Abbé de Roquette. Jacques
du Puget , de Conftance de
214 MERCURE
get
臀
Buiffon d'Auffonne fa premiere femme n'eut qu'une fille
mariée à Mre N... de la Maimie Seigneur de Ville- neuve ,
Sindic de la Province de Languedoc. Mrle Preſident du Pud'aujourd'huy a des enfans
de N... de Chevailles de Fougeries. Nicaife Evefque de Digne
affifta au premier Concile general de Nicée. L'Eglife de Digne tire ſon origine de Saint
Domnin , Difciple de Saint
Marcellin d'Embrun , qui vivoit aprés le milieu du 4. fiecle.
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Résumé : Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Le texte décrit la consécration de l'Abbé du Puget en tant qu'Évêque de Digne. La cérémonie s'est déroulée dans l'église des Cordeliers rue de Grenelle, sous la présidence de l'Archevêque de Narbonne et des Évêques de Blois et de Valence. Les familles Bertier, Castelan et du Puget sont toutes originaires de Toulouse. Avant sa nomination, Mr du Puget était grand Vicaire de Viviers, et son ascension a été soutenue par l'Évêque de Viviers. Catherine du Puget, tante de l'Évêque de Digne, avait épousé Jacques de Catelan, Conseiller au Parlement de Toulouse et Président aux Enquêtes. Leur fils, Jean de Catelan, Évêque de Valence, est cousin germain du nouvel Évêque de Digne. Jeanne Varez, fille d'Anne Castel, a épousé François du Puget il y a près d'un siècle. La famille Varez est toujours présente à Toulouse, dirigée par Mr de la Casse. Jacques du Puget, Président à Mortier au Parlement de Toulouse, est le grand-père de l'Évêque de Digne. Plusieurs membres de la famille du Puget occupent des postes prestigieux dans l'armée et la justice. La famille est également liée à des maisons nobles comme les Nogaredes et les Roquefoulets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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302
p. 214-218
Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Abbé de Belzunce a esté sacré Evêque de Marseille dans [...]
Mots clefs :
Abbé de Belzunce, Evêque de Marseille, Cardinal de Noailles, Sacre
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texteReconnaissance textuelle : Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Mr l'Abbé de Belzunce a efté
CALANT 215
facré Evêque de Marſeille dans
l'Eglife de la Maiſon Profeſſe
des Jefuites , par Mr le Cardinal de Noailles , affifté de Mr
Bouthillier de Chavigny , Evêque de Troyes, & de Mr du
Puget , nouvellement facré Evêque de Digne. Mr l'Abbé
de Belzunce eftoit Grand Vicaire d'Agen : il eut une Abbaye il y a trois ou quatre années: il eft neveu de Mr le Duc
de Lauzun , & fils d'une defes
fœurs ; ainfi il eſt Couſin germain de Mr le Comte de Nogent , & de Me la Marquife de
Biron. Je vous ay parlé de ſa
216 MERCURE
Maiſon lorsqu'il eut fon Ab
baye , & lorfqu'il fut nommé
à l'Evêché de Marſeille ; ainfi
je n'ay rien de nouveau à vous
en dire. Feu Mr le Comte de
Belzunce , pere du nouvel Evêque , eftoit de la Religion Proteftante; mais il fe réunit à l'EglifeCatholique avant fa mort.
Mr l'Evêque de Marseille fit il
y a quelques années la Vie de
Mlle de Foix vieille fille , tantedu Duc de ce nom , & qui
mourut il y a quelques années
fort âgée à Montpont en Pe
rigord , où elle faifoit fon fejour , &où elle a vécu dans une
pratique
GALANT 217
S
pratique édifiante des vertus
chreſtiennes. Mr de Belzunce
dedia ce Livre à Mr l'Evêque
d'Agen. L'Epitre Dedicatoire
eftoit fort belle , & elle contenoit dans une grande éten
due des faits entierement recherchez, &des reflexions tres
édifiantes. Cet Ouvrage fit
beaucoup d'honneur à Mr
l'Abbé de Belzunce. L'avanta
ge qu'il a d'eftre allié de la
Maifon de Foix par celle de
Gaumont, dont eft Mefa mere , donna lieu à cet Ouvrage.
Le Siege de Marſeille eft tresanciens ony a vû des Evêques
Avril 1710. ... T
218 MERCURE
dés les premiers ficcles du
Chriftianifme. Le premier qui
gouverna cette Eglife dans le
temps des affaires des. Iconoclaftes fit beaucoup parler de
luy , & fut beaucoup mêlédans
l'éclat qu'elles firent.cll y a
encore aujourd'huy deux ada
ciens Evêques de Marſeille,
outre ,celuy qui l'eft actuelle
ment ; fçavoir, Mr le Cardinal de Janfon quil'eſtoit avant
d'eftre Evêque de Beauvais ,
& Mr l'Archevêque d'Aix , au
quel avoit fuccedé Mr l'Abbé
de Poudenx, Agent du Clergé,
qui ne fut quetrois femaines à
Marfeille.
CALANT 215
facré Evêque de Marſeille dans
l'Eglife de la Maiſon Profeſſe
des Jefuites , par Mr le Cardinal de Noailles , affifté de Mr
Bouthillier de Chavigny , Evêque de Troyes, & de Mr du
Puget , nouvellement facré Evêque de Digne. Mr l'Abbé
de Belzunce eftoit Grand Vicaire d'Agen : il eut une Abbaye il y a trois ou quatre années: il eft neveu de Mr le Duc
de Lauzun , & fils d'une defes
fœurs ; ainfi il eſt Couſin germain de Mr le Comte de Nogent , & de Me la Marquife de
Biron. Je vous ay parlé de ſa
216 MERCURE
Maiſon lorsqu'il eut fon Ab
baye , & lorfqu'il fut nommé
à l'Evêché de Marſeille ; ainfi
je n'ay rien de nouveau à vous
en dire. Feu Mr le Comte de
Belzunce , pere du nouvel Evêque , eftoit de la Religion Proteftante; mais il fe réunit à l'EglifeCatholique avant fa mort.
Mr l'Evêque de Marseille fit il
y a quelques années la Vie de
Mlle de Foix vieille fille , tantedu Duc de ce nom , & qui
mourut il y a quelques années
fort âgée à Montpont en Pe
rigord , où elle faifoit fon fejour , &où elle a vécu dans une
pratique
GALANT 217
S
pratique édifiante des vertus
chreſtiennes. Mr de Belzunce
dedia ce Livre à Mr l'Evêque
d'Agen. L'Epitre Dedicatoire
eftoit fort belle , & elle contenoit dans une grande éten
due des faits entierement recherchez, &des reflexions tres
édifiantes. Cet Ouvrage fit
beaucoup d'honneur à Mr
l'Abbé de Belzunce. L'avanta
ge qu'il a d'eftre allié de la
Maifon de Foix par celle de
Gaumont, dont eft Mefa mere , donna lieu à cet Ouvrage.
Le Siege de Marſeille eft tresanciens ony a vû des Evêques
Avril 1710. ... T
218 MERCURE
dés les premiers ficcles du
Chriftianifme. Le premier qui
gouverna cette Eglife dans le
temps des affaires des. Iconoclaftes fit beaucoup parler de
luy , & fut beaucoup mêlédans
l'éclat qu'elles firent.cll y a
encore aujourd'huy deux ada
ciens Evêques de Marſeille,
outre ,celuy qui l'eft actuelle
ment ; fçavoir, Mr le Cardinal de Janfon quil'eſtoit avant
d'eftre Evêque de Beauvais ,
& Mr l'Archevêque d'Aix , au
quel avoit fuccedé Mr l'Abbé
de Poudenx, Agent du Clergé,
qui ne fut quetrois femaines à
Marfeille.
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Résumé : Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Le texte relate la nomination de l'Abbé de Belzunce comme Évêque de Marseille. La cérémonie s'est déroulée dans l'église de la Maison Professe des Jésuites, sous la présidence du Cardinal de Noailles, assisté par les évêques Bouthillier de Chavigny et du Puget. L'Abbé de Belzunce, auparavant Grand Vicaire d'Agen, est neveu du Duc de Lauzun et cousin germain du Comte de Nogent et de la Marquise de Biron. Son père, le Comte de Belzunce, était protestant mais s'est converti au catholicisme avant sa mort. L'Abbé de Belzunce a écrit la vie de Mlle de Foix, une tante pieuse du Duc de Foix, ouvrage dédié à l'Évêque d'Agen et apprécié pour ses recherches édifiantes. Le siège épiscopal de Marseille est ancien, remontant aux premiers siècles du christianisme. Le premier évêque connu a marqué l'histoire locale par son rôle durant les affaires des Iconoclastes. Actuellement, outre l'Évêque de Marseille, deux anciens évêques sont mentionnés : le Cardinal de Janson, ancien Évêque de Beauvais, et l'Archevêque d'Aix, succédé par l'Abbé de Poudenx, qui a occupé le poste trois semaines.
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303
p. 5-9
Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
Début :
Depuis que le Roy a commencé à gouverner par luy [...]
Mots clefs :
Royaume, Religion, Jansénistes, Quiétistes
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texteReconnaissance textuelle : Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
EPUIS que le Roy a
commence a gouverner
par luy mesme, quoyque son
occupation ait esté grande,
soit en paix, foien guerre, ses
premiers soins ont toûjours
regardé l'a.ccrolffcmciit3li pu-
reté, & le culce de la véritable
Religion, pour laquelle il à
toujours tout sacrifié. 'Sel
Edits sur ce sujet sont sans
nombre. Il a
contribuédans
une infinité d'endroits de fom
Royaume à l'établissement des)
Temples;il a
fait construire
celuy du Val-de Grâce qui est
une des Merveilles du Monde,
& celuy des Invalides dont roifl
les Etrangers qui lont vû onn
esté charmez. Il n'a point consideré ce que la suppression de
l'Edit de Nantes coûteroit àa
son Erat
,
& il a cru qu'il gagneroit beaucoup en donnant
j lieu à tous ses Su jets Prote stans
de sortir du Royaume. Monsieur le Chancelier leTellierJ
qui signa la Revocation de cet
Edit,s'écriaaprèsl'avoirsignée,
comme le bon homme Simeon
,
Nunc dimittis servum
tuum in pace. Paroles que le
Roy repeta souvent, en disant
qu'après la revocation de cet
Edit
y
il mourroit content, en
quelque temps qu'il plût à
Dieu de l'appeller. Il a
banni
de son Royaume, non seulement les Protestans
;
mars il a
auili obligé les Jansenistes à
reconnoistre leur erreur, &les
Quietistes à renoncer à la leur,
en sorte que l'on connoist à
present à peine dans son
Royaume, les noms de Protestans
,
de Jansenistes, & de
Quietistes. On ne doit pas s'étonner après routes ces choses,
de la grande dépense qu'il a
faite pour la nouvelle Chapelle de Versaillesàlaquelle on
travaille depuis un grand nombre d'années. Rien ne lui a
coûté pour la construction &
pour les riches ornemens de
cette Chapelle,& plus elle luy
a
coûté dans un temps si difficile, plus il s'est acquis de me-
rite auprès de Dieu. On doit
dédièr-éettt Chapelle,& y celebrer la Messe, le jour de la
Pentecôte, & il y a
lieu de
croire que le Ciel continuera
de répandre ses bénédictions
sur le Roy, à qui il n'a fait
sentir quelques adversitez, que
pour mieux faire connoistre à
toute la Terre, la grandeur de
son ame, & que dans tous les
états ouceMonarque s'e st
trouvé, il a
toûjours rendu des
graces à Dieu, comme dans sa
plus grande prosperité.
commence a gouverner
par luy mesme, quoyque son
occupation ait esté grande,
soit en paix, foien guerre, ses
premiers soins ont toûjours
regardé l'a.ccrolffcmciit3li pu-
reté, & le culce de la véritable
Religion, pour laquelle il à
toujours tout sacrifié. 'Sel
Edits sur ce sujet sont sans
nombre. Il a
contribuédans
une infinité d'endroits de fom
Royaume à l'établissement des)
Temples;il a
fait construire
celuy du Val-de Grâce qui est
une des Merveilles du Monde,
& celuy des Invalides dont roifl
les Etrangers qui lont vû onn
esté charmez. Il n'a point consideré ce que la suppression de
l'Edit de Nantes coûteroit àa
son Erat
,
& il a cru qu'il gagneroit beaucoup en donnant
j lieu à tous ses Su jets Prote stans
de sortir du Royaume. Monsieur le Chancelier leTellierJ
qui signa la Revocation de cet
Edit,s'écriaaprèsl'avoirsignée,
comme le bon homme Simeon
,
Nunc dimittis servum
tuum in pace. Paroles que le
Roy repeta souvent, en disant
qu'après la revocation de cet
Edit
y
il mourroit content, en
quelque temps qu'il plût à
Dieu de l'appeller. Il a
banni
de son Royaume, non seulement les Protestans
;
mars il a
auili obligé les Jansenistes à
reconnoistre leur erreur, &les
Quietistes à renoncer à la leur,
en sorte que l'on connoist à
present à peine dans son
Royaume, les noms de Protestans
,
de Jansenistes, & de
Quietistes. On ne doit pas s'étonner après routes ces choses,
de la grande dépense qu'il a
faite pour la nouvelle Chapelle de Versaillesàlaquelle on
travaille depuis un grand nombre d'années. Rien ne lui a
coûté pour la construction &
pour les riches ornemens de
cette Chapelle,& plus elle luy
a
coûté dans un temps si difficile, plus il s'est acquis de me-
rite auprès de Dieu. On doit
dédièr-éettt Chapelle,& y celebrer la Messe, le jour de la
Pentecôte, & il y a
lieu de
croire que le Ciel continuera
de répandre ses bénédictions
sur le Roy, à qui il n'a fait
sentir quelques adversitez, que
pour mieux faire connoistre à
toute la Terre, la grandeur de
son ame, & que dans tous les
états ouceMonarque s'e st
trouvé, il a
toûjours rendu des
graces à Dieu, comme dans sa
plus grande prosperité.
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Résumé : Prelude dont les veritez paroîtront incontestables à ceux qui le liront, [titre d'après la table]
Depuis que le roi gouverne seul, il a priorisé la pureté et le culte de la véritable religion, sacrifiant tout pour cette cause. Il a édifié des temples et des bâtiments remarquables comme le Val-de-Grâce et les Invalides, attirant l'admiration des étrangers. La révocation de l'Édit de Nantes, bien que coûteuse, a été vue comme un gain spirituel, permettant aux protestants de quitter le royaume. Le chancelier Le Tellier et le roi ont exprimé leur soulagement après cette révocation. Le roi a également banni les protestants et contraint les jansénistes et les quiétistes à reconnaître leurs erreurs. Malgré les difficultés financières, il a fait construire la nouvelle chapelle de Versailles, dédiée à célébrer la messe le jour de la Pentecôte. Le roi a toujours rendu grâce à Dieu, même dans l'adversité, démontrant ainsi la grandeur de son âme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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304
p. 110-116
Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Début :
Le 11e de ce mois on fit dans l'Eglise Royale de Saint [...]
Mots clefs :
Église royale de Saint-Quentin, Bénédiction des étendards, Compagnies des gardes du corps, Abbé Despagne
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texteReconnaissance textuelle : Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Le IIe de ce mois on fie
dans l'Eglise Royale de Saint
Quentin avec beaucoup de
pompe
,
la Benediction des
Etcndarts des Compagnies des
Gardes du Corps de Villeroy
& de Boufflers. Mr l'Abbé
Despagne,Chancelier& Cha-
noine de cette Eglise qui fit la
Ceremonie, fit le Dscours suivant à Mrs les Commandans
de la Maison du Roy, Officiers
& Gardes du Corps de Sa Majessé.
L'hommage
,
MefFeurs
,
que
'Vous faites de vos Etendarts au
Dieu des Armées, en
les déposant
sur nos Autels, pour ensuite les
<
recevoir de la main de tEglzfe)
cft sans doute de vôtre part une
reconnoissance publique, & un
aveu solemnel que la valeur &
la force sans la protection du Ciel
ne sontrien; queDieu tientdans
le seinde sa Providence toutes les
ressources de la guerre, & que
luy seul donne la victoire. Ces
justes sentimens que vôtre foy &
vostrepieté vous donnent de la
puissance du Tres-haut, produisent en vous la sainte e noble
confiance avec laquelle vous entrez en campagne.
La France, Messieurs,vous
regarde comme son principal ap..
puy, & les Troupes de Sa Aiajestétrouventenvousleurs Anges
tutelaires; vous devene^ l'ame
des Armées où t
on vousvoitparcîtrcivousfaites tout à la fois
leur beauté c, leurforce eéucs
doiventordinairementleursgrands
succés au mouvement que vous
leur donnez.On vous connoît
moins à
vos armes & 4 vos habits qu'à la valeur, à
l'honneur
& à la politisse qui vous distinguent. La reputation de vojlre
Corps a
toujours estéinalterable,
malgré lecaprice & la diversité
des évenemens; Ë7 quelqu'issuë
qu'ayent eu pour vous les Combats ,vosactions n'ont jamais
rien perdu du prodige. Puis en
s'adressant à Mr le Comte de
Montesson, Gouverneur de
S. Quentin, Commandant la
Maison du Roy, il dit: susi
tien au monde ne peut encherir
sur la gloire de commander,comme vous faites,Monsieur, un
Corpssi auguste &siredoutable,
que de joindre à
cet honneur la
garde de la Personne sacrée. du
Roy, & d'avoirJçu luy plaire.
Le Commandement de sa Massion
ne pouvoitse refuser à vos longs
services, ny à vostre ancienneté.
Si le chemin d'arriver à cet Employ n'avoitestéfait, vostre bravoure & vostre intrépiditédans le
Combat de l'année derniere,suffisoientseules pour l'abreger;mais
l'endroit leplusbrillant& leplus
solide de vostre gloire, efl devous
trouverselon lecœur dupiussage
& du plus grand Prince du monde, par l'assemblage de toutes les
vertus qui font trouver un parfait Chrestien dans le Haros.
PuifFe={-'VouJ, Monsieur, jouïr
long-temps de
ce
bonheur; fasse le
Ciel, Messieurs, qu'une Paix
prochaine couronne vos travaux,
& que cet amas de gloire qui
vous revient de tant de Guerres
longues & penibles se répande
sur vostrevieillisse, Com la rende
respectable jusqu'au tombeau.
Puissent Us larmes Ci les gemissemens de l'Eglise S'éleverjusqu'aDieu, ~(7 en obtenirle sou-
lagement de son Peuple, & la
réunion desesEnfans;puissent
ces Etendarts benis & confaetez
que ÏEgliJe vous met en main
J
n'estrejamais soüillez du fang
Cbrestien, ~&seconserver tous
entiers par une Paix aussi durable
que le siecle.
dans l'Eglise Royale de Saint
Quentin avec beaucoup de
pompe
,
la Benediction des
Etcndarts des Compagnies des
Gardes du Corps de Villeroy
& de Boufflers. Mr l'Abbé
Despagne,Chancelier& Cha-
noine de cette Eglise qui fit la
Ceremonie, fit le Dscours suivant à Mrs les Commandans
de la Maison du Roy, Officiers
& Gardes du Corps de Sa Majessé.
L'hommage
,
MefFeurs
,
que
'Vous faites de vos Etendarts au
Dieu des Armées, en
les déposant
sur nos Autels, pour ensuite les
<
recevoir de la main de tEglzfe)
cft sans doute de vôtre part une
reconnoissance publique, & un
aveu solemnel que la valeur &
la force sans la protection du Ciel
ne sontrien; queDieu tientdans
le seinde sa Providence toutes les
ressources de la guerre, & que
luy seul donne la victoire. Ces
justes sentimens que vôtre foy &
vostrepieté vous donnent de la
puissance du Tres-haut, produisent en vous la sainte e noble
confiance avec laquelle vous entrez en campagne.
La France, Messieurs,vous
regarde comme son principal ap..
puy, & les Troupes de Sa Aiajestétrouventenvousleurs Anges
tutelaires; vous devene^ l'ame
des Armées où t
on vousvoitparcîtrcivousfaites tout à la fois
leur beauté c, leurforce eéucs
doiventordinairementleursgrands
succés au mouvement que vous
leur donnez.On vous connoît
moins à
vos armes & 4 vos habits qu'à la valeur, à
l'honneur
& à la politisse qui vous distinguent. La reputation de vojlre
Corps a
toujours estéinalterable,
malgré lecaprice & la diversité
des évenemens; Ë7 quelqu'issuë
qu'ayent eu pour vous les Combats ,vosactions n'ont jamais
rien perdu du prodige. Puis en
s'adressant à Mr le Comte de
Montesson, Gouverneur de
S. Quentin, Commandant la
Maison du Roy, il dit: susi
tien au monde ne peut encherir
sur la gloire de commander,comme vous faites,Monsieur, un
Corpssi auguste &siredoutable,
que de joindre à
cet honneur la
garde de la Personne sacrée. du
Roy, & d'avoirJçu luy plaire.
Le Commandement de sa Massion
ne pouvoitse refuser à vos longs
services, ny à vostre ancienneté.
Si le chemin d'arriver à cet Employ n'avoitestéfait, vostre bravoure & vostre intrépiditédans le
Combat de l'année derniere,suffisoientseules pour l'abreger;mais
l'endroit leplusbrillant& leplus
solide de vostre gloire, efl devous
trouverselon lecœur dupiussage
& du plus grand Prince du monde, par l'assemblage de toutes les
vertus qui font trouver un parfait Chrestien dans le Haros.
PuifFe={-'VouJ, Monsieur, jouïr
long-temps de
ce
bonheur; fasse le
Ciel, Messieurs, qu'une Paix
prochaine couronne vos travaux,
& que cet amas de gloire qui
vous revient de tant de Guerres
longues & penibles se répande
sur vostrevieillisse, Com la rende
respectable jusqu'au tombeau.
Puissent Us larmes Ci les gemissemens de l'Eglise S'éleverjusqu'aDieu, ~(7 en obtenirle sou-
lagement de son Peuple, & la
réunion desesEnfans;puissent
ces Etendarts benis & confaetez
que ÏEgliJe vous met en main
J
n'estrejamais soüillez du fang
Cbrestien, ~&seconserver tous
entiers par une Paix aussi durable
que le siecle.
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Résumé : Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Le 22 du mois, une cérémonie solennelle a eu lieu dans l'Église Royale de Saint Quentin pour la bénédiction des étendards des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy et de Boufflers. L'Abbé Despagne, Chancelier et Chanoine de cette église, a prononcé un discours à l'attention des commandants, officiers et gardes du corps du roi. Il a souligné que l'hommage rendu par les Gardes du Corps en déposant leurs étendards sur les autels était une reconnaissance publique de la protection divine. Il a insisté sur le fait que la valeur et la force sans la protection du Ciel ne sont rien, et que Dieu tient dans sa Providence toutes les ressources de la guerre, accordant la victoire. Ces sentiments de foi et de piété engendrent une sainte et noble confiance chez les Gardes du Corps lorsqu'ils entrent en campagne. La France considère les Gardes du Corps comme son principal appui, et les troupes royales les voient comme leurs anges tutélaires. Leur présence donne vie et force aux armées, et leurs succès sont souvent attribués à leur influence. Leur réputation est inaltérable, malgré les caprices et la diversité des événements. L'Abbé Despagne a adressé des louanges au Comte de Montesson pour sa bravoure et son intrépidité, notamment lors du combat de l'année précédente. Il a également souhaité une paix prochaine pour couronner leurs travaux et prolonger leur vieillesse dans le respect et la gloire. Enfin, il a prié pour que les étendards bénis ne soient jamais souillés du sang chrétien et que la paix soit durable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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305
p. 116-121
Description d'un Tableau de l'Albane, [titre d'après la table]
Début :
Comme vous aimez la diversité des matieres, & que [...]
Mots clefs :
Paix, Vérité, Éternel, Tableau de l'Albane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description d'un Tableau de l'Albane, [titre d'après la table]
Comme vous aimez la diversité des matieres, & que
vous avez oüyJ ditesvous,
parler il y a
long-temps d'un
Tableau de l'Albane, qui cft
dans le Cabinet du Roy, &
que vous souhaitez d'en avoirs
une Description qui est fort
curicuse, & que les plus grands
Peintres & les Curieux ont pris
foin de rechercher, je vous en
envoye une dont la tecturc
vous fera sans doute beaucoup
de plaisir.
j
Le conseil éternel de Dieuayant
resolu le Mystere de l'Incarnation du Verbe, les Personnes de
la Sainte Trinité l'accomplirent
dans la plenitude des temps. Le
Pere Eternel envoyal'Ange Gabriel à
la Vierge Marie pour luyN
en porter la nouvelle. C'est le moJ*
ment où illuy donne cet ordre que-..-
FrançoisAlbano l'un des plus
sçavans & des plus agreables
Peintres d'Italie, e grand oncle
duPape, a
voulu exprimer dans
l'excellent Tableau connu par la
gloire de l'Albane, çy* qui estdans
le Cabinrt du Roy.
Il est dans un ovale couchée,
au haut de laquelle se voit le Ciel
ouvert
,
brillant d'une lumiere
douce,répanduësurles Chœurs des
Anges, qui paroissent dans le respect & l'admiration de ce quise
pass. C'est ce qui a
donné au
Tableau le nom de la Gloire.
Le Pere Eternely efl representéau milieu avec toute sa Majesté ajjtisur les Cherubins, CM
sur les Trônes
3
tenant sous pt
droite un globed'azur
,
symbole
du Monde, dont il veut la reparation, étendant la gauche pour
donnerses ordres à l'Archange,
qui paroît au dessous dans le milieu des airs avec une grace &
une legeretéadmirable. Plus bas
est un Ange d'un Ordre inférieur,
qui tient une branche de lis pour
marquer la pureté de la personne
qui doit avoir part au mystere,
(7 qui estdel'invention du Peintre.
Elle est admirable dans les quatre figures de Femmes, dont il a
placé deux de chaque côté du
Tableau , & qui font posées fûtdes nuages. Les deuxdu cote droit
représentent laJustice & la Paix,
&* celles du cotégauchela Nhfericorde e la Vérité, felon le paf
sage de David au Pfaumc84:
y. 11.qui ditque la misericorde & la verité se sont rencontrées
,
& que ln Justice & la
Paix se font embrassées. On
sçait que le Prophete parloit alors
de l'Incarnation,Cque c.efi dans
ce grandMystere que ces
attributs
divins
,
qui sembloient oppose
sefont réünis pour le salut des
hommes, dont la Justice (;f la
Vérité demandaient la punition,
pendant
pendant que la misericorde & la
paix sollicitoient leur reconciliation.
Rien riefl plus heureusement
represente
3
puisque c'estl'accomplissement du Conseil éternel, que
toutes les parties de
ce
belouvrage concourent a exprimer; aussi le
Peintre qui en connoissoit bien le
merite, disoit quil devoit estre à
une teste couronnée. E per una
testa coronata.
L'Original de
ce
Tableaufut
apporté de Boulogne.
vous avez oüyJ ditesvous,
parler il y a
long-temps d'un
Tableau de l'Albane, qui cft
dans le Cabinet du Roy, &
que vous souhaitez d'en avoirs
une Description qui est fort
curicuse, & que les plus grands
Peintres & les Curieux ont pris
foin de rechercher, je vous en
envoye une dont la tecturc
vous fera sans doute beaucoup
de plaisir.
j
Le conseil éternel de Dieuayant
resolu le Mystere de l'Incarnation du Verbe, les Personnes de
la Sainte Trinité l'accomplirent
dans la plenitude des temps. Le
Pere Eternel envoyal'Ange Gabriel à
la Vierge Marie pour luyN
en porter la nouvelle. C'est le moJ*
ment où illuy donne cet ordre que-..-
FrançoisAlbano l'un des plus
sçavans & des plus agreables
Peintres d'Italie, e grand oncle
duPape, a
voulu exprimer dans
l'excellent Tableau connu par la
gloire de l'Albane, çy* qui estdans
le Cabinrt du Roy.
Il est dans un ovale couchée,
au haut de laquelle se voit le Ciel
ouvert
,
brillant d'une lumiere
douce,répanduësurles Chœurs des
Anges, qui paroissent dans le respect & l'admiration de ce quise
pass. C'est ce qui a
donné au
Tableau le nom de la Gloire.
Le Pere Eternely efl representéau milieu avec toute sa Majesté ajjtisur les Cherubins, CM
sur les Trônes
3
tenant sous pt
droite un globed'azur
,
symbole
du Monde, dont il veut la reparation, étendant la gauche pour
donnerses ordres à l'Archange,
qui paroît au dessous dans le milieu des airs avec une grace &
une legeretéadmirable. Plus bas
est un Ange d'un Ordre inférieur,
qui tient une branche de lis pour
marquer la pureté de la personne
qui doit avoir part au mystere,
(7 qui estdel'invention du Peintre.
Elle est admirable dans les quatre figures de Femmes, dont il a
placé deux de chaque côté du
Tableau , & qui font posées fûtdes nuages. Les deuxdu cote droit
représentent laJustice & la Paix,
&* celles du cotégauchela Nhfericorde e la Vérité, felon le paf
sage de David au Pfaumc84:
y. 11.qui ditque la misericorde & la verité se sont rencontrées
,
& que ln Justice & la
Paix se font embrassées. On
sçait que le Prophete parloit alors
de l'Incarnation,Cque c.efi dans
ce grandMystere que ces
attributs
divins
,
qui sembloient oppose
sefont réünis pour le salut des
hommes, dont la Justice (;f la
Vérité demandaient la punition,
pendant
pendant que la misericorde & la
paix sollicitoient leur reconciliation.
Rien riefl plus heureusement
represente
3
puisque c'estl'accomplissement du Conseil éternel, que
toutes les parties de
ce
belouvrage concourent a exprimer; aussi le
Peintre qui en connoissoit bien le
merite, disoit quil devoit estre à
une teste couronnée. E per una
testa coronata.
L'Original de
ce
Tableaufut
apporté de Boulogne.
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Résumé : Description d'un Tableau de l'Albane, [titre d'après la table]
Le tableau 'La Gloire' de François Albano, peintre italien, illustre le mystère de l'Incarnation du Verbe. Conservé dans le Cabinet du Roi, il montre le moment où le Père Éternel envoie l'Ange Gabriel annoncer à la Vierge Marie l'Incarnation. La composition est structurée en plusieurs niveaux : en haut, le ciel est ouvert et illuminé, entouré de chœurs d'anges. Le Père Éternel, au centre, tient un globe azur symbolisant le monde et donne des ordres à l'Archange Gabriel. Un ange inférieur tient une branche de lis, symbolisant la pureté. De chaque côté du tableau, sur des nuages, se trouvent quatre figures féminines : à droite, la Justice et la Paix, et à gauche, la Miséricorde et la Vérité, en référence au Psaume 84. Ces attributs divins, souvent opposés, se réunissent pour le salut des hommes, soulignant l'accomplissement du conseil éternel de Dieu. Le peintre considérait cette œuvre digne d'une tête couronnée. L'original de ce tableau a été apporté de Boulogne.
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306
p. 187-1940
Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Début :
Dom N... Vernois de Montjournal Abbé nommé de Saint [...]
Mots clefs :
Dom Vernois de Montjournal, Élection, Saint Sulpice, Abbé de la Ferté
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texteReconnaissance textuelle : Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Dom N.Vernois de Montjournal Abbé nommé de Saint
Sulpice en Bugey &,quin,âvilt
pas encore reçu la ~B-nedi& on Abbatiale,
a lnéélûdet'uis
quelque tempsAbbé de la
Ferté. Mr Pinon Intendant
de Bourgogne prcfida à cette
élection & c'est la dernierc
fonction qu'il ait faite de son
employ en Bourgogne. Dom
de Montjournal estoit Abbé
de Saint Sulpice depuis environ
deux années. Il y en a
Gx ou
sept que le Roy luy donna
une Abbaye de l'Etroite Obfervance de Cîteaux, mais sur
ce qu'on representa à S. M.
que ce Religieux n'estoit pas
de la Reforme, ce Prince
dont la justice regle toutes les
avions craignant qu'un Abbé
qui n'estoit pas Reformé ne
pût pas compatir avec des
Religieux quil'estoient revoqua ta grace qu'il luy avoir
faite, maisen luy laissantl'esperancede le dédommager
bien tost
; en effet Mrs de
Guenegaud, à la famille desquels ce Religieux estoit fore
attaché
3
ayant fait ressouvenir
S. M. de la grace qu'il avoir
promis à Dom deMontjournal, il luy donna il y a
environ deux annéesl'Abbaye
de Saint Sulpice qui vaquoit
par la mort de Mr de Montholon frere du feu premief
President de Rouen. Il estoit
alors Professeur en Théologie:
auCollege des Bernardins de
Paris, & il n'y avoit que très,
peu de temps qu'il avoit pris le
Bonner de Docteur de~Soi-bon:
ne
,
la Licence dont ,il eiloicj
avec feu Mr 1 Abbé d'Heudi-^
court nommé Evêque dE^
vreux
,
n'ayant fini qu'avec
l'année1703. Il n'avoit pasencore esté beni Abbé, de S.
Sulpice lors qu'ilaestée|uj
Abbé de la Ferté. Il a eu pour
concurrent Dom Languet
Prieur de laFerté sur lequc.i,.i-il
ne l'a emportéque de deux
voix, & le même Dom Lan-J
J
guet a en fuite esté son successeur en l'Abbaye de Saint Sulpice qui est trcs ancienne &
qui a
eud'illustres Abbez qui
luy ont fait de grands biens ;
tels sont les Moyna, & les
Ecrevieu, Abbez de S. Sulpice
dont on voit encore les Armes
dans une belle Crosse & dans
le Chœur de cette ancienne
Abbaye. Dom de Montjournal a un frere Chanoine de
Noyonqui y
est fort estimé,
&que feu Mr de Tonnerre y
attira;il ena unautre Conseiller au Presidial de Moulins. Ils.
font de cette Ville-là & d'une
ï
ancienne famille de Bourbonnois. Le nouvel Abbé a
elle
fort regretté à Saint Sulpice ;
ila quitté ce lieu au bruit que
répandoient dans toute 1Abbaye les pleurs & les gem.Hemens de ses Religieux, de ses
Domestiques & de tous les
Paysans des Villages dépendant de Saint Sulpice qui
estoient accourus pour recevoir ses derniers adieux & sa
Bénédiction & qui fondoient
tous en larm-s en voyanr qu'il
s'élolgnoit d'eux pour ne les
plus revoir.Jamaisspectacle
ne fut plus couchant,les manic..
res
[CS de cet Abbé avoient cité
si gracieuses
,
si douces, & si
prévenantes qu'on ne doit pas
estre surpris des regrets que
son départ acaufez dans toute
la Province du Bugey. La
Noblesse qui le cherissoit a
aulh pris part à l'affliction
publique; un grand nombre
de Gentilshommes & d'Ecclesiastiques du voisinagevinrent
luy rendre leurs hommages
pour
la derniere fois presque
tous fondant en larmes. La
maniere dont cet Abbé avoit
Ivlcu avec eux les avoir charmez. SaMaisonestoit ouverte
a tous les honnestes gens qui
y
estoientreçus avec une politesse & une sage profusion qui
faisoient beaucoup d'honneur
à cet Abbé. Les pauvres y
ont le plus perdu: aussi leurs
'04 regretsle fontils faits remarqu
Sulpice en Bugey &,quin,âvilt
pas encore reçu la ~B-nedi& on Abbatiale,
a lnéélûdet'uis
quelque tempsAbbé de la
Ferté. Mr Pinon Intendant
de Bourgogne prcfida à cette
élection & c'est la dernierc
fonction qu'il ait faite de son
employ en Bourgogne. Dom
de Montjournal estoit Abbé
de Saint Sulpice depuis environ
deux années. Il y en a
Gx ou
sept que le Roy luy donna
une Abbaye de l'Etroite Obfervance de Cîteaux, mais sur
ce qu'on representa à S. M.
que ce Religieux n'estoit pas
de la Reforme, ce Prince
dont la justice regle toutes les
avions craignant qu'un Abbé
qui n'estoit pas Reformé ne
pût pas compatir avec des
Religieux quil'estoient revoqua ta grace qu'il luy avoir
faite, maisen luy laissantl'esperancede le dédommager
bien tost
; en effet Mrs de
Guenegaud, à la famille desquels ce Religieux estoit fore
attaché
3
ayant fait ressouvenir
S. M. de la grace qu'il avoir
promis à Dom deMontjournal, il luy donna il y a
environ deux annéesl'Abbaye
de Saint Sulpice qui vaquoit
par la mort de Mr de Montholon frere du feu premief
President de Rouen. Il estoit
alors Professeur en Théologie:
auCollege des Bernardins de
Paris, & il n'y avoit que très,
peu de temps qu'il avoit pris le
Bonner de Docteur de~Soi-bon:
ne
,
la Licence dont ,il eiloicj
avec feu Mr 1 Abbé d'Heudi-^
court nommé Evêque dE^
vreux
,
n'ayant fini qu'avec
l'année1703. Il n'avoit pasencore esté beni Abbé, de S.
Sulpice lors qu'ilaestée|uj
Abbé de la Ferté. Il a eu pour
concurrent Dom Languet
Prieur de laFerté sur lequc.i,.i-il
ne l'a emportéque de deux
voix, & le même Dom Lan-J
J
guet a en fuite esté son successeur en l'Abbaye de Saint Sulpice qui est trcs ancienne &
qui a
eud'illustres Abbez qui
luy ont fait de grands biens ;
tels sont les Moyna, & les
Ecrevieu, Abbez de S. Sulpice
dont on voit encore les Armes
dans une belle Crosse & dans
le Chœur de cette ancienne
Abbaye. Dom de Montjournal a un frere Chanoine de
Noyonqui y
est fort estimé,
&que feu Mr de Tonnerre y
attira;il ena unautre Conseiller au Presidial de Moulins. Ils.
font de cette Ville-là & d'une
ï
ancienne famille de Bourbonnois. Le nouvel Abbé a
elle
fort regretté à Saint Sulpice ;
ila quitté ce lieu au bruit que
répandoient dans toute 1Abbaye les pleurs & les gem.Hemens de ses Religieux, de ses
Domestiques & de tous les
Paysans des Villages dépendant de Saint Sulpice qui
estoient accourus pour recevoir ses derniers adieux & sa
Bénédiction & qui fondoient
tous en larm-s en voyanr qu'il
s'élolgnoit d'eux pour ne les
plus revoir.Jamaisspectacle
ne fut plus couchant,les manic..
res
[CS de cet Abbé avoient cité
si gracieuses
,
si douces, & si
prévenantes qu'on ne doit pas
estre surpris des regrets que
son départ acaufez dans toute
la Province du Bugey. La
Noblesse qui le cherissoit a
aulh pris part à l'affliction
publique; un grand nombre
de Gentilshommes & d'Ecclesiastiques du voisinagevinrent
luy rendre leurs hommages
pour
la derniere fois presque
tous fondant en larmes. La
maniere dont cet Abbé avoit
Ivlcu avec eux les avoir charmez. SaMaisonestoit ouverte
a tous les honnestes gens qui
y
estoientreçus avec une politesse & une sage profusion qui
faisoient beaucoup d'honneur
à cet Abbé. Les pauvres y
ont le plus perdu: aussi leurs
'04 regretsle fontils faits remarqu
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Résumé : Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Dom Vernois de Montjournal, abbé de Saint-Sulpice en Bugey, fut élu abbé de la Ferté avant même de recevoir la bénédiction abbatiale. Cette élection, supervisée par Mr Pinon, Intendant de Bourgogne, marqua la dernière fonction de ce dernier en Bourgogne. Dom de Montjournal avait été abbé de Saint-Sulpice pendant environ deux ans, après avoir reçu cette abbaye grâce à l'intervention de la famille Guénégaud. Précédemment, le roi lui avait offert une abbaye de l'Étroite Observance de Cîteaux, mais cette grâce fut révoquée car il n'appartenait pas à la Réforme. Le roi lui avait promis un dédommagement. Dom de Montjournal était également professeur de théologie au Collège des Bernardins de Paris et avait récemment obtenu le bonnet de docteur en Sorbonne. Son élection à la Ferté fut contestée par Dom Languet, prieur de la Ferté, qui obtint deux voix de moins. Dom de Montjournal avait un frère chanoine de Noyon et un autre conseiller au Présidial de Moulins. Son départ de Saint-Sulpice fut marqué par des pleurs et des regrets profonds de la part des religieux, des domestiques et des paysans des villages dépendants de l'abbaye. La noblesse et les ecclésiastiques du voisinage vinrent lui rendre hommage, touchés par sa manière de vivre et sa générosité envers les pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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307
p. 271-278
Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Début :
Comme ma Lettre est susceptible de toutes sortes de matieres, [...]
Mots clefs :
Discours, Ordres, Mr de Beauharnais, Rochefort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Comme ma Lettre estsusceptible de toutes fortes de
matieres, je vous envoye un
Discours fait à Mr de Beauharnois dont je vous ay déja entretenu des grands Emplois.
Vous sçavez qu'il est presentement Intendant de la Generalité de la Rochelle & de la Marine, au Port de Rochefort.
Ce Discours fut prononcé le
16e May par Mr HervéPresi-
dent au SiegeRoyal de Rochefort.
MONSEIGNEUR,
Ce n'estpasfeulement legenie
superieur, mais c'est aussi la majestéde nostre Souverain,qui brille dans le choixqu'ilfait des Sujetspropres pour remplirlesCharges considerables, & les principaux Emplois deson Etat. En
effetrienn'estpluscapablededonner une haute idée desesperfections
,
e-rd'wfyirer desfnlimens
respectueux poursasuprême Dignité, quelorsque les premiers
Ministres de ses volontez expliquent les ordres de Sa Majesté.
Llinfinous reverrons tous ceux qui
ont l'honneur d'estrechargez
de l'execution de ses ordres, CT
nous reverrons en vous [on zele
pour la Religion,son amour pour,
la Justice, &fin attention singuliere au bien & au soulagement
desesSujets. Vousavezdéjafait
admirer dans le nouveau Monde toutes les Vertus Royales de
LOUIS LE GRAND. Mais
ceferoit peu que de les avoir exposées à la seule veneration des
Peuples qui habitent au de-là des
mers; (;7 de n'avoirsoûtenu 14
gloire de son regne que dans les
froids climatsd'une partie de i.Amerique
,
si vous ne faijte% pas
aujjt respecterson nom dans rEurope. Il ne manquoit à V. G.pour
unsiloüabledessin
3
que le Poste
important dont il asçurecompenser en dernier lieu vos services
p1[p%* present que semblable
àl'Ange dont nous
parleS.Jean,
vous avez un piedsur la terre,
&l'autresur la mer, vous vous
trouve^ en
place & dans unesituation à faire redouter sur ces
deux Elemens les forces de la
France. Il est vray que diversement occupé par vos differentes
jonctions vos regards seront necefairementpartar'ieK comme l'étoientceux de Janus. Maissans
rien perdre de vûë vous les porterezd'un costésur les détails de la
Marine,&d'un autresur les affaires de la Generalité. Vousy
estestses entré,Monseigneur,sous les entre
,,
Monseigneur, fous les
favorables auspices d'une paix
prochaine, qu'en devons-nous augurer que lebiende l'Etat, &la
félicité publique? Heureuse donc
la destinée des Provinces de Xaintonge & d'Aunis; & heureux
en particulier le fort devos treshumbles & tres-obeeansferviteurs.
AUTRE DISCOURS
Fait par le même pour l'Hôtel de Ville.
MONSEIGNEUR,
La perte que nous avonsfaite
ne pouvoit fifre reparée que par un
des premiers hommes du siecle.
Maissipoursoûtenir le titre glorieux d'Intendant deJustice, Police, Finances, & Marine, il est
necessaire d'avoir d'éminentes qualitck qui répondent à
ces
differentesfonctions. La Renomméeapris
le soin de publier par tout qu'à
l'exemple du Sage vousfaites toûjours presiderl'équité dans HJOS
Ju.
gemens«Quavec la salutaire pré1voyance de Joseph
,
vous aue;C
faitgoûter les fruits d'une bonne
Police au Peuple que Sa Majesxtiauoitfournis à
vos ordres. Qie
,Jans l'œconomie des Finances du
Prince vous ave% mérité les éloges que l'Esprit de véritédonneau
serviteur prudent & fidele ; &
qu'enfin vostre habileté dans les
mdjfaires maritimes surpasse celle
des Officiers qui fous le regne du
plus puissant Roy d'Israèlleservirentsi utilement dans la Mari- ne
qu'ils procurerent a ses Etats
uneprodigieuse abondance des choJes mêmeles plus rares, & les
plus precieuses. Fasse le Ciel que
de tant de vertus réünies dans V.
G. la France en retire à jamais
tous les grands avantages qu'elle
en doit esperer; &quesous votre
favorable &puissante protection
cette Ville na,antejouee de ses
Privileges, prenne d'heureux accroissemens, &soitdélivréepour
toûjours de l'estat déplorable où le
malheur des temps l'aréduite. Ce
font les souhaits, Monseigneur,
de vos tres-humbles &tres-obéïssansserviteur
matieres, je vous envoye un
Discours fait à Mr de Beauharnois dont je vous ay déja entretenu des grands Emplois.
Vous sçavez qu'il est presentement Intendant de la Generalité de la Rochelle & de la Marine, au Port de Rochefort.
Ce Discours fut prononcé le
16e May par Mr HervéPresi-
dent au SiegeRoyal de Rochefort.
MONSEIGNEUR,
Ce n'estpasfeulement legenie
superieur, mais c'est aussi la majestéde nostre Souverain,qui brille dans le choixqu'ilfait des Sujetspropres pour remplirlesCharges considerables, & les principaux Emplois deson Etat. En
effetrienn'estpluscapablededonner une haute idée desesperfections
,
e-rd'wfyirer desfnlimens
respectueux poursasuprême Dignité, quelorsque les premiers
Ministres de ses volontez expliquent les ordres de Sa Majesté.
Llinfinous reverrons tous ceux qui
ont l'honneur d'estrechargez
de l'execution de ses ordres, CT
nous reverrons en vous [on zele
pour la Religion,son amour pour,
la Justice, &fin attention singuliere au bien & au soulagement
desesSujets. Vousavezdéjafait
admirer dans le nouveau Monde toutes les Vertus Royales de
LOUIS LE GRAND. Mais
ceferoit peu que de les avoir exposées à la seule veneration des
Peuples qui habitent au de-là des
mers; (;7 de n'avoirsoûtenu 14
gloire de son regne que dans les
froids climatsd'une partie de i.Amerique
,
si vous ne faijte% pas
aujjt respecterson nom dans rEurope. Il ne manquoit à V. G.pour
unsiloüabledessin
3
que le Poste
important dont il asçurecompenser en dernier lieu vos services
p1[p%* present que semblable
àl'Ange dont nous
parleS.Jean,
vous avez un piedsur la terre,
&l'autresur la mer, vous vous
trouve^ en
place & dans unesituation à faire redouter sur ces
deux Elemens les forces de la
France. Il est vray que diversement occupé par vos differentes
jonctions vos regards seront necefairementpartar'ieK comme l'étoientceux de Janus. Maissans
rien perdre de vûë vous les porterezd'un costésur les détails de la
Marine,&d'un autresur les affaires de la Generalité. Vousy
estestses entré,Monseigneur,sous les entre
,,
Monseigneur, fous les
favorables auspices d'une paix
prochaine, qu'en devons-nous augurer que lebiende l'Etat, &la
félicité publique? Heureuse donc
la destinée des Provinces de Xaintonge & d'Aunis; & heureux
en particulier le fort devos treshumbles & tres-obeeansferviteurs.
AUTRE DISCOURS
Fait par le même pour l'Hôtel de Ville.
MONSEIGNEUR,
La perte que nous avonsfaite
ne pouvoit fifre reparée que par un
des premiers hommes du siecle.
Maissipoursoûtenir le titre glorieux d'Intendant deJustice, Police, Finances, & Marine, il est
necessaire d'avoir d'éminentes qualitck qui répondent à
ces
differentesfonctions. La Renomméeapris
le soin de publier par tout qu'à
l'exemple du Sage vousfaites toûjours presiderl'équité dans HJOS
Ju.
gemens«Quavec la salutaire pré1voyance de Joseph
,
vous aue;C
faitgoûter les fruits d'une bonne
Police au Peuple que Sa Majesxtiauoitfournis à
vos ordres. Qie
,Jans l'œconomie des Finances du
Prince vous ave% mérité les éloges que l'Esprit de véritédonneau
serviteur prudent & fidele ; &
qu'enfin vostre habileté dans les
mdjfaires maritimes surpasse celle
des Officiers qui fous le regne du
plus puissant Roy d'Israèlleservirentsi utilement dans la Mari- ne
qu'ils procurerent a ses Etats
uneprodigieuse abondance des choJes mêmeles plus rares, & les
plus precieuses. Fasse le Ciel que
de tant de vertus réünies dans V.
G. la France en retire à jamais
tous les grands avantages qu'elle
en doit esperer; &quesous votre
favorable &puissante protection
cette Ville na,antejouee de ses
Privileges, prenne d'heureux accroissemens, &soitdélivréepour
toûjours de l'estat déplorable où le
malheur des temps l'aréduite. Ce
font les souhaits, Monseigneur,
de vos tres-humbles &tres-obéïssansserviteur
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Résumé : Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Le texte est une lettre accompagnant deux discours prononcés par Monsieur Hervé, Président au Siège Royal de Rochefort, le 16 mai. Le premier discours est adressé à Monsieur de Beauharnois, Intendant de la Généralité de La Rochelle et de la Marine au Port de Rochefort. Monsieur Hervé loue la sagesse du souverain dans le choix de ses sujets pour des charges importantes et met en avant les qualités de Monsieur de Beauharnois, notamment son zèle pour la religion, son amour pour la justice et son attention au bien-être des sujets. Il souligne également l'importance de ses services tant sur terre que sur mer et exprime l'espoir d'une paix prochaine. Le second discours, prononcé à l'Hôtel de Ville, salue l'arrivée de Monsieur de Beauharnois comme Intendant de Justice, Police, Finances et Marine. Il souligne ses qualités éminentes et ses succès dans diverses fonctions, comparant ses actions à celles de figures bibliques comme Joseph. Le discours exprime le souhait que ses vertus apportent de grands avantages à la France et que la ville profite de ses privilèges et connaisse une prospérité accrue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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308
p. 121-141
AUTRES NOUVELLES de Juillet.
Début :
De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET, le Roy [...]
Mots clefs :
Roi, Parlement, Évêché, Toulouse, Montmorin, Martyrs, Cardinal, Abbaye, Maréchal, Conversion, Paris, Versailles, Agde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES NOUVELLES de Juillet.
AUTRES NOUVELLES
Ac Juillet.
De Parie le Juillet.
Lei. JUILLET, leRoy
a donné à Mr le Maréchal
de Villars, les Gouvernements
desVilles,Pays3 &,
Evêchez de Metz, ôc-de
Verdun, & de la Citadelle
de la première deces Villes.
Ces Gouvernementsvacquoient
par la mort deMr
dejoyeuse.
DeParùlej.juillet.
LE 3. JUILLET, Monsieur
le Cardinal de Jansonn,
Grand-Aumônier de
France, administra les ceremoniesdu
Baptême a
Monsieur le Duc de Chartres.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut le Parrain,
& Madame, la Marraine;
ils le nommèrent LOUIS.
Mademoisellede Valois
reçut aum les cérémonies
du Baptême.
Elle fut tenuë par Monseigneur
le Duc de Berry,
&: par Mademoiselle qui
la nommerent Charlotte-
Aglaé.
A l'occauon du nom
,d'Aglaé:l je diray deux mots
de la conversion de cette
Sainte,parce que cette conversionest
fort singuliere,
& peu connue Mr l'Abbé
Fleury en parle dans son
Histoire de l'Eglise.
- Je vous donne cette Di.
gression historique, seulement
comme un essay des
soins queje prendray pour
varier mes nouvelles. Je
saisiray la moindre occasion
: le nom d'une Ville
ou d'une Famille suffira
pour me faire citer quel
-
questraitscurieux ou d'histoireoud'érudition.
Enun
mot avec le temps je vous
donneray millechoses que
je ne vous promets point;
mais pour me dédommager
jemanquerayquelquefois
à vous donnerce queje
vous auray promis.
CONVERSIOND'AGLAE
AGlaé, Dame Romaine
,
fille d'Alsace
,
qui avoitesléProconsul,
& si riche quelleavoit
un grand nombre d'Intendarits,
trouva tant de
méritéa Fund'eux, quelle
l'aima passionément,
f5 réfiolut de l'époufer.
rUnefeule difficultél'arressoit.
Cet Intendtlnt qui
avoit nom BonavenrureMépriroitfortles
Chre-
Jïiens que l'onperfecutoit
alors en Oriént. Àglaé au
contraire
> ne parloit au
jeune Pajen que de laferveur
des Chrestiens pour
le Dieu qu'ils adoroient.
Elle luy ordonnad'aller
luy-même en Orient, f5
de Imy apporter des Reli
ques de ces Saints Martyrs
dontonparIcittant a
Rome) & IUJI déclara
quellene repoujeroitpoine
qu'il ne lujen eutappor-
,
té. luy en eut appor-
Bonaventurefut forcé
d'obeir.AglaéluYdonna
des équipagesr/Jagnijiques,
ê5 des parfumspour
embaumer un de ces corps
Saints quelle vouloitvoiy
ahfolur/Jellt. Bonaventure
part;Aglaé¡¡ttendJon
retour avec impatience;
elle ne doute point qu'il
ne revienne Chretlien dés
quil aura vu ce nombre'
infini de Martyrs.Bonaventure
arrive dans la
* ville de Tharfi
,
e5 voit
en effet tant de Martyrs
& tant de miracles, quetouché
de ces grands cxemples
3
il voulut les
suivre.IlfutJepresenter
au Tyran j il se déclara
Cbreftien, eS ilfutlivré
aux tourments,ou avant
que d'expirer il ordonna
à Ces gens de porter fort
corps a Aglaepouracheverde
la convertir.
Cela fut executé; le
Cc(o)rrtetgeegearrivaaRRoommee'
avec la mêmepompe qu -
jigléavoit ordonnée pour
apporter le corps d'un
Martyr. Dti, plus- loinquelle
le vit, trarjortée
dejoyeelle courut au devant
des Reliques qu'elle
attendott ; mais trouvant
à leur place celuy quelle
dévottépoufer3quellefÙrj
j' -'
prijt! elle enJut frappee
>
comme d'un coup de foudre
iînats ce fut un coup
heureux de la grâce, qui
d'Aglaé Payenne encore
jusqua ce jour, sa une
grande Sainte que noas
honorons.
De Versailles le n.-Juillet,
LE II. JUILLET, le
Roy a nommé à l'Archevesché
de Reims,Mr l'Archevesque
d'Arles.
Il est de la Maison de lit Mailly, frere de Mr l'Evesque
de Lavaur;de Me de
Mailly, Prieure perpétuelle
à la nomination duRoy,
du Monastere Royal de
S. Louis dePoissy ,&de
Me de Mailly Religieuse à
Longchamps
LEIF.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evescl é de
Seez
,
Mr l'Abbé Turgot,
Aumosnier de Sa Majessé.
IlaestéAgent duClergé
«LE II.JUILLET;leRoy,
a nomme a l'Evéché de
Vabres
,
Mr l'Abbé de la
Chapelle
,
Grand-Vicaire
deMende.
Il étoit Député à laderniere
Assemblée du Cler-
•
gé"
LEII.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Comminges
,
Mr l'Abbé
du Boucher.
Ilest de S.Pourçainen
Auvergne, & il se nomme
Gabriel Olivier de Nubieres
du Boucher.
LEII. JUI LLET,Roy
a nomméàl'Evêché d'Aire
y
Mr l'Abbé de Montmorin,,
Grand-Vicaire de
Vienne.
Il est de la Maison de
S. Heran de Montmorin.
La Terre de Montmorin
est l'une des quatre premières
& plus anciennes
Baronies d'Auvergne.
LEII.JUI LLET,leRoy
a nommé à l'Evesché d'Autun
,
Mr l'Abbé de Dromesnil
,
Aumosnier de Sa
Majesté.
Mr l'Abbé de Maulévrier
aussi Aumosuier de
Sa Majesté, qui avoit cydevant
elle nomme a cet
Evesché, s'en étoit démis
volontairement.
Mr l'Abbé de Dromefnil
est proche parent de
Mr le Maréchal de Bout
fiers.
LEII. JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Nismes, Mr l'Abbé de la
Parifiere.
Il est parentde Mr l'Archevefque
de Rouen.
Le Roya donné sur cet
Evesché, une pension à Mr
l'Abbé du Doucet, fils de
Mrepierre du Doucet, Chepalier
Seigneur de Cussac,
d'uneancienne noblesse de
Poitou.
LElLiE.J1U1JuIiLLLLEETT.J, IeeRRooyy
a nomméà l'Evesché d'Evreux,
Mr l'Abbé le Normand
,Chanoine de Saine
Honoréa & Officiai de
Paris.
Il est parent de Mr le
Normand Fermier General.
LE 11. JuiLLETJeRoy
a donné l'Abbaye de Saint
Remy de Reims, à Mrle
Cardinal Gualteri'o.
Il a esté Vice-Legat
d'Avignon ,&ensuite
Nonce du Pape en France.
LF-II.JUILLET,leRoy
a donnél'Abbaye de Saint
Etienne de Caen à Mrle
Cardinal delaTrimoille.
Cette Abbaye est dans
le Diocese de Bayeux, de
l'Ordre de S. Benoist,&
de la Congregation de
S. Maur;elleavoit été fondée
par Guillaume le Conquérant
Roy d'Angleterre.
i
DeParisle 13.Juillet.
LE 12. JUI LLET, Mre
François Berthier, ChevalierSeigneur
de S. Géniés,
cy -devant Avocat
General au Parlement de
Toulouse,innommépremier
President au Parlement de
Pau en 17°. a été fait Premier
President du Parlement
de Toulouse par la
démission volontaire de
Mre Alexandre Morant
que Ces incommoditez ont
obligé de se retirer.
On trouve le nom de
Berthier dans les Fastes de
la ville de Toulouse du18e
siecle
-$
& dans les Registres
du Parlement du icc
siecle.
Les Annales Ecclesiastiques
font mention de cinq
Prelats que cette Maison a
donnez à l'Eglise, dont il
y a eu aussi-
Un Chancelier de la
Reine Marguerite, qui
estoit en mesme temps
Conseiller d'Etat.
Un premier President:
du Parlement deToulouse,
outre celuy qui donne lieu
à cet Article.
Deux Presidents a Mortier
,
& plusieurs autres
Magistrats.
c? 4
D'Agde en Languedoc
le 14. Jurllet.
LE 13. JUILLET
,
Mr
( l'Abbé Maboul Evesque
dAlet fut sacré dans FEglise
Cathedrale de cette
Vilie, par les mains de Mr
l'Evesqued'Agde,a{ïifté
de Mrs les Evesques de
Beziers & de Castres.
De Paris le 15
,
Juillet. -
LE 15. JUI llet ,
Mr - l'Abbé Anselme a esté reçu
à l'Académie des Médailles
&Inscriptions.
De Paris le 16.Juillet,
Le.Juillet,le
Roya nomme Me la Duchesse
de S. Simon
,
fille
de feu Mr le Maréchal de
Lorge, Dame d'Honneur
de Madame la Duchesse
deBerry. : 1
MedelaVieuville,Da
med'Atour. \1.
Et Mled'Aveze premiere
Femme de Chambre.
Autre interruption
de Nouvelles. Je les interromps
icy par pure
envie de les interrompre,
c'est- d ire, pour
varier.
Ac Juillet.
De Parie le Juillet.
Lei. JUILLET, leRoy
a donné à Mr le Maréchal
de Villars, les Gouvernements
desVilles,Pays3 &,
Evêchez de Metz, ôc-de
Verdun, & de la Citadelle
de la première deces Villes.
Ces Gouvernementsvacquoient
par la mort deMr
dejoyeuse.
DeParùlej.juillet.
LE 3. JUILLET, Monsieur
le Cardinal de Jansonn,
Grand-Aumônier de
France, administra les ceremoniesdu
Baptême a
Monsieur le Duc de Chartres.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut le Parrain,
& Madame, la Marraine;
ils le nommèrent LOUIS.
Mademoisellede Valois
reçut aum les cérémonies
du Baptême.
Elle fut tenuë par Monseigneur
le Duc de Berry,
&: par Mademoiselle qui
la nommerent Charlotte-
Aglaé.
A l'occauon du nom
,d'Aglaé:l je diray deux mots
de la conversion de cette
Sainte,parce que cette conversionest
fort singuliere,
& peu connue Mr l'Abbé
Fleury en parle dans son
Histoire de l'Eglise.
- Je vous donne cette Di.
gression historique, seulement
comme un essay des
soins queje prendray pour
varier mes nouvelles. Je
saisiray la moindre occasion
: le nom d'une Ville
ou d'une Famille suffira
pour me faire citer quel
-
questraitscurieux ou d'histoireoud'érudition.
Enun
mot avec le temps je vous
donneray millechoses que
je ne vous promets point;
mais pour me dédommager
jemanquerayquelquefois
à vous donnerce queje
vous auray promis.
CONVERSIOND'AGLAE
AGlaé, Dame Romaine
,
fille d'Alsace
,
qui avoitesléProconsul,
& si riche quelleavoit
un grand nombre d'Intendarits,
trouva tant de
méritéa Fund'eux, quelle
l'aima passionément,
f5 réfiolut de l'époufer.
rUnefeule difficultél'arressoit.
Cet Intendtlnt qui
avoit nom BonavenrureMépriroitfortles
Chre-
Jïiens que l'onperfecutoit
alors en Oriént. Àglaé au
contraire
> ne parloit au
jeune Pajen que de laferveur
des Chrestiens pour
le Dieu qu'ils adoroient.
Elle luy ordonnad'aller
luy-même en Orient, f5
de Imy apporter des Reli
ques de ces Saints Martyrs
dontonparIcittant a
Rome) & IUJI déclara
quellene repoujeroitpoine
qu'il ne lujen eutappor-
,
té. luy en eut appor-
Bonaventurefut forcé
d'obeir.AglaéluYdonna
des équipagesr/Jagnijiques,
ê5 des parfumspour
embaumer un de ces corps
Saints quelle vouloitvoiy
ahfolur/Jellt. Bonaventure
part;Aglaé¡¡ttendJon
retour avec impatience;
elle ne doute point qu'il
ne revienne Chretlien dés
quil aura vu ce nombre'
infini de Martyrs.Bonaventure
arrive dans la
* ville de Tharfi
,
e5 voit
en effet tant de Martyrs
& tant de miracles, quetouché
de ces grands cxemples
3
il voulut les
suivre.IlfutJepresenter
au Tyran j il se déclara
Cbreftien, eS ilfutlivré
aux tourments,ou avant
que d'expirer il ordonna
à Ces gens de porter fort
corps a Aglaepouracheverde
la convertir.
Cela fut executé; le
Cc(o)rrtetgeegearrivaaRRoommee'
avec la mêmepompe qu -
jigléavoit ordonnée pour
apporter le corps d'un
Martyr. Dti, plus- loinquelle
le vit, trarjortée
dejoyeelle courut au devant
des Reliques qu'elle
attendott ; mais trouvant
à leur place celuy quelle
dévottépoufer3quellefÙrj
j' -'
prijt! elle enJut frappee
>
comme d'un coup de foudre
iînats ce fut un coup
heureux de la grâce, qui
d'Aglaé Payenne encore
jusqua ce jour, sa une
grande Sainte que noas
honorons.
De Versailles le n.-Juillet,
LE II. JUILLET, le
Roy a nommé à l'Archevesché
de Reims,Mr l'Archevesque
d'Arles.
Il est de la Maison de lit Mailly, frere de Mr l'Evesque
de Lavaur;de Me de
Mailly, Prieure perpétuelle
à la nomination duRoy,
du Monastere Royal de
S. Louis dePoissy ,&de
Me de Mailly Religieuse à
Longchamps
LEIF.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evescl é de
Seez
,
Mr l'Abbé Turgot,
Aumosnier de Sa Majessé.
IlaestéAgent duClergé
«LE II.JUILLET;leRoy,
a nomme a l'Evéché de
Vabres
,
Mr l'Abbé de la
Chapelle
,
Grand-Vicaire
deMende.
Il étoit Député à laderniere
Assemblée du Cler-
•
gé"
LEII.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Comminges
,
Mr l'Abbé
du Boucher.
Ilest de S.Pourçainen
Auvergne, & il se nomme
Gabriel Olivier de Nubieres
du Boucher.
LEII. JUI LLET,Roy
a nomméàl'Evêché d'Aire
y
Mr l'Abbé de Montmorin,,
Grand-Vicaire de
Vienne.
Il est de la Maison de
S. Heran de Montmorin.
La Terre de Montmorin
est l'une des quatre premières
& plus anciennes
Baronies d'Auvergne.
LEII.JUI LLET,leRoy
a nommé à l'Evesché d'Autun
,
Mr l'Abbé de Dromesnil
,
Aumosnier de Sa
Majesté.
Mr l'Abbé de Maulévrier
aussi Aumosuier de
Sa Majesté, qui avoit cydevant
elle nomme a cet
Evesché, s'en étoit démis
volontairement.
Mr l'Abbé de Dromefnil
est proche parent de
Mr le Maréchal de Bout
fiers.
LEII. JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Nismes, Mr l'Abbé de la
Parifiere.
Il est parentde Mr l'Archevefque
de Rouen.
Le Roya donné sur cet
Evesché, une pension à Mr
l'Abbé du Doucet, fils de
Mrepierre du Doucet, Chepalier
Seigneur de Cussac,
d'uneancienne noblesse de
Poitou.
LElLiE.J1U1JuIiLLLLEETT.J, IeeRRooyy
a nomméà l'Evesché d'Evreux,
Mr l'Abbé le Normand
,Chanoine de Saine
Honoréa & Officiai de
Paris.
Il est parent de Mr le
Normand Fermier General.
LE 11. JuiLLETJeRoy
a donné l'Abbaye de Saint
Remy de Reims, à Mrle
Cardinal Gualteri'o.
Il a esté Vice-Legat
d'Avignon ,&ensuite
Nonce du Pape en France.
LF-II.JUILLET,leRoy
a donnél'Abbaye de Saint
Etienne de Caen à Mrle
Cardinal delaTrimoille.
Cette Abbaye est dans
le Diocese de Bayeux, de
l'Ordre de S. Benoist,&
de la Congregation de
S. Maur;elleavoit été fondée
par Guillaume le Conquérant
Roy d'Angleterre.
i
DeParisle 13.Juillet.
LE 12. JUI LLET, Mre
François Berthier, ChevalierSeigneur
de S. Géniés,
cy -devant Avocat
General au Parlement de
Toulouse,innommépremier
President au Parlement de
Pau en 17°. a été fait Premier
President du Parlement
de Toulouse par la
démission volontaire de
Mre Alexandre Morant
que Ces incommoditez ont
obligé de se retirer.
