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51
p. 138-139
Italie.
Début :
Le 20. du mois passé le Pape tint un Consistoire, dans lequel S. S. proposa [...]
Mots clefs :
Abbé, Évêque, Cardinal, Pape, Consistoire, Évêché, Archevêché
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texteReconnaissance textuelle : Italie.
Italie.
LE 2p. du mois pafle le Pape tint mt
Consistoire , dans lequel S. S. pro
posa l'Archevêché de Camhray pour l'Êvêque
de Laon ; le Cardinal Ottoboni ,
Protecteur des affaires de France, pro
posa l'Evêché d* Autun , pour l'Abbé de
Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire
de Besançon. il préconisa ensuite l'Evêque
de Nantes, Premier Aumônier de
feu Monsieur le Duc d'Orleans , pouf
l'Archevêché de Rouen j l'Evêque de
S. Papoul , pour .1'Eyêché de Mende ;
l'Abbé de Froulay , Comte de Lion , 8c
Aumônier du Roy , pour l'Evêché du;
Mans; l'Abbé Boucaud, pour l'Evêché
d'AIet i l'Abbé de Bussi.Rabutin , pour
celui de LuçonJ l'Evêque d'Alais , pour
l'Abbaye de Montebourg ; l'Abbé d'Harcourt
Beuvron, peur celle de Signi, 8c
l'Abbé d'Alegre , pour celle de Bourgueil.
A la fin du Consistoire , le Pape de
clara au Sacré College, qu'ayant fait
exami7
A N V I E R í7i4. 15,
examiner l'a'íFaire du Cardinal Alberoni,
. elle avoic donné un Bref pour fa déchar
ge. Le Cardinal Oli vieri rida lecture de
ce Bref, qui fut generalement approuve-
Le 16. de l'autre mois ie feu prit à
Milan, au Bureau de la Secretairerie de
la Guerre , lequel fut entierement con
sumé , ainsi que la íalle d'audience des
Ministres Etrangers , & quelques autres
appartenons du <Palais Ducal. Trois
hommes ont peri dans cet incendie r 8c
plusieursautres períonnesont étébleííées.
la Comtesse de Colloredo fut contrainte
de se sauver chez laPrincelIè Triv,ulce,
avec ses pierreries, & tout ce qu'elle
.avoit de plus précieux.
L'Ambassadeur de Venise , M. Pierre
.Capello fit íòn entrée publique à Rome
.1e 28. du mois passé , accompagné de plus
de cent carosses. Le Cardinal Ottoboni
;le conduisit à l'audience du Pape ayec
les ceremonies accoutumées.
Le jour de Noël le Pape fit la ceremo
nie ordinaire de benir l'Estoc & l'Epée
que les Pontifes ont coutume d'envoyer
au x Princes qui font la guerre contre les
infideles.
LE 2p. du mois pafle le Pape tint mt
Consistoire , dans lequel S. S. pro
posa l'Archevêché de Camhray pour l'Êvêque
de Laon ; le Cardinal Ottoboni ,
Protecteur des affaires de France, pro
posa l'Evêché d* Autun , pour l'Abbé de
Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire
de Besançon. il préconisa ensuite l'Evêque
de Nantes, Premier Aumônier de
feu Monsieur le Duc d'Orleans , pouf
l'Archevêché de Rouen j l'Evêque de
S. Papoul , pour .1'Eyêché de Mende ;
l'Abbé de Froulay , Comte de Lion , 8c
Aumônier du Roy , pour l'Evêché du;
Mans; l'Abbé Boucaud, pour l'Evêché
d'AIet i l'Abbé de Bussi.Rabutin , pour
celui de LuçonJ l'Evêque d'Alais , pour
l'Abbaye de Montebourg ; l'Abbé d'Harcourt
Beuvron, peur celle de Signi, 8c
l'Abbé d'Alegre , pour celle de Bourgueil.
A la fin du Consistoire , le Pape de
clara au Sacré College, qu'ayant fait
exami7
A N V I E R í7i4. 15,
examiner l'a'íFaire du Cardinal Alberoni,
. elle avoic donné un Bref pour fa déchar
ge. Le Cardinal Oli vieri rida lecture de
ce Bref, qui fut generalement approuve-
Le 16. de l'autre mois ie feu prit à
Milan, au Bureau de la Secretairerie de
la Guerre , lequel fut entierement con
sumé , ainsi que la íalle d'audience des
Ministres Etrangers , & quelques autres
appartenons du <Palais Ducal. Trois
hommes ont peri dans cet incendie r 8c
plusieursautres períonnesont étébleííées.
la Comtesse de Colloredo fut contrainte
de se sauver chez laPrincelIè Triv,ulce,
avec ses pierreries, & tout ce qu'elle
.avoit de plus précieux.
L'Ambassadeur de Venise , M. Pierre
.Capello fit íòn entrée publique à Rome
.1e 28. du mois passé , accompagné de plus
de cent carosses. Le Cardinal Ottoboni
;le conduisit à l'audience du Pape ayec
les ceremonies accoutumées.
Le jour de Noël le Pape fit la ceremo
nie ordinaire de benir l'Estoc & l'Epée
que les Pontifes ont coutume d'envoyer
au x Princes qui font la guerre contre les
infideles.
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Résumé : Italie.
En Italie, le 2 du mois, le Pape organisa un consistoire au cours duquel plusieurs nominations ecclésiastiques furent proposées. Le Cardinal Ottoboni suggéra l'Évêché d'Autun pour l'Abbé de Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire de Besançon. D'autres nominations inclurent l'Archevêché de Rouen pour l'Évêque de Nantes et l'Évêché de Mende pour l'Évêque de S. Papoul, ainsi que plusieurs autres postes en France. Le Pape annonça également qu'il avait examiné l'affaire du Cardinal Alberoni et émis un bref pour sa décharge, approuvé par le Cardinal Olivieri. Le 16 du mois suivant, un incendie à Milan détruisit le Bureau de la Secretairerie de la Guerre et d'autres parties du Palais Ducal, causant trois morts et plusieurs blessés. La Comtesse de Colloredo dut se réfugier chez la Princesse Trivulce. Le 28 du mois précédent, l'Ambassadeur de Venise, M. Pierre Capello, fit une entrée publique à Rome, accompagné de plus de cent carrosses et conduit à l'audience du Pape par le Cardinal Ottoboni. Le jour de Noël, le Pape bénit l'Estoc et l'Épée destinés aux Princes combattant les infidèles.
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52
p. 1618-1619
These en Sorbonne, [titre d'après la table]
Début :
Le 6 de ce mois, M. l'Abbé de Pont-Chartrain, (Charles-Henry Phelippeaux), [...]
Mots clefs :
Thèse, Soutenance de thèse, Abbé, Question théologique
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texteReconnaissance textuelle : These en Sorbonne, [titre d'après la table]
Le 6 de ce mois , M. l'Abbé de Pont-
Chartrain , Charles-Henry Phel ppeaux ),
frere
JUILLET. 1730. 1619
frere de M. le Comte de Maurepas , Miniftre
& Secretaire d'Etat , foûtint en Sorbonne
une Thele : Pro Minore Ordina
ria ; à laquelle préfida Monfieur Frederic-
Jerôme de Roye de la Rochefoucault
Archevêque de Bourges , Primat d'Aquitaine
, Docteur de Sorbonne , fon oncle,
L'Affemblée , à laquelle M. l'Archevêque
de Paris , ainfi qu'un grand nombre d'autres
Prélats , & plufieurs perfonnes de diftinction
de la Cour & de la Ville affifterent
, fut des plus brillantes .
La Question Theologique de cette Thefe
étoit fur les Sacremens , & priſe de la
feconde Epitre aux Corinthiens , ch.1.v.22 ,
Qua funt pignora Spiritus in Cordibus noftris
? L'Illuftre Répondant y fit paroître
beaucoup d'efprit & d'érudition , & cet
Acte fut fort applaudi.
Toute la Thele étoit gravée au bas d'une
tres-belle Eftampe , reprefentant le Sauveur
dans le Temple , au milieu des Docteur
, à l'âge de 12 ans , d'après un Tableau
de Michel Corneille , avec ce Titre :
MATREM AD ALTIORA REVOCANTI.
Chartrain , Charles-Henry Phel ppeaux ),
frere
JUILLET. 1730. 1619
frere de M. le Comte de Maurepas , Miniftre
& Secretaire d'Etat , foûtint en Sorbonne
une Thele : Pro Minore Ordina
ria ; à laquelle préfida Monfieur Frederic-
Jerôme de Roye de la Rochefoucault
Archevêque de Bourges , Primat d'Aquitaine
, Docteur de Sorbonne , fon oncle,
L'Affemblée , à laquelle M. l'Archevêque
de Paris , ainfi qu'un grand nombre d'autres
Prélats , & plufieurs perfonnes de diftinction
de la Cour & de la Ville affifterent
, fut des plus brillantes .
La Question Theologique de cette Thefe
étoit fur les Sacremens , & priſe de la
feconde Epitre aux Corinthiens , ch.1.v.22 ,
Qua funt pignora Spiritus in Cordibus noftris
? L'Illuftre Répondant y fit paroître
beaucoup d'efprit & d'érudition , & cet
Acte fut fort applaudi.
Toute la Thele étoit gravée au bas d'une
tres-belle Eftampe , reprefentant le Sauveur
dans le Temple , au milieu des Docteur
, à l'âge de 12 ans , d'après un Tableau
de Michel Corneille , avec ce Titre :
MATREM AD ALTIORA REVOCANTI.
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Résumé : These en Sorbonne, [titre d'après la table]
Le 6 juillet 1730, Charles-Henry Phelppeaux, abbé de Pontchartrain et frère du comte de Maurepas, ministre et secrétaire d'État, soutint une thèse en Sorbonne. La cérémonie fut dirigée par Frédéric-Jérôme de Roye de La Rochefoucault, archevêque de Bourges, primat d'Aquitaine et docteur de Sorbonne, oncle de l'abbé de Pontchartrain. L'événement rassembla l'archevêque de Paris, plusieurs prélats et des personnalités distinguées de la cour et de la ville. La thèse portait sur les sacrements, basée sur la seconde épître aux Corinthiens, chapitre 1, verset 22 : 'Quæ sunt pignora Spiritus in cordibus nostris ?' Le répondant démontra une grande érudition et fut vivement applaudi. La thèse était illustrée par une estampe représentant le Sauveur dans le Temple, entouré des docteurs à l'âge de 12 ans, d'après un tableau de Michel Corneille, intitulée 'MATREM AD ALTIORA REVOCANTI'.
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53
p. 2961-2963
ITALIE.
Début :
Le 30. Novembre les Peres de la Compagnie de Jesus élurent pour leur General le Pere [...]
Mots clefs :
Cardinal, Abbé, Pape
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
E 30. Novembre les Peres de la Compagnie
de Jefus élurent pour leur General le Pere
François Res , du Royaume de Bohéme , âgé de
54. ans ; il exerçoit la Charge de Vicaire Genéral
de leur Ordre depuis la mort de leur préce
dent General.
On a affiché un ordre du Pape , figné par le
Cardinal Secretaire d'Etat , par lequel M. Cofcia,
Evêque Titulaire de Targa , eft cité à comparoître
dans un mois aux pieds de S. S à peine de
fufpenfion à divinis , de l'entrée de l'Eglife &
de faifie de tous fes revenus Ecclefiaftiques ; fi
dans le fecond mois il n'a pas encore company ,
}
19
II. Vol. Loij tous
2962 MERCURE DE FRANCE
tous les Benefices feront impetrables , & s'il continue
ae defobéir jufqu'au troifiéme mois , il encourera
l'excommunication majeure , & fera privé
de la Dignité Epifcopale.
Le Cardinal de Polignac eft allé à Orviette tenir
fur les Fonts de Baptême , au nom du Roi
T. Ch. le fils du Marquis Gualterio , & il doit
remettre à la Mere de l'enfant un portrait de
$. M. T. Ch . enrichi de diamans .
Le 11. Decembre , il y eut dans l'Antichambre
du Pape un Confiftoire fecret , dans lequel
S. S. propofa fix nouveaux Evêques , après quoi
elle nomma le Cardinal Aldobrandini à la Lega.
tion de Bologne ; le Cardinal Grimaldi à celle
de Ferrare & le Cardinal Maffei à celle de la
Romagne.
L'affaire du Grand - Prieur de Rome a été décidée
en faveur du Cardinal Cibo , mais le Pape
ayant voulu charger ce Prieuré d'une penfion
confiderable , affectée à l'entretien des Galeres
de Malte , ce Cardinal s'en eſt démis entre les
mains de S. S. qui l'a donné au Cardinal Rufpoli
, à la charge d'une penfion pour le Cardinal
Cibo.
Dans le Confiftoire du 11. de ce mois le Cardinal
Ottoboni , Protecteur des affaires de France
, propofa l'Evêché de Mirepoix pour le Pere
Boyer , Théatin , l'Abbaye de S. Etienne de Bal
fac Ordre de S. Benoît , Diocèle de Saintes
pour l'Abbé de la Vigerie ; il préconifa enfuite
' Abbé de Vaugirauld , pour l'Evêché d'Angers,
dont il étoit Grand- Vicaire.
Dans le Confiftoire du 18. le même Cardinal
propofa Evêché de Carcaffonne & l'Abbaye
de la Graffe dans le même Diocèfe , pour l'Abbé
de Bezons , & l'ivêché d'Angers pour l'Abbé
de Vaugirauld. Il préconifa l'Abbé de Forbin
,
11. Vol
d'Oppede
DECEMBRE. 1730. 2963
d'Oppede , Aumônier du Roi T. Ch. pour l'Abbaye
de S. Florent- lez - Saumur , Diocèſe d'An
gers.
On a appris que le peuple de Benevent s'étoit
attroupé , & que malgré les défenſes il avoit arraché
du Portail du Palais Archiepifcopal les
Armes du Cardinal Coſcia. On mande de Rome
que ce Cardinal n'offrant fa démiffion de l'Archevêché
de Benevent qu'à condition de retenir
deffus une penfion de 3000. écus , & de conferver
la collation des Benefices qui en dépendent,
fa démiffion n'a point été acceptée. Le bruit
court qu'en cas que ce Cardinal foit forcé de
fe demettre fans referve de cet Archevêché , il
fera donné au Cardinal Grimaldi.
On mande de Genes que M. Jerôme Venerofo
qui étoit allé dans l'Ile de Corfe en qualité
de Commiffaire de la République , eft revenu
à Genes avec les deux Galeres qui l'avoient
accompagné , & l'on croit que M. Camille Doria
ira en fa place dans cette Ifle , d'où l'on
mande que les Revoltés des Montagnes s'étoient
retirés dans leurs habitations , après avoir
remis leurs armes dans des Magazins publics
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Résumé : ITALIE.
Le 30 novembre, les Jésuites élurent François Res comme nouveau Général. Le Cardinal Secrétaire d'État convoqua Mgr Coscia, Évêque de Targa, à comparaître devant le Pape sous peine de suspension et d'excommunication. Le Cardinal de Polignac baptisa le fils du Marquis Gualterio et remit un portrait du Roi à la mère. Le 11 décembre, un consistoire secret nomma les Cardinaux Aldobrandini, Grimaldi et Maffei aux légations de Bologne, Ferrare et Romagne. L'affaire du Grand-Prieuré de Rome fut résolue en faveur du Cardinal Cibo, qui transmit ensuite cette charge au Cardinal Ruspoli. Le Cardinal Ottoboni proposa plusieurs postes ecclésiastiques, dont l'évêché de Mirepoix, l'abbaye de Saint-Étienne de Baulge, et l'évêché d'Angers. Lors du consistoire du 18 décembre, il proposa l'évêché de Carcassonne, l'abbaye de la Grave, et l'abbaye de Saint-Florent-lez-Saumur. À Benevent, la population enleva les armes du Cardinal Coscia du portail du Palais Archépiscopal. On murmurait que l'archevêché pourrait être donné au Cardinal Grimaldi si Coscia démissionnait. À Gênes, Jérôme Veneroso revint de Corse avec deux galères, et Camille Doria était attendu pour le remplacer. Les rebelles des montagnes avaient remis leurs armes dans des magasins publics.
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54
p. 798-803
Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Début :
Le 8 Avril, l'Abbé Lanti, Nonce Extraordinaire du Pape [...]
Mots clefs :
Abbé, Officiers, Nonce, Duc, Duchesse, Audience, Langes bénits, Damas bleu, Syndics, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Le 8 Avril , l'Abbé Lanti , Nonce Extraordinaire
du Pape , fit son Entrée publique
à Paris. Le Prince de Guise , et
M. Hebert , Introducteur des Ambassa→
deurs , allerent le prendre dans les Carosses
du Roi et de la Reine , au Convent de
Picpus , d'où la marche se fit en cet ordre :
Le Caroffe de l'Introducteur , ceux du
Prince de Guise , précedez de son Ecuyer
et de ses Pages à cheval ; un Suiffe du Nonce
à cheval ; les Estafiers du Nonce à
pied quatre Officiers , l'Ecuyer et quatre
Pages à cheval ; le Carosse du Roi , à
côté duquel marchoient la Livrée du Prince
, et celle de M. Hebert ; le Caroffe de
la Reine et celui de Madame la Duchessed'Orleans
, Douairiere , ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Princesse
de Conty , seconde Doüairiere , de
la Princesse de Conty , troisiéme Douairierc
>
9.
AVRIL 1731 799
riere , du Prince de Conty , du Duc et de
la Duchesse du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte et de
la Comtesse de Toulouse et celui de
M. Chauvelin , Garde des Sceaux ; Ministre
et Secretaire d'Etat , ayant le département
des Affaires Etrangeres : et à une
distance de 30 à 40 pas , les quatre Caros-
.ses du Nonce.
Après qu'il fut arrivé à son Hôtel , il
fut complimenté de la part du Roy par le
Duc de Tresmes , Premier Gentilhomme
de la Chambre ; de la de la Reine ,
part
par le Marquis de Villacerf , son premier
Maître d'Hôtel , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans le Marquis
de Crevecoeur , son premier Ecuyer.
2
, par
Le 10 , le Prince de Guise et M. Hebert ,
allerent prendre le Nonce Extraordinaire
du Pape en son Hôtel , et le conduisirent
dans les Carosses du Roi et de la Reine à
Versailles où il eut sa premiere Audience
publique du Roi. Il trouva à son
passage , dans l'avant- cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses , en haye et sous les armes , les
Tambours appellant , et dans la Cour , les
Gardes de la Porte et ceux de la Prévôté
aussi en haye et sous les armes , à leurs
postes ordinaires. Il fut reçû au bas de l'escalier
par le Grand- Maître et le Maître
Hii des
800 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies ; les cent Suisses étant sur
l'escalier en habit de cérémonie , la Hallebarde
à la main , et à la porte et en dedans
de la Salle des Gardes , par le Duc
de Bethune , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye et sous les
armes.
Après l'Audience , le Roi passa dans
son Cabinet , où il fut suivi par le Nonce,
et S. M. vit les langes benits par le Pape ,
pour Monseigneur le Dauphin , qui sont
très- riches , et dont l'ouvrage est d'une
grande beauté. Ces Langes consistent en
trois langes , dont deux sont de drap écarlate
, brodez d'or en plein des deux côtez
, avec des fleurs de Lys , des Couronnes
et des Dauphins ; le troisième est de
Moire bleue et argent , brodé d'or , et
doublé de drap d'or : la bande est de même
étoffe , et brodée d'or avec des perles :
Les Chemises , Mouchoirs , &c. sont par
douzaines , et garnis des plus belles dantelles
d'Angleterre et de Malines , avec
une grande Couverture de Moire bleu et
argent , brodée d'or , avec des Trophées
et Attributs de l'Eglise : la Couverture
pour mettre sur le Berceau est de pareille
étoffe ; et brodée de même , ainsi que deux
grands oreillers de satin bleu brodé , dont
les glands sont d'or trait : la Corbeille dans
laquelle étoit le linge , est faite en forme
de
·
AVRIL. 1731. 801 ·
de Châsse , doublée de Damas bleu , brodé
d'or , et le tout enfermé dans deux
grands coffres de velours cramoisi , brodé
à galons d'or , dont les pieds , les ances et
les fermetures sont d'argent massif.
Le Nonce fut conduit à l'Audience de
la Reine , avec les mêmes cérémonies.
S. M. s'étant rendue chez Monseigneur
le Dauphin , le Nonce y alla , et dans
Audience qu'il eut de Monseigneur le
Dauphin , il lui présenta de la
part da
Pape , les Langes bénits par S. S. Après
avoir été traité par les Officiers du Roi ,
il fut reconduit à son Hôtel par M. Hebert
, dans les Carosses de L. M. avec les
cérémonies accoûtumées.
Le 20. les Députez des Etats de Bourgogne
eurent Audience du Roi , étant conduits
en la maniere accoûtumée par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Cérémonies , et par M. Desgranges , Maî
tre des Cérémonies. Ils furent présentez
à S. M. par le Duc de Bourbon ; Gouverneur
de la Province , et par le Comte de
Florentin , Secretaire d'Etat. La Députation
étoit composée de l'Abbé Moreau.
Doyen du Chapitre de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre pour le Clergé , qui porta
la
parole ; du Comte de Guitaud pour la
Noblesse et de M. Barrault , Maire de
Hy la
802 MERCURE DE FRANCE.
rs.
la Ville d'Autun , pour le Tiers Etat ; de
M. de Blancey , Secretaire de M. de Montigny
, Trésorier , et de M Ribou et Baron
, Syndics des Provinces de Bresse et
de Pugey. Ils furent conduits ensuite à
l'Audience de la Reine , et à celle de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou , et de Mesdames de France.
>
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée
, à l'Hôtel de la Compagnie . La Liste
des Numero gagnans des Actions et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant
en tout le nombre de 294 Actions ..
,
La Loterie établie par Arrêt du Conseil
du 29 Août dernier , pour le remboursement
des dettes de la Province de Languedoc
, fut tirée à Nismes dans la Grande
Salle des Etats , en présence des Commissaires
de S. M. et de l'Assemblée desdits
Etats les 9. 11 et 13 Janvier dernier..
Les arrérages ont été payez pour les trois.
premiers mois de cette année , avec le
remboursement des Capitaux à Bureau
ouvert , à Paris , à Toulouse , et à Monpellier.
On a imprimé ici la Liste des remboursemens
qui ont été faits par le Tré-
"
sorier
AVRIL. 1731. 803
sorier des Etats de ladite Province , suivant
les Numero gagnans de la Loterie.
Il paroît par cette Liste que la totalité
des Billets qui ont été tirez dans les trois
Séances est de 814. pour le remboursement
de 800932 livres 12 sols , huit deniers
, sur laquelle somme il a été retenu
12 pour cent , conformément à l'Arrêt
du 29 Août 1730.
M. Jeard , Premier Secretaire du Marquis
de Villeneuve , Ambassadeur de
France à Constantinople , après avoir
abordé à Toulon , et y avoir fait quarantaine
, arriva à Versailles au commencement
de ce mois , chargé d'une Lettre
du Grand Seigneur , dans laquelle Sa
Hautesse donne part au Roi de son Avenement
au Trône de ses Ancêtres , et d'une
Lettre du Grand Visir pour S. M. Il
fut présenté au Roi par le Cardinal de
Fleury , et il en fut reçû avec beaucoup
de bonté , après avoir rendu à Son Eminence
, une Lettre du Grand Visir.
du Pape , fit son Entrée publique
à Paris. Le Prince de Guise , et
M. Hebert , Introducteur des Ambassa→
deurs , allerent le prendre dans les Carosses
du Roi et de la Reine , au Convent de
Picpus , d'où la marche se fit en cet ordre :
Le Caroffe de l'Introducteur , ceux du
Prince de Guise , précedez de son Ecuyer
et de ses Pages à cheval ; un Suiffe du Nonce
à cheval ; les Estafiers du Nonce à
pied quatre Officiers , l'Ecuyer et quatre
Pages à cheval ; le Carosse du Roi , à
côté duquel marchoient la Livrée du Prince
, et celle de M. Hebert ; le Caroffe de
la Reine et celui de Madame la Duchessed'Orleans
, Douairiere , ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Princesse
de Conty , seconde Doüairiere , de
la Princesse de Conty , troisiéme Douairierc
>
9.
AVRIL 1731 799
riere , du Prince de Conty , du Duc et de
la Duchesse du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte et de
la Comtesse de Toulouse et celui de
M. Chauvelin , Garde des Sceaux ; Ministre
et Secretaire d'Etat , ayant le département
des Affaires Etrangeres : et à une
distance de 30 à 40 pas , les quatre Caros-
.ses du Nonce.
Après qu'il fut arrivé à son Hôtel , il
fut complimenté de la part du Roy par le
Duc de Tresmes , Premier Gentilhomme
de la Chambre ; de la de la Reine ,
part
par le Marquis de Villacerf , son premier
Maître d'Hôtel , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans le Marquis
de Crevecoeur , son premier Ecuyer.
2
, par
Le 10 , le Prince de Guise et M. Hebert ,
allerent prendre le Nonce Extraordinaire
du Pape en son Hôtel , et le conduisirent
dans les Carosses du Roi et de la Reine à
Versailles où il eut sa premiere Audience
publique du Roi. Il trouva à son
passage , dans l'avant- cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses , en haye et sous les armes , les
Tambours appellant , et dans la Cour , les
Gardes de la Porte et ceux de la Prévôté
aussi en haye et sous les armes , à leurs
postes ordinaires. Il fut reçû au bas de l'escalier
par le Grand- Maître et le Maître
Hii des
800 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies ; les cent Suisses étant sur
l'escalier en habit de cérémonie , la Hallebarde
à la main , et à la porte et en dedans
de la Salle des Gardes , par le Duc
de Bethune , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye et sous les
armes.
Après l'Audience , le Roi passa dans
son Cabinet , où il fut suivi par le Nonce,
et S. M. vit les langes benits par le Pape ,
pour Monseigneur le Dauphin , qui sont
très- riches , et dont l'ouvrage est d'une
grande beauté. Ces Langes consistent en
trois langes , dont deux sont de drap écarlate
, brodez d'or en plein des deux côtez
, avec des fleurs de Lys , des Couronnes
et des Dauphins ; le troisième est de
Moire bleue et argent , brodé d'or , et
doublé de drap d'or : la bande est de même
étoffe , et brodée d'or avec des perles :
Les Chemises , Mouchoirs , &c. sont par
douzaines , et garnis des plus belles dantelles
d'Angleterre et de Malines , avec
une grande Couverture de Moire bleu et
argent , brodée d'or , avec des Trophées
et Attributs de l'Eglise : la Couverture
pour mettre sur le Berceau est de pareille
étoffe ; et brodée de même , ainsi que deux
grands oreillers de satin bleu brodé , dont
les glands sont d'or trait : la Corbeille dans
laquelle étoit le linge , est faite en forme
de
·
AVRIL. 1731. 801 ·
de Châsse , doublée de Damas bleu , brodé
d'or , et le tout enfermé dans deux
grands coffres de velours cramoisi , brodé
à galons d'or , dont les pieds , les ances et
les fermetures sont d'argent massif.
Le Nonce fut conduit à l'Audience de
la Reine , avec les mêmes cérémonies.
S. M. s'étant rendue chez Monseigneur
le Dauphin , le Nonce y alla , et dans
Audience qu'il eut de Monseigneur le
Dauphin , il lui présenta de la
part da
Pape , les Langes bénits par S. S. Après
avoir été traité par les Officiers du Roi ,
il fut reconduit à son Hôtel par M. Hebert
, dans les Carosses de L. M. avec les
cérémonies accoûtumées.
Le 20. les Députez des Etats de Bourgogne
eurent Audience du Roi , étant conduits
en la maniere accoûtumée par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Cérémonies , et par M. Desgranges , Maî
tre des Cérémonies. Ils furent présentez
à S. M. par le Duc de Bourbon ; Gouverneur
de la Province , et par le Comte de
Florentin , Secretaire d'Etat. La Députation
étoit composée de l'Abbé Moreau.
Doyen du Chapitre de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre pour le Clergé , qui porta
la
parole ; du Comte de Guitaud pour la
Noblesse et de M. Barrault , Maire de
Hy la
802 MERCURE DE FRANCE.
rs.
la Ville d'Autun , pour le Tiers Etat ; de
M. de Blancey , Secretaire de M. de Montigny
, Trésorier , et de M Ribou et Baron
, Syndics des Provinces de Bresse et
de Pugey. Ils furent conduits ensuite à
l'Audience de la Reine , et à celle de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou , et de Mesdames de France.
>
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée
, à l'Hôtel de la Compagnie . La Liste
des Numero gagnans des Actions et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant
en tout le nombre de 294 Actions ..
,
La Loterie établie par Arrêt du Conseil
du 29 Août dernier , pour le remboursement
des dettes de la Province de Languedoc
, fut tirée à Nismes dans la Grande
Salle des Etats , en présence des Commissaires
de S. M. et de l'Assemblée desdits
Etats les 9. 11 et 13 Janvier dernier..
Les arrérages ont été payez pour les trois.
premiers mois de cette année , avec le
remboursement des Capitaux à Bureau
ouvert , à Paris , à Toulouse , et à Monpellier.
On a imprimé ici la Liste des remboursemens
qui ont été faits par le Tré-
"
sorier
AVRIL. 1731. 803
sorier des Etats de ladite Province , suivant
les Numero gagnans de la Loterie.
Il paroît par cette Liste que la totalité
des Billets qui ont été tirez dans les trois
Séances est de 814. pour le remboursement
de 800932 livres 12 sols , huit deniers
, sur laquelle somme il a été retenu
12 pour cent , conformément à l'Arrêt
du 29 Août 1730.
M. Jeard , Premier Secretaire du Marquis
de Villeneuve , Ambassadeur de
France à Constantinople , après avoir
abordé à Toulon , et y avoir fait quarantaine
, arriva à Versailles au commencement
de ce mois , chargé d'une Lettre
du Grand Seigneur , dans laquelle Sa
Hautesse donne part au Roi de son Avenement
au Trône de ses Ancêtres , et d'une
Lettre du Grand Visir pour S. M. Il
fut présenté au Roi par le Cardinal de
Fleury , et il en fut reçû avec beaucoup
de bonté , après avoir rendu à Son Eminence
, une Lettre du Grand Visir.
Fermer
Résumé : Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Le 8 avril 1731, l'Abbé Lanti, Nonce Extraordinaire du Pape, fit son entrée publique à Paris. Il fut accueilli par le Prince de Guise et M. Hebert, Introducteur des Ambassadeurs, et transporté dans les carrosses du Roi et de la Reine depuis le couvent de Picpus. La procession comprenait divers carrosses de la famille royale, des nobles et du Nonce. À son arrivée à son hôtel, il fut complimenté par des représentants du Roi, de la Reine et de la Duchesse d'Orléans. Le 10 avril, le Prince de Guise et M. Hebert conduisirent le Nonce à Versailles pour sa première audience publique avec le Roi. À son passage dans l'avant-cour du château, il fut accueilli par les Compagnies des Gardes Françaises et Suisses en armes. Après l'audience, le Roi montra au Nonce les langes bénits par le Pape pour le Dauphin, richement ornés et brodés. Le Nonce fut ensuite conduit à l'audience de la Reine et du Dauphin, où il présenta les langes bénits. Le 20 avril, les députés des États de Bourgogne eurent audience du Roi, conduits par le Marquis de Dreux et M. Desgranges. Ils furent présentés par le Duc de Bourbon et le Comte de Florentin. La délégation comprenait des représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état. Ils furent ensuite conduits aux audiences de la Reine, du Dauphin, du Duc d'Anjou et de Mesdames de France. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes pour le remboursement des actions fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie. La liste des numéros gagnants fut rendue publique, totalisant 294 actions. La loterie pour le remboursement des dettes de la Province de Languedoc fut également tirée à Nîmes en janvier. Les arrérages pour les trois premiers mois de l'année furent payés, ainsi que le remboursement des capitaux à Paris, Toulouse et Montpellier. M. Jeard, Premier Secrétaire du Marquis de Villeneuve, Ambassadeur de France à Constantinople, arriva à Versailles au début du mois. Il apportait des lettres du Grand Seigneur et du Grand Visir, annonçant l'accession au trône du Grand Seigneur. Il fut présenté au Roi par le Cardinal de Fleury et reçut une lettre du Grand Visir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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55
p. 1162-1167
ITALIE.
Début :
Le Pape a nommé une Congrégation particuliere, composée de quatre Cardinaux et de [...]
Mots clefs :
Pape, Congrégation, Jeux, Loteries de Gênes, Rome, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Lier
E Pape a nommé une Congrégation particuliere
, composée de quatre Cardinanx et de
quelques Prélats , pour examiner quelics ont été ,
les raisons qui ont déterminé le fou Pape a défendre
les Jeux ou Lotteries de Génes , et a fait
publier une Bulle d'excommunication contre ceux
qui prendroient interêt à ces Lotteries, ou qui en
distribueroient des Billets , et le bruit court que
ces Lotteries pourront être rétablies au profit de
la Chambre Apostolique , et que l'excommuni-
'cation ne subsistera que contre ceux qui se serviront
des moyens superstitieux , détendus par les
Canons , dans l'esperance de faire un choix plus
sûr des Numeros qui doivent leur faire gagner
des Lots.
Sur les grandes contestations du Chap, general
des Carmes Déchaussez , assemblé à Rome, le Pape
Bomma le 10 Avril , le Cardinal Impériali pour
y assister de sa part ; et le 14. ces Religieux élurent
en sa présence le Pere Robert de sainte Anne
pour Général de toute la Congrégation d'Italie.
Ce Religieux qui est né à Bruxelles , où il se
nommoit Arroud de Roy , avant que d'entrer
dans cet Ordre , étoit actuellement Définiteur
Général , et il avoit été auparavant Provincial
de la Province des Pais - Bas.
On mande de Rome qu'on y avoit reçu des dépêches
de M.Guillelmi , que le Pape avoit envoyé
à Turin , portant , qu'étant arrivé à Alexandrie,
il y avoit d'abord été reçu avec beaucoup de dis
tinction , et traité magnifiquement à dîner par le
Gouyer
M A Y. 1731. 1763
Gouverneur, qui, après le repas, lui dit qu'il avoit
ordre du Roy de le faire ressortir de ses Etats, et
de lui donner des Gardes pour le conduire jusques
sur les Frontieres ; ce qui avoit été exécuté .
Dins le Consistoire secret , du 9 Avril , le Pape
proposa l'érection de l'Evêché de Dijon , et les
Bulles de cet Evêché , pour l'Abbé Bouhier.
Le Cardinal Cibo , qu'on croyoit être allé à
Massa, pour y passer quelque temps, s'est rendu
à Gaete , dans le dessein de finir ses jours dans
P'Hermitage de Castellone , aux environs de cette
• Ville ; mais le Pape qui l'aime beaucoup , l'a rapellé
, il est arrivé à Pérouse , où S. S. lui a permis
de passer quelque temps.
Le bruit court que la Congrégation de l'Immunité
a reçu ordre d'agir contre le Cardinal
Fini , qu'on accuse d'être le premier auteur de
tous les différends du S. Siége , avec le Roy de
Sardaigne. On a appris depuis que ce Cardinal a
reçu ordre du Pape de se présenter devant cette
Congrégation , composée des trois Cardinaux ,
Chefs d'Ordres , de M. Fiorelli , et d'un Notaire,
Ces Cardinaux auront des Fauteuils à bras avec
des tapis de pied ; et le Cardinal Fini , une simple
Chaise à dos , sans tapis.
-
Le Monitoire qui a été affiché contre le Cardinal
Coscia , contient un ordre du Pape à ce
Cardinal,de se représenter dans six semaines , et
en cas qu'il refuse de s'y soumettre , on le menace
de le traiter comme rebelle et désobéissant au
S.Siége, et de le condamner par contumace . Le 4.
Avril le Card. Coscia arriva à Naples , er alla descendre
chez M. Martino , son parent. On a appris
depuis que le Nonce du Pape ayant fait citer
devant le Tribunal de la Nonciature , les voitu
riers qui avoient conduit ce Cardinal , et les voi-
Hij
sins
1164 MERCURE DE FRANCE
sins de la maison de M. Martino , il les fit - interroger
par M. d'Asti , Ministre de ce Tribunal
mais le Conseil collatéral en ayant été instruit
députa au Nonce , pour se plaindre de cette procedure
; et le Nonce répondit qu'elle ne devoit
pas être regardée comme un Acte de Jurisdiction ,
puisqu'il n'avoit fait faire serment à aucun
des interrogez , ne les ayant fait citer que pour
satisfaire aux Ordres du Pape , qui vouloit être
"informé de certaines circonstances de la fuite dua
Cardinal Coscia .
pas
On a appris de Naples , que le tremblement de
Terre, du o Mars , qui renversa la Ville de Foggia
, située dans la Province de la Capitanatte ,
sar la Riviere de Cervaro , à quatre lieues de
Manfredonia , n'a épargné aucune des Eglises de
la Ville , de sorte que les habitans, qui se sont
sauvez , ont été obligez d'élever en pleine Campagne
un Autel sur lequel ils ont placé une Image
miraculeuse de la Vierge , qui n'a point été
endommagée , et on y célébré une Messe tous
les jours.
Les Religieuses , dont tous les Monasteres ont
été détruits , se sont rassemblées dans le Cloître
de saint Pascal,où elles n'ont,pour se mettre à l'abri
des injures de l'air , que de méchantes Cabanes
, construites de Planches , ramassées à la
hâte.
La plupart des Religieux se sont dispersez
dans les Campagnes pour chercher de quoi vivre.
Les autres habitans sont dans une misére affreuse
, n'ayant ni vivres , ni moulins , ni fours ; plusieurs
d'entr'eux ont perdu la vue par les vapeurs
malignes,sorties des ouvertures de la terre,
pendant le tremblement.
Les Travailleurs n'ont pû encore retirer que
8:
MAY. 1731. 1165
8 à 900 corps morts , et il leur est presque impossible
de donner du soulagement à ceux qu'ils
entendent sous les décombres , demander du secours
et crier miséricorde,parce qu'ils courroient
risque eux -mêmes d'être écrasez sous les ruines ,
par la chute imprévue des murailles , dont tous
Ies fondemens sont ébranlez .
Dom Vincent del Pezzo , Auditeur Royal de
Foggia , qui ne fut retiré que le 23. de dessous
les décombres de sa maison , où il vivoit encore,
mourut le 24 au soir,et tout le reste de sa famille
a péri.
On a remarqué , avec étonnement , que l'eau
des Puits et des Citernes s'est élevée de plusieurs
pieds au dessus de la surface de la terre, et qu'elle
a inondé les jardins et les vignes des environs.
Le même tremblement de terre s'est fait sentir
à Barletta avec la même violence , mais il n'y a
pas causé tant de dommage. La seule Eglise des
Carmes a souffert en quelques endroits , et l'une
des Portes de la Ville est tombée.
A Cérignola, presque toutes les Eglises ont été
renversées , et la plupart des Maisons à demi rui-
* nées par les 25 secousses de tremblement de terre
qu'on y a ressenties , mais il n'y a péri que sept
personnes .
Les Villes de Canosa et d'Andria ont beaucoup
souffert ; à Molfetta il n'y a eu que trois Maisons
renversées et trois personnes tuées . A Bari , les
secousses ont été presque continuelles , depuis le
20 jusqu'au 21, mais elles y ont seulement endommagé
quelques murailles, et entr'autres celles
de l'Eglise de S.Nicolas ; quelques Bâtimens de la
Chartreuse voisine de Manfredonia ont été abbatus
, et le P.Tarno , Procureur de la Maison , a
péri avec vingt autres personnes.
H iiij
La
1166 MERCURE DE FRANCE
La Foire de Foggia se tiendra pourtant cette
année comme à l'ordinaire , malgré la destruction
de cette Ville, et les Ministres de l'Empereur
y font construire des Baraques de bois pour la
commodité des Marchands. S. M. Imp. a accordé
aux habitans de cette malheureuse Ville , qui
ont pû échaper , une exemption de tous droits
taxes et impôts pendant dix années ; et elle leur
fait fournir une certaine quantité de matériaux
pour les aider à rétablir leurs maisons. On travaille
encore à démolir , le reste des maisons de
>
Foggia , parce que les fondemens de celles que le
tremblement de terre n'a point renversées , sont
entierement ébranlez. Le nombre des morts , ensevelis
sous les ruines , monte à 3600 ,y compris
les enfans , les vieillards et les malades.
Le 11 Avril, on fit à Naples une Procession solemnelle
, dans laquelle on porta le Chef de saint
Janvier. Toute la Noblesse y assista en habits
noirs , sans domestiques et sans épées .
On mande d'Aversa , qu'un Religieux Minime
, qui a prêché le Carême dernier dans l'une
des Paroisses dépendante des Terres du Prince
d'Avelino , y avoit été assassiné par un Particu
lier , au desespoir de ce que les Sermons de ce
Pere avoient déterminé à la pénitence une Courtisanne
à laquelle cet Assassin étoit attaché . On
ajoûte qu'il a été arrêté.
On a appris qu'il est arrivé au commencement
du mois dernier dans le port d'Alger , un
Vaisseau de Guerre Suedois et deux autres Bâtimens
de transport , chargez du Present que le
Roi de Suede devoit envoyer à la Régence , conformément
au dernier Traité conclu avec le Dey,
Ce Présent consistoit en 8co. Barils de Poudre ,
8. gros Cables d'Ancre , so. Mats , 800. Fusils ,
800.
MAY. 173T. 1167
800. Sabres , 40. Canons, dont 12. sont de douze
livres de bales , 14. de 18. livres, 14. de
6000. Boulets.
24.et
Les Lettres de Genes portent que plusieurs
Familles de la Bastia , Capitale de l'Isle de Corse,
s'étoient sauvées dans l'Ile de Capraia avec leurs
meilleurs Effers ,pour se soustraire à a fureur des
Rebelles, qui ayant repris les armes , s'étoient emparez
de Feringoli , Poste avantageux , situé près
de la Bastia ; qu'ils avoient brulé le Bourg d'Araliola
, qu'ils avoient surpris la petite Ville de
San Fiorenzo , et menacé le Commandant de la
Tour de cette Ville , de faire mourir sa mere et
sa niece , arrêtées dans la Ville , s'il ne se rendoit
dans un certain temps.
On écrit de Turin , que le Roi de Sardaigne
a fait arrêter et conduire au Chateau de Miolans,
le Comte de Sales , qu'on accuse d'avoir parle
trop indiscretement des differends de la Cour avec
le Saint Siege.
Lier
E Pape a nommé une Congrégation particuliere
, composée de quatre Cardinanx et de
quelques Prélats , pour examiner quelics ont été ,
les raisons qui ont déterminé le fou Pape a défendre
les Jeux ou Lotteries de Génes , et a fait
publier une Bulle d'excommunication contre ceux
qui prendroient interêt à ces Lotteries, ou qui en
distribueroient des Billets , et le bruit court que
ces Lotteries pourront être rétablies au profit de
la Chambre Apostolique , et que l'excommuni-
'cation ne subsistera que contre ceux qui se serviront
des moyens superstitieux , détendus par les
Canons , dans l'esperance de faire un choix plus
sûr des Numeros qui doivent leur faire gagner
des Lots.
Sur les grandes contestations du Chap, general
des Carmes Déchaussez , assemblé à Rome, le Pape
Bomma le 10 Avril , le Cardinal Impériali pour
y assister de sa part ; et le 14. ces Religieux élurent
en sa présence le Pere Robert de sainte Anne
pour Général de toute la Congrégation d'Italie.
Ce Religieux qui est né à Bruxelles , où il se
nommoit Arroud de Roy , avant que d'entrer
dans cet Ordre , étoit actuellement Définiteur
Général , et il avoit été auparavant Provincial
de la Province des Pais - Bas.
On mande de Rome qu'on y avoit reçu des dépêches
de M.Guillelmi , que le Pape avoit envoyé
à Turin , portant , qu'étant arrivé à Alexandrie,
il y avoit d'abord été reçu avec beaucoup de dis
tinction , et traité magnifiquement à dîner par le
Gouyer
M A Y. 1731. 1763
Gouverneur, qui, après le repas, lui dit qu'il avoit
ordre du Roy de le faire ressortir de ses Etats, et
de lui donner des Gardes pour le conduire jusques
sur les Frontieres ; ce qui avoit été exécuté .
Dins le Consistoire secret , du 9 Avril , le Pape
proposa l'érection de l'Evêché de Dijon , et les
Bulles de cet Evêché , pour l'Abbé Bouhier.
Le Cardinal Cibo , qu'on croyoit être allé à
Massa, pour y passer quelque temps, s'est rendu
à Gaete , dans le dessein de finir ses jours dans
P'Hermitage de Castellone , aux environs de cette
• Ville ; mais le Pape qui l'aime beaucoup , l'a rapellé
, il est arrivé à Pérouse , où S. S. lui a permis
de passer quelque temps.
Le bruit court que la Congrégation de l'Immunité
a reçu ordre d'agir contre le Cardinal
Fini , qu'on accuse d'être le premier auteur de
tous les différends du S. Siége , avec le Roy de
Sardaigne. On a appris depuis que ce Cardinal a
reçu ordre du Pape de se présenter devant cette
Congrégation , composée des trois Cardinaux ,
Chefs d'Ordres , de M. Fiorelli , et d'un Notaire,
Ces Cardinaux auront des Fauteuils à bras avec
des tapis de pied ; et le Cardinal Fini , une simple
Chaise à dos , sans tapis.
-
Le Monitoire qui a été affiché contre le Cardinal
Coscia , contient un ordre du Pape à ce
Cardinal,de se représenter dans six semaines , et
en cas qu'il refuse de s'y soumettre , on le menace
de le traiter comme rebelle et désobéissant au
S.Siége, et de le condamner par contumace . Le 4.
Avril le Card. Coscia arriva à Naples , er alla descendre
chez M. Martino , son parent. On a appris
depuis que le Nonce du Pape ayant fait citer
devant le Tribunal de la Nonciature , les voitu
riers qui avoient conduit ce Cardinal , et les voi-
Hij
sins
1164 MERCURE DE FRANCE
sins de la maison de M. Martino , il les fit - interroger
par M. d'Asti , Ministre de ce Tribunal
mais le Conseil collatéral en ayant été instruit
députa au Nonce , pour se plaindre de cette procedure
; et le Nonce répondit qu'elle ne devoit
pas être regardée comme un Acte de Jurisdiction ,
puisqu'il n'avoit fait faire serment à aucun
des interrogez , ne les ayant fait citer que pour
satisfaire aux Ordres du Pape , qui vouloit être
"informé de certaines circonstances de la fuite dua
Cardinal Coscia .
pas
On a appris de Naples , que le tremblement de
Terre, du o Mars , qui renversa la Ville de Foggia
, située dans la Province de la Capitanatte ,
sar la Riviere de Cervaro , à quatre lieues de
Manfredonia , n'a épargné aucune des Eglises de
la Ville , de sorte que les habitans, qui se sont
sauvez , ont été obligez d'élever en pleine Campagne
un Autel sur lequel ils ont placé une Image
miraculeuse de la Vierge , qui n'a point été
endommagée , et on y célébré une Messe tous
les jours.
Les Religieuses , dont tous les Monasteres ont
été détruits , se sont rassemblées dans le Cloître
de saint Pascal,où elles n'ont,pour se mettre à l'abri
des injures de l'air , que de méchantes Cabanes
, construites de Planches , ramassées à la
hâte.
La plupart des Religieux se sont dispersez
dans les Campagnes pour chercher de quoi vivre.
Les autres habitans sont dans une misére affreuse
, n'ayant ni vivres , ni moulins , ni fours ; plusieurs
d'entr'eux ont perdu la vue par les vapeurs
malignes,sorties des ouvertures de la terre,
pendant le tremblement.
Les Travailleurs n'ont pû encore retirer que
8:
MAY. 1731. 1165
8 à 900 corps morts , et il leur est presque impossible
de donner du soulagement à ceux qu'ils
entendent sous les décombres , demander du secours
et crier miséricorde,parce qu'ils courroient
risque eux -mêmes d'être écrasez sous les ruines ,
par la chute imprévue des murailles , dont tous
Ies fondemens sont ébranlez .
Dom Vincent del Pezzo , Auditeur Royal de
Foggia , qui ne fut retiré que le 23. de dessous
les décombres de sa maison , où il vivoit encore,
mourut le 24 au soir,et tout le reste de sa famille
a péri.
On a remarqué , avec étonnement , que l'eau
des Puits et des Citernes s'est élevée de plusieurs
pieds au dessus de la surface de la terre, et qu'elle
a inondé les jardins et les vignes des environs.
Le même tremblement de terre s'est fait sentir
à Barletta avec la même violence , mais il n'y a
pas causé tant de dommage. La seule Eglise des
Carmes a souffert en quelques endroits , et l'une
des Portes de la Ville est tombée.
A Cérignola, presque toutes les Eglises ont été
renversées , et la plupart des Maisons à demi rui-
* nées par les 25 secousses de tremblement de terre
qu'on y a ressenties , mais il n'y a péri que sept
personnes .
Les Villes de Canosa et d'Andria ont beaucoup
souffert ; à Molfetta il n'y a eu que trois Maisons
renversées et trois personnes tuées . A Bari , les
secousses ont été presque continuelles , depuis le
20 jusqu'au 21, mais elles y ont seulement endommagé
quelques murailles, et entr'autres celles
de l'Eglise de S.Nicolas ; quelques Bâtimens de la
Chartreuse voisine de Manfredonia ont été abbatus
, et le P.Tarno , Procureur de la Maison , a
péri avec vingt autres personnes.
H iiij
La
1166 MERCURE DE FRANCE
La Foire de Foggia se tiendra pourtant cette
année comme à l'ordinaire , malgré la destruction
de cette Ville, et les Ministres de l'Empereur
y font construire des Baraques de bois pour la
commodité des Marchands. S. M. Imp. a accordé
aux habitans de cette malheureuse Ville , qui
ont pû échaper , une exemption de tous droits
taxes et impôts pendant dix années ; et elle leur
fait fournir une certaine quantité de matériaux
pour les aider à rétablir leurs maisons. On travaille
encore à démolir , le reste des maisons de
>
Foggia , parce que les fondemens de celles que le
tremblement de terre n'a point renversées , sont
entierement ébranlez. Le nombre des morts , ensevelis
sous les ruines , monte à 3600 ,y compris
les enfans , les vieillards et les malades.
Le 11 Avril, on fit à Naples une Procession solemnelle
, dans laquelle on porta le Chef de saint
Janvier. Toute la Noblesse y assista en habits
noirs , sans domestiques et sans épées .
On mande d'Aversa , qu'un Religieux Minime
, qui a prêché le Carême dernier dans l'une
des Paroisses dépendante des Terres du Prince
d'Avelino , y avoit été assassiné par un Particu
lier , au desespoir de ce que les Sermons de ce
Pere avoient déterminé à la pénitence une Courtisanne
à laquelle cet Assassin étoit attaché . On
ajoûte qu'il a été arrêté.
On a appris qu'il est arrivé au commencement
du mois dernier dans le port d'Alger , un
Vaisseau de Guerre Suedois et deux autres Bâtimens
de transport , chargez du Present que le
Roi de Suede devoit envoyer à la Régence , conformément
au dernier Traité conclu avec le Dey,
Ce Présent consistoit en 8co. Barils de Poudre ,
8. gros Cables d'Ancre , so. Mats , 800. Fusils ,
800.
MAY. 173T. 1167
800. Sabres , 40. Canons, dont 12. sont de douze
livres de bales , 14. de 18. livres, 14. de
6000. Boulets.
24.et
Les Lettres de Genes portent que plusieurs
Familles de la Bastia , Capitale de l'Isle de Corse,
s'étoient sauvées dans l'Ile de Capraia avec leurs
meilleurs Effers ,pour se soustraire à a fureur des
Rebelles, qui ayant repris les armes , s'étoient emparez
de Feringoli , Poste avantageux , situé près
de la Bastia ; qu'ils avoient brulé le Bourg d'Araliola
, qu'ils avoient surpris la petite Ville de
San Fiorenzo , et menacé le Commandant de la
Tour de cette Ville , de faire mourir sa mere et
sa niece , arrêtées dans la Ville , s'il ne se rendoit
dans un certain temps.
On écrit de Turin , que le Roi de Sardaigne
a fait arrêter et conduire au Chateau de Miolans,
le Comte de Sales , qu'on accuse d'avoir parle
trop indiscretement des differends de la Cour avec
le Saint Siege.
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Résumé : ITALIE.
En 1731, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Italie et dans les régions voisines. Le Pape a créé une congrégation pour examiner les raisons de la défense des lotteries de Gênes et a publié une bulle d'excommunication contre ceux qui s'y impliquent. Il a été suggéré que ces lotteries pourraient être rétablies au profit de la Chambre Apostolique, avec une excommunication limitée à ceux utilisant des moyens superstitieux. Le Pape a nommé le Cardinal Impériali pour assister au Chapitre général des Carmes Déchaussés à Rome, où le Père Robert de Sainte-Anne, né à Bruxelles et ancien Provincial des Pays-Bas, a été élu Général. Des dépêches de M. Guillelmi, envoyé à Turin, rapportent son expulsion des États du Roi de Sardaigne après avoir été reçu avec distinction à Alexandrie. Dans un consistoire secret, le Pape a proposé l'érection de l'évêché de Dijon pour l'Abbé Bouhier. Le Cardinal Cibo, initialement destiné à passer ses derniers jours à Castellone, a été rappelé par le Pape. Des rumeurs indiquent que la Congrégation de l'Immunité agit contre le Cardinal Fini, accusé d'être à l'origine des différends entre le Saint-Siège et le Roi de Sardaigne. Le Cardinal Coscia, menacé d'excommunication, a été cité par le Nonce du Pape à Naples. Un tremblement de terre à Foggia a causé des destructions massives, tuant environ 3600 personnes et endommageant gravement les infrastructures. Les habitants de Foggia ont été exemptés de droits et taxes pendant dix ans, et des mesures sont prises pour reconstruire la ville. Des secousses similaires ont été ressenties à Barletta, Cérignola, Canosa, Andria, Molfetta, Bari et Manfredonia, avec des dégâts variés. À Naples, une procession solennelle a eu lieu avec le Chef de saint Janvier. Un religieux Minime a été assassiné à Aversa pour avoir déterminé une courtisanne à la pénitence. Enfin, des vaisseaux suédois ont livré des présents militaires à Alger, et des familles corses se sont réfugiées à Capraia pour échapper aux rebelles. Le Roi de Sardaigne a fait arrêter le Comte de Sales pour des propos indiscrets sur les différends avec le Saint-Siège.
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56
p. 2620-2622
Epitaphe du Curé de S. Nicolas, [titre d'après la table]
Début :
M. le Curé de S. Nicolas des Champs, étant décedé au mois de May dernier [...]
Mots clefs :
Curé, Abbé, Épitaphe, Dictionnaire héraldique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Epitaphe du Curé de S. Nicolas, [titre d'après la table]
M. le Curé de S. Nicolas des Champs ,
étant décedé au mois de May dernier
M. l'Abbé de Laval a composé l'Epitaphe
qui suit , pour être mise sur son Tom
beau , dans la même Eglise.
D. O. M.
Hic jacet
Philippus - Michael Bonnet , Presbiter
Parisinus , sacræ Facultatis Doctor
Theologus , socius
>
Sorbonicus , hujus Ecclesiæ vigilantissi
mus, beneficentissimusque Pastor ,
Nicolai æmulator,
Suâ super involutos pauperiè , cautè et
abundè intelligens ,
Orphanorum adjutor
Viduarum solatium et patronus ,
Providens puellis nuptias :
Gregis
NOVEMBRE 2628
1731 .
Gregis sibi commissi forma factus
ex animo ,
Assiduus rigidusque à teneris annis ad
ultimum usque diem eximia
pietatis cultor.
Vir simplex et rectus ,
Cultu modestus
Pacis amantissimus :
Orationi manè semper primus instans ,
Sollicitudine pastorali non piger :
Hospitium sacerdotibus dedit
victumque supplevit.
Majori decentiorique pompâ divinum
officium decantari curavit.
Ità dilexit decorem Domus Domini ut
si oblivioni dederint komines
lapides meminerint .
Plenus dierum bonorumque operum obdormivit
in Domino die XXIII . Maii
Anno ætatis LXXVII
Anno verò reparatæ salutis
M. DCC. XXXI .
Huic Parochiæ præfuit An . XXXI.
Mens. VI. dieb. XXIV.
Memor judiciorum ejus qui justitias ju
dicat, obitum perennem fundavit.
Suig
2322 MERCURE DE FRANCE
Suis precibus vobis vivens profuit , vestris
nunc mortuo memores favete.
Hujus Ecclesiæ Administri grato animo
monumentum hoc posuêre.
vre ,
>
>
,
Le Sieur Chevillard , l'aîné , qui a déja donné
au Public le Dictionnaire Heraldique , et
le Livre ou Carte des Armes de la Noblesse des
Provinces de Bourgogne Bresse , Bugey et
Gex , vient de publier et mettre en vente une
nouvelle Carte , qui peut aussi se réduire en Licontenant
les armes >
noms et qualitez des
Gouverneurs , Capitaines , et Lieutenans - Generaux
de la Ville de Paris , suivant l'Ordre Chronologique.
Il continue ce même genre de travall
, et donnera incessamment au Public , un
Livre in- folio , contenant les Armes de tous les
Nobles du Gouvernement de l'Isle de France
et Soissonnois , suivant les Arrêts de maintenuë
des dernieres recherches de la Noblesse, Il demeure
toujours sur le petit Pont , vis - à- vis la
Rue Neuve Nôtre - Dame , à l'Enseigne du
Bras d'Or. Le prix de la nouvelle Carte est de
2. 1. en feuilles . "
,
Mr. Tardieu , Graveur du Roy , ruë Sair .
Jacques , chez Mr. Villette Fils Libraire ,
S. Bernard , vient de graver un St. Charles
d'après un Tableau de Mr. Dulin , imprimé s
la demi- feuille du grand Aigle qu'il vend tro
livres . C'est un morceau que les Curieux reche
cheront avec empressement. Le Prix et de s
sels.
étant décedé au mois de May dernier
M. l'Abbé de Laval a composé l'Epitaphe
qui suit , pour être mise sur son Tom
beau , dans la même Eglise.
D. O. M.
Hic jacet
Philippus - Michael Bonnet , Presbiter
Parisinus , sacræ Facultatis Doctor
Theologus , socius
>
Sorbonicus , hujus Ecclesiæ vigilantissi
mus, beneficentissimusque Pastor ,
Nicolai æmulator,
Suâ super involutos pauperiè , cautè et
abundè intelligens ,
Orphanorum adjutor
Viduarum solatium et patronus ,
Providens puellis nuptias :
Gregis
NOVEMBRE 2628
1731 .
Gregis sibi commissi forma factus
ex animo ,
Assiduus rigidusque à teneris annis ad
ultimum usque diem eximia
pietatis cultor.
Vir simplex et rectus ,
Cultu modestus
Pacis amantissimus :
Orationi manè semper primus instans ,
Sollicitudine pastorali non piger :
Hospitium sacerdotibus dedit
victumque supplevit.
Majori decentiorique pompâ divinum
officium decantari curavit.
Ità dilexit decorem Domus Domini ut
si oblivioni dederint komines
lapides meminerint .
Plenus dierum bonorumque operum obdormivit
in Domino die XXIII . Maii
Anno ætatis LXXVII
Anno verò reparatæ salutis
M. DCC. XXXI .
Huic Parochiæ præfuit An . XXXI.
Mens. VI. dieb. XXIV.
Memor judiciorum ejus qui justitias ju
dicat, obitum perennem fundavit.
Suig
2322 MERCURE DE FRANCE
Suis precibus vobis vivens profuit , vestris
nunc mortuo memores favete.
Hujus Ecclesiæ Administri grato animo
monumentum hoc posuêre.
vre ,
>
>
,
Le Sieur Chevillard , l'aîné , qui a déja donné
au Public le Dictionnaire Heraldique , et
le Livre ou Carte des Armes de la Noblesse des
Provinces de Bourgogne Bresse , Bugey et
Gex , vient de publier et mettre en vente une
nouvelle Carte , qui peut aussi se réduire en Licontenant
les armes >
noms et qualitez des
Gouverneurs , Capitaines , et Lieutenans - Generaux
de la Ville de Paris , suivant l'Ordre Chronologique.
Il continue ce même genre de travall
, et donnera incessamment au Public , un
Livre in- folio , contenant les Armes de tous les
Nobles du Gouvernement de l'Isle de France
et Soissonnois , suivant les Arrêts de maintenuë
des dernieres recherches de la Noblesse, Il demeure
toujours sur le petit Pont , vis - à- vis la
Rue Neuve Nôtre - Dame , à l'Enseigne du
Bras d'Or. Le prix de la nouvelle Carte est de
2. 1. en feuilles . "
,
Mr. Tardieu , Graveur du Roy , ruë Sair .
Jacques , chez Mr. Villette Fils Libraire ,
S. Bernard , vient de graver un St. Charles
d'après un Tableau de Mr. Dulin , imprimé s
la demi- feuille du grand Aigle qu'il vend tro
livres . C'est un morceau que les Curieux reche
cheront avec empressement. Le Prix et de s
sels.
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Résumé : Epitaphe du Curé de S. Nicolas, [titre d'après la table]
En mai 1731, Philippe-Michel Bonnet, docteur en théologie et curé de Saint-Nicolas-des-Champs, est décédé à l'âge de 77 ans après 31 ans de service. L'Abbé de Laval a composé une épitaphe en latin pour honorer Bonnet, le décrivant comme un pasteur dévoué aux pauvres, orphelins, veuves et jeunes filles, ainsi qu'un homme simple, droit, modeste et amoureux de la paix. L'épitaphe invite à se souvenir de ses jugements justes. Par ailleurs, le Sieur Chevillard a publié une nouvelle carte des armes, noms et qualités des gouverneurs et capitaines de Paris, vendue 2 livres. Il prévoit également un livre sur les armes des nobles de l'Île-de-France et du Soissonnais. Enfin, Jacques, graveur du roi, a gravé un Saint-Charles d'après un tableau de M. Dulin, vendu 3 livres, destiné aux amateurs d'art.
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57
p. 2666-2672
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
La veille de la Fête de tous les Saints le Roy, revêtu du grand Colier de [...]
Mots clefs :
Fête de tous les Saints, Ambassadeur extraordinaire, Abbé, Comte, Comédiens-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c:
A veille de la Fête de tous les Saints
le Roy , revêtu du grand Colier de
l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles , où S. M.
entendit la Messe , et communia par les
mains de l'Abbé de Brissac , son Aumônier
en quartier : ensuite le Roy toucha
un grand nombre de Malades. La Reine ,
après avoir entendu la Messe , communia
par les mains du Cardinal de Fleury
son grand Aumônier.
Le jour de la Fête , r. de ce mois , le
Roy et la Reine entendirent la grande-
Messe
,
celeb će pontificalement par l'Evêque
de Leictoure, et l'après midi L. M..
assisterent aux secondes Vêpres , chantées
par la Musique , où le même Prélat
officia , aux Vêpres des Morts , et au Ser.
mon
NOVEMBRE 1731 2667
1
mon du Pere Boursault , Superieur des
Théatins , qui prêcha , selon sa coutume
, avec cette éloquence sublime d'un
grand Maître de la parole , et avec l'applaudissement
unanime de toute la Cour.
Son compliment , sur- tout , qui ne fut
qu'une Instruction noble et Chrétienne ,
frappa tous les Auditeurs , et fit sur eux
cette vive et subite impression , que ne
manquent jamais de faire les pensées neuves
et hardies.
Le Roy a nommé le Marquis de Vau-
Ambassadeur Extraordinaire à
crenant ,
la Cour de Turin .
L'Abbé Couturier a été élû Superieur
General du Seminaire de S. Sulpice , et
des autres Seminaires qui en dépendent
à la place du feu Abbé le Pelletier.
Le Roy a accordé à M. Nicolai , Premier
Président de la Chambre des Comp
tés , la survivance de cette Charge pour
son Fils aîné , Conseiller au Parlement
qui sera le neuvième de son nom qui en
aura été
pourvu.
Le Comte et la Comtesse du Roure arrivent
de Languedoc , où ils ont vû le
Comte du Roure , leur Pere , chez qui
ils ont passé quelque temps et dont ils
2
ont
2663 MERCURE DE FRANCE
ont été très-bien reçus . Ils ont été aussi
au S. Esprit , leur Gouvernement , où on
leur a rendu les honneurs accoutumez .
Le 6. de ce mois , les Comédiens François
representerent à la Cour la Tragedie ,
du Comte d'Essex , et la Petite Piece du
Mari curieux. Le 8 , là Comedie de la
Reconciliation Normande et Attendezmoi
sous l'Orme.
>
Le 13 , les Horaces et la Réunion des
Amours. La jeune Dlle Dangeville qui y
joue un des principaux Rôles , se presenta
ensuite au souper de la Reine , où
elle reçut bien des marques de la bonté
de S. M.
. Le 12. de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les céremonies accoutumées
, par une Messe solemnelle célébrée
pontificalement dans la grande Salle
du Palais , par l'Evêque de Nevers
laquelle M. Portail , Premier Président ,
et les Chambres assisterent.
› à
Le premier Novembre , Fête de la
Toussaints , il y eût Concert spirituel au
Château des Thuilleries. M. Mouret fit
chanter le Benedictus et Dominus regnavit,
Motet de M. de la Lande et le Dili-
د
gam
NOVEMBRE. 1731. 2669
gam te , ancien Motet de feu M. Gilles :
Le tout fut parfaitement bien exécuté
et suivi de plusieurs excellentes Pieces de
Symphonie , et de deux Cantatilles nouvelles
, chantées par les Dlles Erremans
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique , et par la Dlle Lenner , de la
Musique du Roy.
Le 26 , la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions , fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 3. cent neuf
Actions .
Le Roy a donné l'Abbaye de Madieu
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Saintes ,
à l'Abbé Bastarot ,Grand-Vicaire de l'Archevêché
de Bordeaux.
Celle de la Joye d'Hennebon , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Vannes à la
Dame de Langle , Prieure de cette Abbaye.
Le Roy a donné l'Abbaye de Vauluisant
, Ordre de Citeaux Diocèse de
Sens , à l'Archevêque de Besançon.
›
Celle
2670 MERCURE DE FRANCE
Celle de la Honce , Ordre de Prémontré
, Diocèse de Bayonne , à l'Evêque de
Bayonne.
Celle de S. Jean des Prez , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Malo à
l'Abbé de Brilhac.
J
Celle de Sellieres , Ordre de Citeaux'.
Diocèse de Troyes , à l'Abbé de la Motte
Grand-Vicaire de l'Evêché de Senez .
par
COPIE d'une Lettre écrite de Touraine ,
le Comte de Blannes , à l'Abbé de
Rouget , Abbé d'Aubepierre , contenant
la Relation de la Fête que Madame la
Princesse de Conti a donnée au sujet de
son mariage avec Mademoiselle de la
Rochefoucault de Nuilly.
MAbbé, d'avoir passé les premiers
E pardonnerez- vous , mon cher
jours de mon mariage sans vous en avoir
donné des nouvelles et vous en avoir remercié.
Si vous sçaviez ce que c'est que
d'être auprès d'une aimable femme qu'on
aime,vous conviendriez qu'il est pardonnable
de manquer à ses amis pour quelques
jours. Je profite enfin du moment
que je dérobe aux plaisirs qu'on goute ici,
pour vous faire part des circonstances heureuses
qui l'ont précédé et suivi. J'arrivai
à
NOVEMBRE . 1731. 2671
å Veret le 8 Octobre. Me la Princesse de
Conti me combla de toutes les politesses
imaginables ; je vous avoue que c'est
la Princesse du monde la plus accomplie.
Mademoiselle de Neuilly parut peu de
temps après. Je vous laisse à penser l'étonnement
où se trouvent deux personnes
qui ne se sont jamais vues , et qui doivent
se marier dans deux jours. La plaisanterie
fut mon unique ressource ; je
trouvai la Demoiselle encore plus aimable
qu'on ne me l'avoit dépeinte ; elle est
d'un caractere aussi parfait que je pouvois
le désirer. La nuit du 10 au 11 , fut celle
de mon mariage ; nous allâmes souper
dans une Isle , vis-à- vis le Château , devant
lequel regne une Terrasse de 33༠0༠0
toises , illuminée d'un bout à l'autre ,
aussi bien que le Château. Au delà de la
Terrasse on appercevoit une allée toute
illuminée , avec des Lustres au milieu . Le
grand Escalier formoit une couronne parfaite
par l'illumination ; au bout de la
Terrasse on voyoit une Nape d'eau et
deux grandes Statues aux côtez.
Rien ne fut plus beau et plus galant
que cette Fête. Avant le souper on nous
chanta dans l'Isle une Epithalame , dont
l'Abbé de Grécour avoit fait les Vers , qui
fut tres-bien exécutée tant de la part des
Mu2672
MERCURE DE FRANCE
>
Musiciens que des Voix. On nous servit
ensuite un souper , où la délicatesse et la
profusion étoient jointes ensemble. Le
souper fini , nous dansames dans la Prairie
et à la danse succeda une promenade
dans des Caléches , pendant laquelle on
tira un tres beau Feu d'artifice ; ensuite
nous allames à l'Eglise ; la Rampe qui
nous y conduisit étoit toute illuminée .Ce
fut M. l'Archevêque de Tours qui nous
donna la Benediction Nuptiale ; après la
quelle nous retournâmes au Château au
son des Instrumens qui avoient joué pendant
la Messe.
·
La Princesse donna la Chemise à mon
Epouse ; le Prince voulut me la donner ,
mais dans la foule , je lui en épargnai la
peine.
Depuis cet heureux jour les plaisirs
n'ont pas discontinué icy ; je suis le plus
content des hommes ; j'ai rencontré la
plus aimable personne et la plus accomplie
qui fut jamais. Je vous aurai toujours
l'obligation de ce bonheur , et j'ose
vous assurer qu'elle vous en aura une pareille
, par mon attention à lui plaire.
A Veret le 15 Octobre 1731 .
A veille de la Fête de tous les Saints
le Roy , revêtu du grand Colier de
l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la Chapelle
du Château de Versailles , où S. M.
entendit la Messe , et communia par les
mains de l'Abbé de Brissac , son Aumônier
en quartier : ensuite le Roy toucha
un grand nombre de Malades. La Reine ,
après avoir entendu la Messe , communia
par les mains du Cardinal de Fleury
son grand Aumônier.
Le jour de la Fête , r. de ce mois , le
Roy et la Reine entendirent la grande-
Messe
,
celeb će pontificalement par l'Evêque
de Leictoure, et l'après midi L. M..
assisterent aux secondes Vêpres , chantées
par la Musique , où le même Prélat
officia , aux Vêpres des Morts , et au Ser.
mon
NOVEMBRE 1731 2667
1
mon du Pere Boursault , Superieur des
Théatins , qui prêcha , selon sa coutume
, avec cette éloquence sublime d'un
grand Maître de la parole , et avec l'applaudissement
unanime de toute la Cour.
Son compliment , sur- tout , qui ne fut
qu'une Instruction noble et Chrétienne ,
frappa tous les Auditeurs , et fit sur eux
cette vive et subite impression , que ne
manquent jamais de faire les pensées neuves
et hardies.
Le Roy a nommé le Marquis de Vau-
Ambassadeur Extraordinaire à
crenant ,
la Cour de Turin .
L'Abbé Couturier a été élû Superieur
General du Seminaire de S. Sulpice , et
des autres Seminaires qui en dépendent
à la place du feu Abbé le Pelletier.
Le Roy a accordé à M. Nicolai , Premier
Président de la Chambre des Comp
tés , la survivance de cette Charge pour
son Fils aîné , Conseiller au Parlement
qui sera le neuvième de son nom qui en
aura été
pourvu.
Le Comte et la Comtesse du Roure arrivent
de Languedoc , où ils ont vû le
Comte du Roure , leur Pere , chez qui
ils ont passé quelque temps et dont ils
2
ont
2663 MERCURE DE FRANCE
ont été très-bien reçus . Ils ont été aussi
au S. Esprit , leur Gouvernement , où on
leur a rendu les honneurs accoutumez .
Le 6. de ce mois , les Comédiens François
representerent à la Cour la Tragedie ,
du Comte d'Essex , et la Petite Piece du
Mari curieux. Le 8 , là Comedie de la
Reconciliation Normande et Attendezmoi
sous l'Orme.
>
Le 13 , les Horaces et la Réunion des
Amours. La jeune Dlle Dangeville qui y
joue un des principaux Rôles , se presenta
ensuite au souper de la Reine , où
elle reçut bien des marques de la bonté
de S. M.
. Le 12. de ce mois , l'ouverture du Parlement
se fit avec les céremonies accoutumées
, par une Messe solemnelle célébrée
pontificalement dans la grande Salle
du Palais , par l'Evêque de Nevers
laquelle M. Portail , Premier Président ,
et les Chambres assisterent.
› à
Le premier Novembre , Fête de la
Toussaints , il y eût Concert spirituel au
Château des Thuilleries. M. Mouret fit
chanter le Benedictus et Dominus regnavit,
Motet de M. de la Lande et le Dili-
د
gam
NOVEMBRE. 1731. 2669
gam te , ancien Motet de feu M. Gilles :
Le tout fut parfaitement bien exécuté
et suivi de plusieurs excellentes Pieces de
Symphonie , et de deux Cantatilles nouvelles
, chantées par les Dlles Erremans
et Petitpas , de l'Académie Royale de
Musique , et par la Dlle Lenner , de la
Musique du Roy.
Le 26 , la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement
des Actions , fut tirée en la maniere
accoutumée à l'Hôtel de la Compagnie.
La Liste des Numeros gagnans des Actions
et Dixièmes d'Actions qui doivent
être remboursées a été rendue publique
faisant en tout le nombre de 3. cent neuf
Actions .
Le Roy a donné l'Abbaye de Madieu
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Saintes ,
à l'Abbé Bastarot ,Grand-Vicaire de l'Archevêché
de Bordeaux.
Celle de la Joye d'Hennebon , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Vannes à la
Dame de Langle , Prieure de cette Abbaye.
Le Roy a donné l'Abbaye de Vauluisant
, Ordre de Citeaux Diocèse de
Sens , à l'Archevêque de Besançon.
›
Celle
2670 MERCURE DE FRANCE
Celle de la Honce , Ordre de Prémontré
, Diocèse de Bayonne , à l'Evêque de
Bayonne.
Celle de S. Jean des Prez , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de S. Malo à
l'Abbé de Brilhac.
J
Celle de Sellieres , Ordre de Citeaux'.
Diocèse de Troyes , à l'Abbé de la Motte
Grand-Vicaire de l'Evêché de Senez .
par
COPIE d'une Lettre écrite de Touraine ,
le Comte de Blannes , à l'Abbé de
Rouget , Abbé d'Aubepierre , contenant
la Relation de la Fête que Madame la
Princesse de Conti a donnée au sujet de
son mariage avec Mademoiselle de la
Rochefoucault de Nuilly.
MAbbé, d'avoir passé les premiers
E pardonnerez- vous , mon cher
jours de mon mariage sans vous en avoir
donné des nouvelles et vous en avoir remercié.
Si vous sçaviez ce que c'est que
d'être auprès d'une aimable femme qu'on
aime,vous conviendriez qu'il est pardonnable
de manquer à ses amis pour quelques
jours. Je profite enfin du moment
que je dérobe aux plaisirs qu'on goute ici,
pour vous faire part des circonstances heureuses
qui l'ont précédé et suivi. J'arrivai
à
NOVEMBRE . 1731. 2671
å Veret le 8 Octobre. Me la Princesse de
Conti me combla de toutes les politesses
imaginables ; je vous avoue que c'est
la Princesse du monde la plus accomplie.
Mademoiselle de Neuilly parut peu de
temps après. Je vous laisse à penser l'étonnement
où se trouvent deux personnes
qui ne se sont jamais vues , et qui doivent
se marier dans deux jours. La plaisanterie
fut mon unique ressource ; je
trouvai la Demoiselle encore plus aimable
qu'on ne me l'avoit dépeinte ; elle est
d'un caractere aussi parfait que je pouvois
le désirer. La nuit du 10 au 11 , fut celle
de mon mariage ; nous allâmes souper
dans une Isle , vis-à- vis le Château , devant
lequel regne une Terrasse de 33༠0༠0
toises , illuminée d'un bout à l'autre ,
aussi bien que le Château. Au delà de la
Terrasse on appercevoit une allée toute
illuminée , avec des Lustres au milieu . Le
grand Escalier formoit une couronne parfaite
par l'illumination ; au bout de la
Terrasse on voyoit une Nape d'eau et
deux grandes Statues aux côtez.
Rien ne fut plus beau et plus galant
que cette Fête. Avant le souper on nous
chanta dans l'Isle une Epithalame , dont
l'Abbé de Grécour avoit fait les Vers , qui
fut tres-bien exécutée tant de la part des
Mu2672
MERCURE DE FRANCE
>
Musiciens que des Voix. On nous servit
ensuite un souper , où la délicatesse et la
profusion étoient jointes ensemble. Le
souper fini , nous dansames dans la Prairie
et à la danse succeda une promenade
dans des Caléches , pendant laquelle on
tira un tres beau Feu d'artifice ; ensuite
nous allames à l'Eglise ; la Rampe qui
nous y conduisit étoit toute illuminée .Ce
fut M. l'Archevêque de Tours qui nous
donna la Benediction Nuptiale ; après la
quelle nous retournâmes au Château au
son des Instrumens qui avoient joué pendant
la Messe.
·
La Princesse donna la Chemise à mon
Epouse ; le Prince voulut me la donner ,
mais dans la foule , je lui en épargnai la
peine.
Depuis cet heureux jour les plaisirs
n'ont pas discontinué icy ; je suis le plus
content des hommes ; j'ai rencontré la
plus aimable personne et la plus accomplie
qui fut jamais. Je vous aurai toujours
l'obligation de ce bonheur , et j'ose
vous assurer qu'elle vous en aura une pareille
, par mon attention à lui plaire.
A Veret le 15 Octobre 1731 .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En novembre 1731, plusieurs événements marquants se déroulèrent à la cour de France. À la veille de la Toussaint, le roi, portant le grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, se rendit à la chapelle du Château de Versailles pour assister à la messe et communier. La reine fit de même, communiant par les mains du Cardinal de Fleury. Le jour de la fête de la Toussaint, le roi et la reine assistèrent à la grand-messe célébrée par l'évêque de Lectoure et aux vêpres chantées par la musique, avec un sermon du Père Boursault, supérieur des Théatins. Le roi procéda à plusieurs nominations et attributions. Il nomma le Marquis de Vau-cremant ambassadeur extraordinaire à la cour de Turin. L'Abbé Couturier fut élu supérieur général du Séminaire de Saint-Sulpice. Le roi accorda également la survivance de la charge de Premier Président de la Chambre des Comptes à M. Nicolai pour son fils aîné. Le Comte et la Comtesse du Roure arrivèrent de Languedoc et furent reçus avec honneurs au Saint-Esprit, leur gouvernement. Des représentations théâtrales eurent lieu à la cour, notamment 'Le Comte d'Essex' et 'La Reconciliation Normande'. Le 12 novembre, l'ouverture du Parlement se fit par une messe solennelle célébrée par l'évêque de Nevers. Le 1er novembre, un concert spirituel fut donné aux Tuileries, avec des œuvres de M. Mouret et de M. de la Lande. Le 26 novembre, la lotterie de la Compagnie des Indes fut tirée, remboursant 309 actions. Le roi attribua plusieurs abbayes à divers ecclésiastiques, dont l'Abbaye de Madieu à l'Abbé Bastarot et l'Abbaye de Vauluisant à l'archevêque de Besançon. Une lettre du Comte de Blannes décrivit la fête donnée par la Princesse de Conti à l'occasion de son mariage avec Mademoiselle de la Rochefoucault de Nuilly. Cette fête inclut un souper illuminé, une épithalame chantée, un feu d'artifice et une bénédiction nuptiale par l'archevêque de Tours.
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58
p. 2874-2877
ITALIE.
Début :
Le Pere Colloredo, Religieux du Convent, dit de l'Eglise Neave, qui avoit d'abord [...]
Mots clefs :
Pape, Promotion de Cardinaux, Abbé, Forteresse, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Pere Colloredo , Religieux du Convent ;
Ldit de l'Eglise Neave , qui avoit d'abord
refusé l'Archevêché de Lucques , auquel le Pape
Favoit nommé , s'est déterminé à l'accepter
par soumission aux Ordres de S. S. Elle lui a
accordé depuis une pension de 1500. Ecus sur
l'Evêché vacant de Plaisance .
Le Courier qu'on avoit dépêché de Rome à
Lisbonne › pour y porter la nouvelle de la derniere
promotion de Cardinaux , en est revenu
avec des Lettres par lesquelles on apprend que
le Roy de Portugal avoit levé l'interdiction publiée
en 1728 ; qu'on y avoit rouvert le Tribunal
de la Nonciature au bruit de cinq décharges
de Boëtes , et que le soir la Place du Palais du
Nonce avoit été magnifiquement illuminée. Le
I. Vol. CarDECEMBRE
1731. 2875
Cardinal Cienfuegos , auquel ces Lettres étoient
adressées , alla le soir les communiquer au Pape ,
qui en parût très- satisfait.
La Congregation du bon Gouvernement s'est
Encore assemblée au sujet de la proposition qui
a été faite au Pape , de rendre le Port d'Ancone
un Port franc .
2 Dans le Consistoire du 19 Novembre le
Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché de
Lyon pour l'Evêque de Noyon , PÉvêché d'Orange
pour l'Abbé de Tilly , l'Abbaye de S. Jean
d'Angely , dans le Diocèse de Xaintes , pour
l'Abbé de Pezé , celle de Saint Pierre de Chezi
dans le Diocèse de Soissons , pour l'Abbé Joly
de Fleury , Chanoine de l'Église Métropolitaine
de Paris et celle de Saint Pierre de Lesterp ,
Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de Maillé de
la Tour Landry. I préconisa ensuite l'Abbé
Salomon pour celle de S. Gervais et S. Protais
d'Essey , Diocèse d'Agen ; l'Abbé de Bernon
de Charand , pour celle de S. Pierre de Vierson ,
Diocèse de Bourges , et l'Abbé Neret pour celle
-de S. Etienne de Vaux , Diocèse de Xaintes,
>
On mande de la Bastia en Corse , que depuis la
- réduction de la Forteresse de San Pelegrino , on
étoit convenu de part et d'autre d'une suspension
d'armes pour trois mois , et que pendant ce temps
les Rebelles auroient la liberté de se retirer dans
leurs maisons , sans pouvoir y être inquietés en
aucune manière.
On a appris depuis que les Troupes de la République
de Genes et les Troupes Auxiliaires de
P'Empereur qui sont dans l'Isle de Corse , ont
abandonné le Poste de San Pelegrino , parce qu'il
est trop exposé , et que ces Troupes étoient trop
éloignées de la Bastia , pour en recevoir du sé-
Cours , si les Rebelles les avoient attaqués.
I. Vol.
Оя
2876 MERCURE DE FRANCE
On a appris en dernier lieu de la Bastia , que
les hostilités y avoient entierement cessé depuis
la suspension d'Armes , et que le General Wach,
rendonc avoit dépêché un Courier à Vienne ,
pour y porter le résultat des dernieres confe
rences qu'il a eues avec les Chefs des Rebelles ,
qui se sont plaint de ce que les Troupes de la
République s'étoient retranchées dans le Poste
de San Pelegrino , quoiqu'on cût stipulé le con
traire dans l'Acte de suspension d'Armes.
,
Le 1. Novembre , le Comte de Charni , qui
commande les Troupes du Roy d'Espagne en
Italie , a prêté Serment au Grand Duc entre
les mains du General Capponi , Gouverneur de
Livourne , au nom des Troupes de S. M. Cath. -
qui resteront dant la Toscane. Ce Serment est
conçu en ces termes ::
I
i
Je Emanuel d'Orleans , Comte de Charni , &c.
promets , jure et m'engage , tant pour moi que
les Officiers et Soldats de S. M. Cath. que
pour
j'observerai toûjours inviolablement la plus réligieuse
fidelité et obéissance aux Ordres du Sere
nissime Jean- Gaston , Grand Duc de Toscane,, .
comme légitime et unique Souverain des Etats
de Toscane ; que chacun de nous , en entrant
au service de S. A. R , s'employera à défendre
sa personne , sa souveraineté , son authorité , ses
Etats , Biens et Sujets , et tout ce qui peut lui
appartenir , pourvû qu'il n'y ait rien de contraire
à la succession immediate du Serenissime
Prince et Infant Don Carlos , que nous devons
défendre et soûtenir conjointement avec les forces
de Toscane , que nous ne ferons rien qui
puisse empêcher ou retarder l'éxecution des ordres
des Gouverneurs et Ministres de S. A. R ,
conformément aux Reglemens faits à ce sujet ,
La Volo décla→ -
DECEMBRË. 1731. 1731 . 2877
déclarant en outre que nous serons toûjours
prêts à leur donner assistance à la premiere sommation
et à leur fournir tous les sécours nécessaires
& c.
>
2
Les Officiers de distinction qui sont arrivés
à Livourne avec l'Escadre du Roy d'Espagne ,
sont le Marquis de Mari , qui la commande
le Comte Don Fernand de Nunnez , Comman◄
dant sous le Marquis de Mari ; Don Joseph
de los Bosquos , Commandant des Galeres , le
Comte de Charni , le Marquis de Châteaufort ,
le Marquis del Pozzo - Blanco , le Marquis de
Torre Mayor , le Duc de Castro Pinnano , Don
Joseph de Flor de Viola , Commissaire General
des Guerres , Don François Utigers , et Don
Joseph Univars , Inspecteur , et le Colonel du
Regiment de Castille,
On a preparé dans la Maison Professe des Jesuites
de Livourne un Appartement pour le Car
dinal Belluga , qui doit venir y recevoir l'Infant
Don Carlos , accompagné d'un grand nom
bre de Gentilshommes Romains
La Garnison de Livourne est composée presentement
de 2200. Espagnols et de 1100. Toscans,
ces derniers sont commandez par le Colonel
Velluti. Il y aura à Porto Ferraïo 800.
Espagnols sous le commandement du Colonel
Ferreti , et à Pişe un Détachement d'Infanterie
Espagnole avec 400. hommes de Cavalerie de la
même Nation .
Les dernieres Lettres de Livourne portent , que
les Troupes destinées à la Garnison de cette Ville,
étoient composées les deux tiers d'Espagnols
et le tiers de Toscans ; et que le service des uns
et des autres étoit si bien concerté et reglé , qu'il
ne pouvoit survenir aucun sujet de dispute entre
les deux Nations.
E Pere Colloredo , Religieux du Convent ;
Ldit de l'Eglise Neave , qui avoit d'abord
refusé l'Archevêché de Lucques , auquel le Pape
Favoit nommé , s'est déterminé à l'accepter
par soumission aux Ordres de S. S. Elle lui a
accordé depuis une pension de 1500. Ecus sur
l'Evêché vacant de Plaisance .
Le Courier qu'on avoit dépêché de Rome à
Lisbonne › pour y porter la nouvelle de la derniere
promotion de Cardinaux , en est revenu
avec des Lettres par lesquelles on apprend que
le Roy de Portugal avoit levé l'interdiction publiée
en 1728 ; qu'on y avoit rouvert le Tribunal
de la Nonciature au bruit de cinq décharges
de Boëtes , et que le soir la Place du Palais du
Nonce avoit été magnifiquement illuminée. Le
I. Vol. CarDECEMBRE
1731. 2875
Cardinal Cienfuegos , auquel ces Lettres étoient
adressées , alla le soir les communiquer au Pape ,
qui en parût très- satisfait.
La Congregation du bon Gouvernement s'est
Encore assemblée au sujet de la proposition qui
a été faite au Pape , de rendre le Port d'Ancone
un Port franc .
2 Dans le Consistoire du 19 Novembre le
Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché de
Lyon pour l'Evêque de Noyon , PÉvêché d'Orange
pour l'Abbé de Tilly , l'Abbaye de S. Jean
d'Angely , dans le Diocèse de Xaintes , pour
l'Abbé de Pezé , celle de Saint Pierre de Chezi
dans le Diocèse de Soissons , pour l'Abbé Joly
de Fleury , Chanoine de l'Église Métropolitaine
de Paris et celle de Saint Pierre de Lesterp ,
Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de Maillé de
la Tour Landry. I préconisa ensuite l'Abbé
Salomon pour celle de S. Gervais et S. Protais
d'Essey , Diocèse d'Agen ; l'Abbé de Bernon
de Charand , pour celle de S. Pierre de Vierson ,
Diocèse de Bourges , et l'Abbé Neret pour celle
-de S. Etienne de Vaux , Diocèse de Xaintes,
>
On mande de la Bastia en Corse , que depuis la
- réduction de la Forteresse de San Pelegrino , on
étoit convenu de part et d'autre d'une suspension
d'armes pour trois mois , et que pendant ce temps
les Rebelles auroient la liberté de se retirer dans
leurs maisons , sans pouvoir y être inquietés en
aucune manière.