On trouve le nom de
Berthier dans les Fastes de
la ville de Toulouse du18e
siecle
-$
& dans les Registres
du Parlement du icc
siecle.
Les Annales Ecclesiastiques
font mention de cinq
Prelats que cette Maison a
donnez à l'Eglise, dont il
y a eu aussi-
Un Chancelier de la
Reine Marguerite, qui
estoit en mesme temps
Conseiller d'Etat.
Un premier President:
du Parlement deToulouse,
outre celuy qui donne lieu
à cet Article.
Deux Presidents a Mortier
,
& plusieurs autres
Magistrats.
c? 4
D'Agde en Languedoc
le 14. Jurllet.
LE 13. JUILLET
,
Mr
( l'Abbé Maboul Evesque
dAlet fut sacré dans FEglise
Cathedrale de cette
Vilie, par les mains de Mr
l'Evesqued'Agde,a{ïifté
de Mrs les Evesques de
Beziers & de Castres.
De Paris le 15
,
Juillet. -
LE 15. JUI llet ,
Mr - l'Abbé Anselme a esté reçu
à l'Académie des Médailles
&Inscriptions.
De Paris le 16.Juillet,
Le.Juillet,le
Roya nomme Me la Duchesse
de S. Simon
,
fille
de feu Mr le Maréchal de
Lorge, Dame d'Honneur
de Madame la Duchesse
deBerry. : 1
MedelaVieuville,Da
med'Atour. \1.
Et Mled'Aveze premiere
Femme de Chambre.
Autre interruption
de Nouvelles. Je les interromps
icy par pure
envie de les interrompre,
c'est- d ire, pour
varier.
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Résumé : AUTRES NOUVELLES de Juillet.
En juillet, plusieurs événements et nominations ont eu lieu. Le roi a attribué au Maréchal de Villars les gouvernements des villes, pays et évêchés de Metz, Verdun, et la citadelle de Metz, suite au décès de Monsieur de Joyeuse. Le Cardinal de Janson a administré le baptême au Duc de Chartres, nommé Louis, avec le Duc de Bourgogne comme parrain et Madame comme marraine. Mademoiselle de Valois a été baptisée Charlotte-Aglaé par le Duc de Berry et Mademoiselle. Le texte mentionne également la conversion de Sainte Aglaé, une dame romaine qui a converti son fiancé Bonaventure au christianisme. Le roi a nommé plusieurs prélats à divers évêchés : Monsieur l'Archevêque d'Arles à Reims, l'Abbé Turgot à Seez, l'Abbé de la Chapelle à Vabres, l'Abbé du Boucher à Comminges, l'Abbé de Montmorin à Aire, l'Abbé de Dromesnil à Autun, l'Abbé de la Parisière à Nîmes, et l'Abbé le Normand à Évreux. Le Cardinal Gualterio a reçu l'Abbaye de Saint-Rémy de Reims, et le Cardinal de la Trémoille celle de Saint-Étienne de Caen. François Berthier, ancien Avocat Général au Parlement de Toulouse, a été nommé Premier Président du Parlement de Toulouse. L'Abbé Maboul a été sacré évêque d'Alet. Enfin, la Duchesse de Saint-Simon a été nommée Dame d'Honneur de Madame la Duchesse de Berry, et Mademoiselle de Vieuville et Mademoiselle d'Avezé ont été nommées premières femmes de chambre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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309
p. 186-195
Clergé. [titre d'après la table]
Début :
De Versailles le 25. Juillet. LE 20. JUIN Messieurs [...]
Mots clefs :
Dieu, Harangue, Évêque de Troyes, Clergé, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Clergé. [titre d'après la table]
DeVerfailles le 2J.
Juillet.
LE 20. JUIN Messieurs
les Deputez de l'Assemblée
generale du Clergé,qui a
commencéle 10. Mars, eurent
audiance du Roy. Ils
furent accompagnez par Mr
le Comte de Pontchartrain
Secretaire d'Etat, & conduits
par Mr Desgranges,
Maistre des Ceremonies.
Je n'ay pu mettre cet
Articleà son rang , parce
que j'attendois la Harangue
pour en faire
un Extrait.
Afin qu'il ne m'arrive
plus de pareils dérangemens,
j'ay imaginé de
mettre à la fin de chaque
Mercure, un Supplément
détaché, pour
y placer tout ce qui me
viendra trop tard, &; qui
pourroit retarder l'impression.
J'avertis en même
temps que je n'ay pu
parler des Familles de
cette derniere Nomination
de Juillet, faute de
loisir pour m'eninformer.
Cette faute de loisir
m'arrivera souvent,
à moins que le Public
ne me foulage en m'envoyant
des Mémoires.
Voicy l'Extrait de la
Harangue.
Mr l'Evêque de Troyes
fit une Harangue, dont
je rapporteray seulement
icy quelques endroits.
Il exposa d'abord le
respect & le dévouement
du Clergé, pour celuy
dont le Trône representele
Trône de Dieu
même; &: continua en
ces termes:
Nous voyons que le régné
de Dieu eflle modele
que V. M. fèpropofc
pour former le Jîen.Sageffi
à qui rienn-échape ;
application sans relâche
a tout connoifire & à
tout régler: Zele de la
jujiice j amour de la vérité
s fermeté toujours
égaleJgrandeur d'ame
qu'aucun evenement ne
peuttroublersquelspuifi
sans motifs de noftte pro.
fonde vénération! -)
-: Il s'étendit ensuite sur
le sujet de l'Assemblée
du Clergé: sur son ardeur
& sur sonzele à secourir
l'Etat dans une
guerre entreprise pour la
défense de la Justice&
de la Religion.
Vostreamour, continua-
t-il, pour l'Eglisè
9
est le principal motifqui
raffimble & qui arme
tantdePeuplessilsnefont
animcZoJ que contre le
Dejfruéfeur de l'Herifiç
qu'ilspoudroientrelever,
& contre le Dejfen/eur
de la Majejfé Royale
& l'unique ajjle des
Rois perjecutc pour la
Foy.
Mrl'Evêque de Troyes
fit sur la fin plusieurs
souhaits pour le bonheur
de la France; les voicy.
Que Dieu, qui difPosi
du coeur des Princes
aussi bien que de la Victoi- re. insPire à tous les
Princesliguez* des pensées
dejuflice&depaix..
& que l'abondanceprête
a succeder à une assette
fsiannsseexxeemmppllee,,rreennddee au
Royaumefin repos &sa
filicitl.
Ces souhaits, prononcez
au nom de l'Eglise,
dont les paroles font des
Oracles, me parurent
des prédictionsplutost
que des souhaits.
Plaije à Dieu, poursuivit-
il
,
d'ajoûter aux
années que vous aveZ
passées, un grand nombre
d'annéesheureuses
que nous ne cesserons de
luy demanderpourVotre
Aîajeflé.PuiJJieZj-vous
goûter le platfir de vous
voir revivre dans une
Po[terltémultipliéeSuivant
les bénédictions de
rEcriture.
EtpuijJent vos Sujets
•
combleZ.J chaquejour de
nouveauxtélnonagesd
vofirebonté3jo*uir dans
le calme & dans lajoye,
du plus precieux de tous
les biens, qui est, S [ R E)
de possèder long-temps le
plusgrand &le meilleur
des Rois.
Mre Denis-François
le Bouthillier de Chavigny,
Evêque de Troyes,
qui prononça cette Harangue
,
est fils de Mre
Armand- Léon le Bouthillier
j
aîné du nom j
Comte de Chavigny &c
de Pont - sur
- Seine,Se
d'Elisabeth Bossuet.
Juillet.
LE 20. JUIN Messieurs
les Deputez de l'Assemblée
generale du Clergé,qui a
commencéle 10. Mars, eurent
audiance du Roy. Ils
furent accompagnez par Mr
le Comte de Pontchartrain
Secretaire d'Etat, & conduits
par Mr Desgranges,
Maistre des Ceremonies.
Je n'ay pu mettre cet
Articleà son rang , parce
que j'attendois la Harangue
pour en faire
un Extrait.
Afin qu'il ne m'arrive
plus de pareils dérangemens,
j'ay imaginé de
mettre à la fin de chaque
Mercure, un Supplément
détaché, pour
y placer tout ce qui me
viendra trop tard, &; qui
pourroit retarder l'impression.
J'avertis en même
temps que je n'ay pu
parler des Familles de
cette derniere Nomination
de Juillet, faute de
loisir pour m'eninformer.
Cette faute de loisir
m'arrivera souvent,
à moins que le Public
ne me foulage en m'envoyant
des Mémoires.
Voicy l'Extrait de la
Harangue.
Mr l'Evêque de Troyes
fit une Harangue, dont
je rapporteray seulement
icy quelques endroits.
Il exposa d'abord le
respect & le dévouement
du Clergé, pour celuy
dont le Trône representele
Trône de Dieu
même; &: continua en
ces termes:
Nous voyons que le régné
de Dieu eflle modele
que V. M. fèpropofc
pour former le Jîen.Sageffi
à qui rienn-échape ;
application sans relâche
a tout connoifire & à
tout régler: Zele de la
jujiice j amour de la vérité
s fermeté toujours
égaleJgrandeur d'ame
qu'aucun evenement ne
peuttroublersquelspuifi
sans motifs de noftte pro.
fonde vénération! -)
-: Il s'étendit ensuite sur
le sujet de l'Assemblée
du Clergé: sur son ardeur
& sur sonzele à secourir
l'Etat dans une
guerre entreprise pour la
défense de la Justice&
de la Religion.
Vostreamour, continua-
t-il, pour l'Eglisè
9
est le principal motifqui
raffimble & qui arme
tantdePeuplessilsnefont
animcZoJ que contre le
Dejfruéfeur de l'Herifiç
qu'ilspoudroientrelever,
& contre le Dejfen/eur
de la Majejfé Royale
& l'unique ajjle des
Rois perjecutc pour la
Foy.
Mrl'Evêque de Troyes
fit sur la fin plusieurs
souhaits pour le bonheur
de la France; les voicy.
Que Dieu, qui difPosi
du coeur des Princes
aussi bien que de la Victoi- re. insPire à tous les
Princesliguez* des pensées
dejuflice&depaix..
& que l'abondanceprête
a succeder à une assette
fsiannsseexxeemmppllee,,rreennddee au
Royaumefin repos &sa
filicitl.
Ces souhaits, prononcez
au nom de l'Eglise,
dont les paroles font des
Oracles, me parurent
des prédictionsplutost
que des souhaits.
Plaije à Dieu, poursuivit-
il
,
d'ajoûter aux
années que vous aveZ
passées, un grand nombre
d'annéesheureuses
que nous ne cesserons de
luy demanderpourVotre
Aîajeflé.PuiJJieZj-vous
goûter le platfir de vous
voir revivre dans une
Po[terltémultipliéeSuivant
les bénédictions de
rEcriture.
EtpuijJent vos Sujets
•
combleZ.J chaquejour de
nouveauxtélnonagesd
vofirebonté3jo*uir dans
le calme & dans lajoye,
du plus precieux de tous
les biens, qui est, S [ R E)
de possèder long-temps le
plusgrand &le meilleur
des Rois.
Mre Denis-François
le Bouthillier de Chavigny,
Evêque de Troyes,
qui prononça cette Harangue
,
est fils de Mre
Armand- Léon le Bouthillier
j
aîné du nom j
Comte de Chavigny &c
de Pont - sur
- Seine,Se
d'Elisabeth Bossuet.
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Résumé : Clergé. [titre d'après la table]
Le 20 juin, les députés de l'Assemblée générale du Clergé, débutée le 10 mars, furent reçus par le roi en présence du Comte de Pontchartrain et de Desgranges. L'auteur du texte n'a pas pu inclure cet événement initialement, faute de la harangue complète. Pour éviter de tels problèmes à l'avenir, il prévoit de publier un supplément à la fin de chaque Mercure pour les informations tardives. Il mentionne également son manque d'informations sur les familles de la dernière nomination de juillet et invite le public à lui envoyer des mémoires. L'extrait de la harangue de l'Évêque de Troyes, Denis-François Le Bouthillier de Chavigny, exprime le respect et le dévouement du Clergé envers le roi. L'Évêque compare le règne de Dieu à celui du roi, soulignant ses qualités de sagesse, de justice, de vérité, de fermeté et de grandeur d'âme. Il parle de l'Assemblée du Clergé, de son ardeur à secourir l'État dans une guerre pour la défense de la justice et de la religion. L'Église est présentée comme le principal motif rassemblant et armant les peuples contre les ennemis de la Majesté Royale. L'Évêque exprime des souhaits pour le bonheur de la France, espérant la justice et la paix, et prie pour de nombreuses années heureuses pour le roi et ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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310
p. 235-236
« De Paris le 10. Aoust. LE 10. AOUST, Mre Jean [...] »
Début :
De Paris le 10. Aoust. LE 10. AOUST, Mre Jean [...]
Mots clefs :
Bignon, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De Paris le 10. Aoust. LE 10. AOUST, Mre Jean [...] »
De Parule10, Aoufl.
LE10 A OUST, Mre
Jean Paul Bignon, Abbé
deS. Quentin, Conseiller -
d'Estat ordinaire, a fr
possession du Doyenne de
S. Germain l'Auxerrois
5
vacant par lamort de Mr
l'Abbé Chapellier.
Le Mardy ti. Juillet,
le Chapitre s'estantassemblépourélireun
nouveau
Doyen,Mr l'Abbé Bignon
a ete él1ûA .
-
Ila eu toutes les voix,
à son élection comme il a
eu à sa reception celles de
tout Paris qui est venu en
foule applaudir au choix
du Chapitre.
LE10 A OUST, Mre
Jean Paul Bignon, Abbé
deS. Quentin, Conseiller -
d'Estat ordinaire, a fr
possession du Doyenne de
S. Germain l'Auxerrois
5
vacant par lamort de Mr
l'Abbé Chapellier.
Le Mardy ti. Juillet,
le Chapitre s'estantassemblépourélireun
nouveau
Doyen,Mr l'Abbé Bignon
a ete él1ûA .
-
Ila eu toutes les voix,
à son élection comme il a
eu à sa reception celles de
tout Paris qui est venu en
foule applaudir au choix
du Chapitre.
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311
p. 211-218
Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Début :
Le 14. Septembre, Me de Belzunce, Abbesse de l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Abbesse, Ronceray, Belzunce, Abbaye, Abbaye royale d'Angers, Religieuses, Lauzun, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Le 14. septembre ,
Me de Belzunce
,
Abbesse
de l'Abbaye Royale d'A ngers,
dite du Ronceray
,
fut
bénite dans sonEgliseCollegiale
de la Trinité, par
Mr l'Evesque de Marseille,
son frere
, & assistée par
deux autres Abbesses, toutes
deux ses Tantes. La Trinité
est immédiatement
dépendante de l'Abbesse•
Dés que le Prélat eut
ptis ses ornements Pontificaux
, il alla chercher la
nouvelleAbbesse dans le
Choeur, d'où il vint en
procession.LesChanoines
en Chapes,les Chapelains
& autres Ecclesiastiques
au nombre de trente, en
Dalmatiques, précedoienc
l'Abbesse qui étoit suivie
de toute sa Communauté,
marchant deux à deux.
Elle avoit à son costé droit,
Me de Lauzun Abbesse de
Saintes, & à son costé gau- che, Me de Lauzun, ancienne
Abbesse de la mesme
Abbaye du Ronceray,
dont elle s'est démise en
faveur de sa Nièce. Dans
cet ordre la Procession sortit
du Choeur
,
traversa
l'Eglise Abbatiale; & se
rendit dans celle de la Trinité
qui la joint, au son
des Cloches des deux Eglises.
Après la Messe,la procession
se rendit dans le
Choeur du Ronceray, où
le Prélat ayant intronisé
l'Abbesse, il entonna le
Te Deum qui fut chanté en
Musique par les Religieuses.
Cette nouvelle Abbesse
est de la Maison deBelzunce
dont on a parlé lorsque
son frere fut nommé Evesque
deMarseille.
L'Abbaye Royale du
Ronceray d'Angers, est si
ancienne que l'on ignore
sa premiere fondation. On
sçait feulement qu'avant
que le Roy de Sicile Duc
d'Anjou l'eutrétablie dans
son premier lustre, & luy
eust fait prendre la Regle
de Saint Benoist
,
c'estoit
une AbbayedeChanoines.
ses, donr les Religieuses
ont gardé quelque chose de
l'habit, & quelques usages
particuliers pour les ceremonies
,
sur tout à leur
Prsession, aprèslaquelle
on fait la Bénédiction des
Vierges comme elle cil:
marquéedanslePontifical
Romain. On croit que les
feules Religieuses du Ronceray
,
& les Chartreuses
ont confervé cet usage.
Les Dames Religieuses
du Ronceray ne sont reçues
qu'après avoir fait les
mesmes preuves que l'on
exige à Malthe pour les
Chevaliers. Il y a huit
Prieurez que l'Abbesse
donne à des Religieuses
qui en sont Titulaires, &
les peuvent resigner.
Cette Abbaye a de grands
droics.L'Abbesse est Dame
d'une grande partie de la
Ville d'Angers, ce quiest
cause qu'elle s'appelloit
Dame d'Angers,jusqu'à ce
qu'uneStatuemiraculeuse
de la Sainte Vierge, trouvée
dans des Ronces, eust
fait donner le nom du
Ronceray à l'Abbaye où
l'on conferve avec beaucoup
de vénération cette
Image dans une Chapelle
très,ancienne qui est fous
terre, d'où il fort une Ronce,
ce,quiestverte en tout
temps.
Il y a eu des Abbesses
du Ronceray des Maisons
de Vantadour
,
deChampagne
, de Rohany&de la
Tremoille. Les dernieres
font Mesdames Simonne
& Ivonne de Maillé Brezé;
Antoinette du Puy,Charlotte
de Grammont qui vie
encore, &qui s'est démise.
Elleest Tante de Me de
Belzunce du codé de pere
& de mere ,
Françoise de
Caumont de Lauzun qui
demeure avec sa Nièce, en
faveur de qui elle s'est demire;
& enfin Anne-Marie-
Loüise de Belzunce qui
vient d'estre benite. Elle a
esté Grande-Prieure de
l'Abbaye de Saintes,Coadjutrice
du Ronceray le 10.
Février 1708. & Abbesse le
19.Mars de l'année suivante.
Elleestsoeur deMr
leMarquis deCastelron,
BrigadierdesArmées
du Roy, Capitaine des
Gendarmes de Monseigneur
le Duc de Bourgogne
, Se commandant actuellement
la Gendarmerie.
Me de Belzunce
,
Abbesse
de l'Abbaye Royale d'A ngers,
dite du Ronceray
,
fut
bénite dans sonEgliseCollegiale
de la Trinité, par
Mr l'Evesque de Marseille,
son frere
, & assistée par
deux autres Abbesses, toutes
deux ses Tantes. La Trinité
est immédiatement
dépendante de l'Abbesse•
Dés que le Prélat eut
ptis ses ornements Pontificaux
, il alla chercher la
nouvelleAbbesse dans le
Choeur, d'où il vint en
procession.LesChanoines
en Chapes,les Chapelains
& autres Ecclesiastiques
au nombre de trente, en
Dalmatiques, précedoienc
l'Abbesse qui étoit suivie
de toute sa Communauté,
marchant deux à deux.
Elle avoit à son costé droit,
Me de Lauzun Abbesse de
Saintes, & à son costé gau- che, Me de Lauzun, ancienne
Abbesse de la mesme
Abbaye du Ronceray,
dont elle s'est démise en
faveur de sa Nièce. Dans
cet ordre la Procession sortit
du Choeur
,
traversa
l'Eglise Abbatiale; & se
rendit dans celle de la Trinité
qui la joint, au son
des Cloches des deux Eglises.
Après la Messe,la procession
se rendit dans le
Choeur du Ronceray, où
le Prélat ayant intronisé
l'Abbesse, il entonna le
Te Deum qui fut chanté en
Musique par les Religieuses.
Cette nouvelle Abbesse
est de la Maison deBelzunce
dont on a parlé lorsque
son frere fut nommé Evesque
deMarseille.
L'Abbaye Royale du
Ronceray d'Angers, est si
ancienne que l'on ignore
sa premiere fondation. On
sçait feulement qu'avant
que le Roy de Sicile Duc
d'Anjou l'eutrétablie dans
son premier lustre, & luy
eust fait prendre la Regle
de Saint Benoist
,
c'estoit
une AbbayedeChanoines.
ses, donr les Religieuses
ont gardé quelque chose de
l'habit, & quelques usages
particuliers pour les ceremonies
,
sur tout à leur
Prsession, aprèslaquelle
on fait la Bénédiction des
Vierges comme elle cil:
marquéedanslePontifical
Romain. On croit que les
feules Religieuses du Ronceray
,
& les Chartreuses
ont confervé cet usage.
Les Dames Religieuses
du Ronceray ne sont reçues
qu'après avoir fait les
mesmes preuves que l'on
exige à Malthe pour les
Chevaliers. Il y a huit
Prieurez que l'Abbesse
donne à des Religieuses
qui en sont Titulaires, &
les peuvent resigner.
Cette Abbaye a de grands
droics.L'Abbesse est Dame
d'une grande partie de la
Ville d'Angers, ce quiest
cause qu'elle s'appelloit
Dame d'Angers,jusqu'à ce
qu'uneStatuemiraculeuse
de la Sainte Vierge, trouvée
dans des Ronces, eust
fait donner le nom du
Ronceray à l'Abbaye où
l'on conferve avec beaucoup
de vénération cette
Image dans une Chapelle
très,ancienne qui est fous
terre, d'où il fort une Ronce,
ce,quiestverte en tout
temps.
Il y a eu des Abbesses
du Ronceray des Maisons
de Vantadour
,
deChampagne
, de Rohany&de la
Tremoille. Les dernieres
font Mesdames Simonne
& Ivonne de Maillé Brezé;
Antoinette du Puy,Charlotte
de Grammont qui vie
encore, &qui s'est démise.
Elleest Tante de Me de
Belzunce du codé de pere
& de mere ,
Françoise de
Caumont de Lauzun qui
demeure avec sa Nièce, en
faveur de qui elle s'est demire;
& enfin Anne-Marie-
Loüise de Belzunce qui
vient d'estre benite. Elle a
esté Grande-Prieure de
l'Abbaye de Saintes,Coadjutrice
du Ronceray le 10.
Février 1708. & Abbesse le
19.Mars de l'année suivante.
Elleestsoeur deMr
leMarquis deCastelron,
BrigadierdesArmées
du Roy, Capitaine des
Gendarmes de Monseigneur
le Duc de Bourgogne
, Se commandant actuellement
la Gendarmerie.
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Résumé : Me de Belzunce, benite Abbesse du Ronceray. [titre d'après la table]
Le 14 septembre, Me de Belzunce fut bénite Abbesse de l'Abbaye Royale d'Angers, dite du Ronceray, par l'Évêque de Marseille, son frère, assisté de deux autres Abbesses, ses tantes. La cérémonie se déroula dans l'Église Collégiale de la Trinité, avec une procession incluant des Chanoines, des Chapelains et d'autres Ecclésiastiques. Me de Belzunce était accompagnée de Me de Lauzun, Abbesse de Saintes, et de l'ancienne Abbesse du Ronceray, qui s'était démise en sa faveur. Après la messe, l'Évêque intronisa Me de Belzunce et entonna le Te Deum. L'Abbaye Royale du Ronceray, d'origine inconnue, était initialement une Abbaye de Chanoinesses. Elle fut rétablie par le Roi de Sicile Duc d'Anjou. Les Religieuses du Ronceray conservent des usages particuliers et l'Abbesse est Dame d'une grande partie de la Ville d'Angers. L'Abbaye doit son nom à une statue miraculeuse de la Sainte Vierge trouvée dans des ronces. Me de Belzunce, sœur du Marquis de Castelron, fut Grande-Prieure de l'Abbaye de Saintes et Coadjutrice du Ronceray avant sa bénédiction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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312
p. 131-144
LIVRES NOUVEAUX.
Début :
Il paroist un Livre intitulé Histoire du Dauphiné, où se [...]
Mots clefs :
Jésus, Concile, Peuple de Dieu, Grands hommes, Ecclésiastique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIVRES NOUVEAUX.
LIVRES NOUVEAUX.
Il paroist un Livre intitulé
Histoire du Dauphiné, ouse
trouve l'Histoiredes
Dauphins,&plusieurs faits
Historiques; diverses particularitez
sur les usages
duDruphiné & sur les
familles,tirez des Originaux
, avec les Généalogies
des plusillustres Maisons de
ce Pays-là, & une Carte
Géographique;orné de figures.
Par Mr de Valbonnay
,
premier Presidenc dela
Chambre des Comptes'
de Grenoble.
1. Ce Livre estin folio,&se
vend à Paris, chez Imbertde
Bats, ruë S. Jacques, à limage
S. Benoilt ; le prix est de
15 livres relié en veau.
Il paroistaussi depuis peu
un Livre intitulé, Paragrrase
sur leLivre de l'Ecclesiastique,
par MonsieurMénard Prieur
d'Aubort.
Pour donner quelque idée
de ce Livre
,
je vais ra pporter
icy quelques endroits de
la Préfacé.
L'Ecclesiastique a esté déclaré
Livre canonique del'EcritureSainte.
Le troisiéme
Concile de Carthage, dans
le Canon 41. le decret d'Eugene
IV. dans l'instruction
donnée aux Arméniens à
Florence aussi toit aprés; le
le Concile où se fit J'union
des Grecs
, reçu de toute
l'Eglise unanimement; le
Concile de Trente dans la
quatrième Session
, en onc
fait par leur décision un Article
de Foy, &c. 1
On ne doute point maintenant
que Jesus
,
fils de
Sirach, n'en foit l'Auteur,&
que ce ne foit celuy qui
estoie petit fils ouarrière
petit fils de Jesus ou de Josue
souverainPontifedesJuifs,j quirevint delacaptivitédeI
Babylone avec Zorobabel. 1
Quelques uns ont voulu
¡]ire que ce Jesus estoit un
des septante- deux Interpretés
que Ptolomée philadelphe
Roy d'Egypte fit venir
de Jerusalem à Alexandrie
pour traduire en Grec la
Bible Hebraïque) & en faire
un des plus beaux ornemens
de cette fameuse Bibliote-
,que, qui félon Aulugelle
estoie composée de sept
cents mille Volumes ; du
moins il est feur qu'il vivoic
en ce temps là.) & que son
nom se trouve parmi ceux
de cesillustres Traducteurs,
Quoi qu'il en loïc il composa
ce Livre en Hébreu,
-
qui estoitsa langue naturelle.
S. Jerôme assure,dans
laPréface du Livre des Proverbes
de Salomon, qu'il en
a veu un exemplaire; mais
cet exemplairene se trouve
plus, & nous l'avons seulement
en grec& en latin,&c.
Quoi que le stile de ce Livre
loit dur, les sujetsqui
y font traitez
,
font d'une
utilité merveilleuse ; cest
une Morale complette; on
y apprend tous les principes
de la veritablesagesse,
tous les devoirs de la Religion
j & tous ceux de la
vie civile; tout ce qu'on
doit à Dieu; tout çe qu'on
doit à son prochain; tout
ce qu'on se doit à foy même.
La pratique de toutes les
vertus depuis les plus grandes
jusqu'aux plus petites,
depuis celles qui nous portent
à Dieu & qui contribuent
à nofirc salut, jusqu'à
celles qui ne font que
purement politiques ou
ceconomiqucs.
- On y voit par tout des
i Sentences qui renferment.
en peu de mots tour ce qu'il
y a de plus essentiel dans la
Doctrine des moeurs ; des
exhortations qui pressent le
LeaeurJ qui le touchent &
qui le persuadent;des exemples
qui l'animent, ou qui
le confondent
,
& de ces
vrais éloges qui font les récompcnfcs
de la vertu ,
&
qui le persuadent. &c.
Comme cet Auteur ne
se contente pas de donner
les preceptes de sagesse à
1 ceux qu'it instruit
,
& qu'il
veut encore leur fournir des
exemples pour leur faire fuivre
par une sainte émulation
les règles qu'il leur prefcrir;
il en tired'excellens de l'Ecriture
sainteil leur propose
les plus grands hommes du
Peuple de Dieu pour modèles
,
& en lesleur proposant
il en sait le Panegyrique avec
tant d'éloqence, que jamais
ces Patriarches & ces
Prophetes si renommez dans
l'ancienne Loy, ne furent
louez plus magnifiquement-,
ni plus véritablementqu'ils
le sont icy. Ce sont des
Porrraits en grand, mais ce
sonc des Portraits fidcles ;
leurs vertus y sont mises
dans tout leur jour;
leur Religion y en:rcprcsensée
avec tour l'éclat de
leur zele; leur courage avec
tout la fermetéde leur coeur;
leur magnificence avec tout
ce quelle avoit de plus pompeux
& de plus riche; & leur
qualitcz héroïques avec toutes
les circonstances qui peuvent
relever la beauté de
leurs grandes avions. Il y
ramene ces fameux conducteurs
du Peuple de Dieu,
ces illustres deffenseurs d'ïsraël
, ces grands Sacrificateurs
du Seigneur. Ilyfait
- voitles grâces que ces grands
Hommes&ceserandsSaints
ontrcceus du Ciel. &c.
Voicy quelques unes des
Maximes dont cc Livre est
rempli.
Le caractère de la vraie
charité c'est d'cfûe vive &,,
prevenante; mais quoi
qu'elle doiveestre prompte
ellene doit pas êtreaveuglée;
il ne faut pas qu'elle se condusse
seulement par les lumières
de la foy ; mais encore
par celles de la rai son; il
faut qu'elle pese, qu'elle
consulte
,
qu'elle examine
ordinairement ce qu'ellefait,
de peur de favoriser le crime
au préjudice de l'innocence.
Le faux ami est plus vif
que *le verita ble
, car l'intcrest
qu'il a de tromper l'anime
plus que la simpleai-nitié
n'anime ordinairemenr.
Humiliez-vous, mais ne
ne vousavilissez pas; l'humilité
prudente & moderée
, nous éleve en nous
abaissantjmais celui qui s'abaisseplus
bas qu'il ne doit,
s'attire du mépris & le mérité.
Ne cachez point par
cet excèsd'humilité les talens
que vous avez receus ;
quand on peut estre urileaux
autres, il ne faut pas par
paresse se persuader qu'on
n'estbonàrien.
Si quelque grand Seigneurvousconvie
à sa table
, ne soyez nitrop libre.,
ni trop retenu; trop de liberté
marque peu de refpeét,
mais trop de retenue
marque peude confiance. Un
juste milieu vous fera aimer
des Grands; c'est à dire de
ceux qui ont l'ame grande
& le don du discernement.
Le mensonge est le premier
de tous les desordres
& le plus grand de tous les
maux,puisqu'il est opposé
directement a la venté) qui
eu le souverain bien.
Celui quiments'anéantir
,,.- carrien ne subsiste que par la
verité; & qui détruir la vérité
, se détruit soi-même
puisque l'homme n'existe y en
Dieu qu'autant qu'il est
vray ;c'està-dire qu'autant
qu'il aime laverité.
>
Ce Livre est in OCIAVO, 3C
se vend a Paris, chez Daniel
Jollet, au bout du Pont S.
Michel, du costé du Marché
neuf
, au Livre Royal
le prix estde 3. liv. 10. foisy
I.c:liécn veau.
Il paroist un Livre intitulé
Histoire du Dauphiné, ouse
trouve l'Histoiredes
Dauphins,&plusieurs faits
Historiques; diverses particularitez
sur les usages
duDruphiné & sur les
familles,tirez des Originaux
, avec les Généalogies
des plusillustres Maisons de
ce Pays-là, & une Carte
Géographique;orné de figures.
Par Mr de Valbonnay
,
premier Presidenc dela
Chambre des Comptes'
de Grenoble.
1. Ce Livre estin folio,&se
vend à Paris, chez Imbertde
Bats, ruë S. Jacques, à limage
S. Benoilt ; le prix est de
15 livres relié en veau.
Il paroistaussi depuis peu
un Livre intitulé, Paragrrase
sur leLivre de l'Ecclesiastique,
par MonsieurMénard Prieur
d'Aubort.
Pour donner quelque idée
de ce Livre
,
je vais ra pporter
icy quelques endroits de
la Préfacé.
L'Ecclesiastique a esté déclaré
Livre canonique del'EcritureSainte.
Le troisiéme
Concile de Carthage, dans
le Canon 41. le decret d'Eugene
IV. dans l'instruction
donnée aux Arméniens à
Florence aussi toit aprés; le
le Concile où se fit J'union
des Grecs
, reçu de toute
l'Eglise unanimement; le
Concile de Trente dans la
quatrième Session
, en onc
fait par leur décision un Article
de Foy, &c. 1
On ne doute point maintenant
que Jesus
,
fils de
Sirach, n'en foit l'Auteur,&
que ce ne foit celuy qui
estoie petit fils ouarrière
petit fils de Jesus ou de Josue
souverainPontifedesJuifs,j quirevint delacaptivitédeI
Babylone avec Zorobabel. 1
Quelques uns ont voulu
¡]ire que ce Jesus estoit un
des septante- deux Interpretés
que Ptolomée philadelphe
Roy d'Egypte fit venir
de Jerusalem à Alexandrie
pour traduire en Grec la
Bible Hebraïque) & en faire
un des plus beaux ornemens
de cette fameuse Bibliote-
,que, qui félon Aulugelle
estoie composée de sept
cents mille Volumes ; du
moins il est feur qu'il vivoic
en ce temps là.) & que son
nom se trouve parmi ceux
de cesillustres Traducteurs,
Quoi qu'il en loïc il composa
ce Livre en Hébreu,
-
qui estoitsa langue naturelle.
S. Jerôme assure,dans
laPréface du Livre des Proverbes
de Salomon, qu'il en
a veu un exemplaire; mais
cet exemplairene se trouve
plus, & nous l'avons seulement
en grec& en latin,&c.
Quoi que le stile de ce Livre
loit dur, les sujetsqui
y font traitez
,
font d'une
utilité merveilleuse ; cest
une Morale complette; on
y apprend tous les principes
de la veritablesagesse,
tous les devoirs de la Religion
j & tous ceux de la
vie civile; tout ce qu'on
doit à Dieu; tout çe qu'on
doit à son prochain; tout
ce qu'on se doit à foy même.
La pratique de toutes les
vertus depuis les plus grandes
jusqu'aux plus petites,
depuis celles qui nous portent
à Dieu & qui contribuent
à nofirc salut, jusqu'à
celles qui ne font que
purement politiques ou
ceconomiqucs.
- On y voit par tout des
i Sentences qui renferment.
en peu de mots tour ce qu'il
y a de plus essentiel dans la
Doctrine des moeurs ; des
exhortations qui pressent le
LeaeurJ qui le touchent &
qui le persuadent;des exemples
qui l'animent, ou qui
le confondent
,
& de ces
vrais éloges qui font les récompcnfcs
de la vertu ,
&
qui le persuadent. &c.
Comme cet Auteur ne
se contente pas de donner
les preceptes de sagesse à
1 ceux qu'it instruit
,
& qu'il
veut encore leur fournir des
exemples pour leur faire fuivre
par une sainte émulation
les règles qu'il leur prefcrir;
il en tired'excellens de l'Ecriture
sainteil leur propose
les plus grands hommes du
Peuple de Dieu pour modèles
,
& en lesleur proposant
il en sait le Panegyrique avec
tant d'éloqence, que jamais
ces Patriarches & ces
Prophetes si renommez dans
l'ancienne Loy, ne furent
louez plus magnifiquement-,
ni plus véritablementqu'ils
le sont icy. Ce sont des
Porrraits en grand, mais ce
sonc des Portraits fidcles ;
leurs vertus y sont mises
dans tout leur jour;
leur Religion y en:rcprcsensée
avec tour l'éclat de
leur zele; leur courage avec
tout la fermetéde leur coeur;
leur magnificence avec tout
ce quelle avoit de plus pompeux
& de plus riche; & leur
qualitcz héroïques avec toutes
les circonstances qui peuvent
relever la beauté de
leurs grandes avions. Il y
ramene ces fameux conducteurs
du Peuple de Dieu,
ces illustres deffenseurs d'ïsraël
, ces grands Sacrificateurs
du Seigneur. Ilyfait
- voitles grâces que ces grands
Hommes&ceserandsSaints
ontrcceus du Ciel. &c.
Voicy quelques unes des
Maximes dont cc Livre est
rempli.
Le caractère de la vraie
charité c'est d'cfûe vive &,,
prevenante; mais quoi
qu'elle doiveestre prompte
ellene doit pas êtreaveuglée;
il ne faut pas qu'elle se condusse
seulement par les lumières
de la foy ; mais encore
par celles de la rai son; il
faut qu'elle pese, qu'elle
consulte
,
qu'elle examine
ordinairement ce qu'ellefait,
de peur de favoriser le crime
au préjudice de l'innocence.
Le faux ami est plus vif
que *le verita ble
, car l'intcrest
qu'il a de tromper l'anime
plus que la simpleai-nitié
n'anime ordinairemenr.
Humiliez-vous, mais ne
ne vousavilissez pas; l'humilité
prudente & moderée
, nous éleve en nous
abaissantjmais celui qui s'abaisseplus
bas qu'il ne doit,
s'attire du mépris & le mérité.
Ne cachez point par
cet excèsd'humilité les talens
que vous avez receus ;
quand on peut estre urileaux
autres, il ne faut pas par
paresse se persuader qu'on
n'estbonàrien.
Si quelque grand Seigneurvousconvie
à sa table
, ne soyez nitrop libre.,
ni trop retenu; trop de liberté
marque peu de refpeét,
mais trop de retenue
marque peude confiance. Un
juste milieu vous fera aimer
des Grands; c'est à dire de
ceux qui ont l'ame grande
& le don du discernement.
Le mensonge est le premier
de tous les desordres
& le plus grand de tous les
maux,puisqu'il est opposé
directement a la venté) qui
eu le souverain bien.
Celui quiments'anéantir
,,.- carrien ne subsiste que par la
verité; & qui détruir la vérité
, se détruit soi-même
puisque l'homme n'existe y en
Dieu qu'autant qu'il est
vray ;c'està-dire qu'autant
qu'il aime laverité.
>
Ce Livre est in OCIAVO, 3C
se vend a Paris, chez Daniel
Jollet, au bout du Pont S.
Michel, du costé du Marché
neuf
, au Livre Royal
le prix estde 3. liv. 10. foisy
I.c:liécn veau.
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Résumé : LIVRES NOUVEAUX.
Le texte présente deux ouvrages récents. Le premier, 'Histoire du Dauphiné', est rédigé par Monsieur de Valbonnay, premier président de la Chambre des Comptes de Grenoble. Cet ouvrage couvre l'histoire des dauphins, divers faits historiques, les particularités des usages du Dauphiné, ainsi que les généalogies des familles illustres de cette région. Il inclut également une carte géographique. Le livre est en format folio et se vend à Paris chez Imbert de Bats, rue Saint-Jacques, à l'image Saint-Benoît, au prix de 15 livres relié en veau. Le second ouvrage est une 'Paraphrase sur le Livre de l'Ecclésiastique' par Monsieur Ménard, prieur d'Aubort. Ce livre, en format octavo, se vend à Paris chez Daniel Jollet, au bout du Pont Saint-Michel, au prix de 3 livres 10 sols relié en veau. L'Ecclésiastique est reconnu comme un livre canonique de l'Écriture Sainte, attribué à Jésus, fils de Sirach, petit-fils ou arrière-petit-fils de Jésus ou Josué, souverain pontife des Juifs. Le texte mentionne la traduction de la Bible hébraïque en grec par Ptolémée Philadelphe et indique que l'ouvrage est écrit en hébreu, bien que des exemplaires en grec et en latin existent. Le style du livre est dur, mais son contenu est d'une utilité morale complète. Il couvre les principes de la vraie sagesse, les devoirs religieux et civils, et la pratique des vertus. L'ouvrage contient des sentences, des exhortations, des exemples et des éloges qui encouragent la vertu. L'auteur utilise des exemples tirés de l'Écriture Sainte pour illustrer ses préceptes, louant les patriarches et prophètes avec éloquence. Le livre est rempli de maximes sur la charité, l'amitié, l'humilité, le comportement en société et la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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313
p. 203-204
ACADÉMIE Royale des Médailles & Inscriptions.
Début :
Le Vendredy 14. Messieurs de l'Académie Royale des Médailles [...]
Mots clefs :
Abbé de Boissy, Académie royale des médailles et inscriptions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE Royale des Médailles & Inscriptions.
ACADEMIE
*RoyaledesMédailles1
1G*3Inscriptïons. 1 j LeVendredy
14.
Meilleurs de l'Académie
Royale des Médaijles
& Inscriptions
tinrent leurAssemblée
publique à l'ordinaire
dans la Semaine de la
S. Martin.
Mrl'AbbédeBoissy
ouvrit l'Assemblée pas,
la lectureciun Discours
sur les Expiations.
Mr l'Abbé Couture
en lut ensuite un sur
le Souper des Romains.
EtMrl'AbbéSimod
en lut un sur les Présa-
* ges.
*RoyaledesMédailles1
1G*3Inscriptïons. 1 j LeVendredy
14.
Meilleurs de l'Académie
Royale des Médaijles
& Inscriptions
tinrent leurAssemblée
publique à l'ordinaire
dans la Semaine de la
S. Martin.
Mrl'AbbédeBoissy
ouvrit l'Assemblée pas,
la lectureciun Discours
sur les Expiations.
Mr l'Abbé Couture
en lut ensuite un sur
le Souper des Romains.
EtMrl'AbbéSimod
en lut un sur les Présa-
* ges.
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314
p. 204-252
Extrait du Discours de Mr l'Abbé de Boissy.
Début :
Mr l'Abbé de Boissy marque dans le commencement de [...]
Mots clefs :
Abbé de Boissy, Expiation, Dieux, Romains, Crimes, Superstition, Médée, Déesse, Sacrifices, Malheurs, Mort, Plutarque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Discours de Mr l'Abbé de Boissy.
Extrait du Discours de
MrfabbdeBoe
Mrl'AbbédeBoissy
marque dans le commencement
de ionL)acours,
l'importance Sç
l'ancienneté des expiationSjfic
prouve que les
plusanciens Autheurs
delaTheologie Payenne
, ont reconnu cette
Providence divinc,qui
recompense le bien ôC
punit le mal
, & que
dans tous les temps on
avait cru les expiations
ducrime, une Loy indispensable
de cette
Providence. Il montré
l'abus que les Payens
faisoient de cette Loy,
en immolant des Victimes
humaines
,
Sacrifices
cruels, dit-il
dans lesquels on offinçoit
la nature , en voulant révérer
les Dieux, &c.
Ensuite aprèsavoir
expose cette vérité consiante,
qu'avant la Loy
deMoïse, levrayDieu
avoit establi les Sacrisices.
Ilfait voir l'abus
que la superstition en
a fait par degrez.
Voicy ce qu'il rapporte
d'Hellode sur la
punition des crimes &
la necessité des Expiations.
Hefîodedit-il, dans sa.
Theogonie raconte que la
Nuit enfanta les cruelles
Parques Clotho
,
Lachesis,
& Atropos
,
fatales dispensatrices
du bien & du mal,
dont la severité s'attachant
à poursuivre le crime, le
punit également dans le*
hommes&dans les Dieux,
& dont la colere ne s'aplpeassse
qu'après avoir f appé
criminels.Il ajousteque
la Nuit eut encore pour
fille
,
Nemesis
,
Déesse si
redoutable aux malheureux
mortels que les Grecs
ont aussi connuë fous les
noms de Rhamnusienne
d'Adrastée
,
& que les Romains
qui ne luy avoient
point donné de nom propre
en leur Langue, n'ont
pas laissé de reverer dans
le
le Capitole,suivant le témoignage
de Pline. Plutarque
qui luy donne pour
auteurs de sa naissance, Jupiter
& la Niceffité, nous
la reprefenreplacée dans
un lien fort élevé d'où elle
ordonna des chastiments
pour tous les crimes. Point
de Scélératquela force ou
l'adresse puisse soustraire à
sa poursuite. Trois autres
Déesses luy fervent de Ministres,
& sont employées
à l'execution de ses ordres;
l'une prompte& legere appellée
Panée, s'attache aux
coupables qu.i des cettevie
sont condamnez à des peines
corporelles; elle est
moins cruelle que les autrès,
& laisse mesme passer
des fautes legeres, qui semùbleroient
demander quelque
sorte d'expiation.Ceux
dont les mauvaises habitudes
sont plus difficiles à
corriger
,
tombent après
leur mort entre les mains
de Dicée, la seconde de ces
Divinitez vengeresses.. A
l'égard des Criminels les
plus endurcis,aprés avoir
estérepoussezparDicée
ils sont livrez à la fureur
d'Erenys, plus implacable
que le s deux autres. Elle
les poursuit sans relasche,
& après les avoir fait longtemps
errer dans la douleur
& dans l'affliction les précipice
dans un abysme affreux,
&c.
lu
M. l'Abbéde Boiflfy
tire de cette allegorie,
& de plusieurs autres
partages aussi anciens
,
cette vérité crue dans
tous les temps, que les
Dieux punisoient les
crimes, & qu'ils se laissoient
fléchir par les
Expiations.
Ilobservedeplus queles
Philosophes
,
& sur tout
les Pythagoriciens, se proposoient
dans l'expiation
une fin beaucoup plus noble
& plus élevée.
Leur Purification celebre
dans l'Antiquité, fous
le nom de kadaroysavoient
quelque rapport à ce que
nosMystiques appellent la
vie Purgative.Ellesestoient
,;J,iO:inguées en différents
degrez par le moyen dei:
quelsils prétendoient l'amedegagée que de toutes
les soüil eures qu'elle avoir
contractée par sonunion.
avec la Matiereestoit restablie
dans toute la pureté
de sa premiereorigine *,
de
forte qu'après sa separation
d'avec le corps, elle parvenoit
enfin à estre déïfiée,
C'est ainsi que s'exprime
un decesPhilosophes dans
les Vers dorez attribuez
communement à Pythagoj:
e.'
1
Et quand ton Ame separée
de ton Corps
,
fera;
parvenuë dans la région
de l'air le plus pur , tu de'::
viendras un immortel,incorruptible.
Mais ce n'est
pas icy le lieud'examiner
cette opinion que nous reservons
à développer dans
la suite,&c. ., 1 , M.l'AbbédeBoissy
paffe de là à un détail
tres curieux, des differents
termes que les
Grecs & les Romains
appliquoient aux Sacrifices
expiatoires.
-15?: Kjia^c m;Î
'!lcIl remarque ensuite que le
surnom de Fehruata chez
lesSabins,&chez les Romains
celuy de Februlis,
parce que tous les ans dans
la Feste des Lupercales; on
faisoit l'expiation de la
Ville de Rome, par cette
raison ce jour se nommoit
Februatus. C'est delà au
rapport de Varron & de
Festus que le mois de Fé.,
vrier a tiré son nom d'au.
tant que cette ceremonie
se pratiquoit pendant ce
mois;PlineLiv. 15.ch.19.
fait mention deVenus Cluà.-
cirra del'ancien motcliïereJ
purifier.
Cetteexactitude à specifier
les noms des Dieux
passoit pour un point tellement
important dan s la
TheologiePayenne, qu'on
la poulloit jusqu'au scrupule,
& qu'on croyo t n'y
pouvoirmanquer sans encourir
leur indignation.
C'est ce qu'on peur voir
danslePhilebus de Platon.
Un des Personnnges d ce
Dialogue avoit avancéque
la
la Déesseque l'on appelloit
communement Venus, pouvoitestre nommée plus
proprement & plus veritablement
la Volupté: Ma
crainte est excessive
,
répond
Socrate,lorsqu'il s'agit de
donner des noms aux Dieux,
4,'infipuifquil a plû à cette |.Deesse dese faire appeller
Venus,je parlerayd'ellesous le
nom qu'elle aime le mieux.
Les Anciensapprehen-
1- doient tellement d'omettre
ce nom favori de chaque
1
Divinité qu'ils chargeoient
leurs invocations de tous
ceux dont ils pouvoient
s'aviser, c'est ce qu'on peut
aisément remarquer dans
la pluspart des Hymnes
anciennes qui ne sont le
;
plussouvent qu'un tissu de
<,
surnoms & d'épithetes.
Ainsi Carulle aprés avoir
invoque Diane de différentes
maniérés; Soye% revérée
j luydit-il
y
soustel
nom qu'il vous plaira de prendre.
Ainsi dans le Poëme
seculaire d'Horace, ce Poete
s'adresse à la mesme
Déesseen ces termes : FavorableHithyie,
OHLncine>
soitque vous choififlie'{ ce nom,
soit que vous luy préferiez
celuy de Déesse qui préside
aux Nôces.
Quelquefois au lieu de
demander aux Dieux quel
nom leur estoit le plusagreable
, on se contentoit
de mettre au pluriel un de
ceux qu'ils portoient, comme
pour embrasser par là
toute la Divinité
,
8c ne
rien oublier de ses attributs.
C'est en ce sens que
l'oracle des Sybilles a dit:
Aprésles Parques ilfautappaiser
les Hithyies par des SA*
crifices comme il est convenable.
EnfuiteM.l'Abbéde
Boissy donne aprés les
anciens,au terme d'Expiation>
une ligniifcation
plus étenduë,&
dit:
Qu'ils se servoient des
mots expiare & lustrare,
nonfeulementpar rapport
auxcrimes5mais encore a
l'égard de tout ce guils regardoient
comme la fuite
.ou l'effet de ces mesmes
crimes. Ainsi, expier ne
signisioit souvent autre
chose que faire certains
actes de Religion dans la
vûë d'éloigner quelques
malheurs soit qu'on les ressentit
actuellement
,
soit
que l'on en fust seulement
menace par des prodiges
ou par d'autres ifgnes, &c, •#•••*t -
Ce n'estoient passeulement
lesparticuliers qui
avoient besoin d'expiation,
des Villes toutes entieres
se croyoient obligées d'y
avoir recours. La pluspart
d'entr'elles avoient un jour
fixe pour cette Ceremonie
que l'on renouvelloit couY
les ans. Elle se faisoit à
Rome le 5 de Février. Le
Sacrifice se nommoit Amburbale
ou Amburbium, se-
Ion Servius
, & les Victimes
que l'on yemployoit
dmburbiales,au rapport de
Festus.
On la celebroit à Athenes
le 6. du mois Thargelion,
qui répondoit à celuy
d'Avril. C'est Diogene
laërce qui nous en assure
dans la vie de Socrate. •
Chez les Romains , aprés
le dénombrement des
Citoyens, qui fut institué
par Servius Tullius, il y
avoit une Expiation [0-.
lemnelle pour tout le peuple
, & parce qu'elle se faisoit
tous les cinq ans, ctefi:,
du mot lustrare
,
expier ,
que cet espace de temps a
pris le nom de Luflmra.
Dans les Jeux Seculaires, *
qui comme l'on sçait se
celebroient tous les 110.
ans ,
la pompe commençoit
tousjours parune Expiation
généra le, & les
Prestres distribuoient tout
ce qui estoitnecessaire pour
la pratiquer. ~r '1,
Mais avec ces Festes déterminées
a certains jours
fixes, on ordonnoit en certaines
occasions des Expiations
extraordinaires.Ainhy
selon le témoignage de
Denis d'Halicarnasse
,
la
Ville de Romefut purifiée
aprés que les Tarquins en
eurent esté chassez. Selon
Je mesme Autheur
,
elle le
fut encore neu fans aprés
au sujet du meurtre d'un
grand nombre deCitoyens,
qui avoient esté tuez en
voulant restablir les mesmes
Tarquins
,
& quoyqu'unejustenecessité
l'eust
fait commettre, le Senat
arresta neanmoins que tout
le Peuple ferait, expié d'autant , que sans cette précaution
il ne leur eust pas
esté permis d'approcher
des Autels, & de faire les
Sacrifices ordinaires.rr-
Ce n'estoitpas seule
ment sur les Villes entieres
que tomboient les Expiations.
Elles s'exerçoient encore
sur certains particuliers
qu'on jugeoit devoir
estrepurifiez. Lorsqu'on
pratiquoitces Ceremonies
à l'égard des Carrefours
,
on les nommoit Compitalia, &c.•»•• Les Atheniens purisioient
aussi les Theatres &
les lieux où se tenoient les
A*ssemb•lées p•ubliq•ues. Chez les Romains clou.,
ze personnes nomniéesr-,ra.
tres Arvales,purisioient la
Campagne aunloÍs de
May, & les Expiationsqui
netomboientque sur les
perionnes estoient ou publiques
ou particulieres.
Les Expiations du premier
genre (ont celles dont
on usoit dans les Armées.
On les expioit ordinairement
avant £c après le
combat. Lapremiere de cesExpiations
se faisoit pour prevenir
les malheurs que le sort
des armes pouvoit faire
apprehender;l'autre estoit
destinée pour se purifier dixcarnage
qu'on avoit fait
dans l'action,& pour appaiser
les Manes de ceux
qui y avoient esté tuez, &
toutes les deux estoient appelléesArmilustrium.
Quand aux Purifications
particulieres,elles estoient
d'un ressort beaucoup plus
estendu,puisqu'il n'y avoit
ni Nôces ni Funerailles qui
n'y fussentégalementassujetties.
Mais la superstition
des Anciens nes'arrestoit
pas à ces actions communes.
Elle multiplioit tellementàleursyeuxles
objets
de frayeur,qu'ils'imaginoientvVoOiIrr
à tous 1m11o0--,
mentsla Nature soulevée
se declarer contre eux, &
les Elements irritez se déchaisner
pour declarer la
guerre au genre humainde
la part des Dieux. Un Orage
imprévu
,
la chute de la
Foudre, le debordement
des Rivieres nesefaisoient
pas craind re seulement
pour les dommages réels
cjiuls causoient ; ils passoient
pour autant de presages
de malheurs encore
plus redoutables
Theophraste en faisant le
Portrait d'unSuperstitieux,
ditque les vapeurs d'un
Songe, la rencontre d'une
Belette, ou le cris d'une
Souris,troublent l'esprit
d'un homme timide, &
l'arrestent tout court au
milieu de sacourse & de
ses projets.
Ecoutons Aristophanes.
Qu'un Tremblement de
Terre se faffe [cotir, dit ce
Comique , qu'un feu de
mauvaiseaugure brilletout
àcoup dans l'air, qu'une
Belette vienne à passer dans
le lieu de l'Assemblée publique,
ne se reparera-t-elle
pasàl'instant,&c.
Dans le temps qu'on faisoit
l'élection de Fabius
Maximus àla dignité de
Dictateur, & de C. Flaminius
à celle de General de
la Cavalerie
, on entendit
le cris d'une Souris, &c'en
fut assez ,au rapport de
Valere Maxime, pour obliger
ces Magistrats à se déposer.
A l'égard des Songes,
Plutarque nous fait une
vive peinture de cette superstition.
Le sommeil
, ditce Philosophe
,
fait oublier
aux Esclaves la dureté
de leursMaistres. Iladoucit
les peines des matheu"
reux enchaisnez dans une
prison. Il donne du rclaCche
a la douleur la plus
vive; tout s'abandonne a
ses charmes, & la superstition
feule y est insensible.
Elleagiteceuxqu'elle
captive jusques dans lesein
du repos, & leur suscite
des visionsterribles de
Monstres & de Furies.
-
Tourmentez de ces cruelles
chimeres ils ne peuvent
cesser de les craindre, lors
,,Inetme qu'ils son éveillez,
&
& pour se délivrer d'un
supplice que leur crédulité
feule leur fait souffrir, ils
achètent à grand frais le
secours des Devins. Si vous
apprehendez l'effet de quelquevision,
leur crient ces
Charlatans
,
si vous êtes
poursuivis par Hecate la
terrestre, appeliez laVieille
qui paistritvostre pain,
plongez-vous dans la Mer,
&tenez-vousassis à terre
tout le long d'un jour,&c.
Après avoir parlé de
L'Expiation des homfc
cides , Mr l'Ablpé de
Boissyenrapportédans
un seul point d'hill:oi:
re les circonstances IC$
plusessentielles,
** • <w
Jason
,
chef des Argow
nautes,après avoir enlevé
la Toison d'or avecMedéê,
fut poursuivi par les Peuples
de Colchos commandez
par le jeunt Abfyrte,
frere de cette Princesse. Les
Grecs, qui seftoient' retirez
dans une des Bouches
du Danube, présd'être
accablez par le nombre,,
deliberaient déjà de livrer
Medée
, pour obtenir le
passage qui leur était fermé
lors que cette Princesse
le? tira d'embarras par cette
ruse. Elle envoya de magnifiques
presens à son frere.
Elle luy fit dire qu'on
l'emmenait contre son gré,
& luy proposa de se rendre
seul vers le soir dans
une Ile voisine, l'aÍfurJl}t
qu'elle s'y trouverait seule
desoncoté
, & qu'elle
voulait retourner aveclui
àColchos a près avoir tiré
laToison d'entre les mains
des Grecs. Absyrte vint
imprudemment au rendez-
vous où il croyoit ne
rencontrer que sa iceur;
mais Jason qui s'y était
caché de concert avec elle,
attaqua tout a coup le jeunePrince
qui n'était point
sur ses gardes, & le tua
sans beaucoup de peine.
Aussi tôt il coupe les extrem
itez de ce Cadavre; il
lèche trois fois le sang qui
en sortait & observe de
le cracher trois fois ieion
la coutume des Meurtriers
qui pretendoient s'expier,
ainsi que le remarque le
Poëte
, à quoy le Scoliaste
ajoute que l'usage des Assassinselloit
des'attacher
! au col les extremitez du
Corps de ceux qu'ils
avoient massacrez. Aprés
cette action sanglante
,
Jason
& Medée se baftereiic
de regagner leur Vaisseaus,
& les Argonautes ayant
surpris quelques Batimens
de Colchos, se fan--
verent à la fayeur., de la
nuit. Ils abordèrent dan$
l'Ile d'Acca, où Jason &;,
Medée prirent terre pour
se faire expier par Circé
qui en était Souveraine.
CettePrincesseSoeur d'Æetes,
& Tante de Medée-.,
les reçut avec bonté sans les
connaitre
, & voulut en
vain les faire asseoir. L'ua
& l'autre sans proférer une
feule parole,&. tenant les
yeux baissez, s'avancerent
promptement jusquau
foyar
,
sélon la coutume
des Suppliants, & s'y tinrent
assis après que JaforJ
eut fiché en terred'épés
dont ilavait tuéAbsyrte
Leur silence ôe leur situationfirent
aisément comprendre
à Circé qu'ils estaient
fugitifs & coupables
de~~ quelque homicide.
Alors, continue le Poëte ,
touchée de rerpea- pour
Jupiter protecteurdes supphants>;*
clleordonne les
apprets duSacrifice. On
apporte d'abord un petit
Cochon qui tettoietcrxôrr,
ellel'égorge ; ellefrotte de
Con. faiïg les mains de Jason
& de Medée, & fait
des Libations en invÓqtiant:
JupiterExpiateur. Ensuite,
ayant fait jetter dehors par
ses femmes les restes du
Sacrifice elle., brulle sur
l'Autel des Gateaux paitris
de Farine, de Sel &
d'Eau, êc accompagne
cette action de Prières propres
à flechir la colere des
cruellesEumenides , sait
qu'ilseussènt trempé leurs
mains dans un fang étranger,
soit qu'ils les eussent
foüillées du meurtre d'un
de leurs Citoyens ou de icursprocllcs*
Dés
Desqueces Ceremonies
furent achevées, Circé
ignorantencore le fort & le
nom de ses hôtes
,
lesfie
asseoir sur des sièges magnifiques
,3e leurdemanda
qui ils estoient
,
d'où iisvenaient quelsujet
lesavoit engagez d'implorer
son secours. Medec,
qu'elle souhaittaitsurtout
d'entendre parler, n'eut
pas plustot levé la teste
3 qu'ellesefit reconnaitre à
ses ycux brillantd'unéclat
particulier à
-
la famille
fr!'y£etes fils du Soleil,puis
s'exprimant en la langue
deColchos, ellese justifia
d'une voix timide,rejettant
sur de mauvais conseils
tout ce qu'elle avait
fait, & passant legerement
sur la mort d'Absyrte.Mais
Circé n'en comprit pas
moins toute l'atrocité de
ses forfaits. Malheureuse
Princesse
,
s'écria-t-elle
dont la suite n'est pas
moins indecenre que criminèlle
? comment éviterez-
vous la fureur d'y£etes
, qui pour venger la
mort de son fils vous poursuivra
sans doute jusqu'au
fond de la Grece? Pour.
moy, dont vousavez imploré
la protection en état
-,
deflipplilatirelein"abfliendray
de rien entreprendre
contre vous; maisn'attendez
point que j'approuve
ni vos desseins ni vostre
fuite, & queje vous donne
aziledans ce Palais non
plus qu'à l'inconnu que
vous suivezcontrele gré
de vostre Pere. Aces mots, ,
Medée toute tremblante
& fondant en larmes
,
fut
emmenée par Jason avl-c
lequel elle rejoignitlesArgonautes
, &c.
Le foyer estoit aussi un
azile sacré chez les Romains;
car selon Plutarque
Coriolan qui avoit esté
banni de son Pays, contraint
de chercher un azile
chezTullusAufidius,
le plus considerable des
Volsques, & son ennemi
particu lier, prit en entrant
chez luy le party de s'asseoir
prés du foyeroù il
demeura sans parler, &
sans le découvrir la teste
lx. le visage, ce qui est afsez
conforme à la contenance
de Medée cliczCiri
cé.
On pourroitestre surpris
de voir dans ces exemples
d'illustres malheureux
se jetter entre les
bras de leurs ennemismes
mes,mais ils estoient trop
seures du respect <111011
avoit de leur temps pour ledroit des suppliants que
les plus scelerars eussent à
peine osé violer; senti-
-mènes louables, sur lesquels
on a-sansdoute formé*
ce Proverbe qui fait tant
d'honneur aux moeurs de
l'Antiquité
,
Res rft- sacra
misèr.
On a vu dans la purification
de jason & deMedée
,
que les restes du Sacrifices
avoienr esté jettezdehors,
& c'estce quis'observoit
scrupuleusement
dans routesles Expiations,
tantàl'égard des Victimes
que des autres Offrandes.
Agamemnon, dans le I,
de l'Iliade, commande de
purifier l'Armée
,
ensuite
dequoy l'on jette dans la
Merlesrestes du Sacrifice.
LesEgyptiens,auxrapport
d'Herodote velidoientaux
Grecs prévenus
apparemment contre leur
Religion, la teste de la
VicUmcimmoiéejOÙ s'ils
ne trouvoient point de ces
Marchands Etrangers, ils
la jettoient dans le Nil
en prononçant ces paroles:
Puissant tomber sur
cette teste, les malheurs qut
prenacent l'Egypte où celuy
qui fait ce Sacrifice.
Surquoy l'on doit remarquer
quec'estoit tousjours
dansla Mer, dans les Fteur*
ves ou dans les Ruliteaux'
qu'on easevelissoit autant
qu'il estoit-possible, ces
restes de testes. Pour ceux
qui estoient trop eloignez
des eaux, ils se contentoient
de les faire porter
dans les Carrefours ; on.*
s'abstenoit encore en jectant
ces restes, de regarder
derriere soy,de peur d'attirer
en les voyant, les
malheurs qu'on se figuroit
y estreattachez.
Il y avoit une forte:
d'expiation de l'homicide
bien plus commode&
plus facile queles autres; elle consistoit à se laver
simplement dans un Eau
courante. Elle avoit efiré
pratiquée dés les premiers
siecles
,
sur tout par les
Grecs qui- la transmirent
aux Latins,
On employoitsurtout,
cette derniere espece de
Purification en forçantdes
Batailles.Achille , à soin
de se purifier à Milet dans
une Source d'eau courante
a près avoir tué Strambellus
Roy des Leleges.
Xuéc , au II. Livre dc-'
FEneïde
,
assure qu'il ne
luy est pas permis de se
charger des Statuës des
Dieux jusqu'à ce qu'il se
foit expié par cette Ceremonie.
'- Horace après avoir tué
sa Soeur fut expié de )~
maniere que les Loix le
prefcrivoienr pour les
nielirtresinvolontaires.Lee
Prestres éleverent alors
deux Autels, l'unà Junon
Infpearice des Soeurs, &
l'aurre à un Dieu ou Genie
du Pays, que lesRomains
eiit- appelléjanus & ont
surnomméCuriace
,
du
nom de ces Albain, infortunez
c]a'Horaceavoit1liez
en deffendant sa Patrie.
Lors que les Sacrifices &
les Expiationsfurentachevécs
, on fit enfin passer
Horace sous le joug coustume
pratiquée par les
Romains à l'égard des ennemis
qui se rendoi nt à
discretion.Tite-Live, qui lit à peu prés le mesme
dérail ,ajouste seulement
que l'expiation se fit aux
dépens du Public; qu'on
couvrit la teste d'Horacelorsqu'il
passasous le joug
&quelapratique desCeremonies
qu'on avoit observées
à son égard fus
transmise à sa famille comme
une espece d'heritage.
MrfabbdeBoe
Mrl'AbbédeBoissy
marque dans le commencement
de ionL)acours,
l'importance Sç
l'ancienneté des expiationSjfic
prouve que les
plusanciens Autheurs
delaTheologie Payenne
, ont reconnu cette
Providence divinc,qui
recompense le bien ôC
punit le mal
, & que
dans tous les temps on
avait cru les expiations
ducrime, une Loy indispensable
de cette
Providence. Il montré
l'abus que les Payens
faisoient de cette Loy,
en immolant des Victimes
humaines
,
Sacrifices
cruels, dit-il
dans lesquels on offinçoit
la nature , en voulant révérer
les Dieux, &c.
Ensuite aprèsavoir
expose cette vérité consiante,
qu'avant la Loy
deMoïse, levrayDieu
avoit establi les Sacrisices.
Ilfait voir l'abus
que la superstition en
a fait par degrez.
Voicy ce qu'il rapporte
d'Hellode sur la
punition des crimes &
la necessité des Expiations.
Hefîodedit-il, dans sa.
Theogonie raconte que la
Nuit enfanta les cruelles
Parques Clotho
,
Lachesis,
& Atropos
,
fatales dispensatrices
du bien & du mal,
dont la severité s'attachant
à poursuivre le crime, le
punit également dans le*
hommes&dans les Dieux,
& dont la colere ne s'aplpeassse
qu'après avoir f appé
criminels.Il ajousteque
la Nuit eut encore pour
fille
,
Nemesis
,
Déesse si
redoutable aux malheureux
mortels que les Grecs
ont aussi connuë fous les
noms de Rhamnusienne
d'Adrastée
,
& que les Romains
qui ne luy avoient
point donné de nom propre
en leur Langue, n'ont
pas laissé de reverer dans
le
le Capitole,suivant le témoignage
de Pline. Plutarque
qui luy donne pour
auteurs de sa naissance, Jupiter
& la Niceffité, nous
la reprefenreplacée dans
un lien fort élevé d'où elle
ordonna des chastiments
pour tous les crimes. Point
de Scélératquela force ou
l'adresse puisse soustraire à
sa poursuite. Trois autres
Déesses luy fervent de Ministres,
& sont employées
à l'execution de ses ordres;
l'une prompte& legere appellée
Panée, s'attache aux
coupables qu.i des cettevie
sont condamnez à des peines
corporelles; elle est
moins cruelle que les autrès,
& laisse mesme passer
des fautes legeres, qui semùbleroient
demander quelque
sorte d'expiation.Ceux
dont les mauvaises habitudes
sont plus difficiles à
corriger
,
tombent après
leur mort entre les mains
de Dicée, la seconde de ces
Divinitez vengeresses.. A
l'égard des Criminels les
plus endurcis,aprés avoir
estérepoussezparDicée
ils sont livrez à la fureur
d'Erenys, plus implacable
que le s deux autres. Elle
les poursuit sans relasche,
& après les avoir fait longtemps
errer dans la douleur
& dans l'affliction les précipice
dans un abysme affreux,
&c.
lu
M. l'Abbéde Boiflfy
tire de cette allegorie,
& de plusieurs autres
partages aussi anciens
,
cette vérité crue dans
tous les temps, que les
Dieux punisoient les
crimes, & qu'ils se laissoient
fléchir par les
Expiations.
Ilobservedeplus queles
Philosophes
,
& sur tout
les Pythagoriciens, se proposoient
dans l'expiation
une fin beaucoup plus noble
& plus élevée.
Leur Purification celebre
dans l'Antiquité, fous
le nom de kadaroysavoient
quelque rapport à ce que
nosMystiques appellent la
vie Purgative.Ellesestoient
,;J,iO:inguées en différents
degrez par le moyen dei:
quelsils prétendoient l'amedegagée que de toutes
les soüil eures qu'elle avoir
contractée par sonunion.
avec la Matiereestoit restablie
dans toute la pureté
de sa premiereorigine *,
de
forte qu'après sa separation
d'avec le corps, elle parvenoit
enfin à estre déïfiée,
C'est ainsi que s'exprime
un decesPhilosophes dans
les Vers dorez attribuez
communement à Pythagoj:
e.'
1
Et quand ton Ame separée
de ton Corps
,
fera;
parvenuë dans la région
de l'air le plus pur , tu de'::
viendras un immortel,incorruptible.
Mais ce n'est
pas icy le lieud'examiner
cette opinion que nous reservons
à développer dans
la suite,&c. ., 1 , M.l'AbbédeBoissy
paffe de là à un détail
tres curieux, des differents
termes que les
Grecs & les Romains
appliquoient aux Sacrifices
expiatoires.
-15?: Kjia^c m;Î
'!lcIl remarque ensuite que le
surnom de Fehruata chez
lesSabins,&chez les Romains
celuy de Februlis,
parce que tous les ans dans
la Feste des Lupercales; on
faisoit l'expiation de la
Ville de Rome, par cette
raison ce jour se nommoit
Februatus. C'est delà au
rapport de Varron & de
Festus que le mois de Fé.,
vrier a tiré son nom d'au.
tant que cette ceremonie
se pratiquoit pendant ce
mois;PlineLiv. 15.ch.19.
fait mention deVenus Cluà.-
cirra del'ancien motcliïereJ
purifier.
Cetteexactitude à specifier
les noms des Dieux
passoit pour un point tellement
important dan s la
TheologiePayenne, qu'on
la poulloit jusqu'au scrupule,
& qu'on croyo t n'y
pouvoirmanquer sans encourir
leur indignation.
C'est ce qu'on peur voir
danslePhilebus de Platon.
Un des Personnnges d ce
Dialogue avoit avancéque
la
la Déesseque l'on appelloit
communement Venus, pouvoitestre nommée plus
proprement & plus veritablement
la Volupté: Ma
crainte est excessive
,
répond
Socrate,lorsqu'il s'agit de
donner des noms aux Dieux,
4,'infipuifquil a plû à cette |.Deesse dese faire appeller
Venus,je parlerayd'ellesous le
nom qu'elle aime le mieux.
Les Anciensapprehen-
1- doient tellement d'omettre
ce nom favori de chaque
1
Divinité qu'ils chargeoient
leurs invocations de tous
ceux dont ils pouvoient
s'aviser, c'est ce qu'on peut
aisément remarquer dans
la pluspart des Hymnes
anciennes qui ne sont le
;
plussouvent qu'un tissu de
<,
surnoms & d'épithetes.
Ainsi Carulle aprés avoir
invoque Diane de différentes
maniérés; Soye% revérée
j luydit-il
y
soustel
nom qu'il vous plaira de prendre.
Ainsi dans le Poëme
seculaire d'Horace, ce Poete
s'adresse à la mesme
Déesseen ces termes : FavorableHithyie,
OHLncine>
soitque vous choififlie'{ ce nom,
soit que vous luy préferiez
celuy de Déesse qui préside
aux Nôces.
Quelquefois au lieu de
demander aux Dieux quel
nom leur estoit le plusagreable
, on se contentoit
de mettre au pluriel un de
ceux qu'ils portoient, comme
pour embrasser par là
toute la Divinité
,
8c ne
rien oublier de ses attributs.
C'est en ce sens que
l'oracle des Sybilles a dit:
Aprésles Parques ilfautappaiser
les Hithyies par des SA*
crifices comme il est convenable.
EnfuiteM.l'Abbéde
Boissy donne aprés les
anciens,au terme d'Expiation>
une ligniifcation
plus étenduë,&
dit:
Qu'ils se servoient des
mots expiare & lustrare,
nonfeulementpar rapport
auxcrimes5mais encore a
l'égard de tout ce guils regardoient
comme la fuite
.ou l'effet de ces mesmes
crimes. Ainsi, expier ne
signisioit souvent autre
chose que faire certains
actes de Religion dans la
vûë d'éloigner quelques
malheurs soit qu'on les ressentit
actuellement
,
soit
que l'on en fust seulement
menace par des prodiges
ou par d'autres ifgnes, &c, •#•••*t -
Ce n'estoient passeulement
lesparticuliers qui
avoient besoin d'expiation,
des Villes toutes entieres
se croyoient obligées d'y
avoir recours. La pluspart
d'entr'elles avoient un jour
fixe pour cette Ceremonie
que l'on renouvelloit couY
les ans. Elle se faisoit à
Rome le 5 de Février. Le
Sacrifice se nommoit Amburbale
ou Amburbium, se-
Ion Servius
, & les Victimes
que l'on yemployoit
dmburbiales,au rapport de
Festus.
On la celebroit à Athenes
le 6. du mois Thargelion,
qui répondoit à celuy
d'Avril. C'est Diogene
laërce qui nous en assure
dans la vie de Socrate. •
Chez les Romains , aprés
le dénombrement des
Citoyens, qui fut institué
par Servius Tullius, il y
avoit une Expiation [0-.
lemnelle pour tout le peuple
, & parce qu'elle se faisoit
tous les cinq ans, ctefi:,
du mot lustrare
,
expier ,
que cet espace de temps a
pris le nom de Luflmra.
Dans les Jeux Seculaires, *
qui comme l'on sçait se
celebroient tous les 110.
ans ,
la pompe commençoit
tousjours parune Expiation
généra le, & les
Prestres distribuoient tout
ce qui estoitnecessaire pour
la pratiquer. ~r '1,
Mais avec ces Festes déterminées
a certains jours
fixes, on ordonnoit en certaines
occasions des Expiations
extraordinaires.Ainhy
selon le témoignage de
Denis d'Halicarnasse
,
la
Ville de Romefut purifiée
aprés que les Tarquins en
eurent esté chassez. Selon
Je mesme Autheur
,
elle le
fut encore neu fans aprés
au sujet du meurtre d'un
grand nombre deCitoyens,
qui avoient esté tuez en
voulant restablir les mesmes
Tarquins
,
& quoyqu'unejustenecessité
l'eust
fait commettre, le Senat
arresta neanmoins que tout
le Peuple ferait, expié d'autant , que sans cette précaution
il ne leur eust pas
esté permis d'approcher
des Autels, & de faire les
Sacrifices ordinaires.rr-
Ce n'estoitpas seule
ment sur les Villes entieres
que tomboient les Expiations.
Elles s'exerçoient encore
sur certains particuliers
qu'on jugeoit devoir
estrepurifiez. Lorsqu'on
pratiquoitces Ceremonies
à l'égard des Carrefours
,
on les nommoit Compitalia, &c.•»•• Les Atheniens purisioient
aussi les Theatres &
les lieux où se tenoient les
A*ssemb•lées p•ubliq•ues. Chez les Romains clou.,
ze personnes nomniéesr-,ra.
tres Arvales,purisioient la
Campagne aunloÍs de
May, & les Expiationsqui
netomboientque sur les
perionnes estoient ou publiques
ou particulieres.
Les Expiations du premier
genre (ont celles dont
on usoit dans les Armées.
On les expioit ordinairement
avant £c après le
combat. Lapremiere de cesExpiations
se faisoit pour prevenir
les malheurs que le sort
des armes pouvoit faire
apprehender;l'autre estoit
destinée pour se purifier dixcarnage
qu'on avoit fait
dans l'action,& pour appaiser
les Manes de ceux
qui y avoient esté tuez, &
toutes les deux estoient appelléesArmilustrium.
Quand aux Purifications
particulieres,elles estoient
d'un ressort beaucoup plus
estendu,puisqu'il n'y avoit
ni Nôces ni Funerailles qui
n'y fussentégalementassujetties.
Mais la superstition
des Anciens nes'arrestoit
pas à ces actions communes.
Elle multiplioit tellementàleursyeuxles
objets
de frayeur,qu'ils'imaginoientvVoOiIrr
à tous 1m11o0--,
mentsla Nature soulevée
se declarer contre eux, &
les Elements irritez se déchaisner
pour declarer la
guerre au genre humainde
la part des Dieux. Un Orage
imprévu
,
la chute de la
Foudre, le debordement
des Rivieres nesefaisoient
pas craind re seulement
pour les dommages réels
cjiuls causoient ; ils passoient
pour autant de presages
de malheurs encore
plus redoutables
Theophraste en faisant le
Portrait d'unSuperstitieux,
ditque les vapeurs d'un
Songe, la rencontre d'une
Belette, ou le cris d'une
Souris,troublent l'esprit
d'un homme timide, &
l'arrestent tout court au
milieu de sacourse & de
ses projets.
Ecoutons Aristophanes.
Qu'un Tremblement de
Terre se faffe [cotir, dit ce
Comique , qu'un feu de
mauvaiseaugure brilletout
àcoup dans l'air, qu'une
Belette vienne à passer dans
le lieu de l'Assemblée publique,
ne se reparera-t-elle
pasàl'instant,&c.
Dans le temps qu'on faisoit
l'élection de Fabius
Maximus àla dignité de
Dictateur, & de C. Flaminius
à celle de General de
la Cavalerie
, on entendit
le cris d'une Souris, &c'en
fut assez ,au rapport de
Valere Maxime, pour obliger
ces Magistrats à se déposer.
A l'égard des Songes,
Plutarque nous fait une
vive peinture de cette superstition.
Le sommeil
, ditce Philosophe
,
fait oublier
aux Esclaves la dureté
de leursMaistres. Iladoucit
les peines des matheu"
reux enchaisnez dans une
prison. Il donne du rclaCche
a la douleur la plus
vive; tout s'abandonne a
ses charmes, & la superstition
feule y est insensible.
Elleagiteceuxqu'elle
captive jusques dans lesein
du repos, & leur suscite
des visionsterribles de
Monstres & de Furies.
-
Tourmentez de ces cruelles
chimeres ils ne peuvent
cesser de les craindre, lors
,,Inetme qu'ils son éveillez,
&
& pour se délivrer d'un
supplice que leur crédulité
feule leur fait souffrir, ils
achètent à grand frais le
secours des Devins. Si vous
apprehendez l'effet de quelquevision,
leur crient ces
Charlatans
,
si vous êtes
poursuivis par Hecate la
terrestre, appeliez laVieille
qui paistritvostre pain,
plongez-vous dans la Mer,
&tenez-vousassis à terre
tout le long d'un jour,&c.
Après avoir parlé de
L'Expiation des homfc
cides , Mr l'Ablpé de
Boissyenrapportédans
un seul point d'hill:oi:
re les circonstances IC$
plusessentielles,
** • <w
Jason
,
chef des Argow
nautes,après avoir enlevé
la Toison d'or avecMedéê,
fut poursuivi par les Peuples
de Colchos commandez
par le jeunt Abfyrte,
frere de cette Princesse. Les
Grecs, qui seftoient' retirez
dans une des Bouches
du Danube, présd'être
accablez par le nombre,,
deliberaient déjà de livrer
Medée
, pour obtenir le
passage qui leur était fermé
lors que cette Princesse
le? tira d'embarras par cette
ruse. Elle envoya de magnifiques
presens à son frere.
Elle luy fit dire qu'on
l'emmenait contre son gré,
& luy proposa de se rendre
seul vers le soir dans
une Ile voisine, l'aÍfurJl}t
qu'elle s'y trouverait seule
desoncoté
, & qu'elle
voulait retourner aveclui
àColchos a près avoir tiré
laToison d'entre les mains
des Grecs. Absyrte vint
imprudemment au rendez-
vous où il croyoit ne
rencontrer que sa iceur;
mais Jason qui s'y était
caché de concert avec elle,
attaqua tout a coup le jeunePrince
qui n'était point
sur ses gardes, & le tua
sans beaucoup de peine.
Aussi tôt il coupe les extrem
itez de ce Cadavre; il
lèche trois fois le sang qui
en sortait & observe de
le cracher trois fois ieion
la coutume des Meurtriers
qui pretendoient s'expier,
ainsi que le remarque le
Poëte
, à quoy le Scoliaste
ajoute que l'usage des Assassinselloit
des'attacher
! au col les extremitez du
Corps de ceux qu'ils
avoient massacrez. Aprés
cette action sanglante
,
Jason
& Medée se baftereiic
de regagner leur Vaisseaus,
& les Argonautes ayant
surpris quelques Batimens
de Colchos, se fan--
verent à la fayeur., de la
nuit. Ils abordèrent dan$
l'Ile d'Acca, où Jason &;,
Medée prirent terre pour
se faire expier par Circé
qui en était Souveraine.
CettePrincesseSoeur d'Æetes,
& Tante de Medée-.,
les reçut avec bonté sans les
connaitre
, & voulut en
vain les faire asseoir. L'ua
& l'autre sans proférer une
feule parole,&. tenant les
yeux baissez, s'avancerent
promptement jusquau
foyar
,
sélon la coutume
des Suppliants, & s'y tinrent
assis après que JaforJ
eut fiché en terred'épés
dont ilavait tuéAbsyrte
Leur silence ôe leur situationfirent
aisément comprendre
à Circé qu'ils estaient
fugitifs & coupables
de~~ quelque homicide.
Alors, continue le Poëte ,
touchée de rerpea- pour
Jupiter protecteurdes supphants>;*
clleordonne les
apprets duSacrifice. On
apporte d'abord un petit
Cochon qui tettoietcrxôrr,
ellel'égorge ; ellefrotte de
Con. faiïg les mains de Jason
& de Medée, & fait
des Libations en invÓqtiant:
JupiterExpiateur. Ensuite,
ayant fait jetter dehors par
ses femmes les restes du
Sacrifice elle., brulle sur
l'Autel des Gateaux paitris
de Farine, de Sel &
d'Eau, êc accompagne
cette action de Prières propres
à flechir la colere des
cruellesEumenides , sait
qu'ilseussènt trempé leurs
mains dans un fang étranger,
soit qu'ils les eussent
foüillées du meurtre d'un
de leurs Citoyens ou de icursprocllcs*
Dés
Desqueces Ceremonies
furent achevées, Circé
ignorantencore le fort & le
nom de ses hôtes
,
lesfie
asseoir sur des sièges magnifiques
,3e leurdemanda
qui ils estoient
,
d'où iisvenaient quelsujet
lesavoit engagez d'implorer
son secours. Medec,
qu'elle souhaittaitsurtout
d'entendre parler, n'eut
pas plustot levé la teste
3 qu'ellesefit reconnaitre à
ses ycux brillantd'unéclat
particulier à
-
la famille
fr!'y£etes fils du Soleil,puis
s'exprimant en la langue
deColchos, ellese justifia
d'une voix timide,rejettant
sur de mauvais conseils
tout ce qu'elle avait
fait, & passant legerement
sur la mort d'Absyrte.Mais
Circé n'en comprit pas
moins toute l'atrocité de
ses forfaits. Malheureuse
Princesse
,
s'écria-t-elle
dont la suite n'est pas
moins indecenre que criminèlle
? comment éviterez-
vous la fureur d'y£etes
, qui pour venger la
mort de son fils vous poursuivra
sans doute jusqu'au
fond de la Grece? Pour.
moy, dont vousavez imploré
la protection en état
-,
deflipplilatirelein"abfliendray
de rien entreprendre
contre vous; maisn'attendez
point que j'approuve
ni vos desseins ni vostre
fuite, & queje vous donne
aziledans ce Palais non
plus qu'à l'inconnu que
vous suivezcontrele gré
de vostre Pere. Aces mots, ,
Medée toute tremblante
& fondant en larmes
,
fut
emmenée par Jason avl-c
lequel elle rejoignitlesArgonautes
, &c.
Le foyer estoit aussi un
azile sacré chez les Romains;
car selon Plutarque
Coriolan qui avoit esté
banni de son Pays, contraint
de chercher un azile
chezTullusAufidius,
le plus considerable des
Volsques, & son ennemi
particu lier, prit en entrant
chez luy le party de s'asseoir
prés du foyeroù il
demeura sans parler, &
sans le découvrir la teste
lx. le visage, ce qui est afsez
conforme à la contenance
de Medée cliczCiri
cé.
On pourroitestre surpris
de voir dans ces exemples
d'illustres malheureux
se jetter entre les
bras de leurs ennemismes
mes,mais ils estoient trop
seures du respect <111011
avoit de leur temps pour ledroit des suppliants que
les plus scelerars eussent à
peine osé violer; senti-
-mènes louables, sur lesquels
on a-sansdoute formé*
ce Proverbe qui fait tant
d'honneur aux moeurs de
l'Antiquité
,
Res rft- sacra
misèr.
On a vu dans la purification
de jason & deMedée
,
que les restes du Sacrifices
avoienr esté jettezdehors,
& c'estce quis'observoit
scrupuleusement
dans routesles Expiations,
tantàl'égard des Victimes
que des autres Offrandes.
Agamemnon, dans le I,
de l'Iliade, commande de
purifier l'Armée
,
ensuite
dequoy l'on jette dans la
Merlesrestes du Sacrifice.
LesEgyptiens,auxrapport
d'Herodote velidoientaux
Grecs prévenus
apparemment contre leur
Religion, la teste de la
VicUmcimmoiéejOÙ s'ils
ne trouvoient point de ces
Marchands Etrangers, ils
la jettoient dans le Nil
en prononçant ces paroles:
Puissant tomber sur
cette teste, les malheurs qut
prenacent l'Egypte où celuy
qui fait ce Sacrifice.
Surquoy l'on doit remarquer
quec'estoit tousjours
dansla Mer, dans les Fteur*
ves ou dans les Ruliteaux'
qu'on easevelissoit autant
qu'il estoit-possible, ces
restes de testes. Pour ceux
qui estoient trop eloignez
des eaux, ils se contentoient
de les faire porter
dans les Carrefours ; on.*
s'abstenoit encore en jectant
ces restes, de regarder
derriere soy,de peur d'attirer
en les voyant, les
malheurs qu'on se figuroit
y estreattachez.
Il y avoit une forte:
d'expiation de l'homicide
bien plus commode&
plus facile queles autres; elle consistoit à se laver
simplement dans un Eau
courante. Elle avoit efiré
pratiquée dés les premiers
siecles
,
sur tout par les
Grecs qui- la transmirent
aux Latins,
On employoitsurtout,
cette derniere espece de
Purification en forçantdes
Batailles.Achille , à soin
de se purifier à Milet dans
une Source d'eau courante
a près avoir tué Strambellus
Roy des Leleges.
Xuéc , au II. Livre dc-'
FEneïde
,
assure qu'il ne
luy est pas permis de se
charger des Statuës des
Dieux jusqu'à ce qu'il se
foit expié par cette Ceremonie.
'- Horace après avoir tué
sa Soeur fut expié de )~
maniere que les Loix le
prefcrivoienr pour les
nielirtresinvolontaires.Lee
Prestres éleverent alors
deux Autels, l'unà Junon
Infpearice des Soeurs, &
l'aurre à un Dieu ou Genie
du Pays, que lesRomains
eiit- appelléjanus & ont
surnomméCuriace
,
du
nom de ces Albain, infortunez
c]a'Horaceavoit1liez
en deffendant sa Patrie.
Lors que les Sacrifices &
les Expiationsfurentachevécs
, on fit enfin passer
Horace sous le joug coustume
pratiquée par les
Romains à l'égard des ennemis
qui se rendoi nt à
discretion.Tite-Live, qui lit à peu prés le mesme
dérail ,ajouste seulement
que l'expiation se fit aux
dépens du Public; qu'on
couvrit la teste d'Horacelorsqu'il
passasous le joug
&quelapratique desCeremonies
qu'on avoit observées
à son égard fus
transmise à sa famille comme
une espece d'heritage.
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Résumé : Extrait du Discours de Mr l'Abbé de Boissy.
Dans son discours, l'Abbé de Boissy souligne l'importance des expiations dans les religions anciennes, notant que les auteurs théologiques païens reconnaissaient une Providence divine récompensant le bien et punissant le mal. Il critique les sacrifices humains pratiqués par les païens, les qualifiant de cruels et contraires à la nature. L'Abbé de Boissy cite Hésiode, qui dans sa Théogonie, décrit les Parques et Nemesis, déesses punissant les crimes. Il mentionne également les philosophes, notamment les Pythagoriciens, qui voyaient dans les expiations une purification de l'âme. Les Grecs et les Romains avaient des termes spécifiques pour les sacrifices expiatoires et des cérémonies régulières pour purifier les villes et les individus. Ces expiations étaient pratiquées à des moments précis, comme après des combats ou des catastrophes naturelles, et pouvaient être ordinaires ou extraordinaires. Les Anciens croyaient que des événements naturels, comme des orages ou des tremblements de terre, étaient des présages de malheurs divins, les poussant à consulter des devins pour interpréter les songes et les signes. L'Abbé de Boissy décrit également les rites d'expiation pour les homicides, incluant des sacrifices et des prières pour apaiser les Euménides. Ces cérémonies visaient à purifier les participants et à prévenir les malheurs futurs. Le texte mentionne plusieurs exemples historiques et rituels anciens. Médée, fille du Soleil, et Jason, après la mort d'Absyrte, cherchent refuge auprès de Circé. Circé, bien qu'elle refuse de soutenir leurs desseins, leur accorde un refuge temporaire. Coriolan, banni de Rome, trouve refuge chez Tullus Aufidius, son ennemi, illustrant le respect des droits des suppliants dans l'Antiquité. Concernant les rituels de purification, les restes des sacrifices étaient jetés à la mer ou dans des cours d'eau pour éviter les malheurs. Les Égyptiens et les Grecs pratiquaient cette expiation, souvent après des homicides. Achille, Énée, et Horace sont cités comme ayant utilisé cette méthode de purification après des actes de violence. Horace, après avoir tué sa sœur, fut purifié selon les lois romaines et dut passer sous le joug, une pratique transmise à sa famille.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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315
p. 49-101
EXTRAIT Du Discours de M. l'Abbé Simon, dans la derniere Assemblée de l'Academie des Medailles & Inscriptions. SUR LES PRESAGES.
Début :
Ordre & Division du Discours. L'origine & les causes de [...]
Mots clefs :
Présages, Abbé Simon, Signe, Maison, Augure, Hommes, Mort, Dieux, Voix, Temps, Grecs, Chute, Superstition, Signes, Volonté, Académie royale des médailles et inscriptions
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT Du Discours de M. l'Abbé Simon, dans la derniere Assemblée de l'Academie des Medailles & Inscriptions. SUR LES PRESAGES.
EXTRAIT
DuDiscoursdeM.l'Abbé
Simon, dans la derniere
Assemblée de
l'Academie des Medailles
& lnscriptions.
SVRLESPRESAGES.
Ordre & Division du <
Discours. L'origine & les causes de
l'oblervation des Presages,
les diverses Efpcces
,
les
occasions ausquelles on y
avoit 1ccours & ce qui
estoit necessaire pour les
faire valoir ou pour les détruire.
Mr l'Abbé Simon trouve
la premiere Origine
de la superstition des Présages
dans la foiblesse de 0l'homme, dont la curiosité
veut penetrer l'avenir
, & dont l'orgüeil
veut abaisser jusques à
luy l'Estre suprême à qui
rien n'est caché.
Les Philosophes rcconnoi{
fJot uneintelligence suprême,
infinimentdistante
de la leur, luy subordonnerent
des Divinitecz éclairées
immediatement de ses
lumieres, qu'elles répandoienc
sur d'autres génies.
jnferieurs placez au -
dessous
d'elles dans tous les élemens ;
ceux-cy plus à portée d'entretenir
commerce avec les
hommes se plaisoient, disoient-
ils, à leurcommuniquer
ce qu'ilssçavoient de
l'avenir, & à leur donner
des pressentiments de ce qui
devoit leur arriver,&c.
La science des Presages
est apparemment aussi an
cienne que l'Idolâtrie ; cc
qu'il y a de certain c'est que
les anciens ~ha bitans de la
Palestine en estoient infectez
dés le temps de Moyse,qui
sir ~daffensc aux Israëlites de
suivre l'exemple des Nations,
dont ils alloient posseder
le pays, qui écoutoient,
dit-il, les Augures
& les Devins.
Mrl'AbbéSimon distingue
icy la confiance
du peupledeDieu en ses
Prophetes, d'avec la credulité
superstitieuse des
peuples idolâtres pour les
Presages. Il marqueainsi
le caractere des derniers.
Lorsque la prudence humaine
estl en défaut
,
elle a
recours à une intelligence
superieure capable de fixer
sonincertitude & de relever
son courage dans les occafions
embarasantes & dans:
les périlspressants.
AinsiUlisse ne sçachant si
tes Dieux qui l'avoient perfccuté
si long-temps sur
terre & sur mer, approuvoient
enfin son retour en
sa patrie & le dessein hasardeux
qu'il méditoit, prie Jupiter
de luy faire connoître
sa volonté par la voix de
quelqu'un de ceux qui veilloientalors
dans la maison,
& par un prodige au dehors.
Un cou p de tonnerre qui
éclata en même temps le
remplit de joye &fa crainte
se dissipa entierement, entendant
une femme qui
bluttoit de la farine
,
& qui
rebutée de ce travail souhaitoit
que le festin qu'on préparoit
aux Amans de Penclope,
fust le dernier de leur
vie. Ces imprécations luy
parurent un Presagecertain
de la fin malheureuse de ses
ennemis & du succés de sa
vangeance.
Des signes semblables
que le hasard faisoit quelquefois
paroître comme à
point nommé aux voeux
des Suppliants, les convainquirent
de la vigilance des
Dieux toûjours attentifs à
répondre à leurs constations,
& engagez pour ainsi
dire, par le devoir de leur
ministére à leur donner des
pressentiments de ce qui devoit
leur arriver.
Cette persuasion lesobligea
à observer plus religieusement
toutce qu'ils entendoient
& ce qui se presentoit
à eux dans le moment qu'ils
formoient quelque entreprise,&
leursespritsremplis
de leurs projets n'avaient
pas de peine à découvrir
dans tout ce qui paroissoit
des marques évidentes de
l'évenement dont ils vouloient
estre éclaircis; semblablcs
à ceux qui regardent
attentivement des nuages&
quiy voyent tout ce que
leur imagination leur represente.
Cependant pour s'assurer
de leurs conjectures ils ne
manquoient pas quand les
choses estoient arrivées de
confronter les évenements
avec les prognostics, & de
tâcher de les concilier en semble,
lors que la fortune ne
ses faisoit pas quadrcr assez
juste. En cette maniere on
interprétoit les Oracles ,
& encore au jourd'huy des
gens prévenus en faveur de
certaines pretendues Propheties
,
s'imaginent entrevoir
dans leur obscurité
affectée toutes les grandes
révolutions qui arrivent
dans le monde.
Je paffe icy une fuite
de Remarques judicieuses
, par où l'on voit l'é.
tablissement des Presages
dont les Egyptiens
ont fait un Art oùils
ontexcellé,&: qu'ils ont
transmis aux Grecs, 6c
qui a elle soutenu en.
suite par l'autorité des
hommes les plus graves
& les plus éclairez, qui
en faisoient un des articles
de leur religion. Pithagore
& ses Disciples,
Socrate , Platon, Xeno- phon,&c.
Ensuite les Hetrusques
ont appris cet Arc
aux Romains,&c.
Aprés avoir marque
l'origine & l'établissement
des Presages, Mr
l'Abbé Simon en explique
les especes. La necessité
d'abréger m'oblige
à ne dire qu'un
mot de chacune.
La première espece de
Presage se tiroit des paroles,
les voix qu'onentendoit
Anî sçavoir d'où elles venoient,
passoient pour divines,
telle sur celle qui arresta
leContul Mancinus,
prest de s'embarquer pour
l'expedition de Numance où iléchoüa. honteusement,.
On peut mettre au même
rang ces voix effroyantes &
ces cris lugubres qu'on
entendoit dans les bois,
on les attribuoit aux Faunes,
& l'on croyoit qu'elles annonçoient
des accidents funestes.
On prenoit aussi pour
présages les voix de ceux
qu'onrencontroit en sortant
des mai sons, & sur
des mots prononcez par
hasard, on prenoit quelque
fois des resolutions tresimportantes.
Le Sénat Romainle
détermina a retablir Rome
brûlépar les Gaulois, sur
la voix d'un Centurion qui
crioit à l'Enseigne de sa
Compagnie,de planter le
Drapeau,& de rester, où il
estoit, quoy que cette voix
n'eut qu'un rapport imaginaire
au sujet dont il s'agilfoir.
Les Grecs nettoient pas
moins attachez à cette manie
que les Romains. Il y
avoit dans l'Achaïe un Temple
de Mercure où on le
consultoit d'une maniere
assez singuliere. Celuy qui
desiroitestre éclairci de son
fort
,
sapprochoit de la
Statue. de ce Dieu, & luy
disoit tout bas à l'oreille
ce qu'il vouloir fqavolr>
bouchant les siennes avec
ses doigts.Il sortoit du
Temple en la même posture,
& ne débouchait ses oreilles
que lors qu'il estoit au milieu
de la grande Place publique.
Alors il prenoic
pour la réponse de Mercure
les premieres paroles qu'il
entendoit.
Une autre espece de presage
étoit les tressaillemens
du coeur, des yeux & des
sourcils, qu'on appelloit
SaflifJauo.!
Les Pal pitations de coeur
spassoiiengt pounr unemauv.ais
Les tressaillemens de
l'oeil droit, estoient au
contraire un signe heureux.
-
L'engourdissement du petit
doigt de la main droite
ou letressaillement du pouce
de la main gauche, ne
signifioit au contraire rien
de favorable.
Les teintemens d'oreilles
& les bruits qu'on s'imaginoit
entendre , estoient P,¡..
reillement desprésagesassez
ordinaires. Les Anciens
disoient, comme le Peuple
le dit encoreaujourd'huy
,
que des personnes absentes
partaient d'eux.
Mais les éternuëmens
estoient des presages encore
plus anciens & plus autorisez.
Penelope entendant
son fils éternuer dans le
temps qu'elle disoit que son
Mari estant de retour sçauroit
bien tirer vengeance
des desordres que ses Amants
interessezfaisoient
dans sa maison
, en conçut
une esperance certaine de
l'accomplissement de ses
desirs.C'estoit alors un
sïgne toûjours avantageux.
C'est pourquoy les Grecs
l'appelloient l'oy seau ou
l'augure de Jupiter
,
s'imaginant
qu'il en estoit l'Auteur
,
& qu'ils devoient luy
en rendre graces dans
l'instant.
Ils tenoientmême l'éternuëment
pour un Dieu ou
une chose divine
,
suivant
Aristote. La raison que ce
Philosophe en apporte, cest
qu'ilest produit par lemouvement
ducerveau, & qu'il
est la marque de la sante de
cette partie la plus excellente
qui soit dans l'homme,
le siege de l'ame & de la
raison. Cependant leScholiaste
de Theocrite prétend
que l'éternuëment estoitun
presage. équivoque, qui
pouvoit estre bon & mauvais.
C'est pourquoy les
assistans avoient coûtume
de saluer la personne qui
éternuoit en faisant des Cou'"
haits pour sa conservation,
afindedétourner ce qu'il
pouroit y avoir de fâcheux.
Les Grecs se servoient de lar
formule
, que Jupiter HJOUÏ
conserve,comme nous disons
Dieu vous assiste.
En cff.[ les éternuëmens
du matin; c'etf à dire depuis
minuit jusqu'à midy
,
n'êtoient
pas avantageux; ita
devenoient meilleurs lereste
du jour. Entre les éternucmens,
on estimoit davantage
ceux qui venoient du
côté droic ; mais l'Amour
les rendoit toujours favorables
aux Amants de quelque
costé qu'ils vinssent, si
l'on en croit Catulle.
L'Esprit familier de Socrate
se servoit de cc presage
en diverses manieres
pour luy donner de bons
conseils. Quand un autre
éternuoit à sa droite,c'étoit
un figne qu'il dévoit
agit, & une deffense de le
faire quand on éternuoit à
sa gauche, &c.
Il n'est pas trop seur que
Socrate setoittoûjours bien
trouvé de suivre ces présages
; mais il paroist que cc
n'estoit pas unsigneinfaillible
pour tous les autres:
témoin ce mary donc il cff
fait mention dans une ancienne
Epigrame de l'Anthologie,
qui se plaint qu'-
ayant éternué prés d'un
Tombeau, plein d'esperance
d'apprendre bien-tost la
mort de sa femme, les vents
avoient emporté le présage.
On peut joindre aux
éternuëmens des accidents
aussi naturels & aussi ordinaires
, sçavoir les chutes
imprévues, foit des hommes
,soit des choses inanimées
sur lesquelles on faisoie
des prognostics. Un
des plus remarquables fut
celle de Camille, aprés la
prise de Veïes; voyant la
grande quantité de butin
qu'on avoir ramassé, il pria
les Dieux que si sa bonne
fortune & celle du peuple
Romain leur paroissoit excessive
,
de vouloir bien
adoucir la jalousie qu'elle
pouvoir causer en leur envoyant
quelque legere disgrace
,
s'estant tourné en
même temps pour faire son
adoration, il tomba, & l'onprit
la fuite de cetaccident
comme un presage de son
exil & de la prise de Rome,
qui arrivérent peu de temps
aprés.
La chute de Neron, en
recitant en public ces Vers
de l'Oedipe
, ma Femme ,
ma Mere, mon Pere
m'obligent de périr ,
,
fut
remarquée comme le signal
fatal de sa mort. On fit
lemême jugement durenversement
de statuës de ses
Dieux domestiquesqu'on
trouva par terre le premier
jour de Janvier. Ces presages
qui comprenoient la
chute
chute du tonnerre,&dautres
chosessemblables,s'appeloient
caduca auspicia.
C'en estoit un de pareille
nature de heurter le pied
contre le feiïil de laporte en
forçant; de rompre les cordons
de ses souliers, & de
se sentir retenu par sa robbc
en voulant se lever de son
siege; tout cela étoit pris à
mauvais augure. On remarque
quele jour que Tiberius
Gracchus futtué, il
s'estoit fort blessée au pied
au sortir de sa Inaifon,
ensorte que son soulier en
fut tout ensanglanté.
Larencontre decertaines
personnes &de certains animaux,
ne faisoit pas moins
d'impression sur les esprits
foibles & super sticieux. Un
, Ethiopien, un Eunuque, un
Nain,unhomme contrefait
qu'ils trouvoient le matin au
sortir de leur maison, les
effrayoit. & les faisoit rc:n.
trer. Auguste ne pouvoit
dissimuler l'horreur qu'il
, avoit pour ces monstres de
nature.
Les animaux qui porroient
bonheur estoient le liôfti
les fourmis, les abeilles, &e. Les animaux qui
présageoient des malheurs
estoient les serpens, les crocodilles
,
les renards, les
chiens, les chats, les singes,
les rats, les souris, belettes, "'le. Il y avoit àussi des
noms heureux & malheureux
, &c.
Pompée se sauvant en
Egypte apréslaBataille de
Pharsale
,
vit de loin en
abordant à Paphos dans
l'isle de Chypre,un grand
édifice dont il demanda le
nom au Pilote;ayant appris
que ion nom signifoit
- lemauvaisRoy,ilen détourna
les yeux avec douleur, consterné
d'un si triste presage.
Auguste tout au contraire,
en eut un qui le remplit
d'esperance d'une prochaine
victoire
,
s'avançant
vers Actium avec son
Année) il rencontra un
homme nommé Eutychus,
c'est à dire heureux, qui
conduisoit un Asne nommé
Nicon
,
c'est à dire victorieux.
Après le gain de la
Batailleil fit representer l'un
tz l'autre en bronze dansle
Temple qu'il fit bâtir sur le
lieu oùil avoit campé & où
il avoit fait cette heurcufc
rencontre.
On peut joindre aux noms
les couleurs qui avoient leurs
significations & leurs prefages.
Le blanc estoit le
symbole de la joyc, de la selicité
,
de l'innocence; le
noir estoit un signe de mort,
de chagrin ,de malheur; la
pourpre estoit la marque de
l'Empire & de la souveraiue
Puissance.
L'observation de la lumiere
de lampe n'estoit pas moins
frivole:onen tiroit des prog-
Donies,tant des changemens
de temps que de divers accidents.
C'estoitunsignede
pluye &de quelque agréable
avanture lors qu'elle étincelloit,
&qu'il se formoit autour
de la méche des manieres
de champignons; c'est
pourquoy on mêloit quelquefois
un peu de vin avec
l'huile pour la faire pétiller.
Non seulement les Femmes
& les Amants s'amusoient
à ces badineries; mais Tibere
même, au rapport de
Suetone
, quoy que dailleurs
il eût peu de Religion,
hafardoit sans balancer le
combat, lors qu'estans à la
teste d'une Armée & travaillant
la nuit dans sa Tente,
la lampe venoit à s'éteindre
tout à coup, ayant
éprouvé, disoit-il
, que ce
presagequiestoit particulier
pour sa Maison
,
luy avoir
toûjours esté favorable aussi
bien qu'à ses Ancestres.
Il y avoit une espece de
Jeu dont les Amants se fervoient
pour éprouver s'ils
estoient aimez de leurs Maîtresses
; c'estoit de faire claquer
des feüilles dans leurs
mains. Si le son qu'elles rendoient
estoit clair & perçant
ils auguroient bien de
leurs amours. Ils estoient
aussi fort contens lors qu'en
pressant des pepins de pommes
entre leurs doigts
,
ils,
les faisoientsauter jusqu'au
plafond de la chambre.
Le bruit que faisoit le
laurierjetté sur un foyer sacréestoit
pareillement un
heureux presage.
:
Voyons maintenant les,
occasions qui exigeoient une
attention particuliere aux
présages.
La mort estant si redoutable
à tous les hommes, ils
ne pouvoient pasestretranquilles
sur ce qui sembloit
la leur annoncer. Ily avoit
peu de gens qui ne s'imaginassent
en avoir des pressentimens
;mais celles des Princes
& des hommes illustres
interessant tout l'Etat, on
étudioit avec foin toutcequi
la précedoit,&l'on ne manquoit
pas de découvrir des
signes funebres qui en passoient
pour les avant - coureurs.
Tels qu'estoient des
Comètes& semblablesPheflomenes)
des Hiboux entendus
dans leurs Appartemens,
l'ouverture subite de
leurs tombeaux, ou des voix
plaintives qui en sortoienr,
les appellant par leur nom,
la rencontre imprévuë de
victimes lugubres échapées
des mains du Sacrificateur
qui les couvroit de sang,
leurs Palais, leurs Statuës, &
autres Monumens Publics
frapez de la foudre; quelques
discours faisant mention
de leur mort ou de leur
derniere volonté, ou de leur
successeur. Ainsi Neton faisant
réciter dans le Senat
une Harangue qu'il avoit
faire contre Vindex & les
conjurez,qui finissoit par ces
mots que les scelerats porteroient
la peine de leurs crimes,
& seroient bien tost une fin
tragique. Les Senateurs voulant
luy applaudir,&l'exciter
à la vengeance, secrierent,
faites Seigneur. Il accomplit
la Prophetie & périt
peu de temps après comme
il avoit vêcu.
Le Confu! Petilius sur aussi
sans y penser le Prophete
de son malheur,exhortant
les Soldats à s'emparer d'une
hauteur dont le nom êtoit
équivoqueà celuy de la
mort,leur dit qu'il estoitresolu
à la gagner avant la fin
du jour. L'événement confirma
le présage
,
ayantesté
tué à l'attaque de ce Posse;c;
Toutes ces especes de présages
dont les uns annonçoient
des choses agréa bles
èc avantageuses, les autres
des accidens trisses & funestes
estant des signes qu'on
croyoit envoyez aux hommes
de la part des Dieux
pour les avertir de ce qu'ils
devoient esperer ou craindre,
paroissoient inutiles à
moins qu'ils ne les observassent
& ne s'en fissent l'aplication
necessaire.
-
C'est aussi à quoy ils ne
manquoient pas lorsque le
présagerépondoit à leurs
voeux. Ils l'acceptoient sur
le champ avec joye & en
rendoient graces aux Dieux
qu'ils en croyoient les Auteurs
,les suppliant de vouloir
accomplir ce qu'ils avoientla
bonté de leur promettre
, & pour s'assurer
davantage de leur bonne
volonté ils leurendemandoient
de nouveaux qui
confirmassent les premiers.
Ils estoient au defcfpoir
lorsque dans le temps qu'il
leur apparoissoit un signe
favorable, on faisoit quelque
chose qui en détruisist
le bon-heur, ce qu'on appeloit
vituperare omen.
Au contraire, s'il arri-
Voit quelque accident qui
leur fit de la peine, & leur
parût de mauvaifc augure
ils en rejettoient l'idée avec
horreur; & prioient les
Dieux de détourner le malheur
dont ils estoient menacez
, ou de les faire retomber
sur la teste de leurs
ennemis; mais ils n'estoient
en droitde le faireque lorsque
le présage s'estoit presenté
à eux,ce qu'onappelloit
omen oblatium
,
s'ils
l'avoient demandé, il falloit
se soûmettre avec résignation
à la volonté divine.
Ceux qui dans le fond
du coeeur reconnoissoient la
vanité de toutes ces observations,
ne pouvoient cependant
se difpenfcr de suivre
l'usage comme les autrès.
Tout ceque la prudence
pouvoit leur permettre
estoit de donner un tour favorable
aux accidens sâcheux
qui leur arrivoient
pour empêcher les mauvailes
impressionsqu'ils pouvoient
eau fer dans l'esprit
de ceux qui en estoienttémoins.
Ainsi Jules Cesar
estant tombé en descendant
duVaisseauqui l'avoit
porté en Affrique
,
où il
alloit faire la guerre au reste
du party de Pompée,&apprehendant
que sa chute
Dallarmjic ses Soldats,eût
assez de presenced'esprit
pour tirer avantage de ce
mauvais augure ;
il embrassa
la terre, en disant, je te
tiens
,
Affrique,LaVistoire
qu'il yremporta fitconnoître
que tous ces signes funestes
n'estoient efficaces
que pour ceuxqui avoient
la foiblesse de les craindre.
Il y en avoit donc on tâchoit
d'arrester la malignite
par des remedes aussi ridicules.
Lorfquc deux amis 1
se promenoient ensemble,
une pierre quitomboitentredeux,
un enfant ou un
chien qui les separoit, estoit
un prognostic de la rupturede
leuramitié.
Pour empêcher l'effet,ils
marchoient sur la pierre,
frappoient le chien, ou donnoient
un soufflet à l'en- fant. On remedioit à peu prés
de la même maniere à la
malédiction pretenduë qu'
une Belette laissoit dans un
chemin qu'elle avoit traversé.
Les Gens superstitieux
qui lavoient apperçû Ce
donnoient bien de garde de
paner les premiers par cet
endroit qu'ils nenstent jetté
au delà trois pierres pour
renvoyer par ce, nombre
misterieux sur ce maudit animal
le malheur, qu'il leur
annonçoit, C'est dans cette
mêmevueque l'on attachoitaux
portes des Maisonslesoiseaux
de mau--
vais augure que l'on pouvoit
attrapper
C'estoit une coutume
observée à Rome de nerien
dire que d'agreable le premier
jour de Janvier, de
se saluer les uns les autres
avec des souhaits obligeants
de se faire de petits presens,
sur tout de miel & d'autres
douceurs, non seulement
comme des rélTIoignageSt
d'amitié&de politesse ; mais
aussi comme d'heureux présages
qui annonçoient le
bon- heur & la douceur de
la vie dont on joüiroit le
reste de l'année. La pensée
où ils estoient qu'on la
continuëroit comme on
l'avoit commencée
,
estoit
cause que la solemnité de
la feste qui devoit faire
cesser toute forte de travail
3< n'empêchoit pas que chaoun
ne fit quelque légere
fonébon de son emploi
pouréviter le préjugé honteux
de paresse &doisiveté
&c.#
- De peur de faire un extrait
trop long, j'obmet
icy plusieurs détails sçavans
& agréables sur la
superstition ancienne des
Sacrificateurs, des Magistrats&
des Généraux
dJArlnéè; par exemple.
Le Consul Paulus en
rentrant dans sa maison au
sortir du Senat où l'on avoit
résolu la guerre contre Persée
dernier Roi de Macedoine,
une petite fille qu'il avoit
vint au devant de luy les
larmes aux yeux;luy ayant
demandé lesujet de sa tristesse
, mon pere ,
dit-elle,
c'en est fait de Persa, c'estoit
le nom de sa petite chienne
qui venoit de mourir, alors
embrassant tendrement cet
ensant, ma chere fille, luy
ditil, j'accepte le Présage,
fècC»•••«*••••#«
Si les Anciens ont observé
religieusement les presages
dans lesaffaires publiques,ils
n'y ont pas esté moins attachez
dans les particulières
comme la naissance des ensans,
les mariages,les voyages
,
le lever, les repas ,
&
la pluspart des actions importantes
de leur vie,&c.
Livie estant grosse de
Tibère
,
après diverses autres
experiences, fit éclorrc
un oeuf dans sa main ,il en
sortitun poussin ayant une
très-belle crête ; qui fut
ensuite le prognostique de
l'Empire qui luy efloie
destiné. Géra vint apporter
à l'Imperatrice Julie sa
mercj un oeuf couleur de
Pourpre, qu'on disoit clîre
nouvellement pondu dans
le Palais. Cette couleur
estant la livrée del'Empire,
sembloit le promettre au
nouveau Prince; c'estoit
aussi l'intention de ceuxqui
l'avaient presenté,&l'Impératrice
l'avoir accepté
dans ce même sens. Mais
Caracalle encore enfant
ayant pris cet oeuf,&l'ayant
caúé
,
Julies'écria, quoyqu'enriant,
mauditparricide
tu as tuëtonfrere On prétend
que Severe, qui estoit present
>
fort adonné aux Présages,
fut plus vivement
touché de ces paroles - ,
qu'aucun des assistans qui
n'en firent l'application, &
peut estre le récit que lorsque
Géra eut esté tue pas
son frere.
Mr l'Abbé Simon fait
ensuite le détail des superstitions
anciennes sur
les Mariages ; on peut
tous les presages heureux
, & que les Devins
habiles prédisoient plus
de malheur aux époux
que de bonheur
,
afin
queleur prédictions sur.
sent plus seurement accomplies
Voici quelques maximes
qu'on suivoit dans les repas,
par exemple de ne point parler
d'incendies, de ne point
laisser la table vuide ou sans
sel, prendre garde de ne le
point répandre ( superstition
qui ricflpas tricote abolie)de
ne point balayer la table
lorsque quelqu'un des conviez
se leveroit de table, &:
de ne point défervir lorsqu'il
buvoit, de regler le
nombre des Conviez, &
des coups quel'on buvoic
à trois ou à neuf en l'honneur
des Graces &des Muses
; mais cette rcglc n'é-
,.toit pas sans exception. Il
cfl: constant que les Romains
estoient souvent douze
à une même table, mais
ils ne pouvoient y estre gueres
davantage sans incommodité
; c'est peur estre l'arigine
de la fatalité qu'on
attribue encore aujourdhuy
au nombre de
1 3. &c.
Je passe pour abreger
sur les présages qu'ils
croyoient leur annoncer
la mort, lesCommettes
les Hiboux.
Ensuite Mr l'AbbéSimon
explique la manière
dont ils acceptaient
les bons présages,& celle
dont ils se servoient
pour détourner les maiw
vais, & finit en observant
que la superstition
des présàges ayant cessé
par letabliflement de la
Religion chrétienne,il
reste pourtant encore
parmy le Peuple, des vestiges
de ces observations
fuperftitieulcs
, qui étoient
en usage dans
l'Antiquité.
DuDiscoursdeM.l'Abbé
Simon, dans la derniere
Assemblée de
l'Academie des Medailles
& lnscriptions.
SVRLESPRESAGES.
Ordre & Division du <
Discours. L'origine & les causes de
l'oblervation des Presages,
les diverses Efpcces
,
les
occasions ausquelles on y
avoit 1ccours & ce qui
estoit necessaire pour les
faire valoir ou pour les détruire.
Mr l'Abbé Simon trouve
la premiere Origine
de la superstition des Présages
dans la foiblesse de 0l'homme, dont la curiosité
veut penetrer l'avenir
, & dont l'orgüeil
veut abaisser jusques à
luy l'Estre suprême à qui
rien n'est caché.
Les Philosophes rcconnoi{
fJot uneintelligence suprême,
infinimentdistante
de la leur, luy subordonnerent
des Divinitecz éclairées
immediatement de ses
lumieres, qu'elles répandoienc
sur d'autres génies.
jnferieurs placez au -
dessous
d'elles dans tous les élemens ;
ceux-cy plus à portée d'entretenir
commerce avec les
hommes se plaisoient, disoient-
ils, à leurcommuniquer
ce qu'ilssçavoient de
l'avenir, & à leur donner
des pressentiments de ce qui
devoit leur arriver,&c.
La science des Presages
est apparemment aussi an
cienne que l'Idolâtrie ; cc
qu'il y a de certain c'est que
les anciens ~ha bitans de la
Palestine en estoient infectez
dés le temps de Moyse,qui
sir ~daffensc aux Israëlites de
suivre l'exemple des Nations,
dont ils alloient posseder
le pays, qui écoutoient,
dit-il, les Augures
& les Devins.
Mrl'AbbéSimon distingue
icy la confiance
du peupledeDieu en ses
Prophetes, d'avec la credulité
superstitieuse des
peuples idolâtres pour les
Presages. Il marqueainsi
le caractere des derniers.
Lorsque la prudence humaine
estl en défaut
,
elle a
recours à une intelligence
superieure capable de fixer
sonincertitude & de relever
son courage dans les occafions
embarasantes & dans:
les périlspressants.
AinsiUlisse ne sçachant si
tes Dieux qui l'avoient perfccuté
si long-temps sur
terre & sur mer, approuvoient
enfin son retour en
sa patrie & le dessein hasardeux
qu'il méditoit, prie Jupiter
de luy faire connoître
sa volonté par la voix de
quelqu'un de ceux qui veilloientalors
dans la maison,
& par un prodige au dehors.
Un cou p de tonnerre qui
éclata en même temps le
remplit de joye &fa crainte
se dissipa entierement, entendant
une femme qui
bluttoit de la farine
,
& qui
rebutée de ce travail souhaitoit
que le festin qu'on préparoit
aux Amans de Penclope,
fust le dernier de leur
vie. Ces imprécations luy
parurent un Presagecertain
de la fin malheureuse de ses
ennemis & du succés de sa
vangeance.
Des signes semblables
que le hasard faisoit quelquefois
paroître comme à
point nommé aux voeux
des Suppliants, les convainquirent
de la vigilance des
Dieux toûjours attentifs à
répondre à leurs constations,
& engagez pour ainsi
dire, par le devoir de leur
ministére à leur donner des
pressentiments de ce qui devoit
leur arriver.
Cette persuasion lesobligea
à observer plus religieusement
toutce qu'ils entendoient
& ce qui se presentoit
à eux dans le moment qu'ils
formoient quelque entreprise,&
leursespritsremplis
de leurs projets n'avaient
pas de peine à découvrir
dans tout ce qui paroissoit
des marques évidentes de
l'évenement dont ils vouloient
estre éclaircis; semblablcs
à ceux qui regardent
attentivement des nuages&
quiy voyent tout ce que
leur imagination leur represente.
Cependant pour s'assurer
de leurs conjectures ils ne
manquoient pas quand les
choses estoient arrivées de
confronter les évenements
avec les prognostics, & de
tâcher de les concilier en semble,
lors que la fortune ne
ses faisoit pas quadrcr assez
juste. En cette maniere on
interprétoit les Oracles ,
& encore au jourd'huy des
gens prévenus en faveur de
certaines pretendues Propheties
,
s'imaginent entrevoir
dans leur obscurité
affectée toutes les grandes
révolutions qui arrivent
dans le monde.
Je paffe icy une fuite
de Remarques judicieuses
, par où l'on voit l'é.
tablissement des Presages
dont les Egyptiens
ont fait un Art oùils
ontexcellé,&: qu'ils ont
transmis aux Grecs, 6c
qui a elle soutenu en.
suite par l'autorité des
hommes les plus graves
& les plus éclairez, qui
en faisoient un des articles
de leur religion. Pithagore
& ses Disciples,
Socrate , Platon, Xeno- phon,&c.
Ensuite les Hetrusques
ont appris cet Arc
aux Romains,&c.
Aprés avoir marque
l'origine & l'établissement
des Presages, Mr
l'Abbé Simon en explique
les especes. La necessité
d'abréger m'oblige
à ne dire qu'un
mot de chacune.
La première espece de
Presage se tiroit des paroles,
les voix qu'onentendoit
Anî sçavoir d'où elles venoient,
passoient pour divines,
telle sur celle qui arresta
leContul Mancinus,
prest de s'embarquer pour
l'expedition de Numance où iléchoüa. honteusement,.
On peut mettre au même
rang ces voix effroyantes &
ces cris lugubres qu'on
entendoit dans les bois,
on les attribuoit aux Faunes,
& l'on croyoit qu'elles annonçoient
des accidents funestes.
On prenoit aussi pour
présages les voix de ceux
qu'onrencontroit en sortant
des mai sons, & sur
des mots prononcez par
hasard, on prenoit quelque
fois des resolutions tresimportantes.
Le Sénat Romainle
détermina a retablir Rome
brûlépar les Gaulois, sur
la voix d'un Centurion qui
crioit à l'Enseigne de sa
Compagnie,de planter le
Drapeau,& de rester, où il
estoit, quoy que cette voix
n'eut qu'un rapport imaginaire
au sujet dont il s'agilfoir.
Les Grecs nettoient pas
moins attachez à cette manie
que les Romains. Il y
avoit dans l'Achaïe un Temple
de Mercure où on le
consultoit d'une maniere
assez singuliere. Celuy qui
desiroitestre éclairci de son
fort
,
sapprochoit de la
Statue. de ce Dieu, & luy
disoit tout bas à l'oreille
ce qu'il vouloir fqavolr>
bouchant les siennes avec
ses doigts.Il sortoit du
Temple en la même posture,
& ne débouchait ses oreilles
que lors qu'il estoit au milieu
de la grande Place publique.
Alors il prenoic
pour la réponse de Mercure
les premieres paroles qu'il
entendoit.
Une autre espece de presage
étoit les tressaillemens
du coeur, des yeux & des
sourcils, qu'on appelloit
SaflifJauo.!
Les Pal pitations de coeur
spassoiiengt pounr unemauv.ais
Les tressaillemens de
l'oeil droit, estoient au
contraire un signe heureux.
-
L'engourdissement du petit
doigt de la main droite
ou letressaillement du pouce
de la main gauche, ne
signifioit au contraire rien
de favorable.
Les teintemens d'oreilles
& les bruits qu'on s'imaginoit
entendre , estoient P,¡..
reillement desprésagesassez
ordinaires. Les Anciens
disoient, comme le Peuple
le dit encoreaujourd'huy
,
que des personnes absentes
partaient d'eux.
Mais les éternuëmens
estoient des presages encore
plus anciens & plus autorisez.
Penelope entendant
son fils éternuer dans le
temps qu'elle disoit que son
Mari estant de retour sçauroit
bien tirer vengeance
des desordres que ses Amants
interessezfaisoient
dans sa maison
, en conçut
une esperance certaine de
l'accomplissement de ses
desirs.C'estoit alors un
sïgne toûjours avantageux.
C'est pourquoy les Grecs
l'appelloient l'oy seau ou
l'augure de Jupiter
,
s'imaginant
qu'il en estoit l'Auteur
,
& qu'ils devoient luy
en rendre graces dans
l'instant.
Ils tenoientmême l'éternuëment
pour un Dieu ou
une chose divine
,
suivant
Aristote. La raison que ce
Philosophe en apporte, cest
qu'ilest produit par lemouvement
ducerveau, & qu'il
est la marque de la sante de
cette partie la plus excellente
qui soit dans l'homme,
le siege de l'ame & de la
raison. Cependant leScholiaste
de Theocrite prétend
que l'éternuëment estoitun
presage. équivoque, qui
pouvoit estre bon & mauvais.
C'est pourquoy les
assistans avoient coûtume
de saluer la personne qui
éternuoit en faisant des Cou'"
haits pour sa conservation,
afindedétourner ce qu'il
pouroit y avoir de fâcheux.
Les Grecs se servoient de lar
formule
, que Jupiter HJOUÏ
conserve,comme nous disons
Dieu vous assiste.
En cff.[ les éternuëmens
du matin; c'etf à dire depuis
minuit jusqu'à midy
,
n'êtoient
pas avantageux; ita
devenoient meilleurs lereste
du jour. Entre les éternucmens,
on estimoit davantage
ceux qui venoient du
côté droic ; mais l'Amour
les rendoit toujours favorables
aux Amants de quelque
costé qu'ils vinssent, si
l'on en croit Catulle.
L'Esprit familier de Socrate
se servoit de cc presage
en diverses manieres
pour luy donner de bons
conseils. Quand un autre
éternuoit à sa droite,c'étoit
un figne qu'il dévoit
agit, & une deffense de le
faire quand on éternuoit à
sa gauche, &c.
Il n'est pas trop seur que
Socrate setoittoûjours bien
trouvé de suivre ces présages
; mais il paroist que cc
n'estoit pas unsigneinfaillible
pour tous les autres:
témoin ce mary donc il cff
fait mention dans une ancienne
Epigrame de l'Anthologie,
qui se plaint qu'-
ayant éternué prés d'un
Tombeau, plein d'esperance
d'apprendre bien-tost la
mort de sa femme, les vents
avoient emporté le présage.
On peut joindre aux
éternuëmens des accidents
aussi naturels & aussi ordinaires
, sçavoir les chutes
imprévues, foit des hommes
,soit des choses inanimées
sur lesquelles on faisoie
des prognostics. Un
des plus remarquables fut
celle de Camille, aprés la
prise de Veïes; voyant la
grande quantité de butin
qu'on avoir ramassé, il pria
les Dieux que si sa bonne
fortune & celle du peuple
Romain leur paroissoit excessive
,
de vouloir bien
adoucir la jalousie qu'elle
pouvoir causer en leur envoyant
quelque legere disgrace
,
s'estant tourné en
même temps pour faire son
adoration, il tomba, & l'onprit
la fuite de cetaccident
comme un presage de son
exil & de la prise de Rome,
qui arrivérent peu de temps
aprés.
La chute de Neron, en
recitant en public ces Vers
de l'Oedipe
, ma Femme ,
ma Mere, mon Pere
m'obligent de périr ,
,
fut
remarquée comme le signal
fatal de sa mort. On fit
lemême jugement durenversement
de statuës de ses
Dieux domestiquesqu'on
trouva par terre le premier
jour de Janvier. Ces presages
qui comprenoient la
chute
chute du tonnerre,&dautres
chosessemblables,s'appeloient
caduca auspicia.
C'en estoit un de pareille
nature de heurter le pied
contre le feiïil de laporte en
forçant; de rompre les cordons
de ses souliers, & de
se sentir retenu par sa robbc
en voulant se lever de son
siege; tout cela étoit pris à
mauvais augure. On remarque
quele jour que Tiberius
Gracchus futtué, il
s'estoit fort blessée au pied
au sortir de sa Inaifon,
ensorte que son soulier en
fut tout ensanglanté.
Larencontre decertaines
personnes &de certains animaux,
ne faisoit pas moins
d'impression sur les esprits
foibles & super sticieux. Un
, Ethiopien, un Eunuque, un
Nain,unhomme contrefait
qu'ils trouvoient le matin au
sortir de leur maison, les
effrayoit. & les faisoit rc:n.
trer. Auguste ne pouvoit
dissimuler l'horreur qu'il
, avoit pour ces monstres de
nature.
Les animaux qui porroient
bonheur estoient le liôfti
les fourmis, les abeilles, &e. Les animaux qui
présageoient des malheurs
estoient les serpens, les crocodilles
,
les renards, les
chiens, les chats, les singes,
les rats, les souris, belettes, "'le. Il y avoit àussi des
noms heureux & malheureux
, &c.
Pompée se sauvant en
Egypte apréslaBataille de
Pharsale
,
vit de loin en
abordant à Paphos dans
l'isle de Chypre,un grand
édifice dont il demanda le
nom au Pilote;ayant appris
que ion nom signifoit
- lemauvaisRoy,ilen détourna
les yeux avec douleur, consterné
d'un si triste presage.
Auguste tout au contraire,
en eut un qui le remplit
d'esperance d'une prochaine
victoire
,
s'avançant
vers Actium avec son
Année) il rencontra un
homme nommé Eutychus,
c'est à dire heureux, qui
conduisoit un Asne nommé
Nicon
,
c'est à dire victorieux.
Après le gain de la
Batailleil fit representer l'un
tz l'autre en bronze dansle
Temple qu'il fit bâtir sur le
lieu oùil avoit campé & où
il avoit fait cette heurcufc
rencontre.
On peut joindre aux noms
les couleurs qui avoient leurs
significations & leurs prefages.
Le blanc estoit le
symbole de la joyc, de la selicité
,
de l'innocence; le
noir estoit un signe de mort,
de chagrin ,de malheur; la
pourpre estoit la marque de
l'Empire & de la souveraiue
Puissance.
L'observation de la lumiere
de lampe n'estoit pas moins
frivole:onen tiroit des prog-
Donies,tant des changemens
de temps que de divers accidents.
C'estoitunsignede
pluye &de quelque agréable
avanture lors qu'elle étincelloit,
&qu'il se formoit autour
de la méche des manieres
de champignons; c'est
pourquoy on mêloit quelquefois
un peu de vin avec
l'huile pour la faire pétiller.
Non seulement les Femmes
& les Amants s'amusoient
à ces badineries; mais Tibere
même, au rapport de
Suetone
, quoy que dailleurs
il eût peu de Religion,
hafardoit sans balancer le
combat, lors qu'estans à la
teste d'une Armée & travaillant
la nuit dans sa Tente,
la lampe venoit à s'éteindre
tout à coup, ayant
éprouvé, disoit-il
, que ce
presagequiestoit particulier
pour sa Maison
,
luy avoir
toûjours esté favorable aussi
bien qu'à ses Ancestres.
Il y avoit une espece de
Jeu dont les Amants se fervoient
pour éprouver s'ils
estoient aimez de leurs Maîtresses
; c'estoit de faire claquer
des feüilles dans leurs
mains. Si le son qu'elles rendoient
estoit clair & perçant
ils auguroient bien de
leurs amours. Ils estoient
aussi fort contens lors qu'en
pressant des pepins de pommes
entre leurs doigts
,
ils,
les faisoientsauter jusqu'au
plafond de la chambre.
Le bruit que faisoit le
laurierjetté sur un foyer sacréestoit
pareillement un
heureux presage.
:
Voyons maintenant les,
occasions qui exigeoient une
attention particuliere aux
présages.
La mort estant si redoutable
à tous les hommes, ils
ne pouvoient pasestretranquilles
sur ce qui sembloit
la leur annoncer. Ily avoit
peu de gens qui ne s'imaginassent
en avoir des pressentimens
;mais celles des Princes
& des hommes illustres
interessant tout l'Etat, on
étudioit avec foin toutcequi
la précedoit,&l'on ne manquoit
pas de découvrir des
signes funebres qui en passoient
pour les avant - coureurs.
Tels qu'estoient des
Comètes& semblablesPheflomenes)
des Hiboux entendus
dans leurs Appartemens,
l'ouverture subite de
leurs tombeaux, ou des voix
plaintives qui en sortoienr,
les appellant par leur nom,
la rencontre imprévuë de
victimes lugubres échapées
des mains du Sacrificateur
qui les couvroit de sang,
leurs Palais, leurs Statuës, &
autres Monumens Publics
frapez de la foudre; quelques
discours faisant mention
de leur mort ou de leur
derniere volonté, ou de leur
successeur. Ainsi Neton faisant
réciter dans le Senat
une Harangue qu'il avoit
faire contre Vindex & les
conjurez,qui finissoit par ces
mots que les scelerats porteroient
la peine de leurs crimes,
& seroient bien tost une fin
tragique. Les Senateurs voulant
luy applaudir,&l'exciter
à la vengeance, secrierent,
faites Seigneur. Il accomplit
la Prophetie & périt
peu de temps après comme
il avoit vêcu.
Le Confu! Petilius sur aussi
sans y penser le Prophete
de son malheur,exhortant
les Soldats à s'emparer d'une
hauteur dont le nom êtoit
équivoqueà celuy de la
mort,leur dit qu'il estoitresolu
à la gagner avant la fin
du jour. L'événement confirma
le présage
,
ayantesté
tué à l'attaque de ce Posse;c;
Toutes ces especes de présages
dont les uns annonçoient
des choses agréa bles
èc avantageuses, les autres
des accidens trisses & funestes
estant des signes qu'on
croyoit envoyez aux hommes
de la part des Dieux
pour les avertir de ce qu'ils
devoient esperer ou craindre,
paroissoient inutiles à
moins qu'ils ne les observassent
& ne s'en fissent l'aplication
necessaire.
-
C'est aussi à quoy ils ne
manquoient pas lorsque le
présagerépondoit à leurs
voeux. Ils l'acceptoient sur
le champ avec joye & en
rendoient graces aux Dieux
qu'ils en croyoient les Auteurs
,les suppliant de vouloir
accomplir ce qu'ils avoientla
bonté de leur promettre
, & pour s'assurer
davantage de leur bonne
volonté ils leurendemandoient
de nouveaux qui
confirmassent les premiers.