On a appris depuis que les Troupes de la République
de Genes et les Troupes Auxiliaires de
P'Empereur qui sont dans l'Isle de Corse , ont
abandonné le Poste de San Pelegrino , parce qu'il
est trop exposé , et que ces Troupes étoient trop
éloignées de la Bastia , pour en recevoir du sé-
Cours , si les Rebelles les avoient attaqués.
I. Vol.
Оя
2876 MERCURE DE FRANCE
On a appris en dernier lieu de la Bastia , que
les hostilités y avoient entierement cessé depuis
la suspension d'Armes , et que le General Wach,
rendonc avoit dépêché un Courier à Vienne ,
pour y porter le résultat des dernieres confe
rences qu'il a eues avec les Chefs des Rebelles ,
qui se sont plaint de ce que les Troupes de la
République s'étoient retranchées dans le Poste
de San Pelegrino , quoiqu'on cût stipulé le con
traire dans l'Acte de suspension d'Armes.
,
Le 1. Novembre , le Comte de Charni , qui
commande les Troupes du Roy d'Espagne en
Italie , a prêté Serment au Grand Duc entre
les mains du General Capponi , Gouverneur de
Livourne , au nom des Troupes de S. M. Cath. -
qui resteront dant la Toscane. Ce Serment est
conçu en ces termes ::
I
i
Je Emanuel d'Orleans , Comte de Charni , &c.
promets , jure et m'engage , tant pour moi que
les Officiers et Soldats de S. M. Cath. que
pour
j'observerai toûjours inviolablement la plus réligieuse
fidelité et obéissance aux Ordres du Sere
nissime Jean- Gaston , Grand Duc de Toscane,, .
comme légitime et unique Souverain des Etats
de Toscane ; que chacun de nous , en entrant
au service de S. A. R , s'employera à défendre
sa personne , sa souveraineté , son authorité , ses
Etats , Biens et Sujets , et tout ce qui peut lui
appartenir , pourvû qu'il n'y ait rien de contraire
à la succession immediate du Serenissime
Prince et Infant Don Carlos , que nous devons
défendre et soûtenir conjointement avec les forces
de Toscane , que nous ne ferons rien qui
puisse empêcher ou retarder l'éxecution des ordres
des Gouverneurs et Ministres de S. A. R ,
conformément aux Reglemens faits à ce sujet ,
La Volo décla→ -
DECEMBRË. 1731. 1731 . 2877
déclarant en outre que nous serons toûjours
prêts à leur donner assistance à la premiere sommation
et à leur fournir tous les sécours nécessaires
& c.
>
2
Les Officiers de distinction qui sont arrivés
à Livourne avec l'Escadre du Roy d'Espagne ,
sont le Marquis de Mari , qui la commande
le Comte Don Fernand de Nunnez , Comman◄
dant sous le Marquis de Mari ; Don Joseph
de los Bosquos , Commandant des Galeres , le
Comte de Charni , le Marquis de Châteaufort ,
le Marquis del Pozzo - Blanco , le Marquis de
Torre Mayor , le Duc de Castro Pinnano , Don
Joseph de Flor de Viola , Commissaire General
des Guerres , Don François Utigers , et Don
Joseph Univars , Inspecteur , et le Colonel du
Regiment de Castille,
On a preparé dans la Maison Professe des Jesuites
de Livourne un Appartement pour le Car
dinal Belluga , qui doit venir y recevoir l'Infant
Don Carlos , accompagné d'un grand nom
bre de Gentilshommes Romains
La Garnison de Livourne est composée presentement
de 2200. Espagnols et de 1100. Toscans,
ces derniers sont commandez par le Colonel
Velluti. Il y aura à Porto Ferraïo 800.
Espagnols sous le commandement du Colonel
Ferreti , et à Pişe un Détachement d'Infanterie
Espagnole avec 400. hommes de Cavalerie de la
même Nation .
Les dernieres Lettres de Livourne portent , que
les Troupes destinées à la Garnison de cette Ville,
étoient composées les deux tiers d'Espagnols
et le tiers de Toscans ; et que le service des uns
et des autres étoit si bien concerté et reglé , qu'il
ne pouvoit survenir aucun sujet de dispute entre
les deux Nations.
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Résumé : ITALIE.
En décembre 1731, plusieurs événements politiques et militaires ont marqué l'Italie et la Corse. En Italie, le religieux Pere Colloredo a accepté l'Archevêché de Lucques après avoir reçu une pension de 1500 écus du Pape. Le Roi de Portugal a levé l'interdiction de 1728, permettant la réouverture du Tribunal de la Nonciature à Lisbonne, ce qui a satisfait le Pape. La Congrégation du bon Gouvernement a examiné la proposition de transformer le Port d'Ancone en Port franc. Lors du Consistoire du 19 novembre, diverses nominations ecclésiastiques ont été proposées, notamment pour les archevêchés de Lyon et les abbayes de Saint-Jean-d'Angély et Saint-Pierre de Chezi. En Corse, une suspension d'armes de trois mois a été conclue après la réduction de la forteresse de San Pellegrino, permettant aux rebelles de se retirer chez eux sans être inquiétés. Les troupes de la République de Gênes et les troupes auxiliaires de l'Empereur ont abandonné le poste de San Pellegrino en raison de son exposition. Les hostilités ont cessé à Bastia, et le général Wach a envoyé un courrier à Vienne pour rapporter les résultats des conférences avec les chefs rebelles. Le Comte de Charni, commandant des troupes espagnoles en Italie, a prêté serment au Grand-Duc de Toscane, affirmant fidélité et obéissance aux ordres du Grand-Duc et à la succession du Prince Don Carlos. Plusieurs officiers espagnols de distinction sont arrivés à Livourne avec l'escadre du Roi d'Espagne. La garnison de Livourne est composée de 2200 Espagnols et 1100 Toscans, avec des détachements à Porto Ferraio et Pise. Un appartement a été préparé pour le Cardinal Belluga à Livourne, où il doit recevoir l'Infant Don Carlos.
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59
p. 3056-3057
Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
Début :
On sçait assès l'étroite liaison d'amitié qui est, depuis long- temps, entre l'Abbé [...]
Mots clefs :
Abbé, Amitié
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texteReconnaissance textuelle : Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
On sçait assès l'étroite liaison d'amitié
qui est , depuis long- temps , entre l'Abbé
de Pompone et l'Abbé de Fourcy , liaison
qu'ils ont cultivée dès leur enfance ,
dont ils avoient pris les Principes chez
Mrs leurs Peres , qui s'aimoiert et s'estimoient
infiniment. L'Abbé de Pomponne
ayant achetté depuis peu une très - jolie
Maison à Nogent sur Marne , où il a
destiné un Appartement à l'Abbé de
11. Vol.
Fourcy
·
DECEMBRE 1731. 3057
Fourcy , il lui demanda son Portrait pour
mettre dans cet Appartement : l'Abbé de
Fourcy , qui en a un fort beau , peint par
Mr. Rigault , il y a 2 ans , et qu'on a
fait graver , en a fait faire une copie ,
qu'il a envoyée à M. l'Abbé de Pomponne,
avec une très- belle bordure
compagnée des Vers suivans :
et il l'a ac-
Hæc sit amicitiæ gratum tibi pignus , amice
Hæc sit et obsequii missa tabella mei .
Illa tibi vultus referat quos semper amasti ,
i
Aut referat potius cur placuere tibi .
Dicat qui fuerit noster , qualisque parentum
•
Vix memori spatio , consociatus amor.
Dicat , et assiduè renovandum dicat , et annos
Qui superent qui jam præteriere , petat.
qui est , depuis long- temps , entre l'Abbé
de Pompone et l'Abbé de Fourcy , liaison
qu'ils ont cultivée dès leur enfance ,
dont ils avoient pris les Principes chez
Mrs leurs Peres , qui s'aimoiert et s'estimoient
infiniment. L'Abbé de Pomponne
ayant achetté depuis peu une très - jolie
Maison à Nogent sur Marne , où il a
destiné un Appartement à l'Abbé de
11. Vol.
Fourcy
·
DECEMBRE 1731. 3057
Fourcy , il lui demanda son Portrait pour
mettre dans cet Appartement : l'Abbé de
Fourcy , qui en a un fort beau , peint par
Mr. Rigault , il y a 2 ans , et qu'on a
fait graver , en a fait faire une copie ,
qu'il a envoyée à M. l'Abbé de Pomponne,
avec une très- belle bordure
compagnée des Vers suivans :
et il l'a ac-
Hæc sit amicitiæ gratum tibi pignus , amice
Hæc sit et obsequii missa tabella mei .
Illa tibi vultus referat quos semper amasti ,
i
Aut referat potius cur placuere tibi .
Dicat qui fuerit noster , qualisque parentum
•
Vix memori spatio , consociatus amor.
Dicat , et assiduè renovandum dicat , et annos
Qui superent qui jam præteriere , petat.
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Résumé : Vers Latins sur le Portrait de *** [titre d'après la table]
Le texte relate l'amitié profonde et durable entre l'Abbé de Pompone et l'Abbé de Fourcy, nourrie depuis leur enfance grâce à l'affection mutuelle de leurs pères. Récemment, l'Abbé de Pompone a acquis une maison à Nogent-sur-Marne et y a réservé un appartement pour l'Abbé de Fourcy. Pour décorer cet appartement, l'Abbé de Pompone a demandé un portrait de l'Abbé de Fourcy. Ce dernier, possédant un portrait peint par Monsieur Rigault et gravé deux ans plus tôt, en a fait réaliser une copie qu'il a envoyée à l'Abbé de Pompone. La copie était accompagnée d'une belle bordure et de vers latins célébrant leur amitié et leur respect mutuel. Ces vers soulignent la valeur de cette amitié et rappellent les liens familiaux et l'affection partagée entre les deux abbés.
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60
p. 1413-1415
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
Début :
Vous voulez absolument que je vous donne des nouvelles de ce Pays-cy, [...]
Mots clefs :
Français, Suisse, Abbé, Mercure suisse, Muralt, Lettres sur les Anglais et les Français, France, Nouvelles littéraires, Bon sens
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet
d'un nouveau Journal , & c.
V
Ous voulez absolument que je vous
donne des nouvelles de ce Pays- cy,
et sur tout des Nouvelles Litteraires ;
vous ne pensez donc pas comme beaucoup
de gens de votre Pays , qui s'imaginent
qu'en Suisse la Litterature est toutà
- fait négligée ; d'autres en outrant les
choses , nous disputent encore la poli- .
tesse , le bon sens et presque la raison.
On a eu le même préjugé à l'égard des
Orientaux en general , et à l'égard des
Turcs en particulier ; mais ceux- cy se
trouvent pleinement justifiez sur leur
ignorance prétendue , dans une Piece
nous avons lûe avec plaisir dans le Mercure
de France du mois dernier . Nous.
ne serons pas surpris que quelque Apologiste
prenne aussi un jour notre deffense
en main et désabuse du moins un
certain Public , de la mauvaise prévention
dont le vulgaire est rempli contre
la Nation Suisse.
que
En attendant , et pour commencer en
quelque façon cette Apologie , je vous
dirai qu'on imprime ici depuis le mois de
II. Vol.
Dé1414
MERCURE DE FRANCE
Décembre 1732. un Mercure Suisse , ou
Recueil de Nouvelles Historiques , Politi
ques , Litteraires et Curieuses , dont on paroît
assez content. Voici un petit Extrait
de celui du mois de Mars dernier ,
que
j'ai estimé digne de votre curiosité.
» En l'année 1726. l'Abbé D ... publia
» une Critique des Lettres de M. de Mu-
» ralt , sur les Moeurs des François et des
»
Anglois , sous ce titre : Apologie du ca-
» ractere des Anglois et des François , ou
Observations sur le Livre intitulé , Lettre
» sur les Anglois et les François , et sur les
»Voyages ; avec la deffense de la sixième
» Satyre de M. Despreaux , et la justificantion
du bel esprit François .
» Cet Abbé commence peu poliment
son Livre par ces mots : Dès que les
» Lettres sur les Anglois et les François
» et sur les Voyages , parurent , je les lûs
» avec une attention curieuse , et je fus bien
» aise de voir un Suisse penser. C'étoit loüer
le judicieux Auteur de ces Lettres , ( qui
» est Suisse ) d'une maniere peu convena-
» ble , et faire en même-temps insulte à
» toute sa Nation . Pour venger les Suis-
» ses , un d'entre eux , aussi peu poli que
» cet Abbé , et ami de M. de Muralt ,
»composa les Vers suivans. On nous prie
» de les inserer ici , parce qu'on ne les
II. Vol. >> a.
JUIN. 1733. 1415
a point encore vûs dans aucun Recueil,
mais on avertit que l'on n'y a nullement
en vûë tous les Auteurs François
en general. On sçait distinguer en Suisse
, tout comme ailleurs , le petit nombre
de bons Ecrivains , de la foule immense
des mauvais.Cette Epigramme ne
regarde donc aucun autre François que
les Auteurs de la classe de l'Abbé D ...
etit Abbé , le sçavoir vivre ,
'est point chez vous en lieu natal
t votre orgueil n'enfante un Livre ,
Que pour lancer un trait brutal .
ous pensiez donc , froid Satirique ,
Qu'avant Muralt , tout Helvetique ,
Ne pensoit point , ou pensoit mal ;
Et vous pensiez comme un cheval .
François , quittez vos fiers caprices ,
Connoissez mieux vos bons voisins .
Si vous pensiez , esprits trop vains ,
Autant , aussi bien que maints Suisses ;
Au lieu de vos tas d'Ecrivains ,
Pour la plupart fades Narcisses ,
La France auroit plus d'Esprits sains
Et qui pourvûs en hommes sages ,
Du bon sens des Treize Cantons ,
Ne produiroient que peu d'Ouvrages ;
Mais ces Ouvrages seroient bons.
Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet
d'un nouveau Journal , & c.
V
Ous voulez absolument que je vous
donne des nouvelles de ce Pays- cy,
et sur tout des Nouvelles Litteraires ;
vous ne pensez donc pas comme beaucoup
de gens de votre Pays , qui s'imaginent
qu'en Suisse la Litterature est toutà
- fait négligée ; d'autres en outrant les
choses , nous disputent encore la poli- .
tesse , le bon sens et presque la raison.
On a eu le même préjugé à l'égard des
Orientaux en general , et à l'égard des
Turcs en particulier ; mais ceux- cy se
trouvent pleinement justifiez sur leur
ignorance prétendue , dans une Piece
nous avons lûe avec plaisir dans le Mercure
de France du mois dernier . Nous.
ne serons pas surpris que quelque Apologiste
prenne aussi un jour notre deffense
en main et désabuse du moins un
certain Public , de la mauvaise prévention
dont le vulgaire est rempli contre
la Nation Suisse.
que
En attendant , et pour commencer en
quelque façon cette Apologie , je vous
dirai qu'on imprime ici depuis le mois de
II. Vol.
Dé1414
MERCURE DE FRANCE
Décembre 1732. un Mercure Suisse , ou
Recueil de Nouvelles Historiques , Politi
ques , Litteraires et Curieuses , dont on paroît
assez content. Voici un petit Extrait
de celui du mois de Mars dernier ,
que
j'ai estimé digne de votre curiosité.
» En l'année 1726. l'Abbé D ... publia
» une Critique des Lettres de M. de Mu-
» ralt , sur les Moeurs des François et des
»
Anglois , sous ce titre : Apologie du ca-
» ractere des Anglois et des François , ou
Observations sur le Livre intitulé , Lettre
» sur les Anglois et les François , et sur les
»Voyages ; avec la deffense de la sixième
» Satyre de M. Despreaux , et la justificantion
du bel esprit François .
» Cet Abbé commence peu poliment
son Livre par ces mots : Dès que les
» Lettres sur les Anglois et les François
» et sur les Voyages , parurent , je les lûs
» avec une attention curieuse , et je fus bien
» aise de voir un Suisse penser. C'étoit loüer
le judicieux Auteur de ces Lettres , ( qui
» est Suisse ) d'une maniere peu convena-
» ble , et faire en même-temps insulte à
» toute sa Nation . Pour venger les Suis-
» ses , un d'entre eux , aussi peu poli que
» cet Abbé , et ami de M. de Muralt ,
»composa les Vers suivans. On nous prie
» de les inserer ici , parce qu'on ne les
II. Vol. >> a.
JUIN. 1733. 1415
a point encore vûs dans aucun Recueil,
mais on avertit que l'on n'y a nullement
en vûë tous les Auteurs François
en general. On sçait distinguer en Suisse
, tout comme ailleurs , le petit nombre
de bons Ecrivains , de la foule immense
des mauvais.Cette Epigramme ne
regarde donc aucun autre François que
les Auteurs de la classe de l'Abbé D ...
etit Abbé , le sçavoir vivre ,
'est point chez vous en lieu natal
t votre orgueil n'enfante un Livre ,
Que pour lancer un trait brutal .
ous pensiez donc , froid Satirique ,
Qu'avant Muralt , tout Helvetique ,
Ne pensoit point , ou pensoit mal ;
Et vous pensiez comme un cheval .
François , quittez vos fiers caprices ,
Connoissez mieux vos bons voisins .
Si vous pensiez , esprits trop vains ,
Autant , aussi bien que maints Suisses ;
Au lieu de vos tas d'Ecrivains ,
Pour la plupart fades Narcisses ,
La France auroit plus d'Esprits sains
Et qui pourvûs en hommes sages ,
Du bon sens des Treize Cantons ,
Ne produiroient que peu d'Ouvrages ;
Mais ces Ouvrages seroient bons.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Neufchâtel le 4. May 1733. au sujet d'un nouveau Journal, &c.
En mai 1733, un correspondant de Neufchâtel réfute les préjugés selon lesquels la littérature suisse serait négligée ou inférieure. Il compare ces préjugés à ceux existant envers les Orientaux et les Turcs, justifiés par une œuvre publiée dans le Mercure de France. Il espère qu'un jour, un apologiste défendra la Suisse contre ces mauvaises préventions. L'auteur mentionne la publication, depuis décembre 1732, du journal 'Mercure Suisse', contenant des nouvelles historiques, politiques, littéraires et curieuses. Il partage un extrait du Mercure Suisse de mars 1733, relatant une controverse littéraire de 1726. L'Abbé D... avait critiqué les 'Lettres de M. de Muralt' sur les mœurs des Français et des Anglais de manière impolie. Un Suisse, ami de M. de Muralt, avait répondu par une épigramme. L'auteur précise que cette épigramme ne vise pas tous les auteurs français, mais seulement ceux de la classe de l'Abbé D..., et que les Suisses savent distinguer les bons écrivains des mauvais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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61
p. 1658-1660
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le 12 Juin, le Cardinal Otthoboni proposa [...]
Mots clefs :
Conseil collatéral, Comte, Venise, Vice-roi, Pape, Abbé, Église ducale de Saint-Marc, Doge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ans le Consistoire secret que le Pape tint le
12 Juin , le Cardinal Otthoboni proposa
PAbbare de S. Serge d'Angers, pour l'Abbe de la
Rochechouart , et preconisa l'Abbé Dandigné
pour l'Evêché d'Acqs , et l'Abbé de Toyal de
Donnery , pour l'Abbaie de N. D. de Mirval ,
Diocèse de Tou !.
Le Pape a nommé M. Ariozzi , Auditeur de la
Nonciature d'Avignon , à la place de M. Cervia
fait depuis peu Recteur de l'Eglise
ni ,
S. S que
de Carpentras.
On mande de Venise que le 25 du mois dernier
, Fête de l'Apparition de S.Marc , le Doge,
accompagné de toute la Seigneurie , assista au
Service Divin , dans l'Eglise Ducale de S. Marc ,
où l'on avoit exposé à la vénération du public ,
le Doigt de ce Saint , et l'Evangile écrit de sa
propre main , transporté d'Aquilée en 1420.
à Venise.
?
On a appris de Venise , de Milan et de plusieurs
autres Endroits que les Pluyes continuelles
qui regnent en Italie depuis près de deux mois ,
font craindre que la récolte du bled sur tout, ne
soit tres - mauvaise . On écrit en dernier lieu de
Turin , que l'aboudance des Pluies a tellemeng
grossi la Doire , que cette Riviere a inondé une
partie des Campagnes qu'elle arrose et qu'elle a
renversé le Pont qui conduisoit à la Venerie.
[ ... QA
JUILLET . 1733 . 1659
On écrit de Naples que le 11 Juin , le Comte
d'Arrach , cy-devant Viceroi de ce Royaume ,
revint de la Barra, et prit congé du Conseil Col
latéral et des autres Tribunaux , avec les cérémonis
accoutumées; l'après midi , accompagné
d'un grand nombre de Seigneurs et d'Officiers
de distinction , et suivi de plusieurs Carosses à
six Chevaux , il alla à B. itto, sur le chemin d'A–
verse , à la rencontre du Comte Jules Visconti ;
qui y arriva vers les six heures du soir , escorté
de Compagnies de Cuirassiers , qu'on avoit envoyées
audevant de lui sur la Frontiere.
Après avoir complimenté le nouveau Viceroi
sur son heureuse arrivée , il le fit monter dans
son Carosse avec le Comte Figuerola , Duc de
Mayera , General des Postes du Royaume, Don
Thomas Scarano , Maître des Couriers, et Don
François Martellone , Commissaire de la Campagne
à leur Entrée dans Naples ils furent salucz
de plusieurs décharges generales de l'Artillerie
des Remparts et de ja Citadelle , et des Canons
des Vaisseaux du Port ; et s'étant rendus
au Palais au bruit des acclamations du Peuple
qui bordoit les rues de leur passage , ils furent
feçûs au bas de l'Escalier par le Conseil Collateral
et par les autres Tribunaux , le Comte d'Artach
ayant conduit le nouveau Viceroi en son
appartement , alla à la Salle du Conseil , où il
déposa le dement
entre les mains du
Président; il partit ensuite avec la Comitesse son
épouse , pour retourner à la Cour de Vienne.
Le lendemain au matin le Conseil Collateral
sassembla de nouveau , et il distribua , selon l'usage,
quelques graces , comme étant dépositairede
l'authorité souveraine , jusqu'à l'installation
du Viceioi. Vers les dix heures , le Comte Vis-
I ij comti
2221
1660 MERCURE DE FRANCE
comti , se rendit au Conseil , et après les formalitez
ordinaires , il y grit possession de la Vice-
Royauté et du commandement des Troupes.
Un Armateur Gênois ayant pris dans les Croi
sieres , un Vaisseau Turc , et l'ayant conduit à
Malte , n'a pu obtenir que le Grand- Maître déclarât
la prise bonne , parce qu'il se trouvoit à
bord de ce Bâtiment quelques Passagers Grecs ,
munis d'un Passeport de l'Empereur . Cet Armateur
s'est rendu à Gênes avec sa Prise , qui est
fort considerable.
Voicy l'Amnistic accordée par la République
de Gênes à ses Sujets de l'Ile de Corse , &c.
Ans le Consistoire secret que le Pape tint le
12 Juin , le Cardinal Otthoboni proposa
PAbbare de S. Serge d'Angers, pour l'Abbe de la
Rochechouart , et preconisa l'Abbé Dandigné
pour l'Evêché d'Acqs , et l'Abbé de Toyal de
Donnery , pour l'Abbaie de N. D. de Mirval ,
Diocèse de Tou !.
Le Pape a nommé M. Ariozzi , Auditeur de la
Nonciature d'Avignon , à la place de M. Cervia
fait depuis peu Recteur de l'Eglise
ni ,
S. S que
de Carpentras.
On mande de Venise que le 25 du mois dernier
, Fête de l'Apparition de S.Marc , le Doge,
accompagné de toute la Seigneurie , assista au
Service Divin , dans l'Eglise Ducale de S. Marc ,
où l'on avoit exposé à la vénération du public ,
le Doigt de ce Saint , et l'Evangile écrit de sa
propre main , transporté d'Aquilée en 1420.
à Venise.
?
On a appris de Venise , de Milan et de plusieurs
autres Endroits que les Pluyes continuelles
qui regnent en Italie depuis près de deux mois ,
font craindre que la récolte du bled sur tout, ne
soit tres - mauvaise . On écrit en dernier lieu de
Turin , que l'aboudance des Pluies a tellemeng
grossi la Doire , que cette Riviere a inondé une
partie des Campagnes qu'elle arrose et qu'elle a
renversé le Pont qui conduisoit à la Venerie.
[ ... QA
JUILLET . 1733 . 1659
On écrit de Naples que le 11 Juin , le Comte
d'Arrach , cy-devant Viceroi de ce Royaume ,
revint de la Barra, et prit congé du Conseil Col
latéral et des autres Tribunaux , avec les cérémonis
accoutumées; l'après midi , accompagné
d'un grand nombre de Seigneurs et d'Officiers
de distinction , et suivi de plusieurs Carosses à
six Chevaux , il alla à B. itto, sur le chemin d'A–
verse , à la rencontre du Comte Jules Visconti ;
qui y arriva vers les six heures du soir , escorté
de Compagnies de Cuirassiers , qu'on avoit envoyées
audevant de lui sur la Frontiere.
Après avoir complimenté le nouveau Viceroi
sur son heureuse arrivée , il le fit monter dans
son Carosse avec le Comte Figuerola , Duc de
Mayera , General des Postes du Royaume, Don
Thomas Scarano , Maître des Couriers, et Don
François Martellone , Commissaire de la Campagne
à leur Entrée dans Naples ils furent salucz
de plusieurs décharges generales de l'Artillerie
des Remparts et de ja Citadelle , et des Canons
des Vaisseaux du Port ; et s'étant rendus
au Palais au bruit des acclamations du Peuple
qui bordoit les rues de leur passage , ils furent
feçûs au bas de l'Escalier par le Conseil Collateral
et par les autres Tribunaux , le Comte d'Artach
ayant conduit le nouveau Viceroi en son
appartement , alla à la Salle du Conseil , où il
déposa le dement
entre les mains du
Président; il partit ensuite avec la Comitesse son
épouse , pour retourner à la Cour de Vienne.
Le lendemain au matin le Conseil Collateral
sassembla de nouveau , et il distribua , selon l'usage,
quelques graces , comme étant dépositairede
l'authorité souveraine , jusqu'à l'installation
du Viceioi. Vers les dix heures , le Comte Vis-
I ij comti
2221
1660 MERCURE DE FRANCE
comti , se rendit au Conseil , et après les formalitez
ordinaires , il y grit possession de la Vice-
Royauté et du commandement des Troupes.
Un Armateur Gênois ayant pris dans les Croi
sieres , un Vaisseau Turc , et l'ayant conduit à
Malte , n'a pu obtenir que le Grand- Maître déclarât
la prise bonne , parce qu'il se trouvoit à
bord de ce Bâtiment quelques Passagers Grecs ,
munis d'un Passeport de l'Empereur . Cet Armateur
s'est rendu à Gênes avec sa Prise , qui est
fort considerable.
Voicy l'Amnistic accordée par la République
de Gênes à ses Sujets de l'Ile de Corse , &c.
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Résumé : ITALIE.
Le 12 juin, le Pape tint un Consistoire secret où le Cardinal Otthoboni proposa plusieurs nominations : l'Abbé de S. Serge d'Angers pour l'Abbaye de la Rochechouart, l'Abbé Dandigné pour l'Évêché d'Acqs, et l'Abbé de Toyal de Donnery pour l'Abbaye de N. D. de Mirval dans le Diocèse de Toul. Le Pape nomma également M. Ariozzi pour remplacer M. Cervia à Carpentras. À Venise, le 25 mai, le Doge et la Seigneurie assistèrent à un service divin où étaient exposés le Doigt de Saint Marc et un Évangile écrit de sa main. En Italie, des pluies continues depuis deux mois menacent les récoltes, notamment de blé, et ont causé des inondations à Turin. À Naples, le 11 juin, le Comte d'Arrach, ancien Vice-roi, remit ses pouvoirs au Comte Jules Visconti, nouveau Vice-roi, avant de quitter Naples pour Vienne. Un armateur génois, ayant capturé un vaisseau turc, n'a pas pu valider sa prise à Malte en raison de la présence de passagers grecs munis d'un passeport impérial et est retourné à Gênes avec sa prise.
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62
p. 2053
VAUDEVILLE.
Début :
L'Hymen a quelquefois des charmes, [...]
Mots clefs :
Amour, Coeur, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : VAUDEVILLE.
VAUDEVILLE.
L'Hymen a quelquefois des charmes ,
Quand l'Amour lui préte ses Armes ;
Sous son Empire tout nous rit ;
Mais souvent l'Amour fait retraire
Tâtez- en tourelourirette ,
Si le coeur vous en dit.
*
Un Abbé dans une ruelle ,
En secret amuse une Belle ,
Un Petit Maître l'étourdit ;
De. l'Abbé je ferois emplette ;
Tâtez-en , & c.
M
18
;
Si cette Piece à sçû vous plaire',
Pour l'Auteur , quel plus doux salaire !'
Votre suffrage lui suffit ;
La voila telle qu'elle est faite ,
Tâtez en , tourelourirette ',,
Si le coeur vous en dit.-
L'Hymen a quelquefois des charmes ,
Quand l'Amour lui préte ses Armes ;
Sous son Empire tout nous rit ;
Mais souvent l'Amour fait retraire
Tâtez- en tourelourirette ,
Si le coeur vous en dit.
*
Un Abbé dans une ruelle ,
En secret amuse une Belle ,
Un Petit Maître l'étourdit ;
De. l'Abbé je ferois emplette ;
Tâtez-en , & c.
M
18
;
Si cette Piece à sçû vous plaire',
Pour l'Auteur , quel plus doux salaire !'
Votre suffrage lui suffit ;
La voila telle qu'elle est faite ,
Tâtez en , tourelourirette ',,
Si le coeur vous en dit.-
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Résumé : VAUDEVILLE.
Le texte est un extrait de vaudeville sur l'amour et le mariage. Il souligne que l'amour peut rendre le mariage agréable mais peut aussi se retirer. Une scène montre un abbé et un jeune homme courtisant une femme. L'auteur préfère l'abbé mais laisse le jugement au lecteur. Il invite le public à apprécier la pièce et à décider s'il l'aime.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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63
p. 244-250
ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
Début :
Joachim le Grand, nâquit à Saint Lo, Diocèse de Coutances, en Basse Normandie, [...]
Mots clefs :
Histoire, Joachim Legrand, Oratoire, Éloge, Abbé, Roi, Paris, Docteur, Succession, Espagne, Mort
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texteReconnaissance textuelle : ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
ELOGE Historique de M. l'Abbé le
Grand ; par le R. Per: Bougerel , Prêtre
de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge .
Ji
Oachim le Grand, nâquit à Saint Lo ,
Diocèse de Coutances , en Basse Normandie
, le 6 Février 1653. Il étudia la
Philo- [
FEVRIER. 1734. 245
Philosophie à Caen , sous le celebre Pierre
Cailly, et eut pour condisciple Pierre-
François de la Tour , mort depuis peu
General de l'Oratoire ; leur union a duré
autant que leur vie.
Il entra dans cette Congrégation en
1671. Il y étudia les Belles-Lettres et la
Théologie. Il en sortit en 1676. et s'attacha
à l'étude de l'Histoire par le conseil
du Pere le Cointe , et par la facilité
qu'il eut de consulter les Manuscrits
de la Bibliotheque du Roy, dont M.Thevenot
avoit alors la garde .
Le P. le Cointe étant décédé en 1681 .
il fit son Eloge , et ensuite celui de l'Abbé
de Maroles. Ces Eloges parurent dans
le Journal des Sçavans , Février et Avril
de la même année. L'Abbé le Grand fut
ensuite chargé successivement de l'éducation
du Marquis de Vins , et de celle
du Duc d'Etrées , sans aucun dérangement
dans le Plan de ses études d'Histoire
et de Critique.
Il eut en 1685. une conférence avec le
Docteur Burnet , depuis Evêque de Salisburi
, qui étoit venu à Paris , au sujet
de son Histoire de la Reformation d'Angletere
; dans laquelle l'Abbé le Grand
fit paroître beaucoup de capacité et beaucoup
d'amour pour la verité . Cette ma-
C tie246
MERCURE DE FRANCE
tiere l'engagea depuis à composer un
Ouvrage considérable sous ce titre : Histoire
du Divorce d'Henry VIII. Roy d'Angleterre
, et de Catherine d'Aragon ; la Def
fense de Sanderus , et la Réfutation des deux
premiers Livres de l'Histoire de la Réforma
tion de M. Burnet , et les Preuves. 3. vol
in 12.Paris , chez Martin et Boudot, 1688 .
Le Docteur Burnet ayant fait une courte
Critique en forme de Lettre de cette
Histoire, mais peu mesurée , par rapport
à son Auteur , l'Abbé le Grand se contenta
de publier de nouveau cette Lettre
avec un Avertissement à la tête , et quelques
Remarques au bas des pages .
L'année suivante 1689. le même Docteur
B... publia une Critique de l'Histoire
des Variations,ce qui donna lieu à l'Abbé
le Grand de lui adresser trois Lettres ,
sur les Variations , sur la Réformation et sur
l'Histoire du Divorce , lesquelles furent
imprimées à Paris en 1691. précédées
d'une Préface remplie d'Observations.
sur l'Histoire des Eglises Réformées , de
M. Basnage .
L'année suivante l'Abbé d'Estrées ayant
été nommé Ambassadeur en Portugal , il
choisit l'Abbé le Grand pour Secretairede
l'Ambassade . Celui- cy profita de l'occasion
pour acquerir de grandes connoissanFEVRIER.
1734. 247
sances sur les vastes Païs que les Portugais
appellent leurs Conquêtes.
De retour en France en 1697. il fit un
voyage en Bourgogne et en Dauphiné ,
pour recueillir les Memoires necessaires à
la composition de l'Histoire de ces Provinces.
Il fit imprimer en 1701. sa Traduction
de l'Histoire de l'Isle de Ceylan , du Capitaine
Jean de Ribeyro , à laquelle il ajouta
beaucoup de choses de son propre fonds:
Ouvrage qu'il dédia à la Comtesse d'Ericeyra.
En 1702 , 1703 et 1794 , notre Sçavant
fut encore employé en qualité de Secre
taire d'Ambassade , sous celles du Cardinal
et de l'Abbé d'Estrées en Espagne.Sur
la fin de la même année 1704. il fut choisi
pour être Secretaire general des Ducs et
Pairs de France , Emploi qui n'avoit point
été rempli depuis la mort de M. le Laboureur
, arrivée en 1675.
Sa profonde capacité dans l'Histoire et
dans le Droit Public , la justesse et la solidité
de ses vûës , dont il avoit donné .
des preuves en différentes occasions , déterminerent
M. le Marquis de Torcy , Ministre
d'Etat , de l'attacher au travail des
Affaires Etrangeres , dès l'année 1705. en
quoi il réussit si - bien que pendant les 10
Cij ang
248 MERCURE DE FRANCE .
années qui s'écoulerent jusqu'à la mort
du feu Roy , il n'y eut point d'Affaires
de conséquence , ausquelles l'Abbé le
Grand n'ait eu part , et sur lesquelles il
n'ait écrit. Voici les titres de quelquesuns
de ces Ecrits qui ont paru dans le
public.
Memoire , touchant la succession à la
Couronne d'Espagne . 1711. Reflexions sur
la Lettre à un Milord , sur la necessité et la
justice de l'entiere restitution de la Monarchie
d'Espagne , &c. 1711. Discours sur ce
qui s'est passé dans l'Empire , au sujet de
la succession d'Espagne . L'Allemagne menacée
d'être bientôt réduite en Monarchie
absoluë. Lettre de M. D. à M. le Docteur
M. touchant le Royaume de Bohéme.
Les autres Ouvrages sur ces matieres ;
qui n'ont pas été imprimez , concernent
Les Assemblées des Etats Generaux. Les
Régences. L'habileté à succeder à la Couronne;
et toutes les grandes Questions que
les Evenemens du dedans et du dehors du
Royaume lui ont donné lieu d'examiner
pendant plus de trente ans.
Il fut choisi en 172c . pour travailler à
l'Inventaire du Trésor des Chartres , travail
lié naturellement avec ses Etudes , et
auquel il se livra avec tout le zele possible
, ce qui ne l'empêcha pas de mettre
la
FEVRIER. 1734. 249
la derniere main à l'Histoire de Louis
XI. son Ouvrage favori ; il est intitulé :
Histoire et Vie de Louis XI.Roy de France,
avec les Preuves , et est resté Manuscrit
tout approuvé.
Il publia en 1728. la Relation Historique
d' Abissinie , du R. P. Jérôme Lobo , de
la Compagnie de Jesus , traduite du Portugais
en François , &c. 1. vol . 4. Paris ,chez
la veuve Coutelier . Il y en a un fort bel
Extrait dans le Journal des Sçavans , des
mois de Septembre et d'Octobre de la
même année 1728. ce qui dispense d'entrer
là - dessus dans aucun détail .
Il publia presque en même temps un
autre Ouvrage , qui a pour titre : De la
Succession à la Couronne de France , pour
les Agnats , ( c'est- à dire , pour la succession
Masculine directe. ) vol . 12. Paris ,
chez Martin et Guérin.
Le Marquis de Vins étant mort au mois
de Février 1732. l'Abbé le Grand , qui
lui étoit particulierement attaché , et qui
connoissoit son mérite , fit imprimer son
éloge dans le Mercure du mois de Mars
suivant.Il ne lui survécut pas long- tems ;
une seconde attaque d'Apoplexie l'enleva
le 1 de May 1733. chez Mrs Clairambault
, Généalogistes des Ordres du
Roy , ses anciens Amis et ses Exécuteurs
C iij tes250
MERCURE DE FRANCE
testamentaires. Il étoit âgé de 80 ans et 3
mois. Il fut inhumé simplement et sans
cérémonie , dans le Cimetiere de S. Joseph
, Paroisse de S. Eustache , ainsi qu'il
l'avoit ordonné .
Tous ceux qui l'ont particulierement
connu , conviennent que c'étoit un Homme
plein d'honneur , de probité , et de
religion , et des plus habiles du Royaume
sur le Droit Public, d'une vaste érudition
et d'une sagacité admirable.
Grand ; par le R. Per: Bougerel , Prêtre
de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge .
Ji
Oachim le Grand, nâquit à Saint Lo ,
Diocèse de Coutances , en Basse Normandie
, le 6 Février 1653. Il étudia la
Philo- [
FEVRIER. 1734. 245
Philosophie à Caen , sous le celebre Pierre
Cailly, et eut pour condisciple Pierre-
François de la Tour , mort depuis peu
General de l'Oratoire ; leur union a duré
autant que leur vie.
Il entra dans cette Congrégation en
1671. Il y étudia les Belles-Lettres et la
Théologie. Il en sortit en 1676. et s'attacha
à l'étude de l'Histoire par le conseil
du Pere le Cointe , et par la facilité
qu'il eut de consulter les Manuscrits
de la Bibliotheque du Roy, dont M.Thevenot
avoit alors la garde .
Le P. le Cointe étant décédé en 1681 .
il fit son Eloge , et ensuite celui de l'Abbé
de Maroles. Ces Eloges parurent dans
le Journal des Sçavans , Février et Avril
de la même année. L'Abbé le Grand fut
ensuite chargé successivement de l'éducation
du Marquis de Vins , et de celle
du Duc d'Etrées , sans aucun dérangement
dans le Plan de ses études d'Histoire
et de Critique.
Il eut en 1685. une conférence avec le
Docteur Burnet , depuis Evêque de Salisburi
, qui étoit venu à Paris , au sujet
de son Histoire de la Reformation d'Angletere
; dans laquelle l'Abbé le Grand
fit paroître beaucoup de capacité et beaucoup
d'amour pour la verité . Cette ma-
C tie246
MERCURE DE FRANCE
tiere l'engagea depuis à composer un
Ouvrage considérable sous ce titre : Histoire
du Divorce d'Henry VIII. Roy d'Angleterre
, et de Catherine d'Aragon ; la Def
fense de Sanderus , et la Réfutation des deux
premiers Livres de l'Histoire de la Réforma
tion de M. Burnet , et les Preuves. 3. vol
in 12.Paris , chez Martin et Boudot, 1688 .
Le Docteur Burnet ayant fait une courte
Critique en forme de Lettre de cette
Histoire, mais peu mesurée , par rapport
à son Auteur , l'Abbé le Grand se contenta
de publier de nouveau cette Lettre
avec un Avertissement à la tête , et quelques
Remarques au bas des pages .
L'année suivante 1689. le même Docteur
B... publia une Critique de l'Histoire
des Variations,ce qui donna lieu à l'Abbé
le Grand de lui adresser trois Lettres ,
sur les Variations , sur la Réformation et sur
l'Histoire du Divorce , lesquelles furent
imprimées à Paris en 1691. précédées
d'une Préface remplie d'Observations.
sur l'Histoire des Eglises Réformées , de
M. Basnage .
L'année suivante l'Abbé d'Estrées ayant
été nommé Ambassadeur en Portugal , il
choisit l'Abbé le Grand pour Secretairede
l'Ambassade . Celui- cy profita de l'occasion
pour acquerir de grandes connoissanFEVRIER.
1734. 247
sances sur les vastes Païs que les Portugais
appellent leurs Conquêtes.
De retour en France en 1697. il fit un
voyage en Bourgogne et en Dauphiné ,
pour recueillir les Memoires necessaires à
la composition de l'Histoire de ces Provinces.
Il fit imprimer en 1701. sa Traduction
de l'Histoire de l'Isle de Ceylan , du Capitaine
Jean de Ribeyro , à laquelle il ajouta
beaucoup de choses de son propre fonds:
Ouvrage qu'il dédia à la Comtesse d'Ericeyra.
En 1702 , 1703 et 1794 , notre Sçavant
fut encore employé en qualité de Secre
taire d'Ambassade , sous celles du Cardinal
et de l'Abbé d'Estrées en Espagne.Sur
la fin de la même année 1704. il fut choisi
pour être Secretaire general des Ducs et
Pairs de France , Emploi qui n'avoit point
été rempli depuis la mort de M. le Laboureur
, arrivée en 1675.
Sa profonde capacité dans l'Histoire et
dans le Droit Public , la justesse et la solidité
de ses vûës , dont il avoit donné .
des preuves en différentes occasions , déterminerent
M. le Marquis de Torcy , Ministre
d'Etat , de l'attacher au travail des
Affaires Etrangeres , dès l'année 1705. en
quoi il réussit si - bien que pendant les 10
Cij ang
248 MERCURE DE FRANCE .
années qui s'écoulerent jusqu'à la mort
du feu Roy , il n'y eut point d'Affaires
de conséquence , ausquelles l'Abbé le
Grand n'ait eu part , et sur lesquelles il
n'ait écrit. Voici les titres de quelquesuns
de ces Ecrits qui ont paru dans le
public.
Memoire , touchant la succession à la
Couronne d'Espagne . 1711. Reflexions sur
la Lettre à un Milord , sur la necessité et la
justice de l'entiere restitution de la Monarchie
d'Espagne , &c. 1711. Discours sur ce
qui s'est passé dans l'Empire , au sujet de
la succession d'Espagne . L'Allemagne menacée
d'être bientôt réduite en Monarchie
absoluë. Lettre de M. D. à M. le Docteur
M. touchant le Royaume de Bohéme.
Les autres Ouvrages sur ces matieres ;
qui n'ont pas été imprimez , concernent
Les Assemblées des Etats Generaux. Les
Régences. L'habileté à succeder à la Couronne;
et toutes les grandes Questions que
les Evenemens du dedans et du dehors du
Royaume lui ont donné lieu d'examiner
pendant plus de trente ans.
Il fut choisi en 172c . pour travailler à
l'Inventaire du Trésor des Chartres , travail
lié naturellement avec ses Etudes , et
auquel il se livra avec tout le zele possible
, ce qui ne l'empêcha pas de mettre
la
FEVRIER. 1734. 249
la derniere main à l'Histoire de Louis
XI. son Ouvrage favori ; il est intitulé :
Histoire et Vie de Louis XI.Roy de France,
avec les Preuves , et est resté Manuscrit
tout approuvé.
Il publia en 1728. la Relation Historique
d' Abissinie , du R. P. Jérôme Lobo , de
la Compagnie de Jesus , traduite du Portugais
en François , &c. 1. vol . 4. Paris ,chez
la veuve Coutelier . Il y en a un fort bel
Extrait dans le Journal des Sçavans , des
mois de Septembre et d'Octobre de la
même année 1728. ce qui dispense d'entrer
là - dessus dans aucun détail .
Il publia presque en même temps un
autre Ouvrage , qui a pour titre : De la
Succession à la Couronne de France , pour
les Agnats , ( c'est- à dire , pour la succession
Masculine directe. ) vol . 12. Paris ,
chez Martin et Guérin.
Le Marquis de Vins étant mort au mois
de Février 1732. l'Abbé le Grand , qui
lui étoit particulierement attaché , et qui
connoissoit son mérite , fit imprimer son
éloge dans le Mercure du mois de Mars
suivant.Il ne lui survécut pas long- tems ;
une seconde attaque d'Apoplexie l'enleva
le 1 de May 1733. chez Mrs Clairambault
, Généalogistes des Ordres du
Roy , ses anciens Amis et ses Exécuteurs
C iij tes250
MERCURE DE FRANCE
testamentaires. Il étoit âgé de 80 ans et 3
mois. Il fut inhumé simplement et sans
cérémonie , dans le Cimetiere de S. Joseph
, Paroisse de S. Eustache , ainsi qu'il
l'avoit ordonné .
Tous ceux qui l'ont particulierement
connu , conviennent que c'étoit un Homme
plein d'honneur , de probité , et de
religion , et des plus habiles du Royaume
sur le Droit Public, d'une vaste érudition
et d'une sagacité admirable.
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Résumé : ELOGE Historique de M. l'Abbé le Grand ; par le R. Pere Bougerel, Prêtre de l'Oratoire. Abregé de cet Eloge.
L'abbé Joachim le Grand naquit à Saint-Lô, en Basse-Normandie, le 6 février 1653. Il étudia la philosophie à Caen sous la direction de Pierre Cailly et entra dans la Congrégation de l'Oratoire en 1671. Après des études en Belles-Lettres et en Théologie, il se consacra à l'histoire grâce au conseil du Père le Cointe et à l'accès aux manuscrits de la Bibliothèque du Roi. En 1681, il écrivit des éloges pour le Père le Cointe et l'abbé de Maroles, publiés dans le *Journal des Sçavans*. Il fut ensuite chargé de l'éducation du Marquis de Vins et du Duc d'Etrées, tout en poursuivant ses recherches historiques. En 1685, il eut une conférence avec le Docteur Burnet sur l'*Histoire de la Réformation d'Angleterre*, ce qui le conduisit à écrire *Histoire du Divorce d'Henry VIII*. En 1689, il publia trois lettres en réponse aux critiques de Burnet sur son ouvrage. En 1690, il devint secrétaire de l'ambassade en Portugal, puis en Espagne de 1702 à 1704. De retour en France, il fut nommé secrétaire général des Ducs et Pairs de France et travailla aux Affaires Étrangères à partir de 1705. Ses écrits incluent des mémoires sur la succession à la Couronne d'Espagne et des réflexions sur la monarchie. En 1726, il travailla à l'inventaire du Trésor des Chartes et acheva l'*Histoire de Louis XI*. Il publia également des traductions et des ouvrages sur la succession à la Couronne de France. L'abbé le Grand mourut le 1er mai 1733 à l'âge de 80 ans et fut inhumé simplement au cimetière de Saint-Joseph. Il était reconnu pour son honneur, sa probité, sa religion et son érudition en droit public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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64
p. 279-283
ELOGE de M. l'Abbé de Longueruë.
Début :
Louis du Four de Longueruë nâquit à Charleville en 1652. de Pierre du [...]
Mots clefs :
Louis Dufour de Longuerue, Ouvrage, Abbé, Réputation, Paris, Charleville, Annales, Histoire, Instruction, Normandie
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texteReconnaissance textuelle : ELOGE de M. l'Abbé de Longueruë.
ELOGE de M. l'Abbé de Longuernë.
Ouis du Four de Longueruë nâquit
La Charleville en 1692. de Pierre du
n'a-
Four , Se gneur de Longuerue et de Goisel
, Gentilhomme de Normandie , Lieutenant
pour le Roy au Gouvernement de
Charleville et de Montolimpe , et de Dame
Barbe le Blanc de Clois. Son
pere
voit rien épargné pour son éducation , il
lui donna Richelet pour Précepteur ; et
Perrot d'Ablancourt , si connu dans le
monde litteraire , lequel étoit son parent ;
voulut aussi contribuer à l'instruction
d'un Enfant qui étoit un prodige à l'âge de
quatre ans. La réputation de cet Enfant
Dvj étoit
204
étoit si grande , que le feu Roy passant à
Charleville demanda à le voir , et le jeune
Longuerue présenté à S. M. augmenta
encore par ses réponses aux diverses questions
qui lui furent faites , la grande idée
qu'on avoit déja de lui.
Son ardeur pour l'étude dès l'âge de
quinze ans , étoit si grande qu'à peine se
donnoit- il le temps de manger et de dormir.
Il ne connois oit d'autre recréation
que le changement de travail ; aussi fit - il
des progrès si surprenans , qu'il se trouva
bien- tôt en état d'être consulté par
tous les Sçavans , et en tout genre de Littérature
.
•
Il étudia à fond les Langues , tant
les mortes que les vivantes , et il n'y
en a eu aucune qu'il n'ait sçu parfaitement.
Avec ce secours il avoit penetré
dans l'Histoire de tous les Peuples , et de
tous les siecles . Il étoit si heureusement
servi par sa Memoire , que rarement il se
méprenoit d'une date , il ne confondoit
presque jamais un fait avec un autre.
L'Histoire étoit la partie de la Litterature
à laquelle il s'étoit le plus particulierement
appliqué , mais il n'avoit pas négligé
pour cela la Theologie , la Philosophie
ancienne et moderne , la Geographie,
la Chronologie , les Antiquitez et les Bel-
Lettres. Cette
FEVRIER. 1734. 281
Cette vaste étenduë de connoissance ne
l'énorgueillissoit point. Il étoit extrêmement
communicatif , et son sçavoir étoit
sans ostentation . Il est vrai qu'il n'aimoit
point à être contredit , et que son amour
pour la verité ne le rendoit pas toûjours
maître de ses expressions dans la chaleur
de la dispute ; mais quand on étoit accoutumé
à lui , sa franchise n'avoit plus rien
de rebutant , et on ne lui sçavoit aucun
mauvais gré de ses vivacitez.
Il a composé une infinité d'ouvrages qui
n'ont point été imprimez . Il avoit extrêmement
aidé le R. P. Pagi dans sa Critique
des Annales de Baronius Il a com-
Folé un grand nombre de Dissertations
tant sur l'Histoire Ecclesiastique que suz
celles de France , d'Espagne , des Arabes
& c.
Le seul Ouvrage qu'il a donné sous son
nom est la Description Historique et
Geographique de la France ancienne et
moderne , en deux Parties , imprimée à
Paris chez Jacques- Henry Praflard en
1719. Ce Livre , qui dans sa premiere
destination n'avoit été fait que pour l'instruction
d'un de ses amis , n'avoit pas acquis,
quand il fut rendu public , le dégré
de perfection que la réputation de son
Auteur sembloit exiger, L'Abbé de Longuerue
282 MERCURE DE FRANCE
gueruë n'avoit pû résister aux pressantes
sollicitations de gens plus occupez de leur
propre interêt , que de ce qui pouvoit
contribuer ou nuire à la réputation de ce
sçavant Homme. La complaisance qu'il
cût de livrer trop tôt son Ouvrage , lui a
causé des chagrins qu'il a ressentis jusqu'à
la fin de sa vie .
Le Journal des Sçavans du mois de Jan-
» vier 1733 m'apprend page 61. » Que M.
» Schoepflin a publié à Strasbourg chez
» Doulssecker , pere ; une édition in - 4°..
» ds Annales des Arsacides dont M.
» l'Abbé de Longueruë est , ( dit le Jour-
» nal ) l'Auteur , Annales Arsacidarum
» Auctore Ludovico du Four de Longueruë ,
"
Abbate S. Joann . de Jardo , & c. 1732 .
» On ajoute que cette Edition est préfera-
» ble à celle du même Ouvrage qui a été
imprimé à Paris il y a long -temps , en
» ce que M. Schoepflin l'a donné sur
» un Exemplaire corrigé et augmenté par
l'Illustre Aureur , qui a bien voulu le
» lui communiquer et en permettre l'im-
» pression. C'est tout ce que je puis dire
ici de cet Ouvrage , que je ne connoîs
point d'ailleurs.
>
Mais l'amour de la verité , et la reconnoissance
m'engagent à profiter de cette
occasion , pour déclarer qu'un autre Ou.
vrage
FEVREK 1734. 203
vrage rempli de Recherches historiques , et
d'une solide érudition , dont j'ai enrichi
ma dixiéme et onzième Lettre du Voyage
de Normandie , inserées dans le Mercure
de France des mois d'Avril et May
derniers , que cet Ouvrage , dis je , est
tout entier du sçavant Abbé de Longueruë.
Il joüissoit pour tout bien de deux Abbayes
, sçavoir Sept Fontaines , Diocèse
de Kheims depuis 1674. et le Jard ,-Diocèse
de Sens , depuis 1684. cependant
avec un revenu mediocre , il avoit sçû
former une Bibliotheque très - bien choisie,
qui seroit fâcheux de voir disperser,
L'Abbé de Longuerue mourut à Paris
le 22. Novembre 1733. laissant un Frere
qui est Mestre de Camp de Cavalerie , et
Chevalier de Saint Louis . Il avoit eu un
autre Frere qui fut tué à la Bataille de
Ramilliez le 23. May 1796. et qui étoit
Lieutenant des Gardes du Corps , Maréchal
de Camp , et Chevalier de Saint
Loüis.
Ouis du Four de Longueruë nâquit
La Charleville en 1692. de Pierre du
n'a-
Four , Se gneur de Longuerue et de Goisel
, Gentilhomme de Normandie , Lieutenant
pour le Roy au Gouvernement de
Charleville et de Montolimpe , et de Dame
Barbe le Blanc de Clois. Son
pere
voit rien épargné pour son éducation , il
lui donna Richelet pour Précepteur ; et
Perrot d'Ablancourt , si connu dans le
monde litteraire , lequel étoit son parent ;
voulut aussi contribuer à l'instruction
d'un Enfant qui étoit un prodige à l'âge de
quatre ans. La réputation de cet Enfant
Dvj étoit
204
étoit si grande , que le feu Roy passant à
Charleville demanda à le voir , et le jeune
Longuerue présenté à S. M. augmenta
encore par ses réponses aux diverses questions
qui lui furent faites , la grande idée
qu'on avoit déja de lui.
Son ardeur pour l'étude dès l'âge de
quinze ans , étoit si grande qu'à peine se
donnoit- il le temps de manger et de dormir.
Il ne connois oit d'autre recréation
que le changement de travail ; aussi fit - il
des progrès si surprenans , qu'il se trouva
bien- tôt en état d'être consulté par
tous les Sçavans , et en tout genre de Littérature
.
•
Il étudia à fond les Langues , tant
les mortes que les vivantes , et il n'y
en a eu aucune qu'il n'ait sçu parfaitement.
Avec ce secours il avoit penetré
dans l'Histoire de tous les Peuples , et de
tous les siecles . Il étoit si heureusement
servi par sa Memoire , que rarement il se
méprenoit d'une date , il ne confondoit
presque jamais un fait avec un autre.
L'Histoire étoit la partie de la Litterature
à laquelle il s'étoit le plus particulierement
appliqué , mais il n'avoit pas négligé
pour cela la Theologie , la Philosophie
ancienne et moderne , la Geographie,
la Chronologie , les Antiquitez et les Bel-
Lettres. Cette
FEVRIER. 1734. 281
Cette vaste étenduë de connoissance ne
l'énorgueillissoit point. Il étoit extrêmement
communicatif , et son sçavoir étoit
sans ostentation . Il est vrai qu'il n'aimoit
point à être contredit , et que son amour
pour la verité ne le rendoit pas toûjours
maître de ses expressions dans la chaleur
de la dispute ; mais quand on étoit accoutumé
à lui , sa franchise n'avoit plus rien
de rebutant , et on ne lui sçavoit aucun
mauvais gré de ses vivacitez.
Il a composé une infinité d'ouvrages qui
n'ont point été imprimez . Il avoit extrêmement
aidé le R. P. Pagi dans sa Critique
des Annales de Baronius Il a com-
Folé un grand nombre de Dissertations
tant sur l'Histoire Ecclesiastique que suz
celles de France , d'Espagne , des Arabes
& c.
Le seul Ouvrage qu'il a donné sous son
nom est la Description Historique et
Geographique de la France ancienne et
moderne , en deux Parties , imprimée à
Paris chez Jacques- Henry Praflard en
1719. Ce Livre , qui dans sa premiere
destination n'avoit été fait que pour l'instruction
d'un de ses amis , n'avoit pas acquis,
quand il fut rendu public , le dégré
de perfection que la réputation de son
Auteur sembloit exiger, L'Abbé de Longuerue
282 MERCURE DE FRANCE
gueruë n'avoit pû résister aux pressantes
sollicitations de gens plus occupez de leur
propre interêt , que de ce qui pouvoit
contribuer ou nuire à la réputation de ce
sçavant Homme. La complaisance qu'il
cût de livrer trop tôt son Ouvrage , lui a
causé des chagrins qu'il a ressentis jusqu'à
la fin de sa vie .
Le Journal des Sçavans du mois de Jan-
» vier 1733 m'apprend page 61. » Que M.
» Schoepflin a publié à Strasbourg chez
» Doulssecker , pere ; une édition in - 4°..
» ds Annales des Arsacides dont M.
» l'Abbé de Longueruë est , ( dit le Jour-
» nal ) l'Auteur , Annales Arsacidarum
» Auctore Ludovico du Four de Longueruë ,
"
Abbate S. Joann . de Jardo , & c. 1732 .
» On ajoute que cette Edition est préfera-
» ble à celle du même Ouvrage qui a été
imprimé à Paris il y a long -temps , en
» ce que M. Schoepflin l'a donné sur
» un Exemplaire corrigé et augmenté par
l'Illustre Aureur , qui a bien voulu le
» lui communiquer et en permettre l'im-
» pression. C'est tout ce que je puis dire
ici de cet Ouvrage , que je ne connoîs
point d'ailleurs.
>
Mais l'amour de la verité , et la reconnoissance
m'engagent à profiter de cette
occasion , pour déclarer qu'un autre Ou.
vrage
FEVREK 1734. 203
vrage rempli de Recherches historiques , et
d'une solide érudition , dont j'ai enrichi
ma dixiéme et onzième Lettre du Voyage
de Normandie , inserées dans le Mercure
de France des mois d'Avril et May
derniers , que cet Ouvrage , dis je , est
tout entier du sçavant Abbé de Longueruë.
Il joüissoit pour tout bien de deux Abbayes
, sçavoir Sept Fontaines , Diocèse
de Kheims depuis 1674. et le Jard ,-Diocèse
de Sens , depuis 1684. cependant
avec un revenu mediocre , il avoit sçû
former une Bibliotheque très - bien choisie,
qui seroit fâcheux de voir disperser,
L'Abbé de Longuerue mourut à Paris
le 22. Novembre 1733. laissant un Frere
qui est Mestre de Camp de Cavalerie , et
Chevalier de Saint Louis . Il avoit eu un
autre Frere qui fut tué à la Bataille de
Ramilliez le 23. May 1796. et qui étoit
Lieutenant des Gardes du Corps , Maréchal
de Camp , et Chevalier de Saint
Loüis.
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Résumé : ELOGE de M. l'Abbé de Longueruë.
L'abbé de Longuerue, né en 1692 à Charleville, était le fils de Pierre du Four, seigneur de Longuerue et de Goisel, et de Dame Barbe le Blanc de Clois. Son éducation fut soutenue par son père et son parent Perrot d'Ablancourt, et le roi remarqua son prodige à l'âge de quatre ans. À quinze ans, Longuerue démontra une passion exceptionnelle pour l'étude, maîtrisant rapidement diverses disciplines littéraires telles que les langues mortes et vivantes, l'histoire, la théologie, la philosophie, la géographie, la chronologie, les antiquités et les belles-lettres. Sa mémoire était remarquable, lui permettant de ne presque jamais se tromper sur les dates ou les faits historiques. Longuerue était connu pour partager ses connaissances sans ostentation, bien qu'il puisse être franc et vif dans les disputes. Il composa de nombreux ouvrages non imprimés et aida le père Pagi dans sa critique des Annales de Baronius. Son unique ouvrage publié est la 'Description Historique et Géographique de la France ancienne et moderne' (1719), publié malgré ses réticences. Il possédait deux abbayes et avait constitué une bibliothèque bien choisie. Longuerue mourut à Paris le 22 novembre 1733. Il laissait un frère, maître de camp de cavalerie et chevalier de Saint-Louis, et un autre frère mort à la bataille de Ramillies en 1706.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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65
p. 670-686
LETTRE de M..... au sujet de la nouvelle Histoire de la Ville et Abbaye de S. Filibert de Tournus ; dédiée à son Eminence M. le Cardinal de Fleury, Abbé de Tournus.
Début :
Ce ne sont pas toujours les Villes Episcopales qui sont en état de fournir [...]
Mots clefs :
Abbaye Saint-Philibert de Tournus, Tournus, Abbé, Auteur, Abbaye, Monastère, Religieux, Saint Philibert, Comte de Chalon, Église, Moines, Évêque, Cour, Saint Valérien, Roi, Anciens
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M..... au sujet de la nouvelle Histoire de la Ville et Abbaye de S. Filibert de Tournus ; dédiée à son Eminence M. le Cardinal de Fleury, Abbé de Tournus.
LETTRE de M..... au sujet de la
nouvelle Histoire de la Ville et Abbaye
de S. Filibert de Tournus ; dédiée à son
Eminence M. le Cardinal de Fleury ;
Abbé de Tournus .
CE
E ne sont pas toujours les Villes
Episcopales qui sont en état de fournir
une matiere suffisante pour composer
de gros volumes d'Histoire . Souvent
en recherchant ce qu'il y a à dire d'une
Ville qui n'a commencé que par un simple
Château , et où dans la suite il s'est
étaAVRIL.
1734.
671
établi un Monastere , on trouve une plus
ample moisson qu'on ne croyoit , et enfin
de quoi former un volume complet.
C'est ce qui est arrivé à la Ville de Tournus
en Bourgogne , dont un Chanoine
vient de publier l'Histoire.
L'Auteur remonte jusqu'à l'origine de
la Ville , pour donner une connoissance
entiere du sujet qu'il traite. Tournus
étoit du Païs des Eduens ; c'étoit une
espece de Grenier ou de Magazin , qui
est appellé , Horreum Castrense , dans les
Actes de S. Valerien . Le martyre de ce
Saint rendit ce lieu encore plus célébre.
Il est nommé Tinurtium , Tenurcium , Ternocium
, Trinorcium , dans des Auteurs du
4. 5. et 6e siécles , et souvent avec le substantif
castrum.
On ne sçait pas bien en quel temps it
commença à y avoir un Monastere sur
le Tombeau de S. Valérien ; mais il étoit
déja ancien au 1x. siecle , lorsque l'Abbé
des Moines de Nermoutier , refugiez en
Auvergne , passant par Tournus , trouva
l'endroit si agréable , qu'il prit tous les
moyens de persuader aux anciens Religieux
de permettre que ses Moines vinssent
demeurer avec eux , pour ne faire
tous ensemble qu'une même Communauté.
De là vint l'accroissement de cette
Cij Ab-
·
672 MERCURE DE FRANCE
Abbaye , puisqu'alors elle augmenta en
biens comme en Religieux. Charles le
Chauve confirma la réunion de tous les
Prieurez de Nermoutier et autres dépendences
, à l'Eglise de Tournus , et il y
ajouta d'autres biens tres - considérables;
Apparemment le nom de la Sainte Vier-
. ge , et celui de S. Valerien , anciens Patrons
du lieu , commencerent alors à être
éclypsez par celui de S. Filibert , dont la
' nouvelle Colonie venoit d'y apporter les
Reliques .
C'est depuis ce temps - là que M.Juenin ,
Auteur de cette Histoire , donne une Liste
très -curieuse des Abbez de ce Monastere
; ceux des siècles précédens étant restez
inconnus . Géilon , auteur de la réünion
des deux Maisons , est le premier
dont il parle. Il rapporte à son temps , la
donation d'un Privilége accordé par le
Pape Jean VIII. au Concile de Troyes ,
et deux de Louis le Begue , de l'an 878 .
Cet Abbé étoit doté d'un si grand mérite
qu'il fut fait Evêque de Langres après
la mort d'Isaac. On croit que ce fut lui
qui tira de Tournus les Corps de S. Vétérin
et de S. Léonard , pour les donner
au Monastere de Corbigny.Sous Gautier,
second Abbé , est une suite de donations.
Le troisième , nommé Blitgaire , obtint
du
AVRIL . 1734 673
du Prince Eudes , le droit de faire battre
Monnoye.
L'Auteur représente icy deux sortes de
ces Monnoyes battuës à Tournus. A l'une
on lit d'un côté : scs VALERIANVS , et de
l'autre côté : TORNVCIO CASTRO . L'autre
Monnoye ne paroît pas si ancienne. Le
nom de S. Filibert y est écrit d'une maniere
corrompuë , puisqu'on y lit , S. PHILIBERTI
MONETA , comme si un nom purement
Teutonique pouvoit venir du
Grec. Ce fut aussi de son tems qu'on
croît qu'Adalger, Evêque d'Autun , mourut
à Tournus ; mais s'il n'y mourut pas,
il est certain qu'il y fut inhumé , à moins
que la Pierre où on lit Adalgerius hic
quiescit Episcopus , n'eût été apportée
d'ailleurs. La mort de cet Evêque avoit
fait du bruit : Un Moine de Flavigny
soupçonné d'en être l'Auteur , fut obligé
de se purger par la reception de la sainte
Eucharistie.La Communauté de Tournus
grossit encore sous Hervé , quatriéme
Abbé. Les Moines de S. Florent le vieux ,
en Anjou , craignant les courses des Normans
, vinrent se refugier chez eux avec
le Corps de leur S. Patron . Il est vrai
qu'ils n'y firent pas une longue réſidence
, mais ils furent toujours obligez de
laisser à Tournus leurs Reliques , et ils
Ciij ne
674 MERCURE DE FRANCE
ne purent les t'avoir que vers l'an 946.
par un effet de la subtilité de l'un d'entr'eux
.
Quoique la Ville eut été brûlée en
937. par des Barbares venus de Scythie
le Monastere qui étoit dans le Château
ne se ressentit pas beaucoup de ce malheur.
Il ne falloit pas alors des sommes
considérables pour la nourriture des Religieux
, puisque dans uue donation que
leur fit l'Archevêque de Besançon en 945 ,
il est dit que les Serviteurs de Dieu s'occupoient
à cultiver la terre. L'Abbaye préservée
de l'incendie , fut fatiguée vers le
même temps , par les poursuites de Gilbert,
Comte de Châllon ; ce qui fit que
les Moines prirent la résolution de quitter
le Lieu et de s'en aller avec le Corps
de S.Filibert et leurs autres Reliques , jusqu'à
S. Pourçain en Auvergne. Plusieurs
Evêques s'assemblérent à Tournus en
949. pour chercher les moyens de faire
revenir cés sacrez trésors ; ils revinrent en
effet , et quatre Evêques allerent audevant
jusqu'à un quart de lieuë de la ville.
De -là l'origine de plusieurs Processions
qui venoient autrefois à Tournus après
l'Ascension , des Diocèses de Besançon ,
de Mâcon, de Châllon et d'Autun . Il peut
paroître surprenant que les Evêques n'eussent
AVRIL. 1734.
675
sent pas songé à dédommager la Ville de
Tournus de la perte du Corps de S. Filibert,
par celui de S. Valerien . Il étoit toujours
resté dans un Cercueil de Pierre ,
dont ils auroient pû le tirer . Mais il ne le
fut que par l'Abbé Etienne. La cérémonie
est icy tres-bien détaillée , et l'Historien
la fixe au Dimanche 26 Janvier 76.
L'Abbaye de Tournus fut brûlée le 16
Octobre de l'an 1006.par un accident im
prévu ; et l'Eglise réparée de nouveau fut
consacrée l'an 1019. Hugues , Evêque
d'Auxerre , qui étoit Comte de Châllon ,
fit aux Moines des donations considérables
à l'occasion de cette cérémonie , et en
reconnoissance ils lui prétêrent la Banniere
de S Filibert , dont il avoit besoin
dans les Guerres qu'il soûtenoit pour lcs
intérêts du Roy Robert.L'Auteur en parlant
de S Ardaing qui est compté pour
13 Abbé de Tournus , attribue à S. Odilon
de Cluni , ce que M. Chastelain dans
son Martyrologe ( I Bémestre, 11 Février,
page 6 24. ) dit de S. Ardaing. L'un assure
que c'est à S. Odilon que l'Empereur
S. Henry envoya sa Couronne ; l'autre
écrit , que ce fut à l'Abbé de Tournus . Il
paroît que M. Juenin , qui n'oublie rien
de ce qui concerne le culte des Saints de
son Abbaye , n'a pas été informé qu'il est
C iiij ho676
MERCURE DE FRANCE
honoré, particulierement dans le Prieuré
de S. Syphorien d'Autun , qu'il y a en
cette Eglise une Chapelle de son nom ,
avec des Reliques , et un Puits proche de
l'Eglise , où on lit autour du bord : LE
PUITS SAINTARDAN.La politesse de l'Abbé
Guillaume de Jaligny fut poussée jusqu'au
point qu'il ne pouvoit souffrir que
les Bourgeois ou Bourgeoises de Tournus
se présentassent devant lui avec des habits.
négligez ; il leur en faisoit des reproches ,
et si c'étoit par indigence , il les secouroit.
Pierre , le 16 ° Abbé, reçut en 1105 ,
une Bulle qui lui permettoit de dire à la
Messe le Gloria in excelsis, le jour de l'Annonciation
, sans doute , parce que cette
Fête tombe le plus souvent en Carême
où alors ce Cantique ne se disoit pas aux
Fêtes , quoiqu'il n'y en eut que fort peu ,
dans le temps du grand jeûne .
Depuis le 12 siècle , l'Histoire est plei .
ne d'Actes de donations, accords , transactions
, échanges , confirmations de
droits , concessions de nouveaux droits ,
aux Habitans de Tournus. On y remarque
, pag. 132. que le Roy Loüis le Jeune
fut obligé de venir à Tournus pour accorder
les habitans avec l'Abbé, quoique
les contestations n'eussent pas été poussées
au point que l'avoient été celles de
l'Abbé
AVRIL 1734. 677
, 1245 . V
Ï'Abbé de Vezelay , contre ses habitans .
Outre les deux incendies dont il a été
parlé plus haut , il en survint un troisiéme
vers l'an On eut besoin des
aumônes des Fideles , pour la réparation
des dégats qu'il avoit causés. Les Moines
de Tournus se servirent de toutes les
voyes imaginables pour en attirer . Ils obtinrent
même de l'Abbé Général de Citeaux
des Lettres de recommandation ,
par lesquelles il promettoit à tous ceux
qui leur feroient quelque aumône, d'avoir
part aux suffrages de son Ordre. Ces quêtes
faites par des Moines , jointes à la séparation
de leur Mense , d'avec la Mense
Abbatiale , ne contribuerent pas peu à
introduire le relâchement parmi eux ,
aussi bien que l'érection des Offices
Claustraux en titre. Cependant ces Religieux
n'avoient encore alors par repas ,
qu'une portion de Fromage et trois Oeufs
où du poisson à l'équivalent ; cette simplicité
dans la nourriture dura jusqu'à ce
Î'Abbé Renaud augmenta la pitance en
1253. et permit d'augmenter la portion
de viande des malades de l'Infirmerie.
L'Auteur nous apprend qu'en blanchissant
dans ces derniers temps l'Eglise de
Tournus , on a effacé quelques monumens
des Abbez du 13siccle , et d'un
-
C v Sei68
MERCURE DE FRANCE
Seigneur de Montbelet . C'est une chose
que les Supérieurs des Lieux devroient
soigneusement empêcher. On rompt , on
brise , on efface , on détruit tout , et souvent
personne ne se plaint. Ceux qui aiment
à détruire , devroient au moins retenir
des copies figurées des anciens Monumens
avant que de les livrer au bras séculier.
C'est une réfléxion que M. Juenin
nous a laissé à faire.
En 1318 , l'Abbé fit avec Eudes IV.Duc
de Bourgogne un Traité , qu'on peut
voir à la page 176.Les droits du Maréchal
de l'Abbaye en 1334. sont curieux à lire.
Le premier Dimanche du Carême n'y est
pas nommé Brandonum , mais Bordarum ;
l'Auteur n'oublie point , lorsqu'il en est
au temps du Roy Jean , de dire que ce
Prince vint à Tournus en 1362. et qu'il y
confirma aux Religieux le droit de Pêche
dans la Rivire de Saone. Le reste de ce
qui se passa à Tournus au 14° siecle , finit
par un fait plus interessant. C'est l'érection
d'une Commune que les Bourgeois
tenterent encore, comme ils l'avoient fait
au 12 ° siècle, mais ils succomberent encore
cette fois ; l'Arrêt est de l'an 1399. La
Ville fut prise et pillée en 1422. par les
Troupes du Dauphin de France que l'on
nommoit les Armagnacs , et cette prise occaAVRIL.
1734. 679
casionna , dit l'Auteur , un mal qui n'est
pas encore entierement cessé. Il veut parler
de certains procès au sujet des usages
d'un Village voisin nommé Arbigny . On
voit aux années 1447 et aux suivantes , les
différens qui furent mus alors entre l'Evêque
diocésain , qui est celui de Châllon
et les Abbez de Tournus , touchant la
Jurisdiction .
?
Les Abbez Commandataires eurent lieu
à Tournus comme ailleurs , au commencement
du 16 siécle ; le premier fut Robert
de Lénoncourt, mort Archevêque de
Reims , lequel fit du bien à l'Abbaye. En
1501. Jean de Châllon , Prince d'Orange,
vint avec sa femme en dévotion à Tournus
, promettant à Dieu , que s'il leur
accordoit un fils ,ils le nommeroient Filbert.
Cet Enfant obtenu dans l'année- même
fut depuis le fameux Philibert , Prince
d'Orange , Vice Roy de Naples , pour
Charles- Quint , lequel quitta la France
pour une raison , rapportée par Gollut *.
Charles III. Duc de Savoye , ayant imité
en 1527 , la piété de Jean de Châllon , obtint
aussi du ciel , par l'intercession de
* Selon cet Auteur , dans ses Mémoires , sur la
Franche- Comté,ilfut cho qué étant à Fontainebleau,
qu'ont l'eutfait sortir de son logis ponrfaire place à
un Nonce du Pape.
C vj
S.
1
680 MERCURE DE FRANCE
Ş. Filibert , un fils qui porta le nom de
ce Saint. Cette dévotion des Princes ne
peut servir qu'à condamner les Auteurs
de quelques nouveaux Bréviaires ,qui ont
supprimé tout à fait du Calendrier le
nom de S. Filibert.
·
Une remarque curieuse que M. Juenin
insére dans son Histoire , quoiqu'elle regarde
plus naturellement l'Histoire de
Mâcon , est qu'en 1518 , le Pont de Mâcon
menaçant ruine , l'Evêque ne donna
permission de faire gras le Lundy et
Mardy qui précedent le jour des Cendres
et d'user de laitages pendant le Carême ,
qu'à ceux qui contribueroient aux réparations
de ce Port. Il faut entendre l'Auteur
rapporter lui - même un fait qu'il a
tiré des preuves des libertez de l'Eglise
Gallicane.Ce fait est de l'an 1530. » Frere
» Jean de Trappes , dit de la Graverote
» Moine de Tournus mais Aumônier
» de Pairie en Bourgogne , fut trouvé le
de Juin à Paris , en la Salle du Pa-
» lais , vétu d'une maniere un peu extra-
» vagante pour un Moine. Il avoit un
» Pourpoint de Satin , une Robbe dou-
» blée de damas et un Froc de serge de
» soye. Il fut arrêté par des Huissiers de
» la Cour , et mené au Parquet des Gens
» du Roy. Ayant été mandé en ladite
»
27
,
>> Cour
AVRIL 1734 681
» Cour , après qu'il y eut été interrogé ;
» et que les Gens du Roy eurent été oüis,
» la Cour lui enjoignit de se conformer
» dans son habit aux autres Religieux
» de S. Benoît , lui fit inhibitions et dé
>> fenses sur peine de mille livres d'a-
» mende , de plus paroître au Palais avec
» un habit , tel que celui dans lequel il
» avoit été arrêté , ou avec tel autre ha-
>> bit qui ne conviendroit point à un Religieux
de son Ordre. La Cour ordonna
» outre cela qu'il fut mené au Monastere
» de S. Martin des Champs , pour y de-
» meurer ce jour-là , et y être admonesté
» de bien vivre. Le lendemain il présenta
» Requête à la Cour , pour qu'il lui fut
33
33
permis de se retirer en fon Abbaye de
>> Tournus ; sur quoi la Cour ordonna
» que le Prieur de S. Martin des Champs
» le feroit habiller selon son état ; que
»pour cet effet , il feroit vendre les ha-
» bits dont il étoit vêtu , et que le surplus
de l'argent seroit distribué aux
» pauvres ; après quoi il seroit mis hors
» du Monastere .
>>
M. Juenin dit qu'il ne connoît point
le Monastere de Pairie,dont ce Religieux
étoit Aumônier. Il y a grande apparence
que c'est celui de Paroy ou Parey , dont
le nom aura été mal orthographié. C'est
un
682 MERCURE DE FRANCE
un Prieuré de l'Ordre de Cluny , au
Diocèse d'Autun.
A l'occasion du différend qui s'éleva¸
sur la Pêche , sous le Cardinal de Tournon
, on fit à Tournus des recherches
des Bornes anciennes dans la Riviere de
Saone. On y trouva en 1548. une Pierre
longue de quatre pieds , et large de deux ,
sur laquelle étoient figurez deux personnages
que l'Historien de Tournus a fait
graver. La premiere figure qui est à droite
de l'autre , représente , à ce qu'il prétend
, un Religieux . Il a un Oyseau sur
le poing de la main droite , et il paroît
tenir de la main gauche une espece de
Corbeille ; l'autre figure paroît représenter
un jeune Seigneur. L'Auteur est persuadé
que cette Pierre avoit servi à marquer
les limites du droit de Pêche que
Hugues de Châllon , Evêque d'Auxerre,
avoit donné à ce Monastere au 11 siècle ,
et il croit que la Corbeille ovale , qui a
un manche semblable à celui d'une Raquette
, est pour figurer celle qui renfermoit
le titre de cette donation . Mais comme
l'Oyseau de la main droite démontre
surement le droit de Chasse , il s'ensuit
aussi que l'instrument d'Ozier , placé
dans l'autre main , est plutôt une espece
d'Engin destiné pour la Pêche ; et qu'ainså
AVRIL 1734 683'
si la figure de ce Moine représente le droit
de Chasse et de Pêche réunis ensemble.
C'est à quoi il y a d'autant plus d'apparence
, que la Pierre a dû être placée sur
le bord de la Riviere , avant que la rapidité
des Eaux eût entraîné les terres qui
la soutenoient.
Je ne suivrai point cet Auteur dans
ce qu'il rapporte de la guerre des Huguenots
et de celle de la Ligue , relativement
à Tournus . Il s'étend aussi beaucoup
à raconter l'Histoire de la sécularization
de cette Abbaye , qui fut faite
il y a environ cenr dix ans , à l'exemple
de celle de S. Etienne de Dijon et
de S. Pierre de Vienne. Cette nouvelle
Collégiale reçut en 1632. des Statuts
de M. de Neufchese , Evêque de Challon.
On fait remarquer parmi les Eyenemens
singuliers de ia Ville de Tournus
, que la peste y ayant été comme
ailleurs en 1630. ou environ , les Ha-,
bitans se voüerent à S. Charles , Archevêque
de Milan , à l'exemple de ceux
de Challon , et qu'on y fit voeu de chommer
sa Fête. C'est ce qui fait voir que
quelquefois les Saints nouveaux préjudicient
aux anciens , comme l'a dit Nicolas
de Clamengis , puisque presque partout
ailleurs les voeux faits à l'occasion
de
384 MERCURE DE FRANCE
de la peste se réunissoient dans l'augmentation
du culte de Saint Sebastien et
dans celui de. S. Roch.
que
Le reste de cette Histoire n'est qu'un
narré des changemens arrivez dans le
Pays , et autres Evenemens peu interessants
, tels la réunion de l'Aumônerie
de l'Abbaye à l'Hôpital du lieu ;
la dérogation qui fut faite aux droits de
l'Abbé par la création des Maire , Assesseurs
, &c. de Tournus ; differentes
décorations de l'Eglise , passages extraordinaires
, comme celui des Religieux de
la Trappe qui alloient s'établir en Toscane.
Ce fait est de l'an 1705. Le Lecteur
peut cependant y voir avec édification
, l'endroit où M. Juenin marque
la bonne réception que leur fir le Cardinal
de Bouillon , Abbé de Tournus ;
et comment les Chanoines , entez sur
les anciens Moines , parurent les regarder
comme une espece de Confreres.
Tout ce qu'il raconte depuis ce tempsrécent
pour nous y arrêter.
là est trop
Comme l'Auteur a mis à la tête de
son Ouvrage un Plan et un Profil de
la Ville et de l'Abbaye de Tournus , il
donne aussi à la fin des Pieces du même
genre. On y voit aussi un plan géométral
de l'Eglise de S.Filibert et de l'Eglise
AVRIL. 1734.
685
glise souterraine. Il ne croit pas cellecy
si ancienne que l'a crû Dom Martenne
, et il peut avoir raison. Il n'a
pas oublié non plus de donner dans le
corps de l'Ouvrage le dessein d'un Eventail
de vélin très ancien , qui servoit dans
les Saints Mysteres pour chasser les Mouches
qui auroient incommodé le Prêtre.
Ce meuble aisé à transporter , venoit ,
sans doute , du Monastere de Nermoutier
en Bretagne , selon qu'il est aisé d'en
juger par le nom de S. Philibert et de
S. Martin de Vertou , qui s'y lisent, pendant
que celui de S. Valerien n'y paroît
en aucun endroit . On voit parmi les
Pieces justificatives de cette Histoire ,
qui sont en 339. pages , les Vies de saint
Valerien , de S. Marcel Martyr de Challon
une Chronique de Tournus , qui
n'a jamais été publiée ; une Description
curieuse conservée dans l'Eglise de saint
Marcel de Cayret , au Diocèse d'Uzés .
On y trouve aussi la Vie , les Tranflations
et les Miracles de S. Filibert , où
l'on ne trouve point le trait fabuleux
qui a tant décrié la Légende de ce Saint.
>
Il est à souhaiter que l'exemple de
l'Historien de Tournus soit suivi , et que
dans chacune des Eglises Collegiales qui
ont succedé à d'anciens Monasteres , if
Se
686 MERCURE DE FRANCE
se trouve un Sujet aussi zelé que le paroît
M. Juenin , pour faire connoître la
celebrité des Lieux , et pour en conserver
à la posterité tous les monumens
qui sont dignes d'attention . Je suis , &c.
A A .... le 10. Octobre 1733.
nouvelle Histoire de la Ville et Abbaye
de S. Filibert de Tournus ; dédiée à son
Eminence M. le Cardinal de Fleury ;
Abbé de Tournus .
CE
E ne sont pas toujours les Villes
Episcopales qui sont en état de fournir
une matiere suffisante pour composer
de gros volumes d'Histoire . Souvent
en recherchant ce qu'il y a à dire d'une
Ville qui n'a commencé que par un simple
Château , et où dans la suite il s'est
étaAVRIL.
1734.
671
établi un Monastere , on trouve une plus
ample moisson qu'on ne croyoit , et enfin
de quoi former un volume complet.
C'est ce qui est arrivé à la Ville de Tournus
en Bourgogne , dont un Chanoine
vient de publier l'Histoire.
L'Auteur remonte jusqu'à l'origine de
la Ville , pour donner une connoissance
entiere du sujet qu'il traite. Tournus
étoit du Païs des Eduens ; c'étoit une
espece de Grenier ou de Magazin , qui
est appellé , Horreum Castrense , dans les
Actes de S. Valerien . Le martyre de ce
Saint rendit ce lieu encore plus célébre.
Il est nommé Tinurtium , Tenurcium , Ternocium
, Trinorcium , dans des Auteurs du
4. 5. et 6e siécles , et souvent avec le substantif
castrum.
On ne sçait pas bien en quel temps it
commença à y avoir un Monastere sur
le Tombeau de S. Valérien ; mais il étoit
déja ancien au 1x. siecle , lorsque l'Abbé
des Moines de Nermoutier , refugiez en
Auvergne , passant par Tournus , trouva
l'endroit si agréable , qu'il prit tous les
moyens de persuader aux anciens Religieux
de permettre que ses Moines vinssent
demeurer avec eux , pour ne faire
tous ensemble qu'une même Communauté.
De là vint l'accroissement de cette
Cij Ab-
·
672 MERCURE DE FRANCE
Abbaye , puisqu'alors elle augmenta en
biens comme en Religieux. Charles le
Chauve confirma la réunion de tous les
Prieurez de Nermoutier et autres dépendences
, à l'Eglise de Tournus , et il y
ajouta d'autres biens tres - considérables;
Apparemment le nom de la Sainte Vier-
. ge , et celui de S. Valerien , anciens Patrons
du lieu , commencerent alors à être
éclypsez par celui de S. Filibert , dont la
' nouvelle Colonie venoit d'y apporter les
Reliques .
C'est depuis ce temps - là que M.Juenin ,
Auteur de cette Histoire , donne une Liste
très -curieuse des Abbez de ce Monastere
; ceux des siècles précédens étant restez
inconnus . Géilon , auteur de la réünion
des deux Maisons , est le premier
dont il parle. Il rapporte à son temps , la
donation d'un Privilége accordé par le
Pape Jean VIII. au Concile de Troyes ,
et deux de Louis le Begue , de l'an 878 .
Cet Abbé étoit doté d'un si grand mérite
qu'il fut fait Evêque de Langres après
la mort d'Isaac. On croit que ce fut lui
qui tira de Tournus les Corps de S. Vétérin
et de S. Léonard , pour les donner
au Monastere de Corbigny.Sous Gautier,
second Abbé , est une suite de donations.
Le troisième , nommé Blitgaire , obtint
du
AVRIL . 1734 673
du Prince Eudes , le droit de faire battre
Monnoye.
L'Auteur représente icy deux sortes de
ces Monnoyes battuës à Tournus. A l'une
on lit d'un côté : scs VALERIANVS , et de
l'autre côté : TORNVCIO CASTRO . L'autre
Monnoye ne paroît pas si ancienne. Le
nom de S. Filibert y est écrit d'une maniere
corrompuë , puisqu'on y lit , S. PHILIBERTI
MONETA , comme si un nom purement
Teutonique pouvoit venir du
Grec. Ce fut aussi de son tems qu'on
croît qu'Adalger, Evêque d'Autun , mourut
à Tournus ; mais s'il n'y mourut pas,
il est certain qu'il y fut inhumé , à moins
que la Pierre où on lit Adalgerius hic
quiescit Episcopus , n'eût été apportée
d'ailleurs. La mort de cet Evêque avoit
fait du bruit : Un Moine de Flavigny
soupçonné d'en être l'Auteur , fut obligé
de se purger par la reception de la sainte
Eucharistie.La Communauté de Tournus
grossit encore sous Hervé , quatriéme
Abbé. Les Moines de S. Florent le vieux ,
en Anjou , craignant les courses des Normans
, vinrent se refugier chez eux avec
le Corps de leur S. Patron . Il est vrai
qu'ils n'y firent pas une longue réſidence
, mais ils furent toujours obligez de
laisser à Tournus leurs Reliques , et ils
Ciij ne
674 MERCURE DE FRANCE
ne purent les t'avoir que vers l'an 946.
par un effet de la subtilité de l'un d'entr'eux
.
Quoique la Ville eut été brûlée en
937. par des Barbares venus de Scythie
le Monastere qui étoit dans le Château
ne se ressentit pas beaucoup de ce malheur.
Il ne falloit pas alors des sommes
considérables pour la nourriture des Religieux
, puisque dans uue donation que
leur fit l'Archevêque de Besançon en 945 ,
il est dit que les Serviteurs de Dieu s'occupoient
à cultiver la terre. L'Abbaye préservée
de l'incendie , fut fatiguée vers le
même temps , par les poursuites de Gilbert,
Comte de Châllon ; ce qui fit que
les Moines prirent la résolution de quitter
le Lieu et de s'en aller avec le Corps
de S.Filibert et leurs autres Reliques , jusqu'à
S. Pourçain en Auvergne. Plusieurs
Evêques s'assemblérent à Tournus en
949. pour chercher les moyens de faire
revenir cés sacrez trésors ; ils revinrent en
effet , et quatre Evêques allerent audevant
jusqu'à un quart de lieuë de la ville.
De -là l'origine de plusieurs Processions
qui venoient autrefois à Tournus après
l'Ascension , des Diocèses de Besançon ,
de Mâcon, de Châllon et d'Autun . Il peut
paroître surprenant que les Evêques n'eussent
AVRIL. 1734.
675
sent pas songé à dédommager la Ville de
Tournus de la perte du Corps de S. Filibert,
par celui de S. Valerien . Il étoit toujours
resté dans un Cercueil de Pierre ,
dont ils auroient pû le tirer . Mais il ne le
fut que par l'Abbé Etienne. La cérémonie
est icy tres-bien détaillée , et l'Historien
la fixe au Dimanche 26 Janvier 76.
L'Abbaye de Tournus fut brûlée le 16
Octobre de l'an 1006.par un accident im
prévu ; et l'Eglise réparée de nouveau fut
consacrée l'an 1019. Hugues , Evêque
d'Auxerre , qui étoit Comte de Châllon ,
fit aux Moines des donations considérables
à l'occasion de cette cérémonie , et en
reconnoissance ils lui prétêrent la Banniere
de S Filibert , dont il avoit besoin
dans les Guerres qu'il soûtenoit pour lcs
intérêts du Roy Robert.L'Auteur en parlant
de S Ardaing qui est compté pour
13 Abbé de Tournus , attribue à S. Odilon
de Cluni , ce que M. Chastelain dans
son Martyrologe ( I Bémestre, 11 Février,
page 6 24. ) dit de S. Ardaing. L'un assure
que c'est à S. Odilon que l'Empereur
S. Henry envoya sa Couronne ; l'autre
écrit , que ce fut à l'Abbé de Tournus . Il
paroît que M. Juenin , qui n'oublie rien
de ce qui concerne le culte des Saints de
son Abbaye , n'a pas été informé qu'il est
C iiij ho676
MERCURE DE FRANCE
honoré, particulierement dans le Prieuré
de S. Syphorien d'Autun , qu'il y a en
cette Eglise une Chapelle de son nom ,
avec des Reliques , et un Puits proche de
l'Eglise , où on lit autour du bord : LE
PUITS SAINTARDAN.La politesse de l'Abbé
Guillaume de Jaligny fut poussée jusqu'au
point qu'il ne pouvoit souffrir que
les Bourgeois ou Bourgeoises de Tournus
se présentassent devant lui avec des habits.
négligez ; il leur en faisoit des reproches ,
et si c'étoit par indigence , il les secouroit.
Pierre , le 16 ° Abbé, reçut en 1105 ,
une Bulle qui lui permettoit de dire à la
Messe le Gloria in excelsis, le jour de l'Annonciation
, sans doute , parce que cette
Fête tombe le plus souvent en Carême
où alors ce Cantique ne se disoit pas aux
Fêtes , quoiqu'il n'y en eut que fort peu ,
dans le temps du grand jeûne .
Depuis le 12 siècle , l'Histoire est plei .
ne d'Actes de donations, accords , transactions
, échanges , confirmations de
droits , concessions de nouveaux droits ,
aux Habitans de Tournus. On y remarque
, pag. 132. que le Roy Loüis le Jeune
fut obligé de venir à Tournus pour accorder
les habitans avec l'Abbé, quoique
les contestations n'eussent pas été poussées
au point que l'avoient été celles de
l'Abbé
AVRIL 1734. 677
, 1245 . V
Ï'Abbé de Vezelay , contre ses habitans .
Outre les deux incendies dont il a été
parlé plus haut , il en survint un troisiéme
vers l'an On eut besoin des
aumônes des Fideles , pour la réparation
des dégats qu'il avoit causés. Les Moines
de Tournus se servirent de toutes les
voyes imaginables pour en attirer . Ils obtinrent
même de l'Abbé Général de Citeaux
des Lettres de recommandation ,
par lesquelles il promettoit à tous ceux
qui leur feroient quelque aumône, d'avoir
part aux suffrages de son Ordre. Ces quêtes
faites par des Moines , jointes à la séparation
de leur Mense , d'avec la Mense
Abbatiale , ne contribuerent pas peu à
introduire le relâchement parmi eux ,
aussi bien que l'érection des Offices
Claustraux en titre. Cependant ces Religieux
n'avoient encore alors par repas ,
qu'une portion de Fromage et trois Oeufs
où du poisson à l'équivalent ; cette simplicité
dans la nourriture dura jusqu'à ce
Î'Abbé Renaud augmenta la pitance en
1253. et permit d'augmenter la portion
de viande des malades de l'Infirmerie.
L'Auteur nous apprend qu'en blanchissant
dans ces derniers temps l'Eglise de
Tournus , on a effacé quelques monumens
des Abbez du 13siccle , et d'un
-
C v Sei68
MERCURE DE FRANCE
Seigneur de Montbelet . C'est une chose
que les Supérieurs des Lieux devroient
soigneusement empêcher. On rompt , on
brise , on efface , on détruit tout , et souvent
personne ne se plaint. Ceux qui aiment
à détruire , devroient au moins retenir
des copies figurées des anciens Monumens
avant que de les livrer au bras séculier.
C'est une réfléxion que M. Juenin
nous a laissé à faire.
En 1318 , l'Abbé fit avec Eudes IV.Duc
de Bourgogne un Traité , qu'on peut
voir à la page 176.Les droits du Maréchal
de l'Abbaye en 1334. sont curieux à lire.
Le premier Dimanche du Carême n'y est
pas nommé Brandonum , mais Bordarum ;
l'Auteur n'oublie point , lorsqu'il en est
au temps du Roy Jean , de dire que ce
Prince vint à Tournus en 1362. et qu'il y
confirma aux Religieux le droit de Pêche
dans la Rivire de Saone. Le reste de ce
qui se passa à Tournus au 14° siecle , finit
par un fait plus interessant. C'est l'érection
d'une Commune que les Bourgeois
tenterent encore, comme ils l'avoient fait
au 12 ° siècle, mais ils succomberent encore
cette fois ; l'Arrêt est de l'an 1399. La
Ville fut prise et pillée en 1422. par les
Troupes du Dauphin de France que l'on
nommoit les Armagnacs , et cette prise occaAVRIL.
1734. 679
casionna , dit l'Auteur , un mal qui n'est
pas encore entierement cessé. Il veut parler
de certains procès au sujet des usages
d'un Village voisin nommé Arbigny . On
voit aux années 1447 et aux suivantes , les
différens qui furent mus alors entre l'Evêque
diocésain , qui est celui de Châllon
et les Abbez de Tournus , touchant la
Jurisdiction .
?
Les Abbez Commandataires eurent lieu
à Tournus comme ailleurs , au commencement
du 16 siécle ; le premier fut Robert
de Lénoncourt, mort Archevêque de
Reims , lequel fit du bien à l'Abbaye. En
1501. Jean de Châllon , Prince d'Orange,
vint avec sa femme en dévotion à Tournus
, promettant à Dieu , que s'il leur
accordoit un fils ,ils le nommeroient Filbert.
Cet Enfant obtenu dans l'année- même
fut depuis le fameux Philibert , Prince
d'Orange , Vice Roy de Naples , pour
Charles- Quint , lequel quitta la France
pour une raison , rapportée par Gollut *.
Charles III. Duc de Savoye , ayant imité
en 1527 , la piété de Jean de Châllon , obtint
aussi du ciel , par l'intercession de
* Selon cet Auteur , dans ses Mémoires , sur la
Franche- Comté,ilfut cho qué étant à Fontainebleau,
qu'ont l'eutfait sortir de son logis ponrfaire place à
un Nonce du Pape.
C vj
S.
1
680 MERCURE DE FRANCE
Ş. Filibert , un fils qui porta le nom de
ce Saint. Cette dévotion des Princes ne
peut servir qu'à condamner les Auteurs
de quelques nouveaux Bréviaires ,qui ont
supprimé tout à fait du Calendrier le
nom de S. Filibert.
·
Une remarque curieuse que M. Juenin
insére dans son Histoire , quoiqu'elle regarde
plus naturellement l'Histoire de
Mâcon , est qu'en 1518 , le Pont de Mâcon
menaçant ruine , l'Evêque ne donna
permission de faire gras le Lundy et
Mardy qui précedent le jour des Cendres
et d'user de laitages pendant le Carême ,
qu'à ceux qui contribueroient aux réparations
de ce Port. Il faut entendre l'Auteur
rapporter lui - même un fait qu'il a
tiré des preuves des libertez de l'Eglise
Gallicane.Ce fait est de l'an 1530. » Frere
» Jean de Trappes , dit de la Graverote
» Moine de Tournus mais Aumônier
» de Pairie en Bourgogne , fut trouvé le
de Juin à Paris , en la Salle du Pa-
» lais , vétu d'une maniere un peu extra-
» vagante pour un Moine. Il avoit un
» Pourpoint de Satin , une Robbe dou-
» blée de damas et un Froc de serge de
» soye. Il fut arrêté par des Huissiers de
» la Cour , et mené au Parquet des Gens
» du Roy. Ayant été mandé en ladite
»
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,
>> Cour
AVRIL 1734 681
» Cour , après qu'il y eut été interrogé ;
» et que les Gens du Roy eurent été oüis,
» la Cour lui enjoignit de se conformer
» dans son habit aux autres Religieux
» de S. Benoît , lui fit inhibitions et dé
>> fenses sur peine de mille livres d'a-
» mende , de plus paroître au Palais avec
» un habit , tel que celui dans lequel il
» avoit été arrêté , ou avec tel autre ha-
>> bit qui ne conviendroit point à un Religieux
de son Ordre. La Cour ordonna
» outre cela qu'il fut mené au Monastere
» de S. Martin des Champs , pour y de-
» meurer ce jour-là , et y être admonesté
» de bien vivre. Le lendemain il présenta
» Requête à la Cour , pour qu'il lui fut
33
33
permis de se retirer en fon Abbaye de
>> Tournus ; sur quoi la Cour ordonna
» que le Prieur de S. Martin des Champs
» le feroit habiller selon son état ; que
»pour cet effet , il feroit vendre les ha-
» bits dont il étoit vêtu , et que le surplus
de l'argent seroit distribué aux
» pauvres ; après quoi il seroit mis hors
» du Monastere .
>>
M. Juenin dit qu'il ne connoît point
le Monastere de Pairie,dont ce Religieux
étoit Aumônier. Il y a grande apparence
que c'est celui de Paroy ou Parey , dont
le nom aura été mal orthographié. C'est
un
682 MERCURE DE FRANCE
un Prieuré de l'Ordre de Cluny , au
Diocèse d'Autun.
A l'occasion du différend qui s'éleva¸
sur la Pêche , sous le Cardinal de Tournon
, on fit à Tournus des recherches
des Bornes anciennes dans la Riviere de
Saone. On y trouva en 1548. une Pierre
longue de quatre pieds , et large de deux ,
sur laquelle étoient figurez deux personnages
que l'Historien de Tournus a fait
graver. La premiere figure qui est à droite
de l'autre , représente , à ce qu'il prétend
, un Religieux . Il a un Oyseau sur
le poing de la main droite , et il paroît
tenir de la main gauche une espece de
Corbeille ; l'autre figure paroît représenter
un jeune Seigneur. L'Auteur est persuadé
que cette Pierre avoit servi à marquer
les limites du droit de Pêche que
Hugues de Châllon , Evêque d'Auxerre,
avoit donné à ce Monastere au 11 siècle ,
et il croit que la Corbeille ovale , qui a
un manche semblable à celui d'une Raquette
, est pour figurer celle qui renfermoit
le titre de cette donation . Mais comme
l'Oyseau de la main droite démontre
surement le droit de Chasse , il s'ensuit
aussi que l'instrument d'Ozier , placé
dans l'autre main , est plutôt une espece
d'Engin destiné pour la Pêche ; et qu'ainså
AVRIL 1734 683'
si la figure de ce Moine représente le droit
de Chasse et de Pêche réunis ensemble.
C'est à quoi il y a d'autant plus d'apparence
, que la Pierre a dû être placée sur
le bord de la Riviere , avant que la rapidité
des Eaux eût entraîné les terres qui
la soutenoient.
Je ne suivrai point cet Auteur dans
ce qu'il rapporte de la guerre des Huguenots
et de celle de la Ligue , relativement
à Tournus . Il s'étend aussi beaucoup
à raconter l'Histoire de la sécularization
de cette Abbaye , qui fut faite
il y a environ cenr dix ans , à l'exemple
de celle de S. Etienne de Dijon et
de S. Pierre de Vienne. Cette nouvelle
Collégiale reçut en 1632. des Statuts
de M. de Neufchese , Evêque de Challon.
On fait remarquer parmi les Eyenemens
singuliers de ia Ville de Tournus
, que la peste y ayant été comme
ailleurs en 1630. ou environ , les Ha-,
bitans se voüerent à S. Charles , Archevêque
de Milan , à l'exemple de ceux
de Challon , et qu'on y fit voeu de chommer
sa Fête. C'est ce qui fait voir que
quelquefois les Saints nouveaux préjudicient
aux anciens , comme l'a dit Nicolas
de Clamengis , puisque presque partout
ailleurs les voeux faits à l'occasion
de
384 MERCURE DE FRANCE
de la peste se réunissoient dans l'augmentation
du culte de Saint Sebastien et
dans celui de. S. Roch.
que
Le reste de cette Histoire n'est qu'un
narré des changemens arrivez dans le
Pays , et autres Evenemens peu interessants
, tels la réunion de l'Aumônerie
de l'Abbaye à l'Hôpital du lieu ;
la dérogation qui fut faite aux droits de
l'Abbé par la création des Maire , Assesseurs
, &c. de Tournus ; differentes
décorations de l'Eglise , passages extraordinaires
, comme celui des Religieux de
la Trappe qui alloient s'établir en Toscane.
Ce fait est de l'an 1705. Le Lecteur
peut cependant y voir avec édification
, l'endroit où M. Juenin marque
la bonne réception que leur fir le Cardinal
de Bouillon , Abbé de Tournus ;
et comment les Chanoines , entez sur
les anciens Moines , parurent les regarder
comme une espece de Confreres.
Tout ce qu'il raconte depuis ce tempsrécent
pour nous y arrêter.
là est trop
Comme l'Auteur a mis à la tête de
son Ouvrage un Plan et un Profil de
la Ville et de l'Abbaye de Tournus , il
donne aussi à la fin des Pieces du même
genre. On y voit aussi un plan géométral
de l'Eglise de S.Filibert et de l'Eglise
AVRIL. 1734.
685
glise souterraine. Il ne croit pas cellecy
si ancienne que l'a crû Dom Martenne
, et il peut avoir raison. Il n'a
pas oublié non plus de donner dans le
corps de l'Ouvrage le dessein d'un Eventail
de vélin très ancien , qui servoit dans
les Saints Mysteres pour chasser les Mouches
qui auroient incommodé le Prêtre.
Ce meuble aisé à transporter , venoit ,
sans doute , du Monastere de Nermoutier
en Bretagne , selon qu'il est aisé d'en
juger par le nom de S. Philibert et de
S. Martin de Vertou , qui s'y lisent, pendant
que celui de S. Valerien n'y paroît
en aucun endroit . On voit parmi les
Pieces justificatives de cette Histoire ,
qui sont en 339. pages , les Vies de saint
Valerien , de S. Marcel Martyr de Challon
une Chronique de Tournus , qui
n'a jamais été publiée ; une Description
curieuse conservée dans l'Eglise de saint
Marcel de Cayret , au Diocèse d'Uzés .
On y trouve aussi la Vie , les Tranflations
et les Miracles de S. Filibert , où
l'on ne trouve point le trait fabuleux
qui a tant décrié la Légende de ce Saint.
>
Il est à souhaiter que l'exemple de
l'Historien de Tournus soit suivi , et que
dans chacune des Eglises Collegiales qui
ont succedé à d'anciens Monasteres , if
Se
686 MERCURE DE FRANCE
se trouve un Sujet aussi zelé que le paroît
M. Juenin , pour faire connoître la
celebrité des Lieux , et pour en conserver
à la posterité tous les monumens
qui sont dignes d'attention . Je suis , &c.
A A .... le 10. Octobre 1733.
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Résumé : LETTRE de M..... au sujet de la nouvelle Histoire de la Ville et Abbaye de S. Filibert de Tournus ; dédiée à son Eminence M. le Cardinal de Fleury, Abbé de Tournus.
La lettre traite de l'histoire de la ville et de l'abbaye de Saint-Filibert de Tournus, dédiée au Cardinal de Fleury. L'auteur met en avant la richesse historique des villes non épiscopales comme Tournus. L'histoire de la ville remonte à l'époque des Éduens, avec des mentions dans divers textes anciens. Le martyre de Saint-Valérien a rendu le lieu célèbre, conduisant à l'établissement d'un monastère sur son tombeau. Au IXe siècle, des moines de Nermoutier ont rejoint la communauté, augmentant ainsi les biens et les religieux de l'abbaye. Charles le Chauve a confirmé cette union et ajouté des biens considérables. L'histoire de l'abbaye est marquée par des donations, des privilèges et des événements marquants, tels que des incendies et des conflits avec les comtes et les évêques. Plusieurs abbés notables sont mentionnés, ainsi que des faits historiques comme des processions et des donations royales. La lettre critique également la destruction de monuments anciens lors de rénovations et mentionne des événements du XVIe siècle, comme la visite de Jean de Châlon et la dévotion des princes pour Saint-Filibert. Par ailleurs, un religieux fut arrêté et conduit au monastère de Saint-Martin-des-Champs pour y être admonesté. Il demanda ensuite à être transféré à l'abbaye de Tournus, ce que la Cour accepta. Le monastère de Pairie, dont ce religieux était aumônier, est identifié comme étant probablement celui de Paroy ou Parey, un prieuré de l'Ordre de Cluny dans le diocèse d'Autun. En 1548, des recherches sur les bornes anciennes dans la rivière Saône à Tournus révélèrent une pierre gravée représentant un religieux et un jeune seigneur. Cette pierre marquait les limites du droit de pêche accordé au monastère par Hugues de Châllon, évêque d'Auxerre, au XIe siècle. Elle figurait également le droit de chasse et de pêche réunis. Le texte mentionne également des événements historiques à Tournus, comme la peste de 1630 et les vœux faits à saint Charles, archevêque de Milan. Il évoque la sécularisation de l'abbaye de Tournus, qui reçut des statuts en 1632. Divers changements et événements mineurs sont également relatés, comme la réunion de l'aumônerie de l'abbaye à l'hôpital local et la création de maires et d'assesseurs à Tournus. L'auteur de l'ouvrage sur l'histoire de Tournus inclut des plans et des profils de la ville et de l'abbaye, ainsi que des pièces justificatives telles que des vies de saints, des chroniques et des descriptions curieuses. Il est souhaité que d'autres historiens suivent l'exemple de M. Juenin pour conserver et faire connaître les monuments dignes d'attention.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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66
p. 1006-1007
BENEFICES DONNEZ par le Roy, le 23. Mai.
Début :
L'Evêché de Langres à M. de Montmorin de Saint Herem, Evêque [...]
Mots clefs :
Diocèse, Abbé, Ordre de Cîteaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy, le 23. Mai.
BENEFICES DONNEZ
par le Roy , le 23. Mai.
L'
'Evêché de Langres à M. de Montmorin
de Saint Herem Evêque
d'Aire.
,
L'Evêché de Blois à l'Abbé de Pontchartrain
, Grand- Vicaire de Bourges .
L'Evêché de Die à l'Abbé Cosnac ,
Grand-Vicaire de Paris , et Maître de
l'Oratoire du Roi .
L'Abbaye de Saint Benoit sur Loire,
Ordre de S. Benoit , Diocèse d'Orleans,
au même Abbé de Cosnac.
Celle de Lyre , Diocèse d'Evreux , Ordre
de S. Benoit , au Frince Constantin
de Rohan .
Celle de Long- Pont , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Soissons , à l'Abbé de Rosset
de Rocozel.
Celle de Conques Seculiere , Diocèse
de
MAY. 1734. 1007
de Rodez , à l'Abbé de Durefort d'Eyme.
Celle de Bonrepos , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Quimper,à l'Abbé de Menou ,
Grand- Vicaire de Nantes.
L'Abbaye d'Aiguebelle , Ordre de Citeaux
, Diocèse de S. Paul- Trois Châteaux
, àl'Abbé Gallet de Coulanges ,
Grand Vicaire de ce Diocèse .
>
, Celle de Candeil , Ordre de Citeaux
Diocèse d'Alby , à l'Abbé de Toulouze
de Lautrec.
Celle de S. Thiers de Laon , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Valence à
l'Abbé de Castelane , Chanoine de Grignan
Celle de Font, Douce , Ordre de S. Be-.
noit , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Bonyoust.
›
Celle de la Caze- Dieu , Ordre de Prémontré,
Diocèse d'Auch , à l'Abbé Palerne
, Chanoine de S. Just de Lyon.
,
Celle de Fenieres , Ordre de S. Benoit,
Diocèse de Poitiers , à l'Abbé de Montaigu.
L'Abbaye Reguliere de la Charmoye ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Châlons
sur Marne , à Dom le Masson , Prieur
de Tyronneau.
par le Roy , le 23. Mai.
L'
'Evêché de Langres à M. de Montmorin
de Saint Herem Evêque
d'Aire.
,
L'Evêché de Blois à l'Abbé de Pontchartrain
, Grand- Vicaire de Bourges .
L'Evêché de Die à l'Abbé Cosnac ,
Grand-Vicaire de Paris , et Maître de
l'Oratoire du Roi .
L'Abbaye de Saint Benoit sur Loire,
Ordre de S. Benoit , Diocèse d'Orleans,
au même Abbé de Cosnac.
Celle de Lyre , Diocèse d'Evreux , Ordre
de S. Benoit , au Frince Constantin
de Rohan .
Celle de Long- Pont , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Soissons , à l'Abbé de Rosset
de Rocozel.
Celle de Conques Seculiere , Diocèse
de
MAY. 1734. 1007
de Rodez , à l'Abbé de Durefort d'Eyme.
Celle de Bonrepos , Ordre de Cîteaux ,
Diocèse de Quimper,à l'Abbé de Menou ,
Grand- Vicaire de Nantes.
L'Abbaye d'Aiguebelle , Ordre de Citeaux
, Diocèse de S. Paul- Trois Châteaux
, àl'Abbé Gallet de Coulanges ,
Grand Vicaire de ce Diocèse .
>
, Celle de Candeil , Ordre de Citeaux
Diocèse d'Alby , à l'Abbé de Toulouze
de Lautrec.
Celle de S. Thiers de Laon , Ordre de
S. Augustin , Diocèse de Valence à
l'Abbé de Castelane , Chanoine de Grignan
Celle de Font, Douce , Ordre de S. Be-.
noit , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Bonyoust.
›
Celle de la Caze- Dieu , Ordre de Prémontré,
Diocèse d'Auch , à l'Abbé Palerne
, Chanoine de S. Just de Lyon.
,
Celle de Fenieres , Ordre de S. Benoit,
Diocèse de Poitiers , à l'Abbé de Montaigu.
L'Abbaye Reguliere de la Charmoye ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Châlons
sur Marne , à Dom le Masson , Prieur
de Tyronneau.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy, le 23. Mai.
Le 23 mai 1734, le roi a attribué plusieurs bénéfices ecclésiastiques. L'Évêché de Langres a été attribué à M. de Montmorin Saint-Herem, Évêque d'Aire. L'Évêché de Blois a été donné à l'Abbé de Pontchartrain, Grand-Vicaire de Bourges. L'Évêché de Die a été attribué à l'Abbé Cosnac, Grand-Vicaire de Paris et Maître de l'Oratoire du Roi. Plusieurs abbayes ont également été attribuées : l'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire à l'Abbé de Cosnac, celle de Lyre à Constantin de Rohan, celle de Long-Pont à l'Abbé de Rosset de Rocozel, celle de Conques à l'Abbé de Durefort d'Eyme, celle de Bonrepos à l'Abbé de Menou, celle d'Aiguebelle à l'Abbé Gallet de Coulanges, celle de Candeil à l'Abbé de Toulouze de Lautrec, celle de Saint-Thiers de Laon à l'Abbé de Castelane, celle de Font-Douce à l'Abbé de Bonyoust, celle de la Caze-Dieu à l'Abbé Palerne, celle de Fenieres à l'Abbé de Montaigu, et l'Abbaye Régulière de la Charmoye à Dom le Masson.
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67
p. 63-77
« LETTRES DE M. L'ABBÉ DE *** A SES ELEVES. A Paris, chez Claude Hérissant, [...] »
Début :
LETTRES DE M. L'ABBÉ DE *** A SES ELEVES. A Paris, chez Claude Hérissant, [...]
Mots clefs :
Lettre, Lettres, Abbé, Prophétie, Israël, Ecriture Sainte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES DE M. L'ABBÉ DE *** A SES ELEVES. A Paris, chez Claude Hérissant, [...] »
LETTRES DE M. L'ABBÉ DE *** A SES
ÊLEVES . A Paris , chez Claude Hériſſant ,
rue neuve Notre-Dante , à la Croix d'or &
aux trois Vertus , fecond volume. in- 1 z.
•
On a rendu compte dans le Mercure
de .... 1752 , du premier volume de ces
lettres imprimées à Paris en 1751 ; chez
la veuve Colombat.
L'auteur avoit promis feize lettres . Le
premier volume en contient dix , & le fe
cond préfente les fix dernieres , dont l'ob
jet eft de prouver l'existence des termes
énigmatiques & généraux dans les ouvra
ges prophétiques , & de faire fentir qué
leur intelligence eft néceffaire pour entendre
parfaitement le fens littéral hiſtorique
des Prophetes , des Pfeaumes , de Job , des
Cantiques , & de quelques autres prophé
ties répandues dans l'Ecriture Sainte .
Ainfi la premiere lettre de ce fecond
volume , qui eft la X I dans l'ordre des
feize , eft employée à parler du ftyle prophétique
& des raifons de fon obfcurité ;
& depuis la page so jufqu'à la page 70 ,
où finit la lettre XI , l'auteur commence
à faire un effai fur une partie des termes
énigmatiques qu'il doit traiter dans la lettre
fuivante.
La XII lettre entre tout-à -fait en
matiere ; on y voit quantité de paffages
64 MERCURE DE FRANCE.
с
des livres prophétiques , développés relativement
au fens littéral exigé par l'hiſtoire ;
mais l'auteur ne fe contente pas de morceaux
détachés , qui pourroient ne pas
fatisfaire , faute de liaifon avec ce qui précede
& ce qui fuit. Il prend donc une
prophétie entiere , l'une des plus difficiles
qu'il ait pu choifir. C'eft le chapitre 14
d'Ifaïe , depuis le premier jufqu'au 22
verfet inclufivement. Cette lettre étoit
trop longue pour ne la pas divifer en deux
parties. La premiere contient deux avertif
femens ; l'un traite des quatre termes énigmatiques
, dont l'intelligence eft abfolument
effentielle à la lettre hiftorique de
cette prophétie d'lfaïe. Le fecond avertif
fement contient fept remarques grammaticales
, fuivies d'une obfervation fur l'u
fage de la profopopée dans les faints Livres.
Après les deux avertiffemens on trouve le
précis de la prophétie : elle regarde , dans
le premier fens littéral , la chute de l'empire
de Babylone ; on paffe enfuite à une
double verfion latine , dont la premiere
conferve fes termes énigmatiques , & la
feconde les développe : une verfion françoiſe
dans le même goût fuccede à la latine.
L'Auteur termine cette premiere parrie
par quelques remarques fur le peu d'ordre
avec lequel on a traité jufqu'ici ces
MAR S. 1755. 65
vingt-deux premiers verfets du chap. XIV
d'Ifaïe.
La feconde partie de la XII lettre comprend
les notes indifpenfables à l'intelligence
d'une pièce auffi difficile , quant au
fens littéral de l'ancien Ifraël ; mais afin
qu'on ne croye pas que cette explication
puiffe nuire au fens de l'Eglife chrétienne
attaché néceffairement à ce texte d'Ifaïe ,
l'auteur préfente d'autres notes relatives
au nouvel Ifraël ; elles font fuivies d'une
double verſion françoiſe , mife au - deſſous
de la verfion littérale relative à l'ancien
Ifraël. Cette lettre finit par une courte
réflexion fur la ſurpriſe que pourra cauſer
à quelques perfonnes l'établiffement d'un
double fens littéral , dont cependant les
preuves font dans les Peres , les Théologiens
, & les plus habiles commentateurs.
La XIII lettre roule fur les termes gé
néraux ou indéterminés , qu'il faut reftreindre
aux fignifications particulieres
exigées par les vues du Prophéte . On donne
en preuve les deux petits Cantiques
contenus dans le XII chapitre d'Ifaïe . Deux
fimples notes de l'auteur développent en
très- peu de mots le double fens de cette
prophétie , quant à l'ancien & quant au
nouvel Ifraël . On trouve enfuite l'examen
de plufieurs termes généraux du Pleaume
66 MERCURE DE FRANCE.
XXXVI . Heb. XXXVII , Noli amulari , &
d'un affez grand nombre d'autres , & furtout
des mots mifericorde & vérité qui ,
reftreints à leur vraie & exacte fignifica
tion , jettent un grand jour fur les paſſages
où ils fe rencontrent.
La lettre XIV eft une fuite du traité des
termes généraux .L'auteur apporte en preuve
le Pf. 1. Beatus vir , &c. qu'il regarde comme
un tiffu de termes indéterminés qui
reftreints au fens exigé par le Prophéte
s'entendent d'abord des Apoftats du tems
de la captivité de Babylone , & enfuite
de ceux de l'Eglife chrétienne ; des notes
étendues fuivent le texte , & nous paroiffent
comme démonftratives.
La X Ve lettre eft uniquement occupée
à prouver que les termes énigmatiques &
généraux qui font en ufage dans les li
vres prophétiques , entrent auffi dans la
compofition des Cantiques du N. T. On
en donne pour exemple le cantique Bene
dictus Dominus , Deus Ifraël.
La XVI ne contient point le Pf. LXVII .
Heb. LXVIII . Exurgat , Deus , promis dans
le volume I. Ce chef-d'oeuvre de la poëfie
des Hébreux , accompagné de notes , eût
donné trop d'étendue à ce fecond volume.
L'auteur à donc prié quelques - uns des
éleves qu'il a formés , de fe charger de
MARS. 1755. 67
"
l'édition de ce Pfeaame . Mais pour mieux
entendre tout ce que ceci veut dire , il eſt
néceffaire de fçavoir que depuis plus de
dix ans , il fe forme parmi les RR. PP.
Capucins de la rue faint Honoré , un petit
nombre de gens de lettres qui fe font
confacrés à l'étude du double fens litteral
de l'Ecriture Sainte . L'auteur de ces lettres
a tellement goûté leur maniere de travailler
, qu'il leur confie non-feulement fon
Exurgat , mais auffi Pexécution entiere de
fon plan , dont on lit l'efquiffe aux pages
454 & 455 de ce volume. On voit dans
cette X V I lettre , les avis qu'un pere ,
non-feulement tendre , mais éclairé , donne
à des enfans pleins d'un amour inaltérable
pour l'Ecriture Sainte , d'un courage à
toute épreuve & d'un travail infatigable.
Ils vont feconder dans peu les vûes de
leur maître , puifqu'ils donnent inceffamment
quatre volumes in- 12. pour commencer
l'exécution du travail qu'il leur
remet entre les mains .
Tel eft l'extrait du fecond volume des
lettres de M. l'Abbé de *** à fes éleves.
Quoique le mérite de cet ouvrage ne puiffe
être apprécié dans toute fa valeur que par
ceux qui ont fuivi & qui fuivent encore
fes leçons publiques ou particulieres , toujours
gratuites , il eft cependant aifé de
68 MERCURE DE FRANCE .
fentir que fon plan eft établi fur les folides
principes qu'il a puifés dans les premieres
fources pendant près de cinquante
ans d'étude.
ODES D'HORACE traduites par feu M.
l'Abbé Desfontaines , in - 12 . petit format ,
1754. A Paris , chez Chaubert , quai des
Auguftins ; avec approbation & privilege
du Roi. Nous avons vû des exemplaires de
cet ouvrage , qui au lieu de Paris portent
le nom de Berlin ; mais ils font f
femblables la forme & les caracteres ,
pour
que nous ne doutons point qu'ils ne fortent
de la même preffe ; la feule différence
que nous y avons remarquée eft que
dans les exemplaires de Paris on a retranché
les odes qui ne fe lifent point dans les
Colléges , & qu'elles fe trouvent dans ceux
de Berlin , au frontifpice defquels on lit
une épigraphe qui fait honneur aux fentimens
du Libraire qui diftribue les uns &
les autres , & à laquelle nous foufcrivons
volontiers.
Quis defideriofit pudor aut modus ,
Tam cari capitis. Hor. Od. XXIV. 1. I.
BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE ET CRITI
QUE DU POITOU , contenant les vies des
MARS.
1755. 69
fçavans de cette province depuis le troifiéme
fiécle jufqu'à prefent ; une notice
de leurs ouvrages , avec des obfervations
pour en juger , &c . A Paris , chez Ganneau
, Libraire , rue Saint Severin , à S.
Louis & aux armes de Dombes. 1754 .
Cinq gros vol. in- 12 .
:
Il y a déja du tems que cet ouvrage a
paru cependant comme les Mercures précédens
n'en ont point parlé , nous nous
faifons un devoir de l'annoncer aujour
d'hui. Il feroit inutile d'entrer dans aucun
détail fur la forme que l'auteur a jugé
à propos de lui donner , ni fur la façon
dont il s'y eft pris pour le traiter. Le
compte exact qu'on en a rendu dans la
plupart des Journaux doit fuppléer fuffifamment
à notre filence. Nous obferverons
feulement que fi dans le nombre des
fçavans qui trouvent leur place dans cette
bibliotheque , il y en a qui fe font fait un
nom fameux dans la république des lettres ,
il s'en rencontre beaucoup auffi dont la
réputation ne paffe point les limites du
Poitou .
LA VIE DES PEINTRES FLAMANDS , ALLEMANDS
ET HOLLANDOIS , avec des portraits
gravés en taille-douce , une indication
de leurs ouvrages , & des réflexions
70 MERCURE DE FRANCE.
fur leurs différentes manieres. Par M. J. B.
Defcamps , Peintre , membre de l'Académie
royale des Sciences , Belles- Lettres &
Arts de Rouen , & Profeffeur de l'Ecole
du deffein de la même ville . A Paris ,
chez Defaint & Saillant , rue Saint Jean de
Beauvais ; Piffot , quai de Conti ; Durand
, rue du Foin , en entrant par la rue
Saint Jacques , la premiere porte cochere.
1754. Tome fecond , gros in-8 ° . Il y a
lieu d'efpérer que le public ne fera pas
un accueil moins favorable à ce volume
qu'à celui qui l'a précédé.
LE CALENDRIER DES LABOUREURS ET
DES FERMIERS , contenant les inftructions
néceffaires la conduite & pour le
pour
maniement d'une ferme dans tous les mois
de l'année ouvrage néceffaire aux per
fonnes qui vivent à la campagne , & à celles
qui font valoir leur bien. Traduit de
l'Anglois , fur la fixième édition de M.
R. Bradeley de la Société royale de
Londres , & Profeffeur de Botanique dans
l'Univerfité de Cambridge . A Paris , chez
Briaffon , Libraire , rue Saint Jacques , à
la Science. 1755 , vol. in- 12.-
ANALYSE DES DISSERTATIONS SUR PLUSIEURS
MATIÈRES MEDICO - PHYSIQUES . Par
MARS. 1755. 71
M. Olivier de Villeneuve , Docteur de la
Faculté de Médecine de Montpellier ,
Doyen des Médecins de la ville de Boulogne-
fur-mer. A Utrecht , 1754 , petit in-
12. 100 pages.
. DEMONSTRATION DE LA QUADRATURE
DU CERCLE ; par M. le Chevalier de Caufans
, ci - devant Colonel du Régiment
d'Infanterie de Conti . A Paris , chez Delaguette
, rue Saint Jacques , à l'Olivier ;
·in-4°. 22. pages.
On a toujours été jufqu'ici perfuadé
& non fans raifon , de l'inutilité des efforts
que l'on voudroit employer pour parvenir
à la découverte de la Quadrature du
cercle . On s'eft réuni à en regarder la démonftration
, non feulement comme impoffible
, mais comme impliquant les contradictions
les plus évidentes en géométrie .
Il n'eft donc pas aifé de détruire un préjugé
qui paroît fi bien fondé. Cependant
M. le Chevalier de Caufans, fans s'effrayér
des difficultés qu'on peut lui oppofer , n'a
pas laiffé de tenter la chofe en queftion .
Un grand nombre de perfonnes qui ont de
la peine à s'imaginer qu'elle foit traitée
férieufement, n'auroient pas manqué d'imputer
les tentatives de M. le Chevalier à
un pur jeu d'efprit.; il a pris la fage pré72
MERCURE DE FRANCE.
caution de leur ôter cette penfée , en propofant
la foufcription de la fomme de dix
mille livres à quiconque prouvera géométriquement
un paralogifme dans fa prétendue
quadrature du cercle qu'il s'efforce
de démontrer dans le petit ouvrage que
nous annonçons. Le prix confidérable attaché
à fa réfutation devoit néceffairement
attirer fur les bras de M. de Caufans
de puiffans adverfaires , qui fe difputaffent
à l'envi le mérite ( fi toutefois c'en eſt un )
de ruiner les conféquences fur lefquelles
il l'a bâtie ; mais il ne s'étoit peut- être pas
attendu à voir dans la foule des concur
rens entrer en lice une perfonne d'un ſexe ,
qui femble moins faite pour fe livrer à des
études épineufes & abftraites que pour
s'occuper des matieres d'agrément. Mlle
Le Mire , choquée de l'injufte prévention
où l'on eft contre les femmes , a été ja
loufe de l'honneur de les juftifier , en montrant
que leur efprit eft capable d'atteindre
aux vérités géométriques , fur lefquelles
il leur arrive de raifonner plus conféquemment
que bien des hommes. Elle a
donc jugé à propos de fe mettre fur les
rangs ; & pour cet effet elle a cru devoir
rendre public le fruit de fon travail , qui
paroît fous ce titre Le Quadricide , ou Paralogismes
prouvés géométriquement dans la
Quadrature
MARS. 1755 .
73
Quadrature de M. de Caufans. Par Mile
L.A. Le Mire , veuve J ... in- 4° . 28 pag.
chez Delaguette , & c.
Le long féjour que M. Galland a fait
dans les Etats du Grand Seigneur en qualité
d'Interpréte du Roi pour les Langues
orientales , l'a mis à portée de travailler
pour l'inftruction du public , en lui apprenant
ce qu'il a eu occafion d'y voir de plus
curieux. Comme il s'en eft rendu les langues
familieres , il n'a pas cru inutile de
commencer par la traduction de trois petites
pieces écrites par divers auteurs Mu
fulmans , dont les deux premieres tendent
à donner une idée des rits & c'es cérémonies
qui fe pratiquent au pélerinage de la
Mecque , des points fondamentaux de la
religion mahométane , & des obfervances
qu'elle impofe. On fe propofe dans la troifieme
de faire connoître la maniere dont
les Turcs cultivent les fciences. Cet ou
vrage de M. Galland eft compofé de cinq
morceaux différens , qui forment un recueil
qu'il difpofe en cet ordre. 1 ° . Rits & cérémonies
du pélerinage de la Mecque , fuivant
lafelle de l'Imam on Docteur Chafei ;
traduit de l'Arabe du Cheitch el Imam el
Aalim , & c . 2° . Catéchisme Muſulman , traduit
de l'Arabe du Cheitch on Docteur Aly
D
74 MERCURE DE FRANCE.
fils d'Iaakoub. 3. Traduction d'une differtation
de Zebny Effendi fur les fciences des
Turcs , & fur l'ordre qu'ils gardent dans le
cours de leurs études . 4° . Relation de l'ifle
de Chio , faite fur le lieu par l'auteur. 5º.
Autre relation de la Marche de la Sultane
Efma , fille de Sultan Ahmed , lorfqu'on la
conduifit à fon époux Iaakoub Pacha , grand
Maréchal de la Cour de Sultan Mahmoud ,
le 27 Février 1743. Cette relation termine
ce livre , qui fe vend à Paris , chez
Defaint & Saillant. 1754 , in- 12 . 214
pages.
COLLECTION DE DÉCISIONS NOUVELLES
& de notions relatives à la Jurifprudence
préfente ; par M. Denifart , Procureur
au Châtelet de Paris . A Paris , chez Savoye
, rue S. Jacques , à l'Eſpérance , audeffus
de la Fontaine de S. Severin ; & Le
Clerc , grande Salle du Palais , au fecond
pilier , 1754.
L'Auteur nous apprend dans la préface ,
que cet ouvrage fera compofé de cinq ou fix
volumes , dont il vient de mettre les deux
premiers au jour. Nous lui fouhaitons tout
le fuccès que l'importance de fon travail
paroît mériter. Nous ne pouvons même
nous empêcher de dire que M. Denifart
eft digne d'éloge , en ce qu'il a pris foin
MARS. 1755. 75
de développer aux yeux du public cette ingénuité
de caractere qui fied aux auteurs
libres de préjugés. On doit lui fçavoir
quelque gré de ne pas témoigner les effets
de la prévention outrée qu'on a d'ordinaire
en faveur de l'état qu'on exerce.
Il avoue que les maximes renfermées dans
le recueil qu'il publie , n'étant annoncées
que par un fimple Procureur du Châtelet
perdent beaucoup par là de la confiance qu'el
les méritent. Ce font les propres paroles de
M. Denifart , aufquelles il ne nous appartient
pas de répliquer , puifque c'eft une
perfonne de la profeffion qui fait cet aveu .
Nous ajoûterons feulement que fon exemple
eft une preuve qu'il fe trouve des Procureurs
qui ont fincerement en vûe le bien
-public.
ORAISONS CHOISIES DE CICERON ,
traduction nouvelle , avec le latin à côté ,
fur l'édition latine de Grævius , & des notes.
A Paris , chez Jofeph Barbou , rue S.
Jacques , près la fontaine S. Benoît , aux
Cigognes. 1754 , avec privilege du Roi.
2 vol . in- 12.
A juger en général de cette nouvelle
traduction , elle paroît avoir le mérite de
la fidélité. C'eft le côté par où il faut apprécier
le travail de l'auteur , puifque c'eſt
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
particulierement le but qu'il a cru devoir
fe propofer dans l'exécution ; il a pris la
précaution de nous avertir qu'il n'a eu
d'autre deffein que de travailler pour de
jeunes écoliers de troifieme , d'humanité ,
ou tout au plus de rhétorique.
C'eft pourquoi il s'eft attaché à rendre
mot pour mot le fens de l'Orateur latin.
On peut dire que le traducteur qui avoue
s'être borné à cet unique foin , a rempli
fon objet . Il a joint à fa verfion françoile
quelques notes dans les endroits où elles
lui ont paru néceffaires.
TRAITÉ DE LA POESIE FRANÇOISE ,
par le Pere Mourgues , Jéfuite. Nouvelle
édition , revûe , corrigée & augmentée ,
avec plufieurs obfervations fur chaque efpece
de poëfie. A Paris , chez Jofeph Barbou
, rue S. Jacques , près la fontaine faint
Benoît , aux Cigognes . 1755 , avec approbation
& privilege du Roi . in- 12 .
Livres que le fieur Barbon , Libraire &
Imprimeur , rue S. Jacques , aux Cigognes,
vient de recevoir de Hollande.
Aufonius , cum notis interpretatione
J. B. Souchay , ad ufum Delphini , in- 4°.
Homeri Ilias & Odiffea Grac . 18. 2 vol.
Recentiores Poëta Latini & Graci feletti
MARS 1785. 77
quinque , curis Jofephi Oliveti collecti ac
editi ; editio auctior & emendatior , in- 8 ° .
Pervigilium Veneris , cum notis Jufti Lipfii
, & Aufonii cupido cruci adfixus . in- 8 ° .
Théologie des Infectes , traduit de l'Al-
· lemand de M. Leffer , avec des remarques
de M. P. Lyonnet , 2 vol. in- 8 °.
Les Euvres de Machiavel , nouvelle
édition , augmentée de l'Anti- Machiavel ,
in- 12 . 6 vol.
L'Efpion Turc dans les Cours des Princes
chrétiens , in- 12 . 7 vol.
Les OEuvres de Rabelais , in - 12 . 6 Volumes.
Sermons de Caillart , in- 1 2. 2 vol .
Rob. Stephani Thefaurus lingua latine ;
in-fol. 4 vol.
Nouvelles difficultés propofées par un
Péripateticien à l'auteur du Voyage du
monde de Descartes , in- 12
ÊLEVES . A Paris , chez Claude Hériſſant ,
rue neuve Notre-Dante , à la Croix d'or &
aux trois Vertus , fecond volume. in- 1 z.
•
On a rendu compte dans le Mercure
de .... 1752 , du premier volume de ces
lettres imprimées à Paris en 1751 ; chez
la veuve Colombat.
L'auteur avoit promis feize lettres . Le
premier volume en contient dix , & le fe
cond préfente les fix dernieres , dont l'ob
jet eft de prouver l'existence des termes
énigmatiques & généraux dans les ouvra
ges prophétiques , & de faire fentir qué
leur intelligence eft néceffaire pour entendre
parfaitement le fens littéral hiſtorique
des Prophetes , des Pfeaumes , de Job , des
Cantiques , & de quelques autres prophé
ties répandues dans l'Ecriture Sainte .
Ainfi la premiere lettre de ce fecond
volume , qui eft la X I dans l'ordre des
feize , eft employée à parler du ftyle prophétique
& des raifons de fon obfcurité ;
& depuis la page so jufqu'à la page 70 ,
où finit la lettre XI , l'auteur commence
à faire un effai fur une partie des termes
énigmatiques qu'il doit traiter dans la lettre
fuivante.
La XII lettre entre tout-à -fait en
matiere ; on y voit quantité de paffages
64 MERCURE DE FRANCE.
с
des livres prophétiques , développés relativement
au fens littéral exigé par l'hiſtoire ;
mais l'auteur ne fe contente pas de morceaux
détachés , qui pourroient ne pas
fatisfaire , faute de liaifon avec ce qui précede
& ce qui fuit. Il prend donc une
prophétie entiere , l'une des plus difficiles
qu'il ait pu choifir. C'eft le chapitre 14
d'Ifaïe , depuis le premier jufqu'au 22
verfet inclufivement. Cette lettre étoit
trop longue pour ne la pas divifer en deux
parties. La premiere contient deux avertif
femens ; l'un traite des quatre termes énigmatiques
, dont l'intelligence eft abfolument
effentielle à la lettre hiftorique de
cette prophétie d'lfaïe. Le fecond avertif
fement contient fept remarques grammaticales
, fuivies d'une obfervation fur l'u
fage de la profopopée dans les faints Livres.
Après les deux avertiffemens on trouve le
précis de la prophétie : elle regarde , dans
le premier fens littéral , la chute de l'empire
de Babylone ; on paffe enfuite à une
double verfion latine , dont la premiere
conferve fes termes énigmatiques , & la
feconde les développe : une verfion françoiſe
dans le même goût fuccede à la latine.
L'Auteur termine cette premiere parrie
par quelques remarques fur le peu d'ordre
avec lequel on a traité jufqu'ici ces
MAR S. 1755. 65
vingt-deux premiers verfets du chap. XIV
d'Ifaïe.
La feconde partie de la XII lettre comprend
les notes indifpenfables à l'intelligence
d'une pièce auffi difficile , quant au
fens littéral de l'ancien Ifraël ; mais afin
qu'on ne croye pas que cette explication
puiffe nuire au fens de l'Eglife chrétienne
attaché néceffairement à ce texte d'Ifaïe ,
l'auteur préfente d'autres notes relatives
au nouvel Ifraël ; elles font fuivies d'une
double verſion françoiſe , mife au - deſſous
de la verfion littérale relative à l'ancien
Ifraël. Cette lettre finit par une courte
réflexion fur la ſurpriſe que pourra cauſer
à quelques perfonnes l'établiffement d'un
double fens littéral , dont cependant les
preuves font dans les Peres , les Théologiens
, & les plus habiles commentateurs.
La XIII lettre roule fur les termes gé
néraux ou indéterminés , qu'il faut reftreindre
aux fignifications particulieres
exigées par les vues du Prophéte . On donne
en preuve les deux petits Cantiques
contenus dans le XII chapitre d'Ifaïe . Deux
fimples notes de l'auteur développent en
très- peu de mots le double fens de cette
prophétie , quant à l'ancien & quant au
nouvel Ifraël . On trouve enfuite l'examen
de plufieurs termes généraux du Pleaume
66 MERCURE DE FRANCE.
XXXVI . Heb. XXXVII , Noli amulari , &
d'un affez grand nombre d'autres , & furtout
des mots mifericorde & vérité qui ,
reftreints à leur vraie & exacte fignifica
tion , jettent un grand jour fur les paſſages
où ils fe rencontrent.
La lettre XIV eft une fuite du traité des
termes généraux .L'auteur apporte en preuve
le Pf. 1. Beatus vir , &c. qu'il regarde comme
un tiffu de termes indéterminés qui
reftreints au fens exigé par le Prophéte
s'entendent d'abord des Apoftats du tems
de la captivité de Babylone , & enfuite
de ceux de l'Eglife chrétienne ; des notes
étendues fuivent le texte , & nous paroiffent
comme démonftratives.
La X Ve lettre eft uniquement occupée
à prouver que les termes énigmatiques &
généraux qui font en ufage dans les li
vres prophétiques , entrent auffi dans la
compofition des Cantiques du N. T. On
en donne pour exemple le cantique Bene
dictus Dominus , Deus Ifraël.
La XVI ne contient point le Pf. LXVII .
Heb. LXVIII . Exurgat , Deus , promis dans
le volume I. Ce chef-d'oeuvre de la poëfie
des Hébreux , accompagné de notes , eût
donné trop d'étendue à ce fecond volume.
L'auteur à donc prié quelques - uns des
éleves qu'il a formés , de fe charger de
MARS. 1755. 67
"
l'édition de ce Pfeaame . Mais pour mieux
entendre tout ce que ceci veut dire , il eſt
néceffaire de fçavoir que depuis plus de
dix ans , il fe forme parmi les RR. PP.
Capucins de la rue faint Honoré , un petit
nombre de gens de lettres qui fe font
confacrés à l'étude du double fens litteral
de l'Ecriture Sainte . L'auteur de ces lettres
a tellement goûté leur maniere de travailler
, qu'il leur confie non-feulement fon
Exurgat , mais auffi Pexécution entiere de
fon plan , dont on lit l'efquiffe aux pages
454 & 455 de ce volume. On voit dans
cette X V I lettre , les avis qu'un pere ,
non-feulement tendre , mais éclairé , donne
à des enfans pleins d'un amour inaltérable
pour l'Ecriture Sainte , d'un courage à
toute épreuve & d'un travail infatigable.
Ils vont feconder dans peu les vûes de
leur maître , puifqu'ils donnent inceffamment
quatre volumes in- 12. pour commencer
l'exécution du travail qu'il leur
remet entre les mains .
Tel eft l'extrait du fecond volume des
lettres de M. l'Abbé de *** à fes éleves.
Quoique le mérite de cet ouvrage ne puiffe
être apprécié dans toute fa valeur que par
ceux qui ont fuivi & qui fuivent encore
fes leçons publiques ou particulieres , toujours
gratuites , il eft cependant aifé de
68 MERCURE DE FRANCE .
fentir que fon plan eft établi fur les folides
principes qu'il a puifés dans les premieres
fources pendant près de cinquante
ans d'étude.
ODES D'HORACE traduites par feu M.
l'Abbé Desfontaines , in - 12 . petit format ,
1754. A Paris , chez Chaubert , quai des
Auguftins ; avec approbation & privilege
du Roi. Nous avons vû des exemplaires de
cet ouvrage , qui au lieu de Paris portent
le nom de Berlin ; mais ils font f
femblables la forme & les caracteres ,
pour
que nous ne doutons point qu'ils ne fortent
de la même preffe ; la feule différence
que nous y avons remarquée eft que
dans les exemplaires de Paris on a retranché
les odes qui ne fe lifent point dans les
Colléges , & qu'elles fe trouvent dans ceux
de Berlin , au frontifpice defquels on lit
une épigraphe qui fait honneur aux fentimens
du Libraire qui diftribue les uns &
les autres , & à laquelle nous foufcrivons
volontiers.
Quis defideriofit pudor aut modus ,
Tam cari capitis. Hor. Od. XXIV. 1. I.
BIBLIOTHEQUE HISTORIQUE ET CRITI
QUE DU POITOU , contenant les vies des
MARS.
1755. 69
fçavans de cette province depuis le troifiéme
fiécle jufqu'à prefent ; une notice
de leurs ouvrages , avec des obfervations
pour en juger , &c . A Paris , chez Ganneau
, Libraire , rue Saint Severin , à S.
Louis & aux armes de Dombes. 1754 .
Cinq gros vol. in- 12 .
:
Il y a déja du tems que cet ouvrage a
paru cependant comme les Mercures précédens
n'en ont point parlé , nous nous
faifons un devoir de l'annoncer aujour
d'hui. Il feroit inutile d'entrer dans aucun
détail fur la forme que l'auteur a jugé
à propos de lui donner , ni fur la façon
dont il s'y eft pris pour le traiter. Le
compte exact qu'on en a rendu dans la
plupart des Journaux doit fuppléer fuffifamment
à notre filence. Nous obferverons
feulement que fi dans le nombre des
fçavans qui trouvent leur place dans cette
bibliotheque , il y en a qui fe font fait un
nom fameux dans la république des lettres ,
il s'en rencontre beaucoup auffi dont la
réputation ne paffe point les limites du
Poitou .
LA VIE DES PEINTRES FLAMANDS , ALLEMANDS
ET HOLLANDOIS , avec des portraits
gravés en taille-douce , une indication
de leurs ouvrages , & des réflexions
70 MERCURE DE FRANCE.
fur leurs différentes manieres. Par M. J. B.
Defcamps , Peintre , membre de l'Académie
royale des Sciences , Belles- Lettres &
Arts de Rouen , & Profeffeur de l'Ecole
du deffein de la même ville . A Paris ,
chez Defaint & Saillant , rue Saint Jean de
Beauvais ; Piffot , quai de Conti ; Durand
, rue du Foin , en entrant par la rue
Saint Jacques , la premiere porte cochere.
1754. Tome fecond , gros in-8 ° . Il y a
lieu d'efpérer que le public ne fera pas
un accueil moins favorable à ce volume
qu'à celui qui l'a précédé.
LE CALENDRIER DES LABOUREURS ET
DES FERMIERS , contenant les inftructions
néceffaires la conduite & pour le
pour
maniement d'une ferme dans tous les mois
de l'année ouvrage néceffaire aux per
fonnes qui vivent à la campagne , & à celles
qui font valoir leur bien. Traduit de
l'Anglois , fur la fixième édition de M.
R. Bradeley de la Société royale de
Londres , & Profeffeur de Botanique dans
l'Univerfité de Cambridge . A Paris , chez
Briaffon , Libraire , rue Saint Jacques , à
la Science. 1755 , vol. in- 12.-
ANALYSE DES DISSERTATIONS SUR PLUSIEURS
MATIÈRES MEDICO - PHYSIQUES . Par
MARS. 1755. 71
M. Olivier de Villeneuve , Docteur de la
Faculté de Médecine de Montpellier ,
Doyen des Médecins de la ville de Boulogne-
fur-mer. A Utrecht , 1754 , petit in-
12. 100 pages.
. DEMONSTRATION DE LA QUADRATURE
DU CERCLE ; par M. le Chevalier de Caufans
, ci - devant Colonel du Régiment
d'Infanterie de Conti . A Paris , chez Delaguette
, rue Saint Jacques , à l'Olivier ;
·in-4°. 22. pages.
On a toujours été jufqu'ici perfuadé
& non fans raifon , de l'inutilité des efforts
que l'on voudroit employer pour parvenir
à la découverte de la Quadrature du
cercle . On s'eft réuni à en regarder la démonftration
, non feulement comme impoffible
, mais comme impliquant les contradictions
les plus évidentes en géométrie .
Il n'eft donc pas aifé de détruire un préjugé
qui paroît fi bien fondé. Cependant
M. le Chevalier de Caufans, fans s'effrayér
des difficultés qu'on peut lui oppofer , n'a
pas laiffé de tenter la chofe en queftion .
Un grand nombre de perfonnes qui ont de
la peine à s'imaginer qu'elle foit traitée
férieufement, n'auroient pas manqué d'imputer
les tentatives de M. le Chevalier à
un pur jeu d'efprit.; il a pris la fage pré72
MERCURE DE FRANCE.
caution de leur ôter cette penfée , en propofant
la foufcription de la fomme de dix
mille livres à quiconque prouvera géométriquement
un paralogifme dans fa prétendue
quadrature du cercle qu'il s'efforce
de démontrer dans le petit ouvrage que
nous annonçons. Le prix confidérable attaché
à fa réfutation devoit néceffairement
attirer fur les bras de M. de Caufans
de puiffans adverfaires , qui fe difputaffent
à l'envi le mérite ( fi toutefois c'en eſt un )
de ruiner les conféquences fur lefquelles
il l'a bâtie ; mais il ne s'étoit peut- être pas
attendu à voir dans la foule des concur
rens entrer en lice une perfonne d'un ſexe ,
qui femble moins faite pour fe livrer à des
études épineufes & abftraites que pour
s'occuper des matieres d'agrément. Mlle
Le Mire , choquée de l'injufte prévention
où l'on eft contre les femmes , a été ja
loufe de l'honneur de les juftifier , en montrant
que leur efprit eft capable d'atteindre
aux vérités géométriques , fur lefquelles
il leur arrive de raifonner plus conféquemment
que bien des hommes. Elle a
donc jugé à propos de fe mettre fur les
rangs ; & pour cet effet elle a cru devoir
rendre public le fruit de fon travail , qui
paroît fous ce titre Le Quadricide , ou Paralogismes
prouvés géométriquement dans la
Quadrature
MARS. 1755 .
73
Quadrature de M. de Caufans. Par Mile
L.A. Le Mire , veuve J ... in- 4° . 28 pag.
chez Delaguette , & c.
Le long féjour que M. Galland a fait
dans les Etats du Grand Seigneur en qualité
d'Interpréte du Roi pour les Langues
orientales , l'a mis à portée de travailler
pour l'inftruction du public , en lui apprenant
ce qu'il a eu occafion d'y voir de plus
curieux. Comme il s'en eft rendu les langues
familieres , il n'a pas cru inutile de
commencer par la traduction de trois petites
pieces écrites par divers auteurs Mu
fulmans , dont les deux premieres tendent
à donner une idée des rits & c'es cérémonies
qui fe pratiquent au pélerinage de la
Mecque , des points fondamentaux de la
religion mahométane , & des obfervances
qu'elle impofe. On fe propofe dans la troifieme
de faire connoître la maniere dont
les Turcs cultivent les fciences. Cet ou
vrage de M. Galland eft compofé de cinq
morceaux différens , qui forment un recueil
qu'il difpofe en cet ordre. 1 ° . Rits & cérémonies
du pélerinage de la Mecque , fuivant
lafelle de l'Imam on Docteur Chafei ;
traduit de l'Arabe du Cheitch el Imam el
Aalim , & c . 2° . Catéchisme Muſulman , traduit
de l'Arabe du Cheitch on Docteur Aly
D
74 MERCURE DE FRANCE.
fils d'Iaakoub. 3. Traduction d'une differtation
de Zebny Effendi fur les fciences des
Turcs , & fur l'ordre qu'ils gardent dans le
cours de leurs études . 4° . Relation de l'ifle
de Chio , faite fur le lieu par l'auteur. 5º.
Autre relation de la Marche de la Sultane
Efma , fille de Sultan Ahmed , lorfqu'on la
conduifit à fon époux Iaakoub Pacha , grand
Maréchal de la Cour de Sultan Mahmoud ,
le 27 Février 1743. Cette relation termine
ce livre , qui fe vend à Paris , chez
Defaint & Saillant. 1754 , in- 12 . 214
pages.
COLLECTION DE DÉCISIONS NOUVELLES
& de notions relatives à la Jurifprudence
préfente ; par M. Denifart , Procureur
au Châtelet de Paris . A Paris , chez Savoye
, rue S. Jacques , à l'Eſpérance , audeffus
de la Fontaine de S. Severin ; & Le
Clerc , grande Salle du Palais , au fecond
pilier , 1754.
L'Auteur nous apprend dans la préface ,
que cet ouvrage fera compofé de cinq ou fix
volumes , dont il vient de mettre les deux
premiers au jour. Nous lui fouhaitons tout
le fuccès que l'importance de fon travail
paroît mériter. Nous ne pouvons même
nous empêcher de dire que M. Denifart
eft digne d'éloge , en ce qu'il a pris foin
MARS. 1755. 75
de développer aux yeux du public cette ingénuité
de caractere qui fied aux auteurs
libres de préjugés. On doit lui fçavoir
quelque gré de ne pas témoigner les effets
de la prévention outrée qu'on a d'ordinaire
en faveur de l'état qu'on exerce.
Il avoue que les maximes renfermées dans
le recueil qu'il publie , n'étant annoncées
que par un fimple Procureur du Châtelet
perdent beaucoup par là de la confiance qu'el
les méritent. Ce font les propres paroles de
M. Denifart , aufquelles il ne nous appartient
pas de répliquer , puifque c'eft une
perfonne de la profeffion qui fait cet aveu .
Nous ajoûterons feulement que fon exemple
eft une preuve qu'il fe trouve des Procureurs
qui ont fincerement en vûe le bien
-public.
ORAISONS CHOISIES DE CICERON ,
traduction nouvelle , avec le latin à côté ,
fur l'édition latine de Grævius , & des notes.
A Paris , chez Jofeph Barbou , rue S.
Jacques , près la fontaine S. Benoît , aux
Cigognes. 1754 , avec privilege du Roi.
2 vol . in- 12.
A juger en général de cette nouvelle
traduction , elle paroît avoir le mérite de
la fidélité. C'eft le côté par où il faut apprécier
le travail de l'auteur , puifque c'eſt
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
particulierement le but qu'il a cru devoir
fe propofer dans l'exécution ; il a pris la
précaution de nous avertir qu'il n'a eu
d'autre deffein que de travailler pour de
jeunes écoliers de troifieme , d'humanité ,
ou tout au plus de rhétorique.
C'eft pourquoi il s'eft attaché à rendre
mot pour mot le fens de l'Orateur latin.
On peut dire que le traducteur qui avoue
s'être borné à cet unique foin , a rempli
fon objet . Il a joint à fa verfion françoile
quelques notes dans les endroits où elles
lui ont paru néceffaires.
TRAITÉ DE LA POESIE FRANÇOISE ,
par le Pere Mourgues , Jéfuite. Nouvelle
édition , revûe , corrigée & augmentée ,
avec plufieurs obfervations fur chaque efpece
de poëfie. A Paris , chez Jofeph Barbou
, rue S. Jacques , près la fontaine faint
Benoît , aux Cigognes . 1755 , avec approbation
& privilege du Roi . in- 12 .
Livres que le fieur Barbon , Libraire &
Imprimeur , rue S. Jacques , aux Cigognes,
vient de recevoir de Hollande.
Aufonius , cum notis interpretatione
J. B. Souchay , ad ufum Delphini , in- 4°.
Homeri Ilias & Odiffea Grac . 18. 2 vol.
Recentiores Poëta Latini & Graci feletti
MARS 1785. 77
quinque , curis Jofephi Oliveti collecti ac
editi ; editio auctior & emendatior , in- 8 ° .
Pervigilium Veneris , cum notis Jufti Lipfii
, & Aufonii cupido cruci adfixus . in- 8 ° .
Théologie des Infectes , traduit de l'Al-
· lemand de M. Leffer , avec des remarques
de M. P. Lyonnet , 2 vol. in- 8 °.
Les Euvres de Machiavel , nouvelle
édition , augmentée de l'Anti- Machiavel ,
in- 12 . 6 vol.
L'Efpion Turc dans les Cours des Princes
chrétiens , in- 12 . 7 vol.
Les OEuvres de Rabelais , in - 12 . 6 Volumes.
Sermons de Caillart , in- 1 2. 2 vol .
Rob. Stephani Thefaurus lingua latine ;
in-fol. 4 vol.
Nouvelles difficultés propofées par un
Péripateticien à l'auteur du Voyage du
monde de Descartes , in- 12
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Résumé : « LETTRES DE M. L'ABBÉ DE *** A SES ELEVES. A Paris, chez Claude Hérissant, [...] »
Le texte présente un compte rendu du second volume des 'Lettres de M. l'Abbé de *** à ses élèves', publié à Paris en 1755. Ce volume comprend six lettres supplémentaires, portant le total à douze, et se concentre sur l'interprétation des termes énigmatiques et généraux dans les œuvres prophétiques. L'objectif est de démontrer la nécessité de comprendre ces termes pour interpréter correctement le sens littéral historique des Prophètes, des Psaumes, de Job, des Cantiques et d'autres prophéties bibliques. La onzième lettre traite du style prophétique et de son obscurité. La douzième lettre analyse en détail le chapitre 14 d'Isaïe, expliquant les termes énigmatiques et fournissant des versions latines et françaises. La treizième lettre aborde les termes généraux ou indéterminés en utilisant les Cantiques du chapitre 12 d'Isaïe comme exemple. La quatorzième lettre continue l'étude des termes généraux en se basant sur le Psaume 1. La quinzième lettre prouve que ces termes sont également présents dans les Cantiques du Nouveau Testament. La seizième lettre, initialement prévue pour inclure le Psaume 67, a été modifiée pour laisser cette tâche à des élèves de l'abbé, qui travaillent sur le double sens littéral de l'Écriture Sainte. Le texte mentionne également plusieurs autres publications, telles que les 'Odes d'Horace' traduites par l'abbé Desfontaines, la 'Bibliothèque historique et critique du Poitou', la 'Vie des peintres flamands, allemands et hollandais' par M. J. B. Descamps, le 'Calendrier des laboureurs et des fermiers', l''Analyse des dissertations sur plusieurs matières médico-physiques' par M. Olivier de Villeneuve, et la 'Démonstration de la quadrature du cercle' par le chevalier de Caufans, ainsi qu'une réfutation par Mlle Le Mire. M. Galland a traduit des textes musulmans pour instruire le public sur les rites et cérémonies de la religion mahométane. Parmi les autres ouvrages et traductions publiés en 1754 et 1755, on trouve des traductions de textes musulmans, notamment le 'Pélerinage de la Mecque' selon la loi de l'Imam Chafei, traduit par Cheitch el Imam el Aalim, et un 'Catéchisme Musulman' traduit par Aly D. Le texte mentionne également une 'Traduction d'une dissertation de Zebny Effendi' sur les sciences des Turcs et une 'Relation de l'île de Chio'. Une autre relation décrit la marche de la Sultane Esma, fille de Sultan Ahmed, lors de son déplacement vers son époux, Iaakoub Pacha, en février 1743. Le texte évoque également une 'Collection de Décisions Nouvelles' par M. Denifart, Procureur au Châtelet de Paris, qui vise à développer des notions relatives à la jurisprudence. Denifart exprime son désir de présenter des maximes sans préjugés et reconnaît que son statut de Procureur peut limiter la confiance accordée à son ouvrage. Une nouvelle traduction des 'Oraisons Choisies de Cicéron' est publiée, destinée aux jeunes écoliers, avec le texte latin à côté et des notes explicatives. Le 'Traité de la Poésie Française' du Père Mourgues, Jésuite, est également mentionné, avec une nouvelle édition revue et augmentée. Enfin, le texte liste plusieurs ouvrages reçus par le sieur Barbon, libraire et imprimeur, incluant des œuvres d'Ausonius, Homère, des poètes latins et grecs, des textes théologiques, les œuvres de Machiavel, Rabelais, et des sermons de Caillart.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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68
p. 109-115
LETTRE DE M. LE P. H. A M. L'ABBÉ V.
Début :
Le nom que vous vous faites dans les Lettres, Monsieur, plus encore que le remerciment [...]
Mots clefs :
Régale, Couronne, Abbé, Roi, Églises, Bénéfices, Suzerain
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE M. LE P. H. A M. L'ABBÉ V.
LETTRE DE M. LE P. H.
A M. L'A B BE' V.
LE
E nom que vous vous faites dans les Lettres
, Monfieur , plus encore que le re
merciment que je vous dois de l'extrême politeffe
que vous me marquez dans votre ouvrage
, mérite bien que je me défende fur un article
où nous penfons tous deux differemment ,
c'est la Régale *. Si ma nouvelle édition n'étoit
pas trop avancée , j'y aurois inferé cente
réponse ; pour y fuppléer , je vous l'adreſſe à
vous-même,, & je me fais l'honneur d'en
prendre le public pour témoin : j'efpere que
* Je prie ceux qui liront cette réponſe, de jetter
les yeuxfur ce que j'ai écrit à l'année 511 .
110 MERCURE DE FRANCE.
cela me vaudra quelque nouvelle obfervation
de votre part , & ce genre de combat littéraire
, quand les armes font en des mains
auffi polies que les vôtres , fert merveillenfement
à éclaircir la vérité . Nous femmes d'ailleurs
tropfouvent d'accord fur des faits auſſi
curieux qu'importans , pour que l'on doive
êtrefurpris fi nous différons quelquefois.
M. l'Abbé Velly prétend que l'on ne
doit chercher l'origine de la Régale que
dans le droit féodal ; & moi , je crois qu'elle
eft antérieure aux fiefs : les fiefs , fuivant
moi , tels que nous les connoiffons aujourd'hui
, n'ont commencé qu'avec l'ufurpation
des fujers , vers le regne de Charles
le Simple . La Régale , auffi ancienne que la
couronne , eft donc plus ancienne que les
fiefs , dont elle ne vient pas . Pinfon , dans
fon traité de la Régale , la compare au Nil ,
dont la fource eft inconnue. Celle des fiefs
l'eft-elle ? Les Gens du Roi , dans un difcours
du 24 Juillet 1633 , difent que la
Régale eft auffi ancienne que la Couronne :
peut-on en dire autant des fiefs ? les Francs
les ont- ils apportés , ou les ont-ils trouvés
dans les Gaules ? Les feuls Rois de Francè
ont le droit de Régale , & les fiefs font de
tous les pays : les fiefs n'ont donc pas produit
la Régale ? Les fiefs , dit M. l'Abbé
Velly,fe nommoient Regalia , dont ils ont,
MARS 1755 : III
moi je
felon lui , donné ce nom à la Régale ; &
dis que les fiefs ont pris en France
le nom de Regalia , qui n'appartenoit alors
qu'à la Régale , parce que la Régale eſt le
plus noble droit de la Couronne . C'étoit
bien ainfi que s'exprimoit Philippe de Valois
en 1334. La collation des prében-
» des en régale nous appartient , à cauſe
» de la nobleffe de la Couronne de Fran-
» ce « . Enfin , & c'eſt là la grande objection
, j'ai dit que les vrais principes de la
Régale fe trouvoient dans le concile d'Orléans
( canon VII . ) , car je n'ai pas dit
que le canon d'Orléans foit le titre qui ait
conféré la Régale à nos Rois , à Dieu ne
plaife : c'eût été faire dépendre ce droit
d'une autorité dont il ne dépend pas . Mais
je dis qu'à la maniere dont les Evêques
reconnoiffent dans ce Concile que l'Eglife
poffède les biens temporels , qui n'eft
qu'un fimple ufufruit , iis caractériſent la
nature de ces biens , qui ne font que viagers
, de même qu'ils reconnoiffent le droit
de celui qui les confere , & qui par la
force de la dureté les réunit à chaque vacance
, ce qui n'eft autre chofe que la Ré
gale : auffi les Juges laïcs en font ils feuls
les juges. Baronius avoit bien fenti la force
de ce canon , puifqu'il ne trouve d'autre
moyen de l'éluder qu'en le changeant , &
112 MERCURE DE FRANCE.
ود
qu'au lieu de lire quicquid in fructibus , il a
écrit quicquid in faventibus : ce qui donne
une nouvelle force au véritable texte . Mais
enfin , dit M. l'Abbé Velly , il y avoit des
Eglifes qui ne vaquoient point en Régale :
quelle en peut être la raiſon , finon que
ces Eglifes ne tenoient aucun fief du Roi ?
Voici la réponſe par où je termine cet article.
Les Gens du Roi , dans leur avis au
Parlement , figné Mollé , en 1633 , que j'ai
déja cité , difent » qu'il doit être tenu
» pour conftant que la Régale eft univer-
» felle , & a lieu dans toutes les Eglifes
du royaume , comme étant un droit non
feulement inhérent à la perfonne facrée
de nos Rois , mais aufli uni & incorporé
à la Couronne , né & établi avec
» elle «. C'eſt ce qu'on trouve encore dans
le fameux plaidoyer, de Jerôme Bignon ,
de 1638. Aucun cas d'exemption n'eſt donc
prévu , aucune Eglife n'en eft exceptée.
Celles qui prétendent cette exception ne la
peuvent donc jamais prétendre par la nature
des biens qu'elles poffèdent , mais feulement
par des conceffions particulieres ,
qui n'étant que des exceptions , confirment
la regle. Pour achever de fe convaincre ,
il n'y a qu'à lire la troifiéme partie du livre
III. du Traité de l'origine de la Régale , par
M. Audoul. Cet ouvrage parut en 1708
MARS. 1755. 113
fous les yeux de M. Dagueffeau , auquel
ce célebre Avocat étoit attaché ; & voici
l'extrait de l'approbation donnée par M.-
Ifali , cet oracle du barreau. » M. Audoul
» a fait voir que ce droit éminent de la
» Régale tire fa fource du canon VII . du
» concile I. d'Orléans , ce qu'il a prouvé
"par des faits fi certains , & par de fi bons
» principes , qu'il n'eft pas poffible d'y ré-
» fifter . Voilà d'après qui j'ai écrit .
Il refulte de ce qui vient d'être dit , que
nous différons , M. l'Abbé Velly & moi ,
non feulement fur la Régale , mais même
fur l'origine des fiefs , puifque les fiefs
fuivant moi , tels qu'ils font ajourd'hui ,
ne remontent pas plus haut que le tems
de Charles le Simple , & que la Régale étant
auffi ancienne que la monarchie , j'ai eu
raifon de conclure que la Régale ne pouvoit
pas venir des fiefs . Mais cette preuve ,
qui eft fans replique fuivant mes principes
, ne fatisfera point M. l'Abbé V. puifqu'il
fait commencer les fiefs avec la monarchie
; auffi n'eft- ce qu'une des preuves
que j'ai alléguées : refte donc la queftion
de l'ancienneté des fiefs , & on fent dans
quelle difcuffion cela nous entraîneroit ,
Une des preuves qu'en rapporte M. l'Abbé
V. qui eft l'inveftiture de la Seigneurie de
Melun , pourroit être contredite , & l'auto114
MERCURE DE FRANCE.
auparavant.
torité d'Aimoin , écrivain du onzième fiécle
, ne feroit pas d'un grand poids , quand
il dépofe d'un fait arrivé au fixiéme . D'ail
leurs il faut avoir de bons yeux pour reconnoître
les fiefs dans les bénéfices mili
taires . On trouve , à la vérité , dès la premiere
race , des exemples de bénéfices accordés
fous de certaines redevances , dont
la principale devoit être le fervice militaire
; mais font-ce bien là des fiefs ? ces béné
fices étoient viagers , & ont continué de
l'être jufqu'au tems de l'ufurpation , &
alors , en effet , ils peuvent être devenus
des fiefs , fans qu'ils le fuffent
On pourroit ajouter que les bénéfices ont
été inftitués d'après les terres faliques ,
fans courir le rifque que l'on en tirât des
conféquences pour les fiefs. Le Seigneur
de fief avoit un fuzerain , le bénéficier
n'avoit qu'un fouverain . Le feigneur de
fief avoit des vaffaux , dont il étoit à fon
tour le fuzerain ; mot , dit Loifeau , qui
eft auffi étranger que cette efpéce de Seigneurie
eft abfurde ( ce qui prouve en
paffant qu'il ne regardoit le fief que comme
une innovation ) . Quelle fimilitude ,
en effet , peut-on trouver entre ces deux
qualités de bénéficier & de fuzerain ? Mais
abandonnons cette queftion qui a fait le
tourment de tant d'écrivains. Le fentiment
MARS. 1755.
de M. l'Abbé V. peut fort bien fe foutenir
fans que, felon moi , il influe fur la queftion
de la Régale , où j'aurois plus de peine
à me rendre.
Voilà , Monfieur , ce que je me fuis fait un
devoir de vous expofer , pour répondre à l'ef
time que vous avez bien voulu me témoigner ,
& en même tems pour faire connoître les fentimens
avec lesquelsj'ai l'honneur d'être , &c.
A M. L'A B BE' V.
LE
E nom que vous vous faites dans les Lettres
, Monfieur , plus encore que le re
merciment que je vous dois de l'extrême politeffe
que vous me marquez dans votre ouvrage
, mérite bien que je me défende fur un article
où nous penfons tous deux differemment ,
c'est la Régale *. Si ma nouvelle édition n'étoit
pas trop avancée , j'y aurois inferé cente
réponse ; pour y fuppléer , je vous l'adreſſe à
vous-même,, & je me fais l'honneur d'en
prendre le public pour témoin : j'efpere que
* Je prie ceux qui liront cette réponſe, de jetter
les yeuxfur ce que j'ai écrit à l'année 511 .
110 MERCURE DE FRANCE.
cela me vaudra quelque nouvelle obfervation
de votre part , & ce genre de combat littéraire
, quand les armes font en des mains
auffi polies que les vôtres , fert merveillenfement
à éclaircir la vérité . Nous femmes d'ailleurs
tropfouvent d'accord fur des faits auſſi
curieux qu'importans , pour que l'on doive
êtrefurpris fi nous différons quelquefois.
M. l'Abbé Velly prétend que l'on ne
doit chercher l'origine de la Régale que
dans le droit féodal ; & moi , je crois qu'elle
eft antérieure aux fiefs : les fiefs , fuivant
moi , tels que nous les connoiffons aujourd'hui
, n'ont commencé qu'avec l'ufurpation
des fujers , vers le regne de Charles
le Simple . La Régale , auffi ancienne que la
couronne , eft donc plus ancienne que les
fiefs , dont elle ne vient pas . Pinfon , dans
fon traité de la Régale , la compare au Nil ,
dont la fource eft inconnue. Celle des fiefs
l'eft-elle ? Les Gens du Roi , dans un difcours
du 24 Juillet 1633 , difent que la
Régale eft auffi ancienne que la Couronne :
peut-on en dire autant des fiefs ? les Francs
les ont- ils apportés , ou les ont-ils trouvés
dans les Gaules ? Les feuls Rois de Francè
ont le droit de Régale , & les fiefs font de
tous les pays : les fiefs n'ont donc pas produit
la Régale ? Les fiefs , dit M. l'Abbé
Velly,fe nommoient Regalia , dont ils ont,
MARS 1755 : III
moi je
felon lui , donné ce nom à la Régale ; &
dis que les fiefs ont pris en France
le nom de Regalia , qui n'appartenoit alors
qu'à la Régale , parce que la Régale eſt le
plus noble droit de la Couronne . C'étoit
bien ainfi que s'exprimoit Philippe de Valois
en 1334. La collation des prében-
» des en régale nous appartient , à cauſe
» de la nobleffe de la Couronne de Fran-
» ce « . Enfin , & c'eſt là la grande objection
, j'ai dit que les vrais principes de la
Régale fe trouvoient dans le concile d'Orléans
( canon VII . ) , car je n'ai pas dit
que le canon d'Orléans foit le titre qui ait
conféré la Régale à nos Rois , à Dieu ne
plaife : c'eût été faire dépendre ce droit
d'une autorité dont il ne dépend pas . Mais
je dis qu'à la maniere dont les Evêques
reconnoiffent dans ce Concile que l'Eglife
poffède les biens temporels , qui n'eft
qu'un fimple ufufruit , iis caractériſent la
nature de ces biens , qui ne font que viagers
, de même qu'ils reconnoiffent le droit
de celui qui les confere , & qui par la
force de la dureté les réunit à chaque vacance
, ce qui n'eft autre chofe que la Ré
gale : auffi les Juges laïcs en font ils feuls
les juges. Baronius avoit bien fenti la force
de ce canon , puifqu'il ne trouve d'autre
moyen de l'éluder qu'en le changeant , &
112 MERCURE DE FRANCE.
ود
qu'au lieu de lire quicquid in fructibus , il a
écrit quicquid in faventibus : ce qui donne
une nouvelle force au véritable texte . Mais
enfin , dit M. l'Abbé Velly , il y avoit des
Eglifes qui ne vaquoient point en Régale :
quelle en peut être la raiſon , finon que
ces Eglifes ne tenoient aucun fief du Roi ?
Voici la réponſe par où je termine cet article.
Les Gens du Roi , dans leur avis au
Parlement , figné Mollé , en 1633 , que j'ai
déja cité , difent » qu'il doit être tenu
» pour conftant que la Régale eft univer-
» felle , & a lieu dans toutes les Eglifes
du royaume , comme étant un droit non
feulement inhérent à la perfonne facrée
de nos Rois , mais aufli uni & incorporé
à la Couronne , né & établi avec
» elle «. C'eſt ce qu'on trouve encore dans
le fameux plaidoyer, de Jerôme Bignon ,
de 1638. Aucun cas d'exemption n'eſt donc
prévu , aucune Eglife n'en eft exceptée.
Celles qui prétendent cette exception ne la
peuvent donc jamais prétendre par la nature
des biens qu'elles poffèdent , mais feulement
par des conceffions particulieres ,
qui n'étant que des exceptions , confirment
la regle. Pour achever de fe convaincre ,
il n'y a qu'à lire la troifiéme partie du livre
III. du Traité de l'origine de la Régale , par
M. Audoul. Cet ouvrage parut en 1708
MARS. 1755. 113
fous les yeux de M. Dagueffeau , auquel
ce célebre Avocat étoit attaché ; & voici
l'extrait de l'approbation donnée par M.-
Ifali , cet oracle du barreau. » M. Audoul
» a fait voir que ce droit éminent de la
» Régale tire fa fource du canon VII . du
» concile I. d'Orléans , ce qu'il a prouvé
"par des faits fi certains , & par de fi bons
» principes , qu'il n'eft pas poffible d'y ré-
» fifter . Voilà d'après qui j'ai écrit .
Il refulte de ce qui vient d'être dit , que
nous différons , M. l'Abbé Velly & moi ,
non feulement fur la Régale , mais même
fur l'origine des fiefs , puifque les fiefs
fuivant moi , tels qu'ils font ajourd'hui ,
ne remontent pas plus haut que le tems
de Charles le Simple , & que la Régale étant
auffi ancienne que la monarchie , j'ai eu
raifon de conclure que la Régale ne pouvoit
pas venir des fiefs . Mais cette preuve ,
qui eft fans replique fuivant mes principes
, ne fatisfera point M. l'Abbé V. puifqu'il
fait commencer les fiefs avec la monarchie
; auffi n'eft- ce qu'une des preuves
que j'ai alléguées : refte donc la queftion
de l'ancienneté des fiefs , & on fent dans
quelle difcuffion cela nous entraîneroit ,
Une des preuves qu'en rapporte M. l'Abbé
V. qui eft l'inveftiture de la Seigneurie de
Melun , pourroit être contredite , & l'auto114
MERCURE DE FRANCE.
auparavant.
torité d'Aimoin , écrivain du onzième fiécle
, ne feroit pas d'un grand poids , quand
il dépofe d'un fait arrivé au fixiéme . D'ail
leurs il faut avoir de bons yeux pour reconnoître
les fiefs dans les bénéfices mili
taires . On trouve , à la vérité , dès la premiere
race , des exemples de bénéfices accordés
fous de certaines redevances , dont
la principale devoit être le fervice militaire
; mais font-ce bien là des fiefs ? ces béné
fices étoient viagers , & ont continué de
l'être jufqu'au tems de l'ufurpation , &
alors , en effet , ils peuvent être devenus
des fiefs , fans qu'ils le fuffent
On pourroit ajouter que les bénéfices ont
été inftitués d'après les terres faliques ,
fans courir le rifque que l'on en tirât des
conféquences pour les fiefs. Le Seigneur
de fief avoit un fuzerain , le bénéficier
n'avoit qu'un fouverain . Le feigneur de
fief avoit des vaffaux , dont il étoit à fon
tour le fuzerain ; mot , dit Loifeau , qui
eft auffi étranger que cette efpéce de Seigneurie
eft abfurde ( ce qui prouve en
paffant qu'il ne regardoit le fief que comme
une innovation ) . Quelle fimilitude ,
en effet , peut-on trouver entre ces deux
qualités de bénéficier & de fuzerain ? Mais
abandonnons cette queftion qui a fait le
tourment de tant d'écrivains. Le fentiment
MARS. 1755.
de M. l'Abbé V. peut fort bien fe foutenir
fans que, felon moi , il influe fur la queftion
de la Régale , où j'aurois plus de peine
à me rendre.
Voilà , Monfieur , ce que je me fuis fait un
devoir de vous expofer , pour répondre à l'ef
time que vous avez bien voulu me témoigner ,
& en même tems pour faire connoître les fentimens
avec lesquelsj'ai l'honneur d'être , &c.
Fermer
Résumé : LETTRE DE M. LE P. H. A M. L'ABBÉ V.
La lettre de M. le P. H. à M. l'Abbé Velly traite de la Régale, un droit royal. M. le P. H. conteste l'origine féodale de la Régale, affirmant qu'elle est antérieure aux fiefs. Selon lui, les fiefs ont commencé avec l'usurpation des suzerains sous le règne de Charles le Simple. Il soutient que la Régale est aussi ancienne que la couronne et ne provient pas des fiefs. M. l'Abbé Velly, en revanche, pense que la Régale trouve son origine dans le droit féodal. Pour appuyer son argumentation, M. le P. H. cite divers documents historiques, tels que le discours des Gens du Roi en 1633 et le traité de Pinfon. Il mentionne également le concile d'Orléans et le canon VII, qui reconnaissent la nature temporelle des biens de l'Église et le droit royal de la Régale. M. le P. H. conclut en affirmant que la Régale est un droit universel et inhérent à la couronne, indépendamment des biens possédés par les églises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
69
p. 111-117
LETTRE* DE M. LE P. H. A M. L'ABBÉ V.
Début :
Le nom que vous vous faites dans les Lettres, Monsieur, plus encore que le remercîment [...]
Mots clefs :
Seigneuries, Droit de Régale, Bénéfices, Abbé, Roi, Militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE* DE M. LE P. H. A M. L'ABBÉ V.
29-ins 291 mol el amo .
D
LETTRE DE M. LE P. H.
A M. L'AB BE V.
noop nog insbe
Lures ,
E nom que vous vous faites dans les Let
Atnes, Monfieur plus encore que le re,
merciment que je vous dois de l'extrême politelle
que vous me marquez dans votre ouvrag
ge , mérite bien que je me défendefur un article
où nous penfons tous deux differemment ,
c'eft la Régale ** , Sima nouvelle édition n'étoit
pas trop avancée , j'y aurois inféré cette
réponse pour y Suppléer , je vous l'adreſſe
sast
a vous-même, & je me fais honneur d'en
prendre le public pour témoin : j'espere que
cela me vaudra quelque nouvelle obfervation
e votre part, ce genre de combat litté
en des mains
aufli polies que les vôtres , fert merveillenfe
de
?
raire
quand le
armes s
* Nous redonnons cette Lettre , où il s'étoit gliffé
plufieurs fautes d'impreffion dans le dernier Mer
cure, pour que l'on puiffe mieux juger de la réponſe.
** Je prie ceux qui liront cette réponſe , de jet
ter les yeux fur ce que j'ai écrit à l'année $ 11.