Ils estoient au defcfpoir
lorsque dans le temps qu'il
leur apparoissoit un signe
favorable, on faisoit quelque
chose qui en détruisist
le bon-heur, ce qu'on appeloit
vituperare omen.
Au contraire, s'il arri-
Voit quelque accident qui
leur fit de la peine, & leur
parût de mauvaifc augure
ils en rejettoient l'idée avec
horreur; & prioient les
Dieux de détourner le malheur
dont ils estoient menacez
, ou de les faire retomber
sur la teste de leurs
ennemis; mais ils n'estoient
en droitde le faireque lorsque
le présage s'estoit presenté
à eux,ce qu'onappelloit
omen oblatium
,
s'ils
l'avoient demandé, il falloit
se soûmettre avec résignation
à la volonté divine.
Ceux qui dans le fond
du coeeur reconnoissoient la
vanité de toutes ces observations,
ne pouvoient cependant
se difpenfcr de suivre
l'usage comme les autrès.
Tout ceque la prudence
pouvoit leur permettre
estoit de donner un tour favorable
aux accidens sâcheux
qui leur arrivoient
pour empêcher les mauvailes
impressionsqu'ils pouvoient
eau fer dans l'esprit
de ceux qui en estoienttémoins.
Ainsi Jules Cesar
estant tombé en descendant
duVaisseauqui l'avoit
porté en Affrique
,
où il
alloit faire la guerre au reste
du party de Pompée,&apprehendant
que sa chute
Dallarmjic ses Soldats,eût
assez de presenced'esprit
pour tirer avantage de ce
mauvais augure ;
il embrassa
la terre, en disant, je te
tiens
,
Affrique,LaVistoire
qu'il yremporta fitconnoître
que tous ces signes funestes
n'estoient efficaces
que pour ceuxqui avoient
la foiblesse de les craindre.
Il y en avoit donc on tâchoit
d'arrester la malignite
par des remedes aussi ridicules.
Lorfquc deux amis 1
se promenoient ensemble,
une pierre quitomboitentredeux,
un enfant ou un
chien qui les separoit, estoit
un prognostic de la rupturede
leuramitié.
Pour empêcher l'effet,ils
marchoient sur la pierre,
frappoient le chien, ou donnoient
un soufflet à l'en- fant. On remedioit à peu prés
de la même maniere à la
malédiction pretenduë qu'
une Belette laissoit dans un
chemin qu'elle avoit traversé.
Les Gens superstitieux
qui lavoient apperçû Ce
donnoient bien de garde de
paner les premiers par cet
endroit qu'ils nenstent jetté
au delà trois pierres pour
renvoyer par ce, nombre
misterieux sur ce maudit animal
le malheur, qu'il leur
annonçoit, C'est dans cette
mêmevueque l'on attachoitaux
portes des Maisonslesoiseaux
de mau--
vais augure que l'on pouvoit
attrapper
C'estoit une coutume
observée à Rome de nerien
dire que d'agreable le premier
jour de Janvier, de
se saluer les uns les autres
avec des souhaits obligeants
de se faire de petits presens,
sur tout de miel & d'autres
douceurs, non seulement
comme des rélTIoignageSt
d'amitié&de politesse ; mais
aussi comme d'heureux présages
qui annonçoient le
bon- heur & la douceur de
la vie dont on joüiroit le
reste de l'année. La pensée
où ils estoient qu'on la
continuëroit comme on
l'avoit commencée
,
estoit
cause que la solemnité de
la feste qui devoit faire
cesser toute forte de travail
3< n'empêchoit pas que chaoun
ne fit quelque légere
fonébon de son emploi
pouréviter le préjugé honteux
de paresse &doisiveté
&c.#
- De peur de faire un extrait
trop long, j'obmet
icy plusieurs détails sçavans
& agréables sur la
superstition ancienne des
Sacrificateurs, des Magistrats&
des Généraux
dJArlnéè; par exemple.
Le Consul Paulus en
rentrant dans sa maison au
sortir du Senat où l'on avoit
résolu la guerre contre Persée
dernier Roi de Macedoine,
une petite fille qu'il avoit
vint au devant de luy les
larmes aux yeux;luy ayant
demandé lesujet de sa tristesse
, mon pere ,
dit-elle,
c'en est fait de Persa, c'estoit
le nom de sa petite chienne
qui venoit de mourir, alors
embrassant tendrement cet
ensant, ma chere fille, luy
ditil, j'accepte le Présage,
fècC»•••«*••••#«
Si les Anciens ont observé
religieusement les presages
dans lesaffaires publiques,ils
n'y ont pas esté moins attachez
dans les particulières
comme la naissance des ensans,
les mariages,les voyages
,
le lever, les repas ,
&
la pluspart des actions importantes
de leur vie,&c.
Livie estant grosse de
Tibère
,
après diverses autres
experiences, fit éclorrc
un oeuf dans sa main ,il en
sortitun poussin ayant une
très-belle crête ; qui fut
ensuite le prognostique de
l'Empire qui luy efloie
destiné. Géra vint apporter
à l'Imperatrice Julie sa
mercj un oeuf couleur de
Pourpre, qu'on disoit clîre
nouvellement pondu dans
le Palais. Cette couleur
estant la livrée del'Empire,
sembloit le promettre au
nouveau Prince; c'estoit
aussi l'intention de ceuxqui
l'avaient presenté,&l'Impératrice
l'avoir accepté
dans ce même sens. Mais
Caracalle encore enfant
ayant pris cet oeuf,&l'ayant
caúé
,
Julies'écria, quoyqu'enriant,
mauditparricide
tu as tuëtonfrere On prétend
que Severe, qui estoit present
>
fort adonné aux Présages,
fut plus vivement
touché de ces paroles - ,
qu'aucun des assistans qui
n'en firent l'application, &
peut estre le récit que lorsque
Géra eut esté tue pas
son frere.
Mr l'Abbé Simon fait
ensuite le détail des superstitions
anciennes sur
les Mariages ; on peut
tous les presages heureux
, & que les Devins
habiles prédisoient plus
de malheur aux époux
que de bonheur
,
afin
queleur prédictions sur.
sent plus seurement accomplies
Voici quelques maximes
qu'on suivoit dans les repas,
par exemple de ne point parler
d'incendies, de ne point
laisser la table vuide ou sans
sel, prendre garde de ne le
point répandre ( superstition
qui ricflpas tricote abolie)de
ne point balayer la table
lorsque quelqu'un des conviez
se leveroit de table, &:
de ne point défervir lorsqu'il
buvoit, de regler le
nombre des Conviez, &
des coups quel'on buvoic
à trois ou à neuf en l'honneur
des Graces &des Muses
; mais cette rcglc n'é-
,.toit pas sans exception. Il
cfl: constant que les Romains
estoient souvent douze
à une même table, mais
ils ne pouvoient y estre gueres
davantage sans incommodité
; c'est peur estre l'arigine
de la fatalité qu'on
attribue encore aujourdhuy
au nombre de
1 3. &c.
Je passe pour abreger
sur les présages qu'ils
croyoient leur annoncer
la mort, lesCommettes
les Hiboux.
Ensuite Mr l'AbbéSimon
explique la manière
dont ils acceptaient
les bons présages,& celle
dont ils se servoient
pour détourner les maiw
vais, & finit en observant
que la superstition
des présàges ayant cessé
par letabliflement de la
Religion chrétienne,il
reste pourtant encore
parmy le Peuple, des vestiges
de ces observations
fuperftitieulcs
, qui étoient
en usage dans
l'Antiquité.
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Résumé : EXTRAIT Du Discours de M. l'Abbé Simon, dans la derniere Assemblée de l'Academie des Medailles & Inscriptions. SUR LES PRESAGES.
Dans son discours à l'Académie des Médailles et Inscriptions, l'abbé Simon examine l'origine et les causes de l'observation des présages. Il attribue la superstition des présages à la curiosité et à l'orgueil humains, qui cherchent à pénétrer l'avenir et à abaisser l'Etre suprême. Les philosophes anciens reconnaissaient une intelligence suprême et lui subordonnaient des divinités éclairées, qui communiquaient des pressentiments aux hommes. La science des présages est aussi ancienne que l'idolâtrie. Les anciens habitants de la Palestine étaient déjà infectés par cette croyance du temps de Moïse, qui mettait en garde les Israélites contre les augures et les devins. Simon distingue la confiance des Israélites en leurs prophètes de la crédulité superstitieuse des peuples idolâtres. Les présages étaient souvent interprétés dans des moments de prudence humaine en défaut, comme dans le cas d'Ulysse cherchant des signes divins pour son retour. Les signes naturels ou fortuits, comme des cris ou des chutes, étaient interprétés comme des présages. Les Grecs et les Romains attachaient une grande importance à ces signes, souvent utilisés pour prendre des décisions importantes. Simon mentionne diverses espèces de présages, tels que les paroles entendues sans savoir d'où elles venaient, les tressaillements du corps, les éternuements, et les chutes. Chaque signe avait une interprétation spécifique, souvent liée à des événements futurs. Les animaux, les noms, et les couleurs avaient également des significations particulières dans la divination. Les Romains accordaient une grande importance aux présages dans divers aspects de leur vie, qu'il s'agisse de la mort, des naissances, des mariages, des voyages ou des repas. Certains présages positifs incluaient le bruit clair des feuilles froissées, les pépins de pomme sautant haut, ou le bruit du laurier sur un foyer sacré. En revanche, des signes comme les comètes, les hiboux, ou des voix plaintives étaient perçus comme des mauvais augures. Les princes et les hommes illustres étaient particulièrement attentifs à ces signes, car leur mort affectait l'État entier. Les Romains tentaient de neutraliser les mauvais présages par divers rituels. Par exemple, Jules César, après être tombé en descendant de son vaisseau, embrassa la terre pour contrer le mauvais augure. D'autres superstitions incluaient marcher sur une pierre tombée entre deux amis pour éviter la rupture de leur amitié, ou jeter des pierres sur une belette croisée sur un chemin. Les Romains observaient également des coutumes spécifiques pour attirer la chance, comme échanger des vœux et des présents le premier jour de janvier. Les superstitions étaient également présentes dans les repas, avec des règles strictes sur la manière de se comporter à table. La superstition des présages a diminué avec l'établissement de la religion chrétienne, bien que certains vestiges subsistent encore parmi le peuple.
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316
p. 133-137
Ceremonie faite par l'Electeur de Cologne.
Début :
Le Serenissime Electeur du S. Empire Romain, Joseph-Clement, Archevesque [...]
Mots clefs :
Prince, Messe, Cologne
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonie faite par l'Electeur de Cologne.
Ceremonie faiteparl*Electîeurde
Cologne.
Le Serenissïme Electeur
du S.Empire Romain,
Joseph-Clement
,
Archevesque
de Cologne, Legat
né du S. Siege Apostolique
&c. célébra à Paris
pontifie,lement le c. Février
1711. sa millième
Messe
,
suivant un usage
pieux observé parmy les
Trelats d'Allemagne. Pour
cet effetayant envoyé un
de ses Officiers prier de sa
part Mgr le Cardinal de
Noailles d'avoir agreable
que pour cette célébration
ce Prince put officier pontisicalement
dans son Dioccfc,
sois Eminencerépondit
que Son A. S. pouvoit
disposerde toute son autorité
qu'elle luy remettoit
avec un extrêmeplailîr.
L'Eglisè du Val de Grâce
ayantesté choisie,SonA.
S.s'yrenditJe?.de Février,
ê~ aprèsavoir salué 1-Ab
beuea ion parloir,ilentra
dans l'Eglisesuinvi d'ungrand
nombre d'Ecclesiastiques,
& de sesOfficiers,
8c estantmonté sur un
throne préparé du cofté de
l'Evangile
,
il futrevestu
de ses habits Pontificaux,
& celebra la Messe chantée
par la Musiquesous la conduite
du Sieur Beauregard,
Maistre de la Musique de
la Chapelle de ce Prince.
On remarqua trois choses
singulieres danscette Mes-
Cej la premicre c'est qu'après
la Communion
, Son
A S. entonna le Te Deum
qui futcontinué par la
Musique ; la leçonde que
pendantque l'Electeurdonnoit
les bencd ¡¿lions,l'ACo.
filiant cria à haute voix,
humiliâte njos ad benediftiomm
;
la troisiéme & la plus,
remarquable
,
& qu'on
croyoit ne s'observer qu à
l'exaltation du SaintPere,
c'est qu'après la Messe le
Prince estant remonte sur
le throne revestu pontificalement,
le Prestre assistant
lfuilyacéducollédel'Epiûréi.
fdi-t à h~aute voix ad\ multos
mulos annos & s'estant a..
vance à trois reprises
,
il
allaluy baiser la main, &
recevoir sa bénédiction,cc
que firent aussi tous ceux
de sa Cour Aprés la Messe
Son A. S. alla du costé de
la grille où reposent les
coeurs de la Reine & de Me
la Dauphine, sasoeur, où
il fit sa priere pour le repos
de leurs ames. -
Histoiregenerale
Cologne.
Le Serenissïme Electeur
du S.Empire Romain,
Joseph-Clement
,
Archevesque
de Cologne, Legat
né du S. Siege Apostolique
&c. célébra à Paris
pontifie,lement le c. Février
1711. sa millième
Messe
,
suivant un usage
pieux observé parmy les
Trelats d'Allemagne. Pour
cet effetayant envoyé un
de ses Officiers prier de sa
part Mgr le Cardinal de
Noailles d'avoir agreable
que pour cette célébration
ce Prince put officier pontisicalement
dans son Dioccfc,
sois Eminencerépondit
que Son A. S. pouvoit
disposerde toute son autorité
qu'elle luy remettoit
avec un extrêmeplailîr.
L'Eglisè du Val de Grâce
ayantesté choisie,SonA.
S.s'yrenditJe?.de Février,
ê~ aprèsavoir salué 1-Ab
beuea ion parloir,ilentra
dans l'Eglisesuinvi d'ungrand
nombre d'Ecclesiastiques,
& de sesOfficiers,
8c estantmonté sur un
throne préparé du cofté de
l'Evangile
,
il futrevestu
de ses habits Pontificaux,
& celebra la Messe chantée
par la Musiquesous la conduite
du Sieur Beauregard,
Maistre de la Musique de
la Chapelle de ce Prince.
On remarqua trois choses
singulieres danscette Mes-
Cej la premicre c'est qu'après
la Communion
, Son
A S. entonna le Te Deum
qui futcontinué par la
Musique ; la leçonde que
pendantque l'Electeurdonnoit
les bencd ¡¿lions,l'ACo.
filiant cria à haute voix,
humiliâte njos ad benediftiomm
;
la troisiéme & la plus,
remarquable
,
& qu'on
croyoit ne s'observer qu à
l'exaltation du SaintPere,
c'est qu'après la Messe le
Prince estant remonte sur
le throne revestu pontificalement,
le Prestre assistant
lfuilyacéducollédel'Epiûréi.
fdi-t à h~aute voix ad\ multos
mulos annos & s'estant a..
vance à trois reprises
,
il
allaluy baiser la main, &
recevoir sa bénédiction,cc
que firent aussi tous ceux
de sa Cour Aprés la Messe
Son A. S. alla du costé de
la grille où reposent les
coeurs de la Reine & de Me
la Dauphine, sasoeur, où
il fit sa priere pour le repos
de leurs ames. -
Histoiregenerale
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Résumé : Ceremonie faite par l'Electeur de Cologne.
Le 1er février 1711, Joseph-Clement, Électeur du Saint-Empire Romain et Archevêque de Cologne, célébra sa millième messe à Paris. Cet événement respectait une tradition pieuse observée parmi les prélats d'Allemagne. Joseph-Clement avait sollicité le Cardinal de Noailles pour officier dans son diocèse, ce que le Cardinal accepta. La cérémonie se déroula à l'église du Val-de-Grâce. Après avoir salué l'Abbesse, Joseph-Clement entra dans l'église accompagné de nombreux ecclésiastiques et officiers. Il monta sur un trône, revêtu de ses habits pontificaux, et célébra la messe, accompagnée par la musique dirigée par le Sieur Beauregard. Trois éléments remarquables furent notés : après la communion, l'Électeur entonna le Te Deum ; pendant les bénédictions, l'abbé cria 'humiliate nos ad benedictionem' ; et après la messe, le prêtre assistant acclama 'ad multos annos' trois fois, permettant à chacun de baiser la main de l'Électeur et de recevoir sa bénédiction. Joseph-Clement pria ensuite pour le repos des âmes de la Reine et de la Dauphine, sa sœur, dont les cœurs reposaient derrière une grille.
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317
p. 67-71
ENIGME par Mr de Longueüil, de l'Academie Royale d'Angers. SONNET.
Début :
Fille du Souverain, dont je porte l'image, [...]
Mots clefs :
Âme
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME par Mr de Longueüil, de l'Academie Royale d'Angers. SONNET.
ENIGME
par Mr de Longueüil,
de l'Academie Royale
d'Angers.
SONNET.
'Fille duSouverain , dont
jeporte l'image De , mon indigneEpoux
je partagelesort;
etcft à moy de dompter
parun puissant effort
Ses rebelles Sujets
,
dont
l'audace m'outrage.
Dansuncachotfragile,
,
&battu de l'orage,
J'ay droitdecommander,
c'estmon uniquesort;
MllisJ'efuis accablée,&
reduite à la mort,
Si ma hautevertu ne
soûtient moncourage.
Parmytant d'ennemis,de
travaux, de dangers,
Je vole nuit&jouren des
lieuxétrangersy
Jeguideuncriminely dont
jedevienscomplice.
De mes aîles en vain le
vol est déployé, - Lorsquepourm'entraîner
aujvnd du précipice
Le poidsfataldu monde àmespieds estlié.
Le même Sonnet.
•'
• - en Italien.-
Filia d'alto j!\/l.onarca 4$
sposo indegno
Congiunta vivo àregnar
fecoekitay
JMa diribellisolcomposto
eil regno;
EignudaJOcCiOtArbi à
me s'aspetta.
Perreggia inriaprigion
racchiujaregno.
Cheà continuavertigine
ej E se non damni alfll
virtù sostegno, ji caduta mortale iofoH
costretta.
` Frà tenebre d'error, fra
,',
inciampi, espine
Ouidarm' è dato il mio
consorte immundo
VAnguftoprecipizjoal
tonfine.
Hol'ali, ever,pernor*
caderafondo;
MÀcheprofjepertrarmi
alle ruine
Con fatal nodo ai pie
legato ho'ilmondo.
par Mr de Longueüil,
de l'Academie Royale
d'Angers.
SONNET.
'Fille duSouverain , dont
jeporte l'image De , mon indigneEpoux
je partagelesort;
etcft à moy de dompter
parun puissant effort
Ses rebelles Sujets
,
dont
l'audace m'outrage.
Dansuncachotfragile,
,
&battu de l'orage,
J'ay droitdecommander,
c'estmon uniquesort;
MllisJ'efuis accablée,&
reduite à la mort,
Si ma hautevertu ne
soûtient moncourage.
Parmytant d'ennemis,de
travaux, de dangers,
Je vole nuit&jouren des
lieuxétrangersy
Jeguideuncriminely dont
jedevienscomplice.
De mes aîles en vain le
vol est déployé, - Lorsquepourm'entraîner
aujvnd du précipice
Le poidsfataldu monde àmespieds estlié.
Le même Sonnet.
•'
• - en Italien.-
Filia d'alto j!\/l.onarca 4$
sposo indegno
Congiunta vivo àregnar
fecoekitay
JMa diribellisolcomposto
eil regno;
EignudaJOcCiOtArbi à
me s'aspetta.
Perreggia inriaprigion
racchiujaregno.
Cheà continuavertigine
ej E se non damni alfll
virtù sostegno, ji caduta mortale iofoH
costretta.
` Frà tenebre d'error, fra
,',
inciampi, espine
Ouidarm' è dato il mio
consorte immundo
VAnguftoprecipizjoal
tonfine.
Hol'ali, ever,pernor*
caderafondo;
MÀcheprofjepertrarmi
alle ruine
Con fatal nodo ai pie
legato ho'ilmondo.
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318
p. 2-11
ODE TIRÉE DU PSEAUME 143. Benedictus Dominus meus.
Début :
BENI soit le Dieu des Armées, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 143. Benedictus Dominus meus.
TIRE'E'DU PSEAUME If'.
Benedictus Dominas:meus. BENI soit le Dieudes
Armées, ;
Qui donne la force à mon
bras,
Et par qui mesmainsfont
formées
Dans Farcpenibib des
combats;
De sa clemence inépuifa-
: ble t.
Le secours prompt & fa*
vorable,
Afiai mes oppressions: : En luy j'ay trouvé mon
azile,
Et par luy d'un peuple indocile
J'ay dissipé lesfactions.
Qui suis-je vile creature,
Qui suis-je, Seigneur,&
pourquoy
Le Souverain de la nature
S'abbaiÍfe-t-il jusques à
moy ?
L'homme en sa coursepassagere
N'est rien qu'une vapeur
legere,
Que le Soleil fait dissiper,
Sa grandeur n'est qu'une
vaine ombre
Et sa clarté qu'une nuit
sombre,
Que l'oeil, fuit & voit
échapper.
s,
Maisquoy les périls qui
m'obsedent
Ne font point encore paf
sez?
De nouveaux ennemis
succedent
A mes ennemis terrassez?
Dieu terrible,ordonne aux : campagnes
D'engloutir les vastes
montagnes ,
Commande aux Cieux ck
s'abbaisser,
Fais de leurs voutes enflammées
Pleuvoir ces fleches allumées
Que tes fureurs-sçavent
lancer.
Objet de mes humbles
Cantiques,
Seigneur,je t'addresse ma
voix
Toy, do.3nt les promesses
antiques
Furent toûjours l'espoirdes
Roys,
Tojyde qui les secours
propices,
Atravers tant de precipices,
M'ont toujours garanti
d'effroy,
Conserve aujourd'hui ton
ouvrage,
Etdaigne détourner l'orage
Qui s'appreste à fondre
sur moy,
Arreste cet affreux déluge,
Doncles flots me vont submerger,
Sois mon vangeur, fois
mon refuge
Contre le fils de l'ecrangen
Vange-toy d'un peuple
-
infidele, 4
De qui la bouche crimi-
,
nelle
Ne souvre quilïrnpier^,
Et dont la main vouée au
crime
Ne connoist rien de legitimé
Que le meurtre & l'iniquité.
Ces hommes, qui nont
point encore
-EpIquvé la main du Seigneur
iSegflanttenot qrueeDieu le*
Et s'enyvrent de leur bon- heur;
Leur posterité florissante,
Ainsi qu'unetigenaissante
Croît & s'éleve fous leursyeux,
Leurs filles couronnent
leurs têtes
De tout ce qu'en nos jours
de fêtes
Nous portons de plusprecieux.
De leurs grains leurs
granges sont pleines,
Leurs celliers regorgent
- de fruits,
Leurs troupeaux touschargez
de laines
Sont incessamment reproduits,
Pour eux la fertile rosée
Tombant sur la terre embrasée,
Rafraîchit son seinalteré.
Et pour eux le flambeau
du monde
Nourrit d'une chaleur fécondé
Le germe en ses flancs
resserré.
Le calme regne dans
leurs Villes,
Nul bruit n'interrompt
leur sommeil,
On ne voit point leurs
toits fragiles
Ouverts aux rayons du
Soleil;
Cest ainsi qu'ils passent
:: leur fig€ :
Heureux) difcnt."ils) le rivage
.Où l'on jouit d'un tel bonheur.
Qu'ilsrestent dans leur
rêverie,
Heureuse la feule Patrie
Où l'onadore le Seigneur.
Benedictus Dominas:meus. BENI soit le Dieudes
Armées, ;
Qui donne la force à mon
bras,
Et par qui mesmainsfont
formées
Dans Farcpenibib des
combats;
De sa clemence inépuifa-
: ble t.
Le secours prompt & fa*
vorable,
Afiai mes oppressions: : En luy j'ay trouvé mon
azile,
Et par luy d'un peuple indocile
J'ay dissipé lesfactions.
Qui suis-je vile creature,
Qui suis-je, Seigneur,&
pourquoy
Le Souverain de la nature
S'abbaiÍfe-t-il jusques à
moy ?
L'homme en sa coursepassagere
N'est rien qu'une vapeur
legere,
Que le Soleil fait dissiper,
Sa grandeur n'est qu'une
vaine ombre
Et sa clarté qu'une nuit
sombre,
Que l'oeil, fuit & voit
échapper.
s,
Maisquoy les périls qui
m'obsedent
Ne font point encore paf
sez?
De nouveaux ennemis
succedent
A mes ennemis terrassez?
Dieu terrible,ordonne aux : campagnes
D'engloutir les vastes
montagnes ,
Commande aux Cieux ck
s'abbaisser,
Fais de leurs voutes enflammées
Pleuvoir ces fleches allumées
Que tes fureurs-sçavent
lancer.
Objet de mes humbles
Cantiques,
Seigneur,je t'addresse ma
voix
Toy, do.3nt les promesses
antiques
Furent toûjours l'espoirdes
Roys,
Tojyde qui les secours
propices,
Atravers tant de precipices,
M'ont toujours garanti
d'effroy,
Conserve aujourd'hui ton
ouvrage,
Etdaigne détourner l'orage
Qui s'appreste à fondre
sur moy,
Arreste cet affreux déluge,
Doncles flots me vont submerger,
Sois mon vangeur, fois
mon refuge
Contre le fils de l'ecrangen
Vange-toy d'un peuple
-
infidele, 4
De qui la bouche crimi-
,
nelle
Ne souvre quilïrnpier^,
Et dont la main vouée au
crime
Ne connoist rien de legitimé
Que le meurtre & l'iniquité.
Ces hommes, qui nont
point encore
-EpIquvé la main du Seigneur
iSegflanttenot qrueeDieu le*
Et s'enyvrent de leur bon- heur;
Leur posterité florissante,
Ainsi qu'unetigenaissante
Croît & s'éleve fous leursyeux,
Leurs filles couronnent
leurs têtes
De tout ce qu'en nos jours
de fêtes
Nous portons de plusprecieux.
De leurs grains leurs
granges sont pleines,
Leurs celliers regorgent
- de fruits,
Leurs troupeaux touschargez
de laines
Sont incessamment reproduits,
Pour eux la fertile rosée
Tombant sur la terre embrasée,
Rafraîchit son seinalteré.
Et pour eux le flambeau
du monde
Nourrit d'une chaleur fécondé
Le germe en ses flancs
resserré.
Le calme regne dans
leurs Villes,
Nul bruit n'interrompt
leur sommeil,
On ne voit point leurs
toits fragiles
Ouverts aux rayons du
Soleil;
Cest ainsi qu'ils passent
:: leur fig€ :
Heureux) difcnt."ils) le rivage
.Où l'on jouit d'un tel bonheur.
Qu'ilsrestent dans leur
rêverie,
Heureuse la feule Patrie
Où l'onadore le Seigneur.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 143. Benedictus Dominus meus.
Le poème 'Tiré du Psaume LXXXIX' est une louange à Dieu, le Seigneur des armées, qui accorde force et secours au poète pour vaincre ses ennemis et disperser les factions rebelles. Le poète s'émerveille de l'attention divine envers une 'vile créature' et souligne la fragilité de la grandeur humaine. Il exprime ses craintes face aux périls et aux nouveaux ennemis qui succèdent aux anciens. Il implore Dieu de manifester sa puissance en ordonnant aux campagnes d'engloutir les montagnes et aux cieux de lancer des flèches enflammées, afin de le protéger et de le venger des peuples infidèles qui ne reconnaissent pas la main du Seigneur. Le poème décrit ensuite la prospérité des ennemis, dont la postérité croît, les filles sont couronnées de biens précieux, les granges sont pleines de grains, les celliers regorgent de fruits, et les troupeaux sont chargés de laines. La rosée et le flambeau du monde nourrissent leurs terres, et le calme règne dans leurs villes. Le poète conclut en souhaitant que ces peuples restent dans leur rêverie et en bénissant la patrie où l'on adore le Seigneur.
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319
p. 11-17
ODE TIRÉE DU PSEAUME 145. Lauda anima mea Dominu.
Début :
MON ame loüez le Seigneur, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 145. Lauda anima mea Dominu.
ODE;
TIRE'E DU PSEAUME 14J.
Lauda animamea Dominùo MON ame loüez le
Seigneur,
Rendez un éternel h- onneur
Au digne & seul objet de
vos justes loüanges;
Oui, mon Dieu, je veux
désormais
Partager la gloire des Aïtges,
Et couronner ma vie à
chanter vos bienfaits.
Renonçons au sterile ap-
Puy
Des Grands qu'on adore
aujourd'huy,
Ne fondons point sur eux
une esperance folle,
Leur pompe indigne de
nosvoeux
N'est qu'unsimulacre frivolle,
Et les solides biens ne dépendent
pas d'eux.
Comme nous esclaves
du [art)
Comme nous jouets de la
mort,
La terre engloutira leurs
Grandeurs insensées,
Et periront en même jour
Ces vastes &: hautes pensées
Qu'admirent aujourd'huy
ceux qui leur font la
Cour.
Dieu seul doit faire nôtre
espoir,
Dieu de qui l'immortel
pouvoir
Fit sortir du néantleCîel,
la terre & l'onde,
Et qui,tranquille au haut
des airs,
Anima d'une voix seconde
Tous les êtres semez dans
ce vaste Univers.
Heureux, qui, du Ci*el
occupe,
Et dp'un faeuxéc,lat détrom- Met de bonne heure en
luy toute Con esperance;
Il protege la verité,
Et sçaura, prendre la defsense
Du Juste que: l'impie aura
perfecuce.
C'est le Seigneur qui
nous nourrit, »
C'est le Seigneur qui nous
guérit,
Il prévient nos besoins, il
adoucit nos peines,
Il assûre nos pas craintifs,
Il délie & brile nos chaînes,
Et nos tyrans par luy deviennent
nos captifs.
Il offre au timide étranger
Un bras promptà le proteger,
; ;
Et l'orphelin en luy, retrouve
un sécond Pere,
De la veuve il devient l'époux:
Et par un châtiment severe
Il confond les pecheurs
animez contre nous.
Les jours des Roys font
dans sa main,
Leur Regneest un Regne
Incertain,
Dont
Dont tedoigc du Seigneur
a marque les limites:
Mais son Empire illimité
N'a point eu de bornes
prélcrites,
Et confondra le temps
avecl'éternité.
TIRE'E DU PSEAUME 14J.
Lauda animamea Dominùo MON ame loüez le
Seigneur,
Rendez un éternel h- onneur
Au digne & seul objet de
vos justes loüanges;
Oui, mon Dieu, je veux
désormais
Partager la gloire des Aïtges,
Et couronner ma vie à
chanter vos bienfaits.
Renonçons au sterile ap-
Puy
Des Grands qu'on adore
aujourd'huy,
Ne fondons point sur eux
une esperance folle,
Leur pompe indigne de
nosvoeux
N'est qu'unsimulacre frivolle,
Et les solides biens ne dépendent
pas d'eux.
Comme nous esclaves
du [art)
Comme nous jouets de la
mort,
La terre engloutira leurs
Grandeurs insensées,
Et periront en même jour
Ces vastes &: hautes pensées
Qu'admirent aujourd'huy
ceux qui leur font la
Cour.
Dieu seul doit faire nôtre
espoir,
Dieu de qui l'immortel
pouvoir
Fit sortir du néantleCîel,
la terre & l'onde,
Et qui,tranquille au haut
des airs,
Anima d'une voix seconde
Tous les êtres semez dans
ce vaste Univers.
Heureux, qui, du Ci*el
occupe,
Et dp'un faeuxéc,lat détrom- Met de bonne heure en
luy toute Con esperance;
Il protege la verité,
Et sçaura, prendre la defsense
Du Juste que: l'impie aura
perfecuce.
C'est le Seigneur qui
nous nourrit, »
C'est le Seigneur qui nous
guérit,
Il prévient nos besoins, il
adoucit nos peines,
Il assûre nos pas craintifs,
Il délie & brile nos chaînes,
Et nos tyrans par luy deviennent
nos captifs.
Il offre au timide étranger
Un bras promptà le proteger,
; ;
Et l'orphelin en luy, retrouve
un sécond Pere,
De la veuve il devient l'époux:
Et par un châtiment severe
Il confond les pecheurs
animez contre nous.
Les jours des Roys font
dans sa main,
Leur Regneest un Regne
Incertain,
Dont
Dont tedoigc du Seigneur
a marque les limites:
Mais son Empire illimité
N'a point eu de bornes
prélcrites,
Et confondra le temps
avecl'éternité.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 145. Lauda anima mea Dominu.
L'ode du Psaume 14 invite à louer le Seigneur et à lui rendre un honneur éternel. L'auteur souhaite partager la gloire des anges et consacrer sa vie à chanter les bienfaits divins. Il met en garde contre l'adoration des grands de ce monde, dont la pompe est vaine et les biens éphémères. La terre engloutira leurs grandeurs et leurs pensées périront. L'auteur affirme que seul Dieu doit être l'objet de notre espoir. Il rappelle que Dieu a créé le ciel, la terre et l'onde, et anime tous les êtres de l'univers. Heureux est celui qui, dès son jeune âge, place son espoir en Dieu, protège la vérité et défend le juste. Le Seigneur nourrit, guérit, prévient les besoins et adoucit les peines. Il assure les pas craintifs, délie les chaînes et rend les tyrans captifs. Il protège l'étranger, devient un second père pour l'orphelin et un époux pour la veuve, tout en châtiant les pécheurs. Les jours des rois sont incertains et leurs règnes limités par la volonté du Seigneur. En revanche, l'Empire de Dieu est illimité et confondra le temps avec l'éternité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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320
p. 18-22
ODE TIRÉE DU PSEAUME 14.. Domine quis habitat, & c.
Début :
Seigneur, dans ton Temple adorable [...]
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 14.. Domine quis habitat, & c.
ODE
--
TIRE'E DU PSEAUME14..
Dominequis hAbilat,.&c. s Eigneur, dans ton
Temple adorable
Quel mortel est dignes
d'entrer?
Qui pourra ,
grandDieu
x
penetrer
Dans ce séjour impénétrable,
Où les Saints imelinezs
d'un air reipectueux,
Contemplent de ton front
1éclatmajeftueuxî
Ce sera celuy qui du vice
Evite lesentier impur,
Qui marche d'un pas serme
ôdùr
Dans le chemin de la Ju-
Itice,
Attentif & fidele' à connostre
la voix,
Intrepide & severe à pratiquer
ses loix.
-Ce fera celuy dont la bou- che
Des flateurs méprise le
fard, Bij
Dontlecoeurlincere. S
iansait
Rendjustice au vray qui lé touche,
Et qui par des discours
faux &: calomnieux ':
Jamais à la pudeur nafait
baisserJes yeux-J:
Celuy devant qui le superbe,
Enfté' d'une vaine splendeur,
sa Paroist plus bas dans sa
grandeur,
Que l'infeste caché fous
l'herbe;
Qui bravant du méchant
le faste couronné.
Honore la vertu du. juste
infortuné.
Celuy,dis-jedontles promesses
-
Socnteunrgtagae itonujou,rs
Celuy qui d'un infâme
gain
Ne icair point grossir Ces.
richessès:
Celuy qui sur les dons du
coupable puissant
N'a jamais decidé des
jours de l'innocent.
Qvui moarcyherea d,a:RS cette Comble d'unéternelbonheur,
Un jour des élûs du Sei-
- gneur
Partagera la fainte joye,
Et les fremissemens de
l'Enfer irrité >
Ne pourront faire obstacle
à sa félicité.
--
TIRE'E DU PSEAUME14..
Dominequis hAbilat,.&c. s Eigneur, dans ton
Temple adorable
Quel mortel est dignes
d'entrer?
Qui pourra ,
grandDieu
x
penetrer
Dans ce séjour impénétrable,
Où les Saints imelinezs
d'un air reipectueux,
Contemplent de ton front
1éclatmajeftueuxî
Ce sera celuy qui du vice
Evite lesentier impur,
Qui marche d'un pas serme
ôdùr
Dans le chemin de la Ju-
Itice,
Attentif & fidele' à connostre
la voix,
Intrepide & severe à pratiquer
ses loix.
-Ce fera celuy dont la bou- che
Des flateurs méprise le
fard, Bij
Dontlecoeurlincere. S
iansait
Rendjustice au vray qui lé touche,
Et qui par des discours
faux &: calomnieux ':
Jamais à la pudeur nafait
baisserJes yeux-J:
Celuy devant qui le superbe,
Enfté' d'une vaine splendeur,
sa Paroist plus bas dans sa
grandeur,
Que l'infeste caché fous
l'herbe;
Qui bravant du méchant
le faste couronné.
Honore la vertu du. juste
infortuné.
Celuy,dis-jedontles promesses
-
Socnteunrgtagae itonujou,rs
Celuy qui d'un infâme
gain
Ne icair point grossir Ces.
richessès:
Celuy qui sur les dons du
coupable puissant
N'a jamais decidé des
jours de l'innocent.
Qvui moarcyherea d,a:RS cette Comble d'unéternelbonheur,
Un jour des élûs du Sei-
- gneur
Partagera la fainte joye,
Et les fremissemens de
l'Enfer irrité >
Ne pourront faire obstacle
à sa félicité.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 14.. Domine quis habitat, & c.
L''ODE' du Psaume 14 décrit les qualités requises pour accéder au temple de Dieu et contempler Sa majesté. L'individu vertueux évite le vice et marche dans la justice, tout en étant attentif à la voix divine. Il méprise les flatteries, rend justice avec sincérité et ne se laisse pas corrompre par des discours faux ou calomnieux. Respectueux de la pudeur, il humilie les superbes et honore la vertu des justes. Il ne fait pas de promesses trompeuses, ne s'enrichit pas par des gains infâmes et ne décide pas du sort des innocents en fonction des dons des puissants coupables. En récompense, cette personne partagera la sainte joie des élus du Seigneur et sa félicité ne sera pas entravée par les tourments de l'enfer.
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321
p. 31-38
ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
Début :
Les Cieux instruisent la terre [...]
Mots clefs :
Dieu
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
ODE
,.
TIRE'E DU PSEAUME 18.
Ccclt enarrant. gloriam Det. LEs Cieuxinfiruifent
la terre
A reverer son autheur ; Tout ce que leur globe
i&feçre
Célébré un Dieu Créateur.
Quel plus sublime cantique?
Que le concert magnifique
De tous les celestes corps ?
Quelle grandeur infinie!
Quelle divineharmonie
Resulte de leurs accords!
De sa puissànce immortelle
Tout parle, tout nous
instruit
; Le jour au jour lerevele,
La nuit l'annonce à la
nuit.
Ce grand & superbe ouvrage
N'est point pour l'homme
un langage
Obscur & mysterieux;
Son admirable firuéture
Est la voix de la. nature
Qui se fait entendre aux
yeux.
Dans une éclatante voûte
Il a placé de ses mains,
Le Soleil qui dans sa route
Eclaire tous les humains,
Environné de lumiere
Il entre dans sa carrière
Comme un époux glorieux
Qui dés, l'Aube matinale
De sa couche nuptiale
Sort brillant & radieux,
L'Univers à sa prelènce
Semblesortir du néant:
Il prend sa course
, ils'avance
Commeun superbe Géant:
Bidentostésa m'archie fécon- Embrassè le tour du monde
Dans le cercle qu'il décrit,
& par sa chaleur puissante
La Nature languissànte
Se ranime & se nourrit.
0 ! que tes oeuvres font
belles,
Grand Dieu! quels font
ces bienfaits,
Que ceux qui te sont fideles
Sous ton joug trouvent
d'attraits!
Ta crainte inspire la joye>
EMe assure nostre voye,
Elle nous rend trionv
phans,
Elle éclaire la jeunesse , Et fait brillerlasagesse
Dans les plus foibles ensans.
Soutiens ma foy chancelante,
Dieu puissant, infpiresmoy
Cette crainte vigilante,
Qui fait pratiquer ta loy :
Loy sainte, loy desirable
> Ta richesse est préferable
A la richesse de l'or,
Et ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune
Abeille
Compose son cher trésor.
Mais sans tes clartez (àcrées
Qui peut connoistre,Seigneur,
Les foiblesses égarées
Dans les replis de son
coeur:
Prestes-moy tesfeux propices
Viens m'aider à fuïr les
vices
Qui s'attachent à mes pas;
Viens consumer par ta
flâme
Ceux que je vois dans
mon ame, Et ceux que je n'y vois
pas.
Si de leur cruel empire
Tu viens dégager mes.
sens,
Si tu daignes me sourire
Mes jours feront innocens;
—
J'iray puiser sur ta trace
Dans les sources de la
grâce,
Et de ses eaux abreuvé
Ma gloire fera connoistre
Que le Dieu qui m'a fait
naistre
Est le Dieu qui m'a fauve.
,.
TIRE'E DU PSEAUME 18.
Ccclt enarrant. gloriam Det. LEs Cieuxinfiruifent
la terre
A reverer son autheur ; Tout ce que leur globe
i&feçre
Célébré un Dieu Créateur.
Quel plus sublime cantique?
Que le concert magnifique
De tous les celestes corps ?
Quelle grandeur infinie!
Quelle divineharmonie
Resulte de leurs accords!
De sa puissànce immortelle
Tout parle, tout nous
instruit
; Le jour au jour lerevele,
La nuit l'annonce à la
nuit.
Ce grand & superbe ouvrage
N'est point pour l'homme
un langage
Obscur & mysterieux;
Son admirable firuéture
Est la voix de la. nature
Qui se fait entendre aux
yeux.
Dans une éclatante voûte
Il a placé de ses mains,
Le Soleil qui dans sa route
Eclaire tous les humains,
Environné de lumiere
Il entre dans sa carrière
Comme un époux glorieux
Qui dés, l'Aube matinale
De sa couche nuptiale
Sort brillant & radieux,
L'Univers à sa prelènce
Semblesortir du néant:
Il prend sa course
, ils'avance
Commeun superbe Géant:
Bidentostésa m'archie fécon- Embrassè le tour du monde
Dans le cercle qu'il décrit,
& par sa chaleur puissante
La Nature languissànte
Se ranime & se nourrit.
0 ! que tes oeuvres font
belles,
Grand Dieu! quels font
ces bienfaits,
Que ceux qui te sont fideles
Sous ton joug trouvent
d'attraits!
Ta crainte inspire la joye>
EMe assure nostre voye,
Elle nous rend trionv
phans,
Elle éclaire la jeunesse , Et fait brillerlasagesse
Dans les plus foibles ensans.
Soutiens ma foy chancelante,
Dieu puissant, infpiresmoy
Cette crainte vigilante,
Qui fait pratiquer ta loy :
Loy sainte, loy desirable
> Ta richesse est préferable
A la richesse de l'or,
Et ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune
Abeille
Compose son cher trésor.
Mais sans tes clartez (àcrées
Qui peut connoistre,Seigneur,
Les foiblesses égarées
Dans les replis de son
coeur:
Prestes-moy tesfeux propices
Viens m'aider à fuïr les
vices
Qui s'attachent à mes pas;
Viens consumer par ta
flâme
Ceux que je vois dans
mon ame, Et ceux que je n'y vois
pas.
Si de leur cruel empire
Tu viens dégager mes.
sens,
Si tu daignes me sourire
Mes jours feront innocens;
—
J'iray puiser sur ta trace
Dans les sources de la
grâce,
Et de ses eaux abreuvé
Ma gloire fera connoistre
Que le Dieu qui m'a fait
naistre
Est le Dieu qui m'a fauve.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
Le poème célèbre la gloire de Dieu à travers la contemplation de la nature et des cieux. Les cieux et la terre révèrent leur créateur, et les corps célestes forment un concert harmonieux révélant la grandeur divine. Chaque jour et chaque nuit manifestent la puissance immortelle de Dieu, qui parle clairement à travers la nature. Le Soleil, placé par Dieu, éclaire et ranime la nature par sa chaleur. Les œuvres de Dieu sont décrites comme belles et ses bienfaits comme attrayants. La crainte de Dieu inspire la joie, assure la voie, rend triomphant, éclaire la jeunesse et fait briller la sagesse. Le poète demande à Dieu de soutenir sa foi et d'inspirer en lui une crainte vigilante pour pratiquer la loi divine. Il préfère la richesse spirituelle à celle de l'or et reconnaît l'incapacité humaine à connaître ses propres faiblesses sans l'aide divine. Il demande à Dieu de l'aider à fuir les vices et à purifier son âme. Si Dieu le délivre des vices et lui sourit, ses jours seront innocents. Il aspire à puiser dans les sources de la grâce pour témoigner de la gloire de Dieu.
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322
p. 39-46
ODE TIRÉE DU PSEAUME 47. Magnus Dominus & laudabilis nimis.
Début :
La gloire du Seigneur, sa grandeur immortelle, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Dieu, Terre, Univers
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 47. Magnus Dominus & laudabilis nimis.
ODE
TIRE'E DU PSEAUME 47.
Magnrs Dominus & Uu~
dabilis nimis. LA gloire du Seigneur,
sa grandeur
immortelle,
De l'Univers entier doit
occuper le zele:
Mais sur tous les humains
consacrez à ses loix,
Le peuple de Sion doit signaler
sa voix.
Sion montagne auguste&
sainte,
Formidable aux audadeux,
) '~-* = .-Sionfe'jourdelicieux',~-~ 1
Cest toyc'est ton heureuse
enceinte
: Qui renferme le Dieu de
la terre & des Cieux.
O murs!OSéjour*pleinde Montsacrénostreunique espoir,
Où Dieu faitregner la victoire
Manifeste, son pouvoir.
Cent Rois liguez pour
nous livrer la guerre
Estoient venus sur nous
fonfondre
de toutes parts,
Ils ont vu nos sacrez remparts.
Leur aspect foudroyant,
telqu'unaffreuxtonnerre,
-
Les a precipitez au centre
de la terre;
Le Seigneur dans leur
camp a jetté la terreur,
Il parle& nous voyons
leurs travaux mis en pou- ,dre, Leurs chefs aveuglez par
- l'erreur,
Leurs soldats consternez
d'horreur,
Leurs vaisseaux iubmerdgçzyr)
ôcebr;ûierparlafou-3 Monumens éternels de sa
justefureur, :
Rien ne {çauroi^troubler
* les loixinviolables
Qui fondent le bonheur
de la sainte cité,
Seigneur toy-même en a& jeJtteétte
Les fondemens inébranl, ables
:
Aux pieds de tes Autels
humblement consternez
Nos voeuxparta clemetu
ce ont esté couronnez,,,,
Des lieux cheris où le
,
jour prend naissance,
Jusqu'aux climats oùfttút
sa splendeur,
Tout l'univers revere ta
puissance,
Tous les mortels adorent
ta grandeur.
Publions les bienfaits, célebrons
la justice.
DuSouverain del'univers.
Que le bruit de nos chants
vole au-delà des mers,
Qu'avec nous la terre s'unisse,
Que nos voix penetrent
lesairs;
Elevons jusqu'à luy nos
choeurs &nos concerts,
Vousfilles de Sion, florissante
jeunesse,
Joignez-vous ànoschants
sacrez;
Formez des pas & des fons
d'allegresse
Autour de ces murs reverezr
Venez offrir des voeux
pleins de tendresse
Au Seigneur que vous
adorez:
Peuples dequil'appuysur
sa bonté sefonde,
Allez dans tous les coins
du monde
Asonnom glorieux élever
desAutels.
Les siecles avenir béniront
vostre zele,
Et de ses bienfaits immortels
L'éternel comblera vostre
race fidelle..
Marquonsluy nostre amourpar
des voeux éclatans,
C'est nostre Dieu,c'est nostre
pere,
C'est le Roy que Sion revere;
De son regne éternel les
glorieux instans
Dureront au-delà des siecles
& des temps.
TIRE'E DU PSEAUME 47.
Magnrs Dominus & Uu~
dabilis nimis. LA gloire du Seigneur,
sa grandeur
immortelle,
De l'Univers entier doit
occuper le zele:
Mais sur tous les humains
consacrez à ses loix,
Le peuple de Sion doit signaler
sa voix.
Sion montagne auguste&
sainte,
Formidable aux audadeux,
) '~-* = .-Sionfe'jourdelicieux',~-~ 1
Cest toyc'est ton heureuse
enceinte
: Qui renferme le Dieu de
la terre & des Cieux.
O murs!OSéjour*pleinde Montsacrénostreunique espoir,
Où Dieu faitregner la victoire
Manifeste, son pouvoir.
Cent Rois liguez pour
nous livrer la guerre
Estoient venus sur nous
fonfondre
de toutes parts,
Ils ont vu nos sacrez remparts.
Leur aspect foudroyant,
telqu'unaffreuxtonnerre,
-
Les a precipitez au centre
de la terre;
Le Seigneur dans leur
camp a jetté la terreur,
Il parle& nous voyons
leurs travaux mis en pou- ,dre, Leurs chefs aveuglez par
- l'erreur,
Leurs soldats consternez
d'horreur,
Leurs vaisseaux iubmerdgçzyr)
ôcebr;ûierparlafou-3 Monumens éternels de sa
justefureur, :
Rien ne {çauroi^troubler
* les loixinviolables
Qui fondent le bonheur
de la sainte cité,
Seigneur toy-même en a& jeJtteétte
Les fondemens inébranl, ables
:
Aux pieds de tes Autels
humblement consternez
Nos voeuxparta clemetu
ce ont esté couronnez,,,,
Des lieux cheris où le
,
jour prend naissance,
Jusqu'aux climats oùfttút
sa splendeur,
Tout l'univers revere ta
puissance,
Tous les mortels adorent
ta grandeur.
Publions les bienfaits, célebrons
la justice.
DuSouverain del'univers.
Que le bruit de nos chants
vole au-delà des mers,
Qu'avec nous la terre s'unisse,
Que nos voix penetrent
lesairs;
Elevons jusqu'à luy nos
choeurs &nos concerts,
Vousfilles de Sion, florissante
jeunesse,
Joignez-vous ànoschants
sacrez;
Formez des pas & des fons
d'allegresse
Autour de ces murs reverezr
Venez offrir des voeux
pleins de tendresse
Au Seigneur que vous
adorez:
Peuples dequil'appuysur
sa bonté sefonde,
Allez dans tous les coins
du monde
Asonnom glorieux élever
desAutels.
Les siecles avenir béniront
vostre zele,
Et de ses bienfaits immortels
L'éternel comblera vostre
race fidelle..
Marquonsluy nostre amourpar
des voeux éclatans,
C'est nostre Dieu,c'est nostre
pere,
C'est le Roy que Sion revere;
De son regne éternel les
glorieux instans
Dureront au-delà des siecles
& des temps.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 47. Magnus Dominus & laudabilis nimis.
Le poème 'ODE' du Psaume 47 célèbre la gloire et la grandeur immortelle du Seigneur, reconnue par l'Univers entier. Le peuple de Sion est loué pour son zèle et sa consécration aux lois divines. Sion, montagne sainte et auguste, est le refuge divin offrant protection et victoire. Lors d'une bataille, cent rois s'allient contre Sion mais sont vaincus par la terreur divine. Leurs efforts sont réduits à néant, et leurs chefs sont aveuglés par l'erreur. Les murs de Sion, inébranlables, symbolisent l'espoir et la protection divine. Le Seigneur est loué pour sa puissance et sa justice. Le poème appelle à célébrer et à publier les bienfaits divins, invitant tous les peuples à adorer et à révérer le Seigneur. Les filles de Sion et la jeunesse sont encouragées à joindre leurs voix aux chants sacrés, et les peuples sont invités à élever des autels au nom glorieux du Seigneur. Le poème se conclut par une expression d'amour et de dévotion envers Dieu, le Père et le Roi de Sion, dont le règne éternel durera au-delà des siècles. Les générations futures béniront le zèle des fidèles et seront comblées par les bienfaits immortels de l'Éternel.
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323
p. 46-53
ODE TIRÉE DU PSEAUME 75. Notus in Judoea Deus, & c.
Début :
Le Seigneur est connu dans ces climats paisibles, [...]
Mots clefs :
Dieu
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 75. Notus in Judoea Deus, & c.
ODE
TIRE'E DU PSEAUME 75.
Notusin judoeaDeus, &c. LE Seigneur est connu
dans ces climats
paisibles,
Il habite avec nous,& ses
secoursvisibles
Ont de son peuple heuil
reux prévenu les souhaits;
Ce Dieu de ses faveurs
nous comblantàtoute
heure, ;,
A fait desa demeure
Leséjour de la paix.
Du haut de la montagne
où sa grandeurreside
Ila brisé la lance & l'épée
homicide
, Sur qui l'impieté fondoit
* son ferme appuy: -
Le fang des Etrangers a
fait fumer la terre,
Et le feu de la guerre
S'est éteint devant luy.
:
Une affreuse clarré dans
les airs répandue,
Frappe d'aveuglement
cette troupe éperduë;
Par un nouvel effroy je les
voisdissipez,
Et l'éclat Foudroyant de
ses rayons celestes
Aneantit leurs restes
Aux glaives échappez.
Ces insensezqu'endort
une vapeur legere,
- Prennent pour de vrais
biens une ombre mensongere,
Qui leur peint destresors
chimeriques &vains:
Mais
Mais bientôt le reveil dissipe
cette yvresse,
Et toute leur richesse
S'échappe de leurs mains. JL'ambition conduit leurs
escadrons rapides,
Ils dévorent déjàdans leurs
coursesavides
Toutes les Régions qu'éclaire
le Soleil:
Mais le Seigneur s'éleve,
& saseule menace
Convertit leur audace
Enun morne sommeil.
O Dieu, que ton pouvoir
est grand ôc redoutable!
Qui pourra le cacher au
trait inévitable
Dont tu poursuisl'impie
au jour de ta fureur?
A punir les méchans ta
colere fidelle
Fait marcher devant elle
La mort & la terreur.
Contre ces oppresseurs «tes
jugemens augustes
S'élevent pour sauver les
humbles & lesjustes
Dont le , coeur devant toy
s'abbaisse avec respect;
Ta justice paroist de feux
étincelante
,
Et la terre tremblante
S'arresteà ton aspect.
Ceux pour qui ta clemence
opere ces miracles
Ne cesserontjamais d'adorer
tes oracles,
De benir ton saint nom,
depratiquer ta loy;
Quel encens est plus pur
qu'un si saint exercice?
Quel autre sacrifice
Est plus digne de toy ?
Ce sont là les presens,
grand Dieu, que tu demandes
;
Peuples, ce ne sont point
vos pompeuses offrandes
Qui le peuventpayer de
ses dons immortels.
C'est par une humblefoy,
c'est par un amour tendre
Que l'homme peut pretendre
D'enrichir ses Autels,
Venez donc adorer le -
Dieu saint & terrible
Qui vous a delivrez par
4 sa force invincible
Du joug que vous avez redouté
tant de fois,
Qui d'un soufflereduit
l'orgüeilleuse licence,
Releve l'innocence,
Et terrasse les Rois.
ODE
TIRE'E DU PSEAUME 75.
Notusin judoeaDeus, &c. LE Seigneur est connu
dans ces climats
paisibles,
Il habite avec nous,& ses
secoursvisibles
Ont de son peuple heuil
reux prévenu les souhaits;
Ce Dieu de ses faveurs
nous comblantàtoute
heure, ;,
A fait desa demeure
Leséjour de la paix.
Du haut de la montagne
où sa grandeurreside
Ila brisé la lance & l'épée
homicide
, Sur qui l'impieté fondoit
* son ferme appuy: -
Le fang des Etrangers a
fait fumer la terre,
Et le feu de la guerre
S'est éteint devant luy.
:
Une affreuse clarré dans
les airs répandue,
Frappe d'aveuglement
cette troupe éperduë;
Par un nouvel effroy je les
voisdissipez,
Et l'éclat Foudroyant de
ses rayons celestes
Aneantit leurs restes
Aux glaives échappez.
Ces insensezqu'endort
une vapeur legere,
- Prennent pour de vrais
biens une ombre mensongere,
Qui leur peint destresors
chimeriques &vains:
Mais
Mais bientôt le reveil dissipe
cette yvresse,
Et toute leur richesse
S'échappe de leurs mains. JL'ambition conduit leurs
escadrons rapides,
Ils dévorent déjàdans leurs
coursesavides
Toutes les Régions qu'éclaire
le Soleil:
Mais le Seigneur s'éleve,
& saseule menace
Convertit leur audace
Enun morne sommeil.
O Dieu, que ton pouvoir
est grand ôc redoutable!
Qui pourra le cacher au
trait inévitable
Dont tu poursuisl'impie
au jour de ta fureur?
A punir les méchans ta
colere fidelle
Fait marcher devant elle
La mort & la terreur.
Contre ces oppresseurs «tes
jugemens augustes
S'élevent pour sauver les
humbles & lesjustes
Dont le , coeur devant toy
s'abbaisse avec respect;
Ta justice paroist de feux
étincelante
,
Et la terre tremblante
S'arresteà ton aspect.
Ceux pour qui ta clemence
opere ces miracles
Ne cesserontjamais d'adorer
tes oracles,
De benir ton saint nom,
depratiquer ta loy;
Quel encens est plus pur
qu'un si saint exercice?
Quel autre sacrifice
Est plus digne de toy ?
Ce sont là les presens,
grand Dieu, que tu demandes
;
Peuples, ce ne sont point
vos pompeuses offrandes
Qui le peuventpayer de
ses dons immortels.
C'est par une humblefoy,
c'est par un amour tendre
Que l'homme peut pretendre
D'enrichir ses Autels,
Venez donc adorer le -
Dieu saint & terrible
Qui vous a delivrez par
4 sa force invincible
Du joug que vous avez redouté
tant de fois,
Qui d'un soufflereduit
l'orgüeilleuse licence,
Releve l'innocence,
Et terrasse les Rois.
ODE
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 75. Notus in Judoea Deus, & c.
Le Psaume 75 est une ode célébrant la puissance et la protection divine. Dieu est présent et actif dans des climats paisibles, offrant son aide visible et comblant son peuple de faveurs. Il réside dans un lieu de paix et a brisé les armes de guerre, éteignant les conflits. Les ennemis, aveuglés et dispersés par la lumière divine, voient leurs richesses éphémères s'envoler. Leur ambition est vaincue par la menace divine, qui transforme leur audace en sommeil. La colère de Dieu punit les méchants, tandis que sa justice protège les humbles et les justes. Les bénéficiaires de sa clémence adorent ses oracles et pratiquent sa loi, offrant un encens pur et un sacrifice digne. Dieu demande une foi humble et un amour tendre plutôt que des offrandes pompeuses. L'ode invite à adorer Dieu, qui a délivré son peuple du joug redouté, réduit l'orgueil, relevé l'innocence et terrassé les rois.
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324
p. 53-61
ODE TIRÉE DU PSEAUME 57. Si verè utique justitiam loquimini.
Début :
Si la Loy du Seigneur vous touche, [...]
Mots clefs :
Cieux, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 57. Si verè utique justitiam loquimini.
ODE
TIRE'E DU PSEAUME 57.
Si iw utique justitiam laquimini.
sIlaLoy du Seigneur
vous touche,
Si le mensonge vous fait
peur,
Si la justice en vôtre coeur
Regne aussi bien qu'en
vostre bouche,
Parlez, fils des hommes,
pourquoy 1
Faut-il qu'une haine farouche
Presideauxjuçemen$
que vous lancez sur moyr
C'estvous de qui les mains
impures -- Trament le tissu dérefté
Qui fait trébucher l'équité
Dans le piege des impostures
Lâches >aux cabales vendus
,
Partisans de fourbes obC.
curs,
Habilesfeulement à
noircir les vertus.
L'hypocrite en fraudes
fercile,
Dés l'enfance est pêtryde
fard:
Il sçait colorer avec art
Lefiel que sa bouche distile,
Et la morsure du serpent
Est moins aiguë & moins
subtile
Que le venin caché que
sa langue répand.
En vain le sage les conseille,
E iiij
Ils sont inflexibles &,
sourds;
>!•>
Leur coeur s'assoupir aux
discours,
De la vertu qui lesréveille:
Plus insensibles & plus
froids
Quel'Aspic qui ferme loreille
Aux son,s melodieuxdune
touchante voix. :
Mais de leurslangues difsamantes,
Ton: ou tard Dieu me
vengera,
N'en doutons point, ce
Dieu sçaura
Foudroyer leurs testes fumantes
: Il vaincra ces Lyons ardens,
Et dans leur gueules écumantes
Il plongera sa main & brisera
leurs dents.
Ainsi que la vague rapide,
D'un torrent qui roule à
grand bruit,
Se dissipe & s'évanoüit,
Dans le sein de la terre
humide,
Ou comme l'airain enflâme
Pait fondre la cire liquide
Qui boüillonne à l'alpeér
d'un brazierallumé.
Ainsi leurs grandeurs éclipfées
S'évanoüiront à nos yeux :
Ainsi la justice des Cieux
Confondra leurs lâches
penseés,
Leurs dards deviendront
impuissans,
Et de leurs pointes émousfées,
Ne penetreront plus le
sein des innocens.
Avant ., que leurs tiges celebres
Puissent pouffer des rejettons,
Eux-mêmes foibles avortons,
Seront cachez dans les
tenebres)
Et leur sort deviendra pareil
Au fort
«
de cesoyseaux funebres
Qui n'osent soûtenir les
regards du Soleil.
C'est alors que de leur
disgrace
Les Justes riront à leur
tour;
C'est alors que viendra le
jour
De punir leursuperbe audace,
Et que sans paroistre inhumains
Nous pourrons extirper
leur race,
Et laver dans leur fang
nos innocentes mains.
Ceux qui verront cette
vengeance !
Pourront dire avec verité
Que l'injustice & l'équité
Ont tour à tourleurrécompense,
Et qu'il cit un Dieu dans
les Cieux
Dont le bras soûtient l'innocence
, Et confond des méchans
l'orgüeil ambitieux.
TIRE'E DU PSEAUME 57.
Si iw utique justitiam laquimini.
sIlaLoy du Seigneur
vous touche,
Si le mensonge vous fait
peur,
Si la justice en vôtre coeur
Regne aussi bien qu'en
vostre bouche,
Parlez, fils des hommes,
pourquoy 1
Faut-il qu'une haine farouche
Presideauxjuçemen$
que vous lancez sur moyr
C'estvous de qui les mains
impures -- Trament le tissu dérefté
Qui fait trébucher l'équité
Dans le piege des impostures
Lâches >aux cabales vendus
,
Partisans de fourbes obC.
curs,
Habilesfeulement à
noircir les vertus.
L'hypocrite en fraudes
fercile,
Dés l'enfance est pêtryde
fard:
Il sçait colorer avec art
Lefiel que sa bouche distile,
Et la morsure du serpent
Est moins aiguë & moins
subtile
Que le venin caché que
sa langue répand.
En vain le sage les conseille,
E iiij
Ils sont inflexibles &,
sourds;
>!•>
Leur coeur s'assoupir aux
discours,
De la vertu qui lesréveille:
Plus insensibles & plus
froids
Quel'Aspic qui ferme loreille
Aux son,s melodieuxdune
touchante voix. :
Mais de leurslangues difsamantes,
Ton: ou tard Dieu me
vengera,
N'en doutons point, ce
Dieu sçaura
Foudroyer leurs testes fumantes
: Il vaincra ces Lyons ardens,
Et dans leur gueules écumantes
Il plongera sa main & brisera
leurs dents.
Ainsi que la vague rapide,
D'un torrent qui roule à
grand bruit,
Se dissipe & s'évanoüit,
Dans le sein de la terre
humide,
Ou comme l'airain enflâme
Pait fondre la cire liquide
Qui boüillonne à l'alpeér
d'un brazierallumé.
Ainsi leurs grandeurs éclipfées
S'évanoüiront à nos yeux :
Ainsi la justice des Cieux
Confondra leurs lâches
penseés,
Leurs dards deviendront
impuissans,
Et de leurs pointes émousfées,
Ne penetreront plus le
sein des innocens.
Avant ., que leurs tiges celebres
Puissent pouffer des rejettons,
Eux-mêmes foibles avortons,
Seront cachez dans les
tenebres)
Et leur sort deviendra pareil
Au fort
«
de cesoyseaux funebres
Qui n'osent soûtenir les
regards du Soleil.
C'est alors que de leur
disgrace
Les Justes riront à leur
tour;
C'est alors que viendra le
jour
De punir leursuperbe audace,
Et que sans paroistre inhumains
Nous pourrons extirper
leur race,
Et laver dans leur fang
nos innocentes mains.
Ceux qui verront cette
vengeance !
Pourront dire avec verité
Que l'injustice & l'équité
Ont tour à tourleurrécompense,
Et qu'il cit un Dieu dans
les Cieux
Dont le bras soûtient l'innocence
, Et confond des méchans
l'orgüeil ambitieux.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 57. Si verè utique justitiam loquimini.
L'ode du Psaume 57 traite de la justice et de l'injustice. Elle commence par une invocation à la loi du Seigneur, soulignant la peur du mensonge et l'importance de la justice. Le texte dénonce ceux qui lancent des jugements haineux et trompeurs, accusant des mains impures de tramer des intrigues. Les hypocrites sont décrits comme des lâches et des partisans de fourberies, capables de colorer leurs mensonges avec art. Leur venin est comparé à celui d'un serpent. Le texte déplore l'inflexibilité et la surdité de ces individus face aux conseils du sage, les comparant à un aspic. Cependant, il affirme que Dieu vengera ceux qui sont calomniés, foudroyant les méchants et brisant leurs forces. La grandeur des méchants s'évanouira comme une vague rapide ou de la cire fondue, et la justice divine confondra leurs pensées lâches. Enfin, le texte prédit que les justes riront de la disgrâce des méchants, et que leur vengeance sera justifiée. Ceux qui verront cette vengeance témoigneront que l'injustice et l'équité ont reçu leur récompense, affirmant l'existence d'un Dieu qui soutient l'innocence et confond l'orgueil des méchants.
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325
p. 61-72
ODE TIRÉE DU PSEAUME 71. Deus judicium tuum Regi da.
Début :
O Dieu qui par un choix propice [...]
Mots clefs :
Homme, Roi, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 71. Deus judicium tuum Regi da.
ODE
TIRE'E DU PSEAUME71.
Deus lulicium tuum Regi da.
~O Dieu qui par un
choix propice
Daignâtes élire entre tous
Un homme qui fut parmi
nous
L'oracle de vostre Justice:
Inspirez à ce digne Roy,
Avec l'amour de vostre
loy,
Et l'horreur de la violence,
Cette clair-voyante éq-uité,
Qui de la fausse vrai-semblance
Sçait discerner la verité.
Que par des jugemens ièveres.
Sa voix rassurel'innocent,
Que de son peuple gemissant
Sa main soulage les mife*
res,
Que jamais le mensonge
obscur,
Des pas de l'homme libre
& pur,
N'ose à ses yeux foüiller
la trace,
Et que le vice fastueux
Ne soit point assis à la
place
Du merite humble & vertueux.