112 MERCURE DE FRANCE.
f
ment à éclaircir la vérité . Nousfommes d'ailleurs
trop fouvent d'accord fur des faits auffi
curieux qu'importans , pour que l'on doive
être furprisfi nous différons quelquefois.
M. l'Abbé Velly prétend que l'on ne
doit chercher l'origine de la Régale
que
dans le droit féodal ; &82mmooii je crois
qu'elle eft antérieure aux fiefs . Les fiefs ,
fuivant moi , tels que nous les connoiſſons
aujourd'hui , n'ont commencé qu'avec l'ufurpation
des fujets , vers le regne de
Charles le Simple. La Régale , auffi ancienne
que la Couronne , eft donnccplusancienne
que les fiefs. Pinfon , dans fon
traité de la Régale , la compare au Nil ,
dont la fource eft inconnue celle des
fiefs l'eft- elle ? Les Gens du Roi , dans un
difcours du 24 Juillet 1633 , difent que la
Régale eft auffi ancienne que la Couronne :
peut-on en dire autant des fiefs ? les Francs
les ont - ils apportés , ou les ont - ils trouvés
établis dans les Gaules ? Les Rois de
France feuls ont le droit de Régale , & les
fiefs font de tous les pays : les fiefs n'ont
donc pas produit la Régale ? Les fiefs , dit
M. l'Abbé Velly , fe nommoient Regalia :
donc ils ont , felon lui , donné ce nom à
la Régale ; & moi je
dis ar
que les fiefs ont
pris en France le nom de Regalia , qui n'ap
partenoit alors qu'à la Régale , parce que
A VRI L. 1755. 113
»
sendes
300 98 119
"
la Régale eft le plus noble droit de la Couronne
: c'étoit bien ainfi
en ainfi que s'exprimoit
Philippe de Valois en 1334. La colla-
>> tion des en régale nous appartient
, à caufe de la nobleffe de la
Couronne de France » . Enfin , & c'eſt là
rancen .
la grande objection , j'ai dit que llees vrais
principes de la Régale fe trouvoient dans
Cache, 209 25, 2007 anon
VTT) ; car je
n'ai pas dir que le canon d'Orléans foit le
titre qui ait conféré la Régale à nos Rois ,
à Dieu ne plaife : c'eût été faire dépendre
ce droit d'une autorité dont il ne dépend
pas. Mais je dis qu'à la maniere dont les
Evêques reconnoillent dans ce Concile que
l'Eglife poffede les biens temporels , qui
n'eft qu'un fimple ufufruit , ils caracterifent
la nature de ces biens, qui ne font que
viagers , de même qu'ils reconnoiffent le
droit de celui qui les confere , & qui par
la force de la directe les réunit à chaque
vacance , ce qui n'eft autre chofe que la
Régale : auffi les Juges laics en font- ils feuls
les juges. bien fenti la forcé
Baronius avoir
de ce canon , puifqu'il ne trouve d'autre
moyen de l'éluder qu'en le changeant , &
qu'au lieu de lire quicquid in fructibus , il a
écrit quicquid in faventibus : ce qui donne
une nouvelle force au véritable texte. Mais
enfin , dit M. l'Abbé Velly , il y avoit des
170
114 MERCURE DE FRANCE.
30
Eglifes qui ne vaquoient point en Régale :
quelle en peut être la raifon , finon que
ces Eglifes ne tenoient aucun fief du Roi ?
Voici la réponſe par où je termine cet ar
ticle. Les Gens du Roi , dans leur avis au
Parlement , figné Malé en 1633 , que j'ai
déja cité , difent qu'il doit être tenu
pour conftant que la Régale eft univer-
» felle , & a lieu dans toutes les Eglifes
» du royaume , comme étant un droit non
» feulement inhérent à la perfonne facrée
» de nos Rois , mais auffi unin& incor-
» poré à la Couronne , né établi avec
» elle » . C'est ce qu'on trouve encore dans
le fameux plaidoyer de Jerôme Bignon ,
de 1638. Aucun cas d'exemption n'est donc
prévû , aucune Eglife n'en eft exceptée.
Celles qui prétendent cette exception ne la
peuvent donc jamais prétendre par la na
ture des biens qu'elles poffédent , mais feulement
par des conceffions particulieres ,
qui n'étant que des exceptions , confirment
la regle. Pour achever de fe convaincre ,
il n'y a qu'à lire la troifième partie du livre
III. du Traité de l'origine de la Régale , par
M. Audoul. Cet ouvrage parut en 1708
fous les yeux de M. Dagueffeau , auquel
ce célebre Avocat étoit attaché ; & voici
l'extrait de l'approbation donnée par M.
Ifali , cet oracle du barreau . » M. Audoui
AVRIL 1755. 115
a fait voir que ce droit éminent de la
» Régale tire fa fource du canon VII..du
» concile I.td'Orléans ; ce qu'il a prouvé
" par de faits fi certains & par de fi bons
principes , qu'il n'eft pas poffible d'y ré
99
fifter " . Voilà d'après qui j'ai écrit , fans
aller cependant anffi loin que M. Ifali ,
puifque je ne trouve dans le concile d'Orléans
que la preuve d'un droit déja établi .
Il réfulte de ce qui vient d'être dit , que
nous différons , M. l'Abbé Velly & moi ,
non feulement fur la Régale , mais même
fur l'origine des fiefs , puifque, les fiefs ,
fuivant moi , tels qu'ils font aujourd'hui
neremontent pas plus haut que le tems
de Charles le Simple , & quela Régale étant
auffiqancienne que la monarchie , j'ai eu
raifon de conclure que la Régale ne pouvoit
pas venir des fiefs. Mais cette preuve ,
qui efti fans replique , fuivant mes principes
, ne fatisfera point M. l'Abbé V. puifqu'il
fait commencer les fiefs avec la mo
narchie ; auffi n'eft- ce qu'une des preuves
que
que j'ai alléguées . Refte donc la queftion
de l'ancienneté des fiefs , & on fent dans
quelle difcuffion scela nous entraîneroir.
Une des preuves qu'en rapporte M. l'Abbé
V. qui eft l'inveftiture de la Seigneurie de
Melun , pourroit être contredite , & l'autorité
d'Aimoin , écrivain du onzieme fié116
MERCURE DE FRANCE.
cle , ne feroit pas d'un grand poids , quand
il dépofe d'un fait arrivé au fixieme. D'ailleurs
il faut avoir de bons yeux pour reconnoître
les fiefs dans les bénéfices militaires
. On trouve , à la vérité , dès la premiere
race , des exemples de bénéfices accordés
fous de certaines redevancés , dont
la principale devoit être le fervice militaire
; mais font- ce bien là des fiefs ? cès bénéfices
étoient viagers , & ont continué de
l'être jufqu'au tems de Pufurpation , &
alors , en effet , ils peuvent être devenus
des fiefs , fans qu'ils le fuffent auparavant.
On pourroit ajouter que les bénéfices ont
été inftitués d'après les terrés faliques ,
fans courir le rifque que l'on en tirât des
conféquences pour les fiefs. Le Seigneur
de fief avoit un fuzerain' , le bénéficier
n'avoit qu'un fouverain . Le feigneur de
fief avoit des vallaux , dont il étoit à fon
tour le fuzerain ; mot , dit Loiſeau , qui
eft auffi étrange que cette efpece de Seigneurie
eft abfurde ce qui prouve en
paffant qu'il ne regardoit le fief que comme
une innovation ) . Quelle fimilitude ,
en effet , peut -on trouver entre ces deux
qualités de bénéficier & de fuzerain ? Le
fief eft une Seigneurie , & affûrement les
bénéfices militaires n'en étoient pas . Ils
-peuvent avoir donné la naiffance aux fiefs ,
3
AVRI L. 1755. 117
3
comme les partages faits par nos Rois entre
leurs enfans ont donné lieu aux appanages
, avec cette différence que les fiefs
ont été l'abus des bénéfices militaires , au
lieu que les appanages ont été la réforme
des partages. Le Seigneur de fief faifoit la
guerre au Roi , & fes vaffaux étoient obligés
de l'y fuivre , les bénéficiers militaires
eurent- ils jamais une femblable prétention
2 Mais abandonnons cette queſtion
qui a fait le tourment de tant d'Ecrivains.
Le fentiment de M. l'Abbé V. peut fort
bien fe foutenir fans que , felon moi , il
influe fur la queftion de la Régale , où
j'aurois plus de peine à me rendre.
Voilà , Monfieur , ce que je mefuis fait un
devoir de vous expofer , pour répondre à l'eftime
que vous avez bien voulu me témoigner ,
&
en même tems pour faire connoître lesfenmens
avec lesquels j'ai l'honneur d'être , &c.
D
LETTRE DE M. LE P. H.
A M. L'AB BE V.
noop nog insbe
Lures ,
E nom que vous vous faites dans les Let
Atnes, Monfieur plus encore que le re,
merciment que je vous dois de l'extrême politelle
que vous me marquez dans votre ouvrag
ge , mérite bien que je me défendefur un article
où nous penfons tous deux differemment ,
c'eft la Régale ** , Sima nouvelle édition n'étoit
pas trop avancée , j'y aurois inféré cette
réponse pour y Suppléer , je vous l'adreſſe
sast
a vous-même, & je me fais honneur d'en
prendre le public pour témoin : j'espere que
cela me vaudra quelque nouvelle obfervation
e votre part, ce genre de combat litté
en des mains
aufli polies que les vôtres , fert merveillenfe
de
?
raire
quand le
armes s
* Nous redonnons cette Lettre , où il s'étoit gliffé
plufieurs fautes d'impreffion dans le dernier Mer
cure, pour que l'on puiffe mieux juger de la réponſe.
** Je prie ceux qui liront cette réponſe , de jet
ter les yeux fur ce que j'ai écrit à l'année $ 11.
112 MERCURE DE FRANCE.
f
ment à éclaircir la vérité . Nousfommes d'ailleurs
trop fouvent d'accord fur des faits auffi
curieux qu'importans , pour que l'on doive
être furprisfi nous différons quelquefois.
M. l'Abbé Velly prétend que l'on ne
doit chercher l'origine de la Régale
que
dans le droit féodal ; &82mmooii je crois
qu'elle eft antérieure aux fiefs . Les fiefs ,
fuivant moi , tels que nous les connoiſſons
aujourd'hui , n'ont commencé qu'avec l'ufurpation
des fujets , vers le regne de
Charles le Simple. La Régale , auffi ancienne
que la Couronne , eft donnccplusancienne
que les fiefs. Pinfon , dans fon
traité de la Régale , la compare au Nil ,
dont la fource eft inconnue celle des
fiefs l'eft- elle ? Les Gens du Roi , dans un
difcours du 24 Juillet 1633 , difent que la
Régale eft auffi ancienne que la Couronne :
peut-on en dire autant des fiefs ? les Francs
les ont - ils apportés , ou les ont - ils trouvés
établis dans les Gaules ? Les Rois de
France feuls ont le droit de Régale , & les
fiefs font de tous les pays : les fiefs n'ont
donc pas produit la Régale ? Les fiefs , dit
M. l'Abbé Velly , fe nommoient Regalia :
donc ils ont , felon lui , donné ce nom à
la Régale ; & moi je
dis ar
que les fiefs ont
pris en France le nom de Regalia , qui n'ap
partenoit alors qu'à la Régale , parce que
A VRI L. 1755. 113
»
sendes
300 98 119
"
la Régale eft le plus noble droit de la Couronne
: c'étoit bien ainfi
en ainfi que s'exprimoit
Philippe de Valois en 1334. La colla-
>> tion des en régale nous appartient
, à caufe de la nobleffe de la
Couronne de France » . Enfin , & c'eſt là
rancen .
la grande objection , j'ai dit que llees vrais
principes de la Régale fe trouvoient dans
Cache, 209 25, 2007 anon
VTT) ; car je
n'ai pas dir que le canon d'Orléans foit le
titre qui ait conféré la Régale à nos Rois ,
à Dieu ne plaife : c'eût été faire dépendre
ce droit d'une autorité dont il ne dépend
pas. Mais je dis qu'à la maniere dont les
Evêques reconnoillent dans ce Concile que
l'Eglife poffede les biens temporels , qui
n'eft qu'un fimple ufufruit , ils caracterifent
la nature de ces biens, qui ne font que
viagers , de même qu'ils reconnoiffent le
droit de celui qui les confere , & qui par
la force de la directe les réunit à chaque
vacance , ce qui n'eft autre chofe que la
Régale : auffi les Juges laics en font- ils feuls
les juges. bien fenti la forcé
Baronius avoir
de ce canon , puifqu'il ne trouve d'autre
moyen de l'éluder qu'en le changeant , &
qu'au lieu de lire quicquid in fructibus , il a
écrit quicquid in faventibus : ce qui donne
une nouvelle force au véritable texte. Mais
enfin , dit M. l'Abbé Velly , il y avoit des
170
114 MERCURE DE FRANCE.
30
Eglifes qui ne vaquoient point en Régale :
quelle en peut être la raifon , finon que
ces Eglifes ne tenoient aucun fief du Roi ?
Voici la réponſe par où je termine cet ar
ticle. Les Gens du Roi , dans leur avis au
Parlement , figné Malé en 1633 , que j'ai
déja cité , difent qu'il doit être tenu
pour conftant que la Régale eft univer-
» felle , & a lieu dans toutes les Eglifes
» du royaume , comme étant un droit non
» feulement inhérent à la perfonne facrée
» de nos Rois , mais auffi unin& incor-
» poré à la Couronne , né établi avec
» elle » . C'est ce qu'on trouve encore dans
le fameux plaidoyer de Jerôme Bignon ,
de 1638. Aucun cas d'exemption n'est donc
prévû , aucune Eglife n'en eft exceptée.
Celles qui prétendent cette exception ne la
peuvent donc jamais prétendre par la na
ture des biens qu'elles poffédent , mais feulement
par des conceffions particulieres ,
qui n'étant que des exceptions , confirment
la regle. Pour achever de fe convaincre ,
il n'y a qu'à lire la troifième partie du livre
III. du Traité de l'origine de la Régale , par
M. Audoul. Cet ouvrage parut en 1708
fous les yeux de M. Dagueffeau , auquel
ce célebre Avocat étoit attaché ; & voici
l'extrait de l'approbation donnée par M.
Ifali , cet oracle du barreau . » M. Audoui
AVRIL 1755. 115
a fait voir que ce droit éminent de la
» Régale tire fa fource du canon VII..du
» concile I.td'Orléans ; ce qu'il a prouvé
" par de faits fi certains & par de fi bons
principes , qu'il n'eft pas poffible d'y ré
99
fifter " . Voilà d'après qui j'ai écrit , fans
aller cependant anffi loin que M. Ifali ,
puifque je ne trouve dans le concile d'Orléans
que la preuve d'un droit déja établi .
Il réfulte de ce qui vient d'être dit , que
nous différons , M. l'Abbé Velly & moi ,
non feulement fur la Régale , mais même
fur l'origine des fiefs , puifque, les fiefs ,
fuivant moi , tels qu'ils font aujourd'hui
neremontent pas plus haut que le tems
de Charles le Simple , & quela Régale étant
auffiqancienne que la monarchie , j'ai eu
raifon de conclure que la Régale ne pouvoit
pas venir des fiefs. Mais cette preuve ,
qui efti fans replique , fuivant mes principes
, ne fatisfera point M. l'Abbé V. puifqu'il
fait commencer les fiefs avec la mo
narchie ; auffi n'eft- ce qu'une des preuves
que
que j'ai alléguées . Refte donc la queftion
de l'ancienneté des fiefs , & on fent dans
quelle difcuffion scela nous entraîneroir.
Une des preuves qu'en rapporte M. l'Abbé
V. qui eft l'inveftiture de la Seigneurie de
Melun , pourroit être contredite , & l'autorité
d'Aimoin , écrivain du onzieme fié116
MERCURE DE FRANCE.
cle , ne feroit pas d'un grand poids , quand
il dépofe d'un fait arrivé au fixieme. D'ailleurs
il faut avoir de bons yeux pour reconnoître
les fiefs dans les bénéfices militaires
. On trouve , à la vérité , dès la premiere
race , des exemples de bénéfices accordés
fous de certaines redevancés , dont
la principale devoit être le fervice militaire
; mais font- ce bien là des fiefs ? cès bénéfices
étoient viagers , & ont continué de
l'être jufqu'au tems de Pufurpation , &
alors , en effet , ils peuvent être devenus
des fiefs , fans qu'ils le fuffent auparavant.
On pourroit ajouter que les bénéfices ont
été inftitués d'après les terrés faliques ,
fans courir le rifque que l'on en tirât des
conféquences pour les fiefs. Le Seigneur
de fief avoit un fuzerain' , le bénéficier
n'avoit qu'un fouverain . Le feigneur de
fief avoit des vallaux , dont il étoit à fon
tour le fuzerain ; mot , dit Loiſeau , qui
eft auffi étrange que cette efpece de Seigneurie
eft abfurde ce qui prouve en
paffant qu'il ne regardoit le fief que comme
une innovation ) . Quelle fimilitude ,
en effet , peut -on trouver entre ces deux
qualités de bénéficier & de fuzerain ? Le
fief eft une Seigneurie , & affûrement les
bénéfices militaires n'en étoient pas . Ils
-peuvent avoir donné la naiffance aux fiefs ,
3
AVRI L. 1755. 117
3
comme les partages faits par nos Rois entre
leurs enfans ont donné lieu aux appanages
, avec cette différence que les fiefs
ont été l'abus des bénéfices militaires , au
lieu que les appanages ont été la réforme
des partages. Le Seigneur de fief faifoit la
guerre au Roi , & fes vaffaux étoient obligés
de l'y fuivre , les bénéficiers militaires
eurent- ils jamais une femblable prétention
2 Mais abandonnons cette queſtion
qui a fait le tourment de tant d'Ecrivains.
Le fentiment de M. l'Abbé V. peut fort
bien fe foutenir fans que , felon moi , il
influe fur la queftion de la Régale , où
j'aurois plus de peine à me rendre.
Voilà , Monfieur , ce que je mefuis fait un
devoir de vous expofer , pour répondre à l'eftime
que vous avez bien voulu me témoigner ,
&
en même tems pour faire connoître lesfenmens
avec lesquels j'ai l'honneur d'être , &c.
Fermer
Résumé : LETTRE* DE M. LE P. H. A M. L'ABBÉ V.
La lettre de M. le P. H. à M. l'Abbé Velly aborde la controverse sur l'origine de la Régale. M. le P. H. commence par exprimer sa gratitude pour la politesse de l'Abbé Velly dans son ouvrage et souhaite clarifier un désaccord concernant la Régale. Il affirme que la Régale est antérieure aux fiefs, qui n'ont commencé qu'avec l'usurpation des sujets sous Charles le Simple. En revanche, la Régale est aussi ancienne que la Couronne. M. le P. H. soutient que les fiefs n'ont pas produit la Régale, car les Rois de France seuls possèdent ce droit, contrairement aux fiefs qui existent dans tous les pays. Pour appuyer son argumentation, il cite des sources historiques, notamment le discours des Gens du Roi en 1633 et le traité de Pinfon. L'Abbé Velly, quant à lui, pense que la Régale trouve son origine dans le droit féodal. La lettre se conclut par une invitation à poursuivre la discussion pour éclaircir la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
70
p. 118-129
REPONSE DE M. L'ABBÉ V. A M. LE P. H.
Début :
Le suffrage d'un homme comme vous, Monsieur, a quelque chose de si séduisant [...]
Mots clefs :
Droit de Régale, Abbé, Églises, Fiefs, Bénéfices, Seigneur, Maître, Terres, Rois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE M. L'ABBÉ V. A M. LE P. H.
REPONSE DE M. L'ABBÉ V.
A M. LE P. H.
e
E fuffrage d'un homme comme vous ,
Monfieur , & quelque chofe de fi féduifant
, qu'à da lecture de la lettre dont
vous m'honorez , j'ai prefque été tenté de
me croire un perfonnage . Mais je me connois
, & cette connoiffance ne m'a laiffé
appercevoir dans vos politeffes qu'un excès
de bonté qui veut encourager un novice
, plus recommendable par fa bonne
volonté que par fes talens. Vous me permettez
de vous faire quelques nouvelles
obfervations fur le point qui nous divife :
j'ufe de la permiffion , moins cependant
pour difputer que pour chercher le vrai ,
qui feul doit être notre guide . C'eſt unt
écolier qui confulte fon maître ; & quel
maître ? Un nouveau Sallufte , mais plus
clair dans fa briéveté fententieufe , un au- -
tre Velleius Paterculus plus inftructif &
auffi délicat dans fes portraits , le digne
éleve enfin du goût , & le favori des graces.
L'Abbé Velly ne fait point remonter
l'origine des fiefs , ftrictement dit , jufqu'aux
premiers fiécles de la monarchie :
il convient avec l'illuftre auteur du nouvel
AVRIL. 1755. 119
abrégé chronologique de notre hiftoire
que ce n'eft que fous le foible regne de
Charles le Simple qu'on les voit tels qu'ils
font aujourd'hui. Charles le Chauve les
avoit , pour ainfi dire , préparés par le fameux
capitulaire (a ) qui ordonne que
fi après la mort quelqu'un de fes fideles
veut renoncerau monde , il pourra
laiffer tous fes emplois à fon fils , ou à ce
lui de fes parens qu'il voudra choisir pour
fon fucceffeurs ce qui étoit établir une.
efpece d'hérédité dans les offices , & les
rendre en quelque forte propres & patri
moniaux. sidst 201 160 2000
Mais en même tems qu'il abandonne ce
point , qui demanderoit pour être éclairci
plus de tems & plus de connoiffances , il fe
croit sautorifé à foutenir qu'il y avoit fous
la premiere race des efpeces de poffeffions
qui tenoient beaucoup de la nature féodale
, quelque nom qu'on veuille leur don
ner , terres , feigneuries , bénéfices ou fiefs.
Pafquier ( b) les appelle Bénéfices , & cite
pour exemple Clovis , qui inveftit le Com
te Auréliens de la feigneurie de Melun.
Loifeau ( a ) ne craint point de les nommer
( a ) Capitul . 10. apud Duch . tom. 2. p. 463 .
( b ) Recherch. de la France , tom. 1. c. liv. 2
16. p. 130.
(c) Loyf. des Offices feod. ch. z . p. 99.
120 MERCURE DE FRANCE:
»
fiefs , & les fait auffi anciens que la monarchie
: voici fes propres termes. » Ce
peuple victorieux ( les Francs ) partagea
& diftribua les terres de fa conquête ; il
» les attribua à titre & condition de fief à
» fes Capitaines , tant pour récompenfe de
leur mérite , que pour tenir deformais
» lieu de gages à leur office , attendu que
» ces Capitaines étoient leurs uniques Ma-
» giftrats. Ceux- ci , ajoute- t-il , baillerent
»à leurs foldats certaines terres à même
»titre de fief , c'est- à- dire , à la charge de
» les affifter toujours en guerre ; & ces fe-
"conds fiefs finiffoient du commencement,
» ainfi que les premiers , par la mort du
» vaffal . Mais comme toutes chofes ten-
» dent & s'établiſſent enfin à la propriété
» à fucceffion de tems on vint à confidé-
» rer que c'étoit une cruauté d'ôter le fief
» aux enfans d'un pauvre foldat bien méri
» té , qui ne leur avoit laiffé aucun autre
»bien , & partant on s'accoutuma à les re
و د
bailler par pitié à l'un defdits enfans ,
» tel qu'il plaifoit au feigneur d'en grati-
» fier . Puis ce fut un droit commun que
les enfans mâles fuccéderoient tous en-
» femble au fief du pere. Mais les filles &
» les collatéraux n'y fuccédoient point ...
» Nous avons à la fin admis indiftincte-
» ment les fucceffions collatérales des fiefs,
même
AVRIL. 1755. 121
>
même au profit des filles en défaut
» toutefois de mâle en pareil dégré il
» nous eft cependant refté quelque chofe
» de notre ancienne rigueur , à fçavoir
qu'à toutes mutations de fiefs , il eft dit
» ouvert & fans homme , c'est - à- dire va-
» cant au refpect du Seigneur , lequel ſe
»peut remettre dans icelui & en jouir com-
» me réuni à fon domaine , jufqu'à ce qu'il
» ſe préſente un fucceffeur qui vienne le
» couvrir & relever , & fe déclarer hom-
» me & vaffal du Seigneur ; & quand il
» tombe en fucceffion collatérale , ou en
❤aliénation , quelle qu'elle foit , il le faut
racheter du Seigneur par certains droits
» qu'on lui paye.
Ce paffage un peu long , mais effentiel.
à la juftification du fyftême attaqué , n'eſt
rien autre chofe qu'une paraphrafe du premier
titre des fiefs : Antiquiffimo tempore poterat
Dominus auferre rem infeudum datam :
deinde obfervatum eft , ut ad vitam fidelis
produceretur produceretur. Il en réfulte deux chofes ,
la premiere qu'il n'eft point de l'effence du
fief d'être héréditaire & patrimonial , mais
d'être tenu fous certaine redevance ; la feconde
, que l'Abbé Velly en tirant l'origine
de la Régale de la nature du droit
féodal , lui donne la même antiquité qu'à
la Monarchie : antiquiffimo tempore. Nous
F
122 MERCURE DE FRANCE.
avons d'ailleurs plufieurs monumens qui
prouvent que même avant le regne de
Charles le Simple , les Evêques ( fans dou
te ceux qui étoient foumis à la Régale )
fe reconnoiffoient hommes , tenanciers ,
feudataires , ou bénéficiers du Prince. On
lit dans un poëme manufcrit de Philippe
Mouskes , intitulé : Hiftoire des François ,
& cité par Ducange ( d )',
Et caskuns Veſques premerains ( e ) ,
Dou Roi de France , joint ſes mains
Prent fon Régale por droiture ,
Et fes hom eft de teneure,
On remarquera
que l'historien
poete
parle de la coutume obfervée fous Chilpéric.
Nous voyons encore quelque choſe de
plus marqué dans une formule de ferment
prêté fous Charles le Chauve
(f) » Moi
" Hincmar
, Evêque de Laon , promets
d'être à jamais fidele & obéillant
, felon
le devoir de mon miniftere
, à Charles ,
» mon maître & mon Seigneur
, comme
» un homme doit l'être à fon Seigneur , &
( d ) Au mot Regalia.
(e ) C'est -à-dire premiers , principaux , fans
doute par
les fiefs qu'ils tenoient de la Couronne. On difoit autrefois Prematie au lieu de Primatię,
(ƒ) Continúat. Aimoin . 1. 5 : c. 21 .
AVRIL 1755. 123
un Evêque à fon Roi » . Ici l'homme &
l'Evêque font diftingués , de même que
le fuzerain & le Souverain : Sicut homo fue
feniori , & Epifcopus fuo Regi.
On objecte que les fiefs font de tous les
pays , & que les feuls Rois de France ont
droit de Régale ; mais l'objection tombe
d'elle-même , s'il eft vrai que les autres
Souverains en ont joui anciennement. On
lit dans Orderic Vital ( g ) , » qu'à la mort
» des Prélats & des Archimandrites , les
» Satellites du Roi d'Angleterre s'empa-
>> roient des terres de leur Eglife , qu'ils
» réuniffoient au domaine pour trois ans ,
quelquefois plus d'où il arrivoit que
» le troupeau , deftitué de Paſteur , étoit
expofé à la morfure des loups » . Qu'on
life l'hiftoire des divifions du facerdoce
& de l'Empire ( b ) , on y verra ces juftes
plaintes mille fois répétées. Les Empereurs
& les Rois d'Angleterre avoient donc anciennement
droit de mettre en leur main
le temporel des Prélatures vacantes par
mort : ce qui n'eft autre chofe que le droit
de Régale. Pourquoi ne l'ont-ils plus ? &
comment ont- ils laiffé perdre une fi glorieufe
prérogative ? c'eft ce qui n'eft point
de notre fujer. La gloire de nos Rois eft
( g ) Liv. 10. p. 763.
(h) Arnold. Lubec. 1. 3. c. 16..!
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
d'avoir eu en même tems , & affez de fermeté
pour fe maintenir dans la poffeffion
d'un privilege né & établi avec la Monarchie
, & affez de religion pour n'en point
abufer.
Mais , dira t- on , M. Audoul , célébré
Avocat , dans fon traité de la Régale , tire
l'origine de cette noble prérogative , du
canon VII du premier concile d'Orléans
& M. Ifali , autre oracle du barreau ,
dans l'approbation qu'il a donnée à cet
ouvrage , affure que ce fyftême eft prouvé
par des faits fi certains , qu'il n'eft pas
poffible d'y refifter. L'Abbé Velly honore
affurément ces deux grandes lumieres :
mais il les admire encore plus , & confeſſe
ingénument qu'il n'a pas d'affez bons
yeux pour voir ce qu'ils ont vû. Il tient
actuellement en main le Concile d'Or
léans , il lit le feptiéme canon ( b ) , & n'y
apperçoit qu'une défenfe aux Abbés , aux
Prêtres , aux Clercs , & aux Religieux
d'aller en Cour , fans la permiffion & la
recommendation de l'Evêque , pour obrenir
des bénéfices. Abbatibus , Prefbiteris ,
omnique Clero , vel in religionis profeffione
viventibus , fine difcuffione vel commendatione
Epifcoporum , pro pretendis Beneficiis ¿
(h ) Concil. tom. 4. p. 1406,
AVRIL. · 17.55. 125
ad domnos venire non liceat. Quodfi quifquam
prafumpferit , tam diu fui honore &
communione privetur , donec per pænitentiam
plenam ejus fatisfactionem facerdos accipiat.
Il recommence donc une lecture
déja refléchie de tout le Concile , & trouve
enfin dans de cinquième canon ces mots
qu'on prétend facramentaux , quidquid in
fructibus. Voici comme ce decret eft conçu :
( i ) De oblationibus vel agris quos domnus
Rex Ecclefiis fuo munere conferre dignatus
eft , vel adhuc , non habentibus , Deo infpirante
, contulerit , ipforum agrorum vel Ecclefiarum
immunitate conceffa , id effe juftif
fimum definimus , ut in reparationibus Ecclefiarum
alimoniis facerdotum & pauperum
, vel redemptionibus captivorum , quidquid
Deus in fructibus dare dignatusfuerit ,
expendatur , & Clerici in adjutorium Ecclefiaftici
operis conftringantur. Quod fi aliquis
facerdotum ad hanc curam minus follicius
ac devotus extiterit , publicè à comprovincialibus
Epifcopis confundatur. Quod fi nec tali
confufione correxerit , donec emendet errorem,
communione fratrum habeatur indignus . Il
faut avouer que c'eft
peu communes
que avoir des lumieres
de trouver les vrais
principes de la Régale dans ce ftatut plus
( i ) Ibid. Can. V. p. 1405 , 1406.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
}
religieux qué politique. M. Fleury & tous
les hiftoriens eccléfiaftiques n'y découvrent
qu'une fage attention de l'Eglife à prévemir
fes miniftres , que les biens qu'ils tiennent
de la libéralité de nos Rois ne leur
ont point été donnés pour en faire l'ufage
qu'il leur plairoit ; mais qu'ils doivent employer
tout ce que Dieu leur donne audelà
du néceffaire , à la reparation des
Eglifes , à l'entretien des Prêtres & des
pauvres , ou enfin au rachat des captifs.
L'Abbé Velly pourroit même en tirer une
induction favorable à fon fyftême . Les
conceffions de nos Rois en faveur du Clergé
étoient donc , ou conditionnelles , ou
pures & fimples , c'eft- à - dire , ou affujet
ties à certaines redevances , ou affranchies
de toure fervitude : de là cette diftinction
des Eglifes qui vaquoient ou ne vaquoient
point en Régale.
On répond que les Gens du Roi , M.
Molé & M. Bignon , dans leur avis donné
en 1633 & en 1638 , difent qu'il doit être
tenu pour conftant , que la Régale eft univerfelle
, & a lieu dans toutes les Eglifes
du Royaume , comme étant un droit non
feulement inhérent à la perfonne facrée
de nos Rois , mais auffi uni & incorporé
à la Couronne , né & établi avec elle.
L'Abbé Velly fent toute l'importance de
AVRIL 1755 127
cette objection , & combien il eft délicat
d'avoir à fe défendre contre des autorités
toujours refpectables , & quelquefois terribles.
Auffi n'entreprendra- t- il pas d'y répondre
: c'eft Pafquier ( k ) qui plaidera fa
caufe , & parlera pour lui. Tous les
Archevêchés & Evêchés de France , dit
» ce célébre Jurifconfulte , ne font eftimés
" tomber en Régale , vacation d'iceux avenant
: ores que quelques- uns eftiment le
» contraire, Opinion de prime face plaufible
pour favorifer les droits du Roi ;
mais erronée , bien qu'elle ne foit deſtituée
de bons parrains. Car Maitre Jean
» le Bouteiller en fa fomme rurale , l'efti-
»ma ainfi & de notre tems , M. de Pibrac
, Avocat du Roi au Parlement , la
voulut faire paffer par Edict , mais il en
fur dedict . Il ne faut rien ôter à l'Eglife
pour le donner par une nouveauté à nos
» Rois , ni leur ôter pour le donner à l'Eglife.
Or que toutes les Eglifes Cathédrales
ne tombent en Régale , nous avons
plufieurs Ordonnances qui le nous enfeignent.
Celle de Philippe le Bel , en
" 1302 , porte entr'autres articles ( 4 ).
» Item , quantum ad Regalias quas nos 5
(k ) Recherch. de la France , tom . 1. 1. 3. chap.
37. p. 303 .
(1 ) Apud de Lauriere , tom. 1. Ordinat. p. 359.
Fiv
18 MERCURE DE FRANCE.
» prædeceffores noftri , confuervimus percipere
in aliquibus Ecclefiis Regni noftri ,
quando eas vacare contigit : & Louis XII
dit expreffément dans fon édit de l'an
» 1499 , nous défendons à tous nos Officiers
»qu'ès Archevêchés , Abbayes , & autres bénéfices
de notre Royaume , efquels n'avons
droit de Régale , ils ne fe mettent dedans ni
» ès fortes places , finon ès bénéfices & fortes
» places qui feroient affifes ès pays
limitrophes
de notre Royaume. Bref, qui foutient
le contraire eft plutôt un flateur de Cour ,
qu'un Jurifconfulte François. sy b
+
P
On peut encore confulter les actes du
fecond Concile général de Lyon , qui autorife
la Régale dans les Eglifes où elle
étoit établie par la fondation ou par quelque
coutume ancienne ( m ) , mais qui dé,
fend de l'introduire dans celles où elle n'étoit
pas reçue. Quant aux Eglifes qui vaquoient,
ou ne vaquoient point en Régale ,
on en trouvera la lifte dans le Traité de
l'ufage des fiefs ( n ) , par M. Bruffel. Au
refte , le fentiment de M. le Préfident Hénaut
fur l'univerfalité de cette prérogative
unique de nos Rois , eft appuyée far de
grandes autorités , & pour me fervir des
termes de Pafquier , a de très bons parreins.
( m ) Tom. XI. Concil. Confid. 13. de Elect.
( a ) Tom. I. pag. 292 & 293.·
AVRIL. 1755 129
,
Le celebre auteur du nouvel abrégé chronologique
de notre hiftoire , mérite affurément
une place diftinguée parmi les plus
illuftres , tels que les Pibracs , les Molés :
les Bignons , noms confacrés à l'immortalité.
Voilà , Monfieur , fur quels fondemens
fai bâti mon fyftême de l'origine de la
Régale , & en même tems une partie des
faifons qui peuvent fervir à ma juſtification
. J'ai cru devoir vous les expofer , pour
répondre à la bienveillance dont vous
m'honorez je les foumers à vos lumieres ,
toujours prêt à rendre au plus judicieux &
au plus élégant de nos hiftoriens , l'hom
mage qu'un difciple doit à fon maître. Ik
ne me refte qu'à vous faire d'humbles re
mercimens de m'avoir procuré l'occafion
de faire paroître les fentimens , & c.
*
Medspaſt nad ubqkeretek VELLY.
A M. LE P. H.
e
E fuffrage d'un homme comme vous ,
Monfieur , & quelque chofe de fi féduifant
, qu'à da lecture de la lettre dont
vous m'honorez , j'ai prefque été tenté de
me croire un perfonnage . Mais je me connois
, & cette connoiffance ne m'a laiffé
appercevoir dans vos politeffes qu'un excès
de bonté qui veut encourager un novice
, plus recommendable par fa bonne
volonté que par fes talens. Vous me permettez
de vous faire quelques nouvelles
obfervations fur le point qui nous divife :
j'ufe de la permiffion , moins cependant
pour difputer que pour chercher le vrai ,
qui feul doit être notre guide . C'eſt unt
écolier qui confulte fon maître ; & quel
maître ? Un nouveau Sallufte , mais plus
clair dans fa briéveté fententieufe , un au- -
tre Velleius Paterculus plus inftructif &
auffi délicat dans fes portraits , le digne
éleve enfin du goût , & le favori des graces.
L'Abbé Velly ne fait point remonter
l'origine des fiefs , ftrictement dit , jufqu'aux
premiers fiécles de la monarchie :
il convient avec l'illuftre auteur du nouvel
AVRIL. 1755. 119
abrégé chronologique de notre hiftoire
que ce n'eft que fous le foible regne de
Charles le Simple qu'on les voit tels qu'ils
font aujourd'hui. Charles le Chauve les
avoit , pour ainfi dire , préparés par le fameux
capitulaire (a ) qui ordonne que
fi après la mort quelqu'un de fes fideles
veut renoncerau monde , il pourra
laiffer tous fes emplois à fon fils , ou à ce
lui de fes parens qu'il voudra choisir pour
fon fucceffeurs ce qui étoit établir une.
efpece d'hérédité dans les offices , & les
rendre en quelque forte propres & patri
moniaux. sidst 201 160 2000
Mais en même tems qu'il abandonne ce
point , qui demanderoit pour être éclairci
plus de tems & plus de connoiffances , il fe
croit sautorifé à foutenir qu'il y avoit fous
la premiere race des efpeces de poffeffions
qui tenoient beaucoup de la nature féodale
, quelque nom qu'on veuille leur don
ner , terres , feigneuries , bénéfices ou fiefs.
Pafquier ( b) les appelle Bénéfices , & cite
pour exemple Clovis , qui inveftit le Com
te Auréliens de la feigneurie de Melun.
Loifeau ( a ) ne craint point de les nommer
( a ) Capitul . 10. apud Duch . tom. 2. p. 463 .
( b ) Recherch. de la France , tom. 1. c. liv. 2
16. p. 130.
(c) Loyf. des Offices feod. ch. z . p. 99.
120 MERCURE DE FRANCE:
»
fiefs , & les fait auffi anciens que la monarchie
: voici fes propres termes. » Ce
peuple victorieux ( les Francs ) partagea
& diftribua les terres de fa conquête ; il
» les attribua à titre & condition de fief à
» fes Capitaines , tant pour récompenfe de
leur mérite , que pour tenir deformais
» lieu de gages à leur office , attendu que
» ces Capitaines étoient leurs uniques Ma-
» giftrats. Ceux- ci , ajoute- t-il , baillerent
»à leurs foldats certaines terres à même
»titre de fief , c'est- à- dire , à la charge de
» les affifter toujours en guerre ; & ces fe-
"conds fiefs finiffoient du commencement,
» ainfi que les premiers , par la mort du
» vaffal . Mais comme toutes chofes ten-
» dent & s'établiſſent enfin à la propriété
» à fucceffion de tems on vint à confidé-
» rer que c'étoit une cruauté d'ôter le fief
» aux enfans d'un pauvre foldat bien méri
» té , qui ne leur avoit laiffé aucun autre
»bien , & partant on s'accoutuma à les re
و د
bailler par pitié à l'un defdits enfans ,
» tel qu'il plaifoit au feigneur d'en grati-
» fier . Puis ce fut un droit commun que
les enfans mâles fuccéderoient tous en-
» femble au fief du pere. Mais les filles &
» les collatéraux n'y fuccédoient point ...
» Nous avons à la fin admis indiftincte-
» ment les fucceffions collatérales des fiefs,
même
AVRIL. 1755. 121
>
même au profit des filles en défaut
» toutefois de mâle en pareil dégré il
» nous eft cependant refté quelque chofe
» de notre ancienne rigueur , à fçavoir
qu'à toutes mutations de fiefs , il eft dit
» ouvert & fans homme , c'est - à- dire va-
» cant au refpect du Seigneur , lequel ſe
»peut remettre dans icelui & en jouir com-
» me réuni à fon domaine , jufqu'à ce qu'il
» ſe préſente un fucceffeur qui vienne le
» couvrir & relever , & fe déclarer hom-
» me & vaffal du Seigneur ; & quand il
» tombe en fucceffion collatérale , ou en
❤aliénation , quelle qu'elle foit , il le faut
racheter du Seigneur par certains droits
» qu'on lui paye.
Ce paffage un peu long , mais effentiel.
à la juftification du fyftême attaqué , n'eſt
rien autre chofe qu'une paraphrafe du premier
titre des fiefs : Antiquiffimo tempore poterat
Dominus auferre rem infeudum datam :
deinde obfervatum eft , ut ad vitam fidelis
produceretur produceretur. Il en réfulte deux chofes ,
la premiere qu'il n'eft point de l'effence du
fief d'être héréditaire & patrimonial , mais
d'être tenu fous certaine redevance ; la feconde
, que l'Abbé Velly en tirant l'origine
de la Régale de la nature du droit
féodal , lui donne la même antiquité qu'à
la Monarchie : antiquiffimo tempore. Nous
F
122 MERCURE DE FRANCE.
avons d'ailleurs plufieurs monumens qui
prouvent que même avant le regne de
Charles le Simple , les Evêques ( fans dou
te ceux qui étoient foumis à la Régale )
fe reconnoiffoient hommes , tenanciers ,
feudataires , ou bénéficiers du Prince. On
lit dans un poëme manufcrit de Philippe
Mouskes , intitulé : Hiftoire des François ,
& cité par Ducange ( d )',
Et caskuns Veſques premerains ( e ) ,
Dou Roi de France , joint ſes mains
Prent fon Régale por droiture ,
Et fes hom eft de teneure,
On remarquera
que l'historien
poete
parle de la coutume obfervée fous Chilpéric.
Nous voyons encore quelque choſe de
plus marqué dans une formule de ferment
prêté fous Charles le Chauve
(f) » Moi
" Hincmar
, Evêque de Laon , promets
d'être à jamais fidele & obéillant
, felon
le devoir de mon miniftere
, à Charles ,
» mon maître & mon Seigneur
, comme
» un homme doit l'être à fon Seigneur , &
( d ) Au mot Regalia.
(e ) C'est -à-dire premiers , principaux , fans
doute par
les fiefs qu'ils tenoient de la Couronne. On difoit autrefois Prematie au lieu de Primatię,
(ƒ) Continúat. Aimoin . 1. 5 : c. 21 .
AVRIL 1755. 123
un Evêque à fon Roi » . Ici l'homme &
l'Evêque font diftingués , de même que
le fuzerain & le Souverain : Sicut homo fue
feniori , & Epifcopus fuo Regi.
On objecte que les fiefs font de tous les
pays , & que les feuls Rois de France ont
droit de Régale ; mais l'objection tombe
d'elle-même , s'il eft vrai que les autres
Souverains en ont joui anciennement. On
lit dans Orderic Vital ( g ) , » qu'à la mort
» des Prélats & des Archimandrites , les
» Satellites du Roi d'Angleterre s'empa-
>> roient des terres de leur Eglife , qu'ils
» réuniffoient au domaine pour trois ans ,
quelquefois plus d'où il arrivoit que
» le troupeau , deftitué de Paſteur , étoit
expofé à la morfure des loups » . Qu'on
life l'hiftoire des divifions du facerdoce
& de l'Empire ( b ) , on y verra ces juftes
plaintes mille fois répétées. Les Empereurs
& les Rois d'Angleterre avoient donc anciennement
droit de mettre en leur main
le temporel des Prélatures vacantes par
mort : ce qui n'eft autre chofe que le droit
de Régale. Pourquoi ne l'ont-ils plus ? &
comment ont- ils laiffé perdre une fi glorieufe
prérogative ? c'eft ce qui n'eft point
de notre fujer. La gloire de nos Rois eft
( g ) Liv. 10. p. 763.
(h) Arnold. Lubec. 1. 3. c. 16..!
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
d'avoir eu en même tems , & affez de fermeté
pour fe maintenir dans la poffeffion
d'un privilege né & établi avec la Monarchie
, & affez de religion pour n'en point
abufer.
Mais , dira t- on , M. Audoul , célébré
Avocat , dans fon traité de la Régale , tire
l'origine de cette noble prérogative , du
canon VII du premier concile d'Orléans
& M. Ifali , autre oracle du barreau ,
dans l'approbation qu'il a donnée à cet
ouvrage , affure que ce fyftême eft prouvé
par des faits fi certains , qu'il n'eft pas
poffible d'y refifter. L'Abbé Velly honore
affurément ces deux grandes lumieres :
mais il les admire encore plus , & confeſſe
ingénument qu'il n'a pas d'affez bons
yeux pour voir ce qu'ils ont vû. Il tient
actuellement en main le Concile d'Or
léans , il lit le feptiéme canon ( b ) , & n'y
apperçoit qu'une défenfe aux Abbés , aux
Prêtres , aux Clercs , & aux Religieux
d'aller en Cour , fans la permiffion & la
recommendation de l'Evêque , pour obrenir
des bénéfices. Abbatibus , Prefbiteris ,
omnique Clero , vel in religionis profeffione
viventibus , fine difcuffione vel commendatione
Epifcoporum , pro pretendis Beneficiis ¿
(h ) Concil. tom. 4. p. 1406,
AVRIL. · 17.55. 125
ad domnos venire non liceat. Quodfi quifquam
prafumpferit , tam diu fui honore &
communione privetur , donec per pænitentiam
plenam ejus fatisfactionem facerdos accipiat.
Il recommence donc une lecture
déja refléchie de tout le Concile , & trouve
enfin dans de cinquième canon ces mots
qu'on prétend facramentaux , quidquid in
fructibus. Voici comme ce decret eft conçu :
( i ) De oblationibus vel agris quos domnus
Rex Ecclefiis fuo munere conferre dignatus
eft , vel adhuc , non habentibus , Deo infpirante
, contulerit , ipforum agrorum vel Ecclefiarum
immunitate conceffa , id effe juftif
fimum definimus , ut in reparationibus Ecclefiarum
alimoniis facerdotum & pauperum
, vel redemptionibus captivorum , quidquid
Deus in fructibus dare dignatusfuerit ,
expendatur , & Clerici in adjutorium Ecclefiaftici
operis conftringantur. Quod fi aliquis
facerdotum ad hanc curam minus follicius
ac devotus extiterit , publicè à comprovincialibus
Epifcopis confundatur. Quod fi nec tali
confufione correxerit , donec emendet errorem,
communione fratrum habeatur indignus . Il
faut avouer que c'eft
peu communes
que avoir des lumieres
de trouver les vrais
principes de la Régale dans ce ftatut plus
( i ) Ibid. Can. V. p. 1405 , 1406.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
}
religieux qué politique. M. Fleury & tous
les hiftoriens eccléfiaftiques n'y découvrent
qu'une fage attention de l'Eglife à prévemir
fes miniftres , que les biens qu'ils tiennent
de la libéralité de nos Rois ne leur
ont point été donnés pour en faire l'ufage
qu'il leur plairoit ; mais qu'ils doivent employer
tout ce que Dieu leur donne audelà
du néceffaire , à la reparation des
Eglifes , à l'entretien des Prêtres & des
pauvres , ou enfin au rachat des captifs.
L'Abbé Velly pourroit même en tirer une
induction favorable à fon fyftême . Les
conceffions de nos Rois en faveur du Clergé
étoient donc , ou conditionnelles , ou
pures & fimples , c'eft- à - dire , ou affujet
ties à certaines redevances , ou affranchies
de toure fervitude : de là cette diftinction
des Eglifes qui vaquoient ou ne vaquoient
point en Régale.
On répond que les Gens du Roi , M.
Molé & M. Bignon , dans leur avis donné
en 1633 & en 1638 , difent qu'il doit être
tenu pour conftant , que la Régale eft univerfelle
, & a lieu dans toutes les Eglifes
du Royaume , comme étant un droit non
feulement inhérent à la perfonne facrée
de nos Rois , mais auffi uni & incorporé
à la Couronne , né & établi avec elle.
L'Abbé Velly fent toute l'importance de
AVRIL 1755 127
cette objection , & combien il eft délicat
d'avoir à fe défendre contre des autorités
toujours refpectables , & quelquefois terribles.
Auffi n'entreprendra- t- il pas d'y répondre
: c'eft Pafquier ( k ) qui plaidera fa
caufe , & parlera pour lui. Tous les
Archevêchés & Evêchés de France , dit
» ce célébre Jurifconfulte , ne font eftimés
" tomber en Régale , vacation d'iceux avenant
: ores que quelques- uns eftiment le
» contraire, Opinion de prime face plaufible
pour favorifer les droits du Roi ;
mais erronée , bien qu'elle ne foit deſtituée
de bons parrains. Car Maitre Jean
» le Bouteiller en fa fomme rurale , l'efti-
»ma ainfi & de notre tems , M. de Pibrac
, Avocat du Roi au Parlement , la
voulut faire paffer par Edict , mais il en
fur dedict . Il ne faut rien ôter à l'Eglife
pour le donner par une nouveauté à nos
» Rois , ni leur ôter pour le donner à l'Eglife.
Or que toutes les Eglifes Cathédrales
ne tombent en Régale , nous avons
plufieurs Ordonnances qui le nous enfeignent.
Celle de Philippe le Bel , en
" 1302 , porte entr'autres articles ( 4 ).
» Item , quantum ad Regalias quas nos 5
(k ) Recherch. de la France , tom . 1. 1. 3. chap.
37. p. 303 .
(1 ) Apud de Lauriere , tom. 1. Ordinat. p. 359.
Fiv
18 MERCURE DE FRANCE.
» prædeceffores noftri , confuervimus percipere
in aliquibus Ecclefiis Regni noftri ,
quando eas vacare contigit : & Louis XII
dit expreffément dans fon édit de l'an
» 1499 , nous défendons à tous nos Officiers
»qu'ès Archevêchés , Abbayes , & autres bénéfices
de notre Royaume , efquels n'avons
droit de Régale , ils ne fe mettent dedans ni
» ès fortes places , finon ès bénéfices & fortes
» places qui feroient affifes ès pays
limitrophes
de notre Royaume. Bref, qui foutient
le contraire eft plutôt un flateur de Cour ,
qu'un Jurifconfulte François. sy b
+
P
On peut encore confulter les actes du
fecond Concile général de Lyon , qui autorife
la Régale dans les Eglifes où elle
étoit établie par la fondation ou par quelque
coutume ancienne ( m ) , mais qui dé,
fend de l'introduire dans celles où elle n'étoit
pas reçue. Quant aux Eglifes qui vaquoient,
ou ne vaquoient point en Régale ,
on en trouvera la lifte dans le Traité de
l'ufage des fiefs ( n ) , par M. Bruffel. Au
refte , le fentiment de M. le Préfident Hénaut
fur l'univerfalité de cette prérogative
unique de nos Rois , eft appuyée far de
grandes autorités , & pour me fervir des
termes de Pafquier , a de très bons parreins.
( m ) Tom. XI. Concil. Confid. 13. de Elect.
( a ) Tom. I. pag. 292 & 293.·
AVRIL. 1755 129
,
Le celebre auteur du nouvel abrégé chronologique
de notre hiftoire , mérite affurément
une place diftinguée parmi les plus
illuftres , tels que les Pibracs , les Molés :
les Bignons , noms confacrés à l'immortalité.
Voilà , Monfieur , fur quels fondemens
fai bâti mon fyftême de l'origine de la
Régale , & en même tems une partie des
faifons qui peuvent fervir à ma juſtification
. J'ai cru devoir vous les expofer , pour
répondre à la bienveillance dont vous
m'honorez je les foumers à vos lumieres ,
toujours prêt à rendre au plus judicieux &
au plus élégant de nos hiftoriens , l'hom
mage qu'un difciple doit à fon maître. Ik
ne me refte qu'à vous faire d'humbles re
mercimens de m'avoir procuré l'occafion
de faire paroître les fentimens , & c.
*
Medspaſt nad ubqkeretek VELLY.
Fermer
Résumé : REPONSE DE M. L'ABBÉ V. A M. LE P. H.
L'abbé V. répond à une lettre de M. le P. H., reconnaissant sa bonté mais affirmant être un novice. Il accepte de discuter du point qui les divise pour chercher la vérité et loue M. le P. H. en le comparant à des historiens célèbres comme Salluste et Velleius Paterculus. L'abbé V. aborde l'origine des fiefs, affirmant qu'ils n'apparaissent pas aux premiers siècles de la monarchie mais sous le règne de Charles le Simple. Charles le Chauve avait préparé leur établissement par un capitulaire permettant l'hérédité des offices. Cependant, il reconnaît l'existence de possessions féodales sous la première race, appelées bénéfices par Pasquier et fiefs par Loiseleur. Les Francs distribuaient les terres à titre de fief à leurs capitaines et soldats, avec la charge de les assister en guerre. Ces fiefs finissaient à la mort du vassal, mais sont devenus héréditaires par pitié pour les enfants des soldats méritants. Les successions collatérales et les filles ont été admises plus tard, mais certaines rigueurs anciennes subsistent, comme le droit du seigneur de récupérer le fief en l'absence d'héritier. L'abbé V. conclut que le fief n'est pas héréditaire par essence mais tenu sous redevance. Il cite des exemples historiques et des textes pour appuyer ses arguments, notamment des poèmes et des formules de serment d'évêques sous les rois francs. Le texte traite également de la coutume de la régale, une pratique ancienne qui ne doit pas être introduite dans les régions où elle n'était pas déjà établie. La liste des églises concernées par cette coutume peut être trouvée dans le traité de l'usage des fiefs par M. Bruffel. Le sentiment du Président Hénaut sur l'universalité de cette prérogative royale est soutenu par de grandes autorités, et les termes de Pasquier confirment cette opinion. En avril 1755, l'auteur rend hommage à un célèbre historien, auteur d'un abrégé chronologique de l'histoire de France, le plaçant parmi les illustres noms comme Pibrac, Molé et Bignon. L'auteur expose les fondements de son système sur l'origine de la régale et les raisons qui peuvent justifier sa position, exprimant sa gratitude pour la bienveillance et les lumières de son interlocuteur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
71
p. 211-219
« Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
Début :
Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...]
Mots clefs :
Évêques, Archevêques, Roi, Cardinal, Messe, Chapelle, Abbé, Marquis, Chevalier, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
FRANCE.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE vaiffeau le Bethune , appartenant à la Compagnie
des Indes , eft entré le 10 Mai dans le port
de l'Orient. On a appris par ce bâtiment que M.
Dupleix étoit parti le 15 Octobre de Pondichery ,
& qu'il étoit arrivé le 25 Novembre à l'Ile de
France.
Le 16 de Mai , Fête de S. Jean Nepomucene ,
la Reine vint de Marly entendre le Sermon dans
l'égliſe des Recolets de Verſailles. Il fut pronon
cé par le P. Couterot , de la Congrégation des
Barnabites , & Prédicateur du Roi. Sa Majefté
affiſta enfuite au Salut , & retourna le foir à Marly.
Leurs Majeftés & Mefdames de France ſe rendirent
à Verfailles le jour fuivant pour y paffer les
Fêtes , & le 20 leurs Majeftés & Mefdames de
France retournent à Marly.
Le 17 , veille de la Fête de la Pentecôte , Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine entendirent
à Marly dans la Chapelle du Château
les premieres Vêpres , aufquelles l'Archevêque de
Sens officia pontificalement , & qui furent chantées
par les Cordeliers de Noify.
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 18 , jour de la Pentecôte , les Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-
Efprit s'étant affemblés vers les onze heures du
du matin dans le cabinet du Roi , Sa Majefté
fortit de fon appartement pour aller à la Chapelle.
Le Roi , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre par- deffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or . Sa Majesté
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin qui
étoit arrivé le matin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. L'Archevêque de Narbonne
Prélat , Commandeur de l'Ordre , célébra pontificalement
la grande Meffe , qui fut chantée par
la Mufique. Au fortir de la Chapelle le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée
.
>
La Reine & Meſdames de France entendirent
la grande Meffe dans la tribune.
Monfeigneur le Dauphin après la cérémonie ,
retourna joindre à Marly Madame la Dauphine ,
que des foupçons de groffeffe ont empêché de
quitter ce château.
Le Roi & la Reine accompagnés de Mesdames ,
affifterent l'après - midi à la prédication de l'Abbé
Bertier , Vicaire Général de l'Evêché de Troyes ,
& Doyen du Chapitre de Vezelai . Après le Sermon
leurs Majeftés entendirent les Vêpres chantées
par la Mufique , aufquelles l'Abbé Gergoy
officia , & le Salut célébré par les Miffionnaires.
Ce même jour la Marquife de Montmorin
Saint Herem fut préſentée au Roi & à la Reine ;
& leurs Majeftés fignerent le contrat de mariage
JUI N. 1755. 213
du Marquis de Merinville avec Dlle de Lhôpital.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Marquis de Dreux , Maréchal de camp , & Grand
Maître des cérémonies de France , avec Dlle de
Pezé.
Le 19 , les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa Majesté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de cette
province & de celle de Picardie ; & par le Comte
d'Argenfon , Miniftre & Secrétaire d'Etat , qui en
a le département . Selon l'uſage , ils ont été con◄
duits par le Marquis de Dreux , Grand Maître
des cérémonies. La députation étoit compofée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé , du Comte
de Douchen pour la Nobleffe , & de M. Goffe ,
ancien Echevin des ville & cité d'Arras , pour le
Tiers Etat . L'Evêque d'Arras porta la parole.
Jean-Marie de Bourbon , Duc de Châteauvilain,
fils de Louis-Jean - Marie de Bourbon , Duc de Penthievre
; & de feue Marie - Therefe- Félicité d'Eft
Princeffe de Modene , mourut le 19 à Paris , âgé
de fix ans fix mois & deux jours. Le même jour
le Prince de Dombes annonça cette mort au Roi.
La Reine communia le 20 par les mains de
L'Evêque de Chartres , fon premier Aumônier.
Il paroît trois arrêts du Confeil d'Etat . Le
premier caffe un arrêt du Parlement de Toulouſe ,
du 25 Février , & ordonne l'exécution de celui de
la Cour des Monnoies de Lyon , dụ 4 du même
mois. Le fecond ordonne que les fujets qui juftifieront
d'un apprentiffage & compagnonage chez
les Maîtres d'une ville quelconque du Royaume ,
dans laquelle il y aura Jurande , feront admis à
la maîtrife de leur profeffion dans les Communautés
d'arts & métiers de telle autre ville du
goyaume qu'ils jugeront à propos de choisir ,
214 MERCURE DE FRANCE.
l'exception des villes de Paris , Lyon , Lille &
Rouen. Par le troiſieme arrêt , le Roi commet
M. Doyen , Notaire , pour faire la recette des
portions qui reviennent aux Abbés & Chanoines
Réguliers de Sainte Genevieve dans les produits
des trois lotteries de S. Sulpice , des Enfans-Trouvés
& des Communautés.
L'Académie royale de Chirurgie , outre le prix
qu'elle adjuge tous les ans , donnera deformais
chaque année une autre medaille d'or à celui des
Chirurgiens , étrangers ou regnicoles , qui l'aura
méritée par un ouvrage fur quelque matiere de
Chirurgie que ce foit , au choix de l'auteur. Ce
fecond prix , dont la valeur fera de deux cens
livres , fera nommé Prix d'émulation . L'Académie
diftribuera de plus tous les ans cinq médailles
d'or , de cent francs chacune , à cinq Chirurgiens,
foit Académiciens de la claffe des Libres , foit
fimplement regnicoles , qui auront fourni pendant.
le cours de l'année un mémoire , ou trois obfervations
intéreffantes.
Un bâtiment nommé le Sainte-Helene , de Saint-
Malo , venant de la Martinique , a péri la nuit du
sau 6 de Mai dans le Golfe de Fos , près de Martigues.
Le navire le Grand Saint- Paul , de Marfeille
, a découvert à l'oueft du Cap Saint - Vincent
trois chabecs algériens. Une pinque de Corron
a rencontré fur la Guillâtre un vaiffeau , un chabec
& une galiotte de la même nation. Deuxi
autres bâtimens barbarefques ont été apperçus à
quelque diftance de la côte de Sardaigne.
Le 24 , leurs Majeftés fignerent le contrat de
mariage du Marquis de Dreux , Grand Maître des
cérémonies de France . avec Dlle de Pezé..
Elles fignerent le 25 celui du Marquis de Beranger
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
JUIN. 1755. 215
France , avec Dlle de Saffenage , fille du Marquis
de ce nom , Chevalier des ordres du Roi , &
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine.
En confidération de ce mariage , le Marquis de
Beranger a obtenu la furvivance de la charge de
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine ,
dont il ne doit exercer les fonctions qu'à vingtcinq
ans.
Le Roi a accordé au Marquis d'Efpagne la
charge de Sénéchal & Gouverneur du Comté de
Nebouzan .
Les Prélats & les Députés du fecond Ordre qui
compofent l'Affemblée générale du Clergé de
France, s'affemblerent le 25 de Mai chez le Cardi
nal de la Rochefoucauld pour remettre leurs procurations.
Ils tinrent le 27 une feconde Affemblée,
dans laquelle les procurations furent admifes. Le
28 , l'ouverture folemnelle de l'Affemblée fe fit
dans l'églife des Grands Auguftins , par la Meffe
du Saint-Efprit. Le Cardinal de la Rochefoucauld
y officia pontificalement , & tous les Députés y
communierent. Le fermon fut prononcé par l'Evêque
du Puy. Les Députés font , pour la province
de Paris , les Evêques de Meaux & de Blois , &
les Abbés Guillot de Montjoye & d'Apchon . Pour
la province de Lyon , les Evêques de Langres &
d'Autun , l'Abbé de Montjouvant , Comte de
Lyon , & l'Abbé de la Croix. Pour celle de Rouen,
les Evêques de Bayeux & d'Evreux , & les Abbés
de Saint-Aulaire & de Belbeuf. Pour celle de
Sens , l'Archevêque de Sens , l'Evêque de Nevers ,
l'Abbé de Murat de Baing , & l'Abbé d'Oſmond
de Medavy , Comte de Lyon. Pour celle de Reims,
les Evêques d'Amiens & de Senlis , & les Abbés
de Trudaine & de Modene . Pour celle de Tours
PArchevêque de Tours , l'Evêque de Quimper
216 MERCURE DE FRANCE.
les Abbés de Monteclair & de Soulange . Pour
celle de Bourges , le Cardinal de la Rochefoucauld
, Archevêque de Bourges ; l'Evêque du Puy,
& les Abbés de Fretat de Sarra & de Molin de
Mons. Pour celle d'Alby , l'Archevêque d'Alby ,
l'Evêque de Rhodès , & les Abbés de Roquigny
de Bulonde & de Langlade. Pour celle de Bordeaux
, les Evêques de Saintes & de Sarlat , & les
Abbés de Montefquiou & Dudon . Pour celle
d'Auch , l'Archevêque d'Auch ; l'Evêque d'Oleron
, & les Abbés de Berthier & de Larbouft . Pour
celle de Narbonne , l'Archevêque de Narbonne ,
P'Evêque de Montpellier , & les Abbés de Roquefort
& de Boizay de Courcenay. Pour celle de
Toulouſe , l'Archevêque de Toulouſe , l'Evêque
de Lavaur , & les Abbés de Bruyeres de Chalabre
& de Bauteville. Pour celle d'Aix , les Evêques de
Riez & d'Apt , & les Abbés de Gadagne & de Canorgue.
Pour celle d'Embrun , l'Archevêque
d'Embrun , l'Evêque de Glandeve , & les Abbés du
Queylard & de Baumel. Pour celle de Vienne , les
Evêques de Grenoble & de Die , & les Abbés de
Gouvernet & de Breves. Pour celle d'Arles , l'Atchevêque
d'Arles , l'Evêque de Saint -Paul Troischâteaux
, & les Abbés de Chapt de Raftignac &
d'Almant de Château - neuf. L'Affemblée a élu
pour Préfidens le Cardinal de la Rochefoucauld ,
P'Archevêque de Narbonne , l'Archevêque d'Embrun
, l'Archevêque d'Auch , l'Evêque de Bayeux ,
'Evêque de Langres , l'Evêque de Grenoble &
P'Evêque de Montpellier. L'Abbé de Coriolis ,
ancien Agent général du Clergé , eft Promoteur ;
l'Abbé de Raftignac , Vice- Promoteur ; l'Abbé
de Caftries , ancien Agent général , Secrétaire ;
l'Abbé d'Ofmond , Vice-Secrétaire. Les nouveaux
Agens généraux font l'Abbé de Crillon & l'Abbé.
de Jumilhac Le
J
JUIN. 1755. 217
Le 27 , l'Archevêque de Paris bénit dans l'églife
des Religieufes Bénédictines de Conflans , les
Guidons des Gendarmes de la Garde de Sa Majefe
Le détachement étoit de cinquante Gendarmes
& le Prince de Soubife à leur tête affitta à la
cérémonie.
M. Jean Crochet , Chanoine honoraire de l'églife
Cathédrale de Noyon , eft mort le 21 en
cette derniere ville , âgé de quatre-vingt -douze
ans. Il avoit été nommé Chanoine le 31 Mars
1676 , & il a vû deux fois renouveller fon Chapitre.
Ce fut le feu Cardinal de Retz qui fit accorder
à cet Eccléfiaftique la difpenfe d'âge pour
être Chanoine d'une Cathédrale .
Woldemar , Comte de Lowendalh & du Saint
Empire , Maréchal de France , Chevalier des ordres
du Roi , & des ordres de Saint - Alexandre
Neuski & de Saint- Hubert , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie allemande de fon nom , un des
Académiciens honoraires de l'Académie royale
des Sciences , & ci - devant Général des armées de
l'Impératrice de Ruſſie , mourut à Paris le 27 de
ce mois. Lorsqu'il eſt entré au ſervice de Sa Ma◄
jefté , il étoit déja regardé comme un des plus
habiles Généraux de l'Europe. La priſe d'Oudenarde
, d'Oftende , de Nieuport & de Berg - opzoom
, & le fuccès de toutes les autres expéditions
dont il a été chargé , ont confirmé fa réputation.
Le Maréchal de Lowendalh étoit né à Hambourg
le 6 Avril 1700 , & il étoit fils de Woldemar , Baron
de Lowendalh , Chevalier des Ordres de l'Aigle-
blanc , de l'Elephant & de Danebrog , grand
Maréchal& Miniftre du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Son grand - pere étoit Ulric Frederic ,
Gomte de Guldenloew , Chevalier de l'Ordre de
('Elephant , Maréchal Général des armées de Da
II. Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
nemarck , Chancelier du même royaume & Viceroi
de Norwege , fils naturel de Frederic III ,
Roi de Danemarck. Au mois de Janvier 1747 , le
Maréchal de Lowendalh obtint des lettres de
naturalité pour lui, pour la Maréchale de Lowendalh
, & pour trois enfans qu'ils avoient eus en
pays étranger. Il a montré par fon zele pour la
gloire du Roi & pour les intérêts de la France ,
qu'en acquerant les priviléges des fujets nés dans
le Royaume , il avoit pris leurs fentimens .
Le 28 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix fept cens foixante livres : les billets
de la premiere lotterie royale à huit cens cinquante
, & ceux de la feconde lotterie à fept cens qua
rante-cinq.
Le même jour , leurs Majeftés & la Famille
royale revinrent de Marly.
Le 29 , Fête du Saint Sacrement , le Roi accompagné
de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
Adelaïde , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife s'eft rendu à l'Eglife de Notre-Dame. Sa
Majefté y a entendu la grande Meffe , après avoir
affifté à la Proceffion qui eft venue felon l'uſage
à la Chapelle du Château. La Reine & Madame
la Dauphine ont reçu dans la Chapelle la benédiction
du Saint Sacrement. Leurs Majeſtés & la
Famille royale ont affifté cet après-midi aux Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles l'Abbé
Gergoy a officié , & au Salut célébré par les Miffionnaires
, pendant lequel la Mufique a chanté
une élévation , de la compofition de M. Blanchard
, Maître de la Muſique de la Chapelle en
quartier.
Dans l'Evêché d'Acqs douze villages ou ha
meaux , diverfes mailons de campagne & un grand
nombre de Moulins ont été réduits en cendres .
JUIN 1755. 219
Plufieurs perfonnes & quantité de beftiaux ont
péri dans les flammes. On fait monter à plus d'un
million la perte caufée par cet incendie. L'Evêque
d'Acqs a reffenti auffi vivement que l'exigeoit de
lui fa qualité de Pafteur la défolation d'une partie
de fon diocefe. Voyant d'honnêtes familles réduites
à la derniere mifere , il en a pris les enfans
fous fa protection ; if les a placés à fes dépens
dans des penfions , & il les y fait élever ſuivant
leur état. La charité de ce Prélat s'eft étendue fur
tous les autres malheureux qui ont fouffert , & il
leur a fait diftribuer du bled & de l'argent.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE vaiffeau le Bethune , appartenant à la Compagnie
des Indes , eft entré le 10 Mai dans le port
de l'Orient. On a appris par ce bâtiment que M.
Dupleix étoit parti le 15 Octobre de Pondichery ,
& qu'il étoit arrivé le 25 Novembre à l'Ile de
France.
Le 16 de Mai , Fête de S. Jean Nepomucene ,
la Reine vint de Marly entendre le Sermon dans
l'égliſe des Recolets de Verſailles. Il fut pronon
cé par le P. Couterot , de la Congrégation des
Barnabites , & Prédicateur du Roi. Sa Majefté
affiſta enfuite au Salut , & retourna le foir à Marly.
Leurs Majeftés & Mefdames de France ſe rendirent
à Verfailles le jour fuivant pour y paffer les
Fêtes , & le 20 leurs Majeftés & Mefdames de
France retournent à Marly.
Le 17 , veille de la Fête de la Pentecôte , Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine entendirent
à Marly dans la Chapelle du Château
les premieres Vêpres , aufquelles l'Archevêque de
Sens officia pontificalement , & qui furent chantées
par les Cordeliers de Noify.
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 18 , jour de la Pentecôte , les Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-
Efprit s'étant affemblés vers les onze heures du
du matin dans le cabinet du Roi , Sa Majefté
fortit de fon appartement pour aller à la Chapelle.
Le Roi , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre par- deffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or . Sa Majesté
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin qui
étoit arrivé le matin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. L'Archevêque de Narbonne
Prélat , Commandeur de l'Ordre , célébra pontificalement
la grande Meffe , qui fut chantée par
la Mufique. Au fortir de la Chapelle le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée
.
>
La Reine & Meſdames de France entendirent
la grande Meffe dans la tribune.
Monfeigneur le Dauphin après la cérémonie ,
retourna joindre à Marly Madame la Dauphine ,
que des foupçons de groffeffe ont empêché de
quitter ce château.
Le Roi & la Reine accompagnés de Mesdames ,
affifterent l'après - midi à la prédication de l'Abbé
Bertier , Vicaire Général de l'Evêché de Troyes ,
& Doyen du Chapitre de Vezelai . Après le Sermon
leurs Majeftés entendirent les Vêpres chantées
par la Mufique , aufquelles l'Abbé Gergoy
officia , & le Salut célébré par les Miffionnaires.
Ce même jour la Marquife de Montmorin
Saint Herem fut préſentée au Roi & à la Reine ;
& leurs Majeftés fignerent le contrat de mariage
JUI N. 1755. 213
du Marquis de Merinville avec Dlle de Lhôpital.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Marquis de Dreux , Maréchal de camp , & Grand
Maître des cérémonies de France , avec Dlle de
Pezé.
Le 19 , les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa Majesté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de cette
province & de celle de Picardie ; & par le Comte
d'Argenfon , Miniftre & Secrétaire d'Etat , qui en
a le département . Selon l'uſage , ils ont été con◄
duits par le Marquis de Dreux , Grand Maître
des cérémonies. La députation étoit compofée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé , du Comte
de Douchen pour la Nobleffe , & de M. Goffe ,
ancien Echevin des ville & cité d'Arras , pour le
Tiers Etat . L'Evêque d'Arras porta la parole.
Jean-Marie de Bourbon , Duc de Châteauvilain,
fils de Louis-Jean - Marie de Bourbon , Duc de Penthievre
; & de feue Marie - Therefe- Félicité d'Eft
Princeffe de Modene , mourut le 19 à Paris , âgé
de fix ans fix mois & deux jours. Le même jour
le Prince de Dombes annonça cette mort au Roi.
La Reine communia le 20 par les mains de
L'Evêque de Chartres , fon premier Aumônier.
Il paroît trois arrêts du Confeil d'Etat . Le
premier caffe un arrêt du Parlement de Toulouſe ,
du 25 Février , & ordonne l'exécution de celui de
la Cour des Monnoies de Lyon , dụ 4 du même
mois. Le fecond ordonne que les fujets qui juftifieront
d'un apprentiffage & compagnonage chez
les Maîtres d'une ville quelconque du Royaume ,
dans laquelle il y aura Jurande , feront admis à
la maîtrife de leur profeffion dans les Communautés
d'arts & métiers de telle autre ville du
goyaume qu'ils jugeront à propos de choisir ,
214 MERCURE DE FRANCE.
l'exception des villes de Paris , Lyon , Lille &
Rouen. Par le troiſieme arrêt , le Roi commet
M. Doyen , Notaire , pour faire la recette des
portions qui reviennent aux Abbés & Chanoines
Réguliers de Sainte Genevieve dans les produits
des trois lotteries de S. Sulpice , des Enfans-Trouvés
& des Communautés.
L'Académie royale de Chirurgie , outre le prix
qu'elle adjuge tous les ans , donnera deformais
chaque année une autre medaille d'or à celui des
Chirurgiens , étrangers ou regnicoles , qui l'aura
méritée par un ouvrage fur quelque matiere de
Chirurgie que ce foit , au choix de l'auteur. Ce
fecond prix , dont la valeur fera de deux cens
livres , fera nommé Prix d'émulation . L'Académie
diftribuera de plus tous les ans cinq médailles
d'or , de cent francs chacune , à cinq Chirurgiens,
foit Académiciens de la claffe des Libres , foit
fimplement regnicoles , qui auront fourni pendant.
le cours de l'année un mémoire , ou trois obfervations
intéreffantes.
Un bâtiment nommé le Sainte-Helene , de Saint-
Malo , venant de la Martinique , a péri la nuit du
sau 6 de Mai dans le Golfe de Fos , près de Martigues.
Le navire le Grand Saint- Paul , de Marfeille
, a découvert à l'oueft du Cap Saint - Vincent
trois chabecs algériens. Une pinque de Corron
a rencontré fur la Guillâtre un vaiffeau , un chabec
& une galiotte de la même nation. Deuxi
autres bâtimens barbarefques ont été apperçus à
quelque diftance de la côte de Sardaigne.
Le 24 , leurs Majeftés fignerent le contrat de
mariage du Marquis de Dreux , Grand Maître des
cérémonies de France . avec Dlle de Pezé..
Elles fignerent le 25 celui du Marquis de Beranger
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
JUIN. 1755. 215
France , avec Dlle de Saffenage , fille du Marquis
de ce nom , Chevalier des ordres du Roi , &
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine.
En confidération de ce mariage , le Marquis de
Beranger a obtenu la furvivance de la charge de
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine ,
dont il ne doit exercer les fonctions qu'à vingtcinq
ans.
Le Roi a accordé au Marquis d'Efpagne la
charge de Sénéchal & Gouverneur du Comté de
Nebouzan .
Les Prélats & les Députés du fecond Ordre qui
compofent l'Affemblée générale du Clergé de
France, s'affemblerent le 25 de Mai chez le Cardi
nal de la Rochefoucauld pour remettre leurs procurations.
Ils tinrent le 27 une feconde Affemblée,
dans laquelle les procurations furent admifes. Le
28 , l'ouverture folemnelle de l'Affemblée fe fit
dans l'églife des Grands Auguftins , par la Meffe
du Saint-Efprit. Le Cardinal de la Rochefoucauld
y officia pontificalement , & tous les Députés y
communierent. Le fermon fut prononcé par l'Evêque
du Puy. Les Députés font , pour la province
de Paris , les Evêques de Meaux & de Blois , &
les Abbés Guillot de Montjoye & d'Apchon . Pour
la province de Lyon , les Evêques de Langres &
d'Autun , l'Abbé de Montjouvant , Comte de
Lyon , & l'Abbé de la Croix. Pour celle de Rouen,
les Evêques de Bayeux & d'Evreux , & les Abbés
de Saint-Aulaire & de Belbeuf. Pour celle de
Sens , l'Archevêque de Sens , l'Evêque de Nevers ,
l'Abbé de Murat de Baing , & l'Abbé d'Oſmond
de Medavy , Comte de Lyon. Pour celle de Reims,
les Evêques d'Amiens & de Senlis , & les Abbés
de Trudaine & de Modene . Pour celle de Tours
PArchevêque de Tours , l'Evêque de Quimper
216 MERCURE DE FRANCE.
les Abbés de Monteclair & de Soulange . Pour
celle de Bourges , le Cardinal de la Rochefoucauld
, Archevêque de Bourges ; l'Evêque du Puy,
& les Abbés de Fretat de Sarra & de Molin de
Mons. Pour celle d'Alby , l'Archevêque d'Alby ,
l'Evêque de Rhodès , & les Abbés de Roquigny
de Bulonde & de Langlade. Pour celle de Bordeaux
, les Evêques de Saintes & de Sarlat , & les
Abbés de Montefquiou & Dudon . Pour celle
d'Auch , l'Archevêque d'Auch ; l'Evêque d'Oleron
, & les Abbés de Berthier & de Larbouft . Pour
celle de Narbonne , l'Archevêque de Narbonne ,
P'Evêque de Montpellier , & les Abbés de Roquefort
& de Boizay de Courcenay. Pour celle de
Toulouſe , l'Archevêque de Toulouſe , l'Evêque
de Lavaur , & les Abbés de Bruyeres de Chalabre
& de Bauteville. Pour celle d'Aix , les Evêques de
Riez & d'Apt , & les Abbés de Gadagne & de Canorgue.
Pour celle d'Embrun , l'Archevêque
d'Embrun , l'Evêque de Glandeve , & les Abbés du
Queylard & de Baumel. Pour celle de Vienne , les
Evêques de Grenoble & de Die , & les Abbés de
Gouvernet & de Breves. Pour celle d'Arles , l'Atchevêque
d'Arles , l'Evêque de Saint -Paul Troischâteaux
, & les Abbés de Chapt de Raftignac &
d'Almant de Château - neuf. L'Affemblée a élu
pour Préfidens le Cardinal de la Rochefoucauld ,
P'Archevêque de Narbonne , l'Archevêque d'Embrun
, l'Archevêque d'Auch , l'Evêque de Bayeux ,
'Evêque de Langres , l'Evêque de Grenoble &
P'Evêque de Montpellier. L'Abbé de Coriolis ,
ancien Agent général du Clergé , eft Promoteur ;
l'Abbé de Raftignac , Vice- Promoteur ; l'Abbé
de Caftries , ancien Agent général , Secrétaire ;
l'Abbé d'Ofmond , Vice-Secrétaire. Les nouveaux
Agens généraux font l'Abbé de Crillon & l'Abbé.
de Jumilhac Le
J
JUIN. 1755. 217
Le 27 , l'Archevêque de Paris bénit dans l'églife
des Religieufes Bénédictines de Conflans , les
Guidons des Gendarmes de la Garde de Sa Majefe
Le détachement étoit de cinquante Gendarmes
& le Prince de Soubife à leur tête affitta à la
cérémonie.
M. Jean Crochet , Chanoine honoraire de l'églife
Cathédrale de Noyon , eft mort le 21 en
cette derniere ville , âgé de quatre-vingt -douze
ans. Il avoit été nommé Chanoine le 31 Mars
1676 , & il a vû deux fois renouveller fon Chapitre.
Ce fut le feu Cardinal de Retz qui fit accorder
à cet Eccléfiaftique la difpenfe d'âge pour
être Chanoine d'une Cathédrale .
Woldemar , Comte de Lowendalh & du Saint
Empire , Maréchal de France , Chevalier des ordres
du Roi , & des ordres de Saint - Alexandre
Neuski & de Saint- Hubert , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie allemande de fon nom , un des
Académiciens honoraires de l'Académie royale
des Sciences , & ci - devant Général des armées de
l'Impératrice de Ruſſie , mourut à Paris le 27 de
ce mois. Lorsqu'il eſt entré au ſervice de Sa Ma◄
jefté , il étoit déja regardé comme un des plus
habiles Généraux de l'Europe. La priſe d'Oudenarde
, d'Oftende , de Nieuport & de Berg - opzoom
, & le fuccès de toutes les autres expéditions
dont il a été chargé , ont confirmé fa réputation.
Le Maréchal de Lowendalh étoit né à Hambourg
le 6 Avril 1700 , & il étoit fils de Woldemar , Baron
de Lowendalh , Chevalier des Ordres de l'Aigle-
blanc , de l'Elephant & de Danebrog , grand
Maréchal& Miniftre du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Son grand - pere étoit Ulric Frederic ,
Gomte de Guldenloew , Chevalier de l'Ordre de
('Elephant , Maréchal Général des armées de Da
II. Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
nemarck , Chancelier du même royaume & Viceroi
de Norwege , fils naturel de Frederic III ,
Roi de Danemarck. Au mois de Janvier 1747 , le
Maréchal de Lowendalh obtint des lettres de
naturalité pour lui, pour la Maréchale de Lowendalh
, & pour trois enfans qu'ils avoient eus en
pays étranger. Il a montré par fon zele pour la
gloire du Roi & pour les intérêts de la France ,
qu'en acquerant les priviléges des fujets nés dans
le Royaume , il avoit pris leurs fentimens .
Le 28 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix fept cens foixante livres : les billets
de la premiere lotterie royale à huit cens cinquante
, & ceux de la feconde lotterie à fept cens qua
rante-cinq.
Le même jour , leurs Majeftés & la Famille
royale revinrent de Marly.
Le 29 , Fête du Saint Sacrement , le Roi accompagné
de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
Adelaïde , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife s'eft rendu à l'Eglife de Notre-Dame. Sa
Majefté y a entendu la grande Meffe , après avoir
affifté à la Proceffion qui eft venue felon l'uſage
à la Chapelle du Château. La Reine & Madame
la Dauphine ont reçu dans la Chapelle la benédiction
du Saint Sacrement. Leurs Majeſtés & la
Famille royale ont affifté cet après-midi aux Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles l'Abbé
Gergoy a officié , & au Salut célébré par les Miffionnaires
, pendant lequel la Mufique a chanté
une élévation , de la compofition de M. Blanchard
, Maître de la Muſique de la Chapelle en
quartier.
Dans l'Evêché d'Acqs douze villages ou ha
meaux , diverfes mailons de campagne & un grand
nombre de Moulins ont été réduits en cendres .
JUIN 1755. 219
Plufieurs perfonnes & quantité de beftiaux ont
péri dans les flammes. On fait monter à plus d'un
million la perte caufée par cet incendie. L'Evêque
d'Acqs a reffenti auffi vivement que l'exigeoit de
lui fa qualité de Pafteur la défolation d'une partie
de fon diocefe. Voyant d'honnêtes familles réduites
à la derniere mifere , il en a pris les enfans
fous fa protection ; if les a placés à fes dépens
dans des penfions , & il les y fait élever ſuivant
leur état. La charité de ce Prélat s'eft étendue fur
tous les autres malheureux qui ont fouffert , & il
leur a fait diftribuer du bled & de l'argent.
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Résumé : « Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
En mai 1755, plusieurs événements marquants ont eu lieu en France. Le 10 mai, le vaisseau Le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, est arrivé au port de l'Orient. Il a rapporté que Dupleix avait quitté Pondichéry le 15 octobre et était arrivé à l'île de France le 25 novembre. Le 16 mai, la Reine a assisté à un sermon dans l'église des Recolets de Versailles pour la fête de Saint Jean Népomucène. Le 17 mai, le Dauphin et la Dauphine ont entendu les premières vêpres à Marly. Le 18 mai, jour de la Pentecôte, le Roi a assisté à la messe de l'Ordre du Saint-Esprit, accompagné de plusieurs dignitaires. La Reine et Mesdames de France ont écouté la messe dans la tribune. Le même jour, le Roi et la Reine ont assisté à un sermon et aux vêpres. Le 19 mai, les députés des États d'Artois ont eu audience auprès du Roi. Le Duc de Châteauvillain est décédé à Paris à l'âge de six ans et six mois. Le 20 mai, la Reine a communié. Plusieurs arrêts du Conseil d'État ont été publiés, concernant notamment les métiers et les lotteries. L'Académie royale de Chirurgie a annoncé de nouveaux prix pour les chirurgiens. Plusieurs incidents maritimes ont été signalés, incluant la perte du navire Sainte-Hélène près de Martigues et des rencontres avec des navires barbaresques. Le 24 mai, le Roi a signé le contrat de mariage du Marquis de Dreux. Le 25 mai, il a signé celui du Marquis de Béranger. Le Marquis d'Espagne a obtenu la charge de Sénéchal et Gouverneur du Comté de Nébouzan. L'Assemblée générale du Clergé de France s'est réunie à partir du 25 mai, avec la participation de nombreux prélats et députés. Le 27 mai, l'Archevêque de Paris a béni les guidons des Gendarmes de la Garde. Plusieurs décès notables ont été rapportés, dont celui du Chanoine Jean Crochet à Noyon et du Maréchal de Lowendahl à Paris. Le 28 mai, les actions de la Compagnie des Indes étaient à 1760 livres. Le 29 mai, pour la fête du Saint Sacrement, le Roi et la famille royale ont assisté à la messe et aux vêpres à Notre-Dame. Un incendie a détruit plusieurs villages et moulins dans l'évêché d'Acqs, causant des pertes évaluées à plus d'un million.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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72
p. 5-6
A M. L'ABBÉ DE *** Par Madame de ***.
Début :
Vous en répondrez devant Dieu [...]
Mots clefs :
Abbé, Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. L'ABBÉ DE *** Par Madame de ***.
A M. L'ABBÉ DE ***
Par Madame de ***
Vous en répondrez devant Dies
De m'avoir trop ennorgueillie ;
Entre la Balourdife & l'efprit de faillie,
Javois pris un jufte milien :
Sans ofer me coëffer du poëtique liere ;
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
>
Contente de fçavoir , & penfer & fentir,
Abbé , je fourniffois ma modefte carriere
Et vous m'en avez fait fortir.
A de la profe mal rimée ,
Qui m'échappe à tort à travers
Je n'étois point accoutumée
A prodiguer le nom de vers :
Mais vaine de votre fuffrage •
J'ai dit: verfifions ....Il fe peut après tout ,
Que d'un talent en moi le germe fe dégage ,
J'en dois croire le Dieu du goût.
J'invoque vainement les Mufes & les graces ,
Vous feul donnez au bon le coloris du beau ;
Des Térences & des Horaces A
J'apperçois bien en vous l'affemblage nouveau ,
Mais tel modele à fuivre eft un pefant fardeau
Si vous m'appellez fur vos traces ,
Au moins de l'ignorance ôtez moi le bandeau."
Chaque habitant de la voûte azurée
Vient vous feconder à fon tour :
Moi par aucun je ne fuis infpirée.
Le Dieu qui difpenfe le jour ,
Momus , Minerve , Cithérée ,
Dans votre cabinet ont fixé leur fejour ,
Et votre plume fut tirée
D'une des aîles de l'amour.
Par Madame de ***
Vous en répondrez devant Dies
De m'avoir trop ennorgueillie ;
Entre la Balourdife & l'efprit de faillie,
Javois pris un jufte milien :
Sans ofer me coëffer du poëtique liere ;
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
>
Contente de fçavoir , & penfer & fentir,
Abbé , je fourniffois ma modefte carriere
Et vous m'en avez fait fortir.
A de la profe mal rimée ,
Qui m'échappe à tort à travers
Je n'étois point accoutumée
A prodiguer le nom de vers :
Mais vaine de votre fuffrage •
J'ai dit: verfifions ....Il fe peut après tout ,
Que d'un talent en moi le germe fe dégage ,
J'en dois croire le Dieu du goût.
J'invoque vainement les Mufes & les graces ,
Vous feul donnez au bon le coloris du beau ;
Des Térences & des Horaces A
J'apperçois bien en vous l'affemblage nouveau ,
Mais tel modele à fuivre eft un pefant fardeau
Si vous m'appellez fur vos traces ,
Au moins de l'ignorance ôtez moi le bandeau."
Chaque habitant de la voûte azurée
Vient vous feconder à fon tour :
Moi par aucun je ne fuis infpirée.
Le Dieu qui difpenfe le jour ,
Momus , Minerve , Cithérée ,
Dans votre cabinet ont fixé leur fejour ,
Et votre plume fut tirée
D'une des aîles de l'amour.
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Résumé : A M. L'ABBÉ DE *** Par Madame de ***.
Madame de *** adresse une lettre à un abbé, exprimant son regret d'avoir été trop orgueilleuse et reconnaissant avoir trouvé un juste milieu entre la balourdise et l'esprit de faiblesse. Elle avoue ne pas être habituée à écrire des vers, mais se sent encouragée par l'approbation de l'abbé. Elle invoque les Muses et les Grâces, tout en reconnaissant que seul l'abbé peut donner le coloris du beau. Elle admire en lui un mélange des talents de Térence et d'Horace, mais trouve ce modèle difficile à suivre. Elle demande à l'abbé de lui ôter le bandeau de l'ignorance. Elle constate que chaque divinité vient inspirer l'abbé, mais qu'elle-même ne reçoit aucune inspiration. Elle mentionne que l'abbé est inspiré par l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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73
p. 254
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné à l'Evêché de Dijon à l'Abbé [...]
Mots clefs :
Évêché, Dijon, Vicaire, Abbé, Diocèse, Église
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES DONNÉS.
ERoi a donné l'Evêché de Dijon à l'Abbé d'Apchon
, Vicaire Général du même Diocèſe ;
l'Evêché de Glandeve à l'Abbé de Treffemannes ,
Chanoine de l'égliſe métropolitaine d'Aix ; l'Abbaye
de Fontaine- Daniel , Ordre de Câteaux , Diocèfe
du Mans , à l'Abbé de Galiffet , Vicaire Général
de l'Archevêché d'Aix , & le Prieuré de Pontarlier
, Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de Langres
, à l'Abbé Bureau de Saint - Pierre , Confeil
ler-Clerc au Parlement de Dijon.
ERoi a donné l'Evêché de Dijon à l'Abbé d'Apchon
, Vicaire Général du même Diocèſe ;
l'Evêché de Glandeve à l'Abbé de Treffemannes ,
Chanoine de l'égliſe métropolitaine d'Aix ; l'Abbaye
de Fontaine- Daniel , Ordre de Câteaux , Diocèfe
du Mans , à l'Abbé de Galiffet , Vicaire Général
de l'Archevêché d'Aix , & le Prieuré de Pontarlier
, Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de Langres
, à l'Abbé Bureau de Saint - Pierre , Confeil
ler-Clerc au Parlement de Dijon.
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74
p. 160-164
SEANCE PUBLIQUE De l'Académie Françoise.
Début :
M. l'Abbé de Boismont ayant été élu par l'Académie Françoise à la place de feu [...]
Mots clefs :
Académie française, Discours, Nicolas Thyrel de Boismont, Esprit, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie Françoise.
SEANCE PUBLIQUE
De l'Académie Françoife.
M. l'Abbé de Boifmont ayant été élu
par l'Académie Françoife à la place de feu
M. l'Evêque de Mirepoix , y prit féance le
25 Octobre. Le difcours qu'il prononça ,
fut trouvé très- éloquent , & nous ofons
affurer que l'impreffion ne lui a rien fair
perdre de fa beauté. Ceux qui ne l'ont ni
entendu ni lu , en jugeront par les traits
que j'en vais citer. Je les prendrai dans
l'apologie qu'il fait du caractere actuel
de l'éloquence de la chaire , à qui l'on rẹ-
proche d'être trop ornée , & de courir
trop après l'efprit . Pourquoi , dit-il , lorfqu'il
s'agit de commander aux paffions
des hommes , dédaigneroit-on le charme
le plus puiffant qui les foumette , & qui les
captive ? J'appelle ainfi cet heureux art
d'embellir la raifon , d'adoucir la rudeffe
de fes traits , de lui donner une teinture
vive & pénétrante , de la dépouiller de
DECEMBRE. 1755. 161
cette féchereffe qui révolte , de cette monotonie
qui dégoute , de cette pefanteur
qui attiédit , & qui fatigue. Que produitelle
fans le fecours de cet art ? une attention
morte , une conviction froide , un
hommage aride & inanimé ; quelquefois
la tentation de fe venger de l'ennui par
le doute , & toujours le dépit fecret de
fentir que ce qui peut laiffer encore quelques
nuages dans l'efprit , ne foit pas du
moins protégé par le fuffrage du coeur.
On regrette tous les jours , ajoute- t- il
plus bas , la majestueufe fimplicité des premiers
défenfeurs. On veut que dans ces
rems heureux tout pliât fous le poids de
la vérité feule , & que pour la rendre victorieufe
il ait fuffi de la montrer fans parure
& fans art ; mais que prétend- on par
cette fuppofition chagrine ? fe perfuade- ton
que les premiers panégyriftes de la foi
dédaignerent les teffources du génie , abandonnerent
la vérité à fon ' auftérité naturelle
, repoufferent d'une main fuperftitieuſe
tous les ornemens qu'elle avoue , &
qu'en un mot un zele brulant & impétueux
leur tint lieu de tout ? illufion démentie
par les précieux monumens qui nous refrent
de ces gran is hommes. Qu'on écoute
S. Paul foudroyant la raifon humaine au
milieu de l'Areopage ; quelle critique dé-
1
162 MERCURE DE FRANCE.
licate ! quelle philofophie fublime ! quel
tableau brillant de l'immenfité du premier
être ! Non , quels que fuffent alors les fuccès
de la foi , les moyens humains entrerent
, je ne dis pas dans la compofition ,
mais dans la propagation fucceffive de cette
oeuvre divine . Alors , comme de nos
jours les controverfes , les écrits , les dif
cours publics prirent la teinture du caractere
perfonnel de l'efprit dominant du
fiecle , & fi j'ofe m'exprimer ainfi de
l'impulsion générale des moeurs. Tertullien
fut févere & bouillant , S. Auguftin
profond & lumineux, S. Chryfoftome pompeux
& folide , S. Bernard fenfible & fieuri.
Leur zele ne porte nulle part l'empreinte
d'une raifon féche & décharnée ; ils
l'enrichiffent , ils la parent de tous les tréfors
de l'imagination , moins déliée peutêtre
, moins minutieufe que celle de nos
jours , parce que leur âge étant plus fimple
, les vices avoient , pour ainfi dire
plus de corps & de confiftance : la corrup
tion étoit moins adroite , moins myſtérieufe
; elle ne forçoit point par conféquent,
à ces détails , & à ces nuances qui reffemblent
quelquefois à un foin affecté de l'art,
& qui n'appartiennent cependant qu'à un
efprit d'exactitude & d'obfervation . Lorfque
le vice eft devenu ingénieux , il a failu
DECEMBRE. 1755. 163
le devenir avec lui , pour le combattre.
Cette maniere de juftifier la néceffité où
l'on eft aujourd'hui d'employer les armes
de l'efprit pour faire triompher la parole
de Dieu , eft elle- même auffi ingénieufe ,
qu'elle eft nouvelle & bien faifie.
Monfieur l'Abbé Alary répondit à mon
fieur l'Abbé de Boifmont. Son difcours
eut l'approbation génerale , & le mérite
à double titre. Il eft élégant & court.
Après avoir donné en peu de mots au Récipiendaire
la louange due à fon talent
pour la chaire , il fait ainfi l'éloge de M.
l'Evêque de Mirepoix .
Né dans le fein d'une famille entierement
confacrée à la Religion , il ne connut
de vrais devoirs que ceux qu'elle prefcrit.
Son exactitude à les remplir le fit
renoncer abfolument au monde ; mais
malgré fa retraite, il ne put être long- tems
ignoré. Il parut dans le public pour y annoncer
les vérités éternelles..... Il n'eut
de commerce avec les grands que dans le
tribunal de la pénitence , & ils fe firent
gloire , en devenant fes amis , d'être à fon
infçu les protecteurs. Ce furent là , Monfieur
, les deux feuls nroyens qui fervirent
à fon élévation . Il ne dut rien à la fortune
, tout fut l'ouvrage de la providence ,
dont les voies impénétrables le conduifi164
MERCURE DE FRANCE.
rent aux premiers honneurs de l'Eglife ;
mais à peine y fut- il parvenu qu'il fut forcé
de s'arracher à fes travaux apoftoliques
déja récompenfés par les fruits les plus
abondans.
Deſtiné à l'inftruction de l'héritier du
premier trône de l'univers , il ne changea
point de maximes ; la Religion fut toujours
la bafe de fa conduite. Il ne fut occupé
que d'infpirer à fon augufte Eleve
les fentimens d'une pieté folide & éclairée
, l'amour du devoir & le defir de s'inftruire
, qualités fi néceffaires aux Souverains,
qui veulent faire le bonheur de leurs
peuples. Nous fommes tous témoins du
fuccès de fes foins ; & pouvions - nous
moins attendre d'un Prince , qui , dès les
premiers momens qu'il a connu la raifon
a donné les preuves les plus brillantes de
la vivacité de fon efprit , les marques les
plus fures de la folidité de fon jugement ,
les indices les plus certains de la fenfibilité
de fon coeur , reffource fi défirable
pour tous les malheureux .
De l'Académie Françoife.
M. l'Abbé de Boifmont ayant été élu
par l'Académie Françoife à la place de feu
M. l'Evêque de Mirepoix , y prit féance le
25 Octobre. Le difcours qu'il prononça ,
fut trouvé très- éloquent , & nous ofons
affurer que l'impreffion ne lui a rien fair
perdre de fa beauté. Ceux qui ne l'ont ni
entendu ni lu , en jugeront par les traits
que j'en vais citer. Je les prendrai dans
l'apologie qu'il fait du caractere actuel
de l'éloquence de la chaire , à qui l'on rẹ-
proche d'être trop ornée , & de courir
trop après l'efprit . Pourquoi , dit-il , lorfqu'il
s'agit de commander aux paffions
des hommes , dédaigneroit-on le charme
le plus puiffant qui les foumette , & qui les
captive ? J'appelle ainfi cet heureux art
d'embellir la raifon , d'adoucir la rudeffe
de fes traits , de lui donner une teinture
vive & pénétrante , de la dépouiller de
DECEMBRE. 1755. 161
cette féchereffe qui révolte , de cette monotonie
qui dégoute , de cette pefanteur
qui attiédit , & qui fatigue. Que produitelle
fans le fecours de cet art ? une attention
morte , une conviction froide , un
hommage aride & inanimé ; quelquefois
la tentation de fe venger de l'ennui par
le doute , & toujours le dépit fecret de
fentir que ce qui peut laiffer encore quelques
nuages dans l'efprit , ne foit pas du
moins protégé par le fuffrage du coeur.
On regrette tous les jours , ajoute- t- il
plus bas , la majestueufe fimplicité des premiers
défenfeurs. On veut que dans ces
rems heureux tout pliât fous le poids de
la vérité feule , & que pour la rendre victorieufe
il ait fuffi de la montrer fans parure
& fans art ; mais que prétend- on par
cette fuppofition chagrine ? fe perfuade- ton
que les premiers panégyriftes de la foi
dédaignerent les teffources du génie , abandonnerent
la vérité à fon ' auftérité naturelle
, repoufferent d'une main fuperftitieuſe
tous les ornemens qu'elle avoue , &
qu'en un mot un zele brulant & impétueux
leur tint lieu de tout ? illufion démentie
par les précieux monumens qui nous refrent
de ces gran is hommes. Qu'on écoute
S. Paul foudroyant la raifon humaine au
milieu de l'Areopage ; quelle critique dé-
1
162 MERCURE DE FRANCE.
licate ! quelle philofophie fublime ! quel
tableau brillant de l'immenfité du premier
être ! Non , quels que fuffent alors les fuccès
de la foi , les moyens humains entrerent
, je ne dis pas dans la compofition ,
mais dans la propagation fucceffive de cette
oeuvre divine . Alors , comme de nos
jours les controverfes , les écrits , les dif
cours publics prirent la teinture du caractere
perfonnel de l'efprit dominant du
fiecle , & fi j'ofe m'exprimer ainfi de
l'impulsion générale des moeurs. Tertullien
fut févere & bouillant , S. Auguftin
profond & lumineux, S. Chryfoftome pompeux
& folide , S. Bernard fenfible & fieuri.
Leur zele ne porte nulle part l'empreinte
d'une raifon féche & décharnée ; ils
l'enrichiffent , ils la parent de tous les tréfors
de l'imagination , moins déliée peutêtre
, moins minutieufe que celle de nos
jours , parce que leur âge étant plus fimple
, les vices avoient , pour ainfi dire
plus de corps & de confiftance : la corrup
tion étoit moins adroite , moins myſtérieufe
; elle ne forçoit point par conféquent,
à ces détails , & à ces nuances qui reffemblent
quelquefois à un foin affecté de l'art,
& qui n'appartiennent cependant qu'à un
efprit d'exactitude & d'obfervation . Lorfque
le vice eft devenu ingénieux , il a failu
DECEMBRE. 1755. 163
le devenir avec lui , pour le combattre.
Cette maniere de juftifier la néceffité où
l'on eft aujourd'hui d'employer les armes
de l'efprit pour faire triompher la parole
de Dieu , eft elle- même auffi ingénieufe ,
qu'elle eft nouvelle & bien faifie.
Monfieur l'Abbé Alary répondit à mon
fieur l'Abbé de Boifmont. Son difcours
eut l'approbation génerale , & le mérite
à double titre. Il eft élégant & court.
Après avoir donné en peu de mots au Récipiendaire
la louange due à fon talent
pour la chaire , il fait ainfi l'éloge de M.
l'Evêque de Mirepoix .
Né dans le fein d'une famille entierement
confacrée à la Religion , il ne connut
de vrais devoirs que ceux qu'elle prefcrit.
Son exactitude à les remplir le fit
renoncer abfolument au monde ; mais
malgré fa retraite, il ne put être long- tems
ignoré. Il parut dans le public pour y annoncer
les vérités éternelles..... Il n'eut
de commerce avec les grands que dans le
tribunal de la pénitence , & ils fe firent
gloire , en devenant fes amis , d'être à fon
infçu les protecteurs. Ce furent là , Monfieur
, les deux feuls nroyens qui fervirent
à fon élévation . Il ne dut rien à la fortune
, tout fut l'ouvrage de la providence ,
dont les voies impénétrables le conduifi164
MERCURE DE FRANCE.
rent aux premiers honneurs de l'Eglife ;
mais à peine y fut- il parvenu qu'il fut forcé
de s'arracher à fes travaux apoftoliques
déja récompenfés par les fruits les plus
abondans.
Deſtiné à l'inftruction de l'héritier du
premier trône de l'univers , il ne changea
point de maximes ; la Religion fut toujours
la bafe de fa conduite. Il ne fut occupé
que d'infpirer à fon augufte Eleve
les fentimens d'une pieté folide & éclairée
, l'amour du devoir & le defir de s'inftruire
, qualités fi néceffaires aux Souverains,
qui veulent faire le bonheur de leurs
peuples. Nous fommes tous témoins du
fuccès de fes foins ; & pouvions - nous
moins attendre d'un Prince , qui , dès les
premiers momens qu'il a connu la raifon
a donné les preuves les plus brillantes de
la vivacité de fon efprit , les marques les
plus fures de la folidité de fon jugement ,
les indices les plus certains de la fenfibilité
de fon coeur , reffource fi défirable
pour tous les malheureux .
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Résumé : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie Françoise.
Lors d'une séance publique de l'Académie Française, l'Abbé de Boifmont a été élu pour succéder à M. l'Évêque de Mirepoix. Le 25 octobre, il a prononcé un discours jugé très éloquent, dont la beauté n'a pas été altérée par l'impression. Dans ce discours, il a défendu l'éloquence de la chaire, souvent critiquée pour être trop ornée et trop spirituelle. Il a argumenté que l'art d'embellir la raison est nécessaire pour captiver et soumettre les passions humaines. Sans cet art, l'attention reste morte, la conviction froide, et l'audience peut être tentée de douter. Il a regretté la simplicité des premiers défenseurs de la foi, mais a souligné que même eux utilisaient des moyens humains pour propager leur message. Il a cité des exemples comme Saint Paul, Tertullien, Saint Augustin, Saint Chrysostome et Saint Bernard, qui enrichissaient leurs discours de trésors d'imagination. L'Abbé Alary a répondu à l'Abbé de Boifmont avec un discours élégant et court, louant le talent de ce dernier pour la chaire et rendant hommage à M. l'Évêque de Mirepoix. Ce dernier, né dans une famille dévouée à la religion, a consacré sa vie à ses devoirs religieux, annonçant les vérités éternelles et gagnant le respect des grands. Il a été choisi pour instruire l'héritier du trône, lui inspirant une piété solide et éclairée, l'amour du devoir et le désir de s'instruire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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75
p. 179-192
Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Début :
SOUVERAINS. Henri premier. 1033 & 1034. La famine se fait sentir à Paris (I), [...]
Mots clefs :
Ville de Paris, Paris, Abbaye, Roi, Église, Abbé, Évêques, Henri Ier, Philippe Ier, Louis VI, Pape, Monastère, Corps, Chanoines
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texteReconnaissance textuelle : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Suite de l'abrégé historique de la ville de
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avocat
au Parlement.
LA
SOUVERAINS .
Henri premier.
1033 & 1034 .
A famine fe fait fentir à Paris ( 1 ) ,
& on regarde comme une choſe
très- extraordinaire que le muid de bled
valut jufqu'à foixante fols. Un Auteur
contemporain a écrit qu'on exhumoit les
corps pour le nourrir . La pefte fut la ſuite
de ce fléau , & un incendie ( 2 ) confidérable
arrivé à Paris en 1034 , met le
comble aux malheurs des Parifiens.
1035 & 50-51-52.
Concile célebre contre Berenger ( 3 ) ;
tenu à Paris par ordre du Roi Henri I , où
fe trouverent plufieurs Evêques & grand
nombre de perfonnes qualifiées ; le Roi même
y affifta.
On y lut une lettre de Berenger , qui
( 1 ) Glab. Rod . hift. lib. 4. c. 4. ( 2 ) Fragm.
hift. Duch, to. 4. pag. 143. ( 3 ) Durand Troard,
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
contenoit le poifon de fon héréfie contre
l'Euchariftie toute l'affemblée en frémit
d'horreur , & condamna Berenger & fes
complices. Le livre de Jean Scot fut auf
compris dans la condamnation.
1053 & 1058.
On rapporte une chartre du Roi Henri
I , par laquelle il accorde à Imbert , Evêque
de Paris , & à fes Chanoines quatre
Églifes ( 1 ) , fituées dans les Fauxbourgs
de la ville , à condition qu'ils commenceront
à en jouir après la mort feulement du
nommé Giraud , Clerc , qui les poffedoit
alors. On affure que quelques- unes de ces
Eglifes qui fubfiftent encore aujourd'hui
appellées S. Etienne , S. Julien , S. Severin
& S. Bache , autrement S. Benoît ,
avoient été décorées du titre d'Abbaye.
La premiere de ces Eglifes , appellée S.
Etienne , n'eft pas , comme l'ont cru quelques
Hiftoriens ( 2 ) , S. Etienne de Grès ,
dans laquelle on prétend que fe tint le Concile
de Paris , de l'an 829 , mais S. Etienne
, près notre Dame , Eglife qui ne fubfifte
plus aujourd'hui . Ceux qui voudront
être inftruits de plufieurs particularités
concernant cette époque , peuvent avoir
( 1 ) Not. in capit. Reg. Franc. to. 2. p. 1112.
( 2 ) De Magduno.
DECEMBRE. 1755. 181
recours aux archives de cette premiere
Eglife , & ainfi des autres.
1059 .
Henri ( 1 ) fait facrer & couronner à
Rheims fon fils Philippe I , âgé de fept
ans , & lui nomme pour tuteur Baudouin
Comte de Flandres.
1060 & 1066.
Mort du Roi Henri , le 4 Août 1060 ;
âgé de cinquante cinq ans . Il avoit fondé
& doté la même année le célebre monaftere
de S. Martin des Champs , détruit
autrefois par les Normans. La chartre qui
eft le titre de la fondation , en date de
1060 , eft fignée non feulement par le Roi
Henri , par la Reine Anne fa feconde femme
, & par le Roi Philippe fon fils , mais
encore par deux Archevêques , par fix Evêques
, & par plufieurs des principaux Seigneurs
de la Cour.
Philippe premier.
Le Monaftere de S. Martin n'étoit
pas
encore fini , lorfque Henri I mourut. Le
Roi Philippe fit continuer les travaux , &
le bâtiment ne fut conduit à fa perfection
que fept ans après. La dédicace s'en fit
( 1 ) Duch. to . 4. p. 161 .
182 MERCURE DE FRANCE.
alors en préfence du Roi & d'un grand
nombre d'Evêques . Philippe , à cette occafion
, confirma la fondation du Roi fon
pere, & y ajouta plufieurs autres bienfaits ,
comme il paroît par une chartre datée de
Paris l'an 1067 , foufcrite par le Roi , par
Hugues fon frere , par Baudouin Comte de
Flandres , & par d'autres Seigneurs. Les Religieux
qui poffederent d'abord cette Abbaye
étoient tout-à- la-fois Chanoines
Réguliers & Moines , cependant fous la
regle de S. Auguftin ; ils y demeurerent
jufqu'en 1079 , que le Roi Philippe leur
fubftitua les Moines de Cluni . On ne ſçait
pas ce que devinrent les Chanoines ; mais,
il eft certain que ce changement fe fit de
leur confentement , puifqu'ils fignerent
au nombre de treize la chartre du Roi ,
donnée à S. Benoît de Fleuri l'an 1079 ,
en conféquence de laquelle cette Abbaye
paffa à l'Ordre de Cluni , & fut réduite
au titre de Prieuré , qui a le droit de nommer
à vingt- neuf Prieurés , à cinq Cures
dans Paris , qui font S. Jacques de la Boucherie,
S. Nicolas des Champs, S. Laurent,
S. Joffe & S. Leu S. Gilles * , outre vingt-
* S. Leu- S. Gilles n'eft pas la paroiffe fituée.
dans la rue S. Denis , mais une autre qui étoit
originairement dans S. Denis de la Chartre , &
qui a étéfupprimée.
DECEMBRE
1755. 184
cinq autres dans le Diocèfe de Paris , &
environ trente dans d'autres Diocèfes , fans
compter les Chapelles.
C'est au commencement du regne de
Philippe I , même à la fin de celui du Roi
Henri fon pere qu'on fixe l'origine des
Prévôts. Etienne fut le premier qui eut
cette qualité , lorfque le Comté de Paris
fut réuni à la Couronne après la mort
d'Othon , frere d'Hugues Capet , décédé
fans enfans en 1032. On rapporte un événement
remarquable arrivé à ce Prévôt ,
& qui dénote bien la méchanceté de fon
caractere . Voici le fait.
Etienne , Prévôt de Paris ( 1 ) , & qui
avoit toute la confiance de Philippe encore
jeune , perfuada à ce Prince d'enlever
toutes les Reliques de S. Germain de Prez
pour en faire des largeffes à fes Chevaliers.
Le Roi ( 2 ) fe tranfporta en effet dans
l'Abbaye , & le Prévôt qui exécutoit les
ordres du Prince ayant porté fa témérité
jufqu'à porter fa main facrilege fur une
croix très-riche , fut dans l'inftant privé de
la vue , qu'il ne recouvra jamais depuis.
Le Roi faifi de frayeur fe retira , & les
chofes ne furent pas plus avant.
Le Prévôt de Paris logeoit autrefois
( 1 ) Traité de la Poli . tom. 1. p. 30. ( 2 ) Sæc,
3. Bened. part . 2. p. 112,
184 MERCURE DE FRANCE.
7
dans le Châtelet , & Charles VII eft le
premier qui ( 1 ) permit à Robert Stouville
de fe loger ailleurs , & lui donna en outre
cent livres de rente fur le domaine de
la ville pour fon logement.
1067 & 1092 .
Concile tenu à Paris en 1092 ( 2 ) auquel
affifterent deux Archevêques & neuf
Evêques. Il ne nous refte rien de ce Concile
qu'un privilege , donné par le Roi
Philippe en faveur de l'Abbaye de S. Corneille
de Compiegne.
1093 & 1095.
Reforme de l'Abbaye S. Magloire, fituée
alors dans le même endroit où eft aujour
d'hui l'égliſe S. Barthelemi ( 3 ) dans l'ifle
du Palais.
1096-1097 & 1101 .
Guillaume , alors Evêque de Paris (4 ),
donna aux Chanoines de fa Cathédrale
l'églife de S. Chriftophe , fituée près Notre-
Dame , & détruite en 1746 , pour y conftruire
l'Hôpital des Enfans Trouvés . Il
donna aufli au Prieuré de S. Martin des
( 1 ) Traité de la Pol. tom . 1. p. 100. ( 2 ) Spicil.
tom. 2. p . 604. ( 3 ) Mab , ann . Bened, lib . 68,
a. 58. ( 4 ) Dubois , to . 1. p. 727
DECEMBRE . 1755 185
Champs le patronage de plufieurs Cures.
1104 & 1106.
Concile de Paris ( 1 ) , où préfida Lambert
, Evêque d'Arras , en qualité de Légat
du Pape. Le Roi Philippe fe préfenta à
I'Affemblée dans la pofture d'un pénitent
les pieds nuds , & renonça publiquement
à tout commerce fcandaleux avec Bertra
de, ( 2 ) qui jura la même chofe : alors il reçut
l'abfolution en préfence des Archevêques
, des Evêques ; & de plufieurs perfonnes
de la premiere diftinction .
On découvre dans l'Abbaye S. Germaindes
- Prez les corps des Sts Martyrs George
& Aurele (3 ) avec le chef de Ste Natalie ,
& Galon , Evêque de Paris , fut invité par
l'Abbé d'honorer par fa préfence la céré
monie qui fe fit pour leur tranflation .
1107.
L'Abbaye de S. Eloi , fondée du tems
du Roi Dagobert I , & dont Ste Aure fut
la premiere Abbeffe , étant devenue un
fujet de fcandale pour Paris , les Religieufes
( 4 ) en furent chaffées du confentement
du Roi , du Pape Paſcal II , & de
( 1 ) Conc tom. 1o . p . 742. ( 2 ) Spicil . to. 3 .
P. 129. ( 3 ) Mab. ann. Bened. 1. 72. n. 124. (4)
Dubois , to. 1. p. 734.
186 MERCURE DE FRANCE. •
tout le Clergé , & cette Abbaye fut donnée
à l'Abbé de S. Maur des Follés . Le Monaftere
, tel que les Hiftoriens nous le repréfentent,
avoit une étendue confiderable
& renfermoit les rues de la Calande , de
la Barillerie , de la vielle Draperie , de
Ste Croix , & de la Juiverie .
La fuppreffion de cette Abbaye ( 1 ) donna
lieu à l'érection de plufieurs paroiffes , qui
font S. Martial , S. Eloi , S. Pierre - des-
Arcis , S. Pierre- aux-Boeufs , & Ste Croix
de la Cité.
Le Pape Pafcal II vient en France
demander du fecours contre l'Empereur
Henri. Il arrive à Saint Denis , où l'Abbé
Adam le reçut avec de grands honneurs.
Le Roi Philippe & Louis fon fils qui portoit
auffi dès-lors le titre de Roi ( 2 ) , furent
le trouver à S. Denis , & lui promirent
de le fecourir. Ce Pape paffa enfuite
à Paris , où on le reçut magnifiquement ;
delà il partit pour Châlons , accompagné
de plufieurs Archevêques & Evêques.
1108.
Mort de Philippe I à Melun , le 29
Juillet 1108 , âgé de cinquante- cinq ans ,
après quarante- neuf de regne. Son corps
(1)Le Maire , to. 1. pag. 373. To. 2. p. 231 ,
&c. ( 2 ) Vita Lud. Grof.
DECEMBRE. 17. 187
ne fut point porté à S. Denis dans le tombeau
de fes peres. Il fut enterré à S. Benoît-
fur-Loire , où il avoit choifi le lieu de
fa fépulture. Son fils Louis VI , furnommé
le Gros , fut fon fucceffeur.
Louis VI.
1109 & 1113 .
Louis VI arrive à Paris , & donne une
chartre( )par laquelle il déclara que les ferfs
de l'églife de Paris auroient toute liberté
de témoigner en juftice contre qui que ce
pût être , libre ou ferf, & que quiconque
les appelleroit parjures , le prouveroit
par le duel , ou perdroit fa caufe , & ſeroit
déclaré calomniateur , fon témoignage
déformais nul , & obligé de fatisfaire
à l'injure faite à l'églife de Paris , fous peine
d'excommunication .
Plufieurs églifes de Paris qui avoient
dans ce tems - là des ( 2 ) hommes & femmes
de corps , ou de poefte de corpore &poteftate
, obtinrent le même privilege que
l'églife de Paris. Ces hommes & femmes
de corps des églifes étoient prefque efclaves.
Les églifes les échangoient à leur volonté,
les envoyoient à la guerre pour eux,
( 1 ) Baluz. Mifcell. tom. 2. p. 185. ( 2 ) Sauval
, mém, mf.
188 MERCURE DE FRANCE.
enfin exigeoient d'eux quantité de fervices
ou corvées , qui tenoient de l'ancien
efclavage . Ceux d'une églife ne pouvoient
fe marier avec ceux d'une autre fans la
permiffion de leur Seigneur , &c. Ceux
qui feront curieux , peuvent voir les mémoires
de Sauval à ce fujet .
L'Evêque de Paris , nommé Galon , reçoit
en préfent d'Anfeau , Chantre & Prêtre
du Saint Sépulchre de Jérufalem , une
portion confidérable de la vraie Croix
pour fa cathédrale ( 1 ) . Il fit dépofer la
Sainte Relique dans l'églife de St Cloud ,
fut la chercher avec tout le Clergé le Dimanche
d'après , & l'apporta avec beau
coup de cérémonie dans fon églife . On
conferve encore à Notre-Dame la relique
auffi bien que les actes authentiques envoyés
en même temps de Jérufalem. Les
écoles de Paris paroiffoient prendre un
accroiffement. Après Rofcelin , qu'on
regarde comme le premier Maître d'Abbelard
, on compte au nombre des grands
hommes Robert d'Arbriffel , Marbode
Ives de Chartres , & quantité d'autres ;
mais le plus fçavant de tous étoit , fans
contredit, Guillaume de Champeaux , fous
lequel étudia Abbelard , trop connu dans
( 1 ) Dubois , to . 2. pag. 16 & 18.
DECEMBRE. 1755. 189
le monde par fes difgraces , pour que je
le paffe fous filence dans cette Hiftoire. Il
étoit né dans l'évêché de Nantes , d'une
famille noble.
Fondation de l'Abbaye S. Victor , où
Guillaume de Champeaux fe retira après
avoir pris l'habit de Chanoine régulier .
Louis VI , au terme de l'épitaphe placé
dans S. Victor même , porte que ce
Roi fonda cette nouvelle Abbaye inceſsâ
veteri ; ce qui prouve évidemment qu'il
y avoit avant ce temps - là dans le même
endroit une petite Abbaye du même nom,
avec des Religieux .
Abbelard obtient une Chaire de Profeffeur
à Paris ; mais Champeaux vint
à bout de le fupplanter , & Abbelard retourna
à Melun où il avoit ouvert une école
l'année d'auparavant : il vint enfuite
s'établir à Paris fur la Montagne Sainte
Géneviève .
Louis VI , par une chartre donnée à
Châlons , qui paroît être celle de la fondation
de l'Abbaye S. Victor, déclare qu'il
a établi dans cette Abbaye des Chanoines
Réguliers occupés à prier Dieu pour lui
& pour fon Royaume ( 1 ) , & que pour
qu'ils puiffent vaquer aux exercices de pié
( 1 ) Vita Lud. Groffi.
190 MERCURE DE FRANCE.
té fans interruption, il dote l'Abbaye d'amples
revenus , & il y ajoute plufieurs privileges
.
1114 & 1118.
Gilduin eft nommé premier Abbé de S.
Victor , & Louis VI , à fa priere , donne la
Régale de plufieurs églifes ( 1 ) à cette Maifon.
L'Evêque de Paris en fit autant avec
l'agrément des Chanoines de fa Cathédrale
. Ces deux donations ( 2 ) font datées , la
premiere de 1125 , & la feconde de 1124 ,
& foufcrites par la Reine Adelaïde , par
Philippe leur fils , & par plufieurs Evêques
. Depuis ce temps - là cette Abbaye reçut
plufieurs autres marques de libéralité
du Roi & de l'Evêque de Paris , comme ,
par exemple , un Canonicat ( 3 ) à Notre-
Dame , où il y a encore un Chanoine de
cette Abbaye qui y va faire fon tour , un
à S. Germain - l'Auxerrois , à S. Marcel , &
ailleurs.
L'Abbaye S. Victor a fourni de grands
hommes à l'Eglife , tels que Hugues &
Ives , Cardinaux. L'eftime que leur fainteté
acquit à ce Monaftere , leur procura la
vifite de S. Bernard & de S. Thomas de
( 1 ) Annal. S. Victor , mf. vol . 1. fol. 12. ( 2 )
Dubois , tom. 2. p. 80. ( 3 ) Ann, S. Victor , mf.
fol. 13 & feq.
DECEMBRE. 1755 191
"Cantorberi qui s'y arrêterent en paffant à
Paris.
On y conferve encore la cape ou le manteau
de voyage du S. Abbé , qui eft de
couleur tannée ou noir naturel, & le cilice
du S. Archevêque . Cette Abbaye devint
dans la fuite une
congrégation , & comptoit
fous elle quarante Abbayes ( 1 ) , &
plus de cent Monafteres , comme il paroît
par le teftament du Roi Louis VIII , en
date de l'an 1225 ; mais la Congrégation
a été defunie , tant par le malheur des
tems que par le relâchement de la difcipline
monaftique.
Abbelard qui s'étoit retiré à Laon , revint
à Paris : n'y trouvant plus Guillaume
de Champeaux , fon ancien adverſaire , il
continua d'enfeigner la théologie avec liberté,
Son hiftoire avec Heloife , niece de
Fulbert , Chanoine de Paris , eft affez connue
pour me difpenfer de la rapporter ici.
Nous dirons feulement que fa doctrine
fur la Trinité ayant été condamnée dans
un Concile tenu à Soiffons , il fe réfugia
auprès de Thibaud , Comte de Champagne ,
qui lui donna un afyle près de Troyes ,
où il bâtit une Chapelle fous le titre du
Paraclet , fut enfuite Abbé de S. Gildas en
( 1 ) Apud Duch . to . 5. p. 325.
92 MERCURE DE FRANCE .
Bretagne , & céda fon hermitage du Paraclet
à Heloife , qui s'y retira avec quelques
Religieufes chaffées , comme elle ,
d'Argenteuil , & Bernard cita enfuite Abbelard
au Concile de Sens , où fa doctrine
fut de nouveau condamnée : néanmoins
il reçut l'abfolution du Pape Innocent II,
& fe retira à Cluni , d'où l'Abbé de ce
Monaftere l'envoya à Châlons-fur- Saone,
où il mourut le 21 Avril 1142 , âgé de
63 ans.
L'école qu'Abbelard avoit à Paris , étoit
près de la Cathédrale , & nous fçavons
qu'on s'y appliquoit beaucoup à l'intelligence
de l'Ecriture fainte , ce qui donna
lieu à la Théologie fcholaftique. L'hiſtoire
d'Abbelard nous apprend auffi qu'il y
avoit une autre école fur le mont appellé
Leucoritius , plus connu fous le nom de
Sainte Genevieve.
La fuite au prochain Mercure .
Paris ; par M. Poncet de la Grave , Avocat
au Parlement.
LA
SOUVERAINS .
Henri premier.
1033 & 1034 .
A famine fe fait fentir à Paris ( 1 ) ,
& on regarde comme une choſe
très- extraordinaire que le muid de bled
valut jufqu'à foixante fols. Un Auteur
contemporain a écrit qu'on exhumoit les
corps pour le nourrir . La pefte fut la ſuite
de ce fléau , & un incendie ( 2 ) confidérable
arrivé à Paris en 1034 , met le
comble aux malheurs des Parifiens.
1035 & 50-51-52.
Concile célebre contre Berenger ( 3 ) ;
tenu à Paris par ordre du Roi Henri I , où
fe trouverent plufieurs Evêques & grand
nombre de perfonnes qualifiées ; le Roi même
y affifta.
On y lut une lettre de Berenger , qui
( 1 ) Glab. Rod . hift. lib. 4. c. 4. ( 2 ) Fragm.
hift. Duch, to. 4. pag. 143. ( 3 ) Durand Troard,
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
contenoit le poifon de fon héréfie contre
l'Euchariftie toute l'affemblée en frémit
d'horreur , & condamna Berenger & fes
complices. Le livre de Jean Scot fut auf
compris dans la condamnation.
1053 & 1058.
On rapporte une chartre du Roi Henri
I , par laquelle il accorde à Imbert , Evêque
de Paris , & à fes Chanoines quatre
Églifes ( 1 ) , fituées dans les Fauxbourgs
de la ville , à condition qu'ils commenceront
à en jouir après la mort feulement du
nommé Giraud , Clerc , qui les poffedoit
alors. On affure que quelques- unes de ces
Eglifes qui fubfiftent encore aujourd'hui
appellées S. Etienne , S. Julien , S. Severin
& S. Bache , autrement S. Benoît ,
avoient été décorées du titre d'Abbaye.
La premiere de ces Eglifes , appellée S.
Etienne , n'eft pas , comme l'ont cru quelques
Hiftoriens ( 2 ) , S. Etienne de Grès ,
dans laquelle on prétend que fe tint le Concile
de Paris , de l'an 829 , mais S. Etienne
, près notre Dame , Eglife qui ne fubfifte
plus aujourd'hui . Ceux qui voudront
être inftruits de plufieurs particularités
concernant cette époque , peuvent avoir
( 1 ) Not. in capit. Reg. Franc. to. 2. p. 1112.
( 2 ) De Magduno.
DECEMBRE. 1755. 181
recours aux archives de cette premiere
Eglife , & ainfi des autres.
1059 .
Henri ( 1 ) fait facrer & couronner à
Rheims fon fils Philippe I , âgé de fept
ans , & lui nomme pour tuteur Baudouin
Comte de Flandres.
1060 & 1066.
Mort du Roi Henri , le 4 Août 1060 ;
âgé de cinquante cinq ans . Il avoit fondé
& doté la même année le célebre monaftere
de S. Martin des Champs , détruit
autrefois par les Normans. La chartre qui
eft le titre de la fondation , en date de
1060 , eft fignée non feulement par le Roi
Henri , par la Reine Anne fa feconde femme
, & par le Roi Philippe fon fils , mais
encore par deux Archevêques , par fix Evêques
, & par plufieurs des principaux Seigneurs
de la Cour.
Philippe premier.
Le Monaftere de S. Martin n'étoit
pas
encore fini , lorfque Henri I mourut. Le
Roi Philippe fit continuer les travaux , &
le bâtiment ne fut conduit à fa perfection
que fept ans après. La dédicace s'en fit
( 1 ) Duch. to . 4. p. 161 .
182 MERCURE DE FRANCE.
alors en préfence du Roi & d'un grand
nombre d'Evêques . Philippe , à cette occafion
, confirma la fondation du Roi fon
pere, & y ajouta plufieurs autres bienfaits ,
comme il paroît par une chartre datée de
Paris l'an 1067 , foufcrite par le Roi , par
Hugues fon frere , par Baudouin Comte de
Flandres , & par d'autres Seigneurs. Les Religieux
qui poffederent d'abord cette Abbaye
étoient tout-à- la-fois Chanoines
Réguliers & Moines , cependant fous la
regle de S. Auguftin ; ils y demeurerent
jufqu'en 1079 , que le Roi Philippe leur
fubftitua les Moines de Cluni . On ne ſçait
pas ce que devinrent les Chanoines ; mais,
il eft certain que ce changement fe fit de
leur confentement , puifqu'ils fignerent
au nombre de treize la chartre du Roi ,
donnée à S. Benoît de Fleuri l'an 1079 ,
en conféquence de laquelle cette Abbaye
paffa à l'Ordre de Cluni , & fut réduite
au titre de Prieuré , qui a le droit de nommer
à vingt- neuf Prieurés , à cinq Cures
dans Paris , qui font S. Jacques de la Boucherie,
S. Nicolas des Champs, S. Laurent,
S. Joffe & S. Leu S. Gilles * , outre vingt-
* S. Leu- S. Gilles n'eft pas la paroiffe fituée.
dans la rue S. Denis , mais une autre qui étoit
originairement dans S. Denis de la Chartre , &
qui a étéfupprimée.
DECEMBRE
1755. 184
cinq autres dans le Diocèfe de Paris , &
environ trente dans d'autres Diocèfes , fans
compter les Chapelles.
C'est au commencement du regne de
Philippe I , même à la fin de celui du Roi
Henri fon pere qu'on fixe l'origine des
Prévôts. Etienne fut le premier qui eut
cette qualité , lorfque le Comté de Paris
fut réuni à la Couronne après la mort
d'Othon , frere d'Hugues Capet , décédé
fans enfans en 1032. On rapporte un événement
remarquable arrivé à ce Prévôt ,
& qui dénote bien la méchanceté de fon
caractere . Voici le fait.
Etienne , Prévôt de Paris ( 1 ) , & qui
avoit toute la confiance de Philippe encore
jeune , perfuada à ce Prince d'enlever
toutes les Reliques de S. Germain de Prez
pour en faire des largeffes à fes Chevaliers.
Le Roi ( 2 ) fe tranfporta en effet dans
l'Abbaye , & le Prévôt qui exécutoit les
ordres du Prince ayant porté fa témérité
jufqu'à porter fa main facrilege fur une
croix très-riche , fut dans l'inftant privé de
la vue , qu'il ne recouvra jamais depuis.
Le Roi faifi de frayeur fe retira , & les
chofes ne furent pas plus avant.
Le Prévôt de Paris logeoit autrefois
( 1 ) Traité de la Poli . tom. 1. p. 30. ( 2 ) Sæc,
3. Bened. part . 2. p. 112,
184 MERCURE DE FRANCE.
7
dans le Châtelet , & Charles VII eft le
premier qui ( 1 ) permit à Robert Stouville
de fe loger ailleurs , & lui donna en outre
cent livres de rente fur le domaine de
la ville pour fon logement.
1067 & 1092 .
Concile tenu à Paris en 1092 ( 2 ) auquel
affifterent deux Archevêques & neuf
Evêques. Il ne nous refte rien de ce Concile
qu'un privilege , donné par le Roi
Philippe en faveur de l'Abbaye de S. Corneille
de Compiegne.
1093 & 1095.
Reforme de l'Abbaye S. Magloire, fituée
alors dans le même endroit où eft aujour
d'hui l'égliſe S. Barthelemi ( 3 ) dans l'ifle
du Palais.
1096-1097 & 1101 .
Guillaume , alors Evêque de Paris (4 ),
donna aux Chanoines de fa Cathédrale
l'églife de S. Chriftophe , fituée près Notre-
Dame , & détruite en 1746 , pour y conftruire
l'Hôpital des Enfans Trouvés . Il
donna aufli au Prieuré de S. Martin des
( 1 ) Traité de la Pol. tom . 1. p. 100. ( 2 ) Spicil.
tom. 2. p . 604. ( 3 ) Mab , ann . Bened, lib . 68,
a. 58. ( 4 ) Dubois , to . 1. p. 727
DECEMBRE . 1755 185
Champs le patronage de plufieurs Cures.
1104 & 1106.
Concile de Paris ( 1 ) , où préfida Lambert
, Evêque d'Arras , en qualité de Légat
du Pape. Le Roi Philippe fe préfenta à
I'Affemblée dans la pofture d'un pénitent
les pieds nuds , & renonça publiquement
à tout commerce fcandaleux avec Bertra
de, ( 2 ) qui jura la même chofe : alors il reçut
l'abfolution en préfence des Archevêques
, des Evêques ; & de plufieurs perfonnes
de la premiere diftinction .
On découvre dans l'Abbaye S. Germaindes
- Prez les corps des Sts Martyrs George
& Aurele (3 ) avec le chef de Ste Natalie ,
& Galon , Evêque de Paris , fut invité par
l'Abbé d'honorer par fa préfence la céré
monie qui fe fit pour leur tranflation .
1107.
L'Abbaye de S. Eloi , fondée du tems
du Roi Dagobert I , & dont Ste Aure fut
la premiere Abbeffe , étant devenue un
fujet de fcandale pour Paris , les Religieufes
( 4 ) en furent chaffées du confentement
du Roi , du Pape Paſcal II , & de
( 1 ) Conc tom. 1o . p . 742. ( 2 ) Spicil . to. 3 .
P. 129. ( 3 ) Mab. ann. Bened. 1. 72. n. 124. (4)
Dubois , to. 1. p. 734.
186 MERCURE DE FRANCE. •
tout le Clergé , & cette Abbaye fut donnée
à l'Abbé de S. Maur des Follés . Le Monaftere
, tel que les Hiftoriens nous le repréfentent,
avoit une étendue confiderable
& renfermoit les rues de la Calande , de
la Barillerie , de la vielle Draperie , de
Ste Croix , & de la Juiverie .
La fuppreffion de cette Abbaye ( 1 ) donna
lieu à l'érection de plufieurs paroiffes , qui
font S. Martial , S. Eloi , S. Pierre - des-
Arcis , S. Pierre- aux-Boeufs , & Ste Croix
de la Cité.
Le Pape Pafcal II vient en France
demander du fecours contre l'Empereur
Henri. Il arrive à Saint Denis , où l'Abbé
Adam le reçut avec de grands honneurs.
Le Roi Philippe & Louis fon fils qui portoit
auffi dès-lors le titre de Roi ( 2 ) , furent
le trouver à S. Denis , & lui promirent
de le fecourir. Ce Pape paffa enfuite
à Paris , où on le reçut magnifiquement ;
delà il partit pour Châlons , accompagné
de plufieurs Archevêques & Evêques.
1108.
Mort de Philippe I à Melun , le 29
Juillet 1108 , âgé de cinquante- cinq ans ,
après quarante- neuf de regne. Son corps
(1)Le Maire , to. 1. pag. 373. To. 2. p. 231 ,
&c. ( 2 ) Vita Lud. Grof.
DECEMBRE. 17. 187
ne fut point porté à S. Denis dans le tombeau
de fes peres. Il fut enterré à S. Benoît-
fur-Loire , où il avoit choifi le lieu de
fa fépulture. Son fils Louis VI , furnommé
le Gros , fut fon fucceffeur.
Louis VI.
1109 & 1113 .
Louis VI arrive à Paris , & donne une
chartre( )par laquelle il déclara que les ferfs
de l'églife de Paris auroient toute liberté
de témoigner en juftice contre qui que ce
pût être , libre ou ferf, & que quiconque
les appelleroit parjures , le prouveroit
par le duel , ou perdroit fa caufe , & ſeroit
déclaré calomniateur , fon témoignage
déformais nul , & obligé de fatisfaire
à l'injure faite à l'églife de Paris , fous peine
d'excommunication .
Plufieurs églifes de Paris qui avoient
dans ce tems - là des ( 2 ) hommes & femmes
de corps , ou de poefte de corpore &poteftate
, obtinrent le même privilege que
l'églife de Paris. Ces hommes & femmes
de corps des églifes étoient prefque efclaves.
Les églifes les échangoient à leur volonté,
les envoyoient à la guerre pour eux,
( 1 ) Baluz. Mifcell. tom. 2. p. 185. ( 2 ) Sauval
, mém, mf.
188 MERCURE DE FRANCE.
enfin exigeoient d'eux quantité de fervices
ou corvées , qui tenoient de l'ancien
efclavage . Ceux d'une églife ne pouvoient
fe marier avec ceux d'une autre fans la
permiffion de leur Seigneur , &c. Ceux
qui feront curieux , peuvent voir les mémoires
de Sauval à ce fujet .
L'Evêque de Paris , nommé Galon , reçoit
en préfent d'Anfeau , Chantre & Prêtre
du Saint Sépulchre de Jérufalem , une
portion confidérable de la vraie Croix
pour fa cathédrale ( 1 ) . Il fit dépofer la
Sainte Relique dans l'églife de St Cloud ,
fut la chercher avec tout le Clergé le Dimanche
d'après , & l'apporta avec beau
coup de cérémonie dans fon églife . On
conferve encore à Notre-Dame la relique
auffi bien que les actes authentiques envoyés
en même temps de Jérufalem. Les
écoles de Paris paroiffoient prendre un
accroiffement. Après Rofcelin , qu'on
regarde comme le premier Maître d'Abbelard
, on compte au nombre des grands
hommes Robert d'Arbriffel , Marbode
Ives de Chartres , & quantité d'autres ;
mais le plus fçavant de tous étoit , fans
contredit, Guillaume de Champeaux , fous
lequel étudia Abbelard , trop connu dans
( 1 ) Dubois , to . 2. pag. 16 & 18.
DECEMBRE. 1755. 189
le monde par fes difgraces , pour que je
le paffe fous filence dans cette Hiftoire. Il
étoit né dans l'évêché de Nantes , d'une
famille noble.
Fondation de l'Abbaye S. Victor , où
Guillaume de Champeaux fe retira après
avoir pris l'habit de Chanoine régulier .
Louis VI , au terme de l'épitaphe placé
dans S. Victor même , porte que ce
Roi fonda cette nouvelle Abbaye inceſsâ
veteri ; ce qui prouve évidemment qu'il
y avoit avant ce temps - là dans le même
endroit une petite Abbaye du même nom,
avec des Religieux .
Abbelard obtient une Chaire de Profeffeur
à Paris ; mais Champeaux vint
à bout de le fupplanter , & Abbelard retourna
à Melun où il avoit ouvert une école
l'année d'auparavant : il vint enfuite
s'établir à Paris fur la Montagne Sainte
Géneviève .
Louis VI , par une chartre donnée à
Châlons , qui paroît être celle de la fondation
de l'Abbaye S. Victor, déclare qu'il
a établi dans cette Abbaye des Chanoines
Réguliers occupés à prier Dieu pour lui
& pour fon Royaume ( 1 ) , & que pour
qu'ils puiffent vaquer aux exercices de pié
( 1 ) Vita Lud. Groffi.
190 MERCURE DE FRANCE.
té fans interruption, il dote l'Abbaye d'amples
revenus , & il y ajoute plufieurs privileges
.
1114 & 1118.
Gilduin eft nommé premier Abbé de S.
Victor , & Louis VI , à fa priere , donne la
Régale de plufieurs églifes ( 1 ) à cette Maifon.
L'Evêque de Paris en fit autant avec
l'agrément des Chanoines de fa Cathédrale
. Ces deux donations ( 2 ) font datées , la
premiere de 1125 , & la feconde de 1124 ,
& foufcrites par la Reine Adelaïde , par
Philippe leur fils , & par plufieurs Evêques
. Depuis ce temps - là cette Abbaye reçut
plufieurs autres marques de libéralité
du Roi & de l'Evêque de Paris , comme ,
par exemple , un Canonicat ( 3 ) à Notre-
Dame , où il y a encore un Chanoine de
cette Abbaye qui y va faire fon tour , un
à S. Germain - l'Auxerrois , à S. Marcel , &
ailleurs.
L'Abbaye S. Victor a fourni de grands
hommes à l'Eglife , tels que Hugues &
Ives , Cardinaux. L'eftime que leur fainteté
acquit à ce Monaftere , leur procura la
vifite de S. Bernard & de S. Thomas de
( 1 ) Annal. S. Victor , mf. vol . 1. fol. 12. ( 2 )
Dubois , tom. 2. p. 80. ( 3 ) Ann, S. Victor , mf.
fol. 13 & feq.
DECEMBRE. 1755 191
"Cantorberi qui s'y arrêterent en paffant à
Paris.
On y conferve encore la cape ou le manteau
de voyage du S. Abbé , qui eft de
couleur tannée ou noir naturel, & le cilice
du S. Archevêque . Cette Abbaye devint
dans la fuite une
congrégation , & comptoit
fous elle quarante Abbayes ( 1 ) , &
plus de cent Monafteres , comme il paroît
par le teftament du Roi Louis VIII , en
date de l'an 1225 ; mais la Congrégation
a été defunie , tant par le malheur des
tems que par le relâchement de la difcipline
monaftique.
Abbelard qui s'étoit retiré à Laon , revint
à Paris : n'y trouvant plus Guillaume
de Champeaux , fon ancien adverſaire , il
continua d'enfeigner la théologie avec liberté,
Son hiftoire avec Heloife , niece de
Fulbert , Chanoine de Paris , eft affez connue
pour me difpenfer de la rapporter ici.
Nous dirons feulement que fa doctrine
fur la Trinité ayant été condamnée dans
un Concile tenu à Soiffons , il fe réfugia
auprès de Thibaud , Comte de Champagne ,
qui lui donna un afyle près de Troyes ,
où il bâtit une Chapelle fous le titre du
Paraclet , fut enfuite Abbé de S. Gildas en
( 1 ) Apud Duch . to . 5. p. 325.
92 MERCURE DE FRANCE .
Bretagne , & céda fon hermitage du Paraclet
à Heloife , qui s'y retira avec quelques
Religieufes chaffées , comme elle ,
d'Argenteuil , & Bernard cita enfuite Abbelard
au Concile de Sens , où fa doctrine
fut de nouveau condamnée : néanmoins
il reçut l'abfolution du Pape Innocent II,
& fe retira à Cluni , d'où l'Abbé de ce
Monaftere l'envoya à Châlons-fur- Saone,
où il mourut le 21 Avril 1142 , âgé de
63 ans.
L'école qu'Abbelard avoit à Paris , étoit
près de la Cathédrale , & nous fçavons
qu'on s'y appliquoit beaucoup à l'intelligence
de l'Ecriture fainte , ce qui donna
lieu à la Théologie fcholaftique. L'hiſtoire
d'Abbelard nous apprend auffi qu'il y
avoit une autre école fur le mont appellé
Leucoritius , plus connu fous le nom de
Sainte Genevieve.
La fuite au prochain Mercure .
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Résumé : Suite de l'abrégé historique de la ville de Paris ; par M. Poncet de la Grave, Avocat au Parlement.
Le texte relate des événements historiques concernant Paris sous les règnes de Henri Ier et Philippe Ier, ainsi que des figures religieuses et monastiques notables. En 1033 et 1034, Paris est frappée par une famine sévère, où le prix du blé atteint soixante fois sa valeur normale. Cette crise entraîne une épidémie et un incendie majeur. En 1035, un concile se tient à Paris pour condamner Bérenger, accusé d'hérésie contre l'Eucharistie. Henri Ier accorde à l'évêque Imbert et à ses chanoines quatre églises situées dans les faubourgs de Paris. En 1059, Henri Ier fait sacrer et couronner son fils Philippe Ier à Reims, nommant Baudouin de Flandre comme tuteur. Henri Ier meurt en 1060 et fonde le monastère de Saint-Martin-des-Champs. Philippe Ier continue les travaux du monastère et le consacre en 1067. Sous son règne, les prévôts apparaissent, avec Étienne comme premier prévôt de Paris. En 1092, un concile se tient à Paris, et en 1093, l'abbaye Saint-Magloire est réformée. Guillaume, évêque de Paris, fait plusieurs donations aux chanoines et au prieuré de Saint-Martin-des-Champs. En 1104, un concile à Paris voit Philippe Ier renoncer publiquement à une relation scandaleuse. En 1107, l'abbaye Saint-Éloi est supprimée, et plusieurs paroisses sont créées à sa place. Philippe Ier meurt en 1108 et est enterré à Saint-Benoît-sur-Loire. Son fils Louis VI lui succède. Sous Louis VI, des chartes sont données pour protéger les serfs de l'église de Paris. L'évêque Galon reçoit une relique de la vraie Croix. Guillaume de Champeaux fonde l'abbaye Saint-Victor, où Abélard obtient une chaire de professeur. Louis VI dote l'abbaye de revenus et de privilèges. Gilduin devient le premier abbé de Saint-Victor, et l'abbaye reçoit plusieurs donations et privilèges. Le texte mentionne également des événements liés à des monastères et des figures religieuses. En décembre 1755, des voyageurs de Cantorbéry se sont arrêtés dans un monastère en se rendant à Paris. Ce monastère conservait des reliques, notamment la cape de voyage d'un saint abbé et le cilice d'un saint archevêque. L'abbaye est devenue une congrégation comptant quarante abbayes et plus de cent monastères, comme mentionné dans le testament du roi Louis VIII en 1225. Cependant, cette congrégation a été dissoute en raison des malheurs des temps et du relâchement de la discipline monastique. Le texte évoque également la vie d'Abbélard, un théologien qui enseignait à Paris. Sa relation avec Héloïse, nièce de Fulbert, chanoine de Paris, est bien connue. Condamné pour sa doctrine sur la Trinité lors d'un concile à Soissons, Abbélard a trouvé refuge auprès de Thibaud, Comte de Champagne. Il a construit une chapelle près de Troyes et est devenu abbé de Saint-Gildas en Bretagne. Il a ensuite cédé son ermitage du Paraclet à Héloïse, qui s'y est retirée avec des religieuses. Abbélard a été de nouveau condamné lors du concile de Sens, mais a reçu l'absolution du pape Innocent II. Il est mort à Châlons-sur-Saône le 21 avril 1142 à l'âge de 63 ans. L'école d'Abbélard à Paris, située près de la cathédrale, se concentrait sur l'étude des Écritures saintes, contribuant ainsi à l'émergence de la théologie scolastique.
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76
p. 233-236
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Pierre, Marquis de Pons, fils de feu Messire Pierre, Comte de Pons, [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Marquis, Comtes, Abbé, Maison de Rochechouart
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MEffire Pierre , Marquis de Pons , fils de feu
Meffire Pierre , Comte de Pons , & de Dame
Marie -Elifabeth d'Aurelle de Terneyre , fut masié
le 7 Février à Demoiſelle Claude- Renée de Noga.
ret , fille de Meffire Jean- Luc de Nogarét , Vicomte
de Trelans ; & de Dame Marie-Joſephe
du Puy Saint-Pierre de Belleveze. L'Evêque de
Quebec leur donna la Bénédiction nuptiale dans
l'églife Paroiffiale de Chaillot.
On nous mande de Befançon que Meffire
Charles - Marie - Jofeph Guillaume , Seigneur
de Gevigney , Mercey , Percée , & c. Maître
des Comptes en la Chancellerie de Dole , fils
de Meffire Léopold - Hugues - Jofeph - Alexandre
Guillaume , Préfident Honoraire à la Chambre
des Comptes de la même Chancellerie , Di234
MERCURE DE FRANCE.
recteur de l'Aumône générale de l'Hôpital Saint-
Jacques de Belançon , y époufa le 10 de Février,
Demoiſelle Thérete- Marie- Barbe Richer , fille de
Meffire Bonaventure Edouard Richer , ancien Capitaine
Suiffe au Régiment de Courten , Infanterie
, Chevalier de Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , La Bénédiction nuptiale leur fut donnée
dans l'églife Métropolitaine par l'Archevêque de
Befa çon . Leur contrat de mariage avoit éte ſigné
le 3 du même mois par le Duc de Randan , l'Archevêque
de Belançon , le Premier Préfident ,
l'Intendant, & tout ce qu'il y avoit de plus quali
fié dans la Ville.
Meffire Jofeph- Charles- Roch- Palamede de
Forbin- Maynier , Baron d'Oppede , Capitaine-
Lieutenant des Chevaux - Légers de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , époufa le 23 Février
Dame Marie- Françoile de Bauffan , veuve de Melfire
Alexandre de Bauffan , Maître des Requêtes ,
mort le 19 Janvier 1754. La Bénédiction nuptiale
leur fut donnée dans l'églife Paroiffiale de
S. Paul , par l'Abbé d'Oppede. Leur contrat de
mariage avoit été fignés par Leurs Majeftés , le is
du même mois.
Meffire Jean Jacques-Philippe- Jofeph Lefmerie
, Marquis d'Efchoify , époufa le 24 dans la
Chapelle du Palais Royal , Demoiſelle Claudine-
Céfarine de la Tour- Dupin- de- Montauban , fille
de Meffire Louis de la Tour - Dupin , Comte de
Montauban , Premier Ecuyer de S. A. S. Monfeigneur
le Duc d'Orleans , & de Dame Marie-
Olimpe de Vaulferre des Adrets. La Bénédiction
nuptiale leur fut donnée par l'Evêque d'Auxerre.
Leur contrat de mariage avoit été ſigné le IS
même mois par Leurs Majeftés.
du
Meffire Jean- Baptifte- Gabriel Caffart , Comie
A OUST 1756. 235
E
Elpiés , Brigadier de cavalerie , fut marié le
même jour à Demoifelle Marie - Géneviève de
Chambon d'Arbouville , ' fille de feu Meffire Pierre
de Chambon , Marquis d'Arbouville , Maréchal
des Camps & armées du Roi , & Gouverneur des
ville & Château de Sheleſtat , & de feu Dame Marie-
Anne- Françoife de Montmorin . L'Evêque Duc
de Langres leur donna la Bénédiction nuptiale
dans l'églife de S. Sulpice.
Meffire Célar-Augufte , Comte de Mafting
Fauconnier de Monfeigneur le Duc d'Orléans ,
veuf de N. de Boulainvilliers , a époufé en fecondes
nôces , le Février 1716 Demoiſelle Marie-
Magdeleine le Franc des Effarts , fille de feu Meffire
Louis le Franc des Eflarts , & de Damoifelle
N. Mignot , foeur de l'Abbé Mignot.
Jean-François- Gafton de Rochechouari-Fau
daas , Abbé de l'Abbaye de Bonnefont , Ordre de
Câteaux , Diocèfe de Comminges , eft mort le 27
Décembre , dans la quarante- cinquieme année de
fon âge.
L'Abbé de Rochechouart étoit fils de Charles
de Rochechouart , dit le Comte de Clermont , Vicomte
de Soulan , feigneur d'Aureville , & c . & de
Françoile de Montefquiou , fille de Jean Hyacinthe
, Baron de la Tour de France , & de Marie-
Anne de Roux- Montet. Il avoit pour freres ,
10. François- Charles , dit le Comte de Rochechouart
, Marquis de Faudoas , Baron des Etats
de Languedoc , &c. Lieutenant Général des Armées
du Roi , marié le 13 Décembre 17 8 , à
Marie-Françoife de Conflans - d'Armentieres , aujourd'hui
une des Dames de Madame la Dauphine
, dont un fils & deux filles , dont l'aînée a
époufé le Comte du Châtelet , Colonel du Régiment
de Querci , & Menin de Monſeigneur le
Dauphin.
236 MERCURE DE FRANCE..
2°. Jean-François -Jofeph de Rochechouart ;
Evêque , Duc de Laon , fecond Pair de France ,
Abbé de S. Remi de Rheims, &c , facré le 15 Octobre
1741 .
3. Jean- Louis-Roger de Rochechouart qui a
quitté l'Ordre de Malte en 1751 , appellé Marquis
de Rochechouart , Brigadier d'Infanterie , & Colonel
du Régiment d'Anjou , marié le 3 Juin 1751 .
à Charlotte- Françoife Faulcon de Rys , nommée
la même année Dame de Mefdames de France.
4. Pierre - Paul- Etienne , dit le Vicomte de
Rochechouart , Lieutenant de Vaiffeaux , né en
1723.
La Maifon de Rochechouart eft une des plas
illuftres du Royaume , puifqu'elle rapporte fon
origine aux anciens Vicomtes héréditaires de Limoges.
Elle eft partagée dès l'an 1245 , en deux
branches principales. De la cadette font fortis les
Ducs de Mortemart. Voyez fur cette Maiſon
l'hiftoire des Grands Officiers de la Couronne ,
Tome IV .
&
Le Chevalier d'Aultry , Brigadier d'infanterie ,
eft mort le 2 Janvier , au Château de la Mivoye ,
âgé de 69 ans.
Meffire Louis - Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au Château de la Taulle en
Picardie , dans la cinquante- fixieme année de fon
âge .
Meffire Louis-Jean -Jacques Touftain de Richebourg
, eft mort le 15 dans fon château de Malemains
en Normandie , âgé de 37 ans.
Meffire N. Elian , Abbé de l'Abbaye de Bellaigue
, y eft mort au commencement du mois de
Février dans la quatre- vingt- quatorzieme année
de fon âge. Il étoit Titulaire de cette Abbaye depuis
1677 , & le plus ancien des Abbés Commen
dataires de France.
MEffire Pierre , Marquis de Pons , fils de feu
Meffire Pierre , Comte de Pons , & de Dame
Marie -Elifabeth d'Aurelle de Terneyre , fut masié
le 7 Février à Demoiſelle Claude- Renée de Noga.
ret , fille de Meffire Jean- Luc de Nogarét , Vicomte
de Trelans ; & de Dame Marie-Joſephe
du Puy Saint-Pierre de Belleveze. L'Evêque de
Quebec leur donna la Bénédiction nuptiale dans
l'églife Paroiffiale de Chaillot.
On nous mande de Befançon que Meffire
Charles - Marie - Jofeph Guillaume , Seigneur
de Gevigney , Mercey , Percée , & c. Maître
des Comptes en la Chancellerie de Dole , fils
de Meffire Léopold - Hugues - Jofeph - Alexandre
Guillaume , Préfident Honoraire à la Chambre
des Comptes de la même Chancellerie , Di234
MERCURE DE FRANCE.
recteur de l'Aumône générale de l'Hôpital Saint-
Jacques de Belançon , y époufa le 10 de Février,
Demoiſelle Thérete- Marie- Barbe Richer , fille de
Meffire Bonaventure Edouard Richer , ancien Capitaine
Suiffe au Régiment de Courten , Infanterie
, Chevalier de Ordre Royal & Militaire de
S. Louis , La Bénédiction nuptiale leur fut donnée
dans l'églife Métropolitaine par l'Archevêque de
Befa çon . Leur contrat de mariage avoit éte ſigné
le 3 du même mois par le Duc de Randan , l'Archevêque
de Belançon , le Premier Préfident ,
l'Intendant, & tout ce qu'il y avoit de plus quali
fié dans la Ville.
Meffire Jofeph- Charles- Roch- Palamede de
Forbin- Maynier , Baron d'Oppede , Capitaine-
Lieutenant des Chevaux - Légers de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , époufa le 23 Février
Dame Marie- Françoile de Bauffan , veuve de Melfire
Alexandre de Bauffan , Maître des Requêtes ,
mort le 19 Janvier 1754. La Bénédiction nuptiale
leur fut donnée dans l'églife Paroiffiale de
S. Paul , par l'Abbé d'Oppede. Leur contrat de
mariage avoit été fignés par Leurs Majeftés , le is
du même mois.
Meffire Jean Jacques-Philippe- Jofeph Lefmerie
, Marquis d'Efchoify , époufa le 24 dans la
Chapelle du Palais Royal , Demoiſelle Claudine-
Céfarine de la Tour- Dupin- de- Montauban , fille
de Meffire Louis de la Tour - Dupin , Comte de
Montauban , Premier Ecuyer de S. A. S. Monfeigneur
le Duc d'Orleans , & de Dame Marie-
Olimpe de Vaulferre des Adrets. La Bénédiction
nuptiale leur fut donnée par l'Evêque d'Auxerre.
Leur contrat de mariage avoit été ſigné le IS
même mois par Leurs Majeftés.
du
Meffire Jean- Baptifte- Gabriel Caffart , Comie
A OUST 1756. 235
E
Elpiés , Brigadier de cavalerie , fut marié le
même jour à Demoifelle Marie - Géneviève de
Chambon d'Arbouville , ' fille de feu Meffire Pierre
de Chambon , Marquis d'Arbouville , Maréchal
des Camps & armées du Roi , & Gouverneur des
ville & Château de Sheleſtat , & de feu Dame Marie-
Anne- Françoife de Montmorin . L'Evêque Duc
de Langres leur donna la Bénédiction nuptiale
dans l'églife de S. Sulpice.
Meffire Célar-Augufte , Comte de Mafting
Fauconnier de Monfeigneur le Duc d'Orléans ,
veuf de N. de Boulainvilliers , a époufé en fecondes
nôces , le Février 1716 Demoiſelle Marie-
Magdeleine le Franc des Effarts , fille de feu Meffire
Louis le Franc des Eflarts , & de Damoifelle
N. Mignot , foeur de l'Abbé Mignot.
Jean-François- Gafton de Rochechouari-Fau
daas , Abbé de l'Abbaye de Bonnefont , Ordre de
Câteaux , Diocèfe de Comminges , eft mort le 27
Décembre , dans la quarante- cinquieme année de
fon âge.
L'Abbé de Rochechouart étoit fils de Charles
de Rochechouart , dit le Comte de Clermont , Vicomte
de Soulan , feigneur d'Aureville , & c . & de
Françoile de Montefquiou , fille de Jean Hyacinthe
, Baron de la Tour de France , & de Marie-
Anne de Roux- Montet. Il avoit pour freres ,
10. François- Charles , dit le Comte de Rochechouart
, Marquis de Faudoas , Baron des Etats
de Languedoc , &c. Lieutenant Général des Armées
du Roi , marié le 13 Décembre 17 8 , à
Marie-Françoife de Conflans - d'Armentieres , aujourd'hui
une des Dames de Madame la Dauphine
, dont un fils & deux filles , dont l'aînée a
époufé le Comte du Châtelet , Colonel du Régiment
de Querci , & Menin de Monſeigneur le
Dauphin.
236 MERCURE DE FRANCE..
2°. Jean-François -Jofeph de Rochechouart ;
Evêque , Duc de Laon , fecond Pair de France ,
Abbé de S. Remi de Rheims, &c , facré le 15 Octobre
1741 .
3. Jean- Louis-Roger de Rochechouart qui a
quitté l'Ordre de Malte en 1751 , appellé Marquis
de Rochechouart , Brigadier d'Infanterie , & Colonel
du Régiment d'Anjou , marié le 3 Juin 1751 .
à Charlotte- Françoife Faulcon de Rys , nommée
la même année Dame de Mefdames de France.
4. Pierre - Paul- Etienne , dit le Vicomte de
Rochechouart , Lieutenant de Vaiffeaux , né en
1723.
La Maifon de Rochechouart eft une des plas
illuftres du Royaume , puifqu'elle rapporte fon
origine aux anciens Vicomtes héréditaires de Limoges.
Elle eft partagée dès l'an 1245 , en deux
branches principales. De la cadette font fortis les
Ducs de Mortemart. Voyez fur cette Maiſon
l'hiftoire des Grands Officiers de la Couronne ,
Tome IV .
&
Le Chevalier d'Aultry , Brigadier d'infanterie ,
eft mort le 2 Janvier , au Château de la Mivoye ,
âgé de 69 ans.
Meffire Louis - Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au Château de la Taulle en
Picardie , dans la cinquante- fixieme année de fon
âge .
Meffire Louis-Jean -Jacques Touftain de Richebourg
, eft mort le 15 dans fon château de Malemains
en Normandie , âgé de 37 ans.
Meffire N. Elian , Abbé de l'Abbaye de Bellaigue
, y eft mort au commencement du mois de
Février dans la quatre- vingt- quatorzieme année
de fon âge. Il étoit Titulaire de cette Abbaye depuis
1677 , & le plus ancien des Abbés Commen
dataires de France.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
Le texte relate plusieurs événements marquants de la noblesse au XVIIIe siècle, incluant des mariages et des décès. En février, plusieurs unions notables ont eu lieu. Le 7 février, Pierre, Marquis de Pons, épousa Claude-Renée de Nogarét à l'église paroissiale de Chaillot. Le 10 février, Charles-Marie-Joseph Guillaume, Seigneur de Gevigney, épousa Thérete-Marie-Barbe Richer à l'église métropolitaine de Besançon. Le 23 février, Joseph-Charles-Roch-Palamede de Forbin-Maynier, Baron d'Oppede, épousa Marie-Françoise de Bauffan à l'église paroissiale de Saint-Paul. Le 24 février, deux mariages furent célébrés : Jean-Jacques-Philippe-Joseph Lefmerie, Marquis d'Eschoify, épousa Claudine-Césarine de la Tour-Dupin-de-Montauban à la chapelle du Palais Royal, et Jean-Baptiste-Gabriel Caffart, Comte d'Espies, épousa Marie-Géneviève de Chambon d'Arbouville à l'église de Saint-Sulpice. Le texte mentionne également plusieurs décès de personnalités notables. Jean-François-Gaston de Rochechouart-Faudoas, Abbé de l'Abbaye de Bonnefont, mourut le 27 décembre à l'âge de quarante-cinq ans. Le Chevalier d'Aultry, Brigadier d'infanterie, décéda le 2 janvier à l'âge de soixante-neuf ans. Louis-Antoine du Fos, Marquis de Mery, mourut le 12 janvier à l'âge de cinquante-six ans. Louis-Jean-Jacques Touffain de Richebourg décéda le 15 janvier à l'âge de trente-sept ans. Enfin, l'Abbé de l'Abbaye de Bellaigue mourut au commencement du mois de février à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans.
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77
p. 227-228
MORTS.
Début :
Dame Marie-Marthe de Saint-Pierre de Saint-Julien, Epouse de Jean-Charles, [...]
Mots clefs :
Mort, Comte, Marquis, Archevêque, Abbé, Maison du Châtelet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
DAME Marie-Marthe de Saint-Pierre de Saint.
Julien , Epouſe de Jean- Charles , Marquis de
Sennecterre , Chevalier des Ordres du Roi , &
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté ,
mourut à Paris le 17 Septembre , âgée de 75
ans.
Dame Anne-Victoire de Cambis -de Velleron ,
Epouſe de Meſſire François - Fortuné , Comte
d'Herbouville , Meſtre de Camp de Cavalerie , &
ſous-Lieutenant des Gendarmes d'Aquitaine , eſt
morte à Paris le 22 Septembre , âgée de 31 ans.
Meſſire Joſeph de Guyon de Crochans , Archevêque
d'Avignon , Evêque Aſſiſtant du Trône ,
& Abbé de l'Abbaye de Rocamador en Sicile
eſt mort le même jour à Avignon , dans la 83
année de ſon âge. Il avoit été nommé en 1709
à l'Evêché de Cavaillon , & en 1742 à l'Archevêché
d'Avignon.
,
Meſſire N ... de Geoffreville , Abbé de l'Ab
bayede la Chalade , Ordre de Citeaux , Diocèſe
de Verdun , efſt mort le 24 Septembre , âgé
de 80 ans.
Meſſire Ferdinand Florent , Marquis du Châtelet
, qui avoit dans les dernieres guerres un
Régiment de deux bataillons portant fon nom ,
*
228 MERCURE DE FRANCE .
eſt mort à Besançon le 6 Janvier 1757. Il étoit
l'aîné de la maison du Châtelet , & deſcendoit
en ligne directe de Frederic ou Ferri dit de Bitche
Duc de Lorraine , qui régna en 1205. Thierri
ouThéodoric ſecond fils de ce Prince né en 1175 ,
fit bâtir dans ſon appanage une fortereſſe , que
l'on appella Caftelletum , le Châtelet , & qui donna
ſon nom à la terre ou elle fut bâtie , & à
la pofterité de Thierri , qui fut la tige de la Maiſondu
Châtelet. Cette deſcendance eſt prouvée
par des titres authentiques tirés du tréſor des
Chartres de Lorraine , par les tombeaux , ſceaux ,
monnoies & autres anciens monumens publics ,
dont les témoignages ont été recueillis par le
ſçavant Dom Calmet , dans la généalogie de cette
Maiſon qu'il a compofée en 1741. M. le Marquis
du Châtelet avoit épousé Marie-Emanuelle
de Poitier , iſſue de la Maiſon Souveraine des
Comtes de Valentinois , & morte au mois de Janvier
1756. M. du Châtelet n'en a point eu d'enfans;
il laiſſe pour héritier M. le Marquis du
Châtelet, Lieutenant-Général des Armées du Roi,
Grand Croix de l'Ordre de Saint Louis , ſon frere
unique.
DAME Marie-Marthe de Saint-Pierre de Saint.
Julien , Epouſe de Jean- Charles , Marquis de
Sennecterre , Chevalier des Ordres du Roi , &
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté ,
mourut à Paris le 17 Septembre , âgée de 75
ans.
Dame Anne-Victoire de Cambis -de Velleron ,
Epouſe de Meſſire François - Fortuné , Comte
d'Herbouville , Meſtre de Camp de Cavalerie , &
ſous-Lieutenant des Gendarmes d'Aquitaine , eſt
morte à Paris le 22 Septembre , âgée de 31 ans.
Meſſire Joſeph de Guyon de Crochans , Archevêque
d'Avignon , Evêque Aſſiſtant du Trône ,
& Abbé de l'Abbaye de Rocamador en Sicile
eſt mort le même jour à Avignon , dans la 83
année de ſon âge. Il avoit été nommé en 1709
à l'Evêché de Cavaillon , & en 1742 à l'Archevêché
d'Avignon.
,
Meſſire N ... de Geoffreville , Abbé de l'Ab
bayede la Chalade , Ordre de Citeaux , Diocèſe
de Verdun , efſt mort le 24 Septembre , âgé
de 80 ans.
Meſſire Ferdinand Florent , Marquis du Châtelet
, qui avoit dans les dernieres guerres un
Régiment de deux bataillons portant fon nom ,
*
228 MERCURE DE FRANCE .
eſt mort à Besançon le 6 Janvier 1757. Il étoit
l'aîné de la maison du Châtelet , & deſcendoit
en ligne directe de Frederic ou Ferri dit de Bitche
Duc de Lorraine , qui régna en 1205. Thierri
ouThéodoric ſecond fils de ce Prince né en 1175 ,
fit bâtir dans ſon appanage une fortereſſe , que
l'on appella Caftelletum , le Châtelet , & qui donna
ſon nom à la terre ou elle fut bâtie , & à
la pofterité de Thierri , qui fut la tige de la Maiſondu
Châtelet. Cette deſcendance eſt prouvée
par des titres authentiques tirés du tréſor des
Chartres de Lorraine , par les tombeaux , ſceaux ,
monnoies & autres anciens monumens publics ,
dont les témoignages ont été recueillis par le
ſçavant Dom Calmet , dans la généalogie de cette
Maiſon qu'il a compofée en 1741. M. le Marquis
du Châtelet avoit épousé Marie-Emanuelle
de Poitier , iſſue de la Maiſon Souveraine des
Comtes de Valentinois , & morte au mois de Janvier
1756. M. du Châtelet n'en a point eu d'enfans;
il laiſſe pour héritier M. le Marquis du
Châtelet, Lieutenant-Général des Armées du Roi,
Grand Croix de l'Ordre de Saint Louis , ſon frere
unique.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate les décès de plusieurs personnalités. Dame Marie-Marthe de Saint-Pierre de Saint-Julien, épouse du Marquis de Sennecterre et Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédée à Paris le 17 septembre à l'âge de 75 ans. Dame Anne-Victoire de Cambis-de Velleron, épouse du Comte d'Herbouville et sous-Lieutenant des Gendarmes d'Aquitaine, est morte à Paris le 22 septembre à l'âge de 31 ans. Messire Joseph de Guyon de Crochans, Archevêque d'Avignon et Abbé de l'Abbaye de Rocamador en Sicile, est décédé le même jour à Avignon à l'âge de 83 ans. Il avait été nommé à l'Évêché de Cavaillon en 1709 et à l'Archevêché d'Avignon en 1742. Messire N... de Geoffreville, Abbé de l'Abbaye de la Chalade dans le Diocèse de Verdun, est mort le 24 septembre à l'âge de 80 ans. Messire Ferdinand Florent, Marquis du Châtelet, est décédé à Besançon le 6 janvier 1757. Il était l'aîné de la maison du Châtelet et descendait en ligne directe de Frédéric de Lorraine, Duc de Lorraine en 1205. Il avait épousé Marie-Emanuelle de Poitier, issue de la Maison Souveraine des Comtes de Valentinois, décédée en janvier 1756. Le Marquis du Châtelet n'a pas eu d'enfants et son frère unique, également Marquis du Châtelet, Lieutenant-Général des Armées du Roi et Grand Croix de l'Ordre de Saint Louis, est son héritier.
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78
p. 189-197
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Il paroît une Ordonnance du Roi pour régler l'uniforme des Officiers de [...]
Mots clefs :
Habillement des soldats, Officier, Croix de Malte, Ducs, Maréchal de camp, Sceau, Ordonnances, Abbé, Chancelier, Chanoine, Nominations, Comte, Procès, Robert-François Damiens, Parricide, Suplice, Corsaires, Marchandises, Navires, Capitaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L paroît une Ordonnance du Roi pour régler
P'uniforme des Officiers de l'Etat Major des Armées
de Sa Majeſté , & de ceux employés en qualité
d'Aides de Camp. Les uns & les autres porteront
des habits non croifés , de couleur vulgaire
ment appellée bleu de Roi , doublés d'une étoffe
de même couleur , lefquels habits feront garnis
de boutons de cuivre doré. Les Officiers de l'Etat
Major auront des boutonnieres en broderie de
fil d'or , huit de chaque côté jufqu'à la hauteur de
la poche , trois à chaque poche , & deux fur chaque
manche. Ceux de ces Officiers qui feront en
190 MERCURE DE FRANCE.
chef , pourront porter fur leurs habits un bordé
en borderie , dans le même goût que leurs boutonnieres.
S'ils font Officiers Généraux , ils
porteront
l'uniforme attaché à leur grade .
Le Grand Maître & le Confeil de l'Ordre de
Malte ont accordé à M. le Marquis & àMadame la
Marquife de Bauffrem.ont la permiffion de porter
la Croix de Malte. La Marquife de Bauffremont
tient des Ducs d'Atri , fes ancêtres maternels , de
la branche aînée defquels elle eft héritiere & repréfentante
, le droit de nommer une Commanderie
de l'Ordre dans la Tofcane , en qualité de Fondatrice.
Ce droit s'étend à fa poftérité de l'un &
Pautre fexe. र
M. de la Serre , Maréchal de Camp , Grand
Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis , &
Gouverneur de l'Hôtel Royal des Invalides , a
obtenu la place d'Infpecteur Général de l'Infanterie
, qu'avoit le Maréchal de Thomond.
Le 18 Mars , le Roi tint le Sceau pour la feconde
fois , dans la même Piece de fon Appartement,
où Sa Majesté l'avoit déja tenu , & avec les mêmes
formalités qui avoient été obfervées le 4.
Il vient de fortir de deffous preffe trois nou
velles Ordonnances ; la premiere , portant création
d'un Régiment d'Infanterie Allemande , fous
le titre de Royal Deux Ponts ; la feconde , concernant
le ſervice du Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie ; la troifieme , pour régler les équipages
& les tables dans les armées.
Le Roi a fait conftruire un Pavillon à l'extrê→
mité du Jardin du Château de la Meute , pour y
placer le Télescope de huit pieds , que le Pere
Noël , de la congrégation de Saint Maur , a fait
pour Sa Majesté fous les confeils du Duc de
Chaulnes. Sa Majesté y vit ce Télescope pour la
AVRIL. 1757.
191
premiere fois le 14 du mois de Décembre dernier.
Le 18 de ce mois , le Roi étant venu à ce
Château , le Pere Noel eut l'honneur de lui préfenter
une Machine Pneumatique
à deux corps
de pompe , d'une conftruction nouvelle . Sa Majefté
parut fatisfaite des expériences , que M. de
Lor fit avec cette Machine , & Elle prit auffi beaucoup
de plaifir à voir fouffler le verre, par M. Capidont
l'habileté dans cette partie eft reconnue de
tous les Phyficiens. M. de Fouchy , Secretaire
Perpétuel de l'Académie Royale des Sciences ,
traça en préſence du Roi une Meridienne,
M. l'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-
Garde des Sceaux , Chef du Confeil , & Sur - Intendant
des Maiſon , Finances & Bâtimens du
Duc d'Orléans , à la place de M. de Silhouette ,
qui a donné ſa démiſſion.
"
M. l'Abbé de Foy , Chanoine de l'Eglife Cathédrale
de Maux a eu l'honneur de préfenter
au Roi le profpectus d'une defcription Hiftorique
, Géographique & Diplomatique , de la
France. M. le Comte de Saint- Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat , qui conduifoit l'Auteur ,
rendit compte à Sa Majesté de l'état où eft cet
ouvrage important , dont feu M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie Royale des Belles- Lettres,
avoit conçu le projet, & que d'autres occupations
ont empêché cet Académicien d'entreprendre.
Encouragé par les exhortations de M. Secouffe.
M. l'Abbé de Foy s'eft chargé de l'exécution , en
adoptant pour la plus grande partie le plan de ce
Sçavant. La nouvelle defcription de la France fera
en fix Volumes in-folio. M. le Préfident Henault &
M. de Foncemagne ont confenti d'aider de leurs
confeils , l'Auteur dans fon travail. Peut-il être
mieux guidé?
1
C
192 MERCURE DE FRANCE.
Le Duc d'Orléans , le Prince de Condé , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche, Princes du Sang, & les Ducs
& Pairs , fe font rendus le 12 , le r9 , le 26 Février
, le S le 9 , le 21 , le 23 , le 24 & le 26
Mars , à la Grande Chambre , pour affifter à l'inftruction
du procés de Robert- François Damiens.
Le 21 & le 23 Mars , ils s'y font affemblés le matin
& l'après- midi . Ils y fiégerent le 26 depuis
huit heures du matin jufqu'à fept heures du foir.
Ce même jour , le coupable fut jugé . La Cour ordonna
que ce déteftable affaffin feroit amende
honorable devant la principale porte de l'Eglife
Métropolitaine , où il feroit conduit dans un
tombereau , nu en chemiſe , tenant une torche
de cire ardente , du poids de deux livres ; que delà
il feroit mené dans le même tombereau à la Place
de Greve ; que , fur un échafaud , il y ferroit
tenaillé aux mammelles , aux bras , aux cuiffes
, & aux gras de jambes , tenant de la main
droite le couteau dont il a commis fon affreux parricide
; qu'on lui brûleroit cette main avec du feu
de foufre ; que fur les endroits où il auroit été
tenaillé , on jetteroit du plomb fondu , de l'huile
bouillante , de la poix réfine , avec de la cire &
du foufre fondus enfemble ; qu'enfuite il feroit
tiré à quatre chevaux & écartelé , & ſes membres
& corps jettés dans un bucher , pour y être
confumés par le feu , & fes cendres jettées au vent.
Le 28 du mois dernier au matin , ce malheureux
fut appliqué à la queſtion ordinaire & extraordinaire
, & on le tint plus de deux heures dans les
tortures. Sur les deux heures après-midi , on le
fit fortir de la Conciergerie , pour le conduire au
fupplice. Lorfqu'il fut arrivé à la Place de Gréve ,
il demanda de monter à l'Hôtel de Ville. Il y a
déclaré
AVRIL. 1757. 193
déclaré qu'il n'y avoit ni complots , ni complices .
Ce monftre a fubi enfuite la punition dûe à fon
exécrable forfait. Ses tourmens ont duré trois
heures. Il étoit encore en vie ayant deux cuiffes
& le bras droit féparés du corps ; & il n'eft mort
qu'après que fon bras gauche a été détaché. Il
étoit né le 9 Janvier 1715 , au lieu de Thieulloy ,
en la Paroiffe de Monchi -Breton dans l'Artois.
Sa famille eft auffi obfcure que pauvre , & il a
paflé la plus grande partie de fa vie dans la plus
baffe domefticité . Il avoit déja commis plufieurs
crimes , avant de former l'abominable deffein qui
a achevé de le rendre l'objet de l'exécration publique
, & il avoit été obligé de s'enfuir de Paris
pour éviter les pourfuites de la Juftice . La maifon
où il a reçu le jour doit être démolie , & l'on ne
pourra à l'avenir élever fur le terrein de cere
maiſon aucun autre bâtiment.
Nous nous fommes reftraints jufqu'ici
à ne rien inférer fur cet article que d'après
la Gazette de France . Nous prions en conféquence
les Auteurs de ne plus nous envoyer
de Pieces qui y foient relatives : nous
perfiftons conftamment à ne faire ufage
d'aucune. Nous nous conformons en cela
aux premieres intentions de la Cour , qui
nous avoit ordonné le filence . Eh ! plût au
Ciel qu'il pût être gardé partout avec le
même fcrupule, & que pour la gloire de la
Nation, un fi noir attentat fût à jamais exclu
de l'hiftoire comme de notre Recueil !
M. le Comte de Biffy , Brigadier de Cavalerie ,
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
& premier Enfeigne de la feconde Compagnie
des Moufquetaires de la Garde du Roi , ayant
donné fa démiffion , Sa Majefté a difpofé de la
Cornette vacante , en faveur de M. le Comte de
Monteynard , Sous - Lieutenant au Régiment d'Infanterie
du Roi.