Ainsi du plus hautdes
montagnes -2.
La paix & tous les dons
des Cieux,
Comme un fleuve delicieux,
Viendront inonder les
campagnes: Son regne àses peuples touchez
Sera ce qu'aux épis sechez
Est l'eau que le Ciel leur
envoye,
Et tant que luira le Soleil,
L'homme plein d'une sainte
joye
Le bénira des son reveil.
son
Son Trône deviendra l'asyle
-
pe l'orphelin persecuté
,
Son équitable austerité
Soutiendra le soible pupile;
Le pauvre fous ce defsenseur
Ne craindra plus que l'oppresseur
Luy ravisse son herirage
5 Et le champ qu'il aura
femé
Ne deviendra plus le partage
De l'usurpateur affamé.
Ses dons versez avec justice,
Du passe calomniateur,
Ny du sterile adulateur
N'assouviront point l'avarice:
Pour eux son front fera
glacé.
Le zele desinteressé,
Seul digne de sa confidence,
Fera renaistre pour jamais
Les delices & l'abondance
Inseparable de la paix.
Alors sasuiterenommeé,
Répanduë au-delà des
mers,
Jusqu'aux deux bouts de
l'Univers,
Avec éclat sera femée:
Ses ennemishumiliez
Mettront leur orgüeil à
ses pieds,
Et des plus éloignez rivages,
Les Rois frappez de sa
grandeur,
Viendront par de riches
hommages
Briguer sa puissante faveur.
Ils diront voila le modele
Que doivent suivre tous
les Rois, Fij
C'est de la saintetédes loix
Le protecteur le plusside
le, L'ambitieux immoderé,
Et des eaux du siecle en-
, - yvre,
N'ose paroistre en sa presence
:
Mais l'humble ressent son
appuy,
Et les larmes de l'innocence
,.,,,
Sont precieuses devant
luy.
De fès triomphantes années
,
Le temps respectera le
cours,
Et d'un long ordre d'heureux
jours
Ses vertus feront couronnées.
Leps voaisuseasuxspearzles vents
Vogueront des climats
glacez
Aux bords de l'ardente
Lybie:
La mer enrichira ses ports,
Et pour lui l'heureuseArabie
Epuisera tous fcs tresors.
Tel qu'on voit la teste
chenuë
D'unchesne autrefois arbrisseau,
Egaller le plus haut rameau
Du Cedre caché dans la
nuë., Tel croissant toujours en
grandeur,
Il egalera la splendeur
Du potentat le plus superbe,
Et tes redoutables Sujets
Se multiplieront comme
l'herbe
Autour des humides marets.
Qu'ilvive;&que dansleur
memoire,
Les Rois lui dressènt dés
Autels
y
-
Queles coeursde tous les
mortels
Soient les monumens de
sa gloire:
Et vous, ô maistre des humains
Qui de , vos bienfaisantes
mains
,- Formez les Monarques
celebres
Convertirezl'hommeen--
durcy
,
xÀ
Et daignez chasser les ce- nebres
- Dont vostre nom est obfcurcy.
FIN.
TIRE'E DU PSEAUME71.
Deus lulicium tuum Regi da.
~O Dieu qui par un
choix propice
Daignâtes élire entre tous
Un homme qui fut parmi
nous
L'oracle de vostre Justice:
Inspirez à ce digne Roy,
Avec l'amour de vostre
loy,
Et l'horreur de la violence,
Cette clair-voyante éq-uité,
Qui de la fausse vrai-semblance
Sçait discerner la verité.
Que par des jugemens ièveres.
Sa voix rassurel'innocent,
Que de son peuple gemissant
Sa main soulage les mife*
res,
Que jamais le mensonge
obscur,
Des pas de l'homme libre
& pur,
N'ose à ses yeux foüiller
la trace,
Et que le vice fastueux
Ne soit point assis à la
place
Du merite humble & vertueux.
Ainsi du plus hautdes
montagnes -2.
La paix & tous les dons
des Cieux,
Comme un fleuve delicieux,
Viendront inonder les
campagnes: Son regne àses peuples touchez
Sera ce qu'aux épis sechez
Est l'eau que le Ciel leur
envoye,
Et tant que luira le Soleil,
L'homme plein d'une sainte
joye
Le bénira des son reveil.
son
Son Trône deviendra l'asyle
-
pe l'orphelin persecuté
,
Son équitable austerité
Soutiendra le soible pupile;
Le pauvre fous ce defsenseur
Ne craindra plus que l'oppresseur
Luy ravisse son herirage
5 Et le champ qu'il aura
femé
Ne deviendra plus le partage
De l'usurpateur affamé.
Ses dons versez avec justice,
Du passe calomniateur,
Ny du sterile adulateur
N'assouviront point l'avarice:
Pour eux son front fera
glacé.
Le zele desinteressé,
Seul digne de sa confidence,
Fera renaistre pour jamais
Les delices & l'abondance
Inseparable de la paix.
Alors sasuiterenommeé,
Répanduë au-delà des
mers,
Jusqu'aux deux bouts de
l'Univers,
Avec éclat sera femée:
Ses ennemishumiliez
Mettront leur orgüeil à
ses pieds,
Et des plus éloignez rivages,
Les Rois frappez de sa
grandeur,
Viendront par de riches
hommages
Briguer sa puissante faveur.
Ils diront voila le modele
Que doivent suivre tous
les Rois, Fij
C'est de la saintetédes loix
Le protecteur le plusside
le, L'ambitieux immoderé,
Et des eaux du siecle en-
, - yvre,
N'ose paroistre en sa presence
:
Mais l'humble ressent son
appuy,
Et les larmes de l'innocence
,.,,,
Sont precieuses devant
luy.
De fès triomphantes années
,
Le temps respectera le
cours,
Et d'un long ordre d'heureux
jours
Ses vertus feront couronnées.
Leps voaisuseasuxspearzles vents
Vogueront des climats
glacez
Aux bords de l'ardente
Lybie:
La mer enrichira ses ports,
Et pour lui l'heureuseArabie
Epuisera tous fcs tresors.
Tel qu'on voit la teste
chenuë
D'unchesne autrefois arbrisseau,
Egaller le plus haut rameau
Du Cedre caché dans la
nuë., Tel croissant toujours en
grandeur,
Il egalera la splendeur
Du potentat le plus superbe,
Et tes redoutables Sujets
Se multiplieront comme
l'herbe
Autour des humides marets.
Qu'ilvive;&que dansleur
memoire,
Les Rois lui dressènt dés
Autels
y
-
Queles coeursde tous les
mortels
Soient les monumens de
sa gloire:
Et vous, ô maistre des humains
Qui de , vos bienfaisantes
mains
,- Formez les Monarques
celebres
Convertirezl'hommeen--
durcy
,
xÀ
Et daignez chasser les ce- nebres
- Dont vostre nom est obfcurcy.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 71. Deus judicium tuum Regi da.
Le texte est une ode inspirée du Psaume 71, adressée à un roi. Il prie Dieu d'accorder au roi la sagesse et la justice pour gouverner avec équité, protéger les innocents et soulager les misères de son peuple. Le roi doit discerner la vérité et rejeter la violence et le mensonge. En gouvernant ainsi, la paix et les bénédictions divines inonderont le royaume, et le roi sera béni par son peuple. Son trône deviendra un refuge pour les opprimés, et il soutiendra les faibles et les pauvres. Ses dons seront distribués avec justice, et il favorisera le zèle désintéressé. La renommée du roi s'étendra à travers le monde, et les rois étrangers viendront lui rendre hommage. Le roi sera un modèle de sainteté et de justice, et ses vertus seront couronnées par des années de triomphe. Son règne sera prospère, et son peuple se multipliera. Le texte se termine par une prière à Dieu pour qu'il forme les monarques célèbres et chasse les ténèbres.
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326
p. 1031-1032
DISCOURS du Comte Collalto, Ambassadeur de l'Empereur, fait au Sacré College, le 10. Avril.
Début :
EMINENTISSIMES SEIGNEURS, Le très-Auguste Empereur mon Maître, vous sçachant [...]
Mots clefs :
Sacré Collège, Empire
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS du Comte Collalto, Ambassadeur de l'Empereur, fait au Sacré College, le 10. Avril.
DISCOURS du Comte Collalto
Ambaffadeur de l'Empereur , fait
au Sacré College , le 10. Avril .
EMINENTISSIM MINENTISSIMES SEIGNEURS,
Le très- Augufte Empereur mon Maître, vous
fsachant affemblez dans l'intention de pourvoir
au falut du Monde Chrétien , vous a déja
fi fort exhortez par fes Lettres , de donner au
plutôt un Chef à l'Eglife Univerfelle , que je
regarde comme quelque chose de fuperflu , de
vous prier de confommer l'ouvrage que vous
avez fi heureusement commencé , cependant je
fuis chargé de vous dire que mon Maître confir
me par ma bouche le contenu de fes Lettres
qu'il vous a addreffées à ce sujet ; fçavoir que
vous ayez les égards dans de pareilles occafions
pour l'Avocat perpetuel de l'Eglife Romaine
fon tout-puiffant Protecteur & fon infigne défenfeur
, dont la pieté & l'attachement étrois
à la Religion Orthodoxe font generalement cons
nuside fi dignes qualitez méritens bien que
vous lui donniez un sujet agréable , qui fache
fe conciser l'amour de tous les Fideles , la
bienveillance , la veneration , l'obéissance , la
paix , qui fait l'ornement & le bonheur de la
Chrétienté , que celui d'entre vous qui fera
choifi pour dominer fur les autrs , ne foit pas
moins diſtingué par sa prudence & la fainteté
de fa vie , que par sa dignité & fon autorité ,
je fçai qu'il n'y en a aucun parmi vous qui
ne foit propre à remplir ce pofte important; mais
il s'agit de prendre le plus capable ; implorez
donc pour cet effet les lumieres du S. Efprit ,
deman1032
MERCURE DE FRANCE
demandez lui avec humilité& inftance afin qu'il
vous donne un Sujet qui fort une lumiere bril
lante à tous les hommes , qui fe faſſe tout à
tous , qui travaille efficacement à conferver la
paix , qui fe montre veritablement être le
pere commun par une charité chrétienne ; je
vous affure au nom de mon très - auguſte Empereur
, que fi vous faites un tel choix , le Sacerdoce
fera l'appui de l'Empire , l'Empire fera
l'appui du Sacerdoce ; c'est ce que je vous pro
mets au nom de mon très - augufte Empereur.
Ambaffadeur de l'Empereur , fait
au Sacré College , le 10. Avril .
EMINENTISSIM MINENTISSIMES SEIGNEURS,
Le très- Augufte Empereur mon Maître, vous
fsachant affemblez dans l'intention de pourvoir
au falut du Monde Chrétien , vous a déja
fi fort exhortez par fes Lettres , de donner au
plutôt un Chef à l'Eglife Univerfelle , que je
regarde comme quelque chose de fuperflu , de
vous prier de confommer l'ouvrage que vous
avez fi heureusement commencé , cependant je
fuis chargé de vous dire que mon Maître confir
me par ma bouche le contenu de fes Lettres
qu'il vous a addreffées à ce sujet ; fçavoir que
vous ayez les égards dans de pareilles occafions
pour l'Avocat perpetuel de l'Eglife Romaine
fon tout-puiffant Protecteur & fon infigne défenfeur
, dont la pieté & l'attachement étrois
à la Religion Orthodoxe font generalement cons
nuside fi dignes qualitez méritens bien que
vous lui donniez un sujet agréable , qui fache
fe conciser l'amour de tous les Fideles , la
bienveillance , la veneration , l'obéissance , la
paix , qui fait l'ornement & le bonheur de la
Chrétienté , que celui d'entre vous qui fera
choifi pour dominer fur les autrs , ne foit pas
moins diſtingué par sa prudence & la fainteté
de fa vie , que par sa dignité & fon autorité ,
je fçai qu'il n'y en a aucun parmi vous qui
ne foit propre à remplir ce pofte important; mais
il s'agit de prendre le plus capable ; implorez
donc pour cet effet les lumieres du S. Efprit ,
deman1032
MERCURE DE FRANCE
demandez lui avec humilité& inftance afin qu'il
vous donne un Sujet qui fort une lumiere bril
lante à tous les hommes , qui fe faſſe tout à
tous , qui travaille efficacement à conferver la
paix , qui fe montre veritablement être le
pere commun par une charité chrétienne ; je
vous affure au nom de mon très - auguſte Empereur
, que fi vous faites un tel choix , le Sacerdoce
fera l'appui de l'Empire , l'Empire fera
l'appui du Sacerdoce ; c'est ce que je vous pro
mets au nom de mon très - augufte Empereur.
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Résumé : DISCOURS du Comte Collalto, Ambassadeur de l'Empereur, fait au Sacré College, le 10. Avril.
Le 10 avril, le Comte Collalto, ambassadeur de l'Empereur, s'adresse au Sacré Collège pour rappeler l'exhortation de l'Empereur à désigner rapidement un chef pour l'Église universelle. Collalto souligne l'importance de considérer l'Avocat perpétuel de l'Église Romaine, protecteur et défenseur de la foi orthodoxe. Il insiste sur la nécessité de choisir un candidat distingué par sa prudence, la sainteté de sa vie, sa dignité et son autorité. Collalto encourage les cardinaux à implorer les lumières du Saint-Esprit pour sélectionner un pape qui soit une lumière pour tous, travaille à la conservation de la paix et se montre un père commun par sa charité chrétienne. Il assure que si un tel choix est fait, le Sacerdoce et l'Empire se soutiendront mutuellement.
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327
p. 77-83
Assemblée du Clergé.
Début :
Le 15. Juin, l'ouverture de l'Assemblée extraordinaire [...]
Mots clefs :
Clergé, Roi, Abbé, Archevêque, Évêque
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texteReconnaissance textuelle : Assemblée du Clergé.
e,,,AIfemf.!ée du Clergé.
!.. Le 15.Juin,l'ouverture
de l'Assemblée extraordinaire
du-Clerzé
se fie avec les mêmeceremonies
dont on a donné
le détail lorsque la precedente
Assamblées'est teneuë.
Voicy la Lifte des
Deputez du premier & du
second rang de chaque
Province.
Province de Paris.,
Monsieur le Cardinal
de Noailles
,
Archevêque
de Paris.
Province'de Vienne.'
Mr l'Archevêque,d,e
Vienne. *
Mr l'Abbé Champier.
Province de Reims.
,
Mr l'Archevêque de
Reims.
Mr l'Abbé deBusanval.
MProvinrce,decBordleaucx.
Bordeaux.
Mr l'AbbédeLucinge.
Provinced'Alby.
Mr l'Archevêque d'Alby.
Mrl'Abbé Crouzet.
Province de Toulouse.
Mr l'fcvêqiie deLavaur.
Mr l'Abbé de Grandmont
de Lanta.
Province à*Aix.
Mrl'Evêque de Riez.
Mr l'Abbé de Valbelle.
Province d'Embrun.
Mr l'Evêque de Vence.
Mr l'Abbé Viala.
Province de Tours.
Mrl'Evesque de Leon.
Mrl'Abbé de Tressan.
Province de Narbonne.
Mr l'Evesque d'Agde.
Mrl'Abbé Trudene.
Province de Sens.
Mr l'Evesque d'Auxerre.
Mr l'Abbé de Visnic-h.
Province de Bourges.
Mr l'Evesque de Liînoges.
,"., Mrl'AbbéBrossard.
ProvinceàAMch.
, Mrl'Evesque de Coru
serans
Mr l'AbbéleMazuyer.
Province de Rouen.
Mr l'Evesque de Seez.
Mr l'Abbé de Bouville.
Province de Lyon.
Mr l'Evesque d'Autun.
Mr l'AbbédeChemé.
Province d'Arles.
Mrl'Archevesque d'ArlesMrl'AbbédeS.
Andiol
,
Prcfident
Monsieur le Cardinal de
Noailles.
Promoteur.
Mr l'Abbé de Broglie.
Secrjt.urt.
Mrl'Abî^e.1nCaa.bour.
Le 17. Al les Dipuriz
allerent (ilixr le Roy. à
Marlv. Ils furentconduits
par Mr des Granges Maistre
des Ceremonies
,
&
presentez par Mr le Comte
de Ponrchartrain Secrerairÿ<
fErar. MrleCarchfrâTde
Noailles porta
la parole;Voicyun Extrait
du Discours que Son
Eminence fit à Sa Majesté
à Mr le Dauphin &àMe
la Dauphine.
!.. Le 15.Juin,l'ouverture
de l'Assemblée extraordinaire
du-Clerzé
se fie avec les mêmeceremonies
dont on a donné
le détail lorsque la precedente
Assamblées'est teneuë.
Voicy la Lifte des
Deputez du premier & du
second rang de chaque
Province.
Province de Paris.,
Monsieur le Cardinal
de Noailles
,
Archevêque
de Paris.
Province'de Vienne.'
Mr l'Archevêque,d,e
Vienne. *
Mr l'Abbé Champier.
Province de Reims.
,
Mr l'Archevêque de
Reims.
Mr l'Abbé deBusanval.
MProvinrce,decBordleaucx.
Bordeaux.
Mr l'AbbédeLucinge.
Provinced'Alby.
Mr l'Archevêque d'Alby.
Mrl'Abbé Crouzet.
Province de Toulouse.
Mr l'fcvêqiie deLavaur.
Mr l'Abbé de Grandmont
de Lanta.
Province à*Aix.
Mrl'Evêque de Riez.
Mr l'Abbé de Valbelle.
Province d'Embrun.
Mr l'Evêque de Vence.
Mr l'Abbé Viala.
Province de Tours.
Mrl'Evesque de Leon.
Mrl'Abbé de Tressan.
Province de Narbonne.
Mr l'Evesque d'Agde.
Mrl'Abbé Trudene.
Province de Sens.
Mr l'Evesque d'Auxerre.
Mr l'Abbé de Visnic-h.
Province de Bourges.
Mr l'Evesque de Liînoges.
,"., Mrl'AbbéBrossard.
ProvinceàAMch.
, Mrl'Evesque de Coru
serans
Mr l'AbbéleMazuyer.
Province de Rouen.
Mr l'Evesque de Seez.
Mr l'Abbé de Bouville.
Province de Lyon.
Mr l'Evesque d'Autun.
Mr l'AbbédeChemé.
Province d'Arles.
Mrl'Archevesque d'ArlesMrl'AbbédeS.
Andiol
,
Prcfident
Monsieur le Cardinal de
Noailles.
Promoteur.
Mr l'Abbé de Broglie.
Secrjt.urt.
Mrl'Abî^e.1nCaa.bour.
Le 17. Al les Dipuriz
allerent (ilixr le Roy. à
Marlv. Ils furentconduits
par Mr des Granges Maistre
des Ceremonies
,
&
presentez par Mr le Comte
de Ponrchartrain Secrerairÿ<
fErar. MrleCarchfrâTde
Noailles porta
la parole;Voicyun Extrait
du Discours que Son
Eminence fit à Sa Majesté
à Mr le Dauphin &àMe
la Dauphine.
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Résumé : Assemblée du Clergé.
Le 15 juin, l'Assemblée extraordinaire du Clergé s'est ouverte avec les mêmes cérémonies que la précédente. La liste des députés du premier et du second rang de chaque province a été publiée. Parmi les notables, le Cardinal de Noailles, Archevêque de Paris, représentait la Province de Paris. D'autres provinces ont également désigné leurs représentants, comme l'Archevêque de Vienne et l'Abbé Champier pour la Province de Vienne, et l'Archevêque de Reims et l'Abbé de Busanval pour la Province de Reims. Le 17 juin, les députés se sont rendus auprès du Roi à Marly. Ils ont été conduits par Monsieur des Granges, Maître des Cérémonies, et présentés par le Comte de Pontchartrain, Secrétaire d'État. Le Cardinal de Noailles a prononcé un discours en présence du Roi, du Dauphin et de la Dauphine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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328
p. 83-87
AU ROY.
Début :
SIRE, Le Clergé de vostre Royaume ne se lassera jamais, [...]
Mots clefs :
Roi, Clergé, Dieu, Royaume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
AU ROY.
SIRE,
Le Clergé de vostre
Royaume ne se lasserajamais,
de vous cb(Ïr
,
de
vous servir & C'est rendre
àCesarce qui essa Cesar, &..
entrer dans les dejjeins de
Dieu que de vous aider àsoutenir
une guerre dont il n'a
voulu encore lafin.Quand
V. M. a fait voir qu'elle
desiroit la procurer à quelque
prix que ce fust. Ce
deluge queforment les torrents
d'iniquité qpi inonde toute la
terre ,
estencore trop violent
peurpermettre a la colombe de"
sortir de l'Arche
}
cm de porter
aux hommes le rameau dioli.
vier. Mais en differant
,
la paix Dieu a voulu recompenser
vostre soumission
à ses ordres,& pour
justifiervostre conduire,&
pour justifier mesmela
sienne, s'il est permis de
parler ainsi il reprend de
nouveau & avec plusde
force ladefense de sacause
que vous soutenez.
Une especedemiracle
, a
relevé leTrosne de yojlre sesitfils,
& le rétablit non sur
le sable
, maissur la piere serme
quisoutient le Trofne des
rois,c'est le %ele (7 lafidelité
des Sujets.
in-Uneprotection de Dieu
* si visible est acordée nonseulement
au genereux&
i pieux Roy vostre petit fils,
:' mais encore à la foy deV.
M:.àson zele constantcon -
- tre les erreurs. A son
egalitéparfaite à sa resignarion
dans les pertes
les plus sensibles.Et à tant
dautres vertus qui vous
attireront de plus en plus
cçtre protectionquenous
demandons tous les jours
pourvous.
Nous joindrons à nos
yeux tous les secours &c.
ÏEghfe ne veutse reserver
de biens temporels que pour
fournir au culte de Dieu.
Etau soulagement des pauvres
; c'est les soulager que
les defendre des violences de
rvos ennemis. & c'estsoustenir
levray culte que d'éloigner
d'un Royaume Catholique
les heresies des differentes
Nations qui vous attaquent..
Plaise à ce grand Dieu
de nous rendrebientost le calme
, çjjr de vous accorder la
consolation de voir vos sujets
heureux ~& tranquilles
,
de
vous accorder des jours aussi
longs,aussi glorieux ~& aussi
saints que nous le desirons.
SIRE,
Le Clergé de vostre
Royaume ne se lasserajamais,
de vous cb(Ïr
,
de
vous servir & C'est rendre
àCesarce qui essa Cesar, &..
entrer dans les dejjeins de
Dieu que de vous aider àsoutenir
une guerre dont il n'a
voulu encore lafin.Quand
V. M. a fait voir qu'elle
desiroit la procurer à quelque
prix que ce fust. Ce
deluge queforment les torrents
d'iniquité qpi inonde toute la
terre ,
estencore trop violent
peurpermettre a la colombe de"
sortir de l'Arche
}
cm de porter
aux hommes le rameau dioli.
vier. Mais en differant
,
la paix Dieu a voulu recompenser
vostre soumission
à ses ordres,& pour
justifiervostre conduire,&
pour justifier mesmela
sienne, s'il est permis de
parler ainsi il reprend de
nouveau & avec plusde
force ladefense de sacause
que vous soutenez.
Une especedemiracle
, a
relevé leTrosne de yojlre sesitfils,
& le rétablit non sur
le sable
, maissur la piere serme
quisoutient le Trofne des
rois,c'est le %ele (7 lafidelité
des Sujets.
in-Uneprotection de Dieu
* si visible est acordée nonseulement
au genereux&
i pieux Roy vostre petit fils,
:' mais encore à la foy deV.
M:.àson zele constantcon -
- tre les erreurs. A son
egalitéparfaite à sa resignarion
dans les pertes
les plus sensibles.Et à tant
dautres vertus qui vous
attireront de plus en plus
cçtre protectionquenous
demandons tous les jours
pourvous.
Nous joindrons à nos
yeux tous les secours &c.
ÏEghfe ne veutse reserver
de biens temporels que pour
fournir au culte de Dieu.
Etau soulagement des pauvres
; c'est les soulager que
les defendre des violences de
rvos ennemis. & c'estsoustenir
levray culte que d'éloigner
d'un Royaume Catholique
les heresies des differentes
Nations qui vous attaquent..
Plaise à ce grand Dieu
de nous rendrebientost le calme
, çjjr de vous accorder la
consolation de voir vos sujets
heureux ~& tranquilles
,
de
vous accorder des jours aussi
longs,aussi glorieux ~& aussi
saints que nous le desirons.
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Résumé : AU ROY.
Dans une lettre adressée au roi, le clergé exprime son soutien indéfectible et son désir de servir le monarque. Ils justifient leur aide en invoquant le principe de rendre à César ce qui appartient à César et d'entrer dans les desseins de Dieu. La guerre en cours, perçue comme une volonté divine, voit le clergé prêt à soutenir le roi. Le clergé souligne que la fidélité des sujets a consolidé le trône et met en avant la protection divine sur le roi et sa foi. Ils louent les vertus du roi, espérant ainsi attirer une protection divine accrue. La lettre se conclut par un vœu pour la paix et le bonheur des sujets, ainsi que pour la longévité et la sainteté du règne du roi. Le clergé réserve les biens temporels au culte de Dieu et au soulagement des pauvres, défendant les sujets contre les violences des ennemis et éloignant les hérésies des nations attaquant le royaume.
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329
p. 88-90
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
MONSEIGNEUR, Voicy le premier hommage que le Clergé a l'honneur [...]
Mots clefs :
Dauphin, Royaume, Dieu, Clergé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
AMONSEIGNEUR.
IE, - DAUPHIN.
'MONSEIGNEUR,
Voicy le premierhommage
que le Cjlergé a l'honneurde -'
vous rendre encenmonie,mais
ce n'rft pas le premier que cba-;
cun de nous vous 4 rendu en,
particulier
, ~&c >
= Quel bonheur pour
nous , & pour tout le
Royaume, de voir un
Prince né pour le gouver- n'erunjour,ci-nploycrla"
pénétration & l'élevation
- -
de
de son esprit à se convaincre
de cette grande vérité,
quetant de Princes ignorent
, que le premier devoir
des Souverains efi defaire rf-.
gner Dieu dans leurs Efiats,
Quenedoit-on
pas attendre
de cet espritde justice
,
de cet Amour pour U
regle,~&c.de cettecharitéardente
qui vous rend
si sensible à la misere des
pauvres, &c. Enfin, de
vostre attachementpour leRoy,
qui trouve envousunfils
aussi sournis, aussi tendre,
& aussi occu pé du desir de
luy plaire que l'estoitceluy
qu'il a perdu, &c.
IE, - DAUPHIN.
'MONSEIGNEUR,
Voicy le premierhommage
que le Cjlergé a l'honneurde -'
vous rendre encenmonie,mais
ce n'rft pas le premier que cba-;
cun de nous vous 4 rendu en,
particulier
, ~&c >
= Quel bonheur pour
nous , & pour tout le
Royaume, de voir un
Prince né pour le gouver- n'erunjour,ci-nploycrla"
pénétration & l'élevation
- -
de
de son esprit à se convaincre
de cette grande vérité,
quetant de Princes ignorent
, que le premier devoir
des Souverains efi defaire rf-.
gner Dieu dans leurs Efiats,
Quenedoit-on
pas attendre
de cet espritde justice
,
de cet Amour pour U
regle,~&c.de cettecharitéardente
qui vous rend
si sensible à la misere des
pauvres, &c. Enfin, de
vostre attachementpour leRoy,
qui trouve envousunfils
aussi sournis, aussi tendre,
& aussi occu pé du desir de
luy plaire que l'estoitceluy
qu'il a perdu, &c.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Le clergé adresse une lettre au Dauphin, futur roi de France, exprimant son honneur et son bonheur de lui rendre hommage. Ils louent sa pénétration d'esprit, son sens de la justice, sa charité envers les pauvres et son dévouement au roi. Le Dauphin comprend que régner implique de servir Dieu.
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330
p. 90-91
A MADAME LA DAUPHINE.
Début :
MADAME .... Nous vous rendons aujourd'huy pour la premiere fois, [...]
Mots clefs :
Dauphine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA DAUPHINE.
A MADAME
LADAUPHINE
MADAME.
Nous vous rendons aujourd'huy
pour lapremière
fois, nos tres humbles
hommages & avec un
sensible plaisîr quoyque
ce soit un sujet de douleur
qui nous le procure. Noflrc
caractere ne nous permet
pas de loüer en vous ce que
tout le monde y admire. :
Nous ne loüerons que vostre
foy ,&c.la droiture de
vos intentions, la delicatesse
& la soliditédevostre qrit,
la bonté devostre coeur, vojlre
union avecunauguste Epoux,
& lefoin que vous avez conjointement
avecluy deprolonger
heureusement les jours de
Sa Majesté en luy faisant
trouver dans sa Famille toute
la douceurqui est deuë à unsi
bon pere , & à un maistresi
refyeftMe*
LADAUPHINE
MADAME.
Nous vous rendons aujourd'huy
pour lapremière
fois, nos tres humbles
hommages & avec un
sensible plaisîr quoyque
ce soit un sujet de douleur
qui nous le procure. Noflrc
caractere ne nous permet
pas de loüer en vous ce que
tout le monde y admire. :
Nous ne loüerons que vostre
foy ,&c.la droiture de
vos intentions, la delicatesse
& la soliditédevostre qrit,
la bonté devostre coeur, vojlre
union avecunauguste Epoux,
& lefoin que vous avez conjointement
avecluy deprolonger
heureusement les jours de
Sa Majesté en luy faisant
trouver dans sa Famille toute
la douceurqui est deuë à unsi
bon pere , & à un maistresi
refyeftMe*
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Résumé : A MADAME LA DAUPHINE.
La lettre à Madame Ladauphine exprime des hommages et une douleur partagée. Les auteurs louent sa foi, sa droiture, sa délicatesse et la solidité de son esprit, ainsi que la bonté de son cœur. Ils soulignent son union avec son époux et leurs efforts pour prolonger les jours du roi en lui offrant toute la douceur due à un bon père et à un maître respecté.
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331
p. 85-103
Service pour feu Monseigneur le Dauphin.
Début :
Le 18. Juin on fit dans l'Eglise de l'Abbaye Royale [...]
Mots clefs :
Dauphin, Duc, Princes, Écussons, Musique, Service, Oraison funèbre, Choeur, Religieux, Autel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Service pour feu Monseigneur le Dauphin.
Service pour feu Mon-
Seigneur ledaepl-lyn.
Le 18. Juin on fit dans
l'Eglise de l'Abbaye Royale
deS. Denis le Service
solemnel pour le repos de
l'Ame de feu Monfeigcur
le Dauphin.
Toutes les Portes de la
Ville estoienttenduës de
noir sans Ecussons ; celle
de l'entrée du Parvis estoit
ornée deCartouches & de
petitsEcussons, entre lesquelsil
y en avoit de
grands aux Armes de
Monseigneur. Les trois
grandes Portes de l'Eglise
estoient renduës,ainsi que
toute la largeur du Portail
jusques aux petites Tourelles.
La Nefestoit couverte
jusqu'à dix ou douze
pieds de la voute, ainsi
que les bas costez,&ornée
de plusieurs rangs de Car
touches & d'Ecussons.
Audessus delaGrille
ou des Jubez, pendoit depuis
la voute un grand
Tapis noir qui garnissoit
tout l'espace d'entre les
piliers. Au dessous de ce
Tapis on avoit appliqué à
la grille un Jubé de menuiserie
qui avançoit d'environvingt
pieds dans la
Nef, & dans lequel la Musique
fut placée. De chaque
cofté du Choeur au..
dessus des hautes Chaises,
regnoient jusqu'à l'Autel,
six grandes pieces quarrées
de drap noir bordées
d'Hermine, & ornées
dans le haut & dans le bas
d'une Bande de trois
rangs enQuinconge semée
de Larmes d'argent
de Dauphins,& de Fleursde-
Lys d'or. Entre chacun
de ces grands quarrez
estoient des bandes en forme
de pilastres aussisemer
de Larmes, de Dauphins,
& deFleurs de-lys. Dans
le milieu de ces pilastres
estoient de grands Ecussons
aux Armes & aux
, Chiffres de Monseigneur
alternativement,ainsi que
sur les Corniches qui estoient
surmonrées d'un
grand Luminaire qui regnoit
tout autour du
Choeur. Vis- à-vis des
Ecussons
Ecussons qui eftoienc au
dessous de la Cornic he
d'enhaut,onavoir attaché
des Girandoles garnies
de Cierges.
La Representationestoit
élevée de huit degrez
sur un Champ quarré de
deux, pieds & demi de
haut, sousun Dais soufie.
nu de quatre Colomnes.
Au dessus deceDaisestoit
uneCouronne fermée de
dix Dauphins herissez de
pointes où l'on avoit mis
desCierges qui formoient
unGroupe de Luminaire
dont l'effet estoit fort
beau. Du milieu de ce
Groupe sortoit unCierge
qui estoit beaucoup plus
élevé que les autres, &les
degrez de la Representation
estoient tout couverts
deChandeliers.
Il n'yen avoir que six
sur le Grand Autel ,&six
au dessus du Contre-Table,
à la hauteur duquel
partoic des deux costez,
desCourtines de velours
garnies de franges d'argent
& d'Ecussons,& il y
avoit des Rideauxde satin
qui estoient attachez aux
Colonnes de l'Autel.
Au dessous du Contre,
Table estoit une grande
Croix de Moire avec quatre
grands Ecussonssur du
velours,surmontée d'un
Dais avec ses Rideaux ar
restez,qui cachoit entierement
l'espacedepuisle
ContreTable jusques à1$
hauteur du Luminaire
d'enhaut, lyavoità costé
de ce Dais deuxespecesde
Pilastres semez deLarmé$
d'argent,de Dauphins ôc
de Fleurs-de-lys d'or
,
ôç
accotez de deux Consoles
sur lesquelles il y avoit des
Cierges.
On commença à allumer
le Luminaire à dix
heures & un quart.
Monseigneur le Dauphin
estant arrivé avec
Monseigneur le Duc de
Berry & S. AR. Monsieur
le Duc d'Orleansces Princes
furent conduits dans
l'Appartement qui leur
aVoic£&e préparé au bouc
de la premiere partie de
l'ancien Cloistre. L'Escalier
estoit tout tendu de
Drap noir, ainsi que le
passage jusqu'à l'Appartement
où il y avoit un Dais.
Aprés que ces Princes y
eurent esté habillez,ils
allerent prendre leurs places
dans les trois Chaises
hautes du Choeur les plus
proches de celle qui est
destinée pourl'Abbé,&c
qui est tousjours vacante
lorsqu'il n'y en a point.
Le Requiem fut entonné
par les cinq Chantres,&
continué parla Musique
du Roy, & ensuiteKyrie
eleison; & les Prélats en
entrant dans le Choeur,
saluerent la Representation
,
les Princes, la
Representation de Loüis
XIII.&l'Autel. LeCelebrant
estoit M. l'Archevesque
de Reims; ôc les
Assistans, M.l'Evesque de
Quebec ; M. l'Evesque
d'Auxerre; M. l'Evesque
de Séez
,
& M.l'Evesque
d'Autun.
Dans le Sanctuaire à
droite ,du costé de l'Evangile,
estoitunAmphithéâtre
garni de Bancs
pour les Religieux de
1
la
Maison, qui avoient psalmodié
Prime,Tierce, &
None dés six heures & demie,
dans la Chapelle du
Chevet derrière le Grand
Autel,du costé de l'Epistre
il y avoit des Bancs
pour le Clergé, vis-à-vis
desquels estoient cinq sauteüils
de velours, pour
l'Archevesque& pour les
quatre Evesques assistans.
L'Epistre fut chantée par
Dom Taveroles
,
Religieux,
Sous-Diacre,&l'Evangile
parDomQuenet,
Religieux, Diacre, deux
des Evesques alIifianseL:
dantDiacre,&SousDiacre
d'honneur. Le Graduel
fut chanté pirie's
cinq ChantresReligieux.
& la Prose par la Musique.
L'Offertoire estant finie,
Monseigneur leDauphin
allaà l'Offrande précede
du Maistre desCeremonies,
qui fit les Reverences
àl'Autel du bas des degrez
du Sanctuaire, aux Princes,
aux Cours Supérieures
,& au Clergé,&il alla
baiser l'Anneau du Celebrant
aprèsavoirpresenté
le
le Cierge. Il y avoit dix
pieces d'or à celuy de
Monseigneur le Dauphin,
huit à celuy deMonseigneur
le Duc de Berry,
& six à celuy deMonsieur
le Duc d'Orleans.
L'Oraison Funebre fut
prononcée par Mr l'Evesque
d'Angers. Ilprit pour
Texteles 13 & 17. Versets
du 3. Chapitre des Proverbes
dont il ne fit qu'un,
pour l'apliquer à Monseigneur.
Beatus homo qui inrectæ
, omnes semitæ ejus
pacificæ. Heureux l'homme
rempli de sagesse & de
prudence,ses voyes sont
toujours droires &ne tendent
qu'à Ja paix,
On ne donnera, point les
Extraits des Oraisons Fune-
Ines, parce qu'elles sontimpri
mées Cm aujji parce qu'ilyen
aura troppourentreprendre de
les donner toutes , que de
donnerseulement les plus belles
ce feroit marquer qu'on
llime moins les autres.
Monseigneur le Dauphin,
Monseigneur leDuc
deBerry,& Monsieur le
Duc d'Orleans sortirent;
del'Eglileun peu avant
quatre heures pour aller
se deshabiller, & ils sortirent
de leurs Apartements
à quatre heures trois
quarts par la grande porte
de l'Eglise,suivis du
Prieur,de plusieursReligieux
& de leurs Officiers
; & ces Princesmonterent
tous trois dans le
mesine Carosse pour retourner
à Marly,.Il y avoit
plusieurs Compagnies
des Gardes rangées obli-.
quement en haye depuis
1,2 premiere porte du parvis
jusques danslarue qui
conduir hors de Saint Denis
par le chemin dePa*.
ris.
Il y eut de si vives contestations
entre les Cent-
Suisses & les Gardes du
Corps au sujet de la barriere,
qu'il fallut, envoyer
un exprés à Marly pour
sçavoit à qui elle devoit
appartenir. La question
futdecidée en faveur des
Gardes du Corps qui la
îirent enlever.
Le 3. Juillet on fit aufll un
Service solemnel pour le reposdeL'Ame
de feu Monseigneur
leDauphin, dans l'Eglise
de Notre Dame. Mon.
sieur le Cardinal de Noailles
y officia pontificalement; &
lePeredelaRue Jesuite y prononça
l'Oraison Funebre.
Monseigneur le Dauphin, accompagné de Monseigneur
le Duc de Berry & de Monsieur
le Ducd'Orleans )efioit'
à la relte du Deuil ainsiqu'à
celuy de S. Denis; & le Clergé,
le Parlement, la Chambre
des Comptes, la Cour des Aides,
l'U niverfité & le Corps
de Villeyaissisterent. Ils y avoient
esté invitez de la tirt
du Roy par Mr. des Granges
Maistre des Ceremonies. Monsieurle
Cardinal de Noailles
donna à disneraux trois Princes
après le Service.
On ne parlera point de laCeremonie de Notre-
Dame
,
ni de la Sainte
Chapelle
,
ni par consequent
desautresquisesont
faites par route la France.
!i Ces Ceremonies n'tfl
tant presque que des repetitions
les unes des autres
, & de plus il faudroit
des Volumes entiers pour
bien marquer jusqu'où
les François ont porté
leur zele pour honorer
la memoire du grand
Prince qu'ils ont perdu..,)
Seigneur ledaepl-lyn.
Le 18. Juin on fit dans
l'Eglise de l'Abbaye Royale
deS. Denis le Service
solemnel pour le repos de
l'Ame de feu Monfeigcur
le Dauphin.
Toutes les Portes de la
Ville estoienttenduës de
noir sans Ecussons ; celle
de l'entrée du Parvis estoit
ornée deCartouches & de
petitsEcussons, entre lesquelsil
y en avoit de
grands aux Armes de
Monseigneur. Les trois
grandes Portes de l'Eglise
estoient renduës,ainsi que
toute la largeur du Portail
jusques aux petites Tourelles.
La Nefestoit couverte
jusqu'à dix ou douze
pieds de la voute, ainsi
que les bas costez,&ornée
de plusieurs rangs de Car
touches & d'Ecussons.
Audessus delaGrille
ou des Jubez, pendoit depuis
la voute un grand
Tapis noir qui garnissoit
tout l'espace d'entre les
piliers. Au dessous de ce
Tapis on avoit appliqué à
la grille un Jubé de menuiserie
qui avançoit d'environvingt
pieds dans la
Nef, & dans lequel la Musique
fut placée. De chaque
cofté du Choeur au..
dessus des hautes Chaises,
regnoient jusqu'à l'Autel,
six grandes pieces quarrées
de drap noir bordées
d'Hermine, & ornées
dans le haut & dans le bas
d'une Bande de trois
rangs enQuinconge semée
de Larmes d'argent
de Dauphins,& de Fleursde-
Lys d'or. Entre chacun
de ces grands quarrez
estoient des bandes en forme
de pilastres aussisemer
de Larmes, de Dauphins,
& deFleurs de-lys. Dans
le milieu de ces pilastres
estoient de grands Ecussons
aux Armes & aux
, Chiffres de Monseigneur
alternativement,ainsi que
sur les Corniches qui estoient
surmonrées d'un
grand Luminaire qui regnoit
tout autour du
Choeur. Vis- à-vis des
Ecussons
Ecussons qui eftoienc au
dessous de la Cornic he
d'enhaut,onavoir attaché
des Girandoles garnies
de Cierges.
La Representationestoit
élevée de huit degrez
sur un Champ quarré de
deux, pieds & demi de
haut, sousun Dais soufie.
nu de quatre Colomnes.
Au dessus deceDaisestoit
uneCouronne fermée de
dix Dauphins herissez de
pointes où l'on avoit mis
desCierges qui formoient
unGroupe de Luminaire
dont l'effet estoit fort
beau. Du milieu de ce
Groupe sortoit unCierge
qui estoit beaucoup plus
élevé que les autres, &les
degrez de la Representation
estoient tout couverts
deChandeliers.
Il n'yen avoir que six
sur le Grand Autel ,&six
au dessus du Contre-Table,
à la hauteur duquel
partoic des deux costez,
desCourtines de velours
garnies de franges d'argent
& d'Ecussons,& il y
avoit des Rideauxde satin
qui estoient attachez aux
Colonnes de l'Autel.
Au dessous du Contre,
Table estoit une grande
Croix de Moire avec quatre
grands Ecussonssur du
velours,surmontée d'un
Dais avec ses Rideaux ar
restez,qui cachoit entierement
l'espacedepuisle
ContreTable jusques à1$
hauteur du Luminaire
d'enhaut, lyavoità costé
de ce Dais deuxespecesde
Pilastres semez deLarmé$
d'argent,de Dauphins ôc
de Fleurs-de-lys d'or
,
ôç
accotez de deux Consoles
sur lesquelles il y avoit des
Cierges.
On commença à allumer
le Luminaire à dix
heures & un quart.
Monseigneur le Dauphin
estant arrivé avec
Monseigneur le Duc de
Berry & S. AR. Monsieur
le Duc d'Orleansces Princes
furent conduits dans
l'Appartement qui leur
aVoic£&e préparé au bouc
de la premiere partie de
l'ancien Cloistre. L'Escalier
estoit tout tendu de
Drap noir, ainsi que le
passage jusqu'à l'Appartement
où il y avoit un Dais.
Aprés que ces Princes y
eurent esté habillez,ils
allerent prendre leurs places
dans les trois Chaises
hautes du Choeur les plus
proches de celle qui est
destinée pourl'Abbé,&c
qui est tousjours vacante
lorsqu'il n'y en a point.
Le Requiem fut entonné
par les cinq Chantres,&
continué parla Musique
du Roy, & ensuiteKyrie
eleison; & les Prélats en
entrant dans le Choeur,
saluerent la Representation
,
les Princes, la
Representation de Loüis
XIII.&l'Autel. LeCelebrant
estoit M. l'Archevesque
de Reims; ôc les
Assistans, M.l'Evesque de
Quebec ; M. l'Evesque
d'Auxerre; M. l'Evesque
de Séez
,
& M.l'Evesque
d'Autun.
Dans le Sanctuaire à
droite ,du costé de l'Evangile,
estoitunAmphithéâtre
garni de Bancs
pour les Religieux de
1
la
Maison, qui avoient psalmodié
Prime,Tierce, &
None dés six heures & demie,
dans la Chapelle du
Chevet derrière le Grand
Autel,du costé de l'Epistre
il y avoit des Bancs
pour le Clergé, vis-à-vis
desquels estoient cinq sauteüils
de velours, pour
l'Archevesque& pour les
quatre Evesques assistans.
L'Epistre fut chantée par
Dom Taveroles
,
Religieux,
Sous-Diacre,&l'Evangile
parDomQuenet,
Religieux, Diacre, deux
des Evesques alIifianseL:
dantDiacre,&SousDiacre
d'honneur. Le Graduel
fut chanté pirie's
cinq ChantresReligieux.
& la Prose par la Musique.
L'Offertoire estant finie,
Monseigneur leDauphin
allaà l'Offrande précede
du Maistre desCeremonies,
qui fit les Reverences
àl'Autel du bas des degrez
du Sanctuaire, aux Princes,
aux Cours Supérieures
,& au Clergé,&il alla
baiser l'Anneau du Celebrant
aprèsavoirpresenté
le
le Cierge. Il y avoit dix
pieces d'or à celuy de
Monseigneur le Dauphin,
huit à celuy deMonseigneur
le Duc de Berry,
& six à celuy deMonsieur
le Duc d'Orleans.
L'Oraison Funebre fut
prononcée par Mr l'Evesque
d'Angers. Ilprit pour
Texteles 13 & 17. Versets
du 3. Chapitre des Proverbes
dont il ne fit qu'un,
pour l'apliquer à Monseigneur.
Beatus homo qui inrectæ
, omnes semitæ ejus
pacificæ. Heureux l'homme
rempli de sagesse & de
prudence,ses voyes sont
toujours droires &ne tendent
qu'à Ja paix,
On ne donnera, point les
Extraits des Oraisons Fune-
Ines, parce qu'elles sontimpri
mées Cm aujji parce qu'ilyen
aura troppourentreprendre de
les donner toutes , que de
donnerseulement les plus belles
ce feroit marquer qu'on
llime moins les autres.
Monseigneur le Dauphin,
Monseigneur leDuc
deBerry,& Monsieur le
Duc d'Orleans sortirent;
del'Eglileun peu avant
quatre heures pour aller
se deshabiller, & ils sortirent
de leurs Apartements
à quatre heures trois
quarts par la grande porte
de l'Eglise,suivis du
Prieur,de plusieursReligieux
& de leurs Officiers
; & ces Princesmonterent
tous trois dans le
mesine Carosse pour retourner
à Marly,.Il y avoit
plusieurs Compagnies
des Gardes rangées obli-.
quement en haye depuis
1,2 premiere porte du parvis
jusques danslarue qui
conduir hors de Saint Denis
par le chemin dePa*.
ris.
Il y eut de si vives contestations
entre les Cent-
Suisses & les Gardes du
Corps au sujet de la barriere,
qu'il fallut, envoyer
un exprés à Marly pour
sçavoit à qui elle devoit
appartenir. La question
futdecidée en faveur des
Gardes du Corps qui la
îirent enlever.
Le 3. Juillet on fit aufll un
Service solemnel pour le reposdeL'Ame
de feu Monseigneur
leDauphin, dans l'Eglise
de Notre Dame. Mon.
sieur le Cardinal de Noailles
y officia pontificalement; &
lePeredelaRue Jesuite y prononça
l'Oraison Funebre.
Monseigneur le Dauphin, accompagné de Monseigneur
le Duc de Berry & de Monsieur
le Ducd'Orleans )efioit'
à la relte du Deuil ainsiqu'à
celuy de S. Denis; & le Clergé,
le Parlement, la Chambre
des Comptes, la Cour des Aides,
l'U niverfité & le Corps
de Villeyaissisterent. Ils y avoient
esté invitez de la tirt
du Roy par Mr. des Granges
Maistre des Ceremonies. Monsieurle
Cardinal de Noailles
donna à disneraux trois Princes
après le Service.
On ne parlera point de laCeremonie de Notre-
Dame
,
ni de la Sainte
Chapelle
,
ni par consequent
desautresquisesont
faites par route la France.
!i Ces Ceremonies n'tfl
tant presque que des repetitions
les unes des autres
, & de plus il faudroit
des Volumes entiers pour
bien marquer jusqu'où
les François ont porté
leur zele pour honorer
la memoire du grand
Prince qu'ils ont perdu..,)
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Résumé : Service pour feu Monseigneur le Dauphin.
Le 18 juin, un service solennel fut organisé à l'Abbaye Royale de Saint-Denis pour le repos de l'âme du défunt Dauphin. La ville était en deuil, avec toutes les portes tendues de noir, sauf celle de l'entrée du parvis, ornée de cartouches et d'écussons, certains aux armes du Dauphin. L'église était également décorée de noir, avec des cartouches et des écussons sur la nef et le chœur. Un grand tapis noir couvrait l'espace entre les piliers, et un jubé de menuiserie abritait la musique. Le chœur était orné de pièces de drap noir bordées d'hermine et décorées de larmes d'argent, de dauphins et de fleurs-de-lis d'or. Des girandoles garnies de cierges étaient suspendues au-dessus des écussons. La représentation du Dauphin était élevée sur un champ carré, sous un dais soutenu par quatre colonnes, surmonté d'une couronne de dauphins et de cierges. Le service commença à dix heures et un quart, avec l'arrivée du Dauphin, du Duc de Berry et du Duc d'Orléans, conduits dans un appartement préparé pour eux. Le requiem fut entonné par les chantres et continué par la musique du roi. L'archevêque de Reims célébra la messe, assisté de plusieurs évêques. L'oraison funèbre fut prononcée par l'évêque d'Angers, qui cita les Proverbes. Après la messe, les princes sortirent de l'église pour se déshabiller et quittèrent Saint-Denis vers quatre heures et demie, escortés par des compagnies de gardes. Le 3 juillet, un autre service solennel eut lieu à l'église Notre-Dame, officié par le cardinal de Noailles, avec la présence des mêmes princes et de diverses autorités invitées par le roi. Le cardinal de Noailles offrit ensuite un dîner aux princes. Les cérémonies dans d'autres lieux de France ne sont pas détaillées, car elles étaient similaires et nécessiteraient des volumes entiers pour être décrites en détail.
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332
p. 133-136
DEDICACE d'une Eglise.
Début :
L'Eglise que M. l'Abbé le Moyne, Docteur de [...]
Mots clefs :
Église, Dédicace, Temple, Évêque
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texteReconnaissance textuelle : DEDICACE d'une Eglise.
EDICACE
d'uneEglise.
- L'EglisequeM.l'Abbé
le Moyne, Docteur de
Sorbonne, & Seigneur de
$elle-Ifle ,y afait bâtir,
étant achevée
,
M. l'Evêque
de Châlons fit la ceremonie
de la Dédicace le
6. Septembre. Ce Prélat
pour s'y préparer jeûna la
veille, ainsi que tous. les
habitans, aulquels il Se le
jour mêmeundiscours pastoral
sur le Sacrement de
Confirmation, qu'il administraensuite
pour faireal.
lusson de la consécration
desTemples vivansà celle
d'unTemple matériel.
1
Le soir on fit la Translation
de S. Peregrin, premier
Evêque d'Auxerre,
de S.Eustache & de S. Simplicie,
Martyrs, donnez
par les Religieux de Saint
Denis.
LeDimanche dés le point
du jour,M.FEvëque alla à
rEglife d'où l'on avoit ôté
tous les bancs. Il y fit allumer
les 12 cierges qui étoient
devant les 12 croix
des piliers, une à chacun,
après quoi il y laissa un Diacre
seul
,
qui en ferma les
portes. Il continua ensuite
laCeremonie par plusieurs
Procenions au dehors &
au dedans
y par plufieurs
enceniemens,parle chant
de plusieurs hymnes, de
cantiques, de Pseaumes,
par differens Exorcismes,
des Benedidions,desLustrations,
des Onctions
d'eau Grégorienne,d'huîle
des Carhecumenes, de
S.Crême,des Prostrations,
par le scel des tombeaux
des Martyrs, par la formation
des Alphabets grec &
latin sur la cendre étenduë
en forme de Croixde S.
André,par l'Eloge du Fondateur,
les devoirs des paroissiens, & par une Messe
Solemnelle.
d'uneEglise.
- L'EglisequeM.l'Abbé
le Moyne, Docteur de
Sorbonne, & Seigneur de
$elle-Ifle ,y afait bâtir,
étant achevée
,
M. l'Evêque
de Châlons fit la ceremonie
de la Dédicace le
6. Septembre. Ce Prélat
pour s'y préparer jeûna la
veille, ainsi que tous. les
habitans, aulquels il Se le
jour mêmeundiscours pastoral
sur le Sacrement de
Confirmation, qu'il administraensuite
pour faireal.
lusson de la consécration
desTemples vivansà celle
d'unTemple matériel.
1
Le soir on fit la Translation
de S. Peregrin, premier
Evêque d'Auxerre,
de S.Eustache & de S. Simplicie,
Martyrs, donnez
par les Religieux de Saint
Denis.
LeDimanche dés le point
du jour,M.FEvëque alla à
rEglife d'où l'on avoit ôté
tous les bancs. Il y fit allumer
les 12 cierges qui étoient
devant les 12 croix
des piliers, une à chacun,
après quoi il y laissa un Diacre
seul
,
qui en ferma les
portes. Il continua ensuite
laCeremonie par plusieurs
Procenions au dehors &
au dedans
y par plufieurs
enceniemens,parle chant
de plusieurs hymnes, de
cantiques, de Pseaumes,
par differens Exorcismes,
des Benedidions,desLustrations,
des Onctions
d'eau Grégorienne,d'huîle
des Carhecumenes, de
S.Crême,des Prostrations,
par le scel des tombeaux
des Martyrs, par la formation
des Alphabets grec &
latin sur la cendre étenduë
en forme de Croixde S.
André,par l'Eloge du Fondateur,
les devoirs des paroissiens, & par une Messe
Solemnelle.
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Résumé : DEDICACE d'une Eglise.
Le texte relate la dédicace d'une église construite par M. l'Abbé le Moyne, Docteur de Sorbonne et Seigneur de Celle-Ifle. La cérémonie, présidée par M. l'Évêque de Châlons, s'est déroulée le 6 septembre. La veille, l'évêque et les habitants ont jeûné. L'évêque a prononcé un discours sur le sacrement de Confirmation, qu'il a ensuite administré. Les reliques de Saint Pérégrin, Saint Eustache et Saint Simplicie ont été translatées depuis les Religieux de Saint Denis. Le dimanche, dès l'aube, l'évêque a allumé douze cierges devant les croix des piliers et a laissé un diacre fermer les portes. La cérémonie a inclus plusieurs processions, encensements, chants, exorcismes, bénédictions, lustrations, onctions et prosternations. L'évêque a rendu hommage au fondateur et rappelé les devoirs des paroissiens avant de célébrer une messe solennelle.
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333
p. 102-117
Dernieres Nouvelles.
Début :
De Lisbonne le 4. Decembre. [...]
Mots clefs :
Madrid, Strasbourg, Arras, Hambourg, Bender, Lisbonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dernieres Nouvelles.
Dernieres Nouvelles.
De Lisbonne le 4. Decembre.
> Le Roy assemble fouvenc
son Conseil pour prendre
des mesures convenables
aux conjondures presentes,&
un Exprés partiehier
pour l'Angleterre t
avec des Dépesches qui
portent, à ce que l'on af-;
feurc
, que Sa Majesté re-
- met à la Reine sesinterests
ausujet de la Paix,& nos
Envoyez à Londres & à la
Haye, sont nommez pour
assisterauCongrezenqua*
litéde Pleni potentiaires.
La nouvelle qu'on a eutt
icy de l'expedition des
François dans le Bresil
,
noms a esté confirmée par
un Bastiment arrive de San
Salvador, & l'on y adjouste
d'autant plus de foy ,que
nous n'avons point de nou":
•
evnelles de la Flotte que nous attendons.
[
De Gironne le 10. Decembre,
Les dix huit Bataillons,
&les douze Escadrons qu'-
on attendoitdeDauphiné
estant arrivez, Monsieur le
Marquis de Fiennes s'est
mis en marche pour aller
faire le siege d'Ostalric.
Les Ennemis en ayant esté
informez, s'avancerentau
nombre de 400. Chevaux,
• de deux Bataillons, & d'un
gros corps de Miquelets
pour luy disputer le paffage
entre Bazola & Caftelfollit;
mais Monsieur de
Fiennes ayant marché à
eux avec son Avantgarde
seulement,ils seretirèrent
avec beaucoup de précipitation,
abandonnant tous
les postes qu'ils occupoient
dans les montagnes.
De Httmbourglc 11Decembre.
Les dernieres Lettres
qu'on a receuës du Camp
devant Wifmar
, portent
que la nuit du 4. au 5. trois
mille hommes d'Infanterie
,& trois cens Dragons,
eftoienc forcis de la Place
avec neuf petites pieces de
canon pour surprendre les
Troupes du Blocus; que le
General Ranrzaw qui y
commande en ayant esté
informé, avoir envoyé une
Trou pe de Cavallerie devant
chacune des portes,
pour observer les mouvements
de la Garnison
, &
donna en mesme temps les
ordres necessairespourdisposer
toutes ses Troupes de
maniere qu'elles pussent
marcher promptement où
il seroit necessaire:queles
Suédois en sortant de la
Ville, avoient repoussé la
Cavallerie Danoise; qu'ils
pousserent ensuitela Garde
avancée & le Piquet de
deux cens Chevaux , aprés
quoy ils attaquerent le Regiment
de Dragons de Bulau
, qui ayant esté soustenu
par trois autresRegiments
)
le combat dura
deux heures, ce qui donna
le temps au General Rantzaw
defaire avancer des
Troupes qui prirent les
Suedois en flanc des deux
Costez, & marcha en-ntef;
me temps avec un autre
Corps pour leur cou per la
retraite, ensorte que l'infanterie
fut obligée de former
un Bataillon quarré
pour se retirer
9.
mais que
ce Bataillon ayant esté
rompu, il n'estoit rentre
dans la Ville qu'environ
seize cens hommes, le reste
avoit esté tué ou pris
avec les neufpieces de Canon.
Extrait de Lettres de Bender
du 16. Octobre.
Mr Funck nostre Envoyé,
mande parunExpres
qui vient d'arriver
quele Grand Visir fait à,
brcfent des merveilles, 8c
promet au Roy de Suede
cout ce qu'illuy demande-
'a en Troupes & en argent.
Les Moscovitesontem-
)loyé plusieursartifices
tour éluder & retarder l'éxecution
de la Paix faite
avec la Porte. Le dernier
erme fixé pour la reddi-
~iond'Asas, & la démoli-
~ion de TaganroK expirera
dansquelques jours, & :-
ls cherchent encore à gagner
une prolongation,
mais nous avons de tresgrandes
raisons pour croire
que la Porte ne se laissera
plusamuser
, & qu'elle
reprendra les armes incessamment.
Cependant de
quelque manière que la
chose tourne, le Roy de
Suede demeure ferme dans
la resolution qu'il a prise
de partir cet hiver, & de
se porter en Pologne.
UArrtts le 20. Decembre.
,
Les Troupes qui ont
jjfte employées à combler
e canal de la Deule, & ce-
~uyde Douay;à ~ompre les
:clu(es, les Ponts & les
Digues
,
sont rerournées
dans leurs quartiers dans
~voir perdu un seul homneon
a aussi ruiné le Pont-
Vendin
,
& enfoncé des
~acteaux &abbatu des ar-
~res dans la haute Scarpe
~u dessus de Doüay., de
orte que les munitions qui
~ontàGand & destinées
)our lesmagasinsdecette
place
,
n'y pourronr tstre
transportées que par charrois,
ce qui sera tres difficile
à executer,tant à cause
des grossès sommes qu'il
en coustera aux Ennemis.
qu'à cause des forces escortes
pour chaque convoy.
Les cinq hommes qui
ont esté faits prisonniersa
Lillers,&qui sont de Troupes
Hollandoises ont esté
amenez icy. k
D'autres Lettres portent
que dès que les Ennemis
furent informez de
ce qui sepassoit, ils assemblerent
toutes les Garnisons
de la frontiere;mais
que
que n'ayant pu le raire
assez promptement, les
nostres se retiroient lorsque
les Gouverneurs de
Lille & deDoüai parurent à
une lieuë& demie d'Arras,
à la teste de trente Escadrons,
qui après quelques
escarmouches avec l'arriere
garde de nosTroupes,
commandée par Mr le
Comte de Broglio,se retirerent,
crainte d'estre coupez.
De Strasbourg le 17Decembre.
Les Ennemis ont tenté
de nouveau de conduire de
Philisbourg à Landau, un
gros Convoy de bled & de
Farine; mais ur l'avis qu'ils
ont eu que nos Troupes
estoient en mouvement
pour l'enlever,ils l'ont fait
rentrer dans cette Place.
Il deserte beaucoup de
leurs soldats, il en est venu
en unjour vingt- sixà Lauterbourg
,
qui disent qu'ils
ne sont point payez.
Un party de la Garnison
de BrifacK estant en
course le 14. rencontra
quarante cinq Hussards ennemis,
en tua treize & en
prit dix-neuf qui ont esté
amenez tous montez à Bru
sack.
DeMadrid le 14. Decembre
Les dernieres Lettres
qu'onareceuës de Catalogne,
portent que le Comte
de Staremberg ayant fait
un détachement de TroupesAllemandes
pourchanger
la Garnison de Tarragone
,
les Officiers des
Troupes Angloises qui y
sont, avoient refusé d'éva•
cuer cette Place,&avoient
fait dire au Comte de Staremberg,
qu'ils en respondoient.
Le 10 Décembre, le Pere
Athanase de Megrigny,
Capucin, fut sacré Evesque
de Graffe, dans l'Eglise des
Capucins de la rue saint
Honoré, par Monsieur
l'Evesque de Strasbourg assistédeMessieurs les E-,
vesques de Toul ôc d'Evreux.
Le 21.Mrl'AbbélePilleur
fut sacre Evesque de
Saintes., dans la Chapelle
de l'Archevesché
.,
parMon-
Geur le Cardinal de Noailes,
assisté de Messieurs les
Evesques de Tournay
)
&
le Seez.
De Lisbonne le 4. Decembre.
> Le Roy assemble fouvenc
son Conseil pour prendre
des mesures convenables
aux conjondures presentes,&
un Exprés partiehier
pour l'Angleterre t
avec des Dépesches qui
portent, à ce que l'on af-;
feurc
, que Sa Majesté re-
- met à la Reine sesinterests
ausujet de la Paix,& nos
Envoyez à Londres & à la
Haye, sont nommez pour
assisterauCongrezenqua*
litéde Pleni potentiaires.
La nouvelle qu'on a eutt
icy de l'expedition des
François dans le Bresil
,
noms a esté confirmée par
un Bastiment arrive de San
Salvador, & l'on y adjouste
d'autant plus de foy ,que
nous n'avons point de nou":
•
evnelles de la Flotte que nous attendons.
[
De Gironne le 10. Decembre,
Les dix huit Bataillons,
&les douze Escadrons qu'-
on attendoitdeDauphiné
estant arrivez, Monsieur le
Marquis de Fiennes s'est
mis en marche pour aller
faire le siege d'Ostalric.
Les Ennemis en ayant esté
informez, s'avancerentau
nombre de 400. Chevaux,
• de deux Bataillons, & d'un
gros corps de Miquelets
pour luy disputer le paffage
entre Bazola & Caftelfollit;
mais Monsieur de
Fiennes ayant marché à
eux avec son Avantgarde
seulement,ils seretirèrent
avec beaucoup de précipitation,
abandonnant tous
les postes qu'ils occupoient
dans les montagnes.
De Httmbourglc 11Decembre.
Les dernieres Lettres
qu'on a receuës du Camp
devant Wifmar
, portent
que la nuit du 4. au 5. trois
mille hommes d'Infanterie
,& trois cens Dragons,
eftoienc forcis de la Place
avec neuf petites pieces de
canon pour surprendre les
Troupes du Blocus; que le
General Ranrzaw qui y
commande en ayant esté
informé, avoir envoyé une
Trou pe de Cavallerie devant
chacune des portes,
pour observer les mouvements
de la Garnison
, &
donna en mesme temps les
ordres necessairespourdisposer
toutes ses Troupes de
maniere qu'elles pussent
marcher promptement où
il seroit necessaire:queles
Suédois en sortant de la
Ville, avoient repoussé la
Cavallerie Danoise; qu'ils
pousserent ensuitela Garde
avancée & le Piquet de
deux cens Chevaux , aprés
quoy ils attaquerent le Regiment
de Dragons de Bulau
, qui ayant esté soustenu
par trois autresRegiments
)
le combat dura
deux heures, ce qui donna
le temps au General Rantzaw
defaire avancer des
Troupes qui prirent les
Suedois en flanc des deux
Costez, & marcha en-ntef;
me temps avec un autre
Corps pour leur cou per la
retraite, ensorte que l'infanterie
fut obligée de former
un Bataillon quarré
pour se retirer
9.
mais que
ce Bataillon ayant esté
rompu, il n'estoit rentre
dans la Ville qu'environ
seize cens hommes, le reste
avoit esté tué ou pris
avec les neufpieces de Canon.
Extrait de Lettres de Bender
du 16. Octobre.
Mr Funck nostre Envoyé,
mande parunExpres
qui vient d'arriver
quele Grand Visir fait à,
brcfent des merveilles, 8c
promet au Roy de Suede
cout ce qu'illuy demande-
'a en Troupes & en argent.
Les Moscovitesontem-
)loyé plusieursartifices
tour éluder & retarder l'éxecution
de la Paix faite
avec la Porte. Le dernier
erme fixé pour la reddi-
~iond'Asas, & la démoli-
~ion de TaganroK expirera
dansquelques jours, & :-
ls cherchent encore à gagner
une prolongation,
mais nous avons de tresgrandes
raisons pour croire
que la Porte ne se laissera
plusamuser
, & qu'elle
reprendra les armes incessamment.
Cependant de
quelque manière que la
chose tourne, le Roy de
Suede demeure ferme dans
la resolution qu'il a prise
de partir cet hiver, & de
se porter en Pologne.
UArrtts le 20. Decembre.
,
Les Troupes qui ont
jjfte employées à combler
e canal de la Deule, & ce-
~uyde Douay;à ~ompre les
:clu(es, les Ponts & les
Digues
,
sont rerournées
dans leurs quartiers dans
~voir perdu un seul homneon
a aussi ruiné le Pont-
Vendin
,
& enfoncé des
~acteaux &abbatu des ar-
~res dans la haute Scarpe
~u dessus de Doüay., de
orte que les munitions qui
~ontàGand & destinées
)our lesmagasinsdecette
place
,
n'y pourronr tstre
transportées que par charrois,
ce qui sera tres difficile
à executer,tant à cause
des grossès sommes qu'il
en coustera aux Ennemis.
qu'à cause des forces escortes
pour chaque convoy.
Les cinq hommes qui
ont esté faits prisonniersa
Lillers,&qui sont de Troupes
Hollandoises ont esté
amenez icy. k
D'autres Lettres portent
que dès que les Ennemis
furent informez de
ce qui sepassoit, ils assemblerent
toutes les Garnisons
de la frontiere;mais
que
que n'ayant pu le raire
assez promptement, les
nostres se retiroient lorsque
les Gouverneurs de
Lille & deDoüai parurent à
une lieuë& demie d'Arras,
à la teste de trente Escadrons,
qui après quelques
escarmouches avec l'arriere
garde de nosTroupes,
commandée par Mr le
Comte de Broglio,se retirerent,
crainte d'estre coupez.
De Strasbourg le 17Decembre.
Les Ennemis ont tenté
de nouveau de conduire de
Philisbourg à Landau, un
gros Convoy de bled & de
Farine; mais ur l'avis qu'ils
ont eu que nos Troupes
estoient en mouvement
pour l'enlever,ils l'ont fait
rentrer dans cette Place.
Il deserte beaucoup de
leurs soldats, il en est venu
en unjour vingt- sixà Lauterbourg
,
qui disent qu'ils
ne sont point payez.
Un party de la Garnison
de BrifacK estant en
course le 14. rencontra
quarante cinq Hussards ennemis,
en tua treize & en
prit dix-neuf qui ont esté
amenez tous montez à Bru
sack.
DeMadrid le 14. Decembre
Les dernieres Lettres
qu'onareceuës de Catalogne,
portent que le Comte
de Staremberg ayant fait
un détachement de TroupesAllemandes
pourchanger
la Garnison de Tarragone
,
les Officiers des
Troupes Angloises qui y
sont, avoient refusé d'éva•
cuer cette Place,&avoient
fait dire au Comte de Staremberg,
qu'ils en respondoient.
Le 10 Décembre, le Pere
Athanase de Megrigny,
Capucin, fut sacré Evesque
de Graffe, dans l'Eglise des
Capucins de la rue saint
Honoré, par Monsieur
l'Evesque de Strasbourg assistédeMessieurs les E-,
vesques de Toul ôc d'Evreux.
Le 21.Mrl'AbbélePilleur
fut sacre Evesque de
Saintes., dans la Chapelle
de l'Archevesché
.,
parMon-
Geur le Cardinal de Noailes,
assisté de Messieurs les
Evesques de Tournay
)
&
le Seez.
Fermer
Résumé : Dernieres Nouvelles.
Le roi a convoqué son conseil pour adopter des mesures en réponse aux circonstances actuelles. Un émissaire a été envoyé en Angleterre pour informer la reine que Sa Majesté remet ses intérêts concernant la paix. Des plénipotentiaires ont été nommés à Londres et à La Haye pour participer au congrès. La confirmation de l'expédition française au Brésil est arrivée par un navire de San Salvador. À Gironne, le marquis de Fiennes a dirigé dix-huit bataillons et douze escadrons vers Ostalric. Les ennemis, prévenus, ont avancé avec 400 chevaux, deux bataillons et des miquelets, mais se sont retirés face à l'avant-garde de Fiennes. À Humbourg, des troupes suédoises ont tenté une sortie de Wismar, repoussant la cavalerie danoise et attaquant des régiments de dragons. Le combat a duré deux heures, permettant au général Rantzaw de disposer ses troupes. Environ seize cents Suédois sont rentrés en ville, le reste étant tué ou capturé. À Bender, l'envoyé Funck rapporte que le Grand Visir promet au roi de Suède des troupes et de l'argent. Les Moscovites utilisent des artifices pour retarder la paix avec la Porte ottomane, mais celle-ci semble prête à reprendre les armes. Le roi de Suède prévoit de partir pour la Pologne cet hiver. En Artois, des troupes ont saboté des infrastructures pour empêcher le transport de munitions. Des prisonniers hollandais ont été capturés à Lillers. Les ennemis ont rassemblé des garnisons frontalières, mais se sont retirés face à l'arrière-garde commandée par le comte de Broglio. À Strasbourg, les ennemis ont tenté de conduire un convoi de blé à Landau, mais l'ont fait rentrer en ville face à la menace des troupes françaises. Des déserteurs ennemis rapportent ne pas être payés. Un détachement de Brisack a engagé et capturé des hussards ennemis. À Madrid, le comte de Starhemberg a tenté de changer la garnison de Tarragone, mais les officiers anglais ont refusé. En France, deux sacres épiscopaux ont eu lieu : le père Athanase de Megrigny a été sacré évêque de Graffe et l'abbé Le Pilleur évêque de Saintes.
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334
p. 265-278
BENEFICES.
Début :
Le Roy a nommé à l'Evesché de Châlons sur Saone [...]
Mots clefs :
Évêque, Ordre, Diocèses, Chalon-sur-Saône
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES.
BENEFICES.
Le Royanomme à l'Evesché de Châlons furSaonc
Messire François Madot,
Evesque de Bellay.
L'Eglise Epifcopalc de
Châlons n'a que sa feule
antiquité de remarquable,
& rien de beau que ses deux
clochers au dessus du Portail,ses Cloîtres,& quelques
tombeaux des anciens Comtes de Châlons. Cette Eglise
autre fois de Sainr Estienne,
& aujourd'huy de Saint Vin-
cent, a
son Chapitre compote de vingt-cinq Chanoines parmy lesquels il y a
sept dignicez;le Doyen, le
Chancre, le Tresorier, &
quatre Archidiacres. Le
Dioceserenferme deux cens
quatre Paroisses partagées
en cinq Archiprestrez qui
font ceux de Montigny
, Migny, Bresle, Tornus
-, Ouches, avec six Abbayes.
L'Evesché en suffragantde
Lyon: Saint Marcel qui vinc
prêcher la Foy à Châlons,
l'an 179. accompagné de
Saint Valerin ou Valaien
„
fous l' Empereur Antonius
Verus,& qui y
souffrit le
Martyre par la Sentence de
Pritcus, Chef de la Justice
pour les Romains, en est
reconnu l'A pôtre. StSylveste sur fait: Evesque de
Châlons aprés le Bienheureux Jean vers l'an 45)o.
& ilmourut l'an 531. ou
553. S. Agricole, dit S-iint
Aregle Evesque du lieu,
mourutTan580. ilavoit
succedé à S. Sylvester. Saint
Grat futEvesquede Chalons
en 640. aptes Gelion successeur de S. Lou p.
Il y a
cû un Concile à
Chalons sur Saone; la dixhuitiémeannée de Gontran,
c'est- dire. en 5;'9. c'està où Sa
-
dire en 575?. ou Salonius Evesque d'Ambrun
& Sagittaire Evesque de
Cap, furent deposez. On
en peut voir les particularirez dans l'histoire Ecclesiastique de Monsieur Fleury
Tome 7. page 6oS/ri'
Sa Majestéadonné l'Abbaye de Maizieres,Ordre de
Cisteaux, Diocese de Chalons,à Mr l'Abbé dEgvilly.
Elle vacquoit par la more
deMsfiire Henry Felixde
..-.,. ,¿.
-
Tassy
,
dernier Evesque de
Chalons.
Celle de la Pièce, , Ordre de
Ç,Iflcaux,Diocese de Troyes
à Don Fitz Herbert.
Celle de Pralons, à Me
de Bussy Rabutin. Cette Abbaye de Eilles est de l'Ordre
de Saint Benoist, & dans 1g
Diocese de Langres.
Celle deNôtre-Dame des
Anges, aussi de Fllles, à
Me Carbonel de Canisi.
Elle est de l'Ordre de Saine
Benoist & du Diocese de
Coutances.
Celle d'Aumale
,
dite
aussi Saint Martind'Acy,
Ordre de Saine Benolit,
Diocese de Coutances, à
Mr l'Abbé Colbert, Chanoine & Grand Vicaire de
Tournay.
.,'
-
La VilledAumale: est
dans le païs de Caux, en
Normandie. Elle est fiiuéc
sur le penchant d'une colline
bornée d'unePrairie quiarrose la Bresle, & éloignée
dequatorzé leuës de Roüen,
de cinq de Neuchatel & de
Blangy,& de huit d'Amiens.
Il y a une Paroisse qui porte
letitre de Saint Pierre, &
une autre sous celuy de
Sainte Marguerite hors la
Ville, prés de l'Abbayede
saint Martin de l'Ordre de
lîaint Benoist. Les batimens
de cette Abbaye qui n'étoit
autrefois qu'un Prieuré conventuel dependant de saint
Lucien de Beauvais
,
étant,
tombez en ruine, & n'y
ayant plus qu'un Religieux,
Mr l'Abbé de l'Epinne,
Conseiller, Clerc au Parlement de Roüen, ancien
Chanoine de la Cathedrale,
homme d'esprit & de merire & qui mourut au mois
de Decembre 1711,y introduit la reforme des
Benedictins de la Congregation de saint Maur au commencement de l'année1704
Aumale où l'on trouve encore un Convent de Pcnitens & un de Dominicaines,
a Baillage,Vicomté, Maîtrise des Eaux & Forests,
Lieutenant de Police,
Maire, quatre Echevins &
autres Officiers de Ville.Son
commerce principal consiste
en Serges appellées Serges
d' Aumale, & qui font fore
recherchées. Cette Ville
etoic anciennement assez
bien fortisiée; mais on n'entretient plus ny les murailles
ny les fossez Elle a eu des
Comtes particuliers. Eudes
II. fils d'Henry dit,Etienne.,
Comte de Troyes & de
Meaux, épousa une sœur
uterine de Guillaume le Bâtard Duc. de Normandie,
& Roy d'Anglettrre, qui le
fie Comte d'Aumale. Ce
Comté entra depuis dans la
Maison de Ponthieu,& ensuite dans celle de Lorraine,
par le mariage de Marie
d'Harcourt, fille de Jean
VIII. Comte d'Aumale,
avec Antoine de Lorraine.
L'un de ces Comtes ayant
fondé l'Abbaye d'Aumale,
la Comtesse Ais ou Adclis
y
fit venir des Religieux de
faine Lucien de Beauvais,
& le Comte Etienne son
fils confirma l'an I I ij. tout
ce qui avoir été fait touchant la fondation de cette
Abbaye. La Ville d'Aumale
fut erigée en Duché l'an
1547.par leRoy Henry II.
en faveur de François de
Lorraine, fils ainé de Claude
de Lorraine Duc de Guise,
qui ceda ce Duché d'Aumale à Claude son frere
:
Ce dernier entrautres en-,
sans eut Claude de Lorraine
pere deCharles Duc d',Au..
ipalc*; -• •-
Sa-Maielle a
aussi donné
la Coadjutorerie de rAb..
baye de filles deVigniogou
Ordre de Cisteaux,1 Diocese
de Montpellier
,
à Me de
Bernis.
.Le Prieuré de Nôtre D,nne
QU Puy Chevrier, dit d'Entresin,vacquant par la more deMrl'AbbéPetitdeVilleneuve, ConseillerauParle-
mène, à Monsieur l'Abbé
Normande Docteur en
Theologie. Ce Prieuré est
du Diocese de Poitiers, 6c
de l'Ordre de Grammon.
Saint Estienne de Muret,
Comte de Thier, commença la fondation & la
reforme de cet Ordre dans
son propre païs : mais pour
se derober davantage au
monde, il alla choisir dans
le Diocese de Limoges, un
desert presque inaccessible,
entre Monime & Razés;
où il fit l'établissement qui
dure encore. Les Rois d'An-
gleterre, pour lors Maistres
de l'Aquitaine & du Limouzin
,
contribuerent à
cet établisement, & les
Seigneurs de Monime n'y
contribuerent pas moins,
& de pereen fils ils ont
continué dans tous les tems
de faire de grands dons à
cette Abbaye:leurs tombeaux y
sont aussi
; cette
Maisonest éteinte
,
leur
nom de famille étoit Razés.
Le 17. du mois paflTé
,
Monseigneur l'Evesque de
Grafie donna les premices
de son Episcopat à l'Eglise
Paroissiale de S. Jean l'Evangeliste du Cardinalle Moine
il ychanta le matin la gran de
Messe polit]ifcalcnient., & le :
foir il prêcha dans la mesme
Eglise d'une maniere fore
pathetique ,Mr Leulier
GrandMaistre du College
& Curé, n'oublia rien pour
rendre la ceremonie celebre.
Le Royanomme à l'Evesché de Châlons furSaonc
Messire François Madot,
Evesque de Bellay.
L'Eglise Epifcopalc de
Châlons n'a que sa feule
antiquité de remarquable,
& rien de beau que ses deux
clochers au dessus du Portail,ses Cloîtres,& quelques
tombeaux des anciens Comtes de Châlons. Cette Eglise
autre fois de Sainr Estienne,
& aujourd'huy de Saint Vin-
cent, a
son Chapitre compote de vingt-cinq Chanoines parmy lesquels il y a
sept dignicez;le Doyen, le
Chancre, le Tresorier, &
quatre Archidiacres. Le
Dioceserenferme deux cens
quatre Paroisses partagées
en cinq Archiprestrez qui
font ceux de Montigny
, Migny, Bresle, Tornus
-, Ouches, avec six Abbayes.
L'Evesché en suffragantde
Lyon: Saint Marcel qui vinc
prêcher la Foy à Châlons,
l'an 179. accompagné de
Saint Valerin ou Valaien
„
fous l' Empereur Antonius
Verus,& qui y
souffrit le
Martyre par la Sentence de
Pritcus, Chef de la Justice
pour les Romains, en est
reconnu l'A pôtre. StSylveste sur fait: Evesque de
Châlons aprés le Bienheureux Jean vers l'an 45)o.
& ilmourut l'an 531. ou
553. S. Agricole, dit S-iint
Aregle Evesque du lieu,
mourutTan580. ilavoit
succedé à S. Sylvester. Saint
Grat futEvesquede Chalons
en 640. aptes Gelion successeur de S. Lou p.
Il y a
cû un Concile à
Chalons sur Saone; la dixhuitiémeannée de Gontran,
c'est- dire. en 5;'9. c'està où Sa
-
dire en 575?. ou Salonius Evesque d'Ambrun
& Sagittaire Evesque de
Cap, furent deposez. On
en peut voir les particularirez dans l'histoire Ecclesiastique de Monsieur Fleury
Tome 7. page 6oS/ri'
Sa Majestéadonné l'Abbaye de Maizieres,Ordre de
Cisteaux, Diocese de Chalons,à Mr l'Abbé dEgvilly.
Elle vacquoit par la more
deMsfiire Henry Felixde
..-.,. ,¿.
-
Tassy
,
dernier Evesque de
Chalons.
Celle de la Pièce, , Ordre de
Ç,Iflcaux,Diocese de Troyes
à Don Fitz Herbert.
Celle de Pralons, à Me
de Bussy Rabutin. Cette Abbaye de Eilles est de l'Ordre
de Saint Benoist, & dans 1g
Diocese de Langres.
Celle deNôtre-Dame des
Anges, aussi de Fllles, à
Me Carbonel de Canisi.
Elle est de l'Ordre de Saine
Benoist & du Diocese de
Coutances.
Celle d'Aumale
,
dite
aussi Saint Martind'Acy,
Ordre de Saine Benolit,
Diocese de Coutances, à
Mr l'Abbé Colbert, Chanoine & Grand Vicaire de
Tournay.
.,'
-
La VilledAumale: est
dans le païs de Caux, en
Normandie. Elle est fiiuéc
sur le penchant d'une colline
bornée d'unePrairie quiarrose la Bresle, & éloignée
dequatorzé leuës de Roüen,
de cinq de Neuchatel & de
Blangy,& de huit d'Amiens.
Il y a une Paroisse qui porte
letitre de Saint Pierre, &
une autre sous celuy de
Sainte Marguerite hors la
Ville, prés de l'Abbayede
saint Martin de l'Ordre de
lîaint Benoist. Les batimens
de cette Abbaye qui n'étoit
autrefois qu'un Prieuré conventuel dependant de saint
Lucien de Beauvais
,
étant,
tombez en ruine, & n'y
ayant plus qu'un Religieux,
Mr l'Abbé de l'Epinne,
Conseiller, Clerc au Parlement de Roüen, ancien
Chanoine de la Cathedrale,
homme d'esprit & de merire & qui mourut au mois
de Decembre 1711,y introduit la reforme des
Benedictins de la Congregation de saint Maur au commencement de l'année1704
Aumale où l'on trouve encore un Convent de Pcnitens & un de Dominicaines,
a Baillage,Vicomté, Maîtrise des Eaux & Forests,
Lieutenant de Police,
Maire, quatre Echevins &
autres Officiers de Ville.Son
commerce principal consiste
en Serges appellées Serges
d' Aumale, & qui font fore
recherchées. Cette Ville
etoic anciennement assez
bien fortisiée; mais on n'entretient plus ny les murailles
ny les fossez Elle a eu des
Comtes particuliers. Eudes
II. fils d'Henry dit,Etienne.,
Comte de Troyes & de
Meaux, épousa une sœur
uterine de Guillaume le Bâtard Duc. de Normandie,
& Roy d'Anglettrre, qui le
fie Comte d'Aumale. Ce
Comté entra depuis dans la
Maison de Ponthieu,& ensuite dans celle de Lorraine,
par le mariage de Marie
d'Harcourt, fille de Jean
VIII. Comte d'Aumale,
avec Antoine de Lorraine.
L'un de ces Comtes ayant
fondé l'Abbaye d'Aumale,
la Comtesse Ais ou Adclis
y
fit venir des Religieux de
faine Lucien de Beauvais,
& le Comte Etienne son
fils confirma l'an I I ij. tout
ce qui avoir été fait touchant la fondation de cette
Abbaye. La Ville d'Aumale
fut erigée en Duché l'an
1547.par leRoy Henry II.
en faveur de François de
Lorraine, fils ainé de Claude
de Lorraine Duc de Guise,
qui ceda ce Duché d'Aumale à Claude son frere
:
Ce dernier entrautres en-,
sans eut Claude de Lorraine
pere deCharles Duc d',Au..
ipalc*; -• •-
Sa-Maielle a
aussi donné
la Coadjutorerie de rAb..
baye de filles deVigniogou
Ordre de Cisteaux,1 Diocese
de Montpellier
,
à Me de
Bernis.
.Le Prieuré de Nôtre D,nne
QU Puy Chevrier, dit d'Entresin,vacquant par la more deMrl'AbbéPetitdeVilleneuve, ConseillerauParle-
mène, à Monsieur l'Abbé
Normande Docteur en
Theologie. Ce Prieuré est
du Diocese de Poitiers, 6c
de l'Ordre de Grammon.
Saint Estienne de Muret,
Comte de Thier, commença la fondation & la
reforme de cet Ordre dans
son propre païs : mais pour
se derober davantage au
monde, il alla choisir dans
le Diocese de Limoges, un
desert presque inaccessible,
entre Monime & Razés;
où il fit l'établissement qui
dure encore. Les Rois d'An-
gleterre, pour lors Maistres
de l'Aquitaine & du Limouzin
,
contribuerent à
cet établisement, & les
Seigneurs de Monime n'y
contribuerent pas moins,
& de pereen fils ils ont
continué dans tous les tems
de faire de grands dons à
cette Abbaye:leurs tombeaux y
sont aussi
; cette
Maisonest éteinte
,
leur
nom de famille étoit Razés.
Le 17. du mois paflTé
,
Monseigneur l'Evesque de
Grafie donna les premices
de son Episcopat à l'Eglise
Paroissiale de S. Jean l'Evangeliste du Cardinalle Moine
il ychanta le matin la gran de
Messe polit]ifcalcnient., & le :
foir il prêcha dans la mesme
Eglise d'une maniere fore
pathetique ,Mr Leulier
GrandMaistre du College
& Curé, n'oublia rien pour
rendre la ceremonie celebre.
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Résumé : BENEFICES.
Le texte traite de l'Evêché de Châlons-sur-Saône et de diverses abbayes et prieurés. L'église épiscopale de Châlons-sur-Saône, dédiée à Saint Vincent, est notable pour son antiquité et ses deux clochers au-dessus du portail, ses cloîtres et les tombeaux des anciens comtes de Châlons. Elle possède un chapitre composé de vingt-cinq chanoines, incluant sept dignités : le Doyen, le Chancelier, le Trésorier et quatre Archidiacres. Le diocèse comprend deux cent quatre paroisses réparties en cinq archiprêtrés et six abbayes. L'Evêché est suffragant de Lyon et reconnaît Saint Marcel comme apôtre, qui a prêché la foi à Châlons en 179 avec Saint Valérien sous l'empereur Antonius Verus. Plusieurs évêques notables sont mentionnés, tels que Saint Sylvestre, Saint Agricole et Saint Grat. Un concile s'est tenu à Châlons-sur-Saône en 575, où Salonius et Sagittaire furent déposés. Le roi a attribué diverses abbayes à des personnalités, comme l'abbaye de Maizières à l'Abbé d'Egvilly et l'abbaye de Pralons à M. de Bussy Rabutin. Le texte décrit également la ville d'Aumale en Normandie, avec ses paroisses, ses bâtiments religieux et son histoire, notamment son érection en duché en 1547 par le roi Henri II en faveur de François de Lorraine. Des donations royales sont mentionnées, comme la coadjutorerie de l'abbaye de Vigniogoul et le prieuré de Notre-Dame du Puy Chevrier. Enfin, il est noté que Monseigneur l'Évêque de Grafie a célébré les prémices de son épiscopat à l'église paroissiale de Saint Jean l'Évangéliste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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335
p. 93-94
TRADUCTION nouvelle, & explication de l'Office de la Vierge.
Début :
Cette traduction est également propre aux personnes éclairées, & intelligible [...]
Mots clefs :
Traduction, Cantiques, Livre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION nouvelle, & explication de l'Office de la Vierge.
TRADUCTION
nouvelle, & explication
-de l'Office de la Vierge.
Ette traduction eſt
également propre
aux perfonnes éclai
rées , & intelligible à
ceux qui ont plus de
pieté que de penetration ; & c'est ce qui
étoit difficile dans plufieurs endroits tirez du
94 MERCURE
Cantique des Cantiques.
Ce Livre fe vend à
Paris , chez Louis Guerin , rue faint Jacques,
& l'image faint Thomas d'Aquin , vis- à-vis
la rue des Mathurins.
nouvelle, & explication
-de l'Office de la Vierge.
Ette traduction eſt
également propre
aux perfonnes éclai
rées , & intelligible à
ceux qui ont plus de
pieté que de penetration ; & c'est ce qui
étoit difficile dans plufieurs endroits tirez du
94 MERCURE
Cantique des Cantiques.
Ce Livre fe vend à
Paris , chez Louis Guerin , rue faint Jacques,
& l'image faint Thomas d'Aquin , vis- à-vis
la rue des Mathurins.
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336
p. 73-78
DONS DU ROY,
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye de saint Paul, Ordre des [...]
Mots clefs :
Dons, Abbayes, Diocèses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY,
9750
DONS DU ROY,
Le Roy a donné l'Abbaye de faint Paul , Ordre
des Premonftrez, Dioceſe
deVerdun , à M. de Meaux.
May1712.
G
74 MERCURE
Cet Ordre tire fon origine
de celui de faint Benoît ,
qui fut fondé par l'Evêque
Alberon l'an 1136. qui leur
donna pour premier Abbé
Roger auquel fucceda
Theodoric , fils du Comte
de Salmes , l'ana141
L'Abbaye de fainte Croix
de Bordeaux , Ordre de S.
Benoît , à M. l'Abbé de Beringham. Cette Abbaye a
été fondée par Clovis. Elle
étoit autrefois hors des
murs de la ville: ob oved
SoL'Abbaye de faint Mange, Ordre defaint Auguf
GALANT.
75
tin , Dioceſe de Châlons
à M. l'Abbé du Cambout.
L'Abbaye de ChambreFontaine , Ordre des Premonftrez Diocele de
Meaux , à M. l'Abbe de
Brancas.
91790
L'Abbaye d'Herivaut
Ordre de faint Auguftin,
Dioceſe de Paris, à M. l'Abbé des Champs.
L'Abbaye de la Prée
Ordre de Cîteaux, Dioceſe
de Bourges , à M. l'Abbé
2
de Valory.
sb moa
L'Abbaye de faint ¡ Sever , Ordre de fajin Benoît
-U!
la
Gij
76 MERCURE
Dioceſe de Tarbes , à M.
l'Abbé du Caſteja.
- L'Abbaye de Landtteveneek , Ordre de faint Benoît , Dioceſe de Quimper,
à M. l'Abbé d'Argentrée.
Cette Abbaye eft la plus
ancienne de l'Ordre , elle a
étéfondée par Grallon Roy
de Bretagne.
L'Abbaye de Fontaines ,
Ordre de Citeaux , Dioceſe 2.
de Tours à M. l'Abbé de
Baudry. On a donné le
nom de Fontaines à cette
Abbaye , à caufe de plufieurs fontaines qui font
GALANT.
77
aux environs. Ce lieu étoit
rempli de bois.
L'Abbaye du Tronchet ,
Ordre de faint Benoift ,
Dioceſe de Dol , à M. l'Abbéde Vaugenois. Cette Abbaye eft fituée dans la baſſe
Bretagne. Alan , Senechal
de Dol , la fit bâtir l'an 1150.
L'Abbaye de la Vanvaux, Dioceſe de Vannes ,
à M. l'Abbé de Vauluyre.
L'Abbaye du Rivet , Or
dre de Cîteaux , Diocefe de
Vaft, à DomJean Benoist
Bernardin.
L'Abbaye de fainte Croix
G iij
78 MERCURE
d'Apt , Ordre de Cîteaux ,
à Madame de Marnay de
la Baftie
DONS DU ROY,
Le Roy a donné l'Abbaye de faint Paul , Ordre
des Premonftrez, Dioceſe
deVerdun , à M. de Meaux.
May1712.
G
74 MERCURE
Cet Ordre tire fon origine
de celui de faint Benoît ,
qui fut fondé par l'Evêque
Alberon l'an 1136. qui leur
donna pour premier Abbé
Roger auquel fucceda
Theodoric , fils du Comte
de Salmes , l'ana141
L'Abbaye de fainte Croix
de Bordeaux , Ordre de S.
Benoît , à M. l'Abbé de Beringham. Cette Abbaye a
été fondée par Clovis. Elle
étoit autrefois hors des
murs de la ville: ob oved
SoL'Abbaye de faint Mange, Ordre defaint Auguf
GALANT.
75
tin , Dioceſe de Châlons
à M. l'Abbé du Cambout.
L'Abbaye de ChambreFontaine , Ordre des Premonftrez Diocele de
Meaux , à M. l'Abbe de
Brancas.
91790
L'Abbaye d'Herivaut
Ordre de faint Auguftin,
Dioceſe de Paris, à M. l'Abbé des Champs.
L'Abbaye de la Prée
Ordre de Cîteaux, Dioceſe
de Bourges , à M. l'Abbé
2
de Valory.
sb moa
L'Abbaye de faint ¡ Sever , Ordre de fajin Benoît
-U!
la
Gij
76 MERCURE
Dioceſe de Tarbes , à M.
l'Abbé du Caſteja.
- L'Abbaye de Landtteveneek , Ordre de faint Benoît , Dioceſe de Quimper,
à M. l'Abbé d'Argentrée.
Cette Abbaye eft la plus
ancienne de l'Ordre , elle a
étéfondée par Grallon Roy
de Bretagne.
L'Abbaye de Fontaines ,
Ordre de Citeaux , Dioceſe 2.
de Tours à M. l'Abbé de
Baudry. On a donné le
nom de Fontaines à cette
Abbaye , à caufe de plufieurs fontaines qui font
GALANT.
77
aux environs. Ce lieu étoit
rempli de bois.
L'Abbaye du Tronchet ,
Ordre de faint Benoift ,
Dioceſe de Dol , à M. l'Abbéde Vaugenois. Cette Abbaye eft fituée dans la baſſe
Bretagne. Alan , Senechal
de Dol , la fit bâtir l'an 1150.
L'Abbaye de la Vanvaux, Dioceſe de Vannes ,
à M. l'Abbé de Vauluyre.
L'Abbaye du Rivet , Or
dre de Cîteaux , Diocefe de
Vaft, à DomJean Benoist
Bernardin.
L'Abbaye de fainte Croix
G iij
78 MERCURE
d'Apt , Ordre de Cîteaux ,
à Madame de Marnay de
la Baftie
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Résumé : DONS DU ROY,
En mai 1712, le roi a fait plusieurs dons d'abbayes à divers dignitaires. L'abbaye de Saint-Paul, de l'Ordre des Prémontrés, située dans le diocèse de Verdun, a été donnée à M. de Meaux. L'Ordre des Prémontrés, fondé en 1136 par l'évêque Alberon, a eu Roger comme premier abbé, suivi par Théodoric. L'abbaye de Sainte-Croix de Bordeaux, de l'Ordre de Saint Benoît, fondée par Clovis, a été attribuée à M. l'Abbé de Beringham. L'abbaye de Saint-Mange, de l'Ordre de Saint Augustin, dans le diocèse de Châlons, a été donnée à M. l'Abbé du Cambout. L'abbaye de Chambrefontaine, de l'Ordre des Prémontrés, dans le diocèse de Meaux, a été attribuée à M. l'Abbé de Brancas. L'abbaye d'Herivaut, de l'Ordre de Saint Augustin, dans le diocèse de Paris, a été donnée à M. l'Abbé des Champs. L'abbaye de la Prée, de l'Ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Bourges, a été attribuée à M. l'Abbé de Valory. L'abbaye de Saint-Sever, de l'Ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Tarbes, a été donnée à M. l'Abbé du Casteja. L'abbaye de Landtévénec, la plus ancienne de l'Ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Quimper, fondée par Grallon, roi de Bretagne, a été attribuée à M. l'Abbé d'Argentrée. L'abbaye de Fontaines, de l'Ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Tours, a été donnée à M. l'Abbé de Baudry. L'abbaye du Tronchet, de l'Ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Dol, fondée en 1150 par Alan, sénéchal de Dol, a été attribuée à M. l'Abbé de Vaugenois. L'abbaye de Vanvaux, dans le diocèse de Vannes, a été donnée à M. l'Abbé de Vauluyre. L'abbaye du Rivet, de l'Ordre de Cîteaux, dans le diocèse de Vast, a été attribuée à Dom Jean Benoist Bernardin. Enfin, l'abbaye de Sainte-Croix d'Apt, de l'Ordre de Cîteaux, a été donnée à Madame de Marnay de la Bastie.
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337
p. 259-263
PROMOTION de Cardinaux.
Début :
Le 18. le Pape a remply les dix huit places [...]
Mots clefs :
Promotion, Cardinaux, Pape, Sacré Collège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Cardinaux.
PROMOTION
de Cardinaux.
Le 18. le Pape a remply
les dix huit places vacantes dans le Sacré College ;
fçavoir , les onze faits fuivans , & il ena retenu ſept
in petto,
Y ij
260 MERCURE
MESSIEURS
Davia.
Cufani.
Piaffa , Nonce à Vienne.
Zondedari.
De Rohan , Evefque de
Strasbourg , pour la
.. France.
Acuna de Afeide , pour le
Portugal.
,
Scofembach Evefque
d'Olmuts , pour Vienne.
Prioli , Auditeur de Rote ,
pour Venife.
Tolames ,Jefuite.
Thomafi , Theatin.
Caffini , Capucin , Prédi
GALANT. 261
cateur du Palais Apoftolique.
Les fept retenus in petto
font :
Celuy pour l'Espagne , &
les trois du Palais ; fçavoir:
Corradini , Miniftre de la
Chambre.
Pico , Majordome.
Oriaghi , Secretaire de la
Chambre. Ces quatre
font feurs.
L'Abbé de Polignac eſt
le cinquième felon toute
apparence , l'Evefque de
Barcelonne le fixiéme.
262 MERCURE
Mr Buffi Nonce de Pologne le ſeptiéme.
Un pareil article merite bien qu'on l'eftende
beaucoup mais je reçois
cette Lettre fur la fin de
l'impreffion du Mercure ;
je vous donne toujours cecy comme nouvelle fraifche , ce qui n'empefchera
pas que pour le Mercure
prochain je ne recherche
avec foin des memoires
curieux fur les perfonnes.
illuftres qui ont eſté nommées , & fi je puis quelque
érudition fur les élections
GALANT. 263
des Cardinaux en general.
de Cardinaux.
Le 18. le Pape a remply
les dix huit places vacantes dans le Sacré College ;
fçavoir , les onze faits fuivans , & il ena retenu ſept
in petto,
Y ij
260 MERCURE
MESSIEURS
Davia.
Cufani.
Piaffa , Nonce à Vienne.
Zondedari.
De Rohan , Evefque de
Strasbourg , pour la
.. France.
Acuna de Afeide , pour le
Portugal.
,
Scofembach Evefque
d'Olmuts , pour Vienne.
Prioli , Auditeur de Rote ,
pour Venife.
Tolames ,Jefuite.
Thomafi , Theatin.
Caffini , Capucin , Prédi
GALANT. 261
cateur du Palais Apoftolique.
Les fept retenus in petto
font :
Celuy pour l'Espagne , &
les trois du Palais ; fçavoir:
Corradini , Miniftre de la
Chambre.
Pico , Majordome.
Oriaghi , Secretaire de la
Chambre. Ces quatre
font feurs.
L'Abbé de Polignac eſt
le cinquième felon toute
apparence , l'Evefque de
Barcelonne le fixiéme.
262 MERCURE
Mr Buffi Nonce de Pologne le ſeptiéme.
Un pareil article merite bien qu'on l'eftende
beaucoup mais je reçois
cette Lettre fur la fin de
l'impreffion du Mercure ;
je vous donne toujours cecy comme nouvelle fraifche , ce qui n'empefchera
pas que pour le Mercure
prochain je ne recherche
avec foin des memoires
curieux fur les perfonnes.
illuftres qui ont eſté nommées , & fi je puis quelque
érudition fur les élections
GALANT. 263
des Cardinaux en general.
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Résumé : PROMOTION de Cardinaux.
Le 18 du mois, le Pape a comblé dix-huit places vacantes au sein du Sacré Collège. Onze nominations ont été rendues publiques, incluant Davia, Cufani, Piaffa (Nonce à Vienne), Zondedari, De Rohan (Évêque de Strasbourg pour la France), Acuna de Afeide (pour le Portugal), Scofembach (Évêque d'Olmuts pour Vienne), Prioli (Auditeur de Rote pour Venise), Tolames (Jésuite), Thomasi (Théatin) et Caffini (Capucin, Prédicateur du Palais Apostolique). Sept autres nominations ont été gardées secrètes, parmi lesquelles celle pour l'Espagne, Corradini (Ministre de la Chambre), Pico (Majordome), Oriaghi (Secrétaire de la Chambre), tous laïcs, l'Abbé de Polignac, l'Évêque de Barcelone et Monsieur Buffi, Nonce de Pologne. L'auteur n'a pas pu développer davantage en raison de la fin de l'impression mais prévoit d'ajouter des informations supplémentaires dans le prochain numéro du Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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338
p. 265-284
Extrait d'une Lettre de M. Galiczon, Evêque d'Agathople, & Coadjuteur de Babylone, à M... A Teflis ce 3. Août 1711.
Début :
Monsieur, J'ai eu l'honneur de vous écrire vers [...]
Mots clefs :
Géorgie, Arméniens, Agathople, Babylone, Teflis, Catholique, Christianisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de M. Galiczon, Evêque d'Agathople, & Coadjuteur de Babylone, à M... A Teflis ce 3. Août 1711.
Extrait d'une Lettre de M.
Galiczon , Evêque d'Aga
thople , Coadjuteur de
Babylone, à M.....
A Teflis ce 3. Août 1711,
MONSIEUR,
J'ai eu l'honneur de vous
écrire vers le 15. Juin à nôtre débarquement de la
Mer noire , en un lieu où
rade appellée Arkaval, dans
le Bachalie ou GouverneMANY 7
266 MERCURE
ment de Calfikais , qui faifoit une partie de l'ancien
Royaume de Georgie , de
laquelle les Turcs ont prefque banni la Religion
Chrétienne à force d'impôts & d'avanies qu'ils ont
exercez fur les habitans.
Nous avons été obligez de
prendre cette route pour
paffer en Perfe ; & le 16. Juin
au matin nous montâmes
fur de méchans chevaux du
pays avec leurs bats , conduits par des Turcs , dont
un particulier , qui étoit
leur Mouffa , penfa , fur les
1
GALANT. 267.
deux heures aprés midi, fur
une coline entre des bois,
tuer M. Richard d'une grof
fe pierre , & nous faire affaffiner par tous ces infide
les. Il n'y a que les hommes
& les chevaux du pays qui
puiffent paffer par les montagnes affreufes , les bois
entrecoupez, les torrens , &
les routes eſcarpées par lef
quelles ces gens - là nous
menerent pendant plu
fieurs jours. Nous arrivâmes enfin à Calfikais le
Mercredi, Nos caracteres
n'étoient point connus , &
1
Zij
268 MERCURE
nous paſſions comme de
pauvres Marchands François ; ce qui nous avoit obligez de laiffer tout à Conftantinople,principalement
nos livres & breviaires.
A nôtre arrivée à Calfikais , quantité d'Armeniens
Catholiques en avoient rencontré deux de nôtre troupe , qui , quoique Schiſmatiques , nous avoient été
d'un grand fecours dans
plufieurs occafions dangereuſes. Dansune prairie un
Douannier vifita nos harJes , & nous contraignit de
GALANT. 269
lui donner dix piaftres ,
quoique nous n'euffions
rien qu'à nôtre uſage. Enfuite ces Armeniens nous
menerent à un endroit prés
les murailles , où nôtre gui-.
de nous étoit allé prendre
un logement chez une pauvre veuve , afin que nous
ne fuffions point obligez de
paroître dans la ville. Nôtre guide nous avoit fait
faire des prefens que nous
avions achetez à la femme
& au fils du Bacha , qu'il
leur étoit allé porter fur la "
route à une maiſon de camZ iij .
270 MERCURE
ई
pagne , & dont il tira une
lettre de recommandation
pour le Muffalem qui commandoit dans l'abſence du
Bacha. Cette lettre , nôtre
ferment , & nôtre bojour
dy, les prefens que nôtre
guide nous fit auffi faire au
Doüannier, au Muffalem &
au Soubachi , n'empêcherent pas tous ces gens- là de
nous avanizer étrangement, & principalement le
Muffalem , qui aprés avoir
reçû nos prefens nous prit
pour des efpions , & crut
volontiers les Armeniens.
GALANT. 271
Schifmatiques, qui ne manquerent pas d'aller lui dire
que nous voulions paffer
en Georgie pour nous rendre chez les Mofcovites ,
& que nôtre deffein étoit
d'exciter à la revolte les
Armeniens Catholiques ,
quifont à Calfikais au nombre d'environ foixante familles. Nous fûmes gardez
à vûë , on nous retint nôtre
ferment & nôtre bojourdy,
on nous voulut obliger
d'attendre le retour du Bacha ; enfin on ne nous laiffa
paffer qu'à force d'argent ,
Z iiij
272 MERCURE
& fi on eût découvert qui
nous étions , jamais nous
n'euffions paffé.
Nous partîmes la nuit du
. 28. au 29. à minuit : mais
comme nous montions à
cheval , il vint deux Janiffaires le coûteau tiré fur
nous , que nous ne pûmes
appailer qu'avec de l'ar
gent.
Le 30. fête de faint Paul ,
nous entrâmes fur les ter-.
res de Georgie , qui eſt un
pays Chrétien dépendant
du Roy de Perfe. La joye
que nous eûmes de retrou
1.
GALANT. 273
ver la Croix dans le che-.
min , des Eglifes Chrétiennes en chaque village , &
des habitans tous Chré-.
tiens , nous remit un peude
nos fatigues. Nous arrivâmes le 2. de Juillet à Teflis ,
Capitale de Georgie , où
les Peres Capucins Italiens,
qui vinrent avec beaucoup
de Catholiques au devant
de nous , nous menerent logerrchez eux. Ils étoient ra-.
vis d'y voir un Evêque Latin , n'y en ayant jamais eu
depuis foixante ans qu'ils .
font établis. Ils m'ont fait
274 MERCURE
officier le Dimanche cinq
Juillet , & le Vendredi fuivant , aufquels ils folemnifent la Nativité de faint
Jean- Baptifte & la fête de
faint Pierre & faint Paul ,
felon le vieux Calendrier
qu'ils fuivent avec les Georgiens & Armeniens.
Ils m'ont mené faluer le
Prince de Georgie , qui
commande à la place de
fon frere , qui eft Generaliffime du Roy de Perfe au
fiege de la fortereſſe de
Candahar , qu'il eſt allé reprendre vers le Mogol. J'ai
GALANT. 275
vû aufli ſon autre frere , &
plufieurs perfonnes de la
famille Royale , tous Chrétiens , & qui nous demandent des nouvelles des guerres de la Chrétienté. Ils furent affligez de la mort de
l'Empereur , dont la nouvelle vint à
Conftantinople
à nôtre départ.
Onapreffé plufieurs fois
le Prince qui commande
de fe faire Mahometan :
mais il eft toûjours demeuré ferme , offrant de quitter
plûtôt le commandement
que la Religion Chrétien
$
276 MERCURE
ne, & s'excufant auprés du
Roy de Perfe fur un vœu
particulier qu'il avoit fait
de la profeffer toûjours. Le
nom de ce Prince eft Vak--
tank..
C'eft une chofe confolante de voir qu'un pays
auffi refferré que la Geor--
gie par les Infideles , s'eft
toûjours confervé dans le
Chriftianifme depuis que
les Perfans l'ont fubjugué..
On compte à Teflis treize:
Eglifes Georgiennes , &
neufArmeniennes , & celle:
des Peres Capucins , qui eſt:
GALANT. 277
affez grande & tous lesjours
remplie de Catholiques. Il
y a dans la Citadelle , qui
eft vafte, fept Eglifes Georgiennes mais comme les
Mahometans feuls y de
meurent , ils les ont profanées. Ils y ont feulement
deux Molquées , & deux
dans la ville , mais fans minarets ou tours pour appeller à leurs prieres ; au
lieu que nous entendons de
côté & d'autre les cloches
des Chrétiens , qui ont de
grands clochers ou tours
depierres fur une partie de
278 MERCURE
leurs Eglifes. Les Georgiens le difent defcendus
des Iberiens venus d'Efpagne.
J'ai vu officier le 11. Juillet leur Catholicos , qui à
fous lui cinquante - deux
Archevêques ou Evêques.
Il y avoit trois Archevêques.
& neuf Prêtres qui celebroient la Meſſe avec lui :
le refte du Clergé y ſervoit
& les Chantres laïques
ayant un Prêtre ou Religieux à leur tête, faifoient
une fymphonie affez grave
dans la nefà côté gauche.
GALANT. 279
Le Prince ayant fçûlaveille
que je devois aller voir of
ficier le Catholicos , qui eſt
fon frere , avoit donné ordre que j'y euffe toute la
fatisfaction que je pourrois
defirer.
Maplus grande peine à
Teflis a été d'entendre à
mon arrivée les plaintes
des Miffionnaires fur le pitoyable état de leur Mif
fion : ils medirent qu'à peine M. Michel , Envoyé du
Royà la Cour de Perfe , où
il leuravoit obtenu & à toutes les Miffions plufieurs
a
280 MERCURE
commandemens favora
bles , étoit forti du Royaume,que la perfecution avoit
recommencé. Les Armeniens vinrent affieger l'Eglife & la maifon des Peres , qu'ils vouloient tuer :
ne pouvant y reuſfir , ils allerent piller dix-huit maifons des Catholiques , &en
battirent pluſieurs , qu'ils
laifferent comme morts
fans qu'on en pût avoir juſtice.
1
Les Armeniens font venus pour fermer la porte
de l'Eglife des Peres de TeAlis .
GALANT. 281
>
Alis & celle de Gori en
Georgie, qui n'attend que
le moment de l'être , comme le font déja celles de
Gangia , de Chamoké , &
de Tauris.
Celle de Gangia fouffre
depuis ce temps - là une fi
cruelle perfecution , que le
Superieur aété mis plufieurs
fois fous le bâton , & avanizé de trés- groſſe ſomme.
Enfin l'ayant été encore depuis peu , il a été obligé de
s'enfuir vers la Mofcovie ,
&fon compagnonà Teflis,
où il fe refugia en ma pre-
·May 1712.
Aa
282 MERCURE
fence chez les Peres..
La Miffion de Tauris ,
poffedée par les Reverends
Peres Capucins de la Province de Touraine , aprés
plufieurs perfecutions , fut
fermée le 11. Janvier , en
forte que les Peres font demeurez fans communica
tion &fans fecours ; & j'ap
prends que le Patriarche
veutdonnerle dernier coup
aux Miffions , & chaffer en
tierement les Miffionnaires. Ce Patriarche a tellement le deffus , que dans le
Ragan ou écrit qu'il a ob-
GALANT. 283
tenu , il eſt marqué que fi
le Patriarche ne voulant pas
qu'ils reftent dans les lieux
où ils font , & qui font fpecifiez , comme Hifpahan ,
Jutpha , Hamadan , Chiras , Tauris , Gangia, Chamaquiés, Teflis, &tous autres qui font dans le Royaume, & s'il a deffem d'acheter
leurs maiſons , il pourra les
faire vendre fuivant l'efti
mation du Juge de la ville.
Le Prince de Teflis m'a
donné mille marques d'affection ; il m'a donné un
repas à fa maiſon de plaiAa ij
284 MERCURE
fance avec , avec quantité de
Prelats & Seigneurs de ſa
Cour , & m'a fait preſent
d'un cheval , &c. V. S.
SHQIP
Cette Lettre eft trés- -
curieufe , en ce qu'elle
fait voir naïvement l'é
tat où eft à preſent le
Chriftianifme dans ces
pays- là , d'où l'on reçoit
peu de nouvelles auffi
certaines que celles- ci
Galiczon , Evêque d'Aga
thople , Coadjuteur de
Babylone, à M.....
A Teflis ce 3. Août 1711,
MONSIEUR,
J'ai eu l'honneur de vous
écrire vers le 15. Juin à nôtre débarquement de la
Mer noire , en un lieu où
rade appellée Arkaval, dans
le Bachalie ou GouverneMANY 7
266 MERCURE
ment de Calfikais , qui faifoit une partie de l'ancien
Royaume de Georgie , de
laquelle les Turcs ont prefque banni la Religion
Chrétienne à force d'impôts & d'avanies qu'ils ont
exercez fur les habitans.
Nous avons été obligez de
prendre cette route pour
paffer en Perfe ; & le 16. Juin
au matin nous montâmes
fur de méchans chevaux du
pays avec leurs bats , conduits par des Turcs , dont
un particulier , qui étoit
leur Mouffa , penfa , fur les
1
GALANT. 267.
deux heures aprés midi, fur
une coline entre des bois,
tuer M. Richard d'une grof
fe pierre , & nous faire affaffiner par tous ces infide
les. Il n'y a que les hommes
& les chevaux du pays qui
puiffent paffer par les montagnes affreufes , les bois
entrecoupez, les torrens , &
les routes eſcarpées par lef
quelles ces gens - là nous
menerent pendant plu
fieurs jours. Nous arrivâmes enfin à Calfikais le
Mercredi, Nos caracteres
n'étoient point connus , &
1
Zij
268 MERCURE
nous paſſions comme de
pauvres Marchands François ; ce qui nous avoit obligez de laiffer tout à Conftantinople,principalement
nos livres & breviaires.
A nôtre arrivée à Calfikais , quantité d'Armeniens
Catholiques en avoient rencontré deux de nôtre troupe , qui , quoique Schiſmatiques , nous avoient été
d'un grand fecours dans
plufieurs occafions dangereuſes. Dansune prairie un
Douannier vifita nos harJes , & nous contraignit de
GALANT. 269
lui donner dix piaftres ,
quoique nous n'euffions
rien qu'à nôtre uſage. Enfuite ces Armeniens nous
menerent à un endroit prés
les murailles , où nôtre gui-.
de nous étoit allé prendre
un logement chez une pauvre veuve , afin que nous
ne fuffions point obligez de
paroître dans la ville. Nôtre guide nous avoit fait
faire des prefens que nous
avions achetez à la femme
& au fils du Bacha , qu'il
leur étoit allé porter fur la "
route à une maiſon de camZ iij .
270 MERCURE
ई
pagne , & dont il tira une
lettre de recommandation
pour le Muffalem qui commandoit dans l'abſence du
Bacha. Cette lettre , nôtre
ferment , & nôtre bojour
dy, les prefens que nôtre
guide nous fit auffi faire au
Doüannier, au Muffalem &
au Soubachi , n'empêcherent pas tous ces gens- là de
nous avanizer étrangement, & principalement le
Muffalem , qui aprés avoir
reçû nos prefens nous prit
pour des efpions , & crut
volontiers les Armeniens.
GALANT. 271
Schifmatiques, qui ne manquerent pas d'aller lui dire
que nous voulions paffer
en Georgie pour nous rendre chez les Mofcovites ,
& que nôtre deffein étoit
d'exciter à la revolte les
Armeniens Catholiques ,
quifont à Calfikais au nombre d'environ foixante familles. Nous fûmes gardez
à vûë , on nous retint nôtre
ferment & nôtre bojourdy,
on nous voulut obliger
d'attendre le retour du Bacha ; enfin on ne nous laiffa
paffer qu'à force d'argent ,
Z iiij
272 MERCURE
& fi on eût découvert qui
nous étions , jamais nous
n'euffions paffé.
Nous partîmes la nuit du
. 28. au 29. à minuit : mais
comme nous montions à
cheval , il vint deux Janiffaires le coûteau tiré fur
nous , que nous ne pûmes
appailer qu'avec de l'ar
gent.
Le 30. fête de faint Paul ,
nous entrâmes fur les ter-.
res de Georgie , qui eſt un
pays Chrétien dépendant
du Roy de Perfe. La joye
que nous eûmes de retrou
1.
GALANT. 273
ver la Croix dans le che-.
min , des Eglifes Chrétiennes en chaque village , &
des habitans tous Chré-.
tiens , nous remit un peude
nos fatigues. Nous arrivâmes le 2. de Juillet à Teflis ,
Capitale de Georgie , où
les Peres Capucins Italiens,
qui vinrent avec beaucoup
de Catholiques au devant
de nous , nous menerent logerrchez eux. Ils étoient ra-.
vis d'y voir un Evêque Latin , n'y en ayant jamais eu
depuis foixante ans qu'ils .
font établis. Ils m'ont fait
274 MERCURE
officier le Dimanche cinq
Juillet , & le Vendredi fuivant , aufquels ils folemnifent la Nativité de faint
Jean- Baptifte & la fête de
faint Pierre & faint Paul ,
felon le vieux Calendrier
qu'ils fuivent avec les Georgiens & Armeniens.
Ils m'ont mené faluer le
Prince de Georgie , qui
commande à la place de
fon frere , qui eft Generaliffime du Roy de Perfe au
fiege de la fortereſſe de
Candahar , qu'il eſt allé reprendre vers le Mogol. J'ai
GALANT. 275
vû aufli ſon autre frere , &
plufieurs perfonnes de la
famille Royale , tous Chrétiens , & qui nous demandent des nouvelles des guerres de la Chrétienté. Ils furent affligez de la mort de
l'Empereur , dont la nouvelle vint à
Conftantinople
à nôtre départ.
Onapreffé plufieurs fois
le Prince qui commande
de fe faire Mahometan :
mais il eft toûjours demeuré ferme , offrant de quitter
plûtôt le commandement
que la Religion Chrétien
$
276 MERCURE
ne, & s'excufant auprés du
Roy de Perfe fur un vœu
particulier qu'il avoit fait
de la profeffer toûjours. Le
nom de ce Prince eft Vak--
tank..
C'eft une chofe confolante de voir qu'un pays
auffi refferré que la Geor--
gie par les Infideles , s'eft
toûjours confervé dans le
Chriftianifme depuis que
les Perfans l'ont fubjugué..
On compte à Teflis treize:
Eglifes Georgiennes , &
neufArmeniennes , & celle:
des Peres Capucins , qui eſt:
GALANT. 277
affez grande & tous lesjours
remplie de Catholiques. Il
y a dans la Citadelle , qui
eft vafte, fept Eglifes Georgiennes mais comme les
Mahometans feuls y de
meurent , ils les ont profanées. Ils y ont feulement
deux Molquées , & deux
dans la ville , mais fans minarets ou tours pour appeller à leurs prieres ; au
lieu que nous entendons de
côté & d'autre les cloches
des Chrétiens , qui ont de
grands clochers ou tours
depierres fur une partie de
278 MERCURE
leurs Eglifes. Les Georgiens le difent defcendus
des Iberiens venus d'Efpagne.
J'ai vu officier le 11. Juillet leur Catholicos , qui à
fous lui cinquante - deux
Archevêques ou Evêques.
Il y avoit trois Archevêques.
& neuf Prêtres qui celebroient la Meſſe avec lui :
le refte du Clergé y ſervoit
& les Chantres laïques
ayant un Prêtre ou Religieux à leur tête, faifoient
une fymphonie affez grave
dans la nefà côté gauche.
GALANT. 279
Le Prince ayant fçûlaveille
que je devois aller voir of
ficier le Catholicos , qui eſt
fon frere , avoit donné ordre que j'y euffe toute la
fatisfaction que je pourrois
defirer.
Maplus grande peine à
Teflis a été d'entendre à
mon arrivée les plaintes
des Miffionnaires fur le pitoyable état de leur Mif
fion : ils medirent qu'à peine M. Michel , Envoyé du
Royà la Cour de Perfe , où
il leuravoit obtenu & à toutes les Miffions plufieurs
a
280 MERCURE
commandemens favora
bles , étoit forti du Royaume,que la perfecution avoit
recommencé. Les Armeniens vinrent affieger l'Eglife & la maifon des Peres , qu'ils vouloient tuer :
ne pouvant y reuſfir , ils allerent piller dix-huit maifons des Catholiques , &en
battirent pluſieurs , qu'ils
laifferent comme morts
fans qu'on en pût avoir juſtice.
1
Les Armeniens font venus pour fermer la porte
de l'Eglife des Peres de TeAlis .
GALANT. 281
>
Alis & celle de Gori en
Georgie, qui n'attend que
le moment de l'être , comme le font déja celles de
Gangia , de Chamoké , &
de Tauris.
Celle de Gangia fouffre
depuis ce temps - là une fi
cruelle perfecution , que le
Superieur aété mis plufieurs
fois fous le bâton , & avanizé de trés- groſſe ſomme.
Enfin l'ayant été encore depuis peu , il a été obligé de
s'enfuir vers la Mofcovie ,
&fon compagnonà Teflis,
où il fe refugia en ma pre-
·May 1712.
Aa
282 MERCURE
fence chez les Peres..
La Miffion de Tauris ,
poffedée par les Reverends
Peres Capucins de la Province de Touraine , aprés
plufieurs perfecutions , fut
fermée le 11. Janvier , en
forte que les Peres font demeurez fans communica
tion &fans fecours ; & j'ap
prends que le Patriarche
veutdonnerle dernier coup
aux Miffions , & chaffer en
tierement les Miffionnaires. Ce Patriarche a tellement le deffus , que dans le
Ragan ou écrit qu'il a ob-
GALANT. 283
tenu , il eſt marqué que fi
le Patriarche ne voulant pas
qu'ils reftent dans les lieux
où ils font , & qui font fpecifiez , comme Hifpahan ,
Jutpha , Hamadan , Chiras , Tauris , Gangia, Chamaquiés, Teflis, &tous autres qui font dans le Royaume, & s'il a deffem d'acheter
leurs maiſons , il pourra les
faire vendre fuivant l'efti
mation du Juge de la ville.
Le Prince de Teflis m'a
donné mille marques d'affection ; il m'a donné un
repas à fa maiſon de plaiAa ij
284 MERCURE
fance avec , avec quantité de
Prelats & Seigneurs de ſa
Cour , & m'a fait preſent
d'un cheval , &c. V. S.
SHQIP
Cette Lettre eft trés- -
curieufe , en ce qu'elle
fait voir naïvement l'é
tat où eft à preſent le
Chriftianifme dans ces
pays- là , d'où l'on reçoit
peu de nouvelles auffi
certaines que celles- ci
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Résumé : Extrait d'une Lettre de M. Galiczon, Evêque d'Agathople, & Coadjuteur de Babylone, à M... A Teflis ce 3. Août 1711.
La lettre de M. Galiczon, Évêque d'Aga thople et Coadjuteur de Babylone, datée du 3 août 1711 à Teflis, relate les péripéties de son voyage depuis la Mer Noire jusqu'à Teflis. Après avoir débarqué à Arkaval dans le Bachalie, une région de l'ancien Royaume de Géorgie dominée par les Turcs, Galiczon et son groupe ont dû emprunter cette route pour atteindre la Perse. Le 16 juin, M. Richard fut tué par un Turc, obligeant le groupe à continuer son chemin à travers des montagnes et des forêts dangereuses. À Calfikais, ils se firent passer pour des marchands français pour éviter les ennuis. Des Arméniens catholiques les aidèrent à plusieurs reprises, mais ils furent contraints de payer des pots-de-vin à divers officiels, y compris un douanier et un Mouffa, qui les soupçonnaient d'être des espions. Après avoir payé des sommes importantes, ils furent autorisés à partir. Le 30 juin, ils entrèrent en Géorgie, un pays chrétien dépendant du roi de Perse. Ils furent accueillis par des Pères Capucins italiens à Teflis, où ils célébrèrent plusieurs messes. Galiczon rencontra le prince de Géorgie, Vak-tank, et d'autres membres de la famille royale, tous chrétiens. Ces derniers exprimèrent leur tristesse concernant la mort de l'empereur et leur intérêt pour les guerres de la chrétienté. La Géorgie, malgré sa domination par les infidèles, a conservé sa foi chrétienne. Teflis compte treize églises géorgiennes, neuf arméniennes et une des Pères Capucins. Les missionnaires y subissent des persécutions, notamment de la part des Arméniens. La mission de Tauris a été fermée, et le patriarche cherche à chasser les missionnaires. Le prince de Teflis montra beaucoup d'affection à Galiczon, lui offrant un repas et des présents.
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339
p. 217-247
Discours sur l'origine & la dignité de Cardinal.
Début :
Le Pape a fait une promotion de dix-huit Cardinaux [...]
Mots clefs :
Cardinaux, Pape, Église, Rome, Clergé, Diocèse, Évêques, Diacres, Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur l'origine & la dignité de Cardinal.
ifcours fur l'origine & la
dignité de Cardinal.
LEPape a fait une pro-
&
motion de dix- huit Cardi
naux le 18. du mois de May,
il en a declaré onze
s'en eft refervé fept inpetto.
Onfera bien aife d'apprendre l'origine de cette dignité , qui eft à preſent la ſeconde de l'Eglife , le Pape
en eftant le chef.
Les Papes , à l'imitation
de faint Pierre & de fes
fucceffeurs , font tousjours
demeurez Evefques de RoJuin 1712.
T
218 MERCURE
me, quoyqu'ils fuffent eftablis de Dieu le chefdetous
les Chreftiens , cette ville
eftant le premier Eveſché
du monde, & le lieu particulier de leur refidence.
De là eft venu que ne
pouvant entrer eux - mefmes dans le détail du gouvernement de leur Dioceſe
pendant qu'ils avoient à
regler le fpirituel de toute
la terre,ils firent choix d'un
certain nombre d'Evef
ques , de Preftres , & de
Diacres, pour les foulager,
comme autant de Coadju
GALANT. 219
teurs , & de Vicaires.
Les premiers faifoient la
fonction d'Evefques dans
le détroit de Rome , à la
place du Pape , & avoient
chacun leur Eglife particuliere dans l'enceinte du
Dioceſe.
Les Preftres eftoient Titulaires des Paroiffes de la
ville , & prenoient la conduite des ames comme les.
Curez font aujourd'huy
& les Diacres avoient le
foin de quelques Eglifes ou
Chapelles de devotion qu'-
ils tenoient en Diaconies,
Tij
220 MERCURE
& devoient affifter le Pape
quand il officioit publiquement.
* Ces trois Ordres eurent
le nom de Cardinati ou Car
dinales , pour dire qu'ils eftoient les premiers & les
Chefs des autres , & que
c'eftoit fous leur conduite
que rouloient toutes les affaires du Dioceſe ; & parce que les Preftres & les
Diacres de quelques autres
villes prirent aufſi le meſme nom de Cardinaux
afin de fe diftinguer des autres Preftres, & des autres
GALANT. 221
Diacres qui leur eftoient inferieurs & foumis , les Papes ordonnerent qu'il n'y
auroit que ceux qu'ils avoient choifis , qui le pourroient honorer du titre de
Cardinal , ce qui a eſté inviolablement obfervé par
lafuite dans toute l'Italie.
Avec le temps ces digni
tez ſe font rendues fort recommandables. Les Papes
qui ne choififfoient pour
Cardinaux que des perfonnes d'un merite diftingué,commencerent àavoir
une entiere confiance en
T iij
222 MERCURE
eux , ils les reveftirent des
principales charges & dignitez, ils leur donnerent
le premier rang dans tous
les tribunaux , & dans toutes les Congregations ; ils
leur mirent en mainles affaires les plus importantes ;
ils les firent leurs Confeillers d'Eftat , pour le temporel , & pour le fpirituel
de leur Royaume , ne reglerent prefque plus rien
que par leur avis , & par
leur confeil , de forte que
peu à peu ils font montez
au faifte de la gloire oùnous.
GALANT. 223
E
les voyons , & fe trouvent
aujourd'huy les premiers
du Clergé , faifant la meſmefigure dans l'Eſtat Ecclefiaftique que faiſoient
autrefois les Senateurs Romains dans l'ancienne
Rome.
pas
Mais ce qui releve infiniment l'éclat de ce haut
rang & leur donne le
au deffus des Evefques &
des Patriarches mefmes ,
c'eſt la puiffance qu'ils ont
dans l'Eglife durant le Siege vacant, le droit d'élire
le nouveau Pape , & l'a
T iiij
224 MERCURE
vantage d'eftre les feuls fur
qui tombe cette élection
les Confiftoires dont ils
font les membres , comme
le Pape en eft le chef.
Ces grandes prérogati
ves leur ont acquis le titre
de Princes de l'Eglife , &
en cette qualité ils prétendent aller de pair avec les
Teftes couronnées, &trouventpeu de Princes en Ita
lie qui leur veuillent difputer le pas ; auffi ont-ils des
marques exterieures qui
font connoiftre la gran
deur d'une dignité fi émi-
GALANT. 225
mente , les fouverains Pontifesont voulu qu'ils fuffent
veftus de pourpre , & principalement quand ils paroiffent en public.
Innocent IV. fut le premier qui leur donna le chapeau rouge au Concile de
Lyon en 1244. Boniface
VIII. permit aux Cardinaux feculiers de porter
l'habit rouge , quand les
Papes commencerent à ſe
veftir de blanc. Paul III.
leur accorda le Bonnet
rouge , & enfin Gregoire
XIV. permit aux Cardi-
226 MERCURE
nota
naux Religieux de le por
ter voulant neanmoins
qu'ils continuaffent tousjours à s'habiller de la couleur de leur Ordre
queles Clercs Reguliers ne
retiennent point la couleur
de l'Ordre quand ils font
faits Cardinaux , mais ils
prennent la pourpre commeles Cardinaux feculiers
Toutes ces differentes
couleurs ne font pas fans
raifon, &fans quelque forte de myftere : le Pape eft
veftu de blanc pour donner à entendre que fa vie
GALANT. 227
doit eftre plus pure & plus
nette que celle de tous les
autres Chreftiens , & qu'il
faudroit eftre fans tache &
fans deffaut, s'il le pouvoit,
pour s'affeoir dans la chaire
de faint Pierre.
La pourpre eft la couleur des Rois & des Empereurs , mais cette couleur a
efté donnée encore aux
Cardinaux pour les faire
reffouvenir qu'ils doivent
eftre tousjours preſts à repandre leur fang quand il
s'agit de fouftenir les interefts de la foy , c'eſt pour
118 MERCURE
cette raison qu'ils portent
l'habit rouge dans les jours
ordinaires qui eft la pourpre naturelle , & la veritable couleur du fang , an
lieu que dans les jours de
trifteffe ils prennent le violet qui eft une couleur de
pourpre plus lugubre &
plus obfcure , & qui imite
affez le fang livide d'un
homme accablé de maladies &dechagrins , & parce que durant deux jours
de l'année qui font le troifiéme Dimanche de l'Advent , & le quatriéme de
GALANT. 229
Carefme , l'Eglife mefle
un peu dejoye dans fa trif
teffe , comme ayant paffé
la moitié du temps de penitence , & fe voyant approcher des jours heureux
de la Naiffance , & de la
Refurrection du Sauveur,
alors les Cardinaux prennent une eftoffe de roſe feche , qui eft beaucoup plus
rouge que le violet , & qui
neanmoins eft plus fombre
que le rouge mefme.
Pour les Cardinaux Religieux ils ont retenu jufqu'aprefent la couleur de
230 MERCURE
leur Ordre fur leurs habits,
à l'exception des Clercs Reguliers , comme je l'ay dit
cy. devant , & les Papes ont
voulu faire connoiftre exterieurement par là l'eftime qu'ils ont tousjours faites de la hierarchie Regu
liere , voulant bien l'admettre avec la Seculiere
dans tous les honneurs du
Clergé , ils leur ont ſeulement accordé le Chapeau,
le Bonnet , & la Calotte
rouge, pour les diſtinguer
des autres Prélats.
Al'égard du nombredes
GALANT. 231
Cardinaux , il n'a pas tousjours efté le meſme , quelques uns prétendent qu'ils
n'eftoient que vingt- cinq
dans les premiers fiecles, &
que Rome eftant divifée en
vingt- cinq paroiffes , ils
en eftoient les Curez &
les Paſteurs ; maisfans aller
ficavant dans l'antiquité ,
contentons- nous des fiecles plus recens , nous trouverons qu'ils ont efté longtemps fixez à cinquantetrois , dont il y en avoir
fept d'Evefques, vingt huit
de Preftres , & dix - huit de
232 MERCURE
Diacres ; les Evefques eftoient les coadjuteurs du
Pape dans le Dioceſe de
Rome , & préfidoient fur
le Clergé , les vingt - huit
Preftres faifoient l'office de
Vicaires du Pape, & avoient
chacun une Eglife particuliere dans Rome où ils exerçoient toutes les fonctions parochiales , les dixhuit Diacres avoient auffi
chacun leur Eglife dans les
quatorze quartiers de la
Ville qui eftoit leur Diaconé particulier. Ce nombre.
fut fort alteré , & diminua
quand
GALANT. 233
quand les Papes ont negli
gé de pourvoir aux places
vacantes des titres, ou qu'ils
les ont donné en comman
de, & au contraire ileft de
beaucoup augmenté lorfqu'ils en ont créé de nouveaux.