C Le Corfaire le Bart , de Calais , commandé
par le Capitaine Etienne- François Potier , a rançonné
deux Bâtimens Anglois pour 594 guinées.
Des Lettres écrites de Dieppe marquent que le
Corfaire le Baftien , de Boulogne , s'eft rendu
maître du Navise Anglois le Dally & Nancy , de
200 tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec
un chargement qu'on eftime environ 300000 livres
, & qui confifte en 141 barriques de fucre ,
63 barriques de taffia , foo facs & 15 barriques
de poivre , 9 facs de coton , un fac de carret de
tortue , 570 cuirs , & 19 tonneaux de bois pour
teinture.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire la
Vengeance, de Saint - Malo , s'eft emparé d'un Senaw
Anglois, armé de 8 canons & de fix pierriers.
La Comteffe de Bentheim , autre Corfaire de
Saint Malo , a fait conduire à Breft le Paquebot
Anglois le Hanovre , armé de 14 canons , & de
62 hommes d'équipage , qui alloit de Falmouth à
Liſbonne.
Le Navire Anglois la Profpérité , de Darmouth
, a été pris & conduit dans la riviere de
Landerneau par le Corfaire le Cabriolet , du Conquet.
Il eft arrivé à la Rochelle un Brigantin Anglois
de 60 tonneaux , chargé de vin de Malaga , qui
a été pris par le Navire le Tavignon , de S. Malo .
Le Navire Anglois le Duc de Tofcane , de 300°
tonneaux , armé de 18 canons , de 4 pierriers 2
AVRIL. 1757. 195
& de 60 hommes d'équipage , a été pris par le
Corfaire le Grand Alexandre , de Marfeille ,
commandé par le Capitaine Martiche. La cargai
fon de ce Bâtiment , qui eft arrivé à Marſeille ,
confifte en 600 barrils de harengs , 500 quintaux
de plomb, 65 caiffes de tabac , &c .
La Marie défiée , autre Corfaire de Marſeille ,'
Capitaine le fieur Poulhariez , a conduit en ce
Port le Senaw Anglois l'Aventure , de 140 ton
neaux , chargé de morue & de faumon.
Le Capitaine Defbois , qui commande le Corfaire
le Puyzieulx , de Saint -Malo , s'eft emparé
des Navires Anglois le Howmiton , de 70 tonneaux
, chargé de charbon de terre ; & le Triwbreton
, de 100 tonneaux , chargé de mine de fer
Ces deux Bâtimens ont été conduits à Granville .
Le même Corfaire a fait conduire à Saint Malo
le Navire Anglois la Marie- Anne , de 80 tonneaux
, venant de la Caroline avec un chargement
d'indigo & de ris , & un Brigantin dont la cargaifon
confifte en oranges & en citrons.
On mande de Marſeille , que le Corſaire le
Roi Gafpard , de ce Port , dont eft Capitaine
François Roudeng , y a fait conduire le Senaw
Anglois la Catherine , n'ayant que fon left , & un
'Brigantin chargé d'huile & de limons.
Le Capitaine Sauvé , commandant le Corſaire
le Général Lally, de Boulogne , s'eft rendu maître
du Paquebot Anglois le Dauphin , armé de fix
' canons , de quatre pierriers & de vingt hommes
d'équipage. Outre plufieurs caiffes & coffres dont
ce Paquebot étoit chargé , on a trouvé à bord une
caiffe de lingots d'or pefant 238 livres . Cette
priſe a été conduite à Calais.
Le même Corſaire a rançonné fix Bâtimens Anglois
, pour la fomme de 975 guinées , & il en a
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
remis les ôtages dans le même Port.
Le Brigantin Anglois le Nancy, de 90 tonneaux,'
chargé de 90 barrils de graine de lin & de merrains
, a été pris par le Corfaire le Caincy , de
Dieppe , & eft arrivé à Dunkerque.
Le Capitaine Feray , qui commande le Corſaire
Le Comte d'Argenfon , de Dieppe , y a conduit un
Bâtiment dont le chargement eft composé de
canons , de boulets , de poudre , de fabres , de
chanvre , de toiles à voiles , & d'autres munitions
& marchandiſes.
Le Corfaire le Machault , de Granville , Capitaine
Magnonnet , a pris & conduit en ce Port le
Navire Anglois le Jean & Georges , de 300 tonneaux
, chargé de 1500 barrils de goudron , & de
2500 livres d'indigo.
Le Corfaire le Puyzieulx s'eft emparé des Navires
Anglois la Flore , de Bofton , de 90 tonneaux
, chargé d'huile de baleine & de goudron ,
& la Minerve , de Londres , de so tonneaux ,
armé de fix canons & quatre pierriers , dont la
cargaifon confifte en ris & en indigo. Ces deux
Bâtimens font arrivés à Saint-Malo .
Le Corfaire le Duc d'Aiguillon a fait conduire
en ce Port le Navire le Meffager de Bordeaux , de
60 tonneaux , chargé de vin & de fruits , & un
autre Bâtiment de 200 tonneaux , chargé de ris ,
d'indigo , de taffia , de bois de Campeche , &
d'autres marchandiſes .
11 eſt auſſi arrivé à Saint-Malo un autre Navire
Anglois de 150 tonneaux , appellé le Bofton- Galley,
de Bofton , qui a pour chargement 1300 barrils
de goudron , & 201 futailles d'indigo . Il a été
pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de Bordeaux ,
y a conduit le Navire Anglois l'Ofgoot , venant de
AVRIL. 1757.
197
la Virginie , avec un chargement qui confifte en
250 boucauts de tabac , huit quarts d'indigo , 20
tonneaux de fer roulé , & autres marchandifes .
Le Navire Anglois le Duché de Beaufort , de
Bristol , chargé de fucre , de coton , de café , de
gingembre , & de bois de Campeche , a été pris
par le Corfaire la Repréfaille , de Bayonne.
La Cybelle , autre Corfaire de ce Port , y a fair
conduire le Navire le Molly , de Londres , de 300
tonneaux , ayant pour chargement 428 boucauts
de tabac , onze barrils & vingt- trois paquets de
pelleteries , & 25 barrils d'indigo.
Le Navire le Blackeney , de Londres , de roo
tonneaux , chargé de 208 barriques d'huile , &
autres marchandiſes , qui a été pris par le Corfaire
P'Espérance , de Bayonne , eft auffi arrivé en ce
Port.
On eftinformé que le Navire Anglois le Duc de
Scarborough , pris par le Navire la Marquise d'Amou
, de Bayonne , eft arrivé par relâche à Saint-
Ogne , & que fa cargaifon eft compofée de 600
barrils de faumon , vingt tonneaux de ftocfich
un boucaut d'indigo, une caiffe de caftors , & une
balle de toile.
L paroît une Ordonnance du Roi pour régler
P'uniforme des Officiers de l'Etat Major des Armées
de Sa Majeſté , & de ceux employés en qualité
d'Aides de Camp. Les uns & les autres porteront
des habits non croifés , de couleur vulgaire
ment appellée bleu de Roi , doublés d'une étoffe
de même couleur , lefquels habits feront garnis
de boutons de cuivre doré. Les Officiers de l'Etat
Major auront des boutonnieres en broderie de
fil d'or , huit de chaque côté jufqu'à la hauteur de
la poche , trois à chaque poche , & deux fur chaque
manche. Ceux de ces Officiers qui feront en
190 MERCURE DE FRANCE.
chef , pourront porter fur leurs habits un bordé
en borderie , dans le même goût que leurs boutonnieres.
S'ils font Officiers Généraux , ils
porteront
l'uniforme attaché à leur grade .
Le Grand Maître & le Confeil de l'Ordre de
Malte ont accordé à M. le Marquis & àMadame la
Marquife de Bauffrem.ont la permiffion de porter
la Croix de Malte. La Marquife de Bauffremont
tient des Ducs d'Atri , fes ancêtres maternels , de
la branche aînée defquels elle eft héritiere & repréfentante
, le droit de nommer une Commanderie
de l'Ordre dans la Tofcane , en qualité de Fondatrice.
Ce droit s'étend à fa poftérité de l'un &
Pautre fexe. र
M. de la Serre , Maréchal de Camp , Grand
Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis , &
Gouverneur de l'Hôtel Royal des Invalides , a
obtenu la place d'Infpecteur Général de l'Infanterie
, qu'avoit le Maréchal de Thomond.
Le 18 Mars , le Roi tint le Sceau pour la feconde
fois , dans la même Piece de fon Appartement,
où Sa Majesté l'avoit déja tenu , & avec les mêmes
formalités qui avoient été obfervées le 4.
Il vient de fortir de deffous preffe trois nou
velles Ordonnances ; la premiere , portant création
d'un Régiment d'Infanterie Allemande , fous
le titre de Royal Deux Ponts ; la feconde , concernant
le ſervice du Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie ; la troifieme , pour régler les équipages
& les tables dans les armées.
Le Roi a fait conftruire un Pavillon à l'extrê→
mité du Jardin du Château de la Meute , pour y
placer le Télescope de huit pieds , que le Pere
Noël , de la congrégation de Saint Maur , a fait
pour Sa Majesté fous les confeils du Duc de
Chaulnes. Sa Majesté y vit ce Télescope pour la
AVRIL. 1757.
191
premiere fois le 14 du mois de Décembre dernier.
Le 18 de ce mois , le Roi étant venu à ce
Château , le Pere Noel eut l'honneur de lui préfenter
une Machine Pneumatique
à deux corps
de pompe , d'une conftruction nouvelle . Sa Majefté
parut fatisfaite des expériences , que M. de
Lor fit avec cette Machine , & Elle prit auffi beaucoup
de plaifir à voir fouffler le verre, par M. Capidont
l'habileté dans cette partie eft reconnue de
tous les Phyficiens. M. de Fouchy , Secretaire
Perpétuel de l'Académie Royale des Sciences ,
traça en préſence du Roi une Meridienne,
M. l'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-
Garde des Sceaux , Chef du Confeil , & Sur - Intendant
des Maiſon , Finances & Bâtimens du
Duc d'Orléans , à la place de M. de Silhouette ,
qui a donné ſa démiſſion.
"
M. l'Abbé de Foy , Chanoine de l'Eglife Cathédrale
de Maux a eu l'honneur de préfenter
au Roi le profpectus d'une defcription Hiftorique
, Géographique & Diplomatique , de la
France. M. le Comte de Saint- Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat , qui conduifoit l'Auteur ,
rendit compte à Sa Majesté de l'état où eft cet
ouvrage important , dont feu M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie Royale des Belles- Lettres,
avoit conçu le projet, & que d'autres occupations
ont empêché cet Académicien d'entreprendre.
Encouragé par les exhortations de M. Secouffe.
M. l'Abbé de Foy s'eft chargé de l'exécution , en
adoptant pour la plus grande partie le plan de ce
Sçavant. La nouvelle defcription de la France fera
en fix Volumes in-folio. M. le Préfident Henault &
M. de Foncemagne ont confenti d'aider de leurs
confeils , l'Auteur dans fon travail. Peut-il être
mieux guidé?
1
C
192 MERCURE DE FRANCE.
Le Duc d'Orléans , le Prince de Condé , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche, Princes du Sang, & les Ducs
& Pairs , fe font rendus le 12 , le r9 , le 26 Février
, le S le 9 , le 21 , le 23 , le 24 & le 26
Mars , à la Grande Chambre , pour affifter à l'inftruction
du procés de Robert- François Damiens.
Le 21 & le 23 Mars , ils s'y font affemblés le matin
& l'après- midi . Ils y fiégerent le 26 depuis
huit heures du matin jufqu'à fept heures du foir.
Ce même jour , le coupable fut jugé . La Cour ordonna
que ce déteftable affaffin feroit amende
honorable devant la principale porte de l'Eglife
Métropolitaine , où il feroit conduit dans un
tombereau , nu en chemiſe , tenant une torche
de cire ardente , du poids de deux livres ; que delà
il feroit mené dans le même tombereau à la Place
de Greve ; que , fur un échafaud , il y ferroit
tenaillé aux mammelles , aux bras , aux cuiffes
, & aux gras de jambes , tenant de la main
droite le couteau dont il a commis fon affreux parricide
; qu'on lui brûleroit cette main avec du feu
de foufre ; que fur les endroits où il auroit été
tenaillé , on jetteroit du plomb fondu , de l'huile
bouillante , de la poix réfine , avec de la cire &
du foufre fondus enfemble ; qu'enfuite il feroit
tiré à quatre chevaux & écartelé , & ſes membres
& corps jettés dans un bucher , pour y être
confumés par le feu , & fes cendres jettées au vent.
Le 28 du mois dernier au matin , ce malheureux
fut appliqué à la queſtion ordinaire & extraordinaire
, & on le tint plus de deux heures dans les
tortures. Sur les deux heures après-midi , on le
fit fortir de la Conciergerie , pour le conduire au
fupplice. Lorfqu'il fut arrivé à la Place de Gréve ,
il demanda de monter à l'Hôtel de Ville. Il y a
déclaré
AVRIL. 1757. 193
déclaré qu'il n'y avoit ni complots , ni complices .
Ce monftre a fubi enfuite la punition dûe à fon
exécrable forfait. Ses tourmens ont duré trois
heures. Il étoit encore en vie ayant deux cuiffes
& le bras droit féparés du corps ; & il n'eft mort
qu'après que fon bras gauche a été détaché. Il
étoit né le 9 Janvier 1715 , au lieu de Thieulloy ,
en la Paroiffe de Monchi -Breton dans l'Artois.
Sa famille eft auffi obfcure que pauvre , & il a
paflé la plus grande partie de fa vie dans la plus
baffe domefticité . Il avoit déja commis plufieurs
crimes , avant de former l'abominable deffein qui
a achevé de le rendre l'objet de l'exécration publique
, & il avoit été obligé de s'enfuir de Paris
pour éviter les pourfuites de la Juftice . La maifon
où il a reçu le jour doit être démolie , & l'on ne
pourra à l'avenir élever fur le terrein de cere
maiſon aucun autre bâtiment.
Nous nous fommes reftraints jufqu'ici
à ne rien inférer fur cet article que d'après
la Gazette de France . Nous prions en conféquence
les Auteurs de ne plus nous envoyer
de Pieces qui y foient relatives : nous
perfiftons conftamment à ne faire ufage
d'aucune. Nous nous conformons en cela
aux premieres intentions de la Cour , qui
nous avoit ordonné le filence . Eh ! plût au
Ciel qu'il pût être gardé partout avec le
même fcrupule, & que pour la gloire de la
Nation, un fi noir attentat fût à jamais exclu
de l'hiftoire comme de notre Recueil !
M. le Comte de Biffy , Brigadier de Cavalerie ,
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
& premier Enfeigne de la feconde Compagnie
des Moufquetaires de la Garde du Roi , ayant
donné fa démiffion , Sa Majefté a difpofé de la
Cornette vacante , en faveur de M. le Comte de
Monteynard , Sous - Lieutenant au Régiment d'Infanterie
du Roi.
C Le Corfaire le Bart , de Calais , commandé
par le Capitaine Etienne- François Potier , a rançonné
deux Bâtimens Anglois pour 594 guinées.
Des Lettres écrites de Dieppe marquent que le
Corfaire le Baftien , de Boulogne , s'eft rendu
maître du Navise Anglois le Dally & Nancy , de
200 tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec
un chargement qu'on eftime environ 300000 livres
, & qui confifte en 141 barriques de fucre ,
63 barriques de taffia , foo facs & 15 barriques
de poivre , 9 facs de coton , un fac de carret de
tortue , 570 cuirs , & 19 tonneaux de bois pour
teinture.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire la
Vengeance, de Saint - Malo , s'eft emparé d'un Senaw
Anglois, armé de 8 canons & de fix pierriers.
La Comteffe de Bentheim , autre Corfaire de
Saint Malo , a fait conduire à Breft le Paquebot
Anglois le Hanovre , armé de 14 canons , & de
62 hommes d'équipage , qui alloit de Falmouth à
Liſbonne.
Le Navire Anglois la Profpérité , de Darmouth
, a été pris & conduit dans la riviere de
Landerneau par le Corfaire le Cabriolet , du Conquet.
Il eft arrivé à la Rochelle un Brigantin Anglois
de 60 tonneaux , chargé de vin de Malaga , qui
a été pris par le Navire le Tavignon , de S. Malo .
Le Navire Anglois le Duc de Tofcane , de 300°
tonneaux , armé de 18 canons , de 4 pierriers 2
AVRIL. 1757. 195
& de 60 hommes d'équipage , a été pris par le
Corfaire le Grand Alexandre , de Marfeille ,
commandé par le Capitaine Martiche. La cargai
fon de ce Bâtiment , qui eft arrivé à Marſeille ,
confifte en 600 barrils de harengs , 500 quintaux
de plomb, 65 caiffes de tabac , &c .
La Marie défiée , autre Corfaire de Marſeille ,'
Capitaine le fieur Poulhariez , a conduit en ce
Port le Senaw Anglois l'Aventure , de 140 ton
neaux , chargé de morue & de faumon.
Le Capitaine Defbois , qui commande le Corfaire
le Puyzieulx , de Saint -Malo , s'eft emparé
des Navires Anglois le Howmiton , de 70 tonneaux
, chargé de charbon de terre ; & le Triwbreton
, de 100 tonneaux , chargé de mine de fer
Ces deux Bâtimens ont été conduits à Granville .
Le même Corfaire a fait conduire à Saint Malo
le Navire Anglois la Marie- Anne , de 80 tonneaux
, venant de la Caroline avec un chargement
d'indigo & de ris , & un Brigantin dont la cargaifon
confifte en oranges & en citrons.
On mande de Marſeille , que le Corſaire le
Roi Gafpard , de ce Port , dont eft Capitaine
François Roudeng , y a fait conduire le Senaw
Anglois la Catherine , n'ayant que fon left , & un
'Brigantin chargé d'huile & de limons.
Le Capitaine Sauvé , commandant le Corſaire
le Général Lally, de Boulogne , s'eft rendu maître
du Paquebot Anglois le Dauphin , armé de fix
' canons , de quatre pierriers & de vingt hommes
d'équipage. Outre plufieurs caiffes & coffres dont
ce Paquebot étoit chargé , on a trouvé à bord une
caiffe de lingots d'or pefant 238 livres . Cette
priſe a été conduite à Calais.
Le même Corſaire a rançonné fix Bâtimens Anglois
, pour la fomme de 975 guinées , & il en a
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
remis les ôtages dans le même Port.
Le Brigantin Anglois le Nancy, de 90 tonneaux,'
chargé de 90 barrils de graine de lin & de merrains
, a été pris par le Corfaire le Caincy , de
Dieppe , & eft arrivé à Dunkerque.
Le Capitaine Feray , qui commande le Corſaire
Le Comte d'Argenfon , de Dieppe , y a conduit un
Bâtiment dont le chargement eft composé de
canons , de boulets , de poudre , de fabres , de
chanvre , de toiles à voiles , & d'autres munitions
& marchandiſes.
Le Corfaire le Machault , de Granville , Capitaine
Magnonnet , a pris & conduit en ce Port le
Navire Anglois le Jean & Georges , de 300 tonneaux
, chargé de 1500 barrils de goudron , & de
2500 livres d'indigo.
Le Corfaire le Puyzieulx s'eft emparé des Navires
Anglois la Flore , de Bofton , de 90 tonneaux
, chargé d'huile de baleine & de goudron ,
& la Minerve , de Londres , de so tonneaux ,
armé de fix canons & quatre pierriers , dont la
cargaifon confifte en ris & en indigo. Ces deux
Bâtimens font arrivés à Saint-Malo .
Le Corfaire le Duc d'Aiguillon a fait conduire
en ce Port le Navire le Meffager de Bordeaux , de
60 tonneaux , chargé de vin & de fruits , & un
autre Bâtiment de 200 tonneaux , chargé de ris ,
d'indigo , de taffia , de bois de Campeche , &
d'autres marchandiſes .
11 eſt auſſi arrivé à Saint-Malo un autre Navire
Anglois de 150 tonneaux , appellé le Bofton- Galley,
de Bofton , qui a pour chargement 1300 barrils
de goudron , & 201 futailles d'indigo . Il a été
pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de Bordeaux ,
y a conduit le Navire Anglois l'Ofgoot , venant de
AVRIL. 1757.
197
la Virginie , avec un chargement qui confifte en
250 boucauts de tabac , huit quarts d'indigo , 20
tonneaux de fer roulé , & autres marchandifes .
Le Navire Anglois le Duché de Beaufort , de
Bristol , chargé de fucre , de coton , de café , de
gingembre , & de bois de Campeche , a été pris
par le Corfaire la Repréfaille , de Bayonne.
La Cybelle , autre Corfaire de ce Port , y a fair
conduire le Navire le Molly , de Londres , de 300
tonneaux , ayant pour chargement 428 boucauts
de tabac , onze barrils & vingt- trois paquets de
pelleteries , & 25 barrils d'indigo.
Le Navire le Blackeney , de Londres , de roo
tonneaux , chargé de 208 barriques d'huile , &
autres marchandiſes , qui a été pris par le Corfaire
P'Espérance , de Bayonne , eft auffi arrivé en ce
Port.
On eftinformé que le Navire Anglois le Duc de
Scarborough , pris par le Navire la Marquise d'Amou
, de Bayonne , eft arrivé par relâche à Saint-
Ogne , & que fa cargaifon eft compofée de 600
barrils de faumon , vingt tonneaux de ftocfich
un boucaut d'indigo, une caiffe de caftors , & une
balle de toile.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1757, plusieurs ordonnances royales et événements marquants ont été enregistrés en France. Une ordonnance royale a réglementé l'uniforme des officiers de l'État-Major et des aides-de-camp, qui devaient porter des habits bleus doublés de la même couleur, avec des boutons de cuivre doré et des broderies en fil d'or. Les officiers généraux devaient porter un uniforme correspondant à leur grade. Le Grand Maître et le Conseil de l'Ordre de Malte ont accordé au Marquis et à la Marquise de Bauffremont la permission de porter la Croix de Malte. La Marquise de Bauffremont, héritière des Ducs d'Atri, détenait le droit de nommer une commanderie de l'Ordre en Toscane. M. de la Serre, Maréchal de Camp et Grand Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis, a été nommé Inspecteur Général de l'Infanterie. Le Roi a signé plusieurs ordonnances, dont la création d'un régiment d'infanterie allemande sous le titre de Royal Deux Ponts, et des règlements concernant le service de l'artillerie et du génie, ainsi que les équipages et les tables dans les armées. Le Roi a fait construire un pavillon pour y placer un télescope de huit pieds, présenté par le Père Noël. Il a également été satisfait des expériences réalisées avec une machine pneumatique et a assisté à la soufflerie du verre. L'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-Garde des Sceaux et Chef du Conseil. L'Abbé de Foy a présenté au Roi un prospectus pour une description historique, géographique et diplomatique de la France, un projet initialement conçu par M. Secouffe. Plusieurs princes du sang et ducs ont assisté à l'instruction du procès de Robert-François Damiens, condamné pour avoir attenté à la vie du Roi. Damiens a été soumis à la question ordinaire et extraordinaire avant d'être exécuté par écartèlement. Des nouvelles de la marine rapportent plusieurs prises de navires anglais par des corsaires français, avec des cargaisons variées telles que du sucre, du tabac, du coton, et des bois de teinture. Le document décrit également la composition d'un navire nommé 'Ogne' et sa cargaison, qui se composait de 600 barils de saumon, 20 tonneaux de stockfish, un boucaut d'indigo, une caiffe de castors et une balle de toile.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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79
p. 35-67
SUITE sur M. de Fontenelle, par M. l'Abbé Trublet.
Début :
XII. LORSQUE dans les Mercures précédens, j'ai indiqué plusieurs morceaux de [...]
Mots clefs :
Fontenelle, Voltaire, M. Rousseau, Bernard de La Monnoye, Lettre, Abbé, Ouvrage, Prix, Poète, Homme, Oracles, Lettres, Musique, Remarques, Recueil, Opéra, Critique, Paroles, Journal, Esprit, Vérité, Magie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE sur M. de Fontenelle, par M. l'Abbé Trublet.
SUITE fur M. de Fontenelle ,• par
XII.
M.TAbbé Trublet.
LORSQUE
ORSQUE dans les Mercures précédens
, j'ai indiqué plufieurs morceaux de
M. de F. tant en profe qu'en vers , & tant
imprimés que manufcrits , qui ne fe trouvent
point dans la derniere édition de fes
Euvres , je ne les connoiffois pas encore
tous , & peut-être ne les connois- je pas
tous encore . Voici ceux qui font venus
depuis à ma connoiffance . Je commence
par les imprimés.
1º . J'ai parlé dans le premier volume
du Mercure d'Avril , page 76 , d'un Poëme
compofé par M. de F , pour le prix de l'Académie
Françoife en 1675 , par confé
quent lorfque l'Auteur n'avoit encore que
18 ans , & j'ai dit que le prix fut remporté
par M. de la Monnoye. Le fujet étoit : La
gloire des Armes & des Lettres fous Louis
XIV. On ne doute point que ce Poëme në
foit de M. de F , puifqu'il y mit fon nom ,
comme on peut le voir dans le Recueil de
l'Académie de ladite année .
Mais il n'eft pas moins fûr qu'il compo
fa encore , à la vérité en gardant l'anony
me , pour le prix de 1677. J'ai trouvé .
Bvj.
36 MERCURE DE FRANCE.
parmi fes papiers une copie de ce fecond
Poëme , apoftillée de fa main , & je me
fuis reffouvenu qu'il m'en avoit parlé.
Aufff l'a - t'on mis , avec plufieurs autres
pieces du même Auteur , dans le Recueil
périodique que j'ai indiqué premier volume
du Mercure d'Avril , p . 74 , & qui a
pour titre , Le petit Réfervoir , & c. Le fujer
de 1677 étoit , L'éducation de Monseigneur
le Dauphin. M. de F. fut encore vaincu par
M. de la Monnoye. ( 1 );
( 1 ) En 1714 , & ainfi au même âge de 20 ans
M. de Voltaire compofa pour le prix de l'Académie,
& fut vaincu par un homme bien inférieur
à M. de la Monnoye , par l'Abbé du Jarry, Le
Poëme couronné , au deffous du médiocre , du
côté de la poésie , étoit encore gâté par une méprife
qui fuppofoit dans le Poëte une ignorance
groffiere en matiere de phyfique & même de
fimple géographie. Un de fes vers commençoit
par Poles , glacés , brûlans , &c . Le Vainqueur fut
très-plaifanté dans le temps , furtout par le vaincu;
& comme de pareilles occafions de plaifanter
ne laiffent pas que d'être rares , M. de V. eft revenu
plufieurs fois à la charge. Cela n'a pas empêché
que le Poëme , imprimé d'abord avec fes
poles glacés & fes poles brûlans , dans le Recueil de
PAcadémie de 1714 , ne l'ait encore été de même:
dans celui de toutes les Pieces couronnées jufqu'en
1747. Cependant l'Abbé du Jarry avoit
Gorrigé fa méprife dès 1715 ; & dans le Recueil
qu'il donna alors de fes Poéfies , parmi lesquelles
Le trouve ſon Poëme , au lieu de poles , il mit ch
SEPTEMBRE. 1757: 37
Page 79 du même Mercure , j'ai indiqué
un autre Recueil contenant beaumats
. Ce dernier mot eft jufte ; mais l'autre étoit
plus poétique , parce qu'il eft moins commun ; &
voilà , fans doute , ce qui le fit préférer au Poëte.
Il feroit aifé de citer plufieurs autres exemples ,
à la vérité un peu moins forts , de la préférence
donnée par des Poëtes célebres fur le mot propre
& jufte , à un mot plus harmonieux , plus noble ,
moins ufité , & par- là , difent- ils , plus poétique ,
mais fouvent très -impropre , & fur cela voici une
petite anecdote affez plaifante.
Un jeune Poëte vint lire à feu M. Danchet des
vers , qu'il avoit faits fur la maîtreffe ; la piece
débutoit ainfi :
Maifon, qui renfermez l'objet de mon amour , &c.
Danchet interrompit le Lecteur avec vivacité.
Maiſon eft bas , lui dit-il , trop commun du moins ..
Il y en a tant d'autres à choisir . Mettez palais ,
beaux lieux , &c . Mais , repliqua le Poëte , c'est
une maison de force.
Pour revenir à l'Abbé du Jarry , dont je n'aurois
peut être jamais d'autre occafion de parler , fi
pourtant celle- ci en eft une , je dirai en paffant
que ce mauvais Poëte a fait quelques vers trèsheureux
; ceux- ci , par exemple , dans un Poëme
couronné par l'Académie en 1679. Le fujet étoit ::
Que la victoire a toujours rendu le Roi plus facile
à la paix. Après avoir dit que ceux des Princes
ligués contre S. M. que leur impuiffance avoit
prudemment engagés à fe foumettre , en avoient:
été épargnés , au lieu que ceux qui avoient cru
pouvoir lui réfifter , étoient tombés fous fes coups
38 MERCURE DE FRANCE .
coup de pieces de M. de F. & imprimé au
commencement de cette année , fous le
vengeurs , le Poëte ajoute cette comparaiſon à la
fois fi jufte & fi poétique :
Pareils à ces rofeaux qu'on voit baiſſant la tête ,
Réfifter par foibleffe aux coups de la tempête ,
Pendant quejusqu'aux cieux les cedres élevés ,
Satisfont par leur chûte aux vents qu'ils ont bravés.
Qu'on me permette de citer encore du même
Poëte deux autres beaux vers , mais d'un carac
tere différent . Ils fe trouvent dans une Epître ou
l'Auteur annonçoit à un ami qu'il alloit prendre
le parti d'une entiere retraite. Elle finit ainfi :
Caché dans ma retraite , & comme enfeveli ,
De quelques jours j'avance un éternel oubli.
L'Abbé du Jarry remporta encore le prix de
l'Académie en 1683 , ou du moins il le partagea
avec M. de la Monnoye . Les deux pieces ayant eu
un égal nombre de fuffrages , l'Académie fit frapper
deux Médailles , chacune valant moitié du
prix , & elles furent données aux deux Auteurs.
C'eft l'unique fois que ce partage eft arrivé .
L'Abbé du Jarry étoit Prédicateur , & il a fait
imprimer des Panégyriques & des Oraifons funebres
, qui , fans être du premier mérite , ont des
beautés , entr'autres l'Oraifon funebre de M. Fléchier.
N'eft il pas fingulier qu'un Orateur de profeffion
ait remporté des prix de Poésie , plutôt que
des prix d'Eloquence ? La même chofe eft arrivée
à M. l'Abbé Séguy , à Paris & à Toulouſe. Ce fait
dit bien des chofes , fi c'étoit ici le lieu de les
י
SEPTEMBRE. 1757. 39
titre de Porte-feuille , & c. On y trouve
(tom. 2 , p. 72 ) , après les deux Lettres de
Mademoiſelle de Launay & de M. de F.
dire , & pourroit être le fujet d'une bonne Differ
tation littéraire. Très - peu de Prédicateurs de réputation
ont remporté des prix d'Eloquence dans
les Académies. Je ne me rappelle même que le
P. Rainaud , de l'Oratoire (1 ) . Beaucoup de Poëtes
très-médiocres , pour ne pas dire davantage ,
ont remporté des prix de Poéfie . Je ne nommerai
que le Poëte Gacon . En général , la profe des
Recueils académiques eft fupérieure aux vers
qu'on y trouve , & la raiſon n'en eft pas feulement
que les vers font plus difficiles que la profe , &
que néanmoins le Lecteur y eft plus difficile auffi ;
c'eft encore parce que les meilleurs efprits font
plutôt profateurs que Poëtes. Cette propofition
paroîtra peut- être un paradoxe , même à de bons
efprits , & paroîtra certainement un blafphême à
la plupart des Poëtes. Je me flatte pourtant que
les plus eftimables feront de mon avis dans le
fonds de leur coeur , du moins ceux qui écrivent
auffi -bien en profe qu'en vers , & , par exemple ,
M. de Voltaire . J'ai toujours penfé , & en le penfant
j'ai cru lui faire honneur , qu'il n'étoit pas
auffi éloigné de l'opinion de M. de la Motte fur
les vers , qu'il l'a paru dans ce qu'il a écrit pour
la combattre , ou que du moins il s'en eft fort
rapproché depuis. Quant à M. de F , il feroit
fuperflu de dire qu'il en étoit abfolument , quoique
, comme M. de la Motte , il aimât auffi beaucoup
les vers , & peut- être même plus que la
poésie.
(1) Il eft forti cette année de cette Congrégation
40 MERCURE DE FRANCE .
fur l'aventure de Mlle Tétar , & avant
une Réponſe de M. de F. à une Lettre de
M. de Voltaire , écrite de Sully ( 1 ) , on y
trouve , dis je , mais fans nom d'Auteur ,
un Poëme fur Le foin que le Roi prend de
( 1 ) M. de V. a fait imprimer fa Lettre & une
partie de la Réponse de M. de F. dans plufieurs
éditions de fes OEuvres . Dans la derniere , où elle
eft en entier ( t. 2 , p. 238 ) , à un vers près , mais
le meilleur de la piece , il a ajouté cette note :
« Cette Réponse de M. de Fontenelle eft très-
» mauvaiſe ; il en fit une autre adreffée à Mada-
» me la Maréchale de Villars , qui vaut beaucoup
» mieux , & dans laquelle eft ce vers : Il faut des
» hochets pour tout âge. Mais nous n'avons pu
retrouver cette piece. »
On ne comprend rien à cette note.
r°. Le vers n'eft pas cité exactement
de V , & M. de F. avoit dit :
Il eft des hochets pour tout âge.
2º. Ce vers étoit après ceux- ci :
J'avouerai bien , & j'en enrage ,
Que le fçavoir & la raison
Ne font auffi qu'un badinage ,
Mais badinage de Grifon ;
Il eft des hochets pour tout âge.
par M..
3. On ne connoit point la Réponſe adreffée
à Madame la Maréchale de Villars.
4º. Celle à M. de V , la feule qui exiſte , eft
wès- défigurée dans l'édition de Geneve „ 1756,
SEPTEMBRE . 1757. 41
l'éducation de la Nobleffe dans fes Places &
dans S. Cyr. C'est le fujet que donna l'Académie
Françoiſe en 1687. Si je connoiffois
l'Editeur de ce Recueil , je lui demanderois
s'il croit ce Poëme de M. de F , &
fur quelles preuves il le croit ; car M. de
F. ne m'en a jamais rien dit. Quoi qu'il en
foit , l'Ouvrage ne me paroît pas indigne
de lui , & j'y trouve affez fa maniere. Cependant
le prix fut donné à une Ode de
Mlle Deshoulieres , fille de la célebre Dame
de ce nom. Comme celle - ci ne mourut
qu'en 1694 , & âgée feulement de 56 ans ;
elle cut peut- être grande part , du moins
par fes confeils , à la Piece couronnée , fi
même elle n'en eft pas l'unique & véritable
Auteur. L'Ode me paroît pourtant inférieure
au Poëme, & je doute que l'Académie de
1757 jugeât comme celle de 1687. Mais
peut-être que l'infériorité de l'Ode fut
excufée , ou même moins fentie , parce
que l'Auteur y déclaroit fon fexe , & qu'on
fçut qu'il ne trompoit point .
Dans un fuperbe enclos , où la fageffe habite ,
Où l'on fuit des vertus les fentiers épineux ,
D'un âge plein d'erreurs mon foible fexe évite
Les égaremens dangereux.
D'ailleurs, il ne faut qu'un très- mauvais
vers pour faire manquer le prix à une pie
142 MERCURE DE FRANCE.
ce meilleure , à tout prendre , que celle
-qu'on lui prefere . Or il y en a un trèsmauvais
dans le Poëme. L'Auteur parlant
des Compagnies de Cadets créées en 1682 ,
dit :
Tous ces jeunes Guerriers inftruits de ce qu'ils
doivent
Au bras qui les foutient , au fecours qu'ils reçoi
vent ;
Fiers de porter le nom d'éleves d'un Héros ,
Brûlent de quitter l'ombre & le fein du repos.
De fes nobles leçons qu'il leur demande compte,
Que fa justice excite une vengeance prompte ,
Ils partent , &c.
Voilà , je le répete , un bien mauvais
vers , & on fçait d'autant moins ce que
fignifie excite , qu'il paroît d'abord' fignifier
quelque chofe. Quelqu'un de mes Lecteur
dit fans doute que ce n'eft là qu'une
faute d'impreffion , une faute auffi aiſée à
corriger qu'à appercevoir , & qu'il faut
lire exige au lieu d'excite. Je le penfe auffi .
Cependant cette faute fe trouve , & dans
le Recueil de l'Académie , & dans le Portefeuille
, &c. N'étoit - elle donc point dans
le manufcrit même fur lequel la piece fut
jugée , & ainfi une faute , non du Poëte
fans doute , mais de fon Copifte , plutôt
que de l'Imprimeur
SEPTEMBRE . 1757. 43
Si ce Poëte eft M. de F , & qu'il eût
été couronné , il eût obtenu en 1687 la
double couronne des vers & de la profe ;
car il remporta le prix d'Eloquence par
fon Difcoursfur la patience. C'eft peut- être
une raifon de lui attribuer le Poëme. M.
de F. penfoit dès-lors à fe préfenter pour
l'Académie , & s'y préfenta en effet l'année
fuivante , quoique , comme on le fçait , il
n'ait été élu qu'en 1691. Or deux prix en
deux genres , remportés dans la même année
, auroient ajouté un titre à tous ceux
qu'il avoit déja ; & ce nouveau titre ,
quoique le plus foible , pouvoit bien paroître
le plus fort .
Je demande pardon d'un détail auffi
minutieux ; mais il intéreffe peut - être M.
de F.
2º. Lettre en réponſe à une autre , qui
contenoit une difficulté contre un endroit
de la pluralité des Mondes. J'ai les deux
Lettres.
3. Eclairciffemens fur la premiere partie
de l'extrait que les Auteurs du Journal
Littéraire avoient donné des Elémens de la
géométrie de l'Infini. Ces Eclairciffemens
font dans le tome 16 de ce Journal.
On voit par ces deux écrits , & par un
troifieme dont je parlerai plus bas , que
M. de F. n'étoit pas auffi décidé qu'on l'a
44 MERCURE DE FRANCE.
dit , à ne répondre à aucune critique ; il
auroit eu tort de l'être. Il l'étoit néanmoins
à l'égard des critiques d'ouvrages
de pur agrément. Quoique dans ce dernier
cas , une réponſe puiffe être fort
agréable , utile même par les principes de
goût qu'on y aura répandus , elle eft ordinairement
fuperflue ou inutile à l'ouvrage
critiqué. S'il eft bon , la critique ne lui a
pas fait grand mal , ou ne lui a fait qu'un
mal paffager. S'il eft mauvais ou médiocre
, une réponse à une critique qui l'a
prouvé tel , ne lui fera aucun bien. D'ail
leurs , les critiques de cette efpece d'ouvrages
ne font fouvent que des plaifanteries
, des railleries , & l'on n'y pourroit
guere répondre que par d'autres. Mais celles-
ci , fuffent -elles meilleures , & couvriffent-
elles l'agreffeur du ridicule qu'il a
voulu donner , il y auroit encore plus à
perdre qu'à gagner pour le fage. ( 1 )
( 1 ) Voir la Lettre à M. L. M. D. S. A. à la tête
du Jugement de Pluton fur les Dialogues des Morts.
Ce Jugement eft une véritable critique de ces
Dialogues , & M. de F. ne le donna point fous
fon nom . La Lettre que je cite eft fignée D. H.
J'ignore fi les lettres initiales de l'adreffe , indiquent
un nom & un homme réels . S'il s'agiffoit
d'un Ouvrage très - poftérieur au Jugement de
Pluton ( il parut en 1684 ) , je ne balancerois pas
à croire que la lettre qui le précede eft adreffée
SEPTEMBRE. 1757. $
>
45
Quant aux critiques d'ouvrages
de
fcience , il eft fouvent utile & même né- >
ceffaire d'y répondre
, lorfqu'on
eft en
état de le bien faire ; & on le doit à la vérité
, furtout fi c'eft une vérité importante
, autant qu'à fa propre réputation . Si
M. de F. ne repliqua point au P. Baltus
on en devine aifément les raifons . Feu M.
du Marfais avoit repliqué pour M. de F ,
non feulement fans y être invité
lui
, par
mais encore malgré lui . Le P. le Tellier empêcha
que fon livre ne fût imprimé . M. de
F. m'a conté que lifant la Réponse du P.
Baltus ( c'eft le titre de l'ouvrage
) , trouvant
à chaque page qu'une replique feroit
très-aifée , & l'envie de la faire devenant
de moment en moment plus forte ,
il avoit fermé le livre de peur de fuccomber
à la tentation , & pris la réfolution
de n'en pas achever la lecture. Il m'a
affuré qu'il l'avoit tenue , & qu'il n'avoit
jamais lu l'ouvrage en entier . En cette
matiere , comme en quelques
autres , la
fuite eft fouvent pour les plus forts l'unique
moyen de vaincre . ( 1 )
à M. le Marquis de Saint- Aulaire , fi lié depuis
avec M. de F. mais je doute qu'il le fût déjà en
1684 , puifque M. de F. ne s'étoit pas encore fixé
à Paris.
(1 ) Voici ce que M. de F. écrivit là deffus lo
46 MERCURE DE FRANCE.
Il y a plus encore , M. de F. n'avoit aucun
empreſſement pour lire ce qu'on écri-
3 Août 1707 au célebre M. le Clerc , qui dans la
Bibliotheque choisie ( t . 13 , 1707 ) avoit pris la
défenſe de l'Hiftoire des Oracles contre la Réponse
du P: Baltus.
€ « Je ne répondrai point au Jéfuite de Stras-
» bourg , quoique je ne croye pas l'entrepriſe im-
» poffible ; mais l'Hiftoire de l'Académie des Scien-
» ces me donne trop d'occupation , & tourne
>> toutes mes études fur des matieres trop diffé-
-rentes de celles - là . Ce feroit plutôt à M. Van-
» Dale à répondre qu'à moi ; je ne fuis que fon
» interprete , & il eft mon garant. Enfin je n'ai
» point du tout l'humeur polémique , & toutes les
querelles me déplaifent . J'aime mieux que le
» Diable ait été Prophete , puifque le P. Jéfuite
» le veut , & qu'il croit cela plus orthodoxe. ر د<<
Je ne crois pas que cette Lettre ait été imprimée.
Je la tiens de M. Boullier , qui l'a tirée de la
Bibliotheque des Remontrans à Amſterdam. Il
croit qu'on y en conferve encore quelques autres
de la même main ; je les lui ai demandées.
a pour
L'article de la Bibliotheque choisie auquel a
rapport la Lettre de M. de F. à M. le Clerc ,
titre : Remarques fur le démêlé qui eft entre M. de
Fontenelle , Auteur de l'Histoire des Oracles , &
le P. Baltus , Jéſuite , Auteur de la Réponse à
cette Hiftoire , &c. le Journaliſte donne ces remarques
comme l'ouvrage d'un autre ; je les crois de
lui- même , & on le foupçonneroit à la maniere
feule dont il en parle en les annonçant. Dailleurs,
fes autres Ouvrages y font cités plufieurs fois . Enfin ,
la plupart de ces Remarques font très- bonnes & trèsjudicieuſes.
Cet Auteur , quel qu'il foit, dit dès le
SEPTEMBRE . 1757. 47
voit contre lui ; il ne le lifoit que lorfque
le hazard le faifoit tomber entre fes mains,
α
commencement de fon écrit , « qu'ily a pu avoir des
>>- oracles véritablement rendus par desDémons, ou
» par des Intelligences qui font au deffus de la na-
» ture humaine , quoiqu'il ne doute point que des
>> hommes n'aient fouvent été les auteurs des ré-
» ponfes qu'on attribuoit à ces Intelligences . » Il en
conclur que M. de F. & le Pere B. font allés, chacun »
de fon côté, un peu trop loin. Mais quand il vient
au détail , il eft prefque toujours pour M. de F ,
& le défend prefque furtout contre le Pere B.
De plus , il ne parle jamais du premier qu'avec
beaucoup d'eftime , & peut- être ne ménage-t'il
affez le fecond . Mais M. le Clerc étoit Protef
tant. D'ailleurs le Pere B. avoit auffi trop peu
ménagé M. de F, & l'Auteur des Remarques l'en
blâme en plus d'un endroit . Je n'en citerai qu'un.
pas
* «
« Notre Auteur , dit celui des Remarques , qui
Ds'adreffe perpétuellement à M. de F , comme s'il
Dle fermonoit , & qui lui parle avec beaucoup
» d'autorité , gliffe en divers endroits des fuppofitions
, comme fi c'étoient des vérités claires
>>& fe met à le cenfurer avec gravité , comme fi
» le ton dont on dit les chofes , fervoit à les rendre
démonftratives . Je crois que M. de F. s'en
plaindra , au moins à fes amis , s'il ne le fait
» publiquement. Cet habile homme , &c . »
Cette louange d'habile hømme revient plus d'une
fois. Mais en voici une qui caractériſe encore plus
précisément M. de F. Le Pere B. ayant avancé qu'il
ne voyoit pas ce que l'Auteur de l'Hiftoire des Oracles
pourroit répondre à &c . celui des Remarques ,
dit : Je m'imagine qu'un homme d'un efprit auffi
v pénétrant & auffi éclairé que lui , ne manquera
a
110.
48 MERCURE DE FRANCE.
& ce hazard étoit affez rare . Traité avec
beaucoup d'égards dans les fociétés qu'il
» pas de replique , s'il veut fe donner la peine d'en
» chercher. Mais je répondrai pour lui , en atten :
» tendant , que , &c. »
Dans les nouvelles de la République des Lettres,
Mai 1687 , article premier , on trouve une Lettre
de M. Van- Dale à un de fes amis au fujet de
'Hiftoire des Oracles. En voici le début :"
« J'ai lu avec bien du plaifir l'Hiftoire des Ora-h
» cles faite par unAuteur François, où je fuis copié :
» fidélement. J'approuve la liberté qu'il s'eft don
» née de tourner ce que j'avois avancé dans mes
» deux Differtations fur ce fujet , au génie de fai
» Nation.
>> Celui de nos peuples eft un peu différent : ils
» fe défient furieufement du tour de l'efprit & dès
» graces du langage , & ne fe fatiguent point , en
» matiere de faits conteftés , du nombre des preu-
» ves , pourvu qu'elles foient folides & finceres.<
» Je fuis fort fatisfait que l'ingénieux Auteur des
» Dialogues des Morts ait jugé les miennes de cette
» nature , & qu'il ait eu la bonté de les appuyer
» de beaucoup des fiennes , qui font convain-
>> cantes & judicieuſes. Il eft vrai qu'il change
» & renverſe terriblement toute l'économie de
» mon Ouvrage , dont il témoigne dans la préface
avoir eu d'abord le deffein de fe rendre feule
» ment le Traducteur . »
Deftruit , adificat , mutat quadrata rotundis.
» Mais loin de le trouver mauvais , je le loue
» d'avoir facilité la connoiffance de cette impor-
» tante queſtion aux honnêtes gens de l'un & de
fréquentoit 2
SEPTEMBRE . 1757. 49
fréquentoit , égards qu'il s'attiroit autant
par ceux qu'il avoit lui -même , que par fa
>> l'autre fexe de fon pays , & j'avoue qu'il a eu
» raifon de les décharger de la peine de lire quan-
» tité de citations ennuyeuſes. Mais ce fçavant &
» galant homme me pardonnera fi je dis qu'il a
» oublié des chofes importantes , & qui pouvoient
» être plus décifives & moins ennuyeufes que
» d'autres , dont il a fait emploi dans fon Ouvra-
» ge. C'eft peut - être un malheur pour la cauſe
» qu'il foutient avec moi , qu'il ne foit pas dans
» un pays de liberté car je ne puis imputer à
>> une autre raiſon le filence qu'il a gardé , où les
» déguifemens qui femblent l'avoir commandé
» faits de conféquence. »>
M. Van-Dale explique enfuite en quoi confiftent
ce filence & ces déguisemens . « M. de F , dit-
» il , paffe l'éponge fur ce que j'avois écrit des
livres Sybillins.... Il n'a point voulu toucher
» à la vifite que Saül , troublé d'eſprit , rendit
» la prétendue Magicienne d'Endor . Ces deux
» faits de fi grand éclat où la fourberie une fois
» bien prouvée , porte un fi grand coup à toutes
» les autres que nous combattons , méritoient- ils
» d'être enfèvelis dans un fi profond filence par
» notre Auteur ? >>
M. Van-Dale examine de nouveau ces deux
faits , principalement le dernier.
Il dit plus bas : « Je fuis bien loin de mon
>> compte , fi notre Auteur a parlé fincérement
» lorsqu'il a dit dans fa Préface: Je déclare que fous
» le nom d'Oracles , je ne prétens point comprendre
» la magie , dont il eft indubitable que le Démon
» fe mêle. . . . En vérité cet habile homme a trop
» de lumieres pour ne pas voir que l'un n'eft pas
C
go MERCURE DE FRANCE.
grande réputation & la confidération dont
il jouiffoit , on n'alloit guere lui dire ,
» mieux fondé que l'autre. » C'eft- à- dire , la
magie que les Oracles.
Il cite enfuite plufieurs paffages des Anciens ,
par lefquels on voit qu'ils regardoient la magie
comme une fourberie. Il cite entr'autres Ciceron
& Pline.
« Après cela , continue M. Van-Dale , com-
» ment notre Auteur qui les avoit lus fans doute ,
» a-t'il écrit fi hardiment que les habiles Payens
» regardoient la magie d'un autre ceil que les
>> Oracles » ;
M. Van-Dale ne comprend pas que M. de F,
ait voulu prouver par l'autorité des Poëtes , furtout
de Lucain , que la magie s'exerçoit par
l'intervention du Diable . « Où en fera- t'on , dit-
>> il , fi l'on croit de bonne foi Virgile , lorfqu'il
» dit ( Eglogue 8 ) que les vers ou les charmes font
» defcendre la Lune des Cieux ? &c, »
Enfin M. Van-Dale dit nettement que fi on
laiffe la magie aux Démons , on ne peut pas leur
ôter les Oracles.
Mais fi le témoignage des Poëtes & des beaux
efprits n'eft d'aucun poids , lorfqu'ils paroiffent
croire aux Magiciens , aux Devins , & c. il n'en
eft pas de même , felon M. Van- Dale , lorfqu'ils
s'en moquent & de ceux qui y croient , furtout
s'ils le font publiquement , & avec la permiffion
du Magiftrat ; car il réfulte de- là non feulement
que l'opinion immolée à la rifée publique , n'eſt
qu'une fottife populaire ; mais encore que ceux
qui ont l'autorité en main , ont penſé qu'il étoit
utile d'en défabufer le peuple , quoiqu'il ne le fût
peut-être pas de lui ôter tous fes préjugés,
SEPTEMBRE. 1757 .
sr
quoiqu'on l'eût pu fans lui faire beaucoup
de peine , qu'il couroit une Epigramme
contre lui ; qu'il étoit malignement attaqué
dans une brochure , &c . & de fon côté
il ne faifoit guere de queftions relatives à
lui-même & à fes écrits. Il n'avoit point
cette curiofité , fi vive dans la plupart des
Auteurs , de fçavoir le mal qu'on dit de
M. Van-Dale cite donc avec complaifance le
Livre intitulé , le Comte de Gabalis & la Comédie
de la Devinereffe. « Je ne compte pas pour rien ,
» dit-il , ce qui a été joué publiquement , à Paris
» même , dans cette Comédie ; car j'y trouve une
» partie des fecrets de ces fourbes , affez agréa
» blement découverts. »
On fçait que le fçavant Pere Thomaffin ( & M.
de F. n'a pas manqué de le citer ) avoit déclaré en
termes formels dans la Méthode d'étudier & d'enfeigner
chrétiennement les Poetes : « Que les Ora-
» cles n'étoient que des impoftures où les hom-
» mes fe trompoient les uns les autres par des
» paroles obfcures & à double fens. »
Le Journal des Sçavans donna en 1707 un extrait
fort étendu du Livre du Pere Baltus. « On a laiffé
» jouir M. de F. pendant 20 ans, dit le Journaliſte ,
», de toute la gloire qu'il pouvoit recueillir d'un
>> Ouvrage où il occupoit agréablement le Pu-
» blic , fans prétendre le moins du monde inté
» reffer le Chriftianifme. Quel Ecrivain , après
» une fi longue poffeffion , ne croiroit fon fenti
» ment à couvert de la cenfure ? Voici pourtant
» un Adverfaire qui vient d'entrer en lice contre
» M. de F , au fujet des Oracles. Il traite l'affaire
» fur un ton fort férieux , &c . »
Cij
52 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ouvrages ( car ils fçavent bien qu'on
en dit toujours ) , de le fçavoir exactement
& dans le plus grand détail , & furtout de
connoître ceux qui le difent. Auffi ignoroit-
il jufqu'à l'exiftence de plufieurs de
ces Epigrammes & de ces brochures ; & il
l'a quelquefois dit , mais fimplement & fans
malice, à leurs Auteurs mêmes, qui perfuadés
qu'il ne pouvoit ignorerqu'ils avoient
écrit contre lui , venoient lui en marquer
leur repentir vrai ou faux. J'en connois
un entr'autres qui fut très - fâché d'avoir été
apprendre à M. de F. ce qu'il n'auroit jamais
fçu fans lui , & bien plus piqué encore
qu'il ne le fçût pas.
4°. Deux lettres fur le Tutoiement parmi
celles de M. Vernet fur le même fujet.
en 1752. Ce recueil eft très connu , &
mérite de l'être . Il s'agiffoit de fçavoir
fi dans les traductions Françoifes de la bible
, il faut conferver le tutoiement de l'original
. M. de F. eſt pour l'affirmative , &
ainfi de l'avis de M. Vernet qui l'avoit confulté
( 1 ) . Comme les lettres de M. Vernet ,
imprimées à la Haye , ne font pas entre
les mains de tout le monde , je citerai un
morceau d'une de celles de M. de F.
(1 ) Bayle penfoit autrement. Voyez parmi fes
Lettres la 80 & la fuivante,
SEPTEMBRE . 1757. 53
و د
و ر
"Notre Vous étant undéfaut des Lan-
>> gues modernes , il ne faut point cho-
" quer la nature en général , & l'efprit de
l'ouvrage en particulier , pour fuivre ce
» défaut. Je crois que ces remarques au-
» roient lieu à l'égard de tout livre facré
» d'une Religion quelconque , comme l'Al-
» coran , les livres Religieux des Guebres ,
» &c. Comme la nature de ces livres , eft
» de devoir être refpectés , il fera toujours
bon de leur faire garder le caractere
original , & de ne leur jamais donner
des tours d'expreffion populaire. L'exemple
de nos traducteurs qui ont affecté
» le beau langage , ne doit pas plus être
fuivi que celui du Prédicateur du Specta-
» teur Anglois , qui difoit , que , s'il ne
craignoit pas de manquer à la politeffe, &
» aux égards qu'il devoit avoir pour fes
» Auditeurs , il prendroit la liberté de
» leur dire que leurs déportemens les méneroient
tout droit en enfer.
ور
ور
"
و د
و د
s
"
"3 "
M. de Montesquieu , confulté auffi par
M. Vernet , avoit répondu comme M. de
F , & s'étoit déclaré pour le Tutoiement.
Cet avis fut attaqué par des Proteftans même
, quoiqu'ils duffent plutôt en être que
des Catholiques , entr'autres par l'Auteur
de l'écrit intitulé , Remarques fur une dif
fertation qui traite de l'ufage du toi & du
C iij
54 MERCURE DE FRANCE.
vous dans une verfion de la bible . Cet écrit
très bien fait , eft daré de Geneve , premier
Juin 1752 , & fe trouve dans la Bibliotheque
impartiale ( 1 ) , même année , tome
fix , troifieme partie , page 307. L'Auteur
des Remarques n'avoit garde de ne pas
répondre à deux fuffrages d'auffi grand
poids que ceux de MM. de M. & de F. Le
premier ne l'embarraffe guere. L'Auteur des
Lettres Perfannes , dit-il , avec son goût
oriental , ne pouvoit manquer d'être pour le
toi.
M. de F. l'embarraffe davantage , & il
ne l'expédie pas ainfi en un mot. Je rapporterai
néanmoins le paffage en entier ,
quoi qu'un peu long , parce que M. de F.
y eft affez bien caractériſé ; j'ajoute , parce
qu'il y eft juſtement critiqué. J'ai déja
donné plus d'une preuve de fincérité fur
fon compte. Voici donc le paffage.
"
« Le fuffrage de M. de F. n'eft pas fi aifé
à expliquer. S'il avoit
paru s'échauffer
pour les anciens " on pourroit
croire
qu'il regarde
leur toi comme
quelque
chofe de facré qu'il falloit conferver
,
(1 ) C'est le titre d'un Journal imprimé en Hol-
Lande , & ainfi peu répandu en France. M. Formey
, Secretaire de l'Académie de Pruffe , étoit
d'abord feul à le faire . Il y travaille encore aujour
d'hui , mais il aplufi curs affociés,
;
SEPTEMBRE . 1757. 55
23
furtout dans nos verfions de la bible :
» mais dans la fameufe difpute des An-
» ciens & des Modernes , il ne parut point
» un admirateur outré de tout ce qui nous
» vient de l'antiquité. Je crois donc que fa
réponſe a été dictée par la politeffe ; elle
n'eft pas même fi décifive qu'on voudroit
» nous le perfuader. Celui qui l'avoit
» confulté , l'avoit averti , en lui propo-
» fant la queftion , que nous voulions gar-
» der le Tutoiement , foit quand Dieu parle
» à l'homme, foit quand l'homme s'adreſſe
» à Dieu. Qu'a donc fait M. de F ? Il a ex-
» cufé le vous des Catholiques , & approuvé
également notre Toi ; mais il
conclut que le mieux , feroit de s'en te-
» nir uniformément , ou à l'un ou à l'au-
»tre. On en a inféré que pour des gens
» réfolus à retenir le Tutoiement dans une
partie de la verfion , comme en parlant
, à Dieu , on doit le retenir partout , pour
» éviter la bigarrure .
D
"
"
» Il paroît dans cette réponſe de M. de
» F. qu'il a analiſé la queſtion en vrai Phi
» lofophe ; mais on n'y trouve pas tout-à-
» fait le bon critique. En voici un exemple.
Dans une traduction de l'Ecriture
» Sainte , dit-il , Dien ne dira jamais nous
» au lieu de je : il est trop effentiellement un
»feul ; c'est là ſa ſuprême élévation. Com-
23
Civ
56 MERCURE DE FRANCE.
" ment M. de F. veut- il donc qu'on tra-
» duife , faisons l'homme à notre image ? Et à
» l'occafion de la tour de Babel ; defcendons
» & confondons leur langage ( 1 ) . Mais s'il
ne s'eft pas bien fouvenu de fa Geneſe , en
écrivant fa réponſe , il paroît , comme je
l'ai déja remarqué , qu'il n'a pas oublié
»fa politeffe ordinaire.
»
»
30
و د
» Un homme d'efprit me difoit à l'occafion
de cette lettre , qu'on devoit faire
peu de fonds fur ces fuffrages mendiés ;
" que quand il lui importeroit d'en avoir
» des pays étrangers , il fe faifoit fort d'en
» être toujours bien pouryu ; que tout dépend
de la maniere de propofer le fenti-
» ment qu'on veut faire approuver . Dès
qu'on paroît s'y intéreffer beaucoup , le
fçavant que vous confultez , pour peu
» qu'il fçache vivre , fe gardera bien de
» vous contredire .
و ر
ود
ور
"
»
» Il s'agiroit donc de fçavoir fi on a confulté
M. de F. avec beaucoup de fang
» froid , ou fi on lui aura paru s'affection-
» ner beaucoup pour le Toi . C'eft fur quoi
» nous n'avons que des conjectures. Mais
» à en juger par les écrits que nous avons
» vus , l'Auteur s'étoit fort échauffé fur
» fon fujet. »
- ( 1 ) Gen. I , 26. XI , 7.
SEPTEMBRE. 1757. 57
5. Traductions en profe de plufieurs Cantates
& airs Italiens . Elles furent faites
pour le concert Italien qui fe tenoit en
1724 , chez M. Crozat , le cadet , & qui
fe tint depuis dans une falle du château des
Thuilleries. J'étois le bel efprit de ce concert,
difoit quelquefois , M. de F. Comme il
ne fut tiré que peu d'exemplaires du livre
qui contenoit ces traductions avec l'Italien
a côté; qu'il ne fut donné qu'aux afſociés ,
& qu'ainfi il eſt aujourd'hui très - rare , j'en
mettrai ici l'avertiffement qui eft trèscourt.
و د
« Ces Ariettes Italiennes ayant été déta-
" chées d'un grand nombre de différens
» opera , il faut fuppofer qu'elles avoient
" aux fujets & aux fituations des pieces ,
» un rapport qu'on ne découvre plus dans
» la plupart qu'affez imparfaitement.
"
" On n'a traduit ces paroles que pour
" faire mieux goûter les airs qui les expriment
, fouvent attachés aux mots ; &
» par cette raifon , on a rendu la tradue-
» tion la plus littérale qu'il fût poffible ,
quoiqu'elle puiffe en cet état n'être pas
>> affez avantageufe aux Poëtes.
"
Mais on fçait que le génie des deux
» langues , l'Italienne & la Françoiſe ,
» eft très différent , & que furtout en
matiere d'amour & de galanterie , dont
·
C v
58 MERCURE DE FRANCE.
il est principalement queſtion ici , leur
ftyle ne reffemble prefque point. »
"
En voici bien la preuve dans l'Ariette
fuivante :
Col raggio placido della speranza
Lamia cofianza
Lufinghi in me :
Cofi queft'anima di più non chiede ,
Che la fua fede ,
La fua mercè.
Tu flantes ma conftance de quelque doux
rayon d'espoir. Je ne demande rien de plus
pour récompenfe que ma fidelité même .
Ce n'est pas feulement en matiere d'amour
& de galanterie , que le génie des
deux langues ou plutôt des deux Nations
, eft différent ; c'eft en toute matiere.
Voici , par exemple , ce que dit
un Pere , qui après avoir perdu un fils
qui lui étoit très cher , avoit encore
éprouvé les plus cruels malheurs.
-
Vieni , o morte ; il fine è giunto
Del mortal mio grave efiglio ;
Non tardar , ch'è tempo omai.
Se nonfirfe , cifù in quel punto
Che uccidefti il caro figlio ;
Che d'aller non viſſi mai.
SEPTEMBRE. 1757. 59
Viens , ô mort , viens finir pour moi le
trifte exil de cette vie mortelle , ne differe pas ,
il est temps. Si ce n'eft que ce temps arriva
lorfque tu m'enlevas mon cherfils , je n'ai pas
vécu depuis ce moment.
Voici d'autres paroles qui feroient affez
françoifes , fi nous aimions autant les
comparaifons dans nos opera , que les Italiens
les aiment dans les leurs
, parce
qu'elles donnent lieu au muficien de peindre
& de briller.
Bramofo cacciatore
Seguendo và
La preda fugitiva ș
Alfin l'arriva ,
E ottien quel che bramò :
Ma quando fiegue un core
Crudel beltà ,
Ha innanzi ognor l'aspetto
Del caro oggetto ,
Ed ottener non può.
Un Chaffeur ardent pourfuit fa proie fugitive
; enfin il la joint , & obtient ce qu'il a
defiré mais quand on pourſuit une beauté
cruelle , on a à toute heure devant les yeux le
bien que
l'on defire avec ardeur , & on ne
Peut l'obtenir
.
Les Italiens préferent les images fortes
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
& terribles à celles qui font douces & gracieuſes.
C'est qu'ils aiment ce qu'ils appellent
Strepitofa mufica , une mufique
bruyante. Voici un morceau du premier
genre.
Le profonde vie dell' onde
Dammi , o ciel ! di rifolcar
El mio nome, e l'ardimento ,
Di Spavento
Empia ancora i liti , e'l mar ;
E farò ch' il fangue scorra ,
Frà quel liquido elemento ,
I miei torti à vendicar.
O ciel ! accorde moi de fillonner encore le
vafte fein des ondes. Que mon nom & mon
audace rempliffent encore d'épouvanto les rivages
& les mers ; & je vangerai mes injures
en faifant couler lefang fur ce liquide élement.
Au refte , le choix de ces airs ayant été
fait fur la beauté de la mufique , & non
fur celle des paroles , il ne feroit pas julte
d'en tirer une conféquence générale contre
les paroles des airs Italiens , furtout
contre celles des fcenes , & des poëmes
pris en leur entier , furtout encore contre
les poemes d'Apoftolo-zeno , & de l'Abbé
Metaftafio , les uns & les autres très- eſtimés
, principalement les derniersplus conSEPTEMBRE
. 1757 .
61
par la
nus ici que les premiers , du moins
belle traduction de M. Richelet. ( 1 ) Cependant
, en Italie comme en France , le Poëte
qui doit toujours tant de complaifance au
Muficien , lui doit des facrifices dans les
paroles des airs proprement dits , des grands
airs, & qu'ainfi ( pour le remarquer en paffant
) , nous appellons très- improprement
Ariettes . Il faut que ces paroles ne foient que
des mots bien lyriques ; & moins le fens
en fera fort de penfée & même de fentiment,
plus la mufique pourra en être forte ,
par une harmonie plus travaillée , une
mélodie plus variée , & une mefure plus
exacte dans l'exécution . Avec des mots qui
ne difent rien , la mufique vocale a toute
la liberté de l'inftrumentale.
M. de F. n'étoit point parvenu à goûter
la mufique Italienne autant que la Françoife
; mais il étoit affez porté à croire
qu'il avoit tort , & que la feule premiere
habitude lui faifoit prendre plus de plaifir
à la mufique Françoife qu'à l'Italienne . Il
( 1 ) Les Journaliſtes de Trévoux ont donné
Pextrait de quelques- uns des plus beaux Opera de
Metaftafio , non fur la traduction Françoife , mais.
fur l'original Italien . Ils ont même traduit en vers
les morceaux qu'ils ont cités. Voyez le premier
volume du Journal de Janvier , & ceux de Fevrier
& de Mars 175Z+
62 MERCURE DE FRANCE.
featoit d'une façon & jugeoit de l'autre :
peu de gens en ont la force. Il faut néan-.
moins l'avoir pour être Philofophe ; le
fentiment eft quelquefois auffi trompeur
que les fens.
La difpute fur les deux Mufiques avoir
commencé avec le fiecle , par un petit ouvrage
que l'Abbé Raguenet avoit compofé.
à fon retour d'Italie , & qu'il avoit intitulé
; Parallele des François & des Italiens an
fujet de la mufique & des opera M. de F.
en avoit été le Cenfeur ; & fon nom ne fûtil
pas au bas de l'approbation , on auroit
pu le reconnoître , ou du moins le foupçonner
, à la maniere dont elle eſt tournée.
Je crois , dit- il , que ce parallele fera
bien reçu du public , pourvu qu'il foit capable.
d'équité.
M. de Freneufe ( 1 ) écrivit contre l'ouvrage
, l'Auteur , l'Approbateur , & enfuite
contre M. Andry , qui d'abord favorable
au défenfeur de la mufique Françoife
dans le Journal des Sçavans , ceffa de
l'être lorfque l'Abbé Raguenet eut repondu,
& que M. de Frenenfe eut repliqué. Je ne
connois guere d'écrits plus vifs , plus
amers , & plus malins , que ceux que M.
(1 ) Jean- Laurent le Cerf de la Vieville-de Fre
neufe , Garde des Sceaux du Parlement de Noxmandie.
SEPTEMBRE. 1757. 63
de Frenenfe publia à cette occafion. Il n'étoit
pourtant qu'Amateur , & non Artiſte ;
mais il étoit amateur juſqu'à la paffion.
Extrême en tout , il aima l'étude avec la
même ardeur , & s'y livra avec le même
excès ; delà fa mort dans la fleur de fon
âge ( 1 ) . M. de F. qui l'avoit va à Rouen , &
depuis à Paris , m'a dit que fi quelqu'un ,
par une vivacité & une fenfibilité extrêmes,
avoit jamais mérité le nom de fou , de
fou complet , de fou par la tête & par le
coeur , c'étoit ce M. de Freneufe. Mais
comme la folie n'exclut que la raifon &
non l'efprit qu'elle fuppoferoit plutôt , M.
de Freneufe en avoit beaucoup , & même
tant , pour me fervir du mot de Sorbiere ,
qu'il n'avoit pas le fens commun. ( 2)
Sa comparaifon de la musique Italienne &
Françoife ( c'eſt le titre de fon Livre contre
celui de l'Abbé Raguenet ) iuftifie parfaite
ment le portrait que M. de F. m'a fait de
l'Auteur.
Cependant ce Livre eft curieux par un
grand nombre d'anecdores fur l'Opera
François , Acteurs & Actrices , Poëtes &
Muficiens , & c. On l'a réimprimé en Hollande
à la fuire de l'Ouvrage intitulé ,
( 1 ) Né en 1674 , il mourut en 1707 ,
33 ans.
(2) Sarberiana , page 97.
âgé de
64 MERCURE DE FRANCE .
Hiftoire de la Musique & de fes effets , en
2 vol. in- 12. Il commence à la moitié du
premier volume , & forme encore tout le
fecond. (1)
Je me fouviens qu'après la Lettre de M.
Rouffeau de Geneve fur la Mufique , dans le
fort de la difpute qu'elle renouvella , &
lorfqu'on préparoit l'Opera de Roland ,
rappellant à M. de F. l'approbation qu'il
avoit donnée au Parallele , & c. je lui
dis que cet Opera pourroit bien n'avoir pas
aujourd'hui autant de fuccès qu'il en avoit
eu autrefois , parce que les partiſans de la
muſique Italienne & des Bouffons , avoient
prédit qu'il tomberoit ; qu'ils mettoient
tout en oeuvre pour l'accompliffement de
leur prédiction ; qu'ils étoient en trèsgrand
nombre , peu adroits à la vérité, mais
très- ardens , en un mot de vrais Freneuſes ;
qu'enfin il y avoit parmi eux des gens de
beaucoup de réputation & de mérite , &
très-fupérieurs aux Raguenets ; qu'au refte
cet Abbé avoit eu aufli fon coin de folie ,
( 1 ) On trouvera de grands détails fur M. de
Freneuſe , & fur fa diſpute avec l'Abbé Raguenet
& M. Andry , dans une Lettre d'un Religieux Bémédictin
de la Congrégation de S. Maur , imprimée
dans le Mercure d'Avril 1726. Ce Bénédictin eſt
Dom Lecerf, frere de M. de Freneuse , & Auteur
de la Bibliotheque des Ecrivains de la Congréga
sion,
SEPTEMBRE. 1757. 69
ود
puifqu'il finit par fe couper la gorge, & c . ( 1 )
Eh bien , me dit M. de F , quand j'eus
tout dit , ( car il laiffoit volontiers tout dire,
& à moi- même. ) « J'applique mon approbation
du Paralelle à l'Opera de Ro-
» land. Il est très- beau , & je prédis à mon
» tour qu'il réuffira , pourvu que le public
»foit capable d'équité. » Il réuffit en effet ;
mais , foit habitude , foit équité dans le
public , l'une & l'autre furent bien fecondées
, à ce que j'ai entendu dire , par l'excellent
Acteur ( M. de Chaffé ) qui joua le
rôle de Roland.
ود
Du premier Juin.
J'en étois là , lorfque j'ai reçu l'autre
petit livre que j'avois demandé au Public
avec celui des Doutes fur les caufes occafionnelles
, je veux dire , le retour des pieces
choifies , &c. ( 2) J'y ai trouvé ce qui me
le faifoit defirer , de bonnes réflexions d'un
zélé Malebranchifte fur le livre des Doutes ,
&c. une réponse de M. de F. à ces Réflexions
, adreffée en forme de lettre à
leur Auteur , & enfin une replique de celui-
ci. Ces trois pieces font curieuſes , &
(1 ) On fçait qu'il fe la coupa avec fon rafoir.
Il étoit dans l'ufage de fe rafer lui- même .
(2) Premier volume du Mercure d'Avril , p . 65,
ligne derniere.
66 MERCURE DE FRANCE.
on les joindra au livre des Doutes , & c.
dans le fupplément des OEuvres de M. de F.
Le Malébranchifte fon adverfaire , le traite,
fans le connoître , avec toutes fortes d'égards
.
J'ai obligation du retour des pieces choifies
, &c. à M. Thierriat , dont je n'étois
point connu , non plus que de M. l'Abbé
Polonceau Recteur de l'Univerfité de
Rheims. M. T. enfeigne les humanités à
S. Florentin en Bourgogne ; & par la lettre
qu'il a bien voulu m'écrire en m'envoyant
le livre , il me paroît très- capable de les
bien enfeigner.
Jufqu'à préfent je ne connois pas d'autres
petits écrits imprimés de M. de F ,
qu'on puiffe réimprimer par fupplément
aux huit volumes de fes (Euvres. Dans le
Mercure prochain je parlerai des manuf
crits mais j'annonce d'avance que ce ne
font guere que des fragmens plus ou moins
confi lerables , des Ouvrages imparfaits , &
que prefque aucun n'eft entier , foit que
M. de F. ne les ait pas achevés , foit qu'il
en eût perdu quelques feuillets ; car c'eſt
quelquefois le commencement qui manque.
Je prie ceux qui pourroient en avoir
quelques uns , en tout ou en partie , de
vouloir bien me les remettre . Il m'a dit
plus d'une fois qu'il en avoit prêtés qu'on
SEPTEMBRE . 1757. 67
pas
ne lui avoit point rendus , & qu'il n'avoit
même redemandés . Auffi fenfible qu'un
autre , malgré toute fa philofophie , aufort
de fes Ouvrages imprimés , il étoit aſſez
indifférent à celui de fes manufcrits , du
moins lorfqu'ils étoient eux- mêmes indifférens
, & qu'ils ne traitoient pas de certaines
matieres délicates. Il m'a conté
qu'en ayant lu un de ce dernier genre à
feu M. le Régent , le Prince le lui demanda
pour le lire lui - même à tête reposée.
M. de F. refufa ; le Prince infifta , & promit
un fecret inviolable & une prompte
reftitution. M. de F. ne fe laiffant point
gagner , je vous le jure , dit Son Alteſſe
Royale. M. de F. fe taifoit , mais fon filence
étoit un refus .... Je vous le jure ,
foi de Prince.... Silence encore... Foi de
Gentilhomme. M. de F. céda , mais depuis
il redemanda en vain fon manufcrit. Il n'y
penfoit plus , lorfque long - temps après
étant allé faire fa cour à S. A. R , qu'il ne
trouva pas feule , elle le fit paffer dans
fon cabinet . M. de F. apperçut fon manuf
crit fur un bureau , le mit dans fa poche
& n'en dit rien au Prince . Il n'en fut plus
parlé.
La fuite pour un autre Mercure,
XII.
M.TAbbé Trublet.
LORSQUE
ORSQUE dans les Mercures précédens
, j'ai indiqué plufieurs morceaux de
M. de F. tant en profe qu'en vers , & tant
imprimés que manufcrits , qui ne fe trouvent
point dans la derniere édition de fes
Euvres , je ne les connoiffois pas encore
tous , & peut-être ne les connois- je pas
tous encore . Voici ceux qui font venus
depuis à ma connoiffance . Je commence
par les imprimés.
1º . J'ai parlé dans le premier volume
du Mercure d'Avril , page 76 , d'un Poëme
compofé par M. de F , pour le prix de l'Académie
Françoife en 1675 , par confé
quent lorfque l'Auteur n'avoit encore que
18 ans , & j'ai dit que le prix fut remporté
par M. de la Monnoye. Le fujet étoit : La
gloire des Armes & des Lettres fous Louis
XIV. On ne doute point que ce Poëme në
foit de M. de F , puifqu'il y mit fon nom ,
comme on peut le voir dans le Recueil de
l'Académie de ladite année .
Mais il n'eft pas moins fûr qu'il compo
fa encore , à la vérité en gardant l'anony
me , pour le prix de 1677. J'ai trouvé .
Bvj.
36 MERCURE DE FRANCE.
parmi fes papiers une copie de ce fecond
Poëme , apoftillée de fa main , & je me
fuis reffouvenu qu'il m'en avoit parlé.
Aufff l'a - t'on mis , avec plufieurs autres
pieces du même Auteur , dans le Recueil
périodique que j'ai indiqué premier volume
du Mercure d'Avril , p . 74 , & qui a
pour titre , Le petit Réfervoir , & c. Le fujer
de 1677 étoit , L'éducation de Monseigneur
le Dauphin. M. de F. fut encore vaincu par
M. de la Monnoye. ( 1 );
( 1 ) En 1714 , & ainfi au même âge de 20 ans
M. de Voltaire compofa pour le prix de l'Académie,
& fut vaincu par un homme bien inférieur
à M. de la Monnoye , par l'Abbé du Jarry, Le
Poëme couronné , au deffous du médiocre , du
côté de la poésie , étoit encore gâté par une méprife
qui fuppofoit dans le Poëte une ignorance
groffiere en matiere de phyfique & même de
fimple géographie. Un de fes vers commençoit
par Poles , glacés , brûlans , &c . Le Vainqueur fut
très-plaifanté dans le temps , furtout par le vaincu;
& comme de pareilles occafions de plaifanter
ne laiffent pas que d'être rares , M. de V. eft revenu
plufieurs fois à la charge. Cela n'a pas empêché
que le Poëme , imprimé d'abord avec fes
poles glacés & fes poles brûlans , dans le Recueil de
PAcadémie de 1714 , ne l'ait encore été de même:
dans celui de toutes les Pieces couronnées jufqu'en
1747. Cependant l'Abbé du Jarry avoit
Gorrigé fa méprife dès 1715 ; & dans le Recueil
qu'il donna alors de fes Poéfies , parmi lesquelles
Le trouve ſon Poëme , au lieu de poles , il mit ch
SEPTEMBRE. 1757: 37
Page 79 du même Mercure , j'ai indiqué
un autre Recueil contenant beaumats
. Ce dernier mot eft jufte ; mais l'autre étoit
plus poétique , parce qu'il eft moins commun ; &
voilà , fans doute , ce qui le fit préférer au Poëte.
Il feroit aifé de citer plufieurs autres exemples ,
à la vérité un peu moins forts , de la préférence
donnée par des Poëtes célebres fur le mot propre
& jufte , à un mot plus harmonieux , plus noble ,
moins ufité , & par- là , difent- ils , plus poétique ,
mais fouvent très -impropre , & fur cela voici une
petite anecdote affez plaifante.
Un jeune Poëte vint lire à feu M. Danchet des
vers , qu'il avoit faits fur la maîtreffe ; la piece
débutoit ainfi :
Maifon, qui renfermez l'objet de mon amour , &c.
Danchet interrompit le Lecteur avec vivacité.
Maiſon eft bas , lui dit-il , trop commun du moins ..
Il y en a tant d'autres à choisir . Mettez palais ,
beaux lieux , &c . Mais , repliqua le Poëte , c'est
une maison de force.
Pour revenir à l'Abbé du Jarry , dont je n'aurois
peut être jamais d'autre occafion de parler , fi
pourtant celle- ci en eft une , je dirai en paffant
que ce mauvais Poëte a fait quelques vers trèsheureux
; ceux- ci , par exemple , dans un Poëme
couronné par l'Académie en 1679. Le fujet étoit ::
Que la victoire a toujours rendu le Roi plus facile
à la paix. Après avoir dit que ceux des Princes
ligués contre S. M. que leur impuiffance avoit
prudemment engagés à fe foumettre , en avoient:
été épargnés , au lieu que ceux qui avoient cru
pouvoir lui réfifter , étoient tombés fous fes coups
38 MERCURE DE FRANCE .
coup de pieces de M. de F. & imprimé au
commencement de cette année , fous le
vengeurs , le Poëte ajoute cette comparaiſon à la
fois fi jufte & fi poétique :
Pareils à ces rofeaux qu'on voit baiſſant la tête ,
Réfifter par foibleffe aux coups de la tempête ,
Pendant quejusqu'aux cieux les cedres élevés ,
Satisfont par leur chûte aux vents qu'ils ont bravés.
Qu'on me permette de citer encore du même
Poëte deux autres beaux vers , mais d'un carac
tere différent . Ils fe trouvent dans une Epître ou
l'Auteur annonçoit à un ami qu'il alloit prendre
le parti d'une entiere retraite. Elle finit ainfi :
Caché dans ma retraite , & comme enfeveli ,
De quelques jours j'avance un éternel oubli.
L'Abbé du Jarry remporta encore le prix de
l'Académie en 1683 , ou du moins il le partagea
avec M. de la Monnoye . Les deux pieces ayant eu
un égal nombre de fuffrages , l'Académie fit frapper
deux Médailles , chacune valant moitié du
prix , & elles furent données aux deux Auteurs.
C'eft l'unique fois que ce partage eft arrivé .
L'Abbé du Jarry étoit Prédicateur , & il a fait
imprimer des Panégyriques & des Oraifons funebres
, qui , fans être du premier mérite , ont des
beautés , entr'autres l'Oraifon funebre de M. Fléchier.
N'eft il pas fingulier qu'un Orateur de profeffion
ait remporté des prix de Poésie , plutôt que
des prix d'Eloquence ? La même chofe eft arrivée
à M. l'Abbé Séguy , à Paris & à Toulouſe. Ce fait
dit bien des chofes , fi c'étoit ici le lieu de les
י
SEPTEMBRE. 1757. 39
titre de Porte-feuille , & c. On y trouve
(tom. 2 , p. 72 ) , après les deux Lettres de
Mademoiſelle de Launay & de M. de F.
dire , & pourroit être le fujet d'une bonne Differ
tation littéraire. Très - peu de Prédicateurs de réputation
ont remporté des prix d'Eloquence dans
les Académies. Je ne me rappelle même que le
P. Rainaud , de l'Oratoire (1 ) . Beaucoup de Poëtes
très-médiocres , pour ne pas dire davantage ,
ont remporté des prix de Poéfie . Je ne nommerai
que le Poëte Gacon . En général , la profe des
Recueils académiques eft fupérieure aux vers
qu'on y trouve , & la raiſon n'en eft pas feulement
que les vers font plus difficiles que la profe , &
que néanmoins le Lecteur y eft plus difficile auffi ;
c'eft encore parce que les meilleurs efprits font
plutôt profateurs que Poëtes. Cette propofition
paroîtra peut- être un paradoxe , même à de bons
efprits , & paroîtra certainement un blafphême à
la plupart des Poëtes. Je me flatte pourtant que
les plus eftimables feront de mon avis dans le
fonds de leur coeur , du moins ceux qui écrivent
auffi -bien en profe qu'en vers , & , par exemple ,
M. de Voltaire . J'ai toujours penfé , & en le penfant
j'ai cru lui faire honneur , qu'il n'étoit pas
auffi éloigné de l'opinion de M. de la Motte fur
les vers , qu'il l'a paru dans ce qu'il a écrit pour
la combattre , ou que du moins il s'en eft fort
rapproché depuis. Quant à M. de F , il feroit
fuperflu de dire qu'il en étoit abfolument , quoique
, comme M. de la Motte , il aimât auffi beaucoup
les vers , & peut- être même plus que la
poésie.
(1) Il eft forti cette année de cette Congrégation
40 MERCURE DE FRANCE .
fur l'aventure de Mlle Tétar , & avant
une Réponſe de M. de F. à une Lettre de
M. de Voltaire , écrite de Sully ( 1 ) , on y
trouve , dis je , mais fans nom d'Auteur ,
un Poëme fur Le foin que le Roi prend de
( 1 ) M. de V. a fait imprimer fa Lettre & une
partie de la Réponse de M. de F. dans plufieurs
éditions de fes OEuvres . Dans la derniere , où elle
eft en entier ( t. 2 , p. 238 ) , à un vers près , mais
le meilleur de la piece , il a ajouté cette note :
« Cette Réponse de M. de Fontenelle eft très-
» mauvaiſe ; il en fit une autre adreffée à Mada-
» me la Maréchale de Villars , qui vaut beaucoup
» mieux , & dans laquelle eft ce vers : Il faut des
» hochets pour tout âge. Mais nous n'avons pu
retrouver cette piece. »
On ne comprend rien à cette note.
r°. Le vers n'eft pas cité exactement
de V , & M. de F. avoit dit :
Il eft des hochets pour tout âge.
2º. Ce vers étoit après ceux- ci :
J'avouerai bien , & j'en enrage ,
Que le fçavoir & la raison
Ne font auffi qu'un badinage ,
Mais badinage de Grifon ;
Il eft des hochets pour tout âge.
par M..
3. On ne connoit point la Réponſe adreffée
à Madame la Maréchale de Villars.
4º. Celle à M. de V , la feule qui exiſte , eft
wès- défigurée dans l'édition de Geneve „ 1756,
SEPTEMBRE . 1757. 41
l'éducation de la Nobleffe dans fes Places &
dans S. Cyr. C'est le fujet que donna l'Académie
Françoiſe en 1687. Si je connoiffois
l'Editeur de ce Recueil , je lui demanderois
s'il croit ce Poëme de M. de F , &
fur quelles preuves il le croit ; car M. de
F. ne m'en a jamais rien dit. Quoi qu'il en
foit , l'Ouvrage ne me paroît pas indigne
de lui , & j'y trouve affez fa maniere. Cependant
le prix fut donné à une Ode de
Mlle Deshoulieres , fille de la célebre Dame
de ce nom. Comme celle - ci ne mourut
qu'en 1694 , & âgée feulement de 56 ans ;
elle cut peut- être grande part , du moins
par fes confeils , à la Piece couronnée , fi
même elle n'en eft pas l'unique & véritable
Auteur. L'Ode me paroît pourtant inférieure
au Poëme, & je doute que l'Académie de
1757 jugeât comme celle de 1687. Mais
peut-être que l'infériorité de l'Ode fut
excufée , ou même moins fentie , parce
que l'Auteur y déclaroit fon fexe , & qu'on
fçut qu'il ne trompoit point .
Dans un fuperbe enclos , où la fageffe habite ,
Où l'on fuit des vertus les fentiers épineux ,
D'un âge plein d'erreurs mon foible fexe évite
Les égaremens dangereux.
D'ailleurs, il ne faut qu'un très- mauvais
vers pour faire manquer le prix à une pie
142 MERCURE DE FRANCE.
ce meilleure , à tout prendre , que celle
-qu'on lui prefere . Or il y en a un trèsmauvais
dans le Poëme. L'Auteur parlant
des Compagnies de Cadets créées en 1682 ,
dit :
Tous ces jeunes Guerriers inftruits de ce qu'ils
doivent
Au bras qui les foutient , au fecours qu'ils reçoi
vent ;
Fiers de porter le nom d'éleves d'un Héros ,
Brûlent de quitter l'ombre & le fein du repos.
De fes nobles leçons qu'il leur demande compte,
Que fa justice excite une vengeance prompte ,
Ils partent , &c.
Voilà , je le répete , un bien mauvais
vers , & on fçait d'autant moins ce que
fignifie excite , qu'il paroît d'abord' fignifier
quelque chofe. Quelqu'un de mes Lecteur
dit fans doute que ce n'eft là qu'une
faute d'impreffion , une faute auffi aiſée à
corriger qu'à appercevoir , & qu'il faut
lire exige au lieu d'excite. Je le penfe auffi .
Cependant cette faute fe trouve , & dans
le Recueil de l'Académie , & dans le Portefeuille
, &c. N'étoit - elle donc point dans
le manufcrit même fur lequel la piece fut
jugée , & ainfi une faute , non du Poëte
fans doute , mais de fon Copifte , plutôt
que de l'Imprimeur
SEPTEMBRE . 1757. 43
Si ce Poëte eft M. de F , & qu'il eût
été couronné , il eût obtenu en 1687 la
double couronne des vers & de la profe ;
car il remporta le prix d'Eloquence par
fon Difcoursfur la patience. C'eft peut- être
une raifon de lui attribuer le Poëme. M.
de F. penfoit dès-lors à fe préfenter pour
l'Académie , & s'y préfenta en effet l'année
fuivante , quoique , comme on le fçait , il
n'ait été élu qu'en 1691. Or deux prix en
deux genres , remportés dans la même année
, auroient ajouté un titre à tous ceux
qu'il avoit déja ; & ce nouveau titre ,
quoique le plus foible , pouvoit bien paroître
le plus fort .
Je demande pardon d'un détail auffi
minutieux ; mais il intéreffe peut - être M.
de F.
2º. Lettre en réponſe à une autre , qui
contenoit une difficulté contre un endroit
de la pluralité des Mondes. J'ai les deux
Lettres.
3. Eclairciffemens fur la premiere partie
de l'extrait que les Auteurs du Journal
Littéraire avoient donné des Elémens de la
géométrie de l'Infini. Ces Eclairciffemens
font dans le tome 16 de ce Journal.