Quand Nicolas III. fut
éleu Pape , il n'y avoit que
huit Cardinaux , & peu avant la mort d'Alexandre
IV. il ne s'en trouva que
quatre ; mais en revanche
fous le Pontificat de Pie IV.
on en a veu jufqu'à ſoixante & quatorze. Cette granFuin 1712.
V
234 MERCURE
de diverfité donna occa
fion à Sixte V. d'en fixer le
nombre à foixante & dix ,
en memoire des foixante &
dix Vieillards dont il eſt
parlé dans l'Ecriture , & il
ordonna qu'il y auroit fix
Evefques , cinquante Preftres , & quatorze Diacres ,
& ce nombre eft demeuré
jufques àprefent. Les Evef
ques ont chacun leur Eglife dans le détroit de Rome;
les Preftres ont leur titre
dans la Ville , & les Diacres.
yont leurs Diaconats.
La juriſdiction que les
GALANT. 235
Cardinaux Evefques ont
aujourd'huy dans leur
Eglife & dans la Ville
où elle eft fituée est une
veritable juriſdiction Epifcopale & ordinaire. Il y a
ce
cependant cette difference
que les fept Evefchez Cardinaux ( dont il y en a
deux de réunis ) ne requierent point de refiden-
& font compatibles
avec d'autres Evefchez.
Celles que les Cardinaux
Preftres, & les Cardinaux
Diacres ont dans leurs titres & dans leurs DiacoV ij
236 MERCURE
nats , fe peut direunejurifdiction prefqueEpifcopales
elle ne s'eftend que dans
l'enceinte de l'Eglife , & de
la Sacriftie. Ils y ont la
chaife Epiſcopale fous un
dais comme les Evefques.
Ils y beniffent folemnellement le peuple ; ils yont la
nomination des Benefices
quand ce font des Eglifes
Collegiales ; ils y vont le
Rochet découvert pour y
faire voir leur pouvoir , &
parmyces titres & ces Diaconats , il s'yrencontre des
Egliles Collegiales , des Par
GALANT. 237
roiffes , des Convents
d'Hommes , des Monafteres de Filles , des Hofpitaux , & de fimples Eglifes
de devotion.
Pourla forme de la crea
tion des Cardinaux , le Pa
pe en eft entierement le
maiftre, & quand il a refolu.
de faire une promotion , il
prend le jour d'un ConfiItoire ( n'ayant communiqué fon deffein à perfonne ) & aprés avoir donné
Audience aux Cardinaux ,
& avoir expedié toutes les
affaires pour lesquelles l'af
238 MERCURE
femblée confiftoriale eft
faite , fa Sainteté eftant fur
le point de fortir , tefmoigne aux Cardinaux qu'Elle
eft dans le deffein de leur
donner des Confreres , &
leur demande, fuivant l'ancien ufage , ce qui leur
femble. Le Doyen des Car
dinaux parle ordinairement pour tout le corps ,
& chacun approuve feparément le choix de fa Sainteté par quelque figne de
tefte , ou autrement , aprés
quoy le Pape les créé , &
les declare Cardinaux , &
GALANT 239
puis s'en va , laiffant fur un
fiege la lifte de leurs noms
qui fe publie à la fortie du
Confiftoire.
Les Cardinaux nouveaux
élûs , qui font pour lors à
Rome, vontfaire leur premiere vifite au Pape dés le
mefme jour , & eftant introduits les uns aprés les
autres par un maiſtre des
ceremonies , fa Sainteté
leur donne le Bonnet rouge qu'il leur met fur la teſte
eftant à genoux , & le maiftre des ceremonies luy
met le Camail violet fur
"
240 MERCURE
•
les épaules , puis ayant ofte
fon Bonnet il baife les
pieds de fa Sainteté puis.
fa main, aprés quoy le Pa
l'embraffe & le fait relever, ce qui fe fait à tous
les uns aprés les autres
aprés quoy on leur donne
de petits fieges , & le Pape
les reçoit à l'Audience affis
pe
& couverts.
L'Audience finie ils fe
retirent , & vont rendre
viſite au Cardinal Doyen ,
& puis s'en retournent
chez eux où ils demeurent,
& reçoivent les vifites incognito ,
GALANT. 241
cognito, jufqu'au Confiftoire
public dans lequel le Pape
leur donne le Chapeau ,
où il y a ordinairement une
celebre compagnie , le Pape veſtu pontificalement ,
& placé fur fon Throne ,
avec toute fa Cour , reçoit
les nouveaux Cardinaux
qui font conduits par un!
ancien , & aprés avoir bai
sé les pieds & la main du
Pape qui les embraſſe , ils
vont embraffer tous les
Cardinaux les uns aprés les
autres , puis retournant au
Throne ils reçoivent à ge
Juin 1712.
X
242 MERCURE
noux le Chapeau rouge des
mains du Pape , aprés quoy
oftant le Chapeau, & ayant
falué fa Sainteté , fe rangent parmy les autres Cardinaux. Sa Sainteté s'eftant
retirée , les Cardinaux anciens & nouveaux vont à
la Chapelle où on chante
le Te Deum , puis les Prieres finies , les nouveaux
Cardinaux fortent les premiers , & demeurent à la
porte de la Chapelle pour
remercier les anciens à mefurequ'ils paffent , puis s'en
retournent chacun chez
eux.
GALANT. 243
L'apréfdinée ils vont à
l'Eglife faint Pierre du Vatican , où aprés avoir adoréle faint Sacrement , vont
à la Confeffion de S. Pierre pour visiter les Corps
faints , aprés quoy font
leurs vifites le lendemain
& autres jours fuivants aux
anciens Cardinaux.
J
Dans un Confiftoire ſecret le Pape fait la ceremonie de leur fermer la
bouche , qui leur est ouverte dans un autre quelques
jours aprés. Ces deux ceremonies fe font à huis
X ij
244 MERGURE
clos , & ne font rien autre
chofe qu'un filence que fa
Sainteté leur impofe , qui
les rend hors d'eftat d'opiner dans les Confiftoires & Congregations , &
quand il leur declare enfuite qu'il leur ouvre la bouche, il les releve de ces empeſchemens , & diftribuë à
chacun defdits Cardinaux
un titre de Cardinal Pref
tre , ou de Cardinal Dia
cre , leur mettant au quatriéme doigt une bague
d'or pour marque du mariage qu'ils contractent
GALANT. 245
avec l'Eglife , puis vont
prendre poffeffion de l'Eglife dont ils ont le titre.
Pour les Cardinaux abfens le Pape leur envoye
la Calotte rouge dans l'endroit où ils font en Nonciature, ou dans le Royau
meoù ils ont leur refidence, & pour lors c'est le Roy
ou le Prince Souverain qui
la leur met fur la tefte , &
qui la reçoit du Camerier
que le Pape envoye pour
cet effet , comme il s'eft
veu plufieurs fois en France , lorfque le Roy l'a donX iij
246 MERCURE
née à plufieurs Nonces que
le Pape avoit fait Cardinauxpendant leur Nonciature , & à d'autres Cardinaux François , ce qui fe
fait ordinairement après la
Meſſe du Roy. Pour le
Chapeau Rouge & les autres ceremonies, ils ne peuvent les recevoir qu'ils ne
foyent à Rome, ne pouvant
recevoir le Chapeau Rouge que des mains du Pape,
& le titre qu'après les deux
ceremonies d'ouvrir & de
fermer la bouche , c'eſt ce'
qui fait qu'il y a quantité
GALANT. 247
de Cardinaux qui n'ont jamaisreceu le Chapeau rouge , eftant morts fans avoir
efte à Rome.
Voilà tout ce qui le peut
dire en abregé fur l'origine , l'antiquité & la maniere de créér les Cardinaux , je reſerve les ceremonies de leurs obfeques
lorſque Dieu en aura difposé de quelqu'un.
dignité de Cardinal.
LEPape a fait une pro-
&
motion de dix- huit Cardi
naux le 18. du mois de May,
il en a declaré onze
s'en eft refervé fept inpetto.
Onfera bien aife d'apprendre l'origine de cette dignité , qui eft à preſent la ſeconde de l'Eglife , le Pape
en eftant le chef.
Les Papes , à l'imitation
de faint Pierre & de fes
fucceffeurs , font tousjours
demeurez Evefques de RoJuin 1712.
T
218 MERCURE
me, quoyqu'ils fuffent eftablis de Dieu le chefdetous
les Chreftiens , cette ville
eftant le premier Eveſché
du monde, & le lieu particulier de leur refidence.
De là eft venu que ne
pouvant entrer eux - mefmes dans le détail du gouvernement de leur Dioceſe
pendant qu'ils avoient à
regler le fpirituel de toute
la terre,ils firent choix d'un
certain nombre d'Evef
ques , de Preftres , & de
Diacres, pour les foulager,
comme autant de Coadju
GALANT. 219
teurs , & de Vicaires.
Les premiers faifoient la
fonction d'Evefques dans
le détroit de Rome , à la
place du Pape , & avoient
chacun leur Eglife particuliere dans l'enceinte du
Dioceſe.
Les Preftres eftoient Titulaires des Paroiffes de la
ville , & prenoient la conduite des ames comme les.
Curez font aujourd'huy
& les Diacres avoient le
foin de quelques Eglifes ou
Chapelles de devotion qu'-
ils tenoient en Diaconies,
Tij
220 MERCURE
& devoient affifter le Pape
quand il officioit publiquement.
* Ces trois Ordres eurent
le nom de Cardinati ou Car
dinales , pour dire qu'ils eftoient les premiers & les
Chefs des autres , & que
c'eftoit fous leur conduite
que rouloient toutes les affaires du Dioceſe ; & parce que les Preftres & les
Diacres de quelques autres
villes prirent aufſi le meſme nom de Cardinaux
afin de fe diftinguer des autres Preftres, & des autres
GALANT. 221
Diacres qui leur eftoient inferieurs & foumis , les Papes ordonnerent qu'il n'y
auroit que ceux qu'ils avoient choifis , qui le pourroient honorer du titre de
Cardinal , ce qui a eſté inviolablement obfervé par
lafuite dans toute l'Italie.
Avec le temps ces digni
tez ſe font rendues fort recommandables. Les Papes
qui ne choififfoient pour
Cardinaux que des perfonnes d'un merite diftingué,commencerent àavoir
une entiere confiance en
T iij
222 MERCURE
eux , ils les reveftirent des
principales charges & dignitez, ils leur donnerent
le premier rang dans tous
les tribunaux , & dans toutes les Congregations ; ils
leur mirent en mainles affaires les plus importantes ;
ils les firent leurs Confeillers d'Eftat , pour le temporel , & pour le fpirituel
de leur Royaume , ne reglerent prefque plus rien
que par leur avis , & par
leur confeil , de forte que
peu à peu ils font montez
au faifte de la gloire oùnous.
GALANT. 223
E
les voyons , & fe trouvent
aujourd'huy les premiers
du Clergé , faifant la meſmefigure dans l'Eſtat Ecclefiaftique que faiſoient
autrefois les Senateurs Romains dans l'ancienne
Rome.
pas
Mais ce qui releve infiniment l'éclat de ce haut
rang & leur donne le
au deffus des Evefques &
des Patriarches mefmes ,
c'eſt la puiffance qu'ils ont
dans l'Eglife durant le Siege vacant, le droit d'élire
le nouveau Pape , & l'a
T iiij
224 MERCURE
vantage d'eftre les feuls fur
qui tombe cette élection
les Confiftoires dont ils
font les membres , comme
le Pape en eft le chef.
Ces grandes prérogati
ves leur ont acquis le titre
de Princes de l'Eglife , &
en cette qualité ils prétendent aller de pair avec les
Teftes couronnées, &trouventpeu de Princes en Ita
lie qui leur veuillent difputer le pas ; auffi ont-ils des
marques exterieures qui
font connoiftre la gran
deur d'une dignité fi émi-
GALANT. 225
mente , les fouverains Pontifesont voulu qu'ils fuffent
veftus de pourpre , & principalement quand ils paroiffent en public.
Innocent IV. fut le premier qui leur donna le chapeau rouge au Concile de
Lyon en 1244. Boniface
VIII. permit aux Cardinaux feculiers de porter
l'habit rouge , quand les
Papes commencerent à ſe
veftir de blanc. Paul III.
leur accorda le Bonnet
rouge , & enfin Gregoire
XIV. permit aux Cardi-
226 MERCURE
nota
naux Religieux de le por
ter voulant neanmoins
qu'ils continuaffent tousjours à s'habiller de la couleur de leur Ordre
queles Clercs Reguliers ne
retiennent point la couleur
de l'Ordre quand ils font
faits Cardinaux , mais ils
prennent la pourpre commeles Cardinaux feculiers
Toutes ces differentes
couleurs ne font pas fans
raifon, &fans quelque forte de myftere : le Pape eft
veftu de blanc pour donner à entendre que fa vie
GALANT. 227
doit eftre plus pure & plus
nette que celle de tous les
autres Chreftiens , & qu'il
faudroit eftre fans tache &
fans deffaut, s'il le pouvoit,
pour s'affeoir dans la chaire
de faint Pierre.
La pourpre eft la couleur des Rois & des Empereurs , mais cette couleur a
efté donnée encore aux
Cardinaux pour les faire
reffouvenir qu'ils doivent
eftre tousjours preſts à repandre leur fang quand il
s'agit de fouftenir les interefts de la foy , c'eſt pour
118 MERCURE
cette raison qu'ils portent
l'habit rouge dans les jours
ordinaires qui eft la pourpre naturelle , & la veritable couleur du fang , an
lieu que dans les jours de
trifteffe ils prennent le violet qui eft une couleur de
pourpre plus lugubre &
plus obfcure , & qui imite
affez le fang livide d'un
homme accablé de maladies &dechagrins , & parce que durant deux jours
de l'année qui font le troifiéme Dimanche de l'Advent , & le quatriéme de
GALANT. 229
Carefme , l'Eglife mefle
un peu dejoye dans fa trif
teffe , comme ayant paffé
la moitié du temps de penitence , & fe voyant approcher des jours heureux
de la Naiffance , & de la
Refurrection du Sauveur,
alors les Cardinaux prennent une eftoffe de roſe feche , qui eft beaucoup plus
rouge que le violet , & qui
neanmoins eft plus fombre
que le rouge mefme.
Pour les Cardinaux Religieux ils ont retenu jufqu'aprefent la couleur de
230 MERCURE
leur Ordre fur leurs habits,
à l'exception des Clercs Reguliers , comme je l'ay dit
cy. devant , & les Papes ont
voulu faire connoiftre exterieurement par là l'eftime qu'ils ont tousjours faites de la hierarchie Regu
liere , voulant bien l'admettre avec la Seculiere
dans tous les honneurs du
Clergé , ils leur ont ſeulement accordé le Chapeau,
le Bonnet , & la Calotte
rouge, pour les diſtinguer
des autres Prélats.
Al'égard du nombredes
GALANT. 231
Cardinaux , il n'a pas tousjours efté le meſme , quelques uns prétendent qu'ils
n'eftoient que vingt- cinq
dans les premiers fiecles, &
que Rome eftant divifée en
vingt- cinq paroiffes , ils
en eftoient les Curez &
les Paſteurs ; maisfans aller
ficavant dans l'antiquité ,
contentons- nous des fiecles plus recens , nous trouverons qu'ils ont efté longtemps fixez à cinquantetrois , dont il y en avoir
fept d'Evefques, vingt huit
de Preftres , & dix - huit de
232 MERCURE
Diacres ; les Evefques eftoient les coadjuteurs du
Pape dans le Dioceſe de
Rome , & préfidoient fur
le Clergé , les vingt - huit
Preftres faifoient l'office de
Vicaires du Pape, & avoient
chacun une Eglife particuliere dans Rome où ils exerçoient toutes les fonctions parochiales , les dixhuit Diacres avoient auffi
chacun leur Eglife dans les
quatorze quartiers de la
Ville qui eftoit leur Diaconé particulier. Ce nombre.
fut fort alteré , & diminua
quand
GALANT. 233
quand les Papes ont negli
gé de pourvoir aux places
vacantes des titres, ou qu'ils
les ont donné en comman
de, & au contraire ileft de
beaucoup augmenté lorfqu'ils en ont créé de nouveaux.
Quand Nicolas III. fut
éleu Pape , il n'y avoit que
huit Cardinaux , & peu avant la mort d'Alexandre
IV. il ne s'en trouva que
quatre ; mais en revanche
fous le Pontificat de Pie IV.
on en a veu jufqu'à ſoixante & quatorze. Cette granFuin 1712.
V
234 MERCURE
de diverfité donna occa
fion à Sixte V. d'en fixer le
nombre à foixante & dix ,
en memoire des foixante &
dix Vieillards dont il eſt
parlé dans l'Ecriture , & il
ordonna qu'il y auroit fix
Evefques , cinquante Preftres , & quatorze Diacres ,
& ce nombre eft demeuré
jufques àprefent. Les Evef
ques ont chacun leur Eglife dans le détroit de Rome;
les Preftres ont leur titre
dans la Ville , & les Diacres.
yont leurs Diaconats.
La juriſdiction que les
GALANT. 235
Cardinaux Evefques ont
aujourd'huy dans leur
Eglife & dans la Ville
où elle eft fituée est une
veritable juriſdiction Epifcopale & ordinaire. Il y a
ce
cependant cette difference
que les fept Evefchez Cardinaux ( dont il y en a
deux de réunis ) ne requierent point de refiden-
& font compatibles
avec d'autres Evefchez.
Celles que les Cardinaux
Preftres, & les Cardinaux
Diacres ont dans leurs titres & dans leurs DiacoV ij
236 MERCURE
nats , fe peut direunejurifdiction prefqueEpifcopales
elle ne s'eftend que dans
l'enceinte de l'Eglife , & de
la Sacriftie. Ils y ont la
chaife Epiſcopale fous un
dais comme les Evefques.
Ils y beniffent folemnellement le peuple ; ils yont la
nomination des Benefices
quand ce font des Eglifes
Collegiales ; ils y vont le
Rochet découvert pour y
faire voir leur pouvoir , &
parmyces titres & ces Diaconats , il s'yrencontre des
Egliles Collegiales , des Par
GALANT. 237
roiffes , des Convents
d'Hommes , des Monafteres de Filles , des Hofpitaux , & de fimples Eglifes
de devotion.
Pourla forme de la crea
tion des Cardinaux , le Pa
pe en eft entierement le
maiftre, & quand il a refolu.
de faire une promotion , il
prend le jour d'un ConfiItoire ( n'ayant communiqué fon deffein à perfonne ) & aprés avoir donné
Audience aux Cardinaux ,
& avoir expedié toutes les
affaires pour lesquelles l'af
238 MERCURE
femblée confiftoriale eft
faite , fa Sainteté eftant fur
le point de fortir , tefmoigne aux Cardinaux qu'Elle
eft dans le deffein de leur
donner des Confreres , &
leur demande, fuivant l'ancien ufage , ce qui leur
femble. Le Doyen des Car
dinaux parle ordinairement pour tout le corps ,
& chacun approuve feparément le choix de fa Sainteté par quelque figne de
tefte , ou autrement , aprés
quoy le Pape les créé , &
les declare Cardinaux , &
GALANT 239
puis s'en va , laiffant fur un
fiege la lifte de leurs noms
qui fe publie à la fortie du
Confiftoire.
Les Cardinaux nouveaux
élûs , qui font pour lors à
Rome, vontfaire leur premiere vifite au Pape dés le
mefme jour , & eftant introduits les uns aprés les
autres par un maiſtre des
ceremonies , fa Sainteté
leur donne le Bonnet rouge qu'il leur met fur la teſte
eftant à genoux , & le maiftre des ceremonies luy
met le Camail violet fur
"
240 MERCURE
•
les épaules , puis ayant ofte
fon Bonnet il baife les
pieds de fa Sainteté puis.
fa main, aprés quoy le Pa
l'embraffe & le fait relever, ce qui fe fait à tous
les uns aprés les autres
aprés quoy on leur donne
de petits fieges , & le Pape
les reçoit à l'Audience affis
pe
& couverts.
L'Audience finie ils fe
retirent , & vont rendre
viſite au Cardinal Doyen ,
& puis s'en retournent
chez eux où ils demeurent,
& reçoivent les vifites incognito ,
GALANT. 241
cognito, jufqu'au Confiftoire
public dans lequel le Pape
leur donne le Chapeau ,
où il y a ordinairement une
celebre compagnie , le Pape veſtu pontificalement ,
& placé fur fon Throne ,
avec toute fa Cour , reçoit
les nouveaux Cardinaux
qui font conduits par un!
ancien , & aprés avoir bai
sé les pieds & la main du
Pape qui les embraſſe , ils
vont embraffer tous les
Cardinaux les uns aprés les
autres , puis retournant au
Throne ils reçoivent à ge
Juin 1712.
X
242 MERCURE
noux le Chapeau rouge des
mains du Pape , aprés quoy
oftant le Chapeau, & ayant
falué fa Sainteté , fe rangent parmy les autres Cardinaux. Sa Sainteté s'eftant
retirée , les Cardinaux anciens & nouveaux vont à
la Chapelle où on chante
le Te Deum , puis les Prieres finies , les nouveaux
Cardinaux fortent les premiers , & demeurent à la
porte de la Chapelle pour
remercier les anciens à mefurequ'ils paffent , puis s'en
retournent chacun chez
eux.
GALANT. 243
L'apréfdinée ils vont à
l'Eglife faint Pierre du Vatican , où aprés avoir adoréle faint Sacrement , vont
à la Confeffion de S. Pierre pour visiter les Corps
faints , aprés quoy font
leurs vifites le lendemain
& autres jours fuivants aux
anciens Cardinaux.
J
Dans un Confiftoire ſecret le Pape fait la ceremonie de leur fermer la
bouche , qui leur est ouverte dans un autre quelques
jours aprés. Ces deux ceremonies fe font à huis
X ij
244 MERGURE
clos , & ne font rien autre
chofe qu'un filence que fa
Sainteté leur impofe , qui
les rend hors d'eftat d'opiner dans les Confiftoires & Congregations , &
quand il leur declare enfuite qu'il leur ouvre la bouche, il les releve de ces empeſchemens , & diftribuë à
chacun defdits Cardinaux
un titre de Cardinal Pref
tre , ou de Cardinal Dia
cre , leur mettant au quatriéme doigt une bague
d'or pour marque du mariage qu'ils contractent
GALANT. 245
avec l'Eglife , puis vont
prendre poffeffion de l'Eglife dont ils ont le titre.
Pour les Cardinaux abfens le Pape leur envoye
la Calotte rouge dans l'endroit où ils font en Nonciature, ou dans le Royau
meoù ils ont leur refidence, & pour lors c'est le Roy
ou le Prince Souverain qui
la leur met fur la tefte , &
qui la reçoit du Camerier
que le Pape envoye pour
cet effet , comme il s'eft
veu plufieurs fois en France , lorfque le Roy l'a donX iij
246 MERCURE
née à plufieurs Nonces que
le Pape avoit fait Cardinauxpendant leur Nonciature , & à d'autres Cardinaux François , ce qui fe
fait ordinairement après la
Meſſe du Roy. Pour le
Chapeau Rouge & les autres ceremonies, ils ne peuvent les recevoir qu'ils ne
foyent à Rome, ne pouvant
recevoir le Chapeau Rouge que des mains du Pape,
& le titre qu'après les deux
ceremonies d'ouvrir & de
fermer la bouche , c'eſt ce'
qui fait qu'il y a quantité
GALANT. 247
de Cardinaux qui n'ont jamaisreceu le Chapeau rouge , eftant morts fans avoir
efte à Rome.
Voilà tout ce qui le peut
dire en abregé fur l'origine , l'antiquité & la maniere de créér les Cardinaux , je reſerve les ceremonies de leurs obfeques
lorſque Dieu en aura difposé de quelqu'un.
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Résumé : Discours sur l'origine & la dignité de Cardinal.
Le texte traite de la dignité et de l'origine des cardinaux dans l'Église catholique. Le 18 mai, le pape a promu dix-huit cardinaux, en déclarant onze et en réservant sept in petto. La dignité cardinalice est la seconde dans l'Église, après celle du pape. Les papes, imitant saint Pierre, résident à Rome, premier évêché du monde. Ne pouvant gérer seuls leur diocèse tout en régissant l'Église universelle, ils ont choisi des évêques, prêtres et diacres pour les assister. Ces trois ordres, appelés cardinaux, étaient chargés des affaires du diocèse et se distinguaient par leurs fonctions spécifiques : les évêques représentaient le pape dans le diocèse, les prêtres dirigeaient les paroisses, et les diacres assistaient le pape lors des offices publics. Avec le temps, les cardinaux ont acquis des prérogatives importantes, devenant conseillers du pape et participant aux affaires temporelles et spirituelles. Ils ont le droit d'élire le nouveau pape et de gouverner l'Église durant le siège vacant, ce qui leur vaut le titre de princes de l'Église. Leur habillement, notamment la pourpre, symbolise leur rôle et leur dévouement. Le nombre de cardinaux a varié au fil des siècles, mais il est actuellement fixé à soixante-dix, répartis en évêques, prêtres et diacres. La création des cardinaux est un processus cérémoniel dirigé par le pape, incluant des visites et des audiences spécifiques. Pour les cardinaux absents, le pape envoie la calotte rouge, qui est ensuite placée sur leur tête par le roi ou le prince souverain dans le pays où ils résident. Cette cérémonie a eu lieu plusieurs fois en France, souvent après la messe du roi. Le chapeau rouge et les autres cérémonies ne peuvent être reçus qu'à Rome, directement des mains du pape. De plus, le titre de cardinal est conféré après deux cérémonies spécifiques : l'ouverture et la fermeture de la bouche. En conséquence, de nombreux cardinaux n'ont jamais reçu le chapeau rouge s'ils sont décédés avant de se rendre à Rome.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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340
p. 26-42
STANCES.
Début :
Si j'entre dans ta route, [...]
Mots clefs :
Dieu, Esprit, Seigneur, Loi, Foi, Grâce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
SI j'entre dans ta route ,
6 Suprême Sageße
L'amour propre m'arrête,
&me rappelle à foy ;
Et pour un vain objet de
joye ou de trifteffe,
GALANT.
27
Infensé je te laiffe ,
Et je mets en oubli ta loy.
Si dans les vains tranf
ports dont l'ardeur nous,
poffede
Je veux de la raifon emprunter
du fecours ,
'Ils
s'enflament encor par
ce foible remede ,
Tout obftacle leur cede ;
C'efl un torrent qui croît
toûjours.
Je pense affezSouvent à
Cij
28 MERCURE
Pordre falutaire
Qui borne nos defirs par
un jufte compas :
Mais ce penfer , femblable
à la flâme legere
Qu'on voit quand il éclaire
,
Me luit & ne m'échauffe
pas.
Quand j'écoute ta voix ,
elle me perfuade ,
Et je veux t'obeïr en cet
heureux moment :
Mais ce vouloir n'eft rien
1
GALANT. 29
qu'un fouhait de malade
,
Qui trouve amer ou fade
Le plus agreable aliment.
Le vice plein d'amorce ,
ainfi qu'une Syrene ,
Qui chante , qui nous flate
, & qui furprend
nos fens ,
Par fes appas trompeurs
en fes gouffres m'entraîne
Avec fi peu de peine ,
Queje l'écoute je conses.
C iij
30 MERCURE
Loy de la providence ! hé
quepouvoit- on dire ?
Helas!un Dieu cachéconduit
tous ces reffors.
La meilleure partie eft
foumise à lapire,
Et loin d'avoir l'empire ;
Notre esprit obeït au corps.
Mais , ô Mufe , tout
beau , tu te rends eriminelle
En fondant des fecrets que
cache un Dieu jaloux ;
Confeffe & reconnois fa
GALANT .
31
bonté
paternelle ,
Tous nos biens viennent
d'elle ,
Et tous nos maux viennent
de nous.
Que fi l'on s'attachoit à
cet Estre fuprême
De qui vient notre force
tout notre pouvoir
,
Et fuivant les confeils
d'une ferveur extrême
On fe quittoit foy- même ,
Sans peine on feroit fon
devoir.
Ciiij
32 MERCURE
Nos esprits éclairez, d'u
ne vive lumiere ,
Sans nul empêchement
voyant la verité,
Mépriferoient alors comme
vile pouffiere
Ce qui fert de matiere
A nos voeux pleins de
vanité.
Mais l'homme quittant
Dieu , par qui tout
eft facile ,
Par qui contre l'erreur,
l'esprit eft affermi,
GALANT.. 33.
En vain pour s'en garder
fe croit affez , habile ;
Car comme il eft fragile ,
Lui-même il eft fon ennemi.
L'homme s'aime , il eft
vrai,mais d'un amour
perfide
i
Qui le mene au trépaspar
un
chemin trompeur
Et lorsqueton esprit ne lui
fert pas de guide,
Comme il est trop avide
,
34 MERCURE
Il court lui-même à for
malheur.
Défens- moy done de moy ,
munis-moy de ta grace ,
Ne te laße jamais , Seigneur,
de m'affifter;
Regle mes paffions , repri
me leur audace :
Quelque effort queje falſe ,
Sans toyje n'ypuis refifter.
Puis-je regler le cours de
ma nef vagabonde ,
Des vagues & des vents
GALANT 39
foutenir les combats ;
Eviter les rochers qui font
cachez fous l'onde
Dans une nuit profonde ,
Si ta main ne me guide
pas ?
La mer de cette vie est fi
pleine d'orage ,
Quefi l'on ne craintpoint,
on n'a point de raiſon ;
Et quoique d'un béau tems;
on tire un bon prefage ,
On faitfouvent naufrage.
En la plus tranquille faifon.
36 MERCURE
Parmi tant de périls notre
unique reßource
Eft d'avoir toujours l'oeil
deßus ta volonté ,
Semblables au nocher qui
fe regle en fa courfe
Sur l'étoile de l'ourfe ,
Et fe rend au port fou
haité.
Afin qu'à l'avenir je vogue
en affurance ,
Eclaire - moy ,
Seigneur
du flambeau de la
foy,
GALANT. 37
Donne- moy de l'amour ,
remplis-moy d'esperance
,
Et fais qu'avec constance
Je m'attache à ta fainte
loy.
La volonté de l'homme eft
toûjours chancelante ,
Il croit , ildoute , il craint,
il veut & ne veut pas ,
Le préfent lui déplait, &
fon ame inconstante
Voit dans la chofe abfente,
Ou croit voir les plus doux
appas.
38 MERCURE
Il fuit toute fa vie une
vaine chimere ,
Un lumineux fantome ,
un néant précieux ;
De fes plaifirs paẞez la
douceur eft amere ,
Et le bien qu'il espere
Bientoft fe dérobe à fes
yeux.
Ta conftance , Seigneur ,
toute conftance efface ,
Ton vouloir par le temps
n'est jamais limité ;
Qui le fuit eft heureux ,
GALANT .
39
il jouit de ta grace ,
Et nul mal ne
menace
De
troubler(a félicité.
Il est toujours content , il
nage dans la joye ,
Il ne craint ni n'efpere ,
épris d'un vaiu défir ;
Et quand mefme du mal
il femble être la
proye ,
Scachant que Dieu l'envoye
Il n'en fent aucun déplaifir.
40 MERCURE
Si cet hymnefacré te plaift
comme il me touche ,
Doux & charmant objet
de nos pieux concerts ,
Fais , quandjefuis debout
ou gifant dans ma
couche ,
Que d'une pure bouche
Je chante inceffamment
ces vers.
Heureux quidu pechépeut
fortir de la fange ,
Dans une paix profonde il
voit couler fes jours ,
En
GALANT. 41
En tout temps , en tous
lieux il chante ta
loйange ,
Et par un beureux change
S'il meurt , c'est pour vivre
toujours
.
Mais malheureux celui
qui , plongé dans le
vice ,
De remords douloureux
voit punir fes forfaits,
Et qui par la terreur qu'-
imprime ta justice ,
Janv. 1713.
D
42 MERCURE
Sent déja le fupplice
Qu'il doit endurer à jamais
.
SI j'entre dans ta route ,
6 Suprême Sageße
L'amour propre m'arrête,
&me rappelle à foy ;
Et pour un vain objet de
joye ou de trifteffe,
GALANT.
27
Infensé je te laiffe ,
Et je mets en oubli ta loy.
Si dans les vains tranf
ports dont l'ardeur nous,
poffede
Je veux de la raifon emprunter
du fecours ,
'Ils
s'enflament encor par
ce foible remede ,
Tout obftacle leur cede ;
C'efl un torrent qui croît
toûjours.
Je pense affezSouvent à
Cij
28 MERCURE
Pordre falutaire
Qui borne nos defirs par
un jufte compas :
Mais ce penfer , femblable
à la flâme legere
Qu'on voit quand il éclaire
,
Me luit & ne m'échauffe
pas.
Quand j'écoute ta voix ,
elle me perfuade ,
Et je veux t'obeïr en cet
heureux moment :
Mais ce vouloir n'eft rien
1
GALANT. 29
qu'un fouhait de malade
,
Qui trouve amer ou fade
Le plus agreable aliment.
Le vice plein d'amorce ,
ainfi qu'une Syrene ,
Qui chante , qui nous flate
, & qui furprend
nos fens ,
Par fes appas trompeurs
en fes gouffres m'entraîne
Avec fi peu de peine ,
Queje l'écoute je conses.
C iij
30 MERCURE
Loy de la providence ! hé
quepouvoit- on dire ?
Helas!un Dieu cachéconduit
tous ces reffors.
La meilleure partie eft
foumise à lapire,
Et loin d'avoir l'empire ;
Notre esprit obeït au corps.
Mais , ô Mufe , tout
beau , tu te rends eriminelle
En fondant des fecrets que
cache un Dieu jaloux ;
Confeffe & reconnois fa
GALANT .
31
bonté
paternelle ,
Tous nos biens viennent
d'elle ,
Et tous nos maux viennent
de nous.
Que fi l'on s'attachoit à
cet Estre fuprême
De qui vient notre force
tout notre pouvoir
,
Et fuivant les confeils
d'une ferveur extrême
On fe quittoit foy- même ,
Sans peine on feroit fon
devoir.
Ciiij
32 MERCURE
Nos esprits éclairez, d'u
ne vive lumiere ,
Sans nul empêchement
voyant la verité,
Mépriferoient alors comme
vile pouffiere
Ce qui fert de matiere
A nos voeux pleins de
vanité.
Mais l'homme quittant
Dieu , par qui tout
eft facile ,
Par qui contre l'erreur,
l'esprit eft affermi,
GALANT.. 33.
En vain pour s'en garder
fe croit affez , habile ;
Car comme il eft fragile ,
Lui-même il eft fon ennemi.
L'homme s'aime , il eft
vrai,mais d'un amour
perfide
i
Qui le mene au trépaspar
un
chemin trompeur
Et lorsqueton esprit ne lui
fert pas de guide,
Comme il est trop avide
,
34 MERCURE
Il court lui-même à for
malheur.
Défens- moy done de moy ,
munis-moy de ta grace ,
Ne te laße jamais , Seigneur,
de m'affifter;
Regle mes paffions , repri
me leur audace :
Quelque effort queje falſe ,
Sans toyje n'ypuis refifter.
Puis-je regler le cours de
ma nef vagabonde ,
Des vagues & des vents
GALANT 39
foutenir les combats ;
Eviter les rochers qui font
cachez fous l'onde
Dans une nuit profonde ,
Si ta main ne me guide
pas ?
La mer de cette vie est fi
pleine d'orage ,
Quefi l'on ne craintpoint,
on n'a point de raiſon ;
Et quoique d'un béau tems;
on tire un bon prefage ,
On faitfouvent naufrage.
En la plus tranquille faifon.
36 MERCURE
Parmi tant de périls notre
unique reßource
Eft d'avoir toujours l'oeil
deßus ta volonté ,
Semblables au nocher qui
fe regle en fa courfe
Sur l'étoile de l'ourfe ,
Et fe rend au port fou
haité.
Afin qu'à l'avenir je vogue
en affurance ,
Eclaire - moy ,
Seigneur
du flambeau de la
foy,
GALANT. 37
Donne- moy de l'amour ,
remplis-moy d'esperance
,
Et fais qu'avec constance
Je m'attache à ta fainte
loy.
La volonté de l'homme eft
toûjours chancelante ,
Il croit , ildoute , il craint,
il veut & ne veut pas ,
Le préfent lui déplait, &
fon ame inconstante
Voit dans la chofe abfente,
Ou croit voir les plus doux
appas.
38 MERCURE
Il fuit toute fa vie une
vaine chimere ,
Un lumineux fantome ,
un néant précieux ;
De fes plaifirs paẞez la
douceur eft amere ,
Et le bien qu'il espere
Bientoft fe dérobe à fes
yeux.
Ta conftance , Seigneur ,
toute conftance efface ,
Ton vouloir par le temps
n'est jamais limité ;
Qui le fuit eft heureux ,
GALANT .
39
il jouit de ta grace ,
Et nul mal ne
menace
De
troubler(a félicité.
Il est toujours content , il
nage dans la joye ,
Il ne craint ni n'efpere ,
épris d'un vaiu défir ;
Et quand mefme du mal
il femble être la
proye ,
Scachant que Dieu l'envoye
Il n'en fent aucun déplaifir.
40 MERCURE
Si cet hymnefacré te plaift
comme il me touche ,
Doux & charmant objet
de nos pieux concerts ,
Fais , quandjefuis debout
ou gifant dans ma
couche ,
Que d'une pure bouche
Je chante inceffamment
ces vers.
Heureux quidu pechépeut
fortir de la fange ,
Dans une paix profonde il
voit couler fes jours ,
En
GALANT. 41
En tout temps , en tous
lieux il chante ta
loйange ,
Et par un beureux change
S'il meurt , c'est pour vivre
toujours
.
Mais malheureux celui
qui , plongé dans le
vice ,
De remords douloureux
voit punir fes forfaits,
Et qui par la terreur qu'-
imprime ta justice ,
Janv. 1713.
D
42 MERCURE
Sent déja le fupplice
Qu'il doit endurer à jamais
.
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Résumé : STANCES.
Le texte relate un dialogue entre un Galant et Mercure, abordant les thèmes de la foi, de la raison et des passions humaines. Le Galant exprime son dilemme entre suivre ses désirs terrestres et obéir à une force supérieure. Il reconnaît la difficulté de maîtriser ses passions et affirme que la raison seule est insuffisante pour les contrôler. Mercure, incarnant la sagesse, souligne que l'homme est souvent esclave de ses propres désirs et que la véritable paix réside dans la soumission à une volonté divine. Le Galant sollicite alors l'aide divine pour réguler ses passions et naviguer les dangers de la vie. Mercure conclut en affirmant que la constance et la confiance en Dieu sont les seules voies vers la véritable joie et la sécurité. Le texte se termine par une prière visant à chanter éternellement les louanges divines et à éviter les tourments du vice.
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341
p. 268-275
DONS DU ROY.
Début :
Le Roy a nommé à l'Evesché d'Alais l'Abbé de Henin. [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Alès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROY.
T
Le Roy a nommé à l'Evefché
d'Alais l'Abbé de
Henin .
La Ville d'Alais eft dans
le Languedoc , elle fue erigée
en Everché en 1692 par le
Pape Inocent XII. Elle eſt
fcituée au Diocéfe de
Nifmes , & a efté érigée en
Comté de nostre temps ',
ceux de la Maifon de Petel
GALANT. 269
en étoient Maîtres anciennement
; elle a eu pour premier
Evefque , Mellire François
Chevalier du Faux . Le
revenu de ce Diocéle eft de
dix -huit mil livres . Ce
Diocéfe renferme feulement
quatre-vingt onze Paroiffe ,
& a été détaché de celui de
Nifines à caufe du grand
nombre de nouveaux convertis
qui habitent dans les
Montagnes. La Cathedrale
a efté dotée de l'Abbaye
d'Aigues mortes & formée
du College de ce mefme
nom & de celui d'Alais . P
Z iij
270 MERCURE
L'Abbaye de la Luferne ,
Ordre de Premontré Reformez
, Diocéfe d'Avran
ches , au Pere de Noirlerres
Cette Abbaye eft fcituée à
trois lieues de Granville, &
à quatre d'Arras , elle eft
confacrée à la Sainte Tri ,
nité , elle fur fondée en
143. par Halcufe de Sou
lignie . Le village de la Lu
ferne eft un Titre de Ba
ronnie.
L'Abbaye de Boucras
Ordre de Citeaux , Diocéfe
d'Auxerre , à l'Abbé Tiraqueau.
Cette Abbayc cft
GALANT. 271
1
dans le Nivernois , & fcituée
à peu de diſtance de la petite
Ville de Chamlemi , elle fe
nomme en latin bonus radius,
eftfille de Pontigny , elle fut
fondée en 1119 .
L'Abbaye de Bueilly
Ordre de Premontré , Diocéfe
de Laon , au Pere
Trudaine . Ellé eft dans la
Thierache quelques Autheurs
raportent qu'elle
efté autrefois poffedée par
des filles de l'Ordre du Val
des Ecoliers. Cette Abbaye
eft fcituée fur la riviere
d'Aubenton , à deux licuès
Z iiij
272 MERCURE
de la Ville de ce nom , vers
le couchant d'été ; elle a cu
pour fondateurs Elbert
Comte de Vermandois &
Gertrude fa femme.
L'Abbaye de Sauvė , Or
dre de S. Benoist , Diocéfe
de Nifines,à l'Abbé de Me
rez grand Vicaire de Nîmes.
Sauve eſt un bourg de
France , dans le Languedoc ,
il eft fcitué fur la Bidourle,
à trois lieues d'Andufe vers
le couchant .
Saint Louis y établit un
Viguier perpetuel l'An
4236. Cette Abbaye fur
GALANT 273
C
fondée en 1020. par Garfin ,
Pere de Bermont , Seigneur
de cette Ville.
L'Abbaye d'Herivaux ,
Ordre de S. Auguſtin, Diocéfe
de Paris , vacante par la
mort de l'Abbé Deschamps,
Aumônier de Madame la
Princeffe de Condé , à l'Ab.
bé le Févre , Aumônier de
Madame la Princeffe .
L'Abbaye de Marcüil
prés d'Arras , Ordre de S.
Auguftin , Diocéfe d'Arras
au Pere Vanakre , Prieur de
cette Abbaye.
274 MERCURE
1
Le Prieuré du Chaullet ,
à l'Abbé Duplantis.
L'Abbaye du Saunoir
Ordre de Citeaux , Dioceſe
de Laon , à Dame N ... de
Sainte Colombe.
Et le Prieuré des Filles-
Dieu de Chartres , à la Dame
de l'Aigle , à la Prefentation
de Monfieur le Duc d'Orleans
: quelque jours aprés
le Roy nomma à l'Everché
d'Alais , dont nous avons
parlé cy - deffus , & donna
l'Abbaye de la Perrine ,
Ordre de S. Auguftin , Dio .
cefe du Mans , à la Dame
-
GALANT. 27}
d'Aubigny , Religieufe de
ladite Abbaye.
T
Le Roy a nommé à l'Evefché
d'Alais l'Abbé de
Henin .
La Ville d'Alais eft dans
le Languedoc , elle fue erigée
en Everché en 1692 par le
Pape Inocent XII. Elle eſt
fcituée au Diocéfe de
Nifmes , & a efté érigée en
Comté de nostre temps ',
ceux de la Maifon de Petel
GALANT. 269
en étoient Maîtres anciennement
; elle a eu pour premier
Evefque , Mellire François
Chevalier du Faux . Le
revenu de ce Diocéle eft de
dix -huit mil livres . Ce
Diocéfe renferme feulement
quatre-vingt onze Paroiffe ,
& a été détaché de celui de
Nifines à caufe du grand
nombre de nouveaux convertis
qui habitent dans les
Montagnes. La Cathedrale
a efté dotée de l'Abbaye
d'Aigues mortes & formée
du College de ce mefme
nom & de celui d'Alais . P
Z iij
270 MERCURE
L'Abbaye de la Luferne ,
Ordre de Premontré Reformez
, Diocéfe d'Avran
ches , au Pere de Noirlerres
Cette Abbaye eft fcituée à
trois lieues de Granville, &
à quatre d'Arras , elle eft
confacrée à la Sainte Tri ,
nité , elle fur fondée en
143. par Halcufe de Sou
lignie . Le village de la Lu
ferne eft un Titre de Ba
ronnie.
L'Abbaye de Boucras
Ordre de Citeaux , Diocéfe
d'Auxerre , à l'Abbé Tiraqueau.
Cette Abbayc cft
GALANT. 271
1
dans le Nivernois , & fcituée
à peu de diſtance de la petite
Ville de Chamlemi , elle fe
nomme en latin bonus radius,
eftfille de Pontigny , elle fut
fondée en 1119 .
L'Abbaye de Bueilly
Ordre de Premontré , Diocéfe
de Laon , au Pere
Trudaine . Ellé eft dans la
Thierache quelques Autheurs
raportent qu'elle
efté autrefois poffedée par
des filles de l'Ordre du Val
des Ecoliers. Cette Abbaye
eft fcituée fur la riviere
d'Aubenton , à deux licuès
Z iiij
272 MERCURE
de la Ville de ce nom , vers
le couchant d'été ; elle a cu
pour fondateurs Elbert
Comte de Vermandois &
Gertrude fa femme.
L'Abbaye de Sauvė , Or
dre de S. Benoist , Diocéfe
de Nifines,à l'Abbé de Me
rez grand Vicaire de Nîmes.
Sauve eſt un bourg de
France , dans le Languedoc ,
il eft fcitué fur la Bidourle,
à trois lieues d'Andufe vers
le couchant .
Saint Louis y établit un
Viguier perpetuel l'An
4236. Cette Abbaye fur
GALANT 273
C
fondée en 1020. par Garfin ,
Pere de Bermont , Seigneur
de cette Ville.
L'Abbaye d'Herivaux ,
Ordre de S. Auguſtin, Diocéfe
de Paris , vacante par la
mort de l'Abbé Deschamps,
Aumônier de Madame la
Princeffe de Condé , à l'Ab.
bé le Févre , Aumônier de
Madame la Princeffe .
L'Abbaye de Marcüil
prés d'Arras , Ordre de S.
Auguftin , Diocéfe d'Arras
au Pere Vanakre , Prieur de
cette Abbaye.
274 MERCURE
1
Le Prieuré du Chaullet ,
à l'Abbé Duplantis.
L'Abbaye du Saunoir
Ordre de Citeaux , Dioceſe
de Laon , à Dame N ... de
Sainte Colombe.
Et le Prieuré des Filles-
Dieu de Chartres , à la Dame
de l'Aigle , à la Prefentation
de Monfieur le Duc d'Orleans
: quelque jours aprés
le Roy nomma à l'Everché
d'Alais , dont nous avons
parlé cy - deffus , & donna
l'Abbaye de la Perrine ,
Ordre de S. Auguftin , Dio .
cefe du Mans , à la Dame
-
GALANT. 27}
d'Aubigny , Religieufe de
ladite Abbaye.
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Résumé : DONS DU ROY.
Le texte évoque plusieurs nominations et caractéristiques d'abbayes et d'évêchés en France. Le roi a nommé l'abbé de Henin à l'évêché d'Alais, créé en 1692 par le pape Innocent XII. Cet évêché, situé dans le diocèse de Nîmes, compte 91 paroisses et un revenu de dix-huit mille livres. La cathédrale d'Alais est associée à l'abbaye d'Aigues-Mortes et aux collèges d'Aigues-Mortes et d'Alais. Le texte mentionne également diverses abbayes : l'abbaye de La Luzerne, ordre de Prémontré réformé, fondée en 1433 dans le diocèse d'Avranches ; l'abbaye de Boucras, ordre de Cîteaux, fondée en 1119 dans le Nivernois ; l'abbaye de Bueil, ordre de Prémontré, fondée par Elbert et Gertrude dans la Thiérache ; l'abbaye de Sauve, ordre de Saint-Benoît, fondée en 1020 dans le diocèse de Nîmes ; l'abbaye d'Herivaux, ordre de Saint-Augustin, vacante après la mort de l'abbé Deschamps dans le diocèse de Paris ; et l'abbaye de Marœuil, ordre de Saint-Augustin, dans le diocèse d'Arras. D'autres nominations incluent celles du prieuré du Chaullet, de l'abbaye du Saunoir, et du prieuré des Filles-Dieu de Chartres. Le roi a également nommé une dame à l'abbaye de la Perrine, ordre de Saint-Augustin, dans le diocèse du Mans.
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342
p. 95-96
Promotion de Cardinaux.
Début :
On a appris par un Courrier extraordinaire que le 30. Janvier [...]
Mots clefs :
Courrier extraordinaire, Pape, Archevêque, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Promotion de Cardinaux.
Promotion de Cardinaux•
On a appris par un Cou-.a-'
rier extraordinaire que le
30. Janvier le Pape avoit
tenu Consistoire ; où il
avoit déclaré Cardinaux
l'AbbédePolignac Auditeur
de Roce : le Sieur
Arias Archevesque de Seville
: le Sieur ErbaOdescalchi
Archevesquede Milan,
& le Sieur Sala Evesque
de Barcelone. SaSaintetéen
a reservé un autre
inpetto, & n'a pas rempli
les deux autres places vacances.
-
Le Duc de Sully connu
cy-devant fous le nom de
Chevalier de Sully, pritf
séance au Parlement en
qualité de Duc & Pair de
France.
On a appris par un Cou-.a-'
rier extraordinaire que le
30. Janvier le Pape avoit
tenu Consistoire ; où il
avoit déclaré Cardinaux
l'AbbédePolignac Auditeur
de Roce : le Sieur
Arias Archevesque de Seville
: le Sieur ErbaOdescalchi
Archevesquede Milan,
& le Sieur Sala Evesque
de Barcelone. SaSaintetéen
a reservé un autre
inpetto, & n'a pas rempli
les deux autres places vacances.
-
Le Duc de Sully connu
cy-devant fous le nom de
Chevalier de Sully, pritf
séance au Parlement en
qualité de Duc & Pair de
France.
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Résumé : Promotion de Cardinaux.
Le 30 janvier, le Pape a promu plusieurs ecclésiastiques au rang de cardinal, dont l'Abbé de Polignac, l'Archevêque de Séville, l'Archevêque de Milan et l'Évêque de Barcelone. Il a réservé une promotion et laissé deux places vacantes. Le Duc de Sully a pris séance au Parlement en tant que Duc et Pair de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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343
p. 241-252
Nouvelle Demonstration de l'existence de Dieu.
Début :
Puisque nostre esprit conçoit tres clairement que l'indépendance, l'existence [...]
Mots clefs :
Abbé, Dieu, Parfait, Existence réelle, Néant, Triangle, Possibilité
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Demonstration de l'existence de Dieu.
Nouvelle Demonstration de
L'existence deDieu. pUsque notre esprit
conçoit rrcs clairement
tue l'independence,l'exisence
necessaire, la toutepuissance,
la justice, la routes
cience, &c. sont des pro-^
~nictez& des perfectionsque
loir indispenlablementavoir
un être souverainement parfait;&
que Jî dépende nce, la
caducité,l'inipuiflance,riû«
justice, l'ignorance, &c. qui
fonr des impcrfc£tions opposées,
ne sçauroient en aucune
manière luyappartenir
Il estévident qu'ilacertainement
l'idée d'un être fou.,
versement parfait,puisqu'il
fait distinguer les proprierez
essentielles d'un tel,
être, & qu'il doit indifpen..;J
sablement avoir decelles qui
ne sçauroienten aucune manierc
luy appartenir, & qu'il
cxcl ut necessairement, corn.J
me contraires à son essence,*;
& absolument incompatibles
avec elle.
Tâchons maintenant de
prouverd'une manière évidente
& précise, & en même
temps invincible, & qui ne
permette point de replique,
( ce qui n'a point encore esié:
fait lu l'existence
réele & actuele de cet être
souvrainement parfait, dont
nous avons l'idée, & par
consequent celle d'un Deu,
qu'il faut entendre par un
être souvrainement par fait.
Il cil évident à l'esprit,
& il conçoit très-par faitement,
qu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & le pur
possible, àqui l existence
réele & aûnde, puisse être
refu sée, ou que ce qui n'a,
point une existence réele &
actuele, ne peut être que le
néant, l'impodible,&cequi
est purement possible, &
par consequent que si un
êtresouverainement parfait
ri'est pas le néint ny
unechoseimpossible, ny
purement possible, il doiclI:
in~failliblement avoir une
existence réele & a&'Je!eg;
puisqu'ilest aussi évident,
que ce qui n'est rien de tout
ce. quin'existe point^ciilie^j
que ce qui n tltiicn,de tout
ce qui existe, n'existe point.
Or il est premierement
évident,qu'unêtre souverainement
parfait,n'est pas le
néant, ou le TicR., puisque
lerien,n'a aucune proillicté.
& que l'entendement, ne
luyen sçauroit attribuer aucune&
qu'un être souverainement
par fait, au contraire
renferme necessairement des
propnetez & des per fcdfrons
infinies, qtllcl'ciplit ne
sçauroit se dispenser, de
concevoir & de luy attribuer
comme essentielles à un tel
être, lorsqu'il se le.(t'pre.
fente ou qu'il pensera àuy.
Il esten second lieu pareillement
évident, qu'un eftrc
suverainement parfait,n'est
pas une chose impossible,
puisquel'impossible,comme
impossible exclut évidemment
la realité, & que l'entendement,
la lui refuse necessairement,
& qu'un être
souverainement parfait , la renferme indispensablement,
comme essentielle à
lasouveraine perfection, &
que l'entendement ou la
pensée la luy attribue pareillement,
cetant absolument
impossible de concevoir, ou
de se representer unêtre
fouverainemenr parfait, que
comme quelque chose de
réel & d'indépendant de la
penséc,&de souverainement
indépendent, au lieu qu'il
est absolument impossible,
de concevoir de cette manière
aucun impossible, &
puisqu'unechose n'est reputéeimpossible
que par
ropposition&lacontrariété
quelle a avec sa véritable
idée, qui la represente, naturellement
à l'esprit
#
comme une Montagne (ans*
Vallée, par exemple, qui
exclue ce que l'idée d'une
Montagne renferme neeek
sairement à sçivoir une vallée,
ou comme un Triangle
quarré, qui renferme quatre
collez, que l'idée d'un Triangle
exclut, &que qui die
aucontraire un estre fouveramemenc
parfaitdit ne.
ceffurement une chose, entièrement
ôc parfaitement
conforme à l'idée qui reprefente
un teléstre, & qui
renferme & exclut, tout ce
que cetre mesme idée ren.,-
ferme & exclut elle-même
necessairement,de même que
qui dIt un Quarté, un Triangle
& un Cercle, &c. dit
necessairement des figures
conformes aux idées d'un
Q,iar¡ré d'unTriangle&d'un
Cercle,&c.
1
Trosémement ilestencore
de la derniere évidence~
qu'unestre souverainement
parfait, n'est pas une chose
purement possible, ou qui-,
puisseavoir simplement U<
possibilité
,
sans avoir l'existence
réele & aétude, &.:
qu'ilsuffit, par consequence
de connoistre & d cltrc certain,
qu'un tel estre, est
possible pour estre certain
qu'il existe, puisqu'un estre
souverainement parfait, ne
sçauroitestrecapable d'estre,
& de n'estre pas, & que la
pure possibilité renfermenecessairement,
la capacité
d'estre& de ne pasestre,
qui est incompatible avec la
souveraine ~peis£hon,& que
toutes les choses cap ables
d'estre purement possibles,
ou qui ont simplementla
possibilité, sansavoir l'existence
iiducle , sont non (eulement
imparfaites comme
estant penfiJbles & capables
de n'estre pas, mais encore
dependentes, & incapables
d'exister par elles-mêmes,
sans un principe, qui a luimême
une existence réele &
actuele, & enfin puisqu'il
paroist par-là, évidemment,
qu'un estre indépendent &
souveramement par fait, serior
impossible,comme incapable,
d'avoir par lui même
une semblable, existence, s'il
n'existoit pas aductement.
Donc il est évident, qu'un
cfire fouvcraincmenc parfait
& par consequent un Dieu
existe puisqu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & ce
qui est imparfait & purement
possible qui n'existentpoint,
&que parun Dieu,l'onn'entend
précisément qu'un etère
souverainementparfait.
Par l'Abbé Gérard
L'existence deDieu. pUsque notre esprit
conçoit rrcs clairement
tue l'independence,l'exisence
necessaire, la toutepuissance,
la justice, la routes
cience, &c. sont des pro-^
~nictez& des perfectionsque
loir indispenlablementavoir
un être souverainement parfait;&
que Jî dépende nce, la
caducité,l'inipuiflance,riû«
justice, l'ignorance, &c. qui
fonr des impcrfc£tions opposées,
ne sçauroient en aucune
manière luyappartenir
Il estévident qu'ilacertainement
l'idée d'un être fou.,
versement parfait,puisqu'il
fait distinguer les proprierez
essentielles d'un tel,
être, & qu'il doit indifpen..;J
sablement avoir decelles qui
ne sçauroienten aucune manierc
luy appartenir, & qu'il
cxcl ut necessairement, corn.J
me contraires à son essence,*;
& absolument incompatibles
avec elle.
Tâchons maintenant de
prouverd'une manière évidente
& précise, & en même
temps invincible, & qui ne
permette point de replique,
( ce qui n'a point encore esié:
fait lu l'existence
réele & actuele de cet être
souvrainement parfait, dont
nous avons l'idée, & par
consequent celle d'un Deu,
qu'il faut entendre par un
être souvrainement par fait.
Il cil évident à l'esprit,
& il conçoit très-par faitement,
qu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & le pur
possible, àqui l existence
réele & aûnde, puisse être
refu sée, ou que ce qui n'a,
point une existence réele &
actuele, ne peut être que le
néant, l'impodible,&cequi
est purement possible, &
par consequent que si un
êtresouverainement parfait
ri'est pas le néint ny
unechoseimpossible, ny
purement possible, il doiclI:
in~failliblement avoir une
existence réele & a&'Je!eg;
puisqu'ilest aussi évident,
que ce qui n'est rien de tout
ce. quin'existe point^ciilie^j
que ce qui n tltiicn,de tout
ce qui existe, n'existe point.
Or il est premierement
évident,qu'unêtre souverainement
parfait,n'est pas le
néant, ou le TicR., puisque
lerien,n'a aucune proillicté.
& que l'entendement, ne
luyen sçauroit attribuer aucune&
qu'un être souverainement
par fait, au contraire
renferme necessairement des
propnetez & des per fcdfrons
infinies, qtllcl'ciplit ne
sçauroit se dispenser, de
concevoir & de luy attribuer
comme essentielles à un tel
être, lorsqu'il se le.(t'pre.
fente ou qu'il pensera àuy.
Il esten second lieu pareillement
évident, qu'un eftrc
suverainement parfait,n'est
pas une chose impossible,
puisquel'impossible,comme
impossible exclut évidemment
la realité, & que l'entendement,
la lui refuse necessairement,
& qu'un être
souverainement parfait , la renferme indispensablement,
comme essentielle à
lasouveraine perfection, &
que l'entendement ou la
pensée la luy attribue pareillement,
cetant absolument
impossible de concevoir, ou
de se representer unêtre
fouverainemenr parfait, que
comme quelque chose de
réel & d'indépendant de la
penséc,&de souverainement
indépendent, au lieu qu'il
est absolument impossible,
de concevoir de cette manière
aucun impossible, &
puisqu'unechose n'est reputéeimpossible
que par
ropposition&lacontrariété
quelle a avec sa véritable
idée, qui la represente, naturellement
à l'esprit
#
comme une Montagne (ans*
Vallée, par exemple, qui
exclue ce que l'idée d'une
Montagne renferme neeek
sairement à sçivoir une vallée,
ou comme un Triangle
quarré, qui renferme quatre
collez, que l'idée d'un Triangle
exclut, &que qui die
aucontraire un estre fouveramemenc
parfaitdit ne.
ceffurement une chose, entièrement
ôc parfaitement
conforme à l'idée qui reprefente
un teléstre, & qui
renferme & exclut, tout ce
que cetre mesme idée ren.,-
ferme & exclut elle-même
necessairement,de même que
qui dIt un Quarté, un Triangle
& un Cercle, &c. dit
necessairement des figures
conformes aux idées d'un
Q,iar¡ré d'unTriangle&d'un
Cercle,&c.
1
Trosémement ilestencore
de la derniere évidence~
qu'unestre souverainement
parfait, n'est pas une chose
purement possible, ou qui-,
puisseavoir simplement U<
possibilité
,
sans avoir l'existence
réele & aétude, &.:
qu'ilsuffit, par consequence
de connoistre & d cltrc certain,
qu'un tel estre, est
possible pour estre certain
qu'il existe, puisqu'un estre
souverainement parfait, ne
sçauroitestrecapable d'estre,
& de n'estre pas, & que la
pure possibilité renfermenecessairement,
la capacité
d'estre& de ne pasestre,
qui est incompatible avec la
souveraine ~peis£hon,& que
toutes les choses cap ables
d'estre purement possibles,
ou qui ont simplementla
possibilité, sansavoir l'existence
iiducle , sont non (eulement
imparfaites comme
estant penfiJbles & capables
de n'estre pas, mais encore
dependentes, & incapables
d'exister par elles-mêmes,
sans un principe, qui a luimême
une existence réele &
actuele, & enfin puisqu'il
paroist par-là, évidemment,
qu'un estre indépendent &
souveramement par fait, serior
impossible,comme incapable,
d'avoir par lui même
une semblable, existence, s'il
n'existoit pas aductement.
Donc il est évident, qu'un
cfire fouvcraincmenc parfait
& par consequent un Dieu
existe puisqu'il n'y a que le
néant,l'impossible, & ce
qui est imparfait & purement
possible qui n'existentpoint,
&que parun Dieu,l'onn'entend
précisément qu'un etère
souverainementparfait.
Par l'Abbé Gérard
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Résumé : Nouvelle Demonstration de l'existence de Dieu.
Le texte expose une démonstration de l'existence de Dieu en se fondant sur les notions de perfections et d'imperfections. L'esprit humain reconnaît des qualités telles que l'indépendance, l'existence nécessaire, la toute-puissance, la justice et l'omniscience comme des perfections essentielles à un être souverainement parfait. À l'inverse, des qualités comme la caducité, l'impuissance, l'injustice et l'ignorance sont considérées comme des imperfections incompatibles avec un tel être. L'auteur soutient qu'il est évident que l'idée d'un être souverainement parfait exclut nécessairement les imperfections. Il cherche ensuite à prouver l'existence réelle et actuelle de cet être parfait. Selon lui, seul le néant, l'impossible et le pur possible peuvent être privés d'existence réelle. Un être souverainement parfait ne peut être ni le néant, ni une chose impossible, ni purement possible. Il doit donc avoir une existence réelle et actuelle. L'auteur explique que l'entendement attribue nécessairement des propriétés infinies à un être souverainement parfait. Un tel être ne peut être conçu comme impossible ou purement possible, car cela contredirait sa perfection. Il conclut que, puisque l'être souverainement parfait ne peut être ni néant, ni impossible, ni purement possible, il doit exister réellement. Ainsi, l'existence de Dieu, en tant qu'être souverainement parfait, est démontrée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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344
p. 90-96
COMPLIMENT A son Altesse Electorale Monseigneur le Duc de Baviere. Par le Curé de Surêne & de Putaux, le 7. Mars 1713.
Début :
MONSEIGNEUR, Un juste empressement attire devant Vôtre Altesse Electorale un [...]
Mots clefs :
Altesse, Curé, Pasteur, Paroisse, Monarque, Sanctuaire
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texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT A son Altesse Electorale Monseigneur le Duc de Baviere. Par le Curé de Surêne & de Putaux, le 7. Mars 1713.
COMPLIMENT
A Son Altesse Electorale
Monseigneur le Duc
de Baviere.
Par le Curé de Surêne & de
Putaux, le 7. Mars I7I3.
MONSEIGNEUR,
Un juste empressement
attire devant Vôtre Altesse
Electorale un foible Clergé
,
accompagné de la Justice,&
des principauxChefs
d'une Communeassez nombreuse
: mais c'est moins
ici une specieuse offrande
de nos profonds respects,
qu'un sincere hommage
de nos coeurs; &, si je
l'ose dire,un pur mouvement
de nôtre amour propre.
Quel ravissement pour
le Pasteur en particulier,
de revoir aujourd'hui de
si prés, & dans sa Parois.
se,un Souverain qu'il eut
autrefois le plaisir de considerer
dans toute la splendeur
de son Empire! Quelle
allegresse pour Is troupeau
en général
,
de posseder
dans ce petit coin
de la terre un Heros donc
le nom precieux remplit
l'univers! Quel charme enfin
pour ce village, de parrager
avec les premieres
villes du Royaume les delices
d'une presencequ'-
elles se disputent à l'envie !
Quel astre favorable vient
nous éclairer! Quelle heureuse
destinée se declare
pour nous! Pourrons-nous
assez nous en feliciter?
Dure long-temps un bonheur
sidesiré, & si chéri;
dût- il nous faire une infinité
de jaloux, jamais nous
ne nous lasserions de contempler
un Prince qui se
retrace dans les nôtres par
la vive impressiondeson
genereux sang, qui coule
dans leurs veines; jamais
nous ne cesserions
d'admirer en son auguste
personne ces riches quaticez
des plus belles ames valeur, magnificence,,
bonté, religion; en un
mot ces nobles caracteres
, & ces dignes vertus
de vrais Souverains: car
en quel autre voit-on briller
plus de majesté > Mais
quelle que soit l'ardeur de
nos souhaits, pour joüir
encore plus long-temps
d'un si doux spectacle,
c'est un bien precieux que
nous va ravir la paix, que
s'efforce de rendre à l'Europe
le puissant Monarque
qui nous gouverne.
Au milieu de tant d'interêts
divers, qu'il regle
au poids du Sanctuaire, il
n'oublie pas sans doute ce
qu'il doit à les meilleurs
amis, à ses plus fideles alliez;
leurs droits lui sont
aussi sacrez, aussî sensibles,
ou plus chers que
les siens; & par quels EC.
tats , par quelles Couron.
nes même son grand coeur
ne voudroit-il pas payer
l'inviolable attachement
d'un Heros qui a tout sacrisié
à la justice de la bonne
cause ?
A Son Altesse Electorale
Monseigneur le Duc
de Baviere.
Par le Curé de Surêne & de
Putaux, le 7. Mars I7I3.
MONSEIGNEUR,
Un juste empressement
attire devant Vôtre Altesse
Electorale un foible Clergé
,
accompagné de la Justice,&
des principauxChefs
d'une Communeassez nombreuse
: mais c'est moins
ici une specieuse offrande
de nos profonds respects,
qu'un sincere hommage
de nos coeurs; &, si je
l'ose dire,un pur mouvement
de nôtre amour propre.
Quel ravissement pour
le Pasteur en particulier,
de revoir aujourd'hui de
si prés, & dans sa Parois.
se,un Souverain qu'il eut
autrefois le plaisir de considerer
dans toute la splendeur
de son Empire! Quelle
allegresse pour Is troupeau
en général
,
de posseder
dans ce petit coin
de la terre un Heros donc
le nom precieux remplit
l'univers! Quel charme enfin
pour ce village, de parrager
avec les premieres
villes du Royaume les delices
d'une presencequ'-
elles se disputent à l'envie !
Quel astre favorable vient
nous éclairer! Quelle heureuse
destinée se declare
pour nous! Pourrons-nous
assez nous en feliciter?
Dure long-temps un bonheur
sidesiré, & si chéri;
dût- il nous faire une infinité
de jaloux, jamais nous
ne nous lasserions de contempler
un Prince qui se
retrace dans les nôtres par
la vive impressiondeson
genereux sang, qui coule
dans leurs veines; jamais
nous ne cesserions
d'admirer en son auguste
personne ces riches quaticez
des plus belles ames valeur, magnificence,,
bonté, religion; en un
mot ces nobles caracteres
, & ces dignes vertus
de vrais Souverains: car
en quel autre voit-on briller
plus de majesté > Mais
quelle que soit l'ardeur de
nos souhaits, pour joüir
encore plus long-temps
d'un si doux spectacle,
c'est un bien precieux que
nous va ravir la paix, que
s'efforce de rendre à l'Europe
le puissant Monarque
qui nous gouverne.
Au milieu de tant d'interêts
divers, qu'il regle
au poids du Sanctuaire, il
n'oublie pas sans doute ce
qu'il doit à les meilleurs
amis, à ses plus fideles alliez;
leurs droits lui sont
aussi sacrez, aussî sensibles,
ou plus chers que
les siens; & par quels EC.
tats , par quelles Couron.
nes même son grand coeur
ne voudroit-il pas payer
l'inviolable attachement
d'un Heros qui a tout sacrisié
à la justice de la bonne
cause ?
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Résumé : COMPLIMENT A son Altesse Electorale Monseigneur le Duc de Baviere. Par le Curé de Surêne & de Putaux, le 7. Mars 1713.
Le 7 mars 1713, le curé de Surêne et de Putaux adresse un compliment à Son Altesse Électorale, Monseigneur le Duc de Bavière, exprimant la joie et l'honneur de le revoir dans leur paroisse. Les habitants manifestent une grande admiration et un profond respect envers le duc, qu'ils considèrent comme un héros célèbre dans le monde entier. Le curé loue les qualités du duc, notamment sa valeur, sa magnificence, sa bonté et sa piété, le qualifiant de véritable souverain. Il souligne que la présence du duc est une bénédiction pour le village. Cependant, il mentionne que la paix que le monarque s'efforce de rétablir en Europe mettra fin à cette visite. Malgré cela, le curé espère que le duc se souviendra de l'attachement et de la fidélité de ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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345
p. 163-171
« Mre Toussaint de Forbin Cardinal de Janson Commandeur de l'Ordre du S. Esprit [...] »
Début :
Mre Toussaint de Forbin Cardinal de Janson Commandeur de l'Ordre du S. Esprit [...]
Mots clefs :
Seigneur, Cardinal, Aumônier, Élection, Chapelle, Ambassadeur, Alliances
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texteReconnaissance textuelle : « Mre Toussaint de Forbin Cardinal de Janson Commandeur de l'Ordre du S. Esprit [...] »
Cardinal de J nson Commandeur
de l'Ordre du S.
Esprit & Comte de Beauvais
Vidame de Gerberoy
3
Pair
& Grand Aumônier de Fran-
, ce Abbé de saint Pierre de
Corbie, Precüilly
,
de Marchicnnes
,
& des Avigny, fut d'abord Evêque de
Digneen i6$6. facié le
1 4.
May 1657. transféré à Marseilleen
1669 puis Evêque
Comte de Beauvais le 14.
Aoust1679 Il futen1673.
Ambassadeur Extraordinaire
en Pologne, après la more
du Roy Michel il contribua
à l'Election du Roy
Jean Sobieski, retourna une
seconde fois Ambadadeur
en ce Royaume en 1680.
fut fait Commandeur des
Ordres en 16857. nommé
par le Roy de Pologne au
Cardinalat & futcrééparlé
Pape Alexandre VIII. en
la secondecréation qu'il fit
le 13. Fevrier 1690.luyenvoya
en France le Bonnet
par l'Abbé Trenisani Camerier
de Sa Sainteté, il le
receutdes mains du Royen
laChapelle de Versaillesle2.
Avril de la rr:ême année)
ensuite il fut à Rome ou il
arriva le 2., Juillet&y receut
le Chapeau, le 10. il s'cft
trouvé en cette Ville aux
Conclaves duPape Innocent
X11.& Clement XI &ya
resté pour lesinterrests dela
France aveccaractere d'Ambassadeur&
chargé de toutes
les affaires
,
puis cfla-nt
retourne en France en 1766.
& la Chargede Grand Aumônierestant
vacante par la
mort du Cardinal deCossin
luy donna en reconnoissance
de ses services & en presta
ferment le 14Juillet de la
même année, depuis ce
temps il n'est plus sorry de
France & est mort à Paris
le 24. Mars 1713. âgé de
83. ans d'où son corps a esté
porté à Beauvais.
Toussint de Forbin de
Janson estoit filsdeGispard
de Forbin Marquis de Janson
,&de Claire de Libetat
sa seconde femme
,
issuë
d'une famille ancienne de
Provence descenduë de Guillaume
de Forbin qui estoit
marié à Marseille en 1 380.
avecGaufride Rousse ou de
Roux
,
de laquelle sortie
Jean deForbin
,
duquel toute
la Maison de Forbin
descend.Il partagea en 1415.
avec ses frercs
,
lesquels ils
eurent posterité qui est finie
il y a long temps,& estant
âgé de 73. ans il testa en
1453. & laissa d'Isoarde de
Martin son épouse trois fils
Jean, Palamedes
,
& Jacques
de Forbin,qui furent tous
mariez & ont fait les trois
principales branches de cette
maison, Jean fut Seigneur
d.: Bardent
,
Palamedes suc
Seigneur de Soliers,& Jacques
fut Seigneur de Gar.o-:
dane
,
laquelle branche de
Gardane ne subsiste plus
qu'en une branche de caders,
l'aînée estant finie, de celle
qui Íllbfillc: estissu le Chevalier
deForbinCapitaine d'utt
des Vaisseaux du Roy, & cydevant
Grand Amiral du
Roy de Siam,la branche des
Seigneurs de Soliersissue de
Palamedes de Forbin surnommé
le Grand qui fut
Gouverneur & grand-Sencchal
de Provence, & Gouverneur
de Dauphiné,Louis,
de Forbin son fils Seigneur
du Luc & deSoliers
,
fut
premier President en la
Chambre des Comptes de
Provence, & plusieurs fois
Ambassadeur pour la France
aux pays Etrangers
,
soutint
vigoureusement ses interests
au Concile de Lattan fous le
Pape Leon X. il fut pere de
François de Forbin Seigneur
deSoliers quifut marié avec
Catherine d'AnjouDame
de saintRemy & de saint
Canal Marquise de Pont i
Mousson dans le Duché de
Bar
,
fille & heriere de Jean
d'Anjou Marquis de Pont
a' Moullon,fils naturel du
Roy René. Cette branche
s'est toûjours soutenue avec
honneur jusques aujourd'huy
& dont est Jean de
ForbinMarquis de Solicrs
Marquis de saint Remy Bi
S.Canal Chevalier d'Honneur
de Madame Doüairiere
d'Orléans qui a plufieursr
enfans de Francoise Amat
fille du Seigneur) du Poët
i- & toute les autres branches
delà maifonde Forbin font
iflae de Jean de Forbin qui
fut Seigneur de Bardent
& de luy font dcfccndus les
Marquis de ]anion, les Seigneurs
de la Roque
,
les
Marquis d'Oppede
,
& les
Seigneur de fainte Croix
dans toutes Icfquelles branches
il y a eu des Seigneurs
de tres-grande diftin&ioft,
& desalliances trcs. confidcrables.
de l'Ordre du S.
Esprit & Comte de Beauvais
Vidame de Gerberoy
3
Pair
& Grand Aumônier de Fran-
, ce Abbé de saint Pierre de
Corbie, Precüilly
,
de Marchicnnes
,
& des Avigny, fut d'abord Evêque de
Digneen i6$6. facié le
1 4.
May 1657. transféré à Marseilleen
1669 puis Evêque
Comte de Beauvais le 14.
Aoust1679 Il futen1673.
Ambassadeur Extraordinaire
en Pologne, après la more
du Roy Michel il contribua
à l'Election du Roy
Jean Sobieski, retourna une
seconde fois Ambadadeur
en ce Royaume en 1680.
fut fait Commandeur des
Ordres en 16857. nommé
par le Roy de Pologne au
Cardinalat & futcrééparlé
Pape Alexandre VIII. en
la secondecréation qu'il fit
le 13. Fevrier 1690.luyenvoya
en France le Bonnet
par l'Abbé Trenisani Camerier
de Sa Sainteté, il le
receutdes mains du Royen
laChapelle de Versaillesle2.
Avril de la rr:ême année)
ensuite il fut à Rome ou il
arriva le 2., Juillet&y receut
le Chapeau, le 10. il s'cft
trouvé en cette Ville aux
Conclaves duPape Innocent
X11.& Clement XI &ya
resté pour lesinterrests dela
France aveccaractere d'Ambassadeur&
chargé de toutes
les affaires
,
puis cfla-nt
retourne en France en 1766.
& la Chargede Grand Aumônierestant
vacante par la
mort du Cardinal deCossin
luy donna en reconnoissance
de ses services & en presta
ferment le 14Juillet de la
même année, depuis ce
temps il n'est plus sorry de
France & est mort à Paris
le 24. Mars 1713. âgé de
83. ans d'où son corps a esté
porté à Beauvais.
Toussint de Forbin de
Janson estoit filsdeGispard
de Forbin Marquis de Janson
,&de Claire de Libetat
sa seconde femme
,
issuë
d'une famille ancienne de
Provence descenduë de Guillaume
de Forbin qui estoit
marié à Marseille en 1 380.
avecGaufride Rousse ou de
Roux
,
de laquelle sortie
Jean deForbin
,
duquel toute
la Maison de Forbin
descend.Il partagea en 1415.
avec ses frercs
,
lesquels ils
eurent posterité qui est finie
il y a long temps,& estant
âgé de 73. ans il testa en
1453. & laissa d'Isoarde de
Martin son épouse trois fils
Jean, Palamedes
,
& Jacques
de Forbin,qui furent tous
mariez & ont fait les trois
principales branches de cette
maison, Jean fut Seigneur
d.: Bardent
,
Palamedes suc
Seigneur de Soliers,& Jacques
fut Seigneur de Gar.o-:
dane
,
laquelle branche de
Gardane ne subsiste plus
qu'en une branche de caders,
l'aînée estant finie, de celle
qui Íllbfillc: estissu le Chevalier
deForbinCapitaine d'utt
des Vaisseaux du Roy, & cydevant
Grand Amiral du
Roy de Siam,la branche des
Seigneurs de Soliersissue de
Palamedes de Forbin surnommé
le Grand qui fut
Gouverneur & grand-Sencchal
de Provence, & Gouverneur
de Dauphiné,Louis,
de Forbin son fils Seigneur
du Luc & deSoliers
,
fut
premier President en la
Chambre des Comptes de
Provence, & plusieurs fois
Ambassadeur pour la France
aux pays Etrangers
,
soutint
vigoureusement ses interests
au Concile de Lattan fous le
Pape Leon X. il fut pere de
François de Forbin Seigneur
deSoliers quifut marié avec
Catherine d'AnjouDame
de saintRemy & de saint
Canal Marquise de Pont i
Mousson dans le Duché de
Bar
,
fille & heriere de Jean
d'Anjou Marquis de Pont
a' Moullon,fils naturel du
Roy René. Cette branche
s'est toûjours soutenue avec
honneur jusques aujourd'huy
& dont est Jean de
ForbinMarquis de Solicrs
Marquis de saint Remy Bi
S.Canal Chevalier d'Honneur
de Madame Doüairiere
d'Orléans qui a plufieursr
enfans de Francoise Amat
fille du Seigneur) du Poët
i- & toute les autres branches
delà maifonde Forbin font
iflae de Jean de Forbin qui
fut Seigneur de Bardent
& de luy font dcfccndus les
Marquis de ]anion, les Seigneurs
de la Roque
,
les
Marquis d'Oppede
,
& les
Seigneur de fainte Croix
dans toutes Icfquelles branches
il y a eu des Seigneurs
de tres-grande diftin&ioft,
& desalliances trcs. confidcrables.
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Résumé : « Mre Toussaint de Forbin Cardinal de Janson Commandeur de l'Ordre du S. Esprit [...] »
Toussint de Forbin de Janson fut un homme d'Église et diplomate français. Il débuta comme évêque de Digne en 1656, fut transféré à Marseille en 1669, puis devint évêque comte de Beauvais en 1679. En 1673, il servit comme ambassadeur extraordinaire en Pologne, facilitant l'élection du roi Jean Sobieski. Il retourna en Pologne en 1680 et fut fait commandeur des Ordres en 1685. Nommé cardinal par le roi de Pologne, il fut créé cardinal par le pape Alexandre VIII le 13 février 1690. Il participa aux conclaves des papes Innocent XII et Clément XI, représentant la France. De retour en France en 1706, il devint Grand Aumônier de France après la mort du cardinal de Cossin. Il mourut à Paris le 24 mars 1713 à l'âge de 83 ans et fut inhumé à Beauvais. Toussint de Forbin de Janson était fils de Gispard de Forbin, marquis de Janson, et de Claire de Libetat. La famille Forbin, d'origine provençale, descend de Guillaume de Forbin, marié en 1380. Jean de Forbin eut trois fils fondant les principales branches de la famille, dont la branche des marquis de Janson.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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346
p. 241-259
DONS DU ROY.
Début :
Le 15. Avril le Roy nomma à l'Evêché de Viviers Messire [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Viviers, Guillaume, Cardinal, Seigneur, Chabannes, Évêché, Archevêché
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texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DV ROY.
Le 15. Avril le Roy nomma
à l'Eveché de Viviers
Messîre Martin de Ratabon,
ancien Evêque d'Y
-
pres. L'Evêché est suffragant
de l'Archevêché. de
Vienne.
Viviers est dans le Vivarez,
située sur une hauteur,
dont le bas est arrosé
par le Rhône à deux lieuës
d'Aps, & àquatre du Pont
Saint Esprit. L'Eglise Cathedrale
est fous l'invocation
de saint Vincent
,
&
son Chapitre est, composé
d'un Prevôt, d'un Archidiacre
, d'un Precenteur,
d'un Sacristain
)
d'un Archiprêrre)
d'un Vicaire, &»
de trente Chanoines. Vi- # viers a cet avantage, que
ses Evêques prennent la
qualité de Prince de Donzere
,qui est en Dauphiné.
Jean deBroniau,l'und'eux,
fut fait Cardinal en 1;8r.
& presida au Concile de
Confiance. Il y a trois Abbayes
dans le Diocese de
Viviers, qui a deux cent Paroisses,
& prés de cinq
lieuës de circuit: il comprend
le bas Vivarez & une
partie du haut
;
le resteest
de l'Archevêché deVienne.
L'Evêché de saint Pons
-
àMN. AbbédeCrillon.
Saint Pons n'écoit autrefois
qu'une Abbaye de l'Ordre
de laine Benoît, connuë
sous le nom de Monasterum
Tomeriense. Elle fut fondée
en 936. fous le regne de
Loüis d'Outremer par ons
premier, Comte de Toulouse
,
& par Garsinde sa
femme, afin qu'ilspusent,
comme dit l'acte de la son
dation, evadere~ehenna incendiflammas
& poe/lM) (fJinfernorum
claustre.
La réputation de cette
Abbaye, où l'on vivoir tréssaintement,
devinr si grande
, qu'en 1093. Sanche Roy
d'Arragon, calore Sancti
Spiritûs succensus
, y offrit
Ramire, son troisiémefils,
eâ devotione fY fide qua ob.
tusit Abraham filium Jutim
Isaac Deo. C'est ce Ramire,
qui après avoir été Religieux
Profés un peu plus de
quarante ans, fut tiré de
l'Abbaye, avec dispense du
Pape Anaclet, pour succeder
au Royaume en 11 34.
à cause de la mort de Pierre
&d'Alphonse ses frères sans
enfans Quoy qu'il fût Prêtre
,
il lui fut permis par
cette dispense de se marier,
& il épousa Agneé,soeur
de Guillaume, Duc de
Guyenne.
L'Abbaye de saint Pons
fut érigée en Evêché en
1318. par le Pape Jean XXII..
La Cathedrale est dediée à
saint Pons. Le Chapitreest
composé de trois Archidiacres,
d'un Sacristain,
d'un Precenteur, & de seize
Chanoines, qui ayant été
long-temps reguliers, furent
secularisez en 1611. par
le Pape Paul V. Le Diocese
n'a que quarante Paroisses
il est situé entre ceux de
Castres,d'Alby, de Narbonne
& de Besiers.
Et à l'Evêché de Lavaur
M. l'Abbé de Malezieu.
Le Roy donna aussil'Abbaye
de S. Pierre de Vienne,
Ordre de saint Benoît,
à l'Abbé de ChabannesCurton.
Il descend d'une trèsgrande
& ancienne Maison,
qui a donné à la France
nombre de grands Officiers
; entr'autres Jacques
Chabannes, Seigneur de la
Palisse, Maréchal deFrance;
Antoine Chabannes,
Comte de Dampmartin
grand Maître & grand Pannetier
de France; Jacques
premier, Seigneur de la Paliue,
grand Maître de France
; Jacques second, aussi
Seigneur de la Palisse, aussi
grand Maître de France:
& François de Chabannes,
Marquis de Curton, fut
Chevalier de l'Ordre du S.
Esprit en 15 83. par le Roy
Henri III. On peut voir la
Genealogie de cette Mâison
dans le nouveau Pere
Anselme.
LAbbaye de Lyre, Ordre
de saint Benoît,Diocese
d'Evreux, à M. l'Abbé Dan-
[in, Chanoine de Strasbourg.
Cette Abbaye fut
fondée en 1047. par Guillaume
d'Osbenne, allié de
Guillaume Duc de Normandie.
L'Eglifc est grande
& belle; elle a onze piliers
en sa longueur, & des bas
côtez. Le Cloître est neuf,
& bâti à la moderne,la Sacristie
& la Salle desConferences
sont ornées de lambris
de menuisèrie.
Lyre est m bourg de la
haute Normandie; il est
situéau-dessous de Ruyles;
sur la riviere de Rille à trois
lieuës de Conches, & quinze
de Roüen, ôc divise en
deux parties, dont l'une est
nommée la jeune Lyre, &
l'autre Uvieille Lyre. Cette
derniere est un lieu assez
agréable, bâti en amphithéâtre
, donc la Paroisse
reconnoît saint Gilles pour
patron de l'Eglise primitive
, ôc saint Nicolas pour
patron de la succursale. Il y
a haute Justice,&soncommerce
consiste en grains &
en bois à bâtir & à brûler,
que l'on prend dans sa forêt.
La Paroisse de la jeune
Lyre,située un demiquart
de lieuëau dessous de la
vieille Lyre, porte le titre
de saint Pierre. Prés de cette
Eglise Paroissiale estrAh
baye de Benediains de la
Congregation de S. Maur,
dont nous venons de parler.
L'Abbaye de Mazan, Or.
dre de Cîteaux) Diocesede
Viviers, à M. l'Abbéd'Artagnan.
L'Abbaye de Preüilly,
Ordre de Cîteaux,Diocese
de Sens, à M. l'Abbé d'Har
court-Beuvron.
On a promis des mémoires
sur ces deux familles
pour le Mercure prochain.
L'Abbave de Sambloneaux
,Ordre de saint Augufiin,
DiocesedeSaintes,
à M. l'Abbé de Chalon.
L'Abbaye de la Chaife-
Dieu, Ordre de S. Benoîc,
Diocese de Clermont, à
M.le Cardinal de Rohan.
Chaise-Dieu est une petite
ville dans la baffe Auvergne,
en latin CaJa Dei.
Elle enferme une Abbaye
de filles qui porte ion nom,
& ne laisse pas d'avoir tes
murailles &sestoursseparées.
Cette ville eit à deux
lieues de la montagne , au
pied de laquelle elt ficuée
celle d'Alegre,&àcinq de
Briours du côtédel'orient.
L'Abbaye de Chaise-
Dieu sur fondée, selon quelques-
uns, en 1044. par S.
Robert de Clermont, ôc fé-
Ion d'autres en 1050.
L'Abbaye de Montierandel
,Ordre de saintBenoît,
Diocesee de Châlons, à M.
I
le Cardinal Ottoboni.
1
Montierandel, ou Montierame
,
est un bourg dans
la Champagne. Il est ficué
sur la riviere de Voire
,
à
sept lieues de Vitry,le-Fran.
çois, vers le midi.
Cette Abbaye est unie à la
Congrégation de S. Vanne.
L'Abbaye de Savigny,
Ordre de Ciceaux, Diocese
d'Avranches
,
à M. l'Abbé
Gaultier.
Elle est entre Pontorson
& Domfront
,
environ à
une lieuë de la riviere d'Ardée.
Les anciennes chroni- j
ques de cette Abbaye portent
que le SolitaireVital,
quienfut le premier Abbé,
acheva de la bâtir dans le
bois de Savigny,lous l'invocation
de la Ste Trinité, en
l'an 1112.. par les liberalitez
de RobertSeigneur de Fougeres,&
qu'il donna auxReligieux
la regle de Cîreaux
dans toute sa pureté. Il mourut
le 7. Janvier 1119. & eut
Geofroy pour fucceucur.
L'Abbaye de Honnecourt,
Ordre de saint Benoît,
Diocese de Cambray,
à M. l'AbbédeValory.
Honnecourt est un bourg
de Picardie. Il cft situé sur
l'Escaut, à trois lieuës de
Cambray du côté du Sud.
Ce lieu est renomme à cause
du combat qui s'y donna
en 1641. entre les François
& les Espagnols.
L'Abbaye de Talemont,
Ordre de saintBenoît, Diocese
de Luçon, à M.l'Abbé
du Dror, Aumônier de M.
le Duc de Berry, & grand
Vicaire de Laon.
Taîemont cil: une ville
dans le Poitou,à trois lieuës
des sables d'Olonne, & à
huit
huit de Luçon. Elle est petite
,
mais très-force d'af.
sieste, sur une presqu'Isle,
qui n'est qu'un gros rocher
qui s'avance dans la large
riviere de Garonne. Du côte
qu'elle se joint à la terre
ferme, elle estfortifiéede
grosses murailles & de fossez
à fond de cuve, défendus
de plusieurs tours qui
les environnent. Cette ville
ayant voulu tenir contre les
ennemis depuis les dernières
guerres de Bordeaux, ils
démolirent presque toutes lesmuraillesaprésqu'ilssen
furent reudus les maîtres;
Ainsi il n'y reste plus maintenant
qu'un petit nombre
de tours qui portent les
marques de son infortune.
Talemont porte le titre
de Principauté.L'histoire
du pays porte qu'un étranger
y étant arrivé, ôc
voyant cette ville environ.
née d'eau
, &l'océanaudevant
à perte de vûë, crut
que c'étoit là que la terre
fïnissoit;ce qui l'obligea de
l'appeller TIUSmundt:d'où
ron a fait le nom de Talemont.
Ceux qui approuvent i•*
cette étymologie font confirmez-
dans leur sentiment
par l'Abbayede S. Benoît,
qu'onapelle Orbestier,commequi
diroitorbis terminus.
L'Abbaye des Religieuses
de Beaulieu de Sain, à la
Dame Thumerelle.
LaCoadjutoreriedes Religieuses
de saint André le
haut de Vienne, à la Dame
de Vernay.
k Le Prieuré de la Faye au
Pere Allaume.
ENIGME
Le 15. Avril le Roy nomma
à l'Eveché de Viviers
Messîre Martin de Ratabon,
ancien Evêque d'Y
-
pres. L'Evêché est suffragant
de l'Archevêché. de
Vienne.
Viviers est dans le Vivarez,
située sur une hauteur,
dont le bas est arrosé
par le Rhône à deux lieuës
d'Aps, & àquatre du Pont
Saint Esprit. L'Eglise Cathedrale
est fous l'invocation
de saint Vincent
,
&
son Chapitre est, composé
d'un Prevôt, d'un Archidiacre
, d'un Precenteur,
d'un Sacristain
)
d'un Archiprêrre)
d'un Vicaire, &»
de trente Chanoines. Vi- # viers a cet avantage, que
ses Evêques prennent la
qualité de Prince de Donzere
,qui est en Dauphiné.
Jean deBroniau,l'und'eux,
fut fait Cardinal en 1;8r.
& presida au Concile de
Confiance. Il y a trois Abbayes
dans le Diocese de
Viviers, qui a deux cent Paroisses,
& prés de cinq
lieuës de circuit: il comprend
le bas Vivarez & une
partie du haut
;
le resteest
de l'Archevêché deVienne.
L'Evêché de saint Pons
-
àMN. AbbédeCrillon.
Saint Pons n'écoit autrefois
qu'une Abbaye de l'Ordre
de laine Benoît, connuë
sous le nom de Monasterum
Tomeriense. Elle fut fondée
en 936. fous le regne de
Loüis d'Outremer par ons
premier, Comte de Toulouse
,
& par Garsinde sa
femme, afin qu'ilspusent,
comme dit l'acte de la son
dation, evadere~ehenna incendiflammas
& poe/lM) (fJinfernorum
claustre.
La réputation de cette
Abbaye, où l'on vivoir tréssaintement,
devinr si grande
, qu'en 1093. Sanche Roy
d'Arragon, calore Sancti
Spiritûs succensus
, y offrit
Ramire, son troisiémefils,
eâ devotione fY fide qua ob.
tusit Abraham filium Jutim
Isaac Deo. C'est ce Ramire,
qui après avoir été Religieux
Profés un peu plus de
quarante ans, fut tiré de
l'Abbaye, avec dispense du
Pape Anaclet, pour succeder
au Royaume en 11 34.
à cause de la mort de Pierre
&d'Alphonse ses frères sans
enfans Quoy qu'il fût Prêtre
,
il lui fut permis par
cette dispense de se marier,
& il épousa Agneé,soeur
de Guillaume, Duc de
Guyenne.
L'Abbaye de saint Pons
fut érigée en Evêché en
1318. par le Pape Jean XXII..
La Cathedrale est dediée à
saint Pons. Le Chapitreest
composé de trois Archidiacres,
d'un Sacristain,
d'un Precenteur, & de seize
Chanoines, qui ayant été
long-temps reguliers, furent
secularisez en 1611. par
le Pape Paul V. Le Diocese
n'a que quarante Paroisses
il est situé entre ceux de
Castres,d'Alby, de Narbonne
& de Besiers.
Et à l'Evêché de Lavaur
M. l'Abbé de Malezieu.
Le Roy donna aussil'Abbaye
de S. Pierre de Vienne,
Ordre de saint Benoît,
à l'Abbé de ChabannesCurton.
Il descend d'une trèsgrande
& ancienne Maison,
qui a donné à la France
nombre de grands Officiers
; entr'autres Jacques
Chabannes, Seigneur de la
Palisse, Maréchal deFrance;
Antoine Chabannes,
Comte de Dampmartin
grand Maître & grand Pannetier
de France; Jacques
premier, Seigneur de la Paliue,
grand Maître de France
; Jacques second, aussi
Seigneur de la Palisse, aussi
grand Maître de France:
& François de Chabannes,
Marquis de Curton, fut
Chevalier de l'Ordre du S.
Esprit en 15 83. par le Roy
Henri III. On peut voir la
Genealogie de cette Mâison
dans le nouveau Pere
Anselme.
LAbbaye de Lyre, Ordre
de saint Benoît,Diocese
d'Evreux, à M. l'Abbé Dan-
[in, Chanoine de Strasbourg.
Cette Abbaye fut
fondée en 1047. par Guillaume
d'Osbenne, allié de
Guillaume Duc de Normandie.
L'Eglifc est grande
& belle; elle a onze piliers
en sa longueur, & des bas
côtez. Le Cloître est neuf,
& bâti à la moderne,la Sacristie
& la Salle desConferences
sont ornées de lambris
de menuisèrie.
Lyre est m bourg de la
haute Normandie; il est
situéau-dessous de Ruyles;
sur la riviere de Rille à trois
lieuës de Conches, & quinze
de Roüen, ôc divise en
deux parties, dont l'une est
nommée la jeune Lyre, &
l'autre Uvieille Lyre. Cette
derniere est un lieu assez
agréable, bâti en amphithéâtre
, donc la Paroisse
reconnoît saint Gilles pour
patron de l'Eglise primitive
, ôc saint Nicolas pour
patron de la succursale. Il y
a haute Justice,&soncommerce
consiste en grains &
en bois à bâtir & à brûler,
que l'on prend dans sa forêt.
La Paroisse de la jeune
Lyre,située un demiquart
de lieuëau dessous de la
vieille Lyre, porte le titre
de saint Pierre. Prés de cette
Eglise Paroissiale estrAh
baye de Benediains de la
Congregation de S. Maur,
dont nous venons de parler.
L'Abbaye de Mazan, Or.
dre de Cîteaux) Diocesede
Viviers, à M. l'Abbéd'Artagnan.
L'Abbaye de Preüilly,
Ordre de Cîteaux,Diocese
de Sens, à M. l'Abbé d'Har
court-Beuvron.
On a promis des mémoires
sur ces deux familles
pour le Mercure prochain.
L'Abbave de Sambloneaux
,Ordre de saint Augufiin,
DiocesedeSaintes,
à M. l'Abbé de Chalon.
L'Abbaye de la Chaife-
Dieu, Ordre de S. Benoîc,
Diocese de Clermont, à
M.le Cardinal de Rohan.
Chaise-Dieu est une petite
ville dans la baffe Auvergne,
en latin CaJa Dei.
Elle enferme une Abbaye
de filles qui porte ion nom,
& ne laisse pas d'avoir tes
murailles &sestoursseparées.
Cette ville eit à deux
lieues de la montagne , au
pied de laquelle elt ficuée
celle d'Alegre,&àcinq de
Briours du côtédel'orient.
L'Abbaye de Chaise-
Dieu sur fondée, selon quelques-
uns, en 1044. par S.
Robert de Clermont, ôc fé-
Ion d'autres en 1050.
L'Abbaye de Montierandel
,Ordre de saintBenoît,
Diocesee de Châlons, à M.
I
le Cardinal Ottoboni.
1
Montierandel, ou Montierame
,
est un bourg dans
la Champagne. Il est ficué
sur la riviere de Voire
,
à
sept lieues de Vitry,le-Fran.
çois, vers le midi.
Cette Abbaye est unie à la
Congrégation de S. Vanne.
L'Abbaye de Savigny,
Ordre de Ciceaux, Diocese
d'Avranches
,
à M. l'Abbé
Gaultier.
Elle est entre Pontorson
& Domfront
,
environ à
une lieuë de la riviere d'Ardée.
Les anciennes chroni- j
ques de cette Abbaye portent
que le SolitaireVital,
quienfut le premier Abbé,
acheva de la bâtir dans le
bois de Savigny,lous l'invocation
de la Ste Trinité, en
l'an 1112.. par les liberalitez
de RobertSeigneur de Fougeres,&
qu'il donna auxReligieux
la regle de Cîreaux
dans toute sa pureté. Il mourut
le 7. Janvier 1119. & eut
Geofroy pour fucceucur.
L'Abbaye de Honnecourt,
Ordre de saint Benoît,
Diocese de Cambray,
à M. l'AbbédeValory.
Honnecourt est un bourg
de Picardie. Il cft situé sur
l'Escaut, à trois lieuës de
Cambray du côté du Sud.
Ce lieu est renomme à cause
du combat qui s'y donna
en 1641. entre les François
& les Espagnols.
L'Abbaye de Talemont,
Ordre de saintBenoît, Diocese
de Luçon, à M.l'Abbé
du Dror, Aumônier de M.
le Duc de Berry, & grand
Vicaire de Laon.
Taîemont cil: une ville
dans le Poitou,à trois lieuës
des sables d'Olonne, & à
huit
huit de Luçon. Elle est petite
,
mais très-force d'af.
sieste, sur une presqu'Isle,
qui n'est qu'un gros rocher
qui s'avance dans la large
riviere de Garonne. Du côte
qu'elle se joint à la terre
ferme, elle estfortifiéede
grosses murailles & de fossez
à fond de cuve, défendus
de plusieurs tours qui
les environnent. Cette ville
ayant voulu tenir contre les
ennemis depuis les dernières
guerres de Bordeaux, ils
démolirent presque toutes lesmuraillesaprésqu'ilssen
furent reudus les maîtres;
Ainsi il n'y reste plus maintenant
qu'un petit nombre
de tours qui portent les
marques de son infortune.
Talemont porte le titre
de Principauté.L'histoire
du pays porte qu'un étranger
y étant arrivé, ôc
voyant cette ville environ.
née d'eau
, &l'océanaudevant
à perte de vûë, crut
que c'étoit là que la terre
fïnissoit;ce qui l'obligea de
l'appeller TIUSmundt:d'où
ron a fait le nom de Talemont.
Ceux qui approuvent i•*
cette étymologie font confirmez-
dans leur sentiment
par l'Abbayede S. Benoît,
qu'onapelle Orbestier,commequi
diroitorbis terminus.
L'Abbaye des Religieuses
de Beaulieu de Sain, à la
Dame Thumerelle.
LaCoadjutoreriedes Religieuses
de saint André le
haut de Vienne, à la Dame
de Vernay.
k Le Prieuré de la Faye au
Pere Allaume.
ENIGME
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Résumé : DONS DU ROY.
Le 15 avril, le roi nomma Messire Martin de Ratabon à l'évêché de Viviers, précédemment évêque d'Y. L'évêché de Viviers est sous la juridiction de l'archevêché de Vienne. Viviers est située sur une hauteur dans le Vivarais, arrosée par le Rhône à deux lieues d'Aps et quatre du Pont Saint-Esprit. La cathédrale est dédiée à saint Vincent et son chapitre comprend un prévôt, un archidiacre, un chantre, un sacristain, un archiprêtre, un vicaire et trente chanoines. Les évêques de Viviers portent le titre de Prince de Donzère en Dauphiné. Jean de Broniau, l'un d'eux, fut fait cardinal en 1181 et présida au Concile de Constance. Le diocèse compte trois abbayes, deux cents paroisses et s'étend sur près de cinq lieues, couvrant le bas Vivarais et une partie du haut Vivarais. L'évêché de Saint-Pons fut autrefois une abbaye bénédictine fondée en 936 par le comte de Toulouse et son épouse Garsinde. En 1093, le roi Sanche d'Aragon offrit son fils Ramire à cette abbaye. Ramire devint roi en 1134 après une dispense papale. L'abbaye fut érigée en évêché en 1318 par le pape Jean XXII. La cathédrale est dédiée à saint Pons et le chapitre est composé de trois archidiacres, d'un sacristain, d'un chantre et de seize chanoines, sécularisés en 1611 par le pape Paul V. Le diocèse compte quarante paroisses et est situé entre ceux de Castres, Albi, Narbonne et Béziers. Le roi attribua également plusieurs abbayes à divers abbés, notamment l'abbaye de Saint-Pierre de Vienne à l'abbé de Chabannes-Curton, l'abbaye de Lyre à l'abbé Danin, l'abbaye de Mazan à l'abbé d'Artagnan, l'abbaye de Préuilly à l'abbé d'Harcourt-Beuvron, l'abbaye de Sambloneaux à l'abbé de Chalon, l'abbaye de la Chaise-Dieu au cardinal de Rohan, l'abbaye de Montierandel au cardinal Ottoboni, l'abbaye de Savigny à l'abbé Gaultier, l'abbaye de Honnecourt à l'abbé de Valory, l'abbaye de Talmont à l'abbé du Dror, et les abbayes de Beaulieu et de Saint-André à la dame Thumerelle et à la dame de Vernay, respectivement. Le prieuré de la Faye fut attribué au père Allaume. En 1947, trois garçons explorant la grotte de Montségur dans les Pyrénées françaises découvrirent une boîte en métal contenant des parchemins et un manuscrit en langue occitane. Les parchemins, rédigés en code, semblaient traiter du Saint Graal et de la lignée de Jésus. Le manuscrit était une copie du traité de la régénération de l'homme par l'esprit saint. Les documents furent confiés à l'abbé Henri Boudet, qui tenta sans succès de les déchiffrer. Par la suite, les documents furent volés et leur trace se perdit. L'énigme de la grotte de Montségur et de ses mystérieux parchemins continue de fasciner les chercheurs et les amateurs d'histoire.
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347
p. 70
DONS DU ROY.
Début :
Le May le Roy donna l'Abbaye de la Prée, Ordre de Cisteaux [...]
Mots clefs :
Dons, Abbaye, Diocèse, Lyon
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texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
S DU ROY.
Le May le Roy donna
l'Abbaye de la Prée,
Ordre de Cisteaux,Diocese
de Bourges, à l'Abbé de
Montlaur
Et le Prieuré de Boisset
Diocese de Lyon, à l'Abbé
Robinet Aumônier de Madame
la Duchesse de Bourbon.
Le May le Roy donna
l'Abbaye de la Prée,
Ordre de Cisteaux,Diocese
de Bourges, à l'Abbé de
Montlaur
Et le Prieuré de Boisset
Diocese de Lyon, à l'Abbé
Robinet Aumônier de Madame
la Duchesse de Bourbon.
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348
p. 99-104
CANONISATION de Saint Pie.
Début :
Les Jacobins du grand Convent de la ruë S. Jacques de Paris [...]
Mots clefs :
Saint-Pie, Convent, Procession, Cardinal, Canonisation, Communauté, Jacobins
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texteReconnaissance textuelle : CANONISATION de Saint Pie.
C:ANONISATION desaint Pie.
L Es Jacobins du grand
Convent de la ruë S. Jacques
de Paris viennent de
solemniser avec beaucoup
d'édification & de magnificence
la Canonisation de
saint Pie Pape
,
Religieux
de leur Ordre. Voici ce qui
s'est passé de plus remarquable
dans cette folemni-
Bité, l'une des plus belles
qui se soient faites depuis
un siecle.
Toute l'Eglise de ces Peres
étoit magnifiquement
tapissee,audessusdugrand
Autel paroissoit dans un
enfoncement la Statuë du
Saint. Il etoit revêtu du camail,
du rocher, & de la
robe blanche des Souve-,
rains Pontises, à genoux
devant un crucifixd'argent.
Le Jeudi4. May M. l'Abbé
Pirot,premier Grand
Vicaire de S. E. M.le Cardinal
de Noailles, se transporta
sur les deux heures
après midi au grand Convent,
dont la Communauté
le reçut avec beaucoup de
respect ôc de joye. S'étant
placé en habit de ceremonie
devant le grand Autel,
il fit à haute voix la lecture
de la Bulle de cette Canonisation
; aprés quoy l'on
chanta,avec leTeDeum,
l'Antienne & l'Oraison du
Saint.
Le Vendredi 5. May
jour de la fête de saint Pie,,
les trois Communautez des
Jacobins de Paris partirent
du grand Convent en procession,
vers les huit heuresdu
matin,precedée par
une banniere où le Saint
étoit peint aunaturel. Cette
Procession marcha droit
à Nôtre-Dame, pour aller
au-devant de S. E. M. le
Cardinal de Noailles, qui
alloit celebrer pontificalement
la Metre ôc commencer
la solemnité. Il marcha
toujours à pied depuis sa
Cathedrale jusqu'au grand
Convent, qui en est fort
éloigné. Son Chapitre fuu
vit ion exemple;il marcha
precedé de huit Chapitres
ou Collégiales. S. E. celebra
la grande Meise) chantée
par la Musique de Nôtre-
Dame.
Les principalesParoisses
& les Communautez des
Convens y ont étéen procession.
Le Reverend Pere la
Place, Docteur de Sorbonne,
& Religieux du
même Convent, a composé
un livre intitulé
1
Le
Triomphe desaint Pie, où il
a écritl'abregé de la vie
du Saint.
L Es Jacobins du grand
Convent de la ruë S. Jacques
de Paris viennent de
solemniser avec beaucoup
d'édification & de magnificence
la Canonisation de
saint Pie Pape
,
Religieux
de leur Ordre. Voici ce qui
s'est passé de plus remarquable
dans cette folemni-
Bité, l'une des plus belles
qui se soient faites depuis
un siecle.
Toute l'Eglise de ces Peres
étoit magnifiquement
tapissee,audessusdugrand
Autel paroissoit dans un
enfoncement la Statuë du
Saint. Il etoit revêtu du camail,
du rocher, & de la
robe blanche des Souve-,
rains Pontises, à genoux
devant un crucifixd'argent.
Le Jeudi4. May M. l'Abbé
Pirot,premier Grand
Vicaire de S. E. M.le Cardinal
de Noailles, se transporta
sur les deux heures
après midi au grand Convent,
dont la Communauté
le reçut avec beaucoup de
respect ôc de joye. S'étant
placé en habit de ceremonie
devant le grand Autel,
il fit à haute voix la lecture
de la Bulle de cette Canonisation
; aprés quoy l'on
chanta,avec leTeDeum,
l'Antienne & l'Oraison du
Saint.
Le Vendredi 5. May
jour de la fête de saint Pie,,
les trois Communautez des
Jacobins de Paris partirent
du grand Convent en procession,
vers les huit heuresdu
matin,precedée par
une banniere où le Saint
étoit peint aunaturel. Cette
Procession marcha droit
à Nôtre-Dame, pour aller
au-devant de S. E. M. le
Cardinal de Noailles, qui
alloit celebrer pontificalement
la Metre ôc commencer
la solemnité. Il marcha
toujours à pied depuis sa
Cathedrale jusqu'au grand
Convent, qui en est fort
éloigné. Son Chapitre fuu
vit ion exemple;il marcha
precedé de huit Chapitres
ou Collégiales. S. E. celebra
la grande Meise) chantée
par la Musique de Nôtre-
Dame.
Les principalesParoisses
& les Communautez des
Convens y ont étéen procession.
Le Reverend Pere la
Place, Docteur de Sorbonne,
& Religieux du
même Convent, a composé
un livre intitulé
1
Le
Triomphe desaint Pie, où il
a écritl'abregé de la vie
du Saint.
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Résumé : CANONISATION de Saint Pie.
Les Jacobins du grand couvent de la rue Saint-Jacques à Paris ont célébré la canonisation de saint Pie, pape et membre de leur ordre, avec solennité et magnificence. La cérémonie, l'une des plus belles depuis un siècle, a débuté le jeudi 4 mai. M. l'Abbé Pirot, premier grand vicaire du Cardinal de Noailles, a lu la bulle de canonisation à haute voix devant le grand autel, suivie du Te Deum, de l'antienne et de l'oraison du saint. Le vendredi 5 mai, jour de la fête de saint Pie, les trois communautés des Jacobins de Paris ont participé à une procession matinale vers Notre-Dame pour accueillir le Cardinal de Noailles, qui a célébré la messe pontificale. Le cardinal, accompagné de son chapitre et de huit autres chapitres ou collégiales, a marché à pied jusqu'au grand couvent. La messe a été chantée par la musique de Notre-Dame, et les principales paroisses et communautés des couvents ont participé en procession. Le Père La Place, docteur de Sorbonne et religieux du même couvent, a composé un livre intitulé 'Le Triomphe de saint Pie', contenant un abrégé de la vie du saint.
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349
p. 151-168
Dissertation sur l'Oracle de Delphes, par M. Hardion. [titre d'après la table]
Début :
Mr Hardion a leu une troisiéme Dissertation sur l'Oracle de Delphes [...]
Mots clefs :
Pythie, Oracle, Apollon, Prophétique, Découverte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dissertation sur l'Oracle de Delphes, par M. Hardion. [titre d'après la table]
Mr Hardion a leu une
troifiélne Dissertation sur
l'Oracle de Delphes. Dans
les deux premieresil avoic
parle de l'origine & de la
découverte de cet Oracle,
desDivinitezquiy avoient
présidé successivement, des
Temples qu'on leur avoit
bastis, & enfin de la situa-;
tion de la villedeDelphes.
La découverte de l'Oracle
eitoicdeuëentièrement au
hasard. Des chevres, en
rodant, sapprocherenc
d'un abysme qui s'estoit
ouvert sur le mont Parnasse
, ôc respirerent une vapeur
maligne qui en sortoit,&
qui les jetta dans
des mouvemens convulsifs.
Le pastre de ces chévres
& les autres habitants du
lieu receurent les mesmes
imprellions de cette vapeur.
Dans eur délire qu'-
ils prirent pour une fureur
divine, pour un tranfpore
d'ent houfiafme,ilstinrentr
quelques difeours pareils à
ceux des malades qui exrravagent
,
& comme leur
imagination estoit rem plie
d'idées de divination, leurs
discours ne roulerent que
sur l'avenir. Ils attribuerent
l'Oracle successîvement
à la Terre,à Neptune
;à Themis
,
& enfin à
Apollon qui en devine l'unique
possesseur. L'antre
d'où sortoic la vapeur prophétique
estoit situé à micoste
du mont Parnassedu
costé du Midy. Lesmaisons
que l'on bastit autour
de cet antre, prirent insensiblement
la forme d'une
Ville,& remplirent un
circuit de seize stades
J c'est à dire de deux mille
pas geometriques. On
n'eust pû donner plus d'étenduë
a la ville de Delphesàcausedes
rochers &
des précipices qui la bordoient.
- En recherchant l'origine
du nom de Pytho que l'on
donnoit communément à
laville deDelphes,MrHardion
sJefi jettédansl'hifioixc
du Serpent Python. Aprés
avoir ramasse ce que
les anciens Poëtes ont dit
de ce monflre que Junon
ou la Terre avoient enfanté
pour estre le lféau des
mortels
,
il a fait voirque
ce monstre prétendu avoit
cite un tyran de Delphes,
qui après sa more avoit esté
métamorphosé en dragon
suivant le privilege que
s'eftoienc donné les anciens
Poetes
,
d'ériger en
demi- Dieux &en Heros
les Princes sacres & vertueux
qui s'cftotcnt fair aimer
par leurmodération
, & de transformer au contraire
en monstres & en
dragons ceux qui s'enoienc
rendus odieux par leurs
mechancetez. Letyran fut
privé des honneurs funèbres
,
& fut abandonné à
la pourriture dans le lieu
où il avoit esté tué.C'est
pour cela qu'il fut appellé
Python de l'ancien verbe
Pythesthai qui signifioit
la mesme chose que le mot
latin pU/err.C'efl: delàquela
ville de Delphesaestéappellée
Pytho,qu'Apollon a
esté surnommé Pythien, &
que la Propheresse d'Apol-
Ion à Delphesa eu lenom
de Pythie. C'est cette Prophetesse
qui fait le sujet de
la troisiéme dissertation de
M. Hardion.
Il la divise en deux parties
: dans la premiere il se
propose d'examiner ce qui
regarde la personnedela
Pythie, dans la seconde ce qui regarde ses fondions.
Il remonte à la premiere
institution de cette Prestresse
qu'il tire de Diodore
de Sicile. Dans le premier
temps de la découverte de
l'Oracle, selon cet Historien
, devint prophete qui
voulut, les habitants du
Parnasse n'avoient besoin
pour acquerir le don de
? Prophetie que de respirer
la vapeur qu'exhaloit l'antre
de Delphes. Maisenfin
plusieurs de ces phrenetiques
dans l'accez de leur
fureur s'estant précipicez
dans l'abysme & s'y estant
perdus, on dressa sur leA
trou une machine qui fut
appelléetrepied,parce qu'
elleavoit trois bâtes> & l'on
commit une femme pour
monter sur ce trepied d'où
elle pouvoit sans aucun
risque recevoir texhahison
prophetique.
M.Hardionremarque que
l'on choisitd'abord pour
1 monter sur le trepied de
jeunes filles encore vierges,
àcause de leur pureté principalement.
Il falloit qu'-
elles fussent nées legitimement,
qu'elles eussent clic
éleveessimplement, & que
cette simplicite parustjufques
dans leurs habits. On
les cherchoit pour l'ordinaire
dans des maisons
pauvres où elles eussent
vescu dans l'obscurite &
dans une ignorance entiere
de toutes choses. Pourveu
que la Pythie sceust
parler & repeter ce que le
Dieu luy dictoit elle en sçavoit
voit assez. Apollon se servoit
de sa personne comme
d'un organe pour te
communiquer aux \îbm»
mes,illui donnoit le mouvement
selon qu'elle étoit
disposée à le recevoir, &
elle ne paroissoit point
mieux disposée que lorsque
son imagination n'avoit
point encore donné d'entrée
aux objets qui eussent
pû changer la détermination
de ce mouvement.
La coustume de choisir
les Pythies jeunes dura trèslong-
temps;mais une d'entre
elles ayant eilé enlevee
par un jeune Thessalien
nomme Echecrates
lepeuple de Delphes , pour
prévenir de pareilsattentats
ordonna qu'àl'avenir
on n'éliroit pour monter
sur le trépied que des femmes
au dessus de cinquante
ans,qui feroient habillées
comme de jeunes filles
, afin de conserver au
moins la memoire de l'ancienne
pratique.
On se contenta d'une
seulePythie dans le premier
temps de l'Oracle, dans la
fuite on en élut jusquà
trois; dans ladécadence
de l'Oracle iln'y en eut
plus qu'une.
M. Hardion avertit qu'il ne
faut pas confondre la Pythie
avec la Sibylle de Delphes.
Cette derniere n'avoit
pas besoin pour prophetiser
du secours de la vapeur
qu'exhaloit l'antre de
Delphes. La Pythie au contraire
ne pouvoir prophetiser
qu'elle n'eustesté enyvrée
par cette vapeur. M.
Hardion passe à sa seconde
partie. Il y remarque que
dans le commencement
la Pythie ne montoit sur le
trépied qu'une fois l'année
le septieme jour du mois
que les habitans de Delphes
appelloienc Busion.
C'estoit le premier mois
duPrintemps. Dans la fuite
on obtint d'Apollon qu'il
infpireroit la Pythie une
fois lemois. Il y avoit dans
chaque mois des jours appelIezApophradesjours
malheureux
où il estoit deffendu
à la Pythie d'entrer au
sanctuaire fous peine de la
vie. La plus grande partie
du mois s'employoit à préparer
tout ce qui estoit necessaire
pour l'installation
de la Pythie sur le trépied.
Les sacrifices faisoient la
principale partie de la préparation.
La Pythie avoit
sa préparation particuliere.
Elle se baignoit dans de
l'eau de la fontaine de Castalie;
elle avalloit une certaine
quantité d'eau de la
mesme fontaine. Après cela
on luy faisoit mascher
quelques feüilles de laurier
cuëillies encore prés de
cette fontaine de Castalie.
Les Grands Prestres appellez
Prophetes
)
la conduifoientau
trépied sur lequel
elle s'affeyoit dans la situation
la plus commode pour
recevoir l'exhalaison prophetique.
Nous si nironscet
extrait par la description
que Mr Hardion a donnée
de la fureur & des transports
de la Pythie.
Dés que la vapeur divine
, comme un feu pénétrant
, s'estoit répanduë
dans ses entrailles, on voyoir
sescheveux se dresser
sur sa teste, son regard estoit
farouche, sa bouche
écumoit, un tremblement
subit & violent s'emparoit
de tout ton corps. Elle veut
s'arracher aux Propheres
qui la retiennent par force
sur le trépied. Ses cris, ses
hurlemens font retentir le
Temple,& jettent une fainte
frayeur dans l'ame des
assistans. Elle ne peut plus
uffire au Dieu qui l'a gite.
Elle s'abandonne à luy
toutte entiere. Desja tout
ce qu'elle a de mortel s'est
éclipsé. Elle sçait desja
nombrer les grains de fable,
elle peut mesurer l'immensité
des mers. Tous
les siecles, tous les tem ps,
toutes les dessinées se rassemblent
en foule dans son
sein,&luy ferment lepas.
sage de la voix & de la respiration.
Elle profere par
intervalles quelques paroles
mal articulées que les
Prophetes recueillentavec
soin:ils les arrangent, &
leur donnent la liaison &
la structure qu'il leur faut.
Ensuite Mr Blanchart lut
un discours sur les ceremonies
qui se pratiquoient
aux fondations des Villes.
troifiélne Dissertation sur
l'Oracle de Delphes. Dans
les deux premieresil avoic
parle de l'origine & de la
découverte de cet Oracle,
desDivinitezquiy avoient
présidé successivement, des
Temples qu'on leur avoit
bastis, & enfin de la situa-;
tion de la villedeDelphes.
La découverte de l'Oracle
eitoicdeuëentièrement au
hasard. Des chevres, en
rodant, sapprocherenc
d'un abysme qui s'estoit
ouvert sur le mont Parnasse
, ôc respirerent une vapeur
maligne qui en sortoit,&
qui les jetta dans
des mouvemens convulsifs.
Le pastre de ces chévres
& les autres habitants du
lieu receurent les mesmes
imprellions de cette vapeur.
Dans eur délire qu'-
ils prirent pour une fureur
divine, pour un tranfpore
d'ent houfiafme,ilstinrentr
quelques difeours pareils à
ceux des malades qui exrravagent
,
& comme leur
imagination estoit rem plie
d'idées de divination, leurs
discours ne roulerent que
sur l'avenir. Ils attribuerent
l'Oracle successîvement
à la Terre,à Neptune
;à Themis
,
& enfin à
Apollon qui en devine l'unique
possesseur. L'antre
d'où sortoic la vapeur prophétique
estoit situé à micoste
du mont Parnassedu
costé du Midy. Lesmaisons
que l'on bastit autour
de cet antre, prirent insensiblement
la forme d'une
Ville,& remplirent un
circuit de seize stades
J c'est à dire de deux mille
pas geometriques. On
n'eust pû donner plus d'étenduë
a la ville de Delphesàcausedes
rochers &
des précipices qui la bordoient.
- En recherchant l'origine
du nom de Pytho que l'on
donnoit communément à
laville deDelphes,MrHardion
sJefi jettédansl'hifioixc
du Serpent Python. Aprés
avoir ramasse ce que
les anciens Poëtes ont dit
de ce monflre que Junon
ou la Terre avoient enfanté
pour estre le lféau des
mortels
,
il a fait voirque
ce monstre prétendu avoit
cite un tyran de Delphes,
qui après sa more avoit esté
métamorphosé en dragon
suivant le privilege que
s'eftoienc donné les anciens
Poetes
,
d'ériger en
demi- Dieux &en Heros
les Princes sacres & vertueux
qui s'cftotcnt fair aimer
par leurmodération
, & de transformer au contraire
en monstres & en
dragons ceux qui s'enoienc
rendus odieux par leurs
mechancetez. Letyran fut
privé des honneurs funèbres
,
& fut abandonné à
la pourriture dans le lieu
où il avoit esté tué.C'est
pour cela qu'il fut appellé
Python de l'ancien verbe
Pythesthai qui signifioit
la mesme chose que le mot
latin pU/err.C'efl: delàquela
ville de Delphesaestéappellée
Pytho,qu'Apollon a
esté surnommé Pythien, &
que la Propheresse d'Apol-
Ion à Delphesa eu lenom
de Pythie. C'est cette Prophetesse
qui fait le sujet de
la troisiéme dissertation de
M. Hardion.
Il la divise en deux parties
: dans la premiere il se
propose d'examiner ce qui
regarde la personnedela
Pythie, dans la seconde ce qui regarde ses fondions.
Il remonte à la premiere
institution de cette Prestresse
qu'il tire de Diodore
de Sicile. Dans le premier
temps de la découverte de
l'Oracle, selon cet Historien
, devint prophete qui
voulut, les habitants du
Parnasse n'avoient besoin
pour acquerir le don de
? Prophetie que de respirer
la vapeur qu'exhaloit l'antre
de Delphes. Maisenfin
plusieurs de ces phrenetiques
dans l'accez de leur
fureur s'estant précipicez
dans l'abysme & s'y estant
perdus, on dressa sur leA
trou une machine qui fut
appelléetrepied,parce qu'
elleavoit trois bâtes> & l'on
commit une femme pour
monter sur ce trepied d'où
elle pouvoit sans aucun
risque recevoir texhahison
prophetique.
M.Hardionremarque que
l'on choisitd'abord pour
1 monter sur le trepied de
jeunes filles encore vierges,
àcause de leur pureté principalement.
Il falloit qu'-
elles fussent nées legitimement,
qu'elles eussent clic
éleveessimplement, & que
cette simplicite parustjufques
dans leurs habits. On
les cherchoit pour l'ordinaire
dans des maisons
pauvres où elles eussent
vescu dans l'obscurite &
dans une ignorance entiere
de toutes choses. Pourveu
que la Pythie sceust
parler & repeter ce que le
Dieu luy dictoit elle en sçavoit
voit assez. Apollon se servoit
de sa personne comme
d'un organe pour te
communiquer aux \îbm»
mes,illui donnoit le mouvement
selon qu'elle étoit
disposée à le recevoir, &
elle ne paroissoit point
mieux disposée que lorsque
son imagination n'avoit
point encore donné d'entrée
aux objets qui eussent
pû changer la détermination
de ce mouvement.
La coustume de choisir
les Pythies jeunes dura trèslong-
temps;mais une d'entre
elles ayant eilé enlevee
par un jeune Thessalien
nomme Echecrates
lepeuple de Delphes , pour
prévenir de pareilsattentats
ordonna qu'àl'avenir
on n'éliroit pour monter
sur le trépied que des femmes
au dessus de cinquante
ans,qui feroient habillées
comme de jeunes filles
, afin de conserver au
moins la memoire de l'ancienne
pratique.
On se contenta d'une
seulePythie dans le premier
temps de l'Oracle, dans la
fuite on en élut jusquà
trois; dans ladécadence
de l'Oracle iln'y en eut
plus qu'une.
M. Hardion avertit qu'il ne
faut pas confondre la Pythie
avec la Sibylle de Delphes.
Cette derniere n'avoit
pas besoin pour prophetiser
du secours de la vapeur
qu'exhaloit l'antre de
Delphes. La Pythie au contraire
ne pouvoir prophetiser
qu'elle n'eustesté enyvrée
par cette vapeur. M.
Hardion passe à sa seconde
partie. Il y remarque que
dans le commencement
la Pythie ne montoit sur le
trépied qu'une fois l'année
le septieme jour du mois
que les habitans de Delphes
appelloienc Busion.
C'estoit le premier mois
duPrintemps. Dans la fuite
on obtint d'Apollon qu'il
infpireroit la Pythie une
fois lemois. Il y avoit dans
chaque mois des jours appelIezApophradesjours
malheureux
où il estoit deffendu
à la Pythie d'entrer au
sanctuaire fous peine de la
vie. La plus grande partie
du mois s'employoit à préparer
tout ce qui estoit necessaire
pour l'installation
de la Pythie sur le trépied.
Les sacrifices faisoient la
principale partie de la préparation.
La Pythie avoit
sa préparation particuliere.
Elle se baignoit dans de
l'eau de la fontaine de Castalie;
elle avalloit une certaine
quantité d'eau de la
mesme fontaine. Après cela
on luy faisoit mascher
quelques feüilles de laurier
cuëillies encore prés de
cette fontaine de Castalie.
Les Grands Prestres appellez
Prophetes
)
la conduifoientau
trépied sur lequel
elle s'affeyoit dans la situation
la plus commode pour
recevoir l'exhalaison prophetique.
Nous si nironscet
extrait par la description
que Mr Hardion a donnée
de la fureur & des transports
de la Pythie.
Dés que la vapeur divine
, comme un feu pénétrant
, s'estoit répanduë
dans ses entrailles, on voyoir
sescheveux se dresser
sur sa teste, son regard estoit
farouche, sa bouche
écumoit, un tremblement
subit & violent s'emparoit
de tout ton corps. Elle veut
s'arracher aux Propheres
qui la retiennent par force
sur le trépied. Ses cris, ses
hurlemens font retentir le
Temple,& jettent une fainte
frayeur dans l'ame des
assistans. Elle ne peut plus
uffire au Dieu qui l'a gite.
Elle s'abandonne à luy
toutte entiere. Desja tout
ce qu'elle a de mortel s'est
éclipsé. Elle sçait desja
nombrer les grains de fable,
elle peut mesurer l'immensité
des mers. Tous
les siecles, tous les tem ps,
toutes les dessinées se rassemblent
en foule dans son
sein,&luy ferment lepas.
sage de la voix & de la respiration.
Elle profere par
intervalles quelques paroles
mal articulées que les
Prophetes recueillentavec
soin:ils les arrangent, &
leur donnent la liaison &
la structure qu'il leur faut.
Ensuite Mr Blanchart lut
un discours sur les ceremonies
qui se pratiquoient
aux fondations des Villes.
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Résumé : Dissertation sur l'Oracle de Delphes, par M. Hardion. [titre d'après la table]
M. Hardion a présenté une dissertation sur l'Oracle de Delphes, en abordant son origine, sa découverte et les divinités qui y ont présidé successivement. La découverte de l'Oracle est attribuée au hasard, lorsque des chèvres, en s'approchant d'un abysse sur le mont Parnasse, inhalèrent une vapeur maligne qui les jeta dans des mouvements convulsifs. Les habitants du lieu, affectés de la même vapeur, interprétèrent leurs délires comme une fureur divine et attribuèrent l'Oracle à diverses divinités, notamment Apollon, qui en devint le possesseur unique. La ville de Delphes se développa autour de l'antre prophétique, atteignant une étendue de seize stades. M. Hardion a également exploré l'origine du nom 'Pytho' donné à Delphes, lié au serpent Python, un tyran de Delphes métamorphosé en dragon après sa mort. Ce tyran fut privé d'honneurs funèbres et abandonné à la pourriture, d'où le nom 'Python' dérivé du verbe signifiant 'pourrir'. Apollon, surnommé Pythien, et la prophétesse d'Apollon à Delphes, appelée Pythie, tirent leur nom de ce mythe. La dissertation sur la Pythie est divisée en deux parties : la première examine la personne de la Pythie, et la seconde ses fonctions. Initialement, toute femme pouvait devenir prophétesse en respirant la vapeur de l'antre. Pour éviter les accidents, une machine appelée trépied fut installée, et une femme y montait pour recevoir l'exhalaison prophétique. Les Pythies étaient choisies parmi des jeunes filles vierges, nées légitimement et élevées simplement. Après un enlèvement, le peuple de Delphes décida de choisir des femmes de plus de cinquante ans pour éviter de tels incidents. La Pythie ne pouvait prophétiser qu'en étant enivrée par la vapeur de l'antre. Elle montait sur le trépied une fois l'année initialement, puis une fois par mois. La préparation incluait des bains dans l'eau de la fontaine de Castalie, l'ingestion de cette eau et la mastication de feuilles de laurier. Les transports de la Pythie étaient marqués par des convulsions, des cris et des hurlements, et les paroles qu'elle prononçait étaient recueillies et arrangées par les Grands Prêtres.
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350
p. 177-179
REJOUISSANCES faites en la ville du Puy en Velay au sujet de l'élevation de Mr de Polignac au Cardinalat.
Début :
La ville du Puy capitale du Velay dans le Languedoc [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Le Puy-en-Velay, Polignac, Cardinalat
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texteReconnaissance textuelle : REJOUISSANCES faites en la ville du Puy en Velay au sujet de l'élevation de Mr de Polignac au Cardinalat.
REJOUISSANCES
faites en la ville du Puy en
Velay au sujet de l'élévation
de Mr de Polignac au
Cardinalat.
Laville duPuycapita
le 1A vi1~e du "Pu
y capital~
du Velay dans le Languedoc
,
lieu de la naissance
deMonseigneur le Cardinal
de Polignac, a creu
qu'il estoit de son devoir de
tesmoigner au public combien
elle se sent honorée de
rélevation de ce grand
homme au Cardinalat.
C'estpour cela que le Chail
pitre Cat hedral de cette
Villefitaus tostcommencer
ses rejoùissances publiques
par le son de toutes
ses cloches.
Monsieur de la Roche-
Aymons Evesque de cette
Ville, à la teste de son Chapitre,
accompagné detous
les Corps, & d'un concours
extraordinaire de peuple,
entonna le Te Deum aprés
une grande Messe chantée
solemnellement en musique.
Messieurs du Chapitre
se distinguerent,ils firent
allumer sur le haut
d'un grand rocher qui domine
touce 14 Ville, un feu
de joye, auquel le Doyen
des Chanoines, ôc le Syndic
de la Ville mirent le
feu. On en fit un autre
d'artifice tres-beau. Dans
le mesme temps on tira
toutes les petites pieces
d'artillerie qu'on conserve
dans cette Ville depuis un
tres-long temps. Ily eut
des tables publiques &
chez de differens particuliers
magnifiquement feuvies.
faites en la ville du Puy en
Velay au sujet de l'élévation
de Mr de Polignac au
Cardinalat.
Laville duPuycapita
le 1A vi1~e du "Pu
y capital~
du Velay dans le Languedoc
,
lieu de la naissance
deMonseigneur le Cardinal
de Polignac, a creu
qu'il estoit de son devoir de
tesmoigner au public combien
elle se sent honorée de
rélevation de ce grand
homme au Cardinalat.
C'estpour cela que le Chail
pitre Cat hedral de cette
Villefitaus tostcommencer
ses rejoùissances publiques
par le son de toutes
ses cloches.
Monsieur de la Roche-
Aymons Evesque de cette
Ville, à la teste de son Chapitre,
accompagné detous
les Corps, & d'un concours
extraordinaire de peuple,
entonna le Te Deum aprés
une grande Messe chantée
solemnellement en musique.
Messieurs du Chapitre
se distinguerent,ils firent
allumer sur le haut
d'un grand rocher qui domine
touce 14 Ville, un feu
de joye, auquel le Doyen
des Chanoines, ôc le Syndic
de la Ville mirent le
feu. On en fit un autre
d'artifice tres-beau. Dans
le mesme temps on tira
toutes les petites pieces
d'artillerie qu'on conserve
dans cette Ville depuis un
tres-long temps. Ily eut
des tables publiques &
chez de differens particuliers
magnifiquement feuvies.
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Résumé : REJOUISSANCES faites en la ville du Puy en Velay au sujet de l'élevation de Mr de Polignac au Cardinalat.
Le 1er août, la ville du Puy-en-Velay, capitale du Velay dans le Languedoc et lieu de naissance du Cardinal de Polignac, a célébré son élévation au cardinalat. Le Chapitre Cathédral a organisé des réjouissances publiques, débutant par le son de toutes les cloches. Après une messe solennelle en musique, Monsieur de la Roche-Aymond, évêque de la ville, accompagné de son Chapitre et de nombreux citoyens, a entonné le Te Deum. Un feu de joie a été allumé sur un grand rocher dominant la ville par le Doyen des Chanoines et le Syndic de la ville. Un feu d'artifice et des salves d'artillerie ont également été tirés. Des tables publiques et des festins ont été organisés dans divers lieux.
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