On voit par ces deux écrits , & par un
troifieme dont je parlerai plus bas , que
M. de F. n'étoit pas auffi décidé qu'on l'a
44 MERCURE DE FRANCE.
dit , à ne répondre à aucune critique ; il
auroit eu tort de l'être. Il l'étoit néanmoins
à l'égard des critiques d'ouvrages
de pur agrément. Quoique dans ce dernier
cas , une réponſe puiffe être fort
agréable , utile même par les principes de
goût qu'on y aura répandus , elle eft ordinairement
fuperflue ou inutile à l'ouvrage
critiqué. S'il eft bon , la critique ne lui a
pas fait grand mal , ou ne lui a fait qu'un
mal paffager. S'il eft mauvais ou médiocre
, une réponse à une critique qui l'a
prouvé tel , ne lui fera aucun bien. D'ail
leurs , les critiques de cette efpece d'ouvrages
ne font fouvent que des plaifanteries
, des railleries , & l'on n'y pourroit
guere répondre que par d'autres. Mais celles-
ci , fuffent -elles meilleures , & couvriffent-
elles l'agreffeur du ridicule qu'il a
voulu donner , il y auroit encore plus à
perdre qu'à gagner pour le fage. ( 1 )
( 1 ) Voir la Lettre à M. L. M. D. S. A. à la tête
du Jugement de Pluton fur les Dialogues des Morts.
Ce Jugement eft une véritable critique de ces
Dialogues , & M. de F. ne le donna point fous
fon nom . La Lettre que je cite eft fignée D. H.
J'ignore fi les lettres initiales de l'adreffe , indiquent
un nom & un homme réels . S'il s'agiffoit
d'un Ouvrage très - poftérieur au Jugement de
Pluton ( il parut en 1684 ) , je ne balancerois pas
à croire que la lettre qui le précede eft adreffée
SEPTEMBRE. 1757. $
>
45
Quant aux critiques d'ouvrages
de
fcience , il eft fouvent utile & même né- >
ceffaire d'y répondre
, lorfqu'on
eft en
état de le bien faire ; & on le doit à la vérité
, furtout fi c'eft une vérité importante
, autant qu'à fa propre réputation . Si
M. de F. ne repliqua point au P. Baltus
on en devine aifément les raifons . Feu M.
du Marfais avoit repliqué pour M. de F ,
non feulement fans y être invité
lui
, par
mais encore malgré lui . Le P. le Tellier empêcha
que fon livre ne fût imprimé . M. de
F. m'a conté que lifant la Réponse du P.
Baltus ( c'eft le titre de l'ouvrage
) , trouvant
à chaque page qu'une replique feroit
très-aifée , & l'envie de la faire devenant
de moment en moment plus forte ,
il avoit fermé le livre de peur de fuccomber
à la tentation , & pris la réfolution
de n'en pas achever la lecture. Il m'a
affuré qu'il l'avoit tenue , & qu'il n'avoit
jamais lu l'ouvrage en entier . En cette
matiere , comme en quelques
autres , la
fuite eft fouvent pour les plus forts l'unique
moyen de vaincre . ( 1 )
à M. le Marquis de Saint- Aulaire , fi lié depuis
avec M. de F. mais je doute qu'il le fût déjà en
1684 , puifque M. de F. ne s'étoit pas encore fixé
à Paris.
(1 ) Voici ce que M. de F. écrivit là deffus lo
46 MERCURE DE FRANCE.
Il y a plus encore , M. de F. n'avoit aucun
empreſſement pour lire ce qu'on écri-
3 Août 1707 au célebre M. le Clerc , qui dans la
Bibliotheque choisie ( t . 13 , 1707 ) avoit pris la
défenſe de l'Hiftoire des Oracles contre la Réponse
du P: Baltus.
€ « Je ne répondrai point au Jéfuite de Stras-
» bourg , quoique je ne croye pas l'entrepriſe im-
» poffible ; mais l'Hiftoire de l'Académie des Scien-
» ces me donne trop d'occupation , & tourne
>> toutes mes études fur des matieres trop diffé-
-rentes de celles - là . Ce feroit plutôt à M. Van-
» Dale à répondre qu'à moi ; je ne fuis que fon
» interprete , & il eft mon garant. Enfin je n'ai
» point du tout l'humeur polémique , & toutes les
querelles me déplaifent . J'aime mieux que le
» Diable ait été Prophete , puifque le P. Jéfuite
» le veut , & qu'il croit cela plus orthodoxe. ر د<<
Je ne crois pas que cette Lettre ait été imprimée.
Je la tiens de M. Boullier , qui l'a tirée de la
Bibliotheque des Remontrans à Amſterdam. Il
croit qu'on y en conferve encore quelques autres
de la même main ; je les lui ai demandées.
a pour
L'article de la Bibliotheque choisie auquel a
rapport la Lettre de M. de F. à M. le Clerc ,
titre : Remarques fur le démêlé qui eft entre M. de
Fontenelle , Auteur de l'Histoire des Oracles , &
le P. Baltus , Jéſuite , Auteur de la Réponse à
cette Hiftoire , &c. le Journaliſte donne ces remarques
comme l'ouvrage d'un autre ; je les crois de
lui- même , & on le foupçonneroit à la maniere
feule dont il en parle en les annonçant. Dailleurs,
fes autres Ouvrages y font cités plufieurs fois . Enfin ,
la plupart de ces Remarques font très- bonnes & trèsjudicieuſes.
Cet Auteur , quel qu'il foit, dit dès le
SEPTEMBRE . 1757. 47
voit contre lui ; il ne le lifoit que lorfque
le hazard le faifoit tomber entre fes mains,
α
commencement de fon écrit , « qu'ily a pu avoir des
>>- oracles véritablement rendus par desDémons, ou
» par des Intelligences qui font au deffus de la na-
» ture humaine , quoiqu'il ne doute point que des
>> hommes n'aient fouvent été les auteurs des ré-
» ponfes qu'on attribuoit à ces Intelligences . » Il en
conclur que M. de F. & le Pere B. font allés, chacun »
de fon côté, un peu trop loin. Mais quand il vient
au détail , il eft prefque toujours pour M. de F ,
& le défend prefque furtout contre le Pere B.
De plus , il ne parle jamais du premier qu'avec
beaucoup d'eftime , & peut- être ne ménage-t'il
affez le fecond . Mais M. le Clerc étoit Protef
tant. D'ailleurs le Pere B. avoit auffi trop peu
ménagé M. de F, & l'Auteur des Remarques l'en
blâme en plus d'un endroit . Je n'en citerai qu'un.
pas
* «
« Notre Auteur , dit celui des Remarques , qui
Ds'adreffe perpétuellement à M. de F , comme s'il
Dle fermonoit , & qui lui parle avec beaucoup
» d'autorité , gliffe en divers endroits des fuppofitions
, comme fi c'étoient des vérités claires
>>& fe met à le cenfurer avec gravité , comme fi
» le ton dont on dit les chofes , fervoit à les rendre
démonftratives . Je crois que M. de F. s'en
plaindra , au moins à fes amis , s'il ne le fait
» publiquement. Cet habile homme , &c . »
Cette louange d'habile hømme revient plus d'une
fois. Mais en voici une qui caractériſe encore plus
précisément M. de F. Le Pere B. ayant avancé qu'il
ne voyoit pas ce que l'Auteur de l'Hiftoire des Oracles
pourroit répondre à &c . celui des Remarques ,
dit : Je m'imagine qu'un homme d'un efprit auffi
v pénétrant & auffi éclairé que lui , ne manquera
a
110.
48 MERCURE DE FRANCE.
& ce hazard étoit affez rare . Traité avec
beaucoup d'égards dans les fociétés qu'il
» pas de replique , s'il veut fe donner la peine d'en
» chercher. Mais je répondrai pour lui , en atten :
» tendant , que , &c. »
Dans les nouvelles de la République des Lettres,
Mai 1687 , article premier , on trouve une Lettre
de M. Van- Dale à un de fes amis au fujet de
'Hiftoire des Oracles. En voici le début :"
« J'ai lu avec bien du plaifir l'Hiftoire des Ora-h
» cles faite par unAuteur François, où je fuis copié :
» fidélement. J'approuve la liberté qu'il s'eft don
» née de tourner ce que j'avois avancé dans mes
» deux Differtations fur ce fujet , au génie de fai
» Nation.
>> Celui de nos peuples eft un peu différent : ils
» fe défient furieufement du tour de l'efprit & dès
» graces du langage , & ne fe fatiguent point , en
» matiere de faits conteftés , du nombre des preu-
» ves , pourvu qu'elles foient folides & finceres.<
» Je fuis fort fatisfait que l'ingénieux Auteur des
» Dialogues des Morts ait jugé les miennes de cette
» nature , & qu'il ait eu la bonté de les appuyer
» de beaucoup des fiennes , qui font convain-
>> cantes & judicieuſes. Il eft vrai qu'il change
» & renverſe terriblement toute l'économie de
» mon Ouvrage , dont il témoigne dans la préface
avoir eu d'abord le deffein de fe rendre feule
» ment le Traducteur . »
Deftruit , adificat , mutat quadrata rotundis.
» Mais loin de le trouver mauvais , je le loue
» d'avoir facilité la connoiffance de cette impor-
» tante queſtion aux honnêtes gens de l'un & de
fréquentoit 2
SEPTEMBRE . 1757. 49
fréquentoit , égards qu'il s'attiroit autant
par ceux qu'il avoit lui -même , que par fa
>> l'autre fexe de fon pays , & j'avoue qu'il a eu
» raifon de les décharger de la peine de lire quan-
» tité de citations ennuyeuſes. Mais ce fçavant &
» galant homme me pardonnera fi je dis qu'il a
» oublié des chofes importantes , & qui pouvoient
» être plus décifives & moins ennuyeufes que
» d'autres , dont il a fait emploi dans fon Ouvra-
» ge. C'eft peut - être un malheur pour la cauſe
» qu'il foutient avec moi , qu'il ne foit pas dans
» un pays de liberté car je ne puis imputer à
>> une autre raiſon le filence qu'il a gardé , où les
» déguifemens qui femblent l'avoir commandé
» faits de conféquence. »>
M. Van-Dale explique enfuite en quoi confiftent
ce filence & ces déguisemens . « M. de F , dit-
» il , paffe l'éponge fur ce que j'avois écrit des
livres Sybillins.... Il n'a point voulu toucher
» à la vifite que Saül , troublé d'eſprit , rendit
» la prétendue Magicienne d'Endor . Ces deux
» faits de fi grand éclat où la fourberie une fois
» bien prouvée , porte un fi grand coup à toutes
» les autres que nous combattons , méritoient- ils
» d'être enfèvelis dans un fi profond filence par
» notre Auteur ? >>
M. Van-Dale examine de nouveau ces deux
faits , principalement le dernier.
Il dit plus bas : « Je fuis bien loin de mon
>> compte , fi notre Auteur a parlé fincérement
» lorsqu'il a dit dans fa Préface: Je déclare que fous
» le nom d'Oracles , je ne prétens point comprendre
» la magie , dont il eft indubitable que le Démon
» fe mêle. . . . En vérité cet habile homme a trop
» de lumieres pour ne pas voir que l'un n'eft pas
C
go MERCURE DE FRANCE.
grande réputation & la confidération dont
il jouiffoit , on n'alloit guere lui dire ,
» mieux fondé que l'autre. » C'eft- à- dire , la
magie que les Oracles.
Il cite enfuite plufieurs paffages des Anciens ,
par lefquels on voit qu'ils regardoient la magie
comme une fourberie. Il cite entr'autres Ciceron
& Pline.
« Après cela , continue M. Van-Dale , com-
» ment notre Auteur qui les avoit lus fans doute ,
» a-t'il écrit fi hardiment que les habiles Payens
» regardoient la magie d'un autre ceil que les
>> Oracles » ;
M. Van-Dale ne comprend pas que M. de F,
ait voulu prouver par l'autorité des Poëtes , furtout
de Lucain , que la magie s'exerçoit par
l'intervention du Diable . « Où en fera- t'on , dit-
>> il , fi l'on croit de bonne foi Virgile , lorfqu'il
» dit ( Eglogue 8 ) que les vers ou les charmes font
» defcendre la Lune des Cieux ? &c, »
Enfin M. Van-Dale dit nettement que fi on
laiffe la magie aux Démons , on ne peut pas leur
ôter les Oracles.
Mais fi le témoignage des Poëtes & des beaux
efprits n'eft d'aucun poids , lorfqu'ils paroiffent
croire aux Magiciens , aux Devins , & c. il n'en
eft pas de même , felon M. Van- Dale , lorfqu'ils
s'en moquent & de ceux qui y croient , furtout
s'ils le font publiquement , & avec la permiffion
du Magiftrat ; car il réfulte de- là non feulement
que l'opinion immolée à la rifée publique , n'eſt
qu'une fottife populaire ; mais encore que ceux
qui ont l'autorité en main , ont penſé qu'il étoit
utile d'en défabufer le peuple , quoiqu'il ne le fût
peut-être pas de lui ôter tous fes préjugés,
SEPTEMBRE. 1757 .
sr
quoiqu'on l'eût pu fans lui faire beaucoup
de peine , qu'il couroit une Epigramme
contre lui ; qu'il étoit malignement attaqué
dans une brochure , &c . & de fon côté
il ne faifoit guere de queftions relatives à
lui-même & à fes écrits. Il n'avoit point
cette curiofité , fi vive dans la plupart des
Auteurs , de fçavoir le mal qu'on dit de
M. Van-Dale cite donc avec complaifance le
Livre intitulé , le Comte de Gabalis & la Comédie
de la Devinereffe. « Je ne compte pas pour rien ,
» dit-il , ce qui a été joué publiquement , à Paris
» même , dans cette Comédie ; car j'y trouve une
» partie des fecrets de ces fourbes , affez agréa
» blement découverts. »
On fçait que le fçavant Pere Thomaffin ( & M.
de F. n'a pas manqué de le citer ) avoit déclaré en
termes formels dans la Méthode d'étudier & d'enfeigner
chrétiennement les Poetes : « Que les Ora-
» cles n'étoient que des impoftures où les hom-
» mes fe trompoient les uns les autres par des
» paroles obfcures & à double fens. »
Le Journal des Sçavans donna en 1707 un extrait
fort étendu du Livre du Pere Baltus. « On a laiffé
» jouir M. de F. pendant 20 ans, dit le Journaliſte ,
», de toute la gloire qu'il pouvoit recueillir d'un
>> Ouvrage où il occupoit agréablement le Pu-
» blic , fans prétendre le moins du monde inté
» reffer le Chriftianifme. Quel Ecrivain , après
» une fi longue poffeffion , ne croiroit fon fenti
» ment à couvert de la cenfure ? Voici pourtant
» un Adverfaire qui vient d'entrer en lice contre
» M. de F , au fujet des Oracles. Il traite l'affaire
» fur un ton fort férieux , &c . »
Cij
52 MERCURE DE FRANCE.
leurs Ouvrages ( car ils fçavent bien qu'on
en dit toujours ) , de le fçavoir exactement
& dans le plus grand détail , & furtout de
connoître ceux qui le difent. Auffi ignoroit-
il jufqu'à l'exiftence de plufieurs de
ces Epigrammes & de ces brochures ; & il
l'a quelquefois dit , mais fimplement & fans
malice, à leurs Auteurs mêmes, qui perfuadés
qu'il ne pouvoit ignorerqu'ils avoient
écrit contre lui , venoient lui en marquer
leur repentir vrai ou faux. J'en connois
un entr'autres qui fut très - fâché d'avoir été
apprendre à M. de F. ce qu'il n'auroit jamais
fçu fans lui , & bien plus piqué encore
qu'il ne le fçût pas.
4°. Deux lettres fur le Tutoiement parmi
celles de M. Vernet fur le même fujet.
en 1752. Ce recueil eft très connu , &
mérite de l'être . Il s'agiffoit de fçavoir
fi dans les traductions Françoifes de la bible
, il faut conferver le tutoiement de l'original
. M. de F. eſt pour l'affirmative , &
ainfi de l'avis de M. Vernet qui l'avoit confulté
( 1 ) . Comme les lettres de M. Vernet ,
imprimées à la Haye , ne font pas entre
les mains de tout le monde , je citerai un
morceau d'une de celles de M. de F.
(1 ) Bayle penfoit autrement. Voyez parmi fes
Lettres la 80 & la fuivante,
SEPTEMBRE . 1757. 53
و د
و ر
"Notre Vous étant undéfaut des Lan-
>> gues modernes , il ne faut point cho-
" quer la nature en général , & l'efprit de
l'ouvrage en particulier , pour fuivre ce
» défaut. Je crois que ces remarques au-
» roient lieu à l'égard de tout livre facré
» d'une Religion quelconque , comme l'Al-
» coran , les livres Religieux des Guebres ,
» &c. Comme la nature de ces livres , eft
» de devoir être refpectés , il fera toujours
bon de leur faire garder le caractere
original , & de ne leur jamais donner
des tours d'expreffion populaire. L'exemple
de nos traducteurs qui ont affecté
» le beau langage , ne doit pas plus être
fuivi que celui du Prédicateur du Specta-
» teur Anglois , qui difoit , que , s'il ne
craignoit pas de manquer à la politeffe, &
» aux égards qu'il devoit avoir pour fes
» Auditeurs , il prendroit la liberté de
» leur dire que leurs déportemens les méneroient
tout droit en enfer.
ور
ور
"
و د
و د
s
"
"3 "
M. de Montesquieu , confulté auffi par
M. Vernet , avoit répondu comme M. de
F , & s'étoit déclaré pour le Tutoiement.
Cet avis fut attaqué par des Proteftans même
, quoiqu'ils duffent plutôt en être que
des Catholiques , entr'autres par l'Auteur
de l'écrit intitulé , Remarques fur une dif
fertation qui traite de l'ufage du toi & du
C iij
54 MERCURE DE FRANCE.
vous dans une verfion de la bible . Cet écrit
très bien fait , eft daré de Geneve , premier
Juin 1752 , & fe trouve dans la Bibliotheque
impartiale ( 1 ) , même année , tome
fix , troifieme partie , page 307. L'Auteur
des Remarques n'avoit garde de ne pas
répondre à deux fuffrages d'auffi grand
poids que ceux de MM. de M. & de F. Le
premier ne l'embarraffe guere. L'Auteur des
Lettres Perfannes , dit-il , avec son goût
oriental , ne pouvoit manquer d'être pour le
toi.
M. de F. l'embarraffe davantage , & il
ne l'expédie pas ainfi en un mot. Je rapporterai
néanmoins le paffage en entier ,
quoi qu'un peu long , parce que M. de F.
y eft affez bien caractériſé ; j'ajoute , parce
qu'il y eft juſtement critiqué. J'ai déja
donné plus d'une preuve de fincérité fur
fon compte. Voici donc le paffage.
"
« Le fuffrage de M. de F. n'eft pas fi aifé
à expliquer. S'il avoit
paru s'échauffer
pour les anciens " on pourroit
croire
qu'il regarde
leur toi comme
quelque
chofe de facré qu'il falloit conferver
,
(1 ) C'est le titre d'un Journal imprimé en Hol-
Lande , & ainfi peu répandu en France. M. Formey
, Secretaire de l'Académie de Pruffe , étoit
d'abord feul à le faire . Il y travaille encore aujour
d'hui , mais il aplufi curs affociés,
;
SEPTEMBRE . 1757. 55
23
furtout dans nos verfions de la bible :
» mais dans la fameufe difpute des An-
» ciens & des Modernes , il ne parut point
» un admirateur outré de tout ce qui nous
» vient de l'antiquité. Je crois donc que fa
réponſe a été dictée par la politeffe ; elle
n'eft pas même fi décifive qu'on voudroit
» nous le perfuader. Celui qui l'avoit
» confulté , l'avoit averti , en lui propo-
» fant la queftion , que nous voulions gar-
» der le Tutoiement , foit quand Dieu parle
» à l'homme, foit quand l'homme s'adreſſe
» à Dieu. Qu'a donc fait M. de F ? Il a ex-
» cufé le vous des Catholiques , & approuvé
également notre Toi ; mais il
conclut que le mieux , feroit de s'en te-
» nir uniformément , ou à l'un ou à l'au-
»tre. On en a inféré que pour des gens
» réfolus à retenir le Tutoiement dans une
partie de la verfion , comme en parlant
, à Dieu , on doit le retenir partout , pour
» éviter la bigarrure .
D
"
"
» Il paroît dans cette réponſe de M. de
» F. qu'il a analiſé la queſtion en vrai Phi
» lofophe ; mais on n'y trouve pas tout-à-
» fait le bon critique. En voici un exemple.
Dans une traduction de l'Ecriture
» Sainte , dit-il , Dien ne dira jamais nous
» au lieu de je : il est trop effentiellement un
»feul ; c'est là ſa ſuprême élévation. Com-
23
Civ
56 MERCURE DE FRANCE.
" ment M. de F. veut- il donc qu'on tra-
» duife , faisons l'homme à notre image ? Et à
» l'occafion de la tour de Babel ; defcendons
» & confondons leur langage ( 1 ) . Mais s'il
ne s'eft pas bien fouvenu de fa Geneſe , en
écrivant fa réponſe , il paroît , comme je
l'ai déja remarqué , qu'il n'a pas oublié
»fa politeffe ordinaire.
»
»
30
و د
» Un homme d'efprit me difoit à l'occafion
de cette lettre , qu'on devoit faire
peu de fonds fur ces fuffrages mendiés ;
" que quand il lui importeroit d'en avoir
» des pays étrangers , il fe faifoit fort d'en
» être toujours bien pouryu ; que tout dépend
de la maniere de propofer le fenti-
» ment qu'on veut faire approuver . Dès
qu'on paroît s'y intéreffer beaucoup , le
fçavant que vous confultez , pour peu
» qu'il fçache vivre , fe gardera bien de
» vous contredire .
و ر
ود
ور
"
»
» Il s'agiroit donc de fçavoir fi on a confulté
M. de F. avec beaucoup de fang
» froid , ou fi on lui aura paru s'affection-
» ner beaucoup pour le Toi . C'eft fur quoi
» nous n'avons que des conjectures. Mais
» à en juger par les écrits que nous avons
» vus , l'Auteur s'étoit fort échauffé fur
» fon fujet. »
- ( 1 ) Gen. I , 26. XI , 7.
SEPTEMBRE. 1757. 57
5. Traductions en profe de plufieurs Cantates
& airs Italiens . Elles furent faites
pour le concert Italien qui fe tenoit en
1724 , chez M. Crozat , le cadet , & qui
fe tint depuis dans une falle du château des
Thuilleries. J'étois le bel efprit de ce concert,
difoit quelquefois , M. de F. Comme il
ne fut tiré que peu d'exemplaires du livre
qui contenoit ces traductions avec l'Italien
a côté; qu'il ne fut donné qu'aux afſociés ,
& qu'ainfi il eſt aujourd'hui très - rare , j'en
mettrai ici l'avertiffement qui eft trèscourt.
و د
« Ces Ariettes Italiennes ayant été déta-
" chées d'un grand nombre de différens
» opera , il faut fuppofer qu'elles avoient
" aux fujets & aux fituations des pieces ,
» un rapport qu'on ne découvre plus dans
» la plupart qu'affez imparfaitement.
"
" On n'a traduit ces paroles que pour
" faire mieux goûter les airs qui les expriment
, fouvent attachés aux mots ; &
» par cette raifon , on a rendu la tradue-
» tion la plus littérale qu'il fût poffible ,
quoiqu'elle puiffe en cet état n'être pas
>> affez avantageufe aux Poëtes.
"
Mais on fçait que le génie des deux
» langues , l'Italienne & la Françoiſe ,
» eft très différent , & que furtout en
matiere d'amour & de galanterie , dont
·
C v
58 MERCURE DE FRANCE.
il est principalement queſtion ici , leur
ftyle ne reffemble prefque point. »
"
En voici bien la preuve dans l'Ariette
fuivante :
Col raggio placido della speranza
Lamia cofianza
Lufinghi in me :
Cofi queft'anima di più non chiede ,
Che la fua fede ,
La fua mercè.
Tu flantes ma conftance de quelque doux
rayon d'espoir. Je ne demande rien de plus
pour récompenfe que ma fidelité même .
Ce n'est pas feulement en matiere d'amour
& de galanterie , que le génie des
deux langues ou plutôt des deux Nations
, eft différent ; c'eft en toute matiere.
Voici , par exemple , ce que dit
un Pere , qui après avoir perdu un fils
qui lui étoit très cher , avoit encore
éprouvé les plus cruels malheurs.
-
Vieni , o morte ; il fine è giunto
Del mortal mio grave efiglio ;
Non tardar , ch'è tempo omai.
Se nonfirfe , cifù in quel punto
Che uccidefti il caro figlio ;
Che d'aller non viſſi mai.
SEPTEMBRE. 1757. 59
Viens , ô mort , viens finir pour moi le
trifte exil de cette vie mortelle , ne differe pas ,
il est temps. Si ce n'eft que ce temps arriva
lorfque tu m'enlevas mon cherfils , je n'ai pas
vécu depuis ce moment.
Voici d'autres paroles qui feroient affez
françoifes , fi nous aimions autant les
comparaifons dans nos opera , que les Italiens
les aiment dans les leurs
, parce
qu'elles donnent lieu au muficien de peindre
& de briller.
Bramofo cacciatore
Seguendo và
La preda fugitiva ș
Alfin l'arriva ,
E ottien quel che bramò :
Ma quando fiegue un core
Crudel beltà ,
Ha innanzi ognor l'aspetto
Del caro oggetto ,
Ed ottener non può.
Un Chaffeur ardent pourfuit fa proie fugitive
; enfin il la joint , & obtient ce qu'il a
defiré mais quand on pourſuit une beauté
cruelle , on a à toute heure devant les yeux le
bien que
l'on defire avec ardeur , & on ne
Peut l'obtenir
.
Les Italiens préferent les images fortes
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
& terribles à celles qui font douces & gracieuſes.
C'est qu'ils aiment ce qu'ils appellent
Strepitofa mufica , une mufique
bruyante. Voici un morceau du premier
genre.
Le profonde vie dell' onde
Dammi , o ciel ! di rifolcar
El mio nome, e l'ardimento ,
Di Spavento
Empia ancora i liti , e'l mar ;
E farò ch' il fangue scorra ,
Frà quel liquido elemento ,
I miei torti à vendicar.
O ciel ! accorde moi de fillonner encore le
vafte fein des ondes. Que mon nom & mon
audace rempliffent encore d'épouvanto les rivages
& les mers ; & je vangerai mes injures
en faifant couler lefang fur ce liquide élement.
Au refte , le choix de ces airs ayant été
fait fur la beauté de la mufique , & non
fur celle des paroles , il ne feroit pas julte
d'en tirer une conféquence générale contre
les paroles des airs Italiens , furtout
contre celles des fcenes , & des poëmes
pris en leur entier , furtout encore contre
les poemes d'Apoftolo-zeno , & de l'Abbé
Metaftafio , les uns & les autres très- eſtimés
, principalement les derniersplus conSEPTEMBRE
. 1757 .
61
par la
nus ici que les premiers , du moins
belle traduction de M. Richelet. ( 1 ) Cependant
, en Italie comme en France , le Poëte
qui doit toujours tant de complaifance au
Muficien , lui doit des facrifices dans les
paroles des airs proprement dits , des grands
airs, & qu'ainfi ( pour le remarquer en paffant
) , nous appellons très- improprement
Ariettes . Il faut que ces paroles ne foient que
des mots bien lyriques ; & moins le fens
en fera fort de penfée & même de fentiment,
plus la mufique pourra en être forte ,
par une harmonie plus travaillée , une
mélodie plus variée , & une mefure plus
exacte dans l'exécution . Avec des mots qui
ne difent rien , la mufique vocale a toute
la liberté de l'inftrumentale.
M. de F. n'étoit point parvenu à goûter
la mufique Italienne autant que la Françoife
; mais il étoit affez porté à croire
qu'il avoit tort , & que la feule premiere
habitude lui faifoit prendre plus de plaifir
à la mufique Françoife qu'à l'Italienne . Il
( 1 ) Les Journaliſtes de Trévoux ont donné
Pextrait de quelques- uns des plus beaux Opera de
Metaftafio , non fur la traduction Françoife , mais.
fur l'original Italien . Ils ont même traduit en vers
les morceaux qu'ils ont cités. Voyez le premier
volume du Journal de Janvier , & ceux de Fevrier
& de Mars 175Z+
62 MERCURE DE FRANCE.
featoit d'une façon & jugeoit de l'autre :
peu de gens en ont la force. Il faut néan-.
moins l'avoir pour être Philofophe ; le
fentiment eft quelquefois auffi trompeur
que les fens.
La difpute fur les deux Mufiques avoir
commencé avec le fiecle , par un petit ouvrage
que l'Abbé Raguenet avoit compofé.
à fon retour d'Italie , & qu'il avoit intitulé
; Parallele des François & des Italiens an
fujet de la mufique & des opera M. de F.
en avoit été le Cenfeur ; & fon nom ne fûtil
pas au bas de l'approbation , on auroit
pu le reconnoître , ou du moins le foupçonner
, à la maniere dont elle eſt tournée.
Je crois , dit- il , que ce parallele fera
bien reçu du public , pourvu qu'il foit capable.
d'équité.
M. de Freneufe ( 1 ) écrivit contre l'ouvrage
, l'Auteur , l'Approbateur , & enfuite
contre M. Andry , qui d'abord favorable
au défenfeur de la mufique Françoife
dans le Journal des Sçavans , ceffa de
l'être lorfque l'Abbé Raguenet eut repondu,
& que M. de Frenenfe eut repliqué. Je ne
connois guere d'écrits plus vifs , plus
amers , & plus malins , que ceux que M.
(1 ) Jean- Laurent le Cerf de la Vieville-de Fre
neufe , Garde des Sceaux du Parlement de Noxmandie.
SEPTEMBRE. 1757. 63
de Frenenfe publia à cette occafion. Il n'étoit
pourtant qu'Amateur , & non Artiſte ;
mais il étoit amateur juſqu'à la paffion.
Extrême en tout , il aima l'étude avec la
même ardeur , & s'y livra avec le même
excès ; delà fa mort dans la fleur de fon
âge ( 1 ) . M. de F. qui l'avoit va à Rouen , &
depuis à Paris , m'a dit que fi quelqu'un ,
par une vivacité & une fenfibilité extrêmes,
avoit jamais mérité le nom de fou , de
fou complet , de fou par la tête & par le
coeur , c'étoit ce M. de Freneufe. Mais
comme la folie n'exclut que la raifon &
non l'efprit qu'elle fuppoferoit plutôt , M.
de Freneufe en avoit beaucoup , & même
tant , pour me fervir du mot de Sorbiere ,
qu'il n'avoit pas le fens commun. ( 2)
Sa comparaifon de la musique Italienne &
Françoife ( c'eſt le titre de fon Livre contre
celui de l'Abbé Raguenet ) iuftifie parfaite
ment le portrait que M. de F. m'a fait de
l'Auteur.
Cependant ce Livre eft curieux par un
grand nombre d'anecdores fur l'Opera
François , Acteurs & Actrices , Poëtes &
Muficiens , & c. On l'a réimprimé en Hollande
à la fuire de l'Ouvrage intitulé ,
( 1 ) Né en 1674 , il mourut en 1707 ,
33 ans.
(2) Sarberiana , page 97.
âgé de
64 MERCURE DE FRANCE .
Hiftoire de la Musique & de fes effets , en
2 vol. in- 12. Il commence à la moitié du
premier volume , & forme encore tout le
fecond. (1)
Je me fouviens qu'après la Lettre de M.
Rouffeau de Geneve fur la Mufique , dans le
fort de la difpute qu'elle renouvella , &
lorfqu'on préparoit l'Opera de Roland ,
rappellant à M. de F. l'approbation qu'il
avoit donnée au Parallele , & c. je lui
dis que cet Opera pourroit bien n'avoir pas
aujourd'hui autant de fuccès qu'il en avoit
eu autrefois , parce que les partiſans de la
muſique Italienne & des Bouffons , avoient
prédit qu'il tomberoit ; qu'ils mettoient
tout en oeuvre pour l'accompliffement de
leur prédiction ; qu'ils étoient en trèsgrand
nombre , peu adroits à la vérité, mais
très- ardens , en un mot de vrais Freneuſes ;
qu'enfin il y avoit parmi eux des gens de
beaucoup de réputation & de mérite , &
très-fupérieurs aux Raguenets ; qu'au refte
cet Abbé avoit eu aufli fon coin de folie ,
( 1 ) On trouvera de grands détails fur M. de
Freneuſe , & fur fa diſpute avec l'Abbé Raguenet
& M. Andry , dans une Lettre d'un Religieux Bémédictin
de la Congrégation de S. Maur , imprimée
dans le Mercure d'Avril 1726. Ce Bénédictin eſt
Dom Lecerf, frere de M. de Freneuse , & Auteur
de la Bibliotheque des Ecrivains de la Congréga
sion,
SEPTEMBRE. 1757. 69
ود
puifqu'il finit par fe couper la gorge, & c . ( 1 )
Eh bien , me dit M. de F , quand j'eus
tout dit , ( car il laiffoit volontiers tout dire,
& à moi- même. ) « J'applique mon approbation
du Paralelle à l'Opera de Ro-
» land. Il est très- beau , & je prédis à mon
» tour qu'il réuffira , pourvu que le public
»foit capable d'équité. » Il réuffit en effet ;
mais , foit habitude , foit équité dans le
public , l'une & l'autre furent bien fecondées
, à ce que j'ai entendu dire , par l'excellent
Acteur ( M. de Chaffé ) qui joua le
rôle de Roland.
ود
Du premier Juin.
J'en étois là , lorfque j'ai reçu l'autre
petit livre que j'avois demandé au Public
avec celui des Doutes fur les caufes occafionnelles
, je veux dire , le retour des pieces
choifies , &c. ( 2) J'y ai trouvé ce qui me
le faifoit defirer , de bonnes réflexions d'un
zélé Malebranchifte fur le livre des Doutes ,
&c. une réponse de M. de F. à ces Réflexions
, adreffée en forme de lettre à
leur Auteur , & enfin une replique de celui-
ci. Ces trois pieces font curieuſes , &
(1 ) On fçait qu'il fe la coupa avec fon rafoir.
Il étoit dans l'ufage de fe rafer lui- même .
(2) Premier volume du Mercure d'Avril , p . 65,
ligne derniere.
66 MERCURE DE FRANCE.
on les joindra au livre des Doutes , & c.
dans le fupplément des OEuvres de M. de F.
Le Malébranchifte fon adverfaire , le traite,
fans le connoître , avec toutes fortes d'égards
.
J'ai obligation du retour des pieces choifies
, &c. à M. Thierriat , dont je n'étois
point connu , non plus que de M. l'Abbé
Polonceau Recteur de l'Univerfité de
Rheims. M. T. enfeigne les humanités à
S. Florentin en Bourgogne ; & par la lettre
qu'il a bien voulu m'écrire en m'envoyant
le livre , il me paroît très- capable de les
bien enfeigner.
Jufqu'à préfent je ne connois pas d'autres
petits écrits imprimés de M. de F ,
qu'on puiffe réimprimer par fupplément
aux huit volumes de fes (Euvres. Dans le
Mercure prochain je parlerai des manuf
crits mais j'annonce d'avance que ce ne
font guere que des fragmens plus ou moins
confi lerables , des Ouvrages imparfaits , &
que prefque aucun n'eft entier , foit que
M. de F. ne les ait pas achevés , foit qu'il
en eût perdu quelques feuillets ; car c'eſt
quelquefois le commencement qui manque.
Je prie ceux qui pourroient en avoir
quelques uns , en tout ou en partie , de
vouloir bien me les remettre . Il m'a dit
plus d'une fois qu'il en avoit prêtés qu'on
SEPTEMBRE . 1757. 67
pas
ne lui avoit point rendus , & qu'il n'avoit
même redemandés . Auffi fenfible qu'un
autre , malgré toute fa philofophie , aufort
de fes Ouvrages imprimés , il étoit aſſez
indifférent à celui de fes manufcrits , du
moins lorfqu'ils étoient eux- mêmes indifférens
, & qu'ils ne traitoient pas de certaines
matieres délicates. Il m'a conté
qu'en ayant lu un de ce dernier genre à
feu M. le Régent , le Prince le lui demanda
pour le lire lui - même à tête reposée.
M. de F. refufa ; le Prince infifta , & promit
un fecret inviolable & une prompte
reftitution. M. de F. ne fe laiffant point
gagner , je vous le jure , dit Son Alteſſe
Royale. M. de F. fe taifoit , mais fon filence
étoit un refus .... Je vous le jure ,
foi de Prince.... Silence encore... Foi de
Gentilhomme. M. de F. céda , mais depuis
il redemanda en vain fon manufcrit. Il n'y
penfoit plus , lorfque long - temps après
étant allé faire fa cour à S. A. R , qu'il ne
trouva pas feule , elle le fit paffer dans
fon cabinet . M. de F. apperçut fon manuf
crit fur un bureau , le mit dans fa poche
& n'en dit rien au Prince . Il n'en fut plus
parlé.
La fuite pour un autre Mercure,
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Résumé : SUITE sur M. de Fontenelle, par M. l'Abbé Trublet.
L'abbé Trublet évoque les œuvres de Bernard le Bouyer de Fontenelle et divers concours académiques. En 1675 et 1677, Fontenelle participa à des concours de l'Académie française sans succès, battu par M. de la Monnoye. Voltaire, à 20 ans, perdit également un concours en 1714. L'abbé du Jarry, malgré une réputation de mauvais poète, remporta plusieurs prix. Les prédicateurs obtenaient souvent des prix de poésie plutôt que d'éloquence. En 1687, l'Académie française proposa un sujet sur l'éducation des jeunes filles, remporté par Mlle Deshoulières. Fontenelle, élu à l'Académie en 1691, évita les polémiques littéraires et exprima son désintérêt pour les querelles. Cependant, il fut impliqué dans une controverse littéraire avec l'auteur des 'Remarques'. Dans les 'Nouvelles de la République des Lettres', M. Van Dale commenta l''Histoire des Oracles' de Fontenelle, notant des omissions et des interprétations erronées. Van Dale critiqua Fontenelle pour avoir ignoré des preuves contre la magie et les oracles. En 1757, un texte aborda les attitudes de Fontenelle face aux critiques littéraires. Il ignorait souvent les critiques et appréciait des œuvres révélant des impostures. En 1752, une controverse sur le tutoiement dans les traductions françaises de la Bible opposa Fontenelle à d'autres intellectuels. Fontenelle défendait le maintien du tutoiement pour respecter l'original, une position contestée par des protestants. Le texte traite également d'une controverse linguistique sur l'usage du tutoiement et du vouvoiement dans les traductions de l'Écriture Sainte. Fontenelle proposa d'unifier l'usage pour éviter la confusion. Il mentionne aussi des traductions de cantates et d'airs italiens pour un concert en 1724 chez M. Crozat. Une autre partie du texte discute de la controverse entre la musique italienne et française au XVIIIe siècle. Fontenelle, bien qu'il préférait la musique française, reconnaissait la valeur de la musique italienne. La dispute débuta avec un ouvrage de l'Abbé Raguenet, critiqué par M. de Freneuil. Le texte évoque également le succès prédit de l'opéra 'Roland' et l'approbation de l'œuvre 'Parallèle à l'Opéra de Roland'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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80
p. 220-221
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de S. Eloi-Fontaine, Ordre de S. Augustin, Diocèse de [...]
Mots clefs :
Abbayes, Ordres, Abbé, Diocèses, Aumônier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a donné l'Abbaye de S. Eloi -Fontaine ,
Ordre de S. Auguftin , Diocefe de Noyon , à M.
P'Abbé Tudert , Confeiller de Grand'Chambre au
Parlement de Paris ; celle de Livry, même Ordre ,
Dioceſe de Paris , à M. l'Abbé de Malherbe ; celle
de S. Acheuil , même Ordre , Dioceſe d'Amiens ,
à M. l'Abbé Girard , premier Aumonier de Mar
SEPTEMBRE . 1757. 221
dame Infante , Ducheffe de Parme ; l'Abbaye Réguliere
de Beaumont , Ordre de S. Benoît , Diocefe
de Clermont , à la Dame d'Uffel , Religieufe
du même Ordre ; & le Prieuré de Lanville , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe d'Angoulême , à M.
l'Abbé de la Rochefoucauld- de Momont ; l'Abbaye
de Saint Vandrille , Ordre de Saint Benoît ,
Dioceft de Rouen , à M. l'Evêque de Digne .
A Majefté a donné l'Abbaye de S. Eloi -Fontaine ,
Ordre de S. Auguftin , Diocefe de Noyon , à M.
P'Abbé Tudert , Confeiller de Grand'Chambre au
Parlement de Paris ; celle de Livry, même Ordre ,
Dioceſe de Paris , à M. l'Abbé de Malherbe ; celle
de S. Acheuil , même Ordre , Dioceſe d'Amiens ,
à M. l'Abbé Girard , premier Aumonier de Mar
SEPTEMBRE . 1757. 221
dame Infante , Ducheffe de Parme ; l'Abbaye Réguliere
de Beaumont , Ordre de S. Benoît , Diocefe
de Clermont , à la Dame d'Uffel , Religieufe
du même Ordre ; & le Prieuré de Lanville , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe d'Angoulême , à M.
l'Abbé de la Rochefoucauld- de Momont ; l'Abbaye
de Saint Vandrille , Ordre de Saint Benoît ,
Dioceft de Rouen , à M. l'Evêque de Digne .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En septembre 1757, Sa Majesté a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Saint-Éloi-Fontaine à M. l'Abbé Tudert, celle de Livry à M. l'Abbé de Malherbe, et celle de Saint-Acheuil à M. l'Abbé Girard. L'Abbaye de Beaumont à la Dame d'Uffel, le Prieuré de Lanville à M. l'Abbé de la Rochefoucauld-de Momont, et celle de Saint-Vandrille à M. l'Évêque de Digne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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81
p. 201-202
MORTS.
Début :
Le 7 Juin dernier est mort dans la maison de l'Oratoire, rue S. Honoré, Messire [...]
Mots clefs :
Morts, Dame, Veuve, Docteur, Abbé, Chanoine honoraire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
La 7 Juin dernier eft mort dans la maifon de
P'Oratoire , rue S. Honoré , Meffire Henry Pajon ,
Prêtre de cette Congrégation , ancien Curé de
Notre- Dame, à la Rochelle. Il étoit le frere de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Claud Pajon , dont la mort eft annoncée dans le
Mercure de Fevrier 1748.
Madame Anne- Marie Pajot de Villers , veuve
de Meffire Pierre Delpech , Marquis de Cailly ,
eft décédée le 17 Juillet , âgé de quarante- trois ans,
en fon hôtel à Paris , Paroiffe de la Magdelaine
de la Ville - l'Evêque .
Dame Claude-Elifabeth de Harlay , veuve de
Meffire Adrien - Alexandre de Hannivel , Préſident
du Parlement , eft morte le 20 Août en cette ville
dans la quatre- vingt - deuxieme année de fon âge.
Elle étoit la derniere du nom de Harlay.
Meffire Emanuel- Henri-Timoléon de Coffé- de
Briffae , Evêque de Condom , Abbé de l'Abbaye
de Fontfroide , Ordre de Cîteaux , Dioceſe de
Narbonne , & de celle de Saint Urbain , Ordre de
de Saint Benoît , Dioceſe de Châlons-fur- Marne ,
mourut à Paris le 27 de ce mois , âgé de cinquanteneuf
ans.
Meffire N. Roche Docteur de Sorbonne ,
Grand Pénitencier de l'Eglife Métropolitaine de
Paris , & Abbé de l'Abbaye de Saint Crefpin en
Chaye , Ordre de S. Auguftin , Dioceſe de Soiffons
, mourut à Paris le 12 Septembre , dans la
cinquante- quatrieme année de fon âge.
Meffire N. Parquet , Docteur de Sorbonne
Chanoine honoraire de l'Eglife de Paris , Abbé de
P'Abbaye royale de la Crefte , Ordre de Câteaux ,
Dioceſe de Langres , & ancien Curé de S. Nicolas
des Champs , eft mort en cette ville le 15 de ce
mois , âgé de faixante-huit ans,
La 7 Juin dernier eft mort dans la maifon de
P'Oratoire , rue S. Honoré , Meffire Henry Pajon ,
Prêtre de cette Congrégation , ancien Curé de
Notre- Dame, à la Rochelle. Il étoit le frere de
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
Claud Pajon , dont la mort eft annoncée dans le
Mercure de Fevrier 1748.
Madame Anne- Marie Pajot de Villers , veuve
de Meffire Pierre Delpech , Marquis de Cailly ,
eft décédée le 17 Juillet , âgé de quarante- trois ans,
en fon hôtel à Paris , Paroiffe de la Magdelaine
de la Ville - l'Evêque .
Dame Claude-Elifabeth de Harlay , veuve de
Meffire Adrien - Alexandre de Hannivel , Préſident
du Parlement , eft morte le 20 Août en cette ville
dans la quatre- vingt - deuxieme année de fon âge.
Elle étoit la derniere du nom de Harlay.
Meffire Emanuel- Henri-Timoléon de Coffé- de
Briffae , Evêque de Condom , Abbé de l'Abbaye
de Fontfroide , Ordre de Cîteaux , Dioceſe de
Narbonne , & de celle de Saint Urbain , Ordre de
de Saint Benoît , Dioceſe de Châlons-fur- Marne ,
mourut à Paris le 27 de ce mois , âgé de cinquanteneuf
ans.
Meffire N. Roche Docteur de Sorbonne ,
Grand Pénitencier de l'Eglife Métropolitaine de
Paris , & Abbé de l'Abbaye de Saint Crefpin en
Chaye , Ordre de S. Auguftin , Dioceſe de Soiffons
, mourut à Paris le 12 Septembre , dans la
cinquante- quatrieme année de fon âge.
Meffire N. Parquet , Docteur de Sorbonne
Chanoine honoraire de l'Eglife de Paris , Abbé de
P'Abbaye royale de la Crefte , Ordre de Câteaux ,
Dioceſe de Langres , & ancien Curé de S. Nicolas
des Champs , eft mort en cette ville le 15 de ce
mois , âgé de faixante-huit ans,
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Résumé : MORTS.
En 1748, plusieurs personnalités notables sont décédées. Le 7 juin, le Père Henry Pajon, prêtre de la Congrégation de l'Oratoire et ancien curé de Notre-Dame à La Rochelle, est mort. Il était le frère de Claud Pajon, décédé en février 1748. Madame Anne-Marie Pajot de Villers, veuve du Marquis de Cailly, est décédée le 17 juillet à Paris à l'âge de quarante-trois ans. Dame Claude-Élisabeth de Harlay, veuve du Président du Parlement Adrien-Alexandre de Hannivel, est morte le 20 août à l'âge de quatre-vingt-deux ans, étant la dernière du nom de Harlay. Monseigneur Emanuel-Henri-Timoléon de Coffé de Briffae, Évêque de Condom et abbé de plusieurs abbayes, est décédé à Paris le 27 septembre à l'âge de cinquante-neuf ans. Le Docteur N. Roche, Grand Pénitencier de l'Église Métropolitaine de Paris et abbé de l'Abbaye de Saint-Crespin, est mort à Paris le 12 septembre à l'âge de cinquante-quatre ans. Enfin, le Docteur N. Parquet, chanoine honoraire de l'Église de Paris et ancien curé de Saint-Nicolas-des-Champs, est décédé à Paris le 15 septembre à l'âge de soixante-huit ans.
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82
p. 210
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Septfons, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Autun, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Vicaire, Abbé, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Septfons , Or
dre de Cîteaux , Dioceſe d'Autun , vacante par le
décès de Dom Jofeph Alpheron , àDom Dorothée
Jaloutz , Religieux de cette Abbaye ; l'Abbaye
de Longpont , Ordre de Câteaux , Dioceſe
de Soiffons , à M. l'Abbé de Friſchmann , ci- devant
chargé des affaires de France à la Cour d'Efpagne
; celle de la Creft , même Ordre , Diocefe
de Langres , à M. l'Abbé de Chabannes , Aumonier
du Roi , & Vicaire Général de l'Evêché de
Clermont ; celle de Saint Crefpin en Chaye , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe de Soiffons , à M.
l'Abbé d'Heffelin , Vicaire Général de l'Archevêché
de Sens ; celle de Saint Urbain , Ordre de
Saint Benoît , Dioceſe de Châlons - fur - Marne ;
à M. l'Abbé du Quéilard , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale , & Vicaire Général de l'Evêché de
Digne ; celle de Maymac , même Ordre , Diocefe
de Limoges , à M. l'Abbé Barc , Chapelain
du Roi , & Chanoine de la Cathédrale de Noyon ;
& le Prieuré de Saint Rambert en Forez , Dioe
cefe de Lyon , à M. l'Abbé de Montjouvent ,
Comte de Lyon , & Vicaire Général du même
Diocefe ; l'Abbaye de Fonfroide , Ordre de Ci
teaux , Dioceſe de Narbonne , à M. l'Evêque de
Venca ; l'Abbaye Réguliere de Beaumont ,
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Clermont , à la
Dame de Lentilhac , Religieufe de la même Abbaye
; & le Prieuré de Sainte Marie de Quingac
nevend , Dioceſe de Nantes , à M. le Loup de
la Biliais , Recteur de la Paroiffe de Blain , & Député
de la Chambre Eccléfiaftique du même Diocele.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Septfons , Or
dre de Cîteaux , Dioceſe d'Autun , vacante par le
décès de Dom Jofeph Alpheron , àDom Dorothée
Jaloutz , Religieux de cette Abbaye ; l'Abbaye
de Longpont , Ordre de Câteaux , Dioceſe
de Soiffons , à M. l'Abbé de Friſchmann , ci- devant
chargé des affaires de France à la Cour d'Efpagne
; celle de la Creft , même Ordre , Diocefe
de Langres , à M. l'Abbé de Chabannes , Aumonier
du Roi , & Vicaire Général de l'Evêché de
Clermont ; celle de Saint Crefpin en Chaye , Ordre
de Saint Auguftin , Diocefe de Soiffons , à M.
l'Abbé d'Heffelin , Vicaire Général de l'Archevêché
de Sens ; celle de Saint Urbain , Ordre de
Saint Benoît , Dioceſe de Châlons - fur - Marne ;
à M. l'Abbé du Quéilard , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale , & Vicaire Général de l'Evêché de
Digne ; celle de Maymac , même Ordre , Diocefe
de Limoges , à M. l'Abbé Barc , Chapelain
du Roi , & Chanoine de la Cathédrale de Noyon ;
& le Prieuré de Saint Rambert en Forez , Dioe
cefe de Lyon , à M. l'Abbé de Montjouvent ,
Comte de Lyon , & Vicaire Général du même
Diocefe ; l'Abbaye de Fonfroide , Ordre de Ci
teaux , Dioceſe de Narbonne , à M. l'Evêque de
Venca ; l'Abbaye Réguliere de Beaumont ,
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Clermont , à la
Dame de Lentilhac , Religieufe de la même Abbaye
; & le Prieuré de Sainte Marie de Quingac
nevend , Dioceſe de Nantes , à M. le Loup de
la Biliais , Recteur de la Paroiffe de Blain , & Député
de la Chambre Eccléfiaftique du même Diocele.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le texte énumère les bénéfices ecclésiastiques accordés par Sa Majesté à divers religieux et ecclésiastiques. L'Abbaye de Septfons, dans le diocèse d'Autun, est attribuée à Dom Dorothée Jaloutz. L'Abbaye de Longpont, dans le diocèse de Soissons, est donnée à M. l'Abbé de Frischmann. L'Abbaye de la Creft, dans le diocèse de Langres, est attribuée à M. l'Abbé de Chabannes. L'Abbaye de Saint Crespin en Chaye, dans le diocèse de Soissons, est donnée à M. l'Abbé d'Heffelin. L'Abbaye de Saint Urbain, dans le diocèse de Châlons-sur-Marne, est attribuée à M. l'Abbé du Quéilard. L'Abbaye de Maymac, dans le diocèse de Limoges, est donnée à M. l'Abbé Barc. Le Prieuré de Saint Rambert en Forez, dans le diocèse de Lyon, est attribué à M. l'Abbé de Montjouvent. L'Abbaye de Fonfroide, dans le diocèse de Narbonne, est donnée à M. l'Évêque de Venca. L'Abbaye Régulière de Beaumont, dans le diocèse de Clermont, est attribuée à la Dame de Lentilhac. Enfin, le Prieuré de Sainte Marie de Quingacnevend, dans le diocèse de Nantes, est attribué à M. le Loup de la Biliais.
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83
p. 202
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Bonnefond, Ordre de Cîteaux, Diocese [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Abbé, Vicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefond ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Comminges , à
M. l'Abbé Marquet - de Villefond , chargé des
affaires de Sa Majesté à Venife ; l'Abbaye de
Meymac , Ordre de S. Benoît , Diocefe de Limoges
, à M. l'Abbé de Saint - Val ; celle de Sainte
Aufonne , même Ordre , Dioceſe d'Angoulême ,
à la Dame de Durfort de Civerac , Religieufe de
Saint Emilion , Dioceſe de Bordeaux ; & le
Prieuré de Saint Pierre de Langon , Dioceſe de
la Rochelle , à M. l'Abbé Jalouts , Vicaire Général
de l'Archevêché de Cambray.
SA Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefond ,
Ordre de Cîteaux , Diocefe de Comminges , à
M. l'Abbé Marquet - de Villefond , chargé des
affaires de Sa Majesté à Venife ; l'Abbaye de
Meymac , Ordre de S. Benoît , Diocefe de Limoges
, à M. l'Abbé de Saint - Val ; celle de Sainte
Aufonne , même Ordre , Dioceſe d'Angoulême ,
à la Dame de Durfort de Civerac , Religieufe de
Saint Emilion , Dioceſe de Bordeaux ; & le
Prieuré de Saint Pierre de Langon , Dioceſe de
la Rochelle , à M. l'Abbé Jalouts , Vicaire Général
de l'Archevêché de Cambray.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majesté a attribué plusieurs bénéfices ecclésiastiques. L'Abbaye de Bonnefond, relevant de Cîteaux et du Diocèse de Comminges, a été donnée à M. l'Abbé Marquet de Villefond. L'Abbaye de Meymac, de l'Ordre de Saint-Benoît et du Diocèse de Limoges, a été confiée à M. l'Abbé de Saint-Val. L'Abbaye de Sainte-Auffonne, du Diocèse d'Angoulême, a été attribuée à la Dame de Durfort de Civerac. Le Prieuré de Saint-Pierre de Langon, du Diocèse de La Rochelle, a été donné à M. l'Abbé Jalouts.
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84
p. 196-197
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Hautvilliers, Ordre de Saint Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbayes, Ordres, Diocèses, Abbé, Prêtre, Bénéfices donnés
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Hautvilliers ,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe de Rheims ,
M. l'Abbé de Bouillé , Doyen des Comtes de
Lyon , premier Aumônier de Sa Majefté ; l'Abbaye
de Bonlieu , Ordre de Câteaux , Dioceſe de
Bordeaux , à M. Guerin , Prêtre du Dioceſe d'Avranches
; celle de Béniffons-Dieu , même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à la Dame de Jarenre - Senas ,
Religieufe Bénédictine de S. Laurent d'Avignon ;
1'Abbaye de Boquien , Ordre de Câteaux , Diocefe
de Saint Brieux , à M. l'Abbé le Mintier , Prêtre
du même Diocefe ; le Prieuré de S. Denis d'Amboife
, Congrégation de Saint Maur , Dioceſe de
Tours , à M. Fermay , Prêtre du même Dioceſe';
le Prieuré de la Haye aux Bons- Hommes , Diocefe
d'Angers , vacant par la mort de M. l'Abbé
de Plancy, à M. l'Abbé Bare , Chapelain du Roi,
JANVIER. 1758. 197
Chanoine de Noyon , & nommé ci - devant à
PAbbaye de Maymac , dont il a remis le Brevet.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Hautvilliers ,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe de Rheims ,
M. l'Abbé de Bouillé , Doyen des Comtes de
Lyon , premier Aumônier de Sa Majefté ; l'Abbaye
de Bonlieu , Ordre de Câteaux , Dioceſe de
Bordeaux , à M. Guerin , Prêtre du Dioceſe d'Avranches
; celle de Béniffons-Dieu , même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à la Dame de Jarenre - Senas ,
Religieufe Bénédictine de S. Laurent d'Avignon ;
1'Abbaye de Boquien , Ordre de Câteaux , Diocefe
de Saint Brieux , à M. l'Abbé le Mintier , Prêtre
du même Diocefe ; le Prieuré de S. Denis d'Amboife
, Congrégation de Saint Maur , Dioceſe de
Tours , à M. Fermay , Prêtre du même Dioceſe';
le Prieuré de la Haye aux Bons- Hommes , Diocefe
d'Angers , vacant par la mort de M. l'Abbé
de Plancy, à M. l'Abbé Bare , Chapelain du Roi,
JANVIER. 1758. 197
Chanoine de Noyon , & nommé ci - devant à
PAbbaye de Maymac , dont il a remis le Brevet.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En janvier 1758, Sa Majesté a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Hautvilliers a été donnée à l'Abbé de Bouillé. L'Abbaye de Bonlieu a été attribuée à M. Guerin. L'Abbaye de Bénissons-Dieu a été octroyée à la Dame de Jarenre-Senas. L'Abbaye de Boquien a été confiée à l'Abbé le Mintier. Le Prieuré de Saint-Denis d'Amboise a été attribué à M. Fermay. Le Prieuré de la Haye aux Bons-Hommes a été donné à l'Abbé Bare.
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85
p. 188
MORTS.
Début :
Messire N. de Toulouze de Lautrec, Abbé de l'Abbaye Royale [...]
Mots clefs :
Morts, Comte, Abbé, Diocèse, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
MESSIRE N. de Toulouze de Lautrec , Abbé
de l'Abbaye Royale de Candeil , mourut à Tou
loufe le 6 Janvier , dans fa foixante - onzieme année.
Meffire Pierre-Martin de Caudron de Cantin ,
Abbé de l'Abbaye Royale de Poultieres , Ordre
de Saint Benoît Dioceſe de Langres , & Prieur
de Monftrelet , Dioceſe de Nantes , eft mort en
fon Abbaye le 7 , âgé de plus de foixante- douze
ans .
Dame Marie-Elifabeth de Lamoignon , veuve
de Cefar Antoine de la Luzerne , Comte de Beuzeville
, Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte ici le 13 , dans la quarante- troifieme année
de fon âge.
MESSIRE N. de Toulouze de Lautrec , Abbé
de l'Abbaye Royale de Candeil , mourut à Tou
loufe le 6 Janvier , dans fa foixante - onzieme année.
Meffire Pierre-Martin de Caudron de Cantin ,
Abbé de l'Abbaye Royale de Poultieres , Ordre
de Saint Benoît Dioceſe de Langres , & Prieur
de Monftrelet , Dioceſe de Nantes , eft mort en
fon Abbaye le 7 , âgé de plus de foixante- douze
ans .
Dame Marie-Elifabeth de Lamoignon , veuve
de Cefar Antoine de la Luzerne , Comte de Beuzeville
, Maréchal des Camps & Armées du Roi , eſt
morte ici le 13 , dans la quarante- troifieme année
de fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte mentionne le décès de trois personnes. Messire N. de Toulouze de Lautrec, abbé de l'Abbaye Royale de Candeil, est décédé à Touloufe le 6 janvier à soixante-onze ans. Messire Pierre-Martin de Caudron de Cantin, abbé de l'Abbaye Royale de Poultieres, est mort dans son abbaye le 7 janvier à plus de soixante-douze ans. Dame Marie-Élisabeth de Lamoignon, veuve de César Antoine de La Luzerne, est décédée le 13 janvier à quarante-trois ans.
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86
p. 207-208
MORTS.
Début :
Messire Louis-Hector, Comte de Gelas-Voisins, Marquis d'Ambres, Vicomte [...]
Mots clefs :
Comte, Vicomte, Abbé, Ordre, Morts, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
"
(FSS FRB Louis -Hector , Comte de Gelas - Voifins
, Marquis d'Ambres , Vicomte de Lautrec
Baron des Etats de Languedoc , Brigadier des Armées
du Roi, mourut à Touloufe le 28 Décembre
dans fa quatre- vingt- troifieme année.
Meffire N. de la Borffiere , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale de Longway , Ordre de
Prémontré , Diocefe de Rheims , & ci - devant
Coadjuteur du Grand-Maître du college de Navarre
, eft mort dans la ville de Kimper , le 14 Janvier
, âgé de foixante-feize ans .
Meffire Baillard , ancien Inſtituteur des Enfans
de France, Doyen de Sorbonne, Abbé de l'Abbaye
royale de la Buffiere , Ordre de Cîteaux , Diocefe
d'Autun , eft mort à Paris le 22 , âgé de 84 ans.
Meffire Palerne , Abbé de la Cafe - Dieu , Ordre
de Prémontré , Dioceſe d'Auch , eft mort le même
jour en cette Ville dans fa foixante- unieme année.
›
Meffire de Cotte , Chanoine de l'Eglife de Paris ,
Abbé des Abbayes de Lonlay , Ordre de S. Benoît ,
Congrégation de S. Maur , Diocefe du Mans , &
de S. Severin , Ordre de S. Auguftin , Diocefe de
Poitiers , & Prieur de Notre - Dame de Baillon ,
dépendant du Prieuré de S. Martin des Champs ,
Dioceſe de Beauvais , eft mort auffi dans cette-
Ville le 24 , âgé de foivante- dix ans.
Le 25 Janvier 1758 , mourut à Lille en Flandre,
de la petite-vérole , Damoifelle Alexandrille-
Victoire Pajot- du Roulle , âgée de 19 ans , fille der
Chriftophe Pajot , Ecuyer , Commiffaire des
208 MERCURE DE FRANCE.
Guerres , Directeur des Poftes de ladite Ville , &
de Dame Marie- Françoiſe Benier. Cette jeune perfonne
poffédoit les graces & tous les talens néceſ- .
faires pour bien réuffir dans le monde. Elle eft
généralement regrettée.
Meffire N. de Saint - Pierre , Archidiacre de
Rouen , Abbé Commendataire de l'Abbaye royale
du Treport , Ordre de S. Benoît , même Dioceſe ,
eſt. mort à Rouen le 30.
Mellire N. de Saint- Exuperi, Doyen de l'Eglifede
Paris , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint Denis , Ordre de Saint Auguftin , Dioceſe
de Rheims , eft mort en cette Ville le premier Fé- ·
vrier , âgé de cinquante- cinq ans.
"
(FSS FRB Louis -Hector , Comte de Gelas - Voifins
, Marquis d'Ambres , Vicomte de Lautrec
Baron des Etats de Languedoc , Brigadier des Armées
du Roi, mourut à Touloufe le 28 Décembre
dans fa quatre- vingt- troifieme année.
Meffire N. de la Borffiere , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale de Longway , Ordre de
Prémontré , Diocefe de Rheims , & ci - devant
Coadjuteur du Grand-Maître du college de Navarre
, eft mort dans la ville de Kimper , le 14 Janvier
, âgé de foixante-feize ans .
Meffire Baillard , ancien Inſtituteur des Enfans
de France, Doyen de Sorbonne, Abbé de l'Abbaye
royale de la Buffiere , Ordre de Cîteaux , Diocefe
d'Autun , eft mort à Paris le 22 , âgé de 84 ans.
Meffire Palerne , Abbé de la Cafe - Dieu , Ordre
de Prémontré , Dioceſe d'Auch , eft mort le même
jour en cette Ville dans fa foixante- unieme année.
›
Meffire de Cotte , Chanoine de l'Eglife de Paris ,
Abbé des Abbayes de Lonlay , Ordre de S. Benoît ,
Congrégation de S. Maur , Diocefe du Mans , &
de S. Severin , Ordre de S. Auguftin , Diocefe de
Poitiers , & Prieur de Notre - Dame de Baillon ,
dépendant du Prieuré de S. Martin des Champs ,
Dioceſe de Beauvais , eft mort auffi dans cette-
Ville le 24 , âgé de foivante- dix ans.
Le 25 Janvier 1758 , mourut à Lille en Flandre,
de la petite-vérole , Damoifelle Alexandrille-
Victoire Pajot- du Roulle , âgée de 19 ans , fille der
Chriftophe Pajot , Ecuyer , Commiffaire des
208 MERCURE DE FRANCE.
Guerres , Directeur des Poftes de ladite Ville , &
de Dame Marie- Françoiſe Benier. Cette jeune perfonne
poffédoit les graces & tous les talens néceſ- .
faires pour bien réuffir dans le monde. Elle eft
généralement regrettée.
Meffire N. de Saint - Pierre , Archidiacre de
Rouen , Abbé Commendataire de l'Abbaye royale
du Treport , Ordre de S. Benoît , même Dioceſe ,
eſt. mort à Rouen le 30.
Mellire N. de Saint- Exuperi, Doyen de l'Eglifede
Paris , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Saint Denis , Ordre de Saint Auguftin , Dioceſe
de Rheims , eft mort en cette Ville le premier Fé- ·
vrier , âgé de cinquante- cinq ans.
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Résumé : MORTS.
En janvier 1758, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Louis-Hector, Comte de Gelas, est décédé à Touloufe le 28 décembre à 83 ans. Messire N. de la Borffiere, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale de Longway, est mort à Kimper le 14 janvier à 62 ans. Messire Baillard, ancien Instituteur des Enfants de France et Doyen de Sorbonne, est décédé à Paris le 22 janvier à 84 ans. Le même jour, Messire Palerne, Abbé de la Case-Dieu, est mort à Auch à 61 ans. Messire de Cotte, Chanoine de l'Église de Paris et Abbé des Abbayes de Lonlay et de Saint-Severin, est décédé à Paris le 24 janvier à 40 ans. Le 25 janvier, Damoiselle Alexandrille-Victoire Pajot-du-Roulle, âgée de 19 ans, fille de Christophe Pajot, est morte à Lille de la petite-vérole. Messire N. de Saint-Pierre, Archidiacre de Rouen, est mort à Rouen le 30 janvier. Messire N. de Saint-Exupéry, Doyen de l'Église de Paris, est décédé à Paris le 1er février à 55 ans.
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87
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a nommé à l'Abbaye de la Joye près de Nemours, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Évêque, Abbé, Vicaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majesté a nommé à l'Abbaye de la Joye près
de Nemours , Ordre de Citeaux , Diocefe de Sens,
la Dame de Barbançon - Nantouillet , Religieufe
de l'Abbaye de Fontaine , Diocefe de Meaux , & à
P'Abbaye de Saint Paul , Ordre de Saint Benoît ,
Diocefe de Soiffons , la Dame de Margeret , Religieufe
Bernardine de l'Abbaye du Pont - aux-
Dames , Ordre de Citeaux ; à l'Archevêché de
Eyon , M. P'Evêque d'Autun ; àl'Abbaye de Trois-
Fontaines, Ordre de Câteaux , Diocefe de Châlonsfur-
Marne , M. l'Abbé Comte de Bernis , Miniftre
L vj
204 MERCURE DE FRANCE.
& Secretaire d'Etat , ayant le département des
Affaires Etrangeres , & Commandeur nommé de
1'Ordre du S. Efprit ; à l'Abbaye féculiere d'Aifnay
, Dioceſe & Ville de Lyon , M. l'Abbé de
Jarente , Tréforier du Chapitre de Saint Victor
de Marſeille , & Vicaire Général du même Diocefe
; au Prieuré de Renty , Ordre de S. Benoît
Diocefe de Boulogne , à M. Belletrufe , Prêtre di
Diocefe de Digne
Sa Majesté a nommé à l'Abbaye de la Joye près
de Nemours , Ordre de Citeaux , Diocefe de Sens,
la Dame de Barbançon - Nantouillet , Religieufe
de l'Abbaye de Fontaine , Diocefe de Meaux , & à
P'Abbaye de Saint Paul , Ordre de Saint Benoît ,
Diocefe de Soiffons , la Dame de Margeret , Religieufe
Bernardine de l'Abbaye du Pont - aux-
Dames , Ordre de Citeaux ; à l'Archevêché de
Eyon , M. P'Evêque d'Autun ; àl'Abbaye de Trois-
Fontaines, Ordre de Câteaux , Diocefe de Châlonsfur-
Marne , M. l'Abbé Comte de Bernis , Miniftre
L vj
204 MERCURE DE FRANCE.
& Secretaire d'Etat , ayant le département des
Affaires Etrangeres , & Commandeur nommé de
1'Ordre du S. Efprit ; à l'Abbaye féculiere d'Aifnay
, Dioceſe & Ville de Lyon , M. l'Abbé de
Jarente , Tréforier du Chapitre de Saint Victor
de Marſeille , & Vicaire Général du même Diocefe
; au Prieuré de Renty , Ordre de S. Benoît
Diocefe de Boulogne , à M. Belletrufe , Prêtre di
Diocefe de Digne
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Sa Majesté a nommé la Dame de Barbançon-Nantouillet à l'Abbaye de la Joye, la Dame de Margeret à l'Abbaye de Saint Paul, et M. l'Évêque d'Autun à l'Archevêché d'Eyon. M. l'Abbé Comte de Bernis a été nommé à l'Abbaye de Trois-Fontaines, M. l'Abbé de Jarente à l'Abbaye d'Aisnay, et M. Belletrusse au Prieuré de Renty.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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88
p. 204-206
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Le premier Février dernier M. Laurent Grimod de la Reyniere, Fermier [...]
Mots clefs :
Morts, Mariage, Abbé, Seigneur, Dame, Cardinal, Brigadier
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGE ET MORTS.
Le premier Février dernier M. Laurent Grimod
E
de la Reyniere , Fermier général , & l'un des Adminiftrateurs
des Poftes & relais de France, époufas
Mademoiſelle Sufanne- Françoife- Elifabeth de Jarente
d'Orgeval , fille de Meffire Alexandre - Bal
thafar de Jarente - de Senas , Baron de Luce , Lacroixhaute
, Marquis d'Orgeval , & de Dame Elifabeth
de Rambault - de Saint- Maurice.
La Bénédiction nuptiale leur a été donnée par
M. l'Evêque d'Orléans dans l'Eglife de Panthe--
mont..
Meffire N. Donadieu , Grand- Vicaire d'Alais ,,
Prieur Commendataire des Prieurés de Renty ,.
Diocefe de Boulogne - fur - Mer , & de Tournac
Ordre de Cluny , Dioceſe d'Alais , mourut à Uſezz
le 30-Janvier dans fa foixante - troiſieme année .
Meffire N. de Vanolles , Abbé Commendatairede
l'Abbaye royale de Reffons , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Rouen , eft mort à Rheims le
8 Février âgé de $ 8 ans.
Meffire Alexandre- Hector de Gouvernet , Sei
gneur de Vexclaufe , eft mort à Bagnols , Diocese
AVRIL. 1758. 20 $
PUfez , le 10 Février dernier , âgé de quatrevingt-
feize ans.
Dame Marie - Françoile de Gelas Leberon
époufe de Meffire Marc- Antoine de Levis- Cou
fan , Baron de Lugny , ancien Capitaine aux Gardes
, eft morte le 17 Février dans la cinquanteunieme
année de fon âge.
Meffire Pierre Guerin-de Tencin , Cardinal de
Ja Sainte Eglife Romaine , Archevêque de Lyon
& Proviſeur de Sorbonne , Miniftre d'Etat , Abbé
des Abbayes de Vezelay , Dioceſe d'Autun , de
Trois Fontaines , Ordre de Cîteaux , Diocefe de
Châlons-fur-Marne ; d'Aiſnay , Diocefe de Lyon,.
& d'Abondance en Savoye , eft mort en fon Palais
Archiepifcopal le 2 Mars , dans la quatre - vingt--
quatrieme année de fon âge. Le Cardinal de Tencin
avoit été nommé à l'Archevêché d'Embrun en
1724 , & à celui de Lyon en 1740 ( 1 ) .
Meffire Guy de Durfort , Duc de Lorge , Comte
& Baron de Quintin , Vicomte de Pommerit , eft
décédé à Chaillot le 3 Mars , âgé de foixantequinze
ans.
( 1 ) Il s'eft gliſſé une erreur aſſez conſidérable dans
la Gazette de France du 11 de ce mois , p . 128 , par
rapport à l'âge de M. le Cardinal de Tencin. Ily
eft dit qu'il avoit 84 ans. Cela eft fautif, puifque ce
Cardinal étoit né en 1679 , le 22 du mois d'Août .
Ainfi il étoit âgé de 77 ans , fix mois & plufieurs
jours . C'est ce que l'on a appris d'une perfonne qui a
approché de très-près M. le Cardinal , & qui nous a
affaré le tenir de lui - même. Il eft à propos de relever
auffi une faute moins importante de l'Almanach
Royal ( p. 46 ) , où l'on a fait ce Cardinal pluss
jenne d'un an qu'il n'étoit , en marquant la date de
La nailance au 23 Août de l'année 1680.
a
206 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Louis-George , Comte de Clermont-
Gallerande , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , premier Gentilhomme de la Chambre du
Duc d'Orléans , eft mort le même jour en cette
Ville , âgé de foixante-quatorze ans .
Meffire Bernard Drohin- de Valenceau , Brigadier
des Armées du Roi , ancien Lieutenant - Colonel
du Régiment de l'Artillerie & du Génie , &
Commandant d'un Bataillon de fon nom , eſt décédé
le 4 Mars à Avalon en Bourgogne , âgé de
quatre-vingt- treize ans & deux mois. Il avoit
cinquante-neuf ans de fervice , & il étoit retiré
depuis le premier Mars 1744-
Le premier Février dernier M. Laurent Grimod
E
de la Reyniere , Fermier général , & l'un des Adminiftrateurs
des Poftes & relais de France, époufas
Mademoiſelle Sufanne- Françoife- Elifabeth de Jarente
d'Orgeval , fille de Meffire Alexandre - Bal
thafar de Jarente - de Senas , Baron de Luce , Lacroixhaute
, Marquis d'Orgeval , & de Dame Elifabeth
de Rambault - de Saint- Maurice.
La Bénédiction nuptiale leur a été donnée par
M. l'Evêque d'Orléans dans l'Eglife de Panthe--
mont..
Meffire N. Donadieu , Grand- Vicaire d'Alais ,,
Prieur Commendataire des Prieurés de Renty ,.
Diocefe de Boulogne - fur - Mer , & de Tournac
Ordre de Cluny , Dioceſe d'Alais , mourut à Uſezz
le 30-Janvier dans fa foixante - troiſieme année .
Meffire N. de Vanolles , Abbé Commendatairede
l'Abbaye royale de Reffons , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Rouen , eft mort à Rheims le
8 Février âgé de $ 8 ans.
Meffire Alexandre- Hector de Gouvernet , Sei
gneur de Vexclaufe , eft mort à Bagnols , Diocese
AVRIL. 1758. 20 $
PUfez , le 10 Février dernier , âgé de quatrevingt-
feize ans.
Dame Marie - Françoile de Gelas Leberon
époufe de Meffire Marc- Antoine de Levis- Cou
fan , Baron de Lugny , ancien Capitaine aux Gardes
, eft morte le 17 Février dans la cinquanteunieme
année de fon âge.
Meffire Pierre Guerin-de Tencin , Cardinal de
Ja Sainte Eglife Romaine , Archevêque de Lyon
& Proviſeur de Sorbonne , Miniftre d'Etat , Abbé
des Abbayes de Vezelay , Dioceſe d'Autun , de
Trois Fontaines , Ordre de Cîteaux , Diocefe de
Châlons-fur-Marne ; d'Aiſnay , Diocefe de Lyon,.
& d'Abondance en Savoye , eft mort en fon Palais
Archiepifcopal le 2 Mars , dans la quatre - vingt--
quatrieme année de fon âge. Le Cardinal de Tencin
avoit été nommé à l'Archevêché d'Embrun en
1724 , & à celui de Lyon en 1740 ( 1 ) .
Meffire Guy de Durfort , Duc de Lorge , Comte
& Baron de Quintin , Vicomte de Pommerit , eft
décédé à Chaillot le 3 Mars , âgé de foixantequinze
ans.
( 1 ) Il s'eft gliſſé une erreur aſſez conſidérable dans
la Gazette de France du 11 de ce mois , p . 128 , par
rapport à l'âge de M. le Cardinal de Tencin. Ily
eft dit qu'il avoit 84 ans. Cela eft fautif, puifque ce
Cardinal étoit né en 1679 , le 22 du mois d'Août .
Ainfi il étoit âgé de 77 ans , fix mois & plufieurs
jours . C'est ce que l'on a appris d'une perfonne qui a
approché de très-près M. le Cardinal , & qui nous a
affaré le tenir de lui - même. Il eft à propos de relever
auffi une faute moins importante de l'Almanach
Royal ( p. 46 ) , où l'on a fait ce Cardinal pluss
jenne d'un an qu'il n'étoit , en marquant la date de
La nailance au 23 Août de l'année 1680.
a
206 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Louis-George , Comte de Clermont-
Gallerande , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , premier Gentilhomme de la Chambre du
Duc d'Orléans , eft mort le même jour en cette
Ville , âgé de foixante-quatorze ans .
Meffire Bernard Drohin- de Valenceau , Brigadier
des Armées du Roi , ancien Lieutenant - Colonel
du Régiment de l'Artillerie & du Génie , &
Commandant d'un Bataillon de fon nom , eſt décédé
le 4 Mars à Avalon en Bourgogne , âgé de
quatre-vingt- treize ans & deux mois. Il avoit
cinquante-neuf ans de fervice , & il étoit retiré
depuis le premier Mars 1744-
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Résumé : MARIAGE ET MORTS.
Le 1er février, Laurent Grimod de la Reynière, Fermier général et administrateur des Postes et relais de France, a épousé Suzanne-Françoise-Élisabeth de Jarente d'Orgeval, fille du Baron de Luce et Marquis d'Orgeval. La cérémonie a eu lieu en l'église de Pantin, avec la bénédiction de l'Évêque d'Orléans. Plusieurs décès notables ont été enregistrés : N. Donadieu, Grand-Vicaire d'Alais, est mort à Usezz le 30 janvier à 63 ans. N. de Vanolles, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale de Reffons, est décédé à Reims le 8 février à 88 ans. Alexandre-Hector de Gouvernet, Seigneur de Vexclaufe, est mort à Bagnols le 10 février à 84 ans. Marie-Françoise de Gelas Leberon, épouse du Baron de Lugny, est décédée le 17 février à 51 ans. Pierre Guerin de Tencin, Cardinal et Archevêque de Lyon, est mort le 2 mars à 77 ans. Guy de Durfort, Duc de Lorge, et Louis-George, Comte de Clermont-Gallerande, Maréchal des Camps et Armées du Roi, sont décédés le 3 mars respectivement à 75 et 74 ans. Bernard Drohin de Valenceau, Brigadier des Armées du Roi, est mort le 4 mars à Avalon en Bourgogne à 83 ans et 2 mois.
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89
p. 196-197
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye du Tréport, Ordre de Saint Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Chanoine, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En avril 1758, le roi a attribué plusieurs abbayes à divers dignitaires ecclésiastiques. L'Abbaye du Tréport, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé Comte de Lagnafco, ministre plénipotentiaire du Roi de Pologne et Électeur de Saxe. L'Abbaye de Poultiere, dans le diocèse de Langres, a été attribuée à M. l'Abbé de Saintnom, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Sainte Colombe, dans le diocèse de Sens, a été confiée à M. l'Abbé de Livry, évêque in partibus, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de Saint Crépin-le-Grand, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à M. l'Abbé d'Héricourt, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Lonlay, dans le diocèse du Mans, a été attribuée à M. l'Abbé de Clery-de Serans, chanoine de Metz. L'Abbaye de Quimperlé, dans le diocèse de Quimper, a été confiée à M. l'Abbé Berthelot, instituteur des Enfants de France. L'Abbaye de Tirronneau, dans le diocèse du Mans, a été donnée à M. l'Abbé de Saint-Simon, vicaire général de Toulouse, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de la Case-Dieu, dans le diocèse d'Auch, a été attribuée à M. l'Abbé de Vienne, chanoine de Notre-Dame. L'Abbaye de Saint Severin, dans le diocèse de Poitiers, a été confiée à M. l'Abbé de la Noue. L'Abbaye de Reffons, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé de Salignac-de Fénelon, vicaire général de Toul. L'Abbaye de Longuay, dans le diocèse de Reims, a été attribuée à M. l'Abbé de Saint-Capraire, vicaire général de Troyes. L'Abbaye régulière de Saint Vincent-aux-Bois, dans le diocèse de Chartres, a été confiée à M. l'Abbé André, vicaire général du même diocèse. L'Abbaye régulière de Villers-Cotterêts, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à Dom Richard, procureur général de l'Ordre. L'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon, dans le diocèse de Dijon, a été attribuée à M. Poncet-de la Rivière, ancien évêque de Troyes, suite à la démission de M. Desmarets. L'Abbaye de Montebourg, dans le diocèse de Coutances, a été confiée à M. l'Abbé Desmarets, suite à la démission de M. Poncet-de la Rivière. L'Abbaye de la Buffière, dans le diocèse d'Autun, a été donnée à M. l'Abbé Paris. Le prieuré de Montrelais, dans le diocèse de Nantes, a été attribué à M. l'Abbé Jaloutz, vicaire général de Cambrai. Enfin, l'Abbaye de Saint Denis de Reims, dans le diocèse de Reims, a été confiée à M. l'Abbé Comte de Lodran, chanoine du Chapitre d'Olmatz.
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90
p. 203
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a nommé à l'Evêché d'Autun ; M. l'Abbé Comte de Bouillé, [...]
Mots clefs :
Abbé, Évêché, Diocèse, Abbaye, Ordre
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le roi a nommé plusieurs ecclésiastiques. M. l'Abbé Comte de Bouillé est nommé à l'Évêché d'Autun. M. l'Abbé Bertin devient abbé de Brantôme. La Dame de Saint-Chamans est nommée à l'Abbaye de Préaux. La Dame Bouchard d'Esparbès-de Luffan-d'Aubeterre devient abbesse de Saint Jean de Bonneval-lès-Thouars.
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91
p. 203-207
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, fils de feu Louis-François [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Damoiselle, Marquis, Lieutenant, Duc, Chevalier, Ambassadeur, Princesse du sang, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
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Résumé : MARIAGE ET MORTS.
En avril 1758, plusieurs événements marquants eurent lieu parmi la noblesse française. Le 4 avril, trois mariages notables furent célébrés : Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, épousa Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes à la Chapelle de l'hôtel de Châtillon. Messire Claude-Antoine de Béziade, Marquis d'Avarey, se maria avec Angélique-Adélaïde-Sophie de Mailly à l'église de Saint-Eustache. Le même jour, M. le Marquis de Chauvelin épousa Mademoiselle Agnès-Thérèse Mazade d'Argeville dans la chapelle particulière de l'hôtel du Duc de Broglie. Le 8 avril, Mademoiselle de Charolois, Princesse du Sang, décéda à l'âge de soixante-deux ans, neuf mois et seize jours. Elle était fille de Louis, Duc de Bourbon-Condé, et de Louise-Françoise de Bourbon. En mai 1758, deux décès furent enregistrés : Mehre N. de Brancas, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale d'Aulnay, décéda le premier jour d'avril. Le 12 avril, Me Charles-Marie-Léopold, Comte de Dunois, mourut à Ruremonde à l'âge de trente-huit ans.
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92
p. 199-209
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi jugeant à propos de faire passer incessamment entre les mains [...]
Mots clefs :
Roi de France, Nominations, Gouverneur, Précepteur, Capitaine, Colonel, Abbé, Famille royale, Duc, Comte, Audience, États de Bourgogne, États d'Artois, Duc de Bourgogne, Promotion d'officiers généraux et de brigadiers, Promotion des maréchaux de camp, de la Maison du roi, Promotion des maréchaux d'infanterie et de cavalerie, Monseigneur, Cardinaux, Archevêques, Corsaires, Navires anglais, Marchandises
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Le Roi jugeant à propos de faire paffer incef- E
*
famment entre les mains des hommes Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , à nommé Gouverneur
de ce Prince M. le Comte de la Vauguyon
Lieutenant général de fes Armées , Chevalier de
fes Ordres , & Menin de Monfeigneur le Dauphin
; Précepteur , M. PEvêque de Limoges ;
Sous-Gouverneurs , MM . les Chevaliers de la Ferriere
& de Beaujeu ; le premier , Brigadier d'Infanterie
, & Capitaine au Régiment des Gardes
Françoifes ; le fecond , Chevalier de l'Ordre de
Saint Jean de Jérufalems Sous - Précepteur , M.
l'Abbé de Radonvilliers , Abbé de l'Abbaye de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Saint Loup de Troyes ; Lecteur , M. l'Abbé d'Ar
gentré , Vicaire général du Dioceſe de Limoges ;
Gentilshommes de la Manche , M. le Baron de
Luppé , Colonel du Régiment royal Cantabre ;
MM. les Marquis de Marboeuf , Colonel du Régiment
de Dragons de fon nom ; de Montefquiou ,
Colonel dans le Corps des Grenadiers de France ,
& de la Haye , Capitaine de Cavalerie.
Le Roi a donné à M. l'Evêque d'Orléans la futvivance
de la Direction générale des Economats
& de la Régie des biens des Religionnaires , exercées
actuellement par M. le Comte du Muy ; & Sa
Majefté a voulu que ce Prélat pût lui en rendre
compte , lorfque , pour cauſe d'abſence ou de maladie
, M. le Comte du Muy ne'pourroit pas travailler
avec Elle.
Le 23 Avril , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de la Côte , Officier des Chevaux- Légers
de la Garde , avec Mademoiſelle de Digoine.
M. de Perfan , ci -devant Capitaine au Régiment
Colonel Général de la Cavalerie , a obtenu l'agrément
du Roi pour la place de Lieutenant Meſtre
de Camp du même Régiment.
Le 30 Avril , M. le Comte de la Vauguion &
M. l'Evêque de Limoges , prêterent ferment entre
les mains du Roi ; le premier , en qualité de Gouverneur
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& le ſecond , comme Précepteur de ce Prince.
Le même jour , les Etats de Bourgogne eurent
audience de Sa Majefté . Ils furent préſentés par
M. le Prince de Condé , Gouverneur de la Province
, & par M. le Comte de Saint - Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat . La députation , qui étoit
conduite par M. Defgranges , Maître des Cérémonies
, étoit compofée , pour le Clergé , de M.
JUIN. 1758. 201
P'Abbé Dufers , qui portoit la parole ; de M. le
Comte de Tonnerre , pour la Nobleſſe , & de M.
de la Ramiffe , Maire d'Auxonne , pour le Tiers-
Etat . Elle eut audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Les Etats d'Artois eurent auffi l'honneur d'être
admis à l'audience du Roi , pour la préſentation
du cahier. M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & M. le Comte de Saint - Florentin
, pour le M. le Maréchal - Duc de Belle - Ife
qui a le département de cette Province , & qui
étoit indifpofé , les préſenterent à Sa Majefté , &
ils furent conduits par M. de Gifeux , Maître des
Cérémonies en furvivance. Les Députés étoient ,
pour le Clergé , M. l'Abbé de Cry , Chanoine de
la Cathédrale d'Arras & Vicaire général du Diocefe
, portant la parole ; pour la Nobleffe , M. le
Baron de Wifmes ; & pour le Tiers- Etat , M. de
Camps , Avocat , ancien Echevin de la ville
d'Arras.
Le premier de Mai , la Faculté vérifia le bon
état de la fanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
. Il en fut dreffé un procès-verbal qui fut
préfenté à Sa Majefté par M. le Comte de Saint-
Florentin , & on en remit deux copies en forme ,
P'une à Madame la Comteffe de Marfan , & l'autre
à M. le Comte de la Vauguyon. Vers le midi ,
Madame la Comteffe de Marfan conduifit Monfeigneur
le Duc de Bourgogne à l'appartement du
Roi , & remit ce Prince entre les mains de Sa
Majefté , qui lui témoigna toute la fatisfaction du
fuccès de fes foins pour la premiere education de
ce Prince. Un moment après le Roi remit Monſeigneur
le Duc de Bourgogne entre les mains de M.
le Comte de la Vauguyon . Les mouvemens de
l'ame de ce Prince , au moment d'une féparation
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
fenfible , fe peignirent fur fon vifage , & firent
admirer à la fois l'excellence de fon coeur & fa
fermeté dans un âge fi tendre.
Promotion d'Officiers Généraux & de Brigadiers.
Lieutenans Généraux. MM . le Comte de Moncan
, Commandant en Languedoc ; le Marquis de
Crillon ; de Torcy , Commandant à Nancy ; le
Comte d'Afpremont , Commandant un Bataillon
du Régiment des Gardes Françoiſes ; de Landreville
, Lieutenant des Gardes du Corps dans la
Compagnie de Luxembourg ; le Comte d'Affry
Lieutenant Colonel du Régiment des Gardes Suiffes;
le Baillif de Grille , Capitaine - Lieutenant
des Grenadiers à cheval ; le Chevalier du Châte
let ; le Comte de Vauban ; les Marquis de la Che--
ze, d'Havrincour , de Poyanne , de Barbançon ,
ces deux derniers Inspecteurs Généraux de Cavalerie
& de Dragons ; de Berville & d'Efcorailles ,
premier Soulieutenant de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi le Comte de la
Serre , Infpecteur général d'Infanterie ; de Montmort
, Major des Gardes du Corps ; le Marquis
d'Aubeterre ; le Comte de Montmorency ; le
Duc d'Aiguillon , Commandant en Bretagne , &
de Sabrevois , du Corps Royal de l'Artillerie & du
Génie.
Maréchaux de Camp , de la Maison du Roi , Infanterie
Cavalerie..
MM. le Chevalier de Vogué , Exempt des Gar
des du Corps dans la Compagnie de Luxembourg ;
le Baron de Beufenvald , Capitaine au Régiment
des Gardes Suiffes ; le Comte de Chabannes , Soulieutenant
de la feconde Compagnie des Mouf
quetaires; le Marquis de Caryoifin , Soulieutenant
JUIN. 1758. 205
de la premiere Compagnie des Moufquetaires ; le
Vicomte de Merainville , Soulieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde du Roi.
De la Gendarmerie . M. le Comte de Bouville ,
Soulieutenant des Gendarmes Anglois.
De l'Infanterie. MM. de Vaux-de la Broffe ,
Lieutenant Colonel du Régiment du Comte de la
Marche ; le Comte de Polignac , Colonel du Régiment
d'Enghien ; Robert , Colonel Réformé à
la fuite du Régiment de Picardie ; le Comte de
Grammont ; le Marquis de Balleroy ; le Comte
de Waldner , Colonel d'un Régiment Suiffe ; le
le Chevalier de Croifmaré , Lieutenant Colonel du
Régiment du Rói ; Chevalier de Grollier, Colonel
du Régiment de Foix ; le Chevalier de Beauteville ,
Commandant dans les Cevennes ; le Marquis de
Langeron , Colonel du Régiment de Condé,
Du Corps Royal de l'Artillerie. MM. le Chevalier
d'Efpicquetieres & de Roftaing , tous deux du
Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
Du Corps du Génie. M. de Rivérfon , du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie .
De la Cavalerie. MM. le Chevalier de Montbarey
, Lieutenant - Colonel du Régiment Royal ;
les Comtes de Clermont -Tonnerre & de Maugiron
, Mestres de Camp d'un Régiment de Baye ,
Meftre de Camp Réformé à la fuire du Régiment
Royal Rouffillon ; les Marquis de Bellefont & de
Bezons , chacun Meſtre de Camp d'un Régiment.
"'
Des Dragons. MM. les Comtes d'Aubigny
Lieutenant- Colonel du Régiment de Dragons de
Marbeuf, & d'Harcourt- Lillebonne , Meftre de
Camp d'un Régiment de Dragons.
Brigadiers d'Infanterie. MM. le Comte d'Hef
fenftein , Colonel ; le Chevalier d'Aubonne , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes;
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Conrad- Bely de Belfort , Aide- Major dans le Ré
giment des Gardes Suiffes ; le Chevalier de Montazet
, Colonel Réformé à la fuite du Régiment
d'Eu ; le Marquis d'Hérouville , Colonel du Régiment
de Bourgogne ; les Comtes de Drummontde
Melfort , Colonel Réformé à la fuite du Régiment
Royal Ecoffois , & de Civerac , Colonel da
Régiment Royal des Vaiffeaux ; Filtz - Gerald ,
Colonel Réformé à la fuite du Régiment de Clare ;
le Comte de Lewenhaup , Colonel du Régiment
de Madame la Dauphine ; le Chevalier de Chantilly
, Colonel d'un Régiment de Grenadiers
Royaux le Beuf, Colonel dans le Corps Royal
de l'Artillerie & du Génie , & Chabrié , Colonel-
Commandant un Bataillon du Corps Royal de
l'Artillerie & du Génie .
Brigadiers de Cavalerie. MM . le Marquis de
Montalembert , Enfeigne de la Compagnie des
Chevaux-Légers de la Garde du Roi ; Hébert ,
Aide Major des quatre Compagnies des Gardes
du Corps ; Pinon de Saint- Georges , Meftre de
Camp d'une Brigade de Carabiniers , & du Poral,
Meftre de Camp Réformé à la fuite du Régiment
des Cuir ffiers ; le Marquis de Laubefpine , Meftre
de Camp Réformé à la fuite du Meftre de
Camp géneral ; les Comtes d'Houdetot , Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes de Berry , de Bourbon
- Buffet , Meftre de Camp d'un Régiment , &
de Béthune , Meftre de Camp du Régiment Royal
Pologne.
Brigadiers de Dragons . MM. le Vicomte de
Thiange , Meftre de Camp d'un Régiment ; le
Chevalier d'Aubigné , aufli Meſtre de Camp d'un
Régiment.
Sa Majefté a donné le Régiment de Nice , Infanterie
, vacant par la mort de M. le Comte de la
JUIN. 1758 . 205
Queuille , à M. le Marquis de Juigné , Colonel
dans les Grenadiers de France. Les quatre Régimens
de Cavalerie , de Maugiron , de Clermont-
Tonnerre , de Bellefont & de Bezons , vacans par
la promotion , ont été accordés par le Roi ; le
premier , à M. le Comte de Tralegnies , Major
du Régiment royal Etranger ; le fecond , à M. le
Marquis de Noé , Lieutenant - Colonel du Régiment
de Cavalerie de Monfeigneur le Dauphin ;
le troisieme , à M. le Duc de Chartres , & le quatrieme
, à M. le Marquis de Vauffieux , Capitaine
dans le Régiment de Dragons du Roi. M. le Chevalier
de Flamarens a obtenu celui d'Harcourt-
Lillebonne , Dragons , qui vaquoit par la même
promotion.
Le Roi a donné à M. d'Ormeſſon , Intendant
des Finances , la place de Confeiller d'Etat , vacante
par la mort de M. Pallu , Intendant général
des Claffes de la Marine.
MM. les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel
tinrent le 8 Mai Chapitre dans le grand Couvent
des Religieux de l'Obſervance . M. le Maréchal
Duc de Biron , Chevalier des Ordres du Roi , y
préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majesté.
Il reçut Chevaliers MM . Maris , Directeur Général
des fontes de l'Artillerie du Royaume , de
l'Eclufe , Doyen des Députés du Commerce , &
Taitbout , Greffier de la Ville.
Le Roi a tenu le Sceau pour la vingt huitieme
& vingt -neuvieme fois.
Le 14 Mai , Fête de la Pentecôte , MM. les
Chevaliers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre
du Saint Efprit , s'étant affemblés vers les onze
heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majefté
tint chapitre , & Elle nomma les Cardinaux
de Gefvres & de Luynes , Commandeurs de cet
206 MERCURE DE FRANCE.
Ordre. Les preuves de Nobleffe de l'Abbé Comte
de Bernis , lequel avoit été propofé le z Février
dernier , pour être Commandeur du même Ordre
, ayant été préalablement faites , l'information
de fes vie & moeurs & fa profeffion de foi furent
admifes. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
pour aller à la Chapelle. Sa Majefté , devant
qui deux Huiffiers de la Chambre portoientleurs
inaffes , étoit en manteau de cérémonie , le
Collier de l'Ordre & celui de la Toifon d'Or pardeffus.
Elle étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, de MM . le Duc d'Orléans , le Prince de
Condé , le Comte de Charolois , le Prince de
Conty, le Comte de la Marche , le Comte d'Eu ,
le Duc de Penthievres , & les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Le nouveau
Commandeur en rochet & en camail , marchoit
entre les Chevaliers & les Officiers . Avant la gran
de Meffe , qui fut célébrée par l'Archevêque de
de Narbonne , Prélat - Commandeur de l'Ordre da
Saint-Efprit , Sa Majefté monta for fon trône &
revêtit des marques de l'Ordre M. l'Abbé Comte
de Bernis. Le Roi après la Meffe fut reconduit à
fon appartement en la maniere accoutumée.
Sa Majefté a difpofé du Régiment des Carabi
niers en faveur de Monfeigneur le Comte de Provence
, & Elle a nommé M. le Comte de Giſors ,
Mestre de Camp Lieutenant de ce Régiment.
M. le Duc d'Orléans préfenta le 14 Mai au
Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin , à
Madame la Dauphine , à Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , à Madame Infante , à Madame & à
Mefdames , MM . le Marquis de la Tour- du -Pin ,
& le Chevalier de Durfort , pour remercier Sa
Majefté du Régiment de Chartres , Infanterie ,
accordé au premier , & du Régiment de Chare
JUIN. 1758. 1 07
tres , Cavalerie , accordé au fecond.
Le mêmejour , M. le Prince de Condé préfenta
auffi à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , M.
le Comte de Maillé , pour remercier Sa Majefté
du Régiment de Condé , Infanterie , qui lui a été
accordé.
་
Le 16 , le Roi , la Reine , & la Famille Royale
figuerent le contrat de mariage de M. le Duc
de Rohan , avec Damoiſelle Emilie d'Uzès , fille
de M. Charles - Emmanuel , Duc d'Uzès , & de
Dame Emilie de la Rochefoucauld.
Le fieur Gualterio , Archevêque de Mira &
Nonce du Pape , eut le même jour une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il fit part à Sa
Majefté de la mort du Pape Benoît XIV , & lui
préſenta une lettre du Sacré Collége. Il fut conduit
à cette audience par M. Dufort , introducteur
des Ambaffadeurs.
୨
Benoît XIV , ( Profper Lambertini ) Bolonnois
, né le 31 Mars 1675 , avoit été nommé
Cardinal le 9 Décembre 1726 , & il fut élevé au
fouverain Pontificat le 17 Août 1740. Il eft mort
âgé de quatre-vingt trois ans , un mois & deux
jours , & en a regné près de dix- huit . La fageffe ,
la modération , la vafte érudition & l'affabilité de
ce Pontife , rendront fa mémoire célebre , & le
font univerſellement regretter.
M. le Cardinal de Tavannes , Archevêque de
Rouen , & Grand Aumônier de France , a été éla
le 19 Avril Provifeur de Sorbonne , à la place du
feu Cardinal de Tencin.
Le Capitaine de Laftre , commandant le Corfaire
le Printemps , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port le Sloop Anglois la Charmante
Elifabeth , chargé de vin , de thé & autres marchandifes.
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même Corſaire s'eft emparé d'un autre bâ
timent Anglois , appellé le Jean & Susanne , qui
eft arrivé au Havre , & il a fait de plus trois rançons
montant enfemble à 167 guinées.
La Comteffe de la Serre & l'Europe , autres Corfaires
de Dunkerque , fe font auffi rendus ma
tres , le premier , du bateau Anglois le Bon Succès
, le fecond , du Brigantin la Marguerite , qu'il
a rançonné pour 60 guinées.
On mande de Cherbourg , que le Corfaire le
Conquérant , de ce port , y a conduit un bateau
Anglois chargé de farine & de froment.
Le Capitaine Jean-Baptifte de Cock , comman
dant le Corfaire le Comte de Maurepas , de Dunkerque
, a remis à Morlaix les ôtages de deux ran
çons qu'il a faites , & qui montent enſemble à
760 guinées.
Le Corfaire l'Aurore , de Bayonne , comman
dé
par le Capitaine Guillaume Lavernis , s'eft rendu
maître des navires Anglois le Guillaume ;
chargé d'huile , le Plaifant , de Londres , ayant
pour chargement de la chaux & des briques , qui
a été conduit à Lisbonne , & le Carry , de Londres
, lequel s'eft trouvé en fi mauvais état , qu'on
a été obligé d'y mettre le feu , après en avoir retiré
l'équipage & les principaux effets de la cargaifon.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
l'Aimable Françoife , de Bayonne , a relâché
, moyennant une rançon de 2500 livres fterlings
, le Navire Anglois le Carry , de Glafcow
dont il s'étoit emparé.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Brigantin Anglois Cerès , dont la cargaifon
confifte en 40 barriques de fucre , 8 balles
de draps , & balles de cuirs forts , a été pris par
JUI N. 1758 . 209
le Capitaine Pierre Donjon , commandant le Navire
le Saint- Charles , armé en guerre & marchandiſes
, & a été conduit par relâche à Barcelone.
Le 2 de Mai , les Vaiffeaux du Roi le Dragon
, le Belliqueux , le Sphinx , le Hardi , le Floriffant
, les Frégates la Zephire , la Bellone , &
l'Aigrette , le Rhinoceros armé en flûte , & quatre
autres bâtimens frêtés pour le compte du Roi ,
partirent de Rochefort fous les ordres des fieurs de
Maurville & Duchaffaut- Defbenes , Capitaines.
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Robert , commandant le Corfaire la Comteffe de
la Serre , de ce port , a pris & y a fait conduire le
Brigantin Anglois la Réfolution , chargé de fel ,
& qu'il a rançonné pour onze cens cinquante-cinq
guinées quatre autres bâtimens dont il s'étoit emparé.
Il eft arrivé à Breft un navire Anglois de 100
tonneaux , qui a été pris par le fieur Perée , commandant
le Corfaire le Comte de la Riviere , de
Granville , & dont la cargaiſon eft composée de
riz & d'indigo.
Le Roi jugeant à propos de faire paffer incef- E
*
famment entre les mains des hommes Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , à nommé Gouverneur
de ce Prince M. le Comte de la Vauguyon
Lieutenant général de fes Armées , Chevalier de
fes Ordres , & Menin de Monfeigneur le Dauphin
; Précepteur , M. PEvêque de Limoges ;
Sous-Gouverneurs , MM . les Chevaliers de la Ferriere
& de Beaujeu ; le premier , Brigadier d'Infanterie
, & Capitaine au Régiment des Gardes
Françoifes ; le fecond , Chevalier de l'Ordre de
Saint Jean de Jérufalems Sous - Précepteur , M.
l'Abbé de Radonvilliers , Abbé de l'Abbaye de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Saint Loup de Troyes ; Lecteur , M. l'Abbé d'Ar
gentré , Vicaire général du Dioceſe de Limoges ;
Gentilshommes de la Manche , M. le Baron de
Luppé , Colonel du Régiment royal Cantabre ;
MM. les Marquis de Marboeuf , Colonel du Régiment
de Dragons de fon nom ; de Montefquiou ,
Colonel dans le Corps des Grenadiers de France ,
& de la Haye , Capitaine de Cavalerie.
Le Roi a donné à M. l'Evêque d'Orléans la futvivance
de la Direction générale des Economats
& de la Régie des biens des Religionnaires , exercées
actuellement par M. le Comte du Muy ; & Sa
Majefté a voulu que ce Prélat pût lui en rendre
compte , lorfque , pour cauſe d'abſence ou de maladie
, M. le Comte du Muy ne'pourroit pas travailler
avec Elle.
Le 23 Avril , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de la Côte , Officier des Chevaux- Légers
de la Garde , avec Mademoiſelle de Digoine.
M. de Perfan , ci -devant Capitaine au Régiment
Colonel Général de la Cavalerie , a obtenu l'agrément
du Roi pour la place de Lieutenant Meſtre
de Camp du même Régiment.
Le 30 Avril , M. le Comte de la Vauguion &
M. l'Evêque de Limoges , prêterent ferment entre
les mains du Roi ; le premier , en qualité de Gouverneur
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& le ſecond , comme Précepteur de ce Prince.
Le même jour , les Etats de Bourgogne eurent
audience de Sa Majefté . Ils furent préſentés par
M. le Prince de Condé , Gouverneur de la Province
, & par M. le Comte de Saint - Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat . La députation , qui étoit
conduite par M. Defgranges , Maître des Cérémonies
, étoit compofée , pour le Clergé , de M.
JUIN. 1758. 201
P'Abbé Dufers , qui portoit la parole ; de M. le
Comte de Tonnerre , pour la Nobleſſe , & de M.
de la Ramiffe , Maire d'Auxonne , pour le Tiers-
Etat . Elle eut audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Les Etats d'Artois eurent auffi l'honneur d'être
admis à l'audience du Roi , pour la préſentation
du cahier. M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & M. le Comte de Saint - Florentin
, pour le M. le Maréchal - Duc de Belle - Ife
qui a le département de cette Province , & qui
étoit indifpofé , les préſenterent à Sa Majefté , &
ils furent conduits par M. de Gifeux , Maître des
Cérémonies en furvivance. Les Députés étoient ,
pour le Clergé , M. l'Abbé de Cry , Chanoine de
la Cathédrale d'Arras & Vicaire général du Diocefe
, portant la parole ; pour la Nobleffe , M. le
Baron de Wifmes ; & pour le Tiers- Etat , M. de
Camps , Avocat , ancien Echevin de la ville
d'Arras.
Le premier de Mai , la Faculté vérifia le bon
état de la fanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
. Il en fut dreffé un procès-verbal qui fut
préfenté à Sa Majefté par M. le Comte de Saint-
Florentin , & on en remit deux copies en forme ,
P'une à Madame la Comteffe de Marfan , & l'autre
à M. le Comte de la Vauguyon. Vers le midi ,
Madame la Comteffe de Marfan conduifit Monfeigneur
le Duc de Bourgogne à l'appartement du
Roi , & remit ce Prince entre les mains de Sa
Majefté , qui lui témoigna toute la fatisfaction du
fuccès de fes foins pour la premiere education de
ce Prince. Un moment après le Roi remit Monſeigneur
le Duc de Bourgogne entre les mains de M.
le Comte de la Vauguyon . Les mouvemens de
l'ame de ce Prince , au moment d'une féparation
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
fenfible , fe peignirent fur fon vifage , & firent
admirer à la fois l'excellence de fon coeur & fa
fermeté dans un âge fi tendre.
Promotion d'Officiers Généraux & de Brigadiers.
Lieutenans Généraux. MM . le Comte de Moncan
, Commandant en Languedoc ; le Marquis de
Crillon ; de Torcy , Commandant à Nancy ; le
Comte d'Afpremont , Commandant un Bataillon
du Régiment des Gardes Françoiſes ; de Landreville
, Lieutenant des Gardes du Corps dans la
Compagnie de Luxembourg ; le Comte d'Affry
Lieutenant Colonel du Régiment des Gardes Suiffes;
le Baillif de Grille , Capitaine - Lieutenant
des Grenadiers à cheval ; le Chevalier du Châte
let ; le Comte de Vauban ; les Marquis de la Che--
ze, d'Havrincour , de Poyanne , de Barbançon ,
ces deux derniers Inspecteurs Généraux de Cavalerie
& de Dragons ; de Berville & d'Efcorailles ,
premier Soulieutenant de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi le Comte de la
Serre , Infpecteur général d'Infanterie ; de Montmort
, Major des Gardes du Corps ; le Marquis
d'Aubeterre ; le Comte de Montmorency ; le
Duc d'Aiguillon , Commandant en Bretagne , &
de Sabrevois , du Corps Royal de l'Artillerie & du
Génie.
Maréchaux de Camp , de la Maison du Roi , Infanterie
Cavalerie..
MM. le Chevalier de Vogué , Exempt des Gar
des du Corps dans la Compagnie de Luxembourg ;
le Baron de Beufenvald , Capitaine au Régiment
des Gardes Suiffes ; le Comte de Chabannes , Soulieutenant
de la feconde Compagnie des Mouf
quetaires; le Marquis de Caryoifin , Soulieutenant
JUIN. 1758. 205
de la premiere Compagnie des Moufquetaires ; le
Vicomte de Merainville , Soulieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde du Roi.
De la Gendarmerie . M. le Comte de Bouville ,
Soulieutenant des Gendarmes Anglois.
De l'Infanterie. MM. de Vaux-de la Broffe ,
Lieutenant Colonel du Régiment du Comte de la
Marche ; le Comte de Polignac , Colonel du Régiment
d'Enghien ; Robert , Colonel Réformé à
la fuite du Régiment de Picardie ; le Comte de
Grammont ; le Marquis de Balleroy ; le Comte
de Waldner , Colonel d'un Régiment Suiffe ; le
le Chevalier de Croifmaré , Lieutenant Colonel du
Régiment du Rói ; Chevalier de Grollier, Colonel
du Régiment de Foix ; le Chevalier de Beauteville ,
Commandant dans les Cevennes ; le Marquis de
Langeron , Colonel du Régiment de Condé,
Du Corps Royal de l'Artillerie. MM. le Chevalier
d'Efpicquetieres & de Roftaing , tous deux du
Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
Du Corps du Génie. M. de Rivérfon , du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie .
De la Cavalerie. MM. le Chevalier de Montbarey
, Lieutenant - Colonel du Régiment Royal ;
les Comtes de Clermont -Tonnerre & de Maugiron
, Mestres de Camp d'un Régiment de Baye ,
Meftre de Camp Réformé à la fuire du Régiment
Royal Rouffillon ; les Marquis de Bellefont & de
Bezons , chacun Meſtre de Camp d'un Régiment.
"'
Des Dragons. MM. les Comtes d'Aubigny
Lieutenant- Colonel du Régiment de Dragons de
Marbeuf, & d'Harcourt- Lillebonne , Meftre de
Camp d'un Régiment de Dragons.
Brigadiers d'Infanterie. MM. le Comte d'Hef
fenftein , Colonel ; le Chevalier d'Aubonne , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes;
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Conrad- Bely de Belfort , Aide- Major dans le Ré
giment des Gardes Suiffes ; le Chevalier de Montazet
, Colonel Réformé à la fuite du Régiment
d'Eu ; le Marquis d'Hérouville , Colonel du Régiment
de Bourgogne ; les Comtes de Drummontde
Melfort , Colonel Réformé à la fuite du Régiment
Royal Ecoffois , & de Civerac , Colonel da
Régiment Royal des Vaiffeaux ; Filtz - Gerald ,
Colonel Réformé à la fuite du Régiment de Clare ;
le Comte de Lewenhaup , Colonel du Régiment
de Madame la Dauphine ; le Chevalier de Chantilly
, Colonel d'un Régiment de Grenadiers
Royaux le Beuf, Colonel dans le Corps Royal
de l'Artillerie & du Génie , & Chabrié , Colonel-
Commandant un Bataillon du Corps Royal de
l'Artillerie & du Génie .
Brigadiers de Cavalerie. MM . le Marquis de
Montalembert , Enfeigne de la Compagnie des
Chevaux-Légers de la Garde du Roi ; Hébert ,
Aide Major des quatre Compagnies des Gardes
du Corps ; Pinon de Saint- Georges , Meftre de
Camp d'une Brigade de Carabiniers , & du Poral,
Meftre de Camp Réformé à la fuite du Régiment
des Cuir ffiers ; le Marquis de Laubefpine , Meftre
de Camp Réformé à la fuite du Meftre de
Camp géneral ; les Comtes d'Houdetot , Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes de Berry , de Bourbon
- Buffet , Meftre de Camp d'un Régiment , &
de Béthune , Meftre de Camp du Régiment Royal
Pologne.
Brigadiers de Dragons . MM. le Vicomte de
Thiange , Meftre de Camp d'un Régiment ; le
Chevalier d'Aubigné , aufli Meſtre de Camp d'un
Régiment.
Sa Majefté a donné le Régiment de Nice , Infanterie
, vacant par la mort de M. le Comte de la
JUIN. 1758 . 205
Queuille , à M. le Marquis de Juigné , Colonel
dans les Grenadiers de France. Les quatre Régimens
de Cavalerie , de Maugiron , de Clermont-
Tonnerre , de Bellefont & de Bezons , vacans par
la promotion , ont été accordés par le Roi ; le
premier , à M. le Comte de Tralegnies , Major
du Régiment royal Etranger ; le fecond , à M. le
Marquis de Noé , Lieutenant - Colonel du Régiment
de Cavalerie de Monfeigneur le Dauphin ;
le troisieme , à M. le Duc de Chartres , & le quatrieme
, à M. le Marquis de Vauffieux , Capitaine
dans le Régiment de Dragons du Roi. M. le Chevalier
de Flamarens a obtenu celui d'Harcourt-
Lillebonne , Dragons , qui vaquoit par la même
promotion.
Le Roi a donné à M. d'Ormeſſon , Intendant
des Finances , la place de Confeiller d'Etat , vacante
par la mort de M. Pallu , Intendant général
des Claffes de la Marine.
MM. les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel
tinrent le 8 Mai Chapitre dans le grand Couvent
des Religieux de l'Obſervance . M. le Maréchal
Duc de Biron , Chevalier des Ordres du Roi , y
préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majesté.
Il reçut Chevaliers MM . Maris , Directeur Général
des fontes de l'Artillerie du Royaume , de
l'Eclufe , Doyen des Députés du Commerce , &
Taitbout , Greffier de la Ville.
Le Roi a tenu le Sceau pour la vingt huitieme
& vingt -neuvieme fois.
Le 14 Mai , Fête de la Pentecôte , MM. les
Chevaliers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre
du Saint Efprit , s'étant affemblés vers les onze
heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majefté
tint chapitre , & Elle nomma les Cardinaux
de Gefvres & de Luynes , Commandeurs de cet
206 MERCURE DE FRANCE.
Ordre. Les preuves de Nobleffe de l'Abbé Comte
de Bernis , lequel avoit été propofé le z Février
dernier , pour être Commandeur du même Ordre
, ayant été préalablement faites , l'information
de fes vie & moeurs & fa profeffion de foi furent
admifes. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
pour aller à la Chapelle. Sa Majefté , devant
qui deux Huiffiers de la Chambre portoientleurs
inaffes , étoit en manteau de cérémonie , le
Collier de l'Ordre & celui de la Toifon d'Or pardeffus.
Elle étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, de MM . le Duc d'Orléans , le Prince de
Condé , le Comte de Charolois , le Prince de
Conty, le Comte de la Marche , le Comte d'Eu ,
le Duc de Penthievres , & les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Le nouveau
Commandeur en rochet & en camail , marchoit
entre les Chevaliers & les Officiers . Avant la gran
de Meffe , qui fut célébrée par l'Archevêque de
de Narbonne , Prélat - Commandeur de l'Ordre da
Saint-Efprit , Sa Majefté monta for fon trône &
revêtit des marques de l'Ordre M. l'Abbé Comte
de Bernis. Le Roi après la Meffe fut reconduit à
fon appartement en la maniere accoutumée.
Sa Majefté a difpofé du Régiment des Carabi
niers en faveur de Monfeigneur le Comte de Provence
, & Elle a nommé M. le Comte de Giſors ,
Mestre de Camp Lieutenant de ce Régiment.
M. le Duc d'Orléans préfenta le 14 Mai au
Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin , à
Madame la Dauphine , à Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , à Madame Infante , à Madame & à
Mefdames , MM . le Marquis de la Tour- du -Pin ,
& le Chevalier de Durfort , pour remercier Sa
Majefté du Régiment de Chartres , Infanterie ,
accordé au premier , & du Régiment de Chare
JUIN. 1758. 1 07
tres , Cavalerie , accordé au fecond.
Le mêmejour , M. le Prince de Condé préfenta
auffi à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , M.
le Comte de Maillé , pour remercier Sa Majefté
du Régiment de Condé , Infanterie , qui lui a été
accordé.
་
Le 16 , le Roi , la Reine , & la Famille Royale
figuerent le contrat de mariage de M. le Duc
de Rohan , avec Damoiſelle Emilie d'Uzès , fille
de M. Charles - Emmanuel , Duc d'Uzès , & de
Dame Emilie de la Rochefoucauld.
Le fieur Gualterio , Archevêque de Mira &
Nonce du Pape , eut le même jour une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il fit part à Sa
Majefté de la mort du Pape Benoît XIV , & lui
préſenta une lettre du Sacré Collége. Il fut conduit
à cette audience par M. Dufort , introducteur
des Ambaffadeurs.
୨
Benoît XIV , ( Profper Lambertini ) Bolonnois
, né le 31 Mars 1675 , avoit été nommé
Cardinal le 9 Décembre 1726 , & il fut élevé au
fouverain Pontificat le 17 Août 1740. Il eft mort
âgé de quatre-vingt trois ans , un mois & deux
jours , & en a regné près de dix- huit . La fageffe ,
la modération , la vafte érudition & l'affabilité de
ce Pontife , rendront fa mémoire célebre , & le
font univerſellement regretter.
M. le Cardinal de Tavannes , Archevêque de
Rouen , & Grand Aumônier de France , a été éla
le 19 Avril Provifeur de Sorbonne , à la place du
feu Cardinal de Tencin.
Le Capitaine de Laftre , commandant le Corfaire
le Printemps , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port le Sloop Anglois la Charmante
Elifabeth , chargé de vin , de thé & autres marchandifes.
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même Corſaire s'eft emparé d'un autre bâ
timent Anglois , appellé le Jean & Susanne , qui
eft arrivé au Havre , & il a fait de plus trois rançons
montant enfemble à 167 guinées.
La Comteffe de la Serre & l'Europe , autres Corfaires
de Dunkerque , fe font auffi rendus ma
tres , le premier , du bateau Anglois le Bon Succès
, le fecond , du Brigantin la Marguerite , qu'il
a rançonné pour 60 guinées.
On mande de Cherbourg , que le Corfaire le
Conquérant , de ce port , y a conduit un bateau
Anglois chargé de farine & de froment.
Le Capitaine Jean-Baptifte de Cock , comman
dant le Corfaire le Comte de Maurepas , de Dunkerque
, a remis à Morlaix les ôtages de deux ran
çons qu'il a faites , & qui montent enſemble à
760 guinées.
Le Corfaire l'Aurore , de Bayonne , comman
dé
par le Capitaine Guillaume Lavernis , s'eft rendu
maître des navires Anglois le Guillaume ;
chargé d'huile , le Plaifant , de Londres , ayant
pour chargement de la chaux & des briques , qui
a été conduit à Lisbonne , & le Carry , de Londres
, lequel s'eft trouvé en fi mauvais état , qu'on
a été obligé d'y mettre le feu , après en avoir retiré
l'équipage & les principaux effets de la cargaifon.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
l'Aimable Françoife , de Bayonne , a relâché
, moyennant une rançon de 2500 livres fterlings
, le Navire Anglois le Carry , de Glafcow
dont il s'étoit emparé.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Brigantin Anglois Cerès , dont la cargaifon
confifte en 40 barriques de fucre , 8 balles
de draps , & balles de cuirs forts , a été pris par
JUI N. 1758 . 209
le Capitaine Pierre Donjon , commandant le Navire
le Saint- Charles , armé en guerre & marchandiſes
, & a été conduit par relâche à Barcelone.
Le 2 de Mai , les Vaiffeaux du Roi le Dragon
, le Belliqueux , le Sphinx , le Hardi , le Floriffant
, les Frégates la Zephire , la Bellone , &
l'Aigrette , le Rhinoceros armé en flûte , & quatre
autres bâtimens frêtés pour le compte du Roi ,
partirent de Rochefort fous les ordres des fieurs de
Maurville & Duchaffaut- Defbenes , Capitaines.
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Robert , commandant le Corfaire la Comteffe de
la Serre , de ce port , a pris & y a fait conduire le
Brigantin Anglois la Réfolution , chargé de fel ,
& qu'il a rançonné pour onze cens cinquante-cinq
guinées quatre autres bâtimens dont il s'étoit emparé.
Il eft arrivé à Breft un navire Anglois de 100
tonneaux , qui a été pris par le fieur Perée , commandant
le Corfaire le Comte de la Riviere , de
Granville , & dont la cargaiſon eft composée de
riz & d'indigo.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1758, plusieurs nominations et événements marquants ont eu lieu à la cour du roi de France. Le roi a nommé M. le Comte de la Vauguyon gouverneur du Duc de Bourgogne, assisté par M. l'Évêque de Limoges en tant que précepteur. Les sous-gouverneurs désignés sont MM. les Chevaliers de la Ferrière et de Beaujeu. M. l'Évêque d'Orléans a été chargé de la direction générale des économats et de la régie des biens des religionnaires. Le 23 avril, le roi, la reine et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Marquis de la Côte avec Mademoiselle de Digoine. Le 30 avril, M. le Comte de la Vauguyon et M. l'Évêque de Limoges ont prêté serment au roi. Les États de Bourgogne et d'Artois ont été reçus par le roi, présentés respectivement par M. le Prince de Condé et M. le Duc de Chaulnes. Le 1er mai, la santé du Duc de Bourgogne a été vérifiée et un procès-verbal a été présenté au roi. Plusieurs promotions d'officiers généraux et de brigadiers ont été annoncées, incluant des nominations dans l'infanterie, la cavalerie et les dragons. Le roi a également nommé de nouveaux commandants pour divers régiments. Le 14 mai, lors de la fête de la Pentecôte, le roi a nommé les Cardinaux de Gesvres et de Luynes commandeurs de l'Ordre du Saint-Esprit et a reçu l'Abbé Comte de Bernis comme nouveau commandeur. Le roi a disposé du régiment des Carabiniers en faveur du Comte de Provence et a nommé M. le Comte de Gisors maître de camp lieutenant de ce régiment. Le 16 mai, le roi, la reine et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Duc de Rohan avec Damoiselle Emilie d'Uzès. Le même jour, le Nonce du Pape a informé le roi de la mort du Pape Benoît XIV. Parallèlement, plusieurs événements maritimes et nominations ecclésiastiques ont été rapportés. Le Cardinal de Tavannes a été élu Proviseur de Sorbonne le 19 avril, succédant au Cardinal de Tencin. Divers corsaires français ont capturé des navires anglais, obtenant des rançons significatives. Par exemple, le Capitaine Laftre a capturé deux navires anglais, obtenant 167 guinées de rançons. D'autres corsaires, comme la Comtesse de la Serre et l'Europe, ont également réalisé des captures. À Cherbourg, le corsaire le Conquérant a conduit un bateau anglais chargé de farine et de froment. Le Capitaine Jean-Baptiste de Cock a remis des otages à Morlaix après deux rançons totalisant 760 guinées. Le corsaire l'Aurore de Bayonne a capturé plusieurs navires anglais, certains conduits à Lisbonne ou incendiés. Le Capitaine Danglade a relâché un navire anglais après une rançon de 2500 livres sterling. Le Capitaine Pierre Donjon a capturé le Brigantin anglais Cerès et l'a conduit à Barcelone. Le 2 mai, plusieurs vaisseaux du Roi sont partis de Rochefort sous les ordres des Capitaines de Maurville et Duchaffaut-Desbennes. À Dunkerque, le Capitaine Robert a capturé le Brigantin anglais la Révolution et rançonné quatre autres navires. Un navire anglais de 100 tonneaux, capturé par le Capitaine Perée, est arrivé à Brest avec une cargaison de riz et d'indigo.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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93
p. 201-202
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
La Dame d'Aubeterre, que le Roi avoit nommée à l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Religieuse, Abbé, Chanoine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le Roi a redistribué plusieurs abbayes. Dame d'Aubeterre a refusé l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval, attribuée à la Dame de la Guiche. L'Abbaye de Saint Germain d'Auxerre a été donnée à M. l'Abbé Dutrouffet d'Héricourt, qui a cédé l'Abbaye de Saint Crefpin-le-Grand. L'Abbaye de Saint Cheron a été attribuée à M. l'Abbé Rivière.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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94
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieuse, Abbé, Chapitre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
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95
p. 208-211
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Le premier Septembre 1758, le très-haut & très-puissant Seigneur [...]
Mots clefs :
Seigneur, Duc, Colonel d'infanterie, Mariage, Maison Galeano-Galieni, Maison Trémoletti-Montpezat, Chevalier, Armoiries, Abbé, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGE ET MORTS..
cal flor the pisten allia plang aftur
LUIS
7 DEC
7s premier Septembre 1758 , le très- haut &
très -puiffant Seigneur Charles-Hyacinthe -Antoine
Galeano- Galieni , des Seigneurs de ce nom en
Lombardie , Duc de Galean , Prince du Saint-
Siege , Sire & Marquis de Salernes , Baron des
OCTOBRE . 1758. 200
Iffarts , Seigneur du Caftellet- Courtines , lez - Angles
& autres lieux , Colonel d'Infanterie dans le
Corps des Grenadiers de France , Chevalier d'honneur
de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , de la
Religion, de celui de Saints Maurice & Lazare , & c .
&c , &c , époufa à Lile , dans le Comtat d'Avignon,
Mademoiſelle Marie Françoife - Henriette de
Montpezat , fille de très haut & très puiffant Seigneur
Jean-Jofeph- Paul- Antoine de Trémoletty-
Montpezat , Duc & Marquis de Montpezat , Prince
du Saint- Siege , l'un des quatre premiers Ba
rons de la Province de Dauphine , Baron de
Montmaur , Piegon & Rochebrune , Seigneur
de Laval , Argilliers , &c. Lieutenant pour
Roi en Languedoc , & de très -haute & très- puiffante
Dame Madame Marie - Juftine - Efpérance
d'Agoult , Ducheffe de Montpezat . La bénédiction
nuptiale fut donnée par M. l'Evêque de Cavaillon.
le
La maifon de Galeano - Galieni eft affez connue
pour qu'on le contente d'en placer ici feulement
un extrait. Il fuffira donc de dire que depuis quatre
fiecles qu'elle s'eft féparée des branches aînées
demeurées en Italie , elle a toujours tenu un rang
confidérable dans l'état d'Avignon où elle a fixe
fa demeure. Elle exifte dans deux branches ; celle
du Duc de Guadagne , qui eft la premiere , a
donné le fameux Duc de Gadagne , Capitaine
Général des Armées en France , Gouverneur de la
Rochelle , Lieutenant Général de la Province du
Berry , mert Généraliffime des Armées de Rome
& de Venife, & celle du Duc de Galean des Iffarts,
dont il eft queftion . Ce dernier eft unique fils de
feu le Marquis des Iffarts , Chevalier de l'Ordre
de l'Aigle blanc en Pologne , Confeiller d'Etat ,
d'Epée , & Ambaffadeur extraordinaire & Pléni
Tro MERCURE DE FRANCE.
potentiaire de S. M. T. C. aux cours de Warfovie
& de Turin , mort à Avignon en 1754 , âgé de
37 ans, & de feu très-haute & très- puiffante Dame
Charlotte Yolande-de Forbin , dès Séignéurs de
la Barben & de Pont-à-Mouffon, décédée en 1742
âgée de vingt-fix ans .
Quant à la maifon de Trémoletti-Montpezat ,
elle eft comptée dès la fin du douzieme fiecle au
nombre des meilleures Maiſons & de la plus ancienne
Chevalerie du pays de Foix , d'où elle tire'
fon origine ; ce qui eft conftaté par des actes ori-'
ginaux de ce temps , ou les Seigneurs de cette
maifon prennent toujours les titres de Nobilis
miles ou Domicellus , qui fignifié Chevalier &
Damoifeau : ceux de cette race ont toujours tenu
dans les armées les premiers emplois. Nous '
remarquerons entr'autres féu le Marquis de'
Montpezat , grand- oncle paternel du Dúc de'
Montpezat d'aujourd'hui , qui mourut Lieutenant
Général des Armées du Roi & Gouverneur d'Arras
, à la veille d'être décoré du bâton de Maté
chal de France dont le feu Roi vouloit récompen
fer fa bravoure & fès importans fervices.
Les maifons de Galean & de Montpezat ont
fourni grand nombre de Chevaliers à l'Ordre de '
Saint Jean de Jérufalem , dont plufieurs ont eu
l'avantage de répandre leur fang au fervice de la
Religion.
La maifon de Galean porté d'argent à la bande
de fable remplie d'or , & aux deux'rofes de gueules
cimier , un lion iffant d'or avec ces mots , ab
obice favior ibit , cri de guerre , femper magis ; fup
ports , deux Anges cotemaillés de rofes.
Celles de Montpezat font d'azur , au Cigne'
d'argent pofé fur une riviere , de même furmonté
de trois molettes d'or , bordé d'azur & parfemé.de
OCTOBRE. 1758. 211
tys d'argent pour fupport , deux Anges cottes
maillés de lys d'argent , avec des Bannieres de
même ; pour cimier un Cigne furmonté d'une
molette d'or avec la devife en latin : Cignus aut
victoria ludit in undas
Meffire Antoine- François de Monlezun- de Bufca
, Abbé de l'Abbaye royale de Longvilliers , Ordre
de Câteaux, Diocefe de Boulogne, mourut dans
fon Abbaye le 11 Septembre , âgé de quatrevingt-
cinq ans.
Meffire Louis- François , Marquis de l'Aubef
pine , eft mort en Beauce dans fes terres le 22 ,
dans la quatre-vingt - treizieme année de fon âge .
Meffire Urbain Robinet , Chanoine de l'Eglife
de Paris , l'un des Vicaires Généraux de M. l'Arclievêque
, Abbé de l'Abbaye de Bellozane , Ordre
de Prémontré , Dioceſe de Rouen , eft mort en
cette Ville le 29 du mois dernier, dans fa foixantequinzieme
année.
cal flor the pisten allia plang aftur
LUIS
7 DEC
7s premier Septembre 1758 , le très- haut &
très -puiffant Seigneur Charles-Hyacinthe -Antoine
Galeano- Galieni , des Seigneurs de ce nom en
Lombardie , Duc de Galean , Prince du Saint-
Siege , Sire & Marquis de Salernes , Baron des
OCTOBRE . 1758. 200
Iffarts , Seigneur du Caftellet- Courtines , lez - Angles
& autres lieux , Colonel d'Infanterie dans le
Corps des Grenadiers de France , Chevalier d'honneur
de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , de la
Religion, de celui de Saints Maurice & Lazare , & c .
&c , &c , époufa à Lile , dans le Comtat d'Avignon,
Mademoiſelle Marie Françoife - Henriette de
Montpezat , fille de très haut & très puiffant Seigneur
Jean-Jofeph- Paul- Antoine de Trémoletty-
Montpezat , Duc & Marquis de Montpezat , Prince
du Saint- Siege , l'un des quatre premiers Ba
rons de la Province de Dauphine , Baron de
Montmaur , Piegon & Rochebrune , Seigneur
de Laval , Argilliers , &c. Lieutenant pour
Roi en Languedoc , & de très -haute & très- puiffante
Dame Madame Marie - Juftine - Efpérance
d'Agoult , Ducheffe de Montpezat . La bénédiction
nuptiale fut donnée par M. l'Evêque de Cavaillon.
le
La maifon de Galeano - Galieni eft affez connue
pour qu'on le contente d'en placer ici feulement
un extrait. Il fuffira donc de dire que depuis quatre
fiecles qu'elle s'eft féparée des branches aînées
demeurées en Italie , elle a toujours tenu un rang
confidérable dans l'état d'Avignon où elle a fixe
fa demeure. Elle exifte dans deux branches ; celle
du Duc de Guadagne , qui eft la premiere , a
donné le fameux Duc de Gadagne , Capitaine
Général des Armées en France , Gouverneur de la
Rochelle , Lieutenant Général de la Province du
Berry , mert Généraliffime des Armées de Rome
& de Venife, & celle du Duc de Galean des Iffarts,
dont il eft queftion . Ce dernier eft unique fils de
feu le Marquis des Iffarts , Chevalier de l'Ordre
de l'Aigle blanc en Pologne , Confeiller d'Etat ,
d'Epée , & Ambaffadeur extraordinaire & Pléni
Tro MERCURE DE FRANCE.
potentiaire de S. M. T. C. aux cours de Warfovie
& de Turin , mort à Avignon en 1754 , âgé de
37 ans, & de feu très-haute & très- puiffante Dame
Charlotte Yolande-de Forbin , dès Séignéurs de
la Barben & de Pont-à-Mouffon, décédée en 1742
âgée de vingt-fix ans .
Quant à la maifon de Trémoletti-Montpezat ,
elle eft comptée dès la fin du douzieme fiecle au
nombre des meilleures Maiſons & de la plus ancienne
Chevalerie du pays de Foix , d'où elle tire'
fon origine ; ce qui eft conftaté par des actes ori-'
ginaux de ce temps , ou les Seigneurs de cette
maifon prennent toujours les titres de Nobilis
miles ou Domicellus , qui fignifié Chevalier &
Damoifeau : ceux de cette race ont toujours tenu
dans les armées les premiers emplois. Nous '
remarquerons entr'autres féu le Marquis de'
Montpezat , grand- oncle paternel du Dúc de'
Montpezat d'aujourd'hui , qui mourut Lieutenant
Général des Armées du Roi & Gouverneur d'Arras
, à la veille d'être décoré du bâton de Maté
chal de France dont le feu Roi vouloit récompen
fer fa bravoure & fès importans fervices.
Les maifons de Galean & de Montpezat ont
fourni grand nombre de Chevaliers à l'Ordre de '
Saint Jean de Jérufalem , dont plufieurs ont eu
l'avantage de répandre leur fang au fervice de la
Religion.
La maifon de Galean porté d'argent à la bande
de fable remplie d'or , & aux deux'rofes de gueules
cimier , un lion iffant d'or avec ces mots , ab
obice favior ibit , cri de guerre , femper magis ; fup
ports , deux Anges cotemaillés de rofes.
Celles de Montpezat font d'azur , au Cigne'
d'argent pofé fur une riviere , de même furmonté
de trois molettes d'or , bordé d'azur & parfemé.de
OCTOBRE. 1758. 211
tys d'argent pour fupport , deux Anges cottes
maillés de lys d'argent , avec des Bannieres de
même ; pour cimier un Cigne furmonté d'une
molette d'or avec la devife en latin : Cignus aut
victoria ludit in undas
Meffire Antoine- François de Monlezun- de Bufca
, Abbé de l'Abbaye royale de Longvilliers , Ordre
de Câteaux, Diocefe de Boulogne, mourut dans
fon Abbaye le 11 Septembre , âgé de quatrevingt-
cinq ans.
Meffire Louis- François , Marquis de l'Aubef
pine , eft mort en Beauce dans fes terres le 22 ,
dans la quatre-vingt - treizieme année de fon âge .
Meffire Urbain Robinet , Chanoine de l'Eglife
de Paris , l'un des Vicaires Généraux de M. l'Arclievêque
, Abbé de l'Abbaye de Bellozane , Ordre
de Prémontré , Dioceſe de Rouen , eft mort en
cette Ville le 29 du mois dernier, dans fa foixantequinzieme
année.
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Résumé : MARIAGE ET MORTS.
Le texte décrit le mariage de Charles-Hyacinthe-Antoine Galeano-Galieni, Duc de Galean, et de Marie Françoise-Henriette de Montpezat, fille du Duc de Montpezat, célébré le 7 septembre 1758 à L'Isle dans le Comtat d'Avignon. La cérémonie a été bénie par l'évêque de Cavaillon. Les familles des mariés sont présentées en détail. La maison Galeano-Galieni est établie en Avignon depuis quatre siècles et se divise en deux branches : celle du Duc de Guadagne et celle du Duc de Galean des Issarts. Le père du marié, le Marquis des Issarts, était Chevalier de l'Ordre de l'Aigle blanc en Pologne et Ambassadeur extraordinaire. La maison de Montpezat, originaire du pays de Foix, est connue pour ses services militaires et ses titres de noblesse. Les deux familles ont fourni de nombreux Chevaliers à l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Le texte mentionne également les armoiries et devises des deux maisons. Par ailleurs, il note le décès de plusieurs personnalités, dont l'Abbé de l'Abbaye royale de Longvilliers, le Marquis de l'Aubespine et le Chanoine Urbain Robinet.
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96
p. 205-206
MORTS.
Début :
Dame Marie-Paule Thérèse de Beauvillier, fille du Duc de [...]
Mots clefs :
Duc, Abbé, Diocèse, Chevalier, Prince, Morts
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
DAME Marie-Paule Thérèſe de Beauvillier ,
fille du Duc de S: Aignan , époufe de Jean - François-
Charles de Molette , Comte de Movangies ,
Colonel du Régiment de Languedoc , eft morte à
Paris le 10 Novembre , âgée de 28 ans.
Meffire N. de Menou de Bouffay , Abbé Com
mandataire de l'Abbaye de Preuilly, Ordre de Saint
206 MERCURE DE FRANCE.
Benoît , Diocèfe de Tours , mourut en fon Abbaye
le 27 Octobre.
Meffire Samuel- Guillaume de Verthamont de
Chavagnac , Evêque de Luçon , eft mort en fon
Palais Epifcopal le premier Novembre, âgé de foixante-
cinq ans.
Meffire Charles- Philippe d'Albert, Duc de Luynes
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi , ancien Meftre de Camp de Cavalerie , mourut
à Dampierre le 2 Novembre, dans la foixantequatrieme
année de fon âge.
Meffire Jofeph d'Albert de Luynes , Prince de
Grimberghen , Prince du Saint-Empire Romain ,
Confeiller d'Etat Intime du feu Empereur Charles
VII , Feld -Maréchal de fes Armées , & ci-devant
fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour de
France , eft mort le 8 , dans la quatre-vingt-feptieme
année de ſon âge.
DAME Marie-Paule Thérèſe de Beauvillier ,
fille du Duc de S: Aignan , époufe de Jean - François-
Charles de Molette , Comte de Movangies ,
Colonel du Régiment de Languedoc , eft morte à
Paris le 10 Novembre , âgée de 28 ans.
Meffire N. de Menou de Bouffay , Abbé Com
mandataire de l'Abbaye de Preuilly, Ordre de Saint
206 MERCURE DE FRANCE.
Benoît , Diocèfe de Tours , mourut en fon Abbaye
le 27 Octobre.
Meffire Samuel- Guillaume de Verthamont de
Chavagnac , Evêque de Luçon , eft mort en fon
Palais Epifcopal le premier Novembre, âgé de foixante-
cinq ans.
Meffire Charles- Philippe d'Albert, Duc de Luynes
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi , ancien Meftre de Camp de Cavalerie , mourut
à Dampierre le 2 Novembre, dans la foixantequatrieme
année de fon âge.
Meffire Jofeph d'Albert de Luynes , Prince de
Grimberghen , Prince du Saint-Empire Romain ,
Confeiller d'Etat Intime du feu Empereur Charles
VII , Feld -Maréchal de fes Armées , & ci-devant
fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour de
France , eft mort le 8 , dans la quatre-vingt-feptieme
année de ſon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs décès de personnalités notables. Marie-Paule Thérèse de Beauvillier, fille du Duc de Saint-Aignan et épouse du Comte de Movangies, est décédée à Paris le 10 novembre à l'âge de 28 ans. Meffire N. de Menou de Bouffay, Abbé Commandataire de l'Abbaye de Preuilly dans le Diocèse de Tours, est mort le 27 octobre dans son abbaye. Meffire Samuel-Guillaume de Verthamont de Chavagnac, Évêque de Luçon, est décédé le 1er novembre à l'âge de soixante-cinq ans. Meffire Charles-Philippe d'Albert, Duc de Luynes, Pair de France et Chevalier des Ordres du Roi, est mort à Dampierre le 2 novembre à l'âge de soixante-quatre ans. Enfin, Meffire Joseph d'Albert de Luynes, Prince de Grimberghen et Prince du Saint-Empire Romain, Conseiller d'État Intime du défunt Empereur Charles VII et ancien Ambassadeur Extraordinaire à la Cour de France, est décédé le 8 novembre à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
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97
p. 206-209
DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
Début :
Sa Majesté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché d'Angers. [...]
Mots clefs :
Roi de France, Nominations, Archevêque, Évêque, Vicaire, Abbé, Abbaye, Ordre, Chevalier, Comte, Conseil, Prieuré, Ambassadeur de Russie, Audience, Famille royale, Duc, Marquis, Commandement
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
DE VERSAILLES , le 14. Décembre.
SAA Majefté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché
d'Angers..
L'Abbé Gautier , Vicaire Général du Diocéfe
de Bourges à l'Evêché de Luçon.
Et l'Abbé Moreau Chanoine de NotreDame
& Confeiller Clerc au Parlement , à l'Evêché '
de Vence.
Le Roi a donné l'Abbaye de Longvilliers , Ordre
de Cifteaux , Diocéle de Boulogne , à 1 Abbé
de Narboune- Pelet Chanoine de Saint - Paul-
Trois - Châteaux .
L'Abbaye d'Uzerche, Diocéfe de Limoges , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Cugnac de Dampierre
, Chanoine & Chancelier de l'Eglite Mé--
tropolitaine de Tours.
L'Abbaye Réguliere de Saint Pierre de Hafnon ,
Diocéfe d'Arras , a Dom Lernould , Religieux de
la même Abbaye.
L'Abbaye de Perray , Ordre de Cifteaux , Diocéfe
d'Angers , à la Dame de Gourcy - Charcy ,
Religieufe à l'Abbaye aux Bois , à Paris.
Ville' L'Abbaye de Kerlot , Ordre de Ciſteaux ,
& Diocéfe de Quimper , à la Dame de Cuillé ,
Religieule à l'Abbaye de Banceray , à Angers.
Et un Canonicat de la Sainte Chapelle du
Palais à Paris , à l'Abbé Coriambleu , Prêtre du
Diocéfe d'Orléans.
Le fieur de Chevert , Lieutenant Général des
Armées du Roi , Commandeur , Grand Croix
JANVIER . 1759. 207,
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-Louis
ayant été nommé par le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , Chevalier de l'Ordre de l'Aigle
Blanc , reçut le 2. ce mois , avec la permiffion de
S. M. des mains du Comté de Luface,le Cordon
de cet Ordre avec le Portrait du Roi de Pologne ,
dans une Boëte d'or enrichie de diamants,& une.
Lettre de ce Monarque , remplie de témoignages.
d'eftime & de bienveillance .
Le ro. le Roi , en entrant au Confeil , créa
Pair de France le Duc de Choifeuit , Miniftre &
Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangeres.
Le Roi a donné l'Abbaye de Preuilly , Ordre de
S. Benoit , Diocéfe de Tours , a l'Abbé de Gabriac
, Grand-Vicaire de Sens .
L'Abbaye de Bellozanne , Ordre de Prémon
tré , Diocéfe de Rouen , a l'Abbé le Rat , Chanoine
de l'Eglife Cathédrale de Rouen .
Le Prieuré de S. Maurice lès S. nlis , à l'Abbé
Mauffac , Prêtre de la Communauté de S. Sulpice.
Le Prieuré de Liern , Ordre de S. Auguftin ,
Biocéle d'Evreux , a l'Abbé Machelart , Chapelain
de la Chap ile de Madame.
Le Prieuré de Vicuxpoux , Ordre de Grammont
, Diocéfe de Seus , a l'Abbé de Maſtin
Grand- Vicaire d'Orleans.
Le Prieuré de S. Martin du Lamballe , Diocéle
de S. Brieux , à l'Abbé de Champorcin ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife d'Arles.
Le Prieuré de Friardel , Ordre de S. Auguf
tin , Diocéfe de Lilieux , a l'Abbé de la Tour d'Auvergne
, Aumônier du Régiment Royal des Vaiſ➡
feaux .
Le Prieuré de Montguyon & de la Primaudiere,
fon Annexe, Ordre de Grammont, Dioceſe d'Angers
, à l'Abbé Dupont , Clerc de la Chapelle
du Roi
208 MERCURE DE FRANCE.
Le Prieuré de Saugé , Diocéfe de Poitiers , au
fieur Lebrun , Chapelain des Prifons du Grand
Châtelet ;
Le Prieuré de S. Martin fous Beaumont , Diocéfe
de Dijon , au fieur Bodier , Promoteur du
même Diocéfe.
Et le Prieuré de Mauves , Diocéfe de Nantes ,
au fieur des Rochelles Petit Prêtre du même
Diocéfe.
Le 21. Décembre.
Le 19. le Comte de Beftuchef , Ambaffadeur
Extraordinaire de Ruffie , eut une Audience particuliere
du Roi , à laquelle il fut conduit par le
Sieur de la Live , Introducteur des Amballadeurs.
Du 4 Janvier.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Eſprit , s'étant aſſemblés vers les
II heures dans le Cabinet du Roi , S. M. tint
un Chapitre , & admit au nombre des Chevaliers
de l'Ordre , le Duc de Chevreufe , le Duc de Broglie
, le Maréchal de Contades , le Comte de Graville
, le Comte de Rochechouart , le Comte de
Guerchy , le Prince de Crony & le Comte de
Lannion.
Le Roi fortit enfuite de fon Appartement pour
fe rendre à la Chapelle . Sa Majefté étoit en mauteau
avec le Collier de l'Ordre . Elle étoit précédée
de Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans
, du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, du Prince de Conty , du Comte de la Marche
, du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , des
Chevaliers , des Commandeurs & des Officiers de
l'Ordre.
Après qu'on eut chanté l'Hymne du Veni Creator
, le Roi monta ſur ſon Trône , & mit au Cardinal
de Luynes le Cordon de l'Ordre. La Grand-
Mefle fut célébrée par l'Evêque de Langres , PréJANVIER.
1759. 200
lat-Commandeur. Après la Meffe , Sa Majefté
fut reconduite à ſon Appartement , à la maniere
accoutumée.
Sa Majesté a fait Duc à Brevet , le Marquis de
Villequier , fils du Duc d'Aumont.
Le Roi a permis au Comte d'Albert , fils du
Chevreufe de prendre le titre de Duc de Luynes.
Sa Majesté a nommé le Marquis de Quefne ,
Chef d'Efcadre , Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint- Louis , avec la Penfion de
trois mille livres.
SAA Majefté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché
d'Angers..
L'Abbé Gautier , Vicaire Général du Diocéfe
de Bourges à l'Evêché de Luçon.
Et l'Abbé Moreau Chanoine de NotreDame
& Confeiller Clerc au Parlement , à l'Evêché '
de Vence.
Le Roi a donné l'Abbaye de Longvilliers , Ordre
de Cifteaux , Diocéle de Boulogne , à 1 Abbé
de Narboune- Pelet Chanoine de Saint - Paul-
Trois - Châteaux .
L'Abbaye d'Uzerche, Diocéfe de Limoges , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Cugnac de Dampierre
, Chanoine & Chancelier de l'Eglite Mé--
tropolitaine de Tours.
L'Abbaye Réguliere de Saint Pierre de Hafnon ,
Diocéfe d'Arras , a Dom Lernould , Religieux de
la même Abbaye.
L'Abbaye de Perray , Ordre de Cifteaux , Diocéfe
d'Angers , à la Dame de Gourcy - Charcy ,
Religieufe à l'Abbaye aux Bois , à Paris.
Ville' L'Abbaye de Kerlot , Ordre de Ciſteaux ,
& Diocéfe de Quimper , à la Dame de Cuillé ,
Religieule à l'Abbaye de Banceray , à Angers.
Et un Canonicat de la Sainte Chapelle du
Palais à Paris , à l'Abbé Coriambleu , Prêtre du
Diocéfe d'Orléans.
Le fieur de Chevert , Lieutenant Général des
Armées du Roi , Commandeur , Grand Croix
JANVIER . 1759. 207,
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-Louis
ayant été nommé par le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , Chevalier de l'Ordre de l'Aigle
Blanc , reçut le 2. ce mois , avec la permiffion de
S. M. des mains du Comté de Luface,le Cordon
de cet Ordre avec le Portrait du Roi de Pologne ,
dans une Boëte d'or enrichie de diamants,& une.
Lettre de ce Monarque , remplie de témoignages.
d'eftime & de bienveillance .
Le ro. le Roi , en entrant au Confeil , créa
Pair de France le Duc de Choifeuit , Miniftre &
Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangeres.
Le Roi a donné l'Abbaye de Preuilly , Ordre de
S. Benoit , Diocéfe de Tours , a l'Abbé de Gabriac
, Grand-Vicaire de Sens .
L'Abbaye de Bellozanne , Ordre de Prémon
tré , Diocéfe de Rouen , a l'Abbé le Rat , Chanoine
de l'Eglife Cathédrale de Rouen .
Le Prieuré de S. Maurice lès S. nlis , à l'Abbé
Mauffac , Prêtre de la Communauté de S. Sulpice.
Le Prieuré de Liern , Ordre de S. Auguftin ,
Biocéle d'Evreux , a l'Abbé Machelart , Chapelain
de la Chap ile de Madame.
Le Prieuré de Vicuxpoux , Ordre de Grammont
, Diocéfe de Seus , a l'Abbé de Maſtin
Grand- Vicaire d'Orleans.
Le Prieuré de S. Martin du Lamballe , Diocéle
de S. Brieux , à l'Abbé de Champorcin ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife d'Arles.
Le Prieuré de Friardel , Ordre de S. Auguf
tin , Diocéfe de Lilieux , a l'Abbé de la Tour d'Auvergne
, Aumônier du Régiment Royal des Vaiſ➡
feaux .
Le Prieuré de Montguyon & de la Primaudiere,
fon Annexe, Ordre de Grammont, Dioceſe d'Angers
, à l'Abbé Dupont , Clerc de la Chapelle
du Roi
208 MERCURE DE FRANCE.
Le Prieuré de Saugé , Diocéfe de Poitiers , au
fieur Lebrun , Chapelain des Prifons du Grand
Châtelet ;
Le Prieuré de S. Martin fous Beaumont , Diocéfe
de Dijon , au fieur Bodier , Promoteur du
même Diocéfe.
Et le Prieuré de Mauves , Diocéfe de Nantes ,
au fieur des Rochelles Petit Prêtre du même
Diocéfe.
Le 21. Décembre.
Le 19. le Comte de Beftuchef , Ambaffadeur
Extraordinaire de Ruffie , eut une Audience particuliere
du Roi , à laquelle il fut conduit par le
Sieur de la Live , Introducteur des Amballadeurs.
Du 4 Janvier.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Eſprit , s'étant aſſemblés vers les
II heures dans le Cabinet du Roi , S. M. tint
un Chapitre , & admit au nombre des Chevaliers
de l'Ordre , le Duc de Chevreufe , le Duc de Broglie
, le Maréchal de Contades , le Comte de Graville
, le Comte de Rochechouart , le Comte de
Guerchy , le Prince de Crony & le Comte de
Lannion.
Le Roi fortit enfuite de fon Appartement pour
fe rendre à la Chapelle . Sa Majefté étoit en mauteau
avec le Collier de l'Ordre . Elle étoit précédée
de Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans
, du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, du Prince de Conty , du Comte de la Marche
, du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , des
Chevaliers , des Commandeurs & des Officiers de
l'Ordre.
Après qu'on eut chanté l'Hymne du Veni Creator
, le Roi monta ſur ſon Trône , & mit au Cardinal
de Luynes le Cordon de l'Ordre. La Grand-
Mefle fut célébrée par l'Evêque de Langres , PréJANVIER.
1759. 200
lat-Commandeur. Après la Meffe , Sa Majefté
fut reconduite à ſon Appartement , à la maniere
accoutumée.
Sa Majesté a fait Duc à Brevet , le Marquis de
Villequier , fils du Duc d'Aumont.
Le Roi a permis au Comte d'Albert , fils du
Chevreufe de prendre le titre de Duc de Luynes.
Sa Majesté a nommé le Marquis de Quefne ,
Chef d'Efcadre , Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint- Louis , avec la Penfion de
trois mille livres.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
Le 14 décembre, plusieurs nominations ecclésiastiques ont été effectuées par Sa Majesté. L'évêque de Vence a été transféré à l'évêché d'Angers, tandis que l'abbé Gautier a été nommé au diocèse de Luçon et l'abbé Moreau à l'évêché de Vence. Diverses abbayes et prieurés ont également été attribués, notamment l'abbaye de Longvilliers à l'abbé de Narbonne-Pelet, l'abbaye d'Uzerche à l'abbé de Cugnac de Dampierre, et l'abbaye de Perray à la dame de Gourcy-Charcy. Le sieur de Chevert, lieutenant général des armées du roi, a reçu l'ordre de l'Aigle Blanc du roi de Pologne. Le duc de Choiseul a été créé pair de France. Plusieurs prieurés ont été attribués à des abbés et chapelains, comme le prieuré de S. Maurice lès S. nlis à l'abbé Mauffac et le prieuré de Mauves au sieur des Rochelles. Le 21 décembre, le comte de Bestuchef, ambassadeur de Russie, a eu une audience particulière avec le roi. Le 4 janvier, plusieurs chevaliers ont été admis dans l'Ordre du Saint-Esprit, et le roi a assisté à une messe solennelle. Sa Majesté a également fait duc à brevet le marquis de Villequier et permis au comte d'Albert de prendre le titre de duc de Luynes. Le marquis de Quefne a été nommé chef d'escadre et commandeur de l'Ordre de Saint-Louis.
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98
p. 207-209
De Versailles, le 11 Janvier.
Début :
Le Maréchal Duc de Noailles s'étant démis de la Charge de Capitaine [...]
Mots clefs :
Maréchal, Capitaine, Duc de Noailles, Duchesse, Cérémonie, Roi de France, Marquis, Prince, Colonel, Évêque, Sacre, Sa Majesté, Serment, Chevalier, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : De Versailles, le 11 Janvier.
DeVersailles , le 11 Janvier.
Le Maréchal Duc de Noailles s'étant démis de
la Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes-du- Corps ; & le Duc d'Ayen en
ayant été revêtu , Sa Majefté , en confidération
des anciens & importans fervices du Maréchal
de Noailles & de fa Maiſon , a donné au Comte
d'Ayen la furvivance de cette Charge , poffédée
fans interruption par fes Ancêtres depuis fon
Trifayeul.
Le 3 de ce mois , la Ducheffe de Choifeul prit
le Tabouret chez la Reine.
-Le 7 , le Roi fit la Cérémonie de recevoir Chevaliers
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
le Prince de Condé & le Comte de la Marche , le
Duc de Montmorency , Brigadier & Colonel du
Régiment de Tourraine , les Marquis de Marbec
& de Vaftan ; celui - ci Colonel du Régiment de
fon nom , le Duc de Mazarin Colonel du Régiment
368 MERCURE DE FRANCE.
de fon nom , le Prince de Chimay , Colonel dans
les Grenadiers Royaux, les Marquis de Chaumont
Bernage , Colonel du Régiment de Forez de Balincourt
, du Cambout de Coaflife , le Comte de
Danois , le Marquis de Beuvron , Brigadier &
Meftre de Camp de Cavalerie , les fieurs Thomas
de Domangeville & Patricewal , les Marquis de
Marbeuf, Colonel d'un Régiment de Dragons de
fon nom ; & de Lire , Capitaine de Cavalerie dans
le Régiment de Dampierre.
Du 18.
>
Le 12 , le Roi tint le Sceau pour la quarante
deuxième fois.
Monfeigneur le Duc de Bourgogne ayant defiré
de voir la cérémonie du facre d'un Evêque ,
l'ancien Evêque de Limoges facra lei . dans
la Chapelle du Roi , le nouvel Evêque de Limoges.
Il eut pour affiftants les Evêques de Poitiers &
d'Evreux. Onze Archevêques & Evêques furent
préfents à cette cérémonie. La Reine y affifta ,
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , de
de Madame la Dauphine , de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Madame Infante , de:
Madame , & de Mefdames.
C'eft pour la premiere fois qu'un Evêque a été
facré dans la Chapelle du Roi de Verſailles. Le
célébre Maffillon le fut dans la Chapelle des
Thuilleries , en préfence du Roi , par l'Evêque de
Fréjus.
Le Lundi 15 , la Reine fut faignée par précau
tion & Sa Majesté fut purgée le Mercredi 17 .
Ce même jour les Evêques de Troyes & de
Limoges prêterent ferment entre les mains du
Roi.
Le 16, Sa Majesté déclara publiquement le Mariage
du Comte de la Marche avec la Princeffe
Fortunée Marie d'Eft , fille du Duc de Modene
FEVRIER. 1759. 209
Le Roi ayant accordé au Marquis de Gefvres
lês honneurs de la Cour , la Marquise de Gefvres .
a été préfentée à Leurs Majeftés, & a pris letabou
tet chez la Reine .
Le 17 , le Comte d'Ayen prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la ſurvivance de la Char
ge de Capitaine de la premiere Compagnie des
Gardes du Corps..
Sa Majesté a fait Lieutenans- Généraux de fes "
armées , le 18 Décembre dernier , les Marquis
de la Sône & du Barail , le Comte de Vogué, &
le Marquis de Caftries.
Le Roi a accordé au Chevalier de Rochefort ,
Gapitaine au Régiment de Vienne , Cavalerie ,,
une Brigade dans les Gardes du Corps.
Sa Majefté a difpofé de la Lieutenance de Roi
du Château de la Baftille en faveur du Chevalier
de Jumillac , Capitaine de Cavalerie au Régie
ment dé Royal-Etranger.
L'Abbé de Foy a eu l'honneur de préſenter
an Roi un Effai d'une notice des Diplômes & dés
Chartes qui ont rapport à l'Hiftoire Civile & Eccléfiaftique
de ce Royaume.
Le Comte de Merle , nommé Ambaſſadeur du
Roi en Portugal , a pris congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale , pour ſe rendre à
fa deftinations:
Le Maréchal Duc de Noailles s'étant démis de
la Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes-du- Corps ; & le Duc d'Ayen en
ayant été revêtu , Sa Majefté , en confidération
des anciens & importans fervices du Maréchal
de Noailles & de fa Maiſon , a donné au Comte
d'Ayen la furvivance de cette Charge , poffédée
fans interruption par fes Ancêtres depuis fon
Trifayeul.
Le 3 de ce mois , la Ducheffe de Choifeul prit
le Tabouret chez la Reine.
-Le 7 , le Roi fit la Cérémonie de recevoir Chevaliers
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
le Prince de Condé & le Comte de la Marche , le
Duc de Montmorency , Brigadier & Colonel du
Régiment de Tourraine , les Marquis de Marbec
& de Vaftan ; celui - ci Colonel du Régiment de
fon nom , le Duc de Mazarin Colonel du Régiment
368 MERCURE DE FRANCE.
de fon nom , le Prince de Chimay , Colonel dans
les Grenadiers Royaux, les Marquis de Chaumont
Bernage , Colonel du Régiment de Forez de Balincourt
, du Cambout de Coaflife , le Comte de
Danois , le Marquis de Beuvron , Brigadier &
Meftre de Camp de Cavalerie , les fieurs Thomas
de Domangeville & Patricewal , les Marquis de
Marbeuf, Colonel d'un Régiment de Dragons de
fon nom ; & de Lire , Capitaine de Cavalerie dans
le Régiment de Dampierre.
Du 18.
>
Le 12 , le Roi tint le Sceau pour la quarante
deuxième fois.
Monfeigneur le Duc de Bourgogne ayant defiré
de voir la cérémonie du facre d'un Evêque ,
l'ancien Evêque de Limoges facra lei . dans
la Chapelle du Roi , le nouvel Evêque de Limoges.
Il eut pour affiftants les Evêques de Poitiers &
d'Evreux. Onze Archevêques & Evêques furent
préfents à cette cérémonie. La Reine y affifta ,
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , de
de Madame la Dauphine , de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , de Madame Infante , de:
Madame , & de Mefdames.
C'eft pour la premiere fois qu'un Evêque a été
facré dans la Chapelle du Roi de Verſailles. Le
célébre Maffillon le fut dans la Chapelle des
Thuilleries , en préfence du Roi , par l'Evêque de
Fréjus.
Le Lundi 15 , la Reine fut faignée par précau
tion & Sa Majesté fut purgée le Mercredi 17 .
Ce même jour les Evêques de Troyes & de
Limoges prêterent ferment entre les mains du
Roi.
Le 16, Sa Majesté déclara publiquement le Mariage
du Comte de la Marche avec la Princeffe
Fortunée Marie d'Eft , fille du Duc de Modene
FEVRIER. 1759. 209
Le Roi ayant accordé au Marquis de Gefvres
lês honneurs de la Cour , la Marquise de Gefvres .
a été préfentée à Leurs Majeftés, & a pris letabou
tet chez la Reine .
Le 17 , le Comte d'Ayen prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la ſurvivance de la Char
ge de Capitaine de la premiere Compagnie des
Gardes du Corps..
Sa Majesté a fait Lieutenans- Généraux de fes "
armées , le 18 Décembre dernier , les Marquis
de la Sône & du Barail , le Comte de Vogué, &
le Marquis de Caftries.
Le Roi a accordé au Chevalier de Rochefort ,
Gapitaine au Régiment de Vienne , Cavalerie ,,
une Brigade dans les Gardes du Corps.
Sa Majefté a difpofé de la Lieutenance de Roi
du Château de la Baftille en faveur du Chevalier
de Jumillac , Capitaine de Cavalerie au Régie
ment dé Royal-Etranger.
L'Abbé de Foy a eu l'honneur de préſenter
an Roi un Effai d'une notice des Diplômes & dés
Chartes qui ont rapport à l'Hiftoire Civile & Eccléfiaftique
de ce Royaume.
Le Comte de Merle , nommé Ambaſſadeur du
Roi en Portugal , a pris congé de Leurs Majeftés
& de la Famille Royale , pour ſe rendre à
fa deftinations:
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Résumé : De Versailles, le 11 Janvier.
Le 11 janvier, le Maréchal Duc de Noailles a démissionné de sa charge de Capitaine de la première Compagnie des Gardes-du-Corps, remplacée par le Duc d'Ayen. Le Roi a accordé au Comte d'Ayen la survivance de cette charge, détenue par ses ancêtres depuis son trisaïeul. Le 3 janvier, la Duchesse de Choiseul a pris le tabouret chez la Reine. Le 7 janvier, plusieurs personnalités ont été nommées Chevaliers de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, dont le Prince de Condé et le Duc de Mazarin. Le 12 janvier, le Roi a tenu le Sceau pour la quarante-deuxième fois et a assisté au sacre d'un évêque. Le 15 janvier, la Reine a été saignée par précaution et le Roi purgé le 17 janvier. Ce même jour, les évêques de Troyes et de Limoges ont prêté serment au Roi. Le 16 janvier, le Roi a déclaré publiquement le mariage du Comte de la Marche avec la Princesse Fortunée Marie d'Este. Le Roi a accordé des honneurs de la Cour au Marquis de Gesvres et nommé plusieurs Lieutenants-Généraux des armées, dont le Marquis de Castries. Le Comte de Merle, nommé Ambassadeur du Roi en Portugal, a pris congé de la famille royale.
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99
p. 213-215
Mariages & Morts.
Début :
Messire Denis-Auguste de Beauvoir de Grimoard, Marquis de Roure, Colonel [...]
Mots clefs :
Colonel, Comte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Duc, Marquis, Morts, Abbé, Duchesse
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texteReconnaissance textuelle : Mariages & Morts.
Mariages Morts.
Meffire Denis - Augufte de Beauvoir de Grimoard
, Marquis du Roure , Colonel dans les
Grenadiers de France , fils de feu Meffire Louis-
Claude- Scipion de Grimoard , Comte du Roure ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & de
Marie - Victoire - Antonine de Gontault- Biron ,
époufa le 24 de Janvier , Demoiſelle Françoife-
Sophie- Scholaftique de Baglion de la Salle , fille
de Meffire Pierre - François-Marie de Baglion ,
Comte de la Salle , ancien Capitaine au Régiment
des Gardes-Françoiles , & de feue Dame
Angelique Louife - Sophie de Louville . L'Evêque
de Senlis leur donna la béné liction nuptiale dans
la Chapelle de l'Archevêché de Cambrai . Leurs
Majeftés & la Famille Royale avoient figné le 21
leur contrat de mariage.
214 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Alexandre- Célefte d'Aumont , Duc de
Villequier , fils de Louis- Marie d'Aumont , Duc
d'Aumont , Pair de France , & de feue Felix-Victoire
de Durfort , a épousé le 25 de Janvier , Demoifelle
Felicité-Louife le Tellier de Montmirail ,
fille de François - Céfar le Tellier , Marquis de
Courtanvaux , Capitaine- Colonel des Cent Suiffes
de la Garde ordinaire du Corps du Roi , & de
Louife-Antonine de Gontault-Biron. La bénédietion
nuptiale leur a été donnée par l'Evêque d'Evreux
, dans la Chapelle particuliere de l'Hôtel de
Louvois. Leur contrat de mariage avoit été figné
le 21 par leurs Majeftés & la Famille Royale.
Le 28 Novembre dernier , Meffire- Claude Marquis
de Villiers-l'Ifleadam , ancien Officier d'Infanterie
, Seigneur de Reiges en Champagne , &c.
a épousé au Château de la Louptiere en Champagne
, Dame Marie- Claire de Relongue de la Louptiere
, Veuve de Meffire François - Edouard le Gras
de Vauberfay , Chevalier , Seigneur de Mongenot,
Lieutenant des Maréchaux de France , au Département
de Champagne & de Brie.
La Maiſon de Villiers l'Ifleadam eft fi connue
pour avoir donné des Grands Officiers de la Couronne
& un Grand -Maître de l'Ordre de Malthe ,
qu'il fuffit de la nommer.
Ses autres Alliances font de Montmorency , de
Nefle , de Chatillon , d'Harcourt , de Melun , &c.
N. d'Eterno , Abbé Commendataire de l'Abbaye
de S. Rigaud , Ordre de S. Benoit , Diocéfe
de Mâcon , mourut à Besançon le 20 Janvier dans
la foixantiéme année de ſon âge .
Louiſe- Henriette de Bourbon Conty , Ducheſſe
d'Orleans , mourut en certe Ville le , de ce mois ,
âgée de trente- deux ans , fept mois & vingt jours.
La Cour a pris le deuil pour dix jours à l'occaſion
de la mort de cette Princeffe.
" MARS. 1759. 215
Meffire Jofeph François de Charleval , Evêque
d'Aigde , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Pellan , Ordre de S. Benoît , Diocéſe d'Auch , eſt
mort à Agde le 22 du mois dernier , âge de cinquante-
cinq ans.
Paul- François de Bethune , Duc de Bethune-
Charoft , Pair de France , Lieutenant - Général
des Armées du Roi , & au Gouvernement de Picardie
& Boulonnois , Gouverneur de Calais , Che-"
valier des Ordres du Roi , Chef du Confeil Royal
des Finances , & ancien Capitaine des Gardes-du-
Corps de Sa Majefté, mourut à Paris le 11 , dans
la foixante- dix feptiéme année de fon âge .
Frere Jean-Philbert de Fay de la Tour- Maubourg
, Chevalier Hofpitalier de S, Jean de Jérufalem
, Grand- Bailli de Lyon , Commandeur de
la Commanderie de Morchamp , mourut le 4 de
ce mois au Puy-en- Velay , dans la quatre-vingtiéme
année de fon âge. Il avoit été nommé par
le Grand- Maître , Grand Maréchal de l'Ordre de
Malthe.
Le 27 Janvier 1759 , Marie-Gertrude Marille
de Fouquerolles eft décédée, âgée de 68 ans , dans
fa Terre de la Bretudiere , proche Chinon en
Touraine ; elle étoit veuve de Mellire François le
Royer de la Sauvagere , Sieur Darteré , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , &
Directeur des Fortifications de l'Anjou , dont le
Mercure de France a fait mention au mois de
Novembre 1749 , pag. 212 , ainfi que des enfans
iffus de ce mariage . La Famille de varille
de Fouquerolles eft noble & originaire de Picardie ,
Meffire Denis - Augufte de Beauvoir de Grimoard
, Marquis du Roure , Colonel dans les
Grenadiers de France , fils de feu Meffire Louis-
Claude- Scipion de Grimoard , Comte du Roure ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & de
Marie - Victoire - Antonine de Gontault- Biron ,
époufa le 24 de Janvier , Demoiſelle Françoife-
Sophie- Scholaftique de Baglion de la Salle , fille
de Meffire Pierre - François-Marie de Baglion ,
Comte de la Salle , ancien Capitaine au Régiment
des Gardes-Françoiles , & de feue Dame
Angelique Louife - Sophie de Louville . L'Evêque
de Senlis leur donna la béné liction nuptiale dans
la Chapelle de l'Archevêché de Cambrai . Leurs
Majeftés & la Famille Royale avoient figné le 21
leur contrat de mariage.
214 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Alexandre- Célefte d'Aumont , Duc de
Villequier , fils de Louis- Marie d'Aumont , Duc
d'Aumont , Pair de France , & de feue Felix-Victoire
de Durfort , a épousé le 25 de Janvier , Demoifelle
Felicité-Louife le Tellier de Montmirail ,
fille de François - Céfar le Tellier , Marquis de
Courtanvaux , Capitaine- Colonel des Cent Suiffes
de la Garde ordinaire du Corps du Roi , & de
Louife-Antonine de Gontault-Biron. La bénédietion
nuptiale leur a été donnée par l'Evêque d'Evreux
, dans la Chapelle particuliere de l'Hôtel de
Louvois. Leur contrat de mariage avoit été figné
le 21 par leurs Majeftés & la Famille Royale.
Le 28 Novembre dernier , Meffire- Claude Marquis
de Villiers-l'Ifleadam , ancien Officier d'Infanterie
, Seigneur de Reiges en Champagne , &c.
a épousé au Château de la Louptiere en Champagne
, Dame Marie- Claire de Relongue de la Louptiere
, Veuve de Meffire François - Edouard le Gras
de Vauberfay , Chevalier , Seigneur de Mongenot,
Lieutenant des Maréchaux de France , au Département
de Champagne & de Brie.
La Maiſon de Villiers l'Ifleadam eft fi connue
pour avoir donné des Grands Officiers de la Couronne
& un Grand -Maître de l'Ordre de Malthe ,
qu'il fuffit de la nommer.
Ses autres Alliances font de Montmorency , de
Nefle , de Chatillon , d'Harcourt , de Melun , &c.
N. d'Eterno , Abbé Commendataire de l'Abbaye
de S. Rigaud , Ordre de S. Benoit , Diocéfe
de Mâcon , mourut à Besançon le 20 Janvier dans
la foixantiéme année de ſon âge .
Louiſe- Henriette de Bourbon Conty , Ducheſſe
d'Orleans , mourut en certe Ville le , de ce mois ,
âgée de trente- deux ans , fept mois & vingt jours.
La Cour a pris le deuil pour dix jours à l'occaſion
de la mort de cette Princeffe.
" MARS. 1759. 215
Meffire Jofeph François de Charleval , Evêque
d'Aigde , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Pellan , Ordre de S. Benoît , Diocéſe d'Auch , eſt
mort à Agde le 22 du mois dernier , âge de cinquante-
cinq ans.
Paul- François de Bethune , Duc de Bethune-
Charoft , Pair de France , Lieutenant - Général
des Armées du Roi , & au Gouvernement de Picardie
& Boulonnois , Gouverneur de Calais , Che-"
valier des Ordres du Roi , Chef du Confeil Royal
des Finances , & ancien Capitaine des Gardes-du-
Corps de Sa Majefté, mourut à Paris le 11 , dans
la foixante- dix feptiéme année de fon âge .
Frere Jean-Philbert de Fay de la Tour- Maubourg
, Chevalier Hofpitalier de S, Jean de Jérufalem
, Grand- Bailli de Lyon , Commandeur de
la Commanderie de Morchamp , mourut le 4 de
ce mois au Puy-en- Velay , dans la quatre-vingtiéme
année de fon âge. Il avoit été nommé par
le Grand- Maître , Grand Maréchal de l'Ordre de
Malthe.
Le 27 Janvier 1759 , Marie-Gertrude Marille
de Fouquerolles eft décédée, âgée de 68 ans , dans
fa Terre de la Bretudiere , proche Chinon en
Touraine ; elle étoit veuve de Mellire François le
Royer de la Sauvagere , Sieur Darteré , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , &
Directeur des Fortifications de l'Anjou , dont le
Mercure de France a fait mention au mois de
Novembre 1749 , pag. 212 , ainfi que des enfans
iffus de ce mariage . La Famille de varille
de Fouquerolles eft noble & originaire de Picardie ,
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Résumé : Mariages & Morts.
En 1759, plusieurs événements familiaux et décès ont marqué la noblesse française. Le 24 janvier, Denis-Auguste de Beauvoir de Grimoard, Marquis du Roure et Colonel des Grenadiers de France, a épousé Françoise-Sophie-Scolastique de Baglion de la Salle. Leur contrat de mariage a été signé par Leurs Majestés et la Famille Royale le 21 janvier, et la bénédiction nuptiale a été donnée par l'Évêque de Senlis dans la Chapelle de l'Archevêché de Cambrai. Le 25 janvier, Louis-Alexandre-Céleste d'Aumont, Duc de Villequier, a épousé Félicité-Louise Le Tellier de Montmirail. Leur contrat de mariage a également été signé par Leurs Majestés et la Famille Royale le 21 janvier, et la bénédiction nuptiale a été donnée par l'Évêque d'Évreux dans la Chapelle particulière de l'Hôtel de Louvois. Le 28 novembre 1758, Claude Marquis de Villiers-l'Îsle-Adam a épousé Marie-Claire de Relongue de la Louptière, veuve de François-Édouard Le Gras de Vauberfay, au Château de la Louptière en Champagne. Parmi les décès notables, N. d'Éterno, Abbé Commendataire de l'Abbaye de Saint-Rigaud, est mort à Besançon le 20 janvier à l'âge de soixante ans. Louise-Henriette de Bourbon Conty, Duchesse d'Orléans, est décédée à l'âge de trente-deux ans, sept mois et vingt jours, entraînant un deuil de dix jours à la Cour. Joseph-François de Charleval, Évêque d'Agde, est mort à Agde le 22 du mois précédent à l'âge de cinquante-cinq ans. Paul-François de Béthune, Duc de Béthune-Chârost et Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Paris le 11 janvier à l'âge de soixante-dix-sept ans. Jean-Philbert de Fay de la Tour-Maubourg, Chevalier Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem et Grand-Bailli de Lyon, est mort au Puy-en-Velay le 4 janvier à l'âge de quatre-vingts ans. Marie-Gertrude Marille de Fouquerolles est décédée le 27 janvier 1759 à l'âge de soixante-huit ans dans sa Terre de la Bretaudière, proche de Chinon en Touraine.
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100
p. 212
Morts.
Début :
Le Sieur Pierre Loys de la Baume, Major de la Ville de Beziers, [...]
Mots clefs :
Marquis, Abbesse, Abbé, Morts
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texteReconnaissance textuelle : Morts.
Morts.
Le Sieur Pierre Loys de la Baume , Major de la
Ville de Beziers , mourut à Beziers le 9 de Février,
âgé de quatre- vingt- onze ans .
Meflite Antoine Antonin , Marquis de Longaunay
, Gouverneur de Carentan & Pondouvres , eft
mort en cette Ville le 13 , dans la foixante -uniéme
année de fon âge .
Dame Marie-Renée de Maupeou , Abbeffe de
l'Abbaye Royale de Farmoutier en Brie , Ordre de
S. Benoît , elt morte dans fon Abbaye le 15 , âgée
de foixante - trois ans.
Le fieur Rouault , Abbé de l'Abbaye de Saint-
Léonard de Chaume , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de la Rochelle , mourut à la Rochefoucauld , le
16 , âgé de foixante-quinze ans.
Le fieur de Laire , Abbé Commendataire de
l'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocèſe
de Clermont , eft mort en fon Abbaye le premier
de Mars , dans la foixante-dix- huitieme année de
fon âge.
Le Sieur Pierre Loys de la Baume , Major de la
Ville de Beziers , mourut à Beziers le 9 de Février,
âgé de quatre- vingt- onze ans .
Meflite Antoine Antonin , Marquis de Longaunay
, Gouverneur de Carentan & Pondouvres , eft
mort en cette Ville le 13 , dans la foixante -uniéme
année de fon âge .
Dame Marie-Renée de Maupeou , Abbeffe de
l'Abbaye Royale de Farmoutier en Brie , Ordre de
S. Benoît , elt morte dans fon Abbaye le 15 , âgée
de foixante - trois ans.
Le fieur Rouault , Abbé de l'Abbaye de Saint-
Léonard de Chaume , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de la Rochelle , mourut à la Rochefoucauld , le
16 , âgé de foixante-quinze ans.
Le fieur de Laire , Abbé Commendataire de
l'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocèſe
de Clermont , eft mort en fon Abbaye le premier
de Mars , dans la foixante-dix- huitieme année de
fon âge.
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Résumé : Morts.
Le texte énumère des décès survenus au début de l'année. Pierre Loys de la Baume, Major de Béziers, est décédé à 91 ans le 9 février. Méflite Antoine Antonin, Marquis de Longaunay et Gouverneur de Carentan et Pondouvres, est mort à 71 ans le 13 février. Marie-Renée de Maupeou, Abbesse de l'Abbaye Royale de Faremoutier, est décédée à 63 ans le 15 février. Rouault, Abbé de l'Abbaye de Saint-Léonard de Chaume, est mort à 75 ans le 16 février. Enfin, de Laire, Abbé Commendataire de l'Abbaye d'Issoire, est décédé à 78 ans le 1er mars.
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